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Rapport du jury central sur les produits de l'agriculture et de l'industrie exposés en 1849
TOME 1
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- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS
- DE L’AGRICULTURE ET DE L’INDUSTRIE
- EXPOSÉS EN 1849
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- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS
- DE L’AGRICULTURE ET DE L’INDUSTRIE EXPOSÉS EN 1849
- TOME I
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
- M DCCC L
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- RAPPORT
- AU
- PRESIDENT DE
- LA RÉPUBLIQUE.
- Paris, ie 1 A janvier 18/19.
- • Monsieur t.e Président,
- Une loi adoptée par l’Assemblée nationale, le 22 novembre dernier, a ouvert à mon département un crédit de 600,000 francs, destiné à subvenir aux dépenses de l’exposition nationale des produits de l’industrie agricole et manufacturière en 1849.
- Toutes les mesures ont été immédiatement prises pour la construction des bâtiments dans le grand carré des jeux aux Champs-Elysées. Les travaux se poursuivent avec rapidité et seront terminés dans le courant du mois de mai prochain. Les constructions ont été combinées de manière à permettre d’exposer, pour la première fois, les produits de l’industrie agricole à côté de ceux de l’industrie manufacturière.
- Il reste aujourd’hui à fixer le jour de l’ouverture de cette exposition, à pourvoir à la formation des commissions départementales chargées de prononcer l’admission ou le rejet des produits, et à celle du jury central qui doit apprécier les titres des exposants aux récompenses décernées par le Gouvernement.
- Tel est l’objet de l’arrêté ci-joint, que j’ai l’honneur, Monsieur le Président, de soumettre à votre signature. Les dispositions vous en paraîtront, j’espère, fondées sur l’expérience du passé et sur le sentiment des besoins actuels.
- 1.
- A
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- — lï —
- Vous savez que dix expositions se sont succédé à dater de l’an vï. J’ai fait dresser le tableau suivant, pour vous mettre mieux à même d’apprécier le développement de cette institution.
- RELEVÉ GÉNÉRAL DES EXPOSITIONS DE L’INDUSTRIE.
- I OUVERTURES. 1 LIEU DE L’EXPLOITATION. NOMBRE
- jours et mors. ANNEES. z:. des RÉCOM- PENSES.
- 3 derniers jours com-
- plémentaires 1798 (an vï).. 3 Cliamp-de-Mare uo 23
- 5 jours complementaires 1801 (an ix).. 6 Louvre 329 80
- 3° 1802 (an x).. 7 ïflom 540 254
- h" Idem t8o6 24 Esplanade des Inva-
- lides. 1,422 610
- 5° a5 août et suivants iSig 35 r 1,663 869
- 6° 1S23 1,642
- iSiy 62 i,695 î j2 54
- 8? i834 CO Place de la Concorde. . 2,447 1,785
- ,83g 60 3,281 2,3o5
- 1844 60 ,^P 3,960 3,253.
- Comme vous pouvez en juger, Monsieur le Président, en jetant les yeux sur le tableau qui précède, l’époque d’ouverture des expositions antérieures avait été déterminée par des considérations étrangères au but même de l’institution. Celte année, mon département a voulu recueillir les vœux de l'industrie et du commerce avant de vous proposer une décision à ce sujet- Les chambres consultatives des arts et manufactures et les chambres de commerce ont été appelées à donner leur avis sur l’époque de l’année qui convenait le mieux aux intérêts qu’elles représentent. C’est après avoir soigneusement consulté leurs délibérations, et cherché à concilier toutes les exigences, que je crois devoir vous proposer, daqs
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- III
- l’arlicle i°r de l’arrêté précité, de fixer l’ouverture de l’exposition de i84g au icr juin prochain.
- L’article 2 porte, conformément à l’usage adopté jusqu’à ce jour, qu’une commission nommée par le préfet, dans chaque département, statuera sur l’admission ou le rejet des produits présentés pour l’exposition; mais il ajoute que la commission aura en outre à signaler, dans un rapport écrit, les services rendus à l’agriculture ou à l’industrie par des chefs d’exploitation, des contre-maîtres, des ouvriers ou journaliers. C’est là une innovation dont vous ne pouvez manquer d’approuver la pensée, car elle a pour but de faire participer aux récompenses nationales tous les agents qui concourent à la production, agricole ou manufacturière.
- Le jury central conserve ses anciennes attributions; il examine les produits exposés, et il rédige un rapport d’après lequel des récompenses sont accordées, soit aux exposants, soit aux chefs d’exploitation , contre-maîtres ou ouvriers signalés par les commissions départementales. L’article 61 de la Constitution chargeant le Président de la République de présider aux solennités nationales, c’est à vous qu’il appartiendra de décerner des récompenses à ceux qui les auront méritées. Ils y trouveront la juste rémunération des travaux accomplis et un stimulant efficace à de nouveaux efforts.
- Ainsi, en élargissant encore la sphère de l’institution, l’arrêté ci-joint lui conserve le caractère d’un des plus nobles et des plus féconds encouragements donnés à l’industrie nationale.
- Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’hommage du profond respect de votre très-humble serviteur.
- Le Ministre de l’agriculture et du commerce,
- Signé L. BUFFET.
- A.
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- RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.
- LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ.
- ARRÊTÉ.
- AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.
- Le Président de la République,
- Sur le rapport du ministre de l’agriculture et du commerce;
- Vu la loi du 22 novembre dernier, qui ouvre au ministère de l’agriculture et du commerce un crédit de 600,000 francs, destiné à subvenir aux dépenses de l’exposition des produits de l’industrie en
- 1849,^
- Arrête ce qui suit :
- Article premier.
- ‘Une exposition des produits agricoles et industriels s’ouvrira à Paris, dans le grand carré des jeux aux Champs-Èly.sées, le Ier juin 1849, 6^ sera close le 3i juillet suivant.
- Art. 2.
- Dans chaque département, une commission, nommée par le préfet, statuera sur l’admission ou le rejet des produits proposés pour figurer à l’exposition. Ce jury aura, en outre, pour mission de signaler, dans un rapport écrit, les services rendus à l’agriculture ou à l’industrie par des chefs d’exploitation, des contre-maîtres, des ouvriers ou journaliers.
- Art. 3.
- Les produits dont l’admission aura été prononcée seront expédiés du chef-lieu du département à Paris, et réexpédiés de Paris au chef-lieu du département, aux frais de l’État; le département de la Seine est excepté du bénéfice de cette disposition,
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- Art. 4.
- Un jury central, nommé par le ministre de l’agriculture et du commerce, sera chargé d’apprécier le mérite des produits exposés et les titres des chefs d’exploitation, contre-maîtres ou ouvriers, pour la distribution des récompenses.
- Le rapport du jury central sera transmis au ministre de l’agriculture et du commerce, et les récompenses seront décernées à ceux qui les auront méritées, par le Président de la République, qui, aux termes de l’article 61 de la Constitution, préside aux solennités nationales.
- Art. 5.
- Le ministre de l’agriculture et du commerce est chargé de l’exécution du présent arrêté.
- Paris, le 18 janvier 184-9*
- * Signé L. N. BONAPARTE.
- Le Ministre de l’agriculture et du commerce,
- Signé BUFFET.
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- CIRCULAIRES
- DE M. LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE ET DU COMMERCE.
- PREMIÈRE CIRCULAIRE.
- Paris, le 28 février 1849.
- Monsieur le préfet, vous avez reçu, le 3 de ce mois, avec le rapport qui le précédait, l’arrêté rendu par le Président de la République concernant l’exposition des produits de l’industrie agricole et manufacturière en 1849. Vous avez dû vous mettre immédiatement en mesure de constituer la commission départementale chargée, aux termes de l’article 2 de l’arrêté, de statuer sur l’admission ou le rejet des produits présentés. Le succès de l’exposition dépendant en grande partie du discernement et de la fermeté que la commission apportera dans l’accomplissement de sa mission, il importe que les membres appelés à la composer joignent aux connaissances spéciales les garanties de moralité et d’indépendance que celte mission réclame.
- Parmi les hommes que leurs éludes et leur position désignent d’avance à votre choix, se placent naturellement l’ingénieur en chef des ponts et chaussées, l’ingénieur des mines, l’architecte du département, et, dans quelques arrondissements du littoral, les ingénieurs des constructions maritimes.
- Chaque commission, suivant que le département est industriel et agricole, devra se recruter en outre dans les conseils généraux de l’agriculture et des manufactures, dans les* sociétés d’agriculture, les comices agricoles, les chambres consultatives des arts et manufactures, les conseils des prud’hommes et les chambres de commerce. Le nombre des membres dépend des circonstances locales, que vous êtes seul à même d’apprécier.
- La commission sera placée sous votre présidence personnelle».
- Elle est juge au premier degré des produits présentés.
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- VIII
- Elle devra se pénétrer de l’idée que les expositions générales seraient impossibles si elles n’étaient pas limitées aux seuls produits sérieux de notre industrie agricole et manufacturière.
- En ce qui concerne l’industrie, on n’admettra que les articles qui auront une véritable importance, soit sous le rapport des échanges auxquels ils donnent lieu, soit sous le rapport du mérite de l’exécution ou des perfectionnements qu’ils ont reçus.
- En ce qui concerne l’agriculture, on ne recevra que îesinstru-ments perfectionnés et les produits qui se recommandent par leur qualité ou qui ont été l’objet de quelques appropriations nouvelles. 11 ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit moins, pour cette foi, d’une exposition générale des produits agricoles que d’un essai dont la sphère doit être nécessairement circonscrite. Cette observation s’applique particulièrement à l’admission des produits vivants. L’espace réservé ne permet point de recevoir de chaque département une grande quantité d’animaux. En conséquence, la commission devra se borner à faire l’appréciation des sujets qui seraient présentés et à en adresser une liste, par ordre de mérite, pour chacune des espèces chevaline, bovine et ovine, en distinguant les races ou variétés. Vous voudrez bien m’adresser cette note, et je vous indiquerai alors immédiatement les animaux qui pourront être envoyés de votre département.
- Je vous ferai également observer que les lots de moutons ne peuvent, en tous cas, dépasser le chiffre de quatre à cinq bêtes, mâles et femelles, tous appartenant à la même race ou variété.
- Enfin, vous voudrez bien faire connaître aux cultivateurs exposants que les animaux, par des motifs qu’il est inutile d’énumérer ici, ne pourront demeurer exposés que pendant un laps de temps plus restreint que celui accordé aux autres produits.
- Des instructions ultérieures vous seront adressées à cet égard.
- La commission doit veiller à- ce qu’un même agriculteur ou fabricant n’expédie pas plusieurs échantillons de produits de même nature, et à ce que les articles admis soient réduits au nombre indispensable pour faire apprécier le mérite d’une fabrication ou exploitation.
- Pour prévenir les abus,'j’ai décidé que tout exposant devra, en présentant ses produits à la commission départementale, justifier de sa patente comme fabricant, ou de sa qualité d’exploitaleur rural. Le nombre des articles admis sera consigné dans le bordereau
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- IX
- qui devra m’être adressé en triple expédition et dont vous recevrez prochainement le modèle. Il importe que les fabricants et les agriculteurs sachent que le jury central, juge en dernier ressort de la qualité des produits, est autorisé à faire réexpédier les articles dont l’admission ne lui paraîtrait pas justifiée. J’insiste vivement sur la nécessité d’obtenir des renseignements précis concernant le prix de de chaque article exposé. Sans la connaissance du prix, le jury central se trouverait dans l’impossibilité de remplir la mission de haute appréciation qui lui est confiée, et poui'rait être obligé de mettre hors de concours les fabricants et agriculteurs qui n’auraient pas fourni les renseignements demandés.
- Vous veillerez tout particulièrement, monsieur le préfet, à ce qu’il ne soit expédié aucuns produits chimiques ou autres susceptibles de s’enflammer spontanément, soit durant le transport, soit sous la température élevée des salles de l’exposition.
- Les commissions départementales ont reçu de l’arrêté du 18 janvier une attribution nouvelle sur laquelle je dois appeler votre attention particulière. Elles doivent signaler, dans un rapport spécial, les services rendus à l’agriculture ou à l’industrie par des chefs d’exploitation, des conlre-maîtres, ouvriers ou journaliers. Ainsi tous les agents qui concourent à la production agricole ou manufacturière se trouvent admis à participer aux récompenses nationales. Dans aucun cas, les commissions ne peuvent se dispenser de rédiger le rapport spécial dont il s’agit-, si même elles n’avaient aucun fait à signaler, elles devraient dresser un rapport négatif.
- Vous donnerez aux instructions qui précèdent, aussitôt qu’elles vous seront parvenues, la plus grande publicité possible. Vous ferez ouvrir à votre préfecture, et dans chaque sous-préfeclure de votre département, [un registre pour l’inscription des déclarations des. agriculteurs, fabricants et industriels qui se proposent d’exposer. Ces déclarations devront indiquer, savoir:
- En ce qui concerne l’industrie :
- A} le nom du fabricant, son domicile, la nature de son industrie, le siège et la date de fondation de son établissement, le nombre d’ouvriers qu’il emploie dans ses ateliers et le nombre de ceux qu’il fait travailler au dehors, la nature et la,force de son moteur, le nombre de ses métiers, feux, fours, forges, etc.;
- B, la quantité de matières premières qu’il met en œuvre, l’importance annuelle en quantité et en valeur des produits qu’il livre,
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- soit au commerce intérieur, soit à l’exportation, les avantages que présente l’établissement pour la localité, les médailles ou récompenses honorifiques que le fabricant a pu obtenir.
- En ce qui concerne les produits directs de l’agriculture :
- Les nom et prénoms du cultivateur, son domicile, le titre auquel il exploite, c’est-à-dire sa qualité de propriétaire, fermier, métayer, lierbager, nourrisseur, etc.; le siège de l’exploitation et l’époque depuis laquelle elle est dirigée par l’exposant, le tableau de l’étendue et du produit moyen de l’exploitation en matières animales et végétales, le nombre de bras que l’exposant emploie ordinairement, les primes, médailles ou mentions qu’il a obtenues dans les concours ou les précédentes expositions.
- Enfin, en ce qui concerne les produits des autres industries, mais qui, employés par l’agriculture ou par l’horticulture, sont compris, à ce titre, parmi les produits agricoles, tels que les instruments aratoires, les outils et machines servant aux emplois et travaux agricoles, les ustensiles et agencements de ferme, etc., les indications devront être les mêmes que pour ceux de l’industrie proprement dite.
- Je compte, monsieur le préfet, sur votre vive sollicitude pour seconder les intentions du Gouvernement.
- Veuillez, en m’accusant réception de cette circulaire, me transmettre le procès-verbal de la constitution de la commission départementale.
- Recevez, monsieur le préfet', l’assurance de ma considération très-distinguée.
- Le Ministre de l’agriculture et du commerce,
- Signé L. BUFFET.
- DEUXIÈME CIRCULAIRE.
- C
- Paris, le 9 mars 18/19.
- Monsieur le préfet, les commissions départementales chargées de prononcer sur l’admission oit le rejet des produits destinés à
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- XI
- l’exposition nationale de l’industrie agricole et manufacturière poursuivent, sans aucun doute, avec activité l’accomplissement de leur mission.
- Vous trouverez ci-joints des exemplaires des bulletins destinés à recevoir les déclarations des exposants, soit pour les produits industriels, soit pour les produits agricoles, et des exemplaires du bordereau des produits admis et expédiés. Ce bordereau doit indiquer le nom et le domicile de chaque exposant, le nombre et la nature de ses produits, les médailles et récompenses honorifiques qu’il a pu obtenir, les noms et adresses des correspondants que l’exposant peut, avoir à Paris, et, quand il y a lieu, le signalement des animaux vivants; il doit m’être adressé directement par la' poste, en triple exemplaire, et de manière à me parvenir toujours avant l’arrivée des produits : un des exemplaires est destiné au jury central de l’exposition, un autre à l’inspecteur, et le troisième à l’administration centrale. J’insiste vivement, monsieur le préfet,, sur l’absolue nécessité de ces trois exemplaires. L’omission de cette formalité aurait pour résultat inévitable d’entraîner des retards dans le classement, qui tourneraient au préjudice des exposants de votre département.
- Les produits pourront être reçus à l’exposition à partir du 15 avril prochain; ils devront tous être arrivés avant le 10 mai suivant. Ils seront expédiés à l’adresse de l’inspecteur de l’exposition, aux Champs-Elysées. Chaque envoi sera accompagné d’une lettre de voiture timbrée, indiquant le nombre, les numéros et le poids des colis, la nature des objets, le prix du transport et la durée de la route, et les renseignements spéciaux que peuvent nécessiter les produits de l’agriculture. Il ne pourra être ajouté au prix du transport aucuns frais à rembourser. La voie du roulage ordinaire, celle de la navigation , ou, s’il y a lieu, du chemin de fer, en prenant toujours pour base l’économie et en traitant de gré à gré quand l’importance des envois le permettra, devront être seules adoptées. Les voitures arriveront exclusivement par le quai de la Conférence; la lettre de voiture devra en faire mention : un duplicata de cette lettre, sur papier non timbré, sera joint aux bordereaux qui me seront directement adressés. Si ce double manquait à l’envoi, le payement des frais de transport serait inévitablement retardé. Veuillez tenir la main à ce que cette mesure d’orclre soit exactement observée, Il est également essentiel de ne pas oublier que les colis doivent porter
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- sur leurs quatre faces ie nom du département auquel ils appartiennent.
- Ce nom doit être inscrit, en outre, sur chaque article contenu dans un colis et sur chaque pièce distincte d’un même article.
- Je vous rappelle, monsieur le préfet, que certains produits bruts, tels que les minerais, granits, marbres et autres objets analogues, ne doivent être envoyés que par échantillons.
- 11 est important que les exposants soient expressément informés que le Gouvernement ne répond pas des perles ou dommages résultant, soit pendant la route, soit dans le cours de l’exposition, des vices d’emballage, de la détérioration naturelle des produits, ni des accidents de force majeure, même de celui d’incendie. C’est aux exposants àjuger s’il leur convient de faire assurer eux-mêmes leurs produits.
- J’ai simplifié le plus possible les renseignements qui vous sont demandés. Je me suis borné à ceux qui étaient absolument indispensables. Vous ne manquerez pas, de votre côté, de vous conformer rigoureusement aux instructions qui précèdent. Vous ne devez pas attendre, pour expédier les produits de votre département, que tous les objets admis soient prêts à être envoyés; mais, si vous faites plusieurs expéditions, il sera nécessaire de me transmettre chaque fois un bordereau rédigé en trois exemplaires.
- Recevez, monsieur le préfet, l’assurance de ma considération très-distinguée.
- Le Ministre de l’agriculture et du commerce, Signé L. BUFFET.
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- --- XIII -----
- MEMBRES DU JURY CENTRAL.
- MM.
- Arago, membre de l’Académie des sciences, représentant du peuple. Arlès-Dufour, négociant à Lyon.
- Arnoox, ingénieur, administrateur des messageries générales. Auery-Febvrel (Félix), fabricant.
- Balard , membre de l’Institut.
- Barbet (H.), ancien manufacturier.
- Billiet, négociant.
- Blanqui , professeur au Conservatoire national des arts et métiers. Bonaparte (Louis-Lucien), chimiste.
- Bougon , ancien directeur de la manufacture de porcelaines de Chantilly. Chevalier (Michel), ingénieur en chef des mines.
- Combes , membre de l’Académie des sciences.
- De Croix , éleveur.
- De Dampierre , représentant du peuple.
- Desportes (E.), filateur de lin.
- Didot (Ambroise-Firmin), imprimeur.
- Dolfüs (Emile), représentant du peuple.
- ^umas , membre de l’Académie des sciences.
- Dumas (Justin), ancien fabricant.
- Duperrier, manufacturier, membre du conseil général de la Seine.
- Dupin (Charles), membre de l’Académie des sciences.
- Durand (Amédée), membre de la société d’encouragement.
- Ébelmen , directeur de la manufacture nationale de porcelaines de Sèvres. Erard (Pierre), facteur de harpes et de pianos.
- Feuchère (Léon), architecte.
- Fontaine, architecte, membre de l’Institut.
- Fouquier d’Hérouel , représentant du peuple, membre du conseil général de l’Aisne.
- Froment, fabricant d’instruments de précision.
- Gaussen (Maxime), fabricant de châles.
- Geoffroy de Villeneuve, membre du conseil général et directeur du hara3 départemental de l’Aisne.
- Thibault (Germain), fabricant, membre du conseil général du département delà Seine.
- Goldenberg, manufacturier au Zornhorflf.
- Grandin (Victor), représentant du peuple.
- Héricart de Thury, membre de l’Académie des sciences.
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- Hervé de Kergorlay, membre delà société nationale et centrale d’agriculture.
- Jüllien (Amable), ancien représentant du peuple.
- Kettinger-Turgis , manufacturier, membre du conseil général de la Seine-Inférieure.
- Laborde (Léon de), membre de l’Académie des beaux-arts.
- Lainel , inspecteur des manufactures pour le ministère de la guerre. Lechatellier , ingénieur des mines.
- Leclerc (Louis), membre de la société d’horticulture.
- Legentil, président de la chambre de commerce de Paris.
- Leplay, ingénieur, directeur des études à l’école des mines.
- Manière , négociant en bonneterie.
- Marloye, fabricant d’instruments de précision.
- Mary, inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées, professeur à l’école centrale des arts et manufactures.
- Mathieu, représentant, membre de l’Académie des sciences.
- Mtmerel (A.), ancien manufacturier, président du conseil général des manufactures.
- Moll, professeur d’agriculture au Conservatoire national des arts et métiers. Morin (Arthur), professeur de mécanique au Conservatoire national des arts et métiers.
- Payen, professeur de chimie appliquée aux arts au Conservatoire national des arts et métiers.
- Pecqüeür, ingénieur, constructeur-mécanicien.
- Peligot, professeur de chimie au Conservatoire national des arts et métiers. Pépin , directeur des cultures au Jardin des plantes.
- Persoz ( J.), professeur de chimie à la faculté des sciences de Strasbourg. Peupin, représentant du peuple.
- Pouillet, professeur de physique au Conservatoire national des arts et métiers.
- Randoing (J.), manufacturier à Abbeville.
- Rondot (Natalis), ancien délégué commercial, attaché à l’ambaSsade en Chine, directeur de l’enquête pour les industries de Paris. Roux-Carbonnel , représentant du peuple.
- Sainte-Marie, inspecteur général de l’agriculture. Sallandrouze-Lamornaix, fabricant de tapis.
- Sieber, manufacturier, associé de la maison Paturle-Lupin.
- Séguier (Armand), membre de l’Académie des sciences et du comité consultatif des arts et manufactures.
- Tavernier , négociant à Paris.
- Todrret, ancien représentant du peuple.
- Vilmorin ( Louis), membre de la société d’agriculture.
- Wolowski, professeur au Conservatoire national des arts et métiers.
- Yvart, inspecteur général des écoles vétérinaires.
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- — XV
- t CONSTITUTION DU JURY CENTRAL.
- TRAVAUX PRÉLÏMINAIRES-
- Dans sa première séance, le jury central, réuni sous la présidence de M. Fontaine, doyen d’âge, a nommé au scrutin les membres de son bureau, qui s’est composé de :
- Président1 Vice-présidents.
- Secrétaires.
- Le jury central , pour faciliter l’examen cl l’appréciation des produits, s’est divisé en dix commissions , composées comme suit :
- MM. Dupin (Charles) . . .
- Tocrret............
- Dumas, de l’Institut. Payen ..............
- II. de IvERGORLAY. .
- PREMIÈRE COMMISSION.
- AGRICULTURE ET HORTICULTURE.
- ' MM.
- Tocrret, président;' Héricart de Théry, vice-président; Barbet, Blan-qur, Fouqüier dTIérouel, Geoffroy de Villeneuve, Goldenberg , IJ, de Kergorlay, Louis Leclerc, Moll, Roüx-Carbonnel, Louis Vilmorin, Yvart, Payen, Pépin, J. Persoz, E. de Dampierre, Arlès-Dufour, Justin Dumas, Tavernier, Billiet, Lainel, Balard.
- 1 M. Legentil, président de la chambre de commerce de Paris, appelé par les membres du jury central aux fonctions de président, ayant donne' sa démission par suite de l’état de sa santé, le bureau a été définitivement constitué comme on l’indique plus haut.
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- XVI
- DEUXIÈME COMMISSION.
- ALGÉRIE.
- MM.
- Héricart de Théry , président; Balaro, Ébelmen, Ambroise-Firmin Didot, Justin Dumas, Lainel, Louis Leclerc, Leplay.Moll, Païen, Péligot. Natalis Rondot, J. Persoz, Yvart, Louis Vilmorin, IL de Kergorlay, Pépin , Em. Dolfos.
- TROISIÈME COMMISSION.
- MACHINES.
- MM.
- Combes , président ; Michel Chevalier , Charles Ddpin , Amédée Durand , A. JcLLIEN, LeCHÂTELLIER , MARY, MûLL , MORIN, PoUII.I.ET, A. Séguier, Em. Dolfus, Max. Gaessen, Arnocx, Pecqeeor.
- MM.
- QUATRIÈME COMMISSION.
- MÉTAUX.
- Héricourt de Tiidry, président; Michel Chevalier, Combes, Amédée Durand, Ébelmen, Goldemberg, Lechâtellier, Mary, Péligot, Le-play, Peupin, Natalis Rondot,
- CINQUIÈME COMMISSION.
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
- MM.
- Armand Séguier, président; Pouillet, Mathieu, Froment, Peupin, Pierre Érard, Marloye.
- SIXIEME COMMISSION.
- ARTS CHIMIQUES.
- MM.
- Dumas de l'Institut, président; Ébelmen, Païen, Péligot, J. Perso/., Louis-Lucien Bonaparte.
- MM.
- SEPTIÈME COMMISSION.
- ARTS CÉRAMIQUES.
- Dumas, de l’Institut, président ; Bougon , Ébelmen, Léon de Larorde, Péligot, Fontaine.
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- --- XVII ----
- HUITIÈME COMMISSION.
- TISSUS.
- MM.
- A. Mimerel, président; Arlès-Dufour, Félix Aubry, Barbet, Billiet, Blanqui, Em. Dolfüs, Justin Dumas, Dupérier, Max. Gaussen, Germain Thibault , Victor Grandin , Lainel , Legentil , Manière , J. Persoz , J. Randoing, Natalis Rondot, Roux - Carbonnël, Sallandrouze-La-
- MORNAIX, SlEBER, TAVERNIER, WOLOWSKI, ÏVART, E. DESPORTES.
- NEUVIÈME COMMISSION.
- BEAUX-ARTS.
- MM.
- Fontaine, président; Blanqui, Bougon, Ambroise-Firmin Didot, Amédée Durand, Léon Feüchère, Hèricart de Thury, Léon de Laborde, Peu-pin, Poüillet, J. Persoz, Natalis Rondot, Wolowski.
- DIXIÈME COMMISSION.
- ARTS DIVERS.
- MM.
- Léon de Laborde, président; Blanqui, Ambroise-Firmin Didot, Dumas, de l’Institut, Hèricart de Thury, Pèligot, J. Persoz, Natalis Rondot, Wolowski, Geoffroy de Villeneuve, Max. Gaussen.
- Dans une réunion particulière, chacune de ces commissions s’est subdivisée en sous-commissions; et les rapporteurs ont été désignés par nature de produits.
- PREMIÈRE COMMISSION.
- AGRICULTURE ET HORTICULTURE.
- MM.
- Louis Vilmorin.......... Céréales et fourrages.
- Louis Leclerc........... Vins, liqueurs, huiles, comestibles, abeilles,
- pressoirs, fromages.
- Moll.................... Machines agricoles.
- H. de Kergorlay......... Races bovine et porcine.
- De Dampierre............ Races chevaline et asine.
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- --- XVIII -----
- MM.
- Yvart.................. Race ovine et laines.
- Arlès-Dofour........... Soies grèges.
- Pépin.................. Cultures, fleurs et fruits.
- Fouquier d’Hérouel. . . . Agriculteurs non exposants signalés par les jurys départementaux.
- DEUXIÈME COMMISSION.
- ALGÉRIE.
- MM.
- Louis Vilmorin........ Culture.
- J. Persoz et Balard. . . . Produits chimiques, huiles, savons, etc.
- Justin Dumas.......... Soies grèges.
- Louis Leclerc......... Tabacs.
- Leplay................ Substances minérales.
- Héricart de Thury. . .. Marbres.
- Lainel................ Tissus.
- Yvart. ............... Laines en suint.
- Em. Dolfus. .......... Coton et laine.
- Payen................. Minoteries et couscoussous.
- Natalis Rondot........\
- e^en::::::::::::: Usines darses.
- Ambroise Firmin Didot . /
- MM.
- TROISIÈME COMMISSION.
- MACHINES.
- Charles Dupin.
- Combes.......
- A. Morin.....
- Lechatklier Mary.......
- Armand SÉguier.......
- Combes et Michel Chevalier,. .............
- Appareils de sauvetage , bateaux à vapeur, batellerie, cordages.
- Machines pour les mines, chemins de fer, locomotives.
- Pompes, appareils pour élever l’eau. Presses hydrauliques, machines à curer, turbines, moteurs hydrauliques, modèles et dessins de fabrique.
- Machines-outils, chaudronnerie en fer.
- Machines diverses, constructions civiles, machines â briques, vidanges (appareils, sièges, etc.)
- Machines diverses.
- Outils de sondage.
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- XIX ---
- MM. Amédée Durand . Machines à rogner et couper le papier, presses typographiques et lithographiques , outils-machines, presses à timbrer, à copier, serrures, meubles en fer.
- Em. Dolfüs Machines à filer, à tisser et accessoires (cardes, rots, lames, taquets, navettes, peignes à tiller, etc.); machines à fouler, à sécher, à extraire i’eau; machines à bonneterie, broderie, etc.
- Maxime Gaüssen. Pecqueur Métiers et mécanique Jaequart. . Presses et crics , machines à chocolat et à broyer.
- Arnoux . Carrosserie, trains de voilure, essieux, ressorts de voitures, enrayage.
- QUATRIÈME COMMISSION.
- MÉTAUX.
- MM. Leplay . Clous, pointes et rivets, fils de fer, treillage, or et argent en feuilles, or faux, tréfilerie, cloches et sonnettes, houille et anthracite, fonte étamée , étain , maillechort, métal anglais, cuivre, robinets, planches de cuivre, de zinc, d’acier, fonte de cuivre, minerais, zinc et emploi, plomb et emploi, aciers, limes, faux, faucilles.
- Goldenberg Coutellerie, outils de forges, enclumes, souf-flets , étaux , quincaillerie , taillanderie , boulons, vis, écrous.
- Ebelmen Amédée Durand Michel Chevalier.. . . Conduites d’eau et de gaz en métal. ,. Fermetures domiciliaires, aiguilles. Fonte, fonte malléable, fonte moulée, fers, fer-blanc, etc.
- Pecqueur Héricart de Thury . . . Ustensiles de ménage, couverts, étrilles. Substances minérales. (Marbres, marbres travaillés, pierres lithographiques, crayons, ardoises, pierres à polir et à repasser, concrétions minérales , asphaltes et bitumes, albâtres, pierres meulières, meules, etc.)
- E.
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- -- XX —
- CINQUIÈME COMMISSION.
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
- Pouillet................. Instruments d’optique et physique , phares ,
- appareils d’éclairage.
- Mathieu.................. Appareils à peser; grandes balances, mesures
- diverses, compteurs et machines à calculer, globes célestes et terrestres; cartes en relief.
- A. Séguier............... Grandes orgues, orgues expressives, mélo-
- phones , orgues à manivelles.
- Froment.................. Instrum ents d’astronomie, de marine, géodosie
- et de mathématiques, instruments divers, machines à tailler et à diviser.
- Peupin,.................. Horlogerie de précision et civile ; mouvements
- roulants de pendules , pièces détachées, aiguilles, ressorts de montre, etc. Arquebuserie, canonnerie, cartouches, amor-
- ces , fourbisserie, ustensiles de chasse.
- P. Érard................. Pianos et harpes.
- Mareoye.................. Instruments à archets et à cordes, instruments
- à vent en cuivre et en bois.
- SIXIÈME COMMISSION.
- ARTS CHIMIQUES.
- MM.
- Ebelmen................. Calorifères à air chaud, cheminées, appareils
- culinaires, fours et appareils de dessiccation, appareils de filtrage.
- Dumas, de l’Institut.... Couleurs, conservation et teinture des bois,
- tissus imperméables et tissus élastiques, vernis, cire à cacheter, cirage et encre.
- Payen.................... Gélatine, colle forte, raffinage et essai du
- sucre, pétrins mécaniques, appareils pour l’extraction de la fécule, bougies, Huiles, graisses, suifs, corps gras, calorifères à eau et à vapeur, appareils distillatoires de l’eau de mer.
- Peligot..................... Substances alimentaires, produits chimiques,
- cafetières et brûloirs à café, appareils à faire la glace.
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- --- XXI ---
- MM.
- J. Persoz............. Couleurs et matières tinctoriales, teinture et
- impression, procédé de blanchiment et de blanchissage.
- Balard ............... Savons et cosmétiques, produits chimiques.
- Louis Lucien Bonaparte. Fécules, amidons, glucose.
- SEPTIÈME COMMISSION.
- ARTS CÉRAMIQUES.
- MM.
- Dumas, de l’Institut Ébelmen.........
- Bougon..........
- HUITIÈME COMMISSION.
- TISSUS.
- Glaces, cristaux, verres.
- Porcelaine, vitraux peints, décoration de por-celaines et cristaux, émaillage sur métaux.
- Faïence fine et grès cérame, faïence brune et blanche à émail stannifère, poterie commune à vernis de plomb, terres cuites non vernissées, fabrication des briques et tuiles.
- Justin Dumas, président. \
- Germain Thibault.......i
- Maxime Gaussen ........f Fils de laine peignée et tissus de laine longue,
- Sieber.................[ châles, étoffes mélangées et unies.
- Billiet................1
- Roux-Carbonnel........./
- V. Grandin, président... \
- Lainel............... I
- Duperrier..............> Laines cardées, tissus unis et draperies.
- J. Randoing............i
- Blanqui................J
- Roux-Carbonnel, président...................
- Arlès-Dufour..........I
- Justin Dumas..........
- Germain Thibault......
- Maxime Gaussen .......
- Tavernier. ..............
- Soie3 ouvrées, bourres, déchets, tissus unis et façonnés.
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- --- XXII
- MM.
- Rodx-Carbonnel, prési-\ dent...................f
- Arlès-Ddfoür...........( Bonneterie,.passementerie.
- Manière................)
- E. Dolfüs, président.. . . \
- H. Barbet..............f Cotons filés et tissus de coton unis, teints et
- A. Mimerel.............I imprimés.
- 3. Persoz..............J
- Germain Thibault, pré-'
- sident.............
- E. Dolfüs.............
- Keittinger............
- H. Barbet.............I
- Woloswski.............I
- Sieber................
- Maxime Gaossen........'
- Justin Bomas..........
- J. Persoz.............
- Tissus de laine imprimés.
- Blanqüi, président.
- Lainel............
- Félix Aobry.......
- E. Desportes......
- Çhanvre, lin, fil et tissua de lin.
- Blanqdi , président.....\
- Rodx-Carbonnel..........i
- A. Mimerel..............> Tapis et tapisserie.
- Billiet ................t
- Lainel..................]
- Félix Aübry, président.. J
- Justin Ddmas............> Tulles, dentelles et broderies.
- Blanqüi.................J
- NEUVIÈME COMMISSION.
- BEAUX-ARTS.
- MM.
- Woloswski............... Orfèvrerie, joaillerie, bijouterie, plaqué et
- orfèvrerie légère, orfèvrerie de maillechort, dorure et argenture du cuivre.
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- XX1IÏ ----
- MM.
- Hèricart de Thury Joaillerie, bijouterie, pierristes, lapidaires, bijouterie dorée, bijouterie de deuil, d’acier, strass, imitation de diamant, perles artificielles , bijouterie de corail, mosaïques, anatomie plastique, préparations d’histoire naturelle, mosaïques en bois, agate, jaspe, écaille, etc. Incrustations d’ivoire.
- Léou Feuchère Ouvrages en ivoire, fonderies de bronzes d’art, bronze d’art et d’ameublement, bronze d’éclairage, cuivre estampé et verni, imitation de bois et de marbre par la peinture, dorure sur bois, cuir, machinerie de théâtre, constructions et modèles, plans en relief, tabletterie , parquets, emploi du bois appliqué au bâtiment, cadres, bordures, boissellerie et tonnellerie, mannequins pour peintres, toiles pour peintres, brosses, pinceaux.
- Bougon Sculptures en carton-pierre, moulage, sculpture sur bois, figures en plâtre, stores.
- NataHs Rondot Eventails et écrans à main, meubles en tabletterie en bois et carton laqué, imagerie, dessins et métiers à tapisserie.
- Blanqui Ébénisterie d’art, meubles d’utilité et à système, meubles de fantaisie, marqueterie, ébénisterie de siège.
- Léon de Laborde Billards, miroiterie, héliographie sur plaques de métal, héliographie sur papier, héliographie coloriée, ébénisterie appliquée à l’hé-liographie.
- A.-Firmin Didot Gravure et fonte de caractères d’imprimerie, imprimerie typographique, imprimerie en taille-douce et cartes, reliure.
- J. Persoz Typochromie, lithographie, chromolithographie, gravure pour impression, clichage, outils de graveurs, papiers peints.
- Saleandrouze-Lamornaix. Dessins de fabrique.
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- XXIV ---
- DIXIÈME COMMISSION.
- ARTS DIVERS,
- MM.
- À.-Firmin Djdot............. Papeterie,
- Dumas , de l’Institut.... Cuirs et peaux, cuirs vernis, maroquins, cuirs
- hongroyés et mégissés, cuirs repoussés, cuirs forés et courroies, fourrures.
- Geoffroy de Villeneuve. Sellerie et bourrelerie.
- M. Gaussen............... Chaussures en cuir.
- J. Persoz.............. Toiles cirées, papier dit gipsy.
- Héricart de Thury. .... Fleurs artificielles, botanique, fleurs de parure et d’ornement, instruments de chirurgie, bandagistes, orthopédistes, dentistes, biberons, clysoirs.
- Natalis Rondot........... Feutres et flotres; layeterie, emballage; ar-
- ticles de campement et de chasse; sabots, galoches, socques, brides et garnitures de sabots, chaussons, formes; perruques et ouvrages en cheveux; casques, chapellerie de feutre et de soie, casquettes, chapeaux de paille, chapeaux de femme ; lingerie, corsets, habillements d’homme, baleines, cannes, parapluies, cravaches, fouets; houtonnerie, brosserie, gaînerie, portefeuilles et porte-monnaie; ganterie de peau, ganterie de tissu de bonneterie et de filet; jouets d’em fants , bimbeloterie , œillets métalliques , peignes, plumeaux, tabatières en carton verni et boîtes en fer-blanc; vannerie, papeterie de luxe, papiers de fantaisie, papiers et cartes de porcelaine, moules et papiers à cigarettes, encadrements en carte repoussée, papier gaufré, sujets et objets de fantaisie en papier, cartonnages divers et enveloppes de bonbons, articles de fantaisie en carton, bois et peau, cartes à jouer, registres, plumes et porte-plumes, encriers, articles de bureau, bouchons en liège, bustes et têtes pour coiffeurs, cercles de tamis, crins, filets, articles de pêche, appareils de gymnastique, système de couchage, literie, pouponnières, produits du travail des aveugles.
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- -- XXV
- Dès le début de l’exposition, le ministre de l’agriculture et du commerce, sur la proposition du jury central, prescrit les dispositions suivantes :
- i° Les exposants ne pourront exposer que leurs propres produits et non des objets fabriqués sur modèles, dessins, etc., et acquis seulement par ceux qui les vendent.
- Les industriels producteurs seront seuls admis aux récompenses décernées par le Gouvernement.
- 2° Aucun écriteau ne devra être apposé sur les produits pour indiquer que ces objets ont été commandés ou achetés, soit par des maisons de commerce de détail, soit par des établissements publics.
- 3° Dans la galerie des tissus de couleur, des écriteaux feront connaître le nom du teinturier, lorsque cette partie du travail n’aura pas été exécutée dans l’établissement de l’exposant principal, et que le tissu sera admis comme œuvre des teinturiers.
- 4° L’exposant aura la faculté de montrer ou d’expliquer le jeu de ses machines ou appareils, mais chaque commission du jury central est chargée de prendre à ce sujet les mesures d’ordre quelle jugera convenables pour éviter les accidents, l’encombrement et les inconvénients quelconques.
- 5° Il sera interdit d’afficher sur les produits la mention de médailles ou récompenses décernées par des sociétés savantes ou industrielles, ainsi que d’étaler tout signe apparent qui serait relatif à ces récompenses ; les exposants pourront seulement mentionner celles qui auraient été accordées par le Gouvernement dans les précédentes expositions, mais seulement après que la vérification en aura été opéré par l’inspecteur.
- 6° Il sera libre à tout exposant de rappeler les brevets d’invention qu’il aura pris, en indiquant l’objet spécial du brevet, sa date, sa durée, et en justifiant de ses titres sur la demande de l’inspecteur ou des membres du jury. Il sera nécessaire d’ajouter, en outre, que les brevets sont délivrés sans garantie du Gouvernement.
- 7° Les rappels de médailles qui seraient accordés sur le rapport du jury ne pourront remonter au delà de la précédente exposition. Ces rappels n’auront lieu que si l’établissement continue à exploiter la même industrie, et seront d’ailleurs facultatifs.
- 8° Les prix de vente affichés à l’exposition devront être véridiques , et l’exposant ne pourrait refuser d’exécuter sur commandes
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- XXVI
- les mêmes objets et aux mêmes prix, sous peine d’être mis hors de concours.
- 90 Les faillis non réhabilités, auxquels la Bourse est interdite, ne participeront point aux récompenses décernées.
- 1 o° Pour éviter que des récompenses accordées à un exposant pour ün ensemble de produits divers soient attribuées à tel ou tel produit isolé qui n’en aurait pas été digne, chaque espèce de produit sera jugé séparément, et, dans le texte des rapports du jury central, un renvoi servira à passer d’un produit à un autre.
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- EXTRAITS
- DES VOEUX ÉMIS PAR LE JURY CENTRAL.
- !
- Vœu tendant à faire refuser les bâtiments, du domaine public aux sociétés
- qui font des expositions particulières.
- i° Le jury central, reconnaissant l’abus des expositions faites à des titres divers par des sociétés ou des entreprises particulières , prie M. le ministre de l’agriculture et du commerce d’intervenir auprès de son collègue le ministre des travaux publics pour lui demander de refuser à l’avenir la disposition de la galerie du Louvre et de tous autres locaux dépendant du domaine public aux sociétés qui, par des expositions particulières, simulent l’exposition nationale et induisent le public en erreur.
- Vœu recommandant à la bienveillance du Gouvernement la famille de feu
- M. Ph. de Girard.
- 2° Le jury central, sur la proposition de son président, charge ce dernier de rappeler au Gouvernement les services rendus à l’industrie nationale par M. de Girard et d’exprimer le désir que le Gouvernement reconnaisse ses services en accordant à sa famille une récompense nationale.
- Vœu en faveur de l’assimilation de l’Algérie à la France sous le rapport
- commercial.
- 3° Le jury central émet le vœu que tous les produits de l’Algérie soient affranchis de tous droits à l’entrée en France et entièrement assimilés aux produits français.
- 4° Le jury central, à l’ùnanimité, émet le vœu que le Gouvernement reproduise le projet de loi sur la marque obligatoire des produits de l’industrie afin d’éviter des fraudes la fois condamnables et désastreuses.
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- DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES
- N
- PAR
- LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE.
- (11 NOVEMBRE 1849.)
- La grande salle du palais de justice avait été préparée pour la distribution des récompenses aux exposants. Une décoration splendide, appropriée au caractère de cette solennité, avait remplacé, en quelques jours, la décoration qui avait servi lors de la cérémonie de l’institution de la magistrature.
- Neuf grands caissons octogones, remplissant les milieux des travées de la voûte, portaient les neuf inscriptions suivantes :
- i45o. Gutenberg invente l’imprimerie.
- 1649. PASGAL invente la presse hydraulique.
- 1690. Denis Papin invente la machine à vapeur.
- iy85. Berthollet invente le blanchiment au chlore.
- 1786. Philippe Lebon invente l’éclairage au gaz.
- 1790. Leblanc invente la soude artificielle *.
- 1800. Achard invente le sucre de betterave.
- 1810. De Girard invente la filature mécanique du lin.
- 1822. Fresnel invente les phares lenticulaires.
- La partie supérieure de la corniche avait été enrichie d’une attique composée de dix-huit grands motifs dans
- 1 C’est une justice de reconnaître que M. Dizé, associé à Leblanc, a concouru par ses travaux à la découverte de la soude artificielle, et qu’il en a organisé la première fabrication en grand.
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- XXX
- lesquels étaient représentés, en grisaille, sur fond rouge-brun, les sujets suivants : La Chimie, la Physique, la Géographie , l’Astronomie , la Peinture, l’Architecture , la Sculpture , l’Ameublement, la Céramique, l’Agronomie , l’Horticulture, la Métallurgie, la Mécanique, l’Orfèvrerie, l’Horlogerie, la Photographie, la Verrerie, la Lutherie.
- Aux deux extrémités , l’attique avait pris de plus larges proportions. Les tympans du fond de la salle contenaient les attributs de l’imprimerie, et les génies de l’Etude et de la Littérature servaient de supports à cette ornementation. Au chevet de la salle, était figurée une locomotive ayant aussi pour supports deux génies représentant la Science et l’Industrie et ayant pour devise ces mots : la vapeur.
- Chaque pilastre était orné d’un faisceau de drapeaux surmonté d’une bannière flottante, qui portait cette inscription :«Honneur au travail. » Les hampes de ces drapeaux venaient s’unir sur des écussons circulaires à fond bleu-azur, encadrés d’une couronne dorée, au centre de laquelle on lisait les noms des villes de France les plus importantes au point de vue économique.
- Voici la liste de ces villes :
- Amiens. Lille. Roubaix.
- Angoulême. Limoges. Rouen.
- An N ON Aï. Louviers. Saint-Etienne.
- Avignon. Lyon. Saint-Quentin.
- Bordeaux. Marseille. Sedan.
- Clermont-sur-l’Hé- Mulhouse. Tarare.
- RAULT. Nantes. Toulouse.
- Elbeuf. Nîmes. Troyes.
- Grenoble. Paris. Valenciennes. '
- Joinville. Reims. Vienne.
- Le Havre. Rive-de-Gier. Vire.
- Pour couronner les pilastres, on avait inscrit sur fat-
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- XXXI
- tique les noms des villes de l’Aigle, Alais, Baccarat, Bayeux, Castres, Châtellerault, Chollet, Cognac, LeCreu-zot, Decazeville, Lodève, Mirecourt, Montpellier, Nevers, Orléans, Sarreguemines,
- Les triglyphes de la frise de l’entablement, composée de neuf travées, renfermaient les noms des liommes dont les découvertes avaient été le plus utiles à l’industrie. Les noms des modestes ouvriers, qui avaient suppléé à l’instruction scientifique par leur esprit d’observation et lèur génie naturel, figuraient à côté de celui des savants dont les études abstraites avaient élargi les limites des connaissances humaines. >
- Là brillaient les noms de :
- ** Bélidor. Jars. Péronnet.
- Bernard de Palissy. De Girard. Prony.
- Borda. Les frères Gobelin. Proust.
- Bosc. Les frères Keller. Réaumur.
- Boulle. Lavoisier. Richard Lenoir.
- Brongniart. Mathieu de Dom- Riquet.
- Ciiaptal. basle. J. Rouvet.
- Coulomb. Monge. Sané.
- Daubenton. Montgolfier. Tessier.
- Duhamel du Mon- Oberkampp. Ternaux.
- ceau. Olivier de Serres. Thouin.
- Gambey. Parmentier. Vauganson.
- Jacquart. Pascal.
- Autour des deux grandes parties vitrées formant archivolte aux extrémités de la salle, étaient écrits en lettres d’or ces mots : République française. Dans la frise du chevet, on lisait cette inscription : Liberté, Égalité, Fraternité, et dans la frise opposée, celle-ci : Honneur au travail.
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- --- XXXII
- La tenture des arcades et des soubassements était en velours rouge. Le chevet de la salle était décoré dans toute sa hauteur par une draperie de même étoffe ornée de guirlandes de fleurs , de feuilles de chêne et d’olivier, et soutenue par des têtes de lion dorées; des palmes d’or remplissaient l’espace existant entre les guirlandes et l’architrave de l’entablement.
- Toute cette décoration avait été exécutée sous la direction de M. Lenormand, architecte de la cour de cassation.
- La Sainte-Chapelle, où monseigneur l’archevêque de Paris devait célébrer la messe du Saint-Esprit et bénir les médailles, ainsi que les produits de l’agriculture et de l’industrie, avait reçu aussi une décoration spéciale qui laissait à l’édifice le caractère si remarquable que l’art moderne a su lui rendre. Les parties inférieures des fenêtres, encore inachevées, avaient été revêtues de tapisseries anciennes des Gobelins. Huit grandes figures sur fond d’or garnissaient la partie inférieure des fenêtres du sanctuaire.
- Treize lustres dorés, avec leurs bougies de cire jaune, étaient suspendus à la voûte, du milieu de laquelle pendaient aussi une grande couronne d’or, à l’instar de celle qui se voit au-dessus du tombeau de Charlemagne à Aix-la-Chapelle.
- Au bas des marches de l’autel , dans les deux renfoncements destinés anciennement aux places d’honneur, on avait élevé deux trophées, l’un à l’agriculture, l’autre à l’industrie. Un grand nombre de fabricants s’étaient empressés de fournir les plus précieux objets de leur fabrique pour rehausser l’éclat du monument consacré aux arts industriels. Les administrateurs des jardins nationaux
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- XXXIII
- avaient concouru de leur côté à la composition du trophée de l’agriculture.
- M.Lassus, architecte de la Sainte-Chapelle, était chargé de diriger les travaux de décoration.
- Le 1 1 novembre, à neuf heures trois quarts, le président de la République, suivi des officiers de sa maison, est parti du palais de l’Élysée en voiture; il avait près de lui M. Boulay (de la Meurthe), vice-président, le ministre de la guerre et le ministre du commerce ; dans d’autres voitures d’honneur étaient les ministres et les aides de camp de Louis-Napoléon.
- Le cortège est arrivé par le pont au Change. Il était précédé par un escadron de cuirassiers.
- Le président de l’Assemblée nationale, M. Dupin , est également arrivé au palais de justice, précédé et suivi par un escadron de lanciers.
- Le président de la République a été reçu en haut du grand escalier d’honneur par le jury central, qui l’a conduit immédiatement à la grande chambre d’audience de la cour de cassation, où étaient réunis depuis neuf heures et demie, MM. les agriculteurs et industriels auxquels ,1a décoration a été décernée à l’occasion de l’exposition de l’industrie. M. le ministre de l’agriculture et du commerce a prononcé l’allocution suivante :
- Messieurs,
- M. le Président de la République vous a décerné la croix de la Légion d’honneur comme une récompense méritée par vos inventions , par vos travaux longs et prospères.
- Il a vu, avec autant de surprise que de joie, l’industrie se montrer toujours digne des mêmes distinctions, malgré les tempêtes qui en ont troublé la marche.
- Tout en regrettant que l’agriculture n’eûl pas obtenu autrefois
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- --- XXXIV
- sa place dans ces solennités, sa part dans ces récompenses, il s’estime heureux d’avoir été appelé à lui rendre d’une manière éclatante une justice qui ne lui fera jamais défaut à l’avenir, L’agriculture peut compter, à tous les titres, sur une protection bienveillante et empressée.
- DECORATIONS.
- MM.
- Auclerc, agriculteur et éleveur à Celle-Bruère (Cher).
- Baur, gérant associé de la fabrique de grosse quincaillerie à Molsheim (Bas-Rhin).
- Berthoüd (Charles-Auguste), fabricant d’horlogerie.de marine à Argen-teuil (Seine-et-Oise).
- Bouchon, exploitant de carrières de pierres meulières à la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne).
- Bouillon, fabricant de fil de fer à Limoges.
- Burat, ingénieur civil à Paris.
- Canson (Etienne), fabricant de papier à Annonay.
- Cavaillé-Coll père, fabricant d’orgues à Paris.
- Chevandier (Eugène), directeur de la compagnie des manufactures de glaces et de verres de Cirey (Meurthe).
- Crespel (Tiburce), agriculteur à Larbret (Pas-de-Calais). Decrombecque, agriculteur (Pas-de-Calais).
- CüRnier , fabricant à Nîmes.
- Delattre (Henri), fabricant de tissus à Roubaix.
- Demesmay, agriculteur (Nord).
- Desrosiers, imprimeur à Moulins (Allier).
- Duport (Victor-Florian), fabricant de cuirs à Paris.
- Durenne père, fabricant de chaudières à Paris.
- Farcot, constructeur de machines à vapeur à Saint-Ouen (Seine). Fizeau, héliographe, Paris.
- Flavigny (Charles), fabricant de draps à Elbeuf.
- Frolich, directeur de forges de Montataire (Oise).
- Gaussen (M.), fabricant de châles à Paris.
- Gouin (Ernest), constructeur de machines à Batignolles.
- Grar (Numa), raflîneur à Valenciennes.
- Hardy, chef des pépinières d’Alger.
- Hartmann, fabricant de fils et tissus de coton à Munster (Haut-Rhin). Houel , directeur des ateliers de la maison Derosne et Cail à Paris. Houette, fabricant de cuirs tannés et vernis à Paris.
- Kind, sondeur artésien.
- Koi,b-Bernard , raffineur de sucre à Lille.
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- -- XXXV ---
- Lacroix, directeur de la fabrique de produits chimiques de Chauny (Aisne).
- Lecouteulx, directeur de la fonderie de Romilly (Eure).
- Lefébure, fabricant de dentelles et blondes à Bayeux (Calvados).
- Lehoült père, dateur et fabricant de tissus de coton à Saint-Quentin (Aisne).
- Leveillé, fdateur et teinturier à Rouen.
- Mallet, dateur de coton à Lille.
- Marcus, directeur de la compagnie des cristalleries de Saint-Louis (Moselle).
- Martine aîné (Charles-François), agriculteur (Aisne).
- Menet (Jean), dateur et moulinier de soie à Annonay.-
- Nillus, constructeur de machines à vapeur, au Havre.
- Fallu, directeur des mines de Pontgibaud (Puy-de-Dôme).
- Potton (Ferdinand), fabricant de soieries à Lyon.
- Raoux, fabricant d'instruments de musique en cuivre à Paris.
- Renaud (Adolphe), fabricant de draps à Sedan.
- Roussi, ouvrier mécanicien à Lyon.
- Sax , fabricant d’instruments de musique à vent à Paris.
- Soleil, fabricant d’appareils d’optique à Paris.
- Sorel , fabricant de fer galvanisé à Paris.
- Toussaint, directeur de la compagnie des cristalleries à Baccarat.
- Tranciiart-Froment, dateur de laine àRethel.
- Züber fils, fabricant de papiers à Rixheim (Haut-Rhin).
- Le Président de ia République a accompagné la remise de chaque décoration de paroles pleines de bienveillance ; il a pressé la main à un brave ouvrier mécanicien de Lyon, nommé Roussi, qui a mérité la croix de la Légion d’honneur par des travaux pleins d’intelligence.
- Après la distribution des croix, le Président de la République s’est rendu à la Sainte-Chapelle, suivi de tout le cortège, complété par les membres du jury, les nouveaux chevaliers de la Légion d’honneur et de hauts fonctionnaires.
- Deux grands coffres de velours , rehaussés de riches ciselures, renfermant les médailles d’or et d’argent étaient portés par huit ouvriers.
- Le Président de la République a été reçu sous le porche
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- de la Sainte-Chapelle par le clergé de Paris. Autour de l’autel on remarquait les archevêques et évêques de Bordeaux, Langres, Limoges et Carcassonne. Avant la messe, monseigneur l’archevêque de Paris, revêtu de ses habits pontificaux, a prononcé le discours suivant :
- Monsieur le Président et Messieurs,
- La religion s’empresse cVaccourir encore aujourd’hui à la voix de la patrie. Elle est heureuse devenir ajouter ses pompes, ses prières et ses bénédictions à cette grande solennité nationale. Dans celle fêle, qui a pour objet d’encourager, d’ennoblir de plus en plus le travail, elle ne trouve rien qui ne soit conforme à ses principes et à ses sentiments. Ce n’est pas elle qui pourrait jamais oublier l’ouvrier, dédaigner sa condition et ses œuvres, elle dont le berceau fut la boutique d’un artisan !
- N’a-t-elle pas été la mère de notre agriculture, et, dans les temps anciens, son institutrice la plus éclairée et la plus active? Ce sont ses enfants, ce sont ses moines surtout, qui ont abattu les forêts, rendu fertiles les terres, fondé des villes et créé, pour ainsi dire, des nations là où régnaient le silence, la solitude et la barbarie.
- En formant des peuples nouveaux, en conquérant des peuples anciens, en les unissant tous par un lien commun , elle a multiplié les rapports entre les hommes , favorisé leurs transactions et étendu le cercle où le commerce était appelé à se mouvoir.
- On ne l’accusera pas sans doute d’être l’ennemie des arts, cette religion qui a élevé tant demonuments magnifiques. Voyez le temple où nous sommes réunis, quoiqu’il n’ait pas encore retrouvé, malgré les plus habiles efforts, toute sa splendeur primitive, voyez si dans ces voûtes suspendues sur nos têtes, dans ces colonnes qui s’élancent, dans cet or qui ruisselle sur la pierre, dans ces peintures et dans ces sculptures à la fois si savantes et si délicates, en un mot, dans toute cette magnifique expression d’une seule des pensées de la religion, vous ne trouverez pas assez de preuves de son amour pour les arts.
- Mais, peut-être, la religion n’éprouve-t-elle pas les mêmes sympathies pour les sciences et pour l’industrie. Eh ! qu’on se détrompe ! Quand elle voit l’homme reconquérir peu à peu, et à la sueur de
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- sou intelligence, cet empire du monde qu’il avait perdu; quand elle le voit, sur les ailes de son génie, franchir les espaces et aller mesurer les cieux ; quand elle le suit, tantôt se traçant une roule certaine à travers les flots et les tempêtes tantôt, sur la terre, dérobant à la nature ses secrets, dominant les climats et les faisant servir comme des esclaves à ses usages, effaçant les distances, et, par les merveilles de la vapeur, ajoutant si prodigieusement à ses forces et à sa vie; devant ce grand spectacle, non, la religion no reste ni muette ni indifférente; elle applaudit à des efforts qui manifestent la grandeur primitive du roi de la création, son origine divine et sa ressemblance avec son auteur ; elle bénit des résultats qui, sous la main de la Providence, conduisent l'humanité à scs fins.
- Voulez-vous une autre preuve de J’estime qu’elle fait des arts et de l’industrie ?
- Ecoutez : «C’est le Seigneur, disent les livres saints , qui. appelle «par son nom Béséléel, fils d’Uri, lorsqu’il s’agit de construire et « d’embellir le temple de Jérusalem ; il le remplit de sagesse et d’in-« telligence, et de science, et d’habileté pour toute sorte d’ouvrages, «soit pour exécuter ce qui peut se faire en or, et en argent, et en «airain, soit pour tailler et pour graver les pierres précieuses, et « pour tous les ouvrages en bois. Il a aussi appelé Ooliab, conti-« nue l’historien sacré ; il le remplit également d’un esprit de «sagesse, pour exécuter tous les ouvrages en étoffes de différentes «couleurs, et en broderies, d’hyacintjjie, de pourpre, d’écarlate «teinte deux fois, et de simple tissure, et pour inventer même « de nouveaux ouvrages et toutes sortes de dessins. » (Exode, c. xxxv, v. 3o-35.)
- Voilà ce que sont aux yeux de notre religion sainte les divers travaux du génie et de la main des hommes.
- Sans doute elle préfère les biens éternels aux biens terrestres. Eile ne croit pas que tout soit dit pour le bonheur des peuples, comme des individus, quand la terre est fertile, que la richesse s’accroît et que partout coule l’abondance. Elle sait que les sociétés ne vivent pas seulement de pain, mais de vérité, de justice et de moralité. Elle avertit l’homme d’élever son cœur et son regard en haut, de ne pas mettre son âme dans la matière et ses espérances dans le temps. Elle lui montre des Etats florissants, qui étaient fiers de leurs richesses, dont le commerce et l’industrie faisaient chaque
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- jour des progrès, arrêtés tout à coup sur la voie des prospérités, et s’écroulant avec fracas au premier souffle des révolutions, parce qu’ils étaient minés profondément par le sensualisme et la corruption.
- Mais, quoique la force et la vie des sociétés temporelles soient principalement dans leur adhésion aux principes éternels que la religion proclame, il n’en est pas moins vrai qu’elles augmentent, par le travail, tout ce qui regarde l’aisance, leur bien-être et leur sécurité. Ce travail est déjà lui-même une vertu", il est le prix de l’ordre; il est le principe d’un perfectionnement moral qui élève l’homme, et qui, en lui faisant accomplir sa destinée ici-bas, le conduit, parla voie la plus sûre vers ses destinées immortelles.
- Votre dessein, plusieurs fois manifesté, Monsieur le Président, est de rouvrir pour le pays, avec le concours de l’Assemblée nationale, les sources les plus abondantes du travail, et de frayer les voies les plus larges à l’industrie et au commerce. Vous avez aussi compris le besoin de ne pas laisser l’homme se matérialiser, de rattacher la terre au ciel par les liens à la fois les plus doux et les plus forts, et de faire descendre sur les sources de la richesse un rayon d’en haut, afin qu’elle soit toujours un principe d’ordre, de paix et de vrai bonheur. De pareils efforts et de pareils sentiments vous assureront la reconnaissance du peuple et les bénédictions du ciel.
- Puisse donc ce grand Dieu, le créateur de la nature, en voyant ces œuvres sorties des mains de ses enfants, les bénir avec amour et dire, comme en présenqp de ses propres ouvrages : « Toutes ces choses sont bonnes : Viditque Deus canota qaœ fecerat, et erant valde lona! »
- Oui, ô mon Dieu, elles sont bonnes, ces œuvres, puisqu’elles manifestent la grandeur du génie de l’homme, et publient ainsi, à leur tour, comme les cieux, la gloire de son créateur. Elles sont bonnes, puisque vous avez voulu les faire servir, dans l’ancienne et dans la nouvelle loi, à l’embellissement de vos temples et à la pompe de votre culte. Elles sont bonnes, puisqu’elles tendent à diminuer la souffrance du pauvre et à augmenter le bien-être du peuple : Et erant valde lona.
- Quelques instants après, la messe du Saint-Esprit a été célébrée par monseigneur l’archevêque de Paris. Pendant l’office, on a entendu divers morceaux de chant qui
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- sont du xmesiècle, et dont le caractère religieux a vivement impressionné l’assemblée. Les chœurs étaient dirigés par M. Clément, qui a attaché son nom à la restauration de ces anciennes mélodies.
- Après la messe, le Président de la République et les corps qui ont assisté à la cérémonie delà Sainte-Chapelle se sont rendus à la salle où devait avoir lieu la distribution des médailles.
- Au milieu de cette vaste salle, s’élevait le fauteuil du Président de la République : il avait à sa droite le' vice-président, M. Boulay (de la Meurthe), et à sa gauche M. Dumas, ministre de l’agriculture et du commerce.
- Sur une estrade à gauche, le président de l’Assemblée, M. Dupin, occupait également une place d’honneur; il avait auprès de lui les membres du bureau de l’Assemblée, vice-présidents, secrétaires, questeurs.
- A droite du président de l’Assemblée était le conseil des ministres, puis venaient le corps diplomatique, à la tête duquel se trouvait lord Normanby, ambassadeur d’Angleterre, monseigneur le nonce du pape, monseigneur l’archevêque de Paris et son clergé, des députations de la cour de cassation, de la cour d’appel, des tribunaux de première instance et de commerce, les prud’hommes, les députations de l’Institut et de l’Université; les états-majors de la garde nationale et de l’armée, parmi lesquels on distinguait le général Petit, gouverneur des Invalides, le général Perrot, le général Dulac.et une foule d’autres officiers généraux.
- On y remarquait encore les préfets de la Seine et de police, les douze maires de Paris et un grand nombre de représentants.
- En face du Président de la République étaient d’im-
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- menses gradins où étaient placés tous les exposants à qui devaient être décernées les médailles d’or, d’argent et de bronze, un public nombreux et les chanteurs orphéonistes.
- Les arts ont prêté leur concours à cette grande fête de notre industrie nationale. Trois cents orphéonistes, sous la direction de M. Huber, et un orchestre dirigé par M. Sax, ont exécuté alternativement des chants nationaux et des fanfares.
- Le.Président de la République a surtout applaudi les strophes composées pour la circonstance parM. Gatineau, orphéoniste, et dont la musique est due à M. Wilhem.
- Le ministre de l’agriculture et du commerce a ouvert la séance par le discours suivant :
- 'Monsieur le Président,
- L’agriculture, l’industrie, le commerce et les arts, personnifiés dans leurs "chefs ou leurs ouvriers les plus nobles et les plus éclairés, réunis dans celte encen^^en^résence de la représentation nationale, vont recevoir de votre mawlesrécompenses que lejuge-*jsnent du jury central leur décerne, j .
- Vous avez voulu que cette cérémonie, autrefois concenttée dans le palais du Roi, devînt désormais la* fête du travail, celle du peuple, et qu’elle apprît à la France entièrè qu’il n’y a pas de labeur si humble \pi n’y ait sa place marquée, d’ouvrier assez modeste et assez caché pour que ses services échappent à l’œil du pays reconnaissant.
- La magistrature, en nous prêtant son sanctuaire pour cette fête improvisée, et en s’y associant plus étroitement encore par sa présence, porte un double témoignage du'respect que méritent les jugements dont on va proclamer l’expression. 1
- Par uneinnovation touchante, la religion es^venue rappeler quelle bénit le travail^ quelle le commande, qu’elte Pennoblit, quelle le sanctifie même à l’égard de la prière. Elle a? marqué sa place dans une cérémonie dont sa présence rehaussera désormais la grandeur
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- et l’éclat, et où elle semble dire que l’amour du travail c’est l’amour de Dieu lui-même.
- L’Inslitut, le conseil de l’instruction publique, les facultés, toutes ces compagnies illustres dévouées au culte de la science, se sont empressées d’obéir à votre appel et de prendre leur rang au sein d’une réunion où personne n’oublie la part qui leur est due dans cette fécondité industrielle de la France, dont le tableau va se dérouler sous vos yeux. En couronnant les élèves en présence des maîtres, vous doublez la joie des uns, vous doublez aussi le dévouement des autres.
- La religion, la politique, la justice, la science, veulent donc, à l’envi, que les fruits du travail soient récompensés, et quhl soit honoré lui-même comme la source inépuisable de tout ce qui est beau, de tout ce qui est bon, de tout ce qui, sur la terre, se montre grand et durable.
- La religion y voit l’accomplissement d’un devoir; la politique, le principe austère, mais sûr, de la durée des peuples libres ; la justice, le meilleur gage du perfectionnement moral de l’homme ; la science, l’instrument de toutes les conquêtes qu’elle fait sur la nature.
- Ici nous sommes donc tous voués au culte du travail; ici il n’y a pas de place pour l’oisiveté ou la paresse ; ici nous travaillons tous avec le même courage, depuis le laboureur et l’ouvrier jusqu’à ces éminents esprits qui vous entourent, jusqu’à vous, qui trouvez si courtes les heures employées à préparer le bonheur d’un peuple à qui vous avez voué tant d’amour.
- Oui, c’est dans ce respect du travail, dans cet amour vrai du peuple que vous puisez les inspirations de votre politique.
- A la sollicitude que vous témoignez pour le laboureur et l’ouvrier, on sent que vous vous regardez comme leur père.
- Vous voulez entourer leur enfance de soins plus prévoyants encore ;
- Vous voulez que, pendant la virilité de leur vie, leur travail, encouragé par de bonnes lois, devienne plus productif;
- Vous voulez préparer à leurs vieux jours une sécurité qui leur manque ;
- Puisse le ciel, dans sa bonté, donner à votre ministre la force d’accomplir l’œuvre que vous lui avez marquée !
- Mais il ne suffît pas à la prospérité de l'agriculture et de l’in-
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- dustrie de leur préparer des laboureurs ou des ouvriers robustes, laborieux, heureux du présent, confiants dans l’avenir; il faut encore qu’une pensée éclairée et ferme dirige leurs bras.
- Dans ces visites si nombreuses et si prolongées, que vous faisiez dans les salles de l’exposition, vous avez promptement aperçu par quels liens la beauté des produits, la sûreté de leur création, se rattachent à la netteté et à la profondeur de l’éducation du fabricant.
- La force et l’habileté du laboureur et de l’ouvrier constituent un immense capital national; mais la science de l’agriculteur, celle du manufacturier, celle de l’ingénieur peuvent en centupler la valeur. A de bons soldats, il faut de savants capitaines. Cette science, l’éducation publique doit tendre sans cesse à l’accroître, et le pays a le droit de lui demander compte des efforts qu’elle fait dans ce but.
- Aussi voulez-vous qu’une éducation plus variée permette à toutes les aptitudes de se faire jour. Laissant aux lettres toute leur importance, vous entendez que les sciences obtiennent la leur. Sans renoncer au culte des langues anciennes, vous désirez que l’élude des langues modernes se popularise.
- Vous voulez, en un mot, préparer à l’agriculture, à l’industrie, au commerce, aux arts, à l’administration publique, des agents préparés à comprendre et à résoudre toutes les questions qui s’agitent au milieu des peuples qui nous environnent.
- Vous voulez que la jeunesse, trouvant dans nos lycées et dans nos collèges toutes les ressources nécessaires à une bonne éducation agricole, industrielle ou commerciale, ne soit plus détournée, par d’au tres études, de la carrière paternelle.
- Ces pensées étaient depuis longtemps les miennes, Monsieur le Président; je les avais puisées au milieu même de ces pères de famillè que vous allez récompenser. Elles m’ont fait un .devoir d’accepter un fardeau au-dessus de mes forces.
- Si je n’ai pas reculé devant lui, c’est que je me suis confié à cette vieille affection que m’ont si souvent témoignée les chefs naturels de l’industrie et de l’agriculture dont nous sommes entourés ; c’est que je me suis regardé comme leur représentant, comme leur écho, toujours prêt à saisir leur pensée et à s’en inspirer.
- C’èst, surtout, que j’ai compté sur ce jury central, où j’ai siégé pendant tant d’années, et qui m’a toujours accoutumé à m’y croire
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- entouré d’amis. La fermeté de ses jugements, la sincérité de ses discussions, la droiture, l’impartialité qui l’animent toujours, en font, pour les personnes et pour les choses, le conseiller le plus sûr et le plus fidèle. Il trouvera toujours mon oreille ouverte à ses avis. Puisse-t-il ne pas me les épargner.
- Je remercie, au nom de l’agriculture, de l’industrie, du commerce et des arts, messieurs les membres du jury et son illustre président du dévouement dont ils ont donné tant de preuves dans l’accomplissement de leur tâche.
- Au nom de tous, je remercie surtout mon prédécesseur quêtant de qualités avaient désigné à votre choix, Monsieur le Président, et que l’étendue de ses lumières, l’urbanité de son esprit, la netteté de ses décisions signaleraient à notre reconnaissance, alors même que celte cérémonie ne serait pas la conséquence et la conclusion d’une œuvre que ses soins avaient si habilement préparée et conduite, et dont j’ai essayé de rendre la fin digne de son commencement.
- Le président du jury, M. Charles Dupin, a ensuite pris la parole et a prononcé le discours suivant :
- Monsieur le Président,
- Conformément à l’usage, je dois signaler les progrès obtenus par l’industrie nationale dans les cinq ans écoulés depuis la dernière exposition.
- Ce qui caractérise l’industrie moderne et la rend progressive, c’est l’alliance de plus en plus intime de ses arts avec les sciences ; la géométrie, la mécanique et la chimie sont les trois flambeaux qui la guident et la mènent aux découvertes. Depuis la dernière exposition, cette alliance féconde s’est signalée par de nouveaux bienfaits dont il faut montrer la nature et l’étendue.
- ARTS GÉOMÉTRIQUES ET MÉCANIQUES.
- La géométrie, l’art des mesures, s’est attachée à doter l’industrie d’instruments précis,' quoique toujours simples et commodes; elle a perfectionné surtout un instrument resté dans l’enfance depuis l’usage qu’en faisait le moins savant des peuples conquérants.
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- La romaine, aujourd’hui, combinant deux leviers et deux points d’appui, donne, avec autant de rapidité que de précision, les unités les fractions décimales du poids des objets. U fallait cette promptitude pour la multiplicité des pesages aux stations des chemins de fer, où tout doit marcher, disons mieux, courir avec la vélocité de la vapeur. .
- Le temps est d’un prix inestimable pour les arts utiles. Combien de fois les commerçants n’ont-ils pas désiré des machines à calculer qui leur épargnassent des moments précieux, et qui fussent exemptes des erreurs que l’esprit le plus attentif n’évite jamais complètement! Une heureuse combinaison de mouvements circulaires vient de faire faire un grand pas à la solution du problème. Deux artistes français ont eu le bonheur d’ajouter à la machine arithmétique un perfectionnement que Pascal, son immortel inventeur, n’avait pas atteint.
- D’autres appareils à mouvements circulaires rendent service à l’un des grands intérêts de l’humanité. Tels sont les phares inventés par l’illustre Fresnel; il les a dotés d’une puissance nouvelle, en réunissant les effets de la réflexion et de la réfraction sur les surfaces cle cristaux circulai rement disposés autour cl’une lumière rendue elle-même plus puissante par des combustions concentriques auparavant inconnues.
- L’exposition de cette année présentait à radministi’ation publique le plus grand appareil de celte nature et le plus parfait que nous ayons construit encore. Les Anglais, les Suédois, les Américains ont commandé des phai'es français. Mais nous restons la puissance qui présente, sur un immense littoral, le plus bel ensemble de feux protecteurs. Il y a vingt ans, nous n’avions érigé que trente phares ou fanaux sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée; à présent uous en possédons plus de cent soixante érigés sur nos côtes de France, de Corse et même d’Afrique.
- Sur notre vaste littoral de l’Algérie, nos trois couleurs pendant le jour, et, pendant la nuit, nos lumières indicatrices, apprennent aux navigateurs que la plus hospitalière des nations remplace aujourd’hui la piraterie séculaire des peuplades barbaresques.
- . La lumière est l’objet d’un aqtre progrès plus récent encore et qui va s’appliquer aùx arts. Jusqu’cà présent, l’industrie humaine n’avait pas pu parvenir à mesurer matériellement, sur notre globe, la vitesse prodigieuse de la lumière. Un jeune savant, à la-fois géo-
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- mètre et mécanicien, vient de résoudre ce beau problème par la combinaison la pins simple et la plus ingénieuse de deux roues dentées à vitesse extrêmement peu différente. C’est l’extrême lenteur d’un mouvement différentiel qui rend saisissable et mesurable la vitesse de la lumière, laquelle passe de l’une à l’autre de ces roues en moins d’un tiers de dix-millième de seconde. Voilà ce que peut l’expérience, quand la géométrie la dirige.
- Le même appareil sert déjà pour déterminer la vitesse du courant galvanique, dans cette communication merveilleuse où la terre elle-même, à des distances dont nous ignorons les limites, sert de conducteur au fluide.
- Dès 1787, un physicien français avait employé, pour transmettre au loin des signaux, un fil métallique unissant des électromètres. Cinquante ans plus tard, une découverte semblable est faite aux États-Unis, en substituant la pile voltaïque à l’électricité naturelle.
- Nos artistes ont imaginé des appareils, ingénieux pour transmettre les signaux et pour compter les moments sur toute une ligne télégraphique. Déjà nos plus habiles horlogers construisent des compteurs et des horloges mus par la puissance de l’électricité.
- La chronométrie, parvenue au plus haut point de perfection pour les usages de la marine et de la navigation, se contente aujourd’hui de ne pas rétrograder.
- L’horlogerie secondaire offre des combinaisons nouvelles et variées; mais elle est loin de celte supériorité que reclame l’industrie nationale. Cependant d’heureux succès nous présagent que bientôt nous aurons conquis notre place dans le commerce de l’horlogerie. Les Suisses achètent par milliers des mouvements de montre exécutés par une maison française du Jura, pour leur donner le dernier fini : donnons-le nous-mêmes.
- Une jeune génération d’horlogers de précision se forme aujourd’hui dans Paris; elle nous promet d’importants progrès pour les expositions suivantes.
- Depuis i845 , nous avons perdu le plus éminent artiste de l’Europe savante pour la combinaison et la division des instruments où la rigueur mathématique est nécessaire. Il a laissé pour chef-d’œuvre le grand cercle de l’Observatoire de Paris, où le talent d’un excellent observateur n’a pu signaler, dans les divisions, d’inégalités moyennes supérieures à quatre dixièmes de seconde, c’est-à-dire à
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- la demi-millionième partie du rayon de l’instrument. Ce grand artiste fut d’abord un ouvrier, qui devint l’honneur du faubourg Saint-Antoine, et qui mourut membre de l’Académie des sciences. Quand nous avons, sur sa tombe, exprimé les hommages et les regrets du monde savant et de la patrie, l’immensité des ouvriers qui portaient son cercueil sur leurs épaules, a fait entendre ses acclamations enthousiastes, arrachées par la pensée, par le sentiment de cette gloire répandue sur un ami, sur un voisin, sur un patron du faubourg industrieux par excellence. (Applaudissements prolongés.)
- Dans les premiers âges du monde, les mortels reconnaissants érigeaient des autels aux inventeurs des moyens d’ajouter au travail humain des forces vivantes ,en domptant des animaux. Aujourd’hui, nous nous contentons d’honorer la mémoire des hommes qui nous apprennent à dompter, et j’oserais presque dire, à doter d’intelligence et de vie les forces inanimées dont la nature livre par degrés au génie de l’homme le secret et la ressource. Aujourd’hui nous domptons l’électricité, vous l’avez vu; nous domptons la chaleur, la vapeur, l’élasticité des gaz et celle de l’air.
- La chaleur du corps humain est portée, du foyer d’une combustion intestine, jusqu’aux extrémités de nos membrespar une admirable ramification d’artères et de veines qui font circuler le sang par un mouvement rapide et continu. Cette hydraulique merveilleuse, dont le miracle incessant marque si bien le doigt de Dieu, nous la copions de loin,pour chauffer nos plus grands monuments, comme si c’étaient des corps humains. Le calorique part de poumons de fer; il pénètre de là dans un cœur, des artères et des veines de métal; il chauffe, il anime, au lieu de sang, une eau circulante qui, pour obéir aux doubles lois de la pesanteur et de la chaleur, prend un mouvement régulier et transmet au passage l’élévation de la température dans tous les membres du vaste édifice.
- Ce n’est que du luxe pour les palais; pour les hôpitaux, c’est de l’humanité sacrée.
- A la circulation de l’eau, s’ajoute, au moyen d’un tirage, la circulation de l’air; au dedans de chaque porte un grillage offre ses interstices à l’air extérieur, qu’il force à descendre sous la salle échauffée. On préserve ainsi les malades de ces terribles courants d’air froid qui les faisaient périr en si grand nombre dans les hôpitaux mal fermés ou trop bien ventilés. En même temps, on empêche
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- l’air vicié par les maladies d’une salle de communiquer avec l’air des autres salles. Ce n’est pas tout : le renouvellement de l’air intérieur s’opère de haut en bas et suivant des couches régulières. Par là les miasmes putrides, au lieu de monter dans l’atmosphère, descendent et disparaissent. On a voulu voir si les vases les plus fétides, si des cadavres même en putréfaction, posés sur le plancher, porteraient leur odeur infecte jusqu’à la hauteur du malade alité; elle n’a pas pu monter jusqu’à lui, et son air est resté pur'. Ai-je besoin d’ajouter que la médaille d’or est le prix d’un tel bienfait.
- Reportons notre pensée à soixante ans en arrière, lorsque l’Académie des sciences, dans un admirable rapport que fit Bailly, président de l’Assemblée constituante, lorsque l’Académie élevait le cri de l’humanité révoltée contre des hôpitaux où l’on trouvait quatre et cinq, et jusqu’à six malades gisant sur un même grabat, les moribonds à côté des cadavres, l’infection sous le lit comme sur le lit, et l’odeur de la mort emplissant l’atmosphère. Mesurons les pas que nous avons faits, et soyons heureux d’un progrès qui s’étend à tous les jours de souffrance de nos classes ouvrières.
- J’aurais à rapporter ici d’autres bienfaits de la chaleur ; mais le temps presse, il faut les omettre.
- Chaque année, nous ajoutons aux forces qûe nous empruntons à l’hydraulique avec les roues savantes dites à la Poncelet et les turbines hydrauliques. On a combiné la plus puissante et la plus simple des pompes d’épuisement, qui rend d’immenses services à tous nos travaux publics.
- C’est la force de la vapeur qui se distingue entre toutes par la grandeur et la rapidité de ses progrès. Depuis i845, nous avons plus acquis de ce côté qu’en aucune autre période quinquennale. Chaque année, le mouvement naturel de notre population ajoute à nos adultes 3oo,ooo individus, dont, au plus, 280,000 assez forts pour bien travailler. Eh bien, dans chacune des trois années i845, 1846 et 1847» f°rce totale de la vapeur, ajoutée à nos usines fixes, à nos chemins de fer, à notre navigation fluviale ou maritime, équivaut au travail de 276,000 hommes.- Si l’on y joignait les forces hydrauliques et les forces éoliques créées en même temps, nous dépasserions l’équivalent de 3oo,ooo hommes. Ainsi, lorsque
- 1 Tous ces moyens sont employés avec un admirable succès dans l’hôpital Beaujon,
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- nous avions la paix intérieure et la sécurité, le génie de la mécanique doublait la force productive ajoutée tous les ans par l’accroissement régulier de la population \ Les 3oo,ooo travailleurs mécaniques, sous forme d’eau, de vent ou de vapeur, n’exigeaient rien pour eux-mêmes, ne faisaient ni bruit, ne coalitions, ni perturba tions, et laissaient tout le bénéfice à leurs compagnons de force-humaine.
- • Ce qui devait surtout fixer notre attention, c’est qu’on n’a pas seulement élargi, multiplié les ateliers où sont construits les mécanismes à vapeur; on les a transformés en vrais ateliers de précision, afin d’atteindre une perfection nouvelle. On a fabriqué ces grandes machines-outils, dont le travail rigoureusement régulier exécute, sous les auspices de la géométrie, des plans , des cercles, des cylindres, des cônes en bois, en cuivre, en fer, en acier, avec le dernier degré d’exactitude.
- Le public, par instinct plus que par calcul, s’est arrêté tous les jours devant ces grandes machines-outils, qui n’ont pas, comme l’ouvrier le plus adroit, besoin d’être apprentis, et qui, du premier coup, font leur chef-d’œuvre.
- Sans m’arrêter sur des détails impossibles, j’offre un seul fait pour montrer où peut conduire ce nouveau genre de perfection du travail.
- La première des grandes locomotives à six roues construite avec les outils-machines les plus précis, mise en jeu sur le chemin de fer du Nord, a parcouru, somme totale, 3 5,ooo kilomètres avant d’avoir besoin d’une seule réparation ; un septième en sus, et c’était l’équivalent du tour de la terre, qu’elle eût parcouru sur les rails, avant d’avoir éprouvé le plus léger dérangement.
- Les ouvriers qui produisent de tels ouvrages 1 2, je les ai trouvés tous, forgerons, chaudronniers, ajusteurs, ayant suspendue devant eux, à leur forge ou leur établi, l’épure géométrique de l’objet à
- 1 L’accroissement relatif des forces inanimées paraîtra bien plus considérable, si l’on réfléchit que des 3oo,ooo hommes 'atteignant leur vingtième année, il faut retrancher tojis les adultes qui meurent pendant un an; le nombre des machines à vapeur qui périssent de vétusté, pendant un an, est peu considérable, parce qu’on n’en possédait qu’un nombre très-petit il y a quinze à vingt ans, et que ce temps est très-inférieur à la durée d’une machine bien construite et soigneusement entretenue.
- 2 Dans les magnifiques ateliers du Creuzot.
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- confectionner, et tenant dans leurs mains la mesure en millimètres, afin dè tout exécuter rigoureusement, comme pourrait le désirer un élève de l’école polytechnique.
- Il faudrait un temps qui m’est interdit si je voulais énumérer toutes les machines inventées ou perfectionnées depuis cinq ans pour les besoins si variés, si multipliés de nos ateliers de filage, de tissage, de corderie, de cordonnerie, de navigation, etc. Un exemple seulement t
- Dans un des ateliers cachés de Paris , on frappe des boutons métalliques avec figures en relief, armoirie, devises, emblèmes, au moyen d’une machine que la monnaie pourrait envier. Ces boutons, si parfaits et peu coûteux, Birminghan, la célèbre Birmingham, la cité de Vulcain par excellence, Birmingham en achète pour les revendre. Enfin , des souverains d’Amérique montrent leur discernement en faisant battre une monnaie fort distinguée dans notre atelier à boutons. Voilà, parmi beaucoup d’autres, un progrès de nos arts mécaniques.
- Des progrès relatifs plus rapides encore appartiennent à l’industrie métallurgique, laquelle donne à toutes les autres des instruments de travail et des moyens de succès.
- Lors de la dernière exposition, la France ne possédait que 200 lieues de chemins de fer, elle en possède aujourd’hui y5o. Le législateur a voulu que l’industrie nationale se mît à l’œuvre pour produire l’énorme quantité de fer et d’acier nécessaire à de si grandes entreprises. Nous avions des usines du premier ordre dont les fers étaient imparfaits : habilement corrigés, ces fers sont devenus excellents pour les rails ou voies métalliques. Ils ont cessé d’être cassants et n’ont rien perdu de leur rigidité..
- Par une heureuse combinaison de minerais et par une action plus savante et plus régulière de l’air chaud, l’on obtient tantôt une fonte d’une admirable douceur, tantôt des fers flexibles à ce point qu’on a pu les plier à la mécanique, quoique du plus gros volume, pour tous les besoins des constructions de locomotives, de tenders, de voitures et de navires à vapeur : ces fers, présentés à l’exposition avec les machines destinées à les courber, comme des bois ramollis à la vapeur, ont excité l’admiration publique.
- Le même sentiment naissait à la vue de l’infinie variété des ouvrages exécutés en fonte, depuis les énormes masses qui servent de plates-formes à nos grands mécanismes, jusqu’à ces empreintes
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- fines et gracieuses qui disputent le prix à celles de Berlin pour la délicatesse et la pureté des formes et des contours.
- La forge du fer n’a pas produit des résultats moins remarquables. On a vaincu dans ce genre des difficultés du premier ordre pour forger les arbres des grandes machines à vapeur et pour exécuter les grandes roues des locomotives; le moyeu de ces roues forme, avec la base des rayons, une masse unique consolidée à force d’art. Un autre morceau de forge, digne des plus grands éloges, c’est un mortier d’artillerie en fer, d’un volume considérable, et travaillé d’une seule pièce avec sa semelle.
- Si nous sortons des grandes fabrications pour aborder les industries qui produisent une foule d’objets en fer, en acier, partout nous trouvons la preuve de perfectionnements récents qui, désormais, nous placent au niveau des peuples les plus avancés dans l’art de mettre en œuvre les métaux.
- Notre supériorité continue dans l’invention et l’exécution des instruments de chirurgie.
- Nos armes de guerre et de luxe réunissent au bon marché comparatif, la beauté, la richesse et la précision.
- Nous savons aujourcl nui transformer en acier de toute nature les fers propres à donner de bons produits. Nous avons reconnu qu’avant tout, c’est la qualité du fer qui donne la qualité de l’acier. Nous revendons avec avantage à l’Angleterre des, aciers empruntés d’elle et transformés en ressorts de montres ou d’horloges, et de voilures. Nous disputons à l’Allemagne la fabrique des faux, des faucilles, des limes et des râpes.
- Non-seulement nous faisons bien ces instruments, nous les faisons à 15, à 16, à 20 p. o/o meilleur marché qu’en i845» Nous procurons à l’ouvrier, au même rabais, son marteau, sa hache, sa bpche et tous ses. autres outils ; rendus meilleurs, ils lui permettent de faire plus de travail et d’accroître le prix de sa journée, en dépensant moins de force. *
- Permettez, Monsieur le Président, que les seuls vrais amis des ouvriers, les amis, de leur travail, applaudissent à. ce rapide et grand perfectionnement.
- Aprèsle fer et l’acier, le zinc désormais tient le premier rang parmi les métaux utiles au plus grand nombre d’industries. Ses .usages s’étendent à tout : on l’emploie tour,, tour, à en feuilles planes, en cylindres, en fils étirés ; pour les beaux-arts, le bas-relief, la ciselure
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- et la sculpture disputent le zinc aux industries d’utilité plus commune. •
- La galvanoplastie multiplie le miracle de ses applications d’un métal sur l’autre, avec des variétés et des succès incessants; et le fer galvanisé multiplie ses usages.
- LES ARTS CHIMIQUES.
- Une part importante des progrès métallurgiques appartient à la troisième des sciences qui dirigent l’industrie.
- La chimie mériterait un autre organe pour faire dignement apprécier la grandeur de ses bienfaits. Je m’inspirerais du moins des pensées émises au sein du jury par un successeur des Ghaplal et des Berthollet. Le jury central est fier de voir le même ministère occupé tour à tour, à six mois d’intervalle, par ses deux vices-présidents, dont les travaux ont marqué la place éminente, le premier 1 pour l’agriculture, le second2 pour l’industrie, qui lui doit tant d’applications de la science aux arts chimiques.
- La fabrication des produits chimiques, jçjui joue le rôle le plus important dans notre commerce intérieur,' a pris rang parmi les branches considérables de notre exportation. Ces produits exportés, en y comprenant les médicaments, les parfums elles teintures préparées, ces produits, qui n’atteignaient pas 10 millions il y a seulement un quart de siècle, surpassent aujourd’hui 55 millions; un tel accroissement a lieu malgré la diminution prodigieuse des prix, diminution occasionnée par l’application même des procédés scientifiques.
- Un exemple à l’appui de cetle assertion. En 1817, lorsque nous ne faisions usage que d’outremer naturel, il coûtait 1,900 francs le kilogramme. Aujourd’hui que la chimie sait produire cette magnifique couleur, elle en a rabaissé le prix de 1,900 fr. à 10 fr. le kilogramme. Voilà ses miracles.
- En extrayant du quinquina sa partie vraiment médicale , elle obtient, avec de bien moindres doses, de plus grands effets fébrifuges, et préserve les malades des obstructions occasionnées par le dépôt des parties ligneuses dans le tissu des intestins. Non-seulement la
- 1 M. Tourret.
- 2 M. Dumas.
- ».
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- France en fabrique pour son usage, mais chaque année, elle en vend à l’éty'anger pour près d’un million.
- . La chimie ne sc contente pas, pour rendre service à la pharmacie, d?emmieller les bords du vase; elle transforme le breuvage même, afin d’en ôter l’amertume.
- En recherchant le principe d’action de chaque médicament, ' elle s’efforce de le dégager, comme la quinine, des matières étrangères qui leur donnent trop souvent une abominable saveur, ou tout au moins d’en neutraliser l’âcreté. C’est ainsi qu’à l’eau deSedlilz elle substitue un citrate de magnésie qui fait disparaître l’âpre et repoussant arrière-goût d’une eau salutaire, non point à cause, mais malgré sa détestable saveur.
- La chimie produit de tout autres merveilles par l’emploi de ses gaz élhérés. Elle ôte à l’homme le sentiment de la douleur, et fait disparaître, avec la souffrance, l’horreur des opérations auparavant plus redoutées pour le supplice de leur durée que pour leurs suites, dussent-elles être mortelles.
- Avec le chlore,la chimie purifie l’air; avec le carbone, elle purifie l’eau ; par l’ébullition à vase clos, elle rend conservabîes les aliments les plus délicats pendant des années; aujourd’hui, le lait même, par une condensation intelligente, est conservé pour les navigations les plus lointaines.
- 11 y a six ans, une princesse de Naples devait aller au Brésil, où l’attendait une couronne d’impératrice. Elle reçut de la France deux cents repas préparés par l’art d’un Chevet et conservés par la chimie d’un Appert, afin de servir chaque jour, à la mer, tout ce que les tables les plus somptueuses pourraient désirer, à terre, de primeurs recherchées et d’aliments, dans leur fraîcheur. Voilà la vie délicieuse et salubre substituée à la subsistance à la fois repoussante et scorbutique des navigateurs, je ne dis pas du moyen âge, mais du siècle dernier.
- Un mot de plus : cette recherche de princes, la marine militaire la pratique pour le simple matelot malade à bord. Même en santé, nos marins ne consomment plus que des boissons toujours pures et salubres, par la substitution des caisses enfer aux tonneaux en bois.
- La chimie a perfectionné, depuis la dernière exposition, l’art d’extraire de l’eau de mer, avec un minimum de combustible, un maximum d’eau parfaitement pure. Désormais, pour le commerce, c’est la houille et non pas l’eau qu’il est avantageux d’embarquer,
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- dans les voyages de long cours où la cargaison est complète et d’un prix considérable. Afin d’embarquer ce combustible dans le moindre espace avec le poids le plus grand, on prend les débris, le poussier de la bouille; on les mélange avec le goudron extrait de la même substance, lorsqu’on la transforme en coke. Ce mélange, sous une pression puissante, prend la forme d’énormes briques rectangulaires qui s’empilent, qui s’arriment sans la moindre perte d’espace. Ce perfectionnement sera précieux, surtout pour les navires à vapeur.
- Par une industrie analogue et simultanée, on réduit en corps, en cylindre, le poussier du charbon de bois, avec un très-grand avantage pour les ménages du peuple.
- L’emploi récent de la houille, au lieu du bois, réduit de trois quarts les frais de cuisson de nos porcelaines. Notre faïence fine dite porcelaine opaque, par des améliorations successives, égale enfin les plus beaux types anglais.
- Une industrie bien modeste en apparence, la fabrication des boutons de porcelaine, est l’objet des procédés les plus ingénieux: un fabricant de Paris en fait quatorze cent mille par jour, à deux centimes la douzaine....
- Des progrès remarquables signalent nos grandes fabriques de cristaux, dont la taille est désormais parfaite. Un nouveau genre de moulage permet d’obtenir le dernier fini de l’exécution pour les ornements en bas-relief, les figures en ronde bosse et les garnitures de vases.
- L’emploi récent de l’acide borique procure des verres bien supérieurs , pour la pureté de la teinte, aux plus célèbres produits de la Bohême. Cet acide permet de substituer à l’oxyde de plomb l’oxyde de zinc ou la baryte, et la soude à la potasse, sans que la blancheur du verre ou du cristal en soit altérée. Il y a plus, l’oxyde de zinc promet à l’astronomie, à la navigation, des verres d’une esquise transparence, qui feront faire des pas nouveaux à la science.
- C’est, au contraire, en affaiblissant la translucidité des vitraux que nous atteignons la magie d’effet des anciennes et célèbres^ver-rières, ces magnifiques ornements des temples chrétiens du moyen
- . âge-
- lies services les plus récents qu’ait rendus la chimie aux industries civiles appartiennènt au blanchiment, à la teinture'des tissus et des fils.
- On a retiré de chaque matière colorante empruntée, soit aux
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- végétaux, soit aux animaux, leur principe colorant dans toute sa pureté. C’est ainsi qu’on forme les laques appliquées plus aisément , et sans en perdre un atome, pour la coloration. La chimie a pareillement perfectionné l’art d’appliquer les couleurs si bien préparées. ' ,
- LES ARTS PRODUCTEURS DE TISSUS.
- Depuis quelques années, l’esprit inventif des fabricants de tissus a produit les étoffes mélangées les plus élégantes. La teinture et l’impression, que nous pratiquons avec tant de supériorité, doublent la valeur de ces fabrications, qui méritent si bien leurs noms de nouveautés ou d’étoffes printanières.
- Dans cette charmante industrie, une difficulté considérable se présentait, lorsqu’il fallait mettre en couleur les étoffes composées de fils végétaux tels que le coton, le chanvre et le lin, et les fils fournis par le règne animal tels que la laine et le duvet de chèvre. Le mordant qui doit fixer la teinture ne devrait pas être le même pour ces deux natures de fil : la coloration du tissu mixte se trouvait ainsi déparée. La chimie a conçu la pensée ingénieuse d’imprégner les lils végétaux d’une substance azotée ; on a, pour ainsi dire, animalisé leur surface ; par ce moyen l’on a réduit lé tissu des deux espèces de fil à subir, avec un égal avantage, l’action d’un seul et même mordant. Nos étoffes mélangées, si variées et si riches aujourd’hui, ont acquis par ce moyen plus cl’éclat et de beauté.
- Pour le blanchiment, dont la science moderne appartient au génie de Berthollet, l’action du chlore portée à sa perfection, un dernier pas était à faire. Il restait inhérente aux fibres végétales une résine qu’il fallait enlever par l’action d’u-n corps similaire t c’est ce qu’on a fait avec un succès complet.
- La différence est infinie entre les impressions sur des tissus simplement blanchis au chlore et sur des tissus traités par les deux actions combinées ; les couleurs ne s’infiltrent plus, des parties couvertes de couleur, dans les parties réservées ; par ce moyen, les impressions acquièrent la netteté rigoureuse de dessins au tire-ligne.
- Le tire-ligne lui-même, plus ou moins ouvert et multiplié, suivant l’écartement et l’épaisseur des lignes à colorer, posé transversalement et fixe, colore successivement le plus long rouleau de
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- tissu ou de papier blanc, qu’un mécanisme fait passer sous le tire-ligne immobile. C’est le type le plus simple et le plus parfait de l’alliage des arts géométriques et dès arts chimiques.
- Par un autre procédé, la couleur est saisie par dés molettes qui déposent sur les tissus ou lés papiers de tenture de larges traînées de couleurs, ou pareilles ou diverses. La capillarité des surfaces imprégnées fait que les couleurs s’étendent, s’adoucissent comme des ombres parallèles sous le pinceau de l’architecte qui figure le fût d’une colonne cannelée. On obtient de la sorte des imprèssions à nuances dégradées avec la régularité qu’on admire dans les couleurs successives de l’arc-en-ciel.
- Je dois signaler un dernier perfectionnement qui s’applique a notre plus brillante industrie. Chaque fil de soie est imprégné d’une gomme laissée à sa surface par finsecte filateur ; c’est cette gomme qui, subissant avec le temps l’action de l’atmosphère, jaunit la soie la plus blanche. On a conçu la pensée d’en délivrer à priori le fil même, au moyen d’une légère dissolution alcaline. Par là, les beaux ornements de nos palais et de nos temples conserveront leurs parties sans teinture, dans tout l’éclat de leur blancheur.
- Par l’influence que je viens de signaler, les satins et les velours, celle partie si coûteuse des parures opulentes, perdait promptement la perfection de sa blancheur. La beauté d’aspect de ces magnifiques tissus durera désormais autant que les étoiles mêmes.
- Que l’opulence conserve ou ne conserve pas ses velours et ses satins, ce n’est pas là ce qui me touche. Mais avec la même chimie, qui va rendre ce service-à la richesse, voyez quels miracles elle accomplit pour la plus modeste aisance! Sur un tissu de longue laine serré, croisé, solide et chaud, on imprime, avec des couleurs qu’on dirait empruntées à l’Inde, les dessins les plus éxquis, qu’on envierait aux châles de l’Orient. A trois pas, vous distingueriez à peine cette impression d’un tissu fait à Cachemire; seulement, au lieu de coûter 5oo francs le mèlrë, elle se vend, à la grande gloire de Nîmes'et de Mulhouse, pour 5 francs au plus le mètre carré. Quand on ne tient pas à la perfection du luxe, on se procure en-, core un joli châle pour 2 francs 5o centimes.
- Dans les marchés, dans les apports de nos villages, combien de fois j’ai mesuré le progrès dû confort et de l’élégancè champêtres , en comparant les parures de chaque âge, depuis les arrière^-
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- grand’mères jusqu’aux plus jeunes adolescentes! Comme cachet du bon vieux temps, c’est le pauvre petit mouchoir en gros calicot qui, sous prétexte de carreaux ou d’un filet coloré, empruntait à l’Orient le nom présomptueux d’indienne; comme cachet des jours modernes, c’est le simulacre des châles Ternaux, imités par la peinture élégante sur la jolie mousseline de laine ou sur d’autres tissus légers : tout cela ne cessant pas d’être à la portée des moins cossues parmi nos jeunes paysannes ; et la parure tout entière, bas » robe, tulle, dentelle de coton, avec des rubans qui semblent n’êlre que de soie, tous ces produits plus voyants et moins coûteux les uns que les autres. Si j’osais ajouter à ce luxe, pour la Galalée du village, deux boucles d’oreilles en topaze, en émeraude, en rubis, cristallisées par l'industrie parisienne, à 10 francs la poignée, il u’y aurait qu’un joaillier en fin, en vrai, qui pourrait douter un moment que cet ensemble gracieux ne fût pas digne d’un peuple qui fait descendre le bon goût et l’élégance jusqu’à la simplicité du
- hameau.
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- Qu’on cesse de nous accuser d’attacher peu de prix au bon marché.
- Lorsque le premier consul inaugura la seconde année de notre siècle par l’exposition d’une industrie qu’il faisait revivre en restaurant l’autorité des lois et des mœurs, le célèbre Fox profita de la paix d’Amiens pour visiter la France et connaître ses arts. 31 choisit un humble couteau de six liards comme un des plus importants produits du peuple dont il avait défendu la grandeur et les droits, même au milieu des passions les plus hostiles contre nous, dans le parlement d’Angleterre.
- Quand les successeurs de Fox nous feront l’honneur de nous visiter, ils auront autre chose que l’humble eustache à rapporter dans leur pays. Si l’industrie nationale voulait présenter, passez-moi le mot, sa boutique à dix S0U3, à cinq sous, à deux sous, ce n’est pas sur l’étal roulant d’un pauvre colporteur qu’elle pourrait en resserrer l’admirable variété : c’est une vaste partie du palais de l’exposition qu’il aurait fallu remplir exclusivement , et la patrie en eût souri par amour de ses enfants les plus nombreux.
- Cependant, de même que l’esprit humain se croirait pauvre s’il ne vivait que d’alphabets à cinq centimes, pour rester à la portée des intelligences que fatiguerait une lecture moins bornée, de même aussi l’industrie d’un peuple élégant et riche croirait des-
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- cendre de sa puissance et de sa splendeur, si nous avions seule-? ment à dire en sa faveur qu’elle se borne à fabriquer les produits de l’étal à cinq centimes.
- C’est le caractère admirable de notre industrie perfectionnée, qu’elle passe avec le même succès des produits les moins coûteux à ceux qui marquent les limites supérieures de l’invention, de la richesse et du goût le plus délicat; souvent aussi c’est la marche contraire que suit le progrès des arts.
- L’esprit humain obéit au besoin incessant de vaincre des difficultés , de s’élever au-dessus de lui-même et de franchir les bornes qu’il vient d’atteindre. Sans cesse il veut donner aux produits des arts, comme à ceux de la pensée, un nouveau prix, une perfection inconnue. Sur les pas du génie marchent ensuite les imitateurs, les simplificateurs, qui propagent l’invention, la vulgarisent et la mettent à la portée des moindres fortunes.
- Voyez la fabrication des plus beaux tissus imités de l’Orient! Lorsque l’expédition d’Egypte eut rapporté quelques châles de Ca-chemiré, qui paraîtraient bien pauvres aujourd’hui, l’on fut ébloui de leur éclat, de leur beauté, de leur richesse. Vingt aijs plus tard, un fabricant audacieux, Ternaux, voulut les imiter dans ce qu’ils offraient de plus élégant et de plus somptueux. Il eut bientôt, en grand nombre, des élèves et des rivaux. A chaque exposition, les châles de l’exposition précédente étaient surpassés, et, pour ainsi dire, mis en oubli par des produits plus grands, d’un tissu plus fin, plus régulier, d’un dessin plus riche et de couleurs mieux contrastées. L’Inde, à son tour, l’Inde, stationnaire depuis quatre mille ans, l’Inde, attaquée par une rivalité qu’elle n’avait jamais connue, l’Inde est lancée par nous dans la voie du progrès; elle nous emprunte nos dessins orientaux; elle agrandit, elle embellit, elle perfectionne ses châles. Pour conserver sa supériorité commerciale, elle est réduite à baisser ses prix en raffinant son ouvrage. Vaincue sous le point de vue de la régularité des fils, de l’égalité des fonds, l’avantage quelle conserve pour ses ornements produits avec la patience infinié d’une dentelle aux fuseaux, c’est de lutter, en payant l\o centimes par journée de ce travail, contre les Français, qui payent 2 francs, 3 francs, 4 francs par jour leur main-d’œuvre à la Jaçquart.
- Une foule d’industries ont profité de la création du beau cachemire français. La bourre de soie, la laine, le coton, substitué? au
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- duvet de la chèvre du Thibet, ont imité la fabrication modèle; enfin la teinture est venue rivaliser avec le tissage. Par ces conquêtes successives , le cachemire, avec ses palmes fantastiques et son luxe de couleurs , est descendu des épaules de la duchesse à celles de l’ouvrière, majestueux pour la grande dame, gracieux et gai pour la beauté populaire.
- Le coton , qui par excellence est la matière économique , le coton , dans sa mise en œuvre, a subi la même marche. Sans cesse on a composé, modifié des mull-jennys et des métiers plus précis et .plus délicats , jusqu’à rivaliser avec l’horlogerie avancée. On est arrivé jusqu’à présenter, comme à l’exposition de 1849» ^es fils réguliers, égaux et d’une si grande finesse, qu’il en faut435,ooo mètres, la distance de Paris à Lyon, pour le poids d’un seul kilogramme ............
- Lorsqu’une industrie s’élève si haut, ce n’est plus pour elle qu’un jeu d’obtenir des fils parfaitement réguliers , à deux cent mille , à cent mille, à cinquante mille, à vingt-cinq mille mètres le kilogramme; fils avec lesquels nous fabriquons, à des prix sans cesse réduits, le tulle, la mousseline, la percale, le jaconas et le simple calicot.
- L’usage des tissus de laine avait énormément souffert par la préférence accordée aux tissus de coton d’un bon marcliéjoujours croissant. La nécessité de se défendre a produit les succès de l’industrie des lainages. On a créé des étoffes nouvelles et très-légères de laine pure, ou mélangées d’un coton caché sous la trame, pour obtenir le bon marché. Un avantage précieux de cette espèce de tissus est de conserver la chaleur mieux qu’aucune étoffe purement végétale.,
- C’est ainsi qu’ont été créées ces gracieuses mousselines de laine qui se prêtent aux sinuosités harmonieuses qu’on admire dans les draperies des statues antiques, et qui s’adaptent merveilleusement à l’ampleur des robes modernes , sans avoir la roideur compassée des étoffes du moyen âge.
- Voilà quelques caractères des progrès infinis que l’art des tissus a faits en France. Pour une foule de ces produits nous ne craignons aucune concurrence.
- Depuis la dernière exposition, nous avons égalé les piqués, les basins si renommés de l’Angleterre; nous égalons aussi et ses foulards et ceux de l’Inde. Nous fabriquons avec succès d’autres étoffes
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- auparavant mieux travaillées ou faites à moins de frais dans les ateliers de nos rivaux.
- Le même génie supérieur qui, devinant l’avenir, proposait un prix à la découverte la plus utile faite avec la pile voltaïque, offrait, promettait solennellement un million à l’inventeur d’un moyen de filer le lin à la mécanique. Il n’était plus là pour payer celte dette de la France lorsque Philippe de Girard eut conduit jusqu’au succès l’admirable invention qui résolvait ce grand problème. L’Angleterre, moins négligente que nous, a, la première, profilé de la découverte. Elle a pris l’avance surles autres nations, et, par ce moyen, s’est emparée d’une très-grande partie de leur commerce de toile: elle en exporte pour 80 millions par an.
- Nous avons repris tardivement l’invention sortie de la France, comme nous avons repris la fabrication du papier sans fin, inventéé par un Didot: nos manufactures, aujourd’hui, s’enrichissent, grâce au génie expatrié de ces illustres Français.
- Monsieur le Président, ces vérités, vous pouvez les lire au-dessus de votre tête, dans ce palais de justice où vous voyez écrit : Filature de lin, et Philippe de Girard. Comme la plupart des inventeurs, il est mort pauvre ; il laisse une postérité ; et la promesse de Napoléon, que n’a tenue aucun régime subséquent, cette promesse attend votre équité. C’est le vœu sacré du jury que la patrie paye à l’orphelin sa dette d’honneur et de reconnaissance. (Vif mouvement d’assentiment dans l’assemblée. )
- Dans les cinq ans écoulés de i843 à à i848, dernière année dont les résultats commerciaux nous soient donnés ; l’accroissement de nos ventes à l’étranger est plus grand que dans toute autre époque de même durée. Cet accroissement s’élève à 118 1/2 millions.
- Mais ce qui doit frapper l’attention des esprits observateurs, c’est que, sur cet accroissement d’exportations, la seule industrie des fils et des tissus compte pour plus de 60 millions de francs, malgré l’abaissement des prix si considérable depuis cette époque.
- Par conséquent, pour cette belle industrie, la France tend plus que jamais à conquérir la place éminente réclamée par son génie sur les marchés de l’univers.
- Je me hâte d’aborder l’une des principales et nouvelles parties de. notre exposition.
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- LES ARTS AGRICOLES.
- Pour la première fois, en 1849 , on a réalisé la pensée d’appeler l’agriculture au grand concours de l’industrie nationale. La majeure partie de ses progrès ne pouvait pas être exposée. Les jachères supprimées; les irrigations multipliées avec intelligence dans la plupart de nos contrées; l’opération contraire, l’assèchement, le drainage des terres trop saturées d’eau; la composition, l’emploi, l’action des engrais savamment étudiés, et leur masse fécondante accrue par l’emprunt fait au détritus de tous nos arts industriels ; la culture capitale du froment, qui, chaque année, prédomine davantage sur les cultures inférieures ; par là, plus de peuple mieux nourri; l’intelligence et la propagation des assolements qui permet d’obtenir de la terre le maximum des produits appropriés à nos besoins les plus variés : ces grands progrès,qui se développent sans intermitence depuis trente années, ne pouvaient figurer que par la pensée à l’exposition.
- L’horticulture, plus heureuse, a pu nous offrir, pendant les trois mois d’été, ses fleurs et ses fruits les plus variés et les plus beaux, depuis les plantes nutritives jusqu’aux plantes d’agrément ou de curiosité : jamais collection plus riche n’avait encore aussi puissamment fixé l’attention du public. Les pépiniéristes de la Seine et de la Maine-et-Loire ont exposé leurs arbustes et les jeunes arbres rares que nous acclimatons en France.
- Nous apprenons l’art d’embellir la terre en respectant la grâce de ses formes, au lieu de la déparer par des tours de force. Les possesseurs de la grande et de la moyenne propriété, combinant les cultures d’agrément et d’utilité, rivalisent avec ce qu’on appelle les jardins anglais, et qu’il vaudrait mieux appeler, par excellence, les jardins de la nature.
- Les cultures exceptionnelles montrent la rare intelligence de., certains cultivateurs français.
- Qui croirait que les lieux mêmes où le soleil ne pénètre jamais, nos carrières les plus profondes, sont l’objet d’une importante culture, qui fait sortir la richesse des détritus de la pierre escavée ? On nous a signalé par kilomètres d’étendue les plates-bandes souterraines où croissent des champignons qui, chaque année, se vendent à Paris pour des sommes étonnantes.
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- Le temps n ous manque ici pour expliquer les perfectionnements aussi nombreux qu essentiels de nos instruments aratoires.
- Les connaisseurs ont jugé, d’après l’exposition, les races les plus importantes de nos animaux domestiques; les unes, conservées dans leur beauté primitive; les autres, améliorées par le croisement avec les espèces étrangères qui méritent le mieux là célébrité.
- Nous applaudissons aux efforts tentés pour nourrir en grand les moutons à longue laine dans celles de nos contrées où le climat, humide et doux* se rapproche du climat de nos voisins d’outremer : c’est le moyen de satisfaire un des besoins capitaux de nos arts vestiaires.
- L’élude économique des moindres êtres vivants influe sur l’agriculture. L’entomologie, par un procédé nouveau, simple autant qu’économique, a sauvé de la destruction nos vignobles les plus riches, auparavant désolés par lapyrale.
- A côté de l’éducation des animaux les plus importants, nous comptons l’éducation des vers à soie qui, depuis quelques années, prend une grande extension , sans pouvoir suffire aux besoins croissants de l’admirable industrie que se partagent Lyon, Nîmes, Avignon, Saint-Etienne et Saint-Chamond.
- Nous voudrions que le possesseur d’un secret qui n’est connu jusqu’ici que par des résultats d’une admirable beauté, mais d’une étendue trop restreinte, justement désintéressée, fit connaître aii public l’art au moyen duquel il conserve une race de vers à soie dont la blancheur est égale à tout ce que les produits les plus exquis de la Chine offrent de plus éclatant.
- LES PRODUITS DE L’ALGERIE.
- Auprès de notre agriculture, celle de l’Afrique est venue se présenter avec modestie, et je dirai presque avec timidité. Mais ici tout est avenir, tout doit attirer l’attention la plus profonde, et du financier impatient de rentrer dans les trésors versés sur la terre africaine , et de l’homme d’Etat qui veut savoir ce qu’il trouvera de force croissante sur un territoire qui ne présente pas moins de 3o millions d’hectares à cultiver, à peupler, à fortifier.
- Fidèles à nos idées de justice et d’égalité, nous n’avons pas cru* que nous pussions juger avec deux poids et récompenser avec deux
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- LXII
- mesures les Français elles Arabes. Si quelque chose a fait pencher notre balance indulgente, c’est que la main du conquérant doit surtout s’ouvrir et s’étendre en faveur d’un peuple conquis.
- Le même esprit d’équité fait émettre par le jury central, à l’unanimité, le vœu.que les produits de l’Algérie soient traités sur le même pied que s’ils appartenaient à la mère patrie. Osez faire ce présent à notre grande colonie, et vous l’aurez plus fécondée qu’en y prodiguant des millions qui nous épuisent. Alors l’unité nationale, empruntant la grande idée d’un grand roi, pourra dire avec orgueil, entre les deux France d’Europe et d’Afrique : II n’y a plus de Méditerranée.
- A l’appel du génie français, le génie de l’Arabe.se réveille en faveur de l’agriculture. Les indigènes offrent leurs contributions pour que nos ingénieurs leur construisent des barrages qui règlent leurs torrents, et des puits artésiens dont les eaux fertilisent leurs vallées. Ils cherchent à renouveler ces irrigations dont ils ont, dès le moyen âge, enseigné les miracles à l’Espagne. Depuis la paix de 1847, aux lieux où l’arrosage est possible, les Arabes obtiennent, d’une seule semence, deux récoltes de blé dans un même,été. Voilà la terre par excellence, le tellus d’autrefois, le tell d’aujourd’hui, qu’Atlas ne portait pas sur ses épaules, mais qu’il fécondait de ses eaux pour nourrir Rome et Carthage.
- < Les oliviers* séculaires du petit Atlas fournissent déjà par an i 5 millions de litres d’huile, apportés des monts de la Kabylie : de celte Kabylie qu’on voulait ici.croire inaccessible, à nos .armes, et qu’il était plus périlleux d’attaquer dans nos Chambres que dans ses Alpes. Les tribus qui nous barraient le passage et qu’a domptées un illustre maréchal, nous prient déjà, leur prière est d’août dernier, de construire un pont, à leurs frais, pour commercer de Sétif à Bougie, c’est à-dire par la mer avec la France.
- Si la dernière épidémie n’avait pas fait éprouver à la patrie, sa perte la plus cruelle,, parmi les récompenses, que vous allez décerner,, Monsieur le Président, vous auriez eu,certainement la médaille, d’or à. remettre'aux mains-de l’héroïque agriculteur que j’ose appeler le, Cincinnatus français.;, à celui que vous aviez tiré de la charrue, il y a six mois, pour vous, aider à sauver la patrie ; à celui dont le génie cultivateur, et colonisateur vivra sur la terre africaine aussi longtemps que le renom de ses victoires.
- . C’est, le maréchal Bugeaud qu’il faut nommer avant tout autre,
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- lxiii
- quand on veut parler des travaux publics et des travaux privés.en Algérie. (Applaudissements de tout l’auditoire et du Président de la République.) Les villages improvisés , les terres arrachées aux palmiers nains, sont son œuvre et celle de nos soldats; les dessèchements de la Mitidja, l’assainissementde Bône, les créations dePhi-lippevilleet de Stora; Sétif relevé sur les fondements de Bélisaire, et le port de Cherchell restauré sur le tracé des Césars : tout se rapporte à son ardeur infatigable.
- De lui datent les cultures des Français que vous allez récompenser aujourd’hui.
- Cent hectares de pépinières nationales repeuplent l’Algérie, soit en espèces régénérées sur le sol qui leur est propre, soit en espèces apportées par l’industrie métropolitaine. Déjà nos routes, nos rues, nos remparts d’Algérie sont plantés d’arbres sortis de ces pépinières ; des vergers sans nombre leur doivent la richesse et la variété ; pour l’éducation du ver à soie, 600,000 mûriers, plantés par la main du vainqueur, croissent avec la rapidité phénoménale d’un sol africain, lorsque les eaux mettent la terre au service du soleil.
- Les soies cultivées par nos colons sont appréciées et d?avance retenues par nos fabriques de Lyon, de Nîmes et de Paris.
- La régie reçoit des• tabacs jusqu’àfprésent un peu chers; mais, lorsqu’on les met en parallèle des contributions payées par nos colons, qui consomment avant tout nos produits indigènes, c’est un encouragement judicieux et bien calculé.
- A peine, lors de la dernière exposition, 1’ quelques mille kilogrammes de tabac en feuilles; elle en livre aujourd’hui 3oo,ooo kilogrammes. Que le Gouvernement dise un mot, et ce sera 3o millions; et nos marins les porteront en France, sans être écrasés par une concurrence d’armateurs américains. Sur 15o,ooo kilomètres carrés, avantageusement cultivables, 15o suffiraient, à ce grand résultat.
- Par un emprunt;fait à l’Andalousie, la cochenille est élevée près d’Alger avec assez d’étendue pour garantir le succès de. cette riche éducation', la plus importante après celle des vers à. soie.
- La culture du coton se. développe à son tour en espèces estimées.
- Enfin, les deux agricultures de France et d’Afrique offriront ce contraste, singulier* que le nord de la France cultivera surtout la betterave pour, en extraire le sucre, et l’Algérie la canne à sucre, pour Remployer comme fourrage. ' -
- Algérie livrait à l’État
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- LXIV
- Je m’arrête et crois en avoir dit assez pour signaler les progrès agricoles de notre puissante conquête depuis i844, et l’avenir qu’elle présente à l’activité française. Il nous suffira de marcher dans la même voie, guidés à la fois par le courage et le génie.
- Un mot à présent sur les produits industriels de l’Algérie, avant d’achever le tableau des progrès métropolitains.
- La province d’Oran, plus ravagée que les autres par les Marocains, les Kabyles et la smala d’Ab-el-Kader, est la première à réparer ses désastres en appelant le concours de nos arts ; «puis vient Alger, puis Constantine. Avec les dons de l’Etat, joints aux ressources indigènes, sur un grand nombre de points s’élèvent les mosquées, les caravansérails, les fondoucks, les écoles musulmanes, les habitations des caïds et les simples maisons d’Arabes : plus de deux mille constructions érigées pour les indigènes, ou par nous ou par eux, sont un résultat obtenu depuis la dernière pacification.
- Contemplez les effets de cet admirable concours ? Au lieu de la haine implacable dû fanatique musulman contre la domination chrétienne, c’est un mufti, celui d’Oran, qui, pénétré de gratitude et mû par le vrai sentiment de sa nationalité, recueille les produits de l’industrie arabe et les fait parvenir à l’exposition de 1849. h*e jury central est heureux de récompenser l’industrie des indigènes dans la personne d’un pontife de l’islamisme, nommé par ses coreligionnaires conseiller municipal d’Oran.
- Les Arabes du moyen âge nous ont donné leurs chiffres si simples et leur admirable système décimal ; nous le leur rapportons, fécondé pour l’utilité commune, par les mesures décimales de notre système métrique. Déjà plusieurs tribus les ont acceptées avec reconnaissance et substituées aux leurs.
- Lès Arabes nous envient nos moulins hydrauliques, empruntés à l’Orient il y a des siècles ; et nos moulins à vapeur qui s’érigent auprès des cités. Us envoient à ces moulins des blés qu’auparavant leurs femmes, réduites au rôle des anciens esclaves de Rome, écrasaient péniblement, entre des meules grossières. Ces femmes apprennent ainsique leur sort est changé, leur labeur adouci, leur condition relevée par l’industrie de la France. En attendant notre vie conjugale et nos mœurs qu’elles envient, elles adoptent déjà-plusieurs de nos vêtements, en échange des burnous au blanc de neige, dès écharpes étincelantes et des bracelets élégants qu’à
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- LXV
- Paris même n’a point dédaigné le goût délicat qui dicte ses lois aux parures du monde entier.
- Vous aurez à remettre une médaille pour récompenser la4>eauté d’un voile tissu parla compagne d’un kaïd, aux confins les plus reculés du cercle de Constantine; c’est le kaïd lui-même qui nous a fait parvenir le voile élégant de celle qu’il aurait autrefois ensevelie sous le sable de son désert, plutôt que de laisser entrevoir à des Giaours l’ombre de ses vêtements.
- Quand les cités de Bône, de Mascara, de Tlemcén, quand les tribus les plus lointaines, atteintes par notre justice, recevront les récompenses que nous leur avons accordées, peut-êti’e elles comprendront peu ce qu’est un jury central; mais elles savent à merveille un de ces noms qui sont de toutes les langues, et la médaille transmise par le neveu de Napoléon prendra pour eux l’éclat de la gloire elle-même.
- Passant des vêtements aux équip'ages de guerre, nous avons examiné les armes damasqüinées, comme on les travaillait à Damas ; puis le harnais oriental des chevaux, sur lequel resplendit le maroquin d’Algérie, sillonné d’arabesques d’or : ces ouvrages nous ont rappelé les ateliers de Grenade et de Cordoue, quand l’Alhambra recevait sous ses portiques les conquérants venus d’Afrique et d’Asie.
- Voilà pour les métiers et pour les arts de notre conquête.
- LES ARTS DE L’iNDUSTRIE PARISIENNE.
- Paris, au point de vue des arts, est la capitale des industries perfectionnées et des mains-d’œuvre délicates. Ici le travail de l’homme est payé plus cher, parce qu’il vaut un plus grand prix. Pour un nombre considérable de fabrications complexes, la partie la plus facile se prépare au dehors, en des lieux où tout est bon marché; mais pour la partie vraiment artistique; pour la forme précise, pour le coloris, la peinture, le ciselure et la sculpture des produits de l’industrie, c’est à Paris qu’est donné ce dernier mot .du goût, de la grâce et delà beauté. '» *" ! ; ; i
- L’exposition parisienne a surpassé l’attente publique, surtout après une révolution dont les désastres ont ruiné tant d’ateliers au sein de la capitale'. On est resté frappé d’étonnement-et de plaisir en contemplant la richesse et l’art exquis des produits où le travail
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- I.XVI
- du bronze et même du zine le dispute à celui de l’argent, du platine et de l’or. Les meubles incrustés, ciselés et sculptés ont rivalisé de rhshesse avec ce qu’a produit de plus somptueux le siècle de -Louis XIV. Les meubles simples ont mérité notre suffrage par d’autres qualités précieuses pour l’utilité générale, la solidité, la simplicité, la commodité.
- Beaucoup d’autres industries /consacrées à satisfaire les besoins de nos habitations et de notre habillement , montrent les ressources toujours croissantes et l’esprit ingénieux de l’industrie parisienne.
- Sans nous perdre dans les détails pleins d’intérêt, mais infinis, de celte immense variété d’industries, considérons les résultats de l’ensemble; ils sont frappants de grandeur.
- La chambre de commerce de Paris achève en ce moment une admirable enquête sur les travaux d’industrie de la capitale. Les résultats obtenus déjà me prouvent que je reste au-dessous de la vérité, lorsque j’exprime un fait qui, j’en suis certain, ne sortira plus de votre mémoire.
- «Dans Paris et sa banlieue, les habitations dhm million de citoyens ne couvrent pas 3,ooo hectares; mais ce million d’individus, par son talent et son industrie, donne aux matières que ses bras mettent en œuvre une plus-value qui surpasse le produit complet de huit millions d’hectares de terre. Si l’on voulait partager également les produits de l’agriculture et des ateliers entre tous les Français, il faudrait que Paris, prenant sur sa part, apportât à la masse des autres copartageux, plus de cinq millions d’hectares réalisés, fér coudés par son génie, et s’appauvrît des deux tiers. »
- Un Gracchus pouvait dire à la plèbe de Rome antique, plèbe misérable et dépourvue d’industrie : « Vous êtes le peuple-roi et vous n’avez pas où reposer votre tête; et le pain que vous mangez vous est donné par pitié sur les récoltes des conquis. » Nous pouvons dire au peuple de Paris : a Vous gagnez noblement, courageusement, au prix de votre travail, tout ce que peut produire la terre de trois royaumes tels que la Bavière, la Saxe et le Portugal : C’est le génie de l’industrie qui fait de vous un peuple-roi. »
- Ce qu’il y a d’admirable dans cette opulence de Paris, de Paris paisible et respectant les conditions de sa prospérité, c’est qu’elle a pour résultat certain de donner l’aisance et la vie à tous nos agriculteurs de cent lieues, de deux cents lieues à la ronde. Le vigneron du Médoc et de la Bourgogne, le pâtre des Alpes et des Pyré-
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- LXVII
- nées, l'éleveur de la Vendée et de la Lorraine, le jardinier, le laboureur de cinquante départements, tous ressentent par des contre-coups inévitables, et le bien-être et la misère de Paris. Si, dans le moment où je parle, l’agriculture nationale éprouve encore une profonde gêne, c’est que, l’année précédente et l’hiver dernier, la capitale a souffert une misère qui surpasse toute croyance : trois cent mille de ses producteurs, le tiers de sa masse, étaient réduits, pour subsister, à recevoir 18 centimes par jour, triste valeur de son pain à bas prix. Vous le vqyez, pour accomplir le parallèle avec la république romaine, on les traitait en citoyens romains et pauvres. Ce n’est pas tout : les centaines de millions supprimés du travail n’allant plus vivifier les marchés de nos provinces, terres, bois, vignes, prés et cultures industrielles, tout périssait de misère ; hélas! et tout languit encore dans nos bourgs et dans nos hameaux, comme un malade qui revient de l’agonie à la longue convalescence.
- Que les habitants de nos campagnes les plus reculées se pénètrent donc bien de cette vérité trop souvent déniée par un étroit esprit d’envie : si Paris a pour premier marché la France, et pour second l’univers civilisé, nos quatre-vingt-cinq départements ont pour marché le plus riche et le plus certain, la capitale elle-même. Piichesse et bonheur, tout est solidaire entre la tête et les membres de la France.
- Par conséquent, tout ce qu’on fait avec tant, d’activité pour exciter, je l’ai vu, le journalier de la campagne à s’enrichir par une . autre voie que par le travail, à se partager le bien cl’autrui, à fouler aux pieds la prospérité, la richesse et les lois de la patrie, ces excitations ouvertes, audacieuses, impunies, qui sont grosses, sachons-le bien, de jacquerie et de scène de Gallicie, c’est Paris quelles frapperaient au cœur, c’est Paris qu’elles rendraient plus que jamais, parla leçon du malheur, au saint respect de la loi, delà famille et de la propriété, et Paris sauverait la France.
- En abordant malgré moi le tableau, de nos malheurs et de nos pertes, je touche au dernier mérite de notre industrie nationale.
- Lorsque le héros du siècle, qui connaissait si bien les hommes, voulait en juger un nouveau, il demandait simplement, pour peser , son caraçtère : « Sait-il monter à la -brèche de son état ?»
- Monsieur le Président, les cinq mille exposants appelés dès i848 au grand concours de l’induslrie luttaient tous contre la fortune pour échapper à la ruine, quand ils ont entendu cet appel. Ces
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- LXVIII
- produits admirables, qu’ils ont placés sous vos regards, à l’issue du plus grand combat que l’ordre ait jamais livré contre l’anarchie, ils les ont fabriqués sur la brèche de leur état, Honneur donc, honneur à leur courage autant qu’à leur patriotisme.
- J’exprimerai, pour ces travailleurs intrépides, le sentiment de la plus douce gratitude envers notre archevêque révéré , qui bénit aujourd’hui les produits honorés du travail honnête. Quand le choléra sévissait sur la capitale et diminuait l’affluence des'étrangers visiteurs de l’exposition, vous alliez, au contraire, Monseigneur, visiter, consoler les infortunés dans les foyers les plus redoutables de l’épidémie. Votre charité bravait la mort, en conservant les traditions d’une Eglise où, depuis saint Denis jusqu’à celui qui sera saint dans cent années, le martyre est offert comme enseigne-, ment suprême: le martyre qui, pour sauver la société sur le bord de l’abîme, ressuscite la foi!
- J’arrive au terme de ma tâche, en suppliant mes auditeurs de m’excuser si j’ai trop longtemps abusé de leur bienveillance. Je serais le plus heureux des mortels, et ce moment serait le plus beau de ma vie, si j’avais pu faire passer dans vos esprits la conviction qu’il existe une France plus éclairée, plus heureuse, plus progressive, plus grande, en un mot, qu’on ne le croit vulgairement.
- J’ai tenté de montrer la science s’alliant au génie de nos travailleurs de tous les degrés pour reculer, dans toutes les directions, les bornes de l’industrie; pour accroître la puissance nationale, parles produits augmentés et perfectionnés des arts de la paix et des arts de la guerre pour consoler, pour soulager l’humanité souffrante , par des inventions ^admirables ou des applications ingénieuses; pour travailler en faveur des petites existences beaucoup plus qu’en faveur des grandes; pour faire descendre, sur tous les objets qui sont l’ornement et la douceur de la vie, la beauté, l’élégance et la commodité , depuis l’opulence jusqu’à la moindre aisance: pour armer la main de l’ouvrier d’outils meilleurs, propres à faire plus d’ouvrage avec moins de labeur, en les payant meilleur marché; pour agrandir, pour étendre notre commerce avec l’univers; enfin, pour rendre à la civilisation des services que la publicité, la libéralité de nos institutions offre en présent à tous les autres peuples.
- Jamais, jamais, dans un même espace de cinq années, nous n’avions obtenu de résultats si multipliés, si grands et si glorieux.
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- En présence cle tels services rendus à toutes les classes et surtout aux plus nécêssiteuses, pour déclarer le dernier mot, le mot vrai, le verdict, des hommes éminents et consciencieux auxquels on a confié le jugement de l’industrie nationale, le jugement des hommes qui, pour arriver à ce mot tinal, n’ont pas craint de sacrifier dans les plus pénibles travaux cinq mois de leur existence, je dirai :
- «Au nom du grand jury de l’industrie nationale, sur notre âme et conscience, devant Dieu et devant les hommes, nous déclarons à l’unanimité, que cette industrie si calomniée, si menacée, a bien mérité non-seulement de la patrie, mais du genre humain tout entier. » (De longs applaudissements suivent ces paroles.)
- M. le ministre de l’agriculture et du commerce a proclamé les noms des nouveaux chevaliers de la Légion d’honneur. Plusieurs, qui ne s’étaient pas présentés dans la salle de la cour de cassation, sont venus recevoir leurs décorations des mains de M. le président.
- Le Président de la République s’est levé ensuite et a prononcé l’allocution suivante, qui a été couverte, à plusieurs reprises, par de nombreux applaudissements.
- Messieurs,
- En vous voyant recevoir le juste prix de ces travaux qui maintiennent la réputation industrielle de la France à la hauteur qui lui est due, je me disais : elle n’a pas perdu le sentiment de l’honneur cette nation où une simple distinction devient pour tous les mérites une ample récompense; elle n’est pas dégénérée celte nation qui, malgré ses bouleversements, alors qu’on croyait les ateliers déserts et le travail paralysé, est venue faire luire à nos yeux, comme une consolation et un espoir, les merveilles de ses produits.
- Le degré de civilisation d’uri pays se révèle par les progrès de
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- LX.X
- l'industrie comme par ceux des sciences et des arts. L’exposition dernière doit nous rendre fiers ; elle constate à la fois l’état de nos connaissances et l’état de notre société. Plus nous avançons, plus, ainsi que l’annonçait l’empereur, les métiers deviennent des arts, et plus le luxe lui-même devient un objet d’utilité, une condition première de notre existence. Mais ce luxe qui, par l’attrait de séduisants produits, attire le superflu du riche pour rémunérer le travail du pauvre, ne prospère que si l’agriculture, développée dans les mêmes proportions, augmente les richesses premières du pays et multiplie les consommateurs.
- Aussi le soin principal d’une administration éclairée et préoccupée surtout des intérêts généraux, est de diminùèr le plus possible les charges qui pèsent sur la terre. Malgré les sophismes répandus tous les jours pour égarer le peuple , il est un principe incontestable qui en Suisse, en Amérique, en Angleterre, a donné les résultats le3 plus avantageux; c’est d’affranchir la production et de n’imposer que la consommation. La richesse d’un pays est comme un fleuve : si l’on prend les eaux à sa source on le tarit; si on les prend, au contraire, lorsque le fleuve a grandi, on peut en détourner une large masse sans altérer son cours.
- Au Gouvernement appartient d’établir et de propager les bons principes d’économie politique, d’encourager, de protéger, d’hono-rer le travail national. 11 doit être l’insligateur de tout ce qui tend à élever la condition de l’homme ; mais le plus grand bienfait qu’il puisse donner, celui d’où découlent tous les autres, c’est d’établir une bonne administration qui crée la confiance et assure un lendemain. Le plus grand danger peut-être des temps modernes vient de cette fausse opinion, inculquée dans les esprits, qu’un gouvernement peut tout, et qu’il est de l’essence d’un système quelconque de répondre à toutes les exigences, de remédier à tous les maux. Les améliorations ne s’improvisent pas, elles naissent de celles qui les précèdent : comme l’espèce humaine, elles ont une filiation qui nous permet de mesurer l’étendue du progrès possible et de le séparer des utopies. Ne faisons donc pas naître de vaines espérances, mais tâchons d’accomplir toutes celles qu’il est raisonnable d’accepter; manifestons par nos actes une constante sollicitude pour les intérêts du peuple ; réalisons, au profit de ceux qui travaillent, ce vœu philanthropique d’une part meilleure dans les bénéfices et d’un avenir plus assuré. • ... .
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- LXXI
- Lorsque, de retour dans vos départements, vous serez au milieu de vos ouvriers, affermissez-les dans les bons sentiments, dans les saines maximes, et, par la pratique de cette justice qui récompense chacun selon ses œuvres, apaisez leurs souffrances, rendez leur condition meilleure. Dites-leur que le pouvoir est animé de deux passions également vives : l’amour du bien et la volonté de combattre l’erreur et le mensonge. Pendant que vous ferez ainsi votre devoir de citoyens, moi, n’en douiez pas, je ferai mon devoir de premier magistrat de la République. Impassible devant les calomnies comme devant les séductions, sans faiblesse comme sans jactance , je veillerai à vos intérêts qui sont les miens, je maintiendi’ai mes droits qui sont les vôtres.
- Après ce discours, et sur l’invitation de M. le ministre du commerce, MM. Payen et de Kergorlay, secrétaires du jury central , ont fait l’appel nominal de MM. les exposants à qui ont été décernés les médailles d’or, d’argent et de bronze.
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- TABLE ALPHABETIQUE
- DES
- FABRICANTS ET ARTISTES
- RÉCOMPENSÉS
- PAR LE JURY CENTRAL DE L’EXPOSITION DE 1840.
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- ABREVIATIONS.
- H. C. Hors de concours.
- M. O. Mention pour ordre.
- R. O. Rappel de médaille d’or.
- N. O. Nouvelle médaille d’or.
- O. Médaille d’or.
- R. A. Rappel de médaille d’argent. N. A. Nouvelle médaille d’argent.
- A. Médaille d’argent.
- R. B. Rappel de médaille de bronze. N. B. Nouvelle médaille de bronze.
- B. Médaille de bronze.
- R. M. Rappel de mention honorable. N. M. Nouvelle mention morable.
- M. Mention honorable.
- R. C. Rappel de citation favorable.
- C. Citation favorable.
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- LXXV
- A
- ïom. Pag.
- A. — Cardes. — Voyez L. Miroüde. —R. O......................... II, 148
- A. B. — Tissus de coton en blancs, en écrus. — Voyez SeillïÈres
- (Ernest) et Cje. — O.........................^..............III, 194
- Abraham (Aimé). — Ganterie de peau. — C........................ III, 773
- Abry.— Reliure. — Voyez Vigna.— B.............................. III, 521
- Abt (Henry). — Pailles pour chapeaux. —R. B....................III, 710
- Accary. —Couvertures de coton. — M............................. III, 223
- Ackermann. — Tabatières. — Voyez Marx. —M......................... III, 804
- Acklin.— Instruments mixtes. M. M.............................. II, 618
- Acklin (Jean-Baptiste). ;— Mécaniques pour tissus brochés. •— B.. Il, 153
- Adam. — Grande culture. — M.................................... 1, 44
- Adam. — Peluches de soie pour chapeaux d’hommes. — Voyez Thi-
- BERT. ----A................................................. III, 134
- Adam (Théodore).—-Soie. — B.................................... I, 109
- Adler. — Instruments. — N. B................................... Il, 607
- Adt. — Tabatières. — Voyez Barth et Joseph. — B.................... 111, 803
- Affogrtil (Gaston). — Soie. — B................................. I, 108
- Agard. — Mobilier agricole. — C................................... I, 213
- Agard ( L.-J.). — Ustensiles de ménage. —- G................... II, 339
- Agard et C10. — Produits chimiques. — A.......................... II, 718
- Agômbard.— Chaux hydraulique.—- Voyez Mathieu. — B.... II, 456
- Agüirre. — Couverture. — Voyez Fort. — N. B..................... III, 59
- Aïmard. —- Poterie. — B....................................... II, 851-
- Aindas (Antoine). —Emploi du bois appliqué au bâtiment.— B.. III, 444
- Akselban. — Bonneterie. — C.................................... Ill, 160
- Alabarre. — Dragées, bonbons, etc. — Voyez Mocthièrs. —M. Il, 668 AlaüZèt. — Machines typographiques. —- Voyez Gillimann.
- M. ....*..................................................... Il, 173
- Albin et Cie. — Toiles et tissus métalliques. — C................ II, 416
- Albinet. — Couvertures. — A..................................... III, 58
- Alessandiu (Léon-Joseph-Thomas). — Ouvragés en ivoire. — A. III, 428
- Alexandre. — Sangsues mécaniques. — M.......................... III, 636
- Alexandre.— Cristallographie.'—C................................ Il, 566
- Alexandre. — Registres. — G................................... III, 834
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- LXXVI ----
- Alexandre (Félix). — Eventails et écrans à main. — B............ III, 397
- Alexandre père et Cia. — Grandes orgues. — A..................... II, G16
- Alibert. — Emploi du bois pour le bâtiment. — C................. III, 445
- Alix (Jean-Baptisle). — Bronze d’art. — M....................... III, 362
- Allain-Tarbodriècii. — Chapellerie. — M......................... III, 704
- Allais (Séraphin). Bouennerie. — M.............................. III, 210
- Allard. — Ébénisterie de siège. — M............................. III, 418
- Allard (Ph.).—Coutellerie. — G.................................. II, 374
- Allard. —Savons. — Voyez Violet. — B............................ II, 680
- Allevy frères. — Cadran perpétuel. — C......................... II, 552
- Allier. — Sellerie et Bourrelerie. — M............................ III, 663
- Allix. — Bustes et têtes pour coiffeurs, couturières, modistes, etc.
- — M......................................................... III, 843
- Allonville (d’). — Soie. — C................................... I, 110
- Allüaud aîné. — Porcelaines. — R. A............................ Il, 865
- Altemayer et Cw. — Laines peignées, filées et tissées. •— Voyez
- Foürnival. — A............................................. III, 9
- Amar-Bel-Bacha.— Tabacs.— M.................................... I, 293
- Amiard. — Sellerie et bourrelerie. — B......................... III, 662
- Amis (Mme). — Cornets acoustiques, bandages.— C................ III, 633
- Àmodroüx (Jules). — Publications et dessins industriels. —M. .. II, 191
- Ancelot. — Élevage de bestiaux. — A............................ I, 84
- Andelle et Cie. ~ Verrerie. — O................................ II, 887
- Andradd. — Machines pour les chemins de fer. —M................ II, 87
- André (J. P. V). — Fonte moulée. — R. O.................v...... II, 328
- André-Jean. — Ateliers de construction. — A.............. « • I» 145
- Andrès père et fils. — Tissus de laine légers. — A............. III, 64.
- Andriedx. — Héliographie sur plaques de métal. — M.............III, 536
- Andrieux. — Papiers. — Voyez Vallée et C“. — R. B............... III, 588
- Andriedx (Pierre). — Linge de table. — C... . ................. III, 255
- Andrillat. — Cuirs et peaux. — Voyez Moret. — M................. III, 608
- Andriveaü-Goujon. — Cartes géographiques. — R. A................ III, 500
- Anfrie et Cie. — Épingles. — B. ...............................‘ II, 325
- Angers (Société des ardoisières d’). — Ardoises. —R. O......... II, 461
- Angibault. — Serrurerie de précision. — C...................... II, 222
- Angrand (J. F). —Papiers de fantaisie. — A..................... III, 812
- Année (Théodore). — Horticulture et fleurs. —M................. I, 261
- Anner. — Typographie. — M...................................... III, 500
- Arcachon (Association des forges d’). — Fonte moulée. — B.... II, 334
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- LXX.VII
- Ardon (Compagnie des forges et fonderies d’). — Aciers. —M. II, 354
- Arlincourt fils (Charles-Louis d’). — Extraction du zinc brut.—A. II, 282
- Armand. —; Ciment de chaux hydraulique. — B..................... II, 457
- Armand-Clerc. — Mobilier agricole. — N. B....................... 1, 209
- Armengaud. — Taille douce. — Voyez O’Reilly. — B................. III, 501
- Armengaüd aîné (Jacques-Eugène). — Publications et dessins
- industriels. — A............................................ II, 189
- Armengadd (Charles-François) jeune. — Publications et dessins
- industriels. — B...... ..................................... II, 191
- Armitage. — Terres cuites. — Voyez Gastellier. —M.............. II, 849
- Arnaud. —Huile d’olive. — B..................................... I, 304
- Arniieiter (Michel-Marie).<—Mobilier agricole. — A.............. I, 208
- Arnoüld (Jean-Louis). — Châles de Paris. — R. O................. III, 98
- Arnoüx. — Produits chimiques. — M............................*. II, 734
- Arondel. — Lits portatifs. — C.................................. III, 860
- Arradlt. — Appareils de pansement. —-M.......................... III, 637
- Adber fils. — Rouennerie. — A...................................... III, 208
- Aobergier, — Plantes agricoles. — M............................. I, 240
- AubÉry.—Eventails et écrans à main. —Voyez Dupré (Mm0 V°
- Isidore). — B..................*............................ III, 396
- Aubeux. — Etoffes pour gilets. — M...v.......................... IH, 91
- Adbin. — Quincaillerie et outils. — M........................... II, 398
- Aubin. — Ustensiles de chasse. — M............................... II, 643
- Aubineau. — Machines pour les chemins de fer. — C................. II, 88
- Aubineau. — Appareils d’éclairage. — B............................ II, 647
- Aubineau. — Fabrication et raffinage du sucre. — M. O.'......... II, 752
- Aubry (Mme Dauphin). — Bonneterie. —C........................... III, 161
- Aubry frères. — Dentelles. — O.................................. III, 293
- Aubry (Jean).— Grosse quincaillerie et fontes affinées. —Voyez
- Chateauneuf (André).— B..................................... 11,363
- Aubry de la Borde. — Grande culture. — C........................ I, 49
- Aücher et fils. — Pianos. — B.................................. II, 581
- Aüclerc. — Elevage de bestiaux.— O.............................. I, 74
- Auclerc (Constant). — Céréales. — M. O.......................... 'I, 228
- iVucoc. — Orfèvrerie. — R. A.................................... III, 324
- Aude (Clément). — Laminoirs pour les dents de peiqnes pour tissage.— M........................................................ II, 141
- Audebert.— Cristallerie. — C.................................... II, 892
- Audemard. — Châles de Nismes. — Voyez Brès fils. — B............ III, 111
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- ----- LXXVIII
- Aüdincourt (Société d’).— Fabrication de fer. — O............. II, 311
- Aübot. — Orfèvrerie. — M...................................... III, 327
- Audry. — Stores. — R. C....................................... III, 389
- Aüdumarès (David). —Bonneterie.—M............................ III, 159
- Aüfray. — Ardoises. — M....................................... II, 464
- Aoger. — Pompes à incendie. — A............................... II, 42
- Auloy-Millerand.— Linge de table.— R. A....................... III, 253
- Adqüier (J.) jeune et C°. — Corsets. — M.......,.............. III, 722
- Aütran aîné.—Soie.— M......................................... I, 109
- Aüzoüx. — Modèles anatomiques. — N. O......................... III, 542
- Averseng et Ce. — Crin végétal. — M.......................... 1. 333
- Avi. — Grande culture. — A.................................... I, 29
- Avisseau. — Poterie. — M...................................... II, 852
- Avrillon. —< Orfèvrerie.—B...................................... III, 574
- Axât (La compagnie des forges d’). — Aciers. ^r-B............... II, 352
- Aycard (Bernard).—Ateliers de construction.-r~ B................ I, 154
- Ayné frères. — Soies ouvrées. — C.............................. III, 114
- B
- Babeor. — Orfèvrerie. — B...................................... III, 574
- Babon (Robert). — Brosserie. —C................................. III, 761
- Babonne'ao et Cle. — Bitume asphaltique. M...................... II, 451
- Baccarat. — Cristallerie. — R. O................................ Il, 885
- Bach-Pérès. — Stores. — R. B.................................. III, 387
- Bachelier. — Typographie. — A................................... III, 496
- Bacot (Antoine-Jean-Etienne). ;— Horticulture etfieurs. — B.. I, 258 Bacot (Frédéric) et fils. — Draperie fine de Sedan. — R. O,. . . III, 28
- Bacot fils (Paul). — Draperie fine de Sedan. — R. O............. III, 27
- Bacqdeville.—Corsets. — M....................................... III, 723
- Badan. — Culture. — Voyez Ricca. — B.......................... 1, 287
- Badin (M1116). — Vannerie. — M................................ III, 807
- Bagary. — Produits chimiques. — B............................. I, 301
- Bahieü, i(Jean-Louis). — Machines pour la préparation des produits agricoles. —C........................................... I, 200
- Bail. — Machines et appareils vinicoles. — B.................. I, 204
- Bailiant (Jules). — Peignes. — M..............................III, 797
- Baillet (Jean-Baptiste). — Ateliers de construction. — M... ... I, 102 Bailleül. — Typographie. — A........................... ......III, 571
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- LXXIX
- Baillïet. — Teinture de laines. — B ....................... II, 786
- Bailly. — Marmelade de poireselc. *— B. ................... II, 665
- Bainée. — Meubles en fer. — A............... Il, 408
- Bal. — Peignes à tisser. — Voyez Durand. -— A................... II, 132
- Balaine. — Plaqué.—N. A..................................... III, 331 •
- Balay (Jules). —» Tissus de crins. — R. O................... III, 144
- Ballard. — Grande culture. — A.............................. 1, 23
- Ballefin. — Aciers. — Voyez Renodier etC“. —B................. II, 353
- Balleydier (Félix). — Tissus de soie. — O.................... III, 124
- Balny jeune. —- Ebénislerie de siège. — R. B............... III, 418
- Bance. — Toiles de'chanvre et de lin. —-R. A................. III, 250
- Ban-Guenî:. —Calorifères. — M.............»................. II, 806
- Bafterosse (Félix). — Porcelaines. — Q.......................... II, 863
- Baranger frères. — Couvertures. — M......................... III, 61
- Baranowsei. — Taxe machine. — G....................... II, 552
- Barbarant.—Machines lithographiques distribuant l'encre.—Voyez
- Dumoulin. B............................................... Il, 178
- Barbaroux de Mègy. — Bijouterie de comil. — R. A............ III, 470
- Barbary jeune. — Bonneterie. — C........................... III, 160
- Barbaza et Cle.—* Tapis. — A................................ III, 281
- Barbazan (J. A.). — Aci'm. — B.............................. >.. II, 354
- Barbe.—Lingerie brodée. — B................................. III, 296
- Barbeau. — Cheminées calorifères. — C...................... II, 810
- Barbedienne. — Bronzes d'art. — Voyez Collas. — B........... III, 359
- Barbet etCie. — Tissus de coton imprimés. — H. C............ III, 212
- Barbier. — Marqueterie. — B................................. III, 418
- Barbier. — Ouvrages en ivoire. — Voyez Travaillot. — M.... III, 431
- Barbier (Victor). —- Draperie fine d’Elbeuf. — N. A.......... III, 33
- Barbizet.— Poterie à vernis de plomb. — C..................... II, 875
- Babbou (Noël). — Ustensiles de ménage. — N. C................. II, 338
- Bardonnet des Martels. — Ateliers de construction. — M...... I, 160
- Barillet (Mme). — Pépinières. •— Voyez Delahaye (Louis) et
- Messire, — C............................................ 1. 266
- Barîquand. —-Mouvements de pendules et de montres. — B...... II, 510
- Barrer. — Calorifères à brûler du coke. — M................. II, 807
- Barne. — Broderies. — Voyez Gervais. —- C.................... III, 287
- Barnouin et Cie. — Chcîles de Nîmes. —Voyez Fabrègue et Noury
- fils.—A................................................. III, 110
- Barrande (J. B.). — Cuirs et peaux. — B. M.................. III, 605
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- LXXX
- Barbé. — Fonte malléable. — Voyez Dalifol. —C.............. Il, 337
- Barré.— Draperie moyenne et commune.—Voyez Courtrey frères.
- — R, B.................................................. III, 50
- Barré-Russin. — Porcelaines. — R. B...............»........ II, 867
- BarrÈre.— Machine à graver. — A............................ II, 561
- Barrés. — Soie. — A........................................ I, 103
- Barrey (François).— Culture maraîchère. — B................ I, 242
- Barrochin. — Produit du travail des aveugles. —B........... III, 863
- Barth. — Tabatières. — Voyez Adt et Joseph. — B............ III, 803
- Barth. — Peluches de soie pour chapeaux d'hommes.—Voyez Mas-
- sing et Plichon. — R. A................................. III, 133
- Barthel. — Maroquins, vxirs hongroycs et mégissés. — Voyez
- Püei/ — M............................................... III, 615
- Barthélemy — Flotres. — N. M............................... III, 673
- Barthélemy ( Astorquiza). — Billards. —R. B................ III, 435
- Barthélemy (Nicolas-Ferdinand). — Bessorts de voitures. — M.. Il, 206
- Barthélemy. — Tissus imperméables.—>M....................... II, 702
- Bartholomon.—Elevage de bestiaux. — M........................ I, 77
- Bartsch. — Instruments de cuivre. — B...................... II, 602
- Barye (Antoine). — Bronzes d'art.—B........................ IIP, 359
- Bary-Mériasu — Tissus de crin. -— N. A..................... III, 145
- Basely.—Aiguilles, ressorts de montre et de pendules. — N. A.. II, 512
- Basnier (Mme) — Cuivre estampé et verni. — R. B........... III, 383
- Bassot (Émile). — Boutons. —B.............................. III, 864
- Bastié. — Orjèvrerie. — C.................................. III, 575
- Bastien (Joseph)— Carrossier. — M........................... II, 198
- Bataille. — Produits chimiques. — B....................... II, 726
- Batailler. — Engrais. —B..................................... I, 223
- Bathier. —Sabots. — M......................^............... III, 683
- Battemberg. — Caractères d'imprimerie. — C................. III, 487
- Baucheron. — Armes à feu. — B.............................. II, 632
- Baudat. — Machines diverses. — R. B........»................. • II, 238
- Baudenon (François). — Pépinières. — G...................... I, 267
- Baudoin frères. — Toiles cirées. —R. O..................... III, 618
- Baudon. — Machines diverses. — Voyez Devallois. — C........ II, 248
- Baudon-Porchez. — Appareils de chauffage. — A............... II, 803
- Baudot (Philibert).—Marbres factices.—Voyez Bougrand (Amé-
- dée).—A................................................. 11,445
- Baudouin. — Grande culture. — O.............................. I, 18
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- LXXXI ----
- Baudouin. —Acides gras et bougies stéariques. — C............ II, 771
- Baudouin (Mathurin). -— Extraction du zinc brut. — M........... II, 284
- Baüdry. — Meubles à système. — N. B............................ III, 414
- Baüdry (A. Th.). — Aciers. — R. O.............................. II, 348
- Baüdry père. — Meubles-lits. — M. O.......................... III, 858
- Baüdry fils. — Meubles-lits. — C. O............................. III, 859
- Baüdry fils. — Meubles à système. — M..................-.. III, 415
- Baüerkeller. — Plans en relief. — A............................ II, 563
- Baüerkeller et Ci0. — Encadrements en carte repoussée, papiers en
- cartons gaufrés, objets de fantaisie en papiers, etc. — M. O... III, 819
- Badleret. — Fécules. — C...................................... II, 760 •
- Bavoox. — Lampes et bougeoirs. — M............................ II, 650
- Bavozet et fils. — Fonte de fer, cuivre,.etc. — C................ II, 337
- Bayard. -— Hèliographie sur papier. — A....................... III, 538.
- Bayvet. — Maroquins hongroyés et mégissés. — Voyez Faoler.
- — R. O.................................................... III, 614
- Bazert.— Brosserie. —M........................................ III, 760
- Bazin.— Grande culture. -— O.................................... I, 19
- Bazin père. — Céréales. — M. O.................................. I, 227
- Bazin fils (Armand). — Ateliers de construction. — A............ I, 140
- Bazire. — Huile de ricin. — M................................. I, 304.
- Beart. — Grande culture. — M.................................... I, 42
- Beau. — Machines diverses. — B.............................. II, 253
- Beau (Mra0).— Plumes et porte-plumes. —C...................... III, 841
- Beaociiamp (Robert) frères.—Forges.— M......................... II, 32 [
- Beaudoin. — Savons. — M....................................... II, 681
- Beaufay. — Fabricant de creusets. — R. B..................... II, 847
- Beaulieu (Michel). — Toiles de lin et de chanvre.—M........... III, 252
- Beaulincoürt (M116 Charlotte de).—Fleurs artificielles.—M... III, 651
- Beaumont (André-Alexandre).— Pieliures et garnitures de livres en
- ivoire.—B................................................. III, 431
- Beauvais père. — Chimie. — B.................................. II, 832
- Beauvais fils. — Chimie. — B.................................. II, 832
- BÉCHARD. — Appareils herniaires et d’orthopédie. — A............. III, 628
- Béchu.'—Moulin.—B. ........................................ II,. 106
- Bedel (Amédée).—Substances minérales.—B....................... I, 296
- Begué (Pierre-Félix). — Linge de table.—R. A.................... III, 253
- Béguin.—Cartonnages divers.—M................................. III, 827
- Beine (De).— Sacs sans couture.—Voyez Cresson.—N. B... ^ III, 263
- I. F
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- --- LXXXII-----
- Becker. — Étoffes imperméables. — B...................... Il, 787
- Beleurgey (P.).-—Billards.—C. .......................... III, 440
- Belgiiadji (La corporation des) de la ville d’Oran. —Babouches.
- — B............................................................ I, 339
- Belghadji (La Corporation des) de la ville de Tlemcen. — Babouches.-— B.............................................. I, 339
- Belhommet frères. — Bougies stéariques. — R. B............ Il, 768
- BélicARD.—• Appareils de vidange.—Voyez Chesn eau.—B..... II, 185
- Bélorgé (Pierre-Antoine). — Passementerie.—R. M.......... III, 168
- Bella.—Elevage debestiaux.—M. O............................ I, 92
- BellangÉ.—Marqueterie.—R. A.............................. III. 417
- Bellavoine. — Couleurs. — C.............................. II, 693
- Belleville frères. — Fécules. — B.. ..................... II, 759
- Bellier.— Machines à rouler ou plier les étoffes.—Voyez Ha-
- ranger.—B................................................... Il, 140
- Bellier. — Tissus.—B..................................... III, 306
- Belzacq. — Chaussons. — Voyez Collard. — N. B............ III, 686
- Bémy (MUoj de).—Éventails et écrans à main.—C............ III, 398
- Bencraft.—Sellerie et bourrelerie.—B..................... II|, 660
- Bender.1—Bijouterie diamanloïde.—A....................... III, 467
- Béni-Abès (Les).— Tissus.—VoyezEl-Béchir-Ben-Mazian.—A. I, 311
- Bénier.—Crin végétal.—C.................................... I, 334
- Béni-Snous (Les femmes de la tribu des).—Nattes. — B........I, 336
- Benoist-Malot et C!a. — Tissus de laine légers.—O........ III, 62
- Benoit.—Machines à fouler.—R. A......................... II, 164
- Benoit-Langlassé. — Tôles vernies.—R. B.................. III, 385
- Benocville (Mme).—Soie.—M.................................. I, 110
- Ben-Mimoün ( Chérif). — Tissus. A........................ 1, 311
- Ben-Zekri des Seignas (La femme du caïd).— Tissus. — A.... I, 311
- Béranger et C10. — Appareils à peser et grandes balances pour le
- commerce. — O............................................... II, 532
- Béranger frères. — Limes. —- M............................ Il, 357
- BÉrard et G10. — Marbrerie. — R. B........................ II, 439
- Béraud (Constance). — Tissus.— B......................... III, 306
- Bergaire aîné (J.). — Couverts en fer battu. — R. M....... II, 396
- Berge (Eugène). — Ateliers de construction. — M............ I, 156
- Berger. — Armes à feu. — B................................ II, 633
- Berger. — Chaussures en cuir. — Voyez Reviliton et Jacob. — M. III, 669
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- ---- LXXXIII ---
- Bergeron. — Aciers. — Voyez Neyraüd, Thioluère, Verdier
- et Ci8. — A................................................. JI, 350
- Bergeron. — Mouvements de pendules et de montres. — B.......... II, 510
- Berger-Walter. — Verrerie. — R. B.............................. II, 889
- Berges et G10. — Ressorts de voitures. — Voyez Fimbel. — A... II, 206
- Bergougnan. — Coutellerie.— R. B............................... II, 370
- Bergüe (Barthélemy). — Fouets et cravaches. — C................ III, 745
- Bergge (Charles de). — Machines pour les chemins de jer. — A.. II, 85
- Beringer. — Armes à feu. — N. A................................ II, 625
- Bernard. — Machines à vapeur. — M................................ . II, 70
- Bernard. •— Microscopes, chambres claires et niveaux. — R. M.. . II, 527
- Bernard frères. — Raffinage. — A............................. II, 750
- Bernard (Albert). — Canonnerie. — R. A....................... II, 637
- Bernard (François). — Passementerie. — C..................... III, 172
- Bernard (Léopold). — Canonnerie. —- N. A......................... IL, 636
- Bernard-Breton. — Grande culture. — A.......................... I, 31
- Bernardel. — Basses.— O............................................ II, 588
- Bernardin.— Horlogerie civile. — M................................. II, 502
- Bernay. — Bonneterie. —• Voyez Peyrot. — B..................... III, 154
- Bernier. — Quincaillerie. — N. B.................................. II, 395
- Bernier (Clovis). — Chaussures en cuir. — B.................. III, 667
- Bernier (Emile). — Appareils d’éclairage. •—B................ II, 648
- Berny (De).— Caractères d'imprimerie.—Voyez Laurent.—N. A. III, 480
- Berrgs frères.— Dessins pour tapisserie. — A................... III, 556
- Bertaod. — Ébénisterie d’art, — R. B........................... III, 412
- Bertadts. — Lithographie. — B.................................. III, 507
- Berteau. — Fabricant de brigues. — G.. ........................ II, 850
- Bertèche. — Draperie fine de Sedan. — Voyez Chesnon et C‘°. —
- R. O........................................................... III, 25
- Berthelot. — Machines à bonneterie. — B........................ Il, 158
- BeRthémot et C10. — Produits chimiques. — Voyez Delondre.
- — B........................................................... II, 725
- Bertherand-Sdtatne et C10. — Fils cardés. — R. O.................. III, 13
- Berthet. — Orfèvrerie. — Voyez Peret. —- A.................... III, 325
- Berthier. — Articles de bureau. — B............................. III, 838
- Berthiot (François-Vallier). — Cuirs et peaux. — C................ III, 608
- BerthiOT. — Verres de besicles, boules à fantasmagorie. —M. ... Il, 528
- Bertiiodd (Auguste). — Horlogerie de haute précision. — R. O.. II, 484
- Bertin (Pierre-Joseph). — Horticulture et fleurs. — A............... I, 253
- r.
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-
- LXXXIV
- Berton. — Moulins et pièces détachées. — B.................... II, 10
- Bertonnet. — Armes à feu. — M.........,....................... Il, 635
- BertOü. — Papeterie de luxe. — M........................... III, 809
- Bertrand. — Fusion et moulage du cuivre. —M.................. II, 271
- Bertrand (Émile). — Peinture (Le fleurs. — M................ III, 574
- Bertrand frères. — Batistes et linons. — Voyez Villain. — B... III, 258
- Bertrand-Géraüd.— Cotons filés. — B......................... III, 188
- BÈs (Joseph-Alexandre). — Fourbisserie. — B................... II, 641
- Beslay (Charles). — Chaussons. — B......................... III, 686
- Besquent (Jules). — Fonte moulée. — R. B...................... II, 333
- Bessaignet. — Gravure de cachets. — C........................... III, 516
- Bessas-Lamégie. — Machines pour les chemins de fer. — Voyez
- Henry. — M.............................................. II, 87
- Besson frères. — Chapellerie. — A........................... III, 699
- Bettignies (De). — Porcelainev—B............................. II, 868
- Beddon. — Couvertures. — N. B.............................. III, 58
- Beünon (Louis-Hippolyte). — Pianos. — B....................... II, 580
- Bezançon et C“. — Produits chimiques. — A..................... II, 720
- Bezadt. — Machines à vapeur. — M............................ II, 70
- Biais (Joseph-Nicolas). — Passementerie. — R. B.............. III, 165
- Bian (Louis). — Tissus de coton blancs et écrus. — B....... III, 199
- Bianchi. — Instruments de physique et d'arpentage. — B...... II, 525
- Bibas. — Broderies.—M........................................ III, 229
- Biber. — Clysoirs. — M...................................... III, 644
- Bicard. — Draperie moyenne et commune. — Voyez Rdff. — A.. III, 47
- Bicheron. — Baleines.—M..................................... III, 742
- Bichet (Simon). — Ateliers de construction. — M................ I, 158
- Bidoü fils. — Cuirs et peaux. — Voyez Estivant frères. — R. B. III, 602
- Bied. — Lustres à fleurs. — M................................ II, 650
- Bied (Ch.) et Cio. — Extraction du zinc brut. — M.......... II, 281
- Bienaymé.— Horlogerie civile.—R. B............................ Il, 495
- Biesta, Labodlaye et Cia. — Fonderie de caractères d’imprimerie.
- — R. O.................................................... III, 478
- Biétry (Laurent) et fils. — Filé cachemire. — R. O........... III, 18
- Biétry (Laurent) et fils. — M. O........................... III, 105
- BigaillÉ. — Grande culture. — B............................. 1, 39
- Bigot-Domaine jeune. — Pierres fines, agates, etc. — B....... III, 459
- Billard. — Prothèse dentaire. — B............................ III, 639
- Billebàült. — Oa<ÿes. — Voyez Siredey. — B................... III, 230
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-
- LXXX.V
- Bjllecoq. — 'Dentelles. — C................................ III, 299
- Billiet. — Laines peignées, -— Voyez Carabïn et Huot. H. C.. .. III, 6
- Billion. — Feutres pour piano. — B.............................III, 675
- Binger. — Appareils pour peser. — C.......................... II, 541
- Biondetti. —Cornets acoustiques, landages.— B................. III, 631
- Bir ( Pierre-Henry). — Mobilier agricole. — B.,................. I, 211
- Birckel. — Cheminées en faïence. —M............................ II, 809
- Bisson. — Tréfilage. — VoyezGaügain. —'A..................... Il, 274
- Bisson frères. — Héliographie sur plaques de métal. —M........ III, 536
- Bisson (P.-J.). — Châssis à tabatières enfer. — B.............. II, 411
- Bisson (Pierre). — Lin et chanvre. — B...................... III, 245
- Biwer. — Machines diverses. — O................................ II, 228
- Bizet. —• Machines pour les chemins de fer. — C................ II, 88
- Bizot.'—Moulins et pièces détachées. — B....................... II, 10
- BlAise. — Machines diverses. — B............................. II, 253
- Blanc. — Grande culture.-—M.................................... I, 42
- Blanc de zinc (Société anonyme du). — Produits chimiques.
- — O.................................................... II, 707
- Blanchard. —. Filets. — Articles dépêché. — C................ III, 849
- Blanchet.—Grande culture. — A................................... I, 34
- Blanchet.'— Machines diverses. — A.............................. II, 251
- Blanchet. — Papiers. —Voyez Kleber. — R. O................... III, 581
- Blanchet (Jean-Baptiste). — Bonneterie. — A.................. III, 153
- Blanchin aîné (Jean-François).— Machines àfaire les ganses.—G. II, 145
- Blanck. — Marqueterie. — M................................... III, 418
- Blandin (Pierre). — Tissus.—A................................... III, 305
- Blanfain frères. — Draperie fine de Sedan. — A.................. III, 29
- Blanqoet. — Draperie fine d’Elbeuf. —Voyez Delalande. — B.. III, 36
- Blanzï. — Articles de bureau. — Voyez Poüre et G18........... III, 835
- Blaqdière. — Cartes à jouer. — G.............................. III, 828
- Blatin (Henry). — Appareils pour le roulage} enrayage de sûreté.
- — M.......................................................... IJ, 210
- Blech. — Tissus de coton imprimés.—Voyez Steinbach et Mantz.
- — O..................................................... III, 217
- Blech frères. —Fabrication d’Alsace, tissus de coton. — O.... III, 203 Bleton (Eugène-Benoît). — Poignées de parapluie et ombrelle en
- ivoire. — M................................................ III, 432
- Bleuze. — Savons. — C. ...................................... Il, 683
- BlÈve. Cuivre estampé et verni. — N. M....................... III, 384
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-
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- LXXXVI
- Blin. — Mécanismes, horloges publiques. — B................ II, 505
- Blin père et fils. — Draperie moyenne et commune.—Voyez Bloc-
- Javal.— B. .............................................. III, 51
- Bloch. — Fécules. — A........................................ Il, 758
- Bloch (Némis). — Moteurs et machines hydrauliques. — B..... II, 4
- Bloc-Javal. — Draperie moyenne et commune. — Voyez Blin père
- et fils. — B............................................... III, 51
- Blondeau-Billet. — Thibet de soie. — B........................ III, 17
- Blondel (Alphonse).—Pianos. — B................................ I, 580
- Blot (Émile).—Cotons filés. — R. A............................ III, 184
- Blot (H.).—Cuirs vernis. — R. B.............................. III, 612
- Blottière.— Tissus. — M......... ............................. III, 306
- Blottière. — Marqueterie. — C.. ........................... III, 418
- Blouet ( Victor-Désiré).— Boissellerie. — M................... III, 453
- Blüet (Charles).—Rouennerie%—A............................. III, 208
- Bluaier (Charles). — Parquets. — B.......................... III, 442
- Boas frères et Cie.—Châles de Paris. — N. A................ III, 101
- Bobierre. — Produits chimiques. — B.......................... II, 832
- Boche.—— Ustensiles de chasse. — R. A........................ II, 642
- Bocquet. — Tissus. — M...................................... III, 306
- Bocquet (A.) et C“. -— Lin et chanvre. — A.................. III, 243
- Bodecr. — Instruments de physique. — N. B................... II, 524
- Bodin (Jean-Jules). — Ateliers de construction. — O........... I, 136
- Bohin (Benjamin). — Tabatières. — M........................ III, 804
- Bohorel. — Ateliers de constmction. — C.....................' I, 172
- Boileau. — Ebénisterie d'art. — G............................. III, 413
- Boinot. — Laines peignées. — M................................ III, 11
- Bois et C,e. — Fonte malléable. — B........................ II, 337
- Boisard (Jean-Marie). -— Ptissetnenlerie} guipures en soie. — C.. III, 171 Boïsglavy et C“. — Châles de Paris. — Voyez Deneirousse. —
- O........................................................ III, 99
- Boisselot et fils. — Pianos. — R. O. ........................ II, 575
- Boissimon.— Terres cuites.—M............................... II, 849
- Boisson. — Figurines en relief. — C.. . ; . ;................ III, 822
- Boizard. — Appareils pour peser. — C........................ II, 541
- Boland. — Pétrisseur mécanique poui la boulangerie. — A.... Il, 754
- Bollée (Ernest). — Fusion et moulage du cuivre et de ses alliages.
- — B..........................v. ........................ 11,270
- Bompàrt. — Cotons filés. — Voyez Henry fils. — M.............. III, 188
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- --- LXXXVII
- Bon. — Apprêts d'étoffes de soie. — O............................ Il, 793
- Bona (M]le Adèle). — Broderies. — C............................. III, 297
- Bondon (Louis). — Papier-porcelaine. — B........................ III, 816
- Bondoux (Jean). — Horticulture et fleurs. — M................... I, 258
- Bône (Le conseil municipal de). — Marbres. — M................... I, 298
- Bonfils. — Châles de Paris. — Voyez Michel, Soüyraz et C“.
- — B..................................................... III, 104
- Bonhomme. — Chevalets. — M..................................... III, 551
- Bonifas (Jean-Pierre). — Pianos. — M............................ II, 584
- Bonjean (Henri-Joseph). — Appareils remplaçant les bagues dans
- l’encollage des chaînes, — M................................. II, 141
- Bonnal et Cie. — Gazes pour bluteries. — R. B................... III, 302
- Bonnet. — Engrais. — B................................,......... I, 222
- Bonnet. — Produits chimiques. — M................................ II, 732
- Bonnet (Jean-Baptiste). —- Ateliers de construction. — A.......... I, 146
- Bonnet et Cio. — Tissus de soie. — R. O...................... III, 121
- Bonny (Pierre). -—Sabots. — C................................... III, 684
- Bontemps. — Batistes et linons. — Voyez Godard. — A............. III, 257
- Bontemps.— Oiseaux mécaniques et statuettes. — M................. II, 560
- Bontemps. — Préparations taxidermiques. — M.................... III, 547
- Boquet (Adolphe), -t- Encriers.—B.............................. III, 839
- Bor. — Biberons. — M ....... *................................. III, 642
- Bord (JeanrDenis). -r-r Pianos. — A.............................. II, 578
- Bordeaux (François-Hector). — Cuivre estampé et verni.— R. B. ITI, 383
- Bordeaux fils. —- Outib. — C.. .*................................ II, 381
- Bordes. — Cylindre, molettes gravées.— B........................ III, 514
- Bordet. — Coutellerie. — Voyez Petit-Pas. — C................... II, 374
- Borel (Charles). -—Appareils de chauffage. — C................... II, '808
- Borie frères. — Terres cuites. —- Voyez Patingt. — C............. ÏI, 843
- Borsary-Girard. — Bandages. —- C................................ III, 633
- Bory (Mathieu). —r Coutellerie. —- C........................... II, 375
- Bosquillon ( Armand-Samson ). — Mécaniques pour tbsus brochés.
- — M....................................................... H, 155
- Bossens et C1". — Bonneterie. — Voyez Dumas frères. — M.... III, 158
- Bossy. — Mosaïque. — B.......................................... III, 474
- Bottier. — Machines diverses. -— M. ................................ II, 242
- Bouasse-Lebel (Mme v8). — Imagerie. — B......................... III, 511
- Bouchard (Pierre). — Serrurerie de précision. — R. M............ II, 224
- Bouchard-Hüzard (Mme v8). — Typographie. — B.................... III, 498
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- ---- LXXXVI1I
- Bouché. — Tôles vernies. —C.................................... II, 328
- Bouché. — Registres. —- C...................................... III, 833
- Boucher. — Machines diverses. — A............................. II, 252
- Boucher et C1*. — Tréfilage. — N. A.............................. . II, 273
- Boucherie. — Conservation des bois. — O....................... II, 696
- Boucherot. — Dragées, fruits conservés, etc. — Voyez Oc-
- dard fils. — M,...........................................
- Bouchez. — Tissas de laine légers. — Voyez Destecque. — M.. III, 65
- Boodier. — Cirage-vernis. — R. M............................... II, 742
- Bouet. — Châles de Nîmes. — N. B... ......................... III, 110
- Bougnol. — Tissus de crin. — Voyez Giran. — M.................. III, 148
- Bougrand ( Amédée). — Marbres factices. — Voyez Baudot (Philibert).—A.................................................... 11,445
- Bougceret. — Fabrication de fer. — A. — Voyez Martenot
- et Qu.................................................... II, 316
- Boohardet. —Billards. — A..................................... III, 434
- Bouhey. — Machines diverses. — B.............................. Il, 239
- Booiion. — Appareils pour le roulage, enrayage de sûreté_B. . . II, 209
- Booiion. — Appareils d’éclairage. — B . ................. II, 648
- Bouillard. — Gaînerie. — R. M................................. III, 765
- Bouilliant (H.-Gh.-A.).— Fonte moulée. — M.................... II, 336
- Bouillon jeune et fils et G1*. — Forges et trèfileries. — O... II, 324
- Boulanger. — Sellerie. — B.................................... I, 341
- Boulard. — Batistes et linons. — Voyez Piednoir. — N. B.... III, 258
- Boulay (Pierre-Antoine). — Bonneterie.*—M.................... III, 160
- Boclland. — Limes. — R. B..................................... H, 356
- Boully-Joly (Pierre-Florentin). — Ateliers de construction.
- — B....................................................... I, 153
- Boorabier (Jean). — Bonneterie. — M........................... III, 160
- Bourbon-Leblanc (Gabriel). — Emboutissage de cuivre et de ses
- alliages. — M.......................*............»........ Il, 277
- Bourdaloue. — Machines pour les chemins de fer. — O........... II, 79
- Bocrdeacx aîné. — Instruments, appareils de chirurgie. —A. ... III, 625
- Bourdin. — Horlogerie civile. — N. B.......................... II, 495
- Bourdon (Eugène)________Machines. — O............................. II, 60
- Bourg. — Appareils de toilette. — R. B...................... II, 187
- Bourgery (Mme v’Thibert-). — Modèles anatomiques. — A.... III, 545
- Bourgery (Mme). — Fleurs et fruits en cire. — M. O............ III, 657
- Bourgogne. — Préparations microscopiques— A................... II, 521
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- --- LXXXIX
- Bourlier. — Moteurs et machines hydrauliques. — V. Chevae-
- lier.— M................,,................................ II, 7
- Bournisien (Michel), — Ateliers de construction. — M......... I, 165
- Boürriot. — Appareils culinaires. — C........................ II, 816,
- Bourru.— Cartes à jouer. — Voyez Martineau. — C.............. III, 828
- Boursier. — Dorure. —C....................................... III, 401
- Bouscasse père. — Ateliers de construction. — B.............. I, 174
- Bousquet. — Soie. — Voyez Mourgue.— B........................ I, 107
- Bousseroux. — Fourneaux de cuisine. — B. M................... II, 813
- Boutard. — Châles de Paris. — Voyez Vignon et C10. — A.... III, 102
- Bouteilles frères. — Châles de Paris. — C.................... III, 105
- Boutevillain (Louis-Félix).— Grande chaudronnerie.— A...* II, 116 Bouthors. — Articles de Saint-Quentin. — Voyez Dereins. —M. III, 229
- Bouton. — Tissus imperméables. — N. C........................ II, 703
- Boütton-Lévêque. — Grande culture. — M.......................... I, 44
- Boutung. — Ebénisterie. •— R. B............................ III, 411
- Bouxwiller (Compagnie de).— Colle. — M. O.................... II, 690
- Bouxwiller (Le comice agricole de). — Élevage de bestiaux.
- — C....................................................... I, 72
- Bouxwiller (Mines de). — Produits chimiques. — R. O.......... II, 705
- Boüzoud. — Soie. — Voyez Buissard. — C.......................... I, 111
- Boyer. — Grande culture. — A................................. 1, 34
- Boyer. — Horlogerie civile. — B.............................. II, 497
- Boyer aîné. — Draperie moyenne et commune. — Voyez Lacour
- frères. — B............................................... III, 52
- Boyer frères. — Draperie moyenne et commune. — R. B.......... III, 50
- Boyer (Victor-Placide). — Bronzes d’art. — R. B............ III, 357
- Boyveau-Pelletier et C**. — Produits chimiques. — R. B...... II, 725
- Bozonnet. — Châles de Paris. — Voyez Monfalcon. — A.......... III, 107
- Braconnier. — Bonneterie. — B................................ III, 157
- Braem.— Grande culture. — C..................................... I, 51
- Brag frères. — Sommiers élastiques et matelas. — M.O.......... III, 855
- Bramet.— Typographie. — M..................................... III, 575
- Branger (Sébastien). — Ateliers de construction. — B............ I, 150
- Braquehays. — Chaussures en cuir. — C.............^.......... III, 671
- Braquenié. — Tapis. — Voyez Demy-Doisneau. —N. B.............. III, 282
- Braun. — Dessinspourjaconas. — B............................. III, 560
- Braüx d’Anglure et C“. — Extraction du zinc brut. — B........ II, 283
- Bray frères. — Meubles en jer. — C............................. II, 410
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- BrÉaütÉ (Eugène). — Encadrements en caries repoussées, etc, —
- B.......................................................... III, 821
- Brèdif frères. — Chaussures en cuir. — M............... ..... III, 669
- BrÈs fils. — Châles de Nîmes. <— Voyez Aüdemard. — B. .... . III, 111
- Bresson. — Cotons retors. — N. A............................. III, 192
- Breton.— Instruments.— R. B.................................. II, 608
- Breton (Bernard). — Elevage de bestiaux.— M..................- I, 75
- Breton frères. — Instruments de physique et d’optique. — N. B... II, 524
- Breton frères. — Papiers. — A.........•....................... III, 587
- Breton (Mme Ve), femme Faucheux. —Biberons. — R. B........... III, 642
- Brewer. — Toiles et tissus métalliques. — Voyez Russier et
- Trousset.— B................................................ II, 415
- Briand. — Armes à feu. — C.................................... II, 636
- Briard (H). — Fleurs artificielles. —• C...................... III, 654
- Bricard. — Meubles, lits. — C................................». III, 859
- Bricard. — Serrurerie de précision. Voyez Gauthier. N. A. II, 213 Brice. — Racine de garance. — Voyez Calmetz et Mistral. — B. 1, 307
- Brice (Louis-Victor). — Grande culture. — O..................... I, 21
- Brichard aîné. — Machines pour la préparation des produits agricoles. — B. ..................................................... I, 190
- Brichard (Hippolyte). — Passementerie. — M...................III, 171
- Briche-Vanbavinchove. — Draperie moyenne et commune. —R. B. III, 50 Brie (Mmo). — Chapeaux de femme. — Voyez Jkofrin (Mme). —
- R. M...................................................... III, 713
- BriAre. — Produits chimiques. — B...............»............ II, 727
- BriÈs-BrulA. — Serrurerie de précision. — G................... II, 225
- Briet. —Appareil pour la fabrication des eaux gazeuses. — R. B. II, 824
- Brifaut. —M................................................. III, 840
- Brillier. — Grande culture. — A................................. I, 33
- Brîoude-Sans-Refüs. — Tissus imperméables.—R. M................ Il, 702
- Brin-Lalaux. — Articles de Saint-Quentin. — B. ............... III, 228
- Brisbart (Victor-Réné). •—Horloge civile. —B.................. II, 496
- Brisou fils aîné. — Cuirs et peaux. —N. A...........i........III, 597
- Brisou fils aîné ( P. ). — Fonte brute et moulée. — B.......... II, 334
- Brisseau. —- Plaqué, t— M....................................III, 333
- Brisse (Léon). -—Mobilier agricole. — C......................... I, 214
- Brisset père.— Machine à rogner le papier. — R. B............. II, 177
- Brisset fils. — Presses lithographiques.— B.................. II, 178
- Brisson frères. — Peluches de soie pour chapeaux d'homme.—N. A. III, 134
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- — XCI --------
- Britz.— Tours. — R. B................................ II, 121
- Brocard. — Ustensiles à mouler les bougies. — G., . ....... Il, 771
- Brocot (Achille).—Horlogerie civile.’—B..................... II, 498'
- Brochon (André).— Fonte douce moulée. — M................... Il, 335
- Broeck. — Orfèvrerie. — B....................................... III, 574
- Bronski (Le major). — Soie. — O.............................; I, 101
- Brontin. — Serrurerie. — B.................... ............. II, 833
- Broquette-Gonin.— Teinture sur étoffes.—O................... II, 829
- Brossier. — Produits chimiques. — Voyez Drouin. — B......... II, 726
- Bru ( Joseph). — Élevage de bestiaux. — M................... I, 87
- Bruguière (Adolphe). — Soies ouvrées. — R. A................III', 114
- Brun. — Armes à feu. — B.................................... II, 632
- Brun frères, fils.— Articles de Tarare. —Voyez Denoyel. —B. III, 228
- Bruneaü.— Orfèvrerie. — Voyez Peeeerin.—B..................... III, 326
- Bruneau fils. — Fils de laine peignés. — Voyez Bruneaü (Jean-
- Louis).'— M. O........................................... III, 15
- Bruneau (Jean-Louis). — Fils de laine peignés. — Voyez Bruneaü
- fils.—M.0............................................... III, 15
- .Brüneaüx aîné. — Machines de filature. (Laine peignée.) — Voyez
- Bruneaux fils.—N. A...................................... II, 128
- Brüneaüx fils. — Machines de filature. (Laine peignée.) — Voyez
- Bruneaux aîné. — N. A.................................... II, 128
- Brunette. — Moulins et pièces détachées. — C................ II, 11
- Brunier. — Dessins pour étoffes. — C........................ III, 563
- Brunner. — Instruments d’astronomie. — R. O................. II, 552
- Bruno (Louis). — Exploitation de marbres. — M................ II, 436
- Bruyère aîné. — Fleurs et fruits en cire. — C............... III, 657
- Bry. — Lithographie.-—N. B.................................. III, 507
- Bûcher (Mme). — Tapisserie. — B.............................. III, 285
- Büchet et Cia. — Cuirs repoussés, cuirs forés, courroies. — M. . . III, 617
- Buchon (L’ahhé). — Grande culture. — C...................... I, 49
- Budin. — Cuirs et peaux. — N. A............................. III, 597
- Budy. — Étamage.— R. A....................................... Il, 285
- Büpfaült. — Couvertures. — Voyez Truchon. — R. A............ III, 57
- Buffet jeune.—Instruments en bois. — A.................,.... Il, 606
- Buffet-Crampon. — Instruments. — R. B....................... II, 608
- Buffet-Perrin oncle et neveu. — Tissus de laine légers. — N. A. III, 63
- Buignier. — Gravure de matrice. — R. A...................... III, 480
- Buissard. — Soie. — C. Voyez Boüzoud........................ I, 111
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- --- XCII -----
- Boisson. —Soie. — A. — Voyez Robert (Eugène) et Ciiampa-
- nhet (Charles).......................................... I, 103
- Bullier (Mme). — Brosses et pinceaux. — C................... III, 554
- Bult (Jean-Guillaume). -— Machines diverses. — C............... II, 248
- Bultingaire (Jean). — Cuirs et peaux. — C................... III, 609
- Bunten. —Instruments de physique. •— R. A................... II, 519
- Burat. — Cornets acoustiques, bandages. -—B............... III, 632
- Bürdallet.—? Cuirs et peaux. — Voyez Loüet. — B............. III, 603
- Bureau (Jean-Prosper). — Bijouterie. — R. B................. III, 461
- Burel (Pierre). — Grande culture. — A.......................... I, 31
- Burel etCÎ0. —Fouets. — Voyez Lambert. — C.................. III, 745
- Buron.—Instruments de physique et d’optique. — R. O........... Il, 516
- Bussard. — Horlogerie de haute précision. — M............... II, 491
- BussiÊre jeune. — Tapis. — A................................. III, 281
- Buthod. — Orgues à manivelles. — Voyez Husson. — A.......... II, 618
- Butruille (Nicolas-Marie-Joseph). — Lin et chanvre. —M.... III, 246 Buïer (De). — Fabrication de fer. — R. O..................... II, 309
- C
- Cabanillas (Mm“ \°). — Bois de l’Algérie. — B............... I, 343
- Cabanis. — Fleurs artificielles. — Voyez Louvel. —M......... III, 655
- Cabri. —Soie. —Voyez Roux frères. — B.......................... I, 107
- Cadou (E. F.). — Clouterie.—M............................... II, 366
- Cagniard.— Dessin pour broderies.—B......................... III, 561
- Cahouet. — Ustensiles pour le moulage des bougies, cierges, etc. —
- B....................................................... II, 768
- Cail. ~ Machines pour chemins de fer. — Voyez Derosne (Ch.)
- — R. O.................................................... II, 71
- Cail (Jacques).— Machines diverses. — A....................... II, 253
- Caillaüx (Mm6).— Corsets. — M................................ III, 724
- Caillet frères. — Grosse quincaillerie. — M................... II, 364
- Caillet-Franqueville. — Tissus de laine légers. —- R. A........ III, 64
- Cailly (Casimir). — Essieux et boîtes de roues.,— M........... Il, 204
- Calard (François). —Machines pour la préparation des produits
- agricoles.— $............:.............................. I, 191
- Calenge.—Élevage de bestiaux. — O.............................. I, 56
- Calippe. — Tissus. — M............................,......... III, 306
- Calla.— Grande chaudronnerie.—R. O.......................... II, 110
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-
- XCIII
- Callaud. — Moulins et pièces détachées. — B................... II, 10
- Callerot. — Chaussures en cuir. — M........................... III, 669
- Calmetz. — Racine de garance. —Voyez Brice et Mistral.-— B. I, 307
- Calteacx. — Brosses et pinceaux. — M............................. III, 553
- Camaret. — Sculptures en carton-pierre. —M.................... III, 372
- Cambon jeune. — Ganterie de tissus. — Voyez Léonard. — C.. III, 775
- Cambray (A. N.). —Ateliers de construction. — O............... I, 135
- Camelin. — Culture. — B. ..................................... I, 287
- Camichel. — Fabrication et raffinage du sucre. — R. M......... II, 752
- Camion-Pierron (B. ). — Quincaillerie. —M..................... Il, 397
- Campion. — Produits chimiques. — Voyez Thérodlde. — M.. . II, 732
- Camus (Ernest). — Ouvrages en cheveux. —C..................... III, 691
- Cames (Pierre-Nicolas-Eusèbe).— Ateliers de construction, — C. I, 170 Canchy. — Mouvements de pendules et de montres. — Voyez De-
- lépine (Boromé). — À....................................... II, 508
- Candlot (Pierre-Louis). — Ouates. — B.......................... III, 230
- Canneaux père et fils. — Machines et appareils vinicoles. — C.. . 1, 208
- Cannet. — Machines à vapeur. — Voyez Cornozière. — M.......... II, 70
- Canson frères.— Papiers. — R. O................................ III, 579
- Canson (Etienne de). — Moteurs et machines hydrauliques. —B. II, 6
- Gantier (Ve). >— Tissus imperméables. — Voyez Naves. — C.... II, 704
- Carabin. — Laines peiqnées. — Voyez Billiet et HüOT. —
- H. C ....................................................... III, 6
- Caradeüc. — Grande culture. — C.................,............. I, 48
- Carcenac. — Draperie moyenne et commune. — B................... III, 53
- Cardaillac. — Papiers. —- Voyez Paul. —B...................... III, 591
- Careau. — Appareils d’éclairage. — R. A......................... Il, 644
- Carette (Pierre-Paul)1.—Bonneterie.—M.......................... III, 159
- Carillon. — Machines diverses. — O............................ II, 227
- CarjAT. — Dessins pour étoffes. — C............................ III, 563
- Carle (André-Théophile). — Bronzes d'art. — M.................. III, 348
- Carles. — Lithographie. — M................................... III, 508
- Carliez. — Rouleaux pour toiles peintes. — B.................. III, 515
- Carlos-Florin. — Laines peignées. — R. A....................... III, 9
- Carnet. — Dessins pour broderies. — M......................... III, 562
- Carnet-Saucier. — Conserves alimentaires. — M................. II, 666
- Caron. — Machines diverses. — B............................... ... II, 254
- Caron. — Appareil extracteur pour le sucre. — M. O............ II, 753
- Caron. — Armes àfeu. — M...................................... Il, 636
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- Caron (Pierre-Joseph). — Machines à extraire l’eau des étoffes.—
- A.......................................................... II, 131
- Carpentier.— Fers élaborés. — R. O............................. IT, 322
- Carpentier (Louis-François). — Mannequins.—B.................. III, 549
- Carquillat. — Tissas de soie. — A............................. III, 127
- Carré (Alfred). — Tapisseries.— C............................ III, 287
- Carrière. — Orfèvrerie. — M.......................'........... III, 575
- Carrière (Ferdinand). — Soie. —R. A... ......................... I, 102
- Carrier-Roüge.— Bronzes d’art.— G............................. III, 363
- Carriol-Baron. Fils peignés. — B................................. III, 11
- Cartau. — Filets. — Articles de pêche. — Voyez Estublié. — C. III, 849
- Cartier fils. — Produits chimiques. — R. A. .................. II, 718
- Carton (L. C.). — Coutellerie.— C.............................. II, 374
- Carville et Cie. — Terres cuites. —A........................... II, 840
- Casse (Jean). — Linge de table. —B............................ III, 254
- Casse-Lhüillier.—Broderies..—M................................ III, 297
- Catillon (Augustin-Philibert). — Passementerie pour nouveauté.
- — C.......................................................... III, 172
- Cattier. — Lithographie. >— R. A.............................. III, 507
- Caussin. — Tapis. — Voyez Devieilhe. — B..................... III, 282
- Cayailré-Coll père et fils. — Instruments. — N. O............. II, 612
- Cavé (Pierre-Nicolas). — Tissus. — B........................ III, 306
- Cavy jeune et C10. — Confection. — R. B....................... III, 728
- Cazal. — Parapluies. — R. B................................... III, 739
- Cazanave.— Ateliers de construction. — M........................ I, 166
- Cazadx. — Exploitation de marbres. — Voyez FabrÈge. — O... II, 431
- Cazenave. — Coutils de fl. — M.............................. III, 260
- Célïs (Pierre-Théodore). — Brunissoirs et pierres àpblir.—N. B. Il, 468
- Cels frères. — Horticulture et fleurs. — A.................... 1, 250
- Cerbelaod. — Calorifères. — A................................. II, 818
- Cercedii.. — Teinture. — A.. . .............................. II, 786
- Cuabaed (Auguste).—Etoffes imprimées. — R. A.................. III, 269
- C.habre , dit LèglAir. — Appareils de sauvetage. — M........... II, .226
- Ciiabrié fils aîné. —- Appareils d’éclairage. — R. A.......... II, 644
- Ciiagot.— Substances minérales combustibles. — Voyez Perret,
- Morin et C1”.— B........................................... 11,423
- Chagot aîné. — Outillage desfeurs artificielles. — A.......... III, 652
- Cuagot (Auguste). — Extraction du zinc brut. — M............... Il, 284
- Ciiagot (François-Louis). -- Fleurs artificielles. — M........ III, 655
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- — xcv ------
- Chaleyer. — Faux etfaucilies4 — Voyez Granjûn. — B......... Il, 359
- Chaleyer. — Grande chaudronnerie. — B........................ II, 121
- Chalier-Tartas. — Lampes. — M.............................. II, 650
- Chaloppin. — Machine à loucher les bouteilles. — C........... II, 829
- Chamard. — Pompes à incendie. — M....................... II, 58
- Chambellan. — Jouets d’enfants. — M......................... III, 789
- Chambellan (G.) et C10. —Châles de Paris.— R. A............ III, 101
- Châmbon (Casimir). — Soie.— O................................. I, 100
- Chambon (Frédéric). — Étoffes imprimées. —B................ III, 273
- Chameroy et Cie. — Tuyaux en Tôle plombée et bitumée. — O. . . II, 417
- Chamouillet. —i Miroiterie. — C............................ III, 453
- . Ciiampanhet (Charles). — Soie. — Voyez Buisson et Eugène
- Robert. — A............................................-.. I, 103
- Ciiampanhet-Sargeas (Jules). — Soie. — A...................... I, 104
- Champeaux. — Ouvrages en cheveux. — C....................... III, 692
- Champion aîné. — Comble en fer, pont en fonte. —B.......... II, 105
- Champion (Louis). — Châles de Paris. —M. O.............. III, 106
- Champonnière. — Sabots. —1 Voyez Louvel (Charles.) — M.... III, 682
- Chanal. — Ganterie de tissus. — C.......................... III, 774
- Chanel. — Châles de Paris. — Voyez Geoffroy. — C............ III, 105
- Chànot.— Basses et violons. — R. A.......................... Il, 588
- Chansay.—Appareils de vidange.—M............................. Il, 185
- Chanson (M1U). — Métier à broder. — N. B.....“............. III, 564
- Chantrai-Remy. — Appareils de gymnastique. — C.............. III, 852
- Ciianu. — Tissus de soie. — Voyez Savoye et Pavier. — N. A.. . III, 125
- Chapelle-Maillard. >— Couleurs vilrifiables. — N. M.......... II, 873
- Chappez. — Machines à imprimer sur étoffes. — A.............. II, 160
- Chapplain (Pierre-François). —Machines à peigner la laine.—
- M...................................................... II, 142
- ChappüY. — Verrerie. — M................................... II, §91
- Chapuis (Veuve et fils). — Colles fortes. — M.............. II, 689
- Chaput (Joseph). — Coutellerie. — Voyez Guérin jeune. — M.. II, 373
- Charageat. — Parapluies. — M............................... III, 741
- Charbonné (Justin). — Coutellerie. — C..................... II, 375
- Charbonnier. — Espagnolette à pêne.—C...................... II, 406
- Charbonnier. — Fermeture de portes et fenêtres. — B........ Il, 404
- Charbonnier. — Clysoirs. — M............................... III, 644
- ChardhI. — Moulage. •— M.. ........................ III, 379
- Chardon. — Etoffes imprimées. — Voyez D au dût aîné. — R. A.. III, 269
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- — XCVI -----
- Chardon. — Impressions en taille douce. — B4.............. III, 501
- Charité (Atelier de).—Dentelles.—B........................ III, 296
- Charles. — Instruments de géométrie. — B...............* . . II, 559
- Charlier. — Élevage de bestiaux. — B........................ I, 70
- Charlot.— Émaillage sur métaux. — M.......................... II, 878
- Crarmarty. — Tabacs. — B.................................. I, 292
- Charmois (Pierre et Christophe ). —Ébénisterie d’art. —R. A.. III, 410
- Charnod (Pierre-Marie-François). — Bronzes d’art. — B ...... III, 348
- Charon et C1". — Fonte moulée. — M.. .. ..................... Il, 336
- Charpentier (Nicolas-Germain). — Bronzes d’art. — A..........III, 355
- Charpin. — Machines à vapeur. — M.......................... II, 69
- CharriÈre. — Instruments, appareils de chirurgie. — N. O..III, 621
- CharriÈre. — Fabrication de fer. — N. A...................... II, 313
- Chartier. — Verrerie. — M............. ................... Il, 890
- Chartron père et fils. —Soie. — R. O........................ I, 99
- Charvet (Henri). — Tissus de laine de Lille. — N. A........ III, 73
- Chassaigne.— Tapis. — A......................................III, 280
- Chastellox (De) père et fils. — Toiles à bâches. — B........ III, 264
- Chatain fils aîné.—Rouenncrie.—R. A......................... III, 207
- CiiÂteaüneuf (André). — Grosse quincaillerie et fontes affinées.
- — Voyez Aobry (Jean). — B................................ II, 363
- Châteaux. — Ruches à miel. — B.............................. I, 117
- Châtelain. — Élevage de'bestiaux. — A......................... I, 81
- Ciiatenay. — Pépinières. — C.................................. I, 268
- Ciiauchefoin. — Orfèvrerie.—C............................... III, 575
- Chaudron-Berland.—Fouets. — C............................... III, 745
- Ciiaudun.— Cartouches. — A................................... II, 638
- Chauffriat (C.). — Grosse quincaillerie. — N. B.............. II, 363
- Chaulin. —- Encriers. — M................................. III, 840
- Chausiet (Édouard). — Blanchiment du riz. — M............... II, 666
- Chaussenot (Jacques-Bernard). — Calorifères à air chaud. — O. II, 800
- Chauvet, (J. B.). — Lin et chanvre. — B..................... III, 245
- Chauvel. — Chapellerie. — M................................. III, 701
- Chauviere (Pierre-Alexandre). — Horticulture et fleurs. — A.. I, 252
- Ciiauvreulx. — Draperie fine de Sedan. — Voyez Chefdrue et
- fils.—R. O............................................... III, 31
- Chavane (Mm<l Annette). — Aciers. •— R. A. — Voyez Falatieu
- (J. J.)................................................ II, 349
- Chavannes. — Fabrication dm fer. — Voyez Falatieu. — R. O.. II, 310
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- XCVII
- Ciiavenois. — Cristallerie. — C.............................. Il, 891
- ChaventrÉ (Michel).—Poterie d’étain. — B..................... II, 286
- Chavineau. — Mouvements de pendules et de montres. — B....... II, 511
- Chaînés (François).— Pépinières. — C......................... I, 268
- Chefdrue et fils. — Draperie fine d'Elbeufi. — Voyez Chauvraulx:
- — R. O.................................................... III, 31
- CiiÉguillaüme et C18. — Draperie moyenne et commune. — R. A.. III, 46
- Chéltfoub. — Tissus. — B..................................... III, 306
- Chemaillé aîné. — Machines pour les chemins de fer. — B...... II, 86
- ChemelÆT. — Coutellerie. — R. M.............»................ II, 372
- Chemin. — Appareils pour peser, et grandes balances pour le commerce. — C................................................... II, 540
- Chenneviere (Théodore). — Draperie fine d’Elbeufi. — R. O. . . III, 31
- Chenot (A.). —Fers élaborés.—A.............................. II, 326
- Chéradame (M1Ie Pauline). — Eventails et écrans à main. — C.. . III, 398
- Chéret. — Machines diverses. •— N. B......................... II, 237
- Chérot frères. — Lin et chanvre. — R. A..................... III, 242
- ChÉrot frères. — Toiles à voiles. — M. O.................... III, 263
- Chérot (Jacques-Jean-Edouard). — Toiles pour peintres. — N. M. III, 551
- Cherrier (Mme). — Tissus. — B................................ III, 306
- Chesnaye. — Grande culture. — B. ........................... I, 35
- Chesneau. — Appareils de vidange. — Voyez Bélicard. — B.... II, 185 Chesnon et Ci0. — Draperie fine de Sedan. — Voyez Bertèche. —
- R. O..................................................... III, 25
- Chevalier. — Produits chimiques. — C........................ II, 782
- Chevalier. — Produits chimiques.— C......................... II , 834
- Chevalier (Charles). — Instruments de physique et d’optique. —
- R. O........................................................ II, 516
- Chevalier (Louis-Victor). — Baromètres à cadran et instruments
- de verre. — R. M.......................................... II, 528
- Chevalier (Victor). — Appareils culinaires. — B.............. II, 813
- Chevalier et fils. — Ressorts de montres. — C................. II, 529
- Chevalier-Cürt aîné. — Fourneaux de cuisine. — R. B.......... II, 812
- Chevallier. — Papiers peints. — M............................ III, 528
- Chevallier. — Moteurs et machines hydrauliques. — Voyez
- Bohrlier. — M.............................................. II, 7
- Chevet. — Comestibles. — A..................................... II, 660
- Cheville. — Brosserie. — M..................**............... III, 759
- Chevillot (Jean-Baptiste-Auguste). — Ressorts de voitures. — C. II, 207-
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- — XCVIII -------
- Chicoineau. — Cuirs et peaux. — B............................ III, 603
- Ciiinard (Charles) fils. — Châles de Paris. — R. B........... III, 104
- Chiquet (Constantin). — Tabletterie. —M...................... III, 422
- Chirat. — Laines. — Voyez Jonquier. — B...................... I, 328
- Chocqueel. — Tapis. — Voyez Réquillart et Roussel. — O.. III, 280
- Chocqueel (Félix). — Etoffes imprimées. — B.................. III, 273
- Giiocqueel (Louis) etCie. — Etoffes imprimées. — A........ III, 270
- Chonneaux. — Couleurs. — C................................... II, 694
- Chrétien (Jacques). — Marbre et stuc factice. —C............. II, 447
- Ciirétin (Théodore).— Mosaïque.—A............................ III, 474
- Christ (F. J.). — Taillanderie. — M............................. Il, 398
- Christofle et Cie. — Dorure et argenture. — N. O............. III, 338
- Chritin. — Pierres fines, agates, etc. — A................... III, 459
- Ciiuard. — Gazoscopes. — B................................... II, 527
- Chuffart. — Culture. -—A..................................... I, 285
- Chuffart. — Cocons. — M.O.................................... I, 325
- Cirey. — Glaces. — Voyez Quirin (Saint-) et Montiiermé. —
- R. O...................................................... 11,884
- Clair. — Publications et dessins industriels. — A............ II, 189
- Claro (Auguste). — Tissus de laine de Lille. — R. A..........III, 73
- Classen.— Porte-monnaie et portefeuilles. — M................ III, 766
- Claude. — Acides gras, bougies stéariques et chandelles. — Voyez
- Lienard et Lantillon. — R. M.............................. II, 769
- Claudé (Joseph). — Peignes. — R. M........................... III, 797
- Claudin. — Armes à feu. — B................................. II, 631
- Claüdin. — Fécules. — M...................................... II, 760
- Clauss. — Porcelaines. — R. M................................... II, 870
- Clavel. — Ébénisterie d’art. — R. A.......................... III, 410
- Claïe. — Savons. — Voyez Violet, etc. — B..................... II, 680
- Claye et Cie. — Typographie. — A............................. III, 497
- Clef. — Orfèvrerie.—C........................................ III, 575
- Cleff frères. — Mobilier agricole. — B......................... I, 210
- Clémençon (MmB). — Corsets. — M.............................. III, 723
- Clément. — Chapelets en corail, cristal, etc. — Voyez Filloz. —-
- M......................................................... III, 467
- Clément. — Machines servant aux mines. — A................... II, 101
- Clémentel.— Concrétions minérales. .......................... II, 471
- Clérambault. — Tissus de laine légers. — Voyez Lecomte. —
- • B....................................................... III, 65
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- --- XCIX ---
- Clerc. — Papiers peints. — Voyez Magnier et Margeridon. —
- B......................................................... III, 528
- Clerget. — Appareils pour la fabrication du sucre. — A......... II, 750
- Clerget (Cliarles-Ernest). — Dessins pour tapisseries. — A. . . . III, 556
- Clicquot. — Cliché et gravure sur bois. — N. B................. III, 513
- Cliton. — Presses typographiques. — Voyez Coisne. — B...... II, 172
- Cloux. — Instruments de mathématiques. —B....................... II, 557
- Cocu (Alexis). — Etoffes pour gilets. — R. M................... III, 91
- Codhant. — Grandes orgues. —B..................................... II, 617
- Coelland. — Engrais. — B......................................... I, 222
- Coesnon jeune. — Tissus de crin. — M........................... III, 13S
- Coeur. — Instruments. — M...................................... II, 609
- Cohin et Cie. — Fils de lin et de chanvre. — O................. III, 239
- Cohue fils,— Quincaillerie. — C................................ II, 399
- Coignet père et fils. — Colles fortes. — A..................... Il, 686
- Coignet (Henry). — Nouveautés pour robes, châles et écharpes.
- — B....................................................... III, 88
- Coisne. — Presses typographiques. — Voyez Cliton. — B..... II, 172
- Colas. — Grande culture. — B.. . . .............................. I, 41
- Colas (L. A.). — Fonte brute et moulée. — B................... II, 334
- CoLETTA (Claude-Marie). — Tabletterie. — R. B..'.................. III, 419
- Colin.—Mécanismes, horloges publiques.—Voyez Reydor frères.
- — B....................................................... 11,506
- Colin (Ph.). — Matières tinctoriales. — M...................... II, 779
- Colin (R. J.). — Exploitations des marbres et granits, etc.—
- N. A...................................................... 11,432
- Collard. — Tissus de crin. — Voyez Comte. — A.................. III, 146
- Collard. — Chaussons. — Voyez Belzacq. — N. B................. III, 686
- Collas. — Machines à graver les teintes.— R. A.................. II, 560
- Colleau. — Elevage de bestiaux. — M............................ I, 87
- Collecta. — Tabletterie. — R. B................................ III, 419
- Collas. — Bronzes d'art. — Voyez Barbedienne. — B.............. III, 359
- Collet.— Grande culture. — M..................................... I, 45
- Collette. — Cannes et cravaches. —- M.......................... III, 741
- Collignon (Théodore). — Mobilier agricole. — M.................... 1, 212
- Collin (Antoine) et C10. —Tissus de coton blancs et écrus. —
- N. B...................................................... III, 198
- - Collin et C18. — Rouennerie. —B.............................. III, 209
- Collot frères. >— Petites balances de commerce. — C............... II, 541
- G.
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- — c
- Colnet (De) et Cie. — Verrerie. — Voyez Van Leempoll. — B. II, 889
- Colombeau. — Instruments pour la récolte. — M.................. I, 182
- Colombi. —Instruments de mathématiques. —- C . . . ............. II, 558
- Colondre. — Châles de Nîmes. — Voyez Dücros. — R. A............ III, 109
- Colson. — Couleurs. — R. B..................................... II, 693
- Colville. — Couleurs vitrifiables. — N. A...................... II, 871
- Combes (Em.). — Coutellerie. — C............................... II, 375
- Comte. — Tissus de crin. — Voyez Collard. — A.................. III, 146
- Conil-Lacoste. — Clichés et gravure sur bois. — N. B........... III, 513
- Constant (François) père et fils. — Châles de Nîmes. — O..... III, 108
- Constant jeune. — Châles de Nîmes. — M......................... III, 113
- Constantin. — Caractères d'imprimerie.— R. M.........;......... III, 485
- Constantin (Michel).—Grande culture. — C......................... I, 50
- Contenot (Ve). — Comble enfer, pont en fonte. — B.................. II, 106
- Contzen (Michel-Alexandre). — Sculpture mécanique.— R. A.. . II, 441
- Coppin. —: Cotons. — Voyez Rozey. —C............................. I, 327
- Coquebert (Mœe ve). — Typographie. — B...............;......... III, 498
- Coquelin.— Bougies. — C........................................ II, 771
- Coquet (François-Alfred). —•Cuirs et peaux. — C............... III, 609
- Corbin. — Appareils herniaires et d'orthopédie. — M.. ......... III, 630
- Corbin (Edmond). — Couleurs vitrifiables. — M................... II, 874
- Cordebart. — Fourneaux de cuisine. — C.......................... II, 816
- Cordel. — Musique en topographie. — Voyez Tantenstein. —
- R. A.........................................................III, 481
- Cordier. — Étoffes imprimées. — Voyez Kaindler. — C.............. . III, 276
- Cordonnier (Ve). — Tissus de laine de Roubaix. — R. B.......... III, 80
- Corlieu (Armand-Victor). — Étamage d’étain. — B................. II, 285
- Cormouls. — Draperie moyenne et commune. — Voyez HoulÉs
- père et fils. — R. O........................................ III, 40
- Cornilleau aîné. — Toiles de lin et de chanvre.—B.............. III, 252
- Cornille-Vallée et Cie. — Savons.— B.......................... II, 680
- Cornillier aîné et Cie. — Viandes salées. — R. B................ II, 661
- Cornillon. — Porte-montres dorés et argentés. — B.............. III, 461
- Corniquel (Ch.-M.).— Cuirs et peaux. — R. M.................... III, 605
- CornoziÈre. — Machines à vapeur— Voyez Cannet. — M............. II, 70
- Correge (Antoine). — Machines pour la préparation des produits
- agricoles. — A................................................ I, 185
- Corrèze (Compagnie des ardoisières de la). — Ardoises. — M. • II, 464
- Cossu au. — Machines diverses. — N. B........................... II, 238
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- Cosson. — Billards. — B.................................... III, 436
- Cossonnet (Magdeleine-Alexis). — Arboriculture. — M............ I, 274
- Coste. <— Papiers. — Voyez Desgatz-Ricole. — M.............. III, 592
- Coste. — Instruments, — M.................................... II, 608
- Cotel. >t- Emballages. — B................................... III, 678
- Cotelle. — Moulage. — B...................................... III, 377
- Cotigny. — Machines diverses. — B............................ II, 243
- Cotxan et Cie. — Savons. — M................................. Il, 683
- Cottard. — Cuirs et peaux. — Voyez Louvet. — R. M............ III, 605
- Couder. — Dessins pour tapisserie. — R. O.................... III, 554
- Couderc. — Gazes pour bluteries.— Voyez Soucaret. — O.......III, 302
- Goudron. — Bijouterie. — M................................. III, 458
- Couleaux aîné et Cie- — Quincaillerie. — R. O................ II, 389
- Coulon (Antoine). — Escalier tournant. — M................... III ; 445
- Coupelon. —Fermeture de boutique. — C........................ II, 406
- Couppee de Lude. — Tabacs. — M....................».......... I, 293
- Couprie etCie. — Draperie fine d’Elbeuf. — A................. III, 35
- Courmont (Jean-Baptiste). — Cotons filés. — R. A............. III, 184
- Cournerie. — Produits chimiques. — O......................... II, 716
- Couronne. — Mosaïque. — B.................................... III, 475
- Court (Jean-Jacques). — Cuirs et peaux. — C...................... III, 609
- Court. —Horlogerie civile. — M... . ......................... Il, 501
- Coürtillet (Martial-Hippolyte). — Machines pour la préparation
- des produits agricoles. — C..............................- 1, 199
- Coürtin.— Tissus. — M........................................ III, 306
- Courtois. — Chaux et ciment. — Voyez Mortier. — B............... II, 458
- Courtois. — Cuirs vernis.— A................................. III, 612
- Courtois aîné. — Instruments de cuivre. — M.................. II, 603
- Courtois (Adrien).— Tuiles.-r- B............................. II, 840
- Courtois (Jean-Jacques).— Tuiles.— R. M...................... II, 841
- Courtois-Gérard. — Culture maraîchère. — B................... I, 242
- Courtey frères. — Draperie moyenne et comtpune. — Voyez
- Barré.— R. B............................................. III, 50
- Coutiel-Anoché.—Passementerie.—M.,........................... I, 342
- Courvoisier. — Tissas. — M................................... III, 306
- Coûtant. — Forges. — M....................................... II, 321
- Coûtant. — Sommiers élastiques. —• C....................... :. .. III, 857
- Courtepée-Dcchesnay.— Cuirs et peaux.— A..................... III, 599
- Coüturat. — Bonneterie. — Voyez Frérot. —B................... III, 156
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-
-
- -— en —
- Cogturier fils. — Mécaniques pour iiss'us brochés. — Voyez
- VlLLARD.-----B.............................................. Il, 152
- Cox (Edmond) et Cie. — Cotons filés.— R. O..................... III, 179
- Coyette. — Elevage de bestiaux. — M................ .. . ..... I, 70
- Cremer. — Meubles de fantaisie. — A.......................... III, 416
- Cremet. — Élevage de bestiaux. —A............................ I, 69
- Crépatte (Jean-Baptiste). — Marbrerie. — C......'............ Il, 440
- Crèpelle (Augustin-Baptiste). — Extraction de cuivre brut, laminage et martelage.— B........................................ II, 268
- Crespel père et fils. — Grande culture. — 0.................. 1, 15
- Cresson. — Sacs sans couture. — Voyez Beine (De). — N. B. . . III, 265
- Crète.— Typographie.—B......................................... III, 499
- Creton.— Tissus.-—B............................................ III, 306
- Croco (François).—Etoffes pour gilets. — N. A................ III, 90
- Croissant. — Ressorts de montres. — C........................ II, 529
- Croizat. — Ouvrages en cheveux. — B.......................... III, 689
- Croizat. — Tissus de soie. — Voyez Joly.— O................. III, 124
- Crombet. —Linge de table. — Voyez Wattier. — B............... III, 254
- Croquart. — Ouvrages en cheveux. — C......................... III, 692
- Croüsse (Antoine-Victor). — Outillage pourfleurs artificielles. —
- R. B...................................................... III, 651
- Croostch (F. F.). — Aciers élaborés. — B................. II, 360
- Croütelle neveu (Thomas). — Fil cardé. — R. O................ III, 12
- Crodtte et C10. — Horlogerie civile. — M..................... II, 501
- Croüx (Jean-Gabriel).—Arboriculture. — B....................... I, 274
- Croville. — Orfèvrerie. — C................................. III, 575
- Cruchet.— Sculpture en carton-pierre.—A...................... III, 369
- Crucifix (Eugène-Nicolas). — Chaussures en cuir. — C......... III, 672
- Cruet. — Poêles à deux fours. — M........................... II, 813
- Cuaz. — Ateliers de construction. -— O....................... I, 163
- Cüdrue. — Fermeture de fenêtres et persiennes. — M............ II, 405
- Cugnot. — Elevage de bestiaux. — B........................... 1, 86
- Cuillier. —Machines pour les chemins de fer. —- C............. II, 89
- Cunin-Gri daine père et fils. — Draperie fine de Sedan. — R. O. III, 25
- Cuny (Gérard). — Grande culture. — A........................... I, 32
- Curasson (Charles). — Tréfilage. — B.......................... IIt 274
- Curmer. — Specimens de clichés pour papiers peints. — B...... III, 515
- Curnier et C‘°. — Châles de Nîmes. — R. O.................... III, 108
- Curtkt. — Produits chimiques. — A........................... I, 299
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- — cm
- D
- Dachés. — Châles de Paris. — Voyez Doverger. — R.JB...... III, 103
- Dafriqüe. — Bijouterie et camées. — N. A...................... III, 455
- Dagneaü. — Brosses et pinceaux. — B........................... III, 552
- Dagrin.—Meubles defantaisie. — Voyez Jacqoet (Jacques).—M. III, 417
- Dailly.— Quincaillerie. — M................................... II, 397
- Darifol. — Fonte malléable. — Voyez Barré. — G................ II, 337
- Daliphard (Michel).— Tissus de coton imprimés. — Voyez Dessaint (Nicolas). — N. A...................................... III, 219
- Damainville. — Ruches à miel. — C............................... I, 117
- Dambreville. — Produits chimiques. — M......................... II, 734
- Damème. — Encre, cirage et vernis. — R. C..................... II, 743
- Dameron (Louis) — Carrosserie. — N. B. ........................ II, 195
- Damey (Alexis-Joseph).—Machines pour la préparation des produits
- agricoles. — B............................................. 1, 188
- Damoor. — Cuvettes hydrauliques. — M.......................... II, 108
- Dandoy-Mailliabd. — Quincaillerie. — Voyez Lucq et Cie. — A. II, 130
- Dandüran. — Appareil pour l’assèchement des constructions.— M. II, 829
- Danel.— Typographie et sléréotypie.—M......................... III, 500
- Dangd (Alexandre), — Ateliers de construction. — M.............. I, 169
- Danguy. — Machines à vapeur. — M.............................. II, 70
- Danloy (Mathieu). — Bijouterie d’acier. — N. B................ III, 465
- Dannet frères. — Draperie jine de Louviers. — R. O............ III, 23
- Dansac (Pierre). — Meules de moulin. — M....................... II, 455
- Danset. — Toiles de lin et de chanvre. — Voyez Scrive. — O.. III, 248
- Dantin. — Mécaniques pour tissus brochés. — M.. . ............... II, 156
- Daran. — Instruments, appareils de chirurgie. — B............. III, 626
- Darbo. — Biberons. — B... ...................................... • III, 642
- Darche. — Instruments de cuivre. — M......................... Il, 603
- Dardié (Mme ve). — Draperie moyenne et commune. — M.......... III, 54
- Dargent. — Grande culture. — O................................ I, 18
- Darroux (Charles-Louis). — Ardoises. — M...................... II, 465
- Darx (Georges). — Quincaillerie. —C. .......................... II, 399
- Dathis (Léon). — Tissus de laine de Roubaix. — B.............. III, 81
- Daobert. — Meubles à système. — Voyez Domarest. — B...... III, 415
- Daücher fils aîné. — Tapis. — A............................... III, 282
- Daüd (J. E.). — Billards. — M.......................... III, 438
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- DaudÉ. — Jouets d'enfants. — B............................. III, 788
- Daudet aîné. — Etoffes imprimées. — Voyez Chardon. — R. A.. III, 269
- Daudet-Qoerety. — Etoffes imprimées. — R. A................ III, 269
- Daudrieü. — Papiers peints. — M............................ III, 528
- Daudville (A.) et C“. — Articles de Saint-Quentin. — R. A. . . . III, 227
- Dauphin. — Moulures sur bois. — M.......................... III, 38^0
- Dauphinot-Baligot. — Etoffes pour gilets. — A.............. III, 90
- Dauphinot-Pérard. — Tissas de laine légers. — R. O......... III, 62
- Dauplex. — Machines diverses. — B.......................... II, 256
- Daurier. — Grande culture. — C............................. 1, 50
- Dausse. — Cafetière à flotteur, compteur et brûloir à café. — C. . . II, 775
- Dauteuille. — Formes. — C.................................. III, 689
- Dautremer et C10. — Lin et chanvre. — A..................... III, 243
- Dautry et Cie. —Machine doubleuse et bobineuse. —M........... II, 142
- Dauvesse. — Pépinières. —B.................................... I, 265
- Daveaux. — Tissas divers. <—Voyez Tirouflet.— B............. III, 211
- Davenne.—Moulins à plâtre. •—M............................... II, 108
- Davenne (D.). — Ateliers de construction. — C................. I, 179
- Davesnes. — Élevage de bestiaux. — M....................... 1, 7 j
- David (Alexandre). — Grande culture. — B...................... I, 36
- David (Lonis-François). — Fusion et,moulage de cuivre. •— C.. . II, 272
- David aîné. — Plomb. — A.................................... II, 278
- Davillier et Cie. — Tissus.— M. O............................ II, 792
- Daviixier (J.C.).Cotonsfilés.—M.O.......................... III, 189
- Davillier (Jean-Charles).— Tissus de coton blancs et ècrus. —O. III, 194
- DÉaddé.—Cuirs vernis. — B................................... III, 613
- Debacq. — Appareils de vidange. — M........................ II, 186
- Debain. — Grandes orgues. — A................................ . II, 615
- Debarle. — Marocains, cuirs hongrojés et mégissés. — M..... III, 6.16
- De Bassano (E.) etC10. —Substances minérales.—M.............. I, 297
- Debatiste (Pierre). — Machine à broyer le chocolat. —M..... II, 184
- Debausseaux. — Pompes à incendie. — R. B.................... II, 47
- De Bec. — Ateliers de construction.—B......................... I, 152
- De Béhague. — Élevage de bestiaux. —O....................... I, 72
- Debergue. — Papiers de fantaisie. — M. *.................... III, 815
- De Bergue. — Peignes à tisser. —'Voyez Desfrièches et GielOt
- tin. —R. A............................................... II, 129
- De Bergue frères et C'V— Cotons filés. — B.................. III, 187
- Debras (Joseph). — Châles de Paris. — R. A................. III, 101
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- — cv ------
- Debray (Constant). —> Vannerie. —M........................... III, 806
- Debrinay. — Machines diverses. — C............................ II, 250
- Debrye (Barthélemy). —^Aciers,— B............................. II. 353
- Debü père et fils. — Tissus de coton blancs et écrus. —: N. B.,. III, 199 Debuchy (Désirée Ve). — Tissus de laine Tourcoing. —R. A... . III, 74
- Debdchy (François). — Tissus de laine de Lille. — R. O........ III, 70
- De Cavaillon. — Produits chimiques. — B.................»... . II, 729
- Deciiany. — Crémones et serrurerie en bâtiments. —C............. . II, 406
- Decuarier. — Grande culture. — M.............................. I, 40
- Deck aîné.1— Ateliers de construction. — A..................... I, 142
- Decker. — Moteurs et machines hydrauliques. — Voyez Laurent. — A.................................................... II, 2
- DechAvane. :— Porte-montre, porte-monnaie, etc. M.............. III, 462
- Decoster (Charles). — Lin et chanvre. — M...................... III, 246
- Decoster (Pierre-André). — Grande chaudronnerie. — R. O. .. II, 111
- Decoudun (Mme v®) — Machines diverses. — A...................... II, 233
- Decourt (Théophile). — Bronzes pour éclairage. — N. M......... III, 366
- De Çourthille. — Grande culture. — C. ........................ I, 49
- Decoutrel. — Grande culture. — B.............................. I, 38
- Decrombecqüe. — Grande culture et sucre indigène. O.............. I, 16
- De Cudennec. — Élevage de bestiaux. -B........................ I, 75
- Dédé. — Vernis. — M........................................... II, 739
- Deffrennes - Duplouy. — Tissus de coton blancs et écrus. —
- B......................................................... III, 199
- Defjtte.—- Fabrication et rajjinage du sucre. —Voyez Dubreuie,
- Dervaux et Lefebvre. — A.................................... II, 751
- Défontaine et Ci9. — Fécules. — A............................... II, 758
- Defrenne (Paul). — Tissus de laine de Roubaix. — R. A......... III, 74
- De Gail. — Grande culture. — A................................... I, 36
- Degand. — Lingeries confectionnées. — M.. . . ................. III, 297
- DÉgardin (Vincent-Augustin-Marie). — Pierres à brunir. — B.. . II, 469
- DÉgarne (Charles). — Serrurerie de précision. — C. . . . ....... II, 222
- Degousée. — Industrie du sondage. — Voyez Laurent. — O..,. II, 97
- Deguzon. — Machines à tisser les chaussons de tresses. —; C... II, 145
- Dehaut. — Bouchage mécanique. —M............................ II, 827
- Deiss (Édouard). —Produits chimiques. — M........................ IR 733
- Dejean (Louis). — Châssis à tabatière en fer. —C.............. II, 412
- De Kersaint et Cie. — Fonte brute et moulée. — Voyez Guérin et C10. — A..................................................
- II, 332
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- De Kersegd (Louis). — Grande culture. — M.................. I, 44
- Dehaule.— Formes. — M. .......................................... III, 689
- Delabarre (Auguste-César). — Châssis en bois perfectionnés. — C. III, 445
- Delabrosse (Mme ve). — Articles de bureau. — C............ III, 839
- Delà cour. — Tissus de crin. — R. A............................. III, 137
- Delacour. — Grande culture. — M............................ 1, 42
- Delacoür (Louis-Félix). — Fourbisserie. —N. B................ II, 641
- Delacour (L. F.). — Fonte douce moulée. — M............... II, 335
- De Lacretaz.— Produits chimiques. —Voyez Fourcade.—N. A. II, 717
- Delacroix. — Coutellerie. —R. M........................... II, 372
- Delacroix (Martin). — Toiles cirées. — B.................. III, -619
- Delacroix-Duvoisin. — Machines et appareils vinicoles. — M. —
- Voyez Martin-Perray..................................... I, 207
- Delaëre (M. et Mm° Louis). — Fleurs arlifcielles. — A..... III, 648
- Delafontaine (Auguste-Maximilien). — Bronzes d’art. — A. . . . III, 354
- Delaforge. — Soufflets de forge et forges portatives. — N. B. . . . II, 375
- Delage père et fris. — Draperie. — C......................... III, 54
- Delage-Montignac. — Filets, articles de pêche. — B........ III, 847
- Delaïiaye (Denis). — Outils. — VÎ......................... II, 380
- Delaiiaye (Louis). — Pépinières. — Voyez Barillet (Mme) et
- Messire.— C............................................. I, 266
- DelahübaudiÈre (S. et A.). — Fabricant de grès. — Voyez Par-
- quier frères. — M...........................»............ II, 853
- Delaire (Pierre). — Ateliers de construction. —B........... I, 168
- Delajoux (Joseph-Antoine). — Grande culture. — A........... I, 27
- Delalande. — Draperie fine d’Elbeuf. — Voyez Blanqüet. — B. III, 36
- Delamare. — Grande culture. — M............................ 1, 47
- Delamarre. — Teinture. — A................................ II, 785
- Delamarre-Deboutteville — Cotons filés. — O............... III, 183
- Delame. — Batistes et linons. — Voyez Lelièvre. — B....... III, 259
- Delamorinière. — Étoffes imprimées. — Voyez Gonin et Michelet.— A............................................... III, 270
- De Lancosme-Brèves, — Engrais. — Voyez Duguen. — O. . .. I, 218
- . Deland. — Typographie. — M................................ III, 575
- Delaroche aîné.— Cheminées. — M. B........................ II, 808
- Delaroche jeune père et fils. — Cheminées. — M. B......... II, 808
- De la Rochelambert et Cle. — Substances minérales combustibles. — B.............................................. II, 423
- Delarue. —- Ateliers de construction. —Voyez Guéret. — M.. I, 169
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- Delarue ( A. ). — Draperie fine d'Eïbeuf. — IL A.......... lit, 34
- De la Ruelle. — Crayons. — Voyez Le Danseur. — B............ II, 474
- Délassés (Louis). — Grande culture. — B....................... I, 40
- De Lattaignant de Ledinghem.—Plantes agricoles.*—M.... I, 239 Delattre (Henri) et fils. — Tissus de laine de Roubaix. — R. O. III, 70
- Delattre (Jean-François) et Cie. — Rouennerie. —B.............. III, 209
- Delaunay. — Chandelles et bougies stéariques. — Voyez Leroy
- (Charles).— R. M......................................... 11,769
- Delaünay et Cie. —Produits chimiques. — N. B.................... Il, 724
- Delavigne. — Cotons filés. — B............................. III, 188
- De la Ville-Larmois.— Grande culture. — C........................ I, 49
- De la Ville-Leroux.— Elevage de bestiaux. — B.................... I, 82
- De la Ville-Lerodx. — Grande culture. — C........................ I, 49
- Del bru ce (Jules).— Pouponnières et bercélonnettes. — B.... III, 861
- Delbut père et Cu. — Cuirs et peaux. — R. O.................... III, 594
- Delcambre. — Machine à composer et distribuer. — R. A. . Il, 168
- Delcros. — Coutellerie. — C..................................... II, 374
- Delègue et C‘e.—Fils de laine.—M............................... III, 17
- Delemazüre-Dethon.— Tissus de laine de Roubaix. —M.. . . III, 83
- De Lentilhac. —Ateliers'de construction. — R. A.................. I, 139
- Delépine ( Boromé ). — Horlogerie de haute précision. — R. A.. II, 486
- Delépine (Boromé). — Mouvements de pendules et de montres. —
- « Voyez Cauchy. — A......................................... Il. 508
- Delespaül ( Alexandre ) et Cîe. — Tissus de laine de Roubaix. —
- A......................................................... III, 78
- Deleuil. — Instruments de physique et de chimie. — O........ Il, 518
- Delfosse frères. — Tissus de laine de Roubaix. — A............. III, 77
- Delicourt. —Papiers peints. — R. O............................. III, 526
- De Lignag (Martin). — Conservation du lait. — A................. II, 657
- Delïnotte.— Fermeture de fenêtres et persicnnes. •— M. . . . > . Il, 405
- Delon (Eugène). — Ateliers de construction. — M.................. I, 177
- Delondre. — Produits chimiques. — Voyez Berthemot et C1C.—
- *B............................................................. II, 725
- Delphis-ChenneviÈre. — Draperie fine de Louviers. — R. O. III, 24
- Delpy. — Plantes agricoles.— C................................... ï, 240
- Delurtier. — Dessins pour broderies. — B.................. III, 561
- Delvigne. — Arquebuserie. — R. O........................ ... II, 622
- Delvigne-Duroisel. — Elevage de bestiaux. — C............... 1, 92
- Demallk, — Plomb. — Voyez Dufour. <— B.......................... II, 279
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- DeMarcieu. — Forges, — C.................................... II, 322
- Demarson-Chételat. — Savons. — R. B......................... II, 679
- De Mecflet. — Grande culture. — A.. «....................... I, 26
- De Mérédieü-Eymery. — Soie. — C............................... I, 111
- Demesmay. —Grande culture et sucre indigène. — O............ I, 13
- DemestÈre-Delannoy. — Toiles de lin et de chanvre. — B..... III, 251
- De Milly. — Bougies stéariques. — R. O...................... II, 763
- Demy-Doisneau. — Tapis. — Voyez Braquenié. — N. B........... III, 282
- Deneiroüsse. — Châles de Paris. — Voyez Boisglavy et C18.
- — O....................................*............. III, 99
- Deneüx-Michaut (Louis-François).—Linge de table. — M........ III, 255
- D’Enfert frères. — Colles fortes. — B.......................• II, 688
- DeniÈre fils (Jean-François). — Bronzes d’art. — O..........III, 349
- Denis aîné. — Étoffes indéplissables pour lingerie. — Voyez Horem
- (P.) et Tiioré (Mm° Vor) jeune. — M...................... III, 201
- Denis frères. — Grande culture. — M......................... 1, 45
- Dennebecq. — Tapis. — M.................................... III, 283
- Denniée. — Machines à vapeur. — M........................... II, 70
- Denosse-Brünet. — Couvertures. — C.......................... III, 62
- Denoyel. — Articles de Tarare. — Voyez Brun frères, fils.
- ~ B...................................................... III, 228
- De Ploesqüellec. — Élevage de bestiaux. — B................. 1, 69
- De Pompery. — Grande culture. — A............................. I, 25
- De Pompery.—Grande culture. — A............................... I, 30
- Deqooy (J.) et Cio. — Lin et chanvre. — B................. III, 245
- Da Raincoürt (Mme). — Fourneaux de cuisine. — B.............. II, 813
- Deratte. — Tissus. — B..........v........................... III, 306
- Dergelles (Julien). — Grande chaudronnerie. — A.............. II, 116
- Dereins. —Articles de Saint-Quentin. — Voyez Bodthors. — M. III, 229
- Dérorand et C18. — Limes. — R. B............................. II, 355
- Derosne (Ch.). — Machines pour chemins de fer. — Voyez Cail.
- — R. O................................................ Il, 71
- Derosne et Cail. — Baffinage. — M. O......................... II, 753
- Derriey ( François-Charles ), — Gravure de caractères d’imprimerie. — A.................................................... III, 481
- Derriey (Jacques). — Clichés d'imprimerie. — M.............. III, 485
- Dérubé (Guillaume). — Rouennerie. — M....................... III, 210
- De Rümigny et Cie. — Substances minérales combustibles, — B,. . II, 423
- Dérüque. — Procédés de blanchiment. — Voyez Godefroy. — A. II, 788
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- Derussy. — Iléliographie sur plaques de métal. — C........... III, 538
- Dervaux. — Fabrication et raffinage du sacre.—Voyez Dobreuil,
- Lefebvre et Deffitte.— A.................................. II, 751
- Dervaux (A. ). — Tissas de laine de Roubaix. — Voyez Dutilleul-
- Lorthiois. — A............................................III, 76
- Desaüx-Lacoür. — Cairs et peaux. — A.........................III, 600
- Desbaillet. — Sculptures en carton-pierre. -— C.............. III, 373
- Desbordes. —*Pompes à incendie. —- N. B................'..... II, 67
- Descartes. — Meubles-lits. — M. O............................ III, 859
- Descartes (Joseph). — Objets d'ameublement. — M.............. III, 415
- Descat-Crouzet.—Filature et teinture des étoffes. — O........ II, 782
- Descroizilx.es (Paul). — Calorifères à air chaud. — N. A..... II, 802
- Désert. — Ateliers de construction. — B. . . ................ I, 155
- Desfossés frères. —Couleurs vitrifiables. —R. B.............. II, 872
- DesfriÉcxies. — Peignes à tisser. — Voyez De Bergüe et Gillo-
- txn. — R. A............................................... II, 129
- Desgatz-Ricole. — Papiers. —«Voyez Coste. — M................ III, 592
- Deshayes-Bernard. — Cotons filés, —B......................... III, 187
- De Sillian. — Grande culture. — M............................ I, 44
- Desjabdins-Lieux. — Cuivre estampé et vernis. — B............ III, 384
- Desloges. — Grande cnltnre. —B............................... I, 35
- Desloriers (Charles-Pierre). — Tabletterie.—M................ III, 422
- Desmarets. — Tissus. — M..................................... III, 306
- Desmaziers.— Brosserie. —C................................... III, 762
- Desmoülin. — Couleurs. — Voyez Lange. — R. A.................. II, 692
- Despeuilles. — Grès vernissés..— M........................... II, 853
- Desplanques. — Lavage des laines. — A.......................... I, 93
- Desplas (Henri). — Machine à fouler. — B...................... II, 165
- Desprats. — Chandronnerie. — B.............................. Il, 275
- Despret (A.), — Aciers. — A................................... II, 351
- Desroches. — Machines et appareils vinicoles. — A.............. I, 201
- Desroches. — Sabots. — M..................................... III, 682
- Desrosiers. — Typographie. — N. A............................ III, 495
- Desrues (Joseph). — Bronzes d’art. — C....................... III, 363
- Dessaigne (Auguste). — Registres. — M........................ III, 832
- Dessaint (Nicolas).— Tissus de coton imprimés. — Voyez Dali-
- phard (Michel). —N. A.................................. 111,219
- Desteuque. — Tissus de laine légers. — Voyez Bouchez. — M.. III, 65
- Destibeaüx. — Cuirs vernis. — M.............................. III, 613
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- Desvarannes et C’\— Bitume et asphalte. — A.................... Il, 449
- Desvaüx. — Grande culture. — A..,.............................. I, 25
- Desvignes. — Vannerie. — M..................................... III, 806
- De Tillancourt. — Soie. — A.................................... I, 105
- De Torcy. — Élevage de bestiaux. — M........................... I, 71
- Détouche. — Horlogerie de haute précision. — Voyez Houdin.
- _A.......................................................... II, 489
- Devallois. — Machines diverses. — Voyez Baudon. — C.. i . . . II, 248
- De Vanssay de la Forgeterie. — Grande culture. — C................ I, 50
- Devaux. — Socques. — M..........;............................... III, 682
- Devieilhe. — Tapis. — Voyez Caussin. — B....................... III, 282
- Devienne. — Orfèvrerie. — B..................................... III, 574
- De Vigneral. — Grande culture. — C................................ I, 50
- Devinck (François-Jules). — Machines à chocolat. — A........... II, 180
- Deviolaine frères. — Verrerie. — R. A.......................... II, 887
- Devisme. — Armes à feu. — A.................................... II, 630
- Devrange. — Papiers de fantaisie. — C.......................... III, 815
- Deubergne.— Orfèvrerie. —M..............................-...... TII, 575
- Deydier (Charles-Paul). — Soie. — A.... .......................... I, 105
- Deydier (Victor-Martin). — Extraction du zinc brut. — B........ II, 283
- Deyeux. — Ustensiles de chimie. — Voyez Gabry. — A............... II, 846
- Deyrolles (Achille). — Animaux empaillés. — M................... III, 547
- Dezaunay. — Machines et appareils vinicoles. — B. ................ I, 205
- Dezûbry.— Conserves alimentaires. •—M............................ II, 670
- D’Hangest. — Broderies. — M..................................... III, 301
- D’Hérissard (Nicolas-François). — Carrossier. — C................ II, 199
- D’Herlincourt. — Élevage de bestiaux. — O...................... 1, 68
- D’Herlincourt.— Élevage de bestiaux. — M. O....................... I, 93
- D’Homme. —> Produits chimiques. — B............................ II, 728
- D’Huart de Notiiomb. — Faïence f ne. — M....................... Il, 860
- Dhüiqües. — Fromages. — B......................................... I, 124
- Dida. — Chapellerie. — M.. ..................................... III, 703
- Didelon. — Céréales. — B.......................................... I, 232
- Didier. — Prothèse dentaire. — B............................... III, 640
- Didier (Etienne). — Bougies, veilleuses et chandelles. — C..... II, 771
- Diemer. — Grande culture. — B..................................... I, 37
- Dier. — Remise à neuf des vêtements. — R. B. . . .......î..,. III, 728
- Dietrich (De). — Fabrication du fer. — R. O.................... II, 305
- Dietz (F.) — Machines et appareils vinicoles. —• M............. I, 206
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- Dieü (Pierre-Bernard). — Cadres incrustés, — M................... 111, 449
- Digard (Jean-Jacques). — Serrurerie de précision. — B............ II, 217
- Diot. — Tissus divers. — Voyez Nourry. — M....................... III, 212
- Dobbé frères. — Bijouterie en cuivre doublé d’or et estampé.
- — M.......................................................... III, 462
- Dobignard. — Fours à cuire le pain. — M.......................... II, 820 ,
- Dobler fils. — Fils de laine Thibet. — O......................... III, 16
- Dobletz. — Machines diverses. — B................................ II, 256
- D’Ocagne. — Dentelles. — R. A................................... III, 294
- DoË frères. — Fabrication de fer. — A............................ II, 317
- Dognin. — Dentelles. — R. A...................................... III, 298
- Dolbergen. —- Orfèvrerie.— M..................................... III, 575
- Dolfüs. — Cotons filés. — Voyez Mieg et C10. — H. C.............. III, 176
- Dombrowski (François).— Bronzes pour l’éclairage. — B............ III, 364
- Domeny (Louis-Josepfi). — Harpes. — O............................ II, 586
- Domingolle. — Grandes orgues. — B................................ II, 617
- Donnay. — Colles de Givet. — Voyez Parent. — B................... II, 688
- Donnay. — Forges. — B.............................................. II, 477
- Donneao et Ci0. — Bougies. —M...................................... II, 769
- Dopter. — Imagerie. — B........................................... III, 510
- Dordet. — Coutellerie. — B......................................... II, 372
- Doré. —Encre d’imprimerie. — B................................... II, 741
- Dorian. — Faux et faucilles. — Voyez Dumaine et C10. — A. ... II, 359
- D’Orléans. — Mécanismes, horloges publiques. — N. B................ II, 505
- Dormoy (Mm*). — Couvertures. — M.................................. III, 61
- Dorso. — Passementerie pour pompons.— C........................... III, 172
- Dorval (Louis-Henri). — Serrurerie de précision. — N. B..... . II, 216
- Dorville. — Registres. — C........................................ III, 833
- Doten. ‘— Émaillage sur métaux. — R. B............................. II, 878
- Doublet. — Vignettes et initiales. — Voyez Huchet. — C........... III, 487
- Douine (Charles-Hippolyte). — Bonneterie. — B..................... III, 155
- Dournay et C£e. — Bitume-asphalte et huile minérale. — N. B.... II, 449
- Dousseau (Joseph). — Grande culture. — M........................... I, 45
- D’Oütremont. — Elevage de bestiaux. — B............................. I, 87
- Doüy. — Orfèvrerie. —- C........................................ III, 575
- Doyon. •— Ganterie de peau. — Voyez Jouvin. — O... .^............ III, 769
- Drapier. — Ébénisterie de siégé. — M.............................. III, 418
- Dreyfous (Frédéric). — Nouveautés pour robes, châles et écharpes.
- — B......................................................... III, 89
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-
- CXII ----
- Dreyfus et C1'. — Registres. — C................................ III, 834
- Drooghrys (Antoine). — Restauration de sculptures en ivoire.
- — C...........................................!......... III, 432
- Drouin. — Produits chimiques. — Voyez Brossier. — B............. II, 726
- Dubied. — Grande chaudronnerie. — Voyez Ducommün et Dubied.
- — O...1*................................................. Il, 114
- Duboc. — Grande culture. — M.. . ............................... 1, 47
- Dubois. — Porcelaine. — Voyez Jouhaneaud. — B.................... 11, 869
- Dubos (Auguste-Alexandre-Frédéric). — Horticulture et fleurs.
- — B....................................................... I, 256
- Dubos (Edmond). — Horticulture et fleurs. — B..................... 1, 257
- Dubray (A,). — Registres. — M. ................................. III, 831
- Dubreuil. — Fabrication et raffinage du sucre. — Voyez Dervaüx,
- Lefebvre etDefitte.—'A........................................ II, 751
- Dubreuil frères.— Papiers peints. — M........................... III, 528
- Dubrulle (André-Narcisse). —Appareils d'éclairage. — N. B. . . II, 645
- Dubs. — Tissus. •— B............................................ IIF, 306
- Dubuat. — Grande culture. — M..................................... I, 45
- Dubcs. — Machines de filature. — Voyez Gallet. — A............... II, 132
- Dubus. — Tambours pour l’aiguisage des cardes.— B................ Il, 138
- Dubus. — Tissus de soie. —R. M.................................. III, 129
- Dubus. — Grandes orgues. — B.................................. II, 617
- Dübut (Léonard). — Grosse quincaillerie. — C..................... II, 365
- Dücel (J. J. ).— Fonte moulée. — A............................... II, 332
- Duciiamp-Tulasne. — Grande culture. — B........................... I, 39
- Duchauffour-Achez, — Cardes. — B................................. II, 149
- Duché aîné et C19' — Châles de Paris. •— R. O................... III, 99
- Duchêne aîné. — Chapellerie. —• B............................... III, 701
- Duchesne-Bettinger (Mme).—Fleurs artificielles. — B............. III, 654
- Duclos. — Armes à feu. — B.. . *............................. II, 632
- Duclos. — Machines à vapeur. — M................................. II, 70
- Duclos. — Chapellerie. — C.................................... III, 706
- Ducommün. — Appareils de filtrage. — R. B...................... II, 821
- Ducommun. — Grande chaudronnerie. — Voyez Huguenin et Dubied.— O......................................................... II, 114
- Dücor (Edmond ). — Machines à couper les effilés. — M........... II, 142
- Ducourtioux. — Tissus imperméables.:— C.......................... Il, 703
- Dücroquet. — Grandes orgues. — O............................ II, 612
- Ducroquet (Victor ) et Cio. — Registres. — M.................... III, 831
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- ---- C.XIII -------
- Ducros.— Châles de Nîmes. — Voyez Colondré. — R. À..........» III, 100
- Dücruy (Jean) et fils. — Pailles pour chapeaux. — Voyez Rossignol aîné. — A............................................... III, 708
- Dufailly.— Moulage.— B...................................... III, 378
- Dufau (Eugène). — Sommiers élastiques et matelas. — C. .... III, 857 Düfetel. — Quincaillerie et outils. — Voyez Gérard (Mme vc). —
- R. B........................................................ II, 395
- Düforest-Watrelot ( Fidèle ). — Tissus de laine de Boubaix.— C. III, 84
- Düfossé. — Chaussure en cuir. — B........................... III, 668
- DüfoüR. — Instruments pour la récolte. — Voyez Sarran. — B.. . 1, 181
- Düfour. — Bitume asphalligue. — M........................... II, 451
- Düfour. — Plomb. — Voyez Demalle. —......................... Il, 279
- Dufour. — Pierres à brunir. —M.............................. II, 469
- Dufoür. — Papiers de fantaisie. — B......................... III, 814
- Düfour.— Tissus. —B......................................... III, 306
- Düfoy (Jacques-Nicolas). — Horticulture et fleurs. — M...... I, 260
- Dogland. — Machines diverses. — M........................... II, 242
- Dugüen. — Engrais.— Voyez De Lancosmk-Brèves, —O........... I, 218
- Duhamel frères. — Linge de table. — A....................... III, 254
- Duhet (Michel).— Toiles de lin et de chanvre. —G............III, 253
- Dühil (Antoine). — Draperie moyenne et commune. — M......... III, 54
- Dolac. — Étoffes imprimées. —Voyez Fanfernot. —R. B.........III, 272
- Ddlud ( Jacques-Michel ). — Cuirs repoussésf cuirs forés, cour-
- roies. —N. B.......................................... III, 616
- Dumaige (Etienne). — Machines à broyer.—-M................... II, 184
- Dumaixe. — Faux et faucilles. — Voyez Dorian et C1*. — A ... . Il, 359
- Dumaine (Jacques-Adolphe). — Carrossier'. — A... ............ Il, 194
- Domaeest. — Meubles à système. — Voyez Daobert. — B......... III, 415
- Dumas. — Horlogerie de haute-précision. — A.................. II, 488
- Dumas (Daniel).—Ouvrages en cheveux.—C...................... III, 692
- Dümas frères. — Bonneterie — Voyez Bossens et C‘°. — M.... III , 158
- Dümergoe et C1”. — Papiers. — Voyez Laroche-Joubert. —. A.. III, 586
- JDuméry. — Chaussures en cuir. —Voyez Lefébure. — O... .. III, 665
- Dümont-Desmootxers. — Cuirs cl peaux. — B................... III, 604
- Dümora fils aîné. — Fonte brute et moulée. —- M... #........ II, 336
- Domôr-Masson. — Draperie fine d’Elbeuf. — R. O.. ......... III, 32
- Dümoüchel. — Horlogerie de haute précision — M.............. II, 492
- Dumoulin. — Machine, lithographique distribuant l'encre. —• Voyez
- Barbarant. — B.......................................... II, 17S
- I. H
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-
-
- CXIV
- Dumoulin {Mlle Sophie). — Corsets. — B..................... III, 721
- Dunet.— Articles de voyage. — C................................ III, 679
- Dopas. — Boîtes à conserves. — M............................... II, 827
- Düpasseür ( J. J. ). — Lin et chanvre. — R. A.................. III, 242
- Düpérier.^- Orfèvrerie. — C................................ . — III, 327
- Dupin. — Instruments de physique et de géométrie. — A........ II, 522
- Duplany. —' Appareils de fdtrage.—M.......................... II, 822
- Düplat. — Grande culture. —M................................. I, 42
- Düpluvinage. — Moteurs et machines hydrauliques. — B......... II, 7
- Duponciiel. — Orfèvrerie. — O................................ III, 318
- Dupont. —Meubles de fantaisie. — C........................... III, 417
- Dupont. — Cristallerie. — C.. . .^........................... II, 891
- Düpont (Auguste). — Sommiers élastiques et matelas. — B...... III, 856
- Dopont (Paul). —Pierres lithographijues. — M. O............... II, 466
- Düpont (Paul) etC,e. — Notice sur l'imprimerie. — O.......... III, 491
- Düpont-Mathied. — Poil de lapin filé. — C.................... III, 19
- Düport. — Cuirs et peaux. — O............................... III, 596
- Düprat (A.) et C'°. — Bouchons de liège. — A................. III, 842
- Düpré.—Produits chimiques. — B............................... II, 728
- Düpré (Mœe v° Isidore). — Éventails et écrans à main. — Voyez
- Aubéry.—B................................................. III, 396
- Düpüis. — Mosaïque. — M...................................... III, 475
- Düpüis (Jacques-Côme). —Marbrerie. — C. . . . ............... II, 440
- Dopoxs-Petit. —> Serrurerie de précision. — C................ II, 225
- Düpüy. — Couvertures de coton. —C............................ III, 223
- DüPüy. — Papeterie de luxe. — Voyez Foürnier. —M. ..... . III, 809
- Ddpcy. —Filatures. —Voyez Laget. — M........................ III, 188
- Düpüy de Podio (Marie-Vincent-Léopold). — Appareils pour le
- roulage, enrayage de sûreté. — M.........»................ II, 211
- Duquesne. — Fabrication et raffinage du sucre, distillerie et fabrique d'alcalis et sels des mélasses.— Voyez Serret, Hamoir et Cie.
- — O......................................-.............. II, 747
- Dcrand. — Bronzes d’art. — Voyez Eck. — R. O................... III, 346»
- Durand. — Cuirs et peaux. — R. B............................._. III, 602
- Durand. -— Élevage dejbestiaux. — R. A....................... 1, 86
- Durand.— Orfèvrerie. — R. A.................................. III, 323
- Durand.'—Racine de garance. — Voyez Peyret. <—B.............. I, 307
- Durand. — Peignes à tisser. — Voyez Bal. — A................. II, 132
- Durand. — Serrurerie de précision. —; Voyez Gire. — M........ II, 219
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- exv
- Dürand frères. — Cuirs et peaux. — R. O.......................; III, 594
- Dürand père. — Grande culture. — A............................ I, 33
- Borand(Didier).—Arboriculture. — VoyezjAMiN (Jean-Laurent).
- — A....................................................... 1,273
- Dürand (Louis-Jacques).—B......................................% Il, 279
- Dürand (Yves). — Filature. — C............................... I, 112
- DüRand-Bongard. — Faïence brune et blanche. — C................... II, 876
- Dorandeao. — Papiers. — Voyez Lacombe. — R. O................. III, 582
- Dorant.— Vernis.—C............................................ II, 740
- Düranton (Jean-Baptiste). — Devants de chemises. — M. ,......III, 200
- Durel. — Cirage onctueux. — R. M. ..... ...................... II, 742
- Durel et C10. — Produits chimiques. — B....................... II, 729
- Dorenne. — Fonte moulée. — M.................................. II, 335
- Dürenne père et fils. — Grande chaudronnerie. — R. O....... . II, 112
- Duret. — Chimiste. — B......................................... II, 833
- Dorozier. — Produits chimiques. — R. M............................ II, 731
- Dorst (Jean). — Pailles pour chapeaux. —B..................... III, 711
- Dosaigne. — Sonnettes. — Voyez Gillet. — C.................... II, 109
- D’Ussel (Alfred). — Grande culture. — M....................... I, 43
- Dotac frères. — Grande culture. — O........................... 1, 14
- Ddtartre. —Presses mécaniques typographiques. — O............. II, 171
- Dutel. —Arilhmonùtre. -— C.................................... II, 552
- Dütertre. — Tissas imperméables. —M.......................... II, 702
- Dutfoy. — Couleurs. — A....................................... Il, 692
- Dütuy. — Verres. — B. ....................................... II, 889
- DutiLlf.ul-Lortitiois. — Tissus de laine de Pioubaix. — Voyez
- DervaüX (A.). — A............................................. III, 76
- Dutodr. — Pailles pour chapeaux. — Voyez Leborgne. — B.. . . III, 711
- Dütrone. — Élevage de-bestiaux. — M........................... I, 71
- Dütroü fils. — Tissus de crin. — N. B.......................... III, 147
- Dütüit (Adolphe). — Lin etchanvre. — R. B. . . ............. III, 244
- Doval. — Machines. — N. B....................................... II, 67
- Duval.— Taillanderie. — C..................................... II, 399
- Duval fils.:w- Grande culture. — M............................... . 1, 45
- Doval (Charles). —Peinture sur verre, — M....................... Il, 883
- Duval (François). — Grande culture. — C.......................... I, 50
- Doval (Frédéric). —-Dalles hydrofuges. — R. B................... II, 445
- Dovelleroy. — Éventails et écrans à main. — A................. III, 395
- Ddverger. — Châles de Paris. —Voyez DachÈs. — R. B............ III, 103
- II.
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- —* CXVI ------
- Duvilleks-Ciiassf.loüp. — Mobilier agricole. — M.......... I, 213
- Dbvillier-Delattre.— Tissus de laine de Tourcoing. — B....III, 81
- Devochel.— Articles de bureau. — C........................ III, 838
- Devoir (Léon). — Chauffage à la vapeur. — Voyez Leblanc et
- Cis. — Nj O............................................... II, 795
- Devoir (N.).—Machines pour la préparation des pràduits agricoles.
- — A................................................... I, 186
- Devoir (René) et C1'. — Calorifères. — N. A............. II, 797
- E
- Échard. — Grande culture. — M............................... 1, 45
- Eck.— Bronze d’art. — Voyez Durand.—R. O.................... III, 346
- Edan (Pierre-Alexandre). — Dorure. — M.. . .................. III, 401
- Edeline. — Séchoir pour les blanchisseurs. — M............... II, 820
- Eiirmann (Frédéric). — Grande culture. — M.................. 1, 46
- Élambert (Théodore).-— Bijouterie. — C...................... III, 458
- El-Béciiir Ben-Mazian. — Tissus. — Voyez Les Béni-Abbès. —
- A....................................................... I, 311
- Elcké (Frédéric). :—Pianos. — B............................. Il, 582
- Élon (Louis-Joseph). — Moteurs et machines hydrauliques.—
- A....................................................... II, 3
- Elwel. —Machines pour les chemins de fer. — Voyez Warral et
- Middleton.— N. A....................................... II, 81
- Enfer (Edme). — Soufflets de forge. —N. B..................... II, 376
- Engelmann. -— Chromo-lithographie. — Voyez Graf. — O..... III, 510
- Engler. — Lampes en cristal. — Voyez Grandsir. — M.... II, 650
- Érard (Pierre). — Pianos. — M. O.............................. II, 574
- Ernoex. — Chapeaux de poils de lapin et de colon. — M. O.... I, 335
- Ernoex. — Chapellerie. — M. ............................... III, 705
- Eslanger (Louis-Bastien). — Pianos. —A........................ II, 580
- Esprit: —Bonneterie. —Voyez Noyé. — M........................ III, 161
- Estjenne. — Aciers. — Voyez Irroy fils.'—B.................. II, 353
- Estivant frères. —Extraction de cuivre brut, laminage et martelage
- de ce métal. —- O. ................................... II, 266
- Estivant frères. — Cuirs et peaux. — Voyez Bidoe fils. — R. B. III, 602
- Estivant (Félix). — Colles de Givel. — B.................... II, 688
- Estragnat fils aîné. — Articles de Tarare. — N. A........... III, 227
- Estragnat frères. — Articles de Tarare. Voyez Roux. — B. .. III, 229
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-
-
- CXVII ----
- Estrigue (Jean). — Machines pour la préparation des produits
- agricoles. — G............................................ I, 200
- Estüblié.— Filets j articles de pêche. —Voyez Cartau.— C... I1T, 849
- Étard. —. Articles de voyage. — M..........»................. III, 679
- Evans (François-Paul). — Préparation d’histoire naturelle. —M. III, 546
- Evrard. — Fonte des suifs. — A............................... II, 771
- Evrard. — Peinture sur verre. — M............................... II, 883
- Eymieux père et fils. — Bourre et déchets de soie. — N. A.... III, 115
- F
- Fabart et C,a. — Châles de Paris. — M.......................... III, 104
- Fabre. — Tuiles et briques. — B.................................. I, 345
- Fabre (Paul). — Châles de Nîmes. — C.......................... III, 113
- Fabrège. — Exploitation de marbres. — Voyez Cazaux. — O... Il, 431
- Fabuègue.— Châles de Nîmes. — Voyez Noury fils, Barnouin
- et Cia. — A............................................. III, 110
- Falatieu. —• Fabrication de fer. — Voyez Ciiavannes. — R. O.. II, 310 Falatieu (J. J.).—Aciers.— Voyez MmoC havane (Annette).—R. A. II, 349
- Famion. — Serrurerie de précision. — M....................... II, 220
- Fanfernot. — Étoffes imprimées. — Voyez Düsac. — R. B.... . III, 272
- F anniÈre, frères.—Ciselure.— A.............................. III, 569
- Farcot. — Machines à vapeur. — N. O.......................... II, 59
- Farge. — Parapluies. — B..................................... III, 740
- Farge. — Soies teintes. — R. B............................... II, 786
- Farineu. — Machines à vapeur. — Voyez Legavrian. — A.. . . II, 65
- Farret. — Horlogerie fivile. — B......................... II, 499
- Fastier. — Conserves de toutes sortes. —M....................... II, 666
- Fastre. — Thermomètres, baromètres, etc.— B.............. II, 527
- Fatton. — Horlogerie de haute précision. — M............. II, 492
- Fauchery (Benoît). — Moteurs et machines hydrauliques. — C. . II, 8
- Fauchet. — Grande culture. — M............................ I, 47
- Fauconnier. — Tissus. — M.........*.......................... III, 306
- Fauler. — Maroquins, cuirs hongroyés et mégissés. — Voyez
- Bayvet.^— R. O.......................................... III, 614
- Fauquet-Lemaître. — Cotons filés. —• R. O................. III, 181
- Fauqüet-Lemaître et C1*. — Fils de lin et de chanvre. — R. O*. III, 238
- Faure (André). — Mannequins. —R. B........................ III, 548
- Faure (Charles-Robert).—Dentelles —B...................... III, 295
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-
-
- CXVIII
- F acre (Louis). — Produits chimiques. — B....................... II, 730
- F acre (Pierre). — Objets d’ameublement. — B................... III, 415
- Faurie (Jean). — Chaudronnerie. — M............................. II, 277
- Faüssabry (Michel-Louis). — Ateliers de construction. — C... I, 164
- Faussemagne. — Gélatine. — C................................... II, 690
- Faüveaü. — Laines filées. — B.. . .....„..................... III, 10
- Facvelle-Délebarre. — Peignes. — B............................. III, 794
- Faoville. — Elevage de bestiaux. — A............................ I, 69
- Faveers. — Lits portatifs. — C. O. ............................ III, 860
- Faveers. — Meubles enfer. — M................................... II, 410
- Favrel (Auguste-François-Joseph). — Battage de l’or. — O.. .. Il, 291
- Fay. —- Dessins pour étoffes. — C.............................. III, 563
- Fayet-Baron (Pierre-Constantin).— M............................. II, 219
- Fayolle. — Orfèvrerie. — C.................................... III, 328
- Fayon jeune. — Pâtes alimentaires. — M.......................... II, 668
- Fazon. — Métier à broder. — C.................................. III, 568
- Féau-Béciiard.— Teinture des étoffes. — A....................... II, 784
- Feau-Béchard (Valentin). — Bonneterie. — N. A.................. III, 151
- Feïl. — Verreries. — Voyez Gcinand.— R. O..................... II, 886
- Feldtrappe. — Couleurs vitrifiablcs. — M........................ II, 874
- Feldtrappe frères. — Clichage pour impression sur tissus. — R. A. III, 511
- Fenoox. — Portefeuilles. — R. B............................... III, 765
- Féray et C!e. — Cotons filés. — H. C........................ III, 177
- Féray et Cie. — Fils de lin et de chanvre. — H. C........... III, 237
- Féray et C10. — Tissus de colon blancs et écrus. — H. C..... III, 1,93 .
- Ferïnot. — Grande culture. — M.............................. 1, 43
- Ferrand. —• Couleurs. — R. B...................?............... II, 693
- Ferrand-Lamotte. — Papiers. — R. B............................. III, 588
- Ferrario. — Instruments de géodésie. — M....................... II, 557
- Ferrier. — Armes à feu. — M.................................... II, 635
- Ferrières. — Machines pour la préparation des produits agricoles.
- Voyez Sabin. — B............................................ I, 189
- Ferry. i— Enduit contre l'oxydation. —*B....................... II, 823
- Ferry. —Machines diverses. -—C.................................. II, 249
- Ferry (Joseph). — Ateliers de construction.—B......... .......... I, 173
- Ferry (Martin-Maurice). — Pierres artificielles. — M............ II, 459
- Fert (Juste^ylvestre). — Meubles, moulures, etc. — M...... III, 448
- FestügiÈre (Jean-Eugène) et C’“. — Fabrication de fkr. — R. O. II, 309
- FedillÀtre. — Garderobes hydrauliques. R. B..................... II, 187
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-
-
-
- CXIX
- Feuillet.—Chapellerie. — C..................................... III, 706
- Février (Ve Denise-Madeleine). — Bronze d'art. — M............. III, 361
- Fey. — Tissus de soie. — Voyez Martin. — A..................... Ilf, 126
- Fichet. — Modèles de géométrie. — C............................. Il, 566
- Fjchet (Alexandre). —Serrurerie de précision. — N. B. .......... Il, 216
- Fichot. — Ouvrages en cheveux, — C............................. III, 693
- Fichtemberg. — Crayons. — M..................................... Il, 475
- Fieffé. — Céréales. — B........................................ 1, 230
- Fieux aîné et C:<1— Cuirs et peaux. — B— .'.................... III, 604
- Filloz. — Chapelets en corail, cristal, etc. — Voyez Clément. —
- M............................................................. III, 467
- Fimbel. — Ressorts de voitures. — Voyez BergÈs et C". — A. .. II, 206
- Fincxen. — Verrerie. — M........................................ 11% 8Q l
- Fiolet.— Fabrique de pipes. — R. A............................. II,
- Fion (J.). — Articles de Tarare. — R. A........................ III, 227
- Fiquéra et Cie. — Produits chimiques. — M....................... II, 735
- Firmenich. — Colles fortes. — B................................. II, 687
- Fischer. — Ébénisterie d’art. — R. A........................... III, 409
- Fischer frères. — Tissus de coton, fabrication d’Alsace. — A.... III, 204
- Fissot. — Appareil à ramoner les cheminées. — C... . ........... Il, 810
- Fistel. — Typographie.—M...................................... III, 575
- Flachat (Eugène).—Machines pour chemins de fer.— O............. II, 75
- Flageollet (Jean-Baptiste). — Tissus de coton en blancs et écrus.
- — A....................................................... III, 197
- m Flaissier frères.— Tapis. — R. O............................ III, 279
- Flamant (Ch.). — Draperie fine d’Elbeuf. — Voyez Lavoisey. —
- R. A.......................................................... III, 34
- Flamet jeune. *— Tissus imperméables. — A.................... II, 699
- Flashier (Étienne). — Serrurerie de précision. — M.............. II, 225
- Flaud et Cie.— Pompes à incendie.—B............................. II, 49
- Flaud et C:\ —Seaux à incendie. — M. O......................... III, 266
- Flavigny ( Charles-Robert). — Draperie fine d’Elbeuf. — R. O. . III, 32
- Fléchey. — Papeterie. — M,.......t............................ I, 346
- Fleschelle. — Pétrin mécanique. —M.............................. II, 754
- Fleurimon (L’abbé). — Grande culture. — A....................... I, 24
- Fleury. — Porcelaines. — C...................................... Il, 870
- Florange.— Objets d’ameublement. — M......................... .. . III, 416
- Florin (Joseph). —2%sus de laine de Roubaix. —B................ III, 82
- Flotte frères. — Draperie moyenne et commune. — R. A........... III, 45
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-
- cxx ---
- Follet. — Ilégululeurs à gaz. — M........................... II, 650
- Follet. —Sellerie et boarrelerie. •—C....................... III, 663
- Follet. — Terres cuites non vernissées. — A ............... Il, 844
- Fondet. — Appareils de chauffage. —B........................ H, 805
- Fontaine. — Horticulture et fleurs. — M..................... I, 260
- Fontaine-Baron, — Machines diverses. — O.................... II, 251
- Fontana (Miu). — Brosses et pinceaux.— R. M................. III, 552
- Fontenay (Le comice agricole de). — Filature. — B.. .. '.... I, 112
- Fonteneau. — Tissus. — B.................................... III, 306
- Forêts de l’Algérie (Administration des). — Échantillons de
- bois. — M............................................... 1,344
- Fout. — Couvertures. — Voyez Aguirre. — N. B................ III, 59
- Foutel-Laubue et C10. — Tissus de laine légers. — N. A...... III, 63
- Fortier (Picrre-Thomas-Pascal). — Châles de Paris. — R. O.. . III, 98
- Foutier-Reaulieü. — Cuirs et peaux. — A..................... III, 602
- Fortin. — Cardes. — Voyez Fumière (Victor). — B. A........... Il, 149
- Fortin-Hermann (Adolphe et Émile). — Instruments de physique
- et d’astronomie. — A.................................... II, 520
- Fossey.—Ébénislerie d'art.—N. A............................ III, 409
- Foücaült. — Fruits. — B..................................... 1, 264
- Foucault. — Machines diverses. — O.......................... II, 231
- Fouché (Joseph). — Publications et dessins industriels.—M.... II, 191
- Foucué-Lgpelletier. — Produits chimiques. — O................. II, 712
- Fouché-Lepelletieu. — Produits chimiques. — M. O.............. II, 690
- Fouckes (Nicolas - Henri). — Métier à faire des chaussons. «
- — B....................................................... II, 140
- Fougère. — Plaqué. — A....................................... III, 332
- Foulenay. —» Grande culture. — C............................ I, 48
- Foulley ( Louis-Antoine). — Imitation des bois et marbres par la
- peinture. — B............................................. III, 399
- Foulquier (MUe A.) et Cie. — Filet de soie. — B............. III, 299
- Fouque aîné. — Chocolats. — Voyez Puente. — C................ II, 670
- FoüQCET.—Fleurs et fruits en cire. — Voyez Max (Mm*), — C... III, 657
- Fouquet.— Tissus.—C......................................... III, 307
- Fouquet (Pierre-Réné).— Châles de Paris. — R. A............ III, 102
- Fourcade. — Produits chimiques. — Voyez De Lacretaz. —
- N. A.................................................... II, 717
- Fouudinois.—Meubles.—R. A.......................W........... III, 414
- FouuÉ aine (Alphonse).—Lin et chanvre.—M.................... III, 246
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- Foubnet (Joseph).—Machines pour la préparation des produits agricoles — M... ............................................ 1,196 ’
- Fournier ( Papeterie deluxe. — Voyez Düpüy. — M.......... III, 809
- Fournier-Saint-Aman d (Prosper).—Exploitation de marbres.—M. Il, <436
- Fournier-Vardon.— Dentelles.—M........................... III, 297
- Fournival fils.— Laines peignées^ filées et tissées.— Voyez Alte-
- MAïER. — A. .......................................... III > 9
- Foussat frères. — Riz. — B............................... II, 661
- Foye-Davenne.—Lits portatifs.— C......................... III, 861
- Fraisant. — Cafetière à bascule. — Voyez Gabet. — B...... II, 774
- Fraisier.—Passementerie.—M. ............................. III, 170
- Franc père et fils. —Fils de laine, bourre de soie.—Voyez Marte-
- lin.— A................................................ III, 16
- Franche (Charles-Louis).—Pianos. — B..................... II, 583
- Franchot.—Moulins et pièces détachées. — C............... II. H
- François-Grégoire. — Produits chimiques. — M............ II, 733
- Franc-Magnan. —- Colles fortes. — M...................... II, 089
- Fray. — Orfèvrerie. — A.......'.......................... III, 324
- FrÈciie. — Appareils pour peser et grandes balances pour le commerce. — B............................................... II, 539
- Frécot. — Ressorts de montres. — C....................... II, 529
- ^ Frémi N et (Mm“). — Machines ou tambours en tôle étamée.—M. . . Il, 143
- Frémy (François). — Poudres émerisées.—A................. II, 470
- FrÉre-Félix.—Grande culture.— C.......................... I, 49
- Frérejean. — Fabrication de fer. — R. O.................. II, 309
- Frérot. — Bonneterie. — Voyez Couturat. — B.............. III, 156
- Fréry. — Caractères de fantaisie. —C....................... III, 488
- Frestel. — Coutellerie. — R. B.............................. H, 370
- Frey. — Machines à vapeur. — A............................. Il, 64
- Frick. — Teintures. — R. B................................. II, 786
- Frinault(Jacques-Hyacinthe).—Fusionetmoulageducuivre. — M. II, 271
- Fritz-Sollxer.— Tissus imperméables.— A................... II, 698
- Froid. — Limes. — R. B.............................* .. II, 355
- Fromage. — Mècaniques'pour tissas brochés. — M............. Il, 157
- Froment.—Instruments de physique et d'optique. — M. O...... II, 513
- Fromentàult.— Chaussures en cuir. —M..................... III, 669
- Froment-Clolus. — Sabots. — B............................. III, 681
- Froment-Meurice. — Orfèvrerie. — N. O...................... III, 313
- Fromont. — Cirage, encre et bleu à marquer le linge. — R. M... . II, 742
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- ---- CXXII ----
- Fromont (Louis-Anguste). — Moteurs et machines hydrauliques.
- — O........................................................... Il, 1
- Fromonteil.— Orfèvrerie. — G.................................... III, 575
- Frütié. — Culture. — O.......................................... I, 281
- FggÉre.— Cuivre estampé et verni.—R. A.......................... III, 382
- Fumet. —Appareil à faire la glace. — M.......................... II, 775
- FümiÈbe (Victor). — Cardes. — Voyez Fortin. — R. A.............. II, 149
- Fürstenhoff (Mme Emma) née Lindégron. — Fleurs artificielles.— A...................................................... III, 648
- Fgselier (L. P.).— Instruments pour la récolte.—M................. I, 182
- Fusz (Pierre). — Trains de voitures. —M.......................... II, 200
- G
- Gabet. — Cafetière à bascule. — Voyez Fraisant. — B......... II, 774
- Gabry. — Faïences. — M.................................-......... II, 854
- Gabry. — Ustensiles de chimie. — Voyez Deyeüx. — A......... II, 846
- Gagin. — Tissus imperméables. — R. B....................... II, 699
- Gagnant. — Sabots. — G.......................................... III, 684
- Gagne. — Orfèvrerie. — M........................................ IIÏ,#575
- Gagné. — Horticulture et feurs. — C............................... I, 262
- GagneAU frères. — Appareils d'éclairage. — N. A... .............. Il, 643
- Gagnery (Jean-Auguste). — Mannequins. — M....................... III, 549
- Gagnet (Jean-Auguste) — Chaussures en cuir. — C................... . III, 672
- Gaidon jeune. — Pianos. •—N. A................................... II, 577
- Gailard (MmB).— Pompes à incendie. —P. B........................ II, 44
- Gaillard fils (Charles-Camille). :— Machines pour la préparation
- des produits agricoles. — G.................................. I, 199
- Gaillard fils aîné. — Meules de moulin. R. A.................... II, 454
- Gaillard (Antoine-Marie). —Bougies stéariques, cire et blanc de
- baleine. — R. 13............................................. II, 768
- Gaillodste. —Ebénisterie d’art. — M............................. III, 413
- GalaiS. — Fécules. — G.......................................... II, 761
- GaLibert. — Seaux à incendie. — M.............................. III, 265
- Galimard (Auguste). — Dessins pour tapisserie. — A.............. III, 558
- Galland. — Céréales. — B........................................ I, 232
- Gallay.— Caractères d'imprimerie. Voyez Grignon. — M............ III, 486
- Gallet. — Appareils de vidange. — M........._....«.............. II, 186
- Gallet. — Machines de flatüre. — Voyez Dodus. — A....... . II, 132
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- GXXIII ----
- Gallicher et Cio. — Fers élaborés. — B...................... II, 326
- Gallois (Jean-Baptiste).— Fusion et moulage du cuivre. — B. . . II, 271
- Gallois-Foücault. — Phares. — M............................ II, 108
- Galoüzeaü de Villepin (Louis). — Plans en relief. —B....... III, 403
- Ganneron. — Comble en fer, pont en fonte. — B............... II, 105
- Gannery. — Horlogerie de haute précision. — A.............. II, 487
- Gantillon. — Tissas de soie. — M........................... III, 129
- Garand. — Bois pour l’ébénisterie et les arts. — R. B. .... III, 443
- Garaudy. — Corail.—R. A.................................... III, 471
- Gardissal (Jean). — Machine à carder le crin. — M........... II, 143
- Gareaü (Nicolas). — Pépinière. — B......................... I, 40
- Garlenc (Jean-Marie). — Fusion et moulage du cuivre. — C. .. . II, 272
- Garnaüd (Emile-François). — Terres cuites. —B............... II, 847
- Garnier. — Fermeture des jenêlres. — B..................... II, 403
- Garnier. — Tissus imperméables. •— M........................ II, 702
- Garnier (Auguste-Louis-Ernest). — Extraction de cuivre. — B.. II. 267
- Garnier (Charles-Adolphe).— Bronzes d’art. — M... ......... III, 362
- Garnier (Paul). — Horlogerie civile. — N. O................. II, 492
- Garnier-Savatier.—Plantes agricoles. — M..................... I, 239
- Garnot (Armand). — Sculpture en ivoire. — B............... III, 430
- Garrisson oncle et neveu. — Draperie. — R. A.............. III, 46
- Gascoin. — Châssis de croisée. — M. ....................... II, 107
- Gaspard. — Etoffes pour ameublement. — Voyez Schlümberger
- et Cie. — B............................................. III, 85
- Gastellier.— Terres cuites. ~ Y oyez Armitage. — M.......... II, 849
- Gastine-Renette. — Armes à feu.—R, A........................ Il, 626
- Gateau. — Conques acoustiques. — M......................... II, 591
- GATEAU. — Cornets acoustiques , Bandages. — B.............. III, 631
- GacbeRT. — Elevage de bestiaux. — M... .................... I, 70
- Gaudçiiaüx-Picard fils. :— Draperie moyenne et commune. — A.. III, 48
- Gagdet.-t— Fabrication de fer. — Voyez Petin — A............ II, 315
- Gaddin. — Billards. — R. C;................................ III, 439
- Gacdry. —Appareil pour le lessivage des calicots. M.......... II, 790
- Gaudy (Théodore).— Exploitation de marbres. — A............. II, 434
- Gaügain. — Tréfdage. — Voyez Br*ON, —A...,.................. II, 274
- Gaügry-Lümet.— Ateliers de construction. —M................. I, 161
- Gault. — Mosaïque. — C.................................... III, 475
- Gaupillat. — Amorces, etc. — Voyez Illig jeune. — R. B..... II, 639
- Gaussen. — Châles de Paris, — Voyez Pouzadoox. — H. G.... III, 97
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- ---CXXIV ------
- Gaussen jeune. — Châles de Paris. — Voyez Farceton et C'°. —
- R. O........................................................ III, 97
- Gauthier. — Caractères d'imprimerie. — M....................... III, 486
- Gauthier. — Cuirs vernis. — O...................,.............. III, 611
- Gauthier. — Culture maraîchère. — B.............................. . 1, 242
- Gauthier. — Quincaillerie. — N. A.............................. II, 393
- Gauthier. — Serrurerie de précision. — Voyez Bricard. —N. A. Il, 213
- Gautier (Casimir). — Chaussures en cuir. — C..................... IH, 672
- Gautier (Charles-Josepb). — Quincaillerie et outils. — M....... II, 398
- Gautron (Benjamin-Joseph). — Machines à faire les tissus,
- rouets, etc. — B.............................................. II, 139
- Gautrot aîné. — Instrument de cuivre. — A....................... Il, 601
- Gauvain aîné. — Arquebuserie.— O................................. II, 624
- Gavard (Adrien). — Instrument de mathématiques. — R. B......... II, 556
- Gaymard. — Registres. —< Voyez Gérault. —B...................... III, 830
- Geiger (Alexandre de). — Faïences fines. — O............*...... II, 856
- Gellée aîné et C1'. — Savons. — M.............................. II, 682
- Gellée frères. — Gaîniers. — M................................ III, 766
- Geneste. — Calorijères. — M...................... . ........... II, 809
- Geneste. — Grande chaudronnerie. — B........................... II, 121
- Genillier. — Terres cuites. — Voyez Lecoq et Planaix .. — B. II, 851
- Genot (Léopold). — Céréales. — B............................... I, 232
- Génoux.—' Papiers”peints. — R. B............................... III, 527
- Geoeeroy. — Châles de Paris. — C. — Voyez Chanel .............. III, 105
- Georges. — Machines et appareils vinicoles. —B.....................I, 203
- Georget. — Cuirs et peaux. — B.................................. III, 604
- Georgi (Charles-Frédéric-Guillaume). — Bronzes pour éclairage.
- — B..................................................... IÏI. 365
- Georgy. — Sangsues artificielles. — Voyez Kussmann. — B........ III, 634
- Geslin. — Meubles en fer. — R. B................................. II, 409
- Gérard (Charles). — Châles de Paris. — M. O..................... III, 106
- Gérard (Mœo v*). — Quincaillerie et outils.•—Voyez Dufetel
- — R. B.........................”....................... 11,395
- GÉrard-Pinsonniére (Félix). — Cuivre estampé et verni. — R. B. III, 383
- Gérardin (Jean-Baptiste). — Essieux et boîtes de roues. — B.. .. II, 202
- Gerault. — Registres. —Voyez Gaymard. — B...................... III, 830
- Geresme.— Corsets.—B............................................ III. 721
- Gérin. —'Faux et faucilles.—Voyez Jackson frères ctMASSENET.
- — R, O.................................................... 11,358
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- CXX.V -----
- Germain (Pierre-Antoine).— Fromages. — B..................... I, 124
- Germain (Pierre). — Bonneterie. — P». A...... ».............. III, 152
- Germain fils.—•Bonneterie. — B............................... III, 154
- Gersin. —Imitation des bois et marbres par la peinture. — M.. III, 399
- Géruset aîné. —Exploitation de marbres. — N. O.............. Il, 429
- Gervais. —- Broderies. — Voyez Barne. — C................. III, 287
- Gervais.—Calorifères.—A...................................... Il, 798
- Gévelot. — Capsules-amorces. — Voyez Lemaire. — A............ II, 638
- Gibaut (Jean-Baptiste).— Pianos. — B......................... II, 582
- Gibelin et fils. — Soie.'— N. B............................ I, 106
- Gibert. — Fruits. — M........................................ 1, 264
- Gibus (Gabriel ) et fils. — Chapellerie. — M..........;... III, 702
- Giesler. — Claviers. — R. A......................»........... II, 651
- Gilbert. — Orfèvrerie. — M................................. III, 575
- Gilbert.— Stores.—M.......................................... III, 388
- Gilbert.— Tissus. — B........................................ III, 306
- Gilbert (Augustin-Hubert). — Laines filées. — B.............. III, 10
- Gilbert (Léonard). — Crayons. — N. A........................ TI, 473
- Gilbert (Mme). —Corsets. — C................................. III, 725
- Gillard frères. — Cuirs et peaux. — R. A..............*...... III, 599
- Gille. — Couleurs vitrifubles. — B........................... II, 872
- Gilles. — Soies grèges. — B.................................. I, 323
- Gilles (Pierre).—Roitennerie.—B.............................. III, 210
- Gillet. — Sonnettes. —Voyez Dusaigne. — C..................... II, 109 -
- Gillet (Auguste). — Sardines salées,etc. — A................ II, 659
- Gilllmanw — Machine typographique.— Voyez Alauzet. — M. II, 173
- Gillon (Mme).— Tissus. — C................................... III, 307
- Gillotjn. — Peignes à tisser.—Voyez Desfrièches et de Bergue.
- - R. A...........................................II, 129
- Gilot. —: Soie. — Voyez Vaultrin. — M........................ I, 109
- Ginot (J.M.). —1 Ustensiles de ménage. — C.................... II, 339
- Giran. — Tissus de crin. — Voyez Bougnol. — M................ III, 148
- Gtrard. —Stores. — R. B..................................... III, 386
- Girard (L.). —Registres. — C................................ III, 835
- Giraud. — Appareils à peser. — C............................. II, 541
- Giraud (Benoist). — Grande culture. —- B....................... I, 38
- Giraudon. — Machines à vapeur. — R. B........................ Il, 67
- Gire. — Serrurerie de précision. — Voyez Durand. — M......... Il, 219
- GirerdcI fils frères. — Passementerie or et argent.— M....... III, 170
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-
- CXXVI
- Girod (Joseph ). — Soufflets de forge. — M..................... II, ?>11
- Girod (Le docteur). — Bandages, — M............................ III, 632
- Girood frères. — Couvertures, — N. M........................... III, Cl
- Giroüd-Argoud. — Machine à sécher et étirer les étoffes. — B. . . II, 135
- GiroddotIHs.— Machines typographiques. — B..................... II, 172
- Giroüx. — Lunettes paléidoscopiques et jumelles à ressort — R. M. II, 528
- Giroux (Étienne). — Alambics en cuivre étamé. — C........... II, 287
- Girouy. — Couleurs. — R. B.................................. II, 692
- Gisclard. — Distillerie. — N. B. .............................. II, 679
- Givord et C‘\ — Machines à vapeur. — A...................... II, 63
- Gobert. — Corsets. — R. B...................................... III, 720
- Gobin. —Bronzes d’art. — Voyez MorizOt. — M................. III, 361
- Gocht.—Ébénisterie d’art.—B.................................... III, 413
- Godard. — Batistes et linons. — Voyez Bontemps. — A............ III, 257
- Godard (Alphonse.) — Lithographie.—C........................... III, 509
- Godart (Pierre-Hilaire). — Emboutissage de cuivre et de ses
- alliages. —B.. •........................................ 11,276
- Godât. — Culture maraîchère.—A.................................* I, 240
- Godadlt. — Grandes orgues. —B.................................... II, 616
- Goddet. — Canons de fusils. — B................................ II, 637
- Godefroy. — Chaussures en cuir. — C............................. III, 672
- Godefroy. —— Imprimeur sur étoffes. — M......................... II, 161
- Godefroy. — Procédés de blanchiment d'étoffes. — Voyez De-
- rdqoe.—'A................................................... II, 788
- Godefroy (Léon). — Etoffes imprimées. — R. O.................... III, 266
- Godfroid aîné. — Instruments en bois. —A......................... Il, 607
- Godillot (Alexis). — Layetterie, emballages > articles de voyage,
- de chasse et de campement. — A.............................. III, 675
- Godillot (Alexis). — Appareils de gymnastique. — M. O.......... III, 850
- Godin.— Cuisinières économiques. — C............................. . II, 816
- Godin aîné. — Elevage de bestiaux. — R. O......................... I, 80
- Godon. — Dessins pour broderie. —M............................. III, 562
- Goëbel (Charles). — Tabletterie. — Voyez Martin. — N. M... III, 421
- Goetzman. — Grande culture. — C................................... I, 50
- Goisnard. — Bois pour lébénisterie, la tabletterie et la marqueterie.
- — B..................!..................................... III, 443
- Gombadlt et C10. — Dorure et argenture. — B..................... III, 339
- Gondezenne (Jean-Baptiste). — Élargissoir de toile templet pour
- tissage.— G................................................. II, 145
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-
-
- CXXVII —-
- Gonin. —Étoffes imprimées. — Voyez Delamoriniére et Michelet.
- _ A..................................................... III, 270
- Gonnard. — Tissus. — B...................................... III, 306
- Gonner (Jean). — Hauts fourneaux. — B. ..................... II, 477
- Gontard et G”. — Horlogerie civile. — B... .................. II, 497
- Gontier. — Prothèse dentaire. — M............................ III, 641
- G or jd (Ét. L.). — Fonte moulée. — M....................... Il, 336
- Gose. — Racine de garance. — B. 1 ............................. I, 307
- Gosse de Serlay. — Papiers. — M.............................. III, 592
- Gosselin (Pierre-François). — Emboutissage de cuivre et de ses
- alliages.—B............................................. IIj 276
- Gossin. — Terres cuites. — B................................ II. 848
- Gotten (Mm® ve). — Appareils d’éclairage.— R. B ............... II, 647
- Goobaüd. — Appareils congélateurs. — C...................... II, 776
- Godbe-Piérache.— Cuirs et peaux. — A........................ III, 601
- Goobin. — Mosaïque. — M....................................... III, 475
- Gouchereaü. — Couvertures. — Voyez Léger Francolin.
- — B........................................................... III, 59
- Gooffé (E.). — Clouterie.— C.................................. . II, 366
- Gouin (Ernest). — Machines pour chemins de fer. — O........... II, 73
- Goüpil. — Forges. — Voyez Grillais. — C....................... II, 322
- Godrdin et C“. — Bouionnerie. A..............».............. III, 751
- Godrdon père. — Grande culture. — B............................ I, 39
- Godrgdecbon (Lou-Norbert).— Parquets.— M..................... III, 442
- Gourier.—Céréales. — M......................................... I, 234
- Gocrjd. — Aciers.—R. A...................................... II, 349
- Godry. — Lin et chanvre. — Voyez IIeczé, Radigüet, Homon et
- Lerodx. »— O............................................ III, 241
- Goyon. — Enduits pour vernis. — R.M......................... II, 738
- Graeter (Frédéric). — Essieux et boîtes de roues. — B....... II, 203
- Graf. — Chromo-lithographie. — Voyez Engelmann. — O......... III, 510
- Graffenstaden (Usine de). — Grande chaudronnerie. — N. A.. . II, 115
- Graindorge (Denis).— Culture maraîchère. —B................. I, 244
- Grandcher, — Articles de fantaisie en carton, bois et peau. — G.. III, 827
- Guandidier (Dominique), — Céréales.—M....................... I, 235
- Grandsir. — Lampes en cristal. — Voyez Engleu. — M.......... Il, 650
- Grange. — Coutellerie. — Voyez Prodon-Poüzet. — N. B........ II, "369
- Granger. — Bijouterie. — A................................... III, 456
- Grangier frères. — Rubans. — N. A........................... III, 145
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-
-
-
- ---- CXXVIII
- Grangoir (Jean-Marie-François-Louis). — Serrurerie de précision.
- — A......................................................*... 11,215
- Granjon. — Faux et faucilles. — Voyez Ctialeyer. — B...... . II, 359
- Grar (Numa) et C“. — Fabrication et raffinage du sucre. — O... II, 746
- Grasset (L. A.). — Aciers.— R. B.,................................ II, 352
- Grassot. — Linge damassé. — Voyez Jonnard. — A............. III, 254
- Gratien (Louis-François). — Ateliers de construction. — B,.. . I, 167
- Gratiot. — Papiers. — N. A.......................................... III ; 586
- Graux. — Élevage de bestiaux. —N. O.............................. I, 88
- Graux-Marly. — Bronzes d'art. — B................................ III, 360
- Grébus (Victor). — Tissus de coton. — M.......................... III, 206
- Grédard (François). — Culture. — C................................. I, 289
- Gréer. — Perles artificielles. — R. B.................... III, 469
- Greiling.— Cornets acoustiques, bandages. — N. B................ III, 631
- Grellet (P.-IL). — Machines pour la préparation des produits
- agricoles.—M.................................................... I, 195
- Grelley. — Pailles pour chapeaux. — M. O......................... III, 707
- Greleey ( Pierre-Jules-Hippolyte). — Paille à chapeaux. — B.. . I, 125
- Gremilly et C". — Bitume-asphalte. — R. B.......................^ H, 450
- Grenet. — Gélatines et colles fortes. — O....................... II, 685
- Grenier. — Fourneaux de cuisine. — M............................ II, 814
- Grenier. :— Poêles calorifères — C............................... II, S00
- Grenier (Adrien). — Toiles de lin et de chanvre. — A.. .......... III, 250
- Greson..— Couleurs vitrifiables. — B.. ........................... II, 873
- Grey. — Conserves alimentaires. — M............................. II, 669
- Griffith (Villiam). — Machines soufflantes. — B.................. II, 477
- Griffon frère et sœur. — Dégraissage. — G. . .................... II, 788
- Grignon. — Caractères d’imprimerie. — Voyez Garlay. — M.... III, 486 Grill. — Tapis. — Voyez Rouvière , Cabane, Miliiaud et Martin. — A......................................................... III, 281
- Grillet aîné et C“. — Châles de Lyon. —R. O...................... III, 1.06
- Grison. Appareils d’éclairage. — B............................... Il, 648
- Grison (Jean-Pierre), — Maroquins, cuirs hongroyés et mégissés.
- — C.......................................................111,616
- Grison (Paul). — Serrurerie de précision. — C.................... II, 221
- Grob-Schmidt (Jean-Joseph).—Limes.— R. A......................... Il, 354
- Groboz et C10. — Tissus de soie. — B............................. III, 128
- Groué frères. — Ebcnistcrie d’art. — Voyez Scualler neveu. —
- R. O......................................................... III, 408
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- — cxxrx —
- Gros. — Ebénisterie d'art. — M.................................. III, 413
- Gros. — Etoffes indéplissables pour lingerie. — Voyez Odier , Roman et C". ~ M. O..............:............................... III, 201
- Gros. — Mosaïques. — M......................................... III, 475
- Gros. — Tissus imprimés. — Voyez Odier , etc. — M. O.. . ., . II, 793 Gros (3.). — Tissus de coton imprimés. — Voyez Odier, Roman
- et C!e. — R. O............................................. III, 212
- Grosley père, fils et gendre. — Machines pour la préparation des
- produits agricoles. — B.................................... I, 194
- Grosse frères.—Aéromètres métalliques.—R. M.................... II, 528
- Grosselin. — Globes terrestres et célestes. — B................ II > 566
- Grossmann. — Tissus imperméables. — Voyez Wagner. — R. M, II, 701
- Groolt et C18. —- Tréfilage. — B.............................. II, 276
- Groult jeune. — Légumes et farines. — A........................ II, 659
- Gruel (Mme ve). — Reliure. — B.................................... III, 521
- Grün. — Machines de filature de coton. — N. À.................. II, 127
- Gsell et Cie. — Peinture sur verre. — Voyef Laurent. — B... . Il, 881
- Guantéliat. — Brosserie. —M....................................... III, 761
- Guay (Louis). — Chaudronnerie. — G............................... II, 278
- GcÉnal. — Machines planétaires. — A............................ II, 564
- Guenaud. — Poteries vernissées. — B............................ Il, 850
- Guénebault. — Élevage de bestiaux. — R. A...................... 1, 85
- Guénon. — Élevage de bestiaux. — C............................. 1, 72
- Guénot.—Horticulture et fleurs.—C.............................. I, 263
- Guenucho. — Défilage de laine. — M............................. III, 19
- GuerIer. — Pianos. — C......................................... II, 585
- Guéret. — Ateliers de construction. — Voyez Deearue. — M. . . . 1, 169
- Guérin. — Appareils pour peser et grandes balances pour le commerce. — G..................................................... II, 540
- Guérin. — Armes à feu. — B..................................... II, 631
- Guérin. — Machines pour les chemins de fer. — Voyez Lemonnter.
- — M........................................................ II, 87
- Guérin (Édouard).— Machines diverses. — M........................ II, 244
- Guérin (Pie.re-Réné). — Navigation à la vapeur. — B............... H, 95
- Guérin (Samuel). —Passementerie. — N. B......................... III, 164
- Guérin et Cl°. — Pompes à incendie. — R. A..................... II, 40
- Guérin et Cie. — Fonte brute et moulée. — Voyez de Kersaint et
- Cie. — A................................................... 11,332
- Guérin jeune. — Coutellerie, — Voyez Chape T (Joseph). — M.. II, 373
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- cxxx
- Ctjérin-Boutbox. — M.................................. II, 007
- GoÉrxn-Modeste.— Horticulture et jleurs. — B................. I, 255
- Guerlin-IIouel (Auguste).— Cuirs vernis. — B............... III, 013
- Guerre. — Coutellerie.—A.................................... II, 309
- Guesdon.— Grande culture. — A............................... I, 29
- Gd^trot. — Moulage. — M.................................... III, 379
- Gueury. — Machines à vapeur. —* M. . -...................... II, 70
- Gueuvin-Boochon et Cu. — Meules de moulin. —O............... Il, 453
- Gueyton (Alexandre). — Orfèvrerie. — A.. . . .............. III, 321
- Guibal. — Tissus imperméables. — Voyez Rattier. — R. O.. . . II, 098
- Güibert. — Ateliers de construction. — C..................... I, 164
- Guichard (Jean). — Ateliers de construction. — C............. I, 172
- Guilbaut. — Cljsoirs. — C ................................. III, 045
- Guilbert (Théodore-Alexandre). — Tabletterie. — R. B...... III, 420
- Guilelouvette (J. H.). — Billards. — R. B.................. III, 430
- Guilelouvette (J.) jeune. — Billards. — C.................. III, 440
- Guillain.— Forges. —Voyez Goupil. —C........................ II, 322
- GuilMrd. —Serrurerie de précision. — C...................... II, 222
- Guillard (Mme). — Corsets. —B..............................* III, 720
- Guillat (François). — Sabots. — M......................... 111, 083
- Guillaume. — Dessins pour toiles cirées. — B............... III, 865
- Guillaume. — Machines lithographiques distribuant l'encre. — A. II, 170
- Guillaume. — Presse à timbre sec. — N. B.................... II, 558
- Guillemont. — Ateliers de construction. — C.................. I, 104
- Guillemot. — Élevage de bestiaux. — M. O..................... T, 89
- Guillemot. — Grande culture. — A............................. F, 23
- Guillemot. — Instruments de mathématiques. — C.............. II, 558
- Guillemot frères.—Passementerie pour voiture.—R. B......... III, 165
- Guillier (Jules). — Produits chimiques. — R. M.............. II, 732
- Guillois et G‘\ — Cuirs et peaux. — M...................... III, 608
- Goillot. — Cuirs et peaux. — A........................... III, 601
- Guillot-Sagnez.—Hèliographie sur papier. — B............... III, 539
- Guillou (Claude). — Grande culture. — B...................... I, 34
- Guilioud — Mouhge. — Voyez Savoye. — R. B.................. III, 377
- Güillout. — Biscuits.—B.................................... II, 663
- Guilmard. — Dessin pour étoffes. — C....................... III. 563
- Guimet. — Bleu d'outre-mer. — N. O......................... II, 770
- Guinand. — Verreries. — Voyez Feil. — R. O................. II, 886
- Guikdorf. —Amorces. — Voyez Gaupîllat, etc. — R. B........ II, 639
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- --- CXXXI
- Güinon. — Teinture de la soie. — O................................. Il, 783
- Guirand jeune.— Tissas.— B......................................... III, 306’
- Gdriec. — Cuirs et peaux. — C...................................... III, 609
- Guy (Mmeve). —Pierres lithographiques. — B......................... II, 467
- GdyON (Ernest). Couvertures. — Voyez Podpinel jeune. — N. A. III, 57
- Güyon frères. — Appareils culinaires. — R. A....................... II, 810
- Guyot, — Meubles de fantaisie. — M................................. III, 417
- Gysseïïs. — Instruments. — M....................................... II, 608
- H
- Hache.—Porcelaine. — Voyez Pepin-Lehaeleur.— A.............. II, 866
- Hache-Bourgois. -— Cardes. — R. O........................... Il, 146
- Hadji-Moïiamed. — Bottes en maroquin. — M. O. .. . ........... I, 339
- Hadji-Mohamed. — Broderies sur cuir. •— B................... I, 342
- Halary. — Instruments de cuivre. — A........................ II, 602
- Harettin. — Bijouterie. — B................................. III, 456
- Haefter-Meyer (G.). — Grosse quincaillerie. —C.............. 'Il,'- 364
- Hallberg. — Perles artificielles. —M........................ III, 469
- Iîallet.— Machine à vapeur. — M............................ II, 70
- Halley. — Articles de bureau. •— C.......................... III, 839
- HalliÉ. — Pépinière. — M.................................... 1, 266
- IIalot. — Porcelaine. — B................................... II, 868
- Hamelin (J. B.). — Soies ouvrées. — O....................... III, 113
- Hamelin (Mme vc). — Tissus de colon blancs et écrus. — Voyez
- Lefebvre. — B........................................... III, 199
- Hamoir. •— Fabrication et raffinage du sucre} distillerie et fabrique d’alcalis et sels des mélasses. — Voyez Serret, Duquesne et Cie.
- — O.................................................... 11,747
- Hamoir et C18. — Fonte brute et moulée. —Voyez Serret et C,e.
- — A................................................. II, 331
- Hanon-Valcke (Étienne-Josepli.)— Aérateur pour moulin à farine.— M.................................................... Il, 453
- Haranger. — Machine à rouler ou plier les étoffes. Voyez Berlier. — B................................................... II, 140
- Harding-Coker (Thomas).—Peignes pour le lin et la laine. — A. II, 133
- Hardouin. — Moulage. — R. B................................. III, 377
- Hardy. — Coton. — M. O. . :................................. 1, 326
- Hardy (Auguste-Louis). — Soies grèges. — M. O............... I, 320
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- CXXXII ----
- H'arectas (Tribu des). — Tissus. —B................ ......... I, 315
- • Harmel frères. — Laines cardées et peignées. — A........... III, 13
- Haiimois frères. —Seaux à incendie.— M. O.................... III, 265
- Harmois frères. — Pompes à incendie. — R. B.................. II, 48
- Haro (Etienne-François). — Toiles pour peintre.-- A.......... III, 550
- Hartmann et fils. — Cotons fdés. — M. O...................... III, 190
- Hartmann et fils. — Étoffes indéplissables pour lingerie.— M. O. III, 202
- Hartmann et fils. — Impressions sur étoffes. — M. O.......... II, 791
- Hartmann et fils. — Tissus de coton imprimés. — R. O......... III, 214
- Hartwecii. — Dessins pour broderies. — M..................... III, 502
- IIasslaüer (Louis). — Fabricant de pipes. — B................ II, 848
- Hatton-LagainiÈre (Adrien).— Toiles de lin et de chanvre.—C. III, 252
- Hatta.—Stores. —R. B......................................... III, 387
- TIaütin et Cie. — Couleurs vitrifiables.—Voyez Robert et Launay.
- — R. A................................................... 11,871
- Havard.— Tours.—,VI.......................................... II, 123
- Havard (Michel).—Garde-robes hydrauliques.— C................ II, 188
- Havard:Loyer. — Garde-robes hydrauliques. — B.................. . II, 188
- Havé. Fermeture de fenêtres. — N. B.......................... II, 402
- Haydmoth et Cie. — Crayons.. — M............................... II, 475
- Hayem.— Crayons. — B........................................... II, 474
- Hayot-Heudiard. — Sellier-carrossier. — A...................... II, 195
- Hazard père et fils. — Draperie moyenne et commune. — R. A.. III, 43
- Hazard frères. — Tissus de coton imprimés. — R. A............. III, 220
- Head (James). — Quincaillerie. — M............................ II, 397
- Hébert (Frédéric). — Châles de Paris. — R. O.................. III, 97
- Heckel aîné. — Tissus de soie. — R. O........................ III, 122
- HÉdiard. — Machines pour les chemins de fer. — A............... II, 85
- Héer (Isidore). — Ganterie de peau. — C..................... III, 774
- Heiligenthal et Cie. — Sculptures en carton-pierre. — M...... III, 371
- Heinhold. — Machines et appareils. — M.......................... I, 207
- Heining. — Tissus. — M....................................... III, 306
- Hemery. — Verrerie. •—M..................................... II, 890
- Henault (Nicolas).—Moulures et cadres. — B.................... III, 448
- Hennecart (J.). —Gazes pour bluteries. — R. O................. III, 301
- Hennequin. — Machines. — M..................................... II, 107
- IIénoc. — Plumeaux.—M........................................ 111,800
- Henri. — Ressorts de montres. — C............................ II, 529
- Henriot fils. — Soie, — A.................................... 1, 104
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- CXXXI1I ------
- Henry, — Machines pour les chemins de fer. — Voyez Bessas-
- Lamégie. — M................................................. H', 87
- Henry (Carolus).— Violons. — B............................... II, 590
- Henry fils. — Cotons fiés. — Voyez Bompart. — M.............. IH, 188
- Henry (Hippolyle-François). — Dessins pour tapisserie. — A.. . III, 557
- Henry (Joseph). — Archets de violon. — M....................... Il, 591
- Henry (MmB v*). — Exploitation de marbres. — N. B............... Il, 435
- Herbin. — Pains à cacheter et feuilles de gélatine. — R. B... II, 740
- Herce, — Pianos. — Voyez Maine. — B .......................... II, 581
- Hergot. — Moulage. — B.......................................... II, 477
- HÉricaut de Thory ( Charles). — Culture. — O..................... I, 281
- Hermann. — Pulvérisateur du sucre. — M. P. O.................... II, 753
- Hermann (George). — Machines à broyer. — N. A................... Il, 179
- Herme (Auguste). — Soie.— B................................... 1, 108
- Hermet. — Sellerie et bourrelerie. — B......................... III, 661
- Hermitte (A. F. M.). — Ateliers de construction. — C............. I, 171
- HeRRENSciimidt. — Cuirs et peaux. — O.......................... III, 596
- IIertenstein. — Ebénisterie d'art. —• C........................... III > 413
- Hervé frères.— Colle, noir animal et huile de pieds de bœuf.—M. II, 774
- Héry (Pierre-Joseph). — Sculpture mécanigm. — B................. Il, 442>
- IIerz (Henry). — Pianos. — N. A................................ II, 577
- Herzog (Antoine). — Cotons fdés.—R. O......................... III, 180
- Hess (Gustave). — Étoffes pour gilets. —<-.C,................. III, 91
- Hesse. — Soie. —. C................... !..................... I, HO
- Hesseleein. — Pianos. — R. B................................. II, 583
- Hesty. —Eau de seltz. — M....................................... . II, 826
- Heutte. — Blanchiment des tissus. -— A...........;........... II, 789-
- Heüzé. — Lin et chanvre. — Voyez Radiguet, Homon, Godry et
- Leroux. — O.................................................. HI, 241
- Hilaire (Nicolas). — Tissus. — B.............................. III, 306
- IIildebrand. — Petites clochettes. — R. B.................... II, 589
- Hildebrand (André). —Fabrication de fer. — R. A................. II, 314
- Hipp. — Ebénisterie d’art. — M................................ IH<, 413
- IIippolyte (.Mmo). — Corsets. — M.............................. III, 722
- Hitciiins. — Conservation des bois. — Voyez Watteeu. — O. . . Il, 694
- Hcjefer. — Ébènislerie d’art. — R. B............................III, 412
- Bofer. — Filatures. — Voyez Schlumberger. — O.................. III, 182
- IIofër (Henri). — Cotons filés. — R. O.................;..... III, 182
- Hoffmann. — Horlogerie civile. — C........................... Il, 502.
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-
-
- CXXXIV
- Holingue fils. — Mouvements de pendules et de montres. — B. .. Il, 500
- Holtzer (Jacob). — Aciers. —A............................... II, 350
- Homon. — Lin et chanvre. — Voyez Heuzé, Radiquet, Goury
- et Leroux.— O............................................ III, 241
- Honorât. — Draperie moyenne et commune.—M................... III, 54
- Honoré (Edouard). — Porcelaine.— R. A. ..................... II, 865
- Horem (P.). — Étoffes indéplissables pour lingerie. — Voyez
- Tiioré (Mine Vor) jeune et Denis aîné. — M............... III, 201
- Hosch (Georges-Frédéric).— Presses et crics. — C........... II, 125
- Houdaille. — Garnitures de livres en dorure et argenture. — N.
- A........................................................ III, 460
- Houdeville. — Grande culture.— M............................ I, 47
- Houdin. —• Horhqerie de haute précision. — Voyez DÉtouciie.—
- A........................................................ II, 480
- Houel (Brice-Marcel ). — Draperie fine de Louviers. — B..... III, 24
- Hoüel (Gabriel). — Céréales. — M.............................. I, 233
- Houettk. — Cuirs vernis.— O................................. III, 611
- Houillères et fonderie de l’Aveyron (Compagnie des).—
- R. O.......*.............................................. 11,307
- Houles père et fils. — Draperie moyenne et commune. — Voyez
- Cormouls.— R. O.......................................... III, 40
- Hocssay frères. — Quincaillerie. — M........................ II, 396
- Houyau ( Victor). — Machines pour la préparation des produits
- agricoles. — O........................................... 1, 183
- Hoüyet aîné et Cie. — Orges perlées, amidons, etc. — C....... II, 671
- HouzÉetC10.— Association fraternelle des, ouvriers. — M..... II, 603
- IIoyos. — Fourneaux de cuisine. — R. B. ..................... II, 812
- Hüard frères. — Horlogerie de haute précision. — A........... II, 489
- Hubaine. — Fabricant de tuiles. — C.......................... II, 843
- Hubel. —Ebénisterie d’art. —M............................... III, 413
- Huber et Cie. — Peluches [de soie fpour chapeaux d'hommes. —
- Voyez Massing frères. —r R. 0...............,............ III,, 131
- Hubert. — Taguets et navettes pour tissage mécanique. — C... IL. 146
- Hubert (Alexandre).—Bronzes pour éclairage. —C.............. III, 366
- Hubert (Joseph). — Sculptures en carton-pierrre. — O........ III, 367
- Huciiet.— Vignettes et initiales. — Voyez Doublet. —C....... III, 487
- Huck. — Appareils pour l’extraction de la fécale. — N. A. ...... . II, 761
- Hudde. —Mécanismes, horloges publiques. —B.................. II, 506
- Hue. — Machines diverses. — A............................... II, 232
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- — cxxxv -----
- Huet (Mme).— Tissus imperméables.—B.............................. II, 701
- IIugo et C“\ — Cuirs vernis. — C.................................... • III, 614
- Hugon (Pierre), — Châles de Nîmes. — M........................... III, 112.
- IIuguelin (Joseph). —Poêles-calorifères. — B... . .................. • II, 805
- Hugüenin. — Grande chaudronnerie. — Voyez Ducommun et Du-
- BIED, ---- O................................................. II, 114
- Hugueny. — Appareils de chauffage ei d'éclairage. — C............ Il, 808
- Huguet (Gaston). — Châles de Nîmes. — B......................... III, 112
- Huillard. — Couleurs, madères tinctoriales. — R. A............... II, 777
- Hulot. — Modèles gravés de billet de banque. — A.............i . III, 516
- Humbert. — Colle forte. — C...................................... II, 690
- Huot. — Laines peignées. — Voyez Billiet et Carabin. — H.
- C............................................................ III, &
- Hurel (Antoine). — Passementerie. —C. . . ....................... III,' 172
- Huret. — Serrurerie de précision. — R. A......................... II, 214
- Hurez: — Appareils de chauffage. — N. B............................. II, 804
- PIussenet. — Pompes à incendie. — M............................... II, 56
- IIussoN. — Bijouterie en dorure. — M............................... III, 462
- Hosson. — Orgues à manivelles. — Voyez Botiiod. — A................. II, 618
- Husson (Jean-Baptiste). — Ateliers de construction. — A.............. I, 14&
- IIutter. — Pierreries. — R. O...................................... II, 885.
- I
- Ibled frères et C‘*. — Chocolats. — R............................ II, 662:
- Jdril. — Dentelles. — Voyez Marion. — B.. ....................... III, 299
- Illig. — Amorces. — Voyez Gaupillat, etc. —R. B.................... .. Il, 639
- Inizarn. — Élevage de bestiaux. — A.................................. I, 57
- Institut de Grignon. — Elevage de bestiaux. — O...................... I, 67
- Institut de Grignon. — Élevage de bestiaux. — M. O.................... 1, 76
- Institution nationale des jeunes Aveugles. — Produit du travail
- des aveugles. — A............................................ 111, 862
- Irroy fils. — Aciers. — Voyez Étienne et Cie. — B................ Il, 353
- Isabelle. —Fécule, glucose, alcool et vinaigre,.— Voyez Liasard.
- — B.......................................................... 11,759
- J
- JabeRT (Antoine). — Marbres factices, — C........................ Il, 446
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-
-
-
- CXXXVI
- Jackson frères. — Aciers. — N. O............................... H, 346
- Jackson frères. — Faux et faucilles. — Voyez Gérin et Masse-
- net.—R. O.............,..................................... . 11,358
- Jackson frères. — Quincaillerie» —- Voyez Peugeot aîné. — R. A. II, 394 Jacob. — Chaussures en cuir.— Voyez Revillon et Berger.—M. III, 669
- Jacob. — Cuisinière en fonte. — C...........................,. II, 816
- Jacqüant-Laperche. — Cheminées. —M.......................... II, 899
- Jacqüel (Mme ve).— Cristallerie. — R. A..................... II, 888
- Jacquemart. — Serrurerie de précision. — R. B............... 11, 216
- Jacquemart frères» — Armes à feu. — B....................... II, 634
- Jacquemet. — Tapis. — Voyez Laroque frères et fils. -— N. A. . III, 280
- Jacquemin frères et fils. — Émaillage sur métaux. —A........ II, 877
- Jacquemot. — Brosserie. — Voyez Mariatte. — B................ III, 758
- Jacquesson et fils. — Appareils d'éclairage. •— B........... II, 647
- Jacquet.— Mélophoncs.—M....................................... II, 619
- Jacquet (Jacques), — Meubles de fantaisie. — Voyez Dagrin. —
- M..................................................... III, 417
- Jacquet (Simon). — Pompes.—C................................ II, 58
- Jacquet-Robillard. — Ateliers de construction. — M. O.......... I, 176
- Jacquet-Robiluard (Louis-Erasme).—Limes. — M.................. II, 357
- Jacquin. — Machines à. bonneterie. — R, A. ................. II, 157
- Jacquinot (Louis). — Fabrication de fer. — B................. II, 320
- Jacquot. — Basses et violons. — A........................... II, 589
- Jacquot. — Fermeture des portes et fenêtres. — N. B........... II, 401
- Jacquot frères et neveu. — Fabrication de fer. — A............ II, 318
- Jacuai. — Lithographie. — A.................................. III, 569
- Jaillet.—» Tissus. — A....................................... LI, 305
- Jalabert. — Sculptures arabes. — M. O......................... I, 338
- Jalabert (Baptiste). — Bois sculpté de l’Algérie. — M.......... I, 344
- Jamain-Cerisier. — Brides et garnitures de sabots. — M...... III, 685
- Jaaiain (Hippolyte-Eugène.)—Horticulture et fleurs.—R....... I, 256
- Jaaiin (Jean-Laurent).-—Arboriculture. — Voyez Durand (Didier),
- — A...................!.................................. 1,273
- Jaminet, — Appareils clefdlrage. — B........,............... II, 821
- J AN (Julien). —Jouets d'eifants.,— C........................ III, 787
- Jandin. .— Etoffes imprimées. — Voyez Meurer. — O............ III, 267
- Japy frères. — Quincaillerie. — R. O.......................... II, 387
- Japy frères. — Mouvements de pendules et de montres. — R. O. . II, 506
- Ja.py (Louis). — Mouvements de pendules él de montres. — N. A.. Il, 507
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- cxxxvu ------
- Jardin botanique de l’École de médecine. — C................ I, 246
- Jardin d’hiver des Champs-Élysées.— C....................... I, 248
- Jarrin. — Becs de lampe.— M................................. IF, 650
- Jaudin (Ambroise).—Papier d’étain. — B...................... II, 286
- Jaulin.—Instruments mixtes.—B................................ Il, 617
- Jay (A.). — Chapellerie. — R. A........................... III, 698
- Jayet. — Mackines k calculer. — Voyez Maurel. — O... II, 542
- Jeanjean aîné. — Croisées à percussion. — Voyez Mazauyé.— C. III, 445
- Jeannette. — Comble en fer, pont en fonte. •—M............... II, 107
- Jeannin. — Meubles de fantaisie. — C........................ III, 417
- Jeanningros.— Coutellerie. — M............................... II, 372
- Jeanray. — Machines à diviser. — Voyez Vande. — R. B...... II, 561
- Jeanselme. — Ebénisterie de siège. — M...................... III, 418
- Jeanselme (Joseph-Pierre-François). — Objets d’ameublement
- — A......................................................... III, 414
- Jeantet.—Culture.—A........................................... I, 286
- Jeanty-Prevost. — Fabrication et raffinage de sucre. — Voyez Per-
- raud etC18. — R. A...................................... II, 749
- Jeoffrin (M“®). — Chapeaux de femme.—Voyez Brie (Mrae).—
- R. M......................................................... III, 713
- JessÉ (G). — Nouveautés pour robes, châles et écharpes. — Voyez
- Sabran. — O.................................................. III, 87
- Jeunesse (Jean-Auguste). —1 Chaussures en cuir. — M......... III, 670
- Joannard. — Linge damassé. — Voyez Grassot. — A. ....... . III, 254
- Joanne. — Appareils d’éclairage. — N. B..................... Il, 646
- Joas (Esther) (M11"). — Ouvriers non exposants. —A.......... III, 305
- Johannot.—Papiers. — R. O................................... III, 580
- Johnson. — Culture maraîchère. — C............................ I, 245
- Joliet. — Tissus de crin. — N. B............................ III, 137
- Joliot (Achille). — Outils. — B............................. II, 379
- Jolly-Leclerc. — Ébénisterie. — R. A........................ III, 410
- Joly aîné. — Corderie. — A................................... II, 223
- Joly. — Comble enfer, pont en fonte. — A.................... II, 104
- Joly. — Plumes et porte-plumes. — G......................... III, 842
- Joly. — Tissus de soie. — Voyez Croizat. — O................ III, 124
- JomeAü. — Comble enfer, pont en fonte. —M.................... II, 106
- Jonquier. — Laines. —Voyez Chirat. — B........................ I, 328
- Jorazy. — Tissus. — B....................................... III, 306
- Jordan (Joseph).— Tabac.— B................................... I, 125
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- CXXXVIII ----
- Jonuis.— Marqueterie. —M...................................... Ilf, 418
- Joseph. — Tabatières. — Voyez Adt et Bartii. — B.............. III, 803
- Josset (Louis). — Maroquins, cuirs hongroyés et mégissés.
- — B................................................... III, 615
- Joubert-Bonnaire. — Toiles à voiles. — N. A................... III, 263
- Jouhaneaud.—Porcelaine.—Voyez Dübois. — B...................... II, 869
- Jourdain, — Passementerie. — Voyez Naudin. — C...*............ III, 172
- Jourdain et fils. — Draperie Jine. — R. O..................... III, 22
- Jourdain (Xavier). — Tissas de coton blancs et écrus. — O..... III, 195
- Jourdain-DÉfontaine. — Tissus de laine de Tourcoing. — A. . . . III, 79
- Jourdan et Cie. — Dentelle. — M. O............................ III, 298
- Jourdan et C16. — Impression et teinture d'étoffes. — O........ II, 781
- Jourdy. —Bougies et cierges. — Voyez Santonnax. — C........... Il, 770
- Journet et Ci0. — Papiers. — B................................ III, 589
- Jouvin. -— Ganterie de peau. — Voyez Doyon. — O............... III, 769
- Jouzel-àrondel (C.). — Toiles àvoïles. — M.................... III, 264
- Joyeux (Ch.). — Bonneterie. — Voyez Laune. — B................ III, 155
- Joyeux (Émile). — Bonneterie. — B............................ III, 157
- Juhel-Desmares. — Draperie moyenne et commune. — A............ III, 48
- Julien.—Produits chimiques. — B................................ II, 725
- Julien frères. — Ganterie en peau. — C........................ III, 773
- Julien (Jean-Baptiste-Félix). — Fleurs artificielles. — R. B.... . III, 654
- Julien (Mlle).—Dentelles. — B................................. III, 295
- Julienne. — Couleurs viirifiables. — M....................... II, 874
- Juliot. — Orfèvrerie. — C..................................... III, 575
- Jullien (André-Amédée). — Passementerie pour ameublements.
- — A................................................... III, 163
- Jumeau. — Jouets d’enfants, bimbeloterie. — B................. III, 784
- Jundt ( J.) et C10. — Papier-porcelaine. — M....,............. III, 817
- Junod (François-Louis). — Moulures et cadres. — M............ III, 449
- Junot. — Châles de Paris. — N. B........................... III, 103
- Jurisch (Sébastien). — Chaussures en cuir. —C................. III, 671
- Jury fils. —Passementerie et rubanerie. — R. B................ III, 165
- K
- Kæppelin.—Lithographie.— O.................................... III, 505
- Kæppeun. — Machines et appareils vinicoles. — B. . . ........... I, 202
- Kaindler. — Étoffes imprimées. — Voyez Goivdier. — C......... III, 276
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- --- CXXXIX
- Kaucher. — Quincailleriej ustensiles de cuisine et de ménage. —>
- Voyez Westermann.—B......................................... II, 394%
- Karmes (Ph.). — Céréales. — A...........«................., . . . . I, 229
- Kedji-Mohamed. — Fourneaux de pipe.—Voyez Mohamed-Ould-
- Barbar-Ali. — M.............................,............... I, 338
- Kestner (Charles).—Produits chimiques. — O..,.................. II, 710
- Keteleer (Jean-Baptiste). — Horticulture etjleurs. — Voyez Thibaut (Louis). — A.............................................. I, 252
- Kettinger et fils. — Tissus de coton blancs et écrus. — H. C.. . . III, 193
- Kientzy. — Machines à vapeur. — R. B........................... II, 68
- Klammer (Gérard). — Chaussures en cuir. — M.................... III, 670
- Kleber. — Papiers. — Voyez Blancïiet. — R. O................... III, 581
- Klein. — Tissus.— B............................................ III, 306
- Klein. — Ebénisterie d’art. —- R. B............................ III, 411
- Klemm. — Grande chaudronnerie. —B............................... II, 120
- Klinglin (De). — Verrerie. — R. O.... ......................... II, 886
- Klotz (Marc). — Chapellerie. — B............................. III, 706
- Knab. — Conservation des bois. — B............................. II, 697
- Kob et C10. — Papiers peints. —> Voyez Lapeyre. — N. A......... III, 526
- Koch. — Ébénisterie d’art. — M................................. III, 413
- Koechlin frères. — Tissus de coton imprimés. — R. O........ III, 215
- Koehler. — Reliure.—R. A....................................... III, 518
- Koenig (Napoléon). — Tissus de coton, fabrication d’Alsace. — A. III, 205
- Kons (Jean). — Toiles et tissus métalliques. — B................ Il, 414
- Koska. — Pianos. — R. B........................................ II, 583
- Krafft (Jacques). — Cylindres gravés. —A....................... III, 512
- Krauss. — Grande culture. —A..................................... I, 28
- Kriegelstein. — Pianos. — R. O................................. II, 575
- Krieger. —Ébénisterie d’art. — B............................... III, 412
- Kropff. — Fourrures. — C............................ ..........III, 618
- Kruines. — Instruments de mathématiques. —B..................... II, 557
- Kubitschek. — Marqueterie d'incrustation d’ivoire. — B......... III, 432
- Kulmann. — Produits chimiques. — N. O........................... II, 704
- Kuntzer. — Draperie moyenne cl commune. — O.................... III, 41
- ICussmann. — Sangsues artificielles. — Voyez Georgy. — B....... III, 634
- L
- Labat (Pierre). — Bouionncrie. — C............................. 111, 756
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-
- --- CXL
- Labdaye. — Instruments de cuivre. — A......................... II, 600
- Labbé. — Appareils pour peser et çjrandes balances pour le commerce.
- — C...................................................... 11,540
- Labbé. — Objets d'ameublement. — Voyez Larroüy. —M............ III, 415
- Labbé (Louis-Alphonse). — Passementerie debroderie. — B. . . . III, 167
- Labbé (Pierre). — Machines diverses. — M...................... II, 244
- Labiosse (Barthélemy). — Etoffes indèplissables pour lingerie.
- — M................................................... III, 200
- Laborde. — Pianos. — M........................................ II, 584
- Laboüysse (Jules). — Essieux et boîtes de roues. —C........... II, 205
- Labrousse (Joseph). — Étoffes imprimées. -— M............... III, 275
- LabrüguiÈre. — Ouvrages en cheveux. — C....................... III, 692
- Labürthe (B.). — Billards.—M.................................. III, 438
- Lacaille-Trincard.—Mosaïques. — C............................. III, 476
- La carrière (Auguste). — Bronze pour l’éclairage. — O......... III, 363
- Lachapelle. — Laines cardées et peiqnées. — Voyez Levarlet.
- — N. A....:........................................... III, 8
- Laciiassagne.—Porcelaines.—Voyez Rüaud.— B.................... II, 869
- Lacombe. — Tabacs. — M........................................ I, 293
- Lacombe et Cie. — Papiers. — Voyez Dorandeau. — R. O..........III, 582
- Lacombe (Sabin). — Fabrication defer.—* B..................... II, 320
- Lacombe (Jean-Louis). — Parfumerie. — C....................... II, 684
- Lacoür frères. — Draperie moyenne et commune. — Voyez Boyer
- aîné.—B.................................................... III, 52
- Lacoür (Nicolas-Alexandre-Laurent). — Ateliers de construction.
- — C..................................................... I, 170
- Lacroix-Lassez. — Tissus imperméables. —B..................... II, 701
- Lacroix frères. — Papiers.— R. O............................. III, 581
- Lacroix père et fils. — Machines à imprimer la lilhoqraphie. —
- N. A....................................................... II, 175
- Ladrey. — Elevage de bestiaux. — C............:............... I, 92
- Lafaye (Prosper). — Peinture sur verre. — À................... II, 880
- Laffay. — Horticulture et fleurs. —B...........*.............. I, 255
- Lafforest (Titus). — Soie. — C................................ I, Ul
- Lagache (Julien-Clovis). — Tissus de laine de Roubaix. — O... III, 72
- Lagarde.— Coutellerie. — M..................................... II, 373
- Laget.— Cotonsfllès. — Voyez DcrcY. — M....................... III, 188
- Lagoutte (Jules-Mathieu). —Fabrication de fer. —B.............. II, 320
- Lagrange (P, F.). — Ateliers de construction. — M............... I, 163
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-
- ------ CXLI --
- LaiGnel (Jean-Baptiste). — Machines pour les chemins de fer. —
- N. A........................................................ il, 83
- Laignier (F. X.). — Grosse quincaillerie. — C................... Il, 365
- LainÉ. — Cartonnages divers. — B.. .. ....................... lit, 826
- Laine-Laroche. — Lin et chanvre. — Voyez Max-Richard. —
- N. A......................................................... III, 241
- Lainé-Laroche. — Toiles à voiles. — Voyey Max-Richard. —
- M. O........................................................ III, 263
- Laisis (Jean-Baptiste) fils aîné. — Carrossier. — M............ Il, 201
- LatsnÉ. — Étrilles enfer. — C.............................. II, 338
- Laisné. — Typographie. — A.................................. III, 569
- Laissé (Napoléon). — Appareils de gymnastique. — M. O........ III, 851
- Laissement (François-Benjamin-Adoiphe).— Étamage. — B... II, 285
- Lajoie (Jean-Auguste). — Dorure. — B......................... III, 400
- Lalanne (Raymond).— Cocons. — M.............................. I, 324
- Lalisel (François).— Cotons filés. — B....................... Ilf, 187
- Lallemand. — Chimie. — A..................................... II, 831
- Lambert. — Fouets. — Voyez Burel et Cie. — C......... III, 745
- Lambert. — Plaqué. — B....................................... III, 332
- Lambert. — Vannerie. — M..................................... III, 807
- Lambert et fils frères. — Chapellerie. — M................... III, 702
- Lambert-Blanchard et C’\ — Nouveautés pour rôles, châles et
- écharpes. — R. A............................................ III, 87
- Laming et Cie. — Produits chimiques. — R. B.................. II, 725
- Lamory (Ch. J.). — Coutellerie.— R. A.......................... II, 368
- Lamotte (Charles) et C10. — Lingerie. — N. B................. III, 714
- Lasioorogx_____Calorifères.—C.................................. II, 808
- Lamy (Henry). — Extraction du zinc brut. — M.................. II, 284
- Lancelevée (Clément). — Tissus. — B........................... III, 306
- Landais. — Faïences. —M...................................... II, 854
- Landron frères.»—Cuirs et peaux. — A.......................... III, 600
- LanÉry (Mathieu). — Mécaniques pour tissus brochés. — M...... II, 156
- Lange. — Couleurs. — Voyez Desmoglin. — R. A................... Il, 692
- Langelot. — Fourneaux et calorifères. — B...................... II, 806
- Langevin (Joseph) et Cu. — Bourre et déchets de soie. — N. O.. III, 115
- Langlet. — Fusion et moulage du cuivre. — C.................... II, 272
- Langlois. — Broderies, etc. — M.............................. III, 286
- Langlois (M11*). — Porcelaines. — R. B......................... II, 867
- Languedocq. — Coutellerie. — R. A.............................. II, 369
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-
-
-
- --- CXLII
- Lannay (E. ). — Cadres dorés. — C.............................. III,
- Lanne (Ét.). — Coutellerie. — B................................ II,
- Lannes de Montebello. — Machine à boucher les vins de Champagne. — R. B...........*........................................ II,
- Lany. — Fourneaux de cuisine. — M.............................. II,
- Lantillon. — Acides gras, bougies stéariques et chandelles. —
- Voyez Lienard et Claüde. — R. M............................. II,
- Laperche (Ad.). — Quincaillerie.— M............................ II,
- Lapeybe. — Papiers peints. — Voyez Kob et C10. — N. A.......... III,
- Laporte (D.). — Coutellerie. — N. A............................ II,
- Laporte (Emile). — Cuirs et peaux. — M......................... III,
- Lara-Minot. — Grande culture. — M.............................. I,
- Larcher-Faüue et C!o. — Tissus de crin. — O.................... III,
- Lard. — Reliure. — M........................................... III,
- Lardière. — Bonneterie. — B................................... III,
- LardiÈre. — Reliure. — R. B................................... III,
- LarenaüdiÈre, — Encre dite de la petite vertu. — B............... II,
- Larenoncdle (Georges). — Quincaillerie. — M...................... II,
- LariviÈre. — Machines à vapeur. — B............................ II,
- LariviÈre-Legris (Mmc ve). — Tissus de crin. — C............... III,
- Laroche (Edouard). — Dessins pour tapisserie. — O............... III,
- Laroche frères. — Papiers. — N. O.............................. III,
- Larociie-Joubert. — Papiers. — Voyez Dumergue et C10. — A.. III, Laroqüe frères et fils. — Tapis. — Voyez Jacqüemet. — N. A . . III,
- Laroüdie (Jean), — Ateliers de construction. — G............... I,
- Larrivé. — Boutonnerie. — M.................................... III,
- Larrooy. — Objets d’ameublement. — Voyez Labbé. — M........... III,
- Larzet. — Horlogerie civile. — C............................... II,
- Laserve. — Bijouterie. — Voyez Royer. — B...................... III,
- Lastic-Saint-Jal. —- Grande culture. — A....................... I,
- Latache. — Elevage de bestiaux. — B......................*..... I,
- Latache. — Élevage de bestiaux. — O............................ I,
- Latune et C10. — Papiers. — Voyez Lombard. — O................. III,
- Ladde. — Meubles en fer. — R. B.. ............................. Il,
- Laüde jeune. — Sommiers élastiques et matelas. — R. B....... , III,
- Laudet (Mm8). — Linge de table. — M............................ III,
- Laugier. — Tabacs. — B......................................... I,
- Laumain. — Horlogerie de haute précision. — B.................. II,
- Laumeau (Adolphe). — Mobilier agricole. — B.................... I,
- 450
- 372
- 825
- 814
- 769
- 396
- 526
- 368
- 608
- 47
- 145
- 522
- 157
- 521
- 742
- 396
- 68
- 139
- 555
- 585
- 586
- 280
- 165
- 755
- 415
- 502
- 457
- 24
- , 86
- 56
- 584
- , 409
- ,855
- , 255
- , 292
- , 491
- , 211
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-
-
-
- ---- CX.LIII -------
- Launay. — Couleurs vitrijiables. — Voyez Robert, IIaütin èt C‘c.
- — R. A.................................................. 11,871
- Laune.—Bonneterie. — Voyez Joyeux (Ch.). — B...................III, 155
- Laurençot (Etienne). — Brasserie. — B..........• ........III, 757
- Laurens. — Usines à fer. — Voyez Thomas. — R. O................ II, 475
- Laurent. — Caractères d'imprimerie. — Voyez De Berny. — N. A. III, 480 Laurent. —Industrie du sondage. — VoyezDegousèe. — O.... II, 97 Laurent. —'Moteurs et machines hydrauliques. — Voyez Decker.
- — A.................................................... II,* 2
- Laurent. — Peinture sur verre. — Voyez Gsell et C*8. — B.. .. II, 881 Laurent frères et sœurs. — Tissus de laine de Tourcoing. — B. . III, 82
- Laurent (Denis-Louis). — Ateliers de construction. — O......... 1, 134
- Laurent (Florentin). — Ateliers de construction. — C........... I, 172
- Laurent (François). — Moulures et cadres. — R. A.......... III, 446
- Laurent (François). — Tabletterie. —. A......................... III, 419
- Laurent (Henri) et fils. — Tapis. — R. O........................ III, 279
- Laurent (Victor). — Régulateur pour métiers à tisser mécaniques.
- — B.................................................... il, 136
- Lauret frères. — Bonneterie. — R. O............................ III, 150
- Laury. — Appareils de chauffage. — R. A........................ II, 803
- Lausser (François). — Sabots. — M................................JII, 683
- Lausser (Pierre). — Sabots. — C................................. III, 684
- Laütiiiez.— Grande culture.—C.................................. I, 51
- Lavauette. — Maroquins, cuirs hongroyès et mégissés. — M...III, 616
- Lavaux (Philippe). — Produits du travail des aveugles. — B.. . . III, 863
- Laverne. — Soie. — Voyez Mathieu (L.). — M........................ I, 110
- Laverne ( Marie-Jules ). — Machines pour la préparation des produits
- agricoles. —M................................................. I, 197
- Lavigne. — Grande culture. — M.................................'. I, 42
- Lavigne. — Mannequins pour tailleurs. — C...................... III, 729
- Lavigne. — Passementerie. — Voyez Sourd. — M..................... . III, 170
- Layoisey. — Draperie fine d'Elbcuf. — Voyez Flamant (Ch.). —
- R. A........................................................ III, 34
- Lavoisy (Amédéc-Désiré). — Machines pour la préparation des
- produits agricoles. — C..,.................................. I, 198
- LAYAetC10. — Minoteries et couscoussous. — A................... I, 328
- Léautaud. — Baleines. — M.. . .................................. III, 743
- LÉ a UT É (F. Ch.). — Châssis à tabatière, serre chaude et moulures profilées en fer. — C............................................ . , II, 412
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-
-
-
- GXLIV ---
- Lebaille. — Minoterie et couscoussous. — À.................... I, 328
- Lebailly (F.-Jean-Charles).— Cuirs et peaux. — N. M........... III, 606
- Lebas (L. E.). — Ateliers de construction, — C................. . I, 179
- Lebatard. — Filets .«articles de pêche.—B..................... III, 848
- Lebedel (Pierre-Adolphe). — Machines diverses. — R. B......... II, 239
- Lebel. — Grande culture. —M..................!.................... . I, 46
- Lebel (Louis). — Serrurerie de précision. — M................. II, 225
- Lebert ( Louis). — Ateliers de construction. — O..............r. . I, 137
- Lebesgüe.—\Lanternes de chemin de fer. — Voyez Rodillet.—M. 11,65 0
- Lebesgues. — Quincaillerie. •— M............................... II, 397
- Lebire ( Alexandre). — Mobilier agricole. — C................*. I, 214
- Leblanc. — Crémones. — C......................................... II, 406
- Leblanc. — Tissus. — B....................................... III, 306
- Leblanc et Cio. — Chauffage à la vapeur. — Voyez Dovoir, etc.
- — N. O....................................................... II, 795
- Leblanc (Adolphe ). — Publications et dessins industriels. —
- A........................................................ II, 190
- Leblanc (Casimir). — Machines de filature (laine peignée). — B.. II, 140
- Le Blanc (Charles). •—Béliers d'épuisement.—A................ II, 104
- Le Bleis fils. — Fécules. — C................................ II, 760
- Leblon* ( Jean-Désiré). — Mannequins en bois. — A............ III, 547
- Lebgeüf. — Poteries fines. — Voyez Millet et Cio. — R. O... . II, 855
- Leboeof (Auguste-Benjamin ). — Serrureries de précision. —
- N.’ B......................................................... II, 224
- Lebon. — Orfèvrerie. — M............,............................. III, 575
- . Lebonniec (Yves). — Filature. — C.......................... I, 112
- Lebordais. — Poudre de verre pour ïébénisterie. — R. M........ II, 738
- Leborgne. —Pailles pour chapeaux. — Voyez Dotour. — B.... III, 711 Leborgne etCie (Charles). — Toiles de lin et de chanvre. — B.. III, 251
- Lebreton (René-Christophe). — Chaussures en cuir. — C.........III, 671
- Lebrcn.—Chaussures en cuir. — AI.............................. III, 671
- Lebrün. — Instruments d'optique. — B............................ II, 526
- Lebrun. — Orfèvrerie. — R. O...................................... III, 322
- Lebrun. — Reliure. —N. B......................................... III, 520
- Lebrun (Jean-Baptiste). —Instruments d'optique et de mathématiques. — B........................................................ II, 527
- Le Brun jeune (Joseph-Alexandre). — Marbrerie. — A................ II, 438
- Lecat. — Grande culture. — A.................................. I, 30
- Lf.cerf(M.) — Broderies.—‘B................... ............... III, 296
- p.r144 - vue 148/557
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-
- CXLV ---
- Le Cerf (F.).— Quincaillerie. — M............................ II, 396
- Leclerc. — Machines à vapeur. — M.......................... II, 70
- Leclerc. — Pompes à incendie. — B........................... II, 53
- Leclerc. — Tissus. — B...................................... III, 306
- Leclerc (Léon). — Grande culture. — M ................... I, 46
- Leclère. — Fruits.—M........................................ I, 264
- Leclère (Théophile-Abel). — Cadres en cuivre. — M... »......III, 449
- Léclüse-Biard. — Coutils de fil. — R. B....................., . III, 259
- Lecocq. — Appareils de chauffage. — R. B......... .......... II, 805
- Lecocq (Nicolas-Hippolyte). — Cuivre estampé et verni. — R. A. III, 382
- Lecôèq-PrÈville.— Ganterie de peau. — B..................... III, 771
- Lecointe. — Machines à vapeur. — M.......................... II, 71
- Lecomte.—Instruments de physique et balances.—'B............ Il, 525
- Lecomte. — Tissus de laine légers. — Voyez Clérambault. — B. III, 65 Lecomte. — Tissus de coton en blancs etécrus.— Voyez Stroehlin
- etPeynaed. —A............................. .-.N......... III, 197
- Leconte. — Engrais. — A..................................... 1, 220
- Lecoq.— Terres cuites. — Voyez Genillter et Planaix.— B... II, 851
- Lecornek. — Grande culture. — B............................. I, 34
- Lecornu.— Dentelles. — M.................................... III, 297
- Lecottier. — Grande culture. — A............................ I, 30
- Lecreps —Elevage de bestiaux.—A............................. I, 91
- Lecrosnier (Mlle). — Broderie au crochet. — C............... III, 288
- Le Crosnier (Michel-Louis). — Toiles cirées. — A............ III, 619
- Lécuyer (Catherine). — Tissus. — M.......................... III, 306
- Le Dansedr. — Crayons. — Voyez De la Ruelle. — B............ II, 474
- Ledée (Luc).—Billards. — C.................................. III, 441
- Le Doyen. — Appareils de vidange. — Voyez Raphanel et Rouget
- de Lisle. — M........................................... II, 186
- Ledru (Hector). — Tuyaux de tôle zinguée.—Voyez Robin etC10.
- — B..................................................... II, 418
- Leduc (Charles). — Lin et Chanvre. — M...................... III, 247
- Lefaucheux. — Armes à feu. — A.............................. II, 626
- LefÈbure. — Chaussures en cuir. — Voyez Dumery. — O......... III, 665
- Lefebure (A.). — Dentelles. — R. O.......................... III, 292
- Lefebvre. — Fabrication et raffinage du sucre. — Voyez Dubreuil,
- Dervaüx et Defitte.— A.................................. II, 751
- Lefebvre. — Frottage des appartements. —-B................... II, 742
- Lefebvre. — Mouvements de pendules et de montres. — B...... II, 51 i
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- --- CXLVI
- LefÈbvre. — Papeterie de laxe. — R. C...................... HT, 810
- Lefebvre.^—Plumes et porte-plumes. — C. O.................. III, 841
- Lefebvre. — Pièces détachées pour machines de fdalure, etc. —
- Voyez Ory (Mmo v°). — B.................................. II, 137
- Lefebvre. — Registres. — M................................. III, 832
- Lefebvre. — Tissus de coton blancs et écrus. — Voyez Hamelin
- (MœB ve). — B........................................... III, 199
- Lefebvre et G10. — Passementerie de tissu métallique. — Voyez
- Malézieux. — A..........................................< III, 164
- Lefebvre et C10. — Substances minérales. — C................. I, 298
- Lefebvre frères. — Distillation des mélasses et alcools. —M. O.. Il, 752
- Lefebvre (Th.) et G‘e. — Produits chimiques. — R. Q.......... . II, 706
- Lefebvre (MIIe M.-A.-C.). —Serre portative, bâche double et châssis
- enfer.—M................................................. II, 411
- Lefebvre-Ducatteau frères. — Tissus de laine de Pioubaix. — R. O. III, 71
- Lefèvre. — Horlogerie civile. — C.......................... II,‘ 503
- Lefèvre. — Lithographie.—M................................. III, 508
- Lefèvre.— Vernis. — M....................................... II, 740
- Lefèvre (Auguste). — Taxidermie.— B...................... III, 545
- Lefèvre ( Jules-Jean-François ). — Reliure.—C.............. III, 523
- Lefevre de Maisons. — Grande culture. — A.................... I, 27
- Lefort (Laurent-Joseph). — Machines diverses. — B..........» II, 241
- Lefoür. — Maroquins, cuirs hongroyés et mégissés. — B...... III, 614
- Lefranc frères. — Couleurs. — O............................. II, 691
- Legal. — Cuirs et peaux. — A............................. III, 601
- Legallou (Henri). — Grande culture. —: A..................... I, 33
- Legavre (Hugues). — Passementerie pour nouveautés pour dames.
- — C..................................................... III, 173
- Legavrian. — Machines à vapeur. — Voyez Farinec. — A. ... II, 65
- Legardeür (A.-P.).— Limes. — C.............................. II, 358
- Legendre. — Elevage de bestiaux. — B......................... I, 87
- Léger. — Machines et appareils vinicoles. — M.............. 1, 207
- Léger - Francolin. — Couvertures. — Voyez Gouchereau. —
- N. B.................................................... III, 59
- Legrand. — Savons. — B.. ................................... Il, 679
- Legray (Gustave).—Héliographie sur papier. — B............. III, 539
- Legrix. — Draperie fine d’Elbeuf. — Voyez Sevaistre aîné. —
- O..................................................... III, 33
- Legüay. — Boutonnerie.—C,.................................. III, 756
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-
- CXLYII
- Leuodëy. — Clysoirs. — M...................................... III, 644
- Lehoult et Cie. — Articles de Saint-Quentin. — R. O........... III, 226
- Lehüby et C10.— Produits chimiques. — C......................... II, 736
- Lehüjeür. — Tissus divers. — Voyez Retoust. — M................ III, 211
- Lejeune, — Chapellerie. — M.................................... III, 704
- Lejeune-Mathon. — Laines fdées. — A............................ III, 9
- Lelièvre et fils. — Batistes et linons. •— Voyez Delame. — B. . III, 259
- Lelièvre et C10. — Fabrication du fer. — Voyez Serret. —
- R. O....................................................... II, 307
- Lelogé. — Filtres ascendants. — R. B............................ II, 821
- Lelong. — Chaînes dorées. — R. A............................... III, 461
- Leloup. — Machines à vapeur. — A................................ II, 66
- Leloutre (Jules). — Serrurerie de précision. —N. M.............. Il, 219
- Lemaire. — Capsules-amorces. — Voyez Gévelot. — A............... II, 638
- Lemaire. — Ressorts de montres. — C.............................. IL 529
- Lemaire (Maximilien). — Ateliers de construction] — B......... I, 167
- Lemaire-Daimé. — Moules et papier à cigarettes. — M........... III, 818
- Lemaître. — Horlogerie civile. — C............................ II, 502
- Lemaître (Louis). — Grande chaudronnerie. — N. O.............. II, 109
- Lemaitre-Demeestère. — Toiles de lin et de chanvre. — N. A.. . III, 249 Lemarchand. — Ébénisterie d'art. — Voyez Lemoine. — N. A.. . III, 409
- Lemare (Mm0ve). —Appareils culinaires. — R. A................. II, 811
- Lemarié. — Grande culture. — O.............................* . . 1, 21
- Lemasson. — Corsets. — C....................................... III, 724
- Lemaux (Docteur). — Appareils herniaires et d'orthopédie. — B.. III, 629
- Lemaüx (Le docteur). — Machines diverses. — M. O................ II, 245
- Lemée père. — Grande culture. — A................................ I, 32
- Lemercier. — Lithographie. — N. O............................. III, 504
- Lemesle. — Boutonnerie.— B.................................... III, 753 '
- Lemesle (Philippe-Adrien) et fils. — R. B....................... II, 446
- Lemire. — Produits chimiques. — R. O............................ II, 706
- Lemire père et fils. — Tissiç de soie. — R. O.... '......... III, 123
- Lemoine. —- Ébénisterie d'art. — Voyez Lemarchand. — N. A. . III, 409
- Lemoitre. — Serrurerie de précision. — N. M................... II, 219
- Lemolt. — Appareil à produire la lumière électrique. — M...... Il, 528
- Lemonnier. — Machines pour les chemins de fer.—Voyez Guérin.
- — M.......................................................... II, 87
- Lemonnier. — Ouvrages en cheveux. — M.......................... III, 690
- Lemonnier-CiienneviÈre. — Draperie fine à'Elbeuf. — A............. III, 35
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- — cxlviii —
- Lemotiieux. — Grande culture. — C.......................... I, 49
- Lemoült.—-Acides gras et bougies stéariques. — VoyczPETiT.— A. II, 766 L’Empereur. — Machines diverses.—'Voyez Rouget de Lisle. — B. II, 240
- Lenègre.— Reliure. — A.................................... III, 510
- Leneuville (Jean-Baptiste). — Machines. —C................... II, 249
- Lenormand. — Culture maraîchère. — A. . . . ................. I, 241
- Lenormand. — Draperie moyenne et commune. — R. A............ III, 44
- LenÔtre. — Appareils pour eaux minérales factices. — M,....... II, 827
- Léon. — Vernis. — R. B..................................... II, 737
- Léonard. — Dessins pour tapisserie. — C.................. III, 563
- Léonard. — Ganterie de tissus. — Voyez Cambon. — C.......... III, 775
- Léonard. — Meubles enfer. — M................................ II, 409
- Léonard (Charles). — Sommiers élastiques et matelas. — C. O.. . III, 855
- Léonard (Laurent). — Bougies. — C.......................... II, 770
- Lenud. — Calorifère à air chaud. — M ...................... II, 807
- Lepage (J.-H.).—Limes.—C.................................... II, 358
- Lepage-Moutier.— Arquebuserie.— N. A......................... II, 624
- Lepan (Théodore). — Plomb. — C.............................. II, 280
- Leparquois. — Draperie moyenne et commune. — B. . ......... III, 53
- Lepaul (Camille-Romain). — Serrurerie de précision. — R. A.. II, 214
- Lepaute (Henri). — Phares. — R. O............................ II, 529
- Lepeletier. — Produits chimiques. — Voyez Mallet. — B.... II, 730
- Lepelletier-Damas. — Articles de Saint-Quentin. —B......... III, 229
- Leperdriel. — Clysoirs. — B................................ III, 643
- Lepicard. — Rouennerie.—N. B................................ III, 209
- Lepontois (Armand). — Futaine. — M......................... III, 200
- Lepreux. — Fermeture et meubles en fer. — M.................. II, 405
- Leprince de Beaufort (Mm0 ve).— Papier dit Gipsy. —M. . . III, 818
- Lequien (A.-J). — Ateliers de construction. — C............... I, 178
- Lequin et C10. — Féculeric. — M............................ II, 667
- Lerebours. — Instruments de physique et d’optique. — Voyez
- Secretan.— N. O........................^............... II, 515
- Leriche (A.-P.-J.). — Soufflets de forge. — C................ II, 377
- Leroi. — Usine à gaz. — M.................................. II, 650
- Leroi de Béthune. — Agronomie. — O............................ I, 20
- Lerolle frères. — Bronzes d’art. — A........................ III, 356
- Leroux. — Produits chimiques.—R. A........................... Il, 718
- Leroux (Jean-Constant). — Navette pour la fabrication des couvertures.— C.............................................. H, 146
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-
- CXLIX
- LeRoux. — Horlogerie civile. — C............................ II, 502
- Leroux. —Lin et chanvre. — Voyez Heczé, RadïGüet, Homon
- et Goory. — O............................................ III, 241
- Leroux-DüfiÈ. — Fabrication et raffinage du sucre. — R. A... H, 749
- Leroy. — Aréomètres, alcoomètres, etc. — R. M............... II, 528
- Leroy. — Dessins pour broderies. — M........................ III, 562
- Leroy. — Gardes-robes hydrauliques. — R. B. ... .............. . II, 187
- Leroy et fils. — Draperie fine de Sedan.—.Voyez RauliîT(Nicolas) et Cie. —A........................................... III, 29
- Leroy (André). — Arboriculture.—O........................... I, 272
- Leroy (Charles). — Chandelles.— R. B........................ Il, 768
- Leroy (Charles). — Chandelles et bougies stéariques. Voyez
- Delaunay.— R. M.......................................... Il, 769
- Leroy (Dominique). — Grande culture. — B...................... I, 37
- Leroy (Eugène). — Orfèvrerie. — B.......................... HI, 574
- LeRoy-Soyez (veuve). — Verrerie. — B................... II, 890
- Lesage (L.-F.).— Outils. — B................................ II, 379
- Lescüre et C‘°. — Forges. — M............................... II, 327
- Lesenne.— Élevage de bestiaux. — À............................ I, 69
- Leseüre. — Velours brodés. — B.............................. III, 295
- Lesiecr. — Imitation des bois et marbres par la peinture. — C. . . . III, 399
- Lesourd-Delisle. — Machines et appareils vinicoles. — B..... 1, 205
- Lespxnasse. — Fours. — A.................................... II, 819
- Lesquesne. — Machines diverses. — A............................. II, 234
- Letillois.— Vernis.—M....................................... II, 738
- Le Tillois (François). — Tableaux d’étude de marbre. — M. O.. II, 447 Letort. — Bustes et têtes pour coiffeurs, couturières, modistes, etc.
- — C...................................................... III, 843
- Letourneau. — Phares. — A................................... II,*530
- Letourneau (Victor). — Boutonnerie. — B..................... III, 752
- Leudolph. — Meubles de fantaisie. —B......................... . : III, 416
- Leüne (Pierre-François). — Mobilier agricole. — C........... I, 214
- Leunenscheoss. — Tissus imperméables. — M.................. II, 703
- LevAcher fils. — Pépinières. — B............................ I, 266
- Levacher-d’Urclé. — Pianos. — C............................. Il, 585
- Levarlet. —Laines cardées et peianées. — Voyez Lachapelle. —
- N. A. :.................................................. III, 8
- Levasseur '(Mlle). — Tapisserie au métier. — M.. . ......... III, 286
- LéveiLlè. — Teinture des tissus. —R. O...................... H, 180 •
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- ---- CL -----
- Leveillé frères. — Cotons filés. — M............................. . . III, 192
- Lèvent aîné. — Lanternes à réflecteur. — M......................... II, 651
- Lévêqüe. — Machines diverses. — M.................................. II, 245
- LÉvêque. — Meubles avec incrustation d'ivoire. — M............... III-, 432
- Lévesque père et fils. — Machines. — B............................ II, 55
- Levillayer. — Lingerie. — M..................................... III, 715
- Levy. — Bronzes d’art. — M...................................... III, 362
- Lewen et fils aîné. — Cuirs et peaux. — R. A.................... III, 598
- Lewille et C18. — Clouterie. — B................................... II, 365
- Leydecicer. — Instruments de physique. — R. B................... II, 525
- L’Hominy. — Serrurerie de précision. —M............................. II, 225
- Lhüillier. — Plumeaux. — M...................................... III, 799
- Liazard. — Fécule, glucose, alcool et vinaigre. — B. — Voyez Isabelle........................................................... Il, 759
- Lichtenstein Westphal et C‘e. — Riz. — O........................ I, 235
- Liégard. — Sellerie et bourrelerie. — R. A...................... III, 659
- Lienard. —Acides gras, bougies stéariques et chandelles. —R. M.
- Voyez Claude et Lantillon................................... II, 769
- Lienard. — Dessins pour meubles. — O............................ III, 568
- Liermann. — Porcelaine. — C..................................... II, 871
- Lierval (Eugène). — Horticulture et fleurs. — C................... I, 263
- Liesciiing. — Bitume asphaltique. — Voyez Nuty. — B............. II, 450
- Ligeard (Adrien). — Atelier de construction. —M.................... I, 161
- LigniÈres. — Draperie moyenne et commune. — A...................... III, 47
- Limonaire (Antoine). — Pianos. — B................................. II, 583
- Lion frères. — Châles de Paris. — A................................ III, 102
- Lippmann. — Grande culture. — M.... •............................... I, 46
- Lizars et C;c. — Appareils d’éclairage. — Voyez Siry.— N. B.. II, 645
- Lobin (Léopolcl). — Peinture sur verre. — M........................ Il, 883
- Loddé. — Plumeaux. — B.......................................... III, 799
- Lods (Claude-François). — Trains de voitures. — B.................. II, 199
- Loeüillet. — Caractères d’imprimerie.— R. B....................... III, 484
- Loffredo. — Corail. — B............................................. I, 345
- Loire.— Tabletterie. —C........................................... III, 422
- Loiseau. — Instruments de physique et d'optique. — B............... II, 526
- Lombard. — Marqueterie. —- R. B.. . >............................. III, 417
- Lombard. —Papiers. — Voyez Latune. — O.............................dll, 584
- Lombard. — Sculptures de carton-pierre. — R. B..................'. III, 370
- Longuet. — Registres. — C....................................... Ili, 834
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-
- CLI -----
- Longüet-Lecomte. «— Sac Je réglisse.— M.................... II, 6G9 -
- Lorentz (Eugène-Nicolas). — Conservation du houblon. — B.. I, 126
- Loret. — Serrures et métier à gants. — C........... ........... II, 407
- Loron. —Armes à feu. — M........................................ II, 635
- Lorrain-Brigot et Cîe. — Passementerie. — C.................... III, 171
- Lortic. — Reliure. — M........................................ III, 522
- Lotie — Ébénislerie d’art. — C................................ III, 413
- Lottin (Réné). — Horticulture et fleurs. —- C................. I, 263
- Lotz fils aîné. — Compteur en cuivre. — R.M................... Il, 551
- Loübon-Gaüdet-Dufresne (Mma). — Fleurs artificielles. — C.. III, 653
- Louet. — Cuirs et peaux. — Voyez Burdallet. — B............... III, 603
- Logis (Saint-). — Cristallerie. —R. O......................... II, 885
- Loüvel. — Céréales. —- C..................................... I, 235
- Loüvel.— Fleurs artificielles. — Voyez Cabanis. — M........... III, 655
- Loüvel. — Sabots. — Voyez Champonnière. — M................... III, 682
- Louvel (Alexandre). — Sabots.— M.............................. III, 684
- Loüvet. — Cuirs et peaux. — Voyez Cottard. — M................ III, 605
- Lübienskt. — Dessins pour robes, etc. — B..................... III, 561
- Lücas. — Plantes agricoles. — C.................................. I, 240
- Lucas. — Grande culture. — C..................................... I, 51
- Lucas frères. — Laines peignées. — R. O........................ III, 7
- Luce. — Miroiterie. — M........................... ........... III, 453
- Luce-Villiard (Jean-François). — Bonneterie.—M................. III, 158
- Lucq et Cic. — Quincaillerie. — VoyezDandoy-Maieliard. — A. II, 130
- Lucy-Sédillot et Cia, — Articles de Tarare. — A................ III, 228
- Luddemann.— Horticulture et fleurs. —Voyez Pescatore (Jean-
- Pierre).— B................................................... I, 259
- Luër. — Instruments, apareils de chirurgie. — O ... .......... III, 624
- Lugol. — Métier à tapisserie. — C............................. III, 567
- Lupin. — Grande culture. — C..................................’.. I, 48
- Luquet. — Bijouterie. — Voyez Picot. — B...................... III, 456
- Lüssigny frères. — Batistes et linons. — B.................... III, 259
- Lusson. — Peinture sur verre. — B............................... II, 882
- Lütz. —Machines diverses. — B................................. II, 239
- Lutz (Frédéric). — Formes. — M. O.............................. III, 688
- Lutzow. — Matières colorantes. — C.. ............................ I, 308
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-
- ---- CLII
- M
- Mabaux de la Frasse. — Bandages. — M............................ III, 033
- Mabire. — Grande culture. — A................................... 1, 32
- Mabire. — Horlogerie civile. — C................................ II, 503
- Maccaud. — Becs à gaz. •— M..................................... II, 651
- Macjè (Mme). — Corsets. — C..................................... III, 725
- Machet-Marotte. — Tissas de laine légers. — B................... III, 65
- Madeline. — Cires à cacheter. —.M............................... II, 741
- Mader frères. — Papiers peints. — R. A.......................... III, 527
- Maës. — Cristallerie. — O. .... /............................... II, 886
- Maffre. — Produits chimiques. — M............................... I, 301
- Magnier. — Papiers peints. —Voyez Clerc etMargeiiidon. — B. III, 528
- Magnin. — Substances alimentaires. — R. A...................... II, 655
- Magnus. — Orjévrerie. — C . .................................... III, 575
- Maigne. — Meubles enfer. — C...................................... Il, 1
- Maillard. — Meubles-lits. — C.................................... III, 860
- Maillard et Cie. — Billards. — M................................ III, 438
- Maillart. — Grosse quincaillerie. — Voyez Scolfort. — B.. . . II, 364
- Mailles (Bernard).—Coutellerie. — B............................... II, 371
- Maillier. — Mesures pour tailleurs. — C.......................... III, 730
- Mailly.— Savons. — M............................................ II, 682
- MainÉ. — Pianos. — Voyez Hercij. — B............................ II, 581
- Mainet. — Elevage de bestiaux. — M................................. I, 60
- Mainfroy. —Meubles en bois laqué et peint. — N. B............. III, 427
- Maire.— Produits chimiques. — O................................. IL 714
- Maeloef-Kalfoun. — Tabacs. — B.................................. I, 292
- Malbec et C10. — Meules à aiguiser. — R. A...................... II, 458
- MalÉzieex. -— Passementerie de tissu métallique. — Voyez Lefebvre et C‘“. —A................................................ III, 164
- Malherbe (Jean-Marie). —Plomb. — C................................ II, 280
- Malhian aîné. — Châles de Nîmes. — M............................ III, 112
- Malingre (Stanislas). — Horticulture et fleurs. — M................ I, 261
- Mallard et C10. — Etoffes pour ameublement. — B.................. III, 85
- Mallat. — Articles de bureau. — B................................ III, 837
- Mallat. — Dentelles. — Voyez Pjgache. — A........................ III, 294
- Mallet. — Cotons filés. — Voyez Van-Troyen, Mallet etCie.—
- R. O.......................*................................ III, 178
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-
-
- GLIII -----
- Mallet. — Marqueterie. — M................................. 111, 418
- Mallet. — Produits chimiques. — Voyez Lepeletier. — B. . . . Il, 730 Mallet et Cio. — Colons fdés. — Voyez Mallet et Van-Tuoyen.
- — R. O.................................................. III, 178
- Mallet et Cie. — Produits chimiques. — A................... II, 723
- Malsan. — Encre d'imprimer#. — C........................... II, 743
- Malteau. — Machine à fouler. — N. B........................ II, 164
- Malzac (Florent). — Bourre et déchets de soie. — Voyez ValÈs
- (Casimir). — M.......................................... III, 116
- Mame (A.). — Typographie. — O.............................. III, 494
- Manche (Désiré). — Laines fiées. — M....................... III, 11
- Manignet. — Draperie moyenne et commune. — R. B, . ........ III, 49
- Manister. — Gravures sur bois. — Voyez Wiesener. — M....... III, 486
- Manoury-d’Ectot. — Publications et dessins industriels. — M. . . II, 191
- Mansard. — Grès cérames. — R. A.............................. . II, 858
- Mansonnier. — Presse à boucher les bouteilles. — C........... II, 829
- Mansson-Michelson. — Ateliers de construction. — B. .......... I, 168
- Mantelier et Cie. — Châles de Lyon. — B..................... III, 107
- Mantois (Mm0). — Coloriage de planches anatomiques. — B.... III, 545
- Mantz. — Tissus de coton imprimés. — Voyez Steinbach et Blech.
- O........................................................ III, 217
- Maquet (Charles-Antoine). — Lampes pour bijouterie. — C.... III, 463
- Marais. — Tissus. — M...................................... • . • III, 306
- Marangoni. — Mosaïque. — M................................ III, 475
- Marbach (Pierre-Maximilien). — Comptoirs d’étain. —M......... II, 286
- Marcaille et fils aîné. — Fusion et moulage du cuivre. — B. ... II, 271
- Marcel (Louis). —- Draperie fine de Louviers. — R. A........ III, 24
- Marcel jeune.—Chocolats. — C................................. II, 670
- Marcelin. — Mosaïque.. — R. A............................. III, 475
- Marcellin-Legrand. — Gravure de caractères. — R. O.......... III, 477
- Marceroo. — Cirage. — C.................................... II, 743
- Marciial.— Pâtes d’Italie, etc.—M............................ Il, 668
- Marchal (Ph.) — Billards. — B. ............................. III, 437
- Marchand (Jean-Baptiste). —Bronzes d'art. — B............ III, 358
- MaRciiand-Lecomte. — Couvertures.— R. B..................... III, 59
- Marc-Martin.— Tuiles. — M.................................... Il, 841
- Maréchal. — Typographie. —M.............................. III, 575
- Maréchal (V°). — Soies grèges. — B............................ I, 323
- Maresciial, — Machines diverses. —B.......................... Il, 240
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- CLIV ----
- Marest. — Tissus. — M......................................... III, 307
- Margeridon. — Papiers peints. — Voyez Magnier et Clerc. —
- B........................................................ III, 528
- Margoz père et fils. — Tours. — R. B.......................... II, 122
- Margüerie (Bernard) —Papiers veloutés. — A.................... III, 527
- Mariatte. — Brosserie. — Voyez Jacquemot. *— B................ III, 758
- Marie etCie. — Tissus divers. — R. B........................ III, 211
- Marion. — Papeterie de luxe. — N. B......................... III, 808
- Marion. — Dentelles. — Voyez Idril. — B..................... III, 299
- Marmuse — (C. Th.). Coutellerie.— B........................... II, 371
- Marnas.—Soies teintes.—B.................................... II, 787
- Marquis. — Sucs de réglisse. — B.............................. II, 664
- Marquis (F. P.). — Coutellerie. —M.......................... II, 373
- Marquis (Louis). — Bronzes d'art. — R. B...................... III, 357
- Marsais (Emile). — Substances minérales combustibles. — R. A. . II, 421
- Marsang. — Grande culture. — M................................. 1, 42
- ' Marsat fils (F.). — Fontes moulées et fers forgés. — N. A. II, 330
- Marsaux (Léopold). — Cuivre estampé et verni. —N. A........... III, 381
- Marsille-Guillotaux. — Cuirs et peaux. — M.................... III, 607
- Marsoudet. — Ébénisterie d’art. — R. B........................ III, 412
- Marsuzi de Aguirre. —. Sculptures en carton-pierre. — R. B. . . III, 369
- Martel (Jacques-Michel).— Jalousies mécaniques. — M........... III, 445
- Martelin. — Fils de laine bourre de soie. — Voyez Franc père
- et fils. —A.............................................. III, 16
- Martenot.—Lithographie.—C..................................... III, 509
- Martenot et C10. — Fabrication de fer. — Voyez Bougueret. —
- A........................................................ II, 316
- Martens. — Photographie. — A.................................. II, 523
- Marti (Samuel).—Mouvements de pendules et de montre. — R. B. II, 509
- Martigny (Mm°). —Appareils herniaires et d’orthopédie. — C. ,. III, 630
- Martin. — Calorifères. —M.................................... II, 807
- Martin. — Cljsoirs. — Voyez Tollay. — B....................... III, 643
- Martin. —Fonte brute et moulée. — Voyez Viry frères. — B.. . II, 333
- Martin. — Grandes orgues. — A................................. II, 616
- Martin. — Matières tinctoriales, orseilles. — A............... Il, 779
- Martin.— Tapis. — Voyez Rouvière-Cabane, Mtliiaud et Grill.
- — A...................................................... III, 281
- Martin. — Tissus de soie. — Voyez Fey. — A.................... III, 126
- Martin et Cie. — Fécules. — R. A.............................. If, 758
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- CLV
- Martin frères. — Peluches de soie pour chapeaux d'hommes.«—0. III, 132
- Martin (Mmo). — Grande culture. — M.......................... I, 43
- Martin (Ferdinand). — Tabletterie.— Voyez Goebëel (Cbai’les).
- -N. M................'..................................... III, 421
- Martin (Léon). — Dessins pour l’impression sur étoffes. — M.. . . III, 562
- Martin (Louis-François). —Ateliers de construction. — C...... I, 171
- Martine (Charles-François). — Grande culture. — O............... I, 12
- Martineau. — Cartes à jouer. — Voyez Bourru. — C............... III, 828
- Martin-Perray. — Machines et appareils vinicoles. — Voyez
- Delacroix-Duvoisin.—M.................................... 1,207
- Martinet frères. — Mécaniques pour tissus brochés. — B...... Il, 154
- Martinez.— Tabacs. — M........................................ I, 293
- Marx. — Tabatières. — Voyez Ackermann, — M.................... III, 804
- Mary. — Sommiers élastiques et matelas. — M.................. III, 857
- Mary. — Toiles de lin et de chanvre. — R. B................... III, 251
- Mary (Jean). — Mécaniques pour tissus brochés.—M............... Il, 157
- Mascara (La ville de). — Burnous. — A........................... I, 312
- Masse. — Bougies. —Voyez Trieouiulet. —O...................... Il, 764
- Masse (Victor). — Plans en relief. — M........................ III, 403
- Massemin. — Cuirs et peaux. — B............................. III, 604
- Massenet. — Faux et faucilles. — Voyez Jackson frères et GÉ-
- rin. — R. O................................................ II, 358
- Massenot. — Brides et garnitures de sabot. — M............... III, 685
- Massing. — Peluches de soie pour chapeaux d’hommes. — Voyez
- Barth et Plichon.—R. A................................... III, 133
- Massing frères. — Peluches de soie pour chapeaux d’hommes. —
- Voyez Huber et C10. — R. O............................... III, 131
- Massiquot. — Machines diverses.— Voyez Tiiirault. —M.. .. II, 242
- Massiqeot. — Machines diverses. — M.......................... II, 241
- Masson. — Bijouterie fausse. — B............................. III, 467
- Massouille (E. N.). — Coutellerie. — C....................... II, 374
- Massue. — Peignes. — B....................................... III, 796
- Massun et fils. — Aiguilles. — N. B............................ II, 383
- Matiiian. — Chauffage des serres. — M.......................... II, 800
- Mathias (Augustin). — Publications et dessins industrieb. — A.. II, 190 Mathieu. — Chaux hydraulique. — Voyez Agombart. — B. ... II, 456
- Mathieu. — Horticulture et fleurs. — M.......................... I, 259
- Mathieu. — Instruments, appareils de chirurgie. — B........... III, 626
- Mathieu. — Mosaïque. — Voyez Përet. — M.......................-III, 475
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- CLVI
- Mathieu.'—Mouvements de pendules et de montres. — B.......... II, 512
- Mathieu. — Soie. — Voyez Laverne. — M......................... I, 110
- Mathiec-Delangre.— Fils de lin et de chanvre. — O.......... III, 240
- Mathis. — Calorifères. — M................................. II, 807
- Matifat (Charles-Stanislas).—Bronzes d’art.— A................ III, 355
- Matignon. — Cardes. — M.................................... II, 150
- Maccomble (V.). — Héliographie coloriée. — B............... III, 540
- Maucotel. — Basses et violons. — B......................... II, 590
- Mauduit (Armand). — Machines à bonneterie. — M............. II, 159
- Mauduit (MmeMarie-Louise-Mélanie).—Mannequins. — M.... IIJ, 549
- Mauny. — Terres cuites. — Voyez Payen. — M................... II, 842
- Mauperin. — Cirage, encres et vernis. — C.................... II, 743
- Maupetit. — Riz.—B......................................... I, 238
- Maurel. — Machines à calculer. — Voyez Jayet. — O.......... Il, 542
- Maurel (Toussaint). — Fusion et moulage du cuivre et de ses
- alliages. —B.............................................. II, 270
- Max (Mme). — Fleurs et fruits en cire. — Voyez Fouqüet. — C.. III, 657 Max-Richard. —r- Lin et chanvre. — Voyez Lainè-Laroche. —
- N. A................................................... III, 241
- Max-Richard. — Toiles à voiles. — Voyez Lainé-Larociie. —
- M. O.................................................... III, 263
- May.—Armes à feu. — M........................................ II, 635
- Mayer. — Orfèvrerie. — N. A................................. III, 320
- Mayer.—Porcelaines peintes. — M.............................. II, 814
- Mayer aîné. — Broderies en or. — C.............*........... III, 287
- Mayer aîné. — Graisses. — B................................ II, 773
- Mayer frères. — Héliographie coloriée. — B................. III, 541
- Mayer (Frédéric-Hippolyte). — Fleurs artificielles. — M.... III, 655
- Mayer (Mma v° T.). — Enveloppes et cartonnages pour bonbons.
- — A........................................................ III, 824
- Mayer (Mme vc T.). — Papiers de fantaisie. — M. O........... III, 811
- Mayet (P. ). — Coutellerie.—R. C............................. II, 373
- Maygre. — Tissus de soie. — B. . ..’.......................... III, 129
- MazauyÉ. — Croisées à percussion. — Voyez Jeanjean.—C. ... III, 445
- Mazères (Jean-Pierre). —Soies grèges. — M.................. I, 324
- Mazin. — Coutellerie. —C................................... Il, 375
- Mazorin fils. — Soie. — M.................................. 1, 110
- Mazure-Mazure (Mma v°). — Tissus de laine de Roubaix.— A.. . III, 78 MÉhu. — Machines servant aux mines. — A.................... Il, 99
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- — clvii —
- Meissonier fils (Gabriel). — Matières tinctoriales. —A........ II, 777
- Méjas. —Mosaïques. — C........................................ III, 476
- Mélinand (Jean-Claude). — Machine à broyer le chocolat. — B. . If, 182
- Melzessard. — Fermeture de boutiques. — N. B.................... II, 400
- Menet (Jean). — Soie. — O........................................ I, 99
- MénÉtrel-Droüin. — Brides et garnitures de sabots. — M........ III, 685
- Menier et Ge. — Produits chimiques. — O......................... II, 713
- Mény. — Tissus. — M............................................. III, 307
- Meqüillet.— Étoffes imprimées.— Voyez Noblot.—A...............III, 271
- Mercier. — Ébénistcrie d’art. — B.............................. III, 413
- Mercier. — Grande culture. — M................................. I, 46
- Mercier. — Sculptures en carton-pierre. —• C.................. III, 373
- Mercier et Cie. — Passementerie. — B............................ III, 167
- Mercier (A.) etC10. — Machines. — O............................. II, 125
- Mercier (Claude). — Bestauration de tableaux. — B............... III, 551
- Mercier (Claude-Victor). — Tabletterie. — M..................... III, 421
- Mercier (Sébastien). — Pianos. — N. A......................... II, 577
- Mercier (Mme). — Broderie en or. — C.......................... III, 287
- Metcier ( Mm0 Françoise-Victoire ). — Passementerie pour broderie. — C..................................................... III, 173
- Mercürin (Henri-Joseph). — Matières colorantes. — M........... I, 308
- Mereaüx. — Dessins pour broderies. — B. . . .*................ III, 561
- Merel. — Parapluies. — C...................................... III, 744
- Mériel. — Grande culture.—C................................... I, 50
- Merlié-Lefebvre etC16. — Cordene. — O............................ II, 223
- Mermet. — Pianos. — R. B...................................... II, 583
- MÉro (Josepli-Donat). — Distillerie. — N. A.. ................ Il, 676
- Meslier frères. — Cuirs et peaux. — C............................ III, 610
- Messire. — Pépinières. —Voyez Barillet (Mme) et Delaiiaye
- ( Louis) — C............................................... I, 266
- Meugniot (François). — Ateliers de construction. — M............. I, 159
- Meurant frères. — Presses et crics. — B....................... II, 124
- Meürer. — Étoffes imprimées. — Voyez Jandi.y. — O.................... III, 267
- Meyer-Mérian. — Tissus de crin. — B......................... III, 148
- Meynard. — Ébénisterie. — O................................. III, 408
- Meynard frères. — Bonneterie. — Voyez Tailleboüis et. Verdier.— A..................................................... III, 152
- Mézard (Eugène). —Horticulture et jleurs. — C.......................... I, 262
- Miciiaü. — Colle, — C............................................ II,, 690
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- CLVIII ----
- Michaud. — Instruments de cuivre. —À.......................... II, 001
- Mi chaud-Du ranton. — Pompes à incendie. — C.................. II, 58
- Miciiault (Ad.). — Quincaillerie et outils. — M............... II, 398
- Michaüt frères. — Papiers. — B.............................. III, 591
- Michel. — Châles de Paris. — Voyez Bonfils, Souvraz et Cie.
- — B.................................................. III, 104
- Michel. — Cire à cacheter. — C................................ II, 741
- Michel. — Machines à bouter les cardes. — R. B................ II, 134
- Michel (Charles). — Horticulture et jleurs. —A................. I, 251
- Michel (François). — Clichés bitumineux:—R. B................ III, 514
- Michel (François). — Taffetas. —C............................. II, 683
- Michel (Mathieu). — Machines à filer la soie. — A............. II, 165
- Michelet. — Etoffes imprimées. — Voyez Delamoriniére et Go-
- nin. — A.................................................. III, 270
- Miciiel-Spiquel. — Fourbisserie. — M.......................... II, 642
- Miciion (Nicolas-Edme).—Bonneterie.—M........................ III, 160
- Michot. — Limes. — Voyez Prodtat et Tiiomeret. — B.......... Il, 356
- Micoüd. — Cuirs vernis. — R. B.............................. III, 612
- Micood.— Chapellerie. —M. O.................................. III, 698
- Middleton. — Machines pour les chemins de fer. — Voyez War-
- RALetELWEL.—N. A........................................... II, 81
- Mieg et C10. — Cotons filés. •— Voyez Dolfus. — H. C......... III, 176
- Mieg et fils. — Draperie moyenne et commune. — R. A.... '.... III, 45
- MierGüES. — Instruments, appareils de chirurgie. — C........ III, 628
- Migeon. — Quincaillerie. — Voyez Viellard. — O.............. II, 390
- Mignan (Charles). — Ateliers de construction. — M.....«... I, 165
- Mignan (Charles et Adolphe). — Grande culture. — C............. I, 48
- Mignard (MM.).— Appareil pour le roulage, enrayage desûreté.—
- B.......................................................... II, 208
- Mignard-Billinge. — Tréfilage. — N. A......................... II, 272
- Miguet fils. — Bijouterie. — M.............................. III, 457
- Miliiaod. —Tapis. —Voyez Rouvière-Cabane, Martin et Grill.
- — A................................................... III, 281
- Millet. — Élevage de bestiaux. — A. . T........................ I, 77
- Millet et Cic. — Poterie fine. — Voyez Leboeof. — R. O...... II, 855
- Milliant. —Soies teintes. —R. B............................... II, 786
- Millochau. — Oléines. — C..................................... II, 684
- Millot ( J. ) et fils. — Etoffes pour ameublement. — C....... III, 86
- Milon-Marquant. — Filé à la main. — B........................ III, 18
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-
- CLIX
- Milori.—Couleurs. — R. A.................................. II, 692
- Miroüde (L.). — Cardes. — Voyez A. — R. O................ Il, 148
- Miroy frères. — Tôles vernies. — A........................ III, 385
- Mistral. — Racine de garance. —Voyez Brice et Calametz. — B. I, 307
- Mithoüard. — Grande culture. — M.......................... 1, 44
- Mittaud. — Soie. — C...................................... I, 111
- Mittelette. — Machines pour la préparation des produits agricoles.— B................................................. I, 190
- Modot. — Tissus imperméables. — R. M...................... II, 702
- Mohamed-bel-Mabrook. — Tissus. — A*.-.....................,. I, 313
- Mohamed-Giieich. — Poterie arabe. — C..................... I, 345
- Mohamed-Ould-Barbar-Ali. — Fourneaux de pipe. — Voyez
- Kedji-Mohamed. — M.................................... 1, 338
- Mohamed-Salah. — Tissus. — B.............................. I, 316
- Mouler (Adolphe). — Tissus de coton, fabrication d’Alsace. —
- N. A.. ............................................... III, 204
- Mojon. — Bijoux en fdigranes. — M......................... III, 462
- Molard (Jean-Joseph), —Machines pour la préparation des produits agricoles. — B...................................... 1, 187
- Molines (Léon ). —Soie. — A............................... 1, 104
- Molinié-Saint-Clair.—Machines. — B.......................... II, 68
- Molino (Pierre). —Stucs factices.—Voyez Romoli (Louis).
- — B..................................................... II, 446
- Molteni et G10. — Mécanique. — A........................... Il, 555
- Moncoort. — Cornets acoustiques, bandages. — C............. III, 633
- Mdnfalcon. — Châles de'Lyon. — Voyez Bozonnet. — A........ III, 107
- Monfort. — Vernis à voitures. — B......................... II, 738
- Mongas. — Élevage de bestiaux. — A........................ 1, 85
- Mongin. — Quincaillerie. — N. A.............................. H, 392
- Monniot (Martial-Etienne). — Pianos. — B................... II, 581
- Monnot-Leroy. — Céréales. — M. O..........................- I, 231
- Monnot-Leroy.— Élevage de bestiaux. — N. A................... I, 81
- Monnoyeur. — Tissus de soie. — Voyez Moras. — B............ III, 128
- Monod (François-Xavier). — Peignes. — C.................... III, 797
- Monpelas. — Savons. — A................................... II, 678
- Monpied. — Typographie. — B............................... III, 499
- Montagnac. — Dorure et argenture. — B.................... III, 340
- Montagnac. — Toiles et tissus métalliques. — G. .......... Il, 416
- Montagnac (De). — Draperie jine de Sedan. — O............. III, 28
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- --- CLX -----
- Montagne. — Grande culture. — C............................... I, 48
- Montagne (Jean). — Tissus de laine de Roubaix. — B......... III, 82
- Montal (Claude). — Pianos. — A............-.................. II, 579
- Montandon frères. — Ressorts de pendule et de montre. — R. A. . II, 513
- Montataire (Société de). — R. O............................. II, 308
- Monthermé. — Glaces. — Voyez Quirin (Saint-) et Cirey. —
- R. O.................................................... II, 884
- Montuiers. — Dragées, bonbons, etc. — Voyez Alabarre. — M. II, 668
- Montillier. — Machines et appareils vinicoles. — B.......... I, 204
- Monti.aor (Mme ve de).— Bonneterie.— M...................... III, 159
- Montrüçon. — Glaces. — A.................................... II, 888
- Mora (Louis-Dominique). — Cuivre estampé et verni. — N, M . . . III, 384
- Morand. — Articles de voyage. — C........................... III, 679
- Morand (Jacques-Marie). — Couvertures de coton. — M......... III, 223
- Moranges. — Concrétions minérales. — M...................... Il, 472
- Moras. — Tissus de soie. — Voyez Monnoyeur. — B............. III, 128
- Moreau. — Soies grèges. — A... ............................. I, 322
- Moreau et C’*. —Distillation des bitumes. — B................ II, 772
- Moreau (Jean-Louis).— Ouvrages en ivoire. — A............... III, 429
- Morée. — Grande culture. —- B................ :............. 1, 41
- Morel frères. — Fabrication de fer. — O.......’............. Il, 310
- Morel frères. — Cotons retors.—M............................ III, 193
- Moret et Cie (Félix-Suzanne). — Lin et chanvre. — R. B...... III, 244
- Morillon. — Machines pour la préparation des produits agricoles.
- — B..................................................... I, 192
- Morin. — Meubles enfer. — M...................:............. II, 410
- Morin. — Soies grèges. — B.................................. I, 324
- Morin. — Substances minérales combustibles. — Voyez Chagot,
- Perret et Cie. — B..........4........................... II, 423
- Morin et Cie. — Draperie moyens et commune. — R. O.......... III, 40
- Morin (Louis). — Sommiers élastiques et matelas. — C. O..... III, 854
- Morin (Théodore-George). — Nouveautés pour robes, châles et
- écharpes. —R. O...............................>......... III, 86
- Morison et C'\ — Fabrication de fer. — B.................... II, 319
- Morisot. — Bronzes d’art. — Voyez Gobin. — M................ III, 361
- MorisOt (Alexandre-Joseph). — Moulures et cadres.— R. B. .. . III, 447 Morize aîné. — Ganterie de tissus, de bonneterie et defdet. —R.
- B....................................................... III, 774
- Mornieux (François). — Boulonneric. — M..................... III, 754
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- CLX1
- Morritz. — Préparation d’oiseaux. — M.......................... III, 547
- Mortier. — Chaux et ciments. — Voyez Courtois. — B............. Il, 458
- Mosbach. — Joaillerie fine. — Voyez Savary.— O................. III, 466*
- Mosson..— Petites presses lithographiques.—C.................... II, 179
- Motheau. — Serrurerie de précision. — B........................ II, 217
- Motteau. — Fers élaborés. — M/.................................. II, 327
- Motte-Bossut et C16.-— Cotons filés. —A....................... III, 185
- Mottet. — Matières tinctorialesj orscilles. — A............... II, 778
- Mottet. — Tissus. — C.......................................... III, 307
- Mouchel (Pierre-Jean-Félix). — Extraction du cuivre brut, laminage et martelage de ce métal. — R. O.... ...................... II, 264
- Mougin. —Armes à feu. — B..................................... II, 652
- Mougin frères. — Verrerie. — B................................. II, 890
- Mouisse. — Draperie moyenne et commune. — N. A................. III, 42
- Moulin Sainte-Anne (Société anonyme des ardoisières du). —
- Ardoises. — A..............»............................... Il, 463
- Moulis. — Grande culture. — M.................................. 1, 42
- Mouloise. — Tabletterie en carton laqué. — M. ................. III, 428
- Mounier père et fils. — Tissus de crin. — A.................... III, 147
- Mourceaü et C10. — Etoffes pour ameublement. — A............... III, 84
- Mouren (Léopold) et Cio.— Minoteries et couscoussous. — M.. . . I, 329
- Mourey. — Bijouterie dorée. — N. A............................. III, 460
- Mourgue. — Soie. — Voyez Bousquet. — B........................... I, 107
- Moüssaint frères. — Tissus de crin. — M........................ III, 138
- Moussard (André). — Carrosserie. —A...................*........ II, 194
- Moussard (Xavier). — Soufflets de forge et forges. — B.......... II, 376
- Mousset. — Meubles enfer. — M.................................. II, A10
- Moussier (René-Louis). — Étamage. — M.......................... II, 287
- Mouzaïa (La compagnie des mines de cuivre*e). — Substances
- minérales. — M............................................... I, 297
- Moyse. — Pompes. — B.......................................... II» 56
- Moysen (Charles-Henry). — Atelier de construction. — A......... 1, 149
- Mudesse (Jean-Marie).— Bronzes d’art.—M........................ III, 362
- Muel. — Fontes moulées. —- Voyez Wahl. —N. A.................... II, 329
- Muleret. —Orfèvrerie.—M........................................ III, 575
- Muller. — Brosses et pinceaux. — M..............................III, 553
- Muller. —1 Grandes orgues. — R. B............................. Il, 614
- Muller (Louis-Édouard). — Dorure. — M.......................... III, 401
- Muller (N.-J.). — Forge portative. — C......................... II, 377
- I. K-
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- CLXII ----
- Mullier (Alexandre et Louis).— Pianos. — A..................... II, 578
- Mulot .père et fils. — Industrie du sondage. — H. O............ II, 96
- •Munz. — Ébénislerie d’art.— M.................................III, 413
- Muret. — Châles de Nîmes. — Voyez Ponge fils. — M.............. III, 112
- Muret. — Cuirs et peaux. — Voyez Andrillat. — M............... III, 608
- Muret. — Draperie moyenne et commune. — Voyez Solanet et
- Palangié frères. — N. B....................................... III, 49
- Muséum d’histoire naturelle. — C............................... I, 245
- Mussard frères.—Pianos. — B.................................... II, 583
- Mustapha-Ben-Kerim. — Minoteries et couscoussous. — B........ I, 329
- Mutrel. — Appareils d’éclairage. —B......................... Il, 648
- Muzard. — Galoches. — C....................................... III, 684
- Müzard (Jean-Louis). — Machine à conditionner les soies. — B. . II, 166
- N
- Nachet. — Microscopes. —N. B................................... II, 524
- Naegely (Ch.) et CiJ.— Cotons filés. — R. O.................. III, 181
- Nanot et Cle. — Peluches de soie pour chapeaux d’hommes. —
- R. A....................................................... m, 133
- Naudin. — Passementerie. — Voyez Jourdain. — C................ III, 172
- Naudinat. — Clysoirs. — M..................................... III, 644
- Nauroy. — Machines diverses. — M.............................. II, 243
- Navaron-Dumas.—Coutellerie.—R. B.............................. II, 371
- Navarron-Dumas (Ét.) — Coutellerie. — C.......«................ II, 375
- Naves. — Tissus imperméables. —Voyez Cantier (Mœe vc).— C. II, 704
- Naze fils. — Dessins pour châles, etc. — R. B................ III,, 560
- Néraudau. — Registres. — B................................... III, 830
- Neuburger. — Appareils d’étirage.. — R. A.................... II, 644
- Neuss. — Aiguilles. — N. B................................... II, 383
- Neveu. — Cotons filés. — A................................... III, 186
- Neyrand.— Aciers. —Voyez Thiolliére, Bergeron, Verdier
- et Cie. — A............................................. II, 350
- Nicod (F.-C.) Faux et faucilles. — M............................ . II, 359
- Nicod (Mm° vc) et fils. — Mèches de coton. — M................ III, 230
- Nicolas (J.-C.). Quincaillerie et outils, i— C................. II, 398
- Nicolle (Florentin). — Tapis. — M........................... III, 282
- Niederreitiier. — Pianos. — A.................................... II, 578
- Niel (Marie). — Soie, — C...................................... I, 111
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- ---- CLXIII '----
- Nillus. —- Navigation à la vapeur. — 0....................... Il, 93
- Niort (Compagnie de la fonderie de). *— R. A................. Il, 103
- Niqüeüx (Louis).— Pépinières.—C.............................. I» 269
- Niviller (Charles). — Orfèvrerie. —B.......................... III. 574
- Noaillon (Louis-Dominique). — Culture maraîchère. — B........ I, 243
- Noblot et Gie. — Étoffes imprimées. — Voyez Méqdillet. — A. III, 271
- Nocüs. — Cristallerie. — R. B................................ II, 889
- Noël fils aîné. —Peignes. — A................................ III, 793
- Noël. — Pâtes alimentaires. — M..................'........... II, 669
- Noisette (Louis). — Horticulture et fleurs. — C.............. 1, 262
- Norion (Victor). — Tissus. — M................................. III, 307
- Normand. — Châles de Paris. — Voyez Rosset. — M................ III, 105
- Normand. — Presses mécaniques. — R. A.......................... II, 171
- Normandin (Louis). — Ouvrages en cheveux. — B.................. IM, 690
- Nodrrï. — Tissus divers. — Voyez Diot. — M..................... III, 212
- Nourtier et C’°. —- Châles de Paris. — M.. . .................. III, 104
- Noory fils. — Châles de Nîmes. — Voyez Fabrègüe et Barnoüin
- et Cie. — A............................................. III, HO
- Noyé.—Bonneterie. — Voyez Esprit. —C......................... III, 161
- Noyer frères. — Soie. — N. B................................. I, 106
- Numa-Lodvet. — Machines diverses.—A.......................... Il, 235
- Nuty. —Bitume asphaltique. — Voyez Liesching. — B...... . II, 450
- Nys et Cie. — Cuirs vernis. — R. O........................... III, 610
- O
- OberhAeuser.—Instruments d’optique. —A....................... II, 520
- Obry fils et Cie. — Papiers. — N. A.......................... III, 585
- Obry (Hubert). — Bijouterie et ciselure.—M.................... III, 457
- Odier. — Etoffes indéplissahles pour lingerie. — Voyez Roman
- et Cie et Gros. — M. O.................................... III, 201
- Odier. — Tissus imprimés. — Voyez Gros, etc. — M. O.......... II, 793
- Odier. — Tissus de coton imprimés----Voyez Gros (J.), Roman
- etCie. — R. O............................................ III, 212
- Odiot. — Orfèvrerie. — R. O................................... III, 322
- Oeschger, Radch et G1*. — Extraction de cuivre brut, laminage.
- — B....................................................... II, 268
- Oger. — Savons. — N. A......................................... II, 577
- Ogeread. — Cuirs et peaux. — R. O............................. III, 593
- K,
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- CLXIV
- Olivier. — Grande culture. — B....%............................... I, 36
- Olry.— Armes à feu.— C........................................... II, 636
- Onfray.— Clysoirs, •—C.......................................... III, 645
- Oran (La ville d’). — Tissus. — A................................. I, 313
- O’Reilly. — Taille-douce. — Voyez Armengaud. — B............ III, 501
- Qrenge.—Ébénislerie de siège. — M............................... III, 418
- Oriolle. — Laines peignées et cardées. — R. A................... III, 8
- Oriolle (Julien-Alexis). — Fils de laine cardés. — M. O..... III, 15
- Orphelinès (Travail des). — Broderies. — C...................... III, 230
- Ory (Mme v°). — Pièces détachées pour machines de fdature. —
- Voyez Lefebvre. — B...................................... II, 137
- Osborn. *— Beurre d’anchois. — C............................II, 671-
- Osmont.—Éhénisterie d'art.— M............................... III, 413
- Osmont. — Meubles laqués. — B............................... III, 573
- Osmont (Mme vc). — Meubles laqués, peints, dorés, etc. — R. A. . III, 426
- Osmont-BertÈche (A). — Draperie fine d’Elbeuf.—A................ III, 36
- Oswald. — Extraction de cuivre brut. — Voyez Warnod. — O. . II, 266
- Ottenheim (Léonard-Édouard). — Cuirs et peaux. — M.......... III, 607
- OüArnier. — Cordages. — B....................................... II, 224
- Oodard fils — Dragées, fruits conservés, etc.— Voyez Boucherot.
- — M........................................................... II, 668
- Oulassas (La tribu des). — Chapeaux de palmier. — M......... 1, 336
- OdvrArd. — Grande culture. —B..................................... I, 41
- Ouvriers charpentiers (Association des). — Plans enrelief.— A. III, 402
- Ozenne-Monginot.—Limes. — M...................................... II, 357
- Ozocf.— Appareils pour boucher les bouteilles à eaux gazeuses. —
- B............................................................. II, 825
- P
- Pagès-Baligot. — Étoffes pour gilets. — O....................... III, 89
- Pagezy. — Machines de filature. — Voyez Vassas et C‘\ — B. . .. II, 137
- Pagny.—Dentelles.—B............................................. III, 294
- Paillard. — Couleurs. — R. A................................... II, 692
- Paillard. — Fourneaux de cuisine. — M....................... II, 814
- Paillard.—Miroiterie. — A....................................... III, 451
- Paillard (Alexandre-Victor). —~ Bronzes d’art. — O.............. III, 350
- Pailler. — Ateliers de construction. — C....................... I, 173
- Paillet (Jean-Baptiste). — Horticulture et fleurs. — A............ I, 250
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- ----- CLXV -
- Paillette. — Brosserie. —M............................'......... III, 759
- Paisant fils. — Fécules. —B..................................... II, 759
- Paix de Beauvoys. — Ruches à miel, — O.......................... 1, 115
- Palangié frères. — Draperie moyenne et commune. — Voyez Mdret
- et Solanet. — N. B.......................................... III, 49
- Palier. — Cotons filés. — Voyez Poüyer-Qdertier. — M. O.. . III, 191 Palier. — Tissus de coton en blancs et écrus. — Voyez Poüylr-
- Qüertier.— R. A............................................. III, 196
- Palld. — Extraction d’argent. — R. O............................ II, 287
- Palmer (Jean-Laurent). — Tréfilage. — À......................... II, 273
- Pannier (Auguste). — Passementerie. — C......................... III, 171
- Panseton. — Orfèvrerie. — C..................................... III, 575
- Papeil. — Tours. — B........................................... II, 122
- Papelard. — Pianos. — M......................................... H, 584
- Papeterie do Marais et de Sainte-Marie (Société anonyme delà).
- — Papiers. — R. O....................................... III, 582
- Papeterie dd Sodche (Société anonyme de la). — Papiers.
- — O..................................................... III, 582
- Paqdet (Victor). — Céréales. — B................................ I, 23ÎS
- Pardoüx (Jean). — Ateliers de construction. — A................... I, 147
- Paread et C!o. — Clouterie. — M.................................. II, 366
- Parent. — Appareils à peser et grandes balances pour le commerce.
- — R. A................................................... Il, 537
- Parent. — Boutonnerie. — M...................................... III, 754
- Parent. — Colles de Givet. — Voyez Donnay. — B................... II, 688
- Paret (Marius). — Draperie fine de Sedan. — R. A................ III, 28
- Pargüez. — Dessins pour broderie. — B.......................... III, 562
- Paris. — Emaillage sur métaux. — A............................... Il, 878
- Paris. — Ouvrages en cheveux. — C............................. III, 691
- Parisot. — Appareils d'éclairage. — B............................ II, 649
- Parizot (Edme). — Coutellerie. — R. B............................ II, 370
- Parmentier (Louis), — Mobilier agricole. — B...................... I, 209
- Parnuit (ve). — Draperie fine d'Elbeuf. —Voyez Daütresme fils
- etc'.6.— B.................................................. 111 « 36
- Parod. — Outils. — R. M......................................... Il, 380
- Parod (Ernest). — Publications et dessins industriels. — M .. . . II, 192
- Paroissien. — Outillage pour feurs. artificielles.—M............ III, 653
- Parpette. — Presses et crics. — Voyez Pütiieaux (le colonel). ,
- _ A......................................................... II, 123
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- --- GLXVI ------
- Parquier frères. —> Fabricants de grès. — Voyez Delahubau-
- dière.— M................................................ 11,853
- Pauvillers. — Fermeture de fenêtres. — M...................... II, 404
- Parzudaki (Charles).— Préparations taxidermiques.— M.......... III, 546
- Pascal. — Parquet. — M........................................ III, 442
- Pascal (Jean-Jacques). —- Grande culture. — M................. I, 42
- Pasqüier. — Élevage de bestiaux. — A.......................... 1, 60
- Pasqüier. — Instruments de mathématique. — C.. . ............... II, 558
- Pasqüier (Mm*). — Objets de fantaisie en papier. — C........... III, 823
- Passerai. — Boutonnerie. — M................................... III, 755
- Passerai fils et C‘“. — Tissus de crin. — R. A................. III, 146
- Passerieux. — Tubes ou porte-voix. — M................. ...... II, 592
- Pasteur (Flavien). — Ruches à miel. —C........................; I, 117
- Pathier (Etienne). — Cuirs et peaux. — M..................... III, 607
- Patinot. — Terres cuites. — Voyez Borie. — C................... II, 843
- Patoüx. — Verrerie. — A.......................................... . II, 888
- Patret (J.-A. ). — Forges. — B.................................. II, 321
- Patriau (Charles-François).— Tissus de laine légère. — N. A. . III, 63
- I4tdrel. — Fouets et cravaches. — M........................... III, 744
- Paüblan (Jean). — Serrurerie de précision. — A.................. Il, 215
- Pauchet. — Fourneaux de cuisine. — A............................ II, 811
- Pauilhac (Georges). — Machine à tondre les draps. — B........... II, 138
- ' Paul.— Machines diverses. —A.................................. II, 253
- Paul. — Papiers. — Voyez Cardaillac. •— B...................... III, 591
- Paul aîné. — Étoffes imprimées. — B............................ III, 274
- Paulin-Désormeaux. — Flambeaux. — M............................. Il, 651
- Paulus. — Grande culture. — M................................. 1, 46
- Paulus. — Lin et chanvre. — C.................................. III, 247
- Païen. — Bijouterie. — R. A............................. . . . . III, 455
- Païen. — Bijouterie. — Voyez Halettin. —B...................... III, 456
- Païen. — Terres cuites. — Voyez Maüny. — M...................... II, 842
- Païen (Jean-Baptiste). — Passementerie à la mécanique. —M.. . III, 169
- Payerne (le docteur). — Bateau suus-marin. — A................ II, 94
- Païre (François). — Machine à flotter la soie.-.— B........... II, 167
- Pech. — Savons. — M........................................... . II, 682
- PiciiiNEï aîné.— Battage d'or. — N. A.......................... II, 291
- Peckels.—Meubles de fantaisie. — C........................... III, 417
- Pedeucoiq. — Produits chimiques. — M.......................... 1, 301
- Peigné-Delacourt. — Cotons filés. — M. O....................... IIF, 191
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- ---- CLXVII
- Peigné-Delacourt. — Tissus de colon en blanc et écrus. — A.. . III, 198
- Pelé (André-Philippe). — Horticulture etjlears. — A........... I, 253
- Pelet. — Corsets. — C......................................... III, 725
- Pelissier (Calixte). — Culture. —B............................ I, 287
- Pellerin. — Mélophone. — M.................................... II, 619
- Pellerin. — Orfèvrerie. — Voyez Bruneau. — B.................. III, 326
- Pelletier. — Fusion et moulage de cuivre. — C................. II i 272
- Pelletier. — Machine à broyer le chocolat. — B................. II, 183
- Pellion fils et C16. — Châles de Lyon. — B.................... III, 107
- Peltereau jeune et frères.— Cuirs et peaux.— R. O............. III, 595
- Peltereau (Auguste). — Cuirs et peaux. — A.................... III, 600
- Peltier. — Porcelaines. — C.................................... Il, 870
- Penant. — Cafetière di te française. '•— C..................... II, 775
- Pénil (Michel).— Lin et chanvre. — M.......................... III, 247
- Penn-Hellouin. — Instruments pour la récolle. — M............. 1, 183
- Penneqüin. — Grande culture. — C................................ I, 51
- Penneqüin (Pierre-Louis).—Moulures et parquets.— M............ III, 449
- Pénot et C14. — Chaussures en cuir. — B..................... III» 667
- Pépinière pu Gouvernement (La).—G............................... I, 325
- Pépinière du Gouvernement. — Culture. — M. O................... I, 279
- Pepin-Lehalleur. — Porcelaines. — Voyez Hache. — A............ II, 866
- Pepin-Veillard. — Couvertures. — B............................ III, 60
- Percepied-Maisonneuve. — Concrétions minérales. —M............ Il, 471
- Peret. — Mosaïque. — Voyez Mathieu. — M....................... III, 475
- Peret. — Orfèvrerie. — Voyez Berthet. — A..................... III, 325
- Périer ( François Mm° ). — Passementerie algérienne de haute
- nouveauté. — C............................................. III, 173
- Pernet. —Appareils herniaires d'orthopédie. —R. M............. III, 630
- Perney (F. J.). — Faux et faucilles.— C....................... II, 359
- Pernolet. — Extraction d’argent. — M......................... Il, 290
- Pernollet (Joseph). — Machines pour la préparation des produits
- agricoles. — C. ........................................ 1, 200
- Pernot (Jeau-Louis). —Appareils de pansement. —M.............. III, 638
- PÉrot. — Bijouterie incrustée, — M............................ III, 463
- Perraud. — Fabrication et raffinage du sucre. -— Voyez Jeantt-
- Prevost et Cie. — R. A..................................... II, 749
- Perre (Henri) et C14. — Grosse quincaillerie. — B............. II, 364
- Perreaux. — Mécaniques, — A................................... II, 554
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-
- --- CLXVIII ----
- Perret. — Cirages, encre et vernis. — Voyez Trolliet. — R. B.. II, 741 Perret. — Substances minérales combustibles. — Voyez Chagot,
- Morin et C1*. — B......................................... II, 423
- Perrêve. — Calorifères. — M...........,...................... II, 800
- Perrin frères et C1'. — Draperie moyenne et commune. — B. . . . III. 51
- Perrin-Legocq. — Chardons métalliques.—M..................... II. 143
- Perroncel. — Tissus imperméables. — B........................ II, 700
- Perrot. (François-Scipion). — Extraction de zinc brut. — M.. . II, 284
- Perrot. — Fusils à air. — A.................................. II, 628
- Perrucat (Charles). — Ganterie de peau. — M.................. III, 772
- Person (A.) — Broderies, — R.B............................... III, 300
- Pèrusset. — Horlogerie de haute précision. — B............... II, 491
- Pescatore (Jean Pierre). — Horticulture et fleurs. — Voyez Lüd-
- demann.—B.................................................... I, 259
- Pesquet.— Produits chimiques. — M............................ If, 734
- Pesqdet. — Clysoirs. — C.......:............................. III, 645
- Pestillat. — Casques. — M.................................... III, 693
- Petin. — Clichés. — M........................................ III, 516
- Petin. — Fabrication de fer. — Voyez Gaddet, — A................ II, 315
- PÉtiniadd-Ddbos.— Draperies moyenne et commune.—C............ III, 55
- Petit. — Acides gras et bougies stéariques. — Voyez Lemodlt.
- — A......................................................... II, 766
- Petit. —Pierre lithographique. — M............................. II, 467
- Petit frères.— Coutellerie.—C.................................. II, 374
- Petit (Alexandre). — Verrerie. — C............................. . II, 891
- Petit (Jacob). — Porcelaines. — A.......................,... II, 866
- Petit-Girard. — Peinture sur verre. — Voyez Ritter. **- M.. . II, 883
- Petit-Leclerc (Charles). Cardes. — M,.......................... II, 149
- Petit-Pas.—Coutellerie.—Voyez Bordet.—C........................ II, 374
- Petitbon. — Fonderie de caractères. — R, B................... III, 483
- Petitiiomme. — Fusion et moulage de cuivre et de ses alliages. —B. II, 270
- Petrement. — Mesures. — B...................................... II, 559
- Petyt (J. C. ). — Caractères-d'imprimerie. — A.. . .......... III, 482
- Petyt (Louis).— Tissus. —B............7....................... IIJ, 306
- Peüdenier. — Fermeture des portes. — B......................... II, 402
- Pedgeot aîné. — Quincaillerie. — Voyez Jackson frères. —
- R. A...................................................... 11,394
- Pedgeot (Constant) et C10. — Pièces détachées pour fdatures.—
- N. A...................................................... 11,128
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- --- CLXIX -----
- Peynadd.— Tissas de coton en blancs et écrus.—Voyez Strcehlin
- et Lecomte. — A.......................................... III, 197
- Peynot (René). — Marbrerie. — G............................. Il, 440
- Peyret.— Racine de garance. — Voyez Bcrand.— B................. I, 307
- Peyret-Lacombe. — Tissus de crin. — C.. . . ................. III, 148
- Peyron. — Cercle de tamis. — M.............................. III, 844
- Peyrot. — Bonneterie. — VoyezBernay.— B..................... III, 154
- Peysson de la Borde. — Appareil pour le séchage des dragées.
- — M.......................................*.............. 11,826
- Philïpot (Jean). — Exploitation de marbres.-^- R. B........... II, 435
- Philippe. — Quincaillerie. — M.............................. II, 397
- Philippe (L.-A). — Grosse quincaillerie.— M................... II, 364
- Piat (Jacques). — Grande chaudronnerie. — R. B................ II, 119
- Picard (Charles). — Cuirs et peaux. — M...................... III, 607
- Picard (Nicolas-Barnabe). — Moules pour pâtissiers.—M....... II, 286
- PicAüLT (G.-F.).—'Coutellerie. — B............................ II, 371
- Pighard. — Joaillerie fausse. — M........................... III, 463
- Pichenot. —Faïence à émail stannifère. — R. A................. II, 875
- Pichon. — Crins et soies de porc préparés. — M.............. III, 844
- Pichon-Prémélé.— Grande culture.— A............................ I, 26
- Piciiot. — Limes. — B....................................... Il, 356
- Picot. — Bijouterie. — Voyez Luquet. — B..................... III, 456
- Picot (Charles). —Machines diverses. — C...................... II, 249
- Pidaült. — Armes à feu. — A............................... II, 629
- Piednoir. — Batistes et linons. — Voyez Boulard. — N. B..... III, 258
- Piéron (Léonard-Antoine). —Bronzes pour éclairage. — B......III, 365
- Pierre-Michel. — Mécaniques pour tissus brochés. — A...... II, 151
- Pierret. *—• Horlogerie civile. — M......................... II, 501
- Pierson. — Lampes. — M ...................................... II, 651
- Pierson.— Vannerie. — C...................................... III, 808
- Pigache. —Dentelles. — Voyez Mallat. — A...................... IH, 294
- Pigache.—• Gravures sur rouleaux. — N. M..................... III, 516
- Pigeault. — Cirage, encre et vernis. — R. C................. Il, 742
- Pignel (A.). — Ateliers de construction. — M................ 1, 169
- Pignon. — Grande culture.— M......................... ...... I, 43
- Pigdet. — Horlogerie civile. — M.............................. II, 500
- Pillard-Damilleville. — Élevage de bestiaux. — B............ 1, 87
- Pillier (Jean-Eugène), -r- Ateliers de construction.—M...... I, 164
- Pimont. — Appareil de chauffage. — A......................... II, 799
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- --- CLXX ---
- Pinard. — Meubles en laque. —M. 0.............................. ».. III, 426
- Pinard (François). — Télés vernies. — G........................ III, 386
- Pinart frères. — Fonte brute et moulée. — R. A................. II, 330
- Pin-Bayart et Cie. — Tissus de laine de Roubaix. — A........... III, 78
- Pinel. — Machines à canneler et calibrer les cylindres de filature.
- — B......................................................... II, 135
- Pingoet (Jean-Baptiste). — Passementerie. — M.................. III, 169
- Piqdes frères. — Papiers.— M................................... III, 592
- Pitet (Charles). — Brosses et pinceaux. — M.................... III, 553
- Pitiot. — Tissus. — A..................................... ... III, 305
- PlTODX. — Gélatine blanche et diaphane. —- B.................. II, 689
- Plagniol. — Optique et photographie. — B....................... II, 526
- Planaix. — Terres cuites. — Voyez Lecoq et Genillier — B.. . II, 851
- Plantard et Cie. — Chaussons. — M.............................. III, 687
- Plantier. — Brosserie. — Voyez Vüignier. — M. O................ III ,*757
- Plasse (Simon). — Pompes. — C.................................. II, 59
- Plattet. — Cuirs vernis. — R. A................................ III, 612
- Plenel (E.). — Billards. — M................................... III, 439
- Pleyel et Cie. — Pianos. — M. O................................. II, 574
- Plichon. — Peluches de soie pour chapeaux d'hommes. — Voyez
- Barth et Massing. — R. A.................................... III, 133
- Plïque. — Bijouterie et bracelets dorés. — M................... III, 461
- Plomdeur. — Armes de chasse. — B............................... II, 633
- Plon frères. — Typographie. — O................................ III, 494
- Ploüin. — Orfèvrerie. — M...................................... III, 575
- Ploüin (Alexandre). — Orfèvrerie. — C.......................... III, 575
- Plumier. — Héliographie sur plaques de métal. — C.............. III, 537
- Plummer et C18. — Cuirs vernis. — R. O.................... III, 610
- Pochet-Deroche. — Verrerie. — R. A............................. II, 887
- Poelmann frères. —Produits chimiques. — A...................... II, 720
- Poiret. — Appareils de pansement. — M.......................... III, 638
- Poirier. — Machines lithographiques distribuant l'encre. — N. B. Il, 177
- Poirrier (Eugène). — Etoffes pour ameublement. — B............. III, 84
- Poisat oncle et C18. — Acides gras et produits chimiques. — N. A. II, 765
- Poisson. — Tabletterie. — B.................................... Ilf, 794
- Poitevin et fils. — Draperie fne de Louviers. — R. O........... III, 23
- Polge-Montalbert. —> Appareil à limonade. — C.................. II, 828
- Poli. — Fabrication de fer. — N. B............................. II, 319
- Poliot. —. Fourneaux de cuisine. — M.............................. Il, 814
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- CLXXI
- Pollet (Joseph). — Tissus de laine de Roubaix. — A........... III, 79
- Poly-Labesse (A.-F.). — Machines pour la préparation des produits
- agricoles. — B........................................... I» 192
- Pomard aîné.— Horlogerie civile.—M........................... Il, 501
- Pommier. — Ferais. — B....................................... Il, 737
- Pommier. — Grande culture. — M............................... 1, 43
- P on eu on fils aîné. — Draperie moyenne et commune. — N. B.... III, 49
- Poncini. — Cheminées et calorifères. — G..................... II, 810
- Ponge fils. — Châles de Nîmes. — Voyez Muret. — M............ III, 112
- Pons (Pierre). — Machines pour la préparation des produits agricoles. — B................................................... Ii 193
- Ponson (Claude). — Tissus de soie. — O....................... III, 125
- Pontrévé. — Cuirs repoussés, cuirs forés, courroies. — G..... III, 617
- Popelin-Dücarre et Cie. — Combustibles. — A.................. II, 421
- Popino-Rabier. — Soufflets de forge. — B..................... Il, 377
- Porlier. — Toiles et tissus métalliques. —R. B............... II, 414
- Porqüet (Ch.). — Machines et appareils vinicoles. — M........ I, 206
- Portal de Moux. — Ateliers de construction.—B................ I, 167
- Portal de Moux. — Elevage de bestiaux. — N. A................ I, 81
- Portanier (François). — Culture. — C............................ I, 289
- Portier et Ci0. — Instruments, appareils de chirurgie„ — M... III, 627
- Potel. — Bijouterie pour deuil. — M........................... III, 465
- Pottecher (Benjamin). — Couverts et étrilles enfer. — B...... II, 338
- Pottet. — Armes à feu.-—A.................................. Il, 627
- Potton. — Tissus de soie. — Voyez Rambaud etC1®. — R. O.. . III, 121
- Pouard (Jean-Nicolas). Chaussures en cuir. — C................ III, 671
- Pouchet (Pierre-Adrien). — Peignes à tisser. — M.. . .......... II, 144
- Poüillier. —Appareils de pansement. — M....................... III, 638
- Poulain.—Ardoises.—M........................................... II, 465
- Poulain (Henry). — Couvertures enardoises.— M.................. II, 107
- Poulet. — Plomb.—*B............................................ II, 279
- Poullot. — Ressorts démontrés. — C............................. II, 529
- Poumeau frères. — Draperie moyenne et commune. — B............ III, 53
- Poupinel jeune. — Couvertures. — Voyez Guyon (Ernest). —
- N. A...............\.........................................III, 57
- Pourcherol cousins. — Châles de Nîmes. —> B.................. III, 111;
- Poure et C16. — Articles de bureau. — Voyez Blanzy. — A.. ., III, 835-
- Pousse. — Corsets. — C........................................... III, 724
- Poussielgue-Rusand. — Bronzes d’art. —B...................... III, 360,
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- CLXX.1I
- Podx. — Orfèvrerie. — M....................................... III, 575
- Poüyer-Qcertier. — Colons filés. — Voyez Palier. — M. O... III, 191 Pooyer-Qoertier. — Tissas de coton en blancs et écrus. — Voyez
- Palier. — R. A............................................. III, 196
- Podyer-Qüertier fils. — Cotons fiés. — A..................... III, 186
- Poüzadoux. — Châles de Paris. — Voyez Gaossen. — H. C......... III, 97
- Prade-Foüle. — Châles de Nîmes. — R. A........................ III, 109
- Pradier (Charles). — Marbres factices. — Voyez Sarrazin
- (Édouard). —M.............................................. 11,446
- Pradier (Joseph). — Soie. — R. B.............................. I, 107
- Pramondon (A.-G.).—Broderies. — M............................. III, 301
- Prax. — Etuve-calorifère pour cuire le pain. — M.. . ......... II, 820
- Prélat. — Armes à feu. — R. B................................. II, 631
- Presboürg. — Brosses et pinceaux. — C......................... III, 553
- Prétot. — Meubles de fantaisie. — B........................... III, 416
- Prevel. — Couleurs. — R. M.................................... Il, 693
- Prével aîné. — Fabricant de tuiles. — M........................ II, 842
- Prévost. — Machines diverses. — B.............................. II, 255
- Prévost. — Machines diverses. —A............................... II, 237
- Prévost-Wenzel. — Outillage pour fleurs artificielles. — R. B.. . III, 653
- Primois. —Elevage de bestiaux. —B............................... I, 77
- Prin. — Cuirs et peaux.— R. A................................. III, 598
- Prodon-Pouzet. — Coutellerie. — Voyez Grange. — N. B... II, 369
- Profilet.—Mosaïques. — B...................................... III, 475
- Prom. — Elevage de bestiaux. — B.,............................ 1, 92
- Prosper-Jean dit Broneau. — Filets, articles de pêche. — M... III, 848
- Proust-Brülon. —Pépinières. — C................................. I, 270
- Proütat. — Linge. — Voyez Michot et Thomeret. — B............. II, 356
- Proox (C.-H.). —Ateliers de construction. — A................... I, 148
- Provensal (Eugène) et C10. — Tissus de coton en blanc et écrus.
- — N. B.....................................?...........III, 198
- Providence (Société de la). — Fabrication de fer. —A........... II, 317
- Provost ( Julien). — Mobilier agricole. — C..................... I, 215
- Provost (Mme ). — Broderies. — B.............................. III, 296
- Prüdhomme. — Machines à bonneterie. — B....................... II, 159
- Prddhomme (P. B.). — Quincaillerie. — R. B..................... II, 395
- Provost (Augustin). — Ateliers de construction. — B............. I, 175
- Püel.—Maroquins, cuirs hongroyés et mégissés.— Voyez Barthel.
- — M..................’................................. III, 615
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- ---- CLXXI1I
- Püënte.— Chocolats.—Voyez Fouqüe aîné. — C................. II, 670
- Pupil. — Limes. — R. B................................... II, 355
- Putheaux (le colonel ). — Presses et crics. — Voyez Parpette.
- — A.................................:................. 11,123
- Püzin (Pierre-Louis). — Passementerie. — N. M.. . ....... III, 168
- Q
- Quenet frères.— Teinture des tissas. —A.................. II, 784
- Quentin-Durand fils. — Ateliers de construction. — B..... I, 154
- Qceret. — Grande culture. — O.............................. I. 20
- Qcesnel fils et Cie. — Bronzes d’art. —B................. III, 347
- QcÉtel (Mm“ v®). — Horticulture etjleurs. — M. ............ J, 261
- Qüillet aîné (dit Noël). — Bronzes d'art. —B............. III, 361
- Quinquarlet-Dupont. — Bonneterie. — M.................... III, 158
- Quirin (Saint-). —- Glaces. •— Voyez Cirey et Monthermé. —
- R. O.................................................. 11,884
- R
- Rabxtté. — Machines diverses. — M........................... Il, 245
- Rabeaü (Édmond-Gustave). — Extraction du zinc hrut. — B. ... II, 283
- Rabiot. — Appareils herniaires et d’orthopédie. — B......... III, 629
- Rabourdin.—Ateliers de construction.—B,..................... I, 152
- Rabourdin.— Papiers. — M.................................... III, 591
- Raby. — Horlogerie civile. — B.............................. II, 496
- Rachet (Claude). — Fourneaux de cuisine, etc. —M............ II, 814
- Racine.— Matières tinctoriales. — M......................... II, 780
- Radiguet— Lin et chanvre. — Voye^HEUZÉ, Homon, Goüry et
- Leroux.—O................................................ 111,241
- Radiguet et fils. — Instruments d’optique. — A.............. II, 520
- Ràffin. — Tissus de soie. —Voyez Thévenet et Roux. — B ... III, 128
- Rageot (Jérôme). — Chaussures en cuir. — B.................. III, 668
- Ragueneau.— Presses autographiques. — B..................... Il, 178
- Raimbert. — Matières colorantes. — M..................... I, 308
- Raingo frères. — Bronzes d’art. — R. B...................... III, 357
- Rallu fils (Julien). — Coutils de fil. — M...........*...... III, 260
- Rambaud et C1B. — Extraction de cuivre brut. -,— C. ........ II, 268
- Rambaud etCiB.— Tissus de soie. —Voyez Potton,— RO... III, 121
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- CLXXIY
- Bambaox.—Basses. — R. A...................................... II, 588
- Ramella (Joseph). — Ateliers de construction. — M............ I, 159
- Ramodenc. — Ebénisterie d’art. — M........................... III, 413
- Randoing. — Draperie Jine d’Êlbeuf. — H, C.................. III, 30
- Raoul aîné. — Limes. — R. B.................................. II, 355
- Raoült. —Serrurerie de précision. — C........................ II, 220
- Raoüx. — Instruments de cuivre. — R. O....................... II, 598
- Raphanel. — Appareils de vidange. — Voyez Le Doyen et Rodget
- de Lisle. — M............................................ II, 186
- Raphanel. — Siccatif brillant. — R. M........................ Il, 738
- Rastouin (Vincent). — Essieux et boîtes de roues. — B........ II, 202
- Rattiek. — Tissus imperméables. — Voyez Goibal. —R. O. .. . II, 698
- Rauch (Baptiste). — Formes à sucre. — M...................... II, 752
- Raolin (Nicolas) et C1®. — Draperie fine de Sedan. —Voyez Leroy
- et fils. — A............................................. III, 29
- Ravetier (H.). — Quincaillerie. — C.......................... II, 399
- Ravier. — Tissus de soie. —Voyez Savoye et Chanu. — N. A... III, 125
- Raviez. — Tissus. — B........................................ III, 306
- Rayet (André).—Ateliers de construction.—M................... I, 159
- Rebour (Claude-Joseph-Napoléon).—Serrurerie deprécision.— B. II, 217 Rebours (Napoléon).— Appareils pour le roulage, enrayage de sûreté. — c"................................................... 11,212
- Reclus aîné (A.). —Bondonnières. — C......................... II, 399
- Redélix (Cyprien-Hubert). — Outillage pour fleurs artificielles.—
- B......................................................... III, 651
- RÉdelix.—Boutonnerie. — M..................................... III, 754
- Rédier. — Horlogerie de haute précision. —N. B................ Il, 490
- RÉGniaud (Jacques). — Chaudronnerie. — B...................... II, 275
- Régnier. — Armes à feu. — B.......*............................ II, 634
- Régnier. -— Bougies. — C..................................... II, 770
- Regny (Léon) et G“. — Chaux hydraulique, ciments et pierres artificielles.—B................................................. 11,457
- Reliquet aîné. — Soie. — B................................... I, 108
- Remogne et Saint-Loüis-sur-Meuse (Société anonyme des Ardoisières de). — Ardoises. — R. B................................ Il, 463
- Rémond. — Taille-douce coloriée. —B......................... III, 501
- Renard. — Couvertures. — Voyez Rime. — B..................... III, 60
- Renard. — Outils. —O......................................... II, 377
- Renard.— Vernis.—............................................ 11,739
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- CLXXV
- Renaud et C‘\ — Cannes. — M................................... III, 743
- Renard fils. — Papiers. — C................................... III, 593
- Renard (à.) — Draperie fine de Sedan. — R. 0............. III, 26
- Renard (Jean-Henri). — Serrurerie de précision. — N. C........ II, 220
- Renard-Perrin. — Conservation des bois. — A................... II, 696
- Renaddin. — Vannerie. — C..................................... III, 808
- Renaüld (Léopold). — Bronzes d'art. — B........................ III, 359
- Renault (Raphaël). — Draperie fine de Louviers. — M............ III, 24
- Renault. — Bijouterie fausse. — M............................ III, 463
- Renault fils aîné. — Papiers de fantaisie. — M. O............ III, 811
- Renault fils. —Caries à jouer. — M............................. III, 828
- Renneberg et Cie. — Terres cuites. —A......................... II, 845
- Rennes (Alexandre). •*— Brosserie. — M....................... III, 760
- Renodier. — Aciers. — Voyez Ballefin etC1*. — B............... II, 353
- Renou (L. E. A.). — Machines pour la préparation des produits
- agricoles. — C.................................................. 1, 198
- Réquillart. — Tapis. — Voyez Roussel et Chocqueel. — O.. III, 280
- Retou. — Tissus. — A........................................ III, 305
- Retoust. — Tissus divers. — Voyez Lehujeur. — M................ III, 211
- Reulos. — Cuirs et peaux. — N. A............................... III, 597
- Reverchon. — Culture. — B......................».............. I, 288
- Révil et C“. — Bourre et déchets de soie. — A................. III, 116
- Revillon. — Chaussures en cuir. — Voyez Jacob et Berger. —
- M........................................................... III, 669
- Rey. — Tabacs. — B............................................ 1,292
- Rey et C18. — Ebénisterie d'art. — A.......................... III, 410
- Reydor frères. — Mécanisme, horloges publiques. — Voyez Colin.
- — B................................................... II, 506
- Reymondon. — Dynamomètre compteur, etc. — N. A................ II, 548
- Reymondon (Isaac). — Machine à retordre pour la passementerie.
- — M..................................................... Il, 144
- Reynaüd père et fils. — Châles de Nîmes. — N. B................ III, 110
- Reynaud-Chapelain (Mm‘). — Bijouterie.—C....................... III, 464
- Rheins et C”. — Étoffes imprimées. — R. B...................... III, 272
- Rhem. — Tissus de coton imprimés. —A........................... III, 220
- Ribaillier. — Objets d’ameublement. — M........................ III, 416
- Ribert. — Grande culture. — C................................. 1, 48
- Ribeyrol (Héritiers). — Forges. — M............................. Il, 322
- Riby (Pierre). — Meules de moulin. — B......................... II, 454
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- — CLXXVI
- Ricca. -— Culture. — Voyez Badan. — B.............................. I, 287
- Richard. — Bijouterie de deuil. — R. B........................... III, 464
- Richard. — Couleurs. — C........................................ II, 694
- Richard frères. — Passementerie en soie. — N. A . . ............. III, 162
- Riche et Cie.—Appareib pour eaux minérales extemporannées.— C. II, 828
- Richer. — Elevage de bestiaux. — O. ,..................... . . . . I, 84
- Richer. — Instruments de mathématique. — N. A................... II, 553
- Riciier-Lévêqde (Louis-Christophe). — Toiles de lin et de
- chanvre. —B................................................... III, 251
- Rieder. — Machines diverses. — Voyez Vincent. —M.................. II, 246
- Riess (Martin). — Colles fortes. — A. ;........................... II, 687
- Rieussec. — Horlogerie de haute précision. — R. A................. II, 486
- Rimradlt (Armand). — Serrurerie de précision. — C................. II, 221
- Rime. — Couvertures. — Voyez Renard. — B......................... III, 60
- Rimlin frères. — Ébénisterie d’art. — B.......................... III, 412
- Rinaldini (Mmo Madelaine-Elisabeth). — Pianos. — B................ II, 581
- Ringard. — Jumelles ovales et tubes cylindriques. — M............. II, 528
- Ringaud jeune (Henri). — Produits chimiques. — N. B............... II, 724
- Ringel (Pierre). — Jouets d’enfants. —M.......................... III, 786
- Riottot. — Papiers peints. — B................................... III, 528
- Risler fils etC10. — Cotons filés. —B............................ III, 187
- Risler (G. A.). — Machines diverses. — B.......................... II, 256
- Risler (Mme) —Corsets. — M....................................... III, 723
- Ritter. — Peinture sur verre. — Voyez Petit-Gérard. — M. . . II, 883
- Rivain. — Machines diverses. — C.................................. II, 249
- Rivaüd.—Élevage de bestiaux. — M................................... I, 83
- Rivadd (Gustave). — Ateliers de construction. — B...............: I, 152
- Rives.—Limes.—A................................................... II, 476
- Rivier. — Brosserie. — C......................................... III, 761
- Rivière. — Élevage de bestiaux. — M................................ I, 58
- Rivot de Bazeüil. — Toiles cirées. — M........................... III, 619
- Robert. — Couleurs vitrifiables. — Voyez Laünay , Hautin etC1*.
- — R. A......................................................... II, 871
- Robert (Alexandre). — Extraction de cuivre brut. — B............. II, 267
- Robert (Eugène). — Soie. — O....................................... I, 101
- Robert (Eugène). — Soie. — Voyez Buisson et Champanhet
- (Charles). —A................................................... I, 103
- Robert (Henri). — Horlogerie de haute précision. -— R. O........ II, 485
- Robert (LeDr). — Anatomie plastique. — B......................... III, 546
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-
- CLXXVII
- Robin (Louis). — Fusion et moulage du cuivre. — M........ . . . Iï, 27 J
- Robin. — Tuyaux de tôle zingués. — Voyez Ledbü (Hector) et C‘“.
- — B......................................................... If, 418
- Robinet. — Caractères d'imprimerie. — B....................III, 484
- Robinot. — Machines diverses. — M......................... II, 247
- Robiquet (Antoine-Emmanuel). — Carrosserie.—• G............ II, 201
- Roche (Pascal).—Ateliers de construction. — M............... I, 176
- Rocher. —Appareils à distiller Veau de mer. —O.. ;......... II, 816
- Rocher. — Couvertures. — B.......................* ......... III, 61
- Rocher (Laurent). — Engrais. — A............................t. . I, 221
- Rockel. — Appareils d’éclairage.—N. B......................... II, 646
- Rocle (Michel). —Marbrerie. — À................................ II, 438
- Rodel.— Bronzes d'art. — R. B................................. III, 358
- Roehn. — Instruments. — G..................................... il, 604
- Rogé. — Produits chimiques. — B.............................. II, 731
- Rogeat frères. — Apparevs culinaires. — R. A.................._ II, 811
- Roger fils. —Meules de moulin. —N. B............................ . II, 454
- Rogez. — Pianos. — R. M........................................ II, 584
- Rojon (Jean-Léopohl). — Poudres émerisées. — R. B.................. II, 470
- Rohart. — Grande culture. — G..................... ........... I, 51
- Rohden.— Mécanique.— R. À..................................... Il, 651
- Rohée (Andoche). — Pompes à incendie. — M..............<...... II, 57
- Rohlfs. — Appareil hydro-extracteur pour le sucre. — M. O... . . Il, 753
- Rohlfs (Jean). —Machine à sécher, machine à filtrer. —• M..... II, 144
- Roissard. — Instruments, appareils de chirurgie. — A,.......... III, 625
- Roll. — Ébénisterie d’art. — M................................ III, 413
- Rolland (Jean-Baptiste). — Marbrerie. — B. .’................. II, 439
- Rolland père et fils. — Produits chimiques. — B.................. II, 730
- Rollin. — Bronzes d’art. — G.......................................III, 303
- RomaGnési. — Sculptures en carton-pierre. — R. A.............. III, 368
- Roman et Gie. — Étojfies indéplissables pour lingerie. — Voyez Gros
- et Obier. — M. O......................^.................. III, 201
- Roman et Cie. — Tissus de ccton imprimés. — Voyez Gros (J.)
- Odier.—R. O..................................................... lil, 212
- Roman et G16. — Tissus imprimés. — Voyez Gros, etc.— M. O. II, 793
- Romilly (Compagnie des fonderies de cuivre de). — R. O....... II, 265
- Romoli (Louis), — Stucs factices. — Voyez Molino (Pierre).
- __B............................................................... IT, 446
- Ronnet (Narcisse). — Spouloirpeur la confection des bobincs.— G. II, 146
- I. L
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-
- CLXXVIII
- Ronsen. — Dorure sur bois. — C................................. III, 401
- R ope R. — Cuirs repoussés, cuirs forés, courroies. — C........ III, 617
- Roques. — Papiers. — B..................-....................... III, 590
- Roques aîné. — Grande culture. —.A......\..................... I, 28
- Rosse. — Horlogerie civile. — B................................ II, 498
- Rosselet. — Révivificalion des dorures. •—B................... III, 471
- Rosselin (Alfred).— Dessins pour broderie. — C................. III, 564
- Rosset. — Cluîles de Paris. — Voyez Normand. — M............... III, 105
- Rossignol aîné. — Pailles pour chapeaux. — Voyez Ducruy
- (Jean) et lHs. — A.......................................... III, 708
- Rossignol frères. — Aiguilles.-—M.............................. II, 383
- Roswag. — Toiles et tissus métalliques. — R. O................. Il, 412
- Roth. — Instruments de cuivre. — B............................. II, 603
- Roth et C1C; — Tissus de coton imprimés. — Voyez Sciieurer (Auguste). — A....,................................................ III, 222
- RottÉe (Auguste). — Machines employées dans la filature delà
- laine peignée. — N. B......................................... II, 134
- Roubaux et Ge. — Moulins et pièces détachées. — C............... II, 11
- Roucou. — Fourbisserie. — À... . ................................ Il, 640
- Rouffet fils aîné. — Machines à vapeur. — A..................... II, 65
- Rouget de Lisle. — Appareils de vidange. — Voyez Raphanel
- et Le Doyen. — M............................................ II, 186
- Rouget de Lisle. — Machines diverses. — Voyez L’Empereur.
- — B....................................................... II, 240
- Rouillaud. — Tonnellerie. — R. M................................. III, 453
- Rouillet. — Lanternes de chemins de fer. — Voyez Lebesgüe.
- — M..................................................... 397
- Rouquet (Antoine). — Ateliers de construction. — M.............. il, 162
- Rouquette (Victor) — Ganterie de peau. — B..................... III, ,771
- Rousée. — Tissus de coton en blanc et écrits. — A................ III, 196
- Rousseau. — Conserves de fruits. •— C............................ II, 670
- Rousseau frères. — Produits chimiques. — M...................... Il, 733
- Rousseau père et fils. — Toiles de lin et de chanvre. — R. A. . . . III, 249
- Rousseau (L.). — Aciers élaborés. — R. B........................ II, 360
- Roussel. — Moulins et pièces détachées. —C...................... II, 12
- Roussel. — Tapis. — Voyez Rëquillart et Chocqueel. — O.. III, 280
- Roussel (Charles). — Caractères d’imprimerie. — C............... III, 487
- Roussel-Becquart. — Tissus de laine de Roubaix. — M.............. III, 83
- Roussel-Dazin. -- Tissus de laine de Roubaix. — R. A............. III. 75
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- ---- CLXXIX
- Roussel df, Livry (Charles).— Savons. — M.................... Il, 681
- Rousselet et fils. — Draperie fuie de Sedan. — R. O.......... III, 27
- Rousselot (Étienne). — Machines à bonneterie.—B.............. If, 158
- Rousset. — Ebênisierie d’art. — M............................ III, 413
- Rousseville. — Dorure et argenture. — B..................... III, 341
- Roussille frères.— Acides gras, chandelles, cierges et allumettes en
- cire, savon. — A......................................... H, 767
- Roussy. — Tissas. — R. O..................................... III, 305
- Rousxic (Louis-Auguste). — Draperie moyenne et commune. —
- R. A..................................................... III, 43
- Rouvenat (L,). —Bijouterie et joaillerie. —-R. O............. III, 454
- Rouvet. —Instruments pour le dessin linéaire, etc. — R. M.. . . II, 560 Rouvier-Paillard (Mm<! v* ). — Moulage de pâle d’ivoire. — M.. . III, 380 Rouvière-Cabane. — Tapis. — Voyez Miliiaud, Martin et
- Grill. — A............................................... III, 281
- Roux. —Articles de Tarare. — Voyez Estbagnat frères. — B. . III, 229
- Roux. — Mouvements de pendules et de montres. — R. A....... II, 508
- Roux. — Tissus de laine. — Voyez Thévenet et Raffin. — B. . III, 128
- Roux frères.—Soie. —Voyez Cabri.—'B......................... I, 107
- Roüxel (Frédéric). — Filature. — A........................... 1, 111
- Royer. — Bijouterie. — Voyez Laserve. — B.................. III, 457
- Rozey. — Cotons. — Voyez Coppin. — C........................ 1, 327
- Ruaud. — Porcelaine. — Voyez Lachassagne. — B.............. II, 869
- Rubans (Eugène). — Tournarière pour chapêaux. —C........... II, 146
- Rudet. — Horlogerie civile. — C........................... II, 503
- Rudolpiii. — Orfèvrerie. — R. O............................ III, 316
- Rudovel (Dominique). — Culture. — C......................... I, 289
- Ruef. — Draperie moyenne et commune. — Voyez Bicabd. — A. . III, 47
- Ruff (François). —«Machine à métrer et ci plier les étoffes. — A. . II, 133
- Ruffier. — Machines à chocolat. — M. ........................ II, 183
- Ruhmkorff. — Instruments de physique. — N. A................. 11,518
- Ruolz (De). — Chimie. —O..................................... II, 831
- Russier. — Toiles et tissus métalliques. — Voyez Brewer et
- Trousset.— B............................................. IT, 415
- S
- Saad-Ben-Barka. —- Paniers en feuilles de palmier. —M........ I, 33.7
- Sabathier. — Elevage de bestiaux.— A......................... I, 91
- L.
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- CLXXX
- Sabatier. — Grande culture. — C............................. I, 48
- Sabatier-Blot. — Héliographie sur plaques de métal — B. M.. . . III, 536
- Sabin.—Machines pour la préparation des produits agricoles.—
- Voyez Ferrières.—B........................................ I, 189
- Sablon.— Chapellerie. — C................:................ III, 706
- Sabran (Veran). =—Nouveautés pour robes, châles et écharpes. —
- Voyez Jessé (G.).—O..................................... III, 87
- Sagnier (Louis) et Cl\ — Appareils à peser et grandes balances
- pour le commerce. — N. A.....»......................... Il, 535
- Sagnier-Teülon. — Tissus de soie. — N. B................... III, 127
- Saint-Amand.— Engrais. —A.................................... I, 221
- Saint-Charles et C10. — Appareil à lessiver le linge. — B... II, 790
- Saint-Étienne. — Appareils pour l’extraction de la fécule. — R. A. Il, 762
- Saint-Gobain. — Glaces. —- R. O............................. II, 884
- Saint-Joannis..— Ateliers de construction.— C................ I, 179
- Saint-Maur (Jules de). — Culture. — A........................ I, 286
- Saint-Maurice-Cabany (Mme v").—Registres. — R. B........... III, 829
- Saintoin.—Chocolats.— M..................................... II, 667
- Sainton (oaele et neveu). — Ganterie de tissus. — C........ III, 775
- Saint-Padl (Mm0 ve et fils). — Toiles et tissus métalliques. —
- R. A..................................................... II, 413
- Saint-Ubery. — Bois pour l’éhénisleric. — B;............... III, 443
- Saive.— Dessins pour broderies. — C....................... III, 564
- Sajog. — Dessins pour broderies, etc. — B.................. III, 565
- Salines nationales de l’est (Compagnie générale des anciennes).
- — Produits chimiques. — O.............................. II, 711
- Sallandrocze (Alexis). — Tapis. — R. B..................... III, 282
- Sallandroüze (Charles) Lamornaix.— Tapis. — II. C.......... III, 279
- Salleron. — Cartonnages divers. — M.............:......... III, 826
- Salleron. — Cuirs et peaux. — A........................... III, 602
- Salleron.—Papiers de fantaisie.—R. B...................... III, 813
- Sallier. — Mécaniques pour tissus brochés. — B............ II, 154
- Salmon. — Grès cérames. — B................................ II, 859
- Sanders. <—Dorure et argenture.— M........................ III, 341
- Sandoz.—•Scarificateur.—B................................. III, 634
- Sandoz et Cie. — Étoffes imprimées. — B................... III, 274
- SanguinÈde. — Aciers élaborés. — A........................ II, 360
- Sanis. — Cartes en relief. — B............................ II, 565
- Sanrey (Philippe-Auguste). — Machinerie de théâtre. — M. . . . III, 402
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- CLXXXI ---
- Santonnax. — Bougies et cierges. — Voyez Joudy. —• C........... II, 770-
- Sappey (Charles). — Marbre alabastrite.—'A..................... II, 442
- Saron frhres. — Calorijcrcs et. fourneaux. — M................. II, 815
- Sarran. — Instruments pour la récolte. — Voyez Dufour. — B . . I, 181 Sarrazin (Édouard).— Marbre factice. — Voyez Pradier
- (Charles). —M.............................................. II, 440
- Sacbiac. — Grande culture. —M................................. I» 42
- Saunier. — Curaclères d’imprimerie. — B........................ III, 484
- Saunier (Simon). — Brosses et pinceaux. — B.................... III, 552
- Sauraux. — Billards.— C ....................................... III, 439
- Sauria (Charles). — Bûches à miel. — B......................... I, 116
- Sauron. — Serrurerie de précision. •—C......................... II, 221
- Sautreuil. — Machines diverses. — A............................ Il, 235
- Sauvage. — Moulage. — R. B..................................... III, 370
- Sauvage et C10. — Tissus imperméables. — B. ................... II, 701
- Sauvagnat (P.). —Coutellerie. — M.............................. II, 373
- Sauves (Commune de). — Instruments pour la récolte. — A. . . . I, 180
- Savaresse (Louis-Henri). — Cordes d'harmonie. — P>. . »........ II, 591
- Savaresse (Philibert).—Appareils pour la fabrication des eaux minérales. — R. A.............................................. Il, 824
- Savarin. 1— Couleurs vitrifables. — M........................... II, 874
- Savary. — Joaillerie fine. — Voyez Mosbach. — O.. ............. III, 460
- Savary. — Stores. — B......................................... III, 388
- Savin-Larclauzf.— Grande culture.—A............................... I, 22
- Savona. — Cotons.—M............................................... I, 327
- Savouré (Jules-Clément).—Bonneterie. — B........................ III, 156
- Savouré (Mm0 Emile). — Filets, articles dépêché. — M............ III, 849
- Savoye. — Moulage. — Voyez Guilloud. — R. B..................... III, 377
- Savoye. — Tissus de soie.— Voyez Ravier et Guanu. — N. A.. III, 125
- Savreux (M11’). — Lin et chanvre. — M.......................... III, 247
- Sax. — Instruments de cuivre. — O.......................... .. . Il, 599
- Sazerat (Jean-Baptiste). — Pailles pour chapeaux. — M.......... UI, 712
- Sc halle R neveu (J. M. ). — Ébènisterie d'art. —Voyez Groiié.
- — R. O..................................................... III, 408
- Sciiattenmann (Charles-Henry). —• Machines pour la préparation
- des produits agricoles. — M................................ 1, 107
- Scheurer (Auguste). — Tissus de coton imprimés. —Voyez Rotii
- et Cie. — A.................................................... III, 222
- Sciiiertz.— Appareils d'héliographie. — A...................... III, 541
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- CI.XXXII
- Seinmd. — Poteries vernissées. —M........................... Il, 854
- Schindi.kr (Frédéric).— Batlelage.— B....................... II, 275
- Sciiloss (Henri).— Gainerie, porte-monnaie cl portefeuilles. — A III, 762
- Scïilcmberger (Nicolas) et C10. — Cotons filés. — R. O...... III, 180
- Scheumberger et Cie. — Etoffes pour ameublement. — Voyez
- Gaspard. — B....................,....................... III, 85
- SciILDMBERGER. ---- CütOllS fllcS. - Voyez HoFER. - O....... III, 182
- SCHLUMberger (Nicolas) et C‘c. — Fils de lin et. de chanvre. — M.
- O..................................................... Iir, 238
- Schmaltz. — Peluches de soie pour chapeaux d'hommes. — R, O. III, 132
- Schmagtz aîné. — Lithographie.— B........................... III, 508
- Sciimerber (Edouard). — Serrurerie de précision. — B......... II, 217
- Sciimerber (Jean). — Grande chaudronnerie. — B.. ............ II, 120
- Schmidt (Joseph).— Cuirs et peaux. — B...................... III, 865
- Schmole (Charles).— Joaillerie dorée.—C..................... III, 463
- Schneider. — Navigation à la vapeur. — N. O.................. II, 93
- Schoeffel (Ve). — Teinture. — M............................ II, 788
- Scuoen.—Pianos.—R. A......................................... Il, 580
- Sciioenauer. — Etoffes imprimées. — Voyez Stehelin. — M. . . III, 275
- Scholtus (Pierre). — Pianos. — B............................. II, 582
- SciiONF. N berger. — Impressions en taille-douce. — M....... III, 502
- Sciidltz.—Pianos.—B.......................................... Il, 582
- SciiWARTZ-lluGGENiN et C16. — Tissus de colon imprimés.— R. O. III, 217
- ScrÉper (César). — Tissus de laine de Pioubaix. — B......... III, 83
- Scrépel-Roüssel. Tissas de laine de lioubaix.— R. A......... III, .75
- Scrive frères: — Cardes. — R. O............................. II, 147
- Scrive frères. — Fils de lin et de chanvre. — M. O.......... III, 238
- Scrive frères.— Toiles de lin et de chanvre. — Voyez Danset.— O. III, 248 Sculfort.— Grosse quincaillerie. — Voyez Maillart. — B.. . . Il, 364
- Sèbiree (Charles). —Plomb. —M................................. , II, 280
- Secretan. — Instruments de physique et d’optique. •— Voyez Lere-
- bouhs. — N. O........................................... II, 515
- Segretin et C10. — Bougies stéariques. — M................... II, 770
- SÉGDiER. — Navigation à la vapeur. — M. O................... II, 92
- Seguin. — Sculpture mécanique.—M. O......................... II, 441
- Següin (Antoine). —Marbrerie. >— O.......................... II, 437
- SÉgdin (Mmo Marie).— Chapeaux de femme.— C.................. III, 713
- Seguy (Joseph). — Ateliers de construction. — C............. I, 166
- Seib. — Toiles cirées. — O.................................. III, 618
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- clxxxiii
- Seigneurie (Pierre).— Machine pour la préparation des produits
- agricoles. — M............................................ ï, 194
- Seillîére et C,e. — Apprêts d'étoffes. — M. O................ Il, 793
- SeilliÈres (Ernest) et C'6. — Tissus de coton blancs et écrus.
- — Voyez A. B. — O..................................... III, 194
- Sèment (Jean-Gabriel).—• Papiers à polir.— M................. II, 471
- Sénéchal (Louis-Joseph). — Machines diverses. — A. . . ...... II, 236
- Sennelier (Fr. A.). — Machines pour la préparation des produits
- agricoles.—C.............................................. I, 201
- Sens-Gazalot (Jean-Marie).—Passementerie. — B................ III, 160
- Sentex. — Lampes à liquide minéral. — M...................... II, 651
- Sentis père et fils. — Fils de laine cardés. — A............. III, 14
- Septier. — Appareils clefiltrage.—M.......................... Il, 822
- Sèraincourt (Charles de). •—Extraction d’argent.—M........... II, 289
- Serbat (Louis).— Produits chimiques. — A...................... II, 722
- Sergent. — Grandes orgues..— B. . . ......................... II, 614
- Serre (Jacques-Aimé-Nicolas). — Serrurier en voitures. — M.. . II, 201
- Serre (Jules). — Registres. — C.............................. III, 834
- Serres-Miriau et Cie. — Extraction du zinc brut. — B......... II, 280
- Serret. — Fabrication du fer. — Voyez Lelièvre et Cie. — R. O. II, 307 Serret. — Fabrication et raffinage du sucre, distillerie et fabrique d’alcalis et sels des mélasses. — Voyez IIamoir , Duquesne et C‘°.
- — O................................................... 11,747
- Serret et C1C. — Fonte brute et moulée. — Voyez HaSioir et Gie. —
- A......................................................... II, 331
- Servaz (La compagnie de). — Bitume-asphalte. — M....... II, 450
- Serveille aîné. — Machines pour les chemins de fer. — A.... Il, 84
- Sestier (Alexandre-Fabien). — Passementerie. — B.. .. ....... III, 166
- Sevaistre aîné. — Draperie fine d’Elbeuf. — Voyez Legris — O. III, 33
- SèvÉgnier. — Châles de Mmes. — B............................. III, 111
- Si-AbÈs-Ben-Barkat. — Sellerie arabe. — B...................... I, 340
- Si-Amar-Smiz (La femme de). — Tissus. — B.................... 1,316
- Si-Ben-Abdi. — Bottes en maroquin.—M......................... I, 340
- Sichel-Javal. — Savons. — R. A............................... II, 678
- Sidi-Hamida. — Industries divers. — A........................ I, 332
- Sidi-Moiiamed-ben-Aiciia. — Tabacs. — B...................... I, 293
- Si-El-Ben-Ben-Bou-Ras.—Portefeuilles. — M. O................. I, 341
- Si-El-Ben-Ben-Bou-Ras. — Broderies et sellerie. — B.......... I, 342
- Si-El-Ben-Ben-Bou-Ras.—Sellerie arabe. — M. O................ I, 340
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- CLXXXIV ----
- Si-El-Médani.— Tissus.—A........................................ I, 314
- Signoret-Rochas.— Draperie moyenne et commune. —, B.......... IIï, 52
- Sigüy..— Chaussures en cuir. — M............................. III, 668
- Si-Hadji-Chalabi.— Instruments aratoires. — B............... I, 346
- Si-Hamou-Bel-Oualaf. — Tissus. — B.............................. I, 316
- Sil.a/'Ée. — Appareils culinaires. — C....................... II, 816
- Silbërmann. — Typochromie. — O............................... III, 502
- Silvan't. — Appareils d'éclairage. — B......................... II, 640
- Silvestre (Mmo Adélaïde). — Toiles de Un et de chanvre. —M.. III, 252
- Simonnet.— Eaux aromatiques. — A.............................. I, 303
- Simier neveu. —Reliure. — B................................... III, 522
- Simon. — Archets de basses et violons. — M..................... II, 591
- Simon.— Chromo-lithographie.—O...................i........... III, 509
- Simon.'—Pierres lithographiques.—G........................... Il, 467
- Simon jeune (Jules ). — Marbrerie. — M....................... II, 439
- Simon (Jules).—Pierres lithographiques. — B.................. II, 467
- Simon (Paul). — Prothèse dentaire. — M....................... III, 641
- Simon Louis frères. — Plantes agricoles. — M................. I, 238
- Simonet (Charles). — Extraction du zinc brut. — C............= II, 285
- Simonin, dit Blanchard et C16. — Quincaillerie. — N. A......... Il, 393
- Simonneau.—Grande culture.—M.................................... I, 48
- Siney père et fils. — Linge de table. —: C.................... III, 255
- Sintz, — Meubles de fantaisie. — M............................ III, 417
- Si-Omaii-El-Bog. — Porte-éperons. — M........................... I, 341
- Siredey. — Ouates. — Voyez Billebault. — B.................... III, 230
- Sirot père (P. A.). — Clouterie. •— N. B....................... II, 365
- Siry. — Appareil d’éclairage. — N. B........................... II, 645
- Sisco. — Machines diverses. — M................................ II, 247
- Smedt (Mmo de).— Corsets. — M............................... III, 724
- Société anonyme. — Filature de lin d'Amiens. •— H. C.......... III, 237
- SOCIÉTÉ CENTRALE D’HORTICÜLTÜRE. —C............................ I, 247
- Société lïnière dd Finistère (La). — Toiles à voiles. — M. O. III, 263
- SoeunÉe frères. — Ferais. — R. A............................. II, 737
- Soisson. — Serrurerie de précision. — B....................... II, 218
- Solanet. — Draperie moyenne et commune. — Voyez Mdret et
- Palangié frères. — N. B........................................ III, 49
- Soleil. — Instruments d’optique. — O........:................ II, 517
- Solet. — Céréales. —B........................................... I, 230
- Sollet (Eugène). — Elevage de bestiaux..— G..................... I, 71
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- CLXXX.V ----
- Sollier. — Mosaïque. — C. .................................... III, 476
- Sollier. — Orfèvrerie. — B.................................. III, 574
- Solon. — Sculptures en carton-pierre. — M.................... Ilf, 372
- Sommelier. — Culture maraîchère. — C............................ I, 245
- Sompajrac aîné. — Draperie mojenne et commune. —R. A........ III, 42
- Sormani (Paul ).— Tabletterie. —B.......................... III, 420
- Sorré-Delisle (Alfred). — Passementerie pour nouveautés. — B.. III, 166
- Sorrel-Berthelet. — Cuirs et peaux. — R. B.................. III, 603
- Soubeyran ( Louis). — Soie. •— R. A............................. I, 102
- Soucaret fils.— Gazes pour blutteries. — Voyez Couderc. -—O. III, 302
- Soüchet. — Toiles de Un et de chanvre. — C.................... III, 253
- Soudan (Mmo). — Chapellerie. —- C. . . . .................... III, 707
- Sooffleto. — Pianos. — O....................................... II, 576
- Soumaii.—Soies et cocons. — A................................... I, 322
- Souplet. — Prothèse dentaire. — B........................... III, 639
- Sourd. —Passementerie. — Voyez Latigke. — M................... III, 170
- Sourd frères.— Fils de laine Thibet. — R. A................... III, 16
- Souty (Pierre-Prosper). — Dorure. — B....................... III, 400
- Souvraz et G1". — Châles de Paris. — Voyez Bonfils et Michel.
- — B................................................. III, 104
- Soyer. — Grande culture. — B.................................... I, 37
- Soyer (Honoré). — Cheminées. — G.............................. II, 810
- Soyer (J.). —Limes. — M........................................ II» 357
- Soyer-Vasseur (Prosper-Candide). — Tissus de laine de Lille.
- — A.................................................... Il, 80
- Speizer. 1— Dessin pour l'impression sur étoffes. — M......... III, 563
- Spiquel etC16. — Passementerie pour uniformes. — M............ III, 169
- Stehelin. — Étoffes imprimées. — Voyez Sciioenauer. — M. . . . III, 275
- Stehelin frères.— Grande chaudronnerie.— R. O.................. II, 113
- Stein. — Grandes orgues. — M.........'...................... II, 615
- Steinbach. —> Tissus de coton imprimés.— Voyez Blecii et Mantz.
- _ O....................................................... III, 217
- Steiner. — Grande culture. — A.................................. I, 31
- Steiner (Charles). — Tissus de colon imprimés. — A............ III, 221
- Steiniieil.— Gotonsfdés-----Voyez Dieterlin et G1®. — M.O.. III, 191
- Steisheil-Dieterlin (G.) et C10. — Tissus de colon blancs et écrits.
- — B................................................. III, 200
- Sterlingue.— Cuirs et peaux. — Pi, O.......................... TII, 595
- Stiial. — Moulage. — A...................................... III, 375
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- CLXX.XV1
- Stolz père. — Pompes. — B................................. II, 53
- Stolz fils. — Machines. — N. B........................... II, 66
- Stoltz père et C10. — Appareil de féculerie ei pompes à incendie.
- — M. O.......................'........................ 11,762
- Stroehlin. — Tissas de coton blancs et écrus. — Voyez Peynaüd
- et Lecomte.—A.......................................... III, 197
- Suby.—Soie. — C............................................. T, 110
- Sdpot (Auguste).— Registres. — C.......................... III, 833
- Sdread. — Elevage de bestiaux. — A....................... 1, 57
- Sdret. — Grandes orgues. — A.............................. Il, 613
- Süsse frères. — Bronzes d'art. — R. B.................... III, 356
- Sdtivaex de Greische. — Grande culture. — C.............. 1, 50
- Süzer. — Cuirs et peaux. — A. . . ........................ III, 599
- T
- Taborin (François). —Limes.— R. B.........................AWkJ^II, 355 .
- Tachet (Claude-François). — Emploi du bois appliqué auxl^ù-
- menls. — B.................................................III. 443
- Tachy (Alexandre).'—Broderie. — M.............................. III, 286
- Tahan. — Ébénisterie d’art. •— A............................... III. 41*1
- Tailfer. —Machines. — B....................................... II, 69
- Taillandier aîné. — Coutils de fil. — R. A..................... III, 259
- Taillebouis. — Bonneterie. —Voyez Verdier et Meynard frères.
- — A....................................................... III, 152
- Taillefer. —Aiguilles. —A...................................... II, 382
- Taillefer. —• Tours. — M........................................ II, 123
- Talabot (Léon) et C"*. — Aciers. — R. O........................ II, 348
- Talbot frères. — Ateliers de construction. — B................ 1, 153
- Tallavignes. —Produits chimiques. —C......................... II, 736
- Tallichet. — Produits chimiques. — M............................. I, 302
- Talmodrs (De). — Porcelaines. — R. O............................ II, 862
- Tambobr-Ledoyen. — Ganterie de peau. — M..................... III, 772
- Tamizif.r. — Machines à vapeur. — N. A.......................... II, 62
- Tampied (E.). — Appareils de gymnastique. — M. O............. III, 851
- Tampier (Pierre-Eugène). — Corderie. —B....................... Il, 224
- Tangre. — Toiles et tissus métalliques. — B..................... Il, 415
- Tantenstein. — Musique en typographie. — Voyez Cordel. —
- R. A....................................................... 111, 481
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-
- --- CLXXXVII
- Tapic (François). —Marbres. — M. O......................... II, 562
- Tardieu de Villotte.— Elevage de bestiaux. — M............. I, 83
- Tardieu de Yiuette (Antoine).— Grande culture. —B......... I, 39
- Tarin (A.)—Ateliers de construction.—C..................... I, 178
- Tarride liis (Achille). — Exploitation de marbres. — R. A.. II, 434
- Tavernier. — Soie. — H. C.................................. 1, 98
- Tavernier.'—•Tissus.—A..................................... III, 305
- Tavernier (Alexandre).'— Maroquins, cuirs hongroyés et mégissés.— B.................................................. III, 615
- Teillard. — Ateliers de construction. — M................ I, 157
- Teillard. — Tissus de soie. — R. O......................... III, 122
- Teissier. — Soie. — R. O.................................. I, 99
- Ternynck frères. — Tissus de laine de Roubaix. — R. O.....III, 72
- Terrasson de Montleau. — Élevage de bestiaux. — R. A....... I, S2
- Terrien. — Horlogerie civile.—C............................ Il, 502
- Terrier. —Horlogerie civile.—.............................. II, 500
- Terrisse. -Tissus imperméables.— R. B...................... II, 700
- Tesse-Petit. — Colons files. — R. A........................ III, 183
- Tesson. — Colle forte et huile de pieds de bœuf et de mouton.—
- R. M.................................................... 11,773
- Testard. —Ebénisterie d’art. — Voyez Touj.on. — M.......... III, 413
- Testard (Mlie).—Jouets d’enfants. — M....................... III, 787
- Testelin-Montagne. — Tissas de laine de Roubaix. — R. B. . . . III, 81
- Têtard.— Appareils, herniaires et d'orthopédie. —A.......... III, 629
- Têtard.—Ebénisterie d’art. — M............................. III, 413
- Texier. — Sculpture en carton pierre. — R. B................. IU, 371
- Tuacheray. — Drainage des terres. — A......................... I, 223
- Theil (Joseph). — Meules de moulin. M........................ Il, 456
- Tiieis. — Colons. —'B....................................... I, 327
- Thêodon fils. — Cannes ,fouets et cravaches —A.............. III, 737
- Théot (J. B). — Quincaillerie et outils. — M................. II, 398
- Théroude. — Jouets d’enfants, bimbeloterie.— B.............. III, 784
- Tiiéroulde. — Produits chimiques. — Voyez Campion.— M.. . II, 732
- Teévenet. — Tissus desoie. — Voyez Raffin et Roux. — B.. .. III, 128
- Thibaud (Emile). — Peinture sur verre. — B................... II, 882
- Thibault ( Henri-François). — Chandelles et bougies stéariques. —
- R. M...................................................... II, 769
- Thibaut (Louis). — Horticulture cl feurs. — Voyez Retelker
- (Jcan-Baplistc).— A........................................ I, 252
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- --- CLXXXVIII
- Thibaut. — Cire à cacheter. — B. M............................ II, 740
- Thibert. — Peluches de soie pour chapeaux d'hommes. — Voyez
- Adam. — A.................................................. III, 134
- Tiiiébault. — Fusion et moulaijc da cuivre et de ses alliages. R. O. II, 269
- Thieleay. — Mesures linéaires souples. — M.................... III, 729
- Thier. — Appareils pour peser et grandes balances pour le commerce.
- — B........................................................' II, 539
- Thier.— Biberon.— M. O...,.................................. III, 641
- Thierry. — Héliographie sur plaques de métal. — M............. III, 537
- Thierry. — Sommiers élastiques et matelas. — B. «............... . III, 856
- Thierry frères. — Lithographie. — N. A........................ III, 506
- Thierry (Arnb.). — Coutellerie. — C............................. II, 375
- Thierry-Mieg et C’e. — Tissus de coton imprimes. — N. A....... III, 218
- ThiÉry.— Orfèvrerie. •—M....................................... III, 327
- Tiiibierge. — Ouvrages en cheveux. — M......................... III, 691
- Tiiiboust (Louis-Antoine). — Bonneterie. — B................... III, 155
- Tiiiboutel C,e.— Pianos.— C..................................... Il, 585
- Tiiibouville. — Instruments. — M............................... Il, 608
- Tiiiolier. — Draperie moyenne et commune. — B.................. III, 52
- Thiollière. — Aciers. — Voyez Neyrand, Bergeron, Verdier
- et Cie. — A................,............................... 11,350
- Tiiiot (J.).—• Consommé de santé.—M............................. II, 670
- Thirault. — Machines diverses. — Voyez Massiquot. — M. ... Il, 242
- Thiriez et C10. — Cotons filés. — A........................ III, 185
- Thirio.v (Romain). — Pompes à incendie. — R. B.................. II, 46
- Tiiolin (Jean-Claude). — Moulures et cadres. — B............... III, 447
- Thomas.— Arithmomctre.— A....................................... II, 549
- Thomas. — Meubles en cuivre. — B...... :...................... II, 409
- Thomas. — Usines à fer. — Voyez Laürens. — R. O................. II, 475
- Thomas (Maurice). — J tôliers de construction. — M............... I, 156
- Thomeret. — Limes. — Voyez Prodtat et Michot. — B............... Il, 356
- Tiionnellier. — Machines diverses. — R. O.. .................... II, 250
- Tho bel.— Tissus. — B.......................................... III, 306
- Tiiorey. — Caractères d’imprimerie. — Voyez Vire y. — R. B. . . III, 483
- Tiioümin. — Cuivre estampé et verni. — N. B.................... III, 382
- Tiiouret. — Calorifères et fourneaux de cuisine. — M............ II, 815
- Tiiodret. — Dorure et argenture. — R. B....................... III, 339
- Thouvenin (Josepli-Émile).— Ouates. — M........................ III, 231
- Tiioré (Charles). — Grande culture. — A....................... 1, 28
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- CLXXXIX
- Thoré (M",c vc) jeune.— Etoffes iiuléplissables pour lingerie.-—
- Voyez Hoxiem (P.) et Denis aîné. — M..................... III, 201
- Thuillier (Lefranc). — Coutellerie. — C....................... II, 373
- Thuillier-Thomas. — Pépinières. — C........................... I, 270
- Tiiuvien. — Machines à imprimer. — B. B....................... II, 177
- Tiefenbruner.— Tabletterie.— C.............................. III, 422
- Tilliard.— Elevage de bestiaux. — B............................ I, 58
- Tilman (Mme Nathalie).— Fleurs artificielles.—M.............. III, 655
- Tinet. — Porcelaines. — B..................................... II, 870
- Tintillier.— Tissus imperméables. — C......................... II, 703
- Tirmarche.— Garde-robes hydrauliques. —C...................... Il, 188
- Tirouflet. — Tissus divers. — Voyez Daveaux. — B............. III, 211
- Tissier aîné. — Produits chimiques. — A....................... II, 722
- Tixier-Ciiabrier. — Papiers. — G............................. III, 593
- Tixier-Goyon. — Coutellerie. — B............................. II, 372
- «Tlemcen (La ville de).— Tissus. —A............................ I, 314
- Tollay. — Clysoirs. — Voyez Martin. — B...................... III, 643
- Torcapel-Tiiouroude. — Dentelles. — R. B..................... III, 294
- Tordeux et C‘c. — Limes. — B................................ II, 357
- Touaillon jeune.— Moulins et pièces détachées, — A............ II, 9
- Toulon. —Ébénisterie. — Voir Testard. M..................... III, 413
- Toulza (François).—• Serrurerie de précision. — C............. II, 221
- Tourneur (Pierre-Charles). — Extraction du zinc brut. — B. . . II, 284
- Toürret. — Élevage de bestiaiix. — C........................... I, 72
- Toussaint. — Horticulture et fleurs. — C....................... I, 263
- Toussaint. — Tissus divers. — M.............................. III, 212
- TouzÈ (Alphonse). — Draperie fine d'Elbeuf. — N. A........... III, 34
- Tracol (Henri). — Maroquins, cuirs hongroyés et mégissés. — B. III, 615
- Tranciiart-Froment. — Laines filées. — R. O................... III, 7
- Trannin.— Grande culture. — C.................................. I, 51
- Transon Forteau. — Pépinières. — C............................. I, 270
- Trappistes (Les). — Culture. — M............................... I, 289
- Travaillot. — Ouvrages en ivoire. —Voyez Bareier. — M. . . III, 431
- Travers ( Louis) fils. — Constructions cmles. — O............ Il, 102
- TrÉlon. — Boutonnerie. — Voyez Weldon et Weil. — O. .. . III, 749
- Tremblay (Le baron du). — Faïences fines. —-A................. II, 859
- Trempé oncle et €ie. —Maroquins, cuirs hongroyés et mégissés.
- — R. B.....................................*•............. III, 014
- Trésel. —Machines. —* N. A.................................... Il, 61
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- TrÉzel.— Râpes et presses pour les sucreries.— M. 0........... II, 753
- Tribouillet.— Roupies. — Voyez Masse. — O..................... II, 764
- Tribu des Drides. — Tissus. — B..........•.................. I, 315
- Tribu de Zasvioura. — Tissus. — A................................ I, 315
- Tricot (François-Sernin ). — Rouennerie. — O.................. III, 206
- Triebert. — Instruments. — N. B................................ II, 607
- Triouiller. — Orfèvrerie. — R. A............................... III, 323
- Tripier. —Appareils de sauvetage.— M............................ II, 226
- Trippier-LaubriÈres. —Grande culture.—M.......................... I, 45
- Tritschler (Jean-Marie). — Ateliers de construction. — M. ... I, 160
- Trolliet- — Cirages, encre et vernis. — Voyez Perret. —
- R. B....................................................... II, 741
- Tronciion ( M-J. ). — Fers élaborés. — A...................... Il, 325
- Trotry-Latouche. — Bonneterie. — R. A......................... III, 152
- Troublé. — Imprimeur sur étoffes. — M......................... II, 162
- Trousset. — Toiles et tissus métalliques. — R. B.............. II, 414
- Trousset. — Toiles et tissus métalliques. — Voyez Russier et
- Brewer. — B.................................................. II, 415
- Trouvé. — Sculpture en carton pierre. — R. M................. III, 371
- Trouvé-Cütivel (R. R.). — Cuirs et peaux. —M,.................. III, 606
- Truc. — Appareils d’éclairage. — R. B.......................... II, 646
- Truchon. — Couvertures. •— Voyez Büffault. — R. A............. III, 57
- Truchy. — Passementerie or et argent. — Voyez Vaugeois. —
- A.......................................................... III, 163
- Truchy. — Perles artificielles. — R. A......................... III, 469
- Tulou. — Instruments en bois.— Pu A............................. II, 606
- Turck. — Grande culture.— G.................................... I, 50
- Tdrck (Amédée). — Ateliers de construction. — A.................. I, 141
- Turlure ( Aimé).— Horticulture et fleurs.—B...................... I, 257
- Turpaült-Beaumont ( A.-H ). — Machines pour la préparation des
- produits agricoles. — M....................................... I, 195
- Turpin. — Chocolats. — B........................................ II, 662
- Tcrquet ( Jules ). — Filature. — C............................... I, 113
- Tussaud (Félix). — Grande chaudronnerie, — B.. '................ Il, 119
- U
- ÜLLMANN. — Peinture sur verre. — B............................ II, 882
- Urnerjeune. — Tissus de coton, fabrication d'Alsace. — B. . . III, 205
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-
- CXCI
- Y
- Vaciier. — Pépinières. — Ç................................... J, 271
- Vacherie dû Pin. — Élevage de bestiaux. ~~ H. C.............. I, 77
- Vachon père et fils. — Machines pour la préparation des produits
- agricoles. — A.,.......................................... I, 184
- Vaillant. — Fourneaux de cuisine. — M........................ Il, 815
- Vaillat. — Hèliographie sur plarpies de métal. —B.............. , III, 535
- Valant. — Papeterie de luxe. — M............................. III, 809
- Valarino fils. — Chocolats. — B........................ . . II, 663
- ValdeliÈvre (A.) fils et Cie. —Lin et chanvre. — B............ III, 244
- Valériüs. — Appareils herniaires et d’orthopédie. — A........ III, 628
- ValÈs (Casimir). — Bourre et déchets de soie. —Voyez Malzac
- (Florent). — M......................................;..... IH, 116
- ValÈs (Constant). — Perles artificielles. — R. A............. III, 468
- Valette. — Appareils ci peser et grandes balances poiir le commerce.
- — B....................................................... II, 537 .
- Valette et C10. — Colons retors. — M......................... III, 193
- Vallée (Jean-Honoré-Victor). — Mobiliers agricoles. — B...... I, 212
- VALLÉEetC'0. — Papiers.—Voyez Andiueüx.—R. B.................. III, 588
- Vallet. — Horlogerie civile. — B............................... II, 500
- Vallet (A. Léon). —Horlogerie civile. — N. A................... II, 494
- Vallet (Louis-Auguste). — Serrurerie de précision. — B....... II, 218
- Vallier. — Culture. — A....................................... I, 285
- Van-Bathoven. — Ébénisteric d'art. — M....................... III, 413
- Vande. — Machine à diviser. — Voyez Jean ray. — R. B........... II, 561
- Vandendorpel fils. — Papiers de fantaisie. — B................ III, 813
- Vanel. — Tissus de soie. — M................................ III, 129
- Van-Gils. — Pianos. —M....................................... Il, 584
- Van-Hocke. — Grande culture. — M................................ I, 46
- Van-Leempoel. — Verrerie. — Voyez Colnet De, et C‘e. — B. . II, 889
- Van-Overbergh. — Pianos. — M. . . ,............................ II, 584
- Vansteenkiste dit Dorus. — Apprêt des étoffes fines et amidon. — M. II, 760
- Van-Troyen. — Colons filés. — Voyez Mallet, Mallet et Cie.—
- R. O..................................................... III, 178
- Varelle (François).—Exploitation des marbres, granits, etc.— B. II, 435
- Varin ( Amand-Adolphe). — Cuirs et peaux. — C................ III, 610
- Varin (François). — Cuirs et peaux. —C........................ III, 610
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-
- CXCII
- Va Tl LE T (Prosper). —Machine à Jabriquer les peignes à tisser. — B. II. 141
- Vassas et C‘°. — Machines de filature. — Voyez Pagezy. — B. . . II, 137
- Vasselet. — Grande culture.—M................................. J, 43
- Vasselle. — Pompes à incendie. — B............................ IL, 48
- Vasselon. —Dessins pour rubans. — M........................... III, 563
- Vassiecx (Mlle). — Cafetière di(e lyonnaise. — M......... Il, 774
- Vaügeois. — Passementerie or et argent. — Voyez Trüchy. — A.. III, 163
- Vaultrin. — Soie. — Voyez Gilot. — M.................•........ I, 109
- Vaussard. — Tissus de coton blancs et écrus. — N. À.............. III, 195
- Vausseur. — Pépinière. — C.......................................... I, 271
- Vautiiier (J. B.) — Coutellerie. — N. B. . ....................... II, 370
- Vautier.— Bijouler e d'acier.— N. B........................... III, 465
- Vayson (Jean-Antoine). — Tapis. — B.................._........ III, 282
- Veddèr. — Ebènisterie. — R. B..................................... HT, 411
- Védy. — Instruments de marine. — B................................. II, 557
- Vellard (Mme). — Vernis. — M....................................... II, 739
- Velleaux (Laurent). — Chaussures en cuir. — M..................... III, 670
- Velly et C!e. — Produits chimiques. — R. A......................... Il, 717
- VÉny (Mme Mai’ie-Rose).—Fleurs artifcielles. — B.................. III, 650
- Verany. — Pianos. — C..............*................................ H, 585
- Vercasson. — Machines à bonneterie. — M............................. H, 159
- Verdier. — Aciers. — Voyez Neyrand, Thiollière, Bergeron
- etC0. —A........................................................ II, 350
- Verdier. —Bonneterie. — Voyez Taillebouis etMEYNARD frères.
- — A............................................................ III, 152
- Verdier (A.).—•'Coutellerie.—C..................................... II, 374
- Verdier fils (Eugène). — Horticulture et fleurs. — M................ I, 260
- Verdier (Victor). — Horticulture et fleurs. — B..................... I, 254
- Verdun (Louis). — Outils. — C... . ;............................... Il, 381
- Vergé. — Meubles-lits. — C...................................... III, 859
- Vergniaud. — Chaussures en cuir. — G.............................. III, 672
- Vernaut. — Orfèvrerie. — C....................................... III, 327
- Vernay. — Machines pour la préparation des produits agricoles.—M. I, 196
- Vernazobre jeune et C10. — Draperie moyenne et commune. —
- R. A........................................................... III, 44
- Vernier. — Plumes et porte-plumes. — C........................... III, 841
- VÉRON frères. — Amidonneric. — A................................... Il, 656
- Verre aux.— Orfèvrerie.—M......................................... III, 575
- Verry (François-Théodore). — Tabletterie en ivoire. — M.......III, 431
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-
- CXCII1
- Verstaen. — Serrurerie de précision. —B...................... II, 218
- Vessiere.— Peinture sur verre. — M........................... II, 884
- Vetillart père et fils. — Toiles de lin et de chanvre. — R. A.... III, 250
- Veyrat. — Argenterie et plaqué. — N. A....................... III, 330
- Veyron. — Ferblanterie. —B................................... II, 649
- Veyrun (Mm# v°), néeDüMOR, et fils. — Etoffes imprimées. —B. III, 274
- Viallet. — Ardoises artificielles. — B....................... II, 458
- Vialon.— Gravure sur étain. —M............................... III, 487
- Viard. — Peintures contre l’humidité et vernis à voitures. — R. B. IP, 737
- Viaud. — Orfèvrerie. — B..................................... III, 574
- Vidal (Marius). — Broderies. — C............................. III, 297
- ViÉ. — Ganterie de tissus. •— G.............................. III, 775 .
- Vieillard. — Gelées de fruits, etc. — C...................... II, 671
- Vieillard (J.) et C18. — Faïences fines. — N. A.............. Il, 857
- Vieille-Montagne (Société des mines et fonderies de zinc de la).
- — O...........,.......................................... II, 281
- Viellard. — Quincaillerie. — Voyez Migeon. — O................. II, 390
- Vienney (Pierre).—Escalier tournant. >—C..................... III, 445
- Vierzon (Société métallurgique de). — Fabrication de fer.—
- R. A..................................................... 11,314
- Vigna. — Reliure. — Voyez Abry. — B.......................... III, 521
- Vignat frères.— Tissus de crin. —R. O........................III, 144
- Vigneron (J.-F.).—Ateliers de construction. — M................ I, 178
- Vignon et Cie. — Châles de Paris. — Voyez Boütard. — A....... III, 102
- Villain. — Batistes et linons. •— Voyez Bertrand. —^ B........ III, 258
- Villard. — Mécaniques pour tissus brochés. — Voyez Codtdrier
- fils. —B................................................. 11,152
- Villemaine fils. — Fonte moulée. — M...............*......... II, 335
- Villemsens. — Bronzes d’art. •— N. A........................ III, 352
- Villenedve. — Appareils congélateurs. — C..................... II, 776
- Villeneuve. — Cuirs et peaux. — C.............................III, 609
- Villerey. — Guillochage pour billets de banque. — R. M....... III, 485
- Vimal-Madur.— Tissus de laine légers. — G.................... III, 66
- Vimal-VialÈs. !—i Tissus de laine légers. — C................ III, 66
- Vincendon fils. — Chapeaux feutre et coton. — M. O........... I, 335
- Vincendon fils. — Chapellerie. — B.......................... III, 700
- Vincent (Henri-François).— Tabletterie. — M.................. III, 421
- Vincent. — Machines diverses. — Voyez Rieder. — M............ II, 246
- Vincent.—Filets.-— C......................................... III» 850
- 1. M
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-
-
- cxcrv
- Vincent (Hippoîyte). — Moulage. — R. A......................... III, 374
- Vincent ( Pierre ). — Laine peignée. — M....................... III, 17
- Vincourt (Charles). — Mèches de colon. — C..................... III, 231
- Vindard. — Moulage des bougies. —M. .......................... II, 770
- Violard. — Dentelles. -— N. A.................................. III, 293
- Violet. — Savons. — Voyez Allard et Claye. — B.................. II, 680
- Violette. — Produits chimiques. — A............................. Il, 721
- Vion. — Couleurs vitrifiables. — B.............................. II, 873
- Vire Y*. — Caractères d'imprimerie. — Voyez Tiiorey. — R. B. . . III, 483
- Virlet-Foürnier.—Pâtes alimentaires. — M........................ II, 669
- Viry frères. — Fonte brute et moulée. — Voyez Martin. — B.. .. II, 333
- Vissière. — Horlogerie de haute précision. — A.................. II, 487
- Vittoz (Gaspard-Joseph).— Bronzes d'art. —A.................... III, 353
- Vital-Roux.—Porcelaine. — O..................................... II, 892
- Vivaüx frères. — Fonte moulée. — R. A........................... Il, 331
- Vivien. — Grande culture. — B.................................... I, 38
- Vogt (Mm* veuve). — Appareils de chauffage. — R. B.............. II, 805
- Voltz. — Ebènisterie d’art. — C................................ III, 413
- Vuacheux. — Meuble, lits. — C. . .............................. III, 860
- Vuignier. — Brosserie. — Voyez Plantier. — M. O................ III, 757
- Vuillemot. — Sellerie etbouwelerie. — M....................... III, 662
- Vygen (Hermann). — Pianos. — B.................................. II, 581
- M
- Y
- Vemeniz (Nicolas). — Tissus de soie. — N. O.................... III, 120
- Voue (D. R.). — Outils. —M..................................... Il, 380
- Z
- ZambeAOx. — Appareil dislillaloire à l'usage de la marine.— M. . II, 818
- Zeiger. — Grandes orgues. — A................................... II, 614
- Zerr. — Tissus de crins. — M................................... III, 139
- Zéréga (Charles-Joachim).—Garrossier.—B......................... Il, 197
- Zetter-Tessier. — Tissus de coton, fabrication d’Alsace. — N.
- B.......................................................... 111,205
- Ziégler. — Pianos. — B......................................... II, 583
- Zœller (Joseph-Grégoire). — Passementerie pour nouveautés.—
- M.......................................................... III, 170
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- cxcv
- Zorn de Bülack. — Grande culture. — M....................... 1, 46
- Zuber fils et Cie — Papiers peints. — N. O................... III, 624
- w
- Wagner.—Mécanismes, horloges publiques. —N. O............... II, 503
- Wagner. — Tissus imperméables. — Voyez Grossmann.—R. M.. II, 701 Wagner (Bernard-Henri). —Mécanismes, horloges publiques.—
- N. A.................................................... II, 505
- Wahl.— Fontes moulées. —Voyez Moel. —N. A..................... II, 329
- Waidèle (Théodore). — Carrossier. — R. B...................... II, 196
- Walker. — Mosaïques.—G...................................... III, 475
- Wallet. — Loupes et spéculum. — R. M........................ II, 528
- Wallig. — Poterie de fantaisie — C.......................... Il, 876
- Warnod. — Extraction de cuivre brut. —. Voyez Oswald. —
- O......................................................... II, 266
- Warral. — Machines pour les chemins de fer. — Voyez Middle-
- ton et Elwel, — N. A.................................... II, 81
- Warren Thompson. — Héliographie sur plaques de métal. —B. III, 535
- Wasse (Frédéric). —- Ateliers de construction.—M............ I, 157
- Watel. — Dessins pour étoffes. — M............................. III, 563
- Watteeü. — Conservation des bois. — Voyez Hitchins. —O. . . II, 694
- Wattier. — Linge de table. — Voyez Crombet. — B............. III, 254.
- Wattrau-Mayer. — Imitation deS bois et marbres par la peinture.
- — C...................................................... III, 399
- Weber.—Ébénislerie d’art.—M.................................. III, 413
- Weber (Mme Laurent) et C10. — Fabrication d’Alsace. — O.. III, 202
- Weil. — Châles de Paris. — C................................. III, 105
- Weil. — Boutonnerie. — Voyez Weldon et Trêlon. •— O......... III, 749
- Weldon. — Boutonnerie. — Trélon et Weil. — O................. III, 749
- Wernet fils. —Bougies de cire diaphanes et stéariques. — R. M... II, 769 Werstermânn. — Quincaillerie, ustensiles de cuisine et de ménage.
- Voyez Karciier. — B..................................... Il, 394
- Weyts. — Fourneaux, etc. —• ;M..................éff............ II, 815
- Wibaox-Florin. — Tissus de laine de Roubaix. — R. A...... . III, 75
- Wickham.— Cornets acoustiques, bandages. — N. M.............. III, 632
- Wiesener. — Gravures en topographie. — Voyez Manister. —
- M....................................................... III, 486
- Willadmez. — Conserves alimentaires.— B..................... II, 664
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-
-
- CXCVI ----
- Wxntersinger ( Josepli). —Tjpographie.— B.................... III, 572
- Wisset. — Orfèvrerie. — B.................................... III, 574
- Wittmann. — Produits chimiques. — Pu M........................ II, 731
- Wolf ( Antoine-Florent). — Sculpture en ivoire.—B............ III, 430
- Wolf (François). — Jalousies en bois. — M.................... III, 444
- Wolfel (François). — Pianos. — R. O........................... II, 574
- Würsthorn et Cie. — Limes. — B................................ II, 356
- Wüy. — Couleurs. — M........................................ II, 693
- FIS DE LA TABLE.
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-
- EXPOSITION DE 1849.
- RÉCAPITULATION GÉNÉRALE
- DU NOMBRE
- DES RÉCOMPENSES DÉCERNÉES.
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-
-
- CXCVIII
- CIG
- *
- Récapitulation générale dv\nombre des Récompenses décernées.
- — DIVISIONS. OR. ARGENT. I BRONZE. II MENTIONS HONORABLES. CITATIONS favorables.
- | Nouvelles médailles. Rappels 1 de médailles, 1 Médailles. j Nouvelles \ médailles, i Rappels f , de ) médailles. I «n o ctf H3 -o> S «.«I , Nouvelles ^ médailles. —. -— 1 Rappels | de < médailles. I Médailles. Nouvelles mentions. 1 Rappels | de , mentions. Mentions. Nouvelles citations. Rappels de citations. Citations.
- Agriculture et horticulture.. . 1 3 32 2 6 81 I 3 1 113 II U 117 // n 108 467 Non exposants 149
- Algérie 2 21 . on 29 9 98 u
- . // n n // 0 J
- Machines i n n 10 53 1 O C\f\ 0 94 I 45 366 14
- i u 10 I La i y y u
- Métaux o 99 12 17 9 A HQ 9 104 1 i 62 408 7
- AZ 1 o 31 1 / 20 vo
- Instruments de précision.... 4 12 10 15 19 45 ; 14 17 85 II 7 55 II // 34 317 3
- Arts chimiciues 6 19 45 1 /. 9Q A ^ 18 97 1 // 59 372 9
- 22 7 Ao OO
- Arts céramiques // .9 5 2 9 12 ' 1 " 6 24 i! u 31 // II 15 113 1
- Tissus......... 9 A 0 29 58 10/. 2 c» 107 52 608 45
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- •Beaux-arts * i n 16 14 29 49 * 10 h \ 5 h 154 77 528 41
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- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE EXPOSÉS EN 1849.
- PREMIÈRE COMMISSION. AGRICULTURE ET HORTICULTURE.
- MEMBRES DU JURY COMPOSANT LA COMMISSION :
- MM. Tourret, président; — Héricartde Thury, vice-président;—Barbet, Fouquier d’Hérouel, Blanqui, Geoffroy de Villeneuve, Goldenberg, de Kergorlay, L. Leclerc, Moll, Roux-Garbonnel, Vilmorin, Payen, Yvart, Pépin, Persoz, de Dampierre, Arlès-Dufour, Justin Dumas, Tavernier, Billiet, Laine!, Balard.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- M. H. de Kergorlay.
- L’agriculture est la première de toutes les industries exercées en France, soit par la valeur et l’importance de ses produits , soit par le nombre d’individus intéressés à leur confection et à leur consommation. Tandis que l’industrie cotonnière est justement fière de créer annuellement pour 800 millions de produits nouveaux, les calculs les plus récents, et qui
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- irès-probablement sont au-dessous de ïa vérité, ne portent pas à moins de 8 millards ceux dont nous sommes redevables à l’agriculture, parmi lesquels les céréales figurent pour -2,5oo millions, et les animaux, avec leur produits immédiats pour i,5oo millions.
- Plus de 25 millions d’individus, c’est-à-dire les 5/7es de'la population française doivent être classés parmi les producteurs de ces produits. Tous en sont consommateurs, et ce ne sont pas les seuls, car, à mesure que les droits de douane qui défendaient l’entrée de nos produits dans les pays circon-voisins sont abaissés, de nouveaux débouchés s’ouvrent à notre agriculture, parmi lesquels il faut regarder comme le plus important l’Angleterre.
- L’ensemble de nos exportations, pour l’année i848, en produits directs de l’agriculture, céréales, animaux, vins, fruits, etc., ne s’élève pas à moins de 169,772,967 francs, auxquels il faut ajouter ceux qui ont servi de matières premières à d’autres industries, comme les laines, les soies, les bois, etc., et pour lesquels le monde entier est notre tributaire. Un avenir immense s’ouvre à la France dans cette voie.
- Il est de la plus haute importance que le Gouvernement et les agriculteurs s’en préoccupent sérieusement, car c’est là que se trouvera le remède le plus prochain et le plus efficace à l’avilissement des prix qui jette une si grande perturbation aujourd’hui sur le marché intérieur de la France. C’est, en obtenant des produits plus considérables sur la même étendue de terrain et avec la même dépense de travaux annuels, que les agriculteurs français pourront tout à la fois trouver des prix rémunérateurs pour les produits qu’ils exporteront, et livrer le froment et la viande salubre, qui sont indispensables pour la nourriture de leurs concitoyens, à des prix assez bas pour qu’ils ne se trouvent hors de la portée de personne.
- Au moment où l’agriculture est admise pour la première fois à prendre sa place au milieu des autres industries nationales, il serait curieux de comparer les encouragements que, depuis 60 ans, les divers gouvernements ont accordés à l’in-
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- dustrie manufacturière pour favoriser sou développement et lui procurer des débouchés, avec ceux si chétifs et si mesquins qu’a obtenus l’agriculture. Le temps nous manque pour établir ce parallèle ; qu’il nous suffise de rappeler que, en 1825, l’agriculture ne figurait au budget de l’Etat que pour une chétive somme de 120,000 francs qui, en i83o et i83i, fut réduite à 70,000 francs, et que, aux budgets de 1847 e* c^e i848, le chapitre de l’encouragement à l’agriculture n’a encore atteint que le chiffre de 1 million.
- Quoique l’agriculture ne fût représentée dans les expositions précédentes que par les matières premières qu’elle créait pour d’autres industries, et par les instruments que les mécaniciens venaient y présenter, le savant et habile rapporteur 1 qui, en i834, rédigea le rapport général sur l’exposition, traça un tableau sommaire des progrès de l’agriculture de la fin du siècle dernier au premier tiers de celui-ci. Les rapports plus spéciaux et plus détaillés faits cette année sur chacune des branches de l’agriculture viendront compléter cet exposé et prouver que la production agricole française, quoique ayant eu à surmonter des obstacles et des difficultés de toute espèce, n’a cessé de faire des progrès réels et importants.
- La chimie, qui nous a donné la théorie véritable des engrais et les meilleurs moyens de les préparer, utilise tous les jours des substances inutiles, jusqu’à présent, et les convertit en matières précieuses qui viennent rendre une fécondité nouvelle aux terres fatiguées, et permettent de leur demander chaque année de riches et épuisantes récoltes.
- La culture du froment s’étend sur de nouvelles terres, d’année en année, à mesure que l’emploi des engrais et amendements divers devient plus général. Son produit par hectare, qui était en moyenne de 8 à 9 hectolitres du temps de Vau-ban, qui est aujourd’hui de 12 à i3 pour la moyenne de la France entière, s’élève facilement à 3o, et arrive même à 4o
- 1 M. Charles Dupin, président du jury central de 1849.
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- hectolitres pour les agriculteurs habiles qui savent choisir les meilleures variétés de froment et leur donner une culture appropriée à leur sol et à leur climat; déjà il ne s’en faut que de 1 million d’hectolitres en moyenne que la production du froment soit égale à la consommation, et il est permis de prévoir comme très-prochain le moment où l’exportation égalera et surpassera même l’importation de ce grain précieux.
- Le rapporteur des instruments aratoires n’a pas craint d’établir que les charrues construites par nos habiles mécaniciens étaient supérieures à toutes celles dont s’enorgueillit l’Angleterre et qui jouissent d’une réputation universelle jusqu’à présent.
- Le rapporteur de la race ovine, dont le nom seul est une autorité incontestée en cette matière, en faisant remarquer les progrès accomplis par nos habiles éleveurs depuis 5 ans, y a joint de sages conseils sur la direction à donner à leur industrie pour concilier l’intérêt de nos manufactures avec celui de l’alimentation publique.
- Le rapporteur de la race bovine, en appréciant les types peu nombreux, mais réellement admirables, qui ont été amenés à l’exposition, a établi que, soit pour le nombre, soit pour la qualité des produits, cette industrie faisait, depuis quelques années, des progrès importants.
- Quoique l’industrie chevaline ait été représentée par un plus petit nombre de types encore, le rapporteur de cette industrie a fait justement ressortir leur mérite. Jamais on n’avait vu d’aussi beaux produits de race arabe pure, nés sur le sol de la France, que ceux que le haras de Pompadour avait envoyés cette année à l’exposition.
- La production de la soie fait tous les jours des progrès; elle s’étend vers le nord et l’ouest de la France, et il est hors de doute que d’ici à peu d’années la valeur des quantités exportées surpassera celles importées dont notre fabrication ne peut se passer.
- Une culture nouvellement introduite en France, celle du riz, se propage de la Camargue jusqu’aux landes de Bor-
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- deaux. Elle offre un moyen facile de tirer parti de terrains restés stériles jusqu’à présent, et elle procure une ressource précieuse pour l’alimentation publique.
- Les cultures des pépinières, des fleurs et des légumes ont présenté des produits dignes d’être remarqués avec intérêt, et dont les rapporteurs spéciaux ont fait, ajuste titre, ressortir le mérite et l’importance.
- Les produits de l’Algérie ont attiré au plus haut degré l’attention publique. Des céréales de toute espèce, des plantes fourragères variées, des oranges et des citrons plus délicats que ceux de Malte et de Portugal, les tubercules les plus savoureux, tels que les patates et lescaladions, les plantes de commerce les plus précieuses, telles que le tabac et le coton, des bois de toute espèce, des laines, des soies, de la cochenille, des huiles, enfin les productions des sols et des climats les plus différents, nous ont été envoyés de la France d’Afrique, qui n’attend que des bras et des capitaux pour dédommager avec usure sa mère patrie de tous les sacrifices qu’elle lui a. imposés depuis vingt ans.
- Enfin , pour nous conformer aux intentions du Gouvernement, les cultivateurs qui ont été signalés au jury comme ayant fait faire des progrès remarquables à l’agriculture par l’introduction de nouveaux assolements, de culture non encore pratiquées dans leur pays, d’instruments perfectionnés, de nouvelles races d’animaux, par de grands et utiles travaux de dessèchement, d’irrigation, de défrichement, etc., etc., ont reçu des récompenses proportionnées à leurs services.
- Cependantilne faudrait pas conclurede cet exposé que l’agriculture française ait été dignement représentée à l’exposition de 1849. Elle a eu trop Peu de temps pour s’y préparer. Dans plusieurs départements, on a ignoré que les produits de l’agriculture dussent être admis à l’exposition , que le Gouvernement payerait les frais de transport de ces produits, et que même les agriculteurs non exposants pussent obtenir quelques récompenses. D’ailleurs, l’époque à laquelle l’exposition a eu lieu était peu favorable pour les produits de la grande cul-
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- iure. A peine quelques échantillons cle froments nouveaux ont-ils pu être admis vers la fin de l’exposition. Les formalités exigées pour l’admission des produits par les jurys départementaux ne pouvaient pas être appliquées aux animaux vivants, et ont effrayé un grand nombre de cultivateurs. En effet, comment envoyer un taureau, des vaches laitières, des étalons ou des juments, situés au chef-lieu du département, pour les soumettre à l’examen du jury départemental, lorsque leur propriétaire en demeurait à 60 ou 80 kilomètres. Aussi le jury a-t-il formé le vœu qu’aux expositions futures les animaux fussent visités au domicile de leurs propriétaires par une commission composée d’un membre du conseil général, d’un délégué du comice agricole et d’un délégué du préfet.
- Le* jury a aussi exprimé le vœu qu’une année avant l’ouverture de l’exposition , des renseignements précis fussent demandés par l’administration, à toutes les sociétés d’agriculture et à tous les comices, sur les agriculteurs qui se seraient signalés, dans l’étendue de leur circonscription, par des perfectionnements introduits dans les cultures, dans les méthodes d’élevage et d’engraissement des animaux, dans les assolements, dans l’application d’instruments aratoires perfectionnés, dans la préparation et l’emploi des engrais, etc.
- Si le Gouvernement veut bien réaliser ces vœux; s’il accorde enfin aux intérêts agricoles la sollicitude et la considération à laquelle ils ont des droits si légitimes, et si la France peut retrouver l’ordre, la stabilité, la confiance dans ses propres forces et clans son avenir, sans lesquels aucune industrie ne peut prospérer, nous avons la ferme conviction que l’exposition prochaine, et celles qui la suivront, l’emporteront infiniment sur celle-ci, et révéleront, à l’étonnement de ceux à qui il sera donné d’en être les témoins, tout ce que peut produire de richesses le sol de notre patrie, exploité par des mains intelligentes et habiles. Nous verrons alors la plupart des nations qui habitent le globe devenir les tributaires de notre agriculture : les unes, les plus voisines, ne pouvant se passer de nos céréales, de nos légumes, de nos
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- fruits, de nos viandes, qui ne connaissent pas de rivales pour la délicatesse, la saveur et la supériorité de la qualité; les autres, recherchant nos vins, nos eaux-de-vie, nos huiles, même notre lait, à qui une découverte, justement récompensée par le jury, permet de faire faire le tour du monde entier sans qu’il perde aucune de ses propriétés bienfaisantes, ni même son goût naturel, et les étoffes fabriquées avec nos soies, nos lins et nos laines intermédiaires, si supérieures à celles qui sont produites sous d’autres climats; alors notre agriculture occupera enfin le rang auquel elle est appelée par la richesse du sol de la France, par la variété de son climat, par la configuration de son territoire, par sa configuration géographique, enfin par les habitudes et les mœurs de ses habitants, dont les cinq septièmes consacrent tout leur temps à la culture du sol national, et attendent toute leur richesse des produits qu’ils en retirent.
- CHAPITRE PREMIER.
- AGRICULTEURS NON EXPOSANTS.
- M. Fouquier d’Hérouel, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- L’arrêté qui institue dans chaque département un jury chargé de signaler, dans un rapport écrit, les services rendus à l’agriculture par des chefs d’exploitation, des contre-maîtres, des ouvriers ou des journaliers, a été interprété de diverses manières.
- Les uns, considérant l’exposition' comme le comice de toute la France, ont cru devoir réclamée des récompenses nationales pour les cultivateurs qui avaient obtenu de bonnes récoltes, pour les régisseurs qui avaient bien dirigé une ferme, pour les ouvriers qui avaient exécuté avec zèle et intelligence les travaux qui leur ont été confiés. Ces mérites sont dignes
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- de récompenses, mais ce sont les sociétés d’agriculture ou les comices qui doivent être chargés de les distribuer.
- D’autres se sont contentés d’indiquer les prix obtenus par les meilleurs cultivateurs du département sans faire connaître pour quel motif ils avaient été accordés.
- Quelques-uns signalent à l’attention du jury central ceux qui ont introduit dans leur culture des améliorations, des instruments perfectionnés sans donner aucun détail sur ces améliorations, sur les nouveaux instruments adoptés, sur les causes de leur supériorité, sur leur admission dans les fermes voisines, et sur les avantages que leur adoption a pu produire.
- Un certain nombre réclament des récompenses pour ceux qui ont introduit dans leurs fermes des étalons des races chevaline, bovine ou ovine provenant des pays étrangers, ou d’autres départements, oubliant que les cultivateurs, dont les. titres à des récompenses reposent sur l’amélioration d’une race de bestiaux, auraient dû envoyer leurs produits à l’exposition; que c’était le seul moyen de les faire apprécier par le jury cen’ral; que souvent il ne suffit pas d’avoir croisé la race du pays avec une autre espèce pour qu’il y ait amélioration; qu’on ne peut accorder une récompense à ceux qui ont fait des croisements, qu’après s’être bien assuré qu’ils offrent des avantages aux cultivateurs du pays; que le jury central doit ère d’autant plus circonspect dans les décisions de ce genre, que son approbation, que les récompenses qu’il pourrait décerner, auraient peut-être pour résultat de pousser un canton, un département dans une voie qui pourrait être nuisible, et à ceux qui s’y engageraient et aux intérêts généraux du pays.
- Un exemple tiré d’animaux d’espèce bovine présentés à l’exposition en sera une preuve convaincante : un éleveur, M. Auclerc, a présenté des produits delà race du pays croisés avec un taureau de Durham : ces élèves sont bien supérieurs à ceux qu’on obtenait de la race du pays, et le jury, en décernant à M. Auclerc une récompense éclatante, a signalé aux habitants de son département les avantages que présentait, ce. croisement.
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- D’autres éleveurs ont présenté un bœuf de race bretonne et plusieurs autres de cette même race, croisée avec la race angevine ; on regardait ce croisement comme une amélioration, celait une erreur: le mélange des deux races ne vaut pas la race bretonne, et le jury, en improuvantce croisement, en faisant voir aux propriétaires les défauts de conformation qui en résultaient, espère faire éviter aux cultivateurs les déceptions et les pertes dont ils auraient été victimes.
- Ce seul fait suffit pour prouver la nécessité de présenter à l’exposition et à l’approbation du jury central les produits des croisements, et cette nécessité bien reconnue a déterminé le jury à arrête^en principe que, pour les cultivateurs qui s’occupent spécialement, de l’éducation des bestiaux, et qui fondent leurs principaux titres à des récompenses nationales sur des améliorations dans cette branche si importante de l’industrie agricole, la présentation de leurs produits à l’exposition exercerait une grande influence sur les décisions du jury central, soit pour les récompenses qu’il a le droit de décerner, soit pour celles qu’il peut réclamer du Gouvernement, en faveur de ceux qui les méritent.
- En lisant attentivement l’article 2 de l’arrêté du 18 janvier 1849, 011 doit s’étonner de l’erreur dans laquelle sont tombés les jurys départementaux, car il dit formellement que ces jurys devront signaler les services rendus à l’agricultui'e par des chefs d’exploitation, des contres-maîtres, des ouvriers ou des journaliers; et les mots de services rendus à Vagriculture ne peuvent s’appliquer qu’aux améliorations qui ont produit des résultats avantageux pour les cultivateurs ou pour les populations, qu’aux innovations utiles qui ont été adoptées par une grande partie des habitants du pays et sont devenues d’un usage général.
- Ainsi qu’un cultivateur ait clés champs bien soignés, des récoltes abondantes, des bestiaux en bon état; qu’un ouvrier se conduise bien; qu'il exécute avec zèle, avec intelligence les travaux dont il est chargé; qu’un chef de culture dirige avec habileté les instruments aratoires qu’on lui confie, le travail
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- — iodes ouvriers qu’il doit surveiller, ces faits, comme nous l’avons dit plus haut, ne peuvent donner lieu qu’à des récompenses décernées parles comices ou sociétés d’agriculture; mais, pour être signalé à l’attention du Gouvernement comme ayant rendu des services à l’agriculture, il faut être l’inventeur ou lepropaga-teur d’instruments aratoires qui facilitent la culture des terres, et dont l’utilité soit assez prouvée pour que les cultivateurs voisins s’empressent de les adopter; avoir tiré de l’étranger ou des départements voisins et acclimaté des plantes qui puissent entrer avec succès dans les assolements, accroître la fertilité du sol ou en augmenter les produits; que ces avantages soient assez positifs pour que les autres cultivateurs du pays puissent les apprécier et adoptent la culture de ces nouvelles plantes.
- Avoir modifié ou changé la disposition des étables, le régime des animaux, la manière cle traiter leurs maladies, leur genre d’alimentation, le mode de recueillir les engrais qu’ils donnent pour en augmenter la quantité, les employer plus avantageusement, et que ces changements soient devenus cl’un usage général.
- Avoir introduit des animaux de race supérieure à celle du pays, soit pour les conserver purs, soit pour opérer des croisements; avoir constaté d’une manière certaine que les élèves obtenus trouveront dans les produits du sol, dans les fourrages qu’on y récolte, l’alimentation nécessaire pour prospérer.
- Mais il faut surtout que toutes ces innovations, toutes ces améliorations aient la sanction de l’expérience, qu’elles se soient répandues dans les fermes voisines, qu’elles aient donné des résultats lucratifs; autrement on n’aurait point satisfait aux prescriptions de l’arrêté qui exige, pour accorder des récompenses, des services rendus à l’agriculture.
- Ainsi un propriétaire qui, en dépensant des sommes considérables, aurait introduit sur ses terres des bestiaux de l’espèce la plus estimée, les cultures les plus variées et les plus soignées, aurait fait venir à grands frais les instruments les plus perfectionnés, aurait été plus nuisible qu’utile aux progrès de l’agriculture, si lotis ces changements n’avaient été
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- qu’une source de dépenses, n’avaient point produit de résultats lucratifs; si l’opinion des cultivateurs voisins, loin de les adopter, les repoussait avec force, comme ne devant leur occasionner que des pertes, car des essais manqués, des innovations mal faites ont pour conséquences immédiates de donner aux cultivateurs un éloignement qu’il est alors presque impossible de vaincre pour tout ce qui peut modifier la routine qu’ils tiennent de leurs pères, et peut-être doit-on attribuer la lenteur des progrès agricoles à ces théoriciens peu éclairés arrivés dans un canton avec la prétention hautement déclarée d’en changer toutes les habitudes agricoles, et qui, au bout de quelques années, ont abandonné le pays, ne laissant derrière eux que le souvenir de leur ruine et une répugnance presque insurmontable pour toute espèce de changement.
- Pour que nos cultivateurs modifient leurs habitudes de culture, adoptent des améliorations, élèvent des animaux d’espèce différente de ceux qu’ils possèdent, il faut qu’ils puissent se convaincre, et bien positivement, qu’ils trouveront de l’avantage à le faire. Il faut donc que les changements soient proportionnés aux ressources qu’ils ont, à la richesse du sol, aux récolles qu’ils peuvent obtenir. Lorsque, par exemple, on vient préconiser à nos cultivateurs, dans les espèces chevaline, bovine et ovine, ces races d’animaux d’une grande valeur, qu’on les engage à se livrer à leur éducation, on oublie trop que, pour réussir, il faut aux élèves une abondante nourriture, qu’il est alors nécessaire d’avoir une grande quantité de fourrages , qu’on ne peut les obtenir qu’au moyen de beaucoup d’engrais, et que ce résultat n’est possible, sur la plupart des terres, que par de grands sacrifices pécuniaires que ne peuvent faire l’immense majorité des cultivateurs.
- Tous ceux donc qui n’obtiennent des améliorations agricoles qu’au moyen de dépenses supérieures aux recettes, ou même ceux dont la culture ne présente pas, à la fin de chaque année, des résultats lucralifs, ne peuvent être classés parmi ceux qui ont rendu des services à l’agriculture, et n’ont point droit à des récompenses nationales.
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- d’or.
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- - Du reste, le jury a reconnu qu’il était plus difficile d’apporter des améliorations dans les cantons bien cultivés que dans ceux où l’agriculture n’a fait aucun progrès, et où il suffit souvent de transporter, en tout ou en partie, le système de culture suivi dans les premiers, et c’est d’après les principes exposés ci dessus qu’il a fixé l’ordre de mérite et les récompenses à décerner pour l’exposition de i84q.
- M. Charles-François MARTINE aîné, cultivateur, à Au-bigny (Aisne).
- Il exploite uue ferme de 186 hectares, tous ensemencés, dont 65 en blé, 4 en seigle, i5 en avoine, 12 en hivernage, 12 en luzerne, 10 en colzas, 20 en betteraves, 4 en carottes et 44 en trèfle ordinaire, trèfle blanc ou incarnat.
- La société d’agriculture de Saint-Quentin a constaté que, depuis quinze ans qu’il cultive, M. Martine obtient d’abondantes récoltes, nourrit avec succès un nombreux troupeau, et que sa, ferme est dans un grand état de prospérité.
- En croisant des brebis mérinos avec des béliers de Kent et de Disliley, il a donné à ses élèves de la taille et une grande facilité à prendre graisse; maintenant, il cherche à obtenir, avec des béliers Mauchamp, une toison bien tassée, longue et soyeuse : son troupeau se compose de ï,ioo bêtes, il élève chaque année 000 agneaux et engraisse 3oo bêtes. Les bénéfices que ces dernières lui ont donnés ont contribué puissamment à développer dans le pays eelte branche d’industrie, qui donne d’excellents fumiers, si nécessaires à toutes les fermes situées loin des villes. Autrefois on n’engraissait pas, on vendait les bêtes maigres, souvent à très-bas prix.
- M. Martine a adopté un grand nombre de nouveaux instruments, machine à battre, semoirs en lignes, charrue fouilleuse, lavoir et coupe-racines, chaudière pour cuire à la vapeur les racines et les grains, brabans à rouelles et à patins, herses montées sur rouelles, à dents et à palettes; cette dernière herse est en grande partie de son invention, après plusieurs essais pour modifier ce qui existait, il a fait construire nue herse à palettes qui, dans un concours qui eut lieu le 9 octobre 1837, obtint une médaille d’or, qui lui fut
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- remise par M“* la duchesse d’Orléans. Cet instrument est devenu d’un usage général dans une grande partie des fermes des départements de l’Aisne, de la Somme et de l’Oise.
- Dans les quatre derniers concours de Poissy, M. Martine a obtenu chaque année un prix, pour un lot de 20 moutons au-dessous de 3 ans, nés et élevés chez lui; en 1847, un autre prix pour un lot de 20 moutons Solognots, qu’il avait achetés pour le parc et engraissés. En ]844, prix d’honneur à Saint-Quentin, pour un bélier, et, depuis, 8 prix dans les divers concours, et en i848 prix du ministère, pour la ferme la mieux tenue, ayant la plus grande quantité de plantes fourragères. En juillet 1846, le claveau parut clans le pays, Joui de suite il fit inoculer son troupeau; la perte a été d’environ 2 pour 100, tandis que dans les troupeaux attaqués elle s’est quelquefois élevée au tiers; alors les autres cultivateurs ont suivi l’exemple de M. Martine, et il leur a fourni le vaccin claveleux dont ils avaient besoin, en faisant conduire chez eux les bêtes qui se trouvaient dans la période convenable pour l’inoculation.
- Ces motifs rendent M. Martine digne de la plus haute récompense que le Gouvernement croie devoir accorder, et le jury lui décerne une médaille d’or.
- M. DEMESMAY, cultivateur et fabricant de sucre, à Templeuve (Nord).
- Sa ferme, dont il a entrepris la culture en i833, se compose de 106 hectares, dont il sème 42 hectares en betteraves pour alimenter la fabrique de sucre qu’il a joint à cet établissement, et qui lui fournit les moyens de donner continuellement à un grand nombre d’ouvriers un travail assuré et lucratif.
- Ses terres, largement fumées, donnent des récoltes extrêmement abondantes; on peut juger d’ailleurs delà masse de fumiers dont il peut disposer, en apprenant qu’il engraisse chaque année 200 bêtes à cornes et 750 moutons, qu’il a en outre pour son exploitation 22 chevaux de trait et 4 bœufs de travail; les récoltes qu’il fait ne suffisent pas pour nourrir cette masse de bestiaux, et leur fournir de la litière; il achète chaque année 100 à i5o,000 kilogrammes de paille, 5o,ooo de foin, et 60,000 kilos de tourteaux d’œillette.
- Pour augmenter la masse de ses engrais, il a fait construire un
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- four à chaux qui lui en fournit chaque année 10,000 hectolitres, et des citernes à purin au-dessous des écuries et des étables; il s’en sert habituellement pour ses derniers blés, attendu qu’il en sème 45 hectares, presque tous après ses betteraves, que souvent l’hiver fait souffrir les blés tardifs, et-qu’au printemps la terre a besoin d’être réchauffée.
- M. Demesmay emploie les instruments aratoires perfectionnés, en usage d’ailleurs dans tout le département du Nord, et dont il est par conséquent inutile de parler; nous nous contenterons seulement de mentionner, comme un bon exemple aux autres cultivateurs, son assolement de sept ans : betteraves, blé, betteraves, blé, betteraves, blé, trèfle, pendant lequel les terres sont fumées trois fois, et le trèfle chaulé ou cendré.
- M. Demesmay est auteur de quelques brochures sur des questions agricoles, et de nombreux rapports à la société d’agriculture de Lille, qui ont mérité l’approbation de celle société, et par suite desquels, en 1847, une médaille d’honneur lui fut décerné.
- Il a fait et a rendu publiques plusieurs expériences sur la valeur nutritive des tourteaux, sur l’emploi du sel dans l’alimentation des bestiaux, il vient de prendre la direction de la ferme-école du département du Nord, c’est un nouveau titre qu’il faut ajouter à ceux qu’il avait déjà, il est digne de la plus haute récompense que le Gouvernement puisse accorder, et le jury central décerne à M. Demesmay une médaille d’or.
- MM. DUTAC frères, à la Gosse (Moselle). '
- C’est vers 1824 que MM. Dutac frères entreprirent de créer des prairies avec les bancs de galets qui bordaient la Moselle, ce fut à la ferme de la Gosse, située à un kilomètre de la Moselle, qu’ils firent leurs premiers essais sur quelques terrains riverains du cours d’eau dont ils avaient fait l’acquisition.
- Le succès ayant couronné leurs tentatives, ils ont étendu leurs opérations après avoir acquis ou loué à diverses conditions, des terrains particuliers et surtout des biens communaux qui bordaient la rivière.
- Ces terrains étaient presqu’en totalité des bancs de gravier traversés sur plusieurs points par de petits bras de la Moselle: ils ont commencé par fermer tous ces bras, ont rejeté l’eau de la rivière dans un lit unique, et, après avoir fait un barrage pour élever l’eau,
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- ils ont transformé en rigoles de décharge les divers canaux par lesquels l’eau s’échappait. Les eaux abondantes qu’ils peuvent continuellement faire couler sur ce qui n’était auparavant que des bancs de gravier ont fait, de ces terrains improductifs, de fort belles prairies, et ce changement a fait faire un grand pas à la science agricole.
- Jusqu’alors on croyait que l’irrigation ne pouvait utilement transformer en prairies que des sols imperméables, les terres fortes où dominent l’argile et la marne ; les travaux de MM. Dutac frères ont prouvé qu’on pouvait également transformer en prairies les terrains perméables ; qu’il suffisait pour y parvenir de tenir le sol imprégné d’un courant d’eau, avec un égout d’environ 100 litres par seconde pour chaque hectare de terre.
- Dans ces conditions, lorsque l’herbe a constamment le pied dans l’eau courante, elle végète vigoureusement, elle pousse facilement entre les galets, puis, cette première végétation arrêtant les particules de sable et d’humus que contient toujours l’eau en apparence la plus limpide, un sol ferme et contenu se forme promptement, recouvre les bancs de galets et de gravier, l’herbe envahit toute la surface, et forme une prairie qui change complètement l’aspect du terrain.
- Les travaux de MM. Dutac ont en même temps montré, contrairement à ce qu’on pensait, que les plages transformées en gazon résistaient parfaitement à l’action des courants d’eau, qui auparavant déplaçaient et faisaient mouvoir ces plages formées de gros galets ayant jusqu’à 10 et i5 centimètres de diamètre; c’est un enseignement utile pour les ingénieurs chargés de solidifier les bords des fleuves et des rivières : aussi, pour récompenser MM. Dutac de leurs utiles travaux, le jury leur décerne-t-il une médaille d’or.
- MM. CRESPEL père et fils, à Saulty (Pas-de-Calais).
- M. Tiburce Crespel exploite à Saulty, département du Pas-de-Calais, 196 hectares de terre, dont une grande partie sont semés en betteraves; il nourrit sur celte ferme, au moyen des pulpes qqe lui fournit sa fabrique et des trèfles qu’il sème sur un cinquième de ses terres, 166 bêtes des races chevaline et bovine, et 25o moutons qui sont successivement engraissés et renouvelés.
- 11 se livre surtout à l’éducation et à l’amélioration de la race bovine,, et élève un grand nombre de taureaux d’espèce Durham croi-
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- ^-lésée avec celle du pays, qui sont fort recherchés par les cultivateurs du pays, et qui doivent puissamment contribuer à donner à la race artésienne des flancs plus courts, des côtes plus arrondies, une ‘ croupe plus étoffée et plus pleine, en un mot une meilleure conformation qui rend les animaux mieux disposés à un engraissement précoce et rapide. Tous ces animaux sont entretenus avec un soin qu’on rencontre rarement dans la plupart de nos fermes; ils sont pansés tous les jours; leurs étables sont larges et bien aérées, elles sont pavées en briques de champ, avec une pente pour conduire les urines dans un réservoir où on les puise pour servir à l’assolement des terres ; chaque matin, après l’enlèvement des fumiers , le sol est saupoudré de plâtre qui absorbe les exhalaisons ammoniacales, et augmente l’énergie du fumier.
- MM. Crespel se servent d’instruments aratoires perfectionnés, tels que brabans en fonte, binots , herses, houes à cheval, gros rouleaux en bois et semoirs; c’est au moyen de ce dernier instrument, qui est de l’invention de M. Crespel père, qui a paru à l’exposition et dont une autre commission vous a entretenus, qu’il ensemence toutes ses terres ; les blés et les trèfles, semés en ligne, sont de la plus grande beauté, et bien supérieurs à ceux qu’on trouve sur les terres voisines; la moyenne de leurs récoltes en froment est de 32 hectolitres de grains, et de 6,000 kilogrammes de paille par hectare; et quelques champs ont donné, par hectare, jusqu’à 46 hectolitres de froment, et 8,4oo kilogrammes de paille ; le battage se fait par une machine mue par la vapeur.
- Outre la ferme deSaulty, MM. Crespel exploitent sept autres établissements à Cancourt, Roclincourt, département du Pas-de-Calais, Frières, département de l’Aisne, Sailly et Roye, département de la Somme, Villeselve et Francières, département de l’Oise, qui forment un total de 1,570 hectares, sur lesquels ils avaient, au i5 octobre dernier, 64i têtes de gros bétail, i,5oomoulons et i36 porcs.
- C’est la plus grande étendue de terres réunies sous une même direction , cultivées avec le plus grand soin et par les meilleures méthodes : aussi le jury décerne à MM. Crespel une médaille d’or.
- M. DECROMBECQ, cultivateur et fabricant de sucre, à Lens (Pas-de-Calais).
- Sa ferme est de 25o hectares de terre, dont une partie a été successivement acquise avec les bénéfices qu’il a réalisés; il a fait
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- construire une sucrerieet sème presque toutes ses terres en betteraves et en céréales, il entretient habituellement 26 chevaux, 3o bœufs de travail, il engraisse i5o vaches et 3 à 4oo moutons.
- Il emploie des charrues en fer, des charrues taupes qui remuent le terrain jusqu’à 76 -centimètres, des herses avec socs en fer, le bineau à trois socs, le semoir Hugues et le rouleau Croskill qu’il a fait venir d’Angleterre; il a porté le diamètre de l’un d’eux à 74 centimètres, et se sert d’un plus petit n’ayant que 36 centimètres pour le faire passer sur ces semis de betteraves lorsqu’ils sont attaqués par les insectes; ce;petit rouleau, denté, les dérange tellement qu.’i.ls cessent leur ravage; iLfournit à tous les cultivateurs qui. le demandent le modèle de ces rouleaux et des informations sur leur usage. , • ,, Si
- Employant une grande • partie de ses pailles pour nourrir ses bestiaux, il en manque pour ses litières ; il a essayé, et a<réussi à employer,.pour la remplacer, là terre sèche absorbante; il la fait sécher, sous des hangars ou sous les foyers de son usine, èt l'emploie en grande quantité : ces terres, étendues sous les planchers à claire-voie de ses bergeries, reçoivent et, absorbent toutes les déjections; lorsqu’elles en sont saturées, ou les retire', et les remplace facilement, en soulevant successivement les compartiments mobiles de chaque plancher qui sont à 5o centimètres d’élévation.
- Après avoir expérimenté lés résultats de l’engraissement d’animaux attachés ou laissés en liberté dans des Boxes, M. Decrombecq a adopté cette dernière méthode; chaque loge est de 3 mètres en carré environnes animaux y séjournent en pleine liberté, ils ne sont point gênés par leurs voisins, ne voient que les personnes chargées de leur apporter la nourriture, et jouissent de ce repos* absolu si nécessaire pour engraisser rapidement. Isolés dans leurs cases, les animaux deviennent plus doux et plus gais, la nourriture est plus profitable, et par conséquent les dépenses pour l’engraissement sont moins considérables; ces résultats sont prouvés parla comptabilité que M. Decrombecq tient d’une manière régulière; il donne à ceux qui vont le viser tous les renseignements qu’ils peuvent désirer, pour introduire dans leurs fermes les améliorations qui ont fait prospérer son établissement.
- Par ses innovations, par son exemple, et que beaucoup de cultivateurs imitent successivement, M. Decrombecq a rendu de véritables services à l’agriculture; le jury le croit digne de la plus
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- haute récompense.que le Gouvernement doive accorder, et il lui décerne une médaille d’or. . h . . ;
- M. DARGENT, à Saint-Léonard:«(Seine-Inférieure). •
- La ferme de M. Dargent, à Saint-Léonard, près Fécarnp, est d’üne médiocre étendue, mais tout est traité avec une grande perfection. Depuis longtemps il ne fait plus de jachères ;;il a introduit le trèfle incarnat, qu’il fait manger en v'èrt-, il récolte-une grande quantité de racines, qui lui fournissent les moyèns d’entretenir pendant l’hiver de nombreux bestiaux.' • - • i . • i
- Les bestiaux qui- garnissent sa ferme sont très-estimés par ses voisins j qui viennënt chercher chez lui les reproducteurs dont ils ont besoin pour améliorer leurs races. .
- M. Dargent emploie sur son exploitation les instruments les plus perfectionnés, et il a donné aux cultivateurs voisins les meilleurs exemples pour la disposition des fosses à fumier dans lesquelles on peut faire arriver le purin, et, à son défaut; de l’eau pour arroser les fumiers. 1 - : ;
- Toutes ses prairies naturelles et artificielles donnent d’abondantes récoltes, et lui permettent de-nourrir, et en fort bon état, un beaucoup plus grand nombre de bestiaux que ne le font les autres cultivateurs. ,
- La société d’agriculture de la Seine-Inférieure à décerné à M. Dargent le litre de grand lauréat,-qui n’est 'accordé que pour un ensemble complet et parfait d’exploitation, et le jury lui décerne une médaille d’or; 7/: :
- M. BAU DOUIN, aux Vieux, près Duclair (Seine-Inférieure).
- Sa ferme est de 60 hectares; les terres sont de médiocre qua-ité : c’est une argile siliceuse, ayant pour sous-sol l’argilé compacte
- lité : c est une argile siliceuse, ayant pour sous-sol 1 argile compacte ou la craie; terrain qui exige d’abondants engrais pour donner de bonnes récoltes ; aussi M. Baudouin s’est-il spécialement attaché à la production des engrais. ; , .
- Outre les fumiers qu’il obtient de i4 chevaux, dè 19 bêtes bovines et de 2 36 moutons, dont une partie sont engraissés pendant l’hiver, il fabrique encore chaque aimée plus de 200 mètres cubes d’engrais Jauflret, au moyen dès vieilles pailles,' des tiges de colza et des plantes sauvages ou parasites vertes, qu’il fait ramasser par les pauvres de la commune. Toutes ces matières sont mélan-
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- gées et disposées en meules d’environ 4 mètres de large, 16 de long et 3 de haut. On les arrose avec une lessive composée de l’urine des étables, des eaux grasses, des excréments de toute nature, du sang des animaux abattus et de toutes les matières animales qu’oh peut se procurer,; en' cas de besoin, on emploie l’eau des mares, et en peu de temps on façonne un excellent engrais, comparable au meilleur fumier des >étables:’ 'i
- M. Baudouin a substitué l’assolemènt quadriennal, blé, racines sarclées,: avoine et trèfle, à l'ancien assolement triennal blé', avoine et jachères son exemple a1 été assez’générâlèmënt'suivi! ; '
- Il cultive suruüé assez grande'échelle, pour la nôurriture d’hiver de'ses animaux,‘la carotté blanche à collet vert'; il en obtient habituellement 44,ooo kilogrammes par * Hectare. Il plante aussi beaucoup de pommés'de terre, et â converti en’féculerié la fabrique de sucre de betteraves qu’il avait d’abord fait établir.
- Les instruments agricoles qu’emploie M. Baudouin sont bien supérieurs à ceux de ses voisins ; il en a perfectionné.plusieurs. Aussi, pour toutes ces améliorations, pour là manière dont sa fermé est conduite, la société d’agriculture de la Seine-Inférieure lui a accordé le titre de grand lauréat, qui n’est donné que pour un ensemble complet et parfait d’exploitation; le ministre de l’agriculture lui a fait donner la croix d’honneur, et le jury lui décerné une médaille d’or.
- «•. : j , ; » J -K
- M. BAZIN père, propriétaire, au Mesnil-Saint-Firrnin (Oise).
- Depuis longtemps M. Bazin père s’est fait remarquer, dans le département de l’Oise, par le zèle qu’il met à adopter toutés les améliorations dont l’agriculture lui semble susceptible.
- Il a modifié avec intelligence les anciens assolements; il se sert des engrais liquides recueillis dans des citernes; il a établi des composts, qu’il a souvent formés avec des débris d’animaux; il emploie les instruments aratoires les plus perfectionnés ; il a fortement amélioré les races d’animaux qui garnissent sa ferme, et a établi sur cette propriété presque toutes les exploitations industrielles qui peuvent se lier à la culture du sol, telles que brasserie, distillerie, vinaigrerie et sucrerie. - ' * -i
- Parmi les améliorations importantes que M. Bazin' a introduites
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- dans sa ferme, nous citerons en première ligne la culture d’une espèce de blé connu maintenant sous le nom de blé du Mesnil.
- Cette variété, extrêmement productive, provient de deux épis remarqués, en i838, parmi les.blés, de la récolte; ils furent semés séparément, et de nombreuses expériences faites depuis cette époque ont constaté que le rendement de cette variété est supérieur à tous les autres, et surpasse souvent de plus de 20 p. 0/0 celui des diverses sortes de blé cultivé généralement.
- Les épis sont gros, quadrangulaires, d’un blanc jaunâtre, composés de i3 à i4 épillets de chaque côté de l’axe; les grains sont ovoïdes, d’un jaune rougeâtre, à cassure amylacée ; la paille est grosse, d’un jaune pâle à sa maturité,, et verse moins facilement que beaucoup d’autres variétés.
- Des épis donnent 80 grains et même davantage; le rendement moyen est d’au moins 70 grains, tandis que les épis des autres blés en fournissent rarement 60. Beaucoup de cultivateurs ont adopté cette variété; sa découverte est un service rendu à l’agriculture, et pour ce motif, comme pour les améliorations introduites dans la ferme du Mesnil et le bon exemple donné aux cultivateurs, le jury décerne à M. Bazin père une médaille d’or.
- M. QUERET, cultivateur, propriétaire, à Morlaix (Finistère).
- Ancien officier de marine, il s’occupe depuis treize ans d’agriculture; il a publié un grand nombre d’ouvrages'agricoles, dont plusieurs ont été couronnés parles sociétés et comices.qui l’entourent, par le congrès de l’association bretonne ; son Catéchisme agricole a été imprimé à 5,000 exemplaires et distribué, gratis.
- M. Queret a aussi obtenu un grand nombre de prix et de médailles pour travaux agricoles, pour bestiaux améliorés, pour création de prairies, pour des observations sur la maladie des pommes de terre ; depuis longtemps il ne cesse de montrer un grand dévouement pour la propagation des progrès agricoles, et le jury central lui décerne la médaille d’or.
- M. LEROI DE BÉTHUNE, agronome, à Douai (Nord).
- Avocat à Douai, il a consacré sa carrière à obtenir le dessèchement des marais de la Scarpe sur une étendue de 3,000 hectares, et
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- à en conduire les travaux. Ces marais étaient auparavant couverts-d’eau pendant neuf mois de l’année, la population qui les entourent était décimée par les fièvres, maintenant elle a retrouvé la santé.'
- Depuis, M. Leroi a- toujours défendu les intérêts agricoles, lorsqu’ils ont été'menacés; il l’a (ait-avec-un dévouement et un talent remarquables. ;
- Ses écrits sur la question des toiles, des fils de lin et de chanvre, des graines oléagineuses, du sucre indigène, prouvent ses connaissances agronomiques.
- La commission, départementale recommande les travaux de M.-Leroi de Béthune à l’attention du Gouvernement, el le jury
- central lui décerne une médaille d’or. . ;
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- M. LEMARIÉ, à Touffreville (Seine-Inférieure).’'
- L’un des plus anciens cultivateurs du pays, il a été plusiéurs fois signalé par la société centrale d’agriculture de la Seine-Inférieure qui, en 1839, lui a accordé la grande médaille d’or, et lui a décerné le titre de grand lauréat.
- Il montra de bonne heure un gôut prononcé pour l’agriculture, ef fit de fréquents voyages pour visiter les pays cités pour leur bonne culture ; il se livrait ensuite à des expériences pour inlro,-duire ce qu’il croyait utile, et il ne tarda pas à créer une exploita: lion qui servit de modèle à ses voisins ; il introduisit de nouveaux instruments, les perfectionna, en fit construire sous ses yeux, et en répandit l’usage dans toute la contrée qu’il habite.
- Il changea l’assolement, y introduisit les plantes sarclées pour un huitième, et son exemple fut suivi par ses voisins qui le regardent comme le premier-cultivateur de l’arrondissement d’Yvetot; le jury central lui décerne une médaille d’or. v
- M. Louis-Victor BRICE, fermier au Haut-Bois, commune d’Etain (Meuse).
- Sa ferme est de 33o hectares de bonnes terres, 55 hectares ont été mis en prairies, et l’on sème annuellement 100 hectares en blé,/20 en colza, 20 en trèfle, 20 en pommes de terre, 100 hectares en avoine, i5 hectares restent en jachères.
- M. Brice entretient i!\ chevaux de trait, 16, poulains, 70 bêtes espèce bovine de race suisse, 600 moutons, 20 truies et 2 verrats ;
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- Médailles
- d’argent.
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- ses jeunes taureaux sont recherchés, et la société d’agriculture de Verdun lui accorde 5o francs par tête pour les faire vendre publiquement. Ses moutons sont de race de souabe croisés avec des béliers Dishley; à trois ans, ils pèsent 4o à. 5o kilos les quatre quartiers, et donnent de 1 kilo 1/2 à 2 kilos de laine très-haute: une distillerie pour les pommes de terre et l’orge est jointe à cet établissement, ses résidus servent à engraisser des bœufs, à nourrir les vaches et les moulons. ... , .m <
- M. Brice se sert d’instruments améliorés, il a fait à, la charrue Dombasle quelques modifications qui la rendent plus propre aux terres, du pays, et les autres cultivateurs l’ont généralement adoptée. ! . . , i U,
- Il a obtenu plusieurs prix ; il avait demandé à établir une ferme-école, ce que ,1e .cpnseil général avait vivement appuyé; mais, son propriétaire ayant refusé de faire construire les bâtiments nécessaires';'il fallut y renoncer. ...... . .. ' ‘ ’
- ' Voici‘comment s’exprime la èommission 'd’agricültülfé'sur le compte de M. Brice, en parlant de la ferme du'Hâùt-Bois :
- « L’établissement de cette exploitation modèle apporté d’héureux fruits dans nos cantons, les excellents résultats obtenus ont été un puissant encouragement pour nos cultivateurs, qui adoptent aujourd’hui avec empressement les méthodes et les instruments qu’ils repoussaient naguère avec dédain! » .
- Par tous ces motifs, le jury central décerne à M. Brice une médaille 'd’or.
- M. SAVIN LÀRCLAUZË, cultivateur, propriétaire, à Monts, commune de Geaux (Vienne). .
- Lorsqu’en i832 il entreprit la culture de cette propriété, elle était soumise à l’assolement du pays, trois blés et une jachère, le bénéfice était à peu près nul; M. Savin Larclauze a commencé par l’essai du colonage partiairë, il n’â pu réussir; il s’èst alors,décidé à réformer le système ancien , à introduire des cultures alternes, des instruments perfectionnés; il a fait construire un four à chaux, il s’est, servi avec succès de cet engrais minéral, et a pu alors consacrer une grande partie de, ses terres arables à la culture des prairies artificielles, des plantes fourragères*et sarclées.
- Ses récoltes de toute nature sont fort belles et lui1 permettent de
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- nourrir 5o chevaux pour la poste, la diligence et le labour, et 5o bêtes de race bovine.
- La société centrale d’agriculture lui a décerné-une médaille d’argent pour ses assolements, une médaille de platine pour introduction dans-le pays d’amendements non encore employés, et l’a nommé son correspondant. ... ' ... s
- La société d’agriculture de Poitiers lui à accordé plusieurs médailles d’or, i0 pour ses cultures; 2° pour la taille et le choix de ses arbres fruitiers; 3° pour ses prairies artificielles, s.) . n; - > Ses succès ont été utiles au pays, les cultivateurs voisins font imité, et l’agriculture de cette contrée a fait des progrès qui doivent en grande partie lui être attribués; le jury central décerne à M.Sa-vin Larclauze une médaille d’argent-. , • , j m
- M. BALLARD, à Gironne (Cher).
- liV! >3; ’;
- , Son exploitation est de 200 hectares ;„la moitié, composée-des terres de meilleure, qualité, «a été soumise à la culture,alterne, céréales de printemps et d.’automne, prairies arfihcielles , plantes légumineuses et fourragères; l’autre moitié sert de pâturage, et reçoit,.apr,ès un long repos , un .ensemencement de céréales de printemps.. !
- Il a.obtenu le prix dans deux concours, l’un pour les soins donnés au bétail, l’autre pour la bonne qualité des plantes légumineuses. . ,
- * • > • > * '
- Les améliorations qu’il a introduites sur ses terrés lui ont donné les moyens de doubler ses fumiers en augmentant ses bestiaux, ët le rendement de ses terres, qui n’était que de 3 à 4 fois la semence, est maintenant de 8 à 10.
- Ce fut M.Ballard qui le premier, en 1807, donna l’exemple d’ëx- ' ploiter sa propriété par des domestiques, et non par colons à moitié fruits; celte méthode, qui peut seule amener de grandes améliorations agricoles, a été successivement imitée par beaucoup de propriétaires dû Berry, et c’est pour ce motif que le jury central décerne à M. Baliard' une médaille d’argent.
- I * ii;. ;•
- ri.-
- M. GUILLEMOT, cultivateur, à Nôzai (Marrie). ’
- Un rapport de la commission envoyée par M. le préfet,;pour visiter la ferme de Nozai, constata que cette exploitation se compose
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- de 3o6 hectares, dont 60 restent en friche, que les terres étaient dans le plus complet état d’épuisement lorsque M. Guillemot en a entrepris la culture en - i84i, que maintenant elles sont en bon état de culture, que les récoltes sont abondantes et permettent d’y entretenir un grand-nombre de bestiaux; il nourrit i5 chevaux, 20 bœufs et vaches et 666 moutons, et fume annuellement 5o hectares de terre, il se sert de bons instruments aratoires, et a introduit dans son exploitation toutes les améliorations possibles, cet exemple a dû avoir une heureuse influence sur les .cultivateurs voisins. Le jury, appréciant cette réunion de services, décerne à M. Guillemot une médaille d’argent.
- ' ! j i ' , ' . / : '
- M. l’abbé FLEURIMON, fermier à la Gabinière (Vienne).
- Guidé par une pieuse et louable charité, il a pris à ferme de l’hospice de Montmorillon une propriété de 383 hectares dont 248 dé landes et 55 de bois, et y a fondé une colonie agricole pour les jeunes orphelins recueillis dans les hospices.
- Il met successivement en valeur les landes, utilise les eaux des étangs et est parvenu à créer sur des terrains sans valeur des jardins fertiles, des champs couverts de belles récoltes; les élèves qu’il a arrachés à la misère et qu’il moralise par les habitudes agricoles commencent à conduire habilement les instruments perfectionnés introduits sur le domaine, et ont paru avec avantage dans différents *concours.
- Lejury central, appréciant l’importance ell’ulilitéde l’établissement fondé par M. l’abbé Fleurimon, lui décerne une médaille d’argent.
- M. LASTIC-SAINT-JAL, aux Essarts, commune de Saint-Julien (Vienne).
- *
- 11 a complètement changé une propriété de près de 200 hectares de landes et de bruyères, elle est maintenant couverte de prairies artificielles et de riches cultures; il a formé de bons laboureurs, il a obtenu une médaille de la société d’agriculture de Poitiers avant d’en être membre., ce qui ne lui a plus permis de concourir ; il s’occupe beaucoup d’élever des chevaux limousins ou croisés avec le sang arabe ou anglais, qu’il fait acheter poulains.
- Dans le pays de production,. il a aussi. établi de , nombreuses
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- plantations de mûriers et une magnanerie suivant le système de MM. Beauvais et Robinet.
- Ses exemples ont décidé les propriétaires voisins à faire des défrichements, à adopter les instruments perfectionnés, à établir des prairies artificielles, à changer leur assolement : le jury central accorde à M. de Laslic-Saint-Jal une médaille d’argent.,
- M. .DE POMPERY ; à Ciry-Salsogne (Aisne).
- Une partie des terres, qu’il cultivait, sablonneuses et perméables, ne produisaient qué de chétives récoltes de seigle, et d’avoine ; il conçut la pensée de les changer eri.prairies irriguées en élevant l’eau de la Vesle, petite rivière qui bordait cette propriété ; il s’adressa à MM. Thomas et Laurens, ingénieurs civils, sortis de l’école centrale, et, au moyen d’une machine hydraulique, il parvint à élever l’eau de la. Vesle au niveau nécessaire pour arroser 70 hectares de terre qui sont maintenant d’excellentes prairies donnant .un revenu déplus de 3oo francs par hectare, l’irrigation doit comprendre 110 hectares. -,v.j
- Ces travaux considérables dans un pays où on n’avait aucune idée d’irrigation, les avantages qu’offrent au pays des améliorations de celte nature, le bon exemple dont ils sont pour les autres propriétaires, déterminent le jury à accorder à M. de Pompery la médaille
- d’argent.
- »
- M. DESVAUX, maître de poste à Gourviile (Eure-et-Loir).
- Il exploite une ferme de 39^hectares de terres arables qu’il a mis dans un excellent état de culture; il a introduit dans son exploitation des instruments aratoires perfectionnés, la culture des plantes fourragères, un .marnage triennal à.raison de 20 tombereaux par hectare; il entretient un troupeau de ,i3 à i,4oo bêles, 25 bêtes à cornes,,ét. vend à la boucherie 4o à 5o veaux gras; de i838 à i843 il a obtenu plusieurs médailles et trois fois la médaille d’or, ce qui ne lui a.plus permis de concourir. Tous ces faits prouvent que M. Desvaux.est.un .cultivateur très-distingué ; on doit.regretter que les détails contenus dans le rapport de la comr mission départementale ne soient pas assez explicites sur l’influence que les améliorations de M. Desvaux ont exercée sur les cultivateurs voisins, le jury central décerne à M. Desvauxla médaille d’argent.
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- M. DE MECFLET, directeur dé la ferme-école au Qiies-, nay (Calvados). ., , '
- Sa ferme est de près de 200 hectares, les instruments aratoires perfectionnés y sont émployés , de nombreuses’ améliorations dans l’assolement, dans la production des engrais*'y ont été apportés par M. de Mecflet, qui s’occupe avec le zèle le plus louable de tout ce qui peut faire faire des progrès à l’agriculture;'iba plüs que triplé le nombre des bestiaux qui y étaient nourris, et met un grand empressement à montrer aux cultivateurs qui viennent visiter celte exploitation la comptabilité-régulière des dépenses et.des produits de l’établissement. ‘ - ,
- Il a obtenu un grand nombre de prix et de médailles du comice de Falaise, deux prix pour béliers et cochons anglais au concours départemental, et il vient dè créer sur son exploitation une ferme-école; pour ces motifs, et surtout pour, le bon exemple qu’il donne en ayant’ une comptabilité régulière, le jury central lui décerne une médaille d’argent. --r; ; s
- * < <f.j / 1 y’-
- ,, à Aunou (O
- Son domaine se compose de 4o hectares en prairies, et de 80 hectares en terres labourables; ils sont divisés en 14 soles, la jachère est complètement supprimée et les récoltes sont très-abondantes. Il achète des engrais calcaires et pulvérulents qu’il se procure facilement; il vend des foins et des pailles, ce qui est contraire aux bons principes agricoles, mais convient à la position particulière où se trouve M. Pichon-Prémélé, qui récolte beaucoup de foin, et n’a sur sa ferme que 4o têtes dé gros bétail, 20 de l’espèce chevaline, et 20 de l’espèce bovine. , s
- La commission départementale s’exprime ainsi'sur l’écurie de M. Pichon-Prémélé : ’ > 1
- «Les chevaux de race percheronne y ont pris, au moyen de leur « alliance,' dans de justes proportions, avec un sang plus élevé , la «distinction et la vigueurqui manquaient à cette race, si précieuse «'d’ailleurs pour lés travaux'des champs par sa force et sa 'sanlé. La « ferme de M; Pichon-Prémélé a produit les meilleurs étalons de ce « genre qui se voient dans le pays. Elle renferme aussi des produits « de P»altler et de Seclavi. » " ^ >1 : ^
- ‘ Le jury central voudrait, pour partager l’opinion dé la cdmmis-
- rne).
- M. PICHON-PRÉMÉLÉ, propriétaire
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- t
- sion, avoir vu les animaux qui possèdent autant de qualités; il regrette'qu’ils n’aient pas été envoyés à l’exposition j car, s’ils eussent justifié les éloges qu?on en fait, leur possesseur aurait eu droit aux récompenses les plus élevées. - : i
- M. Pichon a fait entourer ses champs de haies à triple rang, il a fait construire un-four à chaux, il est probable qu’il s’en sert'pour
- faire des composts........ 1 , i:: : 1
- . Les améliorations introduites-dans cette fermé sont successivement imitées par les cultivateurs du pays, M. Lefèvre-Sainle-Marië a fait, en i846 et 1847 deux rapports sur cette exploitation, qui ne nous sont point parvenus.: Le jury central accorde ünè médaille, d’argent à M.'Piclion-Prémélé. 1 i a- iuf',.
- M, LEFEBVRE DE MAISONS^ propriétaire, à.Batilly W!: -(Orne). ; 5 . i • , ' -
- Il cultive depuis 1812 la ferme de Ménil-Glaise, il y a substitué depuis 3o ans l’assolement sexennal à l’ancienne routine triennaïl ;
- J * , J* 3 > r I », i . ' . / > . ’ . W i ; ‘ i * * •- '
- il a supprimé la jachère et obtient sur le sixième cle ses terres d’abondantes récoltes de trèfle. Il emploiè des instruments perfectionnés construits dans ses ateliers, et il a obtenu, pour les améliorations introduites dans sa culture, plusieurs médailles en or et en argent décernées par les sociétés d’agriculture de Paris,-de Versailles et: d’autres localités. - ' ^
- Les bons exemples qu’il a donnés, et qui ont été utiles au pays, déterminent le jury central-à lubaceorder une médaille d’argent.-
- .i -i’.! . - i: •
- M. Joseph-Antoine DELAJOUX , desservant à Pougny
- Cet ecclésiastiquè est signalé,1 par une lettre du préfet de l’Ain, comme ayant complètement changé l’aspect du territoire de la commune , 'en’ transformant en prairies ‘des marais -mâlsainè, et plantant en vignes des coteaux inimités. 13 certificats de maires ou personnes notables de Pougny et localités v'oisines attestent lés services rendus à l’agriculture par M. l’abbé Delâjoux qui; suivant ce qu’on a fait connaître à plusieurs1 membres de la sous-commission-, à dépensé ce qu’il pouvait posséder pour terminer les travaux.qu’il avait entre-pris dans l’intérêt des habitants cle sa paroisse. < ,
- Pour l’en récompenser, le jury décerne à‘M. l’abbé Delâjoux une-
- médaille d’argent.
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- M. KRAUSS, directeur dé la colonie d’Ôttwâld(Bas Rhin).
- En 1839, le conseil municipal de Strasbourg, décida que 101 hectares de bois, landes ou marécages, qui lui apparlenaient dans la commune d’Oltwald, seraient défrichés et affectés à l’établissement d’une colonie agricole; les travaux, commencés en i84i, furent habilement dirigés par M. Krauss, directeur actuel de. la colonie ; il transforma le terrain en une bonne exploitation, quoiqu’il n’eût pour ouvriers que des malheureux auparavant voués à la mendicité.
- Cette colonie a changé de destination; elle reçoit maintenant les jeunes détenus qui viennent y acquérir l’habitude du travail et la moralisation que donnent presque toujours les occupations agricoles, c’est une nouvelle mission, plus difficile que la première, donnée à M. Krauss,!il la remplit bien, d’une manière utile à la société, à l’agriculture, et le jury central lui décerne une médaille d’argent.
- M. Charles THORE, propriétaire, à l’Épau, commune d’Yvré-l’Evêque (Sarthe). !
- Les travaux d’irrigation ont commencé en i835 et i836. Deux chutes motrices ont été utilisées pour élever les eaux d’arrosage au moyen de deux roues à godets; dernièrement l’une des roues a été remplacée par une roue à palettes droites . (dash-wheel des Anglais) , de même genre que la roue de la gare de Saint-Ouen. Cette machine très-bien construite sous la direction de M. Thoré, fournit à elle seule 60 à 70 litres par seconde.
- L’irrigation est établie sur 54 hectares et s’étendra bientôt à 64-Les rigoles principales ont déjà une longueur de 5,5oo mètres, sans compter les rigoles alimentaires, et les rigoles de déversement d’une longueur beaucoup plus grande.
- Cet arrosement a plus que doublé le produit des. prairies, et cette augmentation a éveillé l’attention de beaucoup d’autres propriétaires de la Sarthe, qui commencent à entreprendre des travaux de même genre. Pour recompenser M. Thoré du bon exemple qu’il a donné, le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M/ROQUES aîné, cultivateur, à Dampierre-sur-Blevy (Eure-et-Loir).
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- Son exploitation de ao5 hectares est de terres de fort médiocre
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- qualité, son assolement est. irrégulier; ses fumiers bien traités, surtout ceux de ses bergeries sur le sol desquelles il fait répandre du plâtre chaque fois qu’elles sont nettoyées. , ....
- Il fait chaque année 4 à 5oo mètres de compost wqui produisent un fort bon effet sur les terres humides et froides , il les a aussi assainies par de larges rigoles.
- Il entretient un grand nqmbre de bestiaux, dont,les fumiers fertilisent ses terres, et il, a prouvé par les résultats obtenus qu?avec de l’intelligence, des soins et de la persévérance, on peut augménler fortement le produit des mauvaises terres de ce département; ces motifs déterminent le jury central à décerner à M. Roques aîné une ..médaille d’argent.
- M. AVI* fermier à la Bastide, commune de Çorbarieu ( Tarn-e t-Garonne ).
- Depuis i834 il cultive la garance avec un grand succès. Avant lui quelques essais avaient été tentés; mais c’est à ses soins que l’on doit d’avoir naturalisé cette plante dans le département. Les produits rivalisent avec ceux de Vaucluse et de l’Alsace , et leur vente avantageuse ' a décidé plusieurs cultivateurs à suivre son exemple.
- Il s’est occupé aussi de former des pépinières de mûriers, et a contribué puissamment à développer la production de la soie, en fournissant aux planteurs de forts beaux sujets à bas prix; d’autres pépinières ont été formées depuis.
- Il se livre avec succès à l’amélioration des races bovine, chevaline et mulassière, et a établi des dépôts d’étalons à Castelbajac, Montricoux et Corbarieu; ces motifs déterminent le jury central à accorder à M. Avi une médaille d’argent.
- M. GUESDON, agriculteur, à Juvigné (Mayenne). .
- Il cultive depuis 20. ans une ferme de 90 hectares, composée presque entièrement de terres qui étaient incultes auparavant; il les a amenées, en quelques années, à un grand degré de fertilité, les trèfles, les raigrass et les racines occupent plus de la moitié du domaine. ; , • .
- Il donne une grande extension à la culture du colza, et* le premier, il a planté de grandes quantités de pommes de terre; if a en-
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- suite établi une féculerie, dont les résidus nourrissent une grande quantité de bestiaux, et dont le travail occupe beaucoup d’ouvriers pendant la saison de l’hiver. Lamàladie des pommes de terre l’ayant forcé à en restreindre' la culture, il a, pour occuper les ouvriers, remplacé la féculerie par une amidonnerie.
- Son exemple exerce une heureuse influence dans le pays, et le jury, voulant encourager les essais- faits pour réunir des entreprises industrielles à l'exploitation des fermes, décerne à M. Guesdôn une médaille d’argent. , - , ' .!
- M. LECOTTIER, propriétaire» à Josselin.(Morbihan).
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- Depuis 1828, il s’occupe de la culture des arbres résineux; et il a couyert.de 200,000 pieds d’arbres 201 hectares de terre situés dans sept communes, utilisant ainsi un sol impropre aux' pâturages et aux céréales. * ;
- Les succès obtenus par M. Lecottier ont décidé quelques propriétaires à l’imiter, et des achats de landes viennent: d!avoir lieu dans le but de les planter d’arbres résineux. Désirant encourager M. . Lecottier dans la route qu’il. ,a ouverte, le jury central lui décerne une médaille d’argent.
- M. LEGAT, cultivateur, à Bondues (Nord). .
- M. Lecat est un cultivateur intelligent; travaillant lui-même quand il le faut, propageant les bonnes méthodes de culture. La société d’agriculture de Lille lui a décerné un grand nombre de médailles, pour semis en lignes, bonne comptabilité agricole, expériences agronomiques ; et, enfin, en 1849, pour le zèle qu’il avait déployé en -toute circonstance, elle lui a décerné une médaille d’honneur en or; sa ferme est de 32 hectares. :
- Le jury départemental signale M. Lecat comme type des bons cultivateurs, et le jury central lui décerne une médaille d’argent.
- M. DE POMPERY, à Rosnoèn ( Finistère ).
- Il a mis dans ses travaux agricoles une. grande persévérance que le succès a couronné; il a introduit plusieurs instruments perfectionnés dans l’arrondissement de Châteaulin, et, depuis 8-ans, il a décidé un grand nombre 'de fermiers à s’eu servir ; il les a également déterminés à remplacer la culture triennale par f assolement
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- alterne. Ces1 résultats ont décidé le jury central à lui décerner une médaille d’argent. .
- M. STEINER, propriétaire ait Steinerhof (Bas-Rhin).
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- Cette propriété, d’une contenance de 70 hectares, n’était en 1837 qu’une prairie tourbeuse', elle a été transformée en une bonne exploitation agricole; 20,000 mètres de fossés donneront aux- eaux stagnantes un'écoulement dans le lanclgraben; plusieurs parties ont été améliorées1'par le transport de 32,ooo mètres cubés de terre, de 7,000 mètres de décombres: c’est sous l’influence de ces amendements calcaires que-le terrain s’est affermi, et que le sol s’est couvert de bonnes plantés fourragères. > - iv >'
- M. Steiner a reçu plusieurs prix et médailles,' en 1847, le premier prix pbur les cultures fourragères et l’amélioration de la race bovine, et, pour encourager des travaux nécessaires dans beaucoup de départements, le jury central croit devoir lui accorder une médaille d’argent.
- M. BERNARD-BRETON, propriétaire, cultivateur, à Sainl-Thégonec (Finistère).
- Il s’est distingué par l’éducation d’un grand nombre de chevaux et d’autres bestiaux, par ses défrichements, ses irrigations et la belle tenue de son exploitation, 11 a obtenu, dans divers concours de comices, deux médailles d’or, deux d’argent, cinq primes. Il est signalé par le jnry départemental comme faisant preuve du plus louable dévouement aux progrès de l’agriculture dans lè Finistère, et le jury central lui décerne une médaille d’argent.
- M. Pierre BUREL, fermier à Angerville-Lamartel (Seine-Inférieure). ' »
- Sa ferme présente un ensemble remarquable de bonne culture. Ses colzas, semés à demeure et en lignes, sont magnifiques. Il cultive également avec succès la carotte et-les autres racines. -
- Il a croisé ses vaches avec des taureaux de Durham, et se livre avec succès à leur engraissement; il élève aussi, de bons poulains. Il fait recueillir avec soin le purin de sês fumiers, et le fait transporter sur ses herbages. Il donne en tout un bon exemple aux
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- cultivateurs qui l’avoisinent, et le jury lui accorde une médaille d’argent.
- M. MABIRE, cultivateur, à-, Saint-Germain-d’Étables (Seine-Inférieure).
- Saferme est de 23 hectares de terres labourables et de 3o hectares d’herbages. Elle est soumise à. l’assolement quadriennal, et donne les produits les plus abondants. Les instruments aratoires sont bien choisis, les fumiers traités avec soin. Il recherche avec zèle et intelligence les meilleures semences en blé, orge et avoine. ^
- M. Mabire a fait des travaux considérables pour améliorer ses herbages; il y engraisse chaque année 4o:à 45 bœufs. Il se livre aussi à l’élève des chevaux. , : ; '
- Chose assez rare, et qu’il serait pourtant à désirer de voir se répandre dans toutes les fermes, il a une comptabilité régulièrement tenue, et, surtout pour ce dernier motif, le jury central lui décerne une médaille d’argent.
- M. Gérard CUNY, fermier à Saint-Dié (Vosges).
- En 3845, il détermina un propriétaire à lui louer pour 3o ans, contrairement à l’usage du pays, une ferme de 33 hectares, dont 5 ne donnaient plus de récoltes., et les 28 autres qu’une très-chétive. Il fit des défoncements, dirigea convenablement les eaux de sources auparavant nuisibles, pour en former des prairies. Chaque année les récoltés augmentèrent, et, en 1849, il a pu nourrir 24 têtes de bétail et les entretenir en fort bon état.
- En i845, il a obtenu une médaille d’argent et un prix de 5oofrancs, pour l'exploitation la mieux dirigée; deux médailles pour le plus beau taureau, et pour prix du concours de charrues. L’exemple donné par M. Cuny doit avoir une heureuse influence sur les fermiers du département des Vosges, et, afin d’encourager ses efforts pour l’amélioration de l’agriculture, le jury central lui accorde une médaille d’argent.
- M. LEMEE père, fermier à Saint-Aignan (Mayenne).
- Il est parvenu, par "son travail et son intelligence, à obtenir de belles récoltes de fourrages et de céréales dans un canton où les terres étaient peu fertiles. Ses travaux datent de 5o ans, et, le pre-
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- mier, il a introduit l’usage de la chaux, qu’il allait chercher à 4o kilomètres, par.de forts mauvais chemins.
- Cet amendement est devenu maintenant d’un usage général, et, pour récompenser M. Lemée père de l’exemple qu’il a donné, le jury lui accorde une médaille d’argent.
- M. BRILLIER,)cultivateur, à Pradines (Loire).
- 11 a entrepris la culture de 57 hectares de terre d’assez mauvaise qualité, dont 20 en mauvais bois, 3 en vignes négligées, 5 en prés humides, 11 en terre et 18 en bruyères.
- Il assainit ces prés, défonça le sol, défricha les bruyères, fit beaucoup d’engrais, se servit de récoltes vertes enfouies, introduisit la culture du trèfle, et parvint en peu d’années à faire de bonnes récoltes et à nourrir 2 5 bêles à cornes.
- Les travaux qu’il eut à faire donnèrent clu travail à un grand nombre de journaliers, et ses améliorations servirent déxemple aux habitants de sa commune; ils s’empressent de les imiter et le jury central décerne à M. Brillier une médaille d’argent.
- M. DURAND père, à Morlac (Cher).
- 11 s’est occupé spécialement d’améliorer des terrains alumineux de mauvaise qualité, il y a introduit la culture des plantes fourragères, le succès a couronné ses travaux; son exemple peut exercer une influence à l’agriculture du pays, à l’amélioration de laquelle il consacre tpus ses efforts, et le jury décerne à M. Durand une médaille d’argent.
- M. Henri LEGALLOU, fermier, à Mousteru (Côtes-du-Nord).
- Il paye, pour la ferme qu’il exploite, une redevance de 1,000 francs et, malgré son peu de fortune, il n’est point de cultivateur, dans le pays, qui fasse autant de sacrifices pour les progrès de l’agriculture.
- Quoique éloigné de Pontrieux, de 16 kilomètres, il va y chercher chaque année une grande quantité d’engrais de mer ; placé à la tête des métayers du pays, les encouragements qu’il recevra auront une heureuse influence sur l’amélioration de l’agriculture, et le jury central décerne à M. Legallou une médaille d’argent.
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- Médailles de bronze.
- M. BOYER, jardinier, à Nîmes (Gard).
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- Les services rendus à l’horticulture par le sieur Boyer sont immenses. Rien n’a été négligé par cet habile horticulteur, pendant 3o années de patience et de travail, aussi le succès a-t-il couronné ses œuvres.
- Le jury, appréciant ses efforts persévérants, lui décerne une mé^ daille d’argent.
- M. BLANCHET, colon partiaire, à La Fouillée, commune de Saint-Fort (Mayenne).
- Sur une étendue de 22 hectares, il entretient 34 têtes de bétail, qu’il nourrit à l’étable pendant 9 .mois de l’année ; il ne peut y parvenir qu’en cultivant au moins un sixième de ses terres en choux poitevins, betteraves et autres racines.
- 11 a obtenu, en 1848, le premier prix pour les fermes les mieux cultivées; son exemple a exercé une heureuse influence sur les autres colons, tant pour la manière dont il cultive ses terres que pour les clauses du bail qu’il a passé avec le propriétaire de sa terre, et pour ces motifs le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M.'Claude GUILLOU, cultivateur, à Bufïîères (Saône-et-Loire).
- Cette ferme se compose de 2 5 hectares, dont 5 ensemencés en froment, 9 en seigle etmeteil, 3 1/2 en prairies, 3 en sarrazin, 2 en pommes de terre, 1 en trèfle, 1 1/2 en colza, le reste en pois, orge, etc., le sol est de mauvaise nature; mais des engrais, des trèfles enfouis en vert, des terres transportées, le minage, l’ont amélioré, et les récoltes de fourrage sont devenues assez abondantes pour entretenir en bon état 6 vaches et 2 veaux.
- Lorsque le sieur Guillou a commencé ses améliorations, ses voisins se moquaient de lui; maintenant que le succès a couronné ses efforts, ils s’empressent de l’imiter; il aura ainsi fortement contribué aux progrès de l’agriculture dans ce canton, et le jury central lui décerne une médaille jle bronze.
- M. LECORNEK, à Plourhan (Côtes-du-Nord).
- Il exploite une terre d’argile mêlée de sable, qui exige de pro-
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- fonds labours, il emploie pour les faire des instruments perfectionnés, et a adopté la culture à plat, afin de pouvoir donner des hersages et roulages énergiques ; pour approfondir le sol, il emploie la charrue fouilleuse, et pour l’engraisser il tire de Pontrieux d’énormes quantités de sablon et d’engrais de mer, de sorte que le sol bien ameubli lui donne d’abondantes récoltes.
- Les dépenses considérables faites par M. Lecoraek sont dirigées vers un but productif, il ne s’écarte pas sensiblement des méthodes et de l’assolement de son canton, et le jury départemental constate que son exemple a déjà produit dans tout le pays un progrès très-remarquable.
- Le jury central décerne à M. Lecornelc une médaille de bronze.
- M. DESLOGES, fermier aux Usages, commune de Mantelan (Indre-et-Loire).
- Il exploite une ferme de 200 hectares, d’assez médiocre qualité, où les mauvaises herbes viennent en abondance, et qui était, lorsqu’il y est entré, dans un état déplorable de culture et de fertilité.
- 11 a,employé pour ses défrichements la charrue américaine, a su choisir les engrais convenables au sol où la marne produit peu d’effet, tandis qu’au contraire le noir animal amène d’excellents résultats et lui assure de belles récoltes de céréales et de colza, plante que le sieur Desloges a introduite dans le département, ainsi que plusieurs autres plantes fourragères et racines. Le rapport du jury signale,le sieur Desloges comme ayant donné un bon exemple aux cultivateurs du pays, et le jury central accorde au sieur Desloges une médaille de bronze.
- M. GHESNAYE, fermier à Saint-Samson (Côtes-du-Nord).
- Sa ferme est de 21 hectares, dont i5 en terres arables, 2 1/2 en pâtures, 1 en ajonc et 2 1/2 en prairies; ses étables et écuries sont bien tenues. Il se sert de la charrue Dombasle et d’autres instruments perfectionnés; il laboure par planches, et,, depuis neuf à dix ans, il. emploie la vase de mer, appelée marne dans le pays.
- Il possède i4 bêtes à cornes, dont 9 vaches à lait, 8 chevaux ou poulains, 6 porcs et 9 moutons; ses récoltes sont fort belles, ses prairies en bon état, son trèfle bien fourni; tout prospère dans
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- cette ferme, qui sert d’exemple aux autres fermiers du pays, et le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- M. Alexandre DAVID, fermier, à Nozai (Loire-Inférieure).
- Il cultive un terrain de 3o hectares, sur un sol sec et ingrat, inculte avant i834, époque où il en a entrepris l’exploitation; il y a introduit la culture des racines; il en fait chaque année 4 hectares et récolte 9 hectares de fourrages; ses terres sont en fort bon état; il est cité pour son zèle à suivre les bonnes méthodes, pour son dévouement aux progrès de l’agriculture, pour les bons exemples qu’il cherche à propager parmi les laboureurs voisins, souvent au prix de sacrifices personnels, et le jury central accorde au sieur David une médaille de bronze.
- M. DE GA1L, propriétaire cultivateur, à Mulhausen (Bas-Rhin).
- Lorsque ce domaine, de 76 hectares, échut à M. de Gail, il était dans l’état le plus désastreux; pour l’améliorer, il a fallu le niveler, l’ameublir par des labours profonds, par des amendements calcaires; les prairies naturelles ont été arrosées au moyen de fossés peu profonds; on a semé des prairies artificielles, et il est devenu une belle et fertile exploitation.
- M. de Gail a importé de nombreux instruments perfectionnés; il a tenté de grandes expériences sur les sels ammoniacaux comme engrais; il a donné aux cultivateurs du pays de bons exemples à suivre. La société d’agriculture du Bas-Rhin lui a accordé le prix pour l’exploitation la mieux dirigée, une médaille pour la bonne disposition de ses fumiers et la construction de fosses à purin, un prix de 100 francs pour l’emploi d’amendements calcaires; le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- M. OLLIVIER, à Treverec (Côtes-du-Nord).
- Il cultive des terres absorbantes où le fumier se consomme rapidement ; il est obligé de renouveler souvent l’engrais qu’il donne à ses terres, et qui consiste surtout en sablon qu’il tire de Pon-trieux, dont il est éloigné de 12 kilomètres.
- Ses récoltes sont belles; sa culture, appropriée à la nature du -terrain, et pour laquelle il emploie des instruments aratoires per-
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- fectiormés, trouve un certain nombre de prosélytes parmi les fer-miers voisins ; sous ce rapport, il a rendu des services à l’agriculture , et le jury central accorde à M. Ollivier une médaille de bronze.
- M. Dominique LEROY, cultivateur, à Cliâteaubas, commune d’Auguy (Moselle).
- 11 est l’un des premiers qui ait semé une grande quantité de trèfle, et le premier qui ait enfoui la seconde coupe pour obtenir une bonne récolte de céréales ; il a donné l’exemple de la suppression des jachères par l’établissement d’un assolement quadriennal: Il est cité pour ses belles récoltes ; il a donné à la culture du colza une grande extension , et son exemple a été suivi par un très-grand nombre de cultivateurs du canton qui viennent lui demander des conseils et des instructions ; il a contribué aux progrès de l’agriculture, et le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- M. SOYEPi, à la Bertinerie, commune d’Argent (Cher).
- Il s’est fait remarquer par l’établissement d’une irrigation considérable qu’il a obtenue par la dérivation des eaux de la Sauldre, sur le territoire de la commune d’Argent.
- Le jury a voulu récompenser un genre d’améliorations peu pratiqué, et qu’il serait à désirer de voir introduire dans la plupart de nos départements, en décernant à M. Soyer une médaille de bronze.
- M. DIEMER, propriétaire, au Murhof (Bas-Rhin).
- Son domaine, d’une étendue de 60 hectares, était d’un rapport fort médiocre lorsqu’il l’acheta ; il sema une grande quantité de plantes fourragères, augmenta le nombre des bestiaux, établit des prairies artificielles, nivela ses terres et ses prairies et en irrigua la plus grande partie.
- Les étables sont construites dans le genre hollandais; et, en i844) M. Diemer ramena de ce pays un taureau et i 2 vaches, c’est une innovation qui peut avoir de bons résultats ; mais, il faut attendre quelques années pour connaître les avantages qu’elle apportera aux cultivateurs du pays.
- M. Diemer a obtenu de la société du département une médaille d’or et un prix de 5oo francs pour l’exploitation la mieux dirigée,
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- entretenant le mieux le plus grand nombre de bestiaux, et du comice de Strasbourg le premier prix pour la culture des plantes fourragères et l'amélioration de la race bovine. Le jury central accorde à M. Diemer une médaille de bronze.
- M. Benoist GIRAUD, cultivateur, à Savigny (Rhône).
- Il est recommandé comme un des meilleurs cultivateurs et éleveurs du département; il a obtenu un prix, en i843, pour la plus belle génisse; le 8 août 1847, un Pr^x pour Ie plus beau taureau; le icr octobre suivant, un prix pour le plus beau taureau, et, dans le concours pour le fermier qui ferait produire le plus de plantes fourragères et aurait établi le meilleur assolement, le premier prix lui a été accordé. Son exemple a été utile aux progrès de l’agriculture , mais les renseignements ne sont pas assez complets pour apprécier toute la portée des améliorations qu’il a introduites; le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- M. VIVIEN, au quartier de Cbarence, commune de Gap, (Hautes-Alpes).
- Son domaine est de i3 hectares; il en a fait défoncer six à la profondeur de 66 centimètres ; les pierres ont été employées en partie à la construction d’un chemin de 5oo mètres, et à pare-menter un canal d’égout de 200 mètres; il a fait planter 3 à 4oo pieds d’arbres fruitiers et i,5oo pieds d’arbres forestiers.
- Dans son domaine, M. Vivien a supprimé les jachères et amélioré l’assolement ; il a introduit quelques instruments perfectionnés, doublé les engrais obtenus jusqu’alors, formé des composts, et est parvenu à augmenter d’un tiers ses récoltes de cérales, et de plus de moitié les produits de ses prairies.
- Ces améliorations doivent être d’un bon exemple pour le pays, mais le jury départemental ne donne aucun renseignement sur l’influence qu’elles ont pu exercer; le jury le regrette vivement 1 il accorde à M. Vivien une médaille de bronze.
- M. DECOUTREL, cultivateur, à Saint-Pierre-les-Jon-quières (Seine-Inférieure).
- II se distingue particulièrement pour la culture des plantes sarclées; il fait aussi de bonnes récoltes de blé et de fourrages ; il
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- emploie des instruments perfectionnés et est l’introducteur du semoir Hugues.
- Les progrès constants qui signalent l’exploitation de M. Decou-trelle, le rendent un modèle pour les cultivateurs du pays, et le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- M. Antoine TARDIEU DE V1RETTE, à Arles (Bouches-du-Rhône).
- Ce cultivateur est cité pour les soins qu’il donne à l’éducation des animaux de races bovine et ovine, il a contribué fortement à l’amélioration des troupeaux de l’arrondissement d’Arles, en leur fournissant de bons béliers mérinos ; il est auteur d’un mémoire sur l’amélioration des bêtes ovines, qui a obtenu le prix décerné par le comice agricole de Tarascon, et le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. BIGA1LLÉ, colon partiaire, au Lattay-Perrin, commune de Laigné (Mayenne).
- 11 a obtenu, en i848, un prix pour la ferme la mieux cultivée ; sur 18 hectares, il nourrit 24 têtes de bétail en fort bon état; ses céréales sont bien soignées, et il récolte d’abondants fourrages. Ses succès décident d’autres colons à suivre son exemple, et le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. GOURDON père, à la Marontière (Mayenne).
- Il cultive une ferme de 70 hectares: ses terres sont bien tenues, ses récoltes sont abondantes ; il est renommé pour ses connaissances dans l’appréciation des bestiaux, et ses étables sont garnies d’animaux bien conformés, qu’on recherche à un prix élevé. Il a croisé la race bovine avec des taureaux Durham, et a obtenu de fort bons produits.
- Il est un de ceux qui, des premiers, se sont servis des instruments perfectionnés ; il s’efforce de les faire adopter par les colons parliaires, et pour ce motif, le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. DUCHAMP-TULASNE, régisseur de la .propriété xle M. Derouet, à Meslay (Indre-et-Loire).
- Il dirige avec capacité et intelligence cette ferme de 244 bec-
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- lares; les terres sont bien cultivées» les récoltes sont abondantes,, les bestiaux nombreux et bien nourris, la comptabilité est tenue avec un soin qui peut servir d’exemple aux cultivateurs qui négligent trop souvent ce moyen d’avoir une appréciation exacte de leurs dépenses et de leurs recettes, et, pour récompenser le sieur Duchamp-Tulasne, le jury central lui accorde une médaille de bronze.
- M. Louis DELASSUS, régisseur chez M. d’Herlincourt, à.Éterpigny (Pas-de-Calais).
- Il dirige avec activité et Tnlelligence tous les travaux que nécessite un grand domaine. Il a fait niveler et empierrer plus de 10,000 mètres de chemin. Il a reçu pour ses travaux agricoles deux primes et une médaille à l’exposition départementale de Saint-Omer. Il vient de faire assainir un terrain aquatique par de nombreux fossés, et des essais de drainage qu’il a l'intention de continuer, et le jury central, voulant encourager un mode de dessèchement qui a eu en Angleterre les plus heureux résultats, décerne à M. Delassus une médaille de bronze.
- M. Nicolas GAREAU père, pépiniériste, à Semur (Côte-d’Or).
- Ouvrier actif et intelligent, il fut remarqué, il y a près de 5o ans, par un botaniste, qui lui donna quelques graines d’arbres résineux; le sieur Gareaules sema, les soigna avec intelligence, et les vendit 4 fr. 5o cent, le pied à M. de Virieu.
- Encouragé par ce succès, il fit venir des graines de Paris ; elles ne levèrent pas; il parcourut le pays pour en trouver, découvrit quelques sapins, quelques jeunes pieds venus de leurs graines, les transplanta, fit des boutures, ce qui nécessita des soins extrêmes, reconnut ensuite que les cônes des sapins contenaient des graines; il les recueillit, et donna peu à peu à ses semis une grande extension ; il fut alors imité par beaucoup d’habitants du pays, et les semis ont pris une telle extension, que le prix qui, dans les dix premières années, fut de 4 francs à 2 francs le pied, descendit, dans les années suivantes, à 3o francs le millier, et est maintenant de 6 francs pour les plants de 3 ans repiqués.
- C’est au sieur Gareau que ces résultats sont dus, et, pour le récompenser, le jury lui décerne une médaille de bronze.
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- M. OUVRARD, fermier à la Jonc-hère, commune de Vergné (Indre-et-Loire).
- Cette ferme est composée de bonnes terres et de bons labours donnés avec des instruments perfectionnés ; des fumiers abondants, obtenus de nombreux bestiaux, ont donné de riches récoltes de colza, de betteraves, de plantes sarclées, de trèfle, de luzerne, de vesces.
- Le travail de la moisson se fait en grande partie à la sape, mode de travail qu’il a substitué avec avantage à la faucille, et que le sieur Ouvrard a introduit dans le pays. Le système de culture qu’il a adopté, les soins donnés à sa ferme, qu’il cultive depuis i5 ans avec succès, sont d’un bon exemple pour l’amélioration de la culture du pays, et le jury central décerne au sieur Ouvrard une médaille de bronze.
- M. MORÉE , fermier, à Rosnoen (Finistère).
- Ce cultivateur, désireux du progrès, a adopté les instruments perfectionnés , les assolements alternes. Il entraîne, par son exemple, les cultivateurs ses voisins, qui imitent successivement les améliorations qu'il introduit dans sa culture, et le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- M. COLAS, laboureur au domaine de la Bertinerie (Cher).
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- C’est un ouvrier, qui, par son intelligence et son activité, est parvenu à se mettre à la tête d’une exploitation. Il la cultive avec succès, et est maintenant placé en première ligne parmi les cultivateurs de l’arrondissement de Sancerre. Aussi le jury, pour encourager ceux qui voudraient suivre son exemple, décerne à M. Colas une médaille de bronze.
- Le jury départemental de l’Ariége, en signalant plusieurs chefs d’exploitation, contre-maîtres ou ouvriers, comme dignes des encouragements du Gouvernement, ne dopne, sur le compte d’aucun d’eux, des renseignements assez précis pour que le jury central puisse apprécier les récompenses qu’ils
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- Mentions
- honorables.
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- ont pu mériter. Votre commission regrette vivement cette omission, et elle se borne à mentionner honorablement :
- MM. SAUBÏÀG, président de la société d’agriculture de l’Ariége ;
- DUPLAT, propriétaire à Verniole;
- BEART, ancien maire de Ferrières;
- BLANC, maître-valet de M. de Merveille; LAVIGNE, ancien maire d’Artix;
- MARSANG, aubergiste à la Bastide-de-Seran; MOULTS, ancien maire de Cazavet.
- M. DELACOUR, fermier et herbager à .Cerisé, près Alençon (Orne).
- C’est l’un des cultivateurs qui ont fait le plus de sacrifices pour l’éducation des bestiaux et l’amélioration des races, sa ferme est d’une étendue d’environ 3oo hectares, tant en terres labourables qu’en prairies.
- Les améliorations apportées dans sa culture ont augmenté fortement ses récoltes, et le nombre de ses élèves en chevaux et en bœufs s’est considérablement accru; ses chevaux de race ont une grande réputation, et, depuis 3 ans, il a toujours obtenu les premiers prix départementaux. Il avait demandé à envoyer de ses élèves à l’exposition, ce qui aurait permis de juger leur mérite, et il ne l’a point fait; et le jury central, dans l’impossibilité où il se trouve de juger le mérite de ses produits, lui accorde une mention honorable.
- M. Jean-Jacques PASCAL, au quartier de Charence, commune de Gap (Hautes-Alpes).
- Sur le domaine(qu’il exploite, il créa à ses frais une roule de 5oo mètres, et donna de bons exemples aux cultivateurs voisins en achetant beaucoup de fumier pour améliorer ses terres et faisant construire un four à chaux pour faire des composts.
- Il changea un marais de 5 hectares en bonnes prairies par des tranchées d’écoulement faites avec intelligence; il transforma plusieurs hectares de mauvaises terres en champs fertiles p.ar le défon-
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- cernent et l’enlèvement des pierres, et fit de nombreuses plantations de mûriers, de noyers et de peupliers.
- Le bon exemple donné par M. Pascal détermine le jury à lui accorder une mention honorable.
- M. Alfred D’USSEL, agriculteur (Corrèze).
- A fait creuser un canal de plus de 2,000 mètres sur ï mètre de profondeur pour irriguer 17 hectares de bruyères, devenues maintenant des prairies en plein rapport, et a fait établir, au bief de ce canal, une vis d’Archimède qui élève à une grande hauteur les eaux nécessaires pour arroser les bruyères situées au-dessus du canal.
- Le jury central, voulant encourager toutes les entreprises d’irrigation, mais ne trouvant dans le rapport du jury départemental aucun document qui puisse lui faire connaître si les travaux de M. d’Ussel ont pu avoir quelque influence sur l’amélioration des terres voisines, ne peut lui accorder qu'une mention honorable.
- Le jury départemental du Doubs, en désignant seize agriculteurs comme dignes des récompenses décernées par le Gouvernement, donne trop peu de détails sur leur position pour que le jury central puisse apprécier dans quelle catégorie ils doivent être classés, elle se contente donc de mentionner honorablement :
- M. FERINOT, au Valdahon,
- Pour les défrichements, la culture des plantes fourragères, et les plantations d’arbres fruitiers et forestiers.
- M. VASSELET, à Arnous,
- Pour ses labours et ses engrais.
- M. POMMIER, curé de Cour Saint-Maurice,
- Pour avoir défriché et mis en culture avec irrigation 120 hectares de terrain communal.
- Mma MARTIN, à Busy,
- Pour la culture de prairies artificielles, de racines, et pour ses instruments aratoires. '
- M. PIGNON , à Montandon,
- Pour ses cultures de carottes, de betteraves eide topinambours.
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- M. MITHOUARD, maître de poste à la Loupe (Eure-et-Loir).
- Son exploitation est de i5o hectares, de qualité tout à fait inférieure, il a fait des travaux d’assainissement assez considérables, par un transport de terres, et par le creusement de rigoles ; on doit s’étonner que M. Mitbouard, cité comme un cultivateur distingué, n’ait pas essayé, sur ses terres humides, le drainage, opération qui réussit si bien en Angleterre.
- M. Mithouard réussit dans la formation des composts qu’il emploie surtout sur les prés, et le jury central lui accorde une mention honorable.
- Parmi les douze cultivateurs sur lesquels le jury départemental du Finistère appelle l’attention de l’administration, le jury accorde une mention honorable à
- iVJ.DE SILLIAN,
- Pour sa culture raisonnée et progressive.
- M. Louis DE KERSEGU,
- Pour les améliorations introduites dans la culture du pays, et pour son système d’irrigation sur 22 hectares.
- M. ADAM, à Plabennec (Finistère),
- Pour l’intelligence et la capacité avec lesquelles il a mis en bon 'état de culture, une ferme négligée et devenue improductive.
- M. BOUTTON-LEVÊQUE (Maine-et-Loire).
- Le jury départemental de Maine-et-Loire signale M. Boutlon-Levêque comme un éleveur distingué, qui s’est occupé avec succès de l’amélioration de la race chevaline, et a donné aux cultivateurs du département les moyens de fournir un contingent plus considérable aux remontes de la cavalerie.
- Le nom de M. Boulton-Levêque est connu honorablement parles amateurs de chevaux, aussi le jury central regrette qu’il ne lui ait pas fourni les moyens d’apprécier la beauté de ses élèves, en les faisant paraître à l’exposition, et il lui accorde une mention honorable.
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- M. TR1PPIER-LAUBRIÈRES, propriétaire, à Saint-Mars-sur-Colmont (Mayenne).
- Il a introduit dans un canton très en retard un assolement perfectionné, la culture des plantes fourragères et des racines; il recueille dans une fosse le purin qui s’échappe des étables, et le fait répandre sur les terres et les prairies; ses bestiaux sont bien choisis, il a quelques métis Durham; ses blés sont parfaitement nets de mauvaises herbes; les soins qu’il donne à ses terres doivent avoir une heureuse influence sur l’agriculture du pays, mais aucun document ne le constate; sa ferme, d’ailleurs, n’est que de douze hectares; le jury lui accorde une mention honorable.
- D’après le procès-verbal du jury départemental de la Mayenne, le jury central accorde une mention honorable à
- MM. DENIS frères, à Fontaine-Daniel,
- Pour l’adoption d’un assolement sexennal.
- MM. DUVAL fils, à Saint-Georges,
- Pour des travaux d’assainissement, de nivellement et cl’irriga-tion sur 5o hectares de prairies.
- M. ECHARD, à Ernée, ouvrier irrigateur,
- Dont on cite les travaux sans donner aucun renseignement qui puisse les faire apprécier.
- M. Joseph DOUSSEAU,
- Pour ses observations sur le part des juments.
- M. DUBUAT, à Cosse,
- Pour le perfectionnement de la race porcine.
- M. COLLET, à Cosse,
- Pour la culture des choux, de la navette et de la moutarde blanche comme fourrage.
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- M. MERCIER, à la Grange-Dorée,
- Pour ses instruments perfectionnés et ses métis Durham.
- M. Léon LECLERC, â Livré,
- Pour la culture de la carotte et ses beaux élèves en chevaux.
- Le jury central croit aussi devoir accorder une mention honorable à
- M. L1PPMÀNN, maître de poste à la Memau,
- Pour ses défrichements, nivellements, prairies artificielles.
- M. Frédéric EHRMANN, à Bischwiller,
- Pour ses plantations d’arbres fruitiers et forestiers, de ceps de vigne et de houblon.
- M. PAULUS, à Haguenau,
- Pour l’irrigation de ses prairies.
- M. LEBEL, à Beclielbronn.
- Pouf expériences sur l’alimentation du bétail et les effets du sel sur leur nourriture.
- M. ZORN DE BULACK, à Osthausen,
- Pour la bonne disposition de ses bâtiments et la préparation des engrais.
- M. DECHAR1ER, à Bocton-Mulle,
- Pour l’assainissement de ses prairies, la construction de digues et ses irrigations.
- M. VAN-HOCKE, en religion père HILE,
- Pour la bonne direction donnée à l’établissement fondé par M. Mertion pour l’éducation agricole des orphelins du Haut-Rhin et dn Bas-Rhin.
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- Le jury cenIrai, sur la proposition de la commission départementale de la Seine-Inférieure, accorde aussi une mention honorable à
- M. FAUCHET,
- Pour ses fumiers bien disposés et ses essais comparatifs avec le sulfate d’ammoniaque.
- M. DEL AM ARE,
- Pour la tenue de son exploitation et les soins donnés à la race bovine.
- M. DUBOC,
- Pour les soins donnés à la culture des racines, et ses dépenses pour l’amélioration de son troupeau.
- M. HOUDEVILLE,
- Pour sa culture soignée et son beau troupeau de mérinos.
- M. LARA-MINOT, propriétaire agriculteur, département des Deux-Sèvres.
- Au moment de clore ses travaux, le jury central apprit que M. Lara-Minot, membre du conseil général des Deux-Sèvres, secrétaire du comice agricole de Melle, vice-président du congrès de l’association agricole des cinq départements de l’Ouest et du Centre, avait été recommandé au jury central par le jury de son département.
- Le nom de M. Lara-Minot nous était bien connu comme celui de l’un de nos agriculteurs les plus zélés et les plus dignes. Mais en l’absence de documents spéciaux, dont nous avons vainement recherché les traces, le jury ne pouvait apprécier exactement le degré de mérite des travaux de cet agriculteur et la nature de. la récompense à laquelle les services rendus à son pays lui donnaient droit.
- Ne pouvant, toutefois, passer sous silence le nom entouré d’une haute considération qui lui avait été signalé, et tout en lui réservant ses droits à l’une des récompenses élevées, le jury central décerne à M. Lara-Minot une mention honorable.
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- M. SIMONNE AU (de Nantes).
- Cet agriculteur manufacturier s’est trouvé dans la même position que M. Lara-Minot : recommandé par le jury départemental , aucune pièce officielle à son égard ne nous est parvenue.
- Nous savions que, par ses observations agricoles, par des perfectionnements dans la construction des fours à chaux, il avait rendu des services notables à l’agriculture de plusieurs communes de la Vendée et de la Loire-Inférieure; dans l’impossibilité d’apprécier exactement la valeur de ses améliorations et la récompense qu’elles méritent, le jury a voulu du moins les signalera l’attention publique en décernant à M. Simonneau une mention honorable.
- Le jury croit aussi devoir citer favorablement Citations MM. LUPIN, à_Méry-ès-Bois;
- favorables»
- SABATIER, à Bourges;
- Charles et Adolphe MIGNAN, à Bourges;
- MM. FOULLENAY, à Bannegon;
- MONTAGNE, à Colombiers ;
- RIBERT, à Jarre.
- M. CARADEIJC, à la Chalotais (Côtes-du-Nord).
- Il possède une propriété de 3oo hectares, subdivisée en 14 fermes, dont l’une d’elles est cultivée par ses soins avec un zèle et un succès remarquables.
- M. Caradeuc a fait construire les étables, les bâtiments ruraux sur les modèles les plus parfaits, il a fait venir les instruments agricoles les plus perfectionnés, il emploie la chaux, le sablon, fait labourer en planches, et ses terres sont travaillées avec presque autant de régularité que celles d’un jardin.
- Il a amélioré les races bovine et porcine, et ne recule devant aucun sacrifice pour garnir ses étables des plus beaux animaux ; mais rien ne constate que les améliorations faites par M. Caradeuc sur son domaine aient exercé une influence marquée sur l’agriculture du pays; le jury central lui accorde une citation favorable.
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- M. DE COURTHILLE, à Vareilles (Creuse).
- Il a fait exécuter des travaux d’irrigation assez considérables pour arroser une centaine d’hectares de terre; ces travaux ne sont qu’en cours d’exécution. Aucun rapport détaillé ne fait connaître les avantages qu’ils peuvent procurer au pays; le jury central accorde à M. de Courthille une citation favorable.
- Le jury départemental de la Gironde, en signalant à l’attention de l’administration les cultivateurs du département qui méritent des récompenses, ne donne aucun des renseignements nécessaires pour apprécier leurs droits; le jury central le regrette, et cite favorablement :
- M. LEMOTHEUX,
- Pour ses procédés d’irrigation.
- M. FRÈRE-FÉLIX,
- Pour sa colonie de jeunes enfants.
- M. l’abbé BUCHON,
- Pour son institut de Saint-Louis.
- Le jury départemental d’Indre-et-Loire, en signalant les propriétaires qui ont donné une grande impulsion aux améliorations . agricoles, ne donne point de renseignements suffisants pour faire apprécier l’influence qu’ils ont exercée, et, par conséquent, les services qu’ils ont rendus; le jury central se borne à citer favorablement :
- MM. AUBRY DE LA BORDE;
- DE LA VILLE-LEROUX, à Labruyère;
- DE LA VILLE-LARMOIS, à Montgager.
- Le jury départemental du Jura n’a point transmis de rapport; mais M, Copibette, propriétaire à Arce, près Arbois, a adressé un mémoire sur des travaux de défrichements qu’il a opérés avec succès, et qui ont rendu à la culture des terrains improductifs.
- Des attestations des autorités locales constatent les bons résultats obtenus; mais le jury central, manquant de renseignements sur l’influence qu’ils peuvent exercer sur l’agriculture du pays, et
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- n’ayant point de rapport de la commission départementale, se trouve dans l'impossibilité d’accorder aucune récompense à M. Combette.
- Le jury départemental de la Meurthe, en signalant à l’attention du Gouvernement les propriétaires et cultivateurs qui ont amélioré l’agriculture du pays, ne donne aucun détail qui puisse faire apprécier les récompenses qu’il conviendrait de décerner à chacun d’eux, et le jury ne peut que citer favorablement :
- M. TURCK, à Dommartemont,
- Pour l’école d’agriculture qu’il a établie depuis 10 ans.
- M. D AU RI ER, à Varincourt,
- Pour l’éducation des porcs anglo-chinois.
- M. SUTIVAUX DE GREISCHE,
- Pour ses cultures fourragères, ses croisements suisses et Durham, et ses poulains de demi et de quart de sang.
- M. GOETZMANN, à Champlebœuf,
- Pour l’éducation des chevaux de sang et pur sang, et pour les défrichements.
- Suivant les documents envoyés par le jury départemental de l’Orne, le jury central croit devoir accorder une citation favorable à
- M. DE VANSSAY DE LA FORGETERIE,
- Pour ses moutons anglais à longue laine..
- M. DE VÏGNERAL,
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- Pour son manuel pratique d’agriculture.
- MM. MÉRIEL, à Saint-Front,
- Michel CONSTANTIN, à Montsecret,
- François DUVAL, à la Lande-Patry (Orne) ,
- Qui sont parvenus, par leurs bons exemples, à détruire les vieux usages et à donner à leurs voisins le goût des améliorations.
- Le jury départemental du Pas-de-Calais a signalé à la bienveillance du Gouvernement un grand nombre çle propriétaires, de
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- fabricants de sucre et de cultivateurs; mais il n’a donné aucun renseignement sur leurs fermes, sur les améliorations qu'ils ont adoptées, et le jury ne peut que citer favorablement:
- MM. ROHART, à Avion,
- PENNEQUIN, à Saint-Martin,
- LAUTHIEZ, à Barolles,
- BRAEM, à Grenay,
- LUCAS, à Filescamps,
- TRANNIN, à Villers-les-Coquicourt.
- Avant de terminer , le jury central croit devoir inviter l’administration à faire visiter les travaux faits par M. l’abbé Delajoux, à Pougny, département de l’Ain, la culture de M. BtULLiER.à Pradines, département de la Loire, et l’établissement fondé à la Gabarière, département de la Vienne, parM. l’abbé Fleurimon, afin d’apprécier s’il n’y aurait pas lieu à leur accorder des secours pécuniaires, soit pour les indemniser des sacrifices qu’ils ont faits, soit pour donner plus d’extension à leurs établissements.
- CHAPITRE DEUXIÈME.
- PREMIÈRE DIVISION.
- ANIMAUX.
- § 1“. RACE CHEVALINE ET ASINE.
- M. de Dampierre, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La France possède d’immenses richesses chevalines; mais, ces richesses, elle ne les connaît pas, et nous avons souvent déploré que la conscience de sa force ne vînt pas encourager ses progrès.
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- L’ignorance seule paralyse la fructification des éléments précieux départis avec générosité à notre pays par la Providence* Il faut combattre cette ignorance, enseigner à tout le monde ce que peuvent produire les bonnes méthodes, les croisements intelligents, les soins de tous les instants, l’amour du cheval enfin, et nous pourrons un jour rivaliser avec l’Allemagne et même l’Angleterre, dont le sol, le climat, les ressources de toutes sortes ne sont certainement pas supérieures à ceux de la France.
- En exprimant notre satisfaction de voir l’exposition de l’industrie nationale admettre à son rang, avec honneur, les produits de l’industrie agricole, nous ne pouvons nous empêcher de dire le regret qu’une pensée aussi féconde n’ait pas été réalisée depuis quinze ans; nous recueillerions en ce moment des fruits abondants de l’émulation et des bons exemples que répandent de pareilles institutions.
- L’élevage du cheval eût pu faire*, depuis quelques années, des progrès plus considérables; néanmoins, il en a fait d’immenses déjà, et quelques-uns des résultats exposés aujourd’hui doivent donner les plus légitimes espérances. Ils atteindront surtout ce but si désirable, de ne plus laisser prendre le change à l’opinion publique sur la situation de notre industrie chevaline, de lui montrer, au contraire, que cette situation est pleine d’encouragements.
- L’enseignement eût été plus complet si nous eussions pu amener sous les yeux du public des types de toutes les races que nous possédons, depuis le cheval de Tarbes et du Limousin jusqu’à celui du Perche et du Boulonnais. L’amour-propre national n’y eût pas seul trouvé satisfaction ; il eût été frappant pour tous les yeux que les qualités diverses qui distinguent ces différentes races, loin de s’exclure, se peuvent aisément communiquer par des croisements judicieux, et dont l’exposition même nous offre des exemples remarquables.
- Les besoins du pays réclament des chevaux qui aient à la fois de l’étoffe et du sang. La rapidité des services publics, la plus grande légèreté des voitures modernes, la remonte de notre
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- cavalerie, veulent des chevaux plus rapides dans leurs allures, plus légers, plus énergiques que le cheval picard, boulonnais et même percheron. Elles veulent, en même temps, plus de taille, plus d’étoffe, plus d’ampleur dans les membres qu’on n’en trouve dans les chevaux de race pure, ou dans leurs dérivés du Limousin et des Pyrénées. Eh bien, dans notre sentiment, rien n’est plus propre à créer ce cheval, si instamment, réclamé par lé commerce, que le croisement des grosses juments du Perche et du Boulonnais avec le cheval de pur sang arabe ou anglais. Nous parlerons tout à l’heure des produits de celte nature présentés à l’exposition, et nous nous félicitons vivement de cet enseignement donné par l’exemple, et qui doit avoir de nombreux imitateurs.
- L’exposition présente trois types de chevaux :
- i° Des chevaux d’espèce légère, de pur sang anglais ou arabe, ou des chevaux de sang limousin ayant un nombre inconnu, mais fort considérable, de croisements avec le pur sang ;
- 2° Des chevaux de trait percherons, boulonnais, normands et bretons ;
- 3° Des chevaux provenant de juments percheronnes et boulonnaises, avec des étalons de pur sang anglais ou arabe.
- 1° CHEVAÜX D’ESPÈCE LÉGÈRE, DE PÜR SANG ANGLAIS ET ARABE,
- ET DE SANG LIMOUSIN.
- HARAS NATIONAUX DU PIN ET DE POMPADOUR.
- Nous devons mentionner, d’abord; les 20 chevaux envoyés par les haras nationaux du Pin et de Pompadour, et rendre hommage aux mains habiles qui ont dirigé de pareilles productions. Rien ne surpasse la distinction, le sang, la pureté et la régularité de formes de ces animaux.
- Ceux du Pin, au nombre de 6, sont de.pur sang anglais. Leur aîné, Corysandre, qui courut si admirablement bien aux courses de x838, se fait remarquer entre tous par sa taille, son élégance et son énergie. Un de ses produits, Emilien, est un poulain-de deux
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- ans, très-fort et distingué. Nous devons mentionner aussi une pouliche de deux ans, fort belle, Etincelle, parRoyal-Oak et Miss Anna.
- Les 14 chevaux venus de Pompadour sont tous des produits de la même année, de i846. Rien n’est plus loyal et ne dénote mieux que l’on ne craint le jugement de personne, qu’un choix de celte nature ; nous en félicitons sincèrement l’administration des haras.
- Les 4 poulains et les îo pouliches du haras de Pompadour sont tous fils d’étalons arabes et de juments de pur sang arabe et anglais.
- Le nombre de nos juments arabes a malheureusement beaucoup diminué, mais nous avons, pour nous consoler des pertes que l’on remplacera, nous l’espérons, trouvé, dans les produits des juments anglaises accouplées au cheval arabe, souvent autant de distinction et toujours plus de force que dans les produits de pur sang arabe. Nous n’avons jamais vu à aucun cheval plus de cachet oriental qu’à Molina, fille de Dine, anglaise, qui, à la vérité, est elle-même petite fille d’un cheval arabe; qu’à Médicis, dont la grand’mère a aussi du sang arabe, du sang dé Massoud. Uzerche et Ulloa seront admirés partout. Uzerche- a moins de taille, maft il a celte élégance indéfinissable, cet œil de feu, cette élasticité de mouvements qui caractérisent le cheval arabe ; c’est un digne descendant de Bédouin et de Nichai).
- Si cette fusion des deux races anglaise et arabe se fait avec autant de facilité et de bonheur, nous ne nous en étonnons pas; c’est qu’après tout c’est le même sang, un sang dont la pureté n’a pas été altérée, et qu’il suffit d’employer avec habileté, pour l’approprier à tous les besoins, aux exigences de nos yeux même.
- Les Anglais ont fait du cheval arabe pur le cheval de course le plus rapide, le cheval de chasse,le plus énergique; ils ont transformé son cachet, mais en augmentant sa taille, la force de ses parties osseuses, de façon à le rendre également propre à tous les services qu’ils en réclament. Nous pouvons aussi aisément, et sans perdre la plus grande partie des qualités du cheval anglais, retrouver, avec des croisements arabes, le cachet particulier du cheval oriental, qui nous séduit si justement. Pompadour en est bien la preuve : ses produits n’ont pas la force de ceux du Pin, mais ils sont d’une distinction et d’une pureté irréprochables, et parfaitement propres à l’amélioration de toutes nos races légères. Pompadour fonde en ce moment le par sany français, et il en a pris les éléments à des
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- sources si pures déjà, que si cet établissement ne s’arrête pas dans la voie où il est entré, s’il lui est donné de pouvoir augmenter le nombre de ses juments arabes, cette pépinière précieuse donnera un jour des fruits abondants.
- Si nous nous sommes un peu longuement, étendus sur les chevaux du Pin et de Pompadour, c'est à cause de l’importance de ces deux haras, qui peuvent avoir une grande influence sur notre production chevaline, et dont la bonne direction est d’ailleurs digne de l’attention du jury.
- HARAS DE SAINT-CLOUD.
- Le haras de Saint-Cloud a marché dans les mêmes tendances que le haras de Pompadour. Fondé par le roi Louis-Philippe, il y a six ou sept ans à peine, il renfermait un grand nombre de juments arabes, barbes et limousines,dispersées déjà, en très-grande partie, par les ventes successives que la liquidation de l’ancienne liste civile a été obligée de faire.
- Il reste néanmoins au haras de Saint-Cloud un petit noyau de juments et poulains les plus précieux, et cinq étalons arabes, entre autres, Hamdany-Blanc, le cheval le plus accompli que nous connaissions. Plusieurs produits à'Hamdany-Blanc ligùrent à l’exposition, et on reconnaîtra avec admiration que ce beau cheval transmet à toute sa descendance une pureté, une élégance, une symétrie de formes parfaites. Les excellents pâturages du haras de Saint-Cloud, ont donné à ses produits un développement remarquable, sans rien ôter à leur distinction.
- Aarençj-Zeb, quatre ans; par Hamdany-Blanc et une jument"li-mousine, née chez M. de Nexon, est un jeune cheval superbe, d’une distinction et d’une force que l’on trouve bien rarement unie à ce degré, et que l’on ne se lasse pas d’admirer.
- Dhéma, deux ans, par Hamdany-Blanc et une grande et belle jument anglaise, lient de son père un cachet tout particulier, une tête carrée et expressive ; de sa mère, une taille et une force, qui étonnent. Il est parfaitement régulier, il annonce de grands moyens, c’est certainement un cheval accompli.
- Tamanour, trois ans, par Hamdany-Blanc et Kenhlen-Yemani, est de pur sang arabe, très-fort, distingué et plein de moyens. -/
- Schubra, poulain de deux ans ,,par Hamdany-Blanc et Vénus, ju-
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- Médailles
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- ment limousine, est aussi un charmant poulain, un peu léger, mais plein de souplesse et d’énergie.
- Vénus, mère de Schubra, et suitée d’un poulain, par Hamdany-B/«nc,figure aussi à l’exposithsn.Fe'/ittsest née chez M. de Nexon ;elle est fille d'Antar, et, depuis soixante ans, la souche dont elle estsorlie s’est constamment retrempée dans le pur sang arabe. C’est une belle jument blanche, excellent échantillon de cette race limousine si justement vantée, alors que le cheval de selle était en honneur en Françe, et qui doit ses éminentes qualités aux étalons arabes, persans, barbes, employés depuis des siècles à la purifier, et à seconder les heureuses conditions où se trouve le limousin pour élever le cheval de sang.
- Les animaux envo nous font vivement désirer de voir l’État sauver d’une ruine imminente cet admirable établissement, fondé à grands frais, sur un sol excellent, et merveilleusement disposé pour recevoir un petit nombre de juments de race pure arabe, que des difficultés de de toute sorte empêchent l’industrie privée d’entretenir, et dont elle réclame cependant de toutes parts le secours avec instance.
- M. CALENGE, â Écovilie (Calvados).
- M. Calenge, l’habile et consciencieux éleveur auquel nous devons des chevaux d’un grand mérite, Prospero, M. d’Ecovilie, 1" Août, Fitz-Emïlius, a choisi pour l’exposition, comme un démenti à ceux qui s’imaginent que tout cheval de pur sang est grêle et haut sur jambes, trois belles pouliches du meilleur sang, admirablement membrées ; ce sont :
- Catherine, trois ans, par Master-Wags et Princess-Edwis, par Emilius.
- Angèle, trois ans, par Master-Wags et Miss Sophia, mère de Fitz-Emilius.
- Carmélite, deuxans, par Birdeatcher et Camélia, par Cameh
- Le jury décerne à M. Calenge une médaille d’or.
- 2" CHEVAUX DE TRAIT, PERCHERONS, BOULONNAIS, NORMANDS
- ET BRETONS.
- M. LATACHE, à Faye (Oise).
- M. Lalache de Faye (Oise), qui possède des juments de pur
- yés à l’exposition par le haras de Saint-Cloud
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- sang de premier mérite, a envoyé à l’exposition des juments de travail, boulonnaises, avec leurs produits issus de chevaux de pur sang. Ces animaux n’ont pu, malheureusement, rester longtemps exposés ; ils étaient un sujet d’étud&s fort intéressant.
- Sur 8 juments, dont plusieurs suitées, envoyées par M. Latache, 5 seulement appartenaient à la race boulonnaise-perclieronne. Les autres, ainsi que 2 jeunes chevaux de 2 ans, étaient issus d’étalons de sang; nous les classerons dans la 3“‘° catégorie.
- Les juments de M. Latache de Faye sont d’excellents types de leur race; elles sont très-bien membrées, près de terre, très-étoffées; leur tête est commune et leur encolure courte, mais elles rachètent ces défauts par une largeur de poitrine et de reins remarquable. La meilleure, Javotte, âgée de il ans, est née chez M. Latache et donne de fort bons produits; 3 de ces juments sont filles d’un étalon percheron appartenant à M. Latache de Faye; nous leur préférons les boulonnaises pures.
- Le jury, appréciant les essais heureux de M. Latache de Faye, et en vue surtout des croisements dont il est parlé dans celte 3m' catégorie, lui décerne une médaille d’or.
- M. SUREAU (Eure-et-Loir.)
- Nous préférons de beaucoup aux chevaux de M. Rivière l’étalon envoyé par un cultivateur des environs de Chartres, M. Sureau. Celui-là est bien un cheval percheron, mais il est plus enlevé, plus léger que les vieux types de cette race, et il subit déjà l’influence du commerce, qui, depuis quelques années, recherche les chevaux aux allures légères; ce qui nous donne à craindre de voir peu à peu diminuer le nombre de ces belles et fortes juments, qui ont presque autant d’étoffe que leurs très-proches parentes, les boulonnaises, mais qui, en même temps, ont une belle encolure, une tête expressive, et sont des moules précieux pour toutes sortes de croisements.
- Le jury décerne à M. Sureau une médaille d’argent.
- M. INIZARN (Finistère).
- Nous avons vu avec intérêt un cheval de la grosse race bretonne, du* canton de Morlaix, croisé avec un cheval de trait anglo-normand. Ce jeune étalon, né chez M. de Roquefeuille, a.été élevé par M. Inizarn. Sa tète est mauvaise et mal attachée, mais il a le rein
- Médailles
- d’argent.
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- Médaille de bronze
- Mention honorable,
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- bien fait, de bons aplombs, de belles actions, et il est bien membre.
- Le jury accorde une médaille d’argent à M. Inizarn.
- M. TILLIARD (Eure).
- M. Tilliard a exposé un cheval normand grand et fort, un peu commun , mais qui a de bonnes allures, et dans lequel nous avons observé la disparition du plus grand nombre des défauts reprochés à l’ancienne race normande. Ce cheval a évidemment du sang anglais ; nous le voudrions seulement un peu plus près de terre.
- Le jury, appréciant les bons antécédents de M. Tilliard, éleveur consciencieux, lui décerne une médaille de bronze.
- M. RIVIÈRE, à Paris.
- M. Rivière, marchand de chevaux à Paris, a envoyé 3 chevaux prétendus percherons. Nous ne reconnaissons pas dans ces animaux les caractères si remarquables de la belle et bonne race percheronne, une des richesses si enviées de notre pays. Leurs membres sont empâtés, leur tête commune; l’un d’eux est un énorme limonier, et nous lui trouvons beaucoup plus les formes d’un cheval flamand que celles du cheval percheron. Nous devons reconnaître néanmoins les services rendus par M. Rivière dans le commerce des chevaux du Perche et le mentionner d’une manière honorable.
- 3° Chevaux provenant de croisements des étalons de pur sang
- ANGLAIS OU ARABE AVEC DES JUMENTS DE TRAIT PERCHERONNES OU
- BOULONNAISES.
- M. Latache de Faye a exposé 5 animaux, fils de juments bou-lonnaises et de chevaux de pur sang anglais, et nous avons remarqué dans le nombre une belle jument gris pommelé, suitée, Caroline, âgée de 7 ans et fille de Vestris et de Javotte. Cette jument a beaucoup d’étoffe et de sang, de fort belles actions, et M. Latache nous a dit avoir pu la vendre i,5oo francs, Sa mère est commune et de pure race boulonnaise, mais Vestris, qui était très-distingué, lui a donné beaucoup de sang.
- Les quatre autres produits sont fils de Peter, cheval de pur sang, très-fort, mais commun; ils ont moins de distinction que Caroline, mais sont très-fortement membrés, et les 2 poulains de 2 ans
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- vendus par M. Lalache à deux fermiers, MM. Fosse et Blanchet, ont tant de taille et de force qu’ils sont destinés à faire des limoniers. Voilà ce que peut l’emploi intelligent du pur sang.
- Le haras du Pin a envoyé 2 juments nées d’une percheronne employée aux travaux du domaine du Pin depuis 12 ans et achetée 800 francs dans une foire du Perche, et de deux chevaux de pur sang, arabe et anglais.
- Joséphine, née en i843 par Napoléon et la Percheronne, est une grande, forte et belle jument, trottant admirablement et pleine de fonds : elle a fait le trajet, attelée, du Pin à Alençon (4o kilomètres) en 2 heures 10 minutes, avec une aisance parfaite. C’est un produit tout à fait remarquable et une superbe jument d’attelage qui pourrait même être montée.
- Baya, née en 1847 par Seklavi II, arabe, et la jument percheronne ci-dessus indiquée, est une fort belle pouliche, plus dislin-guéee ncore et plus régulière que sa sœur Joséphine.
- Nous ne pouvons trop vivement appeler l’attention des éleveurs sur les animaux de cette dernière catégorie. Dans les pays surtout où l’on entretient des races de chevaux de trait, qu-’ils essaient d’y mêler, avec intelligence, le pur sang arabe et anglais; qu’ils choisissent, pour leur donner des étalons de sang, les juments qui ont le plus d’étoffe et qui sont le plus près de terre, et ils verront que les produits auront plus de valeur queleurs mères et seront recherchés pour tous les services.
- RAGE AS1NE.
- A divers points de vue, la race asine a un grand intérêt pour la France. Notre pays exporte annuellement plus de 15,ooo mulets : cest une branche de commerce qui fait la richesse de plusieurs provinces el surtout du Poitou.
- Nous regrettons de n’avoir vu figurer à l’exposition aucun âne étalon de grande espèce, assez beau pour êtx'e signalé au
- jury-
- L’âne d’espèce plus petite est, par sa sobriété, son prix peu élevé, la ressource du pauvre : dans les pays de montagnes et de vignobles, il rend aux petits cultivateurs de grands services, et on ne saurait se trop préoccuper de ce
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- Médaille
- d’argent.
- Mention
- honorable.
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- dont personne ne s’occupe malheureusement, de chercher à augmenter la force et la taille de,ces animaux, sans modifier la merveilleuse facilité avec laquelle ils se nourrissent.
- M. PASQUIER, à Paris (Seine), rue de Sèvres.
- A un certain point de vue, la race asine, enfin, est d’un intérêt véritable pour l’hygiène publique. Le lait d’ânesse est beaucoup employé pour les affections de poitrine, et la Faculté de médecine de Paris s’est souvent occupée de cette question. Nous avons donc appelé l’attention du jury sur les 5 animaux exposés par M. Pasquier, nourrisseur à Paris, qui entretient ordinairement dans son établissement 4o ou 45 ânesses et 2 ou 3 étalons. Ils sont parfaitement conformés, et -on reconnaît aisément qu’ils sont l’objet de soins tout à fait dignes d’éloges. Le jury accorde à M. Pasquier une médaille d’argent.
- M. MAIN ET, à Beauvoir (Seine-Inférieure).
- L’animal exposé par M. Mainet, étalonnier dans la Seine-Inférieure, peut être très-bien employé dans ce but, et le jury lui accorde une mention honorable.
- Le Jury mentionne également M. Guchon (Seine), pour son étalon.
- S 2. RACE BOVINE.
- M. de Kergorlay, rapporteur.
- CONSIDERATIONS GENERALES.
- On s’accorde généralement à juger du degré de perfectionnement de l’agriculture d’un pays par la quantité et le mérite du bétail qu’elle parvient à y produire et à y entretenir, en rapport avec les surfaces du pays et la masse de la population. Comme cette exposition est la première à laquelle les animaux et les autres produits de l’agriculture aient été admis, je crois devoir remonter plus loin que l’exposition précédente, pour donner une idée aussi exacte que possible de l’état actuel de la production bovine en France, et de son
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- développement depuis le commencement du siècle. Les documents manquent complètement pour remonter plus haut.
- La statistique de 1812, publiée par Chaptal, donne, pour le nombre total d’animaux de la'race bovine, 6,681,962.
- La statistique officielle de 1839 porte au nombre de 9,936,538.
- Ce qui, en vingt-sept ans, implique une augmentation de plus de 67 p. 0/0, en supposant exacts les deux chiffres indiqués par les statistiques officielles, et il y a lieu de présumer que celui de 1812 était au-dessus de l’exacte vérité, et celui de 1839 au-dessous.
- En effet, le conseil général d’agriculture ayant ouvert une enquête dans son sein sur cette question en 1842, 36 de ses membres y apportèrent le fruit de leurs recherches personnelles; le plus grand nombre affirma que, dans leurs départements , le nombre des bêtes à corne avai t au moins doublé ; dans quelques localités l’accroissement avait été beaucoup plus ra-> pide, il avait triplé et même quintuplé, tout en s’améliorant sous le rapport de la taille, du poids et de la qualité. Les statistiques locales les plus exactes que nous possédions confirment tout à fait ces assertions, notamment celle publiée sur le département de l’Eure, par M.Hippoly te Passy; les chiffres fournis par la statistique de 1839 indiquent que la France possédait 290 têtes de gros bétail par hectare. Or, Macculloch, en i834, n’en trouvait, en Angleterre, que 300 par hectare.De 1839 à i85o, les documents officiels ne sont pas encore publiés, mais il est de notoriété incontestable que le développement de la production a continué et est même devenu plus rapide dans ces dix dernières années. .
- Il résulte encore des documents officiels soumis au conseil général d’agriculture dans sa session de i84i-i842, que de 1812 à i84i la quantité de viande vendue sur les marchés d’approvisionnement de Paris à Sceaux et à Poissy, a augmenté de plus de 20 p. 0/0. Ce mouvement a continué à se développer de i84i à 1847. Il y a cinquante ans, a peine, 25 dé-
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- parlements prenaient part à l'approvisionnement, en viande, de Paris, aujourd’hui plus de 60 y sont intéressés.
- La qualité de la viaûde amenée sur ces marchés a subi de notables améliorations. La Normandie et le Cholet ont été de tout temps en possession de fournir la viande la plus fine et la plus recherchée; parvenus, sous ce rapport, au plus haut degré de perfection connu, ils n’oDt plus de progrès à faire. Mais les départements du centre, qui formaient autrefois le Limousin, le Nivernais, le Charolais et le Berry, voient s’augmenter le nombre et s’améliorer, de !a manière la plus remarquable, la qualité des bestiaux qu’ils livrent à la consommation. Le poids moyen des animaux vendus sur les marchés de Sceaux et de Poissy est augmenté de 20 p. 0/0 de 1823 à 18/19.
- Ces résultats importants s’obtiennent sans que les prix s’élèvent.
- Il est reconnu que le prix moyen du kilogramme de viande, en France, est de 0,80 le kilogramme. Dans la plupart des pays de production, on peut trouver, selon la saison, de bonne viande de bœuf ou de vache, ou de mouton ou de veau, à 0,60 le kilogramme, et même, sur les marchés d’approvir sionnement de Paris, le prix moyen du kilogramme de bœuf, pendant les quatre années qui ont précédé i85o, n’a été que de 1 fr. 1 cent., . .
- Le prix moyen pendant les quatre années qui ont précédé 1 790, avait été de 1 fr. 6 cent., aussi, il est dans cette dernière période de o,o5 supérieur au prix de la première.
- Que s’il n’en est pas de même dans l’intérieur de Paris, si on se plaint légitimement d’une différence exorbitante entre le prix de la viande vendue à l’étal des bouchers à Paris et celui auquel, à la porte de Paris, elle est vendue par les producteurs, cela tient uniquement à la mauvaise organisation du commerce de la boucherie dans Paris. Le jour où le Gouvernement voudra s’en préoccuper, il pourra facilement faire cesser un état de choses aussi anomal, et donner une im-
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- pulsion immense à la consommation de la viande dans Paris, en eu faisant baisser le prix notablement.
- La production de la race bovine a donc fait de grands progrès en France dans ce siècle-ci, et surtout depuis quinze ans, tant sous le rapport du nombre que sous celui du mérite des individus qu’elle livre à la consommation. En quoi le Gouvernement a-t-il contribué à ce développement? En bien peu de choses, il faut le reconnaître.
- Sur le fonds d’encouragement à l’agriculture, qui, en 1825, n’élait que de 120,000 francs, et qui aujourd’hui est de 659,000 francs, on distribue quelques primes pour encourager l’amélioration des taureaux; on en distribue pour encourager la culture des racines fourragères et des prairies artificielles, sans lesquelles on ne peut améliorer les races d’animaux: car la base de tout perfectionnement, dans les formes et les qualités, est une nourriture abondante et succulente pendant tout le cours de l’année.
- Depuis onze ans le Gouvernement a introduit en France des animaux de la race anglaise de Durham; il s’est occupé avec zèle et persévérance de l’acclimater en France, de l’y multiplier et d’en faciliter les croisements avec plusieurs de nos races françaises.
- Ces croisements ont été diversement appréciés dans les premières années; ils ont eu à vaincre quelques préjugés. Mais aujourd’hui les observations les plus scrupuleuses des agriculteurs les plus éclairés. faites dans des pays très-différents les uns des autres, ont mis hors de doute que cette race avait une prédisposition remarquable à l’engraissement précoce ; qu’elle communiquait, dès le premier croisement, cette prédisposition, à un degré plus ou moins élevé, aux animaux de de nos races indigènes, surtout à ceux qui appartiennent aux races normandes, charolaises et flamandes; qu’à ce premier degré de croisement, l’influence du sang de Durham, en améliorant ses formes d’une manière très-remarquable, n’altérait ni l’aptitude à la production laitière, ni l’aptitude au travail ; qu’enfm elle produisait de la viande à un prix notablement
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- inférieur à celui auquel reviennent nos animaux indigènes quand ils sont en état d’être livrés à la boucherie, parce que, sauf la période des dix-huit premiers mois de leur existence, où ils réclament des aliments plus substantiels que nous n’avons l’habitude d’en donner à nosjeunes animaux, ils consomment beaucoup moins d’aliments que les animaux des races indigènes et arrivent beaucoup plus promptement, plus facilement à l’état d’engraissement. Les animaux présentés à l’exposition par MM. de Béhague, d’Herlincourt, Auclerc, etc., ont pleinement confirmé ces résultats, qu’on peut regarder désormais comme incontestables.
- Le Gouvernement a créé en i844 un concours d’animaux de boucherie àPoissy; trois autres ont été successivement établis à Lyon, à Bordeaux et à Lille. Ces concours ont eu de très-heureux résultats. Non-seulement ils ont établi la supériorité des animaux Durham de sang pur sur les animaux français sous le rapport de la facilité, de la précocité et du bon marché de l’engraissement; mais ils ont fait reconnaître que même les animaux métis l’emportaient toujours sur ceux de nos vieilles races indigènes, de sorte que, aujourd’hui, les éleveurs français, qui s’obstinent à élever des animaux de ces vieilles races, reconnaissent qu’ils ne peuvent pas lutter contre les animaux croisés même au premier degré, et réclament des concourset des prix séparés. En même temps, ils cherchent à donner à leurs animaux des formes qui les rapprochent de ceux dont la race Durham offre le type le plus parfait et-la réunion la plus complète.
- En 1849, on a j°iQt au concours d’animaux de boucherie un concours d’animaux reproducteurs. 11 est à désirer que ces encouragements divers puissent être développés sur une échelle plus large, et que le Gouvernement comprenne toute l’importance qui s’attache à la multiplication et à l’amélioration des bestiaux. Il ne s’agit de rien moins que de faire entrer la viande dans l’alimentation générale du pays, et de mettre cet aliment précieux à la portée des consommateurs les plus nombreux et les moins aisés; la masse générale des fumiers aug-
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- mentant en même temps que le nombre des bestiaux, la puissance de fécondité du sol s’élèvera progressivement. Les terrains qui ne donnent aujourd’hui que 6 à 12 hectolitres de froment à l’hectare, .deviendront capables d’en produire de i5 à 3o; ils pourront ensuite, sans être épuisés, produire des récoltes industrielles telles que le colza , le lin et le chanvre, qui,,en augmentant l’ensemble des produits que le cultivateur retirera d’un même sol, avec la même somme de travaux, lui permettront de livrer ses produits, y compris ses animaux, à meilleur marché, et la France pourra non-seulement assurer à bon marché l’alimentation de ses propres habitants, mais elle verra s’augmenter progressivement la masse des denrées alimentaires qu’elle pourra céder aux nations voisines, qui n’ont pas les mêmes ressources qu’elle, comme l’Angleterre. Or, c’est dans cet excédant de production livré à l’exportation que se trouve la ressource la plus efficace contre les'mauvaises récoltes produites par les intempéries des saisons, et qui reviennent à des époques peu éloignées.
- La vacherie du Pin, où le Gouvernement entretient et multiplie des types de plusieurs races anglaises de bestiaux, a envoyé quinze animaux de la race bovine à l’exposition. Huit appartiennent à la race de Durham.
- Un jeune taureau, nommé Tabarin, né en mars 1848, se fait remarquer par la perfection et l’ensemble de ses formes. Sa peau est d’une finesse extraordinaire; à, peine âgé de 16 mois, il a déjà du maniement comme s’il devait être bientôt livré à la boucherie.
- Deux vaches, nommées Constance et Marquise, sont remarquables par la beauté de leurs formes. Il est impossible de voir un dos plus droit, des hanches plus larges et mieux développées, un flanc plus court; la queue est noyée dans les pelotes de graisse qui recouvrent la pointe des fesses, les cuisses ont un développemen t magnifique et descendent carrément aussi bas que possible.
- Deux jeunes génisses de 15 mois, Tomyris et Télésille, sont plus irréprochables encore de forme que les deux vaches
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- précédentes. On ne peut rien imaginer de plus fin et de plus accompli.
- La vacherie du Pin avait aussi envoyé trois animaux de la race de Hereford, un bœuf, une vache et une génisse. Ces animaux ne sont pas aussi réguliers et aussi remarquables de forme que ceux de Durham, mais leur chair est réputée plus fine, plus délicate, et ils sont plus vigoureux au travail que les Durham. Ces deux qualités donnent une grande valeur à cette race.
- Enfin la vacherie du Pin a exhibé quatre animaux de la race de Devon.
- A
- Cette race est très-rustique, très-robuste, habituée à vivre sur des terrains légers et à consommer des fourrages médiocres.
- Son lait est remarquable par la quantité et la' qualité du beurre qu’il contient. Les bœufs, travaillent très-bien ; ils sont dociles,'vigoureux, et ont un pas agile. Leur viande est fine et savoureuse.
- Le taureau, nommé le prince de Galles, est un animai admirablement conformé. Son rein est parfaitement droit, les épaules sont bien couchées, le flanc est court, la côte très-arquée, les hanches très-larges, tout le corps descendu et près de terre, la tête fine, les cornes bien placées. On peut affirmer qu’un taureau ainsi établi donnerait d’excellents résultats, s’il était croisé avec des vaches bretonnes, picardes ou d’autres petites races.
- Les deux vaches sont dignes du taureau.
- Ces animaux, provenant cl’un établissement national, ne pouvaient concourir pour les récompenses réservées aux particuliers, mais le jury qui les a admirés à si juste titre devait consigner, dans son rapport, les éloges mérités auxquels ils ont des droits si légitimes.
- Je passe maintenant aux autres exposants.
- L’industrie du bétail se divise nécessairement en deux sections : l’élevage et l’engraissement, qui sont aussi diverses entre elles que le filage et le tissage du coton ou de la laine. Un très-petit nombre d’agriculteurs réunissent ces deux industries.
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- La raison en est. simple: ces industries exigent, en général, pour leur succès économique, des sols différents. Ainsi, la vallée d’Auge, qui fournit tous les ans au marché de Paris le bœuf gras, accompagné de 4o,ooo compagnons, tire tous les animaux quelle engraisse, de la Manche, de l’Orne, de la Sarthe et d’autres départements ; mais elle n’en élève presque aucun.
- M. de Béhague est le seul agriculteur qui ait exposé à la fois des animaux nés, élevés et engraissés chez lui et par ses soins; mais, comme sa spéculation d’élevage est établie et dirigée au point de vue d’être terminée par l’engraissement, nous croyons devoir le renvoyer à la seconde section de ce rapport : c’est comme engraisseur qu’il recevra la récompense à laquelle il a les droits les plus légitimés.
- 1° ÉLEVAGE.
- INSTITUT DE GRIGNON.
- L’institut de Grignon a exposé deux taureaux et huit vaches, le premier taureau est de race Schvylz pure. Cétle race, importée par l’habile directeur de cet établissement, il y a 22 ans, s’y est très-bien acclimatée et s’y conserve très-pure par ses soins.
- Le deuxième taureau est fils d’une mère Schvytz et de Richard, excellent et célèbre taureau Durham.
- La première vache est croisée Schvytz-Cotenline. Agéè de 5 ans, elle se fait remarquer par sa bèlle conformation. Elle donne de 2 5 à 3o litres de lait, et est marquée comme une flandrinede premier ordre d’après le système de M. Guénon.
- La seconde est une vache de race Colentine pure.
- La troisième vache est de race Schvytz pure.
- La quatrième est croisée Durham-Schvytz.
- La cinquième est le résultat d’un1 double croisement; elle est fille d’un taureau Durham et d’une mère qui était elle-même croisée Schvytz-Cote'ntine. Il est difficile de rencontrer une bête d’une conformation plus régulière et plus parfaite.
- La sixième est une vache croisée Durham-Cotenline.
- La septième est une vache issue d’un taureau Devon et d’une mère Colentine.
- Médailles
- d’or
- Y
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- La huitième est une vache issue d’un taureau écossais et d’une mère Schvy tz-Cotentine.
- Le jury a reconnu le mérite de ces divers croisements et a apprécié la beauté des animaux qui en sont les produits. Chez tous ceux qui ont du sang Durham, on reconnaît à l’instant la bonne influence qu’exerce celte race précieuse, par l’atténuation des défauts des races auxquelles elle s’allie, et par l’amélioration et le développement prédominant des parties du corps de ces animaux qui fournissent le plus de viande de première qualité.
- Celui de nos collègues qui a été chargé du rapport sur les instruments aratoires, et ceux qui nous entretiendront de la race porcine et de la race ovine, auront aussi de justes éloges à accorder à l’institut de Grignon.
- Le jury, appréciant tous les services rendus à l’agriculture par M. Bella, depuis vingt-deux ans qu’il dirige ce grand établissement, le zèle infatigable dont il n’a cessé de donner des preuves, et les beaux résultats qu’il a obtenus et qui ont trouvé d’heureux imitateurs, soit parmi ses voisins, soit parmi ses nombreux élèves, n’hésite pas à lui accorder la médaille d’or.
- M. D’HERLINCOURT.
- M. d’Ilerlincourt (Pas-de-Calais) expose un taureau et quatre vaches croisées Durham-Flamandes.
- La belle conformation de ces cinq animaux a été appréciée par le jury. Une grande partie des qualités de la race Durham se fait remarquer dans ces animaux, et les principaux défauts de la race flamande ont disparu, ou du moins sont fortement atténués.
- La production du lait, loin d’être atténuée, est plus forte chez plusieurs de ces vaches qu’elle n’était chez leurs mères. Une de ces vaches donne plus de trente litres de lait par jour.
- Le jury, sachant que, depuis plusieurs années, M. d’Herîincourt s’occupe avec zèle et persévérance de l’amélioration de la race bovine, nomseulement chez lui, mais dans tout le département du Pas-de-Calais, qui, grâce a lui, possède maintenant plus de quarante très-bons taureaux de race Durham, et ayant reconnu que le succès avait couronné ses efforts, et que, sous tous les rapports, les animaux croisés étaient supérieurs à ceux de l’ancienne race du pays, n’hésite pas à lui accorder une médaille d’or.
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- M. LESENNE (Seine-Inférieure).
- M. Lesenne, propriétaire cultivateur à Froberville (Seine-inférieure), a exposé un taureau issu d’un taureau Durham nommé Hécatombe, acheté, en i845, par la société d’agriculture de Valmont, et d’une mère Cotentine qui donne plus de trente litres de lait.
- Cet animal se fait remarquer également par la beauté et par la régularité de sa conformation; il est justement apprécié dans son pays, où, malgré le prix élevé de ses saillies, on lui amène un très-grand nombre de vaches. Cependant le jury, prenant en considération que cet animal n’est pas né chez M. Lesenne, croit ne devoir lui accorder qu’une médaille d’argent.
- M. FAUVILLE (Nord). .
- M. Fauville, cultivateur à Neuville-sur-l’Escaut, a présenté un taureau de pure race flamande. Ce taureau, du poids dé i,35o kilogrammes , a de très-belles formes; il a produit un grand nombre de vaches qui donnent trente litres de lait par jour. Il est très-bien marqué comme courbeline, d’après le système Guénon.
- Le jury accorde à M. Fauville une médaille d’argent.
- M. CREMET (Loire-Inférieure).
- M. Cremet, cultivateur à Ccuesnon (Loire-Inférieure), a présenté un taureau de race Choletaise. Ce taureau , âgé de deux ans, se fait remarquer par un rein et un dos très-bien soutenus, un ensemble de formes très-satisfaisant, une culotte bien dessinée et bien descendue. M. Cremet possède celle race depuis longues années, et se livre .principalement à la spéculation de l’élevage de génisses qu’il vend, araouillantes ou après leur premier veau.
- Le jury lui décerne une^médaille d’argent.
- M. DE PLOESQLELLEC (Morbihan).
- ♦
- M. de Pioesquellec, propriétaire cultivateur, secrétaire de la société d’agriculture de l’arrondissement de Morlaix, a amené un taureau de la petite race Bretonne. Celte race est très-sobre; elle vit, la plus grande partie de l’année, au milieu des landes et des bruyères de la Bretagne. Les vaches sont remarquablement bonnes laitières;
- Médaille*
- d’argent.
- Médaiîîe de bronze.
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- Mentions lono râbles.
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- elles donnent, malgré leur petite taille, seize et même dix-huit litres de lait par jour. Ce lait est très-butireux, et le beurre qu’il produit est de très-bonne qualité. Aussi en exporte-t-on, par le port de Morlaix, pour une valeur de 4,000,000 francs environ annuellement.
- Le taureau de M. de Ploesquellee a bien les caractères de sa race; il est marqué quarréline de deuxième ordre, d’après le système Guesnon.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. CHARLIER, médecin vétérinaire et propriétaire cultivateur à la, Briqueterie, près, Reims (Marne).
- M. Charlier a adressé au jury un mémoire dans lequel il expose les résultats des six opérations de castration qu’il a faites sur des vaches à lui appartenant. Ces six opérations ont toutes parfaitement réussi. Les vaches qui les ont subies ont vu augmenter la production de leur lait. Ce lait est devenu plus riche en beurre et en caséum, d’après l’analyse chimique qui en a été faite av,ec soin, avant et après Topéralion. Les vaches se sont, plus facilement engraissées. Le jury, appréciant l’importance de ces résultats pour l’agriculture et voulant récompenser le zèle couronné de succès de M. Charlier, lui accorde une médaille de bronze.
- M. GAUBERT (Eure-et-Loir).
- M. Gaubert, cultivateur à Saint-Géons (Eure-et:Loir), a présenté à l’exposition un taureau de race Cotentine, né et élevé chez lui, dont. la.mère donne quarante litres de lait dans les pr,entiers mois, qui suivent le vêlage. Cet animal se fait, remarquer par un. dos très-allongé et très-bien soutenu; ihest fécond et a donné déjà de nombreux et bons produits.
- Le jury décerne à M. Gaubert une mention honorable.
- »
- M. COYETTE (Seine-et-Marne).
- ♦
- M. Coyette, propriétaire cultivateur à Ti'ilport>(Seiine-etrMarne), a présenté.un taureau flamand de 4 ans, issu d’un père, et d’un grand-père qui, eux-mêmes, avaient été élevés chez M. Coyette. Ce taureau a de très-belles parties; la ligne du dos est bien soutenue; la tête et le cornage sont bons; l’épaule et l’ayant-bras sont très-
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- beaux; malheureusement le train de derrière ne répond pas à celui de devant.
- Le jury accorde à M. Coyetle une mention honorable.
- M. DUTRONE (Seine-Inférierire).
- M. Dutrône a voulu prévenir les accidents que produisent les vaches en frappant de leurs cornes, et, au moyen de croisements par des taureaux écossais sans cornes, il a obtenu de vaches normandes, soit de. grande, soit de petite taille, des vaches sans cornes. ,
- Le jury, appréciant l’intention philanthropique dans laquelle M. Dutrône a entrepris ces essais et le zèle avec lequel il les a poursuivis, lui accordé une mention honorable, en exprimant l’espérance qu’à une future exposition M. Dutrône aura aussi amélioré les formes de ces animaux, et, par là, acquerra des droits à une récompense d’un ordre plus élevé.
- M. DE TORCY (Orne).
- M. de Torcy a exposé un taureau Durham né à la vacherie du Pin, et vendu par l’administration, nommé Virgile.
- Le jury, appréciant cette circonstance, ne peùt lui accorder qu’une mention honorable, avec l’expression du regret que M. de Torcy n’ait pas pu présenter à l’exposition quelques animaux semblables à ceux qu’il a amenés aux concours de Poissy, et qui ont été reconnus plus d’une fois par le jury pour être les plus beaux, les plus réguliers de formes, les plus remarquables qui aient été élevés en France et amenés sur nos marchés jusqu’à présenl.
- M. DAVESNES (Loire-Inférieure).
- M. Davesnes, à Gorges, a exposé' un taureau Durham nommé Cleruland, qu’il a acheté à la vente du Pin, en 1847, ^ans l’ihtên-tiûn d’améliorer la racé de son pays.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. Eugène SOLLET (Seine-et-Marne).
- ;
- M. Eugène Sollet, propriétaire cultivateur à Alepeu (Seine-el-Marne), a présenté un taurëau normand-hollandais âgéde 19‘niois. Le jury lui accorde une citation favorable.
- Citations
- favorables
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- Médailles
- d’or.
- LE COMICE AGRICOLE DE BOUXVILLER.
- Le comice agricole de Bouxviller, voulant améliorer la race bovine du pays, fait acheter tous les ans des taureaux de la race de Simmenthal en Suisse, choisis avec soin, et les fait revendre aux enchères entre les cultivateurs du pays. Depuis 4 ans, 44 bons taureaux ont été placés de cette manière; plusieurs des membres du jury ont pu juger par eux-mêmes des bons résultats du croisement de la race de Simmenthal avec celle qui était la plus répandue dans ce pays.
- Le jury, appréciant le zèle intelligent que déploie le comice de Bouxviller pour l’amélioration delà race bovine, lui accorde une citation favorable.
- M. TOURRET (Seine).
- M. Tourret, à Châtillon (Seine), a exposé une vache bretonne de la petite espèce. Celte espèce est remarquablement bonne laitière, et le lait est riche en crème et en beurre; cette vache donne 10 à 12 litres de lait dans les mois qui suivent son vêlage; cette espèce est très-sobre et très-rustique; la vache de M. Tourret est marquée flandrine du premier ordre.
- Le jury accorde à M. Tourret une citation favorable.
- M. GUENON (Seine).
- O
- M. Guénon, dont nous avons déjà apprécié la méthode, et à qui nous avons payé le juste tribut de reconnaissance qui lui est acquis pour les services que sa découverte a déjà rendus et est appelée à rendre à l'agriculture, a exposé 3 vaches picardes, 3 vaches normandes, a3 vaches bretonnes et 12 vaches hollandaises qui présentaient une collection à peu près complète des caractères qui distinguent ses principales classifications.
- Le jury, considérant que-M. Guénon n’a ni produit ni élevé aucune des vaches qu’il a exposées, n’a pu lui accorder qu’une citation favorable.
- 2° ENGKAISSEMENT.
- I
- M. DE BÉHAGUE, propriétaire (Loiret).
- M. de Béhague a présenté à l’exposition 4 bœufs d’engrais,
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- 4 vaches et î taureau. M. de Béhague est un des éleveurs qui ont été le plus souvent couronnés au concours de Poissy. 11 a consacré à faire des expériences sur les différents systèmes de croisements de races, d’élevage et d’engraissement, un vaste domaine placé dans une situation ingrate, car il renferme très-peu d’herbages naturels, et dans toutes les saisons, il est nécessaire d’avoir recours aux fourrages artificiels pour nourrir convenablement les animaux. Ceux qui ont été amenés à l’exposition ont excité une profonde et générale admiration. Il est rare de rencontrer un animal plus beau dans le développement de toutes ses formes que le bœuf âgé de 4o mois nommé O’Connell. Deux autres, âgés de87 et de 36 mois, étaient également remarquables, et le plus jeune, âgé à peine de 3o mois, pourrait parfaitement être livré, dès aujourd’hui, à la boucherie, si son propriétaire ne préférait le conserver pour le présenter au concours de Poissy de 1 85o.
- M. de Béhague s’est proposé un double but, celui de produire de la viande le plus promptement et le plus économiquement possible. L’état dans lequel étaient les animaux de 3o à 4o mois prouve qu’il a résolu complètement, et de la manière la plus satisfaisante, la première partie de ce problème qui intéresse également l’économie rurale, l’hygiène publique et l’humanité qui trouvera dans sa solution, d’immenses ressources pour améliorer l’alimentation des classes pauvres de notre société. Ces animaux acquièrent en moyenne 20 à 3o kilos de poids vif par mois pendant le cours entier de leur existence; c’est un développement très-remarquable.
- M. de Béhague paraît n’avoir pas résolu moins heureusement la seconde partie du problème, la question économique, puisqu’il nous a affirmé qu’il résultait de ?a comptabilité, qui est tenue en grand détail et avec grand soin, que les animaux de l’âge de 3o mois environ lui revenaient à 45 centimes le kilog. de poids vif, et qu’il lui était facile et ordinaire de les vendre au boucher 55 et même 60 centimes, ce qui constitue un profit raisonnable, sans compter celui qui résulte des engrais que l’animal a produits pendant le cours de son existence. Les jeunes vaches et le taureau sont de très-beaux types de croisement de taureaux de race de Durham pure avec des mères cbarolaises et normandes. La vache nommée Aurélie, âgée de 5 ans, est une magnifique bête qui a pris la plupart des caractères de la race Durham.
- Celle qui se nomme Sabinée, et qui n’a que 3o mois, a conservé
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- davantage ie type de la race normande, à laquelle elle se rattache par sa mère; elle avait obtenu le premier prix des vaches laitières au dernier concours de Poissy.
- Le jury, appréciant justement le zèle intelligent et la persévé-' rance que M. de Béhague apporte à diriger son exploitation, croit qu’il a mérité la plus haute récompense et le plus grand encouragement qu’il soit possible de lui accorder; en conséquence, il lui décerne la médaille d’or.
- M. AUCLERC (Cher).
- M. Auclerc, propriétaire à la Celle-Bruyères, près Bourges, a présenté à l’exposition 2 taureaux de 21 mois et de 26 mois, et une vache de 22 mois avec 2 génisses de 7 mois. Tous ces animaux sont croisés Durbam-Charolais.
- M. Auclerc, dont le domaine ne renferme que 56 hectares, est placé dans une situation plus difficile encore que M. de Béhague. Il n’a ni herbage ni prairies naturelles. Son sol calcaire est très-maigre, et ce n’est que par une culture habile qu’il obtient des fourrages verts pendant l’été, des betteraves et des pommes de terre pour la nourriture d’hiver. M. Auclerc s’occupe, depuis 2 5 ans, de l’amélioration de son domaine. 11 a successivement adopté les instruments les plus perfectionnés et a introduit, dans un pays où elles étaient inconnues auparavant, la culture des légumineuses, du sarrazin comme fourrage vert, du raygrass, du fromenlal, de la lupuline et de la pomme de terre en grand, faisant preuve d’une haute sagesse en commençant ainsi par améliorer la quantité et la qualité de ses fourrages avant de s’occuper des animaux eux-mêmes. Quand il est parvenu à se procurer de très-bons fourrages en quantité suffisante, il n’a pas craint de faire les sacrifices nécessaires pour se procurer deux très-bons taureaux de Durham pur sang, avec lesquels il a considérablement amélioré la race Charo-laise, qui était la plus répandue dans le pays.
- Son taureau blanc de 21 mois, quoique de 3/4 de sang, a encore conservé plusieurs des caractères distinctifs de la race Charolaise.
- Le taureau brun rouge, aussi 3/4 de sang, a pris davantage du type Durham. Son dos est droit et large; le.train de derrière est bien établi et bien descendu. L’animal, qui a déjà été mis au travail, a fait preuve d’énergie et a un pas rapide. M. Auclerc affirme qu’il est meilleur au travail que ses camarades, purs charolais.
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- La jeune vache de 22 mois est issue d’un père et d’une mère qui sont tous les deux de 1/2 sang. C’est une bête.très-remarquable pour le pays ; une des deux génisses est plus remarquable encore par ses formes, par son développement précoce et par la beauté de son ensemble.
- Le jury, appréciant les obstacles que M. Auclerc a eus à surmonter et les heureux résultats qu’il a obtenus sur un terrain très-' ingrat et avec des ressources bornées, lui décerne la médaille d’or.
- M. DE CUDENNEC (Finistère).
- Trois compatriotes de M. Bernard Breton font accompagné dans son voyage et ont amené aussi chacun un bœuf gras.
- Celui de M. de Cudennec était arrivé à un très-haut degré d’engraissement; mais, sous le rapport de la conformation, ils ne valaient pas celui de M. Bernard Breton, on reconnaissait facilement que chez eux le type breton avait été altéré et gâté par un croisement avec des taureaux de race Angevine. En gagnant un peu de taille, ces animaux avaient perdu sous le rapport de l’ensemble de leui’s formes.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Cudennec.
- 11 en accorde aussi une à M. Madec et une à M. Le. Saout. ~
- M. Bernard BRETON (Finistère).
- Propriétaire cultivateur à Saint-Thégonnec, arrondissement-de Morlaix, département du Finistère, iln’apas craint.d’exposer aux vicissitudes cl’un double voyage sur mer et sur un chemin de. fer un bœuf engraissé de 5 ans, pour présenter à l’exposition un type de la race Bretonne pure. Cette race est sobre, vigoureuse, arrive avec l’âge à un haut, degré d’engraissement et donne une viande;d’une qualité extrêmement fine, justement appréciée par les bouchers,et recherchée par les connaisseurs. Aussi- le port, de Morlaix-, voit-il, maintenant s’embarquer 4,ooo-et même, 5<ooo bœufs gras par. an, qu’on exporte-aux îles de Jersey, deGuernesey et même-en-. Angle* terre, depuis que la célèbre loi de sir Robert Peel en a ouvert l’entrée à tous nos produits agricoles.
- Le jury, appréciant le mérite de l’animal exposé par M. Bernard Breton, l’avait jugé digne d’obtenir une médaille d’argent; mais, considérant que M. Bernard Breton a déjà obtenu cette récompense
- Médailles de bronze.
- Mention
- honorable.
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- Mention pour ordre.
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- pour l’ensemble de ses travaux agricoles, il ne lui accorde en ce moment qu’une mention honorable.
- S 3. RACE PORCINE.
- M. de Kergorlay, rapporteur.
- La statistique officielle la plus récente évalue le nombre des porcs existant en France à d,000,000. Paris seul en consomme 9,000,000 kilogrammes annuellement.
- Il y a beaucoup de départements dans lesquels la viande de porc est la seule qui soit encore à la portée de l’habitant des campagnes. Cet animal est donc une ressource précieuse pour l'alimentation publique. D’un autre côté, quand on lui fournit une litière abondan’e, le porc produit une quantité très-considérable de fumier plus ou moins iiche, selon les aliments qu’il a consommés ; il est donc important d’encourager la production d’un animal aussi précieux.
- INSTITUT DE GRIGNON (Seine-et-Oise).
- L’institut de Grignon a présenté un verrat et une truie de la race de Hampshire, un verrat et une truie croisés Berkshire-Chinois et une truie Berkshire pure.
- Ces animaux sont tous des plus remarquables par la beauté de leur conformation. Dans ces diverses races, le corps s’arrondit en tonneau et est si près de terre, que les mamelles des femelles balayent presque le sol quand elles marchent ; le train de derrière prend un développement des plus considérables et legrouin se raccourcit et diminue par compensation. Quand on compare ces animaux aux types des races indigènes du centre et de l’ouest de la France, qui sont si hauts sur pattes et si efflanqués, on comprend facilement ce que l’expérience confirme, à savoir que les races anglaises doivent consommer beaucoup moins de nourriture, pour être amenées à un état convenable d’engraissement, ou, pour parler plus exactement, que ces animaux sont toujours, à tout âge, et quelle que soit leur nourriture, en élat d’engraissement. Ces races sont donc précieuses, et il convient de récompenser ceux qui nous en présentent les plus beaux types.
- Le jury a été unanime à reconnaître que l’institut, de Grignon
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- méritait, pour les porcs qu’il a exposés, la médaille d'or ; mais, comme il l’a déjà obtenue pour sa vacherie, il ne sera mentionné ici que pour ordre.
- VACHERIE DU PIN.
- La Vacherie du Pin a exposé deux truies anglo-chinoises d’un concours-ensemble de formes vraiment admirable. De nombreux sujets sortis de cette famille ont élé achetés par des particuliers, et, soit qu’on les ait conservés purs, soit qu’on les ait croisés avec des femelles indigènes, partout on en a obtenu d'excellents résultats.
- L’établissement du Pin se trouve naturellement placé hors de concours ; mais l’administration, qui rend un important service à l’agriculture française, en conservant et en propageant celte race précieuse, a droit à des éloges que le jury s’empresse de lui décerner.
- M. MILLET (Indre et-Loire). Médaille
- d’argent.
- M. Millet, fermier à Sainl-Aventin (Indre-et-Loire), a exposé un verrat et une coche anglo-chinoise, plus une coche anglo-touran-geaine qui prouve que le croisement des verrats anglais avec nos truies indigènes réussit très-bien et améliore celles-ci.
- Le jury accorde une médaille d’argent à M. Millet.
- M. PRIMOIS (Calvados). Médaille
- de bronze.
- M. Primois, maître de poste, à Caen (Calvados), expose un verrat et une truie issus d’un verrat Berkshire pur et d’une truie de la grande race normande. Ces animaux présentent une conformation considérablement améliorée, et le jury accorde à M. Primois une médaille de bronze.
- M. BARTHOLOMON (Seine). Mention
- "honorable.
- M. Bartholomon, loueur de chevaux et de voitures, à Paris, présente une très-belle truie anglaise pour laquelle le jury lui décerne une mention honorable.
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- S 4. RACE OVINE, MOUTONS, LAINES EN SUINT ET LAVÉES.
- M. Yvart, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’exposition des produits de l’espèce ovine est plus complète en 1849 quelle ne l’avait été jusqu’alors. Vingt-neuf cultivateurs ont envoyé des produits de leurs troupeaux ; douze d’entre eux ont soumis à l’appréciation du jury des moutons pourvus de leur laine, afin que le jury pût juger à la fois les formes des animaux et les toisons qu’ils donnent.
- Des cultivateurs qui, par suite de la position de leurs fermes, n’ont intérêt qu’à produire des laines communes ou des laines de moyenne finesse, ont saisi l’occasion de prouver qu’ils les obtenaient de moutons bien conformés, d’un accroissement rapide, et capables d’être livrés à la boucherie dans les premières années de leur vie, conditions avantageuses qui peuvent compenser le moindre prix des laines communes et des laines moyennes. Les cultivateurs qui ont exposé des laines de peu de finesse ont tous présenté les animaux qui les portent; les producteurs de laines de moyenne finesse, en général plus convenables au peigne qu’à la carde, ont aussi envoyé, pour la plupart, des béliers, des brebis ou des agneaux; tandis que les producteurs des laines les plus fines n’ont soumis à l’examen du jury que des toisons, et parfois même seulement des mèches de ces toisons. Ces différences proviennent sans doute de ce que les derniers ne peuvent obtenir ces laines superfines qu’au moyen de moutons d’un accroissement fort lent, et qui n’acquièrent que peu de poids lorsqu’ils sont adultes.
- L’augmentation du nombre des exposants, et les différences très-marquées qui existent dans les produits exposés, nous forcent à établir des catégories plus nombreuses que cela n’a eu lieu dans les précédentes expositions. On ne peut pas plus examiner comparativement un mérinos très-fin et un mouton de l’Artois, qu’on ne peut comprendre dans le même examen
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- la fabrication des draps de Sedan et celle des couvertures. Les distinctions ne sont cependant pas sans difficultés, lorsqu’il faut passer d’une catégorie à la catégorie la plus voisine ; sou-• vent il n’existe pas de différences assez tranchées entre une laine mérinos .propre à la carde et une laine mérinos propre au peigne pour que la destination de ces produits ne puisse être changée : l’habileté des manufacturiers surmonte des difficultés qui autrefois auraient constitué des obstacles absolus.
- Malgré ces observations, il est possible de faire, des laines exposées, quatre catégories. On peut placer :
- Dans une première classe, les laines mérinos les plus fines, les plus élastiques, les plus courtes, les plus recherchées dans la fabrication des étoffes feutrées, et qui se distinguent par leur finesse, leur douceur et leur prix élevé;
- Dans une deuxième classe, les laines mérinos d’une moyenne finesse, cl’une résistance plus grande que les laines de la première catégorie, et qui, sans être impropres au feutrage, sont cependant le plus généralement peignées;
- Dans une troisième classe, les laines mérinos plus longues encore, et qui ne peuvent être que peignées;
- Enfin, dans une quatrième classe, les laines communes, un peu dures au toucher, que des cultivateurs cherchent à obtenir par l’emploi de béliers anglais, qui s’engraissent avec la plus grande facilité et donnent des produits très-profitables pour la boucherie, lorsque les pâturages et le'climat où l’on opère le permettent.
- LAINES MÉRINOS DE PREMIERE FINESSE.
- Ces laines sont produites, en France, en quantité beaucoup moindre que les laines mérinos de moyenne finesse. Après avoir obtenu des toisons meilleures que celles qui nous viennent d’Espagne, les cultivateurs français ont longtemps supposé qu’ils ne pouvaient être dépassés dans la production des laines les plus fines. Ils n’avaient pas prévu quelle serait la propagation de la race mérine dans le nord-est de l’Allemagne, dans la Russie méridionale, dans l’Austrasie, etc. Dans ces
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- contrées, la nourriture des bêtes à laine peu t être remboursée, aux propriétaires du sol, à peu près exclusivement par la vente des toisons; il en résuite que, faisant peu de cas du produit de la viande, les propriétaires de mérinos ont adopté les races de petite taille, déjà indiquées comme étant d’un-accroissement très-lent, mais comme portant la laine la plus fine. En France, au contraire, il est désirable qu’il en soit autrement, à cause du prix de la viande de boucherie. On conçoit, dès lors, comment les propriétaires de terrains fertiles se sont attachés, avec beaucoup de raison, à obtenir à la fois et de bons moutons de boucherie et des laines de moyenne finesse. Mais il faut admettre aussi qu’exceplionnellement, lorsque les terres sont peu fertiles, ou la vente des moutons^difficile, il est de l’intérêt des cultivateurs français de produire des laines superfines. La nature de notre climat ne s’oppose nullement à la production des laines superfines. Le choix de la race n’est qu’une question d’économie rurale, dans laquelle il faut tenir compte des positions différentes des exploitations, où l’on a intérêt, dans certains cas, à avoir beaucoup de viande et beaucoup de laine, et, dans d’autres cas, à avoir de la laine plus fine et d’un plus grand prix.
- Partant de ces idées, nous devons nous attacher à accorder des distinctions égales aux producteurs des laines les plus fines, et à ceux des laines de moyenne finesse.
- Plusieurs des cultivateurs qui exposent des laines très fines ont déjà fait juger leurs troupeaux en i844, et même auparavant; leur persévérance prouve qu’ils ne se sont pas trompés dans lè choix de leur industrie.
- llappel
- de
- médaille
- d’or.
- M. GODIN aîné, à Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or).
- A la tête des cultivateurs qui ont des troupeaux mérinos de pre-mière finesse, se place depuis longtemps M. Godin aîné, de Châtillon-sur-Seine.
- Excellent cultivateur et marchand de laine, très-connu dans tout le Châtillonnais, M. Godin choisit lui-même, en 1828, dans les bergeries les plus renommées de la Saxe, la souche du troupeau
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- qu’il entretient depuis cette époque près de Châtillon-sur-Seine. Il en montra les toisons aux jurys de i834, de i83g et de i844. Celles qu’il présente aujourd’hui ont les mêmes qualités que précédemment; elles sont très-fines,très-élastiques, et aussi égales que possible dans leurs diverses parties. Le Jury n’hésite donc pas à rappeler à M. Godin la médaille d’or qu’il a obtenue, en i844 » pour un troupeau saxon à laine très-fine, qui reste composé de 1,200 bêtes.
- M. MONOT-LEROY, à Pontru (Aisne).
- M. Monot-Leroy est placé dans un arrondissement où la plupart des cultivateurs vendent des laines de moyenne finesse; il ne persévère pas moins à obtenir des laines superfines, sans doute parles circonstances particulières où se trouve sa propriété. Cette observation, faite en i844, doit être renouvelée aujourd’hui.
- Dans les trois dernières expositions, des médailles d’argent ont été décernées à M. Monot-Leroy. Son troupeau est resté ce qu’il était autrefois, sous le rapport du nombre (5oo bêtes) et sous celui des .qualités du lainage. Le jury croit devoir décerner à M. Monot-Leroy une nouvelle médaille d’argent.
- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
- M. PORTAL DE MOUX (Aude).
- M. Portai a obtenu une médaille d’argent en i844 pour des laines très-fines. Celles qu’il soumet en 1849 A l’appréciation du jury sont non-seulement très-fines, mais elles sont encore très-remarquables par leur douceur et leur propreté ; elles doivent ces qualités à ce que M. Portai de Moux exploite une petite ferme très-fertile qui comporte la culture de la luzerne et de la betterave, et permet conséquemment de nourrir le troupeau pendant la majeure partie de l’année à la bergerie. Les moutons sont ainsi à l’abri de toutes les causes extérieures, et notamment la chaleur et la poussière, qui durcissent fréquemment les laines dans le midi de la France. Dans de pareilles circonstances, il était très-facile à M. Portai de produire des laines fines et très-douces. Le jury n’hésite pas à lui accorder une nouvelle médaille d’argent.
- Médailles d’argent.
- M. CHATELAIN, à Vitry-le-François (Marne).
- Le département de la Marne a, pendant quelques années, donné beaucoup de toisons d’une grande finesse. L’honorable M. de
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- Jessaint a autrefois contribué à donner de la finesse aux troupeaux de ce département par des ventes annuelles de béliers provenant de l’alliance des races de Naz et de Rambouillet. Ces étalons avaient une toison fine et une taille élevée; on leur reprochait de ne pas porter assez de laine. M. de Jessaint s’est vu forcé de changer la race de ses moulons, qui étaient de grande taille; il leur a donné une toison moins fine, mais plus lourde. M. Châtelain s’attache à produire des laines fines par d’autres moyens ; son troupeau provient du mélange du sang saxon et du sang de Naz; ses moutons ont sans doute des toisons de peu de poids, mais, comme ils sont de petite taille, ils peuvent être modérément nourris. M. Châtelain opère sur un troupeau de45o bêtes. L’importance de ce troupeau, la qualité des laines envoyées à l’exposition, ont déterminé le jury à lui décerner une médaille d’argent.
- RappcJ M TERRASSON DE MONTLEAU , à Saint-Estèphe médailles (Charente).
- d’argent.
- Exploitant dans une partie de la France où les mérinos sont peu répandus, M. Terrasson y entretient cependant un troupeau de a5o bêtes à laine superfine. Déjà, en i844, il avait obtenu, à cause de ce troupeau, une médaille d’argent. Depuis cette époque, le troupeau de M. Terrasson s’est maintenu. ,
- Le jury, tenant compte de sa persévérance, lui rappelle la médaille d’argent.
- Médaille m; DELAVILLE-LEROUX, à Vaigné (Maine-et-Loire).
- Propriétaire de plusieurs domaines composés de terres naturellement peu fertiles, mais qui s’améliorent par une bonne culture, M. Delaville-Leroux a placé dans ses propriétés i,5oo bêles du type de Naz. Ce peut être une opération fort rationnelle que l’introduction des bêtes de ce type sur des terres de peu de fertilité ; mais il faut, pour la rendre aussi fructueuse que possible, une connaissance complète des qualités des toisons. Or, bien que les deux toisons envoyées par M. Delaville-Leroux soient fines, elles ne présentent pas, dans leurs diverses parties, toute l’égalité qui doit exister quand on se sert du type de Naz. Le jury décerne à M. Delaville-Leroux une médaille de bronze.
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- M. RIVAUD, directeur de la ferme-école du Petit-Roehe-fort (Charente). ^
- Mentions
- honorables.
- M. Rivaud est le second propriétaire qui, de la Charente, envoie des laines fines à l’exposition. Il opère sur un petit domaine de &7 hectares ; il a dû se borner à l’entretien de 15o bêtes ovines. Isolé des départements où se produit en grand la laine mérinos, M. Rivaud paraît lutter avec beaucoup de difficultés contre cette position. Ses toisons sont légères; il ne vend pas sa laine plus.de 2 francs le kilogramme. Le jury, tenant compte des efforts de M. Rivaud, lui décerne une mention honorable.
- M. TARDIEU DE VILLOTTE, à Arles (Bouches-du-Rhône).
- M. Tardieu de Villotte, propriétaire à 'Arles, cultive dans une localité où la race mérinos présente de très-grands troupeaux qui, l’hiver, vivent dans le département des Bouches-du-Rhône, et, l’été, dans les pâturages des Alpes. M. Tardieu y possède un troupeau de mérinos, dont la très-grande finesse est démontrée par la carte d’échantillons qu’ilenvoie. Celle carte fait connaître que ce troupeau est composé de 800 bêtes ; mais elle n’indique ni le poids ni le prix des toisons. Il est regrettable que M. Tardieu n’ait pas envoyé des toisons entières et des renseignements plus complets sur son troupeau. Une mention honorable est décernée à M. Tardieu, pour la finesse des échantillons de laines qu’il a soumis à l’appréciation du jury.
- LAINES DE MOYENNE FINESSE.
- La production des laines mérinos de moyenne finesse convient à beaucoup de cultivateurs français; l’explication en est facile à donner. Les moutons qui produisent ces laines peuvent être fortement nourris, et prendre de la précocité, c’est-à-dire la propriété de s’engraisser quand ils sont encore jeunes; s’il peuvent être soumis, sans de grands inconvénients, à l’opération du parcage; enfin, ils donnent une laine qui, selon les circonstances commerciales, peut être employée après avoir été peignée ou après avoir été cardée. Ces races conviennent ainsi aux pays fertiles; elles permettent aux cultivateurs de
- . 6.
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- Médaille
- dor.
- Médailles d argent.
- tirer un parti avantageux et cle la toison et de la chair de leurs animaux; elles leur permettent d’épargner la main-d’œuvre dans le transport des engrais; elles les mettent, jusqu’à un certain point, a l’abri des fluctuations commerciales, d’où il résulte que tantôt la laine peignée est demandée, et que tantôt c’est la laine cardée qui obtient la préférence. Après avoir bien étudié ces conditions de production et de vente, beaucoup de cultivateurs s’adonnent à la production des laines mérinos de moyenne finesse; il en est qui perfectionnent beaucoup les races qui les fournissent; il en est un grand nombre qui achètent périodiquement, à des prix fort élevés, des béliers de la bergerie nationale de Rambouillet. Les producteurs des laines mérinos de moyenne finesse doivent être encouragés par le Gouvernement. L’exposition de 1849 permet de distinguer ceux dont les noms suivent :
- M. RIGHER, à Gouvix (Calvados).
- Le comte Héracle de Polignac avait autrefois formé, dans la haute Normandie, un troupeau très-nombreux, divisé en plusieurs cheptels; ce troupeau a obtenu les distinctions les plus élevées dans les précédentes expositions de l’industrie. M. Richer, autrefois régisseur des propriétés de M. de Polignac, a conservé la majeure partie de ce troupeau.
- Il nous a présenté, cette année, quatre béliers remarquables sous les divers points qui ont dû entrer dans notre examen. La taille de ces animaux n’était pas très-élevée, et cependant leur poids était considérable, ce qui tenait à la bonté des formes. Ainsi la poitrine était large, la côte ronde, le dos et les reins parfaitement droits. Ces béliers étaient bien couverts de laine, depuis la face jusqu’aux onglons; la toison était tassée, la mèche blanche, d’une moyenne finesse et d’une moyenne longueur. La commission a vu dans ces animaux un type convenant, en France, à beaucoup de cultivateurs. Le jury décerne à M. Riclier une médaille d’or.
- M. ANGELOT, à Chancourt (Aisne).
- M. Ancelot possède un troupeau mérinos formé dès 1817, et composé maintenant de plus de 1,000 bêtes de forte taille.
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- Depuis 1821, cet honorable cultivateur n’a cessé d’améliorer son troupeau au moyen de béliers pris dans la bergerie nationale de Rambouillet et chez M. Gilbert de Wideville. Des soins persévéh rants dans le choix de ces étalons, une nourriture abondante, ont contribué à donner aux mérinos de Chancourt une réputation telle qu’à dater de i834 ils n’ont cessé de fournir, chaque année, des béliers pour le perfectionnement d’une partie des troupeaux du département de l’Aisne.
- M. Ancelot a exposé deux de ces béliers :
- i° Un bélier adulte dont la laine est de bonne finesse, la taille très-élevée, mais dont les formes laissent à désirer, surtout à cause de l’abaissement que présente la colonne vertébrale en arrière des
- 2° Un bélier anlenois également de grande (aille, bien fait, et dont la laine a beaucoup de longueur, et convient parfaitement au peigne.
- M. Ancelot a l’habitude de présenter des béliers dans les concours des comices agricoles de Saint-Quentin et de Marie. Le nombre des médailles qu’il a obtenues dans ces concours, et, ce qui vaut mieux encore, le nombre des béliers qu’il vend ou loue chaque année, enfin les qualités des béliers qu’il a envoyés à l’exposition de l’industrie de 1849, sont autant de raisons qui déterminent le jury à décerner la médaille d’argent à M. Ancelot.
- M. MONGAS, à Fourches (Seine-et-Marne).
- M. Mongas a envoyé plusieurs toisons remarquables par la longueur, la finesse moyenne et le tassé des mèches qui les composent. Ce sont trois conditions qui, en général, donnent de la valeur aux toisons. M. Mongas , ayant un troupeau de 600 bêtes participant de ces caractères, et qui, depuis 1826, s’entretiennent sur la ferme de Limoges-Fourches, le jury croit devoir lui décerner une médaille d’argent.
- M. GUÉNEBAULT, à Laperrière, commune de Poi-seul-la-Ville (Côte-d’Or).
- C’est pour la seconde fois que ce cultivateur envoie des produits à l’exposition. La beauté de ses laines, convenables au peigne par leur force et leur longueur, lui avait mérité, en i844, la médaille d’argent. Les toisons qu’il soumet au jury de 1849 ne le cèdent en
- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
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- Médailles de bronze*
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- rien à celles cle i844- Aussi convient-il de rappeler à cet honorable cultivateur la médaille d'argent qu’il a reçue en 1844-
- M. DURAND, à Maison-Rouge (Seine-et-Marne).
- M. Durand est dans la même position que M. Guénebault. En effet,il obtint, en i844, une médaille d’argent pour des toisons d’une bonne finesse et d’un bon poids. Celles qu’il expose cette année ont les mêmes caractères. ’
- Dans la formation de son troupeau, qui remonte à 25 ans, M. Durand s’est d’abord servi de béliers de Naz; mais depuis i5 ans il donne la préférence à ceux de Rambouillet, sans doute dans le but d’augmenter le tassé et, conséquemment, le poids de ses toisons.
- D’après l’examen de celles qui sont exposées en i84q, le jury n’hésite pas à rappeler à M. Durand la médaille d’argent qui lui a été décernée en i844-
- M. LATÀGHE, au Val-Bruant (Haute-Marne).
- Ce propriétaire entretient, depuis 1818, un troupeau mérinos sur le même domaine. Sans s’attacher à produire des laines de première finesse, il s’efforce de donner plus de mérite à ses toisons de moyenne finesse; aussi vend-il le kilogramme 10 p. 0/0 cle plus que la plupart des cultivaieurs de ses environs. Mais l’examen de ses toisons admises à l’exposition fait croire qu’il n’obtient ce résultat que par une diminution notable de leur poids. Une médaille de bronze est décernée-à M. Latache.
- M. CUGNOT, à la Douairière, près Rambouillet (Seine-et-Oise.)
- Quelques agneaux et quelques agnelles forment l’exposition de ce cultivateur. Les agneaux, remarquables par leur taille, pèchent un peu dans leur conformation, par l’étroitesse de leur garrot et la longueur de leurs flancs; les agnelles sont beaucoup mieux faites (ce qui, d’ailleurs, se voit ordinairement).La commission regretteque M. Cugnot n’ait exposé que des animaux fort jeunes, qu’il est extrêmement difficile de juger. Elle n’ignore pas que ce cultivateur entretient, depuis 1819, sur un domaine de 24o hectares, un troupeau mérinos qui passe pour très-beau, et qui, tiré originairement delà bergerie de Rambouillet, donne chaque année beaucoup de béliers d’un bon prix. Dans l’impossibilité d’apprécier les animaux adultes
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- et les toisons de ce troupeau, le jury décerne à M. Cugnot une médaille de bronze pour les agneaux et agnelles qu’il a pu examiner.
- M. LEGENDRE, à Bazoches (Loiret).
- Depuis vingt ans. M. Legendre entretient, sur un domaine de 168 hectares, un troupeau de 900 bêtes mérinos de forte taille. Les béliers qu’il a exposés sont remarquables par leur taille et paraissent devoir porter beaucoup de laine. Leur poitrine n’est pas assez large, leurs côtes ne sont pas assez rondes. Ces défauts se voient fréquemment quand la taille est très-élevée. Le jury, cependant, tenant compte de la quantité de laine que doivent donner ces béliers, décerne à M. Legendre une médaille de bronze.
- M. PILLARD-DAMILLEVILLE, à Saint-Paterne-au-Breuil (Indre-et-Loire).
- Le département d’Indre-et-Loire nourrit peu de moutons mérinos. En venant s’y fixer, en 1817, après une carrière militaire très-honorablement remplie, M. Pillard-Damilleville importa dans ses terres l’élevage des mérinos donnant de lourdes toisons d’une moyenne finesse. Son troupeau est maintenant de 200 bêtes. L’innovation due à cet honorable cultivateur détermine le jury à lui décerner une médaille de bronze.
- M. D’OUTREMONT, à la Ribellerie, commune de Mettray (Indre-et-Loire).
- M. d’Outremont est, sous le rapport de l’élevage des mérinos, dans une position qui ressemble beaucoup à celle du précédent exposant; il exploite, en effet, dans un pays qui a peu de mérinos. Il a un troupeau peu considérable (i5o bêtes); il présente cependant de bonnes toisons d’une moyenne finesse. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Joseph BRU, à Vouville ( Seine - et - Marne ), et M. Alexis GOLLEAU, à Maurevert ( Seine-et-Marne).
- Les exposants de toisons mérinos de moyenne finesse sont nombreux; mais c’est à cette production que s’attachent beaucoup de cultivateurs français. La commission constate les qualités que pré-
- Mention
- lionorabl
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- Nouvelle
- médaille
- d'or.
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- sentent, dans ce genre de laine, les toisons envoyées par MM. Bru et Colleau. Malheureusement les dossiers que la commission a examinés ne contiennent de renseignements ni sur l’ancienneté ni sur l’importance des troupeaux de ces cultivateurs. Obligé de prendre seulement en considération la bonne qualité des produits exposés, le jury les mentionne honorablement.
- LAINES LONGUES MEBINOS FAITES POUR LE PEIGNAGE.
- La plupart des toisons qui appartiennent à la deuxième classe, et dont il vient d’être question dans le paragraphe précédent, sont peignées, mais elles peuvent aussi être'cardées. Lorsqu’elles sont soumises au peignage, elles ont, dans certaines de leurs parties, notamment celle qui correspond au ventre de l’animal, des mèches courtes qui ne peuvent être que cardées. Quand les mèches ont sur toutes les parties de la toison la longueur voulue pour être peignées, quand elles donnent au peignage beaucoup de cœur ou laine peignée, et peu de blousse, alors seulement elles ont les caractères que l’on doit rechercher pour le peignage. Maintenant que l’emploi des laines mérinos peignées augmente beaucoup en France, il importe que des troupeaux soient élevés pour cette destination.
- M. GRAUX, cultivateur à Mauchamp près Berry-au-Bac (Aisne).
- On employait autrefois, en France, pour le peigne, une grande quantité de laine lisse et soyeuse, très-résistante, exportée d’Angleterre. On employait ce lainage parce qu’il se peigne très-facilement et convient pour la fabrication des étolfes rases.
- Cependant, la grosseur de ces laines, le goût des étoffes fines et légères, la diminution du prix des laines mérinos ont été autant de raisons qui souvent ont fait abandonner les laines anglaises, et leur ont fait préférer les laines mérinos, bien que celles-ci donnassent beaucoup plus de déchets que les premières, parce qu’elles sont plus courtes et n’ont pas la même résistance.
- Profitant d’un hasard heureux, la naissance cl’un agneau mâle, tout à fait singulier par le caractère de sa toison qui était lisse et soyeuse, M. Graux est parvenu à obtenir une race mérinos dont la laine, tout en conservaint beaucoup de finesse, a acquis le caractère lisse soyeux de la laine anglaise, ainsi quç beaucoup de résistance.
- Il en résulte que nous avons maintenant une. laine mérinos qui
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- se peigne aussi bien que la laine anglaise, mais qui a infiniment plus de finesse et de douceur. Ces dernières qualités sont poussées si loin, que les laines de Mauchamp peuvent s’associer avantageusement avec les matières les plus douces, notamment avec le duvet de cachemire.
- Mais, pour arriver à ce résultat, il a fallu du temps, de l’esprit de suite dans la manière d’opérer, et des dépenses. Jamais le concours de l’administration de l’agriculture n’a manqué à M. Graux.
- Cependant, malgré ces efforts, l’œuvre qu’il a commencée en 1828 n’est pas encore à son terme, parce qu’il est extrêmement difficile qu’un caractère accidentel se propage et devienne le partage d’une race. Sur 816 animaux dont se composait le troupeau de M. Graux en 1849, 187 seulement ont conservé l’ancien lainage mérinos; 65g ont une laine droite, lisse et soyeuse, peu élastique , mais très-résistante et parfaitement convenable au peigne.
- Ces bêtes du nouveau type ne donnent pas encore des toisons aussi lourdes que les bêtes mérinos; elles ont encore dans leur conformation quelques défauts qui s’effacent de plus en plus. Des progrès considérables ont été obtenus; le terme n’en est pas encore atteint.
- Le jury décerne de nouveau aujourd’hui à M. Graux la médaille d’or.
- M. GUILLEMOT, fermier à Angleselie et Courcelles près Sésanne (Marne).
- Mentions pour ordre*
- Lorsque l’on accouple les béliers de M. Graux avec des brebis mérinos, ils ne transmettent leurs caractères qu’avec difficulté, sans doute parce que leur race est nouvelle. Si donc un cultivateur voulait maintenant opérer dans son troupeau une transformation aussi complète que celle qui s’opère à Mauchamp, il lui faudrait beaucoup de temps. Dans quelques années, quand la race de Mauchamp aura pris plus d’ancienneté, alors seulement elle imprimera davantage ses caractères aux produits des croisements. Il ne serait donc pas prudent, dès aujourd’hui, de chercher à obtenir un troupeau mérinos à laine entièrement droite et soyeuse ; il faudrait, au moins, s’attendre à beaucoup de lenteur dans cette opération. Mais, si les béliers de M. Graux ne peuvent encore servir à la propagation du nouveau type qu’ils donnent a Mauchamp, ils peuvent, par un seul accouplement avec des brebis mérinos, al-
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- longer, adoucir et rendre plus résistantes la laine des agneaux, sans lui faire perdre l’apparence de la laine mérine. M. Guillemot est un des cultivateurs qui ont modifié leurs troupeaux dans la mesure qui vient d’être indiquée. Il lui a suffi d’employer une seule fois un bélier de Maucliamp. Les produits de ce bélier et des brebis mérinos ont été accouplés entre eux. M. Guillemot a exposé trois béliers de son troupeau et plusieurs toisons. Les béliers, qui ont dix-liuit mois, sont fort grands; ils peuvent, sous le rapport de la conformation, rivaliser avec beaucoup de béliers mérinos; mais ces béliers portent une laine plus longue, plus douce, plus résistante que tous les autres béliers mérinos envoyés à l’exposition. Les toisons de M. Guillemot présentent au plus haut degré ces mêmes qualités, et, en résumé, M. Guillemot a beaucoup augmenté le produit de sa bergerie. Il est donc un de ceux qui, par leur intelligence, contribueront à faire valoir le mérite de l’innovation de M. Graux. Ce fermier est d’ailleurs signalé au jury comme ayant une ferme parfaitement tenue et bien dirigée, dans un terrain naturellement peu fertile. Il a obtenu à Reims, à Châ-lons et au grand concours de Poissy plusieurs médailles.
- M. Guillemot ayant été déjà récompensé par une médaille d’argent au chapitre des agriculteurs non exposants, le jury ne peut ici que lui confirmer cette récompense.
- LAINES COMMUNES , PLUS GROSSES ET PLUS DURES QUE LES LAINES
- MÉRINOS, OBTENUES DE MOUTONS PLUS RUSTIQUES, PLUS FACILES
- À ENTRETENIR ET À ENGRAISSER.
- Pendant fort longtemps la race mérine a attiré exclusivement l’attention des cultivateurs et du Gouvernement, dans l’amélioration de l’espèce ovine. Le prix élevé des laines fines expliquait, jusqu’à un certain point, cette direction donnée à l’élevage des troupeaux; maintenant que ces laines n’ont plus une valeur exceptionnelle, les cultivateurs français ont cherché à améliorer les formes et la constitution de plusieurs races à laines communes:
- Ces races sont ou indigènes ou métis; dans ce dernier cas, elles proviennent toujours de béliers de races anglaises, car dans cette carrière les Anglais nous ont devancés.
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- M. S AB ATHIER, propriétaire à Bourges (Cher).
- Ce cultivateur est le seul exposant qui soumette à l’appréciation du jury des moutons à laines communes, de pure race indigène. H agit sur l’ancienne race berrichonne, qui, avantl’introduction des mérinos, donnait des laines recherchées parleur finesse et leur qualité. Actuellement la sécheresse et le peu de finesse de ces laines, comparées aux laines mérinos,les mettent beaucoup au-dessous de ces dernières. Si le kilogramme de laine du Berry se vend passablement, c’est qu’il contient peu de suint. La toison en devient plus légère et se vend fort peu. En compensation le mouton du Beri'y est assez bien fait; s’il était mieux nourri, si les béliers étaient choisis avec plus de soin, il est probable qu’on pourrait faire des moutons berrichons une souche fort avantageuse pour la boucherie. M. Sabathier s’occupe de cette opération dans une ferme dont il a perfectionné la culture. *Ses moulons y parviennent au poids moyen de 45 kilogrammes, et les toisons à celui de 2 kilogrammes et 1/2.
- Le jury croit devoir décerner à M, Sabathier une médaille d’argent pour les efforts qu’il fait en vue d’améliorer une race très-répandue dans le centre de la France.
- M. LEGREPS, à Lormois (Seine-et-Oise).
- M. Lecreps, régisseur d’une propriété de M. Paturle, a exposé des béliers, des brebis et des toisons, provenant du mélange du sang anglais de Dishley et du sang mérinos. Ses produits sont, les uns, de 1/2 sang anglais, les autres ont i/4 cle sang. Quelques animaux n’appartiennent que pour 1/8 à la race anglaise. Dans ces diverses combinaisons, M. Lecreps cherche sans doute celle qui lui permettra d’obtenir des toisons d’une vente facile pour le peignage, et des moutons cle boucherie s’engraissant à moins de frais que les mérinos.
- L’emploi des béliers de sang anglais a pour effet de développer le tissu graisseux, de rendre les animaux plus faciles à s’élever sur des terrains froids et argileux; mais il a aussi pour résultat, non-^ seulement de grossir la laine mérinos, mais de lui ôter de sa douceur. L’utilité de ces béliers doit donc dépendre beaucoup et de l’exploitation dont on dispose et du genre de lainage qui est habituellement produit dans la contrée où se trouve cette exploitation.
- Médailles
- d’argent.
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- Médaille de bronze.
- Citation
- favorable.
- Mentions our ordre.
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- Les laines que M. Lecreps a envoyées à l’exposition font supposer que la conformation de ses animaux est bonne.
- Le jury a trouvé dans les produits Dishley-mérinos, qui ont i/4 de sang anglais, plusieurs animaux qui ont une toison suffisamment fine pour être recherchée des marchands de laine des environs de Paris, et qui ont d’ailleurs une conformation assez bonne pour pouvoir. s’engraisser facilement. C’est principalement pour ce genre de production que le jury décerne une médaille d’argent à M. Lecreps.
- M. PROM, propriétaire à Saint-Caprais (Gironde).
- Malgré l’éloignement de Paris où il se trouve, M. Prom a envoyé un bélier et une brebis d’un troupeau anglo-mérinos qu’il forme depuis plusieurs années. Ces animaux sont à la fois remarquables par leur forme et par l’abondance de leurs toisons; ils doivent ainsi permettre au cultivateur de vendre de la laine à bas prix, et de moins s’attacher à la finesse de la toison. Le jury décerne à M. Prom la médaille de bronze pour le troupeau de 90 bêtes qu’il a formé à Saint-Caprais.
- M. LADREY, à Saint-Éloy (Nièvre).
- M. Ladrey a déjà envoyé aux expositions de 1889 et i844 des toisons anglo-mérinos de troupeaux nombreux qu’il entretient dans le département de la Nièvre. M. Ladrey a , depuis longtemps, propagé ces métis anglais par la vente de beaucoup de béliers ; il est donc un des cultivateurs qui ont employé avec le plus de persévérance et de succès les béliers anglais. Le jury regrette de ne pouvoir constater de nouveau l’état actuel de son troupeau, par la raison que l’exposition de M. Ladrey ne consiste que dans quelques mèches de ses toisons.
- M. DELVIGNE-DUROfSEL, à Dury près Ham (Aisne).
- Le jury cite l’introduction de béliers anglais qu’a faite M. Del-vigne-Duroisel, propriétaire à Dury près Ilam (Aisne), en regrettant de ne pouvoir porter un jugement sur ces béliers, qui, achetés en Angleterre, ne rentrent pas dans la catégorie des produits pouvant être récompensés.
- M. BELLA, directeur de l’école régionale de Grignon (Seine-et-Oise).
- Un établissement dans la position de celui de Grignon est dans
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- l'obligation de faire des essais variés pour renseignement des élèves; aussi le troupeau de Grignon a-t-il été employé de tout temps à de nombreuses expériences.
- Autrefois, on y a essayé l’emploi des béliers mérinos à laine su-perfine;l’on n’en a pas obtenu de résultats avantageux. Le troupeau sert aujourd’hui à constater l’influence des croisements par des béliers anglais. Des béliers des deux races Disliley et South-Down sont employés à Grignon.
- Les essais faits au moyen du croisement des races Disliley et mérinos ont été pratiqués dans beaucoup de fermes ; il est des cultivateurs qui se sont arrêtés à propager par eux-mêmes des moulons Dishley-mérinos.
- Les tentatives de croisement entre les races Soulh-Down et mérinos on tété beaucoup plus rares. L’école régionale de Grignon tend à démontrer, par les produits South-Down-mérinos qu’elle envoie à l’exposition, que de l’alliance de ces deux races, dont les laines ont entre elles une certaine analogie, on peut obtenir de bons moutons de boucherie et des laines de moyenne valeur pour le peigne. La race South-Down trouve, sur les terres sèches et perméables de Grignon ; à peu près le sol où elle se multiplie en Angleterre. Cette circonstance explique la beauté des métis de Grignon.
- M. Bella ayant soumis à l’appréciation du jury des animaux de l’espèce bovine qui sont très-remarquables, et dont il a été rendu compte précédemment, il ne sera mentionné ici que pour ordre.
- M. D’HERLINCOURT, à Éterpigny (Pas-de-Calais).
- M. cl’Herlincourt s’occupe, comme M. Bella, de l’amélioration de l’espèce ovine ainsi que de celle de l’espèce bovine. Il présente des brebis et des agneaux croisés Dislhey-artésiens qui portent une laine très-commune, à la vérité, comme les moutons indigènes de l’Artois, mais qui valent, pour la boucherie, beaucoup mieux que ces moutons, en ce qu’ils peuvent s’engraisser plus facilement et plus jeunes. C’est au double litre d’éleveur de bœufs et d’éleveur de moutons que M. d’Herlincourt a été distingué par le jury.
- LAVAGE DES LAINES.
- M. DESPLANQUES, à Lizy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne).
- M. Desplanques, depuis longtemps laveur de laine, a présenté à l’exposition de i844 une machine destinée à faciliter le lavage à
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- d’argent*
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- froid des laines qui doivent être peignées, et il a présenté, en outre, plusieurs toisons lavées par sa machine.
- Les innovations dues à M. Desplanques lui ont valu, à cette époque, une médaille de bronze.
- Depuis la dernière exposition, il a persévéré dans sa manière de laver les laines; et il envoie de nouveau des toisons préparées par son procédé.
- M. Desplanques a pour but de conserver aux brins de laine le parallélisme qui existe entre eux dans la toison, et de faciliter ainsi l’opération du peignage. L’usage des laines peignées de nature mérinos devenant de plus en plus considérable dans notre pays, le procédé de M. Desplanques peut devenir fort utile: il met les toisons entièrement dans l’état où elles se trouvent à la suite du lavage opéré sur l’animal vivant, et qui n’est usité que dans une partie de la France. Il ôte aux laines la majeure partie de leur suint, et facilite le transport des toisons en en diminuant le poids d’environ 5o p. o/o; il empêche qu’elles ne jaunissent et s’altèrent par la présence de la totalité du suint et des autres matières animales qui toujours adhèrent aux brins. Cependant le procédé Desplanques conserve aux laines assez de suint pour aider au dégraissage qu’il faut toujours opérer en fabrique.
- En i844, le procédé de M. Desplanques était encore à l’état d’essai; depuis cette époque, il a été employé sur de grandes quantités de laines, qui ont été livrées à plusieurs de nos principaux manufacturiers. Il est juste de tenir compte à M. Desplanques de sa persévérance et de ses succès. Il importe de propager le lavage à froid de toute espèce de laine, parce que, par cette sorte de lavage, la laine ne durcit pas, ainsique cela a lieu lorsqu’on emploie l’eau chaude. Il importe particulièrement d’appliquer ce procédé aux laines mérinos destinées à être peignées, par la raison qu’elles se produisent en France en très-grande quantité. Le jury décerne à M. Desplanques une médaille d’argent pour son procédé de lavage à froid des laines destinées à être peignées.
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- DEUXIÈME DIVISION.
- PRODUITS AGRICOLES.
- S 1". COCONS, SOIES GRÈGES, SOIES OUVRÉES.
- M. Arlès-Dufour, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Pour cette branche si variée, si belle, et si riche de présent et d’avenir, de notre production nationale, nous voudrions pouvoir établir une division tranchée entre l’agriculture et l’industrie; mais la fusion, l’assimilation, l’association intime est si facile entre ces deux sœurs, que nous avons souvent dû renoncer à les séparer dans notre appréciation et nos récompenses.
- On comprendra notre embarras, si l’on considère que beaucoup d’exposants présentent à la fois des cocons, des soies grèges et des soies ouvrées.
- Il est cependant à désirer, dans l’intérêt général de l’industrie séricicole, que la division s’établisse de plus en plus entre la partie principalement agricole, la production des cocons , et la partie industrielle, fdature et moulinage.
- Nous constatons un très-grand progrès dans cette direction ; car, il y a peu d’années, tout propriétaire, tout cultivateur pouvant seulement alimenter une bassine pendant quelques jours, tenait à grand honneur de filer lui-même sa soie. Il en résultait une quantité innombrable de petites filatures et de produits imparfaits, et peu de régularité dans la généralité des soies de France qui, alors, étaient primées par les soies du Piémont et d’Italie.
- L’établissement des grandes filatures, qui a permis d’appliquer la mécanique et la vapeur à l’industrie séricicole, a marqué pour elle une ère nouvelle, et changé du tout au tout sa position. Aussi, dès cette époque, les soies de nos belles
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- filatures et de nos bons moulins ont primé, sur tous les marchés, les soies du Piémont et d’Italie de 10 à 12 p. 0/0.
- Il est de notre devoir de reconnaître que le Gouvernement a contribué puissamment à bâter ce mouvement, en appelant à l’aide des agriculteurs et des industriels du Midi l’attention et le concours de la science, dont les agents les plus actifs furent alors MM. Camille Beauvais, Darcet, Bourdon, Robinet, Brunet de Lagrange, Eugène Robert, Mlie Petzer et M. Tillancourt.
- Comme tout se tient et se lie, et qu’un progrès mène à l’autre, nous avons à signaler de nombreux et beaux établissements pour le cardage et la filature des bourres, des frisons, et de tous les déchets qui, en restant sans valeur, augmentaient le prix coûtant des soies.
- Nous signalerons aussi de grands progrès dans le moulinage et le retordage des soies à coudre et des cordonnets; ils seraient bien plus importants sans le droit de sortie qui, sans aucune utilité pour personne, en arrête l’exportation.
- La concurrence des grandes filatures dans l’achat des cocons, en poussant leur prix à un taux exagéré qui s’est soutenu pendant dix ans, a déterminé partout de grandes plantations de mûriers et l’établissement de belles magnaneries. Il en est résulté un accroissement considérable, et qui ne s’arrêtera pas de longtemps, dans la production de la soie.
- Ce mouvement ne s’est pas borné aux départements considérés longtemps comme seuls propres à la culture du mûrier et à la production de la soie; il s’est étendu à ceux du centre et du nord de la France, où de nombreux et importants essais ont parfaitement réussi.
- Partout des hommes éminents se son t mis sérieusement à l’œuvre, et nous ne saurions trop les en féliciter et les encourager; car, en persévérant dans leurs soins e’t leurs sacrifices, ils doteront leurs départements d’une nouvelle source de travail et de richesse.
- Il y a 5 ans, on ne citait en France que 10 à 12 marques ( filature et ouvraison ) méritant le privilège de vendre à
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- livrer, même avant la récolte, et à 10 p. o/o au moins au-dessus du cours des soies courantes de France, du Piémont et d’Italie. Cette année nous en pourrions citer 3o à 4o.
- Il est à remarquer que la grande impulsion prise par l’industrie sétifère coïncide avec la levée de tout droit protecteur sur les soies étrangères. Et cependant, au dire des chambres de commerce ou consultatives des départements séricicoles, la suppression de ce droit devait être la ruine des producteurs , des filatures et des mouliniers français : elle a été, au contraire, la cause la plus active et la plus directe de leurs progrès.
- A cette époque, il y a i5 ans à peine, notre production s’élevait à environ 100 millions, qui alimentaient la moitié de notre consommation. Aujourd’hui (cours de 1849), e^e doit dépasser 160 millions, dont i5o environ alimentent nos fabriques de soieries, de rubans et de mélanges, et 8 ou 10 s’exportent en Angleterre, en Russie, en Allemagne et en Suisse, malgré un droit de sortie de 2 et 3 francs par kilogramme.
- Dans ce produit énorme de 160 millions, qui se répartit seulement entre 8 ou 10 départements, la part de l’agriculture est magnifique; car on peut évaluer à plus des 3/4, soit à environ 120 millions, ce que l’industrie de la filature lui paye d'argent comptant pour les cocons. Les 4o millions complémentaires des 160 forment la main-d’œuvre et les bénéfices divers de la filature et des ouvraisons h
- 1 Pour bien faire comprendre l’importance, pour notre agriculture, de ce fabuleux produit, nous dirons qu’il est, pour ainsi dire, semé, récolté et réalisé en 36 à 40 jours.
- Les calculs faits dans diverses localités pour établir le véritable prix courant du cocon prouvent qu’il ne dépasse pas, année moyenne, 2 fr. 25 cent., ou tout au plus 2 fr. 50 cent, le kilogramme. Son prix moyen de vente est, selon la localité, de 3 fr. 50 cent., 4 fr., 4 fr. 25 cent. On peut donc prendre 4 fr.
- En 1848, les cocons se sont vendus à 2 fr., 2 f. 25 c. et 2 fr. 50 au plus. En sorte que les producteurs, au lieu de recevoir 120 millions, n’en ont reçu qu’environ 65 : c’est, depuis 1814, la première année où les cocons se soient Vendus à perte.
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- Ce n’est que depuis peu d’années que les soies de France s’exportent régulièrement: jusque-là on ne les connaissait pas; on les trouvait trop chères à l’étranger.
- En 1848, ce fut à l’effet matériel de l’exportation, qui dépassa 12 millions, aussi bien qu’à son effet moral, que nous dûmes un arrêt dans la baisse des prix, qui étaient déjà tombés au-dessous de ceux de l’année 1793.
- Ces grands et rapides progrès ne nous dispensent cependant pas d’importer encore annuellement, pour notre propre consommation, pour plus de 60 millions de soies étrangères de toutes provenances, qui sont le Piémont, la Lombardie, l’Espagne, la Grèce; la Syrie, la Turquie, les Indes et la Chine. Il convient d’ajouter que, quels que soient nos progrès futurs, il existe des qualités de soie étrangère dont nous ne pourrons peut-être jamais nous passer, parce qu’elles sont indispensables dans la fabrication de certaines étoffes. De même que, malgré l’amélioration et l’accroissement de la production de nos laines indigènes, la France ne pourra jamais se passer de certaines laines étrangères.
- Quant à nous, tout en applaudissant aux efforts du pays pour accroître ses richesses parle travail, et diminuer de plus en plus le nombre et l’impor^nce des articles qu’il tire de l’étranger, nous sommes loin de regretter et de déplorer cette impossibilité de tout produire, que Dieu semble avoir imposée à tous les peuples, même à la Chine, pour les obliger à se rapprocher, à se lier, à se connaître et à s’aimer les uns les autres, par l’échange de leurs produits et de leurs idées.
- Exposant
- hors
- de
- concours.
- M. TAVERNIER, à Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Qi.se).
- M. Tavernier, guidé par les conseils de M. Camille Beauvais, a fait, dans sa propriété de. Villeneuve-Saint-Georges, une plantation d.e 2,000 mûriers qui réussit admirablement, et qui, d’ici à peu d’années, suffira à l'éducation de 10 à 12 onces de graine.
- Les cocons qu’il expose sont d’une excellente conformation, et les
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- grèges qu’ils ont produites, et qui sont Idées par M. de Tiüancourl, sont belles et bonnes.
- Nous félicitons vivement M. Tavernier du bon exemple qu’il donne ainsi clans son département.
- MM. TEISSIER frères, à Vallerangue (Gard).
- M. Teissier père , fondateur de cet établissement et de sa réputation européenne, s’est retiré, après avoir obtenu les plus hautes récompenses; ses fils, qui étaient ses collaborateurs, marchent dignement sur ses traces, et promettent de conserver et même d’étendre cette belle réputation. Ils restent les premiers iilateurs du Gard pour les grèges blanches et jaunes, si appréciées par les fabricants de gaze à bluter, et par tous ceux qui s’occupent des articles les plus délicats.
- Le jury rappelle à MM. Teissier frères la médaille d’or.
- MM. CHARTRON père et fils, à Saint-Vallier et Saint-Donat (Drôme).
- Cette maison, l’une des plus importantes de France, a mérité et obtenu toutes les récompenses, jusqu’à la plus élevée. Loin de se reposer sur ses lauriers, elle n’a cessé de progresser et de grandir.
- A ses belles filatures et à ses beaux moulins elle a ajouté un tissage de crêpe et de gaze à la mécanique.
- Ellefde environ 160,000 kilos de cocons, et ouvre 11 à 12,000 kilos de soie , en organsin de premier mérite.
- Elle mérite donc, sous tous les rapports, le rappel de la médaille cl’or.
- M. Jean MENET, à Beaulieu (Ardèche).
- Quoique le nom de M: Menet soit connu dans le inonde industriel à l’égal de celui de Louis Blancbon, c’est la première fois qu’il expose ses produits, qui portent tous le cachet de la perfection. Ses grèges et trames blanches se vendent, à Paris, à des prix fabuleux, pour la fabrication des blondes et des nouveautés.
- Ses organsins blancs, d’une régularité admirable, obtiennent, à Saint-Étienne, pour la fabrication des rubans-gaze, une faveur prononcée.
- 7. '
- Rappels
- de
- médailles
- d’or.
- Médailles
- d’or.
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- Ses organsins jaunes, apprêt lâche, pour la fabrication des satins, et surtout des belles peluches, sont presque toujours retenus d’avance par les premières fabriques de la Moselle. Depuis quelques années, et malgré leur prix très-élevé, les fabriques étrangères les demandent aussi.
- 11 est impossible d’apporter au choix des cocons, à leur filature et à l’ouvraison, des soins plus consciencieux et plus intelligents; et ce qui étonne chez M. Menet, c’est que, faisant si bien, il puisse faire autant.
- 11 occupe environ 38o ouvrières.
- Sa filature, de 126 bassines, fait i3 à i4,ooo kilos de grège.
- Ses moulins font environ 13,000 kilos d’organsin et de trame.
- Son établissement est mû par 3 roues hydrauliques, représentant 20 chevaux, et par une machine à vapeur de 6 chevaux.
- E11 i845, il a vendu ses organsins blancs i5o francs le kilo, et ses organsins jaunes, pour peluche, 118 francs.
- Aucune soie étrangère n’a jamais dépassé le prix de io5 francs.
- M. Menet n’a cessé de donner l’exemple des améliorations dans la culture du mûrier et l’éducation des vers à soie.
- Le jury, appréciant tout ce qu’il a fallu d’efforts persévérants et d’intelligence, à M. Menet pour conquérir la belle place qu’il occupe dans cette grande industrie des soies, lui décerne la médaille d’or.
- M. Casimir CHAMBON, à Alais (Gard).
- Ce nom, illustré dans l’industrie sétifère par Louis Chambon , est dignement porté par Casimir, qui a soutenu son ancien établissement au tout premier rang.
- Il occupe dans sa filature et ses moulins 15o ouvrières. Son établissement est mû par une machine à vapeur et un moteur hydraulique.
- 11 livre aux fabriques les plus difficiles environ 5,000 kilogrammes de soie grége et 5,000 kilogrammes de soie ouvrée.
- La beauté de ses soies pour la fabrication si délicate des tulles et des blondes est proverbiale.
- Casimir Chambon a déjà obtenu une médaille d’argent et un
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- rappel; le jury, pour le récompenser de ses soins éclairés et incessants, lui décerne une médaille d’or.
- M. Eugène ROBERT, magnanier à Sainte-Tulle, près de Manosque (Basses-Alpes).
- La société dont fait partie M. Robert obtient une récompense comme fila leur de soie grége; mais le mérite et les services tout personnels de l’éducateur de vers à soie, appellent sur M. Eugène Robert l’attention du jury central.
- Depuis i5 ans, M. Robert, élève des bergeries de Sénart, propage dans le midi de la France les grands principes de propreté, d’aération, de choix et de régularité dans l’aliment et sa distribution, d’égalisation pendant les âges, principes qui sont l'honneur de la sériciculture moderne. Sa merveilleuse persévérance a vaincu tous les obstacles; le Midi n’a qu’une voix, maintenant, pour reconnaître les services de M. Robert, et lui attribuer une grande part dans le progrès séricicole qui a conduit à des rendements plus considérables dans cette belle industrie.
- M. E. Robert, athlète infatigable, n’a cessé de demander que la science fût appelée à faire de nouvelles recherches sur la nnjscar-dine , celte maladie terrible qui désole la sériciculture, et lui occasionne des pertes annuelles qu’on ne peut évaluer à moins de 20 millions. Il a fait plus : lorsque le ministère de l’agriculture est entré dans cette voie habile et prévoyante, M. Robert a offert libéralement sa magnanerie et le concours de sa longue expérience de praticien. Il a ouvert ses ateliers, pendant 3 ans, à l’honorable M,, Guérin-Menneville, naturaliste éminent ; il l’a secondé avec courage; il a subi les pertes considérables qu’entraînent nécessairement de longues expériences, où de nombreuses matières sont sacrifiées à la noble passion des découvertes utiles.
- M. E. Robert, pendant toute la durée des éducations annuelles, ouvre sa magnanerie aux habitants de la campagne qui; veulent y venir étudier; il leur fait des cours, dont les effets bienfab sants sont un titre de plus à l’estime du jury, qui lui décerne une médaille d’or,
- M. le major BRONSKI, au Ghâtean-Saint-Selve (Gironde).
- Le major Bronski expose, pour la seconde fois, clés grèges et des cocons d’une qualité et d’un blanc vraiment merveilleux. Et cepen-
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- Rappel
- de
- Médailles
- d’argent»
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- dantce n’est pas autant comme producteur que comme intelligent créateur et inventeur, que le jury l’accepte et lient à le récompenser hautement.
- -En effet, depuis la dernière exposition, sa production ne s’est pas considérablement accrue, ce qui s’explique par l’impossibilité où il se trouve d’employer des ouvriers pour ses éducations, sans s’exposer à perdre le fruit d’une découverte qui n’est pas brevetable.
- Les certificats des autorités du département de la Gironde, les rapports des chambres de commerce des villes manufacturières les plus intéressées aux progrès de la soie, les demandes nombreuses, sans limites de prix, de graine de la race Bronski, demandes faites principalement par les producteurs des plus belles soies blanches, en établissant, en constatant le succès des intelligentes et laborieuses recherches du major Bronski, décident le jury à lui décerner la médaille d’or.
- M. Ferdinand CARRIÈRE , à Saint-André-de-Valborgne (Gard).
- Les soies blanches exposées par cet excellent fdateur sont dignes de sa réputation, si bien établie dans les fabriques de gaze de Paris et du nord de la France.
- Le blanc est toujours remarquable; cependant nous conseillons à M. Carrière, et à tous ses confrères du Gard, de ne rien négliger pour l’améliorer encore par la rénovation de la graine, qui semble s’abâtardir.
- Le jury de 18/19 lui rappelle la médaille d’argent qu’il avait obtenue en îBSg.
- M. Louis SOUBEYRAN, à Saint-Jean,du-Gard (Gard).
- Depuis la dernière exposition où il obtint la médaille d’argent, M. Soubeyran n’a cessé d’augmenter et de perfectionner sa production.
- Il occupe maintenant a5o à3oo ouvriers, et 2 00 bassines établies d’après les plus nouveaux systèmes. Il file et ouvre en organsms 12 à 15,ooo kilogrammes de grége.
- Ses organsins, apprêt pour satin, sont en grande réputation en France et en Angleterre.
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- En i844, le jury lui donna la médaille d’argent, qu’ën raison de ses progrès il lui rappelle.
- MM. BARRÉS père et fils cadet, à Saint-Julien (Ardèche).
- Quoique MM. Barrés exposent pour la première fois, leur réputation comme filateurs et mouliniers les a depuis longtemps placés au premier rang dans l’industrie séricicole.
- Les produits qu’ils exposent, tant en grége qu’en organsin, sont irréprochables et justifient leur réputation.
- Ils ont dans leur établissement une chute d’eau et une machine à vapeur. Leur filature de 52 tours marche toute l’année pour filer environ 5o,ooo kilogrammes de cocons; Leurs moulins, qui ont 3i3 tavelles et a,4oo broches, font environ 4iOOO kilogrammes de beaux organsins. Ils occupent 15o ouvrières ou ouvriers.
- Leur marque est du petit nombre de celles qui ont Je privilège de se vendre à l’avance, à un prix de faveur.
- Il est impossible de porter plus de soins à toutes les opérations de la filature et de l’ouvraison que ces intelligents et honorables industriels.
- Le jury leur décerne la médaille d’argent.
- MM. BUISSON, Eugène ROBERT et Charles CHAM-PANHET, à Sainte-Tulle, près de Manosque (Basses-Alpes).
- La belle filature établie par ces intelligents; industriels, dans un département si éloigné des grands centres, rend à ses populations agricoles et à celles des départements voisins, des services dont la portée est incalculable.
- Il fallait un grand courage et de la confiance dans l’avenir pour entreprendre une pareille création. M. Eugène Robert, qui en a été l’âme, n’en a pas manqué un seul instant.
- A peine construit, monté, agence et prêt à fonctionner, cet établissement fut presque entièrement détruit par une trombe qui ràr vagea Manosque en i845.
- Un an après, tout était réparé, et aujourd’hui cet établissement modèle, muni d’une machine à vapeur, de5oo tavelles, de 120 broches de doublage et de 108 guindres, fonctionne régulièrement et produit les belles grèges exposées.
- Médailles
- d’argent.
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- En i844, le jury leur décerna une médaille de bronze; pour récompenser la persévérance et les progrès accomplis depuis lors, il donne à MM. Buisson, Robert et Champanhet la médaille d’argent,
- M. Jules CHAMPANHET-SARGEAS, à Vais (Ardèche).
- ^Filateur et moulinier, M. Champanhet quoique très-bien connu, expose pour la première fois des grèges et des organsins qui donnent une juste idée de sa production.
- Son moulinage fut établi en 1824, et s’alimentait alors de grèges achetées à de bonnes filatures ; mais les progrès accomplis par l’association intime de la filature et de l’ouvraison déterminèrent, en i84o, M. Champanhet à compléter ses établissements par l’adjonction d’une belle filature de i4o bassines, dans laquelle il occupe 200 ouvriers. Ses moulins en occupent 90.
- Ses organsins, qu’il perfectionne sans relâche, jouissent, sur les marchés de Lyon et Saint-Etienne, d’une excellente réputation.
- L’ensemble de sa production peut s’évaluer, année moyenne, à 700,000 francs.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Léon MOLINES, à Saint-Jean-du-Gard (Gard).
- Quoiqu’il se présente pour la première fois, M. Moline occupe depuis bien longtemps une belle place aux premiers rangs de la filature française.
- Les magnifiques grèges qu’il expose donnent une juste idée de sa filature, à laquelle rien ne manque.
- Son établissement se compose de io4 tours; il occupe i3o à i4o ouvriers, et transforme 75,000 kilogrammes de cocons de choix, pour lesquels il paye aux agriculteurs 280 à 3oo,ooo francs, en 6,000 kilogrammes de magnifiques grèges qui, à un cours normal, valent environ 35o,ooo francs.
- M. Léon Molines se voue au perfectionnement de sa filature avec un zèle et un amour propre qui expliquent ses succès.
- Le jury, pour le récompenser, lui décerne la médaille d’argent.
- M. HENRIOT fils, à Reims (Marne).
- Il expose de bons cocons bien conformés et des grèges d’une
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- excellente nature, filées par la filature centrale de M. de Tillao-court.
- Tous les témoignages que nous avons recueillis prouvent que, grâce à son intelligente persévérance, M. Henriot est parvenu à acclimater, dans le département de la Marne, la culture du mûrier. Il possède déjà une plantation de plus de 12,000 mûriers, dont la riche végétation et la belle tenue font l’admiration des agriculteurs des environs, qui, pour la plupart, ont suivi ou suivront sans doute son exemple.
- Que M. Henriot persévère , et nous ne doutons pas qu’il ne réussisse aussi bien dans la sériciculture qu’il a réussi autrefois dans l’industrie , où il a occupé une très-belle place. Il rend et rendra d’immenses services à sa province, en la dotant cl’une nouvelle richesse. Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Charles-Paul DEYDIER, à Ucel (Ardèche).
- Il est un des plus anciens et des plus grands filateurs mouliniers de l’Ardèche. Ses organsins jouissent, en France et en Angleterre, d’une excellente réputation ; ils figurent au nombre des marques privilégiées qui sont vendues à livrer.
- M. Deydier occupe près de 4oo ouvriers ou ouvrières, i4o bassines et 1,475 tavelles. Il transforme en soie grège 110,000 kilogrammes de cocons, qui font 12,000 kilogrammes de soie, qu’il ouvre ensuite en organsin.
- L’ensemble de ses produits s’élève, en temps normal, à près de 600,000 francs.
- ' Sa filature date de 1752. Il va sans dire que, depuis lors, elle a été plus d’une fois renouvelée; autrement, quelque parfait que fût le moulinage, les organsins de M. Deydier, dont nous avons apprécié la beauté ne jouiraient pas de leur belle réputation.
- Le jury décerne à M. Charles-Paul Deydier la médaille d’argent.
- M. DE TILLANCOURT, à Paris, Grande-Rue-de-Ghaillot.
- En fondant et dirigeant avec une grande intelligence la filature centrale des Champs-Elysées, M. de Tillancourt a déjà rendu de grands services aux départements environnants et même éloigné». Les propriétaires, ayant à leur portée un établissement où ils peuvent vendre ou faire filer à façon leurs cocons, n’hésitent plus à
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- s’occuper sérieusement de la culture du mûrier et dé l’éducation des vers. Les témoignages nombreux qui sont venus à nous avec empressement prouvent que M. de Tillancourt ne se borne pas au rôle de fdateur, mais que son expérience, ses connaissances personnelles et sa bienveillance en font l’aide et le conseil de tous les sériciculteurs qui se livrent à cette nouvelle branche d’agriculture. N<*is accomplissons encore un devoir en disant que madame Cherrier le seconde avec beaucoup de zèle et d’intelligence dans la surveillance des détails.
- La filature centrale, établie èn i844, était presque encore à l'état de projet lors de l’exposition, et le jury se borna à la mentionner honorablement.
- Aujourd’hui elle est devenue un véritable établissement industriel, suffisant aux besoins croissants de la nouvelle zone séricifère, et susceptible de se développer avec elle.
- Les grèges exposées sont d’une excellente nature et parfaitement bien filées.
- Pour récompenser îe.zèle, les efforts et la persévérance de M. de Tillancourt, le jury lui décerne la médaille d’argent.
- Nouvelles médailles de bronze.
- M.-NOYER frères, à Dieulefit (Drôme).
- Ils sont d’excellents filateurs et mouliniers; leurs produits sont très-appréciés à Lyon et à Saint-Etienne.
- La trame et l’organsin exposés donnent une idée des soins qu’ils apportent à leur ouvraison.
- Ils filent environ 60,000 kilogrammes de cocons, qui produisent 4,ooo kilogrammes de grège, trame ou organsin, d’une valeur d’environ 2 5o,ooo francs.
- Ils obtinrent une médaille de bronze en i834, et uii rappel en 1839.
- Le jury, trouvant que MM. Noyer frères ont suivi le mouvement général de progrès, leur décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MM. GIBELIN et fils, à la Salle (Gard).
- Ils exposent des soies grèges jaunes et blanches en divers titres, qui témoignent de très-grands soins dans le choix des cocons et leur filature.
- Ils occupent de 80 à 100 ouvriers, et filent 5o à 60,000 kilo-
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- grammes de cocons blancs ou jaunes, qui produisent 4 à 5,000 kilogrammes de -soie grége.
- Le jury, trouvant que, depuis la dernière exposition, où ils obtinrent la médaille de bronze, MM. Gibelin et fds ont progressé, leur décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. Joseph PRADIER, à Annonay (Ardèche). îf
- Il expose de la belle grége blanche et des .trames blanches pour la fabrication de la blonde, qui proviennent de sa filature et de son moulinage.
- M. Pradier occupe 4o à 5o ouvrières. Il a 25 bassines, et transforme 15,ooo kilogrammes de cocons en î ,ooo à î, î oo kilogrammes de soie grége ou ouvrée, dont la valeur commerciale est d’environ 80,000 francs.
- Comme on le voit, son établissement est encore peu important, mais il est (en voie de le développer, et ses produits, d’ailleurs, jouissent d’une très-bonne réputation.
- A l’exposition de 1839, M. Pradier obtint une médaille de bronze que le jury de celte année lui rappelle.
- MM. MQURGUE et BOUSQUET, à Saint-Hippolyte-dir-Fort (Gard).
- Ils exposent de très-belles grèges qui proviennent de leurs filatures.
- Leur premier établissement date de i845, mais ils ne se sont développés que depuis l’année 1847, poussés par leurs succès, ils ont construit à Saint-Hippolyte une magnanerie, une nouvelle filature perfectionnée, et Une petite ouvraison pour organsin.
- Ils emploient 14o ouvrières ou ouvriers ; ils ont une machine à vapeur et 110 tours à filer qui dévident 65,000 kilogrammes de cocons. La valeur totale des soies qu’ils livrent à la consommation peut être estimée à 2 5o,ooo francs.
- Sous tous les rapports, ces industriels méritent les éloges du jury, qui leur décerne la médaille de bronze.
- MM. ROUX fi 'ères et CABRI, ù Saint-And ré-de-Val-borgnes (Gard).
- Les belles soies blanches qu’ils exposent sont un échantillon
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- réel des produits qu’ils livrent habituellement aux fabriques de Paris et du nord de la France, si difficiles dans le choix de ces matières.
- Cette filature n’est pas considérable, puisqu’elle n’a que 5o tours et n’emploie que 60 ouvrières ; mais le jury départemental dit qu’elle se développe, et la consommation estime beaucoup ses produits ; c’est pourquoi le jury lui vote une médaille de bronze.
- M. Auguste HERME, à Crest (Drôme).
- Il expose des grèges et des organsins, apprêt pour satin et apprêt pour peluche, qui donnent la meilleure opinion de ses produits; ils jouissent d’ailleurs d’une très-bonne réputation sur le marché de Lvon.
- M. Herme file 4o à 45,ooo kilogrammes de cocons, et il livre au commerce environ 2,000 kilogrammes de grége et 2,000 kilog. d’organsin, formant ensemble une valeur de i5o à 200,000 francs.
- Le jury départemental témoignant des efforts intelligents de M. Herme, qui expose pour la première fois, le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- M. Gaston AFFOURTIL, à Vallerangue (Gard).
- Cette importante maison a exposé pour la première fois des soies d’une blancheur naturelle du cocon ; leur emploi est affecté spécialement aux articles de la fabrique de Paris.
- Les soies provenant de cette filature se distinguent par une grande régularité, par une netteté parfaite et un blanc pur et brillant.
- Les efforts remarquables de cet industriel, pour égaler et même surpasser ses concurrents, méritent d’être encouragés.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. RELIQUET aîné, propriétaire à Machecoul (Loire-Inférieure).
- 11 expose quatre écheveaux de soie grège jaune, bien filée et d’une bonne nature.
- Cette exposition n’aurait pas attiré particulièrement l’aLlention du jury sur M. Reliquet, si les témoignages du jury départemental et de M. l’inspecteur d’agriculture ne le lui avaient signalé comme ayant, à force de frais, de soins intelligents et de persévérance,
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- importé dans son département la culture du mûrier. M. Reliquet a semé ses premiers mûriers en i838, et aujourd’hui il en possède une plantation de i5,ooo. M. l’inspecteur cite aussi comme très-intelligente son éducation des vers, qui se développera rapidement, à présent que ses mûriers entrent en plein rapport.
- Le jury applaudit aux efforts persévérants et désintéressés de M. Reliquet, et lui décerne la médaille de bronze.
- M. Théodore ADAM, à Moulins-lès-Metz (Moselle).
- Grâce à son intelligente persévérance, M. Adam a vaincu les préjugés qui s’opposaient à la culture du mûrier dans la Moselle. 11 y a quelques années, il planta ou sema près de Metz environ 2 hectares de mûriers des meilleures espèces connues, et, aujourd’hui, ses plantations sont en plein rapport. La magnanerie qu’il a établie lui a donné cette année de très-beaux et très-bons cocons. Les grèges qu’il expose sont d’une excellente qualité, et parfaitement filées par M. de Tillancourt.
- Le jury départemental donne les plus grands éloges à M. Adam pour son zèle infatigable et généreux.
- Le jury central lui décerne la médaille de bronze.
- MM. VAULTRIN, à Corny (Moselle); GÏLOT, à Voippy (Moselle).
- fi
- Mentions
- honorables.
- . Ces honorables propriétaires n’épargnent rien pour propager dans leur département la culture du mûrier et l’éducation des vers. Les grèges exposées sont très-bonnes, et donnent les meilleures espérances.
- Le jury accorde à MM. Vautrin et Gilot une mention honorable.
- M. AUTRAN aîné, à Montélimart (Drôme).
- Les grèges qu’il expose sont d’une excellente nature, et parfaitement filées.
- Nous savons que M. Aulran aîné possède une filature assez importante; mais, le jury départemental n’ayant appuyé l’admission d’aucun renseignement positif, nous ne pouvons entrer dans une appréciation raisonnée, et sommes obligés de nous borner à le mentionner honorablement.
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- Citations
- favorables.
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- M. MAZORIN fils, à Saint-Hippolyte (Gard).
- H expose des grèges jaunes dont la beauté témoigne en faveur des soins qu’il apporte au choix des cocons et à leur filature.
- Son établissement, monté depuis peu sur le système Michel, est dans les meilleures conditions de développement et de succès.
- Le jury espère que M. Mazorin réalisera les espérances que son début inspire, et, en attendant, il lui donne une mention honorable.
- MM. LAVERNE et L. MATHIEU, à Uzès (Gard).
- Ces filaleurs et mouliniers exposent une grande variété de soies, qui prouvent l’intelligence de tous les procédés du moulinage et du retordage.
- Les efforts qu’ils font pour développer et perfectionner leur production si variée, méritent les encouragements, du jury, qui leur vote une mention honorable.
- MmeBENOUVILLE, propriétaire à Barignon (Haute-Saône).
- Cette dame expose des grèges jaunes et blanches, bien filées et d’une bonne nature, produites par une éducation d’environ 10 onces, faite chez elle, dans une magnanerie modèle, et filées chez elle.
- Mme Benouville, en établissant une filature dans le département de la Haute-Saône, qui n’en possédait pas, rend un grand service aux cultivateurs, qui, faute de savoir où porter leurs cocons, négligeaient ce magnifique produit.
- Le jury, pour reconnaître les services rendus par M”0 Benouville, lui vote la mention honorable.
- Le jury départemental de la Moselle accompagne les grèges exposées par trois propriétaires de ce département, de renseignements sur les progrès et les succès de la culture du mûrier et de l’éducation des vers dans celte partie de la France, qui nous donnent d’autant plus de satisfaction et d’espoir, que les grèges exposées sont d’une excellente nature. Ces grèges ont été filées par M. de TillancQurt; elles sont exposées par
- MM. SUBY, de Jouy (Moselle);
- HESSE, de Metz (Moselle);
- D’ALLONVILLE, de Moulins (Moselle). -
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- — 111 —
- Qu’ils persévèrent dans leurs efforts, ils réussiront et auront bien mérité du pays.
- Le jury les cite favorablement.
- M. Titus LAFFOREST, à Brantôme (Dordogne),
- Expose des cocons blancs assez beaux.
- M. DE MÉRÉDIEU-EYMERY, à Notre-Dame-de-Sanilhac (Dordogne),
- Expose des soies grèges.
- M. Marie NIEL, à Notre-Dame-de-Sanilhac (Dordogne),
- Expose des soies grèges.
- M. M1TRAUD, à Magnac-Lava! (Haute-Vienne),
- Expose des soies grèges.
- MM. BUISSARD et BOUZOUD, à Letouvet (Isère).
- Le président de la société d’agricultui’e de l’Isère atteste que MM. Buissard et Bouzoud ont découvert et déjà appliqué pratiquement un procédé fort simple, qui empêche le gommage de la soie fdée par un temps froid ou humide.
- Ce procédé ne pouvant encore être considéré qu’à l’état d’expérience, le jury se borne à citer favorablement MM. Buissard et Bouzoud.
- S 2. CHANVRE ET LIN.
- M. Desportes, rapporteur.
- M. Frédéric ROUXEL, à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord).
- M. Rouxel a établi au moulin de Persasc, près Saint-Brieuc, sur une chute de i5 chevaux, une usine pour le teillage et le peignage du lin et du chanvre-, cette création remonte'à i84o. M. Rouxel a introduit des machines irlandaises qui fonctionnent avec avantage; les produits sont beaux et recherchés par la consommation ; la pro-
- Médaille
- d’arsrent.
- O
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- Médaille de bronze.
- Citations
- favorables
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- duction annuelle s’exerce sur i,5oo,ooo kilogrammes de lin et de chanvre en bois; 3o ouvriers sont employés dans l’usine et 10 au dehors. Une partie de sa vente se fait pour la filature à la main; une autre, et dans une phis forte proportion, pour la filature mécanique.
- M. Rouxel a dignement répondu à la confiance du conseil général des Côtes-du-Nord qui lui avait donné la mission d’étudier la question linière, et l’introduction de sa machine à teiller en France a été considérée comme un service considérable rendu au pays.
- M. Rouxel mérite, à tous égards, la haute approbation du jury, qui lui décerne une médaille d’argent.
- LE COMICE AGRICOLE DE FONTENAY (Vendée).
- Les échantillons présentés sont bons; la matière est bien assouplie et parfaitement appropriée aux besoins de la filature.
- En présence de la réduction de nos exportations de lin, on ne saurait proclamer avec trop d’éclat ce qu’on doit de reconnaissance aux hommes honorables qui s’appliquent à conserver une culture qui réclame autant de main-d’œuvre, et qui fournit encore par le teillage un élément de travail quand l’hiver suspend les autres soins de l’agriculture.
- Le jury, appréciant les soins éclairés apportés par le comice agricole de Fontenay au perfectionnement des bonnes méthodes de culture, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Yves LEBONNIEC, à Lannion (Côtes-du-Nord).
- M. Lebonniec convertit par année 180,000 kilogrammes de lin brut en filasse; il en extrait 45,000 kilogrammes de lin teillé, d’une valeur de 54,000 francs; il emploie i3 ouvriers dans ses ateliers et 34 au dehors; il opère au moyen d’une machine de son invention mise en mouvement par une force hydraulique de 10 chevaux.
- Tout ce qui tend à perfectionner les préparations du lin et du chanvre mérite les éloges du jury central; il cite favorablement M. Yves Lebonniec, dont les produits sont de bonne qualité.
- M. Yves DURAND, à Yvias (Côtes-du-Nord).
- M. Durand emploie 3o ouvriers pour teiller par an 10,000 kilo-
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- grammes de filasse, qu’il extrait de 5o,ooo kilogrammes de lin en bois. Le jury départemental s’exprime ainsi à son sujet : « Procurer «à nos pauvres fileuses, qui trop souvent n’ont pas d’autres res-, «•sources, une filasse bien préparée et à bon marché, qui leur péril mette de soutenir , au moins sur les marchés du pays , la concur-« rence des fils à la mécanique, telle est la charitable et patriotique « pensée de M. Durand. »
- Le jury, reconnaissant la bonne qualité des échantillons exposés, et s’associant à l’honorable témoignage de ses compatriotes, cite favorablement M. Yves Durand d’Yvias.
- M. Jules TURQUET, à Senlis (Oise),
- M. Turquet expose un échantillon de chanvre leillé propre à la filature. Celte matière est bien préparée et prouve que les chanvres de l’arrondissement de Senlis sont propres au filage mécanique. C’est la démonstration que voulait faire M. Turquet, démonstration éminemment utile, puisque, d’une part, elle tend à mettre en valeur un produit agricole d’un grand intérêt, et que, de l’autre, elle doit aider à l’industrie manufacturière.
- Le jury accorde à M. Turquet une citation favorable.
- S 3. RUCHES A MIEL.
- M. Louis Leclerc, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- À quelque prix que l’industrie, la science et les rares périodes de prospérité financière pissent faire descendre le sucre de canne et de betterave, de longtemps les pauvres habitants des campagnes ne prendront une part bien considérable dans la consommation de cette précieuse denrée : le miel sera longtemps encore le sucre du paysan. L’une des plus grandes sensualités de l’enfance, aliment savoureux et salubre, charmant et délicieux produit de l’une des tribus d’insectes les plus admirablement douées, le miel offre cet avantage ignoré des masses, mais immense, de fournir, comme le sucre, au malade qui le mêle à ses médicaments pour les. édul-
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- corer, la somme de carbone indispensable à la respiration. Sevré longtemps de son alimentation ordinaire, le malade •s’épuise et périt s’il est trop pauvre pour ne pouvoir consommer ni sucre, ni miel. A ce point de vue, que la physiologie moderne a si admirablement éclairé, la modeste production du miel intéresse le premier et le plus précieux de tous les biens, la vie même. L’homme de progrès qui descend jusqu’à l’humble industrie du miel, ne lui apportât-il qu’une facilité nouvelle, qu’un mince perfectionnement de détail, celui-là est encore un bienfaiteur de l’humanité.
- Les apiculteurs qui ont créé les ruches perfectionnées, et qui ont accru la production du miel en jetant de vives lumières sur les mœurs et le ménage des abeilles, sont presque tous Français. Grâce à cet esprit de curiosité intelligente qui caractérise notre nation, et qui cherche sans cesse les voies nouvelles, nos apiculteurs actuels suivent les nobles traces de leurs devanciers, et l’exposition de 1849 en donne la preuve manifeste.
- Mais les idées de progrès sont lentes à se répands e sur les points les plus reculés de nos campagnes. Les méthodes d’éducation y sont encore grossières, peu productives, et si barbares, qu’en beaucoup de lieux on massacre impitoyablement ies abeilles, pour ravir plus commodément leur trésor, et se dispenser de leur offrir, pendant ia mauvaise saison, une petite part de la richesse merveilleuse qu’elles nous donnent pour rien !
- Voilà surtout ce qui s’oppose à l’extension de l’apiculture en France; la population de nos ruches, mal conduite et décimée, ne s’accroît pas; elle ne produit encore que 7,000,000 de kilogrammes de miel, et i,5oo,ooo kilogrammes de cire, ayant en total une valeur de 15,000,000 de francs L Nous ne possédons encore qu’un million et demi de ruches, en général fort mal construites et plus mal gouvernées; et ce qui
- 1 M. Alex. Moreau de Jonnès, Statistique agricole de la France, page 475.
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- prouve que cest bien là une industrie de pauvre paysan , c’est que nos départements où règne le moins d’aisance possèdent le plus de ruches : le Morbihan, 78,000; les Landes, 54,000; la Corrèze, 44,'000; le Finistère, 34,000. Encourager cette importante production en honorant beaucoup ceux qui l’améliorent et la propagent, c’est, dans la pensée du jury central, un acte de justice et d’humanité.
- M. le docteur PAIX DE BEAUVOYS, propriétaire et médecin, à Seiches (Maine-et-Loire).
- M. le docteur de Beauvoys expose plusieurs modèles d’une ruche à cadres verticaux entiers, ou brisés en deux parties; un costume complet pour travailler impunément dans le rucher; un instrument de son invention, appelé mellilôme, pour faciliter les transvasements, attirer les cadres, les replacer, et nettoyer les parois de la ruche; divers autres appareils destinés à rendre les travaux plus commodes et plus productifs; des détails d’histoire naturelle très-utiles à connaître; enfin un flacon de miel produit de son rucher, très-blanc, très-fin et d’uti arôme extrêmement agréable.
- Les cadres verticaux et mobiles sont un perfectionnement très-heureux des feuillets de la ruche Hubert; mais ils diffèrent essentiellement du système de cet illustre apiculteur, en ce que les cadres sont construits de manière à ne se point rencontrer, et de la sorte aucune abeille n’est écrasée quand on place et déplace ces appareils.
- Sans entrer dans une description minutieuse de la ruche Beauvoys, il suffira de dire que son extrême simplicité, la facilité de ses manoeuvres, frappent les yeux les moins exercés. Cette ruche est véritablement la seule où l’apiculteur puisse voir tout ce qui se fait, tout ce qui se passe, tout ce qui se couve, tout ce qui éclot, et quand il le veut et quand il juge nécessaire de voir. Pas un seul mystère de ce merveilleuxgouvernement n’échappe à l’explorateur; il peut donc prévoir et diriger, prendre et laisser ce qui lui plaît, faire commodément des essaims et à son heure, réunir en une seule deux populations malheureuses ou appauvries, réparer les fautes ou les accidents, poursuivre les enneînis subtils qui échappent même à l’instinct jaloux et irascible des abeilles, créer à volonté des alvéoles royaux, ce qui annule de nombreuses chances de destruc-
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- Médaille
- d’or.
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- Médaille de bronze.
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- lion, et au besoin prendre un de ces alvéoles et l’expédier à des amis par la posle, ce qui est arrivé.
- De nos jours, peu d’hommes entendent l’apiculture d’une manière plus complète et plus profonde; bien peu la professent avec un dévouement plus désin téressé. M. de Beauvoys consacre sa vie à propager l’apiculture économique et rationnelle parmi les pauvres habitants de la campagne. Dix départements de l’Ouest se sont enrichis de son activité bienfaisante. Courses, voyages lointains et coûteux, rien ne l’arrête. Il entretient une infatigable correspondance avec les pasteurs des plus humbles villages. A jour dit, le dimanche, à l’issue du service divin, il arrive, et, entouré de villageois qui l’attendent, il les enseigne dans le modeste langage qu’ils comprennent.
- Ces travaux, si intelligens par leur simplicité même, cette mission si généreusement accomplie au profit de la portion la plus paisible et la plus respectable du peuple, sont bien dignes de la médaille d’or que le jury décerne à M. de Beauvoys.
- M. Charles SAURIA, à Saint-Lothein (Jura).
- M. Sauria habite une contrée qui se couvre spontanément de plantes où les abeilles trouvent un riche butin. Tandis que la moyenne du rendement des ruches n’est, en France, que de 4 kilogrammes et demi, le produit d’une ruche, dans quelques départements de l’Est, ost souvent décuple. Ce beau résultat ne tient pas seulement au sol, les soins intelligents de l’apiculteur y contribuent beaucoup. Pour la ruche en elle-même, elle est susceptible de perfectionnements, que M. Sauria a tentés avec succès.
- Le principal consiste dans un plancher à claire-voie qu’il donne à chaque hausse, distinct et bien séparé, de manière à ce qu’on puisse enlever la récolte d’une hausse sans offenser les rayons inférieurs. Ces planchers existent dans la ruche Radouan, mais, à la partie supérieure de chaque hausse, M. Sauria complète ce perfectionnement, et met aussi un plancher à la partie inférieure. Il est auteur d’un petit traité simple et court, bien capable de faire aimer l’apiculture, et de guider sûrement ceux qui manquent encore d’expérience dans celle utile industrie.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
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- M. CHATEAUX, rue de la Ghaussée-d’Antin, n° 5, à Paris (Seine).
- Ancien sous-officier, employé dans une maison de plaisance, M. Châteaux, passionné pour l’apiculture, élevait des abeilles dans un beau parc, et il a eu l’ingénieuse idée d’unir les systèmes de Lombard et de Gélieu. 11 facilite ainsi l’essaimage par séparation. La coupe verticale de la ruche est complète, et s’étend même au chapeau, ce qui permet une exploration plus étendue du travail.
- La ruche de Lombard avait un plancher massif, simplement percé de trous ; M. Châteaux le construit à claire-voie, ce qui facilite l’active circulation des ouvrières. La ruche de Bosc n’avait pas de cloison séparative des deux parties, et les gâteaux construits sur la ligne de partage se déchiraient ou tombaient lorsqu’on voulait l’ouvrir; M. Châteaux est revenu à celte cloison de Gélieu, et l’établit habilement.
- La ruche de M. Châteaux est bien agencée, siîtople, rustique, peu coûteuse; le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Flavien PASTEUR, à Censeau (Jura).
- Placé dans une contrée favorable aux abeilles, qu’il gouverne d’ailleurs avec beaucoup d’intelligence, M. Pasteur expose une capote remplie de beaux rayons, qui contiennent un miel superbe, abondant et d’un goût très-suave. Les produits de M. Pasteur donnent une juste idée de ce que peuvent, en apiculture, les soins attentifs et judicieux, secondés par les bonnes conditions de localité. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. DAMAINVILLE, à Poudron (Oise).
- Il expose un ingénieux petit appareil pour alimenter au besoin la population d’une ruche. C’est un rayon artificiel, une sorte de vase alvéolaire fort ingénieusement construit, et dont une longue pratique a démontré l’utilité, en ce que les abeilles y prennent leur pâture sans pouvoir s’engluer, ni obstruer leurs stygmates. Cet appareil est coté 5 francs.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- Citations
- favorables
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- § 4. VINS.
- M. Louis Lecierc, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Jusqu’ici, les vins français avaient été nominativement exclus de nos expositions industrielles. Se reposant sur l’incontestable supériorité de ses vignobles, la France ne se donnait point le souci, en apparence, fort inutile, de la constater, tandis que plusieurs nations étrangères appelaient solennellement leur production vinicole à ces fêtes du travail, et prodiguaient honneurs et récompenses même à ce qui usurpait le nom de nos crus les plus célèbres. Les vins français, implicitement compris, cette fois, dans l’invitation générale qui a été faite à i’agriculture, de figurer à l’exposiiion de 18/19, n’ont pas bien coftipris encore l’éclat qu’ils pouvaient ajouter à ce magnifique concours, et les services qu’il devait leur rendre. De fâcheux découragements ont retenu quelques habiles producteurs, qui n’ont peut-être pas assez compté sur la bienveillance et sur I3. sollicitude du jury central; d’autres se sont arrêtés à cette objection spécieuse, que le public ne saurait porter de jugement sur le contenu d’un vase clos et cacheté. Mais combien de produits figurent avec honneur à l’exposition , et reçoivent des récompenses brillantes, sans que le public fasse plus intime connaissance avec eux ! La délicate conserve alimentaire, si précieuse pour nos marins, est scellée dans sa boîte de fer-blanc ; beaucoup d’instruments de musique et de précision, les montres de haut prix, cachent sous une glace transparente les perfections que des hommes spéciaux peuvent seuls apprécier. Une publicité aussi digne qu’elle est étendue,-soit par l’exhibition même,-soit par la solennité des rapports et des récompenses, cette publicité suffit, et nos vins en eussent acquis l’heureux bénéfice.
- Les vins français, en effet, sont \Tictimes de préjugés et d’erreurs qui n’ont pas cours seulement à l’étranger. Parmi nos grands vins, plusieurs s’en seraient allés, et n’auraient
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- plus de nom que dans l’histoire; d’autres ne mériteraient plus leur antique réputation; d’autres encore seraient vaincus à tout jamais par leurs similaires exotiques. Et cela s’imprime et se répand en plusieurs langues, même en français. Combien donc il eût été utile de prouver, dans celte circonstance solennelle, que la France œnologique n’a laissé périr aucune grande tradition, et quelle possède aujourd’hui, dans leur incomparable supériorité, tous les produits célèbres quelle doit à la douceur de son climat, à la fécondité de son sol, au génie et à la piété de nos pères ! Plusieurs vins français, déjà célèbres, se sont notablement améliorés encore dans ce siècle; de précieuses conquêtes ont été faites, et le pays, par exemple, eût pu apprendre, si l’exposition le lui eût appris, que quelques-uns de nos départements sont en mesure de fournir à la consommation des vins de liqueur délicieux, frais, salubres, peu coûteux, en remplacement des 3o,ooo hectolitres de vins, ou violents, ou suspects, et toujours chers, que nous allons chercher annuellement au dehors.
- En toute industrie, et surtout-quand il s’agit-de produits alimentaires, dont la perfection intéresse plus qu’on ne croit peut-être la valeur intellectuelle des peuples, le maintien des types élevés doit être l’objet des sollicitudes et de la prévoyance d’une sage administration. Les types élevés sont une mesure à l’aide de laquelle se juge la production commune et courante ; l’émulation cju’ils font, naître maintient un niveau de perfections relatives, dont profite la masse des consommateurs. C’est ainsi que, sans surexciter la production vinicole, ce qui dans l’état actuel des choses serait au moins une imprudence, il est très-important d’encourager l’amélioration des vins dits d’ordinaire, car le vin de bonne qualité mérite seul le nom de vin; lui seul est en harmonie avec les lois très-précises de l’hygiène et de la physiologie humaines. Or, en France, partout où mûrit le fruit de la vigne, on peut avec du talent et des soins produire autre chose que du vin détestable, c’est-à-dire nuisible.
- Tel est surtout le genre de mérite, fort humble sans doute,
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- mais infiniment utile, que le jury de 1849 se fût plu à récompenser. Cette satisfaction, dont il n’a pas joui, il la lègue à ses successeurs. Reconnaître et constater officiellement la suprême perfection de nos grands vins, lorsqu’elle est contestée ; récompenser, sur preuves et témoignages authentiques, l’amélioration des produits d’une nature moins haute, telle est la ligne dans laquelle le jury de 1849 espère que l’avenir entrera.
- Si les vins envoyés cette année sont peu nombreux ; si cette partie de l’exposition, comme l’exposition des produits de l’agriculture en général, ne doit être regardée que comme un premier essai, du moins ce premier essai est satisfaisant, et le zèle des viticulteurs qui ont exposé est digne des plus grands éloges. Fait imperceptible et comme perdu au milieu d’une immense réunion de produits si variés de nature, de destination, de volume et de formes, les vins s’y sont trouvés dans des conditions désavantageuses, surtout au point de vue delà température, inconvénient facile à éviter dans l’avenir, et tous pourtant sont sortis avec honneur de cette épreuve redoutable. Le concours, cependant, ne peut encore être considéré comme réel; aussi le jury central se borne-t-il, pour cette année, à remercier, au nom du pays, les producteurs distingués qui, si la lutte eût été complètement engagée, eussent, pour la plupart, obtenu d’éminentes récompenses.
- M. de Montebello, à Cramant-sous-Aï, et M. Jacquesson, à Châlons-sur-Marne, ont envoyé des champagnes mousseux d’une grande perfection : limpidité parfaite, brillante couleur, mousse abondante, finesse de saveur, montant et vivacité, richesse de parfum, tout' est distingué dans ces beaux liquides, avec lesquels aucun produit similaire étranger ne pourrait soutenir un seul instant de comparaison. Les vins de M. de Montebello, d’une grande finesse et un peu doux, conviennent plus particulièrement à l’est et au nord-est de l’Europe; ceux de M. Jacquesson, plus secs, d’une sève fort remarquable, et pleins de franchise, correspondent mieux au goût français et nord-américain, qui forme un genre à part.
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- M. Lesourcl-Delisle, cVAngers, a envoyé des mousseux d’Anjou, qui tiennent un rang distingué parmi les mousseux français produits en dehors du département de la Marne. Ce vin, très-limpide, donne une belle mousse; il a une énergique saveur et un arôme agréable. M. Lesourd-Delisle en place chaque année 8,000 flacons.
- Le Jura a envoyé à l’exposition plusieurs spécimens de ses célèbres produits, trop peu connus de nos jours.
- Mmo veuve Bouvenot, d’Arbois, présente un vin rouge de 1809, fin, léger, aromatique, riche encore de matière sucrée, et d’une belle couleur, à 4o ans! Un vin de paille de 1822, moelleux et aromatique, d’un goût exquis; un vin jaune qui ne porte aucun millésime, mais que l’on dit très-vieux., Il doit l’être, en effet, car les jaunes d’Arbois, qui sont aux premiers rangs dans la grande œnologie française, ne livrent toutes leurs perfections qu’à un âge avancé. Le vin jaune de Mme veuve Bouvenot est très-limpide, d’une brillante couleur, savoureux, très-sec, éminemment apéritif.
- Celui de M. Bulabois, propriétaire à Pupillin, près d’Arbois, date de 1825. Il est sec, savoureux et corsé, d’une très-belle couleur; le bouquet est charmant. M. Sauria, de Saint-Lothein, a envoyé également un échantillon de vin jaune, mais de Poligny, et delà récolte de 18/12; très-bon vin, ayant toutes les qualités du genre, mais trop jeune encore, et conséquemment d’une acidité qui masque ses mérites. Un vin de paille, det Poligny, du même producteur, est un vin hors ligne, une curiosité œnologique qui réunit les perfections les plus délectables, bien dignes de la célèbre récolte de 1811.
- M. Poillevey, de Poligny, expose un vin rosé de 1842, d’une remarquable finesse, moelleux, d’un arôme très-agréable, excellent1. M. Poillevey, président du comice agricole dê Poligny, est un vinificateur habile, qui, dans un essai sur la vinification, a donné les plus utiles conseils aux vignerons du Jura.
- 1 Un vin de paille de 1845 s’est trouvé altéré.
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- Trois spécimens de vin de Château-Châlon, dittun de garde, vin célèbre dans les annales œnologiques de la France, créé par un monastère de femmes, et que l’abbesse était tenue de faire préparer sous ses yeux, avec des soins infinis. Il ne figurait qu’aux fêtes religieuses les plus solennelles; le souverain pontife seul le recevait en présent. L’illustre vin de garde, certes, n’a point dégénéré. L’art médical utilise toujours ses vertus toniques éminentes et fort précieuses, dans les anémies surtout, et dans les convalescences difficiles. Mais ce vin est rare et cher, comme tout ce qui est supérieur.
- Le vin de garde envoyé par M. Sauria est de la récolte de 1802. Malheureusement, une altération lâcheuse, qui peut être attribuée au vase, gâte la saveur de ce bon vin, dont le bouquet seul s’est conservé intact et délicieux.
- Le vin de garde exposé par M. Landry, de Poligny, est de i84o, c’est-à-dire très-jeune encore. La limpidité est parfaite; la couleur est analogue aux beaux et vifs reflets de la topaze de Saxe; le bouquet est extrêmement agréable. Ce vin est déjà excellent.
- Le vin de garde de M. Gagneur, receveur des finances à Poligny, a conquis tous les suffrages de la commission. On fait remonter son âge à l’année 1778; il est limpide et brillant, frais et corsé, d’une sève vigoureuse, d’un goût exquis; son bouquet est d’une extrême richesse, et tout spécial. Les tons de la topaze de l’Inde donnent une idée juste de sa belle couleur; c’est un admirable vin.
- Nous terminerons ce rapport en mentionnant un livre intitulé: Traité des vins de France, envoyé à l’exposition par son auteur, M. P. Batilliat, pharmacien à Mâcon. Le jury central avait d’aborcl décidé que, n’ayant point à se prononcer sur le mérite d’une théorie, à moins quelle n’eût produit des résultats industriels authentiquement prouvés, il ne serait pas donné suite à cette affaire. Mais un rapport du jury départemental, ultérieurement communiqué, affirme qu’il résulte d’essais auxquels s’est livrée l’académie de Mâcon, que les procédés découverts par M. Batilliat ont rendu transportables aux
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- Antilles, des vins français que leur délicatesse privait jusqu’ici des avantages de ces débouchés. Le jury central enregistre donc la déclaration, et il exprime le regret qu’on ne l’ait pas mis en mesure, par l’envoi de produits comparés, de confirmer ces honorables et importants témoignages.
- § 5. FROMAGES.
- M. Louis Leclerc, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Bien qu’un droit de ro à iô p. o/o de la valeur protège les fromages français contre la concurrence étrangère, la Francë importe encore pour 4,5oo,ooo francs de ce précieux aliment; précieux, en effet, car, indépendamment de l’attrait que lui donne sa sapidité toute spéciale et variée selon les genres, il contient presque toujours, sous un petit volume, des principes nutritifs très-abondants. Si l’homme aisé, si le riche y puisent des satisfactions accessoires, qui excitent ou soutiennent la fabrication des espèces recherchées, l’ouvrier, le pauvre trouvent dans les fromages un mets tout préparé, savoureux et très-nutritif. C’est donc un produit de haute importance et qui mérite plus d’attention qu’on ne lui en accorde généralement.
- Par malheur, derrière les espèces excellentes, mais peu nombreuses, qui se sont fait un nom et une belle place dans notre pays, on rencontre une masse énorme dé produits déplorables et mal préparés, dont aucune statistique n’a encore essayé de déterminer la valeur qui doit être considérable.
- La malpropreté, la maladresse, l’ignorance, tels sont les causes fâcheuses que nos agronomes éminents attribuent à cet état de choses fort triste. Des petits traités dans le genre de celui qu’un honorable représentant n’a point dédaigné de produire1, l’appel des fromages d’une contrée dans les expositions locales que quelques comices agricoles ont le bon esprit
- 1 L’honorable M. Desjobert, Fromages de Neuchâtel.
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- Médailles de bronze.
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- d’organiser, des encouragements donnés à propos, jetteraient cette humble mais bien intéressante industrie dans une voie d’améliorations fécondes en conséquences bienfaisantes. La Société centrale d’agriculture s’en occupe avec persévérance et succès.
- Deux variétés de fromages, seulement, se sont présentés à l’exposition. Le jury central espère que, dans cinq ans, le nombre des exposants sera plus considérable.
- M. Pierre-Antoine GERMAIN, à Genseau (Jura).
- Une pièce de fromage cuit, de i848. Demeuré debout pendant deux mois, sous une haute température, ce fromage a été trouvé d’un bon goût; sa pâte est fine et bien liée. Le jury départemental assure que l’on n’en fait pas de ce genre en France qui lui soit supérieur. L’exposant nourrit 18 vaches qui lui donnent 2,5oo kilogrammes par an. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. DHUICQUES, cultivateur à Macquelines (Oise).
- Cet exposant présente deux variétés d’un fromage extrêmement fin, moelleux et d’une saveur excellente. La première qualité se vend 2 francs (2 5o *grammes) chez les premiers marchands de comestibles de la capitale, La seconde qualité, très-savoureuse encore, se livre à 80 centimes dans de nombreux dépôts. M. Dhuicques en expédie aussi dans les départements qui avoisinent celui de l’Oise.
- Son étable compte 56 têtes de bétail, dont 24 vaches laitières, en races du pays améliorées par de judicieux croisements avec les flamandes et les hollandaises. Ces travaux lui ont obtenu d’honorables distinctions dans divers concours. Son exploitation est d’une contenance de 3oo hectares, où il multiplie les prairies artificielles et la culture des racines pour accroître progressivement son intéressante fabrication. Entreprise en mai 1847, e^e avait donné, au 1" juillet i848, en fromages, une valeur brute de 10,600 fr.
- Le jury décerne à ce producteur habile et progressif une médaille de bronze.
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- S 6., TABAC.
- M. Louis Leclerc, rapporteur.
- M. Joseph JORDAN, à Wolff (Bas-Rhin).
- Il expose du tabac en feuilles de la variété dite Virginie. Le parfum offre toutefois plus d’analogie avec le bon Maryland. La feuille est fine, légère, moelleuse; ses nervures sont un peu fortes; elle appartient au premier type. Bon scaferlati.
- Depuis i8i4, cette culture est l'objet de soins très-attentifs; M. Jordan est à la tête d’une exploitation qu’il dirige avec intelligence et succès.
- Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- § 7. PAILLE A CHAPEAUX.
- M. Pépin, rapporteur.
- M. Pierre-Jules-Hippolyte GRELLEY, me Rochechouart, n° 67 , à Paris (Seine).
- Des essais sur la culture du blé barbu de Toscane (marzolo) ont été faits près d’Elbeuf (Seine-Inférieure), par M. Grelley, sur un terrain d’une superficie de deux ares. Plusieurs échantillons de pailles et de tresses très-fines exposés provenaient de la récolte de i84S, les graines de celte graminée avaient été envoyées de Toscane à l’exposant.
- M. Grelley a étudié la culture du blé pour paille en Toscane; il en a parfaitement saisi les détails quant au degré d’épaisseur de la semence et au point le plus convenable pour le récolter. Le terrain doit être très-maigre, tels que les sables et graviers du diluvium du bassin de la Seine, tel qu’il existe à Saint-Aubin, près Elbeuf. Il a aussi tenté des essais sur quelques-unes de nos graminées indigènes, qui fournissent un chaume d’une finesse et d’une cylindri-cité remarquables, et sont bien supérieures au froment sous ce rapport, mais pas toujours sous celui de la ténacité.
- On cite même des essais de ce genre faits en Angleterre, au commencement du siècle; un chapeau de paille de Crelelle (cyno-surus cristaius) a été vendu, à Londres, environ 65o francs.
- Les pailles de blé barbu de Toscane exposées par M. Grelley
- Médaille de bronze.
- Médaille de bronze.
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- égalaient celles qui ont été envoyées à l’exposition par le département de l’Isère. Quelques échantillons sont d’une finesse extrême. M. Grelley n’ayant pas encore fait confectionner des chapeaux avec ses pailles lines, ni même des quantités notables de tresses, ces essais ne peuvent donc être regardés jusqu’à présent que comme culture. Mais le jury, considérant qu’il y a possibilité de tirer un grand avantage de ce produit ailleurs que dans le midi de la France et de l’Europe, décerne à M. Grelley une médaille de bronze.
- S 8. CONSERVATION DU HOUBLON.
- M. Payen, rapporteur.
- Médaille M. Eugène -• Nicolas LORENTZ, brasseur à Nancy le bronze. (Meurthe).
- Il a exposé un bloc de houblon comprimé, emballé dans du fil de fer, et présentant un cube de 3o centimètres environ.
- La récolte, le séchage, la conservation du houblon peuvent assurer le succès de la culture de cette plante en France. Ces opérations ont une importance réelle.
- Le procédé mis en usage par M. Lorentz consiste surtout dans une pression énergique et un emballage en fil de fer, qui maintient les blocs pressés.
- C’est un des meilleurs moyens qu’on puisse employer, et M. Lo-rentz, en commençant à le mettre en pratique, s’est rendu digne de la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- CHAPITRE TROISIÈME.
- r DIVISION.
- MACHINES ET INSTRUMENTS SERVANT A L’AGRICULTURE.
- M. E. Moll, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Jusqu’en 184g, les expositions quinquennales étaient exclusivement industrielles. L’agriculture n’y était représentée que*
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- par quelques machines admises et appréciées plutôt au point de vue de leur mérite mécanique que pour leur utilité agricole. En présence de l’influence heureuse et si puissante exercée, par ces fêtes solennelles, sur les branches qui étaient appelées à y prendre part, le Gouvernement a eu la bonne pensée de faire cesser cette exclusion qui pesait sur la première de nos industries; il a voulu que l’exposition de cette année fût eu même temps agricole et industrielle, que l’agri-cullure y fût représenlée, non plus seulement par ses machines et outils, mais par ses bestiaux, ses produits de toute espèce, et pût même participer aux récompensés en dehors de ce qu’elle exposait, par ses fermes, ses exploitations, en un mot, par l’ensemble des éléments de production sur lesquels elle opère.
- Grâce lui soit rendue; l’expérience de cette année est décisive et portera fruit. Impossible dorénavant de repousser la grande industrie champêtre de ces solennels concours, car elle a noblement répondu au généreux appel du Gouvernement, malgré tout ce que les circonstances politiques, commerciales et sanitaires avaient de.fâcheux, malgré les difficultés inhérentes à une première tentative de ce genre.
- 11 sera donné ailleurs le chiffre des agriculteurs qui ont pris part au concours pour leurs exploitations, leurs bestiaux, leurs produits quelconques. Qu’il suffise ici du rapprochement suivant pour justifier l’assertion énoncée plus haut : les exposants de machines agricoles (sans compter ceux des machines horticoles et viticoles) étaient, en i844, au nombre de 62; en 1849, ce nombre atteignait 128.
- Pourquoi faut-il, après cette comparaison si satisfaisante, constater de nouveau le fait pénible, le fait humiliant de notre, infériorité à l’égard des autres branches industrielles pour tout ce qui est extérieur, pour tout ce qui est apparent, pour tout ce qui à le privilège de frapper les regards et d’attirer la foule ? Le beau, sur cette pauvre terre, serait-il décidément en raison inverse du bon? On serait tenté de le croire en voyant l’admiration qui s’adresse à l’œuvre stérile de l’art, et le dé-
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- dain ou, du moins, l’indifférence que recueille celle noble machine, emblème de la véritable civilisation, condition première de cette production de 2 milliards et demi de valeur, en céréales seulement, que fournit annuellement le sol de la France.
- Sous ce rapport, disons-le, la réunion sur un même point des produits de l’agriculture et de ceux de l’industrie, est peut-être fatale aux premiers. L’agriculture est et sera toujours éclipsée par ce rapprochement. C’est en vain que l’on évoquera ce chiffre de 6 milliards qui représente la valeur de sa production annuelle, cet autre chiffre de 26 millions qui se rapporte au nombre des travailleurs qu’elle occupe et fait vivre, ces considérations si puissantes de moralité, de force, de stabilité et de patriotisme, qui militent en faveur de cette intéressante population rurale ; tout cela ne prêtera pas aux modestes épis de blé l’éclat et le prestige nécessaire pour lutter contre les brillants produits de l’industrie, aux grossières machines aratoires la faculté de soutenir la comparaison avec ces admirables engins de la métallurgie, de la construction , du tissage, de la locomotion qui semblent participer de l’intelligence de ceux qui les ont inventés, tant il y a de puissance et de délicatesse, de complications et de simplicité dans le merveilleux Iravail qu’ils accomplissent.
- L’agriculture a-t-elle assez pénétré dans nos mœurs pour que des expositions uniquement agricoles, telles qu’on en a fait en Belgique, qu’on en fait annuellement en Angleterre, eussent le privilège d’attirer l’attention et l’intérêt du public?
- L’expérience pourrait seule résoudre cette question d’une manière certaine. Toutefois, disons-le avec regret, les probabilités sont pour la négative.
- La France, essentiellement agricole par la nature de son magnifique territoire, par son organisation sociale, ses intérêts et ses antécédents, la France, qui ne peut éviter le bouleversement social dont on la menace qu’en marchant résolument dans cette voie, en donnant chaque jour plus de prédominance à l’élément rural, en utilisant, au profit des classes
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- pauvres, les immenses ressources, encore improductives, que lui offre son sol, la France, c’est-à-dire la partie éclairée, pensante et influente de la nation, semble n’avoir aucune sympathie réelle pour l’agriculture. Par goût, elle est militaire, artistique, littéraire; par raison, elle s’est faite industrielle et commerçante; aucun motif ne paraît encore avoir pu l’engager à devenir sérieusement agricole.
- Cet étrange et fâcheux antagonisme entre les goûts et les intérêts du pays, entre le bras qui agit et la pensée qui devrait le diriger, cet antagonisme, résultat de la plus singulière, de la plus étonnante erreur en matière d’instruction publique, va, sans doute, s’affaiblissant chaque jour davantage, et doit disparaître, enfin, devant la loi de fer de la nécessité; mais jusque là, jusqu’à cette transformation complète dans nos mœurs, il faut que l’agriculture se résigne à accepter l’hospitalité de sa sœur, l’industrie manufacturière, aux grandes expositions quinquennales.
- Nous venons de mentionner le progrès dans le nombre des exposants de machines aratoires.
- Y a-t-il également eu progrès pour le mérite, pour la valeur des objets exposés? On répondrait non! s’il fallait s’en rapporter à l’impression que paraît avoir produite la vue de ces objets sur plusieurs agronomes, tant Français qu’étrangers, qui, par la connaissance qu’ils ont de l’état des choses, sous ce rapport, dans les pays voisins, étaient à même de comparer.
- Il leur a semblé que, pour la mécanique agricole, nous étions encore de trente ans en arrière de l’Angleterre. Dans une aussi grave question, il faut se garder des jugements à première vue; un examen approfondi, une étude sérieuse, s’appliquant également à-l’un et à l’autre des termes de comparaison, peuvent seuls permettre de se faire unç opinion vraie. Heureusement que cette étude est aujourd’hui facile. Grâces aux relations suivies qui existent entre la France et l’Angleterre, grâces aux nombreuses publications .agronomiques qui nous parviennent de' ce dernier pays, et que la
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- connaissance, chaque jour plus répandue, de la langue anglaise nous permet d’utiliser, sous sommes en mesure d’établir des comparaisons exactes.
- Ce n’est pas ici le lieu de traiter cette question à fond. Mentionnons cependant quelques, points qu’il est utile de signaler à l’attention du pays.
- La prédominance de la grande culture, le haut prix de la main-d’œuvre et des produits agricoles, et jusqu’au climat généralement si variable en Angleterre, y ont depuis longtemps poussé à la construction des machines aratoires puissantes, propres à activer le travail cultural et à économiser les bras. Cette tendance, favorisée par le bas prix du fer, a eu pour résultat, dans ce pays, d’attirer les deux grands éléments de progrès, intelligences et capitaux, vers la fabrication des instruments aratoires, et de donner lieu à l’établissement d’un grand nombre d’usines importantes pour ce genre d’industrie. On comprend que, sous l’empire de circonstances pareilles, l’Angleterre ait tenu et tienne encore le premier rang pour la construction des machines agricoles.
- S’en suit-il de là qu’elle nous soit, comme on l’a dit, en avance de trente ans sous ce rapport?
- Voici, en quelques mots, l’état des choses : si l’on considère l’ensemble des engins et machines de toute espèce servant à l’exploitation du sol, dans les deux pays, on ne peut sè dissimuler la grande supériorité de l’Angleterre sur la France. Nulle part, dans la première, on ne voit d’aussi mauvaises charrues que celles qu’on rencontre encore dans beaucoup de nos départements.
- Mais, si l’on compare les instruments perfectionnés, en ne prenant que ceux qui sont déjà d’un usage assez général, on trouve que, pour les outils à main, l’Angleterre nous est également supérieure; que, pour les machines plus ou moins compliquées servant à la première préparation des produits, machinés à battre, hache-pailles, coupe-racines, concasseurs, de même que pour les semoirs, les herses, les rouleaux, les exil rpatèurs, scarificateurs, houes-à-cheval et buttoirs, nous
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- sommes, à peu d’exception près, au niveau de notre voisine; enfin, que pour l’instrument aratoire par excellence, pour la charrue, nous avons sur elle une supériorité incontestable, au point de vue de la force nécessaire, et surtout au point de vue de la qualité du travail.
- Cette assertion est tellement opposée, non-seulement à l’opinion générale, mais encore à l’impression que laisse une comparaison superficielle, qu’elle ne peut manquer d’étonner. Hâtons-nous d’ajouter quelle se fonde s.ur de nombreuses expériences comparatives, faites dans des localités diverses, et dans les meilleures conditions pour arriver à des résultats d’une rigoureuse exactitude.
- Un fait significatif vient, du reste, la confirmer : dans aucun pays du continent où l’on a importé des charrues anglaises, celles-ci n’ont été adoptées telles quelles. Partput on leur a fait subir des modifications plus ou moins grandes, qui en ont généralement changé le caractère, tandis que machines à battre, semoirs, scarificateurs, rouleaux, etc., étaient reçus et copiés sans changement ou avec des changements minimes.
- Les instruments aratoires, en général, et les charrues, en particulier, sont en Angleterre d’une forme plus élégante, plus gracieuse qu’en France. Celte circonstance, qui expliquerait jusqu’à un certain point l’idée qu’on se fait de prime à bord de leur supériorité, tient en partie à un trait caractéristique des Anglais, trait qu’ils ont de commun avec les Hollandais, le besoin d’embellir tout ce qui leur est utile, de faire concourir la forme, l’idéal, l’art, en un mot, à augmenter encore la valeur clés objets qui en ont déjà une grande par les services qu’ils rendent. C’est ce même sentiment qui fait transformer les chaumières anglaises en frais et riants cottages, et les moulins à vent de la Nord-Hollande en autant de pittoresques fabriques aux éclatantes couleurs. Elle tient encore à ce fait, que le fer y est bien plus prodigué qu’en France dans la construction de ces machines, et qu’il en constitue même fréquemment la seule matière, cVoù résulte
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- naturellement qu’on peut rendre les diverses parties de ces instruments moins massives et moins lourdes sans en diminuer la solidité.
- Cette substitution du fer au bois, qui a pareillement été adoptée par plusieurs de nos constructeurs, convient-elle aux conditions particulières où nous nous trouvons? De bons esprits penchent pour la négative, se fondant sur ce double fait que le fer est plus cher en France qu’en Angleterre, et qu’ensuite les instruments tout en fer ne sauraient presque jamais être réparés par les simples ouvriers de villages.
- Les constructeurs habiles et les ateliers importants sont encore effectivement trop peu nombreux en France. C’est déjà beaucoup, avec la lenteur et le haut prix des transports, quand un agriculteur se décide à faire venir une machine de loin. Il y renoncerait, quelque utile quelle lui fût, si elle ne pouvait être réparée que dans la fabrique même.
- Sous ce rapport comme sous tant d’autres, les chemins de fer seront d’une immense utilité pour l’agriculture, s’ils veulent bien favoriser celle-ci de tarifs modérés.
- Ce qui vient d’être dit sur la valeur comparative de nos instruments aratoires n’aurait probablement pu letre en i844. Nous étions alors plus arriérés, relativement à nos voisins, que nous ne le sommes aujourd’hui.
- Si l’exposition de 1849 nous a montré encore quelques constructeurs se traînant dans l’ornière, d’autres essayant d’en sortir, mais par une voie mauvaise, cent fois essayée et toujours abandonnée, nous n’en pouvons pas moins constater un grand et sérieux progrès accompli dans les cinq dernières années. Disons même qu’à aucune époque le mouvement vers les améliorations ne s’était manifesté d’une manière aussi sensible dans la construction des instruments aratoires, et que ce mouvement ne se borne pas aux fabriques importantes, mais s’étend également aux simples ateliers de villages.
- Ajoutons que c’est à peu près exclusivement à l’influence de cette grande culture, si calomniée dans plusieurs circons-
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- tances.£t malheureusement si peu répandue chez nous, qu’est due cette heureuse impulsion.
- Ce mouvement se généraliserait, on éviterait ces essais avortés, ces inventions à nouveau de systèmes défectueux, si toutes nos sociétés d’agricullure et nos comices, imitant ce qui s’est fait avec tant de succès dans plusieurs villes, à Rouen, à Toulouse, à Clermont (Oise), créaient, aux chefs-lieux, des musées agricoles renfermant, avec les modèles des meilleurs instruments perfectionnés, ceux de quelques machines proposées pour des circonstances analogues à celles où se trouve la localité, machines dont l’expérience aurait démontré les imperfections.
- Des publications à bon marché, avec de bonnes gravures sur bois, seraient encore d’une utilité réelle pour combattre, sous ce rapport, le grand obstacle qui s’oppose à l’avancement de notre agriculture, l’ignorance des travailleurs, l’absence ou du moiûs la pénurie de guides sûrs et éclairés dans lesquels ils aient confiance.
- Terminons ces considérations par quelques mots : les bons instruments aratoires, qui sont le moyen le plus puissant qu’ait la grande culture pour soutenir la concurrence avec la petite, et, par conséquent, pour se maintenir à. côté de celle-ci et conserver au pays ce mélange de grandes et petites exploitations qui réalise les conditions incontestablement les les plus avantageuses à une nation , les bons instruments aratoires sont indispensables au progrès de la petite comme de la grande culture; car, s’ils économisent la main-d’œuvre dans la grande, ils facilitent, activent et perfectionnent le travail dans la petite. Ils sont, non pas la seule, mais une des principales conditions pour la solution de ce double problème qui touche à la prospérité, à la grandeur, à l’existence même de la France : l’abaissement du prix de revient des denrées agricoles; l’accroissement de production de ces denrées en raison de l’accroissement constant de la population. Enoncer ces problèmes, c’est en signaler l’immense gravité; ajouter que l’agriculture seule peut les résoudre serait suffi-
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- saut pour constater l’importance de cette grande et. noble industrie et son action décisive sur les destinées du pays.
- S 1. —ATELIERS DE CONSTRUCTION, INSTRUMENTS ARATOIRES,
- CHARRUES.
- Médailles Denis-Louis LAURENT, fabricant d’instruments ara-
- d or.
- loir es j rue de Lancrÿ, n° 20, à Paris.
- Il a exposé : i° une machine à battre le blé de la force de 4 chevaux; 2° une machine à battre à bras de la force de 2 hommes; 3° un rouleau, système Krosskhill; 4° un hache-paille de la force d’un cheval; 5° un hache-paille à bras; 6°un coupe-racines; 70 une charrue de défrichement, sv s tènïe Moll; 8° deux charrues ordinaires
- K,
- offrant des applications différentes du même système; 90 une charrue sous-sol tout en fer; io° une charrue fouilleuse; 11* une charrue Rosé; 120 un butloir; i3° un râteau ramasseur, achevai; i4° une machine pour faire les tuyaux d’assainissement (drainage).
- La maison Laurent, ancienne maison Rosé et Laurent, a toujours tenu un rang distingué parmi nos fabricants d’instruments aratoires, et, en i844, elle obtenait déjà une médaille d’argent. Mais, depuis plusieurs années, elle s’est placée tout à fait hors ligne, à un point de vue fort important. Parmi les fabricants français, M. Laurent est peut être celui qui a le plus fait pour introduire en France les meilleurs instruments aratoires de l’étranger, surtout de l’Anglelérre, et en-doter notre agriculture. 11 n’a ‘reculé, dans ce but, devant aucun sacrifice. C’est ainsi qu’il a enrichi notre agriculture de 1?excellente machine à battre de Ransome, du rouleau Krosskhill, de la charrue sous-sol de Smith , de la charrue fouil-leuse, du râteau achevai de Grant, enfin de la machine à tuyaux d’assainissement d’Ainslie. Mais il ne s’est pas borné à copier ces instruments, il les a presque tous perfectionnés et rendus ,plus appropriés aux conditions ordinaires dans lesquelles opère notre agri-cullure. C’est ce qui explique la ‘différence dans l’usage qu’on remarque entre les instrümênts venus directement d’Angleterre et les mêmes instruments sortis des ateliers de M. Laurent. Le même esprit de progrès lui a fait également adopter et‘exécuter toutes "les bonnes idées qui lui étaient communiquées, et les agriculteurs'qui s’occupent de l’amélioration des instruments aratoires n’ont trouvé
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- nulle part un meilleur accueil, plus d’empressement et un concours plus efficace que chez lui.
- Ses tendances en faveur des innoyations utiles ne lui ont pas fait négliger les machines qu’il fabrique depuis longtemps, et dont une longue expérience a sanctionné l’usage. Ses hache-paille, ses coupe-racines sont excellents; son buttoirestle meilleur que nous possédions, et le support Rosé, fort utile déjà dans beaucoup de circonstances , a reçu de lui des modifications qui remédient aux seuls inconvénients qu’il présentait dans certains cas.
- En présence de titres aussi bien établis, le jury décerne à M. Laurent la médaille d’or.
- M. A. N. CAMBRAY, mécanicien, constructeur d’instruments aratoires.
- Il a exposé : i° une machine à broyer les fruits à cidre; 2° un concasseur spécialement destiné aux féveroles et au maïs; 3° un autre concasseur pour toute espèce de grains destinés à la nourriture du bétail et pour la drèche des brasseurs ; 4° un coupe-racines ; 5° une râpe à pommes de terre; 6° une machine à broyer la graine de lin et de moutarde; 70 un tarare; 8° un moulin à bras; 90 un hache-paille à tambour; io° une machine à charger les sacs.
- Aucune de ces machines n’est nouvelle; mais toutes sont bien exécutées, d, uu 'bon usage et d’un prix modéré. Plusieurs ont reçu des perfectionnements qui en accroissent l’utilité. Il en est ainsi du grillage placé dans la trémie du coupe-i'acines, et qui sert à la sortie de la terre;et des pierres; du troisième cylindre ajouté au concasseur à féveroles, lequel cylindre commence l’opération et prépare «les grains à subir l’action des deux cylindres placés au-dessous; du troisième cylindre également «ajouté au moulin à cidre, et placé de façon à faire l’office d’une seconde paire de cylindres,.etc.
- Quant à la.machine à charger les sacs, on ne peut que l’approuver, tant au point de vue de l’exécution qu’au,point de vue des services qu’elle rend, services modestes, mais dignes d’intérêt, car ils touchent à la santé des ouvriers.
- M. Cambray ne borne pas sa fabrication aux «machines qui viennent d’être mentionnées ; il fait également des machines /à battre, des bluteries, diexcellentes machines à égrener le maïsenfin tousdes instruments aratoires proprement dits. Ses houes à cheval et se.s rayonneurs ont été lespremières.'bonnes machines de ce genre
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- qu’on ait fabriquées en France. Sa maison est une clés plus anciennes de Paris, et il a su lui conserver sa réputation méritée et son importante clientèle. Honoré à l’exposition de i834 de la médaille d’argent, en i83g d’un rappel de cette médaille, en 1844 cl’une nouvelle médaille, il a acquis tous les titres désirables à la médaille d’or, que le jury lui décerne.
- M. Jean-Jules BODIN, directeur de la ferme-école des Trois-Croix, près Rennes (Ille-et-Vilaine).
- Il a exposé : i° un grand hache-paille et hache-ajoncs; 2° une herse à couvrir; 3° trois charrues de diverses grandeurs; à° douze boulons servant à la construction des charrues.
- Ces instruments ne sont pas nouveaux; mais ils sont remarquablement bien exécutés, d’une solidité à toute épreuve et cl’un prix très-modéré.
- Le hache-paille est dans le système Dombasle, c’est-à-dire que les lames sont sur les croisières du volant. Il est disposé de façon à pouvoir couper la paille à différentes longueurs, ainsi que l’ajonc ( ulex europæas), celte plante si précieuse pour la nourriture d’hiver des bestiaux en Bretagne, mais dont la préparation parles moyens ordinaires (en la pilant et l’écrasant à bras) offre des difficultés telles, que son emploi devient fort coûteux dans la petite culture et presque impossible dans la grande. Avec l’instrument de M. Bodin, qui marche, soit à bras, soit avec un manège, cette préparation n’est guère plus difficile que le simple coupage de la paille. Le prix de ce hache-paille est de 175 francs,
- La herse à couvrir} imitée de celle de M. Lebachellé, et qui tient le milieu entre la herse ordinaire et le scarificateur de grande dimension, est un bon instrument, très-propre non-seulement aux recouvrailles, mais encore à la préparation du sol partout où un effet très-énergique n’est pas indispensable. Il ne laisserait rien à désirer s’il avait deux supports mobiles, patins ou roulettes, par derrière, comme les autres scarificateurs.
- Les trois araires (un petit, un moyen et un araire renforcé pour défrichement) sont établis sur le système Dombasle : soc américain, versoir en fonte présentant une surface concavo-convexe analogue à celle des derniers versoirs de Roville, âge courbe, etc. Ils offrent néanmoins plusieurs particularités, parmi lesquelles il faut citer,
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- avant tout, la prolongation de l’extrémité postérieure de l’age, prolongation qui offre le moyen le plus simple, le moins coûteux d’accroître la longueur des mancherons, c’est-à-dire du bras du levier sur lequel agit l’homme, sans en diminuer la force, ou sans être obligé d’en augmenter la grosseur. M. Bodin, en remédiant ainsi à ce défaut si grave que présentent presque tous nos araires, a notablement facilité l’introduction de ce genre de charrues dans les contrées de la Bretagne où il n’était pas en usage.
- Ancien élève de Grignon, M. Bodin a établi auprès de Rennes la première ferme-école qui se soit créée en France. Par ses excellentes leçons, par son exemple, et, enfin, par son importante fabrique d’instruments aratoires, il a exercé sur l’agriculture du département d’Ille-et-Vilaine et des contrées voisines la plus heureuse influence. M. Bodin, à l’exposition de i844,a obtenu une médaille d’argent. Depuis, sa fabrique a pris une très-grande extension : presque tous les instruments qui s’y construisent ont reçu des perfectionnements plus ou moins notables-, le prix en a été réduit. Enfin, à la construction des machines aratoires proprement dites, il a joint celle de tarares et de machines à battre dans le genre des machines Honyau. Le jury décerne à M. Bodin la médaille d’or.
- M. Louis LEBERT, mécanicien, constructeur d’instruments aratoires à Pont-sous-Gallardon (Eure-et-Loir).
- Il a exposé : x° une machine à battre les grains; 2° une machine à égrener le trèfle; 3° un semoir à cheval; 4° six charrues de différents modèles.
- L’établissement de M. Lebert, qui paraît être depuis plusieurs siècles dans cette même famille, a pris, surtout à partir de i84o, sous l’intelligente direction du propriétaire actuel, un développement remarquable qui lui assigne un rang distingué parmi les premiers établissements de ce genre qui existent en France.
- Le succès de M. Lebert dans ce pays de Beauce, en généi’al si peu accessible aux innovations, surtout en fait d’instruments aratoires, lient en grande partie au système qu’il a suivi pour ces instruments spécialement, système excellent lorsqu’on travaille pour une localité déterminée : il s’est attaché moins à introduire des modèles nouveaux de l’étranger qu’à perfectionner les machines de là contrée même, tout en leur conservant, autant que possible, le
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- cachet particulier et les principales dispositions auxquels les cultivateurs sont habitués. Il faut ajouter qu’une connaissance approfondie de l’agriculture du pays, de la nature des terres et de la nature des travaux à exécuter, ainsi qu’une habileté réelle dans l’emploi et le maniement des diverses machines qu’il fabrique, lui ont été d’un grand secours dans cette circonstance.
- Les six charrues qu’il expose tiennent toutes plus ou moins du type de la charrue de Beauce, du moins un laboureur beauceron n’en repousserait probablement aucune. Cependant toutes offrent entre elles des différences notables, tant pour la transmission du tirage que pour les moyens de régulation et pour le corps, soc et versoir. Chacune de ces charrues -a une destination spéciale et convient plus particulièrement à un certain genre de labour, à une certaine nature de sol. Trois de ces instruments sont des araires. Mais l’habile constructeur, connaissant l’extrême répugnance des cultivateurs beaucerons à se servir de l’araire simple, les a munis de supports, tous trois établis sur des systèmes différents, et tous trois si rationnellement combinés qu’il serait difficile de décider lequel est le meilleur. On peut en dire autant des avant-trains des trois autres charrues : l’une d’elles, connue sous le nom de charrue-fourche„ et qui a déjà figuré, mais avec quelques perfectionnements de moins, à l’exposition de i844, présente à l’arrière une disposition ingénieuse au moyen de laquelle on peut, à volonté, remuer le fond de la raie sans en ramener la terre à la surface.
- Le semoir est un semoir à cuillères faisant 5 raies dont l’écartement peut varier dans certaines limites. Il est traîné par un cheval et n’offre rien de remarquable, si ce n’est une exécution parfaite.
- Tous ces instruments ont été l’objet de récompenses multipliées dans les divers concours du pays ( 20 médailles d’or et d’argent).
- La machine à battre a été établie pareillement en vue de satisfaire les habitudes des cultivateurs beaucerons, qui tiennent beaucoup à ce que la paille ne soit ni brisée ni même mêlée. Aussi est-elle construite sur le système dit en travers. En portant à om,90 le diamètre du tambour-batteur armé de 16 barres, et à 23o le nombre de tou r3 que fait ce tambour par minute, en remplaçant la surface cannelée concave .par .uneiclaire-voie à travers laquelle s’échappe le grain, en supprimant le secoueur ou la toile sans fin dont un simple plan incliné remplit les fonctions sans dépense de force, enfin grâce à la bonne exécution des engrenages et aux galets de
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- grande dimension sur lesquels tournent les tourillons du tambour ,
- M. Lebert est parvenu à faire disparaître une partie des principaux défauts de ce système. Sa machine peut être considérée comme une des meilleures machines en travers que nous possédions.
- Quant à la machine pour égrener le trèfle, les expériences auxquelles la commission a pu se livrer dans l’établissement de MM. Derosnë et Cail, et avec l’habile concours de M. Grabit, lui font penser qu’elle résout enfin le problème si longtemps étudié, si imparfaitement résolu jusqu’à ce jour , de l’extraction complète de la graine de trèfle sans qu’aucun grain soit écrasé et avec une dépense comparativement minime de force. Celte machine, dont l’organe principal est un tambour à 18 barres garnies extérieurement de tôle piquée, lequel tambour se meut dans une enveloppe également doublée de tôle piquée sur une partie de sa surface intérieure et formée par un grillage en toile métallique sur le reste, cette machine coûte de 7b à 35o francs, suivant les dimensions et les pièces accessoires. Elle est mue, soit par un cheval, soit par un ou deux hommes. Avec cette dernière force, elle bat de 8 à 1 o kilos de graine à l’heure.
- Le jury, appréciant les améliorations apportées par M. Lebert à la construction des instruments et machines aratoires de la Beauce et du Perche, et les services qu’il a rendus ainsi à l’agriculture de celte riche contrée, lui décerne la médaille d’or.
- M. DE LENTILHAC aîné, directeur de la ferme école Rappel de Sallegourde (Dordogne). médailles
- d’argent.
- Il a exposé deux charrues. La première est un petit araire dans le genre de ceux qu’il a‘déjà ‘exposés en -r844, c’est-à-dire sur système américain modifié. La seconde est ‘une charrue à‘soc et ver-. soir semblables, mais montée sur avant-train ‘beauceron. L’adop'tion de cet avant-train par l’habile ‘directeur de Sallegourde,'de préférence à tant d’autres-meilleurs et moins chers, tient sans doute à des circonstances particulières que le jury n’est pas à-même d’apprécier. Quant ëux autres parties de ces instruments, il ne pour--rait;qüeJrépéter ce 'qu’il !en a1 dit en u844- Il peut néanmoins ajouter que,‘grâce 'an‘bas prix el-à da bonne construction des araires livrés par la fabrique de Sallegourde;,'ces instruments-s.e 'sont ré- • pandüs-en-grand'nombre dans le pays et y-ont remplacé, au grand avantage de l’agriculture, les antiques et défectueux araires, en
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- Médailles
- d’argent.
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- usage dans toute cette partie du Midi. Aussi n’hésite-t-il pas à accorder à M. de Lentilhac le rappel de la médaille d’argent qui lui avait été décernée en i844-
- M. Armand BAZIN fils, agriculteur et directeur de la fabrique d’instruments aratoires, au Mesnii-Saint-Firmin (Oise.)
- Il a exposé une charrue et un fouilleur.
- La charrue est l’âraire brabançon, mais notablement modifié. Le soc est en fonte et d’une forme particulière. Une lame tranchante en fer aciéré est rapportée avec des boulons sur le bord inférieur. Le versoir est une plaque de tôle courbée sur une matrice et offrant une surface qui paraît se rapprocher des surfaces réglées, et qui doit, par conséquent, offrir peu de résistance au glissement de la bande de terre.
- Le patin belge a été maintenu. Mais l’ancien régulateur a été remplacé par le régulateur Dombasle.
- Ainsi modifié, cet instrument est incontestablement supérieur à la charrue qui en a été l,e modèle, non-seulement pour le travail et la facilité cle conduite, mais aussi pour la simplicité de la construction.
- Le fouilleur a pour but d’ameublir le sous-sol, sans le ramener à la surface; il remplit, par conséquent, les fonctions des charrues sous sol et marche, comme celles-ci, derrière une charrue ordinaire, en entamant et en remuant le fond de la raie ouverte par cette dernière. Il se compose d’un âge élargi, postérieurement, en un plateau sur lequel sont fixées solidement 3 fortes dents de scarificateurs, disposées en triangle. Un patin, un régulateur et deux mancherons complètent cet instrument, quia, sur les charrues sous-sol, l’avantage d’être meilleur marché et de n’exiger qu’un attelage ordinaire, et sur le fouilleur anglais à 4 roues, celui d’une grande supériorité de travail.
- Tout en regrettant que M. Bazin n’ait pas également exposé l’excellent scarificateur et surtout l’ingénieuse houe à cheval à trois lignes qu’il construit et emploie dans le magnifique établissement qu’il dirige avec son père, le jury, en raison de ses beaux et utiles travaux et du mérite qu’il reconnaît à ses instruments, lui décerne une médaille d’argent.
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- M. Amédée TURCK, directeur de l’institut agricole de Sainte-Geneviève, près Nancy (Meurthe).
- 11 a exposé une charrue Grangé perfectionnée et un instrument nouveau qu’il appelle râteau-niveleur.
- La première est une des plus ingénieuses et des meilleures parmi les nombreuses applications qu’on a faites du système Grangé. Quoique d’un mécanisme moins compliqué que d’autres, cette charrue présente cependant toutes les dispositions nécessaires pour faire varier le travail à volonté. On peut même lui rendre, jusqu’à un certain point, la mobilité des charrues ordinaires.
- Quant au râteau-niveleur, c’est un instrument nouveau qui, au moyen de certaines modifications, peut faire successivement les fonctions de râteau pour les pierres et les galets, de niveleur pour les champs et les prés, de scarificateur, d’extirpateur et de rayon-neur. Il consiste en un âge, disposé de façon à être relié à un avant-train Dombasles, et sur l’extrémité postérieure duquel est fixée une forte traverse courbe formant une portion de cercle et dont le rayon serait l’age. Elle est consolidée par deux montants qui partent de ses extrémités et viennent s’encastrer dans l’age, à moitié longueur de ce dernier. Le châssis forme aussi un triangle à base circulaire. C’est sur cette traverse courbe, munie de deux mancherons, que sont fixées, à omi4 les unes des autres, onze fortes dents de scarificateurs, lorsque l’instrument doit fonctionner comme râteau.
- On conçoit, en effet, que, placées à une aussi faible distance, et sur une seule ligne, ces dents qui, par leur forme, ont une forte tendance à pénétrer en terre, doivent nécessairement ramasser et pousser devant elles les pierres d’un certain volume et les racines qui se trouvent dans l’épaisseur de la couche remuée par l’instrument. En fixant, devant la ligne de dents, une feuille de forte tôle, qui laisse passer la pointe des dents de omo8 environ, on transforme l’instrument en niveleur, lorsqu’il s’agit d’aplanir de faibles inégalités, rapprochées les unes des autres, dans un terrain préalablement remué.
- Pour faire de cette machine un excellent scarificateur, on retranche, de la traverse courbe, une dent sur deux qu’on répartit sur les montants et sur l’âge, qui, à cet effet, sont percés de trous destinés à les recevoir. Pour en faire un extirpateur, on rem-
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- place les dents par des pieds d’extirpateur, en nombre proportionnel à la largeur dès socs, et qu’on distribue d’une manière régulière sur la traverse, les montants et l’age. Enfin, on a un rayonneur en plaçant sur la traverse deux, trois ou quatre pieds de rayouneur, suivant la distance qu’on veut laisser entre les rayons.
- M. Turck a déjà reçu, en i844, une médaille d’argent pour deux instruments nouveaux et fort ingénieux. Le jury, reconnaissant la valeur des deux instruments qu’il vient d’exposer, surtout du dernier, décerne à cet habile et intelligent agriculteur une nouvelle médaille d’argent.
- M. DECK aîné, constructeur d’instruments aratoires et d’appareils de meunerie, à Fécamp (Seine-Inférieure).
- 11 a exposé : r° un appareil de nettoyage des blés pour moulins, 2° un scarificateur, 3° un rayonneur.
- L’appareil de nettoyage se compose de 3 cylindres en tôle percée, placés horizontalement et superposés les uns aux autres. Tous sont mus par une force qu’on évalue à 1/2 ou 3/4 cheval. Le cylindre supérieur en contient un second, qui sert d’émotteur et reçoit le grain, lequel, tombé dans le cylindre extérieur, se sépare en deux portions : le petit grain passe au travers et se dégage par une espèce de tuyau de descente, tandis que le bon grain passe dans le cylindre du milieu, garni de battes servant à détacher la terre qui pourrait être adhérente au grain; enfin celui-ci, tombant dans le cylindre inférieur, y est soumis à l’action énergique de brosses et y arrive à l’état de propreté parfaite. Cet appareil se distingue par son prix modéré (800 à 1,000 francs ), par la perfection du travail qu’il opère, et surtout par le peu d’espace qu’il exige. 11 nettoie de 6 à 7 mille kilogrammes de blé par 24 heures. C’est l’appareil Gaume, mais notablement perfectionné.
- Le scarificateur est monté sur un châssis triangulaire en bois garni de bandes de fonte. Les dents sont d’une bonne forme et convenablement distribuées. Cet instrument, qui fonctionne comme les autres scarificateurs, présente cette particularité, que, tout en marchant,' le conducteur peut en faire varier l’entrure au moyen d’une crémaillère de forme demi-circulaire, placée en excentrique sur l’axe coudé des roues de derrière et mue par un levier en fer.
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- Le rayonnear, malgré son ancien nom, est un instrument nouveau. Il a un châssis et une monture semblables à ceux du scarificateur; mais, au lieu de dents, il porte sur la traverse postérieure deux rangées de petits buttoirs en fonte, placés de façon à ce qu’aucune partie du sol ne reste intacte, sans cependant qu’il y ait engorgement. Cet instrument met toute la surface en petites rigoles de om,o6 à om, 12 de profondeur, et distantes de om,23 de centre à centre les unes des autres. On sème à la volée sur le terrain ainsi préparé. La semence se rassemble au fond des rayons, et, en faisant passer ensuite en travers une herse qui rabat les buttes, on la recouvre d’une manière parfaitement régulière. Ceux qui connaissent les inconvénients du recouvrage ordinaire à la herse, surtout dans les terrains motteux, ne douteront pas de l’utilité de cet instrument, qui, de plus, par l’enlèvement d’un pied ou buttoir sur deux, ou de deux sur trois, devient un excellent rayonneur pour les récoltes sarclées qu’on sème ou plante en lignes espacées.
- M. Deck a encore exposé deux houes à cheval pour cultures à plat et pour cultures buttées, lesquelles houes peuvent être rangées dans le petit nombre des bonnes houes que nous possédons.
- Tous ces instruments sont solides et bien exécutés. Ils indiquent chez l’auteur non-seulement des connaissances en mécanique, mais encore des connaissances en agriculture. Le jury décerne à M. Deck la médaille d’argent.
- M. Jean-Baptiste HUSSON, agriculteur à Haussonville (Meurthe).
- 11 a exposé: i° un faneur mécanique, 2° un râteau-amasseur, 3° un râteau-ratisseur , 4° un rigoleur; 5° un manège pour exercer les poulains , 6° un modèle de fosse à purin.
- Le premier de ces instruments se rapproche, quant à l’ensemble du mécanisme, du faneur de Robert Salmon. C’est également un râteau circulaire porté sur deux roues, formé de barres armées de dents qui sont fixées sur des cercles en fer dont l’axe commun reçoit, par engrenage, son mouvement de l’une des roues. Mais là s’arrête l’analogie. Les barres sont ici d’une seule pièce, doubles pour chaque rangée de dents ; elles posent directement sur les cercles , et non sur des montants articulés munis de ressorts ; elles sont, par conséquent, fixes. En revanche, les dents, qui sont en bois, étant attachées, non plus sur les barres, mais sur deux lanières
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- (ou cordes tordues) parallèles, non-seulement chaque ligne de dents, mais même chaque dent isolément est mobile, et cède facilement devant les petites saillies du terrain. Cette circonstance, jointe à la forme et à la direction des dents, permet de baisser assez l’instrument, même dans les prés à surface peu unie, pour qu’aucune portion du foin n’échappe à son action, sans qu’on ait à craindre que les dents pénètrent dans le sol et se brisent ou du moins ramènent de la terre et la mêlent au foin. L’expérience de plusieurs années, chez divers agriculteurs des environs de Nancy, a prouvé que cette machine réunissait toutes les conditions désirables de solidité, de simplicité, de bon marché et de bonne exécution du travail. On peut la considérer comme une simplification et un perfectionnement notables delà machine de Saîmon, la meilleure que l’on connût jusqu’à présent.
- Le râteaa-amassear et le râteau-ratissear sont des instruments à bras, simples, peu coûteux, de nature à rendre plus facile et plus prompt le travail auquel ils sont destinés, et qui, avec le faneur, complètent les moyens mécaniques servant à l’importante opération de la fenaison.
- Le rigoleur est une espèce d’araire, mais destiné à marcher habituellement avec l’avant-train Dombasle. II a un soc ancien système, c’est-à-dire fixé sur le sep, un versoir en bois et deux coutres dont l’un, placé sur la face gauche de l’age, dans le prolongement de la gorge, l’autre sur un bras perpendiculaire à l’age et qui permet d’en régler à volonté l’écartement. La bande de gazon qu’il s’agit de déplacer pour faire une rigole est coupée verticalement à droite et à gauche par les coutres, tranchée horizontalement par le soc, et soulevée et renversée par le versoir, dont l’écartement peut être réglé à volonté. Ce dernier s’enlève, lorsqu’il s’agit d’approfondir beaucoup une rigole. L’instrument marche alors, comme la charrue sous-sol, dans la rigole ouverte dont il détache et remue la fond sans le ramener à la surface, ce qui se fait ensuite à la pelle.
- C’est, sans contredit, un des meilleurs rigoleurs connus.
- Le manège à poulains a beaucoup d’analogie avec le manège à corde de M. de Valcourt. Comme celui-ci, il a un grand nombre de bras reliés entre eux par des traverses-, mais l’emploi en diffère. A l’extrémité de chaque bras on attache un poulain ; une guide en bois fixée à l’anneau du licou l’empêche de se jeter dans le cercle. Le plus sage de la bande est attelé à un bras plus long que les
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- autres. Un homme, placé dans le manège, le dirige au moyen de guides, et l’allure qu’il lui fait prendre règle celle des autres. Ce manège sert non-seulement à exercer simultanément un grand nombre de poulains dans un espace borné, mais” encore, jusqu’à un certain point, à les dresser. C’est un appareil essentiellement pratique, et tel qu’on devait l’attendre d’un éleveur aussi distingué que M Husson.
- On peut en dire autant de son système d’épuisement pour les fosses à purin. Il n’y a là rien de neuf, mais c’est une application rationnelle de ce qui existe ailleurs. Tous les cultivateurs qui emploient le purin savent, en effet, combien les pompes qui servent à l’élever sont onéreuses par les continuelles réparations qu’elles exigent. L’appareil à seaux de M. Husson n’a pas cet inconvénient ; il est peu coûteux, et n’est presque pas sujet aux avaries. C’est un de ces moyens simples et, en apparence, insignifiants, mais qui ont une grande valeur aux yeux du praticien, car ils facilitent et perfectionnent des travaux de tous les jours.
- Ces divers objets, fruit des observations, des recherches et des essais de M. Husson, ont tous reçu la sanction d’une longue et concluante expérience, non-seulement chez l’auteur, mais encore chez de nombreux agriculteurs, qui en ont reconnu le mérite, et se sont empressés de les adopter. Le jury est heureux, dans celte circonstance, de pouvoir joindre son suffrage aux suffrages si nombreux et si honorables qu’a déjà reçus M. Husson, de la part de ses confrères et de plusieurs comités et comices agricoles ; il lui décerne pour l’ensemble de ses machines la médaille d’argent.
- M. ANDRÉ-JEAN, propriétaire agriculteur, au château de Saint-Selves (Gironde).
- Il a exposé la charrue de défrichement qui porte son nom, une charrue double-corps du même système avec semoirs, un araire à patins et un coupe-racines.
- La charrue de M. André-Jean est bien connue. Elle a figuré aux expositions de i83q et de i844~, où elle a obtenu une médaille d’argent et un rappel de cette même médaille. Elle a fonctionné dans un grand nombre de concours, et les récompenses et les rapports dont elle a été l’objet ne laissent plus de doutes sur son incontestable mérite dans les circonstances spéciales pour lesquelles elle a été créée, c’est-à-dire dans les défrichements de landes, de marais
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- desséchés, de bois, etc. Perfectionnée encore depuis, elle est aujourd’hui , sans contredit, la meilleure charrue fixe que nous possédions. Cette rigidité de marche, et, partant, l’ingénieuse disposition de l’age triple et de l’avant-train qui distinguent celle charrue, sont-ils un avantage, même pour les labours ordinaires ? C’est ce dont il est permis de douter, et la présence de l’excellent araire à patin qu’expose également M. André-Jean prouverait que lui-même n’est pas de cet avis. Mais hâtons-nous d’ajouter que ce système s’accorde parfaitement avec la multiplicité des corps, et que nul bi ou tri-socs n’offrira plus de conditions de stabilité et de régularité de travail que la charrue double exposée par cet habile agriculteur, charrue spécialement destinée aux semailles, et munie, à cette fin, de deux semoirs fort simples qui prennent leur mouvement sur le bouge intérieur de chacune des roues. N’exigeant qu’un attelage ordinaire, et pouvant être conduite par le premier venu, celle charrue doit être précieuse dans toutes les contrées où le sol a le grave défaut de déchausser les plantes.
- Quant au coupe-racines, il est sur le système du coupe-racines de Grignon, et, quoique fait un peu grossièrement, et ayant un tambour presque cylindrique, il est de nature à rendre d’excellents services.
- Le jury, reconnaissant les habiles et constants efforts que ne cesse de faire depuis, longues années cet honorable agriculteur pour l’avancement de son art, lui décerne ici, pour les instruments signalés, une nouvelle médaille d’argent.
- M. Jean-Baptiste BONNET, cultivateur, à Rousset (Bouches-du-Rhône).
- 11 a exposé la charrue de défoncement qui porte son nom. L’utilité des défoncemenls, encore contestée dans le Nord par beaucoup de cultivateurs, est depuis longtemps reconnue dans le Midi ; car ils sont le moyen le plus puissant d’atténuer l’effet des longues et désastreuses sécheresses qui désolent ces contrées. L’impossibilité d’effectuer un labour de défoncement avec des attelages peu nombreux avait fait adopter le pelleversage, c’est-à-dire le bêchage du fond de la raie par des hommes qui suivent la charrue, creusent le fond du sillon qu’elle vient de tracer et en relèvent la terre sur la'bande renversée, méthode excellente, très-usitée en Flandre où elle est connue sous le nom de ryolîage, mais qui, malheureusement,
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- est fort coûteuse. Remédier à ce dernier et si grave inconvénient , tout en opérant le défoncemenl aussi bien que le pelleversage, tel a été le but que s’est proposé M. Bonnet, et que, le premier, il a su atteindre d’une manière complète.
- Ce n’est pas qu’on n’eut déjà fréquemment essayé de défoncer en faisant passer 3a charrue deux fois dans la même raie. Mais, en pareil cas, la charrue ordinaire, au lieu de soulever 3a terre du sous-sol et de la renverser sur la terre labourée, ne faisait que la comprimer contre celle-ci par un effet de coin, et la laissait retomber ensuite au fond de la raie. Le problème était donc d’élever la terre détachée du fond de la raie jusqu’au-dessus de la bande précédemment retournée, puis de la renverser sur celle-ci en lui faisant faire la même révolution que dans les labours ordinaires. C’est ce problème que M. Bonnet a résolu en faisant suivre le soc d’un plan cycloïdal montant, et qui, parvenu à une certaine hauteur, passe successivement à une suface hélicoïde, laquelle se débarrasse, en se retournant, de la terre qui s’était élevée jusque-là sur le plan cycloïdal.
- Simple maître-valet chez M. Isoard, propriétaire près d’Aix, M. Bonnet, en inventant sa charrue, a fait preuve d’une remarquable intelligence, et a doté l’agriculture d’un instrument qui lui manquait, qui est le complément nécessaire des charrues sous-sol; qui, enfin, a déjà rendu de grands services à notre agriculture et promet de lui en rendre de plus grands encore. Le jury décerne à cet honorable agriculteur la médaille d’argent.
- M. Jean PARDOUX,mécanicien, à Randan(Puy-de-Dôme).
- Il a exposé une charrue à avant-train pour labours en biilons, et une charrue double pour labours à plat.
- Celte dernière est sur le système des charrues dites guimbardes , inventées par M. de Dombasle. Ce sont deux corps de charrue; un verse-à-gauche et un verse-à-droite placés l’un au-dessus de l’autre et en opposition, de telle sorte que, quand 1 un pose sur terre, l’autre a le sep en l’air: La charrue Pardoux se rapproche de l’application ingénieuse qu’a faite de ce système le sièur Paris,.a Saint-Quentin; mais elle en diffère par. quelques'points essentiels: les deux corps de charrue ne sont pas fixés d’une, manière invariable sur Page, qui est ici immobile; ils n’y sont attachés que par deux boulons sur lesquels ils pivotent quand, arrivés au bout de la raie,
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- on veut changer de corps de charrue. Le changement opéré, un levier à ressort mentonnet sert à les fixer dans la position voulue. L’age, après avoir dépassé f avant-train, s’infléchit vers la terre et porte à son extrémité une tringle au bout de laqüelle est le crochet d’attelage. Cette tringle, traversant le piton d’un petit montant qui glisse dans une coulisse horizontale portée sur les armons d’avant, peut être dirigée et fixée à droite ou à gauche, suivant qu’on veut donner plus ou moins de raie. Il en résulte que le tirage s’effectue directement sur l’age, et que l’avant-train n’est qu’une espèce de support dans le genre du support Rosée, mais muni de dispositions ingénieuses pour la régularisation verticale et l’inclinaison delà charrue suivant la pente du terrain. Deux tringles, partant de l’age et aboutissant aux boîtes à coulisse de la traverse, assurent la régularité de la marche de l’avant-train. Ajoutons que la forme des socs et des versoirs est très-bonne. Au total, quoique moins solide peut-être que la charrue Paris, la charrue Pardoux est une des meilleures que nous possédions pour labours à plat.
- Quanta l’autre charrue, établie sur un système analogue, sauf un avant-train moins compliqué et l’immobilité du seul corps qu’elle porte, elle rentre, par la fixité de sa marche et par la faculté de se maintenir en raie sans le secours du laboureur, dans la catégorie des charrues Granger dont elle a tous les avantages, mais aussi tous les inconvénients. De plus, le versoir paraît être d’une forme moins heureuse que ceux de la charrue double. C’est encore, néanmoins, une très-bonne charrue, qui, dans des circonstances données, rendra des services réels à l’agriculture. Le jury décerne à l’habile constructeur de ces deux instruments, pour la charrue double spécialement, une médaille d’argent.
- M. C. H. PROUX, propriétaire, agriculteur à Levet (Gher).
- 11 a exposé une machine à battre portative, un rouleau brise-mottes avec semoir, un froisseur pour égrener le trèfle, et un modèle de parc roulant. La machine est montée sur deux ou quatre roues à volonté. Le manège en est séparé : c’est un manège sous terre. La transmission de mouvement s’opère au moyen de courroies sans fins. La machine est sur le système dit suédois; mais la surface concave qui enveloppe une partie du tambour batteur est unie. Les coussinets du tambour peuvent être haussés-
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- ou baissés au moyen d’une vis de rappel. Un râteau circulaire dans le genre de celui de Roville, et un ventilateur complètent cette machine, qui, par la facilité avec laquelle elle peut être transportée d’un lieu à un autre, est de nature à rendre de grands services partout où les propriétés sont divisées en petites et moyennes fermes.
- Lefroisseur consiste en un manchon cylindrique vertical, garni de tôle piquée à l’intérieur, et dans lequel tourne un cylindre également garni de tôle piquée. Par-dessous se trouve un appareil semblable, ou plutôt la continuation du même, mais sur un plus grand diamètre. Introduites dans l’intervalle assez étroit qui sépare le cylindre du manchon, les têtes de trèfle y subissent un froissement qui est en raison de la vitesse avec laquelle se meut le cylindre, et qui enlève et pulvérise la balle en laissant la graine à nu. Cette machine paraît devoir donner de bons résultats.
- Le rouleau brise-mottes, armé d’espèces de lames ou becs, en fonte, doit agir très-énergiquement, moins cependant que le rouleau Krosskhill, mais il est moins cher (3oo francs). Le semoir qui est ajouté à ce rouleau consiste en une trémie sous laquelle se meut un cylindre muni d’un fdet en hélice qui entraîne la semence hors de la trémie; il peut remplacer avec avantage la main du semeur pour la semaille de certaines graines. Quant au parc roulant et couvert, tout en reconnaissant qu’il renferme une idée bonne et utile, réalisée d’une manière ingénieuse, on doit craindre que le prix élevé de cet appareil, les avaries fréquentes qu’il doit éprouver ne l’excluent pendant longtemps de la culture. Lejury, appréciant l’utilité pratique des autres machines exposées par l’habile agriculteur de Levet, désireux d’ailleurs d’encourager les cultivateurs qui se livrent à la construction des instruments aratoires, décerne à M. Proux une médaille d’argent.
- M. Charles - Henry MOYSEN, propriétaire cultivateur, à Mézières (Ardennes).
- Il a exposé 12 instruments : i° un bis-soc pour labours à plat; 20 un araire à levier régulateur auquel peut se substituer une maille allongée à roulettes, formant support; 3° un autre araire à-levier à roulettes; 4° un tranche-gazon, un arracheur de pommes de terre et betteraves, et un rigoleur se plaçant alternativement sur le même bâti en bois; 5° un extirpaleur; 6° une herse arti-
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- Médailles de bronze.
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- culée en fer, pouvant changer de forme instantanément au moyen d’un levier; 7’ un rafleur pour la récolte de la graine de trèfle; 8° un sarcloir et rigoleur à bras; 90 et io° deux autres sarcloirs à bras; 11° un frontal pour les taureaux méchants; 120 un arraché-joncs.
- Ces instruments sont tous fort mal construits, mais tous, sans exception, présentent plusieurs dispositions entièrement nouvelles et la plupart fort ingénieuses. Dans l’impossibilité de les décrire ici d’une manière tant soit peu intelligible sans le secours de nombreuses figures, le jury se borne à signaler comme particulièrement remarquables les versoirs des trois charrues; leurs régulateur et supports et les appareils à rigoler des nos 4 et 8; le sarcloir n° 8, à cheval sur la ligne et muni d’un rouleau qui sert d’abord à conduire l’instrument aux champs, et ensuite à lui donner une tendance plus ou moins prononcée à pénétrer en terre, suivant la position dans laquelle on le place; le sarcloir à levier n° 10, instrument peu pratique dans l’état actuel, mais présentant une idée qui peut recevoir plus d’une application fructueuse; enfin, le frontal pour les taureaux dangereux, appareil sanctionné par l’expérience.
- Il y a, dans ces instruments informes et grossièrement établis, de quoi défrayer utilement les travaux d’habiles constructeurs, qui pourraient tirer un excellent, parti des idées conçues par M. Moysen, idées que sa position d’agriculteur, étranger à la construction, ne lui a pas permis de faire exécuter d’une manière satisfaisante, mais qu’il livre généreusement au public, car il n’a point voulu prendre de brevet d’invention.
- C’est en se plaçant à ce point de vue, et c’est pour reconnaître l’esprit ingénieux et observateur de cet honorable agriculteur, ainsi que le zèle ardent qu’il met, depuis nombre d’années, au service des progrès agricoles, que le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. Sébastien BRANGER, propriétaire-cultivateur, àMar-sais-Sainte-Radegonde (Vendée).
- Il a exposé un araire dans lequel se trouve résolu d’une manière très-ingénieuse un problème dont on ne croyait la solution possible que dans les charrues à train : la faculté de faire varier l’eutrure et l’enrayure sans arrêter. C’est, comme dans le système Rabourdin,
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- au moyen cl’un double âge, dont le supérieur est mobile, qu’on obtient ce résultat. Mais l’absence d’avant-train établissait des conditions toutes différentes et des difficultés d’un nouveau genre que l’auteur est parvenu à surmonter aveG un succès d’autant plus remarquable , qu’il a été obtenu sans nuire à la solidité fie l’instrument. L’age supérieur est en fer carré, et tient à l’age inférieur, très-court, par un petit montant à Rouble articulation qui lui permet de se mouvoir dans le plan horizontal et dans le plan vertical. Recourbé à son extrémité antérieure et percée d’un trou à travers lequel passe la tringle d’attelage qui part du bout de l’age inférieur, il se termine postérieurement par un anneau allongé embrassant un fort montant en fer, un peu recourbé en avant et fixé sur l’age inférieur, à la naissance des mancherons. Au moyen d’une boîte à coulisse munie d’une vis de pression, on fixe l’adneau sur le montant au point convenable, et on détermine ainsi la position de l’extrémité antérieure de l’age et de la tringle d’attelage; partant, on règle la profondeur de la raie et la largeur de la bande de terre.
- La vis de pression étant sous la main du laboureur, il peut opérer touten marchant. Mais, lors même qu’il trouverait préférable de s’arrêter pour le faire, comme cela est supposable, la faculté pour lui de pouvoir régler sans quitter les mancherons, sans s’exposer, par conséquent, aux accidents qui n’arrivent que trop fréquemment lorsqu’on opère sur les régulateurs ordinaires placés derrière les chevaux, sera certainement de nature à être prise en considération.
- Le versoir est, comme celui de la charrue Dombasle, divisé en deux parties; le versoir proprement dit, lié à l’avant-corps par 2 charnières, est mobile et' peut être plus ou moins écarté au moyen d’une entretoise à vis et écrou. Quoique la mobilité du versoir ne soit pas une condition nécessaire des bonnes charrues, et ne puisse, en tout cas, s’exercer que dans des limites très-restreintes, elle est d’un certain avantage dans quelques circonstances, notamment pour obtenir un renversement égal de la bande de terre avec des épaisseurs variées ou dans des terrains en pente. On pourrait désirer un peu plus de longueur dans l’age et les mancherons; telle qu’elle est, néanmoins, cette charrue est très-remarquable. Le jury décerne à l’habile agriculteur qui en a doté l’industrie rurale une médaille de bronze.
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- M. RABOURDIN, propriétaire cultivateur, à Villacoublay (Seine-et-Oise).
- Il a exposé une charrue à avant-train de son invention, qui se distingue par le mécanisme particulier pour la régulation verticale qui porte son nom, par une transmission du lirage telle, que la pression de l'âge sur l’avant-lrain est neutralisée et ne peut dès lors accroître la résistance, enfin par une form£ de versoir et de soc qui paraît être parfaitement appropriée à la nature clés terres cultivées par cet habile agriculteur. Cette charrue laisserait peu à désirer, si la balance était mobile, et surtout si les dispositions pour la régulation horizontale étaient plus complètes. Telle qu’elle est, on peut, néanmoins, la considérer comme une des bonnes charrues à avant-train que nous possédions; en conséquence, le jury décerne à M. Rabourdin une médaille de bronze.
- M. Gustave RIVAUD, directeur de la ferme-école duPe-tit-Rochefort (Charente).
- Il a exposé un exlirpateur et trois araires de dimensions variées.
- L’extirpateur est à trois socs fort larges et montés d’aprcs le système Valcourt. Celte disposition donne à ces organes non-seulement de la solidité, mais encore la faculté de pénétrer clans des terrains durcis. Une rouelle par-devant assure la régularité de la marche.
- Le petit araire est destiné à la culture de la vigne plantée en lignes régulières, et, à cette fin, le corps y est autrement placé que dans les araires ordinaires; le sep, au lieu d’être dans le même plan que l’age, est un peu à gauche, comme dans la vigneronne de M. La-caze. Quant aux deux autres araires, ce sont des Dombasles de petite et de grande dimensions, mais modifiées en ce sens que les ver-soirs sont en fer battu et présentent une surface qui paraît mieux appropriée au glissement et au renversement de la bancle de terre. Ces instruments, sans rien présenter de particulier qui puisse attirer l’attention des curieux, sont d’une construction simple, solide et d’un prix modéré. Ce sont, en un mot, de bonnes machines de service pour l’agriculture. Le jury décerne à l’habile et zélé directeur du Petit-Rochefort, une médaille de bronze.
- M. DE BEC, directeur de la ferme-école de la Montau-ronne (Bouches-du-Rhône).
- Il a exposé une charrue dite- sous-sol. L’utilité et l’emploi des
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- instruments de ce genre ont été signalés plus haut. Il reste à dire ici que la charrue de M. de Bec, sans avoir les mêmes dimensions que la charrue sous-sol de M. Laurent, permet cependant de remuer le sous-sol à om,i5 et om,20 de profondeur au-dessous du fond de la raie, et présente toutes les conditions d’un excellent travail et d’une grande solidité, jointes à un prix modéré.
- Le jury ne doute pas des bons effets que doit produire l’introduction de cet instrument dans la culture du Midi; il décerne à l’habile et savant directeur de la Montauronne une médaille de bronze.
- M. Pierre-Florentin BOULLY-JOLY, fabricant d’instruments aratoires, à Bourbonne-les-Bains ( Haute -Marne).
- Il a exposé une charrue à avant-train. Pour quiconque a vu les machines aratoires en usage, dans celte partie de la Haute-Marne, la charrue du sieur Boully-Joly paraîtra, certes, un notable perfectionnement. Mais, même sans tenir compte de cette circonstance, de nature cependant à être prise en considération, le jury regarde cet instrument comme digne d’une attention spéciale ; car il offre, dans presque toutes ses parties, l’application rationnelle des principes admis aujourd’hui dans la construction des charrues, sans que l’ensemble des formes et des dispositions, l’aspect et les conditions d’emploi auxquels on est habitué dans le pays, aient été modifiés. Enfin, il est d’un prix excessivement bas (65 francç, tout compris). Le grand nombre de ces charrues vendu depuis peu prouve que les cultivateurs de la localité ont su apprécier ces avantages. Le jury, qui partage cette bonne opinion, accorde au sieur Boully-Joly une médaille de bronze.
- MM. TALBOT frères, serruriers et constructeurs d’instruments aratoires, à Ménetou-Salon (Cher).
- Ils ont exposé une charrue à avant-train, dont le corps (soc et versoir) paraît une des nombreuses applications du système de génération proposé par M. Moll pour les versoirs, et peut être considéré comme un des meilleurs que nous possédions. L’expérience a, du reste, démontré les avantages de cette forme de versoir; car, ainsi que le constatent de nombreux renseignements parvenus au jury, partout, dans les concours comme datis l’emploi usuel, cette
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- charrue, toutes choses égales d’ailleurs, a offert moins de résistance (en moyenne, i/3)que d’autres charrues considérées jusqu’à présent comme les plus parfaites.
- Elle ne laisserait plus rien à désirer, si l’avant-train avait une balance mobile, une régulation horizontale (pour faire varier la largeur de la raie), et cette disposition si simple et en même temps si importante, le prolongement du forceau derrière l’essieu, disposition au moyen de laquelle on obtient les mêmes résultats qu’avec le levier Granger, sans en avoir les inconvénients, c’est-à-dire le soulèvement de l’avanl-lrain, qui, dès lors, ne transmet plus jusqu’à terre la pression de Page.
- Malgré l’absence de ces perfectionnements, qu’on peut espérer voir adopter par MM. Talbot, le jury accorde à ces habiles constructeurs une médaille de bronze.
- M. Bernard AYCARD, fabricant d’instruments aratoires, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Il a exposé une charrue simple. Cet instrument se rapproche, pour l’ensemble, de la charrue Dombasles mais il en diffère par plusieurs modifications rendues nécessaires par les circonstances physiques du pays. Ainsi, le soc Dombasles ne fonctionnait que difficilement dans les terrains pierreux et desséchés de la Provence. Le sieur Aycard a su lui donner une forme plus convenable, et, par une disposition ingénieuse, faciliter le rechaussage, rendre la partie qui s’use le plus, la pointe, indépendante du tranchant. Le versoir a également subi quelques changements qui le rendent particulièrement propres aux labours profonds, si importants dans le Midi. Le jury accorde à ce constructeur une médaille de bronze.
- M. QUENTIN-DURAND fils,. mécanicien, constructeur d’instruments aratoires, rue.de Paradis-Poissonnière , n° 2 9, à Paris.
- Il a exposé un crible-plan incliné, un hache-paille rotatif, un petit manège en terre, une baratte à beurre et une ratissoire à lame mobile.
- La maison Quentin-Durand a été, pendant quelque temps, l’une des premières maisons de Paris pour la construction des instruments aratoires, et le jury se plaît à reconnaître que M. Quentin-
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- Durand père a rendu des services réels à notre agriculture, soit en la dotant de plusieurs bons instruments de l’étranger, soit en perfectionnant les instruments indigènes. Aujourd’hui, sous la direction de M. Durand fils et grâce à son activité, cette maison tend à reprendre son ancien rang.
- Les objets exposés, par leur bonne exécution et leurs prix modérés, et plusieurs dispositions ingénieuses qui en augmentent plus ou moins le mérite, sont de nature à favoriser ses efforts dans ce sens. Le jury a surtout remarqué le crible-plan incliné, machine très-ancienne, mais perfectionnée par M. Quentin-Durand de façon à en rendre l’emploi plus facile et l’action plus énergique, ce qui l’a fait adopter pour les magasins delà guerre et de plusieurs grands commerçants en grains. Le hache-paille rotatif, instrument également fort connu, mais que M. Durand, un des premiers, a fabriqué en France et qu’il a amené à un degré remarquable de simplicité. 11 en est de même de la baratte dont l’idée première est due à M. de Valcourt, idée que M. Durand a été le premier à mettre à exécution.
- Le jury, appréciant l’ensemble de ces faits et le mérite des instruments exposés, décerne à M. Quentin-Durand fds une médaille de bronze.
- M. DESERT, maréchal, à Bouville (Seine-Inférieure).
- Il a exposé une charrue cauchoise modifiée , un extirpateur, une houe-buttoir ou sarclo-buleur et une ratissoire.
- La charrue a conservé le soc et le versoirdu pays, maisl’avant-train, l’age, la transmission du tirage et les moyens de régulation ont été avantageusement modifiés; sans être exempt de défauts, cet instrument peut être considéré comme un perfectionnement réel sur l’ancienne charrue cauchoise.
- Quant à l’extirpateur et à la houe-buttoir, le jury croit pouvoir les signaler comme de bons instruments destinés à rendre de grands-services dans la localité, d’autant plus que leurs prix modérés (180 et 60 francs) les mettent à la portée des simples cultivateurs. 2o4 extirpateurs et 117 houes-buttoirs vendues en peu de temps témoignent, du reste, de la juste appréciation que font ceux-ci du mérite de ces instruments.
- Le jury joint son suffrage au leur en décernant à M. Désert une médaille de bronze.
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- Mentions
- honorables.
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- M. Maurice THOMAS, forgeron, à Bassuet (Marne).
- 11 a exposé une charrue à avant-train offrant plusieurs particularités remarquables.
- La régulation horizontale s’effectue non-seulement au moyen de la chappe qui glisse sur la portion du cercle réunissant les deux armons, mais encore à l’aide d’une vis sans fin encastrée dans l’intérieur del’age et engrenant sur l’étançon de devant; moyen efficace, mais qui a l’inconvénient de diminuer la solidité de l’age, dans la partie qui en a le plus besoin. Une vis de rappel, placée près de l’extrémité de l’age, permet d’incliner la charrue à droite ou à gauche, faculté utile dans le labour des terrains en pente. Enfin, une forte tringle parallèle à l’age, terminée par une petite fourche qui la fixe à volonté sur un montant de l’avant-train, offre le moyen de donner à la charrue une grande stabilité de marche qu’accroît encore le passage de la chaîne de tirage, sous la traverse des armons. Par l’addition d’un régulateur, qu’il serait facile d’établir à l’extrémité de l’age, l’instrument pourrait marcher comme araire. En le reliant à l’avant-train, par le seul moyen de la chaîne de tirage et du gougon placé sous l’age, on le met dans la même condition que l’araire Dombasle, muni de son avant-train ; enfin, en fixant sur le montant de l’avant-train la tringle mentionnée plus haut, on lui donne presque la fixité de la charrue Granger.
- Le sep est trop long, mais il est fort étroit; le soc, d’ancien système, et le versoir en tôle ont une forme qui paraît convenir dans les terres légères.
- Tout en reconnaissant ce qu’il y a d’ingénieux dans le mécanisme de cet instrument , le jury ne peut qu’en regretter la complication qui se traduit d’une manière fâcheuse par le prix de x8q francs auquel il est coté, par l’absence de solidité de certaines parties et par la difficulté des réparations.
- Néanmoins, comme l’ensemble de la charrue témoigne du génie inventif de l’auteur ; que la plupart des dispositions quelle présente pourront, dans certains cas donnés, recevoir d’utiles applications, le jury accorde, à l’auteur une mention honorable.
- M. Eugène BERGE, directeur de la ferme-école de Bel-ley (Aube).
- Il a exposé une charrue champenoise perfectionnée qui se dis--
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- lingue par un versoir propre aux terres légères, par une régulation dans le système Rabourdin, c’est-à-dire au moyen du double âge, avec vis de rappel à l’extrémité postérieure. L’avant-train offre un moyen de régulation horizontale, très-complet par la mobilité, dans une coulisse, du demi-collet qui reçoit l’extrémité de l’age; mais ce qui le distingue avant tout, c’est que la languette à laquelle on attelle les moteurs, au lieu d’aboutir à l’essieu, est fixée au centre d’un ressort à lames elliptiques, placé devant l’essieu et destiné, suivant l’auteur, à amortir les cliocs et à servir de dynamomètre.
- Le jury ne peut reconnaître d’avantages dans cette addition que sous ce dernier point de vue : la transmission de la puissance par l’intermédiaire d’un ressort, ayant toujours' pour résultat d’absorber inutilement une partie de la force.
- Cette réserve faite, le jury accorde à M. Berge, pour l’ensemble de sa charrue, une mention honorable.
- M. Frédéric WASSE, fabricant, d’instruments aratoires, à Cagny (Somme).
- Il a exposé une charrue tourne-soc à double oreille mobile faisant alternativement fonction de versoir et de muraille. M. Wasse, qui le premier paraît avoir introduit ce système de charrue dans les pays où l’on se sert encore généralement de l’antique et défectueuse charrue tourne-oreille, est parvenu, après bien des tâtonnements, à établir une forme de versoir qui, sans être entièrement exempte des défauts inhérents à ce système, remplit cependant plusieurs des conditions d’un bon versoir. Cette circonstance, jointe aux ingénieuses dispositions pour opérer le renversement du soc et le changement de versoir, constitue un véritable progrès que les cultivateurs paraissent avoir apprécié, si l’on en juge par le nombre de ces charrues qui se sont vendues depuis quelques années. Aussi le jury, quoique ne considérant cet instrument que comme une transition, accorde à M. Wasse une mention honorable.
- M. TEILLARD, fabricant d’instruments aratoires, à Roanne (Loire).
- Il a exposé deux araires à versoir en fonte, soc. américain et régulateur Rosé, c’est-à-dire offrant les principales conditions des bons araires. Le seul reproche grave qu’on puisse adresser à ces
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- instruments, c’est d’avoir le soc et la partie antérieure de l’avant-corps trop plats, défaut qui vient d’une courbure vicieuse de la gorge et qui a pour effet de diminuer la solidité de ces parties. Quoique ce défaut n’ait une grande importance que dans les terrains pierreux, M. Teillard, en le corrigeant, accroîtra beaucoup l’utilité de ses instruments dont la bonne confection, du reste, et le bas prix ( 28 et 34 francs), engagent le jury à accorder au constructeur une mention honorable.
- M. Simon BIGHET, négociant, ancien agriculteur, à Besançon (Doubs).
- Il a exposé une charrue de son invention pour labours aplat.Cet instrument, tout en fer, présente, à côté de plusieurs dispositions déjà connues, un mécanisme nouveau et remarquable. Le soc est double; les deux portions, formant chacune un triangle rectangle, sont réunies perpendiculairement l’une à l’autre de telle sorte, que la pointe est.commune et que, lorsqu’un des socs est dans le plan horizontal, l’autre se trouve dans un plan vertical et fait office de coutre. L’angle que forment ces deux plans est rempli en partie par une surface concave qui forme le prolongement en avant de la surface de l’un ou de l’autre versoir. Cette surface paraît offrir toutes les conditions pour le soulèvement et le renversement de la bande de terre avec le moins d’efforts possible. Les deux versoirs, portés sur des élançons spéciaux à chacun et qui pivotent sur l’age, travaillent alternativement; quand l’un fonctionne, l’autre est en l’air dans une position horizontale. Le même mécanisme qui rabat un versoir et soulève l’autre fait également tourner le soc. On peut, du reste, enlever l’un des versoirs; l’instrument fonctionne alors comme charrue à planches ou billons. Ce mécanisme est ingénieux; il en est de même des moyens de régulation. Malheureusement tout cela est compliqué; le soc même, cette pièce si sujette à usure, est d’une confection et d’une réparation difficiles. La charrue de M. Bichet, serait néanmoins un grand progrès sur l’ancienne charrue tourne-oreille si nous n’avions pas, pour le même objet, dans les charrues jumelles, et les guimbardes avec avant-train, des instruments plu:; simples et mieux appropriés aux ressources si bornées de l’agricul-ture en fait d’ouvriers forgerons. Toutefois, tenant compte à M. Bi-chet des ingénieuses dispositions qu’on remarque dans sa charrue, dont plusieurs pourront recevoir plus d’une application ailleurs, et
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- prenant en considération le bas prix de l'instrument, eu égard aux matériaux et à la construction, le jury accorde à M. Bichet une mention honorable.
- M. Joseph RAMELLA, fabricant d’instruments aratoires, à Gap (Hautes-Alpes).
- Il a exposé une charrue pour labours à plat, les seuls praticables dans les terrains à pente rapide, si nombreux dans ce département. Cette charrue est celle de M. Allier, qui a figuré à l'exposition de i844, et a été honorée d’une médaille de bronze. Mais elle a reçu quelques modifications dans les dispositions des étançons, et par l’addition facultative d’un petit avant-train assez ingénieux ; modifications qui, sans être d’une grande importance, n’en constituent pas moins un progrès. Aussi lejury, qui, d’ailleurs, a pris en considération les services rendus à la localité par le sieur Ramella, lui accorde une mention honorable.
- M. François MEUGNIOT, fabricant d’instruments aratoires, à Dijon (Côte-d’Or).
- Il a exposé une charrue à avant-train pour labours à plat, construite d’après le système bien connu du tourne-soc. Le constructeur a su néanmoins donner au soc plus de solidité que cela n’a lieu d’ordinaire dans cette espèce de charrue; les deux versoirs qu’on emploie alternativement sont d’une forme convenable, et se placent et s’enlèvent facilement; il en est de même du coulre, qui sert en outre à consolider le soc.
- Honoré d’une mention honorable en i834, et d’une citation favorable en 1839, M. Meugniot paraît digne au jury d’une nouvelle mention honorable.
- M. André RAYET, taillandier, à Lussat (Creuse).
- Il a exposé une charrue pour labours à plat, du genre de celles dites charrues-jumelles. On sait que ces charrues, inventées par M. de Valcourt, se composent de deux corps complets de charrues, réunis à la partie postérieure, ayant les versoirs du même côté et un sep commun. La charrue du sieur Bayet en diffère par les points suivants : les deux versoirs ne se touchent que par l’aile supérieure, ils sont en fonte et portent des socs américains. Enfin %
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- l’age est simple, et pivote sur une broche fixée au centre d’une pièce de fonte parallèle au sep et unissant les deux élançons par le haut. Au moyen de deux chevilles de fer, on le fixe dans l’un ou l’autre des deux sens qu'il doit occuper, suivant qu’on verse à droite ou à gauche. De cette manière, la manœuvre est simplifiée. Arrivé au bout de la raie, le laboureur n’a plus besoin de dételer ses chevaux, il se borne à les faire tourner, après avoir enlevé les deux chevilles, qu’il replace ensuite lorsque l’age est parvenu à sa nouvelle position. Au total, le jury considère cette charrue comme un instrument utile, appelé à rendre des services, en se substituant aux mauvaises chaînes tourne-oreilles dans les contrées où les labours à plat sont en usage. Il décerne, en conséquence, cà l’inventeur une mention honorable.
- M. BARDONNET DES MARTELS, directeur de la ferme-école de Montbernaume (Loiret).
- Il a exposé une charrue de son invention qui offre plusieurs dispositions remarquables. Quoique munie d’un avant-train, elle peut marcher comme araire, la volée s’attachant directement à un régulateur fixé à l’extrémité de l’age. L’avant-train ne sert, par conséquent , que de support.
- Le large sep des charrues du pays a été remplacé par une muraille dont le bord inférieur, très-étroit, n’occasionne que peu de frottement, et ne fait jamais botter la charrue.
- Quant à la forme du versoir qu’on remarque dans celte charrue, le jury pense que les avantages qu’y a trouvés l’inventeur tiennent à des circonstances tellement exceptionnelles, qu’ils ne peuvent en aucune manière empêcher de le considérer comme défectueux. C’est donc exclusivement au mode de transmission du tirage, aux moyens de régulation, au rétrécissement de la semelle et au prix modéré de l’instrument que s’applique la mention honorable que le jury accorde à M. Bardonnet, qui, depuis nombre d’années, montre tant de zèle pour les progrès de l’agriculture.
- M. Jean-Marie TRITSGHLER, mécanicien constructeur, à Limoges (Haute-Vienne).
- 11 a exposé un petit araire verse-à-gauchie, à âge court, lequel est mobile sur les élançons, et sert ainsi à régler l’entrure. Ce sys^
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- lème, bien connu, à côté de l'avantage d’une prompte et facile régulation , a l’inconvénient de diminuer un peu la solidité de l’instrument, défaut grave dans les grandes charrues, mais minime dans les charrues destinées, comme celle-ci, à faire des labours légers, et que, d’ailleurs, le sieur Tritschler a su atténuer d’une manière ingénieuse. Une simple bride mobile, qu’on fixe au moyen d’une vis de pression, sert, de coutelière, et permet de changer non-seulement la hauteur, mais encore la position du coutre en avant de la gorge; innovation heureuse, et qui probablement ne tardera pas à se répandre.
- Le sieur Tritschler, qui a un important atelier de construction, a rendu service à l’agriculture de la Haute-Vienne, en ajoutant à ses autres travaux la fabrication des instruments aratoires, et la petite charrue qu’il expose pourra être fort utile à la petite et moyenne culture, et ne tardera pas à s’y substitue!', en partie du moins, à l'antique araire, surtout si le constructeur s’attache à en rendre la conduite plus facile, en allongeant les mancherons. Le jury accorde-au sieur Tritschler une mention honorable.
- M. GAUGRY-LUMET, fabricant d’instruments aratoires, à Cliâteauroux (Indre).
- Il a exposé une charrue à avant-train bien établie, dont le soc se distingue des socs ordinaires, en ce qu’il est en deux parties, la pointe, fort allongée, et le tranchant, disposition qui, suivant la commission départementale, rend cette charrue particulièrement propre aux terrains pierreux. Elle paraît être, en effet, très-répandue dans les environs de Châleauroux. Le jury, tout en faisant observer que la confection et la réparation de ce soc doivent exiger plus d’habilité et de soins que pour les socs ordinaires, accorde à l'inventeur une mention honorable.
- M. Adrien LIGEARD, fabricant d’instruments aratoires, à Saint-Cyr (Indre-et-Loire). -
- W " i
- Il a exposé plusieurs instruments parmi lesquels le jury a remarqué :
- i° Un araire américain très-simple, très-léger, ét propre aux terrains meubles ;
- 2° Un extirpaleur à 3 pieds très-larges, destiné à marcheravee avant-train;
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- 3° Une charrue à avant-train propre aux terres fortes et aux labours profonds. Ces trois instruments n’offrent rien de particulier. On peut même dire que, pour la jonction de l'age avec l’avant-train et pour le soc, la charrue n’est pas à la hauteur des derniers perfectionnements; mais ils sont solides, bien confectionnés, et constituent un progrès réel pour la localité.
- Le jury, d’ailleurs, a pris en considération les petites charrues à brancard et à un cheval que fabrique également le sieur Ligeard, au prix de 2 5 francs, et qu’il a eu le tort de ne pas exposer: charrues adoptées par tous les petits cultivateurs de la Touraine; et qui ont rendu de grands services à la petite et moyenne culture de celte contrée. Il lui décerne, en conséquence, une mention honorable;
- M. Antoine ROUQUET, fabricant d’instruments aratoires, à Toulouse (Haute-Garonne).
- Il a exposé un instrument qu’il appelle grappin. En l’absence de toute explication de la part de l’auteur et du jury départemental, le jury central, réduit à de simples conjectures, a supposé que cet instrument est destiné à ouvrir un sol durci par la sécheresse, aûn de permettre à la charrue d’y fonctionner, ou même, dans l’occasion, à marcher derrière une charrue ordinaire pour remuer le fond de la raie sans ramener la terre à la surface, et faire ainsi office de charrue sous-sol.
- Etabli sur le même système que les bonnes charrues du pays, c’est-à-dire avec un âge long, fixé au joug des boeufs et qui porte à son extrémité postérieure une forte tige de fer recourbée et tranchante en avant, surmontée d’un long mancheron et terminée inférieurement par un épalement sur lequel se fixe un soc étroit à griffes, cet instrument a paru au jury parfaitement approprié au travail mentionné, travail important surtout dans les contrées à sol argilo-siliceux et sujettes à de longues sécheresses. En conséquence, il accorde à l’auteur une mention honorable.
- M. Jean-Baptiste BÀILLET, propriétaire cultivateur, à Fouillby (Somme).
- Il a exposé : i° une charrue à trois corps pour labours à plat; 2° une charrue à un seul corps et oreilles mobiles, également.pour labours à.plat; 3® un iplantoirià betteraves; 4° un rouleau divisé en trois parties ; 5° un échenilloir; 6° un dynamomètre en bois.
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- La charrue n° 1 a déjà figuré à l’exposition de i844» où elle a reçu une mention honorable. Parmi les autres instruments, le jury a fixé son attention principalement sur la charrue n° 2. Cet instrument , qui a deux versoirs, dont la partie inférieure est mobile, présente une disposition déjà essayée ailleurs, mais que le sieur Baillet a su appliquer avec succès dans cette circonstance : la pointe du soc est seule fixe; l’aile et le tranchant, pour chacun des côtés, tiennent à la base du versoir qui leur correspond, et se fixent dans une rainure pratiquée de chaque côté de la pointe du soc. Les ver-soirs, ainsi prolongés, ne sont guère plus difficiles à placer et à déplacer que l’oreille des charrues ordinaires de Picardie. Cette disposition rend, àla vérité, l’instrument plus compliqué, plus cher, plus exposé aux accidents que ces dernières, mais aussi beaucoup plus parfait au point de vue de la qualité du labour et de la résistance opposée à sa marche.
- Le jury, pour cette seconde.charrue, ainsi que pour le rouleau, accorde à M. Baillet une nouvelle mention honorable.
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- M. P. F. LAGRANGE, mécanicien modeleur, rue du Faubourg-du Temple, n° 81 , à Paris;
- Il a exposé les modèles d’une machine à battre le grain, d’un •moulin à blé avec manège, d’une roue hydraulique horizontale et deux barattes.
- Ces modèles, sans présenter rien de particulier, sont bien exécutés et peuvent être utiles, tant pour servir à l’enseignement que pour servir aux ouvriers qui voudraient les copier en grand.
- Le jury accorde au sieur Lagrange une mention honorable.
- M. CUAZ, forgeron et charron, à Montferrat (Isère).
- Il a exposé une charrue tourne-soc pour labours à plat. Cètte charrue, qui marche avec u.n support à roulette, est dans le système des charrues à double oreille mobile, faisant office alternativement de versoir et de muraille; C’est assez dire que la forme de ces versoirs est nécessairement défectueuse, quoique moins mauvaise que celle de beaucoup d’autres versoirs du‘même genre. Malgré ce défaut, inhérent à la nature même du système, Celte charrue peut rendre de bons services dans certaines circonstances données,
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- et doit être en tous cas considérée comme un progrès sur les tourne-oreilles ordinaires, d’autant plus que les dispositions pour le changement du soc, du versoir et du coutre sont simples et ingénieuses. Le jury accorde à M. Cuaz une citation favorable.
- M. GUILLEMONT, fabricant d’instruments aratoires, à
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- Etinnehem (Somme).
- 11 a exposé une charrue tout en fer, établie sur le même système, que la charrue Wasse, mentionnée précédemment. La construction solide et soignée de cet instrument engage le jury à accorder au sieur Guillemont une citation favorable.
- M. Jean-Eugène ‘PILLIER, constructeur d’instruments aratoires, à Lieusaint (Seine-et-Marne).
- Il a exposé une charrue fouilleuse destinée à remuer le sous-sol, sans le ramener à la surface, en marchant dans la raie ouverte par une charrue ordinaire. Quoique cet instrument soit d’invention anglaise,. et ait été importé par M. Thackeray, le sieur Pilliér n’en mérite pas moins des éloges, tant pour avoir su en comprendre l’utilité dans une contrée où les préventions contre le remuement du sous-sol sont plus fortes qu’ailleurs, que pour la parfaite exécution et le prix modéré de sa charrue. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Michel-Louis FAUSSABRY, serrurier et maréchal, à Lazarne (Charente-Inférieure).
- H a exposé un araire imrté de l’araire Dombasle, sauf pour le versoir qui est en tôle et dont la forme, sans être plus parfaite, présente, néanmoins, l’avantage de se rapprocher de celle des ver-soirs du pays, et de faciliter ainsi l’introduction de la charrue simple parmi les cultivateurs de la contrée. Cette considération engage le jury à accorder au sieur Faussabrÿ une citation favorable.
- M. GUIBERT, fabricant d’instruments aratoires, commune de Saint-Jean et Saint-Paul (Aveyron).
- Il a exposé une charrue dite aralropode. C’est la charrue du pays avec un soc et un versoir meilleurs, un âge court et un support h
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- rouelle par devant. Le jury,'en raison de ces perfectionnements, ac-* corde aii constructeur une citation favorable. < ;
- M. Charles MIGNAN, propriétaire cultivateur, au. Petit-Moutet (Cher).
- Il a exposé une charrue de son invention dont 1’ayanl-train compliqué, mais ingénieux, se distingue par un levier d’entrure qui permet au laboureur de changer, tout en marchant, la profondeur du labour; par une coulisse adaptée àu côté gauche de l’essieu, et qui sert à le baisser plus ou moins, suivant la profondeur de la raie, afin de maintenir la sellette toujours de niveau; par un essieu coudé qui permet de donner à l’age une direction horizontale et d’y appliquer directement le tirage comme aux araires. Un régulateur vertical adapté à une crémaillère et fixé au bout de l’aget donne le moyen de placer le point d’attache de la volée d’attelage de façon à ce que jamais l’age n’exerce une forte pression sur. la sellette. Malgré la complication de cet avaut-lrain, le jury n’aurait que des éloges à donner à la charrue de M. Mignan,sans le ver-soir dont la forme, empruntée aux charrues dites de France, est aujourd’hui condamnée par la pratique comme* par la théorie;, quoique dans quelques cas exceptionnels, que certains constructeurs ont eu le tort de considérer comme la règle, elle se soit montrée supérieure aux meilleurs versoirs à surface gauche. Le jury accorde à M. Mignan, pour son ingénieux avant-train, une citation favorable. ‘
- M. Michel BOURNISIEN, à. Escorpain (Eure-et-Loir).
- Il a exposé une charrue construite pour marcher avecavant-train. Non-seulement le soc, mais encore le sep et la partie inférieure de l’avant-corps et du versoir secomposent de pièces'détachées qu’onfixë au moyen de boulons. Sans voir un but utile dans la séparation dé ces deux dernières pièces,- le jury, reconnaissant que la charrue ëst solidement construite et cl’un prix modéré, ét que le soc et le ver-soir ont une surface qui paraît convenir aux terres du pays, accorde à l’auteur une citation favorable.
- M. Jean LAROUDIE, fabricant d’instruments aratoires, à Limoges (Haute-Vienne).
- Il a exposé une charrue verse-à-gauche montée sur âge long, qui,
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- tout en oflrant les dispositions principales de l’ancienne charrue du pays, condition nécessaire pour être acceptée par les cultivateurs, est cependant un notable perfectionnement sur celle-ci, et se distingue en outre par son prix modéré (4o francs). Le jury accorde à M. Laroudie une citation favorable.
- M.CAZANAVE, cultivateur et forgeron, à Pieusse (Aude).
- 11 a exposé un bi-soc à niveau égal, destiné, par conséquent, à faire simultanément deux raies, et une charrue simple. Ces deux instruments sont montés d’après le système Rouquet, qu’on peut considérer comme une transition de l’antique araire à la charrue perfectionnée.
- Le bi-soc, quoique n’offrant pas toutes les conditions de solidité, et malgré la petitesse des corps de charrue, peut être d’un emploi utile pour les recouvrables. La charrue simple, avec ses ingénieux moyens de régulation, n’a besoin que d’un versoir meilleur pour devenir un excellent instrument.
- Le jury accorde au sieur Cazanave une citation favorable.
- M. Joseph SEGUY, maréchal ferrant, à Thézan ( Hé-' rault),
- Il a exposé un araire dit dental. C’est le dental du Midi ,mais grandement perfectionné, armé d’un soc en triangle isocèle et à bords tranchants, au lieu delà simple pointe de fer des autres dentals, muni de deux versoirs mobiles en fer, et porté sur une forte tige recourbée de fer qui est fixée dans l’age long, de façon cependant à ce qu’au moyen d’une vis de pression on puisse faire varier l’entrure. Cet instrument, auquel on pourrait désirer des dimensions un peu plus fortes, remplace avantageusement le dental ordinaire dans lès deuxième et troisième labours,, dans la culture de la vigne, et surtout lorsqu’il s’agit d’ouvrir un terrain desséché et durci, que la charrue ordinaire ne peut entamer.
- Le jury accorde à l’inventeur une citation favorable.
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- S 2. EXTIRPATEURS, SCARIFICATEURS, HERSES, ROULEAUX.
- M. Louis-François GRATIEN, agriculteur, à Rieux-Hamel (Oise).
- Il a exposé le scarificateur qui porte son nom. C’est toujours, pour l’ensemble, l’ancien instrument tout en fer qui a figuré à l’exposition de i844; mais plusieurs détails ont reçu des perfectionnements. Les moyens de régulation sont plus parfaits; plusieurs pièces, ont été renforcées ; enfin les deux roues de derrière peuvent être placées à l’intérieur, de façon à permettre à l’instrument de passer près des arbres sans les endommager.
- En raison de ces perfectionnements, qui font de cet instrument un des très-bons scarificateurs que nous ayons, le jury accorde au sieur Gratien une nouvelle médaille de bronze.
- M. PORT AL DE MOUX, agriculteur,^ Conques (Aude).
- 11 a exposé un scarificateur-houe à cheval de son invention. Cet instrument a une armature de pieds à pelle et une autre de pieds à pointe pour les terres très-dures. 11 peut à volonté se rétrécir et s’élargir, et cultiver une ou plusieurs lignes à la fois, le tout sans que les pieds cessent d’être dans une direction parallèle à la ligne de mouvement. Muni d’un âge à roulette, il a une marche régulière, et, quoique léger, il est cependant solide, grâce à l’ingénieuse, combinaison des pièces du châssis entre elles.
- M. de Moux, qui a déjà beaucoup fait pour l’agriculture du Midi,, lui a rendu un service réel en la dotant de son excellent scarificateur, dont une longue expérience a déjà démontré toute l’utilité.
- Le jury décerne à cet honorable. agriculteur une médaille de bronze. ~ ' '; . .......
- Mi Maximilien LEMAIRE, fabricant d’instruments ara-
- toires, à Essuiles-Saint-Rimault (Oise)
- . Il a exposé un scarificateur et une'charrue à 4 socs.
- Le scarificateur,itout en;fer;, est- imité du. scarificateur Gratien. 11 est seulement moins large et, par cette raison, plus solide ; il offre, de plus, une modification dans l’application du tirage, modifi-
- Médailles de bron&e.
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- cation qu’on ne peut toutefois considérer comme un progrès, mais dont il serait facile de corriger le défaut. A part ce seul point, c’est un excellent instrument qui est apprécié par tous ceux qui s’en servent.
- On peut en dire autant du quatre-socs qui; est monté sur un châssis triangulaire en fer, et présente toutes les conditions d'une excellente machine pour la recouvrable des semences et le déchaumage en terres faciles. Le jury accorde au sieur Lemaire, pour ses deux instruments, une médaille de bronze.
- M. Pierre DELAIRE, forgeron, à Sauxillange (Puy-de-Dôme).
- Il a exposé plusieurs rouleaux articulés. Pour apprécier le mérite de ces instruments, il faut se rappeler que les rouleaux d’une seule pièce ou de deux pièces, montés sur un axe rigide, n’agissent régulièrement que sur des terrains à surface plane, et,par conséquent, fonctionnent,mat partout où on laboure en billons bombés et étroits. Lé sieur Delaire a su remédier à cet inconvénient en divisant ses rouleaux en 2,3 et même 5 parties (2 devant et 3 derrière), réunies au moyen d’espèces de charnières, un peu grossières à la vérité, mais simples et suffisantes pour rendre chaque partie jusqu’à un certain point indépendante des autres, et permettre au rouleau d’agir uniformément sur toute la superficie du terrain, lors même qu’il présente des creux ou des saillies. Du reste, cet instrument a déjà reçu la sanction de l’expérience. Plusieurs récompenses accordées dans les concours témoignent de son mérite; aussi le jury n’hésite-t-il pas à décerner au sieur Delaire, une médaille de bronze.
- M. MANSSON-MICHELSON, fabricant d’instruments aratoires, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° i84, à Paris.
- Il a exposé un instrument dit ravaleur vicinal, monté sur un double châssis d’après le système des herses Bataille. Ce ravaleur est, comme l’indique son nom, destiné à la réparation des chemins. Un assemblage de socs et de versoirs, ingénieusement combiné et placé sur le cadre postérieur dont on règle à volonté l’enlrure,
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- comble les ornières en y jetant toutes les bavures et toutes les saillies qui se trouvent de chaque côté.
- L’importance croissante des chemins vicinaux donne un nouveau degré d’intérêt à cet instrument, qui paraît au jury de nature à rendre des services réels dans beaucoup de circonstances. Il décerne à l’habile inventeur une médaille de bronze.
- M. Alexandre DANGU, fabricant d’instruments aratoires, à Puy-la-Vallée (Oise).
- Mentious
- honorables.
- Il a exposé un scarificateur tout en fer construit dans le système Gratien déjà mentionné, mais avec quelques modifications de nature à accroître un peu la solidité de l’instrument, à en diminuer le prix et à faciliter les variations de profondeur à laquelle il pénètre.
- Le jury accorde au sieur Dangu une mention honorable.
- MM. DELARUE et GUÉRET, charrons-forgerons, à la Villette, rue de Flandres, n° 170 (Seine).
- Us ont exposé des scarificateurs et des extirpateurs, montés suivant deux systèmes différents. L’une des montures est celle de Bataille, avec ses dispositions compliquées, mais ingénieuses, pour faire varier l’entrure, maintenir l’équilibrité et donner à l’instrument toute la fixité désirable.
- Dans l’autre, le cadre porte-dents est relié d’une manière invariable à l’avant-train triangulaire; mais, pour que le conducteur ait la faculté de faire varier l’entrure, ce cadre est porté sur 2 roues qu’on peut hausser ou baisser à volonté.
- Ce mécanisme est plus simple et probablement plus solide encore que celui de Bataille. 11 satisferait à toutes les exigences, si l’action des roues exerçait d’une manière égale sur les 2 lignes dedenls, condition importante et qu’il serait facile d’obtenir par une disposition simple et peu coûteuse.
- Quant à la confection de ces instruments , elle ne laisse rien à désirer.
- Le jury accorde à MM. Delarue et Guéret une mention honorable.
- M. A. PIGNEL, fermier, à Bois-sir-Amé, près Bourges (Cher).
- Il a exposé un rouleau et un semoir à engrais pulvérulents. Le
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- Citations
- favorables.
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- rouleau est de grande dimension, en bois, et, comme tous les rouleaux quelque peu perfectionnés actuellement en Usage, à châssis, brancard et siège. On peut regretter qu’il ne soit que d’une seule pièce.
- Le semoir consiste en un auget surmonté d’une trémie et au fond duquel se trouve un cylindre cannelé. Cet appareil se fixe à l’arrière d’un tombereau ordinaire. Une chaîne à la Vaucanson passant sur le moyeu d’une des roues en transmet le mouvement au cylindre par l’intermédiaire d’une poulie placée sur l’axe de ce dernier; un grillage en fil de fer couvre la trémie et empêche les corps trop volumineux d’y pénétrer; sous le cylindre se trouve un plan incliné qui contribue à la régularité de l’épandage des engrais, lesquels, chargés dans le tombereau, sont mis à la pelle par un ouvrier dans la trémie d’où ils tombent par une ouverture qu’on règle à volonté sur le cylindre qui, par son mouvement de rotation, les débite.
- Cet appareil, fort simple et qui n’a rien de neuf en lui-même, offre, par sa réunion à un tombereau, une idée nouvelle et d’une utilité pratique incontestable, surtout pour les matières dont l’épandage à la main offre des inconvénients, soit pour l’ouvrier, soit à cause de la perte qu’occasionne le vent.
- Le jury accorde à M. Pignel, pour son semoir à tombereau, une mention honorable.
- M. Nicolas-Alexandre-Laurent LACOUR, agriculteur, à Saint-Fargeau (Yonne).
- Il a exposé un modèle à moitié d’une herse triangulaire, brisée suivant sa longueur et sa largeur, et formée ainsi de quatre petites herses réunies par des charnières qui permettent à l’instrument de se plier à toutes les ondulations du terrain.
- Quoique cette disposition doive nécessairement accroître le prix et la fragilité de l’instrument, on doit cependant la considérer comme un perfectionnement réel partout où on laboure en billons étroits et bombés.
- Le jury accorde a l’auteur une citation favorable.
- M. Pierre-Nicolas-Eusèbe CAMUS, cultivateur, à Wam-bez (Oise).
- H a exposé une herse à châssis en forme de trapèze, qui, par
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- l’addition de quatre roues pouvant se hausser ou se baisser à volonté au moyen de vis de rappel, et par la courbure, la forme et la distribution des dents, paraît très-propre au scarifiage des terres à surface durcie, des luzernes et trèfles, ainsi qu’à l’enlèvement de la mousse dans les prés. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. A. F. M.HERMITTE, propriétaire cultivateur, à Saint-Martin-lès-Seyne (Basses-Alpes).
- 11 a exposé un instrument qu’il appelle aro-herse. Un châssis composé de quatre pièces de bois, dont deux se croisent obliquement et forment ainsi deux triangles réunis à leur sommet; des coutres armés chacun d’une ailette et plantés par-dessous et par-dessus l’une des deux pièces; un- anneau d’attelage à la base d’un des triangles, à l’autre base deux mancherons pouvant servir successivement pour l’une et pour l’autre armature : tel est cet instrument, qui n’est qu’un polysoc de très-petite dimension, dont l’une des armatures jette la terre à droite, l’autre la jette à gauche.
- Si on voulait donner à l’ensemble de cette machine des proportions plus grandes, il faudrait nécessairement un soc à chaque pied et un,véritable versoir, ainsi que les dispositions nécessaires pour maintenir le parallélisme de l’instrument avec le sol.
- Réduite aux dimensions exiguës du modèle exposé, cette machine peut marcher sans l’aide de ces additions, se maintenir en équilibre avecleseul secours des mancherons, etpffrir quelque utilité pour les recouvrables partout où le grain demande à être enterré plus profondément et surtout plus régulièrement que ne le fait la herse. Quoique inférieur sous ce rapport aux bons polysocs que nous possédons déjà, cet instrument ne laisse pas que d’avoir un certain mérite par sa simplicité, sa légèreté, son bas prix; aussi le jüry accorde-l-il à M. Hermitte une citation favorable.
- M: Louis-François MARTIN, cultivateur, à Chelles (Sèine-eUMarne).
- . Il a exposé une’charrue à quatre socs. À part la forme des ver-soirs, qui est défectueuse,: cet instrument présente un ensemble de dispositions qui témoignent de l’intelligence de l’inventeur, et au moyen desquellesnon-seulementrinstrumentmarcheavec une grande régularité sur terrain plat, et y conserve toujours:une position parai-
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- lèle au sol, mais peut encore fonctionner dans des sillons courbés et étroits, chaque corps de charrue pouvant être haussé ou baissé à volonté. Cet instrument, au moyen de quelques améliorations de détails, peut arriver à rendre des services réels dans toutes les circonstances où les polysocs sont d’un usage possible. Le jury accorde à l’inventeur une citation favorable.
- M. Jean GUICHARD, ancien contre-maître de la fabrique de Mettray, forgeron et charron, à Saint-Sympliorien-Extra (Indre-et-Loire).
- Il a exposé une charrue à avant-train et un extirpateur à trois socs. Ces deux instruments n’olfrent rien de particulier, mais ils sont solides, bien établis, d’un prix modéré et de nature à faire un bon service. Le jury accorde au constructeur une citation favorable.
- M. Florentin LAURENT, cultivateur, à la Neùville-sous-Gorbie (Somme).
- Il a exposé une herse à châssis rectangulaire, allongé, muni de trois rangées de dents. La forme de ces dents, qui diffère pour chaque rangée, et leur courbure en avant, laissent prévoir que l’instrument agit très-énergiquement,probablement trop énergiquement, dans certains terrains, où il s’enfoncerait jusqu’au châssis. Mais, comme c’est un inconvénient auquel il est facile de remédier, le jury n’hésite pas à accorder à l’auteur une citation favorable.
- M. BOHOREL, médecin et agriculteur, à Gampeaux (Oise).
- Il a exposé un petit scarificateur tricycle muni d’un brancard et d’un siège, qu’on enlève à volonté. Dans tous les scarificateurs usités jusqu’à présent les dents sont fixes, et les roues ou les supports quelconques sur lesquels pose le châssis peuvent se hausser et se baisser suivant l’entrure qu’on veut donner à l’instrument. Ici, c’est le contraire, les roues sont fixes et les dents sont mobiles. La supériorité de la première de ces combinaisons sur l’autre n’est pas douteuse. Néanmoins, la disposition assez ingénieuse au moyen de laquelle est obtenue la mobilité des dents, la facilité qui en résulte de faire varier le nombre de celles-ci suivant les circonstances,
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- et l’addition du brancard et du siège, qui, dans certains cas, peuvent avoir leur utilité, engagent le jury à accorder à l’inventeur une citation favorable.
- M. PAILLER, conducteur des ponts et chaussées, à Valence (Drôme).
- II a exposé le modèle d’un instrument qu’il appelle dégazonneur, et qui est, en effet, destiné à enlever le gazon sur les accotements des routes. Cet instrument présente plusieurs dispositions ingénieuses, qui témoignent de l’intelligence de l’auteur. Mais, comme il lui manque encore la sanction de l’expérience; que, d’ailleurs, le but est d’une importance secondaire, et est atteint d’une manière satisfaisante par la raiissoire et même par la houe, le jury doit se borner à donner à M. Pailler une citation favorable.
- «
- § 3. SEMOIRS, PLANTOIRS, HOUES A CHEVAL.
- M. Joseph FERRY, fabricant d’instruments aratoires, à Épinal (Vosges).
- Il a exposé un rigoleur pour les prés et un plantoir à pommes de terre.
- Le rigoleur est construit d’après le système de Thaer, mais perfectionné et rendu plus pratique par M. Ferry. C’est une petite charrue tout en fer, à soc légèrement concave, et dont l’aile, très-allongée, est relevée verticalement et présente le tranchant en avant. Un petit avant-train fort ingénieux donne à la marche de l’instrument la stabilité indispensable à la bonne exécution du travail.
- Comme l’indique son nom , cet instrument est destiné à faire des rigoles d’irrigation et d’assainissement dans les près arrosés. L’importance croissante que prend l’irrigation, en France, laisse assez prévoir de quelle utilité peut être un bon rigoleur, car les frais de confection des rigoles entrent pour beaucoup dans les dépenses d’établissement et d’entretien des prés et il faut d’habiles ouvriers pour bien faire les rigoles à la main. Quoique les charrues rigoleuses en général ne puissent fonctionner dans les terrains accidentés, et que celle de M. Ferry en particulier ne fasse que les petites rigoles, cet habile et zélé constructeur n’en aura pas moins doté l’agriculture
- Médailles de bronze.
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- d’une machine qui ne réclame que quelques améliorations de détails pour rendre de grands services.
- Le plantoir à pommes de terre est un instrument nouveau en agriculture. L’habile directeur de l’institut agricole de Sainte-Geneviève, M. Turck, avait, il est vrai, présenté un planteur à pommes de terre à l’exposition de i844; mais cet instrument ne suppléait pas entièrement à la main de l’ouvrier, qui était obligé de jeter les tubercules un à un dans les tubes. Le plantoir de M. Ferry évite cet inconvénient. Quatre trémies, convenablement espacées, reçoivent les tubercules entiers ou coupés. Elles sont fixées au-dessus de deux cylindres parallèles, placés l’un contre l’autre au même niveau et d’une longueur égale à la largeur de l’instrument. Aux points correspondants aux trémies, chaque cylindre porte une cavité représentant à peu près un quart desphère, de sorte qu’à un moment donné les cavités des deux cylindres, se joignant ensemble, forment des demi-sphères dans chacune desquelles vient se loger un tubercule que le mouvement des cylindres, tournant l’un contre l’autre fait tomber dans le tube qui se trouve au-dessous et qui est armé d’un espèce de butloir destiné à ouvrir le sol. Si les cylindres avaient eu un mouvement continu, il serait arrivé que chaque cavité se chargeant, dans son parcours sous la trémie, d’un tubercule, ceux-ci auraient été comprimés ou écrasés à leur rencontre. L’habile constructeur a su éviter cet inconvénient : au moyen d’une combinaison ingénieuse, il imprime aux cylindres un mouvement alternatif. Chaque cylindre fait un demi-tour, et, lorsque le tubercule est tombé, vient se replacer dans la position où les deux cavités réunies forment la demi-sphère ouverte sous la trémie.
- Le sieur Ferry a commencé par être simple ouvrier forgeron. C’est par son intelligence, son zèle et son amour pour le progrès qu’il s’est élevé au rang de fabricant d’instruments aratoires. Le succès qu’ont obtenula plupart de ses instruments dans les concours, et, ce qui vaut mieux encore, dans la pratique usuelle, lui assignent un des premiers rangs parmi les constructeurs des Vosges.
- Le jury s’estime heureux de pouvoir lui décerner, pour son rigo-leur et pour son plantoir, une médaille de bronze.
- M. BOUSCASSE père, propriétaire agriculteur, à Puil-boreau (Charente-Inférieure).
- 11 a exposé une houe à cheval de son invention, construite par
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- le sieur Peyry. Cet instrument a fixé d’une manière toute particulière l’attention du jury. Entièrement différent de la lioue de Ro-ville, il se rapproche de celle de Schwertz. Comme celle-ci, il se compose d’un âge avec mancherons et de bras porte-dents. Mais là s’arrête ,1’analogie. La houe Bouscasse porte à l’extrémité de i’age un régulateur semblable à celui des houes de Roville, et un support à roues monté sur un levier, qui permet de le régler très-facilement. Les bras porte-dents, au nombre de deux, sont des barres de fer carrées, d’environ om,o3, fixées par le milieu à la partie postérieure de l’âge, à environ om,i5 l’une de l’autre ; l’antérieure est un peu plus courte que celle de derrière. Sur ces bras et sur l’âge, percé d’un trou en avant et en arrière des bras, se placent des pieds de quatre genres différents suivant le travail qu’on veut exécuter; des dents de herse pour entamer et émietter la croûte durcie du sol ; des coutres droits et recourbés pour ratisser et couper entre deux terres les racines des mauvaises herbes; des socs en triangle rectangle, qu’on place le tranchant en dedans, lorsqu’il s’agit de déchausser les plantes, et, le tranchant en dehors pour les rechausser; enfin,des socs en triangle isocèle pour remuer plus profondément les entre-lignes. Ces divers organes se fixent sur les bras au moyen de boîtes en fer, percées de deux trous, l’un horizontal, dans lequel passe le bras; l’autre vertical, qui reçoit la partie supérieure de la dent ou du pied. Ces boîtes glissent sur le bras, et se fixent au point voulu par une vis de pression qui agit non-seulement sur la boîte, mais encore sur le pied qui traverse celle-ci. -
- Par son ensemble, comme .par les détails d’exécution, celte houe paraît devoir remplir toutes les conditions désirables dans un ins* trument de ce genre. On ne pourrait lui- reprocher que son prix élevé ( i3o fr.), prix qui, néanmoins, baissera lorsqu’elle sera fabriquée plus en grand. M. Bouscasse est un des agriculteurs les plus éminents de l’Ouest. La culture de la Charente-Inférieure lui doit une partie des améliorations qui ont produit un si notable changement dans ce département. Le jury est heureux de1 pouvoir lui décerner, pour son excellente houe à cheval, une médaille de bronze.
- M. Augustin PRUVOST, serrurier et charron, à Wa-zemmes (Nord). m. -, :
- Il a exposé un semoir de son invention. Cet instrument, destiné
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- à être traîné par un cheval, est établi à peu près sur le système des semoirs à cuillères : une trémie régnant sur toute la largeur de l’instrument; au-dessous, des réservoirs où les organes distributeurs puisent la semence qui tombe de la trémie, et d’où ils la portent dans des tuyaux qui la laissent couler jusqu’au fond des rayons tracés par les pieds des rayonneurs. Ce qui distingue ce semoir des semoirs à cuillères ordinaires, c’est la disposition fort ingénieuse de celles-ci. D’un noyau en fonte parlent des becs recourbés, dont l’extrémité est légèrement creusée en demi-alvéole du côté extérieur. Sur le même côté, s’applique contre le bec une petite feuille de tôle qui le couvre à peu près sur un tiers de sa circonférence, et qui peut être avancée, reculée et fixée au moyen d’une vis de pression dans la position convenable. C’est celte feuille de tôle qui, par la longueur dont elle dépasse le bec, forme, avec la demi-alvéole de celui-ci, la cavité plus ou moins grande dans laquelle vient se loger la graine. Cette ingénieuse disposition, qui permet de semer toute espèce de graines avec les mêmes organes est incontestablement supérieure aux cuillères ordinaires. Les autres parties de l’instrument, offrant toutes les conditions désirables dans un bon se' moir, le jury décerne à l’habile inventeur une médaille de bronze.
- Mention M. JACQUET-ROBILLARD, à Arras (Pas-de-Calais).
- pour ordre.
- Il a exposé un semoir construit sur le système à capsule.
- Ce semoir, qui sème neuf raies à la fois, présente des dispositions ingénieuses pour faire varier l’intervalle entre les lignes, ainsi que la grandeur des ouvertures qui se trouvent sur la surface cylindrique de la capsule, et qui débitent la graine. La capsule porte plusieurs lunettes qui permettent de voir dans l’intérieur et de s’assurer, tout en marchant, de la quantité de graine qui s’y trouve encore, disposition qui obvie à un des plus graves inconvénients des semoirs à capsules.
- Le jury accorde à M. Jacquet-Robillard, pour son semoir, la mention pour ordre, cet honorable industriel ayant exposé d’autres objets dont il est parlé ailleurs.
- Mentions M. Pascal ROCHE, constructeur d’instruments aratoires, honorables. £ Rousset (Rouches-du-Rhône).
- 11 a exposé une charrue couvre-garance de son invention. Le
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- buttage de la garance est une opération dont l’expérience a démontré l’utilité. Mais c’est en même temps une opération chère, lorsqu’elle s’exécute à la bêche, et c’est en partie cette considération qui empêche, dans plusieurs localités, l’adoption de la culture de la garance en planches étroites. C’est dans le but de la rendre plus prompte, plus facile, plus économique surtout, que M. Roche a construit l’instrument qu’il expose. Compatriote de M. Bonnet, il s’est inspiré de l'invention si remarquable de celui-ci. La charrue couvre-garance est, en effet, une espèce de charrue Bonnet double, ou, si l’on veut, elle est à la charrue Bonnet ce que les buttoirs sont aux charrues ordinaires. De même que la charrue Bonnet, elle creuse le fond de la raie qui règne entre les planches, et élève la terre détachée par le soc jusqu’à la hauteur convenable, pour ensuite la verser à droite et à gauche à l’instar des buttoirs. Cet instrument, pouvant fonctionner dans des raies étroites et profondes où les buttoirs n’ont plus d’aclion, peut être d’une grande utilité dans d’autres travaux que ceux du buttage de la garance, notamment dans les opérations d’assainissement et d’égouttement des terres. Le jury accorde à M. Roche, pour son utile instrument, une mention honorable.
- M. Eugène DELON, cultivateur, à Essonnes (Seine-et-Oisej.
- Il a exposé un plantoir à pommes de terre, un semoir pour haricots, betteraves, fèves, etc. et un rouleau.
- Ce dernier est en fonte et ne présente rien de particulier. Quant au plantoir et au semoir, tous deux établis sur le même principe, l’idée en est neuve et ingénieuse. C’est un cylindre creux, en tôle, fixé au moyen de brides sur la roue droite de l’avant-train de la charrue. Celte roue, qui marche dans la raie ouverte au précédant tour, entraînant le cylindre dans son mouvement, met la graine ou les tubercules, renfermés dans celui-ci, successivement en contact avec les ouvertures percées sur sa surface, ouvertures qui permettent la sortie de la graine et présentent des dispositions remarquables. L’examen de ces instruments en fait bien augurer ; mais , comme ils n’ont pas encore reçu la sanction de l’expérience, le jury se borne à accorder au sieur Delon, à litre d’encouragement, une mention honorable.
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- M. J. F. VIGNERON, docteur en médecine, président du comice agricole, à Toul (Meurthej.
- Il a exposé un semoir destiné à être placé sur l’avant-lrain d’une charrue. Il était difficile de faire du neuf après tout ce qui a été fait dans ce genre. Et, en effet, le semoir en question n’est, pour l’ensemble, que le semoir à bçosse de Dombasle, d’André-Jean, de Chavaudon, etc. Mais, dans les détails, l’auteur a su apporter pLi-sieurs perfectionnements qui contribueront certainement à étendre le cercle assez restreint où la semaille sous-raie et, par conséquent, les charrues à semoir offrent quelque utilité : ainsi, la plaque à tiroir, qui permet au laboureur de régler de sa place le débit de la semence, etc.
- Ce même semoir peut être placé, comme le semoir Dombasle, sur une brouette, et, quoique inférieur, dans cette condition, aux excellents semoirs à cuillères de l’illustre directeur de Roville, il peut encore rendre de bons services.
- Le jury rend hommage au zèle et aux lumières du docteur Vigneron, en mentionnant honorablement son semoir.
- Citations
- favorables.
- M. A. TARIN, pépiniériste, à Coclois (Aube).
- Il a exposé une houe à cheval qui fait en même temps les fonctions de sarcloir et de buttoir. L’ensemble et les diverses parties de cet instrument sont bien entendus, et, quoique léger et peu propre à vaincre une grande résistance, il est de nature à rendre de bons services dans les cultures en lignes. Le jury accorde au sieur Tarin une citation favorable.
- M. A. J. LEQUIEN, agriculteur, à Lorgies (Pas-de-Calais).
- Il a exposé un semoir de son invention. Cet instrument a pour organes distributeurs des mollettes en bois portant des alvéoles à la circonférence. Il fonctionne avec un cheval, et convient aux céréales comme aux plantes cultivées en lignes espacées.
- A côté de certaines dispositions ingénieuses, qui témoignent de l’esprit inventif de l’auteur, cette machine offre une grande complication, qui se traduit d’une manière fâcheuse par son prix élevé
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- (700 francs). Toutefois, ayant égard à ce qu’offre de bon et de pratique ce semoir, le jury accorde à l’inventeur une citation favorable.
- M. SAINT-JOANNIS, chaudronnier-mécanicien, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Il a exposé un semoir à cuillères qui n’offre rien de particulier, si ce n’est que les cuillères sont d’une forme un peu différente des autres et sont en plomb au lieu d’être en cuivre.
- Du reste, l’instrument paraît satisfaire aux conditions nécessaires pour l’emploi fructueux des semoirs, et on ne peut que se féliciter de voir la confection de ces machines s’introduire dans le Midi, où elles sont peu répandues.
- Le jury accorde à M. Saint-Joannis une citation favorable.
- M. D. DAVENNE, propriétaire agriculteur, à Montazeau (Dordogne).
- Il a exposé un semoir rayonneur de son invention.
- Cet instrument a déjà figuré aux expositions de 1839 et i844- Il y a reçu une mention honorable et un rappel de cette même mention. Quelques améliorations de détail apportées à ce semoir par l’agriculteur zélé qui l’a inventé et introduit dans la culture, engagent le jury à le citer favorablement.
- M. L. E. LEBAS, maréchal et serrurier, à Montivilliers (Seine-Inférieure).
- Il a exposé un semoir à bras dans le genre de ceux dits semoirs à capsule. L’instrument consiste en un cadre monté sur deux roues et portant une trémie allongée, au-dessus de laquelle est la capsule cylindrique contenant la graine qui, dans le mouvement de rotation que reçoit cette capsule de l’une des roues, au moyen d’une courroie sans fin, passe à travers la double rangée d’ouvertures pratiquées dans la circonférence de la capsule et tombe dans la trémie, et de là, dans le rayon creusé par le pied à versoirs qui est fixé sur le cadre, en avant de la trémie. Elle est recouverte par des dents placées à l’arrière et faisant fonctions de râteau. Comme dans tous les semoirs de ce genre, les ouvertures de la capsule peuvent être diminuées à volonté, suivant la graine, au moyen de deux cercles. Le rayonneur peut également prendre plus ou moins de
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- profondeur, d’après la hauteur donnée à deux petits pieds placés de chaque côté et agissant comme sabots.
- Cet instrument est inférieur à nos bons semoirs à bras ; mais il est simple, peu coûteux et peut être d’une utilité réelle comme moyen de transition.
- Le jury accorde à l’auteur une citation favorable.
- S 4. INSTRUMENTS POUR LA RÉCOLTE.
- Médaille Commune de SAUVES (Gard).
- d’argent.
- La commune de Sauves (Gard) est le siège d’une industrie toute particulière, la fabrication des fourches et attelles en bois de micocoulier ( celtis australis) et d’alisier. Cette industrie y est exploitée d’une manière complète, c’est-à-dire que l’on y crée en même temps la matière première et les produits fabriqués.
- Il y a, par conséquent, à Sauves même, deux industries distinctes en ce qui concerne ce produit, l’industrie sylvicole et l’industrie manufacturière.
- Il sera question plus loin de celle-ci, car des fourches et des attelles de Sauves ont figuré à l’exposition; ici, c’est de la production de la matière première, de l’industrie sylvicole, dont il s’agit, industrie intéressante à plus d’un titre.
- Les plantations de micocouliers et d’alisiers qui fournissent celte • matière première, et en livrent chaque année pour une valeur d’au moins 100,000 francs aux fabricants de fourches et attelles, sont le plus ordinairement entremêlés d’oliviers, de vignes et de mûriers, et couvrent en partie les pentes rocheuses et les terrains arides qui environnent cette commune, et qui, par aucune autre culture ne sauraient être utilisés aussi avantageusement.
- Ces plantations sont exploitées par la méthode dite du jardinage, c’est-à-dire que, chaque année, on coupe sur les diverses souches les brins qui ont atteint les dimensions convenables. Ces coupes, de même que la multiplicatiou des pieds des deux essences citées et les façons données au sol, se font avec beaucoup de soins et d’entente.
- Mais ce qui surtout est digne de fixer l’attention, ce qui distingue cette culture de toutes les autres cultures forestières, et la range
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- presque dans l'arboriculture fruitière, c’est la taille à laquelle on soumet les brins dès leur apparition, taille si bien conçue et si habilement exécutée, qu'on voit en quelque sorte sur pied et de toute pièce la fourche ou l’attelle; cette dernière seulement, dans l’impossibilité d’obtenir les trois becs de grosseur égale et régulièrement espacés qui constituent la fourche, car le brin de fourche se vend plus cher que le brin d’attelle qui n’a besoin que d’un certain développement au talon.
- C’est grâce à cette taille, qui transforme ainsi en bois de service d’une haute valeur des brins de 5 à 6 ans qui, sans cela, n’auraient fourni que de mauvais cotrets, que les plantations de micocouliers sont devenues, pour la ville de Sauves, la source principale de revenus et d’aisance.
- Dans l’impossibilité de récompenser individuellement tous les habiles et industrieux cultivateurs de cette ville , le jury, ne voulant pas négliger celle occasion de leur manifester sa sympathie et d’attirer l’attention du pays sur cette branche intéressante de production, décerne à la commune de Sauves la médaille d’argent.
- MM. SARRAN et DUFOUR, fabricants de fourches et attelles en bois, à Sauves (Gard).
- Ils ont exposé deux fourches et deux paires d’attelles. C’est la première fois que ces modestes produits figurent à l’exposition, et l’on pourrait même, au premier abord, s’étonner de les y voir, si l’on ne savait que Sauves est depuis longtemps en possession de fournir une grande partie du Midi de fourches et attelles en bois ; que la valeur des objets de ce genre, annuellement fabriqués dans cette seule commune, s’élève à près de 200,000 francs, malgré le prix très-minime de chaque article; qu’enfinles fourches et attelles de Sauve's sont, pour là forme, la solidité et le fini, probablement les plus parfaites de F rance et d’Europe, ce qui est dû, non-seule-me»t à l’espèce de contrôle qui s’exerce sur celte industrie, ainsi qu’aux seuls bois employés, le micocoulier de Provence et l’alisier, les meilleurs, sans contredit, qui existent pour cet objet, mais encore aux ingénieux procédés de culture et d’exploitation auxquels on soumet les taillis de micocouliers et d’alisiers.
- Le jury qui, en vue de ces procédés, a déjà décerné une médaille d’argent à la commune de Sauves, comme récompense aux producteurs de bois, témoigne sa sympathie aux industrieux fabri-
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- cants et ouvriers de cette commune, en décernant aux deux exposants une médaille de bronze.
- Mentions M. COLOMBEAU, fabricant d’instruments aratoires, à
- louorables. c r\ t \
- bmarves (Vienne).
- Il a exposé un instrument dit rajleur, servant à la cueillette du trèfle laissé à graine. C’est une espèce de ravale montée sur quatre rouelles, portant des rebords élevés et un peigne en fer sur le bord antérieur, peigne dont on peut régler l’inclinaison à volonté; traîné par un cheval et dirigé par un ouvrier, cet instrument enlève et détache les têtes de trèfle prises entre les dents du peigne; ces têtes tombent dans la caisse. Comme on ne récolte que les têtes, le battage en est rendu plus facile, et on peut, après la cueillette, faucher les plantes restées sur pied et obtenir encore un fourrage passable. L’importance de la production de la graine de trèfle , dans beaucoup de parties de la France , et les difficultés de la cueillette, rendent cet instrument intéressant pour les cultivateurs.
- Malheureusement, l’auteur n’en a encore livré que six, et il n’a pas fait connaître si l’expérience avait justifié son attente. En l’absence de documents plus précis, tout en reconnaissant que l’instrument paraît offrir les conditions désirées et témoigne , par d’ingénieuses dispositions, de l’intelligence et de l’habileté du constructeur, le jury doit se borner à lui accorder une mention honorable.
- M, L. P. FUSELIER, mécanicien-constructeur, à Nevers (Nièvre).
- Il ’a exposé un faneur mécanique établi sur le système de celui de Saîmon, de Woburn, lequel, quoique datant de 1816, est encore le meilleur faneur de l’Angleterre. Rien n’a été changé dans l’ensemble, mais plusieurs détails ont été perfectionnés de manière à diminuer les frottements, à rendre plus facile le jeu des diverses pièces, et répandre l’usage de cette machine qui prendra un plus haut degré d’importance à mesure que les irrigations s’étendront sur notre territoire.
- Le jury accorde à M. Fuselier une mention honorable.
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- M. PENN-HELLOUIN, propriétaire agriculteur, à Aunay-sur-Odon (Calvados).
- Il a exposé un tord-lien et un ébroussoir : le premier est une petite machine d’un mécanisme fort simple, fort ingénieux, destinée à la confection des liens de paille dans les contrées où , comme en basse Normandie, on réunit les deux poignées de paille, non par un nœud, mais par la torsion; avec le tord-lien, un enfant peut faire beaucoup mieux et plus vite qu’un ouvrier habile réduit à ses deux mains. Toutefois, bornée à ce seul emploi, cette machine n’aurait d’utilité que dans les contrées où est usitée la méthode normande, mais il est à remarquer qu’elle peut également servir à la confection des cordes de paille et de foin dont les applications à la couverture des meules, à la confection des toits en chaume, etc., sont niombreuses et générales.
- L’ébroussoir, espèce de grande pelle à main, portant un peigne sur le bord antérieur et deux poignées, ressemble au cueille-trèfle présenté à l’exposition de i844, par M. Rey, président de la société d’agriculture d’Autun. De même que ce dernier, il est destiné à la cueillette des têtes de trèfle laissé pour graine, et peut, dans beaucoup de circonstances, rendre d’incontestab/les services.
- Le jury signale le mérite de ces instruments en accordant à l’ingénieux inventeur une mention honorable.
- § 5. MACHINES POUR LA PRÉPARATION DES PRODUITS AGRICOLES (machine à battre, hache-paille, coupe-racine, barattes.)
- M. Victor HOUYAU, ingénieur-mécanicien, à Ghefles, près Angers (Maine-et-Loire).
- Il a exposé une machine à battre les grains. Cette machine, d’origine anglaise , et importée en France comme machine à bras, ii’avait eu aucun succès, comme il était facile de le prévoir. M. Houyau l’a prise en cet état, y a fait plusieurs perfectionnements et ajouté un manège de son invention, manège simple, d’une grande solidité et facile à déplacer. Cette machine, comme celle de Ransome, n’a point de cylindres alimentaires. L’absence de ces organes, considérés pendant longtemps comme indispen-
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- sables, est aujourd’hui reconnue d’un grand avantage dans toutes les machines établies sur le système de la percussion, c’est-à-dire dont le tambour se meut avec une vitesse considérable. Elle manque également d’un râteau circulaire et d’un ventilateur. Ces pièces sont utiles, mais elles emploient beaucoup de force, et l’expérience a prouvé qu’elles n’étaient pas indispensables dans les machines de ce genre, attendu que le tambour en remplit jusqu’à un certain point les fonctions. D’ailleurs, les machines à ventilateur, pas plus que celle-ci, ne permettent de se passer de tarare.
- La machine de M. Houyau a reçu la sanction d’une longue expérience. Plus de 200 ont été livrées à l’agriculture depuis peu d’années. Un membre de la commission d’agriculture en possède une dont il est des plus satisfaits. Elle bat avec une grande perfection, et fait, avec deux chevaux de moyenne taille, l’ouvrage que beaucoup de machines renommées font avec quatre. Ce qui ajoute encore au mérite de cette machine, c’est le prix très-bas de 63o francs, tout compris, auquel M. Houyau la livre. Le jury est heureux de pouvoir signaler à la France agricole cet excellent produit des importants ateliers de Cbeffes, qui ont également fourni à l’exposition le rouleau compresseur, si connu et si bien apprécié par nos ingénieurs des ponts et chaussées. Le jury décerne à M. Hcuyau, pour ses deux instruments, la médaille d’or.
- Médailles MM. VACHON père et fils, négociants meuniers, à Lyon
- (Varient. /pi » \
- 3 (Rhône),
- Ils ont exposé un trieur à plan incliné pour l’agriculture, et un trieur cylindrique pour la meunerie, tous deux établis sur le sys-dont ils sont les inventeurs. Ce système, qui a été l’objet de nombreux rapports des premières sociétés savantes de France, et qui est aujourd’hui adopté dans un grand nombre d’usines importantes, est trop connu pour qu’il soit nécessaire d’en donner ici la description. Qu’il suffise de rappeler qu’il repose sur cette idée nouvelle et ingénieuse, que des trous d’un diamètre convenable, percés dans une tôle de 3 millimètres, et fermés en dessous, offrent un logement aux graines rondes et gravier, sans retenir les grains de blé, lesquels, en raison de leur longueur, ne peuvent s’y loger en entier, et sont entraînés dans le mouvement imprimé à la tôle.
- Dans le trieur à plan incliné, lequel est précédé d’un émolleur,
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- et surmonté cl’une trémie, c’est par un mouvement de va-et-vient qu’on fait glisser le blé sur la tôle alvéolée, et c’est par un mouvement de bascule qu’on débarrasse celle-ci des graines rondes qui se sont logées dans les trous.
- Dans le trieur cylindrique qui a remplacé le trieur à chaîne sans fin, ce double effet est obtenu : le premier, également par un mouvement de va-et-vient dans la direction de l’axe du cylindre, lequel mouvement fait glisser dans le sens de la pente le blé amené dans ce dernier -, le second, par le mouvement de rotation du cylindre, mouvement qui entraîne les graines rondes logées dans les trous de la tôle alvéolée garnissant l’intérieur du cylindre, et les fait tomber dans la conque fixe qui est placée dans le cylindre, au-dessous de l’axe de celui-ci.
- Des dispositions ingénieuses permettent de régler à volonté l’alimentation du trieur, débarrassent le grain des corps étrangers plus gros, ainsi que de la poussière qui. s y trouvent mêlés, et donnent le moyen de diviser le blé, après le triage, en bon blé et petit blé.
- Les appareils de MM. Vachon donnent le moyen d’expulser du blé des graines qui, telles que certaines vesces et gesses, les agros-temmes, etc., ayant un diamètre égal et une pesanteur spécifique semblable à ceux du grain, ne pouvaient en être séparés jusqu’à ce jour que par le triage à la main.
- Il suffit d’énoncer ce fait et d’ajouter que, dans beaucoup de parties de la France, et dans certaines années surtout, ces graines sont d’une abondance extrême, pour faire comprendre tout le mérite de l’invention de MM. Vachon, tant au point de vue de la consommation, c’est-à-dire de la meunerie, qu’au point de vue de la production, c’est-à-dire de l’agriculture, pour la préparation des blés de semence.
- Le jury joint son suffrage aux nombreuses récompenses obtenues par MM. Vachon, en décernant à ces honorables industriels la médaille d’argent.
- M. Antoine CORRÈGE, ingénieur-mécanicien, me de l’Oiiest, n° 68, à Paris.
- Il a exposé la machine à nettoyer le blé qui porte son nom. Ce nettoyage, sans contredit le plus connu et le plus répandu de tous
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- ceux qu’emploie la meunerie, a reçu de notables perfectionnements depuis l’exposition de 183g, à laquelle il a figuré. La pièce principale est encore une colonne verticale creuse, intérieurement garnie de tôle piquée, et renfermant un arbre en fer armé" de plateaux, d’ailetles et de brosses qui, en projetant, par un rapide mouvement circulaire, le grain avec force contre les parois, le débarrassent de tous les corps étrangers qui y adhèrent, même du velu, et le préparent convenablement à la mouture. Mais, à cet appareil, àl’émot-teur et au ventilateur qui l’accompagnaient, M. Gorrége a ajouté, d’abord un crible sasseur de 4 mètres de longueur en tôle découpée, placé dans un coffre qui s’adaptait à la colonne verticale ; puis, au lieu de ce crible, un cylindre horizontal sasseur et trieur, placé dans le même coffre, mais précédé d’un ventilateur qui, agissant sur le grain à sa sortie de la colonne verticale, le débarrasse de la balle et de l’épillon détachés par l’action des ailettes, plateaux et râpes. Ainsi modifié et composé d’un émotteur, d’un ventilateur, de la colonne verticale, d’un second ventilateur et du cylindre sasseur, ce nettoyage satisfait à toutes les conditions au point de vue du travail, et ne laisserait plus rien à désirer, si le prix n’en était encore un peu élevé et les dimensions assez considérables. Ajoutons, du reste, et c’est là un bel éloge, que, malgré ces deux défauts, il est aujourd’hui peu de grande? usines à farine qui ne possèdent un et souvent deux et trois appareils Corrége.
- M. Corrége, outre ses appareils, construit aussi, dans ses importants ateliers, des moulins, des roues hydrauliques, des bluteries, des manèges, des pompes, des moulins à tan, etc. Honoré d’une médaille d’argent en i83g, il a paru au jury digne de la nouvelle médaille d’argent qu’il lui décerne.
- M. N. DUVOIR, mécanicien-constructeur de machines à battre, à Liancourt (Oise).
- 11 a exposé une machine à battre le grain de son invention. Cette machine est établie sur le système en travers; mais l’habile constructeur lui a fait subir de notables modifications, dont plusieurs peuvent être considérées dès aujourd’hui comme des perfectionnements. Le tambour batteur, armé de douze barres en fer et tournant sur des coussinets mobiles, égrène le blé contre une surface cannelée concave qui se trouve en dessous, et à laquelle
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- succède une tôle percée qui laisse passer le grain et le fait arriver sur les cribles, où il est soumis à l’action énergique de deux ventilateurs, tandis que la paille, saisie par une espèce de laminoir en bois, est déposée sur un plan incliné, au bas duquel elle glisse et s’entasse avec toute la régularité nécessaire pour qu’on puisse facilement la mettre en bottes aussi bien faites que pourrait les livrer le fléau. On sait que c’est là une condition exigée, à tort ou à raison, par tous les cultivateurs des départements environnant Paris, et même du Nord en général. Or, aucune machine ne paraît y satisfaire aussi complètement que la machine Duvoir qui, avec deux chevaux de force moyenne ( la résistance n’est que de 80 à 90 kil. ), bat 70 gerbes de 10 à xi kil. à l’heure, et 'opère l’égrenage d’une manière parfaite. La machine exposée est un véritable chef-d’œuvre d’exécution : engrenages, arbres, tourillons, coussinets, tout enfin y présente le soigné et le fini des machines les plus délicates de l’industrie. Des renseignements positifs, obtenus par le jury, lui ont prouvé que les i4 machines déjà livrées par M. Duvoir offrent presque toutes la même perfection. Ce qui ajoute encore à ce mérite, c’est le prix de 1,800 francs tout compris auquel est coté cette machine.
- En présence d’efforts si heureusement couronnés, et des témoignages de plusieurs agriculteurs qui emploient cette machine, le jury décerne à l’habile constructeur une médaille d’argent.
- M. Jean-Joseph MOLARD, mécanicien constructeur, à Lunéville (Meurthe).
- Médailles de bronze.
- Il a exposé une machine à battre portative. L’avantage que présente cette dernière qualité ne saurait être l’objet d’un doute; cet avantage, plus important pour la France que pour d’autres pays, s’accroît encore chaque jour à mesure que les fermes-se morcellent et que la grande propriété disparaît. C’est cette considération qui avait engagé le Conservatoire des arts et métiers à faire venir, il y a plusieurs années, la meilleure machine portative de l’Angleterre,, celle de Ransome. Il est à regretter que cette machine, si remarquable, non-seulement au point de vue de la mobilité, mais aussi et surtout au point de vue du battage, n’ait pas été plus étudiée parla plupart de nos constructeurs, par ceux du moins qui, ne travaillant pas pour le rayon d’approvisionnement de Paris, ne sont pas forcément bornés au système en travers.
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- Celte réflexion surgit lout naturellement de là vue de la machine de M. Molard, machine qui, à quelques modifications près, et à part la mobilité, est l’ancienne machine de Roville avec ses cylindres alimentaires, son battage en dessous reconnu défectueux et abandonné par M. de Dombasle même, son ventilateur et son râteau circulaire.
- A part cette imitation de dispositions vieillies, le jury n’a que des éloges à donner à cette machine qui, pour l’ingénieuse combinaison des rouages et du manège, en fonction comme dans la marche, pour la bonne exécution de toutes les pièces et le prix, laisse peu de choses à désirer.
- Il accorde la médaille de bronze à cet habile mécanicien.
- M. Alexis-Joseph DAMEY, ingénieur - mécanicien, rue Fontaine-au-Roi, n° 4 bis, à Paris.
- Il a exposé une machine de son invention pour battre le blé. L’appareil de battage, par lui-même, n’offre rien de particulier. A quelques perfectionnements près, comme la vitesse plus grande du tambour et des cylindres alimentaires, la moindre largeur de la surface cannelée concave, etc., cet appareil est semblable à celui des machines dites suédoises. Cependant, cette machine est une des plus remarquables qui aient été produites depuis bien des années. Elle est portative, mais au lieu d’avoir, comme toutes les autres machines portatives, le manège, soit en terre, soit en l’air, placé à distance et réuni au moyen d’un arbre de couche, manège et machine sont ici montés sur le même bâti, ou plutôt la machine est établie sur l’axe même du manège, lequel axe est fixe. Au sommet de cet axe, se trouve en effet une plate-forme en fonte qui porte tout l’appareil de battage, ainsi que les 2 ouvriers servants. Par-dessous est une grande roue d’angle horizontale dont le moyeu, traversé par l’axe, porte les deux bras de levier auxquels on attelle les chevaux. Cette roue d’angle donne le mouvement au tambour et aux cylindres. Deux plans inclinés, placés à une hauteur convenable, permettent d’amener les gerbes et d’enlever les pailles. Le grain battu tombe dans une caisse placée au-dessous des bras du manège. Enfin, 2 roues, qu’on enlève et qu’on remet à volonté, permettent d’opérer les changements de place plus promptement que dans aucune autre machine. Quoique l’invention de M. Damey soit toute récente, elle paraît avoir déjà été l’objet d’expériences assez concluantes, 5 de
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- ces machines fonctionnent aux environs de Dole pour le compte de l’inventeur, qui les fait voyager dans les villages et fermes et y bat à façon à raison de 2 francs par 100 gerbes, le cultivateur fournissant les ouvriers et les chevaux nécessaires. Chaque machine bat environ 800 gerbes par jour. Si un emploi plus prolongé, qui est indispensable pour juger cette machine en pleine connaissance de cause, vient confirmer ce que ces premiers essais font espérer, il est à croire que, par sa grande mobilité et son prix très-modéré (700 fr.), cette machine ne tardera pas à se répandre et fera surgir chez nous des batteurs de profession comme il en existe en Angleterre, s’installant avec leurs machines dans les villages et fermes, et y battant à façon la récolte du petit comme celle du grand cultivateur. En attendant ce résultat si désirable, le jury est heureux de pouvoir, dès à présent, récompenser ce qu’il y a d’inconstestablement bon et ingénieux dans cette machine, en décernant une médaille de bronze à M. Damey.
- MM. FERRIERES et SABIN, mécaniciens-constructeurs, à Pontlieue (Sarthe ).
- Ils ont exposé un nettoyage à blé de leur invention. Ce nettoyage, à part l’émotteur qui en fait partie, se compose, comme celui de Corrége, d’un cylindre creux vertical, garni intérieurement de tôle piquée, et renfermant le mécanisme au moyen duquel le grain est violemment projeté contre la râpe dans le parcours du cylindre.
- Ce mécanisme est ici formé d’une hélice concentrique au cylindre, et qui ne laissa que quelques centimètres d’intervalle entre ses bords et les parois de celui-ci. Cette hélice, en partie garnie de tôle piquée, fait de 3oo à 35o tours par minute dans le sens propre à retarder la chute du grain. Un ventilateur, placé à la partie inférieure du cylindre et sous l’action duquel, au sortir de l’appareil, le grain passe forcément, débarrasse celui-ci des corps légers et de la poussière.
- Ce nettoyage paraît de nature à produire un très-grand effet. On peut dire que, en principe,il a quelque chose de plus rationnel que la plupart des autres appareils du même genre.
- Quoique d’un prix assez élevé (2,000 francs l’appareil complet), et quoique exigeant à peu près la force de trois chevaux, MM. Ferrières et Sabin, depuis i846, en ont placé un grand nombre dont on semble très-satisfait.
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- Le jury décerne à ces habiles constructeurs la médaille de bronze.
- M. MITTELETTE, mécanicien, à S'oissons (Aisne).
- Il a exposé une machine à battre le blé.
- De même que celle qu’il avait exposée en i844, cette machine bat en travers et par conséquent conserve la paille. Les tourillons du tambour batteur sont portés sur des galets, et l’ensemble de l’appareil d’égrenage répond à celui des autres machines en travers, ou, si l’on veut, des machines dites suédoises. Quant au reste, elle en diffère notablement. Elle est portative et, à cet effet, montée sur quatre roues de petites dimensions que l’on se borne à caler lorsqu’on veut la faire fonctionner. Le manège, qui est un manège en terre, est séparé de la machine à laquelle il communique le mouvement au moyen d’un arbre de couche et d’une grande poulie. Enfin, et c’est là un perfectionnement qui paraît assez important, les douze barres du tambour sont, non pas parallèles à l’axe, mais légèrement inclinées en manière d’hélice. Cette disposition, qui tend à attirer les épis et à leur faire prendre une direction à peu près perpendiculaire à l’axe, doit, à la vérité, occasionner un peu de mêlée dans la paille; mais, par la même raison, elle ne peut que favoriser le battage et le rendre plus facile et plus parfait.
- Le jury, appréciant l’utilité de ces diverses modifications, décerne à M. Mittelette une médaille de bronze.
- M. Aimé BRICHARD, ouvrier menuisier, rue Notre-Dame-des-Victoires, n° 32, à Paris.
- Il a exposé un tarare de son invention, d’une construction remarquable et qui a fixé l’attention toute spéciale du jury. Dans les tarares ordinaires, le grain passe d’abord à travers des cribles, et ce n’est qu’ensuite, qu’il est soumis à l’action du ventilateur. Il en résulte que, lorsque le grain contient beaucoup de menue paille et de balles, les cribles s’engorgent promptement et empêchent l’instrument de fonctionner. Aussi est-on obligé, dans ce cas, de recourir à une opération préalable, le jet, avant d’employer le tarare.
- Dans celui du sieur Bricliard, l’action du ventilateur s’exerce immédiatement sur le grain, d’abord à l’ouverture inférieure de la trémie, ensuite entre le premier et le second plan incliné qui con-
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- duisent le grain sur les deux cribles. Ceux-ci sont superposés l’un à l’autre et inclinés en sens contraire. Le premier laisse passer les grains et relient les corps plus volumineux ; le second ne laisse passer que les corps plus petits et retient le bon grain.
- Le jury considère cette combinaison comme un perfectionnement important, surtout dans les contrées où le dépiquage, le battage au fléau ou le battage avec machines non munies de ventilateur sont usités. Il décerne'au constructeur une médaille de bronze.
- M. François CALARD, mécanicien-constructeur, rue Notre-Dame-des-Champs, n° g 8, à Paris.
- Il a exposé plusieurs feuilles métalliques percées.
- On employait autrefois et on emploie encore en agriculture, et même dans la meunerie, des peaux percées pour cribles à main et cribles sasseurs et diviseurs. Inutile d’insister sur les inconvénients de ces appareils, dont les peaux subissent de si grands changements par les influences atmosphériques et sont fréquemment attaquées par les rats. Les toiles métalliques qui les ont en partie remplacés, quoique constituant un progrès, offrent aussi de graves inconvénients, car elles s’engorgent facilement et ne permettent aucune régularité pour la grandeur des ouvertures. Quant aux tôles piquées employées à la confection des râpes, des nettoyages de meunerie et des appareils à décortiquer ou émonder, confectionnées à la main, elles étaient presque toujours voilées et percées avec plus ou moins d’irrégularité, tant pour la distribution que pour la forme des trous. Il en était de même des feuilles métalliques percées unies qu’on avait essayé de substituer aux peaux en question. Frappé de ces inconvénients, M. Calard père s’attacha à trouver un moyen mécanique pour fabriquer les tôles piquées en râpes et les feuilles métalliques pèrcées unies. Le succès couronna ses efforts. Depuis qu’il a commencé à livrer au commerce de ses feuilles métalliques percées, c’est-à-dire depuis i83o, l’usage a si bien établi leur supériorité sur les produits similaires, que partout elles tendent à se substituer aux peaux et tôles percées à la main et aux toiles métalliques. Aujourd’hui, grâce à cette supériorité et au concours de M. Calard fils, qui dirige les ateliers, cette fabrication a pris un très-grand développement, et elle s’applique à. 65 numéros différents et aux feuilles de zinc et de cuivre comme aux feuilles de tôle, et trouve des débouchés
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- non-seulement en France, mais encore en Belgique, en Allemagne, en Espagne et en Russie.
- En présence de ces faits si concluants, le jury joint son suffrage à celui qu’a déjà recueilli M. Calard de plusieurs sociétés savantes et des nombreux acquéreurs de ses produits; il le mentionne ici pour ordre, M. Calarcl ayant exposé d’autres objets dont il est parlé ailleurs.
- M. A. F. POLY-LABESSE, fabricant d’instruments ara-ratoires, à Ferrières (Oise).
- Il a exposé trois, tarares de différentes grandeurs, et un cylindre pour cribler la menue paille. Les tarares, construits sur le système ordinaire des bons instruments de ce genre, sont confectionnés d’une manière solide et soignée. Le plus grand porte en dessous un cylindre trieur, addition utile dans toutes les grandes exploitations. Quant au crible cylindrique pour la menue paille, c’est un instrument nouveau dont on peut dire que le besoin se faisait sentir depuis longtemps. La menue paille et les balles contiennent, en effet, les parties les plus substantielles de la paille. Malheureusement elles sont presque toujours mêlées à une quantité plus ou moins grande de poussière qui, ayant à peu près la même pesanteur spécifique, ne peut en être séparée parle vent ouïe jet. On est donc souvent obligé de les jeter sur le fumier. Le cylindre cribleur du sieur Poly-Labesse, permettant d’en nettoyer de grandes quantités avec peu de travail, est donc une invention des plus utiles, qui pourra rendre également de bons services pour la paille et le foin hachés. Il faut ajouter que tous ces instruments sont à des prix très-modérés. Le jury décerne à cet habile constructeur, spécialement pour son cylindre cribleur et son grand tarare, une médaille de bronze.
- M. MORILLON, fabricant d’instruments aratoires à Gençay (Vienne).
- Il a exposé une machine à égrener le trèfle et la luzerne. Elle consiste en un cône tronqué en fonte, placé horizontalement, portant des cannelures en forme de rochet, et tournant avec rapidité dans un manchon conique en fer, ayant à la surface intérieure des cannelures semblables, mais dirigées en sens contraire. La partie supérieure du manchon est ouverte sur sa longueur pour donner
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- passage aux siliques de trèfle contenues dans la trémie placée au dessus de l’appareil. La partie inférieure offre égalément une ouverture qui est fermée par un tamis. Deux plans inclinés en toile métallique et un ventilateur complètent cet instrument, qui a paru au jury bien approprié au but qu’il doit remplir, et d’un mécanisme qui témoigne de l’intelligence et de l’habileté de l’auteur.
- Le jury regrette pour cet instrument, comme pour beaucoup d’autres, l’absence de tout renseignement de nature à l’éclairer sur la valeur pratique de cette machine. Appréciant, toutefois, ce qu’il y a d’ingénieux dans le système en lui-même, il décerne à l’inventeur une médaille de bronze.
- M. Pierre PONS, mécanicien et fabricant d’horlogerie, rue du Gherche-Midi, n° -73, à Paris.
- 11 a exposé une machine à battre le blé de son invention. Cette machine est destinée à marcher à bras. Jusqu’à présent aucune machine à bras n’a encore eu de succès, et comme ce.fait lient à la nature même des choses, il est peu probable qu’il change. Du reste, la machine de M. Pons peut être mue par un manège. Seulement elle perd alors celte simplicité et ce prix modéré qui la rendraient aujourd’hui abordable à la moyenne culture.
- Elle est établie sur le système des battoirs à liges. Ce système, cent fois essayé et cent fois abandonné, n’est-il pas à tout jamais condamné? C’est ce que pensaient tous les agriculteurs compétents avant l’invention de M. Pons, invention qui, si elle ne donne pas dès à présent la conviclion contraire, est du moins de nature à faire naître des doutes. Tout porte à croire, en effet, que, si ce système doit réussir, ce sera par les ingénieuses dispositions qu’offre la machine de M. Pons, dispositions au moyen desquelles, i° les épis, au moment où ils sont exposés à l’action des battoirs, au lieu d’être appuyés sur le plan du contre-batteur, se présentent obliquement à ce plan et se redressent spontanément après le choc; 20 les battoirs opèrent, non par un choc simple comme les pilons d’un boccard, mais par un choc double effectué dans les conditions particulières qui résultent de l’action d’un ressort flexible, effets obtenus par les verges en acier sur lesquelles sont montés ces battoirs et par l’ingénieux système d’échappement combiné avec le mécanisme qui transmet le mouvement à ces derniers.
- Il est à regretter que la machine de M. Pons n’ait pas encore L 2 3
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- Mentions
- honorables,
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- subi l’épreuve, seule concluante, cl’un emploi prolongé. Néanmoins, appréciant tout ce qu’elle présente de bon, d’utile, de nouveau, applicable ailleurs, le jury n’hésite pas à décerner à l’habile inventeur une médaille de bronze.
- MM. GROSLEY père, fils et gendre, fabricants de machines aratoires, rue de Sèvres, n° 167, à Paris.
- Ils ont exposé une machine à battre et un tarare. La machine est établie sur le système dit suédois y avec tambour à claire-voie, dont l’axe tourne sur des galets. Le manège est en dessous. Cette machine est de petites dimensions et peut être facilement déplacée., Elle est simple, solide et d’un prix modéré (3oo francs la machine, 4oo francs le manège). Elle marche avec un ou deux chevaux.
- Le tarare se distingue des autres par une addition fort utile pour les grains contenant beaucoup de menue paille : c’est une claire-voie en bois placée en avant de la caisse à tamis formant le fond de la trémie, claire-voie qui laisse passer le grain, mais arrête la menue paille, laquelle y subit l’action du ventilateur. Ce tarare est léger et de petites dimensions.
- Ces machines sont bien construites; les engrenages y sont bons, les mouvements faciles.
- Le jury décerne à MM. Grosley une médaille de bronze.
- M. Pierre SEIGNEURIE, propriétaire cultivateur, à Mallot (Calvados).
- Il a exposé un tarare de son invention qui se distingue par des dispositions ingénieuses. Les cribles sont en tôle percée de 4 différentes grandeurs de trous ; sous chaque division se trouve une espèce de trémie qui reçoit et écoule le produit du crible. Le ventilateur agit directement sur chacun d’eux, et son action peut être réglée à volonté. Tout parait être combiné pour produire un excellent travail. Enfin le mouvement de va-et-vient et de trépidation est communiqué aux cribles par des bielles et un arbre tournant, de façon à éviter complètement ce bruit qui rend l’emploi des tarares ordinaires si désagréable.
- Le jury, reconnaissant dans cet instrument une amélioration réelle, accorde à l’habile inventeur une mention honorable.
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- M. A. H. TURPAULT-BEAUMONT, négociant, à Cholet (Maine-et-Loire).
- 11 a exposé un rouleau pour le dépiquage du grain. Ce rouleau, qui est de grandes dimensions et destiné à fonctionner avec deux bœufs ou deux chevaux, est en bois, creux, et peut être rempli de pierres ou autres matières pesantes. Il porte sur le côté droit huit rayons à l’extrémité desquels sont des battes ou fléaux que le rouleau, dans sa marche, fait mouvoir avec une grande rapidité et qui viennent frapper avec force le grain étendu sur l’aire. Cette addition a déjà été essayée plusieurs fois et presque toujours abandonnée. Il faut ajouter, néanmoins, que le rouleau, la disposition et la forme des battes, ainsi que la transmission de mouvement pour ces dernières, offrent, dans la machine de M. Turpault, de véritables perfectionnements sur les mêmes machines connues jusqu’à présent. Aussi, quoique d’un prix assez élevée (35ofr), et destinée à un mode de hallage défectueux pour nos contrées du centre et de l’ouest, le dépiquage en plein air, elle a paru au jury digne d’être l’objet d’une mention honorable.
- M. P. H. GRELLET, négociant, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Il a exposé un blutoir mécanique d’une construction toute nouvelle. C’est une enveloppe cylindrique verticale, en tôle, divisée dans sa hauteur en plusieurs compartiments par des toiles métalliques. Un axe vertical porte des ailes armées de brosses qui, dans leur mouvement de rotation, promènent et frottent sur les toiles les matières à bluter. Celte machine, dont le mécanisme est des plus ingénieux, ne paraît pas encore avoir été appliquée au blutage de la farine, et des expériences prolongées peuvent seules faire connaître si elle convient à cet usage. Mais elle a déjà fonctionné avec plein succès dans une usine où l’on triture les bois de teinture. Reste à savoir si le chiffre du travail opéré est en rapport avec le prix nécessairement assez élevé de ce blutoir. Malgré l’absence de données à cet égard, le jury accorde à M. Grellet, pour son ingénieuse invention, une mention honorable.
- i3.
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- M. B. VERNAY, mécanicien, à Villeneuve 1’Archevêque (Yonne).
- Il a exposé un tarare et un poulain mécanique pour descendre dans les caves ou en monter les pièces de vin.
- Le tarare est établi sur le système des tarares Dombasle. Il est bien exécuté, d’un prix modéré, et paraît devoir satisfaire à toutes les conditions des bons tarares.
- En introduisant la fabrication de cette machine dans son atelier, M. Vernay a rendu service à la contrée qu’il habite.
- Le poulain se distingue des poulains ordinaires par l’absence de saut ou treuil d’appel et par des dispositions destinées à le remplacer, lesquelles consistent en deux chaînes à la Vaucanson, glissant le long des montants et réunies de distance en distance par des tringles contre lesquelles s’appuient les barriques qu’on monte ou descend. Une manivelle et quelques roues dentées, combinées de façon à augmenter la puissance, font mouvoir les deux chaînes et avec elles les pièces de vin qu’elles supportent. Cette machine est incontestablement un progrès. Elle est plus maniable que les anciennes; les opérations doivent s’y faire avec une plus grande rapidité. Enfin, considération importante, elle permet d’éviter presque entièrement les accidents auxquels l’emploi des anciens poulains donne parfois lieu.
- Le jury accorde à M. Vernay, pour ses deux instruments et plus spécialement pour son poulain mécanique, une mention honorable.
- M. Joseph FOURNET, mécanicien pour moulins, me du Faubourg-Saint-Martin, n° 2/10, à Paris.
- Il a exposé un appareil de son invention pour le nettoyage des grains. Cet appareil, qui a emprunté diverses dispositions aux anciens nettoyages, en présente d’autres qui sont nouvelles et paraissent ingénieuses, mais sur le mérite desquelles le jury ne saurait encore se prononcer, la machine n’ayant pas été soumise à un emploi prolongé. Du reste, elle paraît devoir être d’un prix peu élevé, et convenir également au concassage du malt de brasseur.
- En attendant des expériences concluantes, le jury accorde à M. Fournel, à titre d’encouragement, une mention honorable.
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- M. Marie-Jules LAVERjNE, boulanger, à Châlons-sur-Marne (Marne).
- 11 a exposé une machine propre à faciliter le chargement et le déchargement des fardeaux, et notamment des sacs de blé et farine portés à dos d’hommes : c’est un plateau avec appui vertical, qu’on monte et descend au moyen d’une manivelle. On a souvent essayé de faciliter l’opération si pénible, et souvent dangereuse, du chargement à dos d’hommes des fardeaux et surtout des sacs de grains. L’invention de M. Lavernc remplit complètement ce but, et doit rendre service dans les grands magasins , sur les ports, partout, en un mot, où s’effectuent de nombreux chargements à dos d’hommes. La machine de M. Laverne, à part son mérite mécanique qui est réel, a donc une valeur philanthropique.
- C’est à ce point de vue surtout qu’elle a paru au jury digne d’une mention honorable, qu’il est heureux d’accorder à l’inventeur.
- M. Charles - Henry SCHATTENMANN, directeur des mines de Bouxwiller, et propriétaire agriculteur, à Bouxwiller (Bas-Rhin).
- 11 a exposé le modèle de la fosse à fumier établie dans son exploitation.
- L’emplacement du tas de fumier offre encore des dispositions tellement vicieuses dans la plupart de nos fermes, même dans les contrées avancées, qu’on a pu dire avec raison que c’est là où vient se perdre d’avance le plus clair des bénéfices de la culture.
- Tantôt, en effet, le fumier est déposé au niveau du sol, sur une pente plus ou moins sensible et sans aucune disposition pour retenir les liquides qui s’en échappent ou qui viennent y affluer. Ailleurs, la fosse à fumier est un trou profond où le fumier baigne constamment dans l’eau qui s’y rend des cours et des toits, où sa décomposition n’a lieu qu’imparfailement, et d’où il est fort difficile de l’extraire. Depuis longtemps, tous les hommes qui se sont occupés de l’avancement de l’agriculture avaient été frappés de ces inconvénients et avaient cherché à y remédier. Plusieurs systèmes furent mis en avant : celui qui paraît encore avoir pour lui l’opinion des agriculteurs les plus éminents est le système proposé et adopté par Tliaer, Schwerlz et deDombasle, système queRoville et Grignon
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- Citations
- favorables.
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- ont contribué à répandre par leur exemple, et dont M. Schatten-mann expose une ingénieuse application. Ce système n’est cependant pas exempt d’inconvénients. Par la sécheresse, et surtout pour le fumier de cheval, il exige beaucoup de travail d’arrosage, et ce travail est parfois impuissant à empêcher la prompte décomposition de l’engrais et la perle des matières fertilisantes que renferme celui-ci. Il est vrai que M. Schaltenmann prévient en partie cette perle au moyen du sulfate de fer dont il sature l’eau qu’il rejette sur le tas. Mais, en raison de la dépense qu’occasionne cette méthode, il est à craindre qu’elle ne se répande pas promptement-Malgré cet inconvénient, ce système est incontestablement un grand perfectionnement sur les défectueuses dispositions qui sont encore généralement en usage en France, et notamment dans la contrée qu’habite M. Schaltenmann. Le jury est heureux, dans cette circonstance, de pouvoir joindre son suffrage à celui de la société d’agriculture du Bas-Rhin, en accordant à l’habile et zélé agriculteur de Bouxwiller une mention honorable.
- M. Amédée-Désiré LÀVOISY, fabricant d’ustensiles de ménage, rue Montmartre, n° 180, à Paris.
- Il a exposé des barattes à beurre de dimensions variées. Ces barattes sont établies sur le système Valcourt avec cette modification que le mouvement est transmis aux ailettes batteuses par un engrenage qui l’accélère beaucoup et rend l’action de celles-ci plus énergique. Ces barattes sont très-bien exécutées, et, sauf le prix un peu élevé pour la culture, laissent peu à désirer.
- Lejury accorde à M. Lavoisy une citation favorable.
- M. L. E. A. RENOU, tonnelier, à Gallardon (Eure-et-Loir).
- Il a exposé un modèle de baratte à beurre. Cette baratte, de son invention, rappelle, quant à l’ensemble, la baratte Valcourt, mais elle en diffère sur plusieurs points. C’est au moyen d’une boîte à eau chaude qu’on élève la température de la crème en hiver, tandis que d’autres dispositions permettent de l’abaisser en été, et qu’un thermomètre, placé à l’endroit propice, indique toutes les variations sous ce rapport.
- Cette machine est ingénieuse, mais elle a paru au jury un peu
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- compliquée et d'une appropriation difficile. Néanmoins, 20 de ces barattes paraissent avoir déjà été livrées à l’agriculture et fonctionner d’une manière satisfaisante.
- Le jury accorde à M. Renou une citation favorable.
- M. Charles-Camille GAILLARD fils, fabricant de toiles métalliques, me du Faubourg-Saint-Denis, n° 2 10, h Paris.
- 11 a exposé un appareil de son invention qu’il nomme conservateur-net ioyenr-aérijère. Cet appareil consiste en une boîte octogonale dont les parois sont formées par des toiles métalliques montées de champ, sur un axe horizontal à manivelle. Dans la pensée de l’inventeur, cet appareil doit servir utilement à la conservation et au nettoyage du grain. On le remplit aux trois quarts de grain, et on lui imprime, au moyen de la manivelle, un mouvement de rotation qui, lorsqu’il est rapide, en vertu de la force centrifuge, détermine le refoulement du grain vers le pourtour et laisse au centre un viole dans lequel, à conditions données de vitesse, s’opère un certain mouvement du grain. Ce court exposé laisse assez prévoir, que, dans l’état actuel des choses, cette machine ne saurait encore présenter une utilité réelle pour l’agriculture, si ce n’est peut-être, dans certaines circonstances, comme coffre à avoine. Ce n’est encore qu’un ingénieux et curieux spécimen, un simple point de départ pour d’autres appareils à établir sur le même principe, lequel pourra recevoir d’utiles applications au nettoyage et à l’aération du grain, comme il en a reçu à tant d’autres services. C’est en se fondant sur ces considérations que le jury mentionne pour ordre l’invention de M. Gaillard, duquel il est parlé ailleurs pour les toiles métalliques qu’il a également exposées.
- M. Martial-Hippolyte COURTILLET, serrurier-mécanicien, à Cellette (Loir-et-Cher).
- 11 a exposé un appareil pour le foulage de la vendange et une ratissoire à cheval.
- Ces machines, bien exécutées et propres à rendre de bons services, ne présentent, du reste, rien de particulier.
- Le jury accorde au sieur Courtillet une citation favorable.
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- M. Joseph PERNOLLET, ferblantier-mécanicien, à Ferney (Ain).
- Il a exposé un crible trieur cylindrique en tôle blanche, percé sur sa longueur de trois genres de trous qui permettent de recueillir séparément l’ivraie, les graines rondes et le bon blé de semence. Cette machine, qui est une réduction bien exécutée des grands trieurs de,meunerie, peut rendre des services en agriculture, à la condition toutefois que le prix en sera réduit. Le jury accorde au sieur Pernollet une citation favorable.
- M. Jean ESTRIGUE , cultivateur, à Montferrand (Puy-de Dôme).
- 11 a expose un tarare de son invention qui n’offre rien de particulier, si ce n’est la position de la manivelle placée de manière à ce que l’ouvrier ne soit point exposé à recevoir de la poussière. Comme, de plus, certaines dispositions , adoptées depuis longtemps ailleurs, paraissent être nouvelles dans le pays et dues à l’intelligence de l’auteur, le jury n’hésite pas à lui accorder une citation favorable.
- M. Jean-Louis BAHIER, agriculteur, régisseur de la colonie agricole de Saint-Ilan (Côtes-du-Nord).
- Il a exposé le modèle d’un manège sans engrenage, applicable aux machines à battre, coupe-racines, hache-paille, etc. C’est une des applications du système hongrois ; une grande poulie horizontale , placée sur un arbre vertical qui porte un bras pour le moteur; une corde sans fin transmet le mouvement de la poulie à une autre plus petite, placée sur la machine qu’on veut faire fonctionner.
- Le jury,, sans s’attacher aux proportions défectueuses du modèle, reconnaît l’avantage que retirerait l’agriculture, pour les machines exigeant peu de force, de l’adoption des manèges de ce système, soit sous la ferme simple proposée par M. Bahier, soit sous les formes plus perfectionnées de MM. de Valcourt et Amédée Durand.
- Il accorde, en conséquence, à M. Bahier, qui, sous d’autres rapports, rend d’éminents services à l'agriculture, une citation favorable pour son modèle de manège.
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- M. Fr. A. SENNELIER, instituteur communal, à la Ronde (Charente-Inférieure).
- Il a exposé le modèle d’un appareil à dépiquer le blé. C’est un rouleau de grandes dimensions, comme on en emploie depuis longtemps dans le Midi et le Centre-Ouest pour cet objet, auquel rouleau l’auteur a ajouté, par derrière, des battes qui se soulèvent et retombent par le mouvement même du rouleau. L’idée n’est pas nouvelle, et parmi les nombreuses applications qui en ont été faites, il en est peu qui aient donné des résultats assez satisfaisants pour s’introduire d’une manière sérieuse dans la pratique. Il faut ajouter, d’ailleurs, que le dépiquage en plein air, que suppose l’emploi du rouleau, est destiné à faire place un jour au battage d’hiver à la grange, partout ailleurs que dans le Midi.
- Néanmoins, pour reconnaître ce qu’il y a d’ingénieux dans le mécanisme delà machine en question, et pour encourager les instituteurs communaux à consacrer leurs moments de loisir au perfectionnement des instruments et des procédés de l’agriculture, le jury accorde au sieur Sennelier une citation favorable.
- S 6. MACHINES ET APPAREILS VINICOLES.
- M. Louis Leclerc, rapporteur.
- M. DESROCHES, à Romanèche (Saône-et-Loire).
- On se souvient des ravages que, de 1825 à 1842, la pyrale causa dans les vignobles du Lyonnais, du Beaujolais et du Méconnais. L’extraordinaire multiplication de ce petit phalène répandit la ruine et la désolation dans ces intéressantes contrées ; partout elle réduisait la récolte à des proportions misérables, et elle l’anéantit plusieurs années de suite sur un grand nombre de vignobles.
- On essaya de combattre le fléau par l’échenillage, les vapeurs sulfureuses, l’huile, legoudron, les enduits glutineux et la chaux; on employa jusqu’à l’arsenic; on alla jusqu’à illuminer les vignes avec des lampions, vains efforts! Lorsqu’en 1828 un petit propriétaire vigneron de Romanèche, Benoît Raclet, eut l’idée d’écliauder les ceps infectés, au moyen de l’eau bouillante. Le procédé lui réussit complètement, sans nuire le moins du monde à la vigne; mais il était embarrassant et coûteux. Ce fut seulement en 1842 que
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- d’argent.
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- Médailles le bronze.
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- l’inventeur put révéler son secret, et il le fit gratuitement. En 1844, Benoît Raclet, homme sans tache, mourait pauvre, et laissaitune famille dans la gêne. La croix d’honneur ne vint décorer que son tombea u
- Benoît Raclet sauva les importants vignobles de ces contrées, niais il n’eut pas le temps de perfectionner et de rendre tout à fait économique son ingénieux procédé. Ce bonheur était réservé à M. Desroches, serrurier à Romanèche, qui a inventé un appareil simple et peu coûteux, une chaudière mobile, améliorée de tâtonnements en tâtonnements, au point qu’aujourd’hui des enfants et des femmes la manœuvrent avec aisance, et luttent avec succès contre l’ennemi. Cet appareil est très-bien combiné: il permet à
- 3 personnes d’échaucler i,5oo ceps par jour, avec une dépense de combustible qui peut s’élever à un franc.
- En présence de ces faits qui sont de notoriété publique; en présence de cette déclaration textuelle du jury de Saône et-Loire, que la chaudière tyrolienne rend cl’immenses services, le jury central est heureux de récompenser de tels services rendus à l’agriculture; il décerne à M. Desroches une médaille d’argent.
- M. KAEPPELIN, secrétaire perpétuel de la Société d’agriculture du Haut-Rhin, à Colmar.
- Sous le nom de cito-presseur, M. Kaeppelin expose le premier pressoir hydraulique à vendange qui soit venu à notre connaissance. Dans une coupe, ou bassin en fer, percée au centre pour recevoir l’eau qu’y introduit une pompe, on place une toile imperméable ajustée et fortement serrée, à la circonférence, par un anneau de fer que fixent des boulons; sur ce diaphragme composé, se place la vendange recouverte d’une toile perméable. Un dôme formant couvercle descend et vient se fixer sur l’appareil, par des rivures. L’eau chassée comprime le diaphragme en dessous, et force le moût de s’échapper par les issues multipliées du chapiteau; il s’écoule dans une rigole qui le conduit au récipient. Ainsi point de vis, ni de levier, ni de frottement, point de force perdue; transport facile, installation commode; manœuvre d’un seul homme; solidité évidente du mécanisme qui est tout en fer.
- Une machine de ce genre, ayant un diamètre de im,6o contient
- 4 hectolitres de vendange, peut pressurer en îo heures de 70 à i5o hectolitres de raisins, et coûte 1,9.5c) francs. Une machine de
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- 6o centimètres contient 1 hectolitre, en pressure de i5 à 3o en ) o heures , et coûte 5oo francs.
- Pendan t la vendange de 1847, M. Kaeppelin a soumis son pressoir à des expériences publiques et très-satisfaisantes, en présence du congrès vinicole alors réuni à Colmar, de la société d’agriculture du Haut-Rhin, et du comité de mécanique delà société industrielle de Mulhouse; il obtint une centaine de commandes que les événements de i848 ont annulées. Quelques-unes de ses intéressantes machines fonctionnent cependant dans des fabriques de sirop de fécule et dans d’autres usines où l’on a besoin d’une pression puissante et rapide. Il assure que l’inconvénient des surfaces métalliques mises en contact avec le vin disparaît par l’application d’une couche de peinture.
- Le jury central, frappé des avantages qu’offre cette nouvelle et ingénieuse application de la presse hydraulique, au pressurage du raisin et des autres fruits, espère la revoir, dans cinq ans, revêtue du mérite additionnel et indispensable que donne l’expérience. Le jury central décerne à M. Kaeppelin, une médaille de bronze.
- M. GEORGES, ouvrier mécanicien, rue Papillon, n° 10, à Paris.
- Le pressoir à mouvement horizontal, que présente l’honorable exposant, est une modification du pressoir troyen qui, lui-même, est un perfectionnement de l’ancien pressoir à coffre déjà connu en Champagne dans le siècle dernier. Ce qui caractérise la puissante machine de M. Georges, c’est, i° la simplicité du mécanisme qui s’opère à l’aide d’un irrésistible levier de fer, faisant mouvoir un pignon qui commande les engrenages fixés à la tête des deux vis de pression placées parallèlèment dans l’intérieur de la caisse à claire-voie; 2° le sommier attiré parles vis au lieu d’être soumis à leur impulsion, comme dans les pressoirs analogues; 3° la pression s’élevant à 35o,ooo kilogrammes, force énorme qui dispense de remuer et de tailler le marc.
- La machine n’a pas tout le fini désirable, mais l’intelligent ouvrier, qui le reconnaît, déclare avoir été pris de court, et n’avoir pas eu le temps de polir son ouvrage. Il avait construit un premier pressoir de ce genre qui a eu pleine réussite chez son père, cultivateur-vigneron du département de l’Ain. Ce succès lui a donné l’idée d’exploiter une invention à laquelle il n’avait d’abord at-
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- taché qu’un intérêt de famille, pour ainsi dire. Ce que les ouvriers vignerons prisent par-dessus tout, c’est la force, c’est la puissance dans un pressoir; ce que le propriétaire redoute, c’est la complication des mécanismes, qui amène des ruptures et de coûteuses réparations : tous seront donc satisfaits du pressoir de M. Georges, sous ce double point de vue.
- De plus, la machine est facilement transportable; elle occupe peu d’espace; deux hommes la manœuvrent aisément. Son prix est de i,5oo francs. Le jury central décerne à M. Georges une médaille de bronze.
- M. MONTILLIER, rue Pierre-Levée, ïi° 10 bis, à Paris.
- Cet honorable mécanicien présente le petit modèle, bien exécuté, d’un pressoir à percussion très-simple. Un volant horizontal à poignées vient heurter, à l’aide de deux talons, les talons correspondants de l’écrou mobile sur la vis centrale, et détermine la pression par une suite de chocs consécutifs. Ce système est simple et puissant. Le pressoir Montillier, occupant 3 mètres carrés et 2 mètres de superficie, peut, avec trois ouvriers, sécher un marc de 15 pièces en une heure et demie. Il coûte 1,000 francs; onze signatures attestent la solidité de cette machine et la facilité de sa manœuvre. Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- M. BAIL, à Vaise, route de Bourgogne, n° 20 (Rhône).
- Le pressoir de M. Bail, exposé en modèle, est une machine forte et solidement établie, répandue dans les vignobles du Beaujolais et du Lyonnais, où elle est très-estimée. Indépendamment du mécanisme à percussion, un peu compliqué, mais bien établi, ce qui caractérise ce pressoir surtout, c’est une caisse cylindrique à claire-voie dont les pièces sont très-ingénieusement assemblées, et qu’un mécanisme de manœuvre facile fait avancer ou reculer sur deux rails en fer, ce qui permet de placer la grappe, de la remuer et de l’enlever, sans être gêné par les jumelles et le plateau de pression. Deux hommes peuvent, sans fatigue et sans danger, mettre tout en mouvement. Les pressoirs de 20, 4o et 60 hectolitres se vendent 900, 1,000 et i,4oo francs. C’est une bonne machine agricole, sur le mérite de laquelle l’expérience a prononcé depuis plusieurs années ; le jury central décerne à M. Bail une médaille de bronze.
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- M. DEZAUNAY, mécanicien à Nantes (Loire-Inférieure).
- M. Dezaunay expose un pressoir dont la force théorique dépasse 600,000 kilogrammes. Cette puissante machine se compose d’une vis dont l’écrou s’abaisse par l’action successive ou simultanée d’une roue horizontale à poignée, de deux roues verticales et de leviers d’encliquetage. Ce mécanisme, assez grossièrement exécuté, est conçu avec intelligence, et fonctionne facilement, avec économie de temps et de main-d’œuvre. Les ruptures, et les réparations coûteuses qu’elles entraînent, ne paraissent point à redouter, car tout est construit solidement. Ce pressoir remplace déjà, chez un grand nombre de viticulteurs de la Loire-Inférieure, les vastes et incommodes pressoirs à fûts qui ont longtemps régné dans la contrée. Les attestations des propriétaires, les rapports des sociétés agronomiques s’accordent à reconnaître le mérite de celte machine dont le prix est de 1,000 francs.
- Les mêmes autorités reconnaissent également, clans un manège portatif à un cheval, des avantages pratiques que sa bonne construction fait supposer; ce manège, qui figure aussi à l’exposition, est surtout destiné à faire mouvoir une machine à battre. Les recherches et les efforts de M. Dezaunay se concentrent sur l’amélioration des mécanismes qui intéressent l’agriculture. Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- M. LESOURD-DELÏSLE, à Angers (Maine-et-Loire).
- Aux longs dissentiments qui ont régné dans nos vignobles, sur la préférence à accorder au cuvage en vase clos, ou à l’air libre, tend à succéder une opinion qui est probablement la seule raisonnable, à savoir que chaque méthode est bonne selon la nature même de la vendange et du vin qu’elle produit. Depuis le célèbre appareil attribué à Mlle Gervais, on en a donné une foule d’autres qui ont eu des fortunes diverses. Aujourd’hui M. Lesourcl-Delisle, viticulteur très-distingué de l’Anjou, expose une cuve qui, en i843 et en i848, a obtenu les suffrages et les récompenses de la Société industrielle d’Angers. Sans rien présenter d’absolument neuf, cet appareil est combiné de manière à clore parfaitement la vendange et à la conduire avec succès. Il n’offre aucune complication inutile, et son prix le met à la portée des viticulteurs qui se trouvent dans les conditions propres à l’adoption de ce système. Le jury central décerne à M. Lesourd-Delisle une médaille de bronze.
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- Mentions
- honorables.
- M. Ch. PORQUET, à Pierry, près Épernay (M arne).
- M. Porquet, propriétaire vigneron, expose un pressoir de l’invention de son jeune fds, mineur. Cette machine, facilement transportable, de 3 mètres de long sur i de large et 1 mètre 5o centimètres de hauteur, n’est encore qu’à l’état d’essai, et sa construction accuse quelque inexpérience; mais elle contient un principe nouveau, au moins dans son application au pressurage du raisin. Elle a attiré l’attention et mérité l’intérêt de plusieurs membres éminents de la commission des machines, et, dans la Marne même, dans ce département vinicole par excellence, un comice agricole vient de lui décerner une médaille d’or.
- Une toile sans fin, marchant avec assez de lenteur pour qu’on ait le temps d’enlever ce qui est vert ou gâté, jette la vendange entre deux lames parallèles sortant d’un cylindre creux; un excentrique , placé à l’intérieur du cylindre, pousse ces lames au dehors,. et leur permet de rentrer lentement à la rencontre d’un sous-presseur ou coursier composé de segments qui livrent passage au liquide, et dont la courbe se rapproche graduellement de la circonférence du cylindre. Le marc est repris par un second cylindre plein, langeant au premier, qui achève la dessiccation. Deux conduits et un bassin reçoivent successivement le liquide, de qualité proportionnée au degré de pression. Un volant et une vis sans fin donnent le mouvement continu.
- Le jury central fait des vœux pour que l’expérience vienne donner sa sanction aux perfectionnements que le très-jeune auteur de celte machine intéressante indique lui-même, et qu’il est en voie de réaliser. Le jury, à titre d’encouragement, décerne à M. Porquet une mention honorable.
- M. F. DIETZ, taillandier, à Barr (Bas-Rhin).
- Il expose le modèle d’un pressoir à vis fixe, dont l’écrou est abaissé par un ingénieux système d’engrenages qu’un seul ouvrier met en mouvement à l’aide d’une manivelle. Ce mécanisme, dont la solidité ne saurait être jugée sur un si petit échantillon, a surtout l’avantage d’être peu coûteux (600 francs) et de convenir aux petits propriétaires, dont les attestations multipliées témoignent des services qu’il peut rendre dans les vignobles très-morcelés. Le jury central décerne à M. Dietz une mention honorable.
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- MM. MARTIN -PERR AY et DELACROIX-DU VOISIN, à Jargeau (Loiret).
- Ils présentent le modèle fort imparfait d’un pressoir mobile pour lequel ils ont obtenu une mention honorable en i844. Ils y ont ajouté un appareil qui permet de pressurer, par la même machine, des pommes à cidre et des graines oléagineuses, sans que ces opérations puissent nuire à la qualité des liquides cle nature différente. Ce sont, en effet, des caisses indépendantes, qui se placent et se déplacent facilement.
- Le prix de la machine est de 800 francs à 1,000 francs ; elle est répandue dans les vignobles de l’Orléanais, où elle rend de bons services. Le jury central décerne aux exposants une nouvelle mention honorable.
- M. LÉGER, mécanicien, à Auxerre (Yonne).
- Ilexpose le modèle d’un pressoir qu’il nomme Auxerrois ; pressoir simple, double, quadruple, selon les désignations même de l’exposant, et dont les prix, en conséquence, s’élèvent graduellement de 1,800 à 2,600 et à 4,ooo francs. Le mécanisme de pression n’offre rien de particulier; mais l’appareil, pivotant sur l’une des deux jumelles, peut rouler sur un rail demi -circulaire, pour aller se fixer solidement, à l’aide d’une bride, sur une troisième jumelle, et faire une seconde pressée, pendant qu’on enlève la première et qu’on dispose la troisième. Ce système, bien combiné, est avantageux dans les vignobles où le pressurage doit être actif et rapide. Rien dans les documents communiqués n’indique la quantité de pressoirs vendus, ni depuis quand ils fonctionnent. Le jury central décerne à M. Léger, une mention honorable.
- M. HEINHOLD, horloger-mécanicien, rue des Juifs, n° io, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- La machine à pressurer les raisins et les graines oléagineuses, présentée en deux petits modèles très-bien exécutés, offre une grande complication de leviers, d’engrenages, de crochets, de cordes et de poulies. La description fort complète de ces ingénieux mécanismes ne dit point depuis quand et en quels lieux ils fonctionnent, et n’indiquent aucun prix ; il est donc difficile de se prononcer, même snr leur mérite théorique. Le jury départemental dit seulementque ces appareils sont destinés à la petite propriété. A ce point de vue,
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- ils ont leur intérêt, et le jury central décerne à M. Heinhold une mention honorable.
- Citations
- favorables.
- MM. CANNEAUX père et (ils, négociants en vins, à Reims (Marne).
- Ils ont exposé un appareil pour doser et boucher les vins de Champagne; plus, des bouteilles dites cylindriques.
- L’appareil est fort bien conçu, et paraît construit de manière à atteindre le but que s’est proposé son auteur. Mais, d’une part, le jury central n’était pas en position de le faire fonctionner dans les conditions indispensables pour porter un jugement sérieux; d’une autre part, le jury départemental déclare que l’appareil n’a pas encore subi l’épreuve de l’expérience.
- Quant aux bouteilles, si la distribution des épaisseurs de verre doit les rendre évidemment plus résistantes, et épargner une somme considérable des pertes que la force d’expansion d’un gaz, ingouvernable jusqu’ici, entraîne trop souvent, leur forme, par malheur, s’éloigne beaucoup des formes traditionnelles et séculaires, qui sont entrées dans les mœurs, pour ainsi dire, et dans l’affection publiques. MM. Canneaux n’en ont pas moins fait preuve d’intelligence et d’habileté; le jury central leur décerne une citation favorable.
- Médaille
- d’argent.
- § 7. MOBILIER AGRICOLE, INSTRUMENTS DIVERS.
- M. Pépin, rapporteur.
- M. Michel-Marie ARNHEITER, fabricant d’instruments d’agriculture et d’horticulture, place Saint-Germain-des-Prés, n° 9 , à Paris (Seine).
- Les instruments qui ont rapport à l’horticulture ont suivi les progrès et les perfectionnements que l’art horticole a fait faire depuis 3o ans à toutes les branches qui s’y rattachent. M. Arnheiter a beaucoup contribué à l’invention et à la fabrication des nouveaux outils qui ont paru depuis 20 ans. Son établissement date de 1820; il occupe ordinairement dans ses ateliers 6 à 8 ouvriers et 10 à 12 au dehors, dont la journée de chacun est de 3fr. 5o cent, à 4 fr.; il a deux forges et un moteur à bras, et emploie par an, tant en fer qu’en acier, pour la valeur de 4>ooo francs. D’après sa déclaration, son commerce intérieur s’élève à i4,ooo francs et à 8 ou 10,000 francs pour l’exportation.
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- Depuis l’exposition de 1844 , M. Arnheiter a inVenté une cisaille à chariot, un enfumigateur à pompe, un effeuilloir, un sécateur à deux lames mobiles, des émondoirs, un sécateur-échenilloir, une pioche-tournée à vis à l'usage des gardes forestiers, une scie-greffoir en fente, une canne sylvicole, etc. 11 a exposé, celte année, plus de i3o instruments de différents genres; le nombre des divers instruments et outils nouveaux qui se fabriquent dans cet établissement se monte à plus de 4oo.
- L’intelligence, le zèle et le fini que M. Arnheiter apporte à la confection de ces outils, lui ont mérité plusieurs médailles et mentions dans différents concours. Une médaille de bronze lui fut accordé en i834, son rappel en i83g, et une nouvelle médaille de bronze en i844- Aujourd’hui, le jury lui décerne, en récompense dt^son intelligence et de son zèle, une médaille d’argent.
- M. ARMAND-CLERC, rue Saint-Maur, n° 128, à Paris (Seine).
- M. Armand-Clerc est fondateur et directeur de son établissement, qui date de 1820, et qui a pour titre : Ecole gratuite d’enseignement mutuel et pratique destinée aux orphelins pauvres. Depuis 1847, il n’emploie aucun ouvrier du dehors ; les machines et outils mis à l’exposition sont tous exécutés par les élèves de l’école. On remarque avec intérêt un assortiment d'instruments et de machines propres à l'agriculture et au ménage, tels que barattes rotatives ordinaires et perfectionnées, coupe-légumes, hache-paille, petite charrue à main pour les jardins, herse à bras, aflîloirs de toutes espèces et autres objets utiles en agriculture et en horticulture. On y voit aussi des machines de précision exécutées par les élèves; plusieurs citations et mentions honorables ont été accordées à M. Armand-Clerc, ainsi qu’une médaille de bronze en i844- Le jury, considérant les services utiles que cet établissement rend aux orphelins pauvres, se plaît à lui décerner une nouvelle médaille de bronze.
- M. Louis PARMENTIER, peintre-vitrier, rue cl’Anjou-Dauphine, n° 8, à Paris (Seine).
- Les châssis vitrés à lames mobiles, destinés primitivement à la culture maraîchère et à celle des plantes tropicales, ont été inventés, en i845, par M. Parmentier, et une médaille lui a été décernée
- i4
- Nouvelle médaille de bronze
- Médailles de bronze.
- I.
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- par la société centrale d’horticulture, en 1847. Depuis cette époque, ces châssis ont reçu un perfectionnement tel, que ce système fut appliqué à des châssis-persiennes mécaniques à lames de jalousie pour établir dans les serres, les appariements et surtout les ateliers, une ventilation facile et tout à fait hygiénique et salutaire dans les endroits où se trouvent réunis un grand nombre d’ouvriers ou une grande masse de végétaux. Le mécanisme simple et la facilité de remplacer soi-même un carreau, ou plutôt une lame de verre qui ne coûte que 5 centimes au lieu de 4o, le font employer avec avantage dans les séchoirs, usines, etc.
- Le jury, ayant reconnu l'avantage qu’offrent les châssis à lames mobiles de M. Parmentier, lui décerne une médaille de bronze.
- MM. GLEFF frères, serruriers-mécaniciens , barrière d’Italie, passage Moulinet, n° 7 (extra-muros) (Seine).
- Le nouveau système de brouette inventé par MM. Cleff frères présente un grand avantage sur celles dont on s’est servi jusqu’ici pour le transport des objets de toute nature, et particulièi-ementles déblais et remblais de terre qui se font journellement dans les travaux de terrassement. Depuis 3 ans, les nouvelles brouettes de MM. Cleff sont employées dans des grands travaux de canalisation et même dans les carrières sous Paris. On a reconnu leur avantage par la facilité avec laquelle les ouvriers les conduisent; elles présentent ainsi une économie de temps par le déversement qui se pratique avec peu d’efforts et non par la torsion des bras et du corps, ce qui diminue de beaucoup la fatigue en réduisant d’un tiers le poids à porter par l’homme, attendu que la charge porte entièrement sur l’essieu de la roue où s’opère le déversement.
- Les brouettes de terrassement ont un 1/2 hectolitre cube, d’une capacité de 3o litres; les brouettes-mesures pour usine vont jusqu’à 200. Malgré la bonne confection et l’avantage des hrouettes-Cleff, le prix est à peu près le même que celui des brouettes ordinaires.
- Le jury central, désirant récompenser le service que les frères Cleff ont rendu aux travaux de terrassement, leur accorde une médaille de bronze.
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- M. Adolphe LÀUMEAU, fabricant de taillanderie, rue de la Pourvoirie, n° 11, à Versailles (Seine-et-Oise).
- L’établissement, de taillanderie de M. Laumeau a été créé par son père en 1817, et est avantageusement connu des horticulteurs par la confection et la bonne qualité des instruments aratoires qu’il fabriquait. Son fils lui a succédé le ier mars 1847, et continue à mériter la réputation légitimement acquise de son établissement; il envoya à l’exposition de celte année 18 sortes d’instruments de jardinage, tels que charrue-ratissoire, décaissoir, couteaux à asperges, ciseaux à tondre, ciseaux cl’élagueur, ciseaux à greffer, couteaux à dépoter, bersoir de jardin. Tous ces instruments ont été perfectionnés par M. Laumeau fils ; je ne parlerai pas ici des bêches, serpes, ratissoires-binettes et autres outils qui ont toujours été réputés comme étant de bonne qualité, de bonne trempe et forgés avec art, ce qui a mérité à M. Laumeau une mention honorable de la société centrale d’horticulture. D’après la déclaration de M. Laumeau, son établissement se compose de deux forges , trois ouvriers payés de 3 francs à 3 francs 5o centimes par jour; il emploie 5,000 francs de fer clu Berry et de Châtillon, Le produit brut de son commerce est de 10,000 francs par année.
- Le jury, appréciant le perfectionnement, la bonne qualité et le soin qu’apporte M. Laumeau dans la fabrication des instruments aratoires, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Pierre-Henry BIR, place de la Mairie, à Courbevoie (Seine).
- En i844, M. Bir mit à l’exposition des produits de l’industrie un appareil à incubation artificielle qui fut cité favorablement par le jury, afin d’attirer l’allention sur cette industrie agricole. Celle année, cinq de ces appareils ont été constamment en activité pendant la durée de l’exposition ; chacun d’eux con tenait un plus ou moins grand nombre d’œufs placés dans l’intérieur, et les petits poussins, après l’éclosion, étaient dans une cage placée à la partie supérieure de l’appareil qui présente des dispositions vraiment ingénieuses.
- Depuis cette première exposition, M. Bir a su, par ses essais et son expérience, apporter des modifications et des perfectionne-
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- Mentions
- honorables.
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- ments à ses couveuses artificielles, en en simplifiant la construction et en assurant l’incubation.
- La boîte la plus simple est garnie en zinc; elle est chauffée au moyen d’une mèche carrée mise dans un bec qui a un réservoir où est l’huile, et qu’il faut remplir toutes les 24 heures. Ces couveuses peuvent contenir, suivantleur grandeur , de 3o à 80 œufs; d’autres sont établies en forme de colonnes, elles ont six portes vitrées au travers desquelles ont voit éclore sans rien ouvrir.
- Le jury, considérant combien les procédés d’incubation artificielle peuvent rendre d’utiles services à l’industrie agricole, décerne à M. Bir une médaille de bronze.
- M. Jean-Honoré-Victor VALLÉE, gardien des reptiles au Jardin-des-Plantes , à Paris (Seine).
- L’appareil à incubation exposé pour la première fois par M. Vallée est parfaitement exécuté, de manière à remplir toutes les conditions désirables, et peut être supérieur, comme instrument de physique, à ceux connus jusqu’à ce jour, à cause d’une plus grande uniformité de température, mais les moyens de chauffage et d’aération sont les mêmes ou à peu près.
- L’appareil de chauffage est en zinc ; il contient environ un seau d’eau chauffée par une lampe à “huile qui ne se renouvelle que toutes les 24 heures; deux thermomètres sont ài’intérieur, l’un est placé dans le cylindre et l’autre sur les œufs. Celte couveuse artificielle a servi avec succès a faire éclore des œufs de perdrix trouvés dans les champs pendant la moisson.
- La couveuse de M. Vallée peut contenir 120 œufs; elle a servi avec avantage, dans différents cours scientifiques, au développement de l’embryon des œufs, et les personnes qui se la sont procurée en ont été très-satisfaites. Le jury, ayant remarqué l’ingénieuse confection de cet appareil, décerne à M. Vallée une médaille de bronze.
- M. Théodore COLLIGNON, à Ancy-sur-Moselle (Moselle).
- Depuis 1845, époque de la publication d’un ouvrage ayant pour titre ; Plus d’échalas, ou nouvelle méthode de soutenir les vignes au moyen de lignes de fil de fer, par André Michaux, membre de la
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- société nationale et centrale d’agriculture, cette méthode avantageuse s’est répandue dans les pays vignobles, et particulièrement dans les départements de la Moselle et delà Meurlhe; seulement, au lieu d’enlever les lignes de fil de fer à l’automne, au moyen d’un moulinet-dévidoir, comme le conseillait M. Michaux, les lignes de fil de fer employées dans ces départements restent en place.
- Le modèle d’éclialassement en fil de fer de M.Collignon se faisait remarquer à l’exposition ; le système de l’auteur repose sur l’emploi cl’un instrument qu’il a inventé et qu'il nomme roxdissear, et destiné à donner une forte tension au fil de fer et à remédier au relâchement produit par la dilatation ; il consiste en une sorte de bride ou châssis en fer ovale allongé, traversé au milieu par un cylindre percé d’un trou, ainsi que les deux extrémités de la bride; une petite roue à rocher est placée sur l’un des côtés et arrêtée par un cliquet. Le prix des roidisseurs est de 20 à 32 francs 5o centimes le cent, suivant leur force.
- La société d’agriculture de Metz, ayant reconnu les avantages produits par le système de M. Collignon dans le département viticole de la Moselle, lui a décerné une médaille d’argent. Le jury central, ayant remarqué que ce système pouvait également avoir plusieurs applications agricoles, décerne à son auteur une mention honorable.
- M. DUVILLERS-CHASSELOUP, architecte de jardins, rue Bertrand, n° 26, à Paris (Seine).
- M. Duvillers-Chasseloup a exposé un spécimen remarquable des inconvénients de l’élêtement pour les arbres plantés en ligne, ainsi qu’un allas contenant les plans d’un grand nombre de jardins qu’il a exécutés.
- Le jury mentionne favorablement les travaux de M. Duvillers-Chasseloup.
- M. AGÀRD, rue de l’Arcade, n° 52 , à Paris (Seine).
- Les différents objets ayant rapport à l’horticulture, présentés par M. Agard, se composent cl’une belle jardinière en bronze, en zinc et en fonte, montée sur gradins, le tout d’une légèreté et d’une forme élégante ; plusieurs modèles cl’arrosoirs et de petites pompes de jardins.
- Citations
- favorables.
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- Le perfectionnement cju’apporle M. Agard dans la confection de ces différents objets, fait que le jury lui rappelle la citation qu’il a obtenue en 1844-
- M. Léon BRI SSE , agent forestier, rue Saint-Georges, n° i 2 , a Paris ( Seine).
- L’irmissoir ou plantoir sylvestre, exposé par M. Brisse pour le reboisement des forêts , est un petit instrument en fer ressemblant à la serfouette à main employée communément dans les jardins pour biner les caisses et les entre-rangs des plantes.
- En décernant à M. Léon Brisse une citation favorable, le jury central émet le vœu que l’instrument présenté reçoive la sanction d’une plus longue pratique.
- M. Alexandre LEBIRE, serrurier-taillandier, rue Saint-André, à Charonne (Seine).
- Les ràieaux-ratissoires exposés par M. Lebire sont d’une bonne fabrication; ils ont, pour les jardins, l’avantage de servir-tout à la fois de râteaux, de ratissoires et de binettes, par le moyen d’une lame mince en fer qui est soudée et adaptée à la partie opposée de l’un de ces instruments. Le jury cite favorablement ce fabricant pour la bonne qualité de ces outils.
- M. Pierre-François LEUNE, faïencier, rue des Deux Ponts, n° 3i , île Saint-Louis, à Paris (Seine).
- Les cloches en verre de toutes espèces jouent un assez grand rôle en horticulture. M. Leone est l’un des premiers qui fit confectionner les modèles de cloches qui servent à assurer la multiplication et la reprise des boutures d’arbres et de plautes exotiques; il a exposé des modèles de toutes formes et de toutes grandeurs ; des cloches dites à raisin pour protéger les fruits contre les oiseaux et les insectes, et surtout pour en hâter la maturité dans les climats tempérés; des vases en verre pour boutures, alin de donner la facilité de voir au travers les progrès du développement des racines ; des pots de même nature pour les marcottes, des vases à deux parties pour les jacinthes et autres îiliacées. M. Leune a ajouté à son exposition une collection d’étiquettes en porcelaine, de plusieurs formes et de plusieurs grandeurs ; une lampe rustique suspendue
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- et ornée de fleurs , à la base de laquelle est placé un vase en verre renfermant des poissons.
- Le jury cite favorablement M. Leune pour le perfectionnement qu’il a apporté aux cloches cle jardins.
- M. Julien PROVOST, rustiqueur, rue de la Tour-des-Dames, n° 9, à Paris (Seine).
- M. Provost a exposé des guéridons, tables, jardinières, tabourets, le tout en bois rustique et garni de jonc.
- Ces produits sont confectionnés avec goût et solidité. Le jury lui accorde une citation favorable.
- CHAPITRE QUATRIÈME.
- PREMIÈRE DIVISION.
- ENGRAIS DES FERMES ET ENGRAIS COMMERCIAUX.
- M. Payen, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES. .
- On peut dire que la production agricole, et notamment la production des subsistances destinée aux populations, sont proportionnées aux quantités d’engrais dont l’agriculture dispose.
- Toutes les questions qui se rattachent à la préparation , la conservation, l’emploi, en un mot l’économie des engrais, sont donc des questions de premier ordre.
- La science, aujourd’hui, est en mesure de résoudre ces questions; elle a donné, depuis peu de temps, il est vrai, les moyens de mettre à profit les amendements et les engrais qui se trouvent à la portée des cultivateurs, et, cependant, malgré des progrès réels faits dans cette voie, on laisse encore perdre, chaque année, une telle masse d’engrais puissants,
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- que, si ces quantités étaient utilisées, elles accroîtraient de plus de 25 p. o/o nos récoltes en céréales.
- Pour définir nettement durant les dernières années la nature et le rôle des engrais les plus indispensables à fournir au sol, il a fallu le concours de la chimie minérale et organique et de la physiologie végétale.
- Il a fallu montrer que, dans toutes les parties des plantes où la végétation est très-active, on voit dominer les sels minéraux et les substances organiques qui tirent leur origine des animaux.
- Quant aux matières purement végétales qui constituent la masse clés plantes, et souvent plus des Qb/iooes de leur poids, elles se reproduisent chaque année aux dépens des gaz de l’atmosphère et des détritus des récoltes précédentes (chaumes et racines) restés sur le sol; les agriculteurs n’ont donc pas à s’en préoccuper.
- Ces données scientifiques semblent devoir conduire, dans tous les pays où l’agriculture est très-avancée, comme ep Angleterre et dans le nord de la France, à faire consommer presque toutes les pailles par les animaux, et remplacer les litières par des substances terreuses placées directement sous les animaux, ou séparées au moyen de planchers à claires-voies, afin d’obtenir en plus grande abondance et de réserver, pour la fumure du sol, les déjections animales liquides et solides.
- Toutefois, et sans pousser aussi loin encore l’emploi presque exclusif des matières ou déjections animales et des sels minéraux, nos agriculteurs aménagent mieux les fumiers; l’industrie manufacturière lui vient en aide, en confectionnant des engrais faciles à conserver, à transporter et à répandre sur le sol; elle utilise pour ces préparations les divers débrisdes animaux et les déjections humaines, presque entièrement perdues autrefois.
- Les procédés généralement en usage aujourd’hui consistent dans l’application de substances désinfectantes favorables par elles-mêmes à la végétation, et qui, tout en prévenant le dé-
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- gageaient et la déperdition des gaz infects utiles aux plantes, peuvent assainir l’air au milieu des populations agglomérées. Ces procédés sont bien dignes de l’approbation qu’ils ont reçue des corps savants, et de tout l’appui qu’ils réclament de la part du Gouvernement et des administrations municipales.
- C’est dans cette double voie, des progrès agricoles et des améliorations importantes pour la salubrité publique, que sont entrés hardiment, i° les industriels dont nous allons exposer les titres; 2° ceux dont les travaux peu développés ne peuvent encore être cités; 3° enfin un plus grand nombre d’agriculteurs manufacturiers que nous regrettons de ne point voir figurer dans le grand concours de 1849.
- Mais nous devons le déclarer ici, l’un des plus grands obstacles au développement de la fabrication et du commerce des engrais se rencontre dans la fraude que la cupidité parvient à y introduire, fraude coupable entre toutes, car non-seulement elle trompe sur la valeur de la marchandise, mais elle est bien plus préjudiciable encore, puisqu’en trompant l’espoir du cultivateur elle peut occasionner sa ruine, les pro-
- duits de la récolte lui manquant alors pour s’indemniser de ses avances, de son loyer et des divers frais de culture.
- Dans l’intérêt de la morale publique, dans l’intérêt de l’industrie et de l’agriculture, il est temps que de pareils abus disparaissent; que les vœux des comices, des sociétés d’agriculture et du congrès central soient réalisés : c’est-à-dire que, par mesure d’intérêt général, les fabricants, dépositaires et marchands d’engrais soient tenus d’indiquer, sur leurs magasins et leurs factures, les substances qui entrent dans les produits qu’ils livrent aux cultivateurs.
- Alors il sera facile de faire vérifier la composition des engrais commerciaux, et de rendre, par les voies ordinaires, chacun responsable des dommages occasionnés ; ou plutôt, les fraudes, ne pouvant plus se cacher, disparaîtront, laissant la carrière libre aux industries loyales.
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- Médailles
- d'or.
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- Nombre d’exposants, 17; récompensés, 5; mentionnés pour ordre, 5; non cités, 7.
- MM. DE LANCOSME-BRÈVES, président du conseil d’administration, et DUGUEN , gérant de la compagnie générale des engrais.
- Tous les agronomes déplorent, depuis longtemps, l’énorme déperdition des substances fertilisantes qui s’accumulent dans les grandes villes, et notamment des produits des vidanges.
- Non-seulement cette déperdition est très-préjudiciable aux intérêts de l’agriculture, mais encore elle entraîne des conséquences graves pour la salubrité publique et la sûreté des hommes. Chacun sait, en effet, que, partout où les anciens procédés de vidange et d’exploitation des poudrettes sont en usage, on observe, chaque année, des asphyxies mortelles parmi les travailleurs; l’air, dans de vastes quartiers populeux, est infecté par les plus rebutantes émanations ; rien ne prouve qu’au delà même des limites où l’odeur putride cesse d’être sensible, rien ne prouve que les ferments organiques n’ont aucune influence fâcheuse sur la santé des hommes, et n’entrent pour rien dans le développement des affections endémiques. Quoi qu’il en soit, toute la population des villes, vivement affectée de ces graves inconvénients, appelle de ses vœux les moyens de s’en débarrasser.
- Les agriculteurs, cîe leur côté, réclament la libre disposition de ces engrais utiles, mais les règlements de la salubrité, et même le dégoût qu’inspirent les manipulations nécessaires pour leur application , opposaient des obstacles insurmontables, en beaucoup d’endroits, à la réalisation des effets avantageux de ces substances.
- La compagnie générale des engrais s’est occupée, avec un zèle persévérant, depuis plusieurs années, de dissiper tous ces inconvénients , ces dangers même, dans la vue d’utiliser, au profit de l'agriculture et de la production des subsistances, la masse énorme d’engrais qui se perd chaque année par ces causes.
- Après de longues études expérimentales, après de nombreux essais en grand, la compagnie s’est arrêlée à plusieurs moyens combinés, savoir:
- i° L’emploi de sels métalliques désinfectants dont elle est par-
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- venue à découvrir les réunions les plus actives parmi plusieurs eaux mères ou résidus à bas prix de certaines fabrications;
- .[/application de dragues mécaniques closes qui abritent les ouvriers du contact des vapeurs asphyxiantes (lorsqu’on ne peut faire usage du système des fosses mobiles) ;
- 3° L’emploi de charbons poreux pulvérulents, qui absorbent les parties liquides et les gaz, font disparaître l’odeur infecte et facilitent la dessiccation sans nouveau dégagement.
- Ces moyens ont été d’ailleurs perfectionnés notablement par MM. de Lancosme-Brèves, Duguen et compagnie..
- Malgré d’aussi longs travaux, des,inventions remarquables et des perfectionnements réels, les représentants de la compagnie générale des engrais n’auraient pas droit aux récompenses que le jury décerne, si la pratique en grand n’élait venue justifier leurs prévisions.
- Celte sanction indispensable de la pratique ne leur a pas manqué; les pièces mises sous les yeux du jury et les rapports très-ex-s lus à la société d’encouragement pour l’industrie nationale, et approuvés par elle, contiennent des preuves irrécusables de ces faits; il ne peut clone rester de doute à cet égard.
- Le prix de 3,ooo b ancs a été décerné à cette société pour les procédés de désinfection des matières fécales et de préparation en grand des engrais.
- Les gérants de la compagnie générale, qui dirigent dans les départements,
- M. Léon VALLÉE,
- Pour la division de Lyon ;
- M. Henry VALIN,
- Pour la division de Tours ;
- M.CALVO,
- Pour la division de Marseille ;
- M. RABIER,
- Pour les divisions du Cher, de l’Indre et de l’Ailier, ont reçu autant de médailles d’argent. Enfin, les concessionnaires de la même compagnie pour les villes de Poitiers, Nevers, Niort, Besan-
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- çon, Rochefort, Bordeaux, Orléans, Monlauban, Nantes, Metz, Amiens, Troyes, Rouen et Toulouse, ont été mentionnés pour de semblables travaux.
- La société générale des engrais a d’ailleurs donné un exemple des plus utiles à suivre en instituant partout, chez les concessionnaires, des essais chimiques qui permettent de garantir la composition des engrais, et d’éviter les fraudes si préjudiciables aux inté rêls de l’agriculture et de la fabrication même des engrais.
- Les grandes applications faites par la compagnie des engrais offrent, au plus haut degré, les caractères d’utilité générale; elles intéressent à la fois l’économie rurale et la salubrité" des villes ; elles sont très-dignes d’être signalées à l’attention des agriculteurs et des administrations publiques.
- Le jury décerne la médaille d’or à la compagnie générale des engrais.
- Médailles
- d’argent.
- M. LEGONTE, non exposant, à Soudé, près de Reims (Marne).
- En i845, ce manufacturier a fondé, auprès de Reims, un établissement dans lequel il complète la désinfection des matières fécales, désinfection commencée dans les fosses même à l’aide des sulfates de fer.
- Ces matières, transportées à l’usine, sont mélangées avec des substances terreuses, charbonnées par une calcination préalable.
- L’engrais pulvérulent ainsi obtenu peut être desséché sous des hangars à l’air et rechargé de matières fécales, afin d’augmenter sa puissance.
- On fait cesser par ce moyen l’odeur repoussante et la forme pâteuse qui s’opposent à l’emploi de ces déjections.
- La forme pulvérulente se prête, d’ailleurs, à l’application des semoirs pour répandre, l’engrais.
- L’usine de M. Leconte réalise les avantages que nous avons indiqués plus haut dans l’intérêt de la salubrité publique; elle fait opérer la vidange dans la ville en plein jour, à l’aide d’appareils fonctionnant en vase clos et sous l’influence de réactifs désinfectants , évitant ainsi les inconvénients des émanations putrides sulfurées qui brunissent lés peintures et l’argenterie.
- M. Leconte a en outre installé, dans un grand nombre d’édifices publics de Reims, le système de fosses mobiles, qui permet à la fois
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- un service facile de jour et la désinfection économique dans les ateliers hors de la ville.
- Les résultats des fabrications des engrais désinfectés ont, pour la ville de Reims, l’agriculture, la salubrité et la sécurité des travailleurs qui opèrent les vidanges, une importance que le jury départemental et le préfet ont bien fait ressortir. La préparation de divers autres engrais, notamment d’une sorte de guano, ou plutôt d’un mélange de débris offrant une composition analogue à celle du guano d’Amérique, ont rendu à la contrée des services que notre collègue M. Fouquier d’Hérouel a fait connaître dans son rapport.
- Le jury central accorde, comme récompense d’ensemble, à M. Leconte une médaille d’argent.
- M. Laurent ROCHER, à Saumur (Maine-et-Loire).
- M. Rocher a fondé plusieurs fabriques de noir animal qui utilisent les produits des vidanges, désinfectées d’abord par les sels de fer ou de manganèse, puis par leur mélange avec des terres charbonneuses absorbantes; il fait entrer dans ces engrais les débris de l’équarrissage.
- Les fabriques sont établies à Saumur, la Motte-Beuvron, Ingrandes, Tours, Loches et Château-Renaud.
- La valeur des engrais livrés annuellement à l’agriculture par celte fabrication s’élève à 100,000 francs, et représente en produits accrus des récoltes une valeur bien plus considérable.
- En toute contrée agricole, l’introduction d’une pareille masse d’engrais chaque année contribuerait à élever la puissance du sol. A ces avantages certains si l’on ajoute les services rendus tria salubrité publique par l’introduction des procédés désinfectants, on se décidera sans peine à signaler, en les récompensant, les résultats de si bons exemples. Le jury central décerne à M. Rocher une médaille d’argent.
- M. SAINT-AMAND, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Ce manufacturier prépare du charbon d os, sous les formes de noir en gros grains, pour les sucreries indigènes et coloniales ; noir en grains ordinaires et noir fin, pour nos radineries.
- Il emploie environ 800,000 kilogrammes d’os, et fabrique 600,000 kilogrammes de noirs divers.
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- Médailles de bronze.
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- Une machine à vapeur de 20 chevaux, 4 fours à carboniser, 3 paires de meules, forment ses moyens d’acticn. Il occupe, en moyenne, 25 ouvriers, et jusqu’à 4o, exceptionnellement.
- Une partie du noir fin, produit en excès, est mélangé avec des débris de menus coraux, madrépores, des vidanges et détritus d’animaux. Il obtient ainsi une sorte d’engrais complexe, analogue au noir animal, et qui restera de bonne qualité, si la composition est mainlenue telle que l’ont déterminée MM. Moride et Bobière. Cet engrais, vendu scus le nom de zoofane, donne à l’analyse 2,6 d’azote p. 0/0 ; il contient, notamment, 0,20 de phosphate de chaux, et o,4o de carbonate calcaire; 26,000 hectolitres de zoofime sont annuellement livrés aux agriculteurs. La valeur totale des produits vendus s’élève à environ 36o,ooo francs.
- Le jury récompense les travaux de M. Saint-Amand parla médaille d’argent.
- M. BONNET, à Javelle et Arcueil (Seine).
- M. Bonnet utilise, depuis ï834-, tout le sang des abattoirs de Paris que les raffineries ne peuvent consommer, c’est-à-dire de 6 à 8,000 barriques.
- C’est en le désinfectant et le mettant sous forme pulvérulente, à l’aide de substances charbonneuses et absorbantes, que M. Bonnet prépare un engrais riche, appliqué avec succès à l’agriculture.
- La valeur livrée annuellement au commerce s’élève à 100,000 fr.
- Des procédés antiseptiques et de désinfection plus complets, expérimentés en ce moment par ce manufacturier, rendront sans doute les opérations plus faciles et moins gênantes pour le voisinage.
- Dans l’état actuel de ses usines, considérant surtout les services rendus à l’agriculture, le jury accorde à M. Bonnet une médaille de bronze.
- M. COELLAND, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
- M. Coëlland a eu l’idée de mettre le sang sous la forme pulvérulente; il y parvient en quelques minutes par une addition de i5 centièmes environ de chaux vive en poudre.
- On avait exprimé la crainte que cette addition ne fît exhaler en gaz ammoniaux une grande partie de la substance azotée ; nous nous sommes assuré qu’il ne peut résulter une déperdition notable
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- de ce mélange, si l’opération est faite sur le sang frais. La matière albumineuse s’unit à la chaux, et ce composé ne se putréfie pas tant qu’il est sec, et ne se décompose que lentement lorsqu’on le met dans un sol humide. M. Malagutli, professeur cle chimie, a trouvé, dans le sang chaulé humide, 3,4o cl’azote, et les agriculteurs qui en ont fait usage en ont obtenu un effet proportionné à ce dosage.
- Le procédé est ingénieux, susceptible de faire utiliser partout le sang à peu de frais et sans putréfaction. Le jury décerne à ce manufacturier une médaille de bronze.
- M. BATAILLER.
- M. Batailler expose un système d’irrigation qu’il a mis en pratique dans le Loiret.
- Il a réalisé avec succès la pensée de faire servir les irrigations à disséminer les engrais stercoraires sur le sol. À cet effet, il délaye les matières solides, et ajoute les urines dans les eaux destinées aux arrosages. Celte méthode pourrait être améliorée encore, en ajoutant aux produits des vidanges les réactifs désinfectants, et peut-être des substances charbonneuses absorbantes tenues en suspension par l’agitation mécanique. On donnerait ainsi plus d’efficacité aux engrais, en évitant la déperdition des gaz et vapeurs utiles aux plantes, mais incommodes ou insalubres pour les hommes. L’auteur s’occupe de ces perfectionnements ; lorsqu’il les aura réalisés, et que sa méthode sera devenue plus générale, il pourra mériter une haute récompense.
- Les travaux qu’il a entrepris jusqu’aujourd’hui le rendent digne de recevoir la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- DEUXIÈME DIVISION.
- DRAINAGE DES TERRES.
- M. E. Moll, rapporteur.
- M. THACKERAY, à Paris (Seine).
- M. Thaclceray, Anglais de naissance, mais habitant la France depuis 27 ans, a voulu, suivant ses expressions, payer la bonne et
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- d'argent*
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- cordiale hospitalité qu’il a reçue clans notre pays, en faisant tourner ses connaissances agricoles et les relations qu’il a conservées avec l’Angleterre, au profit de notre agriculture.
- Des renseignements sur des procédés nouveaux, des machines aratoires, des semences de variétés perfectionnées de plantes, ont été successivement importés par lui et communiqués avec la plus grande libéralité à beaucoup d’agriculteurs distingués avec lesquels il s’était mis en rapport. Chose singulière, dont il ne faut, sans doute, accuser que les circonstances, jamais il n’a eu la moindre part aux éloges et aux récompenses auxquels ont souvent donné lieu ses importations. Un des premiers, il a fait connaître en France les immenses avantages que retirait l’Angleterre de l’emploi de la méthode d’assèchement des terrains humides connue sous le nom de drainage, méthode pratiquée d’une manière imparfaite, il est vrai, dans certaines localités de notre pays (dans les départements de l’Isère et des Hautes-Alpes) , mais inconnue ailleurs. Non content de faire connaître cette méthode par des articles de journaux et de nombreuses brochures, il fit venir de Londres, en 1847, ® ses frais, 6,000 tuyaux de drainage et deux ouvriers pour faire une expérience d’assainissement dans le domaine de Forge, près Montereau, appartenant à M. du Manoir. Inutile d’ajouter que celle expérience eut un plein succès; c’est à la suite de cette expérience qu’il importa la machine d’Ainslye pour fabriquer des tuyaux, et les plans et modèle du four qui sert à les cuire économiquement.
- Cette machine a figuré à l’exposition, où elle a fonctionné de la manière la plus satisfaisante sous les yeux de la commission. Pour donner à cette dernière, ainsi qu’au public, une idée juste du drainage, M. Thackeray a fait établir en dehors des bâtiments un spécimen de cette ingénieuse méthode d’égouttement, spécimen qui a permis de se rendre un compte parfaitement exact et de la manière de procéder et des effets produits, même dans des terrains argileux et fortement tassés, par la présence des tuyaux à une profondeur de plus d’un mètre.
- Par suite d’une erreur, M. Thackeray a été porté sous le même numéro que M. Laurent; le jury croit devoir réparer cette erreur, en consacrant à M. Thackeray un rapport spécial. Appréciant les constants et fructueux efforts faits par cet honorable étranger pour l’avancement de notre agriculture, le service éminent qu’il rend au
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- pays en faisant connaître et en favorisant l’application du drainage en France, il lui décerne une médaille d’argent.
- CHAPITRE CINQUIÈME.
- HORTICULTURE.
- PREMIÈRE DIVISION.
- S 1. CÉRÉALES.
- « M. Vilmorin, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les céréales sont de beaucoup le plus important des produits agricoles, puisque c’est sur elles que repose essentiellement la subsistance de la population. Les améliorations qui s’y rapportent sont donc aussi celles sur lesquelles il est à désirer que les expositions exercent le plus d’influence. Ce résultat toutefois ne pourra être atteint qu’avec le temps; des difficultés, inhérentes à la nature même des choses, ne permettent pas que l’on y arrive immédiatement. Ainsi, des améliorations, soit qu’elles consistent dans la création de variétés nouvelles d’un mérite remarquable, ou dans l’amélioration d’une race ancienne, ou bien encore dans l’introduction de, races étrangères supérieures en qualité ou en produit à celles du pays,‘soit qu’elles résultent de l’emploi de procédés de culture nouveaux et meilleurs que ceux usités dans le canton, ces améliorations, disons-nous, ne sauraient être mises' dans toute leur évidence par l’exposition de quelques gerbes et d’un lot de grain, ces produits ne constituant, en réalité, qu’une petiie partie des éléments nécessaires pour l’appréciation des faits: Cette seule considération a dû presque nécessairement restreindre les effets du concours. On'ne saurait douter que bomnombre de faits méritants ne soient restés en dehors de
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- l’exposition par la crainte, chez les cultivateurs, que l’envoi d’échantillons ne fût pas une démonstration suffisante de l'amélioration obtenue.
- Ceci explique, partiellement au moins, le petit nombre d’exposants qui se sont présentés à ce concours solennel : ce nombre n’a été, en total, pour les céréales, que de 18 pour la France, et de 11 pour l’Algérie.
- Mais la principale cause du déficit relatif des céréales doit se trouver dans l’époque même de l’exposition. Il est bien rare, en effet, que des cultivateurs aient encore, au mois de juin, des épis de la récolte précédente; et la grande majorité d’entre eux n’a pu savoir à temps que la durée prolongée de l’exposition leur eût permis cl’y envoyer les produits de la récolte nouvelle. D’un autre côté, les pluies qui, dans plusieurs parties de la France, sont survenues au moment de la moisson, ont noirci ou gâté la paille. Ces diverses circonstances ont donc pu, malgré le désir des cultivateurs de répondre à l’appel du Gouvernement, donner lieu à la suppression d’un certain nombre d’envois projetés.
- Aussi, serait-il Irès-clésirable pour les. expositions pn> chaînes que l’organisation de jurys locaux, qui pourraient netré autres que les comices cantonaux qui existent presque partout, permît de recueillir, plus, complètement que cela n’a été possible cette année, l’indication de toutesdes améliorations1 marquantes dans la culture des céréales qui auraient'eu lieu sur le sol de la France.
- Malgré les difficultés que nous venons d’indiquer, l’exposition a présenté plusieurs faits.d’un haut intérêt et.tle nature à inspirer de grandes espérances sur les résultats à venir des expositions générales.
- Les améliorations principales, que nous aurons à signaler sont de diverses natures.: les unes directes, telles que la créa^ tion ou le perfectionnement des races, l’étude comparative^ des variétés dans la vue de reconnaître et de propager les meilleures, ou enfin l’introduction d'excellentes-races étrangères; les autres indirectes, se rapportant à des modes parti-
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- culiers dë culture.Cette diversité est telle que, pour éviter les répétitions’, les’considérations spéciales qui peuvent se rattacher à chacune d’elles nous ont paru devoir être placéés, pour le mieux, en tête de chacun des articles en particulier.
- M. BAZIN père,-au Mesnil-Saint-Firmin (Oise).
- Mentions pour ordre.
- L’amélioration des races, dans* les plantes cultivées aussi bien que dans les animaux doméstiqùés, est un des moyens les plus efficaces et les plus directs que la nature a mis à la disposition de l’homme, pour l’augmentation des produits du travail agricole. En Angleterre, où l’application de ce principe a été suivie avec beaucoup de succès et de persévérance, on en a obtenu des résultats extrêmement importants. Nous sommes moins avancés en France, stirtout. en ce qui concerne les plantes agricoles' et lés céréales en particulier. L’utilité du choix des semences est, à la vérité, généralement connue des cultivateurs, beaucoup même y donnent dii soin, mais bien rarement ori a vu parmi nous des essais de cette amélioration proprement dite- des races, qui se fonde sur le choix et la multiplication d’individus doués de qualités remarquables,' et dont la descendance devra former une race nouvelle supérieure à celle d’où elle est sortie;
- Un exemple remarquable dé ce genre important’d’amélioration a été mis en évidence par M.-Bazin;-directeur de la ferme modèle du Mesnil-Saint-Firmin. Deux épis, d’une formé et cl’une beauté remarquables, qu’il observa dans sa récolte, dè i838, et’dont il sema le grain séparément, sont devenus, entre ses mains,-au moyen de l’épuration successive'de leurs produits-, le type d’une race excellente, dont il obtient constamment des récoltes supérieures de 18 à 20 p. o/o, non-seulement à celles fournies par les espèces ordinaires du pays, mais encore au produit de plusieurs blés anglais renommés par leur fécondité, et qu’il a essayés comparativement avec le sien.
- Celui-ci est un froment sans barbes ;1 à gros épis presque qua-drângulaires, d’un blanc jaunâtre, à grain d’un jaune rougeâtre, bien plein et de très-bonne qualité. 11 a le plus grand rapport , par ses caractères, avec le blé hickling} une des variétés renommées du Norfolck,'qui s’est introduite dèpuis clix à douze ans-, sous différents- noms1, dans quelques parties de la F rance.
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- La véritable question, toutefois, est ici bien moins de chercher à apprécier exactement le mérite du blé dont il s’agit, mérite qui, pour les variétés en général, est toujours subordonné, plus ou moins, aux influences du sol et du climat, que de signaler le fait lui-même, et de montrer l’importance de ses résultats. 11 est évident que si, dans les diverses parties de la France, des cullivateurs zélés et intelligents imitaient l’exemple de M. Bazin, en procédant sur les blés de leur canton, la production générale en recevrait, en peu d’années une augmentation considérable.
- Le jury mentionne ici, pour ordre, les résultats obtenus par M. Bazin père, qui a trouvé dans un autre chapitre la récompense méritée par l’ensemble de ses travaux agricoles.
- M. Constant AUCLERG, propriétaire cultivateur , à la Celle-Bruère (Cher).
- Destiné par ses parents à suivre la carrière du droit ou de la médecine, son goût pour l’agriculture le décida à revenir dans le Cher s’occuper de l’exploitation d’une propriété dont les terres, de médiocre qualité, étaient appauvries par la culture la plus déplorable.
- Il n’en cultiva lui-même qu’une partie, et laissa l’autre entre les mains de colons auxquels il fit successivement adopter de meilleurs instruments, ainsi que la culture des prairies artificielles et des plantes légumineuses; les avantages qu’ils en retirèrent ont engagé d’autres colons à les imiter.
- Depuis 1818, M. Auclerc a successivement introduit diverses natures de prairies artificielles, le sarrazin, comme fourrage vert, le raigrass, le fromental, la lupuline , le chanvre de Piémont, et a cultivé avec quelque étendue la pomme de terre et la betterave. La plupart de ces plantes sont maintenant entrées dans la culture habituelle du pays.
- En 1820, il a le premier fait semer du plâtre sur les légumineuses , a introduit ensuite la marne, et a substitué à la culture en sillons étroits, faite par l’araire gaulois , la culture en planches faite par de bons instruments qu’il avait fait venir de Roville, et qu’il a ensuite fait construire par un ouvrier du pays, d’après les modèles qu’on lui avait envoyés.
- Il a reçu un prix de la société d’agriculture du Cher pour la bonne tenue de ses terres, et une médaille d’or pour le concours
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- ouvert sur celte question : Quel est le mode préférable pour l’amélioration , dans le Cher, des races chevaline, bovine et ovine ?
- Il a aussi été couronné par le comice agricole de Bourges, pour un mémoire sur le moyen le plus économique de faire produire le plus possible aux mauvaises terres de l’arrondissement.
- M. Auclerc a aussi obtenu le prix du ministère pour la meilleure culture de l’arrondissement, et, dans les divers concours où il a figuré,-17 médailles du comice de Saint-Amand et 4 médailles du concours de Bourges.
- Il a employé les taureaux de Durham pour améliorer la race du pays, et les animaux qu’il a présentés à l’exposition ont mérité les suffrages de tous ceux qui les ont vus; ils ont prouvé les avantages de ce croisement, ils ont fourni au jury les moyens d’apprécier les résultats obtenus, et, en présence de la négligence prise par beaucoup d’éleveurs à envoyer leurs produits à l’exposition , le zèle qu’a apporté M. Auclerc à faire supporter à ses animaux les fatigues du voyage, et ses autres titres agricoles, le rendent digne de la plus haute récompense que le Gouvernement croira devoir accorder, aussi le jury ne peut-il que s’associer à la haute marque de distinction qui lui a été accordée dans un chapitre précédent.
- M. Ph. KARMES, directeur de la ferme expérimentale de Kervignac (Morbihan).
- Il a présenté à l’exposition des échantillons de diverses céréales et d’autres plantes agricoles provenant des cultures de cette ferme. D’après les résultats de ses essais, M. Karmes range en première ligne le blé Saumon, d’origine anglaise, qui figure aussi parmi les produits exposés par M. Monot-Leroy, et qui, pour la Bretagne' surtout, nous paraît devoir être considéré comme une acquisition précieuse. On peut également ranger parmi les services que la ferme expérimentale de Kervignac a rendus au pays qui l’environne l'introduction du chanvre de Piémont, qui fournit une filasse plus grossière, à la vérité, mais infiniment plus longue et plus insistante que celle du chanvre commun, et parfaitement appropriée, par cela même, aux besoins de la marine.
- Les travaux de M. Ph. Karmes sur l’élève et l’amélioration du bétail, l’ensemble de son exploitation, à laquelle il a joint une fabrique d’instruments aratoires, enfin les succès qu’il a obtenus au
- Médaille
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- Médailles de bronze.
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- pointde vue de l’inlroduclion et de l’étude des plantes agricoles, le rendent digne de la médaille d’argent, que le jury lui accorde.
- M. FIEFFÉ, propriétaire, à Cestas, près Bordeaux (Gironde).
- M. Fieffé a envoyé à l’exposition neuf grands cadres contenantes échantillons de 260 lots environ de froment et d’,un petit nombre d’autres céréales, toutes de provenance exotique.-
- Ce n’est pas au point de vue de la nomenclature ou de l’étude botanique des variétés que cette grande collection a été réunie, mais dans un but essentiellement agricole et pratique. M. Fieffé a voulu profiler de l’importation considérable de blés étrangers qui a eu lieu en 1847 pour rechercher s’il ne trouverait pas, parmi tous ces grains de provenances si diverses, quelques variétés dont l’introduction pût offrir des avantages à son département, et particulièrement au sol des landes.
- Ses essais ont eu pour résultat de lui faire distinguer plusieurs froments d’une grande précocité, et qui lui paraissent devoir offrir, dans le midi de la France particulièrement, un avantage réel, en ce que, mûrissant quinze à vingt jours avant les espèces indigènes, leurs produits seraient beaucoup moins exposés a.ux dommages que causent souvent à ces dernières les orages ou les chaleurs trop vives au moment de la récolte. M. Fieffé a également conçu de ces essais l’espoir de trouver un frpment qui réussira dans les landes, où le seigle a été jusqu’ici exclusivement cultivé.
- Celte expérience a été conduite avec beaucoup d’ordre et de méthode. Neuf tableaux, dans lesquels les blés sont classés par provenance , indiquent les époques de maturité de chacun d’eux et donnent le résumé des observations recueillies pendant le cours de leur végétation.
- La pensée première d’une semblable 'expérience, l’utilité évidente de son but et les espérances que l’on peut fonder sur sa continuation ont paru au jury donner à M, Fieffé des titres mérités à une distinction; il lui décerne, en conséquence, une médaille de bronze.
- M. SOLET, fermier, au Pin (Seine-et-Marne).
- L’introduction dans une localité agricole d’un blé meilleur que
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- celui qui y est cultivé est un des moyens les plus naturels et souvent aussi les plus efficaces d’améliorer la production céréale-de cette contrée. Ce moyen, toutefois, exige de la circonspection, et l’on ne doit se laisser aller à substituer entièrement une nouvelle race à celle depuis longtemps en usage dans le pays qu’après s’être assuré par l’épreuve d’un ou, mieux encore, de plusieurs hivers rigoureux qu’elle est aussi rustique et solide à l’hivernage que celle-ci. Aussi, bien peu de cultivateurs se décident à des essais de ce genre, soit par la crainte d’éprouver des mécomptes sous ce rapport, soit surtout par l’empire de l’habitude; on doit donc savoir gré à ceux qui en montrent l’exemple.
- L’exposition en a fait connaître plusieurs, entre lesquels nous citerons d’abord M. Solet, fermier au Pin, arrondissement de Claye. Ce cultivateur a depuis 5 ans adopté la culture d’un froment anglais désigné dans les collections de ce pays sous le nom de blood red ivheat, mais plus généralement connu en France sous le nom de blé rouge d’Ecosse. C’est un blé à épi large et nourri, à grain jaune,bien plein, à paille haute et forte. Son produit, dans les cultures de M. Solet, a dépassé de beaucoup en quantité aussi bien qu’en qualité celui des froments ordinaires de ce canton.
- Le jury, en engageant M. Solet à donner à ses essais une suite suffisante pour juger complètement la question de rusticité, lui accorde une médaille de bronze.
- M. MONNOT-LEROY, propriétaire et cultivateur, à Pontru (Aisne).
- Il a, de même que M. Sollet, introduit sur son exploitation un beau blé cl’orîgine anglaise appelé blé Saumon, dont il a exposé des échantillons en gerbes et en épis. Ce froment, extrêmement remarquable par la beauté de ses épis et de son grain, est d’un produit considérable. D’après les observations de M. Monnot-Leroy, il talle considérablement, et paraît, de plus, offrir l’avantage de pouvoir être, au besoin, semé plus lard que nos blés d’hiver ordinaires. Les échantillons exposés provenaient cl’un semis fait le x 1 janvier, et récolté le 3o juillet; ils étaient parfaitements mûrs.
- La question importante de la rusticité à l’invernage se présente ici de nouveau. Elle ne pourra être résolue que par des épreuves plus longuement continuées. Le jury, clans la vue d’y encourager M. Monnot-Leroy, et se fondant, d’un autre côté, sur l’titiJilé de
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- 1 expérience en elle-même, lui eût accordé ici une récompense, si cet exposant n’avait trouvé, dans une autre partie de ce rapport la rénumération de l’ensemble de ses.travaux agricoles.
- M. Léopold GENOT, à Saint-Ladre (Moselle).
- Il a exposé un sachet d’avoine rie Sibérie. Cette variété, qu’il cultive depuis 8 ans, l’emporte en produit et en poids sur les anciennes variétés du pays. M. Genot est un habile agriculteur qui cultive, sans jachère, une fermede 178hectares. Il ajoint à son exploitation une distillerie de pommes de terre qui consomme le produit d’une culture annuelle de 60 hectares, et dans laquelle il a fait établir un appareil nouveau de distillation continue.
- La commission départementale donne de grands éloges aux cultures de M. Genot-, enfin son exploitation a été proposée pour l’établissement d’une ferme-école.
- Le jury accorde à M. Genot une médaille de bronze.
- M. GALLAND, à Ruffec (Charente).
- Il a exposé un cadre contenant 55 échantillons de froment. Ces échantillons, fort bien nommés, sont le produit d’une culture expérimentale continuée par cet exposant depuis i4 ans, et qui l’a amené à choisir et propager quelques-unes de ces variétés.
- Un autre fait très-remarquable se rattache à l’exposition de M. Gallancl, c’est celui des expériences qu’il a suivies dans la vue d’obtenir de nouvelles variétés par le croisement. Son procédé consistait à réunir par un lien deux touffes voisines, de variétés différentes, et, le matin, au moment où a lieu la sortie des anthères, à leur imprimer de légères secousses pour favoriser l’émission du pollen.
- Sans entrer dans la discussion de l’efficacité de ce procédé, nous dirons qu’un clés blés présentés par M. Gallancl, comme obtenu ainsi par lui en i84i, est d’une beauté très-remarquable.
- Le jury, reconnaissant le grand intérêt qu’offre l’ensemble de ces faits, accorde à M. Galîand une médaille de bronze.
- M. DIDELON, fermier à Bury (Moselle).
- Il a exposé un échantillon clc froment en grains, d’une beauté remarquable.
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- D’après les notes que le jury départemental a transmises à son sujet : « M. Didelon cultive des terres argileuses fortes. Cette « nature de terre donne habituellement un blé jaune, doré, qui a « de la finesse dans l’écorce et une forte proportion de gluten; mais « il faut que la terre soit bien entretenue et fumée abondamment. « Les terres de la ferme de Bury donnaient autrefois des blés très-« embarrassés de graines étrangères, aujourd’hui ils sont d’une « netteté parfaite, qui provient principalement de l’extirpation dans « les champs des mauvaises plantes.
- « La ferme de M. Didelon se recommande par une bonne tenue, des animaux nombreux et choisis; il a obtenu en 1847, au concours « du comice de Verny, une médaille et un prix de 100 francs pour « le plus bel ensemble de bétail. »
- Le jury central considère les améliorations introduites par M. Didelon dans sa culture, et notamment le sarclage du froment, comme digne d’éloges et lui accorde une médaille de bronze.
- M. Victor PAQUET, à Paris (Seine).
- M. Victor Paquet a exposé une collection de céréales en épis et en paille, très-remarquable par le nombre et la beauté des échantillons qui la composaient. Ce qui constitue essentiellement le mérite des collections de ce genre, destinées à fournir des moyens cl’étude et de comparaison entre les variétés, et d’arriver à établir avec exactitude leur nomenclature et leur synonymie, c’est-à-dire l’exactitude du classement et de la nomenclature, laissait malheureusement bien à désirer dans cette collection; mais la mort de M. Victor Paquet, survenue peu de jours après l’ouverture de l’exposition, explique assez qu’il n’ait pu y apporter tous les soins qu’elle demandait sous ce rapport.
- Le jury, prenant en considération cette triste circonstance et connaissant d’ailleurs les services que, comme journaliste horticole, M. Paquet avait rendus à l’horticulture, accorde à la collection de M. Victor Paquet une médaille de bronze.
- M. Gabriel HOUEL, propriétaire, à la Trapinière près Saint-Lô (Manche).
- Il a essayé depuis 4 ans la culture du blé semé en lignes, grain
- Mentions
- honorables
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- à.grain, .avec un espacement de 3oicenlimètres sur les deux sens, Au moyen de façons réitérées et qui opèrent un rechaussement successif, il a obtenu des blés de 2 mètres et plus de hauteur, et-donnant jusqu’à 5o tiges et au-delà par touffe. Dans un semis d’avoine traité de la même /manière, une touffe, provenant d’une seule graine, a produit 11*0 tiges qui ont rendu près sd’un litre ;de grain. Ces essais, pratiqués d’abord sur les grains ordinaires du pays, sont aujourd’hui appliqués, par M. Houel, à plusieurs des meilleures espèces de froments étrangers soumises comparativement à ce genre de culture.
- M. Ilouel ne donne pas ces expériences comme nouvelles. Plus d’une fois, en effet, des hommes d’un esprit philosophique et observateur ont été frappés de l’idée que, si l’on cultivait le blé de manière à ce que chaque plante pût acquérir tout le développement dont elle est susceptible, on obtiendrait des récoltes plus considérables avec une épargne énorme de semence. Mise en épreuve, cette idée a toujours donné des résultats analogues à ceux obtenus par M. Houel, quelquefois même des résultats prodigieux: on a vu des exemples de plusieurs centaines d’épis produites par un seul grain. Celte méthode cependant n’est jamais devenue pratique.
- On ne doit pas conclure de là, toutefois, que la continuation d’essais dans ce sens soit inutile: ils peuvent apporter de nouvelles lumières sur une question qui, par sa nature et son but, est d’un très-grand intérêt; appliqués comparativement à plusieurs espèces, ils doivent contribuer à bien faire connaître le tempérament et la végétation de chacune d’elles. Il se peut même que, dans la petite culture, surtout dans des cas exceptionnels et malheureux, tels que celui d’une grande rareté de grains, leur application devienne tout à fait importante. On doit donc des éloges à M. Houel pour le zèle et la persévérance qu’il a mis et qu’il met à suivre ces expériences, et le jury n’hésite pas à lui accorder une mention honorable.
- M. GOURIER, fermier, à Àlemont (Moselle).
- . Il a exposé un sachet de blé roux du pays remarquable par sa
- Il exploite, comme fermier, une étendue de i63 hectares. Le jury départemental le recommande particulièrement comme ayant introduit dans sa culture deux pratiques qui ne sont pas commu-
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- nés dans le département , l’emploi des boeufs au labourage et pelui du purin pour l’amendement des prés.
- Le jury accorde à M. Gourrier îune mention honorable.
- M. Dominique GRANDIDIER, àPIuche (Moselle).
- Il exploite, comme fermier, une étendue.de 92 hectares de terres fortement argileuses dans lesquelles il a introduit la .culture des carottes fourragères à collet vert. Il a présenté, à l’exposition, un sachet de blé roux, du pays de belle qualité.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. LOUVEL, à Montbéliard (Doubs).
- Il cultive le blé en lignes espacées d’un mètre et alternant avec des lignes de haricots, fèves, maïs ou carottes, etc., etc. Les échantillons envoyés par M. Louvel sont fort beaux; ils nous ont paru appartenir au blé hickling. Mais ces essais ont été faits sur une échelle trop petite et sont trop récents pour que l’on en puisse tirer des conclusions au point de vue agricole.
- Le jury se borne donc à citer favorablement M. Louvel, en espérant que la continuation de ses expériences lui vaudra, à une exposition prochaine, une distinction d’un ordre plus élevé.
- RIZ.
- M. LICHTENSTEIN WESTPHAL et Ce, à Montpellier (Hérault).
- Le riz a été autrefois cultivé avec avantage dans le Roussillon. Sa culture a été discontinuée depuis 1743; elle fut, à cette époque, supprimée parles Etats du pays. .Cette culture a été depuis essayée deux ou trois fois en petit, notamment en i833, par la compagnie Lichtenstein, dans le domaine de Mandirac, près Narbonne. On lit aussi quelques essais en 1845, en Camargue, sur quelques ares'; ils furent dirigés par M. Godefroy et réussirent fort bien.
- En 1846 la compagnie Lichtenstein s’associa avec des Italiens et fit des essais sur 20 hectares à Mandirac. Depuis cette époque, elle a acheté dans la Camargue le vaste domaine ,clü château d’Avi •
- Citation
- favorable.
- Médaille
- d'or.
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- gnon, où elle a déjà produit environ 1,000,000 kilog. [an million) de riz brut; elle se prépare cette année à une récolte de i,5oo,ooo kilog. à 2,000,000 kilog de riz brut.
- A Mandirac, elle a déjà produit en deux ans 600,000 kilog. de de riz en paille, et se prépare, cette année, à une récolte de 5oo,ooo kilog.
- Celte compagnie s’est aussi occupée de la décortication; elle a introduit pour cette opération des appareils et des procédés nouveaux inventés à Bruxelles.
- Les travaux d’irrigation générale pour la mise en culture d’un terrain étant exécutés, un simple labour, un hersage, quelques légères digues de terre, suffisent, dans les grandes plaines de la Camargue pour permettre d’obtenir dès la première année de culture les plus riches récoltes sur les terrains salés.
- Ces défrichements conviennent, en effet, surtout dans les terres salées où n’existent d’autres végétaux que ceux qui sont tués par les arrosages d’eau douce, de telle sorte, que les sarclages sont tout à fait nuis.
- Après deux années de culture, les sarclages deviennent nécessaires, à cause de la désalaison du terrain; mais cette circonstance le rend alors susceptible de porter les plus belles prairies, ainsique des céréales.
- L’assolement qu’on a adopté, et qui est en cours d’exécution, est semblable à celui du Piémont.
- Dans les terres salées de la Camargue, le riz permet d’arriver immédiatement aux plus riches prairies et se lie par là aux questions de cultures les plus fécondantes pour le terrain et les plus fructueuses pour le pays.
- Le produit moyen d’un hectare de riz varie entre 2 5 et 3o sacs de riz brut de 100 kilog., valant 20 francs, soit 5oo à 600 francs. Les frais varient entre 200 et 3oo francs. H y a donc un bénéfice moyen de 260 francs par hectare. Dans les années où le riz se vend cher, par suite d’une production faible, ce prix a été sensiblement dépassé.
- Les rizières du château d’Avignon et de Mandirac donnent un travail de main-d’œuvre considérable. Dans l’origine on a employé beaucoup d’ouvriers italiens, maintenant on n’emploie plus que ceux delà localité. Il y en a en ce moment 2 5o environ occupés au château d’Avignon; leur salaire jpurnalier est de 2 fr. 2 5 cent, à
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- 2 fr. 5o cent., tandis qu’il n’est que de 1 fr. 75 cent, dans les localités voisines où la culture du riz n’existe pas.
- A côté des avantages si évidents à certains égards de l’entreprise de la compagnie Lichtenstein se présente l’objection très-grave, élevée depuis longtemps contre la culture du riz, celle de son insalubrité, bien constatée dans certains cas, douteuse peut-être dans d’autres.
- La Camargue se trouve peut-être placée, sous ce rapport, dans de meilleures conditions que bien d’autres localités, non que la culture du riz y soit moins insalubre qu’autre part, mais parce que la surface du pays est naturellement, et cl’une manière presque irrémédiable, dans un état de submersion et de dessèchement alternatif, et par conséquent assez malsain par lui-même pour que cette culture ne puisse plus rien ajouter à son insalubi’ité.
- Il y aura même dans l’assolement suivi par la compagnie Lichtenstein une cause de diminution de cette insalubrité, en ce que, pendant deux années sur quatre,les terres seront en culture d’assec, et, par conséquent, soustraites aux influences fâcheuses de l’évaporation , influences qui se feraient certainement sentir si ces terrains étaient abandonnés à eux-mêmes, puisque leurs eaux n’ont pas d’écoulement naturel et doivent être enlevées à l’aide de machines d’épuisement.
- On peut même espérer que, par suite de l’espèce de colmatage qui résulte de l’emploi des eaux du Rhône, à l’époque où leur niveau permet de les faire arriver directement, époque qui coïncide avec celle où elles sont le plus chargées de matières terreuses, les terrains actuellement cultivés en riz seront plus Lard assez relevés pour être soustraits à l’influence des eaux saumâtres qui les pénètrent de bas en haut par infiltration, et qu’ils pourront alors recevoir d’une manière permanente des cultures de céréales et de fourrages.
- En résumé, l’établissement de la culture du riz dans les départements de l’Aude et des Bouches-du-Rhône est une opération extrêmement remarquable au point de vue de l’agriculture et de la production nationale. La mise en valeur de terrains restésjusque-là improductifs, la création d’une substance alimentaire de première utilité, quelaFrance a achetée jusqu’à présent à l’étranger, l’occupation d’un nombre très-considérable d’ouvriers, sont des résultats d’une importance majeure et d’un grand intérêt public. \
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- Médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- Le jury a donc pensé qu’il'pouvàit convenablement et avec justice récompenser, en tant que grande et belle opération agricole, l’entreprise de là compagnie Lichtenstein, en réservant tout Rentière la question d’insalubrité, dont la . solution appartient-essentiellement à ^administration. En conséquence, et sous cette réserve, il accorde' à la compagnie Lichtenstein une médaille d’or.
- M. MAUPETIT, à La Teste-de-Buch- (Gironde);
- Cet agriculteur s’est appliqué a introduire là cülturé'du riz dans les landes de Bordeaux. Ses expériences datent de 1847; faites cette première année sur une étendue de 5 hectares , elles ont porté d’abord sur les variétés de là Caroline et du Piémont ; lë dernier seulement a bien mûri dans1 lé courant dé septembre; l’autre n’est pas arrivé à maturité. En i848, 1\1. Maupétit a fait un nouvel essai sur 7 à 8‘hectares. La' variété d’Espagne, qu’il'avait’employée cette fois n’a mûri qu’imparfaitement. Enfin', en 18491 sa'culture s’ést étendue sur une superficie de i3‘hectares. Ses essais ont porté cette année sur plusieurs va'riélés du Piémont', qui sont aussi celles qui ont été essayées en Camargue : c’est-à-dire lë riznostràno, celle connue sous le nom de cKinesé, enfin lé bertone ou bertand, variété dé la précédente. Ces deux dèrnières variétés paraissent préférables pour le climat de la France, à cause de leur précocité, et devrbnt probablement être exclusivement adoptées^ On sait’que le riz sans Barbes (rizobertone), importé de Chine au commencement de ce' siècle' et’ communiqué par André' Thouin à M. Bonafous, a été' adopté dans les cultures du Piémont; où' sa1' culture tend chaque jour à s’étendre davantage; M. Bonafous estimait, en 1847, le pro-düit de cette variété à un tiers de la production totale du Piémont.1
- Le jury, considérant que lès essais de Mi Maupétit ont été conduits avec intelligence et d’une manière expérimentale; lui accordé une médaille de bronze.
- S 2. PLANTES AGRICOLES.
- M. Vilmorin, rapporteur.
- MM. SIMON LOUIS frères, à Metz (Moselle).
- Celle maison exploite depuis 60 ans un commerce Irès considérable de pépinières* et; dé graines1. Elle cultive en pépinières une
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- étendue- de- roo hectares- environ , et emploie un personnel de1. 45o ouvriers, dont i 5o. à l'intérieur et'3'oo; à l’extérieur; enfin-elle présente un chiffre d’affaires qui-s’élève de 4- àt5oo,ooo' francs-par an , dont moitié environ-s’applique à l’exportation;.
- MM. Simon Louis frères n’ont envoyé à l’exposition- que 4 betteraves et un sachet de lentilles; Ces-échantillons! n’avaient pas,, par-eux-mêmes, d’intérêt bien-marquant;, et; le jury regrette que ces-exposants- n’aient pas envoyé, comme ils pouvaient aisément le faire, des produits plus importants. Cependant, s’attachant davam tage à l’importance de leur exploitation qmaux- produits-présentés par eux, il leur accorde une mention honorable.
- M, DE LATTAIGNANT DE LEDINGHEM, à Boulogne-sur-Mer.
- II. a exposé un échantillon de foin de phalaris roseau.. Cette plante, qui, dans quelques pays, est regardée comme un fourrage trop dur pour les bestiaux, et qui l’est, en effet, quand on tarde à la couper; est-très-estimée dans les prairies1 humides-des-environs-de Boulogne-sur-Mer, dans quelques-unes desquelles- elle est fort abondante. M. de Latteignant a eu l’idée de la cultiver isolément; il.l’a semée en.lignes dans.un terrain naturellement humide, et, au moyen d’arrosements de-purin, en a:obtenu, un produit très-considérable.
- Le fourrage de celte plante, quand il a été pris à point, est très-nourrissant et convient parfaitement aux. chevaux et aux vaches. Son produit-est.lrès-abondant; aussi sa substitution , dans des terres très-humides, aux plantes qui y croissent naturellement et qui donnent un fourrage tout à fait grossier,- et à peine utilisable;, doit-elle être considérée comme un résultat désirable .k atteindre; Le jury mentionne honorablement les essais faits par M. de Latleignant dans cette utile direction.
- M. GARNIER-SAVATIER, à Marseille.
- Il -a envoyé à l’exposition deux-pieds d’un chanvre désigné improprement sous le nom de io-ma (corchorus). Les plantes qu’il a exposées appartiennent*évidèmment au genre Cannabis qui fournit notre chanvre commun, et en diffèrent au plus par des .caractères spécifiques. Cette variété, originaire de la Chine, af été rapportée,
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- Citations
- favorables.
- Médaillés
- d’argent.
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- il y a 4 ou 5 ans, par les missionnaires, et cultivée, pendant 2 ans, au Jardin des Plantes et cliez l’un des membres de votre commission. La tardiveté de cette plante a été cause qu’elle n’a pas donné de graines fertiles dans ces expériences, tentées sous le climat de Paris; mais elle pourra probablement en donner dans le midi de la France, et l’ampleur de son développement, jointe à une certaine finesse de son écorce, semblent devoir faire espérer qu’elle pourra recevoir des emplois utiles dans les arts. Ces essais, en tous cas, méritent d’être suivis avec soin, bien que l’on ne puisse prévoir encore quels seront leurs résultats pratiques. Le bordereau de M. Garnier-Savatier annonce aussi un échantillon de filasse de Yalcea rosea, qui n’a point été trouvé. De pareils essais ont déjà été faits, à diverses époques, sur les fibres textiles de cette plante, comme de beaucoup d’autres malvacées; mais le manque d’une ténacité suffisante a été cause qu’ils n’ont point eu de suite sérieuse.
- Le jury, reconnaissant l’intérêt des essais de M. Garnier-Savatier sur le chanvre de Chine, lui accorde une mention honorable.
- M. AUBER.GIER, pharmacien, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- 11 s’occupe avec succès, depuis plusieurs années, de la culture en grand du pavot et de la laitue, dont il extrait les sucs laiteux qui servent à la préparation de nombreux produits pharmaceutiques. Cette nouvelle branche de culture, jusqu’ici à peu près inusitée, paraît pouvoir être appelée à prendre un certain développement et mérite, à ce titre, d’être encouragée.
- Le jury accorde à M. Aubergier une mention honorable.
- Le jury cite favorablement :
- MM. LUCAS, à Cambon (Eure);
- DELPY, au grand séminaire de Sarlat.
- § 3. CULTURE MARAÎCHÈRE.
- M. Pépin, rapporteur.
- M. GODAT, horticulteur-maraîcher, à Versailles (Seine-et-Oise).
- M. Godât exploite depuis 4o ans, comme propriétaire, une élen-
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- due de 3 à 4 hectares de marais. Cet exposant a toujours apporté le plus grand soin au perfectionnement et à l’apurement des races qu’il cultive, aussi les produits qu’il a apportés à l’exposition sont-ils remarquables sous ce rapport. Nous citerons particulièrement, parmi ces produits, une laitue brune ou rousse qui monte difficilement, et qu’il a obtenue de semis; des choux de la race dite à pomme plate, remarquables par le développement qu’ils avaient déjà atteints au moment ( 17 juin) où ils ont été présentés; des bâtâtes parfaitement conservées par un procédé, particulier à M. Godât, procédé dont il nous a communiqué la description ; enfin, des melons remarquables, tant au point de vue de la pureté de la race, qu’à celui du volume des échantillons présentés. L’exposition de M. Godât présentait aussi ce caractère distinctif qu’elle contenait à peu près toutes les races de légumes qui pourraient être fournis par la pleine terre à l’époque de l’exposition. Ainsi, nous y avons compté 4o sortes de légumes; cette variété dans les cultures, si elle augmente peut-être un peu plus les frais de production, rend, d’une autre part, les produits beaucoup plus assurés.
- Le jury, appréciant l’intelligence ét le talent avec lesquels M. Godât conduit une vaste culture maraîchère, lui décerne une médaille d’argent.
- M. LENORMAND, jardinier, rue des Amandiers-Popin-court, n° 83, à Paris (Seine).
- M. Lenormand pratique une culture mixte en marais, primeurs et fleurs. 11 traite d’une manière très perfectionnée la culture en primeur des asperges blanches et celle des haricots verts ; mais ce que son exploitation présente de plus remarquable consiste dans le système de distribution de ses eaux ; les conduits en fonte destinés à les mener jusqu’aux extrémités du terrain , traversent sur la plus grande partie de leur parcours, les couches à primeur; il en résulte que les eaux arrivent ainsi, sans aucun surcroît de dépense, à posséder en hiver une température égale à celle de l’intérieur des châssis, et que les arrosements, au lieu de retarder le développement des plantes, contribue ainsi à l’avancer.
- M. Lenormand cultive aussi sur une grande échelle les giroflées pour le marché aux fleurs, et en a créé, par ses soins intelligents, plusieurs races qui portent son nom, et qui sont remarquables par la beauté et surtout la longue durée de leurs fleurs.
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- Médailles de bronze.
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- Le jury décerne à M. Lenormand une médaille d’argenl pour l’ensemble de ses cultures.
- M. COURTOIS-GÉRARD, marchand graimer, quai de la Mégisserie, n° 34, à Paris (Seine).
- M. Courtois-Gérard a présenté à l’exposition une collection intéressante de plantes potagèrës dans lesquellés se faisaient remarquer la plupart des plantes qui ont été proposées les dernières années comme succédanées de la pomme de terre. Nous citerons parmi elles le psoralea esc'ulenta, le glycine àpios, Yulhico, la capucine tubéreuse, Yarracaclui, etc. Bien qu’aucune de cës plantes, si l’on en excepte peut-être la dernière, ne paraisse pas, jusqu’à présent, être appelée à rendre de grands services à l'agriculture, leur étude, et, par suite, la constatation de leurs qualités est un point important à atteindre. M. Courtois-Gérard concourt à ce résultat, tant en multipliant ces plantes, et en les mettant ainsi à la disposition des cultivateurs, que par des essais directs sur leurs cultures. Outre les plantes alimentaires que nous venons de mentionner, M. Courtois-Gérard a exposé quelques très-beaux spécimens de plantes' en fleurs.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. GAUTHIER, horticulteur, avenue de Suffren, n° 6, allée des Veuves, n° 49, à Paris (Seine).
- M. Gauthier cultive depuis i4 ans Un terrain de 43 ares. Son industrie unique consiste dans la culture des fraises, dont les produits , d’unebeauté remarquable, sont presque exclusivement vendus aux restaurateurs de premier ordre. M. Gauthier est un des hommes qui a le plus perfectionné là culture de pleine terre de la fraise, industrie qui occupe, dans le rayon dé quëlques kilomètres de Paris, une étendue de près de 3oo hectares, et produit une valeur d’environ 12 à i,5oo,ooo francs.
- Le jury accorde avec satisfaction, à M. Gauthier, une médaille de bronze.
- M. François BARREY, cultivateur, à Nanterre (Seine).
- M. Barrey est un des hommes qui ont le plus perfectionné la culture des champignons. Cette culture qui, il y a quelques années encore* et lorsqu’on la faisait en plein air, était considérée comme
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- difficile et chanceuse, est devenue plus rapide et plus sure depuis que l’on a eu la pensée de les cultiver dans les carrières qui avoisinent Paris. La température douce et uniforme qu’il est facile d’y maintenir au moyen des fumiers dont sont formés les couches, permet cl’ohtenir, quelle que soit la saison, des quantités à peu près égales de produits, en même temps quelle a pour effet d’accélérer beaucoup le développement de la partie souterraine de la plante, au point de réduire à un mois le temps qui s’écoule entre la construction des meules et le moment où elles entrent en produit.
- M. Barrey occupe habituellement dans ses caves 20 hommes et 4 chevaux, il peut livrer par jour à la consommation 2Ôo kilogrammes de champignons, à 80 centimes le kilogramme.
- Le jury accorde à M. Barrey une médaille de bronze.
- M. Louis-Dominique NOAILLON, champignoniste, à la Pointe d’ïvry, route de Choisy (Seine).
- . Une branche importante de la culture, et presque entièrement inconnue delà plupart des consommateurs, est certes la culture des champignons. Ce cryptogame était encore, au commencement du siècle, assimilé à la culture maraîchère et se cultivait en plein air. Ce n’est guère que depuis 35 ou 4o ans qu’elle a pris un développement tel, qu’aujourd’hui elle forme une partie tout à fait spéciale, et se pratiquant, depuis quelques années dans les carrières des environs de Paris. M. Noaillon, l’un des plus habiles cultivateurs de ce genre, avait exposé un échantillon de meule en fumier, dite à champignons, telle qu’on l’établit dans les souterrains. 8ur cette meule se développait chaque jour, aux yeux du public, des groupes de champignons arrivant à leur état normal.
- La longueur des meules à champignons exploitées dans les carrières par M. Noaillon est de 18,000 mètres. 11 achète par an'pour 4 à 5,ooo francs de fumier de cheval et envoie, sur le carreau des halles, plus de i5o,ooo maniveaux de champignons. Il est apporté annuellement à la halle de Paris plus de 4 millions de maniveaux, sans compter ceux employés comme conserves pour être expédiés à Nantes, en Angleterre, aux Etats-Unis et dans toutes les colonies.
- En i845, M. Noaillon avait été signalé à la société centrale d’horticulture comme l’un des premiers et des plus intelligents champignonistes des environs de Paris; le jury central, appréciant
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- les progrès que M. Noaillon a fait faire à cette branche de culture tout à fait spéciale, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Denis GRAINDORGE, cultivateur, à Bagnolet (Seine).
- M. Denis Graindorge a exposé :
- i° Une collection de fraises, dont deux provenant de ses semis, et les autres appartenant aux grosses variétés anglaises nouvellement introduites ;
- 2° Une série d’ognons de jacinthe semés également par lui, et d’âge gradué depuis la iIe jusqu’à la g0 année ;
- 3° i3 variétés de pommes de terre provenant originairement de la collection de la société nationale et centrale d’agriculture.
- Ces divers produits démontrent, chez le cultivateur qui les a exposés , cet esprit d’observation et celte persévérance intelligente qui, dans les arts pratiques, est une source féconde de progrès.
- La collection de pommes de terre, quoiqu’elle ait moins que les autres le caractère de création nouvelle, a fixé particulièrement l’attention du jury en ce qu’elle a eu pour but la solution d’un problème nettement conçu et posé par M. Graindorge. La maladie des pommes de terre ayant rendu improductive la 2e saison que l’on obtenait à Bagnolet en plantant, au mois de juin, des variétés hâtives dontle produit, ainsi retardé, servait à la consommation d’hiver; et les essais faits pour obvier au mal, en variant les époques de plantation, n’ayant pas eu de succès, à raison de défauts inhérents à la nature propre des espèces adoptées, M. Graindorge s’est attaché à en chercher d’autres qui fussènt mieux adaptées à cette saison par leur précocité, d’une part, et leur bonne conservation de l’autre. La nombreuse collection de la société nationale et centrale d’agriculture lui en a fourni les moyens, et les échantillons qu’il a exposés sont ceux qui, entre plusieurs autres qu’il a essayés, lui ont paru remplir le mieux les conditions demandées.
- Bien qu’une seule année ne suffise pas pour juger les résultats d’une semblable expérience, le jury lui a reconnu un mérite réel, et, par ce motif aussi bien qu’à raison de l’intérêt qu’offre l’ensemble de son exposition, il accorde à M. Denis Graindorge une médaille de bronze.
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- M. SOMMELIER, propriétaire, à Dugny (Seine). citations
- A L ^ J ' favorables.
- Le jury cite favorablement :
- M. Sommelier, pour une pomme de terre obtenue par lui de semis, et qui paraît remarquable, tant sous le rapport de la qualité que sous celui du produit.
- M. JOHNSON, propriétaire à Montesson, près Saint-Germain (Seine).
- M. Johnson a obtenu de semis un assez grand nombre de variétés de pommes de terre dont quelques-unes présentent des qualités remarquables.
- Le jury, pensant qu’il serait prématuré de statuer dès à présent sur leur mérite, cite favorablement les résultats obtenus par M. Johnson.
- DEUXIÈME DIVISION.
- § 1. HORTICULTURE ET FLEURS.
- M. Pépin, rapporteur.
- MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE.
- A côté des exposants industriels, sont venus se placer, hors de concours, les riches collections horticoles de quelques établissements nationaux. Le Muséum d’histoire naturelle, dont l’influence sur les progrès de l’horticulture ne saurait être méconnue, a contribué aussi à l’embellissement de cette première exposition, en garnissant ses gradins de plus de trois cents arbres, arbustes et plantes fleuries et non fleuries : mais ces dernières n’en étaient pas moins remarquables par leur vigueur, la richesse de leur feuillage,, et les produits queles arts et la médecine en retirent. Le gaïac, arbre si utile dans l’industrie par la dureté de son bois; le cocotier., qui produit l’huile de coco, employée surtout aujourd’hui pour. la.: fabrication de nos savons ; le cannelier, dont l’écorce donne un parfum aromatique; le rocou, dont les graines produisent, à la Guyane, une madère colorante de couleur-orange, employée dans
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- nos manufactures d’étoffes et de papiers; le quinquina, dont l’écorce renferme des principes si salutaires; le bambou noir, de la Chine, espèce encore nouvelle, dont les Chinois se servent des tiges pour tresser leurs corbeilles , et que l’on espère cultiver en pleine terre sous notre climat.
- Nous mentionnerons encore les monstrueux échinocactus. Les palmiers, cycas, dion, dasyliron, pandanus, et un magnifique exemplaire de papyrus, dont les anciens se servaient pour faire le papier.
- Ne pouvant ici nous étendre sur la nomenclature de ces riches végétaux, tous remarquables par leur belle végétation, nous citerons cependant un pied de vanillier couvert de fruits, qui attirait l'attention de tous les visiteurs. On sait qu’en Belgique la culture industrielle de cette plante a été essayée, et que les résultats en ont été satisfaisants, il n’y a que quelques années seulement que cette magnifique orchidée a donné, pour la première fois, des fruits dans les serres du Muséum, et l’on peut prévoir, dès à présent, que cette plante peut devenir, entre les mains de nos habiles horticulteurs, une nouvelle branche d’industrie.
- Le jury, après avoir admiré l’ensemble et la variété de tous ces végétaux, décerne des éloges bien mérités pour la riche collection déplantés de cet établissement scientifique, qui fait honneur à la France et à l’horticulture.
- JARDIN BOTANIQUE DE L’ÉCOLE DE MÉDECINE.
- La magnifique et nombreuse collection de plantes exotiques exposée au nom de l’Ecole de médecine de Paris, et cultivée par M. Lhomme, jardinier en chef de cet établissement, a été souvent renouvelée et parfaitement entretenue pendant les trois mois de l’exposition. On y remarquait, avec intérêt, un grand nombre d’arbres.et de plantes connus par leurs propriétés et l’usage que l’on fait de leurs produits dans les arts et la médecine, tels que les gaïac, bambou, papyrus, les thé, caféier, cocotier, vanillier, camphrier; l’ipécacuanha du Brésil, en fleur ( cephœlis ipecacuanha ), était renfermé sous une cloche en verre : c’est la racine de cette plante qui fournit l’ipécacuanha; le quinquina jaune, espèce aussi très-rare en Europe; on remarquait aussi, dans cette précieuse collection, plusieurs espèces de palmiers et des orchidées épiphytes, que M. Lhomme cultive et multiplie avec beaucoup d’art et d’habileté.
- Comme établissement public, cette collection n’a pu concourir;
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- mais le jury, considérant la bonne culture des riches végétaux exposés par M. Lhomme, lui décerne des éloges bien mérités.
- SOCIÉTÉ CENTRALE D'HORTICULTURE.
- La culture maraîchère est à Paris une des branches de l’horticulture qui, depuis trente ans, a fait d’immenses progrès. Les améliorations obtenues chaque jour clans les cultures de légumes de pleine terre, sous châssis, et de primeurs, font le plus grand honneur aux intelligents horticulteurs qui s’occupent spécialement de cette partie, si utile à la consommation usuelle et journalière.
- Parmi les beaux produits et les nouvelles variétés de légumes exposés par nos jardiniers maraîchers, on remarquait particulièrement la riche et nombreuse collection de tous genres exposée parla société centrale d’horticulture de Paris. Ces magnifiques produits, provenant du jardin de la société, étaient admirés par un public nombreux, pendant tout le temps de leur exposition. Mais, la société centrale étant considérée comme établissement national, le jury a vivement regretté que ses produits n’aient pu concourir avec ceux de nos jardiniers maraîchers.
- M. Masson, jardinier de la société, a reçu du jury central des félicitations, pour les remarquables résultats qu’il a obtenus dans la culture des légumes, et pour le choix intelligent d’un aussi grand nombre de variétés.
- Plus de cent variétés de plantes légumières avaient été exposées au nom de la société; plusieurs étaient nouvelles relies provenaient de genres et de variétés divers , et toutes , sans exception, étaient d’une grande beauté. On remarquait surtout les produits de pommes de terre obtenus parla culture hibernale, ainsi que des nouvelles variétés de semis, provenant de graines reçues de l’Amérique du nord et du Pérou : ces dernières offraient des formes, des qualités et des couleurs remarquables. Une collection de bâtâtes, d’un beau produit, dans laquelle on distinguait la jaune longue, la rouge, .celle à feuilles digitées, la,violette de la Nouvelle-Orléans, etc.; le haricot-beurre, le chou de Milan prolifère, le chou-rave hâtif de Vienne, le chou-navet monstrueux de 'Berlin, le navet rond jaune de Finlande, le radis de la Chine,.la carotte transparente de ;Mul-house, la poirée carde à,feuilles .frisées, le melon d’Archangel, pouvant être cultivé en pleine terre sous le climat de Paris; enfin, on y voyait aussi, à l’état d'essai de culture, les plantes nouvelles ali-
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- me.itaires, importées en France, du Pérou et de l’Amérique, à la fin de l’année i848 : ce sont les tubercules à'Ulluco et de Psoralea escuîenla, ainsi que deux autres plantes anciennement connues , Yapios tnberosa et Yoxalis crenata.
- Le jury central, après avoir manifesté tout l’intérêt qu’il portait à une collection de légumes aussi riche que variée, et dont l’introduction ne date que depuis i846, dans le jardin d’expériences de la société, décerne des éloges à M. Masson, pour les remarquables résultats qu’il a obtenus, et à la société centrale d'horticulture , pour l’empressement qu’elle met dans la distribution des graines de ces nouvelles et utiles plantes, qui déjà se trouvent répandues dans plusieurs de nos jardins potagers.
- JARDIN D’HIVER DES CHAMPS-ELYSÉES.
- Les riches végétaux cultivés dans les serres du jardin d’hiver sont nombreux et souvent uniques dans leur genre. On sait que les directeurs de ce bel établissement ont acquis à grands frais les plantes exotiques les plus fortes et les plus rares, qui se trouvaient cultivées dans les serres chaudes et tempérées de France et des pays étrangers. Une nombreuse collection de végétaux appartenant à différents genres a été envoyée à l’exposition où elle a été vue avec un vif intérêt. Ces plantes sortaient des serres chaudes de l’établissement de Paris et de la succursale située à Passy, que l’on pourrait appeler ajuste titre le laboratoire de cet établissement, car c’est là que des serres sont construites et appropriées à chacune des cultures de ces riches végétaux, et quelles y prospèrent ou s’y rétablissent, âprès avoir figuré pendant quelque temps dans le-magnifique palais de verre où elles sont exposées.
- Cette collection comptait plus de 100 individus de serres chaude et tempérée, on y remarquait surtout la magnifique collection de .plantes grasses que possède cet établissement, ainsi que celle des palmiers, dont le nombre s’élevait à 5o. Au milieu de ces grands et beaux végétaux, on admirait une plante de Madagascar, le nepen-thes distilatoi’ia, ayant plusieurs mètres de haut. Cet exemplaire unique par son développement, attirait l’attention du public par la disposition de ses organes foliacés, qui ressemblent à des entonnoirs suspendus.
- Le jury, après avoir remarqué avec intérêt la force et la vigueur
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- des individus composant cette collection, décerne des éloges à la compagnie qui dirige ce bel établissement.
- Le jury central s’empresse de décerner des éloges aux jardiniers en chef des jardins nationaux, MM. Hardy, du Luxembourg, Schœne, de Monceau, et Mathieu, de Neuilly, pour avoir concouru à embellir l’exposition des produits de l’horticulture, en y envoyant un grand nombre de plantes en pots, de serre tempérée, à feuilles persistantes. Ces plantes, placées en haut des gradins, ont produit un très-bon effet, et, un fait remarquable, c’est que ces végétaux sont restés exposés pendant les trois mois qu’a duré l’exposition, sans avoir subi d’altération sensible.
- La bonne disposition des galeries et des gradins, pour recevoir les végétaux, est due à l’intelligence et au zèle éclairé de M. Ledieu, qui a contribué, par tous les moyens possibles, à la réussite de celte exposition. Le jury lui en témoigne toute sa gratitude.
- M. Forest, l’un des commissaires nommés par la société centrale d’horticulture, a été chargé de toute la direction des produits de l’horticulture.
- On doit particulièrement à ses soins actifs le succès de cette partie délicate de l’exposition; il n’a cessé de s’en occuper chaque jour, du matin au soir, durant trois mois. Il a dirigé et souvent opéré lui-même le placement des produits dans les renouvellements partiels, mais encore il a assui'é, par ses démarches, l’arrivée des produits qui se sont succédé sans interruption pour'garnir les gradins.
- Cette exposition spéciale a fixé au plus haut point l’attention générale, ainsi que celle des membres du jury, qui décerne des éloges à M. Forest, en y faisant participer toutefois les commissaires nommés par les sociétés centrale et nationale d’horticulture de Paris, ce sont MM. Bailly de Merlieux, Drouard, Andry et Keleleer ; on leur avait adjoint M. Oclolant Denos, amateur plein de zèle et très-distingué, que l’épidémie leur enleva dans les premiers jours de l’exposition. Leur présence de chaque jour venait encourager les horticulteurs, et, s’occupant de la nomenclature et de l’inscription des nombreuses listes de végétaux qui se renonve-laienl incessamment, ils ont rendu de grands services à cette partie de l’exposition.
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- Médailles
- d’argent.
- MM. CELS frères, botanistes-horticulteurs, Ghaussée-du-Maine, n° 77 (banlieue de Paris).
- L’établissement d’horticulture des frères Cels est un des plus anciens de Paris; il est connu, dans toutes les villes d’Europe et d’une partie du continent, parles nombreux envois de végétaux qu’ils y font chaque année. Il fut créé par leur aïeul vers 1778.
- Les arbres exotiques exposés par ces horticulteurs se composaient de 25 genres de la famille des palmiers, cycadées, dracœnées, panda-nées, musacées et autres plantes rares et intéressantes des tropiques. Les plantes de l’Australie y étaientre présentés par des banda, dryan-dra, hakea, grevillea,etc. Ony remarquaitaussiles cactées,dont ilspos-sédentla plus riche et la plus nombreuse collection, ainsi qu’une autre collection non moins intéressante, celle des arbres verts résineux de la famille des conifères, originaires du Mexique, de la Californie et de l’Himalaya; les beaux sapins de l’île Norfolk qui déjà ont fructifié aux îles d’Yères, et qui ne tarderont pas à se reproduire de semis dont notre colonie de l’Algérie ainsi que plusieurs autres belles espèces exotiques qui y croissent et s’y développent comme dans leur pays natal.
- Cet établissement a rendu d’immenses services à l’horticulture et à la science par l’introduction, la propagation des arbres utiles et leur publication par Ventenat, célèbre botaniste du siècle dernier.
- En récompense des services rendus à la science et à l’horticulture par cet établissement, le jury décerne à MM. Cels frères, une médaille d’argent.
- M. Jean-Baptiste PAILLET, horticulteur, rue d’Austerlitz, n° (x 1, à Paris.
- L’établissement d’horticulture formé, en 1822 , par M. Paillet est un des premiers établissements de France : un hectare de terrain, dont la moitié est couverte de serres, bâches et châssis placés et disposés avec savoir pour la multiplication et la conservation des végétaux étrangers. Les riches et nombreuses collections d'azalées, de rhododendrons, de glaïeuls et de liliams du Japon ont orné pendant toute l’exposition la salle destinée aux produits de l’horticulture où plus de mille plantes en pots ont été admirées.
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- La saison trop avancée n’a pas permis à M. Paillet d’exposer sa collection de camellias l’une des plus variées de France.
- M. Paillet est un des plus habiles multiplicateurs de notre époque ; il a enrichi l’horticulture d’un grand nombre de végétaux exotiques. Onluidoit aussi plusieurs procédés de multiplication pour les arbres à bois dur, la greffe des camellias sur le vieux bois, le bouturage et la greffe du mimosa de l’Australie et plusieurs procédés et améliorations sur le chauffage des serres à multiplication.
- Son commerce s’étend non-seulement dans les départements de la France, mais encore avec l’Angleterre,-la Belgique, la Russie, l’Allemagne et l’Italie. Les sociétés d’horticulture lui ont décerné 3o médailles dans différents concours. Le jury central décerne une médaille d’argent à M. Paillet en récompense de son habileté dans plusieurs genres de la culture horticole.
- M. Charles MICHEL, horticulteur, rue des Boulets n° 31, à Paris.
- Les érica (bruyères) de l’Afrique australe sont de jolis sous-arbrisseaux qui représentent le règne végétal en miniature; ils sont en général d’une culture délicate et d’une conservation difficile. M. Michel a mis à l’exposition 60 espèces et variétés de ces élégants arbustes en plus de 3oo individus. Cette collection se faisait remarquer non-seulement par sa bonne culture, mais aussi par la singularité, la disposition de ses fleurs et leur couleur, qui varie du vert clair à l'écarlate, après avoir passé par toutes les autres nuances de l’échelle chromatique.
- Un autre genre de plantes non moins distingué, les azalées, au nombre de 70 variétés, produisait un effet admirable ; plus de 200 sujets, par l’élégance des formes et leurs grandes fleurs si variées, formaient un ensemble d’harmonie de couleurs digne de remarque.
- L’établissement de M. Michel date de 1822; il occupe un demi-hectare, sur lequel il a fait construire 2 5p mètres de serres et 3oo panneaux de,châssis. Il s’est toujours fait remarquer par la bonne culture et la multiplication,des,en’ca et des .azalées., genres.de plantes qu’il a toujours affectionnés et auxquels il a apporté tous ses soins. Pour .reconnaître le zèle persévérant de ,cet habile praticien, les sociétés d’horticulture lui ont décerné plusieurs -prix. Le jury, appré-
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- ciant toutes les difficultés qu’a su vaincre M. Michel dans une culture aussi délicate, lui décerne une médaille d’argent.
- MM. Louis THIBAUT et Jean-Baptiste KETELEER, horticulteurs, rue de Charonne, n° i3o, à Paris (Seine).
- Parmi les nombreux végétaux qui ont été visités pendant toute la durée de l’exposition, on remarquait la riche collection de plantes exotiques variées, de serres chaudes, tempérées et de pleine terre, de MM. Thibaut et Reteleer, et surtout une culture tout à fait spéciale à Paris, la collection des arbres résineux de la famille des conifères, l’une des plus complètes qui existent en Europe ; x 10 espèces et variétés d’arbres, la plupart originaires du Népaul, de la Californie, du Mexique et de ITIimalaya, y étaient représentées. Un grand nombre de ces arbres, les plus élevés du globe, seront appelés à figurer dans la plantation de nos forêts et serviront un jour dans les ^constructions de la marine. Déjà plusieurs espèces sont plantées depuis 7 et 8 ans, comme essai, dans les établissements publics et dans diverses propriétés particulières, où l’on a constaté que ces diverses essences pouvaient résister à nos hivers et prospérer sous notre climat. D’autres espèces, appartenant aux régions plus chaudes, ont fait en Algérie de rapides progrès, au point que plusieurs de ces arbres donnent des graines très-fertiles pouvant sei’vir à leur reproduction.
- Les sociétés d’horticulture ont, à différentes époques, décerné plusieurs médailles à ces intelligents horticulteurs. Le jury, considérant les services qu’ont déjà rendus MM. Thibaut et Keteleer, par l’introduction et la multiplication de ces nouvelles essences d’arbres en France, leur décerne une médaille d’argent.
- M. Pierre-Alexandre CHAUVIÈRE, horticulteur, rue de la Roquette, n® io4, à Paris (Seine).
- M. Chauvière est un des horticulteurs qui ont le plus contribué, en France, à l’introduction des plantes exotiques pour l’ornement des jardins. .On a pu remarquer, pendant les trois mois de l’exposition, les magnifiques plantes sorties de son établissement, telles que les plumbago larpcntœ, zauschneria californica, rondeletia gran-dijlora, gesneria caracassana, justicia velutina, etc.
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- Etabli en i83o, sur un terrain d’un hectare, il y fit construire de nombreuses serres et s’adonna particulièrement à la culture des pélargoniums, des dalhias et des verveines, dont il dota l’horticulture de beaucoup de variétés hybrides remarquables obtenues de ses semis. Il augmenta ensuite ses cultures par de nombreux et fréquents voyages qu’il fit en Angleterre et en Belgique, d’où il rapporta en France les plantes nouvelles importées des divers points du globe.
- La bonne culture, la multiplication et les soins que M. Chau-vière ne cesse de donner à tous ces riches végétaux, ont été vus avec intérêt par le jury central, qui accorde à M. Chauvière une médaille d’argent.
- M. Pierre-Joseph BERTIN, horticulteur, rue Saint-Sym-phorien, n° 1, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Les rhododendrons, les azalées en fleurs , exposés pendant le mois de juin, provenaient du plus bel établissement d’arboriculture et d’horticulture du département de Seine-et-Oise : 6 hectares de terrain, couverts d’arbres et arbustes exotiques, ainsi que des arbres verts résineux les plus nouveaux ; des conservatoires et des bâches appropriées aux divers genres de reproduction de ces végétaux ; des laboratoires où se font les greffes, les boutures, les semis ; une serre dite Jardin d’hiver, de 1,200 mètres carrés, où se trouvent réunis plusieurs milliers de camellias, forment l’établissement de M. Bertin.
- Cet habile praticien a enrichi l'horticulture de bonnes méthodes pratiques ; elle lui doit aussi l’introduction de nouveaux rhododendrons et camellias provenant de ses semis, et la multiplication d’un grand nombre d’arbres utiles qui ont été répandus dans la culture et les jardins.
- M. Bertin a été plusieurs fois honoré de médailles qui lui ont été décernées par les sociétés d’agriculture et d’horliculture. Le jury central décerne la médaille d’argent à cet habile horticulteur.
- M. André-Philippe PELÉ, horticulteur, rue de Lourcine, n° 81, à Paris (Seine).
- Les plantes exposées par M. Pelé formaient un ensemble très-
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- Médailles de bronze.
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- varié ; les plantes exotiques et indigènes, au milieu desquelles figuraient des plantes alpines et pyrénéennes, étaient toutes remarquables par l’éclat de leurs fleurs et par les soins de culture que ce zélé horticulteur ne cesse de leur donner. Plus de 1,000 plantes de tous genres sont sorties de cet établissement et mises pendant 3 mois à l’exposition.
- Depuis i836, sur un demi-liectare environ, M. Pelé s’est adonné à une culture toute spéciale, celle des plantes vivaces de pleine terre, dont il possède un grand nombre de genres d’espèces et variétés. Cet établissement est le seul à Paris où l’on voit les collections des plantes alpines .et pyrénéennes, ordinairement si difficiles à vivre sous notre climat. Sa collection de chrysanthèmes est aussi la plus belle et la plus nombreuse que nous ayons à Paris; pour accroître encore leur nombre et surmonter la difficulté d’en obtenir de bonnes graines sous notre climat, M. Pelé envoie en Italie et en Espagne ses plantes d’élite, d'où ses correspondants lui renvoient les graines dont il obtient ses belles variétés.
- Le jury, considérant tous les soins et l’intelligence que nécessite une culture aussi délicate, accorde une médaille d’argent à ce zélé horticulteur.
- M. Victor VERDIER, horticulteur, rue des Trois-Ormes, n° 6, à la gare d’Ivry (banlieüe) (Seine).
- La culture des rosiers est une branche de commerce fort importante à Paris. M. Verdier en fait depuis longtemps une culture toute spéciale. H commença son établissement à Neuilly (Seine), en 1827 et en i838, à la gare d’Ivry. Plus de 5oo variétés de cette reine des fleurs, sortant de ses cultures, ont été exposées aux yeux du public, qui. en admirait les formes et les couleurs pendant la durée de l’exposition.
- Le terrain approprié à cette culture est de plus d’un hectare, planté de plusieurs milliers de rosiers églantiers et francs de pieds, qui sont, à l’automne de chaque année, exportés, en partie, aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, etc. M. Verdier s’est particulièrement occupé de la culture du genre rosier; il a beaucoup semé, et a obtenu des variétés d§ roses remarquables, et apporte chaque jour ses lumières dans la nomenclature si étendue des variétés de ce genre, en cherchant à conserver les espèces et à multiplier les plus méritantes, afin de maintenir encore longtemps en
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- France la réputation des cultivateurs de roses. M. Verdier a été souvent honoré de médailles que lui ont accordées les sociétés d’horticulture, pour les progrès qu’il a fait faire au genre rosier. Le jury décerne une médaille de bronze à M. Verdier.
- M. LAFFAY, horticulteur, à Bellevue, près Meudon (Seine-ét-Oise).
- Les roses exposées par M. Laffay étaient toutes de ses semis ; elles expliquaient bien la réputation de cet habile praticien, réputation méritée par les nombreux produits qu’il a obtenus depuis quarante ans. Les premiers semis de rosiers que fil M. Laffay remonte à 1809 ; c’était avec des graines du rosier de Bengale et du rosier de Provins. Le premier gain hybride obtenu du rosier de Bengale est celui auquel on donna le nom de Bengale Ternauœ. Cette variété fut très-recherchée. Quelques années après, il obtint des semis du rosier de Provins des variétés recommandables * qui figurent encore dans la collection des rosiers du Luxembourg. L’horticulture liii doit aussi les rosiers hybrides perpétuels, la belle rose la Reine et 200 variétés hybrides toutes de choix, et répandues aujourd’hui dans le commerce. Il a en ce moment plus de 100,000 rosiers de semis, et, cette année encore, plus de 20 nouvelles variétés ont été remarquées comme premier choix. M. Laffay exporte une grandë partie de ses rosiers en Angleterre et aux Etats-Unis. L’intelligence qu’a toujours montré cet habile praticien dans la fécondation artificielle des rosiers, et les heureux résultats qii’il en a obtenus,.ont créé une nouvelle branche de commerce, qui est devenu, pour plusieurs établissements, une spécialité, et dont les produits s’écoulent dans toute l’Europe. Le jury, pour reconnaître le zèle et les soins qu’il apporte dans ce genre de culture, lui décerne une médaille de bronze.
- M. GUÉRIN-MODESTE, horticulteur, rue des Boulets, n° 7, à Paris (Seine).
- Les pivoines en arbres et herbacées exposées dans la première quinzaine de juin produisaient un effet remarquable par la forme et le coloris de léurs fleurs. C’est à M. Guérin-Modeste que l’horticulture est redevable des variétés qui sont répandues dans nos jardins. En ï83î, il se livra à la culture de cette belle plante, et en
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- fit en quelque sorte une culture spéciale. Il y a vingt-cinq ans, on ne connaissait encore que la Pœonia Albijlora, originaire de la Mongolie chinoise. C’est avec ce type que M. Guérin-Mcdeste a su, par son intelligence, féconder artificiellement la pivoine à fleurs rouges avec la pivoine à fleurs blanches. 3o de ces belles variétés ont été ' vues à l’exposition, parmi lesquelles deux espèces nouvelles, le Triomphe de Paris et Luteciana; g autres variétés ont encore fleuri au printemps de 18/19 ’ e^es on*- été remarquées avec intérêt par le jury, qui décerne à M; Guérin-Modeste une médaille de bronze.
- M. Hippolyte-Eugène JAMAIN , horticulteur, rue du Cendrier, n° 5, à Paris.
- Des orangers et cédratiers en fruits, des grenadiers nains, des rosiers en pots et une nombreuse collection de roses coupées ont été exposés et renouvelés plusieurs fois par M. Jamain. C’est à cet habile horticulteur que Ton doit le perfectionnement de la greffe forcée du rosier à laquelle il a donné, lors de la création de son établissement, qui date de i844, un très-grand développement , puisque Ton peut aujourd’hui greffer les variétés les plus nouvelles depuis janvier jusqu’en avril, et couper, pendant ce temps, des greffes pour servir à leur reproduction et les répandre de suite dans le commerce, tandis qu’il y a dix ans, une nouvelle rose ne pouvait être livrée que la seconde et même la troisième année.
- La culture des rosiers, des orangers, descamellias et des grenadiers nains, forme le fond de l’établissement de M. Jamain. Le jury, pour le récompenser du zèle et des nouveaux procédés pratiques qu’il a appliqués à la culture du rosier, lui décerne une médaille de bronze.
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- M. Auguste-Alexandre-Frédéric DUBOS, horticulteur, à Pierrefitte (Seine).
- La riche collection d’œillets exposée par M. Dubos n’a cessé d’être admirée du public pendant toute la durée de l’exposition. Plus de 1,200 variétés nommées et 200 nouvelles obtenues en 18/19 ont figuré à cette exhibition. On admirait surtout les œillets dits de fantaisie sur fond blanc, fond jaune et fond ardoisé. Les œillets flamands, si recherchés de nos peintres, occupaient le premier rang par la richesse des couleurs, ils se composaient de
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- 4oo variétés d’une vigueur et d’une culture qui ne laissaient rien à désirer.
- L’établissement de M. Dubos se compose d’un demi-hectare environ; il est le seul horticulteur de Paris et des environs qui s’occupe exclusivement du genre œillet, spécialité à laquelle il donne tous ses soins. Il a réuni par ses semis et ses relations extérieures la plus riche collection de cette plante que l’on ait jamais vue à Paris, et qui depuis quelques armées avait presque disparue de nos établissements.
- Le jury, pour récompenser M. Dubos de son zèle et des progrès qu’il a fait faire à ce genre de fleurs, si recherché aujourd’hui, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Edmond DUBOS, horticulteur à Pierrefitte, près Saint-Denis (Seine).
- Les roses exposées par M. Dubos étaient remarquables par la variété des nuances et leur fraîcheur. Depuis 1842 il se livre à cette culture toute spéciale sur un terrain de 46 ares , où il cultive environ i5,ooo rosiers. Il a obtenu par ses soins une nouvelle variété remontante de la rose du Roi, dont les fleurs très-mulliples sont d’un blanc carné tendre qui passe au blanc pur; il a nommé cette sous-variété Cœlina-Dubos. Cette rose provient d’une dégénérescence qui s’est produite sur le rosier capitaine Renai'd, et que M. Dubos a su fixer par la greffe.
- Le jury, d’après l’intelligence et le zèle que M. Edmond Dubos apporte dans ses cultures, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Aimé TURLURE, horticulteur, rue des Prêtres, n° i , à Versailles (Seine-et-Oise).
- La collection d’amaryllis de M. Turîure était unique à l’exposition. Depuis i83y, cette habile horticulteur a fait de celle plante africaine une culture toute spéciale; il a employé tous ses soins et son intelligence à féconder artificiellement plusieurs de ces jolies amary Aidées; il en a semé les graines, qui lui ont donné des variétés très-remarquables. 66 de ces plantes, dont quelques-unes fleurissaient pour la première fois et d’autres pour la seconde, provenaient d’un semis fait en 1842 ; elles se faisaient remarquer par la richesse de leur coloris et la vigueur de leur végétation, qui attestaient des connaissances acquises de la-culture de ces plantes.
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- Pour récompenser cet horticulteur de son zèle et de sa persévérance à propager un genre de plantes que l’on ne voyait que dans quelques serres chaudes, le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M Antoine-Jean-Étienne BAGOT, horticulteur-, route d’Allemagne, n° 178, à la Petite-Villette.
- Les plantes exposées par M. Bacot se composaient de plusieurs genres variés. On reconnaissait, par la vigueur et la forme donnée à ces végétaux, la main habile qui les soigne et. les dirige.
- Les fuchsias, pelargoniums, roses, dalhias, pensées, et surtout les anlirrhinums et les roses-trémières, formant son exposition, attiraient l’attention du public.
- M. Bacot est un des horticulteurs distingués auxquels la physiologie végétale est redevable du procédé de la greffe des roses-trémières prises à l’état herbacé, sur les racines de mauve et surtout de guimauve (althœa officinalis), procédé qui a pour résultat de conserver les belles variétés de ces fleurs, que les semis ne pourraient toujours reproduire.
- M. Bacot a été honoré de deux médailles qui lui ont été décernées parles sociétés d’horticulture. Le jury, considérant les nouveaux procédés qu’il applique à la culture horticole et l’intelligence qu’il y apporte, lui décerne une médaille cle bronze.
- M. Jean BONDOUX, horticulteur, rue de Loursine, n° 1 51, à Paris (Seine.)
- La brillante collection de calcéolaires, composée de cent variétés de semis, exposée par M. Bondoux, était remarquable par les nouvelles formes des fleurs finement dessinées par des stries, de macules ou enfin un pointillé dont les couleurs prêtent un aspect curieux, qui les ont fait rechercher par nos artistes peintres pour modèles de dessins propres à l’impression des étoffes.
- Etabli, en i845, sur un terrain d’un demi-hectare, M. Bondoux y a construit des serres, des bâches, et s’est livré spécialement à la culture des calcéolaires. 11 a, par sa persévérance, amené cette culture à un point tel, que ses nombreux semis, produits d’une fécondation artificielle bien raisonnée, ne laissent plus rien à désirer sur cette culture.
- Le jury, appréciant les progrès que M. Bondoux a fait faire à ce
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- genre de plantes si délicat à cultiver, lui accorde une mention honorable.
- M. MATHIEU, horticulteur, rue du Marché-aux-Che-vaux, n° 2 4, à Paris (Seine).
- M. Mathieu avait, pendant les trois mois de l’exposition, une collection de plantes tropicales dont le choix et la culture faisaient honneur à ce praticien. L’établissement de M. Mathieu est un des plus anciens de Paris. Il s’est acquis une réputation méritée, par l’introduction de nouveaux végétaux d’ornement qu’il apporte, chaque jour, sur le marché, et se répandent ensuite chez les amateurs et dans les jardins.
- Le jury, désirant récompenser M. Mathieu de l’intelligence et du savoir qu’il apporte dans la multiplication des végétaux exotiques, lui décerne une mention honorable.
- M. Jean-Pierre PESCATORE., propriétaire à La Selle-Saint-Cloud (Seine-et-Oise). M. LUDDEMANN, directeur des cultures.
- M. Pescatore, amateur distingué, a réuni, dans sa propriété, à La Selle-Saint-Cloud, la plus belle et la plus riche collection d’orchidées épiphytes qui existe en Europe. Il y a trente ans on connaissait à peine 45 à 5o de ces plantes, M. Pescatore en possède aujourd’hui 8oo. Cette collection a été commencée en i846, elle s’est considérablement augmentée, en 1847, Par 1& réunion de celles que possédaient MM. Quesnel, du Havre, et Horsfall, en Angleterre.
- Un choix remarquable de ces curieux végétaux a figuré, pendant quelques jours seulement, à l’exposition : la culture de ces plantes exigeant une chaleur très-élevée et humide, la position atmosphérique où elles se trouvaient n’a pas permis qu’elles y restassent plus longtemps. Parmi elles on remarquait Voncidium papilio (papillon végétal), le cyprepedium barbatum, cattleya crispa, lœlia aurantiaca, etc.
- Le jury, appréciant les soins qu’exige celte collection, aussi nombreuse que rare, décerne, pour celte culture, une mention très-honorable à M. Pescatore, et une médaille de bronze à son directeur des cultures, M. Luddemann.
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- M. Eugène VERDIER fils, horticulteur, rue des Trois-Ormes, n° 6, gare d’Ivry (Seine).
- M. Verdier fils, établi seulement depuis 1847, a suivi, pendant 10 ans, les leçons éclairées de son père; aussi la culture et la propagation du genre rosier lui sont très-familières. Ses cultures, établies sur un terrain d’un hectare, ne laissent rien à désirer. On a remarqué la beauté et le choix des roses qu’il a exposées. M. Verdier fils soutiendra la réputation que son père a su acquérir dans ce genre de culture.
- Le jury, ayant remarqué avec intérêt la belle collection de roses exposée par ce jeune horticulteur, lui décerne une mention honorable.
- M. Jacques-Nicolas DUFOY, horticulteur, rue des Aman-diers-Popincourt, n° 4o, à Paris (Seine).
- M. Dufoy est un des horticulteurs qui entretiennent, par les nombreuses multiplications qu’ils font de plantes d’ornement, les marchés de la capitale. Etabli en i835, il possède un demi-hectare sur lequel il a 45o panneaux de châssis, y compris les serres. Les plantes qu’il avait exposées étaient nombreuses et bien cultivées. Les pelargoniums, les dahlias et les verveines y sont multipliés en grand. Parmi les nombreux végétaux exposés, un bel exemplaire du plumbago larpentœ figurait au milieu de ces richesses végétales, qui se sont renouvelées pendant toute la durée de l’exposition. L’horticulture lui est redevable de plusieurs variétés de dahlias obtenues de semis.
- Le jury, pour reconnaître l’activité et le zèle de M. Dufoy, lui décerne une mention honorable.
- M. FONTAINE, horticulteur, place de Villers, commune de Neuilly (Seine).
- La magnifique collection de reines-marguerites de M. Fontaine était remarquable à l’exposition. C’est à cet habile et zélé horticulteur que nous devons les premiers perfectionnements obtenus depuis cinq ans dans la forme et la couleur des fleurs de cette plante. Ces belles touffes pyramidales, terminées par de grosses fleurs doubles à larges rayons, leur donnent au premier coup d’œil l’aspect des
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- fleurs de pivoine et d’anémone. M. Fontaine avait aussi exposé une collection de fuchsias d’une belle vigueur et d’une floraison nombreuse , des lilium lancifolium rubrum et veronica lindleyana.
- Le jury, pour récompenser le zèle et l’intelligence qu’il a apportés dans le perfectionnement de la culture des reines-marguerites, lui décerne une mention honorable.
- M. Stanislas MALINGRE, me de Villers, n° 80 , à Neuilly (Seine).
- 11 a exposé une belle collection de reines-marguerites dites pivoines et renoncules, six nouveaux phlox de semis et un pied d’un nouveau raisin précoce à fruits blancs, mûrissant avant la Madeleine.
- M. Malingre est l'horticulteur qui a poursuivi avec le plus de zèle et de succès le perfectionnement introduit dans cette culture par M. Fontaine. C’est pourquoi le jury lui décerne une mention honorable.
- M. Théodore ANNÉE, propriétaire-amateur, rue des Réservoirs, n° 11 , à Passy (Seine).
- On voyait figurer au milieu des richesses végétales de l’exposition, les belles plantes de la famille des liliacées. M. Année avait" envoyé pour sa part une collection remarquable de beaux lilium lancifolium, punctatum, rubrum, tigrinum superbum et autres espèces non moins méritantes. De jolies alstroémères du Chili (fleurs coupées) attiraient aussi l’attention des amateurs.
- Si M. Année cultive ces beaux végétaux comme amateur, le jury lui reconnaît les principes d’un praticien éclairé, car les plantes par lui exposées ne laissaient rien à désirer sous le rapport de leur bonne culture et de la beauté de leurs fleurs, et il lui accorde une mention honorable.
- Mmo veuve QUÉTEL, horticulteur, rue Malfilâtre, à Caen (Calvados).
- Dans le premier mois de l’exposition, on admirait la riche collection de renoncules (fleurs coupées) de Mme veuve Quétel, composée de 4oo variétés et d’un grand nombre de nouveaux gains obtenus en 1849- La culture spéciale des renoncules et des anémones qui
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- Citations
- favorables.
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- se fait clans cet établissement remonte à l’an 1799. Mme Quélel est en rapport d’affaires non-seulement avec les principaux horticulteurs de France, mais aussi avec l’Angleterre, la Belgique, l’Allemagne et autres pays étrangers. Les soins de culture et d’étiquetage qu’exigent ces plantes prouvent l’ordre et l’intelligence qui régnent dans cet établissement. Mmo Quétel en a été récompensée par plusieurs médailles d’argent et de bronze, qui lui ont été décernées par les sociétés d’horticulture. Le jury, reconnaissant les soins d’une culture aussi spéciale, décerne à M“° veuve Quétel une mention honorable.
- M. Louis NOISETTE, horticulteur, rue de la Roquette, n° 102, à Paris (Seine).
- Les plantes de serre chaude exposées par M. Noisette étaient variées et d’une culture bien soignée. Ayant été appelé pendant plusieurs années à diriger le bel établissement de son oncle (L. Noisette), il a su prohter des leçons de ce dernier, auquel la science et les arts sont redevables d’un grand nombre d’ouvrages et de faits intéressants en culture. L’établissement de ce jeune horticulteur ne date que de i846. Le jury lui décerne une citation favorable.
- «
- M. GAGNÉ, horticulteur, rue Saint-Louis, à Port-Marly (Seine-et-Oise).
- M. Gagné avait aussi exposé une collection de reines-marguerites en pots, ainsi que des fleurs coupées, toutes d’un beau choix et d’une belle duplicature. Ces plantes ont été renouvelées plusieurs fois pendant la dernière quinzaine de l’exposition. Le jury s’est plu à lui accorder une citation.
- M. Eugène MÉZARD, horticulteur, rue Saint-Denis, à Puteaux (Seine).
- Un joli lot de reines-marguerites pyramidales, une collection de dahlias de choix (fleurs coupées), et quelques-uns de semis de 1848 revus en 1849, on^ ^ exPosés par M. Mézard. Le jury a remarqué la forme parfaite de ses fleurs et lui accorde une citation favorable.
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- M. René LOTTIN, horticulteur, à Port-Marly (Seine-et-Oise).
- Des variétés de dahlias et pétunias de semis, fleurissant pour la première fois, étaient exposées par M. Lottin, qui se livre avec succès à ce genre de culture. Plusieurs d’entre elles ont attiré l’attention du jury, qui décerne à cet horticulteur une citation favorable.
- M. Eugène LIERVAL, horticulteur, rue du Bois, à Champerray, commune de Neuilly (Seine).
- Les plantes vivaces sont recherchées dans les jardins pour leur rusticité et la grande variété de leurs fleurs. M. Lierval a consacré -ses soins à la culture tout à fait spéciale de ces plantes, il a fait de nombreux semis en i848 dans le genre phlox, dont il a exposé 5o variétés remarquables parleur port et le coloris de leurs fleurs.
- Le jury décerne une citation favorable pour l’intelligence qu’apporte M. Lierval dans la culture des plantes vivaces.
- M. TOUSSAINT, horticulteur, route d’Orléans, n° 107, à Montrouge (Seine).
- Il a exposé 60 camellias variés , des rhododendrum Catesbyense et une collection de reines-marguerites, variétés dites anglaise et naine.
- Le jury lui accorde une citation pour l’ensemble de ses végétaux.
- M. GUÉNOT, marchand grainier, quai Napoléon, n° 31,
- - à Paris (Seine).
- Une collection remarquable de dahlias nouveaux de semis de 1848 et 1849, a figuré à l’exposition pendant la dernière quinzaine d’août.
- Depuis plusieurs années, M. Guénot cultive plus d’un hectare de terrain en dahlias de semis, il en a obtenu de remarquables, qui ont été signalés et lui ont mérité plusieurs récompenses décernées par les sociétés d’horticulture. Le jury, pour encourager M. Guénot à continuer les semis d’une aussi belle plante, qui est devenue une des branches principales du commerce horticole, le cite favorablement.
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- Médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
- 5 2. FRUITS.
- M. Pépin, rapporteur.
- M. FOUCAULT, jardinier, à Frocourt (Oise).
- Depuis plusieurs années, M. Foucault dirige des cultures qui, par leur importance, méritent l’attention spéciale du jury. Les soins et la persévérance qu’il a apportés dans ses nombreux essais en font un horticulteur des plus distingués ; aussi le jury croit-il devoir lui accorder la médaille de bronze.
- M. GIBERT, propriétaire, à Frocourt (Oise).
- M. Gibert a exposé une corbeille de magnifiques fruits de cédrat et de citronnier d’une grosseur et d’une forme parfaites. Ces fruits proviennent d’une culture suivie depuis dix-septans, et faite en pleine terre sur une longueur d’espalier de 17 mètres et cou-' verte de châssis pendant l’hiver, dans sa propriété à Frocourt. D’après la facilité de cette culture et le peu de dépense qu’elle exige, M. Gibert pense qu’on en pourrait faire une culture spéciale en France et en retirer un parti avantageux.
- Le jury estime que, d’après les essais qui en ont été faits à Paris et dans ses environs, cette culture ne pourrait être productive que dans l’ouest de la France; mais, pour récompenser M. Gibert des essais qu’il a faits et des beaux produits qu’il a exposés, il lui décerne une mention honorable, en l’engageant à continuer ses cultures.
- M. LECLERE, horticulteur, à Groslay (Seine-et-Oise).
- Les 5 beaux ananas exposés par M. Leclère attestent un horticulteur habile et distingué, qui a su, par son aptitude et son travail , mettre à profit les leçons des patrons chez lesquels il a suivi l’art de la culture primorisle.
- Le jury se plaît à lui décerner une mention honorable.
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- TROISIÈME DIVISION.
- S 1. PÉPINIÈRES. M. Pépin, rapporteur.
- M. DAUVESSE, horticulteur pépiniériste, avenue Dauphine , faubourg Saint - Marceau , à Orléans (Loiret).
- M. Dauvesse consacre à ses pépinières i5 hectares environ. En terme moyen, il occupe par jour 4o à 5o ouvriers, dont le salaire est fixé, en hiver à 1 fi-. 5o cent., et 2 francs en été. Les chefs de cultures gagnent de 1,000 à i,5oo francs, et les sous-chefs de 800 à 1,000 francs. 5 hectares sont destinés aux arbres fruitiers, 5 aux arbres forestiers et 5 autres aux semis et plants.
- M. Dauvesse n’hésite pas à s’imposer des sacrifices pour se procurer, soit en France ou à l’étranger, les plantes nouvelles et les arbres fruitiers qui semblent avoir du mérite. Depuis 2 ans il a établi, dans ses vastes pépinières, une école composée de 5oo espèces ou variétés choisies cl’arbres fruitiers. Cette école sera fort utile à la pomologie, en facilitant les moyens de comparer les espèces entre elles et de s’assurer de la qualité de leurs fruits. Les arbres de toute espèce et les rosiers églantiers, au nombre de 20 à 2 0,000, sont parfaitement dirigés et bien cultivés.
- Cet établissement est administré d’une manière parfaite ; les livres de débours et de revient y sont tenus avec ordre et beaucoup de soin. Les connaissances, le zèle et la bonne direction apportés à ce vaste établissement ont beaucoup contribué à propager, dans ce département, la science horticole. D’après ces données, le jury, considérant que M. Dauvesse doit prendre rang parmi les chefs d’exploitation mentionnés par l’arrêté du Gouvernement, lui décerne une médaille de bronze, en regrettant, toutefois, qu’il n’ait pas envoyé à l’exposition quelques-uns de ses beaux spécimens, qui lui auraient valu, sans aucun doute, un prix beaucoup plus élevé.
- Médailles de bronze.
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- Mention
- honorable.
- Citations
- îonorables.
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- M. LEVACHER fils, propriétaire et pépiniériste, au Lièvre-d’Or, faubourg Saint-Marceau, à Orléans (Loiret).
- Les pépinières de M. Levaclier occupent une superficie de 10 hectares, qui se divisent ainsi qu’il suit : 5 hectares en plants forestiers et arbustes d’agrément, 3 hectares en arbres fruitiers et 2 hectares en arbres forestiers, dans lesquels les arbres verts, de la famille des conifères, y entrent pour un dixième environ.
- L’importance du commerce de M. Levacher, suivant sa propre déclaration, serait de 3o à 35 mille francs bruts. Ses relations d’affaires sont principalement établies avec le nord de la France , New-York et l’Algérie. 11 a expédié au printemps dernier, dans celte dernière localité, 3 à 4,ooo plants d’arbres fruitiers. Les semis d’arbres se pratiquent aussi dans cet établissement sur une grande échelle. Des plates-bandes de terre de bruyère et des châssis y sont disposés pour faire les semis d’espèces rares et délicates. Les rosiers y forment aussi une nombreuse collection.
- Cet établissement est un des plus anciennement fondés à Orléans. Les cultures y sont faites avec un soin et une intelligence parfaits. M. Levacher a aussi contribué aux améliorations que les cultures orléanaises ont éprouvées depuis quelques années. Par ces considérations, le jury vole à M. Levacher une médaille de bronze.
- M. HALLIE, ingénieur mécanicien .................(Gironde).
- M. Hallié, ingénieur mécanicien, est recommandé au jury central comme étant animé d’un vrai dévouement aux intérêts de l’agriculture. M. Hallié a fondé un dépôt d’instruments aratoires de toutes espèces, et a ouvert aux agriculteurs une exposition permanente, dans laquelle ils peuvent puiser d’utiles renseignements.
- L’initiative qu’a prise M. Hallié, et les sacrifices qu’il s’est généreusement imposés pour l’amélioration des instruments agricoles dans ce département, ont vivement intéressé le jury, qui, pour constater d’aussi louables efforts, lui décerne une mention honorable.
- Mmo BARILLET, M. Louis DELAHAYE, M. MESSIRE, horticulteurs-fleuristes, à Tours (Indre-et-Loire).
- M®' Barillet, M. Delahaye, M. Messire, tous horticulteurs distin-
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- gués de Tours, cultivent les camellias, les rhododendrons arbo-reum, et se recommandent à divers'titres, non-seulement pour la belle tenue de leurs serres tempérées, mais encore par leur zèle, leur activité et les sacrifices qu’ils font pour introduire dans leurs établissements des arbustes exotiques, qu’ils y multiplient pour les répandre ensuite dans le département.
- Mmo Barillet a cultivé la première les spirœa pranifolia, gesneria macrantha, francisea hyclrangœeformis ; M. Delahaye, les variétés de cinéraires et de calcéolaires; M. Messire, les pélargonium, les pimé-lées, bougainvillea, etc.
- Ces horticulteurs ont fait faire depuis 10 ans de grands progrès au commerce des fleurs à Tours; l’accroissement de leurs établissements, l’introduction de nouveaux principes de multiplication des plantes exotiques, méritent à chacun, de la part du jury, une citation favorable.
- M. François BAUDENON, propriétaire, maire de la commune de Saint-Avit-de-Tardes, domicilié à Montmaud, canton d’Aubusson (Creuse).
- Depuis 10 ans, M. Baudenon a créé au village de Montmaud et au chef-lieu de la commune de Saint-Avit-de-Tardes, à litre d’essai, des pépinières d’arbres fruitiers, ainsi que des mûriers blancs propres à la nourriture des vers à soie. 11 est à regretter que M. Baudenon n’indique pas la quantité d’hectares de terre qu’il emploie à la culture et à la multiplication de ces arbres si précieux pour le département de la Creuse."Le rapport mentionne seulement les diverses espèces et le nombre cl’arbres cultivés dans les pépinières de M. Baudenon : i° 93 pieds de mûriers blancs plantés en i844, ayant produit, en i848,5o kilogrammes de feuilles ; 20 551 arbres fruitiers, composés de cerisiers, poiriers, pommiers, pruniers, noyers et châtaigniers ; 3° une plantation de vignes provenant de l’Auvergne, de la Bourgogne, du Beaujolais, du Vivarais et du Bourbonnais., et 1,000 pommiers et poiriers sauvageons non greffés.
- Les essais que fait M. Baudenon dans son arrondissement pour introduire les meilleures espèces et variétés d’arbres fruitiers, les notes qu’il prend et qu’il donne sur la qualité et les produits de chacune d’elles, les procédés de culture, de plantation et de taille
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- qu’il propage dans ce département, lui ont mérité l’attention du jury, qui,d’après ces considérations, lui décerne une citation favorable.
- M. CHATENAY, pépiniériste à Tours (Indre-et-Loire).
- M. Clialenay occupe en pépinières plus de 12 hectares, répartis ainsi qu’il suit: 6 en arbres fruitiers, 2 en arbres forestiers, x en arbres verts résineux, 2 en arbustes d'agrément, et 2 en nouvelles plantations. Une vaste serre est destinée à la multiplication et aux semis d’arbres verts nouvellement importés en France. Une plantation de poiriers, sur une superficie de 4o ares, forme une collection d’espèces et variétés d’un même genre. M. Chatenay a créé dans son établissement une école des meilleures espèces d’arbres fruitiers et de vignes. Sa collection d’arbres verts résineux renferme des espèces encore nouvelles et remarquables, telles que les cedrus deodara, taxas nucifera, taxodium sempervirens, podocarpus latifolia, pinus spectabilis; hamiltoniana excelsa, palustris, etc.; abies morenda, religiosa; araucaria imbricala et lanceolata, etc.
- Les nouveaux progrès qu’il fait faire à la culture, la multiplication et la propagation des arbres étrangers dans ce département sont appréciés par le jury, qui lui accorde une citation favorable.
- M. François GHAYNÉS , propriétaire cultivateur, à Brens, arrondissement de Gaillac (Tarn).
- Ce cultivateur est recommandé, par M. le pi'éfet du Tarn comme ayant fait une étude particulière de la taille des mûriers. D’après le rapport adressé au jury, M. Cbaynés serait le premier qui aurait introduit dans l’arrondissement de Gaillac une taille raisonnée , qui aurait pour but de faire produire aux mûriers un tiers de feuilles de plus que par la taille qui y était pratiquée antérieurement, ce qui est constaté sur le certificat par plusieurs propriétaires et cultivateurs de Gaillac. Mais nous ferons remarquer qu’il n’est pas fait mention, dans le rapport, d’un seul mot de ce nouveau mode de taille; il est dit seulement que, depuis plusieurs années, M. Chaynés, après avoir voyagé dans le bas Languedoc pour y étudier la taille des arbres fruitiers, et principalement les mûriers , sa manière de tailler a puissamment contribué au rendement des feuilles de ces arbres.
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- D’après les procédés pratiques de la taille du mûrier introduits dans cet arrondissement, le jury accorde une citation à ce cultivateur.
- M. Louis NIQUEUX, jardinier-maraîcher, à Tours (Indre-et-Loire).
- La commission départementale d’Indre-et-Loire recommande particulièrement le nommé Louis Niqueux, non pour l’étendue de son établissement, qui n’est que d’une vingtaine d’ares, mais pour le zèle et l’intelligence avec lequel il le dirige.
- Pauvre enfant d’une commune voisine, il trouva asile chez un honnête jardinier, et, grâce à son intelligence et sa bonne conduite, il devint au bout de quelque temps un apprenti zélé. Après avoir successivement travaillé chez divers jardiniers de la ville de Tours, il quitta, à 20 ans, les cultures de Mm° veuve Barillet pour entrer chef des travaux au jardin du Haut-Brézay, chez M. le général de Sparre. Au bout de 16 mois, il entra, avec la protection du général, au potager de Versailles; il profila de cette position pour observer et travailler avec ardeur. Pendant ses veilles, il apprit à lire, et se livra ensuite à consulter les divers traités d’horticulture.
- Après s’être ainsi fortifié par la pratique et par la théorie, Niqueux revint en Touraine, où le lieutenant général d’Ornano lui confia la direction du jardin de la Branchoire; là, il s’adonna à la - culture des légumes de primeur , sa vocation principale. Il résolut ensuite de quitter le poste avantageux qu’il occupait pour venir lutter contre les difficultés d’un établissement commencé presque sans capitaux.
- Ce fut au commencement de x845 que Niqueux loua un terrain pour venir s’y établir ; il y construisit sa maison, des bâches, des châssis, et, après trois ans d’un travail assidu, son jardin est aujourd’hui en plein rapport. Niqueux a introduit dans la culture maraîchère du département d’Indre-et-Loire un grand nombre de bonnes variétés légumières et des procédés nouveaux de culture. Pendant l’hiver, à l’aide d’un souterrain de if> mètres de long sur un mètre 5o centimètres de large, il se livre à la culture des champignons, culture encore peu connue des jardiniers de nos départements.
- La vocation de Niqueux pour la culture maraîchère, si utile
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- clans les grands centres, fait désirer lui voir des imitateurs. Le jury, appréciant ses travaux, lui décerne une citation favorable.
- M. PROUST-BRULON , pépiniériste, à Tours (Indre-et-Loire).
- M. Proust-Brulon cultive également 12 hectares en pépinières, réparties à peu près comme celles de M. Chatenay. On y trouve aussi une grande quantité et une remarquable variété d’arbres forestiers, de nombreuses espèces d’arbres fruitiers dont plusieurs variétés nouvelles, tous d’une belle végétation et d’une direction intelligente.
- M. Proust possède, à peu près comme M. Chatenay, une aussi riche collection cl’arbres verts et d’arbustes rares. Le mérite des deux pépiniéristes est égal ; mais on doit cet hommage à M. Cha-lenay, qu’il a commencé avec de plus faibles moyens et sur un terrain plus difficile à cultiver.
- Le jury accorde également à M. Proust-Brulon une citation favorable.
- M. THUILLIER-THOMAS, pépiniériste , grande rue Saint-Marceau, à Orléans (Loiret).
- M. Thuillier-Thomas est aussi un praticien habile, il cultive 5 hectares de terrain, dont un tiers en arbres forestiers et deux tiers en arbres fruitiers, à cidre et à couteaux-, il occupe en moyenne 5 ouvriers par jour; ses expéditions se font principalement dans les départements de la Normandie. Le produit brut de son commerce est de 8,000 francs.
- Le jury accorde à cet horticulteur une citation favorable.
- M. TRANSON-FORTEAU, pépiniériste, route d’Olivet, à Orléans (Loiret).
- M. Transon-Forteau occupe 18 à 20 ouvriers pour cultiver 10 hectares de pépinières composées d’arbres fruitiers et forestiers. L’importance de son commerce, suivant sa déclaration, serait de i5 à 20,000 francs par an. Il place ses produits dans plusieurs départements de la France, et ses exportations ont pour destination l’Ilalie, l’Angleterre, l’Espagne, la Belgique et les Etats-Unis.
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- La culture et les soins donnés à ces arbres ne laissent rien à désirer. Le jury décerne à M. Transon-Forleau une citation favorable.
- M. VACHER, jardinier-maraîcher, à Tours ('Indre-et-Loire ).
- En janvier i848, M. Vacher créa un établissement de culture maraîchère aux portes de Tours; son terrain se compose de 5o ares environ; il l’a entouré de murs pour y planter des espaliers, et s’est procuré 200 cloches de verre sans compter les bâches et les châssis; il a consacré à cet établissement ses épargnes et celles de sa femme, monlant ensemble à y,000 francs.
- Vacher est cité comme un homme laborieux et intelligent pour la culture maraîchère; sa melonnière est l’objet de ses principaux soins, aussi les résultats en sont remarquables; les fruits provenant de ses cultures acquièrent un volume et une saveur que l’on trouve rarement chez ceux de ses confrères ; les légumes y sont nombreux aussi et bien cultivés. M. Vacher a planté le long de ses murs de jeunes pêchers sur lesquels il se propose de donner, dans la saison, un cours de taille, et d’indiquer la manière de les diriger sur plusieurs formes. Le jury central, pour reconnaître les soins que M. Vacher apporte à l’amélioration de ces cultures, lui décerne la citation favorable.
- M. VAUSSEUR, jardinier - fleuriste à Tours (Indre-et-Loire).
- Depuis plus de 20 ans, le goût et la culture des fleurs s’étant répandus dans toutes les villes et communes de France, il en est résulté que les établissements horticoles existant alors ont pris une grande extension, et que beaucoup de nouveaux établissements de ce genre se sont formés dans divers chefs-lieux de départements, où ils ont répandu des plantes agréables et souvent utiles à ces localités.
- C’est ainsi que M. Vausseur vient de donner à ses serres un nouvel accroissement, qui rend aujourd’hui son établissement le plus important de la ville de Tours. Il consiste en une serre dite hollandaise, une à multiplication, une longue et vaste galerie servant de serre tempérée et une grande orangerie.
- La culture et la multiplication des camellias et des rhododendrons
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- Médaille
- d’or.
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- y sont l’objet d’une élude toute spéciale; les azalées, les mimosas et un grand nombre de plantes exotiques de serre tempérée font de l’établissement de M. Vausseur un centre considérable de commerce. Le jury, considérant l’introduction de ces nouveaux végétaux dans le département, décerne une citation favorable à M. Vausseur.
- § 2. ARBORICULTURE.
- M. Pépin, rapporteur.
- M. André LEROY, pépiniériste à Angers (Maine-et-Loire).
- Depuis 3o ans, les pépinières ont pris en France une grande extension ; la culture, la propagation et la taille des arbres de toutes espèces ont subi de notables améliorations. Nous avons en France 12 établissements remarquables qui fournissent non-seulement à tous nos départements, mais aussi dans toutes les parties du monde.
- L’établissement de M. André Leroy a été créé par son aïeul, en 1779; il en devint possesseur en 1820. Aujourd’hui il est placé en première ligne par l’étendue de ses pépinières et la richesse de ses collections; il cultive plus de 100 hectares, et occupe pendant l’hiver 70 à 80 ouvriers, et de 4o à 5o pendant l’été. Voisin d’un port de mer, il envoie, chaque année, à Nantes, 3oo,ooo kilogrammes pesant d’arbres qui sont expédiés en Angleterre, aux Etats-Unis, en Russie, en Belgique, etc. M. Leroy n’a reculé devant aucun sacrifice (il fait chaque année plusieurs voyages) pour se procurer à l’étranger les arbres nouveaux qui pouvaient être utiles à notre pays. Il a établi une vaste école d’arbres fruitiers et forestiers, qui servent de types pour l’étude et de sujets pour prendre des greffes , afin de les propager.
- Les nouveaux arbres verts résineux de la Californie, du Népaul, de l’Himalaya et du Mexique y sont cultivés presque tous en pleine terre et multipliés en grand. Il a envoyé à l’exposition 60 espèces et variétés de ces arbres exotiques, 20 chênes nouveaux du Mexique, de magnifiques magnolias grancliflora de plusieurs variétés, qui prospèrent et fructifient sous ce climat. Le thé, cet arbuste précieux, pour lequel nous sommes tributaires des Chinois, y est cultivé en pleine terre et par grands carrés, comme le sont les camellias et les rhodendrum arboreum, arbres également originaires de la Chine
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- et du Japon, et qui résistent parfaitement au climat de l’Anjou et de l’ouest de la France.
- La société nationale et centrale d’agriculture a décerné à M, Leroy une'grande médaille cl’or pour ses essais de culture et de propagation de l’arbre à thé dans le département de Maine-et-Loire et les départements voisins.
- L’intelligence et le zèle déployés dans ce vaste établissement ont beaucoup contribué à propager, dans le département, la science horticole : aussi est-il souvent visité par les agriculteurs français et étrangers, qui admirent les riches végétaux exotiques cultivés en pleine terre, et reçoivent de M. Leroy des renseignements utiles sur les divers genres de culture.
- Le jury central saisit avec empressement cette occasion de récompenser le mérite d’un horticulteur aussi distingué, et décerne une médaille d’or à M. Leroy.
- MM. Jean-Laurent JAMIN et Didier DURAND, horticulteurs-pépiniéristes à Bourg-la-Reine et à Paris, rue de Buffon, n° 69.
- L’établissement d’arboriculture fruitière de MM. Jamin et Durand a été créé à Paris en 1837, et transporté en 1829 à Bourg-la-Reine; il contient une superficie de 8 hectares 80 ares, cultivés en arbres fruitiers de tous genres par nombreuses collections. Une école composée d’un sujet type de chaque variété y est établie pour servir à comparer les espèces ou variétés envoyées souvent sous des noms différents. 80 arbres fruitiers greffés en i846, et taillés en pyramides, en palmettes et en éventails, se faisaient remarquer à l’exposition; 4o variétés de fraises de choix, 80 de groseilliers à maquereau, i4 de groseilliers à grappes, des framboises; enfin, des fruits de tous ces genres d’arbres y étaient représentés et renouvelés autant de fois qu’on le jugeait à propos. M. Jamin a publié un catalogue raisonné des arbres fruitiers ; il y a inséré plusieurs notes qui font de ce livre un manuel analytique, pouvant servir aux propriétaires et planteurs, en leur donnant des instructions sur la culture, la taille, l’exposition et les formes à donner aux arbres fruitiers.
- Cet établissement, formé par M. Jamin, sous les noms de Jamin et Durand, son gendre, est certainement un de ceux qui tiennent
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- Médaille
- d’argent.
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- Méfiai lie de bronze
- Mention
- honorable.
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- le premier rang en France. M. Jamin se montre de plus en plus digne des nombreuses médailles qui lui ont été accordées par les sociétés d’horticulture et comices. Le jury, considérant les services qu’il rend à la pomologie, saisit avec empressement celte occasion de l’en récompenser, et lui décerne une médaille d’argent.
- M. Jean-Gabriel CROUX, pépiniériste à Villejuif, ferme de la Saussaie (Seine).
- Avant 1846, M. Croux avait succédé à son père, l’un des plus habiles pépiniéristes de Vilry. Depuis celte époque, pour donner plus d’extension à son établissement, il loua la ferme delà Saussaie et ses dépendances,qui sont de 20 hectares. Aujourd’hui, plus de 20 hectares sont plantés en arbres de toutes essences, non compi’is une école de pomologie qui a un hectare environ. Tous les arbres y sont traités d’après les nouveaux procédés que la science horticole a appliqués à cette partie de la culture. Plusieurs modèles de ces arbres, sortis de ses pépinières, ont figuré à l’exposition, ainsi qu’une magnifique collection de roses trémières, dont les couleurs et la duplicalure des fleurs ne laissaient rien à désirer.
- Ce qui sera d’un liaut intérêt dans l’établissement de M. Croux, c’est l’école qu’il a créée, et qui est destinée à recevoir un sujet de tous les genres cl’arbres fruitiers, afin d’apprendre à les connaître et d’en étudier les formes, la couleur et la saveur des fruits. M. Croux se propose de créer une école de taille et de former des modèles sous toutes les formes. Cet établissement est appelé à rendre un jour de grands services à l’arboriculture et à la pomologie.
- Le jury, pour reconnaître les louables efforts que fait M. Croux pour opposer les bons principes de la culture des arbres à la routine ordinaire, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Magdeleine-Alexis COSSONNET, cultivateur à Long-pont (Seine-et-Oise).
- Depuis quelques années, la culture et la taille raisonnée des arbres fruitiers se sont développées d’une manière très-remarquable dans presque tous nos départements. M. Cossonnet est un de ces hommes pratiques qui ont compris les avantages que l’on pouvait tirer delà taille et de la direction donnée aux arbres fruitiers. Propriétaire de 2 hectares G6 ares d’un terrain entouré de murs, il y
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- planta et dirigea des espaliers, ainsi que des quenouilles, qui furent visités par plusieurs commissions qui en firent des rapports favorables , et lui méritèrent des récompenses pour leur bonne direction. Auteur d’un traité sur la taille des arbres fruitiers, il exposa un
- A
- tableau des différents modèles.
- Le jury, pour récompenser M. Cossonnet de l’impulsion qu’il a donnée cà cette partie de l’horticulture, lui accorde une mention honorable.
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- J
- DEUXIÈME COMMISSION.
- ALGÉRIE.
- MEMBRES DU JURY COMPOSANT LA COMMISSION :
- MM. Héricart do Tliury, président; —Balard, Ebelmen, A. F. Didot, Justin Dumas, Lainel, L. Leclerc, Leplay, Moll, Payen, Péligot, Pépin, J. Perso/., Natalis Rondot, Yvart, II. de Kergorlay, L. Vilmorin , E. Dolfus.
- CHAPITRE PREMIER.
- CULTURE.
- S 1er. CÉRÉALES.
- MM. L. Vilmorin et Payen, rapporteurs.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Si les céréales sont pour la France le produit le plus important et en quelque sorte le but final de l’agriculture, en Algérie leur culture présente un intérêt, s’il est possible, plus grand encore, attendu que dans la plupart des cas elle est le moyen sinon unique, au moins le plus direct et le plus prompt de mettre en valeur les terrains nouvellement défrichés. Aussi tout ce qui peut tendre à lui préparer et lui assurer de bons résultats, soit en ce qui concerne la culture, soit surtout en procurant des débouchés à ses produits, doit-il être mis au rang des moyens les plus efficaces de développer'ïa prospérité de la colonie.
- A ce dernier point de vue, l’assimilation douanière de l’Algérie à la France, qui est réclamée de toutes parts par les colons , et dont l’administration locale reconnaît parfaitement la nécessité, semble être le moyen le plus certain d’atteindre ce but et de réaliser en peu d’années le problème de la colonisation de l’Afrique française.
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- Quoi qu’il eu soit, et malgré la situation défavorable où elle s’est trouvée jusqu’à présent sous ce rapport, la production céréale en Algérie a donné des résultats remarquables. Nos colons obtiennent, tant en qualité qu’en produit, des récoltes de beaucoup supérieures à celles qu’obtenait avant eux la population indigène. Ces résultats sont dus principalement à la profondeur plus grande de nos labours; ils le sont en partie aussi à l’adoption de races dont le grain a une valeur commerciale plus élevée que celles que cultivent les Arabes. Peut-être a-t-on , sous ce rapport, par l’adoption presque exclusive des blés tendres, sacrifié un peu la sûreté de la récolte au besoin d’obtenir un produit d’une vente plus facile. Les blés durs, en effet, plus rustiques que les blés tendres, en même temps qu’ils sont plus riches en principes nutritifs, se trouvent, parles tarifs ac-jtuels, ne pouvoir se présenter sur les marchés que dans une position sensiblement désavantageuse relativement à ceux-ci. Cet état de choses, toutefois, ne saurait être considéré que comme accidentel, et, dès que la production serait replacée dans des conditions normales à cet égard, l’intelligence des colons aurait bientôt discerné quelle race, dans leurs terrains respectifs, donne la plus grande somme de produits.
- Quant à l’amélioration qui peut dépendre de la culture même et du choix des, espèces, nous devons dire, et ce n’est pas sans un vif.sentiment de satisfaction, que l’exposition a fourni la preuve évidente de la direction des idées clés colons vers ce genre si utile cl’étude. Les nombreux échantillons de la culture des diverses provinces, remarquables, à la fois par leur beauté et leur diversité, ont vivement excité l’intérêt du public et contribué pour une grande part au sentiment de sympathie qui a accueilli l’exposition algérienne.,
- Les échantillons de fourrages indigènes spontanés présentés à l’exposition par M. Frutié étaient au nombre des produits agricoles de ce pays qui frappaient le plus l’attention clés-visiteurs. C’était un sainfoin (hedysarum jlexuosum) haut de près de trois mètres et présentant des tiges nombreuses et feuillées ; une vesce dont les dimensions approchaient de celles du sain-
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- foin, et dont les tiges fines et souples paraissent constituer un excellent fourrage; enfin une luzerne annuelle [medicago po-tymorpha) presque anssi vigoureuseique les deux autres, qui croît en abondance dans les terres cultivées et produit un fourrage très-recherché. ;
- Bien que les fourrages soient en Algérie une des conditions essentielles de la culture, leur production n’est pas cependant la première préoccupation du cultivateur, la nature se chargeant, pour ainsi dire seule (dans la plupart des localités, du moins ) de pourvoir à ce besoin. Ce ne sont pas, comme dans presque toutes les autres contrées, les prairies naturelles qui fournissent principalement ce produit; quoiqu’il en existe dans certaines vallées, et sur une étendue considérable, comme dans celle de la Mélidja, la qualité grossière de l’herbe qu’elles produisent les a fait délaisser presque entièrement par les indigènes, comme ressource pour la nourriture de leur bétail. L’armée d’occupation, dans des cas de pénurie, ou par esprit de prévoyance de l’administration, a fait plus d’une fois récolter ces fourrages. Mais c’est sur d’autres ressources que se fondent généralement dans le pays les moyens de nourrir le bétail. Les terrains en pente et les plateaux cultivés, en s’herbant naturellement pendant la saison d’hiver, produisent au printemps une masse de fourrage qu’il ne s’agit pour le cultivateur que de faucher et de rentrer. Si ces mêmes terres reçoivent à l’automne un ensemencement en céréales, on verra l’année suivante, après la moisson, le chaume se garnir en hiver. d’une nouvelle masse d’herbes fourragères. Il s’établit ainsi, par l'effet du climat et de la puissance végétative du sol, une sorte d’assolement naturel où les céréales alternent annuellement avec les prairies spontanées.
- Les plantes qui composent principalement celles-ci sont donc fort intéressantes à connaître, et l’on ne saurait trop applaudir à l’idée qu’a eue M. Frutié d’en envoyer quelques-unes. Le jury espère que ces premières études n’en resteront pas là et que les expositions suivantes verront paraître à côté de séries plus nombreuses de ces fourrages spoolanés des échan-
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- lillons des espèces excellentes auxquelles l’agriculture européenne doit une si grande partie de ses progrès, et qui, par la force des choses, arriveront à enrichir aussi le sol de l’Algérie.
- PÉPINIÈRE DU GOUVERNEMENT, à Hamma, près Mention
- pour ordre
- d Alger.
- La pépinière centrale du Gouvernement, à Hamma, près Alger, avait envoyé à l’exposition une collection de produits végétaux nombreuse et très-intéressante. Les services que cet établissement a rendus à l’agriculture algérienne sont de plusieurs sortes. Dans les premiers temps de l’occupation française, la pépinière avait été d’abord formée dans la vue de produire les arbres d’alignement nécessaires à la plantation des nouvelles routes qu’on établissait sur la surface du pays; plus tard, on vint à multiplier, dans la vue de les distribuer aux colons, les arbres dont la propagation paraissait intéressante, et notamment le mûrier blanc. C’est alors que, sous l’habile direction de M. Hardy, la pépinière devint un terrain d’acclimatation et de multiplication pour les plantes dont la culture semblait devoir intéresser l’avenir agricole de la colonie, et que cet établissement prit celte forme expérimentale sous laquelle il a donné une si vive impulsion aux essais de culture qui ont été tentés dans les dernières années. Comme les produits exposés par la pépinière représentent en grande partie les résultats de ces essais, nous dirons, au sujet de chacun d’eux, les résultats généraux qui en ont été obtenus.
- Les céréales ont été, de la part de M. Hardy, l’objet d’essais comparatifs dont les résultats présentent un grand intérêt. Les races de blés tendres ou demi-tendres barbus, analogues à celui que l’on connaît sous le nom de blé de Mahon, paraissent, d’après ces essais, être celles qui conviennent le mieux à l’état actuel de la culture algérienne. D’une réussite plus assurée que les blés tendres, en ce qu’ils sont moins accessibles aux influences atmosphériques, ils sont bien supérieurs, pour la qualité dé leur grain, aux blés durs indigènes, et les surpassent à peu près toujours en produit.
- Des essais semblables ont été faits sur une nombreuse collection de maïs; mais, jusqu’à présent, ils n’ont amené à préférer aucune des variétés essayées à la petite race généralement adoptée par les Arabes, et qui, par ses qualités, paraît convenir parfaitement aux
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- conditions actuelles de celle culture; ce n’est que plus lard, et lorsque l’on y consacrera des terres d’une haute fertilité, que les grandes races de l’Amérique du Nord seront peut-être préférées à cause de leur énorme produit.
- M. Hardy a remis à la commission du jury, chargée de l’examen des produits agricoles de l’Algérie, une note extrêmement intéressante et pleine de faits sur les essais qui ont été suivis à la pépinière départementale du Hamma sur un certain nombre de plantes tuberculeuses. Dans son opinion, la pomme de terre est appelée à rendre moins de services en Algérie qu’en France; son développement y est contrarié par la sécheresse, et sa conservation est difficile à cause de la chaleur. D’un autre côté, on peut planter presque en toute saison et obtenir aisément deux récoltes dans l’année. Du reste, la pomme de terre paraît jusqu’à présent, en Algérie, exempte de la maladie dont elle a été atteinte ailleurs.
- La patate douce paraît, au contraire, être appelée à jouer un rôle important dans la culture algérienne. Cette plante peut donner, dans les terrains irrigués, jusqu’à 5o,ooo kilog. de tubercules à l’hectare, et fournir, en outre, une masse presque aussi considérable de tiges, qui sont un admirable fourrage vert.
- Les essais qui ont été tentés sur’la colocase ou caladium oscu-lentum semblent promettre un résultat intéressant pour l’utilisation des terrains humides et un peu marécageux. Si ces premiers résultats se confirment, il est probable que cette plante pourra être cultivée avantageusement, soit dans la vue de son emploi direct, soit dans celle de la préparation de sa fécule , qui est très-recherchée.
- _ Des essais intéressants ont été tentés par la pépinière d’Alger sur une autre variété de caladium, originaire du Mexique, sur le Bous-singaultia baselloïdes, le zinziber zerumbet, etc., etc., et ont prouvé que ces plantes se développent parfaitement sous le climat d’Alger. Mais ces essais sont trop récents pour éclairer d’une manière complète, quant à ces plantes, la question économique.
- Les travaux de M. Hardy, relatifs aux plantes oléagineuses et à l’opium; ceux qui concernent la production de la soie, de la cochenille et de la garance seront, dans d’autres articles, l’objet de rapports détaillés.
- Le jury regrette que , comme employé du Gouvernement, M. Hardy ne puisse pas prendre place dans un concours où il n’au-
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- rait pas manqué d’obtenir une récompense proportionnée aux travaux remarquables qu’il présente, et doit se borner à mentionner ici, pour ordre, les services importants que, dans son opinion, M. Hardy a rendus à l’agriculture de notre colonie, espérant que ces services trouveront autre part la récompense qu’ils ont justement méritée.
- M. FRUT1É, à Chéragas (Algérie).
- M. Frutiéa exposé des échantillons de plantes fourragères spontanées qui forment, en Algérie, le fond de la production fourragère. On y remarquait surtout un pied de sainfoin (hedysarum jlexuo-siun) y liant de près de 3 mètres, et deux touffes, l’une de luzerne (medicago polymorpha), et l’autre d’une vesce qu’il désigne sous le nom de vesce tigrée, qui approchaient de bien près de la force et du volume de celle du sainfoin. Il a aussi présenté deux pieds de froment qui portaient chacun un nombre considérable d’épis. Ces beaux échantillons, bien que provenant évidemment de plantes qui ont crû isolées, témoignent de la Jiaute fertilité du sol sur lequel ils se sont développés.
- M. Frutiéeslun clés plus anciens colons du département d’Alger. 11 occupe depuis 1824 les terrains qu’il exploite actuellement, et dans lesquels il a successivement établi des pépinières de mûriers et 2 hectares de jardins qui fournissent des légumes au marché d’Alger. Il entretient un bétail nombreux et s’est livré avec quelque succès à l’élève des chevaux, dont il a pu vendre un certain nombre aux régiments de cavalerie à Alger; enfin, les laines qu’il a présentées à l’exposition ont paru de bonne qualité.
- Le jury, appréciant la bonne tenue et l’ancienneté des exploitations deM. Frutié et la direction habile et intelligente qu’il leur a donnée, lui décerne une médaille d’or.
- M. Charles HÉRICART DE THURY, à Ar-Bal, près Oran (Algérie).
- Parmi les conditions de succès cle la colonisation de l'Afrique française, on doit compter, et au premier rang, les travaux actifs, difficiles et persévérants des hommes doués cl’une haute intelligence et d’une instruction solide et variée.
- C’est par leur exemple et leurs conseils que de tels hommes dé-
- Médailles
- d’or.
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- velopperont les cultures appropriées au climat, indiqueront les ressources propres aux diverses localités et les moyens de les mettre à profit ; ils provoqueront des perfectionnements dans les voies de communication et sauront inspirer au Gouvernement les mesures (l’économie publique indispensables pour assurer l’avenir des industries agricoles et manufacturières dans cette contrée.
- C’est en récompensant leurs efforts heureux, dans cette voie féconde, que le jury central, en accomplissant un acte de justice, soutiendra leur courage, excitera le zèle de leurs imitateurs.
- Déjà des services de celte importance ont été rendus à la colonisation algérienne par M. Ch. Héricart de Tliury, et je viens exposer, le plus succinctement possible, ses titres aux récompenses que lejury lui décerne.
- M. Ch. Héricart de Tliury a terminé ses études agricoles théoriques et pratiques à l’institut du Ménil-Saint-Firmin ; attaché ensuite à la direction des défrichements et cultures des landes de Bordeaux, auteur d’un excellent mémoire sur les colonies agricoles de la Hollande et du Zuiderzée, il se trouvait parfaitement bien préparé à la direction d’une grande colonie agricole en Algérie.
- Celte colonie, fondée en vertu d’une concession sur g4o hectares, dans la propriété domaniale des ancien beys d’Oran dite Ar-Balj est situé à 28 kilomètres au sud d’Oran, au pied d’un chaînon du petit Atlas.
- M. Ch. Héricart de Tliury, chargé de diriger les constructions, les travaux agricoles et l’administration, fut obligé d’abord décamper avec les ouvriers et les colons sous des tentes; mais, dès que les travaux de défrichement eurent mis à découvert d’anciens matériaux provenant des ruines d’une station romaine, ce lieu fut choisi pour l’établissement central ; il fallut construire une enceinte fortifiée, flanquée de tours crénelées, avec meurtrières, embrasures, etc. Cet établissement fut cité par les généraux Lamoricière, Pélissier, Thierry, d’Arbouville, comme modèle à indiquer aux colons placés ainsi aux avant-postes ; il rappelle les stations romaines et celles du moyen âge, au temps des croisades.
- M. Ch. Héricart de Thury donna encore de bons modèles à suivre dans les constructions destinées aux spécialités agricoles : étables , écuries, bergeries, porcheries, granges, ateliers de charronnage, de bourrelerie, maréchalerie, magasins, boulangerie, logements des colons, etc.; on remarque également, sous les rapports de leur
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- construction simple, solide, bien appropriée à leur destination , les bâtiments de la direction, la magnanerie, la salle d’armes, la poudrière, la chapelle, l’infirmerie et la pharmacie. ’
- Vingt familles de cultivateurs européens, dont moitié françaises, et 2 5 .hommes armés sont constamment entretenus sur le domaine.
- Des Basques, particulièrement, des Italiens et des Espagnols composent ce personnel.
- Plus de i5o ouvriers ont été occupés aux constructions et, parmi eux, la plupart étaient des Arabes Smélas; depuis lors, ils viennent chercher des plans et des conseils près de M. Ch. Hé-ricart de Thury, qu’ils estiment comme un vrai Smélas, fils de grande tente.
- Les travaux de défrichement et de culture ont été rapidement poursuivis; les 940 hectares furent divisés en trois classes; actuellement, i3o hectares sont emblavés en blés tendres, rouges et durs ; sur 10 charrues, 4 sont occupées aux défrichements et labours pour les luzernes, fèves, maïs et tabacs, dans les parties arro-sables.
- 36 chevaux, 3 paires de bœufs, 12 mulets et ânes sont employés aux défrichements et aux transports ; la porcherie compte plus de 200 cochons et donne de bons résultats ; la basse-cour est peuplée d’une immense quantité de volailles.
- De nombreux troupeaux, évalués à 6,000 moutons, viennent paître et parquer dans les herbages, en attendant que la bergerie modèle soit terminée, et propagent la belle race mérine indigène choisie par M. Ch. Héricart de Thury.
- Les luzernes, semées en mars, ont été coupées, depuis le mois de juin, tous les quinze jours, parvenues à la hauteur de o,4o à o,5o centimètres, jusques au 1“ décembre, donnant ainsi plus de huit coupes en un an.
- Le tabac, emprunté à la pépinière de Misserghin, s’est développé d’une manière remarquable, offrant une très-bonne qualité et repoussant du pied, de façon à donner une deuxième récolte égale à la moitié de la-première.
- La garance, le colon, le sésame sont bien venus ; peu de cultures ont été aussi productives que le maïs dont M. Ch. Héricart de Thury obtint de 3o à 35 hectolitres par hectare.
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- 3o,ooo pieds de mûriers et d’oliviers ont également bien réussi dans son exploitation.
- Un jardin maraîcher et fruitier d’un hectare offre encore, par les produits qu’on en lire, un des bons exemples à suivre.
- Une comptabilité en matières, presque tenue en partie double, mérite d’être citée comme modèle.
- M. Cli. Héricart de Tliury a publié, sous le pseudonyme d’un colon, dans YEcho d’Oran, des renseignements et des conseils d’une haute utilité pratique, sur les moyens de développer et de soutenir la prospérité des colonies algériennes; il a montré les difficultés qu’on rencontre pour fonder ces établissements et les moyens de vaincre ces obstacles.
- Si l’on veut admettre, a-t-il dit, que nos produits doivent être accueillis comme français, que les routes améliorées doivent diminuer les frais de transport, l’avenir de notre colonie algérienne est assuré : elle fournira bientôt tous les grains, les bestiaux, les laines, les tabacs qui manquent à la France.
- M. Cli. Héricart de Thury a formé dans l’établissement d’Ar-Bal un musée de toutes les antiquités que l’on a pu recueillir dans les fouilles entreprises pour extraire les matériaux utiles aux diverses constructions.
- Il s’occupe, en outre, de réunir en une collection spéciale toutes les substances et productions minérales etvégétales qui caractérisent le sol, le climat et les cultures de l’Algérie. Les voyageurs, les nouveaux colons et les cultivateurs trouveront toujours à leur disposition, dans ces collections intéressantes, des enseignements utiles.
- Ce sont encore d’excellents exemples donnés par M. Cli. Héricart de Thury et très-dignes d’être recommandés à tous les directeurs de grands établissements dans notre colonie ; car, si ces exemples étaient suivis, ils offriraient les meilleurs moyens d’instruction pratique pour connaître exactement les ressources de notre colonie, dans toutes ses localités.
- Dans sa correspondance avec la société nationale et centrale d’agriculture et, en particulier, avec son secrétaire perpétuel, votre rapporteur, M. Ch. Héricart de Thury a donné de nouveaux témoignages de son zèle pour l’agriculture de l’Algérie ; il a bien mérité le titre d’associé correspondant qui lui fut donné, d’une voix unanime, par la société centrale ; il n’a fait en cela, comme il le disait lui-même,
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- qu’acquitter une dette de famille et suivre les traces de son oncle, si dévoué aux intérêts agricoles. Le jury central l’en récompense et signale son exemple en lui décernant une médaille d’or.
- M- VALLIER, à Dély-Ibrahim (Algérie).
- Il a présenté à l’exposition des citrons de sa récolte. Cet habile cultivateur exploite depuis longtemps, en Algérie, une propriété sise à Dély-Ibrahim, et s’y livre, avec succès, à l’élève du bétail. Déjà, en 1839, il en possédait une assez grande quantité qu’il s’est vu enlever en partie au moment de l’invasion des Arabes. M. Val-ber a établi sur sa propriété de Dély-Ibraliim des plantations déjà anciennes et dont il commence à recueillir les fruits. Il est l’auteur d’un petit livre intitulé Calendrier du. Cultivateur algérien, dans lequel il a consigné le résultat de son expérience sur le climat et la culture de l’Afrique française, et qui a permis aux colons récemment arrivés en Afrique de profiter de l’expérience d’un des plus anciens et des plus habiles cultivateurs de ce pays.
- : Le jury, appréciant les services que M. Vallier a rendus à l’agriculture algérienne, lui décerne une médaille d’argent.
- Médaille
- d’argent.
- M. CHUFFART, à Birmandreïs (Algérie).
- M. Chuffart a exposé des produits parmi lesquels nous citerons des blés tendres et durs d’excellente qualité. Voici comment s’exprime, sur son compte, la commission d’examen du département d’Alger :
- « M. Chuffart, propriétaire à Birmandreïs, doit être compté parmi les colons les plus intelligents et les plus expérimentés de la province d’Alger, qu’il habile, depuis G ans, avec sa famille. Membre distingué de la société d’agriculture de Lille et fermier à bail, pendant 23 ans, d’une ferme de 60 hectares située dans le département du Nord, M. Chuffart est venu faire, en Algérie, une heureuse application de ses connaissances pratiques en agriculture. Il est à désirer qu’un grand nombre de cultivateurs, du mérite deM. Chuffart, vienne s’établir en Algérie et donner à la colonisation cette impulsion qui doit assurer sa marche progressive et tous ses développements. »
- Outre ses cultures céréales, M. Chuffart s’est adonné à celle des arbres, et a fait des plantations assez considérables de mûriers et d’oliviers.
- Le jury accorde à M. Chuffart une médaille d’argent.
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- M. Jules de SAINT-MAUR, à Ar-Bal, territoire militaire d’Oran (Algérie).
- M. Jules de Saint-Maur a exposé un écliantillon de blé tendre de très-belle qualité; il y a joint un échantillon de sésame provenant aussi de ses cultures.
- La concession de M. de Saint-Maur est très-étendue: elle s’élève à environ 1,000 hectares, dont un quart, à peu près, est actuellement défriché. Il est très-fortement recommandé par le jury départemental, comme un des hommes qui ont le plus popularisé, dans la province, la culture du blé tendre, dont le produit, infiniment supérieur à celui du blé indigène , dit blé dur, est api pelé à exercer une grande influence sur la colonisation de l’Algérie.
- Sans entrer dans la discussion de la valeur comparative du blé dur indigène et du blé blanc ou tendre, il serait prématuré, quant, à présent, d’encourager trop fortement la culture dé ce dernier, et il y aurait plus d’intérêt, peut-être, à s’attacher à modifier, par une sélection bien entendue, la race du blé indigène; car si le blé tendre donne une farine qui se prête mieux à la fabrication d’un pain conforme aux habitudes ordinaires des Européens’, d’un autre côté, le blé dur, à conditions égales de terrain, donne des produits plus considérables et convient d’ailleurs exclusivement aux terrains qui n’ont pas déjà reçu un certain degré d’amélioration.
- M. de Saint-Maur a consacré des sommes considérables à son exploitation et en a confié l’administration à un homme aussi habile qu’éclairé. En attendant que celte belle entreprise, dont la fondation remonte au mois de mai 1847, ait réalisé les espérances que les soins et les capitaux qui y sont consacrés doivent faire concevoir, le jury lui accorde une médaille chargent.
- M. JEANTET, à Bône (Algérie).
- M. Jeantet, propriétaire et fermier à Bône, a exposé des échantillons d’orge et de blé. L’orge, qui paraît appartenir à une variété à 6 rangs, est de bonne qualité; l’échantillon de blé dur est très-beau et d’un poids considérable (80 kil. à l’hectol.).
- M. Jeantet est un des premiers qui ait établi des fermes aux
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- environs de Bône; il en exploite deux qui lui appartiennent, et dont l’étendue totale est de 110 hectares; l’une fondée en 1837, l’autre: en i84o. Ses cultures principales sont les céréales et le tabac.
- Le jury accorde à M. Jeantet une médaille d’argent.
- M. CAMELIN, à Bône (Algérie).
- M. Camelin, fermier dans l’arrondissement de Bône, exploite, depuis 1842, une étendue de plus de 100 hectares.
- L’échantillon d’avoine qu’il a présenté a l’écorce un peu épaisse, comme le sont, du reste, toutes les avoines noires cultivées dans le Midi. Celte circonstance explique la légèreté comparative de l’échantillon qu'il a exposé.
- La commission départementale de l’arrondissement de Bône le présente comme un cultivateur recommandable par sa persistance autant que par son expérience pratique. Malgré de mauvaises années et des espérances souvent déçues, il a obtenu des produits remarquables, notamment dans l’élève de la race chevaline dont il possède à lui seul une quarantaine de sujets de différents âges.
- Le jury accorde à M. Camelin une médaille de bronze.
- M. Calixte PÉLISSIER, k Drariah (Algérie).
- 11 est un des plus anciens colons de l’Algérie ; aussi trouve-t-on sur son exploitation de belles plantations d’arbres fruitiers que ne peuvent présenter les établissements plus récents.
- M. Pélissier n’a présenté à l’exposition qu’un bocal de maïs en grain, qui paraît appartenir à la variété dite maïs quarantain. Mais le jury, prenant en considération l’ancienneté de ses cultures et la persévérance et les soins qu’il y a toujours apportés, lui décerne une médaille de bronze.
- MM. RICCA et BADAN, à Arcole (Algérie).
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- MM. Ricca et Badan (le premier, vice-consul de Sardaigne, et l’autre, vice-consul d’Espagne), ont exposé, en nom commun, divers produits agricoles, tels que blés, pommes de terre, pois chiches, etc.
- Médailles de bronze
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- « Leur belle propriété, dit le rapport de la commission départe-« mentale, située à Arcole (territoire civil d’Oran), est en pleine te voie de succès et mérite d’autant plus les éloges de la commission, « qu elle se trouve dans un terrain très-difficile à défricher et qu’elle « manque d’eau. »
- Leurs cultures de céréales se sont élevées, en 1849, à 5a hectares, répartis ainsi ;
- Blé tendre, semence d’Espagne........ 8 hectares
- Idem.......semence de Piémont.. . . 20
- Touzelie d’Aix..................... 16
- Blé dur indigène. . ................ 4
- A quoi il faut ajouter :
- Maïs................................ 4
- Pommes de terre...................
- Pois chiches......................
- Quelques-uns des lots présentés par MM. Ricca et Badan sont tout à fait remarquables par leurs qualités particulières. L’échantillon de blé dur indigène de la récolte de 1848 différait très-sensiblement des autres blés durs de l’exposition et leur était tout à fait supérieur par la finesse de son grain, qui montre déjà une tendance très-prononcée à se rapprocher des blés tendres. Ce fait est d’autant plus remarquable, dans les circonstances particulières et en apparence défavorables où sont placés MM. Ricca et Badan, et démontre que l’irrigation n’est pas aussi nécessaire qu’on pourrait le supposer pour obtenir des froments de qualité supérieure.
- Un autre échantillon des blés présentés par MM. Ricca et Badan paraît mériter quelque intérêt; c’est un blé rouge clair, à grain demi-tendre, qu’ils désignent sous le nom de blé tendre, semence de Piémont. L’excellente qualité de ce grain et sa régularité parfaite indiquent qu’il est parfaitement approprié au terrain auquel il a été confié.
- Le jury témoigne à MM. Ricca et Badan sa satisfaction pour les heureux résultats de leur culture et leur accorde une médaille de bronze. *
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- Al REVERCIION, à Birkadem (Algérie).
- Il a exposé des citrons et des oranges de sa récolte. Ce colon
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- a établi sur une étendue de îa hectares de belles plantations de citronniers et de mûriers.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MM. LES TRAPPISTES, à Staouéli (Algérie).
- MM. les Trappistes de Staouéli possèdent auprès d’Alger une concession de i,5oo hectares, dont seulement un centième est actuellement défriché. Ils ont présenté à l’exposition des échantillons, en gerbes, de blé dur et tendre, de seigle et de trèfle indigène, belle légumineuse annuelle qui croît spontanément dans les chaumes. Ces échantillons étaient fort beaux, mais n’étaient accompagnés d’aucune note ni indication relatives à leur culture.
- Le bel établissement des Trappistes de Staouéli ne paraît pas avoir atteint encore tout le développement qu’il est appelé à prendre au point de vue agricole, le jury doit donc se borner à mentionner honorablement les premiers résultats obtenus par eux jusqu’à ce jour.
- M. François GREDARD, à Valmy (Algérie).
- Il a exposé des échantillons de froment, de pommes de terre et de légumes secs. Ces échantillons sont de bonne qualité", mais ne sauraient suffire pour apprécier le mérite de la culture dont ils sont le produit. Le jury, en exprimant son regret de ce que le manque absolu de renseignements l’empêche de porter un jugement suffisamment motivé sur le mérite de cet exposant, se borne à citer favorablement les produits agricoles présentés à l’exposition par M. Grédard.
- M. François PORTANIER, à Chéragas (Algérie).
- Il a exposé un bocal de blé tendre de ses cultures. Ce blé a le grain tendre, bien plein, de bonne couleur et d’une jolie qualité.
- En l’absence d’aucun renseignement précis, le jury doit se borner à citer favorablement M. Portanier.
- M. Dominique RUDOVEL, à Saoula (Algérie).
- Il a exposé une touffe de blé. Aucun jugement ne pouvant être porté relativement à cet échantillon unique, le jury ne peut qu’exprimer le regret qu’il n’ait pas été accompagné de documents qui le missent à même d’en apprécier le mérite.
- Mention
- honorable.
- Citations
- favorables.
- I.
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- § 2. TABACS.
- M. Louis Leclerc, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La culture du tabac paraît être appelée à devenir l’une des plus importantes de l’Algérie. La progression des achats effectués par la régie française depuis i844> époque à laquelle ces achats ont commencé à devenir sérieux, prouve que cette intéressante production se développe rapidement, et permet de fonder sur un avenir prochain l’espoir d’avantages réciproques considérables. Les chiffres communiqués au jury central par l’administration de la guerre sont très-significatifs. Les achats du ministère des finances s’accroissent ainsi qu’il suit, d’année en année:
- 1843 ......................... 800 kilogrammes.
- 1844 .................. 2 1,534
- 1845 ...................... 85,190
- 1846 ..................... 172,614
- 1847. . .............. . . 2i5,83ÿ
- i848........................ 35o,ooo
- Les prix d’achat ont été de 108 fr. 42 cent, le quintal métrique, en i847> et 116 fr. o4 cent, en 1848, ce qui indiquerait que les qualités s’améliorent. La régie, en effet, a reconnu que les tabacs de culture algérienne sont très-capables d’entrer dans la fabrication française, et d’y rendre de bons services.
- Les documents varient sur le nombre d’hectares consacrés à cette culture; il est difficile de se rendre un compte bien exact de ce que produisent les Arabes et de ce qu’ils consomment; mais on s’accorde à reconnaître que moitié de la production totale est consommée, quant à présent, dans la colonie même.
- . 16 producteurs ont envoyé des tabacs à l’exposition :
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- 8 exposent des feuilles; i des feuilles et des cigares;
- 3 des cigares, seulement; à du tabac en poudre.
- Le tabac en feuilles offre quelque analogie avec les tabacs dii Levant, sans avoir toute leur finesse d’arome. Les nervures, en général, sont un peu fortes ; le montant n’est pas assez prononcé; le produit n’est pas suffisamment riche en principe azoté. Ces feuilles peuvent entrer avec avantage dans les masses destinées au tabac en poudre. Un petit nombre seulement seraient propres à la fabrication du scaferlati ou tabac à fumer; très-peu feraient de belles robes pour le cigare.
- Les conséquences à tirer de ce premier aperçu, et en supposant que les échantillons représentent exactement l’ensemble de la production algérienne, ces conséquences sont fort simples :
- i° Sans sacrifier en rien les variétés acclimatées, il serait important d’essayer la culture des variétés bien connues, qui, indépendamment d’une fabrication dont l’habilèté est poussée très-loin, contribuent à donner aux tabacs de la fabrique française les éminentes qualités qui la distinguent;
- 2° Il convient, en tout état de cause, de recueillir pour graine les plants d’élite, ceux qui offrent les feuilles bien dé-veloppées, à nervures fines et délicates;
- 3° Le placement des produits devenant plus certain et offrant des avantages manifestes, l’emploi d’une somme d’engrais plus considérable produira 'd’heureiix effets sur cette culture. Les cendres riches en potasse, l’engrais humain, surtout, lui conviennent essentiellement. La feuille acquerra le corps et le montant qui peuvent lui manquer.
- A peu d’exceptions près, les cigares exposés sont d’une fabrication très-soignée et même belle. Aussi, leur prix est-il élevé comparativement aux prix de revien t de la régie. Il n’est pas probable quelle fasse des achats considérables de ces cigares; son bénéfice, qui est celui du trésor, en souffrirait selon toute apparence. Puis la nature même du tabac place ces ci-
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- Médailles de bronze.
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- gares un peu en dehors du goût français. La fabrique algérienne, longtemps encore verra son débouché de cigares se borner à la consommation de la colonie.
- Quant aux tabacs en poudre, ils sont tous de l’espèce dite tabac d’Espagne, d’une extrême finesse , tels que le goût traditionnel du pays le comporte. C’est une fabrication encore primitive, et peu au courant des règles qui doivent diriger une bonne fermentation. Cette fermentation, mal conduite, ne s’établit d’ailleurs que sur de petites masses; d’où résultent des altérations difficiles à éviter, ou tout au moins des qualités irrégulières et variables.
- Le jury central regrette de n’avoir pas eu de détails plus complets, soit sur l’étendue des cultures de chaque exposant, soit sur l’importance de sa fabrication, il ne peut prendre les échantillons qui lui ont été soumis que comme des spécimens d’essais à encourager.
- M. CHARMARTY, à Bône (Algérie).
- Cigares de formes et de calibres variés, bien faits, d’une belle couleur et d’une belle robe. Ils sont un peu durs; mais ils brûlent très-bien et régulièrement. C’est une fabrication soignée, habile et digne d’éloges. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. LAUGIER, propriétaire àTagarin, faubourg de Babel-Oued , à Alger.
- Tabac dit de Havane; il y ressemble en effet. Feuilles moelleuses et légères, fines nervures, du parfum, peu de montant. Ce type ferait de belles robes à cigares. Le jury décerne une médaille* de bronze à M. Laugier.
- M. MAKLOUF-KALFOUN, à Oran (Algérie).
- Tabac en poudre, de Tlemcen, façon d’Espagne. Poudre très-fine. Tabac local très-estimé des indigènes. L’arôme conviendrait peu en France. Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. REY, fabricant de cigares, à Alger.
- M. Rey expose un fort bon choix de cigares, bien faits, brûlant
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- bien, très-secs, et cl’un parfum agréable. Ils sont un peu doux, ce qui lient au caractère général des tabacs de l’Algérie» qui manquent plus ou moins de parfum et de montant. En somme, c’est une fabrication habile et exercée. Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. SIDI-MOHAMED BEN-AICHA, à Bône (Algérie).
- La feuille est petite et, à la force des*"nervures près, elle offre beaucoup d’analogie avec les feuilles du Levant. Le tissu est mince, et d’une belle couleur. Le parfum est agréable. Ce tabac, dans son ensemble, approche des beaux Bas-Rliin. Il rentre dans le deuxième type, et convient aux scaferlati ordinaires. Ce,tabac est très-recherché par la consommation locale. Le jury décerne une médaille de bronze à Sidi-Mohamed-Ben-Aïcha.
- M. AMAR-BEL-BACHA, à Dokan-Zardezi (Algérie).
- Même genre, avec un peu plus de montant. Le jury accorde une mention honorable à Amar-Bel-Bacha.
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- M. COUPPEL.DE LUDE, propriétaire à El-Biar (Algérie).
- Belle feuille qui rappelle le Virginie, sans en avoir tout à fait la couleur, la finesse et le parfum. La nervure est mince. Deuxième type. Bon pour le scaferlati. Le jury décerne une mention honorable à M. Couppel de Lude.
- M. LACOMBE, à Bône (Algérie).
- Feuilles grandes et à nervures fines, assez moelleuses ; du montant et du parfum-, deuxième type, bon pour le tabac en poudre et, avec du choix, pour un scaferlati distingué. Le jury décerne une mention honorable à M. Lacombe.
- M. MARTINEZ, à Oran (Algérie).
- Ses cigares jaunes, façon régalia, sont bons et bien faits; les noirs leur sont un peu inférieurs comme fabrication, mais ils ont plus de saveur; le tabac est plus ammoniacal. Le jury lui décerne une mention honorable. •
- Men lions honorable.
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- CHAPITRE DEUXIÈME.
- SUBSTANCES MINÉRALES.
- S 1". PRODUCTION ET ÉLABORATION DES MÉTAUX.
- M. Leplay, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les explorations entreprises depuis 10 ans sur le sol de l’Algérie, par les ingénieurs des mines chargés de ce service et par plusieurs sociétés industrielles, ont démontré l’existence d’un grand nombre de gîtes métallifères qui semblent pouvoir être l’objet d’exploitations lucratives. Néanmoins, les mêmes causes qui paralysent trop souvent en France l’essor de l’industrie minérale, et divers empêchements spéciaux à l’Algérie, n’ont point encore permis de développer cette branche importante des richesses naturelles de la colonie.
- Au premier rang des causes qui ont entravé l’exploitation de la richesse minérale de l’Algérie, il faut citer l’exagération avec laquelle les promoteurs de ces entreprises présentent, aux capitalistes trop confiants, les avantages qu’on en peut retirer et l’agiotage qui consiste à faire prélever au profit des premiers, sans aucun résultat pour l’industrie même, les sommes qui eussent été nécessaires au développement des travaux.
- L’histoire des mines de l’Algérie se résume dans les faits suivants : 8 concessions de mines métalliques y ont été instituées de i844 à 1849, deux concessionnaires seulement ont donné des preuves sérieuses d’activité; ils ont abandonné leurs travaux au commencement de l’année i848.
- Quatre concessions, toutes situées dans la province de Constantine, ont eu pour objet des minerais de fer, pour la plupart riches et abondants, savoir :
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- La concession de Bou-Hamra, insiituée par ordonnance du 9 novembre i845, en faveur deM. Péron; inexploitée;
- La concession de la Méboudja, instituée sous la même date, en faveur deM. deBassano; exploitée pendant quelque temps pour alimenter des hauts fourneaux établis près de Bône;
- La concession des Karesas, instituée sous la même date en faveur deM. Girard;
- La concession de Aïn-Morka, instituée sous la même date en faveur de M. Talabot; on n’y a fait qu’une tentative d’exploitation.
- Pour que ces mines répondent aux espérances qui ont été fondées sur leur exploitation, il faudrait être en mesure d’assurer aux usines consacrées à leur traitement, un approvisionnement régulier de combustible. Jusqu’à ce jour, une seule usine a été créée près de la concession de la Méboudja ; mais, pour la tenir pendant quelque temps en activité, il a fallu associer aux charbons de bois du pays, une proportion considérable de charbons importés de Corse, de Toscane et des Etats-Romains.
- Quatre concessions, toutes situées dans la province d’AL ger, ont été instituées sur des gîtes de cuivre et de plomb, savoir :
- La concession de Mouzaïa, instituée par arrêté ministériel du 22 septembre 1844, et régularisée par ordonnance royale du 3 novembre i846, en faveur de MM. Henry frères. Elle a été exploitée sur une assez grande échelle jusqu’en 1848.
- La concession de Cap-Ténès, insiituée par ordonnance du i4 mai 1849, en faveur de MM. Leroy et Larrieu.
- La concession de l’Oued-Taffilès, instituée sous la même date en faveur de M. Laugier fils.
- La concession de l’Oued- Alléah, instituée sous la même-date en faveur de MM. Briqueler, Ghevandier et Desages.
- A défaut de combustibles fournis par les localités mêmes, on pourra tirer parti des minerais de cuivre et de plomb que
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- Médailles de bronze.
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- fourniraient ces mines, en les transportant sur le territoire français, pour en opérer le traitement métallurgique. Le bassin de Caronte, placé à l’embouchure du Rhône, à l’extrémité du canal d’Arles à Bouc, non loin des riches houillères d’Alais, offre, pour ce genre d’industrie, les conditions les plus favorables qui se puissent rencontrer sur le littoral de la Méditerranée. C’est en effet dans cette- localité qu’a été élevée l’usine destinée au traitement des minerais de cuivre de la concession de Mouzaïa, la seule où l’on ait entrepris des travaux sérieux. Il est à regretter que, dans des conditions si favorables et si bien choisies, les opérations des importantes mines de Mouzaïa et de l’usine qui en dépend n’aient pas été conduites jusqu’à ce jour conformément aux règles de l’art et aux. principes d’une bonne administration.
- M. Amédée BEDEL, fermier des salines d’Arzew, à Alger et Arzew (Algérie).
- Le lac salé d’Arzew, situé à i4 kilomètres de ce port, présente une surface d’environ 24 kilomètres carrés. Il est alimenté par de nombreuses et puissantes sources salées, dont les . eaux s’accumulent pendant la saison pluvieuse, en se mélangeant aux eaux pluviales. Pendant la saison sèche, ces eaux s’évaporent spontanément et laissent, sur la plus grande partie de la surface qu’elles couvraient, une quantité de sel qui, d’après diverses estimations, serait comprise entre 3oo,ooo et 85o,ooo tonneaux. On a calculé que ce sel, exploité et transporté au port par des moyens perfectionnés, y reviendrait, selon la méthode employée et l’avance faite pour frais de premier établissement, de 4 fr. 5o cent, à 6 francs la tonne.
- M. Bedel, auquel cette saline a été affermée, en attendant que le Gouvernement ait avisé au moyen d’en tirer un parti plus avantageux, emploie, du i,r juillet au i5 octobre, une centaine d’ouvriers et 60 chevaux pour l’exploitation et le transport du sel. 11 produit, année moyenne, 3,000 tonnes de sel, qui se vendent a Arzew à 25 francs la tonne et qui s’expédient par 37 navires jaugeant moyennement 80 tonneaux.
- Le jury, appréciant l’heureuse influence ainsi exercée sur l’cx-
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- ploitation d’une richesse naturelle qui est appelée à développer la marine coloniale et à créer une branche importante de commerce, accorde à M. Bedel une médaille de bronze.
- MM. E. DE BASSANO et Bône (Algérie).
- Compagnie, aux usines de Mentions
- honorables.
- Les deux hauts fourneaux situés à 4 kilomètres de Bône ont fondu, pendant quelque temps, les minerais des mines de fer de la Méboudja, situées dans les montagnes de la Bélélieta. Les charbons de bois ont été fournis par les forêts du pays ou importés de Corse, de Toscane et des Etats-Romains. Les fontes grises obtenues ont été élaborées en France et converties successivement en fer et en acier. Ces essais portent à croire que ce gîte minéral fournira des produits de bonne qualité.
- Le jury accorde à MM.E. de Bassano et compagnie une mention honorable.
- LA COMPAGNIE DES MINES DE CUIVRE de Mou-zaïa (Algérie).
- Les mines de cuivre de Mouzaïa, concédées en novembre 1846, ont été exploitées avec une activité croissante jusqu’en mai 1848. Pendant les six mois qui ont précédé la suspension des travaux, elles occupaient 35o ouvriers. Le minerai, extrait à la fois par travaux souterrains et à ciel ouvert, de quatre groupes de filons, est un cuivre gris, disséminé dans une gangue de marnes schisteuses, de fer carbonaté et de baryte sulfatée. Le minerai brut, soumis au cassage et au triage, donne, outre des résidus destinés au bocar-dage, un minerai enrichi, tenant 2 5 p. o/o de cuivre, celui-ci est expédié en France pour y être soumis au traitement métallurgique. La quantité de ce minerai extraite jusqu’en mai i848 montait environ à 3,6oo tonnes, et contenait, par conséquent, 900 tonnes de cuivre métallique.
- Le jury, dans l’espoir qu’une meilleure direction sera imprimée, à l’avenir, à ces mines importantes, accorde à la compagnie des mines de Mouzaïa une mention honorable.
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- Citation
- favorable.
- Mention
- honorable.
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- MM. LEFEBVRE et Compagnie, à Alger.
- Ils ont exposé 5 échantillons de plomb de chasse qui témoignent de la bonne fabrication de ce produit dans l’usine qu’ils ont établie à Alger.
- Le jury accorde à MM. Lefebvre et compagnie une citation favorable.
- § 2. MARBRES.
- LE CONSEIL MUNICIPAL, à Bône (Constantine).
- La reprise d’anciennes exploitations et les efforts persévérants du conseil municipal de Bône, dans celte lâche longue et difficile, font que le jury central lui accorde une mention honorable.
- PRODUITS CHIMIQUES.
- § 1er. HUILES DE L’ALGÉRIE.
- M. Balard, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La culture de l’olivier occupe le premier rang parmi les richesses agricoles de l’Algérie : la fabrication de l’huile cl’olive doit y devenir l’une des industries les plus importantes. Dans aucune autre contrée du monde, l’olivier n’acquiert un développement aussi rapide que dans nos possessions du nord de l’Afrique. Depuis Ténériffe jusqu’en Syrie, cet arbre est l’essence dominante du pays; il y atteint des proportions gigantesques, et son fruit fournit déjà aux Kabyles une précieuse ressource alimentaire et commerciale, malgré les moyens primitifs qu’ils emploient pour le pressurer. La consommation de l’huile d’olive comme aliment, comme matière première servant à la fabrication des savons, au travail de là laine,
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- pour 1 éclairage, etc., n’est limitée que par le prix élevé auquel revient ce produit. Son extraction offre ce précieux avantage, quelle peut être tentée dès à présent, sans nécessiter les délais qu’entraînent ordinairement la création de la plupart des industries agricoles.
- Il s’agit simplement d’y transporter des moulins à huile. M. Hardy, dans les-précieuses notes qu’il a rédigées, et qui accompagnent les produits algériens, s’exprime ainsi sur ce sujet : «Des usines qui s’établiraient à Collo, à Bougie, à Dellys, à Djigelly,où l’on achèterait des olives aux Kabyles, auraient un succès assuré. Les indigènes aimeraient mieux vendre leurs olives que de les détriter eux-mêmes, si cette vente leur rapportait autant; car ils auraient la main-d’œuvre en moins. De son coté, la fabrication européenne aurait juste la moitié du produit que contiennent les o%es pour se défrayer. » La croissance de l’olivier en Algérie est telle, dit encore M. Hardy, «qu’un jeune arbre, au bout de quatre ans de greffe, peut donner un demi-litre d’huile ; qu’à douze ans, il en donne trois litres, et à vingt-cinq ou trente, douze litres. Les récoltes sont assurées chaque année, l’arbre n’étant pas là comme en Provence assujetti à des maladies, à des impressions de froid qui compromettent les récoltes. »
- L’Algérie n’est pas seulement la terre promise de l’olivier; la plupart des végétaux oléagineux annuels tels que le sésame, l’arachide, le madia-sativa, le pavot blanc, la navette, le cotonnier, le lin, viennent également très-bien. Leur culture est appelée à offrir, à différents titres, de grands avantages aux agriculteurs de ce pays, quand les questions de douane qui concernent l’çntrée de ces produits en France, et l’entrée des produits similaires étrangers en Algérie, auront reçu de l’administration une solution tout à la fois équitable et définitive.
- M. CURTET, fabricant d’huile à Bab-el-Oued (faubourg d’Alger).
- M. Curlet a exposé des échantillons d’huile d’olive fine et com-
- Médaille
- d’argent
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- mune, d’huile de sésame, de pavot, d’arachide, de lin, de madia-sativa, provenant toutes de l’importante usine qu’il a créée, en i846, aux portes d’Alger.
- Cette huilerie a pour moteur une machine à vapeur de la force de dix chevaux. Elle possède un outillage complet et puissant. C’est le premier établissement de ce genre qui se soit élevé en Algérie. Il peut suffire à la trituration de 8,000 kilogrammes d’olives par jour, ou de 4,000 kilogrammes de graines oléagineuses.
- Pour commencer son travail, M. Curtet fit savoir aux colons qu’il était en mesure d’acheter toutes les olives qu’on lui apporterait, au prix de 25 francs les xoo kilogrammes. En outre, il leur fit distribuer à ses frais des graines oléagineuses, en achetant d’avance les récoltes qu’elles fourniraient. C’est ainsi qu’il se procura , à grand’peine, les 5o,ooo kilogrammes d’olives qu’il mit en œuvre en 1847. Cette quantité étant insuffisante pour faire marcher son usine ; il fit venir de tous les départements de l’Algérie, et même du Levant, environ 600,000 kilogrammes de graines oléagineuses.
- L’industrie de M. Curtet paraissait devoir prospérer, lorsqu’elle fut inopinément frappée par l’ordonnance du 2 février i848, qui classe l’Algérie au nombre des pays étrangers, et qui y laisse entrer les huiles étrangères avec droit de franchise. Aussi la commission instituée par M. le préfet d’Alger pour examiner les objets destinés à l’exposition, après avoir fait ressortir les grands services que l’usine de M. Curtet était appelée à rendre aux cultivateurs algériens, s’exprime ainsi, en terminant son rapport:
- « La commission regrette donc profondément qu’un établissement d’une si grande importance pour le pays ait été frappé de mort par l’ordonnance du 2 février i848 (article 2), sur le régime des douanes, ordonnance qui classe l’Algérie au nombre des pays étrangers.
- « Quoi qu’il en soit, elle croit devoir signaler M. Curtet à l’intérêt du Gouvernement, pour les services qu’il a rendus pendant le laps de temps qu’il lui a été donné de faire marcher son usine. »
- Ajoutons que M. Curtet, plein de foi dans l’avenir de son industrie, et dans le but de ne pas décourager les colons, a traité avec perle, en i848, i4o,ooo kilogrammes d’olives et de graines oléagineuses qu’il a achetées en totalité dans le pays. Ajoutons surtout que ses sacrifices et sa persévérance ont conduit le Gouvernement
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- à modifier tout récemment l’ordonnance du 2 février, de manière à permettre aux usines de ce genre de reprendre leurs opérations. M. Curtet espère triturer cette année 2,000,000 de kilogrammes d’olives.
- Le jury central, voulant récompenser les louables efforts faits par M. Curtet pour établir une industrie si bien appropriée à la nature du climat algérien, décerne à cet exposant la médaille d’argent.
- M. BAGARY, fabricant d’huile à Tlemcen (département d’Oran).
- M. Bagary a fondé, en 1845, une huilerie qui a acquis, depuis celte époque, un grand développement.
- Les moulins fournissent annuellement, dans une année de récolte ordinaire, 10,000 litres d’huile d’olive de première qualité, 10,000 litres d’huile de deuxième qualité, et 20,000 litres d’huile lampante. En outre, il obtient par la recense 10,000 litres d’huile propre à la fabrication. Ces quantités proviennent des olives que lui apportent les indigènes et les colons français établis sur le territoire de Tlemcen.
- L’huile fine de M. Bagary est limpide et de bon goût. Elle revient au consommateur à un tiers meilleur marché que l’huile fine de France.
- Les résultats obtenus par M. Bagary le rendent digne de la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- M/MAFFRE, à Bougie (département d’Alger).
- L’usine de M. Maffre, sans avoir l’importance de celle de M. Bagary , fournit pourtant annuellement 5 à 6,000 litres d’huile première qualité, et autant en deuxième qualité. M. Maffre en est encore pour ainsi dire aux essais, mais son usine peut arriver à fabriquer le triple de ce qu’il fait aujourd’hui.
- Le jury central lui décerne une mention honorable.
- M. PEDEUCOIQ, àOran.
- M. Pedeucoiq a établi son huilerie en i844» et, depuis ce temps, elle_a été constamment en progrès; aussi le jury central, pour reconnaître ses efforts, lui décerne-t-il une mention honorable.
- Médailles de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- M. TALLICHET, à Boudjareah (départementd’Alger).
- M. Tallichet, pour ces produits, qui, outre leur bon goût, ont un mérite essentiel, le bon marché, a aussi mérité que le jury central lui décernât, comme encouragement, une mention honorable.
- § 2. HUILES ESSENTIELLES ET EAUX. AROMATIQUES.
- M. Balard, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La production des essences peut devenir pour l’Algérie une source importante de prospérité.
- On sait que, si les essences obtenues dans les régions tempérées présentent une ocleur plus délicate et plus suave, les quantités qui se développent dans les glandes clés plantes cjui leur doivent leur parfum croissent d’une manière très-rapide avec la chaleur du climat. Aussi nos départements du Midi les plus favorisés le cèdent sous ce rapport à nos provinces d’Algérie. Là les coteaux couverts de thym, de romarin, de lavande, de marjolaine, les plaines remplies de mélisse, de menthe poivrée, etc,, offrent au distillateur ambulant d’amples moissons à faire.
- Quelques colons ont aussi, comme en France, cherché à obtenir par la culture, des plantes aromatiques avec plus d’abondance et de régularité. Certaines plantes odorantes nouvelles qui y réussissent très-bien y ont été cultivées en grand. Ainsi les pélargonium ccloraiissimum et roseum, dont l’essence, beaucoup plus abondante que celle de la rose, a une odeur qui s’en rapproche beaucoup, ont pu y être multipliés par boutures et donner des produits très-abondants et très-recherchés. Le jasmin à grandes fleurs originaire de l’Inde, qui pousse dans tous les jardins avec une étonnante facilité, a permis d’en extraire de l’essence de jasmin qu’on avait vainement essayé d’obtenir avec le jasmin ordinaire, et dont on recueillait seulement l’arome dans des pommadés et dans des esprits parfumés
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- au jasmin. Ces plantes peuvent être sans difficulté cultivées par hectares, et fournir ainsi un large tpibut à la parfumerie.
- Si maintenant on ajoute à ces produits, dont la consommation varie avec les caprices de la mode, ceux que fournit le genre oranger, et qui sont d’une importance et d’une utilité plus réelle, parce qu’ils sont l’objet d’un emploi plus constant et plus régulier, on concevra toute l’importance que présente le sol de l’Afrique au point de vue de la production des essences, et comment les efforts industrieux des colons, encouragés par une administration éclairée, pourront bientôt permettre à l’Algérie de partager avec Messine le privilège, qu’elle a presque seule jusqu’aujourd'hui, d’alimenter de ses essences les parfumeries de toute l’Europe.
- M. SIMONNET, à Alger.
- M. Simonnet est un des colons de l’Algérie les plus industrieux; ses essais bien conçus, dirigés avec soin et persévérance, elle plus souvent couronnés d’un succès bien mérité, ont pour beaucoup contribué à nous faire connaître ce qu’on pouvait attendre, pour quelques cultures spéciales, du sol de l’Algérie, et comment, sur cette terre nouvelle, l’agriculture et l’industrie pouvaient se réunir dans une heureuse association. Pharmacien distingué à Alger, et devenu possesseur, dans le voisinage, d’un domaine limité de 23 hectares, il en a consacré une partie à des essais de naturalisation qui ont parfaitement réussi. On sait la parc qu’il a prise à l’in-trocluclion en Algérie de la culture du pavot pour l’extraction de l’opium, et de celle du nopal pour la cochenille, qu’il y a importée dès iB3i, genres d’exploitation qui n’attendent pour se développer que l’époque où une population devenue plus dense rendra ainsi la culture moins chère. Il a surtout appliqué ses connaissances en industrie chimique à la fabrication des essences. Par ses soins, les géranium odorants, si faciles à cultiver et qui poussent sur le sol de l’Afrique comme la luzerne sur le nôtre, ont été introduits en Algérie, cultivés en grand et employés à l’extraction de celte essence, qu’on emploie comme succédante de l’essence de rose, et dont la fabrication promet à l’Algérie beaucoup' d’avenir. Le jury central, qui a apprécié la bonne qualité de ce produit, a surtout distingué, parmi les objets envoyés par M. Simonnet, l’essence du jasmin à
- Médailles
- d’argent.
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- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
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- grandes fleurs de l’Inde, encore presque inconnue en France, el qui pourra, quand la culture européenne aura imité M. Simonnet, qui en cultive déjà un demi-hectare en grand, devenir d’un très-grand produit.
- L’oranger, • dont les plantations en rapport, déjà nombreuses entre les mains des Arabes, s’accroissent chaque jour par suite des travaux agricoles de3 Européens, a surtout été pour M. Simonnet l’objet d’un traitement industriel complet. Les différentes qualités de néroli, les essences de bigarade et de bergamote, celles de Portugal et de citron, le citrate de chaux, présentés par M. Simonnet, sont là pour témoigner toute la variété de produits que cette essence peut fournir.
- Le jury central apprécie toute l’importance des travaux de M. Simonnet, et l’encourage de tous ses vœux dans la voie qu’il a ouverte d’une manière heureuse, et dans laquelle il continuera certainement à marcher et à guider ceux qui l’imiteront plus tard.
- Pour récompenser les résultats importants déjà obtenus, le jury central décerne à M. Simonnet une médaille d’argent.
- M. ARNAUD, à Bône ( département de Constantine).
- II a fondé, à Bône, un établissement pour la fabrication du savon d’huile d’olives pouvant produire 800 kilogrammes par jour. Le produit qu’il expose est de bonne qualité. Il est dur, d’une blancheur parfaite, ne produit pas d’efflorescence par la dessiccation , et ne contient ni trop d’eau ni trop d’alcali. Son prix est très-bas; M. Arnaud le vend 60 centimes le kilogramme. C’est par le bien-être, c’est en répandant dans leurs tribus, à bon marché, les produits utiles aux premiers besoins de la vie, que nous pourrons surtout nous rattacher les populations arabes. Aussi le jury central, pour encourager des efforts aux succès desquels il s’associe de tous ses voeux, décerne à M. Arnaud une médaille de bronze.
- M. BAZIRE, à Alger.
- Sur une petite échelle, M. Bazire exploite une fabrique d’huile de ricin, et déjà ses produits méritent un encouragement. Aussi le jury central décerne-t-il à M. Bazire une mention honorable.
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- S 3. MATIÈRES COLORANTES.
- M. J. Persoz. rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Le climat de l’Algérie et l’extrême fertilité de son sol, en quelque sorte vierge, ont depuis longtemps fait supposer qu’un grand nombre de plantes tinctoriales pourraient être cultivées avec avantage dans cette partie de l’Afrique, et qu’elles pourraient y produire des récoltes qui affranchiraient bientôt, en partie du moins, notre industrie du tribut quelle paye annuellement à l’étranger. Les essais tentés dans ce but par nos courageux et infatigables colons ont parfaitement justiGé ces prévisions, et il demeure établi, par des expériences (Jui sortent des limites de ce qu’on appelle communément des essais, qu’un grand nombrevde plantes tinctoriales, outre celles qui s’y trouvent déjà à l’état sauvage, telles que la gaude et la garance, peuvent se développer et prospérer sur notre sol d’Afrique. Mais les résultats heureux de ces premiers essais, joints à ceux que les substances tinctoriales récoltées en Algérie ont déjà fourni en teinture, doivent-ils engager notre colonie naissante à se livrer indistinctement à la culture de toutes les substances colorantes? Nous ne le pensons pas. ïi serait, à notre avis, imprudent et téméraire de l’engager dans cette voie. Quel profit y aurait-il, par exemple, à cultiver l’indigo en Afrique, quand il est constaté que le développement de cette plante n’est assuré que lorsqu’elle a pris une certaine force? D’ailleurs, quand cette raison n’existerait pas, la question de main-d’œuvre devrait toujours être prise en sérieuse considération. Sous ce rapport, en effet, nos cultivateurs d’Algérie sont placés bien moins favorablement que ceux du Bengale et des colonies hollandaises, qui emploient, pour la culture en grand de l’indigo, les bras de leurs esclaves.
- Quant à la garance, quoique sa culture se fasse déjà dans le midi de la France sur une très-grande échelle, et quelle
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- soit la base de l’industrie agricole de certaines contrées de la Provence, elle pourrait encore être entreprise avec avantage en Algérie, si l’on choisissait les terrains riches en craie, comme ceux de Paluds, qui renferment plus de 80 pour 100 de carbonate de chaux, et qui donnent à ces substances tinctoriales les qualités particulières des garances roses-paluds d’Avignon et des garances de Smyrne. Le cultivateur devra donc s’assurer de la nature de son sol, en ne perdant point de vue que la racine de garance ne prend tout le développement dont elle est susceptible qu’autant qu’elle a végété dans une terre très-meuble et labourée à une grande profondeur.
- La gaude, qui affectionne surtout les terrains secs, et qui d’ailleurs, ainsi que nous l’avons dit, se montre à l’état sauvage dans les parties arides de l’Afrique, pourrait y être cultivée avec succès, à la condition toutefois que cette plante tinctoriale reprît la faveur dont elle jouissait avant l’introduction du quercitron dans la teinture. . *
- Le sumac, d’une consommation très-grande dans la teinture etle tannage de certaines peaux, réussirait aussi très-bien dans Je même sol, et rivaliserait sans doute avec les sumacs de Syrie, de Palestine, d’Espagne et de Portugal, qui sont si recherchés.
- De toutes les cultures de substances tinctoriales tentées jusqu’ici en Algérie, celles qui ont surtout fixé l’attention de la commission, et qui doivent éveiller la sollicitude du Gouvernement, sont la culture de la cochenille et celle du car-
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- thame.
- 1° La consommation de la cochenille, riche matière colorante, n’a fait que s’accroître depuis que l’impression clés tissus de soie et de laine a pris un si prodigieux développement. Grâce à M. Simonnet, qui a été le premier à cultiver la cochenille, et aux persévérants efforts de M. Hardy, dont l’heureuse initiative a été plus d’une fois constatée par le jury, l’Algérie fournit déjà de très-beaux produits de ce genre, qui, sous le rapport de leurs propriétés tinctoriales, ne laissent rien à désirer, ainsique le constatent les nombreuses expé
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- riences faites par M. Chevreul. Nous avons lieu d’espérer que désormais nos ateliers de teinture et d’impression pourront 'demander à notre colonie d’Afrique toute la cochenille dont ils ont besoin.
- 2° Le carthame, que l’on cultive sur le sol de l’Algérie, possède des qualités tinctoriales propres à le faire apprécier. Il est appelé à rendre de grands services à nos teinturiers par la beauté et la solidité des couleurs qu’il engendre sur'les étoffes.
- MM. BRICE, CALMETZ et MISTRAL. (Département d’Oran. )
- Ces Messieurs exposent un très-bel échantillon de racines de garance, qui provient de semis faits le 26 mars 1848, et récoltés fin juin 1849. Ils ont été des premiers à cultiver la garance dans le département d’Oran, et c’est à ce titre que le jury leur accorde la médaille de bronze,
- M. GOSE. (Département d’Oran.)
- Ce cultivateur expose des échantillons de garance qui proviennent de semis faits en i848 et 1849- Quoique ces racines n’aient été que quatorze mois en terre, elles ont acquis un développement tel, qu’elles sont comparables à celles qui, dans nos climats, ont végété pendant dix-huit à vingt mois.
- Le jury accorde à M. Gose la médaille dèbronze.
- MM. PEYRET et DURAND. (Département d’Oran.)
- Ces deux agriculteurs exploitent une propriété considérable, dans laquelle ils ont récolté, l’année dernière, pour les livrer à l’administration, des produits agricoles d’uné valeur d’environ x 00,000 fr. Ils ont commencé, à titre d’essai, la culture de la garance. Les semis qu’ils ont faits, en avril x848, leur ont donné des racines qui, au bout de quatorze mois, étaient déjà très-riches en matières colorantes.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- Mentions
- honorables.
- Citation
- favorable.
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- M. Henri-Joseph MERCUR1N, à Chéragas (Algérie).
- L’Algérie possède plusieurs espèces de chênes dont l’écorce est recherchée par le commerce pour la quantité de tanin quelle renferme. M. Mercurin a envoyé à l’exposilion des échantillons qui ne proviennent pas de l’écorce des tiges de chêne, mais bien de celle des racines du chêne vert ou kermès (quercus coccifera). Celle espèce de chêne, à feuilles persistantes, forme ordinairement un buisson peu élevé ; mais ses racines, très-nombreuses en terre, sont, en quelque sorte, plus développées que les branches. Celles qui ont été'exposées étaient en parfait état et d’une assez forte épaisseur pour qu’on pût en tirer le principe qui y est contenu.
- M. Mercurin a envoyé aussi un bocal d’huile d’olive fine, de sa fabrique, qui ne laisse rien à désirer sur sa préparation et sa
- Le jury décerne àM. Mercurin une mention honorable.
- M. RA1MBERT, à Bône (département de Constantine).
- M. Raimbert expose du chanvre dit tahrouri.
- Élevé dans le pays, dont il connaît à fond la langue, il s’est appliqué à la grande culture pour laquelle il utilise particulièrement les Arabes qui sont appelés à profiter de ses leçons et de son expérience.
- Entre autres produits, M. Raimbert cultive la garance sur une étendue de 4 hectares. Un échantillon de sa dernière récolte, étant parvenu trop tard à la commission d’examen, n’a pu être joint aux envois faits pour l’exposition.
- Le jury donne à M. Raimbert une mention honorable pourl’en-semble de son exploitation agricole.
- M. LUTZOW, à Bône (département de Constantine).
- M. Lulzow, qui a cultivé, durant l’année i848, environ 12,000 pieds de safran, en expose un échantillon sous le n° 35.
- Si M. Lutzow n’a pas donné à la culture de cette substance tinctoriale tout le développement qu’elle a acquis chez ses confrères d’Algérie, il a su du moins mériter l’attention du jury par ses efforts pour perfectionner la race bovine. C’est pour l’en récompenser que le jury lui vote une citation favorable.
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- CHAPITRE QUATRIÈME.
- TISSUS.
- S I". TISSUS DIVERS.
- M. Lainel, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- On peut être justement étonné lorsqu’on réfléchit que c’est souvent sous la tente, presque sans matériel, avec l’unique secours de métiers informes, improvisés par ces hommes tour à tour pasteurs, guerriers, agriculteurs ou industriels, que les tissus soumis à notre appréciation et à notre admiration ont été créés.
- Pour nous, qui comprenons la portée de la tâche, qui connaissons, qui apprécions les difficultés attachées au succès, nous ne pouvons assez applaudir aux efforts de nos frères d’Afrique qui ont répondu avec empressement à l’appel du pays, en venant offrir aux regards de tous les résultats obtenus par d’opiniâtres labeurs.
- Dans cette enceinte, centre de tant de merveilles, dans ce palais où s’étalent si prodigalement les éléments de tant de richesses, l’Algérie ne pouvait manquer d’apporter aussi son précieux bouquet pour embellir et ne rien laisser manquer à cette fête nationale.
- Sur cette nouvelle terre de France, on a compris, comme nous, qu’enfants de la même famille, colons et indigènes désormais confondus, trouveraient place au foyer protecteur de la mère patrie, et que, sous l’égide d’une justice égalitaire, tous recevraient les avis, les enseignements, et les réconir penses dues au seul mérite.
- L’intelligence industrielle, riche apanage de la France, il faut bien le reconnaître, est aussi au milieu des populations éparses sur le sol de cette Afrique, si richement dotée par la main de Dieu, et ce précieux trésor, dont nous ne pourrions
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- assez encourager le développement, doit être considéré comme une source vive de prospérité et de bien-être.
- C’est ici l’occasion de nous placer à un point de vue tout à fait en dehors des règles communes, et de faire ressortir et d’exprimer que, dans un pays d’exception, il faut entrer résolument dans des voies qui répondent largement aux besoins, en fondant autant que possible un système qui renferme en 3ui les éléments de consolidation de tout un avenir.
- Le jury central, à part des considérations qui pourront être formulées sur des questions cl’un autre ordre d’idées, n’hésite pas à exprimer le vœu que le Gouvernement appelle, dès à présent, de jeunes Arabes dans nos écoles des arts et métiers*, dans nos ateliers et dans nos fabriques, pour y puiser des notions et étudier les manipulations, afin de les mettre à même de reporter bientôt dans leurs familles, au sein des populations indigènes, des mœurs plus douces, des méthodes mieux ordonnées, plus économiques, et des habitudes de travail plus faciles, surtout à l’égard des industries déjà plus ou moins connues dans le pays, plus ou moins en activité.
- Le jury central verrait aussi avec la plus grande satisfaction qu’un certain nombre d’instruments et de métiers pour le filage et le tissage à la main de la soie, du coton, du lin et.de la laine, fussent répartis dans les tribus qui se sont fait le plus distinguer à l’exposition; ce serait une source véritable pour l’émulation et le progrès.
- Enfin, le Jury central adresse les plus vives instances à M. le Ministre pour que la même dotation soit accordée dans les centres de colons réunis sous le patronage spécial du Gouvernement.
- Il faut préparer aux femmes et aux filles les moyens faciles de travail dans leurs modestes demeures, et prévenir aussi les embarras qui résulteraient, pour l’existence de la famille, de l’inactivité des hommes pendant ces heures qu’ils ne peuven t donner au travail de la terre ou au train général de leur exploitation rurale.
- A cet effet, peut-être, serait-il d’une sage prévoyance, lors
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- des nouvelles inscriptions d’immatriculation pour l’augmentation de la colonie, d’envoyer à la destination de chaque village des hommes de métiers de diverses spécialités, et de leur faire contracter l’engagement de se charger d’instruire un certain nombre d’apprentis, moyennant une prime déterminée en conséquence.
- La femme du caïd BEN-ZEKRI DES SEIGNAS, demeurant à Constantine (Algérie).
- Il y a dans le joli gandoura qui nous a été présenté tout ce qu’on peut désirer au point de vue du goût, de l’exécution et de la délicatesse du travail.
- ' L’association de la laine à la soie pour la formation du tissu, qui est parfaitement régulier, l’ordonnancement des nuances heureusement harmoniées, leur variété, etc., font de ce gracieux gandoura une étoffe dont les plus élégantes se disputeraient la faveur de la possession.
- C’est tout à fait le style oriental qui s’est reproduit avec tout son luxe dans le travail exécuté par la main habile qui a fourni au jury l’occasion d’admirer le mérite de son œuvre.
- Le jury central, heureux de pouvoir la récompenser, décerne à la femme du caïd Ben-Zekri des Seignas une médaille d’argent.
- Ghérif BEN-MIMOUN, tisserand à Constantine.
- Le burnous blanc que ce tisserand a exposé est en très-bonne matière; le travail est d’une grande régularité : frappée très-également, la tissure est d’une très-grande épaisseur.
- Ce tissu, d’une qualité parfaite, d’une très-belle apparence, est incontestablement l’un des plus remarquables de l’expositiou de l’Algérie, et témoigne de toute la supériorité de l’ouvrier qui l’a exécuté.
- Le jury central décerne en conséquence à Chérif Ben-Mimôun Une médaille d’argent. *
- t \
- LES BÉNI-ABÈS et EL-BÉCHIR-BEN-MAZIAN.
- Burnous pour enfant, envoyé par Si-Aü-bel-Zamouclii, chez les Beni-Yaia. Burnous azarak, envoyé par El-Béchir-ben-Mazian, à Galah*
- 11 est fort regrettable de n’avoir nominalement personne à dési~*
- Médailles
- d'argent.
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- gner pour cette partie de l’exposition, parce que, sans éloges forcés, il n’y a réellement que du bien à dire sur les deux tissus présentés sous les nos 17 et 18.
- Le premier est un burnous pour enfant, à raies blanches et de couleurs diverses; l’étoffe est bien tissée, la matière a de la qualité , les rayures sont disposées avec goût, et les couleurs sont très-vives et très-harmonieuses.
- Le second, burnous rayé blanc et gris, est parfaitement bien traité : force, régularité, netteté de travail, c’est à tous ces titres qu’il mérite d’être particulièrement cité.
- Le jury central aurait été heureux de pouvoir exprimer toute sa satisfaction aux producteurs, dont un des noms lui est resté inconnu ; mais il décerne une médaille d’argent à la tribu des Béni-Abès, où les tissus ont été fabriqués, et une médaille d’argent à El-Béchir-ben-Mazian, qui a fabriqué le burnous azarak n° 18.
- LA VILLE DE MASCARA.
- Un burnous noix', du prix de 90 francs, envoyé par le colonel Valsin d’Esterhazy.
- Burnous noir naturel, du prix de 55 francs; burnous laine noire naturelle
- et laine teinte, du prix de 80 francs burnous blanc,du prix de 25 francs,
- envoyés par Mobamed-ben-Achir, caïd de Mascara.
- Ces tissus, de fabrications diverses, ont un cachet particulier de force qui résulte d’un travail bien frappé et d’une grande abondance de matière.
- Très-utilement employés par les voyageurs sans abri, ces sortes de burnous seraient nécessairement fort recherchés dans la consommation , si le prix en était moins élevé.
- Il serait fort important, dans cette vue autant que pour étendre la fabrication de ces étoffes, de faire comprendre aux indigènes producteurs la nécessité de diminuer les prix de vente.
- Les objets exposés ont été exécutés par des ouvriers expérimentés au travail du tissage et de la filature, ils mériteraient partiellement une mention ; mais, attendu que les noms des producteurs sont inconnus, le jury réserve la récompense à la ville de Mascara, en raison de son importance plus particulière comme centre d’une fabrication assez étendue.
- Le jury central décerne en conséquence à cette ville une médaille d’argent.
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- MOHAMED-BEL-MABROUK, tisserand à l’oasis Ben-Tious (tribu des Zibans).
- Il expose un haïk blanc à raies de couleurs diverses, bleu, jaune, vert, cramoisi, dans les dimensions de 7“ 5o° sur 2ra 10e.
- Le tissu est très-solide et consciencieusement bien fabriqué, la matière est abondante; les couleurs manquent d’un peu de vivacité dans quelques-unes des nuances; mais, telle quelle est, cette couverture n’est pas moins un travail qui a fixé l’attention et l’intérêt du jury, et nous sommes heureux de pouvoir citer le nom de l’habile tisserand qui l’a exécuté et qui a fait exécuter aussi sous sa tente la filature et la teinture.
- Le jury central en nommant ici Mohamed-bel-Mabrouk, lui décerne une médaille d’argent.
- LA VILLE D’ORAN.
- Un burnous blanc, du prix de kO francs; une paire de chaussettes en laine, du prix de 2 francs, envoyés par Si-Hamida, mufti d’Oran.
- Un haïk laine et soie du prix de 55 francs, envoyé par M. Isaac Tebouf, négociant à Oran.
- Le travail de ce burnous est régulier, et son exécution fait bien apprécier l’intelligence de l’ouvrier, dont le nom reste inconnu. Ce tissu est fabriqué dans le genre de nos flanelles intermédiaires, et avec d’assez bonnes matières.
- Les chaussettes sont bien tricotées, mais on ne les mentionne ici absolument que par ordre.
- Le haïk, fabriqué avec de la laine très-fine filée à tors forcé et associée à la soie, qui forme la rayure, est un tissu ferme et crépu qui offre tous les caractères de nos anciens baréges, avec le cachet du goût africain.
- Il y a là de l’avenir et l’on comprend qu’il faut s’efforcer à développer de tels germes pour les faire arriver à parfaite maturité.
- Le jury central, ne pouvant récompenser nominalement les producteurs, décerne à la ville d’Oran une médaille d’argent.
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- SI-EL-MÉDANI, tisserand, chez les Ouled-Taben du Bou-Taleb, a envoyé un haïk blanc.
- Couverture à fond blanc, à larges bordures de couleurs diverses irès-variées, riche d’effets dans son style.
- Malgré la difficulté du travail d'une pièce de 3“ 5o° de large, le tissu- est exécuté dans les conditions d’une fabrication qui témoigne tout à la fois d’intelligence, de soin, de goût et de tout le parti qu’on pourrait tirer, en industrie, de la main qui a exécuté ce travail.
- Le jury central décerne à Si-el-Médani une médaille d’argent.
- LA VILLE DE TLEMGEN.
- Un haïk du prix de 6 francs, envoyé par Amrao Senanès, à Oran.
- Une ceinture genre passementerie, envoyée par Si-Harnida, mufti d’Orati.
- Un haïk en laine de 15 francs, envoyé par le bureau arabe.
- Un haïk laine et coton de 8 francs, envoyé par le bureau arabe.
- La ceinture sous le n° 32 est un tissu très fort, bien fait, et spécialement destiné aux Arabes.
- Le haïk n° io3 est un tissu dans le genre de nos flanelles intermédiaires ; c’est une étoffe bien faite et en bonne matière.
- Les deux autres tissus sont fabriqués avec des laines longues extrêmement tordues qui ont de l’analogie avec les produits obtenus par l’emploi des laines anglaises; ces étoffes, dans les genres ba-réges, sont bien tissées; le haïk n° io4 mérite particulièrement d’être cité pour sa force, sa bonne exécution et surtout pour son bas prix; il semble même impossiblë que le chiffre indiqué ne soit pas le fait d’une erreur.
- La ville de Tlemcen compte environ 116 fabricants de haïks en possession de 24o métiers. Chaque métier produit par jour un haïk et plus, du prix moyen de 9 francs.
- On n’a donc plus, sur ce point de fabriques déjà organisé, qu’à recommander aux ouvriers de s’efforcer à apporter, chaque, jour, des améliorations dans leur travail.
- Le jury central, n’ayant pu connaître les fabricants des objets ci-
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- dessus énumérés, décerne à la ville de Tlemcen une médaille d’argent.
- TRIBU DE ZAMOURA.
- Haït de couleur, envoyé par Si-Sakhdar-ben-Djaballali, à Zamoura.
- On s’arrête avec plaisir devant ce haïk cramoisi; sa nuance est belle, les raies de couleur qui le traversent pour former des dispositions d’encadrement sont heureusement ordonnées. La matière a de la qualité, la tissure est très-régulière, et nous ne dirons rien de trop en affirmant que c’est un travail aussi perfectionné que possible, qui fait honneur à l’habileté de celui qui l’a exécuté.
- On conçoit tout ce qu’on peut espérer de pareilles intelligences, aidées de conseils, pour voir développer bientôt toutes les ressources qu’offrent des hommes déjà aussi exercés dans la pratique.
- Le jury central aurait voulu pouvoir rattacher la récompense à l’œuvre, mais, dans l’impossibilité de proclamer le nom du fabricant, il décerne une médaille d’argent à la tribu de Zamoura.
- TRIBU DES DRIDES. (Bône.)
- Deux pièces ont été exposées par la tribu des Drides sans désignation de noms.
- L’une, un burnous à raies blanches et grises du prix de 3o francs, et l’autre un gandoura de 12 francs.
- Le premier est un tissu du nombre de ces fabrications vigoureuses qui fait bien ressortir tout le mérite de son auteur, et qui caractérise un excellent ouvrier dont le nom reste malheureusement inconnu.
- Le jury central décerne à la tribu des Drides une médaille de bronze, et il conserve l’espérance que cette récompense sera un puissant encouragement pour, sa population.
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- TRIBU DES HARECTÂS.
- Un burnous du prix de 30 francs, un burnous du prix de 17 francs, un gandoura du prix de 12 francs, envoyés par la tribu.
- Sans cire dans des conditions parfaites de fabrication, ces tissus
- Médailles de brojize
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- ont cependant le mérite de leur cachet particulier, et le jury central ne peut s’empêcher de reconnaître qu’il y a des encouragements à donner dans ce centre de production, surtout si l’on considère que , dans cette tribu particulièrement, le travail de la teinture, de la fdature et du tissage y.est fait sous la tente, et, sous la direction des hommes, par des femmes et des fdles.
- Le jury central décerne, en conséquence, à la tribu des Ha-rectas une médaille de bronze.
- MOHAMED-S ALAH, tisserand chez les Béni-Abès.
- Le tissu pour burnous, qu’il a exposé, est fait avec soin ; la matière, bien choisie, est convenablement fdée; quoique dans le rapprochement du genre de nos flanelles intermédiaires, cette étoffe est forte, et l’on se plaît à reconnaître que le travail a été exécuté par un ouvrier habile.
- Le jury central décerne, en conséquence, une médaille de bronze à Mohamed-Salah.
- La femme de SI-AMAR.-SMIZ, à Gonstantine.
- Les fils exposés sont de divers numéros. Leur qualité et leur régularité démontrent toute l’habileté de la main qui les a filés et son habitude au maniement du fuseau.
- Le jury central, comme témoignage de satisfaction, décerne à la femme de Si-Amar-Smiz une médaille de bronze.
- SI-HAMOU-BEL-GUALAF, tisserand à Zamoura.
- Un burnous gris de poil de chameau.
- Le tissu en poil de chameau, que présente ce tisserand, est justement classé au nombre des bons produits rassemblés à l’exposition; l’étoffe est très-bien tissée, d’une grande solidité; il y a réellement du mérite à fabriquer ainsi.
- Le jury central recommande à Si-Iïamou-bel-Oualaf de persévérer, et, pour le récompenser selon son mérite, lui décerne une médaille de bronze.
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- S 2. COCONS ET SOIES GRÈGES DE L’ALGÉRIE.
- M. Justin Dumas, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’introduction en Algérie des méthodes usitées dans nos meilleurs centres de culture du mûrier et de production de la soie, ne pouvait manquer de suivre de près cette déclaration: u Désormais, la terre d'Afrique est terre française.» Aussi, dès i847> le Gouvernement, se préoccupant à juste titre de cette branche si importante pour l’industrie agricole et manufacturière de notre belle colonie, dont la nature du sol et le climat devaient si merveilleusement seconder ses efforts et ceux des colons, n’hésita pas à fonder à Alger un centre de production et d’enseignements qui a porté ses premiers fruits. La culture du mûrier, l’élève des vers à soie et la filature des cocons, tout y est mis en pratique, y est enseigné et a prospéré.
- Les cocons et surtout les grèges, dont nous aurons à parler, dénotent du bon résultat de cette initiative et de ce qu’il est permis d’en espérer.
- On a pensé que les races de vers à soie dégénéraient en Algérie; le temps et l’expérience démontrent le contraire, des races introduites depuis neuf ans n’ont rien perdu de leur état primitif, au contraire, elles se sont améliorées.
- Le mûrier croît en Algérie avec une force, une vigueur très-remarquables; les éducations de vers à soie s’y font avec la plus grande facilité et réussissent admirablement. Il est certain que notre industrie manufacturière, qui achète à l’étranger annuellement pour plus de 60,000,000 de soies, grossières la plupart du temps, trouvera avant peu en Algérie , et abondamment, une matière précieuse, ayant toutes les qualités quelle recherche ailleurs vainement, et satisfera un jour aux besoins les plus larges de la fabrication française.
- Dans un pays aussi éminemment propre au développement de la soie, et malgré que de nombreux mûriers fussent déjà en rapport, peu d’éducations de vers à soie se faisaient,
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- parce que la confiance dans l’avenir et l’élément industriel manquaient essentiellement à côté de l’élément agricole, et que le producteur de cocons ne trouvait pas à placer lucrativement ses produits.
- En présence de cet état de choses, l’administration a dû se mettre, transitoirement, au lieu et place de l’industrie particulière et prendre l’initiative du placement des produits.
- C’est-à-dire que l’administration achète elle-même les cocons aux colons, les leur paye un prix raisonnable, convertit ces cocons en soie grége et vend cette soie aux fabricants de la métropole.
- Cette mesure, qui a reçu son application en i848, a déjà porté les plus heureux fruits. Encore quelques années de protection aussi efficace de la part de l’administration, et l’industrie séricicole, qui fera la richesse de nos colons et de nos manufactures métropolitaines, sera solidement implantée en Algérie.
- En i848, l’administration a acheté i,5oo kilog. de cocons, qu’elle a payé 5 francs le kilog. ; elle en a retiré 117 kilog. de soie grége.
- En 1849, la quantité de cocons apportée jusqu’à ce jour ( 18 juillet) s’élève à 2,379 kilog» qui sont payés à raison de 4 francs le kilog., dont 284 kilog. proviennent de la province de Constantine, 8 kilog. de celle d’Oran, le reste du département d’Alger. 11 n’est pas sans intérêt de dire ici que la filature centrale a reçu ces 2,879 kilog. de cocons, de plus de quatre-vingt colons différents, dont douze ont fourni chacun au-dessus de 5o kilog., et l’un d’eux, M. Lutil, de Boufarik, 161 kilog.
- Le nombre des mûriers plantés chez les particuliers dans toute l’Algérie est d’environ 600,000, dont 100,000 sont en plein rapport.
- Les pépinières de l’Etat renferment un égal nombre de jeunes arbres (mûriers) bons à mettre en plan.
- L’Etat possède encore dans les camps, sur les places, un grand nombre de mûriers en plein rapport, dont il va livrer
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- la feuille à la production au moyen des adjudications publiques.
- La filature de l'administration est annexée à la pépinière centrale du Gouvernement et est placée sous la surveillance immédiate du directeur de cet établissement. Elle se compose de 12 bassines alimentées par un générateur à vapeur ; les tours sont mus à bras d’homme.
- Cette année, 12 fileuses sont employées: neuf proviennent des départements séricicoles du midi de la France, et principalement de l’Isère et de la Drôme; trois ont été formées sur les lieux; on forme en ce moment trois nouvelles élèves.
- Lorsque, les années précédentes, il n’y avait que trois à quatre fileuses d’employées, le rendement était de 9 à 11 pour un ; c’est-à-dire qu’il fallait de 9 k 11 kilog. de cocons pour obtenir un kilog. de soie.
- En 1848, il y a eu 9 fileuses, et il a fallu i3 kilog. de cocons pour obtenir un kilog. de soie.
- Frappé de la coïncidence de la diminution du produit avec l’augmentation des ouvriers, le directeur a naturellement dû en rechercher les causes. Il a cru les découvrir dans ce que les fileuses tiraient trop à la main et mettaient une partie notable de soie dans les frisons. C’était une habitude difficile à déraciner, habitude contractée dans certaines filatures du midi, où les frisons sont donnés aux fileuses ou contre-maîtres de la filature ; on y est parvenu en intéressant directement les fileuses à faire le moins possible de frisons; à cet effet, trois primes de 2 fr., 1 fr. 5o cent, et 1 franc sont accordées chaque semaine à celles des fileuses qui, à poids etià qualité égale de cocons, rendent le plus de soie la mieux filée. Le résultat a dépassé les espérances, car, depuis le 25 mai jusqu’au 25 juillet, il a fallu moins de 10 kilog. de cocons pour 1 kilog. de soie. Il est permis de croire que ce rendement se maintiendra pendant toute la saison du filage, qui sera de trois mois et demi environ,
- Le filage peut durer six mois et même sept mois sans inconvénient en Algérie.
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- Mention pour ordre.
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- M. Auguste-Louis HARDY, directeur de la filature centrale du Gouvernement, à Alger.
- SOIES GREGES DES EDUCATIONS DE 18A5, l846, 18/17,
- 18A8 et 18/19.
- f
- Education de 18k5. — 2 flottes d’éducation faite sous un hangard à air libre présentent une soie brillante, blanche, mais trop fine et peu nerveuse ; 2 flottes jaunes, même éducation : soie brillante et faible.
- 2 flottes race Sina, vénue d’Annonay en i845. La soie est d’un bon blanc pur, ferme, nerveuse et régulière.
- 2 flottes gros milanais jaune, soie très-nerveuse, régulière et brillante.
- 2 flottes jaunes d’Alais : soie très-nerveuse, régulière, brillante, moins cependant que la milanaise.
- 9
- Education de 18U6. — 5 flottes filées à 4/5 cocons : soie bien filée, mais abouts non rattachés, régulière et nerveuse, malgré son
- exposition à l’air et à la poussière depuis près de 3 mois.
- /
- Education de 18kl. —Une flotte jaune d’Alais : soie très-nerveuse, très-élastique, s’allongeant de i3 à i5 p. 0/0, d’un titre élevé, fort supérieure à celles qui suivent.
- Une flotte jaune du Vivarais et de 8e génération africaine : soie brillante, régulière et nerveuse.
- Une flotte soie blanche des Cévennes, introduite en Algérie en i83g : très-brillante, très-nerveuse, d’un blanc parfait et régulièrement filée.
- Une flotte jaune, race milanaise: très-brillante, très-bonne, beau-opup de nerf.
- 9
- Education de 18k8. — Une flotte milanais jaune, 5e année d’introduction en Algérie, filée à 4/5 cocons. Celte soie, malgré son exposition à l’air et au soleil, a conservé le nerf du 6/7 cocons ordinaire; elle est brillante, soyeuse et mérite d’être citée exceptionnellement.
- Une flotte blanc ordinaire, difficile à juger, le soleil et l’air l’ayant détériorée plus que toutes les autres.
- Une flotte jaune du Vivarais, 9e année d’introduction. Cette soie,
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- malgré l’air et le soleil de l’exposition, a conservé son nerf, son brillant et son élasticité.
- Une flotte Sina, 5° année en Algérie: beau blanc, brillante et douce, mais faible.
- Une flotte jaune d’Àlais, 5' année d’introduction en Algérie : soie d’une belle couleur, brillante, nerveuse, malgré son exposition à l’air et au soleil.
- Une flotte blanc de Valleraugue: soie nette, d’un blanc pur et brillant ; placée sous un verre au soleil, elle a été altérée.
- Une flotte Sina blanc, introduite en i843: soie d’un blanc mat pur, lisse, bien tendue, nerveuse et brillante, ayant peu souffert du soleil.
- Education de 18Ù9. — 2 flottes soie jaune, graine du Vivarais, introduite en Algérie depuis îo ans : fdée à 3 cocons fixes, et, malgré cette finesse, très-tendue, nerveuse et d’une grande régularité.
- 2 flottes soie blanche des Cévennes, introduite également depuis
- 10 ans -, lilées à 3 cocons fixes, d’une grande régularité: un peu moins nerveuse que la jaune, mais fort bonne et d’une blancheur qui a plutôt gagné que perdu, quant à l’éclat, par suite de son immigration sur le sol algérien.
- Ces quatre flottes, récemment arrivées à l’exposition, n’ont pas eu à souffrir du soleil et de l’air ; elles ont donc conservé toutes leurs qualités essentielles et ne laissent aucun doute sur la bonne réussite des éducations futures et sur l’excellente direction donnée par M. Hardy non-seulement à la filature centrale d’Alger, qui fde aujourd’hui presque toutes les soies récoltées en Algérie, mais encore à la culture du mûrier et à l’éducation du ver à soie, sur lesquelles
- 11 exerce une grande influence par ses sages conseils. M. Hardy rend, sous ce rapport comme sous tant d’autres, un service de la A plus haute importance pour l’avenir de la colonisation.
- 2 flottes de la filature de i848, filées à 4/5 cocons, et 2 flottes de celle de i84g, filées à 3 cocons, ont été soumises à toutes les épreuves que la fabrique de Paris fait subir aux grèges des meilleures filatures de France, en les employant en grége. Au dévidage, ces soies ont été tout aussi bien et n’ont pas fourni plus de déchet que leurs similaires des Cévennes. A l’ourdissage et au tissage, elles ont donné les mêmes résultats, et les échantillons qui en proviennent sont tout aussi beaux, tout aussi réguliers que tout ce qui se I- 2 1
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- Médailles
- d’argent.
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- fait avec les grèges les plus estimées. Ce résultat explique au jury la demande faite, par une de nos meilleures fabriques delà Drôme ( qui avait acheté à Lyon les soies de 1848), de tout le produit de la filature centrale de 1849, qu’elle fait filer à 3 cocons fixes.
- Ce succès et cet encouragement influeront considérablement sur la production de la soie en Algérie, et bâteront le moment où celte production prendra toute l’importance dont elle est susceptible et qu’il est facile d’entrevoir.
- La position officielle de M. Hardy prive le jury central de lui décerner la récompense qu’il a si bien méritée ; il se borne donc à le signaler à toute l’attention du Gouvernement pour ses efforts constants et les services qu’il a rendus à l’industrie de la soie.
- M. MOREAU, à Bône (département de Constantine).
- M. Moreau a envoyé des soies grèges filées dès i843 et quelques cocons de l’éducation de i848.
- La soie filée à l’ancienne méthode est mal filée; elle remonte à six années et a perdu presque toute sa qualité.
- Les cocons ne sont pas d’une belle provenance, et cependant ils dénotent beaucoup de soin dans l’éducation.
- Si M. Moreau employait de la graine d’Alais, de Milan ou Cora, il obtiendrait vraisemblablement de très-beaux résultats. Sa notice prouve qu’il a fait ses expériences avec beaucoup de soin; mais, d’après ses calculs des quantités de cocons nécessaires pour obtenir
- 1 kilogramme de soie, il doit avoir opéré sur des cocons tout étouffés, ce qui ne permet point d’arriver à des évaluations exactes, parce que les chrysalides peuvent être plus ou moins sèches.
- M. Moreau est le premier qui, à Bône, ait fait de la soie; il ne s’est pas borné à utiliser les quelques vieux mûriers existant auprès de Bône; il a planté, défriché, assaini, clos, etc., à une époque où la plaine de Bône présentait un tout autre aspect qu’aujourd’hui et n’était encore qu'un foyer de miasmes délétères. Le jury central lui décerne la médaille d’argent.
- Commune de SOUMAH (entre Blidah et Boufarik, département d’Alger.)
- La commune de Soumah a fait éclore, celte année (1849),
- 2 5 onces de graine de vers à soie fournie par la pépinière centrale, et lui avait déjà rendu, à la date des derniers avis reçus ( 18 juillet),
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- environ 3oo kilogrammes de bons cocons. Nous laisserons parier ici M. Hardy, l’honorable directeur de la pépinière et de la filature centrale du Gouvernement à Alger, pour l’appréciation des efforts des colons :
- « Les colons de Soumah se livrent à l’éducation des vers à soie «depuis deux ans, c’est-à-dire depuis la fondation du village. Les «mûriers de leurs plantations ne produisant pas encore, ils ont eu «recours à la feuille des mûriers séculaires, non greffés, qui se « trouvent dans les tribus et que les Arabes laissent perdre. Leurs «résultats ont été en général satisfaisants, et leurs efforts méritent « d’être encouragés. »
- Le jury central, appréciant la haute portée d’un pareil exemple donné à toutes les communes où se trouvent des mûriers séculaires abandonnés, décerne à la commune de Soumah une médaille d’argent.
- M. GILLES; propriétaire cultivateur à Birmandreïs, près Alger.
- Il a envoyé quelques flottes de soie grége d’un beau jaune, race d’Alais, fournie par la pépinière centrale et filée par elle en 1847. Cette soie est remarquable par son élasticité, sa 'régularité et son brillant, et, bien que comme les autres elle ait eu à souffrir du grand air, du soleil et de la poussière de l’exposition, elle n’en a pas moins conservé beaucoup de nerf et de brillant; elle a une grande analogie avec les produits similaires des hautes Cévennes; elle offre même plus de fermeté comparativement, cl’oû il faut conclure que les bonnes races de vers à soie, loin de dégénérer, s’améliorent en Algérie.
- Le jury central décerne à M. Gilles une médaille de bronze.
- Mme veuve MARECHAL, fermière à Mustapha-Supérieur, près Alger.
- Elle a envoyé 2 2 flottes de soie grége, dont 7 jaunes et 15 blanches, filées à la pépinière centrale du Gouvernement à Alger, en 1848. Bien que la soie ait été altérée par l’air et la poussière de l’exposition, l’intérieur des flottes, brillant et nerveux, dénote une bonne éducation des vers qui l’ont produite.
- Le jury engage Mmc Maréchal à redoubler de soins minutieux
- 2 A.
- Médailles de bronze.
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- Mentions
- honorables.
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- pendanl le cours de ses éducations; c’est à ce prix quelle obtiendra de très-bons résultats.
- Le jury central décerne à Mme veuve Maréchal une médaille de bronze.
- M. MORIN, propriétaire à El-Biar, près Alger.
- 11 a envoyé dix-huit flottes de soie grége provenant de son éducation de 1847, et filée à la filature centrale du Gouvernement, à Alger. Cette soie, d’une belle nuance pour lejaune, ordinaire pour le blanc, présente un brin ferme et de bonne qualité; deux flottes blanches surtout sont remarquables.
- En 1849, M’ Morin a récolté 90 kilog. de cocons, qui ont produit 7 kilog. de soie, filée à la filature centrale du Gouvernement, à Alger.
- Le jury central, considérant que ces débuts ont de l’importance pour un pays où tout était à faire, donne à M. Morin, pour l’ensemble de ses produits, la médaille de bronze.
- M. Raymond LALANNE, à Blidah, arrondissent1 d’Alger.
- M. Lalanne a envoyé un buisson de cocons de son éducation de i84q, dont le produit, 60 kilogrammes de cocons, a été livré à la filature centrale du Gouvernement. N’ayant pas été étouffés, les papillons ont percé ces cocons , qui présentent de la régularité dans la forme et de la finesse de grain, Sans cet accident, le jury les eût fait filer à Paris, pour les mieux apprécier. Néanmoins, il accorde à M. Lalanne, une mention honorable.
- M. Jean-Pierre MAZERES, propriétaire cultivateur, à Dely-Ibrahim, près Alger.
- M. Mazères, dont les défrichements, plantations et cultures, dirigés avec beaucoup de soin et d’habileté, ont servi de modèle aux colons ses voisins , expose cinq flottes de soie grége, dont trois blanches et deux jaunes, filées à la pépinière centrale du Gouvernement, à Alger, en 1847- Ces s°ies» d’un titre élevé et nerveuses, laissent entrevoir les seins qui ont dû être donnés à- l’éducation dont elles proviennent. Il s’y trouve des gros fils et des mariages, ce qui lient à la filature, et elles ont souffert de leur exposition au soleil et à la poussière.
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- En 1849, Mazères a obtenu 28 kilogrammes 4oo grammes de cocons, qui ont produit 3 kilogrammes 3oo grammes de soie filée. Le jury donne à M. Mazères une mention honorable.
- LA PÉPINIÈRE CENTRALE DU GOUVERNEMENT, à Misserghin (déparlement d’Oran,)
- Elle expose deux buissons de cocons de l’éducation de 1849. L’aspect de ces cocons dénote que l’éducation du ver à soie est encore à l’état d’enfance dans la partie occidentale de l’Algérie ; mais rien n’indique que de nouvelles tentatives, faites sur une plus grande échelle, ne puissent pas un jour être couronnées d’heureux résultats.
- Le jury central appelle ces résultats de tous ses vœux, et accorde une citation favorable.
- M. CHUFFART, à Birmandreïs, près Alger.
- Il a envoyé un buisson de cocons de son éducation de i84q- Ces cocons, blés à la filature centrale des Champs-Elysées, à Paris, à 4/5 cocons, ont donné une soie nerveuse et d’un blanc magnifique du titre de 14 et i4 1/2 deniers. Si les cocons, au lieu d’avoir été étouffés au four et desséchés outre mesure, avaient été étouffés dans de bonnes conditions de vapeur, cette soie eût présenté tous les caractères de la plus grande richesse. Quoi qu’il en soit, ce début de M. Chuffart dans l’élève du ver à soie fait concevoir l’espérance que cet honorable colon portera à cette belle industrie les soins minutieux et éclairés qu’il a si bien su appliquer à d’autres productions.
- Le jury renvoie la récompense à accorder à M. Chuffart pour l’ensemble de ses produits à celle que lui décerne la section de culture ( Algérie ).
- § 3. COTONS. >
- M. E. Dolfus, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La commission mixte du jury, désignée pour l’examen des produits de l’Algérie, a porté son attention avec un vif intérêt sur les échantillons de coton en laine, lesquels prennent rang parmi les articles si nombreux et si variés que nous envoie
- Citation
- favorable.
- Mention pour ordre
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- Mention >our ordre
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- notre colonie d’Afrique, qui aspire de plus en plus chaque jour à devenir terre française par les progrès de son agriculture, de son commerce, de son industrie, comme elle l’est déjà par le patriotisme de ses habitants, et par la loi qui détermine sa situation administrative et politique.
- M. HARDY, directeur de la pépinière centrale du Gouvernement, à Alger,
- Il a fait parvenir un grand nombre de types de coton, récolté tant à Alger qu’à Philippeville , Misserghin et Arbal (près d’Oran).
- Les sortes provenant d’Alger consistent principalement en Louisiane et Jumel. Les colons sont très-beaux, et ne le cèdent en rien aux espèces similaires qui nous viennent des Etats-Unis et de l’Egypte, à l’exception peut-être du dernier, qui présente un pets moins de longueur. Il existe aussi, dans la même collection, un échantillon de coton Macédoine, de très-belle qualité, et plusieurs autres sortes, de couleur nankin et blanches, qui reproduisent assez fidèlement les types de leur provenance originaire.
- Les sortes récoltées à Philippeville sont des Malle et des Castel-lamare, les premiers nankins, les autres blancs, au moins aussi beaux que les meilleures qualités tirées de ces contrées.
- Le type provenant de Misserghin (sorte dite Jumel), est très-long, fin, soyeux, blanc, et porte le caractère, même amélioré peut-être sous certains rapports, des colons qui nous viennent d’E-gypte.
- Enfin, un autre échantillon, non moins remarquable, est celui représentant la sorte récoltée à Arbal (près d’Oran), qui est du Géorgie, longue soie. Ce coton n’est pas égrené, mais il est fort beau, blanc, brillant, fin, long et soyeux, présentant toutes les qualités qui distinguent celle espèce particulière.
- Une mention est encore due ici à un produit exposé, dans lequel le colon brut entre pour une forte part. Ce sont des chapeaux de feutre, fabriqués avec un mélange composé de 4/5" de coton nankin, récolté à Alger, et i/5° de poils de lapin. Ces feutres sont communs, sans doute, mais sont d’un très-bas prix et paraissent devoir faire un bon usage. Ce serait une application heureuse que celle qui permettrait de tirer parti, pour ce genre de fabrication, qui pourrait devenir importante pour la localité, de ce nouveau produit de l’agriculture de l’Algérie.
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- M. Hardy mérite les plus grands éloges pour les soins constants et intelligents qu’il apporte aux essais divers de culture confiés à sa direction. Le jury, en rendant hommage au zèle aussi actif qu’éclairé de M. le directeur de la pépinière centrale d’Alger, recommande cet honorable fonctionnaire à la bienveillance toute spéciale du Gouvernement.
- M. TIIEIS, directeur de la pépinière du Gouvernement, àBône (département de Gonstantine).
- Il a envoyé des échantillons de coton Louisiane, récolté à Bône. Ce coton est d’une blancheur et d’une netteté remarquables. Il est fin, soyeux et de la longueur habituelle du Louisiane. L’on peut dire que ces types ne sont en rien inférieurs aux plus beaux classements de la même sorte, récoltée aux Etats-Unis.
- M. Theis mérite des éloges pour les soins donnés à ses essais de culture, aussi le jury se fait-il un devoir de le recommander à toute la bienveillance du Gouvernement, et il lui décerne une médaille de bronze.
- M. SAVONA, à Bône (département de Gonstantine).
- Il a fait parvenirdeux échantillons de coton, cullivéchez lui à titre d’essai, une sorte, appelée Castellamare, Tune rouge, l’autre blanche. Ces cotons ne sont pas égrenés. La variété rouge est courte, celle blanche, par contre, présente des fdaments assez longs, forts et passablement fins, et peut, dès lors, être assimilée aux bonnes sortes du Levant.
- Le jury applaudit aux efforts de M. Savona, et lui accorde, comme récompense, une mention honorable.
- MM. ROZEY et COPPÏN, à Ouled-Fayet (département d’Alger).
- Us présentent un échantillon de coton dont la qualité lient le milieu entre les cotons d’Egypte (Jumel), et les sortes dites Louisiane, des Etats-Unis. C’est un coton blanc, long, lin et soyeux, mais manquant de nerf. Celte circonstance doit sans doute être attribuée à un accident survenu à la récolte. Le jury récompense les essais en (repris par M. Rosey et Coppin, en accordant une citation favorable.
- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
- Citation
- favorable.
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- Médailles de Lronze.
- Médailles
- d’argent.
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- § 4. LAINES.
- MM. CIIIRÀT, à Bône ( Constantine ), et JONQUIER à Oran.
- Ils ont envoyé quelques échantillons de leurs toisons. Ces premiers essais, qui laissent encore à désirer, sont pourtant une preuve de ce qui peut être fait pour l’amélioration des races ovines du pays. Les constants efforts de ces messieurs méritent une récompense : aussi le jury central s’empresse-t-il de leur décerner à chacun une médaille de bronze.
- MINOTERIES ET COUSCOUSSOUS.
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- M. Payen, rapporteur.
- MM. LAYA et C°, faubourg Babeloud, à Alger.
- L’établissement de MM. Laya et compagnie comprend 5 paires de meules, les bluteries et accessoires; son moteur se compose d’une machine à haute pression de la force de 20 chevaux.
- Cette usine, la plus considérable de ce genre en Algérie, a fourni, des les premiers temps de son installation, des farines de qualités supérieures à celles que l’Algérie tirait de Livourne pour les pains de luxe et la pâtisserie.
- MM. Laya et compagnie emploient les blés durs, ils livrent annuel-lementenviron 4o,ooo hectolitres de farines, de qualité telle, qu’on l’applique à la confection des pains les plus recherchés et qu’on peut cependant vendre deux centimes au-dessous de la taxe officielle. En tirant un meilleur parti des blés, la minoterie de MM. Laya a élevé le prix de la matière première et rendu ainsi des services à la colonie. En effet, cette entreprise a pu seule, jusqu’ici, acheter les blés au même prix que l’administration du Gouvernement. Le jury central décerne une médaille d’argent à MM. Laya et compagnie.
- M. LEBAILLE. (Département de Constantine.)
- M. Lebaille a fait construire en i8/»3 un moulin à vapeur nui
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- par une force de 16 chevaux, garni de 4 paires de meules' et desservi par 15 ouvriers.
- Cette usine peut livrer annuellement environ i5,ooo quintaux de farine. Elle a facilité les approvisionnements militaires, livré aux Européens des farines de bonne qualité à des prix plus bas que ceux des farines importées, et supplée avec un grand avantage la mouture à bras en usage chez les indigènes.
- Ce résultat est digne de toute l’attention du jury, car un pareil changement dans les habitudes conduit directement à l’amélioration du sort des femmes arabes eu les exonérant d’un travail pénible, insalubre et grossier ; il réalise ainsi l’une des conditions les plus favorables aux premiers pas vers une civilisation délinilive, en gagnant à notre cause un très-grand nombre d’opinions personnelles influentes.
- Le jury central, appréciant l’utilité et la bonne direction de cet établissement, l’excellent exemple qu’il donne dans l’intérêt de la civilisation chezles Arabes et dans l’intérêt de la colonisation, décerne à M. Lebaille une médaille d’argent.
- MUSTAPHA-BEN-KERIM, à Bône (département de Constantine).
- Cet exposant se livre à la préparation en grand du kouskous, aliment gi’anuleux qui contient toute la substance nutritive du blé, et que l’on emploie comme une base générale de l’alimentation sous forme d’un potage agréable cuit à la vapeur du bouillon.
- Cette préparation utile a fixé l’attention du jury et mérité une médaille de bronze.
- MM. Léopold MOUPiEN et Cle, moulins de l’Ouest, à Alger.
- MM. Léopold Mouren et compagnie se livrent avec succès à la mouture, des blés tendres, dont ils obtiennent de belle farine blanche et à la préparation des semoules avec les blés durs-, ils confectionnent en outre des orges perlés.
- Le jury central leur donne une mention honorable.
- Médaille de bronze
- Mention
- honorable
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- CHAPITRE SIXIÈME.
- INDUSTRIES DIVERSES.
- M. Natafis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les objets dont l’examen nous a été confié se divisent naturellement en deux groupes; il était convenable de séparer les produits plus ou moins ouvrés, qui servent de matière première dans certaines industries, de ceux qui ont reçu une façon et une destination définitives.
- Il n’a pas été possible au département de la guerre de nous donner des renseignements sur la production, le commerce ou la fabrication de ces articles divers, et de nous en faire connaître les prix réels. En l’absence de toute information exacte, nous avons dû nous borner à apprécier et à constater le mérite du travail des échantillons exposés.
- La sellerie et la fabrication des bottes et des babouches sont les industries qui paraissent le plus avancées; elles doivent leur réputation bien plus à l’excellente qualité des cuirs et des maroquins qu’à l’habileté des ouvriers. Les nombreux échantillons de vannerie, de marqueterie, de sculpture sur bois, de broderie en or, en argent ou en soie, etc., offrent, comme exécution, peu d’intérêt; on y remarque sans doute des dessins et des modèles pleins d’originalité, de goût et d’élégance, mais on trouve les mêmes mérites réunis dans les ouvrages des peuplades sauvages de l’extrême Orient, des Malais, des Tagals ou des Dayaks.
- A quelque race qu’elles appartiennent, les peuplades qui vivent sous la tente de feutre ou dans la hutte de bambou ont les mêmes habitudes, nous sommes tenté de dire les mêmes traditions de travail. A Bornéo, à Luçon, aux Mo-luques, comme en Algérie, même simplicité de moyens, même caractère d’ornementation, peut-être plus de finesse d’exécution, plus d’adresse et de sûreté de main, et toujours prix
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- modique. Il ne faut donc pas attribuer à ces divers articles arabes une valeur qu’ils n’ont jamais eue; mais, parce qu’ils ne sauraient être comparés aux produits de l’industrie savante de l’Europe et de l’industrie naturelle de l’Océanie, ce n’est pas à dire pour cela que la production doive en être découragée.
- La vannerie, la boissellerie, la broderie, la sellerie même, ont, en Algérie, une importance économique plutôt qu’industrielle; elles sont, en quelque sorte, inséparables de la vie sous la lente, et précieuses par l’alternance qu’elles offrent avec les travaux agricoles. Dans cette mesure, ces industries et plusieurs autres ont une utilité réelle, sous la condition, nous le répétons, d’être subordonnées aux exigences de la culture du sol, et de tirer parti surtout de produits indigènes. Au reste, les Arabes sont les meilleurs juges du développement qu’il convient de donner à telle ou telle fabrication : l’industrie est mieux assise et plus longtemps prospère sous le régime de la liberté que sous la tutelle de l’Etat.
- Nous avons divisé ainsi les produits des industries diverses dont l’examen nous était confié :
- ï . Plumes d’autruche.
- 2. Crin végétal.
- 3. Chapeaux en feutre de coton et de poil.
- 4. Vannerie. (Nattes et chapeaux. Corbeilles et paniers.
- Eventails et écrans.)
- 5. Bois ouvré. (Boissellerie. Marqueterie et tabletterie.
- Sculpture.)
- G. Chaussures. (Babouches. Bottes. Mules.)
- 7. Sellerie.
- 8. Gaînerie.
- 9. Broderie; passementerie; travail à l’aiguille.
- Les divers objets classés dans les catégories ci-dessus sont, en Algérie comme en France, fabriqués, non pas dans des ateliers, mais en chambre; ils sont le produit du travail des tribus qui vivent sous la tente, ou d’ouvriers qui sont isolés et établis dans les villes. 11 était difficile de déterminer ces divers producteurs à exposer eux-mêmes leurs ouvrages, et c’est grâce
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- aux acquisitions faites par la préfecture d’Oran , au zèle obligeant de Sidi-Hamida, mufti d’Oran; du colonel Walsin d’Esterliazy, directeur du bureau arabe d’Oran ; de Maklouf-Kalfoun, négociant d’Oran ; d’Ismaël Oueld-Koede, lieutenant, de spahis et maire du village des nègres, banlieue d’Oran ; de Si-Bouzian-o-Biedha, d’Oran; de Si-Mustapha-ben-Brabim, d’Oran; de Si-Abd-ei-Kader-o-Errin, d’Oran; c’est, disons-nous, grâce à eux que nous avons pu juger de quelques-unes des petites industries arabes.
- M.kiaiiie SIDI-IIAMIDA, mufti d’Oran, pour les selliers, les brodeurs, les vanniers et les tisserands d’Oran.
- Ces fabricants doivent au zcle empressé et au désintéressement de leur mufti l’envoi à l’exposition des produits de leur travail. Nous signalerons plus loin les mérites qui distinguent ces échantillons, et nous aurons lieu de féliciter les brodeurs, entre autres, de leur habileté et surtout de leur goût original.
- Dans l’ignorance où nous sommes des noms de ces divers fabricants, nous avons pensé devoir les confondre tous dans une même récompense, et la décerner à Sidi-Hamida, qui est leur chef religieux, leur élu au conseil municipal d’Oran, et dont le concours en toutes circonstances a été utile à l’administration française.
- Le jury central, autant pour honorer Sidi-Hamida, mufti d’Oran, que pour encourager les fabricants dont les œuvres ont figuré à l’exposition, décerne une médaille d’argent à Sidi-Hamida, qui a présenté les ouvrages des selliers, des brodeurs, des vanniers et des tisserands d’Oran.
- S Ier. PLUMES D’AUTRUCHE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- Un négociant d’Oran, Maklouf-Kalfoun, a présenté des plumes d’aulruclie des Hauts-Plateaux, les unes noires, du prix de 12 francs le kilogramme, les autres blanches, à 3 francs la pièce. On ne peut juger, d’après quelques échantillons de choix, de la qualité et de la valeur réelle de ces plumes, qui sont obtenues ordinairement par voie d'échange avec les peuplades de l’intérieur de l’Afrique.
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- § 2. CRIN VÉGÉTAL.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- Le palmier nain (chamærops humilis) est très-abondant en Algérie, et surtout sur le littoral. Il rend improductives d’immenses étendues de terrain, et la difficulté de son extraction est telle, qu’on n’estime pas à moins de 5oo francs la dépense de défrichement par hectare ; sur certains points on a dû renoncer à la mise en culture. Le désir de tirer partie d’un produit abondant et sans valeur, de compenser par cette utilisation les frais de défrichement, a fait trouver le moyen de transformer en papier et en crin les feuilles du palmier nain.
- On connaît les inconvéniens qui résultent de l’emploi de la laine et du crin pour la garniture des matelas et des meubles, et l’on a essayé de remplacer ces matières par l’agave, la caragale, la zostère, etc. L’usage de cette dernière plante est aujourd’hui assez répandu. Le palmier nain, converti en crin , est à peu près inodore, durable, souple, mais peu élastique; il peut être cardé deux eu trois fois sans se briser et donne peu de déchet. Il trouve déjà un utile emploi pour la garniture des voitures et de certains meubles, et il est, sans contredit, de beaucoup préférable aux mélanges de crin et d’étoupe que les tapissiers et les carrossiers emploient si souvent pour les ouvrages à prix réduit.
- L’application est trop récente pour qu’aucun résultat puisse être invoqué pour ou contre ce nouveau crin. Il y a cependant lieu de mentionner deux rapports favorables de la société agricole de l’Algérie.
- MM. ÂVERSENG et C1E, à Toulouse,
- Ont. été brevetés, le 7 juillet 1847, pour la conversion en crin, par le peignage et la teinture, de la feuille du palmier-nain : ils exploitent ce brevet à Toulouse, depuis les premiers mois de i848, et occupent à ce travail quarante ouvriers.
- MM. Averseng et compagnie vendent 90 centimes le kilog. leur crin végétal, c’est-à-dire à 5o p. 0/0 meilleur marché que la soie de porc. Il pèse, à volume égal, à peu près moitié moins que le crin animal, et offre l’avantage d’être moins attaqué par les vers. Trente-quatre tapissiers , carrossiers et tailleurs de Toulouse attestent que sa qualité est satisfaisante, et une vente de 2 5,oookil.,
- Mention
- honoi’able.
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- Citation
- favorable.
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- faite à cent dix personnes diverses, en deux cent vingt-deux livrai sons dans les onze derniers mois, prouve que l’usage de ce crin commence à se répandre.
- Le jury central, désireux d’encourager une fabrication qui fait détruire et utiliser une plante dont la présence est un obstacle à la mise en culture du littoral algérien, accorde à MM. Aversen et compagnie une mention honorable. Le jury espère que, l’expérience justifiant les prévisions des tapissiers et des carrossiers toulousans, il pourra, à l’exposition prochaine, récompenser plus dignement l’invention et les efforts de ces intelligents fabricants.
- M. BÉNIER, à Alger.
- Le brevet de M. Bénier porte la date du 27 novembre 1847; il est par conséquent postérieur de quatre mois et demi à celui de MM. Averseng et compagnie.
- M. Bénier est un ouvrier tapissier qui paraît avoir eu à peu près en même temps que ses concurrents l’idée de convertir en crin la feuille du palmier nain. Il vend ce crin 75 centimes et 1 franc le kilogramme.
- Par les considérations qui ont été énoncées plus haut, le jury accorde à M. Bénier une citation favorable.
- S 3. CHAPEAUX EN FEUTRE DE POIL ET DE COTON.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- On a plusieurs fois essayé non pas de feutrer le coton, mais de le faire entrer pour une proportion aussi forte que possible dans la composition du feutre pour chapeau. Jusqu’à présent les essais avaient été en France peu multipliés, et entrepris avec peu d’activité et d’habileté, tandis qu’en Angleterre on a obtenu d’assez beaux résultats.
- L’exposition des cotons algériens a donné l’idée de renouveler ces essais : MM. Vincendon fils, de Bordeaux, et Ernoux, de Paris, les ont faits séparément et sont arrivés à produire des chapeaux d’un prix très-modique et d’une qualité satisfaisante.
- Le coton nankin de la pépinière centrale d’Alger, tant par la nature de sa laine que par sa couleur, doit être préféré pour cette fabrication, et il n’est plus douteux que l’on en tirera un utile parti dans le travail de la chapellerie de feutre.
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- M. VINCENDON fils, à Bordeaux (Gironde).
- Il a fait un chapeau avec moitié coton nankin et moitié poil de lièvre, et un autre avec deux tiers poil de lapin et un tiers coton Louisiane ; ces deux cotons provenaient de plants de la pépinière centrale d’Alger.
- Le feutre est compact, souple, léger; il ne laisse rien à désirer sous le rapport de la cohésion et de la fermeté. Il faut attribuer à la rapidité avec laquelle les chapeaux ont été faits sans essais préalables, quelques défauts qui disparaîtront lors d’un travail mieux suivi.
- M. Vincendon estime pouvoir livrer à 3 francs ( i/3 matière, 2/3 façon) des chapeaux bien faits et d’un excellent usage; il annonce être parvenu à teindre avec régularité en noir le feutre moitié lièvre et moitié nankin.
- M. ERNOUX, passage Sainte-Àvoye, n° 9 , à Paris.
- Il a exposé des chapeaux faits avec i/3, i/4, i/5e de poil de lapin et 2/3, 3/4,4/5° de colon nankin de l’Algérie. Il a produit le compte de revient de l’un d’eux, nous le reproduisons :
- 93 grammes de coton nankin, estimé à 2 francs lekilog.... 0f 19°
- 30 idem de poil de lapin, à 8 francs le kilog........... 24
- Feutrage..................................................... 60
- Appropriage et apprêt........................................ 30
- Garniture et façon........................................... 30
- 1 63
- Tout .en tenant compte de la faible proportion de poil et de la modicité du prix, nous n’avons pas été satisfaits de la qualité du feutre; il est creux, mou, peu nerveux, et prend l’eau facilement.
- L’application du coton à la chapellerie de feutre n’est convenable et utile que dans de certaines limites ; il ne faut pas oublier que le coton ne se feutre pas, et recommencer en 1849 cette mauvaise fabrication contre laquelle s’élevait, il y a soixante ans, Roland de la Platière l.
- 1 Encyclopédie méthodique. Manufactures, arts et métiers, 1785, tom. Ier, pag. 151.
- tVIéiitions pour ordre.
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- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
- § 4. VANNERIE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- 1. NATTES.
- Les naltes exposées, l’une de Nédroma, l’autre de la tribu des Béni-Snous, sont assez grandes : 5 mètres 5o centimètres de long sur î mètre 70 centimètres de large, et 3o francs, tels sont les dimensions et le prix de la seconde ; 5 mètres 4o centimètres sur 80 centimètres, et 20 francs, tels sont ceux de la première. Ces naltes, faites en dattier, sont solides, épaisses et moelleuses ; car, pour protéger contre l’humidité du sol, elles sont en quelque sorte fourrées par dessous. Le dessin est une suite de rayures irrégulières, unies et façonnées; mais, quoique de gros fils de laine de couleur interviennent pour varier la disposition, l’effet général n’a pas l’élégante originalité des nattes malaises ou chinoises.
- Les femmes de la tribu des BÉNI-SNOUS (Tlemcen).
- La tribu des Béni-Snous est renommée ponr la fabrication des nattes ; ce sont les femmes qui seules préparent les brins de dattier et lissent les nattes. Une ouvrière habile en fait en vingt-cinq jours une de 5 mètres 1/2 sur 1 mètre 20 cent., du prix de 2 5 francs environ.
- Le jury central, en engageant les femmes des Béni-Snous à varier et soigner davantage le dessin et le travail des naltes, leur décerne une médaille de bronze.
- La tribu des OULASSAS.
- Elle fait en palmier des chapeaux ( med’heî ) d’une forme originale, épais, un peu lourds, mais solides, imperméables à la pluie et au soleil ; ils sont ornés de fds de laine grossière teinte en bleu. Le prix est de 10 francs.
- Le jury accorde à la tribu des Oulassas une mention honorable.
- 2. CORBEILLES ET PANIERS.
- Les plateaux, les corbeilles et les paniers sont faits avec la feuille du palmier nain, qui, très-abondant en Algérie, sert aussi à tresser des cordes, tisser des nattes et faire des coussins.
- La forme de ces articles de vannerie est très-simple et, en géné-
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- ral, peu gracieuse. La feuille de palmier est enroulée autour d’une âme formée de brins de feuille, et ce travail assure la solidité des objets. Ils sont ornés, selon le goût des Dayaks et des Javans, de petits morceaux ou de lanières de drap écarlate et bleu de roi disposés en damier. Sur quelques corbeilles à jour, plus coquettement enjolivées, les dessins sont produits par l’intercalation de cuir, de drap et de laine fdée de diverses couleurs. La fermeture de la plupart des paniers est presque hermétique. 3 et 6 francs, tels étaient les prix inscrits sur les échantillons exposés.
- SAAD-BEN-BARKA, à Bône , département de Constan-tine.
- Il a exposé des paniers en feuilles de palmier nain solides et bien faits, du prix de 4 et 5 francs.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- 3. ÉVENTAILS ET ÉCRANS À MAIN.
- Les éventails arabes ont la forme d’un drapeau déployé; ils sont tressés avec des filets de bois ou avec la feuille de palmier, quelquefois unis, le plus souvent garnis à l’entour de houpettes de soie floche jaune d’or et verte, ou blanche et amarante, ou blanche et bleue. La surface des éventails riches est ornée d’étoiles, de palmes, de rosettes, d’anges, de cœurs, et d’une centaine d’autres petits sujets en paillon estampé, jaune, cramoisi, bleu, vert, etc. Enfin quelques-uns sont recouverts de mérinos blanc ou de soierie lamée d’or, et sur ce tissu sont aussi appliquées des paillettes estampées de toute forme et de toute couleur. Le prix des éventails à Oran est, selon leur richesse, de i à 6 francs la pièce.
- On fait aussi à Oran des éventails ou écrans à main en plumes d’autruche noires ; le centre est enrichi d’une broderie d’or et d’argent sur velours pourpre. Le manche est en argent ciselé. Ces éventails se vendent de 15 à 20 francs.
- § 5. BOIS OUVRÉ.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- 1. BOISSELLERIE.
- La commission du département de Constanline a envoyé à l’ex* 1. 22
- Mention
- honorable
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- Mention pour ordre.
- Mentions
- honorables.
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- position quatre grandes écuelles en bois d’orme, de frêne et de châtaignier, et une coupe en bois de masrad ; le prix de ces articles est de 2, 3 et 5 francs la pièce. Ce sont moins des échantillons de la boisseîlerie de la tribu des Béni-Salah que des témoignages de la beauté des arbres du pays.
- Cette boisseîlerie est grossière, lourde, incommode et chère; il est déplorable de voir sacrifier, pour façonner de mauvaises écuelles, des arbres séculaires, d’un diamètre de 5o à 8o centimètres, dont la tranche est parfaitement saine, et dont le débitage pour le charronnage, l’ébénislerie et la charpente, serait si avantageux.
- Il faut espérer que l’on éclairera la tribu des Beni-Salah sur ses véritables intérêts, et qu’elle comprendra enfin la valeur de ses produits forestiers.
- 2. MARQUETERIE ET TABLETTERIE.
- Parmi les nombreuses essences d’arbres indigènes de l’Algérie, plusieurs peuvent être employés avec avantage pour la marqueterie et la tabletterie; parmi elles on cite le cèdre, le jujubier, le cyprès veiné, la bruyère, le laurier, le caroubier, l’olivier sauvage, le palmier, etc. Un buvard exposé par M. Converso, deBône, montre le parti que l’on peut tirer de ces bois, dont le grain, plus ou moins fin et satiné, est diversement coloré.
- 3. SCULPTURE.
- M. JALABERT, à Alger.
- Il a exposé une sculpture en cœur de jujubier. Une Mauresque jouant du tam-tam et un marabout, tels sont les deux sujets exécutés par M. Jalabert. Les ornements arabes des niches sont assez bien traités; l’ensemble ne répond pas au prix élevé (25o francs) qui est indiqué.
- Le jury, désireux d’encourager les travaux qui ont pour but l’emploi libre des produits indigènes algériens, mentionne ici pour ordre M. Jalabert.
- MOHAMED-OULD-BARBÀR-ALI et KEDJI-MOHAMED, à Mostaganem (Oran.)
- Chacun d’eux travaille seul à Mostaganem, et fabrique par an
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- environ 5oo fourneaux de pipe qui sont vendus à Oran, à Alger et à Mostaganem 4 et 5 francs, selon la grandeur.
- Ces fourneaux de pipe sont faits en bois dur, rouge-brun foncé, d'un grain fin ; leur forme est peu variée, et leur sculpture assez grossière. Des ornements en pointes de cuivre et en grains rouges incrustés ajoutent à l’originalité de ces pipes.
- La sculpture et l’incrustation peuvent être aisément exécutées avec plus de finesse et de correction ; néanmoins, le jury accorde des mentions honorables à Mohamed-ould-Barbar-Ali et à Kedji-Mohamed.
- § 6. CHAUSSURES.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- La fabrication des babouches en maroquin (belgha) est assez active dans le département d’Oran, et principalement à Tlemcen. Il y a dans cette dernière ville quarante cinq belghadji; chacun d’eux peut être considéré comme occupant trois ouvriers, qui font, l’un dans l’autre par jour, deux paires de belgha du prix moyen de î fr. 25 cent.; la vente annuelle est estimée à x20,00.0 francs.
- Ces babouches sont ou tout en maroquin, ou semelle en vache et recouvrement en maroquin. Elles sont ou jaune citron, ou rouge vif, et presque toujours enjolivées par des gaufrures ou par des coutures en fil d’argent. Leur qualité est en tout point excellente, car elles sont établies en belle et bonne matière, solidement montées et cousues. Le prix est de x franc à 1 fr. 5o cent, la paire.
- 1. BABOUCHES.
- La corporation des BELGHADJI de la ville d’Oran.
- La corporation des BELGHADJI de la ville de Tlemcen.
- Les babouches qui ont figuré à l’exposition attestent l’excellente fabrication des belghadji d’Oran et de Tlemcen; le choix de la matière est non moins intelligent que le travail.
- Le jury central décerne, aux corporations des fabricants de belgha, d’Oran et de Tlemcen, des médailles de bronze.
- Médailles de bronze.
- 22.
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- Mention pour ordre
- Mention
- honorable.
- Mention pour ordre.
- _ 340 —
- 2. BOTTES.
- HADJI-MOHAMED, à Oran.
- La préfecture d’Oran a acquis de M. Abudharam et a envoyé à l’exposition des bottes en maroquin orange, piquées et brodées en argent, qui ont été faites par Hadji-Mohamed. Nous aurons occasion de revenir sur cet habile brodeur.
- SI BEN-ABDI, à Constantine (Algérie).
- Il a exposé des boites de cavalier (mest) en maroquin rouge, ornées de gaufrures et de lacets en fd d’argent sur la couture. Ces boites sont en belle qualité, d’une bonne coupe et bien établies.
- Le jury central mentionne honorablement Si Ben-Abdi.
- Les autres chaussures exposées sont aussi en maroquin; la plupart sont des mest (botles de cavalier). Le cuir et la confection sont excellents, comme ceux des belglia; aussi toutes ces chaussures durent-elles fort longtemps.
- Les botles de Bou-Maza n’élaient pas un des moins curieux échantillons.
- 3. MULES.
- Les mules d’Oran et de Constantine sont tout à fait pareilles aux chinellas que portent les mélisses chinoises et tagales de l’île Luçon. Ces mules ont la semelle en maroquin rouge; l’intérieur est garni de damas de soie cramoisi, et le recouvrement est en velours vert émeraude ou pourpre, brodé en or fin et orné de paillettes. Leur prix est de 6, 7 et îo francs la paire.
- § 7. SELLERIE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- SI EL-BEY-BEN-BOU-RAS, à Constantine.
- La selle, dite serdj-omarci, ornée de riches broderies en soie, or et argent, est bien coupée et faite en beau maroquin rouge. Le porte-selle, en peau d’âne, est d’une cambrure jolie et commode ; la qualité en est excellente.
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- SI ABÈS-BEN-BARKAT, à Constantine.
- Il a exposé tous les accessoires de la selle faits en maroquin rouge, avec gaufrures légères, piqûres en soie et broderies en or et argent, sur velours noir. Le balaskra (cartouchière), les chenlaya (porle-pistolets), les tarkiba (porte-éperons), et le djibira (gibecière), sont confectionnés avec un grand soin, et les dessins qui les décorent sont élégants et bien exécutés.
- Le jury central décerne une médaille de bronze à Si Abès-Ben-Barkat.
- M. BOULANGER, à Alger.
- Il a exposé, entre autres articles de sellerie, une selle d’ordonnance à la hussarde pour officier, du prix de 90 francs, et une selle demi-crapaud élastique, valant 115 francs. Piquées et matelassées en plein, établies en bonne peau de cochon sur une membrure solide, ces selles attestent une fabrication habile et soignée.
- Le jury central décerne à M. Boulanger une médaille de bronze.
- SI OMAR-EL-BOU , à Constantine.
- Il a exposé des tarkiba (porte-éperons) en maroquin, brodé en or et en argent sur velours noir ; le rinceau est léger et de bon goût; le travail est soigné.
- Le jury mentionne honorablement Si-Omar-el-Bou.
- Nous regrettons de ne pas connaître les noms des selliers arabes qui ont confectionné les articles suivants, qui ont figuré tà l’exposition :
- Une gibecière de cavalier pour la correspondance, confiée par M. Ismaël-Oueld Koede, lieutenant de spahis et maire du village des Nègres, près Oran; elle est en maroquin rouge, garnie en velours, piquée en soie de couleur, bien établie, faite à Oran et cotée 20 francs ;
- Une bride et un poitrail, envoyés par Sidi Hamida, mufti d’Oran; ces deux pièces en maroquin se distinguent par la richesse et la correction des broderies d’or, d’argent et de soie ; également faites à Oran, elles font honneur au sellier et au brodeur qui y ont travaillé.'
- Médailles de bronze.
- Mention
- honorable.
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-
- Mention pour ordre.
- Médailles de bronze.
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- S 8. GAINERIE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- SI EL-BEN-BEN-BOU-RAS, à Constantiue.
- Il a exposé des portefeuilles en maroquin doublé de velours pourpre avec broderie très-élégante, fond plein, en or fin.
- S 9. BRODERIE. PASSEMENTERIE. TRAVAIL A L’AIGUILLE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur:
- 1. BRODERIE.
- SI EL-BEY-BEN-BOU-RAS, à Constantine.
- Est un sellier-brodeur de Constantine, qui a présenté à l’exposition un ensemble de produits d’une exécution très-soignée. Nous avons déjà signalé ses articles de sellerie et de gaînerie, nous insisterons plus particulièrement ici sur ses broderies. Le chkara (sac à tabac), en drap brodé en fil d’or et paillons, en est le plus bel échantillon. Le dessin est d'un style franc et de bon goût; l’originalité hardie des arabesques n’est pas moins curieuse que l’élégance des coins et de la rosace du fond. Le travail de broderie est assez correct.
- Le jury central décerne une médaille de bronze à Si El-Bey-Ben-Bou-Ras.
- HADJI-MOHAMED, à Oran.
- C’est grâce à l’acquisition, par la préfecture d’Oran, d’objets appartenant à M. Abudbaram que Hadji-Mohamed doit l’exposition de ses broderies sur cuir et sur velours. Le porte-pistolet et la giberne sont des ouvrages remarquables. Le fond est en velours vert émeraude, brodé en or fin et semé de paillettes; les bordures sont en velours bleu lapis, également brodé, et les piqûres sont couvertes par une tresse en losange, en or et argent, très-élégante..Le dessin est de bon goût. La cartouchière est fermée par un double gland en passementerie et corail, ravissant de coquetterie et déjà imité.
- Le jury accorde à Hadji Mohamed une médaille de bronze.
- Nous ne connaissons pas le nom du brodeur des deux porte-monnaie achetés par la préfecture d’Oran à M. Moha ; ils sont en
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- velours vert et pourpre, brodés en or fin. Le travail en est assez soigné et le dessin élégant.
- 2. FILET ET PASSEMENTERIE.
- COUT1EL-ANOCHÉ, à Oran.
- Mention
- honorable.
- Une blague à tabac et une bourse en filet de soie cramoisie, avec glands; une ceinture soie et or, tels sont les échantillons présentés par ce passementier, qui occupe de cinq à dix ouvriers. Ces objets se recommandent par une bonne exécution.
- Le jury mentionne honorablement Coutiel-Anoché.
- Après avoir signalé des bourses longues en filet de soie avec glands, quart-partie noir, jaune, rouge et bleu, et quelques tresses d’or fin, exposées sans nom de fabricant, nous appellerons l’attention sur des bracelets dont le travail de passementerie est très-beau. A un double fil d’or, interrompu par une tresse et terminé par des olives nattées, sont suspendus trois glands, formés par de petites pointes naïves de corail rouge et des anneaux en cuilleron entrelacés; le pendant est terminé par une perle d’ivoire qui s'échappe d’une corolle en passementerie d’or. Cet ensemble est léger, distingué et d’un goût parfait. Nous ne connaissons guère de travail plus fini et mieux entendu.
- 3. TRAVAIL À. L’AIGUILLE.
- Un coussin formé de petits morceaux de drap de cinq à six couleurs éclatantes, assemblés en soleil et séparés par un cordonnet en soie wilstonnée, ouvrage de patience qui n’offre aucun intérêt; un brika} capuchon en cotonnade commune sur laquelle est appliquée une grossière broderie au passé en soie floche de couleurs variées, et qui sert de coiffure aux femmes arabes ; enfin quelques ceintures : voilà les seuls échantillons du travail à l’aiguille des femmes arabes, que nous ayons eus sous les yeux, et nous devons avouer qu’aucun d’eux ne nous a satisfaits.
- § 10. BOIS.
- M. Pépin, rapporteur.
- M‘uo veuve CABANILLAS, fabricant de bois de placage à Alger.
- Les échantillons de bois indigène de l’Algérie, provenant de la
- Médaiil de brou 3
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- Vîen lions morahies.
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- scierie mécanique de Maic veuve Cabanillas, se composaient de cyprès, olivier, myrte, cèdre, thuya articulé, carroubier, etc. Tous ces bois étaient préparés en lames minces et vernis, disposés à servir au placage des meubles. Les couleurs différentes de ces bois et les veines qui en parcourent l’intérieur font supposer des richesses que l’industrie peut retirer de ces arbres indigènes à l’Algérie. Il en est d.’autres encore qui ont un mérite au moins égal, et qui peuvent également être employés à cette industrie : ce* sont les jujubiers, fauoc-ébéniers, tamarioc, dont l’aubier est d’une dureté et d’une couleur remarquables.
- Le jury, pour reconnaître les services rendus par cet établissement à la pi’ovince d’Alger, en attendant l’importance que peut prendre celte industrie, décerne à Mme Cabanillas une médaille de bronze. •
- M. Baptiste JALABERT , colon à Alger, rue de Nemours, n° 6G.
- Le jujubier (ziziphus sativus) est un arbre dont l’intérieur des tiges se compose cl’un obier très-dur, lourd, d’une couleur cerise foncé. M. Jalabert a exposé un magnifique échantillon sculpté du bois de cet arbre, représentant deux ligures dans une sorte de petite chapelle. M. Jalabert exerce la profession de maçon; il n’a pas prétendu envoyer cette sculpture comme objet d’art, mais bien pour faire apprécier les avantages que l’on pourrait tirer d’un arbre qui est très-commun en Algérie, et dont le bois n’est que très-peu connu du commerce.
- Le jury, pour récompenser M. Jalabert, de l’essai de l’emploi du bois de jujubier, lui décerne une mention honorable.
- ADMINISTRATION DES FORÊTS DE L’ALGÉRIE.
- Le Gouvernement français ayant désiré que tout ce qui a rapport aux produits agricoles de l’Algérie fût représenté à l’exposition nationale des produits de l’industrie, l’administration des forêts s’empressa d’envoyer une magnifique collection d’échantillons de bois indigènes, au nombre de 5o espèces. On remarquait parmi ces spécimens un grand nombre d’espèces à bois dur et à aubier de diverses couleurs qui peuvent, aussi bien que nos bois exotiques, servir avec avantage dans les arts et particulièrement dmis l’ébénisterie. L’introduction d’arbres utiles dans l’Algérie permettra un jour de
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- reconnaître les avantages que l’on peut tirer de cette colonie. C’est dans ce but que, depuis 18 ans, l’administration du muséum d’histoire naturelle envoie, chaque année, au jardin de naturalisation, des arbres qui s’y multiplient déjà de graines et se répandront bientôt sur une grande échelle. Tels sont lesacacias delà Nouvelle-Hollande, dont le bois est dur, noir, ressemblant à l’ébène, les casuarina ( fdao), eucalyptus qui atteignent 5o mètres de haut, le pins et sapins de l’Himalaya, ainsi que beaucoup d’autres qui feront un jour la richesse de la colonie.
- Le jury croit, devoir citer de la manière la plus honorable les membres de l’administration des forêts de l’Algérie, pour avoir, par les beaux échantillons qu’ils ont envoyés, concouru à orner l’exposition nationale.
- S1J. CORAIL ET CÉRAMIQUE
- /
- M. Ebelmen, rapporteur.
- M. LOFFREDO, à Bône et la Galle.
- Médaille de bronze
- M. Loffredo, armateur à Bône, se livre habituellement à la pêche du corail avec 5 barques montées par 5o corailliers. La saison de la pêche dure 6 mois, et chaque pêcheur reçoit, en moyenne ,
- 2 5o francs. Chaque campagne produit environ 6oo kilogrammes de corail brut, qui représentent une valeur de 3o,ooo francs.
- La pêche du corail, qui s’exécute avec succès dans les environs de la Galle et de Bône, occupe chaque année 2 à 3oo bateaux corailliers, la plupart étrangers, qui payent à l’État chacun une redevance annuelle de 8oo francs. '
- Le jury, voulant récompenser le seul représentant d’une indus- , trie qui est d’un produit aussi avantageux pour l’État, décerne à M. Loffredo une médaille de bronze.
- M. FABRE, à Bône.
- M. Fabre a établi a Bône une fabrique de tuiles, de briques et de chaux, qui paraît avoir de l’importance; car elle occupe plus de. îoo ouvriers. Les produits qu’elle fournit sont destinés aux environs de Bône. L’établissement de M. Fabre a rendu un véritable service aux propriétaires et aux constructeurs des environs de Bône, en
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- Citation
- favorable.
- Médaille de bronze.
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- leur fournissant des matériaux qu’ils étaient obligés d’aller chercher en France et en Italie, à des prix élevés.
- Le jury décerne à M. Fabre une médaille de bronze.
- MOHAMED-GHEICH, à Bône (Algérie).
- Moliamed-Gheich a exposé quelques pièces de poterie arabe constituant la cuisine d’un ménage. Celte poterie est grossièrement façonnée et vernissée. C’est une fabrication primitive bien inférieure à celles des autres pays musulmans et notamment anx poteries du Maroc. Il est à désirer que celte fabrication se développe davantage en Algérie et que les produits puissent lutter contre les produits similaires étrangers qui sont livrés à bas prix, et qui par leur aspect devront séduire davantage les consommateurs.
- Le jury accorde à Moliamed-Gheich une citation favorable.
- § 12. INSTRUMENTS ARATOIRES.
- M. Moll, rapporteur.
- SI HADJI-GHALABI, fabricant d’instruments aratoires à Bône.
- Il a exposé un araire et une faucille. L’araire est la charrue arabe ordinaire, c’est-à-dire une espèce de binot qui, perfectionné et construit plus solidement, pourrait, comme nos bons binots, rendre de grands services dans certaines circonstances, pour les 2e et 38 labours, par exemple, ou lorsqu’il faut entamer un sol durci par la sécheresse, mais ne saurait remplacer entièrement la charrue proprement dite, c’est-à-dire l’instrument qui, par une section horizontale et verticale, détache la bande de terre et la retourne sous un angle plus ou moins incliné. L’araire en question, malgré ce qu’il a de défectueux, n’est pas saris intérêt; car, outre qu’il est le seul instrument aratoire employé par les Arabes , il est susceptible, comme on vient de le dire, de recevoir des perfectionnements qui permettraient d’en tirer bon parti en Algérie; enfin, le prix en est des plus minimes : 9 francs. L’exposant, avec 3 ouvriers, en fabrique environ i,5oo par an.
- Quant à la faucille, elle n’est pas moins défectueuse, et est condamnée à disparaître devant nos faucilles françaises.
- Le jury, prenant en considération l’importance de la fabrication
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- de Si Hadji-Chalabi, et dans l’espoir de l’engager à la perfectionner, lui accorde une médaille de bronze.
- S 13. PAPETERIE.
- M. Firmin Didot, rapporteur.
- M. FLÉCHEY.
- M. Fléchey, ancien fabricant de papiers, s’est occupé, en Algérie, d’approprier l’aloès, le bananier et la feuille du palmier nain à la fabrication du papier.
- Cette plante, qui couvre sur la côte de l’Algérie, environ 5 à 600,000 hectares, offre beaucoup plus d’avantages que l’aloès et le bananier, vu l’abondance de la matière. La récolte peut en être faite en toute saison, et à temps perdu, par les femmes et les enfants , ce qui deviendrait une source de bien-être pour le pays.
- Les échantillons exposés prouvent que cette matière offre les conditions nécessaires pour fabriquer du papier solide et de bonne qualité.
- Le palmier nain peut être employé sec ou vert : dans le premier cas, son déchet est de 5o p. 0/0; dans le second, des 2/3 de son poids. Ce déchet inévitable oblige donc de traiter le palmier sur les lieux mêmes de production, pour éviter des frais de transport qui seraient en pure perte, d’autant qu’il est plus facile de le traiter à l’état vert.
- Le palmier nain ramassé en grand et à l’état vert ne peut coûter plus de 2 francs les 100 kilogrammes.
- Son déchet étant des 2/3, il faut donc 3oo kilogrammes de palmier vert pour obtenir 100 kilogrammes de pâte à papier, défilée, qui revient à 6 francs. Cette pâte, légèrement blanchie, correspond au chiffon bulle de France (grosse toile grise). Voici les prix comparatifs établis par M. Fléchey, et qui ne s’éloignent pas de la vérité :
- Mention
- honorable
- PÂTE DU PALMIER NAIN.
- Prix de la matière première. . 6
- Blanchiment................. 5
- Trituration................. 7
- 18
- PÂTE ANALOGUE EN FRANCE. Prix de la matière première,
- chiffon huile............... i8f
- Déchet, 33 p. 0/0............... 6
- Trituration..................... 7
- 3i
- Ce qui laisse une assez grande latitude pour que la pâte, ainsi
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- triturée, offre, en Algérie, un grand avantage pour fabriquer sur les lieux les papiers nécessaires à la colonie. Celte pâte pourrait même être exportée avantageusement pour l’Angleterre, où le prix des pâtes du papier est beaucoup plus élevé qu’en France.
- Le jury accorde une mention honorable aux efforts faits par M, Fléchey pour l’application du palmier nain à la fabrication du papier en Algérie.
- FIN DU TOME rHEMIEU.
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- TABLE DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LE TOME Ier.
- PRÉAMBULE.
- Rapport au Président de la République................ Page i
- Arrêté du Président de la République.......................... V
- Circulaires de M. le Ministre de l’agriculture et du commerce. vu
- Membres du jury central....................................... xm
- Constitution du jury central.................................. xv
- Extraits des vœux émis par le jury central....................xxvm
- Distribution des récompenses par le Président delà République. . . xxix
- Liste générale des décorations................................xxxiv
- Discours de Monseigneur l'archevêque de Paris.................xxxvi
- Discours de M. le Ministre de l’agriculture et du commerce.... xl
- Discours de M. Charles Dupin, président du jury central....... xlii
- Discours du Président de la République. ...................... lxvii
- Table alphabétique des fabricants, artistes, ingénieurs, contremaîtres et ouvriers récompensés par le jury central de l’exposition
- de 184g......................................................
- Récapitulation générale du nombre des récompenses décernées à l’exposition de i84g......................................cxcvii
- PREMIÈRE COMMISSION.
- AGRICULTURE ET HORTICULTURE.
- Membres du jury composant la comitoission................... î
- Considérations générales...................................... r
- CHAPITRE PREMIER.
- Agriculteurs non exposants.................................... 7
- Considérations générales...................................... 7
- CHAPITRE DEUXIÈME.
- Première division. — Animaux.................................. 5 i
- S i" Race chevaline et asine............................ 51
- S 2. Race bovine..................................... 6°
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- Considérations générales.................................. Page 60
- §3. Race porcine........................................... 76
- § 4. Race ovine, montons, laines en suins et lavées........ 78
- Deuxième division. — Produits agricoles.......................... g5
- Considérations générales................................... 95
- § ier Cocons, soies grèges, soies ouvrées.................. 95
- § 2. Chanvre et lin...................................... 111
- § 3. Ruches à miel....................................... 113
- S 4. Vins................................................. 118
- § 5. Fromages............................................ 123
- § 6. Tabac................................................. 125
- S 7. Paille à chapeaux. . ................................. ia5
- S 8. Conservation du houblon............................... 126
- CHAPITRE TROISIÈME.
- Machines et instruments servant à l’agriculture.................. 126
- Considérations générales......................................... 126
- S 1" Ateliers de construction, instruments aratoires, charrues.. i34
- § 2. Extirpateurs, scarificateurs, herses, rouleaux........ 167
- § 3. Semoirs, plantoirs, houes à cheval.................... 173
- § 4. Instruments pour la récolte.............. 180
- S 5. Machines pour la préparation des produits agricoles. i83
- S 6. Machines et appareils vinicoles........................ 201
- § 7. Mobilier agricole, instruments divers..........i........ 208
- CHAPITRE QUATRIÈME.
- Première division. — Engrais des fermes et engrais commerciaux... 215
- Considérations générales................................... 215
- Deuxième division. — Drainage des terres....................... 228
- CHAPITRE CINQUIÈME.
- Première division. — Horticulture................................. 225
- Considérations générales...-. ............................. 2 2 5
- § ier Céréales............................................. 2 25
- Riz................................................... 235
- S 2. Plantes agricoles...................................... 238
- § 3. Culture maraîchère.................................... 2 4o
- Deuxième division. — § ier. Fleurs................................ 245
- §2. Fruits.................................................. 264
- Troisième division. — § ier. Pépinières........................... 265
- §2. Arboriculture......... ................................. 272
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- DEUXIÈME COMMISSION.
- ALGÉRIE.
- Membres du jury composant la Commission.............. Page 276
- CHAPITRE PREMIER.
- Culture................................................... 276
- Considérations générales.................................. 276
- § ior Céréales......................................... 276
- § 2. Tabacs........................................... 290
- CHAPITRE DEUXIÈME.
- Substances minérales .................................... 294
- Considérations générales.................................. 294
- § ier Production et élaboration des métaux............. 294
- S 2. Marbres......................................... 298
- CHAPITRE TROISIÈME.
- Produits chimiques........................................ 298
- Considérations générales.................................... 298
- § ior Huiles de l’Algérie.............................. 298
- § 2. Huiles essentielles et eaux aromatiques........... 3o2
- § 3. Matières colorantes............................... 3o5
- Considérations générales.................................. 3o5
- CHAPITRE QUATRIÈME.
- Tissus................................................... 3o9
- Considérations générales......»........................... 3o9
- § xer Tissus divers......'...........................- • • • 3o9
- § 2. Cocons et soies grèges de l’Algérie............... 3x7
- Considérations générales............................... 3i7
- § 3. Cotons............................................ 325
- Considérations générales.................................... 3a5
- CHAPITRE CINQUIÈME.
- Minoteries et couscoussous.................................. 328
- CHAPITRE SIXIÈME.
- Industries diverses......................................... 33o
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- § i". Plumes d’autruche.................................. Page 332
- § 2. Crin végétal......................................... 333
- § 3. Chapeaux en feutre, de poil et de coton.............. 334
- S 4. Vannerie............................................. 336
- § 5. Bois ouvré.......................................... 337
- § 6. Chaussures........................................... 339
- § 7. Sellerie................................................ • 34o
- § 8. Gaînerie......................................... 341
- S 9. Broderies, passementerie............................. 342
- § 10. Bois. ............................................... 343
- Su. Céramique............................................ 345
- S 12. Instruments aratoires....................... 346
- S i3. Papeterie............................................ 346
- FIN DE LA TARLE DU PREMIER VOLUME.
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- CORRECTIONS
- ET ADDITIONS AU PREMIER VOLUME.
- Pages. Ligues.
- 16, 35. M. DECROMBECQ, lisez: DECROMBECQUE.
- 58, 12. M. RIVIÈRE, à Paris, ajoutez: rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 167.
- 77, 20. M. BARTHOLOMON, à Paris, ajoutez: rue Basse-du-Rempart, n° 3o.
- 81 , 8. M. MONOT-LEROY , lisez. MONNOT-LEROY.
- 135, 11. M. A. N. CAMBRA Y, ajoutez: rucSainl-Maur-Popincourt, n° 4 7.
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TOME 2
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- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS DE L’AGRICULTURE ET DE L’INDUSTRIE
- EXPOSÉS EN 1849
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- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS
- DE L’AGRICULTURE ET DE L’INDUSTRIE EXPOSÉS EN 1849
- TOME II
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
- M DCCC .L
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- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE EXPOSÉS EN 1849.
- TROISIÈME COMMISSION.
- MACHINES.
- MEMBRES DU J DRY COMPOSANT LA COMMISSION :
- MM. Combes , président;—Michel Chevalier, Ch. Dupin, Amédée Durand, A. Jullien, Le Châtellier, Mary, Moll, Morin, Pouillet,. A. Séguier, E. Dolfus, M. Gaussen, Arnoux, Pecqueur.
- SECTION PREMIÈRE.
- S 1". MOTEURS ET MACHINES HYDRAULIQUES.
- M. Morin, rapporteur.
- M. Louis-Auguste FROMONT, mécanicien à Chartres (Eure-et-Loir).
- Il est le successeur de M. Fontaine-Baron qui, à l'exposition de i844, a obtenu du jury une médaille d’argent.
- A cette époque, la turbine simple de M. Fontaine-Baron n’avait encore été soumise qu’à un petit nombre d’expériences authentiques, et sa turbine double n’avait pas été étudiée.
- Depuis, des expériences nombreuses;et précises ont été exécutées à la poudrerie du Bouchet, sur une turbine simple, et à la manu-
- Médaille
- d’or.
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- facture d’armés de Châteîleràuît, sur Une turbine double du même système.
- Ces expériences Ont prouvé que la turbine simple, bien proportionnée, rend un effet utile, qui s’élève à 0,70 ou 0,72 du travail absolu du moteur, et que la turbine double jouit de la propriété de fonctionner à volonté, soit avec sa couronne et ses vannes extérieures , dans, les temps de basses eaux et de grandes chutes, soit avec ses deux Couronnes et ses deux systèmes de vannes, lors des crues où les eaux sont abondantes et les chutes réduites, tout en conservant, dans ce dernier cas, la vitesse normale fixée pour les eaux moyennes.
- Dans l’un comme dans l’autre cas, les turbines de ce système, bien proportionnées -, rendent un effet utile, compris entre 0,60 et 0,70 du travail absolu du moteur, même quand elles sont noyées dans les eaux d’aval.
- Leur mouvement peut être régularisé au moyen d’un régulateur à boules; elles réunissent donc toutes les conditions d’un bon moteur hydraulique.
- Le jury accorde une médaille d’or aux constructeurs qui ont succédé aux droits de M Fontaine-Baron.
- Médailles . LAURENT et DECKER, au Châtelet (Vosges).
- d'argent.
- MM. Laurent etDecker exposent une turbine à vannes tournantes, qui a été l’objet d’expériences faites avec soin, d’où on a conclu que ce nouveau récepteur hydraulique rendrait un .effet utile disponible compris entre 0,76 et o,85 du.travail absolu, dépensé par le cours d’eau, ce qui le mettrait au rang des meilleurs moteurs de ce genre.
- D’autres expériences, exécutées au bassin de la rqe. Racine, sur la turbine même qui était exposée, ont conduit à un résultat analogue quand elle avait tous ses orifices, ouverts. |f ‘
- Nous essayerons, èn peu de mots, djp donner urieidée dû dispositif adopté par MM. Laurent et Decker. 'XA||
- La turbine elle-même est semblable à celle de M. i|onlaine-Ba-ron, et elle est placée au-dessous d’une couronne en foiate, portant les directrices qui doivent faire prendre à l’eau l’inclinaison convenable à son introduction. Ces directrices, qui toutes aboutissent par le bas à la partie inférieure de la turbine, débouchent à la partie supérieure, sur deux demi-circonférences concentriques, mais différentes.
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- »
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- Un disque en fonte, de quelques centimètres d’épaisseur, tourne sur la couronne qui porte les directrices et, par deux ouvertures annulaires qui leur correspondent, permet à l’eau de s’y introduire. Selon la position que l’on donne à ce disque, il démasque la totalité ou seulement une partie des orifices et règle ainsi la dépense.
- Les contours des orifices, au travers de la plaque tournante et de la couronne qui porte les directrices, sont convenablement disposés pour éviter ou atténuer les effets de la contraction.
- Cette plaque tournante reçoit le mouvement au moyen d’un engrenage qui est mû du dehors, et peut être mis en rapport de mouvement avec un régulateur.
- Les expériences faites au bassin de la rue Racine ont montré que, selon que les orifices seront ouverts dans les proportions indiquées ci-après, la totalité, les deux tiers ou le tiers, le rendement de la turbine varie dans la proportion des nombres 0,76 à 0,79, 0,60 à o65, o,54 à o,58 environ.
- Ce qui montre que le rendement diminue avec la dépense d’eau, ainsi qu’on l’observe aussi avec la plupart des autres turbines. *
- Quelles que soient d’ailleurs les légères différences que le mode de jaugeage adopté dans les expériences puisse apporter dans l’apprécia* lion du rendement de celte nouvelle turbine, il n’en reste pas moins bien établi qu’elle produit un effet utile peu différent de celui qu’on obtient avec les meilleurs moteurs de ce genre. Elle est d’ailleurs facile à installer, elle marche noyée comme toutes les turbines, et elle nous paraît appelée à rendre des services notables à l’industrie. En attendant qu’elle réalise complètement ces espérances, le jury accorde à MM. Laurent et Decker une médaille d’argent.
- M. Louis-Joseph ÉLON, rue d’Enghien,n°4o,âParis (Seine).
- Il a exposé plusieurs modèles, fonctionnant, de l’ingénieuse machine hydraulique inventée par M. Girard, qui lui en a confié la construction. Ces modèles, qui sont de dimensions suffisantes pour être employées sur de petits cours d’eau, permettent d’apprécier le jeu de cet appareil que l’on peut employer comme moteur, mais surtout comme machine à élever les eaux.
- Sans entrer dans le détail d’une description que l’absence de figures rendrait difficile à comprendre, on se bornera à dire que cette machine qui, par son genre, mais non par sa disposition, présente de l’analogie avec celles qu’on nomme à colonnes d’eau, satisfait
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- Médailles le bronze.
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- à la condition fondamentale de marcher lentement, que les contractions et surtout les chocs provenant des changements de direction du mouvement du liquide y soit aussi atténués que possible, et que sa simplicité, jointe à la facilité de son installation, permet d’espérer qu’elle rendra des services notables à l’agriculture.
- Des expériences récentes, exécutées par MM. les ingénieurs chargés du service des eaux de Paris, ont constaté que l’effet utile de ce nouvel appareil hydraulique s’élève à o,65 du travail moteur dépensé. Si, par une plus longue pratique, de semblables résultats sont toujours obtenus, ainsi qu’on peut l’espérer, le nouveau recep-leur hydraulique du sieur Girard prendra rang parmi les machines les plus utiles.
- Le jury accorde une médaille d’argent à M. Elon.
- M. BLOCH (Némis), à Duttlenheim (Bas-Rhin).
- Il a exposé un appareil fort simple qui produit un écoulement intermittent d’un récipient dans un vase, où il sert à maintenir un niveau constant.
- Cet appareil n’est, à vrai dire, qu’un siphon double, mais ingénieusement disposé. Sous la forme la plus simple, il se compose d’un vase, formant le réservoir, hermétiquement fermé par un bouchon que traverse un gros siphon en verre, dans l’intérieur duquel il y en a un plus petit.
- Ce dernier plonge dans le liquide du réservoir et dans le vase récipient, et sert à l’écoulement.
- Le plus gros débouche au sommet du réservoir, et se termine à la hauteur du niveau constant que l’on veut établir dans le récipient inférieur.
- Si l’on conçoit que le niveau ne s’élève pas jusqu’à l’extrémité du tube extérieur, l’air du réservoir sera en communication avec celui du récipient, la pression sera la même au dedans qu’au dehors, et l’écoulement aura lieu par le petit siphon, par l’effet de la différence de hauteur des niveaux des deux vases. Mais, si le niveau monte dans le récipient de façon à noyer l’extrémité du gros tuyau, l’air extérieur ne passera plus par celui-ci, et ne communiquera plus avec celui du réservoir.
- Ce dernier vase se vidant, l’air qu’il contient se dilatera , sa pression diminuera et alors le liquide remontera dans l’intervalle qui sépare le petit tube du gros, jusqu’à une hauteur qui rie dépassera
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- pas le niveau dans le réservoir; à cet instant l’écoulement cessera pour ne recommencer que quand le niveau, dans le récipient, s’abaissera de nouveau au-dessous de l’extrémité du gros tube.
- Cet appareil ingénieux fournit donc un moyen très-simple d’alimenter, par des siphons, un réservoir dont le niveau doit être constant, au moyen d’un autre réservoir. H peut être d’un grand secours aux chimistes pour leur épargner la surveillance des fdtres, aux liydrauliciens pour des appareils d’expérience, ou pour des écoulements à débit constant.
- Mais hune de ses applications les plus importantes n’a pas échappé à M. Bloch; c’est celle de l’alimentation continue des chaudières à vapeur, qu’il a réalisée, depuis trois mois, dans la fabrique de glucose de Duttlenheim, arrondissement de Molsheim (Bas-Rhin).
- On conçoit, en effet, que si, au lieu de supposer les deux tubes l’un dans l’autre, on les sépare; que le siphon proprement dit établisse la communication d’un réservoir d’eau avec le fond de la chaudière, et que l’autre tuyau parte du niveau constant à établir dans la chaudière, pour déboucher au sommet du réservoir alimentaire, l’appareil fonctionnera exactement comme il a été dit plus haut.
- Quand le niveau dans la chaudière sera au-dessus de la hauteur normale, la vapeur, qui communiquera par le gros tuyau avec le dessous du réservoir, exercera des pressions égales pour produire et empêcher l’écoulement par le tube alimentaire, qui, n’étant plus soumis qu’à la pression de la colonne d’eau du réservoir au-dessus du niveau de la chaudière, produira l’alimentation. Mais, dès que le niveau de la chaudière aura atteint l’extrémité du gros tuyau, la vapeur, ne passant plus dans le réservoir supérieur, qui se vide, s’y détendra, et le liquide de la chaudière s’élèvera graduellement jusqu’à une hauteur égale à celle de l’eau dans le réservoir : à cet instant l’alimentation cessera.
- On voit de suite tout le parti que l’on peut tirer de l’idée simple et ingénieuse de M. Bloch, pour alimenter d’une manière permanente et régulière les chaudières à vapeur, au moyen d’un récipient à eau chaude ou à eau froide, d’une capacité suffisante pour mettre à l’abri de toutes les négligences.
- L’application faite à l’établissement de Duttlenheim a confirmé les prévisions du jeune inventeur.
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- Cette idée est simple, mais féconde en résultats, et le jury, heureux d’encourager des idées ingénieuses modestement présentées par un jeune homme, accorde à M. Bloch une médaille de bronze.
- M. Étienne DE CANSON,de Vidalon-lès-Annonay (Ardèche),
- 11 a envoyé deux roues à aubes courbes sur lesquelles, àu moyen d’une canette en tôle terminée par une petite vanne, il fait arriver l’eau à l’intérieur de la couronne forméepar les aubes , et la verse à l’extérieur.
- Ces roues, selon l’auteur, peuvent s’employer, soit dans la position horizontale avec leur axe vertical, soit dans la position verticale avec l’axe horizontal.
- Dans le premier cas, elles rentrent dans la classe des turbines recevant l’eau à l’intérieur, et la versant à l’extérieur. On peut leur donner deux, trois, ou peut-être même quatre canettes conductrices de l’eau; mais, quoi qu’on fasse, pour une même dépense d’eau, elles auront toujours des dimensions supérieures aux turbines de M. Fourmeyron, qui reçoivent l’eau par tout leur contour intérieur.
- Malgré ce défaut, pour des dépenses d’eau limitées et des chutes assez fortes, leur diamètre étant même assez petit, leur construction simple et économique, elles pourront rendre et elles rendent déjà des services. Pour la suspension de l’arbre vertical, dans la vue d’éviter l’emploi des pivots difficiles à graisser et à entretenir, M. de Canson fait supporter l’arbre vertical par un disque à axe horizontal sur la circonférence duquel roule un épaulement ménagé à l’arbre. Celte disposition, qui met l’arbre vertical en porte-à-faux et charge de même l’arbre horizontal, ne nous, paraît pas heureuse.
- Quant aux roues à axe horizontal, qui reçoivent l’eau par leur circonférence intérieure, elles peuvent, sous des dimensions assez faibles et au moyen d’un tracé convenable de leurs aubes courbes et d’une vitesse de rotation appropriée à la chute dont on dispose, marcher dans des conditions favorables à un bon effet, en faisant un assez grand nombre de tours. Nous devons dire que ce mode d’introduction de l’eau a beaucoup d’analogie avec celui qui a été proposé, il ÿ a déjà long temps, par M. de Thiville, et dont il existe un modèle au Conservatoire des arts et métiers.
- L’auteur a fourni un tableau . d’expériences exécutées sur un modèle de om,3ac de diamètre, avec une chute qui a varié de
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- o",65e à 2m,76p. Le rendement ou le rapport cîe l’effet utile, mesuré par le frein au travail absolu du moteur, s’est élevé à o,5o et o,55; si ce résultat, très-satisfaisant pour un moteur aussi simple, était obtenu et même surpassé avec les turbines à grandes dimensions, que l’auteur a établies dans plusieurs usines, il n’est pas douteux qu’un récepteur hydraulique d’un prix si peu élevé ne pût rendre, dans beaucoup de cas, de grands services à l’industrie, surtout dans les pays où les chutes sont nombreuses et les eaux abondantes. Il est à désirer que des expériences plus complètes, exécutées sur de grandes roues, viennent confirmer ces espérances; mais, tel qu’il est, ce moteur pourrait déjà être utile dans beaucoup de cas.
- Le jury accorde à M. de Canson une médaille de bronze.
- M. DUPLUVINAGE, rue de Çharenton, n° 53, à Paris (Seine),
- A exposé une presse hydraulique entièrement en fonte et en fer, destinée à là compression des étoffés. Elle est de la force nominale de 3oo,ooo kilogrammes; son piston a 25o millimètres dé diamètre, et les colonnes en fer 75 millimètres. Il en résulte que, au moment où l’on atteint la pression maximum de 3oo,oqo kilogrammes, elles sont soumises à une tension de 17 kilogrammes environ par millimètre carré de section, ce qui dépasse les limites de l’élasticité du fer.
- Les deux pompes de compression sont manœuvrées par le'même levier, dont l’action sur l’une d’elles peut être a volonté interrompue; et l’appareil est muni d’un robinet de sûreté qui facilite le maintien de la pression pendant le temps nécessaire.
- Sauf l’observation précédente, relative à la dimension des colonnes, la presse hydraulique de M. Dupluvinage nous a paru construite avec soin; son prix de 3,200 francs, comparé à son poids de 3,25o kilogrammes, nous a paru modéré, et nous pensons qu’il y a lieu d’accorder à ce constructeur une médaille de bronze.
- MM. CHEVALIER et BOURLIER, rue de Vaugirard, n° 17,A Paris (Seine),
- Ont exposé une presse hydraulique destinée à la fabrication de la bougie stéarique, de la force nominale de 700,000 kilogrammes.
- Ment 101 lionorab]
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- Citation
- ivorable.
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- Le plateau a une course de 1 mètre dans une bâche de am,65. L’ensemble et les détails de cet appareil sont bien exécutés ; sous le rapport de la résistance des matériaux, les proportions sont convenables. Sans présenter des dispositions nouvelles, cet appareil est bien établi.
- Mais, si nous sommes bien informés, d’autres appareils analogues présentent l’avantage de chauffer les plaques de pression elles-mêmes par l’introduction de la vapeur, ce qui facilite l’extraction, et, sous ce rapport, la presse de MM. Chevalier et Bourlier laisserait pour la fabrication quelque chose à désirer, à moins qu’elle ne leur ait été commandée telle qu’elle est.
- Le jury accorde à MM. Chevalier et Bourlier une mention honorable.
- M. Benoît FAUCHERY, de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme),
- Expose une turbine qui offre la plus grande analogie avec la pompe rotative dite pompe américaine.
- Cette machine consiste, en effet, en une enveloppe annulaire à section rectangulaire, dans laquelle circulent des palettes qu’un excentrique force alternativement à rentrer vers l’axe ou à s’en éloigner. 11 y a quatre palettes, diamétralement opposées et montées deux à deux sur un même cadre en fer qui les guide ; entre ces palettes tourne un excentrique à diamètres constants, qui détermine par sa révolution leur mouvement d’entrée et de sortie.
- L’enveloppe de l’espèce de roue que forment ces palettes est en fonte et présente deux tubulures qui s’assemblent, l’une avec le tuyau d’arrivée, l’autre avec le tuyau d’évacuation du liquide ; elles sont de paême diamètre, de sorte que la vitesse de sortie de l’eau est la même que la vitesse d’arrivée, ce qui devrait conduire à faire marcher cette roue lentement, tandis que, sa destination principale étant de servir de moteur à des moulins, elle doit faire un assez grand nombre de tours à la minute. La condition d’économie dans la construction, l’obligation de limiter les dimensions des aubes mobiles, ainsi que le chemin parcouru par les parties frottantes, obligent aussi à donner à cette roue une vitesse trop grande pour qu’on puisse en obtenir un rendement considérable.
- Cependant, si ce récepteur hydraulique, simple, facile à établir
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- et à entretenir, n’est pas susceptible d’utiliser un cours d’eau de la manière la plus avantageuse, il peut, dans certains cas où l’eau est abondante et la chute assez forte, rendre des services à l’industrie, particulièrement pour la mouture des blés. Un certificat du maire de Saint-Amant-Roche-Savine, arrondissement d’Amboise, département du Puy-de-Dôme, atteste que, depuis le n novembre i848, un moulin à farine à une meule est mis en mouvement à 120 tours par minute et fournit 120 litres de belle farine de seigle à l’heure, avec une dépense d’eau de 20 litres en une seconde, sous une chute de 12 mètres environ. L’exactitude de ces renseignements aurait besoin d’être vérifiée par des mesures précises; mais, tels qu’ils sont, ils prouvent que le moteur de M. Fauchery a été appliqué.
- En attendant une plus longue expérience et des expériences authentiques, le jury accorde à M. Fauchery une citation favorable.
- S 2. MOULINS ET PIÈCES DÉTACHÉES.
- M. Morin, rapporteur.
- M. TOUAILLON jeune, rue Coquillière, n° 12, à Paris (Seine).
- M. Touaillon a présenté, de nouveau, son appareil à rhabiller les meules de moulin, pour lequel le jury de i844 lui a délivré la médaille de bronze.
- De grands perfectionnements ont été apportés depuis à cet appareil par son auteur. Par exemple, le chariot qui, dans le principe, glissait difficilement sur une règle cannelée,* glisse actuellement avec la plus grande aisance sur une colonne et un galet. L’ancien appareil exigeait des marteaux d’égale longueur et bien dégauchis; le nouveau peut employer des marteaux longs ou courts, droits ou gauches, de sorte qu’il ne laissé plus rien à désirer.
- . Avec cet appareil, les meules sont plus vite et mieux rhabillées ; il est bien accueilli des meuniers, puisque déjà M. Touaillon en a placé un grand nombre tant en France qu’à l’étranger.
- Si, par son utilité et la modicité de son prix, cette machine devenait d’une application générale, l’auteur mériterait la première
- Médaille
- d’argent.
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- Médailles de bronze.
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- récompense. En attendant le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. BIZOT, à Godoncourt (Vosges).
- Le moulin que M. Bizot a exposé se distingue des moulins ordinaires en ce que ç’est la meule de dessous qui est volante. A cet effet, elle est fixée à l’arbre vertical et tourne avec lui; la meule de dessus ne tourne pas, mais elle est supportée par un genou de gardan qui lui permet de toujours se placer à plat sur la meule volante. Au moyen de çette suspension, dont l’application dans les moulins à farine paraît nouvelle, la mouture se fait indépendamment du poids des meules, d’où il s’ensuit que ce genre de moulin peut être construit dans de petites dimensions et utiliser de faibles chutes d’eau.
- Le jury décerne à M. Bizot une médaille de bronze.
- M. BERTON, à La Chapelle (Seine).
- . •'* r ; * ‘ ^
- Le modèle de moulin à vent que M. Berton a exposé présente un caractère à peu près analogue à celui de M. Bizot ; il est parfaitement traité, et il doit offrir à la meunerie des avantages tels, que son emploi en sera bientôt généralisé : seulement, nous n’avons pu nous rendre compte du prix de revient de son établissement. Le jury, toutefois, n’en peut méconnaître l’utilité; aussi décerne-l-il à M. Berton une médaille de bronze; ,
- M. CALLAUD, à Nantes (Loire-Inférieure).
- La machine de M. Callaud, pour écraser les graines oléagineuses, est composée de deux cylindres cannelés parallèlement à leurs bases, et qui tournent avec la même vitesse.
- L’un de ces cylindres, outre son mouvement de rotation, reçoit, au moyen d’un excentrique, un mouvement horizontal de va-et-vienfqui doit rendre l’appareil très-énergique., Lorsque les matières sont triturées, elles tombent sur un tamis mobile ; les parties suffisamment écrasées passent au travers des mailles; celles qui sont trop fortes remontent entre les deux cylindres au moyen d’une chaîne à godets. L’idée paraissant nouvelle et ayant déjà donné des résultats, le jury accorde une médaille de bronze à M. Callaud.
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- M. BRUNETTE, rue du Cherche-Midi, n° 26, à Paris.
- Il a exposé une noria d’une construction simple, dont les augets en tôle zinguée sont sans clapets, peuvent élever chacun 56 litres d’eau, et sont disposés de manière que l’air s’en dégage facilement quand ils se chargent. Le versement se fait sur le côté, ce qui atténue la perle d’élévation qu’offrent souvent ces machines.
- Cette noria est disposée pour être mue.par un manège, mais elle pourrait facilement être conduite par tout autre moteur convenablement proportionné.
- L’appareil ne présente rien de nouveau, mais sa disposition simple et sa bonne construction méritent à son auteur une citation de la part du jury.
- M. FRANCHOT, rue du Banquet, n° 3o, à Paris.
- Il a exposé un modèle de moulin à vent destiné à remplacer la construction ordinaire, habituellement exécutée exclusivement en bois, par des organes en fer et en fonte susceptibles de plus de précision. -
- L’arbre est en fer et porte, .à son extrémité'antérieure, uu croisillon en fonte destiné à mouvoir six bras qui y sont solidement boulonnés. '
- Les palmes de l’arbre sont portées sur un cercle denté que le meunier peut faire tourner, pour l’orientation, au moyen d’un pignon dont l’axe, prolongé vers le bas du moulin, peut être mà-nœuvré facilement. Cette plate-forme tournante glisse à simple frottement sur une gorge qui lui est réservée.
- Toute la charpente du moulin est disposée de manière à se démonter et à se remonter facilement.
- L’ensemble de cette construction est bien entendu, et, sans rien-présenter de neuf, elle indique, dans son auteur,d’habitude des bonnes constructions.
- Le jury accorde à.M. Franchot une citation favorable.
- MM. ROUBAUX et G10, à Marseille (Bouches-du-Rliône).
- Us ont exposé un moulin à vent dont les ailes s’inclinent et présentent d’autant moins de surface au vent, qu’il acquiert plus d’intensité, et qui s’oriente de lui-même. Ce système .cle moulin a été
- i
- Citations
- favorables.
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- proposé par M. Champonnet, et ce n’est que comme exploitants que se présentent MM. Roubaux et compagnie.
- Dans les moulins ordinaires, l’axe de rotation du volant est placé dans la direction du vent; dans celui de MM. Roubaux et compagnie, le vent agit sous un angle aigu avec le plan du volant, et les ailes s’inclinent sur ce plan pour échapper ou se présenter au vent. Il en résulte qu’une petite partie seulement des ailes reçoit l’action motrice, et que les autres non-seulement lui échappent, , mais encore éprouvent de la part de l’air une résistance qui n’est probablement pas sans influence notable sur le mouvement.
- L’inclinaison des ailes sur leur plan moyen est produite par un contre-poids, comme dans le moulin imaginé et construit, depuis plusieurs années, par M. A. Durand.
- Si le vent vient à changer de direction par rapport au plan milieu des ailes, celles-ci s’inclinent de plus en plus pour se soumettre à son action, et si enfin le vent passe par-derrière ce plan, il oblige alors le volant à tourner en sens.contraire. En même temps un fil de vis, qui est dans le prolongement de l’axe, dégage un verrou d’arrêt qui empêchait le volant et son axe d’exécuter un mouvement de rotation autour d’un axe vertical; ce mouvement s’effectue, et le moulin, remis au vent, tourne dans le sens primitif; la vis replace le verrou d’arrêt, et le moulin, de nouveau orienté, règle l’inclinaison de ses ailes selon la force du vent.
- S’il s’agit de faire marcher un moulin à farine, les meules, dans ces mouvements divers, ne pourraient obéir ; il en résulte une difficulté que l’auteur ne paraît pas avoir sentie.
- Plusieurs des dispositions que nous venons d’indiquer sont ingénieuses , mais il nous semble peu probable qu’elles résistent à l’action des vents violents et des bourrasques qui se produisent sur les côtes.
- L’inventeur est de Marseille et les occasions ne lui manqueront pas de soumettre son moulin à des expériences décisives. En attendant qu’elles aient prononcé, le jury ne peut que se borner à citer les efforts de MM. Roubaux et compagnie pour améliorer le moulin à vent.
- M. ROUSSEL, horloger-mécanicien, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Il a exposé un modèle de moulin à vent dont les ailes s’effacent
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- par l’action même de l’air, quand elle dépasse une certaine intensité.
- Sans entrer dans le détail du mécanisme adopté par l’exposant, nous nous contenterons de dire qu’un disque concave placé près de l’axe, et perpendiculairement à sa direction, recule par l’action du vent quand elle atteint une certaine limite et qu’une tige, fixée à ce disque, vient rencontrer les bras de levier d’un petit treuil emporté par le volant dans son mouvement. Ce treuil, en tournant, agit sur des chaînes articulées qui forcent les ailes à s’effacer. A l’inverse, lorsque le vent baisse, un ressort en spirale que le disque avait comprimé sous l’action du grand vent, se détend et fait marcher un autre tige qui, rencontrant les bras du treuil d’un autre côté, le fait tourner en sens en inverse, et, par suite, présente les ailes au vent.
- Le moulin jouit d’ailleurs de la propriété de s’orienter de lui-même , parce que ses ailes sont placées sous le vent du moulin.
- Là disposition ingénieuse et assez simple proposée par M. Roussel a été appliquée à Cour-Gheverny, près Blois, dans une propriété particulière, pour imprimer le mouvement à une noria qui élève, par une bonne brise, 17 litres d’eau à 17 mètres de hauteur. Mais il n’y a pas assez longtemps que ce moulin marche pour qu’on puisse se former une opinion sur la manière dont il se comportera dans les bourrasques.
- L’auteur s’engage à livrer, pour 700 francs, un moulin et une noria pouvant élever 75 litres à 10 mètres de hauteur, en une seconde.
- M. Roussel expose aussi le modèle d’une roue plongeante analogue à celle qu’il a fait établir sur un bateau broyeur de la Seine, à Paris, et dont les aubes se reploient quand elles ont reçu l’action impulsive du courant, pour échapper à son impulsion résistante.
- En attendant que l’expérience ait définitivement prononcé sur la valeur industrielle du moulin à vent de M. Roussel, le jury, reconnaissant l’utilité de ses efforts, lui accorde une citation favorable.
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- S 3. POMPES D’ÉPUISEMENT, POMPES A INCENDIE, POMPES DOMESTIQUES.
- M. Morin, rapporteur.
- / •
- ' ^ CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- • ' f* t '
- * ^ • î '
- Les pompes présentées cette année à l’examen du jury sont particulièrement des pompes destinées aux travaux depuise-ment pour les constructions, des pompes à incendie, et des pompes domestiques.
- Il est difficile d’apprécier avec certitude les qualités et les défauts des pompes d’épuisement dans des expériences de peu de durée. Le moyen le plus sûr est de consulter les résultats obtenus dans les grands travaux, et, sous ce rapport, des renseignements nombreux et authentiques n’ont pas manqué . au jury.
- Nous n’aurons donc que peu de choses à dire des conditions auxquelles doit satisfaire une bonne pompe cfépuisement destinée aux constructions, car il n’est pas question ici des pompés d’épuisement des mines qui doivent élever l’eau à de grandes hauteurs. Il s’agit simplement de machines à l’aide desquelles on veut extraire des fondations, des bassins, etc., des eaux presque toujours troubles et souvent chargées de terre délayée, du sable et même du gravier pour les déverser à quelques mètres de hauteur.
- Ces pompes doivent être mobiles, facilement transportables d’un lieu à un autre des travaux; presque toujours destinées à être mues à bras, mais cependant susceptibles de recevoir l’action d’un moteur. La condition d’élever des eaux troubles ou chargées de sables a presque toujours été un obstacle à la marche régulière des pompes, et c’est par ce motif qu’on leur a substitué des machines plus compliquées, plus volumineuses, plus embarrassantes, mais moins susceptibles de se déranger, telles que les chapelets verticaux ou inclinés, la vis d’Archimède, etc.
- Construire une pompe qui, aux conditions de mobilité, de
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- légèreté, de solidité indispensables, joignît la propriété d’élever, sansjen être endommagée, des eaux troubles et chargées de gravier, de supporter longtemps un semblable travail sans exiger d’autres réparations que. le remplacement de garnitures assez simples pour être mises en place et même préparées par des ouvriers ordinaires ; et qui cependant produisît un effet utilé comparable ou supérieur à celui des meilleures machines hydrauliques connues, était un problème dont la solution devait être un service important rendu à l’art des constructions. Plusieurs fabricants de pompes s’en sont occupés, mais aucun ne l’a résolu avec autant de succès que M. Letestu, ainsi qu’on le verra plus loin, s
- Quant aux pompes à incendie, leur construction est soumise à des conditions plus complexes sur lesquelles il ne sera pas inutile de poser quelques bases propres à guider les constructeurs.
- Par la nature du service habituel auquel elles sont destinées, les pompes à incendie doivent être généralement foulantes, conduites presque toujours le plus près possible dit lieu de l’incendie ; elles sont alimentées avec clés seaux au moyen dë chaînes formées par les habitants accourus sur le lieu du sinistre. Si, par circonstance, elles se trouvent à proximité d’un cours d’eau, d’une source ou cl’un puits abondant, il est presque toujours plus facile, plus prompt et plus sûr, de leur apporter et de verser de l’eau dans leurs bâches que de la faire aspirer par des tuyaux exposés à des avaries et qui, conservés dans dès magasins où ils se dessèchent plus ou moins, peuvent donner lieu à des rentrées d’air qui annulent bu diminuent considérablement le produit de la pompe.
- Il est Cependant des'circonstances particulières où la facilité cl’aliméntér la pompe par l’aspiration a une grande importance : c’est à bord dés navires, dont l’équipage est souvent composé cl’un- nombre d’hommes assez limité et où l’on a . l’eàu à une faible distance. Quelques établissements industriels placés sur des cours d’eaü, et dont la population ouvrière
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- est absente la nuit, peuvent aussi tirer un grand secours d’une pompe aspirante.
- On peut donc admettre en général que, pour les villes et surtout pour les campagnes, les pompes à incendie doivent être simplement foulantes, et que les pompes aspirantes et foulantes doivent être réservées pour la marine, pour les établissements hydrauliques, et pour quelques autres circonstances exceptionnelles. Quant aux grandes villes, il ne peut qu’y avoir avantage à ce que, dans leur matériel d’incendie, on comprenne une certaine proportion de pompes aspirantes et foulantes.
- La rapidité avec laquelle les secours peuvent être transportés ayant une très-grande importance, il est nécessaire que les pompes soient aussi légères et aussi mobiles que le permettent les conditions de solidité. Dans les villes où le service des pompiers est organisé régulièrement, où les pompes, toujours prêtes, sont à la- disposition immédiate des hommes chargés de les servir, et où les distances à parcourir ne sont pas très-grandes, le transport des pompes se fait plus rapidement par de petites charrettes à bras qu’avec des chevaux qu’on ne peut avoir aussi promptement prêts à partir : mais, pour les campagnes, où les pompes des villages voisins accourent souvent d’une grande distance, il est nécessaire d’employer des voitures attelées de chevaux, et susceptibles de transporter en même*temps le matériel et le personnel.
- Ces voitures doivent être à la fois assez légères pour être mues, au besoin, à bras dans le village même et assez solides pour pouvoir être transportées rapidement.
- Quelques constructeurs rendent la pompe solidaire avec son chariot, mais il semble préférable de l’en laisser indépendante. En général, le train gêne la circulation autour de la pompe, et il est si aisé de disposer des anneaux et des moyens assurés de brelage de la pompe sur le chariot, qu’on n’a pas à craindre de difficulté sous ce rapport. Il convient, d’ailleurs, de limiter le volume de la pompe pour faciliter son transport par des passages étroits.
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- Une condition capitale, que les constructeurs perdent trop souvent de vue, c’est la facilité de la visite des soupapes, du démontage et du remplacement des pièces susceptibles de s’altérer. Le service des pompes à incendie est presque toujours accompagné d’un trouble, d’une précipitation, d’accidents imprévus, de circonstances difficiles qui peuvent exposer les meilleurs appareils à se déranger. Il faut donc prévoir ce cas et être en mesure d’y remédier le plus rapidement possible. Outre ce qui concerne les détails, il faut que l’ensemble de la construction soit assez simple pour que des ouvriers ordinaires puissent réparer des avaries.
- La simplicité, la solicité, la légèreté, sont donc des conditions fondamentales de la construction des pompes : tout luxe inutile doit en être banni, et c’est fort à tort que les autorités municipales mettent de l’amour-propre à avoir de belles pompes. •
- La quantité cl’eau qu’une pompe à incendie doit fournir en une minute est limitée par le nombre d’hommes qu’on peut y appliquer à la fois et le degré de fatigue qu’il convient de leur imposer. Il est facile de reconnaître que, si l’on admet que la lance convenablement construite ait om,oi5 de diamètre, le volume d’eau à débiter en une minute, à raison de 100 coups à la minute, ne doit guère excéder 200 litres.
- En effet, en admettant que le coefficient de la dépense par cette lance soit 0,95, la vitesse d’écoulement serait de i98m,52, et l’effet utile, mesuré par la moitié de la force vive imprimée, serait de
- 200'
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- 198,52 .
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- 2x9,8088
- Or, on ne doit guère compter, en général, sur un effet utile supérieur à o,35 du travail moteur dépensé; celui-ci serait ‘ donc de
- 67iiIm
- ------- — îqi kil. mèt.
- 0,35
- il.
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- et, si Ton ne mettait que dix hommes à ia manœuvre, chacun d’eux devrait fournir par seconde un travail moteur de 19 à 20 kil. élevés à un mètre en une seconde, ce qui est beaucoup, oblige à des relais trop fréquents, et doit être regardé comme le maximum.
- On voit donc que le produit d’une pompe à incendie par minute devrait être en général limité à 200 litres, et que les constructeurs qui cherchent à obtenir davantage s’exposent à faire des pompes trop lourdes à manœuvrer. On ne pourrait dépasser ce volume qu’à la condition que, la construction étant très-bien proportionnée, le rapport de l’effet utile au travail moteur fût plus grand; si, par exemple, il était de o,4o ou de 0,45, la pompe, avec le même travail moteur, pourrait fournir de 23o à 2Ûo litres en une minute, ce qui serait un grand avantage.. Il est donc aussi convenable, pour ces petites machines que pour les constructions d’une grande importance, de chercher par de bonnes dispositions le moyen d’accroître l’effet utile des pompes ou de diminuer les pertes du travail moteur.
- Pour les pompes destinées à la navigation, la facilité de les alimenter par l’aspiration rendant tout l’équipage disponible pour la manœuvre, on peut, avec moins d’inconvénients, augmenter le volume d’eau à produire en accroissant dans la même proportion le nombre d’hommes employés.
- Celte base étant posée, examinons les divers systèmes de construction en usage.
- Presque toutes les pompes à incendie se composent de deux corps de pompe cylindriques, placés verticalement et qui agissent à simple effet, de sorte que l’un des pistons refoule quand l’autre aspire ; un récipient, placé entre les deux corps, reçoit l’eau et, par l’action de l’air qui y est comprimé, donne, quand il est bien proportionné, la régularité convenable au
- Jet-
- Les pistons sont mus à l’aide d’un balancier, auquel ils sont articulés, à peu près généralement vers le tiers de sa longueur ; des barres ou leviers de manœuvre traversent les extrémités
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- bifurquéesde ce balancier, et reçoivent l’action des hommes; le chemin parcouru par ces barres est en général égal à trois fois la course des pistons.
- Dans la plupart des pompes, la course des pistons étant de om,2 5 à om,28, il en résulte que celle des barres est de ow,75 à om,84*> et quelquefois même plus considérable encore , ce qui fatigue beaucoup les hommes qui sont obligés, à chaque oscillation, d’élever les bras dans une position gênante et de ployer les reins. Il résulte de cette gêne qu’en réalité, dans le service des incendies, quand les pompes sontmanœu-vréespar des hommes peu exercés, la course réelle des barres est réduite à om,6o environ, celle des pistons en proportion, et que par conséquent le produit de la pompe n’est pas ce que l’on attendait. Il vaut donc mieux limiter à l’avance la course des barres à om,6o environ, et accroître, pour obtenir le même produit, le diamètre des pistons en diminuant leur course, ou rapprocher leur tige de l'extrémité des barres.
- Les soupapes qui ouvrent et ferment les passages par lesquels l’eau circule dans les pompes, sont une des parties les plus essentielles de ces appareils.
- On en distingue de quatre genres :
- i° Les soupapes à clapet, que dans la plupart des pompes à incendie l’on fait ordinairement en bronze sans aucune garniture, et dont le siège est plan ;
- 2° Les soupapes tronconiques à siège de même forme, faites aussi en bronze, et qui sont guidées par une lige cylindrique ;
- 3° Les soupapes à boulet en bronze, dont le siège est formé par une zone annulaire et sphérique;
- 4° Les soupapes en cuir, sans garniture ni plaque métallique.
- Les soupapes à clapet en métal et sans garniture, quand elles sont bien faites et bien dressées, ont l’avantage d’être solides et peu sujettes à se dégrader; mais elles donnent lieu, dans la marche de l’appareil, à des chocs d’autant plus intenses quelles sont plus grandes et que le mouvement est plus
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- rapide; de ces chocs résultent des perles du travail moteur, des ébranlements nuisibles à la solidité de la pompe et même à sa marche, car ils produisent souvent le desserrement des boulons et des écrous, et des fuites d’eau ou des prises d’air : il est arrivé dans les expériences que, par suite de ces vibrations, les boulons d’assemblage s’étant desserrés, les garnitures en cuir des joints d’assemblage ont été aspirées dans les corps de pompe ou dans les tuyaux et ont entravé le jeu de la pompe; d’autres fois, pour des pompes aspirantes, la même cause produit des rentrées d’air.
- Les clapets métalliques ont, en outre, le défaut très-grave de s’obstruer par le passage des corps étrangers et d’être arrêtés par la présence du moindre grain de sable qui gêne leur mouvement. En arrière de la charnière, du côté opposé à l’écoulement, le sable emporté par l’eau se dépose dans ces parties où il n’y a pas de courant, et presque toujours ii finit par arrêter le jeu régulier de la pompe.
- Les défauts que nous venons de signaler se sont manifestés dans les expériences à divers degrés, selon les proportions des pompes.
- Les clapets métalliques garnis de cuir donnent lieu à des chocs moins intenses par l’effet de l’interposition d’un corps compressible, mais, dans les manœuvres avec des eaux mêlées de sable, le cuir se charge successivement de grains de sable qui bientôt le détruisent. Enfin, les clapets métalliques sont sujets, par un long repos, et si la pompe a été graissée, à contracter avec leur siège une adhérence considérable et difficile à vaincre, dont on ne se doute pas au moment où l’on a besoin de la pompe, et qui en empêche le jeu.
- Les soupapes à siège conique, par la pente même de leur siège, sont moins sujettes à retenir les corps étrangers et les grains de sable que les clapets; mais, en outre, l’écoulement ayant lieu sur tout leur contour, il n’y a pas de côté où il se forme de remou ou de dépôt de sable. Elles sont, par suite, bien moins sujettes à s’obstruer que les clapets : cependant, si les eaux sont très-cliargées de sable, comme cela peut ar-'
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- river clans les incendies, un seul grain engagé clans la soupape en arrête le jeu , ainsi que cela a été remarqué dans les expériences ; il faut alors recourir à quelque dispositif spécial pour la dégager.
- Ces soupapes produisent aussi des chocs et des ébranlements, mais ils sont moindres qu’avec les clapets.
- Enfm, les soupapes coniques peuvent aussi contracter par le choc, mais surtout par le repos et par l’interposition d’un corps gras, de l’adhérence avec leur siège, et alors la pompe ne fonctionne pas.
- Quant aux soupapes à boulets, ce sont de toutes les soupapes métalliques les moins sujettes à se déranger et à s’obstruer; niais elles se dégradent plus facilement, leur forme s’altère, et elles sont moins étanches ; elles donnent aussi lieu à des chocs moins prononcés. Généralement on les préfère aujourd’hui, pour les pompes alimentaires des locomotives, comme moins sujettes que les autres à des interruptions de service.
- Les soupapes en cuir, sans plaques d’appui, sont plus légères et par conséquent plus faciles à mouvoir que les précédentes; elles ne donnent lieu à aucun choc et ne produisent aucun ébranlement de la machine. Quand elles sont bien disposées, elles permettent l’écoulement sur tout leur contour, de manière à ne pas laisser former de remous où le sable puisse se déposer ; si, par accident, quelques grains se trouvent interposés entre elles et leur siège ou appui, la flexibilité du cuir lui permet d’envelopper ces grains et de s’appliquer de même plus loin sur ce siège, de sorte que le jeu de la soupape n’est pas interrompu. Ces soupapes ont, en outre, l’avantage de pouvoir être faites et remplacées parle premier venu sans autre outil qu’un couteau.
- Tous ces avantages expliquent pourquoi cette garniture ancienne est encore en usage dans les pompes les plus simples, et comment elle est l’organe indispensable des pompes les plus parfaites, destinées à Vélévation des eaux et des presses hydrauliques.
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- C’est donc avec raison qu’un constructeur habile, M. Le-testu, a repris ce genre de soupape employé autrefois dans les anciennes pompes, et, en perfectionnant les proportions, a évité le défaut des anciennes dispositions qui présentaient des orifices trop petits.
- Après le choix des soupapes, l’objet le plus important, pour le bon effet d’une pompe, c’est la proportion et la disposition convenables des orifices de passage. Le même volume d’eau traversant'tous les passages et le corps de pompe, la vitesse des filets fluides est d’autant plus grande que la section ou l’orifice a une plus petite superficie, et, si après le passage la section augmente, la vitesse diminue. Il faut donc à chaque rétrécissement des passages dépenser du travail moteur pour communiquer à l’eau la vitesse nécessaire, et, cette vitesse étant ensuite éteinte ou diminuée après le passage, ce travail est consommé en pure perle. Ces effets ne peuvent être évités complètement dans les pompes, mais les constructeurs doivent chercher à les atténuer, et, par conséquent, il faut augmenter autant que possible la grandeur des passages d’aspiration, de refoulement et de communication, et, dans le même but, atténuer les effets de la contraction à tous ces passages , en arrondissant leurs abords de façon que les filets fluides, dirigés par leurs contours, arrivent autant que possible parallèlement entre eux et perpendiculairement à la section de l’orifice. Nous ajouterons que, pour pouvoir donner aux orifices des grandeurs convenables, il ne faudrait pas, comme la plupart des constructeurs, placer les orifices d’aspiration et de refoulement l’un à côté de l’autre au fond du corps de pompe, et que pour des pompes foulantes, où il y a peu d’inconvénients graves à augmenter l’espace nuisible, on peut fort bien faire, déboucher le conduit du corps de pompe au récipient au-dessus du fond supérieur.
- Presque tous les constructeurs de pompes adoptent des orifices et des passages beaucoup trop petits, et négligent d’atténuer, comme nous venons de le dire, les effets de la contraction.
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- Dans la plupart des pompes à incendie les corps sont faits ou fondus à part et assemblés sur une platine ou culasse en bronze avec des boulons. Les surfaces des joints sont dressées, et on y interpose des rondelles de cuir. Ce mode de garniture est sujet à se lâcher par l’effet des vibrations produites par les clapets, ainsi que nous l’avons déjà dit; mais il est commandé, dans presque tous les cas, par la présence, au fond des corps, du récipient et des clapets métalliques qu’on ne peut enlever ni démonter facilement.
- L’emploi bien entendu des soupapes en cuir, dont le démontage et le remplacement sont faciles, permet de fixer les corps et le récipient sur la platine par la soudure, ce qui met à l’abri de toute chance de séparation de ces parties.
- Tuyaux.— Le diamètre des tuyaux de refoulement employé dans la plupart des cas n’est guère que de 45 millimètres ; il est vrai que la légèreté est une condition importante pour la facilité de la manoeuvre, mais peut-être serait-il bon d’augmenter un peu cette dimension. On a généralement, et avec raison, remplacé aujourd’hui les tuyaux cousus par des tuyaux cloués; mais cependant ceux-ci sont loin d’être parfaits, et il serait à désirer que les nouvelles matières, telles que la gutta-perca, le caoutchouc, pussent être appropriées à cet usage, car elles offriraient l’avantage de présenter beaucoup moins de joints.
- Quant aux tuyaux d’aspiration, leur usage offre presque toujours des difficultés, et la fabrication ordinaire des tuyaux cousus donne lieu à des reutrées d’air qui compromettent tout à fait le service des pompes. L’emploi des anneaux d’une certaine largeur, sur lesquels les tuyaux sont cloués, employés par M. Letestu, est préférable à celui des spirales en fer rond dont on se sert habituellement. Nous engageons les constructeurs à s’attacher à perfectionner le plus possible cet auxiliaire indispensable des pompes aspirantes.
- Telles sont les considérations qui nous ont guidés dans l’examen que nous avons été appelé à faire des pompes d’épuisement et des pompes à incendie; elles sont en partie la
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- conséquence des faits observés dans les expériences auxquelles nous nous sommes livrés.
- Quant aux expériences elles-mêmes, elles ont eu pour but de constater la marche et l’effet utile des pompes à incendie dans différentes circonstances, plus ou moins difficiles, de service auxquelles elles doivent satisfaire, et, afin de se mettre autant que possible à l’abri de l’incertitude qu’entraîne toujours l’emploi des hommes comme moteur, dans les essais que l’on fait habituellement, l’on a fait marcher ces pompes à l’aide du moteur des ateliers de MM. Derosne et Gail, qui ont bien voulu mettre à la disposition de la Commission un local particulier.
- Le mouvement d’un arbre de couche de cet atelier était transmis à la pompe par une manivelle et une bielle, avec l’intermédiaire de l’un des dynamomètres de rotation du Conservatoire des arts et métiers.
- Le premier de ces dynamomètres que l’on employa était à compteur, et donnait directement la quantité de travail développé pour faire marcher la pompe; mais cet instrument, qui avait été principalement fait pour servir à des expériences sur des machines douées d’un mouvement de rotation et légères à conduire, avait des lames de ressort trop faibles, dont l’élasticité fut altérée après ces premières expériences. L’on fut donc obligé de les recommencer, et l’on se servit à cet effet du dynamomètre de rotation à styles. Dans le cours des expériences, les variations considérables d’effort qui résultèrent de l’action même des pompes ont amené la rupture de quelques lames que l’on a remplacées, mais toutes ces lames ont été tarées directement.
- On sait que ces dynamomètres fournissent, sur une longue bande de papier, une trace des efforts exercés marquée à l’encre de chine, ce qui rend le résultat tout à fait indépendant de la plus ou moins grande habileté et des préventions de l’observateur, une fois que l’instrument a été bien réglé.
- Pour constater si le travail moteur employé à faire mouvoir la pompe était convenablement utilisé, on a fait fonctionner
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- les pompes à1 incendie en les employant d’abord à refouler, par un tuyau en cuir de 45 millimètres de diamètre, l’eau élevée dans un réservoir situé à 10 mètres de hauteur au-dessus de la bâche, qui était alimentée par un autre réservoir d’une capacité jaugée à l’avance et muni d’une échelle de jauge. Le nombre de coups de piston et le temps correspondant étaien t donnés par un compteur à horloge de M. Garnier, instrument dont l’exactitude de marche avait été vérifiée directement.
- On avait donc à chaque expérience le volume d’eau élevé, la hauteur de l’élévation, et par suite l’elfet utile, le temps et le travail dépensé.
- L’on a aussi mesuré le travail moteur nécessaire pour faire marcher les pompes avec la lance placée à l’extrémité d’un tuyau en cuir dé 45 millimètres de diamètre et d’environ 5o mètres de long, qui a été le même pour toutes les pompes analogues.
- On observait le volume d’eau lancé dans un temps donné, le nombre de coups de piston en une minute, la hauteur et la portée du jet.
- Le diamètre de la lance a été habituellement de i5 millimètres, mais il a varié quelquefois.
- Connaissant le volume d’eau débité, le diamètre de l’orifice de la lance, la forme de celle-ci, et par suite le multiplicateur de la dépense qui lui convenait, on pouvait en déduire la vitesse de sortie de l’eau, et enfin la force vive qui lui était communiquée, quantité dont la moitié représentait l’effet utile produit.
- Mais, dans ce genre d’appréciation, la plus légère incertitude sur le diamètre de l’orifice et sur le coefficient convenable de la contraction entraînant une erreur dans la vitesse dont la valeur entre au carré dans l’expression de la force vive, on est exposé à des erreurs très-notables sur l’effet utile, et l’on a renoncé à ce mode d’appréciation.
- L’on s’est contenté de mesurer le travail moteur indiqué par le dynamomètre, pour faire débiter par la lance à la pompe un volume d’eau connu,
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- Quant à la portée et à la hauteur du jet, on les a observées et notées; mais, ces résultats étant influencés d’une manière variable parle vent et par les dimensions des orifices, leur constatation n’a pu avoir beaucoup d’importance pour l’opinion qu’on devait se former des pompes elles-mêmes.
- Une expérience importante, surtout pour les pompes destinées au service des campagnes, consistait à faire fonctionner celles que l’on éprouvait avec des eaux chargées de sable en quantité assez considérable. Dans les villes où le service des pompes est alimenté à l’aide de bornes-fontaines et de tuyaux de secours qui fournissent des eaux claires ou simplement chargées de troubles légers, l’on n’attache pas beaucoup d’attention à cette condition : mais, pour les campagnes et les villes dépourvues de conduites d’eau, il est de rigueur qu’une pompe à incendie puisse fonctionner sans interruption avec des eaux chargées de sable ou de corps étrangers, ou.qu’au moins, si elle est arrêtée, il soit facile de la visiter et de la remettre rapidement en activité.
- Tel a été le motif et le but des expériences spéciales qui ont été exécutées avec des eaux très-chargées de sable, expériences que la rivalité de quelques-uns des constructeurs a poussées peut-être un peu au delà de ce qui était nécessaire sans que cela ait été exigé. On a d’ailleurs laissé à chaque exposant la faculté de soumettre ses produits à cette expérience ou de s’y refuser, et aucun d’eux n’a été en quoi que ce soit obligé de l’accepter ; on a seulement tenu note du refus.
- Quant aux pompes rotatives, on a constaté leur rendement en les faisant mouvoir à l’aide d’une manivelle dynamométrique qui faisait connaître l’effort, et par suite le travail moteur dépensé : ces pompes n’étant d’ailleurs susceptibles d’être employées qu’avec des eaux claires, on ne les a pas essayées dans d’autres conditions.
- La résolution prise par le jury de ne pas décerner de récompenses aux exposants que la difficulté des circonstances a forcés de signer des concordats non encore exécutés, a atteint celui des constructeurs de pompes que la commission des
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- machines avait placé au premier rang : mais le jury a décidé que, dans l’intérêt de la justice comme dans celui du public, le rapport qui lui a été fait et les expériences qui ont été exécutées sur ces produits, seraient insérés dans les considérations générales sur les pompes ; et c’est pour se conformer à cette décision qu’il sera question ici des pompes de M. Letestu, qui, tant par les services qu’elles ont rendus que par les résultats mêmes des expériences, ont été trouvées supérieures à toutes les autres.
- Pompes de M. Letestu. — On sait que le principe général de la construction des pompes de M. Letestu consiste dans le remplacemen t des soupapes métalliques par des soupapes en cuir ; celles d’appel ou de refoulement sont formées d’une simple rondelle en cuir flexible posée sur le siège, qui est une plaque métallique percée d’un grand nombre de trous dont les bords sont arrondis pour atténuer, au passage, les effets de la contraction et les pertes de force vive qui en sont les suites. La superficie totale de ces passages peut être, dans ce dispositif, supérieure à celles que l’on obtient avec les autres soupapes.
- Quant au piston, il est formé par un cône en tôle ou en bronze, également percé de trous sur toute sa surface, et qui reçoit à l’intérieur un cornet en cuir, sans cou tures, dont les bords se recouvrent dans le sens des génératrices et débordent la base du cône. Cette garniture, simple et facile à réparer, suffit pour rendre le piston parfaitement étanche : elle donne peut-être lieu à un frottement un peu plus grand que les garnitures de cuir embouti, quand celles-ci sont très-bien faites, parce que la surface de contact doit y être un peu plus large; mais ce léger défaut est plus que compensé par l’avantage qu’elle présente, ainsi que les soupapes, de ne donner lieu à aucun choc, d’être légère et très-mobile. Nous croyons devoir engager M. Letestu à modifier un peu la forme et la disposition des trous de ses pistons pour augmenter l’aire totale des passages, ce qui lui sera très-facile.
- L’expérience a démontré que, dans les grandes pompes,
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- DianoeLivrées à la vitesse convenable, le volume d’eau fourni par la pompe est habituellement égal et même quelquefois un peu supérieur au volume engendré par le piston 1.
- Si le système de soupapes et de pistons adopté par M. Le-tcslu n’est pas complètement neuf et offre quelque analogie avec ce que l’on trouve décrit dans d’anciens ouvrages, il en diffère cependant notablement, et particulièrement en ce qui concerne le piston. C’est aux perfectionnements importants et bien conçus que cet ingénieur a introduits dans la construction de ces organes essentiels qu’il doit en grande partie le succès qu’il obtient aujourd’hui, d’un dispositif abandonné depuis longtemps. Ce constructeur a d’ailleurs apporté, dans la disposition générale de ses appareils, une simplicité qui rend la visite, le montage et le démontage, la réparation et l’entretien très-faciles, et tous les détails en sont disposés avec beaucoup d’intelligence.
- Après avoir indiqué sommairement en quoi la construction de M. Letestu diffère principalement de celle des autres fabricants de pompes, nous examinerons en particulier les divers systèmes qu’il expose.
- Les pompes d’épuisement ou simplement élévatoires de ce constructeur sont connues; les succès obtenus par le service du génie militaire, dans les fortifications de Paris, sont consignés dans le Mémorial de l’officier du génie et attestés par les chefs de service et entre autres par M. le générai Vaillant. Le même témoignage leur est rendu par les ingénieurs des ponts et chaussées chargés du service des ports à Toulon et à Cherbourg; par le génie militaire à Toulon, où elles ont procuré une économie estimée à 5o p. o/o sur les frais de creusement des fondations de l’enceinte du nouvel arsenal (Rapport de M. Corrèze ); au chemin de fer d’Orléans [M. Clarke), où l’une d’elles, disposée pour î’aspinvlion, a pu aspirer, à 9“,5o de pro-
- 1 Expériences faites à Toulon. — Expériences rapportées ou Mémorial de l’officier du génie. — Expériences faites au canal du Nivernais par M. Bouclier de la Kupelle, ingénieur en chef.
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- fondeur, des eaux et des terres délayées, sans diminution de produit. On avait craint que la résistance du cuir ne permît pas d’élever les eaux à plus de 8 à 10 mètres; l’expérience a levé cette incertitude : deux pompes à incendie du même constructeur ont été employées comme pompes élévatoires aux travaux du chemin de fer de Lyon et ont refoulé l’eau : l’une à 25 mètres de hauteur, pendant plus de 5 mois de travail à î.o heures par jour, et l’autre a élevé l’eau à 27 mètres de hauteur par une conduite de 1,200 mètres de longueur [M. Sauvage). Un témoignage analogue est rendu par les ingénieurs du chemin de fer du Nord (M. Maniel).
- L’usage de ces pompes offre, pour l’emploi des hommes aux épuisements, un avantage considérable sur toutes les autres machines d’épuisement.
- Ainsi, il résulte, par exemple, des expériences de M. Corrèze, officier du génie à Toulon, qu’en les faisant marcher à la simple vitesse de 12-coups pour chaque piston en une minute, on obtient, en service régulier d’un homme, fournissant 8 heures de travail effectif sur la pompe, un effet journalier de 180,950 kilogrammes élevé à un mètre, et qu’à la vitesse de 20 coups de piston en une minute, on obtient pour le travail journalier d’un homme 110,090 kilomètres.
- M. Reibeli, ingénieur des ponts et chaussées, a trouvé à Cherbourg, à la vitesse de 28 à 29 coups de piston en une
- minute, un effet journalier de...................n3,oookra
- tandis qu’avec les pompes ordinaires on n’obtient
- que.............................................. 90,000
- avec les chapelets.. . .......................... .80,000
- et avec la vis d’Archimède....................... 100,000
- En un mot, tous les ingénieurs qui ont employé les pompes à épuisement de M. Letestu se sont plu à lui délivrer les certificats les plus honorables de leur satisfaction, tant sous le' rapport des résultats que sous celui des soins, qu’il donne à sa fabrication. La grande importance des bons appareils d’épuisement dans les travaux hydrauliques et dans l’exploitation des mines indique celle du service rendu, par M. Le-
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- testu, à l’art des constructions par les améliorations qu’il a introduites dans ce genre de pompes.
- Quant aux pompes à incendie du même constructeur, elles sont de deux modèles :
- L’une, aspirante et foulante, employée par la marine, dont les pistons ont il\2 mill. 5 de diamètre, et 182 millimètres de course maximum.
- Les conditions particulières dans lesquelles se trouvent les pompes embarquées sur les bâtiments ont conduit le constructeur à adopter le système des pompes aspirantes et foulantes : ses pistons aspirent et refoulent en remontant. A cet effet, le cône du piston a le sommet en bas, et le corps de pompe est fermé à la partie supérieure;, la tige du piston , articulée près du sommet du cône, est renfermée dans un tuyau, formant douille, qui traverse le couvercle du corps de pompe au moyen d’une boîte à éloupes ; ce tuyau sert à amorcer la pompe au moyen d’un peu d’eau pour couvrir le piston : une petite soupape en cuir y est adaptée à cet effet.
- La nécessité de réduire au moindre volume possible celui que la pompe occupe dans le bâtiment, et de la transporter à travers d’étroits passages, était une difficulté que M. Le-testu a surmontée de la manière la plus heureuse : le balancier, formé de trois pièces, se démonte avec facilité, et présente cependant, quand il est assemblé, une grande rigidité ; le socle en madriers est aussi en trois parties, dont les deux extrêmes se replient verticalement, de sorte que la pompe n’occupe qu’une espace de im,07 en longueur, om,44 en largeur et im,o8 en hauteur. Il était difficile de grouper aussi simplement un semblable appareil dans moins d’espace.
- Le poids de cette pompe, qui présente toute la solidité convenable, n’est que de cent quatre-vingts hilogrammes, ce qui la rend d’un transport facile.
- La somme des aires des passages par la soupape plane d’aspiration est de 67e,52 carrés, et son rapport à la surface du corps de pompe est égal à o,368, ce qui est déjà convenable ; mais il serait sans doute facile de l’augmenter
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- encore. Quant aux passages à travers le piston, la somme des aires est de 74e,25 carrés, et son rapport à la section du corps de pompe est de o,46. Le tuyau qui établit la communication du corps de pompe au récipient a 80 millimètres de diamètre; le rapport de sa section à celle du corps de pompe est de o,32. Ces proportions sont bien supérieures à celles qu’adoptent la plupart des constructeurs, mais nous engageons néanmoins M. Letestu à les augmenter encore puisque la forme même de son piston le lui permet.
- Cette pompe a été essayée d’abord avec le plus grand succès par la marine à Smyrne1, mais surtout à l’incendie du Mourillon où, « alors que toutes les pompes étaient plus ou moins « avariées par la nécessité de les tenir constamment en action, la u seule pompe Letestu ne s'est jamais dérangée, et a, pendant 0 48 heures, dont 12 sans interruption, fonctionné devant Vim-umense volcan, etc.v (Rapport de M. Rigaudy, directeur, du port de Toulon.)
- Au chemin de fer de Lyon, une pompe de ce système a été, par méprise, employée pendant plusieurs jours pour faire des épuisements dans des eaux chargées de sable, et en telle abondance qu’il y avait lieu de craindre qu’elle ne fut gravement endommagée (M. Sauvage, ingénieur en chef ) ; il n’en est cependant résulté aucune avarie.
- Dans les études auxquelles nous nous sommes livré pour comparer entre elles les diverses pompes présentées au jury, l’une de ces pompes a été soumise aux expériences. D’abord, en aspirant l’eau claire dans un puits de 6 mètres de profondeur par une traînée horizontale de 10 mètres de longueur, au moyen de tuyaux en cuir, et en la refoulant dans un réservoir placé à 10 mètres au-dessus de la bâche, à la vitesse moyenne de 55 coups de chaque piston en une minute, elle a
- 1 Les pompes aspirantes et foulantes de nos bâtiments ont produit peu d’effet et fonctionnaient mal, tandis que la pompe dite Letestu a rendu d’immenses services et obtenu de grands succès. (Amiral Turpin ; — Incendie de Smyrne; — Lettre du 20 juillet 1845.)
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- fourni 2/18 lit. 5 en une minute; sa marche a été régulière el d’une douceur remarquable; les chocs elles ébranlements qui se produisent dans les autres pompes ne se manifestèrent nullement dans celle-ci. Le rapport de l’effet utile, mesuré par le produit de l’eau élevée et de la hauteur d’élévation au travail moteur, fourni par le dynamomètre, ou ce qu’on est convenu d’appeler le rendement, a été de 45 p. 0/0, résultat très-satisfaisant pour une pompe de ce genre, et double de celui que l’on obtient généralement avec les pompes, dites du modèle de la ville de Paris, de 126 millimètres de diamètre. Le rapport entre le volume cl’eau débité et le volume engendré par le piston a été, en moyenne, égal à o,843, à la faible course de om, 167, marchant à la vitesse de om, 1Ô2 en une seconde.
- Essayée de la même manière à la lance de 16 millimètres de diamètre, avec une longueur de tuyaux de 5o mètres et de 45 millimètres de diamètre, cette pompe a fourni, par un vent très-violent et très-défavorable, une portée horizontale de'3o mètres et un jet de 17 mètres de haut; avec une lance de i5 millimètres de diamètre , elle a donné une portée horizontale de 34m,4o et un jet de 2ira,n de hauteur.
- Elle était manœuvrée à la vitesse de 55 coups cle balancier
- A. '
- en une minute, et fournissait 2 48 litres cl’eau par minute; la course cle ses pistons avait été, pour l’expérience, réduite à om, 167; par conséquent, à leur course totale de ora,i82, elle pourrait débiter au moins 272 litres en une minute.
- Le rapport cle l’effet utile, mesuré par la moitié cle la force vive imprimée à l’eau, au travail moteur dépensé dans les expériences à la lance, a été trouvé, en moyenne, de 45 p. 0/0.
- Dans l’expérience,elle a exigé un travail moteur cle 201 kil. élevés à i,n,oo en une seconde, ce qui, en employant 10 hommes,obligerait chacun d’eux à développer en une seconde un travail moteur de 20km,i ; et à la course totale des pistons et à la même vitesse, en produisant 272 litres en une minute, elleexigerait un travail moteur cle 2 20kmoù 2 2km,o par homme
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- en employant toujours 10 hommes, ou i8k“,3 en y employant 12 hommes, ce qui est facile à bord des navires, attendu que la pompe s’alimente d’clle-même par l’aspiration.
- Manœuvrée comme pompe aspirante sur le quai de la Concorde, elle a aspiré l’eau h 9^,78; le jet, parfaitement continu , offrait beaucoup de régularité.
- Manœuvrée comme pompe aspirante, mise en mouvement avec le moteur, en plaçant la crépine d’aspiration dans une bâche où l’on avait mêlé 5o litres de sable et 5o litres de terre à l’eau quelle contenait, elle a fonctionné, pendant, 10 minutes sans interruption, en aspirant et rejetant le sable en grande abondance, sans éprouver d’avarie et sans que son mouvement cessât de présenter la douceur habituelle de sa marche; on entendait seulement le bruit du sable qui circulait dans les corps de pompe.
- Pendant celle expérience, il a suffi de remuer de temps en temps la crépine dans la masse de sable où elle était plongée pour l’empêcher de s’obstruer, et alors le jet de la pompe était très-régulier. 1 '
- Le démontage de cette pompe, pour la visite et le remplacement des garnitures, s’il était nécessaire, sc fait avec la plus glande facilité.
- On a observé les temps suivants :
- Démontage du balancier............,....... 17"
- ---------— des deux pistons............... 20"
- ------:--- des soupapes et des boîtes de
- • ♦. // *
- visite..................... 21
- •——;------ d’un cuir de piston............ 12"
- - Ensemble.......
- Remontage d’un cuir de piston..........
- ----------. des soupapes et des boîtes de
- visite.............. ....
- --------— t]cs pistons.................
- ----------du balancier................
- Q rt tu
- O O “ 1 ,20 _
- 55
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- 3
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- Quoique les cuirs, qui forment la garniture des pistons dans cette pompe, soient disposés de manière à durer fort longtemps, il était bon de constater la fafcilité de leur remplacement.
- Pour cette opération, il suffit d’enlever le cuir existant, de le développer sur un morceau de cuir de vache ou de cheval, de faire à la pointe le tracé de ce développement et de le découper.
- Ces opérations, qui n’exigent aucun préparatif et peuvent être exécutées par le premier venu avec un simple couteau, ont employé devant nous le temps suivant :
- Garniture de piston :
- Démontage du piston et du cuir........ 60"
- Tracé et découpage du nouveau cuir.... 65"
- Replacement du cuir et des pistons.... 76"
- Ensemble......... 200" =3',20"
- Remplacement de la soupape dp refoulement :
- Enlèvement de la soupape................ 21"
- Tracé et découpage du nouveau cuir.... 120"
- Replacement de la soupape................ 29"
- Ensemble......... 17 0" = 2 ', 5 o"
- Tous les détails d’exécution de cette pompe sont soignés et disposés avec beaucoup d’intelligence. Les chapeaux des corps de pompe sont maintenus en place par des boulons articulés qui basculent quand ils sont desserrés, et ne se séparent pas du corps, car les extrémités de ces boulons sont rivées, de sorte que ni les écrous ni lés boulons ne peuvent se perdre dans un démontage et un transport précipité; chaque objet se retrouve toujours à sâ place, ce qui est un avantage toujours important dans les incendies, mais surtout à bord des bâtiments.
- Tuyaux.— Les tuyaux d’aspiration de M. Letestu méritent aussi de fixer l’attention par leur construction particulière.
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- Au iieu dé placer à l'intérieur, comme la plupart des autres constructeurs, un ressort,spiral, en fer galvanisé oii étamé, pour permettrè au cuir dé résister à la prèssion atmosphéri-que, lorsqu’on fait le vide, M. Letestu emploié des anneaux en laiton ou en fer étamé soudés, de 4 à 5 centimètres de longueur, selon le diamètre des tuyaux, et placés à un intervalle de i à 2 centimètres au plus, puis recouverts d’üne secondé enveloppe de cuir cousue à la manière ordinaire; sur l’intervalle de deux anneaux on fait une forte ligaturé én fil de cuivre étamé, qui maintient lès anneaux en place et les applique fortement contre les cuirs. Cet intervalle formé une sorte d’articulation analogue aux anneaux des serpents, et ces tuyaux ont une grande flexibilité, sans que leur solidité soit compromise. Dans les expériences d’aspiration, ces tuyaux ont parfaitement fonctionné, et leur supériorité sur îes~ tuyaux à ressorts en spirale a été bien constatée et reconnue par plusieurs des concurrents.
- Les raccords de ces tuyaux se font par des bagues à ôrèilles qui s’assemblent par des boulons articulés à bouts rivés-, dé sorte que ni les boulons ni les écrous ne peuvent se séparer. Ce mode de raccord est bien préférable à celui qu’emploient les autres constructeurs, et qui consiste simplement en des bagues filetées qui, dans les mouvements sur le sol, se char-gèntdë sable, sont ensuitè difficiles à manœuvrer, bidonnent lieu à dès rentrées d’air.
- Pompes foulantes à incendie: — Le second modèle dé pompe à incendie, que construit M. Letestu, est celui d’üne pompe simplement foulante.
- Le diamètre du corps de pompe èst de i42 millimètres, ét la coursé maximum du piston de i45 millimètres; La coursé mâximum des leviers de manoeuvre n’est que de o"\62, proportion plus commode pour les hommes que celle qui est adoptée par la plupart des constructéurs, qùi donnent om,y5 à om,8o, et même im,oo de course à ces leviers. Le pistoii a son sommet en dessus, sa garniture en dedans, et, quand il s’é-
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- lève, l’eau pénètre dans le corps de pompe en écartant le cuir de son enveloppe métallique. Dans cette disposition , l’alimentation du piston se fait à une certaine hauteur du fond de la bâche, ce qui facilite la séparation et la précipitation des corps étrangers et préserve la pompe de leur introduction, tandis que, dans la plupart des autres pompes qui prennent l’eau presque tout à fait au fond delà bâche, les corps étrangers peuvent s’y introduire dès que leur volume ne s’y oppose pas. Il y a , il est vrai, une portion de la capacité de la bâche, qui est perdue comme réservoir d’eau ; mais, dans les autres pompes, la hauteur du socle et son volume produisent aussi une perte analogue sans qu’il en résulte le même avantage.
- Le refoulement de l’eau se fait par une soupape en cuir fixée au milieu du fond du récipient, qui est à cet effet percé d’un grand nombre de trous disposés concentriquement. Un tuyau réunit les corps de pompe au récipient, et un diaphragme vertical établit la séparation des deux corps , qui sont, ainsi que le récipient, soudés à la culasse. Une tubulure, fermée par un tampon à vis qui s’ouvre très-facilement, permet de visiter, d’enlever et de remplacer la rondelle de cuir formant soupape, qui n’est fixée que par un simple écrou à oreilles. Le tuyau de refoulement se fixe sur cette tubulure.
- Les corps de pompe sont enveloppés d’une trémie conique mobile qui s’oppose à l’introduction des corps étrangers d’un trop gros volume.
- Cette pompe ne pèse que 169 kilogrammes, tandis que les pompes analogues, les plus légères, pèsent environ 200 kilogrammes.
- La somme des aires des passages de refoulement pour chaque corps de pompe est, comme dans la pompe aspirante, de 57*1,52 , et son rapport à la section du corps de pompe est de o,36.
- La section du conduit de jonction des corps au récipient est de 47ccti son rapport à la section du corps de pompe est de o,3o. . . ,
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- Enfin, la somme des aires des passages à travers le piston est de 736ctJ, ou o,45 de la section du corps. Ce dernier rapport pourrait encore être augmenté, comme nous l’avons déjà dit, et il en résulterait une diminution des pertes de force vive après les passages.
- Le mouvement de celte pompe est aussi doux que celui de la pompe marine, et ne donne lieu à aucun choc.
- Le démontage et le remontage s’exécutent avec la1 plus grande facilité, ainsi que la visite de toutes les parties. Il a fallu pour
- le démontage : le remontage:
- Des pistons - i4" ' 38“
- Du balancier 10" 4-4"
- Des soupapes Du corps de pompe, du patin 18" 25
- et du récipient / V 1 ,10 ? t 2 ,10
- i\5a" 3',57“
- • n ' .......................
- Pour ôter un cuir de piston, i5 secondes, et, pour le remettre, 3o secondes.
- Dans aucune autre pompe la facilité de visiter les soupapes n’est à beaucoup près aussi grande; dans presque toutes les pompes à soupapes métalliques, le remplacement sur place est impossible.
- Dans l’élévation do l’eau à îo mètres de hauteur, à la vitesse de rio coups de piston à la minute, ce qui est une vitesse trop grande et défavorable, le rapport de l’eflèt utile au travail moteur a été trouvé égal à *o,35.
- Dans une expérience à la lance de i5 millimètres de diamètre , par un vent très-violent, la portée horizontale a été trouvée de 32*“,5o, et la hauteur du jet de 17'“,40.
- A la vitesse de n3 coups en une minute, à la course totale de i45 millimètres, la pompe fournit 194 litres d’eau, et elle exige alors un travail moteur de i63 kil. élevés à i mètre, ou 16km,3 par homme en une seconde, si l’on eu em-
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- ploie 10 à la manœuvre, ce qui ne dépasse pas., comme dans les, autres pompes, le travail que l’on peut momentanément exiger.
- Cette pompe, essayée avec des eaux chargées de sable de rivière, en remplissant sa bâche jusqu’à la partie supérieure des trémies qui enveloppent le corps de pompe, ce qui ne pourrait jamais arriver dans le service courant, a parfaitement fonctionné, d’abord pendant une demi-heure en reversant toujours, l’eau dans la bâche, puis avec la lance. Il a suffi de remuer le sable à la main ou avec un bâton, pour que l’alimentation se fît régulièrement.
- Enfin, pour reconnaître si le dessèchement des cuirs des pistons et des soupapes pouvait nuire d’une manière notable à la marche de ces pompes, on a desséché au feu, très-fortement, un cuir de piston, et l’on a suspendu à l’air et au soleil pendant plusieurs semaines une soupape de refoulement d’une garniture de piston.
- Ces cuirs ayaDt été ensuite remis en place, la pompe a immédiatement fonctionné sans difficulté.
- Feux de caves. — Le service des pompiers attache dans les grandes villes de l’importance à pouvoir envoyer de l’air dans l’appareil dû au colonel Paulin, et dans lequel est enveloppé le pompier qui pénètre dans les caves. Mais, dans toutes les dispositions proposées jusqu’ici, on s’est borné à faire agir les pompes à eau comme pompes à air, de sorte que, si l’on n’a qu’une pompe, il faut interrompre le service de l’eau pour faire celui de l’air, et vice versa; ou, si l’on a deux pompes, l’une doit être consacrée à l’air, ce qui prive les pompiers d’une partie de leurs moyens d’action.
- M. Letestu a très-heureusement et très-simplement levé cette difficulté, en adaptant à ses pompes, pour le cas des feux de caves, un petit corps de pompe destiné à fournir l’air et qui est placé à articulation sur le patin de la pompe et en dehors de la bâche. La tige du piston reçoit le mouvement du balancier en même temps que les pistons à eau, de sorte que
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- la pompe fournit à volonté l’eau et: l’air ensemble ou alterna* livement. Un robinet de retour permet de suspendre le jet de l’eau sans interrompre celui de l’air. La pompe à air peut d’ailleurs être réduite à de 1rès-petïtes dimensions, et se séparer de la pompe à eau lorsque son service est inutile.
- Cette disposition, bien préférable à ce qui avait été fait jusqu'ici, nous paraît un perfectionnement ingénieux des pompes destinées au service des villes et des grands magasins voûtés.
- Manège. —M. Letestu expose, en outre, un manège d’une construction simple et d’une installation tellement facile, qu’il peut être transporté d’un lieu à un autre, pour servir à des travaux d’épuisement ou même, à des irrigations.
- La tige de la pompe est placée dans la direction même de l’axe vertical du manège, et. le mouvement de rotation de celui-ci est transformé au moyen d’une roue qui circule sur un cercle percé de trous, dans lesquels viennent s’engager des chevilles que porte la roue, montée sur le bras de levier même du manège.
- La forme donnée à cet engrenage ne serait pas à l’abri de la critique, s’il s’agissait d’une machine d’un autre genre; mais ici, où la simplicité et la facilité du remplacement étaient des conditions principales, il peut être admis comme suffisamment précis.
- Le prix de ce manège, avec la pompe, n’est que de 1,200 francs, non compris les tuyaux d’aspiration, dont la longueur dépend, de la profondeur où l’on va chercher les eaux1.
- En résumé, l’on voit que M. Letestu a beaucoup amélioré la construction des pompes d’épuisement et les a rendues supérieures, quant aux effets, à toutes les autres machines d’épuisement connues jusqu’à ce jour, et que celles qu’il
- S *
- 1 Vers la fin de: l’exposition, M> Letestu a présenté un modèle de manège plus simple encore et d-un-entretien plus facile..
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- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
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- fournit ont partout satisfait les ingénieurs qui les ont employées ;
- Que ses pompes à incendie sont d’un prix peu élevé, d’une construction plus simple, de proportions plus rationnelles, d’un entretien plus facile, d’un service plus sûr; qu’elles exigent moins de force que toutes les autres, pour le même effet; qu’elles répondent à toutes les exigences du service des incendies, soit quand il s’agit de pompes simplement foulantes, comme cela suffit dans la plupart des cas, soit lorsque les conditions de leur service ou les localités font penser qu’une pompe aspirante serait préférable;
- Que, dans ce dernier cas, ses pompes aspirantes peuvent aspirer à une profondeur de 9m,78, ce que l’on doit surtout à la bonne confection des tuyaux de ce constructeur;
- Que les mêmes pompes peuvent servir comme pompes à incendie et comme pompes d’épuisement ou d’alimentation, en refoulant l’eau à des hauteurs de 25 ou 27 mètres à des distances considérables, qui ont atteint 1,200 mètres au chemin de fer de Lyon ;
- Qu’enfin, par l’addition d’un appareil fort simple elles peuvent servir à la fois de pompes à eau et à air pour les feux de caves, et que tous les accessoires du service des pompes qu’il fabrique sont établis avec une grande intelligence des résultats à obtenir et des conditions à satisfaire.
- Par la variété de ses travaux, par sa persévérance dans ses tentatives pour améliorer les pompes malgré les obstacles de plus d’un genre qu’il a eu à surmonter, M. Letestu s’est placé au premier rang des constructeurs de pompes.
- MM. GUÉRIN et C,e, marché d’Aguesseau, n° 12, à Paris.
- Ils ont exposé des pompes h incendie, ainsi que leurs accessoires.
- Les poinpesconstruites parla maison Guérin et compagnie sont, à clapets, et du modèle adopté par le corps des pompiersjte Paris , dont M. Guérin père était l’ingénieur. Dans les considérations générales, nous avons signalé lés inconvénients des pompes à clapets
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- pour les pompes à incendie en particulier; il est donc inutile d’y revenir.
- Les proportions adoptées par M. Guérin pour les passages d’aspiration sont convenables; mais ceux de refoulement sont trop petits, et la contraction n’est pas évitée avec assez d’attention aux abords des orifices. Il en résulte une trop grande consommation de force motrice par rapport à l’effet utile obtenu, qui n’est que de 0,21 du travail moteur dépensé. Une partie de ces défauts peut être corrigée par de meilleures dispositions, mais l’inconvénient des clapets subsistera toujours.
- M. Guérin a cherché à atténuer l’influence fâcheuse des chocs des clapets contre leurs sièges, en les garnissant de cuir sur tout' leur contour, et il est en effet parvenu à diminuer l’intensité de ces chocs; mais il en est résulté un autre inconvénient pour le cas où. la pompe fonctionne avec des eaux chargées de gravier : c’est que les grains de sable qui s’arrêtent sur le siège, étant fortement choqués par le clapet, s’impriment et s’enfoncent dans le cuir et y restent à demeure. La présence de ces cuirs a, dans les épreuves, permis à la pompe de fonctionner fort bien, avec des eaux chargées de sable, pendant une demi-heure; mais on conçoit qu’à la longue le cuir, à force de se charger de grains de sable, serait ou détruit ou devenu tellement dur, qu’il n’en admettrait plus d’autres, et qu’alors l’inconvénient ordinaire des clapets métalliques reparaîtrait.
- La présence du sable dans les garnitures de cuir a privé celte pompe de.la propi’iélé qu’elle avait de pouvoir refouler de l’air dans les caves, parce qu’alors les soupapes ne fermaient plus assez hermétiquement.
- Par un travail continu, à la vitesse de 100 coups en une minute, la pompe de M. Guérin fournirait environ 265 litres d’eau en une minute; mais elle exigerait des îo hommes employés à la manœuvre un travail moteur de 2 53kllm environ, ou 2 5tllm,3 par homme, ce qui est trop considérable. Quelques perfectionnements pourraient diminuer ce travail moteur; mais il nous paraîtrait aussi nécessaire de réduire un peu le diamètre du piston, et par conséquent le volume d’eau lancé.
- Il est juste de reconnaître que le modèle des pompes de la maison Guérin est d’une construction solide, et qu’il a servi de type à tous les autres constructeurs de pompes dites du modèle de Paris,
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- qui l’ont copié sans l'améliorer, et quelquefois en augmentant ses imperfections,
- M. Guérin expose aussi des tuyaux à incendie et des tuyaux d’aspiration, garnis de ressorts en spirale en fer étamé. Dans les expériences d’aspiration faites avec ces tuyaux, il s’est manifesté des rentrées d’air qui se sont opposées à ce que la pompe fournît tout le volume d’eau qu’elle aurait; dû produire.
- Nous engageons M. Guérin à perfectionner cette, partie importante des accessoires.
- Malgré les critiques qui précèdent, et dans l’espoir que MM. Guérin et Cle feront de nouveaux et, heureux efforts pour améliorer leurs pompes à incendie, le jury leur accorde le rappel de la médaille d’argent, obtenue, en 183g, par M. Guérin père.
- Médaille M. AUGER, à Louviers (Eure).
- d’argent,
- Il a exposé une pompe à incendie dans laquelle on remarque plusieurs dispositions ingénieuses qui méritent l’attention des constructeurs.
- Pour éviter l’inconvénient des clapets métalliques, il leur a préféré pour l’aspiration les soupapes à siège tronc conique, et, pour le refoulement, les soupapes à boulets. Mais, les soupapes coniques étant, encore, malgré l’inclinaison de la surface de leurs sièges, sujettes à être accidentellement gênées dans leur fermeture par l’interposition de corps étrangers, M. Auger y a porté remède en-disposant, au-dessous delà tige qui guide ses soupapes, un levier horizontal articulé avec une tige verticale, dont l’extrémité supérieure est à la portée du chef de manœuvre. Lors donc que la cessation du bruit causé par les soupapes avertit que son jeu est interrompu, le chef de manœuvre-peut,, en soulevant,la soupape à l’aide du levier, dégager les corps étrangers que l’eau entraîneet rétablir le jeu régulier de l’appareil.
- L’utilité de celte disposition a été très-bien constatée dans les expériences, faites sur la pompe de M. Auger, en jetant du sable dans la bâche, et il a été,reconnu que les, interruptions du mouvement des soupapes, cessaient dès qu’on manœuvrait le levier de dégagement.
- Les soupapes de refoulement sont des boulets en bronze, et peuvent être facilement visitées et remplacées au moyen d’une plaque à écrou.
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- Pour augmenter, dans les cas ordinaires la régularité du jet et, en même temps, pour éviter qu’un accident, survenu à l’un des corps de pompe, ne force à interrompre le jeu de l’appareil, M. Auger a eu l’idée d’envelopper chaque corps de pompe d’un récipient particulier, outre le récipient comm.un. Lorsque le service de l’un des corps de pompe se trouve interrompu, sa soupape de refoulement intercepte la communication avec le récipient çpmmun, et celui de l’autre peut ainsi continuer. Celte disposition n’est pas sans utilité; mais elle nous semble compliquer la construction des pompes à incendie, qu’il nous paraît important de. simplifier autant que possible.
- Une autre addition faite aux pompes à incendie par M. Auger, et qui nous paraît utile, c’est celle d’un sifflet de manœuvre adapté au récipient d’air, à l’aide duquel le chef de manœuvre peut donner, aux pompiers qui dirigent la lance, avis de certaines circonstances.
- L’aire des passages libres nous paraît un peu petite pour l’aspiration , et celle des passages de refoulement l’est beaucoup trop, et la contraction n'est pas assez atténuée dans les passages des corps de pompes au récipient. Ces circonstances expliquent comttient cette pompe, bien exécutée d’ailleurs, exige, à proportion de l’effet utile qu’elle produit, un travail moteur trop considérable. Il sera facile à M. Auger de remédier à ces défauts.
- Le temps employé au démontage complet a été trouvé de 8 minutes 31 secondes, et celui du remontage, de i3 minutes.
- Celte pompe a, d’ailleurs, très-bien fonctionné dans les épreuves à l’eau trouble, dans.celles au^able fin mêléd’herbes fines, et dans celles au sable ordinaire, à l’aide du soulèvement des clapets.
- Pour marcher à îoo coups par minute, si. elle était manœuvrée par îo hommes,* elle exigerait un travail moteur d’environ 289^ en une minute, et par conséquent.28“”,9 par homme, ce qui est trop considérable.
- M. Auger expose aussi une échelle d’incendie, composée d’une perche garnie d’échelons, et au moyen de laquelle un seul homme., sans aucun aide, peut s’élever avec facilité à.tous, les étages, et y porter secours.
- Cette échelle, très-simple, n’a qu’un, seul montant.,, garni à,son extrémité d’une équerre, en acier, qui s’adapte facilement aüx tablettes des fenêtres de diverses largeurs.
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- Rappels
- de
- médaille de bronze.
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- L’homme, parvenu au point qu’il veut atteindre, accroche sa ceinture à l’échelle, et il peut alors diriger le jet d’une pompe.
- Dans un essai qui a été fait devant nous, un homme est monté à un cinquième étage en 2 minutes 4o secondes, et en est redescendu en 2 minutes 10 secondes. A des fenêtres grillées placées au troisième élage, il est arrivé en 2 minutes, et est redescendu en une minute 45 secondes. Ce dispositif d’échelle nous paraît préférable à celui qui est en usage à Paris.
- Le même système s’applique à l’établissement d’échafauds mobiles pour les maçons et les peintres. L’essai en a été fait devant les commissaires, et a montré que la manœuvre est simple et sure, en même temps que les précautions sont prises pour préserver les façades de toute détérioration.
- Enfin, M. Auger a exposé un chariot à plate-forme ascendante pour le sauvetage des personnes retenues aux étages supérieurs dans les incendies, et dont la manœuvro nous a paru simple, quoique le chariot soit un peu lourd,
- M. Auger, dans les produits qu’il a exposés, a fait preuve cl’ha-bilelé, d’un bon esprit d’invention, et a montré qu’il entend et raisonne bien la construction.
- Pour l’ensemble do ses travaux, le jury lui accorde une médaille d’argent.
- Mm? GAILARD, allée des Veuves, n° 1 7, à Paris,
- A présenté deux pompes à l’examen du jury ; l’une est une pompe ordinaire à clapet, d’un modèle analogue à celui de la ville de Paris, et quelle appelle modèle de l’artillerie, parce que c’est celui qu’elle a fourni jusqu’à ce jour à ce service.
- Le diamètre du corps de pompe est de 120 millimètres, la course maximum est de 286 millimètres. Dans cette pompe, le rapport des passages par les orifices d’aspiration, et surtout par ceux de refoulement, à faire du piston, est trop petit et devrait être augmenté de beaucoup. Celte circonstance et les effets, trop négligés, des contractions aux différents passages influent notablement sur le rapport de l’eflêt utile qu’elle produit au travail dépensé, car ce rapport ne s’élève qu’à 0,267.
- A la vitesse de 100 coups de piston par minute, celle pompe fournirait environ 262.litres en 1 seconde, et exigerait un travail moteur de 218 kil. élevés à im,oo par seconde et pour 10 hommes,
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- ou un travail de 2ik 8m par homme et par seconde, ce qui est trop considérable.
- Dans les expériences à la lance, la portée horizontale a été trouvée de 33m,6o et de 35 mètres environ, et la hauteur du jet i6m,85, et 17 mètres avec des lances dont l’orifice avait 17 et:
- 16 millimètres.
- Le démontage et le remontage de celte pompe ont exigé, le icr, 12 minutes 12 secondes; le 20, 19 minutes 32 secondes.
- Mm° Gailard n’a pas voulu soumettre sa pompe à l’expérience de la manœuvre avec des eaux chargées de sable; ce qui porte à ciboire qu’elle a reconnu l’inconvénient grave que présentent dans ce cas les clapets métalliques quelle emploie.
- La seconde pompe présentée par Mmc Gailard est une pompe à double effet dont les coi’ps de pompe ont 111 millimètres de diamètre, avec 2 5o millimètres de course. Le rapport des orifices d’aspiration et de refoulement à la surface du piston est plus grand et plus convenable que dans la pompe à simple effet.
- Le but principal du constructeur a été de rendre le jet plus continu par l’action simultanée de ses pistons dans les deux sens ; mais il n’a pas fait attention què les deux pistons qui refoulent en même temps ont tous deux une vitesse nulle au même instant, de sorte que l’irrégularité esta peu près la même que dans une pompe à simple effet dont les pistons auraient une surface double, et qui offrirait moins de complication dans la construction. Les clapets étant en nombre double dans celte pompe que dans les autres , les chocs sont plus nombreux et les ébranlements généraux de l’appareil plus violents.
- Dans un travail continu , à la vitesse de 100 coups de piston en î minute, celte pompe fournirait environ 278 litres, et exigerait un travail moteur d’à peu près 217 kil. élevés à rm,oo en 1 minute, ou 2i\ 7™ par chacun des 10 hommes, qu’on y emploierait ; ce qui est trop fort.
- On voit que le produit et le, travail moteur sont à peu près les mêmes que dans la pompe à simple effet dont il a été parlé plus haut, et l’on ne voit pas alors quel avantage peut ici présenter l’emploi, de la pompe à double elfeI.
- Le démontage et le remontage de celte pompe sont plus longs que pour l’autre, et ont exigé, pour le démontage 19 minutes, 53 secondes, et pour le remontage kà minutes, 38 secondes.
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- Nous engageons M“e Gailard à assiirer davantage l’uniformité des dimensions des boulons et écrous, afin qu’ils puissent sans difficulté être changés de placé.
- ' Avec une lance de 18 millimètres de diamèlrè, la portée horizontale du jet a été trouvée de 28 mètres et la hauteur de 17™.
- On sait que les clapets, ordinairement articulés sur des rivets, ne peuvent se changer facilement dans les pompes ordinaires. Mmo Gailard les a rendus mobiles en assemblant le siège à vis sur la platine, ce qui, au moyen de pièces de rechange, permet de remplacer sur place un clapet dégradé. Elle a de plus le soin de disposer le plan des sièges sous une assez grande inclinaison, pour que les corps étrangers et le sable ne puissent s’y arrêter aussi facilement. Malgré cette amélioration, Mm<! Gailard n’a pas pensé sans doute que sa pompe pût fonctionner avec des eaux chargées de sable , puisqu’elle s’est refusée à la soumettre à celle épreuve.
- En résumé, la construction de Mmo Gailard est solide, et ses pompes fonctionnent régulièrement ; mais elles ont tous les défauts des pompes à clapets, et ne présentent pas tout le fini d’exécution que l’on trouve dans celles des deux concurrents précédents.
- Le jury accorde à Mmo Gailard le rappel de la médaille de bronze qu’elle a obtenue en i844-
- M. Romain THIRION, allée des Veuves, n° g3, à Paris,
- A exposé une pompe foulante à incendie du modèle dè la ville de Paris, avec ses accessoires.
- Dans celte pompe, dont le corps a 12b millimètres de diamètre avec une course de 280 millimètres, les dispositions généralès sont analogues à celles des pompes du niême genre.
- Les orifices d’aspiration et de refoulement sont trop petits , ét les raccordements à vive arête rendent les effets de contraction trop considérables ; le volume du récipient n’est que de 6,9 fois le volume engendré par le piston , ce qui ne paraît pas suffisant pour assurer convenablement la régularité du jet.
- M. Tliirion a adapté au fond du récipient une soupape qu’on lève à la main pour s’assurer si les clapets ne sont pas engagés, et pour les débarrasser des corps étrangers qui pourraient lès obstruer. C’est une amélioration propre à diminuer les inconvénients des clapets, dans lé cas où la pompe fonctionne avec des eaux chargées de sable.
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- Le démontage de cette pompe a exigé 6 minutes, 27 secondes, et ie démontage 9 minutes, 12 secondes.
- Dans les expériences, la portée du jet a été trouvée de 33 mètres, et la hauteur de 19 mètres.
- La construction de cette pompe est solide, mais elle participe aux défauts reprochés aux pompes du même genre.
- Le jury accorde àM. Thirionle rappel de la médaille de bronze qui lui a été décernée en i844-
- M. DEBAUSSÈAUX, à Amiens (Somme),
- A exposé une pompe à incendie, à soupapes coniques, analogue, pour le reste de la disposition, à celle du modèle de Paris.
- Les cylindres ont 122 millimètres de diamèire, et les pistons 265 millimétrés de coursé. La construction diffère aussi des autres pompes du môme modèle par la disposition du balancier, qui peut recevoir quatre barres ou leviers dé manoeuvre, ce qui semble annoncer que M. Debaüsseaux aurait reconnu que ces pompes exigent plus de 10 hommes pour les manœuvrer, ainsi què les expériences tendent à le faire voir.
- Les orifices des passages d’aspiration et de refoulement sont trop petits et donnent lieu à des pertes de forcé vive. La capacité du récipient est égale à 9,5b fois lé volume engendré par le piston dans une coursé, ce qui est une proportion assez convenable.
- Dans l'expérience relative à l’élévation de l’eau à 10 mètres de hauteur, lé rapport dê l’effet Utile de cette pompé au travail moteur dépensé a été trouvé égal à 0,2 5, résultat plus favorable que celui qu’ont fourni la plupart des autres pompes à clapets.
- Manœuvrée à là lancé, cette pompé, avec un orifice de 14 millimètres de diamètre, a fourni une portée horizontale de 33m,2o et une hauteur de jet de i8m,53; mais avec cet orifice, à ioo coups en 1 minuté, elle fournirait environ 295 litres et exigerait un travail moteur de 338 kil. élevés à im,oo, quantité trop considérable qui expliqué comment le constructeur a été obligé de doubler lé nombre des leviers pour y placer plus d’hommes. En supposant même qu’il en mît 16, le travail à fournir par chacun d’eux serait encore de 21 kil. élevés à im,oO en 1 seconde , ce qui est trop considérable.
- Il serait donc convenable d’àUgmeuter l’aire dé tous les passages, de diminuer, par des arrondissements * les entrées de ces passages et des conduits, et d’augmenter le diamètre de l’orifice delà lance.
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- Médaille» de bronze.
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- Le jury accorde à M. Debausseaux le rappel de la médaille de bronze qui lui a été décernée en i844--
- MM. HARMOIS frères, rue de Marivaux-des-Lombards, n° 1 4, à Paris,
- Fabricants de matériel d’incendie et d'arrosage, ont exposé des xnodèles de tuyaux en cuir et en toile, et des seaux à incendie, bien exécutés.
- Cette maison, anciennement connue par la qualité de ses produits, mérite le l’appel de la médaille de bronze qu’elle reçut en i844-
- M. VASSELLE, rueSaint-Pierre-Popmcort, n° 18, à Paris.
- Le système de pompes construit par M. Vasselle se compose d’un cylindre horizontal alésé, dans lequel oscillent deux diaphi’agmes solidaires, munis chacun d’une soupape à clapet. Ce cylindre porte inféi’ieurement deux auli’es diaphragmes inclinés et fixes, ayant chacun une semblable soupape, qui sert à établir ou à interrompi’e alternativement la communication du tuyau d’aspiration avec le coi'ps de pompe. La partie supéi’ieurc du cylindi’e correspond au tuyau de refoulement ou à l’évacuation.
- Ce dispositif peut s’appliquer également aux pompes d’épuisement, aux pompes à incendie et aux simples pompes de jardin. Il permet d’élever des eaux troubles ; mais, avec des eaux mêlées de sable, les clapets et le corps de pompe, surtout, sontsujets à s’engoi'gei'.
- Les proportions des orifices de passage à la surface totale des diaphragmes sont assez convenables, mais le tuyau d’aspiration est un peu trop petit; et, dans l’élévation de l’eau à une hauteur de xo mètres, le l’apport de l’effet utile au ti’avail dépensé a été trouvé de o,33, résultat supérieur à celui que l’on a obtenu avec la plupart des pompes à clapets.
- La pompe à incendie de M. Vasselle fournirait, à la vitesse de îoo coups par minute, un volume de 182 litres, au‘moyen d’un travail moteur d’envii’on 168 kil. élevés à im,oo, ou de i6tm,8 par seconde et par homme, en en employant 10, ce qui indique sa supériorité sur les autres pompes à clapets.
- M. Vasselle ne met à ses diaphi’agmes oscillants d’autre garniture qu’un anneau de métal fusible, coulé dans la pompe même et qui peut se l'emplacer; mais cela pourrait, avec le.tcmps, occasionner du jeu et des fuites. •
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- Le montage et le démontage de cette pompe sont assez faciles et sa construction est simple, mais elle a quelques-uns des inconvénients des pompes à clapets, et nous paraît peu propre à être employée dans le cas où les eaux seraient chargées de sable, malgré l’avantage que lui donne la disposition du corps de pompe au-dessus du fond de la bâche, ce qui permet au sable de s’y déposer.
- Cette pompe est en général préférable aux pompes à clapets ordinaires.
- Le jury accorde à M. Vasselle une médaille de bronze.
- MM. FLAUD et C,e, rue Jean-Goujon, n° 27, à Paris,
- Ont exposé deux modèles de pompes, des tuyaux de refoulement et d’aspiration, ainsi que d’autres accessoires du service des pompes.
- L’un des modèles de pompes à incendie a des cylindres de 110 millimètres de diamètre, et est particulièrement destiné au service des campagnes.
- L’autre modèle est celui qui a été adopté récemment par le service des pompiers de Paris, et a des corps de 125 millimètres de diamètre.
- Tous deux sont à clapets métalliques, et présentent sous ce rapport les inconvénients que nous avons signalés dans les considérations générales.
- Ce modèle diffère d’ailleurs très-peu de celui qui avait été introduit dans le service des pompiers de Paris, par M. Guérin père, dans l’établissement de qui M. Flaud a été employé.
- La pompe de no millimètres de diamètre, qui a été présentée aux expériences, n’est pas précisément celle que MM. Flaud et compagnie livrent au public ; on y a adapté la platine de la pompe de 12 5 millimètres de diamètre, de sorte que les orifices et les passages se sont à proportion trouvés plus grands que dans les pompes de la fabrication ordinaire. Pour cette substitution, il a été nécessaire d’évaser un peu les corps de pompe vers la partie inférieure, afin de laisser assez de jeu au clapet et de passage à l’eau sur son contour. Nous pensons que cette modification sera aussi à l’avenir introduite dans toutes les pompes de ce modèle, qui seront construites, et nous engageons aussi ce constructeur à atténuer, autant que possible, les contractions aux différents passages,et, en particulier, à ceux des corps de pompe au récipient où les contours sont trop brusques.
- il.
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- Malgré ce changement de platine, les passages d’aspiration et surtout ceux de refoulement sont encore trop petits dans cette pompe, et inférieurs à ceux de la pompe Guérin qui lui a servi de modèle.
- M. Flaud a eu soin de donner à ses pistons un diamètre assez . inférieur à celui du corps de pompe pour que le cuir embouti ne frottât que par son contour extrême : par celle précaution, trop souvent négligée, il est parvenu à réduire notablement le frottement, ce qui corrigeait en partie le défaut signalé plus haut, et qui explique comment cette pompe, employée à élever de l’eau à xo mètres de hauteur, a pu donner un effet utile égal à o,33 du travail moteur.
- Dans les expériences au sable,'les inconvénients des clapets se sont fait sentir, et à plusieurs reprises le jeu de la pompe a été interrompu.
- Il a été constaté que cette pompe peut être employée à refouler de l’air, et produit une pression plus que suffisante pour alimenter l’appareil dont est muni le sapeur-pompier dans les feux de cave.
- Dans les expériences à la lance, la portée du jet a été de 33™,80, et sa hauteur de 25™,35 environ; mais alors la vitesse était de io4 coups à la miniite, cl le travail moteur dépensé de 242 kil. élevés à i™ en une seconde. A la vitesse de îoo coups de piston à la minute, et avec un produit d’environ 22 5 litres en une minute, la force motrice dépensée aurait par conséquent été de 233 kil. élevés à i™ en une seconde, de sorte que, en employant dix hommes à la manœuvre, chacun d’eux aurait dû fournir un travail de 23lra,3 par seconde, ce qui est trop considérable.
- Le temps nécessaire pour le démontage de cette pompe a été trouvé de 2 minutes î x secondes, et celui du remontage de 4 minutes 52 secondes.
- La pompe construite par M. Flaud pour le service de Paris a 125 millimètres de diamètre et 2 55 à 260 millimètres de course.
- Le rapport des orifices d’aspiration et surtout celui des orifices et des passages de refoulement à la surface des pistons y sont beaucoup trop petits, ce qui occasionne des perles de force vive considérables et par conséquent une perle de travail moteur. Les ébranlements causés par les chocs des clapets et l’intensité des efforts nécessaires pour faire marcher cette pompe n’ont pas permis de mesurer le travail moteur quelle exige avec l’appareil dynamométrique
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- dont on disposait, quoique, dans d’autres circonstances et notamment pour les pompes de M. Auger, on ait pu mesurer jusqu’à un 'travail de 289 kil. élevés à im par seconde. Celte difficulté montre que cette pompe, construite pour être manœuvrée par dix hommes, exigerait cl’eux un travail d’environ 3o kil. élevés à im par homme et par seconde, à la vitesse de 100 coups de piston en une seconde, ce qui est trop considérable. C’est d’ailleurs ce qui a été vérifié directement dans une autre expérience, et ce qui se trouve d’accord avec l’usage où l’on est de relever les hommes à 5 minutes d’intervalle. Le temps du démontage de cette pompe a été trouvé de 4 minutes 21 secondes, et celui du remontage de 8 minutes 20 secondes.
- La pompe de même modèle, disposée pour être employée comme pompe aspirante et foulante, a les mêmes proportions et par conséquent les mêmes défauts.
- Les expériences sur l’aspiration avec cette pompe ont été exécutées d’abord en la faisant marcher avec le moteur des ateliers de MM.De-rosne et Caiî, et en aspirant l’eau d’un puits à une profondeur moyenne de 6 mètres et à une distance horizontale de i4,m5o, ce qui donnait en tout 20m,5o de tuyaux, dont la seconde partie de i4m,5o seulement, était en tuyaux de cuir neufs de la fabrication de M. Flaud.
- Dans une première expérience, faite à la vitesse de 113,4 coups de piston eu 1 minute, on a obtenu 180litres d’eau en 1 ', ou 1 lit. 5q par coup. Le volume engendré par le piston à chaque coup étant alors de 3 lit. 08, le produit n’était donc que o,52 clu volume engendré.
- A la vitesse de 109 coups en 1 minute, le produit a été de i85,8 en 1', ou de 1 lit. 7 par coup; le rapport des volumes produit et engendré était donc de o,553.
- Une troisième expérience, à la vitesse de 81, 2 coups en 1', a donné i3o lit. 5 en 1 minute, ou 1 lit. 61 par coup. Le volume engendré par coup étant alors de 3 lit. i3, le rapport de ces volumes a été de o,5i4.
- Une quatrième expérience, à la vitesse de 81,6 coups en 1 ', a donné 168 lit. 8 en 1 ', ou 2 lit. 07 par coup. Le rapport des volumes a été de 0,66.
- Une cinquième expérience, à la même vitesse, a donné 371 lit. en 1' et 2 lit. 10 par coup. Le rapport des volumes s’est élevé à 0,67.
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- Cette faiblesse du produit de la pompe employée à l’aspiration ne peut être attribuée à son piston ni à ses soupapes, mais bien aux tuyaux d’aspiration qui prenaient de l’air; ces tuyaux sont faits à la manière ordinaire et composés de deux enveloppes de cuir cousus sur une spirale en fer étamé qui a pour objet de soutenir le cuir et de l’empêcher de s’aplatir lors de l’aspiration par l’effet de l’excès de la pression atmosphérique sur la pression intérieure ; les points nombreux de couture offrent trop de passages à l’air pour que le plus souvent il n’en rentre pas assez pour diminuer notablement le produit.de la pompe et limiter beaucoup la hauteur à laquelle elle peut aspirer.
- Dans une autre expérience faite à bras, en plaçant la pompe sur le quai de la rive gauche, près et en aval du pont de la Concorde, les résultats ont été beaucoup plus favorables et l’aspiration a pu être effectuée jusqu’à une hauteur de 9™,58, mesure prise au sommet de la course des pistons, et avec 17“’,73 de longueur de tuyaux, donli4m,93 en cuir. Mais l’on doit ajouter que, prévenu par le résultat des premières expériences, M. Flaud avait pris des précautions pour rendre ses tuyaux moins pennéables à l’air, et entre autres celle de les faire à l’avance tremper dans l’eau, ce qui ne serait pas praticable en cas d’incendie, faute de temps ; on a d’ailleurs remarqué qu’après cinq à six minutes de travail le jet, qui jusque-là avait été très-régulier, a commencé à le devenir moins et laissait échapper des bouffées d’air.
- De'ces expériences, on doit donc conclure que la pompe aspirante de M. Flaüd est susceptible cl’aspirer l’eau jusqu’à 9"',58 au-dessous du sommet de la course des pistons, mais que ses tuyaux n’offrent pas de garanties suffisantes, contre la rentrée de l’air, pour que l’on puisse compter sur un service régulier.
- Dans la dernière expérience dont on vient de parler, la pompe était manœuvrée par i3 hommes, et, après 5 minutes de travail, ils étaient déjà très-fatigués; ce qui confirme ce qui a été dit plus haut relativement aux proportions de ces pompes, qui exigent de la part des hommes une dépense trop grande de travail moteur.
- Tout en signalant les défauts du système des pompes à incendie de la ville de Paris, nous devons reconnaître que M. Flaud apporte dans sa fabrication tous les soins désirables; il fait lui-même ses bronzes, les di’esse, les tourne et les alèse; il forge les parties en fer, confectionne le charronnage, les tuyaux "et les équipements de
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- sapeurs-pompiers; les matériaux qu’il emploie sont de premier choix, et son atelier est mû par une machine à vapeur de 6 chevaux.
- Le jury, reconnaissant les efforts faits par M. Flaud, lui accorde une médaille de bronze.
- M. STOLZ père, rue Lamartine, n° 22, à Paris.
- Il a exposé une pompe rotative propre à élever les eaux claires, et qui, dans les expériences, a donné des résultats satisfaisants.
- Manœuvi’ée comme pompe aspirante par un seul homme, elle n’exige qu’un effort moyen de 7 kil. 33 à la manivelle à 65 tours en une minute, ce qui est une vitesse trop grande pour le service ordinaire, puisqu’elle correspond à 2m,o6 en une seconde, et à un travail moteur de i.5km,3o en une seconde; elle a fourni par seconde un volume de o lit. 935, élevés à une hauteur de 7°\o6, ou un effet utile de 6km,5o ou o,4i8 du travail moteur. Ce rapport eût été plus grand si la vitesse n’eût pas dépassé 3o ou 4o tours en une minute.
- Ce résultat montre que, sans les chances de détériorations produites par l’usage et l’introduction de coi’ps étrangers, cette pompe pourrait rendre de bons services, quand elle serait employée avec des eaux claires.
- Les travaux de M. Stolz père ne se bornent pas à la pompe qu’il a exposée; il a aussi construit plusieurs grandes machines hydrauliques et des machines à vapeur, et le jury lui accorde une médaille de bronze pour l’ensemble de ses travaux.
- M. LECLERC, quaideVaimy, n° 59, à Paris.
- Il a exposé une pompe à iucendie, une pompe rotative et des jets d’eau de diverses formes.
- La pompe à incendie se compose d’un seul corps de pompe dont le piston est double; la tige à crémaillère, conduite par un pignon, est évidée et dentée en crémaillère double, et, entre ses branches, se meut un pignon denté sur une portion seulement de sa circonférence. .
- Ce mode, anciennement connu, de faire communiquer à des tiges un mouvement rectiligne alternatif, est sujet à se dégrader par suite des chocs des dents à chaque reprise des tiges, et exige que ce mouvement soit toujours conduit avec douceur. Dans la
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- pompe de M. Leclerc, la manivelle étant montée sur un volant, il est à craindre que, si le mouvement était entravé accidentellement par quelque obstacle, il n’en résultât un choc capable de rompre les dents. La mise en mouvement des pistons, qui sont au repos à la fin de chaque course, par un pignon qui a une vitesse finie, donne d’ailleurs toujours lieu à un choc, et ce système de transmission de mouvement a été justement abandonné; l’on ne peut donc en approuver la reproduction.
- M. Leclerc paraît avoir senti les défauts que nous venons de signaler, puisqu’il a pensé à remplacer le pignon par un excentrique circulaire ou simplement par un bouton de manivelle. Ces moyens seraient préférables au précédent, mais ils donneraient lieu à des frottements considérables.
- Cette pompe est à double effet; mais la condition de placer les deux passages d’aspiration et de refoulement au fond du cylindre a conduit le constructeur à des dimensions d’orifice et de passage beaucoup trop petits.
- Il résulte de ces dispositions des pertes de force vive et de travail considérables ; aussi cette pompe n’a-t-elle donné qu’un effet utile égal à 0,188 du travail moteur dépensé, ce qui tient à la fois au mode de transmission du mouvement, à la petitesse des passages que le liquide doit traverser et aux changements trop brusques de direction qu’il éprouve.
- A la lance, la portée horizontale du jet a été trouvée de 22m, et sa hauteur de ii,œi8.
- Quant à la pompe rotative de M. Leclerc, à laquelle il a donné le nom de pompe française, pour la distinguer sans doute delà pompe rotative ordinaire, à glissoire, qu’on nomme pompe américaine; elle se compose de deux pignons qui, par leur engrenage, produisent l’aspiration elle refoulement de l’eau.
- Ce système, qui ne peut être évidemment employé qu’avec des eaux claires, est exposé à s’altérer ou à s’arrêter par l’interposition du moindre corps étranger.
- Dans une expérience faite avec une vitesse de 5o tours en une minute, le travail moteur dépensé étantdei8 kil. élevés àim,67, ce qui est beaucoup trop considérable pour un seul homme, l’effet utile a été de 5 kil. élevés à im,85, le volume d’eau élevé en une seconde à 7”,06 de hauteur étant-de o lit. 83 ; le rapport de l’effet utile au travail moteur a donc été, dans cette expérience, égal à o,3i 5, et il eût
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- été plus considérable si le constructeur, pour obtenir un plus grand produit, n’eut voulu, à tort, faire marcher sa pompe aussi vile.
- Les travaux de M. Leclerc ne se bornent pas aux deux pompes que nous venons d’examiner ; il construit des pompes de tous les systèmes connus pour les grandes machines à élever les eaux; il entreprend les travaux de sondage et de mécanique.
- Son exposition cle jeux hydrauliques est aussi variée que remarquable, et prouve que M. Leclerc a beaucoup étudié cette partie de son art.
- Le jury accorde à M. Leclerc une médaille de bronze pour l’ensemble de ses travaux.
- MM. LÉVESQUE père et fils, mécaniciens, Petite-Rue-Saint-Pierre, n° 8, à Paris.
- Ils ont exposé un petit tour parallèle, à fileter; une petite machine à raboter à la main; une pompe à deux corps, à engrenage; une pompe à colonne, nouveau système.
- Les deux premières machines nous ont paru bien exécutées, et disposées de manière à rendre des services dans les ateliers de construction de petites machines.
- Dans la pompe à deux corps, MM. Lévesque transmettent le mouvement du balancier aux tiges des pistons qui forment cré-maillères, au moyen cl’un engrenage, et guident les tiges par un coulant. Cette disposition est déjà éonnue.
- Dans la pompe à colonne, le mouvement oscillatoire du balancier est transmis à la tige du piston au moyen de deux chaînes articulées fixées par l’une de leurs extrémités à l’un des côtés de la lige, et par l’autre à un secteur circulaire qui fait corps avec le balancier. L’une de ces chaînes conduit le piston dans sa descente, l’autre dans sa montée.
- Ce système, imité de ce qui se pratiquait dans les anciennes pompes d’épuisement mues par des machines à vapeur, ne dispense pas de l’emploi d’un guide placé dans le chapeau qui recouvre la colonne, et il donne lieu à des frottements aussi considérables que ceux que produirait un simple guide.
- Les .pistons de ces pompes sont en bois, et garnis de clapets ordinaires.
- Pour l’ensemble de leurs produits, le jury accorde à MM. Lévesque une médaille de bronze.
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- Montions
- honorables.
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- M. MOYSE, rue de la Bienfaisance, n°5i, à Paris.
- 11 a exposé des tuyaux en cuir et en toile, des seaux à incendie d’une bonne exécution, parmi lesquels on a remarqué des tuyaux garnis à l’intérieur d’une spirale plate, étamée, qui remplace avec avantage les spirales rondes. L’on a eu occasion de signaler, pour les tuyaux d’aspiration, l’inconvénient du mode de fabrication généralement suivi, et dans lequel il est très-difficile d’éviter les rentrées d’air.
- Aux ressorts en fer rond, M. Moyse substitue une spirale en fer étamé de 12 à i5 millimètres de large, qui, dans l’intérieur, offre une surface plus continue et plus de passage à l’eau, mais qui a surtout l’avantage de présenter à l’extérieur une plus grande surface d’appui au cuir et à la couture.
- Un fil de fer étamé entoure, à l’extérieur, la seconde enveloppe de cuir, et s’enroule au-dessus des joints des spirales intérieures. Ce mode de construction donne des tuyaux plus simples que ceux à spirales ronds, et qui doivent être aussi plus imperméables à l’air.
- M. Moyse, qui fabrique lui-même avec sa famille et quelques ouvriers, livre ses tuyaux à des prix très-modérés, généralement inférieurs à ceux de ses concurrents.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. HUSSENET, fabricant de pompes, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 109, à Paris.
- Il a exposé trois pompes dites à vannes, et deux pompes rotatives.
- La pompe à vannes de M. Hussenet est principalement destinée aux épuisements. Sa bâche, de forme prismatique rectangulaire, reçoit deux clapets qui forment les pistons, et tournent autour d’un axe parallèle aux petits côtés de sa bâche ; les pistons rectangulaires se meuvent donc d’un mouvement circulaire, et ils sont, sur leurs trois côtés mobiles, garnis d’un cuir qui appuie contre les parois latérales de la bâche et contre une surface cylindre, dont l’axe est celui de la rotation.
- Sur ces pistons sont placés des clapets dont l’axe est parallèle au leur, mais qui sont disposés en sens inverse, c’est-à-dire que leur ouverture se trouve du côté le plus bas du plan incliné formé par le piston.
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- Le mouvement alternatif du balancier transmis aux pistons produit l’aspiration et l’élévation de l’eau ; ces pompes sont donc aspirantes et élévatoires.
- Elles sont simples, faciles à visiter et peuvent fonctionner avec des eaux troubles ; mais, dans des eaux sablonneuses et pour des épuisements où il y a beaucoup de débris, de sable ou de terre à entraîner, elles ne tardent pas à s’obstruer, l’intervalle entre le fond déjà bâche et le piston se remplit, et dès lors le jeu du piston et celui du clapet sont gênés.
- L’accumulation des matières a lieu parce qu’elles sont reçues pendant l’aspiration, et peuvent se déposer sous le piston, dans des parties où l’eau ne circule pas avec une vitesse suffisante pour les entraîner.
- Nous ne croyons donc pas que ce système de pompes soit convenable pour les épuisements très-chargés de matières pulvérulentes ou sablonneuses, mais il peut être employé pour des eaux claires, ou qui ne contiennent que des matières légères en suspension.
- Quant aux pompes rotatives de M. Hussenet, elles sont du système américain avec glissoires et ressorts, bien exécutées et d’un prix modéré.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Hussenet.
- M. ROHEE (Andoche), boulevard Saint-Martin, n°6, à Paris.
- Il a exposé des pompes du modèle dit de la ville de Paris, à clapets, et dont les cylindres ont 125 millimètres de diamètre, et les pistons 280 millimètres de course.
- Les proportions des orifices d’aspiration et de refoulement sont trop petites ainsi que celle du récipient, et les contours des orifices ne sont pas suffisamment arrondis pour éviter les contractions.
- Dans les expériences sur l’élévation de l’eau à 1 o mètres de hauteur, le rapport de l’effet utile au travail moteur dépensé n’a été que de 0,181, ce qui tient aux défauts signalés plus haut.
- Par un temps très-favorable la portée du jet a été trouvée de 3im,oo et sa hauteur de 28 mètres.
- Le démontage de cette pompe a exigé 7 minutes i4 secondes, et le remontage i4 minutes 20 secondes.
- A la vitesse de 100 coups de pistons en une minute cette pompe fournil 227 litres par minute, et exige un travail moteur de 267 kil. élevés cà im, de sorte qu’en y employant dix hommes, chacun d’eux
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- Citations
- favorables.
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- devrait développer un travail de a6m,7 en une minute, ce qui est trop considérable.
- La construction deM. Rohée est d’ailleurs soignée, les accessoires sont bien exécutés, et le jury lui accorde une mention honorable.
- M. CHAMARD, avenue de Neuilly, n° 20 (Seine).
- Il a exposé une pompe aspirante et foulante, clans laquelle il a cherché à régulariser le jet en augmentan t le'nombredes soupapes. Le corps de pompe est un cylindre à axe horizontal partagé, dans le sens vertical, par un diaphragme dirigé suivant un pl#n méridien vertical et dans lequel se meut, cl’un mouvement alternatif, un autre diaphragme en cuivre, analogue au papillon des tuyaux de poêle, mais exactement ajusté à sa partie inférieure et vers l’une de ses extrémités. Ce cylindre a deux ouvertures qui communiquent chacune avec un conduit et qui établissent, au moyen de soupapes à clapet, la communication du tuyau d’aspiration au tuyau de refoulement. A l’autre extrémité du cylindre, mais vers le haut, sont deux autres ouvertures communiquant également avec deux conduits semblables et parallèles aux premiers.
- Chacun de ces quatre conduits, indépendants l’un do l’autre, a une soupape d’aspiration et une soupape de refoulement; de sorte qu’il y a en tout quatre soupapes de chaque de espèce.
- Le mouvement oscillatoire du balancier est transmis au diaphragme mobile qui, dans chacune de ses oscillations, aspire et refoule à la fois par chacune de ses moitiés.
- Le jeu de la pompe est très-continu et elle peut se passer de réservoir d’air; mais la multiplicité des passages, les changements brusques de direction qu’éprouve le liquide occasionnent des pertes de travail qui ne permettent pas d’espérer que celte pompe soit d’un usage avantageux au point de vue de la dépense de travail moteur pour un effet donné.
- Cette pompe s’engorge facilement quand les eaux sont troubles et chargées de corps étrangers, mais elle est assez facile à démonter et le remplacement des garnitures n’offre pas de difficultés. Elle peut rendre de bons services pour l’élévation des eaux claires.
- Le jury accorde à M. Chamard une mention honorable. ’
- M. MICHAUD-DURANTON, àTroyes (Aube).
- 11 a exposé une pompe à incendie du modèle de la ville de Paris,
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- à clapets, bien exécutée, mais qui présente les inconvénients reprochés à ce système de pompes. Les proportions des passages, les contours des orifices ne sont pas déterminés de manière à diminuer assez les pertes de force vive et les contractions.
- Cependant l’ensemble de la construction est bon et solide.
- Le jury accorde une citation à M. Michaud-Duranton.
- M. Simon JACQUET, me des Amandiers-Popincourt, n° 4, à Paris.
- Il expose des robinets avec soupapes à siège conique, et à tige qui sont mus par un excentrique dont il varie la forme. Le but principal queM. Jacquet s’est proposé a été de placer la pièce mobile du robinet, celle qui offre un joint par lequel il peut se faire une fuite, dans la partie où l’eau ayant une plus grande vitesse; la pression se trouve par conséquent moindre ainsi que les chances de fuite.
- Cette idée qu’il a réalisée sous diverses formes est juste et devait le conduire à de bons résultats. Sa réalisation entraîne, il est vrai, quelques sujétions de chances d’obstruction dans les passages et un prix plus élevé des robinets, mais elle peut dans certains cas offrir de l’utilité, et le jui'y accorde une citation à M. Jacquet.
- M. Simon PLASSE, rue Saint-Honoré, n° 67, à Paris.
- Il a exposé plusieurs objets en cuivre pour jets d’eau bien exécutés, pour lesquels le jury lui accorde une citation.
- SECTION DEUXIÈME.
- S 1". MACHINES A VAPEUR ET PIÈCES ACCESSOIRES.
- M. Pouillet, rapporteur.
- M,. FARCQT, à Saint-Ouen (Seine).
- • M. Farcot a pris rang, depuis longtemps, parmi nos plus habiles mécaniciens constructeurs : la médaille d’or qu’il reçut à l’exposition de 1844 a été pour lui un encouragement à perfectionner encore tout ce qui se rapporte à la construction des machines à vapeur les plus puissantes et à la construction des plus grands mécanismes destinés, soit aux épuisements ou à l’élévation des eaux, soit à la
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- médaille
- d’or.
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- Médaille
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- fabrication du fer et aux travaux métallurgiques , soit au matériel des chemins de fer. Toutes les inventions originales et les perfectionnements importants dentM. Farcot a enrichi l’art si difficile des constructions mécaniques se font, surtout, remarquer par une extrême simplicité dans l’exécution ; on reconnaît là un esprit fécond, actif, plein d’idées neuves et, en même temps, un esprit essentiellement pratique qui ne se laisse jamais entraîner à ces complications quelquefois séduisantes qui sont bientôt répudiées par l’expérience.
- Par la disposition de ses générateurs, par sa distribution à détente variable, par ses soupapes à pressions équilibrées, par ses enveloppes, et par l’excellente disposition de tout son mécanisme, M. Farcot est parvenu à construire des machines à vapeur, tantôt à un seul cylindre, tantôt à deux cylindres, qui réalisent une économie de combustible considérable. Ces machines ont été éprouvées d’abord par la société d’encouragement, qui les a couronnées, et ensuite elles ont été éprouvées par l’usage habituel et par comparaison avec les meilleüres machines, soit en Egypte, soit en France.
- M. Farcot a donné au marteau-pilon une nouvelle disposition, au moyen de laquelle il fonctionne d’une manière plus ^simple, plus rapide, plus appropriée aux services qu’il peut rendre dans les grands ateliers de construction,
- Obligé de quitter les ateliers qu’il. avait formés dans la rue Moreau, pour céder la place à l’embarcadère du chemin de Lyon, M. Farcot a transporté son matériel au port de Saint-Ouen-, là, sur un terrain des mieux disposés pour cet( objet, il a pu élever de nouveaux ateliers plus vastes et mieux ordonnés. Nous ne pouvons pas signaler ici toutes les innovations importantes qu’il a introduites dans ses moyens de fabrication ; nous dirons seulement qu’il est impossible de voir sans le plus vif intérêt celte magnifique collection de machines-outils, presque toutes perfectionnées par M. Farcot lui-même, avec la coopération desquelles quelques centaines d’ouvriers intelligents pourraient exécuter rapidement tout ce que l’on peut aujourd’hui demander de plus grand et de plus difficile à à la mécanique.
- Le jury accorde à M. Farcot une nouvelle médaille d’or.
- M. BOURDON (Eugène), rue du Faubourg-du-Temple, n° 7 k, à Paris.
- M. Bourdon a fait de grands progrès depuis l’exposition de
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- 1844, où une nouvelle médaille d’argent lui fut accordée; dans cet intervalle de cinq ans, il a livré à diverses industries un nombre considérable de machines à vapeur à haute ou à basse pression, toutes construites avec les soins les plus consciencieux. La plupart de ces machines, tantôt à cylindre vertical, tantôt à cylindre horizontal, les unes à balancier, les autres sans balancier, appartiennent aux dimensions les plus réduites, de 2, 4 ou 6 chevaux; mais les autres appartiennent aux forces ordinaires de îo, i5 ou 20 chevaux; quelques-unes même s’élèvent à la force de 5o chevaux. Grandes ou petites, les machines de M. Bourdon portent un cachet de bonne fabrication; tout y est'bien étudié, bien compris et bien exécuté.
- On sait que M. Bourdon s’est appliqué avec succès à perfectionner tous les moyens de sûreté qu’il faut donner aux chaudières et aux machines elles-mêmes pour en régler la marche. Son flotteur à sifflet, pour marquer le niveau, a été'accepté par l’industrie, qui en fait un grand usage ; mais il est à présumer qu’il rendra encore de nouveaux services, par le dernier perfectionnement qu’il y a introduit, en substituant au flotteur ancien une lentille métallique d’une forme très-inaltérable.
- Le nouveau manomètre métallique de M. Bourdon paraît avoir une grande supériorité sur tous les indicateurs de pression, et, si le temps confirme les résultats que l’on a déjà obtenus de cet appareil, on ne peut pas douter qu’il ne soit bientôt préféré aux manomètres à air libre ou à air comprimé, même pour les machines fixes.
- L’ingénieux mécanisme que M. Bourdon adapte aux divers systèmes de détente variable, pour en régler la marche par le modérateur de Watt, nous semble aussi appelé à rendre de grands services. Rien n’est plus important que d’astreindre la machine elle-même à modérer inévitablement sa consommation de vapeur, en raison de l’effort quelle doit transmettre.
- Le jury, prenant en considération l’ensemble des travaux exécutés par M. Bourdon et les divers perfectionnements qu’il a imaginés pour mieux régler la marche des machines et pour rendre plus efficaces les moyens de sûreté, lui accorde une médaille d’or.
- M. TRÉSEL, à Saint-Quentin (Aisne).
- M. Trésel avait obtenu la médaille d’argent, à l’exposition de
- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
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- i844, pour l’ensemble de ses travaux mécaniques, et aussi pour une détente variable, bien conçue et bien exécutée. Ce système de détente laissait toutefois quelque chose à désirer : il fallait arrêter la machine pour la faire varier. Si, par exemple, elle avait été réglée au quart, il fallait un instant d’arrêt pour changer la disposition des pièces, afin d’obtenir la détente au cinquième ou au dixième. Le jury avait espéré que M. Trésel résoudrait promptement la seconde partie du problème, c’est-à-dire qu’il parviendrait à rendre sa détente variable à volonté, pendant la marche de la machine. Cet espoir n’a pas été déçu : M. Trésel nous présente aujourd’hui la solution de celte difficulté, et cette solution est simple et des plus satisfaisantes.
- M. Trésel a aussi appliqué son esprit ingénieux au perfectionnement des râpes destinées aux féculeries et aux fabriques de sucre indigène, et au perfectionnement des presses hydrauliques fonctionnant par un moteur continu. Son système de pompes indépendantes pour faire agir ces presses paraît offrir des avantages 'qui ne sont pas sans importance, soit pour faciliter la dépression, soit pour renouveler la pression, à mesure que le jus s’écoule, soit pour remédier aux accidents sans perdre de temps, lorsqu’une des pompes se dérange.
- Ces diverses innovations ont déjà subi les épreuves du temps et de la pratique.
- Le jury accorde à M. Trésel une nouvelle médaille d’argent.
- M. TÀMIZIER, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 2 23, à Paris.
- M. Tamizier est, parmi nos mécaniciens, l’un de ceux qui ont autrefois contribué avec le plus de zèle et de dévouement à perfectionner la construction des chaudières et des machines à vapeur. Il a eu d’excellentes idées, pour lesquelles il aurait pu prendre des brevets, mais il a mieux aimé généreusement les mettre en circulation, et le public en a largement profité. Depuis la dernière exposition, dans laquelle il fui récompensé d’une médaille d’argent, M. Tamizier n’a pas cessé de poursuivre ses inventions et ses travaux; rien ne lui coûte, ni temps ni peine, pour livrer des ouvrages consciencieusement achevés ; la machine à haute pression, perfectionnée par lui, qu’il présente à l’exposition, en est la preuve, bien qu’il soit à notre parfaite connaissance qu’il se serait fait un scrupule de lui
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- donner un coup de lime de plus qu’à celles qu’il livre au public.
- Personne ne songe moins à se faire remarquer, et personne ne songe plus à bien faire.
- Le jury accorde à M. Tamizier une nouvelle médaille d’argent.
- MM. GIVORD et Cio, à Lyon (Rhône). Médite
- MM. Givord et compagnie présentent à l’exposition une machine à vapeur de douze chevaux, dite machine à vapeurs combinées, parce qu’en effet il y a dans ce système deux vapeurs qui agissent comme moteurs ; mais ces deux vapeurs sont distinctes et séparées.
- C’est à M. du Trembley que l’on doit cette invention tout à fait digne d’intérêt; l’idce en est simple et ingénieuse.Théoriquement, elle promet des avantages incontestables, car elle double au moins la force d’une machine ordinaire sans augmenter la dépense de combustible. Nous en donnerons une idée en prenant pour exemple une machine à haute pression sans condenseur, comme une locomotive d’où la vapeur s’échappe à plus de ioo°; cette ,vapeur, au lieu de se perdre inutilement, fait, à l’égard d’une chaudière pleine d’éther, le même office que fait la flamme à l’égard.d’une chaudière pleine d’eau ; c’est-à-dire qu’elle échauffe l’éther, qu’elle le fait bouillir, ou plutôt qu’elle donne à sa vapeur une force élastique de 4, 5 ou 6 atmosphères, suivant les circonstances. La vapeur d’éther, avec sa tension, passe dans un cylindre spécial pour y faire mouvoir un piston, par une combinaison mécanique facile à concevoir. La force de ce piston s’ajoute à celle du piston qui est mû par la vapeur d’eau ; il est vrai que, quand la vapeur d’éther a produit son effet, on ne peut pas la perdre : il faut la condenser à 25 ou 3o°, et ramener ee liquide dans la chaudière d’éther, pour s’alimenter comme il convient. Ainsi la vapeur d’eau, devenue inutile pai’ce qu’elle n’a plus que ioo° de température et une atmosphère de pression, se trouve remplacée par la vapeur d’éther qui, à la vérité, n’a pas ioo°, mais qui, à raison de la volatilité du liquide, se trouve avoir 5 ou 6 atmosphères de pression, ce qui en fait une force utile et efficace. Pour apprécier la valeur théorique du bénéfice, il reste à tenir compte des densités et des chaleurs latentes.
- Tel est le principe de#l’invenlion de M. du Trembley ; on voit qu’il ne s’applique pas exclusivement à la vapeur d’éther, mais à celle de tous les liquides volatils, comme le chloroforme, le chîo-
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- rure de carbone, etc., et qu’il peut s’appliquer aussi aux machines à condenseur, comme aux machines à haute pression qui perdent leur vapeur d’eau à ioo° ou à no°.
- La seule difficulté pratique est de contenir la vapeur du liquide volatil pour qu’elle ne se perde pas, et de donner, à la chaudière , qui contient le liquide lui-même, une forme telle, qu’elle puisse, assez vite, prendre à la vapeur d’eau toute la chaleur qu’elle doit en recevoir. 11 paraît certain que M. du Trembley a levé tous les doutes à cet égard; nous sommes disposés à le croire par les expériences dont nous avons été témoins il y a quelques années, et bien plus encore parles documents que le jury départemental du Rhône transmet ail jury central, puisque une machine de 2 5 chevaux, établie cl’après ce système, fonctionne, d’une manière satisfaisante, depuis plus cl’un an, dans la cristallerie de la Guillolière, à Lyon.
- Nous regrettons cependant de n’avoir pas reçu à ce sujet, de M. du Trembley ou de M. Givord, des détails circonstanciés sur la température de la vapeur perdue, qui échauffe le liquide volatil, sur la tension et le volume de la vapeur volatile elle-même,- comparés au volume et à la tension de la vapeur d’eau qui sert à la produire.
- Le jury accorde à M. Givord et compagnie une médaille d’argent.
- M. FREY, à Belleville (Seine).
- M. Frey est, parmi nos jeunes mécaniciens, celui qui a le plys contribué à répandre l’usage des machines à clous, soit pour les pointes de Paris, soit pour les becquets ; il en a construit en grand nombre avec des perfectionnements qui-lui appartiennent et qui ont été fort appréciés. En même temps, M. Frey s’est livré d’une manière spéciale à la construction des machines à vapeur de petites dimensions. Ses petites machines oscillantes, très-simples et très-économiques, lui avaient valu, à l’exposition de i844> une nouvelle médaille de bronze. Aujourd’hui il présente à l’exposition une machine fixe de force moyenne, où l’on remarque deux dispositions qui ont été réalisées aussi avec intelligence par d’autres exposants. L’une consiste à chauffer le cylindre en faisant circuler autour de fui les produits de la combustion avant qu’ils pénètrent dans la cheminée; l’autre consiste ci emprunter au modérateur la force nécessaire pour régler à la fois l’arrivée de la vapeur et la détente.
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- Ôf)
- Toutes les machines de M. Frey se recommandent par une très-bonne exécution.
- Le jury lui accorde une médaille d’argent.
- MM. LEGAVRIAN ET FARINEU, à Lille (Nord).
- MM. Legavrian et Farineu se présentent à l’exposition pour la ^première fois, comme constructeurs de machines, mais ils se présentent avec une bonne renommée acquise par de véritables succès. L’établissement qu’ils ont fondé à Lille n’a guère que dix années d’existence, et il n’y a pas plus de six ou sept ans qu’ils se livren principalement à la construction des machines à vapeur-, cependant ils comptent déjà, depuis deux ou trois ans, parmi les plus habiles en ce genre, du moins.pour ce qui regarde l’économie du combustible qui est un point si important. Cette économie a été constatée delà manière la plus authentique par la société d’encouragement, qui leur a accordé la moitié du prix qu’elle avait proposé à ce sujet.
- MM. Legravian et Farineu doivent cet avantage à un système qui leur appartient et auquel ils sont parvenus en perfectionnant considérablement l’ancien système de Wolf: ils séparent les deux cylindres, et, surtout, ils rendent indépendants les mouvements de leurs tiroirs, de telle sorte qu’il y ait une avance à l’échappement dans le petit cylindre, et que la vapeur arrive sans retard et largement dans le grand cylindre; il en résulte un partage du point mort qui permet de supprimer quelquefois le volant.
- Il est vrai que ces conditions ne s’obtiennent pas toujours avec des formes mécaniques élégantes et ramassées; mais, après avoir si bien réussi pour l’économie du combustible, il est présumable que MM. Legavrian et Farineu ne tarderont pas à réussir aussi complètement sous tous les autres rapports.
- Le jury leur accorde une médaille d’argent.
- M. ROUFFET fils aîné, rue Delorme, n° 1 2, à Paris.
- ~ M. Rouffet fils, qui a déjà obtenu deux médailles de bronze, aux expositions de i83g et de i844t se montre de plus en plus soigneux et déplus en plus habile dans les divers travaux qu’il exécute. Ses petites machines à vapeur portatives et à haute pression, de deux ou trois chevaux de force, sont arrivées à un point où elles
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- Nouvelles médailles le bronze.
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- semblent laisser peu à désirer. 11 ne paraît guère possible d’en réduire la masse, non plus que le volume; quant à l’arrangement des pièces, à leur forme, à .leur groupement symétrique, tout cela est étudié avec une grande hobileté : c’était un problème très-complexe, car il ne s’agissait pas seulement de donner de bonnes positions relatives au foyer, à la chaudière et au cylindre, mais il fallait choisir ces positions pour trouver aisément, sans pièces add'r-lionnelles, l’ensemble des points d’appui qui sont nécessaires aux pièces mobiles. M. RoufTet a résolu le problème avec la plus grande économie d’espace et de matières, sans rien sacrifier de ce qui pouvait assurer la parfaite solidité de sa machine.
- Nous pouvons ajouter que ses machines fixes, de quatre ou cinq chevaux de force, se ressentent heureusement des études qu’il a dù faire pour arriver à une excellente composition dans les machines portatives.
- Le jury accorde à M. Rouffet une médaille d’argent.
- M. LELOUP, rue des Fosscs-Sainl-Marcel, n° 39, à Paris.
- M. Leloup avait obtenu une médaille de bronze à l’exposition de i844 pour l’ensemble de ses travaux de mécanique et pour ses machines à vapeur usuelles, de quelques chevaux de force, Depuis cette époque, les affaires et les ateliers de M. Leloup ont pris une plus grande extension, son système de petites machines à vapeur a été modifié et perfectionné, et le nombre de celles qu’il a livrées à l’industrie française et étrangère s’est considérablement accru.
- Le jury, pour encourager ses progrès, accorde à M. Leloup une médaille d’argent.
- M. STOLTZ (ils, rue de Bréda, ri05 21, 2 3 et 24, à Paris..
- M. Stoltz continue à construire, avec de nouveaux soins, la série des machines diverses pour lesquelles il avait reçu des médailles de bronze aux expositions de 1839 et de 1844, savoir: machines à vapeur de trois à quatre chevaux, machines à clous, pointes, rivets etbecquels, appareils de féculeries, et pompes destinées à divers usages. Ces machines sont toutes d’une bonne exécution, plusieurs d’entre elles ont reçu des perfectionnements intéressants.
- Le jury accorde à M. Stoltz une nouvelle médaille de bronze.
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- M. DESBORDES, rue Saint-Pierre-Popincourt, n° 20, à Paris.
- M. Desbordes, récompensé à l’exposilion de 1844 par une médaille de bronze, s’est appliqué avec beaucoup de zèle à introduire de nouveaux perfectionnements dans les diverses fabrications auxquelles il se livre, savoir: boîtes de mathématiques, instruments de physique, modèles de machines à vapeur, et surtout appareils de sûreté de toute espèce pour les chaudières à vapeur de divers systèmes. Pour ce dernier objet, M. Desbordes n’exccute pas seulement, avec beaucoup de soin, tout ce qui est conforme aux prescriptions légales, mais il a imaginé lui-même quelques dispositions qui ne sont pas sans avantage.
- Le jury accorde à M. Desbordes une nouvelle médaille de bronze.
- M. DU VAL, rue du Corbeau, n° 20, à Paris.
- À son début comme constructeur, en i844, il fut encouragé par une médaille de bronze, à cause de la très-bonne exécution des machines qu’il avait exposées. Il nous présente aujourd’hui une machine à vapeur de la force de cinq chevaux, des modèles sur échelle réduite de machines à vapeur, de métier à lisser et de quelques autres machines. Tout cela est conçu avec intelligence et exécuté d’une manière irréprochable. Si, comme nous l’espérons, M. Duval peut livrer ses modèles, aussi bien faits, à des prix qui lui attirent de nombreuses commandes, il rendra un véritable service à la mécanique.
- Le jury accorde à M. Duval une nouvelle médaille de bronze.
- M. G1RAUDON, rue de la Roquette, n° 92, à Paris.
- Le jury fait rappel, en faveur de M. Giraudon, de la médaille de bronze, qui lui a été accordée en i844- M. Giraudon présente aujourd'hui deux machines à vapeur de haute pression, l’une de six chevaux et l’autre de trois chevaux, avec cylindres à enveloppes, et pourvues toutes deux d’un système de distribution à détente variable; ces machines sont cl’une bonne exécution, et prouvent que M. Giraudon continue à soutenir la réputation qu’il s’est acquise comme constructeur.
- Rappels
- de
- médailles de bronze.
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- M. KIENTZY, rue Lafayette, n° 55, à Paris (Seine).
- Le jury fait rappel, en faveur de M. Kientzy, de la médaille de bronze qui lui a été accordée à l’exposition de i844- M. Kientzy présente aujourd’hui une machine à vapeur qu’il destine aux défrichements, et qui est construite avec beaucoup de soins; il présente en outre un cylindre en papier, de deux mètres de longueur, destiné à l’apprêt des étoffes ; c’est un travail de précision qui ne laisse rien à désirer et dans lequel M. Kientzy se distingue depuis longtemps.
- M. LARIVIÈRE, rue Montholon, n° 25, à Paris.
- Il présente à l’examen du jury une invention nouvelle d’un très-grand intérêt; c’est un appareil qu’il appelle Régulateur à détente, qui s’adapte à toutes les machines à vapeur, pour les maintenir à leur vitesse de régime, lorsqu’on les déchai’ge subitement du tiers, de la moitié ou même de la totalité du travail qu’elles doivent accomplir. Ce régulateur de M. Larivière est un régulateur à air, mais d’une disposition nouvelle et des plus ingénieuses. En l’examinant théoriquement, on ne peut pas douter qu’il ne remplisse réellement les conditions annoncées par M. Larivière; mais, dans un pareil sujet, les confirmations pratiques sont toujours bonnes, même quand elles ne sont pas absolument nécessaires, et nous avons vérifié avec une grande satisfaction que le régulateur de M. Larivière, soumis à des épreuves usuelles et prolongées pendant plusieurs années, avait tenu toutes ses promesses, soit qu’il ait été adapté à des machines conduisant des ateliers de construction, des filatures, des machines à imprimer, ou des laminoirs à métaux.
- Nous devons ajouter de plus qu’il est très-facile à régler, et qu’il n’exige presque ni soins, ni attentions.
- Le jury accorde à M. Larivière une médaille de bronze.
- M. MOIJNIÉ-SAINT-CLAIR, rue desTrois-Bornes, n° i o, à Paris.
- Il présente à l’exposition deux régulateurs destinés à régler la marche des moteurs en général, soit machines à vapeur, soit roues hydrauliques; il fait aussi des régulateurs à air d’un système particulier, imaginé par M. Molinié", et breveté en 1837. Ces régulateurs
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- ont reçu divers perfectionnements successifs, et, dans leur état actuel, ils sont destinés à rendre plus de services encore que dans leur état primitif.
- Le jury accorde à M. Molinié-Saint-Clair une médaille de bronze.
- M.TAILFER, rue SVËtienne, n° 9, à Batignolles (Seine).
- Il présente à l’examen du jury une grille de son invention, destinée à tous les grands foyers où l’on brûle de la houille, et qu’il appelle grille mobile fumivore. Dans ce nouveau système les barres de la grille, articulées à charnières, forment une nappe sans fin, portée par deux tambours qui la font mouvoir avec une vitesse convenable, qui est d’environ 3 centimètres par minute. Ces deux tambours reposent eux-mêmes sur un chariot à quatre roues, qui se meut sur deux rails ajustés sur le sol du cendrier; ainsi tout l’appareil s’engage à la profondeur convenable et se retire au besoin pour les réparations, A l’entrée du foyer la grille forme le fond d’une trémie remplie de charbon, et, au moyen d’un registre, dont la hauteur sc règle à volonté, elle se charge elle-même très-uniformément d’une couche de houille menue, d’une épaisseur déterminée. A l’autre extrémité l’autel fait en quelque sorte l’office de racle, pour arrêter le coke et laisser, passer les escarbilles et le mâchefer, qui tombent bientôt dans le cendrier, par le mouvement de bascule des barres sur le second tambour. Les essais encore très:récenls auquel cet appareil a été soumis, soit dans des foyers de chaudières fixes, soit à bord du Prométhée, fort de 200 chevaux, ont donné les résultats les plus satisfaisants. Celle grille est en effet fumivore et paraît donner une économie de combustible considérable.
- Le jury regrette que l’invention de M. Tailfer n’ait pas reçu la sanction d’expériences plus prolongées, il attache une haute importance à son succès, et, en attendant, il accorde à M. Tailfer une médaille de bronze.
- Le jury accorde des mentions honorables à
- M. CHARPIN, à Villersexel (Haute-Saône),
- Pour sa machine à vapeur de deux chevaux de force et d’un nouveau système;
- Mc u lion s lion 0 râbles
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- M. DUCLOS, au Gros-Caillou, rue de l’Église, n° h, à Paris,
- Pour sa machine à vapeur;
- M. GUEURY, à. Orléans (Loiret),
- Pour son modèle très-bien fait de machine à vapeur;
- M. HALLET, rue des Ainandiers-Popincourt, n° 12 , à Paris,
- Pour sa machine à vapeur à haute pression, de la force de trois chevaux et à détente;
- M. BERNARD, à Rouen (Seine-Inférieure),
- Pour son régulateur à mouvement différentiel ;
- M. LECLERC , quai Valmy, n° 59, à Paris,
- Pour sa machine à vapeur de la force de deux chevaux et d’un nouveau système;
- M. BEZAUT, rue des Vinaigriers, n° 18, à Paris,
- Pour ses manomètres et sifflets d’alarme ;
- M. DANGUY, rue Labruyère, n° 13, à Paris ,
- Pour sa machine à vapeur de la force de huit chevaux;
- MM. CANNET et CORNOZIÈRE, rue Molay, n° 6, à Paris,
- Pour leur petite machine à vapeur de la force d’un tiers de cheval ;
- M. DENNIÉE, rue de Thorigny, n° 8, à Paris,
- Pour sa petite machine à vapeur de la force d’un cheval, et pour ses modèles de locomotive;
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- M. LECOINTE, à Saint-Quentin (Aisne),
- Pour sa machine à vapeur, de huit chevaux, dans laquelle il a essayé de suppléer au parallélogramme par une disposition particulière.
- § 2. CONSTRUCTION DE MACHINES LOCOMOTIVES,
- WÀGGON-FREINS,
- PIÈCES ET APPAREILS DIVERS SERVANT A L’EXPLOITATION OU A L’ÉTABLISSEMENT DES CHEMINS DE FER.
- M. Combes, rapporteur.
- MM. Ch. DEROSNE et CAIL, à Paris.
- Les ateliers de chaudronnerie de Chaillot, fondés en 1818 par Charles Derosne, qui s’associa plus tard M. Cail, ont reçu d’année en année des développements et des transformations dont l’histoire est écrile dans les rapports sur les expositions de 1819, 1827, 1834, i83g et i844- M. Derosne reçut, en 1819, une médaille d’argent, en 1827 une médaille d’or, renouvelée depuis à toutes les expositions suivantes. En i834, Charles Derosne reçut la croix d’honneur, dont M. Cail fut décoré à son tour en 1844- Pendant chacun des intervalles écoulés entre deux expositions successives, de nouveaux ateliers étaient fondés à Paris, à Grenelle, à Denain, à Bruxelles, qui se plaçaient au premier rang parmi les établissements du même genre. Dans la dernière période quinquennale, de nouvelles créations se sont élevées, plus importantes encore que les précédentes. A la fabrication de la grande chaudronnerie, des machines à vapeur, de tous les appareils nécessaires aux sucreries indigènes et exotiques, est venue se joindre la construction, sur la plus vaste échelle, des machines locomotives et des machines' outils. La maison a perdu, en 1846, son fondateur, Charles Derosne, dont le nom, cité avec honneur dans les annales de l’industrie française, est impérissable. Le jury, en rendant un dernier hommage à cet homme si distingué par la vivacité de son intelligence, doué cl’une activité que la vieillesse et les infirmités n’avaient pas affaiblie, est heureux de reconnaître qu’il laisse de dignes successeurs dans son ancien associé, M. Cail, et dans le jeune directeur des ateliers de construction, M. Eouel.
- La maison Derosne et Cail expose, cette année, une locomotive
- Rappel
- de
- médaille
- d’or.
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- système Crampton et son tender, qui font partie d’un lot de 12 machines semblables commandées parle chemin de fer du Nord; un tour à roues de locomotives destiné au chemin de fer de Paris à Strasbourg; une machine à mortaiser pour le même chemin; un moulin pour écraser et presser les cannes à sucre.
- La succursale de Denain expose une roue motrice de locomotive Crampton, de 2 mètres de diamètre, entièrement en fer forgé et d’une seule pièce; plusieurs échantillons de tôle façonnés au marteau, pour éviter l’emploi des fers d’angle ou cornières dans la construction des chaudières.
- Ce n’est point ici le lieu de discuter les avantages et les inconvénients des locomotives du système Crampton, combinées dans l’intention d’imprimer à des trains composés de 8 à 10 voitures de voyageurs une vitesse s’élevant en moyenne, arrêts compris, à 60 kilomètres à l’heure , ce qui exige que la vitesse en marche soit fréquemment de 80 ou même 90 kilomètres. Pour atteindre ce but, il fallait que les machines fussent très-stables sur la voie, que les dimensions du foyer et de la surface totale de chauffe fussent augmentées, le diamètre des ixmes motrices agrandi, toutes les pièces mobiles de la machine renforcées. 11 était bon, en outre, que ces pièces fussent facilement accessibles, que les surfaces de frottement fussent très-grandes pour prévenir l’usure et réchauffement. Toutes ces conditions sont remplies dans la machine exposée par MM. Derosne et Cail, auxquels appartiennent presque toutes les dispositions de détail. Grâce à ces dispositions et à une construction très-soignée, les machines de ce système, livrées au chemin de fer du Nord, ont fait jusqu’ici un excellent service; on ne s’est pas aperçu que la voie ait souffert du poids considérable des machines (27 tonnes) et du grand écartement des essieux extrêmes (4"\85). Les fusées des essieux ne s’échauffent pas, non plus qu’aucune des parties frottantes, malgré la grande vitesse. On a eu seulement quelques ruptures de bandages des roues; elle peuvent être des défauts accidentels de soudure qui seront évités à l’avenir. Cependant on a dit, et peut-être n’est-ce pas sans fondement, que, dans la machine exposée, on avait poussé la distance des essieux extrêmes et la plupart des dimensions principales jusqu’à l’exagéi'ation. Ce reproche n’atteint pas MM. Derosne et Cail, auxquels ces dimensions avaient été prescrites, et qui se proposant, dans les constructions nouvelles, de les diminuer un peu, tout en conservant les avantages certains que procure le grand dia-
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- mèlre des roues motrices et la longueur des bielles qui leur transmettent le mouvement. Le tender, dont la caisse peut contenir jusqu’à 7 mètres cubes d’eau, est d’une construction irréprochable.
- Le tour à roues de locomotives se distingue des machines du même genre par une judicieuse disposition de la matière dans le banc et les poupées, par la manière de fixer les pointes mobiles, qui peuvent saillir plus ou moins sur la surface des plateaux, dont elles occupent le centre. La fixité est obtenue au moyen d’une bague en 3 morceaux, conique à l’extérieur, qui, en s’enfonçant dans une cavité également conique, ménagée autour de la tige de la pointe, serre très-fortement celle-ci, sur tout son contour, et la rend tout à fait solidaire avec le plateau. Les transmissions de mouvement sont combinées de manière que chaque plateau puisse recevoir a4 vitesses différentes, et que la machine offre la réunion de deux tours en l’air marchant séparément. On pourrait aléser sur l’un un bandage de roue dont le diamètre pourrait aller jusqu’à 2m,4o, et sur l’autre un moyeu de roue.
- Dans la machine à mortaiser, la lyre qui relie les guides supérieur et inférieur du porte-outil est venue de fonte avec le bâti; la rigidité du bâti, dans le bas transversal, est assurée par de larges nervures perpendiculaires à ses faces; les dimensions du volant sont proportionnées à la force du bâti. Ajoutons que l’outillage très-complet des ateliers de construction de MM. Derosne et Cail a été exécuté par eux et se distingue par les. mêmes qualités que le petit nombre de machines-outils qu’ils ont construites jusqu’ici pour le commerce.
- Tout le monde a admiré les tôles façonnées par lesquelles MM. Derosne et Cail remplacent les cornières laminées, dont on fait un trop fréquent usage dans la chaudronnerie. Nous devons ajouter que ces formes si remarquables ne peuvent être obtenues qu’avec des tôles d’une excellente qualité. Celles-ci sortent des ateliers de MM. Serret, Lelièvre et compagnie, à Denain.
- Le jury est heureux de constater les immenses progrès réalisés depuis la dernière exposition par la maison Derosne et Cail, dans la construction des machines, et rappelle à cette maison la médaille, d’or qui lui fut décernée en 1844-
- MM. Ernest GOUIN et C’\ à Batignolles.
- La locomotive exposée par MM. Ernest Gouin et compagnie est la
- Médailles
- d’or.
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- première d’un loi de 20 machines semblables destinées au chemin de fer de Paris à Lyon. C’est une machine mixte, pouvant être employée, soit au service des voyageurs à grande vitesse, soit au service des marchandises, système qui nous paraît de nature à devenir d’un usage très-fréquent sur ces chemins de fer. Elle se distingue par une exécution très-soignée, par un choix bien entendu des proportions essentielles et par une heureuse combinaison de détails. MM. Gouin et compagnie sont revenus au système des cylindres intérieurs et de l’essieu coudé, éminemment favorable à la stabilité sur la voie, condition qui doit primer toutes les autres, parce quelle est à la fois la plus convenable pour prévenir les accidents, et la plus favorable à la conservation du matériel roulant et de la voie. Les roues du milieu sont accouplées avec celles de l’avant ; l’essieu postérieur est en arrière du foyer; la machine s’appuie sur lui par l’intermédiaire d’un ressort disposé transversalement à la longueur de la chaudière, et qui porte par ses deux extrémités sur les boîtes à graisse. La machine, y compris la charge d’eau et de coke, pèse environ 2 5 tonnes, dont 20 sont portées par l’essieu coudé du milieu et l’essieu d’avant, par parties à peu près égales, et 5 par l’essieu d’arrière. Chaque longeron est forgé d’une seule pièce avec les plaques de garde; les cylindres sont invariablement fixés aux longerons; la chaudière, simplement posée ou liée à eux par des boulons qui traversent des trous allongés, peut se dilater librement et ne supporte pas l’action des forces qui agissent sur les longerons et les plaques de garde, par 1,'intermédiaire des essieux et des fonds des cylindres. La boîte à feu occupe la totalité de l’espace compris à l’arrière entre les longerons; la section et la surface de chauffe du foyer sont très-grandes, ainsi que la somme des sections des i55 tubes par lesquels passent la flamme et la fumée. Ces conditions sont excellentes : elles permettent d’obtenir une abondante production de vapeur, sans augmenter le tirage par le rétrécissement de l’orifice de la tuyère. Les bielles d’accouplement sont disposées de manière à équilibrer en très-grande partie les masses des pistons et de leurs tiges et les parties extrêmes de l’essieu moteur.Des contre-poids fixés aux roues, et calculés suivant les règles données par M. Le Chatelier, complètent l’équilibre mutuel de toutes les pièces mobiles du mécanisme. La commission du jury, qui s’est transportée dans les ateliers de l’avenue de Clichy, ne peut donner que des éloges au bon choix des machines-
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- outils quis’y trouvent. Ces machines, sorties des meilleurs ateliers de l’Angleterre, où MM. Gouin et Lavallée avaient appris à les connaître, sont parfaitement appropriées à la construction des machines locomotives. La perfection des mécanismes s’y trouve réunie à toute la solidité nécessaire et a une apparence de simplicité qui constitue l’élégance des appareils mécaniques. La chaudronnerie et toutes les pièces de forge sont exécutées dans ces ateliers, dont l’existence date de 3 ans, et qui sont en état de fabriquer aujourd’hui de 4o à 5o machines locomotives par an. La commission a vu avec intérêt un marteau-pilon auquel MM. Gouin et compagnie ont ajouté un mécanisme qui permet de faire varier à volonté et de régler la levée du marteau. Il consiste essentiellement en une petite machine à vapeur, dont le piston est fixé sur la tige même du tiroir de la machine principale. Le marteau, arrivé au point le plus élevé de sa course agit, par une sorte de came ou de heurtoir, et par l’intermédiaire d’une règle, sur le tiroir distributeur de la petite machine à vapeur, dont le piston met en mouvement le tiroir de la machine principale. Par l’effet de la chute du marteau, un levier, fixé au mouton, vient frapper horizontalement la règle qui porte la came et la remet dans sa première position. Le tiroir de la petite machine est ainsi déplacé et celui de la machine principale le suit, une chaîne sans fin permet, en élevant ou en abaissant le centre du levier fixé à la règle mobile, de faire varier la levée du marteau.
- MM. Ernest Gouin et compagnie méritent, par la bonne exécution des machines sorties de leurs ateliers et l’intelligence avec laquelle ils en ont combiné toutes les parties, la médaille d’or que le jury leur décerne.
- M. Eugène FLACHAT, ingénieur civil, à Paris.
- Tout le monde se rappelle l’attention qu’excita, il y a quelques années, l’établissement du chemin de fer atmosphérique de Dalkey, et les controverses soulevées à ce sujet en Angleterre et en France. Les ingénieurs les plus expérimentés étaient divisés d’opinion : les uns regardaient le système atmosphérique comme destiné à remplacer dans tous les cas celui des locomotives; d’autres le considéraient comme offrant un moyen très-avantageux d’éviter les énormes dépenses des longs souterrains, que nécessite le tracé des chemins de fer ordinaires, pour la traversée des montagnes ou des villes populeuses ; quelques-uns ne lui reconnaissaient pas, même dans ces
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- circonstances, la supériorité sur le système des plans inclinés desservis par des câbles et des machines fixes. La question était de la plus haute importance. Tandis qu’en Angleterre les chemins de fer atmosphériques de Croydon et du Soulh-Devon étaient exécutés à l’aide de capitaux fournis par des particuliers, le Gouvernement français jugea qu’il était utile de consacrer une somme importante à une expérience décisive, qui ne paraissait pas de nature à être convenablement exécutée par l’industrie privée, laissée à ses propres ressources. Une loi autorisa le ministre à accorder une subvention de 1,790,000 francs pour l’exécution d’un chemin de fer atmosphérique entre Nanterre et le plateau de Saint-Germain, que l’on supposait devoir coûter environ 3,600,000 Irancs. Les projets furent rédigés par M. Eugène Flachat et exécutés sous sa direction. Le viaduc sur la Seine et le grand remblai qui le suit sont des travaux d’art difficiles, qui témoignent de l’habileté de leur auteur. Deux machines pneumatiques, mises en mouvement chacune par deux machines à vapeur accouplées, furent établies sur le plateau de Saint-Germain; des appareils semblables, mais d’une puissance moindre, furent placés à Chatou et à Nanterre. Un tube de 63 centimètres de diamètre fut posé, sur une longueur de 2,200 mètres, entre le bois du Vésinet et le plateau de Saint-Germain. La différence de niveau entre les deux extrémités est de 5i mètres. L’inclinaison moyenne est donc de 23 millimètres par mètre; mais elle 11’est pas uniformément répartie sur cette longueur : elle augmente graduellement, depuis o jusqu’à 35 millimètres, dans les 1,200 premiers mètres; dans le dernier kilomètre, elle est uniformément de 35 millimètres. Celte partie du chemin est en exploitation régulière depuis le i4 avril 1847; c’esl; seu^e qui ait été terminée. Dans la partie de niveau qui la précède, à partir de Nanterre, on n’a point posé le tube qui, dans le projet arrêté, devait avoir un diamètre de 38 centimètres.
- L’expérience, continuée sans interruption, depuis deux ans et demi, sur la rampe de Saint-Germain, est aujourd’hui décisive. Tandis qu’en Angleterre les tentatives faites sur les chemins de Croydon et du South-Devon ont été abandonnées, le chemin atmosphérique de Saint-Germain continue à fonctionner. Guidé par les enseignements de la pratique journalière, M. Flachat est parvenu à simplifier les appareils mécaniques, à rendre les manœuvres plus sures, plus faciles et plus promptes, à réduire enfin dans une
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- proportion considérable les dépenses d’exploitation. Quelques détails concernant ces améliorations successives ne seront point déplacés ici. Dans l’origine, le piston voyageur, construit dans le système de M. Samuda, était fixé sous un waggon spécial dit waggon directeur, qui pesait 12,000 kilogrammes. Après l’ascension du train, ce piston devait être démonté et suspendu derrière le waggon. Aujourd’hui le waggon directeur a été supprimé et le piston de M. Samuda remplacé par un autre beaucoup moins lourd, formé d’un simple disque garni d’un cuir embouti, placé sous le waggon à bagage, qui est en tête de chacun des trains partant de Paris. Le piston et sa lige sont disposés de façon que, par le jeu d’un mécanisme solide et d’une manœuvre facile, le disque peut être couché dans le plan de sa tige et tout le système relevé au-dessus du niveau des rails, et même au-dessus de la partie supérieure du tube atmosphérique. Cette disposition a permis de supprimer le poids mort du waggon directeur à la montée, et de simplifier beaucoup la manœuvre nécessaire pour la descente des trains.
- Le tube atmosphérique se terminait d’abord, à son extrémité supérieure, sur le plan incliné de 35 millimètres, à une petite distance du plateau supérieur, où le train parvenait, en vertu de sa vitesse acquise ; il était muni, à son extrémité inférieure, d’une soupape qui le fermait et permettait de faire le vide dans son intérieur, un peu avant que le piston voyageur y fût engagé. Aujourd’hui, le tube est prolongé jusque sur le plateau supérieur de Saint-Germain ; la soupape inférieure n’a plus d’usage, parce qu’on a reconnu qu’il était inutile de préparer le vide à l’avance. Les machines aspirantes ne commencent à fonctionner, à Saint-Germain, que lorsqu’un signal transmis par le télégraphe électrique annonce que le piston voyageur est engagé dans le tube au Vésinet. Le train se met presque aussitôt en mouvement sur la partie horizontale, et prend une vitesse accélérée, pendant que l’air est de plus en plus raréfié dans le tube. Afin que les machines soient prêles à fonctionner au moment opportun, le mécanicien de Saint-Germain est prévenu par le télégraphe électrique du passage du train à la station de Rueil (5 kilomètres de Saint-Germain), et de son arrivée au Vésinet. Pendant que les manœuvres nécessaires s’exécutent dans cette dernière gare, il prépare, au moyen de machines spéciales, le vide dans les condenseurs des machines à vapeur principales, qui sont ainsi toutes prêtes à fonctionner, à l’instant où le
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- télégraphe annonce l'introduction du piston voyageur dans le tube. Ces améliorations successives ont produit, ainsi que nous l’avons dit, des réductions dans les quantités de houille consommée par les machines fixes.
- Dans les derniers mois de 1847, quan,ité de houille consommée par chaque voiture du poids moyen de 5,000 kilogrammes, y compris son chargement, qui a parcouru, dans le double trajet, en montant et en descendant sur la rampe inclinée en moyenne de 22 millimètres par mètre, comprise entre le bois du Vésinet et Saint-Germain, une distance totale de 4,800 mètres, s’est élevée à
- 53\4a4.
- Dans l'année 1848, après l’établissement complet des lignes télégraphiques, celle dépense n’a plus été en moyenne que de 42k,72.
- Enfin, en 1849, après la suppression du waggon directeur, la consommation de houille a été réduite à 34\488 par voiture du poids de 5 tonnes , parcourant 4,800 mètres, c’est-à-dire à i\437 par tonne et par kilométré parcouru, tant en montant qu’en descendant.
- Dans le mois de juillet dernier, la houille revenant à 27 francs les 1,000 kilogrammes, la dépense totale, pour le double trajet d’une voiture du poids de 5 tonnes , entre le Vésinet et Saint-Germain , s’est élevée, pour la main-d’œuvre, la consommation de houille et les fournitures d’huile et de suif nécessaires au graissage des machines et de la soupape, à 1 fr. 60 cent
- La composition des trains est de 4 à 6 voitures.
- L’exploilation continue du chemin atmosphérique de Saint-Germain justifie parfaitement M. Flachat des critiques qui lui ont été adressées, en raison de l’excès prétendu de puissance qu’il aurait donné aux machines de Saint-Germain. Elle justifie aussi la dépense consacrée par le Gouvernement à une grande expérience, dont les résultats permettent aujourd’hui d’établir une juste comparaison entre les frais d’établissement et d’exploitation d’un chemin de fer atmosphérique, et ceux d’un chemin de fer à peu près de niveau, établi souterrainement, au passage de montagnes ou de villes populeuses, comme ceux de la Nerthe, entre Avignon et Marseille, de Rouen entre le Havre et Paris. Espérons qu’on ne négligera pas d’établir celte comparaison, avant de se jeter dans les énormes dépenses que pourrait exiger la traversée de Lyon, sur la grande ligne de fer qui reliera entre elles les extrémités du territoire français.
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- Deux machines locomotives, YHercule et l'Antée, ont été exécutées sur les plans de M. Flachat, pour remonter les convois de charbon et même les trains de voyageurs, en cas d’insulïisance du système atmosphérique, sur la rampe de Saint-Germain. Dans une expérience récente, nous avons vu Y Antée, machine à six roues couplées de im,20 de diamètre, portant deux cylindres de om,45 de diamètre et om,rjo de longueur de course des pistons, pousser devant elle un poids brut de 93,000 kilogrammes, sur la rampe de 35 millimètres par mètre. La machine, du poids de 26,000 kilogrammes, était suivie de son tender pesant 9,000 kilogrammes. Ainsi, un poids brut total de 128 tonnes de 1,000 kilogrammes a gravi la rampe de 35 millimètres par mètre ; c’est à peu près la limite de puissance de Y Antée. La vitesse était très-faible; les roues de la locomotive patinaient, et il fallut jeter du sable sur les rails humides, pour augmenter l’adhérence.
- La machine Y Antée est employée avec avantage à remorquer les uonvois très-lourds dirigés sur Versailles, les jours de fêle. Elle est devenue susceptible de prendre une vitesse de 02 à 4o kilomètres par heure, depuis qu’on y a appliqué des contre-poids considérables, pour équilibrer les parties excentrées des manivelles, les pistons, leurs tiges et les bielles d’accouplement, conformément aux principes exposés dans le mémoire de M. Le Chatelier.
- En défmive, le jury est heureux de proclamer que les projets et l’établissement de la voie, des machines, et l’exploitation continue du chemin atmosphérique de Saint-Germain font le plus grand honneur à M. Eugène Flachat, et de lui décerner la plus haute récompense dont il puisse disposer, la médaille d’or.
- M. BOURDALOUE, ingénieur civil, à Bourges (.Cher),
- A exposé, i“, les dessins des plans inclinés automoteurs qu’il a établis entre les mines de houille de Champlauzon et le chemin de fer du Gard, à la Levade ; 20 des instruments de nivellement, auxquels il a joint deux notices imprimées relatives, la première aux améliorations qu’il a apportées dans les instruments de nivellement, la disposition des carnets et la conduite des opérations de ce genre; la seconde, aux nivellements exécutés en 1847 sous sa direction, dans la basse Egypte et l’isthme de Suez ; 3° les dessins d’une pompe élévatoire qu’il a établie chez lui, à Bourges, et où les soupapes ordinaires sont remplacées par une simple couche de crins
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- ou autres substances filiformes, qui se soulèvent pour laisser passer l’eau et déterminent une fermeture suffisante, lorsqu’elles sont rabattues et appliquées sur leur siège par la pression du liquide.
- Le jury ne peut apprécier le mérite de la pompe, qu’il n’a pas vu fonctionner. 11 a tous les éléments nécessaires pour juger du mérite des plans automoteurs de la Levade et des améliorations apportées par M. Bourdaloue aux instruments et à la pratique des nivellements.
- L’orifice des mines de houille de Champlauzon se trouve sur un plateau élevé de 2o3 mètres au-dessus du niveau du chemin de fer du Gard, à la Levade. La distance horizontale du chemin àla mine est de plus de 2 kilomètres. M. Bourdaloue a eu l’heureuse idée d’exécuter sur le plateau deux voies de fer partant l’une et l’autre de la mine, et allant aboutir à deux paliers situés sur les flancs de la montagne qui domine la vallée du Gardon , à 66 mètres de distance verticalel’unde l’autre. Les waggons chargés de houille suivent l’une de ces voies, dont l’inclinaison est suffisante pour qu’ils arrivent, parle seul effet de la gravité, sur le palier inférieur, tandis que les waggons vides, amenés sur le palier supérieur, retournent vers la mine, eh suivant la seconde voie inclinée en sens inverse de la première, en obéissant également à l’action de la gravité. Les deux paliers sont réunis par un plan incliné de 292 mètres de longueur, avec pente moyenne de om,2 7 par mètre. Le grand plan incliné qui descend du palier inférieur à la Levade a une longueur de 568 mètres, avec .une pente moyenne de om,282 par mètre. Un seul cabestan, à axe horizontal, est établi au niveau du palier supérieur. Il porte deux paires de tambours ou de bobines de diamètres différents : la première paire reçoit les câbles qui desservent le grand plan incliné inférieur; la seconde paire reçoitles câbles qui desservent le plan incliné joignant les deux paliers. Les diamètres sont entre eux dans le rapport des longueurs des plans inclinés. Il résulte de celte disposition ingénieuse, qui appartient entièrement à M. Bourdaloue, que la chute d’un convoi de waggons pleins descendant sur le grand plan incliné détermine simultanément l’ascension d’un convoi de waggons vides sur le même plan, et d’un autre convoi de waggons vides sur le plan incliné qui réunit les deux paliers; en définitive, les waggons vides sont remontés à un niveau supérieur à celui d’où sont partis les waggons pleins, et de là ils redescendent seuls à la mine.
- Ce système de chemins de fer à pente inverse et de plans inclinés
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- automoteurs fonctionne depuis plusieurs années : il donne de beaux bénéfices à son auteur, qui l’a exécuté à ses risques et périls, en vertu d’un traité fait avec la compagnie propriétaire des mines, en même temps qu’il procure à celle-ci une économie de moitié sur les frais de transport qu’elle payait antérieurement.
- Les améliorations apportées par M. Bourdaloue aux mires qui servent dans les nivellements, aux lunettes et à leurs supports, à la disposition des carnets, à tous les détails pratiques de l’opération, sont telles, que la durée des nivellements est considérablement abrégée ; de plus, l’opérateur a constamment des moyens de contrôle et de vérification qui lui feraienlbientôt découvrir les erreurs de lecture qu’il aurait commises, et qui donnent au résultat final un degré de certitude que l’on était loin d’avoir par les méthodes ordinaires.
- Le jury a vu avec le plus vif intérêt la notice de M. Bourdaloue relative aux nivellements opérés en 1847» sous sa direction et suivant ses méthodes, dans la basse Egypte et l’isthme de Suez, sur les lignes de Suez au Caire, du Caire au grand barrage du Nil, et de Suez à Tineh, dans le golfe de Peluse.
- Tout le monde sait que les nivellements rapides exécutés en 1799 par les savants attachés à l’expédition d’Egypte indiquaient une différence de niveau de 9 mètres environ entre les eaux moyennes de la mer Rouge à Suez et les eaux moyennes de la Méditerranée dans le golle de Peluse. Aujourd’hui, nous savons, parles nivellements de 1847» ffue cette différence n’existe pas, ou du moins quelle est de om,8o° tout au plus.
- Le jury récompense le talent et les travaux de M. Bourdaloue en lui décernant la médaille d’or.
- MM. WARRAL, MIDDLETON et ELWELL, avenue de Trudaine, n° 1, à Paris,
- Ont exposé un croisement de voie triple, un système de machines pour l’impression et la distribution des billets de chemins de fer, une machine à vapeur, et une machine à mouler la houille menue, en l’agglutinant au moyen du goudron.
- Le croisement de voie triple est exécuté avec une grande perfection. Les rails extérieurs ne sont pas entaillés, et les aiguilles mobiles ont, dans la partie voisine de leurs extrémités, une hauteur moindre que ces rails, de sorte qu’au passage du croisement, les roues portent sur les rails extérieurs et jamais sur les extrémités
- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
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- des aiguilles, dont la forme serait facilement altérée par une charge un peu considérable, en raison de leur faible épaisseur.
- Des 3 machines, dont l’ensemble constitue l’ingénieux système d’Edmonstone pour l’impression et l’émission des cachets de voyageurs sur les chemins de fer, la première est une petite presse qui imprime et numérote les billets : une pile de cartons blancs découpés, suivant des rectangles égaux, est placée dans un tube vertical; à chaque coup de levier, le carton inférieur de la pile est poussé d’abord sous une petite presse qui imprime le lieu du départ et de l’arrivée, passe de là sous la jante d’un disque, ou plutôt de deux disques accolés qui impriment le numéro d’ordre, et vient tomber, imprimé et numéroté, dans un tube vertical. Le carton mis en mouvement par le coup de levier suivant reçoit la même impression, avec le numéro qui suit dans l’ordre de la numération, et se range au-dessus du premier dans le tube récepteur. On peut ainsi imprimer une série de billets numérotés de 1 à 10,000.
- La seconde est un vérificateur. On y place dans un tube vertical la pile de cachets imprimés et numérotés , qui viennent successivement se présenter sur une tablette avec leur numéro en avant; en même temps le numéro gravé sur les jantes de deux disques juxtaposés , semblables à ceux qui ont imprimé les numéros dans la machine précédente, se présente à une fenêtre rectangulaire. La non-concordance des 2 numéros mettrait en évidence l’absence d’un ou plusieurs billets.
- Enfin, la troisième, appelée dateur, est un timbre enfermé dans une boîte, au moyen duquel l’employé chargé de délivrer les billets au public leur imprime, au moment même, la date du jour.
- On aperçoit combien le système de ces 3 appareils simplifie la comptabilité des bulletins délivrés aux voyageurs et en facilite la vérification.
- Les machines exposées par MM. Warral, Middleton et Elweî sont très-bien exécutées.
- Dans une autre partie des salles de l’exposition est une machine également importée d’Angleterre, et destinée au moulage de briques de houille menue agglutinée par du goudron. L’agglutination a lieu à froid, en même temps que. le moulage, sous l’action d’une très-forte pression. La houille menue et le goudron sont.placés dans un vase cylindrique, où ils sont mélangés à l’aide de bras en fer fixés à un arbre vertical qui reçoit un mouvement de rotation.
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- Le cylindre, sans fond, repose sur un plateau circulaire en fonte, où les moules sont placés en rangée circulaire. Ils viennent successivement passer sous le cylindre, où ils reçoivent le mélange; on même temps la compression a lieu sur la matière contenue clans un moule déjà rempli, et le démoulage est opéré sur un moule précédent. Cet appareil n’a pas été appliqué, que nous sachions, en France, où la préparation du gros charbon avec du menu est opérée sous une pression beaucoup moindre, avec le secours d’une température élevée.
- La machine à vapeur exposée par M. Ehvel est digne de la réputation, déjà bien établie, de la maison dont il est associé.
- MM. Warral, Middleton et Elwell se montrent de plus en plus dignes des récompenses du jury, qui décerne à ces honorables industriels une nouvelle médaille d’argent.
- M. Jean-Baptiste LAIGNEL, rue de la Harpe, n° i3, à Paris,
- r
- A exposé des modèles de waggons munis de freins agissant sur les rails, dont l’utilité, aujourd’hui démontrée par l’expérience, est généralement reconnue, et des waggons-parachocs à bosses cassantes. Nous exprimons le regret que les waggons-freins de M. Laignel ne soient pas encore en usage sur nos chemins de fer; nous pensons que leur emploi rationnel préviendrait quelques accidents, et pourrait aussi contribuer à rendre moins prompte la détérioration des roues et des essieux de waggons, de sorte que l’économie des frais d’entretien s’ajouterait à l’accroissement de sûreté pour les voyageurs et le matériel. Les waggons-parachocs n’ont été expérimentés sur aucune ligne de fer, à notre connaissance, et nous ne craignons pas de manifester une opinion peu favorable aux résultats des essais qui pourraient en être faits.
- Les ingénieuses et utiles inventions de M. Laignel lui ont mérité une médaille d’argent à l’exposition de 1839, une nouvelle médaille d’argent eh i844, un prix delà fondation Montyon, décerné, en 1847, par l’Académie des sciences de l’Institut. Son âge avancé n’a rien ôté à l’activité avec laquelle il s’est livré à des recherches toujours ingénieuses, souvent utiles, qui toutes ont eu pour but la sûreté publique, et dont il n’a pu ou n’a pas su-tirer parti dans l’intérêt de sa propre fortune.
- Le jury est heureux de récompenser une longue carrière, si
- G.
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- Médailles
- d'argent.
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- dignement accomplie, en décernant à M. Laignel une nouvelle médaille d’argent.
- M. SERVEILLE aîné, à Paris.
- M. Serveille aîné a exposé le système de chemins de fer et de waggons approprié aux travaux des mines, des carrières et des terrassements, qui lui mérita, à l’exposition de i844, une médaille de bronze. Tous ceux qui ont vu le chemin de fer et les waggons de M. Serveille aîné, placés en dehors des salles de l’exposition, ont été certainement frappés de l’irrégularité de la voie : elle est établie sans soins; sa largeur n’est point uniforme, les rails ne sont pas de niveau dans le sens transversal. Cependant les waggons, portés sur des roues à larges jantes coniques, se maintiennent sur ces voies ir-régulières, qui peuvent ainsi être établies sur un sol mobile ou gros-rement nivelé, comme celui qui est formé par des remblais récents ou qui se rencontre dans beaucoup de mines et de carrières.
- M. Serveille a fait, depuis i844, de nombreuses et utiles applications de son système. Il a enlevé avec économie, et en très-peu de temps, 15,ooo mètres cubes de déblai, d’un terrain qui menaçait de s’ébouler, dans la tranchée des fours à chaux, sur le chemin de fer de Versailes (rive gauche). Il a établi, dans les vastes carrières de plâtre de MM. Schmidt et Vaîlery, à Vaux, près Triel, un chemin de fer, qui se ramifie dans toutes les galeries, où il est prolongé jusqu’aux tailles; une série de plans inclinés pour la descente des waggons au niveau des berges de la Seine, et un ingénieux embarcadère mobile, pour aller décharger les waggons dans les bateaux, à diverses distances du rivage, selon le niveau variable de la rivière.
- Dans une grande carrière d’ardoises du département de Maine-et-Loire, îoo à 120 ouvriers rouleurs, avec 3o ou 4o chevaux employés au transport et à l’extraction de l’ardoise, ont été remplacés par un nombre d’hommes moitié moindre et une machine à vapeur de quatre chevaux de puissance. De grands travaux de terrassement sont exécutés, avec grande économie, dans le département de la Loire-Inférieure.
- Le jury de i844 récompensa M. Serveille par une médaille de bronze. L’expérience ayant aujourd’hui pleinement confirmé les avantages que l’on attendait de son ingénieux système, qui a été-fréquemment et est encore journellement appliqué, le jury lui décerne une médaille d’argent.
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- M. Charles DE BERGUE, rue Notre-Dame-des-Victoires, n° 3 2 , à Paris ,
- Expose des rondelles de caoutchouc vulcanisé, des tampons de choc et des ressorts de traction pour voitures de chemins de fer, formés de plusieurs rondelles semblables, enfilées sur une tige centrale, avec interposition de rondelles en tôle.
- La préparation à laquelle on a donné le nom de caoutchouc vulcanisé est connue depuis cinq ou six ans en Europe, où elle a été introduite par M. Good^ears, Américain; elle a été utilement appliquée à une foule d’usages divers, dans l’industrie et dans les laboratoires. Des tampons et ressorts de traction en caoutchouc vulcanisé ont été adaptés depuis assez longtemps à un grand nombre de voitures de nos chemins de fer; ils ont sur les anciens ressorts de choc et de traction des avantages marqués, sous le rapport des Irais de premier établissement, de la durée et de l’inaltérabilité.
- Le jury décerne à M. Charles de Bergue une médaille d’argent.
- M. HÉDIARD, rue Taitbout, n° 2 5, à Paris.
- M. Hédiard a fait construire à la gare de Sainl-Ouen, en i844, un spécimen de chemin de fer atmosphérique de i,8oo mètres de développement, afin d’expérimenter un système de soupape longitudinale, qui consiste essentiellement en lames d’acier faisant ressort, disposées sur deux lignes, de part et d’autre de la fente ménagée à la partie supérieure du tube, de manière à procurer l’occlusion en se pressant mutuellement. Un double rang de lames avec cuir interposé est fixé de chaque côté. Ces lames opposées sont écartées par le passage de la tige verticale, à section horizontale lenticulaire, qui traverse la fente, et à laquelle est attachée la première voilure du train.
- La soupape de M. Hédiard, avec les- derniers perfectionnements que l’auteur y a apportés, s’oppose très-efficacement à la rentrée de l’air. Le tronçon de tube qui figure à l’exposition est un fragment qui a servi aux expériences faites en 184.7; ^es îaraes sont en Par‘ fait état et n’ont rien perdu de leur élasticité. Le jury espère que la soupape de M. Hédiard, qui procure une fermeture beaucoup plus parfaite que celle de M. Samuda, pourra être utilisée dans l’exploitation des chemins de fer atmosphériques, et décerne à
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- M édaille ilc bronze.
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- l'auteur, dont les travaux attestent un esprit ingénieux et une persévérance digne d’éloge, une médaille d’argent.
- M, CHEMAILLE aîné, ù Tours (Indre-et-Loire).
- M. Chemaillé aîné, à Tours, fabrique par des procédés mécaniques des chevilles en bois de chêne pour fixer les supports (chairs) sur les traverses, et des coins destinés à serrer les rails dans les supports.
- Les chevilles et coins sont ébauchés, en débitant à la hachette des billes sciées à la longueur convenable; ils sont ensuite grossièrement équarris à la hache, puis les chevilles reçoivent sur le tour la forme voulue. Elles sont alors portées dans une étuve chauffée par la chaleur perdue du foyer de la machine à vapeur qui sert à mouvoir les divers mécanismes de l’atelier; elles restent huit jours dans cette étuve, avant d’être placées dans l’appareil, où elles doivent être pénétrées d’un liquide conservateur. Cet appareil est un cylindre dans lequel on fait le vide et où l’on'foule ensuite le liquide, qui est une dissolution de tanin, ou de l’huile de lin tenant de la résine en dissolution. La pression du liquide qui baigue les chevilles est poussée, au moyen des pompes foulantes, jusqu’à 5 ou 6 atmosphères.
- Les chevilles ou coins, ainsi préparés, sont ensuite comprimés dans des moules en fonte, de manière à les réduire aux 8o/iooM de volume primitif pour les chevilles, et aux 90/100e5 pour les coins. Les pièces renfermées dans le moule sont soumises pendant une demi-heure à l’action de la vapeur, puis elles sont chassées hors des moules par des poussoirs agissant en sens inverse de ceux qui les y ont introduites.
- *M. Chemaillé a livré une grande quantité de chevilles et de coins pour les chemins de fer de Tours à Nantes, de Paris à Chartres et de Paris à Strasbourg.
- La machine à vapeur qui donne le mouvement aux scies circulaires et autres mécanismes de ses ateliers a une puissance de 8 chevaux. Il occupe 35 ouvriers et produit annuellement 1 million de chevilles de bois, dont la confection ne laisse rien à désirer.
- Le jury a vu avec intérêt la série remarquable d’échantillons exposés par M. Chemaillé, et décerne à ce fabricant une médaille de bronze.
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- M. ANDRABD, à Paris.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Audraud, pour les essais qu’il a poursuivis avec persévérance sur la construction d’un système de chemins de fer où la locomotion est obtenue par le moyen de l’air comprimé, et pour plusieurs applications ingénieuses de l’air comprimé.
- Mentions
- honorables.
- MM. GUÉRIN et LEMONNIER, à Caen (Calvados),
- Ont exposé un modèle de tube fendu, pour chemin de fer atmosphérique, avec une soupape longitudinale de leur invention. La fente du tube présente, dans une section faite perpendiculairement à la longueur, la forme d’un trapèze. La soupape est formée de pièces en fonte, réunies entre elles par un cuir flexible, et dont la section correspond à celle de la fente. Deux cordes noyées en partie dans des sillons ménagés sur les deux faces laléi’ales de la soupape, s’appliquent contre les bords inclinés de la fente, et déterminent l’occlusion, d’autant mieux, que la pression extérieure de l’atmosphère tend à enfoncer la soupape dans la fente, à la manière d’un coin.
- La soupape longitudinale n’étant point attachée au tube, est soulevée par des rouleaux fixés à la lige, qui suit le piston. Aux plaques qui portent les axes de ces rouleaux se rattachent deux tiges horizontales qui passent, de chaque côté, entre le tube et la soupape soulevée, et se lient au premier waggon du train. Il est remarquable qu’à chaque passage du piston, la soupape longitudinale de MM. Guérin et Lemonnier s’avance dans le même sens que le train , d’une petite quantité égale à la différence entre la longueur développée de la partie de la soupape soulevée, et la projection clfc celle longueur sur l’axe. Ce déplacement deviendrait sensible après plusieurs passages du piston dans le même sens.
- Le jury juge que la soupape de MM. Guérin et Lemonnier mérite l’attention des ingénieurs, et leur décerne une mention honorable.
- MM. HENRY et BESSAS-LAMÉGIE, me du Bac, n° 33, à Paris,
- Ont voulu substituer aux traverses en bois, sur lesquelles sont fixés les chairs ou supports des rails des chemins de fer, des
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- Citations
- avorables.
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- supports fondus d’une seule pièce avec un socle à large base, réunis par une tige en fer rond, qui les maintient à une distance invariable. L’importance de substituer, aux traverses actuellement usitées, le fer et la fonte augmentent journellement avec la rareté des bois-, Ce but doit être atteint, sans qu’il en résulte une augmentation notable du prix d’établissement des voies de fer portées sur traverses en bois, et surtout sans compromettre la stabilité de la voie et la facilité de la remettre en bon état, quand elle est dégradée. Le système de coussinets reliés par des tiges en fer, de MM. Bessas-Lamégie et Henry, satisfait à la première des deux conditions précédentes; la seconde paraît être également remplie, si l’on s’en rapporte à l’expérience commencée depuis quatre ans, et qui se poursuit encore sur le chemin de fer de Versailles (rive gauche), où 80 mètres courants de la voie, à une petite distance du viaduc de Meudon, sont posés sur des coussinets du nouveau système. 2 kilomètres de la voie de Chartres ont été également posés sur des supports de MM. Bessas-Lamégie et Henry. La circulation est encore trop récente sur ce dernier chemin, et les nouvelles traverses n’ont été établies sur le chemin de Versailles (rive gauche) que sur une longueur trop restreinte, et dans une localité trop spéciale (le voisinage d’une station), pour que ces expériences soient concluantes toutefois , les résultats paraissent favorables au nouveau système, sous le double rapport de la solidité de la voie et de l’économie.
- Le jury décerne à MM. Henry et Bessas-Lamégie, une mention honorable.
- M. AUBINEAU, rue de Tracy, n° 7, à Paris.
- Le jury décerne à M. Aubineau une ci ta tioi^ favorable, pour le moyen de mettre en communication le mécanicien et le garde-frein de l’arrière, et vice versa, dont il a exposé un modèle. La rareté croissante des bois rend de plus en plus désirable le remplacement des traverses actuellement usitées, par des pièces composées de fer et de fonte; cette innovation doit être faite.
- M. BIZET, rue Grange-aux-Belles, n° 4, à Paris,
- A exposé un modèle de waggon à freins agissant sur les rails, - suivant le système de M. Laignel. Les 4 freins sont fixés à un châssis rectangulaire placé sous le cadre du waggon, entre les roues, et lié
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- à ce cadre par 4 tiges courtes, dont les extrémités tournent autour de boulons fixés au châssis et au cadre. Un léger mouvement de translation en avant, imprimé au châssis, fait porter les 4 freins ou patins sur les rails. Le mode de construction indiqué paraît présenter beaucoup de solidité. La transmission du mouvement est simple et facile. Le jury accorde à M. Bizet une citation favorable.
- M. GUILLIER, mécanicien, boulevard Montmartre, n°5, à Paris.
- A exposé un modèle de chemin de fer, qui pourrait servir à élever ou à descendre des waggons de marchandises sur des voies inclinées de îo à 12 centimètres par mètre et d’une petite longueur.
- Des axes horizontaux, portant chacun une paire de roues, sont établis, de distance en distance, sur le trajet à parcourir. Tous les axes sont commandés par un même moteur, qui leur imprime, par l’intermédiaire de chaînes flexibles articulées, un même mouvement de rotation. Un plateau ou un assemblage de plateaux articulés, posés sur les jantes des roues, et sur lesquels sont placés les waggons, reçoit par le frottement un mouvement de progression avec une vitesse égale à celle de la circonférence des roues.
- Le jury accorde une citation au système de M. Cuillier, qui paraît susceptible' de recevoir quelques applications dans l’intérieur des entrepôts, sur le carreau des mines, et dans les cas analogues où des waggons, déjà chargés de marchandises, doivent être transportés à de petites distances, sur de fortes pentes.
- SECTION TROISIÈME.
- NAVIGATION MARITIME A VAPEUR, A VOILE, ET SOUS-MARINE.
- M. Charles Dupin, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les constructions navales peuvent être considérées sous deux points de vue. Gomme l’architecture civile, elles ont pour objet d’édifier, de meubler l’habitation des hommes. Tous les progrès, tous les perfectionnements des édifices et des ameublements à lerre peuvent être appliqués, sous des
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- modifications intelligentes, à l’existence des hommes à la mer. De même aussi les perfectionnements dans l’art de mettre en œuvre le bois, le fer, le cuivre, le zinc, les filaments, les tissus, concourent à la fois au progrès de l’architecture civile et de l’architecture navale.
- Ce qui reste de spécial à la marine, c’est la nature même de la construction des navires, soit à voiles, soit à vapeur. Pour les premiers bâtiments, on ne peut espérer que des progrès partiels et de peu d’étendue, parce qu’il s’agit d’un art étudié, approfondi de longue main et déjà très-avancé.
- Au contraire, tout est nouveau dans la construction et la structure des navires à vapeur. Aussi, depuis un tiers de siècle que cette architecture a pris naissance, chaque période quinquennale a-t-elle présenté des progrès considérables, et pour les innovations, et pour l’étendue des applications.
- Dans la période de cinq ans écoulés de i844 à 18^9, c’est surtout la transmission de la force motrice qui présente le progrès le plus remarquable.
- On à multiplié dans la marine commerçante, et surtout dans la marine militaire, l’emploi de l’hélice au lieu,des roues à aube. L’hélice est cachée sous les eaux; elle n’est pas, dans les mauvais temps, alternativement immergée et soulevée au-dessus de l’eau par les mouvements du roulis : sa force agit avec constance et régularité. Pour les bâtiments de guerre, les flancs du navire ne sont plus encombrés par les énormes tambours qui renferment les roues motrices; l’artillerie peut se développer sur les flancs, et surtout dans la partie intermédiaire, où la plus grande largeur du navire rend son emploi plus facile et plus avantageux. Enfin le mécanisme de l’hélice et de l’axe qui lui transmet le mouvement, étant au-dessous de la flottaison, se trouve ainsi dérobé aux coups de l’artillerie ennemie, tandis que l’appareil si volumineux des roues à aube présente une énorme surface, et, si l’on peut ainsi parler, un énorme but en blanc circulaire, où les coups qui portent peuvent désemparer le navire.
- On conçoit qu’il a fallu vaincre de grandes difficultés pour
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- les plus gros bâtiments, afin d’installer avec solidité des hélices, qui pèsent jusqu’à 3,ooo kilogrammes, entre le gouvernail et la poupe, avec cette condition de pouvoir être au besoin soulevées et retirées de leur emplacement. Tels sont les problèmes qu’ont résolu nos officiers du génie maritime dans les constructions qu’ils ont dirigées pour le compte de l’État.
- Disons maintenant un mot du développement comparé de l’ancienne et de la nouvelle navigation.
- Si l’on compare les deux navigations à voiles et par la vapeur, du icr janvier i84.4 au ier janvier 1849, on trouve les
- résultats suivants :
- «
- PROGRÈS DE LA MARINE À VOILES.
- Accroissement du tonnage total, i4 p. 0/0.
- PROGRÈS DE LA MARINE À VAPEUR.
- Accroissement du tonnage total, 60 i/3 p. 0/0.
- La marine militaire présente un progrès non moins remarquable dans le matériel de sa marine à vapeur, qui compte aujourd’hui plus de vingt frégates ou grandes corvettes, depuis la force de 4oo chevaux jusqu’à celle de 65o chevaux.
- Les commandes qu’a dû faire le département de la marine pour remplir le programme tracé par la loi de i845, qui consacre 90 millions à compléter le matériel naval, ces commandes ont donné l’impulsion la plus heureuse et la plus puissante à la construction des navires à vapeur. On a perfectionné les appareils de chauffage, auparavant trop pesants et trop encombrants; on a produit les changements les plus avantageux dans les appareils d’application de la force motrice par le système des hélices. Des expériences remarquables ont déjà conduit à des résultats importants sur l’application de ces hélices. On a transmis directement la force de la vapeur, à bord des navires, sans encombrement intermédiaire dont l’inertie diminuait la force efficiente. Pour produire une quantité donnée de chaleur, on consomme moins de combus-
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- Mention
- poiir
- mémoire*
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- tible; on utilise les débris, le poussier de la houille, qu’on réduit en parallélipipèdes plus denses que la houille même et moins encombrants à bord des navires, et qui encombraient en pure perte un espace précieux.
- On a remplacé beaucoup de pièces de fonte par d’autres en cuivre, plus appropriées à leur destination. On a mieux fait et à meilleur marché, malgré la substitution fréquente d’un métal plus dispendieux. Les grands moyens d’exécution ont permis d’obtenir une précision nouvelle clans les objets fabriqués.
- On peut dire que l’ajustage des pièces, en ce qui concerne le planissage rigoureux et le contact parfait des surfaces, ne laisse aujourd’hui plus rien à désirer.
- En même temps, le travail plan ou circulaire des surfaces qui doivent glisser ou tourner les unes contre les autres atteint aujourd’hui la rigueur géométrique indispensable pour réduire les frottements au minimum de résistance, et, pour réduire également au minimum l’intervalle inévitable entre des surfaces qui glissent l’une dans l’autre, on peut comparer cet intervalle à celui qui se trouve entre l’âme et le boulet d’une bouche à feu, pour qu’il y ait le moins possible de perte de vapeur motrice.
- Tels sont les progrès considérables de celte partie des, constructions navales depuis i844-
- NAVIGATION À LA VAPEUR.
- M. ARMAND SÉGÜIER, à Paris.
- M. Armand Sêguier, comme membre du jury .central, ne peut être admis à concourir.
- Mais il nous appartient de rendre une éclatante justice à son amour infatigable des arts mécaniques, ainsi qu’à son esprit ingénieux, qui le porte sans cesse aies perfectionner.
- Il a présenté une balance monétaire et des poulies métalliques d’un système particulier, propres au service de la marine; il est l’inventeur d’un bateau à vapeur avec double appareil à système oscillant, entrepris dans le désir de perfectionner ce genre de na-
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- vigation. Il n’a pas craint de dépenser une somme considérable pour cetle expérience. Citer de tels sacrifices consommés pour l’amour de la science et de l’art, c’est faire l’éloge le plus mérité de leur auteur, que l’Académie s’honore de compter parmi ses membres.
- M. SCHNEIDER, au Greusot (Saône-et-Loire).
- MM. Schneider et compagnie ont pris une honorable part à l’entreprise des grands navires à vapeur de la marine militaire.
- Ils ont continué leurs travaux si remarquables pour la navigation du Rhône par des bateaux à vapeur, qu’ils ont portés jusqu’à la force de 3oo chevaux.
- On a remarqué pour leur admirable confection les grandes pièces d’un navire à vapeur de 1" classe, exposées par M. Schneider, et qui présentaient à vaincre d’extrêmes difficultés.
- Atin de fabriquer les arbres moteurs, les tiges de piston et les autres pièces principales des navires à vapeur, ils ont dû créer des ateliers entièrement nouveaux. Ils les ont munis d’outils-macbines dont la puissance égale la précision ; ils ont construit de nouveaux marteaux-pilons dont ils ont porté le poids jusqu’à 5,ooo kilogr. et dont la course est de 3 à 4 mètres. Avec de pareils marteaux, l’on bat et l’on réduit en un seul corps de métal des paquets de fer présentant à la base un mètre d’équarrissage avant la chauffe.
- L’ensemble de leurs travaux est digne des plus grands éloges, et mérite à l’établissement du Creusot une nouvelle médaille d’or.
- M. NILLUS,au Havre (Seine-Inférieure).
- M. Nilius construit à la fois des navires à vapeur pour la marine de l’Etat et la marine du commerce, ainsi que de grands mécanismes pour les sucreries coloniales. Pour ces dernières fabrications, il soutient avantageusement la lû'lte contre les manufactures si renommées de la Grande-Bretagne.
- Dans les années antérieures à i848, il a considérablement agrandi ses établissements ; il les a munis des outils-machines perfectionnés et du marteau-pilon, nécessaire pour travailler avec puissance et précision.
- Depuis la dernière exposition, M. Nillus a construit, dix navires en fer pour diverses destinations des travaux hydrauliques et de la navigation.
- M. Nillus a construit, en outre, pour les colonies, des machines
- Nouvelle
- médaille
- d’or.
- Médaille
- d’or.
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- à vapeur et des appareils de trois, de cinq cylindres; il est inventeur de ces derniers appareils, dont la fabrication dans ses ateliers présente une valeur totale d’environ 5 millions.
- Il y a deux ans, M. Nillus employait jusqu’à 34o ouvriers. Nous espérons que le retour du commerce vers sa première prospérité fera reprendre à son établissement cette grande activité qu’ont perdue depuis vingt mois tous les constructeurs du Havre, et qui commence à revivre.
- C’est chez M. Nillus qu’on a, pour la première fois, construit géométriquement les modèles pour le moulage immédiat et parfait des hélices motrices.
- Le jury central de i844 avait accordé la médaille d’argent à M. Nillus; nous lui décernons aujourd’hui la médaille d’or.
- BATEAU SOUS-MARIN.
- Médaille
- d’argent.
- M. le docteur PAYERNE, rue des Petites-Écuries, n° 5i, ' à Paris.
- On a pu remarquer à l’exposition un bateau sous-marin en fer, dont le poids lége est de 8,000 kilogrammes, et qui, chargé pour plonger, doit peser 37,000 kilogrammes.
- C’est le bateau dont on s’est servi pour extraire un roche dure de 58 mètres cubes, en descendant jusqu’à 12 mètres cubes sous l’eau, pour déblayer le chenal du port de Brest, en avant de la cale où se trouvait en construction le vaisseau de premier rang le
- Pour entretenir un air constamment respirable dans le bateau sous-marin, on le fait passer de la chambre où se trouve l’équipage dans une solution alcaline, laquelle absorbe le gaz acide carbonique dégagé, soit par la respiration, soit par la transpiration des marins; en même temps, on remplace l’oxygène absorbé par la respiration.
- Au moyen de pompes foulantes, on accumule en des compartiments spéciaux une masse d’air suffisante pour varier la pesanteur spécifique du navire, par un dégagement convenable de cet air comprimé.
- On peut de la sorte mettre le navire en équilibre avec l’eau environnante, à tel point que ce soit où l’on veuille agir sous l’eau. Cet équilibre établi, l’on ouvre alors les parties inférieures du bateau pour travailler sur l’endroit du fond de la mer où l’on est descendu.
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- Le docteur Payerne conçoit une machine à vapeur enfermée dans son bateau sous-marin, et fonctionnant sous l’eau, pour parcourir de grandes distances : elle sera mue par la vapeur produite à l’aide d’un combustible pour lequel les azotates remplaceront les courants d’air.
- Le jury central voulant récompenser le succès obtenu déjà par 3e docteur Payerne, mais considérant qu’il n’a pas atteint le but final que lui-même assigne à ses trayaux, lui décerne maintenant une médaille d’argent, en formant des vœux pour que l’accomplissement de ses recherches et de ses inventions lui méritent à l’exposition prochaine une récompense plus élevée.
- M. GUÉRIN (Pierre-René), au Havre (Seine-Inférieure).
- Cet exposant est inventeur d’un appareil mécanique simple, ingénieux, efficace, pour la manœuvre du gouvernail des navires; il a exposé aussi des guindeaux pour navires.
- L’expérience a démontré la solidité, l’avantage de ce système.
- On nous assure que 1’amirauté d’Angleterre en a commandé plusieurs à M. Guérin pour les introduire dans la marine britannique.
- Imaginons le gouvernail immobile et droit dans le sens de la quille; plantons deux axes verticaux métalliques à droite et à gauche de la tête de la mèche du gouvernail; sur chacun de ces deux axes s’enfile la douille d’un levier coudé horizontal. Au coude se trouve la mortaise pour tourner sur un des axes verticaux; l’extrémité des bras de leviers se termine par une autre douille, prise en écrou, qui fonctionne sur une vis en relief de la barre horizontale, à l’extrémité de laquelle est la roue du gouvernail, roue verticale et à poupées comme à l’ordinaire.
- Si l’on tourne la roue dans un sens, les premiers bras de leviers qui portent les écrous se rapprochent l’un de l’autre, et poussent en sens opposé les deux autres seconds bras; ceux-ci, par l’action des douilles qui les terminent, concourent à faire tourner le gouvernail de manière qu’il se porte à bâbord ; quand on veut le porter à tribord, on manœuvre la roue en sens contraire, et les deux écrous, s’éloignant au lieu de se rapprocher, produisent ce nouvel effet.
- En résumé, les deux seconds bras parallèles entre eux, et qui,
- Médaille de bronze.
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- Rappel
- de
- médaille
- d’or.
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- tantôt poussent ensemble, et tantôt tirent, ensemble, agissent comme un couple cle bras parallèles, pour transformer leur action rectiligne en mouvement circulaire.
- Les résultats obtenus par ce mécanisme sont constatés par plusieurs certificats clés capitaines qui s’en sont servis, et tous ont déclaré que la force employée pour la manœuvre du gouvernail était considérablement diminuée par l’appareil de M. Guérin, et que la solidité de son mécanisme n’avait souffert en rien pendant l’emploi qu’ils en avaient fait.
- Le jury central décerne une médaille de bronze à M. Guérin.
- SECTION QUATRIÈME.
- INDUSTRIE DU SONDAGE.
- M. Michel Chevalier, rapporteur.
- MM. MULOT père et fils, rue Rochechouart, n° 69, à Paris.
- MM. Mulot maintiennent la réputation que leur a faite le sondage du puits de Grenelle, qui a couronné pour eux une longue suite de beaux et ingénieux travaux Ils déploient toujours dans leurs entreprises cet esprit de sagacité, de persévérance intelligente auquel ils sont redevables de leurs succès.
- Ils exposent un certain nombre d’outils neufs parmi lesquels on remarque un mécanisme qui donne la chute libre de la sonde, à partir de telle profondeur qu’on veut. Ce mécanisme permet aussi d’imprimer à la sonde un mouvement de rotation dont l’utilité est aisée à apprécier; il permet pareillement de roder en relevant la sonde. MM. Mulot s’en sont servi avec avantage dans des sondages qu’ils ont faits récemment dans le Pas-de-Calais, auprès de Calais même et à Oignies, pour la recherche de la houille. On l’a fait fonctionner à la profondéur de 2bo mètres; la portion de la sonde qu’on dégageait ainsi avait 3o mètres.
- MM. Mulot exposent des liges creuses imperméables dont l’emploi par les sondeurs aurait une incontestable utilité. Ils en ont de i5 centimètres de diamètre et de 6 mètres de longueur. Chaque tige ne pèse que 100 kilogrammes; l’eau déplacée en pèse 60. Le
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- poids à manœuvrer est donc réduit à 4o. Pour 600 mètres, ce serait 4.ooo kilogrammes. A 55o mètres environ, la sonde du puits de Grenelle pesait 14,000 kilogrammes, soit 10,000 kilogrammes de plus.
- MM. Mulot exposent quelques pièces gigantesques qu’ils avaient forgées d’avance pour un sondage par eux projeté au Jardin des Plantes, qui aurait eu 900 mètres de profondeur. Dans leur opinion, on aurait trouvé, à ce niveau, une nappe jaillissante dont la température eût été de 38 à 4o degrés, et qui se fût prêtée à des usages cl’une utilité peu commune, non-seulement pour le Jardin des Plantes, mais pour le quartier où est situé cet établissement. Ce projet, auquel l’autorité était disposée à souscrire avant les événements de i848, est ajourné en ce moment.
- Les sondes que vendent MM. Mulot à l’usage de l’agriculture sont à bas prix. Pour aller à 3m,5o, elles coûtent 65 francs; pour 8 mètres, i3o francs; pour 10 mètres, 200 francs, avec l’ensemble des outils nécessaires.
- Le jury constate avec beaucoup de satisfaction que MM. Mulot se montrent toujours dignes, au plus haut degré, de la faveur publique. Il se plaît à rappeler la médaille d’or qui leur fut décernée en i844-
- MM. DEGOUSÉE et LAURENT, rue de Chabrol, n° 3 5, à Paris.
- MM. Degousée et Laurent exposent quelques-uns de leurs nombreux outils, ceux qui ont quelque nouveauté, avec l’appareil qui a servi à conduire et à faire battre la sonde à Donchery (Ardennes). Ce dernier sondage a traversé un terrain très-dur, et il a été poussé' à 38o mètres; on a dû s’arrêter là, parce que, à celte profondeur, on était entré dans un terrain de transition parfaitement caractérisé, qu’on savait ne pas recéler de combustible. Or, c’est pour rechercher le terrain houiller qu’on faisait le sondage. Dans celte entreprise, M. Degousée a fait usage régulièrement de la vapeur. La machine à vapeur qu’il a employée, avec toutes les communications de mouvement, figure à l’exposition.
- Les innovations que présentent MM. Degousée et Laurent consistent principalement à avoir détaché des outils la partie active, de sorte que, lorsque cette partie est dégradée par l’usage, il n’y a qu’à enlever quelques boulons pour la retirer : on est dispensé ainsi
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- Médaille
- d’or.
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- d’avoir sans cesse à porter à l’atelier des pièces massives et pesantes, et c’est un avantage précieux, en ce qu’il simplifie et accélère les opérations.
- Ils exposent un ingénieux appareil pour river les boulons dans l’intérieur des tuyaux, une fois posés dans le trou de sonde, et une lime pour les scier à telle profondeur qu’on voudra.
- La machine à vapeur qui a servi à Donchery est très-portative. On est libre, en multipliant ou en diminuant le nombre des galets placés tout autour d’un petit volant, de faire varier la hauteur de chute de la sonde. Ce système a eu un succès complet.
- M. Degousée, par le progrès même de l’art, est parvenu à diminuer, dans une forte proportion, les prix qu’il demandait auparavant. En ce moment, il fait des trous de sonde de plus de 60 mètres pour moins de 3,ooo francs. A Laon, il a soumissionné un forage de 3oo mètres pour 15,ooo francs. L’importance de cet abaissement de prix est facile à apprécier. Le sondage est mis ainsi à la portée de tout le monde.
- M. Degousée est un des plus anciens et des plus renommés praticiens de fart du sondeur que compte l’Europe. Il a conduit de grandes et laborieuses entreprises. Le nombre des améliorations qui lui sont dues est très-considérable.
- M. Degousée ne se borne pas à travailler en France; il a fait, par ses agents, des sondages au loin. C’est lui qui a procuré, il y a quelques années déjà, de l’eau potable en abondance à la ville de Venise. Récemment il est allé jusques aux confins les plus reculés de l’Egypte, du côté de la Nubie, pour y rechercher de la houille pour le vice-roi d’Egypte Méhémet-Ali. D’après les dernières nouvelles qu’il a reçues , on aurait trouvé plusieurs couches de ce précieux combustible.
- MM. Degousée et Laurent fabriquent et vendent, en quantité toujours croissante, de petites sondes pour l’agriculture.
- M. Degousée a contribué, sous une autre forme, à l’avancement de l’art du sondeur : il a publié un Manuel du sondeur où il a dévoilé tout ce que l’expérience lui avait enseigné. A lui seul, cet ouvrage, accompagné de planches nombreuses et d’une bonne exécution, constituerait, pour M. Degousée, un très-beau titre à l’estime de ses concitoyens et aux distinctions dont le jury dispose.
- En i844, M. Degousée avait obtenu la médaille d’argent; cette fois le jury lui décerne la médaille cl’or.
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- MACHINES SERVANT A L’EXPLOITATION DES MINES.
- -» M. Combes, rapporteur.
- M. MÉHU, ingénieur des travaux du jour de la compagnie de mines d’Anzin, à Anzin (Nord).
- On a établi, depuis quelques années, en Allemagne, en Angleterre et en Belgique, des appareils destinés à éviter aux ouvriers mineurs la fatigue excessive qui résulte, pour eux, de la circulation par le moyen d’échelles presque verticales placées dans les puits d’une grande profondeur, ou les dangers de la descente et de l’ascension par les tonnes et câbles d’extraction des minerais. Ces appareils consistent en un système de deux tirants en bois, placés dans le même puits en regard l’un de l’autre, s’équilibrant mutuellement, et auxquels une machine imprime un mouvement rectiligne alternatif. A chacun d’eux sont fixés de petits planchers horizontaux, distants entre eux d’une longueur égale à deux fois l’amplitude d’une excursion ; lorsque les tirants arrivent, l’un à la limite supérieure, l’autre à la limite inférieure de son excursion, les planchers fixés à l’un et à l’autre se trouvent en regard, l’ouvrier, qui s’est placé sur le plancher ascendant pour arriver au jour, passe, pendant la durée très-courte de l’arrêt qui a lieu au point mort, sUr le plancher opposé, qui se trouve alors à son niveau, et sur lequel il est élevé à une hauteur égale à l’amplitude de l’excursion des tirants; là, il repasse sur le plancher fixé au premier tirant, pour être élevé encore d’un étage et ainsi de suite. Une des plus belles machines de ce genre est celle que M. Abel Waroqué a établie sur un puits des mines de houille de Marimont, situées entre Mous et Charleroy.
- Chacun comprend les avantages que procurent, dans l’expioi-tation des mines d’une grande profondeur, les appareils dont nous venons d’indiquer le but et le mode de construction. Mais on est en même temps frappé d’un inconvénient grave qui consiste dans l’impossibilité d’opérer l’extraction des minerais par le puits où est établi un appareil de ce genre, qui en occupe la section presque entière, de sorte que c’est à peine si l’on peut encore y placer le tuyau élévaloire d’une pompe d’épuisement.
- M. Méhu s’est proposé de construire une machine analogue, qui servît à la fois à l’extraction des minerais, et à la circulation des
- 7.
- Médailles
- d'argent.
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- ouvriers. A cet effet, il a remplacé chacun des deux tirants en bois par un couple de tirants jumeaux pourvus de taquets à loqueteaux, sur lesquels reposent les vases d’extraction montants ou descendants. Un de ces couples de tirants sert à élever les vases pleins, tandis que l’autre couple sert à descendre les vases vides. Sur l’une et l’autre lignes, les vases sont élevés ou descendus par relais successifs, séparés par des intervalles de repos, pendant lesquels ils restent déposés sur des taquets ou loqueteaux, fixés aux parois du puits et disposés par étages, à des intervalles un peu moindres que l’amplitude d’une excursion des tirants. Une machine semblable a été établie, par M. Méhu, dans la fosse Davy des mines d’Anzin, profonde de 200 mètres, où elle fonctionne avec succès, depuis plusieurs mois, pour extraire la houille de deux niveaux différents, situés, l’un à i35 et l’autre à 166 mètres au-dessous de l’orifice du puits. Les tirants mettent aussi en mouvement un jeu de pompes, qui épuisent l’eau du fonds, pendant que la houille est élevée au jour.
- Les tirants parcourent, à chaque excursion, i5m,4o8. Les étages de taquets fixes sont séparés par des intervalles de i4m, 124- Les tirants opposés, montant et descendant, sont réunis l’un à l’autre par une chaîne articulée, qui se plie sur un disque, dont le contour est un décagone régulier de om,428 de côté. Ce disque doit faire 3 tours 6/1 o" à chaque excursion; puis le sens de la rotation change, pour produire l’excursion en sens inverse. Ce mouvement circulaire alternatif est imprimé par un appareil à vapeur composé de deux machines agissant par des manivelles placées à angle droit sur un même arbre, dont le mouvement est transmis à l’arbre de la poulie par une chaîne sans fin articulée. Des tasseaux, placés*sur cette chaîne, renversent, au moment convenable, le sens delà rotation imprimée par les machines. Un mécanisme ingénieux, et qui ne peut être décrit ici, fait varier la course des tiroirs de distribution, de manière à obtenir une vitesse décroissante par degrés, lorsque les tirants approchent des limites de leur course.
- La machine de M. Méhu nous paraît devoir être d’une grande utilité dans l’exploitation des mines profondes, c’est une machine d’extraction économique et sûre ; quelques-unes des dispositions du mécanisme moteur, le mode de liaison des tirants opposés, qui doivent s’équilibrer mutuellement., sont susceptibles de perfectionnements que l’inventeur ne manquera pas d’y apporter. Telle qu’elle est
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- aujourd’hui, la machine est d’un hon usage; cela est démontré par l’expérience qui en a été faite au puits Davy, et qui se continue depuis plusieurs mois.
- Le jury, rendant justice au talent distingué de M. Méhu et aux services qu’il a rendus à l’exploitation des mines, lui décerne la médaille d’argent.
- M. CLÉMENT, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 255, à Paris.
- A exposé une machine à percer les trous de mines, dans les rochés dures que l’on veut faire sauter à la poudre.
- La barre, armée de l’oulil qui attaque la roche par percussion, doit, à chaque coup, tourner d’une petite quantité sur son axe; elle doit couler, à mesure que le trou s’approfondit, dans l’appareil qui la saisit et qui remplace la main de l’ouvrier. Cet appareil est composé d’un collier de om,20 environ de longueur, formé de 4 lames faisant ressort, soudées, par leurs extrémités inférieures, à un anneau ou douille dans laquelle la tige peut glisser longitudinalement.
- Sur le collier est enfilé un manchon légèrement conique à l’intérieur, de manière à procurer, en s’enfonçant, le serrage du collier refendu, et empêcher ainsi le glissement longitudinal de la barre; le manchon porte extérieurement un pignon engrenant avec un long cylindre cannelé, qui transmet à l’ensemble un mouvement de rotation; un fort ressort en spirale appuie sur le manchon. Tout cet appareil est monté dans un châssis rectangulaire en fer porté sur 2 pieds, qui peuvent être allongés à volonté, et arc-boutés par un troisième pied tournant autour d’un boulon, de manière que hon peut placer le châssis dans un plan incliné comme on veut.
- L’ouvrier tourne une manivelle dont l’arbre porte une vis sans fin, pour imprimer au cylindre cannelé le mouvement de rotation qui doit faire tourner l’outil, elles cames qui soulèvent l’outil, en agissant sur l’embase saillante du collier refendu. Le ressort en spirale, bandé, pendant que l’outil est soulevé, lance celui-ci contre la roche, au moment où la came le laisse échapper.
- Si l’on a bien saisi la disposition du collier refendu et du manchon qui l’enveloppe, on verra que l’action de la came et du ressort, dans l’opération du battage, tend à augmenter le serrage du collier. Mais, à mesure que le trou s’approfondit, l’outil descend et
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- Médaille
- d’or.
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- il est nécessaire de le faire couler dans la douille du collier, qui doit rester sensiblement à la même hauteur, pour être saisi par les cames. M. Clément a pourvu à cela, par une disposition fort ingénieuse, qui est le principal mérite de sa machine. Deux cames, placées sur l’arbre de la manivelle, dans un autre plan que celles qui agissent sur l’embase du collier fendu, soulèvent alternativement un tasseau en bois qui, lorsque le trou est suffisamment approfondi, vient appuyer sur la face inférieure du pignon extérieur solidaire avec le manchon qui produit le serrage; l’action de ce tasseau tend à faire couler le manchon et à desserrer le collier. Si, néanmoins, l’action prépondérante du frottement a fait suivre l’outil, il arrivera un moment où le pignon viendra, quand l’outil sera lancé par la force du ressort, retomber sur le tasseau en bois soulevé par la came, et ce choc fera nécessairement couler le manchon et produira le desserrage; la came de soulèvement fera alors glisser le collier refendu, qui viendra de nouveau s’engager dans le manchon. C’est ainsi que M. Clément obtient le relevage de la main mécanique, qui saisit son outil.
- M. Clément perce très-rapidement des trous dans les roches les plus dures. Sa machine est fort ingénieuse; elle sera très-utile dans l’exploitation des carrières, l’exécution de tranchées ou de souterrains à grande section dans des roches dures, l’exploration du sol à de petites profondeur. Le jury récompense M. Clément par une médaille d’argent.
- SECTION CINQUIÈME.
- CONSTRUCTIONS CIVILES ET APPAREILS POUR TRAVAUX PUBLICS.
- M. Mary, rapporteur.
- M. Louis TRAVERSAIS, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 146, à Paris.
- Il a présenté à l’exposition : i° le comble en fer de la halle de la Douane à Paris, rue Samson ; 2° la coupole mobile de l’Observatoire de Paris ; 3° différentes serres.
- Le comble dé la Douane a été exécuté à une époque où les établissements métallurgiques n’exécutaient pas encore les fers
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- laminés à double T pour les constructions civiles; M. Travers a dù employer des artifices d’assemblage pour empêcher la flexion transversale des fermes, et a réussi à donner une parfaite solidité à un comble de 36 mètres de portée.
- La coupole de l’Observatoire, moins remarquable sous le rapport de l’étendue, l’est davantage par les nombreuses difficultés que le constructeur avait à vaincre pour résoudre ce problème, d’établir, au-dessus d’une voûte trop faible pour servir de point d’appui, un plancher parfaitement stable, autour duquel doit se mouvoir un plancher tournant et une coupole disposée de manière que l’on puisse découvrir à volonté un point quelconque du ciel. La disposition des deux armatures en fer et fonte qui portent les planchers fixes et mobiles ; le mécanisme au moyen duquel on met la coupole en mouvement pour suivre un astre dans sa marche; celui, non moins important, qui permet d’ouvrir, au point voulu pour une observation, la fermeture mobile de la fenêtre méridienne de la coupole, on t exigé à la fois, de la part de M. Travers, une très-grande intelligence, beaucoup de ressource dans l’esprit et une exécution très-soignée. Le jury a jugé que M. Travers avait complètement satisfait à toutes ces conditions, et lui accorde une médaille d’or.
- COMPAGNIE DE LA FONDERIE DE NIORT (à Niort).
- La grue exposée par la compagnie de la fonderie de Niort est placée sur un plateau porté par des roues au moyen desquelles on peut la déplacer à volonté. La particularité qui la distingue consiste en ce que le poids soulevé par la machine, en agissant sur un système de leviers convenablement disposés, écarte ou rap-s proche de l’axe de la machine un contre-poids cylindrique reposant sur une portion de cylindre d’un rayon beaucoup plus grand.
- Cette disposition est ingénieuse; mais, si l’on se reporte à la description insérée dans le rapport du jury central sur l’exposition de i844, au sujet d’une grue exposée par la même maison, on voit que la machine de 1849 est une nouvelle application du principe sur lequel était construite celle qui a obtenu la médaille d’argent.
- Le même établissement fait valoir divers travaux de fonderie qu’il a exécutés pour le chemin de fer de Bordeaux, sur les dessins des ingénieurs. Ces fournitures, quoique assez importantes, n’offrent rien qui sorte des travaux ordinaires; le jury se borne à proposer le rappel de la médaille d’argent.
- Rappel de Médaille d’argent.
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- BÉLIER D’ÉPUISEMENT.
- Médailles
- d’argent.
- M. Charles LE BLANC, à la Flèche (Sarthe).
- Le bélier cl’épuisement présenté par M. Le Blanc est fondé sur le même principe que le bélier hydraulique de Montgolfier. Dans l’un et dans l’autrë on utilise la force vive d’une masse d’eau en mouvement dans un tuyau; mais, comme le bélier d’épuisement n’élève l’eau qu’à de faibles hauteurs, il n’est pas exposé à se déranger par l’effet du choc des soupapes, et celui qui a été employé aux travaux de la navigation de la Mayenne a parfaitement fonctionné. Comme ce mode d’épuisement, ingénieux et économique, peut recevoir de nombreuses applications, le jury décerne à M. Le Blanc une médaille d’argent,
- COMBLE EN FER, PONT EN FONTE.
- M. JOLY, à Argenteuil (Seine-et-Oise).
- Parmi les travaux de serrurerie exécutés depuis quelques années à Paris et aux environs, les plus importants sont les combles des gares de Strasbourg, Saint-Germain, Amiens, le pont de Besons, le barrage d’Andresis, etc. Ces ouvrages ont tous été exécutés par M. Joly, ’d’Argenteuil, qui, par son intelligence et son activité, a transformé sa forge en un atelier de serrurerie occupant 3oo ouvriers.
- Le plus remarquable de ces ouvrages est sans contredit le comble de la gare de Strasbourg, de 29“,3o de portée, surmonté d’une lanterne à jour. Cette charpente en fer, à la fois élégante et solide, fait le plus grand honneur au serrurier habile qui en a combiné les différentes parties de manière à proportionner la force du fer aux efforts qu’elles ont à supporter.
- M. Joly a également exposé le modèle d’un pont en fonte dont l’idée est due à M. le docteur Guyot. Les arcs sont formés de dés creux en fonte, dont on n’a conservé que les arêtes; plusieurs de ces dés sont fondus ensemble pour diminuer le nombre des joints; ils sont réunis entre eux par des boulons au moyen de brides intérieures. L’expérience seule pourra prononcer sur la résistance des arêtes horizontales et verticales, sous l’influence des vibrations.
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- Le jury croit devoir proposer en faveur de M. Joly une médaille d’argent.
- i
- M. CHAMPION aîné, à Jouars-Pontchartrain (Seine-et-Oise).
- II expose :
- i° Une machine à épurer la terre argileuse des corps durs en la pétrissant;
- 2° Une machine à rebattre les tuiles, briques et carreaux;
- 3° Une machine à mouler les briques ;
- 4° Un modèle de four économique à cuire les briques, carreaux, etc.
- Les trois premiers objets exposés sont des machines simples, solides, d’une manœuvre très-facile, et par conséquent d’un emploi économique.
- Le four est également disposé d’une manière très-convenable pour la cuisson des briques, etc.
- Le jury accorde à M. Champion une médaille de bronze.
- M. GANNERON, me Papillon, n° 8, à Paris.
- La scie à receper, présentée à l’exposition par M.- Ganneron, a servi à l’exécution des fondations du pont du chemin de fer de Boulogne sur la Canche. Elle se compose d’un fort châssis reposant sur une enceinte de pièces horizontales et portant deux chariots superposés. L’un, celui inférieur, est mobile au moyen d’un chemin de fer sur le châssis, mais ne se déplace que pour porter la scie d’un pieu à l’autre; le second, auquel la scie est suspendue par deux fortes tiges, se meut sur un chemin de fer légèrement coui’be établi sur le chariot inférieur; deux leviers servent à faire mouvoir le chariot supérieur, de maniéré à imprimer à la scie le mouvement de va-et-vient, en même temps que la courbure du chemin décrit, par suite de la forme courbe des rails, facilite le dégagement de la sciure. Un ouvrier fait avancer la scie sur le pieu au moyen d’une vis agissant sur le chariot inférieur dans le sens du châssis inférieur qui sert de point d’attache à la vis.
- Cette disposition est simple, la construction solide, la manœuvre facile. Le jury accorde à M. Ganneron une médaille de bronze.
- M. KAULEK, rue deThorigny, n° îo, à Paris.
- La substitution du fer au bois, dans la construction des édifices,
- Médailles de bronze.
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- Mentions
- honorables.
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- mérite d’être encouragée par des récompenses accordées non-seulement aux maîtres de forges qui fabriquent des fers appropriés à cette destination, mais aussi aux serruriers qui font de ces pièces l’emploi le plus judicieux. Sous ce dernier rapport, M. Kaulek mérite d’être distingué. Les armatures au moyen desquelles il relie les poutrelles sont d’une exécution et cl’une pose facile, et permettent d’établir un lattis en fer solide, sans l’emploi d’aucune pièce de bois.
- Le jury accorde à M. Kaulek une médaille de bronze.
- Mme veuve GONTENOT, rue de la Pépinière, n° 10, à Paris.
- Depuis que le bassin de Paris a été mis en communication facile avec toutes les contrées environnantes, soit par les rivières améliorées et par les canaux, soit par des chemins de fer, l’exploitation du plâtre a pris un grand développement à Paris et dans son voisinage, parce que son usage est devenu général non-seulement dans les constructions, mais surtout en agriculture. Dans ces nouvelles conditions l’écrasement avec des battes n’était plus possible , et on a imaginé d’y employer le moulin à noix exécuté sur de grandes dimensions. L’exposition de 1849 en présente plusieurs.
- Le moulin de Mme veuve Contenot est disposé avec simple ou double noix, et peut ainsi être mis en mouvement par un ou deux chevaux, cette dernière disposition paraît très-appréciéepar les plâtriers parce qu’elle permet d’économiser l’espace et la surveillance.
- Le jury décerne à Mœe veuve Contenot une médaille de bronze.
- M. BÉCHU , rue Saint-Antoine-Popincourt, n° 1 o, à Paris.
- Il a exposé plusieurs moulins combinés de manière à obtenir du plâtre très-fin. Ses appareils sont bien exécutés et ingénieusement disposés.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. JOMEÀU, rue Cloche-Perche, n° 12,à Paris.
- Les ustensiles en fer et en fonte, les bouches de four et les monte-sacs de M. Jomeau sont très-bien exécutés.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
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- M. JEANNETTE, rue de Boulogne, n° 12, à Paris.
- lia exposé, i° des lucarnes en fonte, 20 des planchers et des combles en fer.
- Les lucarnes sont formées d’une seule pièce de fonte, disposée de manière à se placer facilement sur une traverse horizontale reliant deux formes du comble, auquel elles sont rattachées par des crochets en fer, destinés eux-mêmes à servir d’appui aux fils de fer auxquels se fixe le plâtre des joues et du plafond de sa traverse.
- Les planchers sont soutenus, par des fermes en fer forgé, composées d’un tirant inférieur et de deux arbalétriers reliés par des étriers à une pièce supérieure, qui est plate et sur laquelle sont fixées les étriers. Du fer feuillard, tourné sur les tirants soutient le plafond, tandis que du fer carillon fixé sur les fermes, reçoit faire du plancher supérieur. Il n’entre dans cette construction que du fer et du plâtre, ce qui la rend tout à fait incombustible.
- Le jury accorde à M. Jeannette une mention honorable.
- M. HENNEQUIN, rue Neuve-Cliabrol, n° 9, à Paris.
- Il a présenté à l’exposition une machine avec laquelle il prépare les feuilles de zinc, de manière qu’elles s’assemblent à joints recouverts latéralement et à agrafes verticalement. Ce travail se fait à froid et donne des feuilles parfaitement régulières.
- Le jury accorde à M. Hennequin un mention honorable.
- M. Henry POULAIN, place Lafayette, n° 3, à Paris.
- Il a exposé une couverture dans laquelle les ardoises sont fixées au moyen de pattes en zinc, disposées comme celles dont on fait usage dans les couvertures métalliques. Les ardoises, ainsi séparées, doivent rester plus sèches; leur remplacement est très-facile; mais l’expérience seule pourra éclairer sur les avantages de ce changement, qui coûte 80 centimes de plus que le mode de couverture actuel.
- Le jury accorde à M. Poulain une mention honorable.
- M. GASGOIN, rue Neuve-Chabrol, n° 5, à Paris.
- Il a présenté à l’exposition un châssis de croisée gothique dont les panneaux sont formés par des fers étirés auxquels il a pu
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- donner ainsi, à peu de frais, les profils qui lui ont paru les plus élégants.
- Le jury accorde à M. Gascoin une mention honorable.
- M. DAMOUR, place Dauphine, n° 22, à Paris.
- La cuvette hydraulique exposée par M. Damour a donné le moyen aux habitans de Paris de jeter leurs eaux ménagères directement dans les égouts de la ville, sans être incommodés ni par les exhalaisons insalubres ni par les rats. Cet appareil est peu dispendieux, d’une pose facile, et son auteur mérite une mention honorable.
- M. GALLOIS-FOUCAULT, à Saint-Martin (île de Ré).
- Les phares et d’autres ouvrages de maçonnerie doivent souvent, pour'remplir leur destination, être exécutés à la mer sur des rochers qui ne sont jamais découverts. Les fondations à faire dans de telles conditions sont souvent impossibles, et on doit accueillir avec empressement les idées qui peuvent conduire à en diminuer les difficultés. M. Gallois-Foucault a présenté à l’exposition le modèle d’un appareil en fer forgé, au moyen duquel il pense que l’on pourrait établir avec solidité une fondation en maçonnerie sur un rocher recouvert de im,5 à 3 mètres d’eau de basse mer.
- Cet appareil consiste en une carcasse en fer forgé de forme cylindrique ou polygonale, embrassant toute la fondation, et divisé eh compartiments par des armatures qui servent en même temps à en consolider toutes les parties. Aux angles sont placés des barres à mine qui permettent de sceller l’appareil au rocher, et la ceinture, comme les divisions intérieures, sont disposées pour recevoir des palplanclies, soit en fer, soit en bois, les premières pour briser la lame, les autres pour donner la facilité d’établir par case la maçonnerie en béton de la fondation.
- Jusqu’à ce que l’expérience ait prononcé sur les bons effets de ce mode de fondation, le jury ne croit devoir accorder à M. Gallois-Foucault qu’une mention honorable.
- M. DAVENNE, impasse Saint-Sébastien, nos 8 et 10, à Paris.
- Les moulins à plâtre de M. Davenne ne présentent pas de dispositions particulières, mais les bagues sont fondues en coquille et
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- combinées de manière à être facilement remplacées lorsqu’elles sont usées.
- Le jury accorde à M. Davenne une mention honorable.
- MM. GILLET et DUSAIGNE, à Saintes (Charente-Inférieure).
- La sonnette à déclic de MM. Gillet et Dusaigne donne lieu à un frottement qui n’existe pas dans les sonnettes ordinaires, et elle ne permet pas de faire varier, comme dans celles-ci, la hauteur de de chute du mouton; mais, d’un autre côté, elle n’oblige pas à élever un poids inutile, elle peut marcher d’une manière continue, l’accrochage se fait seul, et elle ne donne lieu à aucune usure de câble. Cependant, comme l’expérience peut seule éclairer sur l’emploi de cette nouvelle machine, le jury ne propose en faveur de MM. Gillet et Dusaigne qu’une citation favorable.
- SECTION SIXIÈME.
- S 1er. MACHINES, OUTILS ET GRANDE CHAUDRONNERIE.
- M. Louis LEMAITRE, à la Ghapelle-Saint-Denis (Seine).
- A exposé :
- Un sifflet d’alarme pour les locomotives, destiné à donner des sons variés ; un carillon d’alarme pour l’alimentation des chaudières de machines fixes ;
- Une grue en tôle, construite pour soulever 22,000 kilogrammes, avec.une portée de 5 mètres;
- Un pont en tôle ;
- Des viroles pour fixer les tubes des chaudières tubulaires.
- M. Lemaître s’était déjà fait remarquer, à l’exposition de i844, par d’heureuses conceptions; son esprit inventif n’est pas resté inactif depuis cette époque, ainsi que le démontre l’ensemble des travaux qu’il soumet cette année au jury. M. Lemaître s’est appliqué à multiplier les applications de la tôle de fer ; il a construit en tôle des plaques tournantes pour locomotives et tenders, des grues d’une grande puissance, et il propose aux ingénieurs qui dirigent les grands travaux de chemins de fer des ponts en tôle, dont il a
- Citation
- favorable.
- Nouvelle
- médaille
- d’or.
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- fait ressortir tous les avantages par la construction d’un spécimen d’une bonne disposition.
- L’attention doit s’arrêter surtout sur les viroles ou bagues enfer ou en acier, sans soudure, qu’il fabrique par des procédés mécaniques très-simples, et qui ont été accueillies immédiatement avec faveur dans les ateliers de réparation et de construction de chemins de fer, en France et en Angleterre. Ces bagues présentent une réduction de prix très-importante sur celles qu’on a employées jusqu’ici, et sont d’un meilleur usage.
- Le jury, prenant en considération les travaux variés et utiles de M. Lemaître, lui décerne une nouvelle médaille cl’or.
- Rappels
- de»
- médailles
- d’or.
- M. . CALLA, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 100, à Paris.
- Il a exposé plusieurs machines-outils, une grande plaque tournante pour chemin de fer, plusieurs pièces d’oimement moulées en fonte.
- Depuis la dernière exposition, M. Calla a continué à se livrer à la construction des machines-outils sur une grande échelle, et n’a pas cessé de tendre vers la perfection dans l’agencement des pièces, des outils, et dans l’exécution de toutes les parties. Les machines, sous des formes multipliées, composent l’outillage de plusieurs de nos grandes lignes de chemins de fer. Tout en imitan t les meilleurs modèles anglais, il n’a pas cessé d’y introduire toutes les améliorations nécessaires pour les approprier à leur destination. C’est ainsi qu’il a modifié la machine radiale, employée d’une manière générale pour percer les foyers de locomotives, et qu’il a combiné une machine à planer latérale, à côté de laquelle on peut disposer des pièces de toute dimension, qui ne pourraient pas trouver place sur le bât ou sur le chariot des plus grandes machines à planer.
- Depuis la dernière exposition, M. Calla a transporté sa fonderie à La Chapelle, pour consacrer son établissement de Paris tout entier à la construction des machines-outils. Il a organisé, sur une grande échelle, la fabrication des plaques tournantes de toutes dimensions. Celle qu’il expose, et qui est formée de deux parties juxta-posées avec la plus grande précision, est d’une exécution remarquable.
- M. Calla n’a pas cessé, pour entreprendre ces nouveaux travaux, de fondre les objets d’art et d’ornement que l’on était habitué à
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- voir sortir de son élablissemen. Les pièces qu’il expose montrent que celte partie importante cle sa fabrication a été, de sa part, l’objet des mêmes soins que par le passé.
- M. Calla se montre toujours très-digne de la médaille d’or qu’il
- obtenue en i844, et que le jury lui rappelle.
- M. Pierre-André DECOSTER, rue Stanislas, n° 9 bis, à Paris.
- Le bel et important établissement de M. Décos ter se trouve dignement représenté à l’exposition, autant par le nombre que par la parfaite exécution des machines exposées. Celles ayant rapport à l’industrie de la filature, dont nous avons plus particulièrement à nous occuper ici, se composent d’un métier à filer le lin à sec, d’après le système ordinaire ; d’un second métier à filer, système breveté à M. Decoster ; d’un banc à broches à régulateur pour éloupes ; enfin, d'une machine à préparer le fil de caret pour cordages.
- Le rapport du jury de i844, en signalant tout ce qu’il y a de génie inventif chez M. Decoster, et en mettant en lumière les persévérants efforts de ce constructeur, pour doter nos industries de conquêtes nouvelles, a singulièrement facilité la tâche du jury de i84g, en ce sens que celui-ci, après avoir examiné les machines mises sous ses yeux, ne trouvant qu’à confirmer le jugement rendu par ses prédécesseurs, aura peu de chose à y ajouter pour faire connaître son opinion.
- Toutes les machines exposées par M. Decoster présentent des perfectionnements. Le métier à filer, établi dans le système ordinaire, réunit les dispositions les plus récemment introduites et reconnues les meilleures par la pratique -, le métier à système nouveau, breveté à M. Decoster, destiné surtout à la filature des fils forts à fusage des selliers, bourreliers, toiles à voiles, etc., est parfaitement raisonné. Le travail s’y fait à sec et permet d’employer les chanvres et les lins les plus longs. A cet effet, le métier est garni de peignes mobiles, dits serw-gills, qui, en opérant graduellement l’étirage des filaments, et imitant, en quelque sorte, faction des doigts de l’ouvrière dans le filage à la main, conservent aux filaments toute leur longueur et leur nerf. Le jury a vu des produits remarquables obtenus par ce procédé. Lorsque ce nouveau métier sera mieux connu, son emploi ne tardera pas sans doute à se répandre, car il paraît incontestable que, pour les fils de l’espèce
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- citée, il permet d’arriver à des résultats auxquels les métiers ordinaires ne sauraient atteindre.
- Le banc à broches à régulateur pour étoupes est une excellente machine, digne en tout point de la réputation des ateliers d’où elle sort.
- Le métier à préparer le fd de caret est du à l’invention de M. De-cosler. Cette machine, parfaitement exécutée, et qui paraît fort bien combinée, pourrait être appelée étaleur ou étireur banc à broches. Après avoir subi un étirage au passage des peignes de cet appareil, la tresse de chanvre, formée en fil, reçoit sa torsion par le moyen d’ailettes de grandes dimensions, placées horizontalement et passe sur des bobines proportionnées en longueur et en diamètre, disposées de manière à ce que le fd puisse en être retiré et dévidé sans peine, pour être livré ensuite à l’opération du goudronnage, qui se trouve ainsi singulièrement abrégée et facilitée.
- L’on reconnaît, à la manière dont tous les mouvements et toutes les pièces sont combinées dans ces diverses machines, comme, en général, à tout ce qui sort des ateliers de M. Decoster, la main habile dirigée par cet esprit intelligent, pénétré de toutes les conditions à remplir pour arriver à un bon résultat, et qui sait vaincre toutes les difficultés pour atteindre le but.
- Le jury, jugeant M. Decoster toujours digne de la récompense obtenue par lui en i844, lui vote le rappel de la médaille d’or qui lui fut décernée alors.
- MM DURENNE père et fils, rue des Amandiers-Popin-•court, à Paris.
- Ils exposent une chaudière de forme tubulaire, qu’ils ont construite pour un fabricant de chaudronnerie, exposant lui-même, et dès tubes de locomotive. Ces objets ne sont qu’un spécimen des importants travaux exécutés par ces constructeurs, et qui forment, depuis la dernière exposition, un total d’environ 3 millions de kilogrammes.
- M. Durenne s'est associé son fils, qui continue à mettre en pratique les principes de simplicité dans le travail, de soins minutieux dans le choix des matières et dans l’exécution qui ont toujours caractérisé ce grand établissement, et qui lui ont valu la réputation incontestée dont il jouit à si juste litre. L’atelier de M. Durenne n’a pas cessé d’être une pépinière d’excellents contre maîtres et ouvriers
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- chaudronniers; et, après avoir contribué, pour une large part, au progrès de la grande chaudronnerie en France, il reste toujours en première ligne pour la perfection du travail.
- MM. Durenne ont combiné, depuis quelque temps, une machine d’une disposition très-simple pour la fabrication des tubes en laiton pour locomotives; elle diffère essentiellement des machines imaginées jusqu’ici , et qui constituent un système d’ctirage au banc. Elle a pour objet de replier mécaniquement les feuilles de laiton, et d’en rapprocher les bords avec assez de précision pour que la soudure puisse être faite sans autre préparatif. Le tube, soumis à la pression de 5o atmosphères, sous l’action de la presse hydraulique, commence à prendre sa forme cylindrique, qu’il reçoit définitivement en passant sur le banc à tirer, où il est en même temps récroui. MM. Durenne ont remarqué que les défauts qui se manifestent dans l’épreuve ne sont pas dans la soudure, qui résiste mieux que le corps de la feuille enroulée, et, par ce motif, ils préfèrent celle méthode à celle du tirage au banc, qui doit altérer la solidité d'un métal médiocrement duclible comme le laiton. L’application de ce procédé, qui date de quelques mois, a permis à ces habiles fabricants de réduire, d’une manière très-notable, le prix des tubes qui mirent, pour une part importante, dans les frais de construction el.d’entretien des machines locomotives.
- Le jury décerne à MM. Durenne père et fils une des plus hautes distinctions dont il puisse disposer, en rappelant la médaille d’or qu’ils ont obtenue en 1844
- MM. STEHELIN frètes, àBitschwiller (Haut-Rhin).
- Ils ont continué, depuis la dernière exposition, à se livrer sur une très-grande échelle à la fabrication du matériel des chemins de fer, et spécialement des roues de waggons et de machines; ils ont éga-ment fabriqué des machines diverses.
- Ils exposent cette année: deux paires de roues de waggons
- dont les bandages, calés sur les faux cercles au moyen de.cales en bois !et en fer, peuvent être fabriqués en fer trempé ou acéré, cette disposition permettant d’achever complètement le bandage avant de le mettre en place ;
- 2° Un grand tour pour roues de locomotives qui se distingue par plusieurs innovations, et spécialement pour l’assiette donnée aux . porte-outils ; . .
- il.
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- Médaille
- d’or.
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- 3° Une presse à caler et à décaler les roues de locomotives et de vvaggons, portée sur un fort bâti en fonte qui relie la presse hydraulique à la butée de l’essieu.
- Cette dernière machine est destinée à rendre d’utiles services dans un atelier où le travail des roues est organisé d’une manière régulière et sur une grande échellé.
- L’établissement de MM. Sleheîin frères, qui a conservé la même raison sociale depuis la mort de M. Charles Stehelin, l’un des associés, a suivi le progrès général que l’exposition de 1849 permet de constater dans toutes les parties de l’art des constructions mécaniques; le jury rappelle la médaille d’or que MM. Stehelin frères ont déjà obtenue en 1844.
- MM. HUGUENIN, DUCOMMUN et DUBIED, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Ils ont exposé plusieurs machines-outils à l’usage des ateliers de construction mécanique et de grands ateliers de réparation de chemins de fer, savoir :
- Un tour à chariot;
- Deux tours à fileter;
- Deux machines à morlaiser ;
- Trois machines à raboter.
- MM. Huguenin et Ducommun avaient obtenu en i83g une médaille de bronze et en i844 une médaille d’argent pour divers appareils employés à l’impression des étoffes; depuis cette époque, en i846, ils se sont adjoints M. Dubied,-ancien élève de l’école centrale, et se sont livrés sur une échelle importante à la construction des machines-outils, sans négliger la fabrication des appareils que réclame l’industrie des tissus.
- Leur établissement comprenait en 1847 P^us de 200 ouvriers.
- Les machines-outils exposées cette année ne laissent rien à désirer pour la précision de leur exécution; elles présentent plusieurs dispositions ingénieuses, notamment dans les machines à mortai-ser, un mouvement de bascule du support de la pièce soumise au travail, qui empêche l’outil de s’égrener contre le métal pendant sa course ascendante.
- Cet établissement est venu augmenter les ressources que nous possédons aujourd’hui pour la fabrication des instruments de travail les plus perfectionnés, et il s’est placé parmi les constructeurs
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- «le machines-outils-au rang qu’il occupait déjà dans la fabrication des machines à préparer et à confectionner les tissus.
- Le jury décerne à MM. Huguenin, Ducommun et Dubied, une médaille d’or.
- USINE DE GRAFFENSTADEN (Bas Rhin).
- Parmi les divers objets de cette usine, admis à l’exposition, et qui feront l’objet de rapports spéciaux, nous avons à signaler:
- i° Un tour à filter et tourner les sphères ;
- 2° Une machine à mortaiser;
- 3° Une machine à percer et une machine limeuse.
- Nous ne pouvons trop donner de louanges à l’habile construction de ces outils, au fini de leur confection et aux bons soins qui leur ont été prodigués.
- Déjà remarquée d’une manière avantageuse, à l’exposition de i844, l’usine de Graffenstaden a étendu le cercle de ses productions ; elle a fait pénétrer ses produits dans presque toutes les branches de l’industrie.
- Aux compagnies de chemins de fer, elle livre les roues elles ressorts pour locomotives et waggons.
- Aux établissements de construction, elle livre le grand outillage, les appareils à vapeur, les transmissions de mouvement. A l’industrie, elle livre des presses, des crics, des verrins, des pompes à incendie ; au commerce, des bascules, des romaines.
- Et, à tous, elle fournit des produits d’un merveilleux fini ; la variété de ses productions ne lui fait rien négliger des soins qu’elle doit donner à tout ce qui sort de Graffenstaden.
- Le mérite de cette usine est d’autant plus grand, qu’il lui a fallu former la plupart de ses ouvriers parmi les populations agricoles des environs1. Ainsi a été obtenue l’heureuse alliance du travail industriel à l’occupation agricole, heureuse combinaison qu’il serait désirable de voir s’implanter dans notre pays.
- Le jury accorde à l’usine de Graffenstaden une nouvélle médaille d’argent.
- 1 Au mois d’août 18A7, le nombre des ouvriers avait dépassé 700, et l’usine produisait annuellement pour une valeur de 2,000,000 à 2,5 00,000 francs.
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- Médailles
- d’argent.
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- M. Louis-Félix BOUTE VI LL AIN, rue des Poissonniers, n° 5o, à La Cliapelle-Saint-Denis (Seine).
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- Il expose un pelit lour à roue cl à pédale, une machine à vapeur oscillante, et des tubes en fer pour chaudières tubulaires.
- Sa machine à vapeur se distingue par sa bonne exécution; les tubes méritent une attention toute spéciale par la perfection de la soudure.
- Cette dernière fabrication qui forme une entreprise distincte dans l’ancien établissement Pauwels, dont M. Boutevillain s’est rendu acquéreur, a commencé en i846; elle a eu pour objet à peu près * exclusif la fourniture des tubes de la marine, qui en a reçujusqu’à ce jour près de i5,ooo.
- Les feuilles de tôles, coupées de largeur, sont tirées sur un banc où elles sont soumises à l’action d’un double couteau en acier qui forme simultanément un chanfrein sur chaque bord; elles sont ensuite chauffées et enroulées sur un mandrin; les tubes ainsi préparés sont soudés à l’un des bouts pour former une amorce et faciliter l’entrée sous le laminoir; ils sont ensuite chauffées au blanc soudant sur la tôle d’un four à réverbère à chauffe latérale. A la sortie du four ils s’engagent sur un mandrin en forme de pomme de pin et placé dans le vide du laminoir, lequel se compose de quatre poulies à gorge, animées d’un mouvement commun et dont l’ensemble présente un orifice exactement circulaire; le tube, pressé entre les poulies, et le mandrin se soude exactement.
- Cette fabrication se fait remarquer par sa simplicité et par la perfection du résultat qui ne laisse rien à désirer; il est à regretter seulement que le prix de ces tubes ait été maintenu jusqu’ici à un taux élevé qui en interdit l’usage dans beaucoup de cas.
- Le jury décerne à M. Boutevillain, qui se présente pour la première fois à l’exposition, la médaille d’àrgcnl.
- M. Julien DERCELLES, à Nantes (Loire-Inférieure).
- La machine exposée par M. Julien Derceîles résout avec exactitude la question de la taille des dents des roues d’engrenages coniques, par des moyens dont la simplicité ne laisse rien à désirer. Le contour de la dent des roues d’angle est une surface conique ayant pour directrice une épicycloïde sphérique. Le burin qui taille la dent doit parcourir successivement les génératrices de celte sur-
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- lace; il faut donc qu’après chaque passe le burin et le chariot qui le porte se déplacent en tournant autour du sommet du cône, afin que, dans la passe suivante, le burin décrive une autre génératrice. Voici comment cela est réalisé dans la machine de M. Dercelles :
- Le bâti qui porte le chariot repose, par son extrémité supérieure, sur un support horizontal posé sur une plate-fcrme, et mobile autour d’une ligne verticale qui rencontre l’axe de la roue à tailler au sommet où vont concourir toutes les génératrices des surfaces des dents. Le chevet du bâti s’appuie sur le support par une surface cylindrique à base circulaire et à,génératrices horizontales, dont l’axe, perpendiculaire à celui de la vis qui conduit le chariot, et par conséquent à la ligne que décrit la pointe du burin, va rencontrer aussi l’axe de la roue à tailler au point de concours des génératrices des dents. Il résulte de là que le système du chariot est mobile autour de deux droites qui vont concourir au sommet commun des surfaces coniques formées par le contour des dents. Si donc le burin a été primitivement disposé de manière que sa pointe décrive une ligne droite passant par ce sommet, cette pointe décrira, dans toutes les posiiions du système, des droites qui passeront encore par le même point, et par conséquent il sera possible de lui faire parcourir successivement toutes les génératrices d’une surface conique quelconque ayant ce point pour sommet. Le mouvement de rotation du système autour de la verticale , passant par le sommet, permet de faire varier à volonté l’angle compris entre le plan vertical de l’axe du cône ou de la roue et le vertical de la génératrice décrite par la pointe du burin; le mouvement de rotation autour de l’axe de la surface cylindrique perpendiculaire à l’axe de la vis du.chariol permet de faire varier l’inclinaison de la génératrice sur le plan horizontal'. Le bâti du chariot porte, à son extrémité inférieure, un boulon saillant qui suit le contour d’un calibre fixé par des vis sur la face verticale inférieure d’une pièce venue de fonte avec la plateforme sur laquelle repose tout le système du chariot et de l’axe en fer sur lequel on a fixé la roue à tailler. Un contre-poids que l’on fixe d’une manière différente, suivant que l’on veut raboter Je contour supérieur d’une dent ou le contour inférieur de la dent suivante, équilibre en partie, dans le premier cas, le pied du bâti, et le tient soulevé dans le second cas, afin que le bouton reste appliqué sur le contour du calibre.
- . H résulte,de ces dispositions que la pointe du burin, pourvu
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- qu’on ait la précaution de lui conserver toujours la même saillie sur la face du porle-oulil, décrira les génératrices successives de la surface qui forme le contour de la dent, de sorte que l’on rabote, sans changer d’outil, la saillie, les flancs et le fond du creux. Tels sont les principes sur lesquels est fondée la nouvelle machine de M. Der-celles, dont nous ne pourrions décrire ici les détails sans le secours d’une figure. Ajoutons que cette œuvre remarquable est celle d’un homme dont l'éducation s’est faite lotit entière dans les ateliers. M. Derceiles est le fils de pauvres pêcheurs de la Basse-Indre; à l’âge de onze ans, il commença à travailler dans l’usine à fer de cette localité, où il fut bientôt horriblement blessé. Devenu boiteux, il revint à la profession de son père, qu’il exerça jusqu’à dix-sept ans; il entra alors, comme apprenti chaudronnier, dans l’usine d’Indret, où il resta trois ans. Après avoir travaillé ensuite comme ajusteur dans divers ateliers, il entra, en i84o, dans les ateliers de M. Voruz aîné, où il put donner l’essor à .son esprit inventif.
- «Déjà, » est-il dit dans le rapport fait par une commission spéciale au jury de la Loire-Inférieure, «M. Derceiles avait construit « une machine à tailler et raboter les roués d’angle, qui était bien «loin du degré de perfection de celle qü’il présente aujourd’hui. « Cependant, avec cet outil incomplet, il prenait à façon des engré-« nages, et recevait, par décimètre de surface, le même prix qu’on « donne aux ajusteurs, et, à l’aide de la machine, il triplait lë prix « de la journée. Enfin il découvrit sa machine actuelle; mais le temps « s’écoulait sans qu’il pùt mettre à exécution sa nouvelle invention. « Il se trouvait dans ces conditions peu de temps avant que l’expo-«sition de 1849 fût officiellement annoncée.
- « Construire à la hâte une nouvelle machine, sans étude préalable «des détails; édifier pièce à pièce les divers organes qui la com-« posent, raboter un pignon dans les conditions exigées, tel fut l’em-« ploi de son temps jusqu’à la dernière séance que la commission « put lui accorder. Aussi ne doit-on pas chercher dans cette machine «le fini, le poli, moins encore peut-être la forme la,plus propre aux « différentes pièces du mouvement : ce qu’il a voulu exprimer, c’est «le principe de l’appareil, et il a parfaitement atteint le but.
- « En conséquence, la commission conclut à l’adoption de la ma-« chine de M. Derceiles, et la recommande d’une manière spéciale à « l’attention du jury. »
- Le jury central reconnaît dans la machine de M. Derceiles une
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- véritable invention, qui annonce dans son auteur des notions géométriques exactes réunies à une connaissance parfaite des organes mécaniques des machines. Celte machine sera vraisemblablement celle que l’on emploiera désormais pour tailler les roues d’engrenage coniques. Le «jury récompense M. Dercelïes par une médaille d’argent.
- M. Jacques PIAT, rue Saint-Maur-Popincourt, n° 38, à Paris.
- Il a exposé une machine à fendre les engrenages et divers modèles d’engrenages. Ce constructeur s’est adonné exclusivement à la fabrication des engrenages de toutes formes et de toute nature; il divise et taille mécaniquement, au moyen de machines qu’il construit et dont l’appareil exposé représente le type, les modèles qui doivent être mis entre les mains des fondeurs et les engrenages qui doivent être exécutés avec une grande précision,
- Ses travaux ont pris une extension croissante et son établissement rend chaque jour de plus grands services.
- Le jury, appréciant l’utilité et la bonne exécution des travaux de M. Piat, lui décerne le rappel de la médaille de bronze.
- M. Félix TUSSAUD, rue Neuve de Lappe, n° 4, à Paris.
- Il expose: i° une machine à hacher les viandes; 2° Une machine à emballer les viandes ; 3° deux machines à cintrer les cercles des roues.
- lia machine à hacher les viandes, de M. Tussaud, se distingue surtout des autres machines destinées au même but, en ce qu’il a remplacé la sébile par une coupe ou bassin double circulaire, qui lui a permis de faire les lames des couteaux plus petites, et en a facilité le repassage et l’entretien ; elle a l’avantage, aussi, de ramener les viandes plus souvent sous les liachoires et d’augmenter la rapidité du travail.
- Cette petite machine est très-bien entendue et bien exécutée.
- M. Tussaud présente en même temps une machine à emballer oü presser les viandes, pour une modification qu’il y a apportée en brisant en deux parties l’écrou qui reçoit la vis de pression, et permet de rappeler la vis sans être obligé de la desserrer à la main.
- Rappel de médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- Les machines à cintrer les cercles de roues que M. Tussaud expose, présentent de grandes modifications dans leur ensemble, et le bâti, qui au lieu d’être en bois est en fonte d’une seule pièce, offre beaucoup plus de solidité que les bâtis en bois dont on a fait usage jusqu’à ce jour. L’auteur a>( beaucoup simplifié le travail pour retirer le cercle lorsqu’il est cintré, en rendant facile le déplacement du cylindre supérieur de la machine.
- Le jury, reconnaissant le mérite des différentes machines que M. Tussaud expose, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Jean SCHMERBER, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- 11 a exposé un marteau-pilon à ressorts en caoutchouc vulcanisé. M. Schmerber espère remplacer le marteau à manche etle marteau-pilon à vapeur, dont l’emploi n’est pas toujours facile, eu égard à la disposition des ateliers et par la sujétion d’avoir des chaudières à vapeur à proximité de ses marteaux.
- La principale disposition de cet outil consiste dans une sorte de cylindre à la partie supérieure du bâti de ce marteau, lequel cylindre renferme un assemblage de rondelles en caoutchouc vulcanisé, et qui remplace ce ressort à boudin. Le marteau se levant au moyen d’une came, comprime le caoutchouc qui, par son élasticité, précipite les coups du marteau en activant sa puissance.
- Cette ingénieuse combinaison n’a pas encore pour elle la sanction de l’expérience, et, si elle parvient à vaincre les obstacles préventifs de détérioration, elle est appelée à rendre un grand service à toute l’industrie métallurgique.
- Le jury accorde à M. Schmerber une médaille de bronze»
- M. KLEMM, à Believille (Seine).
- Une des plus ingénieuses machines à raboter les métaux est celle exposée par M. Klemm, qui a apporté les plus heureuses, modifications dans les outils de ce genre.
- Les principaux avantages de sa machine consistent dans la facilité de fixer sur le plateau d’une manière invariable les pièces à raboter, à l’aide de poupées parfaitement disposées et bien conçues et de brides bien combinées; on remarque surtout la facilité de transmission des mouvements, qui sont plus rapides dans cette machine que dans celles à la main.
- Contre-maître dans la même maison depuis fort longtemps, cet
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- intéressant ouvrier occupe ses loisirs à produire d’ingénieuses ma-, chines capables de rendre de grands services.
- Dans le but de récompenser cette aptitude et cet esprit de recherche, le jury accorde à M. Klemm une médaille de bronze.
- * 9
- M. GENESTE, rue Amelot, n° 53, à Paris.
- 11 expose cette année :
- i° Une machine à estamper et découper les branches des ciseaux à main, dit de coutellerie ; les combinaisons de cet outil nous paraissent devoir rendre de bons services à celte industrie;
- 2° Une machine en foule pour lisser le papier;la composition de • cette machine nous semble très-simple et applicable à d’autres industries, qui pourront en retirer profit;
- 3° Un mouton en fonte à estamper, dont le bâti est d’une seule pièce; cet outil, sous l’apparence d’une plus grande dépense', offre réellement des économies sur les bâtis en bois, qui, dans ce genre d’outil, s’échauffent avec une grande facilité.
- Ces divers outils paraissent bien conçus et bien exécutés.
- Le jury accorde à M. Geneste une médaille de bronze.
- M. CHALAYER, rue du Roi-de-Sicile, n° i (x, à Paris.
- Il expose un balancier propre à frapper les médailles, et un dé-coupoir. Ces deux outils, qui ne présentent aucunes modifications quant au système, se font remarquer parleur excellente construction , le fini de leurs pièces et la bonne disposition des brides pour fixer la matière solidement et avec facilité.
- Le jury, voulant témoigner tout l’intérêt qu’il prend à la bonne ' construction de ces balanciers, si utiles à toutes sortes d’industrie, décerne à M. Chaîayer une médaille de bi'onze.
- S 2. TOURS.
- M. Àmédée Durand, rapporteur. 1
- M. BR1TZ, rue Ménilmontant, n° 60, à Bèlleville (Seine). Rancis
- Les tours au pied qu’a exposés ce fabricant, honoré d’une mé- médailles daille de bronze à la dernière exposition, sont en tout dignes de la réputation méritée dont il jouit. C’est toujours une exécution prér
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- cise, un emploi judicieux des matériaux. Quelques modifications heureuses s’y font remarquer, notammentdans le mode de suspension de la roue, qui permet de régler avec une grande facilité la tension de la corde qui en transmet le mouvement.
- Le jury décerne à M. Britz le rappel de la médaille de bronze, dont il se montre de plus en plus digne.
- MM. MARGOZ père et fils, rue Ménilmontant, n° 21, à Paris.
- Le tour à guillocher qu’expose M. Margoz père rappelle honora-* blement les anciens travaux de cet habile mécanicien, dont le nom s’est trouvé attaché comme exécutant à des appareils d’une haute importance scientifique et industrielle.
- Le jury se plaît à rappeler en sa faveur la médaille de bronze, dont il n’a cessé de se rendre digne.
- Médaille M. PAPEIL, à Passy (Seine).
- de bronze.
- Le tour qu’a exposé M. Papeil a été remarqué à raison de plusieurs dispositions nouvelles et ingénieuses qu’il renferme. L’engrenage, qui a pour objet de faire varier la vitesse, s’éloigne ou s’approche de l’arbre du tour par un mouvement excentrique de la plus grande simplicité et tout à fait original. La poupée de la contre-pointe a reçu une disposition inusitée, qui mérite d’être distinguée dans la série des outils à destination multiple, qui rendent de si grands services dans les ateliers d’importance secondaire. Cette poupée a pour base une glissière qui lui permet de se mouvoir perpendiculairement à l’axe du tour; dans ce ca3 un outil se substitue à la pointe, et, par un mou vement simple indiqué, la poupée devient un chariot, au moyen duquel on peut dresser un plateau sur le nez du tour. Comme l’outil coupant n’a fait que se substituer à la pointe postiche, et que le cylindre qui le porte a conservé la propriété de glisser suivant son axe, il résulte que la même disposition peut servir à aléser un trou cylindrique. De plus, et en dehors de ces mouvements, la même poupée jouit de la possibilité de pivoter sur elle-même, ce qui lui donne la propriété de produire des surfaces sphériques, et, comme première conséquence, la rend propre à engendrer des surfaces coniques.
- Le tour que M. Papeil a exposé renferme encore d’autres dispositions de détail qui font honneur à son intelligence.
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- Le jury lui décerne avec une. grande satisfaction la médaille de bronze.
- M. HAVARD, rue Bailly, n° i (cour Saint-Martin), à Paris. Mentions
- Le tour exposé par M. Havard se recommande par une bonne exécution. La meule à,péda3e,, montée sur auge et pied en fonte, est un outil qui trouvera sa place plutôt chez un amateur que dans un atelier. Toutefois, les soins avec lesquels sont construits ces deux objets méritent d’êlre signalés, et le jury se plaît à décernera M. Havard une mention honorable.
- M. TAILLEFER, boulevard Beaumarchais, n° 108, à Paris.
- Le tour et accessoires, exposés par M. Taillefer, avaient une desti-tion spéciale; il s’agissait de l’exécution d’un instrument de chirurgie assez compliqué. Le but a été parfaitement atteint.
- Le tour en soi-même et toutes les pièces qu’il est destiné à mettre en jeu sont d’une exécution qui fait honneur à M. Taillefer. Le jury lui accorde une mention honorable.
- S 3. PRESSES ET CRICS.
- M. Pecqueur, rapporteur.
- MM. le colonel PUTHEAUX et PARPETTE, à Sedan Médaille (Ardennes). «1 argent.
- Ils ont exposé une collection de crics dits géométriques, d’une nouvelle invention, dont les uns sent établis pour soulever et pousser les fardeaux et les autres pour les attirer à soi. Ces crics varient de forme ou de force selon leur destination; mais le principe du mécanisme est le même dans tous.
- Ce mécanisme se compose d’une manivelle dont l’arbre est armé d’une vis sans fin à un seul filet. Celte vis sans fin s’engrène dans une roue dont l’arbre porte deux pignons de trois dents qui font corps avec lui; les dents de l’un de ces pignons correspondent avec les entre-deux de l’autre pignon. Ils s’engrènent avec une roue double dont l’arbre porte le -pignon qui, dans les crics pour pousser
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- le fardeau , s’engrène avec la barre du cric, et, dans ceux pour attirer, s’engrènent avec une chaîne à la Vaucanson.
- Les dispositions que nous venons de décrire sont des plus heureuses et forment un système de crics qui promet des avantages sur les crics ordinaires.
- MM. Putheaux et Parpette, en mettant deux pignons de trois dents l’un à côté de l’autre, ont doublé la puissance du cric sans diminuer la force de ses dents, et conservent aussi dans les frottements la douceur d’un pignon double.
- Ces crics, comme tous ceux qui marchent par écrou ou vis sans fin, sont plus commodes à manœuvrer, parce qu’ils sont débarrassés du cliquet. Puis il n’y a qu’une goupille à retirer pour désengrener la vis sans fin et rendre la barre du cric obéissante à la pression de la main, soit pour faire descendre cette barre, soit pour la faire monter. En général, ces crics sont d’une exécution remarquable et d’une grande précision dans les engrenages, de la théorie desquels M. Putheaux s’est beaucoup occupé.
- Le jury leur accorde une médaille d’argent.
- MM. MEURANT frères, à Charleville (Ardennes).
- Ils ont envoyé à l’exposition quatre crics, dont trois ordinaires, mais construits dans les meilleures conditions de solidité.
- Le quatrième est un cric à vis fort simple, pour lequel ils sc sont fait breveter,
- Ce cric est en fer et fonte; le dehors est un cylindre formé de deux parties presque d’égale hauteur, qui se rassemblent avec des boulons. Le fond de ce cylindre porte intérieurement une crapau-dine.
- La vis du cric rentre dans un cylindre taraudé ; ce cylindre, que nous appellerons l’écrou, porte en bas un tourillon, qui se place dans la crapaudine, et porte en haut une roue, qui s’engrène dans une vis sans fin,
- La vis sans fin a sa tige qui sort en dehors où est adapté la manivelle. Il est entendu que dans la jonction des deux cylindres extérieurs on a ménagé la place de la roue et de la vis sans fin.
- Quand on fait tourner la manivelle, la vis sans fin fait tourner l’écrou, et comme la vis ne tourne pas, parce que le fardeau l’en empêche, elle s’allonge et soulève le fardeau. Ce système peut donner un cric fort et léger ; il n’a pas besoin d’encliquetage, ce
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- qui le simplifie encore: mais il esi aussi long à descendre qu’à mouler, el n’est pas susceptible jusqu’à présent de recevoir une patte.
- MM. Meurant font application du même principe aux presses.
- L’étau qu’ils ont aussi exposé est bien conditionné. Ils fabriquent annuellement de 5 à 600 crics et de 4 à 5oo étaux.
- L^jury leur accorde une médaille de bronze.
- M. Georges-Frédéric HOSGH, rue d’Enfer, m° 89, à Paris.
- 11 a exposé une presse dite l’hercule, une autre plus petite, un fort cric, et un de moyenne force. Ce dernier est accompagné d’un chariot à vis sur lequel il se monte. Ce chariot offre le moyen de faire marcher le fardeau à droite ou à gauche lorsqu’il est soulevé, ainsi que cela est nécessaire et se pratique sur les chemins de fer, pour remetre sur les rails les véhicules qui en seraient sortis.
- M. Hosch a aussi exposé un modèle de fardier, où il a adapté un ei'ic pour soulever les arbres ou charpentes à transporter.
- Dans les presses comme dans les cries de M. Hosch c’est une vis à filet carré qui transmet la force, et c’est l’écrou qui tourne.
- L’écrou porte une roue à rochet, et c’est un levier à encliquetage qui, dans son mouvement de va-et-vient, fait tourner l’écrou. Le levier porte deux cliquets, l’un sert à serrer la presse el l’autre à la desserrer.
- L’auteur, en composant le mécanisme de manière que la vis ne tourne pas pendant l’opération, a voulu éviter la torsion de la vis, mais il est tombé dans un plus grand défaut, dans celui d’avoir augmenté les frottements.
- Le jury, en raison de la disposition du chariot, accorde une citation favorable à M. Hosch.
- SECTION SEPTIÈME.
- § 1er. MACHINES DE FILATURE.
- M. Émile Dolfus, rapporteur.
- MACHINES DE FILATURE. ( LAINE CARDEE. )
- MM. A. MERCIER et Gie, à Louviers (Eure).
- Us exposent un assortiment de machines pour la filature de la laine cardée, qui se compose :
- Citation
- favorable.
- Médaille
- d’or.
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- D’une batterie à laine,
- D’une carde briseuse,
- D’une carde boudineuse;
- Enfin d’un métier à filer.
- Disons tout d’abord que ces machines, sans exception, sont exécutées avec le plus grand soin. C’est là de la belle et bonne construction, telle qu’on la veut, telle surtout qu’il la faut aujourd’hui. L’on 11e devait d’ailleurs pas en attendre moins de la part d’un constructeur aussi habile que M. Mercier, qui avait, à cet égard, fait ses preuves depuis longtemps. Cependant ces diverses machines ont plus encore fixé l’attention du jury à un autre point de vue : nous voulons parler de leur système ou disposition d’ensemble. Là M. Mercier est franchement entré dans une voie de progrès qui lui fait le plus grand honneur, et dont le jury ne saurait trop le féliciter. Son système de cardes-résume, non-seulement toutes les améliorations apportées dans les dernières années à la disposition de ces machines, tant en France qu’en Angleterre, mais M. Mercier y a ajouté.encore une foule d’additions utiles, en propre, que l’expérience lui avait suggérées, car M. Mercier est lilateur en même temps que constructeur, de sorte qu’on peut avancer sans crainte que l’industrie de la laine cardée se trouve désormais, sous ce rapport, en possession de machines qui lui permettront de faire disparaître complètement tous les inconvénients qu’on a pu reprocher aux anciennes cardes * en ce qui touche la régularité et l’égalité du filqu’elles préparent.
- La batterie à laine que présente encore M. Mercier, et qui est toute de son invention, ne lui fait pas moins honneur comme conception et comme exécution. Cette machine est d’une grande solidité, simple, parfaitement soignée dans tous ses détails, et paraît incontestablement, et comme systèihe et comme rendement, de beaucoup supérieur à tout ce qui s’était fait jusqu’ici pour le nettoyage de la laine.
- Reste le métier à filer, qui accuse de même de notables perfectionnements. Ainsi, outre la combinaison qui donne au chariot un mouvement graduellement ralenti, selon les exigences du fil, disposition qu’il a encore améliorée depuis la dernière exposition, il a ajouté à son métier un compteur gradué, qui facilite singulièrement le moyen d’obtenir toujours le numéro de fil désiré; enfin, plusieurs autres modifications qu’il serait trop long d’énumérer ici.
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- Tel est l'ensemble des travaux vraiment remarquables que M. Mercier a mis sous les yeux du jury, tels sont, aussi, les titres qu’il peut revendiquer à ses récompenses. Perfection de produit, économie sur le prix de revient, amélioration dans la salubrité dés ateliers, c’est en quoi se résument les avantages qu’offrent les machines de ce constructeur. Dans de pareilles conditions, le jury n’hésite pas à décerner la médaille d’or à M. Mercier, déjà honoré de la médaille d’argent en i844-
- MACHINES DE FILATURE. (COTON.)
- M. GRUN, à Guebwiller (Haut-Rhin).,
- M. Grün a fondé, en i834, à Guebwiller (Haut-Rhin), un établissement de construction qui a pris un rapide développement, et qui a occupé en dernier lieu jusqu’à 35o •ouvriers. Depuis i'848, M. Grün y a joint une filature de laine peignée. Cette dernière compte au moins i,5oo broches.
- Les machines exposées par ce constructeur consistent en un banc à broches :en lin, à compression, de 120 broches, et une grande carde à coton, à hérissons et travailleurs, pour le cardage simple. Ces deux spécimens font l’éloge des constructions de cet établissement. M. Grün n’en est d’ailleurs plus à devoir faire ses preuves ; il y a longtemps que sa réputation est établie.
- Son banc à broches résume tous les perfectionnements introduits successivement dans ce genre de machines. Nous avons dit qu’il était à compression. Ce système prévaut généralement aujourd’hui dans les machines neuves. Le mode de compression adopté par M.Grün permet de s’appliquer facilement, et sans changer les ailettes, aux anciens bancs à broches que l’on veut transformer au système nouveau.
- La carde est d’une exécution non moins soignée que la machine précédente. Tout y est bien entendu, et il est facile de reconnaître qu’elle sort des mains d’un homme qui est aussi habile filateur qu’il est bon constructeur.
- M. Grün a incontestablement rendu des services à l’une et à l’autre de ces industries. Sa longue, et laborieuse carrière a fourni des .traits nombreux de,ce qu’il y a de mérite.chez lui: et comme ingénieur et comme,industriel. L'importance de,son établissement, les, soins ;parfaits qui- président à toutes ses constructions, l’entente
- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
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- réellement pratique dont elles portent le cachet, placent M. Grün, déjà honoré de la médaille d’argent en i844. sur une ligne qui justifie pleinement la récompense que le jury lui attribue, en lui décernant une nouvelle médaille d’argent.
- MACHINES DE FILATURE. (LAINE PEIGNEE.)
- MM. BRUNEAUX aîné et BRUNEAUX fils, à Réthcl (Ardennes).
- Ils exposent une machine à réunir, pour laigne peignée, d’une construction qui ne laisse rien à désirer ni pour le fini des pièces, ni pour l’ensemble de ses dispositions. MM. Bruneaux aîné et fils, connus depuis longtemps comme d’habiles constructeurs, ont joint à leur ancien établissement, exploité jusqu’en i846, par M. Bruneaux aîné, une filature de laine peignée, dont les produits, qui seront jugés au chapitre des fils de laine, paraissent aujourd’hui pour la première fois à l’exposition. Nous ne parlerons donc ici de ces industriels que comme constructeurs. Notre tâche sera facile. La transformation qui s’est opérée dans leur maison de commerce n’a en rien altéré, on a pu le voir déjà, la réputation qui leur était acquise dans celte branche d’industrie. L’habileté d’exécution continue de marcher de front, chez eux, avec l’intelligent agencement de toutes les parties de leurs machines. C’est là un précieux élément de succès pour le fabricant, en même temps qu’une garantie de perfection pour l’acquéreur. Si le jury aime à signaler cette marche constante dans la voie du véritable progrès, il se plaît aussi à en récompenser ceux qui la suivent depuis si longtemps. M. Bruneaux aîné avait obtenu une médaille d’argent en i844- Le jury décerne aujourd’hui la même récompense à ses successeurs, MM Bru neaux aîné et Bruneaux fils, et leur accorde une nouvelle médaille d’argent.
- PIÈCES DÉTACHÉES TOUR FILATURES.
- MM. Constant PEUGEOT et G16, à Valentigny (Doubs).
- Le remarquable établissement de MM. Peugeot et compagnie, déjà signalé aux expositions précédentes, autant par la diversité que par la perfection de ses produits, n’est pas demeuré en retard depuis lors; il présente derechef, aujourd’hui, une quantité d’articles
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- dignes de fixer l’attention du public et du jury. La nomenclature en serait trop longue à faire ; cependant il faut citer les broches à filer trempées au collet par un procédé qui, bornant la trempe à la surface, permet le redressement facile des broches. C’est là un perfectionnement que la filature réclame depuis longtemps, et qu’elle se hâtera sans doute de mettre à profit.
- Le jury a remarqué avec non moins d’intérêt une application ingénieuse de la roue hélieoïde au mouvement des broches mall-jennys, fonctionnant fort bien, et réalisant ainsi une idée dont s’occupent depuis longtemps les mécaniciens filateurs. Hâtons-nous cependant de le dire, il y a peut-être loin encore du modèle exposé par MM. Peugeot à la consécration par la pratique de ce nouveau mouvement; mais il est permis néanmoins d’en attendre de bons résultats, en présence des avantages incontestables retirés de la même application aux broches de bancs à broches et à une foule d’autres machines.
- Parmi les autres produits de MM. Peugeot, une mention particulière est encore due à leurs plates-bandes perfectionnées pour broches de mull-jennys, leurs cylindres cannelés, enfin leurs broches pour continus, offrant une disposition particulière pour la fixation de l’ailette, et permettant de les employer alternativement au retordage et au filage.
- En résumé, MM. Peugeot et compagnie, après avoir obtenu deux fois la médaille d’argent, en 1839 et i844, soutiennent dignement la réputation qu’ils se sont acquise dans leur intéressants industrie , et le jury se plaît à le reconnaître, en leur décernant aujourd’hui une nouvelle médaille d’argent.
- PEIGNES À TISSER.
- MM. DE BERGUE, DESFRIÈGHES et GILLOTIN, à Rappel
- Lisieux (Calvados). médaille
- d’argent.
- Ces fabricants, honorablement cités à toutes les expositions précédentes , se font de nouveau remarquer aujourd’hui par des produits aussi variés que distingués. Ils exposent des peignes pour draperie, pour coton, lin et soie, pour tissus métalliques, etc., d’une exécution extrêmement régulière et soignée. Le jury a examiné ces divers produits avec beaucoup d’intérêt, et ne peut que féliciter
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- MM. de Bergue, Desfrièches et Gillotin de la supériorité qu’ils ont su conserver à leur fabrication.
- Il faut citer encore les maillons pour tissage, en cuivre et en acier, que confectionne le même établissement avec une grande perfection et à des prix extrêmement bas, puisqu’il en est qui peuvent être livrés à 1 fr. 60 cent, le mille.
- MM. de Bergue, Desfrièches et Gillotin présentent aussi des harnais pour le tissage, en fil vernis, qui offrent une grande solidité, et paraissent d’un emploi avantageux.
- L’établissement de MM. de Bergue, Desfrièches et Gillotin livre annuellement à la fabrique pour environ i4o,ooo francs de produits , dont un cinquième, à peu près, à l’étranger. La main-d’œuvre forme l’élément principal dans le prix de revient de leurs articles, circonstance qui ne peut qu’ajouter à l’intérêt que présente leur industrie.
- Le jury, voulant récompenser le mérite de ces honorables fabricants, leur vole un nouveau rappel de la médaille d’argent obtenue par eux en i83g, et déjà rappelée en i844-
- PIÈCES DÉTACHÉES POUR FILATURES, QUINCAILLERIE, ARMES.
- Médailles
- d’argent.
- MM. DANDOY-MAILLIARD, LUCQ et C”, à Maubeuge (Nord).
- C’est la première fois que cet important établissement se présente au concours. Ses, produits offrent une variété infinie, et se distinguent tous par le fini du travail, ainsi que par la bonne qualité des matières employées à leur confection. Nous n’essayerons pas d’entrer ici dans des détails sur les objets exposés, disons seulement qu’ils consistent enpièces détachées pour filatures, telles que broches, cylindres cannelés, crapaudines, bandes à collets pour broches, et objets divers de quincaillerie fine et grosse, enfin en armes de guerre.
- MM, Dandoy-Mailliard, Lucqet compagnie ont le mérite d’avoir fait revivre l’ancienne réputation de Maubeuge dans la fabrication de ces derniers articles (les armes). Placés au centre d’importants établissements métallurgiques et d’une population ouvrière exercée de longue date à l’emploi du fer, ces habiles industriels ont su, par l’économie autant que par la perfection apportées à leur fabrication, procurer à leurs produits un écoulement considérable, même à l’étranger. C’est une ressource de plus assurée au travail
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- national, et, sous ce rapport, MM. Dancloy-Mailliarcl, Lucq et compagnie ont rendu un service signalé à nos industries métallurgiques. Ils occupent habituellement 600 ouvriers, et souvent ce nombre est dépassé. Leur mise en œuvre en fer, acier, cuivre dépasse annuellement 3oo,ooo kilogrammes, et représente, non compris les armes de guerre, un chiffre d’affaires de 5 à600,000francs.
- En résumé, MM. Dandoy - Mailliard, Lucq et compagnie sont en première ligne dans leur genre de fabrication ; ils ont su lui donner un développement considérable. Leur intelligence, leur industrieuse activité les signale à l'attention spéciale du jury, qui leur décerne, à titre de récompense, une médaille d’argent.
- MACHINES X EXTRAIRE L’EAU DES ÉTOFFES, ETC.
- M. Pierre-Joseph CARON, rue du Faubourg Saint-Martin, n° 168, à Paris.
- Il expose deux machines dites hydro-extracteurs, pour extraire l’eau des étoffes : l’une, de dimension moyenne, pouvant être mue à bras d’homme; l’autre, de grande dimension, propre aux fabriques d’indiennes et autres établissements.
- Ces deux machines sont parfaitement construites; leur exécution fait honneur à M. Caron, qui a introduit plusieurs nouveaux perfectionnements dans ces appareils, dont un nombre considérable a été livré par lui à l’industrie. On sait que la machine dont il s’agit est employée à retirer l’eau des étoffes, et basée sur le principe de la force centrifuge. De grandes difficultés pratiques étaient à vaincre dans la construction de ces machines, à cause de la vitesse considérable (i,5oo tours par minute) à laquelle on est souvent obligé de les faire marcher, et de la peine infinie que l’on rencontrait à éviter le fâcheux et dangereux effet des vibrations de l’axe du tambour sécheur, chargé d’un poids considérable. Aussi, l’ingénieuse invention de Penzoldt, que M. Caron s’était chargé de faire passer dans le domaine industriel, est-elle, pour cette cause, longtemps demeurée inapplicable, du moins dans de grandes dimensions, telles que les réclamaient les opérations auxquelles elle est employée si couramment*aujourd’hui. Les efforts persévérants de M. Caron ont triomphé de tous ces obstacles, et il est parvenu ainsi à doter plusieurs industries importantes d’une machine dont il leur serait difficile de se passer désormais. Ce mérite est grand assurément; aussi
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- ie jury, se plaisant à le reconnaître, n’hésite pas à accorder à M. Caron la juste récompense à laquelle il'a droit, en lui décernant une médaille d’argent.
- MACHINES DE FILATURE. (COTON.)
- MM. GALLET et DUBUS, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Ces constructeurs exposent pour la première fois. Ils présentent un batteur-étaleur à deux volants ou battes, avec son aspirateur. Celte machine est construite avec beaucoup de soin et parfaitement raisonnée. Elle offre plusieurs dispositions nouvelles, ou du moins peu connues jusqu’ici. Mais ce qui en fait surtout le mérite, c’est de réunir les divers perfectionnements introduits pendant les dernières années dans ces machines, mais qui, le plus souvent, n’avaient pas ce caractère d’ensemble par lequel se distingue, sous ce rapport, celle de MM. Gallet et Dubus. L’exécution en est soignée jusque dans ses moindres détails ; rien n’y est négligé. Elle est en même temps fort solidement établie, et toutes les pièces en sont disposées avec une grande intelligence pratique des besoins auxquels elles doivent répondre. Aussi a-t-on droit de dire que le batteur-étaleur de MM. Gallet et Dubus peut être considéré comme une belle et bonne machine. Ces industriels ont prouvé, par celte construction, que, chez eux, l’esprit d’observation s’associait au talent de la bonne exécution.
- Le jury, appréciant ce mérite, décerne à MM. Gallet et Dubus la médaille d’argent.
- PEIGNES À TISSER.
- MM. DURAND et BAL, à Lyon (Rhône).
- Rien ne saurait égaler l’extrême finesse et la perfection des peignes présentés par ces fabrican ts. MM. Durand et Bal, succédant à la maison Chatelard et Perrin, bien connus par les beaux produits remarqués aux expositions précédentes, et qui leur avaient valu la médaille de bronze en i844, ont encore renchéri cle perfection sur leurs prédécesseurs. Ils exposant aujourd’hui des peignes comptant jusqu’à 23o dents par 27 millimètres. On n’était pas allé jusqu’ici au delà de 210. Ces peignes servent à la fabrication des gazes à bluter et autres tissus très-légers. Autrefois ces gazes étaient tirées de
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- la Suisse, aujourd’hui c’est notre industrie qui en fournit, à nos voisins.
- Le jury, reconnaissant ce qu’il y a de vraiment remarquable dans les produits fabriqués par MM. Durand et Bal, leur décerne une médaille d’argent.
- PEIGNES POUR LE LIN ET LA LAINE.
- M. Thomas HARDING-COKER, à Lille (Nord).
- Ce fabricant apporte une grande perfection dans la confection des divers genres de peignes employés dans la filature de la laine, du lin, du chanvre et des étoupes. Les produits qu’il expose constatent la supériorité à laquelle il a su arriver, et les nouveaux progrès introduits dans la fabrication de ces articles, qui présentent une grande variété et un fini remarquable. Dans celte situation, il. nous reste peu de choses à envier à l’Angleterre,si même M. Har-ding-Coker n’est supérieur aux fabricants de ce pays pour certains produits.
- M. Harding-Coker, mentionné honorablement en i83g, a obtenu la médaille de bronze en i844- Le jury, voulant récompenser les progrès faits par ce fabricant, lui décerne aujourd’hui la médaille d’argent.
- MACHINE À MÉTRER ET PLIER LES ÉTOFFES.
- M. François RUFF, rue Fontaine-Saint-Georges, n° 35, à Paris.
- M. Ruff est l’inventeur et à la fois le constructeur d’une machine fort ingénieuse destinée à métrer et à plier les étoffes. Cette machine, qui prend rang aujourd’hui à l’exposition parmi les nouveautés qui attirent vivement l’attention des visiteurs, est sans contredit l’appareil le mieux combiné, et fonctionnant avec le plus de facilité et de régularité, de tous ceux imaginés, jusque-Là pour remplir le même but. Elle est simple, paraît peu sujette à se déranger, et procède avec une exactitude parfaite. Un ouvrier peut facilement mesurer et mettre en plis, par heure, au moyen de ce petit appareil, 3o pièces de calicot ou d’étoffe analogue, de 100 mètres de longueur chacune. La machine se prête d’ailleurs, moyennant de légers changements, au métrage‘et au pliage des étoffes plus fortes et moins souples. M. Ruff, modeste ouvrier, a résolu de cette ma-
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- Nouvelle médaille le bronze.
- Piappcl
- de
- médaille le bronze.
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- nière, nous ne dirons pas complètement, l’expérience en grand n’ayant point prononcé encore, mais du moins autant qu’il soit possible d’en juger par les expériences auxquelles s’est livrée la commission du jury, un problème qui avait fixé l’attention des mécaniciens les plus éminents, et qui n’avait jusqu’ici produit que des solutions très-imparfaites, malgré les vives sollicitations de plusieurs industries importantes intéressées à l’invention dont il s’agit.
- M. RuIT a incontestablement droit à une récompense; aussi le jury n’hésite-t-il pas à la lui accorder, en lui donnant une médaille d’argent.
- MACHINES EMPLOYÉES DANS LA FILATURE DE LA LAINE
- PEIGNÉE.
- M. Auguste ROTTÉE, me et impasse Popincourt, n° 3o, à Paris.
- M. Rotlée est un constructeur modeste, mais non dénué démérité.. Il expose un défeulreur réunisseur pour la laine peignée, parfaitement entendu comme système et d’une bonne exécution. C’est Là une bonne machine.
- M. Rotlée présente encore divers petits appareils, tels que tambours de métiers à filer en tôle galvanisée, supports fixes pour les tours, etc. Le tout est fort bien établi, et d’un prix néanmoins peu élevé.
- M. Rotlée avait obtenu une médaille de bronze à l’exposition de 1834; depuis lors, il n’a plus exposé. Le jury le juge digne cl’une nouvelle récompense aujourd’hui, et lui décerne, en conséquence, une nouvelle médaille de bronze.
- MACHINES X BOUTER LES CARDES.
- M. MICHEL, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Il expose une machine à bouler les rubans de cardes d’une bonne exécution, et qui permet de confectionner deux rubans à la fois. Le rapport du jury départemental de la Seine-Inférieure constate qu’un grand nombre de ces machines fonctionnent dans les ateliers de l'exposant, 'et donnent des produits qui justifient,la bonne opinion que peut faire concevoir l’exécution de celle mise sous les yeux du jury central.
- M. Michel a obtenu une médaille de bronze à l’exposition de
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- 1844- Le jury, le jugeant toujours cligne de cette distinction, lui en vote le rappel aujourd’hui.
- MACHINES À CANNELEE ET CALIBRER LES CYLINDRES
- DE FILATURE.
- M. PINEL, à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Pinel présente une machine de son invention, pour canneler et calibrer à la fois les cylindres de filature. Ce double résultat est obtenu au moyen de bagues ou viroles cannelées intérieurement, et remplaçant les burins ordinaires employés jusque-là à cette opération. L’on soumet les cylindres à l’action successive de plusieurs viroles produisant des entailles de plus en plus profondes. Une bague non cannelée précèdel’outil ;il sert ainsi à la fois de calibre et de lunette. La production simultanée de toutes les cannelures, au moyen cle la disposition imaginée par M. Pinel, abrégeant le travail, paraît devoir donner lieu à économie. Il présente, en outre, cet avantage, d’obtenir, par la même opération, des cylindres parfaitement cylindriques.
- Le jury aime à croire que la pratique viendra confirmer les avantages qu’il est permis d’entrevoir à l’emploi de cette nouvelle machine, déjà appliquée, d’ailleurs, dans les ateliers de M. Le-thuiller, fabricant de cylindres cannelés à Rouen. Il décerne, en conséquence, une médaille de bronze à M. Pinel, auqueîs sont dus plusieurs autres perfectionnements dans la construction des machines à confectionner les cylindres de filature.
- MACHINE X SÉCHER ET ETIRER LES ETOFFES.
- M. GIROUD-ARGOUD, à Villeurbanne (Isère).
- L’emploi du tambour sécheur, dans les opérations de l’apprêt des tissus, a marqué un grand progrès dans cette industrie. Cet appareil est employé aujourd’hui avec succès et économie dans les grands établissements qui s’occupent de l’apprêt des tissus légers, tels qu’indiennes, calicots, mousselines, etc. L’opération du séchage n’est pas la seule à laquelle soit employée le tambour, il doit en même temps servir à étendre l’étoffe uniformément en tous sens, pour en faire ressortir le grain dans toute sa pureté et sa régularité. A cet effet, des dispositions particulières y sont adaptées,
- Médailles de bronze.
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- qui en forment le complément indispensable. M. Giroud-Argoud expose un tambour sécheur qui présente un mécanisme fort ingénieux pour remplir ce dernier but, et plus particulièrement pour opérer la tension en largeur ou l’élargissement du tissu. C’est une suite de petits crochets, réunis entre eux par des plaques de métal, à articulation, formant bague ou anneau autour du tambour, qu’ils suivent dans son mouvement de rotation, en même temps qu’ils peuvent être rapprochés ou écartés l’un de l’autre, pour produire le degré de tension voulu. La machine de M. Giroud-Argoud est plus spécialement destinée à l’apprêt de certaines étoffes de soie et des mousselines, et remplace avec avantage l’ancien appareil connu sous le nom de rame. Plusieurs de ces machines fonctionnent àTa-rare et à Lyon.
- Le jury a examiné avec intérêt l’appareil présenté par M. Giroud-Argoud, et lui décerne, à litre de récompense, une médaille de bronze.
- RÉGULATEUR POUR METIERS X TISSER MECANIQUES.
- M. Victor LAURENT, à Belfort (Haut-Rhin).
- M. Laurent, inventeur d’un nouveau régulateur pour métiers à tisser mécaniques, expose un de ces mécanismes appliqué à un métier. On sait qu’ordinairement, dans ces machines, l’enroulement de la toile s’opère au moyen d’un cliquetage agissant sur une roue à rochet, et mis en mouvement par le battant ou chasse du métier. Ce mode de procéder n’offre pas une grande précision, et éxige une surveillance suivie de la part de l’ouvrier et du contre-maître, pour donner à la toile une régularité suffisante. Aussi, depuis longtemps, a-t-on cherché les moyens de remédier à cet inconvénient par des dispositions diverses dites régulateurs, qui permettent de donner au tissu une uniformité constante et assurée, dans l’espacement des chiites ou fils de la trame. C’est là aussi le but que s’est proposé M. Laurent en imaginant le régulateur qu’il présente aujourd’hui à l’exposition. La base d’action de ce mécanisme est le diamètre décroissant de l’ensouple de la chaîne. A cet effet, il fait reposer un levier sur celle-ci, au point où le déroulement s’opère. Ce levier s’abaisse selon que le diamètre diminue et entraîne avec lui une courbe hyperbolique qui, par l’intermédiaire de plusieurs agents secondaires, règle l’amplilucle du mouvement de la roue à rochet opérant l’enroulement du tissu.
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- Le régulateur cle M. Laurent nous a paru bien combiné; peut-être pourrait-on lui reprocher un peu cle complication, et par suite un prix de revient un peu élevé (ce prix est de 5o fr.) ; mais, à part cet inconvénient, que sans doute l’habile inventeur parviendra encore à amoindrir, son régulateur semble devoir bien fonctionner et donner de bons résultats.
- L’invention dont il s’agit, bien qu’appliquée déjà à un certain nombre de métiers, est cependant trop récente encore pour que la pratique ait déjà pu prononcer à son égard, en parfaite connaissance de cause. Cette circonstance impose au jury une réserve dont il voudrait être affranchi en présence de l’ingénieuse combinaison de M. Laurent; aussi, en récompensant celui-ci de ses utiles recherches aujourd’hui, n’entend-il point proportionner celte récompense à la mesure vraie du mérite que peut offrir son invention. Elle représente plutôt l’expression d’une appréciation théorique, attendant que l’élément pratique, qui forme le complément indispensable de la base des jugements du jury, ait pu corroborer ou infirmer l’opinion favorable, d’ailleurs, que celui-ci a conçu de l’appareil dont il s’agit, Le jury décerne, en conséquence, à M. Laurent une médaille de bronze.
- PIÈGES DÉTACHÉES POUR MACHINES DE FILATURE, ETC.
- Mrao veuve ORY et LEFEBVRE, rue Saint-Antoine, n° i A3 , à Paris,
- Exposent un grand assortissement de pièces détachées pour machines de filature, telles que broches, engrenages, cylindres cannelés, etc. Ces pièces sont généralement bien exécutées. Le jury a encore remarqué une machine à gaufrer, une partie de métier circulaire pour bonneterie, et autres petits appareils, témoignant à la fois de la variété et de la bonne exécution des pièces sortant des ateliers de Mmcs veuve Ory et Lefebvre. Il décerne à ces industriels, qui se présentent pour la première fois au concours, une médaille de bronze.
- MACHINES DE FILATURE.
- MM. PAGEZY, VASSAS et Cic, à Montpellier (Hérault).
- Ils exposent une machine à ouvrir et nettoyer la laine, de leur invention, à laquelle ils donnent le nom de délampoanlease. Elle
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- consiste en un tambour armé de pointes de fer, qui reçoit ia laine de deux cylindres cannelés, et la livre à un autre tambour garni de lames de peigne, d’où elle est enlevée et rejetée au dehors par un troisième tambour garni de brosses. Des échantillons de laine brute et nettoyée accompagnent la machine. A en juger par ces types, la délamponrdeuse remplirait parfaitement ce but; ce fait est confirmé d’ailleurs par la déclaration de plusieurs filateurs qui emploient la machine de MM. Pagezy, Vassas et compagnie, laquelle paraît surtout rendre de bons services dans le traitement des laines d’Espagne et celles de qualités analogues.
- Le jury, reconnaissant que MM. Pagezy, Vassas et compagnie ont rendu service à l’industrie lainière au moyen de l’invention de leur machine, décerne à ces messieurs une médaille de bronze.
- MACHINE À TONDRE LES DRAPS.
- M. Georges PAUILHAC, à Montauban (Tarn-et-Ga-ronne).
- M. Pauilhac reproduit aujourd’hui, perfectionnée, sa machine à tondre les draps exposée en i844- Plusieurs dispositions nouvelles, ajoutées à sa table mobile, en rendent le service plus facile, en même temps que le travail en est amélioré. Celte machine paraît surtout pouvoir être employée avec avantage aux dernières opérations, soit pour donner ce que l’on appelle la tonte d’apprêt.
- Le jury, voulant récompenser M. Pauilhac, mentionné honorablement en i844, des nouveaux perfectionnements apportés à sa machine, lui décerne une médaille de bronze.
- TAMBOURS X ÉMERI POUR L’AIGUISAGE DES CARDES; TAMBOURS
- EN SCIURE DE BOIS.
- M. DUBUS, à Louviers (Eure).
- M. Dubus a imaginé un moyen facile et fort ingénieux d’appliquer l’émeri aux tambours servant à l’aiguisage des cardes. Il emploie pour cela, au lieu de colle forte ordinaire, un mélange de colle et d’autres substances, qui permet de tourner les tambours après l’application de l’émeri, et de leur conserver ainsi une rondeur ou cylindricité parfaite, tout en arrivant à leur donner un mordant supérieur à celui obtenu par le procédé ordinaire. L’expérience a
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- pleinement constaté la bonté du procédé de M. Dubus. Il est employé dans un grand nombre de fdatures, qui s’en montrent entièrement satisfaites. Le jury a eu à examiner deux tambours ainsi préparés, présentés par M. Dubus.
- Ce mécanicien expose encore un tambour pour cardes, dont la circonférence est formée en sciure de bois, amalgamée et rendue solide par les mêmes moyens que ceux employés dans la confection . de ses tambours à émeri. Ce nouveau genre de construction offre l’avantage d’être léger, fort peu coûteux, très-expéditif, et de recevoir les clous à l’instar du bois, ce que ne permet ni le stuc ni la fonte, matières les plus généralement employées aujourd’hui dans la construction de ce genre de tambour. D’un autre côté, la sciure de bois ainsi préparée n’étant pas sujette à se voiler par l’effet de la chaleur et de la dessiccation, et pouvant se tourner facilement, l’emploi de cette substance paraît devoir être adopté avec succès à la confection des tambours de cardes.
- Le jury estime que M. Dubus a rendu un véritable service aux fdatures de coton et de laine, par l’ingénieux procédé qu’il a inventé pour la confection des tambours à émeri et autres employés par ces industries; il lui décerne en conséquence, à titre de récompense, une médaille de bronze.
- MACHINES A FAIRE LES TISSUS, ROUETS, ETC.
- M. Benjamin-Joseph GAUTRON, rue Grenétat, n° 16, à Paris.
- Il expose diverses petites machines, employées dans la fabrication de la passementerie, à la confection des tissus, etc. Elles se composent d’une machine à tresses à 37 fuseaux: d’un rouet perfectionné à retordre et à assembler, pour passementiers; d’une peloteuse perfectionnée, enfin d’un rouet à compteur par numéro..
- Ces diverses machines sont exécutées avec beaucoup de soin. Le jury a surtout remarqué le rouet à tordre et à assembler qui ne laisse rien à désirer sous ce rapport, et est parfaitement combiné. La peloteuse mérite également une mention particulière.
- M. Gaulron est un industriel intelligent, étudiant parfaitement toutes ses constructions, et apportant clés soins consciencieux à leur exécution. Le jury le juge cligne de récompense et lui décerne en conséquence une médaille de bronze.
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- MACHINE A ROULER OU PLIER LES ETOFFES.
- MM. HARANGER et BELLIER, rue cle Chaillot, n° i4, à Paris.
- Us exposent une machine à rouler ou plier les étoffes, particulièrement employée dans le commerce des mérinos et tissus de laine légers. La machine dont les exposants sont les inventeurs est ingénieuse, simple, bien établie et fonctionne avec facilité et régularité. L’étoffe passe entre deux cylindres garnis de pannes, où elle arrive guidée par deux pai'ois en métal pouvant s’approcher ou s’écarter à volonté. Un petit levier à ressort, formant pêne, sert à donner la tension voulue à l’étoffe. Enfin celle-ci est enroulée à plat ou sous toute autre forme, sur un mandrin approprié à cette dernière, placé sur le devant de la machine et mis en mouvement avec les autres pièces par la manivelle de la machine. Un grand nombre de ces petits appareils fonctionnent déjà chez plusieurs négociants de Paris et des départements; la quantité d’ouvrage fourni par jour peut être estimée à 80 pièces environ de 200 mètres chacune.
- Le jury ne peut que féliciter MM. Haranger etBellier de leur ingénieuse invention, et leur décerne une médaille de bronze.
- MACHINES DE FILATURE. (LAINES PEIGNEES.)
- M. Casimir LEBLANC, rue du Chemin-Vert, n° 12, à Paris.
- M. Leblanc est filateur de laines peignées, et ingénieur-mécanicien. 11 expose pour la première fois, et présente une machine dite défeutreur réunisseur pour la préparation de la laine peignée. Cette machine est bien établie, et a été examinée avec intérêt par le jury. Elle est à double étirage et paraît devoir livrer de bons produits. Une médaille de bronze est décernée àM. Leblanc.
- MÉTIER A FAIRE DES CHAUSSONS.
- M. Nicolas-Henri FOUCHER, rue Saint-Martin, n° 10, à Paris.
- Il expose deux métiers à faire les chaussons en tresses, offrant l’avantage de faire bien, promptement, et avec facilité, d’où, perfection de travail, économie et placement d’autant plus assuré des produits.
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- Lejury a examiné avec intérêt la fabrication de M. Foucher qui est fort belle, et peut être néanmoins livrée au commerce à un prix extrêmement bas. Grâce aux efforts intelligents de M. Foucher, cette fabrication, qui déjà a pris une grande extension, va en augmentant encore chaque jour. Il a su donner une véritable élégance à ses produits, et les varie avec un art si infini qu’il en trouve un écoulement facile. La confection des chaussons est exclusivement confiée aux femmes, et devient une grande ressource pour la population ouvrière de Paris, le travail se faisant à domicile et pouvanfTêtre à moments perdus, tout en produisant un salaire assez élevé.
- Le jury voulant récompenser M. Foucher du service rendu par son ingénieuse industrie, lui décerne une médaille de bronze.
- MACHINE A FABRIQUER LES PEIGNES A TISSER.
- M. Prosper VARLET, à Incby (Nord).
- Il expose une machine à fabriquerles peignes à tisser. Cette machine, extrêmement simple, paraît bien combinée, etdonnedc bons produits. Lejury a pu voir un peigne confectionné par elle, parfaitement régulier, et réunissant toutes les autres conditions d’une bonne fabrication.
- M. Varlet est digne de récompense, lejury lui accorde en conséquence une médaille de bronze.
- LAMINOIRS POUR FABRIQUER LES DENTS DE PEIGNES POUR TISSAGE.
- M. Clément AUDE, rue Saint-Bernard, n° 1 9, à Paris.
- M. Aude est fabricant de dents pour peignes de tissage. Il expose un laminoir de sa construction, servant à cette fabrication. Cette machine est fort bien exécutée, donne un produit parfaitement régulier, varié selon les diverses formes ou épaisseurs exigées pour la confection des peignes ou autres emplois analogues.
- Le jury reconnaît en M. Aude un mécanicien habile, et digne de récompense. Il lui accorde, en conséquence, une mention honorable.
- APPAREIL REMPLAÇANT LES BAGUES DANS L’ENCOLLAGE DES
- CHAÎNES.
- M. Henri-Joseph BONJEAN, à Reims (Marne).
- Il a eu l’heureuse idée de remplacer par un petit appareil, à deux
- Mentions
- honorables.
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- paires de cylindres, agissant dans deux plans perpendiculaires, les bagues ordinairement employées dans l’opération de l’encollage des chaînes de laine ou coton. Cette disposition présente des avantages sur l’ancien procédé; elle ménage davantage le fil et donne plus de régularité à l’opération.
- Le jury juge M. Bonjean digne de récompense et lui accorde en conséquence une mention honorable.
- MACHINES X PEIGNER LA LAINE.
- M. Pierre-François CHAPPLAIN, à Vandeuvre (Aube).
- M. Chappîain expose une petite machine à peigner la laine, destinée à simplifier l’opération du peignage à la main, ou à le remplacer même jusqu’à un certain point. Le travail n’y a pas lieu d’une manière continue; il consiste à obtenir seulement des rubans d’une certaine longueur, et paraît devoir se faire avec facilité et économie.
- Le jury accorde à M. Chappîain une mention honorable.
- MACHINE DOUBLEÜSE ET BOBINEUSE.
- MM. DAUTRY et Cie, rue de Gharonne, n° y4, à Paris.
- Ils exposent une machine à doubler et à bobiner bien raisonnée, construite en bois, et exécutée avec soin. Cette machine fonctionne facilement et avec régularité. Le jury, voulant récompenser MM. Dautry et compagnie d’un travail consciencieux et intelligent, leur accorde une mention honorable.
- MACHINE À COUPER LES EFFILAS.
- M. Edmond DUGOR, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, à Paris.
- Il expose une machine à couper les effilés, à l’usage des passementiers : c’est un petit appareil fort ingénieux, garni de ciseaux mécaniques mis en mouvement par une manivelle, et coupant les effilés à mesure que ceux-ci, amenés par 2 roues armées de petites pointes, sont présentés à leur action. Ces roues offrent une jolie application. La machine présente encore cet avantage de pouvoir varier, à volonté, la ligne de coupure, de manière à obtenir des effilés de diverses-longueurs.
- Le jury accorde à M. Ducor une mention honorable.
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- MACHINES DE FILATURE CYLINDRES OU TAMBOURS EN TOLE
- ÉTAMÉE.
- Mme FRÉMINET, rue Grange-aux-Belles, n° 63, à Paris.
- Elle expose des cylindres ou tambours en tôle élamée, pour métiers à filer continus et autres. Les tambours sont bien exécutés, et paraissent devoir faire un bon usage.
- Le jury accorde à Mmo Fréminet une mention honorable.
- MACHINE X CARDER LE CRIN.
- M. Jean GARDISSAL, rue Racine, n° 9, à Paris.
- Il présente une machine à ouvrir et carder le crin, la laine, l’étoupe et le coton. Cet appareil est simple, fonctionne facilement, et paraît pouvoir être employé avantageusement dans un grand nombre de cas.
- Le jury, jugeant M. Gardissal digne de récompense, lui accorde une mention honorable.
- CHARDONS METALLIQUES.
- M. PERRIN LEGOGQ, à Sedan (Ardennes).
- M. Perrin Lecocq expose un produit fort artistement fabriqué : ce sont des chardons métalliques, fabriqués avec de petites feuilles de laiton minces, ingénieusement découpées, recourbées en forme de crochets, et destinées à remplacer les chardons ordinaires employés au lainage des draps. De nombreux essais ont été tentés déjà pour arriver à une substitution de ce genre; mais ces essais n’ont généralement pas réussi jusqu’ici. L’on n’a pas pu trouver encore le moyen de donner au métal, quels que fussent, d’ailleurs, sa nature et les formes employées, les qualités particulières et si précieuses du chardon végétal. 11 serait sans doute difficile de dire si la nouvelle expérience que semble vouloir tenter en ce moment M. Perrin Lecocq sera couronnée de plus de succès; mais, en tout cas, faut-il reconnaître qu’il est arrivé à un degré d’imitation qui doit au moins laisser, sous ce rapport, beaucoup d’espoir. Quoi qu’il en soit, le jury ne peut, dans un tel état de la question, que se renfermer dans une grande réserve; car l’expérience seule pourra
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- dire si, oui ou non, M. Perrin Lecocq a résolu le problème qu’il paraît s’être proposé. Tout en reconnaissant donc ce qu’il y a de véritablement ingénieux dans l’invention dont il s’agit, le jury se voit contraint à se borner momentanément à la mentionner dans son rapport, en émettant le désir que l’inventeur se mette en mesure, dans une occasion prochaine, de pouvoir lui accorder une récompense plus élevée.
- PEIGNES À TISSER.
- M. Pierre-Adrien POUCHET, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Il expose des peignes à tisser, confectionnés au moyen d’une machine dont il présente le dessin.
- Ces peignes, de diverses finesses, sont bien fabriqués, et offrent l’avantage de présenter une régularité plus grande que ceux faits à la main.
- M. Pouchet occupe dans ses ateliers 6 hommes et environ 20 enfants, et fournit annuellement pour 3o à 36,000 francs de produits aux établissements de tissage de la localité. 4
- Le jury accorde 4 M. Pouchet une mention honorable.
- MACHINE X RETORDRE LA LAINE POUR PASSEMENTERIE.
- M. Isaac REYMONDON, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 84, à Paris.
- La machine présentée par M. Reymondon, et destinée au retordage en même temps qu’au roulage de la laine pour passementerie, est bien combinée et construite avec soin ; les diverses opérations auxquelles elle doit servir s’y font avec précision et efficacité. Les produits obtenus, que le jury a eu à examiner, sont incontestablement supérieurs à ce qui se fait à la main par les procédés habituels.
- M. Reymondon mérite une récompense pour sa machine. Le jury lui accorde une mention honorable.
- MACHINE À SÉCHER, MACHINE X FILTRER.
- M. Jean ROFILFS, courBatave, n° 12, à Paris.
- Chacun connaît l’ingénieuse application faite de l’effet produit, par la force centrifuge, au séchage des étoffes. M. Rohlfs présente une machine de ce genre connue, sous le nom d’hydro-extracteur, de dimension moyenne, pouvant être mise en mouvement à bras
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- d’homme, et étant applicable ainsi aux usages domestiques. Celte machine est bien exécutée et bien raisonnée dans ses mouvements.
- M. Rohlfs a eu l’idée d’appliquer le même principe de la force centrifuge au filtrage de l’eau, et il la présente réalisée dans son filtre mécanique à rotation, qu’il expose à côté de la machine précédente. Ce second appareil est ingénieusement combiné et d’une bonne exécution. M. Rohlfs estime que sa mise en mouvement, à la vitesse de i,4oo tours par minute, exige la force d’un demi-cheval , et que la machine peut distiller ou filtrer à celte vitesse deux mètres cubes d’eau par heure.
- Le jury n’entrera pas ici dans l’appréciation du mérite de ce nouveau procédé de filtrage, mais il n’en juge pas moins M. Rohlfs digne de récompense; il lui décerne, en conséquence, une mention honorable.
- MACHINE À FAIRE LES GANSES.
- M. Jean-François BLANCHIN aîné, quai deValmy, n° 1 2 5, à Paris.
- Le jury accorde à M. Blanchin une citation favorable pour sa machine à fabriquer les ganses, qu’il a examinée avec intérêt.
- MACHINE X TISSER LES CHAUSSONS DE TRESSE.
- M. DEGUZON, rue Pascal, n° i5, à Paris.
- M. Deguzon expose deux formes à fabriquer les chaussons de tresses, qui présentent une disposition ingénieuse pour faciliter le travail de l’ouvrier, en se prêtant aux positions diverses qu’il est besoin de leur faire prendre, tout en conservant leur point d’attache , nécessaire pour la tension des lacets et les autres opérations du tressage.
- Le jury accorde àM. Deguzon une citation favorable.
- ÉLARGISSOIR DE TOILE, TEMPLET POUR TISSAGE.
- M. Jean-Baptiste GONDEZENNE, à Armentîères (Nord).
- Il expose les modèles d’une machine à étendre ou élargir la toile, qui parait devoir fonctionner convenablement, ainsi qu’un templet pour tissage, à ressort et pince, qui doit présenter des avantages pour la fabrication de certains tissus.
- Le jury accorde à M. Gondezenne une citation favorable.
- II. 10
- Citations
- favorables.
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- TAQUETS ET NAVETTES POUR TISSAGE MECANIQUE.
- M. HUBERT, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Le jury a examiné avec intérêt les navettes et taquets pour tissage mécanique, présentés par M. Hubert, auquel il accorde une citation favorable.
- NAVETTE POUR LA FABRICATION DES COUVERTURES.
- M. Jean-Constant LEROUX, à Orléans (Loiret).
- Une citation favorable est accordée à M. Leroux, pour sa navette perfectionnée, employée dans la fabrication des couvertures,
- MACHINE DITE SPOULOJR, POUR LA CONFECTION DES BOBINES.
- M. Narcisse RONNET, de Trélonne (Ardennes).
- La machine exposée par M. Ronnet, et dont il est l’inventeur, porte le nom de spouloir, et est destinée à la confection des bobines pour le tissage de la laine. Ce petit appareil, assez ingénieux, permet de confectionner un certain nombre de bobines à la fois, et peut remplacer, avec avantage et économie, le dévidoir ordinaire, assez généralement employé au même usage.
- Le jury accorde à M. Ronnet une citation favorable.
- TOURNURIÈRE POUR CHAPEAUX.
- M. Eugène RUBANS, rue Amelot, n° 46, à Paris.
- Le jury accorde une citation favorable à M. Rubans, pour sa mécanique à donner la tournure aux chapeaux.
- § 2. CARDES.
- M. Emile Dolfus, rapporteur.
- Nouveaux M. HACHE-BOURGOIS, à Louviers (Eure).
- rappels
- de médailles M. Hache-Bourgois est le vétéran, et l’on pourrait dire le fonda-<*or' teur, en France, de l’industrie de la fabricalion des cardes. Dès 1786, il s’y était fait remarquer, et avait obtenu une récompense
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- du Gouvernement. Depuis lors, il n’a pas cessé de progresser, et à mesure que sa réputation grandissait, que sa supériorité était mieux reconnue, l’on a vu son établissement s’étendre jusqu’à mettre 120 machines en activité, et faire marcher de front ainsi l’importance et la perfection de ses produits. Les articles qu’expose aujourd’hui M. Hache-Bourgois méritent tous les éloges auxquels ce fabricant est habitué depuis si longtemps : soins parfaits, régularité irréprochable, tout enfin annonce dans les types de sa fabrication le savoir faire de l’homme d’expérience, la direction intelligente du manufacturier habile et consciencieux.
- Parvenu au degré où s’est placé M. Hache-Bourgois, les récompenses du jury peuvent ne plus avoir pour lui le même prix qu’au-trefois, mais celui-ci n’en a pas moins le droit d’exprimer son jugement. Il le fait, en déclarant que M. Hache-Bourgois est toujours en première ligne dans la fabrication des cardes, et en votant, à cet honorable et digne industriel, un nouveau rappel, de la médaille d’or obtenue en i834, et déjà rappelée deux fois depuis lors.
- MM. SCRIVE frères, à Lille (Nord).
- La belle manufacture de cardes de MM. Scrive frères est aujourd’hui l’établissement le plus considérable en ce genre, en France. Il ne compte pas moins de 125 machines à bouter, tant pour coton, que pour laines et étoupes. Mais ce qui le rend plus digne d’intérêt encore, c’est l’excellente qualité de ses produits, à laquellè il est arrivé, et qu’il a su maintenir, par des efforts aussi constants qu’habiles, dans la voie du progrès et des perfectionnements.
- A côté de leurs cardes ordinaires, un produit nouveau est exposé par MM. Scrive frères. Ce sont des cardes en drap-feutre destiné à remplacer le cuir. Cette nouvelle matière dont le procédé de fabrication est importé d’Angleterre, paraît devoir convenir parfaitement à l’emploi auquel on la destine, comme susceptible par son homogénéité, son uniformité d’élasticité et de résistance, d’être substituée avantageusement au cuir, qui n’offre pas, au même degré, ou du moins pas d’une manière suffisamment suivie, ces conditions premières de bon usage et de durée. On sait que de nombreux essais avaient été tentés jusqu’ici pour remédier à ces imperfections,, et pour remplacer le cuir. Ainsi, dans les derniers temps surtout, on avait, entre autres, fabriqué beaucoup de cardes boutées sur tissus en caoutchouc; mais cette matière, trop impressionable par les
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- variations de la température, n’a généralement pas donné les résultats que l’on en attendait. Aussi paraît-elle devoir être décidément abandonnée. Restera à l’expérience à démontrer jusqu’à quel point se réaliseront les espérances qu’on fonde aujourd’hui sur le drap feutre, mis à l’épreuve déjà par un grand nombre de filatures.
- En attendant, et quoiqu’il en soit, l’on doit savoir gré à MM. Scrive frères d’avoir, des premiers, mis la filature française à même de juger du mérite de celte application nouvelle.
- MM. Scrive frères, après avoir été distingués comme exposants, dès 1806, sont successivement arrivés, depuis lors, dans les expositions suivantes, aux premières récompenses. Le jury, rendant hommage au mérite de ces fabricants, et reconnaissant qu’ils ont, à tous égards, su se maintenir au premier rang de leur industrie, leur vote un nouveau rappel de la médaille d’or qui leur avait été décernée en i834, et déjà rappelée en i844-
- Rappel de médaille d’or.
- MM. A. et L. MIROUDE à Rouen (Seine-Inférieure).
- Le rapport du jury de 1844 avait constaté les nombreux perfectionnements apportés par ces fabricants à la confection des cardes. Aujourd’hui il y a de nouveaux progrès à signaler. MM. A. et L. Mi-roude exposent à côté de leurs produits courants pour laine, coton et lin, des plaques et rubans pour le cardage de la soie, d’une exécution parfaitement soignée. Leurs cardes à lin sont toujours remarquables, tant par l’excellente préparation donnée au cuir, que par la solidité du boutage et la bonne exécution des pointes. Les plaques et rubans pour coton et laine ne laissent rien à désirer, et marchent de pair avec ce qui se fait de mieux dans ces articles.
- MM. Miroude ont ajouté à leur fabrique un atelier de corroirie, pour la préparation des cuirs forts destinés aux cardes à lin principalement.
- Lejury a distingué la solidité vraimentremarquabledeces produits.
- Celte succursale leur permet d’autant mieux de garantir l’excellente qualité de leurs articles.
- Ils exposent également des plaques en drap-featre, application nouvelle qui paraît avoir des chances de succès.
- MM. Miroude ont, en ce moment, 90 machines en activité. Le tiers de leur produit est livré à l’exportation. Cette conquête sur l’étranger n’est pas le moindre mérite qu’il faille applaudir chez ces fabricants.
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- Le jury, aimanl à reconnaître les nombreux services rendus par MM. A. et L. Miroude à leur intéressante industrie, leur vole le rappel de la médaille d’or obtenue en i844,
- MM. Victor FUMIÈRE et FORTIN, à Rouen (Seine-Inférieure) ,
- Exposent des plaques et rubans pour laine et coton. Ce sont de beaux produits, bien fabriqués, et qui prouvent que MM. Fumière et Fortin ne sont pas restés stationnaires dans la branche d’industrie qu’ils exploitent. Leurs cardes sont estimées, et ce qui le prouve, c’est que 88 machines à bouter sont en activité dans leur fabrique. MM. Fumière et Fortin présentent un article qu’ils annoncent être entièrement nouveau, ce sont des rubans à pointes en fil triangulaire, pour des cardes à coton. La fabrication de ces rubans remonte à trop peu de temps pour que l’expérience ait déjà pu en constater les qualités. MM. Fumière et Fortin ont obtenu la médaille d’argent en i844. Cette récompense leur est due à tout aussi juste litre aujourd’hui. Le jury leur en vote le rappel.
- M. DUCHAUFFOUR-ACIIEZ, à Reims (Marne).
- M. Duchauffour est le premier industriel qui ait établi, à Reims, une fabrique de cardes. Cette création a été un service rendu à l’industrie de cette ville: L’établissement de M. Duchauffour a pris une rapide extension, grâce à la parfaite qualité de ses produits, justement appréciés par la filature, et qui se placent facilement, même à l’étranger. Les types exposés viennent, confirmer le jugement des consommateurs, le jury aime à le reconnaître et, voulant récompenser les utiles travaux de ce fabricant, décerne à M. Duchauffour-Achez une médaille de bronze.
- M. Charles PETIT-LECLERC à Rouen (Seine-Inférieure).
- A fondé depuis deux ans un établissement pour la fabrication des cardes, dont les produits paraissent aujourd’hui pour la première fois à l’exposition. Ces produits sont établis avec des cuirs bien choisis, moelleux, et réguliers en épaisseur. Le boutage ainsi que la coupe des dents ne laissent également rien à désirer. Avec de tels éléments, M. Petit-Leclerc ne peut manquer de se faire une
- Rappel de médaille d argent.
- Médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- bonne et nombreuse clientèle. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. MATIGNON, rue de Charonne, n° 4i, à Paris.
- M. Matignon est un fabricant consciencieux dont les produits ne sont pas sans mérite, et que le jury a examinés avec un véritable intérêt. 11 est aujourd’hui le seul qui exploite encore cette industrie à Paris. M. Matignon a introduit récemment de grands perfectionnements dans son établissement. Cette circonstance le mettra à même de concourir avec moins de désavantage avec des localités qui semblent plus ou moins avoir cherché à attirer, depuis quelque temps, le monopole de ce genre de fabrication. Une récompense est due à M. Matignon; le jury lui accorde une mention honorable.
- S 3. MÉCANIQUES POUR TISSUS BROCHÉS.
- M. Gaussen, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS SUR L’ETAT ACTUEL DES PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS À LA MÉCANIQUE JACQUART.
- Jamais les perfectionnements apportés à la mécanique Jacquart n’ont été aussi nombreux, aussi intéressants que cette année. L’immortel auteur de cette découverte aurait sans doute de la peine à reconnaître l’œuvre qui lui a coûté tant de veilles, et dont l’immense utilité a été universellement reconnue. Un problème, presque aussi difficile que celui que Jacquart a résolu, était posé depuis longtemps sans qu’il eût été possible, jusqu’à présent, de prévoir sa solution. Les esprits les plus ingénieux avaient échoué dans leurs tentatives, et beaucoup de praticiens pensaient qu’il y avait là une impossibilité. Il s’agissait de substituer le papier au carton qui représente le dessin de l’étoffe dans le système Jacquart. Tous les hommes du métier savent que les frais de lecture, autrement dit du lisage et du piquage, entrent pour une part très-forte dans le prix revenant des châles en particulier, et que, si l’on sépare l’opération dont nous venons de parler en deux parties, le
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- coût du piquage seul, eu égard aux prix des cartons, s’élève, dans certaines fabriques de châles riches, à une vingtaine de mille francs par année. La substitution du papier au carton doit diminuer les frais des trois quarts, et la mécanique Jac-quart actuelle ne permet pas l’emploi du papier. Elle nécessite un carton épais et solide qui puisse résister à la pression violente qu’exerce le cylindre sur les aiguilles et à la secousse générale qu’éprouve la mécanique dans son jeu. Pour remplacer le carton par le papier, il fallait trouver un mécanisme particulier qui fonctionnât avec une grande douceur, et dans lequel la pression qu’exerce les aiguilles fût en grande partie annulée. Nous ne craignons pas de le dire; aujourd’hui, la difficulté nous paraît à peu près résolue, et, malgré les insuccès passés, nous croyons devoir affirmer que, si les moyens proposés laissent encore quelque chose à désirer, la solution complète du problème ne peut se faire attendre.
- Plusieurs inventeurs, marchant au même but, se présentent avec des moyens différents, tous très-ingénieux, et qui méritent d etre encouragés ; leurs différents systèmes nous ont paru très-satisfaisants au premier coup d’œil, mais un seul a déjà subi la sanction de la pratique ; ce dernier, qui ne fonctionne à Paris que depuis peu de jours, mais qui est employé à Lyon depuis plusieurs années par son auteur, appartient à M. Blanchet, chef d’atelier, délégué par la chambre de commerce de cette ville. M. Blanchet nous apporte avec lui des titres qui ne laissent aucun doute sur la portée pratique de son invention. Nous avons entre nos mains plusieurs attestations des principaux fabricants de Lyon, qui sont unanimes pour constater que la mécanique Blanchet travaille aussi facilement que la Jacquart ordinaire. Un cle ces certificats est signé de M. Grillet aîné, dont les hautes lumières sont reconnues par toute la fabrique lyonnaise.
- PIERRE MICHEL, chef d’atelier, à Nîmes (Gard).
- Cet inventeur se recommande depuis longtemps à la bienveillance du jury; en i834 et en i843, il a abandonné au domaine
- Médaille
- d'argent.
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- Médailles de bronze.
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- public deux, procédés Irès-ingénieux relatifs à la mécanique Jacquart.
- En i845, il prenait un brevet pour une mécanique à corps et à lisses. Aujourd’hui il expose une mécanique Jacquart perfectionnée. Le battant de la mécanique de M. Michel permet aux crochets de reposer sur la planche à collet, avant que le cylindre vienne toucher les aiguilles, ce qui laisse aux crochets la faculté de conserver leur parfait équilibre. Ce résultat lien! à ce que le coude sur lequel roule la poulie est indépendant de la presse proprement dite; ce coude est retenu contre le battant par un boudin au milieu duquel il s’engage et forme piston; son extrémité inférieure, pressée par la poulie, s’enfonce dans un vide pratiqué dans la tête de la presse jusqu’à ce que la griffe ait déposé les crochets sur la planche à collets ; la poulie, atteignant la presse, opère spontanément, en glissant, la fonction du cylindre contre la planchette, et les aiguilles n’agissent sur les crochets qu’après que les becs de ces derniers ont abandonné les lames de la griffe. Avec ce système, ces mêmes crochets exécutent leur mouvement sans risquer d’osciller dans un sens ou dans un autre. Le mouvement de renvoi du cylindre de M. Pierre Michel se fait, comme à l’ordinaire, mais par le moyen d’une seconde presse indépendante de celle que nous venons de décrire.
- L’invention deM. Pierre Michel est ingénieuse et constitue un perfectionnement réel dans la Jacquart. Le jury croit devoir décerner à ce modeste et intelligent inventeur une médaille d’argent.
- MM. VILLARD et COUTURIER fils, à Lyon (Rhône).
- Ces mécaniciens exposent un métier qui fonctionne avec une mécanique nouvelle; l’emploi de cette mécanique atteindrait ce résultat tant cherché de la substitution du papier au carton dans la mécanique Jacquart.
- Leur, mécanique diffère de la Jacquart en ce que la pression exercée dans celte dernière par le cylindre est changée. Dans la mécanique Villard ce sont les aiguilles qui viennent chercher le dessin, autrement dit, le papier. Ces aiguilles se retirent au moyen d’une griffe placée entre les crochets; l’évolution du cylindre se fait pendant la retraite des aiguilles. Le cylindre est rond au lieu d’être carré comme celui de la Jacquart.
- Nous avons vu fonctionner celle mécanique qui, grâce à la chambre de commerce de Lyon, est aujourd’hui dans le domaine
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- public-, elle paraît travailler avec une grande facilité. En raison de l’importance qu’elle peut avoir et des recherches qu’elle a dû causer à ses auteurs, le jury décerne à MM. Villard et Couturier une médaille de bronze.
- M. Jean-Baptiste AG KLIN, rue* d’Aboukir, n°36, à Paris.
- Substitution du papier au carton dans la mécanique Jacquart.
- La mécanique de M. Acklin est excessivement ingénieuse et simple; elle aurait d’autant plus de mérite, si elle remplit le but de son auteur, qu’elle paraît s’appliquer facilement à la mécanique Jacquart ordinaire, sans rien changer à la disposition de cette dernière, ni au montage du métier. L’économie que son emploi procurerait serait environ de 80 p. o/o sur le prix du carton.
- La mécanique de M. Acklin a la forme du cylindre de la mécanique Jacquart et occupe la même place. Elle se compose d’un jeu de palettes faisant face aux aiguilles de la Jacquart ordinaire, qui, soulevées par d’autres aiguilles mises en contact avec le papier, viennent buter contre celles de la Jacquart et remplissent ainsi l’office du carton. Le poids des palettes n’étant que d’un gramme, le jeu des aiguilles de l’appareil qui les met en mouvement ne peut fatiguer le papier.
- Pour éviter, et là est la grande difficulté, que le papier ne subisse trop fortement l’influence atmosphérique, M. Acklin le fait passer entre deux plaques métalliques, ce qui l’oblige à présenter régulièrement ses trous en face des aiguilles.
- Le papier de M. Acklin, en passant entre les plaques, se trouve arrêté de chaque côté par des rebords; il est garni d’un ruban de fil dans les parties conduites par les roues de repère.
- La mécanique de M. Acklin n’a fonctionné, jusqu’à présent, que pour faire une étoffe à gilets. Il est donc impossible d’asseoir une opinion définitive sur la portée de son invention. On peut craindre que les trous du papier étant cl’une très-petite dimension, et les aiguilles conséquemment très-fines, l’influence que la température exerce, quoi qu’on puisse faire, sur les cartons ordinaires de la Jacquart, ne rende l’emploi de son papier difficile. M. Acklin se propose de construire un piquage en harmonie avec les exigences de son papier. Lorsque nous nous sommes transportés chez lui, il nous a montré un projet très-ingénieux d’appareil, qui s’appliquerait au piquage ordinaire, comme sa mécanique s’applique à la Jac-
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- quart, et dispenserait de faire les frais de nouvelles machines à piquer.
- Le jury, reconnaissant toutle mérite inventif de M. Acklin, lui décerne la médaille de bronze.
- MM. MARTINET frères, rue Saint-Maur-Popincourt, n° 12, à Paris.
- Exposent un magnifique métier à la barre à trois navettes qui fonctionne admirablement. Il est difficile de voir un métier plus fini, mieux conditionné que celui de MM. Martinet frères ; on peut dire qu’ils sont les dignes successeurs de la maison Dieudonnat, honorée plusieurs fois delà médaille d’argent par le jury central. Le métier qu’ils soumettent au jury est particulièrement destiné à la fabrication des rubans et de toute espèce de galons ; le battant se baisse et se lève pour le passage de la navette. La mécanique Jacquart commande son mouvement; il est suspendu sous les chapeaux du métier; l’ouvrier peut le régler sans être obligé de monter dessus. La masse de ce battant est rendue plus légère par le rapprochement des navettes; des touches à ressort, fixées au montant, remplacent avec avantage les bricotleaux, cordages, etc. La commande qui fait fonctionner la mécanique Jacquart est une bascule à pivot, adaptée au volant, ce qui empêche la griffe de la mécanique de produire une secousse dans son double mouvement de descente et d’ascension.
- MM. Martinet frères exposent aussi un lisage et une presse très-soignés ; ils soumettent également au jury une cisaille d’origine viennoise, qui peut couper jusqu’à 12 bandes de carton à la fois.
- Tous ces instruments sont construits avec beaucoup de soin. Le •jury, considérant que la maison Martinet frères soutient dignement la réputation de ses prédécesseurs, lui décerne une médaille de bronze.
- M. SALLIER, à Lyon (Rhône).
- La machine à faire des canettes de M. Sallier est très-ingénieuse, mais très-compliquée. Nous ne pouvons ici en faire la description, mais nous devons dire qu’elle a été vue avec attention par le jury.
- Le grand mérite de l’invention de M. Sallier est d’avoir déjà rendu des services à l’industrie lyonnaise. L’auteur prétend avoir livré plus de 700 machines aux fabricants de soieries. L’appareil de
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- M. Sallier fait 8 canettes à la fois; le fil peut être composé de 6 à îo brins, et l’on fixe facilement la longueur et la grosseur de chaqne canette. Lorsqu’un brin de soie casse, la canette correspondante s’arrête sans que les autres soient troublées dans leur fonction.
- Les canettes se finissent en milieu, comme par le travail à la main, au moyen d’un décroissement particulier affecté à chacune d'elles.
- La machine de M. Sallier offre d’assez grands avantages, tant sous le point de vue de l’économie du temps que par le peu de déchet qu’elle fait. Elle peut être mise en mouvement et dirigée par un enfant.
- L’appareil de M. Sallier n’a pas l’inconvénient de ternir la soie, il conserve aux couleurs les plus tendres toute leur fraîcheur.
- Le jury décerne à son auteur une médaille de bronze.
- M. Armand-Samson BOSQUILLON, rue du Banquier-6’amt-Marcel, n° 5, à Paris.
- M. Bosquillon expose un métier travaillant avec une mécanique Jacquart perfectionnée ; il expose aussi plusieurs mécaniques dans le même système.
- Cet honorable industriel s’était proposé depuis longtemps le problème d’économiser les frais de lecture en ce qui concerne les dépenses relatives aux cartons. 11 a pensé résoudre la question en diminuant le diamètre des trous ordinaires du carton et en les disposant en quinconce au lieu de les conlre-sempler. On comprend de suite que celte manière de procéder économise une grande partie de la surface du carton, la moitié environ.
- M. Bosquillon a plusieurs métiers qui travaillent depuis longtemps avec sa nouvelle mécanique. A première vue, la mécanique de l’exposant paraît irréprochable et marche comme une mécanique ordinaire; on peut même dire qu’elle satisfait davantage, car il a remplacé le bois par le fer et le cuivre, ce qui la rend plus légère à l’œil et permet d’en suivre beaucoup plus facilement les mouvements. Cependant il est difficile de se prononcer, pour le présent, d’une manière définitive sur la portée pratique de l’invention de M. Bosquillon. Tous les hommes du métier savent que la plus grande difficulté que rencontre la mécanique Jacquart tient aux influences de température que subit le carton, lequel, s’allongeant ou se rétrécissant, selon l’état de l’atmosphère, contrarie singulièrement le jeu
- Mentions
- honorables.
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- des aiguilles. Il est facile de comprendre que plus le carton est petit, plus les trous sont rapprochés, plus cet inconvénient peut se produire; aussi M. Bosquillon a-t-il employé un carton moins impressionnable que le carton ordinaire. Quoi qu’il en soit, la mécanique de cet honorable industriel est Irès-ingénieuse et pai’aîl fonctionner régulièrement. On peut espérer que, dans un temps donné, elle sera généralement adoptée.
- M. Bosquillon a épuisé depuis longtemps la série des récompenses industrielles; mais le jury, pour le récompenser de ses efforts persévérants dans l’intérêt cl’nne industrie au développement de laquelle il a coopéré d’une manière si active, le mentionne honorablement.
- M. DANTIN, rue du Petit-Pont, n° 25, à Paris.
- Cet exposant soumet au jury, un ourdissoir très-ingénieux , combiné de manière à faire toutes les divisions que nécessite le chinage, quand il faut suivre toutes les ondulations du dessin, et mettre les longueurs exactes des fds en rapport avec la grandeur des châles.
- M. Dantin nous a soumis une attestation des principaux fabricants de châles, qui prouve qu’une machine nouvelle de son invention, et propre à faire des ligatures clans les chaînes que l’on soumet à l’opération du chinage, est excellente et épargne beaucoup de temps à l’ouvrier.
- Le jury accorde à M. Dantin une mention honorable.
- M. Mathieu LANÉRY, rue de Ménilmontant, n° 6 1, à Paris,
- Ancien ouvrier de M. Dieudonnat, expose une mécanique Jac-quart perfectionnée. 11 a obtenu une citation favorable en i844-
- La mécanique exposée parM. Lanéry est parfaite d’exécution. Les deux côtés de la griffe sont supprimés et remplacés par une tringle en fer placée au milieu du cadre, ce qui donne la facilité de voir très-aisément si tous les crochets sont en place et fonctionnent bien. Dans la mécanique de M. Lanéry, on peut reculer, avancer, mon ter et descendre les loquets, sans toucher au corps de la mécanique. On peut aussi régler la tringle qui porte le battant, au moyen de deux écrous.
- Les améliorations apportées à la mécanique Jacquart par M. La-
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- néry sont ingénieuses, et méritent la bienveillance du jury qui accorde à l’auteur une mention honorable.
- M. FROMAGE, à Darnetal (Seine-Inférieure).
- M. Fromage a soumis au jury une machine (système Jacquart) où il a cherché à remplacer le carton par un canevas dit tisseur. Nous ne pensons pas que celte invention, telle qu’elle est, puisse tenir toutes les promesses de son auteur. Il nous paraît impossible de l’appliquer aux étoffes brochées un peu compliquées sous le rapport du dessin; mais il est possible qu’avec quelques nouveaux perfectionnements, elle puisse servir utilement à la confection de certains tissus, pourvu que le dessin en soit simple et de petite dimension.
- Plusieurs inventions ingénieuses recommandent M. Fromage au jury, qui lui accorde une mention honorable.
- M. Jean MARY, rue Saint-Maur, n° 17, à Paris.
- * Expose une mécanique Jacquart d’une bonne exécution. Le jury lui accorde une mention honorable.
- § 4. MACHINES A BONNETERIE. M. Émile Dolfus, rapporteur.
- M. JACQUIN, à Troyes (Aube), Rappel
- de médaille
- Expose trois métiers circulaires à faire la bonneterie en laine et d’argent, coton, ainsi qu’un assortiment d’articles fabriqués sur ses machines.
- 11 a beaucoup contribué au perfectionnement des métiers circulaires. Le rapport du jury de i844 constate tout le mérite qui revient à ce fabricant dans le développement qu’a trouvé ainsi l’emploi de ses machines, dont il est l’introducteur dans la fabrique de Troyes.
- Depuis lors M. Jacquin ne s’est point arrêté : il a ajouté des perfectionnements nouveaux'à ceux déjà réalisés, notamment dans la disposition de la roue mailleuse, chargée de distribuer le coton aux aiguilles, et obtient par là une régularité et. une élasticité plus grandes du tricot. Mais d’autres fabricants ont marché d’un pas non moins rapide dans la voie, en quelque sorte nouvelle, qu’ouvrait à leur industrie l’état auquel était arrivé le métier circulaire, et
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- Médailles de bronze.
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- M. Jacquin s’est trouvé sinon distancé, du moins serré de très-près par quelques-uns de ses concurrents,qui sont arrivés, par des dispositions non moins ingénieuses, à des résultats également remarquables. Quoi qu’il en soit, M. Jacquin conserve le mérite d’avoir pris une large part à cette série de progrès; aussi le jury, le jugeant toujours digne de la récompense obtenue en i844, lui vote le rappel de la médaille d’argent qui lui fut décernée alors.
- M. Nicolas BERTHELOT, à Troyes (Aube).
- M. Berlhelot est à la fois fabricant de bonneterie et constructeur de machines pour celte industrie. Il expose deux métiers à tricot circulaires, d’une exécution parfaitement soignée et très-bien entendus. Ces métiers se prêtent à la fabrication de toutes les matières textiles, coton, laine, soie et lin. Le jury a eu à examiner des produits provenant des machines de M. Berlhelot; ces produits lui ont paru remarquables. L’une des machines exposées, montée cl’un tricot de coton d’une grande finesse, a fonctionné sous les yeux des membres délégués du jury ; l’autre présente un produit analogue en fil de lin. M. Berlhelot est le premier qui ait confectionné des produits en lin sur des métiers circulaires. Un autre perfectionnement est encore dû à ce fabricant, c’est l’application à ses métiers d’un compteur à timbre, mécanisme qui simplifie beaucoup le travail de l’ouvrier dans tous les cas de changement de grosseur ou d’épaisseur du tissu. Grâce aux améliorations diverses introduites successivement depuis deux ou trois années dans la construction des métiers circulaires, améliorations dont M. Berlhelot peut ajuste titre revendiquer une large part, l’industrie française n’aura plus rien à envier sous ce rapport aux meilleurs produits des fabriques de la Saxë, que jusque-là nos fabricants n’avaient pas su égaler.
- Le jury, voulant offrir à M. Berlhelot une juste récompense de ses efforts, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Étienne ROUSSELOT, quai de Valmy, n° i 09, à Paris.
- M. Rousselot est un jeune mécanicien fort habile , qui a su parfaitement saisir tous les points essentiels à étudier dans le mécanisme compliqué des métiers circulaires. La construction de ces machines lui doit des perfectionnements assez importants. Celle qu’il expose est parfaitement exécutée et mérite tout éloge. Elle est. disposée pour la fabrication des tricots en laine, pour bonneterie ou
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- étoffes auxquelles, au moyen des opérations accessoires du foulage et du tirage à poil, on peut donner l’apparence et, jusqu’à un certain point, le caractère du drap. Le jury a eu à examiner des produits de ce dernier genre, qui sont au moins remarquables sous le rapport de la solidité et du bon marché.
- M. Rousselot, établi depuis deux ans seulement, a déjà placé un grand nombre de ses machines, qui ont pour elles le mérite d’un prix relativement peu élevé, et, ainsi qu’il a été dit déjà, celui d’une construction parfaitement soignée.
- Le jury juge M. Rousselot digne de récompense et lui décerne, en conséquence, une médaille de bronze.
- M. PRUDHOMME, à Saint-Just (Marne),
- Expose un métier à fabriquer les gants, présentant cet avantage de pouvoir rétrécir le tissu ou tricot sur la machine. Cette disposition n’est pas entièrement nouvelle; cependant il faut reconnaître que M. Prudhomme a sensiblement perfectionné les procédés en usage jusqu’ici. Sa machine permet aussi de fabriquer un plus grand nombre de gants à la fois que cela ne se pratique habituellement. En somme, le métier de M. Prudhomme constitue un progrès réel dans cette industrie. Le jury, jugeant ce fabricant digne de récompense, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Armand MAUDUÏT, impasse Sanson, n° 1 o, à Belle-ville (Seine),
- Expose un métier circulaire à faire la bonneterie et les articles de nouveauté en laine, à deux systèmes, de 38 centimètres de diamètre. Cette machine, que le jury a vu fonctionner, est bien établie et livre de bons produits. Elle peut confectionner jusqu’à 5 mètres de tricot par heure.
- Le jury accorde à M. Mauduit, cité favorablement en i844 pour d’autres produits, une mention honorable.
- M. VERCASSON , à Chartres (Eure-et-Loir),
- Est exposant d’un métier circulaire à tisser les gants de castor. Ce métier est bien établi et paraît, selon l’indication du constructeur, destiné à la confection de la grosse bonneterie. Le jury a, du reste , retrouvé dans la paachine de M. Vercasson une grande partie dès dispositions perfectionnées, qui ont permis de faire travailler
- Mentions
- honorables.
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- avec facilité sur ses métiers des matières autres que le coton. Il accorde à M. Vercasson une mention honorable.
- § 5. MACHINES A IMPRIMER SUR ÉTOFFES.
- MM. Émile Dolfus et Persoz, rapporteurs.
- Médaille M. CHAPPEZ, à Rouen.
- d'argent. *
- M. Chappez expose une machine à imprimeries étoffes à quatre couleurs, qui est établie clans de fort bonnes conditions, et présente plusieurs perfectionnements importants. Ces perfectionnements consistent principalement dans la simplification de la transmission de mouvement des rouleaux, ainsi que dans les moyens très-ingénieux de régler le raccordement ou rapport de ceux-ci; dans la disposition des branches ou leviers de pression, qui rend le service de sa machine plus facile; le mode particulier de soulever les poids de pression, le mouvement des rouleaux fournisseurs, enfin la manière dont sont appliqués et peuvent se régler les racles et contre-racles. Plusieurs de ces dispositions sont dues à M. Chappez; d’autres sont des applications déjà connues, il est vrai : cette circonstance ne fait qu’ajouter au mérite de M. Chappez, car le vrai talent du constructeur consiste autant, pour le moins, à savoir faire un choix judicieux des applications reconnues bonnes par l’expérience, qu’à inventer lui-même ; aussi le jury ne peut-il que témoigner à M. Chappez son approbation entière de la machine qu’il expose. M. Chappez, parlant de ce principe qu’en toutes choses, et en mécanique surtout, on ne fait bien et avec supériorité que ce qu'on fait souvent, toujours, s’est créé une spécialité de la construction des machines employées dans la fabrication des indiennes, et tout particulièrement de celles destinées à l’impression au rouleau et à la gravure. Le succès a couronné ses efforts ; il jouit aujourd’hui d’une réputation bien établie, et parfaitement méritée dans cette partie. Un grand nombre de ses machines s’est déjà placé à l’élranger, notamment en Angleterre et en Espagne; et, en ce moment encore, il a des demandes importantes à exécuter pour ces pays : c’est un résultat que le jury signale avec satisfaction. Que peut-il, en effet, y avoir de plus honorable pour nos industries que cette circonstance de rendre ainsi tributaires les industries du dehors.
- La position qu’a su acquérir M. Chappez est due tout entière à
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- lui-même, à son ordre, son activité, son esprit d’observation et sa ferme volonté de s’instruire, car M. Chappez (nous le disons, parce que rien ne saurait mieux faire son éloge) a commencé par être simple ouvrier; axijourd’hui il se trouve à la tête d’un établissement important qui prospère et qui a déjà rendu, comme il est appelé à rendre encore, des services incontestables à la grande industrie au sort de laquelle il s’est lié.
- M. Chappez paraît pour la première fois au concours ; il le fait d'une manière si honorable, que le jury n’hésite pas à lui décerner la médaille d’argent.
- M.GODEFROY, imprimeur sur étoffes, àSVDenis (Seine). h^,c^yess
- Cet habile industriel expose 2 machines de son invention, pour lesquelles il est breveté, et qu’il a utilisées avec succès dans son établissement de Saint-Denis.
- L’une de ces machines, dont le principe n’est pas nouveau, a principalement pour objet de remplacer le manœuvre qu’on appelle tireur, et de procurer une économie de temps. Quelques mots feront comprendre son application à ce double point de vue. La couleur est directement déposée dans un baquet, et y est recouverte d’un châssis sur lequel est tendu un tissu à mailles régulièrement espacées, et qu’on peut à volonté élever ou abaisser, à l’aide de quatre vis en bois fixées aux quatre angles. Pour prendre de la couleur, l’imprimeur applique sa planche sur l’étamine, et lui imprime une ‘légère pression qui fait arriver la couleur jusqu’à la gravure. Au lieu de fixer le baquet à couleur à l’une des extrémités de la labié à imprimer, comme cela se fait d’habitude, on le place sur un petit chariot qu’on fait marcher sur deux rails fixés aux deux côtés de cette table. Il suffit donc à l’imprimeur du plus léger mouvement de main pour faire passer son châssis de droite à gauche, et vice versa. La table à imprimer peut alors, sans inconvénient, être quatre, cinq et six fois plus longue que celles dont on sé sert ordinairement.
- L’autre machine,, de "M. Godefroy est conçue d’après le principe des ombrés (fondus), découvert par MM. Spoerlin et Zuber. Elle permet d’imprimer simultanément plusieurs couleursv à la fois. Ce fabricant a remplacé dans celte machine les baquets dits à compartiments par une série de tubes placés les uns à côté des autres, et semblables à des tuyaux d’orgues; chacun d’eux est terminé, à sa
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- partie inférieure, par une ouverture destinée à l’écoulement des couleurs; mais , pour que cet écoulement puisse être réglé à volonté, M. Godefroy a ajouté à la partie supérieure de ccs tuyaux un piston mobile qui sert à accélérer ou à retarder le passage de la couleur. Celle-ci tombe sur un drap , où on 1’élencl régulièrement avec une brosse ou un cylindre, sans qu’il y ait confusion de nuance. C’est sur ce drap que l’imprimeur prend les couleurs pour les transporter sur l’étoffe.
- En résumé, la première de ces machines a surtout ceci d’avantageux, quelle soustrait à des travaux nuisibles à la santé de pauvres enfants de 9 à 10 ans ; la seconde paraît devoir favoriser beaucoup l’impression des ombrés.
- Le jury attend, pour récompenser les ingénieux efforts de M. Godefroy, que l’expéricncc ait prononcé sur le mérite que semblent avoir les deux machines de cet industriel, auquel il vole avec éloges une mention honorable.
- 4
- M. TROUBLÉ, cour des Petites-Ecuries, n° 20, à Paris.
- M. Troublé soumet au concours une ingénieuse machine composée de cylindres en plâtre portant des sujets gravés en relief, et au moyen cle laquelle il imprime, d’une manière continue, des étoffes et du papier peint. Le jury étant dans l’impossibilité d’apprécier tous les avantages de cette machine, se borne à voter à son inventeur une mention honorable.
- S 6. MACHINES A FOULER.
- FOULAGE DES DRAPS.
- M. Émile Dolfus, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Jusqu’en i833, le foulage des draps s’opérait en quelque sorte exclusivement par le moyen de foulons à maillets libres. C’est vers cette époque que Dyer inventa et construisit en Angleterre les premières machines à fouler a rouleaux tournants
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- et pressants, système qui, bientôt connu en France, y Fut rapidement perfectionné, au point même de rendre en quelque sorte nos voisins tributaires, à leur tour, de ce nouveau système de construction. Ainsi qu’en i844, l’exposition présente plusieurs spécimens de machines de l’espèce. On y reconnaît, en général, de nouveaux perfectionnements, consistant principalement dans les soins plus attentifs apportés par les constructeurs dans le système des conduits pourvoyeurs et absor-baleurs, si l’on peut s’exprimer ainsi, dont on cherche à rendre les parois mobiles pour agir d’une façon plus élastique , et en même temps pour mieux régler ou gouverner la marche entière de l’opération du foulage, laquelle, on le sait, a une si grande importance dans la fabrication des draps. En effet, la bonne qualité de ces étoffes dépend essentiellement des soins apportés au foulage, et, d’un autre côté, tant de causes peuvent modifier en sens divers les phénomènes qui accompagnent ou déterminent l’action du foulage, qu’on ne saurait trop s’entourer de précautions pour n’y point porter de trouble ou de perturbation. Tout ce qui peut produire des chocs ou des tensions violentes de l’étoffe, l’échauffer outre mesure ou ne point provoquer suffisamment, au contraire, par une élévation convenable de la température, le mariage des filaments, sont autant d’inconvénients que nos constructeurs ont de plus en plus cherché à éviter, et qu’ils sont parvenus à vaincre sinon complètement encore, du moins dans une mesure suffisante pour assurer dans bien des cas la préférence au système nouveau. Est-ce à dire que le mode de foulage ordinaire, par les maillets à percussion, ait été ou devra être abandonné? Non assurément, car certaines qualités de drap se prêteront peut-être toujours difficilement à l’action des machines rotatives; mais, sans vouloir rien préjuger à cet égard, il importe, en tout cas, de constater ce fait, que le foulage continu a été un pas immense fait dans la fabrication du drap, et doit, dès lors, appeler l’intérêt des hommes de science, comme des industriels, sur ceux qui s’appliquent à répandre, en la perfectionnant, line découverte d’une portée aussi grande.
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- Rappel tle médaille d’argent.
- Nouvelle médaille de bronze*
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- M. BENOIT, rue de Grenelle-Sl-Germain, n° 34, à Paris.
- Ce qui dislingue principalement la machine à fouler de M. Benoît, ce sont les conduits à parois mobiles par lesquels le drap doit passer à l’entrée et à la sortie des rouleaux presseurs. Celte disposition offre l’avantage de pouvoir modérer ou activer à volonté l’ensemble de l’opération du foulage, des vis buttant contre le revers des parois mobiles, permettant de.resserrer ou d’écarter celles-ci plus ou moins. La pression rendue ainsi modérable est chose importante, et peut contribuer beaucoup k obtenir un bon foulage, lequel, on le sait, exige des soins si nombreux, car il constitue, en définitive, l’une des opérations les plus essentielles de la fabrication des draps.
- L’ensemble de la machine de M. Benoît est du reste bien conçu, et répond à ce que l’on était en droit d’attendre de cet ingénieur, honoré de la médaille d’argent en i844-
- Le jury lui confirme cette distinction aujourd’hui en lui votant le rappel de ladite médaille.
- M. MALTEAU, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- La machine à fouler rotative, exposée par M. Malteau, est à double paire de cylindres, dont la première est mue par le drap même, appelé par la seconde paire, qui reçoit son mouvement du moteur. M. Malteau se sert de leviers et contre-poids pour donner la pression. Pour le foulage en long, le drap est obligé de passer par un canal formé de planches à rainures verticales inclinées ; lesquelles formant obstacle au passage de l’étoffe, livrée par les rouleaux presseurs, oblige celle-ci à se contracter sur elle-même dans le sens de la longueur. Un mécanisme particulier est appliqué par la machine pour la débrayer du moteur et la mettre au repos, lorsqu’il se présente des nœuds ou boucles au passage de la lunette placée au devant des premiers cylindres presseurs. Cette disposition a amené une grande amélioration dans la machine de M. Malteau, et se trouve constatée, en effet, par de nombreux certificats délivrés par des fabricants de drap qui font usage de cette machine. Le jury a reconnu que la machine à fouler de M. Malteau était bien construite, bien entendue, et devait donner de bons résultats. Il décerne à cet industriel, qui avait obtenu une médaille de bronze en i844, une nouvelle médaille de bronze.
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- M. Henri DESPLAS, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- M. Desplas expose deux machines rotatives à fouler les draps : l'une pour les étoffes fortes, l’autre pour étoffes légères et peu feutrées. Les machines ne diffèrent entre elles que par la grandeur et la disposition des cylindres. M. Desplas a introduit plusieurs innovations dans ses machines à fouler. Il a remplacé, entre autres, les leviers et contre-poids donnant la pression aux rouleaux fouleurs, par des ressorts en acier, semblables aux ressorts de voitures. Celte disposition présente l’avantage d’arriver graduellement et sans secousse à une augmentation de pression à mesure que l’opération du foulage avance et que l’étoffe augmente d’épaisseur, et, par conséquent, de résistance. M. Desplas ajoute une grande importance à ce perfectionnement. Le jury départemental de la Seine-Inférieure constate qu’il a déjà placé, depuis cinq ans, époque de la prise de son brevet, cent dix-huit machines de ce genre, tant en France qu’à l’étranger, ce qui semblerait impliquer, en effet, la bonté de ce système. Une autre modification apportée encore par ce fabricant à la construction de ses machines consiste à éviter les nœuds ou
- Ut
- boucles dans l’étoffe, à mesure que celle-ci, se déroulant, arrive sous les rouleaux presseurs. Ce point est important, parce qu’il fait éviter les trous ou défauts, qui sont le résultat de la formation des boucles et de l’obstruction qu’elles produisent à l’entrée des rouleaux.
- En somme, les machines de M. Desplas paraissent bien raison-nées et devoir donner de bons résultatsi elles sont simples, bien construites, et occupent un espace relativement peu considérable. Le jury décerne à ce constructeur, qui expose pour la première fois, une médaille de bronze.
- S 7. MACHINES A CONDITIONNER, FILER ET TORDRE LA SOIE.
- M. Justin Dumas , rapporteur.
- M. Mathieu MICHEL, de Saint-Hippolyte (Gard),
- Expose la machine à filer la soie, déjà présentée au jury de x 844, qui lui a valu la médaille de bronze.
- Quelques améliorations, dans la construction de l’asple ou dévidoir, le rendant plus solide et moins coûteux, dans le moyen de
- Médaille de bronze.
- Médaille
- d'argent.
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- Médailles de bron&e.
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- faire l'abatage des flottes de soie, dans les filières mobilisées pour faciliter le battage des cocons ; enfin j dans un croiseur mécanique aussi prompt que la pensée (mais non à tours comptés) : tels sont les nouveaux titres de ce mécanicien aux préférences marquées que beaucoup de nos bons lilateurs de soie donnent à ses machines. M. Michel a livré plus de 3,ooo bassines, tant en France qu’en Syrie, dans l’Inde, etc. Ce métier à filer est accompagné d’une petite machine horizontale à vapeur de i cheval 3/4, destinée à faire mouvoir les asples et à chauffer l’eau des bassines : celte machine, d’une grande simplicité, d’un entretien facile et peu coûteux, est économique; les filateurs eh sont satisfaits.
- Les nombreux certificats authentiques que nous remet cet exposant dénotent des services rendus à l’industrie delà soie par M. Michel. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. Jean-Louis MUZARD, rue de Buffault, n° 22, à Paris,
- Soumet à l’examen du jury central un appareil pour le conditionnement des soies, et pouvant être appliqué à celui des laines, des cotons, etc. *
- Cet ingénieux appareil, conçu depuis longtemps par M. Léon Talabot, sous l’habile direction duquel M. Muzard l’a exécuté, rend des services considérables à l’industrie de la soie sur les places de Lyon, Nîmes, Saint-Etienne, Crefeld, Elberfeldt, Turin, Milan, Zurich, etc. Appliqué aux fils de laine et de coton, il rendrait à Paris et dans le nord de la France les. mêmes services, en assurant l’honnêteté de transactions qui donnent trop souvent lieu à de graves difficultés.
- L’appareil L. Talabot, construit et exposé par M. Muzard, se compose :
- i° D’une cloche double en cuivre rouge, au centre de laquelle circule la vapeur d’eau à o,5o de pression de mercure;
- 20 D’une double enveloppe également en cuivre recouvrant la cloche et formant matelas d’air;
- 3°1D’un thermomètre indiquant la chaleur intérieure de l’appareil.
- 4° D’une balance de précision tenant la soie dans l’appareil avec un plateau à l’extérieur pour les poids;
- 5° Et enfin d’un casier en mêlai avec tiroirs pour renfermer les matières à essayer.
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- La balle à conditionner est ouverte, après avoir été pesée; on en retire une fraction ou matteau du dessous, une du milieu, et enfin une troisième du fond : ces trois parties (du poids de 3oo à 5oo gr. chaque environ), sont pesées aussitôt et indiquent l’état d’humidité de la balle entière ; deux de ces parties sont placées simultanément et chacune dans un appareil dont l’un contrôle l’autre. On retire les poids du plateau extérieur de la balance, à mesure que l’humidité se perd. Un quart d’heure d’immobilité de la balance indique la fin de l’opération qui dure 2 heures et demie environ.
- En cas de différence entre les deux essais, le troisième matteau subit à son tour l’opération et lève les doutes; mais il est fort rare qu’on soit obligé d’y avoir recours, tant M. Muzard a jusqu’à présent mis d’exactitude dans la construction de ses appareils.
- M. Muzard occupe à cette fabrication de 4o à 5o ouvriers, et livre annuellement pour i5o à 200,000 francs de ses appareils. La condition de Lyon en possède 60, celle de Saint-Etienne 3o, etc.
- M. Léon Talabot n’ayant pas exposé pour sa découverte, le jury central n’a à s’occuper que de la fabrication de ces appareils : il décerne à M. Muzard un médaille de bronze.
- M. François PAYRE.à Saint-Étienne (Loire),
- Expose, i° Une machine à flotter la soie au nombre de tours voulus, par fractions de i5o tours, depuis ce nombre jusqu’à 2,4oo, au moyen d’une crémaillère et de deux roues à rochets très-ingénieusement et solidement disposées. Chaque guindre, recevant (i flottes, muni d’un appareil compteur, est tout à fait indépendant des autres guindres ; en sorte que, l’un s’arrêtant par quelque cause que ce soit, les autres continuent leur marche.
- Lorsqu’un fil casse, un valet dans lequel il est passé tombe sur nue bascule qui se soulève et arrête le guindre auquel ce fil appartient avant qu’il ait fait plus d’un quart de tour : le fil rattaché, le guindre reprend sa marche.
- Un taquet particulier à chaque guindre, c’est-à-dire à chaque appareil compteur arrête le guindre lorsque le nombre de tours demandé est obtenu.
- Celte opération, aussi sûre que simple, n’augmente le prix du flottage d’un kilogramme de soie que de 15 centimes sur le système ancien. Elle a en outre l’avantage de permettre l’emploi de soies médiocres ou irrégulières par la facilité de titrer chaque flotte; ce
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- que M. Payre fait avec une machine de son invention, mais qu’il n’a pas soumise au jury, moyennant i5 centimes au kilogramme.
- a0 Une machine circulaire à mouliner la soie, ayant trois étages ou rangées de 4o fuseaux chaque, et qui, recevant le meme mouvement, peuvent néanmoins faire trois genres de torsions différents en changeant une seule roue d’engrenage. Cette machine peut mouliner depuis la trame à très-faible tors jusqu’au crêpe, au marabout et à la grenadine.
- D’un petit volume, comparativement aux anciens moulins ronds, d’un service aussi simple que facile, cet appareil, qui tourne devant l’ouvrière et lui permet de rattacher ses fils sans changer de place, fait beaucoup plus d’ouvrage que les anciennes mécaniques et assure une torsion extrêmement régulière. Tenant beaucoup moins de place que toutes les machines usitées jusqu’alors, celle-ci est économique. Les certificats que nous avons sous les yeux confirment les avantages que nous avons reconnus aux deux mécaniques de M. Payre, et ajoulentque ce moulinier mécanicien a fait d’autres bonnes choses qu’il n’a pas soumises au jury.
- M. Payre occupe de 70 à 80 ouvriers et ouvrières. Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- SECTION HUITIÈME.
- Rappel le médaille d’argent.
- S 1er. MACHINES A COMPOSER ET DISTRIBUER.
- M. A. Jullien, rapporteur.
- M. DELCAMBRE, rue Blanche, n° 69, à Paris.
- M. Delcambre expose cette année un clavier typographique qui a déjà figuré à l’exposition de i844- Le mécanisme en est toujours le même, sauf quelques modifications. Cette machine, sur laquelle l’auteur fonde les plus grandes espérances, a été examinée avec le plus grand soin par le jury; des épreuves réitérées ont eu lieu afin de vérifier si les inconvénients signalés à la dernière exposition existaient encore, et le jury a vu avec satisfaction que toutes les épreuves qu’elle a subies sous ses yeux ont été en sa faveur, sous le rapport du travail mécanique appliqué à la partie de la composition, qui consiste à lever la lettre. Nous ne décrirons pas cette machine, le rapport de i844 ne laisse rien à désirer, et le jury ne pourrait mieux faire que de le reproduire.
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- Cependant, malgré tout ce que le jury a reconnu d’ingénieux dans le clavier mécanique de M. Delcambre et la facilité avec laquelle chaque lettre vient se ranger sur le composteur du clavier, le jury a remarqué que la justification qui reste à faire manuellement diminue l’avantage de la vitesse de cette machine-, c’est ce que l’auteur reconnaît lui-même-, il convient qu’il serait obligé de mettre une partie de la composition en réserve pour être justifiée plus tard.
- Il est une autre objection qui a paru plus grave au jury, c’est la lecture. Pour la composition telle qu’elle existe aujourd’hui, un des obstacles qui retarde la rapidité de l’assemblage des lettres dans le composteur ordinaire, est la difficulté qu’éprouve l’ouvrier compositeur à lire et classer assez rapidement pour faire concorder les mouvements manuels avec la pensée. Cette difficulté se reproduit d’un manière bien plus sensible pour le clavier mécanique, surtout dans l’impression du manuscrit.
- L’addition d’une petite presse mécanique pour faire les épreuves, que M. Delcambre a faite à son clavier typographique, a paru au jury une heureuse innovation.
- M. Delcambre expose, en outre, une machine à distribuer le caractère d’imprimerie. Cette machine se compose d’une galée mécanique portant le caractère à distribuer; à l’aide d’une petite pédale qu’on touche, les lettres viennent s’engager successivement dans une tringle creuse mobile-, en conduisant cette tringle à l’aide cl’un guide, le long d’une case composée de rainures mobiles propres à recevoir les lettres, elle les dispose de suite pour être appliquées au clavier compositeur. Cette machine n’a pas non plus pour elle la sanction de l’expérience.
- Malgré les difficultés pratiques que nous avons signalées dans l’emploi de la machine de M. Delcambre, nous admettons très-volontiers que, dans un temps plus ou moins rapproché, elle pourra réaliser complètement les grandes espérances de son inventeur, et nous n’hésitons pas à dire que le jour où cet appareil rendra d’une manière incontestable les immenses services qu’il promet, il sera digne de la plus haute récompense. Pour le moment, le jury croit pouvoir appeler toute la sollicitude du Gouvernement sur cette ingénieuse machine, et rappelle à son auteur la médaille d’argent qu’il a obtepue en 1844-
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- S 2, PRESSES TYPOGRAPHIQUES.
- M. A. Julien, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- 11 n’est pas donné à l’exposition de 1849 d’enregistrer de brillantes découvertes ou d’heureux perfectionnements dans la mécanique typographique; mais disons-le promptement, cette apparente stérilité n’accuse point les habiles mécaniciens qui s’occupent de cette industrie; elle révèle seulement le haut degré de perfection auquel sont parvenues ces belles machines destinées à donner l’expansion aux connaissances humaines.
- Au sortir de ses langes, l’art mécanique typographique fit des progrès rapides, et dès les premiers essais il s’éleva à cette hauteur que n’ont pas encore pu nous disputer l’Angleterre et l’Allemagne.
- Aujourd’hui, au point où est arrivé l’impression mécanique, les constructeurs sont timides, comme s’ils craignaient de ne pas pouvoir remplacer le bien par le mieux, et n’osant pas s’attaquer aux dispositions générales, à la précision des mouvements , au fini de l’exécution, ils portent leurs tentatives sur l’extension que peut recevoir la presse comme puissance de reproduction sous le rapport de la quantité et de la grandeur du format. Nous croyons que c’est le motif principal qui explique le petit nombre d’exposants cette année.
- C’est dans ces vues que de louables efforts ont été tentés et couronnés de succès, tandis que d’autres n’ont pas encore la sanction de l’expérience nécessaire pour apprécier la hardiesse, de leur conception.
- Il serait cependant à désirer, dans l’intérêt de la typographie, que MM. les constructeurs de presses mécaniques fixent leur attention à simplifier la mise en train qui, encore aujourd’hui, pour un grand nombre de ces presses T leur fait perdre une partie de leurs avantages sur les presses typographiques à bras. Espérons que les justes observations du jury seront
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- entendues et que la prochaine exposition aura à constater plus de progrès en ce genre que nous n’en avons à signaler aujourd’hui.
- M. DUTARTRE, avenue de Saxe, n° 2 4, à Paris.
- M. Du tartre expose cette année une presse mécanique dite en blanc et à pointures. Celte machine a été inspirée à son auteur par le rejet qu’avait fait notre industrie typographique des machines anglaises et allemandes de ce système, par le peu de travail produit par ces machines, les mauvais résultats obtenus et leur prix très-élevé; i! a été régénéré par cet habile mécanicien delà manière la plus satisfaisante.
- Cette machine, qui est déjà dans toutes les imprimeries tirant des ouvrages de luxe, y occupe le premier rang.
- Les résultats obtenus par cette machine, principalement pour les textes entremêlés de gravures sur bois, mises entre les mains de bons ouvriers conducteurs, égalent au moins, s’ils ne dépassent pas, tout ce que l’art typographique avait produit jusqu’à ce jour même avec les presses à bras.
- La précision, la parfaite exécution, jointes à la simplicité des pièces de cette machine', ont amené une grande économie de temps dans la mise en train, si désavantageuse aux presses mécaniques par les longs chômages qu’elles occasionnent.
- Malgré tous ces perfectionnements, M. Dutarlre est arrivé à réduire le prix de ses machines, au point qu’il les livre au commerce avec une réduction de moitié' sur les prix anglais et allemands.
- C’est donc avec la plus grande satisfaction que le jury voit M. Du tartre persévérer dans cette voie de franchise et de pureté d’exécution , d’entente des dispositions générales qui lui ont mérité la réputation dont il jouit à si juste titre, et qui lui ont valu une médaille d’argent en 1839, une nouvelle médaille d’argent en i844-Le jury, par toutes ces considérations, accorde à M. Dutarlre la médaille d’or.
- M. NORMAND, rue de Sèvres, n° 9-7, à Paris.
- M. Normand a déclaré et a été admis à exposer une machine pour- tirer les journaux. Nous regrettons beaucoup que M. Normand n’ait pas eu le temps nécessaire pour produire à l’exposition cette
- Médaille
- d'or,
- Rappel de médaille d'argent.
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- Médaille de bronze.
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- machine, d’une combinaison toute nouvelle et destinée à multiplier le tirage d’une feuille périodique du plus grand format.
- Celte machine a fonctionné dans les ateliers de cet habile constructeur, où nous nous sommes transportés pour l’examiner; là' nous avons pu nous convaincre de toutes les combinaisons mécaniques qu’il a fallu pour arriver au résultat obtenu par celte ma-, chine.
- Le jury regrette que le public ait été privé d’examiner l’œuvre de M. Normand, qui n’aurait pu que gagner à cette appréciation.
- Le jury rappelle à M. Normand la médaille d’argent qu’il a obtenue en i844-
- MM. CLITON et COISNE, rue de la Harpe, n° 90, à Paris.
- MM. Cliton et Coisne ont produit à l’exposition une presse typographique à bras, avec des modifications appelées à détruire les inconvénients que présentait le contre-poids qui servait à faire relever la platine dans les autres presses. Ce contre-poids est remplacé par quatre ressorts à boudin en bronze et traversé par deux guides taraudés, qui permettent à l’ouvrier de régler facilement la pression du foulage, et qui, en même temps, font descendre la platine perpendiculairement et évitent ainsi le défaut connu sous le nom de papillotage, reproché si souvent aux autres presses.
- Quoique cette idée ne soit pas nouvelle, puisque les Américains avaient déjà cherché le moyen d’éviter cet inconvénient par un ressort à boudin renfermé dans un cylindre, à la partie supérieure du bâti, nous reconnaissons que le moyen employé par MM. Cliton et Coisne ne laisse rien à désirer et est supérieur à tout ce qui a été tenté jusqu’à ce jour pour perfectionner la presse à bras; en conséquence, le jury décerne à MM. Cliton et Coisne une médaille de bronze.
- M. GIROD DOT fils, rue du Vaî-de-Grâce, n° 8, à Paris.
- M. Giroudot fils a exposé une machine typographique à pression continue et papier sans fin, au moyen de clichés circulaires. L’idée de cette machine, qui est peut-être destinée à faire subir de grandes modifications à la typographie pour la publication des feuilles quotidiennes, est encore trop nouvelle dans son application pour lui assigner le véritable rang qu’elle mérite.
- Des essais en ce genre ont été tentés depuis longtemps en Angle-
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- lerre ; ils n’ont pas pris l’extension que prend ordinairement toute idée grande dans sa conception, heureuse dans son application et facile dans son usage.
- Peut-être l’esprit de recherche, si facile dans notre pays, n’a-t-il pas dit son dernier mot sur l’introduction du cliché circulaire dans les machines à imprimer. Sans dire que M. Giroudot ait vaincu toutes les difficultés, sa machine nous paraît simple et bien entendue ; nous avons remarqué surtout la lame spirale qui sépare chaque feuille après son impression, fonctionnant avec une grande régularité.
- Nous laisserons au temps de justifier et d’apprécier le service qu’elle pourra rendre à l’art typographique.
- Le jury, appréciant tout ce qu’il y a de mérite dans la disposition adoptée dans la machine de M. Giroudot, le récompense par une médaille de bronze.
- MM. GILLIMANN et ALAUZET, boulevard Mont-Parnasse, n° 35, à Paris.
- MM. Gillimann et Alauzet exposent une machine typographique qu’ils annoncent d’un nouveau système ; nous avons été très-surpris de retrouver dans la machine Gillimann et Alauzet la reproduction complète de la machine de M. Dutarlre, ou plutôt de deux machines de M. Dutarlre accouplées.
- Le résultat de cet accouplement, qui fait tout le mérite de cette presse, ne peut pas encore être apprécié, et, jusqu’à ce qu’il soit justifié par de véritables services rendus, il nous semble devoir être envisagé seulement comme une application d’un système connu.
- Le jury, prenant en considération la bonne exécution de leur machine, décerne à MM. Gillimann et Alauzet une mention honorable, ainsi qu’à M. Montillier, autre exposant, pour la bonne confection de ses machines typographiques.
- S 3. PRESSES LITHOGRAPHIQUES ET AUTOGRAPHIQUES.
- MACHINES LITHOGRAPHIQUES DISTRIBUANT L’ENCRE.
- M. A. Julien, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Ce genre de machines, dont les produits sont destinés à
- Mention
- honorable.
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- un immense écoulement, n’a eu , cette année, qu'un seul exposant sérieux, tandis que la dernière exposition en présentait deux. Il est d’autant plus convenable de fixer l’attention sur ce sujet que l’espèce de désertion dont il est l’objet pourrait faire naître des doutes sur la réalité de son importance. L’impression lithographique avec application mécanique de l’encre est un annexe indispensable de la typographie, si même elle ne doit la suppléer d’une manière absolue dans certains travaux. Ceux de ce genre qui se présentent en première ligne sont non-seulement l’imitation de l’écriture manuelle, mais surtout la confection de tous les tableaux divisés en colonnes par des filets et réglés transversalement. La finesse et la rapidité d’exécution que la gravure sur pierre ou le tracé rendent si faciles pour les vignettes que le commerce et l’industrie emploient dans leurs imprimés, sont des qualités spéciales à la lithographie. Quand on considère l’immense quantité d’états, de registres, de bulletins que réclament chaque jour l’introduction de la méthode et de l’ordre dans une foule d’opérations industrielles, ou bien encore la consommation qu’en fait une publicité dont on ne peut prévoir les limites, on n’aperçoit que du succès pour une entreprise dont la place avait été laissée vacante par la typographie. La possession de cette place est d’autant plus assurée que les produits de la lithographie sortent'de la presse à l’état de papier satiné, prêts à être reliés ou à recevoir l’écriture manuelle, et que la composition et la mise en train sont plus rapides que dans l’impression en caractères; à cela, il faut ajouter que cette dernière, elle-même, subit des ejmprunts auxquels il lui est impossible de se soustraire, puisqu’il suffit (à la lithographie) d’une simple épreuve de lettre ou de vignette pour faire, par sa méthode si simple, des reports, une nouvelle composition. Ainsi, on ne saurait refuser une portée considérable à ce progrès, qui consiste à faire appliquer l’encre lithographique paria machine même qui opère le tirage, et à supprimer ainsi des frais qui entraient pour plus de moitié dans l’impression lithographique manuelle. Ce pro«
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- blême a élé résolu de différentes manières, et la dernière exposition en offrait déjà deux distinctes, avec celle circonstance très-remarquable, que l’un des deux systèmes, conservant la disposition plane des pierres ordinaires, avait pleinement réussi dans l’impression du dessin au crayon, pour les produits dits commerciaux. Par une fatalité qu’on ne saurait trop regretter, ni trop s’empresser de réparer, le nom de son auteur, M. Perrot, n’a point été énoncé dans le rapport de i844, au sujet de celte belle machine qui constitue dans les arts graphiques une grande date industrielle. On sait ce que peut avoir d’influence sur la solution d’un problème la certitude quelle n’est pas impossible. C’est celte part qui revient légitimement à M. Perrot, dans les travaux subséquents que son exemple et ses succès n’ont pas peu con tribué à développer.
- L’exposition de 1849 a déjà prouvé toute la fécondité de cet exemple, car elle présentait deux nouvelles machines à lithographier, distribuant l’encre. La production de l’une des deux est restée incomplète sous l’entrave des circonstances malheureuses qui pesaient sur ses auteurs. Le public, non plus que le jury, n’ont donc pu la voir fonctionner, ni même en apprécier l’organisation. L’autre est une machine au mérite de laquelle nous avait préparé la réputation élevée et justement acquise de son auteur.
- MM. LACROIX père et fils, à Rouen.
- La machine à imprimer la lithographie qu’ont exposée ces habiles constructeurs distribue l’encre avec celle circonstance particulière, que les rouleaux toucheurs, dans le but d’imiter entièrement l’opération manuelle, sont animés, à leur second passage sur la pierre, d’une vitesse plus considérable que celle qu’ils avaient en y arrivant. Le papier se marge à la main, d’une façon assez semblable à celle qui est usitée dans la typographie; des cordons s’emparent de la feuille et la ramènent sur une table placée au-dessous de celle d’où elle est partie. La distribution de l’encre n’a pas pour point de départ un encrier, comme dans la typographie; et cela se motive fort bien par cette raison, que la quantité d’encre que réclame la lithographie est si petite et a besoin d’une telle surveillance, que la
- Nouvelle médaille • d'argent.
- »
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- Médaille
- d’argent.
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- main de l’homme, opérant à d’assez longs intervalles, se trouve être un moyen parfaitement convenable. Les travaux que MM. Lacroix ont eu en vue sont les écritures du commerce, et les produits présentés au jury sont de nature à satisfaire pleinement à ses exigences. Quant à la conception et à l’exécution de la machine, elle a paru digne de la réputation d’intelligence mécanique dont jouissent ces habiles constructeurs.
- MM. Lacroix ont en outre exposé une machine à fouler les draps et une à peigner le lin, qui sont l’objet de rapports présentés par une autre section.
- Le jury décerne à MM. Lacroix, une nouvelle médaille d’argent.
- M. GUILLAUME, rue des Vieux-Augustins,n° 58, à Paris,
- Honoré d’une médaille de bronze à la dernière exposition, où il figurait comme successeur de M. Beugé, M. Guillaume a, depuis cette époque, étendu et élevé le genre de ses travaux. Ainsi, indépendamment de ses presses autographiques, lithographiques, à copier et à timbre sec, qui reçoivent dans son établissement une exécution toujours très-soignée, il a donné un plus grand développement à ses constructions ordinaires de pressoirs Révillon , et de grosses vis détachées qui offrent de si grandes ressources aux petits ateliers qui commencent avec un outillage très-limité.
- Puis en dehors et au-dessus de ces travaux, M. Guillaume s’est livré à la construction de deux machines, dont l’une, destinée à la gravure, ne peut figurer ici que pour mémoire, sa nature la rendant l’objet d’un rapport de la commission des arts de précision. Quant à l’autre, qui constitue l’un des principaux titres de M. Guillaume, elle a pour objet de timbrer, en encre grasse, un papier quelconque. L’appareil est d’une simplicité et d’une légèreté tout à fait en rapport avec sa destination; la rapidité de sa manœuvre ne laisse rien à désirer ; ainsi le temps nécessaire à la substitution d’une feuille à une autre mesure exactement celui pendant lequel le timbre a pu s’encrer, frapper et se relever. Cette machine, déjà employée par la banque de France, est appelée à rendre de nombreux services. Son emploi n’est pas restreint à de simples timbres, elle peut facilement exécuter des têtes de lettres et autres impressions limitées que le commerce emploie en si grande quantité.
- Le jury, appréciant les efforts faits par Guillaume, lui décerne la médaille d’argent.
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- M. POIRIER, rue du Faubourg-Sl-Martin, n° 35, à Paris.
- L’exellente réputation que s’est faite cette maison par la précision et la solidité, non moins que par l’élégance de ses presses, est certainement confirmée par son exposition de cette année. On y remarque des presses à copier dans tous les prix, dont une est disposée de manière à faciliter l’obtention, sur les registres, de la reproduction simultanée de plusieurs lettres différentes. Des presses à timbre sec, des presses autographiques et enfin des nécessaires de voyage contenant ces instruments, accompagnés de tous les accessoires indispensables pour leur emploi.
- La maison Poirier, qui compte de nombreuses années d’existence, non-seulement s’est constamment élevée par le nombre et le perfectionnement de ses produits, mais aussi par l’extension qu’elle a donnée à la nature de ses travaux; ainsi arrive-t-elle maintenant à la construction de presses pour laboratoire et magasin de papeterie, et se montre-t-elle aussi avantageusement dans ce genre que dans celui qu’elle avait exploité originairement.
- M. Poirier, honoré en i844 d’une médaille de bronze, est jugé très-digne d’une nouvelle récompense du même ordre.
- Nouvelle médaille de bronze.
- M. THUVIEN, place de l’Odéon, n° 4, à Paris.
- Quelques changements utiles ont été faits à la presse que M. Thu-vien avait présentée à la dernière exposition; le plus important est d’avoir soulevé le rouleau presseur, pendant le retour de la pierre, de manière à ce que l’impression n’ait lieu qu’une fois. Le résultat le plus saillant de cette modification est la possibilité d’imprimer les cartes de visites à surface lisse, dites porcelaines.
- M. Thuvien, honoré d’une médaille de bronze en i844, mérite que cette récompense soit rappelée en sa faveur.
- Rappels de médaille de bronze.
- M. BRISSET père, rue Saint-Jacques, n° 169, à Paris,
- A exposé des cisailles pour diviser la carte lissée et particulièrement une machine à rogner le papier, à grande lame ; dans cette dernière machine, M. Brisset a adopté, pour la marche du couteau, une disposition qui ménage évidemment l’espace dans lequel l’action oblique de cet agent se produit ordinairement, mais qui, lui imprimant un mouvement ondulé, les prive par instants des avantages attachés à la direction uniformément oblique.
- l 2
- il.
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- Médailles le'bronze.4
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- M. Brisset, déjà honoré d’une médaille de bronze, se montre toujours digne de celle récompense.
- . M. BRISSET fils, rue des Martyrs, n° i 3, à Paris.
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- “^'Constructeur habile et précis , M. Brisset fils continue de rendre à la lithographie les services qui lui ont valu à la dernière exposition la mention. Lejury, appréciant ses travaux, juge qu’ils’est rendu de plus en plus digne de celte récompense et lui décerne aujourd’hui la médaille de bronze. cr û
- M. RAGUENEAU, rue Sainfrflaequoc-y n° 7 à Paris.
- Sous le litre de presses aulographiques, M. Ragueneau a présenté à l’exposition deux choses nouvelles: l’une est un alliage substitué au zinc, employé ordinairement au lieu de pierre, particularité qui, étant du ressort de la commission des arts chimiques, ne peut être citée ici que pour mémoire. L’autre est un mode nouveau, quant à l’impression autographique, d’exercer la pression indispensable pour obtenir les épreuves. M. Ragueneau supprime toute presse, et, armant sa main d’une racle en bois ayant à peine 10 centimètres de longueur, il la pousse devant lui en appuyant fortement et suivant des lignes tracées sur son tympan qui n’est qu’un simple morceau de cuir sans châssis. Celte opération se renouvelle autant de fois, dans des directions parallèles, qu’il est nécessaire pour obtenir la totalité de l’épreuve. Ce procédé, le plus simple de tous, donne des épreuves très-satisfaisantes.
- Le jury accorde avec satisfaction une médaille de bronze à M. Ragueneau.
- MM. BARBARANT et DUMOULIN, rue de Grenelle-S1-Honorc, n° 55, à Paris.
- La presse autographique de ces exposants se fait remarquer par une grande simplicité, une grande solidité. Une cage en fonte de fer, portant les rouleaux presseurs, glisse sur un bâti, également en fonte, dans lequel elle s’accroche par un tenon à T. Entre ce bâti qui porte la pierre ou la feuille de zinc, et la cage qui conduit le rouleau, est exercée la pression qui produit l’épreuve. La translation de la cage et du rouleau a lieu par l’action d’une seule main. Le rouleau dont il vient d’être parlé est enveloppé du blanchet nécessaire à l’impression, en l’absence du tympan. Quand celui-ci est employé, une racle en bois est substituée au rouleau.
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- Pour s’accommoder aux différentes épaisseurs, soit des pierres, soit des feuilles de métal, celle presse porte un plan incliné mobile placé dans le fond du châssis.
- MM. Barbarant et Dumoulin enferment celte presse dans une boîte qui contient en même temps ce qui est nécessaire à l’impression aulographique. Le tout compose un appareil qui a déjà rendu et qui est appelé à rendre bien des services dans les administrations et le commerce.
- Le jury accorde à MM. Barbarant et Dumoulin une médaille de bronze.
- M. MOSSON, rue des Ursins, n° 3, à Paris,
- La petite presse lithographique, à bâti en fonte, se posant sur une table, qu’a exposée M. Mossonest d’une bonne et franche exécution. Il est regrettable que ce constructeur, que recommandent des travaux nombreux et très-variés, aitlimité son exposition à ce seul objet.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- § 4. MACHINES A CHOCOLAT ET A BROYER.
- M. Pecqueur, rapporteur.
- M. George HERMANN, rue deCharenton, n° 102 , à Paris.
- M. Hermann a exposé un grand nombre de machines, toutes d’une exécution remarquable.
- . Ses machines, à trois cylindres, destinées à broyer le chocolat et les couleurs, sont connues depuis longtemps.
- M. Hermann a appelé l’attention du jury sur trois machines nouvellement inventées par lui, et qui, malgré leur date récente, ont déjà reçu la sanction de l’expérience.
- C’est d’abord un appareil auquel il donne le nom de mélangeur. Cet appareil se compose de deux meules en granit, arrondies à.îeur circonférence et tournant verticalement dans une auge circulaire, aussi en granit, et convexe à son centre; les matières qui s’attachent à ces meules en sont détachées par des raclettes rasant le pourtour; deux râteaux, en forme d’hélice, mis en mouvement par le même arbre qui conduit les meules, retournent sans cesse, en sens inverse, les pâtes soumises à l’action des meules. Cet appa-
- Citation
- favorable.
- Nouvelle médaille d’argeu L
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- reii, déjà très-répandu dans les fabriques de chocolat, a rendu un double service à cette industrie, tant à cause de la perfection du travail qu’il produit que parce qu’il remplace définitivement les mortiers à pilons, si incommodes dans les villes par leur bruit.
- Vient ensuite une autre machine d’une élégance remarquable, et renfermant entre ses quatre colonnes quatre machines identiques, dont chacune consiste dans une molette tournant verticalement autour de la circonférence intérieure d’une auge circulaire en biscuit de porcelaine, et décrivant, en même temps, sur elle-même, un mouvement de rotation, sous la pression élastique d’un ressort à boudin. Cette machine, destinée principalement à la pulvérisation des poudres pharmaceutiques, est déjà employée à la confection des médicaments homéopathiques; aussi M. Hermann en a-t-il construit une à une seule auge, disposée fort ingénieusement pour mettre, ceux qui en font usage, à l’abri des inconvénients attachés au travail des substances vénéneuses.
- La troisième, enfin, remarquable par son originalité, destinée au broyage des poudres fines, mais principalement des couleurs à l’eau et à l’huile, paraît avoir résolu le problème longtemps cherché du moyen mécanique substitué à la molette, mue par la main de l’homme, pour la confection des couleurs impalpables. Elle se compose d’un pilon hémisphérique à sa partie inférieure, parfaitement ajusté dans le fond d’un mortier en porcelaine, et mû, à son extrémité supérieure, d’un mouvement circulaire excentrique, de telle sorte que son grand axe, dans sa révolution, engendre un cône renversé. Cette simple et ingénieuse combinaison a pour résultat de faire subir aux matières placées dans le mortier une série de frottements croisés en tous sens , qui les amènent promptement à une finesse extrême.
- Le jury a accordé à M. Hermann une nouvelle médaille d’argent.
- Médaille
- -d'argent.
- M. François-Jules DEV1NCK, rue Saint-Honoré, n° 85, à Paris.
- M. Devinck a exposé un torréfacteur à cacao, et une machine à peser et à mouler le chocolat; cette dernière est restée chez lui où le jury a été l’examiner.
- M. Devinck a déclaré que ces deux appareils ont été inventés dans sa fabrique; que ses ouvriers, Armand Duplex, Graux et
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- Claire, ont apporté leur concours à l’invention, mais particulièrement Armand Duplex, qui a trouvé le mécanisme de Tune des pièces principales.
- Cet acte de justice de M. Devinck envers ses ouvriers est un bel exemple à suivre et bien digne d’éloges.
- Le torréfacteur diffère de ceux en usage en ce qu’il est posé sur un chariot à quatre roulettes, qui marchent sur deux rails, lorsqu’on le fait entrer ou sortir du fourneau. Ces rails pénètrent jusqu’au fond du fourneau, et dépassent en avant de la quantité nécessaire pour que le brûloir puisse sortir et verser le cacao brûlé en dehors du fourneau; cette disposition en rend la manœuvre très-facile.
- Le tourillon du cylindre brûleur qui reste en dehors du fourneau est creux; au moyen de ce trou, sans rien déranger, on peut prendre, avec une sonde, du cacao dans l’intérieur du cylindre, et s’assurer du moment qu’il est assez brûlé.
- La machine à peser et à mouler le chocolat est d’un autre ordre que la précédente. C’est une machine de précision fort compliquée à cause de la multiplicité des effets qu’elle est appelée à produire ; elle est ingénieusement conçue et fonctionne bien. Elle produit quinze à dix-huit tablettes de chocolat bien moulé par minute.
- Elle se compose :
- i° D’une trémie où l’on verse le chocolat en pâte qu’on veut mouler en tablettes; cette trémie est munie au fond d’une vis sans fm, qui pousse le chocolat dans le mesureur;
- 2° D’un cylindre appelé mesureur, portant les mesures autour de sa circonférence ;
- 3° D’une poulie ramasseur, qui s’empare du morceau de pâte mesuré, le roule en boudin et le fait tomber dans le moule;
- 4° D’une table tournante, autour de laquelle se trouve le mécanisme, qui imprime à ces moules les mouvements rapides nécessaires pour unir le dessus des tablettes;
- 5° D’un mécanisme qui place les moules vides sur une table ;
- 6° Enfin, d’un autre mécanisme qui ramasse les tablettes à mesure qu’elles sont achevées, et les descend dans la cuve.
- Tous les organes de la machine sont heureusement conçus en eux-mêmes et dans leurs rapports entre eux. Le plus remarquable est le mesureur : c’est une couronne en fonte, ou cylindre creux, percé de dix trous sur sa circonférence, loue dirigés sur son axe-
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- Médailles de bronze.
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- Chaque deux Irous opposés contiennent un cylindre faisant la fonction d'un double piston; ces pistons sont évidés au milieu de leur longueur, de manière à ne point se gêner les uns les autres dans leurs mouvements.
- Leur longueur est moindre que le diamètre de la couronne d’une certaine quantité pour laisser un vide égal au volume que doit avoir le morceau de chocolat du poids voulu. Quand un des dix trous se trouve vis-à-vis de la vis de la trémie qui y pousse la pâte, le piston obéit, et fait sortir à son bout opposé le morceau de chocolat qui avait été mesuré au demi-tour précédent. Quand le piston est ainsi poussé au bout de sa course, c’est lui-même qui touche la détente, et aussitôt le mécanisme avance; un autre piston se présente à la vis, celui-ci est poussé à son tour, le vide qu’il laisse se remplit, et le piston, en roulant, produit les mêmes effets que le précédent, et ainsi de suite.
- Le mécanisme de ce mesureur est tel, que ses mesures peuvent être agrandies ou rapetissées à volonté pour les régler, de manière à donner le même poids, malgré les différences spécifiques des diverses sortes de chocolat.
- Non-seulement celte machine diminue sensiblement les frais de fabrication du chocolat, mais encore elle évite toute manipulation, tout contact des mains dans la préparation de cet aliment.
- En résumé, M. Devinck et ses ouvriers ont inventé une belle et utile machine. Le jury accorde à M. Devinck une médaille d’argent.
- Nota. Voyez pour la récompense de M. Duplex le rapport spécial qui le concerne, page 2 55.
- *
- M. Jean-Claude MÉLINAND, à Lyon (Rhône).
- M. Mélinand a exposé deux machines à broyer le chocolat : l’une mue par la vapeur, et l’autre à bras.
- Ces machines se composent d’une paire de cylindres, comme M. Hermann en construit depuis longtemps, et d’une table tournante qui ramène constamment le chocolat aux cylindres, et qui, par cela même, rend le travail continu; d’où il résulte que cette machine peut recevoir le cacao et le sucre brut, et les réduire en chocolat fini par une seule opération.
- Les cylindres sont placés horizontalement l’un sur l’autre, entre le centre et la circonférence de la table tournante; le cylindre de
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- dessous marche plus vite que la table qu’il touche; le cylindre de de dessus marche aussi plus vite que celui de dessous qu’il touche.
- Pour donner plus ou moins de serrage, la table se soulève par une trempure, et le cylindre de dessus se descend comme dans un laminoir.
- Les cylindres et la table sont en granit.
- Des expériences ont été faites à Lyon et à Paris, d’où il résulterait que la machine remplirait bien le but que son auteur s’est proposé; mais, seulement, on observe quelle ne présente pas toutes les conditions de propreté voulue. Cet inconvénient étant facile à faire disparaître, le jury accorde à M. Mélinand une médaille de bronze.
- M. PELLETIER, rue Sl-Denis, n° 71, à Paris.
- M. Pelletier a exposé un moulin à broyer le cacao, et une machine à peser les tablettes de chocolat.
- Le moulin de M. Pelletier est déjà employé par lui depuis longtemps. C’est la première fois, cependant, qu’il paraît à l’exposition des produits de l’industrie. *
- Dans le même but que M. Devinck, M. Pelletier a aussi inventé une machine à mesurer les portions de pâte de chocolat destinées à fonner les tablettes, afin d’éviter le contact des mains des ouvriers et d’aller plus vile.
- Cette machine, faite longtemps après celle de M. Devinck, est beaucoup moins complète et, par conséquent, peut être exécutée à un prix beaucoup inférieur.
- Les capacités qui mesurent le chocolat ont l’inconvénient d’être invariables, tandis que les divei'ses sortes de chocolat varient de pesanteur spécifique.
- M. Pelletier estime que, malgré ce défaut, sa machine donne des morceaux de pâte dont le poids varie moins que dans les morceaux pesés à la balance.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. Aimé RUFFIER, passage de l’Industrie, n° 9, à Paris.
- M. Rulfier a réuni, dans le même appareil, tous les instruments et agents nécessaires pour la confection du chocolat.
- Sa machine se compose de deux cônes tournant sur un plateau en fonte, qui est divisé par des rayons. A l’une des extrémités, il a
- Mentions
- honorables
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- disposé un moulin à pulvériser et à tamiser le sucre, se composant d’une noix conique, munie en haut de dents en fer et se terminant en bas par du granit.
- A la partie opposée, l’auteur a pratiqué une ouverture pour l'alimentation de deux cylindres broyeurs, placés dans le coffre qui supporte toute la machine. L’assemblage de toutes ces pièces est bien calculé.
- M. Ruffier a exposé, en outre, un moulin à sucre, qui ne diffère de celui disposé sur la machine que par la force seulement; mais, du reste, c’est le même instrument. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Étienne DUMAIGE, rue du Fouarre, n° 5, à Paris.
- M. Dumaige a exposé une machine pour broyer les poudres pharmaceutiques. C’est une auge circulaire en porphyre, pouvant s’élever facilement par le moyen d’une trempure; une molette, également en porphyre et reposant sur le fond de l’auge, reçoit son mouvement de rotation par le contact avec celte dernière. La molette est disposée de telle sorte, qu’elle peut écraser dans ses parties horizontales et verticales. Un ramasseur fixe détache les matières qui tiennent aux parois intérieures de l’auge. 11 faudrait voir fonctionner cette machine pour l’apprécier convenablement; toutefois elle est parfaitemunt exécutée.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Dumaige.
- M. Pierre DEBATISTE, rue d’Angoulême, n° 2 5, à Paris.
- M. Debatiste a exposé les cinq objets suivants :
- i° Une machine à broyer le chocolat, composée de deux cylindres horizontaux en fonte;
- 20 Une machine à quatre cylindres horizontaux en fonte destinée à broyer les couleurs;
- Une machine pour broyer le savon; ce petit appareil, disposé comme la machine à chocolat, en diffère par les cylindres qui sont en pierre blanche de Tonnerre ; à cette machine est joint un rabat cà couper le savon; ce rabat marche horizontalement, et coupe trois briques à la fois; un homme les fait marcher;
- 4° Une machine à vapeur de la force d’un cheval, à haute pression, qui ne présente rien de remarquable;
- 5° Une presse à vis portant un piston qui presse dans un seau
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- sans fond. Ce seau est" criblé de trous, et s’ouvre pour faciliter la sortie du résidu.
- Ces objets, en général bien exécutés, méritent d’être mentionnés honorablement.
- SECTION NEUVIÈME.
- § 1". APPAREILS DESTINÉS A OBTENIR LA SÉPARATION DES MATIÈRES SOLIDES ET LIQUIDES DANS LES FOSSES D’AISANCES.
- M. Mary, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- La séparation des matières solides et liquides et leur désinfection au moment de leur production, ont un double but : assainir les habitations et accroître la valeur des engrais tout en leur enlevant l’odeur qui en rend l’emploi incommode dans l’état naturel. L’administration doit donc encourager toutes les tentatives faites par les industriels dans cette voie, et c’est par ce motif que le jury central a cru devoir mentionner tous les appareils qui lui ont été présentés pour opérer la séparation et la désinfection.
- MM. BÉLICARD et CHESNEAU, à Montmartre (Seine),
- Ont, les premiers, imaginé d’obtenir la séparation des liquides et des solides en profitant de la propriété qu’ont les liquides d’adhérer aux surfaces qu’elles mouillent lorsque les solides, au contraire, en sont détachés par la gravité. Ce principe a été appliqué par d’autres avec plus ou moins de succès; mais considérant que le mérite de l’idée revient à MM. Bélicard et Chesneau, qui n’ont eu, en i844, qu’une mention honorable, le jury leur accorde une médaille de bronze.
- M. CHANSAY, rue du Faubourg-Sk-Denis, n° 65, à Paris,
- A construit un appareil anologue à celui de MM. Bélicard et Chesneau, mais dans lequel le tuyau de chute est légèrement contourné à sa partie inférieure afin de forc er les matières à toucher les
- Médaille de bronze*
- Mentions
- honorables*
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- parois. Les liquides se séparent en suivant la paroi recourbée en dehors et tombent dans une première gouttière. Les solides retombent ensuite sur un cône qui le rejette une seconde fois sur des surfaces convenablement inclinées pour enlever les liquides qui ont été entraînés la première fois avec le solide. A cet appareil séparateur en est joint un autre, destiné à désinfecter les matières solides au moment où elles tombent dans le récipient destiné à la recevoir. Ce second appareil est disposé de manière que, mû par une corde attachée à la porte d’entrée des latrines, il verse à chaque oscillation une quantité de poudre suffisante pour désinfecter les matières tombées. Le jury accorde à M. Chansay une mention honorable.
- M. DEBACQ, passage des Petites-Écuries, n° 19, à Paris,
- Présente un appareil fondé sur le même principe que MM. Béli-card et Chesneau. Afin de faciliter la séparation des liquides et des solides, il lance les matières tangentiellement à un vase conique sur les parois duquel les liquides, répandus en nappe mince, adhérent et coulent ensuite dans une rigole annulaire. Le jury accorde à M. Debacq une mention honorable.
- M. GALLET, au Havre (Seine-Inférieure),
- A exposé un appareil destiné à opérer, dans les lieux d’aisance, la séparation des liquides et des solides et à désinfecter les solides. La disposition en est simple,le prix peu élevé, l’établissement facile.
- Le jury accorde à M. Gallet une mention honorable.
- MM. BAPHANEL, LE DOYEN et ROUGET DE LISLE, rue Neuve-Sl-Merry, n° 9, à Paris.
- Les appareils désinfectants présentés par MM. Raphanel, Le Doyen et Rouget de Lisle consistent en une cuvette ordinaire, sur l’orifice intérieur de laquelle ils placent un tampon à soupape, portant à sa face inférieure une éponge imprégnée de nitrate de plomb. Le couvercle du siège, clos par une fermeture hydraulique, est également garni d’éponges, en même temps qu’il renferme du nitrate de plomb dans un récipient d’où l’on peut en faire écouler un volume déterminé dans la fosse.
- - Des gazs sont décomposés par le sel de plomb et les matières sont désinfectées, de sorte que la fosse n’exhale pas d’odeur; mais les bons effets des matières désinfectées comme engrais, n’ont pas encore été suffisamment constatés.
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- Le jury accorde à MM. Raphanel, le Doyen et Rouget de Lisle, une mention honorable.
- S 2. GARDE-ROBES HYDRAULIQUES; APPAREILS DE TOILETTE;
- CUVETTE HYDRAULIQUE.
- M. Mary, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Un grand nombre de garde-robes ont été exposées ; la plupart sont la reproduction des appareils analogues qui ont figuré à la dernière exposition, avec de très-légères modifications. Cependant on doit citer quelques mécanismes nouveaux.
- M. BOURG, boulevard Beaumarchais, n° 1 9, à Paris,
- Reproduit ses sièges à bascule, dont les cuvettes sont fermées successivement par deux soupapes, disposées de manière que l’une sefermequandraulres’ouvre.llprésenle, enoutre, un appareil nouveau pour séparer les solides des liquides, sur la plaque même qui reçoit les matières au moment de leur chute. A cet effet, le fond de la cuvette est percé de trous.
- Le jury rappelle à M. Bourg la médaille de bronze.
- M. FEUILLÂTRE, rue Croix-des-Petits-Champs, n° 39, à Paris.
- M. Feuillâtre, qui avait obtenu une médaille de bronze pour la bonne confection de ses garde-robes, a disposé des robinets de manière à permettre l’enlèvement de la clef sans démonter aucune partie du mécanisme.
- Il y a lieu de rappeler à M. Feuillâtre la médaille de bronze.
- M. LEROY, rue Notre-Dame-de-Nazareth, n° 13, à Paris.
- Outre des garde-robes très-convenablement disposées, M. Leroy a exposé des appareils de toilette contenant des cuvettes qui reçoivent l’eau par le fond et la laissent échapper par le même orifice. Ces appareils, à la fois.élégants et commodes, conviennent aux personnes riches, qui renouvellent ainsi l’eau de ces cuvettes sans avoir à y toucher.
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- Médaille de bronze.
- Citations
- favorables.
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- Le jury rappelle à M. Leroy la médaille de bronze qu’il a reçue en 1844-
- M. H AV ARD-LOY ER, rue Ste-Anne, n° 5o, à Paris.
- M. Havard-Loyer présente des sièges à bascule à double capsule. L’une s’ouvre quand l’autre se ferme ; l’eau arrive sur la capsule supérieure et tombe sur la seconde, de manière que les gaz de la fosse ne puissent pas se dégager.
- Il présente également un appareil très-rustique pour les casernes et autres établissements très-populeux, et disposé de manière que le trou de la fosse s’ouvre quand on a les pieds convenablement placés, et se ferme quand on les retire du tablier mobile.
- Le jury accorde à M. Havard-Loyer la médaille de bronze.
- M. HAVARD (Michel), place du Louvre, n° 12, à Paris.
- Les garde-robes exposées par M. Havard (Michel) sont bien exécutées, mais n’offrent aucun perfectionnement nouveau.
- Le jury accorde à M. Havard une citation favorable.
- M. TIRMARCHE, rue ^-Honoré, n° 368, à Paris.
- Capsule équilibrée avec un contre-poids,de manière qu’elle se renverse dès quelle est chargée.
- On lave avec une pompe que l’on manœuvre à part.
- Le jury accorde à M. Tirmarcheune citation favorable.
- SECTION DIXIÈME.
- PUBLICATIONS ET DESSINS INDUSTRIELS.
- M. Morin, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Porter à la connaissance des industriels, par des ouvrages, par des dessins, la connaissance des procédés et des progrès des arts, est un des moyens les plus féconds de leur faciliter la solution des questions qui se présentent incessamment dans le développement de l’industrie. Envisagées sous ce rapport, toutes les publications dans lesquelles on décrit les appa-
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- reils de fabrication, les machines motrices, les constructions, où l’on donne les résultats des expériences, les règles pour l’établissement, la théorie de tous les organes mécaniques employés par l’industrie, sont un service rendu qui doit être classé au nombre de ceux que le jury est appelé à récompenser. C’est sous ce point de vue que l’on a examiné les produits présentés par quelques exposants qui se sont plus spécialement occupés des machines.
- M. Jacques-Eugène ARMENGAUD aîné, rue S^Sébastien, n° i 9, à Paris.
- Outre les dessins originaux qu’il a exposés, comme ingénieur, il est auteur d’une publication industrielle dans laquelle il reproduit les dessins, les proportions et les résultats des machines les plus remarquables. Le texte de cet ouvrage contient, outre la description des appareils, une discussion étendue des proportions et reproduit à l’occasion les règles à suivre pour la construction. Les planches, très-bien exécutées, sont cotées pour les parties principales, ce qui est d’une grande utilité pour la reproduction des machines.
- Le succès que cette publication obtient depuis plusieurs années est la preuve du service rendu par M, Armengaud à l’industrie, et le jury lui accorde une médaille d’argent.
- M. CLAIR, mécanicien, rue du Cherche-Midi, n° 9 3, à Paris.
- M. Clair s’est particulièrement livré avec succès à la construction des modèles de machines nécessaires à l’enseignement de la mécanique. Il expose cette année un modèle au cinquantième de locomotive et son tender du système de Steplienson, exécutés avec une précision extrêmement remarquable, et qui pourrait fonctionner si, pour en faciliter l’intelligence, il n’avait cru devoir ouvrir la chaudière et le cylindre. Rien ne manque dans ce joli modèle où toutes les pièces sont dans les proportions exactes de la construction réelle.
- Une machine à fabriquer des câbles plats pour l’extraction des minerais, un modèle de grue, prouvent que M. Clair ne travaille pas moins habilement le bois que le fer.
- Une collection complète de dynamomètres de toutes sortes, pour mesurer l’effort et le travail développé par les moteurs animés ou
- Médailles
- d’argent.
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- inanimés ou par les résistances à vaincre, et destinés à l’instruction pratique des élèves clés écoles des arts et métiers, est aussi présentée par cet habile artiste.
- Un nouvel indicateur à styles de la pression de la vapeur, et un indicateur totalisateur du travail développé par la vapeur dans les cylindres des machines, font partie de l’exposition de M. Clair. Ces deux instruments dus à feu M. Lapointe, ingénieur civil, mort en juin i848 dans les rangs de la garde nationale, sont aussi exécutés avec une grande précision.
- Outre les pièces qu’il a exposées, M. Clair a construit un grand nombre d’autres modèles, tels que turbines, machines d’extraction, modèles de tous genres, fourneaux, machines de fabrication, qui font partie des collections publiques et principalement de celle du Conservatoire des arts et métiers et de celle de l’Ecole polytechnique.
- M. Clair, artiste aussi habile que modeste, rend par ses travaux d’utiles services à l’enseignement des sciences appliquées. Le jury lui accorde une jnédaille d’argent.
- M. Adolphe LEBLANC, au Conservatoire des Arts-et Métiers, à Paris,
- A exposé de beaux dessins de machines, parmi lesquels on remarque surtout des tableaux coloriés pour l’enseignement de la mécanique et des arts techniques. Une partie de ces tableaux orne les galeries du Conservatoire des arts et métiers.
- Au mérite et au talent personnel qu’il possède, M. Ad. Leblanc joint celui de former des élèves habiles qui propageront son art.
- Sous ce double point de vue, M. Ad. Leblanc mérite la médaille d’argent que le jury lui accorde.
- M. Augustin MATHIAS, libraire (Bibliothèques scientifiques industrielles), quaiMalaquai, n° 15, àParis.
- M. Mathias s’est depuis quinze ans spécialement livré à une branche du commerce de la librairie qui a pour objet les ouvrages et les publications utiles à l’industrie. Les chemins de fer, les grands travaux publics, les machines, les outils, les procédés techniques, l’instruction élémentaire et scientifique des sciences appliquées, ont été succcesivement l’objet des publications qu’il a éditées. Par le choix des ouvrages et par le dévouement avec lequel il a
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- marché dans la voie qu’il s’est créée, M. Mathias a rendu de nombreux services à tous les ingénieurs.
- Mais, de tous ses titres, celui qui a pour les progrès de l’industrie et pour la diffusion de l’enseignement pratique et industriel la plus grande valeur, c’est l’idée féconde qu’il poursuit avec persévérance de la création de bibliothèques scientifiques industrielles, composées d’un choix d’ouvrages spécialement utiles à l’agriculture et à l’industrie, et dont le nombre serait proportionné aux ressources des diverses localités. A une époque où le besoin de s’instruire, stimulé par l’ambition si légitime d’améliorer leur sort, préoccupe à un si haut degré les ouvriers elles travailleurs de toutes les classes, donner à leurs recherches une direction utile et sûre, c’est les enlever aux dangereuses erreurs qu’on cherche à propager pai'mi eux, et servir à la fois la société et l’industrie.
- Le jury, appréciant les efforts de M. Mathias, lui accorde une médaille d’argent.
- M. Charles-François ARMENGAUD jeune, rue desFilles-du-Calvaire, n° 6, à Paris.
- A exposé une belle série de dessins'pour fabriques et .usines, et, par les soins donnés à leur exécution, il a mérité une médaille de bronze que le jury lui accorde.
- M. Jules AMOUROUX, rue Chariot, n° 47, à Paris.
- Cet ingénieur, qui se livre à l’enseignement de la mécanique pratique, a exposé des dessins bien exécutés de plusieurs machines, levés sur les appareils eux-mêmes et assez complets pour servir à la construction.
- Pratiquer et enseigner à la fois l’art utile du dessin, est un service que le jury se plaît à récompenser par une mention honorable.
- M. Joseph FOUCHÉ, rue de Navarin, n° 10, à Paris,
- A exposé de très-beaux dessins des machines établies au chemin de fer atmosphérique de Saint-Germain. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. MANOURY D’ECTOT, place Royale, n° 6, à Paris,
- A exposé une'collection de dessins de machines bien exécutés, pour lesquels le jury-lui accorde une mention honorable.
- Médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- M. Ernest PAROD, aux Prés-S^Gervais (Seine),
- A exposé des dessins de machines bien exécutés, pour lesquels le jury lui accorde une mention honorable.
- SECTION ONZIÈME.
- f, 1" CARROSSERIE.
- M. Arnoux, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Il y a quarante ans à peine, la carrosserie française n’existait en quelque sorte pas; on ne citait pas cle voiture solide qui ne vînt de Bruxelles, de voiture légère de voyage qui ne vînt d’Allemagne, de voiture de luxe élégante et confortable qui ne vînt de Londres.
- Plusieurs villes importantes du Nord et de l’Est ont commencé à nous affranchir de ce tribut que nous portions à l’étranger, mais c’est surtout à Paris que cette industrie s’est fixée et a fait les plus grands progrès.
- Quoique pourvus de fers et de bois de charronnage de qualité supérieure, les aciers nous manquaient; l’Allemagne avait ses aciers naturels et ses étoffes ; l’Angleterre, ses aciers cémentés ; la préparation de nos cuirs laissait à désirer, et nous ne pouvions construire qu’en tirant ces objets importants de l’étranger. Tels ont été les premiers obstacles à l’établissement de la carrosserie en France. Aujourd’hui, grâce aux progrès de toutes les branches qui concourent à la construction d’une voiture, rien ne s’oppose plus à ce que le goût, qui distingue aussi éminemment tous les produits de notre capitale, ne se reporte sur ce genre de construction, qui occupe tant d’ouvriers divers.
- Il suffirait d’énumérer tous les produits variés qu’utilise la carrosserie pour prouver l’intérêt immense qu’il y a pour nous à développer ce genre d’industrie, dans lequel le goût et la perfection du travail jouent un aussi grand rôle.
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- Déjà nous n'avons plus rien à envier à la solidité, autrefois proverbiale, de la carrosserie de Bruxelles; nos voitures de voyage sont aussi solides, aussi légères, aussi roulantes et presque aussi bon marché que celles d’Allemagne, malgré la supériorité du travail qui les fait préférer ; l’Angleterre seule nous guide encore pour l’élégance des voitures de luxe, leur bonne exécution et le soin minutieux de leurs détails. Quant à la carrosserie ordinaire de ce pays, nous pouvons soutenir la comparaison, et nous sommes certains que le bon goût de nos constructeurs les préservera de l’imitation des excentricités dans lesquelles elle se jette aujourd’hui.
- Ce n’est que depuis dix ans que notre exportation, de négative qu’elle était, s’est progressivement élevée au chiffre de 1,000,000 de francs qu’elle a atteint dans ces dernières années; mais ce que nous constatons avec plaisir, c’est que nos carrosseries commencent à vendre aux pays mêmes qui avaient le privilège de nous fournir autrefois.
- Dès l’année i844, le jury avait témoigné le regret de voir la carrosserie prendre une part aussi peu importante à l’exposition: s’il en eût été autrement, les comptes rendus eussent rappelé honorablement les noms des constructeurs qui ont le plus contribué à atteindre le résultat que nous venons de signaler, et nous trouverions au premier rang ceux de MM. Thomas Batiste, Alexis Robert, Getting, Herler, Dald-ring, etc. L’exposition de cette année, malgré cet appel, n’est malheureusement pas plus riche que les précédentes, sous ce rapport.
- Nous ne pouvons attribuer à l’indifférence un résultat aussi regrettable; désireux d’en rechercher la cause, nous ne la trouvons que dans un motif d’amour-propre et d’intérêt privé que nous n’osons blâmer, mais qui cependant réagit d’une manière fâcheuse sur cette industrie en général. Chaque carrossier important a des magasins qu’il met un grand amour-propre à bien garnir; de plus, il est dans l’habitude de faire son voyage à Londres; il en rapporte des formes nouvelles, inconnues ou peu répandues, et, dans son intérêt, craint de
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- ii.
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- M/daillcs
- d’argent.
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- donner à ses confrères l’exemple de ces dispositions, soit qu’il les doive à ses observations, soit que, inspiré par ce qu’il a vu, elles lui appartiennent en propre. De là, nous le pensons, l’usage -regrettable de rester étranger aux expositions.
- L’époque où nos constructeurs se sentiront la force de créer aussi et de dicter la mode dans ce genre n’est peut-être pas éloignée; le bon goût de la nation se fera jour dans cette partie, nous n’en cloutons pas , et nous en avons pour garants les progrès accomplis en si peu de temps.
- M. Jacques-Adolphe DUMAINE, carrossier, rue Lepelle-tier, n° 16.
- M. Dumaine a exposé un coupé de ville garni, mais non peint, afin de mieux faire apprécier le mérite de la construction.
- Ce coupé, de petites dimensions et tout mignon, offre cependant pour deux personnes une place suffisante.
- La menuiserie, le charronnage, la serrurerie, sans luxe déplacé, sont consciencieusement et très-proprement exécutés; la garniture est confortable, sans exagération; l’avant-train, ferré avec rivets affleurés, au lieu d’écrous, semble fait d’une pièce.
- Le marchepied, auquel il donne le nom de « aphantos, » et qu’il serait plus juste d’appeler « marchepied Blaize, » du nom de son inventeur, n'est pas de M. Dumaine, mais il a eu le bon esprit de l’appliquer à sa voiture et il en augmente le mérite.
- M. Dumaine est établi depuis 1836; il occupe quinze ouvriers; en persévérant dans ce genre de construction consciencieuse, il ne peut manquer d’étendre sa clientèle.
- Le jury décerne à ce constructeur une médaille d’argent.
- M. André MOUSSARD, carrossier, allée des Veuves, n° 56, à Paris.
- M. Moussard a exposé une calèche de luxe, vendue pour l’exportation. Cette calèche, sans flèche et sans cou de cygne, est bien entendue dans toutes ses parties; faite avec une extrême rapidité, elle n’en est pas moins soignée dans ses détails et offre la réunion des formes les plus rationnelles et les plus nouvellement adoptées.
- M. Moussard, qui joint au titre de carrossier celui de dessina-
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- ;eur, a eu le bon esprit de rechercher et d’imiter les meilleurs modèles, et a évité avec discernement les défauts de construction que l’on rencontre trop communément dans les voitures de prix.
- Cette exposition est la première à laquelle M. Moussard ait pris part. Le jury, qui a distingué son travail, lui décerne la médaille d’argent.
- M. HAYOT-HEUDIARD, sellier-carrossier et fabricant de voitures, place Fontette,à Caen (Calvados).
- M. Hayot expose une voilure qui devient, à volonté, voiture à deux ou quatre roues.
- La caisse est celle d’un char-à-banc à deux banquettes et à un cheval, d’une forme légère et élégante, qui reçoit à volonté une capote qui la recouvre entièrement ou seulement une capote à soufflet sur le siège de derrière.
- Les deux brancards sur lesquels s’établit ordinairement la caisse, et qui lui servent de base, sont chacun composés de deux parties réunies bout à bout derrière le siège de devant par deux ferrures qui forment double charnière; de telle sorte, qu’en enlevant quatre boulons le siège de devant se sépare entièrement de celui de derrière ; le garde-ci’Olte qui se trouvait en avant vient prendre sa place dans la double charnière dont nous avons parlé; les bras de limo-nière qui étaient fixés à l’avant-train s’adaptant à deux faux brancards d’attente, terminés chacun par une douille en fer, s’y fixent par une vis, et l’on a un tilbury couvert ou découvert à volonté.
- Ainsi aucune pièce ne peut se perdre, toutes servent et tiennent leur place, la voiture n’a besoin d’aucun secours étranger pour être transformée.
- Ce qui est rare dans ces sortes de voitures, outre la simplicité vraiment remarquable de celle-ci, c’est sa grande solidité et sa forme irréprochable, quelle que soit sa transformation.
- Le jury a distingué tout particulièrement cette voiture et, bien que ce ne soit pas une idée entièrement nouvelle, elle offre des détails de construction si simples et si neufs, qu’il décerne à son auteur une médaille d’argent.
- M. Louis DAMERON, carrossier, rue du Dragon, n° 2 5, à Paris.
- M. Louis Dameron, à qui le jury de i844 a décerné une mé-
- i3.
- Nouvelle médaille de bronze-
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- daille en bronze pour la bonne exécution d’une voiture d’apparat, expose cette année un petit coupé de luxe, un dessin échelle d’exécution et des tableaux statistiques sur les différentes parties de son art, qui utilise tant de produits divers.
- Le coupé de M. Dameron laisse à désirer sous le double rapport de la disposition de ses ressorts et la pureté du dessin de la caisse. Peut-être aussi peut-on critiquer le genre d’ornement qu’il introduit, tant dans le dessin général que dans la garniture; mais c’est une affaire de goût, et ce que l’on ne peut lui refuser, c’est le mérite d’un exécution parfaite, consciencieuse, qui doit lui attacher sa clientèle.
- Le dessin de M. Dameron n’est pas sans mérite et quelques conseils en eussent fait une œuvre remarquable et nouvelle.
- Mais ce que l’on peut louer sans restriction chez ce jeune constructeur, c’est un esprit de recherche et d’étude de tout ce qui concerne la construction des voitures, recherche dont il a mis les preuves à la connaissance du jury, et qui, avec de la persévérance et une surveillance soutenue de son atelier, le placeront certainement au premier rang de ses confrères.
- Le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze et espère voir à la prochaine exposition des preuves de sa constance dans la voie du progrès.
- Théodore WAIDÈLE, carrossier, rue Jeotïroy Saint-Hilaire, ii03 3 et y, à Paris.
- de bronze.
- M. Waidèle, décédé depuis l’ouverture de l’exposition, y avait envoyé une voiture à quatre roues, dont on peut à volonté allonger le train pour en faire un char-à-banc et voiture de voyage avec coffre en arrière, ou bien une voiture de famille.
- Cette voiture a déjà paru à l’exposition de i844 et a été à cette époque l’objet d’un rapport favorable à la suite duquel M. Waidèle a reçu une médaille de bronze.
- On ne peut suivre sans intérêt les différentes opérations par lesquelles s’opèrent ces transformations; le jury de cette exposition a rendu toute justice aux moyens ingénieux par lesquels on y arrive, mais on ne peut non plus se défendre de la crainte qu’inspirent ces complications \
- 1 Ou doit croire que c'est à cette circonstance qu’est dû le peu de succès pratique de ce procédé.
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- On pourrait reprocher à cette voiture des formes un peu lourdes si on ne se rappelait qu’elle n’est pas nouvelle.
- Le jury rappelle la médaille de bronze.
- M. Charles Joachim ZERÉGA, carrossier, rue de Gre-nelle-Saint-Germain, n° 96, à Paris.
- Tout le monde sait que les voitures à quatre roues, quelque légères qu’elles soient, fatiguent davantage les chevaux que celles à deux roues et que, si leur emploi ne présente pas trop d’inconvénients pour la voiture bourgeoise, qui généralement ne fait que quelques courses, il n’en est pas de même pour les voitures de place.
- D’un autre côté, outre les dangers qu’offrent les cabriolets avec les chevaux les plus solides sur leurs jambes ( et ce n’est pas le cas des cabriolets de louage), ceux-ci vous obligent à vous placer à côté d’un cocher inconnu, ce qui, joint à la difficulté de monter, en éloigne tout le monde et rend leur usage impossible pour les femmes.
- Ces motifs ont porté des carrossiers de Londres à essayer quelques combinaisons de voitures fermées et à deux roues, assez basses pour rendre l’accès facile et annuler les dangers d’une chute de cheval h
- M. Zéréga, frappé des avantages qu’offrirait l’adoption de ce genre de voitures qui pourraient être à la fois courtes, roulantes, basses, et économiques, expose un coupé sur deux roues d’une disposition qui lui est propre. Trois difficultés principales étaient à surmonter: une bonne suspension, un moyen cl’atlelage solide et une entrée facile de la voilure. 11 faut reconnaître qu’il les a résolues avec habileté.
- La combinaison de ses six ressorts est heureuse; car, sans élever la voilure et en pratiquant une joue de caisse double, les deux ressorts de train on pu être de presque toute la longueur de la caisse et cela sans que cette disposition gêne en rien à l’intérieur, ou que la solidité soit altérée; aussi la voiture est-elle douce, sans éprouver la réaction des mouvements du cheval.
- L’attelage se fait au moyen d’une limonière formée d’une pièce de fer importante, en forme de fer à cheval, portant une forte queue qui vient se fixer sur le devant du coupé. La forme de cette limo-
- 1 Dans la plupart de ces nouvelles voitures le cocher se place derrière, et conduit par-dessus la voiture.
- Médaille de bronze.
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- Meniion
- honorable.
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- nière a permis de placer les portières sur le devant, de telle sorte, cju elles se trouvent entre les roues et la limonière et forment deux pans coupés.
- On pourra reprocher à cette disposition le danger de monter et de descendre entre le cheval et la roue.
- Peut-être trouvera-t-on aussi que la caisse est un peu plus exposée à être accrochée dans les embarras de voitures, puisqu’elle n’est pas défendue par la roue de devant; enfin on pourra craindre encore que la limonière n’olfre pas toute la solidité désirable sans devenir par trop lourde.
- Telles sont les questions sur lesquelles l’expérience prononcera; mais ce qui est certain, c’est que cette idée nouvelle encore mérite d’être éprouvée et que M. Zéréga a fait preuve, comme constructeur, d’une habileté que le jury reconnaît, en lui décernant la médaille de bronze.
- M. Joseph BASTIEN, menuisier en voiture, rue du Rocher, n° 23, à Paris.
- Cette voiture, à un cheval et à deux roues, est basse, l’entrée est sur le derrière; le cocher, assis sur l’impérial, ouvre à volonté la portière. Alin d’éviter le passage de l’essieu dans la voiture, deux demi-essieux son t recourbés le long de la caisse et glissent à coulisse pour obéir aux mouvements dès ressorts.
- ' Outre que cette disposition, déjà essayée, présenterait de graves inconvénients en cas d’accrocs, il est difficile de croire, et cela pour plusieurs motifs, que l’entrée sur le derrière plaise au public. Cette entrée est d’ailleurs difficile, car il faut lever une partie de la banquette, gêner son voisin, etc.
- Le même exposant a présenté une petite voiture à trois roues pour malade, dans laquelle on peut à volonté se conduire et se diriger soi-même ou le faire faire par une autre personne.
- On ne saurait voir avec indifférence les efforts des constructeurs pour arriver à une disposition simple, commode et facile de ce genre de voiture. Le jury, tout en reconnaissant que celle de M. Bastien laisse à désirer, voulant appeler l’attention des carrossiers sur ce genre de véhicules qui peut rendre de si grands services aux malades , aux personnes âgées ou estropiées et peut-être à d’autres titres, mentionne honorablement son auteur.
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- M. Nicolas-François D’HÉRISSARD, ouvrier forgeron, rue de Ponlliieu, n° 2 3, à Paris.
- Voiture à deux corps séparés, l’un porté sur l’avant-train , l’autre sur l’arrière-train, réunis par une longue charnière verticale.
- Cette idée n’est pas nouvelle ; elle a été exécutée eu grand par M. Alexis Robert, il y a environ iG ans, avec toute la perfection que cet habile constructeur savait mettre dans tout ce qu’il faisait. Son peu de succès dans, les épreuves l’a fait abandonner. Le modèle exposé ne présente aucune disposition de nature à faire supposer que les mêmes inconvénients ne se représenteraient pas.
- L’iclée est loin d’être irrationnelle, elle dénote dans son auteur, qui ignorait complètement les essais que l’on rappelle, une imagination qui cherche à perfectionner, et, à raison de la position de son auteur, le jury le cite favorablement.
- S 2. TRAINS DE VOITURES.
- M. Arnoux, rapporteur.
- M. Claude-François LO DS, carrossier, à Besançon (Doubs).
- Aujourd’hui que les trains des voitures légères sont entièrement suspendus, c’est-à-dire que les ressorts sont immédiatement fixés sur les essieux, c’est une heureuse idée que de faire les avant-trains tout en fer, à cause delà multiplicité des boulons, et du rôle que jouent dans l’assemblage les très-petites pièces de bois qui ne sont destinées en quelque sorte qu’à la réunion des pièces de fer. Quelques constructeurs, voulant éviter cette grande quantité d’écrous et de têtes de boulons, les remplacent par des rivets ; il est à craindre qu’à la longue ces rivets ne cessent de serrer lorsque le bois séchera. M. Lods, plus hardi, enlève le bois et fait des avant-trains tout d’une pièce, parfaitement propres, légers et solides.
- Sans doute, on peut objecter que le travail est délicat et d’une exécution difficile, qu’il sera impossible de trouver partout des ouvriers capables de faire les réparations ; mais quelle est donc la pièce d’une voiture soignée qui n’a pas donné lieu à cette objection ? C’est l’obligation de faire des pièces difficiles, qui rend les ouvriers habiles.
- Ce que l’on peut dire en faveur de ces avant-trains, c’est que les
- Gitat.on
- favorable.
- Médaille do biou-e.
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- voitures seront plus légères à l’œil, en acquérant plus cle solidité, et que le prix, au dire de l’inventeur, se trouvera diminué. Qu’il soit le même, et le succès de cet avant-train paraît assez certain pour que le jury acccorde à M. Lods une médaille de bronze.
- Mentions M. honorables.
- Pierre FUSZ, rue des Deux-Portes-Saint-André-des-Arts , n° 4, à Paris.
- Le nom de cet exposant est connu de toutes les personnes qui suivent les idées nouvelles : c’est l’un de ces inventeurs persévérants qui, sans ressources et sans se décourager, poursuivent l’exécution de leur découverte.
- C’est bien moins sur la voiture exposée sous le n° 4,409 que sur ses dessins qu’il faut juger les idées que veut appliquer M. Fusz.
- Ces idées sont :
- i° L’emploi de grandes roues semblables à celles dont on se sert pour les fardiers.
- Il est clair que ces roues facilitent la traction ; mais elles nécessitent une construction de voitures plus délicate, d’un entretien plus coûteux, et en général moins appropriée au genre de chargement auquel elles semblent destinées.
- 20 L’emploi de ressorts à pincettes étagés. On se représente assez bien cette disposition en supposant plusieurs ressorts les uns dans les autres, portant successivement deux à deux, en commençant par les plus grands, à mesure que la charge est plus forte.
- M. Fusz a depuis longtemps émis cette idée; ses ressorts ont été essayés; leur emploi ne présente pas d’inconvénients : cependant , soit qu’ils n’aient pas offert tous les avantages annoncés , soit tout autre motif, leur usage n’a pu encore se généraliser.
- 3° L’abaissement de la charge, et, par suite, de son centre de gravité, circonstance favorable à plusieurs titres, mais incommodes par le passage de l’essieu claus le milieu du chargement, sous peine d’avoir un essieu démesurément coudé.
- 4° L’application de cette disposition à une voiture dans laquelle les veaux pourraient être transportés debout, au lieu de leur faire subir le supplice du transport, tel qu’il a lieu aujourd’hui.
- Nous le répétons , le modèle de voiture exposé n’a pu donner une idée des avantages que M. Fusz attend de l’application de ses procédés. Le jury, reconnaissant les efforts et la persévérance de M. Fusz, le mentionne honorablement.
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- M. Jean-Baptiste LAïSIS fils aîné, carrossier, rue des Fossés, à Laval.
- Les deux procédés présentés, l’un pour diviser les moyeux avec précision et tracer les mortaises, l’autre pour entailler la rondelle d’essieu dans le moyeu, sont assez simples, surtout le premier, et ne sont pas sans intérêt pour l’économie de la main-d’œuvre, et une bonne confection.
- Le jury, reconnaissant les services que peuvent rendre ces outils et les dispositions intelligentes de l’auteur, le mentionne honorablement.
- M. Jacques-Aimé-Nicolas SERRE, serrurier en voitures, à Pont-à-Mousson (Meurthe).
- M. Serre a continué la fabrication des objets qui lui ont valu une citation favorable à l’exposition de i844-En diversifiant les formes de ses crics , M. Serre a étendu sa fabrication et affermi sa réputation.
- Le jury le mentionne honorablement.
- M. Antoine-Emmanuel ROBIQUET, carrossier, rue Montmartre, n° 1 46, à Paris.
- Citation
- favorable.
- M. Robiquet a présenté une disposition de galerie pour l’impériale des voitures, afin de maintenir les malles ou paquets des voyageurs. Cette galerie se compose cl’un cadre en tringle de fer, soutenu, à diverses hauteurs, par quatre montans à coulisses rentrant dans l’intérieur, le long des pieds d’angle, et pouvant rendre ainsi la galerie invisible.
- Ce système paraît très-convenable pour les voitures de place qui transportent les effets des voyageurs : c’est une idée simple, facile d’exécution, et remplissant parfaitement le but que l’on s’est pro-
- Les entrepreneurs de voitures publiques, en se l’appropriant, permettront aux voyageurs qu’elles conduisent aux chemins de fer de se placer, sans être gênés ou blessés par leurs bagages, et en même temps elles ménageront les garnitures de leurs voitures. Quelques légers perfectionnements rendront tout à fait convenable et pratique cette disposition, qui est déjà appliquée en Belgique.
- Le jury recommande cette disposition, en la citant favorablement.
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- Médailles de bronze.
- § 3. ESSIEUX ET BOITES DE BOUES.
- M. Arnoux, rapporteur.
- M. Jean-Baptiste GËRARDIN, mécanicien, rue du Co-Jysée, n° 32 , à Paris.
- M. Gérardin, frappé des inconvénients que lui avaient présentés quelques boîtes d’essieux Paient, dans lesquelles l’huile n’avait pas pénétré dans le fond delà boîte, ce qui arrive parfois , a eu la pensée d’augmenter considérablement le réservoir, et, à cet effet, défaire une boîte dans l’épaisseur de laquelle il pratique un réservoir qui communique à la partie intérieure de la boîte par plusieurs larges fentes en hélice; la boîte élant parfaitement fermée, ce réservoir, rempli d’huile, offre un aliment qui éloigne toute chance de danger. Pour éviter le double écrou qui retient la roue, M. Gérardin a imaginé de pratiquer sur la tête de son écrou, assez épais et disposé pour cela, huit ou dix encoches destinées à recevoir la clavette, de telle sorte, qu'il peut serrer son écrou d’un huitième de tour, et empêcher le jeu de la roue.
- Pour arriver dans la fabrication à couler la boîte avec son réservoir, M. Gérardin a dû faire un modèle de noyau en cuivre en deux parties qui est des plus ingénieux.
- La boîte est naturellement un peu plus forte, ce qui est un léger inconvénient pour ces très-petits moyeux; des certificats très-positifs de particuliers et d’établissements, qui se servent de ces boîtes, en attestent le mérite, malgré une augmentation, d’ailleurs peu importante, dans le prix.
- M. Gérardin, habile ouvrier, a encore imaginé un moyeir do graissage pour les arbres verticaux.
- Le jury, appréciant les perfectionnements apportés par M. Gérardin, et voulant récompenser ses efforts, lui accorde la médaille de bronze.
- M. Vincent RASTQUIN, mécanicien, à Blois (Loir-et-Cher).
- Les considérations qui ont motivé les recherches de l’exposant que nous venons de citer ont porté M. Rastouin à apporter des changements à l’essieu ou plutôt à la hoîte des essieux Patent.
- Sur le devant, cette boîte porte les oreilles qui l’empêchent de tourner dans le moyeu et un boisseau du diamètre extérieur de la
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- saillie de ces oreilles. Ce boisseau est ouvert sur le devant pour in-iroduire la pièce destinée à fixer la roue. La boîte, qui naturellement se place en l’enfonçant par devant le moyeu, porte sur le derrière un laraudage extérieur sur lequel se visse un boisseau, de telle sorte, que le serrage de ce boisseau fixe la boîte dans le moyeu; une rondelle, soudée à l’essieu, reçoit la butée, et par sa force rejette dans l’intérieur du boisseau, qui forme réservoir, toute l’huile qui voudrait s’en échapper.
- Sur le devant, l’essieu est retenu par une bague traversée par une goupille qui ne peut se retirer que dans une seule position de la roue. Enfin, la boîte est fermée par un chapeau vissé sur une partie saillante de la boîte taraudée.
- Ce chapeau est creux et forme réservoir; une goupille, poussée par un petit ressort, l’empêche de se dévisser.
- Celte boîte est ingénieusement disposée, simple d’exécution et parfaitement établie. On peut lui reprocher que, n’étant retenue que par une bague épaisse et une clavette, il n’y a pas de serrage possible autrement que par des rondelles; l’auteur a reconnu cet inconvénient, et s’occupe cl’y parer.
- Le procédé claie déjà de quelques années; M. Uaslouin est carrossier à Blois, et ne cesse de l’appliquer, depuis plusieurs années, avec succès et à des prix inférieurs, aux boîtes Patent. Le Jury décerne à M. Raslouin une médaille de bronze.
- M. Frédéric GRAETER, fabricant d’essieux, à Forbach (Moselle).
- M. Graeter a établi en 1828, à Paris, une fabrication d’essieux qu’il a transportée à Forbach en i846.
- Les essieux et boîtes que fait établir M. Graeter n’ont rien qui les distinguent, quant à la forme, des boîtes et essieux Patent ordinaires.
- Les seules modifications consistent dans la substitution du fer à la fonte, pour les boîtes, que l’on durcit également par la trempe en paquet, et par la substitution du fer au cuivre ou au bronze, pour les écrous et la bague.
- On sait que, dans les essieux Patent, la roue est retenue sur l’essieu au moyen d’une bague qui s’applique contre le bord de la boîte, et qu’une partie plate, pratiquée sur la fusée, empêche de tourner; cette bague est retenue par deux écrous à pans contrariés; le second, d’un diamètre plus petit, est fixé par une goupille.
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- Menliou
- honorable.
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- La pensée de faire ces pièces en bronze et de conserver la boîte en fonte a eu un but, c’est de ne pas faire rouler fer sur fer; la ténacité delà fonte douce ayant été jugée suffisante pour les voitures légères, dans lesquelles ce mode d’essieux est employé, les voitures plus lourdes et les diligences continuent à faire leurs boîtes en bronze pour éviter leur rupture.
- La qualité de la trempe que M. Graeter fait subir à ses pièces, peut et doit en effet faire disparaître l’inconvénient que l’on a voulu éviter, et l’on doit reconnaître que les pièces qui ont été exposées sont d’un ajustage aussi parfait que possible. Cette précision, avec des pièces cémentées toujours susceptibles de travailler à la trempe, est due à un alésage que M. Graeter fait subir après la trempe.
- En faisant exposer des pièces prises à son dépôt, ce fabricant a prouvé par là que l’on avait sous les yeux ses produits tels qu’il les livre à la vente.
- L’importance de l’établissement de M. Graeter, la perfection si essentielle de ses produits, le prix auquel il les établit, ont fixé l’attention du jury qui lui décerne la médaille de bronze.
- M. Casimir CA1LLY, rue Constantine, n° 60, à la Chapelle-Saint-Denis (Seine).
- M. Cailly, tourneur mécanicien, expose un système nouveau de boîte de roue d’une assez grande simplicité.
- La boîte, comme celle dite demi-Patent, est complètement fermée à son extrémité ; elle est retenue sur l’essieu par une emboîture qui se visse sur la partie postérieure de la boîte; cette emboîture, qu’une rondelle, soudée à l’essieu, empêche de reculer, est retenue par devant par un écrou à chapeau, sévissant sur une partie de la fusée taraudée à cet effet contre la rondelle; cet écrou se trouve ainsi logé dans l’intérieur et au fond de la boîte.
- Deux objections peuvent être faites à ce système : la première, c’est que la portée de l’essieu sur la boîte se trouve un peu éloignée par la présence de cet écrou; la seconde, c’est que rien ne s’oppose à ce que l’écrou intérieur qui retient l’emboîture, et par suite la rçue, ne se desserre.
- Le jury ne pense pas que ces objections, qui doivent conduire M. Cailly à de légères modifications, puissent faire oublier ce qu’il y a de bon dans ce système et de mérite dans l’exécution ; aussi mentionne-t-il favorablement cet habile ouvrier.
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- M. Jules LABOUYSSE, à Toulouse (Haute -Garonne).
- Le procédé présenté par M. Labouysse consiste, pour les essieux, dans l’application cl’une couche de fonte dure, de o,oo4 à o,oo5m, sans altérer la qualité du fer de l’essieu; pour les boîtes en fonte, à donner à la partie qui frotte, et sur une certaine épaisseur, une dureté semblable à celle des fusées, sans changer la douceur de la fonte extérieure.
- La précision que M. Labouysse donne à ce travail le dispense, dit-il, de tourner les fusées ou d’aléser les boîtes, ce que la dureté de la fonte rendrait d’ailleurs impossible, et les pièces cassées, qui ont été exposées, attestent réellement que les boîtes comprennent deux qualités de fonte distinctes, l’une parfaitement blanche, et l’autre plus douce, et que le fer de la fusée de l’essieu conserve une apparence de nerf très-évidente, tandis que la couche de fonte qui la recouvre est aussi blanche et aussi dure que celle de la boîte.
- M. Labouysse n’avait donné aucune explication; personne n’était chargé de le représenter; ce n’est que sur les instances du jury que le ministre a obtenu une lettre explicative qui signale l’envoi de certificats qui n’ont pas été trouvés.
- La vue seule des objets, sans explications sur le procédé, ne permettant pas au jury d’asseoir une opinion sur le mérite de cette disposition, il eût été indispensable cl’avoir les certificats annoncés par M. Labouysse : on doit ajouter que l’impossibilité de donner à ces pièces la précision du tour et l’alésage, qui en font le plus grand mérite, puisqu’elles sont soumises à des frottements continuels d’où dépend la facilité du tirage, a dû laisser quelque inquiétude sur la résistance qu’elles peuvent engendrer; dans cette position, sans oser se prononcer d’après les simples données de la lettre tardive de M. Labouysse, le jury regrette de devoir se borner à citer favorablement la découverte de M. Labouysse. Il a dû s’abstenir de formuler un jugement définitif, en le regrettant profondément, h raison de l’importance de la question.
- Citation
- favorable.
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- Médaille
- d’argent.
- Mention
- honorable.
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- S 4. RESSORTS DE VOITURES.
- M. Arnoux, rapporteur.
- MM. FIMBEL, BERGÈS et G’6, fabricants de ressorts de voitures, à Paris.
- M. Fimbel, ancien carrossier, à qui le jury a décerné une médaille de bronze en 1839 pour une voilure en blanc d’un grand mérite d’exécution , a établi une fabrique de ressorts qui date de i84o. Ses produits ont été immédiatement remarqués de tous les constructeurs, et lui ont valu une médaille de bronze à l’exposition
- de î844*
- Ce genre d’établissement était nouveau à Paris; ses succès et ceux de la fabrique que dirigeait M. Berges les ont amenés à une association à laquelle ont pris part MM. Jakson frères, fabricants d’acier à Rive-de-Gier.
- La réputation constamment progressive des produits deMM. Jackson ne pouvait qu’assurer les succès de cette société, et c’est déjà les constater que de dire qu’elle emploie à cette seule fabrication 220 ouvriers et une puissance de plus de 5o chevaux.
- Le jury n’a soumis les ressorts de MM. Fimbel , Bergès et C'e, à aucune épreuve; mais, tous les jours, leur qualité est constatée par les entreprises de chemins de fer, et les autres consommateurs auxquels ils livrent leurs produits. Quant à la perfection du travail, l’examen des ressorts envoyés à l’exposition a pu en convaincre tout le monde.
- Le jury, considérant que ce genre d’établissements spéciaux est le plus propre à développer l’industrie de la carrosserie en perfectionnant et en abaissant les prix de chaque partie ; que, sous ce double rapport, l’établissemenl de MM. Fimbel et Bergès a déjà rendu des services réels, décerne à cette compagnie la médaille cVargent.
- M. Nicolas-Ferdinand BARTHÉLEMY, fabricant de ressorts et chaînes élastiques, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 2 38, à Paris.
- M, Barthélemy, qui a obtenu à la dernière exposition une mention honorable pour un pivot hydraulique, a exposé cette année un ressort dont l’idée toute nouvelle mérite de fixer l’attention, à cause des applications qu’il peut recevoir.
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- Ce ressort, qui agit à la manière des ressorts à boudin, se compose d’une ou plusieurs rondelles superposées, qui peuvent être, à volonté, traversées par un axe qui leur sert de guide, ou placées dans des guides extérieurs.
- Chaque élément on rondelle présente l’aspect d’une double rosace ayant les deux faces bombées et parfaitement symétriques; chacune d’elles est composée d’un fil d’acier régulièrement contourné , formant 6 à 8 feuilles, laissant entre elles quelques millimètres de jeu. Ces deux rosaces, placées l’une contre l’autre, les faces bombées en dehors, sont maintenues dans un cercle de fer, ou mieux d’acier, légèrement creusé en dedans pour les empêcher d’échapper.
- Le bombement de chaque rosace étant égal à la hauteur du cercle qui les contient, en soumettant la rondelle à une pression suffisante les rosaces s’aplatissent et la rondelle se trouve réduite à l’épaisseur du cercle, de telle sorte, que l’on a obtenu une course égale aux deux tiers de l’épaisseur primitive de la rondelle.
- On conçoit que l’on peut superposer ainsi un nombre plus ou moins grand de rondelles, et, en variant la force de l’acier, obtenir les effets que l’on désire.
- L’acier est ici soumis aux deux effets de flexion et de torsion, et c’est ainsi que l’on peut s’expliquer le parti étonnant que l’on tire d’un aussi petit poids.
- Placé sous un marteau pilon, l’une de ces couronnes a pu., sans rompre ni sans perdre de son épaisseur, résister à un grand nombre de coups.
- Celte épreuve prouve incontestablement l’usage que l’on peut faire de ces rondelles pour remplacer les ressorts de traction et de chocs dans les voitures de chemin de'fer : le poids , le prix et la facilité de leur emploi ne laissent pas de doute sur le succès.
- Le jury, conformément aux règles qu’il s’est imposées, regrette qu’une application préalable ne lui permette pas de témoigner son approbation autrement qu’en mentionnant honorablementla découverte de M. Barthélemy.
- M. Jean-Baptiste-Anguste CHEVILLOT, carrossier, rond-point des Champs-Élysées, n° 11\, à Paris.
- Les ressorts en volutes présentés par M. Chevillot sont d’une forme élégante et parfaitement élastiques. Peut-être faudrait-il un
- Citation
- favorable.
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- Médailles de bronze.
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- peu moins d’acier peur obtenir lemême résultat qu'avec les ressorts ordinaires; mais ces ressorts, tels qu’ils sont, exigeraient des matières sans le plus léger défaut, présenteraient plus de dangers de rupture, et coûteraient sans doute plus cher.
- Rien ne prouve cependant que cetle manière toute nouvelle d’employer l’acier dans la carrosserie, étudiée de nouveau, ne soit de nature à offrir des avantages, ne fût-ce que sous le rapport de l’élégance des formes : aussi le jury cite-t-il favorablement les premiers efforts de M. Chevillot.
- S 5. APPAREILS POUR FACILITER LE ROULAGE, ENRAYAGE;
- MOYENS DE SURETE.
- M. Arnoox, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les procédés dont nous allons rendre compte ont pour objet de parer à plusieurs causes d’accidents trop fréquents; ils consistent à substituer un moyen mécanique à l’habitude des conducteurs de voitures à deux roues, pesamment chargées, de caler successivement l’une et l’autre roue avec des pierres dans les montées, afin de faire pivoter leur voiture sur la roue calée, et de soulager ainsi leurs chevaux; à prévenir les suites des chutes du limonier, si fréquentes dans Paris, où l’on a la malheureuse habitude de surcharger les chevaux; à se prémunir contre les dangers que font courir les chevaux qui s’emportent; enfin, à substituer l’action du cheval à celle de l’homme pour l’enrayure des roues.
- Chaque système présente des avantages et des inconvénients que la nature et l’utilité du but que l’on se propose nous imposent l’obligation de signaler avec quelque soin.
- MM. MIGNARD, Grande-Rue, n° 13 i, à Vaugirard (Seine).
- M. Mignard, dans le but de faciliter les montées ou d’arrêter dans les descentes, adapte au gros bout du moyeu de chaque roue un disque en fer dont le centre est placé dans le prolongement de l’axe de la roue. Ce disque, épais de 0,012 à 0,0i5m, a un dia-
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- mètre un peu plus grand que celui du moyeu, et est taillé comme un engrenage; en avant de ce disque se trouve un pied-de-biche double, lequel, au lieu d’être terminé comme d’usage par une dent aiguë, porte, à chaque extrémité, un segment de 3 à 4 dents destiné à engrener avec autant de dents du rochet. Ce pied-de-biche, qui pivote sur le centre de ses deux branches, autour d’un boulon fixé au brancard, peut, en basculant, engrener, tantôt par sa branche supérieure, tantôt par sa branche inférieure ; dans le premier cas, il empêche d’avancer; dans le second, il empêche de reculer.
- Au moyen d’un petit verrou qu’il arrête à volonté dans trois encoches , M. Mignard donne .à son pied-de-biche la position qu’il désire pour opérer dans l’un et l’autre cas ou pour suspendre son action.
- Ce moyen est ingénieux, et cependant, quoique assez simple par lui-même, il paraît encore compliqué et délicat pour un usage aussi brutal; l’action, en effet, perd de son énergie en s’appliquant au centre ou près du centre de la roue. On peut aussi lui reprocher d’exiger que la roue n’ait aucun battement sur l’essieu, ce que les voituriers regardent comme utile, surtout clans les chemins difficiles.
- M. Mignart ajoint à cela une chambrière, dont le but est de s’opposer à la chute complète des brancards, en cas de chute du limonier, et de prévenir ainsi les accidents qui en sont trop souvent les conséquences. Celle chambrière est bien entendue, elle se relève à volonté, en partie ou entièrement; peut-être pourrait-elle être un peu plus simple; telle quelle est, d’ailleurs, elle paraît remplir le but que l’on se propose. Il est facile de voir que l’exécution de ces deux pièces a été confiée à un constructeur habile et entendu, M. Regnard, de Vaugirard, sous le nom duquel la voiture est exposée.
- Lejury décerne à M. Mignard une médaille de bronze.
- M. BOUHON, lampiste, place Dauphine, n° 7, à Paris.
- M. Bouhon est l’auteur d’un procédé aussi simple qu’économique pour faciliter les montées difficiles. Sous les brancards de sa voilure, il place perpendiculairement à ces brancards, en arrière des roues et un peu en dedans des jantes, une traverse dont chaque extrémité se trouve à 0,07 ou 0,08° du plan de la roue, de chaque côté, et, sur l’extrémité de cette traverse, il fixe deux morceaux de 11. l4
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- Mentions
- honorables.
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- tôle doublemenl coudés d’équerre, qui embrassent la traverse et qui forment ainsi deux joues destinées à recevoir un boulon ; ce boulon traverse un morceau de bois, sorte de taquet de 0,20 à 0,2 5° de longueur et de même largeur que la traverse; ce taquet, en tombant, forme le prolongement de la traverse et s’engage dans les rais; lorsque la roue tourne en avançant, chaque rais relève ce taquet qui retombe ensuite par son propre poids, tandis que, si la roue tend à reculer, ce taquet, qui ne peut tomber au-dessous de l’horizoniale, l'eçoit le rais et l’oppose au mouvement rétrograde de la roue.
- Comme on le voit, il y a du temps perdu ; mais le procédé est si simple, si peu coûteux et si facile à adapter, que le jury, qui a la preuve d’applications déjà nombreuses et très-appréciées, décerne à son auteur une médaille de bronze.
- M. Henry BLATIN, rue Saint-Germain-des-Prés, n° 1, à Paris.
- M. Blatin est le troisième exposant qui se soit occupé de la même question; son appareil, s’il est permis de donner ce nom à quelque chose cl’aussi simple, est fondé sur un principe de géométrie qui mérite d’être décrit.
- Que l’on suppose un boulon fixé horizontalement et extérieurement au brancard d’une voiture à deux roues, à la hauteur et en arrière de l’essieu de la voilure, à une distance égale au tiers du rayon de la roue; que ce boulon traverse l’une des extrémités d’un levier, tandis qu’à l’autre est fixé un patin d’enrayure ; que ce patin soit disposé de manière que le levier étant horizontal, il se trouve à quelques centimètres du cercle de la roue :
- Dans cette position, la roue est libre et le patin inutile; si, au contraire, on le laisse tomber, la roue, en avançant, tendra à le relever, tandis qu’en cherchant à reculer elle serre le patin et a son mouvement paralysé.
- De là la possibilité de faire avancer successivement l’une ou l’autre roue, en se servant de sa voisine pourpoint d’appui. *
- La même disposition sert à enrayer, et, pour cela, il suffit que chaque patin puisse être serré avec effort contre le cercle au moyen d’une vis, d’un cric ou d’un levier suivant le genre de voiture,
- Nous ne chercherons pas à décrire le reste de l’appareil dont les modèles, présentés par M. Blatin, n’ont offert qu’une idée imparfaite; nous pensons qu’appliqué d’une manière et dans des pro-
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- portions convenables et pratiques, rien ne fait prévoir l’insuccès de ce procédé.
- Dans le cas d’une voiture à bras, qui n’a pas besoin d’enrayure, mais pour laquelle il est parfois et très-souvent utile de s’opposer à volonté au mouvement de l’une ou l’autre roue, le levier peut être placé immédiatement au-dessus de l’essieu et être ainsi rejeté en avant ou en arrière, suivant l’effet que l’on doit obtenir.
- Le jury regrette qu’une application préalable ne lui ait pas permis d’apprécier pratiquement les services que ce procédé peut rendre à l’industrie, peut-être même à l’humanité, en prévenant beaucoup d’accidents ; privé par ces motifs de faire plus, il mentionne très-honorablement le nom de M. le docteur Blatin à qui l’on doit déjà plusieurs découvertes précieuses, et l’engage à suivre l’application de son idée.
- M. Marie-Vincent-Léopold DUPUY DE PODIO, sous-lieutenant de chasseurs, me de Grenelle-Saint-Germain, n° 58, à Paris.
- M. Dupuy de Podio, sous-lieutenant de chasseurs, présente un modèle d’enrayure par les chevaux, applicable à l’artillerie, et dont l’emploi lui paraît devoir se généraliser.
- On sait qu’aujourdhui la plupart des voitures de l’artillerie se composent d’un avant-train et d’un arrière-train qui se rattache au premier au moyen d’un fort crochet, les deux trains ayant des roues égales. L’enrayure de M. Dupuy de Podio n’agit que sur les roues d’avant-train ; elle se compose d’une barre armée de deux patins de fer frottant sur le derrière des roues comme les enrayures ordinaires, le mouvement est communiqué à cette barre par l’action des chevaux lorsqu’ils retiennent. A cet effet , M. de Podio adopte un timon dont le têtard peut glisser entre les deux pièces de bois parallèles qui, dans les voitures d’artillerie, remplacent les armons; le mouvement étant limité dans les deux sens, d’une part, pour opérer la traction, de l’autre pour que, l’enrayure venant à manquer, la voiture ne tombe pas sur les jarrets des chevaux.
- Sur l’un des points des armons, correspondant à la portion du timon engagée, M. de Podio place une chape saillante en contre bas de o,io à 0,12 c; cette chape reçoit un boulon qui traverse, vers son milieu, un petit levier de o,3oc environ; sa branche supérieure est entraînée par le mouvement, du timon, tandis que la branche infé-
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- Citation
- favorable.
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- rieure, attachée à une tige de fer qui est fixée à la barre d’enrayure, commande celle-ci dans son mouvement.
- L’idée est simple et simplement rendue, mais elle ne peut être exempte de l’inconvénient général qui s’attache à toutes les enrayures que commande l’action des chevaux; nous voulons dire une marche irrégulière et saccadée.
- Une autre objection peut être faite au procédé de M. de Podio, c’est que son enrayure agit sur l’avant-lrain, qu’il convient de laisser le plus libre possible afin de faciliter la direction.
- Ce procédé n’a été ni appliqué, ni même expérimenté; cependant le jury, reconnaissant qu’il y a dans le mémoire fourni à l’appui un esprit d’observation et de recherche louable, le mentionne honorablement.
- M. Napoléon REBOURS, mécanicien, rue de la Paix, n° i A ter, à Batignolles (Seine).
- On s’est souventdemandé s’il n’était pas plus dangereux d’adopter un moyen de dételage instantané que de s’exposer à subir les conséquences de l’emportement des chevaux.
- Chaque fois qu’il survient un accident grave de ce genre, on revient aux procédés depuis longtemps proposés à cet effet; et, il faut bien le reconnaître, ils ont été nombreux et tous à peu près également efficaces. Mais, lorsqu’arrive l’application, on ne tarde pas à voir que la peur, l’extrême prudence, si l’on veut, provoquent des accidents peut-être moins terribles, mais infiniment plus multipliés ; et l’on a vu, dans des expériences mêmes, des accidents arrivés par un dételage instantané qui avait, d’ailleurs, parfaitement fonctionné.
- L’enrayure par les chevaux n’est pas non plus une idée nouvelle , elle a été plusieurs fois essayée et abandonnée. Le principe est rationnel : une très-petite partie de l’effort opéré par les chevaux pour arrêter une voiture privée d’enrayure doit en effet suffire, soit pour retarder son mouvement, soit pour l’arrêter lorsqu’il agit sur une enrayure.
- On doit ajouter que, dans des expériences, on a obtenu des résultats assez satisfaisants; mais, à l’usage, beaucoup de causes ont fait préférer l’enrayure par la main de l’homme. Les chevaux paresseux ou mal dressés, ceux qui tirent au renard, en termes de cochers, c’est-à-dire s’écartent du timon en tirant sur le chaî-
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- netlc, sont autant de causes qui, indépendamment de l’inégalité de la route, font éprouver à l'action de l’enrayure des saccades au lieu d’un effet continu, indispensable, si l’on veut conserver une allure accélérée.
- En dehors de ces inconvénients, communs à la généralité des procédés de ce genre, on doit reconnaître que, de tous ceux employés jusqu’à ce jour, celui de M. Rebours est le plus perfectionné ; s’il ne peut s’appliquer d’une manière générale, il est assez probable qu’il serait utilement employé pour faciliter les temps cl’arrêts multipliés des voitures , et que, sous ce rapport, il pourrait convenir aux entreprises d’omnibus qui, par des arrêts nombreux, usent tant les chevaux; il en résulterait un autre avantage, celui d’arrêter plus promptement et plus complètement les voitures, ce que cherchent à éviter les meilleurs cochers dans l’intention de ménager leurs chevaux.
- Aucune application continue n’ayant été faite, le jury, encore incertain du mérite du procédé, sous le rapport qu’il vient dindi-quer, ne peut que citer favorablement le nom de M. Rebours.
- SECTION DOUZIÈME.
- SERRURERIE DE PRÉCISION.
- M, Pecqueur, rapporteur.
- MM. BRICARD et GAUTHIER, à Paris, rue Pavée-Saint-Sauveur, et à Woincourt (Somme).
- Déjà distingués par plusieurs médailles qu’ils ont obtenues aux dernières expositions, MM. Bricard et Gauthier ont présenté cette année une collection de serrures de diverses sortes, des articles de quincaillerie et ferrures de bâtiments, une collection de fermetures de croisées cle divers modèles et des cylindres de filature pour coton et pour laine, dont une partie est trempée.
- Les améliorations de détail que ces habiles fabricants continuent d’apporter dans leurs nombreux produits ne sauraient être énumérées ici.
- Nous ne citerons que l’ajustement des carrés d’assemblage des cylindres cannelés, ainsi que les carrés des foliots de toutes les sortes de serrures, où l’on voit -une perfection qui ne laisse rien à désirer.
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- Rappels de médailles d’argent.
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- obtenue par un mandrinage mécanique. Il n’est pas jusqu’aux, ressorts des serrures qui ne soient exécutés d’après des principes raisonnés.
- La perfection des produits de ces industriels leur mérite une nouvelle médaille d’argent que le jury leur décerne.
- M. Camille-Romain LEPAUL, rue de la Paix, n° 2,
- à Paris.
- M. Lepaul a mis à l’exposition une nombreuse collection des produits de sa fabrication. On y compte 4i articles.
- Un grand coffre poli au moiré, dont la serrure, à double pompe perfectionnée et à combinaison de cinq rondelles sans point d’appui, fait mouvoir quatre grands pênes accompagnés chacun de deux pênes circulaires qui s’agrafent à ces grands pênes pour les rendre inforçabîes ;
- Une caisse simple avec serrure aussi à double pompe, à quatre grands pênes et à combinaison de quatre rondelles ;
- Un support de tour à trois effets de chariots;
- Un chariot à sept scies circulaires pour couper le jonc et la baleine;
- Une vingtaine de serrures de systèmes variés pour différents usages-
- Par un outillage bien conçu et approprié à sa fabrication, M. Lepaul, qui avait déjà réduit ses prix de moitié en i844, est parvenu à les réduire encore notablement depuis cette époque. Il fait pour i5o à 200,000 francs d’affaires.
- Cet habile serrurier-mécanicien a encore exposé des verrous de sûreté, des caclie-entrée, des culots en fer forgé, percés, tournés, pour_double pompe; des crics à leviers, une contre-barricade portative, etc.
- Tous ces objets, parfaitement exécutés, dont une partie a été nouvellement inventée ou perfectionnée par M. Lepaul, lui méritent un rappel de médaille d’argent que le jury lui décerne.
- M. HLJRET, boulevard des Italiens, n° 2, à Paris.
- M. Huret a exposé un coffre-fort dont la fermeture est une serrure à combinaison, système Bramah, qu’il avait déjà perfectionné de nouveau, en empêchant les mouvements du va-et-vient de se faire sentir sur les boutons et en cannelant la clef au lieu de la fendre. (Il se rencontre avec M. Lemaître pour cette dernière idée.)
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- On remarque que la serrure elle mécanisme de la combinaison, fixé à dessein à l'intérieur de la porte, ne laissent, aucune trace ni indice à l’extérieur qui puisse en favoriser l’effraction. L’absence de tout ornement en saillie sur la porte en offre la preuve.
- Le jury rappelle la médaille d’argent que M. Huret a obtenue en 1889.
- M. Jean-Marie-François-Louis GPiANGOIR, rue de Cléry,
- n° 80, à Paris.
- Cet babile et ingénieux serrurier-mécanicien, qui a déjà obtenu deux médailles de bronze et un rappel aux expositions précédentes, a exposé cette année plusieurs serrures d’appartements et de coffres-forts, inventées ou perfectionnées par lui. On remarquera principalement dans son exposition des serrures sans clef,, à combinaison d’une grande perfection, comme tout ce qu’il exécute. Ses travaux sont généralement appréciés depuis longtemps dans l’art de la serrurerie de précision, à la perfection duquel il a beaucoup participé; c’est lui qui a réhabilité les serrures à combinaison complètement discréditées. (Voir le rapport inséré au Bulletin delà société d’encouragement, 35° année, page 221, par M. Séguier, et les rapports subséquents des expositions des produits de l’industrie.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. Jean PAUBLÀN, rue Saint-Honoré, n° 366, à Paris.
- Dans l’exposition de M. Paublan on remarque les produits nouveaux suivants :
- i° Un coffre-fort dont les crémaillères sont en fer, et placées de manière à isoler les tablettes et les tiroirs du corps du coffre en cas d’incendie;
- 20 Une serrure dont la clef produit un double jeu de garnitures mobiles, à combinaison de quatre alphabets, et pouvant composer un mol de huit lettres;
- 3° Une autre serrure sans clef, composée de quatre alphabets seulement, et pouvant composer un mot de seize lettres;
- 4° Deux systèmes de cadenas pouvant s’adapter sans piton sur les portes, et rendre les serrures ordinaires incrochetables;
- 5° Un mouvement de serrure à pompe perfectionnée.
- Ces inventions, jointes à la précision d’exécution des articles exposés,mériteà M. Paublanla médaille d’argent que lejury lui accorde
- Médailles
- d’argent.
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- Nouvelle médaille de bronze.
- Rappel e médaille le bronze.
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- M. Louis-Henri D011VAL rue Feydeau, n° 24, à Paris.
- Auteur d’un système de serrure à double pompe, qui a figuré à la dernière exposition, et lui a mérité une médaille de bronze, M. Dorval expose cette année cinq caisses dites coffres-forts, de différents modèles, avec des fermetures à combinaison de dimensions différentes, ainsi que des serrures d’appartements et de meubles.
- Parmi ces serrures on en remarque une dont la clef est à double panneton, l’un fixe, et l’autre mobile; ce n’est que quand la clef est entrée dans la serrure que le panneton mobile s’arrête à l’opposé du panneton fixe; par ce moyen, M. Dorval a pu placer dans la serrure des gorges de chaque côté du pêne que la clef double fait jouer en même temps, ces gorges ont un mouvement rectiligne.
- On remarque encore une serrure à six gorges et à broche dont les entrées du dehors et du dedans ne se rencontrent pas.
- Le jury lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- M. Alexandre FICHET, rue Richelieu, n° y j, à Paris.
- M. Fiehet a exposé celte année : i° Coffre-fort fermé par une combinaison invisible; 2° une serrure sans clef; 3° une serrure à trois clefs différentes et qu’on ne peut ouvrir sans le concours des trois clefs; 4° plusieurs au ires pièces de fine serrurerie.
- M. Ficbet a aussi exposé une machine à voler, au moyen de laquelle les représentants d’une assemblée législative pourraient voter (le leur place en peu d’instants, ce qui leur économiserait un temps précieux. Le jury n’ayant pas vu la partie du mécanisme qui, selon M. Ficbet produit l’addition de tous les votants sur un cadran, ne peut le récompenser pour sa machine à voter. Ce n’est donc que pour sa belle serrurerie que le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. JACQUEMART,rue du Chemin-de-Pantin, n°2, à Paris.
- M. Jacquemart a exposé un nouveau genre de serrures et de gâches pour lesquelles il est breveté, et qu’il destine aux portes intérieures des appartements. Il les désigne sous le nom de serrures à encliquetage, demi-tour à foliol, avec gâches mobiles. Ces serrures sont simples et d’un prix modéré. Elles se distinguent par leur forme symétrique et par la petitesse des clefs.
- M. Jacquemart a obtenu en i844 une médaille de bronze pour
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- ses combles en fer et en tôle fort légers. Le jury lui décerne, cette année, le rappel de celte médaille pour ses serrures.
- M. Édouard SCHMERBER, à Rougemont (Haut-Rhin).
- M. Schmerber a monté sur une grande échelle sa fabrication de serrures de toute espèce pour appartement et pour meubles, ainsi que des articles très-variés de quincaillerie.
- Au moyen d’un outillage combiné pour abréger la main-d’œuvre, il est parvenu à livrer au commerce de très-bons produits à un prix relatif fort minime.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. Claude-Joseph-Napoléon REBOUR, aux Batignolles (Seine).
- M. Lebour a exposé un assortiment de serrures, de becs-de-cane et des cadenas, le tout d’une bonne exécution ordinaire.
- Les becs-de-cane se distinguent par leur peu d’épaisseur (7 millimètres) et par leur bon marché.
- Les clefs des serrures sont à pompe et ne peuvent sortir de la serrure sans que celle-ci soit fermée. Les pênes sont faits de deux pièces, de manière à pouvoir être retournés, lorsqu’il s’agit de poser la serrure à la droite ou à la gauche de la porte.
- Il occupe plusieurs centaines d’ouvriers. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Jean-Jacques DIGARD, rue de la Ferronnerie, n° 12, à Paris.
- M. Digard est un ouvrier intelligent, qui a travaillé longtemps dans la serrurie de précision pour les meilleures maisons de celte spécialité.
- Il a exposé cinq serrures exécutées d’après un système de son invention, qu’il nomme serrure à pompe horizontale.
- Ce système est simple, d’un prix peu élevé relativement à la sécurité qu’il donne, et peut s’appliquer facilement aux anciennes serrures pour leur donner une très-grande sécurité.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. MOTHEAU, rue de la Concorde, n° 20, à Paris.
- M. Motheau a exposé plusieurs coffres-forts et un assortiment de
- Médailles de bronze.
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- serrures de sûreté, parmi lesquelles ou en remarque une à combinaison, qu’il appelle serrure à rouet mobile, parce que c’est le rouet qui se meut parallèlement à la tige de la clef quand on l’introduit dans la serrure. Cette serrure est armée de cinq gorges, dont trois sont mobiles dans tous les sens, et deux qui ne se meuvent que sur une ligne et dans un plan fixe.
- On remarque encore une autre serrure également à combinaison et d’une nouvelle disposition. Dans celle-ci c’est un croisillon qui agit sur quatre roulettes à la fois, ce qui simplifie la serrure, sans la rendre moins sûre. Les pièces exposées par M. Motbeau sont d’une belle exécution.
- Il a obtenu une mention honorable en 1839, le jury lui accorde celte année une médaille de bronze.
- M. SOISSON, rue de Lille, n° 20, à Paris,
- A exposé cette année des serrures de sûreté de deux systèmes : l’un à gorges perfectionnées, l’autre aussi à gorges, et dont le changement de position de deux pièces permet de poser la serrure pour ouvrir la porte à droite ou à gauche.
- Les perfectionnements que M. Soisson apporte à ses produits à chaque nouvelle exposition, et l’exécution soignée qu’il leur donne, mérite une récompense : le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Louis-Auguste VALLET, rue du Faubourg-du-Temple, n° 44, à Paris.
- M. Vallet a exposé des cadenas en cuivre pour malles, qui sont désignés dans le commerce sous les noms de petites et grosses braches.
- Au moyen de la création d’un outillage convenable, il est parvenu à les exécuter à un prix tellement bas, que les Anglais, dont nous étions tributaires pour cet article, ne peuvent plus rivaliser avec lui.
- M. Vallet avait obtenu une mention honorable en i844, le jury
- lui décerne cette année une médaille de bronze.
- ;
- M. VERSTAËN, rue Beaujolais, n° 6, à Paris.
- M. Verstaën a exposé une collection de coffres-forts solidement
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- construits, d’élégance, de grandeur, de prix différents et modérés. 11 en expédie beaucoup pour l’étranger.
- Ses serrures de coffres-forts, ainsi que ses autres serrures, sont d’un fini remarquable; surtout une serrure à trois clefs, où l’exécution ne laisse rien à désirer.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. Jules LELOUTRE, rue du Caire, ,n° 10, à Paris.
- M. Leloulre a exposé une collection de serrures et trois coffres-forts, dont un grand, exécuté avec luxe, et deux plus petits, d’une bonne exécution courante et d’un prix modéré.
- Les serrures à combinaison de ces coffres-forts, ainsi que les serrures pour appariements et pour meubles sont toutes bien établies.
- Le jury lui accorde une nouvelle mention honorable.
- M. LEMOITRE, rue du Luxembourg; n° ù2 , à Paris.
- M. Lemoitre, qui a déjà obtenu une mention honorable en i844, a exposé cette année plusieurs coffre-forts, des serrures de sûreté et à combinaison et des cadenas; tous ces ouvrages fonctionnent bien.
- Les clefs à pompe de M. Lemoitre, au lieu d’être fendues, sont cannelées au dehors dans la forme d’un pignon. Les ailes de ce pignon sont coupées à différentes hauteurs pour produire f effet des clefs à pompe ordinaires. M. Huret a eu la même idée.
- Le jury accoi’de à M. Lemoitre une nouvelle mention honorable.
- MM. DURAND et CIRE, rue de la Corderie, n° 17, à Paris.
- Parmi les objets que MM. Durand et Gire ont exposés, on remarque un système de serrures de sûreté pour lequel ils sont brevetés, et qu’ils nomment serrures à échappement el à levier.
- La clef est plate et dentelée au bout; lorsqu’on l’enfonce dans la serrure, son extrémité rencontre une série de leviers qui, en faisant l’office de gorge, se placent de manière à rendre le pêne libre d’obéir au mouvement du bouton.
- Le jury accorde à MM. Durand et Gire une mention honorable.
- M. Pierre-ConstantinFAYET-BARONrue Saint-Honoré, n° 269, à Paris.
- M. Fayet-Baron a exposé des serrures d’un système nouveau.
- Nouvelles
- mentions
- honorables.
- Mentions
- honorables
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- Nouvelle
- Citation
- favorable.
- Citations
- favorables.
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- Dans ce système, le panneton de la clef porte des encoches et des trous de différentes formes. Quand la clef est introduite dans la serrure, elle se présente dans une espèce de mâchoire qui doit se refermer sur le panneton lorsqu’on fait tourner la clef. Les deux faces intérieures de la mâchoire sont garnies de pièces saillantes placées de manière à rentrer dans les trous du panneton. Ainsi avec la véritable clef, la mâchoire peut se fermer, la clef peut tourner, tandis qu’avec une fausse clef la* mâchoire ne pourrait pas se fermer, la clef ne pourrait point tourner, ni par conséquent ouvrir la serrure.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Fayet-Baron.
- M. FALHON, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Cet exposant, qui, en i838, avait présenté à la société d’encouragement des châssis à tabatières s’ouvrant aussi facilement à l’intérieur qu’à l’extérieur, a mis à l’exposition actuelle une serrure de sûreté remarquable par sa grande simplicité et son bas prix.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. Jean-Henri RENARD, rue du Temple, n° 71, à Paris.
- M. Renard a exposé une collection de toute petite quincaillerie à l’usage de la gaînerie, de l’ébénislerie, du cartonnage et des relieurs.
- Les petites serrures et petits cadenas, quoique faits en vue du bon marché, sont encore solides et fonctionnent bien. On y remarque des serrures à quinze centimes la pièce.
- Le jury lui décerne une nouvelle citation favorable.
- M. RAOULT, avenue de Clichy, n° 39, à Batignolles (Seine).
- M. Raoult a exposé un coffre-fort dont la serrure a un caractère particulier : elle est armée de quatre boutons à alphabet.
- Un de ces quatre boutons marche à coulisse et correspond avec un cache-entrée placé dans l’intérieur de la serrure.
- Quand on veut fermer le coffre, après avoir retiré la clef, on fait glisser le bouton à coulisse, puis on brouille le mot des trois autres boutons; pour l’ouvrir, on rétablit le mot, on fait glisser le bouton du cache-entrée et la clef peut agir.
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- li a encore exposé six serrures dont chaque clef particulière ne peut ouvrir qu’une serrure, tandis qu’une septième clef les ouvre toutes les six.
- Le jury lui décerne une citation favorable.
- M. Paul GRISON, à Orbec (Calvados).
- Une serrure à demi-tour a été envoyée à l’exposition par M. Gri» son, ouvrier serrurier.
- La clef de celte serrure est à deux pannetons dont l’un mobile, qui, pour entrer et sortir de la serrure, se loge dans la tige de la clef et se développe à la fin de son entrée. C’est ce panneton mobile qui fait lever la gorge et marcher le pêne, tandis que le panneton fixe fait mouvoir un levier qui dégage la gorge et lui permet de se lever.
- Cette double sûreté, qui rend sa serrure incrochetable, et son bas prix méritent à M. Grison une citation favorable.
- M. François TOULZA, à Saint-Étienne (Loire).
- M. Toulza a envoyé à l’exposition une forte serrure de porte cochère à trois clefs, dite cîanche à trois pênes.
- On y remarque des entrées massives, percées selon le dessin de la clef dans toute leur longueur.
- Ces entrées, comme les autres parties de la serrure, sont remarquablement bien exécutées et méritent d’être citées favorablement.
- M. Armand RIMBAULT, à Vismes (Somme).
- M. Rimbault a exposé 5 serrures , qu’il présente comme type.
- N° 1, une serrure de sûreté incrochetable.. .... 200f n
- 2, une serrure de sûreté à 6 gorges mobiles. . . 20 //
- 3, une serrure à deux ajustements, à garniture
- et à gorge mobile........................ 14 "
- 4, un verrou de sûreté à gorges mobiles...... i 5 //
- * 5, un pêne dormant, demi-tour ajustement et à
- gorges mobiles........................... 5 5o°
- Ces serrures ont paru au jury d’une fort bonne exécution, ce qui le décide à accorder à M. Rimbault une citation favorable.
- M. SAURON, à Châtel-Censoir (Yonne).
- A exposé une serrure dont toute la sûreté réside dans une clef à
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- double panneton. Un des pannetons tient à la tige delà clef, l’autre tient à une douille qui embrasse la tige. Le panneton qui lient à la douille est évidé, de manière que l’autre panneton se loge dedans. Quand on introduit la clef dans la serrure, les deux pannetons n’en forment plus qu’un; ils ne se développent que lorsqu’on a fait faire un quart de tour à la clef, parce qu’une seconde entrée ,,est placée en travers de la première. Le reste de la serrure est ordinaire.
- Le jury accorde àM. Sauron une ci tation favorable.
- M. GUILLARD, à Versailles ( Seine-et-Oise).
- M. Guillard, ouvrier' recommandé d’une manière toute particulière au jury central par la commission d’admission, a exposé une serrure de sûreté à six gorges doubles, à clef forée, à entrées qui ne se rencontrent pas, et à broche. Cette serrure est très-bien exécutée; elle est combinée de manière qu’en en retournant les pièces, on la transforme à volonté pour ouvrir à droite ou à gauche. (Plusieurs exposants ont aussi des serrures qui se retournent.)
- Le jury lui décerne une citation favorable.
- M. L. ANGIBAULT, ouvrier serrurier, à Versailles (Seine-et-Oise).
- M. L. Angibault a exposé une serrure de sûreté dont le pêne est au milieu. Cette serrure est à six gorges, dont trois dessus et trois dessous le pêne, et présente l’avantage de pouvoir se poser pour ouvrir à droite ou à gauche, en retournant quelques-unes des pièces qui la composent.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M, Gharl es DÉGARNE, rue des Amandiers-Popincourt, n° 3o, à Paris.
- M. Dégarne a exposé des serrures à timbre pour portes de magasins. Le timbre est placé dans la serrure ; il sonne un coup chaque fois que le pêne du demi-tour agit. Le jury lui décerne une citation favorable pour cette idée, qui paraît nouvelle.
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- SECTION TREIZIÈME.
- CORDE RIE POUR LA NAVIGATION MARINE FLUVIALE.
- M. Charles Dupin, rapporteur.
- MM. MERLIÉ-LEFEBVRE et Cic, à IngouviUe (Seine-Inférieure).
- Au nom de la compagnie, dite la Corderie Havraise, M. Merlié-Lefebvre présente à l’exposition un modèle de la mécanique remarquable avec laquelle il commet, suivant les meilleurs principes, le3 plus forts cordages qu’il livre à la marine. Ces cordages sont remarquables pour leur excellenle confection; les fds ont une grande égalité. La compagnie fait hommage au musée naval du modèle de. sa machine.
- L’importance de cet établissement est considérable; il livre, année commune, à la navigation 600,000 kilogrammes de cordages.
- La force motrice est donnée par une machine à vapeur ayant la force de 15 chevaux, la corderie emploie 160 ouvriers et 80femmes.
- On doit à M. Merlié-Lefebvre plusieurs perfectionnements pour le goudronnage des fils, pour leur enroulement économique et facile sur les bobinoirs et les tourets, etc.; il a permis libéralement' qu’on prît connaissance de ses procédés et qu’on les imitât.
- A partir de i845, les succès de la corderie havraise ont été tels, que les cordages de Russie ont disparu de nos entrepôts ; cette corderie ne fournit pas seulement au Havre ainsi qu’à d’autres ports français, elle reçoit des commandes des nations étrangères.
- Le jury central décerne une médaille d’or à M. Merlié-Lefebvre.
- M. JOLY aîné, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Médaille
- d’argent.
- M. Joly aîné a présenté des cordages pour la marine dont les fils et le commettage ne laissent rien à désirer. Il a, de plus, exposé des lignes propres à toutes les variétés de la grande pêche maritime, cette importante industrie qu’exploitent avec tant de courage et de succès les marins de Saint-Malo.
- M. Joly n’occupe pas moins de i3o ouvriers. Les travaux méritent beaucoup d’éloges; c’est pour la quatrième fois qu’il offre ses produits à l’exposition. Il fut deux fois récompensé parla médaille
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- Nouvelle médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
- Rappel
- de
- mentions
- honorables.
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- de bronze en i83q et en i844- Aujourd'hui, le jury central lui décerne la médaille d’argent.
- M. Aùgusîe-Benjamin LEBOEUF, rue des Lombards, n° 1 7, à Paris.
- La corderie de M. Lebœuf est considérable; il emploie, suivant les besoins du commerce, 120 à i5o ouvriers, tant à Paris qu’en province, et fabrique environ 200 mille kilogrammes de cordages, qui sont très-recommandables pour leur bonne fabrication. L’importance de son commerce s’élève à 3oo,ooo francs.
- En i844, M. Lebœuf a obtenu une médaille de bronze, le jury lui en décerne une nouvelle pour son exposition de 1849-
- M. OUARNIER, à Compiègne (Oise).
- M. Ouarnier donne à ses cordages, au moyen d’un système de torsion, la régularité la plus remarquable à la tension des fils après le commettage. Il fabrique annuellement de 100 à 120,000 kilogrammes de chanvre.
- On a surtout distingué les cordes plates que M. Ouarnier confectionne pour l’exploitation des mines et des carrières.
- Le jury central lui accorde une médaille de bronze.
- M. Pierre-Eugène TAMPIER, rue Saint-Denis, n° 361 , à Paris.
- M. Tampier, qui met en œuvre environ 5o,ooo kilogrammes de chanvre, annuellement, se fait remarquer par la finesse et la régularité de ses fils qui sont aussi très-bien commis; il ne travaille pas seulement pour la navigation; il fabrique tous les cordages pourles jeux gymnastiques, pour les balançoires perfectionnées, etc. Cette partié, que nous pourrions appeler la corderie de luxe, est parfaitement traitée.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. Pierre BOUCHARD, à Nevers (Nièvre).
- M. Bouchard, dont l’établissement daté de 1829, a exposé plusieurs échantillons de ses produits. Il emploie 2 5,000 kilogrammes de chanvre du pays, ce qui offre un encouragement àia culture de celte plante dans le département de la Nièvre. La force et la bonne
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- confection de ses cordages est attestée par le jury de son département.
- Le jury central lui confirme la mention honorable qu’il avait obtenue aux expositions de 1839 et de i844.
- M. L’HOMINY, quai de la Râpée, n° 23, à Paris.
- Il a exposé quatre cordages en chanvre et en fer; son établissement date de 1835 ; il emploie 100,000 kilogrammes de matières premières; l’étendue de son commerce s’élève à i5o,ooo francs; ses produits sont d’une bonne confection; le jury central lui dédécerne une mention honorable.
- Mentions honorables.
- M. Étienne FLASHIER, à Condrieu (Rhône).
- 11 a exposé plusieurs modèles de cordes moitié chanvre et moitié fer.
- Pour la bonne confection de ses produits le jury central vote en en sa faveur une mention honorable.
- M. Louis LEBEL, à Soissons (Aisne).
- Il expose deux cordages, l’un goudronné, l’autre tanné ; plus, des ficelles tannées pour retenir les bouchons à vin de champagne. Son établissement date de 3o années; il emploie 33 ouvriers et 4o à 5o,ooo kilogrammes de chanvre, son commerce se fait tout à l’intérieur.
- Pour la bonne confection de ses produits le jury central lui accorde une mention honorable.
- M. BRIÈS-BRULÉ, à Arras (Pas-de-Calais). Citations
- • i 1 î favorables
- Il a exposé des étendelles pour la compression des huiles et des suifs employés à faire des bougies stéariques ; des cordes tressées et tissées pour remplacer les câbles plats et les courroies de renvoi dans la transmission des mouvements des machines, le tout à des prix très-modérés. Sa consommation annuelle s’élève à environ 4,ooo kilogrammes de matières et l’importance de son commerce à 10 ou 12,000 francs.
- Le jury central lui décerne une citation favorable.
- M. DUPUIS-PETIT, à Beauvais (Oise).
- Il a exposé une corde à nœuds dont se servent les ouvriérs en
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- Mentions
- honorables.
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- bâtiments pour les légères réparations et surtout les badigeonneurs ; il a trouvé le moyen de confectionner les noeuds en même temps que le cordage, et de leur donner une forme cylindrique, ce qui rend l’arrêt du crochet de suspension plus solide; il est aussi l’inventeur d’une corde à barre de fer avec sa sauterelle pour la séparation des chevaux. Quoique la fabrication de M. Dupuis-Petit ne soit pas fort considérable, le jury central lui décerne une citation favorable pour ses inventions.
- SECTION QUATORZIÈME.
- APPAREILS DE SAUVETAGE.
- M. Charles Dupin, rapporteur.
- M. TRIPIER, faubourg du Temple, n° 3g, à Paris (Seine).
- Il expose un canot de sauvetage insubmersible et inchavirable au moyen de tubes à air et de soupapes qu’il a installés dans l’in-rieur de son embarcation; il peut donner de la stabilité à son canot au moyen d’un appareil qu’il fait descendre à droite et à gauche de la quille et qui consiste en tubes s’emboîtant les uns dans les autres, chose utile pour éviter que l’embarcation ne chavire lorsqu’elle est chargée par des personnes naufragées.
- Le jury central accorde une mention honorable à M. Tripier.
- M. CHABRE, dit LÉGLAIR, allée des V euves, à Paris, (Seine).
- 11 a exposé un appareil de sauvetage assez ingénieux et fort simple, et qu’il appelle berceau, marin; cet appareil, fait en tissus caoutchouc et tenu ouvert par des cercles de fer, permet à celui qui en est revêtu de rester sur l’eau et de pouvoir porter secours. Cet appareil est armé de petites roues semblables à celles des bateaux à vapeur et peut être facilement dirigé par celui qui en est revêtu. Le poids total de l’appareil de M. Cliabre ne s’élève pas au delà de 7 kilogrammes, et comme il peut se replier sur lui-même on peut facilement le porter sous son bras.
- Le jury central lui décerne une mention honorable.
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- SECTION QUINZIÈME.
- MACHINES DIVERSES.
- N
- MM. Amédée Durand, Pecqueur, A, Séguier, rapporteurs.
- Médaille
- d’or.
- M. CARILLON, rue Neuve-Popincourt, n° 8, à Paris.
- Les glaces, jadis produits de haut luxe, aujourd’hui, par la généralité de leur emploi comme miroirs, de leur substitution au verre comme vitrage, sont devenues d’une consommation chaque jour plus étendue. L’immense fabrique qui était en France en possession exclusive de leur confection, a Am, à plusieurs reprises, s’élever des concurrents, et, soit quelle les ait absorbés en elle-même, soit ’ qu’elle ait pris des arrangements aArec eux, le prix trop élevé d’un produit devenu indispensable a fini pourtant par s’abaisser.
- Les consommateurs doivent reconnaissance à M. Carillon pour ce bienfait, car c’est à l’emploi de ses belles machines à dresser les glaces que le résultat d’une baisse de prix doit être principalement attribué.
- Ce n’est pas le seul service rendu par lui à cette industrie; grâce à ses appareils, une qualité essentielle, qui n’était pourtant que la rare exception, est devenue une condition ordinaire. Nous voulons parler de la planemétrie, sans laquelle la glace employée comme miroir ne réfléchit que des images déformées, ne laisse apercevoir comme vitrage que des lignes brisées.
- Les avantages d’économie de main-d’œuvre et de bonne fabrication ont été si bien appréciés, qu’un établissement pourvu d’un immense matériel venu d’Angleterre, n’a pas hésité à se fondre avec un autre travaillant avec les appareils de M. Carillon.
- Les machines à dresser les glaces de notre compatriote sont si estimées, que l’étranger est devenu son tributaire, et la Belgique elle-même, où les machines s’établissent à si bon marché, est venue demander à M. Carillon des produits de ses ateliers parisiens. L’esprit d’invention de ce constructeur ne s’est pas exercé seulement sur la machine à dresser les glaces et à les tirer d’épaisseur ; toutes les parties de la fabrication lui sont redevables d’importantes modifications. M.-Carillon a exécuté une table à couler sur chariot, une grue appropriée au versement des cuvettes, des tordoirs pour pré- '
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- parer les matières qui entrent dans la composition des glaces, des machines à broyer la terre des cuvettes, d’autres pour l’émeri et le plâtre; enfin, il confectionne en ce moment des machines à doueir et à polir.Celte dernière opération, faite jusqu’ici à la main, présente de grandes difficultés pour être remplacée par le jeu d’une machine. M. Carillon fait preuve de beaucoup de prudence et de discernement en conservant les moyens ordinaires de poli et en ne remplaçant l’homme par la machine que dans l’emploi de la force brutale. '
- La juste réputation dont jouissent les produits de tous genres sortis des ateliers de M. Carillon lui ont valu doubles commandes étrangères, et, après avoir monté une manufacture de glaces en Belgique, il a installé une usine monétaire en Barbarie, fournissant au bey de Tunis les laminoirs, les balanciers, et la machine à vapeur qui les met en mouvement.
- Au milieu des nombreuses machines que M. Carillon exécute avec tant de succès, nous voulons en distinguer une trop rarement employée en France, non pas à cause de son peu de mérite, mais probablement à cause des difficultés du calcul de ses effets, dont la théorie mathématique reste encore à faire. Nous voulons parler du bélier hydraulique de Monlgolfier, si répandu en Allemagne, en Prusse surtout.
- Les machines de ce geni'e, établies en France par M. Carillon depuis longues années, n’ont pas cessé de bien fonctionner.
- Le jury, pour récompenser l’ensemble des travaux d’un constructeur aussi fécond, juge M. Carillon, déjà précédemment honoré
- d’une médaille d’argent, digne cette année d’une médaille d’or.
- *
- M. BIWER, quai de la Grève, n° 64, à Paris.
- Depuis longues années en possession de l’estime du monde industriel, par l’importance du concours qu’il a prêté à différentes entreprises, M. Bivver est venu soumettre ses titres, bien reconnus ailleurs, à l’appréciation du public. Son exposition, qui constitue une revue rétrospective d’une partie de ses travaux, offre une nouveauté et une originalité de vues que le jury n’a que bien rarement l’occasion de signaler. Aussi le rapporteur ne s’arrêtera-t-il pas à décrire différents instruments de travail d’une sévérité d’étude et d’une pureté cl’exécution que rien n’a dépassé.
- Au milieu de cette exposition, d’aspect si modeste, mais si impor-
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- tante par le fonds d’idées qu’elle renferme, il choisira trois conceptions d’une réalisation éprouvée, ainsi que d’une portée incontestable,
- La forge mécanique n’a encore, même aujourd’hui, été employée que comme le monnayage, c’est-à-dire à donner une forme à un morceau de fer incandescent, au moyen de matrices. M. Biwer, le premier, a prouvé que les pièces de rapport pouvaient être soudées au mouton aussi solidement que parles procédés manuels et, avec celte supériorité, que kt même action contondante, qui mariait les deux parties du métal, donnait en même temps à son point de jonction tout le fini qu’on n’obtient qu’avec peine et lenteur par l’emploi des étampes; une pièce de cette nature, une baïonnette, faisant partie d’une grande fabrication, présentait en outre cette particularité que le forage de sa douille était exécuté dans des conditions de rapidité et d’économie dues aux combinaisons suivantes: la mèche, par une disposition sans précédent, immergée dans un liquide mucilagineux, ainsi que la pièce à évider, agissait de bas en haut, donnant ainsi au copeau la possibilité de sortir d’une manière continue et avec une telle efficacité, que six minutes suffisaient à l’accomplissement de ce forage. La lame de la baïonnette n’a pas moins que sa douille été soumise à une fabrication mécanique et c’est, il paraît, la première fois qu’on ait obtenu, de l’emploi du.laminoir, un produit de cette forme. Gomme il date de i83i, il est permis de voir en lui l’idée qui, plus tard, a été réalisée dans la fabrication des lames de ressorts pour voitures par le laminoir ; procédé qui a rendu de si grands services, notamment dans la confection du matériel roulant des chemins de fer. et de tous les autres modes de transports.
- M. Biwer a de plus imaginé, exécuté avec une rare perfection, et mis en pratique un outil qui a cela.de particulièrement remarquable que, quoique formé de matière sujette à l’usure, il doit à une conception mécanique la propriété de n’en point éprouver d’appréciable. Rappelous de suite que le reproche mérité qu’on fait à tous les outils de tour conduits mécaniquement, c’est d’être dans l’impossibilité de produire un cylindre exact, soit plein, soit creux, et de le transformer en cône d’une manière plus ou moins sensible. Voici la disposition imprévue qu’a adoptée M. Biwer : son outil a la forme d’un disque ou tronçon de cône très-court, à large base et renversé; c’est l’arête formée par la limite du plan de cette base qui devient le tranchant de l’outil, et, au moyen d’un mouve-
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- ment de rotation continue, donné par une vis tangente, chacun des points de la circonférence de cet outil vient à son tour se mettre en prise avec la matière à couper. Il ne peut être oublié que la vitesse doit être telle que jamais, dans le travail qu’il exécute, il décrive plus d’une révolution. Telle est la disposition, si rationnelle dans sa conception et si originale, au milieu de l’outillage usité, que M. Biwer a réalisée avec un succès mis hors de doute par les produits qu’il en a exposés.
- Nous parlerons encore, mais avec toute la brièveté que nous imposent les limites de ce rapport, d’un principe-nouveau introduit* dans le travail des métaux-, nous voulons parler du laminage circulaire qu’a réalisé M. Biwer; voici dans quelles circonstances : il s’agissait d’obtenir d’un seul morceau les bobines à tulle, qu’au prix de bien des inconvénients et faute de pouvoir faire mieux on construisait en deux parties. C’étaient deux disques très-minces qui, ne pouvant jamais être rigoureusement plans, corrigeaient mutuellement le gauche de leurs surfaces; c’est ce gauche, que rien ne pouvait rectifier dans ces instruments alors qu’ils étaient faits d’une seule pièce, que M. Biwer attribua à la disposition moléculaire du. métal, ayant subi le laminage rectiligne. De cette observation si juste, à la conception d’un laminage circulaire, la distance pouvait n’être pas grande; mais de la conception, à l’exécution, elle l’était incontestablement beaucoup, et M. Biwer l’a franchie de la manière la plus complète. Dans son exposition figurait un laminoir comme il ne s’en était jamais vu; deux cônes, disposés de la manière la plus simple et en même temps la plus résistante, saisissaient un disque de cuivre et imposaient à ses molécules une disposition circulaire et uniforaie qui le préservaient de toute déformation pendant le travail ultérieur. Les produits exposés, résultants de ce mode de laminage, prouvaient, par leur exactitude irréprochable, la justesse des prévisions de l’auteur.
- Tous les services que M. Biwer a rendus à l’industrie, pendant sa laborieuse et modeste carrière, ne sauraient être exposés ici sans excéder les limites d’un rapport; ils sont connus de tous les travailleurs sérieux, et la récompense qui sera décernée à cet éminent artiste deviendra l’expression de leur propre reconnaissance pour les.enseignements et les exemples qu’ils en ont, reçus.
- Le jury décerne à M. Biwer la médaille d’or.
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- M. FOUCAULT, rue de Charenton, n° 18, à Paris.
- Pour bien apprécier la valeur d’une invention, il faut, d’une part, considérer le temps qui s’est écoulé depuis que le besoin s’en est fait sentir-, de l’aulre, la quantité de tentatives restées infructueuses devant les difficultés quelle présentait. Envisagée à ce double point de vue, la machine à écrire disposée pour les aveugles, par M. Foucault, aveugle lui-même, est une des plus remarquables qui ait figuré à l’exposition. De tout temps n’y a-t-il pas eu des aveugles ; et, de nos jours même, combien n’avons-nous pas vu de louables essais, tentés en vue de les mettre à même d’étendre leurs communications avec les clairvoyants, au delà des limites de la portée de leur voix?
- Grâce à M. Foucault, la dépendance, quelquefois dangereuse, toujours gênante, d’une main étrangère a cessé pour eux, et aucun doute n’est possible sur la conservation d’un affranchissement consacré par une possession de plusieurs années.
- De tous les moyens d’obtenir l’expression graphique de la pensée, l’auteur a choisi celui qui peut être considéré comme le plus simple et le plus parfait. Effectivement, l’aveugle qui emploie la machine de M. Foucault est placé dans des circonstances bien plus favorables que celles où se trouve un clairvoyant ; il est mis en état d’écrire, sans avoir jamais appris à former une seule lettre. Il lui suffit de savoir lire par le tact, pour pouvoir exprimer sa pensée d’une manière éminemment lisible, puisque c’est en caractères typographiques qu’elle se trouve tracée. Voici par quels moyens ce curieux résultat est obtenu; toutes les lettres de l’alphabet, exécutées en relief et de grande dimension, sont chacune fixées à l’extrémité supérieure d’une tige métallique, ayant la faculté de glisser longitudinalement dans un canal approprié. Ces tiges sont placées dans un même plan et en éventail ; chacune d’elles porte à sa partie inférieure la même lettre qu’à son sommet. Cette lettre, de petite dimension, est exactement un caractère d’imprimerie. Le mécanisme est disposé de telle façon que toutes les lettres convergent en un même point et que, appuyées successivement par les doigts, leurs empreintes viendraient se superposer, ne formant qu’une masse noire; mais, chaque fois qu’une lettre est touchée, le papier, par le même mouvement, se déplace d’une quantité convenable, et alors l’écriture est produite nette, bien alignée et bien espacée. La ligne terminée, le
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- papier se déplace, dans un sens perpendiculaire au premier, et l’opération recommence.
- Outre ces éléments, une série formée de chiffres, et de tous les signes complémentaires de l’écriture, est placée de la même manière et dans un plan convergeant avec le premier; cette machine ayant toujours pour principe général que tous les caractères viennent, quel que soit leur ordre primitif, déposer leur empreinte sur un même point. De tous les moyens connus pour obtenir un signe graphique, M. Foucault a préféré, avec raison, le papier à décalquer; ce qui pourrait, au besoin, permettre de faire plusieurs épreuves à la fois. L’ensemble de celte précieuse machine ne constitue qu’un petit meuble, parfaitement transportable, d’un emploi éminemment simple, d’une manœuvre rapide. Ce n’est pas dans les termes de ce rapport qu’il faut chercher la mesure des services que M. Foucault a rendus à ses compagnons d’infortune; c’est dans leurs expressions de profonde reconnaissance, c’est dans la respect avec lequel, au milieu de l’exposition, ils se faisaient conduire près de celui qu’avec exaltation, ils proclamaient leur bienfaiteur.
- Le jury, sympathisant avec ces sentiments qui lui apparaissent, dans cette circonstance exceptionnelle, comme une base certaine d’appréciation, décerne à M. Foucault la médaille d’or.
- Médailles M. HUE, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 28, à Paris.
- d'argent. . , . ,
- M. Hue, dont les travaux en horlogerie sont l’objet d’un rapport particulier, a de plus exposé des agrafes d’un genre nouveau. Ces agrafes sont découpées dans de la planche de laiton, au lieu d’être faites de fil de la même matière. Il résulte évidemment de ce nouveau mode de fabrication une solidité plus grande par l’impossibilité où sont les anneaux de s’ouvrir, il en résulte encore la possibilité, et c’est ce qu’a réalisé M. Hue, de multiplier ces anneaux pour que l’agrafe ou sa porte ail plus de fixité. Un autre résultat à atteindre est que ces anneaux soient assez bien fraisés. Cette dernière condition, d’abord obtenue par le moyen connu de l’agitation dans un tonneau avec du sable ou toute autre substance analogue, l’est maintenant avec plus d’efTicacité et de précision par l’emploi d’un laminoir. Voici le dispositif général adopté par M. Hue ; des rouleaux alimentaires introduisent des rubans de laiton sous un découpoir, dans lequel est un levier mû par une manivelle qui remplace l’ancienne vis. L’agrafe, seulement découpée,
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- et plane encore, est soumise à L’action d’un petit laminoir, qui non-seulement fait disparaître les arêtes des anneaux, mais encore imprime à l’agrafe un aspect qui imite jusqu’à un certain point celui des agrafes en fil de laiton : c’est à la sortie de ce laminoir que l’agrafe est ployée et que son crochet est formé.
- Un autre genre d’agrafes ayant moins de saillie que les premières, et pouvant offrir plus de résistance, a aussi été exposé par M. Hue. Elles reproduisent celte disposition de boutonnière métallique, dont l’une des extrémités porte une ouverture donnant passage au bouton entier, tandis que l’autre bout ne forme qu’une fente qui retient le bouton par la queue.
- M. Hue, mécanicien fort habile, a, en outre, exposé une serrure très-bien exécutée, d’un petit volume, d’une grande simplicité, et par conséquent d’un prix peu élevé. Voici en quoi elle consiste, et les principes connus quelle réunit, tout en conservant un caractère d’originalité incontestable : c’est à la fois la serrure de Schubs dans son état originaire, et celte même serrure modifiée suivant l’idée si originale de M. Robin.
- Dans la serrure de M. Hue, on trouve les gorges et la clef de Schubs. Les différents crans que porte le panneton de celle-ci forment autant d’éléments qui peuvent se déplacer et entrer dans un ordre nouveau. Chacune des gorges correspondant à chacun de ces éléments reçoit un même numéro, de sorte que, toutes choses étant disposées pour que ce changement de dispositions relatives s’effectue facilement, on peut opérer aussi fréquemment qu’on le désire le changement de sa serrure. Par celte disposition ingénieuse est réalisée l’idée si féconde de M. Robin, mais cette idée est mise à l’abri des difficultés d’exécution qui avaient empêché son application de se répandre. C’est donc une serrure nouvelle qu’a produite M. Hue, malgré l’analogie fortuite qui la rattache à la conception de M. Robin.
- Le jury décerne à M. Hue la médaille d’argent.
- Mme veuve DECOUDUN, chaudronnière, rue Pierre-Levée , n° 8, à Paris.
- Expose un appareil à lessive avec sa chaudière. Cet appareil, qui contient 200 litres de lessive, a l’avantage de faire des jetées froides au commencement de l’opération et s’échauffe graduellement en une demi-heure à 4o degrés de chaleur.
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- Le réservoir à lessive est garni à l’intérieur d’un serpentin conduisant la vapeur, qui dans son ancien système était perdue; elle sert maintenant, après avoir traversé la lessive pour la chauffer, à faire pression dessus pour obtenir les jetées, ce qui procure une grande économie de vapeur.
- A l’aide d’un tuyau d’un assez fort diamètre, Mmc veuve Decou-dun est parvenue à faire jeter son appareil toutes les deux minutes.
- La grande amélioration que Mm® Decoudun a apportée en commun avec son contre-maître, M. Gay, aux appareils à lessive pour les lavoirs publics, que son mari construisait avec tant de succès, et qui fonctionnent dans les plus grands établissements de ce genre depuis leur fondation , est un tiroir à plusieurs lumières qui laissent arriver la vapeur pour presser sur le liquide dans la colonne de jetée; quand l’arrosement est terminé, une boule flotteur descend, ouvre la soupape d’air, ferme le tiroir, ce qui empêche la vapeur d’entrer et de faire pression; par ce moyen, la rentrée du liquide se fait dans l’appareil sans qu’on ait à s’occuper de ce travail. La chaudière de cet appareil a la forme d’une chaudière de locomotive, elle développe 2 mètres de long sur 60 centimètres de diamètre avec 8 tubes en fer à l’intérieur de 90 millimètres; la grille ne présente que 24 centimètres de surface. Mm* veuve Decoudun est parvenue, avec de pareilles chaudières, à lessiver parfaitement i,5oo kilos de linge sec en trois heures, et 4o kilos de charbon de terre, en faisant passer 9,000 litres de lessive à 2 degrés par heure sur le linge encuvé. C’est le plus grand résultat obtenu jusqu’à ce jour dans celte industrie. Mmc veuve Decoudun, malgré cette spécialité , continue de fournir au commerce tous les appareils de grosse chaudronnerie, et soutient dignement la réputation que son mari avait acquise à son établissement.
- Le jury, par toutes ces considérations et reconnaissant les services que Mmc veuve Decoudun a rendus aux classes laborieuses, à l’aicle de son appareil pour les lavoirs publics, lui décerne une médaille d’argent.
- M. LEQUESNE, rue de l’Orme, n° 5, à Paris.
- La presse à vermicelle qu’a exposée ce constructeur s’est placée, par les dispositions nouvelles qu’elle renferme, par la franchise de son exécution non moins que par l’ensemble bien entendu et bien groupé de ses éléments, au nombre des machines qui ont été par-
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- liculièrement remarquées. Cet appareil est disposé pour fonctionner, soit à bras d’homme, suivant les usages reçus, soit par un moteur inanimé. L’admission alternative de l’un et de l’autre moyen y est très-bien prévue et rendue très-facile. La substitution de ces presses aux anciennes dites à lanternes et mues au moyen de leviers, n’est pas chose à expérimenter. Le jury a été à même de recueillir sur leur service depuis plusieurs années dans un des principaux établissements de Paris, où elles fonctionnent au nombre de quatre, les témoignages les plus satisfaisants et les plus honorables sur la manière avec laquellé M. Lequesne traite les affaires.
- Le jury lui accorde la médaille d’argent.
- M. NUMA-LOUVET, rue Simon-Lefranc, n° i 4 , à Paris.
- Le jury doit regretter d’avoir à restreindre son appréciation des objets exposés par M. Numa-Louvet, à leurs seuls rapports avec l’industrie; un talent aussi fin, aussi délicat, aussi intelligent, mis à sa disposition, lui rend des services d’une importance incontestable. Il produit des poinçons de fabrique de dimensions microscopiques et offrant des difficultés' presque insurmontables à la contrefaçon. Ainsi, on a remarqué un mot de six lettres gravé avec une grande netteté dans un espace d’un millimètre. L’industrie de la gravure du commerce lui doit une multitude de poinçons de détail' devenant des éléments de composition qui, avec ce secours, s’élèvent à un degré de mérite nouveau pour elles. Les poinçons et outils de M. Louvet s’exportent et vont, avec une foule d’autres produits qui nous sont particuliers, porter an loin et soutenir la réputation de la production française.
- M. Numa-Louvet, déjà honoré d’une médaille de bronze à la dernière exposition, est jugé digne, par ses nouveaux progrès et le développement qu’il a donné à ses travaux; de recevoir une médaille d’argent.
- M. SAUTREUIL, h Fécamp (Seine-Inférieure).
- Le problème de la menuiserie mécanique, qui a provoqué, avec des succès fort divers, de si nombreuses tentatives, qui a dévoré tant de capitaux, se présente avec une solution pratique dans la machine qu’expose M. Sautreuil. Suivant ce système, qui est très-simple , des fers fort semblables, quoique plus larges à ceux des varlopes, sont fixés sur un cylindre animé d’une vitesse de mille
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- tours à la minute. Le tranchant de ces fers est parallèle à l’axe du cylindre, et leur nombre varie suivant la largeur du bois à dresser.
- Ce qui est surtout remarquable, c’est la manière dont ces fers agissent sur le bois, et qui seule paraît joindre l’économie à l’exactitude clu travail. Elle consiste en ce que les fibres du bois sont coupées en rebroussant, c’est-à-dire par un mouvement qui tend à les soulever au lieu de les attaquer en appuyant. Il en résulte une conservation très-marquée de l’outil qui n’a plus à souffrir de la rencontre des graviers, qui souvent sont incrustés dans la surface des bois en grume. L’épaisseur du bois enlevé en une seule passe péut atteindre 3 centimètres, et la marche sous l’outil est de 2 mètres à la minute.
- Les échantillons de produits exposés par M. Sautreuil consistent en madriers dressés, en moulures bien faites et en planches bou-velées ; mais ce qui atteste mieux les heureuses propriétés de cette machine c'est l’étendue de l’emploi qui en est fait. Ainsi, les arsenaux de la marine en possèdent chacun plusieurs, et l’industrie privée l’a appliquée dans un nombre important d’établissements, sur beaucoup de points de la France, et notamment aux environs de Paris.
- M. Sautreuil est, en outre, l’auteur de plusieurs scieries pour le bois , que le jury a regretté de ne pas voir figurer à l’exposition. Il accorde à M. Sautreuil la médaille d’argent.
- M. SÉNÉCHAL (Louis-Joseph), rue des Solitaires, n° Zt3, à Paris.
- M. Sénéchal a mis à l’exposition deux inventions intéressantes : l’une, qui consiste à couper des gants, six paires à la fois, et dans peu d’instants; et l’autre, qui coud des surgets avec une aiguille, comme le ferait une couturière, mais plus vite et plus régulièrement.
- La première invention se compose de deux parties distinctes : l’une est un emporte-pièce composé de lames fixées par le dos sur une plaque de tôle, et qui, à leur tranchant, ont exactement la forme du produit qu’on veut obtenir; l’autre est un laminoir composé de deux cylindres placés l’un sur l’autre. Le cylindre d’en bas n'a d’autre mouvement que celui de tourner sur son axe ; mais celui de dessus, au moyen d’une manivelle particulière, peut se lever et se baisser pour donner la facilité de placer l’emporte-pièce entre les deux cylindres.
- L’emporte-pièce est incrusté dans une pièce de bois plate et d’é-
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- gale épaisseur. On place sur ces tranchants les douze morceaux de peaux destinés à faire les six paires de gants, on les couvre d’un morceau de cuir fort, puis on engage le tout entre les cylindres, on établit la pression, puis on fait marcher le laminoir par une seconde manivelle, et aussitôt les six paires de gants sont coupées.
- M. Sénéchal a fait passer sous son laminoir un autre emporte-pièce découpant, au quart dé grandeur naturelle, tous les morceaux d’un habit. Cet habit en drap s’est trouvé taillé entièrement.
- La machine à coudre de M. Sénéchal n’est pas moins ingénieuse que la précédente. Il a fallu un véritable talent de mécanicien pour l’amener à fonctionner, comme elle le fait, en tournant une simple manivelle. Ne pouvant ici en décrire le mécanisme parce que ce serait trop long, le jury se borne à dire que les organes de cette machine sont tout à fait analogues à ceux de la couturière. D’abord, l’aiguille est pareille, on y reconnaît le dé, les doigts qui font manœuvrer l’aiguille, la main qui tient l’ouvrage, et le bras qui tire le point. \
- Les difficultés de résoudre les problèmes de cette dernière machine, et la sagacité avec laquelle elles ont été résolues, réunis au mérite de la machine à couper les gants, déjà très-employée dans l’industrie, détermine le jury à accorder à M. Sénéchal une médaille d’argent.
- M. PREVOST, rue Villedot, n" 9, à Paris.
- M. Prévost expose une machine dite manotype pour la fabrication des gants.Cette machine, d’une grande simplicité, est appelée à faire une véritable révolution dans la confection des gants. Aussi le jury central lui accorde-t-il pour son ingénieuse invention une médaille d’argent.
- M. GHÉRET, rue Montmorency , n° 2 6 à Paris.
- La machine à imprimer les chiffres du calendrier sur les portes-crayons à mine, qu’a exposée M. Chéret, se compose de poinçons disposés concentriquement, de manière à opérer simultanément sur les sept faces du tube. Les mouvements de cette petite machine, d’une exécution fort soignée, sont parfaitement liés et d’une précision infaillible.
- M. Chéret a également exposé un petit appareil au moyen duquel les mêmes effets sont obtenus par l’emploi déjà si usité', de la mo-
- Nouvelles médailles de bronze.
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- Rappels de médailles de bronze.
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- lette placée clans des plans concentriques, un même plan passant par leurs axes. Il est regrettable que des machines d’une plus grande importance, annoncées par M. Chéret, n’aient pas figuré à l’exposition, et ne soient pas venues confirmer la réputation d’habileté attachée à son nom, depuis la dernière exposition, où une médaille de bronze lui fut décernée. Le jury lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- M. COSNUAU, passage Bafour, n° 1 2 , à Paris.
- Depuis vingt-sept ans que M. Cosnuau a commencé à fabriquer des machines à agrafes, grand nombre de petites fabriques lui ont clù leur existence; beaucoup de familles ont soutenu, armées par lui, les rudes combats de la concurrence; enfin, est venu le moment où des instruments plus perfectionnés, des capitaux plus considérables, une administration peut-être mieux entendue, ont fait tomber toute celLe industrie en un petil nombre demains puissantes. A la dernière exposition, une médaille de bronze avait été décernée à M, Cosnuau. Le jury se plaît à lui en décerner une nouvelle au moment où ce vétéran du travail annonce qu’il termine sa carrière industrielle.
- M. BAUDAT, rue de Gbaronne, n° 3o, à Paris.
- Les scieries que M. Baudat a exposées, soit pourleplacage d’acajou, soit pour le débitage du bois ordinaire eu grume, n’offrent rien de nouveau qu’une amélioration d’ensemble qui atteste la sollicitude de ce constructeur pour se tenir au niveau du progrès général.
- En même temps que ces machines déjà connues, M. Baudat en expose une entièrement nouvelle et bien exécutée, qui, dans sa pensée, aurait pour résultat de dresser les frises du parquet en dessus, en dessous, sur les rives, puis de les bouveter, le tout en une seule opération, ou un seul passage des bois. Bien qu’un tel résultat n’ait pas encore été obtenu, on peut mentionner, comme réalisant une idée favorable à la perfection du travail la disposition en hélice des taillants des fers qui arment son cyliudre raboteur. Restera toutefois à l’expérience à montrer si cet avantage ne sera pas chèrement acheté par les difficultés de l’affûtage.
- Le jury se plaît à rappeler honorablement, en faveur de M. Baudat, la médaille de bronze qui lui a été précédemment accordée.
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- M. Pierre-Adolphe LEBEDEL, rue d’Arcole, n° 17, à Paris.
- M. Lebel a exposé une machine pouvant faire cinq perles à la fois. Cette machine avait paru à l’exposilion de 1839, et avait valu à son auteur une médaille de bronze. Depuis cette époque, M. Le-bedel y a apporté plusieurs améliorations de détail.
- M. Lebedel n’ayant pas propagé son invention depuis dix ans, le jury se borne à lui rappeler la médaille de bronze qu’il a obtenue en 18,39.
- M. LUTZ, rue Mauconseil, n 33, à Paris.
- La machine qu’a exposée M. Lutz a pour objet la fabrication et la réparation des marguerites et des paumelles, outils à l'usage des convoyeurs ; et qui éprouvent une usure très-rapide quoique exécutés en bois dur tels que pommier, cornouiller, etc.
- Cette machine, qui n’a pas encore reçu la sanction d’une longue expérience ni peut-être ses derniers perfectionnements, fonctionne dès ce moment de manière à rendre de très-utiles services. S’il est un produit dans lequel l’action mécanique dut être substituée à celle des bras, c’est bien à celui dont il s’agit; creuser des rainures équidistantes, sur une surface essentiellement régulière, et à double courbure, dans une matière à peu près homogène est une opération évidemment dévolue par sa nature aux agents purement mécaniques.
- La machine qu’a exposée M. Lutz est bien conçue, opère régulièrement, et rendra certainement des services à une branche d’industrie fort importante.
- Le jury, en récompense de ces mérites, lui accorde la médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
- M. BOUHEY, rue Beaubourg, n° 59, à Paris,
- M. Bouhey a exposé une machine à couper les peaux de lapin et de lièvre, et à conserver le poil intact pour la chapellerie.
- L’exposant a perfectionné cette machine en rendant les hélices des couteaux plus allongées, et en imaginant un moyen plus sûr de faire tourner le cylindre sur son axe sans vibration, même lorsqu’elle fait 1,000 à 1,200 tours par minute. Il y est parvenu en adaptant des tourillons coniques en acier fondu, dont les coussinets, de la même matière, sont trempés et polis.
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- La grande perfection avec laquelle cette machine fonctionne porte le jury à décerner une médaille de bronze à M. Bouhey.
- MM. ROUGET-DELISLE et L’EMPEREUR, passage des Petites-Écuries, n° i5, à Paris.
- Après des travaux couronnés de succès dans les arts de la tapisserie et du dessin, M. Rouget-Delisle présente une solution ingénieuse et correcte d’un problème qui a déjà reçu des solutions multipliées.
- Le mécanisme de chapeau pliant qu’il expose se recommande par sa précision, sa solidité, et surtout la facilité avec laquelle le principe qui lui sert de base peut se plier à toutes les modifications de scn mode d’action; ainsi, avec d’impercepticles changements de forme dans les petites pièces qui le composent, on peut obtenir un développement plus ou moins prompt, une fermeture plus ou moins fixe ; là toutes les pièces bien assises fonctionnent normalement de manière à ne pouvoir altérer en rien les formes assignées au chapeau. Parmi ces pièces, il en est une qui doit être citée, c’est un ressort à boudin, qui se termine, à chacune de ses extrémités, par un anneau infailliblement placé dans un plan par lequel passe l’axe du ressort; cet anneau est simplement formé avec un morceau de fil de fer dont les deux extrémités rapprochées forment une queue qui se visse dans l’hélice du ressort, faisant ainsi fonction d’écrou.
- Dans ce petit mécanisme, se renconire tout à la fois originalité, bonne conception et solidité complète.
- Le jury décerne à M. Rouget-Delisle la médaille de bronze.
- M. MARESCHAL, faubourg Saint-Martin, n° 88, à Paris.
- M. Mareschal a exposé des hachoirs mécaniques pour lesquels il a pris un brevet.
- Les hachoirs qui remplacent avantageusement le travail à la main, et qui évitent en même temps les inconvénients pour le hachage des viandes de charcuterie et pâtisserie, ont, en outre, l’avantage de les couper plus régulièrement et beaucoup plus vite.
- Cette petite machine se compose d’une sébile en fonte étamée, circulaire, mobile, et de couteaux circulaires verticaux; elle occupe une place qui ne dépasse pas plus de 65 centimètres. L’auteur annonce hacher î-2* à i5 kilogrammes de viande en 12 minutes; de
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- nombreux, certificats viennent attester les services qu’elle rend à l’industrie à laquelle elle est appliquée.
- Le jury décerne à M. Mareschal une médaille de bronze.
- M. Laurent-Joseph LEFORT, à Rancourt (Ardennes).
- M. Lefort, ouvrier travaillant chez lui, s’est créé des outils assez perfectionnés pour exécuter, dans de bonnes conditions et à un prix modéré, les produits qu’il a exposés. Ces produits sont des boucles de ceintures et de gilets, des mailles pour les lisses des tisserands, des boulons, des paillettes d’acier, et aussi un genre particulier de chaîne qu’il nomme chaîne sans fui ou à doubles maillons, susceptible d’être exécutée à tous les degrés de grandeur et de force. Cette chaîne peut s’engrener avec des roues ou pignons dentés, et remplacer la chaîne de Vaucanson dans certaines circonstances. M. Lefort ne l’a employée,jusqu’ici, que comme chaîne de sûreté en acier poli, et, comme chaîne d’horloge, en zinc.
- Elle se compose de maillons découpés dans la forme d’un 8, c’est-à-dire que chaque maillon est rétréci au milieu et se termine à ses extrémités par deux ouvertures carrées, plus longues que larges. Pour former la chaîne, on ploie le premier maillon en deux, on fait passer la moitié du second maillon dans les ouvertures du premier, et on le ploie à son tour, puis on fait la même chose successivement pour chaque maillon.
- M. Lefort a, en outre, exposé une petite machine dont l’idée est remarquable. C’est une cisaille circulaire avec laquelle des planches de métal sont réduites en fil. Il prend un disque de cuivre ou de zinc, le place dans la machine et tourne la manivelle; le disque, en tournant, s’approche de la cisaille à mesure qu’il se découpe, et bientôt il est réduit en un fil délié et continu. Ce fil sort carré de la machine ; mais s’il fallait le rendre rond, il suffirait de lui donner une passe ou deux dans une lilière. »
- Le jury a vu avec beaucoup d’intérêt l’exposition de M. Lefort, et lui accorde une médaille de bronze.
- M. MASSIQUOT,rue Saint-Julien-le-Pauvre, nos 1 o et 12, à Paris.
- M. Massiquot père a exposé une machine a rogner le papier dans laquelle le couteau, mis en mouvement par un levier en fonte, se
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- Mentions
- honorables.
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- meut obliquement de haut en bas avec une grande rapidité. M Mas-siquot a dû prendre des précautions contre la chute du couteau, qui, dans cette disposition, pourrait offrir un danger sérieux.
- Le jury accorde à M. Massiquot la mention honorable.
- S
- MM. MASSIQUOT et THIRAULT, rue Neuve-Ménilmon-tant, n° 6, à Paris.
- La machine à rogner le papier de ces exposants est d’une bonne exécution et s’est fait remarquer par des dispositions particulières. Le couteau est fixe, et c’est le papier qui, maintenu sur un plateau, va s’offrir à son action. La section s’exécute obliquement,et un régulateur à vis détermine avec exactitude la largeur à donner au papier.
- Le jury accorde à ces constructeurs , qui débutent sous d’heureux auspices, une mention honorable.
- M. BOTTIER, rue Saint-J ean-de-Beauvais, n° oo, à Paris.
- Deux machines à rogner le papier ont été exposées par M. Bottier. Dans toutes les deux, le couteau est conduit obliquement au moyen d’un très-fort bâti en fonte. La plus petite de ces machines fonctionne horizontalement, et aurait pour but de remplacer les anciennes presses à rogner, usitées encore à ce moment pour la reliure des livres.
- Cette application réclame des conditions d’une grande délicatesse, et l’expérience n’est pas encore venue confirmer les prévisions de l’auteur.
- Le jury lui décerne la mention honorable.
- M. DUGLAND, rue Beauregard, n° 16, à Paris.
- Un outil d’une simplicité, d’une commodité merveilleuses est exposé par M. Dugland; c’est un porte-foret qui reçoit son mouvemen l rotaloirealternatif d’une action de la main semblable à celle qui met en jeu l’instrument à percer nommé drille. Quant à la transformation du mouvement rectiligne de la main, elle a de l’analogie avec ce qui se passe dans les cordons du drille qui forment deux filets d’hélice autour de la tige qui porte le foret, lui imprimant, en se roulant et se déroulant sous la pression de la main, le mouvement de rotation. Dans l’outil exposé par M. Dugland, tout est plus simple, plus commode, plus efficace. La tige portant le foret est taillée en hélice à
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- sillons creux et très-rampants. Une bague embrassant la tige porte à son intérieur une dent qui pénètre dans un de ces sillons , et il suffit de promener celle bague sur cette tige, en l’empêchant de tourner, pour que le foret reçoive le mouvement de rotation alternatif auquel son action est due. Cet outil, nouveau dans notre industrie, remplace delà manière la plus avantageuse et le drille et l’archet.
- Le jury s’empresse d’accorder à M. Dugland la mention honorable.
- M. NAUROY, à Pagny-sur-Moselle (Meurthe).
- M. Nauroy a imaginé un moyen de tension pour les fils de fer employés comme soutiens horizontaux des vignes, en remplacement des échalas, ainsique l’usage s’en répand dans les départements de la Moselle et de la Meurthe. Ce moyen, simple et efficace, consiste dans un cylindre en fer, évasé et d’un faible diamètre, que traverse perpendiculairement le fil à tendre ; ce cylindre étant tourné sur lui-même raccourcit le fil de fer en l'enroulant, et il est maintenu dans la position voulue par son accrochement avec la portion du fil de fer restée droite. C’est un accrochement de roue de rochet très-simple, parfaitement approprié, et très-recommandable par son extrême bon marché.
- M. Nauroy a, en outre, le mérite d’avoir monté une fabrication perfectionnée de clefs de serrure dont les pannetons reçoivent une façon plus avancée que celle qu’on leur donnait autrefois, et offrent de plus l’avantage de pouvoir être exécutées à un prix très-peu élevé, suivant tous les profils fournis par l’acquéreur.
- M, COTIGNY, rue de Bondy, n° 1 9 , à Paris.
- Ici se présente une grande simplification, une grande économie de temps et une grande réduction de dépense. M. Cotigny, modeste ouvrier serrurier, a imaginé de remplacer les vis qui, par le procédé ordinaire, assemblent tous les lits en bois par de simples clavettes entrant dans des ferrures appropriées. Ces ferrures, qui par leur simplicité non moins que par leurs formes ont de la ressemblance avec des charnières, joignent à une solidité qu’on peut rendre illimitée l’avantage de faire opérer instantanément le montage et le démontage d’un bois de lit, alors même qu’il est engagé dans un espace qu’il remplit entièrement, comme une alcôve.
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- Ce perfectionnement, si simple et si économique sous tous les rapports,mérite à son auteur une mention honorable, que le jury lui accorde avec une vive satisfaction.
- M. Edouard GUÉRIN, rue des Marais, n° 66, à Paris.
- M. Guérin a exposé des roulettes de meubles en tous genres, et des pèse-lettres.
- Avant lui, ce genre de roulettes ne se fabriquait que par des ouvriers en chambre qui se faisaient mutuellement une fâcheuse concurrence. Il eut l’idée, en i844. de se mettre à les fabriquer par des moyens mécaniques : il monta une fonderie de fonte et une de cuivre; il établit une machine à vapeur pour faire marcher des tours ordinaires et à chariot, des outils à percer et à roder, à tarauder, des meules (malbu) pour remplacer la lime; et parvint à' livrer au commerce des roulettes supérieures à celles qui se faisaient, et à des prix inférieurs.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Pierre LABBÉ, rue de Sèvres, n° 34, à Vaugirard (Seine).
- M. Labbé a exposé huit mécaniques différentes; savoir :
- N° i, une machine soufflante qui se compose d’une caisse fermée hermétiquement, dans laquelle se trouve deux soufflets disposés de manière que l’un aspire quand l’autre souffle : ils aspirent du dehors et rendent l’air dans la caisse. Comme la caisse est grande et hermétique, elle forme un réservoir qui tend à égaliser la sortie de l’air, qui se fait par un tuyau ajusté à l’un des côtés de la caisse.
- Chaque soufflet est principalement formé de six planches formant des carrés longs, dont les joints à charnière sont garnis de cuir, pour être imperméables à l’air.
- N° 2 est encore une machine soufflante : l’idée principale de ce soufflet est une cloche garnie de deux soupapes aspirantes et foulantes ayant ses bords plongés dans l’eau, et à laquelle on imprime un mouvement de va et vient vertical.
- Cette cloche et l’eau sont emprisonnées dans un cylindre fermé hermétiquement.
- N° 3 est un moulin laminoir pour écraser les graines grasses, soit pour en extraire l’amande à l’état de farine au moyen d’un tamisage, soit pour en extraire l’huile au moyen d’un pressage.
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- N° 4 est un moulin à farine composé de trois petits cylindres armés de minces lames d’acier trempé.
- N° 5, une macliine à couper les gants. Incomplète.
- N° 6, une balance dite indicateur.
- K° 7, une cheminée.
- N° 8, une pompe à soufflet.
- Les deux premiers numéros ne paraissent pas au jury de nature à fixer beaucoup son attention. A tous les autres numéros, il manque la sanction de la pratique prolongée suffisamment.
- Peut-être en ressorlira-t-il quelque chose d’utile ; c’est dans cet espoir que le jury mentionne honorablement M. Labbé.
- M. le docteur LE MAUX, aux Batignolles (Seine).
- M. Le Maux a mis à l’exposition deux modèles de machines à broyer la paille et à la réduire en pâte propre à sa conversion en papier. Ces modèles sont exécutés sur une échelle assez grande pour fonctionner : ce sont deux moulins analogues au moulin à café; ils en diffèrent en ce que leurs noix sont composées de lames métalliques.
- La paille, après avoir été coupée par un hache-paille, passe par le premier moulin, qui la broyé à sec, où un tamis, approprié à cet effet, sépare les nœuds de la paille broyée. Cette paille, après avoir passé par les lessives convenables pour la décomposition des résines gommeuses, passe par le second moulin, qui la réduit en pâte.
- Plusieurs échantillons de papier fait avec cette pâte, exposés à côté des machines, présentent une grande solidité et sont assez unis.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Le Maux.
- M. LÉVÊQUE, rue Rousselet-Saint-Germain, n° 33, à Paris.
- M. Lévêque a exposé une machine à confectionner les treillages de toute nature. Cette machine,-dont on ne peut encore apprécier tous les résultats, n’en a pas moins été remarquée parle jury central, qui décerne à M. Lévêque une mention honorable.
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- M. RABATTÉ, rue Folie-Méricourt, n° 20, à Paris.
- A exposé une machine dont l’objet aune grande importance dans
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- le travail (les cuirs. Elle a pour but d’exécuter l’opération si fatigante du rebroussage.
- L’expérience a encore à prononcer sur le mérite industriel de cette machine, dont le succès mériterait une récompense élevée.
- Dans l’état actuel des choses, le jury ne peut que décerner à M. Rabatlé une mention honorable.
- MM. RIEDER et VINCENT, à Rixheim (Haut-Rhin).
- Ont exposé deux objets de nature très-différente : pour mesurer l’épaisseur du papier pendant la fabrication, l’un est un instrument de précision; l’autre est un moyen de sauvetage. Ce dernier est représenté par deux dispositions sans analogie entre elles, mais ayant pour idée fondamentale qu’une corde étant fixée en un point élevé d’une habitation, on en peut descendre en s’y suspendant : dans Un des cas, elle se déroule comme celle qui porte le poids d’une horloge, sa chute étant ralentie par un volant à ailettes; dans l’autre, la corde ne reçoit aucun mouvement, et l’action retardatrice est produite par le frottement de la corde, glissant dans un tube en cuivre qui est recourbé sur lui-même. C’est à cet appareil retardateur que se suspend la personne en danger, et pour peu qu’elle agisse avec la main sur la corde, elle règle à volonté la vitesse de sa descente.
- L’autre objet est un instrument de précision auquel les auteurs ont donné le non de piknomètre. Voici ce dont il se compose : deux galets, dont un fixe, laissent entre eux un espace occupé par la feuille de papier se déroulant de la machine à mesure de sa fabrication; le galet mobile est placé sur le petit bras d’un levier dont l’autre extrémité met en mouvement une aiguille qui se promène sur un cadran divisé. Cet instrument est d’une telle sensibilité que l’addition d’un morceau de papier pelure détermine une indication de plus de 10 degrés sur le cadran, par conséquent, les plus légères variations d’épaisseur du papier se manifestent avec évidence. Une autre propriété de l’appareil, est de donner au moyen des galets tournants fixes la mesure de longueur du papier fabriqué, qui, elle aussi, s’inscrit sur un cadran.
- Le jury estime que l’appareil de MM. Rieder et Vincent, qui présente un caractère de haute utilité industrielle, mais qui manqué encore de lasanction pratique, doit être, tout en réservant son avenir, mentionné très-honorablement.
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- M. ROBINOT, rue Vieille-du-Temple, n° 82, à Paris.
- M. Robinot a exposé un instrument qu’il appelle mécanique à piquer les dessins de broderie.
- Plusieurs de ces mécaniques figurent à l’exposition ; elles consistent en une colone creuse fixée sur une table; en haut de la colonne est montée, par son milieu, une balance qui peut jouer dans tous les sens. A l’extrémité d’un des bras de la balance pend un tube monté à charnière sur ce bras; à l’extrémité deTautre bras, est un contre-poids servant à mettre le système en équilibre, de sorte que la partie inférieure du tube pendant peut prendre toutes les positions. C’est dans cette partie inférieure que se trouve la pointe à piquer; elle est animée d’un mouvement rapide de va et vient qui lui est donné par une combinaison de poulies et de cordes qu’une roue à pédale placée sous la table met en action; il ne faut plus que conduire avec la main la pointe au-dessus du papier à piquer, pour y faire le dessin qu’on veut.
- M. Robinot a conçu l’heureuse idée de transformer celle mécanique en une machine à graver : pour cela, il substitue à la pointe une fraise triangulaire, qui, au lieu du mouvement de va et vient, reçoit un mouvement de rotation très-rapide.
- En promenant cette fraise sur une surface de bois, de corne, d’ivoire ou de métal, elle mord plus ou moins sur ces surfaces, selon la voîonté^de celui qui la conduit, et y produit des gravures.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Robinot.
- M. SISCO, passage Chausson, n° 6, à Paris.
- M. Sisco a exercé avec succès son esprit inventif sur plusieurs sujets: on voyait de lui, à l’exposition, des bouchons, des lavoirs à l’usage de la troupe, des chaussui'es en cuir, combinaisons très-heureuses et dont il sera rendu compte dans le rapport relatif à cet objet; enfin des chaînes destinées à la marine. Dans ce produit, d’une importance de premier ordre, M. Sisco a eu particulièrement en vue d’obtenir la plus grande résistance avec le moindre poids. Particulièrement frappé de l’incertitude où le procédé actuel laisse toujours sur la bonne exécution de la soudure de chaque •maillon, il a entrepris de supprimer celle opération. Sa chaîne se compose d’anneaux formés par l’enroulement soit de bandelettes, soit de fil de fer qu’il réunit au moyen de la brasure. Il est
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- Citations
- iavorabies.
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- incontestable qu’employant ainsi le fer dans ses conditions de plus grande ténacité, et ne pouvant jamais faire un maillon moins solide que les autres, une pareille chaîne devrait, à poids égal, offrir plus de résistance que celles à maillons soudés; c’est ce que l’expérience est venu confirmer : reste à savoir quel effet produira sur elle l’érosion par l’eau salée compliquée d’une action galvanique. Quel que soit le résultat que donnera un long service à la mer, il n’en restera pas moins acquis dès aujourd’hui la possibilité de se procurer une chaîne qui, dans des applications bien choisies, présentera plus de résistance et moins de poids que celles qu’on emploie maintenant.
- Ce produit vient à peine de naître, et de grands succès lui sont peut-être réservés. Le jury, se renfermant dans sa jurisprudence à l’égard des inventions qui n’ont pas encore reçu la sanction de l’expérience, mais pour lesquelles s’élève des présomptions favorables, réserve l’avenir et se contente d’accorder à M. Sisco la mention honorable.
- MM. BAUDON et DEVALLOIS, à la Chapelle-Saint-Denis, rue des Couronnes, n° 2 (Seine).
- MM. Baudon et Devallois ont exposé des mécaniques à ouvrir les huîtres, de plusieurs formes.
- La variété roule sur le moyen de mettre le couteau en mouvement. Ce moyen est, à l’une, une vis sans fin à plusieurs filets; à l’autre, c’est une crémaillère et un pignon; à d’autres , ce sont dés leviers différemment disposés, ce qui leur donne un prix de vente different.
- Cette machiue mérite d’être mentionnée favorablement.
- M. Jean-Guillaume BULT, rue du Buisson, n° 16, à Paris.
- A exposé une forte machine à clous d’épingles, qui peut employer des fils de fer des numéros 21 à 26, et jusqu’à 0,190““ de longueur.
- M. Bult a apporté deux améliorations en simplifiant le nombre de cammes et en ajoutant un levier qui ouvre la pince au moment qu’elle recule, pour reprendre du fer et le faire avancer.
- Au moyen de ce levier, la pince ne raye pas le fil de fer et duYe plus longtemps.
- Le jury accorde à M. Bult une citation favorable.
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- M. Jean-Baptiste LENEUVILLE, rue Chanoinesse, à Paris.
- A exposé une machine à fabriquer des cordons. Le tissu de ces cordons est une espèce de tricot à doubles mailles, exactement le même que M..Pecqueur fabriquait, il y a 3o ans, avec des machines de son invention, pour faire ce qu’on appelait alors des bourses à mailles doubles. Toute la différence c’est que, pour faire des bourses, M. Pecqueur mettait60 dénis à son moule, tandis que, pour faire des cordons, M. Leneuville n’a besoin que de deux dents pour les petits cordons et de trois dents pour les gros. Quant au mécanisme, il est exactement le même : du reste, cetle petite machine est très-bien exécutée. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Charles PICOT, à Châlons-sur-Marne.
- M. Picot, qui a obtenu une médaille de bronze en 1839, Pour cles feuilles de placage très-mince qu’il avait exposées, a présenté celle année un appareil à articulation qui peut se développer à une très-grande hauteur, et se replier sur lui-même dans une caisse : tout l’appareil est monté sur quatre roues, pour être plus facilement transporté. L’auteur offre cet appareil comme un moyen de sauvetage dans les incendies , pour télégraphe locomobile, etc.
- Les moyens mécaniques qui y sont employés sont bien combinés, solides et simples.
- * Le jury accorde celte année une citation favorable à M. Picot.
- M. FERRY, rue Saint-Jacques, n° 29, à Paris.
- A exposé une machine à rogner le papier, dans laquelle le couteau est fixé et le papier soujevé par un plateau mis en mouvement par deux genoux. Celte disposition, qui peut admettre les plus grands formats, réaliserait, d’après les vues de l’auteur, cet avantage d’éviter les temps perdus: celte machine, qui n’est pas enlière-rement terminée, renferme des vues neuves, que le jury récompense par une citation favorable.
- M. RI VAIN, rue du Petit-Thouars, n° 25, à Paris.
- .Les objets de cuivrerie pour bâtiments qu’a présentés M. Rivain, qui pour la première fois figure dans les expositions, méritent d’être cités favorablement.
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- M. DE BRIN A Y, à Romorantin (Loir-et-Cher).
- Le patron extensible clans deux sens et gradué que M. Debrinay a composé pour faciliter la coupe des bottines offre un bon exemple des recherches à faire pour introduire la précision dans ces sortes de travaux.
- Le jury le juge digne de la citation favorable.
- INGÉNIEURS, CONTRE-MAITRES, OUVRIERS NON EXPOSANTS.
- Rappel M. ÏHONNEL1ER, rue des Trois-Bornes, n° 26, à Paris.
- de médaille
- * ct’oi-. Les anciens balanciers à vis ont disparu de nos ateliers monétaires, et avec eux bien des inconvénients graves, longtemps considérés comme irrévocablement attachés à la fabrication des monnaies.
- L’emploi des hommes, comme force motrice, offrait pour eux-mêmes des dangers sérieux : il exposait en outre les pièces frappées cà ne porter que des empreintes irrégulières en intensité, alors que leur parfaite identité entre elles est une des garanties qu’elles doivent offrir de leur bon aloi.
- Les anciens balanciers occupaient un espace considérable, et déplus ne se prêtaient que très-difficilement à l’emploi d’un moteur mécanique. La surveillance elle-même, si nécessaire en pareille matière, n’avait qu’à gagner à la substitution d’un moteur inanimé.
- C’est dans ces circonstances que M. Thonnelier, qui précédemment avait attaché son nom à des presses typographiques très-favorablement accueillies par nos imprimeurs, entreprit d’introduire dans les ateliers de la monnaie nationale un instrument qui, de son mode d’action, a reçu le nom de presse monétaire.
- Avec ces nouvelles presses, l’emploi cl’un moteur mécanique est devenu chose simple et facile ; les chocs propres au balancier ont disparu, l’identité des empreintes a été obtenue; l’espace a été considérablement restreint, et le personnel, jadis si nombreux, réduit à un ouvrier par machine.
- Dans ce grand changement, s’il est une chose incontestable, c’est qu’on le doit à l’infatigable persévérance de M. Thonnelier. De lourdes circonstances ont pesé sur son entreprise; des temps de suspension se sont intercalés dans la suite des nombreuses
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- années pendant lesquelles il a déployé une insistance dont on recueille aujourd’hui les fruits.
- Un autre éloge est légitimement dû àM. Thonnelier pour le choix excellent qu’il a fait dans le concours de lumières qu’il a dû réclamer, et qui l’a mis à même de conduire à bonne fin une de ces entreprises dont la réussite est bien rarement due au génie d’un seul homme.
- Le jury, appréciant les efforts couronnés de succès qu’a faits M. Thonnelier pour doler son pays de machines très-importantes et réalisant une économie considérable, rappelle en sa faveur la médaille d’or qui lui a été décernée en i844-
- M. FONTAINE-BARON, à Chartres (Eure-et-Loir).
- En i844, M. Fontaine-Baron a obtenu une médaille d’argent pour sa turbine, dite Turbine Fontaine-Baron. Depuis lors l’expérience a démontré d’une manière incontestable l’utilité et l’importance de celte machine.
- Dans le rapport fait à l’article Machines, moteurs hydrauliques pour M.Louis-AugusteFroment (successeur de M. Fontaine-Baron), qui a reçu la médaille d’or, cette importance , est nettement déclarée; aussi le jury central, voulant reconnaître le mérite de cette invention, décerne-t-il également à M. Fontaine-Baron, premier inventeur, la médaille d’or.
- M. BLANCHET, à Lyon (Rhône), délégué par la Chambre de commerce.
- M. Blanchet nous a soumis une mécanique dont l’invention remonte à plusieurs années, et au moyen de laquelle il substitue le papier au carton qui représente le dessin dans la Jacquart ordinaire.
- La mécanique de M. Blanchet, que des circonstances indépendantes de sa volonté ne lui ont pas permis d’exposer, mais que nous avons vu fonctionner avec beaucoup d’intérêt et d’attention, est très-ingénieuse, et doit avoir une grande portée. Cette mécanique diffère de la Jacquart en beaucoup de points : d’abord, le cylindre Blanchet est sphérique au lieu d’être carré, comme dans la Jacquart; son volume est très-considérable. Les crochets de celte nouvelle mécanique sont plats au lieu d’être arrondis, ce qui
- Médaille
- d’or.
- Médailles
- d'argent.
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- doit les empêcher de se déranger facilement. La pression, qui dans la Jacquart se fait au moment où la griffe descend, s’opère dans la mécanique Blanchet dans l’instant où elle s’enlève; par conséquent, le choc des aiguilles sur le papier est presque nul.
- Pour éviter le poids de la tire, et la fatigue que le papier pourrait subir en. faisant pression sur les aiguilles, M. Blanchet fait supporter à une planche de collet en fer, au moyen de petits anneaux dans lesquels les crochets sont passés, toute la charge du corps de la mécanique. L’étui Blanchet diffère de l’étui ordinaire, en ce que l’élastique se ti’ouve guidé dans son intérieur par une broche en fer à tête, qui vient repousser l’aiguille. La méca-^ nique de M. Blanchet est simple : il n’emploie pas la mécanique brisée; il remplace cette dernière par une planche d’arcade à coulisseaux qui se meut de manière à représenter le pair et l’impair. Le papier que cet inventeur substitue au carton se roule au moyen d’un régulateur mis en action par un rouleau compensateur, ce qui lui donne une tension toujours égale.
- En examinant, même avec défiance, la mécanique de M. Blanchet, il est impossible de ne pas être convaincu qn’elle doit fonctionner avec facilité, et conséquemment que le problème de la substitution du papier au carton est résolu, surtout quand on sait que celte mécanique travaille à Lyon depuis plusieurs années. Nous devons ajouter que les principaux fabricants de châles de cette ville certifient que son emploi ne laisse rien à désirer.
- M. Blanchet nous paraît avoir fait faire un grand pas «à la belle invention de Jacquart, et son invention peut rendre de grands services à la fabrique de châles en particulier. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- Le jury croit devoir, en outre, recommander particulièrement M. Blanchet à la sollicitude du Gouvernement.
- M. BOUCHER, chef d’exploitation des mines ( Pas-de-
- M. Boucher a su dans ses travaux d’exploitation de mine réunir au savoir beaucoup d’inteiligence, et le succès a répondu à ses louables efforts. Aussi le jury central, en reconnaissance de ses tra: vaux, lui décerne-t-il une médaille d’argent.
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- M* Jacques CAÏL j à Denain (Nord).
- Comme directeur des ateliers de chaudronnerie de MM. Derosne et Cail, à Denain , M. Jacques Cail a su , par son zèle et son intelligence, -mériter une haute distinction. Aussi le jury central lui accorde-t-il une médaille d’argent.
- M. PAUL, ouvrier chez M. Mazeline, au Havre ( Seine-Inférieure).
- Recommandé par le jury départemental et par M. Mazeline lui-même, M. Paul, par sa conduite, ses longs et honorables travaux, a su se concilier l’estime de ses chefs et de ses camarades. Aussi le jury central, en reconnaissance de celte longue et utile carrière , décerne-t-il à M. Paul une médaille d’argent.
- M. BEAU, n° g U, rue Ménilmontant, impasse Godelet.
- M. Beau a soumis à notre appréciation une mécanique Jacquart perfectionnée.
- La mécanique de M. Beau diffère de la mécanique actuelle, en ce que l’excentrique se trouve placée sur les deux côtés, et fait arriver le cylindre par un mouvement de tiroir. Les crochets de la mécanique Beau font ressort au moyen d’une courbure qui porte sur une planchette en tôle. Cette planchette supporte le crochet de l’élastique et l’empêche de se retourner. L’invention de M. Beau nous paraît très-ingénieuse et fonctionne avec facilité. M. Beau est en outre le constructeur d’un nouveau métier qui fait, mécaniquement, le point de la broderie à la main.
- Le jury accorde au mécanicien ingénieux, au travailleur modes le et intelligent une médaille de bronze, et croit devoir le recommander à la sollicitude du Gouvernement.
- M. BLAISE, forgeron, rue Notre-Dame-des-Champs, n° 27, à Paris.
- Deux carrossiers ont exposé un marchepied dont l’invention est due à M. Biaise, ouvrier forgeron.
- Par leur extrême commodité, les voitures basses montées sur grandes roues sont réellement un progrès; ce progrès, comme bien d’autres, devait être poussé à l’extrême, et alors il ne fallait plus
- Médailles de bronze.
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- de marchepied ; mais le ridicule de cette exagération s’est fait bientôt sentir, et déjà on arrive à les établir à une hauteur qui, sans rien enlever à leur agrément et à leur commodité, évite ce qu’un excessif abaissement a de disgracieux.
- La forme des marchepieds pour ces voitures, dont le] principal avantagées! d’éviter un domestique, est une.question importante : s’ils sont fixes, leur saillie est insuffisante ou dangereuse pour les accrocs; s’ils se relèvent dans la voiture, c’est une gêne et un contresens; les replier perpendiculairement et par un mécanisme qui suit le mouvement de la portière serait presque impossible, à raison de la saillie nécessaire quand le marchepied est baissé et du peu de hauteur de la voiture.
- C’était donc une heureuse idée que d’éviter tous ces inconvénients. M. Biaise a placé le long des brancards, en dedans de la voiture, un petit arbre en fer rond, parfaitement caché sous le tapis; cet arbre porte deux branches terminées par des charnières; à ces branches est fixée la table du marchepied. Le petit arbre en fer tourne dans deux tourillons au moyen d’un double mouvement d’équerre qui se lie à celui de la portière, de telle sorte que, celle-ci se fermant, les deux branches qui portent la table se replient, viennent se placer dans deux rainures pratiquées dans l’épaisseur du fond de cave, et la tôle qui forme la table s’applique exactement contre le fond de cette cave.
- Ajoutons qu’une troisième branche, également à double charnière, placée au milieu des deux autres, sert d’arc boutant au marchepied quand il est baissé, tandis que, glissant dans une coulisse et se cachant comme les deux branches principales quand le marchepied se referme, elle contribue à appliquer exactement le marchepied contre le fond et le rend totalement invisible.
- Quelques soins dans l’exécution, et ce marchepied, très-peu connu jusqu’à ce jour, deviendra l’accessoire le plus indispensable des voilures auxquelles il est destiné.
- Le jury décerne à M. Biaise la médaille' de bronze.
- M. CARON, à Montmartre (Seine).
- M. Caron nous a soumis un dévidoir perfectionné. La construction de cet appareil est très-simple, et nous a paru remplir parfaitement le double but de son auteur, faire moins de déchet que par les moyens ordinaires et mieux conserver le brillant de la soie. Ce
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- dernier résultat n’est pas sans importance pour plusieurs industries. Voilà la description sommaire du dévidoir Caron, dans sa partie nouvelle et intéressante :
- Un guindage, nommé tavil par l'inventeur, reçoit l’écheveau à dévider; ce guindage se compose de rayons fixes partant d’un centre commun et recevant à leur extrémité des ralonges mobiles. Cet appareil repose sur un axe également fixe, assujetti au support vertical qui porte tout le mécanisme. L’axe est creux et reçoit dans toute sa longueur un autre axe portant par une extrémité le développeur, et par l’autre extrémité une roue à double gorge qui sert à recevoir le mouvement du moteur. Le développeur se compose d’un double cercle concentrique en bois, du même diamètre, ou de différents diamètres réunis par des barrettes. Un levier, articulé par un bout au bâtis et relevé par une ficelle à l’autre bout, reçoit un anneau brisé qui est placé de manière à être concentrique avec l’axe du développeur. Le brin de soie, une fois trouvé sur l’écheveau, est passé par-dessus le développeur, ramené dans l’anneau central et reporté dans un autre anneau placé supérieurement, d’où il est dirigé, à travers le purgeoir, sur les crochets. Le reste se comprend facilement et n’offre rien de très-nouveau.
- Les crochets peuvent être portés sur l’ourdissoir en sortant du dévidoir de M. Caron.
- Le jury décerne à l’ingénieux créateur de l’appareil une médaille de bronze.
- M. PRÉVOST, à Lisieux (Calvados).
- M. Prévost, simple ouvrier tourneur en bois à Lisieux, est venu, vers le milieu de l’exposition, avec une voiture dans laquelle il s’est transporté lui-même en deux jours et demi. L’exécution de cette voiture se ressent par trop de l’état de gêne de ce malheureux ouvrier. La construction pèche par quelques points importants; mais le principe qu’il a appliqué est de la plus grande simplicité, et c’est vraiment étonnant de voir les moyens chétifs d’exécution avec lesquels cet ouvrier est parvenu à rendre sa pensée.
- Etranger à tout ce qui a pu se produire dans ce genre, il a été huit ans, dit-il, à combiner son œuvre, au moyen de laquelle il a fait jusqu’à trois lieues à l’heure en beau chemin sans une trop grande gêne, assurant qu’il eût pu prendre quelqu’un avec lui et conserver cette vitesse, seulement avec un peu plus de fatigue.
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- M. Prévost a témoigné le désir que sa machine ne soit point décrite, et nous nous y rendons. Le jury ne peut que reconnaître des efforts aussi persévérants dans un ouvrier qui n’a d’autre ressource qu’un très-modeste travail, et dans ce but il lui décerne une médaille de bronze.
- M. G. A. RISLER , directeur de la filature de MM. Kisler fils et CiB, à Cernay (Haut-Rhin).
- M. G. A. Kisler est un jeune ingénieur fort intelligent, qui a rendu des services à l’industrie delà filature et du tissage du coton. Il est inventeur d’un métier à tisser, dit anneur; d’un nouveau système de séchage aux machines à parer les chaînes de colon, enfin d’un nouvel appareil alimentaire pour les pompes à incendie. Ces diverses inventions ont toutes été appliquées et ont été l’objet de rapports favorables, les deux premières de la part de la Société industrielle de Mulhouse; la dernière, de la part d’une commission désignée par le préfet du Haut-Rhin.
- Une autre invention est encore due à M. G. A. Risler, c’est celle d’une machine à préparer le coton et destinée à remplacer pour certains numéros l’opération du cardage. Des filés obtenus de cette manière ont été exposés par MM. Risler fils et G10, de Cernay (Haut-Rhin), et ont paru au jury de qualité satisfaisante. La1’’machine dont il s’agit, et à laquelle l’inventeur a donné le nom d'épurateur, va se trouver placée en voie d’expérimentation dans plusieurs établissements. Sous peu, l’industrie de la filature du coton sera donc mise à même de pouvoir juger du mérite de cette invention.
- Le jury, voulant récompenser en M. G. A. Risler des travaux utiles à l’industrie de la filature et du tissage, décerne à cet ingénieur une médaille de bronze.
- M. DOBLETZ, ouvrier mécanicien, à Paris.
- Cet ouvrier mécanicien a donné des preuves de son intelligent savoir;aussi le jury central, voulant reconnaître l’importance de ses nombreux travaux, décerne-t-il à M. Dobletz une médaille de bronze.
- M. DAUPLEX, ouvrier mécanicien, à Paris.
- Constructeur de nfachine à chocolat, M. Duplex a su, par ses merveilleuses inventions, attirer l’attention des fabricants ; aussi le jury centrai accorde-t-il à cet habile ouvrier une médaille cle bronze.
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- QUATRIÈME COMMISSION.
- MÉTAUX.
- MEMBRES DU JÜUY COMPOSANT LA COMMISSION :
- MM. Héricart de Thury, président; — Michel Chevalier, Combes, Durand (Amédée), Ebelmen, Goldenberg, Lec-hatellier,Mary, Pcligot, Leplay, Peupin, Natalis Rondot.
- SECTION PREMIÈRE.
- MÉTAUX AUTRES QUE LE FER.
- M. Leplay, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La France n’est pas moins riche en dépôts métallifères que plusieurs autres États d’Europe renommés par la prospérité de leurs mines. Ces dépôts y forment cinq groupes de mines, dont la situation géographique est caractérisée par les noms de groupes des Vosges, de Bretagne, des montagnes centrales, des Alpes et de la Corse, des Pyrénées; ils s’étendent en tout ou en partie sur le sol de cinquante départements. Il s’en faut de beaucoup que l’on connaisse tous les gîtes métallifères qui pourraient motiver des travaux de recherche et d’exploitation; plusieurs milliers de ces gîtes ont été indiqués à diverses époques; s’attachant à ceux qui semblent offrir un intérêt plus particulier ou qui sont le mieux connus, l’Administration des mines en a récemment signalé plus de cinq cents à l’attention publique.
- Les mines de France ont été exploitées, souvent sur une grande échelle, pendant la domination romaine, et plus tard par les seigneurs féodaux, par les communautés religieuses. Pour celles de ces mines dont l’histoire a été conservée par la tradition ou par des documents écrits, On constate générale-
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- ment que, dans les derniers siècles, les exploitations se sont de plus en plus restreintes, et n’ont présenté que quelques rares périodes d’activité ou de succès. Presque toujours aussi, on constate que celte activité n’a pu être rétablie ou entretenue que par le concours d’ouvriers et d’hommes d’art tirés à grands frais des pays étrangers, et particulièrement des Etats allemands; aujourd’hui, il existe à peine en France une dizaine de mines en activité; il n’y en a guère que quatre qui aient acquis ou conservé une certaine importance.
- Vers la fin du dernier siècle, le Gouvernement comprit enfin que cet état fâcheux de la richesse minérale et la stérilité des efforts tentés pour la remettre en valeur étaient surtout la conséquence des vices de la législation et du manque des hommes spéciaux ; il s’appliqua à y remédier en 1781 et en 1783 en créant des inspecteurs des mines et l’Ecole des mines de Paris. L’agence des mines, instituée en 1793, plus tard le corps des mines, continuèrent l’impulsion donnée à l’exploration des mines de France pendant l’époque qui avait immédiatement précédé la révolution de 1789. L’intervention des inspecteurs et des ingénieurs des mines a mis hors <îe doute l’existence des richesses minérales renfermées dans le sol français; elle a propagé en France les connaissances relatives à l’art des mines; elle a même puissamment contribué à mettre en valeur les mines de houille et de fer, c’est-à-dire les branches de la richesse minérale dont l’exploitation offre le moins de difficultés et implique en général une prompte réalisation des avantages propres à ce genre d’entreprise. Mais, en présence des événements qui, depuis un demi-siècle, sont venus périodiquement porter le trouble dans l’industrie, l’Administration des mines a été impuissante à provoquer efficacement par l’intervention de l’industrie privée ces grandes exploitations de gîtes métallifères, où les bénéfices ne peuvent se produire, en général, qu’après une longue succession d’efforts et de dépenses. Beaucoup d’autres obstacles joignant leur fâcheuse influence à celle des événements politiques, n’ont pas cessé d’entraver toutes les entreprises ayant pour objet les mines métal-
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- liques. En résumé, depuis un demi-siècle, cette branche fondamentale de l’activité de tous les grands Etats n’a cessé de déchoir en France, tandis que les mines de la Grande-Bretagne, du Hanovre, de la Saxe, de la Hongrie, des Etats prussiens, des Etats Scandinaves, des monts Ourals et de l’Altaï, de l’Espagne, et d’une foule de contrées de l’ancien et du nouveau monde, conservaient leur ancienne importance ou prenaient un essor presque inouï.
- Assise sur de solides institutions et sur des mœurs industrielles qui, dans les derniers siècles, ont toujours fait défaut à la France, l’industrie minérale a pu résister, dans les contrées qu’on vient de citer, aux crises engendrées par l’action directe ou par le contre-coup des révolutions politiques; elle s’est d’ailleurs assimilé tous les nouveaux moyens d’action créés par le progrès des sciences et des arts. Souvent même on a vu l’industrie minérale prendre l’initiative de ces progrès, ou exercer en quelques années sur la civilisation de. certaines régions une profonde influence. C’est ainsi que, depuis quinze années, l’exploitation des mines, devançant tout autre mode d’activité humaine, conquiert à la civilisation d’immenses espaces de notre planète en Sibérie, dans l’Amérique du Nord et dans l’Asie australe. Au milieu de ce progrès général des sociétés humaines, la France attend encore les institutions et les mœurs qui doivent porter la seule branche d’activité que comporte la nature des choses dans la plupart des régions montagneuses et dans les solitudes des Vosges, delà Bretagne, de la région centrale, des Alpes, des Pyrénées, de l’Algérie, el de plusieurs autres colonies.
- Au reste, les obstacles qui s’opposent, en France, à l’exploitation des mines métalliques sont aujourd’hui parfaitement appréciés par le Gouvernement1; cette importante question
- 1 Voir la notice sur l'exploitation des métaux autres que le fer, avec un tableau descriptif et une carte indiquant la nature, la situation et l’importance des principaux ejites métallifères de la France. (Extrait du Résumé des travaux statistiques deTadminislration des mines en 184 7» faisant partie
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- est envisagée au même point de vue par le petit nombre d’hommes habiles et persévérants qui luttent contre ces obstacles, et qui ont maintenu en France, jusqu’à ce jour, la tradition de cette branche fondamentale d’activité industrielle h Il y a donc lieu d’espérer que les réformes demandées par les autorités les plus compétentes ne se feront pas longtemps attendre.
- Les gîtes métallifères spécialement signalés par l’administration des mines, dans sa publication la plus récente, sont au nombre de 5o8 et se partagent, suivant la nature des métaux qu’ils contiennent ainsi qu’il est indiqué ci-après ;
- MÉTAUX PRÉCIEUX.
- Mines d’or............................................. 17
- -----d’argent, tenant ce métal seul, ou associé au cuivre et
- au plomb...................................... 214
- 23 !
- Mines de'mercure
- ------de nickel .
- ------de cobalt.. ,
- MÉTAUX RARES.
- MÉTAUX COMMUNS.
- Mines de cuivre (non compris celles de cuivre et argent).
- ------d’étain..............................................
- ------de bismuth...........................................
- ------d’antimoine..........................................
- —>— de plomb (non compris celles de plomb et argent).
- ------— de'zinc............................................
- 5
- 2
- 7
- 4
- 88
- 6
- 2
- 44
- 60
- i4
- 214
- OXYDES MÉTALLIQUES.
- Manganèse (oxyde de).................................. 36 ) g g
- Chrome ( cbromite de fer, etc. )...................... 2 )
- A reporter.............. 497
- du compte rendu des travaux des ingénieurs des mines pendant la même année.) Paris, imprimerie Nationale, 1849.
- 1 Voir l’excellente notice publiée par l’habile exploitant d’une des principales mines des montagnes centrales de la France : Considérations sur l'exploitation des mines métalliques en général, et sur celles de Pontgibaud en particulier; présentées à MM. les membres du jury d'exposition de 18ù9, par A Poilu, gérant des mines de Pontgibaud, membre du conseil général du Puy-de-Dôme.
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- mi
- Report
- Vr;
- APPENDICE. —SUBSTANCES D* ASPECT METALLIQUE.
- Arsenic......................................«.......... i o )
- Graphite......................«......................... i )
- Total............... 5o8
- Ainsi qu’on Ta fait remarquer précédemment, plusieurs de ces mines ont été, à diverses époques anciennes, 1’objet de grandes exploitations : ou peut citer entre autres les mines d’or des Pyrénées et des Cévennes; les mines d’argent de Gi-romagny, d’Urbeys, de Plancher-les-Mines, delà Croix-aux-Mines, de Sainte-Marie (groupe des Vosges); celles de Châ-teîaudren, Poullaouen et Huelgoat (groupe de Bretagne); celles de Melle, de Chitry, de Saint-Pierre-le-Palu, de Villefranche-d’Aveyron, de Pontgibaud, de Vialas, de l’Argentière (Ardèche), de Saint-Sauveur (groupe des montagnes centrales); de l’Argentière (Hautes-Alpes), des Chalanches, de Huez-en-Oysans (groupe des Alpes); du Castel-Minier (groupe des Pyrénées); les mines de cuivre de Baigorry, de Chessy, Sain-bel et Valtors, de Giromagny, etc. Aujourd’hui il n’existe de travaux suivis que sur une dizaine de mines : les mines d’argent et de plomb de Pontgibaud, de Poullaouen et de Vialas, les mines de manganèse de Romanèche sont les seules où les travaux aient de l’importance et où la valeur annuelle des produits excède 100,000 francs.
- Pendant l’année i846, il a été extrait seulement des gîtes métallifères de France :
- Poids. Valeur. Valeurtotalc.
- Mines d’argent et de plomb...............//.........u • • • • i,o5o,2o6f
- Argent........................ 3,027k 659,91 if
- Plomb et litharge............... 678,000 355,062
- Minerai exporté................. 244,000 35,233
- i,o5o,2o6
- A reporter
- 1 ,o5o,2o6
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- Poids. Report Mines de cuivre Valeur. Valeur totale. i,o5o,2o6f 33o,54o
- Cuivre de minerais indigènes. .. 3l,200k 71,7 6of
- de minerais étrangers (valeur créée) 610,800 1 i3,3oo
- Produits divers (soufre, couperose). 681,600 i45,48o
- 33o,54o
- Mines de manganèse.................................. 236,720
- Manganèse 2,394,400'“ 236,72of
- Mines d’antimoine Antimoine métallique Sulfure fondu Crocus 12,900'“ 2 1,500 2,900 2 5,84o 4,o43 2,900 32,783
- 32,783
- Mines de plomb Alquifoux (pour les poteries).... 4,oook i,44of i,44o
- Total. 1,651,68g
- Les produits attribués aux mines de cuivre ont été obtenus, sur les mines de Chessy et Sainbel, par le traitement de minerais et de matières pauvres accumulés anciennement comme résidus stériles aux époques de prospérité des exploitations. Quant à la valeur créée en France par le traitement de minerais des cuivre étrangers, elle est due aux usines de Romilly (Eure), d’Imphy (Nièvre), de la Villette, de Saint-Denis (Seine), qui élaborent en grand les cuivres étrangers, et qui importent, sous forme de minerai très-riche, une faible partie de leur matière première : c’est en quelque sorte le premier rudiment d’une branche de métallurgie qui fait la prospérité d’une partie du pays de Galles, et qui pourrait prendre en France un grand développement.
- Les mines de France, si elles étaient exploitées dans des conditions.convenables, auraient, sur les autres mines du continent européen et sur celles des autres parties du monde, un grand avantage : elles trouveraient dans le pays même un débouché fort considérable. Le tableau suivant, extrait de la publication officielle déjà citée, prouve même que la consommation annuelle de certains métaux est plus importante en France qu’elle ne l’est en Grande-Bretagne.
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- Balance du commerce et de la consommation en France des métaux j autres que le fer, pendant l'année 1846.
- DÉSIGNATION DES MÉTAUX. propor- TION INDIGÈNE. DE L’IMFOfl Importation. BALANC lTATION ET DI Exportation ;e E L’EXPORTAI Excédant de l’impo; talion. riON. Excé- dant de l’ex- porta- tion. consom- mation INTÉRIEURE.
- MÉTAUX PRECIEUX, Quint, k.l. Quint, kil.l Quint, kil. Quint, kil. Q. kil. Quint, kil.
- Or (lingots, monnaies , minerais). 27. 00 50. 00 23. 00
- Piatiue ( me'tal et minerai ) „ 32. 14 32. 14 32. 14
- Argent (lingots, monnaies, minerais) 30 27 4,849. 00 2,704. 00 2,145. 00 2,175. 27
- MÉTAUX IlAllSS. Mercure (métal, sul-fuie) 960. 20 27. Z-J 933.15 933. 15
- Nickel (speiss, alliages)........ . „ 23. 91 1. 66 22. 25 22. 25
- Cobalt (minerai, safre, azur ) . . . . u 109. 94 1. 46 108. 48 108. 48
- MÉTAUX COMMUNS. Cuivre (lingots).. 0,420. 00 75,471. 00 085. 00 74,786.00 81,206. 00
- Étain (lingots). . . n 18,145. 00 407. 00 17,738.00 „ 17,738. 00
- Bismuth (lingots). U 32. 00 „ 32.00 „ 32. 00
- Antimoine (métal, sulfure) 280, 00 1,594. 00 114. 00 1,480.00 1,760. 00
- Plomb ( métal, al-quifoux, litliarge). 6,307. 00 217,263. 00 333. 00 210,930.00 223,237. 00
- Zinc (lingots).... " 117,015. 00 193. 00 117,422.00 „ 117,422. 00
- OXYDES MÉTALLIQUES. Manganèse (oxyde). 23,944. 00 24,114. 00 851. 00 23,263. 00 47,207. 00
- Chrome (chromite de fer, chromâtes de potasse et de plomb ). 1,016. 00 82. 00 934.00 934. 00
- SUBSTANCES D’ASPECT MÉTALLIQUE. Arsenic ( en nature, réalgar, orpiment) 350. 00 9. 00 341.00 341. 00
- Graphite " 2,275. 00 20. 00 2,255.00 I " 2,225. 00
- OBSERVATIONS. Sauf le manganèse, qui est évalué à l’état d’oxyde , tous les métaux désignés dans ce ta-
- Lleau sont évalues i à. l’état de pureté , doductio n faite des substances avec lesquelles le métal
- est combiné. On a admis que les diverses combinaisons contenaient, en i moyeuno , les quan-
- Utes suivantes de métal : alliage îs et monnaies d’or et d’argent. 0,90 ; minorai de platine
- et métal, 0,80; mercure sulfuré, 0,85; speiss de niche! , 0,50; alliage de nickel, 0,20;
- azur, 0,10; minerai de cobalt, 0,15; safre, 0,30 ; alquifaux , 0,80 ; litliarge î , 0,90 ; mi-
- norni d antimoine, , 0,60; antimoine sulfure, 0,70; chromito de fer, 0,20; cliromate de
- potasse, 0,20; chroma te de plomb, 0,17 ; réalgar, 0,70; orpiment, 0,00.
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- Les métaux importés en France, en quantités si considérables, y sont élaborés sous une multitude de formes et pour des destinations extrêmement variées, qui ne sont que partiellement représentées dans les expositions des produits de l’industrie française. Celles-ci, néanmoins, prouvent suffisamment que les arts, ayant pour objet l’élaboration des métaux, ont acquis en France un remarquable degré de perfection; c’est surtout pour la fabrication des ameublements et de cette multitude d’objets, qui se rattachent d’une manière plus ou moins immédiate à l’art et à l’ornement, que les fabricants français restent, jusqu’à ce jour, à peu près' sans rivaux.
- L’une des grandes sources de profits de l’industrie française consiste à réexporter sous ces formes les métaux quelle reçoit à l’état brut. Il ne sera question, dans cette section, que des élaborations purement mécaniques , ou du moins de celles dans lesquelles la question d’art n’a qu’une importance secondaire.
- 5 1". EXTRACTION Dü CUIVRE BRUT, LAMINAGE ET MATELAGE
- DE CE MÉTAL.
- M. Leplay, rapporteur.
- Rappel M. Pierre-Jean-Félix MOUCHEL, à l’Aigle (Orne),
- te médaille
- d’or. Possède et exploite les usines de Tillières et de Boistliorel (communes de Tillières et de Ray-sur-1’Aigle). Ces usines ont pour moteurs 8 roues hydrauliques d’une force collective de îoo chevaux; elles comprennent entre autres appareils de fabrication, î four à réverbère pour la fonte des métaux, 3 fonderies, 3 marteaux,
- 6 fours à recuire; des laminoirs, des tréfileries contenant plusieurs centaines de bobines. Les travaux intérieurs y occupent 23o ouvriers.
- Fabrique principalement le laiton et divers alliages en planches et en fds de toutes grosseurs; le cuivre laminé pour la fabrication du plaqué d’argent, et pour les arts du bijoutier, de l’horloger, de l’émailleur, du graveur; le cuivre en bâtons pour la fabrication du - trait d’or et d’argent faux; le fil de fer à cardes, etc., etc. M. Mou-chel expose en outre du maillechort ouvré sous diverses formes,
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- des ülières el des jauges de Iréfilerie, des planches d’acier pour gravure, etc.
- Ces objets se distinguent par l’excellente qualité des métaux et par la perfection de la mise en œuvre : le jury a eu souvent occasion de constater, parles déclarations des autres fabricants, que ces produits sont recherchés pour tous les usages qui exigent clans le laiton ou dans le séparer cuivrela malléabilité, l’homogénéité, l’éclat, le poli et, en général, les qualités physiques portées au degré le plus éminent. Le poids total des produits annuels monte à 620,000 kilogrammes ; leur valeur, à i,5oo,ooo francs.
- Le jury se plaît à constater que M. Mouchel s’est maintenu au rang distingué qu’il occupe depuis longtemps et lui rappelle la médaille d’or qui lui a été décernée en 1819.
- LA COMPAGNIE DES FONDERIES DE CUIVRE DE ROMILLY (Eure).
- Les usines de Romilly ont pour moteur neuf chutes d’eau d’une force totale de 220 chevaux; elles comprennent 3 laminoirs, 3 marteaux, une tréfilerie et tous les fourneaux nécessaires pour l’affinage, la fonte et le recuit des métaux : elle occupe de 2 5o à 3oo ouvriers.
- Elles extraient directement des minerais très-riches importés de l’Amérique méridionale, une partie du cuiyre qu’elles consomment; les principaux articles de fabrication sont le' cuivre laminé, les fonds de chaudière, le cuivre martelé, les cuivres diversement ouvrés pour chaudronnerie, les clous pour le doublage des navires; les principaux articles de laiton sont les tubes de locomotives, les planches et les fils, les feuilles destinées au doublage des navires, etc. Onremarque, parmi les produits exposés, des cuivres de qualité supérieure obtenus avec les minerais ou les cuivres noirs de l’Amérique méridionale, un fond de chaudière en cuivre rouge, pesant 325 kilogrammes et ayant 2m,02 de diamètre; des barres de laiton ayant jusqu’ào“, 10 de côté, etc.
- Les succès obtenus par les usines de Romilly, le rang distingué qu’elles n’ont cessé d’occuper, sont dus au talent et au zèle de M. Lecouteulx, qui, depuis dix-septans, dirige, en qualité de gérant, toutes les opérations techniques et commerciales de la compagnie.
- Le jury rappelle à la compagnie la médaille d’or qui lui a été décernée dans les précédentes expositions.
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- Médaille
- dor.
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- MM. ESTIVANT frères! à Givet (Ardennes),
- Possèdent et exploitent les usines de Fromelennes, Ripelle, Flo-hival, Flohimoni, Fliment et Landricliamps (communes de Givet, Fromelennes et Landricliamps). Ces usines, mises en activité par 9 roues hydrauliques, d’une force totale de i3o chevaux, contiennent 2 fours pour fondre ou affiner le cuivre, 9 fours à creuset et 20 fours à recuire; elles occupent 170 ouvriers et 9 employés.
- Fabriquent des objets de laiton sous des formes très-variées : planches et feuilles pour usages ordinaires; planches pour tubes de locomotives, fils, feuilles pour le doublage des navires, chaudronnerie , grosses planches et barreaux ou pièces de grosse dimension pour les constructions navales, etc. Fabriquent, en outre, des objets de tombac, c’est-à-dire d’un alliage de cuivre moins chargé de zinc que le laiton : les principaux produits sont les feuilles destinées à la fabrication des objets d’ornement par estampage et à celle des boutons et de diverses autres pièces de l’équipement des troupes.
- Le jury, prenant en considération la bonne qualité et l’importance des produits dont le poids atteint annuellement 900,000 kilogrammes, et dont la valeur représente 2 millions de francs, appréciant en outre les vues intelligentes et les sentiments paternels qui président à l’administration de la population ouvrière, accorde à MM. Estivant frères une médaille d’or.
- MM. OSWALD et WARNOD, à Nieclerbruck (Haut-Rhin).
- L’usine de INiederhruck dispose d’un moteur hydraulique de 24 chevaux : elle comprend dix fours pour la fusion, l’affinage et le recuit des métaux, des laminoirs, des ateliers de tréfilerie, etc.Elle occupe 220 ouvriers, dont un quart environ travaille à domicile.
- Elle livre au commerce 15o,ooo kilogrammes de cuivre rouge affiné; en fils; préparé sous diverses formes pour la chaudronnerie, le plaqué cl’or et d’argent, l’horlogerie, etc.; 180,000 kilogrammes de laiton en planches, en feuilles clinquant, en tringles, dont le diamètre atteint om,o3i, en fils de toutes grosseurs et spécialement en lils fins pour toiles métalliques; 10,000 kilogrammes de fil de laiton doré ou argenté pour passementerie, dit trait d’or et d’argent, faux : la valeur totale de ces produits monte à 620,000 francs.
- La bonne qualité de ces produits a été signalée au jury par plu-
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- sieurs fabricants qui les mettent en œuvre; celte qualité se révèle également par la nature même des produits exposés, notamment par une feuille de cuivre large de om22 et longue de 216 mètres, par une forte tringle de laiton, etc.
- Le jury, appréciant les services que MM. Oswalcl et Warnod ont rendus à l’industrie française, en introduisant dans leurs usines des branches de fabrication qui n’existaient jusqu’alors qu’en pays étranger; considérant que, de l’aveu des consommateurs, ils se placent au premier rang pour la production de certains articles; qu’enfrn l’excellente organisation donnée à la population ouvrière leur a permis d’assurer constamment à celte population des moyens d’existence, au milieu des circonstances difficiles que l’industrie vient de traverser, décerne à ces habiles fabricants une médaille d’or.
- M. Àuguste-Louis-Ernest GARNIER, à Dangu (Eure).
- Depuis la précédente exposition, M. Garnier a considérablement augmenté l’importance de cette usine, créée en 1842. Les produits annuels sont: cuivre rouge laminé, 600,000 kilog.; laiton et alliages divers laminés, 25o,ooo kilog. ; zinc laminé, 1,200,000 kilog.: leur valeur totale monte à 3,000,000 de francs. L’usine occupe i5o ouvriers.
- Le jury récompense les efforts de M. Garnier eri lui décernant une médaille de bronze.
- M. Alexandre ROBERT, à la Villetle (Seine), rue de la Marne, n° 26,
- Prépare annuellement 65o,ooo kil. de cuivre, provenant soit de minerais riches importés de l’Amérique méridionale, soit de métaux plus ou moins affinés de diverses origines. Le cuivre rouge, l’étain, les divers alliages préparés dans cette usine, fournissent à l’industrie diverses matières premières qu’on tirait précédemment des pays étrangers. L’usine occupe 18 ouvriers ou employés, et livre au commerce un poids total de 900,000 kil. de, métaux et d’alliages, dont la valeur atteint environ 2,000,000,de francs.
- Le jury, prenant en considération la direction intelligente que M. Robert imprime à son industrie, lui décerne une médaille de bronze.
- Médaille de bronze.
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- MM. OESCHGER RAUCH et O, à Biaclie-Saint-Waast, près cl’Arras (Pas-de-Calais).
- L’usine reçoit le mouvement d’une roue hydraulique de 5o chevaux , comprend 3 fours pour l’affinage du cuivre et la fonte des métaux et 2 paires de cylindres pour le laminage du cuivre et du zinc ; elle a livré en une année au commerce 275,000 kil. de cuivi'e et 900,000 kil. de zinc laminés. Mise en activité pour la première fois en juin 18/18, elle a pu déjà exposer, entre autres produits remarquables, une feuille de cuivre de bonne exécution, longue de 7“,79, large de vm,35, épaisse de om,oo24 et pesant 221 kil.
- Le jury, pour encourager les résultats obtenus par MM. Oescli-ger-Rauch et C10 au milieu de circonstances difficiles, leur accorde une médaille cle bronze.
- M. Augustin-Baptiste CRÉPELLE , à Saint-Maur (Seine).
- L’usine, établie sur le canal de Saint-Maur, qui lui fournit un moteurhydraulique de 3ochevaux,comprend Sfourneauxà creusets pour la fonte des alliages de cuivre et de zinc et 4 paires de cylindres pour le laminage de ces produits. Elle livre au commerce 5oo,ooo kil. d’alliages à tous les titres que le commerce réclame ; elle occupe environ 80 ouvriers. Sa position, très-rapprochée de Paris, lui permet de satisfaire immédiatement aux commandes des nombreux ateliers qui élaborent ces alliages.
- Le jury accorde à M. Crépelle une médaille de bronze.
- Citation
- favorable.
- MM. RAMBAUD et Cie, représentants de la compagnie des mines de cuivre de Mouza’ia (Algérie). — Usine à Martigues, sur l’étang de Caronte (Bouches-du-Rhône).
- L’usine des Martigues, qui peut être considérée comme une annexe de l’industrie minérale cle l’Algérie, a été créée en 1847, pour traiter les minerais de cuivre gris provenant de la mine de Mou-zaïa. Ce traitement, essayé jusqu’à ce jour, s’opère en partie parla voie sèche, et en partie par un procédé de voie humide, dont les réactifs proviennent des fabriques de produits chimiques, depuis longtemps établies dans cette région du département.
- Le jury, tout en regrettant qu’on n’ait pas tiré jusqu’à ce jour un
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- meilleur parti de l’heureuse conception qui avait fait établir aux Martigues le traitement métallurgique des minerais de cuivre de l’Algérie, accorde à MM. Rambaud et compagnie une citation honorable.
- S 2. FUSION ET MOULAGE DU CUIVRE ET DE SES ALLIAGES.
- M. Leplay, rapporteur.
- MM. THIÉBAULT et fils, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° î AA , à Paris.
- Leur grande fonderie de cuivre et de bronze emploie îoo ouvriers, et tire, en outre, d’une machine à vapeur une force de 16 chevaux. Elle met en œuvre annuellement 225,ooo kilogrammes de cuivre, d’étain et de divers autres métaux'.
- Les ateliers, comprenant trois subdivisions principales, livrent au commerce :
- i° Des cuivres et des bronzes moulés pour les machines, les constructions et les arts ; entre autres produits de ce genre, présentés à l’exposition, on remarque deux énormes pièces de bronze d’une belle réussite, pesant 2,5oo et 4,5oo kilogrammes, destinées à former la cage de l’hélice du bâtiment à vapeur l’Isly, de 65o chevaux. MM. Thiébault se proposaient d’exposer l’hélice elle-même qui doit peser 5,ooo kilogrammes, mais dont l’exécution a été momentanément suspendue. Quelques bronzes d’art présentés dans l’état même où ils sont sortis du moule, témoignent de la perfection donnée aux opérations de l’atelier de moulage.
- 2° Des rouleaux en cuivre pur, en laiton, et en cuivre allié d’une faible proportion d’étain, pour l’impression des étoffes : MM. Thiébault présentent ces derniers appareils comme plus résistants que les autres et dans l’espoir que leur supériorité réelle triomphera des habitudes qui maintiennent l’usage des rouleaux en cuivre rouge.
- 3° Une variété extrêmement remarquable d’articles de robinetterie, pour les liquides, les gaz et les vapeurs; un nombre considérable de pièces détachées pour locomotives, tenders et autres parties du matériel des chemins de fer, des navires à vapeur, etc.
- Le jury constate la supériorité que conservent MM. Thiébault et fils en leur rappelant la médaille d’or donnée aux précédentes expositions.
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- Médailles M. Ernest BOLLÉE, à Sainte-Croix, au Mans (Saillie),
- de bronze.
- Fabrique annuellement 45,ooo kilogrammes de cloches, dans un atelier comprenant 4 fourneaux de fusion, et où travaillent 8 ouvriers. M. Bollée se distingue par la bonne exécution de ses.' cloches, et en particulier parla précision avec laquelle il obtient les sons qui lui sont demandés. Ce résultat a été obtenu de la manière la plus satisfaisante dans la cloche bourdon de 7,400 kilogrammes, exposée par cet habile fondeur et destinée à accompagner le gros bourdon de la cathédrale de Reims.
- Le jury accorde à M. Bollée une médaille de bronze.
- M. Toussaint MAUREL, rue des Vignerons, n° 13, à Marseille,
- Emploie 55 ouvriers dans sa fonderie de Marseille et dans une usine annexe établie à Toulon. Ces deux ateliers, contenant 10 fourneaux de fusion, livrent annuellement 4o,ooo kilogrammes de cloches. Il a introduit des modifications remarquables dans le procédé de moulage, et surtout dans le procédé employé pour fixer la cloche au mouton en bois qui en forme la montureetîe contre-poids. Au lieu d’employer des anses incrustées dans le bois du mouton, M. Maurel donne à la partie supérieure de la cloche une forme plane, et presse celle-ci contre le mouton au moyen de forts boulons serrés par des écrous. Le système de M. Maurel se distingue encore par le battant articulé, qu’un ressort tient éloigné de la cloche, excepté pendant l’instant très-court où se produit la percussion
- Le jury accorde à M. Maurel une médaille de bronze.
- M. Louis PETITHOMME, à Laval (Mayenne),
- Fabrique annuellement, dans un atelier composé d’un seul fourneau, des cloches dont le poids total monte à 18,000 kilogrammes. Il emploie, pour la suspension des cloches, un système ingénieux, qui permet à l’appareil d’embrasser sans inconvénient, dans ses oscillations alternatives, un espace beaucoup plus grand que le demi-cercle; il atteint ce résultat par un système de deux tourillons superposés qui portent successivement pendant la durée d’une oscillation complète sur trois points d’appui juxtaposés.
- Le jury accorde à M. Pelitbomme une médaille de bronze.
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- M. J eau-Baptiste GALLOIS, rue du Faubourg-Saint-Mar-tin, n° î 2G, à Paris,
- Emploie des appareils simples et des procédés très-économiques pour établir les moules en terre où se coulent les cloches qui forment le principal objet de sa fabrication. Il produit annuellement 4o,ooo kilogrammes de cloches, sonnettes et grelots.
- Le jury accorde à M. Gallois une médaille de bronze.
- MM. MARGAILLE et fils aîné, rue Moreau, n° 5o, à Paris,
- Fabriquent sur une grande échelle, et avec une perfection appréciée des consommateurs, les cuivres jaunes fondus et tournés pour la serrurerie de bâtiment, pour l’ameublement et particulièrement pour les garnitures de cheminée.
- Le jury décerne à MM. Marcaille et fils une médaille de bronze.
- M. Louis ROBIN, rue Grenétat, n° 02, à Paris,
- Fabrique des timbres-sonnettes à un et deux coups qui se distinguent par la simplicité de leur mécanisme, et qui, sous ce rapport, offrent un perfectionnement remarquable sur celles qu’il fabriquait précédemment.
- Le jury accorde à cet ingénieux fabricant une mention honorable.
- Mentions
- honorables.
- M. Jacques-Hyacinthe FRINAULT, à Orléans,
- Fabrique, au même prix que les appareils ordinaires, des robinets dans lesquels la fermeture, au lieu de s’opérer par le contact de deux surfaces exactement rodées, a lieu au moyen d’une plaque de caoutchouc pressée contre l’orifice d’écoulement au moyen d’une vis dont la tige traverse une petite boîte à étoupes. Ce robinet, appliqué avec succès à la pharmacie de l’hôlel-Dieu d’Orléans, se recommande par un entretien facile, et paraît devoir résister à l’influence des gelées et à l’action des eaux corrosives ou tenant des corps durs en suspension.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. BERTRAND, boulevard du Temple, n° 18, à Paris,
- Livre à un prix modéré des robinets qui, au moyen d’un mécanisme simple, se referment spontanément après avoir été ouverts. Ceux-ci trouveront une utile application dans tous les cas où la né-
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- Citations
- favorables.
- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
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- gligence des personnes chargées de fermer les robinets pourrait amener des perles ou des accidents.
- Lej ury lui accorde une mention honorable.
- M. LANGLET, rue de Ménilmontant, n° 4 7, à Paris,
- Expose une série intéressante deverrouxde sûreté, dont la pièce principale est ordinairement composée d’un alliage de cuivre et façonné par moulage. Plusieurs de ces verroux se recommandent par une disposition à la fois simple et efficace.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Louis-François DAVID, me de Lappe, n° 45, à Paris,
- Expose un chandelier de laiton destiné aux plus humbles ménages. La chandelle, soulevée en bas par un ressort à boudin, maintenu en haut par un tube de verre épais que traverse la mèche, se tient à un niveau constant. Les rayons de lumière, traversant la masse vitreuse, éclairent l’espace adjacent au pied de l’appareil. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. PELLETIER.
- Le jury lui accorde une citation favorable pour sa fabrication de pièces de cuivre.
- M. Jean-Marie GARLENC, rue Salle-au-Comte, n° 10, à Paris.
- Le jury accorde une citation favorable cà M. Garlenc pour ses robinets*destinés à débiter l’eau et la vapeur.
- § 3. TRÉFILAGE, CHAUDRONNERIES, PLANAGE, BATTAGE, EMBOUTISSAGE DE CUIVRE ET DE SES ALLIAGES.
- M. Leplay, rapporteur.
- M. MIGNARD-BILLINGE, boulevard de la Chopinette, n° 26, à Belleville (Seine),
- N’a cessé de développer l’industrie établie en 1791 dans le même établissement, par son beau-père, M. Billinge. Aujourd’hui les
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- principaux objets de sa fabrication sont les fils ronds d’acier, de fer et de cuivre; les fils cannelés, de toute sorte et spécialement ceux qui servent à fabriquer les pignons d’horlogerie; des tubes de cuivre sans soudure.
- M. Mignard-Billinge s’est élevé à un rang distingué pour plusieurs spécialités de ces industries. Le jury s’est assuré que sa réputation s’est étendue hors de France, et que des fabricants étrangers viennent lui demander des produits.
- . Le jury lui accorde une nouvelle médaille d’argent.
- M. BOUCHER et C1C, rue des Vinaigriers, n° i5, à Paris, et à l’Aigle (Orne).
- M. Boucher fabrique à Pai'is les fils de fer ordinaires et cuivrés, les fils de zinc ordinaires ou enduits de laiton, les fils à cardes et les cardes’, les poinçons pour la tréfilerie, les'élastiques pour meubles en fil de fer cuivré, et les treillages pour clôture; il fabrique en outre à l’Aigle des boucles en fer et en laiton. Il met en oeuvre annuellement, pour ces diverses fabrications, 5oo,ooo kilog. de fer, 3o,ooo kilog. de zinc et i 5,oookilog. de cuivre, et occupe 180 ouvriers.
- N
- Il se distingue par l’esprit d’invention ou de perfectionnement qu’il a apporté dans ces diverses industries, particulièrement en ce qui concerne le cuivrage des fils de fer et le tréfilage du zinc.
- Le jury lui accorde une nouvelle médaille d’argent.
- M. Jean-Laurent PALMER, rue de Montmorency, n° 16, à Paris.
- M. Palmer fabrique ses principaux produits par les nombreuses élaborations cpie l’on peut faire subir aux métaux en les soumettant à l’action du banc à tirer. Les objets de cuivre, de laiton, de maillechort, de fer et d’acier, livrés au commerce par cet ingénieux fabricant, peuvent soutenir la comparaison avec tout ce qui se produit ailleurs par les mêmes procédés.
- Le jury a particulièrement porté, son attention sur les procédés nouveaux découverts par M. Palmer pour fabriquer, avec une perfec-lion et une précision qui ne laissent rien'à désirer, des cylindres métalliques d’une,grande longueur, fermés par l’une de leurs extrémités, et d’une épaisseur uniforme. Ces nouveaux produits, fabri-
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- Médailles
- d’argent.
- II.
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- Médailles de bronze.
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- ([«és successivement par repoussage, sous l’action c!u balancier el du banc à tirer, offrent aux arts de précision, à la mécanique et aux sciences de*s moyens d’action extrêmement précieux.
- Le jury se plaît à récompenser le zèle ingénieux et les efforts persévérants de M. Palmer, en lui décernant une médaille d’argent.
- *
- MM. BISSON et GAUGAIN , rue des Amandiers-Popin court, n° 1 2, à Paris,
- Ces fabricants ont introduit dans l’art de la galvanoplastie un perfectionnement remarquable, en découvrant un procédé économique au moyen duquel ils appliquent, sur les métaux communs el oxydables, un enduilde laiton ou de bronze. Ils communiquent de cette manière, à des objets fabriqués à bas prix avec la fonte, le fer, le zinc, le plomb, l’inaltérabilité et les qualités utiles qui appartiennent au cuivre et à ses deux principaux alliages.
- Parmi les nombreuses applications faites journellement par MM. Bisson et Gaugain, on peut citer les statuettes d’ornement, les pendules, les écritoires, les presse-papier, les flambeaux et candélabres, les appareils à gaz, les robes de lampe, les pièces de machines qu’il importe de préserver de l’oxydation, beaucoup-d’ob-jets de quincaillerie, et en particulier les pelles et pincettes, les serrures de batiment, les rampes d’escalier, les espagnolettes, les lettres pour inscriptions, etc.
- Le jury se plaît à encourager le zèle ingénieux de MM. Bisson et Gaugain et à les récompenser pour le succès qu’ils ont déjà obtenu, en leur décernant une médaille d’argent.
- M. Charles CURASSON, propriétaire des usines du Blanc-Murger (Vosges).
- La tréfilerie du Blanc-Murger fabrique, avec les excellentes fontes de Comté, les fers qu’elle élabore. Elle comprend quatre feux cl’affinerie et tout le matériel correspondant nécessaire à la fabrication du fer, en sus du martinet, du laminoir et des trente bobines consacrées au tréfilage du fer. Elle livre annuellement au commerce 180,000 kilog. de fers de divers échantillons, et 195,000 kilog. de fils de fer de tous échantillons, en partie enduits de cuivre, en partie ouvrés sous forme de ressorts élastiques.
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- Les fils de fer à enduit cuivreux exposés par M. Curasson sont d’une excellente fabrication. Le jury se plaît à récompenser les efforts qu’il a faits pour développer son établissement et pour le maintenir en activité dans les circonstances difficiles qui se sont récemment produites, en lui accordant une médaille de bronze.
- M. DESPRATS, rue d’Engliien, n° 31, à Paris,
- Fabrique tous les produits usuels de la chaudronnerie de cuivre; d’honorables attestations prouvent en outre qu'il s’est adonné avec succès à la fabrication d’objets d’art repoussés au marteau et ciselés sur des feuilles de cuivre cl’un millimètre d’épaisseur. M. Des-prats est en mesure d’exécuter de celte manière, parles procédés qui lui sont propres, les objets cl’art de la plus grande dimension, avec des modèles établis au cinquième de la grandeur d’exécution : c’est ainsi qu’il a offert d’entreprendre l’éléphant de la Bastille, les ornements et les figures de l’arc de triomphe de l’Etoile. M. Desprats insiste sur la convenance de reprendre sur une grande échelle la fabrication des objets d’art au repoussé; il pense que ces objets .peuvent acquérir le même fini que les objets moulés ou sculptés; qu’ils l’emportent sur ces derniers par la légèreté, pâr le bon marché de la matière première; qu’enfin ils se distinguent en ce qu’à toute époque de l’exécution, l’artiste peut apporter à son idée première telle modification qu’il juge convenable.
- Le jury accorde à M. Desprats une médaille de bronze.
- M. Jacques REGNIAUD, rue Sainte-Foy, n° 6, à Paris,
- Fabrique des casseroles et des moules à pâtisserie en cuivre battu. Parmi les perfectionnements que M. Régniaud a introduits dans son art, le jury a surtout remarqué le poli et le brillant des étamages de moules : il est à espérer que M. Régniaud, en poursuivant la voie où il est entré, atteindra la perfection acquise par les produits analogues fabriqués en Angleterre. 11 peut déjà, à raison du bon marché de ses produits, faire concurrence, en Angleterre même, aux produits anglais.
- Le jury accorde à M. Régniaud une médaille de bronze.
- M. Frédéric SCIïINDLER, à Kœnigslioffen, près de Strasbourg (Bas-Rhin).,
- Fabrique de l’or faux battu, en feuilles extrêmement ténues, avec
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- des alliages ayant pour base principale le cuivre, et qui imitent néanmoins d’une manière assez remarquable les principales nuances ( rouge, jaune vif et jaune verdâtre ) de l’or vrai. La malléabilité donnée à ces alliages est telle, que, pour un des produits exposés, l'épaisseur du métal a été réduite à om,ooo,oo3.
- Le succès de l’industrie créée par M. Scbindler aurait pour résultat de faire fabriquer en France un produit que l’industrie française a dû demander jusqu’à ce jour aux usines allemandes. Les beaux produits exposés par M. Scbindler donnent lieu d’espérer que ce but pourra être atteint.
- Le jury accoixle à M. Scbindler une médaille de bronze.
- M. Pierre-François GOSSELIN, rue de Ghaillol, n° 3, à Paris.
- Son industrie consiste à recouvrir par les procédés galvanoplas-tiques les métaux usuels d’un enduit formé de métaux moins oxydables ou d’un aspect plus agréable. Il applique plus particulièrement le cuivre et le laiton sur les fds de zinc, les anneaux pour rideaux, les lettres de zinc pour enseignes, les zincs estampés pour ornements, etc. M. Gosselin expose, outre ces produits, des essais ayant pour objet de cuivrer à l’extérieur les ustensiles de cuisine en fer battu; d’étamer le cuivre; d’appliquer sur les métaux communs des alliages imitant l’or, etc.
- Le jury accorde à M. Gosselin une médaille de bronze.
- M. Pierre-Hilaire GODART, rue Saint-Jacques, n° 2 , à Paris,
- Fabrique, avec des cjiivres laminés en France et des tôles d’acier importées de la Grande-Bretagne, des planches pour les graveurs. Les produits exposés sont remarquables par la finesse et l’homogénéité du grain, aussi bien que par la perfection du poli donné aux métaux; plusieurs plaques de cuivre, pur ou allié à d’autres métaux, témoignent des efforts que M. Godart a faits, concurremment avec les fabricants qui préparent les feuilles brutes, pour améliorer des produits si essentiels à l’art de la gravure.
- Le jury accorde à M. Godart une médaille de bronze.
- M. GROULT et C‘e, rue Frépillon, n° 9, à Paris,
- Fabrique des tubes en laiton de tous les diamètres compris
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- entre om,ooi etom,i5o, avec des épaisseurs tellement graduées, que tous ces tubes peuvent s’emboîter avec précision les uns clans les autres; des tubes cylindres pour impressions d’étoffes, ayant, avec une épaisseur de métal de om,oo8, un diamètre total de o,n, 19, et qui, s’ils étaient adoptés par l’industrie, seraient préférables aux cylindres massifs à raison de leur moindre prix et delà plus grande densité du métal; des tubes plats , carrés, ovales, octogones, etc.; des tubes pour lunettes télégraphiques; des tuyaux pour locomotives et autres machines à vapeur.
- On remarque parmi les produits exposés par M. Groult des tubes tordus, que cet ingénieux fabricant obtient en combinant le travail ordinaire du tréfilage avec une rotation régulière imprimée à l’outil principal de cette opération. Ces produits, qui conviennent aux mêmes usages que les tubes unis, commencent à être appliqués, sous le nom de tubes-cordes, aux appareils d’éclairage, à l’ornement des meubles et des habitations, etc.
- Le jury accorde à M. Groult une médaille de bronze.
- M. Gabriel BOURBON-LEBLANC, rue de la Lune, n° 26, à Paris.
- Les recherches de M. Bourbon-Leblanc ont eu pour but de communiquer, par un procédé particulier, au cuivre et à ses alliages des qualités plus parfaites que celles qui caractérisent ordinairement ces métaux; diverses attestations établissent que ses produits se distinguent par leur malléabilité, par leur inaltérabilité sous les influences atmosphériques.
- Le jury, dans l’espoir que les métaux ainsi préparés pourront être employés avec succès par les nombreux ateliers où ces propriétés sont mises à profit, accorde à M. Bourbon-Leblanc une mention honorable.
- M. Jean FAURIE, me de la Chaussée d’Antin, n° 56 bis, à Paris,
- Expose des baignoires munies d’un appareil extérieur pour le chauffage de l’eau versée froide dans la baignoire et du linge placé sous la main du baigneur ; l’ensemble du système est exécuté en chaudronnerie de cuivre. Dans les conditions atmosphériques ordinaires, l’eau atteint en une demi-heure la température convenable.
- Mentions
- honorables.
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- Citation
- favorable.
- Médaille
- d’argent.
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- Lë jury accorde à M. Faurie une mention honorable.
- M. Louis GUAY, rue Saint-Denis, n° 3/19, à Paris.
- Le jury accorde une citation favorable à M. Guay, pour un moule à pâtisserie de grande dimension et d’une bonne exécution.
- § 4. PLOMB.
- M. Leplay, rapporteur.
- MM. DAVID aîné et G10, à Paris, rue des Vieilles-Au-driettes, n° 1. — Usine à Saint-Denis.
- Les principaux produits de l’usine de Saint-Denis sont les plombs ouvrés sous forme de planches, de tuyaux et de feuilles fines pour l’emballage du tabac et des poudres. L’usine lamine, en outre, le cuivre et le zinc ; enfin elle affine les cuivres noirs et traite les riches minerais de cuivre de l’Amérique méridionale. Le matériel consacré au travail du plomb comprend un grand laminoir ayant 3 mètres de table; 8 laminoirs pour les feuilles minces; 4 bancs à tirer et 2 belles machines à refouler pour la fabrication des tuyanx ; le matériel destiné à l’élaboration du zinc se compose de 3 laminoirs et de 2 fours à réverbère. Enfin, le matériel servant au travail du cuivre comprend : 4 fours à réverbère pour la fusion du minerai et le raffinage du cuivre noir, 4 fours à réverbère pour le recuit des feuilles, 4 laminoirs, dont un a 2m,3o de table. Ces ateliers sont mis en activité par une machine à vapeur de 80 chevaux et emploient 70 ouvriers. La valeur des produits livrés au commerce atteint 3 millions de francs.
- Cette usine, surtout en ce qui concerne le travail du plomb, se place au premier rang parmi les ateliers français consacrés à l’élaboration des métaux. On remarque, parmi les produits exposés, un tuyau de plomb long de 1,000 mètres et pesant 853 kilogrammes , une planche de plomb large de 3 mètres, des cuivres d’Amérique portés par le traitement métallurgique à une haute qualité, etc.
- Le jury* prenant en considération la perfection des procédés que M, David emploie dans ses diverses branches de fabrication, appréciant surtout le succès qu’il a obtenus dans la fabrication des tuyaux refoulés, et dans le traitement métallurgique des minerais de cuivre
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- et des cuivres noirs importés des pays étrangers, décerne à cet habile fabricant une médaille d’argent.
- MM. DUFOUR et DEMALLE, rueNeuve-Saint-Augustin, n° 38, à Paris,
- Leur industrie principale consiste à fabriquer des tables de plomb coulées, au lieu d’employer le laminoir, qui a été plus généralement employé jusqu’à ce jour: ils obtiennent ainsi des pièces dont la largeur atteint 4 mètres, tandis que le laminage n’en a point encore produit dont la largeur dépassât 3 mètres. On remarque, parmi les produits exposés, une table longue de8m,20, épaisse de om,025 et large de 4 mètres, dont le prix, par îoo kilogrammes, excède seulement de 9 francs le prix du plomb brut.
- Ils livrent annuellement au commerce 85o,ooo kilogrammes de plomb ouvré, sous forme de tables et de tuyaux.
- La fabrication de tables en plomb d’une grande largeur a dans plusieurs arts une importance réelle, parce quelle permet de réduire le nombre des soudures qu’exige la couverture d’une certaine étendue superficielle. Plusieurs attestations prouvent que la supériorité de ce produit, pour certaines applications, est appréciée par les architectes, parles entrepreneurs de travaux de plomberie,parles fabricants de produits chimiques et par les afiineurs de métaux.
- Le jury, prenant en considération les progrès que MM. Dufour et Demalle ont fait faire à cette branche de la métallurgie du plomb, leur accorde une médaille de bronze.
- M. POULET, rue Pierre-Levée, n° 12, à Paris, .
- Fabrique principalement des plombs filés qui se distinguent par leur ténuité et leur souplesse et trouvent dans l’art du jardinage un emploi très-avantageux. Leur inaltérabilité sous les influences atmosphériques conseille, en beaucoup de cas, de les préférer à tous les liens d’origine végétale. On remarque, parmi les produits exposés, des fils très-tenaces dont le diamètre est inférieur à om,ooo6.
- Le jury accorde à M. Poulet une médaille de bronze.
- M. Louis-Jacques DURAND, rue Saint-Nicolas-d’Antm, n° 2 9, à Paris,
- A construit pour divers monuments publics des couvertures en
- Médailles de bronze.
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- Mention
- honorable.
- Citations
- favorables.
- Médaille de bronze.
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- plomb et en zinc dont la bonne exécution est appréciée des architectes qui ont dirigé les travaux. Il expose plusieurs produits relatifs à l’art du plombier mécanicien, et, notamment, un nouveau système d’assemblage des tuyaux de fonle qui témoigne de la sollicitude constante qu’il apporte au perfectionnement de cet art.
- Le jury accorde à M. Durand une médaille de bronze.
- M. Charles SEBILLE, rue de Dudrézène, n° A, â Nantes ( Loire-Inférieure ),
- Vient d’établir une usine pour la fabrication et l’élaboration d’un alliage de plomb, d’étain et d’antimoine, auquel il donne le nom de plomb résistant. Les expériences de l’exposant lui ont indiqué que cet alliage résiste mieux que le plomb ordinaire aux influences de l’eau de mer, des eaux ordinaires et de l’air humide.
- Le jury, pour reconnaître les efforts de M. Sébille, lui accorde une mention honorable.
- M. Théodore LEPAN, rue du Ban-de-Wedde, nos 20 et 2 2 , à Lille ( Nord ) ,
- Expose des tuyaux et surtout des planches de plomb d’une bonne fabrication obtenus dans une usine fondée en i848.
- Le jury accorde à M. Théodore Lepan une citation favorable.
- M. Mabire, au Havre (Seine-Inférieure),
- Expose des feuilles de plomb d’une bonne fabrication.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Jean-Marie MALHERBE, à Saint-Denis (Seine),
- Expose un modèle, au douzième de grandeur naturelle, d’une grande manufacture destinée à l'élaboration du plomb sous forme de planches et de tuyaux.
- Le jury lui accorde pour ce travail une citation favorable-
- § 5. EXTRACTION DU ZINC BRUT.
- M. Leplay, rapporteur.
- MM. SERRES-MIRIAL et Cie, à l’usine de la Pise, commune de la Grand’Combe ( Gard )..
- L’usine de la Pise traite les minerais de zinc (blende et calamine)
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- fournis par ia mine de la Croix de la Palière et par la mine de la Coste, commune de Durfort, Tune et l’autre situées à peu de distance de l’usine. Elle a été mise en feu pour la première fois en janvier i848, et pendant cette année, nonobstant les événements, qui ont généralement ralenti le progrès de l’industrie, elle a tenu 2 fours en activité et livré au commerce 72,000 kilogrammes de zinc. Ce métal a été trouvé de bonne qualité : il a été employé avec succès pour le laminage et pour la fabrication de clous destinés au doublage des navires.
- Placée à proximité des gîtes minéraux qui lui fournissent les matières premières, cette usine pourra prendre du développement si, dans la direction qui lui sera imprimée, on évite les inconvénients qui ont trop souvent empêché en France l’essor de l’industrie minérale.
- Le jury, voulant récompenser les efforts de MM. Serres-Mirial et Ci0, leur accorde une médaille de bronze.
- MM. Ch. BIED et C’\ à la Poipe, près de Vienne (Isère). Mention
- 11 v honorable.
- L’usine à zinc de la Poipe traite les minerais (blendes) fournis par les mines du même nom , commune de Reventin (Isère). Les exploitants de cette mine livrent en outre directement au commerce des minerais de plomb employés pour la fabrication des poteries sous le nom d'alquifoux. L’usine, composée de 8 fours de grillage et d’un pareil nombre de fours de réduction, a été mise en feu en septembre 1846; depuis lors elle a produit quelquefois jusqu’à 1,000 kilogrammes de zinc par jour. Elle a été mise en chômage en mai i848.
- Le jury, considérant que l’usine de la Poipe est la première qui ait produit le zinc en France, accorde à MM. Ch. Bied et C*° une mention honorable.
- § 6. FONTE, LAMINAGE ET EMPLOI DU ZINC.
- M. Leplay, rapporteur.
- LA SOCIÉTÉ DES MINES ET FONDERIES DE ZINC DE LA VIEILLE-MONTAGNE (Belgique). Gè-rant, M. Guynemer, rue Richer, n° 22 , à Paris. Ra Société possède en France les usines de Bray (Seine-et-Oise),
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- du IIoux, près de Barfleur (Manche), etduHom, près de Louviers (Eure). Elle élabore annuellement dans ces usines 6,000,000 de kilogrammes de zinc, en donnant emploi à 3oo ouvriers. Le zinc sort pour la plus grande partie de ces usines sous forme de feuilles, qui sont appliquées à la consommation immédiate, ou qui deviennent à leur tour, pour une foule d’industries, une importante matière première.
- La société a exercé sur l’industrie des métaux la plus heureuse influence, en provoquan t une multitude d’applications du zinc brut ou laminé, tantôt par son intervention directe, tantôt par l’appui qu’elle a donné à des fabricants ingénieux qui ont pu l’aider dans celte propagation des emplois de ce métal. Parmi les usages du zinc essayés, créés ou généralisés depuis l’époque de la dernière exposition, le jury a particulièrement remarqué : des feuilles très-flexibles et d’une grande ténuité, des formes à.sucre, des zincs estampés pour une multitude d’usages, des moulures fabriquées au banc à tirer, des planches pour la gravure de la musique, des feuilles à glacer pour papeteries, des clous et pointes de toutes formes et de toutes grosseurs, des fils très-flexibles et de toutes grosseurs, des feuilles découpées pour cribles, vans et tamis, des boîtes à poudre pour les arsenaux, des moulures pour la décoration des maisons, des objets d’art moulés', etc.
- Le jury, prenant en considération l’importance des établissements ci-dessus indiqués, appréciant en outre l’impulsion féconde imprimée à une fouie d’industries par la propagation intelligente et ingénieuse des emplois du zinc, accorde à la société de la Vieille-Montagne une médaille d’or.
- Médaille
- d’argent.
- M. CharlesJLouis D’ARLINCOURT fils, rue de Bréda, n° 2 , à Paris,
- Fabrique dans l’usine de Tbierceville, près de Gisors ( Eure et Oise), des feuilles de zinc pur ou revêtues d’un enduit de cuivre, de laiton, d’étain ou de plomb. Ces zincs laminés, enduits de métaux moins oxydables et fabriqués au moyen de procédés galvano-plastiques, tendent à devenir les principaux produits de l’usine de Tbierceville, car ils présentent à l’industrie les avantages qui appartiennent à tous les métaux employés, en supprimant ou en atténuant les imperfections qui sont propres à chacun d’eux. Les produits exposés sont de belle qualité et donnent lieu de présumer
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- qu’un emploi plus-prolongé confirmerales espérances qui s'attachent à la fabrication de ces nouveaux produits.
- L’usine de Thierceville, fondée en 1828 par M. le ge'néral d’Arlincourt, dispose d’un moteur hydraulique de 5o chevaux; elle occupe aujourd’hui 200 ouvriers, et soumet annuellement au laminage 2,600,000 kilog. de zinc.
- Le jury accorde à M. d’Arlincourt fils une médaille d’argent.
- M. Victor-Martin DEYDIER, boulevard Bonne-Nouvelle, n° 12 , à Paris,
- Médailles de bronze.
- Expose plusieurs objets remarquables obtenus avec les zincs laminés de la société de la Vieille-Montagne. Il fabrique spécialement sur une grande échelle les couvertures de bâtiments et les zincs pour ornements produits par repoussage et estampage.
- Le jury accorde à M. Deydier une médaille de bronze.
- MM. BRAUX-D’ANGLURE et Cie, rue de Castiglione, n° 8, à Paris,
- Exposent de beaux objets d’art en zinc moulé. Ces habiles fondeurs ont porté à un remarquable degré de perfection et par cela même créé celle nouvelle industrie, qui occupait, avant les événements de i848, 5o à6o ouvriers.
- Le jury accorde à MM. Braux-d’Anglure et Ce une médaille de bronze.
- M. Edmond-Gustave RABEAU, rue du Chemin-de-Pantin, n° 1 y, à Paris,
- Expose, comme principal produit de son industrie, un assortiment de pointes fabriquées avec les fils de zinc, au moyen d’une machine qu’il a lui-même inventée et qui paraît réunir la plupart des avantages qu’on peut attendre de ce genre d’appareils. M. Ra~ beau a déjà donné une extension remarquable à la fabrication de ces produits, qui doivent, pour une foule d’usages, remplacer avec avantage les pointes fabriquées avec le fil de fer ; il livre le kilogramme de chaque sorte de pointe de zinc au même prix que la sorte analogue fabriquée avec le fer. Le consommateur, à raison de
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- Mentions
- honorables
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- la moindre densité du zinc, trouve donc une économie d’environ i4 o/o dans l’emploi des pointes fabriquées avec le fil de zinc.
- Le jury accorde à M. Rabeau une médaille de bronze.
- M. Pierre-Charles TOURNEUR, rue Phélippeaux, n° 28, à Paris.
- Son industrie consiste à fabriquer, avec des feuilles de zinc brut, des feuilles jouissant d’un poli remarquable et qui se substituent avec grand avantage dans les papeteries aux feuilles de carton précédemment employées pour glacer le papier fin. Les produits exposés permettent d’apprécier les avantages qui doivent résulter de ce nouvel emploi du zinc.
- Le jury accorde à M. Tourneur une médaille de bronze.
- M. François-Scipion PERROT, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 1 2, à Paris,
- Fabrique des lettres en zinc pour enseignes et inscriptions : ses grandes lettres découpées, et ses petites lettres fondues, se distinguent par l’élégance de leurs formes.
- Le jury accorde à M. Perrot une mention honorable.
- M. Mathurin BAUDOUIN, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 58, à Paris,
- Expose un système de couverture en feuilles'de zinc qui semble offrir plusieurs avantages ; il s’est adonné à la fabrication d’objets en zinc battu d’une bonne réussite et qui permettent d’espérer la création d’un art nouveau, la chaudonnerie de zinc.
- Le jury accorde à M. Baudouin une mention honorable.
- M. Henry LAMY, boulevard Beaumarchais, n° 89, à Paris,
- Expose une baignoire en zinc d’une forme élégante,et d’un poli remarquable; ce produit montre le parti qu’on peut tirer de ce métal pour les travaux fins de chaudronnerie.
- Le jury accorde à M. Lamy une mention honorable.
- M. Auguste GIIAGOT, me Richelieu, n° y3, à Paris.
- Ses lettres et ses chiffres en zinc, fabriqués à très-bas prix,
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- adaptés dans l'intérieur des lanternes, sont d’un excellent usage pour donner au public des indications visibles pendant la nuit. Il serait à désirer qu’à l’imitation de ce qui se fait en plusieurs pays étrangers, l’emploi en devînt plus fréquent en France.
- Le jury accorde à M. Auguste Chagot une mention honorable.
- M. Charles SIMONET, me Montorgueil, n° 98, à Paris,
- Fabrique des lettres en zinc dont on remarque la bonne exécution.
- Le jury accorde à M. Simonet une citation favorable.
- S 7. ÉTAIN ET SES ALLIAGES, ÉTAIN LAMINÉ, PLANCNES A MUSIQUE, POTERIE, ETC.
- M. Leplay, rapporteur.
- M. BUDY, rue Nationale, n° 9, à Puteaux (Seine),
- A découvert un procédé d’étamage qui offre le triple avantage d’être peu dispendieux, de s’appliquer sur la fonte brute prise dans l’état où elle sort des moules, et de résister à toutes les influences beaucoup plus que les étamages ordinaires appliqués jusqu’à ce jour sur les métaux polis.
- Il est à regretter que diverses circonstances, et en particulier les événements de i848, aient arrêté le développement de cette remarquable industrie.
- Le jury se plaît à rappeler pour la deuxième fois à M. Budy la médaille d’argent qui lui a été décernée en 1889.
- M. Franc,ois-Benjamin-Adoîphe LAISSEMENT, rue Jean-Jacques-Rousseau, n° 22, à Paris.
- M. Laissemenl continue à fabriquer avec succès les planches destinées à la gravure de la musique, dans l’établissement fondé par son père en 1786. Il est parvenu, dans les derniers temps, à introduire dans celte industrie divers perfectionnements, et en particulier à employer la même planche pour deux gravures successives. Le jury accorde à M. Laîssement une médaille de bronze.
- M. Armand-Victor CORLIEU, quai du Marché-Neuf, n° 2h, à Paris,
- Fabrique des poteries d’étain d’une excellente exécution, dont la
- Citation
- favorable.
- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
- Médaille» de bronze.
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- plus grande partie est destinée aux hôpitaux; parmi les produits exposés, on remarque des vases à infusion, des fontaines à tisane dont la capacité atteint trois cents litres. Il met en œuvre chaque année 25 à 3o,ooo kilogrammes d’étain.
- Le jury accorde à M. Corlieu une médaille de bronze.
- M. Michel C HA VENTRE, rue Saint-Denis, n° 2 5 k, à Paris,
- Expose une série de produits remarquables appartenant à l’art du potier d’étain, et, en particulier, des théières qui peuvent être comparées à beaucoup de produits de Shellield et de Birmingham. M. Chavenlré a également exposé des couverts d’étain à très-bas prix, auxquels un noyau intérieur en tôle découpée donne une grande résistance. Enfin, on remarque encore parmi ses produits, une lampe mécanique, dans laquelle l’huile séjourne constamment au niveau de la mèche.
- Le jury accorde à M. Chaventré, une médaille de bronze.
- M. Ambroise JAUDIN, successeur de M. Cornillard, rue de la Croix, n° 1 5, marché Saint-Martin , à Paris,
- Fabrique sur une grande échelle l’étain laminé; il prépare, entre autres produits, un papier d’étain pour tenture, employé sur les murs humides.
- Le jury accorde à M. Jaudin une médaille de bronze.
- Mentions M. Nicolas-Barnabe PICARD, rue Michel-le-Comte, n° 3 1
- honorables. i r>
- a Paris,
- A introduit un perfectionnement remarquable dans la fabrication des moules en fer-blanc, à l’aide desquels les pâtissiers façonnent les biscuits. Mettant à profit la malléabilité propre aux fers-blancs français de première qualité, il est parvenu à fabriquer d’une seule pièce des bandes de moules qu’il fallait précédemment réunir par voie de soudage.
- Le jury accorde à M, Picard une mention honorable.
- M. Pierre-Maximilien MARBACII, rue de la Contrescarpe, Saint-Antoine, n° 70, à Paris.
- A exposé un comptoir et une glacière en étain, remarquables par leur exécution et surtout par le poli du métal.
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- Le jury accorde à M. Marbacli une mention honorable.
- M. René-Louis MOUSSIER, passage Jouffroy, n° 3 i , à Paris.
- Expose divers objets de belle qualité en métal dit anglais, destinés au mobilier des églises et à l’économie domestique.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Etienne GIROUX, rue des Cinq-Diamants, n° 23, à citation
- Pétris favorable.
- Fabrique des alambics en cuivre étamé; on remarque parmi les produits exposés une allonge, un cou de cygne en étain pur d’une belle fabrication.
- Le jury accorde à M. Giroux une citation favorable.
- § 8. ARGENT.
- M. Leplay, rapporteur.
- M. PALLU, représentant les concessionnaires de Pont-gibaud (Puy-de-Dôme).
- Rappel le médaillt
- Les mines de Pontgibaud, situées près du bourg de ce nom, dans la vallée de la Sioule, présentent des indices de vieux travaux qui portent le cachet d’une haute antiquité, et que la tradition fait remonter à la domination romaine. Les documents écrits les plus anciens qu’on ait conservés sur ces mines remontent à l’année i55r; à celte époque, on fit venir d’Allemagne de nombreux ouvriers qui travaillèrent à ces mines sous la protection d’une juridiction exceptionnelle. Abandonnés après une assez longue période d’activité, les travaux furent repris, vers la fin du dernier siècle, par une société, dite du Lyonnais, qui produisit 680,000 francs de métaux, avec un bénéfice assez considérable, mais dont les travaux furent suspendus par suite des événements de la révolution de 1789.En 1826, l’exploitation, reprise de nouveau par M.Je comte de Pontgibaud, avec le concours de maîtres mineurs venus de Savoie et d’Allemagne, atteignit en dix années un développement remarquable; elle devint alors la propriété de la compagnie qui l’a exploitée jusqu’à ce moment sous la direction de M. Pallu.
- Dans leur état actuel, les établissements de la compagnie secom-
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- posent de cinq ateliers principaux, savoir : i° la fonderie, comprenant deux fourneaux de grillage à double sole, dont le plus pai'fait est dû à M. Zeppenfekl, l’habile ingénieur de la compagnie; quatre fourneaux à manche, un fourneau de coupelle, une soufflerie mue par une roue hydraulique; un vaste appareil de condensation pour la vapeur plombeuse sortant des fourneaux ; un appareil hydraulique, où les litliarges sont réduites en poudre impalpable et se sèi parent des grenailles de plomb argentifère mécaniquement mélangées ; un atelier où les plombs provenant de la réduction des litharges sont affinés pour la seconde fois par voie de cristallisation. 2° La mine de Pranal, avec un puits de 90 mètres, une machine d’épuisement pouvant élever 3,000 mètres cubes d’eau en vingt-quatre heures, et des ventilateurs à force centrifuge aspirant le gaz acide carbonique qui, dans cette région volcanique, tend à inonder tous les travaux souterrains. 3° La mine de Barbecot, avec un puits et des machines semblables à ceux de Pranal ; elle contient, en outre, un atelier de préparation mécanique desservant les deux mines de Pranal et de Barbecot, réunies par un chemin de fer de i,35omètres. Les travaux de cet atelier et des deux mines sont suspendus depuis plusieurs années, par suite d’une inondation de la Sioule qui a envahi les travaux intérieurs. 4° La mine de Roziers, avec un puits et une machine à vapeur; une grande galerie de 612 mètres y a recoupé plusieurs filons aujourd’hui en pleine exploitation. 5° La mine de Roure, desservie par un puits et une machine à vapeur. Ces deux dernières mines, reliées par ùn chemin de fer de 800 mètres, envoient leurs minerais à un atelier commun de préparation mécanique. Tous ces établissements contiennent, outre la machine à vapeur de 28 chevaux, 17 roues hydrauliques d’une force totale de 200 chevaux.
- La compagnie emploie ordinairement 45o à 5oo ouvriers; une caisse de prévoyance assure des secours et une indemnité aux ouvriers atteints par les maladies; un fonds de réserve, qui s’accroît annuellement, étendra plus lard les secours aux infirmes, aux veuves et aux orphelins. Depuis i838 jusqu’à ce jour, la valeur de l’argent et du plomb livrés au commerce s’est élevée à 2,200,000 francs.
- Le jury du Puy-de-Dôme constate que les résultats importants obtenus par la compagnie des mines de Pontgibaud sont dus essentiellement à l’intelligence et à l’habile direction de M.Pallu. M. Pallu a d’ailleurs rendu un compte détaillé de ses travaux dans une brô-
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- chure remarquable présentée au jury central ; il y fait remarquer que les améliorations techniques introduites depuis cinq ans dans les ateliers dePontgibaud sont dues particulièrement au concours de M. Zeppenfeld, ingénieur de la compagnie. M. Pallu a, en outre, consigné dans cette brochure des considérations pleines de justesse sur les causes qui ont entravé jusqu’à ce jour en France l’essor des exploitations de mines métalliques, et sur les moyens qu’il faudrait employer pour donner à cette branche d’industrie minérale une importance proportionnée à la richesse du territoire. Il serait à désirer que ces considérations, fruit d’une longue expérience, fussent plus généralement connues des personnes qui se livrent trop souvent à ces sortes d’entreprises sans en connaître ni les difficultés ni les conditions de succès.
- Le jury se plaît à rappeler aux concessionnaires des mines de Pontgibaud, représentés par M. Pallu, la médaille d’or qui leur a été précédemment décernée.
- M. Charles DE SÉRAINCOURT, aux mines de Ville-franche et Najac (Aveyron), et me Richelieu, n° 63 , à Paris.
- Les mines d’argent, de cuivre et de plomb du Rouergue sont connues depuis une époque fort reculée. Plusieurs des anciens travaux qu’on y distingue encore paraissent remonter à l’époque de la domination romaine. Les travaux les plus considérables ont été accomplis du xc au xvie siècle : ils furent interrompus de i56o à îbqy, par suite des guerres religieuses qui ont désolé cette province. Depuis i84o, des explorations, faites d’abord avec les fonds volés par le conseil général du département de l’Aveyron, puis par une compagnie, sous la direction de M. de Séraineourt, ont reporté l’attention sur ces gîtes et mis sur la voie de constater leur importance industrielle.
- Les principaux groupes de gîtes se trouvent dans les vallées de l’Aveyron et du Tarn, aux environs de Villefranche et de Milhau.
- La région métallifère de Villefranche, qui est la mieux connue, s’étend du sud au nord, sur 5o kilomètres environ, de la Guépie à Figeac, avec une largeur moyenne de îo kilomètres. Les filons métallifères, encaissés pour la plupart dans un terrain ancien de schiste argileux, pénètrent aussi dans un granit qui sert de base à ce premier terrain. Les principaux minerais qu’on y rencontre, et IL 19
- Mentions
- honorables.
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- qui ont été présentés au jury, se composent de galène argentifère, de cuivre pyriteux, de cuivre gris plombeux, de blende et de calamine. Les principaux districts de cette première région sont ceux de Najac et de Pichiguet, de Sauvensa, du ruisseau des Martinets, de l’Alzou, de Peyrusse et de Figeac. Le plomb d’œuvre extrait de
- plusieurs de ces minerais contient jusqu’à 6,200 grammes d’argent par tonne.
- Les travaux, bien qu’ils aient révélé l’existence de gîtes métallifères fort importants, sont aujourd’hui suspendus : il est à désirer qu’ils soient repris prochainement avec les ressources financières et la direction intelligente indispensables au succès de ces sortes d’entreprises. Dans les conditions actuelles, le jury regrette de ne pouvoir récompenser que par une mention honorable les travaux que M. de Séraincourt a poursuivis avec une si louable persévérance.
- M. PERNOLET, aux mines d’argent et de plomb de Huelgoat et de Poullaouen (Finistère).
- Les mines de Huelgoat et de Poullaouen, les seules qui, avec Ponlgibaud et Vialas, conservent aujourd’hui en France les traditions de l’industrie minérale appliquée à l’extraction des métaux précieux, ne sont point représentées à l’exposition par leurs produis principaux, l’argent, le plomb et la lilharge.
- M. Pernolet, directeur de ces mines, s’est borné à adresser la description d’un appareil nouveau qu’il appelle caisse française. Le but de cet appareil est de-séparer la matière utile des minerais des matières inutiles ou nuisibles qui y sont ordinairement mélangées, par des moyens mécaniques plus parfaits et plus économiques que ceux qui sont employés jusqu’à ce jour sur les mines françaises et étrangères, et de préparer ainsi, à moindre prix que par le passé, le minerai propre à la fusion qui doit être passé aux fourneaux. L’invention dont il s’agit est toute récente; le jury départemental constate néanmoins qu’elle produit d’excellents résultats. Cette attestation, rapprochée de la description même de M. Pernolet, donne lieu cl’espérer que la caisse française aura une heureuse influence sur le progrès de l’exploitation des mines métalliques.
- Le jury accorde à M. Pernolet une mention honorable.
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- S 9. BATTAGE DE L’OR.
- M. Leplay, rapporteur.
- M. Auguste-François-Joseph FAVREL, rue du Caire, n° 27, à Paris,
- Possède la principale usine qui, en France, ait pour objet la fabrication de l’or en feuilles de toutes nuances, de l’argent en feuilles, de l’or et de l’argent en poudre. Cette usine, desservie par une machine à vapeur de la force de 4 chevaux, occupe 80 ouvriers: elle comprend un fourneau pour la fonte et le moulage des métaux précieux; 3 laminoirs donnant aux métaux un premier amincissement; plusieurs presses à vapeur pour l’entretien des outils servant au battage des métaux; un fourneau et un appareil d’amalgamation pour la préparation et le traitement des cendres aurifères, etc. M. Favrel soumet annuellement au battage ou à la pulvérisation une quantité de métaux fins qui varie, pour l’or, entre 280 et 35o kilogrammes; pour l’argent, entre 70 et 100 kilogrammes. La valeur de ces produils dépasse i,5oo,ooo fr. Le quart environ de ces produits est exporté dans les pays étrangers.
- Le jury a constaté avec un vif intérêt l’excellente disposition et la tenue parfaite des ateliers de M. Favrel. Il a reconnu avec satisfaction que les ouvriers, se succédant de génération en génération dans l’établissement, sont unis à leur chef par des liens moraux que l’on regrette souvent de voir relâchés ou rompus dam les autres branches d’industrie; que sous ce rapport, aussi bien qpe par la perfection des travaux, l’usine de M. Favrel doit être considérée comme un type remarquable.
- Le jury, prenant en considération le rang distingué que M. Favrel occupe dans l’industrie française, l’estime accordée à ses produils dans les pays étrangers et l’ensemble des faits qui viennent d’clre succinctement indiqués, se plaît à récompenser la carrière honorable parcourue par M. Favrel, en lui accordant une médaille d’or.
- S 10. NICKEL, MAILLECHORT.
- M. Leplay, rapporteur.
- M. PÉCHINEY aîné, quai de Valmy, n° 45, à Paris ,
- Fabrique sur une grande échelle, et avec un remarquable degré
- 19-
- Médaille
- d’or.
- Nouvelle
- médaille
- d'argent.
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- de perfection, l’alliage blanc, presque inaltérable à l’air, composé de nickel, de cuivre et de zinc, qui fut d’abord fabriqué parles Chinois , et qui est maintenant appliqué en Europe à une foule d’usages , sous l'es noms de pachfong, maillechort ou argentan. Il livre surtout cet alliage au commerce sous forme de fils et de plaques qui ont maintenant un débouché considérable pour la fabrication des lunettes, des objets d’optique, des porte-crayons, de la tabletterie, de la coutellerie, des armes à feu, des instruments de musique, de chirurgie et de mathématiques, des cordes de pianos, de divers ob-« jets d’horlogerie et de fourbisserie, des balances, des cannes, des boutons,’des bijoux faux, etc. Le total des produits annuels est compris entre 6,000 et 8,000 kilogr.
- M. Péchiney a conservé, dans cette industrie, le rang élevé qu’il y avait acquis dès 183g; il y a introduit un perfectionnement remarquable, en coulant en sable les plaques à laminer et les barreaux à tréfiler.
- Le jury accorde à M. Pécliiney une nouvelle médaille d’argent.
- SECTION DEUXIÈME.
- FERS, TÔLES,
- FERS-BLANCS, FONTE BRUTES ET MOULÉES.
- M. Michel Chevalier, rapporteur.
- ” CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’industrie du fer, depuis l’exposition de i844, a suivi le mouvement de progression auquel elle était livrée déjà. Voici la comparaison entre les données de 1842,• dernière année dont on eut les relevés en i844, et celle de i846, qui est l’époque la plus récente dont nous ayons pu avoir les renseignements :
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- 1842. 1846.
- Hauts fourneaux actifs au combustible végétal. 418 364
- Hauts fourneaux actifs au coke seul ou mélangé de houille et de charbon de bois.... 51 105
- Nombre total des hauts fourneaux actifs. 469 469
- Minerai employé, tonnes de 1,000 kilog Fonte au combustible végétal, en tonnes.... Fonte au combustible minéral, idem 1,218,911 297,174 102,282 1,392,733 282,683 239,702
- Totat. dp. la fonte 399,456 4,782 522,385 4,927
- Nombre des ouvriers des hauts fourneaux... .
- Fer affiné au charbon de bois, méthodes comtoise, Avallonne et nivernaise 99,830 9,965 96,014 9,851
- Fer des forges catalanes, ou méthode directe..
- Fer affiné à la houille, méthode anglaise et méthode champenoise, fer de riblons 175,029 254,325
- Produit total en fer forgé 284,824 360,190
- Nombre total des ouvriers des forges.,.. 11,040 12,665
- Nombre total des ouvriers de l’industrie de la fonte et du fer - 15,882 17,592
- L’accroissement de production est plus considérable qu’à aucune autre des périodes antérieures. On en a l’explication, principalement, par les entreprises de chemins de fer, qui, en i844 et i845, prenaient un grand essor.
- Si l’on choisit la production de la fonte pour terme de comparaison, on trouve que, depuis 1819, où elle était de 112,000 tonnes, elle s’est accrue dans le rapport de 100
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- à 465. Ce n’est cependant encore que le tiers de la fonte qui est produite dans la Grande-Bretagne; mais, sur le continent, nous avons le premier rang. Il résulte, de renseignements consignés dans le rapport annuel du corps des mines, que les trois conlréeâ^qui, sur le continent, produisent après nous le plus de fer, la Russie, la Suède et la Prusse, donnaient, la première, 189,000 tonnes de fonte, de i835 à i838; la seconde, 115,000 en 1839; la troisième, 112,000 en i84o L La production de l’Europe tout entière, en 1808, et de l’Amérique avec elle, n’était, d’après les recherches de M. Héron de Villefosse, que de 4o p. 0/0 en sus de ce qu’est aujourd’hui celle de la France. Le savant auteur de la Bichesse Minérale accuse, en effet, pour cette époque, 734,000 tonnes : c’est, on peut le remarquer-en passant, un témoignage éclatant clu progrès qu’ont fait tous les arts utiles, à la faveur d’un tiers de siècle passé au sein de la paix.
- Il est bon de dire que le chiffre de 522,000 tonnes n’indique pas entièrement la quantité de fonte brute qui est mise en œuvre par l’industrie des fers et des fontes. Il faut y joindre une importation de 85,955 tonnes de fonte étrangère, dont une moitié peut être affinée dans nos forges, et le reste sert au moulage.
- Parlons rapidement des modifications survenues dans les procédés et des progrès qui y ont été introduits.
- Le fait le plus saillant est que la houille prend une place de plus en plus large clans la fabrication du fer. Voici le relevé, année par année, depuis 1819, des deux qualités de fonte :
- 1 Les chiffres correspondants pour la France sont, de 1835 à J 838, moyennement, 329,000 tonnes-, en 1839, 35o,ooo; en i84o, 3/i8j000.
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- Production de la fonte, en France, année par année, de 1819 à 1866, en distinguant ce qui est produit avec le combustible végétal tout seul, de ce qui l'est avec l’assistance plus ou moins grande du combustible minéral.
- ANNÉES. FONTE seul d de bois?1 FONTE vdgdtal seul. TOTAL.
- lonn. toun. toun.
- 1819 2,000 110,500 112,500
- 1822 3,000 107,781 110,781
- 1824 5,300 192,300 197,600
- 1825 4,400 194,167 198,567
- 1826 5,568 200,275 205,843
- 1827 7,367 209,054 216,421
- 1828 21,570 199,348 220,918
- 1829 27,147 189,978 217,125
- 1830 27,103 239,258 266,361
- 1831 27,585 197,220 224,805
- 1832 30,311 194,724 225,035
- 1833 39,280 196,820 236,100
- 1834 47,157 221,906 269,063
- 1835 48,315 246,485 294,800
- 1836 46,358 262,005 308,363
- 1837 62,741 268,937 331,678
- 1838 69,429 278,347 347,776
- 1839 66,451 •283,721 350,172
- 1840 77,063 270,710 347,773
- 1841 85,262 291,880 377,142
- 1842 102,282 297,174 399,456
- 1843.'... 130,903 297,119 422,622
- 1844 146,589 280,586 427,175
- 1845 174,096 264,873 438,969
- 1846 239,702 2891 688 522,385
- Ainsi, en 1819, la fonte au combustible minéral seul ou mélangé était d’un cinquante-sixième de la production totale. En 1829, elle en formait i3 p. 0/0. En 1887, elle reçoit une impulsion nouvelle, et monte à 19 p. 0/0; en 1842, elle
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- étail à 26. En i845, elle s’élève à 4o; en i846, elle parvient à 46.
- Un phénomène semblable a lieu pour raffinage de la fonte brute. Citons le relevé de la production des fers des deux sortes depuis 1819 :
- Production du fer forgé en France, année par année, de 1819 à 18U6, en distinguant ce gui est affiné avec le combustible minéral seul de ce gui l'est avec l’assistance plus ou moins grande du charbon de bois.
- ANNÉES. FERS FABRIQUÉS exclusivement au moyen de la houille. FERS FABRIQUÉS par l’emploi partiel ou exclusif du charbon de bois. TOTAL.
- 1819 tonn. 1,000 tonn. 73,200 74,200
- 1822 15,000 71,154 86,154
- 1824 42,101 99,589 141,690
- 1825 41,070 102,479 143,549
- 1826 40,583 104,936 145,519
- 1827 44,370 104,483 148,853
- 1828 48,508 102,790 151,388
- 1829 45,667 107,956 153,623
- 1830 46,855 101,614 148,467
- 1831 39,767 101,290 141,057
- 1832 44,312 99,177 143,489
- 1833 53,058 99,208 152,266
- 1834 75,077 102,087 177,164
- 1835 101,380 108,159 209,539
- 1836 99,660 110,921 210,581
- 1837 114,617 109,996 224,613
- 1838 115,110 109,085 224,195
- 1839 129,998 101,763 231,761
- 1840 134,074 103,305 237,379
- 1841 153,360 110,387 263,747
- 1842 175,029 109,795 284,824
- 1843 193,715 114,731 308,445
- 1844 206,521 108,491 315,012
- 1845 233,783 108,479 342,262
- 1846 254,325 105,865 360,190
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- Ici, on le voit, l'envahissement de la houille est plus mar-qué encore. L’égalité s’établit entre les deux espèces de fer dans la période de i835 à i838. A partir de là, la production du fer affiné au bois est à peu près stationnaire et se balance autour de 110,000 tonnes. L’affinage à la houille grandit toujours, et, en i846, il forme les 70 centièmes de la totalité.
- L’introduction des fers forgés en France est à peu près nulle. En i846, il est entré 7,o5o tonnes de fer de Suède, destinées à la fabrication de l’acier.
- Quant aux procédés, voici quelques observations faire :
- L’extraction directe du fer forgé de ses minerais, ou méthode catalane, ne se développe pas; elle tend même à se restreindre. C’est un procédé qui semble devoir perdre beaucoup de terrain dans les Pyrénées, seule contrée de la France où l’on s’en serve aujourd’hui. Quand éclatèrent les événements de i848, quelques-uns des maîtres de forges catalanes des Pyrénées étaient décidés à ériger des hauts fourneaux ; toutes les mesures étaient prises pour en élever deux , savoir, l’un dans la vallée de l’Ariége, l’autre dans le département de l’Aude. A côté de quelques avantages incontestables, la méthode catalane a l’inconvénient, de plus en plus senti de nos jours, de donner des produits peu homogènes.
- Le travail au bois vert, desséché ou torréfié, seul ou mélangé de charbon de bois, qui avait pris, de 1887 à i83q, beaucoup de développement, vers lequel même on s’était porté avec un entraînement extraordinaire, est grandement en baisse aujourd’hui. Il comptait 53 hauts fourneaux en 1839; il était réduit à 2 5 en i846. Depuis cette époque, il a diminué encore. On peut considérer que c’est un procédé abandonné.
- L’emploi de l’air chaud ne se maintient bien que pour les hauts fourneaux qu’alimente le combustible minéral, en totalité ou en partie. En i846, sur 339 hauts fourneaux au charbon de bois, qui étaient en feu, 83 employaient l’air chaud; sur les 25 hauts fourneaux qui se servaient de bois vert, desséché ou torréfié, plus ou moins mélangé de charbon de bois,
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- c’était cle i3 sur 2Ô.Dans l’industrie au charbon de bois et au charbon minéral mélangé, c’était de 27 sur 65. Dans les hauts fourneaux au combustible minéral sans mélange, de 43 sur 55.Depuis i846, cet expédient aélé de moins en moins usité, excepté pour les hauts fourneaux au coke. On a reconnu de plus en plus que, dans les hauts fourneaux au bois qui donnent de la fonte destinée à l'affinage, la qualité du produit définitif, le fer, s’en trouvait fâcheusement affectée. C’est dans les hauts fourneaux de ce genre, où l’on fait de la fonte de moulage, qu’on peut encore s’en servir avec quelque avantage : la fonte y gagne en douceur. Un certain nombre des usines qui sont notées comme faisant usage de l’air chaud se bornent à l’employer accidentellement, pour rétablir l’allure des hauts fourneaux quand elle a éprouvé des dérangements de certaine nature.
- On peut avoir d’une autre manière la mesure des progrès que fait la méthode dite anglaise de préparer le fer, méthode fondée principalement, mais non uniquement, sur l’emploi du combustible minéral. Je me servirai encore pour cela des relevés publiés par l'administration des mines.
- La transformation de la fonte en fer, parle moyen des fours à puddler, se faisait, avant i84o, dans 24 départements; en 1847, elle était usitée dans 33, neuf de plus.
- Avant i84o, les fours de chaufferie dits champenois existaient dans 17 départements; en 1847, dans 22, cinq de plus.
- Avant i84o, les fours à réchauffer le fer pour le corroyer étaient employés dans 10 départements; en 1847, dans i3, trois de plus.
- Avant i84o, les laminoirs pour étirer le fer de divers échantillons existaient dans 29 départements; en 1847, dans 35, six de plus.
- Le nombre des départements ayant des fours de fenderie à la houille était de i5 en 1847 comme avant i84o.
- Le nombre des départements ayant des fours de tirerie à la houille s’est accru, dans le même intervalle, de 10 à i4.
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- Le nombre des départements ayant des fours de tôlerie alimentés à la houille est monté de i3 à îô.
- Les efforts des maîtres de forges français sont dirigés vers l’économie du combustible. La cherté du combustible est le côté faible de notre industrie métallurgique. Nous possédons des minerais en quantité inépuisable, distribués dans un très-grand nombre de localités, d’une extraction facile, d’une belle richesse, d’une qualité bonne presque toujours, excellente dans un très-grand nombre de cas. Quelques-unes de nos forges, dans la Haute-Marne et la Meuse, ne dépensent, par 1,000 kilogrammes de fonte, que de 10 à i5 francs de minerai; mais, quand il faut payer le charbon de bois 80, 100 et même 120 francs la tonne, et la houille de 3o à 60 francs, l’avantage afférent au minerai est absorbé, sauf le cas de qualités de fer très-supérieures.
- Rien n’est donc mieux justifié que l’application de nos chefs d’industrie à économiser le combustible. On tente d’y parvenir par une surveillance plus attentive et par une entente meilleure des opérations. Sous ce rapport, des résultats appréciables ont été obtenus. La carbonisation se fait mieux pour le bois et pour la houille. On estimait qn’en moyenne, pour toute la France avant 18/10, le coke fait en meules ne s’obtenait que dans la proportion de 45o pour 1,000 kilogrammes de houille. Aujourd’hui c’est de 5 20. Il y a un peu d’amélioration aussi pour le coke cuit clans des fours, Les hauts fourneaux ont un peu diminué leur consommation de coke dans la dernière période décennale. Le même fait se retrouve dans toutes les opérations subséquentes. Ainsi, en moyenne, de i84o à 1847» la diminution de consommation a été :
- Pour la consommation de coke dans les fineries, par tonne de fine métal,
- dans le rapport de................. 6o5 à 495, ou de 1,000 à 818;
- Par tonne de massiaux, dans les
- fours à puddîer, dans le rapport de.. . i,o85 à 3,070, ou de 1,000 à 986;
- Par tonne de fer étiré au moyen du marteau, dans les foyers de chaufferie dits champenois, dans le rapport de. . .
- 812 à 800 , ou de 1,000 à 980 ;
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- Par loune de fer corroyé au marteau, dans les fours à chauffer, dans le rapport de. . ............................
- Par tonne de fer de diverses sortes, étiré au laminoir, dans les fours à réchauffer, dans le rapport de...........
- Par tonne de fer fondu, dans les fours de fonderie, dans le rapport de.
- Par tonne de verge de tirerie, dans les fours de tirerie, dans le rapport de Par tonne de tôle,’dans les fours de tôlerie, dans le rapport de............
- 922 à 842 , ou de 1,000 à 913;
- 7374 662 , ou de 1,000 à 898 ;
- 5oo à 454 , ou de 1,000 à 908 ; 586 à 562, ou de 1,000 à g59 ; i,5oo à 1,190, ou de 1,000 à 793.
- Cette dernière diminution est la plus forte de toutes; elle montre que nos tôleries ont fait un grand pas. C’est, en effet, un des articles sur lesquels la réduction de prix a été le plus sensible.
- La pensée d’économiser le combustible a donné lieu à d’autres genres de tentatives. Nous avons mentionné celle qui consiste à charger les hauts fourneaux avec du bois incomplètement carbonisé, ou même du bois vert. C’était très-séduisant, mais le succès n’a pas répondu à l’attente des expérimentateurs.
- On n’a pas aussi mal réussi en chargeant dans les hauts fourneaux de la houille non carbonisée et de l’anthracite; mais ce qui a été fait en France dans ce genre a peu de portée. Toutes les houilles ni même tous les anthracites ne se prêtent pas à ce genre d’innovation. L’emploi de l’anthracite ayant été reconnu très-praticable dans d’autres pays, notamment aux Etals-Unis et dans le pays de Galles, il y a lieu d’espérer que quelques-uns des gîtes nombreux de combustible que la France recèle seront utilisés pour l’industrie du fer. On n’a pas oublié, cependant, la fâcheuse issue de l’expérience tentée, il y a une vingtaine d’années, à Vizille.
- Une autre série d’essais pour diminuer la dépense en combustible a consisté à utiliser de diverses façons ce qu’on nomme la chaleur perdue, c’est-à-dire les gaz incomplètement consumés qui s’échappaient en pure perte des différents fourneaux. Ces
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- essais ont été de deux sortes : les uns avaient pour objet d’appliquer ces gaz directement à des opérations métallurgiques, à l’affinage de la fonte, notamment; les autres ne tendaient qu’à s’en servir pour chauffer les chaudières génératrices de la vapeur, ou pour le simple réchauffage des fers.
- Les essais de la première sorte, ceux où l’on se proposait - d’affiner le fer au gaz sortant du haut fourneau, avaient fait concevoir beaucoup d’espérances. Des hommes ingénieux et savants, des propriétaires d’usines, animés du zèle le plus louable, y ont consacré leur activité ou leurs capitaux; mais, après plus de dix années d’efforts, après avoir pu un moment se flatter de la réussite, on a abandonné ce procédé.
- Pour ce qui est du simple réchauffage par le moyen d’une deuxième sole venant après le fourneau où le combustible avait agi d’abord, et surtout pour ce qui est de la génération de la vapeur, le succès a été complet. C’est une conquête tombée désormais dans le domaine public et utilisée dans un très-grand nombre d’établissements.
- On peut considérer comme une variété des essais de la première catégorie, où l’on se propose d’affiner le fer avec des gaz, la tentative d’utiliser des combustibles inférieurs ou plutôt des débris de combustibles, des poussières de coke, de charbon de bois ou de houille. On a tenté de produire ainsi des gaz, et nous aurons bientôt à en citer un exemple intéressant, l’appareil qui est en pleine activité à Audincourt, où l’on produit, avec du fraisil ou résidu de charbon de bois, de l’oxyde de carbone, qui sert ensuite à souder le fer. C’est une application curieuse cl’une idée utile: mais il est clair que ce n’est pas une de ces innovations qui sauvent l’industrie d’un pays; la ressource additionnelle en combustible qu’on peut se procurer de la sorte, est d’une étendue extrêmement limitée.
- Nous ne parlons pas ici d’une autre invention, qui consiste à agglutiner des débris de charbon pour en faire des morceaux d’une grosseur convenable, qu’on brûle ensuite dans les foyers. L’idée assurément a du mérite, du moment que le procédé est devenu entièrement manufacturier. Dans une ville comme
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- Paris, où le combustible est très-cher, elle offre des avantages incontestables ; mais ce n’est point à l’usage delà métallurgie, qui seule nous occupe ici.
- Les progrès de l’industrie du fer, en ce qui concerne le combustible, peuvent s’indiquer sous une autre forme : c’est la proportion de la dépense en combustible à la valeur totale créée par cette industrie. On peut la présenter sous la forme d’un tableau, et c’est ce que l’administration des mines a fait. Nous reproduisons ici ses indications, à partir de i838 seulement. Auparavant, le bois était déprécié; après i838, il a monté plus haut que cette année-là sensiblement. La dépense en combustible, exprimée en argent, va cependant toujours en diminuant, comme on peut le voir.
- Rapport de la valeur totale des combustibles employés par l'industrie du fer à la
- valeur totale créée par celte industrie.
- i838.... 0. 458 44 G 1841 O. 414 4° Q lS/j/l.. . . i O. 3-78
- 183<)... . . . . 0. 1842....... 0. 18/15.... . . O. 35G
- i84o.... . . . 0. 428 i843 0. 385 i846.... . . 0. 354
- Un des aspects intéressants par lesquels se recoin mande l’industrie du fer, depuis l’exposition dernière, est l’agrandissement des moyens mécaniques dont on dispose pour travailler le fer malléable, en fabriquer des barres rondes ou autres de gros échantillons, ou des pièces d’une forme plus compliquée. La malléabilité qui distingue le fer au plus haut degré à chaud, et qui, avec la faculté de se souder, est une des causes pour lesquelles on a pu appliquer ce métal à tant d’usages divers, n’avait pas été suffisamment mise à profit pour les gros ouvrages. Le marteau-pilon a été l’instrument à l’aide duquel cette lacune a été comblée. On en est venu à employer des marteaux-pilons d’un poids énorme, de 3,ooo à 4,ooo kilogrammes, à les faire agir d’une grande hauteur, et à faire subir à des masses de métal, portées à une haute température, un véritable étampage. Ces masses supportent parfaitement l’opération qu’on ne faisait guère éprouver jusqu’ici qu’à des feuilles minces de métal. Cette innovation semble promettre, pour
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- l’avenir des résultats brillants. Elle est représentée à l’exposition par un certain nombre d’essais très-remarquables, dont quelques-uns ont pour objet la fabrication de pièces de grosse artillerie en fer forgé, et par des organes de fortes machines à vapeur.
- L’art de fabriquer et d’employer la fonte a fait aussi des progrès. D’un côté, on moule mieux, on a des surfaces beaucoup mieux venues, plus lisses. On est parvenu à avoir des fontes d’une douceur remarquable, et à en faire aussi de très-coulantes qui reçoivent facilement de délicates empreintes. La moulerie d’ornement à l’usage du bâtiment, est certainement en progrès depuis cinq ans. Nous laissons à part la question d’art proprement dite, au sujet de laquelle au surplus il nous semble qu’on n’ait qu’à se féliciter. Les fondeurs français, payant la fonte, qui est leur matière première, plus cher que les Anglais, ont été induits à économiser davantage les matières. Ils y sont parvenus cl’une manière intelligente sans porter préjudice à la force de résistance des pièces. C’est ainsi qu’il y a plusieurs années déjà un de nos plus habiles fondeurs (M. Emile Martin), avait fourni des coussinets de chemin de fer, à Naples, de préférence aux Anglais. Le succès avec lequel on fait des ustensiles légers en fonte et surtout de la poterie, est une indication, à la portée de tout le monde, du fait que nous signalons ici.
- Une autre preuve des progrès faits par nos fondeurs, c’est la facilité avec laquelle, aujourd’hui, ils fondent de grandes pièces : l’exposition en offre des exemples multipliés.
- La fonte, par les soins de nos fondeurs, reçoit un usage de plus en plus fréquent, de mieux en mieux entendu, dans les constructions civiles sous la forme de ponts. Il en a été fait une application digne d’ètre citée sur le chemin de fer de Paris à Strasbourg, à Frouard, sur la Moselle. Nous citons ce pont de préférence, parce qu’il est essentiellement un pont en fonte, c’est-à-dire un pont où la fonte est employée à la place de la pierre, pour les qualités qui lui sont propres, en se rapprochant, autant que possible, de la forme même qu’on
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- donne à la pierre, sauf les transformations que la nature même de la fonte indique. Ce sont des cas où la pierre serait hors de concours, à cause delà pression énorme qu’elle exercerait sur les piles, et où la fonte, convenablement évi-dée, donne lieu à une construction beaucoup plus légère, malgré la grandeur de sa pesanteur spécifique. Le pont actuellement en cours d’exécution sur le Rhône, à Beaucaire, pour le chemin de fer de Marseille, offrira un exemple plus manifeste de l’application du même système : il aura des arches de 6G mètres d’ouverture, avec une flèche de 6 mètres seulement.
- Il est digne d’attention que, en même temps, le fer reçoit de nouveaux usages, qui ne sont pas sans analogie avec ce que nous indiquons ici pour la fonte, quoiqu’on y parte d’un tout autre principe. C’est sous la forme de tôle que le fer commence à jouer un rôle de plus dans les constructions. Le nerf qu’a la tôle, la difficulté quelle oppose à la rupture par traction, ou sous un ébranlement quelconque, viennent d’être appliqués avec une extrême hardiesse en Angleterre, au pont nouveau jeté par un ingénieur éprouvé, M. Step-henson, sur le détroit de Menai. Ce pont, n’est, à proprement parler, qu’un immense tube en tôle. Sur une échelle beaucoup plus modeste, intéressante cependant, le même principe est représenté à l’exposition par la forte grue, toute en tôle, de M. Lemaître.
- On peut signaler aussi une application beaucoup moins remarquable, mais plus usuelle, de la fonte : la décarburation de la fonte en de petites dimensions, de manière que la fonte remplace le fer. Pour des pièces de serrurerie, de sellerie, le problème est résolu. Ce n’est pas tout ce que l’on pourrait espérer, mais c’est déjà quelque chose.
- L’industrie des fondeurs éprouve chez nous, depuis un certain nombre d’années, un agrandissement qui est devenu plus évident depuis i844. Nos fondeurs se sont mis, en grand nombre, à établir des pièces de précision. Ils ne se sent plus bornés à couler la fonte, ils l’ont ajustée, et, en
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- ont fait des appareils assez compliqués : tels, par exemple, que des plates-formes tournantes de chemins de fer. Ce sont les chemins de fer qui ont provoqué cette extension de l’art du fondeur; elle s’est faite naturellement et avec un succès dont l’exposition fournit la preuve multiple.
- S 1. FABRICATION DU FER.
- M. Michel Chevalier, rapporteur.
- MM. DE DIETRICH, à Niederbronn (Bas-Rhin).
- Les usines de MM. de Dietrich se composent de 7 hauts fourneaux, i4 foyers d’affinerie, 6 feux de chaufferie pour le martinet, 3 trains de cylindres, un marteau-pilon de 2,000 kilogrammes, de grands ateliers de moulage, un atelier de construction. Tout le fer y est fait au charbon de bois intégralement; la houille ne sert que pour refondre la fonte.
- L’exposition de MM. de Dietrich comprend une grande variété d’objets :
- i° Des fontes moulées ou coulées très-diverses;
- 2° Des fers d’une diversité presque aussi grande;
- 3° Des roues montées.
- Les fontes moulées de Niederbronn sont depuis longtemps en réputation. La série des objets moulés témoigne de la finesse du grain et de la fluidité de la matière. On distingue, parmi les objets exposés, un Christ de im,5o de hauteur, en ronde-bosse, qui atteste les soins apportés au moulage chez MM. de Dietrich. La suite des projectiles creux est très-bien venue aussi.
- Cette fois, MM. cle Dietrich produisent une collection de clichés pour la lithographie qui donne lieu à une application toute nouvelle de la fonte dans l’art de graver sur la pierre avec la machine. De cette manière, on reproduit sur la fonte des moulures très-fines; sous ce rapport spécial, les fontes justement célèbres dites de Berlin sont égalées par MM. de Dietrich.
- Par la machine à graver on obtient, avec ces clichés, des vignettes délicates dont la contrefaçon semble devoir être difficile; on en tire parti déjà pour des fonds de mandats et de lettres de change.
- On est parvenu, à Niederbronn, à donner à la fonte beaucoup de douceur, de ténacité et de flexibilité. Deux tiges de 1 centimètre
- Rappels
- cle
- médailles
- d’or.
- II.
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- carré ont supporté, sans rompre, une traction, l’une de 2,700 kilogrammes, l’autre de 2,800; on en voit, à l’exposition, des rubans d’une longueur remarquable, qui se roulent plusieurs fois sur eux-mêmes. De là, MM. de Dietricb sont venus à penser que des plaques de leur fonte pourraient, dans quelques cas au moins, se substituer à la tôle. Ils présentent de ces plaques.
- La poterie de Niederbronn est d’une grande légèreté; celle qui est émaillée est très-remarquable. Sous ce rapport, MM. de Die-tricb ont donné un grand développement à leur fabrication.
- Pendant fort longtemps, les fers de Niederbronn étaient classés parmi les fers communs dits métis; la cause en était bien connue : la présence du phosphore dans les minerais de Zinswiller et autres du même genre. Pour la fonte destinée à l’affinage, on corrige ces effets par l’addition de minerais du grand-clucbé de Nassau; on obtient, de cette manière, des fers nerveux et forts. On avait déjà eu, en ce genre, de bons résultats en i844; depuis lors 011 a fait mieux encore, et c’est ce qui a permis à MM. de Dietrich de se consacrer avec succès à la fabrication de fers spéciaux pour le matériel des chemins de fer.
- On a la preuve de la qualité des fers actuels de Niederbronn par les expériences qu’ont supportées plusieurs des pièces qui figurent à l’exposition; c’est ainsi que des essieux de waggons ont été soumis à toutes sortes d’épreuves, à chaud et à froid, et s’y sont comportés de la manière la plus satisfaisante. Les compagnies de chemins de fer se fournissent à Niederbronn d’un bon nombre d’articles, particulièrement de roues de waggons et de locomotives, essieux et bandages compris.
- Les informations que nous avons prises sont extrêmement favorables. D’après les témoignages qui nous ont été transmis, les bandages de Niederbronn paraissent égaler les bandages justement célèbres de Low-Moor en Angleterre, et ils sont d’un prix modique. MM.de Dietrich exposent un bandage qui mesure 5 mètres 4o cent, et qui pèse 431 kilogrammes; cet article est livré par eux à 75 fr. les 100 kilogrammes. Ils ont fabriqué depuis, pour les machines Crampton, en usage sur le chemin de fer du Nord, des bandages de 6 mètres 44 cent.
- Les propriétaires de Niederbronn se sont toujours signalés par leur amour des perfectionnements. Us ont constamment fait des sacrifices pour essayer les méthodes nouvelles. Leurs nombreux
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- ouvriers sont, de leur part, l’objet d’une bienveillance toute particulière- C’est un établissement qu’on peut, à bon droit, signaler comme un modèle sous tous les rapports.
- A la dernière exposition, MM. de Dielrich ont obtenu une médaille d’or; le jury se plaît à leur en accorder le rappel.
- MM. SERRET, LELIÈVRE et Cie, à Denain (Nord).
- Cet établissement s’est fait distinguer à l’exposition de i844 par l’excellente façon de sès produits; depuis lors, il a maintenu son rang. C’est ainsi qu’il présente, celle fois, une pièce annulaire, emboutie, qui est justement remarquée. Il faut une qualité bien supérieure pour que la tôle se prête à être travaillée ainsi avec cette épaisseur. Cette pièce n’est pas un tour de force produit pour l’exposition ; elle est destinée à une chaudière de locomotive, et y sera utile, en dispensant de l’emploi de cornières. La variété des échantillons des petits fers marchands qu’expose la compagnie de Denain est aussi fort satisfaisante. Enfin, ses tôles ordinaires sont fort belles.
- L’établissement s’est agrandi depuis 1844 ; il s’est annexé les forges d’Anzin. Il possède ainsi une soixantaine de fours à puddler. La production pourrait être portée à 20 millions de kilogrammes, si l’état des affaires s’y prêtait.
- C’est l’établissement métallurgique le plus complet du nord de la France.
- En i844, le jury accorda aux forges de Denain une médaille d’or. 11 rappelle celte médaille.
- COMPAGNIE DES HOUILLÈRES ET FONDERIES DE L’AVEYRON.
- Cet établissement, fondé en 1826 dans un lieu inhabité, qui depuis lors est devenu une ville, celle de Decazcville, est un des plus vastes de l’Europe. Il est placé au centre d’un immense dépôt de houille, et entouré de gisements variés de minerai. Il comprend 10'hauts fourneaux et 2 grandes forges munies de tous les appareils nécessaires à la fabrication la plus importante en rails, en fer marchand de tout échantillon, et en tôle. La production, avant les événements de i 848, excédait i5 millions de kilogrammes. Elle
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- consistait principalement en rails. Pour les fers marchands et les tôles, on a réussi à corriger les défauts qui, jusqu’à ce jour, ont paru inhérents aux minerais principaux de la localité, par le mélange de fontes du Périgord, à diverses doses, selon les destinations diverses. A cet effet, la compagnie exploite elle-même plusieurs hauts fourneaux au charbon de bois dans les départements voisins.
- Le mérite de la compagnie des houillères et fonderies de l’Aveyron n’est pas seulement d’être parvenue à fabriquer des produits satisfaisants avec des matières qni, primitivement, y semblaient rebelles; elle a rendu un autre service. Par son succès même, elle a appelé l’attention de la métallurgie française sur un gisement très-abondant tant en combustible qu’en minerai, qui est appelé à un grand avenir par le bon marché de ces deux articles. Déjà un autre établissement s’est élevé, dans de grandes proportions, auprès de celui de Decazeville, à Aubin. Plusieurs autres allaient sortir de terre quand les événements de l’année dernière sont venus retarder les projets sérieux qui avaient été formés. Les sacrifices faits par le Gouvernement pour améliorer la navigation du Lot, qui est le débouché naturel de ce bassin liouiller, et qui sont près d’obtenir un résultat complet, exerceront, sous ce rapport, et exercent déjà une heureuse influence.
- En 1839 et en i844, les fonderies de l’Aveyron ont eu une médaille d’or. Le jury leur en accorde le rappel.
- SOCIÉTÉ DE MONTAT AIRE (Oise).
- Les forges de Montataire sont anciennes et ont une réputation méritée. On y met en œuvre communément près de 10 millions de kilogrammes de fonte et de ferrailles, d’où l’on tire environ 6 millions de kilogrammes de fer et de mouleries. On y fabrique du fer de toute espèce, des tôles, des fers-blancs. On y travaille avec succès d’autres métaux que le fer.
- Montataire s’est toujours tenu au niveau des perfectionnements de l’industrie. Son matériel est conforme aux progrès de l’art.
- Montataire a obtenu, lors d’une exposition antérieure à i844, la médaille d’or, et la décoration de la Légion d’honneur a été décernée à son directeur, pour la beauté de ses produits.
- Le jury rappelle la médaille d’or à ce grand et bel établissement.
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- M. Jean-Eugène FESTUGIÈRE et Cie, aux Eyzies, commune de Tarac (Dordogne).
- L’établissement des Eyzies se compose de 4 hauts fourneaux, 4 feux d’affinerie, 5 fours à puddler, 3 fours à réchauffer, avec les accessoires, une tréfderie, une poinlerie, un atelier d’ajustage. 11 expose une roue de locomotive, une roue de waggon, des fds de fer. Le chef de l’établissement a inventé un appareil pour faire les bandages des roues de waggon. Cette machine se recommande, non-seulement en ce qu’elle opère avec rapidité et précision, mais aussi en ce que les lames qui sont corroyées pour former l’anneau se soudent d’une manière successive sur toute la périphérie. En plaçant à la partie extérieure un fer plus dur que les fers ordinaires du Périgord, qui sont ductiles et doux, on peut donner aux roues beaucoup de durée.
- Les inventions de ce genre ont toujours besoin cl’êlre sanctionnées par l’expérience, et, dans le cas dont il s’agit, l’expérience ne prononce qu’avec lenteur. Le procédé de M. Feslugière n’en mérite pas moins, dès à présent, d’être signalé.
- M. Festugière est connu pour un maître de forges très-éclairé. Il a obtenu une médaille cl’or en 183g, et le rappel de cette médaille en i844- Le jury la lui rappelle de nouveau.
- MM. FRÈREJEAN, à Vienne (Isère).
- MM. Frèrejean sont cl’babiles métallurgistes qui possèdent un vaste établissement, et qui le maintiennent fidèlement au niveau du progrès.
- Leurs tôles et leurs fers sont réputés depuis longtemps. Ils ont eu, en 1827, une médaille cl’or, qui a été rappelée à toutes les expositions successives: Le Gouvernement leur a accordé les distinctions qu’il décerne aux fabricants les plus distingués.
- Le jury rappelle à MM. Frèrejean la médaille d’or qui leur a été précédemment accordée.
- M. DE BUYER, à La Chaudeau, près d’Aillevilliers (Haute-Saône).
- M. de Buyer fabrique 12,000 caisses de fer-blanc et. i5o,ooo ki«
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- iogrammes de fer noir et de tôles. Ce sont des produits de première qualité, dont la valeur va à 2 millions de francs.
- L’établissement se compose de 8 feux d’affinerie au charbon de bois, de 7 paires de cylindres lamineurs, et de 14 fours accessoires. 11 consomme 1 million de kilogrammes de fonte.
- M. de Buyer a obtenu, en 1827, une médaille d’or, qui fut rappelée en 1834, i83g et i844.
- Le jury, dont l’excellence, toujours soutenue, des produits de M. de Buyer excite toute la satisfaction, lui accorde le rappel de la médaille d’or obtenue antérieurement.
- MM. FALAT1EU et CHAVANNES, à Bains (Vosges).
- L’établissement de Bains est principalement une fabrique de fers-blancsjoréparés avec beaucoup de soins. C’est la fonte de Franche-Comté qui y sert. On l'affine dans l’établissement. On en emploie 900,000 kilogrammes. La quantité de fer-blanc fabriqué va à près de Goo,ooo kilogrammes; on y joint i5o,ooo kilogrammes de fer fin. L’établissement de Bains, qui demeure depuis une longue suite d’années dans les mains de la même famille, est un de ceux qui ont le plus contribué à améliorer, en France, la fabrication du fer-blanc.
- On fait aussi, à Bains, de la moulerie de seconde fusion; mais c’est principalement pour l’usage de l’établissement.
- La forge du Moulin-du-Bois, sise dans la même commune, est une dépendance de Bains.
- De même la tréfilerie de la Pipée, commune de Fonlenay-le-Châleau (Vosges), qui fait 200,000 kilogrammes de fil de fer : on commence à y faire du fil d’acier.
- L’usine de Bains a eu la médaille cl’or en 1827; le jury, reconnaissant la bonne direction que Bains continuait de recevoir, lui en a accordé le rappel à toutes les expositions successives.
- La tréfilerie delà Pipée a été distinguée aussi.
- Lejury accorde à l’établissement de Bains le rappel de la médaille d’or.
- Médailles
- d’or.
- MM. MOREL frères, à Gharleville (Ardennes).
- MM. Morel ont quatre hauts fourneaux, trois fours à la Wilkinson, huit feux d’affinerie, deux fours à puddler, quatre fours à
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- réchauffer, plusieurs équipages de marteaux et de laminoirs, une fonderie et un atelier d’ajustage. Ils produisaient, avant les événements de i848, 9 millions de kilogrammes, à peu près par égales parties en fonte et en fer, en comprenant dans les fers les tôles, les clous, les pièces de précision pour waggons. C'était une valeur de près de 4 millions de francs.
- L’exposition de MM. Morel offre un bel assemblage de produits : tuyaux de tout genre, ustensiles de ménage noirs ou émaillés, tôle de toute épaisseur et de toute grandeur, clous, fonte d’ornements, projectiles creux et pleins, boîtes à graisser, roues de waggons. Le tout est d’un bon aspect et de bonne qualité.
- La maison Morel est ancienne dans l’industrie métallurgique. Elle a une réputation justement acquise. Elle a successivement étendu ses opérations. C’est depuis 1844 que MM. Morel ont joint à leurs ateliers l’industrie de la fonte émaillée ; des machines pour la fabrication des clous à froid, des équerres, des fiches, et élevé l’atelier d’ajustage où se fabriquent des pièces de précision destinées aux waggons de chemins de fer. 11 y ont ajouté aussi une fabrique de fusils pour l’exportation : c’est ainsi devenu un établissement de premier ordre par la grandeur de sa fabrication ; il était déjà signalé par la qualité.
- La maison Morel est une de celles qui se sont mises le plus en avant, dansles temps difficiles, pour donner du travail aux populations.
- En i844, le jury décerna une médaille d’argent à MM. Morel frères. 11 leur décerne celte année la médaille d’or.
- SOCIÉTÉ D’AUDINCOCRT, à Audincourt (Doubs).
- L’établissement cl’Audincourt emploie principalement du bois. Il y a huit hauts fourneaux, non agglomérés, qui ne brûlent que du combustible végétal, et dix-huit feux d’alfinerie à la Comtoise. Les fours à souder sont alimentés indistinctement à la bouille ou au gaz. Une fonderie est jointe à la forge. On y compte plusieurs équipages clc cylindres et de laminoirs proprement dits pour les fers et les tôles de toute espèce. .Un atelier de construction est annexé à l’établissement. Audincourt achète des fontes en outre des siennes. La production de fonte est de 4 millions de kilogrammes. Ori y a obtenu, en 1847, près de i,5oo tonnes de fer et un peu plus de 2,000 de tôle, et puis du fer-blanc, de la mouleriez des machines, La vente est de 2 millions et demi de francs..
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- La qualité des fers et des tôles d’Audincourt est notoirement excellente. C’est une des plus anciennes renommées et des mieux établies, de celles qui sont demeurées les plus intactes. Aucun fer n’est plus recherché pour les fabriques d’armes.
- Voici par quels autres titres spéciaux Audincourt se recommande :
- Une carbonisation plus soignée, qui produit une notable augmentation dans la quantité du charbon de bois obtenu. On y approche de 2 5 p. o/o net. On recueille ensuite de cette manière une certaine quantité d’acide acétique. Cet acide rectifié ne s’es! pas élevé à moins de 25o hectolitres en 1847.
- Pour souder le fer et le préparer à l’étirage, on se sert d’un appareil dont l’idée première avait été donnée, il y a plusieurs années, par M. Ebelmen. Elle consiste à fabriquer du gaz avec du fraisil qui serait sans valeur, et que le canal du Rhône au Rhin permet d’amener à vil prix des ports de carbonisation situés au milieu des forêts. Le générateur du gaz est un fourneau à courant d’air forcé, de la forme d’un haut fourneau, où le fraisil est chargé avec des scories de forge destinées à former un laitier reconnu nécessaire à l’opération : c’est de l’air chaud qu’on lance dans le générateur. Il y a plusieurs années que l’appareil est en activité. On estime qu’il produit jusqu’à 3 5o,000 kilogrammes de fer, indépendamment de l’utilité qu’il a de réchauffer la tôle dans un dernier compartiment.
- L’appareil est en triple; il consomme 36 hectolitres de fraisil par 1,000 kilogrammes de fer soudé.
- Audincourt expose deux canons en fer forgé, l’un de 4» rayé, l’autre de 8, tous deux forés et pourvus d’anses qui font corps avec la pièce même. Nous ne pouvons prononcer sur le mérite de ces canons ; il faudrait qu’ils eussent été soumis à des essais qui n’ont pas eu lieu. Nous dirons cependant qu’ils auraient plus d’intérêt s’ils étaient du même calibre que ceux qu’ont fabriqué le Creuzot et MM. Petin et Gaudet, qui sont des calibres de 16 et de 24-
- L’administration d’Audincourt se distingue d’une manière particulière par son caractère paternel envers les nombreux ouvriers qu’elle emploie. Dans les temps calamiteux, elle a fait de très-grands sacrifices pour les occuper utilement et les garantir du dénû-ment.
- Le jury a remarqué avec satisfaction la bonne direction donnée
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- aux travaux par M. Paul Boulart, ancien capitaine d’artillerie, directeur de la compagnie.
- Àudincourt n’avait pas exposé depuis 1827. Le jury récompense les efforts soutenus et intelligents de cette société, la fermeté avec laquelle elle a maintenu, avant tout, la qualité supérieure des produits , et les améliorations qu’elle a apportées à ses procédés, en lui décernant une médaille d’or.
- M. CHARRIÈRE, à Allevard (Isère).
- L’établissement d’Allevard se compose de 2 hauts fourneaux et d’un feu d’affinerie. 11 fabrique des fontes à acier, des fontes pour les fonderies de l’artillerie, et des fontes à affinage; on convertit ces dernières en fer qui est destiné à la cémentation et à la taillanderie.
- En 1839, l’établissement, que dirigeait déjà M. Charrière pour la société qui portait le nom de M. Gii'oud père, faisait 1,200 tonnes de fonte, qu’on vendait soit à l’artillerie, soit aux fabricants d’acier naturel du département. A celle époque, un foyer d’affinerie fut érigé, et il n’a cessé de travailler depuis lors. En 1847, les deux hauts fourneaux rendaient 1,900 tonnes de fonte, sur quoi l’on employait, dans l’établissement môme, ce qu’il fallait pour fabriquer 244 tonnes de fer fin en barres, pour la taillanderie et pour
- la cémentation. Le fer à cémenter est vendu à MM. Jackson, de
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- Rive-de-Gier, dont la fabrication soignée est connue.
- M. Charrière avait, dès 1889, fait des essais en grand pour employer les fontes cl’Allevard à fabriquer de l’acier naturel par la méthode tyrolienne. On assure que le succès avait été complet. Cependant M. Charrière, par ménagement pour sa clientèle accoutumée des producteurs de l’acier dans l’Isère, dut y renoncer entièrement.
- C’est depuis peu d’années que M. Charrière fabrique des fers à cémenter. La réussite de ses produits l’avait déterminé à construire un autre foyer d’affinerie qui y eût été consacré; mais les événements politiques l’ont empêché jusqu’ici de donner suite à ce projet.
- En i834, l’établissement d’Allevard, que dirigeait déjà M. Char-xûère, obtint une médaille d’argent, qui fut successivement rappelée en 1839 et i844-
- Le jury, reconnaissant les efforts nouveaux de M. Charrière, lui accorde une nouvelle médaille d’argent.
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- Rappels M. André HILDEBRAND, à la Sémouse (commune de médailles Xertigny) et Plombières (Vosges).
- J argent.
- M. Hildebrancl avait déjà, en 1839, beaucoup agrandi l’ancien établissement de la Sémouse, et l’avait porté à 4 feux d’affinerie, accompagnés de 3 équipages de laminoirs employant 1,200,000 kilogrammes de fonte de Franche-Comté, dont on faisait :
- 12,000 caisses de fer-blanc brillant et terne, i45,ooo kilogrammes de tôle line,
- 200,000 kilogrammes de fer forgé pour taillanderie et fabrique d’armes.
- Les produits de M. Hildebrand sont connus pour être de bonne qualité.
- En 1846, M. Hildebrand à élevé, à Plombières, un autre établissement composé d’un martinet avec 3 marteaux à platine, cl’une aiguiserie avec 12 paires de meules, d’une étamerie, de 20 forges maréchales. C’est une usine où l’on fait de la taillanderie, et spécialement des couverts. (Voir Taillanderie.)
- En i844 > le jury, frappé des efforts faits par M. Hildebrand pour améliorer’son usine, et du succès qu’il avait eu, lui avait décerné une médaille d’argent.
- Le jury signale la persévérance de M. Hildebrand à étendre le travail dans son département, et la manière intelligente dont il s’y applique. C’est avec une grande satisfaction qu’il lui accorde le rappel de la médaille d’argent de x 844-
- SOCIÉTÉ MÉTALLURGIQUE DE VIERZON (Cher).
- Les forges de Vierzon sont fort anciennes. Elles se composent aujourd’hui de 9 hauts fourneaux placés à Vierzon ou dans les environs, 11 fours à puddler, i4 à réchauffer; 3o feux d’affinerie sont épars dans les diverses usines.
- La spécialité de Vierzon est plutôt la production des fers aux bois préparés dans les feux d’affinerie que celle des fers à la houille ; c’est ce qui explique le grand nombre des feux d’affinerie par rapport aux fours à puddler.
- Les fers au bois de Vierzon sont célèbres depuis longtemps. Dans ces derniers temps, l’outillage y a été perfectionné.
- Vierzon s’est, comme beaucoup d’établissements, essayé aux
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- bandages de locomotives. C’est à l’expérience maintenant à prononcer; les produits ont très-bonne apparence.
- Les essieux de Vierzon sont d’une qualité éprouvée, et ils sont de plus parfaitement parés. Vierzon en expose une grande diversité, tant pour chemins de fer que ponr charrois ordinaires.
- Les feuillards de Vierzon sont très-difficiles à rompre. Nous avons remarqué les paniers à charger les hauts fourneaux que Vierzon a eu l’idée de fabriquer avec son feuillard; ils ne se déforment point et gardent ainsi toujours la même contenance. Les verges à clous sont excellentes.
- Une direction intelligente préside à l’établissement de Vierzon.
- Il a obtenu une médaille d’argent à la dernière exposition. Le jury lui accorde le rappel de la précédente récompense.
- MM.PETIN et GAUDET, à Rive-de-Gier (Loire).
- MM. Petin et Gaudet, dont l’établissement a 10 années d’existence , ont exposé :
- Des pièces de fer rondes et plates, de fort calibre; des bandages de locomotives, façon acier, pour grande vitesse;
- Un arbre d’environ 20 centimètres de diamètre, garni d’acier sur tout son pourtour, sur une épaisseur de 3 centimètres;
- Un arbre creux destiné à remplacer les arbres pleins sur les bateaux à vapeur ;
- Un creuset sans soudures, pour la fusion de l’argent dans les hôtels des monnaies ;
- Un essieu coudé pour locomotives;
- Un mortier en fer forgé, du calibre de 27 centimètres.
- La fabrication de MM. Petin et Gaudet se distingue par la puissance des mécanismes qu’ils emploient et par l’intelligence avec laquelle ce grand déploiement de force est utilisé. C’est de cette manière qu’ils sont parvenus à obtenir des résultats extrêmement remarquables, à des prix qui, autant que nous avons pu le cons» tater, sont modérés.
- L’arbre garni d’acier est une pièce dont l’exécution a frappé les connaisseurs. Des pièces acérées de cette force se prêtent à plusieurs usages importants dans les constructions mécaniques.
- L’arbre creux, d’une exécution qui jusqu’ici semblait plus difficile encore, est pareillement une pièce de beaucoup de distinction et dont il Sera fait plus d’une application.
- Médailles
- d’argent.
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- Le creuset sans soudure est, dans son genre, aussi un beau produit.
- Le mortier en fer forgé fait partie d’essais pour la fabrication de l’artillerie de tout calibre en fer, essais qui se poursuivent avec intelligence , depuis quelque temps-, sous les auspices de l'administration de la guerre, et qui sont dignes d’une vive sollicitude.
- L’utilité spéciale et la bonne qualité des produits de MM. Petin et Gauclet, les difficultés toutes particulières qu’en présente la fabrication, le caractère de nouveauté qui en distingue plusieurs, la faveur dont ils jouissent auprès des grands établissements de construction ou de locomotion, les recommandaient à l’attention du jury et à ses encouragements : aussi, quoique le chiffre de leur fabrication ne soit pas très-considérable, relativement à ce que font nos grandes forges (on l’estime à 600,000 kilogrammes), le jury leur accorde une médaille d’argent.
- MM. BQUGUERET, MARTENOT etC;°, à Commentry (Allier).
- L’établissement de Commentry, dirigé par M. Lebrun-Virlay, ne date que de i845. 11 se compose de 4 hauts fourneaux, 20 fours, tant à puddler qu’à réchauffer, avec 6 équipages de cylindres. Il se livre à la fabrication des fers de tout échantillon, surtout à celle des rails.
- Parmi tous les établissements qui se sont élevés dans ces dernières années, les forges de Commentry se distinguent par l’échelle de leur production, par les proportions qu’elles doivent acquérir dès que la situation des affaires le permettra. Elles doivent susciter par leur propre succès des créations semblables dans le voisinage, du moment que les travaux auront repris leur activité en France. Elles se sont assises sur un des terrains houillers où le charbon est au plus bas prix, au centre delà France, à portée cle voies de communication multipliées, et en rapport facile, par le retour des bateaux et des waggons qui exportent la houille de Commentry, avec les gisements d’excellents minerais que le Berry recèle.
- La fabrication est complète dans cet établissement. La fonte, obtenue en grande quantité, est affinée sur les lieux. Les produits sont satisfaisants. Jusqu’à présent, c’est à peu près uniquement des rails qu’on y a produits. En 1847, la réduction avait été de 6,000 tonnes de fer, dont 5,700 de rails. En 1848, elle monta à 9,200
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- tonnes, dont 8,5oo de x'ails : elle eût été probablement de i5,ooo tonnes sans les événements politiques.
- La société commerciale, qui porte le nom de MM. Bougueret, Martenot et Cie, fabrique, en outre, à Tronçais, dans le Berry, des fers fins et des fontes fines au bois, et à Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or), des rails,des fers laminés, des verges de toute espèce. MM. Bourgueret, Martenot et C10 ont obtenu déjà une médaille d’or pour le grand établissement de Châtillon.
- Quant aux forges de Commenlry, les considérations qui précèdent appelaient sur elles l’attention toute spéciale du jury; malgré la nouveauté de l’établissement et la nature jusqu’ici restreinte de la fabrication, le jury décerne à MM. Bougueret, Martenot et compagnie, pour leur établissement de Commentry, une médaille d’argent.
- SOCIÉTÉ DE LA PROVIDENCE, à Haut-Mont (Nord).
- Cet établissement, ouvert en 1847, produit la fonte et achète aussi de la fonte belge pour la convertir en 1er. Il fut destiné à fabriquer des rails, de la tôle, des fers marchands, des fers ouvragés, tels que des cornières. L’établissement se compose de 1 haut fourneau au coke à Haut-Mont, 2 à Marchiennes, 1 au charbon de bois à Couillet (Belgique), 34 fours à puddler à Haut-Mont, i4 à réchauffer.
- La société de la Providence s’applique en ce moment à fabriquer des fers spéciaux destinés aux constructions, particulièrement pour remplacer le bois dans les planchers. Elle a exposé des planchers tout établis dans, ce système, qui paraissent fort économiques sans rien laisser à désirer en solidité.
- Elle fabrique avec succès des tôles pour la marine.
- La feuille de tôle qu’elle a exposée n’a pas moins de 6m,20 sur im, 10, avec 10 millimètres d’épaisseur.
- Le jury, frappé de l’intelligence avec laquelle les forges de la Providence cherchent et découvrent des débouchés nouveaux pour l’industrie métallurgique, leur décerne une médaille d’argent.
- MM. DOË frères, à Saint-Maur (Seine).
- L’établissement de Saint-Maur, placé sur le canal du même nom, existe depuis 1836. Il fabrique 3 millions de kilogrammes de fer.
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- 11 consomme les fonles qui proviennent de 2 hauts fourneaux exploités dans la Haute-Marne par MM. Doë, ceux de Brousseval et de Ghamouilley ; on y ajoute d’autres fonles.
- En i844, l’usine de Saint-Maur ne fabriquait pas au laminoir de fers plats déplus de 11 1/2 centimètres-, depuis lors, elle fait tout au moyen des cylindres. Elle en expose de 19 centimètres de large sur 11 à 12 mètres de long. Elle en fait de i3 1/2, 16 1/2 et 19 centimètres. Elle fait toute espèce de fer à vitrages, les fers à T, les cornières, ainsi que les fers fendus de tout échantillon.
- Pour être à même de fabriquer de gros fer en tout temps, même pendant les chômages du canal, MM. Doë, depuis la dernière exposition, ont ajouté à leur moteur hydraulique une machine à vapeur de quarante chevaux.
- MM. Doë se rendent utiles à la chose publique par l’empressement avec lequel ils mettent leur établissement à la disposition du professeur de métallurgie de l’école nationale des mines de Paris, pour l’instruction pratique des élèves ingénieurs du corps national des mines et des autres élèves de cette institution. Aucun renseignement n’est refusé; les livres de la comptabilité sont communiqués, des expériences sont faites sous les yeux de cette savante jeunesse. En contribuant de cette manière à l’éducation des ingénieurs des mines, MM. Doë coopèrent indirectement à l’avancement des arts métallurgiques.
- En 1844, le jury avait décerné une médaille de bronze à MM. Doë.
- Le jury, appréciant l’activité et les efforts intelligents deMM.Doë, et leur zèle pour le progrès des connaissances métallurgiques, leur décerne une médaille d’argent.
- MM. JACQUOT frères et neveux, à Rachecourt-sur-Marne (Haute-Marne).
- MM. Jacquot exposent, i° des barres plates et rondes de divers échantillons : les plates ont jusqu’à i35 millimètres sur 33, avec une longueur de 7 mètres; les rondes n’excèdent pas 95 millimètres de diamètre; 2° des fers corroyés, qui ont été soumis à des essais multipliés ; 3° du feuillarcl de 2 millimètres d’épaisseur sur 16 à 17 mètres de longueur, très-régulier, et d’autre de 23 à 27 mètres de longueur sur 3/4 de millimètre d’épaisseur. Tous ces échantillons ont la meilleure façon. Le prix est de 25o francs par 100 kilogrammes , en supposant la fonte à 100 francs.
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- MM. Jacquot sont d’anciens maîtres de forges, qui exploitaient déjà divers hauts fourneaux au bois dans la Haute-Marne. En 1846, ils commencèrent, dans leur propriété de Rachecourt, une forge complète à l’anglaise, pour y traiter, avec le matériel le plus perfectionné, les fontes de leurs hauts fourneaux. Déjà l’exemple d’une forge à l’anglaise avait été donné dans la Haute-Marne, au milieu des nombreux établissements qui se servent du procédé mixte dit champenois; mais MM. Jacquot l’ont répété sur une grande échelle, et ils ont fait eux-mêmes leur matériel, qui, à en juger par les produits’, doit être établi avec précision.
- La forge de Rachecourt occupe, avec ses dépendances, 5oo ouvriers. Le moteur est hydraulique; il consiste en deux turbines du système Fontaine. A Rachecourt, on fabrique 5 à 6 millions de kilogrammes de fers laminés et martelés, outre î million de kilogrammes de fontes diverses.
- Le jury, appréciant la qualité des produits de MM. Jacquot et l’importance de leur fabrication, leur décerne une médaille d’argent.
- M. POLI, à Grenelle (Seine).
- M. Poli a, depuis la dernière exposition, donné de l’extension à sa forge. Outre le fer de riblons auquel il se consacrait exclusivement, il affine directement de la fonte, au moyen de deux fours à puddler. Sa fabrication s’élevait, en 1847, à 1,700,000 kilogrammes de fer. En i848, elle n’est pas tombée plus bas que 1,200,000.
- M. Poli présente une barre ronde de 19 centimètres de diamètre, qui a très-bonne apparence. 11 s’est procuré un marteau-pilon qu’il emploie avec succès pour toutes pièces de ce genre.
- 11 fait des bandes d’acier aujourd’hui en travaillant, comme du riblon, de vieux ressorts de voitures, de vieilles limes, de vieux burins ; c’est un article qui paraît estimé.
- En i844, le jury reconnut les efforts de M. Poli en lui accordant une médaille de bronze. Il lui en décerne une nouvelle avec le témoignage d’une satisfaction particulière.
- MM. MORISON et G10, à Guines (Pas-de-Calais).
- La forge de Guines est un de ces établissements que les chemins de fer firent naître en i845 et i846. Elle est due à M. Sherwood, auquel a succédé M. Morison. Elle fonctionna vers le milieu de
- Nouvelle médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- 1846, et.a fabriqué, depuis lors, beaucoup de rails. C’est une vaste usine : elle se compose de 19 fours à puddler, 6 à réchauffer, 3 équipages de laminoirs, x marteau-pilon. En 1847» elle a mis en œuvre environ 11 millions de kilogramme^ de fonte, d’où elle tira 7,700,000 kilogrammes de fer, principalement en rails. Les fontes proviennent, en partie au moins, des hauts fourneaux de Marquise. De cette manière, on lire parti de certains minerais du pays, qui ne sont pas propres à donner de la fonte de moulage.
- Malgré la nouveauté de l’établissement, le jury ne croit pouvoir se dispenser de donner à M. Morison une récompense que justifie l’importance de sa fabrication. Il lui décerne une médaille de bronze.
- M. Jules-Mathieu LAGOUTTE, à la Villette (Seine).
- Cet établissement n’a pas moins de 8 fours, tant pour puddler que pour souder. Il date de 1842. Il sert, comme plusieurs autres, aux besoins toujours pressés de l’industrie parisienne.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Louis JAGQUINOT, à Droiteval (Vosges).
- Cet établissement travaille au bois. Il produit ainsi 800,000 kilogrammes de fer de tout échantillon. Il se consacre plus particulièrement à la fourniture des chemins de fer en essieux de lenders et de waggons et en bandages de locomotives. A cet effet, M. Jac-quinot a perfectionné les moyens mécaniques dont il disposait auparavant.
- Les pièces, essayées en présence du jury départemental et adressées ensuite à l’exposition, attestent une bonne qualité.
- On les a éprouvées en les soumettant au choc d’un mouton tombant de diverses hauteurs. Le mouton pesait 960 kilogrammes. Deux des essieux de tender et dè waggon sur trois ont résisté à une chute de 9 mètres, l’écartement des supports était de 1 mètre 5o centimètres.
- En introduisant avec succès dans son département une fabrication qui y était peu connue, M. Jacquinot a donné un bon exemple ; le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Sabin LAGOMBE, à Périgueux (Dordogne).
- Cet établissement se compose :
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- i° De 2 fours à puddler et à souder, situés aux Soucis;
- 2° De 3 fours d’afïinerie et i four à souder, à la Cité.
- On y fabrique environ 1,200,000 kilogrammes de fer marchand, de fer en verges et en lils, et de pointes.
- L’établissement existe en partie depuis i84s, et en partie depuis i843. M. Lacombe est un homme fort industrieux qui, en i83g, a obtenu, pour la fabrication du papier (maison Durandeau aîné, Lacombe et Ci<’), une médaille d’or.
- Le jury lui décerne, pour ses forges de Périgueux, une médaille de bronze.
- M. Jérôme-Auguste PATRET, à Varigney, commune de Dampierre-lès-Confians ( Haute-Saône ).
- L’établissement de Varigney comprend 2 hauts fourneaux, 2 ateliers de moulage, 3 feux d’affmerie.
- Il livre à la consommation 1,800,000 kilogrammes de fonte, tant moulée que brute, et 700,000 kilogrammes de fer en barres ou ouvré.
- Le produit le plus intéressant qu’expose M. Patret est un essieu de voiture ordinaire, qui est fait par un procédé qui a quelque chose de nouveau : il est obtenu au gros marteau, d’une seule pièce, sans soudure. L’essieu à rondelles et patins est fait habituellement par les carrossiers dans leurs foyers de maréclialerie, au moyen d’une barre de fer formant le corps et la fusée, et en rapportant et soudant à cette barre la rondelle et le patin ; opération qui exige l’emploi d’ouvriers spéciaux qu’on paye cher, et encore il n’est pas rare qu’ils n’altèrent le fer par le nombre des chaudes qu’ils y donnent. M. Patret lève toute difficulté à cet égard, puisqu’il n’y a pas de soudure et que la pièce entière est retirée du même bloc ; et il peut livrer ses essieux à meilleur marché.
- Le jury décerne à M. Patret une médaille de bronze.
- M. GOUTANT, à la Gare-d’Ivry (Seine).
- Cet établissement existe depuis i845. Il est desservi par une machine à vapeur et se compose de 2 fours.
- Le jury accorde à M. Coûtant une mention honorable.
- MM. Robert BEAUGHAMP frères, à Verrières (Vienne).
- Cet établissement est fort ancien. Il se compose d’un haut four-II. 21
- Mentions
- honorables.
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- Citations
- favorables.
- Rappel de médaille dor.
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- ncau et de 2 feux d’affinerie; il fabrique des essieux, des barres rondes, carrées et méplates. C’est un fer nerveux qui résiste au choc, et qu’on a peine à rompre par la torsion quand il est en bandes plates.
- Le jury accorde à MM. Piobert Beauchamp une mention honorable.
- Les héritiers RIBEYROL, à Jaumelières, commune de Jumilhac (Dordogne).
- Cet établissement est très-ancien : il se compose de 2 hauts fourneaux et 2 feux d’affinerie. Il fabrique3oo,000 kilogrammes de fonte pour moulage, 760,000 de fer en barres.
- Le jury accorde aux héritiers Ribeyrol une mention honorable.
- MM. GOUPIL et GUILLAIN , à Dampierre-sur-Blévy ( Eure-et-Loir ).
- L’établissement se compose d’un haut fourneau travaillant au bois, situé à Boussard, dont la fonte sert à la moulerie, et cl’une forge située à Dampierre, composée d’un four à puddler, î à réchauffer, 2 gros marteaux, 1 martinet, 1 laminoir pour étirer quelques petits fers.
- Le jury cite favorablement MM. Goupil et Guillain.
- M. DE MARCIEU, à Ghamplaurier, commune de Nieuil ( Charente ).
- Cet établissement se compose d’un hautfourneau et d’une forge, et fabrique de la fonte et du fer avec les bons minerais du pays. Il fait de la poterie, des ustensiles, et environ 60,000 kilogrammes de fér forgé, notamment des essieux. Il occupe une trentaine de personnes intérieurement. Ses produits sont de bonne qualité.
- •Le jury cite favorablement M. de Marcieu.
- S 2. ÉLABORATIONS DIVERSES DES FERS.
- M. Leplay, rapporteur.
- M. CARPENTIER , ayant pour conseil M. Sorel , rue d’Angoulême-du-Temple, n° ho, à Paris.
- L’industrie qui a pour objet d’appliquer à la surface du fer un
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- enduit de zinc, ou de préparer les fers dits galvanisés, fut créée en 18,37 par M. Sorel ; depuis ce temps elle n’a cessé de se propager en France et dans les pays étrangers. L’expérience confirme les prévisions émises par les précédents jurys touchant les heureux résultats qu’on peut attendre d’une découverte qui, sous beaucoup de rapports, équivaut à la création d’un métal nouveau, joignant la résistance du fer à l’inaltérabilité du zinc. En ce qui concerne les caractères fondamentaux delà nouvelle industrie, on ne peut donc que renvoyer aux considérations exposées dans les rapports de 183 g et de i844.
- La compagnie, gérée, aujourd’hui par M. Carpentier, a établi d’importantes succursales dans les villes de Lyon, Marseille, Brest, Lorient, Dunherque, Nantes et le Havre.
- Depuis la dernière exposition, il a été apporté des perfectionnements essentiels à la fabrication. Les fils, au lieu d’être trempés en bottes dans le bain de zinc, s’y introduisent et en sortent en se déroulant lentement; ils y prennent une surface très-unie et sont employés avec succès comme fils de télégraphes électriques, pour la confection de toiles métalliques , etc.
- La compagnie est également parvenue à donner à ses tôles une surface très-unie; celles-ci offrent, à prix égal, une grande supériorité sur les feuilles de zinc, dans tous les cas où la résistance du métal est mise en jeu. La compagnie peut d’ailleurs livrer aujourd’hui, au prix de 5 francs le mètre carré, des tôles pour couvertures, agrafées avec coulisseaux et prêtes à être mises en place. Parmi les produits exposés, on remarque des devantures de croisées avec moulures profilées à froid par repoussage après le zincage, et qui témoignent de la malléabilité de ces tôles.
- La compagnie a introduit des perfectionnements nouveaux dans le zincage de la fonte; elle espère avoir résolu le problème de la conservation des projectiles exposés à l’air ; elle pense même pouvoir ramener au calibre prescrit par les règlements tous les projectiles que la rouille a mis hors d’usage. Les projectiles enduits de zinc, exposés par M. Carpentier, semblent justifier ces espérances, et il est à désirer que les autorités compétentes touchent prochainement une question qui intéresse à un si haut degré la conservation du matériel des artilleries de terre et de mer.
- Le jury donne à la compagnie Carpentier et à M. Sorel le rappel de la médaille d’or qui fut décernée àM. Sorel en i83g.
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- Médaille
- d’or.
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- M. BOUILLON jeune et fils et C,e, à Limoges ( Haute-Vienne).
- Les tréüleries delà Rivière forment rétablissement le plus remarquable du département de la Haute-Vienne : on y voit réunies toutes les opérations de la métallurgie du fer, depuis la fonte du minerai jusqu’à la fabrication du fd de fer. L’usine comprend un hautfourneau et quatre feux d’affinerie couverts, dont les flammes, à la sortie de ces appareils, servent au recuit des fils de fer et à la production de la vapeur. Les loupes de fer spongieux sont cinglées entre deux cylindres à la sortie des feux cl’aflinerie. On réchauffe à la température du blanc soudant le fer cinglé, et on l’élire immédiatement au laminoir sous forme de verge de tirerie et de petits fers de formes diverses. Le travail mécanique du fer se fait ainsi avec une grande économie de force motrice, sans emploi de marteau. La verge de tirerie est ensuite convertie en l'il de fer au moyen de 16 bobines, puis enfin, au moyen de 18 machines, en pointes de Paris, qui sont livrées au commerce. Les produits de cette usine et de la forge de Firbeix, exploitée également par M. Bouillon jeune, montent annuellement à 310,000 kilogrammes de fil de fer et à 220,000 kilogrammes de pointes. Le nombre des ouvriers attachés d’une manière plus ou moins directe à ces deux établissements est compris entre 5oo et 600.
- M. Bouillon jeune, fondateur des forges et tréfileries de la Rivière, a introduit dans cette partie de la France toutes les méthodes perfectionnées qu’on remarque dans ses usines , et qui se sont ensuite propagées dans d’autres établissements. C’est à lui qu’est due particulièrement l’introduction des nouveaux procédés de tréfilage, la-diminution de la proportion de combustibles consommés pour la fabrication de la fonte et du fer; c’est également ce maître de forge qui a pour la première fois employé dans le département le combustible minéral dans la fabrication du fer, et remplacé en partie, pour la fabrication cle la fonte, les minerais de fer par les scories d’affinerie.
- Enfin M. Bouillon jeune, en construisant dans ses usines métallurgiques les machines et les instruments en usage dans les districts agricoles les plus avancés, et en montrant dans son domaine de la Rivière les avantages qu’on en peut obtenir lorsqu’on les applique à une culture perfectionnée, a exercé sui; l’agriculture de celte partie de la France une influence non moins heureuse que
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- celle qui a été précédemment signalée relativement à l’industrie métallurgique.
- Le jury, ayant égard à la longue et honorable carrière parcourue par M. Bouillon jeune; considérant que depuis le commencement de ce siècle il n’a cessé de contribuer au développement de l’agriculture et de l’industrie dans le département de la Haute-Vienne; prenant également en considération le bienveillant patronage qu’il exerce sur ses nombreux ouvriers, lui accorde une médaille d’or.
- M. Napoléon-Jean TRONCHON, avenue de Saint-Cloud. n° i 1, à Passy (Seine).
- Médailles
- d’argent.
- Cet ingénieux fabricant s’est créé une spécialité remarquable dans la confection d’une multitude d’objets en fer, destinés principalement à l’agriculture, au jardinage et aux parcs d’agrément. Parmi les principaux produits de ses ateliers, on doit citer les grillages de toutes grosseurs, fabriqués par des procédés mécaniques, et qui ont réduit dans une proportion considérable le prix courant de ces articles ; les serres chaudes, bâches et châssis de couche ; les poulaillers, chenils, faisanderies et volières; les constructions légères pour parcs et jardins, telles que passerelles, grilles, kiosques, berceaux; les articles de mobilier pour parcs et jardins, tables, chaises, fauteuils, bancs, corbeilles, jardinières, tuteurs, colonnes et palmiers pour plantes grimpantes; les clôtures fixes destinées à défendre cle vastes espaces contre l’entrée ou la sortie des bestiaux ; les parcs mobiles à bestiaux, etc. Tous ces produits l’emportent ordinairement sur les produits analogues qui étaient fabriqués jusqu’alors, ou par un moindre prix, ou par des qualités plus éminentes, et en cela il a rendu un service signalé aux consommateurs qui les recherchent. Il a exercé en même temps une heureuse influence sur le progrès de l’industrie métallurgique, en donnant au fer des débouchés tout nouveaux. La consommation annuelle des ateliers de M. Tronclion atteint déjà i4o,ooo kilogrammes. L’exemple de l’Angleterre prouve que ce genre cle débouché peut prendre un accroissement très-considérable.
- Le jury récompense les efforts de M. Tronehon en lui accordant une médaille d’argent.
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- édaiUcs ; bronze.
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- M. Adrien CHENOT, rue duLandy, à Clichy-la-Garenne (Seine).
- L’atelier fondé en i846 par M. Chenot ne livre point de produits au commerce; mais il a déjà servi à fabriquer en grand des substances de natures très-diverses et qui se rattachent, pour la plupart, à la métallurgie.
- Les produits qui ont spécialement attiré l’attention du jury sont des fers métalliques poreux, que M. Chenot désigne sous le nom d'éponges de fer. Il les obtient en désoxeydant le minerai du fer maintenu en vase clos, à une température rouge sombre , .au contact de gaz réduclifs. Ces fers poreux jouissent de propriétés remarquables et qui semblent devoir amener d’utiles applications. L’une de celles que le jury a le plus remarquée est la fabrication de ciments propres à une foule d’usages, et que M. Chenot nomme ciments métalliques français. Il prépare ces ciments en mélangeant le fer poreux désagrégé avec toutes sortes de substances terreuses pulvérulentes, et en amenant le tout, par l’addition d’une certaine quantité d’eau, à l’état de pâte épaisse. Cette pâte, par suite de l’oxydation rapide du fer et de l’évaporation de l’eau, acquiert en peu de temps une dureté considérable, et contracte avec tous les corps auxquels on l’applique ou qu’on y plonge une très-forte adhérence. Il y a lieu d’espérer que l’expérience fera trouver dans ce ciment une matière éminemment propre au dallage des édifices et des voies publiques.
- Parmi les produits exposés par M. Chenot, le jury a encore remarqué une série d’échantillons, à l’aide desquels il établit qu’on peut fabriquer économiquement diverses sortes de fers et d’aciers, au moyen de fontes conservant l’état solide, et que l’on soumet à une succession d’influences oxydantes et réduclives.
- Le jury a pris connaissance avec un vif intérêt de ces ingénieuses découvertes, et il espère que l’industrie y trouvera la source de plusieurs applications utiles : il se plaît à récompenser les efforts persévérants de M. Chenot en lui décernant une médaille d’argent.
- MM. GALLICHER et G10, aux forges de Bigny, commune de Vallenoy (Cher).
- L’usine de Bigny, l’une des plus importantes du département du Cher, a depuis longtemps introduit dans cette contrée la fabri-
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- cation des fils de fer, et ouvert, par cette initiation, un débouché qui) paraît fort bien approprié à l’excellente qualité cle fers connue dans le commerce sous le nom. de fers du Berri. Les fils de toute grosseur soumis à l’appréciation du jury, et en particulier les fils lins, n03 1,2 et 3, livrés au commerce au prix de 86 à 90 francs les 100 kilogrammes, prouvent que MM Gallicher et C“ ont déjà conquis clans cette iuclustrie un rang distingué.
- Le jury accorde à MM. Gallicher et Cie une médaille de bronze
- MM. ANFRIE et C”, à Laigle ( Orne ).
- Ont entrepris d’introduire dans la fabrication des épingles une révolution importante, en remplaçant par le fer le laiton, qui jusqu’à ce jour a été employé comme matière première. Les nouvelles épingles se vendent à 6 ou 8 pour 100 au-dessous clu prix courant des qualités correspondantes fabriquées en laiton. Bien que l’établissement date seulement de i846, MM. Anfrie et C10 ont déjà donné à leur fabrication un assez grand développement. L’expérience peut seule indiquer jusqu’à quel point et pour quels usages le bon marché et la rigidité du fer peuvent compenser, pour cette spécialité, l’absence des qualités qui distinguent Je laiton.
- Le jury récompense les efforts intelligents de MM. Anfrie et C10 en leur accordant une médaille de bronze.
- MM. Ad. LESGURE et Cie, aux forges de Bran, commune de Luges ( Gironde).
- Mention:
- honorable
- Les forges de Bran, fondées en i8o3, comprennent aujourd’hui un hautfourneau, 4 feux d’affincrie, 2 fours à pucldler, 2 trains de laminoirs et une fonderie, et livrent annuellement au commerce 600,000 kilogrammes cle fers préparés sous des formes très-variées. Les produits exposés témoignent des soins apportés à la fabrication, et prouvent que l’on peut tirer un parti très-avantageux des minerais de médiocre qualité extraits dans le département.
- Le jury accorde à MM. Lescure et Cio une mention honorable.
- M. MOTTEAU, ,à Angoulême (Charente).
- Expose des fers corroyés au moyen clu marteau-pilon, qui témoignent des succès obtenus par ce fabricant dans l’élaboration des grosses pièces de fer destinées à la construction des machines.
- Le jury accorde à M. Motteau une mention honorable.
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- Citation M. BOUCHE, rue du Chemin-Vert, n° 20, à Paris.
- favorable.
- Fabrique des tôles vernies d’une belle qualité et qui paraissent résister convenablement aux influences qui tendent à détériorer ce genre d’objets.
- Le jury accorde à M. Bouché une citation favorable.
- § 3. FONTES BRUTES ET MOULÉES. M. Michel Chevalier, rapporteur.
- Rappel M. Jean-Pierre-Victor ANDRÉ, au Val-d’Osne ( Haute-d’or. Marne).
- M. André est un des manufacturiers qui se livrent avec le plus de succès à la fabrication de la fonte moulée. Ses ateliers sont dans la Haute-Marne, où il exploite un hautfourneau auquel sont adjoints trois fourneaux à la Wilkinson. Outre sa propre fonle, il emploie celle du voisinage.
- M. André se livre à la fabrication de toute espèce de fonte pour l’ornementation, le bâtiment, les conduites d’eau et de gaz, les ponts. Sa fabrication, avant les événements de i848, s’élevait de i,5oo,ooo à 1,800,000 kilogrammes; elle est tombée, en 1848, à 85o,ooo. C’était, avant i848, d’une valeur de 600,000 à 700,000 francs.
- La production de M. André s’est sensiblement améliorée depuis la dernière exposition; ses prix ont baissé, indépendamment de la baisse qu’a éprouvée la matière première. Il a fait plus de frais pour avoir de bons modèles; il a moulé d’une façon supérieure. La fontaine à jet d’eau qui est au milieu de la petite cour ménagée au milieu du bâtiment de l’exposition, et qui représente Amphitrile supportée par un groupe de triions, est un objet très-bien fondu.
- M. André a été au devant de la consommation en produisant des articles nouveaux et en faisant donner à ses produits une façon de plus, dans le but de les décorer : c*est ainsi qu’il produit des cheminées plus ou moins richement moulées, qui sont vendues de 100 à 2 5o francs. Il les fait revêtir d’un vei'nis de cuivre métallique produit par la galvanoplastie, au moyen du procédé particulier qui est dû à MM. Gaugain et Bisson, et qu’exploite un autre exposant,
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- M. Théophile Berne* ; de celte manière, la fonte perd l’aspecl triste qu’elle tire de sa couleur noire. Il en coûte 20 francs par cheminée et 20 francs pour gratter et ciseler préalablement, ainsi qu’il le faut lorsque les pièces sont moulées au sable d’étuve.
- M. André a fondu les fermes d’un grand pont en fonte placé à Frouard, sur la Moselle, pour le chemin de fer de Paris à Strasbourg; ce sont, avons nous dit déjà, de véritables voussoirs. On en a exactement plané les joints à la mécanique.
- Le jury, à la dernière exposition, décerna une médaille d’or à M. André ; il lui en donne cette fois le rappel.
- MM. MUEL et WAHL, à Tusey, près Vau couleurs (Meuse).
- L’établissement est important; il livre au commerce intérieur environ i,5oo,ooo kilogrammes de fonte. MM. Muel et Wahl exposent une plaque tournante de 6 mèlres de diamètre, qui est d’une bonne exécution, et des pièces d’ornement telles que des balcons, des balustres et des statues.
- Ces pièces attestent un progrès réel.
- Jusqu’en 1847, Tusey n’avait produit que de la moulerie et en faisait dans de grandes proportions; c’est ainsi qu’à Reims M. Muel a établi, avant i844, plusieurs fontaines ornées de statues, dont l’une a 2 mètres 75 cent. Auparavant, il avait fourni les colonnes rostrales de la place de la Concorde, à Paris. Depuis i844, l’usine est en société, et, en 1847, la société, qui a pour gérants MM. Muel et Wahl, a ouvert des ateliers de construction pour toutes les pièces nécessaires aux chemins de fer, notamment des plaques tournantes, dont il a fabriqué une très-grande quantité. Quelques-unes des plaques fournies au chemin de fer de Strasbourg ont 11 mèlres de diamètre; elles servent à tourner les locomotives avec leur tender. Ces articles se vendent, tout ajustés, sur le pied de 45 francs les ioo kilogrammes. On a fondu, à Tusey, pour le même chemin de fer, des ponts dont les pièces ont présenté, à l’essai, une très-remarquable résistance.
- Dans ces mêmes ateliers, on confectionne toute espèce de pièces de forges; on établit des moulins.
- Depuis i844, les propriétaires de Tusey ont fait des frais pour améliorer leurs modèles.
- En 1839, M Muel, alors seul propriétaire de Tusey, obtint une
- Nouvelles
- médailles
- d’urgent*
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- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
- ». D
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- médaille d’argent, qui lut rappelée en i844- Le jury, appréciant les eiîorts de la société nouvelle, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. François MARS AT fils, à Ruffec, Lamothe el ViUe-mant (Charente).
- Les établissements de M. Marsat font 2 millions et demi de kilogrammes, tant en fonte à moulage, destinée surtout à l’artillerie, qu’en fer forgé. 11 emploie environ 900,000 kilogrammes de fonte achetée d’autres usines pour la fabrication du fer. Il fait aussi de la moulerie de première fusion.
- M. Marsat ne: fait de fer qu’au bois. Ses fers sont de première qualité; les expositions précédentes de 18^9 et i844 l’ont constaté.
- M. Marsat utilise la chaleur perdue de ses hauts fourneaux, à Ruffec, pour cuire de la chaux; à Lamothe, pour engendrer de la vapeur.
- Le grand mérite de M. Marsat est de produire des fontes que la marine del’Elatapprécie d’une manière toute particulière. Nous avons eu sou§ les yeux un certificat délivré par le lieutenant-colonel d’artillerie directeur des fonderies nationales de Ruelle, à la date du icr août 1849, d’où h résulte que les canons (de 8) fabriqués spécialement pour reconnaître les qualités des fontes, lorsqu’ils proviennent des fontes de Lamothe, résistent généralement, sans éclater, aux épreuves à outrance auxquelles ils sont soumis.
- L’épreuve, dit le certificat, est réputée bonne, et les fontes pré-« senlées en recette sont définitivement admises lorsque le canon « n’éclate pas avant le 57° coup. Lorsqu’il résiste davantage aux «coups, à la charge maximum de 7 kilogrammes 802 grammes de « poudre et de 13 boulets, le tir n’est pas poussé au delà du 65° coup, « degré de l’épreuve très-souvent atteint par les fontes de Lamothe, « sans que les canons d’essai éclatent. »>
- Ces motifs déterminent le jury à décerner à M, Marsat fils une nouvelle médaille d’argent.
- MM. PIN ART frères, à Marquise (Pas-de-Calais)-.
- L’établissement de MM. Pinart, fondé en i838, se compose de 3 hauts fourneaux et 3 cubilots. C’est le combustible minéral qui seul y sert; il est mû par.la vapeur.
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- 11 livre à la consommation, en temps ordinaire, 5,ooo tonnes de fonte moulée de toute sorte et 2,600 de fonte brute; le tout d’une valeur de i,5oo,000 francs.
- MM. Pinart exécutent des ouvrages de toute dimension; ils ont eu à fondre un pont pour le chemin de fer de Calais et s’en sont très-bien acquittés. Ils exposent de beaux candélabres.
- MM. Pinart ont le mérite d’avoir suscité l’industrie métallurgique dans le Boulonnais; elle y a fait des progrès qui ne peuvent que s’accroître.
- En i844, le jury décerna à MM. Pinart une médaille d’argent; c’est avec de nouveaux éloges qu’il leur en décerne le rappel aujourd’hui.
- MM. VIVAUX frères, à Dammarie (Meuse).
- MM. Vivaux s’étaient signalés, à l’exposition de i844, par leur poterie, dont la confection et la qualité intrinsèque étaient fort remarquables. Cette fois ils produisent un cylindre de machine à vapeur , tel qu’il sort du moule. Cette pièce est d’une grande perfection. MM. Vivaux, par le soin extrême qu’ils apportent à leur choix de minerai et à la conduite du haut fourneau, font une fonte d’une très-grande fluidité, d’une pai'faite homogénéité, et d’une extrême douceur. Leur moulerie a un fini qu’on rencontre bien rarement.
- A la dernière exposition, le jury, après des épreuves dont une partie fut faite en sa présence, décerna une médaille d’argent à MM. Vivaux; il a une grande satisfaction de leur en accorder le rappel.
- MM. HAMOIR, SERRET et O, à Valenciennes (Nord).
- La société des hauts fourneaux du Nord fonda ses établissements en i838, sur le territoire de Maubeuge. Elle les mit en activité en i84o, et les doubla en 1847.
- Ils se composent de quatre hauts fourneaux employant le com-, bustible minéral, et trois fourneaux à la Wilkinson, avec des ateliers d’ajustage. Ils livrent à la consommation 9,000 à 10,000 tonnes de fontes moulées en coussinets, pièces de ponts, tuyaux, cornues, plaques, boîtes de roues, marmites, et 2 à 3,000 tonnes de fonte brute. C’est une valeur d’environ trois millions de francs.. Le nombre de personnes employées à l’intérieur est de 45o environ.
- Médaille
- d'argent
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- Les pièces principales de l’exposition de MM. Hamoir et Serret sont :
- i°Un portique en fonte de 10 mètres d’ouverture et 8 mètres d’élévation, destiné à l’etnbarcadère du chemin de fer de Lyon: c’est la ferme même de la charpente de cette grande construction ;
- 2° Une plate-forme tournante de 5 mètres de diamètre, modèle du chemin de fer de Paris à Lyon.
- La société du Nord expose pour la première fois. L’importance de l’établissement, et la beauté des produits, déterminent le jury à décerner à MM. Ilamoir et Serret une médaille d’argent.
- MM. GUÉRIN, DE KERSAINT et C'\ à Montluçon (Allier).
- Cet établissement a été fondé par une société pour utiliser les mines de bouille deDoyet (Allier) et augmenter l’utilité de celui de Commentry. En i844. les hauts fourneaux de Montluçon n’étaient qu’au nombre de deux, dont l’un même n’était pas terminé. Il y en a quatre maintenant; deux seulement sont en feu par suite des événements. Ils peuvent produire huit millions de kilogrammes de fonte, dont quatre millions servent au moulage de deuxième fusion , et s’écoulent en grande partie dans le pays voisin au moyen des canaux. C’est ainsi que la grande fonderie de M. Emile Martin, à Fourchambault, emploie beaucoup de fonte de Montluçon.
- Cependant l’établissement fabrique des coussinets et aussi des pièces de grande dimension : la table de coulée de la fabrique de glaces de Montluçon est ainsi sortie des ateliers de MM. Guérin, de Kersaint et C'\ Le reste est vendu pour la fabrication du fer. Les produits sont de bonne qualité; des fragments de gueuse qui nous ont été montrés sont de la meilleure apparence.
- L’extraction de la bouille, il y a peu d’années, s’élevait à 200,000 ou 3oo,ooo hectolitres pour Commentry et Doyet. Elle est montée à plusieurs millions; les hauts fourneaux de Montluçon y ont contribué pour une forte part.
- Le jury décerne à MM. Guérin, de Kersaint et C“, pour leur éla-blissement de Montluçon, une médaille d’argent.
- M. Jean-Jacques DUCEL, à Pocé (Indre-et-Loire).
- M. Ducel est un des fondeurs les plus occupés de ceux qui des-
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- servent Paris. Il-employait, avant i848, i,5oo,ooo kilogrammes de fonte.
- Il a deux hauts fourneaux et un fourneau à la Wilkinson. Il produit de la fonte au charbon de bois, qu’il moule de première et de seconde fusion.
- Il fabrique des objets d’ornementation ordinaire pour le bâtiment, des tuyaux, des vasques, des vases de jardins; il se livre depuis quelque temps à la production des statues. Il a exposé un beau Christ de deux mètres, d’après Boucliardon. 11 fait des sacrifices pour se procurer de bons modèles ; il économise habilement la matière, et de celte manière il arrive à produire bien et à bon marché.
- A la dernière exposition, le jury décerna une médaille de bronze à M. Ducel; il lui accorde celte fois une médaille d’argent.
- M. Jules BESQÜENT, à Vannes (Morbihan).
- M. Besquent a un hautfourneau, un fourneau à la Wilkinson avec les accessoires.
- 11 expose des tuyaux, une marmite, un obus. v
- Depuis i844, l’établissement a sensiblement augmenté d’importance.
- Le jury décerna, en 1844, une médaille de bronze à M. Besquent ; il lui en accorde celle fois le rappel.
- MM. MARTIN et VIRY frères, quai de la Mégisserie, n° 74, à Paris.
- MM. Martin et Viry frères ont un haut fourneau dans la Haute-Marne, à Sommevoire : c’est là qu’est le siège de leur fabrication. À ce haut fourneau sont joints deux fours à la Wilkinson. Ils font beaucoup d’articles courants à bas prix, des balcons de divers genres, des pilastres, palmeltes, panneaux, rosaces; des pieds de bancs, des vasques, des croix. En temps ordinaire, ils emploient i,4oo,ooo kilogrammes de fonte.
- C’est une bonne fabrication courante, économique, et répondant aux besoins du consommateur.
- Le jury accorde à MM. Martin et Viry frères une médaille de bronze.
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- M. Louis - Alexandre COLAS, à Montiers - sur - Saulx (Meuse).
- C’est une ancienne forge qui, en 1829, fut convertie en fonderie. Elle se compose d’un haut fourneau et de deux cubilots.
- A sa propre fonte, l’exposant joint de la fonte anglaise. Il parvient ainsi à produire î million à 1,200,000 kilogrammes de matières : c’est une valeur de 35o,ooo à 420,000 francs.
- Un des objets qu’il a exposés est une lucarne en fonte pour le" palais de justice de Paris, qui est remarquable.
- Le jury accorde à M. Colas une médaille de bronze.
- ASSOCIATION DES FORGES D’ARCACHON, commune de la Teste (Gironde).
- L’établissement date de i845. Il est maintenant entre les mains d’une des associations formées entre les maîtres et les ouvriers, que l’Assemblée nationale a encouragées en i848. L’Etat a prêté à celle-ci une somme de 120,000 francs.
- On y fabrique 800 tonnes de fonte moulée et 5oo de fer forgé. Le directeur, M. Léon Brotbier, est un ancien maître de forges qui avait déjà fait ses preuves.
- L’établissement expose des fourneaux à grille mobile, dont le prix moyen à l’usine est de 70 centimes; une couronne de roue hydraulique en fonte d’une seule pièce; des caisses pour oranger, en fer, fonte et bois, du prix de 6 francs.
- C’est un établissement digne d’intérêt par sa constitution intime. Son existence, sous cette forme, a été trop courte encore pour qu’on puisse bien l’apprécier; mais la qualité des produits en fait bien augurer.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Pierre BRISOU fils aîné, commune de la Bouexière, près de Rennes (Ille-et-Vilaine).
- La fonderie de M. Brisou, composée d’un- haut fourneau, et, depuis i843, d’un four à la Wilkinson, travaille en première et en seconde fusion.
- Les objets exposés sont de première fusion : ce sont des articles de poterie de différents calibres.
- Ils sont bien confectionnés et à bas prix, parce que l’économie
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- des matières permet à M. Brisou de ics faire légers. L’établissement date de i83a.
- La fabrication s’était agrandie d’un tiers depuis i844 : de 45o,ooo kilogrammes, elle était passée à 600,000.
- Le jury accorda, en i844, à M. Brisou une mention honorable; il lui décerne, celle année, une médaille de bronze.
- B
- M. DURENNE, rue Planche-Mibray , nos q et 11, à Paris. Mentions
- J J honorables
- M. Durenne fait fondre sur ses modèles, dans la Haute-Marne, des objets en fonte moulée. Il a exposé, entre autres, une grande vasque, des frises, des bénitiers d’église. C’est une fabrication qui va de 5o,ooo à 75,000 francs.
- Elle est satisfaisante.
- Le jury le mentionne honorablement.
- M. VILLEMÀINE fils, à Limoges (Haute-Vienne).
- M. Villemaine a établi, en 18451 à Limoges, une fonderie de deuxième fusion, où il faisait, avant 1848, pour 100,000 francs de marchandises.
- Il fait le balcon, la poterie; il a exposé aussi une roue de waggon.
- Cet établissement est utile dans une ville manufacturière. Les produits ont bonne apparence.
- Le jury décerne à M. Villemaine une mention honorable.
- *
- M. Louis-Félix- DELAGOUR, rue Aux-Fers, n° 20, à Paris.
- *
- M. Delacour fait des objets en fonte de fer douce, tels que galeries de foyers, porte-pelles, candélabres; il fait aussi le petit bronze. 11 occupe une douzaine d’ouvriers.
- L’établissement est fondé depuis i845.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. André BROCHON, rue d’Orléans, au Marais, n° 10, à Paris.
- Il a une spécialité semblable à la précédente, mais une fabrication plus forte, et il ne travaille pas le cuivre.
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- 11 exporte une partie de ses produits.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Etienne-Louis GORJU, me Saint-Maur-Popincourt, n° 16, à Paris.
- M. Gorju a un fourneau à la Wilkinson et une petite forge.
- 11 expose un chambranle sculpté de bon goût.
- Le jury le mentionne honorablement.
- M. Henri - Charles - Alfred BOUILLIANT, fabricant de rouleaux compresseurs et de poteaux indicateurs, rue de Ménilmontant, n° 5o, à Paris.
- M. Bouilliant a une de ces fabrications restreintes qui sont si nombreuses dans l’industrie parisienne. Il estime cependant que sa fabrication représente une somme annuelle de 100,000 francs. Son rouleau compresseur répond à un besoin véritable de nos communications.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. DUMORA fils aîné, à Biganos (Gironde).
- L’usine du Ponneau, composée d’un haut fourneau, livre annuellement au commerce 864,000 kilogrammes de fonte brute ou moulée en première fusion. Cet établissement rend service à la contrée, en y créant un mouvement industriel d’une certaine importance, et en y propageant l’emploi des objets moulés en fonte. Le jury accorde à M. Dumora fils aîné une mention honorable.
- MM. CHARON et Cic, rue du Temple, n° 59, à Paris.
- M. Charon, fondeur en métaux, exploite spécialement la première subdivision d’une industrie qui paraît appelée à prendre du développement, la fabrication des petits objets d’art en fonte de fer.
- Les objets moulés en sable d’étuve par M. Charon, avec un mélange de fonte anglaise et de fonte du Berry, ont déjà un fini remarquable à la sortie du moule et avant d’être livrés à d’autres ateliers, où ils reçoivent le recuit, le ciselé et le poli,
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- Le jury accorde à M. Charon et compagnie une mention honorable.
- M. BAYOZET et fils, me Saint-Étienne-Bonne-Nouvelle, n° 15, à Paris.
- MM. Bavozet sont fondeurs en fer, cuivre et autres mélaux. Ils occupent un petit nombre d’ouvriers.
- Ce sont des fabricants dignes d’intérêt.
- § 4. FONTE MALLÉABLE.
- M. Michel Chevalier, rapporteur.
- MM. BOIS et G10, rue Fontaine-au-Roi, n° 39, à Paris (Seine).
- M. Bois rend la fonte suffisamment malléable pour divers usages par une contre-cémentation dont la base est le peroxyde de fer, à la condition de travailler exclusivement sur des pierres de petite dimension. La contre-cémentation ne pénètre qu’à un petit nombre de millimètres, mais elle y pénètre assez régulièrement pour que l’on puisse en faire la base d’une industrie, et, en se restreignant à des pièces de peu d’épaisseur, le succès est certain. On affine de cette manière des objets en fonte, tels que des clefs, des pênes de serrure, de la bouderie, des objets de goût. C’est un art qu’on pratique aujourd’hui en France et au dehors.
- L’établissement de M. Bois se compose de 2 fours, d’un cubilot, d’un fourneau à réverbère, de 2 fours à recuire.
- La fabrication est en activité depuis 1842, mais elle n’a convenablement réussi que vers i844; die s’élève à une somme de 80,000 à 90,000 francs.
- lie jury récompense M. Bois par une médaille de bronze.
- MM. DÀLIFOL et BARRÉ, rue Pierre-Levée, n° 10.
- MM. Dalifol et Barré sont tout nouvellement établis, du mois de mars de cette année seulement. Leur industrie est sur la même base que celle du précédent exposant. A cause de la nouveauté de leur établissement, le jury ne peut qu’engager MM. Dalifol et Barré à poursuivre leurs efforts.
- 11.
- 22
- Citation
- favorable.
- Médaille de bronze.
- Citation
- favorable.
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- Médaille de bronze,
- Citation
- favorable,
- Nouvelle
- citation
- favorable.
- S 5. COUVERTS ET ÉTRILLES EN FER.
- M. Pecqueur, rapporteur.
- M. Benjamin POTTECHER, à Bnssang (Vosges).
- Il a exposé des étrilles noires, élamées et peintes. Il a joint à ces étrilles six couverts et une cuiller à potage, en fer battu. Ces couverts sont d’une bonne forme et d’un étamage très-beau. Il vend ses couverts depuis 20 jusqu’à 3o francs la grosse, selon leur force. Il en fait aussi de très-forts à côtes qu’il vend 48 francs la grosse.
- M. Pottecher est un ancien contre-maître qui a créé lui-même son établissement; il occupe maintenant 90 ouvriers à Bussang (Vosges), où il n’y avait aucune industrie, quand il s’y est fixé en
- 184i.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. LAISNÉ, rue Montorgueil, à Paris.
- Il a présenté des étrilles pour lesquelles il est breveté. En pensant que les étrilles, comme en les a faites jusqu’ici, étaient incommodes aux cavaliers par leur volume dans la musette pour le paquetage, M. Laisné a eu l’idée de composer une étrille nouvelle dont le manche se démonte à volonté, et dont le fer de ce manche puisse servir en même temps de cure-pied.
- M. Laisné a réalisé cette idée d’une manière convenable.
- *
- Un rapport du capitaine commandant, Letellier, du 2e régiment de dragons, 3e escadron, dont la copie est sous les yeux du jury, approuve cette étrille nouvelle en la déclarant en tout préférable à l’ancienne.
- Le jury décerne à M. Laisné une citation favorable.
- § 6. USTENSILES DE MÉNAGE.
- M. Pecqueur, rapporteur.
- M. Noël BARBOU, rue Montmartre, n° 58, à Paris.
- 11 a présenté, de nouveau, à l’exposition, les indicateurs qui lui ont valu une citation favorable en i844-
- Il présente de plus, cette année, des porte-bouteilles en fer, bien
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- disposés, et deux modèles, grandeur naturelle, de portes se fermant d’elles-mêmes.
- Le moyen qu’il a employé est des plus simples et des moins dispendieux.
- Un de ses modèles est une porte qui s’ouvre d’un seul côté, pour celle-là deux pitons et un bout de fil de fer suffisent. L’autre modèle s’ouvre des deux côtés, pour celle-ci quatre pitons et deux bouts de fil de fer forment lout le mécanisme.
- Ces moyens, aussi ingénieux que simples, méritent à M. Barbou une citation favorable nouvelle.
- M. Louis-Joseph AGARD, rue de l’Arcade, n° 52, à Paris.
- Il a mis à l’exposition :
- i° Une grande jardinière, formée de trois couronnes en fonte et bronze fondus, propres à recevoir de la terre et des plantes vivantes. Ces couronnes, à commencer par celle d’en bas, sont séparées par des supports élégants, sont ornées de bas-reliefs et vont en diminuant pour former une pyramide qui se termine par un vase. Si bien que le tout, rempli de fleurs, forme un très-bel effet.
- Les moyens ménagés pour l’arrosement des plantes et pour qu’il ne se répande pas d’eau, sont aussi bien calculés.
- 2° Une paire de jardinières de table.
- 3° Des arrosoirs de nouvelles formes, beaucoup mieux entendus pour la commodité que ceux en usage.
- 4° Des boîtes pour le scrutin des élections. Ces boîtes sont en tôle et disposées de manière que le couvercle peut être fermé pendant le vote par deux cadenas, qui, après le vote, servent aussi à fermer l’entrée et à donner ainsi toute sécurité contre la fraude.
- Le jury accorde à M. Agard une citation favorable pour l’ensemble de son exposition.
- M. Jean-Marie GINOT, rue Martel, n° îo, à Paris (Seine).
- Il a exposé trois porte-pincettes qu’il nomme comodo de foyer.
- Deux sont simples et moins ornés que le troisième, celui-ci est muni d’un tiroir dans le socle qui s’ouvre et se ferme avec le pied et présente un crachoir.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- Citations
- favorables
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- SECTION TROISIÈME.
- S rr. ACIERS.
- M. Leplay, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- On a cru pendant longtemps, en dehors d’un petit nombre d’usines renommées par la qualité supérieure de leurs aciers, que le succès obtenu de temps immémorial dans ces lieux privilégiés, était le résultat de certains secrets mystérieusement transmis de génération en génération. C’est sur cette donnée fausse, c’est-à-dire pour exploiter de prétendus secrets, que se sont établies en France, jusque dans ces derniers temps, la plupart des usinés qui se sont proposé de lutter contre les aciéries étrangères. Cette erreur est désormais écartée : on sait que le succès des aciéries les plus renommées est essentiellement dû à une qualité naturelle, propre aux minerais servant de base à leur industrie; et que cette qualité se transmet, par des causes que la science n’a pu encore complètement apprécier, aux fontes, aux fers et aux aciers qu’on en extrait; on sait également qu’aucun procédé de travail n’a pu suppléer, jusqu’à présent, à la propension aciéreuse qui distingue un très-petit nombre de minerais d’élite, et que tout le secret des aciéries les plus renomnées de l’Europe consiste , d’une part, à appliquer les méthodes ordinaires de travail à ces minerais et aux produits successifs qu’on en obtient; de l’autre, à n’appliquer leur marque que sur des produits de bonne origine et cl’une fabrication irréprochable.
- Les progrès extrêmement remarquables obtenus en France depuis quelques années dans la fabrication des aciers, sont exclusivement dus aux habiles fabricants qui ont opéré d’après cette nouvelle donnée. Ceux-ci, en continuant à l’appliquer avec loyauté et persévérance, placeront inévitablement les aciéries françaises au même rang que les plus célèbres aciéries de la Grande-Bretagne.
- L’habile rapporteur du jury de 184 A a parfaitement carac-
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- térisé les propriétés des aciers naturels, cémentés et fondas, c’est-à-dire, des trois sortes d’aciers connues dans le commerce, et fabriquées parles usines françaises; il a également indiqué les conditions du perfectionnement de ces diverses fabrications, et fait pressentir les mesures gouvernementales qui peuvent seconder les efforts de l’industrie privée. Les faits accomplis depuis cinq ans n’ont rien changé aux éléments essentiels de la situation technique et économique des aciéries ; il ont donc donné un plus grand relief, un nouveau degré d’opportunité , aux considérations générales présentées en i844: on peut donc se borner à y renvoyer le lecteur.
- Les efforts qu’a faits le jury pour classer, suivant l’ordre de mérite, les aciers bruts et ouvrés à l’état de limes, de faux, et sous diverses autres formes, ont égalementconfirmé la justesse d’une observation déjà présentée en i844: il y a convenance à la reproduire ici, avec de nouveaux développements, parce qu’elle se lie d’une manière très-intime à la mission même que le jury avait à remplir.
- C’est une tâche extrêmement difficile que de classer, selon l’ordre de mérite, les aciers bruts et ouvrés provenant de diverses fabriques. Il n’en est pas de ces produits comme des matières textiles, des fils, des tissus, des machines, des instruments de précision, d’une multitude de produits chimiques, des objets d’art, des métaux précieux, dont la valeur exacte se révèle tantôt par l’examen sommaire qu’en fait un œil exercé, tantôt par un essai facile et dont la précision ne peut laisser aucun doute à l’observateur.
- L’aspect extérieur des aciers et>des objets d’acier permet facilement de constater la perfection des moyens mécaniques employés pour façonner les barres brutes et les objets ouvrés; mais cette qualité, qui, dans quelques cas, peut avoir de l’importance, est en général la moindre de celles que recherche le consommateur. Les propriétés fondamentales des aciers bruts et ouvrés, et en première ligne la dureté, le tranchant et l’élasticité, échappent à toute appréciation immédiate, et ne se peuvent mesurer que par l’usage.
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- Désirant arriver à une appréciation positive, le jury, en partant de celte conclusion, avait d’abord eu la pensée de soumettre comparativement à l’emploi qui leur est donné dans les arts, les divers produits soumis à son examen. Mais, en se rendant compte des moyens d’exécution, il a dû reconnaître que cette comparaison, pour être concluaute, exigerait un temps beaucoup plus considérable que le délai assigné à ses travaux. 11 faut, en effet, avant d’entreprendre un tel examen , avoir égard'aux considérations suivantes/
- Tous les fabricants n’apportent pas le même esprit au choix des produits qu’ils exposent; les uns prennent ces produits dans leur fabrication courante; les autres en font l’objet d’une fabrication spéciale, et montrent par là, plutôt ce qu’ils peuvent faire avec des soins particuliers, que ce qu’ils font réellement dans la pratique usuelle de leurs ateliers. Il serait donc inexact de soumettre à la comparaison les produits exposés ; il faudrait que les matières d’essai fussent choisies avec toutes les garanties convenables d’exactitude et d’impartialité , parmi les produits ordinaires de chaque fabriqué.
- L’une des propriétés que le consommateur estime le plus dans les aciers bruts ou ouvrés est l’homogénéité et la constance des qualités qu’il s’agit de mettre en œuvre ; certaines fabriques doivent leur mauvaise réputation , moins à l’infériorité moyenne de leurs produits, qu’à l’extrême inégalité qui se remarque dans des produits vendus comme identiques. On s’exposerait donc à de graves erreurs, si on se bornait à expérimenter sur un seul objet. Les objets essayés doivent être assez nombreux pour que la comparaison donne des résultats moyens et non des exceptions.
- Enfin, une telle comparaison, pour être complète, doit porter,-non-seulement sur les produits des usines françaises , mais encore sur les produits étrangers employés en France, et pour lesquels une réputation de supériorité s’est maintenue jusqu’à ce jour, dans l’opinion d’une partie des consommateurs. La supériorité des aciers étrangers a été, jusqu’à ces derniers temps, un fait incontestable; mais, depuis que les
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- aciéries françaises sont enfin entrées dans la même voie quont parcourue avec tant de succès les aciéries anglaises, l'opinion de la supériorité des aciers étrangers ne peut plus être conservée d’une manière absolue : dans beaucoup de cas, pour beaucoup d’objets d’une consommation usuelle, elle n’est plus qu’un préjugé. L’utilité de la comparaison, dont il s’agit ici, consisterait surtout à combattre ce préjugé qui porte un grave préjudice aux intérêts de l’industrie française.
- Ces éclaircissements feront comprendre que le jury cen tral n’a pu se livrer aux opérations de longue haleine qu’exigerait le choix d’échantillons nombreux et authentiques, provenant des aciéries indigènes et étrangères , et la surveillance des essais, ayant pour objet d’en constater, par un emploi prolongé, la valeur comparative. Ne pouvant faire intervenir une expérience qui lui fût propre, il a dû recourir, autant que les circonstances l’ont permis, à l’expérience des consommateurs qui emploient les aciers comme matières premières ou comme outils : son opinion s’est surtout formée par la discussion et le contrôle de leurs déclarations.
- A ces indications de l’opinion publique, le jury a joint, autant qu’il dépendait de lui, celles que pouvaient fournir la consistance et le personnel des ateliers, la conversation des fabricants, etc.
- Le jury espère que les résultats de cette enquête ne peuvent guère laisser de doute pour ce qui concerne les fabriques consacrées à la production des aciers en barres; mais il croit devoir déclarer qu’il n’a pu réunir les éléments d’une appréciation exacte pour ce qui concerne les outils cl’acier et surtout les limes. Pour ce dernier article, il a dû se borner en conséquence a réunir par groupes les fabricants qui lui ont paru mériter les diverses sortes de récompenses, et il déclare expressément que l’ordre, suivant lequel ont été cités les exposants admis à la même récompense, ne garantit nullement le mérite relatif des concurrents.
- Les efforts infructueux qu’a faits le jury central pour apprécier la valeur comparative des nombreuses fabriques de
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- limes qui ont exposé leurs produits ont mis en évidence un fait qu’il importe de signaler : c’est que la fabrication et sur tout le commerce des limes sont si mal organisés en France, que les consommateurs, qui ont intérêt à découvrir les meilleures fabriques, tombent nécessairement dans la perplexité où le jury s’est trouvé lui-même.
- L’obstacle fondamen tal aux progrès de celte branche d’industrie résulte de l’habitude où sont presque tous les fabricants d’apposer de fausses marques sur leurs produits. Cette déplorable coutume est due en partie au désir qu’ont les fabricants peu consciencieux, ou convaincus de leur infériorité réelle, d’exploiter à leur profit la juste renommée que se sont acquise, par une longue li'adition de talent et d’honnêteté , les meilleurs fabricants étrangers ; elle est surtout provoquée et entretenue par les marchands en détail, qui veulent garder les fabricants dans leur dépendance, en empêchant ceux-ci de se faire connaître des consommateurs par une marque qui leur soit propre. Manquant de capitaux pour la plupart, obligés de rentrer promptement dans leurs avances, les fabricants subissent, à cet égard, la loi qui leur est imposée par les marchands, on voit souvent ces fabricants renoncer en quelque sorte à leur individualité, apposer sur leurs produits telle marque que le marchand juge convenable de prescrire, et même substituer le nom textuel du marchand à leur propre nom.
- Un autre obstacle à la prospérité de l’industrie et du commerce des limes est l’inexactitude en quelque,sorte normale des prix courants publiés par des fabricants. Ces prix, s’ils étaient exacts, et s’ils se rapportaient d’ailleurs à des produits caractérisés par des marques authentiques et invariables, seraient en effet une mesure infaillible de la qualité relative des produits, car il est évident que le consommateur ne consentirait à acheter les produits cotés aux prix les plus élevés que si la supériorité en était positivement reconnue. Dans un tel système commercial, le classement des fabriques par ordre tle mérite résulterait forcément de la simple comparaison de
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- leurs prix courants. Dans beaucoup de circonstances, d’ailleurs, la publication de prix courants authentiques rapprocherait le fabricant des consommateurs, et les soustrairait à l’intervention onéreuse des marchands.
- La fausseté des marques et des prix courants ne profite en définitive qu’aux fabricants d’ordre inférieur et aux marchands : cette déloyale habitude commerciale est donc directement opposée aux intérêts des fabricants qui sont à la tête de leur art, c’est-à-dire de ceux qui sont la véritable source de l’activité industrielle et commerciale du pays. Déjà quelques fabricants éclairés et consciencieux, comptant sur les résultats que doit donner à la longue une industrie habile et loyale, ont entrepris de réagir contre cet état de choses, et ils ne livrent au commerce que des limes frappées de leur propre marque. Dans une telle voie, le succès est lent, parce qu’il faut s’attendre au mauvais vouloir des marchands, qui disposent encore de la plupart des consommateurs; mais il est assuré, si le fabricant est expérimenté et s’il a les ressources financières convenables. L’histoire des aciéries anglaises prouve qu’un fabricant habile, qui consacre sa vie à fonder la réputation d’une marque qui lui estpropre, peut léguer, par la seule possession de cette marque, une grande fortune à ses descendants. Il est évident, au contraire, que le fabricant qui, pour s’épargner les difficultés inséparables de tout début, exploite par contrefaçon une marque étrangère, se prive à tout jamais des avantages que son habileté aurait pu lui assurer; par une juste punition des dommages qu’il a d’abord causés, des succès hors ligne, s’il lui était donné d’en obtenir, n’auraient d’autres résultat que d’augmenter la réputation de ses rivaux.
- Le Gouvernement rendrait donc aux fabricants habiles et consciencieux, les seuls qu’il convienne d’encourager, un immense service en imposant à chaque producteur l’obligation d’apposer sur ses produits une marque qui lui soit propre.
- Il serait également à désirer que le Gouvernement demandât à des commissions, offrant toutes les garanties convenables de savoir et d’impartialité, les essais comparatifs que le jury,
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- Nouvelle
- médaille
- d’or.
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- àson grand regret, n’a pu exécuter lui-même. La comparaison ne devrait pas être limitée aux seuls produits présentés à l’exposition de 1849; elle devrait comprendre toutes les limes indigènes et étrangères consommées en France.
- Enfin, il serait extrêmement utile que les arsenaux de l’Etat qui consomment des limes abandonnassent le système d’adjudication au rabais, dont le résultat est de placer les ouvriers de ces ateliers dans de mauvaises conditions de travail et d’encourager les mauvais fabricants aux dépens des fabricants habiles et consciencieux ; à cet égard, il n’y aurait qu’à revenir aux règles qui ont été suivies pendant quelque temps par l’administration de la marine.
- Ces considérations ne sont pas seulement applicables aux limes; elles conviennent également aux aciers en barres, aux faux et aux principales sortes d’aciers ouvrés. Si jamais une commission spéciale est chargée, par exemple, de faire une appréciation de la qualité des diverses faux employées en France, on s’étonnera que l’on ait pu tolérer si longtemps, pour cette spécialité, le régime des fausses marques. En mesurant, au moyen d’expériences directes, les pertes énormes de temps qu’imposent aux ouvriers chargés des récoltes, et à ceux qui travaillent les métaux et les corps durs, les mauvais outils achetés sous la garantie de marques fausses et par l’attrait du bon marché, on comprendra l’heureuse influence que le retour aux principes de la probité commerciale exercera sur toutes les branches de l’agriculture et de l’industrie.
- MM. JACKSON frères, à Assailly, près de Rive-de-Gier, et à la Bérardière, près de Saint-Étienne (Loire).
- Les fabriques d’acier de MM. Jackson sont les plus considérables qui existent en France; elles ont reçu depuis la dernière exposition de notables accroissements, et contiennent aujourd’hui : 12 fours de cémentation, 5o fours à deux creusets pour la fabrication de l’acier fondu, 47 fours à coke, et les fours nécessaires au réchauffage des pièces élaborées par 2 laminoirs et 3 marteaux; elles reçoivent le mouvement de 4 roues hydrauliques, d’une force totale
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- de 60 chevaux, ou de deux machine3 à vapeur de pareille force. Elles emploient ordinairement 3oo ouvriers. Elles fabriquaient annuellement, avant i848, 3,ooo,ooo de kilogrammes d’aciers de toutes sortes.
- Les produils de fabrication courante, exposés par MM. Jackson, sont : i° En aciers fondus étirés, des barres assorties du prix de 260 francs les 100 kilogrammes, fabriquées avec du fer suédois de Danemora (ior et 20 rangs), destinées à la fabrication des rasoirs, outils fins, burins, marteaux de moulins, gros crochets de tours, ronds pour matrices, étampes et outils divers; des barres assorties à 220 francs, fabriquées avec du fer suédois de 3e rang; des barres assorties à 180 francs, fabriquées avec des fers suédois de 4° rang, mélangés de fer des Pyrénées; des barres pour limes à i5ofrancs, fabriqués avec desfers de Suède et de France mélangés; une iequalité d’aciers pour limes, à i3o francs, fabriquée avec les fers des Pyrénées, etc.; 20 En aciers corroyés, des barres assorties à 220 fr., pour outils délicats et instruments de chirurgie, fabriquées avec des fers suédois de icr et 20 rangs ; des barres assorties, à 200 francs, dites deux éperons, fabriquées avec des fers suédois de 3e rang; une série de qualités destinées aux mêmes usages que les aciers allemands, et spécialement à la taillanderie et à la coutellerie; enfin, des aciers pour ressorts de voitures et de locomotives.
- Indépendamment de ces objets de fabrication courante, MM. Jackson exposent, entre autres produits destinés à des usages spéciaux, une tige de piston en acier fondu, pesant-1,037 kilogrammes. Les moyens d’action considérables dont disposent MM. Jackson leur permettraient de fabriquer, au besoin, des pièces encore plus pesantes.
- Depuis la dernière exposition, MM. Jackson ont introduit dans leurs usines la fabrication des tôles d’acier; les produits exposés témoignent du degré de perfection qu’ils ont déjà atteint.
- Le jury a été souvent dans le cas de constater, par les déclarations des fabricants français qui recherchent pour leur industrie les qualités supérieures d’acier, que les aciers fondus, à 260 francs, de MM. Jackson remplacent pour une foule d’usages une partie des aciers fins que l’on était précédemment obligé de tirer d’Angleterre.
- Le jury, considérant que MM. Jackson ont conservé le rang distingué qu’ils occupaient aux expositions précédentes, leur décerne une nouvelle médaille d’or.
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- Rappels M. Alexandre-Théodore BAUDRY, à Athis-Mons (Seine-deid’ora.llIeS et-Oise) et rue du Petit-Garreau, n° 10, à Paris.
- L’aciérie d’Aihis-Mons fut construite en 1823, sous la direction de M. John Bunn, qui assura dès l’origine le succès du nouvel établissement, en fabriquant avec les mêmes fers suédois que recherchent les aciéries anglaises des ressorts de voilures que le commerce acceptait avec empressement au prix de 180 francs les 100 kilogrammes. Plus tard, les propriétaires de l’usine, ayant voulu accroître leurs bénéfices, en employant des matières premières de moindre valeur, virent peu à peu disparaître leur clientèle. M. Bau-dry, ayant acquis l’aciérie d’Athis-Mons en i835, rétablit immédiatement la réputation de ses aciers à ressorts, en revenant à l’emploi exclusif des meilleurs fers suédois de 3e rang; dès l’année i83g, le jury le trouva digne de la médaille d’or, et celle-ci lui fut rappelée en i844-
- Depuis cette dernière époque, l’usine a reçu quelques développements. Elle comprend aujourd’hui : 2 fours de cémentation et tous les four^. et appareils nécessaires pour le réchauffage, le laminage et le corroyage des aciers ; la production annuelle des aciers dépassait 200,000 kilogrammes avant les événements de i848. Outre les aciers à ressorts qui forment la base de sa fabrication, M. Baudry commence à fabriquer les aciers pour coutellerie, avec les fers suédois de ier et de 2e rang. M. Baudry continue d’ailleurs de tenir en activité la forge annexée à son aciérie, et dans laquelle, au moyen de 4 fours à puddler et des appareils qui en dépendent, il fabrique, avec la fonte au bois de Champagne, des fers assortis pour la consommation delà ville de Paris.
- Le jury rappelle à cet habile et consciencieux fabricant la médaille d’or qui lui fut décernée en i83g.'
- MM. Léon TALABOT et Cie, à Saint-Juéry (Tarn) et à Toulouse (Haute-Garonne).
- MM. Talabot et Cie ont exposé des échantillons des nombreuses sortes d’aciers en barres et ouvrés sous formes de limes et de faux qu’ils fabriquent dans ces deux établissements. Ces produits sont remarquables par leur belle fabrication et leur bonne qualité.
- MM. Talabot et Ci9 se sont constamment maintenus à la hauteur
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- où ils s’étaient placés en i834, époque à laquelle il leur fut décerné une médaille d’or.
- Ces fabricants n’ayant pas cessé de mériter cette honorable récompense, le jury la leur l'appelle.
- M. Joseph-Jules FALATIEU, et M™ Annette CHAVANE,
- 1 # de médaille
- à Pont-du-Bois (Haute-Saône). d’argent.
- M. Falatieu continue à produire dans ses belles forges de Pont-du-Bois des fers fort estimés dans le commerce; mais le jury n’a à signaler dans cette section que les améliorations apportées depuis la dernière exposition à l’élaboration des aciers naturels produits dans cet établissement, avec les fontes grises de Comté, ou des aciers cémentés provenant des fers de même origine. M. Falatieu livre maintenant au commerce des ressorts de voiture corroyés et des aciers pour limes à 120 francs; des aciers pour coutellerie, aux prix de i35 à i4o francs; des tôles cl’acier cémenté, au prix de 120 francs; des tôles plus fines pour chirurgie et quincaillerie fine à 160 et 180 francs; des socs de charrue, dits américains, en acier laminé; des aciers pour faux ; des fils d’acier de toutes grosseurs et particulièrement des fils n° 1 à 2 fr. 16 cent, le kilogramme.
- Le jury accorde à M. Falatieu et à Mme Chavane le rappel de la médaille d’argent qui fut décernée à M. Falatieu jeune en
- i844.
- M. GOURJU, à Bonpertuis (Isère).
- M. Gourju continue à fabriquer des aciers naturels avec les fontes produites dans la localité et avec celles qu’il importe de la Savoie et des Etats allemands.
- Il emploie à la fois la méthode de travail suivie dans la localité depuis une époque fort reculée et la méthode westphalienne, qu’il a le premier introduite dans cette partie de la France, à l’imitation de ce qui s’était fait précédemment dans les forges delà Moselle et du Bas-Rhin.
- Par celte variété de matières premières et de procédés de fabrication , cet habile maître de forges parvient à produire des sortes très-variées d’aciers en barres, destinées aux mêmes usages que les aciers allemands.
- Le jury accorde à M. Gourju, le rappel de la médaille d’argent qui lui fut décernée en 13 A4 -
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- Médailles
- d’argent.
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- M. Jacob HOLTZER, à Firminy commune cTUnieux ( Loire ).
- L’usine de M. Holtzer reçoit la force motrice qui lui est nécessaire d’un cours d’eau de 20 à 3o chevaux et de deux machines à vapeur d’une force collective de 5o chevaux; elle comprend 4 fours de cémentation et 4o fours pour la fusion de l’acier. Elle emploie 80 ouvriers et produisait annuellement avant les événements de i848, 700,000 kilogrammes d’aciers fondus ou corroyés.
- M. Holtzer s’esl surtout appliqué à employer les fers et aciers bruts français, pour sa fabrication : il n’y admet qu’environ i/5 de fers suédois de xcr, 20 et 3° rangs. M. Holtzer livre ses produits au commerce sous des formes et pour des usages très-variés. Le jury a souvent constaté que les fabricants consommateurs en apprécient les bonnes qualités.
- Le jury, considérant que M. Holtzer est un des fabricants qui ont le plus contribué à développer la fabrication des bons aciers indigènes et a relever l’industrie française de son infériorité, récompense ses efforts en lui accoi’dant une médaille d’argent.
- MM. NEYRAND, THIOLLIÈRE, BERGERON, VERDIER et Cie, à Lorette (Loire).
- L’établissement de Lorette a pour origine celui qui fut fondé à Lyon en 1842, parl’un des associés, M. Verdier; en i843, M. Gran-jon vint s’y adjoindre et c’est à la maison Granjon etClc que le jury de i834 décerna une médaille d’argent. Depuis cette époque, la société, s’étant adjoint MM. Bergeron, Fontaine et Nevrand, a fondé sur une grande échelle un nouvel établissement à Lorette et s’est constituée enfin, en 1848 , sous la raison sociale actuelle.
- L’aciérie de Lorette , située à proximité des houillères de la Loire, entre le canal de Givors et le chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon, a pour moteur 5 machines à vapeur d’une force totale de 120 chevaux. Elle comprend 2 grands fours de cémentation et 20 fours pour la fusion de l’acier, 2 laminoirs à cannelures pour gros et petits échantillons ; un train de laminoirs pour tôles d’acier, un marteau de 1,800 kilogrammes, un marteau pilon de 2,000 kilogrammes, 4 martinets, 2 cisailles, 9 fours pour le réchauffage de l’acier. Ils employaient, avant i848, 100 ouvriers et prodüisaient environ 1,000,000 de kilogrammes d’aciers. Ces habiles fabricants
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- onl fait une élude particulière des qualités propres aux fers à aciers de la Suède et en emploient plus de moitié dans leur fabrication.
- Outre les sortes courantes d'aciers fondus, corroyés et étirés en barres, MM. Neyrand et C‘° ont exposé de très-belles tôles d’acier qu’ils fabriquent maintenant sur une grande échelle, une belle lige de piston en acier fondu pour une machine à vapeur de la force de 100 chevaux, etc.
- Le jury, prenant en considération les services rendus à l’industrie des aciers par MM. Neyrand, Thiollière, Bergeron, Verdier et Cie, leur accorde une médaille d’argent.
- M. Antoine DESPRET, à Milourd-sur-Anor (Nord).
- L’usine de Milourd-sur-Anor, créée en i843, a reçu depuis l’époque de la dernière exposition des améliorations remarquables ; le jury départemental signale le service que M. Despret a rendu à la localité, en y introduisant la seule branche de la métallurgie du fer qui y fît jusqu’alors défaut.
- Entravé dans ses premiers esssais de fabrication par l’imperfection des fers qu’il employa cl’aborcl, M. Despret obtint d’excellents résultats dès qu’il fut parvenu à ouvrir avec la Suède des relations directes, et à se procurer, pour les convertir en acier, des fers de Danemora. Assuré de pouvoir fournir au commerce des aciers et des limes de qualité supérieure, M. Despret se décida, en 1847» * les marquer tous de son nom. L’insistance que met M. Despret à réclamer une loi qui impose à chaque fabricant l’emploi d’une marque authentique honore cet habile industriel et témoigne de la confiance qui l’anime.
- L’aciérie de Milourd élabore déjà 120,000 kilogrammes de fer en barre.
- Placé à proximité du bassin houiller du Nord, qui lui fournit le combustible, et du port de Dunkerque où s’importent les fers suédois , ayant déjà surmonté les premières difficultés qui s’attachent à la création d’une nouvelle marque, M. Despret paraît appelé à de nouveaux succès.
- Le jury, appréciant le service que M. Despret a rendu à la fabrication des aciers indigènes, en introduisant le premier cette industrie dans une contrée qui en était dépourvue et qui offre pour cette spécialité de remarquables conditions de succès; appréciant surtout la loyauté dont il a fait preuve en s’imposant à lui-même l’obliga-
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- lion d’une marque authentique; considérant enfin que ses aciers et ses limes, nonobstant les obstacles que lui a suscités cette honorable conduite, sont déjà appréciés par les consommateurs, lui témoigne sa haute- approbation et lui décerne une médaille d’argent.
- Rappel de médaille de bronze.
- M. Louis Auguste GRASSET, h Saint-Aubin-des-Forges ( Nièvre ).
- M. Grasset fabrique au moyen de fontes grises du pays, un acier naturel qui, à raison de son bas prix, 5o francs par 100 kilogrammes, offre à l’agriculture de précieuses ressources.
- Le jury accorde à M. Grasset le rappel de la médaille de bronze qui lui fut décernée en i844-
- Médailles LA COMPAGNIE DES FORGES D’AXAT (Aude).
- de bronze.
- La forge cl’Axât existe depuis un siècle environ; la fabrique d’acier qui y a été annexée depuis i835 élabore les fers que la forge extrait des minerais du pays par une méthode directe propre à cette contrée.
- L’établissement a pour moteur un cours d’eau de la force de 200 chevaux; il comprend un feu de forge à la catalane, où le minerai est converti en fer forgé; 2 fours de cémentation, 4 fourneaux pour la fusion de l’acier, 6 feux de martinets et tous les appareils mécaniques nécessaires pour la préparation des diverses sortes d’aciers. On y fabrique annuellement i4o,ooo kilogrammes d’aciers.
- Parmi les principales sortes d’aciers livrées au commerce, on distingue les aciers corroyés à io5 francs, pour armes et tranchants; les adiers corroyés à 120 francs, pour coutellerie fine; les aciers corroyés à i5o francs, pour taillanderie et outils de forage; les aciers fondus pour limes, au prix de i4o à 200 francs; les aciers fondus à 200 francs, pour rasoirs’, instruments de chirurgie et couteaux à papier ; les mêmes aciers, dits à double fusion, à 2 75 francs ; les aciers fondus pour l’outillage des mécaniciens, à 190 francs; et les mêmes, dits à double fusion, à 245 francs.
- Des attestations de divers consommateurs de ces aciers et quelques essais faits sous les yeux du jury, témoignent de la bonne qualité de plusieurs de ces sortes.
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- Lej ury accorde à la compagnie des forges d’Axat une médaille de bronze.
- M. Barthélemy DEBRYE, à Valbenoîte, près de Saint-Etienne (Loire).
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- L’établissement fondé à SainLElienne, en 1832, fui transporté, en i835, dans son emplacement actuel: il comprend un four de cémentation et seize fours pour la fusion de l’acier. 11 fabrique surtout des aciers fondus étirés pour limes et divers outils. Plusieurs fabricants d’outils ont déclaré au jury qu’ils se servaient avec succès des aciers fondus de cet établissement.
- M. Debrye se loue beaucoup du concours dévoué et intelligent qu’il trouve dans l’un de ses ouvriers, M. Schneel, dit Tobias. Le jury a remarqué, avec intérêt, un modèle d’ordon à quatre martinets exécuté par M. Schneel, et dans lequel se remarquent plu-sieui's dispositions qui paraissent de nature à améliorer le montage de ces sortes d’appareils.
- Le jury accorde à M. Debrye, une médaille de bronze, et, sur la recommandation de M. Debrye, il accorde également une médaille de bronze à M. Schneel, dit Tobias.
- MM. RENODIER, BALLEFIN et C\ à Rives, commune
- » r
- de Valbenoîte, près de Saint-Etienne (Loire),
- Ont exposé deux qualités" d’aciers fondus, étirés, fabriqués avec des fers d’origine française et qui se vendent au prix de 120 et de 15o francs les 100 kilogrammes ; le jury a constaté qu’ils sont recherchés sur le marché de Paris par divers fabricants, et particulièrement par des fabricants de limes. La fabrication annuelle monte à 100,000 kilogrammes.
- Le jury accorde à MM. Renodier, Ballefm et C° une médaille de bronze.
- • *
- MM. EST1ENNE et IRROY fils, à la Hutte, près de Darney (Vosges).
- MM. Eslienne et Irroy fabriquent l’acier naturel au moyen des fontes grises de Comté. Ils livrent au commerce des aciers étirés pour ressorts, socs de charrue et outils de terre, et pour autres usages, au prix de 80 à 100 francs; des aciers corroyés au prix de 100 à
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- i4ofrancs; des aciers deux fois corroyés au prix de i3o à i5ofrancs; des aciers Irois fois corroyés à 160 francs; enfin des ressorts de diverses qualités, qui ont attiré spécialement l'attention du jnry départemental.
- Le jury accorde à MM. Estienne et Irroy une médaille de bronze.
- M. Jules Amédée BARBAZAN, à Userche (Corrèze).
- Depuis la dernière exposition, M. Barbazan a annexé à ses forges d’Userche une aciérie comprenant un four de cémentation et un feu pour acier. Celte aciérie élabore les fers produits dans les usines de la Grenerie et d’Userche, avec les minerais de la localité. Celte nouvelle industrie livre annuellement au commerce 100,000 kilogrammes d’aciers ; le j ury départemental constate qu’elle doit exercer sur la prospérité du pays une heureuse influence.
- Le jury accorde à M. Barbazan une médaille de bronze.
- honorable. COMPAGNIE DES FORGES ET FONDERIES D’ARDON
- (Suisse).
- Convertit en acier, dans une usine située à Saint-Étienne (Loire), les fers qu’elle produit dans les forges d’Ardon (Suisse). Ces aciers sont eux-mêmes convertis partiellement en limes, dans un second atelier que la compagnie possède à Oullins, près de Lyon (Rhône).
- Le jury accorde à la compagnie des forges d’Ardon une mention honorable.
- S 2. LIMES.
- M. Leplay, rapporteur.
- ifmwhiHe M. Jean-Joseph GROB-SCHMIDT, chaussée de Ménil-d’argent. montant, n° 28, à Belleville (Seine).
- Les produits de cet habile fabricant se distinguent par une fabrication soignée. Le jury a été clans le cas de constater que plusieurs consommateurs les recherchent avec empressement.
- Le jury rappelle à M. Grob-Schmidt la médaille d’argent qui lui fut décernée en 1827.
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- M. RAOUL aînc, rue de Popincourt, n° 12, à Paris. Rappels
- de médailles
- M. Raoul continue à se montrer digne de la réputation acquise de bronze, par son père ; tout en conservant la spécialité qui lui était acquise dans la fabrication des petites limes, il a donné plus d’extension à sa fabrication de grosses limes, et celles-ci sont également estimées dans le commerce.
- Le jury accorde à M. Raoul le rappel de la médaille de bronze.
- M. PUPIL, rue des Bourguignons, n° ^3 , à Paris.
- M. Pupil a conservé à ses produits la bonne réputation qui leur est depuis longtemps acquise; plusieurs essais faits sous les yeux du jury témoignent de la bonne qualité de ses produits.
- Le jury accorde à M. Pupil le rappel de la médaille de bronze.
- MM. DÉROLAND et Cie, rue de Ménilmontant, n° k7, à Paris.
- M. Déroland est un des praticiens français qui ont le plus contribué à propager en France, les bonnes méthodes de travail des pays étrangers; il a lui-même introduit d’heureuses innovations dans la trempe des limes.
- Le jury accorde à M. Déroland le rappel de la médaille de bronze.
- M. FROID, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 5o, à Paris.
- Continue à maintenir l’honorable réputation qu’il s’est créée pour la fabrication de la petite lime. Les exportations que cet habile fabricant fait dans les pays étrangers prouvent qu’il s’est élevé au premier rang pour certaines spécialités, et notamment pour les limes de dentistes.
- Le jury accorde à M. Froid le rappel de la médaille de bronze. .
- M. François TABORIN , rue Amelot, n° 52 , à Paris,
- S’est particulièrement adonné à la fabrication des grosses limes destinées aux ateliers de construction; le soin que ce consciencieux fabricant apporte à n’employer que' des aciers de choix explique
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- Médailles de bronze.
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- î’accroissement de sa clientèle, el justifie les attestations honorables qui lui sont accordées par plusieurs consommateurs.
- Le jury accorde àM. Taborin le rappel de la médaille de bronze.
- M. BOULLAND, rue du Delta, n° i5, à Paris.
- Depuis la dernière exposition M. Boulland a apporté de nouveaux soins à perfectionner ses produits ; des essais, faits sous les yeux du jury, attestent l’excellente qualité de plusieurs limes fabriquées avec des aciers de choix indigènes et étrangers.
- Le jury accorde à M. Boulland le rappel de la médaille de bronze. *
- MM. WURSTHORN et Cie, rue Phélippeaux, n° 27, à Paris.
- La compagnie que dirige M. Wurstborn se compose d’ouvriers associés qui ont reçu un prêt de l’Etat. Le principe qui sert de point de départ à leur industrie est de n’employer que des' aciers de choix, provenant des meilleurs fabricants français, et de ne délivrer en conséquence au commerce que des limes de qualité supérieure. En suivant cette ligne de conduite avec persévérance, la compagnie s’assurera les meilleures conditions de succès.
- Le jury récompense les efforts de la compagnie, en lui accordant une médaille de bronze.
- MM. PROUTAT, MICHOT et THOMERET, à Arnay-le-Duc (Côte-d’Or),
- Ont créé récemment dans cette contrée, dépourvue de toute autre industrie, un atelier destiné à la fabrication des petites limes et des principaux outils d’acier, employés dans l’art de l’horlogerie.
- Les produits exposés témoignent des succès déjà obtenus par ces habiles fabricants,-et donnent lieu d’espérer qu’ils pourront prochainement suppléer à ceux que la France tire encore des pays étrangers.
- Le jury récompense les efforts de MM. Proulal, Michot et TI10-meret, en leur décernant une médaille de bronze.
- M. Jacques PICHOT, rue de Charoime, n05 38 et Ao, à Paris.
- Depuis la dernière exposition, M. Pichot a fait de nouveaux pro-
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- grès dans son art; des attestations de plusieurs grands constructeurs de Paris témoignent de la bonne qualité des grosses limes qu’il livre au commerce.
- Le jury accorde à M. Picbot une médaille de bronze.
- MM. TORDEUX et Cle, à La Fère (Aisne),
- Fabriquent des limes en acier fondu et en acier ordinaire; des essais faits en i846, sous les yeux du colonel d’artillerie directeur de l’arsenal de La Fèr.e, ont permis de constater la bonne qualité de leurs produits.
- Le jury, en conséquence, décerne à MM. Tordeux et C*e une médaille de bronze.
- M. Louis-Érasme JACQUET-ROBILLÀRD, à Arras (Pas-de-Calais ),
- Fabrique, dans une usine créée en i836, des limes qui sont appréciées par le commerce ; le jury départemental constate qu’elles sont expédiées dans un grand nombre de départements.
- Le jury accorde à M. Jacquet-Robillard une mention honorable.
- MM. BERANGER frères, rue de la Folie, n° 1, à Orléans (Loiret),
- S’appliquent particulièrement à fabriquer des limes à bon marché pour la consommation courante des petits ateliers de ferronnerie.
- Le jury récompense le zèle de ces ouvriers-fabricants en leur accordant une mention honorable.
- M. OZENNE-MONGINOT, à Breuvanne (Haute-Marne).
- L’industrie que M. Ozenne-Monginot a déjà développée sur une échelle assez considérable consiste à retailler les limes hors de service.
- Le jury accorde à M. Ozenne-Monginot une mention honorable. M. Jacques SOYER, à Nevers (Nièvre),
- Continue à fabriquer des limes avec des aciers cémentés qu’il fabrique lui-même; le jury départemental signale la bonne qualité de ces produits.
- Le jury accorde à M. Soyer une mention honorable.
- Mentions
- honorables
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- Citation
- favorable.
- Rappel :1e médaille dor.
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- M. Jacques-Hippolyte LEPAGE, rue des GravilJiers, n° a8, à Paris.
- Sa ’’principale industrie consiste à. retailler des limes usées, pour les grands ateliers de construction de Paris; il commence également à fabriquer des limes neuves avec des aciers fondus de bon choix.
- Le jury, pour récompenser les efforts de M. Lepage, lui accorde une citation favorable.
- M. Antoine-Paul LEGARDEUR, à Belleville (Seine),
- Fabrique lui-même avec quelques ouvriers, des limes neuves ou retaillées, qu’il livre au commerce à des prix très-modérés.
- Le jury accorde à M. Legardeur une citation favorable.
- § 3. FAUX.
- M. Leplay, rapporteur.
- MM. JACKSON frères, GÉRIN et MASSENET, à Saint-Etienne ( Loire ).
- Depuis l’exposition de i844» où ces habiles fabricants ont été placés au icr rang pour leur fabrication de faux en acier fondu, cette industrie a reçu de nouvelles améliorations et un nouveau degré de développement.
- Ces faux continuent à être fabriquées avec les excellents aciers fondus que MM. Jackson frères produisent avec certaines marques de fers suédois, spécialement appropriées à ce genre de production. Les ventes n’ont cessé de s’accroître pendant les années i846 et 1847, aux dépens des importations allemandes et se sont élevées à environ 3oo,ooo pièces par année. Notamment réduite par suite des événements de i848, laproduction a remonté déjà, pour 1849, au taux de 260,000 pièces.
- Indépendamment de ces sortes, de qualité supérieure, qui se tiennent à un prix plus élevé que celles qui se fabriquent en d’autres parties de la France avec de l’acier ordinaire, MM. Jackson, Gérin et Massenet ont donné un nouveau développement à leur fabrication de faux ordinaires, pour lutter avec les autres fabriques devant le3 acheteurs, trop nombreux encore en France, qui recherchent le bon marché plutôt que la qualité de l’outil. Us ont également intro-
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- duit clans leur usine, sur une grande échelle, la fabrication de l’outil nommé supe, dont les ouvriers belges se servent pour moissonner. Enfin ils ont également entrepris la fabrication des faucilles, forme d’Allemagne; ils livrent aujourd’hui des faucilles en acier fondu, au même, prix que le commerce accorde aux faucilles allemandes d’acier naturel, sur le marché français.
- Ces faits prouvent que, depuis la dernière exposition,MM. Jackson frères, Gérin et Massenet, ont donné à leur fabrication un nouveau degré de perfection, une plus grande importance.
- Le jury, en conséquence, leur rappelle la médaille d’or qui leur fut décernée à celte époque.
- MM. DUMAINE, DORIAN et Cie, à Valbcnoîte, près de
- f
- Saint-Etienne (Loire).
- Ont porté à un remarquable degré de perfection la fabrique de faux en acier fondu qu’ils onteréée à Valbcnoîte, en i843. La production annuelle s’élève déjà à 100,000 pièces, dont 80,000 faux et 20,000 faucilles. Les efforts intelligents de ces fabricants ont contribué à propager l’emploi d’excellents instruments, qui, nonobstant leur prix plus élevé que celui des faux ordinaires, permettent de réduire considérablement les frais de main-d’œuvre dans l’une des branches les plus importantes du travail agricole.
- Le jury récompense les efforts de ces habiles fabricants en leur décernant une médaille d’argent,
- MM. CHALEYER et GRANJON, à Firminy, près de Saint Etienne ( Loire ),
- Ont déjà porté à 5o,ooo pièces leur fabrication annuelle de faux et de faucilles en acier fondu.
- Le jury récompense leurs efforts en leur décernant une médaille de bronze.
- M. François-Constant NIGOD, à Maison-du-Bois (Doubs).
- Fabrique des faux en fer et en acier qui trouvent leur écoulement en France et dans la région de la Suisse qui confine au Jura. Le jury accorde à M. Nicod une mention honorable.
- M. François-Joseph PERNEY, à Luxeuil (Haute-Saône),
- Expose un instrument à battre les faux et faucilles, au moyen
- Médaille
- d’argent.
- Médaille de bronze
- Mention
- honorable
- Citation
- favorable
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- Médaille
- d’argent.
- Rappel e médaille le bronze.
- Médaille e bronze.
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- duquel on peut, sans un apprentissage spécial, remettre ces instruments en état de service.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- S 4. ÉLABORATIONS DIVERSES DE L'ACIER.
- M. Leplay, rapporteur.
- M. SANGUINÈDE, boulevard Poissonnière, n° i/», à Paris.
- Cet ingénieux fabricant s’est spécialemen t appliqué à communiquer aux meilleurs fds d’acier anglais des qualités extrêmement remarquables, au moyen d’un système particulier de trempe et de recuit.
- Le jury a été dans le cas d’apprécier l’importance des applications que l’on peut faire de ces produits, pour tous les usages qui réclament une matière offrant, sous la pins faible dimension, un haut degré de résistance et d’élasticité.
- C’est ainsi que le jury a remarqué les ressorts à boudin employés dans la chapellerie mécanique et dans plusieurs autres industries, les montures de parapluie d’une grande légèreté, etc. Le jury s’est assuré auprès des fabricants qui emploient ces produits que la supériorité en est appréciée par les consommateurs.
- Le jury récompense les services que M. Sanguinède a rendus aux arts qui consomment ses fils d’acier trempé, en lui décernant une médaille d’argent.
- M. Louis ROUSSEAU, rue Beaubourg, n° 5o, à Paris!
- M. Rousseau fabrique des rouleaux et outils d’acier pour le laminage de divers métaux employés dans la bijouterie et l’ornement, et sur lesquels ce laminage même grave des dessins par impression. La gravure des rouleaux se fait avec grand succès au moyen de l’outillage considérable créé par M. Clicquot, fondateur de celte industrie et prédécesseur de M. Rousseau. Ces appareils remarquables permettent d’obtenir économiquement des dessins riches et variés , qu’il serait plus difficile et plus dispendieux d’obtenir par la fonte ou par l’estampage.
- Le jury accorde à M. Rousseau le rappel de la médaillé de bronze qui fut décernée en 1839 à son prédécesseur.
- M. François-Félix CROUSTCH, rué Notre-Dame-de-Na-zareth, n° 19, à Paris,
- Fabrique, avec des aciers fournis parles meilleurs fabricants
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- français, des fdières de loule forme et de toute dimension, à l’aide desquelles divers fabricants et spécialement les bijoutiers et les orfèvres, façonnent les métaux par étirage. Des attestations favorables de plusieurs fabricants de Paris, quelques expéditions en pays étrangers, témoignent des succès obtenus par M. Croustch dans celle spécialité.
- Le jury accorde à M. Croustch une médaille de bronze.
- § 5. GROSSE QUINCAILLERIE.
- M. Lcplay, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Le fer, à raison de la supériorité de plusieurs de ses qualités physiques et de la multiplicité de ses usages, est la matière première d’un grand nombre d’industries, qui le livrent au commerce en quantité considérable et sous des formes très-variées.
- Plusieurs de ces élaborations ont pour objet de pourvoir à des usages très-généraux et même de fournir à d’autres branches d’industrie de nouvelles matières premières ; elles emploient des procédés, et en particulier des moyens mécaniques plus ou moins analogues à ceux qui servent à produire le fer brut : à ce groupe d’industries appartiennent les fabrications de fers en barres de petit échantillon, des fer fendus, de tôles et de fers-blancs. Celles-ci peuvent s’établir sans inconvénient à distance des lieux de consommation ; et l’analogie des moyens de production a naturellement conduit à les annexer aux ateliers qui produisent la matière première brute. Les usines consacrées au moulage de la fonte en première fusion sont nécessairement dans la dépendance des hauts fourneaux qui produisent la fonte liquide; très-souvent, il y a convenance aussi à en rapprocher les ateliers de deuxième fusion.
- Ce groupement naturel des usines à fer a conduit à réunir dans la 3e section, aux hauts fourneaux et aux forges, les
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- usines consacrées aux grandes élaborations dont il vient d’être question.
- D’un autre côté, il existe une multitude d’élaborations du fer qui doivent être nécessairement appropriées aux convenances spéciales à chaque localité et pour ainsi dire à chaque consommateur. Les conditions de l’activité et de la prospérité de ces ateliers sont essentiellement distinctes de celles qui sont propres aux usines à fer proprement dites; leur distribution est à peu près indépendante de la situation des minerais, des moteurs et des combustibles, et ne dépend guère que de la répartition des populations ouvrières et des consommateurs. Les industries de cette nature ont, en général, été réunies dans la section suivante, sous la dénomination générique de serrurerie.
- Les industries qui font l’objet de la présente section sont placées dans une situation en quelque sorte intermédiaire entre les grandes usines à fer et les ateliers de serrurerie. Les fabrications de fils de fer, de clous, de grosse quincaillerie, d’enclumes, d’étaux, de grillages, d’une multitude d’objets destinés à l’agriculture et au jardinage, à l’économie domestique, peuvent réussir également, selon les localités ou les habitudes commerciales à proximité des sources de la matière première, ou sur le débouché même des produits. On ne peut méconnaître toutefois que ces fabrications, d’abord disséminées au milieu des grands centres de consommation, ne tendent peu à peu, à mesure quelles prennent du développement, à se grouper, dans certaines conditions favorables, à distance des populations urbaines.
- Cette tendance est éminemment favorable au bien-être et à la moralité des populations ouvrières, et il serait à désirer que les mœurs et les institutions vinssent, à cet égard, seconder les tendances naturelles de l’industrie.
- Les observations générales, présentées dans le rapport du jury central en i844, relativement aüx industries comprises dans la 4e section, sont encore applicables, pour la plupart, à l’époque actuelle. La fabrication de la grosse quincaillerie,
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- des enclumes, des étaux, des clous, des fers diversement ouvrés , a suivi la voie de progrès, où elle était alors décidément entrée. Le résultat le plus saillant qui se déduise de la comparaison des deux époques est une diminution notable dans le prix marchand des objets manufacturés. Cette diminution de prix est elle-même une conséquence du perfectionnement des moyens mécaniques appliqués à la plupart des fabrications, et surtout d’une baisse prononcée dans le prix des fontes, des fers et des aciers employés comme matières premières.
- M. Claude CHAUFFRIAT, rue de Lyon, n° i36, à Saint-Étienne (Loire),
- Fabrique,sur une grande échelle, les enclumes et les étaux; plus de 200 ouvriers s’appliquent dans ses ateliers à celte spécialité, pour laquelle il s’est créé une réputalion méritée. Ses enclumes se vendent, suivant la qualité et la dimension, au prix de 80 à 1C0 francs les 100 kilogrammes; les étaux, de 100 à 200 francs.
- Le jury accorde àM. Chauffriat une nouvelle médaille de bronze.
- MM. Jean AUBRY et André CHATEAUNEUF, à Valbe-noîte, près de Saint-Etienne (Loire),
- Affinent dans cet établissement, fondé en i846, les fontes au coke de la contrée ainsi que les fontes au bois de Champagne et de Bourgogne; les fers provenant de ce travail et ceux qu’ils tirent directement des forges voisines et de la Franche-Comté, enfin diverses sortes d’aciers indigènes, sont les bases de leur principale industrie, la fabrication des enclumes, des étaux, des ancres et de diverses grosses pièces de forge. Les enclumes, fabriquées au moyen du marteau pilon, se vendent avec garantie d’une année, i3o à i4o francs les 100 kilogrammes; les étaux se vendent i5o à 160 francs, les ancres, au sujet desquelles, MM. Aubry et Châteauneuf se proposent surtout de combattre sur le marché français la concurrence anglaise, se vendent de 80 à 90 francs; enlin, ces fabricants ont également entrepris avec succès la fabrication des soufflets de forge.
- Le jury récormpensc les efforts de MM. Aubry et Châteauneuf en leur accordant une médaille de bronzé.
- Nouvelle médaille de bronze»
- Médailles de bronze,
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- Mentions
- honorables.
- Cilations
- favorables.
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- MM. MAILLART et SCULFORT, à Maubeuge (Nord),
- Ont introduit des perfectionnements dans la fabrication de la grosse quincaillerie, et spécialement dans celle des étaux et des clefs universelles, d’une disposition simple et nouvelle. La plupart des ouvriers employés travaillent à domicile, et l’on remarque que cetle combinaison exerce une heureuse influence sur leur moralité.
- Le jury récompense les elforts de MM. Maillart et Sculfort, en leur accordant une médaille de bronze.
- M. Henri PERRE etC10 à Sainte-Olle, près Cambrai (Nord).
- Leur établissement, créé en i838 et augmenté en 1847, fabrique sur une grande échelle la grosse quincaillerie. Leurs produits, et particulièrement, les étaux, jouissent dans le commerce, d’une bonne réputation.
- Le jury accorde à MM. Perre et Cie une médaille de bronze.
- MM. CAILLET frères, à Donchery (Ardennes),
- S’adonnent spécialement à la fabrication des enclumes; ils produisent en outre des objets de grosse quincaillerie, tels qu’élaux, bigornes, vis de presses, marteaux, etc.; les trois pièces exposées sont d’une bonne fabrication.
- Le jury accorde à MM. Caillet frères une mention honorable.
- M. Louis-Alphonse PHILIPPE, rue de Lappe, n° 44, à Paris,
- Fabrique les bigornes,les marteauxetles cisailles employés parles ouvriers qui élaborent sous diverses formes la tôle et le fer-blanc.
- Les tas d’acier servant au planage de l’or, de l’argent, des plaques de daguerréotype, etc., se distinguent au milieu de ces produits par leur bonne fabrication.
- Le jury accorde àM. Philippe une mention honorable.
- M. Georges HALFTER-MEYER, rue de la Muette, n° 1 bis, à Paris.
- Le jury lui accorde une citation favorable pour ses enclumes et ses étaux, fabriqués avec les bons fers de Champagne et les aciers naturels.
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- M. François-Xavier LAIGNIÉR, à Rethel (Ardennes).
- Le jury accorde une citation favorable à M. Laignier, pour un étau offrant une disposition nouvelle.
- M. Léonard DUBUT, à Cognac (Charente),
- Expose une clef universelle offrant une nouvelle disposition.
- Le jury accorde à M. Dubut une citation favorable.
- § 6. FABRICATION DES CLOUS.
- M. Leplay, rapporteur.
- M. Pierre-Antoine SIROT père, à Trilh-Saint-Léger, près de Valenciennes (Nord).
- M. Sirot père a réussi à fonder une grande industrie sur la seule fabrication des chevilles en fer, en acier et en cuivre employées par les cordonniers. Il emploieannuellement comme matières premières 4oo,ooo à 5oo,ooo kilogrammes de fer, 2,000 kilogrammes d’acier et 10,000 kilogrammes de cuivre. Les succès obtenus par M. Sirot père sont dus principalement à la perfection des moyens mécaniques qu’il a su appliquer à cette spécialité.
- Le jury décerne à M. Sirot père'une nouvelle médaille de bronze.
- MM. LEWILLE et Cie, à Valenciennes (Nord).
- Ces fabricants, qui se distinguent par l’intelligence qu’ils apportent à la direction de leurs opérations industrielles, livrent annuellement au commerce 260,000 à 280,000 kilogrammes de fers façonnés pour la plupart à froid, au moyen de machines, sous forme de clous de toutes grosseurs, et destinés aux usages les plus variés. Ces produits, cl’une fabrication irréprochable, tendent à faire'bais-ser les prix courants des objets analogues fabriqués jusqu’à ce jour par des moyens moins économiques. MM. Lewille et C10 fabriquent eux-mêmes, avec des riblons recueillis dans le commerce, la plus grande partie du fer qu’ils élaborent.
- Le jury se plaît à accorder à MM. Lewille et C‘c une médaille de bronze.
- Nouvelle médaille de bronze;
- Médaille de bronze.
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- Mentions
- honorables
- Citation
- favorable.
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- MM. PAREAU et C‘\ à Montbéliard (Doubs),
- Élaborent annuellement 200 à 2 5o,ooo kilogrammes de ûls de fer, et les convertissent en pointes de Paris, en clous à souliers dits bdquets, en rivets pour tôliers et ferblantiers, en chevilles pour les cordonniers. Tous ces objets sont maintenant fabriqués par des procédés mécaniques.
- Le jury accorde à MM Pareau et C‘° une mention honorable.
- M. Étienne-Félix CADOU, à Chartres (Eure-et-Loir).
- t
- Elabore dans l’usine de la Mulotière (commune de Bérou, arrondissement de Dreux), qu’il a créée en i845, les fers du Nord, de la Champagne et du Berry, sous forme defds de fer. Il convertit, en outre, une grande partie de ces ûls en pointes de toutes formes et de toutes grosseurs. Il joint, à ces industries, la fabrication des pointes de cuivre, qui trouvent emploi dans les constructions navales.
- Le jury accorde à M. Cadou une men tion honorable.
- M. Eugène GOUFFE, rue du Faubourg-Saint-Honoré, n° 2 2 5, à Paris,
- Fabrique avec les fers du Berri des clous à ferrer les chevaux , qui se distinguent par leur bonne fabrication et leur excellente
- Le jury accorde àM. Goufîé une citation favorable.
- § 7. COUTELLERIE.
- M. Goltlcnberg, rapporteur.
- CONSIDERIONS GENERALES.
- Dans les rapports faits aux dernières expositions sur la coutellerie, on a complètement défini la situation de cette industrie en France. Depuis, rien de marquant n’en a changé les conditions. Nous nous bornerons donc à constater les améliorations qui y ont été introduites depuis, sans cependant entrer dans des détails sur la fabrication, qui ne seraient qu’une répétition de ce que nous avons dit il y a cinq ans.
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- Par celle raison , nous nous abstiendrons aussi de parler des rapports qui existent toujours entre la coutellerie de Notent et celle de Paris, lesquelles, se prêtant mutuellement le secours de leurs connaissances et d’un goût exquis, qui préside surtout aux montures de luxe, sont parvenues à réaliser des progrès qui leur permettent de concourir de plus en plus avantageusement avec l’Angleterre et avec l’Allemagne, et même de voir leurs produits préférés, sur bien des marchés, à ceux de ces deux pays, quoique assurément la coutellerie soit placée en France dans des conditions moins favorables que dans plusieurs localités étrangères, notamment à Solingcn et à Sheffield, où cette industrie jouit de nombreux avantages qui ont déjà souvent été constatés.
- Cependant ces avantages sont, jusqu’à un certain point, contre-balancés chez nous par l’union du travail agricole et du travail industriel. Si, d’un côté, la perfection de certains produits manufacturés peut en souffrir, de l’autre, l’existence de l’ouvrier en est plus assurée, et cette double ressource lui permet de produire souvent à meilleur marché que l’ouvrier qui est absolument réduit au travail industriel.
- Quant à Nogent, cette dernière considération, relative à la perfection du travail, ne peut lui être appliquée, ou se trouve au moins singulièrement amortie par suite de son alliance avec l’industrie coutelière de Paris, laquelle, par sa proximité et sa supériorité, lui permet de rivaliser avec les plus beaux produits étrangers et même de les surpasser très-souvent dans le travail de la coutellerie de luxe.
- Quant à Thiers, sa situation est différente par suite de son grand éloignement de Paris. Thiers est réduit à ses propres ressources; aussi sa coutellerie de table et ses couteaux fermants sont loin d’atteindre le degré de perfection des objets analogues sortant des ateliers de Nogent. Mais ce que Thiers peut et doit faire, c’est d’améliorer sa coutellerie ordinaire, qui est celle de la grande consommation. Les fabricants doivent, non-seulement s’appliquer à produire des couteaux de table à bon marché, mais encore s’efforcer d’adopter les formes
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- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
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- nouvelles, généralement reçues, et donner une meilleure qualité aux lames, en remplaçant, pour bien des articles, l’acier brut par l’acier fondu. En un mot, la coutellerie de Thiers ne peut manquer de se développer avantageusement, si, dans sa fabrication des couteaux de table, des couteaux fermants et des rasoirs, elle veille également aux formes, à la bonne qualité des lames et à une monture soignée.
- Aussi le jury s’estime-t-il heureux de pouvoir constater dans les produits exposés par les fabricants de Thiers une amélioration sensible. Les conseils renfermés dans les considérations de i844 ont porté leurs fruits; encore quelques nouveaux efforts, et il n’y a nul doute que Thiers, dans sa production de la coutellerie de grande consommation, ne parvienne à joindre le bon marché à la bonne qualité.
- M. Dominique LAPORTE, rue des Filles-Saint-Tliomas, n° 12, à Paris.
- La bonne réputation que M. Laporte s’est acquise dans la fabrication de la coutellerie de luxe pour la table,n’a pas été démentie par son exposition de celte année; aussi peut-on le regarder comme un des premiers fabricants en ce genre, tant en France qu’à l’étranger. Ses modèles sont très-variés et se distinguent généralement par l’élégance et la richesse de leui's montures et par l’excellente qualité de leurs lames.
- M. Laporte, par les soins minutieux qu’il porte à sa fabrication, peut non-seulement concourir avantageusement avec l’Angleterre, mais ses produits, exportés en grande partie, commencent à être préférés à ceux de nos voisins d’outre-mer.
- Aux précédentes expositions, M. Laporte a obtenu deux médailles de bronze et une médaille d’argent; le jury, pour reconnaître les efforts et les succès de cet habile fabricant, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. Charles-Joseph LAMORY, rue de Charenton, n°* 4 i et 43, à Paris.
- Il a succédé depuis quelques mois à M. Gillet, après avoir été son associé de travail et d’intérêt depuis quatre ans.
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- La fabrication des rasoirs forme la spécialité de cette maison, qui fut fondée en i8o3; ses produits jouissent à juste litre d’une bonne réputation dans le commerce et unissent, à la qualité et à la perfection du travail, la modicité des prix.
- M. Gillet a obtenu, aux précédentes expositions, une citation favorable, une mention honorable, une médaille de bronze et une médaille d’argent, accordée en i834 et rappelée deux fois depuis. Le jury, pour engager M. Lamory à persévérer dans la bonne voie que son prédécesseur n’a jamais quittée, lui accorde de nouveau le rappel de la médaille d’argent.
- M. LÀNGUEDOCQ, rue Saint-Honoré, if 138, à Paris.
- Le jury a accordé en i844i à M. Languedocq, le rappel de la médaille d’argent que son prédécesseur, M. Gavel, avait obtenue en 1823 et en 1827. Les efforts que ce fabricant intelligent fait pour soutenir la réputation de sa maison lui ont valu encore, cette année, de la part du jury central, un second rappel de cette mé-, daiile.
- M. GUERRE, à Langres (Haute-Marne).
- 11 a. contribué puissamment au perfectionnement de la coutellerie de Langres et de Nogent, par la création de nouveaux modèles, qui se distinguent généralement par leur forme artistique et une combinaison ingénieuse. Les ciseaux et couteaux fermants envoyés à l’exposition en sont une nouvelle preuve. Il est un des premiers couteliers de France, et ses produits sont souvent exportés en Perse et dans l’Amérique du Sud.
- Le jury, appréciant le mérite de M. Guerre dans la fabrication delà coutellerie,lui accorde la médaille d’argent.
- MM. GRANGE et PRODON-POUZET, rue Grénetat, n° 39, à Paris.
- M. Grange, commerçant à Paris, s’est associé à M. Prodon-Pou-zet, fabricant à Thiers, lequel s’occupe spécialement de la fabrication des couteaux fermants. Il a obtenu en i844 une médaille de bronze, pour les beaux produits qu’il avait envoyés à l’exposition.
- il. 24
- Médaille d argent.
- Nouvelles médailles de bronze.
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- Rappels
- de
- médailles de bronze.
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- — 0/0 —
- Le jury, en considération des efforts queMM. Grange etProden-Pouzet ont faits pour développer la fabrication deThiers, en améliorant les qualités et en perfectionnant le travail, leur décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. Jean-Baptiste VAUTHIER, rue Dauphine, n° ho, a Paris.
- /
- L’esprit inventif et l’exécution habile que M. Vautbier apporte à la fabrication clés couteaux fermants a été constaté par le jury à chaque exposition. Celle année M. Vautbier a ajouté quelques nouveaux perfectionnements à ses couteaux pour manchots, s’ouvrant et se fermant d’une seule main. 11 fabrique encore des sécateurs tout en acier, très-légers et néanmoins très-solides, car les branches en sont trempées au degré de ressort et par conséquent ne peuvent être forcées.
- Le jury, pour récompenser cet industriel ingénieux, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. FRESTEL, à Saint-LÔ (Manche).
- 11 est un des plus anciens couleliers.de France. Ses couteaux fermants et ceux pour jardiniers, ainsi que ses rasoirs, se distinguent par une fabrication soignée et une qualité irréprochable.
- Le jury, en considération de la persévérance qu’il a mise dans son travail lui donne un nouveau rappel de la médaille de bronze accordée en i83g.
- M. Edme PARIZOT, rue Richelieu, n° 113, à Paris.
- Le jury a pu se convaincre que, depuis la dernière exposition, M. Parizot a dignement soutenu le nom de sa maison. Ses couteaux de table cle luxe, ses couteaux fermants, et ses nécessaires élégants, démontrent les soins minutieux et l’ingénieuse combinaison que ce fabricant apporte clans tous ses produits.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze accordée en 1844-
- M. BERGOUGNAN, Passage-des-Tanneurs, n° 55, à Paris.
- Il a exposé de la coutellerie de table qui se distingue par sa belle confection et par une monture très-solide.
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- M. Bergougnan a reçu en i83g la médaille de bronze; le jury aujourd’hui la lui rappelle.
- M. N AVARON-DUMAS, au Besset près Thiers (Puy-de-Dôme).
- Il s’occupe spécialement de la fabrication de rasoirs. Déjà avantageusement cité à la dernière exposition, il mérite encore des éloges cette fois-ci. Ses rasoirs se distinguent autant parleur bonne confection que par leurs prix modérés.
- Le jury rappelle à M. Navaron-Dumas la médaille de bronze qu’il a reçue en i844.
- M. Bernard MAILLES, rue Saint-Honoré, n° 1 4 , à Paris.
- Ce fabricant a exposé un grand assortiment de coutellerie, parmi lequel le jury a distingué des couteaux de cuisine d’une belle confection et d’une excellente qualité. Ils ont acquis à celte maison une réputation de supériorité marquée.
- Le jury, appréciant la bonne fabrication de M. Bernard Mailles, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Claude-Théophile MARMUSE, rue du Bac, n° 28, à Paris.
- M. Marmuse a exposé de la coutellerie de table, à montures lâches et élégantes; ses produits se distinguent généralement par leurs belles formes et par une confection soignée.
- Il a obtenu, en i844, la mention honorable; aujourd’hui le jury, reconnaissant que ce fabricant fait des efforts continuels pour perfectionner ses produits, lui accorde la médaille de bronze.
- M. Gustave-François PICAULT, rue Dauphine, n° 82, à Paris.
- M. Picault a exposé un grand assortiment de coutellerie. Le jury central a remarqué parmi les objets qui le composent les couteaux serpette et les couteaux de table, tranchant de scie, et surtout Youvre-huîlre, instrument d’une exécution aussi simple qu’ingénieuse.
- M. Picault a obtenu la mention honorable en i844- Aujourd’hui, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- ?.4.
- Médailles de bronze.
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- Rappels
- de
- mentions
- Dnorables.
- déniions >norablcs.
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- M. Étienne LANNE, rue du Temple, n° 42, à Paris.
- M. Lanne compte 32 ans de travail dans l’industrie de la coutellerie, et la bonne réputation qu’il s’est acquise lui a permis de fonder un établissement d’une certaine importance, sans autre aide que ses bras et son intelligence.
- M. Lanne a obtenu une citation favorable en i834, une mention honorable en i83q et en 1844- Aujourd’hui, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. DORDET, passage Choiseul, à Paris.
- Le bel assortiment de coutellerie de luxe que M. Dordet a exposé se distingue autant par le goût et l’élégance de ses montures que par la bonne qualité de ses lames.
- M. Dordet a déjà obtenu, aux précédentes expositions, la mention honorable; le jury, lui accorde aujourd’hui la médaille de bronze.
- MM. TIXIER-GOYON, à Thiers. (Puy-de-Dôme).
- Ils ont exposé une belle collection de couteaux fermants et de ciseaux, qui se recommandent autant par leur bonne fabrication que par leurs prix modérés.
- MM. Tixier-Goyon ont obtenu 3 mentions honorables aux précédentes expositions; le jury les engage à persévérer dans la bonne voie et leur accorde aujourd’hui la médaille de bronze.
- M. DELACROIX, passage Choiseul, n° 35, à Paris.
- Il a exposé de la coutellerie riche pour table.
- Ce fabricant a reçu deux mentions honorables aux précédentes expositions ; le jury lui l’appelle ces mentions.
- M. CHEMELAT, rue du Hoùssaye, n° 5, à Paris.
- Il s’applique principalement à la fabrication des rasoirs pour perruquiers. Il a obtenu deux mentions honorables aux précédentes expositions; le jury lui en accorde le rappel.
- MM. JEANNINGROS frères, à Ornans (Doubs).
- Ils ont exposé des rasoirs à lame mobile, en acier fondu, d’une
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- confection ingénieuse et d’un ajustage très-soigné. Ces rasoirs commencent à jouir d’une bonne réputation, et méritent, delà part du jury, à MM. Jeanningros, la mention honorable.
- M. François-Pierre MARQUIS, rue Saint-Honoré, n° 338, à Paris.
- Il a exposé de la coutellerie richepour table et des armes blanches de fantaisie.
- Le jury central récompense M. Marquis de la belle confection de ses produits par une mention honorable.
- M. Joseph CHAPUT et GUÉRIN jeune, à Thiers (Puy-de-Dôme).
- Ils ont exposé une belle collection de couteaux fermants, qui se recommandent par leur bonne confection et leurs prix modérés; ils ont été jugés dignes d’une mention honorable par le jury.
- M. Pierre SAUVAGNAT, à Thiers (Puy-de-Dôme).
- Le jury décerne une mention honorable à M. Sauvagnat, pour les couteaux fermants exposés par ce fabricant, qui se distinguent par leur belle confection et la bonne qualité de leurs lames.
- M. LAGARDE, manœuvrier à Limoges (Haute-Vienne).
- Il a exposé des rasoirs, des couteaux de table et de chasse d’une belle et bonne confection.
- Il a obtenu une citation favorable en i83g et i844; aujourd’hui le jury lui décerne la mention honorable.
- M. Pierre MAYET, place Maubert, n° 1 , à Paris.
- M. Mayet, fabricant de rasoirs, obtient du jury le rappel de la citation favorable reçue en i844-
- M. Lefranc THUILLIER, à Nogent (Haute-Marne).
- Il a exposé des ciseaux d’un beau travail.
- Ce fabricant expose pour la première'fois; le jury lui accorde la citation favorable.
- K a ppel de citation favorable.
- Citations
- favorables.
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- MM.PETIT-PAS et BORDET, à Brévanncs (Haute-Marne).
- Les couteaux fermants et les couteaux de cliasse que MM. Petit-Pas et Bordet exposent, et qui sont fabriqués avec beaucoup de soin, leur valent une citation favorable de la part du jury.
- M. Eugène-Nicolas MASSOUILLE, rue Sainte-Avoye, n° 6/t, à Paris.
- Ce fabricant obtient une citation favorable pour les outils de chapellerie qu’il a exposés.
- M. Louis-Célestin CARTON, rue Monsigny, n° 10, à Paris.
- M. Carton a exposé des couteaux fermants dits solairest c’est-à-dire portant dans le bout du manche une petite boussole marquant l’heure.
- Le jury, appréciant l’idée ingénieuse de ce fabricant, lui accorde la citation favorable.
- M.'Antoine VERDIER, à Thiers (Puy-de-Dôme).
- Le jury accorde à M. Verdier la citation favorable, pour ses couteaux de table et de cuisine, qui sont d’une confection soignée et de prix très-modérés.
- M. Philippe ALLARD, rue des Deux-Portes-Janvier, n° 2 7, à Paris.
- Le jury lui .rappelle la citation favorable qui lui a été accordée en i844, pour ses tranchets de cordonniers.
- MM. PETIT frères, à Nontron (Dordogne).
- Ils ont exposé des couteaux fermants à des prix très-modérés, ainsi que des couteaux nains, dont douze sont renfermés dans un noyau de cerise.
- Le jury lui donne la citation favorable.
- M. DELCROS, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- Le jury accorde à M. Delcrosla citation favorable, pour les couteaux fermants d’une belle fabrication qu’il a exposés.
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- M. Justin CHARBONNÉ, à Nogent (Haute-Marne).
- Il produit des ciseaux de tailleur, qui lui méritent de la part du jury une citation favorable.
- M. Étienne NAVARRON-DUMAS, au Besset (Puy-de-Dôme).
- Les rasoirs de ce fabricant lui valent une citation favorable de la part du jury.
- M. Ambroise THIERRY, rue Thiroux, n° 8, à Paris.
- Le jury lui accorde la citation favorable pour ses ciseaux de tailleur.
- M. Emile COMBES, à Nogent (Haute-Marne).
- Le jury accorde la citation favorable à M. Combes, pour les couteaux fermants qu’il a exposés.
- M. MAZIN, rue Saint-Maur-du-Temple, n° 1 oo, à Paris.
- Le jury accorde la citation favorable à M. Mazin, pour ses couteaux de peintre.
- M. Mathieu BORY, à Saint-Étienne (Loire),
- 11 îeçoit de la part du jury une citation favorable, pour la coutellerie de table à bas prix qu’il a exposée.
- S 8. SOUFFLETS DE FORGE ET FORGES PORTATIVES.
- M. Leplay, rapporteur. ,
- M. DELAFORGE, rue de Pontoise, nos i a et i U, à Paris.
- M.'Delaforge continue à se maintenir au rang distingué où il s’était élevé clans la précédente exposition, pour la fabrication des forges portatives et des soufflets de forge et de fonderie. On remarque parmi les produits exposés un soufflet articulé, d’un petit
- ' Nouvelle* médailles de bronzt
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- volume, très-convenable pour les bateaux à vapeur, pour les voyages, etc.
- Ses produits sont toujours recherchés, par l’industrie privée, parles arsenaux militaires français, et même par les consommateurs étrangers.
- Le jury décerne à M. Deîaforge une nouvelle médaille de bronze.
- M. Edme ENFER, rue de Malte, n° 32, à Paris,
- A introduit des innovations remarquables dans la construction des soufflets portatifs pour le service des ateliers où s’élaborent les métaux et des laboratoires de chimie ; on remarque particulièrement parmi les produits exposés par M. Enfer, une table d’émail-leur, des ventilateurs à engrenage fixe ou mobile, destinés à divers usages, et surtout ses soufflets cylindriques en cuir, réunissant plusieurs avantages qui manquent ordinairement aux appareils de cette espèce: les cuirs, montés avec des cercles et des vis de rappel, sont d’une réparation facile-, ils sont complètement préservés contre les causes extérieures de détérioration, par des enveloppes métalliques, qui font d’ailleurs partie intégrante du système soufflant et qui permettent d’accroître l’effet utile de T appareil, de réduire le volume au-dessous des dimensions ordinaires, d’obtenir un débit très-régulier, etc. Une nombreuse correspondance, mise sous les yeux du jury, témoigne de l’estimé accordée par l’industrie aux produits de M. Enfer.
- Le jury se plaît à récompenser les efforts incessants faits par M. Enfer, pour le perfectionnement de son art, et lui accorde une nouvelle médaille de bronze. *
- Médailles M. Xavier MOUSSARD, faubourg du Temple, passage le bronze. Joinville, nos y et 9, à Paris.
- Cet ingénieux mécanicien expose des forges fixes ou portatives, entièrement construites en métaux et qui se distinguent par la simplicité et'la solidité du système soufflant, et surtout par la disposition qui permet de mettre à profit la chaleur perdue du foyer pour réchauffement de l’air qui y est projeté. On remarque aussi, parmi les produits exposés, un soufflet de boucher d’une bonne disposition.
- Le jury accorde à M. Moussard une médaille de bronze.
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- M. François POPINO-RABIER,'à Rennes (Ille-et-Vilaine),
- Expose un soufflet en cuir, à double mouvement angulaire, à quatre soupapes et à vent continu; cet appareil se distingue par l’énergie du vent obtenu d’un volume donné : il se recommande aussi par un prix très-modéré.
- Des attestations honorables prouvent qu’on en fait usage avec succès dans les arsenaux de la marine militaire.
- Le jury accorde à M. Popino-Rabier une médaille de bronze.
- M. Joseph GIROD, rue de la Comédie, à Montauban (Tarn-et-Garonne),
- Expose un soufflet de forge d’une construction simple, peu sujet aux dégradations, et dont le montage et les réparations s’opèrent avec facilité.
- Le jury accorde à M. Girod une mention honorable.
- M. Adolphe-Pierre-Jean LERICHE, à Charleville (Ardennes),
- Expose un soufflet de forge d’une construction simple et d’un prix modéré.
- Le jury accorde à M. Leriche une citation favorable.
- M. Nicolas-Jacques MULLER, rue de Chabrol, n° 37, à Paris,
- Expose une forge portative destinée aux ouvriers doreurs, et ayant pour but, de les préserver contre l’influence délétère des vapeurs mercurielles ; il est à désirer que le principe sur lequel est fondé cet appareil puisse s’introduire dans la pratique des ateliers.
- Le jury accorde à M. Muller une citation favorable.
- § 9. OUTILS.
- M. Pecqueur, rapporteur.
- M. RENARD, rue des Graviiliers, n° 28, à Paris.
- M. Renard avait obtenu la médaille de bronze en 1839, pour ses excellents outils, dont il était déjà en possession de fournir les
- Mention
- honorable.
- Citations
- favorables.
- Médaille
- d’or.
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- graveurs en taille douce. En i844, il obtint la médaille d’argent, pour la grande part qu’il avait prise à la création d’instruments variés remplissant les conditions posées par les artistes, ainsi que pour la méthode qu’il a su se former pour distinguer les outils propres à produire des nuances déterminées.
- Cette année, M. Renard se présente avec de nouveaux titres. 11 a exposé trois cadres, dans lesquels figurent environ 45o outils et instruments d’acier et de cuivre, classés avec leur destination et leur prix.
- Parmi ces outils, plusieurs ont été notablement perfectionnés depuis la dernière exposition; par exemple, ses échappes à traits ont reçu une perfection telle, que partout où on les connaît, on les préfère. Ses burins pour la fine horlogerie, qui coupent l’acier trempé revenu jaune paille, sans être cassants comme les anciens, sont aussi très-recherchés; ses porte-burins et porte-pointes ont été adoptés des artistes aussitôt qu’ils ont été connus, à cause de leur justesse et de l’économie qu’ils procurent.
- En 1846, M. Renard a commencé à faire employer aux graveurs en armes de Paris et de Saint-Etienne des petites roulettes pour ombres, et d’autres, plus fortes, pour faire les terrains et les arbres. Le succès a été complet, surtout pour les animaux et les petites figures des parties de chasse : on fait mieux et en moins de temps.
- M. Renard a aussi perfectionné ses petits porte-fraises, dont il a presque réduit le prix de moitié. Il a également perfectionné ses règles mobiles dites T tournants, qu’emploient les graveurs en plans. C’est lui qui fournit les dépôts de la guerre et de la marine de France et d’Espagne.
- Il a acquis une grande vogue à l’étranger, surtout en Espagne, où l’on ne veut plus, généralement, que des outils portant sa marque. Les 4/5c* environ de sa fabrication passent nos frontières.
- M. Renard a aussi exposé une épreuve d’un nouveau berceage sur acier, par un procédé mécanique de son invention. Cette épreuve, qui n’a reçu aucune retouche, représente la tête d’une jeune fille d’un fort bel effet. Pour cet essai, il avait construit une petite machine. Encouragé par ce premier succès, il entreprit la construction d’une grande machine, qu’il achève en ce moment, avec laquelle il pourra faire des gravures de im,5o de hauteur.
- Un esprit aussi courageux, aussi méthodique et aussi persévé-
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- rant que celui de M. Renard, qui perfectionne tout ce qu’il touche et invente ce qui est utile, mérite d’être placé au premier rang.
- Le jury lui décerne la médaille d’or.
- M. Achille JOLÏOT, rue de la Barillerie, n05 i3 et 15, à Paris.
- M. Joliot a exposé un tour d’amateur, à guillocher et à torse d’une superbe exécution.
- Ce tour a été exécuté sous sa direction, dans son atelier, où il occupe 3 à 4 ouvriers. Pour le rendre aussi parfait que possible, il y a apporté les modifications suivantes :
- x° La pédale correspond par ses deux extrémités à deux vilebrequins de l’arbre placé sous le banc, qui porte les roues à corde.
- 2° Cet arbre est supporté de manière que, quand on le fait monter ou descendre, pour tendre les cordes, il marche également à ses deux extrémités.
- 3° Le mécanisme approprié pour l’exécution des pas de vis ou du torse est composé d’un plateau fixé sur l’arbre du tour, d’une vis à filets carrés placés parallèlement à cet arbre, d’engrenages variés, pour changer les vitesses relatives de l’arbre et de la vis. Le bord du plateau, étant engagé dans les filets de la vis, fait marcher l’arbre plus ou moins vite dans la direction de sa longueur, et fait des pas plus ou moins allongés.
- 4° Sur le nez du tour sont montés deux plateaux tournants, qui, en se-déployant, doublent l’excentricité, et,,en tournant l’un sur l’autre, donnent la facilité de faire des dessins d’une variété infinie.
- 5° Le mandrin universel et le support à chariot sont disposés de manière à s’incliner au besoin.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Joliot.
- M. Léandre-François LESAGE, rue Lanzin, n° 16, à Batignolles (Seine).
- M. Lesage a exposé une cisaille pour métaux d’un nouveau genre, et pour laquelle il est breveté.
- Elle est d’une disposition commode. Avec cette cisaille, on peut couper avec précision des bandes de tôle, des fonds ronds, et même ouvrir des trous carrés ou carrés longs dans le milieu d’une planche ou cl’un morceau de planche.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- Rappel de mention honorable.
- Mentions
- honorables.
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- M. PAROD, rue Plâtrière, n° 80, au Pré-Saint-Gervais (Seine).
- Il a exposé des sécateurs, des onglets, des porte-forets à hélice, des filières, etc., et une collection d’outils à l’usage des graveurs et des tourneurs. Tous ces objets, exécutés dans les meilleures conditions , méritent à M. Parod le rappel de la mention honorable qu’il avait obtenue, en i83g, pour des outils semblables.
- M. Denis DELAHAYE, rue Chapon, n° 10, à Paris.
- M. Deîahaye a mis à l’exposition deux laminoirs à rouleaux d’acier fondu dits débitants, à l’usage des orfèvres et des bijoutiers ; un outil à couper des anneaux ; un outil à modeler et un outil à tarauder le fil métallique, pour la fabrication du bijou filigrane. 11 a aussi exposé des rouleaux gravés qui s’emploient dans l’orfèvrerie.
- M. Deîahaye se livre spécialement à la confection des outils ci-dessus. Le soin qu’il met dans le choix des matières premières, dans la précision des ajustements et du fini, porte le jury central à lui accorder une mention honorable.
- M. Denis-Robert YOUF, rue de la Barillerie, n° 1, à Paris.
- M. Youf a exposé deux tours en fonte avec l’outillage nécessaire. Ils sont montés sur leur banc en fonte et en bois : l’un est un tour ordinaire, l’autre est un tour d’amateur, à guilloclier et à torses, dont toutes les parties qui le composent sont d’un beau fini.
- M. Youf a apporté à son tour à guilloclier des modifications, i° dans la manière de faire monter et descendre la roue, afin de tendre les cordes; 2° dans la manière d’arrêter l’arbre du tour, lorsqu’on veut s’en servir comme tour en l’air; 3° en renversant les chanfrins de la pièce à coulisse qui porte le nez ; 4° enfin, en serrant, au moyen d’une bague et d’une vis, un cylindre fondu, dans lequel passe la colonne du support à l’anglaise de ce tour.
- Toutes ces modifications sont compliquées.
- Ce qui sert de clef pour arrêter l’arbre et le coulisseau du mandrin à ovale n’apparaît pas au jury comme un perfectionnement.
- C’est en raison de la belle exécution de ses tours, construits dans ses propres ateliers, que le jury accorde une mention liono rable à M. Youf.
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- M. Louis VERDUN, à Angers (Maine-et-Loire).
- M. Verdun a exposé divers outils à l’usage des maréchaux-ferrants, savoir :
- Deux Iricoises, dont une polie et l’autre noire;
- Deuxbrochoirs, l’un poli, l’autre noir;
- Deuxferrotiers, l’un poli, l’autre noir;
- Un buttoir.
- Ces outils sont très-bien exécutés.
- La bonne exécution de ces outils porte le jury à les citer favorablement.
- Citations
- favorables.
- M, BORDEAUX fils, à Beaulieu (Orne).
- Il expose plusieurs filières d’un fini remarquable. Le jury le cite favorablement.
- § 10. AIGUILLES.
- M. Amédée Durand, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Cette industrie, objet constant de la sollicitude de l’administration publique et des jurys qui se sont succédé dans nos différentes expositions, semble vivre sous la pression continue de circonstances défavorables. Les efforts faits en sa faveur, ou ont trompé les espérances qui s’y attachaient, ou ont ajouté aux entraves qui pesaient sur elle. Ainsi elle avait sollicité et obtenu une récompense de premier ordre, comme recommandation indispensable pour conquérir la confiance des consommateurs, et l’écoulement de ses produits n’a reçu que peu de développements; ainsi encore elle avait réclamé une grande élévation de droits protecteurs, et cette grande élévation même s’est réalisée à son détriment, car elle a offert à la contrebande une prime telle qu’on évalue aux quatre cinquièmes des aiguilles consommées en France la quantité qui y entre par cette voie coupable.
- D’autres circonstances désastreuses sont venues l’assaillir, et, parmi celles que la prudence humaine ne saurait prévoir,
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- Médaille
- d’argent.
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- il faut placer un changement de mode qui d’ahorcl a frappé l’Allemagne en servant momentanément les intérêts de l’Angleterre. La substitution d’un trou rond au trou carré a été un événement grave dans l’industrie des aiguilles. Le changement d’outillage qu’elle nécessitait n’a été opéré généralement qu’après une opposition fondée sur l’espoir d’un retour de la mode touchant un abandon, il faut le dire, assez peu justifié.
- Les fabriques allemandes avaient pris parti pour la résistance; mais, se voyant abandonnées par la consommation, elles ont accompagné de tels progrès leurs efforts pour la reconquérir, que l’invasion rapide des produits anglais dans les qualités moyennes n’a eù qu’une courte durée. Aujourd’hui, elles sont maîtresses absolues sur leur propre sol.
- Les fabriques allemandes inondent le nôtre de leurs produits, surtout dans les numéros pour lesquels le transport est presque nul et la surveillance de la douane à peu près impossible. En outre, ces fabriques travaillent dans des conditions de salaire bien plus favorables que les nôtres; elles puisent largement à même une population ouvrière nombreuse, bien groupée et traditionnellement habituée à ce genre de travaux. Enfin la matière première des aiguilles fines ne leur fait pas défaut, comme à nous, et leur est, au contraire, fournie à bas prix et de très-bonne qualité.
- Pendant que l’Allemagne pèse sur nous par ses produits de dimension moyenne, l’Angleterre introduit, par les voies déloyales de la contrebande, des produits d’une telle finesse et d’une telle perfection, qu’ils se placent à des prix comparativement fabuleux.
- C’est contre des adversaires aussi bien posés que notre industrie lutte avec un courage dont le pays doit se montrer reconnaissant. Le jury central, interprète de ses sentiments, a jugé dignes de ses récompenses les fabricants dont les noms suivent :
- M. TAILLEFER, à L’Aigle (Orne).
- Continuateur intelligent d’une entreprise dont on (avait trop
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- présumé , M. Taillefer n’a poinl failli à la lourde tâche qui lui était échue.
- Parmi les produits qu’il a exposés, on a remarqué une aiguille sans cannelure au-dessous du chas, et en portant une dan.sla tête,de manière à loger convenablement le fil. Celui-ci, protégé, dès lors, par le corps de l’aiguille qui le précède, sans intervalle, éprouve moins de résistance à son entrée dans l’étoffe.
- Cette importation atteste la vigilance de M. Taillefer pour maintenir son établissement au niveau de tous les progrès ; elle vient ajouter à ses litres, fondés sur les produits nombreux et variés qu’on a remarqués à son exposition.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. MASSUN et fils, à Metz (Moselle).
- La fabrique d’aiguilles de Metz fut fondée en 1842, et, à l’exposition de i844, une médaille de bronze lui fut accordée. Depuis lors, des circonstances malheureuses ont pesé sur elle, et aujourd’hui c’est sous la direction provisoire de MM. Pappel et Gaspard qu’elle se présente à l’exposition. Le jury du département de la Moselle se plaît à reporter sur ces habiles directeurs le mérite des produits exposés, ainsi que celui de la bonne direction morale donnée depuis lougtemps aux ouvriers que celte usine emploie.
- C’est à ce double titre que le jury central décerne à MM. Pappel et Gaspard, exposant sous la raison Massun et fils une nouvelle médaille de bronze.
- MM. NEUSS, à Vaise, Lyon (Rhône).
- La fabrique de MM. Neuss se présente pour la première fois à l’exposition de i844, elle occupait alors i5o ouvriers, nombre resté permanent depuis cette époque. Ses travaux comprennent aujourd’hui une tréfilerie, dans laquelle sont travaillés des aciers de la Loire, dont les qualités sont chaque jour en progrès.
- Les produits de cet établissement ont figuré très-dignement à la présente exposition, et le jury lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- MM. ROSSIGNOL frères, à L’Aigle (Orne).
- MM. Rossignol frères, qui, depuis 1820, ont joint à leur ancienne fabrication d’épingles celle des aiguilles, qui leur ont valu,
- N ou vd les médailles 3e bronze.
- Mention honorable.
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- en 1834 , la médaille de bronze, ont fait figurer à cette exposition un produit qu’ils ont nommé aiguille-navette. C’est la reproduction de l’instrument fondamental du métier à broder que M. André Koechlin, de Mulhouse, avait exposé dans cette même année i834-Ce produit nouveau, quant à son emploi à la main, n’a pas encore eu le temps de subir l’épreuve de l’expérience.
- Le jury mentionne honorablement cette tentative, dont le succès ne peut être que d’une importance bien secondaire pour une maison aussi recommandable que celle de MM. Rossignol.
- SECTION QUATRIÈME.
- S 1". QUINCAILLERIE.
- M. Gotdenberg, rapporteur.
- ^CONSIDERATION GENERALES.
- La quincaillerie est une des branches de l’industrie qui ont le plus souffert des commotions politiques qui ont agité et qui agitent encore plusieurs pays de l’Europe, et elle éprouve une peine infinie à remonter au degré de prospérité qu’elle avait atteint avant ces événements.
- C’est dans les conditions de son existence même et dans ses éléments de production que nous devons rechercher les causes de cette souffrance, car la majeure partie de ses produits sont employés par les constructeurs de bâtiments, les fabricants de meubles, la carrosserie, la sellerie, etc., et il faut qu’il règne une paix et une sécurité profonde dans le pays, pour faire couler avec abondance ces sources de consommation.
- Cependant nous sommes heureux de constater que, malgré la crise terrible occasionnée par la stagnation des affaires qu’elle vient de traverser, les ouvriers employés dans la fabrication de la quincaillerie sont de ceux qui ont eu le moins à souffrir de cette diminution extraordinaire de leur travail. Plusieurs causes y ont contribué :
- i° La plupart des articles composant la fabrication de la
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- quincaillerie, sont le produit d’un travail manuel/qui exige un long apprentissage et une grancle habileté d’exécution de la part de l’ouvrier; par ces motifs, l’ouvrier est généralement bien payé, et peut gagner de 3 à 6 francs par jour et même plus; par conséquent, ce salaire lui permet de faire quelques économies pour les mauvais jours.
- En ou Ire, par son adresse à manier le marteau, la lime et le burin, il parvient facilement à fabriquer quelques autres produits que ceux qui ressortent de sa profession; c’est ainsi que nous avons vu plusieurs établissements s’appliquer avec ardeur et succès à la fabrication d’armes blanches et d’armes à feu, et réussir, de cette manière, à occuper leurs ouvriers.
- 2° D’autres fabricants qui, à force de peines et de sacrifices, étaient parvenus à former une colonie de bons ouvriers, ont fait les plus grands efforts pour conserver une organisation de travail si précieuse. Ils ont consacré tous leurs capitaux à la continuation de leurs travaux industriels, convaincus qu’il vaut encore souvent mieux placer son argent dans de bons produits manufacturés, que de le conserver en écus. Les ouvriers, de leur côté, pour ne point quitter des chefs dont ils connaissaient la capacité et dont la sollicitude ne leur avait jamais fait défaut, se soumettaient à un travail et à un gain moindres, afin de pouvoir rester là où reposait leur confiance.
- 3° Un troisième fait, digne surtout d’être mentionné, pour avoir contribué efficacement à faire traverser d’une façon supportable aux ouvriers les plus malheureux cette rude épreuve, consiste dans les caisses de secours et de prévoyance, dont presque tous les établissements de quincaillerie sont dotés, depuis nombre d’années.
- L’organisation de l’une de ces caisses, qui a pour elle huit années d’existence, mérite d’être citée de la part du jury; elle repose sur les bases suivantes :
- i° Tout ouvrier gagnant au delà de î fr. 20 cent, par jour est soumis à une retenue de 1 franc par mois.
- 2° Tout ouvrier gagnant au delà de 3 francs par jour est tenu d’y verser 2 francs par mois, n.
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- 3° Les employés de l’établissement y contribuent mensuellement pour une somme de 5o francs.
- Avec ces faibles retenues, chaque ouvrier malade touche une indemnité selon ses besoins, et qui ne peut être moindre de 1 franc par jour; en cas de décès, la veuve reçoit, par mois, une pension de i5 à 35 francs, selon sa position et le nombre de ses enfants. Quand un ouvrier devient vieux et-ne peut plus travailler de son métier, on lui Cherche une occupation en rapport avec ses facultés, et la caisse contribue, par une subvention mensuelle, à lui assurer une existence convenable.
- La gestion de cette caisse est exclusivement confiée aux ouvriers ; à la fin de chaque mois, on tire d’une urne les noms de trois maîtres et de deux compagnons, lesquels se réunissent le lendemain, et forment le bureau auquel on soumet les certificats de médecins, constatant les cas de maladie, et qui décide ce qu’il faut accorder à chacun.
- Après sa délibération, un tableau nominatif de tous les versements et de tous les payements est dressé, il est signé par lesL membres du bureau et reste affiché jusqu’au icr de chaque mois, afin que chacun puisse en prendre connaissance.
- Cette caisse, malgré de très-fortes dépenses, 5 à 6 veuves à pensionner, deux années de disette et une année de stagnation d’affaires, possède encore des fonds, montant à environ 8,000 francs.
- C’est grâce à ces conditions de travail et à leurs institutions de prévoyance, que les fabriques de quincaillerie ont pu jusqu’à présent traverser, sans trop de souffrance, cette crise terrible, qui a pesé sur leur industrie, plus peut-être que sur toute autre; les mêmes motifs leur ont aussi permis de paraître à l’exposition dans une situation qui n’accuse en rien les sacrifices que, maîtres et ouvriers, ont été obligés de s’imposer, pour se main tenir au rang qu’ils avaient si dignement conquis. Aussi les uns et les autres aspirent-ils après l’ordre et le repos, qui peuvent seuls nous rendre la confiance , de laquelle découlent les mille et mille sources de travail et de production,
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- qui donnent.la richesse aux uns, le bien-être à beaucoup et le pain à tous. " V
- MM. J AP Y frères, à Beaucourt (Haut-Rhin).
- . ‘ ; . i ’ >. # ' 1 "
- L’immense variété de produits sortant dés établissements de . MM. Japy est aussi connue que la perfection de travail qui les caractérise généralement. r . :
- L’horlogerie, la seÆùrèrie, la quincaillerie, les vis a bois et à métaux, les charnières, gonds, pitons, boulons, et les ustensiles de ménage en fer battu, sont les dénominations générales des catégories d’articles qui indiquent le détail infini des objets fabriqués par cette maison. . ' ’ . . . . . ;.
- L’établissement de Beaucourt fut fondé, en 1780, par Frédéric Japy, fils d’un maréchal de villàge, lequel, après avoir travaillé pendàntdix-huit mois chez un habile horloger de la Suisse, revint à Beaucourt, son endroit natal, où il forma quelques ouvriers et établit un petit atelier chez son père.
- Telle ëst l’origine de l’établissement de MM. Japy, qui compte aujourd’hui quatre' machinés à vapeur de la force dé 26 chevaux et quatre moteurs hydrauliques de la force de 224 chevaux. '
- Sa consommation'annuelle est dé :
- 570 quintaux de coke; i5,5oo hectolitres de houille;
- 8,000 stères de bois;
- 280 quintaux d’huiles et suif; io,i5o quintaux dé fer;
- 700 quintaux de fonte; . 760 quintaux de cuivre et laiton; 110 quintaux cl’acier;
- ‘ 175 quintaux d’étainf
- Sa production est de : . ^ •
- 270,000 mouvements dé montres;
- 48,ooo mouvements dé pendules;
- 53o,ooo paquets de vis à bois, gonds et pitons; 5oo,ooo charnières ;
- 180,000 cadenas;
- 70,000 serrures; <
- 55o,ooo kilogrammes de fer battu.
- Rappels
- de
- médailles
- d’or.
- 25.
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- La valeur totale tle ces produits, dont une for te partie est expédiée à l’étranger, est de 2 1/2 à 3 millions de francs.
- L’établissement occupe environ 3,000 ouvriers de tout âge, hommes, femmes et enfants, et tous, sauf quelques exceptions, travaillent à la pièce, et gagnent, en moyenne, les hommes 2 francs et les femmes 1 franc par jour.
- Quant aux améliorations et aux perfectionnements que ces fabricants ont introduits depuis la dernière exposition, nous n’avons à nous occuper que de ceux concernant la quincaillerie, les vis à bois elles fers battus, l’horlogerie et la serrurerie devant faire l’objet de rapports spéciaux.
- < MM. Japy se sont surtout appliqués, en ce qui concerne les articles de la division de la quincaillerie, tels que vis à bois, pitons, gonds, etc., à trouver des moyens plus prompts et plus économiques de fabrication, et les résultats obtenus depuis i844 sont très-satisfaisants,'puisque, tout en conservant les mêmes bénéfices et tout en payant la même main-d’œuvre, on a pu réduire les prix de 20 p. 0/0. Cette diminution a non-seulement provoqué une plus grande consommation de ces articles à l’intérieur, mais a encore augmenté leur vente à l’étranger, où nous luttons aujourd’hui à prix presque égaux et où nos qualités sont généralement préférées.
- Pour les ustensiles en fer battu, nous avons à constater de nombreux et de notables perfectionnements dans la fabrication de ces articles ; ceux appelés bombés ou légers se vendent à la pièce et presqu’à prix égaux à ceux de leurs similaires en fer-blanc, auxquels ils sont supérieurs pour l’usage et la durée; les objets plus forts, et qui se vendent au poids, sont établis dans de bonnes conditions pour l’emploi et jouissent toujours davantage de la faveur des consommateurs. Aussi la vente de ces articles a presque doublé depuis i844.
- Il est peut-être à regretter qu’on ait cherché à étendre l’application des fers battus à des ustensiles pour lesquels cette matière doit faire un mauvais usage, tels que seaux d’eau, arrosoirs, brocs et autres objets; mais, comme il y a en cela peut-être plus de la faute des consommateurs que des producteurs, il faut laisser à l’expéi’ience le soin de faire connaître les produits qui présentent le plus d’avantages.
- Nous avons encore remarqué, parmi les produits en fer battu, des marmites comtoises, des coquilles, des poêles à.frire, etc., qui sc fabriquent jusqu’à présent en fonte ou en fer. Ces articles sont
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- d’une belle et bonne fabrication et présentent des chances de succès ; ils sont couverts d’un vernis noir à l’extérieur, résistant au feu, et à l'intérieur ils sont polis ou étamés, selon la demande du marchand.
- Nous citerons encore, plutôt comme difficulté de fabrication que comme amélioration, des ustensiles en fer battu couverts d'une légère feuille de cuivre, dont les prix, à la vérité, ne sont qu’un peu plus élevés que ceux des fers battus ordinaires, mais qui ne peuvent non plus offrir d’autre avantage que celui d’imiter le brillant de la batterie de cuisine en cuivre.
- MM. Japy avaient obtenu, aux expositions précédentes, une médaille d’argent en 1806, une médaille d'or en 1819, rappelée quatre, fois, en 1823, 1827, i834 et x83g, et une seconde médaille d’or en i844^ M. Louis Japy a reçu, en outre, la décoration de la Légion d’honneur en i834. Aujourd’hui le jury, reconnaissant que ces fabricants distingués savent dignement conserver la réputation qu’ils ont acquise, leur décerne le rappel de la médaille d’or.
- MM. COULAUX aîné et Cio, à Molslieim (Bas-Rhin)..
- L’établissement de MM. Coulaux est un des plus importants en France; on y produit le fer et l’acier, et on ÿ élabore ces matières premières sous mille formes diverses, soit pour la fabrication de la quincaillerie, tels que les outils de menuisiers, charpentiers, tourneurs, charrons, maçons et jardiniers, soit pour les scies et autres articles laminés, vis à bois, faux, limes, armes blanches, casques et cuirasses.
- L’établissement est composé de 23 usines, dans lesquelles on consomme annuellement environ : . * • :
- 4,ooo quintaux métriques de fontes à acier;
- 2,000 quintaux métriques de fontes de fer;
- 2,000 quintaux métriques d’acier raffiné naturel;
- 4oo quintaux métriques d’acier fondu ; - '
- 4,ooo quintaux métriques de houille; . . ; . i
- ; ; - 18,000 stères de bois. , , > . ‘
- . Cette manufacture occupe plus de 800 ouvriers et employés, et les frais de main-d’œuvre mon tent à environ 4o,ooo francs par mois.
- La vente annuelle dépasse 800,000 francs. ’ • -
- Parmi les produits exposés, qui se distinguent généralement par une belle et bonne fabrication, le jury a remarqué une feuille de
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- Médaille
- d’or.
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- tôle d’acier de 3 inèlres de longueur sur 5g centimètres de largeur et 1/2 millimètre d’épaisseur, d’une exécution parfaite et une bande d’acier de 75 mètres de longueur, dont le poids n’excède pas 8 kilogrammes. Nous avons à conslaler ici un fait remarquable et qui établit la grande supériorité de nos laminoirs sur ceux de l’étranger : c’est que nos aciers laminés pour ressorts d’horlogerie se fabriquent d’acier fondu anglais et s’expédient en fortes quantités aux fabriques de .Paris et à celles.de Suisse, .et une partie de ces aciers, convertis en ressorts de montre, .retourne en Angleterre, malgré les droits d’entrée sur les aciers fondus (i32 francs par 1.00 kilogrammes) et malgré les frais de transport de la matière première qui nous vient de ce dernier pays.
- Les établissements de. MM. Coulaux aîné et compagnie ne sont <pas moins remarquables sousle rapport d’une bonne administration que.sous celui d’une excellente méthode dè fabrication : ils préfèrent livrer dès produits de bonne qualité, plutôt que de viser au bon marché, lequel malheureusement ne s’obtient trop souvent qu’au détriment de la qualité.
- Aux précédentes expositions, MM. Coulaux ont-obtenu, ‘tant pour la fabrication de la quincaillerie que pour celle des armes, trois médailles d’or et autant de rappels de cette médaille. Le jury, reconnaissant que les succès de cette maison sont principalement dus à l’intelligente direction de son chef, M. Baur, lui rappelé la médaille d’or, dont il est de plus en plus digne.
- MM. MIGEON et VIELLARD, à Morvillars (Haut-Rhin).
- M. Migeon, propriétaire des forges et des tréfileries de'Morvillars, y ajouta en 1828 une fabrique de vis à bois, laquelle prit en peu de temps un tel développement, qu’elle consomma toute sa production en fer et: en fil de fer. Aujourd’hui'Morvillars est un de ces rares établissements qui, en payant'trois ou quatre mains-d’œuvre différentes, produit pour ainsi dire tout lui-même, depuis la matière première jusqu’à la marchandise fabriquée et'qui, par celle excellente position, pent soutenir avantageusementla'concurrence id’adversaires redoutables, au grand ^profit de la Jèonsommation générale; ’ .u ' - .'f- " : i-.- .. -yr.' ;•;* ‘ :• r. - •
- A
- L’établissement de MM. ’Migeon et Viellardconsiste en /^usines, ayant mne force théorique de ;200 chevaux; il occupe environ 1,000. ouvriers, savoir : ; ' : -
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- 3oo hommes gagnant. .........de if2‘5cà 2r par jour.
- 5oo,femmes......................de o ]5’ à i - > ~
- , 200 enfants adultes...........de o y 5 à r
- ;i5o enfants de .12 à 16 ans.'..de o 5o à o j5e i ;
- 5 o-forgerons, fonceurs et Iréfi-
- . leurs gagnant..............de 2f à 4f '
- Il consomme 760,000 kilogrammes de fd de fer.
- " • 3,ooo d’acier.
- 15,ooo delaiton.
- 1,100 stères de bois.
- 200,000 kilogrammes de houille.
- Le produit annuel est d’environ 600,000 francs.
- MM. Migeon et Viellard se sont attachés à faire leur spécialité de la fabrication des vis à bois, et la belle réputation dont jouissent leurs produits prouve la surveillance active et les soins minutieux qu’ils mettent à la confection de ces articles. Ils ont encore introduit dans leur établissement des procédés de fabrication perfectionnés et beaucoup plus expéditifs que ceux en usage jusqu’alors et qui leur ont permis de livrer aujourd’hui à 1 fr. 4o cent, le kilogramme de vis à bois, qu’on payait 2 fr. 3o cent, en i844-
- Ces fabricants distingués portent encore le plus grand intérêt aux ouvriers qu’ils occupent , et le jury croit devoir citer à ce sujet les faits suivants :
- Malgré le coup terrible porté aux affaires par la révolution de février, MM. Migeon et Vieillard ont continué leur fabrication sur son pied normal; ce ne fut qu’après les événements de juin i848 qu’ils ont réduit les heures de travail de 12 heures à 9 heures; mais celte diminution ne dura ,que jusqu’en janvier 1849, époque à laquelle ils ont repris leurs travaux compléta-. ' , ; , ‘>0
- 14o familles habitent diétablissement, qui leur .fournit le.loge-me.nt et un petit jardin, moyennant:36 francs par an. Le chauffage est aussi à des prix , modérés , 100 fagots-sont’donnés à 6 francs , somme, minime qui ne représente guère que les frais de façonnage et de transport. • ; . : .
- Pour assurer >aux.ouvriers l’achat de farine sans mélange,et à prix réduit, ils ont construit un moulin sur l’un de leurs cours d’.eau, et:«ils fournissent-ïa farine à un- prix qui.ne laisse: à-la>charge du consommateur (que les frais de mouture. ,, ! ;m-A> : , )b
- Pour, épargner à leurs ouvriers les désastreuses conséquences de
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- la cherté de i846 et de 1847, achetèrent dans le grand-duché de Bade et en Bavière, pendant l’automne de i846, pour 100,000 fr. de blé, ce qui leur permit de livrer à.leurs ouvriers, jusqu’à la récolte de 1847, ^es 100 kilogrammes de farine à 45 francs, au lieu de 70 francs, qui était alors le prix de la mgunerie. Ces blés , vendus au cours de l’époque, leur eussent donné un bénéfice de Go,000 francs.
- Ils retiennent à leurs ouvriers 1 p. 0/0 sur leur salaire, ce qui représente par an environ 3,000 fr., et, au moyen d’une somme égale qu ils y ajoutent annuellement, ils ont créé une caisse de secours qui leur a permis d’attacher un médecin à leur établissement et d’ériger une pharmacie qui fournit gratuitement à tous les membres des familles qu’ils emploient médicaments, bandages, etc. Cette caisse délivre en outre, pour les cas de maladie et de convalescence,
- 1 franc par journée aux hommes et 78 centimes par journée aux femmes. Toutefois, les indispositions au-dessous de 3 jours n’ont droit à aucune indemnité.
- La maison Migeon a obtenu jusqu’à 3 médailles d’argent, la première en 181g, pour la fabrication des fils de fer, et les deux autres aux expositions de 183g et de 1844 pour les vis à bois, boulons, etc.
- Aujourd’hui le jury, appréciantles motifs qui précèdent, décerne à MM. Migeon et Vielîard la médaille d’or.
- Nouvelles M. MONGIN, rue des Juifs, n° 1 1, à Paris.
- médailles
- d’argent. M. Mongin, à force de travail, de persévérance et d’habileté, s’est acquis une réputation de supériorité dans la fabrication des scies pour scieurs de long et pour scieries mécaniques, ainsi que dans la fabrication des ressorts et des buses, et, depuis 20 ans qu’il possède cette réputation, il a su constamment la maintenir.
- M. Mongin fait pour environ 100,000 francs d'affaires par an, dont le quart pour l’exportation. Il occupe i4 ouvriers et a une usine misé en mouvement par une pompe à feu de 4 chevaux.
- Parmi les produits exposés par cet habile fabricant, nous citerons sa belle scie circulaire, ses scies de long à placage, à ivoire et pour scieries, ainsi qu’un ressort de 2 3 mètres cle-long et pesant 45 kilogrammes. ; * <
- . Aux précédentes expositions, M. Mongin a obtenu 2 médailles de bronze et deux d’argent •, le jury lui- décerne une nouvelle médaille d’argent. : . 1
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- M. GAUTHIER, rue Barre-clu-Bec, n° 4 o , à Paris?
- La fabrique de taillanderie de M. Gauthier est une des plus anciennes de Paris, et les produits qu’elle livre au commerce jouissent parmi les consommateurs d’une réputation méritée. Celte réputation, déjà acquise par. ses prédécesseurs, a été dignement soutenue et augmentée par l’intelligente direction queM. Gauthier a sù donner à son établissement. , : , , , ,
- Effectivement il serait impossible de présenter • une collection d’outils d’un travail plus parfait que celle que ce fabricants exposée; et, en considérant que ces produits n’ont point été confectionnés avec plus de soin que ceux de sa fabrication courante, le jury ne peut qu’applaudir aux efforts et aux succès de cet habile fabricant.
- M. Gauthier produit non-seulement tous les outils de taillanderie en usage en France, mais il fabrique encore avec beaucoup d’avantage ceux destinés aux colonies, à l’Algérie et à la marine ; ses caisses d’outils de menuiserie pour amateurs, dont chaque objet à sa place indiquée et se trouve fixé par un système de fermeture de son invention , se distinguent encore par leurs prix modérés et leur bonne confection.
- En i844, M. Gauthier a obtenu la médaille d’argent. Aujourd’hui le jury, appréciant le mérite réel de ce fabricant, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. SIMONIN dit BLANCHARD et G6, rue des Gravil-liers, n° 37,à Paris. u
- La maison Simonin dit Blanchard et compagniè s’occupe dë la fabrication des outils pour selliers, bourreliers, corroyèurs, relieurs, peintres et cordonniers. . . ..
- A force de créer de nouveaux modèles, d’améliorer les anciens et de donner à tous les produits sortant de leur établissement ce cachet de perfection, qui distingue toujours une fabrication inlelli-genleet soignée, ces fabricants ont donné à leurs affaires une très-grande extension et se sont élevés au premier rang parmiles producteurs de ces outils, non-seulement en France, mais encore à.l’étran-ger, car les 2/5“” de leurs'articles sont exportés en Allexnagne, en Italie’, en Turquie, en Espagne, en Belgique, dans l’Amériquedu Nord et dans celle du Sud, et sur tous le marchés: les.produits de cette maison sont très-recherchés, même à des prix plus élevés que ceux offerts par leurs concurrents. ? î u » ;
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- Cette maison avait obtenu ,1a médaille de bronze en 1839, une médaille d’argent en i844, et aujourd’hui, le jury reconnaissant les efforts et les succès de ces habiles fabricants, leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- médaille
- d’argent.
- MM. PEUGEOT aîné et JACKSON frères.
- L’établissement de ces fabricants, est situé à Hérimoncourt et au pont de Roide, il consiste en 12 laminoirs, 2 martinets, 6 feux de forge, 6 fours, 20 meules à aiguiser et 3o polissoirs, il occupe, tant dans les ateliers qu’en dehors, de 120 à i5o ouvriers, il consomme de i5o,ooo à 200,000 kilogrammes de matière première, et sa vente s’élève à environ 4oo,ooo francs, dont le dixième pour l’exportation.
- Les produits exposés par ces fabricants sont très-variés et consistent en 883 pièces, scies, outils de menuiserie et de charpentiers, acier de ressort, buses et autres articles laminés, qui se font généralement remarquer par leur bonne confection et leurs prix modérés.
- En i844, MM. Peugeot aîné et Jackson ont obtenu la médaille d’argent, et aujourd’hui, le jury leur confirme cette médaille.
- Médaille MM. KARCHER et WESTERMANN, à Metz (Moselle).
- de bronze.
- MM. Karcher et Westermann, possédant, à Metz et Ars, une fabrique importante de pointes et de chaînes ainsi qu’une tréfderie, ont augmenté to.ut récemment leur fabrication par celle (jes ustensiles de cuisine et.de ménage en fer battuetétamé,et, quoiqu’à leur début, nous devons reconnaître que les objets exposés par ces fabricants dénotent un . outillage parfait .et des procédés de travail très-perfectionnés.
- •Effectivement leurs ustensiles se distinguent autant par l’élégance 9 des formes que,par leurs bonnes montures et surtout par leur brillant étamage,.qui ne laisse rien à désirer. ' •
- MM. Karcher et W.estermann occupentxlans leurs divers ateliers 2o5 ouvriers, dont 20 femmes ;>les hommes gagnent de 1 fr. 5ocent. à 3)fr;ancs à la journée, de 2 francs à 5 francs à là pièce par jour.
- Ils produisent environ 700,000. kilogrammes de pointes et de fil de fer, et)5o,000 kilogrammes de chaînes. v
- La casserie ou fer battu occupe déjà 82 ouvriers, mais.on n!a pu
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- encore livrer au commerce'!-que peu de iproduils de cette-fabrication. ' - ' " ! ’ r- y, y , -.>• s -U' '
- C’est la première fois que MM. Rarcber et Westermann apparaissent à l’exposition, et, quoique la fabrication des ustensiles soit récente cbez eux, le jury, appréciant les efforts de ces habiles fabri-cants, leur décerné une médaille de bronze.
- M. BERNIER, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n° g 1 ’.
- M. Bernier est un des premiers fabricants d’outils montés, pour menuisiers, ébénistes et facteurs d’instruments.Il a établi dans ses ateliers des machines très-ingénieuses, qui, non-seulement lui permettent de produire à meilleur marché, mais encore de donner à'ses outils une perfection de travail qu’on n’avait pas atteinte jusque-là.
- M. Bernier a exposé un assortiment d’outils montés, un outil-machine pour tirer les moulures, une scie circulaire mobile, une roue faite par un procédé mécanique, des bois fraisés et mortaisés qui dénotent la -perfection de ses moyens de travail ; tous ces produits sont d’une belle confection et à des prix modérés. 1
- M. Bernier a obtenu la médaille de bronze en i844, aujourd’hui le jury, appréciant les efforts et les succès de ce fabricant intelligent, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. Pierre-Barthélemy PRUDHOMME, rue Saint-Maur-du Temple, n° i 3a, .à Paris. : ;
- M. Prudhomme soutient dignement la réputation qu’il s’est acquise dans la fabrication des boulons pour la carrosserie, Içs machines, les bâtiments, “les plomberie et la chaudronnerie; et les nombreux échantillons exposés ne peuvent que confirmer la bonne opinion que les consommateurs ont conçue de ces produits.*- -M. Prudhomme a obtenu la médaille de bonze; en a 839, son
- rappel en i844« Le jury lui acçcmie un nouveau ,rappeL
- Mr Veuve GÉRARD et DUFETEL , rue Saint-Antoine, :if~ n° 66 à Paris. ^ 1
- iiOU.
- Ils ont exposé deux établis.à chariot dont un en cormier ,e,t l’autre
- j ^ # , , , : . v 1 s 1... ( •* * i - . v.‘ :> * f—
- en hêtre, et un assortiment cl’outils montés pour la,menuiserie, l’ébénisterie et les facteurs d’instruments. Touscés objets sont très-bien établis et cotés à des prix très-avantageux.
- I? U*
- Nouvelle médaille de bronze.
- f
- Rappel
- de
- médailles de bronze.
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- ;;. Ces! fabricant sont obtenu la médaille de bronze en i844 ; aujourd’hui le jury leur en accorde le rappel.
- ÜF M. Joseph BERGAIRE aîné, à Dorriey (Vosges).
- mention
- honorable. lia exposé des couverts en fer batlu, d’une bonne fabrication et à des prix modérés.
- , Le jury rappelle à M. Bergaire la mention honorable, obtenue
- aux précédentes expositions.
- , / * . /
- Mentions ^ ^
- honorables. M. François LE CERF, rue Fontaine-au-Roi, n°.33,
- à Paris.
- Il a exposé un tableau de boulons et d'écrous d’un travail très-soigné, et qui dénotent des procédés de fabrication perfectionnés.
- Quoique d’une création récente (i844), l’établissement de M. Le Cerf peut compter parmi les premiers, pour la fabrication des boulons de carrossiers, de chaudronniers et de mécaniciens. Aussi le jury récompense-t-il les premiers succès de cet habile fabricant, en lui accordant une mention honorable.
- MM. HOUSSAY frères, place des Vosges, n° 26, à Paris.
- Ils ont exposé des vis cylindriques pour métaux, en fer et en ! cuivre; des boutons pour équipement militaire, ainsi que des poids en cuivre. Tous ces objets sont d’une fabrication irréprochable, et dénotent, par la modicité des prix, des moyens de travail très-per-feclionnés.
- Le jury accorde ,une mention honorable à MM. Houssay frères.
- M. Adolphe LAPERCHE, rue des Gravilliers, n° .3 7 bis, à Paris.
- Les vis cylindriques ét les boutons d’équipement militaire, en fer et en cuivre, que M- Laperche a exposés sont d’une belle fabrication, et lui méritent de la part du jury une mention honorable.
- M. Georges LARENONCULE, rué des Gravilliers, n°29, à Paris.
- , t * f . * ; 1 : 1 * -
- * '
- Les outils de ferblantier, chaudronnier ét bijoutier, tels que tas,
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- bigorne,' marteaux et cisailles, que M. Larenoncùle a exposés,' sont cl’un travail soigné et d’une trempé parfaite. ,
- M. Larenoncùle avait reçu, en i844, la citation favorable. Aujourd’hui, le jury lui décerne la mention honorable; v^;
- M. PHILIPPE, rue de Lappe, n° 24,4 Paris. '
- , < » i ’ . • . * ^ ‘ * - - * ' •*
- , M. Philippe.fabrique les outils pour les ferblantiers, et ses pro-, duits jouissent id’une bonne réputation dans le commerce. Les tas,, bigornes et cisailles exposés par ce fabricant sont d’une belle çonr, fection, et le jury lui donne la mention honorable.
- M. LEBESGUE, port de Bercy, n° 20 (Seine).
- M. Lebesgue a exposé un bel assortiment d’outils pour tonneliers, d’une fabrication irréprochable et d’une confection souvent très-ingénieuse. Sa machine à donner de l’air aux vins qui travaillent, et qui se trouvent dans des futailles difficiles à déranger, nous a paru bien remplir son but. Nous citerons encore ses bon-donniers à deux fins, c’est-à-dire à forer et à râper, ainsi que ses forcis ou perce-vins, à montures très-soignées.
- Le jury accorde à M. Lebesgue une mention honorable. ,
- M. Barthélemy CÀMION-PIERRON, à Vrignes-aux-Bois . (Ardennes). ....
- Il a exposé des fiches, charnières, pivots, verroux, gâches, paumelles, pannetons de volets, rondelles etchausse-piecls, cl’une bonne exécution et à des prix modérés.
- M. Camion-Pierron a obtenu une mention honorable en 1844• Le jury lui accorde cle nouveau la mention honorable.
- M. DAILLY, à Marines (Seine-cl-Oise).
- Le jury accorde la mention honorable à M. Dailly, pour sa tarière à vis à double traçoir, laquelle présente un pérfeclidnnemçnf réel, en ce qu’elle facilite le forage du bois. .•
- M. James HEAD, 4 Saint-Germain (Loiret). -^ * ' • •
- Il a exposé un assortiment d’outils de terrassement et de taillant derie, tels que pelles, bêches, louehets, pioches, haches et coupe-
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- Citations
- favorables
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- rels. Tous ces outils/.ont les1 formes voulues et sont bien fabriqués. Le jury décerne une; mention honorable à M. Head.
- M. François-Joseph1 CHRIST, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Les outils de taillanderie exposés par ce; fabricant sont généralement d’une confection convenable, et, dans sa localité, ils jouissent d’une bonne réputation, principalement pour la qualité de leur tranchant. Ceux à l’usage des tourneurs y sont surtout très-recherchés. ' ’
- Le jury accordera mention honorable à M. Christ.
- i
- M. Jean-Baptiste TtlEOT, rue Zacharie n° 10, à Paris.
- Il a exposé un établi et quelques outils et scies montées d’un bon travail. ‘
- . Le jury lui accorde la mention honorable. _
- • 1 . . . ;• . . v '
- M. AUBIN,, rue Popincourt, n° 5 , à Paris.
- Il a exposé des outils pour l’ébénisterie. bien confectionnés et qui lui valent, de la part du jury, la mention honorable.
- < ; ’ ; * -, * -
- M. Charles-Joseph GAUTIER, Batignolles (Seine).
- 11 a exposé un établi, une machine à percer et à fraiser ; et une série cl’outils montés pour menuisiers, carrossiers; ébénistes et facteurs de pianos, pour lesquels le jury lui accorde la mention honorable. ' ; ‘
- . . < > < . . > • - - -• ‘ • •
- M. Adolphe MICHAULT, rue Thiroux, n° g, à Paris.
- 11 a exposé des outils spécialement destinés à l’usage des carrossiers, d’une' confection irréprochable et qui lui méritent, de la part du jury, la mention honorable. , .
- M. Jacques-Constant NICOLAS, à Molsheim (Bas-Rhin).
- Il a .exposé une série de rabots montés sur fonte, et dont les fers se fixent au moyen de, vis. Quoique d’une confection simple, ces
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- outils doivent être d’un maniement plus difficile que' ceux en bois, ils n’ont point, encore reçu la consécration de l’expérience, le jury leur accorde une citation favorable. O.
- M. Antoine RECLUS aîné,,à Bergerac (Dordogne).,
- Il a exposé une bondônnière d’une confection très-ingénieuse et très-soignée, pour laquelle le jury lui accordé la citation favorable. ..!. - J -, : .; .
- M. Georges DARX, rue de la Roquette,,n° 6.9, A Paris.,
- ç
- Il a exposé deux vis de pressoir et: divers autres échantillons de vis d’une.belle exécution^ et à des prix très-avantageux.
- Le jury accorde à M. Darx la citation favorable.
- M. Hippolyte RAVETIER, rue Folie-Méricourt, n° 6, à Paris.
- Le jury accorde la citation favorable à ce fabricant, pour les vis. et les filières qu’il a exposées, et qui sont d’une belle et bonne confection.
- M. COHUE fils, à la Guéraulcle (Eure).
- > % t 'v r »
- i,Le.jury accorde la citation favorable à M. Cohue, pour les tenailles et tricoises qu’il a exposées. '
- M. DUVAL , à Saint-Lorent-en-Royans (Drôme). ,
- Iha envoyé à l’exposition des pelles, bêches, oreilles de charrue, d’une bonne exécution, qui lui méritent la citation favorable de là' part du jury. _ ,
- § 2. FERMETURES DOMICILIAIRES RELATIVES AUX PORTES, FENÊTRES, DEVANTURES DE BOUTIQUES, ETC.
- M. Amédée Durand, rapporteur.
- CONSIDERATIONS GENERALES.. - . ...
- ’ - - ; • ‘ k ' Oi ...
- Les objets compris sous cette^dénomihation >offrent un* en
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- semble de; perfectionnements fort remarquables. Les combinaisons mécaniques qu’ils renferment pourront paraître toutes simples et toutes naturelles à ceux qui ne se donneront pas la peine de remonter à l’état de choses qui a précédé et ne prendront pas le soin de se formuler1 les différents problèmes dont la solution se trouve produite dans cette exposition. Ainsi, après l’emploi des moyens gênants et dispendieux des ressorts à barillets pour fermer les portes, nous avons admiré l’application du principe de la torsion dans des lames métalliques, et-nous avons pu croire que cette qüeslion, souvent importante, de la fermeture spontanée d’une porte, avait reçu sa solution linale, quoique nous regrettassions le danger que présentait la possibilité de rupture de cette lame et la projection de ses débris.
- Cependant une disposition nouvelle, efficace, cachée au point de ne révéler son existence que par ses effets,- est venue, pour une dépense presque insensible et sans préjudice pour la,solidité des ferrures ordinaires qui la recèlent, produire le résultat demandé.
- Le problème des portes s’ouvrant dans tous les sens a été l’objet de tentatives diverses, toutes louables par la simplicité des moyens employés; mais une d’elles s’est particulièrement distinguée par la précision de son effet. Elle appartient à l’auteur d’un nouveau système dans l’emploi des fermetures ordinaires, qui a cela de très-remarquable que le ressort qui était comprimé à la main, soit qu’on ouvrît, soit qu’on fermât une porte, ne l’est plus que quand on l’ouvre. Par suite, la fermeture ne réclame plus qu’un effort très-léger, ce qui, dans les cas de grande circulation intérieure, n’est pas sans importance réelle.
- Nouvelles médailles de bronze.
- M. MELZESSARD, rue Saint-Pierre-Popincourl, dans le passage de ce.nom , n° 9, à Paris.
- Inventeur infatigable, et assez bien inspiré pour concentrer ses efforts.sur un même sujet, M. Melzessard, déjà honoré, à chacune
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- des deux dernières expositions, d’une médaille de bronze, apporte de nouveaux titres aux récompenses que décerne le jury.
- Les clôtures mobiles des devantures de boutique, sujet de prédilection de ses études, ont reçu de lui de nouveaux et curieux per • fectionnements : ainsi il est parvenu à combiner, de manières di' verses et toutes efficaces, les panneaux en tôle qui forment çes devantures, et à les loger pendant le jour, soit dans l’imposte, soit dans le soubassement, soit dans les pieds-droits des magasins. Ne pouvant décrire les moyens employés par cet habile constructeur, nous dirons seulement que c’est par un emploi judicieux de .por-tions de crémaillère fixées sur chacun de ces panneaux, entièrement indépendants entre eux au moment de leur dépôt dans l’imposte, qu’il parvient, par l’intermédiaire de deux pignons solidaires sur un même arbre, à les loger verticalement les uns à côté des autres. Quand il s’agit de les descendre, le mouvement inverse se produit, et ces mêmes panneaux, indépendants .l’instant d’avant, s’agrafent l’un l’autre en descendant, et forment, à la fin de l’opération , une fermeture complète, opérée par un simple mouvement de manivelle. Quand on songe aux facilités de service et à la solidité de pareilles fermetures, qui s’établissent et disparaissent sans le moindre empiétement sur la voie publique, on ne peut que s’étonner que leur emploi ne soit pas encore généralisé.
- Le jury accorde à M. Melzessard une nouvelle médaille de bronze.
- M, JACQUOT, rue des Jeûneurs, n° i4, à Paris.
- Honoré d’une médaille de bronze, à la dernière exposition, pour un système de fermeture destiné à remplacer les espagnolettes et crémones, M. Jacquot offre aujourd’hui deux petits mécanismes nouveaux : l’un, qui a pour objet de fermer et d’ouvrir les persiennes d’un appartement, et sans ouvrir les fenêtres, remplira son but d’autant plus parfaitement, que les persiennes seront moins pesantes et offriront moins de surface au vent. La pose de ce petit appareil , qui se fait au moyen d’une entaille profonde dans l’un des chambranles de chaque fenêtre, présente en cela un inconvénient qui pourra restreindre l’emploi de cette disposition , qui a un carac» 1ère d’utilité réelle.
- L’autre mécanisme exposé par M. Jacquot, et appliqué à faire mouvoir une tige d’espagnolette, sera insuffisant dans les cas d’une
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- Médailles de bronze.
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- grande résistance ; nfais ii aura du moins le mérite d’offrir une transformation de mouvement fort originale, et qui pourra trouver des applications dans la mécanique. C’est un nouveau moyen, peu régulier, mais utilisable, de transformer le mouvement circulaire continu en mouvement circulaire alternatif, et dans des plans perpendiculaires entre eux.
- C’est surtout par cette considération que le jury se décide à accorder à M. Jacquot une nouvelle médaille de bronze.
- M. HAVE, rue Neuve-Saiut-Paul, n° 10, à Paris.
- Parmi les objets qui fixèrent l’attention du public à la dernière exposition, est la disposition au moyen de laquelle, de l’intérieur d’un appariement et sans ouvrir la fenêtre, on faisait manœuvrer les persiennes, non-seulement pour les ouvrir et les fermer, mais encore pour les fixer par un arrêt solide. M. Havé, l’auteur de cette invention utile, l’a reproduite à la présente exposition, avec des perfectionnements qui ne peuvent que confirmer l’adoption qui en a élé faite dans les constructions où rien n’est négligé pour les commodités de la vie.
- Le jury avait accordé à M. Havé une médaille de bronze ; il se plaît à récompenser la persistance de ses efforts en lui décernant une nouvelle médaille de même ordre.
- M. PEUDENIER, rue Saint-Honoré, n° 365, à Paris.
- Le public s’est arrêté avec un juste intérêt devant l’exposition nombreuse et variée de M. Peudenier.
- Entre autres choses très-remarquées, on trouvait un mode de fermeture pour porte à deux battants, qui permet d’en ouvrir indistinctement l’un ou l’autre, sans que pour cela le joint, formé par leur fermeture, fût privé de la feuillure indispensable pouf en parfaire la clôture. Mais ce qui doit surtout être cité est le mode de fermeture remplaçant les becs de canne, ou toute espèce de clemi-tour. On sait que, quand on veut ouvrir cette espèce de serrure, on comprime le ressort qui pousse le pêne, et même opération doit être faite quand on veut la fermer, si on ne veut, en poussant la porte, opérer un choc assez violent. M. Peudenier a pensé que l’effort qui comprime ne devait être fait qu’une seule fois, et que si, au
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- moment de l’ouverture, un arrêt retenait le pêne, le ressort resterait bandé comme celui d’une platine de fusil, et qu’il suffirait d’un effort aussi léger que celui qui s’applique sur une détente pour le faire pénétrer dans sa gâche; il n’y a donc plus qu’à pousser très-légèrement la porte pour que le contact de la feuillure fasse sortir le pêne avec la vivacité d’un chien de fusil. Ce mouvement est d’une facilité, on dirait presque d’une grâce extrême.
- En possession de cette idée, M. Peudenier en a prouvé la portée par son application à une porte qui, poussée indistinctement d’un côté quelconque, non-seulement arrive sans oscillations aucunes à son point d’arrêt; mais encore vient y faire pénétrer son pêne de quelque petite quantité que cette porte ait été ouverte. Il est regrettable que l’espace manque pour rendre compte de la manière ingénieuse et certaine dont M. Peudenier s’y est pris pour se procurer, mécaniquement, un élément de temps indispensable à la production de cet effet éminemment remarquable. Il n’est pas douteux qu’une analyse exacte des fonctions accomplies par ce dispositif ne procure à la mécanique quelque nouvel élément susceptible d’application très-utile.
- Le jury décerne la médaille de bronze à M. Peudenier.
- M. GARNIER, rue d1 Anjou-Dauphine, nos 18-20, à Paris.
- Les crémones qu’a exposées M. Garnier se recommandent, non-seulement par une solidité et une précision d’exécution qui ne laisse rien à désirer, mais encore par des dispositions qui méritent d’être indiquées et qui sont particulières à cet habile constructeur. Ses crémones sont de celles qui sont divisées en deux tiges suivant un même axe, se développant, haut et bas, par l’action du bouton que la main fait mouvoir.
- Le jeu de ces deux pièces s’opère par l’intermédiaire d’un disque muni de deux goujons , dont chacun agit sur chacune des moitiés, haut et bas, de la crémone. Dans ce cas, le disque est porté sur un axe, mais il est d’autres cas, où M. Garnier, serrurier très-expert, place de ces disques sans axes, et portant deux goujons placés sur deux faces opposées, suivant deux diamètres perpendiculaires entre eux. Ces disques, encagés dans les pièces mêmes qu’ils font mouvoir, deviennent un élément mécanique nouveau et d’une extrême simplicité. Il peuvent remplacer très-avantageusement les varlets au moyen desquels on fait mouvoir des pênes qui ferment une porte par
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- Mentions
- onorabie?.
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- ses quatre angles. A cela, il faut ajouter qu’en cas d’usure, le remplacement c!e cette pièce peut se faire sans outil spécial et sans ajustage. En outre, les crémones de M. Garnier jouissent, ainsi que d’autres, de la propriété d’être fixées au moyen d’une clef, comme les pênes d’une serrure, et de développer, au besoin, une tige, qui établit et maintient la fenêtre dans un degré d’ouverture convenable, pour permettre la circulation de l’air.
- Toutes ces dispositions, soigneusement étudiées et d’une exécution très-louable, valent à leur auteur la médaille de bronze.
- M. CHARBONNIER, rue Saint-Gilles, n° 8, à Paris.
- Depuis la dernière exposition, M. Charbonnier a fait d’heureux et nombreux efforts pour ajouter aux crémones qui lui avaient mérité une mention honorable toute une série d’autres objets ayant une destination analogue.
- On a particulièrement remarqué deux systèmes de crémones ayant subi des perfectionnements, aussi bien exécutés qu’ingénieu-sement conçus; une autre crémone, dans de fortes proportions, appliquée à la fermeture d’une porte cochère, portant à la partie supérieure un crochet de rappel d’un effet puissant. Enfin , un jet cl’eau mobile en tôle qui, se plaçant entre ceux de bois qui existent, tant sur le bâti de la fenêtre que sur celui qui appartient à cette dernière, remplit le double but de s’opposer à l’introduction du vent et de l’eau. Cette pièce, fort simple, portée sur deux tourillons, évolue par la seule action qui ferme la fenêtre, et sans aucun soin particulier.
- Une médaille de bronze est accordée à M. Charbonnier.
- M. PARVILLERS, rue Jarente , n° 10, à Paris.
- Cet exposant a imaginé une combinaison de cordons et de tiges articulés, qui a pour résultat cl’éloigner de la fenêtre le support quel qu’il soit, des rideaux, et de le faire rentrer dans la pièce à mesure que les venteaux de la fenêtre s’y développent eux-mêmes ; de cette manière, ces derniers ne peuvent jamais nuire aux rideaux, alors même qu’on les ouvre entièrement.
- Ce petit mécanisme, qui trouvera fréquemment un emploi, surtout dans les appartements dont les fenêtres s’élèvent jusqu’au plafond, mérite d’être mentionné honorablement.
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- M. DELINOTTE, rue Chapon, n° i3, à Paris.
- 11 n’est personne qui ne connaisse la gêne et quelquefois le danger qu’on éprouve pour accrocher et décrocher les persiennes et à les ramener vers soi pour les fermer. Rendre cette opération simple et facile est ce qu’a exécuté a\ec un rare bonheur M. Deli-notte. Il place un loqueteau dont la gâche est scellée dans le mur, à peu de distance des gonds de la persienne, produisant ainsi, contrairement à l’usage, l’acurochement en dessous. Cet accrocliement est dû à l’emploi d’un contre-poids qui, après avoir agi, retombe le long de la persienne. Sa longueur étant de om,i5 et sa forme semblable à celle d’un manche d’outil, il résulte que, sitôt qu’on le soulève pour décrocher le loqueteau, on a dans la main un bras de levier parfaitement disposé pour agir avec force sur la persienne et la ramener à soi.
- M. Delinotte a également un moyen très-simple pour faire jouer deux loqueteaux fermant haut et bas une fenêtre.
- . Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. CUDRUE, faubourg du Temple, n° 56, à Paris.
- Ce fabricant, qui avait mérité, à la dernière exposition, d’èlre compris dans le rapport du jury pour des crémones cjui se recommandaient par leur simplicité et leur bas prix, a présenté cette année des modèles d’un luxe remarquable en même temps que d’une combinaison bien entendue.
- Ce qu’il y a de plus digne d’attention parmi les objets exposés par M. Cudrue est ce qui y brille le moins : il s’agit de celte disposition de loqueteaux à ressorts à boudin placés haut et bas d’une persienne, et qui sont mis enjeu au moyen d’une pièce rigide placée à la hauteur de la main et constituant un troisième point de fermeture qui s’oppose au gauchissement des bois. Une poignée bien placée, qui peut servir de guide à cette pièce pour appeler la persienne et être un appui utile pour la main, est un des éléments remarquables de cette combinaison simple, efficace et peu coûteuse.
- Le jury considère comme très-digne de-la mention honorable l’ensemble des produits de M. Cudrue.
- M. LEPREUX, serrurier, rue Saint-Antoine, n° 139, à Paris.
- Cet exposant a su choisir avec beaucoup de discernement un
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- Citations 'a vovables.
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- genre de meuble dans lequel le fer peut êlre substitué très-avantageusement au bois. Sous la dénomination de bureaux pour la boucherie, il a construit une de ces cages vitrées qui, dans beaucoup de boutiques ouvertes, servent d’abri à la personne chargée des recettes. Ce meuble, d’une excellente exécution, allie à l’élégance une grande légèreté et une parfaite solidité.
- Le jury, pour récompenser un genre de construction si bien entendu, décerne une mention honorable à M. Lepreux.
- M. DECHANY, rue Ménilmontant, n° 94, à Paris.
- A exposé diverses crémones et de la cuivrerie pour serrurerie en bâtiments, qui le maintiennent au rang qu’il s’était acquis à la dernière exposition.
- Le jury lui accorde la citation favorable.
- M. LEBLANC, rue Ménilmontant, n° A9, à Paris.
- Il a exposé des crémones qui se sont fait remarquer par un emploi judicieux de ressorts à boudin convenablement logés pour être complètement hors d’atteinte et produire avec certitude l’effet qui leur est demandé.
- Le jury décide qu’une citation favorable sera accordée à M. Leblanc.
- M. CHARBONNIER, â Craon (Mayenne).
- L’espagnolette à pêne de cet exposant atteint un but d’utilité incontestable, et est évidemment de nature à rester au prix très-peu élevé qu’il annonce.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. COUPELON, à Clermont (Puy-de-Dôme).
- Il a exposé un petit modèle de devanture de boutique, dont l’idée pourrait recevoir, dans des cas particuliers et assez rares où il n’y aurait pas cl’étalage permanent, une utile application. Tout le vitrage se compose de vantaux accouplés par leurs charnières sur d’étroits montants, espacés suivant l’usage, et dont lés deux extrêmes ont leurs battements sur les pieds-droits limitant la devanture.
- Le jury accorde à M. Coupelon une citation favorable.
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- M. LORET, à Saint-André-d’Échauffour (Orne).
- Indépendamment de plusieurs serrures, remarquables par leur bon marché, M. Loret a exposé un instrument dit métier à gants, dont la charnière, divisée en deux points articulés, offre une bien plus grande solidité et une plus grande précision dans la rencontre des encoches qui guident l’aiguille. Considérant que cela ne se rencontre pas dans les métiers ordinaires, M. Loret est jugé digne çl’une citation favorable.
- § 3. MEUBLES EN FER.
- M. Amédée Durand, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La fabrication des meubles en fer semble s’être approchée beaucoup de la limite des progrès quil lui est donné d’accomplir. Quelques dispositions nouvelles, ayant surtout pour objet de procurer des moyens de couchage à la portée des plus faibles ressources, ont justement fixé l’attention publique. On peut même admettre que jamais on ne pourra établir de lits conservant un aspect convenable à meilleur marché que ceux qui ont paru à cette exposition. Cet élément fondamental de tout ameublement est donc constitué aujourd’hui à un, état tel que l’ouvrier sédentaire serait sans excuse s’il ne recherchait pas avec empressement les avantages d’une habitation particulière et indépendante. Dans le perfectionnement du coucher, en vue de son bas prix, se rencontre donc un moyen de progrès pour les simples ouvriers, puisqu’il leur facilite les moyens de sortir des logements en commun et de les soustraire aux fâcheux entraînements qu’ils y rencontrent.
- Un autre progrès à remarquer dans la fabrication des meubles en fer est la restriction qu’elle s’est imposée ou que le bon sens des acheteurs a dû lui rendre nécessaire. L’idée d’entrer en rivalité avec le bois pour la confection de certains meubles, tels que commodes, armoires, tables de toutes espèces, buffets, etc., était fort malheureuse, à moins qu’elle
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- n’eût pour objet de satisfaire à des conditions particulières de climat, comme aux Antilles, où les meubles en bois n’ont qu’une très-courte durée. Le bois s’accommode si merveil-' leusement aux convenances du toucher, il reçoit si parfaitement la pureté des formes, il supporte si bien les chocs, se prête si facilement aux réparations, se maintient si facilement dans un état de propreté, qu’en dépit de toutes les tentatives, soit des tissus pour le recouvrir, soit des métaux pour le remplacer entièrement, il restera toujours l’élément fondamental de la fabrication des meubles. Vainement les métaux, au moyen de la peinture, arrivent-ils à prendre son apparence : ils ne peuvent éviter l’impression désagréable qu’ils produisent sur le toucher, les dégradations irréparables que le moindre choc fait éprouver à l’enduit qui les couvre, l’empâtement de leurs formes par ce même enduit, la difficulté des réparations, la flexibilité et l’irrégularité de toutes leurs surfaces un peu étendues, comme panneaux, tiroirs, etc., et enfin beaucoup d’autres inconvénients dont l’énumération aurait pour conclusion que les fabricants de meubles en fer méritent d’être loués pour la sage réserve dans laquelle ils se sont en général maintenus dans cette exposition.
- Médaille M. BA1NÉE, rue des Boulangers-Saint-Victor, n° 22, à
- Parjs
- Déjà honoré, aux expositions de i83g et i844. d’une médaille de bronze pour des meubles, et surtout des lits en fer étudiés jusques dans leur moindres détails avec une entente remarquable, cet exposant se présente celte année avec des produits de même nature qui ue peuvent que confirmer l’ancienne et excellente réputation dont jouissent ses ateliers.
- Concurremment avec cette excellente fabrication, M. Bainée en suit une autre d’un ordre plus élevé. 11 construit des cisailles pour couper la tôle suivant les besoins du commerce de la quincaillerie; et, dans ses mains, cet instrument a atteint des proportions, qu’il y a peu d’années encore on n’aurait pas osé espérer. Aujourd’hui des lames de 2 mètres 20 cent, de longueur permettent de trancher, d’un seul coup, des rubans de tôle sur toute la longueur dés feuilles.
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- Ce résultat si remarquable et si utile fait beaucoup d’honneur à MM. Bainée, car aujourd’hui les travaux du fils viennent se confondre avec ceux du père.
- Le jury décerne à M. Bainée la médaille d’argent.
- M. GESLIN, impasse Cendrier, n° 3, à Paris. Rappels
- de
- La fabrication de cette ancienne maison se montre toujours di- médailles gne du rang honorable qu’elle a occupé aux précédentes expositions.
- Un lit militaire se pliant, d’une disposition telle qu’un baldaquin en fait partie, a été justement remarqué.
- Le jury rappelle la médaille de bronze décernée à ce fabricant
- en i844-
- M. LAUDE aîné, rue Vendôme, n° 12, à Paris.
- Cet exposant a présenté des lits en fer d’une bonne exécution et qui s’ajoutent à l’industrie des sommiers élastiques, qu’il exerçait lors de l’exposition de 1844 et pour laquelle il avait obtenu une médaille de bronze sous la raison Laude frères.
- L’ensemble de ses produits est jugé digne du rappel de la médaille de bronze qui lui fut accordée en i844-
- M. THOMAS, rue Saint-Martin, n° 63, à Paris.
- Médaille de bronze.
- Cet exposant a remarquablement développé son industrie depuis la dernière exposition. Par d’heureuses combinaisons, ses meubles en cuivre pour étalage sont devenus susceptibles de recevoir des dispositions très-variées. Par suite, l’aspect des magasins où on les emploie peut être renouvelé chaque jour. C’est un avantage que le commerce apprécie beaucoup, et M. Thomas a beaucoup fait pour le lui procurer,
- ' Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. LÉONARD, boulevard Saint-Martin, n° 45, à Paris. Mentions
- honorables
- Le jury ne pouvait manquer de signaler les. meubles de ce fabricant, qui, par le choix de ses modèles et le fini de ses produits, révèle une volonté de bien faire qu’il serait désirable de voir se répandre ^davantage dans cette industrie. Le jury est heureux de
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- {Citations
- favorables.
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- pouvoir constater ce mérite chez M. Léonard et de ]e récompenser en lui décernant une mention, honorable.
- M. FAVEERS, rue Pétrelle, n° 2 3, à Paris.
- Il expose un lit qui est assurément un des couchers les plus simples et les plus économiques qui puissent être imaginés. Un sommier élastique, sdÇporté, vers ses extrémités, par des pieds en fer-formant chevets, est accompagné, dans toute sa longueur, d’appendices en tôle, qui permettent de border la couverture du lit à peu près aussi bien que sous un matelas ; au moyen de ce dispositif, qui rejette les matelas en laine qui ne peuvent être donnés au plus bas prix que par l’emploi de vieilles matières, souvent imprégnées de miasmes dangereux, M. Faveers a pu mettre l’acquisition d’un coucher modeste à la disposition du plus petit capital.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. MOUSSET, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 126, à Paris.
- Cet exposant ne semble travailler qu’en vue de répandre par le bon marché l’emploi si bon en lui-même des lits en fer.
- La production quotidienne de son atelier s’élève moyennement à 60 lits, qui]s’écoulent principalement par les grands magasins de Paris qui tiennent la literie à bas prix. D’ouvrier devenu patron, M. Mousset a su imprimer à ses travaux une activité qui mérite la récompense d’une mention honorable.
- M. MORIN, me Rambuteau, n° 2 4, à Paris.
- Il expose pour la première fois. Ses lits en fer sont ornés de peintures et de passementeries qui, pour l’apparence, les harmonisent bien avec la décoration ordinaire des alcôves. Parmi les produits de ses ateliers, figure un lit-canapé cl’une disposition telle, que son emploi ost rendu très-facile.
- Les produits de M. Morin sont jugés dignes de la mention honorable.
- MM. BRAY frères, me Rambuteau, n° 65, à Paris.
- Ces exposants méritent cl’être cités favorablement pour une bonne fabrication de lits en fer, et pour la combinaison d’un canapé, qui,
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- après avoir formé un lit ordinaire, peut se réduire facilement au tiers de sa longueur pour en faciliter le transport.
- M. MAIGNE, boulevard Bonne-Nouvelle, n° 12, à Paris.
- Il a exposé un lit double, un fauteuil mécanique, ainsi qu’une chaise formant lit pour les camps, et qui, pliée, ne forme qu’un petit volume.
- Celte fabrication mérite d’être citée favorablement.
- § 4. CHASSIS A TABATIÈRES.
- M. Pecqueur, rapporteur.
- M. Pierre-Joseph BISSON, rue du Faubourg-du-Temple, n° 29, à Paris.
- M. Bisson a exposé des châssis à tabatières en fer tout montés, sur des toits couverts en tuiles, en ardoises et en zinc. Sur chaque espèce de couverture, il montre trois manières de disposer ses châssis et de les placer.
- Les dormants en tôle ont leurs bords extérieurs de différentes formes et grandeurs, selon l’espèce de couverture et selon la manière de les monter.
- Ces ouvrages, exécutés avec intelligence, méritent à M. Bisson une médaille de bronze que le jury lui accorde.
- MIIe Marie-Anne*Garoline LEFEBVRE, rue du Faubourg-du-Temple, n° 9/1, à Paris.
- Mll° Lefebvre a exposé une bâche double et une serre portative en fer, garnies de leurs châssis vitrés, à l’usage des jardiniers fleuristes , des maraîchers et des bourgeois.
- Elle fait son unique spécialité de la fabrication de ces objets et de ceux analogues, où l’on voit qu’elle n’a rien négligé pour réunir légèreté, solidité et commodité.
- Les bâches de Mn° Lefebvre sont non-seulement construites de. manière à être montées et démontées au moyen de quelques clavettes , mais encore de manière à s’ajouter les unes au bout des; autres, pour n’en former qu’une aussi longue qu’on le veut. Dans.
- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
- t
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- Citations
- favorables.
- lia p pci de
- médaille
- d’or.
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- ce cas, les cloisons intérieures, qui seraient plus gênantes qu’utiles, sont remplacées par des traverses légères qui lient les cloisons de derrière avec celle de devant.
- Le jury central lui décerne une mention honorable.
- M. Louis DEJEAN, rue d’Angoulême, n° i5, à Paris.
- M. Dejean a exposé un système de châssis à tabatière, pour établissements publics et maisons d’babitation, lesquels s’ouvrent en dedans et dehors; en dedans, pour la commodité de nettoyer les vitres, et en dehors, pour donner de l’air, comme on le fait ordinairement. Il a pris, en i844, un brevet de perfectionnement pour ces châssis. L’idée première appartient à M. Falhon, qui, en i838, a présenté des châssis semblables à la société d’encouragement, qui l’en a récompensé par une médaille de bronze.
- Les perfectionnements de M. Dejean méritent d’être cités favorablement.
- M. François-Charles LÉAUTÉ, rue Bellefond, n° 19, à Paris.
- M. Léauté a exposé 2 châssis à tabatière en fer, 1 petit modèle de serre chaude et 35 modèles de moulures profilées en fer, pour croisées, portes, devantures de boutiques, etc.
- Les moulures sont enlevées dans des barres de fer, au moyen de machines à raboter.
- Les châssis ont cela de particulier, que le dormant porte une gouttière renversée, auquel le plomb s’accroche, et ne vient plus sur le châssis mobile, où il se dérangeait souvent. Le jury accorde la citation favorable à M. Léauté.
- § 5. TOILES ET TISSUS MÉTALLIQUES.
- M. Ambroise-Firmin Didot, rapporteur.
- M. ROSWAG, rue Saint-Denis, n° 32 1, à Paris.
- L’industrie doit de la reconnaissance à la famille Roswag qui a introduit en France la fabrication des toiles métalliques. Aussi M. Roswag père, après avoir reçu en 1806 la médaille d’argent, ob-
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- tint, ea 1823, la médaille d’or qui lui fut rappelée aux expositions suivantes, et, à la fin de sa carrière, il fut fait chevalier de la Légion d’honneur.
- Son fils, longtemps associé à son père, expose pour la première fois en son nom et s’en montre le digne héritier.
- Tous les objets qui se rattachent à l’industrie de l’établissement paternel sont présentés à cette exposition par M. Roswag, et sont parfaitement exécutés. Le jury a remarqué entre autres une toile de 2m,32, d’une grande longueur et d’une parfaite égalité; il en est de même d'autres toiles en laiton reps, destinées aux châssis pour le lavage des pâles de chiffon pour la fabrication du papier.
- Une série de toiles métalliques offre la preuve du progrès qu’on doit à la famille Roswag pour la fabrication des toiles métalliques.
- Ainsi :
- La iTe exposée en 1823 a 21,026 mailles au pouce carré (om, 027).
- La 2e ...... en 1827 à 25,900 idem.
- La 3°.........en i834 a 28,900 idem.
- La 4e........en 183 g a 44tio8 idem.
- La 5e......en i844 a 55,2 2 5 idem.
- La 6°.......en 1849 a 60,02 5 idem.
- On peut juger par là des progrès toujours croissants de cette fabrique où sont tréfilés les fils de laitons ainsi que les peignes qui tissent le n° extraordinaire dë 60,025.
- Ces toiles, d’une finesse surprenante, sont fort utiles aux chimistes et au tamisage de l’émeri.
- Le jury, reconnaissant que M. Roswag fils soutient dignement l’honneur de l’établissement auquel il succède, lui rappelle la médaille d’or.
- Madame veuve SAINT-PAUL et fils, boulevard des Fiiles-du-Calvaire, n° 11, à Paris.
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- C’est une des plus anciennes fabriques; dès 1802 les tissus métalliques s’y confectionnaient. En 1819, en 1823, elle a obtenu la médaille de bronze; elle obtint ensuite la médaille d’argent qui lui fut rappelée en i844-
- Elle expose des tourailles pour la brasserie, fabriquées en n05 6 et 8 afin de leur donner plus de solidité. Ces toiles métalliques durent de 12 à i5 ans et'on peut marcher dessus. Les toiles pour
- Rappel
- de
- médaille
- d’argenl.
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- Rappels
- de
- médailles de bronze.
- Médailles de bronze.
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- l’amidon de 200 fils au pouce sont très-fortes, et si serrées, que l’eau ne peut les traverser.
- Le jury rappelle à Madame veuve Saint-Paul la médaille d’argent.
- M. TROUSSET, à Paris.
- Il expose plusieurs toiles métalliques et rouleaux égoutteurs pour la papeterie. M. Trousset fournit des toiles aux papeteries d’Angou-lême, c’est la meilleure preuve de la bonté de ses produits, qui lui ont mérité la médaille de bronze que le jury lui rappelle.
- M. PORLIER, rue Montmorency, n° 32 , à Paris. .
- Il est le seul fabricant de formes et filigranes qu’emploie encore le petit nombre de papeteries aux cuves, où le papier se fabrique à la main. C’est donc à lui seul qu’elles peuvent recourir dans leurs besoins, que restreint de plus en plus l’extension de la fabrication du papier à la mécanique, où on n’emploie que des toiles unies d’une longueur, indéfinie.
- Une forme portant un grand filigrane représentant Philibert de Savoie, percé à la scie dans une pièce d’argent, accompagné de lettres fort bien découpées, est d’une exécution remarquable.
- Les travaux de M. Porlier méritent le rappel de la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1823 et 1839.
- »
- M. Jean KONS, rue Saint-Maur-Popincourt, n° gâ, à Paris.
- Il expose pour la première fois, et ses produits sont remarquables sous tous les rapports. Le jury a remarqué entre autres des toiles vergées sans fin pour la fabrication des cartons, et une toile de chaînettes pour le nettoyage des grains dont la trame est reliée par une double chaînette se contournant l’une sur l’autre, ce qui donne à ces chaînettes beaucoup plus de solidité, sans que le prix soit sensiblement augmenté.
- Ce qui surtout a frappé l’attention du jury, ce sont des shakos en toile métallique, plus légers de cent grammes que ceux en cuir et n’étant pas sujets comme eux à être déformés par la pluie. Us offrent aussi plus de solidité contre les coups desabre; l’expérience en a été faite devant le jury; il en est de même pour les épaulettes.
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- M. Kons remplace par son tissu métallique le carton ou zinc qui forme la patte de l’épaulette et le bois qui ën forme la partie bombée. On s’occupe en ce moment au ministère de la guerre de ces nouvelles applications pour lesquelles M. Kons a pris un brevet d’invention.
- Dès 1824, M. Kons montait cliezM. Vallier les premiers métiers pour fabriquer les toiles métalliques employées par les fabricants de papier. Il s’est continuellement appliqué à perfectionner ce genre de produits.
- Le jury décerne à M. Kons, comme récompense de ses longs travaux, la médaille de bronze.
- MM. RUSSIER, RREWER et TROUSSET, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 206, à Paris.
- Quoique les produits de MM. Russier et Brewer paraissent pour la première fois à l’exposition, ils n’en sont pas moins connus avantageusement, depuis très-longtemps, des fabricants de papier. C’est à MM. Russier et Brewer que la France doit d’avoir déshabitué les fabricants de papier de l’usage où ils étaient de s’adresser à l’Angleterre pour les toiles métalliques. _ Pendant longtemps MM. Russier et Brewer faisaient usage de fils anglais, mais maintenant ils se servent aussi de fils français.
- Le jury, voulant récompenser les anciens services rendus à nos fabriques de papiers, accorde à MM. Russier et Brewer la médaille de bronze.
- M. TANGRE, rue Saint-Maur, n° 47, à Paris.
- Les produits de M. Tangre ont été cités favorablement aux expositions de i83g et i844- Son établissement a pris de l’extension. Parmi les objets qu’il expose, le jury a remarqué une chaînette en fer étamé, formant toile pour cylindres à cribler les menues pailles. Depuis 7 ans, cet instrument utile à l’agriculture est adopté, et, depuis 3 ans, il devient cl’un emploi presque général.
- Une toile féculière en laiton remplace avantageusement les toiles de crin dites amidonnières.
- M. Tangre expose diverses tourailles, à mailles en fer, destinées à la brasserie et au débroussage ou décortication des grains.
- Il a exécuté 200 chemises en toiles métalliques, à lisières mixtes,
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- Citations favorables.
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- propres au blutage du son et de la farine, demandées par le ministère de la guerre pour le service de la Manutention des vivres.
- Les produits de M. Tangre méritent la médaille de bronze que le jury lui accorde.
- •MM. ALBIN et C’8, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Ses toiles pour la fabrication du papier sont très-estimées et trouvent un débouché considérable à l’étranger. La fabrication de MM. Albin et compagnie est très-considérable, et s’élève à près de 100,000 francs dont, 4o,ooo seulement pour la France.
- C’est la première fois que M. Albin, élève de M. Louis Lang, expose ses produits, auxquels le jury accorde une citation favorable.
- M. MONTAGNAG, rue de Paradis-Poissonnière, n° 26, à Paris.
- Autrefois associé de M. Louis Lang , il expose en son nom plusieurs toiles métalliques, qui paraissent parfaitement exécutées. Le jury a remarqué entre autres une toile d’une grande dimension exécutée en cuivre rouge, et qui est en ce moment en activité à la papeterie Villette. M. Montagnac espère que ce métal, étant plus souple quele laiton, sa flexibilité lui permettra un plus longusage. C’est le temps qui décidera de l’avantage que peut offrir cet essai, mais il est à crandre que le cuivre rouge ne s’oxyde plus que le laiton. Les fils de laiton de ses autres toiles sont fournis par la tréfilerie de M. Mouchel pour la trame. M. Montagnac tréfile lui-même les chaînes, dont il lire la matière première d’Oswald-de-Niederbruch (Bas-Rhin).
- - Une toile écrue en trait d’Allemagne (argent faux), destinée à la bluterie, est aussi parfaitement exécutée.
- M. Montagnac fournit depuis 6 ans le ministère de la guerre de toiles métalliques destinées à la fabrication des poudres et salpêtres.
- Le jury accorde aux produits de M. Mon tagnac une citation favorable.
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- SECTION CINQUIÈME.
- CONDUITES D’EAU ET DE GAZ EN MÉTAL.
- M. Ébelmen, rapporteur.
- MM. CHAMEROY et Cie, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 64, à Paris.
- L’établissement fondé par MM. C'hameroy et C'\ pour la fabrication des tuyaux en tôle enduits de bitume, a pris depuis la dernièi'e exposition une nouvelle extension. En i844, époque où les résultats déjà obtenus furent récompensés par une médaille d’argent, MM. Chameroy n’avaient guère placé que 4o,ooo mètres courants de leurs tuyaux pour conduits de gaz, et 20,000 mètres courants pour des conduites d’eau. Le chiffre de leurs affaires est aujourd’hui beaucoup plus considérable : du 8 avril i838, date de la fondation de rétablissement, au 3i mars 1849, la société Chameroy a livré à la consommation 621,397 mètres courants de tuyaux, et dans les 4 mois suivants, c’est-à-dire du 3i mars au 3i juillet 1849, e^e en a fourni 38,000 mètres. On voit dans quelle progression rapide s’est développé l’usage des tuyaux en tôle et en bitume, et ce fait témoigne suffisamment de la haute importance qu’a su acquérir l’industrie fondée par MM. Chameroy et C‘e.
- Notre commission s’est transportée à l’usine que MM. Chameroy et C10 ont établie à la Chapelle-Saint-Denis, et elle a suivi dans celte importante usine la série des opérations exécutées d’après les procédés des exposants, pour cintrer les tôles plombées et former les joints longitudinaux, rapporter aux extrémités des tuyaux des pas devis en un alliage assez fusible-, enfin, pour bitumer les tuyaux, soit à l’extérieur, soit à l’intérieur. Ces procédés sont généralement les mêmes que ceux dont il est fait mention dans le rapport de i844-Nous devons citer, toutefois, comme un perfectionnement des plus importants, lé procédé actuellement suivi pour former les joints longitudinaux, lequel remplace très-avantageusement les rivures et ne laisse aucun point saillant ni à l’intérieur ni à l’extérieur du tuyau. Voici. en quoi il consiste : les deux bords de la tôle étant étirés de 2 centimètres, on les fait passer sous un emporte-pièce qui découpe et repousse du dedans au dehors daux agrafes superposées-, en donnant au tuyau un léger mouvement de torsion, les
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- Médaille
- d’or.
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- deux agrafes se séparent, et celle qui a été découpée dans le bord inférieur va se superposer sur le bord supérieur, et établit ainsi la jonction des deux bords du tuyau. Ce procédé est des plus ingénieux, et, en même temps, des plus expéditifs fia ligne de jonction du tuyau est ensuite soudée à l’étain.
- Une expérience de plusieurs années a fait reconnaître déjà l’excellent emploi des tuyaux en tôle plombée et bitumée pour les conduites de gaz et pour les conduites d’eau; celles-ci doivent être enduites de bitume à l’intérieur, afin d’éviter l’oxidation, qui les percerait rapidement. D’un autre côté, leur prix est très-notablement au-dessous de celui des conduits en fonte : aussi toutes les compagnies de gaz de Paris emploient-elles maintenant les tuyaux de M. Chameroy.
- L’Académie des sciences a consacré déjà le haut mérite de l’invention de M. Chameroy en lui accordant, dans la séance du io mars i845, un des prix de la fondation Montyon.
- Créateur de procédés nouveaux, et ingénieux fondateur d’une industrie dont l’importance s’accroît tous les jours, M. Chameroy doit être signalé parmi les fabricants qui honorent le plus l’industrie française, et le jury lui décerne la médaille d’or.
- Mcciaiiîe MM. Hector LEDRU, ROBIN et Cie, rue d’Angoulême-du-
- de bronze.
- lemple, n° 42, a Fans.
- Les tuyaux de tôle zinguée exposés par MM. Robin et C‘“ ont été obtenus par les procédés de M. Hector Ledru, à qui le jury de i844 décerna une mention honorable dans les termes suivants :
- «La fabrique, fondée en i843, n’a encore livré au commerce « qu’une petite quantité de ses produits. Le jury se voit donc obligé «de se borner à mentionner de la manière la plus honorable le « procédé ingénieux d’étirage des tuyaux à froid de M. Hector Ledru, «laissant aux jurys qui lui succéderont le plaisir de décerner à cet « industriel la haute récompense qui est due à son esprit d’inven-«tion; cette récompense ne peut être accordée qu’après un succès «manufacturier, qui, selon toutes les probabilités, ne se fera pas « longtemps attendre. »
- Nous ne reviendrons pas ici sur les descriptions données, dans le rapport du jury de 1844, de l’ingénieux procédé par lequel les tuyaux de tôle sont agrafés et étirés dans le procédé de M. Hector Ledru : près de 200,000 mètres courants de tuyaux ont été mis en
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- place depuis celle époque; mais la fabrication paraît s’étre singulièrement ralentie dans ces derniers temps, et nous avons même trouvé l’usine en chômage lors de la visile que nous en avons faite récemment.
- Les tuyaux qui sont agrafés et étirés par le procédé Hector Ledru doivent être en tôle très-douce, fabriquée avec des fers au bois, autrement ils se déchirent pendant l’agrafage. Cette circonstance explique comment le prix de ces tuyaux est sensiblement plus élevé que celui des tuyaux du système Chameroy, qui sont tous faits avec de la tôle provenant des fers à la bouille. Les tuyaux faits en tôle zinguée, et servant de conduite d’eau, l’ésistent, d’ailleurs, à l’oxydation bien mieux que ceux faits avec de la tôle plombée, quand celle-ci n’est pas enduite de bitume à l’intérieur.
- Le jury, tout en regrettant que les circonstances aient ralenti la fabrication des tuyaux du système Ledru et Robin , a pensé qu’il était juste de tenir compte des résultats obtenus antérieurement, et a décerné à MM. Hector Ledru, Robin et C!o une médaille de bronze.
- SECTION SIXIÈME.
- SUBSTANCES MINÉRALES COMBUSTIBLES.
- M. Lcplay, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les industries qui ont pour objet d’extraire les combustibles minéraux et végétaux, et de les approprier aux convenances de l’industrie et de l’économie domestique, ne sont représentées que par un petit nombre d’exposants. Toutefois, parmi ces derniers, le jury a remarqué avec intérêt les fabricants qui s’appliquent à élaborer les débris de combustibles et de diverses substances d’un emploi jusqu’alors peu avantageux, pour les transformer en produits aussi parfaits que les combustibles de choix, directement fournis par les mines et par les forêts.
- L’industrie qui a pour objet l’élaboration de combustibles minéraux a sort siège principal dans les départements de la Loire et du Rhône, sur le plus productif des bassins houiliers
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- du territoire français. Elle produit des houilles massives, de forme parallélépipédique, et quadruple ainsi la valeur des houilles menues qu’elle emploie : ces dernières, produites par toutes les mines en proportion considérable, offrent dans l’emploi immédiat des difficultés toutes spéciales, et pour ce motif ne se vendent qu’à bas prix. A une époque encore peu éloignée, certaines exploitations houillères ne pouvaient trouver pour les combustibles menus aucun débouché. Pour se débarrasser de ce produit, elles devaient le brûler en pure perte à la surface des ateliers d’exploitation. L’industrie créée sur le bassin de la Loire par M. Marsais parait appelée à s’établir sur la plupart des autres bassins houillers : son influence, venant se joindre à celle des procédés métallurgiques spécialement appropriés à l’emploi immédiat des houilles menues , donnera partout un nouvel encouragement à l’exploitation des combustibles minéraux.
- Une autre branche d’industrie, dont les produits se présentent pour la première fois à l’exposition, a pour objet de façonner sous une forme cylindrique, convenable pour l’usage, les matières pulvérulentes qui restent au fond des magasins où a été conservé le charbon de bois, et celles qu’on prépare directement, en vue de cette fabrication, en carbonisant sur place les plantes ligneuses et les débris de toute nature qui encombrent en pure perte les forêts. Cette intéressante industrie, créée à Paris par M. Popelin-Ducarre, paraît appelée à prospérer dans tous les lieux où abondent les mêmes matières premières et où le charbon de bois se vend à un prix élevé.
- La fabrication des soufflets, au moyen desquels on soumet les combustibles à une combustion énergique pour produire des températures élevées, est représentée à l’exposition par des produits plus nombreux et plus parfaits que ceux qui avaient été exposés en i844> Les divers fabricants sont parvenus à remplir avec un succès remarquable toutes les convenances spéciales que chaque art peut réclamer. La variété des moyens employés, l’efficacité des résultats obtenus, font honneur au génie inventif des personnes qui exploitent ce genre de fabri-
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- cation. Les exportations faites en pays étrangers, par plusieurs fabricants, témoignent assez du rang distingué qu’ils occupent dans l’industrie européenne.
- M. Emile MARSAIS, à Givors (Rhône) et à Bérard Rappel
- /x • \ de médaille
- (Loire). d’argent.
- Depuis i844, M. Marsais a donné un nouveau développement à l’importante industrie que le jury précédent a décrite en détail, et pour laquelle il a décerné à cet habile industriel une médaille d’argent.
- Cette industrie a pour objet de fabriquer à chaud et par un procédé mécanique, avec les houilles menues mêlées à un produit extrait du goudron de houille, des combustibles en masses régulières, dits agglomérés. Douée d’un pouvoir calorifique un peu plus élevé que celui des houilles qui lui servent de base, pouvant, en raison de la régularité de forme des fragments, être accumulée, dans un espace donné, en poids plus considérable que la houille ordinaire, la .houille agglomérée commence à être très-recherchée pour la navigation à vapeur, et peut trouver dans celle seule spécialité un débouché très-important.
- Depuis i844, M. Marsais a fondé à Givors une nouvelle fabrique; les produits de celle dernière, réunis à ceux de la fabrique précédemment établie à Bérard, montent à 26 millions de kilogrammes : ils forment donc un poids à peu près décuple des produits qu’on obtenait en i844-
- Le jury accorde à M. Marsais le rappel de la médaille d’argent qui lui fut décernée en x844-
- MM. POPELIN-DUCARRE et Cie, boulevard de l’Hôpital, M*i«üie
- L cl argent.
- n° i3y, et rue Vivienne, n° 41, a Paris.
- M. Popelin-Ducarre a créé depuis trois ans une nouvelle industrie, qui a pour objet de convertir en un charbon d’excellente qualité, propre aux arts et à l’économie domestique, diverses matières combustibles qui, jusqu’à ce jour, restaient inutiles ou n’avaient qu’une médiocre utilité. Il désigne ce nouveau produit sous le nom de charbon de Paris.
- Après divers essais préliminaires, cet ingénieux fabricant a d’abord employé, comme matière première, les poussières de charbon
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- de bois provenant des fonds de magasins, et les résidus des halles à charbon des hauts fourneaux placés à proximité des voies navigables aboutissant à Paris; enfin, du charbon pulvérulent fabriqué avec du tan, que fournissent en abondance plusieurs ateliers de Paris. Récemment il a trouvé une source abondante de matières premières cumbustibles dans les substances sous-ligneuses qui abondent sur certaines friches, et surtout dans les buissons et les arbrisseaux qui recouvrent souvent le sol des forêts, et qui sont connus sous le nom de mort-bois; dans certaines localités, les débris de l’abatage des bois peuvent également fournir d’importantes ressources. Toutes ces matières-, achetées à bas prix, sont converties sur place, par un procédé très-économique, en un charbon pulvérulent, dont le poids et le volume sont beaucoup moindres que ceux du combustible primitif, et qui, après avoir été chargé dans des socs, se transporte aisément à l’usine où le charbon de Paris est fabriqué.
- Les charbons pulvérulents de toute origine sont mêlés avec la quantité de goudron de houille nécessaire pour former une pâte épaisse; celle-ci, sous l’action d’une machine, est moulée en petits cylindres qui sont ensuite soumis à la carbonisation, dans des appareils qui livrent des fragments de même forme, résistant bien aux chocs, et qui sont propres aux mêmes usages que le charbon de bois ordinaire.
- Le charbon de Paris est déjà recherché pour l’économie domestique et par un grand nombre de fabricants, parmi lesquels nous citerons les chaudronniers en cuivre, les ferblantiers, les plombiers, les fabricants de ressorts, les doreurs sur métaux, etc. La propriété qu’a ce combustible de brûler au besoin d’une manière lente, et de se consumer jusqu’au dernier fragment quand il est employé par petites masses, en rend l’usage très-économique dans les cuisines, clans les laboratoires de chimie, et clans tous les cas où il faut développer une chaleur faible et longtemps soutenue.
- M. Popelin-Ducarre fabrique déjà 5,ooo kilogrammes cle charbon par jour; dès à présent, son usine est montée pour en produire trois fois davantage. Il livre au commerce les 100 kilogrammes au prix de i5 francs, tandis que le prix du charbon de bois ordinaire atteint environ 20 francs.
- Le jury, appréciant le talent et la persévérance dont cet habile fabricant, à fait .preuve en créant l’industrie du charbon de Paris, lui décerne une médaille d’argent.
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- MM. CHAGOT, PERRET, MORIN et C", à Chalons-sur-Saône (Saône-et-Loire).
- Fabriquent annuellement 6 millions de kilogrammes de houille artificielle moulée, dite pirogène, en soumettant à chaud à une forte pression, et au moyen d’une machine ingénieuse exerçant un effort continu, un mélange de houille menue de Blanzy et d’un résidu goudronneux provenant des matières de la fabrication du gaz d’éclairage. Ils ont rendu service, à la contrée en donnant un emploi fort utile à des matières qui n’avaient précédemment qu’une médiocre valeur.
- Le jury se plait à accorder à MM. Chagot, Perret, Morin et C“ une médaille de bronze.
- MM. DE RUMIGNY et Cie, à la Baconnière (Mayenne).
- La compagnie extrait annuellement de sa mine de la Baconnière a4o,ooohectolitres d’anthracite, qui sont consommés exclusivement pour la fabrication de la chaux; celle-ci, employée comme engrais, a donné une heureuse impulsion à l’agriculture de cette contrée.
- Le jury accorde à la compagnie une médaille de bronze.
- MM. DE LA ROCHELAMBERT et Cio, à la Bazouge-de-Cheraeré (Mayenné).
- La compagnie exploite en celte localité des mines d’anthracite qui produisent annuellement 3oo,ooo hectolitres. Ce combustible est employé pour la cuisson de la chaux destinée aux amendements agricoles, et a exercé une très-heureuse influence sur la prospérité du pays environnant.
- Le jury accorde à la compagnie une médaille de bronze.
- SECTION SEPTIÈME.
- SUBSTANCES MINÉRALES.
- M. Héricart de Thry, rapporteur. .
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Encouragés par les médailles et récompenses que le jury
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- Médaille de bronze
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- central leur a décernées aux dernières expositions, nos exploitants de carrières de marbre, si longtemps abandonnés à eux-mêmes, ont suivi les progrès des différentes branches de notre industrie; ils ont fait de nombreuses et importantes découvertes de marbre de première qualité, tant pour la statuaire que pour l’architecture monumentale et l’art de la marbrerie : aussi ne saurions-nous trop appeler sur leurs travaux l’attention du Gouvernement, pour les soutenir dans leurs louables efforts après les sacrifices et les frais extraordinaires qu’ont exigé d’abord leurs découvertes, et ensuite la mise en exploitation de leurs marbrières.
- Après leur conquête des Gaules, les Romains y avaient élevé de nombreux monuments, temples, palais, thermes et édifices publics, la plupart décorés de marbres qu’ils avaient découverts dans le pays, et qu’ils exploitaient de manière à en extraire des colonnes de trois, quatre, cinq, dix mètres et plus de longueur ; ainsi les belles colonnes de granité de onze mètres de Cliessy et Larbresles en Lyonnais, du temple élevé à Auguste à Lyon par la province, colonnes malheureusement et barbarement sciées à moitié de leur longueur par un zèle religieux bien mal entendu, pour en faire dans l’église d’Enée, et sans les avoir aucunement retravaillées, quatre colonnes hors de toutes proportions; ainsi les beaux revêtements du palais des Césars à Vienne, et l’obélisque de granité de la porte du midi de cette ville; ainsi les marbres de toute espèce trouvés dans les ruines d’Aix, d’Arles, d’Avignon, d’Orange, de Fréjus ; ainsi les marbres des Pyrénées, du Corbière, du Languedoc que nous trouvons à Nîmes, à Narbonne, à Carcassonne, à Toulouse etc. ; ainsi encore ceux des ruines de Saintes, d’Autun, de Soissons, de Reims, de Metz, etc., etc.
- Quelle devait donc être l’activité de l’exploitation de ces carrières des Romains pour fournir des marbres à tous les monuments de ces villes, et de beaucoup d’autres carrières que nous pourrions également citer, mais abandonnées après les irruptions, les dévastations des barbares et la chute de l’empire romain.
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- La plupart de ces carrières abandonnées furent bientôt tellement oubliées, que les traditions rapportaient que tous ces temples, palais et édifices avaient été construits avec des marbres et granités amenés, par les Romains, des pays étrangers ou des carrières qu’ils avaient exploitées dans le pays, mais qu’ils avaient entièrement épuisées, et qu’en vain on en recherchait les vestiges, qu’on aurait cependant souvent pu retrouver aux portes de quelques-unes de ces villes.
- Telles furent longtemps et généralement l’opinion et la tradition sur les anciennes carrières de marbres exploitées dans les Gaules par les Romains. Quelques-unes furent bien remises en exploitation sous Clovis, Dagobert et Charlemagne, à en juger par les églises élevées sous leurs règnes; mais ce ne fut réellement qu’à l’époque de la Renaissance, et lors du grand mouvement donné par François Ier à l’architecture et à la statuaire, que l’industrie marbrière, royalement encouragée, parvint .à découvrir et à remettre en exploitation quelques-unes des anciennes carrières des Romains, qui fournirent alors les marbres employés dans les palais, églises et monuments de cette belle et mémorable époque pour les arts et l’industrie.
- Henri IV, dont nous croyons devoir rappeler ici une lettre authographe trop peu connue et qui ne saurait être déplacée dans ces considérations, écrivait de Chambéry, le 3 octobre (l’année n’est pas indiquée, mais très-probablement c’est 1600), après la prise de cette ville et la conquête de la Savoie, Henri IV écrivait au gouverneur du Dauphiné, le fameux connétable Bonne de Lesdiguières, qui avait déjà fait ouvrir dans ses domaines de grandes exploitations de marbres pour décorer ses châteaux de Vizille et de Lesdiguières :
- «Mon compere,
- « Celui qui vous rendra la présenté est un marbrier que « j’ai fait venir expressément de Paris, pour visiter les lieux « ou il y aurait des marbres beaux et faciles à transporter à « Paris, pour l’enrichissure de mes maisons des Tuileries, Saint-
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- «Germain-en-Laye et Fontainebleau, en mes provinces du « Languedoc, Provence et Dauphiné : et pour ce qu’il pourra « avoir besoin de votre assistance tant pour visiter les raar-« brières qui sont en votre gouvernement, que pour les faire « transporter, comme je le lui ai commandé, je vous prie de le « favoriser en ce qu’il aura besoin de vous. Vous savez comme «c’est chose que j’affectionne, qui me fait croire que vous « l’affectionnerez aussi, et qu’il y va de mon contentement.
- «Sur ce, Dieu vous ait, mon compere, en sa sainte garde.
- « Ce 3 octobre à Chambéry.
- « Henry. »
- Combien cette lettre est touchante! quelle âme, jusque dans les choses les plus simples, quelle profonde pensée du bien public animait toutes les actions de ce grand, de cet excellent roi ! Combien nous avons à regretter que ses vues n’aient pas toujours été suivies, et qu’ici, par exemple, ses intentions aient été sacrifiées au goût bizarre et capricieux de la mode, qui nous a fait abandonner nos plus beaux marbres français pour des ornementations passagères de bois, de plâtre et de peinture!
- Ainsi que Henri IV, Louis XIV, voulant décorer les palais de Versailles, Saint-Germain, Meudon , Marly, Trianon, etc., appela toutes les provinces du royaume à lui fournir les marbres dont nous admirons la beauté dans ces divers palais, et dont les carrières, ouvertes par ses ordres, sont encore pour la plupart restées depuis abandonnées ou comblées , jusqu’à ces derniers temps que quelques exploitants, à force de sacrifices , sont parvenus à les découvrir et à en remettre les chemins en état de bonne viabilité pour pouvoir arriver aux carrières et en descendre des blocs aux ports d’embarquement.
- D’après les états de l’intendant général des bâtiments de la couronne, le magasin des marbres avait reçu , de 1660 à 1705, plus de cent colonnes de toutes dimensions, dont plus de la moitié avait six mètres de longueur, dans les plus belles qualités de marbre du Dauphiné, de Provence, du Languedoc,
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- des Pyrénées, de Flandre, etc., et de plus de quatre mille blocs de marbres de toutes couleui's, et dimensions.
- C’est dans ce riche magasin de Louis XIV, qui contenait encore cent ans après, en 1806, un bel assortiment de colonnes et de blocs, que l’Empereur Napoléon, qui avait ordonné de n’employer dans la construction du palais du roi de Rome que desmarbres etdu bois indigènes, trouva ces belles colonnes et ces marbres qui, par ses ordres, ont été employés à l’arc de triomphe du Carrousel, dans les salles du musée du Louvre, dans les palais du Sénat conservateur, au Luxembourg, dans la grande salle d’attente de la Chambre des Députés, dans le palais de Saint-Cloud, etc., etc.; mais tout en y puisant les marbres dont il ordonnait l’emploi, l’Empereur, ne voulant pas l’épuiser et lui enlever toutes les ressources qu’il présentait encore pour l’architecture monumentale, ordonna de faire dresser par les ingénieurs [du corps des mines un état général de toutes les carrières de marbre, granités, porphyres de leurs départements, avec l’indication des monuments anciens et modernes dans lesquels ils avaient été ou étaient encore employés, et le devis des frais et dépenses à faire pour remettre ces carrières en exploitation. Cet état fut remis en 1812 à l’Empereur, qui en témoigna sa satisfaction au ministre de l’intérieur, en lui exprimant le désir de voir faire une collection générale de tous les marbres indiqués dans les états, pour en décorer une galerie du palais duRoide Rome ; mais les événements se pressaient, et les désastres de i8t3 et 1814 ne permirent point de donner suite aux intentions de l’Empereur,, et l’industrie marbrière fut de nouveau abandonnée à elle-même jusqu’en 1824, que la direction des travaux publics, alors chargée de la conservation des marbres du Gouvernement, fut autorisée, après l’exposition de l’industrie, à faire à titre d’encouragement l’acquisition des plus beaux blocs de marbre que les exploitants pourraient lui présenter en blauc statuaire, blanc clair, blanc veiné* et en marbre de couleur.
- Le monument à élever à l’Empereur dans l’église des Invalides présentait une belle occasion pour encourager notre in-
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- dus trie marbrière, et la commission chargée du choix des marbres à y employer a pris pour ce monument les plus beaux marbres français que présentaient les marbrières en exploitation : ainsi les carrières de la magnifique brèche de marbre noir et blanc dit le Grand Antique sépulcral ou Grand Deuil, que l’on prétendait venir de l’Asie Mineure, et que les Romains , disait-on, avaient entièrement épuisées, carrières que nous avons eu le bonheur de retrouver à Aubert-Saint-Girons, dans l’Ariége ; ainsi le vert de mer ou la grande brèche blanche et verte antique], que l’on pensait ne se trouver qu’en Italie, et dont nous possédons de riches et nombreuses carrières; ainsi le vert serpentin des Hautes-Alpes; ainsi encore le marbre Napoléon des marbrières de la colonne de la grande armée à Boulogne-sur-Mer, etc., etc;; mais le mauvais état des chemins et des ponts des vallées des Hautes-Pyrénées a empêché les entrepreneurs des carrières de marbre blanc de fournir les blocs qui leur étaient demandés, et les entrepreneurs ne pouvant prendre à leur charge les frais et dépenses de ces ponts et des routes, la commission s’est vue à regret obligée de faire prendre les marbres blancs du monument impérial à Carare, tout en reconnaissant que les marbrières françaises des Pyrénées auraient pu les fournir, si le Gouvernement les avait rendues accessibles aux voitures par la réparation des chemins, vivement demandée par la commission.
- Telle est aujourd’hui la situation de notre industrie marbrière , encore une fois livrée, abandonnée à elle-même, le Gouvernement, par l’effet des circonstances, se trouvant dans l’impossibilité défaire aucune demande de fourniture et d’approvisionnement q nos exploitants, dont plusieurs, pour soutenir les nombreux ouvriers de leurs ateliers, ont cependant continué leurs travaux avec une admirable persévérance, sans se laisser arrêter par aucun sacrifice , s’estimant heureux d’avoir à la fois assuré la tranquillité de leur pays et soutenu leur belle et intéressante industrie.
- Espérons que des temps plus prospères permettront bientôt au Gouvernement de venir au secours de cette belle industrie,
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- de l’encourager comme elle le mérite, de dédommager nos exploitants de tous leurs sacrifices; enfin, que lorsque les pays étrangers viennent chercher dans nos montagnes nos plus beaux marbres français, nous ne verrons plus élever sur nos places publiques des monuments et colonnes de bois, de plâtre, de moellons ou de peinture, qu’il faut restaurer ou recommencer tous les ans.
- Nous divisons l’industrie des marbres en trois sections: savoir :
- i° Les exploitations de marbres, granités, porphyres, stalactites et alabastrites anhydrites ;
- 2° Les marbres travaillés, ou l’emploi du marbre dans les arts et la marbrerie proprement dite;
- 3° Par appendice, les Pseudo-marbres, marbres artificiels ou imitation de marbre, avec les différentes espèces des tues.
- § 1er. EXPLOITATIONS DE MARBRES, GRANITES, ETC.
- M. Aimé GÉRUSET, à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).
- .«Dans notre rapport sur l’exposition de i844, nous avions fait connaître, i° la haute importance de la belle usine marbrière établie par M. Géruset, sur une dérivation de l’Adour, débitant annuellement de 8oo à 1,000 mètres cubes de marbre de toutes espèces ;
- Et 2° la belle collection d’échantillons formée par M. Géruset, de tous les marbres des Pyrénées, remarquables par les fossiles qui les caractérisent et par les faits géologiques qui leur sont particuliers.
- Depuis cette exposition, M. Géruset a ouvert plusieurs carrières nouvelles, dont il extrait des marbres de la plus grande beauté, en blocs des plus grandes dimensions.
- Parmi les nombreux objets envoyés à l’exposition par M. Géruset, la commission a particulièrement distingué , i° une cheminée d’albâtre stalactite roncée couleur café au lait, à modifions sur les angles, avec frise et foyer, la tablette garnie d’une belle pendule, de deux coupes et d’une paire de flambeaux de même albâtre stalactite, le tout d’un goût et d’un fini parfaits ;
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- 2* Une étagère ronde sur trois balustres en marbre sarrancolin, de la plus belle pâte ;
- 3° Une jardinière en marbre lumachelle ;
- 4° Un baril, avec ses cercles rapportés, en marbre rouge, et remarquable par l’application de ces cercles ;
- 5° Plusieurs coupes et pendules de marbres pyrénéens des plus belles variétés et du plus beau choix ;
- 6° De nombreuses pièces de ménage, en marbre de tou les sortes, et du plus beau travail.
- Enfin, parmi tous les objets envoyés par M. Géruset à l’exposition, la commission a plus particulièrement encore distingué une coupe et une pendule de la plus grande beauté, en marbre albâtre blanc translucide, nacré et perlé, recueilli sur le port de Bordeaux, et provenant du lest d’un navire arrivant du Brésil, que le consul de la république bolivienne a reconnu et dit à M. Géruset provenir de Bezoingeilh, dans le haut Pérou, d’où on l'extrait pour la construction d’une grande église monumentale au Brésil.
- Cette belle matière, qui est d’une translucidité vraiment remarquable, avec ses reflets nacrés et perlés, est d’une grande dureté et d’un travail difficile, mais qui n’ont pas arrêté M. Géruset dans l’exécution de sa pendule et de sa belle coupe, dont la commission croit devoir demander au jury central, à raison de la rareté de la matière et de la beauté du travail, d’en proposer l’acquisition à M. le ministre, pour les placer dans la collection du musée d’histoire naturelle ou dans celle du Louvre..
- Le marbre translucide, nacré et perlé (albâtre oriental), est d’autant plus précieux qu’il a la plus grande analogie avec le marbre transparent oriental, tant estimé des anciens, et dont on trouve des fragments dans les ruines du temple d’Ortée, près de Rome, mais dont on ignore les carrières, à moins qu’elles ne.soient celles qui ont été indiquées par M. de Rosière, inspecteur des mines de l’expédition d’Egypte, dans la chaîne des montagnes du désert, entre la mer Rouge et la vallée du Nil, ou celles d’Aracena en Andalousie, qui ont dû être anciennement exploitées, mais à une époque pour nous inconnue.
- Le jury central, considérant que M. Géruset, malgré les circons_ tances, a constamment soutenu ses usines en activité, qu’il a ou vert de nouvelles carrières de marbre dans les Pyrénées, et qu’il se maintient au premier rang de l’industrie marbrière, lui décerne une nouvelle médaille d’or.
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- MM. CAZAUX et FABRÈGE, àLaruns (Basses-Pyrénées).
- MM. Cazaux et Fabrège exploitent, à Gabaz, une grande carrière de marbre blanc saccharoïde qu’ils ont découvert dans îe ravin de la Sagetle du gave de Brousset, entre les schistes micacés, ardoisés et le granité. Deux grandes carrières sont ouvertes dans la masse de marbre, qui se montre à découvert sur plus d’un kilomètre de longueur, 5oo mètres de hauteur, et plus de 3oo de profondeur. Ces carrières fournissent deux, variétés de marbre remarquables parleur éclat et l’homogénilé de leur pâte : l’une est clemi-opaque et d’une blancheur éblouissante ; elle est éminemment propre à l’archileclure ; l’autre', légèrement translucide, est préférée pour la statuaire et la sculpture. Ces carrières peuvent fournir des blocs des plus grandes dimensions sans aucun accident ni défaut; ainsi on en a extrait les douze colonnes du palais de justice de la ville de Pau, qui ont sept mètres de fût, et on pourrait, suivant les demandes, en fournir de plus grandes dimensions, de qualité parfaitement homogène, la masse devenant de plus en plus pure à mesure qu’on s’enfonce dans les montagnes.
- L’usine marbrière de MM. Cazaux et Fabrège est établie àLaruns au moyen d’un moteur hydraulique de la force de 8 à 10 chevaux pour 100 lames, mais dont le nombre est augmenté suivant les demandes ainsi que celui des ouvriers.
- La belle qualité du marbre blanc statuaire de Gabaz n’est plus une question à examiner. Elle a été reconnue et constatée par les ingénieurs et inspecteurs généraux des mines, par le conseil des bâtiments civils et par plusieurs de nos premiers artistes, qui ont donné la préférence à ces marbres sur ceux d’Italie, pour les statues de Talma, le tambour Barra, la statue équestre du général Golert, par David d’Angers; le saint Augustin et le Caïn d’Etex, le Cincin-nalus deFoyatier, etc. , etc.
- La découverte des carrières de marbre de Gabaz a exigé, suivant le rapport de l’ingénieur du département, de très-grands travaux et des frais considérables, dans un pays désert et couvert de neiges pendant six mois, au fond de la haute chaîne des Pyrénées, dans des rochers coupés à pic, et sans aucun moyen, aucune ressource quelconque, éloigné de la commune de Laruns de plus de six myria-mèlres; mais MM. Cazaux et Fabrège ne se sont point laissés décourager paries difficultés qu’ils éprouvaient, et après plusieurs années de recherches et de travaux dispendieux, ils sont parvenus
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- à établir l’exploitation de leurs carrières de manière à pouvoir fournir, à Paris, le mètre cube de marbre de première qualité au prix de 120 francs, et leur marbre statuaire et d’architecture, rendu à Paris, à 201 p. 0/0 au-dessous du prix courant du marbre d’Italie, soit 564 francs le mètre cube.
- Enfin cette belle exploitation, ouverte et soutenue en activité depuis plusieurs années, malgré les circonstances critiques dont noire indusfrie a tant souffert, a fourni les matériaux du palais de justice de Pau, en même temps qu’elle a livré à nos premiers statuaires des blocs de marbre de première qualité pour des statues colossales; ces carrières, que nous avons visitées avec le plus vif intérêt, en s’enfonçant dans le cœur de la montagne de la Sagette de Brousset, produisent des blocs d’une qualité supérieure, parfaitement homogène et dans la plus grande dimension, et sont en état de répondre dès à présent à toutes les demandes que le Gouvernement pourrait faire à MM. Cazaux et Fabrège pour les monuments publics, reversant alors sur une industrie toute française, créée à si grands frais dans les pauvres montagnes des Pyrénées, les millions que la France paye annuellement à l’Italie pour des marbres bien souvent défectueux, et rebutés par nos artistes après plusieurs mois de travail.
- Le jury central, sur le rapport de sa commission, décerne à l’unanimité <à MM. Cazaux et Fabrège*la médaille d’or, et prie M. le ministre de l’agriculture et du commerce de recommander leur importante exploitation au Gouvernement pour la fourniture à faire aux monuments publics et à la direction des beaux-arts.
- M. Remy-Jôseph COLIN, à Épinal (Vosges).
- M. Colin a repris en i845 l’exploitation des marbres des Vosges, qui avait été commencée en 1828, reprise et abandonnée par diverses compagnies qui furent obligées d’y renoncer.
- Les recherches, les études et les connaissances théoriques et pratiques de M. Colin l’ont heureusement mis à même de remonter et mettre en grande activité l’établissement d’Epinal,qui avait obtenu une médaille de bronze à l’exposition de i834 et une médaille d’argent à celle de 1839.
- M. Colin ne s’est pas borné à l’exploitation des carrières de marbre ouvertes par ses prédécesseurs. Il a entrepris celle des belles roches de granités, syénites, porphyres, opbiolites, mélaphyres, serpentines, etc., etc., de la chaîne des Vosges, exploitée avant la révo--
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- lütion de 1789, sous la protection de la reine Màrie-Anloinetle, et le bel assortiment qu’il en a présenté à l’exposition prouve qu’aucune difficulté ne peut l’arrêter dans le travail et même la sculpture des matières les plus dures, celles qui sont généralement abandonnées aujourd’hui par la plupart des exploitants, à raison de l’extrême dureté de leurs principes constituants et de leur cristallisation, qui en rend le travail très-difficile et très-onéreux.
- L’usine d’Epinal de M. Colin se compose d’une roue hydraulique de la force de six chevaux-vapeur, qui met en jeu la scierie mécanique, les tours,sles alesoirs, les polissoirs et tous les ateliers, dont l’ensemble et la division sont de véritables modèles, particulièrement dans leur outillage, remarquable par la bonne exécution de toutes ses parties.
- Parmi les différentes pièces exposées par M. Colin, la commission a particulièrement distingué :
- i° Un beau sarcophage de granité noir micacé;
- 20 Une belle vasque de granité des Vosges;
- 3° Une table de serpentine verte et brune;
- 4° Plusieurs tables de porphyre de différentes nuances ;
- 5° Deux échantillons de syénites;
- 6° Des cheminées, tables et consoles de diverses espèces de marbre i dont plusieurs sont des découvertes faites récemment par M. Colin, et destinées à avoir un très-grand succès dans la haute
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- marbrerie.
- M. Colin a exécuté plusieurs grands monuments funèbres en granités et mélaphyres, et nous citerons entre autres ceux du maréchal Victor, à la Marche; ceux du cimetière de Nancy, ceux de Fayl-Billot., etc. , etc. 11 est en ce moment occupé de l’exécution du piédestal en granité de la statue de Mathieu de Dombasle;
- M. E, Duton, membre de la société de géologie, dans un rapport qu’il a présenté à cette société dans la session quelle a tenue à Epinal en 1847, a décrit les principales carrières de granité, porphyres, serpentines et autres belles roches de ce genre exploitées par M. Colin, qui en avait offert une collection à cette société le premier jour de sa session.
- Le jury départemental et le préfet des Vosges ont particulièrement recommandé M. Colin à l’attention du jury central.
- Sur le rapport de sa commission des substances minérales et des métaux, le jury central, considérant que c’est aux connaissances,
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- aux soins et à la sage administration qu’est dû le rétablissement de l’ancienne usine des marbres et granités des Vosges, dont les précieux travaux, encouragés par Marie-Antoinette, furent abandonnés par l’eJETet de la première révolution;
- Que c’est aujourd’hui le seul établissement dans lequel on travaille en grand les roches dures de premier ordre pour les monuments publics,
- Et qu’il n’est aucun sacrifice que n’ait fait M. Colin pour soutenir en activité ses exploitations et son usine, dans les moments les plus critiques et les plus désastreux, en maintenant l’ordre dans ses nombreux ateliers, qui n’ont jamais suspendu leurs travaux,
- Décerne à M. Remy-Joseph Colin une nouvelle médaille d’argent.
- Rappel M. Achille TARRIDE fils, à Toulouse (Haute-Garonne).
- de médaille
- cl argent. jyj Tarride fils a obtenu en 1844 une médaille d’argent pour sa belle exploitation du marbre grand deuil antique d’Aubert, près de Saint-Girons (Ariége), dont il a fourni le maître-autel, les colonnes, les revêtements et toute l’ornementation du tombeau de l’Empereur Napoléon dans l’église des Invalides ; fourniture admirable du plus grand, du plus magnifique mausolée que nous connaissions.
- Outre sa belle carrière de grand antique que l’on croyait avoir été exploitée dans l’Asie-Mineure, et que l’on disait épuisée, M. Tarride en exploite plusieurs autres de marbres de couleur de très-belle qualité.
- Le jury décerne à M. Tarride le rappel de sa médaille d’argent, dont il se montre de plus en plus digne pour sa grande exploitation, non moins que pour ses travaux de haute marbrerie en tous genres „ qui sont généralement de la plus grande beauté.
- Médaille M. Théodore GAUDY, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
- d’argent.
- M. Gaudy est un de nos principaux exploitants de carrières de marbre. C’est à lui qu’est particulièrement due la grande extension, le grand développement des carrières de marbre du département du Pas-de-Calais.
- L’usine de M. Gaudy se compose i° de deux scieries hydrauliques de la force de trente chevaux chacune, armées de cent lames de scie, et 2° de tout l’outillage de tour et de polissage le plus complet.
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- M. Gaudy, appelé à fournir des mai'bres pour le tombeau de l’Empereur, s’est distingué par la belle qualité et les dimensions extraordinaires des blocs qu’il a fournis, comme il s’était déjà signalé pour ceux qu’il avait fournis pour la colonne de la grande armée du camp de Boulogne.
- Le jury décerne à M. Gaudy une médaille d’argent.
- Madame veuve HENRY, à Laval (Mayenne). Nouvelle
- médaille
- Les marbres de Madame veuve Henry ont été distingués aux ^)ronz'e' expositions de 1889 et i844; le jury départemental avait signalé plusieurs carrières nouvellement découvertes et mises en grande exploitation.
- L’usine marbrière de madame Henry a depuis celte époque reçu de nouveaux développements; elle fournit suivant les demandes des blocs et des colonnes dans toutes les dimensions, en marbre de première qualité, aujourd’hui très-recherchés pour la haute marbrerie, celle des monuments publics et des églises.
- Le jury décerne à Madame veuve Henry une nouvelle médaille de bronze. "*
- M. Jean PHILIPOT, à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Rappel
- de médaille
- M. Philipot avait obtenu en 1889 une citation favorable, et en de bronze. i844 une médaille de bronze, pour l’exploitation de la carrière de marbre qu’il avait entreprise dans le département des Pyrénées-Orientales.
- 11 a depuis découvert à Tautevel une nouvelle carrière de marbre, à l’exploitation de laquelle il se livre avec succès, et qui a eu pour résultat de faire livrer à Perpignan les marbres ouvrés à un rabais considérable, et que le jury départemental évalue à un tiers de l’ancien prix.
- Le jury central rappelle la médaille de bronze qu’il avait décernée en i844 à M. Philipot, qui se montre de plus en plus digne de cette distinction par ses travaux.
- M. François VAREL LE, â Servance (Haute-Saône). Médaille
- de bronze.
- M. Varelle, après avoir travaillé pendant plusieurs années pour la direction des travaux publics et s’y être, fait remarquer par le fini de ses ouvrages en granités et porphyres, s’est livré à l’étude de
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- Mentions
- onorables.
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- ces belles roches dans l’arrondissement de Lure, département de 1» Haute-Saône.
- M. Varelle a établi à Servance, en i83i, sur la rivière d’Ognon » une usine hydraulique de la force de trente chevaux, dans laquelle il débite et travaille avec le plus grand succès les marbres, granités et porphyres dont il a entrepris l’exploitation, et dont il a présenté à l’exposition une collection d’un beau choix et d’un poli parfait.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Prosper FOURNIER SAINT-AMAND, à Viïleneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne).
- M. Fournier' Sainl-Amand a présenté à l’exposition des cheminées et des tables de marbre d’une carrière de marbre nouvellement découverte dans les Pyrénées, d’une exploitation facile, fournissant des marbres d’un grain très-fin, d’un beau poli et de couleurs très-variées; enfin pouvant fournir des colonnes de trois à cinq mètres de largeur.
- Le jury décerne à M. Fournier Saint-Amand une mention honorable pour les produits qu’il a présentés à l’exposition.
- M. Louis BRUNO, à Brives (Corrèze).
- M. le préfet et le jury du département de la Corrèze ont appelé l’attention du jury central sur une table de marbre présentée par M. Bruno, marbrier à Brives, qui, pour remplacer les cheminées et les tables, jusqu’à ce jour faites en bois dans le département, a essayé d’y employer le calcaire lias, dont on ne se servait que comme pierre à bâtir, et qui a parfaitement réussi dans ses essais, ainsi que le prouve la table exposée par M. Bruno, dont le jury fait une mention honorable, la carrière qu’il exploite promettant de fournir de très-grandes quantités de blocs de marbre de toutes dimensions pour tous les travaux de marbrerie.
- § 2. MARBRES TRAVAILLÉS.
- M. Ilérîcart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’industrie du marbre a fait de très-grands progrès depuis
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- l'application de la puissance de la vapeur et des roues hydrauliques, divisée et répartie dans tous les ateliers des marbreries suivant chaque genre de travail; le même mécanisme, quel qu’il soit, mettant en mouvement les scies, les sciotes, les alesoirs, les tours, les trépans , les polissoirs, enfin et généralement tout l’outillage de la marbrerie, avec une admirable précision d’action, modérée cependant suivant la nature des matières à travailler, leur dureté et les détails des ouvrages. Ainsi, dans nos grandes marbreries, le travail ou plutôt tous les travaux se font simultanément, et avec le même succès, sur le marbre, sur le granité, sur le porphyre, comme sur le bois ; mais les produits de cette belle industrie présentés à l’Exposition se divisent en deux parties bien distinctes; savoir :
- i° Les marbres ouvragés exposés par des marbriers metteurs en œuvre : les marbres de la marbrerie commerciale proprement dite ;
- Et 2° les marbres gravés ou sculptés à la mécanique.
- M. Antoine SEGUIN, me d’Assas, n° n, à Paris.
- La marbrerie de M. Seguin, signalée dans le rapport du jury central de i844 comme la première et l’usine la plus remarquable de Paris pour le travail des marbres, granités, porphyres, etc., a encore pris de nouveaux développements par suite des grands travaux dont il a été chargé, et qu’il a exécutés avec une habileté et une perfection qui ont étendu sa réputation dans les pays étrangers , avec lesquels il est aujourd’hui en relation pour les ouvrages de marbrerie les plus importants.
- Sa marbrerie est divisée en deux usines distinctes, savoir : i° celle des ateliers de mise en œuvre ou de marbrerie proprement dite, et 2° les ateliers de gravure et sculpture à la mécanique, dont il sera fait mention spéciale dans le second paragraphe de cette section.
- Les produits présentés cette année par M. Seguin sont encore plus remarquables que ceux de l’Exposition de i844; et ne pouvant les énumérer tous, la commission signalera particulièrement :
- i° Ses grandes cheminées monumentales en marbre et en pierre,
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- faites à la mécanique, suivant le style de la Renaissance, de Louis XIV, Louis XV, et autres modèles avec l’ornementation qui les distingue;
- 2° Ses médaillons et sculptures;
- 3° Ses inscriptions monumentales, gravées en beaux caractères, à la mécanique, et dignes d’être comparées aux plus beaux caractères de nos premières imprimeries;
- Et 4° ses restaurations de divers monuments de famille, faites avec une perfection qu’on ne pouvait se lasser d’admirer.
- Parmi ses principaux ouvrages qui ne pouvaient être exposés, la commission doit plus particulièrement signaler :
- i° La magnifique marbrerie et les colonnes torses du grand deuil antique du tombeau de l’Empereur dans l’église des Invalides;
- 2° Celle du palais .de la présidence de l’Assemblée législative;
- 3° Celle de l’hôtel des Affaires étrangères;
- 4° La belle cheminée de l’Hôtel de Ville;
- 5° Enfin, un ouvrage qui mettra le comble à la réputation dont jouit déjà M. Seguin est le grand sarcophage en quartzite rouge du lac Ladoga, du tombeau de l’Empereur; l’extrême dureté de cette superbe roche, égale à celle des plus beaux granités et porphyres de l’Egypte, présentant de très-grandes difficultés à raison de son excessive fixité ou résistance, en fermes de glyptique, mais que M. Seguin parviendra à surmonter, ainsi que le prouvent les essais qu’il a faits de ses procédés et appareils.
- Sur le rapport de la commission, le jury décerne la médaille d’or à M. Seguin.
- M. Michel ROCLE, boulevard Beaumarchais, n° 55, à Paris.
- M. Rocle avait obtenu en i844 une médaille de bronze pour ses beaux ouvrages en marbrerie, remarquables par ses sculptures, le fini de son travail, et la beauté de son poli.
- Cette année, il a exposé un assortiment de cheminées qui prouvent, de sa part, des éludes suivies avec soin sur la nature et la qualité des marbres français et étrangers.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. Joseph-Alexandre LE BRUN jeune, boulevard du Temple, n° 9 , à Paris.
- La marbrerie de M. le Brun a depuis longtemps pris rang parmi
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- les premières de Paris, à raison de son bel approvisionnement de marbres de tous pays, de ses nombreux ateliers, èt de tous les ouvrages de haute marbrerie qu’on est toujours assuré d’y trouver ou de pouvoir y faire exécuter immédiatement, en tel marbre que l’on demande.
- Les ouvrages de M. Lebrun sont tous généralement du meilleur goût, du fini le plus parfait, et ne laissent rien à désirer,.
- Le jury central décerne la médaille d’argent à M, Lebrun,
- M. BÉRAUD et compagnie, rue Saint-Sébastien, n° 19, à Paris.
- M. Bérard a monté sa marbrerie pour y travailler en grand la pierre et le marbre, au moyen d’une machine à vapeur de la force de six chevaux, et d’un très-bel outillage.
- Les produits qu’il a exposés sont :
- i° Une belle rosace d’un seul bloc de pierre de 2 mètres de diamètre sur o,4o d’épaisseur;
- 20 Un prie-Dieu en marbre blanc ;
- Êt 5° une belle cheminée en marbre.
- Les ouvrages de M. Bérard sont remarquables par le fini du travail et la beauté du poli.
- Le jury lui décerne un rappel de médaille de bronze.
- M. Jean-Baptiste ROLLAND, rue de Ménil - Montant^ n° 33, à Paris. 1
- M. Rolland est un marbrier qui s’est attaché à la sculpture, et qui en fait l’ornement principal de tous les ouvrages qui sortent de ses ateliers.
- Les cheminées de marbre exposées par M. Rolland sont d’un très-bon goût et d’un travail parfait.
- Le jury décerne à M. Rolland une médaille de bronze.
- M. Jules SIMON jeune, rue du Cadran, n° 16, à Paris.
- M. Simon a exposé divers objets de marbrerie faits avec une belle variété de pierre lithographique susceptible de poli, dite la mandragore du moulin Montdardier, arrondissement du Vigan, département du Gard.
- Cette pierre, ou plutôt ce marbre, est employé avec le plus
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- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
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- grand succès, dans la marbrerie, par M. Simon, pour en faire des cheminées, des tables, des pendules, des vases, etc.
- Le jury accorde à M. Simon une mention honorable.
- Citations
- favorables.
- M. Jacques-Corne DUPUIS, petite rue Saint-Pierre-Am e-lot, n° 22 , à Paris.
- M. Dupuis, marbrier, a réuni dans ses ateliers à Consolve, département du Nord, et à Paris, toutes les applications qu’embrasse l’industrie de la marbrerie : les cheminées de tout genre, les tables, consoles, vases, mortiers, fontaines, carrelages, etc., etc.
- Les cheminées style renaissance et de style moderne sont d’une belle exécution et méritent d’être citées favorablement.
- M. René PEYNOT, rue Fontaine-Saint-Georgcs, n° 26, à Paris.
- Ancien contre-m.aîtx’e dans une de nos premières marbreries, M. Peynot travaille aujourd’hui pour son compte, avec un talent vraiment remarquable, la marbrerie dans toutes ses branches et détails, et mérite une citation favorable. *
- M. Jean-Baptiste CRÉPATTE, rue Saint-Sébastien, n03 8-10, à Paris,
- M. Crépatle, ancien ouvrier marbrier, a établi un très-bon atelier de marbrerie parfaitement outillé, dans lequel il travaille avec autant d’intelligence que de perfection les marbres français et étrangers.
- Ses ouvrages sont dignes d’être cités favorablement.
- SCULPTURE DU MARBRE A LA MÉCANIQUE,
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’expérience confirme de plus en plus l’espoir que le jury central avait conçu, après l’exposition de l844 > sur les procédés et appareils du travail du marbre à la mécanique. Ces procédés ont été perfectionnés par nos premiers artistes, qui
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- y ont apporté la lumière de la pratique, souvent plus certaine que celle de la science et de la théorie; et leurs moyens aujourd’hui ont acquis une telle supériorité qu’il n’y a plus de travail, quelque délicat, quelque minutieux, comme quelque considérable et difïicultueux qu’il puisse être, que les appareils n’exécutent avec tout le' fini, comme avec tous les défauts de l’original, si nos artistes n’avaient trouvé le moyen de maîtriser immédiatement, à la rencontre d’un
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- défaut dans le modèle à reproduire, ou d’arrêter subitement à leur volonté, et cependant sans aucun inconvénient quelconque, la rapidité de la marche et du mouvement de leurs appareils.
- M. SEGUIN, rue d’Assas, n° 11, à Paris. Rappel
- pour ordre,
- M. Seguin, déjà cité pour tous ses travaux de haute marbrerie monumentale, s’est attaché à perfectionner les appareils et moyens mécaniques présentés en x83g, à l’Exposition, par M. Thoreau, qui lui en avait cédé le brevet. Mais en l’appliquant à sa pratique,
- M. Seguin en a reconnu l’insuffisance, et il y a fait des modifications qui n’en ont conservé que la première idée, et qui est ainsi réellement devenu un appareil nouveau entre les mains de cet habile et ingénieux mécanicien, notre premier marbrier. M. Seguin reproduit aujourd’hui, avec autant de rapidité que de succès, tous les sujets qu’on lui présente, sur quelque matière que ce soit, granités , porphyres, marbres, albâtres, grès, etc., ainsi qu’on a pu en juger, par les divers produits qu’il a présentés à l’Exposition, en sculpture de tout genre, d’après l’antique et la renaissance. M. Seguin, cité aux marbres, est ici rappelé pour ordre.
- M. CONTZEN (Michel-Alexandre), rue des Trois-Bornes, n° 11, à Paris.
- Rappel de médaille d’argent.
- M. Contzen avait obtenu en i844 une médaille d’argent pour les statues faites par sa sculpture mécanique.
- Il a depuis inti’oduit dans ses appareils divers perfectionnements importants qui le rendent aujourd’hui entièrement maître de leur marche, dans ses divers ateliers, de manière à pouvoir y travailler simultanément les plus grands et les plus petits sujets, les mêmes
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- Médaille de bronze.
- Médaille
- d’argent.
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- motifs ou les objets les plus étrangers les uns aux autres, avec tous leurs détails les plus minutieux, ainsi qu’on a pu en juger parla statue de marbre de la reine Clotilde de Klagmann, placée dans le jardin du Luxembourg; 2° parle groupe des enfants de Maguada, par M. Clésinger ; 3° sa collection de bustes des artistes vivants; 4° sa sculpture en ivoire, notamment son Christ de 0,70e de hauteur, etc.
- Le jury, reconnaissant que M. Contzen est de plus en plus digne delà récompense qu’il lui avait accordée, lui décerne le rappel de la médaille d’argent.
- M. HÉRY (Pierre-Josepli), aux Affaires étrangères.
- M. Iléry, ancien militaire, et tailleur de pierre, privé d’un bras, puis gardien des ateliers du nouvel hôtel du ministère des affaires étrangères, après avoir suivi les travaux de marbrerie de M. Seguin, a voulu se livrer à cette industrie, et faire de la sculpture, n’ayant qu’une main pour y travailler.
- A cet effet, il a imaginé un appareil très-simple, avec lequel il maintient à la fois ses outils, ses ciseaux, ses trépans, râpes, etc., et leur communique à sa volonté, par un échappement particulier, le mouvement qui convient à leur destination.
- A l’aide de cet instrument, M. Héry a exécuté plusieurs ouvrages en marbre; mais le plus remarquable, celui qui a particulièrement fixé l’attention delà commission, est le portail en marbre blanc de la cathédrale de Toul, réduit dans de belles proportions, avec la plus sévère exactitude, destiné à servir de monture à une grande pendule.
- L’appareil de M. Héry, qui paraît susceptible de plusieurs applications avantageuses, a été placé à l’Exposition au-dessus de son modèle du portail de la cathédrale de Toul, pour qu’on pût le juger et l’apprécier.
- Le jury central félicite M. Héry sur son ingénieux appareil, sur la belle exécution de la réduction du portail de la cathédrale de Toul, et lui décerne une médaille de bronze.
- § 3. CARRIÈRES DE MARBRE ALABASTRITE.
- M. SAPPEY (Charles), à Saint-Firmin-de-Yizille (Isère).
- M. Sappey, qui avait obtenu, en i844, une mention honorable
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- pour ses beaux produits de marbrerie et ouvrages divers de tour et de sculpture, faits avec le marbre alabastrite (chaux sulfatée anhydre) de sa carrière de Saint-Firmin-de-Vizille, département de l’Isère, a depuis développé et donné une très-grande extension à son exploitation, qui lui a fait découvrir des masses blanches, cristallines et saccaroïdes, semblables aux plus belles variétés des marbres grecs et d’Italie, mais dont elles diffèrent par leurs principes constituants, quoiqu’elles en présentent la dureté et qu’elles soient même quelquefois plus dures.
- M. Sappey a fait construire une usine à roue hydraulique, qui débile ses masses d’alabastrite, suivant les demandes, en blocs, tranches et tables de toutes dimensions, pour la marbrerie d’ameublement, d’agrément et de fantaisie, ou pour la statuaire et la sculpture, qui s’emploient avec le plus grand succès comme marbre, à raison de sa blancheur et de sa dureté; pour les intérieurs des édifices, ses principes constituants exigeant que ces ouvrages soient placés à l’abri de l’humidité, quoique nous en ayons vu des tables, des colonnes et des statues très-anciennes exposées constamment à l’air et à ses intempéries sans en avoir éprouvé aucune altération.
- Le jury central décerne à M. Sappey une médaille d’argent.
- § 4. STUCS ET MARBRES FACTICES.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’art de faire les marbres factices ou artificiels est très-ancien. Il a été pratiqué avec le plus grand succès pour les décors et l’ornementation des palais, des temples, des thermes et des principaux appartements, des plus somptueuses habitations, dans les pays où le marbre était rare oü trop cher. Les revêtements y étaient souvent faits en stucs i ainsi que les colonnes, dont le noyau était de briques ou de pierres et recouvert d’une pâte de marbre artificiel, dont on retrouve de beaux restes plus ou moins bien conservés dans quelques ruines des monuments et des palais; mais nous n’avons au-
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- cune donnée certaine sur les matières premières que les anciens employaient dans leur préparation, et nous ne pouvons nous en rapporter, à cet égard, aux procédés décrits par quelques auteurs, qui prétendent, les uns, que le marbre artificiel était fait avec de la chaux de marbre blanc, vieille, éteinte, mêlée et délayée avec des blancs d’œufs; d’autres, avec de la chaux, de l’albâtre, calcinés ensemble et délayés avec de la colle de sang de bœuf; d’autres, avec de la chaux et de l’huile de lin; d’autres, enfin, avec de la chaux, du plâtre et des colles animales auxquelles on ajoutait du pétrole, etc., etc.
- Les anciens avaient également divers procédés pour donner à leurs stucs et marbres artificiels les plus brillantes couleurs , jaunes, rouges, vertes, bleues, avec des matières minérales, salines ou en dissolution, et de nombreux essais ont été fai'ts à cet égard par les plus habiles stucateurs italiens et vénitiens, avec plus ou moins de succès, suivant Balgidiani, le père Kir-cher, Sansevero, Palladio, Réaumur, etc., etc. Mais la plupart des procédés suivis anciennement pour la coloration des pâtes ne pouvaient servir que pour les marbres artificiels employés dans les intérieurs des édifices ; ils ne pouvaient l’être à l’extérieur, où ils se décomposaient promptement par l’action des intempéries sur les sels, les colles, les matières colorantes.
- L’art de faire les marbres artificiels a fait d’immenses progrès depuis que la chimie et la mécanique sont venues à son secours. Déjà, dans le dernier siècle , il avait reçu de notables perfectionnements, et il suffit d’en citer un exemple admirable : celui des belles colonnes et de la marbrerie artificielle de la grande salle du Musée des médailles de l’hôtel des Monnaies de Paris, l’ancien cabinet de minéralogie du célèbre professeur M. Sage, qui, par ses essais et ses conseils, indiquait lui-même aux stucateurs étrangers, chargés de l’ornementation de cette belle salle, les améliorations à faire dans leurs procédés:
- Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin de recourir aux artistes étrangers. Cette belle industrie, devenue toute française, s’est tellement perfectionnée, elle a fait de tels progrès par le
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- concours simultané prêté à la pratique par la chimie et la mécanique; enfin, Fart de faire les marbres artificiels est arrivé chez nous à un tel degré d’amélioration dans tous ses procédés de préparation, de combinaison et de coloration, notamment depuis l’addition du sulfate de chaux aluné et de la pression si puissante de la presse hydraulique, que nous avons vu à l’Exposition des marbres artificiels imitant tellement des marbres naturels, même des plus fins et de la plus grande beauté, qu’ils en présentaient la dureté, la compacité, le poids, les couleurs, le beau poli, enfin tous les caractères, ainsi que l’ont prouvé les divers essais auxquels ils ont été soumis.
- MM. Philbert BAUDOT et Amédée BOUGRAND, à Médaille Charecy, par le Bourgneuf (Saône-et-Loire). dargem*
- Successeurs de MM. Bidremann, qui avaient obtenu en i844 une médaille de bronze, MM. Baudot et Bougrand ont apporté de notables perfectionnements et améliorations dans la préparation des matières qu’ils emploient pour la fabrication de leurs marbres factices, auxquels ils sont parvenus à donner, au moyen d’une presse hydraulique, la compacité, la dureté et la ténacité des marbres naturels, caractères essentiels qui manquaient à ceux de leurs prédécesseurs. Les échantillons qu’ils ont soumis à l’examen de la commission ne laissent aucun doute à cet égard; et, sous le rapport des couleurs, de leurs nuances et des accidents, les marbres factices de MM. Baudot-Bougrand sont d’une telle vérité, que des marbriers ont douté que certains marbres fussent factices, trompés par leur compacité, leur dureté et leurs belles couleurs.
- Le jury décerne à MM. Baudot et Bougrand une médaille d’argent.
- M. Frédéric DtJVAL, rue du Plâtre-Saint-Jacques, n° g, à Paris.
- Rappel de médaille’ de bronze
- M. Duval continue à perfectionner ses dalles hydrofuges pour l’assainissement des appartements humides et salpêtres, pour lesquels il a obtenu une médaille de bronze en i844-
- Celles qu’il a présentées à l’Exposition réunissent des conditions
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- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
- Citations
- favorables.
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- de sûreté et de garantie qui prouvent que M. Duval mérite de plus en plus la distinction qui lui avait été accordée, et dont le jury lui décerne le rappel.
- MM. Philippe-Adrien LEMESLE et Fils, me du Chemin-Vert, n° 2 1, à Paris.
- MM. Lemesle avaient obtenu, en i844, une médaille de bronze pour leur albâtre gypseux de Thorigny, près Lagny ( Seine-et-Marne:), employé pour la confection des marbres factices des stucs et des plâtres alunés. Leur établissement a pris de très-grands développements. Leurs relations s’étendent dans les pays étrangers, où leurs produits ont obtenu le même succès qu’en France.
- Le jury leur accorde le rappel de la médaille de bronze en i844.
- MM. Louis ROMOLI et Pierre MOLINO, rue Fortin, n° 6, à Paris.
- MM. Romoli et Molino, mosaïstes'stucateurs, se livrent particulièrement à la confection des mosaïques, pour pavement et dallage, avec une plastique de leur invention, mais dont la base est le plâtre aluné, qu’ils préparent de manière à lui donner une très-grande dureté et les plus vives couleurs. Les travaux qu’ils ont faits dans divers monuments publics leur ont valu d’honorables certificats, qui attestent leur habileté et la satisfaction des administrateurs et des architectes.
- Les beaux échantillons qu’ils ont exposés ont excité l’admiration générale; le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MM. Charles PRADIER et Édouard SARRAZIN, rue de la Roquette, nos 4i et 43, à Paris.
- MM. Pradier et Sarrazin ont présenté à l’Exposition des cheminées de différents styles, des vases, des pendules, des fonds baptismaux, des colonnes, et une,table de cinq mètres de longueur en marbre factice d’une grande beauté, pour lesquels le jury leur, accorde une mention honorable.
- M. Antoine JABERT, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- M. Jabert- a établi â Clermont des ateliers dans lesquels il fa-
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- brique avec succès des marbres artificiels dont il a exposé divers échantillons: quelques-uns sont d’une bonne cenfection, et méritent à M. Jabert, de la part du jury, une citation favorable.
- M. Jacques CHRÉTIEN, rue de la Félicité, n° 3, aux Batignoiles.
- M. Chrétien, marbrier-slucateur, a présenté à l’Exposition des marbres factices de diverses couleurs, des tables, un guéridon et des dalles en mosaïque d’une bonne exécution, pour laquelle le jury lui accorde une citation favorable.
- TABLEAUX D’ÉTUDE DE MARBRE.
- M. Héricârt de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La commission des substances minérales n’avait pas cru devoir comprendre dans ses rapports des tableaux de marbres peints, présentés à l’Exposition, qui étaient naturellement dans les attributions de la commission des beaux-arts et des produits chimiques ; mais celle-ci ayant insisté sur le renvoi d’un tableau du beau marbre connu dans la marbrerie sous le nom de la grande brèche de Messine ou de Sicile, pour qu’il fût examiné plus particulièrement, et qu’il en fût fait un rapport spécial au jury, la commission des substances minérales a joint ce rapport, pour appendice, à ceux qu’elle a faits sur les marbres factices et les stucs, qui ne sont que des pâtes et des mastics coloriés.
- M. LE TILLOIS (François), rue des Noyers, n° 47, à Paris.
- 'M. Le Tillois a présenté à l’Exposition un tableau d’étude du beau marbre brèche connu sous le nom de la grande brèche de Messine ou de Sicile.
- Ce tableau, qui est très-bien peint, est de la plus grande vérité, de la plus rigoureuse exactitude. Il représente parfaitement, i° tous les
- Mention pour ordre#
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- accidents des divers fragments de marbre jaune, rouge, brun, gris, verdâtre, etc.,' qui constituent cette belle et admirable brèche, un des plus beaux marbres connus, et un des plus remarquables témoins de la grande et terrible dislocation que les bancs de pierre et de marbre les plus durs ont éprouvée dans le soulèvement des montagnes, si bien décrit dans le verset du psalmiste ;
- « Montes eæultaverunt sicul arietes, et colles, sicut agni ovium; »
- Et 2° un exemple non moins remarquable et non moins extraordinaire de la réagglutination que tous ces fragments ont ensuite a,t depuis éprouvée lors du surgissement d’une dissolution de ciment calcaire qui a formé de tous ces débris une masse solide et compacte , un agrégat bréchiforme de la plus belle qualité, généralement connu sous le nom de marbre brèche de Messine ou de Sicile, que, pour les causes et leurs effets, les géologues rapprochent des beaux marbres brèches analogues des Alpes et des Pyrénées.
- Le jury voudra bien excuser les détails géologiques dans lesquels a cru devoir entrer ici le rapporteur de sa commission pour lui bien faire apprécier le talent et les connaissances de M. Le Tillois, qui . n’est pas un peintre de décors, mais un peintre naturaliste, qui a fait des études spéciales pour parvenir à faire, à l’usage des élèves des écoles des arts et des travaux publics, une collection générale de tous les marbres, granités, porphyres, ophites, serpentines, etc. employés dans la haute marbrerie des monuments publics, et dont chacun est peint avec la même exactitude, la même vérité que nous avons trouvées dans son tableau de la belle brèche de Messine, pour lequel la commission centrale aurait demandé une récompense, qu elle jugeait bien méritée, si déjà le jury ne l’avait accordée à M. Le Tillois, pour ses couleurs et vernis, sur le rapport de sa commission des produits des arts chimiques, récompense qui est ici mentionnée pour ordre.
- S 5. BITUME ET ASPHALTES.
- M. Héricart de Thury, rapporteur,
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’emploi du bitume se généralise et se développe de plus en plus, à raison des avantages qu’il présente dans les arts, les constructions, les travaux publics, etc., lorsque l’emploi
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- en est fait avec discernement et sans altération ou sans mélange, comme l’avaient fait certaines industries, dont l’impartialité de l’expérience a promptement fait justice.
- Le succès de l’emploi du bitume dans les travaux publics et son application en grand sur les contre-allées de nos boulevards, les quais, la place Louis XV et les Champs-Elysées, ont fait entreprendre de nouvelles extractions qui, bien et sagement administrées et exploitées, auront le même succès que la grande exploitation de Pyrimont et Seyssel. *
- MM. DESVARANNES et C'\ boulevard Poissonnière, n° 2 3, à Paris.
- Ont donné le plus grand développement à l’exploitation des mines de bitume-asphalte et goudron minéral de Pyrimont et Seyssel, département de l’Ain, qui emploie, i° de 35o à 4oo ouvriers et plus, suivant les saisons et les circd nstances plus ou moins favorables ; et 2° plus de 1,000 ouvriers pour les applications du bitume dans les départements.
- Deux grandes machines à vapeur et une forte roue hydraulique sont établies sur les travaux, outre i5 feux d’atelier de fabrication du goudron minéral, qui est annuellement de 4,5oo,ooo kilogrammes et produit 200,000 mètres cubes de matière première.
- Suivant les états fournis à l’Administration, le mouvement des fonds de la Cie Desvarannes s’élève à 1',260,000 francs.
- Elle avait obtenu, en i844, une nouvelle médaille de bronze; le jury lui décerne une médaille d’argent.
- MM. DOURNAY et Cie, à Lobsann (Bas-Rhin).
- Continuent avec le plus grand succès leur exploitation du bitume-asphalte et de l’huile minérale de Lobsann, département du Bas-Rhin.
- Celte exploitation occupe plus de 100 ouvriers et un plus grand nombre pour l’emploi de ses produits, dont l’huile minérale et l’huile essentielle provenant de la distillation du bitume sont d’une haute importance dans les arts, pour la fabrication du vernis, le travail du caoutchouc et ses applications, l’éclairage au gaz, etc.
- Les produits fabriqués de divers genres sont de plus de 600,000 kilogrammes.
- 11. 29
- Médaille
- d'aroenl.
- O
- Nouvelle médaille de bronze.
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- • Rappel de médaille de bronze.
- Mention
- honorable
- Médaille de bronze.
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- Cette compagnie, déjà ancienne, a introduit d’importantes améliorations dans ses procédés; elle a beaucoup contribué au développement de l’exploitation des bitumes et de leur emploi divers dans les arts.
- Elle avait obtenu un rappel de médaille de bronze en i844; le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MM. GREMILLY et C\ rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 93, à Paris.
- Continuent avec le plus grand succès leur exploitation de différentes mines de bitume asphaltique de leur concession de Baslenes, Gaujacq et autres lieux, département des Landes. Ils emploient de 4 a 5oo ouvriers.
- Ils ont 10 fourneaux en activité pour la fabrication des bitumes et l’élaboration de leurs divers produits, dont la valeur s’élève à plus de 600,000 francs, et qui sont de première qualité.
- M. Gremilly avait obtenu, en i844, un médaille de bronze dont il se montre de plus en plus digne : le jury lui en décerne le rappel.
- LA COMPAGNIE DE SERVAZ (Gard).
- LaCtede Servaz a obtenu, en i844, la concession des mines de bitume asphaltique quelle a découvertes dans l’arrondissement d’Alais.
- Ses travaux, bien commencés, font espérer qu’elle obtiendra le même succès que les autres mines de bitume.
- Elle produit 2,5oo kilogrammes de mastic en pain par jour. Elle vient d’établir, pour le service de sa fabrication, une machine à vapeur.
- Ses produits sont de bonne qualité.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- § 6. EMPLOI DU BITUME DANS LES ARTS.
- MM. N UT Y et LIESCHING, quai Valmy, n° i3, à Paris.
- MM. Nuty et Liesching ont fait une grande et importante application du bitume asphaltique pour les constructions en briques, les fortifications, les travaux hydrauliques,.les trottoirs, les cours et les mosaïques des intérieurs d’habitations.
- Par un procédé nouveau, dont il est inventeur, M. Nuty exécute,
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- suivanl les dessins qui lui sont remis, toute espèce de mosaïques en pierres dures, marbres, émaux, etc .Le grand spécimen qu’il a présenté à l’Exposition a eu l’assentiment général des architectes, des ingénieurs et dessinateurs.
- Le prix de ses mosaïques varie de 4 fr. 5o à 6 fr. 5o par mètre carré, suivant les dessins et l’épaisseur.
- Le jury décerne à MM. Nuty et Liesching, pour le nouvel emploi du bitume dans les constructions , et pour la confection des mosaïques d’ornementation, une médaille de bronze.
- MM. BABONNAU et Cie, avenue de l’Hôpital Saint-Louis, Mcnl;ons
- n° 3, à Paris. honorables
- Ont entrepris avec succès l’application du bitume asphaltique dans les travaux publics et la distillation de l’asplialte. Le siège de l’établissement est à Pontarlier (Doubs). Il emploie de îoo à 200 et 3oo ouvriers, et une roue hydraulique de 12 chevaux, et trois fourneaux.
- Il fabrique de 3 à 4 millions de kilogrammes de bitumes.
- Les produits qu’il a présentés à l’Exposition sont de bonne qualité.
- Le jury décerne à M. Babonnau une mention honorable.
- M. DUFOUR, entrepreneur à Angers (Maine-et-Loire).
- A présenté plusieurs modèles d’application de bitume pour les dallages, le pavage, le carrelage et divers produits de l’élaboration du bitume.
- M. l’ingénieur des ponts et chaussées de l’arrondissement de la Flèche (Sarthe) a certifié que les essais faits avec les matières bitumineuses de M. Dufour avaient parfaitement réussi sur l’arche marinière du grand pont de Sablé, et qu’ils présentaient les conditions d’un ouvrage durable.
- Les modèles de pavage de M. Dufour sont bien exécutés.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- $ 7. — MEULES DE MOULIN. M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Il est bien loin de nous le temps où les anciens, pour pbte?
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- tenir la farine, broyaient le blé entre deux pierres, ensuite où ils le pilèrent dans des mortiers, puis où, au moyen d’une manivelle que tournaient les prisonniers et les esclaves, ils le réduisirent en poudre entre deux meules, dont la charge était répartie clans la marche des armées, savoir : la meule tournante ou supérieure pour un soldat, la meule dormante pour un second, tandis qu’un troisième portait la manivelle et les autres pièces de l’engin farinier.
- Les plus grandes, les plus importantes améliorations dans l’art de la meunerie furent, i° au temps d’Auguste, l’établissement des moulins à eau, décrits par Vitruve, son contemporain; 2° plus tard, au retour des croisades, celui des moulins à vent, apportés du Levant; et 3° enfin, dans les temps modernes, l’application de la machine à vapeur. Mais d’autres améliorations non moins importantes restaient à faire dans l’art de la meunerie, qui longtemps ne se servit que de mortiers, puis de meules faites avec des pierres dures, bien souvent de mauvaises nature et qualité, comme on n’en trouve que trop encore aujourd’hui dans beaucoup de pays. Parmi les pierres dures employées pour meules, on en cite quelques-unes trouvées dans des ruines de la Grèce et de l’Italie, que l’on prétend y avoir été tirées de tronçons de colonnes de granités et de porphyres; mais celles desRomains étaient généralement de laves scorifiées, ainsi que le prouvent toutes celles qui ont été trouvées dans les diverses contrées, même les plus reculées, dans lesquelles ils avaient étendu leurs conquêtes.
- Ces meules ont été longtemps les plus estimées : on les préféraite à celles de granit, de porphyre, cl’arlcose, de graü-wacke, de grès, de pouddingue, etc., etc., préférence quelles ont conservée dans beaucoup de pays jusqu’à la mise en exploitation du quartz molaire carié (la pierre de meulière) de la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), avec lequel on fit d’abord de grandes meules de moulin d’un seul morceau; puis, et pour avoir dans toutes les parties de la meule la même qualité, le même grain, la même dureté et la même porosité,
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- on fit des meules de plusieurs morceaux; enfin, et par suite de nouveaux perfectionnements, on en réduisit les dimensions.
- On ignore à quelle époque remonte et a commencé l’exploitation des pierres meulières de la Ferté-sous-Jouarre ; elle date de plusieurs siècles. Elles ont promptement obtenu la préférence sur toutes les autres; elles sont même devenues pour les pays d’outre-mer une branche d’exportation de la plus haute importance, qui a déterminé à faire des recherches dans divers départements, où se trouvaient des quartz cariés analogues de laFerté, pour essayer d’en faire également des meules : aussi la commission des substances minérales et métaux a-t-elle vu avec un vif intérêt les meules provenant des nouveaux gîtes découverts, que les exploitants se sont empressés d’envoyer à l’Exposition, leurs meules présentant les mêmes caractères et les mêmes conditions quecelles de la Ferté-sous-Jouarre, jusqu’alors réputées uniques dans leur genre.
- MM. GUEÜVIN-BOUCHON et Cie, rue de Richelieu, n° 47, à Paris.
- La compagnie Gueuvin-Bouchon a donné depuis quelques an-, nées les plus grands développements à ses exploitations de pierre de meulière aux environs de la Ferté-sous-Jouarre. Elle confectionne annuellement de 1,000 à 1,200 meules, et plus de 1,000 carreaux de trois qualités, savoir :
- i° Les meules d’Épernon, avec un entourage de couleur bleue, du bois de la Barre, meules de 6oo à 8oo francs la paire, de im,3o de diamètre;
- 2° Les meules de pierre du Tarteret, grisâtres, de 5oo francs la •paire, de im,3o de diamètre;
- Et 3° les meules de troisième qualité en pierre d’Epernon, de 4oo francs la paire, de même dimension.
- Les meules de MM. Gueuvin-Bouchon sont très-eslimées; elles occupent, suivant les demandes, de 4 à 5 et 6oo ouvriers.
- MM. Gueuvin-Bouchon avaient obtenu, en i834, une mention honorable; en i83q, une médaille de bronze; en i844, une médaille d’argent.
- Le jury central leur décerne cette année une médaille d’or.
- Médaille
- d’or.
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- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
- Nouvelle médaille de bronze.
- Médaille de bronze.
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- M. GAILLARD fils aîné, ancienne Compagnie du Bois-ia-Barre, rue de Flandre, n0 54, à Paris.
- M. Gaillard fils a repris et remis en activité l’exploitation de pierres de meulière du bois de la Barre, qui sont de très-belle et bonne qualité, et connues en France et à l’étranger sous le nom de meules anglaises de pierre d’Epernon, dont les produits sont, en première qualité, de 700 à 800 francs la paire de meules; en deuxième qualité, de 2 à 3oo francs la paire de meules; et de 12 à i,5oo et 2,000 carreaux, dont un tiers environ pour l’exportation.
- M. Gaillard ayant repris récemment l’exploitation de M. de Nai-pbies, qui avait obtenu une médaille d’argent en 1844, le jury la rappelle, en faveur de M. Gaillard, à raison de ses travaux et des perfectionnements qu’il a introduits dans les procédés de la meu-lerie.
- M. ROGER fils, à la Ferté-sous-Jouarre.
- M. Roger se livre, comme MM. Gueuvin-Bouchon et Gaillard fils, à l’exploitation des pierres de meulière de la Ferté-sous-Jouarre. Ses ateliers sont bien organisés, bien montés, et peuvent faire annuellement 700 paires de meules pour la France et 200 environ pour l’exportation, au prix moyen de 800 francs la paire, en première qualité, de meulière du bois la Barre pour l’entourage, et le cœur en pierre d’Epernon. Les meules destinées à être appareillées avec celles du département d’Eure-et-Loir sont entièrement composées de pierre d’Epernon.
- Le jury décerne à M. Roger fils une nouvelle médaille de bronze.
- M. Pierre RIBY, à Angers (Maine-et-Loire).
- L’exploitation du quartz molaire est une industrie toute nouvelle pour les départements de l’Ouest; elle ne saurait trop y être encouragée.
- M. Riby, propriétaire d’une fonderie à Angers, a entrepris, en i836, l’exploitation du quartz molaire avec succès. Il livre déjà au commerce, par année, 100 paires de meules de très-bonne qualité, au prix de 3oo francs, de im,33 à 35° de diamètre.
- Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
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- M. Pierre DANSAC, au Bois de Saint-Pierre-de-Mailié Mentions
- • \ honorables.
- îenne).
- M. Dansac a découvert, en i843, au bois de Saint-Pierre-de-Maillé, des masses de quartz molaire dont il a entrepris l’exploitation pour en faire des meules de moulin, ses premiers essais ayant présenté des résultats satisfaisants sous le rapport de la bonne qualité , ainsi que la Commission a pu eu juger par l’échantillon présenté à l’Exposition.
- Le jury décerne à M. Dansac une mention honorable.
- M. Étienne-Joseph HANON-VALCKE, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 36, à Paris.
- M. Hanon-Valcke, ancien directeur d’un grand moulin à farine, a soumis à l’examen du jury un appareil qu’il appelle aérateur, fruit de sa longue expérience et de ses observations sur les altérations qu’éprouve la farine par l’effet des vapeurs alcooliques qui se dégagent de la mouture pendant le travail.
- L’action de l’appareil de M. Hanon-Valcke est de déterminer et de forcer l’air pressé dans les entonnoirs par la rapidité de la rotation à remplir les sillons creusés dans les feuillures de la meule courante, à se répandre dans les rayons et dans la mouture. Cet air, qui est toujours frais et constamment renouvelé, rejette entre les meules la folle farine, la conserve dans un état de fraîcheur qui empêche sa détérioration, de manière à la produire parfaitement sèche, pure, blanche,.sans empâtement quelconque ni rhabil-lure.
- Les explications données à la commission par M. Hanon-Valcke ne peuvent laisser aucun doute sur les avantages que présente son appareil pour la qualité et la supériorité de la farine, comme pour l’augmentation de sa quantité, dont les sons doivent être entièrement dépouillés ; et en attendant que son appareil soit adopté par nos grandes usines farinières, qu’elles en démontrent tous les avantages, et qu’il mérite une de ses premières récompenses, le jury central, en applaudissant aux travaux de M. Hanon-Valcke, qui annoncent un mécanicien et un praticien éclairé, lui décerne une mention honorable.
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- Médailles de bronze.
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- M. Joseph THEIL, maître carrier, à Saint-Lucien, canton de Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir).
- M. Theil, ayant découvert aux roches de Saint-Lucien des masses de quartz molaire, en a entrepris l’exploitation, et, d’après sa qualité analogue à celle de la Ferté-sous-Jouarre, il a essayé d’en faire des meules d’assemblage à l’instar de celles de MM. Gaillard et Roger. Son succès a été complet, et même d’autant plus remarquable, que, d’après sa manière de tailler et d’assembler les carreaux destinés à faire les meules, il est parvenu à supprimer les liens de fer qui y sont communément employés.
- L’exploitation de M. Theil peut devenir très-importante pour le département d’Eure-et-Loir, et mérite à tous égards d’être mentionné honorablement.
- $*8. PIERRES ARTIFICIELLES, CHAUX HYDRAULIQUE.
- MM. MATHIEU et AGOMBARD, fabricants de chaux hydraulique, de Saint-Quentin, Grande-Villette, rue de Joinville (Seine).
- Ces fabricants ont présenté à l’Exposition :
- i° Des vases faits en chaux hydraulique, propres à contenir des liquides : on remarquait entre autres une terrine remplie d’eau, sans qu’aucune infiltration se manifestât, et un baril disposé pour recevoir toute espèce de liquides, les acides exceptés;
- 2° Des plaques en terre cuite recouvertes d’une couche de chaux de 2 centimètres, très-propices au dallage des trottoirs et des passages les plus fréquentés.
- La chaux hydraulique de MM. Mathieu et Agombard, fabriquée à Saint-Quentin, est parteulièrement propre à la construction des soubassements, des citernes, des réservoirs et lavoirs ; elle est généralement recherchée, pour tous les travaux hydrauliques , par les architectes et entrepreneurs, ainsi que le prouvent les nombreux certificats remis à la commission, qui a constaté elle-même l’excellente qualité et la supériorité de celte chaux dans divers travaux et monuments publics.
- Le jury central décerne à MM. Mathieu et Agombard une médaille de bronze.
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- MM. REGNY. (Léon) et Gie, fabricantsde chaux hydraulique, de ciments et de pierres artificielles, à 'Marseille (Bouches-du-Rhône).
- MM. Regny et C10, de Marseille, ont présenté à l’Exposition trois sortes de produits de leur fabrication employés dans les constructions et travaux publics avec le plus grand succès. L’établissement de MM. Regny et C10 est d’une haute importance; leur fabrique occupe de i5o à 200 ouvriers et fait plus de 3oo,ooo francs d’affaires ; ils possèdent trois grands établissements à Roquefort, à la Nertlie et à Arles, tous trois dans le département des Bouches-du-Rhône; ils ont comme moteur trois machines à vapeur, et plusieurs manèges. Ils ont établi 15 fours à chaux de grande capacité ; 6 de ces fours peuvent donner de 3o à 4o mille kilog. de chaux.
- Les produits de la fabrique de M. Léon Regny sont :
- i° Le ciment de Roquefort, qui fait prise en deux minutes, et d’une sûreté égale à celle des ciments de Poully et de Vassy ;
- 20 La chaux hydraulique blutée, qui, à la dose de 3oo kilog. , peut recevoir un mètre cube de sable, et donne un mortier faisant prise en 24 heures dans l’eau;
- 3° Des pierres artificielles qui résistent très-bien à la gelée: elles peuvent recevoir toute espèce d’ornements, dans leur état de plasticité.
- Ces établissements livrent leurs produits aux chemins de fer, aux travaux du génie, à Toulon et au port de la Joliette, à Marseille.
- Le jury central décerne à MM. Regny et C1C une médaille de bronze.
- M. ARMAND, à Grenoble (Isère).
- Conduits de fontaines en ciment de chaux hydraulique, provenant des carrières calcaires delà porte de France, à Grenoble. Les ciments de chaux hydraulique de M. Armand sont très-recherchés pour la fabrication des tuyaux de dreissage et tous les travaux dans l’eau. Déjà présentée, en i844, par M. Carrière, cette grande et importante fabrication a obtenu une citation favorable.
- Le jury central lui accorde une médaille de bronze.
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- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
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- M. VIALLET, rue du Temple, n° 102 , à Paris.
- M. Viallet réunit dans ses ateliers diverses industries, qu’il exploite en grand avec succès, et qui occupent plus de 120 ouvriers. Parmi ses industries, le jury départemental de la Seine a distingué ses ardoises artiticielles à l’usage des écoles élémentaires. Les commissions des objets divers et des métaux ont examiné avec attention les divers produits présentés par M. Viallet; elles en ont reconnu la bonne exécution à des prix modérés, et particulièrement celle de ses ardoises artificielles, à l’usage des écoles élémentaires.
- Le jury central décerne à M. Viallet une médaille de bronze.
- MM. MORTIER et COURTOIS, à Issy, avenue d’Issy (Seine).
- La chaux et les ciments de MM. Mortier et Courtois ont été employés avec le plus grand succès pour les fortifications et les travaux publics.
- Leur four à chaux est un bon modèle; le jury central leur décerne une médaille de bronze.
- S 9. MEULES DE GRÈS, PIERRES ARTIFICIELLES.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Dans son rapport sur l’Exposition de 18 44, la commission des métaux et substances minérales s’est attachée à faire sentir l’importance de la fabrication des meules à aiguiser, en pierre et grès artificiels ; et le jury, en appréciant les avantages, décerna une médaille d’argent à MM. Perrot et Malbec, qui lui avaient présenté un nombreux assortiment de meules à aiguiser, à l’usage des aciéristes, des couteliers, des taillandiers , etc.
- M. MALBEC et Cie, à Vaugirard (Seine).
- M. Malbec a continué, avec le plus grand succès, sa fabrication
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- de meules à aiguiser de différentes grandeurs, de qualités, de grain et de dureté, suivant les industries qui lui en font la demande. Ses meules sont très-recherchées, parfaitement fabriquées, homogènes dans toutes leurs parties, mérite essentiel qui les fait préférer aux meules de grès naturel, presque toujours inégales de dureté dans leur ensemble.
- Le jury central accorde à M. Malbec le rappel de la médaille d’argent qu’il obtint en i844.
- M. FERRY (Martin-Maurice), rue de Beaune, n°3i, à Paris.
- M. Ferry, fabricant de produits chimiques, expose à Paris des pierres judéennés, ou tablettes de pierres artificielles, destinées à remplacer le rasoir en voyage, par l’effet du frottement des aspérités de leur surface, sans qu’il en puisse résulter aucun inconvénient pour la peau.
- Ces tablettes sont très-recherchées des voyageurs, et particulièrement des marins, qui peuvent se faire la barbe, quel que soit le mouvement de la voiture ou du vaisseau, sans être exposés aux accidents trop fréquents du rasoir.
- Le jury décerne à M. Ferry, déjà cité aux arts chimiques pour son enduit préservateur de la rouille, une mention honorable.
- § 10. ARDOISIÈRES, COUVERTURES EN ARDOISES.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- On ignore à quelle époque les ardoises ont commencé à être employées pour les couvertures; les recherches faites à cet égard ne donnent aucun renseignement: l’usage doit en remonter à une époque très-reculée, et probablement dans le principe^on se servait, comme on le voit encore aujourd’hui dans quelques vallées des Alpes, de grandes feuilles de schistes d’ardoises superposées par leurs bords. Des actes du xiie au xme siècle, relatifs à des propriétés voisines de carrières d’ar-
- Mention honorable.
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- doise, sont les renseignements les plus positifs que l’on trouve dans d’anciennes archives; mais dans les ruines de vieux manoirs, châteaux et couvents on a trouvé, au milieu des vestiges d’incendie, des débris d’ardoises et d’ardoises scorifiées. Les premiers bancs de schistes exploités comme dalles ont amené la découverte des couches inférieures, fissiles ou feuilletées, généralement plus fines à mesure qu’on s’enfonce dans les masses, et cette disposition a dû déterminer l’emploi de ces feuillets, aussitôt que leur propriété de s’effeuilleter et de se tailler facilement a été connue.
- La France possède un grand nombre d’ardoisières: on en trouve aux environs d’Angers, de Redon, de Saint-Lô, de Cherbourg, de Grenoble, de Brives, de Lunéville, de Char-leville, de Riinogne, de Fumay, etc.; les plus renommées sont celles d’Angers et des Ardennes. Elles appartiennent à deux époques géologiques très-distinctes : ainsi celles d’Angers renferment des empreintes de corps organisés, tels que des poissons, des crustacés et des plantes, avec des sulfures de fer quelquefois trop abondants, et qui dans leur décomposition entraînent celle de l’ardoise; tandis que celles des Ardennes, qui appartiennent à la formation des micaschistes, des phyllades ou des terrains primordiaux et de transition, ne contiennent aucun vestige de ces corps organisés; leur elfeuilletage se fait également, facilement et très-bien. Celles des Ardennes forment plus de déchet à la taille et au percement des clous ; mais une fois placées elles se conservent mieux et ne sont point sujettes à se décomposer, comme celles d’Angers, à cause des sulfures de fer de celles-ci; enfin elles s’imbibent ou se pénètrent bien moins d’eau, et sont généralement plus légères. Les amateurs du gris-bleu des ardoises d’Angers repoussent celles des Ardennes, à cause de leur couleur grise, verte, violette ou rougeâtre, dont certains couvreurs Ardennais savent au reste très-bien tirer parti pour en faire de très-belles couvertures.
- L’exploitation des ardoisières se fait suivant la disposition verticale, inclinée, et rarement horizontale, par puits, galeries souterraines, ou à ciel ouvert. Ne pouvant entrer ici dans les.
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- détails de l’exploitation, on se bornera à dire qu’elle descend à plus de 100 mètres de profondeur et qu’on en a même exploité jusqu’à i4o mètres.
- Une bonne ardoise ne doit contenir aucun corps étranger; elle doit être dure, ne point s’imbiber pendant une immersion de vingt-quatre heures dans l’eau. Une fois en place, les bonnes ardoises d’Angers durent trente à quarante ans, et celles des Ardennes de quatre-vingt-dix à cent ans.
- On ne saurait trop recommander aux ardoisicrs de ne pas abuser delà propriété de l’effeuilletage des schistes ardoisés, qui produit des ardoises minces et légères, il est vrai, mais très-fragiles, et qui, lorsqu’elles sont trop minces, ne peuvent résister aux ouragans et à la grêle, et donnent un déchet considérable entre les mains des couvreurs.
- ARDOISIÈRES D’ANGERS.
- Une grande association s’était formée il y a quelques années sous le nom de Société des ardoisières d’Angers, pour exploiter en commun et sous une même administration toutes les ardoisières des environs de cette ville. Cette société a obtenu la médaille d’or en i844- Elle occupait de 2,5oo à 3,000 ouvriers; elle avait 17 machines à vapeur, représentant 23o chevaux-vapeur, et en outre plus de 3oo chevaux. En quatre ans, elle a livré à la consommation 676,000,000 d’ardoises.
- Par suite des circonstances de 1848, cette association a cessé sa communauté; elle s’est divisée en deux compagnies rivales, mais non hostiles: l’une, malgré la division, a conservé le nom de Société des ardoisières d’Angers, et elle s’est présentée à l’Exposition sous le n° 2i3o du catalogue; l’autre, sous le nom des Carrières d’ardoises de Monthibert et Trélazé, près Angers, sous le n? q5ï.
- Ces deux compagnies exploitent les mêmes bancs cl’ardoise. Elles produisent les mêmes qualités, elles se sont partagé les ouvriers, elles emploient l’une et l’autre les machines à vapeur pour l’extraction des produits, leurs travaux sont également éclairés au gaz, enfin elles présentent les mêmes conditions; aussi l’une et l’autre, dans leurs relations commerciales, font-elles valoir à l’égard de leur clientèle la médaille d’or décernée en i844 à leur asso-
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- Mention »our ordre.
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- dation primitive, dont elles soutiennent dignement la réputation par la supériorité de leurs différentes qualités d’ardoises.
- Le jury avait pensé devoir les mettre sur le même rang , et leur décerner à l’une et à l’autre le rappel de la médaille d’or décernée à l’association mère; mais ayant depuis appris que la compagnie Monthibert-Trélazé s’était de nouveau réunie à l’association générale de toutes les compagnies d’ardoisiers, le. jury a proposé à M. le ministre du commerce et de l’agriculture de modifier sa décision, et de décerner collectivement le rappel de la médaille d’or à l’association générale des diverses sociétés des ardoisières d’Angers, qui ont toutes les mêmes droits à ce rappel.
- Nota. Quoique le jury central n’ait à prononcer que sur le mérite et la valeur des produits présentés à l’Exposition, il croit cependant de son devoir de consigner ici un fait qui lui a été signalé, et sur lequel il pense convenable d’appeler l’attention du Gouvernement.
- L’immense extension et le développement extraordinaire que l’exploitation des ardoisières d’Angersapris depuis quelques années, pendant lesquelles elle a employé plus de 3,ooo ouvriers, a exigé de nombreuses machines à vapeur et l’emploi du gaz pour éclairer l’étendue de leurs vastes chambres souterraines, dont quelques-unes présentent des excavations de plus de 100 mètres de profondeur et autant de largeur, sous un ciel de carrières d’une immense portée, sans aucun pilier: ce ciel, d’un grand banc de schiste dur, pierreux et compacte, a jusqu’à ce jour résisté à toutes les répercussions des coups de mine; mais qui peut affirmer qu’il résistera, qu’il n’éprouvera pas quelque secousse, quelque porte à faux, et qu’alors l’administration n’aura pas à se reprocher un effroyable et inévitable malheur, dont tant de familles pourront être victimes ? Le jury central ne croit pas outre-passer ses pouvoirs en appelant sur ce fait l’attention du Gouvernement.
- M. François TAPIC, contre-maître des usines et exploitation de M. Aimé Géruset, à Bagnères-de-Bigorre.
- Dans le rapport de l’exposition de i844» la commission, d’après la déclaration de M. Aimé Géruset, avait signalé M. François Tapie au jury centrai comme un habile-contre-maître, excellent mécanicien, qui , par ses sentiments, ses principes, sa bonne conduite et ses
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- connaissances théoriques et pratiques, méritait une des médailles promises par l’ordonnance pour les contre-maîtres signalés par les jurys départementaux, sur la demande des exploitants et manufacturiers.
- Sur le rapport de la commission, la déclaration de M. Géruset et l’avis du jury du département des Hautes-Pyrénées, le jury central a décerné à M François Tapie la médaille de contre-maître, ici rappelée pour ordre et à voir à l’article des médailles décernées aux contre-maîtres.
- SOCIÉTÉ ANONYME DES ARDOISIÈRES DU MOULIN SAINTE-ANNE, de Fumay (Ardennes).
- L’exploitation des ardoisières du moulin Sainte-Anne de Fumay, dans les Ardennes, est très-ancienne. On ignore à quelle époque remontent les premiers travaux. Les actes de constitution de la première compagnie sont de 1760, et ceux de la société anonyme du 23 juillet 1817.
- Celle exploitation emploie de 900 à 1,000 ouvriers, dont près de 800 dans les travaux souterrains et les autres à l’extérieur.
- On se sert de machines hydrauliques établies sur la rivière d’A-lyse. Elles sont employées à l’extraction, à l’épuisement et à l’aérage des travaux souterrains, qui s’étendent sur plus de vingt hectares de terrain, dont on extrait annuellement de 4o à 45 millions d’ardoise de toutes qualités et dimensions , dont plus d’un quart passe en Belgique et en Prusse, où les ardoises de Sainte-Anne sont très-estimées et ont la préférence sur celles d’Allemagne, de Trêves et d’Angleterre, à l'aison de leur supériorité, constatée par les rapports des ingénieurs des mines, le conseil des bâtiments civils et la direction des travaux publics.
- Le jury décerne à la Société anonyme des ardoisières du moulin Sainte-Anne, de Fumay, une médaille d’argent.
- SOCIÉTÉ ANONYME DES ARDOISIÈRES DE REMO-GNE ET SAINT-LOUIS-SUR-MEDSE (Ardennes).
- Les premiers travaux entrepris pour l’exploitation des ardoisières de Rimogne sont très-anciens ; on ignore l’époque> de- leur commencement: les statuts de la compagnie sont du r4 octobre i83i.
- Médaillé
- d’argent.
- Rappel
- de
- médaille de bronze*
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- L’exploitation occupe, i° de 5 à 600 ouvriers et plus, suivant les demandes; 2° 2 machines à vapeur ; 3° 2 machines hydrauliques; 4° 2 machines à molettes, etc.
- Les travaux fournissent annuellement plus de 4o millions d’ardoises de toutes dimensions, de bonne qualité, qui se répandent dans tous les départements voisins des Ardennes, dans lesquels on voit un grand nombre d’anciennes constructions couvertes d’ardoises de Rimogne, qui ont parfaitement résisté aux injures du temps.
- La compagnie a obtenu en i844 une nouvelle médaille de bronze, et non une médaille d’argent, ainsi qu’elle l’a déclaré dans son bulletin de déclaration, et, pour ce motif, le jury se borne au rappel de cette nouvelle médaille de bronze.
- Mentions M. AUFRAY, ardoisières de Prénazé, commune de lonorabics. Saint-Aignan-le-No (Mayenne).
- L’exploitation des ardoisières de Prénazé a été entreprise en i843, par M. Michel Aufray; elle emploie 5o ouvriers et leurs familles. L’ardoise est de bonne qualité, s’effeuille bien; elle s’améliorera encore indubitablement dans l’approfondissement des travaux d’extraction.
- Le jury accorde à M. Michel Aufray une mention honorable.
- COMPAGNIE DES ARDOISIÈRES DE LA CORRÈZE, MM. Leclerc frères et compagnie, à Brives.
- L’exploitation des ardoisières de Traversac, communes de Don-zenac et du Saillant, ne date que de 1847- Elle emploie de i5o à 2 00 ouvriers, qui livrent environ 5 millions d’ardoises à la consommation du pays.
- L’ardoise est de bonne qualité; elle appartient, comme celle des Ardennes, au terrain de transition de micaschiste dur, solide, s’ef-feuilletant bien, ne s’imbibant pas et résistant aux injures du temps. Elle est tenace et ne se brise pas sous les pas des couvreurs. , Les différents ateliers sont ouverts sur une étendue de plus d’un
- myriamètre de longueur.
- La compagnie des ardoisières de la Corrèze mérite, elle jury lui décerne une mention honorable.
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- M. Charles-Louis DARROUX, àAuch (Gers),
- A formé à Bagnères-de-Bigorre, en 1847, un établissement dans lequel il confectionne annuellement 1,800,000 ardoises environ, avec 70 ouvriers, au moyen d’un instrument qui coupe l’ardoise régulièrement sans la briser, de manière à éviter les déchets si nombreux de la manutention ordinaire dans l’effeuilletage et la taille des ardoises. Si le succès répond aux essais, l’ardosiotomede M. Darroux pourra être très-avantageux; mais il faut que la pratique et l’expérience aient prononcé; le jury décerne à M. Darroux une mention honorable.
- M. POULAIN, architecte, rue Lafayette, à Paris.
- M. Poulain, architecte, a été breveté pour un système de couverture en ardoises au moyen d’agrafes et de clous de zinc par lesquels il remédie aux inconvénients du mode usité jusqu’à ce jour, tels que, i° le déchet énorme qui a lieu lors du percement de l’ardoise pour le placement des clous ; 20 l’application des ardoises les unes sur les autres, application qui, par l’action de la capillarité et de 'l’humidité qui séjourne entre elles, en détermine la plus ou moins prompte décomposition et même la pourriture des voliges; 3°l’impossibilité de remplacer aujourd’hui quelques ardoises brisées ou altérées, sans être obligé d’en enlever plusieurs et souvent même plus d’un mètre, pour la plus simple réparation; 4° la quantité d’ardoises brisées par les couvreurs, lorsqu’ils arrachent les clous des voliges.
- Le système de couverture de M. Poulain, soumis à M. le ministre des travaux publics a été examiné et approuvé par le conseil des monuments et bâtiments civils , qui a reconnu qu’en remédiant aux inconvénients ci-dessus, il présentait réellement les avantages, i° d’éviter le percement des ardoises et le déchet inévitable qui en résulte trop fréquemment ; 2° de pouvoir découvrir et réparer les toitures sans casser ni perdre une seule ardoise ; 3° d’empêcher l’action de la capillarité; 4° de prolonger et d’assurer la durée des couvertures en ardoises.
- Le modèle de couverture présenté à l’exposition par M. Poulain a été vu par un grand nombre de couvreurs et d’ardoisiers, qui, consultés par la commission, en ont tous reconnu et apprécié les
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- avantages, sans aucune observation, ni objection autre que la crainte du préjudice que pourrait en éprouver leur profession.
- Le jury central, sur le rapport de sa commission, félicite M. Poulain sur les avantages que paraît présenter son système de couverture, et, en attendant que la pratique et l’expérience les aient constatés généralement, lui décerne une mention honorable.
- S 10. PIERRES LITHOGRAPHIQUES.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Les meilleures pierres lithographiques de Pappenheim, de Ratisbonne, les plus estimées, sont d’une pierre calcaire argilo-siliceuse qui laisse un résidu considérable dans leur dissolution par les acides, à cassure écailleuse, compacte, serrée, d’un grain fin, enfin susceptible du même poli que le marbre.
- D’après ces caractères, on ne pouvait douter qu’on trouverait en France des pierres calcaires lithographiques de même qualité que celles de Pappenheim, et nous devons, en effet, aux concours ouverts par la Société d’encouragement et aux prix et médailles quelle a décernés la découverte de plusieurs carrières de pierres lithographiques de première qualité, dont les plus importan tes sont celles de Châteauroux, département de l’Indre, des Vosges, du Gard, etc., etc.
- M. PAUL DUPONT, à Paris et à Châteauroux.
- L’exploitation des carrières de pierre lithographique de Châteauroux a pris, depuis quelques années, les plus grands développements et fournil aujourd’hui des pierres de toutes dimensions, d’excellente
- Les caractères de ces pierres sont identiquement l,es mêmes que ceux des meilleures pierres de Pappenheim. On trouve dans les carrières deChâteauroux d’excellentes qualités de pierre, qui peuvent être
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- employées à différents travaux, et avec lesquelles M. Dupont fait des cylindres sans défaut et homogènes dans toutes les parties. L’exploitation, poursuivie avec une grande activité, a déterminé rétablissement d’une forte machine à vapeur avec'des dressoirs, polissoirs, pour la confection des cylindres et des grandes tables ou pierres lithographiques.
- M. Dupont avait obtenu en i844 le rappel de la médaille d’argent qui lui avait été décernée en 1889, sur le rapport des deux commissions des substances minérales et des beaux-arts.
- Le jury a décerné à M. Paul Dupont la médaille d’or, qui est citée pour ordre.
- M,n6 Vve GUY, au Vigan, département du Gard.
- M. Guy a entrepris, il y a plusieurs années, une grande exploitation de pierres lithographiques , au moulin de Monldardier, commune de Pommiers, produisant de 10,000 à 12,000 pierres de toutes dimensions, d’excellente qualité, et pouvant, suivant les demandes, en produire le double et même davantage.
- Le jury décerne à M"10 Guy une médaille de bronze.
- M. Jules SIMON, à Montdardier, près le Vigan (Gard).
- M. Jules Simon a présenté à la commission des pierres lithographiques provenant des carrières de marbre mandragore, département du Gard.
- Ces pierres sont de bonne qualité , et présentent les caractères des meilleures pierres lithographiques.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. PETIT, rue du Cherche-Midi, n° 4, à Paris.
- M. Petit, exploitant dans les Vosges des carrières de marbre, y a découvert des bancs de pierre lithographique, dont la bonne qualité fait espérer que son exploitation pourra prendre des développements et fournir des pierres de toutes dimensions. 11 a présenté à la commission un régulateur en pierre de sa> carrière très-bien exécuté.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. SIMON, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Les pierres lithographiques exposées par M. Simon de Strasbourg
- 3o.
- Médailles de bronze,
- Mention
- honorable
- Citation
- favorable.
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- Nouvelle médaille c bronze.
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- paraissent de bonne qualité, et leur exploitation devoir être encouragée.
- Le jury décide qu'elles seront citées favorablement.
- S J1. BRUNISSOIRS ET PIERRES A POLIR.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Dans son rapport de i844, la commission des métaux et substances minérales avait fait connaître l’importance de l’industrie des molettes, brunissoirs et pierres à lisser, introduite en France depuis peu d’années, et combien il était essentiel d’encourager cette industrie, pour la mettre en état de répondre aux demandes et de satisfaire aux besoins des doreurs, bijoutiers, orfèvres, horlogers, metteurs en œuvre, relieurs, cartonniers, papetiers, etc., autrefois obligés de prendre les pierres telles qu’elles étaient apportées de l’étranger, souvent défectueuses, etqui,bien souvent parleurs formes ou leurs dimensions, étaient peu propres à leurs travaux, tandis qu’aujourd’hui ils font leurs demandes dans telle es-pèce^cle pierre qu’ils désignent et dans les dimensions ou de telles formes que l’exigent les matières sur lesquelles s’exercent leurs diverses branches d’industrie.-
- M. Pierre-Théodore CÉLÏS, rue du Faubourg-du-Temple, n° 5o, à Paris.
- C’est particulièrement à M. Célis que nous devons l’introduction en France de la confection des brunissoirs, molettes et pierres à lisser, si nécessaires à une foule d’industries, qui occupent des milliers de bras dans les classes d’ouvriers les plus laborieuses et les moins rétribuées, autrefois obligées de recourir à l’étranger, et de payer à des prix souvent exorbitants leurs outils et instruments , et bien souvent encore peu conformes à leurs demandes et à leurs besoins.
- Après bien des recherches et des essais, M. Célis est parvenu à trouver dans nos minerais de fer des hématites de première qua-
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- iité avec lesquelles il confectionne, suivant les demandes de nos diverses industries, des molettes, des brunissoirs et des pierres à lisser en hématite, comme en agate, en jaspe, en silex, et dans toutes les matières dures qui lui sont remises.
- Le jury central lui avait décerné, en 1889, une mention honorable et une médaille de bronze en i844; il lui décerne aujourd’hui une nouvelle médaille de bronze pour le bel et nombreux assortiment de pièces, d’outils et d’instruments de tout genre qu’il a présentés à l’exposition et qui réunissent toutes les conditions et garanties exigées par les différentes industries qu’il est parvenu à affranchir du tribut qu’elles étaient forcées de payer à l’étranger.
- M. Vincent-Augustin-Marie DÉGARDIN, rue du Temple, n° 62, à Paris.
- M. Dégardin, depuis 1889, se livre avec succès à la fabi'ication des pierres à brunir et au travail de matières dures et siliceuses employées pour les molettes et les lissoirs.
- La montre d’instruments de ce genre qu’il a exposés réunissait toutes les variétés demandées par les doreurs, les bijoutiers, les metteurs en œuvre, qui en ont tous témoigné leur satisfaction.
- Le jury décerne à M. Dégardin une médaille de bronze.
- M. DUFOUR, quai Valmy, n° 3o, à Paris.
- M. Dufour a exposé des produits qui annoncent beaucoup d’études de sa part, et qui font espérer qu’il obtiendra le plus grand succès dans.l’industrie à laquelle il se livre.
- Le jury lui décerne une mention honorable pour les pierres à brunir et les assiettes de doreur qu’il a présentées à l’exposition.
- § 12. MINERAIS D’ÉMERI, GRÈS, SABLE..
- M. Héricart de Tliury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La préparation des émeris a été longtemps d’une extrême difficulté, à raison de la nature et de la dureté de la matière
- Médaille de bronze*
- Mention
- honorable
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- première dont on l’extrayait (le sable adamantaire ou de lé-lésie) pour la plupart des arts, pour lesquels il est d’un usage essentiel et indispensable pour scier, planir, percer, polir les substances les plus dures.
- Divers chimistes ont cherché les moyens d’en fabriquer avec des matières naturelles ou artificielles et de produire des poudres émerisées, propres aux divers ouvrages auxquels était autrefois employé l’émeri, que l’on trouvait dans le commerce sous la dénomination des lieux de provenance, mais souvent altéré par des matières étrangères plus ou moins dures. La Société d’encouragement pour l’industrie nationale, par ses prix et ses médailles, a beaucoup contribué aux progrès de cette industrie, dans laquelle se distinguent plusieurs fabricants.
- Médaille
- d'argent.
- M. François FPiEMY, rue Reautreillis, n° 2 3, à Paris.
- M. Frémy, qui avait obtenu en i844 une médaille de bronze pour ses préparations de poudres émerisées, et qui a reçu de la Sociélé'd’encouragementune médaille de platine, sur le rapport fait par M. A. Chevalier au nom des comités des arts chimiques et des arts mécaniques, a établi une machine propre à fabriquer plus de quatre mille feuilles de papiers verres et émerisés par heure, destinés à polir les bois, les marbres et les métaux : aussi la fabrication de M. Frémy, en papiers émerisés et verrés de différentes espèces, s’élève-t-elle aujourd'hui de 2,600,000 à 3,000,000 de feuilles qui ont le plus grand succès en France et à l’étranger.
- Le jury décerne à M. Frémy une médaille d’argent.
- Rappel M. Jean-Léopold ROJON, quai Valmy, n° 23, à Paris.
- médaille M. Rojon s’est particulièrement distingué pour sa bonne fabri-iebronze. catîon, i° des poudres émerisées parfaitement pures, qui sont très-recherchées pour l’usage de l’optique, de la haute mécanique et des instruments de précision; et 20 des poudres de ponce et de tripoli à polir les plaques de daguerréotype.
- Le jury rappelle pour ses produits la médaille de bronze qu’il lui avait décernée en i844, et dont son excellente fabrication est de plus en plus digne.
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- Mention honorable.
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- M. Jean-Gabriel SEMENT, rue d’Aval, n° 1 4, à Paris.
- M. Sèment a établi en 1842 une fabrique cle papiers à polir les bois et les métaux, à l’émeri, au silex et au verre. Sa fabrication s’élève déjà à plus de 4oo,ooo feuilles, dont 20,000 pour l’exportation.
- Ses produits sont parfaitement fabriqués et très-estimés. Le jury lui décerne une mention honorable.
- S 13. PLASTIQUE DE CONCRÉTIONS MINÉRALES NATURELLES.
- M. Iléricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les concrétions minérales des sources de Saint-Allyre et de Saint-Nectaire continuent à former une branche d’industrie exploitée avec avantage par quelques habitants de Clermont (Puy-de-Dôme), depuis qu’elles ont obtenu du jury central des mentions honorables ; et cette industrie, favorisée par la nature, qui lui fournit abondamment la matière première, sans aucun frais, pourra obtenir le même succès que celle de Santo-Filippo en Toscane, lorsque ceux qui l’exploitent pourront exposer de bons moules au dépôt calcaire de ces fontaines. Les produits qu’ils ont présentés cette année prouvent déjà plus*! de soins et d’attention de leur part, et la commission croit devoir les recommander au jury central.
- M. CLÉMENTEL, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- Le jury)cenlral accorde à M. Clémentel une mention honorable pour ses concrétions minérales de la fontaine Saint-Allyre de Clermont.
- M. PERCEPIED-MAISONNEUVË, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- Le jury central accorde à M. Percepied-Maisonneuve une mention honorable pour ses concrétions minérales de la fontaine Saint-Allyre de Clermont.
- Moulions
- honorable
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- M. MOR ANGES, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- Le jury central accorde également à M. Moranges une mention honorable pour ses concrétions minérales.
- S 14. CRAYONS.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les crayons de plombagine artificielle^présenté;1 à la première exposition de l’industrie française,' en l’an ix, produisirent un tel effet parmi les ingénieurs des travaux publics, les architectes , les dessinateurs et les élèves des écoles du service public et des beaux-arts, que le Gouvernement crut devoir décerner une médaille d’or à l’inventeur, le célèbre Conté, en considération du service immense qu’il rendait aux dessi-natëurs de toutes les classes, qui ne pouvaient, alors à raison de leur prohibition et du blocus continental, se procurer qu’à un très-haut prix les crayons anglais de plombagine naturelle.
- Depuis, Idumblot-Conté, son gendre, par ses travaux sur la plombagine artificielle de Conté, parvint à fabriquer des crayons de divers numéros, de degré de dureté qui répondaient, à peu de différence, aux divers numéros de crayons anglais, auxquels les ingénieurs et architectes, malgré leur prix élevé, étaient encore obligés de recourir.
- Les travaux cl’Humblot-Conté furent couronnés cl’une nouvelle'inédaille d’or à l’exposition suivante, et cependant, tout en appréciant l’importante amélioration apportée dans cette fabrication, le jury reconnaissait avec les ingénieurs, les architectes et les dessinateurs qu’ils se plaignaient avec raison de ne pouvoir enlever entièrement les esquisses ou premiers tracés faits avec les crayons Ilumblot Conté, qui avaient, en outre le grave inconvénient de graisser le papier, et par conséquent de s’opposer au lavis, à cause de la matière savonneuse qui entrait dans la préparation de la plombagine artificielle, inconvénient majeur qui nuisait au développement de cette
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- fabrication et contribuait à maintenir la préférence en faveur des crayons anglais dont la plombagine n’avait pas ce défaut.
- Cette préférence a subsisté jusqu’à ce que, par de nouvelles recherches et des travaux réitérés, un de nos fabricants soit parvenu à supprimer le savon et la cire dans ses compositions, et à les remplacer par une substance minérale, naturellement douce, onctueuse, donnant à la plombagine artificielle tous les caractères et le moelleux de la plombagine d’Angleterre, dont les gîtes rares et peu abondants étaient exploités avec la plus sévère économie, et bornés seulement à la quantité nécessaire à la consommation annuelle. Aussi la supériorité obtenue aujourd’hui dans notre fabrication de plombagine artificielle, qui est parvenue à produire tous les numéros désirables pour la ligne et le dessin, est tellement reconnue, même en Angleterre, que ses crayons depi'emière qualité ne peuvent lutter avec les nôtres, qui sont partout demandés de préférence et exportés pour tous les pays.
- M. Léonard GILBERT, à Givet (Ardennes).
- La fabrique de crayons de plombagine artificielle de Givet fut fondée en 1823 pour les crayons ordinaires elcommuns d’Allemagne et pour les fournitures de bureau, cire à cacheter, plumes, etc.
- En 1829, elle fut convertie spécialement en fabrique de crayons de plombagine artificielle, qualité anglaise.
- Elle se compose aujourd’hui, i° de vingt ateliers, 20 de trois scies mécaniques, 3° de douze machines à crayons, le tout mis en mouvement par une machine à vapeur de la force de huit chevaux.
- M. Gilbert fabrique annuellement de 3o à 35,000 grosses de douze douzaines de crayons de toutes qualités et degrés de dureté , depuis le zéro qu’il a adopté pour le point de départ, et gradués au-dessus et au-dessous dudit zéro ; avantage précieux qui les fait rechercher des artistes et des ingénieurs pour le dessin et pour la ligne, et leur assure la préférence sur ceux de plombagine naturelle, à raison de leur douceur, de leur moelleux et de la vigueur de leurs tons.
- Indépendamment des crayons de plombagine artificielle, M. Gilbert fabrique aujourd’hui des crayons de couleur fine, genre pastel,
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- Médailles de bronze.
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- montés en bois, dans toutes les nuances et couleurs, à l’usage des voyageurs, et, pour les écoles, des crayons d’ardoise de nouvelle composition, tendres à tailler, et s'effaçant plus facilement sur l’ardoise.
- M. Gilbert a constamment soutenu ses ateliers en activité et maintenu ses nombreux ouvriers dans l’ordre elle devoir.
- Sa fabrique livre plus d’un tiers de ses produits à l’exportation et particulièrement à l’Angleterre, qui apprécie, comme nous, cette amélioration importante introduite par M. Gilbert dans la graduation au-dessus et au-dessous du zéro, point de départ pour ses crayons de ligne et de dessin. .
- Ses crayons de couleur, genre pastel, ont le plus grand succès en France comme à l’étranger.
- M. Gilbert avait obtenu la médaille cl’argent en i844; le jury lui décerne une nouvelle médaille d'argent pour les perfectionnements et améliorations qu’il a introduits dans la fabrication des crayons de plombagine artificielle , par laquelle il nous a affranchis du tribut que nous payions autrefois à l’Angleterre, qui devient au contraire aujourd’hui tributaire de cette invention toute française, due dans le principe à Conté, ensuite à son gendre Humblot-Conlé, et aujourd’hui à M. Gilbert, qui par ses travaux est parvenu à donner à la plombagine artificielle toutes les qualités de la plombagine anglaise la plus pure.
- MM. DE LA RUELLE et LE DANSEUR, rue Dupetit-Thouars, n° 2 1, à Paris.
- La fabrique de MM. De la Ruelle et Le Danseur, déjà ancienne, confectionne des crayons de plombagine, de bonne qualité, de toute espèce, des crayons de couleur et des pastels. Elle a obtenu, en 1839, une mention honorable, et en i844 une médaille de bronze. Elle est depuis entrée dans une bonne voie de perfectionnements et mérite d’être récompensée.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Isidore HAYEM, rue d’Aboukir, n° 2 4, à Paris.
- La fabrique de M. Hayern est celle de M. Guyot-Després qui était tombée, et qu’il a remontée ; ses produits sont de bonne qualité et font espérer qu’en s’attachant, comme il a commencé, à soi-
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- gner sa fabrication, il parviendra à rendre à sa maison la réputation dont elle a joui anciennement, et qui lui avait mérité, en i844, la médaille d’argent.
- Le jury décerne à M. Hayem une médaille de bronze pour les crayons qu’il a exposés et que la commission a jugés de bonne qualité.
- M. Salomon FICHTEMBERG, à Paris.
- rue
- Meslay,
- n
- 53,
- Mentions
- honorables.
- La maison Fichlemberg est depuis longtemps connue pour sa fabrication de pastel et de crayons de dessin. Elle se présente pour la première fois aux expositions. C’est une fabrique qui mérite d’être encouragée et qui pourra se présenter plus avantageusement.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- MM. HARDMUTH et Cc, rue Meslay, n° 17, à Paris, aujourd'hui M. MARQUIS.
- MM. Hardmuth, fabricants de crayons de plombagine à Vienne, (Autriche) avaient établi à Paris une maison qui fabriquait des crayons de bonne qualité, avec les matières qu’ils tiraient de Vienne, où ils avaient obtenu des médailles d’or et d’argent.
- Ils se présentent pour la première fois aux expositions de France, et le jury, sur le rapport de la commission, a décidé qu’ils seraient mentionnés honorablement; mais cette fabrique est aujourd’hui à M. Marquis, qui en est devenu propriétaire, et dont l’intention est de lui donner de grands développements et de la faire classer, par la bonne qualité de ses produits, parmi nos premières fabriques de crayons.
- INGÉNIEURS, CONTRE-MAITRES ET OUVRIERS NON EXPOSANTS.
- MM. THOMAS et LAURENS, ingénieurs civils, à Paris, rue des Beaux-Arts, n° 2. 1
- Ces habiles ingénieurs ont poursuivi, avec de nouveaux succès la plupart des travaux auxquels le jury de i844 avait accordé une récompense élevée. Depuis cette époque, ils ont appliqué, avec le même succès, à de nouvelles branches d’activité, la spécialité qu’ils se sont créée.
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- Médaille
- d’argent.
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- Pendant les cinq dernières années ils ont dirigé la construction de cinq usines à fer et ont été chargés d’agrandir et d’améliorer un grand nombre d’usines anciennes. Pendant la même période, ils ont installé huit hauts fourneaux offrant tous les perfectionnements que l’industrie moderne a apportés à cette classe d’appareils. Ils ont appliqué à 22 usines, comprenant 26 machines à vapeur d’une force totale de i,o4o chevaux, les dispositions qu’ils ont eux-mêmes inventées pour mettre à profit la chaleur disponible des gaz des hauts fourneaux : ils ont ainsi transformé en forces productives des agents qui se produisaient autrefois en pure perle.
- Ces importantes constructions ont fourni à MM. Thomas et Laurens l’occasion d’introduire clans la métallurgie du fer un nouvel appareil à air chaud que distinguent plusieurs ingénieuses dispositions; de propager et de perfectionner les machines à vapeur à cylindre horizontal et à grande vitesse, appliquées directement à mettre les laminoirs en action ; de propager un nouveau modèle de soufflerie à vapeur et à volant, d’une disposition simple et économique, dans lequel le cylindre à vapeur et le cylindre soufflant reposent sur une seule plaque de fondation.
- Depuis i844 MM. Thomas et Laurens ont poursuivi leurs éludes et leurs travaux pratiques sur l’emploi de la vapeur surchauffée ; parmi les nouvelles applications qu’ils ont faites de ce nouvel agent, MM. Thomas et Laurens signalent particulièrement la fabrication du charbon pour les usages ordinaires et pour les poudreries, la distillation des corps gras servant à la fabrication des bougies.
- L’un des principaux titres récemment acquis par MM. Thomas et Laurens à l’octroi d’une nouvelle distinction se trouve clans l’application qu’ils ont faite des moteurs hydrauliques aux irrigations agricoles. MM. Thomas et Laurens, clans les beaux travaux qu’ils ont exécutés dans le département de l’Aisne, ont prouvé, par expérience, qu’il y a lieu, dans beaucoup de cas, à préférer les machines aux dérivations naturelles pour opérer le mouvement des eaux réclamées par l’agriculture.
- Par tous ces motifs, le jury se plaît à accorder à MM. Thomas et Laurens le rappel de la médaille d’or qui leur fut décernée en 1844 •
- M. Jacques RIVES, contre-maître dans une fabrique de limes, à Toulouse (Haute-Garonne).
- M. Rives est contre-maître dans la fabrique cle limes de Toulouse.
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- Cet habile ouvrier, simple ouvrier d’abord et contre-maître ensuite, est dans la fabrique depuis plus de vingt ans; c’est sans contredit à son savoir que l’établissement doit toute sa réputation. Aussi a-t-il été recommandé d’une manière tou te particulière au jury central qui lui décerne, pour ses bons travaux et sa conduite exemplaire, une médaille d’argent.
- M.DONNAY, contre-maître forgeron chez M. Legravrian, à Lille (Nord).
- M. Legravrian, a Lille, a recommandé d’une manière toute particulière son contre-maître forgeron, le sieur Donnay, qui, par ses bons travaux et sa bonne conduite, a, depuis de longues années, bien mérité de ses chefs; aussi le jury central, voulant reconnaître cette bonne condition, clécerne-t-il au sieur Donnay une médaille de bronze.
- M. Jean GONNER, chef des hauts fourneaux deMontluçon (Allier).
- C’est à M. Gonner, qui a établi le roulement au coke dans les hauts fourneaux de Montluçon, que cet établissement doit une grande partie de ses succès. Aussi, sur la recommandation expresse des chefs de l’usine, le jury central décerne à M. Gonner une médaille de bronze.
- M. William GRIFFITH. chef des machines soufflantes â Montluçon (Allier).
- C’est encore un contre-maître habile, qui a apporté un si grand perfectionnement dans la pose et la direction des machines soufflante, qu’une partie du succès de l’entreprise lui revient cle choit. Aussi le jury central, sur la recommandation des chefs de l’usine, décerne-t-il à M. William Griffith une médaille de bronze.
- M. IIERGOT, directeur d’un atelier démoulage, à Nieder-bronn (Bas-Rhin )-.
- Directeur de l’atelier du moulage, M. Hergot a fait ses preuves depuis plusieurs années : son habileté et son savoir ont donné à l’établissement une importance rèmarquable. Aussi le jury central décerne-t-il à M. Hergot une médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- CINQUIÈME COMMISSION.
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
- MEMBRES DO JURY COMPOSANT LA COMMISSION.
- MM. À. Séguier, président; Pouillet, Mathieu, Froment, Peupin, Erard, Marloye.
- PREMIÈRE SECTION.
- HORLOGERIE.
- M. Peupin, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Depuis son introduction en France jusqu’à nos jours, l’horlogerie a fait d’immenses progrès; et, s’il y a loin de la grossière horloge que le roi Charles V fit placer dans son palais, aux belles horloges que nous devons au génie des Lepàute, et plus récemment à celui des Wagner, la distance est bien plus grande encore et toute comparaison devient impossible, quand on songe au petit volume de nos montres modernes, à la perfection de ces beaux régulateurs à seconde dont les variations sont à peine sensibles, et à l’excellence de ces admirables chronomètres dont la marche précise effraie l’imagination des savants et des mécaniciens les plus habiles. Que de temps, de travail, de génie il a fallu dépenser pour en arriver là! Aussi l’horlogerie, une des gloires de la France, comme on l’a dit avec tant de raison, est-elle parvenue à un degré remarquable de perfection.
- tfest qu’en effet l’horlogerie a été l’objet d’étucles si profondes, elle a donné lieu à des expériences si nombreuses, si variées et si positives, qu’il est permis de croire que l’esprit
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- humain est désormais fixé, ou à peu près, sur les principes qui doivent servir de bases à la construction des machines destinées à la mesure du temps.
- Voilà pourquoi les inventions nouvelles sont peu nombreuses; voilà pourquoi, sans prétendre le moins du monde que tout progrès théorique soit maintenant impossible, on ne peut qu’applaudir à la réserve avec laquelle procèdent les véritables artistes, quand il s’agit d’apporter quelques changements dans la composition de machines si délicates.
- Au lieu d’imiter cette réserve, et oubliant que les expositions n’ont été instituées que pour constater et encourager les progrès de l’art industriel, quelques horlogers se sont imaginé que les nouvelles inventions devaient seules prendre
- place au concours. Plusieurs ne sont parvenus qu’à reproduire d’anciens échappements déjà condamnés par l'expérience; d’autres se sont lancés dans ces complications malheureuses qui font d’une pendule un indicateur de toutes les révolutions, de tous les phénomènes astronomiques possibles, sans songer que cette multitude d’effets mécaniques ne peut s’accomplir qu’aux dépens de l’exactitude de sa marche. D’autres enfin, pénétrés du même esprit, ont cru pouvoir opérer la suppression de quelques organes d’une pendule, sans s’être préalablement rendu compte des fonctions mécaniques de chacun d’eux, ni des variations de marche qu’on pouvait raisonnablement leur attribuer.
- Une telle manière de procéder prouve que le but de l’exposition n’a pas été compris, et elle a pour conséquence de conduire forcément à ces constructions bizarres et monstrueuses qui font quelquefois rétrograder l’art de plus d’un siècle.
- Aussi, tout en rendant hommage au génie de quelques horlogers et à l’intelligence du plus grand nombre, le jury-a-t-il pensé qu’il était de son devoir d’indiquer à certains d’entre eux qu’ils s’étaient complètement égarés.
- Fort heureusement de pareilles aberrations deviennent de plus en plus rares;,car, depuis longtemps, convaincus pàr l’expérience que le véritable progrès consiste surtout dans
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- îobservation rigoureuse des principes mécaniques et physiques servant de règle invariable à la construction des diverses machines qui mesurent le temps; persuadés ensuite qu’un horloger ne doit avoir d’autre but que de donner l’heure exactement et au meilleure marché possible; abandonnant enfin les recherches purement théoriques, pour se livrer à une pratique sage et progressive, nos artistes les plus éminents ont compris que c’était de ce côté qu’ils devaient diriger leurs efforts. À force de courage, de patience et de véritable savoir, ils sont parvenus, à l’aide de moyens mécaniques nouveauA, dus presque tous à leur intelligence, à produire de l’horlogerie tout à la fois plus parfaite et moins chère; jusqu’au moment où, ne pouvant plus avoir lieu pour la qualité, la lutte s’est enfin établie sur les prix. Aussi notre horlogerie est-elle en progrès réel et considérable.
- Nous allons le constater en nous livrant à un examen rapide et succinct de la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui chacune des branches de cette belle industrie.
- L’horlogerie nautique, à la tête de laquelle nous sommes heureux de retrouver notre excellent maître, M. Berthoud, compte à elle seule cinq nouveaux exposants, dont les travaux sont aussi remarquables par leur belle exécution, que par l’intelligence qui paraît avoir présidé à leur fabrication, entièrement dégagée aujourd’hui de ce luxe inutile dont les horlogers se montraient jadis si prodigues.
- Le bon marché, qui en est la conséquence, nous fait espérer que non-seulement l’emploi des montres marines pourra se généraliser, mais que nos habiles constructeurs de chronomètres feront un jour à l’Angleterre une concurrence sérieuse. Nous comptons surtout, pour obtenir ce résultat, sur le parti que pourront tirer les horlogers des magnifiques ébauches dues au génie industrieux de MM. Huard, de Versailles.
- Heureux de trouver en voie de prospérité cette branche importante de notre horlogerie de précision, nous pensons que c’est ici l’occasion d’exprimer "hautement le regret que
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- nous cause l’absence de M. Winnerl, dont le jury avait si fort encouragé la production.
- On ne saurait trop blâmer l’abstention de ces artistes et fabricants qui, après avoir épuisé toutes les récompenses que peut décerner le jury, oublient que l’émulation est profitable à tous, et se dispensent de reparaître au concours.
- Jamais l’horlogerie civile n’avait occupé une place aussi considérable aux précédentes expositions, et cependant la fabrication de cette branche d’horlogerie, dont la France possède exclusivement le monopole, est depuis longtemps l’objet d’un commerce étendu. Chaque année la fabrique parisienne fait environ 80,000 pendules, dont les deux tiers au moins sont destinées à l’exportation.
- De pareils résultats sont dus au bon goût et au bon. marché des bronzes, au bas prix et à la bonne qualité des mouvemeuts roulants, dont nous parlerons bientôt, et surtout aux efforts que d’habiles et consciencieux horlogers ne cessent de faire pour conserver les débouchés, que des fraudes nombreuses tendent chaque jour à restreindre davantage. Jamais peut-être la marque obligatoire, que les horlogers réclament comme un besoin impérieux, ne fut plus nécessaire que pour cette industrie.
- Nous trouvons au premier rang des fabricants, de jeunes hommes dont l’intelligence e!l’activité naturelle ne peuvent se borner à la-fabrication roùtiniëre des mouvements ordinaires.
- L’un d’eux a! présenté des pendules pourvues de quantièmes de son invention, dont la belle disposition et le gracieux arrangement sont tout à fait remarquables.
- Un tout jeune homme, dès son entrée dans le monde industriel , s’est aussi posé comme un ouvrier très-habile dans ce genre d?hoflogerië.
- Bien' d’autres enfin, qui viennent après eux', ont aussi mérité l’attention du jury.
- Sans être des pièces de précision, toutes ces pendules, faites avec des mouvementé roulants , sortant des meilleures fabriques, sont cependant finies- de* manière à donner l’heure avec
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- üne exactitude plus que suffisante pour les besoins de l’usage civil.
- C!est avec une vive satisfaction que le jury signale à l’attention publique l’amélioration progressive de ce genre d’horlogerie, d’un usage ordinaire et à la portée de toutes les fortunes.
- La fabrication des montres était la seule qui fût restée en arrière, en ce sens que, comme objets de commerce, nous ne pouvions en aucune façon rivaliser avec la Suisse, pour le bon marché de nos produits.
- Il existait bien à Besançon, et dans les contrées voisines de la Suisse, quelques petites fabriques, mais elles n’avaient pas assez d’importance pour soutenir avec succès la concurrence étrangère.
- En 1839, la fabrique de Versailles fut fondée en vue de combler cette lacune si regrettable pour notre industrie. Malheureusement les espérances qu’elle avait fait concevoir ne se sont pas réalisées. Il a donc fallu continuer à prendre, ailleurs que chez nous, les montres de qualité intermédiaire dont nous avions besoin.
- Depuis i844, quelques horlogers ont fait d’honorables tentatives pour ressusciter la fabrique de Paris. Leurs montres sont belles, mais le prix en est trop élevé pour qu’on les puisse considérer comme des objets de commerce. Frappé d’une telle situation, M. Louis Japy fils, dont le jury avait eu l’occasion cle récompenser le talent, comme manufacturier, en i844, s’est mis à faire les finissages de montres. Il y a si complètement réussi, qu’il livre chaque mois, aux principales maisons de la Suisse, 3 ou 4,000 de ces finissages, aux prix incroyables de 5 fr. et de 6 fr. 5o c. ! C’est là un fait heureux qui peut amener des conséquences de la plus haute gravité. En effet, M. Louis Japy a rendu possible en France la fabrication des montres, et il ne lui reste plus qu’un pas à faire pour achever son œuvre, c’est de prendre la résolution de finir entièrement les mouvements qu’il envoie en Suisse. Nous serions ainsi en possession d’une fabrication sérieuse ét
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- durable, que le jury ne manquerait pas d’encourager à ce double titre : nous disons sérieuse et durable, car on est désormais en défiance contre certaines entreprises dont l’existence tout éphémère semble calculée sur la durée des expositions.
- La fabrication des mouvements roulants n’est pas non plus restée stationnaire, et la concurrence qui s’est établie entre les diverses manufactures qui les produisent a déjà porté ses fruits. Grâce à leur bon marché, les mouvements roulants sont la principale cause du commerce considérable que nous faisons en horlogerie et en bronze avec les pays étrangers.
- En i844, cette partie intéressante de notre industrie avait déjà reçu de nombreux témoignages de la satisfaction du jury, et c’était justice. Depuis ce temps, elle s’est notablement améliorée, et si les produits des rivaux de M. Pons laissent encore à désirer sous certains rapports, on est en droit d’espérer que, dans un temps qui ne saurait être long, ces fabricants , les seuls après lui qui fassent aussi bien et à si bon marché, parviendront à donner satisfaction complète à toutes les exigences de l’art et du commerce.
- Les grosses horloges suivent toujours l’impulsion que leur ont imprimée les Lepaute d’abord, et les Wagner ensuite. Ces derniers seuls ne se sont pas arrêtés en chemin, et le jury les retrouve toujours aux expositions où ils occupent la première place. . #
- M. Wagner neveu, mécanicien habile, prête à la science un concours qu’elle est heureuse de trouver; et il est incontestablement le premier dans ce genre d’horlogerie.
- Quant aux horloges de petit volume dites comtoises, ellês ont subi, depuis la dernière exposition, une baisse de prix remarquable, sans avoir perdu de leur qualité. Et si nous avons pu constater avec satisfaction que, grâce à l’emploi des moyens mécaniques et au bon marché qui en est la conséquence, le dernier de nos ouvriers peut avoir une pendule sur sa cheminée, nous éprouvons un pareil bonheur à dire que, par les mêmes raisons, ce genre de fabrication procure également aux habitants de nos campagnes des horloges simples et so-
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- lid.es, à des prix si bas, que très-probablement les horloges d’Allemagne finiront un jour par disparaître entièrement.
- La maison Reydor frères, qu’il est juste de citer ici, produit de ces horloges au prix courant de 2 5 francs.
- Tout en donnant à cette fabrique les éloges qu’elle mérite, le jury exprime le regret qu’il éprouve de ne pas voir figurer à l’exposition d’autres fabricants d’horloges comtoises, dont les produits sont généralement estimés.
- De cet ensemble satisfaisant d’observations, il résulte pour le jury la conviction que l’horlogerie, cette industrie toute nationale, a conservé le rang que deux siècles de travaux consciencieux lui ont fait prendre en Europe, et que nos artistes français méritent toujours cette réputation de bon goût et d’habileté due à leur intelligence et aux généreux efforts qu’ils n’ont cessé de faire pour arriver à la perfection.
- Nous allons donc les passer successivement en revue, et, pour rendre notre tâche plus facile, nous diviserons l’horlogerie, suivant une classification précédemment admise, en trois genres ou catégories, savoir : l’horlogerie de haute précision;— l’horlogerie civile; — les horloges publiques; — puis enfin la fabrication des mouvements blancs et roulants de montres et de pendules, et celle des objets qui s’y rattachent.
- § 1er. HORLOGERIE DE HAUTE PRÉCISION.
- Rappels M. Auguste BERTIIOUD, à Àrgenteuil (Seine-et-Oise).
- 3 médailles
- ^ 0r* -M. Berlhoud présente cette année un seul chronomètre ; mais
- il résulte de documents authentiques, communiqués aü jury, que depuis décembre i845, jusqu’en juin 1847, les chronomètres portantes n05 248, 2g5, 297 et 298 ayant satisfait aux conditions de régularité nécessaires pour le service de.la marine, ont été achetés par lé Gouvernement. Ces mêmes documents constatent encore que son chronomètre n° 299, également soumis aux épreuves de l’Observatoire., a été retiré par M. Berlhoud pour être livré à la marine marchande, dont cet artiste est l’un des fournisseurs les plus actifs et les plus distingués.
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- Le jui’y croit devoir faire cette remarque, que ce cinquième chronomètre, retire' de l’Observatoire par M. Berthoud, avant le temps déterminé pour les épreuves, aurait probablement continué de marcher avec la même exactitude que les autres.
- Persévérant et habile, M. Berthoud est parvenu à la connaissance complète des propriétés isochrones du spirale, par suite d’expériences nombreuses, et c’est à l’application intelligente de la science acquise, autant qu’à l’exécution fidèle et consciencieuse de ses montres marines, qu’il doit principalement le succès dont ses oeuvres sont toujours couronnées.
- Déjà, en 182^, une médaille d’argent lui avait été décernée; en i834, il obtint la médaille d’or, dont le rappel fut fait en i844* A chacune de ces expositions, le jury avait eu l’occasion de signaler le talent de cet habile artiste, surtout au sujet des produits exhibés en 1844, par les élèves que le Gouvernement avait confiés à son savoir.
- Le jury est heureux devoir figurer au concours, à côté du maître distingué, l’un de ses élèves, que les antres, sans doute, ne tarderont pas à imiter.
- Prenant en considération les longs et utiles travaux de M. A. Ber-ihoud, l’instruction professionnelle qu’il a répandue avec un plein succès, et l’excellence de ses produits, le jury, pour récompenser dignement cet honorable exposant, lui décerne un nouveau rappel de médaille d’or.
- M. Henri ROBERT , rue du Coq, n° 4, à,Paris.
- M. Henri Robert est l’un de nos plus habiles constructeurs de chronomètres. En i834» le jury lui accorda une médaille d’argent pour la bonne qualité de son horlogerie civile.
- Une seconde médaille d’argent lui fut décernée en i83g pour ses pièces de haute précision; et, en i844» M. Robert exposait des chronomètres à barillet denté, dont la marche précise et la belle exécution ne pouvaient être contestées; il obtint alors une médaille d’or. Depuis ce temps, M. Robert a continué l’établissement de son horlogerie marine, sans pour cela cesser de rechercher tout ce qui pouvait contribuer à rendre plus parfaite et plus durable la marche de ses chronomètres.
- Dans l’espoir de corriger les petites variations qu’il suppose déterminées par le mouvement du navire, malgré la suspension ordinaire , M. Robert a proposé deux moyens :
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- Le premier consiste à réunir quatre chronomètres sur la même suspension, et l’autre à fixer un chronomètre dans sa boîte par le verrou d’usage, puis à placer la boîte sur une suspension particulière.
- Les expériences nécessaires pour justifier de l’utilité de ces innovations n’étant pas encore faites, le jury ne peut qu’engager M. Henri Robert à continuer ses essais, et il lui décerne un rappel de médaille d’or.
- Rappels M. RIEUSSEC, à Saint-Mandé ( Seine ).
- d’argent. Récompensé en 1844 par une médaille d’argent pour l’invention de ses chronographes à aiguilles poseuses d’encre, M. Rieussec expose de nouveau son remarquable instrument, mais après l’avoir perfectionné et surtout rendu moins cher, sans que la précision des observations auxquelles il doit sefvir en soit diminuée.
- M. Rieussec expose en outre de petits méridiens qui, une fois orientés, donnent l’heure moyenne et l’heure vraie, avec une approximation de quelques secondes.
- Ces instruments, en laiton poli et verni, pourront être vendus i5 francs environ; ils sont principalement destinés aux personnes qui, habitant la campagne, n’ont aucun des moyens nécessaires pour connaître l’heure avec quelque exactitude.
- Le jury, par ces motifs, décerne à M. Rieussec un rappel de médaille d’argent.
- M. DELÉPINE, boulevard Bonne-Nouvelle, n° 11, à Paris.
- Deux chronomètres sont présentés par M. Delépine ; le jury, qui les a examinés avec attention, rend hommage à leur belle exécution, mais il regrette que ces pièces n’aient pas été déposées et leur marche suivie à l’Observatoire ; cette épreuve décisive étant la seule qui pût déterminer leur mérite réel.
- Un échappement Dupleix à force constante est également soumis par M. Delépine à l’appréciation du jury.
- Cet échappement se compose d’une roue dite d’impulsion, sur l’axe de laquelle est placée la virole d’un ressort spiral suffisamment bandé. De deux en deux vibrations, celte roue se trouve dégagée de la même manière que la roue d’un échappement Dupleix ordinaire, et, lorsqu’elle quitte la levée après avoir donné l’impulsion au ba-
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- lancier, le rouage, rendu courant par la pression momentanée que la roue d’échappement exerce sur une détente, la fait revenir sur elle-même, et la remet à sa place en bandant à nouveau le ressort spiral.
- Cet échappement, qui présenlelaplus grande analogie avec d’autres connus déjà depuis longtemps, pourrait peut-être donner de bons résultats pour l’usage civil, si l’on n’était pas dans l’obligation de rendre mobile sur une goupille ou pivot la dent de la roue d’échappement, qui vient reposer sur le petit cylindre en rubis que porte la tige du balancier.
- On a tout lieu de craindre que, par son extrême délicatesse et la continuité de son action, ce pied-de-biche si fragile s’use promptement, et que, par suite de l’épaississement de l’huile, dont il n’est pas possible de le priver entièrement, il ne vienne bientôt à manquer son effet.
- En attendant que l’expérience ait prouvé l’utilité de cette innovation , le jury, considérant la bonne exécution des chronomètres de M. Delépine, lui décerne le rappel de la médaille d’argent qu’il obtint en i844-
- M. VISSIÈRE, à Argenteuil (Seine-et-Oise).
- M. Vissière expose pour la première fois.
- Élève de M. Bertlioud, pour lequel il a longtemps travaillé en qualité d’ouvrier, cet artiste présente des chronomètres nautiques et des chronomètres de poche entièrement faits par lui.
- Ces chronomètres, parfaitement exécutés dans toutes leurs parties, constituent certainement d’excellentes montres marines.
- Depuis plusieurs années, quoiqu’il soit jeune encore, M. Vissière a livré un certain nombre de ces pièces à la marine marchande française, et il s’est fait en ce genre d’horlogerie une réputation d’habileté justement méritée.
- En conséquence, pour récompenser dignement cet artiste, l’un des plus habiles et des plus intelligents, le jury lui décerne, dès son début aux expositions, une médaille d’argent.
- M. GANNERY, à Saint-Nicolas-d’Aliermont, près Dieppe (Seine-Inférieure). .
- M. Gannery concourt pour la première fois ; il expose des chronomètres de bord et de poche, plus un régulateur à secondes.
- Médailles
- d*argeu!U
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- Ancien élève du Gouvernement, cet artiste, après avoir travaillé successivement chez nos premiers maîtres, a eu l’heureuse idée de s’établir à Saint-Nicolas, près Dieppe, siège d’une fabrication d’horlogerie assez importante. Là, il s’est livré à des essais utiles, et depuis quelque temps il est en mesure de fournir à la marine marchande des chronomètres remarquables par une bonne exécution, sans luxe inutile .et surtout fidèle et précise.
- M. Gannery, dont le jury apprécie le mérite, a vu ses efforts couronnés de succès. Deux pièces déposées par lui à l’Observa toire ont été achetées par le Gouvernement, après avoir subi avec distinction les épreuves d’usage.
- Le régulateur à seconde, que M. Gannery expose, est celui avec lequel il a fait pendant trois ans le réglage de ses chronomètres ; il y a appliqué l’échappement de M. Vérité, de Beauvais, mais profondément modifié par M. Lauge, horloger de Dresde. Le pendule compensateur est composé d’une tringle en acier, portant à sa partie inférieure quatre cylindres en verre chargés de mercure. Ce pendule est une modification du pendule compensateur de Graham. La dh vision du mercure en quatre tubes a pour but de rendre l’action de la température plus prompte et de faire ainsi que la compensation s’opère instantanément. Ce régulateur, fait par M. Gannery lui-même , paraît bien exécuté.
- Le jury, voulant récompenser dignement M. Gannery, lui décerne, dès son début à l’exposition, une médaille d’argent.
- M. DUMAS, rue du Foin-Saint-Louis, n° 4, à Paris.
- M. Dumas, neveu du célèbre Motel, est élève du Gouvernement. Placé chez M. A. Berlboud en cette qualité, il est un de ceux qui se sont le plus distingués par leur aptitude à profiter des leçons du maître: En i844, M. Berthoud exposait les chronomètres faits sous, sa direction par les jeunes élèves qui lui étaient confiés, celui de M. Dumas se faisait remarquer par une belle exécution. Aujourd’hui M. Dumas expose pour son compte des chronomètres pour la nm* rine et des chronomètres de poche exécutés avec un talent remarquable, ainsi qu’on était en droit de l’attendre d’un artiste aussi habile.
- Le jury regrette que M. Dumas n’ait pas déposé ses chronomètres à l’Observatoire ; mais, malgré cette circonstance, due à la modestie de cet artiste, le jury le juge digne d’être récompensé par une médaille d’argent.
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- MM. HUARD frères, à Versailles (Seine-et-Oise).
- MM. Huard frères, horlogers à Versailles, présentent celte année des ébauches de chronomètres, blancs et roulants, et un chronomètre entièrement terminé.
- Ces exposants ont eu principalement en vue de rendre plus facile la fabrication des chronomètres pour la marine.
- Ils se sont mis à faire, sur une grande échelle et à l’aide de moyens mécaniques qui leur sont propres, des mouvements blancs et roulants, que tous les horlogers peuvent se procurer chez eux au prix réduit de cent francs le blanc, et deux cents francs le blanc roulant.
- Le jury a examiné les ébauches avec la.plus scrupuleuse attention, et il se hâte de dire, à la louange de MM. Huard frères, que toutes les pièces qui les composent lui ont paru exécutées av^c la plus grande précision.
- Les outils-machines dont ces artistes sé servent pour fabriquer leurs remarquables produits, sont tous faits et inventés par eux; les dentures et les pignons , qui sont l’œuvre de ces machines, sont finis avec un soin et une précision qui ne laissent rien à désirer.
- Il est vivement à désirer que MM. Huard frères, après s’être placés dans de semblables conditions, finissent eux-mêmes des chronomètres dont la bonne qualité et le bon marché sont assurés d’avance
- Tout en concevant cet espoir, le jury, pour récompenser des travaux si remarquables, décerne à MM. Huard frères une mé-daille d'argent.
- MM. DÉTOUCHE etHOUDIN, rue Saint-Martin, n° 160, à Paris.
- Chef d’une maison de commerce d’horlogerie qui fait chaque année pour un million d’affaires, M. Détouche a voulu établir et vendre de l’horlogerie de précision. Dans celte intention, il s’est adjoint M. Houdin, hprloger habile, que le jury de l’exposition de i844 avait récompensé par une médaille d’argent.
- Il est résulté de cet arrangement que plusieurs pièces d’horlogerie , remarquables sous bien des rapports, ont été faites dans la maison Détonclie, dont T exposition .offre les produits suivants:
- Un régulateur à équation indiquant simultanément, au moyen de plusieurs cadrans, l’heure de différents points çlu globe, Cette pièce, de grande dimension et d’une exécution soignée, est pourvue d’un pendule compensateur de l’invention de M. Houdin.
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- Un grand régulateur à secondes, parfaitement exécuté et placé dans une boîte de bronze doré, style Louis XV; deux autres régulateurs; une étuve contenant plusieurs pyromètres destinés à reconnaître exactement le degré de dilatation des métaux employés à la construction des pendules compensateurs à secondes, et servant à en faire l’épreuve, quand ils sont terminés.
- Un chronomètre de poche, d’une exécution remarquable, figure parmi ces produits, dont nous ne terminerons pas l’examen sans signaler une belle collection de pignons dont la parfaite exécution nous a frappés.
- En général, les produits de MM. Détouche et Houdin se distinguent autant par la modération du prix que par la belle exécution.
- Le jury, pour récompenser ces exposants de la mise en œuvre d’un genre d’horlogerie trop rarement fabriqué de nos jours, leur décerne une médaille d’argent.
- Nouvelle médaille de bronze.
- M. REDIER, place du Châtelet, n° 1, à Paris.
- S
- Ancien élève du Gouvernement, M. Redier fut honoré d’une médaille de bronze en i844- Cette année, l’exposition de M. Redier se compose :
- i° D’un instrument qu’il appelle horographe, destiné au contrôle de la marche des convois sur les chemins de fer. Une feuille de papier, placée dans la boîte au départ du convoi, donne à l’arrivée les heures réelles d’arrivée et de départ à chaque station, imprimées en caractères typographiques.
- 2° D’un contrôleur à pointage.
- 3° D’une machine appelée guide du chauffeur des machines à vapeur. Cette machine, très-simple, fonctionne avec une régularité parfaite, et peutrendreàl’induslrie manufacturière des services réels;
- 4° D’un chronomètre double destiné à la mesure du temps en mer. Cet instrument est composé de deux chronomètres sans balancier compensateur : le premier, A, porte un balancier et un spiral en acier; le second, O, porte un balancier et un spiral en or. Si ces deux chronomètres restent constamment à la même température, o°, ils marqueront constamment la même heure, mais si la température baisse, à l’instant ils varieront, non-seulement sur le temps moyen, mais encore sur l’autre, en sorte que si A fait—1— î o°, O fera -t- x5°; il suffit d’utiliser l’excédant de O sur A, pour trouver l’excédant de A sur Ictemps moyen.
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- S’il était prouvé par l’expérience que cette manière de procéder peut donner 3a mesure du temps en mer avec une certitude complète, M. Redier aurait trouvé la solution d’un problème considéré jusqu’ici comme difficile à résoudre par le moyen qu’il indique.
- Après ce chronomètre, vient une machine à calculer le prix des bagages ; puis enfin un réveil-matin, qui trouve sa simplification dans l’emploi d’un seul moteur et d’un seul rouage, pour les deux effets à produire. Ce réveil, à peine connu, a suscité à M. Redier de nombreux rivaux qui se sont empressés de le copier, quoiqu’il eût pris un brevet d’invention. Malgré cette concurrence, M. Redier en a fait depuis 18 mois plus de 7,000, qui ont été en grande partie expédiés pour l’Angleterre.
- Pour prix de ces travaux, le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. PÉRUSSET, rue de la Monnaie, n° 11, à Paris. Médaille»
- de bronze.
- M. Pérusset, habile ouvrier, expose cette année pour la première fois.
- Son exposition se compose de chronomètres nautiques et de chronomètres de poche : ces pièces, dont le travail paraît fidèle et consciencieusement fait, n’ont subi d’ailleurs aucune épreuve, et leurs échappements seuls sont l’œuvre de M. Pérusset, les blancs roulants étant tirés de diverses fabriques.
- En attendant que l’expérience ait justifié de la réussite complète de M. Pérusset,
- Le jury, pour le récompenser delà belle exécution de ses échappements , lui décerne une médaille de bronze.
- M. LAUMAIN, rue de la Tixeranderie, n° i5, à Paris.
- M. Laumain présente des chronomètres de poche au prix de 6oof.
- Le jury a constaté avec plaisir que le bon marché de ces chronomètres était un véritable progrès, mais il aurait désiré que leur marche eût été rigoureusement observée et que les résultats de ces observations lui fussent communiqués; aucun renseignement positif m’ayant été donné à ce sujet, le jury, prenant en considération seulement le travail de M. Laumain, lui décerne une médaille de bronze.
- M. BUSSARD, à Versailles (Seine-et-Oise).
- M. Bussard, d’abord attaché en qualité d’ouvrier à la fabrique
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- Nouvelle
- médaille
- d’or.
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- de Versailles, travaille depuis longtemps à son compte pour d’autres horlogers. Les pièces détachées qu’il vient d’exposer sont faites avec une correction remarquable. Un petit chronomètre de poche fait entièrement de sa main, et des blancs de montre dont la qua-lité paraît bonne, complètent son exposition.
- Le jury encourage cet horloger à continuer une fabrication à laquelle il paraît vouloir se consacrer et lui décerne une mention honorable.
- M. DUMOUCHEL, rue Montgolfier, n° 4, à Paris.
- Un régulateur à seconde, exécuté par M. Dumouchel, est soumis à l’appréciation du jury.
- Ce régulateur, dont la tige du pendule en sapin est renfennée dans un tube de laiton, constitue une pièce excellente pour l’usage civil.
- Pour récompenser M. Dumouchel de la bonne exécution de sa pendule, le jury lui accorde une mention honorable.
- M. FATTON, rue Dauphine, n° 42, à Paris.
- M. Fatton a"soumis au concours une petite pendule de voyage à grande et petite sonnerie par un seul marteau; cette pièce sonne les demi-quarts; elle est à quantième et développement de ressorts, un thermomètre métallique y est appliqué, l’échappement est à vibrations libres.
- Le jury, en considération de la bonne exécution de cette pièce, faite par M. Fatton lui-même, lui décerne une mention honorable.
- S 2. HORLOGERIE CIVILE.
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- M. Paul GARNIER, rue Taitbout, n° 6, à Paris.
- Depuis longtemps M. Paul Garnier occupe un rang distingué dans l’horlogerie ; il est le premier qui ait compris tout le parti qu’on peut tirer de la fabrication, sur une grande échelle, des pendules de voyage.
- Si ce genre de pendules est devenu la cause d’un commerce qui tend tous les joui'3 à s’accroître davantage, on peut dire avec justice
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- que c’est à son esprit inventif et à son entente parfaite de la fabrication que nous devons ce résultat.
- M. Paul Garnier, mécanicien habile, a figuré d’une façon l'enïar-quable dans toutes les expositions qui ont eu lieu depuis 1827, époque à laquelle il s’est présenté pour la première fois devant le
- jury.
- Depuis ce temps, la science a pu réclamer son concours, qui jamais ne lui a fait défaut, et de savants professeurs ont, à diverses reprises, tiré dé ses ateliers, de1 petits instruments, qui rendaient pour eux l’enseignement plus facile.
- Voici de quoi se compose l’exposition de M. Paul Garnier :
- Un régulateur à secondes, dont le pendule compensateur est de son invention ;
- Plusieurs pendules portatives, à quarts et à- répétition, enfin, deux petits régulateurs de cheminée.
- Toute cette horlogerie, dont l’exécution est assurément belle et précise, fait le plus grand honneur à M. Garnier.
- Plusieurs petites machines, dont l’utilité est mainlenantreconnue, sont également présentées par lui :
- C’est d’abord un indicateur à pointage pour indiquer le temps mis, par un train, a faire un trajet quelconque, et le temps passé aux stations ;
- Puis un indicateur horaire, du temps qui s’est écoulé, entre le passage de deux trains sur la. voie, pour éviter les rencontresd.es convois ;
- Ensuite, un totalisateur dynamomélrique du travail des machines mues par la vapeur, l’air ou un gaz quelconque, notablement perfectionné par cet artiste.;
- Enfin des compteurs de divers genres, parmi lesquels on remarque un compteur dynamomètre, dont le premier fut présenté en i-844 , complètent l’exposition de M. Paul Garnier, du moins en ce qui concerne l’horlogerie proprement dite et les petites machines de précision, qui sont les seuls objets dont nous ayons à nous occu-per.
- En conséquence , nous ne ferons que signaler en peu de mots le nouveau système d’horlogerie que cet habile artiste vient d’imaginer.
- A l’aide, d’une pile voltaïque et de fils, conducteurs, une horloge type, placée dans un endroit voulu* peut donner l’heure simultané-
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- ment sur un certain nombre de cadrans fort éloignés le3 uns des autres.
- Déjà l’application en est faite sur plusieurs lignes de chemins de fer et particulièrement sur celle de l’Ouest, où elle vient d’avoir lieu par ordre de M. le ministre des travaux publics \
- Après ce rapide exposé des travaux de M. Paul Garnier, nous n’avons plus autre chose à faire que de rappeler toutes les récompenses dont il a été successivement honoré.
- En 1827, dès son début aux expositions, le jury lui décerna une médaille d’argent; en i834 et en i83q, il fut jugé très-digne du rappel de cette honorable distinction. Enfin,en i844, il obtint une médaille d’or pour prix de ses efforts et de sa persévérance à bien faire.
- Aujourd’hui, après avoir constaté l’excellence de ses produits, le jury, prenant en sérieuse considération l’invention nouvelle de M. Paul Garnier,
- Lui décerne une nouvelle médaille cl’or.
- Nouvelle M. A. Léon VALLET, rue Neuve-Bourg-l’Abbé, n° 2, d’argent. à Pat'is.
- En i844, M. Vallet exposa plusieurs outils ingénieux destinés, soit à déterminer la force des spiraux, soit à vérifier ensemble ou séparément l’exactitude des fonctions de toutes les pièces composant les échappements.
- Soigneux et habile, M. Vallet se livre avec succès à l’enseignement pratique de l’horlogerie civile, et il présente cette année des montres faites par ses élèves. Elles sont remarquables sous tous les rapports. Deux montres , l’une à cylindre, l’autre à échappement Dupleix, du même apprenti, ont particulièrement fixé l’attention du jury ; la première ayant été faite après dix mois d’apprentissage, et la seconde quatre mois plus tard.
- Cette fois encore, M. Vallet a soumis à l’appréciation du jury quelques petits instruments évidemment destinés à faciliter le travail.
- En présence de la difficulté qu’on éprouve à Paris pour la formation d’ouvriers capables, afin de récompenser M. Vallet des louables efforts qu’il a faits dans ce but, et pour l’encourager à persister dans
- 1 Nous renvoyons pour plus de détails à la partie du rapport de M. Pouillet qui concerne la télégraphie électrique,
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- une voie où il s’est si heureusement engagé, le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. BIENAYMÉ, de Dieppe (Seine-Inférieure).
- C’est pour la seconde fois que les produits de M. Bienaymé sont admis à l’exposition.
- En i844, une médaille de bronze lui fut décernée pour un quantième perpétuel séculaire de son invention \
- Celte année, M. Bienaymé reproduit son quantième modifié de manière à ce que, sans rien perdre de la sûreté des effets, il est devenu plus simple et moins cher.
- Une grosse montre d’habitacle, suspendue comme un chronomètre et pourvue d’une aiguille de secondes placée au centre du cadran, est présentée par M. Bienaymé comme destinée à faire apprécier le filage du lock. Elle est aussi, selon lui, propre à donner l’heure exacte sur tous les navires employés au cabotage et à la pêche de la morue.
- Il est regrettable que M. Bienaymé n’ait pas mis le jury à même de constater avec exactitude le mérite de celte pièce, et qu’il n’ait pas indiqué le prix d’un objet dont le bon marché peut propager l’emploi.
- Une petite pendule de cheminée, à phases de lune, et pourvue d’un quantième perpétuel, complète son exposition.
- Le jury, pour récompenser cet industriel, auquel l’horlogerie est redevable de perfectionnements ingénieux et utiles, lui rappelle la médaille de bronze.
- M. BOURDIN, rue de la Paix, n° 18, à Paris.
- M. Bourdin expose pour la troisième fois.
- Honoré d’une médaille de bronze en i844, cet horloger n’a pas cessé de s’occuper avec zèle et distinction de la fabrication de l’horlogerie de luxe.
- Plusieurs pendules de voyage qu’il expose paraissent très-soi-
- 1 Dans le rapport du jury de l’exposition de 1844, par suite d’une erreur de déclaration, le nom d’un ivoirier de Dieppe fut joint à celui de M. Bienaymé; de sorte qu’il fut possible de croire que la médaille dont il s’agit était décernée à deux personnes. Mais c’était à M. Bienaymé seul qu’elle était accordée.
- Rappel de médaille de bronze.
- Nouvelle médaille de bronze.
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- Médailles de bronso.
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- gnées dans tous leurs détails, et, malgré lés nombreuses fonctions mécaniques dont elles sont chargées, elles n’en sont pas moins (au dire de leur auteur) d’excellents chronomètres marchant avec la dernière exactitude; des montres,’ dès chonomètres de poche', un régulateur à balancier circulaire, qui marche un an sans être remonté, et plusieurs autres pièces d’horlogerie seraient aussi dans le même cas.
- Aucune d’elles n’ayant subi les épreuves de l’Observatoire, le jury se voit avec regret dans l’impossibilité de constater la régularité de leur marche; il ne peut donc prendre en sérieuse considération que la belle exécution de l’horlogerie exposée par M. Bourdin; à ce titre, il le juge digne d’iine nouvelle médaille de bronze qu’il lui décerne.
- M. Victor-René BRISBART, rue Saint-Honoré, n° 125, à Paris.
- M. Brisbart présente au concours des montres à cylindre et à échappement Dupleix, de sa fabrication. Après un examen attentif, le jury est resté convaincu que ces montres sont exécutées avec un véritable talent, et qu’on ne peut raisonnablement leur adresser d’autre reproche, que celui d’être un peu chères, comparativement à celles de Genève.
- Mais quand on songe au prix élevé de la main-d’œuvre à Paris, aux soins attentifs dont chacune de ces pièces doit être l’objet, pour éviter les imperfections de travail si communes dans les montres de fabrique étrangère, on conçoit facilement qu’elles ne puissent être livrées au commerce qu’à un prix supérieur à celui des montres de Genève; désavantage largement compensé par leur éx-celîente qualité.
- Dans l’espoir que cet habile horloger, comprenant les nécessités commerciales, parviendra un jour à faire des montres capables de lutter avec celles de Genève pour le prix, comme elles le peuvent faire maintenant pour la qualité,,et désirant récompenser des essais de fabrication qui lui ont paru sérieux, le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. RABY, boulevard des* Italiens, n° 17, à Paris.
- M. Raby, successeur de M. Benoît, présente, au concours, dès
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- montres, dont les ébauches proviennent de la fabrique de Versailles. Ces montres, bien exécutées, sont toutes remarquables par leur élégance. Plusieurs montres à ancre et à échappement Dupleix offrent l’aspect des chronomètres de poche les mieux faits, et les plus précis. Le haut prix des montres de Versailles et des circonstances malheureuses n’ont pas permis à cet établissement de réaliser toutes les espérances qu’il avait fait concevoir.
- M. Raby, en reprenant celte fabrication, ne s’est pas dissimulé les nombreuses difficultés qu’il lui faudra vaincre; mais, actif, intelligent et habile ouvrier, il s’est mis à l’œuvre, et bientôt il espère livrer des montres qui rivaliseront sérieusement avec celles de Genève. En attendant ce moment, et pour le récompenser d’avoir continué la fabrication des pièces commencées, le jury décerne à M. Raby une médaille de bronze.
- M. BOYER, à Dole (Jura).
- M. Boyer expose clés montres de différentes grandeurs, marchant un mois et plus, sans être remontées. Celte longue marche est obtenue par une disposition nouvelle du calibre de la montre pour laquelle M. Boyer est breveté depuis i844. Sous la platine, se trouve un barillet fixe, dont le diamètre est égal à celui de la montre. Au centre passe le pivot prolongé de l’arbre tournant qui porte une roue, laquelle engrène avec le pignon d’une roue de temps. Par cette disposition l’on obtient un ressort assez fort pour faire marcher la montre bien au delà des limites ordinaires.
- Toutefois, sans rien préjuger sur la valeur de cette invention, dont l’exécution laisse quelque chose à désirer, le jury accorde à M. Boyer une médaille de bronze.
- M. GONTARD et C,e, rue Sainte-Hyacinthe, n° 12, à Paris.
- Les montres de M. Gonlard marchent 15 jours sans être remontées. Comme M. Boyer, dont il a sous quelques rapports perfectionné l’invention, M. Gonlard a obtenu ce résultat au moyen d’un barillet fixe du même diamètre que le mouvement, et placé sous la platine.
- Celte disposition permet d’avoir un ressort de bonne dimension, sans rendre la montre très-épaisse.
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- Le pivot prolongé de l’arbre du barillet passe à travers la pla • tine et porte une roue engrenant dans la roue de temps qu’il est forcé d’ajouter à sa montre.
- Le jury, après avoir examiné ces montres, constate avec plaisir la bonne disposition du calibre, ainsi que la solidité et la fidélité de leur exécution ; il applaudit surtout à la modération de leur prix.
- Prenant en considération une fabrication naissante, et dans l’espoir que cet artiste continuera à perfectionner ses produits, le jury décerne à M. Gonlard et C,e une médaille de bronze.
- M. Achille BROCOT, rue Chariot, 18, à Paris.
- M. Brocot fils, successeur de son père, expose des pendules de différents modèles, qui, sans être de l’horlogerie de précision, sont cependant capables de donner l’heure avec une exactitude qui dépasse les besoins de l’usage civil.
- Ce résultat est dû à l’emploi constant d’un pendule long et pesant, suspendu par des lames d’acier, d’après le système inventé et pratiqué par M. Brocot père, ainsi qu’à l’usage de l’échappement pour lequel celui-ci fut aussi breveté. Sous ce rapport, l’exposition de M. Brocot fils n’offre donc rien de nouveau; il est tout simplement le continuateur habile de travaux que le jury a récompenses aux dernières expositions par une médaille d’argent et le rappel de cette même médaille.
- Mais un quantième perpétuel des plus ingénieux, dont les effets, d’une grande simplicité, s’accomplissent avec toute l’exactitude nécessaire en pareil cas, et dont l’arrangement, variable au gré de l’artiste qui l’emploie, permet de faire de fort jolies pendules à la portée de toutes les fortunes par leur bon marché; de plus, une tentative de perfectionnement faite sur un remontoir d’égalité, dans le but de faire disparaître les causes d’anomalie qui résultent de l’appui du volant sur le repos du chariot, prouvent qu’en dehors de ses relations commerciales cet artiste, livré à lui-même, s occupe de se qui peut apporter quelque amélioration dans l’état de l’horlogerie.
- Voulant récompenser de pareilles tentatives et reconnaître les efforts que fait M. Brocot fils pour rester toujours l’un de nos meilleurs fabricants, le jury lui décerné une médaille de bronze.
- M. ROSSE aîné, rue Saint-Quentin, n° 3 , à Paris.
- Une pendule astronomique, à sphère mouvante, marquant les
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- révoliilions des corps célestes autour du soleil, est présentée par M. Rosse.
- Celte pendule a quatre faces, dont chacune porte un cadran.
- Le premier marque les heures, minutes et secondes ; le deuxième marque les mouvements de la lune; le troisième indique les heures solaires et le cours d’une année tropique, les jours de la semaine, la date du mois, le mois de l’année et le millésime pour dix mille ans, le quatrième cadran est universel et présente la différence des méridiens pour le monde entier.
- Le tout est couronné par vingt-six petits globes qui représentent notre système planétaire, et qui font leurs révolutions pendant un temps égal à celui que mettent les corps célestes à faire les leurs autour du zodiaque.
- Celte pendule a été conçue et exécutée par M. Rosse.
- Aujourd’hui, sachant bien que l’horlogerie a pour but unique l’exacte mesure du temps, et que toute complication dans une pendule nuit essentiellement à sa marche, il est probable que cet artiste n’entreprendrait plus la construction de semblables machines, et il aurait parfaitement raison d’agir ainsi; car elles sont, pour leur auteur, l’occasion de peines et de dépenses considérables, le plus souvent ruineuse.
- Pénétré de ces idées, mais pour rendre hommage au savoir dont cette pendule offre la preuve, le jury décerne à M. Rosse une médaille de bronze.
- M. F ARRÊT, rue Chapon, n° 23, à Paris.
- M. Farret fils, à peine âgé de 20 ans, expose pour la première fois des pendules dont l’exe'cution est tout à fait remarquable.
- Une pièce à remontoir d’égalité, opérant à chaque seconde; un petit mouvement de pendule de voyage dont la cadrature est en acier; quelques pendules de cheminées à demi-secondes; enfin, un mouvement dont l’échappement est visible, ont particulièrement fixé l’attention du jury.
- Toutes ces pièces, faites entièrement par M. Farret, indiquent une main sûre et une grande intelligence.
- Le jury, pour récompenser dignement ce jeune exposant, lui décerne une médaille de bronze.
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- ^Mentions
- honorables.
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- M. VALLET, rue Vieille du Temple, n° 9/1, à Paris.
- M. Vallet s’est livré depuis quelque temps à la fabrication des montres de poche et de cou.
- Il est un de ceux qui ont compris tout le parti qu’on peut tirer de l’emploi des ébauches et finissages qui se font chez M. Louis Japy fils. Aussi le voyons-nous exposer des montres de valeur moyenne, dont les échappements, cadrans, dorures, boîtes, etc., sont faits à Besançon dans des conditions de facture et de prix qui diffèrent si peu de celles où les mômes objets sont confectionnés en Suisse, qu’il peut, jusqu’à un certain point, rivaliser avec l’horlogerie de ce pays.
- Toutefois, nous ne pouvons nous dissimuler que la fabrication de M. Vallet ne fait que commencer, et que les produits qu’il a soumis à l’appréciation du jury peuvent être considérés plutôt comme des essais heureux qui doivent être encouragés que comme des produits résultant d’une fabrication constante et certaine.
- C’est pourquoi le jury, désirant la continuation d’une fabrication qu’il croit avantageuse au pays, et rendant hommage à l’intelligence dont M. Valllet a fait preuve dans l’arrangement du calibre de ses montres, décerne à cet exposant une médaille de bronze.
- M. PIGUET, place de TOraloire, n° 6, à Paris.
- Ancien ouvrier de Versailles, M. Piguet s’est fixé à Paris, où il travaille à façon pour les autres horlogers. Ses montres ont fixé l’attention du jury, qui lui décerne, à cause de leur bonne exécution, une mention honorable.
- M. TERRIER, à Besançon (Doubs).
- Une seule montre est présentée au jury. Cette montre, bien exécutée dans toutes ses parties, possède un échappement à force constante qui consiste en une roue armée par un ressort spiral, et remise en place, à chaque seconde, par le rouage qui s’échappe au moyen de la pression que la roue d’échappement exerce sur une détente, après l’impulsion donnée au balancier.
- Pour récompenser le talent de M. Terrier, bien que d’ailleurs il n’ait donné au jury aucun renseignement sur l’importance de sa fabrication, il lui est accordé une mention honorable.
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- M. POMARD aîné, rue de la Verrerie, n? 11, à Paris.
- Ouvrier à façon, M. Pomartl expose pour la première fois. Une pendule à demi-seconde, avec sonnerie, pourvue d?un remontoir d’égalité de Robin, et quelques mouvements de pendules ordinaires bien confectionnés, composent sa modeste exposition. La pendule à demi-seconde, faite entièrement par lui, est d’une exécution plus fidèle que brillante.
- Quant à ses mouvements ordinaires, il n’en serait pas parlé, s’ils ne révélaient au jury l’existence d’une société d’horlogers, dont les statuts obligent chaque membre à mettre sur ses produits une marque de fabrique ayant pour objet de donner à l'acheteur la garantie collective de tous les sociétaires. Reconnaissant le mérite de M. Pomard, le jury lui décerne un mention honorable.
- M. COURT, rue des Blancs-Manteaux, n° i.3, à Paris.
- M. Court expose une pendule dite régulateur de clieminée, et quelques mouvements de pendules à grande sonnerie et à répétition. La quadrature de ces mouvements est d’un simplicité remarquable, et cependant les effets sont parfaitement sûrs. Le jury décerne à M. Court, pour sa cadralure, une mention honorable.
- M. CROUTTE et Cie, à Saint-Aubin-le-Caux (Seine-Inférieure).
- M.Croutte a. soumis au concours une sonnerie à roue de compte de son invention, un quantième perpétuel, une pendule de cheminée, et un mouvement de lampe mécanique d’une extrême simplicité.
- Pour récompenser M. Croutte, le jury lui décerne une mention honorable.
- M. PIERRET, rue des Bons-Enfants, n° 2 1 „ à Paris.
- Le jury a remarqué de petites pendules à réveil, fort simples et à très-bon marché, une pendule de cheminée qui porte une petite sphère mouvante et quelques autres pièces d’horlogerie qui figuraient à l’exposition de M. Pierret.
- Le jury, pour reconnaître la bonne façon de ces divers ouvrages, accorde à M. Pierret une mention honorable.
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- Citations
- favorables.
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- M. BERNARDIN, à Fougerolles (Haute-Saône).
- M. Bernardin est l’auteur d’une pendule très-compliquée qui représente sur un grand nombre de cadrans à peu près tout ce qu’uue horloge peut indiquer de révolutions astronomiques.
- Bien persuadé que les nombreuses fonctions mécaniques de cette pièce nuisent à l’exactitude sa marche, et sans vouloir le moins du monde encourager M. Bernardin à persévérer dans ( la voie où il s’est engagé, le jury, dans le but unique de rendre justice à l’esprit d’invention qui le distingue et à la sagacité dont il a fait preuve dans les effets mécaniques de son horloge, accorde à M. Bernardin une mention honorable.
- M. LARZET, rue de la Concorde, n° 12, à Paris.
- M. Larzet, fabrique lui même l’horlogerie qu’il vend au public. Les pendules qu’il expose, et dont les échappements sont visibles, paraissent bien exécutées; deux pendules à demi-seconde, un nouveau réveil sonnette, méritent à M. Larzet une citation favorable.
- M. LEMAITRE, rue Saint-Antoine, n° 64, 4 Paris.
- Ouvrier intelligent, M. Lemaître expose des mouvements de pendules avec éhappements visibles qu’il a faits lui-même. Le jury lui décerne, pour la bonne façon de ses échappements, une citation favorable.
- M.HOFFMANN, rue des Enfants-Rouges, n° 4, à Paris.
- Un grand tableau horloge à sonnerie d’heures et de quarts, avec angélus lointain et musique, etc., est exposé par M. Hoffmann. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. TERRIEN, rue Saint-Laurent, n° 49, à Belleville,
- Le jury cite favorablement M. Terrien pour ses compteurs de billards.
- M. LEROUX, à Cancale (Ille-et-Vilaine).
- Une horloge faite par M. Leroux est soumise à l’appréciation du jury. Elle n’est remarquable que par ses effets de sonnerie, qui sonnent et répètent les quarts au moyen d’un seul corps de rouage.
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- Plusieurs quantièmes indiquant les jours, les mois, les phases de la lune, un indicateur de la hauteur des marées pour le port de Cancale, ornent celle horloge. Sans s’arrêter à l’exécution et ne considérant que les effets produits, le jury décerne à M. Leroux une citation favorable.
- M. MAB1RE, à Cherbourg (Manche).
- M. Mabire expose une montre bien faite qui le fait juger digne d’une citation favorable.
- M. RUDET, à Nanteuil Ilardouin (Oise).
- Le jury cite favorablement M. Rudet, pour sa pendule astronomique.
- M. LEFÈVRE, boulevard des Italiens, n° 17.
- Le jury cite favorablement M. Lefèvre, pour sa pendulc^indica-teur.
- § 3. GRANDS MÉCANISMES D’HORLOGEPJE. — HORLOGES
- PUBLIQUES.
- M. WAGNER,, neveu, à Paris, rue Montmartre, n° 118.
- Cet habile mécanicien, dont le talent d’exécution et le génie inventif se manifestent chaque année par de nouveaux succès, a depuis longtemps conquis, au premier rang de l’horlogerie mécanique, une place glorieuse qu’il semble toujours disposé à ne céder à personne. La fabrication lui doit des découvertes nombreuses et des améliorations de la plus grande importance. Les sciences trouvent en lui un auxiliaire intelligent, qui aplanit avec bonheur les difficultés de l’étude. Son exposition de cette année le prouverait surabondamment, si les précédentes avaient laissé subsister le moindre doute à cet égard. 11 suffira d’indiquer ici les pièces dont elle se compose, pour les signaler à l’admiration des savants et des artistes; car le nom seul de M. Wagner porte désormais ave lui tous les éloges.
- On a remarqué :
- i° Diverses horloges publiques, construites sur une base uniforme, mais de formes et de dimensions variées , pouvant satisfaire
- Nouvelle
- Médaille
- d’or.
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- à toutes les conditions de prix et de destination. Plusieurs de ces pièces présentent des innovations importantes.
- 2° Un mécanisme dont le propre est de régler d’une manière exacte et continue tout mouvement de rotation, et d’interrompre et rétablir sans trouble tout courant électrique. Cet appareil, d’invention nouvelle, promet d’excellents résultats, qui en rendront l’application fréquente dans les diverses pièces de mécanique où le mouvement de rotation doit être d’une précision extrême, tels que lunettes astronomiques, instruments de physique, phares, etc.
- 3° Deux cadrans publics indiquant l’heure, les minutes et les secondes; l’un, par la transmission ordinaire, et l’autre par un courant électrique.
- 4° Un instrument nouveau, destiné à remplacer pour les cours de physique de nos écoles industrielles, la machine d’Atwood, et servant comme elle à démontrer la loi de la chute des corps.
- 5° Un instrument nommé mat'égraphe> qui doit enregistrer avec exactitude et continuité les variations des marées et tous les phénomènes ascensionnels des eaux. Celte machine, exécutée pour le port de Saint-Malo, est combinée de manière à fonctionner avec la plus rigoureuse exactitude. Des appareils semblables, placés sur divers points de nos côtes, donnent déjà des résulats très-sastifaisants. L’un d’eux avait figuré à l’exposition de i844; mais celui que M. Wagner expose aujourd’hui, et qu’il avait d’abord exécuté d’après les indica^ lions de M. Chazallon , ingénieur-hydrographe de la marine, a reçu du mécanicien de nombreux perfectionnements, que le jury constate avec plaisir comme étant l’œuvre propre de M. Wagner.
- 6° Un autre instrument établi sur le même principe et nommé Barographe, devant enregistrer les variations des pressions atmosphériques.
- 7° Enliri une lampe de phare de ie‘ ordre, ayant subi avec la plus grande distinction toutes les épreuves, et que l’Administration des phares a reconnue comme la plus parfaite de toutes celles qu’on ait employées jusqu’à présent.
- Un dynamomètre applicable à la charrue et servant à faire connaître la résistance du sol; un modèle de frein, d’une action éner-. gique, complètent cette remarquable exposition.
- Le jury, pour récompenser autant qu’il est en lui le génie persévérant et le talent fécond de M. Wagner neveu, lui décerne une: nouvelle médaille d’or.
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- M. Bernard-Henri WAGNER, rue cîu Cadran, n° 39, à Paris.
- Nouvelle médaille d’argent ,
- Le nom de Wagner est, en quelque sorte , un nom historique, et les perfectionnements apportés dans la fabrication des grosses horloges par M. Wagner sont trop connus, pour les rappeler ici. C’est lui qui, le premier, a fait usage du burin ou échoppe pour la fente des roues; par ce procédé, les roues toutes montées peuvent être fendues et arrondies du premier coup, et l’on gagne ainsi une exécution plus prompte et de beaucoup plus précise. M. Wagner expose des horloges publiques qui prouvent que sa fabrication s’est constamment soutenue et qu’elle occupe toujours une place honorable dans l’industrie. Ces horloges sont d’un prix modique, et cependant elles portent le cachet de l’habileté pratique qui a fait de M. Bernard-Henri Wagner l’un des premiers horlogers de son temps.
- Aussi, le jury, pour récompenser dignement cet artiste, à qui la grosse horlogerie doit tant de progrès, lui décerne avec plaisir une nouvelle médaille d'argent.
- M. D’ORLÉANS, faubourg du Temple, n° 110, à Paris, médaille
- • i 1 \ , , clc bronze
- Une petite horloge a quarts, très-bien exécutée; une horloge de clocher très-simple, des machines à piquer composent l’exposition de M. d’Orléans. Déjà, en i844, cet horloger consciencieux avait obtenu, pour récompense cle ses travaux, une médaille de bronze.
- Le jury, prenant en considération les efforts qu’il ne cesse de faire pour améliorer sa fabrication, le juge digne de recevoir une nouvelle médaille de bronze.
- M, BLIN, rue Mandar, n° 10, à Paris. Médailles
- de bronze.
- Successeur de M. Niot, qui fut récompensé aux précédentes expositions par deux médailles de bronze et deux rappels, M. Blin expose pour la première fois.
- Son exposition se compose de tournebroches, d’horloges clc différentes grandeurs solidement établies.
- L’attention du jury s’est fixée particulièrement sur une horloge de grande dimension à laquelle M. Blin a fait l’application d’une crémaillère en remplacement de la roue de compte , ordinairement employée pour la détermination du nombre de coups à sonner.
- Celte construction, qui rend impossible le désaccord du mouve- .
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- Nouveau rappel de médaillé d’or.
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- menl avec la sonnerie, peut être considérée comme un progrès. Aussi le jury décerne-t-il à M. Blin une médaille de bronze.
- M. HUDDE, à Villiers-le-Bel (Seine-et-Oise).
- Ancien ouvrier de la fabrique de Tilley, M. Hudde s’est fixé à Villiers-le-Bel, où il exerce sa profession d’horloger-mécanicien.
- En meme temps qu’il fait d’autres machines, il fait aussi des horloges de clocher, dont deux sont soumises au jury : l’une est à remontoir d’égalité, assez bien exécutée; l’autre, de calibre ordinaire. Cette dernière est rigoureusement bonne, en ce sens, qu’elle est dépourvue de ce luxe inutile dans une semblable machine.
- Pour le récompenser de ses efforts, le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. REYDOR frères et COLIN, rue Jean-Robert, n° 17, à Paris.
- MM. Beydor exposèrent en i844 des horloges comtoises solidement établies et d’un prix modique, puisqu’elles ne coûtaient que 28 francs. Depuis lors, ces industriels habiles ont trouvé moyen de réduire de 3 francs le prix de ces horloges, sans en diminuer la qualité.
- Cette réduction, insignifiante en apparence, constitue cependant un progrès réel, puisqu’elle s’applique à un objet d’utilité générale à l’usage des habitants de la campagne. Elle est surtout un progrès en ce sens, que le prix des horloges comtoises se rapproche ainsi de celui des grossières horloges d’Allemagne, qu’elles remplaceront certainement avec avantage.
- En raison du bon marché de ce genre de pendules qui, sous le rapport d’une bonne facture, ne laissent rien à désirer, le jury décerne à MM. Reydor et Colin une médaille de bronze.
- § 4. MOUVEMENTS ROULANTS DE PENDULES ET ÉBAUCHES
- DE MONTRES.
- MM. JAPY frères, à Beaucourt (Doubs).
- A toutes les expositions, MM. Japy frères se sont fait remarquer par la variété, la bonne qualité et le bon marché de leurs produits.
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- Indépendamment de la quincaillerie, ils faisaient depuis longtemps les blancs de montres; ils sont les premiers qui se soient livrés à la fabrication des mouvements roulants de pendules.
- Cette année, nous retrouvons la maison Japy figurant à l’exposition de la manière la plus honorable; ses blancs de montres sont toujours ce qu’il y a de meilleur marché en ce genre, et ses mouvements de pendules ont subi, depuis la dernière exposition, de notables améliorations.
- MM. Japy frères ont été honorés de la médaille d’or; plusieurs fois déjà elle leur a été rappelée. Cette année, le jury, en considération des améliorations qu’ib ont apportées dans l’ensemble de leur fabrication, leur accorde un nouveau rappel de médaille d’or.
- M. Louis JAPY, à Berne, commune de Sénoncourt (département du Doubs).
- Déjà récompensé en i844 par une médaille d’argent, M. Louis Japy a exposé des mouvements de pendules de toutes sortes, des blancs et des finissages de montres Lépine, un assortiment complet d’ébauches démontrés et de pendules et des mouvements de lampes.
- L’établissement de M. Louis Japy est d’une réelle importance.
- Depuis quelques années seulement on y fait les finissages; c’est-à-dire que les mouvements de montre, au lieu de sortir comme autrefois de cette maison à l’état de blanc pour être entièrement terminés dans les fabriques de Suisse, y subissent maintenant une façon de plus.
- Les dentures, le pivotage, les engrenages, enfin tout ce qui constitue le mouvement roulant s’y fait de telle manière et à si bas prix, que les horlogers suisses n’hésitent pas à tirer de la maison Louis Japy un nombre considérable de ces finissages.
- Malgré la crise commerciale qui a suivi les événements politiques qui se sont succédé depuis un an et demi, M. Louis Japy en a constamment livré de quatre à cinq mille par mois, et c’est principalement au travail que leur a procuré cette nouvelle fabrication, que ses ouvriers sont redevables de moins de chômage et de misère.
- On ne saurait trop féliciter M. Louis Japy d’avoir entrepris une œuvre dont l’importance ne peut que s’accroître. Grâce à lui, la fabrication des montres est désormais possible en France, et l’on ne comprendrait pas comment, avec les éléments dont ils disposent d’ailleurs, nos horlogers, en payant les mouvements roulants 6 à
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- Rappel de médaille dargt nt.
- Médaille
- d’argent.
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- 8 francs, ne parviendraient pas à faire avec avantage concurrence à la Suisse.
- Le jury a aussi examiné avec la plus grande attention des mouvements de pendule à sonnerie, à chaperon et à râteau, qu’il a fait prendre au dépôt de la fabrique; il a été frappé des progrès que M. L. Japy a faits dans la fabrication de cette partie si intéressante de l’horlogerie française.
- Pour ces motifs, et dans la persuasion que cet industriel ne s’ar-rèlera^pas dans une si bonne voie, le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. ROUX, à Montbéliard (Doubs),
- M. Poux, successeur de la maison Vincenli et compagnie, présente cette année des mouvements roulants de pendules, des mouvements de lampes et diverses pièces d’horlogerie de toutes grandeurs et de différents calibres.
- Cette maison fut honorée en i834 d’uue médaille d'argent, qui lui fut rappelée en 1839. En i844, M. Roux, qui déjà était devenu le chef de cet établissement, reçut une médaille d’argent. Depuis cette époque, M. Roux n’a cessé de donner tous ses soins à la fabrication des mouvements qu’il expose.
- Pour le récompenser de ses efforts et en l’encourageant à perfectionner encore les mouvements qui sortent de sa fabrique, le jury lui décerûe un rappel de médaille d’argent.
- M. BOROMÉ-DELÉPINE et CANCHY, à Saint-Nicolas-d’Aliermont, près Dieppe.
- Toujours au premier rang, l’ancienne fabrique dont M. Pons est le fondateur, figure à l’exposition de la façon la plus honorable.
- Celte fabrique date de 1806; à cette époque, M. Pons, horloger, à Paris, quitta cette ville pour aller s’établir à Saint-Nicolas, village où l’on fabriquait assez mal de petites horloges.
- Inventeur de moyens mécaniques nouveaux, habile à en faire l’application à l'horlogerie, M. Pons, le premier, ût des mouvements de pendules tout à la fois moins chers et meilleurs que ceux qui se faisaient alors.
- C’est à lui que la France est en grande partie redevable du commerce important qu’elle fait en pendules avec les pays.étrangers.
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- Depuis i83o, les mouvements roulants de celte fabrique ont été constamment améliorés : les pignons, les dentures étaient particulièrement remarquables par l’exactitude de leurs formes, et il est juste de dire que, pour l’usage civil, ces mouvements ont toujours été considérés comme étant supérieurs à tous les autres.
- Honoré de toutes les récompenses que peut décerner le jury,
- M. Ponsfuten dernier lieu décoré de la croix de la Légion d’honneur.
- Aujourd’hui, son grand âge l’empêche de continuer la fabrication, et MM. Delépine et Canchy lui ont succédé.
- Les produits de celle nouvelle maison ont été soigneusement examinés par le jury qui a pu se convaincre de la bonne façon des mouvements exposés; il a surtout remarqué des blancs roulants de pendules de voyage; un roulant de régulateur à secondes et un blanc de petit chronomètre nautique : ces divers objets lui ont paru d’une exécution irréprochable.
- En i844, M. Boromé Delépine était déjà l’un des principaux fabricants de Saint-Nicolas; il reçut alors une médaille d’argent que lui avait mérité la belle collection de mouvements qui composait son exposition.
- Heureux de voir une fabrication comme celle de M. Pons remise
- l
- en des mains si habiles, le jury, pour récompenser MM. Boromé Delépine et Cancliy, leur décerne une médaille d’argent.
- M. Samuel MARTI et compagnie, à Montbéliard
- (Doubs). de bronze.
- M. Marti expose pour la seconde fois des mouvements roulants de pendules de toutes grandeurs et de différents calibres qui lui ont mérité, en i844, une médaille de bronze.
- Depuis cette époque, les mouvements de M. Marti n’ont pas changé de prix, mais ils ont été sensiblement améliorés.
- Dans l’espoir que M. Marti continuera à perfectionner un genre d’hoidogerie auquel il reste encore beaucoup à faire, le jury lui' décerne un rappel de médaille de bronze.
- M. HOLINGUE fils, à Saint-Nicolas-d’Aliermont, près Médailles
- 1 de bronze.
- de Dieppe (Seine-Inférieure).
- * * \
- Les mouvements roulants exposés par M. Holingue sont beaux et bien faits.
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- Gomme horlogerie de commerce, les blancs de la maison Ho-lingue père ont joui pendant longtemps d’une réputation méritée.
- Depuis que les finissages se font en fabrique, les mouvements qui sortent des ateliers de M. Holingue fils n’ont rien perdu de l’estime toute particulière qu’ils s’étaient d’abord acquise, et c’est à la fidélité de leur travail qu’ils doivent la préférence marquée dont ils sont toujours l’objet de la part des horlogers de Paris.
- Le jury, pour récompenser M. Holingue fils, lui décerne une médaille de bronze.
- M. BARIQUAND, rue Saint-Louis, n° 27, au Marais, à Paris.
- Depuis plus de dix ans, M. Bariquand se livre à la fabrication des petites machines : il s’est particulièrement occupé de tout ce qui concerne l’emboutillage au découpoir, et il est l’un des premiers qui ait pratiqué ce genre de travail avec quelque succès.
- Ancien horloger, M. Bariquand fait avec facilité les ouvrages les plus délicats; c’est ainsi que nous l’avons vu fabriquer, pour la maison Richer les lire-lignes ci pointes mobiles; et pour M. Charles le nouvel enfile-aiguille. M. Bariquand fabrique également, au moyen d’outils et de machines faites et souvent inventées par lui, des vis en cuivre et en fer de toute sorte et mille autres petits objets dont le détail serait trop long.
- Pour récompenser cet honorable industriel de sa persévérance à bien faire, le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. BERGERON, rue des Marais-Saint-Martin, n° 31 , à Paris.
- Depuis dix ans environ, M. Bergeron est établi à Paris, où il se livre exclusivement à la fabrication des pignons de toutes grosseurs et de tout nombre, ainsi qu’à la fente des roues à l’usage des horlogers et mécaniciens en petit.
- Les échantillons qu’il a soumis au jury sont taillés avec netteté, les formes des ailes de ses pignons et les courbes de ses dents de roues sont bonnes. La petite fabrique cl’engrenages de M. Bergeron dispense nos fabricants d’horloges de clochers de la nécessité d’avoir chez eux une ou plusieurs machines à fendre les pignons.
- Au point dé vue de futilité générale, M. Bergeron mérite donc une récompense. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
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- M. CHAVINEAU, rue des Gravilliers, n° 18, à Paris.
- En i844, M. Chavineau exposait pour la première fois des ancres de pendules garnis en agate et cornalines et des pierres préparées pour les échappements Brocot; ces pierres étaient déjà remarquables par leur bonne exécution et par la modicité de leur prix.
- M. Chavineau, qui a exercé l’horlogerie pendant longtemps, sait mieux que personne quelles sont les exigences de cette partie de son travail. Aussi, au moyen d’outils qu’il a faits lui-même, est-il parvenu, depuis la dernière exposition, à faire mieux et moins cher, à ce point que, moyennant 5 ou 6 francs, il garnit en agatheles levées d’une ancre de pendule.
- Lapidaire habile, cet industriel excelle dans la façon des petits cristaux de médaillons demandés par la bijouterie, et il fait toujours bien et en grande quantité les glaces biseautées pour pendules ordinaires et pendules de voyage.
- En i844 > il fut mentionné honorablement. Cette fois, prenant en considération les progrès faits par M. Chavineau, le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. LEFEBVRE, rue Jean-Jacques-Rousseau, n° 4 bis, à Paris.
- M. Lefebvre est l’un de nos plus habiles fabricants de ressorts de montres et de chronomètres ; depuis quelques années il fournit des ressorts à l’Angleterre : ce succès est dû à l’adoption de moyens mécaniques qui lui permettent de baisser ses prix en même temps qu’ils assurent la bonne façon des ressorts.
- M. Lefebvre fait des ressorts de chronomètres qui se développent sans frottement, les lames restant constamment séparées les unes des autres.
- On constate ce résultat au moyen d’une petite machine de son invention qui se compose d’un barillet denté dont le couvercle découpé permet de voir le ressort dans son entier. Ce barillet fait tourner une roue d’échappement qui agit sur une ancre garnie d’un petit pendillon.
- Par suite du mouvement oscillatoire de ce pendillon, le rouage tourne assez lentement pour qu’on voie sans peine comment le ressort se débande.
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- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- M, Lefebvre exécute avec une remarquable perfection les plus pelits ressorts de montre et de répétition.
- Le jury, pour le récompenser dignement, lui décerne une médaille de bronze.
- M. MATHIEU, rue de Poitou, n° 9, à Paris.
- Des préparations d’horlogerie, savoir : clés canons d’aiguilles, des piliers, des yeux en cuivre pour les trous de remontoirs, des boutons d’avance-rétard, des bouchons et généralement tous les objets faits au tour, telle est la spécialité de M. Mathieu, qqi a construit lui-même les machines qui servent à la fabrication des objets exposés.
- La bonne façon et le grand bon marché de ces divers produits, le service réel qu’ils rendent à l’horlogerie de commerce et à d’autres industries, font considérer M. Mathieu comme étant digne de recevoir un encouragement sérieux.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- S 5. AIGUILLES, RESSORTS DE MONTRES ET DE PENDULES.
- M. BASELY, rue Constantine, n° 1 1, à Paris.
- M. Basely, établi à Paris depuis i84i seulement, concourt cependant pour la deuxième fois.
- En i844, le jury, prenant en sérieuse considération les efforts que cet industriel avait faits pour maintenir en France et introduire à Paris la fabrication des aiguilles démontrés, l’avait récompensé par une médaille d’argent.
- Depuis ce temps, l’importance de la fabrication de M. Basely n’a fait que s’accroître; il vend maintenant ses aiguilles à la Suisse et à l’Angleterre, et, au lieu de 700 grosses qu’il fabriquait chaque année, il en fait actuellement 1,800.
- Celle industrie met en œuvre annuellement 200 kilogrammes d’acier, or et composition imitation d’or.
- Le jury, après avoir examiné avec soin les aiguilles de M. Basely, a acquis la certitude qu’elles ne laissent rien à désirer sous le rapport de la délicatesse et de l’élégance du travail.
- En conséquence, pour reconnaître dignement le service rendu à l’horlogerie française par cet industriel,
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- Le jury lui décerne, avec satisfaction, une nouvelle médaille d'argent.
- MM. MONT AN DON frères, rue des Lions-Saint-Paul, Rappel n” 16 , à Paris. ‘ „Æh.
- MM. Montandon exposent des ressorts de pendules et de montres ^ge111-remarquables autant par leur fini que par leur bon marché. L’éla- • blissement de MM. Montandon est le plus considérable en ce genre d’industrie; iis mettent en œuvre annuellement de îo à 12,000 kilogrammes d’acier de Styrie et environ 2,000 kilogrammes d’acier fondu. Grâce à leur activité et à la bonne qualité de leurs ressorts, ils sont devenus les fournisseurs de la Suisse et de l’Angleterre pour des quantités considérables; aussi le jury est-il heureux de leur décerner un rappel de médaille d’argent.
- SECTION DEUXIÈME.
- t
- S lor. INSTRUMENTS DE PHYSIQUE ET D’OPTIQUE.
- MM. Pouillet et Al. Séguier, rapporteurs. .
- M. FROMENT, à Paris. Mention
- pour ordve.
- En acceptant l’honneur de faire partie du jury, M. Froment a renoncé à la récompense dont ses travaux le rendaient digne à tant de titres. Si le jury se trouve ainsi dans l’impossibilité de lui voter la médaille d’or qu’il a si bien méritée, il n’est pas défendu à votre rapporteur de vous entretenir un instant des admirables productions de cet habile et si ingénieux constructeur. Ses œuvres, trop nombreuses pour vous être décrites une à une, attestent toutes l’immense supériorité de la théorie alliée à la pratique.
- Ancien élève de l’école polytechnique, notre collègue a le bonheur de joindre aux connaissances mathématiques, acquises par les plus sérieuses études, une adresse de main qui lui permet d’exécuter par lui-même les plus délicates constructions : aussi avons-nous admiré dans ses. ateliers les appareils de haute précision, nous serions tenté de dire de précision absolue, qui lui servent à diviser la ligne droite, le cercle, à fractionner la plus petite de nos
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- subdivisions métriques en millionièmes de mètre; et notre admiration s’est encore accrue quand nous avons vu tous ses appareils fonctionnant seuls, hors la présence de leur auteur, se mettant à l’œuvre par le seul fait d’un courant électrique établi ou supprimé a un moment réglé à l’avance par un mécanisme de réveil dépendant d’une pendule régulatrice, s’arrêtant enfin d’eux-mêmes après leur besogne opérée.
- Dans l’établissement de M. Froment, la force motrice est fournie à toutes les machines-outils par des moteurs électro-magnétiques de formes très-variées, depuis l’impulsion nécessaire pour mouvoir une pointe de diamant qui inscrit sans erreur possible mille traits dans un millimètre, en prenant soin d’établir des différences de longueur dans les traits qui correspondent aux dizaines, vingtaines, etc., pour faciliter la lecture, jusqu’à l’effort suffisant pour mener des tours à chariot, des machines à raboter, à percer, etc. Des piles, composées d’un certain nombre de couples disposés en batterie, susceptibles de s’unir ou de se fractionner suivant les besoins, fournissent, pour tous les cas, la puissance électrique en rapport avec la machine-outil employée.
- L’étude approfondie des appareils électro-magnétiques et la grande pratique de leur construction ont permis à notre collègue de s’occuper avec succès du perfectionnement de la télégraphie électrique. Parmi les appareils composant son exposition, on remarquait des télégraphes alphabétiques fonctionnant avec rapidité et sûreté, deux conditions bien difficiles à réunir; un télégraphe numérique inscrivant sur le papier les nombres plus vite qu’ils ne pourraient être prononcés. La manière dont fonctionnent ces appareils prouve la perfection que M. Froment sait assigner à toutes ses œuvres : il n’est pas de construction difficile ou délicate, de solution embarrassante, de problème mécanique, dont M. Froment ne se tire avec un rare bonheur. Nous citerons, pour preuve, son oculaire astronomique à réticule, éclairé par l’incandescence des fils mêmes qui le composent, passant du rouge vif au rouge sombre, au moyen d’un courant électrique que l’observateur règle à sa volonté , entre certaines limites qui préservent les fils de fusion ; cet oculaire a été la satisfaction donnée aux désirs de M. Arago, exprimés dans un programme par lui offert à l’ingéniosité de M. Froment.
- Comment parler d’instruments astronomiques de haute précision sans payer une dette de reconnaissance à la mémoire de Gambey,
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- dans les ateliers duquel M. Froment s’honore d'avoir travaillé. Si le grand artiste qui a relevé la France de son état d’infériorité vis-à-vis de l’Allemagne et de l’Angleterre, pour la placer au premier rang dans l’art de la construction des instruments précis, vivait encore, il serait glorieux d’avoir un tel rival : cette appréciation désintéressée du mérite de M. Froment par M. Gambey serait
- l’éloge le plus complet des admirables produits de notre collègue.
- »
- MM. LEREBOURS et SECRETAN, place du Pont-Neuf, n° 13, à Paris.
- M. Lerebours, associé aux affaires et aux travaux remarquables de son père, parut pour la première fois à l’exposition de i83g, où la société Lerebours père et fils obtint la médaille d’or; en i844, M. Lerebours était seul : tout en continuant les travaux de haute optique, qui avaient valu à son père un rang si éminent parmi les premiers opticiens de l’Europe, il avait donné à sa fabrique une grande extension en construisant avec le même zèle tous les appareils de précision dont on se sert en physique et en astronomie •. tous ces produits divers se distinguaient par l’élégance cle la forme, par le fini du travail et par une grande exactitude; le jury lui accorda le rappel de la médaille d’or.
- Depuis cette époque, M. Lerebours, de concert avec M. Secre-tan, son associé, a fait de nouveaux progrès dans la construction de tous les appareils de physique : il a pris rang parmi nos plus habiles fabricants en ce genre ; mais en même temps il est parvenu, dans la haute optique, à égaler et peut-être à surpasser ce qui a été accompli de plus parfait en Europe dans les objectifs de grandes dimensions. Nos astronomes ont soumis à des épreuves répétées, pendant ces dernières années, l’objectif de 38 centimètres travaillé par M. Lerebours, et ils n’hésitent pas à reconnaître qu’il a enfin acquis des qualités supérieures; jusqu’à présent, il n’existe qu’un seul objectif de cette grandeur : c’est celui de Dorpat, et la comparaison entre ces deux grands appareils ne pourra être faite qu’à l’époque où les travaux de l’Observatoire de Paris seront achevés, et où l’objectif de M. Lerebours pourra être monté parallactiquement, d’une manière solide, dans la magnifique coupole qui couronne l’Observatoire. Alors on pourra l’éprouver avec les plus forts grossissements, et constater enfin entre ces deux lùnettes, qui sont les plus puissantes que l’astronomie possède aujourd’hui, quelle est
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- Nouvelle
- médaille
- d’or.
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- Rappels
- de
- médaille
- dor.
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- celle qui nous rapporte le plus fidèlement l’image des mondes qui remplissent les profondeurs de l’espace.
- Le jury décerne à MM. Lerebours et Secretan une nouvelle médaille d’or.
- M. BURON, rue des Trois-Pavilions, n° 10, à Paris.
- M. Buron obtint en i844 la médaille d’or, et, à la recommandation du jury, le Gouvernement lui accorda à cette époque la décoration de la Légion d’honneur. C’est par des progrès successifs et continus que M. Buron est arrivé à ces hautes récompenses. Son pcre lui laissa, en 1819, un établissement qu’il avait fondé en x 788 ; M. Buron, bien jeune encore, s’appliqua avec autant de prudence que de sagacité à perfectionner et à simplifier tous les moyens de fabrication en y introduisant les procédés mécaniques, qui étaient alors une innovation importante; en même temps il soutenait avec persévérance la bonne renommée dont son établissement jouissait déjà. Dès i834, ses longues-vues, ses lunettes marines et ses autres produits obtenaient à l’exposition la médaille d’argent, parce que la confection en était économique et d’une qualité remarquable; en 1809, une nouvelle médaille d’argent récompensait de nouveaux progrès; enfin, en x844, la supériorité de M. Buron était constatée par l’étendue considérable de ses affaires et par l’excellente réputation qu’il s’était acquise en France et à l’étranger. Depuis cette époque, le zèle de M. Buron et sa persévérance intelligente ne se sont point ralentis ; il n’a pas cessé de méditer, de travailler et de faire de nouveaux essais pour obtenir de nouveaux perfectionnements et pour les faire passer dans la pratique. 11 y a lieu d’espérer que les efforts qu’il fait depuis quelques années, pour rendre plus régulier et plus sûr le travail des grands objectifs astronomiques, le conduiront à d’heureux résultats.
- Le jury se plaît à faire, en faveur de M. Buron, le rappel de la haute récompense qu’il a reçue à l’exposition de i844.
- M. CHEVALIER (Charles), cour des Fontaines, n° 1 bis, à Paris.
- M. Charles Chevalier obtint, à l’exposition de i834, la médaille d’or pour ses microscopes, qui furent l'econnus supérieurs à tout ce qui avait été fait jusqu’à cette époque en France et à l’étranger. Cette récompense lui fut maintenue et rappelée favorablement aux
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- expositions de 183g et de 1844, parce qu’il avait soutenu et amélioré sa bonne fabrication de microscopes , tandis que d’autres opticiens faisaient à cet égard des progrès considérables, et parce qu’il avait montré beaucoup d’habileté dans la construction de la plupart des instruments de physique et de chimie. Depuis la dernière exposition, M. Chevalier a fait de nouveaux efforts et tenté de nouveaux perfectionnements: ceux qui sont relatifs aux lunettes terrestres, aux machines pneumatiques, aux grandes boussoles, aux baromètres d’observation et à quelques autres appareils importants, n’ont pas encore obtenu de l’expérience une sanction suffisante; mais ceux qui se rapportent aux objectifs destinés à la photographie, aux appareils photographiques eux-mêmes, et à quelques instruments de physique, ne laissent aucun doute dans l’esprit du jury: ce sont des progrès véritables qui maintiennent M. Chevalier dans le rang qu’il s’était acquis parmi nos très-habiles constructeurs, et qui de plus lui assignent l’un des premiers rangs parmi ceux qui ont contribué à porter la photographie au point de perfection où elle est arrivée.
- Le jury fait, en faveur de M. Chevalier, un nouveau rappel de la médaille d'or qu’il a obtenue aux expositions précédentes,
- M. SOLEIL, rue de l’Odéon,. n° 35, à Paris.
- M. Soleil a rendu d’éminents services à l’optique, et il s’est créé en quelque sorte une spécialité nouvelle dans laquelle il est enfin parvenu à une incontestable supériorité. Comme opticien, M. Soleil n’a jusqu’à présent rien tenté de considérable, ni pour perfectionner les microscopes, qui nous révèlent les secrets de la nature organique et des mondes infiniment petits, ni pour perfectionner les télescopes, qui nous révèlent les secrets de l’immensité des cieux et des mondes infiniment grands; mais il s’est appliqué avec une persévérance et une sagacité dignes d’éloges à perfectionner tous les appareils au moyen desquels nous pouvons reproduire les phénomènes de la lumière et déterminer les lois auxquelles ils sont soumis. C’est surtout dans la polarisation et dans la diffraction, dans cette optique moderne due au génie de Malus et au génie de Fresnel, qu’il y avait beaucoup à inventer et à perfectionner, sous le rapport des appareils, afin de rendre les expériences faciles à faire et les phénomènes faciles à observer. C’est là aussi que M. Soleil s’est particulièrement distingué. Nou? n’entreprendrons pasd’é-
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- d’or.
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- Nouvelle méfiai lie d’argent.
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- numérer ici tous les instruments qu’il a imaginés : nous nous bornerons à dire que, grâce à ses inventions, les professeurs peuvent aujourd’hui, dans leurs cours publics et devant les plus nombreux auditoires, rendre sensibles à tous les yeux une foule de phénomènes qu’il fallait autrefois observer individuellement; c’est un progrès considérable dont nous ferons mieux comprendre encore la portée en disant, par une sorte de comparaison, que les expériences de polarisation et de diffraction ne se montraient autrefois qu’au microscope ordinaire, et que M. Soleilles fait voir aujourd’hui au microscope solaire.
- On ne s’étonnera donc pas que, de tous les points de l’Europe et de l’Amérique, on s’adresse à notre habile opticien pour tout ce qui tient aux appareils de recherches et aux appareils destinés à l’enseignement de l’optique.
- M. Soleil avait obtenu la médaille d’argent à l’exposition de 1844, et le jury lui décerne aujourd’hui la médaille d’or.
- M. DELEUIL, rue du Pont-de-Lodi, n° 8, à Paris.
- M. Deleuil avait obtenu en 1827 une mention honorable, en i834 une médaille de bronze, en 1839 une médaille d’argent, et le jury de i844 lui décerna avec éloge une nouvelle médaille d’argent. Ces récompenses progressives et toujours de plus en plus élevées sont très-honorables pour M. Deleuil, et attestent, dans cet habile constructeur d’instruments de physique et de chimie, beaucoup de zèle et de persévérance; le mouvement de ses affaires a suivi la perfection croissante de ses produits, et sa fabrique est maintenant l’une de celles qui ont les relations les plus étendues en France et à l’étranger. Il ne s’est pas toujours borné à construire avec tous les soins convenables et à des prix modérés les appareils qui lui étaient, demandés; il s’est appliqué aussi, avec non moins d’activité que d’intelligence, à perfectionner la construction de plusieurs instruments, et surtout celle des balances et des piles voltaïques. L’ensemble des travaux qu’il a exécutés depuis la dernière exposition témoigne de ses nouveaux efforts et de ses nouveaux progrès.
- Le jury lui accorde une médaille d’or.
- M. RUHMKORFF, rue des Orfèvres, n° 6, à Paris.
- Dès son début à l’exposition, en 1844, M. Fiuhmkorff se plaça dans un rang élevé parmi nos habiles constructeurs d’instruments
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- de physique; le jury, frappé de l’intelligence remarquable avec laquelle ses appareils étaient conçus et exécutés, lui décerna la médaille d’ai'gent. Ceux de nos collègues qui, depuis cette époque, ont eu l’occasion de suivre l’ensemble des travaux de M. Ruhm-korff, se plaisent à reconnaître les progrès considérables qu’il a faits dans cette période de cinq années : il n’y a aucune branche de la physique qui ne lui doive des appareils mieux étudiés, plus élégants et plus précis; aux connaissances théoriques nécessaires pour bien comprendre les conditions que doit remplir un instrument, il joint la faculté rare de saisir de suite et avec une grande pureté de goût les dispositions d’ensemble qu’il convient de lui donner, et les procédés les plus simples et les plus sûrs pour en exécuter et en ajuster toutes les pièces. Si, parfois, il éprouve quelque doute sur la construction d’un instrument imaginé à l’étranger, dont il ne possède que de mauvaises figures, il n’hésite pas, aucun sacrifice ne lui coûte : il fait venir l’instrument à ses frais pour le copier fidèlement si on l’exige, et pour lui donner un autre aspect et quelques qualités de plus si on lui en laisse la liberté. Egalement habitué aux longues et persévérantes méditations et au travail qui exige la main la plus habile, il porte lui-même le jugement le plus éclairé et le plus sévère sur tout ce qui s’exécute dans ses ateliers: non-seulement il n’y souffre rien de médiocre, mais il n’admet que ce qui touche à la perfection. C’est avec cette vigilance de tous les instants, avec ce sentiment raisonné de ce qui constitue les bonnes proportions dans la forme et l’exactitude dans les résultats, qu’il est parvenu à donner à tous ses .ouvrages deux qualités essentielles qui les font particulièrement rechercher : ils sont d’un prix modéré et d’une exécution supérieure.
- Le jury décerne à M. Rulunkorff une nouvelle médaille d’argent.
- M. BUNTEN, quai Pelletier, nos 3o et 3à, à Paris.
- M. Bunlcn fds avait présenté à l’exposition la plupart des instruments de physique et de météorologie qui avaient valu à son père une réputation si justement méritée, et pour lesquels le jury lui avait décerné des médailles d’argent aux expositions de i83g et de i844. Mmo veuve Bunten continuant les affaires de son mari et de son fds, quelle a perdus à quelques mois d’intervalle, le jury fait rappel en sa faveur de la médaille d’argent que son mari, feu M. Bunten, avait obtenue à l’exposition de 1844-
- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
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- Médailles
- d’argent.
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- M. OBERHAEUSER, rue Dauphine, n° 19, à Paris.
- M. Oberhaeuser paraît pour la première fois à l’exposition; cependant son nom est connu depuis longtemps en optique : tous ceux qui s’occupent d’observations microscopiques savent qu’il travaille les lentilles avec une habileté rare, et qu’il a un coup d’œil presque infaillible pour les combiner et les grouper entré elles de telle sorte que leurs défauts individuels, corrigés l’un par l’autre, composent des jeux cl’objectifs d’une grande perfection. Le travail des métaux, le dispositif de l’éclairage, des moyens de mesure et de tous les accessoires, n’ont pas moins de mérite que les verres eux-mêmes. Depuis quelques années, M. Oberhaeuser a fourni aux savants de tous les pays un nombre considérable d’excellents microscopes, et, par conséquent, il a contribué d’une manière efficace aux progrès des sciences d’observation. -
- Le jury décerne à M. Oberhaeuser une médaille d’argent.
- MM. FORTIN-HERMANN (Adolphe et Émile), rue de Charonne, n° 90, à Paris.
- MM. Fortin-Hermann , petits-fils du célèbre Fortin, l’un de nos premiers et de nos. plus grands artistes en instruments de physique et d’astronomie, se présentent pour la première fois à l’exposition; et semblent appelés à soutenir dignement un nom dont les sciences ne peuvent pas perdre le souvenir. Ces deux jeunes fabricants n’exposent pas seulement les excellents appareils dont la fabrication toujours aussi parfaite s’est continuée dans leur famille, tels que baromètres de Fortin, balances, etc., mais ils exposent encore une machine de leur invention pour comprimer le gaz d’éclairage, et ils exposent en même temps des fallols à gaz comprimé pour éclairer les locomotives et pour signaler les trains sur les chemins de fer. Ces derniers appareils, déjà soumis à des épreuves répétées, promettent de très-heureux résultats.
- Le jury accorde à MM. Fortin-Hermann une médaille d’argent.
- M. RADIGUET et fils, rue des Fiiles-du-Calvaire, n°26, à Paris.
- M. Radiguet est un industriel modeste qui travaillé tout seul, mais n’en rend pas moins tous les fabricants d'instruments de pré-
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- cision dans la composition desquels il entre un miroir plan à surface parallèle tributaires de son petit atelier. La perfection du travail de M. Radiguet est appréciée dans l’Europe entière ; aucun autre artiste n’est parvenu à faire aussi bien et à aussi bas prix.
- Les miroirs plans de M. Radiguet sont indispensables pour la sûreté de la navigation. La moindre erreur dans la réflexion des images, dans les instruments nautiques, par suite de l’imperfection des miroirs, est de nature à faire courir les plus grands dangers aux navires, en laissant les capitaines qui les dirigent dans une croyance erronée sur le lieu où ils se trouvent.
- Un savant rapport de M. Néel de Breaulé fait bien ressortir la supériorité des miroirs de M. Radiguet, comparés à ceux de ses rivaux étrangers, qui, pourtant, vendent de tels produits dix fois plus cher que lui.
- Récompensé par les sociétés savantes, honoré par le jury lui-même d’une médaille de bronze à la dernière exposition, le jury décerne à M. Radiguet, qui s’est surpassé cette année-par la dimension et la perfection de ses produits, une médaille d’argent.
- M. BOURGOGNE, rue d’Arcole, n° 2 bis, à Paris.
- M. Bourgogne présente à l’exposition des préparations microscopiques qui sont faites avec tant d’art et d’adresse, qu’il paraît impossible d’arriver à une plus grande perfection. Déjà cité favorablement en j 83g, et récompensé d’une médaille de bronze en i84à> cet habile microscopiste semble ri’avoir vu dans ces encouragements que des motifs pour redoubler de zèle, pour étendre ses recherches et pour porter encore plus haut le talent, déjà si éminent, qu’il avait acquis; ce sentiment, dans M. Bourgogne, n’est pas de l’émulation, c’est l’amour même de la science et de la vérité, car depuis longtemps il est sans concurrent en Europe dans ce genre de préparations. Il pourrait profiter de cet avantage, qui est assurément bien rare, pour élever ses prix et courir après la fortune, soit pour lui, soit pour sa nombreuse famille; mais, sous ce rapport, l’amour de la science l’emporte encore : il veut que ses produits soient à la portée de tous les curieux, et surtout à la portée de tous les observateurs, qui, en général, ne peuvent pas faire de grands sacrifices pécuniaires. Or, il n’en est pas de ces objets comme de ceux qui se font à la mécanique et qui peuvent se multiplier indéfiniment ici chaque objet, chaque préparation doit passer par la
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- main cle M. Bourgogne; nulle autre ne peut la suppléer, et celle condition forcée limite extrêmement le nombre des objets qu’il peut livrer dans le cours d’une année : car pour en faire g,ooo il en faut faire 3o chaque jour, et cependant 9,000 à 5o cent., en moyenne, ne font de recette brute que 4,5oo francs. IN’est-il pas infiniment regrettable qu’une telle industrie ne puisse pas s’exercer sur un capital qui soit mieux proportionné à l’étendue des services qu’elle rend à toutes les sciences d’observation?
- Le jury décerne à M. Bourgogne une médaille d’argent.
- M. DUPIN, rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 7, à Paris.
- M. Dupin présente à l’exposition une machine électrique d’une disposition nouvelle, une collection de stéréométrie, une collection de stéréotomie, et une collection de dessins, de gravures et de peintures collées sur verre par des procédés particuliers, et si intimement unies à la surface vitreuse, qu’elles ont contracté avec elle une adhérence qui est en quelque sorte indestructible.
- La machine électrique est ingénieusement disposée : elle peut offrir de l’avantage aux expérimentateurs qui n’ont pas besoin d’une grande puissance électrique, car ce système paraît peu favorable pour des machines de très-grandes dimensions.
- Les collections de stéréométrie et de stéréotomie réalisent une heureuse idée ; elles donnent un moyen des plus simples et des moins dispendieux pour habituer l’esprit à concevoir nettement les surfaces, les angles qu’elles font entre elles, les polyèdres', leurs développements, et en général toutes les formes géométriques, même les plus compliquées. Chacune des collections est renfermée dans une boîte de carton, ayant la forme et les dimensions d’un volume in-8°: la première comprend 36 polyèdres développés, et la seconde, 4i polyèdres en relief; les figures sont faites avec un carton mince, ferme, élastique et convenablement préparé. Si l’on conçoit, par exemple, que sur une feuille de ce carton Ton ait tracé à côté l’une de l’autre, et dans leur ordre respectif, toutes les figures triangulaires ou polygonales qui composent la surface d’un polyèdre, et que sur toutes leurs lignes de jonction, qui doivent devenir les arêtes du polyèdre, on ait tracé clans l’épaisseur du carton une espèce de sillon délié, qui permette aux surfaces contiguës de tourner, comme à charnière, autour de cesv arêtes, on comprend qu’il suffira de plier celte feuille pour avoir le polyèdre
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- en relief, et de la déplier pour en avoir le développement. Il est impossible, au moyen de ces figures, que l’esprit ne saisisse pas d’un coup d’œil et sans effort les propriétés des signes, les mouvements des plans et la génération des volumes. L’enseignement de la géométrie tirera sans doute un grand parti des collections dont il s’agit.
- Quant au procédé que M. Dupin a imaginé pour fixer sur verre les gravures, les couleurs à l’huile ou à l’eau, il nous semble très-remarquable sous deux rapports: il assure la conservation, en quelque sorte indéfinie, des gravures ou lithographies coloriées ou non coloriées qui ont été soumises à cette préparation, et il donqe ou au trait noir, ou aux couleurs, une fraîcheur et une pureté vraiment étonnantes, et dont on ne peut se rendre compte que par l’absence de toute réflexion à la surface de contact du verre et de la couleur. Le magnifique spectre solaire de 1 mètre o5 cent, de longueur sur 3o cent, de hauteur que M. Dupin a exposé, et dans lequel sont peintes à l’huile toutes les couleurs primitives de la lumière solaire, et en noir toutes les raies de Frauhenofer, est une preuve que son procédé s’applique aux sujets de grandes dimensions.
- Le jury accorde à M. Dupin une médaille d’argent.
- M. MARTENS, à Paris.
- M. Martens, graveur distingué, s’est livré avec ardeur à la photographie dès l’origine de cette surprenante invention. Profitant de tous les avantages que des connaissances déjà acquises dans les arts graphiques lui donnaient pour cultiver cette branche nouvelle, il eut le bonheur d’obtenir, des premiers, de remarquables épreuves sur plaques métalliques; ses vues panoramiques, grands dessins produits sans trop de déformation par de petits objectifs, méritent d’être signalées. Une tête de chambre noire, articulée de façon à , promener successivement les rayons lumineux sur une plaque cintrée au travers d’un verre objectif masqué sous un écran percé d’une fente étroite verticale, est une conception aussi simple qu’ingénieuse de M. Martens pour recueillir sans déformation, dans le sens transversal du moins, des épreuves que des objectifs de grande dimension donneraient difficilement avec moins d aberration de sphéricité.
- Les épreuves sur papier exposées par M. Marions ont paru au
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- Nouvelles médailles de bronze.
- jury devoir être placées au premier rang. Mettant en pratique les précieuses inductions fournies parM. Niepce de Stiatow neveu, ce si infatigable continuateur des travaux photographiques de M. Niepce, son oncle, M. Martens nous a montré le charme indicible qui pouvait résulter, pour l’épreuve définitive sur papier, de la substitution d’une couche mince d’albumine étendue sur glace au papier, d’une transparence inégale, jusqu’ici employé a la perception des épreuves négatives.
- L’importance des services que les arts et les sciences peuvent retirer d’une reproduction directe a été bien prouvée par l’admirable fidélité des dessins si heureusement obtenus par M. Martens, d’après les œuvres de plusieurs de nos plus habiles sculpteurs. Les succès de M. Martens, dans tous les genres de photographie, ont paru au jury bien dignes d’une médaille d’argent.
- MM. BRETON frères, rue Dauphine, n° 2 5, à Paris.
- MM. Breton frères continuent à se distinguer par les soins qu’ils apportent à la construction des instruments de physique en général, et particulièrement à la construction des instruments d’optique et d’électro- magnétisme ; ils ont fait preuve d’intelligence dans plusieurs perfectionnements ingénieux, qui sont de leur invention.
- Le jury leur accorde une nouvelle médaille de bronze.
- M. NACHET, rue des Grands-Augustins, n° 1, à Paris.
- M. Nacliet avait obtenu une médaille de bronze à l’exposition de i844 pour ses succès dans la construction des microscopes ordinaires; cet encouragement a été profitable à la science : M. Na-chet n’a cessé de travailler et de perfectionner; ses microscopes ont encore acquis des qualités nouvelles, sans augmenter de prix.
- Le jury accorde à M. Nachet une nouvelle médaille de bronze.
- Al. BODEUR, rue et passage Dauphine, n° 36, à Paris.
- M. Bodeur a fait de nouveaux progrès dans la construction des baromètres portatifs, des thermomètres, des aréomètres et des instruments de minéralogie ; il prend rang parmi nos bons artistes, pour tout ce qui lient au travail du verre ef aux graduations précises.
- Le jury accorde à M. Bodeur une nouvelle médaille de bronze.
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- M. LEYDECKER, quai des Augustins, n° 55, à Paris.
- Le jury fait rappel, en faveur de M. Leydecker, delà médaille de bronze qu’il lui avait accordée à l’exposition de i844 pour ses bai'omètres et thermomètres ; il se plaît à reconnaître que M. Leydecker a donné de nouvelles preuves des soins et de l’habileté remarquable qu’il apporte dans la construction de ses instruments et dans tout ce qui tient au travail du verre par la lampe d’émailleur.
- M. RIANCHI, rue de la Sorbonne, n° 9, à Paris.
- M. Biancln figurait à l’exposition de i844 en société avec M. Lecomte, et le jury leur accorda une médaille d’argent; depuis cette époque M. Bianchi travaille seul et présente à l’exposition un grand nombre d’instruments divers relatifs à la physique et à l’arpentage. Tous ces instruments sont d’une bonne exécution; nous avons particulièrement remarqué, sous ce rapport, l’appareil de polarisation destiné à observer le pouvoir rotatoire des liquides, appareil exécuté d’après les conseils de M. Biot, auteur de cette découverte. O11 peut espérer que sous cette dernière forme, à laquelle M. Biot s’est arrêté, l’appareil dont il s’agit se répandra de plus en plus dans les cabinets de physique, dans les fabriques de sucre et dans les hôpitaux.
- Le jury décerne à M. Bianchi une médaille de bronze.
- M. LECOMTE, rue Monsieur-le-Prince, n° 28, à ' Paris.
- M. Lecomte figurait à l’exposition de i844 en société avec M. Bianchi, et le jury leur accorda une médaille d’argent. Depuis cette époque, M. Lecomte travaille seul, et présente à l’exposition divers appareils de physique, particulièrement des balances de précision de forces différentes : les unes pesant 200 grammes à un demi-milligramme près, les autres 2 5 grammes seulement, mais sensibles à un quart de milligramme. M. Lecomte excelle dans la construction de çes appareils par les soins intelligents qu’il y apporte; ses balances, sous une petite masses sont solidement établies: elles marchent avec une régularité remarquable, et conservent longtemps et sans altération leur sensibilité primitive ; ses machines pneumatiques sont aussi d’une très-bonne construction, et
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
- Médailles de bronze «
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- il y a lieu d’espérer que sa machine à un seul corps de pompe obtiendra le succès qu’elle promet.
- Le jury décerne à M. Lecomte la médaille de bronze.
- M. PLAGNIOL, rue Pastourelle, n° 5, à Paris.
- M. Plagniol avait obtenu une menlion honorable, en i844. pour ses appareils de photographie -, il a fait, depuis cette époque, des progrès considérables, tant pour les instruments d’optique en général que pour les objectifs des plus grandes dimensions destinés au daguerréotype. M. Plagniol compte parmi ceux qui ont fait le plus d’efforts pour perfectionner ces objectifs, et il compte aussi parmi ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats.
- Le jury accorde à M. Plagniol une médaille de bronze.
- M. LÈBRUN (Alexandre), rue Chapon, n° 3, à Paris.
- M. Lebrun présente pour la première fois à l’exposition les microscopes et les longues-vues qu’il fabrique en quantités considérables. Les procédés mécaniques entrent pour beaucoup dans celte fabrication importante, mais ils y entrent avec intelligence et précision, pour donner des produits qui supportent l’examen le plus minutieux. Parmi les divers modèles de longues-vues destinées à la marine, à l’arpentage, à la télégraphie, etc., que nous avons eu occasion de soumettre à l’épreuve, en les prenant au hasard dans ses magasins, où il y en a de grands assortiments, il ne s’en est pas trouvé un seul de médiocre qualité, et cependant leur prix est de beaucoup inférieur aux prix ordinaires : une fabrication courante, développée sur une grande échelle, qui livre aux sciences et au commerce des instruments d’aussi bonne qualité, est un véritable progrès.
- Le jury accorde à M. Lebrun (Alexandre) une médaille de bronze.
- M. LOISEAU, quai de l’Horloge, n° 35, à Paris.
- M. Loiseau avait obtenu une mention honorable, en i844, pour ses microscopes et pour ses appareils électro-magnétiques ; nous avons remarqué avec plaisir les nouveaux instruments qu’il présente à l’exposition de 1849: sa machine pneumatique est d’une bonne construction, ses microscopes annoncent des progrès dignes
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- déloges, et ses divers appareils de télégraphie électrique sont ingénieusement disposés.
- Le jury accorde à M. Loiseau une médaille de bronze.
- M. Jean-Baptiste LEBRUN, rue Grenétat, n° 4, à Paris.
- M. Lebrun avait obtenu une mention honorable, en i844, pour ses lorgnettes et pour ses instruments d’arpentage. Aujourd’hui il présente à l’exposition de très-bons objectifs pour le daguerréotype, des lorgnettes jumelles qu’il a perfectionnées, des longues-vues et des boîtes de mathématiques de son invention.
- Le jury a vu avec plaisir les progrès de M. Lebrun, et lui accorde une médaille de bronze.
- M. FASTRE, quai des Augustins, n° 63, à Paris.
- M. Fastré se présente pour la première fois à l’exposition. Ses thermomètres très-précis divisés sur tige, ses baromètres, et d’autres appareils qui exigeaient pour leur^construction beaucoup de soin et d’intelligence, prouvent que M. Fastré ne craint pas les difficultés, et qu’il sait trouver des moyens simples pour arriver à un grand degré d’exactitude.
- Le jury accorde à M. Fastré une médaille de bronze.
- M. CHUARD, rue Carnot, n° 6, à Paris.
- M. Chuard s’est appliqué particulièrement à prévenir les accidents qui arrivent dans les mines par l’explosion du feu grisou ; il a eu, à cet égard, des idées ingénieuses, et il a lui-même construit des appareils pour les réaliser : son gazoscope est d’une sensibilité remarquable pour annoncer l’instant où le mélange des gaz de la mine devient dangereux ; il serait désirable que cet instrument pût passer dans la pratique; les perfectionnements qu’il a apportés à la lampe de Davy sont aussi très-dignes d’attention; enfin, sa boîte de secours pour les mineurs asphyxiés est très-ingénieusement disposée.
- Le jury accorde à M. Chuard une médaille de bronze.
- M. BERNARD, rue des Marmouzets, n° 3o, à Paris.
- Le jury lui rappelle la mention honorable, pour ses microscopes, scs chambres claires et ses niveaux.
- Rappels
- de
- mentiez
- honorables.
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- Mentions
- honorables.
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- M. Louis-Victor CHEVALIER, rue Montmartre, n° 17G, à Paris.
- Le jury lui rappelle la mention honorable, pour ses baromètres à cadran et ses instruments de verre.
- M. GIROUX, rue Sainte-Avoye, n° 60, à Paris.
- Le jury lui rappelle la mention honorable, pour ses lunettes pa-léidoscopiques et ses jumelles à ressort.
- M. LEROY, rue des Fossés -Saint- Germain -l’Auxerrois, n° 29, à Paris.
- Le jury lui rappelle la mention honorable, pour sa belle collection d’aréomètres, alcoomètres, etc.
- MM. GROSSE frères, rue du Milieu-des-Ursins, n° 1, à Paris.
- Le jury leur rappelle la mentionhonorable pour leurs aréomètres métalliques très-bien construits.
- M. WALLET, quai de l’Horloge, n° 33, à Paris.
- Le jury lui rappelle la mention honorable, pour ses loupes ou microscopes simples à forts grossissements et pour son modèle de spéculum.
- M. BERTHIOT, rue.Saint-Martin, n° i55, à Paris.
- Le jury lui accorde une mention honorable pour ses verres de besicles ou de conserves, diaphanes ou colorés, et ses boules à fantasmagorie.
- M. RINGARD, rue Saint-Martin, n° 199, à Paris.
- Le jury lui accorde une mention honorable, pour ses jumelles ovales très-bien établies et pour ses tubes cylindriques.
- M. LEMOLT, passage Jouffroy, n° 42, à Paris.
- Le jury lui accorde une mention honorable pour son appareil destiné à produire la lumière électrique.
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- MM. CHEVALIER et fils, quai de l’Horloge, n° *5, à Paris.
- Le jury leur accorde une citation favorable pour leurs lunettes, anlistrabismiques et leurs poîyoramas.
- M. FRÉCOT, rue des Maçons-Sorbonne, n° 16, à Paris.
- Le jury lui accorde une citation favorable pour ses objets en verre, très-bien exécutés.
- M. HENRI, passage Delorme, n° 2 1, à Paris.
- Le jury lui accorde une citation favorable pour ses diverses lunettes.
- M. POULLOT, rue du Temple, n° 1 9, à Paris.
- Le jury lui accorde une citation favorable, pour ses lunettes et lorgnons très-bien établis.
- M. LEMAIRE, passage du Saumon, n° 3s , à Paris.
- Le jury lui accorde une citation favorable pour sa bonne fabrication de verres à lunettes.
- M. CROISSANT, à Laval (Mayenne).
- Le jury lui accorde une citation favorable pour sa machine élec-.-trique à plateau de papier-poudre.
- S 2. PHARES.
- M. Pouillet, rapporteur.
- M. Henri LEPAUTE, rue Saint-Honoré, n° 2/17, à Paris.
- M. Henri Lepaute obtint la médaille d’or à l’exposition de i844> et, à la recommandation du jury, le Gouvernement lui accorda à celte époque la décoration de la Légion d’honneur. Cet habile fabricant a persévéré dans la voie qui l’a conduit à ces hautes récompenses : le grand phare qu’il présente cette année à l’Exposi-
- n. 34
- Ciiations
- favorables*
- Rappel
- de
- médaille
- d’or.
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- Médaille tl argent.
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- lion est, sous tous les rapports, un travail très-remarquable; il serait difficile de porter plus loin la perfection de ces appareils merveilleux où tout doit être conforme aux lois les plus délicates et les plus précises de l’optique et de la mécanique.
- Le jury se plaît à faire en faveur de M. Henri Lepaute le rappel de la haute récompense qu’il a reçue à l’exposition de i844.
- M. LETOURNEAU, allée des Veuves, cité Soleil, n° 37, à Paris.
- M. Letourneau paraît à l’exposition pour la première fois; il a, depuis peu d’années, repris le bel établissement de M. François (jeune), dont le jury avait récompensé les brillants succès parla médaille d’argent en 1889, et par la médaille d’or en i844. En prenant possession d’un matériel considérable, d’un ensemble d’outils très-parfaits et de procédés éprouvés, M. Letourneau n’avait en quelque sorte qu’à suivre la voie que son prédécesseur avait tracée, et dans laquelle il ne s’était pas moins distingué par son esprit d’in- ’ vention que par sa persévérance; mais rien n’est stationnaire ni dans les sciences ni dans les arts mécaniques: là, on découvre chaque jour des phénomènes nouveaux; ici, chaque jour révèle pareillement des moyens plus prompts, plus sûrs et plus économiques pour obtenir les mêmes effets. La construction des phares, malgré le degré de perfection où elle a été portée dans ces dernières années, n’est donc pas arrivée à ses dernières limites. On sait que les phares se composent en général d’appareils réfringents et d’appareils réflecteurs ; c’est surtout au perfectionnement de ces derniers que M. Letourneau s’est appliqué d’une manière spéciale. Il a construit, pour des phares qui lui ont été demandés par l’Angleterre, des réflecteurs sphériques et paraboliques qui sont remarquables par leurs dimensions, par la pureté de la matière et de l’étamage, et par l’exactitude avec laquelle les surfaces sont travaillées; l’un d’eux figure à l’exposition : il a i“4oo de côté et 7 millimètres d’épaisseur.
- Le jury a examiné avec un vif intérêt les produits de M. Letourneau, et il lui accorde la médaille d’argent.
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- S 3. APPAREILS A PESER ET GRANDES BALANCES POUR LE COMMERCE.
- M. Mathieu, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’uniformité des poids et des mesures, si nécessaire à la sécurité du commerce et des transactions sociales, si vivement réclamée, vers la fin du xvm° siècle, par les bons esprits, a été heureusement opérée en France par l’établissement définitif, et sans mélange, du système métrique décimal des poids et mesures.
- Les sciences étaient depuis longtemps en possession de balances précises pour les recherches les plus délicates de la physique et de la chimie. Il n’en était pas de même des instruments usuels : aux embarras sans fin, d’une grande diversité, se joignaient les inconvénients d’une médiocre confection; mais le bienfait de l’uniformité a amené sur-le-champ un grand changement et un progrès incessant dans la construction des instruments de pesage destinés au commerce. Les artistes les plus habiles de la capitale, chargés de. confectionner les nouveaux étalons pour les départements, ont trouvé de nombreux imitateurs, et il s’est opéré, en peu d’années, une véritable révolution dans cette importante industrie. Nous avons vu la romaine, cette machine si commode, mais qui laissait tant à désirer sous le rapport de la précision, recevoir dans ces derniers temps les plus heureuses modifications. Sans changer la puissance de la romaine, on est parvenu, par des moyens ingénieux, à rendre le pesage plus facile, plus exact, et à tenir compte des fractions de poids, que l’on était obligé de négliger pour éviter l’emploi incommode des poids additionnels; mais, par la superposition de deux romaines, on peut rendre la puissance de la machine dix ei vingt fois plus grande, et trouver, à l’aide de poids curseurs, des indications précises du poids. On rend ainsi la romaine
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- Médaille
- d’or.
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- plus sensible et plus puissante sans augmenter sa longueur et même en la diminuant, ce qui permet de l’appliquer à des opérations qui ne pouvaient se faire qu’avec des balances délicates. On a obtenu des effets analogues par la combinaison de deux leviers sans poids curseurs. Un système de balance, conçu par Roberval, et qui semblait devoir rester sans application, s’est cependant beaucoup répandu depuis quelques années, après avoir toutefois subi d’indispensables perfectionnements. Ces progrès sont dus principalement aux efforts qui ont été faits dans quelques grands établissements de balancerie que nous avons vu se former en différents points de la France. Espérons que les circonstances permettront bientôt à une si importante fabrication de reprendre le développement qu’elle avait déjà acquis et de faire encore de nouveaux progrès. C’est surtout par l’emploi intelligent d’un bon outillage que l’on confectionnera, avec économie et précision, des instruments dont l’usage se répandra encore plus sur les chemins de fer, dans les exploitations rurales et métallurgiques, et dans tous les genres de constructions.
- M. BÉRANGER et C!o, à Lyon (Rhône).
- L’établissement fondé à Lyon, il y a plus de vingt ans, par M. Béranger, est arrivé en peu de temps à une fabrication très-per-fectionnée et très-étendue. Il peut occuper jusqu’à 15o ouvriers et il est en possession, depuis bien des années, de fournir au commerce et à l’industrie des instruments de pesage pour des sommes considérables. Ce grand établissement a présenté à l’exposition divers appareils que nous allons passer en revue successivement.
- Balance-pendule. — Le pesage avec la balance ordinaire est sou-veut gêné par les chaînes de suspension des bassins ; il est entièrement libre avec la balance dite Roberval dont les bassins reposent sur les. bras du fléau ; aussi cet instrument commode et peu embarrassant s’est beaucoup répandu dans le commerce depuis quelques années. M. Béranger a cherché à modifier la balance Roberval <lè manière à la rendre plus précise et d’une application plus étendue. Dans la balance-pendule, chaque bassin est soutenu par une tige verticale qui repose sur une espèce dë tablier horizontal. Ce
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- tablier ou porte-tige est suspendu par des brides articulées, d’un côté à l’extrémité du fléau, de l’autre, à l’extrémité mobile d’un le-îevier horizontal. Un point de ce levier est suspendu à son tour à un point du fléau voisin du milieu de sa longueur. Ces deux points, liés par une bride, étant déterminés convenablement, restent toujours dans la même verticale quand le fléau et le levier s’inclinent en sens contraires pendant les oscillations.
- Si le porte-tige était suspendu directement au fléau, il s’inclinerait tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre pendant les oscillations ; mais il résulte de cette disposition du levier intermédiaire de suspension, que le porte-tige, et, par suite, le bassin, restent toujours dans une position horizontale et que le pesage s’opère dans de bonnes conditions. On voit que le levier intermédiaire remplit un double office : il fournit un point de suspension pour le tablier et il transmet au fléau la charge qu’il supporte. L’appareil adopté par M. Béranger offre un mode ingénieux de suspension au fléau, et du bassin et de tout ce qu’il renferme.
- Dans la grande balance-pendule, il y a deux fléaux parallèles; dans la petite on n’en met qu’un, mais il est terminé par une fourchette ou fer-à-cheval afin d’avoir aussi dans ce cas deux points de suspension directe du tablier au fléau, indépendamment du point de suspension par le levier intermédiaire.
- Peso-compteur. — C’est une bascule romaine. Le poids curseur, qui porte un écrou dans sa partie inférieure, glisse au moyen d’une vis parallèle au fléau. Les divisions du fléau donnent les centaines de kilogrammes. Le pas de la vis est égal à l’intervalle de deux divisions, en sorte que le poids curseur avance sur le fléau d’une partie ou d’une division à la suivante, quand la vis fait un tour entier, et seulement d’un centième de par Lie quand la vis fait un centième de tour. La tète de la vis porte un cadran dont la circonférence est divisée en cent parties égales. On a ainsi sur le cadran de? subdivisions bien distinctes qu’il serait impossible de marquer sur le fléau entre deux centaines consécutives.
- Dans ce système de pesage, on amène facilement, à l’aide de la vis, le curseur écrou au point exact d’équilibre. Alors on lit les centaines de kilogrammes sur le fléau et on compte les kilogrammes sur le cadran. Au moyen de cette ingénieuse disposition, imitée de la vis micromélriquô employée en astronomie pour la mesure des angles, on a le double avantage d’établir l’équilibre avec autant de
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- précision que de promptitude et d’obtenir les petites fractions de poids.
- Il serait bon d’ajouter au mécanisme le moyen bien simple de ramener l’index sur le point zéro du cadran s’il arrivait que la coïncidence n’eût plus lieu quand le poids-curseur est exactement sur une division du fléau.
- La Bascule en l’air offre une combinaison de deux leviers horizontaux avec un plateau pour recevoir les poids; ces deux leviers forment un appareil suspendu par deux crochets à une barre fixe; voilà ce qui a porté M. Béranger à l’appeler bascule en l’air.
- Les leviers dirigés en sens contraires ont leurs bras dans le rapport de 1 à 10. A l’extrémité du grand bras du levier supérieur est suspendule plateau des poids. Un corps, placé à l’extrémité du petit bras de ce levier, pèsera donc dix fois plus que le poids du plateau qui lui fait équilibre.
- Quand les corps sont très-lourds, on les accroche au petit bras du levier inférieur. Alors les deux leviers sont mis en jeu et les poids en équilibre sont dans le rapport de 1 à 100. Ainsi, pour avoir le poids d’un corps, il faut multiplier le poids qui est sur le plateau par 10 ou par 100, suivant que l’on met enjeu un levier ou les deux leviers.
- Cet appareil se prête bien au pesage des plus lourds fardeaux. 11 peut d’ailleurs être ramené à de très-petites dimensions pour peser de î décigramme à 20 kilogrammes. Alors on suspend un petit bassin à l’extrémité du petit bras du levier supérieur, on place le corps léger dans le bassin à l’extrémité du grand bras et son poids est la dixième partie du poids qui lui fait équilibre dans le petit bassin. On a ainsi l’avantage de passer du grand au petit.
- On ne peut pas confondre le système des deux leviers de la bascule en l’air avec la double romaine que M. Béranger employait, vers i84a, dans des ponts à bascule. Dans la bascule en l’air, on établit l’équilibre avec des poids placés sur un plateau, tandis que dans la double romaine on se sert de deux poids curseurs.
- Ponts à bascule. — M. Béranger a fourni à l’administration des ponts et chaussées, en 1842 et i843, des ponts à bascule, qui, au rapport des ingénieurs, se distinguaient des autres systèmes par des perfectionnements pour le pesage et l’embrayage. La balance démonstrative de la charge se composait tantôt d’un appareil àlevfers combinés formant une double romaine avec deux fléaux gradués et deux poids curseurs * tantôt d’un levier simple avec plateau, pour
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- recevoir les poids. Depuis cette époque, M. Béranger a encore apporté d’heureuses modifications à ces grands instruments.
- Ponls à bascule brisés. —Jusqu’à présent on n’a pesé les locomotives que par train, au moyen de trois ponts à bascule indépendants sur lesquels on fait arriver chaque paire de roues. M. Béranger voulant, comme l’avait déjà fait M. Sagnier, obtenir le poids par roue, a présenté, vers la fin de l’exposition, un petit modèle de pont brisé. 11 conserve les trois tabliers qui servaient pour les trains; mais, sous chaque rail d’un tablier, il place un levier triangulaire qui transmet à une balance la pression qu’il supporte. On obtient ainsi séparément les charges que supportent chacune des six roues, au moyen de six balances placées du même côté de la voie. Avec un seul tablier pour les deux roues d’un train, M. Béranger n’a besoin que de six leviers triangulaires. M. Sagnier en emploie douze dans son appareil à six tabliers ; mais avec un tablier pour chaque roue, il a l’avantage de maintenir la plus grande indépendance possible entre les deux roues d’un même train.
- M. Béranger ne s’est pas arrêté à la fabrication des instruments qu’il avait présentés en i844 et qui lui ont valu la médaille d’argent. Les appareils de pesage qu’il a exposés cette année, toujours remarquables par une bonne construction, offrent encore de nouveaux et d’importants perfectionnements. Le jury lui décerne une médaille d’or.
- M. Louis SAGNIER et C‘e, à Montpellier (Hérault).
- L’établissement fondé par M. Sagnier, en i833, a acquis une grande extension depuis cette époque. 11 occupait 15o ouvriers dans le courant de l’année 1847, tant a Montpellier que dans ses succursales de Marseille et de Paris. La fourniture de ses produits peut s’élever à a5o,ooo fr. pour le commerce intérieur, et à 5o,ooo fr. pour l’exportation.
- Depuis la dernière exposition, la maison Sagnier s’est principalement livrée à la construction des grands instruments de pesage. Elle a présenté deux ponts à bascule; un appareil qui s’adapte à la grue Arnoux, dite à chariot, pour peser les voitures, pendant qu'on les hisse sur un chemin de fer à l’aide'de cette grue; trois bascules portatives. 1
- Nous avons particulièrement remarqué une bascule romaine portative, avec un poids curseur à coulisse, surmontée d’une règle
- Nouvel!»
- médaille
- d'argent.
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- •graduée parallèle au fléau et garnie de deux curseurs. Quand l’équilibre est établi au moyen des trois poids curseurs, on lit les centaines de kilogrammes sur le fléau de la romaine, les kilogrammes et les fractions sur la règle mobile. Par celte ingénieuse disposition, les subdivisions delà romaine, au delà des centaines de kilogrammes , sont transportées sur la règle à double curseur, où elles se lisent avec la plus grande facililé. Le plus souvent, on pourra se borner aux indications du plus grand poids curseur de la règle.
- Appareil pour régler les ressorts des locomotives. — On pèse généralement les locomotives sur des ponts à bascule brisés. Trois balances romaines donnent séparément les poids des trains qui reposent sur trois tabliers indépendants. Cette opération fournit le poids total de la locomotive et sa distribution sur les essieux; mais elle n’indique pas comment la charge d’un train est répartie sur les deux roues. M. Sagnier s’est proposé de la compléter, non-seulement pour connaître le poids plus en détail, mais encore pour fournir à l’industrie un moyen simple de régler les ressorts des locomotives. Avec le nouvel appareil qu’il a imaginé et pour lequel il a pris un brevet d’invention, on obtient séparément les poids supportés par chacune des six roues d’une locomotive, et par conséquent le poids total et la position de la verticale qui passe par son centre de gravité.
- La belle locomotive de MM. Gouin et Cio, a été placée à l’exposition sur un de ces appareils. Chaque roue repose sur un petit pont ou tablier rectangulaire, fort étroit, pressant deux leviers triangulaires en rapport avec une balance romaine qui indique la charge supportée par la roue.
- Cet appareil fait donc connaître la répartition, sur les six roues, du poids total de la machine; il y a plus, et c’est là son grand avantage; il fournit le moyen de régler la tension des ressorts de la locomotive, de manière à obtenir une bonne répartition. Pour cela, il suffit de serrer ou de desserrer les l’essorls jusqu’à ce que les six balances indiquent une distribution régulière de la charge totale de la locomotive.
- S’il arrive qu’une roue, par suite d’un changement dans la tension de son ressort, reçoive un accroissement de charge, on pourra le constater et le faire disparaître en faisant usage de l’appareil de M. Sagnier, et on évitera ainsi les inconvénients d’une trop grande adhérance de cette roue sur le rail.
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- Cet appareil peut être employé avec avantage sur les chemins de fer. Il offre pour régler les ressorts des locomotives un procédé plus direct et plus sûr que ceux qui ont été employés jusqu’à présent. Il fournit un moyen très-simple de reconnaître en peu de temps, et aussi souvent qu’on le voudra, si une locomotive se trouve dans de - bonnes conditions de traction et de roulement.
- M. Louis Sagnier a obtenu une médaille de bronze à l’exposition de 1889, une médaille d’argent à l’exposition de i844- Le jury, voulant récompenser les nouveaux efforts qu’il a faits pour perfectionner divers instruments de pesage, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. PARENT, rue des Arcis, n° 33, à Paris.
- M. Parent continue à construire avec une habileté bien connue de bons appareils de balancerie pour le commerce. On avait remarqué en i844 son nécessaire de vérificateur des poids et mesures; mais, depuis celte époque, il s’est attaché à en réduire le poids et le volume. Il est heureusement parvenu à renfermer dans une petite boîte, qui ne pèse plus que 18 kilogrammes, l’ensemble de tous les instruments nécessaires à la vérification et au poinçonnage des poids et des mesures de longueur et de capacité. Une petite balance suffit pour contrôler avec précision tous les poids jusqu’à 20 kilogrammes parce qu’elle peut servir à volonté, avec des bras égaux ou des bras inégaux, dans le rapport de 1 à 10. Ce travail, dans lequel on trouve à chaque instant d’ingénieuses combinaisons, a été apprécié par le jury, qui rappelle à M. Parent la médaille d’argent qu’il avait obtenue à l’exposition de 1844-
- Rappel de médaille d’argent.
- M. VALETTE, passage Jouffroy, n08 38 et 4o, à Paris. Médailles
- de bronze.
- M. Valette a présenté à l’exposition, sous différentes formes dans diverses dimensions, des appareils de pesage dans lesquels il emploie particulièrement la romaine simple ou double.
- Balance romaine pour l’usage ordinaire du commerce. — Le pesage s’opère à l’aide ,cle deux poids curseurs : l’un indique les kilogrammes sur le grand bras de la romaine, l’autre, les fractions sur le prolongement du petit bras au delà du point de suspension du bassin où se trouve le corps que l’on veut peser. On trouve des
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- dispositions analogues dans une petite balance de précision et dans un pèse-lettres.
- M. Valette a construit, pour les corps d’un grand poids, un appareil qu’il nomme polygramme, et dans lequel il met toujours en jeu deux romaines parallèles superposées.
- Polygramme à crochet. — Concevons une romaine ordinaire et au dessous une autre romaine formant un levier de deuxième espèce dont l’extrémité mobile est suspendue par une bride au petit bras de la romaine supérieure; supposons, de plus, que les bras de la romaine inférieure soient dans le rapport de 1 à 20. Si l’on suspend un corps au crochet qui termine le petit bras de la romaine inférieure, son action, transmise par le grand bras, ne sera sur la romaine supérieure que la vingtième partie du poids du corps. La puissance de la romaine supérieure est ainsi rendue vingt fois plus grande, puisque les choses se passent comme si on lui appliquait directement un corps vingt fois moins lourd. Le pesage ou l’équilibre s’opère au moyen des poids curseurs des deux romaines : l’un donne les kilogrammes, l’autre les fractions.
- Dans une autre espèce de polygramme, M. Valette a mis au lieu d’un simple crochet de suspension un plateau qui se prête mieux au pesage de certaines marchandises, et qui est suspendu d’un côté à la romaine inférieure, de l’autre à un levier de deuxième espèce. Ce levier a son extrémité fixe sur un châssis, et son extrémité libre liée par une bride vers le point milieu du fléau de la romaine inférieure. Les deux points d’attache s’élèvent et s’abaissent ensemble et avec le fléau inférieur et avec le levier. Au moyen de celte ingénieuse disposition, le plateau suspendu au fléau inférieur et au levier auxiliaire se maintient dans une position horizontale, et le pesage s’opère avec exactitude et facilité. Le levier auxiliaire, employé dans ce polygramme, remplit une double fonction : il fournit le second point de suspension pour le plateau, et il transmet à la romaine inférieure la charge qu’il supporte. La romaine inférieure agit alors sur la romaine supérieure et l’équilibre s’établit à l’aide des deux poids curseurs.
- M. Valette paraît pour la première fois à l’exposition. Ses appareils de pesages construits avec soin et intelligence ont attiré l’attention du jury qui lui décerne une médaille de bronze.
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- M. THIER, passage Choiseul, n° /io, à Paris.
- La balance romaine présentée à l’exposition par M. Thier a été généralement remarquée. Le petit bras du levier ou du fléau supporte un bassin rectangulaire, et le grand bras se compose de trois branches sur lesquelles glissent trois poids curseurs. L'équilibre s’établit promptement avec ces poids curseurs et la lecture se fait avec autant de facilité que de sûreté. Chaque curseur fait corps avec une gaine en cuivre qui cache les divisions de la branche sur laquelle il glisse et ne laisse voir, par une petite ouverture, que le chiffre qu’il faut prendre. Ce chiffre se montre des deux côtés de la balance sur les deux faces de chaque branche qui est taillée en prisme triangulaire.
- L’instrument qui figure à l’exposition nous paraît ramené à des dimensions et à une portée qui le rendent d’une application très-commode. 11 peut peser jusqu’à 25 kilogrammes avec toute la précision désirable dans les usages ordinaires. Le grand poids curseur donne les kilogrammes, le second les hectogrammes et les déca-grammes, le troisième les grammes. Il a d’ailleurs l’avantage de dispenser des collections de poids dont on a besoin avec les balances ordinaires et qui sont parfois embarrassantes dans les usages domestiques.
- On pourrait augmenter la puissance de cette balance, soit en suspendant à l’extrémité de la romaine un poids de 25 kilogrammes, soit en allongeant ses branches, mais on lui ferait perdre l’avantage de sa simplicité.
- Le jury accorde à M. Thier une médaille de bronze.
- M. FRÈCHE, quai Valmy, n° i à 5, à Paris.
- M. Frèche a reproduit cette année six mesures de capacité : le litre et le décalitre, avecleur moitié et leur double, qu’il avait exposés en i83g et qui lui avaient valu une citation. Ces mesures, construites avec soin en tôle de fer vernie, avec une enveloppe en noyer pour les garantir des chocs, pourraient, au besoin, servir d’étalon dans les communes.
- La voiture-balance à deux roues, construite par M. Frèche, est destinée à peser et à transporter la houille. Une caisse, qui peut contenir deux mille kilogrammes de houille, est supportée, de chaque côté, par un système de deux leviers dont les bras sont dans le
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- Citation
- lavorable.
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- rapport de 1 à 10. Le plateau étant suspendu par deux tiges verticales aux extrémités des leviers supérieurs ou balanciers, il suffit d’y mettre un poids égal à la centième partie de la charge pour établir l’équilibre. C’est seulement 20 kilogrammes pour deux tonneaux de houille. Pendant la marche de la voiture, l’appareil de pesage est isolé et à l’abri des cahots au moyen d’un mécanisme qui fixe en même temps la caisse mobile au train de la voilure. Le plateau s’élève et s’applique sous le train.
- Quand la voilure se trouve sur un sol incliné, il faut, avant de peser, ramener le train dans un plan horizontal. Le nivellement s’opère dans le sens de la longueur avec un cric placé sous l’avant de la voiture, et en travers au moyen d’un sabot en plan inclin , sur lequel on fait monter plus ou moins l'une des deux roues. Enfin, avec un tour on laisse la caisse se renverser par degré et le déchargement a lieu sans secousse.
- Le mécanisme et l’augmentation dans les dimensions de la voilure occasionnent un surcroît de poids de 3oo à 4oo kilogrammes; cependant un fort cheval pourra encore traîner la charge totale.
- Celte voilure peut aussi servir pour le bois vendu au poids.
- La fraude sera impossible avec la voiture-balance : les consommateurs pourront reconnaître à domicile le poids de la houille ou dubois qui leur sera livré, en répétant l’opération du pesage et en vérifiant la tare qui fait équilibre à la caisse quand elle est vide.
- Le jury décerne à M. Frèche une médaille de bronze.
- M. CHEMIN, me de la Ferronnerie, n° 4, à Paris,
- Est cité favorablement pour des balances de précision et une éprouvette pour la force de la poudre.
- M. LABBÉ, rue de Sèvres, n° 34, à Vaugirard,
- Est cité favorablement pour une bascule à indicateur, formée d’un plateau en cuivre placé sur une tige verticale qui, en descendant, fait marcher une aiguille qui marque sur un cadran le poids du corps placé sur le plateau.
- M. GUÉRIN, rue des Marais-Saint-Martin, n° 66, à Paris,
- Est cité favorablement pour ses pèse-lettres.
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- M. BINGER, rue Neuve-Saint-Jean, n° 4 bis, à Paris,
- Est cité favorablement pour ses balances de comptoir, système Roberval.
- MM. COLLOT frères, boulevard d’Enfer, n° 1 o , à Paris,
- Sont cités favorablement pour de petites balances d’essai et d’analyse.
- M. GIRAUD, à Bourg (Ain).
- Est cité favorablement pour une balance à bascule.
- M. BOIZARD, à Moncontour ( Côtes-du-Nord ),
- Est cité favorablement pour une romaine à balancier. Le poids curseur est remplacé par un poids fixé à une tige mobile.
- S 4. MESURES DIVERSES, COMPTEURS ET MACHINES
- A CALCULER.
- M. Mathieu, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Pascal avait eu, fort jeune, l’idée d’une machine pour exécuter les opérations ordinaires de l’arithmétique. Celle qu’il a construite vers i645, après de longs et dispendieux essais, était loin de répondre aux espérances qu’il avait conçues. Cette machine, qui paraît la plus ancienne connue, existe encore : elle a servi de modèle, de point de départ à presque tous ceux qui se sont occupés du problème dont Pascal avait cherché la solution avec tant de persévérance. Après quelques tentatives de perfectionnement Leibnitz fut conduit à une machine arithmétique qu’il a décrite, qu’il avait déjà montrée à Londres, en 1673 et qui fut très-longtemps pour lui un incessant objet de travail et de méditation. L’instrument calculateur de Pascal et tous ceux qui furent proposés plus tard laissaient tant à désirer, sous tous les rapports, qu’ils seraient tombés dans l’oubli le plus profond si l’histoire de la science n’en avait pas
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- Médaille
- d’or.
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- conservé le souvenir. Pouvait-oü arriver à une solution satisfaisante à une époque où la mécanique offrait peu de moyens pour produire avec précision et célérité les mouvements si variés, si compliqués qu’exige une machine à calculer? Depuis deux siècles, l’art s’est enrichi successivement d’organes de mouvement, d’ingénieux systèmes d’engrenages qui ont aplani bien des difficultés dans la mécanique appliquée. Aussi, de nos jours, on est parvenu à construire des machines qui marchent avec une parfaite régularité, et qui exécutent les quatre, règles de l’arithmétique avec une grande rapidité et une exactitude égale à celle que l’on obtient péniblement par le calcul ordinaire.
- Peu d’années après l’invention des logarithmes on imagina de les transporter sur une échelle, et l’on forma l’instrument nommé échelle ou règle logarithmique. Cette règle, avec tous les perfectionnements qu’elle a reçus, est bien loin des machines dont nous venons de parler, soit pour la généralité, soit pour la précision dès opérations ; elle ne peut servir que pour la multiplication et la division, et elle ne donne que des résultats approchés. Cependant elle a été employée à son apparition; elle est depuis très-longtemps en usage en Angleterre et en Allemagne, et elle commence à se répandre en France, parce qu’elle a l’avantage d’être très-portative et de conduire très-facilement à des résultats d’une précision suffisante dans la plupart des opérations usuelles de l’industrie et de la géométrie pratique.
- MM. MAUREL et JAYET, avenue de l’Observatoire, n° 43 , h Paris.
- MM. Maurel et’ Jkyet ont présenté, sous lé nom d’Arithmaùrel, une machine à* Calculer, dans laquelle on retrouvé lé principal Organe- de l’arithmomètre de Mi Thomas, a savoir : des cylindres cannelés et des arbres parallèles, sur lesquèls; glissent des pignons destinés à représenter lesnombres; mais c’est avec des'dispositions et des combinaisons mécaniques différentes et très-ingénieuses;
- Un premier cylindre horizontal est’couvert en partie par 18 arêles
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- saillantes accouplées, dont les longueurs sont proportionnelles aux nombres 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Un arbre à section elliptique, placé par-dessus ce cylindre, parallèlement à son axe, est terminé, par un pignon et porte un autre pignon mobile à 6 dents. Avec une touche aussi parallèle au cylindre, et sur laquelle sont gravés les chiffres o, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, on peut faire glisser le pignon mobile le long de l’arbre. Supposons que l’on pousse la touche au chiffre 3, elle conduit le pignon mobile à la hauteur de l’arête saillante 3. Supposons de plus que l’on fasse faire de gauche à droite un tour entier au cylindre, 3 dents du pignon mobile sont entraînées par les 3 seules arêtes accouplées, 1, 2,3 ; le pignon fixe tourne avec l’arbre; la rotation est transmise par un engrenage particulier à un cadran mobile, qui porte les dix chiffres o, 1, 2 , 3, 4, 5,6, 7, 8, 9, et qui, en faisant trois pas, amène le chiffre 3 à une petite fenêtre de ce cadran, où l’on voyait avant le caractère zéro.
- On fait tourner le cylindre cannelé avec une manivelle. Les tours sont marqués par une aiguille sur un cadran fixe, qui porte, zéro au point le plus haut et les chiffres 1, 2,3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, à droite et à gauche. Chaque pas de l’aiguille de ce cadran, compteur ou multiplicateur, correspond à un tour du cylindre cannelé.
- L’arithmaurel comprend encore 7 autres arbres parallèles. Chacun de ces arbres a aussi deux pignons, une touche et un cadran mobile. Le pignon qui glisse sur le premier arbre à droite représente les unités ; celui qui glisse sur le second arbre représente les dizaines, et ainsi de suite jusqu’au huitième arbre.
- Supposons qu’à l’aide des touches on-pousse le pignon des cen: taines sur 5, des dizaines sur 4 , des unités sur 3, et que le cylindre cannelé fasse un tour; le.nombre, 543, écrit avec les pignons mobiles, sera transporté dans les fenêtres.des trois premiers cadrans. '
- Addition. — Un nombre étant écrit avec les louchesi des pignons mobiles,.un tour de gauche à droite du cylindre canneléle transporte aux fenêtres des cadrans ; on transporte de même un second nombre qui s’ajoute au premier, et: aihsi de suite. La somme: selit dans les , fenêtres des cadrans». .
- Soustraction. —; Après avoir écrit le plus grand nombre avec les* touches et Savoir transporté aux fenêtres' des cadrans‘par un* tour du cylindre cannelé , on écrit le plus;petit1 nombreavec les touches ,
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- mais cette fois on tourne le cylindre en sens contraire, de droite à gauche. Alors les cadrans amènent aux fenêtres dans l’ordre inverse 9 » 8, 7, etc. les chiffres du nombre à retrancher ; la soustraction s’opère, et la différence des deux nombres donnés est écrite dans les petites fenêtres.
- Retenue. —- Quand la somme de deux chiffres, qui s’ajoutent sur tin cadran, surpasse 9, il faut que les unités restent sur ce cadran et que la dizaine passe sur le cadran de gauche; ce passage s’exécute avec autant de sûreté que de facilité par un mécanisme très-remar-
- Le pignon fixé à l’extrémité de chaque arbre est au centre d’une roue dentée intérieurement et extérieurement. MM. Maurel et Jayet ont eu l’heureuse idée de placer entre ce pignon et la roue-enveloppe un petit pignon satellite, qui rappelle le pignon satellite dont M. Pecqueur à fait une si ingénieuse application dans la théorie des engrenages.
- L’axe du petit pignon satellite est porté par un pont fixé à une croix de Malte. Quand le pignon central tourne avec son arbre, avec l’arbre des dizaines, par exemple, le pignon satellite, maintenu par la croix de Malte, tourne sur lui-même, et entraîne la roue-enveloppe par sa denture intérieure; cette roue fait marcher à son tour, par sa denture extérieure, une roue dont l’axe porte le cadran des dizaines. Tel est le système d’engrenage qui transporte au cadran des dizaines le chiffre marqué par la touche des dizaines.
- Dès que l’arbre des dizaines tourne, son cadran tourne aussi; mais ce cadran peut encore tourner lors même que l’arbre est en repos, et c’est par cette rotation indépendante de l’arbre,que s’opère la retenue. Quand la croix de Malte fait un pas, elle emporte l’axe du pignon satellite qui, dans son mouvement de translation, d’un côté, roule sur le pignon central et, de l’autre, fait marcher la roue-enveloppe, et, par conséquent, le cadran des dizaines.
- Ainsi, le pignon satellite produit la rotation de son cadran quand il est mû, soit par le pignon central, soit par la croix de Malle, soit par tous les deux à la fois. Mais l’axe du cadran des unités porte un brideur : c’est un plateau circulaire qui emboite et glisse dans la croix de Malte des dizaines. Au moment oû, dans l’addition , le cadran des unités doit dépasser le chiffre 9, la dent unique du,brideur entraîne une dent de, la croix;de Malte; alors le pignon satellite a un mouvement de translation ;la roue-enveloppe marche,
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- le cadran dos dizaines fait un pas et reçoit la retenue d’une dizaine.
- Dans la soustraction, les chiffres arrivent aux fenêtres des cadrans dans l’ordre inverse : g, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, o. Si l’on doit retrancher 8 unités, par exemple, et qu’il n’y en ait que 4 à la fenêtre du cadran des unités, ce cadran, en partant de 4, va rétrograder de 8 pas et amener le chiffre 6 à la fenêtre; mais, dans îe passage de o à g, la dent de son brideur fait faire un pas rétro' grade à la croix de Malte des dizaines; le cadran des dizaines recule d’un rang; il perd la dizaine nécessaire pour effectuer la soustraction.
- C’est, en définitive, par le brideur que s’établit la communication d’un cadran à l’autre et que s’opère le passage d’une dizaine d’unités, soit dans l’addition, soit dans la soustraction.
- Le cylindre cannelé dont nous venons de parler suffit pour opérer dans tous les cas l’addition et la soustraction. Pour exécuter avec la même facilité la multiplication et la division, MM. Maurel et Jayet ont placé à la suite de ce cylindre, et dans le prolongement de son axe, trois autres cylindres cannelés égaux. Chacun de ces cylindres a, comme le premier, sa manivelle et un cadran fixe à aiguille pour indiquer les tours. Les 8 arbres du premier cylindre se prolongent jusqu’au quatrième cylindre et portent des pignons mobiles correspondant à chaque cylindre. Supposons que l’on avance la touche des unités sur le chiffre 8, quatre bras de cette touche poussent vers l’arête 8 de chaque cylindre cannelé les pignons mobiles des quatre premiers arbres. Le chiffre 8 se trouve ainsi représenté sur chaque cylindre par un pignon mobile, et le premier chiffre 8 est, sur l’arbre des unités, le second sur l’arbre des dizaines, etc. La louche des dizaines étant avancée sur le chiffre 5, ce chiffre sera de même représenté par un pignon mobile de chaque cylindre; mais le premier chiffre 5 se trouve alors sur l’arbre des dizaines, le second sur l’arbre des centaines, et ainsi de suite.
- Un nombre écrit avec les touches se trouve donc représenté sur chaque cylindre par les pignons mobiles, mais toujours en avançant d’un rang vers la gauche. Ce nombre est donc déjà multiplié par 10 sur le second cylindre, par 100 sur le troisième et par 1000 sur le dernier.
- Chaque cylindre cannelé a comme le premier sa manivelle et un cadran fixe à aiguille pour indiquer les tours.
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- Avant de commencer une opération arithmétique, il suffit de tirer une tringle pour ramener d’un seul coup à zéro les cadrans mobiles et les aiguilles des cadrans fixes.
- Multiplication. — Supposons maintenant que l’on veuille multiplier par 45 le nombre 678. On écrit cl’abord le multiplicande 678 avec les touches et, par conséquent, avec les pignons mobiles des quatre cylindres cannelés. On amène ensuite, avec la manivelle tournée de gauche à droite, l’aiguille du cadran fixe des unités sur le chiffre 5. Le premier cylindre seul fait 5 tours-, le nombre 678 s’ajoute 5 fois a lui-même, et le produit par les unités se trouve écrit dans les fenêtres des cadrans. On tourne la manivelle du second cylindre pour amener sur le chiffre 4, dizaines du multiplicateur, l’aiguille du cadran des dizaines. Le second cylindre seul fait quatre tours, le nombre 6780 de ce cylindre s’ajoute quatre fois de suite au premier produit partiel et le produit total se trouve dans les fenêtres des cadrans mobiles.
- Ainsi, quand on a écrit le multiplicande avec les touches et le multiplicateur avec les aiguilles sur les cadrans fixes à manivelles, le produit est formé; on le lit dans les fenêtres disposées en galerie des cadrans mobiles.
- Addition des produits. —Tandis que l’on trouve une suite de produits, la machine peut, si l’on veut, les ajouter et en donner la somme dans une galerie supérieure des fenêtres de 8 autres cadrans mobiles organisés comme ceux de la galerie intérieure dont nous venons de parler.
- Division. — Au moyen des touches et d’un seul tour du premier cylindre, on écrit le dividende dans les fenêtres des cadrans mobiles. On écrit le diviseur avec les touches et, par conséquent, avec les pignons mobiles des quatre cylindres cannelés. On tourne dans l’ordre inverse des chiffres ou de droite à gauche et jusqu’à résistance la dernière manivelle à gauche. L’aiguille de son cadran indique, par le3 tours du cylindre des mille, combien de fois on a retranché du dividende le diviseur multiplié par 1000. C’est le premier chiffre du quotient. On passe à la manivelle suivante, adroite, que l’on tourne aussi de droite à gauche. L’aiguille de son cadran donne les centaines du quotient puisqu’elle indique combien de fois on a retranché du dividende le diviseur multiplié par 100. On trouvera de même les dizaines et les unités du quotient au moyen des deux manivelles de droite. Après avoir ainsi retranché du dividende tous
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- les multiples du diviseur qu’il renferme, le reste est indiqué sur les cadrans mobiles. La division sc fait exactement quand il ne reste plus rien aux fenêtres de ces cadrans.
- La main de l’opérateur est toujours arrêtée par la résistance de la machine quand un chiffre du quotient est obtenu sur un cadran fixe; elle doit donc passer à la manivelle voisine à droite.
- Ainsi, quand on a écrit le dividende aux fenêtres des cadrans mobiles, le diviseur sur les louches, il suffit de tourner les manivelles de droite à gauche jusqu'à résistance. Les chiffres du quotient sont indiqués par les aiguilles des cadrans fixes, et le reste se trouve aux fenêtres des cadrans mobiles.
- Tout le mécanisme est renfermé dans une boîte de 22 centimètres de longueur, 12 de hauteur et i3 de largeur. 11 n’y a que les touches elles cadrans qui se trouvent dans le dessus et sur la face antérieure de la boîte.
- Avec l’arithmaurcl on peut obtenir un produit de 8 chiffres : ce qui suppose des facteurs dont le nombre des chiffres réunis est, au plus de 8, ou s’élève seulement jusqu’à g quand les premiers chiffres à gauche sont très-petits. Pour aller à dix chiffres,il faudrait ajouter un cylindre cannelé avec son cadran fixe à aiguille et deux arbres avec leurs pignons et leur cadran mobile, ce qui, pour un faible avantage, augmenterait notablement le volume et le prix de la machine.
- Dans l'addition, la soustraction , la multiplication et la division, on donne toujours deux nombres dont on demande la somme, la différence, le produit ou le quotient. Eh bien, quand les deux nombres sont écrits avec les organes de Tarit hraaurel, l’opération est faite. Le résultat se lit sur la galerie de fenêtres des cadrans mobiles pour l’addition, la soustraction et la multiplication. C’est seulement pour la division que le quotient esl indiqué par les aiguilles des cadrans fixes.
- Les machines à calculer laissaient beaucoup à désirer : elles exigeaient trop souvent le concours de l’opérateur. MM. Maurel et Jayet ont cherché une meilleure solution avec une grande persévérance; ils se sont efforcés de donner à toutes les parties de leur machine de bonnes conditions de stabilité, et d’assùrer l’exactitude et la sûreté de ses mouvements sans le secours d’aucune espèce de l'essort. Ils avaient à vaincre de très-grandes difficultés; ils les ont habilement surmontées par d’heureuses dispositions mécaniques,,
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- par d’ingénieuses transmissions de mouvement dans la belle machine qu’ils ont présentée à l’exposition.
- Le jury décerne une médaille d’or à MM. Maurel et Jayet.
- Nouvelle M. REYMONDON, à Paris, rue Saint-Sauveur, n° 18.
- médaille
- d'argent. M. Reyfnondon a présenté à côté de son dynamomètre compteur et lolaîiseur, des instruments plus usuels, entre autres, un indicateur de la pression dans les cylindres des machines à vapeur. M. Reymondon, sans rien sacrifier sous le rapport de la solidité et de la précision, s’est principalement attaché à simplifier la composition des dynamomètres, afin d’en abaisser le prix et d’en rendre l’emploi plus facile et plus étendu. Le dynamomètre doit compter le temps et enregistrer le travail produit par la traction. Pour obtenir ces deux renseignements, il faut que l’instrument soit construit avec une grande précision, toujours inséparable d’une certaine délicatesse dans quelques-unes de ses parties. Un système d’horlogerie fait tourner d’un mouvement à la fois uniforme et continu un plateau qui accomplit en 60" sa révolution entière. C’est perpendiculairement sur ce plateau en cuivre que repose une roulette en acier, que le plateau fait tourner et qui est fixée au ressort sur lequel s’exerce l’effort de traction. Quand la traction augmente, le ressort, en prenant une forte tension, éloigne du centre du plateau la roulette qui tourne alors avec une vitesse d’autant plus grande qu’elle est plus loin du centre du plateau. Dans tous les points où la roulette est amenée par le ressort, elle doit tourner uniformément pour que chaque pas qu’elle fait indique bien le môme effort de traction. Chaque tour de la roulette est transmis, à l’aide d’une vis sans fin, à un disque qui totalise les efforts de traction pendant la durée de l’expérience. Le dynamomètre doit donc marcher avec une grande régularité et résister en même temps aux plus rudes épreuves, lorsqu’il fonctionne. Voilà des conditions difficiles à concilier. M. Reymondon s’est efforcé de les remplir, et il y est heureusement parvenu par des dispositions et des, combinaisons mécaniques qui annoncent un homme intelligent, un artiste habile.
- M. Reymondon a obtenu, en i844, le rappel de la médaille d’argent qu’il avait partagée en 183g, avec M. Martin, son beau-père.
- Le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
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- M. THOMAS, à Paris, rue du Helder, iTid.
- M. Thomas a présenté à l'exposition un instrument à calculer, pour lequel il avait pris un brevet d’invention en 1820. L’organe principal de cet instrument, qu’il nomme arithmomctre, est un cylindre dont une partie de la surface est recouverte de neuf arêtes saillantes qui croissent en longueur comme les nombres i, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Un arbre carré parallèle à ce cylindre cannelé porte deux pignons à neuf dents; l’un est mobile le long de l’arbre; l’autre, fixe, fait tourner un cadran en s’engrenant dans une couronne ou roue de champ, à dix dents correspondantes aux dix chiffres o, 1,2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Supposons que l’on fasse glisser le pignon mobile jusqu’à la hauteur de l’arête saillante 3 et que le cylindre fasse un tour entier, trois dents de ce pignon seront entraînées par les trois arêtes saillantes 1, 2, 3; trois dents du pignon fixe feront avancer trois dents de la couronne et tourner les trois chiffres ir 2, 3 du cadran. On verra donc, au lieu de zéro, le chiffre 3 dans la petite fenêtre du cadran.
- D’autres cylindres semblables rangés parallèlement au premier que nous venons de décrire, ont aussi leurs pignons et leurs cadrans mobiles pour l’eprésenter les dizaines, les centaines, etc. A la suite des cylindres, vient une vis également parallèle, dont la manivelle fait tourner à la fois tous les cylindres. Le nombre des tours est compté par un indicateur dont la tige poussée par les filets de la vis, parcourt une rainure rectiligne. On lit sur le bord de la' rainure les chiffres 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Si l’on amène l’indicateur des tours à la hauteur du chiffre 4, on est sûr que tous les cylindres ont fait quatre tours entiers quand la manivelle a été tournée de gauche à droite jusqu’à résistance et que l’indicateur est descendu au point zéro, limite inférieure de sa course.
- ' Addition. — On écrit un nombre avec les index des pignons mobiles; on fait un seul tour de manivelle et le nombre est transporté dans les fenêtres des cadrans. O11 transporte de même un second nombre qui s’ajoute au premier, puis un troisième et ainsi de suite. La somme de tous les nombres sur lesquels on a opéré se trouve écrite aux fenêtres des cadrans. '
- Dans cette opération se présente la grande difficulté de la retenue. Quand la somme de deux chiffres des unités dépasse 9, les unités restent dans la fenêtre du cadran des unités et la dizaine passe sur
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- d’argent.
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- le cadran à gauche des dizaines. La même chose a lieu quand îa somme des deux chiffres à ajouter sur un cadran quelconque surpasse 9. La dizaine passe toujours sur le cadran à gauche. Ce passage de la retenue d’un cadran au suivant s’opère à l'aide d’un mécanisme très-simple où se trouvent à la vérité deux ressorts qui, à la longue, pourraient bien perdre de leur énergie.
- Multiplication. Quand' le multiplicande est écrit avec les index des pignons mobiles, on place l’indicateur des tours sur le chiffre égal aux unités du multiplicateur, et on tourne la manivello-jusqu’à résistance. Le multiplicande s’ajoute à lui-même autant de fois que l’on a fait de tours ou qu’il y a d’unités dans le multiplicateur, et le premier produit partiel se trouve dans les chiffres apparents des cadrans. On fait glisser à la main la tablette qui porte les cadrans de manière que le cadran des dizaines prenne la place des unités. Alors on met l’indicateur des tours sur le chiffre égal aux dizaines du multiplicateur; on tourne la manivelle, et le second produit partiel qui se compose de dizaines est ajouté au premier. On continue chaque fois d’avancer les cadrans d’un rang vers la droite et d’a-outer les autres produits partiels. Celle opération est l’équivalent de ce qui se pratique dans le calcul ordinaire, quand on recule le produit partiel d’un rang vers la gauche. Seulement, au lieu de faire reculer d’un rang à gauche le produit partiel, on fait avancer chaque fois d’un rang vers la droite les cadrans ou îa somme des produits partiels déjà obtenus. *
- Ainsi, pour avoir le produit total, on forme les produits partiels pour tous les chiffres du multiplicateur et on les ajoute successivement, après avoir chaque fois fait avancer à la main les cadrans d’un rang vers la droite.
- Soustraction Le plus grand nombre s’écrit dans les fenêtres des cadrans, et le plus petit avec les index des pignons mobiles. Pour opérer la soustraction du petit nombre, on fait faire un tour entier aux cylindres; mais alors les cadrans, au lieu de marcher de gauche à droite comme dans l’addition, doivent marcher en sens contraire ou de manière que les chiffres se montrent aux petites fenêtres dans l’ordre 9, 8, 7, 6, etc. M. Thomas obtient ce résultat et change l'addition en soustraction au moyen d’un second pignon fixe sur chaque arbre. Ce second pignon atteint la couronne dans un point diamétralement opposé au point où engrenait le premier pignon pour l’addition. La couronne, ainsi poussée en sens contraire, fait
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- tourner le cadran dans l’ordre inverse des chiffres» t ët la soustraction du petit nombre s'opère sur les chiffres des cadrans.
- Division. — On écrit le dividende aux fenêtres des cadrans ; on écrit le diviseur avec les index des pignons mobiles; on amène la tablette des cadrans de manière que le chiffre cle droite de la première tranche du dividende soit au-dessus des unités du diviseur; on estime le premier chiffre du quotient; on place l’indicateur des tours à ce chiffre; on tourne la manivelle jusqu’à résistance, mais après avoir mis en prise avec les couronnes les seconds pignons fixes pour que les cadrans tournent dans l’ordre inverse des chiffres comme dans la soustraction. Alors le produit du diviseur par le chiffre estimé du quotient se trouve retranché du dividende ; on continue de la même manière pour obtenir les autres chiffes du. quotient. Ici, comme dans la division ordinaire, on retranche successivement du dividende les produits partiels du diviseur par les chiffres du quotient. A mesure qu’on trouve ces chiffres, on est obligé de les écrire à part sur des cadrans à aiguille , attendu qu’il n’en reste aucune trace.
- L’arilhmomclre de M. Thomas est une machine simple, qui n'a jamais été dans le commerce et qui pourrait être livrée à un prix très-modéré. Les additions et les soustractions s’exécutent avec facilité; mais , pour la multiplication et la division ,1a machine exige encore autant d’opérations partielles qu’il y a de chiffres dans le multiplicateur ou dans le quotient, et, à chaque opération, on est obligé d’effectuer à la main le déplacement des cadrans. Cependant elle est supérieure aux anciennes machines à calculer.
- Le jury décerne à M. Thomas un médaille d’argent.
- M. LOTZ, fils aîné, à Nantes (Loire-Inférieure).
- M. Lotz, chef d’un établissement important, d’où sont sorties un grand nombre de machines à vapeur, a présenté un petit compteur en cuivre, qui donne les tours faits par une machine pendant un temps assez long. Deux disques sont mus à la fois par une vis sans fin, qui tourne avec la machine. Comme un disque a une dent de plus que l’autre, il se trouve ,en retard d’une dent à chaque tour. Les dents de retard, au bout d’un certain temps, représentent le nombre de tours du disque qui a une dent dé moins, et on en conclut les tours de la machine par une simple multiplication.
- Rappel cle mentîo honorable
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- Le jury rappelle à M. Lotz la mention honorable qu’il avait déjà obtenue.
- Citations
- avorables.
- M. BABANOWSKI, rue de Parme, n° 3, à Paris.
- M. Baranowski a présenté son taxe machine et d’autres appareils mécaniques propres à donner des comptes faits ou des produits de multiplication. Ainsi, avec le prix de la journée et le nombre de jours et d’heures de travail d’un ouvrier, une manœuvre Irès-simple fait paraître sur-le-champ, au-dessus l’un de l’autre, deux nombres qu’il suffit d’additionner pour savoir ce qui revient à cet ouvrier.
- Le jury accorde une citation favorable à M. Baranowski, pour ces appareils, qui peuvent être d’une grande utilité dans les établissements où l’on doit exécuter en très-peu de temps beaucoup d’opérations de ce genre.
- MM. ALLEVY frères, rue de la Harpe, n° 90, à Paris,
- Sont cités favorablement pour un cadran perpétuel à quantième, d’une construction très-simple, et un conjugateur de verbes très-commode dans l’enseignement élémentaire.
- M. DLTEL, à Lyon (Rhône),
- Est cité favorablement pour son arithmornèlre, destiné à simplifier les opérations usuelles de l’arithmétique.
- 5 5. INSTRUMENTS D’ASTRONOMIE, DE MARINE, DE GÉODÉSIE
- ET DE MATHÉMATIQUES.
- M. Froment, rapporteur.
- Rappel M. BRUNNER, rue des Bernardins, n° 34, à Paris.
- e médaille
- fl’or- Honoré successivement de la médaille d’argent en i83g et de la médaille d’or en i844, M. Brunner se montre toujours digne de la haute récompense dont il a été l’objet.
- Les instruments qu’il a présentés cette année sont nombreux, et tous exécutés avec une rare perfection.
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- Nous avons particulièrement remarqué un équatorial d'une disposition simple, et qui ne manque pas d’élégance. Un rouage, dont le poids moteur se trouve logé dans la colonne qui supporte l’instrument et dont la vitesse est variable à volonté, fait tourner d’un mouvement uniforme, autour de l’axe principal, tout le système mobile de l’équatorial, mouvement dont l’amplitude se mesure sur un cercle d’ascension droite en même temps qu’un autre cercle, fixé à l’extrémité d’un axe perpendiculaire au premier, indique la déclinaison de l’astre observé dans la lunette.
- Toutes les parties mobiles sont équilibrées, et offrent peu de ré-ristance au mouvement; ajoutons que l'instrument peut, en un instant, être rendu solidaire ou non avec le rouage, et se fixer momentanément, pour l’observation du passage d’un astre, aux fils du micromètre.
- M. Brunner nous a présenté deux boussoles de déclinaison fondées sur des principes différents, mais qui toutes deux offrent un moyen facile d’amener dans le plan vertical où se meut la lunette le zéro du cercle sur lequel se lit la déclinaison de l’aiguille aimantée.
- Un niveau d’une construction nouvelle et des microscopes qui joignent à un pouvoir déjà considérable l’avantage de n’occuper qu’un très-petit volume, ont aussi fixé notre attention.
- Enfin un sphéromètre, auquel M. Brunner a eu l’heureuse idée d’ajouter une aiguille de comparateur, qui en augmente beaucoup la sensibilité, ajoute aux titres nombreux à la haute distinction dont cet habile artiste avait été honoré à la dernière exposition, et que le jury de i84q lui rappelle.
- M. RICHER, rue Saint-Claude, n° 6, à Paris. Nouvelle
- médaille
- La maison Richer, qui s’est fait une grande réputation pour la - dargeni. division des mesures linéaires, avait été honorée de la médaille d’argent dans une précédente exposition; quoiqu’elle n’ait rien exposé en i844, cette maison n’en a pas moins continué à livrer au commerce et aux sciences un très-grand nombre d’échelles divisées et de mesures précises en tout genre.
- Cette année, M. Richer se présente de nouveau au concours avec un assortiment très-varié de règles divisées sur acier, sur argent, laiton, maillechort et d’autres substances. Ces règles, dont plusieurs sont couvertes d’échelles de proportion et de subdivisions
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- Médailles
- d’argent.
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- du pied et du pouce anglais, sont loules faites avec le plus grand soin et d’un prix peu élevé.
- M. Riclier, pour mieux faire apprécier au jury la précision qu'il peut donner à ses mesures, lorsqu'elles sont destinées à des recherches scientifiques, a fait une règle en laiton d’un mètre, garnie d’un limbe en argent et divisée dans loule sa longueur en cinquièmes de millimètre. Trois verniers, dont les deux extrêmes sont distants d’un décimètre, sont tracés sur une petite règle qui glisse dans une rainure pratiquée dans la règle principale et permettent de lire ~ de la division tracée, c’est-à-dire - de millimètre.
- Nous nous sommes assurés, en promenaril un grand nombre de fois les verniers dans loule l’étendue divisée de la règle, que nulle part l’erreur entre les verniers extrêmes ne dépassait y-j-j- de millimètre.
- M. Riclier expose encore un tire-ligne d’une construction particulière, qu’il a imaginé depuis plusieurs années et qu’il nomme tire-ligne à palettes changeantes, parce que, en effet, les becs on palettes peuvent être ôtés et replacés avec la plus grande facilité, ce qui est avantageux pour les nettoyages et les réparations. Hâtons-nous de dire que la justesse n’en a aucunement souffert, grâce à des procédés mécaniques de fabrication qui donnent à toutes les pièces de même espèce une forme tellement identique qu’elles peuvent s’éclianger au hasard.
- Pour l’ensemble de ses travaux, M. Riclier a etc jugé digne d’une nouvelle médaille d’argent.
- M. PERREAUX, rue Monsieur-le-Prince, n° i 4 , à Paris.
- ài. Porreaux, ancien élève de l’ccolc des ails et métiers de Châ-lons, s’est adonné à la construction des instruments les plus précis.
- Pénétré de ce fait, que la vis est l’organe principal de presque toutes les machines qui servent, soit à diviser, soit à mesurer de petites quantités avec exactitude, M. Perreaux s’est tout d’abord occupé des moyens de tailler des vis d’une régularité parfaite dans toute leur longueur, et ses efforts, dans ce but, ont été suivis du succès le plus complet.
- Il en fit immédiatement l’application, en construisant des machines à diviser la ligne droite parfaitement appropriées aux travaux des cabinets de physique. Ces machines, dont M. Perreaux a soumis
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- à noire examen un modèle très-soigné, ont rendu un véritable service aux sciences, car elles sont d’un prix peu élevé, et cependant donnent des divisions d’une exlrême précision; ajoutons qu’elles sont munies de tous les appendices nécessaires au calibrage préalable des tubes de thermomètre, à leur division sur lige et même à la vérification de la division.
- M. Perreaux a aussi exposé un calhétomètre d'une disposition fort avantageuse, et dont nous nous croyons dispensés de faire l’éloge après le rapport qui en a été fait à l’Institut. Rappelons que, dans cet instrument, l’axe et la règle divisée ont la même hauteur, et de plus sont exactement parallèles, par le fait même de la construction qui offre, dams son ensemble, une rigidité et une stabilité qui sont les principales qualités de ce genre d’instruments.
- Deux règles en laiton de 1/2 mètre , divisées en millimètres par M. Perreaux, nous ont présenté, par la superposition, une coïncidence remarquable dans toute leur étendue.
- Enfin, un sphéromèlre à pointes changeantes , et avec lequel on peut mesurer des épaisseurs de plusieurs centimètres, montre que tout ce qui sort des mains de M. Perreaux porte le cachet d’une grande précision.
- Le jury décerne à M. Perreaux une médaille d’argent.
- MM. MOLTENI et Gie, rue Neuve-Sainl-Nicolas, n° 28, à Paris.
- Honorés d’une médaille de bronze en i844, MM. Molleniet G'\ ont, depuis cette époque, redoublé de zèle et d’activité. Les instruments qu’ils présentent celte année sont très-nombreux, en général bien faits et d’un prix remarquablement bas.
- Nous nous sommes assurés, en visitant, les ateliers de ces messieurs, que le bon marché de leurs produits n’est pas du à l’exiguïté du salaire des ouvriers, mais^à des procédés de fabrication puissants et bien entendus.
- Ainsi, une machine à vapeur de la force de 6 chevaux, placée au centre de leur établissement, met en mouvement des outils nombreux et variés dans des ateliers spéciaux destinés au travail des verres d’optique, à la fabrication des compas et à celle des instruments de mathématiques en général.
- Au moyen de leurs machines à travailler les verres de lunettes, MM. Moltcni sont arrivés à rivaliser, pour le bon marché, avec les
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- fabriques de Picardie el celles d’Allemagne, mais avec une qualité incomparablement supérieure.
- Dans l’atelier des compas, les pièces préalablement fondues et dérochées sont frappées entre deux matrices, les têtes et les brisures fendues à l’aide de scies circulaires, les centres et les emmanchements forés à l’aide d’outils appropriés, et les pointes d’acier, an lieu d’êlre soudées au feu, sont assemblées à tenon el rivées sous un puissant balancier; enfin des meules animées d'un mouvement, rapide donnent aux pièces le dernier pli.
- Des moyens analogues servent à préparer très-économiquement un grand nombre de pièces qui entrent dans la construction des instruments de marine; ainsi par exemple, les montures des verres colorés sont découpées dans la planche et frappées; les porte-miroirs, les piuces sont étirés au banc; aussi, à qualité égale, la maison Molleni a-t-elle peu de concurrence, au moins en France, pour le bon marché de ses produits.
- Outre ces instruments de fabrication courante, et qui sont, aux yeux du jury, le titre principal de ces exposants, nous avons examiné plusieurs théodolites d’une belle exécution, mais qui laissent quelque chose à désirer sous le rapport de la précision.
- En prenant la suite de la fabrication des mesures linéaires de M. Trésel, pour laquelle cet industriel avait été récompensé en i844, la maison Molleni a ajouté une spécialité de plus à ses nombreux produits.
- Pour l’ensemble de leur fabrication, le jury décerne à MM. Molleni et C,c la médaille d’argent.
- Rappel M. Adrien GAVÀRD , quai de l’Horloge , n° g, à Paris.
- tic médaille
- de bronze. M. Adrien Gavarcl, outre plusieurs pantographes et un diagraphe d'une construction soignée, présente à l’examen du jury un compas à verge fait avec soin et une petite machine pour graver des lignes parallèles.
- Celle machine diffère des machines à graver ordinaires en ce que ce n’est pas une vis qui produit le mouvement de progression du chariot, d’où résulte l’espacement des traits; une simple lige cylindrique, mise à la place de la vis se trouve serrée alternativement par deux leviers munis de pinces qui font, à chaque pulsation qu’on leur imprime, avancer le chariot de quantités égales, mais qu’on peut varier à volonté en déplaçant les arrêts qui limitent l’ampli-
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- lude de l'oscillation des leviers; cette machine fonctionne avec régularité.
- Le jury rappelé à M. Gavard la médaille de bronze qu’il a reçue en i844 et dont il n’a cessé de se rendre digne.
- M. RPiUINES, quai de l’Horloge, n° 2 1, à Paris. Médailles
- de bronze.
- M. Kruines a présenté des niveaux à lunette, une équerre d’arpenteur et,deux petits théodolites munis d’un quart de cercle vertical.
- Tous ces inslrumcnts sont bien exécutés, d’un prix modéré et rendent M. Kruines digne de la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- M. VÉDY, rue de Bondy, n° 48, à Paris.
- M. Védy, élève elsuccessseur de Jecker, supplique à soutenir l’ancienne réputation de la maison qu’il dirige depuis quelques années.
- Les instruments de marine qu’il expose sont exécutés avec une précision qui lui fait honneur. Plusieurs de ces instruments ont été imaginés par M. le capitaine de corvette Richard, qui a trouvé en M. Védy un habile interprète.
- Le jury accorde à M. Védy une médaille de bronze.
- M. GLOUX, rue Saint-Louis, île Saint-Louis, à Paris.
- M. Cloux a soumis à notre examen différents instruments de géodésie, tels que niveaux, graphomèlres, etc.
- M. Cloux n’a pas exposé ces instruments comme présentant quelque chose de.nouveau dans leur disposition, mais il a le mérite de choisir ses modèles parmi les instruments reconnus les meilleurs et il s’applique à les construire avec soin dans toutes leurs parties.
- Dans ses travaux, M. Cloux est. secondé par ses deux jeunes fils, qui ont fait plusieurs des instruments exposés.
- Pour récompenser cet exposant des efforts qu’il fait pour ne livrer que des intrumenls irréprochables, le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. FEPiRÀRIO, rue Bourg-l’Abbé, n° 34, à Paris. Mention
- honorable.
- M. Ferrario a la réputation méritée de travailler le verre très-habilement, mais, dans ces dernières années, il a entrepris de cons-
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- Citations
- favorables.
- Nouvelle médaille de bronze.
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- truire quelques instruments de géodésie, et ceux qu’il nous a présentés, sans être irréprochables, méritent d’être mentionnés honorablement.
- M. GUILLEMOT, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 3o, à Paris.
- Parmi les objets exposés par M. Guillemot, nous avons remarqué :
- Un instrument simple et exact pour tracer des arcs de cercle de rayons variables, et applicable à des cas dans lesquels le compas ne pourrait être employé;
- Des charnières mobiles en deux sens et pouvant se loger dans l’épaisseur des bois;
- Enfin quelques modèles de machines, pour l’ensemble desquels le jury accorde à M. Guillemot une citation favorable.
- M. PASQUIËR, rue de Crussol, n° 2 , à Paris.
- M. Pasquier a exposé un instrument de perspective, fondé sur des principes exacts, et pour lequel il mérite d’être cité favorablement.
- M. COLOMB!, à Brest, (Finistère).
- Le jury accorde une citation favorable à M. Colombi pour son micromètre destiné à mesurer les distances en mer.
- SG. INSTRUMENTS DIVERS.
- M. Froment, rapporteur.
- M. GUILLAUME, nie des Vieux-Auguslins* n° 56, à Paris.
- M. Guillaume avait exposé, en i844, des presses dont la bonne exécution lui valut alors une médaille de bronze.
- Les produits qu’il nous a soumis cette année montrent, chez cet habile fabricant, un progrès bien réel. Sa presse à timbre sec, déjà très-bonne, a été encore améliorée par l’emploi bien entendu d’un ressort pour relever le coin. r
- Nous avons particulièrement remarqué une petite presse à tim-
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- brer, à levier, applicable au service delà poste, et qui s’encre d’elle-même par un moyen analogue à celui employé dans les presses typographiques continues.
- M. Guillaume, qui a pris la suite de la maison Neuber pour les machines à graver, expose une de ces machines, commencée par son prédécesseur, et qu’il a terminée avec beaucoup de talent.
- Pour l’ensemble cle ses travaux, le jury décerne à M. Guillaume une nouvelle médaille de bronze.
- M. CHARLES, rue des Éccmffes , n° 26 , à Paris.
- <
- M. Charles présente à l’examen du jury des instruments très-variés pour le nivellement et l’arpentage, mais d’une construction qui laisse trop à désirer pour devenir la base cl’une récompense ; au contraire, son niveau à bulle d’air à fiole sphérique, qui donne, à la première inspection, le sens de la plus grande pente d’un plan, est bien exécuté et d’un prix modique : c’est un outil précieux pour rendre promptement horizontale une surface plane.
- M. Charles expose aussi un petit instrument qui sert à enfiler les aiguilles avec une grande facilité. Il se compose d’une plaque en métal percée latéralement d’un canal pour recevoir l’aiguille qu’on y fait entrer jusqu’à un arrêt, et la tête la première; sur la plaque est un trou poli et fortement évasé à l’entrée, qui dirige jusque dans l’œil de l’aiguille le bout du fil qu’011 y introduit.
- Des instruments analogues existent depuis plus de dix ans, mais sont restés sans usage, parce qu’ils manquent d’un moyen sûr de faire que l’aiguille se présente juste dans la direction clu fil pour lui livrer passage sans lui faire éprouver la plus légère inflexion. M. Charles, au moyen d’un ressort cannelé mis en jeu par la pression du doigt sur un bouton, fait tourner l’aiguille autour de son axe, et la place instantanément dans une position favorable.
- En outre, en s’associant, pour celte fabrication, avec M. Barri-quand, dont l’outillage et les produits ont attiré l’attention du jury (voir le rapport de M. Peupin ), M. Charles est parvenu à donner à son petit instrument une précision d’ajustement et une modicité de prix qui expliquent les nombreuses demandes qui lui en sont faites.
- Le jury accorde à M. Charles une médaille de bronze.
- M. PETREMENT, rueNeuve-Popincourt, n° 10, à Paris.
- Une mention honorable fut décernée, en i844, à M. Petrement
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- pour ses calibres servant à déterminer en fractions décimales du mètre les diamètres des fds étirés à la filière.
- Le jury de 1849 regretle que ce calibre ne remplace pas plus généralement les calibres si irréguliers du commerce, et, pour récompenser M. Petrement des efforts qu’il fait pour généraliser leur emploi, lui décerne une médaille de bronze.
- Rappel M. ROUVET, rue du Musée , n° 3 , à Paris.
- de mention
- honorable. M. Rouvet nous a soumis des instruments, en bois variés, pour le dessin linéaire, et des lettres découpées pour enseignes.
- Tous ces objets sont très-bien exécutés, et rendent M. Rouvet de plus en plus digne de la mention honorable dont il a déjà été l’objet, et que le jury lui rappelle.
- Mention M. BONTEMS, rue de Cléry, n° 80, à Paris.
- honorable.
- M. Bonlems, à la fois naturaliste et horloger, a exposé deux buissons garnis d’oiseaux aux riches couleurs, qu’un mécanisme habilement caché fait sautiller d’une branche à l’autre; en laissant entendre un gazouillement plein d’illusion; c’est un meuble charmant et d’un prix modéré.
- M. Bontems présente, en outre, des statuettes réduites avec une machine de son invention, au moyen de laquelle il peut aussi tracer sur une feuille de papier le profil d’un objet en relief.
- Le jury accorde à M. Bontems une mention honorable.
- § 7. MACHINES A GRAVER, A TAILLER ET A DIVISER.
- M. Froment, rapporteur.
- M.COLLAS, me Notre-Dame-des-Ghamps, n°49,àParis.
- «le mdclaiHe Déjà honoré deux fois de la médaille d’argent pour ses admi-d’argent rables réductions de bas-reliefs et de statues, M. Collas appelle, celle année, notre attention sur des produits différents ; mais pour lesquels il possède une égale habileté.
- Sa machine à graver les teintes pour les gravures en taille-douce est à la fois simple, solide et précise, et montre suffisamment que M. Collas n’en est pas à scs essais en ce genre.
- ' Un tableau d’épreuves obtenues par la gravure mécanique des lettres cl vignettes de dimension microscopique a aussi fixé l’allen-
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- lion du jury, qui rappelé à M. Collas les médailles d’argent dont il a déjà été honoré précédemment.
- M. BARRÈRE, rue Mazarine, n°62, à Paris.
- M. Barrère est un mécanicien ingénieux et modeste, qui s’occupe à la fois de gravure et de machines à graver, et qui ne cesse de retoucher chacun de leurs organes que lorsque les produits qu’il en obtient lui paraissent supérieurs à ce qu’il a pu voir de mieux dans chaque genre.
- La perfection des produits exposés par M. Barrère nous aurait suffisamment prouvé la supériorité de'ses machines, si nous n’avions tenu à voir, dans son atelier même, travailler les ingénieux outils qu’il a presque tous perfectionnés, et dont plusieurs sont entièrement sa propre invention.
- La machine ordinaire à graver sur métal ou sur pierre lithographique toute espèce de combinaison de lignes droites ou courbes, ainsi que les dessins de numismatique, est devenue, entre les mains de M. Barrère, assez complète pour opérer ses nombreuses et délicates fonctions lorsqu’on imprime à l’un des axes un simple mouvement de rotation uniforme. Ajoutons un détail qui n’est pas sans importance, puisqu’il se traduit par une grande économie de temps: le diamant qui trace les sillons parallèles dans la numismatique revient très-vite, tandis qu’en coupant il a une vitesse modérée.
- Une’autre machine, destinée à la gravure des vignettes microscopiques pour les billets du commerce, renferme des combinaisons fort ingénieuses pour tracer uniformément, sur toute la surface d’une planche de métal ou' d’une pierre des groupes d’étoiles concentriques d’une finesse et d’une perfection incontestables.
- En remplaçant, dans le tour dit à portraits, le burin ordinaire par uner pointe en diamant animée d’une vitesse rotative de plusieurs centaines de tours par seconde, M. Barrère obtient mécaniquement, en acier et même en pierre dure, une réduction de médaille ou de bas-relief tellement finie, que la loupe même n’y laisse apercevoir aucun sillon résultant du travail.
- Le jury décerne à M. Barrère une médaille d’argent.
- MM. VÂNDE et JEANRAY, rue des Guillelmites, n° 2 , à Paris. . • •.
- Déjà honorés d’une médaille de bronze aux dernières expositions,'
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- Médaille
- d’argent.
- Rappel de médaille de bronze.
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- MM. Vande et Jeanray se présentent de nouveau avec des produits en rapport avec la bonne réputation que ces messieurs se sont acquise.
- Des mesures à coulisse, des niveaux à bulle d’air, des règles et des équerres parfaitement exécutés, ainsi qu’un grand assortiment de pièces en cuivre et en acier étirées à l’usage de. l’horlogerie, continuent à rendre MM. Vande et Jeanray dignes de la médaille de bronze qui leur a été accordée précédemment, et que le jury leur rappelle.
- § 8. GLOBES CÉLESTES ET TERRESTRES; MACHINES PLANÉTAIRES; CARTES EN RELIEF; MODÈLES GÉOMÉTRIQUES.
- M. Mathieu, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La construction des globes célestes et terrestres s’est beaucoup perfectionnée depuis quelques années ; ils ne laissent rien à désirer soiis le rapport de la sphéricité et de la solidité, et les positions des étoiles et des villes mieux connues, sont placées avec un grand soin sur des fuseaux, qui se raccordent exactement.
- On a beaucoup cherché à construire des machines pour rendre sensibles les mouvements des corps planétaires et expliquer les divers phénomènes qui se manifestent dans leur translation autour du soleil ; mais on est toujours arrêté par l’impossibilité de conserver les vraies proportions pour les grandeurs, les distances et les mouvements des astres dans des machines de dimensions ordinaires. Ce qu’il y a de mieux à faire et ce que l’on commence à comprendre, c’est de se borner à construire des machines très-simples, pour donner les premières notions d’astronomie dans un enseignement élémentaire.
- La construction des cartes en relief remonte assez haut. On peut citer celles de Venise, en i684, et celles qui ont été exécutées en France vers 1726, et ensuite, en 1780, par Lartigue; mais ces cartes, et toutes celles qui se faisaient à
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- des époques aussi très-anciennes en Espagne, en Belgique, en Suisse, en Allemagne, étaient peu portatives et fort chères. Depuis une quarantaine d’années, on a cherché les moyens de les reproduire et de les répandre à bas prix. Un Français, Alleaume, s’est occupé des premiers de ce problème, et il avait présenté, à l’exposition de 1806, des cartes géographiques en relief, portatives et pouvant être multipliées par le polytypage. Cette invention n’eut pas de suite. Kummer, à Berlin, s’occupa avec succès, il y a une vingtaine d’années, de cette reproduction; mais ses cartes étaient encore fort chères. Cette fabrication , revenue en France depuis quelques années, s’est beaucoup simplifiée, et l’on peut espérer que de nouveaux perfectionnements permettront de répandre les cartes en relief jusque dans les écoles d’enseignement élémentaire.
- M. BAUERKELLER, rue Saint-Denis, n° 380, à Paris.
- M. Bauerkeller a présenté onze plans en relief pour les grandes capitales et pour quelques villes importantes, et une douzaine de cartes en relief, parmi lesquelles on remarque particulièrement les cinq qu’il a publiées depuis la dernière exposition, savoir : l’Espagne et le Portugal, la Russie d’Europe, les Etats-Unis de l’Amérique du Nord, et les nouvelles éditions de l’Allemagne et de la France.
- Il ÿ a déjà quelques années que M. Bauerkeller a importé d’Allemagne, et beaucoup perfectionné, la fabrication des cartes en relief. Il est le premier, en France, qui, par l’emploi de moyens mécaniques nouveaux et puissants, soit parvenu à produire avec autant de facilité que de sûreté des cartes en relief exactes, portatives et d’une belle exécution; ce qui a beaucoup contribué à les réduire à un prix qui surpasse peu celui des cartes planes : ainsi la carte de France tout encadrée ne revient qu’à i o francs. L’écriture' et les détails ne sont pas faits à la main, comme clans la plupart des cartes qui ont paru jusqu’à présent. Les noms des lieux, le cours des rivièi'es, imprimés sur une carte gravée, sont conservés dans l’estampage, pendant que cette carte ordinaire, placée sur une planche de métal ën creux, est soumise à une forte pression,
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- Médailles
- d'argent.
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- pour produire, par une sorte de gaufrage, tous les reliefs du terrain et des montagnes.
- Les constructeurs de cartes exagèrent plus ou moins les hauteurs des montagnes pour rendre le relief bien sensible; mais, à mesure que les procédés de fabrication se perfectionnent, on diminue l’échelle des hauteurs. Au lieu de les décupler, M. Bauerkeiler se borne souvent à les quadrupler, et même, pour des caries peu étendues, il se contente du double pour les hautes montagnes.
- Les cartes en relief se répandent depuis qu’on les construit bien et à des prix modérés. Elles sont d’un grand secours pour l’étude et l’enseignement de la géologie et de la géographie physique, pour l’élude et l’établissement des voies de communication, qui jouent un si grand rôle dans une foule de questions d’économie politique et commerciale. Les cartes en relief sont très-anciennes ; mais leur reproduction utile et économique est un art nouveau, qui a fait dans les derniers temps de notables progrès, auxquels M. Bauer-keller a beaucoup contribué. Cet habile artiste a fait une heureuse application de ses procédés de gaufrage à une foule d’objets qu’il a encore présentés à l’exposition, et qui ont fait l’objet d’un rapport spécial de M. Rondot, auquel nous renvoyons.
- M. Bauerkeiler avait obtenu une médaille de bronze en 1889 et son rappel en i844. Le jury, voulant récompenser ses nouveaux travaux, lui décerne, pour l’ensemble de son exposition, une médaille d’argent.
- M. GUÉNAL, rue Neuve-des-Mathurins, n° 70, à Paris.
- L’appareil uranographique de M. Guénal montre que l’auteur a bien compris qu’un planétaire doit être de la plus grande simplicité pour être de quelque utilié dans l’enseignement élémentaire de la cosmographie II l’a réduit aux trois corps célestes qu'il nous importe le plus de connaître : le soleil, la. terre et la lune. Quand on a suivi et bien compris les mouvements simultanés de la terre sur son axe et autour du soleil, de la lune sur son axe et autour de la terre, et que l’on s’est rendu un compte exact des phénomènes physiques qui en résultent, on peut facilement étendre ces premières notions et concevoir les mouvements des autres corps planétaires de notre système solaire.
- Un chariot, entraîné par un système de rouages et surmonté de la terre, puis de la lune avec son orbite, parcourt, sur une table
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- horizontale, la circonférence d’une ellipse d’environ 2 mètres de grand axe, au foyer de laquelle est placée une lampe dont le globe représente le soleil. Le chariot est maintenu sur le contour de l’ellipse directrice au moyen d’une tige mobile et d’un excentrique qui fait varier convenablement la distance au soleiirDans une révolution entière, le centre de la terre, qui est élevée à la hauteur du globe lumineux, occupe dans l’espace une suite de points, qui forment son orbite elliptique, reproduite en projection sur la table horizontale. Le mécanisme fait tourner en même temps la terre sur son axe et la lune autour de la terre; mais, dans la machine, la lune présente toujours la même face à la terre; elle accomplit donc sa rotation sur elle-même dans un temps égal à celui de sa translation autour de la terre, comme cela a lieu dans le ciel.
- Pendant une révolution entière du chariot, qui dure une heure et qui comprend l’année solaire et douze lunaisons, ou mois lunaires, on voit se dérouler tous les phénomènes qui dépendent des mouvements de la terre et de la lune. Le soleil paraît pour nous six mois au-dessus et six mois au-dessous de l’équateur; de là l’inégalité des jours et des nuits; de là la variété des saisons. Dans chaque mois lunaire, on voit se succéder les phases de la lune, et on reconnaît les circonstances qui amènent les éclipses de soleil quand la lune est nouvelle et les éclipses de lune ver-s la pleine lune.
- Les avantages des dispositions simples et bien entendues de ce planétaire ont été justement appréciés par les personnes qui s’occupent d’instruction publique. Il a été adopté, à Paris, dans l’école municipale Turgot, où il a déjà produit les bons résultats que l’on devait en attendre, et tout récemment, l’Université vient d’en recommander l’usage pour l’enseignement dans les écoles spéciales.
- Le jury décerne à M. Guénal üne médaille d’argent.
- M. SANIS, rue Cassette, n° 17, à Paris.
- M. Sanis a exposé de grandes cartes en relief de la France, puis de l’Italie et des Etats limitrophes. On peut puiser dans ces cartes une connaissance complète des chaînes de montagnes, des versants, des plateaux, des bassins, du cours des fleuves, des rivières et de tous les grands accidents naturels qui s’offrent à la surface du sol dans les pays représentés. Cetle connaissance, d’un haut intérêt, sert de base à renseignement géographique auquel M. Sanis se consacre avec autant de persévérance que de succès.
- Médailles de bronze.
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- M. Sanis a fait plus que des caries en relief : il a exécuté, il y a quelques années, dans un jardin près de la Chaussée-du-Maine, une France entière, dans de si grandes dimensions que l’on pouvait parcourir le Jura, les Vosges, les Alpes, les Pyrénées, et suivre dans Une petite barque les côtes de l’Océan et de la Méditerranée.
- Le jury, voulant récompenser les efforts faits par M. Sanis, pour propager l’étude des cartes en relief et perfectionner un art auquel il s’est entièrement consacx'é, lui décerne une médaille de bronze.
- M. GROSSELIN, rue du Battoir, n° 7, à Paris.
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- M. Grosselin a exposé des globes terrestres et célestes de diverses dimensions, et, entre aùtres, de 60 centimètres de diamètre, qui ne le cèdent pas en précision à ceux qui étaient construits par son prédécesseur M. Delamarclie, et qui lui avaient valu la médaille de bronze aux deux dernières expositions. Il a encore présenté une machine planétaire de im,33 de diamètre, établie avec soin, mais dans laquelle on trouve les inévitables inconvénients attachés aux instruments de ce genre que l’on veut étendre à notre système planétaire tout entier.
- Le jury accorde à M. Grosselin une médaille de bronze.
- Citations favorables.
- M. ALEXANDRE, rue Saint-Jacques, n° 108, à Paris.
- Est cité favorablement pour les modèles de cristallographie et de mécanique qu’il a présenté à l’exposition.
- M. FICHET, à Ménars (Loir-et-Cher). .
- Est cité favorablement pour une collection de modèles de géométrie , d’assemblages, de transmissions de mouvements, construits pour l’enseignement industriel par les élèves de son école professionnelle de Ménars.
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- SECTION TROISIÈME.
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
- EXPOSÉ PRÉLIMINAIRE , par M. A. Séguier. président.
- La commission chargée cette année de l’examen et du jugement des instruments de musique a eu une mission délicate et difficile à remplir; un nombre plus considérable, une plus grande variété d’instruments ont rendu sa tâche plus lourde encore qu’aux précédentes expositions. Comprenant bien toute l’importance de ses jugements, elle a eu à cœur de ne pas se départir de toutes les précautions qui assurent, en pareille matière, l’impartialité et la justice des appréciations; aussi, comme aux concours antérieurs, l’audition des instruments a-t-elle eu lieu, cette année, dans un local convenablement préparé ; des dispositions spéciales ont été prises pour que la pureté des sons ne pût être altérée par aucun écho ou résonnance. Pour soustraire même les instruments successivement essayé s à l’influence du placement ou du voisinage, l’examen a été opéré de façon que le talent des exécutants ait sur le mérite réel de l’instrument la moindre influence possible. La position élevée et le caractère personnel de MM. les professeurs du Conservatoire et du Gymnase musical, dont le jury a réclamé le concours, devaient être pour les facteurs une garantie d’impartialité; nonobstant, la sous-commission a désiré que, par des délégués de leur choix, les exposants pussent être témoins du zèle et de la conscience avec lesquels leurs produits étaient examinés et jugés, et MM. Pleyel, Raoux et Bernardel, désignés au scrutin par les parties intéressées, furent chargés du soin de cacher, avant l’exainen des instruments,.le nom de leurs auteurs, le jury les prend à témoins que le mérite seul a assigné à chaque instrument le rang qu’il a reçu dans le présent concours.
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- Dire que les divers instruments ont été joués par MM. Mar-monlel, Massart, Ney, Valin, Desmarest, Gouffé, Dorus, Trie-bert, Gallais, Banneux, Dubois, Dantonnel, Greppo, etc., etc., c’est donner l’assurance que le talent nécessaire pour en faire valoir les qualités était égal à la sincérité qui n’en dissimulait pas les défauts.
- Le jury s’empresse de remercier MM. les professeurs qui ont bien voulu l’aider dans son laborieux travail; sa reconnaissance n’est pas moindre envers MM. les délégués, artistes eux-mêmes aussi, distingués qu’habiles facteurs ; leur assistance continue, leurs avis officieux, leurs bons conseils pendant les longues séances qui ont duré près d’un mois entier, ont singulièrement allégé la responsabilité des décisions du jury, toutes prises à l’unanimité. La sous-commission ne s’est pas bornée à l’audition des instruments pour, en apprécier le mérite , elle a voulu encore, par des visites dans les ateliers, s’enquérir de l’importance et de la durée des établissements, connaître les procédés et les moyens de fabrication ; enfin, elle s’est efforcée de recueillir tous les renseignements qui permettaient de prononcer en pleinè connaissance de cause,/ et la mettaient à même , de ne pas confondre des qualités accidentelles ou. passagères avec des mérites réels et durables. La sous-commission, reconnaissante du concours si utile que MM. Érard et Pleyel lui ont prêté, le premier, en sa.qualité de membre du jury, le second, en son titre de délégué dè MM. les facteurs, regrette pourtant que le généreux désintéressement qui leur a fait accepter des fonctions auxquelles l’estime publique les a si honorablement désignés, ait niis le jury dans l’impossibilité de leur rappeler la série des hautes récompenses épuisée pour eux aux précédentes expositions. Elle éprouve le même sentiment vis-à-vis de MM. Pape et Rol-ler, l’un en ne soumettant pas ses instruments à l’examen du jury, l’autre en retirant’ du concours les produits qu’il avait exposés, ont laissé le champ libre à leurs rivaux, tous deux se contentant, pour leurs travaux'présents, des hautes distinctions antérieurement obtenues.
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- S r. PIANOS. , .
- M. Pierre Érard, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- On peut dire, avec raison, que, si le goût de la musique s’est .propagé dans notre société, c’est au piano surtout que l’on doit le développement de cet élément important de civilisation. , ’
- L'étude de cet instrument n’est plus accessoire; elle est devenue une branche presque indispensable de l’éducation.
- Nous ajouterons encore, le piano c’est l’orchestre des sa-. Ions; il,met à la portée de tous les amateurs les productions des compositeurs de musique, quel que soit leur style, religieux, poétique ou léger. Sous le double rapport de l’art et de la civilisation, cet instrument moderne a donc rendu des services incontestables. Si nous Voulons le considérer sous le point de vue commercial et industriel, il ne perdra rien de son importance. . «
- f Enj consultant les dossiers des quatre-vingt-cinq exposants facteurs de pianos, qui figuraient à l’exposition de 1849, on a frouvé que le chiffre annuel de cetté branche de fabrication s’élève à environ huit,millions, et, co,mme elle est en progrès, il n’y a nul doute quelle ne s’élève à un chiffre plus itnpor-- tant encore. ,
- Lorsqu’on réfléchit que les ouvriers employés par la facture de pianos doivent être des hommes intelligents et posséder dès connaissances variées, qua leur salaire de 5 francs par jour, au moinsr leur permet de vivre honorablement, on reconnaît toute l’étendue des services rendus à la classe industrielle par les hommes dont le génie, le talent et la persévérance
- ont fqndé cette belle industrie en France.
- • * /
- A la tête de ces hommes utiles se place Sébastien Erard. Dès. i.785, il eut à lutter, pour protéger son établissement naissant, le premier de ce genre en France, contre la concurrence de l’étranger, en possession du marché national ; mais
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- la supériorité de ses pianos mit bientôt un terme aux importations. Plus tard, il alla s’établir à Londres même, où sa maison est également au premier rang.
- Le jury de 18/19 est heureux de pouvoir constater que la facture française, longtemps en rivalité avec les factures étrangères, leur est aujourd’hui supérieure. Ce fait est surabondamment prouvé par les artistes et amateurs de toutes les contrées où l’on cultive la musique, qui font venir, à grands frais, des pianos français de préférence à ceux de leurs fabriques nationales.
- (
- PROGRÈS DE LA FABRICATION.
- Ce qui a paru le plus remarquable à l’exposition des pianos de 1849, c’est l’empressement des facteurs à présenter des perfectionnements dans le mécanisme, afin de donner aux claviers de leurs pianos celte étendue de ressources qu’offre à l’exécutant l’invention de Sébastien Erard, connue sous le nom de double échappement, et que ce célèbre facteur produisit pour la première fois en 182,3. Comme toutes*les découvertes qui tendent à faire révolution dans les arts ou dans l’industrie, elle avait été en butte, dès son apparition, à la critique, et, surtout à celle des facteurs qui fabriquaient des instruments avec le.mécanisme à échappement simple, dit anglais. Ce mécanisme avait été importé d’Angleterre et établi par les frères Erard, à Paris, vers la fin du siècle dernier.
- L’échappement simple était lui-même un très-grand perfectionnement, relativement au pilote fixe, son prédécesseur, parce qu’il donnait à la corde, nettement frappée, toute sa liberté de vibration. Mais l’échappement simple laissait beaucoup à désirer sous le rapport de la répétition et de l’expression dans le jeu. En effet, après l’échappement du marteau, on ne pouvait plus le reprendre qu’en laissant la touche remonter à sa place au niveau des autres. Il n’y avait réellement qu’une seule manière d’attaquer la corde; et, qu’on voulût jouer fort ou faible, il fallait que la touche parcourût la même distance de son point de repos à la corde. Tous les pia-
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- nistes se plaignaient de cette imperfection; ils s’adressèrent à tous lés facteurs pour leur demander d’y remédier. De nombreux essais furent tentés sans succès. La solution de ce problème important était réservée au génie de Sébastien Érard, de cet homme infatigable qui n’entreprenait jamais rien sans y apporter ce zèle et cette persévérance qui assurent le succès. Il se mit à l’œuvre pour perfectionner encore, et, pendant vingt années d’essais et de recherches, il inventa une foule de modèles différents qui forment une collection intéressante de mécaniques diverses renfermant toutes les nouvelles idées qui se pressaient dans son imagination féconde. Au milieu de ces richesses, il choisit deux moyens : i° l’application d’un ressort pour supporter le marteau après son échappement, et le tenir prêt à obéir de nouveau à l’atîaque du pilote; 2° le jeu alternatif de deux pilotes au lieu d’un sous le marteau. Ces deux moyens, consignés dans ses brevets, ont été mis en grande pratique dans les fabriques de pianos d’Erard, à Paris et à Londres.
- Le mécanisme à double pilote renferme peut-être, comme idée mécanique, des combinaisons plus ingénieuses, mais le mécanisme le plus efficace des deux, dans son effet, et celui que l’expérience de vingt-cinq ans a consacré comme le plus solide et le plus durable de tous les mécanismes, c’est l’application du ressort.
- Sa supériorité sur tous les autres est sanctionnée depuis longtemps par l’approbation et l’usage de tous les grands pianistes et amateurs distingués. Ils reconnaissent même un piano à double échappement d’Erard au toucher seul, sans avoir besoin d’en consulter la qualité de son, qui frappe par sa richesse les oreilles les moins exercées.
- Deux autres perfectionnements importants, dus également au génie inventif de Sébastien Erard, ont été adoptés par tous les facteurs de l’exposition de 1849. H n’est pas possible de les. citer sans faire connaître les heureux résultats que ces perfectionnements ont amenés dans l’art du facteur de pianos.
- Ce fut d’abord le barrage métallique, appliqué dès L822
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- par Sébastien Erard aux pianos de forme horizontale, avec le frapper par-dessous, et appliqué plus tard aux pianos droits. Il suffira d’une courte explication pour faire comprendre les .conséquences de cette invention.
- Avant l’application du barrage métallique aux pianos à queue, le tirage des cordes sur la caisse de l’instrument là faisait fléchir; la table d’harmonie suivait ce mouvement de torsion, et ne pouvait plus vibrer librement. Il en résultait des inconvénients graves : la qualité de son s’altérait et le piano ne tenait plus l’accord. Dans le piano carré, où la résistance au poids des cordes était plus éloignée du plan de tirage, ces défauts se faisaient sentir davantage.
- Sébastien Erard, frappé de cette cause de destruction, imagina d’appliquer, un baiTage au-dessus du plan de tirage des cordes. Son premier piano construit sur ce principe, exposé en 1823, était armé de onze barres.
- Il résulte de l’application de ces barres au-dessus du plan de tirage des cordes dans les pianos à queue et carrés, que le plan de tirage se trouve placé entre deux plans de résistance qui s’équilibrent entre eux.
- La solidité obtenue dans la construction des caisses et dés sommiers par cet important perfectionnement amena des résultats inattendus sous le rapport de l’intensité des sons et la stabilité de l’accord. On put expérimenter des montures de cordes plus fortes, qui produisirent la belle qualité de son que l’on remarque aujourd’hui dans les pianos de nos meilleurs facteurs. Il suffit d’examiner la monture cl’un piano fabriqué ilya25à3o ans. avec celle d’un piano moderne, sur lequel le tirage des cordes est évalué à une force de 5 à 6 chevaux, et de comparer la qualité de son des deux instruments, pour comprendre toute la portée de la révolution que cette invention a opérée clans la fabrication des pianos. Il est évident qu’on ne peut même plus fabriquer un excellent piano sans le secours de ce’précieux perfectionnement.
- Il est moins indispensable dans le piano droit,.où le barrage en bois n’est point interrompu d’un sommier à l’autre.
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- On l’applique cependant, avec avantage, surtout aux pianos destinés aux pays d’outre-mer, où ce barrage convenablement adapté , sert aussi à maintenir les sommiers dans le cas où les colles viendraient à se décomposer par suite de l’influence du climat des tropiques.
- Il est opportun de mentionner ici plusieurs systèmes de contre-tirage en métal appliqué derrière les châssis ou fonds en bois des pianos droits, présentés par plusieurs facteurs à cette exposition. L’effet peut en être excellent, surtout avec le système inventé par M. Domény; mais le jury pense que le meilleur principe à suivre est celui de Sébastien Erard , où le plan de tirage est équilibré entre deux plans de résistance.
- Le second perfectionnement, d’une date plus ancienne que le précédent, créé par Sébastien Erard et généralement adopté par les facteurs anglais, allemands et français, est le système d’agrafes pour fixer les cordes sur le sommier de chevilles en remplacement du pointage des chevalets en bois, que les facteurs français et étrangers employaient encore il y a quelques années. Au moyen de ce nouveau système d’attache, les cordes sont supportées en dessus du coup de marteau dans les pianos à frapper par-dessous, ce qui donne en quelque sorte à ce genre cle construction les avantages du frapper par-dessus. L’emploi presque général des agrafes expliquerait pourquoi les pianos h frapper par-dessus étaient en beaucoup plus petit nombre à cette exposition qu’à la précédente.
- Ce sont ces découvertes que nous venons de signaler dans le mécanisme, la construction générale et les vibrations des cordes du piano, qui ont si puissamment contribué ù assurer à la facture française cette supériorité que le jury se plaît à constater. En signalant à la reconnaissance publique le génie heureux qui, pendant une longue et laborieuse carrière, de 17 7 5 à i83o, lui donna tous les éléments de cette supériorité, elle remplit un devoir, auquel s’associeront certainement tous les hommes qui savent apprécier le vrai mérite.
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- Mentions M. Pierre ÉRARD, rue du Mail, n° 2 1, à Paris.
- pour ordre. ,
- Les pianos de M. Erard ont été joués et entendus pendant toute la durée de l’exposition des produits de l’industrie ; mais ils n’ont pu être présentés au concours, par suite de la nomination de M. Erard comme membre du jury central. Cependant les membres de la commission des instruments de précision se sont transportés, sur son invitation, dans les ateliers de la rue du Mail pour examiner les perfectionnements nouveaux apportés par M. Erard dans sa fabrication, depuis la dernière exposition, et M. Séguier, président de celle commission, dans son rapport au jury central sur le concours des instruments de musique, a rendu pleine justice au mérite, toujours soutenu des produits de la fabrication de M. Erard.
- MM. PLEYEL et Gc, rue Rochechouart, n° 20, à Paris.
- Les pianos de MM. Pleyel et C10 ont aussi figuré dans les salles de l’exposition des produits de l’industrie. M. Pleyel a pensé que sa désignation comme délégué de MM. les facteurs lui interdisait de concourir; il a invoqué pour ses beaux instruments le bénéfice des hautes récompenses dont il avait été honoré aux précédentes expositions et dont il est toujours digne.
- Rappels
- de
- médailles
- d’or.
- M. François WOLFEL , rue des Martyrs, n° 27, à Paris.
- M.Wolfel a exposé un grand piano à queue, mis au premier rang des instruments de ce genre. La qualité du son de ce piano est ample et belle; le clavier, facile, présente pour la répétition les avantages du «double échappement;» sa construction est solide. Pour rendre son piano plus complet. M. Wolfel a appliqué d’une manière ingénieuse son système de chevilles à vis pour accorder.
- Le grand piano droit et le piano droit ordinaire de M. Wolfel ont mérité l’un et l’autre le premier rang dans leur genre. Ces deux instruments se ressemblent beaucoup pour la qualité du son; mais, en raison de leur plus grande longueur, les cordes de basse résonnent mieux dans le premier de ces deux instruments que dans le second.
- Tous deux sont bien finis. La construction du grand modèle est supérieure à celle du modèle ordinaire, en ce qu’il possède le système de chevilles appliqué au piano à queue. Son mécanisme perfectionné répète parfaitement bien.
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- Le piano à cordes obliques de M. Wolfel a obtenu le troisième rang dans cette catégorie d’instruments.
- Le jury, prenant en considération les efforts de M. Wolfel pour perfectionner le mécanisme et la construction de ses pianos, lui rappelle la médaille d’or qu’il avait obtenue en i844*
- M. Georges KRIEGELSTEIN, me Laffitte, n° 53, à Paris.
- Le mécanisme des pianos de M. Kriegelstein renferme des perfectionnements ayant pour but d’obtenir (lu clavier une répétition plus certaine, comme avec le double échappement. Son piano carré a mérité le premier rang, et son piano droit à cordes oliques a obtenu le même honneur. Ses pianos demi-obliques et à queue, modèle ordinaire, ont été classés au deuxième rang.
- Le piano à queue de M. Kriegelstein est un excellent instrument, et les pianos de divers modèles exposés par cet habile facteur ont été remarqués pour la précision et le fini du travail.
- Le rang distingué qu’occupent au concours quatre des pianos de M. Kriegelstein, et les perfectionnements qu’il s’efforce d’apporter dans sa fabrication générale, déterminent le jury .à lui rappeler la médaille d’or qu’il a reçue en’ x844-
- MM. BOISSELOT et fils, à Marseille (Bouches-du-' Rhône).
- La fabrique de M. Boisselot commande, par sa position sur la Méditerranée, le commerce d’exportation pour l’Italie, l’Espagné , le Levant et les colonies. Ces facteurs ont su tirer parti de cet avantage pour donner à leur fabrication un grand développement. Le rang distingué obtenu par les produits de cette maison à l’exposition de 1849 ne peut qu’accroître sa prospérité.
- Le grand piano à queue de MM. Boisselot a été mis au deuxième rang au concours; mais leur piano à queue, modèle ordinaire, a obtenu le premier rang.
- Cet excellent instrument se distingue par une grande égalité de sons; les basses et les dessus sont bien en rapport avéc le mé-• dium.
- MM. Boisselot ont présenté , en outre, deux pianos que le jury a classés au nombre des « instruments exceptionnels. »
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- Médaille
- dor.
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- Tous deux sont des pianos à queue. Dans le premier, les trois cordes cylindriques dont chaque note est ordinairement pourvue, sont remplacées par une lame cl’acier représentant une corde plate. Cet instrument ne peut être considéré que comme un essai dont on ne pourra bien juger qu’à l'exposition prochaine, lorsque MM.-Bois-selot auront porté ce nouveau système au point de perfection dont il est susceptible.
- Le second des pianosexceptionnels possède une troisième pédale agissant sur le mécanisme des étoulFoirs, de telle sorte qu’après avoir abaissé cette pédale il suffit de donner un certain choc à une ou plusieurs notes du clavier pour en prolonger indémcnlfmi la vibration tant qu’on tient le pied sur la pédale.
- Le jury laisse à MM. les artistes le soin d’apprécier le mérite de cette ingénieuse addition aux ressources qu’offre déjà le piano. En considérant le rang distingué que MM. Boisselot occupent au concours et les services qu’ils rendent à leur indusli'ie dans le midi de la France, le jury leur décerne lé rappel de la médaille d’or qu’ils avaient obtenue en i844.
- M. François SOÜFFLETO, rue Montmartre, n° 171,
- > à Paris.
- M. Souffleto, l’un de nos facteurs les plus anciens et les plus distingués, est à 1a. tête d’une fabrique importante qui a mis en circulation plus de 2,000 pianos. L’expérience du travail, que possède M. Souffleto, se fait remarquer dans ses ouvrages, dont la bonne réputation est généralement reconnue. Il suffit de rappeler ici que les grands pianos à queue de ce facteur ont mérité le deuxième rang aux expositions précédentes où figuraient encore tous les fadeurs sans exception.
- Les pianos droits à cordes obliques de M. Souffleto sont répandus dans toute la France, et ils ne le cèdent en rien à ceux des facteurs admis au concours de 184.9. Celui qui a concouru a été jugé digne, par le jury, de partager ex œquo le premier rang avec le piano de M. Kriegelslein.
- , En conséquence, le jury est d’avis que M. Souffleto , trois fois honoré de la médaille d’argent, est digne, à tous égards, de la médaille d’or qu’il lui décerne.
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- M. Marie GAIDON jeune, faubourg Saint-Denis, n° 89, à Paris.
- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
- Les pianos droits et les pianos carrés de M. Gaidon jeune ont obtenu le deuxième rang, dans leurs catégories respectives. Son .piano carré est remarquable par la vigueur des sons. Son piano droit a soutenu, sans trop de désavantage, la lutte avec le n° 1, appartenant àM. Wolfèl, quoiqu’il fût beaucoup plus petit que ce dernier ; et, dans ce genre d’instruments où le peu dé longueur des cordes de basses est un obstacle à leur sonorité, il y a beaucoup de mérite à obtenir un résultat aussi satisfaisant.
- Tous les ouvrages de M. Gaidon sont remarquables par leur bonne exécution et le fini du travail. Ce facteur porte encore ses vues plus loin : il a présenté au jury le modèle d’un mécanisme ingénieux applicable aux pianos droits de toutes dimensions pour donner à leurs claviers les avantages du double échappement.
- M. Gaidon jeune avait obtenu en i844 une médaille d’argent : le jury, pour récompenser ses nouveaux efforts, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. Sébastien MERCIER, Boulevard Bonne-Nouvelle,
- • np 3i, à Paris.
- La réputation des pianos obliques,'petit format, de M. Mercier, s’est bien soutenue au concours. Le piano dè ce facteur a été classé au quatrième rang.
- M. Mercier a présenté au jury un piano exceptionnel, ayant deux tables d’harmonie reliées entre elles par une pièce qu’il appelle conducteur acoustique.
- Le jury, prenant en considération les efforts de M. Mercier et ses relations à l’étranger, lui décerne une nouvelle médaille d'argent.
- M. Henry HERZ, rue de la Victoire, n° 48, à Paris.
- Depuis environ trois ans, le chef de celte maison voyage aux Etats-Unis d’Amérique. Son beau talent de pianiste lui permet de faire apprécier au delà de l’Atlantique les qualités des produits de sa fabrique de Paris, dont les exportations - ont été assez importantes depuis la dernière exposition.
- Les pianos à queue fabriqués par M. Henry Herz sont d’une
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- Médailles
- d’argent.
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- construction particulière : le mécanisme repose sur ie parquet du clavier, comme dans les pianos à queue ordinaire, mais le corps sonore, avec le plan des cordes qui y sont attachées, est renversé sur les marteaux.
- Celte disposition, toute ingénieuse qu’elle est, n’a pas para produire un résultat complet sous le l’apport de la sonorité; le son manque de force quoiqu’il soit harmonieux.
- Parmi les instruments que cette maison a exposés, le grand piano à queue et le petit piano à queue ont mérité d’être classés au troisième rang, dans leurs catégories ; le piano droit à cordes obliques a été mis au sixième rang.
- Le jury, prenant en considération le classement des pianos à queue, grand et petit format, de la maison Iierz au concours, lui décerne une médaille d’argent.
- Jean-Denis BORD, Boulevard Bonne-Nouvelle, n°36, à Paris.
- Le grand piano à queue de M. Bord a obtenu le quatrième rang dans sa catégorie. Le jury a remarqué la qualité brillante des sons de cet instrument. Ce facteur a été moins heureux pour son piano droit, qui a été mis au treizième rang.
- M. Bord aVait obtenu une médaille de bronze en i844. Le jury, prenant en considération le rang de son piano à queue, lui décerne une médaille d’argent. '
- MM. Alexandre et Louis MULL1ER, rue de Tracy, n° 5, à Paris.
- L’établissement de MM. Mullier date de 1826 et produit annuellement de 80 à ioo pianos d’une bonne fabrication. Leur piano carré a obtenu au concours le quatrième rang et leur piano droit le dixième.
- MM. Mullier avaient obtenu une médaille de bronze en 1844-Ces facteurs consciencieux méritent d’être récompensés; en conséquence, le jury leur décerne la médaille d’argent/
- M. NTEDERREITHER, rue du Faubourg-Poissonnière, ^ ; n° i83 , à Paris.
- Le piano à queue, modèle ordinaire de ce facteur, a été remarqué
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- pour le fini du travail et pour la qualité des sons, plutôt moelleux que brillants. Il a été classé le quatrième de son espèce.
- La médaille de bronze avait été accordée à M. Niederreither en 1844 ; le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Claude MONTAL , passage Dauphine, n° 36, à Paris.
- M. Montai a exposé des pianos de tous les modèles. Son piano oblique a obtenu le septième rang au concours, et son piano droit le huitième; de plus, M. Montai a soumis à l’examen du jury :
- i° Un piano à queue d’une construction particulière. Comme dans quelques pianos de forme horizontale, exposés par d’autres faclenrs, le corps sonore de l’instrument est renversé sur la mécanique, placée, comme à l’ordinaire, sur le parquet du clavier.
- M. Montai, connaissant par expérience la dilficulté de remettre les cordes sur les pianos de ce genre de construction, a imaginé de monter le corps sonore en équilibre sur deux pivots qui lui servent de centre de mouvement, et sur lesquels on peut le faire balancer pour le relever dans une position verticale. Ce moyen permet d’arriver librement au plan des cordes. Cette construction, toute ingénieuse et difficile qu’elle puisse être, n’a pas paru présenter au'jury des résultats favorables sous le rapport de la sonorité.
- 2° M. Montai a présenté un piano droit cle grande dimension, pouvant transposer d’un demi-ton dans les dessus, et de trois demi-tons dans les basses : la disposition de cette transposition a paru ingénieuse, en ce quelle n’affecte en rien la correspondance directe du clavier à la mécanique.
- 3° Un piano oblique, doiit le corps sonore se développe derrière la caisse, au moyen d’une charnière, de la même manière que le clavier et la mécanique des anciens pianos obliques se développaient par devant.
- Le jury a pensé que le défaut de stabilité que l’on a remarqué, dans une application de ce principe devait nécessairement se reproduire dans une autre.
- 4° M. Montai introduit dans ses pianos droits un mécanisme de sa composition pour donner à ses claviers l’avantage du double échappement. -
- 5° M. Montai’, ainsi que plusieurs autres facteurs , fait usage dans ses pianos droits du système de contre-tirage métallique, ap-
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- pliqué derrière le fond ou châssis de l'instrument connu sous le nom de système Becquet.
- Le jury, prenant en considération le rang qu’ont ob tenu les pianos ordinaires de M. Montai dans deux catégories, lui décerne la médaille d’argent.
- M. Louis-Bastien ESLANGER, rue J.-J.-Piousseau, n° 19, à Paris.
- M. Eslanger est un de nos facteurs les plus consciencieux; il fabrique des pianos des différents genres, qui se distinguent par une excellente exécution. La facilité des claviers de ses pianos à cordes obliques est remarquable.
- Son piano droit à cordes verticales a été classé au troisième rang pour la bonne qualité des sons.
- M. Eslanger avait mérité la médaille de bronze en i844; le jury le croit digne d’une récompense plus élevée, et lui décerne la médaille d’argent.
- Rappel M. SGHOEN, rue Basse-du-Rempart, n°46, à Paris.
- médaille
- M. Scliœn avait exposé plusieurs pianos de différents genres ; le jury, voulant récompenser les efforts de cet artiste, lui accorde le rappel de la médaille d’argent qu’il avait obtenue en i844.
- d’argent,
- Médaille M. Louis-Hyppoiite BEUNON, me Blanche, n° 72, à
- <lc bronze. paris.
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- Le piano de M. Beunon a été remarqué à l’exposition pour sa décoration en chêne sculpté. Au concours, cet instrument a été mis au premier rang de la deuxième série des pianos obliques. Le jury, voulant récompenser l’heureux début de M. Beunon, lui accorde la médaille de bronze.
- M. Alphonse BLONDEL, rue de l’Échiquier, n° 4i , à Paris.
- M. Blondel expose pour la première fois; ses pianos ont obtenu le troisième rang dans deux catégories.
- Le jury, pour récompenser les efforts de M. Blondel, lui décerne la médaille de bronze.
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- M. Hermann VYGEN père, rue Neuve-Saint-Martin, n° i 9, à Paris.
- Le piano droit, grand modèle, de M. Hermann Vygen a été classé le deuxième; il vient immédiatement après celui de M. Wol-fel, du même genre.c
- Le jury accorde à M. Vygen la médaille de bronze.
- Mme V° Madelaine-Élisabeth RINALDINI, boulevard Saint-Denis, n° i3, à Paris.
- L'établissement fondé par M. Rinaldini est digne d’encouragement; les pianos qu’on y fabrique sont de bons instruments, et leur réputation s’est bien soutenue au concours. Le piano droit de Mmo Rinaldini a été placé le troisième de cette catégorie.
- M. Rinaldini avait eu une mention honorable en i834 : le jury décerne à sa maison une médaille de bronze.
- M. Martial-Étienne MONNIOT, rue Neuve-Saint-Roch, n° 34 , à Paris.
- M. Monniot a obtenu le troisième rang pour ses pianos demi-obliques. Il livre au commerce environ 6o pianos par an.
- M. Monniot avait été mentionné honorablement en i844 : le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. HERCE et MAINÉ, boulevard Bonne-Nouvelle, n° 18, à Paris.
- P
- La fabrique de MM.Herce et Mainé livre îoo pianos par ah au commerce. Leur piano droit, admis au concours, a été classé le cinquième de cette catégorie. L’ancienneté de l’établissement de MM. Herce et Mainé est une garantie de la bonne confection de , leurs ouvrages.
- MM. Herce et Mainé avaient été mentionnés honorablement en i844 : le jury leur décerne la médaille de bronze.
- MM. AUCHER et fils, rue de Bondy, n° 4o, à Paris.
- ^ ‘ ' ' • ' •-* 3
- Le piano droit de MM. Auclier, placé au sixième rang au con-
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- cours à cause cle sa jolie qualité de son dans le médium et les dessus, était en forme de secrétaire. MM, Aucher se sont livrés principalement à la fabrication de ce genre de pianos.
- Le jury décerne la médaille de bronze à MM. Aucher.
- M. Pierre SCHOLTUS, rue Bleue, n° 1, à Paris,
- M. Scholtus a présenté au jury un modèle de barrage dans le genre de celui connu sous lenom de système Becquet, avec cette différence, toutefois, que M. Scholtus établit ses barres de résistance sur le principe du pendule, en intercalant une lame ou barre de cuivre entre deux autres en fer.
- Le piano demi-oblique de M. Scholtus a été mis au huitième rang dans sa catégorie. Le jury, voulant récompenser les efforts de ce facteur, lui accorde la médaille de bx'onze.
- M. Frédéric ELCKE, rue de l’Université, n° 1 51, à Paris.
- c*
- Le piano droit de M. Ellcé, placé au 70 rang de cette catégorie, se faisait remarquer par sa construction particulière. Il est armé de . barres de métal au-dessus du plan des cordes, d’après le système que nous avons signalé au commencement de ce rapport.
- Le jury décerne la médaille de bronze à M. Elcké.
- M. Jean-Baptiste G1BAUT, rue de la Chaussée-d’Antin, n° 58, à Paris.
- L’établissement de M. Gibaut existe depuis plus de 20 ans. Son piano à cordes obliques de l’exposition a obtenu le 8' rang au concours.
- M. Gibaut avait été mentionné honorablement en i844- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. SCHULTZ, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- ' La fabrique de piano de M. Schüllz est à Marseille, et ce facteur partage les avantages de cette position sur la Méditerranée avec la maison Boisselot. Son piano droit a été classé au 9e rang,
- , M. Schültz avait été mentionné honorablement en i844; le jury, voulant récompenser ses efforts, lui décerne la médaille de bronze.
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- M. Charles-Louis FRANCHE, me du Bac, n° 16, à Paris.
- M. Franche a exposé deux pianos droits. L’un de ces instruments a été mis au 11e rang de cette catégorie.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. MUSSARD frères , rue Barbette, n° 1 2 , à Paris.
- Leur piano droit a été classé le 120 de sa catégorie.
- Le jury accorde la médaille de bronze à MM. Mussard.
- M. ZIEGLER, rue de Sèvres, n° 2, à Paris.
- Le piano droit de ce facteur a été mis au i4° rang de sa catégorie. M. Ziégler a présenté au jury un perfectionnement pour les centres des touches de clavier.
- Le jury, voulant récompenser les efforts de ce facteur, lui décerne la médaille de bronze.
- M. Antoine LIMONAIRE, rue Montorgueil, n05 27 et 29, à Paris.
- Le piano à queue de M. Limonaire, classé parmi les pianos exceptionnels, a fixé l’attention du jury. La disposition du mécanisme, auquel les étouffoirs sont attachés dé manière à ne faire qu’un ensemble, a paru nouvelle et ingénieuse.
- Lejury, voulant récompenser les efforts de ce facteur, lui décerne la médaille de bronze.
- .S
- M. KOSKA, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 92 , à Paris.
- Le jury accorde à M. Koska le rappel de la médaille de bronze qu’il avait obtenue en i83q.
- M. MERMET, rue Hauteville, n° 5 2, à Paris.
- Le jury accorde à M. Mermet le rappel de sa médaille de bronze qu’il avait obtenue en i844. ,
- M. HESSELBEIN, rue Vivienne, n° a3, à Paris.
- Le jury accorde à M. Hesselbein le rappel de la médaille de bronze qu’il avait obtenue en 1844*
- Rappels de médaille de bronze.
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- Rappel M. ROGEZ, rue Jacob, n° 3i , à Paris.
- de mention
- honorable. Le jury accorde à M. Rogez le rappel de la mention honorable qu’il avait obtenue en 1839.
- Mentions M. VAN-GILS, rue du Bac, nos 64 et 68, à Paris,
- honorables. , . .
- A présenté au jury un piano dont la mécanique est garnie en caouichouc, au lieu d’étoffes de laine, comme cela se pratique ordinairement. M. Van-Gils a même imaginé de remplacer les ressorts en métal par des ressorts en caoutchouc.
- Le jury, tout en applaudissant aux ingénieux efforts de M. Van-Gils, doit laisser au temps à constater l’utilité de cette innovation. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. VAN OVERBERGH, à Batignolles (Seine),
- A présenté au jury un piano à deux tables sur lesquelles les cordes de basse se croisent avec celles du reste de l’instrument. Entre les deux tables, se trouve le barrage en fer de la caisse, établi avec beaucoup de solidité.
- Le jury accorde à M. Van-Qverbergh une mention honorable.
- M. Jean-Pierre BONIFAS, à Montpellier (Hérault),
- A présenté au jury un piano droit auquel il a appliqué le barrage métallique. .
- Le jury accorde à M. Bonifas une mention honorable. A
- M. LABORDE, rue du Faubourg-du-Temple, n° 5o, à Paris,
- A exposé un piano droit avec un nouvel appareil pour remplacer les anciennes chevilles à accorder, qu’il nomme constant accord. Les avantages de cette innovation ne peuvent être appréciés qu’avec le temps.
- Le jury décerne à M. Laborde une mention honorable.
- M. PAPELARD, à Montmartre (Seine),
- A exposé un petit instrument à clavier où les cordes sont remplacées par des lames d’acier ou cordes plates. L’essai de M. Papelard s’est borné à une octave'ou deux dans les dessus; les sons en ont paru harmonieux. > ,
- Le jury décerne une mention honorable à M. Papelard.
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- M. GUERBER, passage des Panoramas, n° 10, à Paris.
- A obtenu du jury, pour ses pianos de différents genres, une citation favorable.
- Citation
- favorable.
- M. VERANY, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).*
- Le jury le cite favorablement pour sa fabrique de pianos.
- M. THIBOUT et Gie, rue du Faubourg-Montmartre, n° 2 1, à Paris.
- Le jury cite favorablement M. Thibout et C10.
- M. LEVACHER D’URCLÉ, rue Notre-Dame-de-Lorette, n° 18, à Paris. .
- ^ Le jury cite favorablement M. Levacher, pour un instrument de son invention composé pour faciliter l’étude du piano. Cet instrument est approuvé et mis en usage par des professeurs du Conservatoire. -
- § 2. HARPES.
- M. Pierre Érard, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La harpe antique a servi de base à presque tous les instruments à cordes. Sur la harpe morderne, grâce à l’invention du double mouvement, on peut exécuter toute sorte de musique. Parmi les instruments à sons fixes, c’est celui qui est susceptible du système de tempérament le plus parfait, puisqu’il contient 21 sons dans l’octave, tandis que le piano n’en a que i3.
- Les effets merveilleux que la harpe peut produire dans les salons et dans l’orchestre sont bien connus de nos grands compositeurs ; car il n’existe pas un seul de leurs chefs-d’œuvre où la harpe ne soit indispensable.
- Les harpes de M. Érard ne pouvaient être admises au concours, puisqu’il fait partie du jury, mais elles ont servi de point de comparaison à celles de M. Domeny.
- C’est encore au génie de Sébastien Érard que ce bel instru-
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- Médaille
- d’or.
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- ment est redevable de la perfection qu’il possède. Cette perfection est telle, quelle ne laisse rien à désirer pour la belle qualité des sons et surtout pour la précision du mécanisme. L’invention du double mouvement, appliquée à cet instrument , aurait suffi seule pour assurer à son auteur une place parmi les mécaniciens les plus ingénieux de son époque.
- M. Louis-Joseph DOMENY, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 101, à Paris.
- Deux harpes à double mouvement ont été présentées par M. Domeny ; comparées avec celles de M. Erard, la qualité des sons de ces deux instruments a paru pleine et brillante.
- Les harpes de M. Domeny sont finies avec beaucoup de soin dans la partie du mécanisme, qui exige dans ce bel instrument une précision extrême pour conserver, en modulant, la pureté des sons et des intonations.
- M. Domeny adapte à la harpe un mécanisme très-ingénieux, qui permet de diminuer la tension des cordes lorsqu’on doit laisser sa harpe quelques jours sans la jouer. Avec cette précaution, si facile à prendre maintenant, les cordes sont moins sujettes à casser.
- M. Domeny a présenté au jury un piano de sa fabrique avec un contre-tirage sur un nouveau principe. Ce perfectionnement a fixé l’attention du jury. Son opinion est que, parmi les différents genres de contre-tirages présentés, celui de M. Domeny possède des avantages pour la consolidation des sommiers.
- M. Domeny, artiste dévoué à son art, s’occupe sans cesse de le perfectionner. Ou doit lui savoir gré surtout de ses efforts constants pour soutenir la fabrication de la harpe, le plus poétique des instruments.
- Le jury a pensé qu’il était dans l’intérêt de l’art musical d’encourager la fabrication de cet instrument par tous les moyens en son pouvoir; et, prenant en considération le mérite supérieur des harpes de M. Domeny, il lui décerne la médaille d’or.
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- S 3. INSTRUMENTS A CORDES ET A ARCHET.
- M. Marloye, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Il a été entendu 42 instruments à cordes et à archet : 21 violons, dont 6 classés ; 9 altos, dont 3 classés ; 9 basses, dont 4 classées, et enfin, 2 contre-basses1.
- La lutherie française est de beaucoup au-dessus de sa réputation. Quoi qu’on en puisse dire, il y a longtemps que les instruments des Stradivarius, des Guarnérius, des Àmati, etc., ont été imités par quelques luthiers français avec assez de perfection pour tromper l’oreille exercée des connaisseurs libres de tout préjugé, et capables d’apprécier l’influence qu’exerce sur cette espèce d’instrument la vétusté et un long service.
- C’est donc à tort que l’opinion publique place encore les luthiers italiens beaucoup au-dessus des luthiers français. Il est bien vrai que les luthiers français n’ont été, jusqu’à présent que d’habiles copistes; mais nous croyons que si le temps qu’ils ont consacré à l’imitation avait été employé à l’étude de l’acoustique, qui seule peut les éclairer en cette matière et les conduire à une parfaite connaissance du bois, nous aurions aujourd’hui des originaux qui ne le céderaient en rien à ceux de ces grands maîtres, que nous admirons avec raison , sans doute ; mais n’est-ce pas leur donner bien de l’avantage que de ne leur opposer jamais que leurs propres copies?
- Toutefois, d’après l’aspect d’une partie des instruments présentés cette année au concours, et-les conversations que nous avons eues avec les auteurs, il y a tout lieu de croire que les luthiers français commencent enfin fà reconnaître .qu’au point où ils sont arrivés, ce.n’est plus qu’en travaillant d’après leurs lumières et non sur les modèles d’autrui qu’ils peuvent
- 1 Pour le concours des instruments à cordes et à archet, on a procédé comme pour celui des pianos et des instruments à vent. (Voyez, page 519).
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- avancer encore et s’assurer clans l’histoire la place qu’ils seront dignes d’occuper un jour.
- Médaille M. BERNARDEL, rue Groix-des-Petits-Champs n° î3 , d'ot' à Paris.
- M. Bernardel, qui occupait le premier rang en i844 pour la basse et l’alto, occupe le même rang en 1849 pour la basse et le violon. Pour l’alto, il ne vient qu’en troisième; néanmoins son instrument n’est pas indigne de lui.
- Indépendamment de leur qualité sonore, les instruments de cet habile et modeste artiste sont faits avec un soin et une perfection qu’il serait difficile de dépasser : la magnifique basse surtout qu’il a présentée au concours, et qui a été classée en première ligne à une grande distance des autres, nous a paru réunir tant de perfection, qu’elle ne nous a rien laissé à désirer, si ce n’est peut-être l’apparence d’une basse française au lieu de l’apparence d’une basse italienne. Nous demandons d’abord à M. Bernardel pardon de celle réflexion, puis nous ajouterons, au risque de blesser sa modestie, que quand on sait faire de pareils instruments, on honore son pays en leur donnant un cachet national.
- Pour la juste récompense du mérite de M. Bernardel, le jury lui décerne la médaille d’or.
- Rappels M. RAMBAUX, rue du Faub.-Poissonnière,n° 18, à Paris.
- de médailles
- d’argent. Les instruments de M. Rambaux ont la table construite d’une manière particulière. Cet artiste façonne d’abord des moitiés de table en portion de cylindre, puis à l’aide d’un peu de chaleur et d’une certaine pression, il leur donne la courbure longitudinale, d’ou il résulte que le fil du bois n’est pas tranché. Le violon de M. Rambaux, dont la belle qualité de son lui a valu le second rang, était construit de cette manière. Une basse de M. Rambaux, cons-ruile sur le même principe, a été classée au quatrième rang.
- Les recherches constantes auxquelles se livre M. Rambaux pour perfectionner les instruments de sa fabrication, ainsi que ses succès au concours, le rendent digne du rappel de la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1844.
- M. GHANOT, quai Malaquais, n° 1, à Paris.
- ' M. Chanot a eu une basse classée au troisième rang et un violon
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- au cinquième. Indépendamment de ces deux instruments, pour lesquels il a concouru, il nous en a présenté un exceptionnel. C’est une basse renfermant une caisse de basse. M. Chanot prétend que cette basse a plus de son qu’une autre et qu’elle s’entend de plus loin. Nous ne sommes pas précisément de son avis, ni sur un point ni sur l’autre, mais nous reconnaissons volontiers qu’il n’y a qu’un luthier habile et accoutumé à vaincre des difficultés capable de donner à un semblable instrument autant de son que le sien en
- Malgré le peu de succès de cet essai, le jury néanmoins en témoigne sa reconnaissance à M. Chanot, et lui accorde pour l’ensemble de ses travaux le rappel de la médaille d’argent quil a obtenue en i844.
- M. JACQUOT, de Nancy (Meurthe).
- M. Jacquot, qui ne s’était présenté jusqu’ici qu’aux expositions départementales de la Meurthe, où il a obtenu en 1838 une médaille de bronze, et en i843 une médaille d’argent, vient de remporter au grand concours des succès qui justifient pleinement les récompenses qu’il a reçues dans son département.
- Pour son début, M. Jacquot est le premier pour l’alto, le second pour la basse, 'et le sixième pour le violon. Certes il y aurait là de quoi flatter les espérances de M. Jacquot s’il n’avait déjà conscience de son mérite.
- Le jury central, voulant récompenser dignement cet habile artiste, lui décerne la médaille d’argent.
- M. HILDEBRAND, rue Saint-Martin, n° 202 , à Paris.
- M. Hildebrand a exposé des cymbales, plusieurs gammes chromatiques en petites clochettes, et trois cloches de moyenne taillé accordées sans être tournées. M. Hildebrand prétend qu’il est sûr de fondre plusieurs cloches accordées comme on voudra, sans avoir besoin d’y retoucher. Si.cela était vrai, M. Hildebrand mériterait certainement une récompense digne du progrès qu’il aurait fait faire à l’art du fondeur de cloches ; malheureusement, il 11e s’est trouvé aucun indice qui put nous en fournir la moindre preuve.
- En attendant que M. Hildebrand veuille bien donner au jury des preuves de ce qu’il avance, en faisant venir à la fonte la note et la
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- d’argent.
- Rappel de médaille de bronze.
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- Médailles de bronze.
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- date précise de la fonte de chaque cloche, le jury lui rappelle la médaille de bronze qu’il a eue aux expositions précédentes.
- M. MAUGOTEL, rue Croix-des-Petits-Champs, n° 18, à Paris.
- Une mention honorable a été accordée à M. Maucotel, en i844» pour une basse qui a obtenu le quatrième rang. Cette année, M. Maucotel a eu un alto classé au second rang, et un violon au quatrième. La quatrième corde de son alto est fort belle, et son violon ne manque pas de moelleux.
- Nous ne doutons pas que M. Maucotel, encouragé par ses nouveaux succès, ne reste digne de la médaille de bronze que le jury lui décerne pour sa récompense.
- M. Carolus HENRY, rue Saint-Martin, n°99, à Paris.
- M. Henry, fils d’un des plus anciens luthiers de Paris, vient de présenter au concours un violon ayant les contre-éclisses extérieures. Ceci n’est pas nouveau : l’artiste ne l’ignore pas; mais il pense que, bien que celle méthode ait été abandonnée , la contre-éclisse extérieure a-l’avanlage de mieux garantir le collage de la table que ne le peut faire la contre-éclisse intérieure, et qu’elle n’est pas exposée comme cela à des décollages partiels qui nuisent au son, et qu’on ne peut reconnaître qu’en démontant la table.
- Quoi qu’il en soit, le violon de M. Henry a une belle qualité'de son, et a été jugé digne du troisième rang, *
- M. Henry a soumis aussi à l’examen du jury un baryton à l’octave du violon. Bien que cet essai n’ait pas eu plus de succès que ceux du même genre qui déjà ont été tentés , nous en savons néanmoins gré à M. Henry. Nous pensons, comme lui, que ce serait rendre un service à la musique que de compléter la famille des instruments à archet : aussi, nous l’engageons à ne pas se décourager; son talent et son expérience sont des garanties suffisantes pour le succès de son entreprise, s’il ne l’abandonne pas.
- , Le jury décerne à M. Henry une médaille de bronze. ^
- M. Louis-Henri SAVARESSE, avenue Saint-Charles, n° 3o, à Grenelle.
- M. Savaresse, qui fabrique par an pour 60 ou 70,000 francs
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- de cordes d’harmonie , dont une partie est expédiée à l’étranger, a exposé beaucoup de cordes d’une grande beauté, parmi lesquelles on distinguait des chanterelles d’une nouvelle fabrication. Les cordes de M. Savaresse étant connues et appréciées depuis longtemps, nous n’avons pas à nous en occuper : nous parlerons seulement des nouvelles chanterelles que M. Savaresse a soumises à l’appréciation du jury.
- Les chanterelles qu’on a mises à noire disposition, sans être lisses au loucher, sont fort égales, sonnent très-bien, résistent longtemps au frottement de l’archet e’t des doigts, et, montées sur le violon au fa *, elles ont résisté 4, 5 et même 6 jours sans se rompre.
- Le jury, reconnaissant que ces nouvelles chanterelles possèdent toutes les qualités qui caractérisent d’excellentes cordes, et n’ayant d’ailleurs que des félicitations à adresser à M. Savaresse sur sa fabrication en général, lui décerne la médaille de bronze.
- M. SIMON , rue d’Angivillier, n° 18 , à Paris.
- Les archets de basse et de violon que M. Simon a exposés ont paru au jury remplir toutes les conditions désirables. Ils sont élastiques, d’un beau travail et garnis avec goût. Ajoutons que dans le grand nombre d’archets que M. Simon a soumis à notre examen, il ne s’en est trouvé aucun pouvant être considéré comme mé-. diocre.
- En i844, M. Simon a obtenu une mention honorable ; en 1849, le jury lui donne la médaille de bronze.
- M. Joseph HENRY, me Pagevin, n° 20, à Paris.
- M. Henry, nouvellement établi et par conséquent exposant pour la première fois, a présente à l’examen du jury des archets de violon et de basse très-légers, très élégants, très-élastiques, et faits avec le plus grand soin.' Ainsi que M. Simon, il nous en a présenté un grand nombre, tous remarquables par leur perfection.
- Le jury'décerne à M. Henry une mention honorable.
- M. GATEAU, rue de Grenelle-Saint-Germain, n° 66, à Paris.
- Le jury mentionne honorablement l’ingénieux M. Galeau pour ses conques acoustiques. r; ?
- Mentions
- honorables.
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- Ces conques, comme on sait, sont de petites coquilles soit en argent, soit en toute autre matière, qui se moulent exactement dans la conque de l’oreille et pénètrent jusque dans le conduit auditif. Outre l’avantage qu’ont ces conques de se maintenir d’elles-mêmes dans l’oreille, elles ont aussi celui d’être peu gênantes et peu apparentes, ce qui ne les empêche pas de rendre des services réels à toutes les personnes dont la surdité ne provient pas de l’oreille interne.
- M. PASSERIEUX, rue des '•Vinaigriers, n° 25, à Paris.
- Les tubes flexibles de M. Passerieux, servant à porter à de grandes distances la voix dans les appariements, sont préférables aux sonnettes dans beaucoup de cas, et méritent à M. Passerieux la nouvelle mention honorable que le jury lui décerne.
- § 4. INSTRUMENTS A VENT EN CUIVRE.
- M. Marloye, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Si la Commission a cru nécessaire, pour le concours des pianos, de n’admettre du même facteur qu’un seul instrument de chaque modèle, elle a dû juger cette mesure indispensable pour les instruments à vent, à cause du nombre prodigieux d’instruments de cuivre ; par la raison que ceux-ci ayant l’inconvénient de fatiguer promptement celui qui les joue et celui qui les écoute, il importait d’écarter le superflu, pour prévenir les conséquences fâcheuses qui auraient pu résultér soit de la fatigue des lèvres des artistes, soit de la lassitude des oreilles du jury.
- Comme les pianos, tous les instruments à vent ont été entendus dans la salle du Palais-National, que la commission avait fait disposer pour le concours. Là, ils ont été essayés par des professeurs du Conservatoire et autres artistes distingués, que la commission n’a choisis que lorsque les facteurs n’ont pu s’entendre pour désigner quelqu’un.
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- Les épreuves qu’on a fait subir à ces divers instruments ont été généralement fort simples. La commission, à cette fm de n’entendre que l’instrument et non l’artiste, a borné les exercices autant que faire s’est pu à des gammes chromatiques, des accords brisés et des octaves; ce n’a été que sur certains instruments chantants qu’on a exécuté parfois de petites mélodies.
- 175 instruments de cuivre ont été entendus.
- La facture des instruments à vent en cuivre, qui depuis longtemps était restée stationnaire, a fait un pas immense depuis quelques années. M. Sax est le premier qui, d’abord, a donné l’élan, en mettant au jour deux familles d’instruments, celle des saxophones et celle des saxhorns ( clairons chromatiques), plus un grand nombre de modifications apportées à des instruments connus. A l’apparition de ces nouveautés, tous. les artistes comprirent que leur art était loin encore clu but qu’il devait atteindre avant de rester stationnaire; ils se mirent à l’œuvre, et animés par une noble émulation, ils firent faire à la facture plus de progrès, en 5 ans, qu’elle n’en avait fait en 5o. Plusieurs instruments nouveaux ont été créés, beaucoup ont été modifiés, et presque tous ont été perfectionnés. Nous en félicitons sincèrement les artistes; et si leur zèle ne se ralentit pas, nous pensons que la facture française atteindra bientôt une supériorité qui ne lui sera plus contestée par personne.
- Qu’il nous soit permis maintenant de faire quelques réflexions qui nous sont suggérées par le vif désir que nous avons d’être de quelque utilité aux facteurs d’instruments de musique.
- On sait que dans la facture des instruments de cuivre deux procédés différents sont employés pour faire le pavillon. L’un, fort simple, consiste à repousser le pavillon au tour ; l’autre, plus difficile et plus dispendieux, consiste à le forger au marteau sur une bigorne. Plusieurs facteurs distingués prétendent que les instruments à pavillon repoussé manquent de sonorité, et par cette raison ne veulent pas abandonner la méthode
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- du fôrgeage; cependant l’audition de la plus grande masse des instruments de cuivre n’a pas confirmé cette opinion. Parmi les instruments les plus remarquables par leur belle sonorité, il s’en est trouvé autant à pavillon repoussé qu’à pavillon forgé ; il est vrai de dire néanmoins que les quatre meilleurs cors avaient le pavillon forgé. Mais est-il possible d’attribuer à une plus grande sonorité du pavillon la supériorité de ces instruments? Dans le cor simple, par exemple, à quoi sert donc la sonorité du pavillon quand l’artiste le bouche avec la main ? Ne semblerait-il pas dans ce cas qu’elle serait plutôt un défaut, puisqu’elle aurait pour effet de rendre plus sensible la différence qui existe entre les notes bouchées et les notes ouvertes. Ainsi donc, nous pensons que si le travail du marteau peut réellement présenter des avantages, ce ne peut être que dans le cas où le cuivre employé est assez mou pour ne pas pouvoir acquérir la résistance nécessaire au repoussage.
- CORS.
- Les cors ordinaires étaient au nombre de 7, dont 2 ont été classés, et les cors à piston au nombre de 9, dont 3 ont été classés.
- MM. Raoux et Michaud ont présenté au concours des cors qui ne laissent vraiment rien à désirer, si ce n’est l’homogénéité de timbre, que l’instrument ne comporte pas, attendu que par sa construction il ne permet pas de faire une gamme sans boucher plus ou moins un certain nombre de notes, tandis que d’autres restent entièrement ouvertes. Mais si cet inconvénient est inhérent au cor ordinaire, MM. Raoux, Bartsch et Labbaye l’ont fait disparaître dans leurs cors à piston, qui possèdent toutes les qualités du cor ordinaire, sans avoir l’inconvénient des notes bouchées.
- CORNETS À PISTON.
- 17 cornets à piston ont concouru, et 4 ont été classés.
- Le concours a été brillant cette année pour les cornets à
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- piston; on peut dire même que la commission a été embarrassée du choix. A l’exception de 3 , ils étaient tous assez justes et d’une belle qualité de son. Nous nous plaisons à rendre publiquement à MM. les facteurs le témoignage de notre satisfaction, et nous ne doutons pas qu’à la prochaine exposition cet instrument ne laisse plus rien à désirer.
- OPHICLÉIDES.
- 4 ophicléides seulement ont concouru; x seul a été classé.
- Si le concours des cornets à piston a été brillant, il n’en a pas été de même de celui des ophicléides, hors un seul, qui était assez juste et fait avec beaucoup de soin; le reste était détestable. Indépendamment d’un manque cle justesse intolérable, le •mécanisme des clefs faisait entendre un cliquetis désagréable, qu’il serait pourtant facile de faire disparaître en partie en garnissant les pattes de clefs avec du feutre. Quant au manque de sonorité de ces instruments, il vient sans doute du grand nombre de trous que les clefs ne bouchent jamais qu’impar-faitement; mais nous pensons qu’il vient aussi de la peau qui garnit l’intérieur des clefs, chose que certains facteurs ont soin d’éviter.
- TROMBONES.
- Bien que le trombone, par sa construction, ne paraisse pas devoir être soumis aux lois sévères de la justesse, puisque l’artiste peut toujours à volonté modifier la longueur du tube, le jury a pensé néanmoins que la justesse dans cet instrument, ainsi que dans tout autre, doit être considérée comme la principale des qualités: aussi a-t-il rejeté des trombones, laissant d’ailleurs peu de chose à désirer, par cette seule raison qu’ils manquaient de justesse.
- TROMBONE À PISTON.
- Si le trombone à piston avait été inventé le premier, on aurait pu croire, avec quelque raison, perfectionner cet instrument en supprimant les pistons et les remplaçant par une
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- coulisse, d’abord parce qu’on simplifiait sa construction, ensuite parce qu’on donnait à l’artiste la faculté de jouer juste dans tous les tons. Le contraire précisément est arrivé; on avait le trombone à coulisse, et l’on a fait le trombone à piston. Cela est-il raisonnable? Nous ne le pensons pas. Sans doute, le trombone à piston est plus facile à jouer que le trombone à coulisse, et peut être employé commodément dans la musique militaire ; mais alors le trombone ressemble un peu à une trompette. Nous pensons donc que c’est faire rétrograder la facture, ainsi que l’art musical, que de né-'gliger le trombone à coulisse pour s’occuper du trombone à piston.
- CONTRE-BASSES EN MJ BEMOL.
- 10 de ces instruments ont concouru, 3 ont été classés.
- Ce magnifique instrument laisse aujourd’hui peu de choses à désirer. Les îo qui ont été entendus étaient remarquables par leur.puissance de son, leur beau timbre et même leur justesse, car sur ce nombre il ne s’en est trouvé que 3 assez faux pour choquer des oreilles exercées.
- Quand on a entendu ce bel instrument, on ne peut s’empêcher de regretter qu’il ne soit pas généralement employé dans la musique militaire à l’exclusion de quelques ophi-cléides, dont le son rauque blesse l’oreille quand on est assez près pour l’entendre.
- BASSES CHROMATIQUES EN . SI BÉMOL.
- 11 de ces instruments ont concouru, 3 ont été classés.
- Les basses chromatiques sont restées un peu au-dessous des contre-basses; elles sont généralement moins justes et ont moins d’égalité dans le son, deux défauts qui se rencontrent malheureusement souvent dans un même instrument, puisqu’ils proviennent tous deux d’une certaine irrégularité dans le tube.
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- CLAIRONS CHROMATIQUES BARYTONS EN SI BÉMOL.
- Les barytons qui ont concouru étaient au nombre de 9, dont 3 ont été classés.
- Généralement, ces instruments avaient une belle qualité de son et assez de justesse; plusieurs avaient bien, il est vrai, les dernières notes graves un peu faibles, mais, malgré cela, on peut dire que le concours des barytons a été très-satisfaisant.
- CLAIRONS CHROMATIQUES ALTOS EN MI BÉMOL.
- i3 instruments ont concouru, 3 ont été classés.
- Le concours des clairons chromatiques altos, comme celui des barytons, fait honneur aux facteurs : sur les 13, il ne s’en est trouvé que 2 mauvais ; le reste était généralement bon. Les qualités qui distinguent particulièrement ces instruments de plusieurs autres de la même famille sont l’égalité du son et la justesse, c’est-à-dire celles qu’on ne trouve que dans les instruments qui approchent de la perfection.
- CLAIRONS CHROMATIQUES EN SI BÉMOL.
- i3 clairons ont concouru, 3 ont été classés.
- A. l’exception de 2 ou 3, on a remarqué assez de justesse et d’égalité dans le son de ces clairons. Ce qu’on pourrait leur reprocher, ce serait un peu d’aigreur dans le son ; toutefois il faut convenir que le clairon en si bémol a fait de grands progrès depuis peu.
- CLAIRONS CHROMATIQUES EN MJ BÉMOL AIGUS.
- 13 clairons aigus ont concouru, et 3 ont été classés, non parce qu’ils étaient bons, mais parce qu’ils étaient passables. Les difficultés que présente cet instrument dans son exécu tion explique jusqu’à un certain point l’état d’infériorité dans lequel il est resté à l’égard du reste de sa belle famille; mais, comme aussi il est fort difficile à jouer, il est bien possible qu’il soit
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- réellement moins mauvais qu’on ne l’a jugé à l’audition, L’ha^ bileté qu’ont montrée les facteurs dans l’exécution des instruments à piston rend cette supposition très-vraisemblable.
- TROMPETTES ET BUGLES.
- i4 trompettes ont subi l’épreuve du concours, savoir : 6 trompettes chromatiques à cylindre, 5 ordinaires et 3 dites d’harmonie. Les bugles étaient au nombre de 4'
- Les trompettes ordinaires, ainsi que les trompettes d’harmonie, étaient bonnes sans avoir rien de remarquable ; mais les trompetles à cylindre et les bugles ont vraiment fait honneur aux facteurs.
- INSTRUMENTS EXCEPTIONNELS.
- Sont compris dans cette catégorie tous les instruments différant, pour une raison quelconque, des modèles ordinaires et auxquels ils ne peuvent être comparés. (Voir dans les rapports ceux qui ont été jugés dignes d’être mentionnés.)
- Le nombre des instruments exceptionnels soumis cette année à l’examen de la commission a été considérable. Depuis cinq ans il n’y a pas un seul instrument de cuivre qui n’ait subi plusieurs transformations ou modifications différentes; les unes, tendant à augmenter la sonorité ou les ressources de l’instrument; les autres, dans le but d’en rendre l’usage plus commode ou le doigté plus facile. Si tous les artistes qui ont travaillé avec tant de zèle pour atteindre un si noble but n’ont pas été également heureux dans leurs tentatives, tous ont droit aux éloges du jury, parce que tous ont fait assez pour montrer que, quelques grandes que soient les difficultés à vaincre pour arriver à la perfection, elles sont encore moindres que les efforts dont ils sont capables.
- M. RAQÏJX, rue Serpente, à Paris.
- Par la longue habitude que M. Raoux a contractée de toujours bien faire, il lui a été facile de se maintenir dans la haute position
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- où l’avait placé le concours de i844. Aussi le voyons-nous encore le premier pour le cor simple et pour le cor à piston; et s’il n'a été que le second pour la contre basse, le clairon chromatique-allo et le baryton, ce n’est pas que ces instruments fussent médiocres, mais bien parce qu’il s’en est trouvé d’autres plus parfaits. Pour le cornet à piston, M. Raoux a obtenu le troisième rang.
- Nous rendons hommage à la vérité en disant que cet habile artiste est resté digne, sous tous les rapports, de la haute distinction que le jury lui a accordée en i844» et qu’il se plait à lui accorder encore aujourd’hui en lui rappelant la médaille d’or.
- M. SAX, rue Saint-Georges, n° 5o, à Paris.
- M. Sax, à qui nous sommes redevables de plusieurs beaux instruments, ainsi que d’une grande partie des améliorations que nous avons été heureux de pouvoir constater dans la facture des instruments de cuivre, a obtenu au concours un succès qui seul justifierait la grande réputation dont il jouit. Dix instruments de cet habile artiste ont été classés, savoir: cinq au premier rang, dont trois à une grande distance des autres, quatre au second rang, et un au troisième. Les cinq premiers sont: une contre-basse, une basse chromatique, un clairon cbromatique-alto en mi bémol, un clairon , chromatique en si bémol et un bugle. Les quatre classés au second rang sont: un cornet à piston, une trompette chromatique de cavalerie, une trompette ordinaire et une trompette d’harmonie. Enfin une trompette à cylindre occupe le troisième rang.
- Là ne se borne pas*l’exposition de M. Sax. Il a soumis à l’appréciation du jury une foule d’instruments exceptionnels qui décèlent dans cet artiste une rare intelligence, une connaissance profonde de son art et beaucoup d’imagination. La famille des saxophones, depuis le plus petit en mi bémol aigu jusqu’à la contre-basse, compose une série d’instruments d’un beau timbre et d’une puissance de son vraiment remarquables dans toute l’étendue de l’échelle. Ses cornets de cavalerie, ses cornets compensateurs, ses trompettes à coulisses à ressort, ainsi que son sax-horn basse à quatre cylindres et à compensateur, ne sont pas moins remarquables par leurs qualités sonores que par les ressources qu’ils offrent à l’exécutant.
- M. Sax nous a présenté, en outre, des trombones-basse et contrebasse à cylindre dont le son, quoique d’une grande puissance, ne sort pas du caractère du trombone ordinaire. Mais ce qui a surtout
- Médaille
- d’or.
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- Médaille
- d'argent.
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- fixé noire attention, c’est un trombone à coulisse muni d’un cylindre à l’aide duquel l’artiste peut passer cliromaliquement du mi grave au si bémol, et par conséquent faire, sur le même instrument, la partie de basse sans rien changer à ses habitudes. Ce cylindre facilite en outre l’exécution d’un grand nombre de passages.
- Ses trompettes et clairons d’ordonnances, auxquels on peut à volonté substituer à une partie une alonge à cylindre variant de longueur, de manière à pouvoir mettre deux instruments à un intervalle musical quelconque, deux octaves au besoin, et composer ainsi instantanément une série d’instruments propres à l’exécution des fanfares, est une idée heureuse qui ne pouvait naître que dans la tête d’un artiste.
- C’est comme artiste aussi que M. Sax a eu la pensée de donner le même doigté à tous ses instruments à cylindre ainsi qu’à tous ses saxophones et clarinettes, afin de mettre chaque musicien à même de faire, au bout de quelques jours d’étude, sa partie sur un instrument quelconque, dès qu’il en connaît un appartenantàlamême classe. C’est lui aussi qui, le premier, a construit les instruments de manière à diriger, pour une même musique, tous les pavillons dans un même sens.
- Enfin, passant maintenant à l’examen des instruments à vent en bois, nous y reconnaissons encore M. Sax à la belle qualité de son et à la justesse qui distinguent ses instruments. Sa clarinette basse, dont le son puissant rappèle celui des saxophones mais avec plus de moelleux, paraît destinée à occuper une belle place dans les orchestres. La clarinette ordinaire, à laquelle il a ajouté plusieurs perfectionnements tendant à lui donner plus d’égalité de son et plus de justesse, nous a prouvé que M. Sax n’obtiendrait pas moins de succès dans les instruments à vent en bois que dans ceux en cuivre, s’il voulait s’en occuper d’une manière spéciale.
- Pour récompenser M. Sax des succès qu’il a obtenus au concours, ainsi que des progrès qu’il a fait faire aux instruments à vent en cuivre, le jury lui décerne la médaille d’or.
- M. LABBAYE, rue clu Caire, n° 17, à Paris.
- L’établissement de M. Labbaye date de i832. En i844. il obtint une mention honorable pour les soins apportés à son travail; mais celte année il nous a présenté quelque chose de plus. Des 17 cornets à piston qui ont concouru, le sien s’est trouvé le premier, et des
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- 4 ophicléides qui ont été entendus le sien seul a été classé : il laissait bien à la vérité quelque chose à désirer sous le rapport de la sonorité, mais il était juste et fait avec beaucoup de soin.
- M. Labbaye a eu en outre 2 instruments placés au second rang et 3 au troisième. Les 2 premiers sont: un trombone à piston et une basse chromatique, les 3 autres une contre-basse, un baryton et un cor à piston. En général, les instruments de M. Labbaye ont une belle qualité de son et ils sont assez justes;' ce qu’ils laissent à désirer c’est un peu plus d’égalité de son : néanmoins, nous adressons des félicitations sincères à M. Labbaye et nous faisons des vœux pour qu’il ne s’arrête pas en si beau chemin.
- Le jury décerne à M. Labbaye une médaille d’argent.
- M. MICHAUD, rue Jean-Jacques-Rousseau, n° 22, à Paris.
- Ainsi que M. Labbaye, M. Michaud s’est distingué d’une manière particulière; il a d’abord disputé longtemps le prix du cor ordinaire à M. Raoux. Il a eu ensuite un clairon chromatique aigu et un baryton placés au premier rang, puis une basse chromatique classée au troisième rang seulement. Enlin, M. Michaud nous a présenté, comme instrument exceptionnel, une excellente trompette à coulisse. *
- Les instruments de M. Michaud sont remarquables par une grande justesse, et nous pensons que, sous tous les rapports, il a bien mérité la médaille d’argent que le jury lui accorde.
- M. GAUTROT aîné et Gie, rue du Cloître-Notre-Dame, nos 10 et 12, à Paris.
- En i845, M. Gautrot a succédé à M. Guichard, qui en i844 avait obtenu une médaille d’argent. Depuis que M. Gautrot possède ce bel établissement , il en a augmenté l’importance et n’est resté étranger à aucun des progrès qui se sont accomplis dans la facture des instruments de cuivre.
- Au concours, M. Gautrot a eu deux trompettes classées au premier rang, une trompette d’harmonie et une de cavalerie à pavillon en l’air. Puis, comme instruments exceptionnels, il nous a présenté: i° un bon cornet à piston, auquel il a ajouté quelques perfectionnements; 20 un clairon chromatique umniton, d’un usage commode pour la musique militaire; 3°œnfin, un cor transpositeur, qui, par sa construction, laissera toujours, à la vérité, quelque chose à dé-
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- Médailles tle bronze.
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- sirer sous le rapport de la sonorité; mais c’est un instrument qui peut trouver des applications dans la musique militaire.
- Nous félicitons M. Gaulrot des efforts qu’il fait pour perfectionner ses produits et soutenir la concurrence étrangère; nous lui savons gré des sacrifices qu’il a dû faire depuis la révolution de février pour occuper constamment i5o ou 200 ouvriers, dont il s’est montré le père pendant le choléra, et nous sommes heureux de lui dire qu’il a dignement mérité la récompense de la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- M. HAJLARY, rue Mazarine, u°37, à Paris.
- En 1827 et 1839, M. Halary a eu une médaille de bronze. En i84g, il n’a concouru que pour le trombone et a été assez heu-reuxjDOur occuper le premier rang. Après le concours, nous avons reconnu que cet artiste ingénieux a eu l’heureuse idée d’adapter à la partie inférieure de la coulisse une soupape à ressort qui permet à l’eau de sortir du tube dès qu’on pose l’instrument à terre, ce qui est infiniment plus simple que de retirer à chaque instant la coulisse pour vider l’eau.
- M. Halary a fait entendre ensuite plusieurs instruments exceptionnels : iü une contre-base mnniton, excellent instrument et d’une conception ingénieuse; 20 un opliicléide supérieur à ceux qui ont concouru, tant pour la sonorité que pour les perfectionnements apportés à ses clefs, qui sont toutes montées sur pivot, ainsi que son nouveau mécanisme pour les clefs àe fa et fa dièze; 3° enfin 2 bons cors à piston, l’un qu’il nomme cor de cavalerie, et l’autre qu’il nomme cor ascendant, à cause d’un piston qui raccourcit le tube au lieu cle l’allonger.
- Nous adressons à M. Halary des félicitations sur les produits remarquables qu’il a présentés à la commission, et nous croyons qu’il a dignement mérité la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- M. BARTSCH, rue Saint-Martin, n° 220, à Paris.
- Le cor à piston de M. Bartsch, qui a obtenu le second rang, mérite de justes éloges. Indépendamment d’une grande justesse, cet instrument possède une belle qualité de sôn. Nous en témoignons hautement notre satisfaction à M. Bartsch, et nous ne doutons pas qu’à la prochaine exposition il n’ait plus d’un instrument classé au premier rang,
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- Cet artiste nous a présenté aussi, conjointement avec M. Baneux, un excellent cor à coulisse à ressort, pour lequel ils ont pris un brevet. Cet instrument (considéré comme cor premier) peut rendre en notes ouvertes toutes les nuances qu’on obtient sur le violon. C’est donc une modification dont un artiste habile peut tirer un grand parti dans certaines circonstances.
- Nous sommes heureux de pouvoir dire à M. Bartsch que le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. ROTH, à Strasbourg (Bas-Rliin.)
- M. Roth a eu au concours une trompette placée en première ligne et un bon clairon chromatique alto qui n’a obtenu que le troisième rang, par la raison seulement que dans cette série le jury avait un grand choix.
- Ces deux instruments annoncent un artiste habile. Ils ont beaucoup de justesse et d’égalité dans le son, deux qualités qui sont pour M. Roth une garantie certaine de plus grands succès à la prochaine exposition.
- Le jury décerne à M. Roth une médaille de bronze.
- M. COURTOIS aîné, rue des Vieux-Augustin, 28, à Paris.
- M. Courtois aîné a eu un cornet à piston placé au quatrième rang. Cet instrument, fait avec beaucoup-de soin, avait ses pistons montés d’une manière fort simple, sans le secours des petites vis ce qui est un perfectionnement.
- Le jury décerne à M. Courtois une mention honorable.
- M. DARCHE, rue des Fossés-Montmartre, n° 7, à Paris,
- Le jury donne une mention honorable à M. Darche pour trois de ses instruments, qui ont été classés, savoir : une trompette chromatique à cylindre au second rang, un clairon chromatique en si làtnol et un clairon chromatique aigu au quatrième.
- ASSOCIATION FRATERNELLE des ouvriers facteurs, d’instruments à vent, sous la raison sociale Horzé et GiB, rue Muller, n° 1 o, chaussée de CügnancourR à Montmartre (Seine.)
- Le jury mentionne honorablement l’association des ouvriers
- Mentions
- honorables.
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- Citation
- favorable.
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- facteurs d’instruments à vent, pour un clairon chromatique en si bémol, qu’ils ont présenté au concours, et qui a été mis au troisième rang. Cet instrument était assez juste et avait assez d’égalité dans le son.
- M. ROEHN, rue Saint-Denis, n° 268, à Paris.
- M. Roehn a eu un clairon chromatique en mi bémol aigu placé au troisième rang, pour lequel le jury le cite favorablement.
- § 5. INSTRUMENTS A VENT EN BOIS. considérations générales.
- Le concours des instruments à vent en bois a été bien moins riche et bien moins satisfaisant que celui des instruments en cuivre; sauf quelques petits perfectionnements dans la disposition des clefs, les instruments en bois n’ont fait aucun progrès sensible depuis plusieurs années. C’est à regret que nous consignons ce fait; mais, quoiqu’il nous en coûte, nous dirons la vérité tout entière, dans l’intérêt de l’art comme dans celui des facteurs. Notre rapport doit faire connaître, autant que possible, l’état exact où se trouve aujourd’hui la facture des instruments de musique. Il doit indiquer quels sont les instruments qui sont en progrès, ceux qui sont restés stationnaires, et quels sont les défauts et qualités observés dans chacun d’eux. Porter à la connaissance des facteurs tous les faits que le concours nous a mis à même d’observer, c’est les éclairer sur leurs véritables intérêts comme sur la direction qu’ils doivent donner à leurs recherches. Hâtons-nous de dire pourtant que ce n’est ni à l’incapacité ni à l’insouciance des facteurs d’instruments à vent en bois qu’il faut attribuer l’état languissant où est restée cette partie intéressante des instruments de musique, mais bien à la malheureuse pensée qu’on a eue, il y a quelques années, de subsituer des instruments de cuivre aux instruments de bois dans la musique militaire. L’on a bientôt reconnu , il est vrai , que cette mesure entraînait la
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- ruine de la facture des instruments à vent en bois, aussi bien que la perte d’une foule d’artistes qui se forment dans les régiments; mais il était déjà trop tard, le découragement s’était emparé des facteurs. Cependant, comme en France le découragement n’est jamais de longue durée, nous sommes heureux de pouvoir dire que la facture des instruments en bois paraît déjà vouloir rentrer dans la voie du progrès qu’elle avait momentanément abandonnée.
- De tous les instruments à vent en bois, la flûte Boëhm est le seul qui touche à la perfection.
- La flûte ordinaire pèche généralement par la justesse, surtout dans le grave.
- Le hautbois et le cor anglais ne manquent pas de justesse, mais on désirerait un peu plus d’égalité dans le son.
- Nous appelons l’attention des facteurs sur la clarinette. Les 10 qui ont concouru avaient généralement assez de puissance de son et un beau timbre, mais toutes plus ou moins avaient le son inégal, et beaucoup manquaient de justesse. L’inégalité de son observé dans les clarinettes consiste principalement dans des alternatifs de notes claires et de notes sourdes, soit dans le médium soit dans le grave, défauts d’autant plus regrettables, que par leur fréquente répétition il est impossible à l’artiste de les jamais faire disparaître, quelle que soit son habileté.
- Le basson laisse à désirer plus d’homogénéité dans le timbre et plus de justesse. Ce défaut d’homogénéité dans le timbre, nous l’attribuons en partie à la petitesse des trous, surtout de ceux qui pénètrent obliquement dans l’instrument. C’est sans doute aussi de la même cause que provient plus ou moins l’inégalité de son et de timbre qui nous a frappés dans le basson militaire, qui d’ailleurs possède une puissance de son qui * le rend précieux pour la musique à laquelle il est destiné et,
- par cette raison, digne de toute l’attention des facteurs.
- !
- M. SAX, à Paris, rue Saint-Georges, n° 5o.
- M. Saxa exposé des clarinettes ordinaires et une clarinette basse.
- Mention
- pour
- mémoire*
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- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
- Médaille
- d’argent.
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- Ses clarinettes ordinaires sont remarquables par la belle qualité de son et la justesse qu’elles doivent à des perfectionnements qu’il y a apportés, et sa clarinette basse est magnifique tant par la justesse et l’égalité de son que par son beau timbre.
- (Voyez le rapport des instruments en cuivre.)
- M. TULOU, à Paris, rue des Martyrs, nd 27.
- Bien que M. TULOU ne nous ait pas joué sa flûte lui-même, elle n’en a pas moins mérité le premier rang ainsi que son hautbois. Comme nous l’avions prévu, le talent de cet habile artiste n’est nullement nécessaire pour faire valoir ses instruments ; nous l’en félicitons de tout cœur, et nous sommes heureux de lui dire qu’il est digne, sous tous les rapports, de la distinction qui lui a été accordée en i844, et que le jury lui accorde encore en lui rappelant la médaille d’argent.
- M. BUFFET jeune, à Paris, rue du Bouloy, n° 4.
- En 1839 et i844, M. Buffet jeune a été honoré de la médaille de bronze; depuis ce dernier concours, M. Buffet a fait de constants efforts pour perfectionner les instruments de sa fabrication, et il a assez bien réussi pour que ses clarinettes aient été seules jugées dignes d’être classées: cela ne veut pas dire, cependant, que ces instruments fussent sans reproche ; ils étaient assez justes, à la vérité, mais plusieurs manquaient d’égalité dans le son.
- Les clarinettes que M. Buffet nous a présentées sont : une clarinette Müller et une système Boëhm; puis, comme instruments exceptionels, une très-bonne clarinette alto en mi bémol et deux petites clarinettes, l’une en mi bémol, d’un beau timbre, et l’autre en la bémol un peu inférieure.
- Nous espérons que les succès que M. Buffet a obtenus pour la clarinette l’encourageront, et qu’il mettra bientôt ce bel instrument à la hauteur du rôle qu’il est appelé à remplir dans les orchestres.
- M. Buffet a eu aussi un hautbois placé au second rang et une flûte ordinaire placée au troisième. Tous les instruments de sa fabrication sont faits avec soin; à tous, il a apporté des modifications dans le mécanisme, soit pour rendre le doigté plus facile, soit pour permettre à l’artiste d’exécuter certains passages impossibles sur les anciens instruments. C’est pour cet ensemble de travaux que le jury décerne à M. Buffet la médaille d’argent.
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- M. GODFROID aîné, rue Montmartre, n° 63, à Paris.
- M. Godfroid, qui a déjà obtenu quatre médailles de bronze, vient encore de se présenter au concours avec des instruments dignes de lui. Les flûtes Boëbm qu’il nous a fait entendre ne laissent absolument rien à désirer; elles ont une justesse et une égalité de son impossibles à obtenir dans la flûte ordinaire, et quant à son timbre, n’en déplaise à certains artistes, il est infiniment plus pur et plus suave que celui de la flûte ancienne.
- Indépendamment de ces instruments exceptionnels, M. Godfroid a eu trois flûtes classées au premier rang, savoir : une flûte Boëhm mixte, une idem petite et une petite flûte ordinaire.
- Tout en reconnaislant que par ses travaux M. Godfroid s’est rendu digne de la médaille d’argent que le jury lui décerne, nous ne pouvons nous dispenser de lui dire qu’il est à regretter qu’il ail négligé la clarinette et le basson.
- M. TRIEBERT, rue Montmartre, n° 132, à Paris.
- Le cor anglais de M. Triébert, le seul qui ait été classé, est excellent, et nous savons gré à cet artiste des soins qu’il apporte à cet instrument, malheureusement trop négligé.
- Nous avons-entendu aussi de M. Triébert un hautbois placé au troisième rang, plus un autre exceptionnel. Dans le premier de "ces instruments, nous avons remarqué de belles notes au grave et dans le second, un beau timbre et beaucoup de justesse; nous ne doutons pas que M. Triébert ne fasse tous ses efforts pour pénétrer plus avant dans la voie de progrès où il s’est engagé, et qu’il ne reste digne de la récompense de la nouvelle médaille de bronze que le jury lui accorde.
- M. ADLER, rue Mandar, n° 8 , à Paris.
- >
- Puisque M. Adler est le seul qui ait eu un basson de classé, c’est donc à lui particulièrement que nous devons nous adresser pour le prier de ne pas négliger cet instrument, qui est resté tant en arrière sur bien d’autres, et qui cependant, par son timbre particulier, ne peut être remplacé dans les orchestres par aucun autre. Nous comprenons toutes les difficultés que cet instrument présente dans son exécution, mais nous comptons sur l’habileté de M. Adler, et nous pensons qu’en recevant la nouvelle médaille de bronze que le jury lui accorde, il se croira engagé à redoubler d’efforts.
- Nouvelle médaille de bronze,
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- Rappel M. BUFFET-CRAMPON, passage du Grand-Cerf, à Paris.
- médaille de bronze.
- Parmi les instruments pour lesquels M. Buffet-Crampon a con-courru, trois ont été classés, savoir : un flageolet au premier rang, une flûle système Boëlim mixte, au second rang, et un hautbois ordinaire, au quatrième.
- Sa flûte, quoique un peu faible danslebas, avait néanmoins assez d’égalité dans le son et assez de justesse. Son hautbois était fort égal, mais il était moins juste. Tous les objets de sa fabrication sont faits avec soin, et nous croyons que cet artiste a bien mérité le rappel de la médaille de bronze que le jury lui accorde.
- M. BRETON, rue Jean-Jacques-Rousseau , n° 28, à Paris.
- M. Breton, connu par les soins qu’il apporte aux objets de sa fabrication, a eu au concours une petite flûle Boëbm classée au second rang.
- Le jury rappelle à M. Breton la médaille de bronze qu’il a obtenue en i844.
- Mention
- honorable
- M. THIBOUVILLE, rue des Vieux-Augustins, n° 67, à Paris.
- La perfection de la petite flûle eh mi bémol de M. Thibouville, qui a été classée en seconde ligne, nous fait regretter de n’avoir pas à mentionner d’autres instruments de cet artiste. Il sera plus heureux une autre fois, nous n’en doutons pas; en attendant, le jury lui décerne une mention honorable.
- M. GYSSENS, rue Montmartre, n° 35, à Paris.
- L’établissement de M. Gyssens n’existe que depuis quatre ans ; par conséquent, c’est la première fois que cet artiste expose. Nous avons entendu de lui une bonne flûte ordinaire qui a mérité le second rang, ainsi qu’un flageolet. Nous désirons que M. Gyssens soit aussi content de son début que nous le sommes de lui annoncer que le jury lui accorde une mention honorable.
- M. COSTE, rue des Moulins, n° 3o, à Paris.
- M. Coste, artiste musicien , a exposé et soumet à l’appréciation du jury deux instruments à vent qu’il nomme fluteôle et mélodore.
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- Le premier de ces instruments est une flûte à perce conique, ayant une grande embouchure, d’une forme particulière; le second, est une espèce de clarinette alto, portant un pavillon en cuivre, ayant à peu près la forme de celui du cor anglais, si ce n’est qu’il est recourbé en avant de manière à faire avec l’axe du tube un angle de 75° environ.
- Le son de cet instrument rappelle tout à la fois celui de la clarinette et du cor anglais. 11 est assez puissant et d’un timbre agréable. Bien que cet instrument n’ait rien précisément de bien neuf, M. Coste néamoins mérite des éloges ; nous voyons en lui un artiste qui ne craint pas de se livrer à des recherches toujours coûteuses, pour arriver à des améliorations. A ce titre M. Coste nous paraît digne de la mention honorable que le jury se plaît à lui donner.
- M. COEUR, rue Frépillon, n° 7, à Paris.
- M. Cœur, amateur distingué qui s’occupe du perfectionnement de la flûte depuis plus de vingt-cinq ans, a présenté au jury une bonne flûte à perces coniques, possédant des perfectionnements ingénieux dans les clefs et dans les trous. Quoique cette flûte ne soit pas en progrès sur celle dite de Boëhm, nous devons dire cependant que M. Cœur a reconnu avant M. Boëhm l’avantage des grands trous pour la pureté du son et la justesse. A ce titre, M. Cœur mérite nos éloges ainsi que la mention honorable que le jury lui décerne.
- § 6. GRANDES ORGUES.
- M. A. Seguier, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’art du facteur d’orgues a continué de progresser; et si, à cette exposition, nous n’avons pas de ces inventions remarquables à signaler, telles que les souffleries à pressions diverses, les mécanismes d’accouplement au moyen de pédales, nous pouvons dire que les facteurs français, par d’importantes constructions, ont, depuis le dernier concours, montré que leurs œuvres pouvaient lutter avec avantage, soit avec les
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- productions les plus capitales de leurs devanciers, soit avec celles réputées les plus parfaites de leurs rivaux étrangers.
- Les grandes orgues construites depuis i844, et déjà mises en place, ne pouvaient être démontées et transportées dans les salles de l’exposition pour satisfaire l’amour-propre de leurs auteurs ou la curiosité du public, qui peut aller admirer sur place ces véritables monuments de l’art de la facture ; le jury, pour rester juste, ne devait point pourtant se dispenser de tenir bon compte à leurs auteurs de ces admirables produits.
- Un incendie, en anéantissant le grand orgue de Sainl-Eus-lache, ne privera pas non plus son habile facteur des titres bien légitimes que cette œuvre, fruit de plusieurs années de persévérants travaux, lui donnait aux récompenses décernées à l’industrie.
- Si nous nous plaisons à proclamer que l’art de la facture des grandes orgues est arrivé à un haut point de perfection pour la facilité du loucher, grâce à l’admirable application du levier pneumatique; pour la qualité des sons, par suite de l’adoption des souffleries à pressions diverses, nous sommes pourtant forcés de reconnaître que les moyens de donner et varier l’expression restent encore très-imparfaits, la boîte expressive à parois mobiles n’étant qu’un subterfuge mis en usage faute d’un procédé direct de varier l’intensité des sons sans altérer leur justesse. Disons franchement que, depuis les tentatives de Sébastien Erard et de Grenier, aucun essai dans cette direction ne mérite d’être cité, et pourtant de quelle ressource serait pour l’organiste un perfectionnement qui lui permettrait de faire passer du fort au faible et revenir du faible au fort, un son qu’il peut, sur l’orgue, prolonger indéfiniment. La continuité et l’intensité variables, ces qualités qui rendent si puissants les instruments qui les possèdent, ne pourront-ils donc jamais être réunies dans l’orgue ?
- En appelant d’unë manière plus spéciale l’attention de nos habiles facteurs sur ce perfectionnement, le plus important de tous ceux que l’orgue peut encore recevoir, nous espérons
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- que leur émulation provoquée trouvera enfin la solution de ce très-difficile problème.
- La construction des grandes orgues ne peut pas devenir l’industrie d’un grand nombre de facteurs , mais l’art musical; en se répandant, crée de nouveaux besoins, et si les puissantes orgues doivent rester l’apanage de nos édifices religieux, il n’en faut pas moins satisfaire le goût des amateurs de musique qui veulent, dans des limites restreintes, se procurer une partie de la satisfaction que fait éprouver l’audition d’un grand orgue habilement touché. Les facteurs se sont empressés d’exploiter cette branche d’industrie, l’invention des anches libres l’a rendue tout à la fois plus facile et plus profitable; aussi voyons-nous à l’exposition grand nombre de ces sortes d’instruments. Des progrès réels dans la puissance et la qualité des sons distinguent les instruments à anches libres métalliques exposés cette année de ceux qui ont été soumis aux précédents jurys, et ces progrès ont été si généraux' que le jugement et le classement a été rendu très-difficile.
- Aux expositions antérieures, des dispositions variées de clavier avaient été présentées pour produire des successions d’accords , alors qu’une simple série de notes étaient touchées l’une après l’autre; une notation musicale en gros caractères avait été imaginée là où chaque note est liée par un trait à celle qui doit la précéder ou la suivre, de façon à indiquer à un exécutant inhabile l’ordre d’exécution pour venir en aide à ceux qui, sans savoir la musique, s’efforcent de produire des effets musicaux. Cette année, les tentatives en ce genre ont été poussées beaucoup plus loin. Le jury, en les appréciant, n’oubliera pas cpie sa mission est de prononcer sur le mérite, des produits industriels et non de décider des questions intéressant les beaux-arts; pourtant, les beaux-arts et l’industrie se touchent d’assez près et se prêtent un trop, mutuel concours pour qu’il ne lui soit pas permis, après avoir rendu hommage à l’ingéniosité des facteurs qui sont parvenus à faire de la musique à la machine , de déplorer une tendance qui, sans de bien grands avantages pour l’industrie, tend si fort à dé-
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- Nouvelle
- médaille
- d’or.
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- grader les beaux-arts; le jury éprouverait les mêmes regrets s’il voyait les facteurs prendre pour un perfectionnement de l’orgue l’imitation servile, par les jeux de ce grand instrument, des sons d’un orchestre. Vouloir que chaque instrument garde son caractère n’est pas s’opposer aux progrès ; mais aurait-on fait un pas en avant en dénaturant tout, en remplaçant l’âme par la matière ; convertir un grand orgue mécaniquement touché en un orchestre, ne serait qu’un pas rétrograde. L’orgue, avec sa puissance et son caractère propre, serait anéanti; l’orchestre, avec le cachet spécial de chacun de ses instruments, avec l’animation de chacun de ses exécutants, serait réduit à un certain degré de perfection toujours le même , qui aurait pour limite invariable l’adresse d’un seul, l’habileté unique de l’artiste créateur de l’œuvre.
- Ces réflexions sont bien plutôt des conseils que des critiques; aussi, hâtons-nous d’arriver à la partie la plus douce de notre difficile mission.
- Donner des éloges mérités, décerner des récompenses honorablement gagnées, est une tâche dont nous ne nous lasserons jamais.
- MM. CAVAILLÉ-COLL père et fils, rue Larochefoucault, n° 66, à Paris.
- Tous ceux qui ont éprouvé la satisfaction d’entendre le grand orgue de la Madeleine, touché par M. Lefebvre, ont félicité cet habile organiste d’avoir sous les doigts, pour rendre ses pensées musicales, un si admirable instrument. MM. Cavaillé ont dû aussi s’estimer heureux d’avoir, pour faire ressortir le mérite et les immenses ressources de leur chef-d’œuvre, un tel exécutant. Après avoir payé sa dette de reconnaissance au grand artiste qui prête si généreusement son concours au jury depuis si longtemps pour l’appréciation des orgues exposées, nous revenons aux artistes industriels qui ont assuré la juste célébrité de leur nom par des œuvres successives, telles que les grandes orgues de Saint-Denis, delà cathédrale d’Ajaccio, delà Madeleine et de tant d’autres moins importantes, mais non moins dignes d’éloges.
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- Des procès-verbaux de réception des instruments sortis des ateliers de ces habiles facteurs, il résulte que toujours ils ont fait mieux que les devis ne les y obligeaient. Un tel amour de leur art, suivi d’aussi constants succès, paraît au jury rendre MM. Cavaillé-Goll père et fds bien dignes d’une nouvelle médaille d’or.
- M. DUCROQUET, rue Saint-Maur-Saint-Germain, n° 17, à Paris.
- La maison Ducroquet, dont les travaux sont si habilement conduits par M. Barker, l’inventeur du levier pneumatique, avait montré, lors de la précédente exposition, sous une autre raison sociale il est vrai, ce dont cet établissement était capable par la construction du grand orgue de Saint-Eustache, si malheureusement détruit depuis par un incendie.
- La réparation du bel orgue de Saint-Sulpice et la construction de plusieurs autres orgues moins importantes ont prouvé que, sous son nouveau propriétaire, ce grand établissement pouvait produire sur la plus grande échelle des instruments qui, par la qualité des tons et la perfection de tout le mécanisme, prouve que de nos jours l’art de la facture des grandes orgues a dépassé le point déjà si avancé où quelques facteurs anciens avaient eu le mérite de l’amener. »
- Le jury, qui désire toujours tenir une balance impartiale,, regrette de n’avoir pu se transporter à Saint-Eustache comme à la Madeleine pour y éprouver les vives émotions que de si puissants instruments, habilement touchés, ne manquen.t jamais de produire ; mais si le grand orgue de Saint-Eustache, fini seulement depuis la dernière exposition n’existe plus, l’orgue de Saint-Sulpice, restauré par la maison Ducroquet, est là pour attester que le chef-d’œuvre de Cliquot a été confié pour sa réparation à des mains qui y ont ajouté des perfections nouvelles.
- Par les grands travaux exécutés ou en cours d’exécution, la maison Ducroquet, précédemment récompensée par une médaille d’argent, se montre bien digne celte année d’une médaillé d’or.
- M. SURET, rue du Faubourg-Montmartre, n° 119, à Paris.
- A la précédente exposition, M. Suret avait soumis au jury de
- Médaille
- d’or.
- M6daiUrs
- d'argent,
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- petites orgues à tuyaux dont la bonne exécution lui avait valu une médaille de bronze. Cette honorable distinction a provoqué au profit de ce facteur la confiance de la fabrique d’une des églises de Paris, et un orgue plus important que celles qu’il avait précédemment établies lui a été commandé pour la paroisse Saint-Laurent. Cet instrument, monté provisoirement dans une des chapelles de l’église à laquelle il était destiné, n’a pas figuré à l'exposition : son mérite n’en a pas moins été constaté par le jury. La belle qualité des sons, la bonne exécution de son mécanisme, rendent son auteur très-digne, cette année, d’une médaille d’argent.
- M. ZEIGER, à Lyon,
- L’établissement de ce facteur, situé à Lyon, n’a pas envoyé ses produits à l’exposition. Le jury, pour récompenser les œuvres de ce facteur, est obligé de s’en rapporter aux renseignements qui lui sont fournis par le jury départemental; de nombreux éloges sont, par lui, donnés aux constructions de M. Zeiger; elles lui ont paru remarquables par d’ingénieux perfectionnements pour lesquels ce facteur a demandé de nombreux brevets , surtout par la perfection des jeux dits de voix humaine. Sur toutes ces assurances, le jury décerne à M. Zeiger une médaille d’argent.
- Rappel M. MULLER, rue de la Ville-l’Évêque, n° 42, à Paris.
- de médaitle
- de bronze. M. Muller continue à confectionner avec talent les orgues expressives à anches libres du système de feu Grenier. Les tuyaux de bois des orgues de ce facteur sont confectionnés avec beaucoup d’intelligence , au moyen de feuilles de placage enroulées et collées sur elles-mêmes. Son mécanisme pour faire avancer la raselte sur l’anche, afin de régler l’accord, est bien disposé.
- M. Muller construit aussi, à Limitation des Allemands, un petit instrument à clavier et à anches, très-portatif, dont l’introduction est due au célèbre compositeur Paër.
- Le jury rappelle à M. Muller la médaille de bronze qui lui a été précédemment accordée.
- Médaille M. SERGENT, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n° 19/4,
- de bronze. , T~.
- a Pans.
- L’orgue exposé par M. Sergent est à deux claviers et à douze
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- jeux; le travail'de ce facteur a paru au jury des plus satisfaisants. Cependant, à l’audition, la mise en harmonie a paru laisser quelque chose à désirer. Nonobstant, le jury, convaincu qu’un manque de temps était la cause de cette légère imperfection, que ce facteur pourra faire disparaître, lui accorde comme récompense de la bonne composition de son orgue une médaille de bronze.
- M. STEIN, rue Cassette, n° 9, à Paris.
- M. Stein est un facteur très-intelligent qui, après avoir prêté le concours de son habile main-d’œuvre aux grands établissements, a voulu attacher son propre nom à ses produits ; il expose un orgue à tuyaux et un orgue à anches libres, installées sur des capacités sonores. Ce qui caractérise sa construction, c’est le groupement des parties, qui permet d’ouvrir l’instrument à trois étages différents pour visiter et réparer un mécanisme entièrement fait en bois.
- M. Stein expose pour la première fois; le jury lui décerne une mention honorable.
- § 7. ORGUES EXPRESSIVES.
- «
- M. A. Séguier, rapporteur.
- M. DEBAIN, rue Vivienne, n° 53, à Paris.
- M. Debain est un artiste plein de l’amour de son art; il s’est efforcé d’apporter aux orgues à anches métalliques sans tuyaux de très-utiles modifications. Après de nombreux essais il est parvenu, par l’addition et la bonne disposition des cavités sonores sur lesquelles il installe ses languettes métalliques, à faire sortir les instruments de l’état d’infériorité oùils étaient quand on ne trouvait en eux que des accordéons sur une grande échelle.
- Ses succès ont provoqué des imitations; il a fallu toute l’activité dont M. Debain est doué pour suivre, soutenir et gagner plusieurs procès en contrefaçon, et confectionner de nombreux instruments différant entre eux et par leur forme et par la disposition de leur mécanisme.
- M. Debain n’est pas seulement un habile facteur, il est encore un ingénieux mécanicien : et, quoique, dans nos considérations générales, nous ayons exprimé le regret de voir substituer le jeu
- Mention
- honorable.
- Médailles
- d’argent.
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- Médailles de bronze.
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- mécanique au toucher artistique, nous rendons complète justice h l’ingéniosité des moyens par lesquels il fait résonner un piano et parler un orgue au moyen d’une simple manivelle et d’une série de planchettes garnies de chevilles, à la façon d’un cylindre de serinette, dont elles ne sont à vrai dire que le développement.
- M. Debain a soumis aussi au jury un grand piano vertical qui s’est fait remarquer par la qualité des sons et la facilité du clavier, malgré les renvois de mouvements rendus nécssaires par l’installation de l’instrument, l’exécutant devant faire face au public tout en jouant du piano vertical placé derrière lui.
- Le jury décerne à M. Debain, pour l’ensemble de ses instruments, une médaille d’argent.
- M.MARTIN,.à Provins (Seine-et-Marne).
- Est l’auteur de l’orgue à anches percutées. Déjà, en i844, il a reçu pour son invention, encore à son début, une médaille de bronze. Cette année, alors que nous voyons son procédé adopté par les plus habiles facteurs dans ce genre d’instruments, le jury ne croit pas devoir moins faire que de lui décerner une médaille d’argent.
- MM. ALEXANDRE père et G18, boulevard Bonne-Nouvelle, n° 10, à Paris.
- Les orgues à anches libres de M. Alexandre se recommandent par la puissance et la rondeur des sons. Ce facteur a adapté à ses instruments le principe de frappement de l’anche par un marteau à l’imitation des sons imaginés par M. Martin.
- Sa justesse à parler des jeux des orgues de M. Alexandre leur donne une supériorité qui le rend digne d’une médaille d’argent.
- M. GODAULT, rue de Ménilmontant, n° 118, à Paris.
- M. Godault se présente pour la première fois à l’exposition; l’instrument qu’il soumet au jury est digne, par sa bonne exécution, d’être distingué parmi tous ceux du même genre. Le jury croit se montrer juste envers ce facteur, ouvrier laborieux et intelligent , en couronnant d’une médaille de bronze ses efforts suivis de succès.
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- M. GODHANT, rue de Bondy, n° 76, à Paris.
- M. Codhant est un jeune facteur qui se présente à l’exposition pour la première fois. Ses débuts sont pourtant remarquables : la bonne exécution et la qualité suave des sons de ses orgues à anches le rendent bien digne d’une médaille de bronze.
- M. DUBUS, rue Basse-du-Rempart, n° 34, à Paris.
- M. Dubus présente des orgues d’une qualité de son remarquable et d’une exécution soignée. Les travaux de ce facteur et de celui sur le compte duquel nous allons immédiatement nous expliquer ont tant d’analagie avec ceux de l’artiste pour lequel nous venons vous demander une médaille de bronze, qu’il y aurait injustice à traiter cet exposant avec moins de bienveillance.
- M, DOMINGOLLE, rue Saint-Denis, n° 349 > à Paris.
- Une équitable répartition des récompenses nous fait accorder aux produits de M. Domingolle la même récompense qu’à ses rivaux : là où il y a même mérite il doit y avoir même rémunération. Nous restons justes en donnant une médaille de bronze à cet artiste. Nous nous félicitons, en terminant la collection des exposants d’orgues à anches, de ce que les remarquables progrès qu’a faits cette industrie nous ait obligés à faire une répartition de médailles semblables entre plusieurs exposants des mêmes produits.
- § 8. INSTRUMENTS MIXTES.
- %
- M. JAULIN, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 59, à Paris.
- M. Jaulin expose un orgue expressif qui peut à volonté se jouer seul ou s’accoupler avec un piano-, les deux instruments, susceptibles de s’unir, sont disposés de telle façon que, lorsque l’orgue est placé convenablement sous le piano, c’est le clavier de celui-ci qui met en jeu, à l’aide de pilotes intermédiaires, le clavier même de l’orgue-, les doigts qui touchent le piano suffisent alors pour faire parler les deux instruments à la fois. En engageant moins l’orgue sous le piano il est possible de placer son propre clavier
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- Mention
- pour
- mémoire.
- Médaille
- d’argent.
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- un peu en avant du clavier du piano, et alors une main peut loucher le piano, tandis que l’autre main joue de l’orgue.
- Cette installation est aussi ingénieuse que commode; les deux instruments, groupés ou séparés, présentent des formes gracieuses. Le jury décerne à M. Jaulin une médaille de bronze.
- M. ACKLIN, rue d’Aboukir, n° 36, à Paris.
- Nous mentionnerons dans cette section, et pour mémoire, l’ingénieux mécanisme à l’aide duquel M. Acklin fait exécuter à un instrument à clavier un morceau de musique traduit en trous percés dans un carton comme ceux du métier à la Jacquart.
- Cet artiste, qui reçoit de la section de mécanique la récompense dont il est si digne pour ses perfectionnements dans les métiers à tisser, ne doit pas être oublié par la section de musique, qui se plaît à rendre hommage à toute l’ingéniosité dont il a fait preuve par cette nouvelle application des procédés Jacquart aux instrument à clavier.
- S 9. ORGUES A MANIVELLES.
- M. A. Séguier, rapporteur.
- MM. HUSSON et BUTHOD, rue Grenétat, nos i3 et i5, à Paris.
- Ces fabricants sont des exportateurs d’instruments de musique. De nombreux ouvriers confectionnent sous leurs ordres, dans les Vosges, des orgues, des serinettes, des altos, des violons et des basses, destinés au commerce extérieur.
- L’importance des affaires de cette maison est très-considérable; par ses débouchés à l’étranger, elle fournit du travail à de nombreux ouvriers français. Rien qu’à ce titre, MM. Husson et Bulliod auraient bien mérités de l’idustrie nationale; mais le bon marché des produits de ces fabricants n’exclue pas leur bonne confection. Plus de 5,ooo serinettes sont annuellement livrées par eux pour la somme bien modique de 4 fr. 5o c. l’une.
- Le jury adresse celte année, dans les Vosges, une médaille d’argent à ces exportateurs, déjà honorés d’une médaille de bronze, et
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- prouve ainsi qu’il sait récompenser, au loin comme autour de lui, les vrais mérites industriels.
- S 10. MÉLOPHONES.
- M. JACQUET, rue du Jardinet, n° 3, à Paris. Mentions
- , honorables
- M. Jacquet a exposé plusieurs mélophones. Cet habile artiste, déjà connu pour ses pianos, s’est livré nouvellement à la construction des mélophones. Le travail de ce facteur a paru au jury assez satisfaisant; aussi lui accorde-t-il une mention honorable.
- M. PELLERIN, rue de la Jussienne, n° 8, à Paris.
- M. Pellerin, comme M. Jacquet, est connu depuis longtemps pour la fabrication des pianos. Les mélophones qu’il expose, construits avec soin, ont attiré l’attention du jury central, qui décerne à M. Pellerin une mention honorable.
- SECTION QUATRIÈME.
- §1". ARQUEBUSERIE.
- M. Peupin, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’arquehuserie française, parvenue depuis quelques années à un degré de perfection tel, qu’elle n’a plus sérieusement à redouter la comparaison de ses produits avec ceux de la fa-frique anglaise, ne s’est pas enrichie de découvertes nouvelles depuis l’exposition de 1844*
- Les pistolets de salon, que l’on doit plutôt considérer comme des jouets utiles que comme des armes proprement dites, promettent cependant de devenir, en raison de la justesse de leur tir et du luxe artistique qu’ils sont susceptibles de recevoir, une branche assez importante de commerce déjà favorisée par la vogue.
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- La fabrication des armes de guerre, moins susceptible que toute autre branche de l’arquebuse rie de se prêter aux inventions et aux perfectionnements , puisque la plus légère modification, appliquée sur une aussi vaste échelle, entraîne l’État dans des dépenses énormes, n’a subi aucun changement.
- Cependant, on doit se féliciter de l’application heureuse de quelques inventions de M. Delvigne, surtout de son tube à tir, éminemment propre à faciliter l’instruction des troupes, soit qu’on l’emploie dans les fusils de munition, soit qu’on l’applique à l’artillerie.
- Un ouvrier intelligent, M. Pidault, a perfectionné la platine exposée par lui en i844, en la réduisant de quatre pièces à trois. C’est une belle invention qui promet de grands avantages, mais que la pratique n’a pas encore éprouvée.
- Les armes de guerre sont donc restées ce qu’elles étaient à la dernière exposition, mais elles figurent à celle-ci de manière à faire honneur à la maison Jacquemat, de Charleville, qui en a fourni de parfaitement établies.
- Quant aux armes de chasse ordinaires, on ne saurait nier que leur fabrication a reçu, durant ces cinq années, de notables améliorations.
- La canonnerie surtout est en progrès : le moiré remplace aujourd’hui le damassé, pour les canons de fusils clé chasse ; les canons de pistolets et de carabines de précision sont en acier fondu, et la grosse rayure a remplacé définitivement la rayure dite à cheveu.
- Paris est toujours en possession de la fabrication la plus parfaite en ce genre, et M. Léopold Bernard est, sans contredit , le premier et le plus habile de nos canonniers.
- Nous regrettons que l’arquebuserie des départements se soit presque entièrement abstenue cette année de concourir à l’exposition; et nous faisons des vœux pour que, pénétrés des avantages réels cl’une active émulation, les fabricants de province ne désertent plus à l’avenir une rivalité qu’ils soutiennent souvent avec gloire, et qui sert d’ailleurs tous les intérêts du commerce et de l’industrie.
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- La maison Berger, de Saint-Etienne, la seule qui représente la fabrique de cette ville, approche de Paris pour la beauté et la solidité de quelques-uns de ses produits, et elle lutte avantageusement avec Liège pour le bon marché des autres. •
- Les armes qui se chargent par la culasse , connues sous le nom de fusils Lefaucheux, et auxquelles cet industriel habile a fait faire de si grands progrès, ont été de plus en plus perfectionnées. Ce système est désormais en grande et légitime faveur.
- Les armes de luxe s’élèvent, par l’élégance et la richesse du dessin, le caractère sévère et pur de la composition et par le fini du travail, au rang des chefs-d’œuvre, et M. Gauvain, qu’il est équitable de citer à ce propos, a merveilleusement uni, pour ses pistolets, par exemple, le génie de l’artiste au talent consciencieux de l’arquebusier.
- L’exposition de 18/19 présente donc, en général, la fabrication française dans une voie de progrès soutenus; mais plus lente, il faut le dire, que ne le faisait espérer l’exposition précédente. Quand l’arquebuserie nationale tendait, par la perfection croissante et le bon marché comparatif de ses produits, à détacher les amateurs des armes de fabrique étrangère; quand d’heureux efforts sont déjà parvenus à faire considérer la préférence donnée à l’arquebuserie anglaise plus souvent comme un caprice de ton et de mode, que comme une appréciation raisonnée, on devait s’attendre à voir nos industriels, encouragés par de tels succès, occuper dans le palais des arts industriels une place plus honorable encore.
- Les circonstances qui, trop souvent reproduites depuis la révolution de février, ont inquiété la fabrication et le commerce des armes, expliquent en partie un ralentissement d’efforts tant de fois couronnés de succès.
- Il est certain cependant que, pour leur qualité, l’élégance de la forme et le fini du travail, les fusils de Paris ne le cèdent en rien aux meilleurs fusils anglais, et qu’ils ont sur eux l’avantage incontestable de coûter, à mérite égal, beaucoup moins cher. En effet, on se procure, à Paris, moyennant
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- 8oo francs, un fusil semblable à celui que l’on payerait 1,5oo francs en Angleterre, et pour 5oo francs ce qu’à Londres on payerait 1,000 francs. Aussi voyons-nous des Anglais emporter de Paris des fusils pour leur usage.
- La préférence qu’on donne aux armes étrangères n’est donc plus que de pure fantaisie, et les progrès soutenus de nos fabricants ne tarderont pas à en faire justice.
- Espérons que l’exposition de i854 viendra couronner de nouvelles conquêtes dans le domaine de cette importante industrie, où la France ne peut longtemps souffrir que l’étranger la devance, et constatons par des faits les améliorations récemment introduites, ainsi que les droits de chaque exposant aux récompenses que décerne le jury.
- Rappel M. DELVIGNE, rue du Bouloy, n° 24, à Paris.
- de médaille J
- clor‘ M. Delvigne, dont on connaît la persévérance, recherchant tout ce qui tend à rendre plus parfait le tir des armes à feu, a vu ses travaux couronnés de succès.
- Déjà, en i834 et i83g, il avait mérité la médaille d’argent pour l’invention de plusieurs armes dont l’expérience a généralisé l’emploi, soit à la guerre, soit au tir à la cible. En i844> pour reconnaître dignement les services rendus par M. Delvigne, le jury de l’exposition lui décerna une médaille d’or, la plus haute récompense dont il puisse disposer.
- Depuis cette époque, puisant ses inspirations dans les sentiments d’une honorable philanthropie, M. Delvigne imagina le porte-amarre, destiné à secourir les embarcations qu’une mer furieuse entraîne à la dérive et que, trop souvent, elle engloutit à une faible distance du rivage, sans que les témoins impuissants de ces horribles scènes puissent faire autre chose que des vœux stériles.
- Quoique le porte-amarre soit déjà connu, nous en donnerons succinctement la description.
- Il se compose d’un long cylindre creux, en bois, dont l’extrémité supérieure se termine par un cône. L’intérieur de ce cylindre est destiné à recevoir une ligne en cordage, préalablement roulée en hélice, et à plusieurs tours superposés. Un des bouts de cette ligne est fixé intérieurement au]sommet delà partie conique, l’autre
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- reste attaché à l’affût de la pièce qui doit lancer ce projectile, et près de laquelle est enroulée en spirale la partie de la ligne qui n’a pu être bobinée dans l’intérieur du cylindre. Au moyen d’une faible charge de poudre, proportionnée au calibre de la pièce et au volume du porte-amarre, on peut le projeter à une distance qui varie de 25o à 600 mètres. Quand le porte-amarre est destiné à être lancé sur une embarcation, il porte en bas de sa partie conique A crochets en fer qui en font un véritable grappin.
- Des commissions de divers corps savants se sont livrées à des expériences multipliées pour constater le mérite de cette utile invention.
- Les villes du Havre, de Dunkerque et de Lorient sont déjà pourvues d’un appareil complet.
- Le tube à tir de M. Delvigne a fixé l’attention du jury. Ce tube, qu’on introduit.dans l’intérieur des canons de fusil ou de pistolet, est d’un calibre très-réduit et rayé comme un canon de carabine. Il suffit de quelques grains de poudre pour projeter à 4o mètres et avec une assez grande justesse une petite chevrotine.
- Le but que s’est proposé M. Delvigne, et qu’il a heureusement atteint par cette invention, a été de faciliter l’école du tir en rendant moins bruyant et peu dispendieux l’emploi des armes à feu. L’application de cet appareil à l’artillerie ne change en rien les conditions du tir, et, par l’économie qui en résulte, elle permet, en multipliant les exercices, de former un plus grand nombre d’artilleurs habiles.
- _ L’artillerie doit encore à cet exposant un auxiliaire puissant. Ç’estun projectile à explosion, de forme spliéroï cylindro-conique; il est creux et contient une charge de poudre, dont l’inflammation a lieu par suite du choc que reçoit, en arrivant au but, une capsule placée au sommet de son cône. Sur la partie cylindrique de cette sorte de bombe, sont pratiquées des entailles longitudinales à queue d’aronde, recevant plusieurs ailettes en alliage de zinc et de plomb. La fonction de ces ailettes, disposées en hélice, est de guider le projectile dans les rayures intérieures du canon, pareillement hélicoïdes, et de lui imprimerie mouvement de rotation nécessaire à la rectitude de sa position dans le trajet.
- Appliqué à l’artillerie de marine, ce projectile occasionne dans les bordages des déchirures énormes, qu’il est impossible de réparer au moment du combat.
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- Médaille
- d’or.
- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
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- Le jury, après avoir constaté le mérite des divers objets dont se compose l’exposition de M. Delvigne, considérant surtout les services que peut rendre son porte-amarre, lui décerne avec satisfaction un rappel de médaille d’or.
- M. GAUVAIN, aîné, boulevard Mont-Parnasse, n° 47, à Paris.
- M. Gauvain, à qui la perfection et le fini de ses armes de luxe avaient déjà mérité une médaille d’argent à l’exposition de i844, a fait de notables progrès, en mettant, cette année, à la portée d’un plus grand nombre d’amateurs ses magnifiques pistolets avec canons d’acier fondu, ornés de sculptures prises dans la nièce, qui, bien que moins chers des deux tiers comparativement à ceux de l’exposition précédente, sont toujours admirables sous le double rapport de l’art et du goût, et en même temps d’une excellente qualité.
- La ciselure de toutes les armes qu’expose M. Gauvain est faite par lui-même, et toujours d’après les dessins de M. Liénard. Le fini de l’exécution en est si artistique et si pur, la composition des modèles si élégante et si bien appropriée au genre de ces pièces, que des fabricants belges en ont vouhi essayer l’imitation.
- Les fusils de chasse de cet habile fabricant, quoique simples et sans ornements inutiles, sont aussi traités avec un soin remarquable que le jury se plaît à constater.
- Pour récompenser dignement dans la personne de M. Gauvain le génie tout à la fois gracieux et correct de l’artiste et le talent persévérant et consciencieux de l’arquebusieur, le jury lui décerne une médaille d’or.
- M. LEPAGE-MOUTIER, rue de Richelieu, n° 11, à Paris.
- La maison Lepage s’est fait remarquer de tout temps par la belle exécution et l’excellence de ses armes.
- Les fusils les plus rares et les plus curieux pour leurs effets mécaniques commencèrent la réputation de cet établissement.
- A l’exposition de M. Moutier, qui soutient dignement la réputation de M. Lepage, le jury a remarqué particulièrement :
- Des carabines à deux canons superposés tirant quatre coups : ces
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- carabines onl quatre batteries mises successivement en jeu par une seule détente; un pistolet de même genre, dont l’exécution est parfaite ; puis un bouclier en fer repoussé, d’après les dessins de M. Vechle, et d’une ciselure admirable.
- Mais le chef-d’œuvre de M. Lepage-Moutier est, sans contredit, un magnifique pistolet dont la crosse, en fer repoussé, est ornée de gravures, de ciselures et de damasquinures en or, d’un goût exquis.
- L’ajustement de la platine est parfait, et il a fallu vaincre des difficultés d’exécution incroyables pour arriver à ce que cette arme si belle ne soit ni plus pesante ni moins commode à la main que sa pareille montée en bois.
- Malgré la perfection habituelle de leur travail, les armes qui sortent de cette maison renommée ne sont pas plus chères que celles des autres fabriques de Paris ; le jury a pu se convaincre que M. Lepage-Moutier offrait, quant aux prix, les mêmes avantages que ses concurrents.
- Déjà récompensé en 1839 par une médaille d’argent, qui lui fut rappelée en i844* M. Lepage-Moutier se recommande par tous ces titres à la justice du jury, qui lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. BERINGER, rue du Coq-Saint-Honoré, n° 6, à -Paris.
- La maison Béringer est avantageusement connue pour la belle et bonne exécution de ses armes.
- Chacun sait que cet arquebusier habile est, avec M. Lefauçheux, le premier qui ait imaginé le culot métallique, dont l’application rend seule possible le chargement prompt et facile par la culasse.
- Auteur de divers systèmes de fusils fort ingénieux, M. Çéringer est loin d’être resté stationnaire. Toute son exposition le prouve d’une manière incontestable.
- En 1839 , .le jury avait décerné a M. Béringer une médaille de ’ bronze.
- En i844, il lui décerna une médaille d’argent.
- Cette année, en considération des efforts que M. Béringer ne cesse de faire pour rendre ses beaux fusils plus parfaits et moins chers, .?<.
- Le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent. *
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- Rappel M. GASTINE-RENETTE, allée d’Antin, n° 3g, à Paris.
- d’argent. Tout à la fois canonnier et arquebusier, c’est à ce double titre que M. Gastine-Renelte expose.
- En i844, il fut constaté que des canons sortant de ses ateliers avaient subi des épreuves énormes et jusqu’alors inusitées.
- Depuis ce temps aucun fait ne s’est produit qui soit capable de diminuer en quoi que ce soit la bonne opinion que le jury avait dû concevoir de sa fabrication. Quant aux armes, M. Gastine-Renelte en a exposé de fort belles, parmi lesquelles le jury a principalement remarqué un fusil en blanc, dont la sous-garde à secret a pour effet de prévenir, au moyen d’un mécanisme ingénieux, le plus grand nombre des accidents auquels on est exposé avec les fusils ordinaires;
- Une carabine à canon double, dont les deux coups partent séparément au moyen d’une seule détente ;
- Des pistolets de salon, dont la construction bien raisonnée en a rendu l’usage agréable et facile ;
- Enfin des pistolets que la gravure et la ciselure dont ils sont ornés placent naturellement au rang des objets d’art.
- Le jury, pour récompenser dignement M. Gastine-Renetle de la belle fabrication de ses armes, lui décerne un rappel de la médaille d’argent obtenue par lui en i844-
- Médaille M. LEFAUCHEUX, rue de la Bourse, n° 10, à Paris.
- d’argent.
- M. Lefaucbeux a absorbé la réputation de son prédécesseur dans la sienne.
- Les perfectionnements apportés par cet arquebusier aux fusils qui se chargent par la culasse ont été si nombreux et ont une telle importance, que le nom de Pauly est maintenant oublié, tandis que celjui de M. Lefaucbeux se trouve attaché pour toujours aux fusils à bascule.
- C’est lui qui, le premier en 1828, a fait adhérer le canon à la pièce de bascule en supprimant la rosette, ce qui eut pour effet de rendre beaucoup plus facile l’application de divers systèmes qui se sont produits depuis.
- En i832 , il fit le fusil à charnière, connu sous le nom de fusil 'Lefaucheuoc, qui portait une cheminée sur le canon. En i834, il inventa le culot-bourre qui augmente la portée, et, en i835, il appliqua la broche qui est aujourd’hui généralement adoptée.
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- CeUe année M, Lefaueheux présente un fusil qui produit l’infîam^ mation au centre de la charge, et avec lequel il n’y a aucun crachement possible.
- Comme nouveauté, il présente en outre des pistolets à 4 et 6 coups, dits pistolets Mariette, auxquels il a fait l’application de là cartouche. Montés sur une broche passant dans un tube autour duquel ils sont réunis, les canons s’enlèvent après qu’on a dévissé un écrou ajusté au bout de la broche. On introduit alors la cartouche dans chacun d’eux, après quoi on les remet tout d’une pièce, et ils sont fixés de nouveau par le moyen de l’écrou. On conçoit alors comment la charge de ces armes devient prompte et facile sans présenter le moindre danger.
- Ce système s’applique avec avantage aux pistoléts de salon.
- On voit que les titres par lesquels M. Lefaueheux se recommandé à l’attention du jury sont nombreux et réels.
- Nous allons rappeler successivement les divérses récompenses qu’il a obtenues aux précédentes expositions.
- Il lui fut accordé une mention honorable en 1827; en i834 le jury lui décerna une médaille de bronze, et en i83g il fut récompensé par une nouvelle médaille de bronze.
- Depuis cette époque, M. Lefaueheux n’ayant pas cessé de travailler à perfectionner les armes dont il est l’inventeur, le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. POTTÈT, rue de Luxembourg, n° 3, à Paris.
- M. Pottet est tout à la fois l’un de nos plus anciens et de nos plus habiles arquebusiers. La belle exécution de ses armes lui valut déjà une médaille de bronze à l’exposition de i844.
- Cette année, il expose des fisils doubles et une carabine à charges superposées,.aussi remarquables par leur belle exécution, que par le nouveau système de percussion dont elles sont pourvues.
- Dans ce nouveau système, la platine porte deux chiens percuteurs, posés l’un sur l’autre et concentriques. Celui de dessus, plus long que l’autre, porte un étouteau entraînant celùb de dessous lorsqu’on arme le fusil; en sorte que, par une seule opération, les deux ressorts se trouvent bandés. Dès que le doigt presse la détente, le premier chien vient frapper le bout d’une pièce ajustée à coulisse et longitudinalement sur le côté du canon; l’autre extrémité de cette pièce, par suite du mouvement imprimé, écrase la cap-
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- suie servant d’amorce au premier coup. En pressant de nouveau la détente, le second chien vient, comme dans le système ordinaire i écraser la capsule amorçant le second coup.
- Pour séparer les deux charges, M. Pottetemploie avec succès des rondelles en fer découpé dont le diamètre correspond exactement au diamètre intérieur du canon, et qui s’arrête sur une petite portée laissée à la hauteur de la première charge.
- M. Pottet a encore soumis au jury des fusils doubles pourvus de petits chapeaux en fer trempé qui, par un effet de charnière semblable à celui du couvre-feu des armes à silex, vient recouvrir les cheminées sans toucher les capsules, les gai’antissant ainsi de la percussion accidentelle du chien qui, soulevé par un effort quelconque, mais pas assez pour arriver au cran de repos, retomberait cependant avec assez de force pour déterminer l’explosion et causer de déplorables malheurs.
- Il suffit, quand on veut se servir de son arme, de renverser le chapeau en arrière.
- En considération des travaux honorables et utiles de M. Pottet,, le jury lui décerne une médaille d’argent.
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- M. PERROT, à Vaugirard (Seine).
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- L’industrie doit au génie inventif de M. Perrot de très-remarquables constructions de machines ; le nom de Perrotine donné aii bel appareil à imprimer les étoffes, pour lequel cet habile mécanicien a rendu les pays étrangers tributaires de ses ateliers, prouve la haute portée des conceptions de M. Perrot.
- Pourtant, parmi ses inventions nombreuses, il en est une effrayante dans ses effets, qui semble'jusqu’ici avoir été méconnue pour les services quelle peut rendre à la défense du pays : nous voulons parler de son fusil à vent de gros calibre, à tir continu.
- Les essais répétés tant de fois par M. Perrot, et devant de si nombreux témoins, attestent cependant bien suffisamment que le difficile problème, que l’auteur d’une telle arme s’était posé a été par lui complètement résolu. Charger une arme à vent à fur et à mesure qu’elle se décharge, lui permettre ainsi de lancer continuellement avec justesse, dans toutes les directions comprises entre des limites d’arcs étendus, des balles de gros calibre, avec une force constante, même lorsque la manœuvre de compression de l’air ne se continue pas, et que celui qui est emmagasiné doit seul suffire
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- pour un grand nombre de coups, telles sont les propriétés vraiment extraordinaires que l’ingénieux et persévérant M. Perrot a su donner, après bien des efforts, à la nouvelle arme à vent.
- 11 n’est pas dans notre mission de discuter le parti que l’on peut tirer pour la défense des places fortes d’une arme qui ne crache ni feu ni fumée, dont la détonation est réduite à un violent sifflement ; nous n’avons à nous expliquer qüe sur la réalité de’ ses terribles effets, sur l’ingéniosité de son mécanisme. Toutes les fonctions des divers organes qui constituent la machine balistique de M. Perrot sont bien assurées; le moyen d’obtenir des effets constants de tir, avec une masse d’air emmagasinée dans un réservoir dont la tension diminue à chaque coup, dans le cas où l’on procède par salve pendant le repos des pompes à air, nous a paru surtout admirable de simplicité. Nous croyons, nous, qu’une arme qui lance par centaines, dans un temps très-court, à des distances éloignées, des balles de plomb contre un but de fonte de fer, avec une violence capable d’opérer la dispersion par éclats des projectiles, et avec Une justesse si grande que l’on peut, par leurs empreintes successives, composer un dessin, mérite à son inventeur toutes les félicitations du jury.
- Depuis plus d’un an, le fusil à air comprimé de M. Perrot est en. la possession du comité de l’artillerie qui se l’est fait remettre pour l’expérimenter. C’est donc d’après les expériences qui ont eu lieu en présence de l’un des membres du jury qui faisait partie cl’une commission nommée par l’Académie des sciences, et sur le vu des dessins et du modèle en bois qui figuraient à l’exposition, que le jury a pu se former une opinion aussi certaine, du reste, que si la machine avait été elle-même exposée.
- Le jury, pour récompenser M. Perrot, lui décerne une médaille d’argent.
- M. PIDAULT, me d’Ivry, n° 11, à Gentilly (Seine).
- M. Pidault exposa en i844, une batterie de fusil de munition qui parut alors tellement simple, qu’il semblait impossihle de mieux faire. La platine qui remplissait l’office de la noix, une gâchette portée par une broche posée sur le chien, en tout quatre pièces, composaient cette batterie.
- M. Pidault ne s’est pas tenu pour satisfait ; il a continué ses recherches , et, à force de travail, il est parvenu à faire une nouvelle batterie de beaucoup supérieure à la première.
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- Un teton, sur leqnel pivote le chien, est ménagé en dehors de la platine ; nne vis, qui taraude dans ce leton, empêche le chien de le quitter; l’une des branches du ressort se termine par une griffe latérale, qui traverse la platine et entre dans un trou foncé pratiqué dans l’épaisseur du chien, qui reçoit de la sorte la puissance dont il a besoin.
- L’autre branche, qui tend à se rapprocher de l’axe du percuteur, remplace la noix au moyen de deux crans qui sont faits dans son épaisseur, et dans lesquels s’engage successivement, lorsqu’on arme le fusil, un étouteau, de forme triangulaire, porté par lë chien.
- Cet étouteau traverse la platine dans une entaille circulaire destinée en même temps à borner sa course.
- La batterie se trouve donc composée de trois pièces, savoir : le chien, la platine et le ressort.
- 11 est difficile d’imaginer quelque chose de plus simple et de plus solide.
- M. Pidault présente, en outre,un fusil de munition pourvu d’un amorçoir de son invention, dont le. maniement est des plus faciles, puis une visière à charnière, qui indique sur deux quarts de cercles à quelle distance on se trouve de l’objet visé et le degré de hausse nécessaire pour l’atteindre.
- Pour récompenser M. Pidault de l’heureux perfectionnement qu’il a apporté à sa batterie, le jury lui décerne une nouvelle mér daille d’argent.
- M. DEVISME, boulevart des Italiens, n° 36, à Paris.
- M. Devisme est l’un de nos meilleurs arquebusiers.
- En i83g, il fut mentionné honorablement dans le rapport du
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- En 1844, il obtint, pour la beauté de ses armes, une nouvelle mention honorable.
- Aujourd’hui, M. Devisme expose des fusils qui ne laissent rien à désirer sous le double point de vue de l’élégance et de l’exécution ;
- Un fusil à quatre canons divergents qui peuvent partir ensemble ou séparément ;
- Une fort belle paire de pistolets, dont les canons et la garniture en argent sont ciselés avec beaucoup de recherche et de talent;
- Enfin des pistolets de tir plus simples, mais tout aussi précis ;
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- Pour récompenser M. Devisrae de la conscience qu’il apporte dans la fabrication cle ses armes, le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. PRÉLAT, rue Saint-Honoré, n” 343, à Paris.
- Comme à la précédente exposition, M. Prélat soumet au jury des armes bien faites, qu’il livre au public à des prix modérés. Des pistolets de tir et des pistolets à cinq coups, consciencieusement exécutés, prouvent que M. Prélat n’est pas resté au-dessous de lui-même. Déjà récompensé en i834, par une médaille de bronze, il en obtint une nouvelle en i844- Le jury pour récompenser M. Prélat de sa persévérance à bien faire, lui accorde un rappel de médaille de bronze.
- M. CLAUDIN, rue Joquelet, n° 1, à Paris.
- En 1839, M. Claudin a mérité une médaille de bronze; en i844* le jury, considérant que son exposition était digne d’éloges, lui décerna un rappel de la même médaille.
- Aujourd’hui, cet arquebusier, dont l'habileté est généralement reconnue, soumet à l’appréciation du jury des fusils remarquables par l’élégance de la forme et la fidélité d’exécution, ainsi que des pistolets de tir, qui ne laissent rien à désirer, sous le double point de vue de la perfection du travail et de la précision.
- Ces pistolets si beaux sont l’œuvre de M. Claudin, qui les a faits lui-même.
- Pour le récompenser dignement de la perfection toujours croissante des armes qui sortent de ses ateliers, le jury décerne à M. Claudin une médaille de bronze.
- M. GUÉRIN, rue Albouy, n° 2, à Paris.
- En i844, le jury a remarqué un petit mécanisme fort ingénieux inventé par M. Guérin, dans le but d’arrêter le jeu des gâchettes, lorsque l’arme n’est plus entre les mains du chasseur.
- Par la pression qu’on exerce sur la poignée du fusil, au moment où l’on met en joue, les gâchettes se trouvent libres, et, en pressant la détente, le coup part.
- M. Guérin obtint alors une mention honarable.
- . Depuis cette époque il a considérablement amélioré son invention.
- Rappel de médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- La partie extérieure du mécanisme sur laquelle la pression a lieu se retire à volonté ; une fois retirée, les leviers qui arrêtent les noix, n’ayant plus aucune communication extérieure, restent en.place et mettent le fusil dans l’impossibilité la plus absolue de fonctionner.
- L’effet de ce mécanisme très-simple, qui ne change rien aux habitudes des chasseurs, est d’empêcher infailliblement les accidents qui ont lieu, soit pendant la chasse, soit au retour, par suite de l’oubli ou de l’abandon momentané de fusils chargés.
- Le jury, pour récompenser M. Guérin d’une invention si utile, lui décerne une médaille de bronze.
- M. BRUN, rue du Roule, n° 19, à Paris.
- Très-habile ouvrier, quoiqu’il soit jeune encore, M. Brun, qui compte à peine deux ans d’établissement, est le successeur de M. Armand, dont les produits étaient avantageusement connus.
- Malgré les événements qui, depuis i848, ont si péniblement affecté l’arquebuserie parisienne, M. Brun, bien loin de se décourager, a redoublé d’activité, et n’a pas cessé d’améliorer sa fabrication. Aussi son exposition se recommande-t-elle à l’attention du jury, et par le nombre-, et par la bonté des armes qu’il, fabrique.
- Pour récompenser dignement M. Brun, et pour encourager de si heureux débuts, le jury lui accorde une médaille /le bronze.
- M. DUCLOS, rue Richelieu, n° 47, à Paris.
- M, Duclos, dont la carrière industrielle ne fait que commencer, est un habile ouvrier, qui doit sa réputation à la perfection du travail et à la beauté de ses armes.
- Il a fait lui-même toutes celles qui figuraient, avec tant d’avantage, à l’exposition.
- Un beau fusil à bascule, dont la crosse est en ébène; des pistolets de salon, qui sont tout à la fois justes, simples et solides, ont particulièrement fixé l’attention du jury, qui, pour récompenser dignement M. Duclos de son habileté, lui décerne une médaille de bronze.
- M. BAUCHERON, rue Richelieu, n° 64, à Paris.
- En i844, M. Baucheron a obtenu, pour la bonne façon de ses armes , une mention honorable.
- Aujourd’hui, les fusils exposés par M. Baucheron sont parfaite-
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- ment exécutés, et il est certain que, depuis la dernière exposition, sa fabrication est en progrès.
- On remarquait surtout un fusil, dit Lefaucheux, dont la fermeture paraissait très-solide.
- Le jury, pour récompenser M. Baucheron de l’amélioration de ses produits, lui décerne une médaille de bronze.
- M, PLOMDEUR, à Montmartre (Seine).
- Successeur de son père, M. Plomdeur continue avec succès la fabrication des armes de chasse.
- Celles qu’il expose sont faites avec conscience, et le jury rend hommage à leur bonne exécution.
- M. Plomdeur fabrique en outre des vis très-bien faites, à l’usage del’arquebuserie, qui en emploie une grande quantité.
- Le jury décerne â M. Plomdeur une médaille de bronze.
- M. BERGER, à Saint-Étienne (Loire).
- M. Berger est le seul fabricant de Saint-Etienne qui se soit présenté au concours; son exposition est composée d’articles nombi'eux et variés.
- On y remarque surtout un fusil riche, du prix de quatre mille francs. Comme objet d’art, il laisse à désirer, et le bon goût de l’ornementation en est très-contestable. Cependant il présente des difficultés d’exécution assez heureusement surmontées.
- Ses fusils de six cents francs, quoique bien faits et solides, ne peuvent soutenir la comparaison avec ceux du même prix que l’on fait à Paris: il leur manque la propreté, le fini, la netteté des ajustements; en un mot, il leur manque le soin et la grâce qui distingue toutes les parties du travail parisien.
- Mais dans les qualités intermédiaires, lorsqu’il s’agit de fusils qui rie dépassent pas deux ou trois cents francs, il est certain que Paris ne peut lutter avec Saint-Etienne.
- Sous ce rapport, les produits de M. Berger sont vraiment remarquables ; ses fusils suivent de très-près, pour la façon et pour le prix, les beaux fusils de Liège.
- Pour les armes communes, il peut rivaliser avantageusement avec celles qui proviennent des fabriques belges.
- Nous citerons, comme preuve, des fusils doubles à 5o francs, des
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- fusils simples à 20 francs, des pistolets de poche à 10 et même 6 francs la paire.
- Au-dessus de ces prix, qui sont les plus bas, il se fait chez M. Berger des armes de toutes sortes, dont la qualité correspond à leur valeur vénale.
- Pour encourager ce fabricant, dont les efforts sont heureux sous bien des rapports, le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. JACQUEMART frères, à Charleville (Ardennes).
- La maison Jacquemart frères est une des plus importantes du département des Ardennes.
- On y fabrique une multitude d’objets en fer et en fonte de diverses natures, connus sous le nom d’objets de ferronnerie. Il s’en fait annuellement pour une valeur de 11 à 1,200,000 francs, qui sont pour la plupart consommés à l’intérieur.
- Nous n’aurions pas à nous occuper de MM. Jacquemart, s’ils ne fabriquaient pas en même temps des armes de guerre.
- 5,ooo fusils ont été livrés par eux au Gouvernement, et 2,000 fusils d’exportation ont été fournis au commerce extérieur.
- Le jury a examiné les armes exposées ; il en a reconnu la bonne confection, et il décerne à MM. Jacquemart frères, pour l’ensemble de leur fabrication, une médaille de bronze.
- M. REGNIER, rue de Chartres, n° 19, à Paris.
- Ouvrier habile, M. Régnier s’occupe sans cesse de perfectionner les armes qu’il exécute avec une intelligence toute particulière.
- Pour éviter la broche de certaines cartouches à l’usage des fusils qui se chargent par la culasse, M. Régnier a imaginé une cartouche, dont le centre du culot est embouti intérieurement, de façon, à présenter en dehors un teton ou capsule contenant le fulminate et une petite broche en acier.
- Pour employer cette cartouche, M. Régnier a dû modifier quelque peu la batterie des fusils à bascule. Voici comment il l’a fait.
- Un petit tiroir en acier est ajusté dans l’épaisseur de la culasse; C’est lui qui reçoit Je coup de marteau que donne le chien. Le bout de ce tiroir écrase la capsule sur une espèce de petite enclume placée au-dessous d’elle. Par ce moyen l’inflammation a lieu au centre de la charge, et sans aucune déperdition de gaz.
- Le jury accorde à M. Régnier une médaille de bronze.
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- M. MAY, rue Saint-Honoré, n° 2 17, à Paris.
- M. May travaille avec intelligence, il a soumis au jury un fusil pourvu d’un moyen très-simple de se préserver des nombreux accidents qui arrivent si fréquemment pendant le temps de la chasse.
- Le percuteur de ce fusil, disposé d’une façon toute particulière, vient frapper directement sur le centre de la cartouche.
- Pour compléter son invention, et afin de soustraire les possesseurs de son fusil, qui habitent la province, à l’obligation de tirer leurs cartouches de Paris, M. May en a imaginé une que le chasseur peut charger lui-mème.
- Cette cartouche est en laiton creusé : le fond, très-épais, est garni d’une rondelle en acier, au centre de laquelle s’ajuste une cheminée qui est noyée dans l’épaisseur de la rondelle. Sur la cheminée s’applique une capsule ordinaire dont l’écrasement a pour effet de produire l’inflammation au centre de la charge.
- Le jury reconnaissant le mérite des produits exposés par M. May lui décerne une mention honorable.
- M. FERRIER, rue du Faubourg-Saint-Honoré., n° 72, à Paris.
- M. Ferrier expose des fusils, une carabine et des pistolets consciencieusement exécutés.
- Le jury, pour ce motif, lui accorde une mention honorable.
- M. BERTONNET, passage Choiseul, n° 56, à Paris.
- Déjà cité favorablement en i844 pour la bonne façon de ses armes, M. Bertonnet présente au jury des fusils dont la belle exécution est digne d’éloges.
- Le jury accorde à M. Bertonnet une mention honorable. „
- M. LORON, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Pour un fusil d’une belle exécution, M. Loron fut cité favorablement dans le rapport du jury, en i844.
- Cette fois, M. Loron expose une batterie de son invention, applicable seulement aux fusils à bascule.
- Le jury accorde à M. Loron une mention honorable.
- Mention
- honorable.
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- Citations
- favorable.
- ÏNouvelIe
- médaille
- d’argent.
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- M. CARON, passage de l’Opéra, n° 20.
- En i83g et en i844, M. Caron fut mentionné honorablement pour la bonne exécution de ses fusils à coupe anglaise.
- M. Caron expose des fusils et des pistolets de tir dont l’exécution mérite des éloges.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. OLRY, arquebusier, à Nancy (Meurthe),
- Est cité favorablement pour son fusil de chasse à double percussion avec cartouches à cheminée intérieure et à tiroir faisant sortir les cartouches.
- M. BRIAND, arquebusier, aux Herbiers (Vendée),
- Est cité favorablement pour la bonne portée de ses fusils doubles.
- § 2. CANONNERIE.
- M. BERNARD-LÉOPOLD, rue Villejust, à Passy.
- L’établissement de M. Bernard-Léopold produit des canons qui fouissent d’une réputation justement méritée. ,
- Lors de l’exposition de i844, le jury avait eu déjà l’occasion d’en signaler la bonne qualité. Depuis ce temps, la réputation de M. Bernard-Léopold n’a fait que s’accroître; et les canons de fusils doubles qui sortent de ses ateliers sont tous, sans aucune exception, si parfaitement solides et faits avec une précision si remarquable, qu’il est aujourd’hui considéré, par les arquebusiers de Paris, comme le premier de son industrie.
- Pour qu’il en soit ainsi, il a fallu que M. Bernard-Léopold modifiât profondément sa fabrication.
- Il a fait construire un four à souder les canons doubles, qui ne donne que la chaleur nécessaire à la fusion du cuivre, laquelle a lieu simultanément dans toute la longueur du canon.
- Comme on n’est plus obligé de les retourner, on évite la torsion et d’autres accidents, en même temps que disparaît la possibilité de les brûler par places, inconvénient qui se produit souvent par l’ancienne manière de souder. Il a de plus, par un outillage non-
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- veau, l’avantage de pouvoir cylindrer et dresser parfaitement l’intérieur de ses canons.
- Les culasses sont aussi mieux filetées, et leur ajustement ne laisse rien à désirer.
- Pour tous ces motifs, le jury voulant récompenser dignement M. Bernard-Léopold des améliorations qu’il n’a cessé d’apporter à la fabrication des canons de fusils,
- Lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. Albert BERNARD, avenue de Lamotte-Piquel, n° 8 , à Paris.
- Rappel de médaille d’argent.
- M. Albert Bernard est avantageusement connu pour la bonne-fabrication de ses canons ; il est le premier qui les ait faits à l’aide de moyens mécaniques, et c’est à ce titre qu’il obtint, en i844, une médaille d’argent.
- L’exposition de M. Albert Bernard se compose de canons doubles très-bien faits, et de canons de carabines rayés, en acier fondu.
- La rayure d’un de ces canons est progressive, c’est-à-dire que le mouvement qu elle imprime au projectile devient plus rapide à mesure qu’il approche de l’orifice du canon.
- M. Bernard se promet d’heureux résultats de cette rayure. Sans rien préjuger sur son mérite réel, le jury ne peut qu’applaudir aux* efforts qui sont faits en vue de rendre plus juste le tir des armes de précision.
- Pendant le temps qui s’est écoulé depuis la dernière exposition, M. Bernard, tout en continuant la fabrication de ses canons, à travaillé avec succès au perfectionnement des tubes propulseurs des chemins de fer atmosphériques.
- Pour le récompenser de sa persévérance à bien faire, heureux de pouvoir rendre hommage à l’intelligence de M. Albert Bernard,
- Le jury lui décerne un rappel de médaille d’argent.
- M. GODDET, rue Saint-Lazare, n° i3ô,à Paris. Médaille
- ^ de bron&e.
- En i844, M. Goddet a soumis au concours des canons de fusils qui avaient résisté à de.très-fortes épreuves, ainsi que le constataient des procès-verbaux signés par plusieurs arquebusiers de Paris. '
- Cette fois, M. Goddet expose des canons de fusils doubles à
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- Médailles
- d’argent.
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- rubans moirés, qui paraissent très-bien faits, des canons de carabines et de pistolets en fer moiré, et d’autres en acier fondu, dont la bonne qualité paraît certaine.
- Cité favorablement en i83g, il fut, en i844, jugé digne de la mention honorable : le jury la lui accorda.
- Aujourd’hui, les efforts et la persévérance de M. Goddet le font considérer comme un industriel habile qu’on doit récompenser. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- § 3. CARTOUCHES ET AMORCES. M. Peupin, rapporteur.
- M. CHAUDUN, rue du Faubourg - Montmartre, n° 4, à Paris.
- M. Chaudun exposait, en i844. des cartouches en papier dites contractiles} et rendues hydrofuges par une préparation particulière.
- Le jury lui accorda une médaille de bronze.
- Depuis ce temps, M. Chaudun a considérablement amélioré ses cartouches.
- Au papier il a substitué le cuivre et le zinc. Cependant ce n’est pas au moyen du tour qu’il les fabrique : cette manière de procéder serait beaucoup trop longue et trop dispendieuse. Mais c’est en les emboutissant au découpoir qu’il est parvenu à faire des cartouches en métal à culot renforcé, qui peuvent servir plusieurs fois et dont le prix est si modique que, par ce fait, l’usage des fusils se chargeant par la culasse ne peut que s’accroître davantage.
- Aujourd’hui on fait, dans les ateliers de M. Chaudun, de 5 à 600,000 cartouches par an.
- Le jury, pour récompenser M. Chaudun de tous ces perfectionnements, et considérant l’importance réelle de sa fabrication, lui décerne une médaille d’argent.
- MM. GÉVELOT et LEMAIRE, rue Notre-Dame-des-Vic-toires, n® 3o, à Paris.
- MM. Gévelot et Lemaire sont les successeurs de M”0 veuve Gé-
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- velot, dont l’établissement est si avantageusement connu pour l’excellence de ses produits.
- En i83g, la maison Gévelot obtint une médaille de bronze.
- En i844, le jury, prenant en considération les perfectionnements considérables que Mmc veuve Gévelot avait apportés dans les divers détails de sa fabrication, lui décerna une nouvelle médaille de bronze.
- Depuis 1844 MM. Gévelot fils et Lemaire ont succédé àMmcveuve Gévelot, et l’on peut dire avec raison que la fabrication des capsules-amorces de cette nouvelle maison n’a fait que progresser.
- L’outillage est aussi parfait qu’on peut le désirer. Toutes les machines qui servent à la fabrication sont construites et réparées dans leur atelier par des ouvriers mécaniciens qu’ils dirigent eux-mêmes.
- En i846, cette maison livrait au commerce de nouvelles capsules-amorces, dites à feu comprimé.
- En 1847» e^e produisait d’autres amorces à capsules àcollier qui, lors de l’explosion, peuvent empêcher la projection des parcelles de cuivre sur les mains.
- Enfin, en i844, elle présenta une nouvelle amorce à capsule double, qui réunit toutes les qualités des amorces précitées.
- Le jury, pour récompenser les efforts deMM. Gévelot et Lemaire, leur décerne une médaille d’argent.
- MM. GAUPILLAT, ILLIG, GÜINDORF et MASSE, au*3 Bruy ères-de-Sèvres.
- MM. Gaupillat, lllig, Guindorf et Masse ont, aux Bruyères-de-Sèvres, une fabrique d’amorces dont les produits sont en grande partie destinés à l’exportation. Outre les amorces, on y fait aussi une quantité considérable d’œillets métalliques pour bottines, corsets, etc.
- La quantité de cuivre mise en œuvre s’élève : pour les amorces, à 120,000 kilogrammes; pour les œillets, à 24,000 kilogrammes.
- En i844, le jury décerna à MM. Gaupillat, lllig, Guindorf et Masse, une médaille de bronze.
- Le jury, prenant en considération l’importance croissante de leur établissement, leur accorde un rappel de cette médaille de bronze.
- ^ Rappel de médaille de bronze.
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- Médaille
- d’argent.
- S 4. FOURBISSERIE.
- M. Peupin, rapporteur.
- CONSIDERATIONS GÉNÉRALES.
- La fourbisserie parisienne est toujours en progrès; elle ne comprend plus, comme la fourbisserie ancienne, la fabrication des lames que l’on tire presque toutes des grandes manufactures de Châtellerault et de Klingenthal, mais seulement la confection des poignées et des fourreaux, la ciselure, l’ornementation et le montage, qui se font, aujourd’hui avec un art merveilleux. 11 n’est pas de fabrique qui puisse rivaliser avec Paris, pour le genre riche de cette industrie, sous les rapports du fini, de l’élégance et du bon goût. Quant aux armes ordinaires, plusieurs de nos fourbisseurs les font de manière à ce qu’elles n’aient plus rien à craindre désormais de la concurrence que la Prusse et l’Angleterre leur faisaient sur les marchés étrangers.
- C’est un progrès notable dont chacun sent toute l’importance, et que le jury se fait un devoir d’encourager, tout en regrettant qu’un plus grand nombre d’exposants n’aient pas pris place au concours.
- M. ROUCOU, rue de Paris, n° 21, à Belleville (Seine).
- Jusqu’à la fin du xvi° siècle, les armes ont été ornées de damas-quinures en or et en argent, dont les dessins riches et variés excitent encore aujourd’hui l’admiration de tous les hommes de goût.
- Pen à peu ce genre d’ornementation disparut et les armes à feu du xvni8 siècle furent les seules qui présentèrent dans la partie inférieure du canon quelque peu de damasquinure, et encore n’était-ce, le plus souvent, qu’une application d’or uni qui n’avait d’autre but que de préserver ces armes de l’oxydation que produit l’inflammation de la poudre dans le bassinet.
- Depuis l’invention des fusils à percussion, ce plaquage d’or, s’il est permis de s’exprimer ainsi, n’étant plus nécessaire, ce dernier reste de damasquinure avait lui-même disparu.
- M. Roucou, ouvrier arquebusier, doué d’une imagination vive et d’une adresse remarquable, s’ingénia à ressusciter la damasqui-
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- nure, qu’il avait toujours admirée. 11 y réussit complètement, et aujourd’hui il est parvenu à produire en ce genre de travail tout ce que les amateurs les plus exigeants peuvent désirer de mieux.
- Un petit poignard turc avec son fourreau, un couteau de chasse dont la garde et le fourreau sont couverts de riches damasquinures en or;
- Des bracelets et divers bijoux en acier,égalementdamasquinésenor; Enfin, une hache d’armes lartare, damasquinée en argent;
- Tels sont les produits exposés par M. Roucou.
- Le jury, prenant en considération le travail précieux de cet artiste, lui décerne une médaille d’argent.
- M. Louis-Félix DELACOUR, rue aux Fers, n° 20, à Paris.
- M. Delaconr, qui dès le début de sa fabrication obtint en i844 une médaille de bronze, a mis à l’exposition de cette année une grande variété d’armes blanches, épées et sabres de lous’pays et de tous modèles, qui, entièrement faites dans ses ateliers, sauf les lames, la dorure et l’argenture, se recommandent par le bon marché en même temps que par le travail.
- M. Delacour travaille aussi lui-même, et ses armes, depuis les plus riches jusqu’aux sabres d’uniforme, sont très-bien montées. Nous avons surtout remarqué une riche épée à fourreau d’acier, avec ciselure et dorure; un glaive à fourreau de velours, une épée de cour et un couteau chasse en fonte de fer ciselé.
- Depuis deux ans ans environ, les fourreaux de sabres en cuivre, en fer et en cuir, qu’il emploie, sont fabriqués chez lui, ainsi que les poignées d’ivoire pour sabres, couteaux de chasse, etc. Sa fabrication est donc complète.
- M. Delacour enfin paraît devoir lutter avec avantage contre l’Angleterre et la Presse, pour les articles à bas prix. Un sabre verni, modèle de l’armée, coté 12 francs 5o centimes, et une épée de musicien à 8 francs 5o centimes, ont particulièrement fixé l’attention du jury, qui, pour récompenser dignement M. de Lacour, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. Joseph-Alexandre BES, fabricant place du Palais de Justice, n° nabites), à Paris.
- d’armes blanches, 1 (cour des Bar-
- M. Bès expose pour la première fois. Ses produits sont remar
- 11.
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- Nouvelle médaille de bronze»
- Médaille de bronze
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- quables par le bon goût du travail et la modicité des prix. Deux fourreaux de sabres en peau de requin qui figurent à l’exposition, et qu’il a faits lui-même, accusent autant d’intelligence que d’habileté. La monture et la ciselure des armes sortant de sa maison méritent des éloges.
- Le jury lui décerne, à ces divers titres, une médaille de bronze.
- lonorable MICHEL-SPIQUEL et C\ rue Saint-Honoré, n° i 64, à Paris.
- La fabrication des sabres et épées réglementaires pour tous les corps de l’armée, à laquelle se livre la maison Michel-Spiquel et G’\ appelle sur elle une attention toute particulière.
- Les cuirasses, dont quelques manufactures ont le monopole, sont cependant fabriquées sur mesure par ces fourbisseurs, les seuls à Paris qui aient osé jusqu’alors en entreprendre l’exécution. Des casques enfin, les premiers qu’ils aient faits, figurent avec distinction à l’exposition, et méritent un encouragement.
- Le jury décerne à M. Michel-Spiquel et Cie une mention honorable.
- S 5. USTENSILES DE CHASSE.
- M. Peupin, rapporteur.
- l IUécMi BOCHE,rue des Vinaigriers, n° 19 lis, à Paris.
- dargent. jrn x33g^ jyp Boche, fabricant de poires à poudre, obtint une médaille de bronze.
- En x844, M. Boche, ayant considérablement perfectionné ses produits, fut récompensé de ses efforts par une médaille d’argent que lui décerna le jury.
- Dès cette époque, la fabrique de M. Boche était déjà la plus considérable en son genre. Doué d’une grande activité, il s’est appliqué à perfectionner encore une fabrication pour laquelle il avait lait jusqu’alors des sacrifices considérables. Et en même temps qu’il continue à livrer aux amateurs opulents les articles de chasse les plus beaux et les plus riches, il est parvenu à donner des poires à poudre en cuivre avec fermeture à couteau et à charge graduée, à 12 fr. la douzaine.
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- Le jury, pour reconnaître les progrès faits par M. Boche depuis la dernière exposition, lui décerne un rappel de médaille d’argent.
- M. AUBIN, rue de Breteuil, n° 6, à Paris. Mention
- honorable,
- M. Aubin, qui expose pour la première fois, fabrique avec succès les articles de chasse. Ses produits se font remarquer par leurbonne tournure et par la modération de leurs prix.
- C’est pourquoi le jury accorde à M. Aubin une mention honorable.
- SECTION CINQUIÈME.
- APPAREILS D’ÉCLAIRAGE.
- M. Pouillet, rapporteur.
- MM. G AGNEAU frères, rue d’Eoghien, n° 2 5, à Paris. Nouvelle
- ° _ médaille
- MM. Gagneau frères se distinguent à la fois par le bon goût avSc d’argent, lequel ils décorent leurs appareils d’éclairage, et par l’excelierile construction des appareils eux-mêmes. Ils fabriquent avec le même soin la lampe la plus modeste et le lustre le plus magnifique; tout ce qui lient à la production delà lumière, à l’ajustement du bec, à la circulation du liquide, est toujours exécuté solidement et avec précision. 11 en résulte deux grands avantages : économie de temps et économie de combustible; le premier de ces avantages est aujourd’hui le plus rare. A égalité de lumière, les consommations d’huile ne sont pas très-différentes dans les différents systèmes; mais le point le plus difficile à atteindre, c’est que toutes les fonctions de l’appareil s’accomplissent d’elles-mêmes avec une parfaite régularité, sans que l’on ait le souci de s’en occuper. Les perfectionnements modernes ont en quelque sorte élevé la lampe au niveau des instruments d’horlogerie :1a meilleure pendule est celle qui va toujours bien quand elle est remontée; la meilleure lampe est celle qui va toujours bien une fois qu’elle est allumée.
- Les lampes de MM. Gagneau doivent particulièrement,sous ce rapport, être comprises parmi les meilleures.
- Les dorures, les bronzes, les porcelaines, les formes gracieuses et élégantes ne sont, il est vrai, que des accessoires, mais des ac-
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- cessoires qui ont bien aussi leur mérite. Les ornements les mieux placés sont peut-être ceux qui servent à décorer les meubles les plus utiles et les plus répandus; pour ce genre de décoration, le bon goût de MM. Gagneau est connu depuis longtemps. Sur le rapport de la commission des beaux-arts, le jury de i844 leur a décerné une médaille d’argent, et nous vous proposons de leur accorder, pour l’ensemble de leur fabrication, une nouvelle médaille d’argent.
- Rappels M. CHABRIÉ fils aîné, rue Notre-Dame-des-Victoires,
- de médailles „ , «
- d’argent. n° i b, a Pans.
- La Société Chabrié et Neuburger a obtenu, à l’Exposition de i844, une médaille d’argent pour ses divers appareils d’éclairage et pour la lampe solaire dont elle avait l’exploitation. Cette société a été très-récemment dissoute, et les intéressés se présentent séparément avec des produits très-analogues à ceux qui ont été récompensés à la dernière Exposition.
- Le jury fait rappel de la médaille d’argent en faveur de M. Chabrié fils aîné, l’un des représentants de l’ancienne Société Chabrié et Neuburger.
- M. NEUBURGER, rue Vivienne, n° 4, & Paris.
- La Société Chabrié et Neuburger a obtenu, à l’Exposition de i844, une médaille d’argent pour ses divers appareils d’éclairage et pour la lampe solaire dont elle avait l’exploitation. Cette Société a été très-récemment dissoute, elles intéressés se présentent séparément avec des produits très-analogues à ceux qui ont été récompensés à la dernière Exposition.
- Le jury fait rappel de la médaille d’argent en faveur de M. Neuburger, l’un des membres de l’ancienne Société Chabrié et Neuburger.
- M. CAREAU, rue Groix-des-Petits-Champs, n° 13, à Paris.
- M. Careau, fils de l’associé deCarcel, le premier inventeur de la lampe mécanique qui a conservé à juste titre le nom de lampe de Carcel, a fait de nombreux efforts pour simplifier le mécanisme primitif, auquel Carcel et Careau père s’étaient arrêtés. Ces efforts.
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- jugés favorablement par le jury de 183g, ont été récompensés à cette époque par la médaille d’argent.
- Aujourd’hui, M. Gareau présente à l’Exposition des lampes de divers modèles, des appareils de bronze destinés à les supporter, et des mouvements exécutés dans sa fabrique. Toutes ces pièces sont une preuve du zèle de M. Careau et des soins qu’il donne à sa fabrication. Le jury fait rappel en sa faveur de la médaille d’argent qui lui avait été accordée en i83g.
- MM. SIR Y, LIZARS et G18, rue Lafayetle, n° 7, à Paris.
- MM. Siry, Lizars et Cra ont été des premiers à établir en France des ateliers spéciaux exclusivement destinés à la construction des compteurs à gaz, des becs, robinets, manomètres, indicateurs de pression, etc., en un mot, de toutes les pièces et appareils de précision qui se rattachent à l’éclairage au gaz. En i844, le jury avait encouragé, par une médaille de bronze, leurs bons procédés de fabrication et leurs excellents produits. Ces messieurs présentent aujourd’hui à l’Exposition des compteurs à gaz de toutes les dimensions, et diverses séries de pièces qui prouvent que cette fabrication importante a pris, entre leur mains, de nouveaux développements.
- Le jury accorde à MM. Siry, Lizars et C10 une nouvelle médaille de bronze.
- Nouvelles médailles de bronze.
- M. André-Narcisse DUBRULLE, à Lille (Nord).
- M. Dubrulle, habile et ingénieux fabricant pour tout ce qui tient à la lampisterie et à l’ajustement des balances, a reçu, en i844» une médaille de bronze, pour ses lampes de Dervy perfectionnées. Cet encouragement a porté ses fruits; M. Dubrulle nous présente de nouvelles lampes de Dervy meilleures encore que les précédentes ; il nous présente aussi des lampes à l’usage de la marine et à l’usage des filatures. Le jury du département du Nord s’exprime de la ma-, nière la plus favorable sur les nouvelles inventions de M. Dubrulle, qui sont, en effet, très-intéressantes et très-dignes d’être encouragées.
- Le jury central accorde à M. Dubrulle une nouvelle médaille de bronze.
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- M. IlOCKEL, à Metz (Moselle).
- M, Rockel, habile fabricant de lustres et de lampes, qui a obtenu la médaille de bronze à l’exposition de i844, présente à l’examen du jury un lustre à six becs alimentés diversement; les uns reçoivent l'huile d’une manière directe par un mouvement de Carcel, les autres ne la reçoivent que d’une manière indirecte; l’alimentation surabondante, au lieu de retomber immédiatement dans le réservoir, est dirigée par des conduits particuliers vers un second bec et même vers un troisième. M. Rockel trouve ainsi l’avantage de nejpas multiplier les réservoirs et les mouvements, sentant qu’il mullipliedes becs, mais sous la condition que les mouvements seront plus forts. Celte idée, considérée d’une manière générale, n’est pas nouvelle, mais elle est ici appliquée d’une manière ingénieuse et assez bien entendue.
- Le jury accorde à M. Rockel une nouvelle médaille de bronze.
- M. JOANNE, rue Sainte-Avoye, n°63, à Paris.
- M. Joanne a obtenu une médaille de bronze en i834, un rappel en i83g, et une nouvelle médaille de bronze en i844‘, ces récompenses successives montrent que le zèle de M. Joanne ne se ralentît pas, qu’il fait sans cesse des efforts pour perfectionner ses produits, et qu’il obtient des résultats de plus en plus satisfaisants. Cette année, il présente à l’examen du jury des lampes à huile et des lampes à gaz; ces dernières étant particulièrement destinées à brûler des carbures d’hydrogène, autres que des alcools. On peut dire que dans ces divers appareils il a bien mis à profit sa langue expérience.
- Le jury décerne à M. Joanne une nouvelle médaille de bronze.
- ]emédaüles ^RUC, rue Saintongc, n0 9, â Paris, de bronze. La société Truc et Brismontier a obtenu en i844 une médaille de bronze pour une nouvelle lampe mécanique à ressort, sans mouvement d’horlogerie. M. Truc présente cette année de grands assortiments de lampes plus ou moins ornées qui prouvent qu’il a su donner à sa fabrication un grand développement et beaucoup de variété.
- Le jury fait rappel en faveur de M. Truc de la médaille de bronze qui lui avait été accordée en i844.
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- Madame veuve GOTTEN, place des Victoires, n° 3., à Paris.
- Madame Gotten continue l’établissement qui a été fondé, il y a plus de vingt-cinq ans, par feu M. Gotten, son mari, établissement qui n’a pas cessé de livrer au commerce des produits d’une excellente qualité. La lampe imaginée autrefois par M. Gotten est l’une des premières et des plus heureuses modifications qui aient été apportées à la lampe Carcel; les perfectionnements successifs que M. Gotten avait introduits dans son invention, quantjj aux détails, carie principe reste le même, lui ont valu des médailles à toutes les expositions.
- Le jury fait rappel, en faveur de madame Gotten, de la médaille de bronze qui avait été accordée à M. Gotten à l’exposition de
- i844-
- M. JAQUESSON et Fils, à Châlons (Marne).
- M. Jaquesson, comme tous les grands fabricants de vin de Champagne, possède des caves magnifiques et d’une étendue très-considérable. Ces caves sont établies à la profondeur voulue, sous le sol d’un coteau couvert de vignes; elles doivent être éclairées fréquemment à cause des manipulations nombreuses et délicates que le vin de Champagne exige avant d’être livré au commerce. M. Jaquesson a eu l’idée de faire cet éclairage avec la lumière du jour; pour cela, il a creusé des puits en nombre suffisant, allant du sol aux voûtes de la cave; ensuite il a disposé des réflecteurs pyramidaux de fer-blanc, dans la cave et au fond de chaque puits, pour diriger la lumière dans les avenues qui en ont besoin.
- Le modèle d’ensemble qu’il soumet à l’examen du jury est parfaitement combiné pour faire comprendre les détails de toutes ces ingénieuses dispositions.
- Le jury accorde à M. Jaquesson une médaille de bronze.
- M. AUBINEAU, rueMeslay, n° 65 bis, à Paris.
- M. Aubineau s’est appliqué spécialemént à la construction des lampes destinées à faire l’éclairage au moyen des carbures hydrogénés qui se tirent du schiste. La commission a vu avec intérêt les
- Médailles de bronze.
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- résultats auxquels il est déjà parvenu; elle croit que celte industrie mérite des encouragements.
- Le jury accorde à M. Aubineau une médaille de bronze.
- M. Émile BERNIER, rue Geoffroy-Marie, n° 8, à Paris.
- M. Bernier présente des assortiments variés de lampes à gaz liquide; ces» appareils sont construits avec intelligence et décorés avec goût.
- Le jury accorde à M. Bernier une médaille de bronze.
- »
- M. BOUHON, place Dauphine, n° y, à Paris.
- M. Bonbon a imaginé des burettes inversables, et des lampes m-versables : par une heureuse disposition de réservoirs à air, ménagés à l’intérieur, ces appareils jouissent en effet de la propriété indiquée par l’inventeur. Les avantages qui en résultent ont déjà été appréciés par la pratique, particulièrement dans les ateliers, où la burette destinée au graissage çeut rendre et rend en effet de très-grands services.
- Le jury accorde à M. Bouhon une médaille de bronze.
- M. GRISON, rue Salle-au-Gomte, n° 8, à Paris.
- M. Grison se livre exclusivement à la fabrication des mèches, des veilleuses et autres accessoires de l’éclairage ; il y a plus de vingt ans qu’il a adopté ce genre d’industrie et qu’il en poursuit tous les perfectionnements avec une activité et un succès dignes d’éloges. Ses métiers à mèches, deParisetdelaFerlé-Macé, mettent en oeuvre aujourd’hui environ vingt mille kilogrammes de coton; ses produits, économiquement fabriqués, sont recherchés partout à cause de leur bonne confection.
- Le jury accorde à M. Grison une médaille de bronze.
- M. MUTREL, rue Beauvoisine, à Rouen.
- M. Mutrel présente à l’exposition un régulatenr à gaz, ayant pour objet de compenser par ses propres mouvements toutes les variations de pression qui tendraient à changer la dépense du bec de gaz, et qui tendraient, par conséquent, à affaiblir la flamme, ou à .lui donner un trop grand développement. C’est une cloche plongeant dans l’eau, équilibrée par uuc espèce de romaine, dont
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- le contrepoids se règle aisément à une pression déterminée. Si la pression du gaz augmente à l’instant où l’on éteint les becs voisins, la cloche se soulève; elle s’enfonce au contraire quand la pression diminue, soit par l’allumage de quelques becs, soit par d’autres causes. Ces mouvements se transmettent au robinet d’alimentation qui sert à introduire le gaz dans,la cloche avant qu’il arrive au bec : dans le premier cas, l’ouverture du robinet , est réduite pour diminuer l’alimentation ; dans le second cas, elle est plus largement ouverte, pour amener au bec une quantité de gaz plus grande. C’est ainsi que l’élévation ou la dépression de'la cloche maintient l’écoulement du gaz dans des limites assez étroites pour éviter les graves inconvénients qui peuvent résulter d’une alimentation trop restreinte ou trop abondante.
- Le jury accorde à M. Mutrel une médaille de bronze.
- M. PARISOT, rue du Faubourg-du-Temple, n° y, à Paris.
- M. Parisot, déjà mentionné honorablement en i844, continue à fabriquer avec des perfectionnements nouveaux les becs à gaz de toute espèce, les robinets de distribution, les régulateurs, et tient tout ce qui se rapporte à l’éclairage au gaz. Toutes les pièces qu’il présente à l’exposition annoncent une fabrication habituelle très-soignée.
- Le jury accorde à M. Parisot une médaille de bronze.
- M. SILVA1NT, rue Croix-des-Petits-Champs, n° 3g, à Paris.
- M. Silvant a reçu des mentions honorables aux trois dernières, expositions ; sa longue expérience l’a conduit à des moyens de fabrication plus soignée, sans être moins économique. Les lampes, Silvant, les lampes Carcel, les lampes à modérateurs qu’il présenta aujourd’hui sont d’une très-bonne exécution.
- Le jury accorde à M. Silvant une médaille de bronze.
- M. VEYRON, rue Neuve-Coquenard, n° 11, à Paris.
- M. Veyron est parvenu à introduire quelques ingénieux perfectionnements dans la fabrication des cafetières et des lampes ; ses, produits se distinguent comme un travail de ferblanterie des mieux exécutés.
- Le jury accorde à M. Veyron une médaille de bronze.
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- Mentions
- honorables.
- M.BAYOUX, rue du Marché-Saint-Honoré, n°5, à Paris.
- Le jury mentionne honorablement M. Bavoux pour ses lampes à tringles et ses bougeoirs.
- M. BIED, rue du Faubourg-du-Temple, n° 1, à Paris.
- La belle fabrication des lustres à fleurs a valu à M. Bied une mention honorable.
- M. CHALIER-TARTAS, quai de Conti, n° 7, à Paris.
- Les lampes de M. Chaîier-Tartas ont fixé l'attention du jury, qui lui accorde une mention honorable.
- M. FOLLET, rue Neuve-des-Capucines, n° 4, à Paris.
- Le jury mentionne honorablement M. Follet pour ses régulateurs à gaz.
- MM. GRANDSIR et EUGLER, rue d’Anjou, n°4, à Paris.
- Les jolies lampes en cristal et en fonte de MM. Grandsir et Eu-gler sont citées honorablement par le jury.
- M. JARRIN, rue Saint-Honoré, n° 274, à Paris,
- Est mentionné honorablemeut par le jury pour ses ingénieux becs de lampe.
- MM. LEBESGUE et ROULLET, rue Pastourel, n° 5, à Paris,
- Reçoivent une mention honorable pour leurs lanternes de chemin de fer.
- M. LEROI, à Châlons-sur-Marne.
- L’ingénieux modèle d’usine à gaz de M. Leroy a mérité à son auteur une mention honorable que le jury s’empresse de lui accorder.
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- M. LEVENT aîné, rue Meslay, n° 67, à Paris.
- Une mention honorable est accordée à M. Lèvent pour ses lanternes à réflecteurs.
- M. MACCAUD, rue Matignon, n° 11, à Paris.
- M. Maccaud a exposé un nouveau genre de becs à gaz qui ont attiré l’attention du jury, aussi une mention honorable lui est-elle décernée pour ses produits. .
- M. PAULIN-DESORMEAUX, rue Jean-Bart, n° 4 bis, à Paris,
- Est mentionné honorablement par le jury pour ses jolis flambeaux.
- M. PIERSON, rue Neuve-Saint-Martin, n° 3o, à Paris.
- Les perfectionnements apportés aux lampes Carcel par M. Pier-son lui ont valu une mention honorable.
- M. SENTEX, rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 33, à Paris,
- Est cité honorablement par le jury pour ses lampes à liquide minéral.
- CONTRE-MAITRES ET OUVRIERS NON-EXPOSANTS.
- M. GIESLER.
- Les claviers de M. Giesler sont toujours recherchés par plusieurs facteurs. M. Giesler est toujours digne, par le fini et la précision de son travail, de la distinction que le jury de i844 lui avait accordée.
- Le jury décerne à M. Giesler le rappel de la médaille d’argent qu’il avait obtenue à l’exposition précédente.
- Sets tilles
- d’argent.
- M. ROHDEN.
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- L’établissement important de M. Rohden, signalé par le jury de
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- Mt-daille di bronze.
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- i844, fonctionne toujours avec régularité. M. Roliden a droit à une certaine part dans les succès de beaucoup de facteurs, puisque c’est dans ses ateliers qu’on prépare leurs mécaniques, qui leur sont livrées toutes prêtes à monter dans l’instrument.
- En conséquence, le jury, voulant reconnaître les services que cet habile mécanicien continue à rendre à la facture, décerne à M. Roh-den le rappel de la médaille d’argent qu’il avait obtenue en i844.
- M. MOUGIN, contre-maître chez M. Moutier-Lepage, arquebusier, rue de Richelieu, à Paris.
- Depuis plus de i5 ans M. Mougin est honoré de la confiance de son patron, dont il partage les travaux; c’est lui qui dirige toute la fabrication des armes de luxe qui sont faites dans cette maison.
- Comme travailleur, c’est un homme de mérite, et l’opinion publique l’a depuis longtemps reconnu, car M. Mouguinest membre du conseil des prudhommes depuis la création de cette juridiction à Paris.
- Le jury, pour récompenser M. Mougin, lui décerne avec satisfaction une médaille de bronze.
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- SIXIÈME COMMISSION.
- ARTS CHIMIQUES.
- MEMBRES DU JURY COMPOSANT LA COMMISSION :
- MM. Dumas (de rinstitut), president ;Ebelmcn, Payen, Péligot, J. Persoz,
- Louis-Lucien Bonaparte, Balard.
- PREMIERE SECTION.
- SUBSTANCES ALIMENTAIRES, SAVONS, COLLES
- ET GÉLATINES.
- M. Péligot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’industrie alimentaire était représentée à l’exposition de 1849 par une grande variété de produits. Les pâtes, 4es vermicelles et les farines diverses, les conserves de viandes, de légumes et de fruits, les chocolats, les diverses préparations qui servent à remplacer le café, etc., y occupaient une place importante. De même qu’aux précédentes expositions, le jury central s’est trouvé embarrassé pour juger quelques-uns de ces produits, qui sont plutôt du ressort de l’art culinaire que de l’industrie proprement dite.
- En matière de produits alimentaires, les découvertes et les produits nouveaux sont rares. Il faut, en outre, beaucoup de temps pour faire entrer dans la consommation un aliment nouveau. Nous avons pourtant à signaler 1’apparition du gluten granulé, qui permet d’employer avec avantage, sous forme de potage, le gluten qu’on sépare du blé dans la préparation de l’amidon : la conservation du lait, qui, réduit sous un petit volume, reprend par son contact avec l’eau tous les caractères du lait frais, est également un problème qui semble être
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- aujourd’hui parfaitement résolu. L’alimentation des marins ne peut manquer de tirer bon parti de ces précieuses découvertes.
- La fabrication des chocolats a pris un développement considérable; elle s’est améliorée en même temps que le prix des bons chocolats a baissé d’une manière sensible. Les fraudes, qui nuisaient autrefois à cette industrie, ont disparu.
- La conservation des viandes, des légumes, des fruits est également en progrès. On a perfectionné le procédé d’Appert, en rendant la conservation plus certaine, par l’emploi du vide.
- Les conserves, qui servaient exclusivement d’abord aux approvisionnements de la marine, sont aujourd’hui d’un usage général, tant celles qui consistent en viandes de luxe, qu’on consomme en toute saison et qu’on ne peut obtenir que dans des temps d’abondance ou pendant les mois où la chasse est permise, que les conserves de légumes et de fruits, qui sont maintenant à la portée de toutes les tables. Il reste encore beaucoup à faire dans cette voie sous le rapport du bon marché; mais la qualité de ces produits laisse peu de chose à désirer. Les substances les plus délicates peuvent être conservées pendant plusieurs 3.nnées, supportent des voyages de long cours sans que leur goût, leur arôme, souvent si fugace, soient altérés. Il serait difficile de trouver aujourd’hui dans le commerce des conserves alimentaires mal préparées.
- Les subs lances destinées à remplacer le café figuraient en grand nombre à l’exposition. Les jurys départementaux s’étaient montrés trop faciles pour l’admission de ces produits. Le jury central, persistant dans la voie qui lui a été ouverte par les jurys qui l’ont précédé, a refusé systématiquement de faire participer aux récompenses qu’il décerne ces succédanées de la fève exotique. Sans doute, la culture de la chicorée n’est pas sans importance pour nos départements du Nord, mais l’emploi de sa racine torréfiée vient trop souvent en aide à la fraude. En ou Ire, les fabricants de café chicorée donnent eux-mêmes, pour la plupart, l’exemple d’une fabrication peu loyale; à défaut çlu goût, ils se croient obligés de séduire les yeux par des enveloppes coûteuses, et ils livrent au consomma-
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- teur, à vil prix, à la vérité, des poudres qui contiennent toujours une forte proportion de matières terreuses; beaucoup en renferment le tiers de leur poids; les moins mauvaises, d’après nos essais, n’en contiennent pas moins de i5 p. o/o. Ajoutons que ces produits, qui usurpent tous le nom de café, contiennent, en outre, de l’ocre rouge, des marcs de chicorée épuisés, et des corps gras de basse extraction dont on les pare pour leur donner quelque ressemblance avec le vrai café.
- Cette industrie, dans laquelle la concurrence est grande,* suit une voie regrettable et même dangereuse pour elle. Il était du devoir du jui'y central de signaler cette mauvaise tendance à l’attention publique.
- S 1er. PRÉPARATION ET CONSERVATION DES SUBSTANCES
- ALIMENTAIRES.
- M. MAGNIN, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Rappel
- de médaille
- La fabrication des semoules, pâtes, macaroni, vermicelle, etc. d’argent, a pris à Clermont un grand développement; trente-deux usines s’y livrent à celte industrie, qui, à la fois agricole et manufacturière, occupe le premier rang parmi celles du département. L’impulsion donnée à la fabrication des pâtes qui rivalisent par leurs qualités avec celles d’Italie, et des semoules qui alimentent les fabriques de vermicelle de Lyon, est en grande partie due à M. Magnin. La plupart des fabricants de semoule sont ses anciens ouvriers, qu’il a encouragés à s’établir à leur compte, et dont il achète les produits.
- Au point de vue agricole, l’industrie des pâles offre cet avantage qu’elle utilise les froments rouges et glacés, plus productifs que les autres blés de la Limagne, et qui, ne fournissant pas du pain très-blanc , subissaient sur le marché une dépréciation très-marquée, jusqu’au jour où les fabricants de pâtes, venant à les employer, leur ont conservé le prix moyen des autres blés.
- ' Au point de vue commercial et manufacturier, celte industrie occupe beaucoup de monde et donne lieu à une exportation importante. L’établissement de M. Magnin donne du travail à 3oo ouvriers; il utilise une machine à vapeur de la force de ôjchevaux; il transforme,en semoule 15,ooo hectolitres de blé; il emploie q presses pour fabriquer les pâtes et les vermicelles.
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- Médaille
- d’argent.
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- La qualité des produits de la fabrique de M. Magnin ne laisse rien à désirer. Les pâles sont ordinairementvendues à Paris comme pâtes de Naples : elles ne diffèrent pas des plus belles pâtes d’Italie.
- Le jury central de i834 a accordé une médaille de bronze à M. Magnin ; une médaille d’argent a été donnée à cet industriel en i83g, et une nouvelle à l’exposilion de i844-
- Le jury central, reconnaissant les services rendus par M. Magnin à l’industrie alimentaire, déclare cet industriel toujours digne de la médaille d’argent qui lui a été décernée en i844-
- MM. VÉRON frères, à Ligugé, près Poitiers (Vienne).
- Ces manufacturiers ont fondé, il y a six ans, une amidonnerie dans laquelle ils se servent du procédé de M. Martin, de Vervins, ce qui leur permet, par conséquent, de préparer en même temps l’amidon et le gluten, qu’ils livrent à la consommation. Ce gluten, comme on l’a déjà fait remarquer, est associé à une certaine quantité de farine, afin de lui conserver sa perméabilité.
- Ce produit, que MM. Véron frères ont les premiers fabriqués sous celte forme, et qu’ils désignent sous le nom de gluten granulé, a une saveur agréable, est très-nourrissant et d’une digestion facile. 11 est principalement employé pour les potages gras ou maigres. Il conserve, à la coction, sa forme granuleuse mieux que les pâtes d’Italie, s’hydrate très-rapidement, et comme il suffit de le soumettre à l’ébullition pendant cinq minutes, pour le cuire, il n’altère pas le goût agréable des potages. MM. Baudeîocque, Briclieteau et d’autres médecins ont fait préparer, dans les hôpitaux, des potages gras qui ont été trouvés très-bons. Les témoignages unanimes des personnes qui ont examiné ce nouvel aliment, et nos propres observations, nous permettent d’affirmer que cette substance est non-seulement agréable, mais qu’elle possède des propriétés éminemment nutritives. Le gluten granulé est, en effet, un. aliment complet, puisqu’il contient, outre le phosphate de chaux, un aliment combustible, l’amidon, et un aliment assimilable, la glutine. On pourrait, dit M. Pâyen, définir la nature de celle préparation, en la comparant à la viande qui serait unie avec du pain. Il est à désirer que celte substance, qui renferme, sous un petit volume, beaucoup de principes nutritifs, soit employée dans les hôpitaux/dans l’armée et à bord des bâtiments de la flotte.
- MM. Véron frères préparent le gluten granulé en mélangeant avec deux fois son poids de farine le gluten frais et divisé à la main
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- par menus lambeaux. Cette pâte est ensuite granulée dans un cylindre garni intérieurement de chevilles de fer, et dans lequel on fait tourner rapidement un autre cylindre également garni de chevilles à l’extérieur. Les granules, ainsi obtenus, sont ensuite desséchés à l’étuve.
- Les produits de MM. Véron frères sont fort estimés, se vendent déjà en quantités considérables, et il semble certain que cette industrie fera de rapides progrès.
- MM. Véron frères emploient 53 personnes qui ne chôment jamais, et un moteur hydraulique de la force de 60 chevaux. La quantité de matières premières mises en œuvre annuellement dans leur usine s’élève à 3oo,ooo kilogrammes.
- MM. Véron frères sont très-dignes, en raison de l’importance et de l’iililité de leur industrie, de la médaille d’argent que le jury leur, décerne.
- M. Martin DE LIGNAG, propriétaire à Montlevade (Creuse),
- A exposé du lait conservé, à l’état pâteux, dans des.boîtes de fer-blanc auxquelles il a appliqué le procédé d’Appert. Ces conserves de lait ont fixé, à plusieurs égards, l’attention du jury. Beaucoup d’essais ont été tentés dans le but d’approvisionner la marine de ce précieux aliment : aucun n’a réussi jusqu’à ce jour. Le procédé de M. de Lignâc, qui est simple et rationnel, consiste à évaporer le lait, préalablement sucré à raison de 75 grammes de sucre par litre de lait. L’épaisseur de la couche de lait ne doit pas dépasser un centimètre; l’évaporation se fait dans une large bassine chauffée par un bain-marie, dans laquelle le liquide est continuellement remué avec une spatule. Quand le lait est arrivé à la consistance de miel et qu’il a perdu 60 p. 0/0 d’eau environ, on l'enferme dans des boîtes de fer-blanc que l’on soude et qu’on soumet à l’ébullition dans un bain-marie. La fermeture de ces boîtes offre un important perfectionnement : elle esfc faite avec une bande d’étain pur, qui réunit le couvercle à la boîte. La mollesse de l’étain permet de les ouvrir très-facilement, à l’aide d’un couteau. On sait combien les boîtes ordinaires de'fer-blànc qui contiennent des produits' conservés par la méthode d’Appert sont difficiles et dangereuses à ouvrir, à cause de la nécessité où l’on est de déchirer la feuille de fer-blanc qui les compose, ' " ; : ’
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- Pour employer celle conserve de lait, il suffit de la délayer dans une quantité d’eau à peu près égale à celle qu’on lui a fait perdre; en portant le liquide à l’ébullition, elle s’y délaye et elle fournit un liquide qui offre tous les caractères du lait, qui se recouvre de crème, qui mousse par une ébullition un peu prolongée, et dont le goût et l’odeur sont en tout identiques à cenx du meilleur lait sucré. Ce liquide, une fois refroidi, se conserve plus longtemps que le lait ordinaire , alors même qu’on a pris la précaution de faire bouillir ce dernier.
- Les conserves de lait de M. de Lignac ont été expérimentées à Toulon par l’ordre de M. le ministre de la marine, et le rapport de la commission, composée du premier médecin en chef de la marine, d’un capitaine de frégate et d’un sous-commissaire de la marine, leur est favorable en tous points : cette commission a comparé ce lait aux conserves de lait double qu’on prépare à Nantes, et qui se délivre actuellement, pourle service des malades, à bord des bâtiments. Après un examen prolongé et consciencieux de ces produits, elle arrive à cette conclusion : « En présence de pareils résultats, la commission émet, sans hésiter, l’opinion que la conserve de M. de Lignac, bien supérieure à l’autre, est, sous tous les rapports, appropriée à l’usage auquel on la destine, et peut être considérée, à juste litre, comme un bienfait pour la navigation......Elle est d’avis qu’il y a lieu de substituer la conserve de
- M. de Lignac aux produits de cette nature dont la marine a fait «sage jusqu’à ce jour. »
- D’autres expériences officielles, faites par les officiers de santé en chef de l’hôpital du Dey, à Alger, constatent «que ce lait, con-« sommé sous forme de vermicelle, de riz et de soupe au lait, a « fourni des aliments de bonne nature et d’une saveur agréable ; «que, tandis que le lait de l’Algérie ne peut être soumis à la plus « courte ébullition sans tourner, le lait régénéré a souvent bouilli « fort longtemps sans éprouver cet accident. »
- Enfin, des expériences de même nature ont été faites par beaucoup de capitaines de navires anglais; elles ont conduit les lords commissaires de l’amirauté à adopter ces préparations pour le service de l’Etat. 45,ooo boîtes en ont été livrées à la marine anglaise.
- Au poiijt de vue de l’agriculture, le procédéqueM. de Lignac emploie pour conserver le lait offre un très-grand intérêt. Il aura pour résultat de donner à ce liquide une valeur vénale plus grande.
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- souvent triple ou quadruple de ce qu’elle est aujourd’hui dans les localités éloignées des centres de population ; il placera les fermes des contrées les moins favorisées au niveau des fermes voisines des grandes villes, quant à la vente de leur lait.
- Le jury central apprécie toute l’importance de cette découverte; il accorde à M. dè Lignac la médaille d’argent.
- M. Auguste GILLET, au Kneven (Morbihan),
- Expose des sardines salées, d’autres conservées dans l’huile, et quelques conserves de légumes. Tous ces articles ont été trouvés d’une qualité supérieure; l’huile, surtout, est d’un choix excellent.
- Un progrès important a été apporté par M. A. Gillet dans la conserve des sardines, branche la plus considérable de son industrie. Jusqu’ici, après avoir enlevé la tête et les intestins du poisson, •on l’exposait au soleil, sur des claies, pour le faire sécher; opération qui se prolongeait plus ou moins, suivant l’état de l’atmosphère. M. À. Gillet a reconnu de graves inconvénients dans celle pratique cl’un caractère primitif; il y a substitué un moyen manufacturier, qui consiste à faire sécher le poisson très-rapidement, dans des appareils chauffés par la vapeur. La conserve, en conséquence, demeure telle fort longtemps.
- Le jury de i844 avait décerné à M. Gillet une médaille de bronze, surtout pour le récompenser du bien qu’il a fait en créant une importante industrie clans un pays pauvre, sur des plages stériles et désertes. M. Gillet occupe aujourd’hui 220 ouvriers et 20,0 pêcheurs, il vend annuellement 3oo,ooo boîtes de sardines; 20 ouvriers ferblantiers sont employés aux machines qui,taillent, découpent et soudent le fer-blanc. . . : • •
- Le jury central de 1849, pour reconnaître nola^e progrès introduit dans l’industrie en elle-même, décerne à M. Gillet une •médaille d’argent. , ' . .
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- M, GROULT jeune, rue Sainte-Apolline, n°.i 6, et passage > des Panoramas, à Paris, 1 ' - 'i;;i i'v
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- A obtenu une médaille de bronze à l’exposition de, 18,89 et le rappel de cette médaille en 1844, pour les services qu’il a rendus‘à l’industrie alimentaire en centralisant la fabrication et la-vente des
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- pâles et clés farines de légumes cuils pour potages et purées. Cette industrie spéciale, qui ne date que de i83i, est en effet due à M. Groult : avant lui, ces divers produits se trouvaient épars chez plusieurs commerçants et ne formaient qu’une partie accessoire de leur industrie. Il possède aujourd’hui, à Vitry-sur-Seine, une usine importante, dans laquelle il emploie une machine à vapeur de la force de 6 chevaux, un grand appareil en bois pour cuire les lé-gnmes à la vapeur, des moulins et meules perfectionnés, etc. Il occupe, tant à Vitry qu’à Paris, 4o personnes. Grâce aux soins qu’il apporte à ses préparations alimentaires, à leur qualité toujours uniforme et à leur prix modéré, il est arrivé à un chiffre d’affaires qui, en 1847, a dépassé 3oo,ooo francs.
- Les produits de M. Groult, qui sont aujourd’hui très-variés, ont amélioré sensiblement l’alimentation de la classe moyenne : la consommation pour les enfants et les convalescents en est importante. Il n’est pas une ville de France dans laquelle on ne les trouve : il s’en exporte même en Russie, en Angleterre, en Belgique, etc., des quantités assez considérables.
- Le jury, voulant récompenser les efforts persévérants de M. Groult, accorde à cet habile industriel la médaille d’argent.
- M. CHEVET, marchand de comestibles, au Palais-National.
- M. Chevet, qui s’est fait une grande réputation dans le commerce des denrées alimentaires de luxe, a exposé des conserves de fruits, de légumes, de volailles et de gibiers qui jouissent de beaucoup de faveur dans les cours du Nord et chez les personnages les plus opulents de l’Europe. On a fait des couserves alimentaires avant M. Chevet, mais il est le créateur des conserves de luxe qui, avec des préparations culinaires depuis longtemps estimées, forment un objet d’exportation intéressant pour nous et dont' l’importance s’accroît d’année en année. Il ne s’agit pas seulement d’une affaire de sensualité; les militaires en campagne, les marins dans leurs longues courses, les malades .en convalescence; surtout, trouvent dans ces préparations délicates des ressources précieuses. Ces conserves permettent de tirer parti, dans les saisons et les époques d’abondance, dej produits précieux qui ont une plus grande valeur aux temps moins favorisés. '
- M. Chevet est un homme progressif dans son industrie; il est
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- constamment à la recherche de tout, ce qui peut l’améliorer. 11 a' introduit des perfectionnements notables dans les procédés qui sont dus à Appert; ses pastilles de bouillon sont un produit nouveau; tout au moins par la supériorité de la saveur.
- Le jury central accorde à M. Chevet une*médaille d’argent, tant pour les • fruits et légumes qu’il a exposés parmi les produits de l’horticulture, que pour ses succès dans la préparation des conserves alimentaires.
- M. CORNILLIER aîné et G10, à Nantes (Loire-Inférieure.)
- Les viandes salées pour la marine de MM. Cornillier et Cie se recommandent par leur bonne qualité et par le soin avec lequel elles sont préparées. Ces fabricants soumettent à leur mode de préparation 4,5oo à 5,ooo porcs et 5o bœufs. Ils assurent qu’ils arriveraient à des débouchés beaucoup plus considérables si le Gouvernement n’admettait pas les salaisons étrangères à concourir, dans ses adjudications, avec les produits français de même nature, et si les droits d’octroi de Paris n’étaient pas aussi différents pour les viandes fraîches et les viandes salées.
- Ils exposent, outre leurs salaisons, un appareil ingénieux et efficace pour boucher dans le vide les flacons et les boîtes destinés à la conservation des substances alimentaires.
- Le jury central, appréciant l’importance commerciale et la bonne qualité des produits de cette maison, accorde à MM. Cornillier aîné et Cie le rappel de la médaille de bronze qu’ils ont obtenue à l’exposition de 1844-
- MM. FOUSSAT frères, à Bordeaux (Gironde),
- Ont fondé, en x844» une grande usine pour le travail du riz. Le décortiquage de cette céréale, le nettoyage et la pulvérisation des grains' sont obtenus par des moyens mécaniques d’une grande perfection. Une machine à vapeur de 3o chevaux'fait mouvoir tous les appareils de ce vaste établissement, qui met journellement en œuvre 8,ooo kilog. de riz en paille de la Caroline et 20,000 kilog. de riz de l’Inde, déjà décortiqué aüx lieux mêmes de sa provenance. . *
- -L’usine de MM. Foussat frères, et celle d’origine plus récente de MM. Chaumet et Bechade, ont contribué à augmenter notablement la consommation du riz. L’importation de cette céréale, qui ne dé-
- Rappel de médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- passait pas 1,200,000 kilog., s’élève maintenant à 6,000,000 de kilog. Cette importation fournit à nos navires un élément assuré et avantageux de fret; ceux-ci ne craignent plus de s’exposer aux chances d’un retour sans chargement; et, d’après les renseignements fournis par le jury d’admission du département de la Gironde, les deux usines établies à Bordeaux sont à la tête d’une industrie qui a beaucoup augmenté le chiffre de nos affaires avec le golfe du Bengale, et avec plusieurs autres points du littoral où nos couleurs n’avaient jamais flotté.
- Le jury central, heureux de constater ces importants résultats, décerne à MM. Foussat frères une médaille de bronze.
- M. TURPIN, fabricant de chocolats, rue de Richelieu, n° 28,
- Est le successeur de M. Masson, dont les produits sont connus et appréciés de tous les consommateurs parisiens. Son établissement est important et bien organisé; il occupe' 5o personnes; il a fait, en .1847, Pour 645,000 francs d’affaires. Il livre chaque jour à la consommation 5 à 600 kilog. de chocolat, qui sont le résultat du travail de 8 broyeuses coniques à triple cylindre en granit, se mouvant sur des tables en marbre. Le moteur est une machine à vapeur de la force de 6 chevaux.
- M. Turpin excelle dans la fabrication des bonbons en chocolat rappelant, par leur forme, des objets naturels et qui sont l’objet d’une exportation considérable. Ce genre de travail exige un grand assortiment-de modèles et de moules.
- Le jury accorde à cet habile fabricant une médaille de bronze.
- MM. IBLED frères et G10, fabricants de chocolats, àMon-dicourt (Pas-de-Calais), et rue des Coquilles, n°4, à Paris,
- Possèdent une usiné.hydraulique établie en i825; ils ont, en outre, fondé à Paris, depuis quelques années, une autre fabrique qui a pour moteur une machine à vapeur de la force de 6 chevaux.
- Leur établissement de Mondicourt produit 2 à 3,000 kilog. de chocolat par jour. Sa position topographique lui permet de recevoir, à peu de frais les matières premières qu’elle consomme, et d’écouler facilement ses produits dans les départements du Nord. Placé à la
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- campagne, au milieu d’une populatiou nombreuse, en possession; d’un moteur hydrauliqne très-puissant, celle usine se trouve dans les meilleures conditions pour fabriquer bien et à bon marché.
- Leur maison de Paris, qui est située rue des Coquilles, n° 4, livre journellement à la consommation 6 à 700 kilogrammes de chocolat.
- MM. Ibled occupent 120 personnes dans leurs deux établissements. Le jury central, appréciant l’importance des résultats obtenus par MM. Ibled, accorde à ces exposants la médaille de bronze.
- M. VALARINO fils, fabricant de chocolats, à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
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- Jusque dans ces dernières années, le chocolat était fabriqué, à Perpignan, par des ouvriers isolés travaillant à façon chez le consommateur, qui leur fournissait les matières premières nécessaires à la confection de cet aliment, dont la plus grande partie venait, d’ailleurs, de la Catalogne.
- M. Valarino a le mérite d’avoir fondé le premier, dans les Pyrénées-Orientales, une usine, à vapeur dans laquelle il fabrique annuellement, depuis i844,90,000 kilog. de chocolat d’une bonne qualité, d’un prix très-modéré, et dont une partie (20,000 kilog.) est importée en Espagne.
- Le jury central décerne à M. Valarino la médaille de bronze.
- M. GUILLOUT, rue Salle-au-Comte, n° 14, à Paris.
- Pendant longtemps la ville de Reims et ses environs ont eu le monopole des biscuits dits de Reims. Depuis quelques années, Paris s’est emparé de cette fabrication, qui a pris entre les mains de M. Guillout un grand développement.
- M. Guillout emploie chaque jour, dans cettë fabrication, au delà de 25o kilog. de farine, 3,5oo œufs et 260 kilog. de sucre, qui lui fournissent 5o à 60,000 biscuits façon de Reims. Aussi voit-on partout ses produits, qu’il vend en partie dans des boîtes, sotis lé • nom de dessert parisien. C’est en abaissant considérablement le prix de ces biscuits, sans en négliger la qualité, qùe M. Guillout est arrivé à ce résultat, et qu’il a transformé en une industrie véritable une fabrication exercée, jusqu’alors, d’une manière accès-
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- soire par quelques boulangers de Reims et de Paris. M. Guillou t vend à raison de i5 centimes la douzaine, en gros, les biscuits qu’on vendait naguère y5 centimes. Il occupe dans son établissement 45 personnes.
- Le jury, central, appréciant les heureux résultats obtenus par M. Guillout, accorde à cet exposant la médaille de bronze.
- M. WILLAUMEZ, à Lunéville (Meurthe)
- Expose des conserves alimentaires, telles que fruits et légumes, d’une bonne préparation. Il s’occupe, depuis longtemps, de la recherche des perfectionnements dont la méthode d’Appert est susceptible, et il est arrivé à la modifier de manière à placer dans le vide les substances qu’il veut conserver; il chauffe ces substances dans un bain composé de sel marin et de glucose, à parties égales, dont l'ébullition n’a lieu qu’à la température de io8°, de manière à expulser par la vapeur d’eau tout l’air que contient la bouteille; celle-ci étant remplie de substances convenablement préparées, et fermée par un bon bouchon préalablement trempé dans la cire vierge bien chaude, on introduit entre le col de la bouteille et le bouchon une petite languette de fer-blanc que M. Willaumez appelle dilateur, et qu’on retire après que la vapeur d’eau fournie par le liquide en pleine ébullition s’est dégagée, pendant quelques instants, par l’ouverture qu’elle ménage : il ne reste plus qu’à faire pénétrer le bouchon plus avant dans le col delà bouteille pour assurer la conservation indéfinie de la substance alimentaire, qui se trouve dans un milieu privé d’air. Il est, en effet, facile de constater que le vide y est suffisant pour produire, par le choc du liquide contre les parois delà bouteille, le bruit particulier qui se manifeste dans le marteau cl’eau des physiciens.
- M. Willaumez emploie dès vases en fer-blanc, d’une disposition simple et commode, dans le but de réaliser, dans les mêmes conditions, la conservation des viandes,
- Le jury central, voulant récompenser le perfectionnement introduit par M. Willaumez, dans la préparation des conserves alimentaires , décerne à cet exposant une médaille de bronze.
- M. MARQUIS, propriétaire à Bourgueil (Indre-et-Loire),
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- A exposé des échantillons de suc de réglisse de sa fabrication. , Il a naturalisé depuis i83o la culture de la réglisse dans les com-
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- munes de Bourgueil, Benais et Resligné, dans lesquelles elle occupe une surface de 70 à 80 hectares. Ces localités sont probablement les seules en France où cette plante soit cultivée; elles en alimentent le nord de la France, les déparlements du Midi tirant ce produit d’Espagne ou de Calabre.
- Le suc de réglisse de M. Marquis est de bonne qualité.
- Le j ury accorde à cet exposant une médaille de bronze, tant pour la culture de la réglisse que pour l’extraction du suc de cette plante.
- M. BAILLY, propriétaire cultivateur, à Châteaurenard (Loiret),
- A exposé : i° des confitures dites marmelade de poires, 20 des échantillons de cocons de soie.
- Les confitures préparées par M. Bailly ne sont pas sans importance dans un pays où les arbres fruitiers abondent, notamment dans les cantons de Courtenay, de Châteaurenard et dans les cantons limitrophes du département de l’Yonne, M. Bailly, qui est un agriculteur éclairé et persévérant, en possède, dans sà propriété de Molteaux, cinq mille pieds dont il utilise les fruits ainsi que ceux de ses voisins pour préparer une sorte de confiture d’un goût agréable et d’une bonne conservation qu’il vend en partie aux collèges et aux hôpitaux de Paris, à raison de 80 centimes le kilogramme. Il a employé dans l’automne de 1847 1,000 hectolitres de fruits avec lesquels il a fait environ 20,000 kilogrammes de confitures. Ce travail a occupé trente personnes pendant trois mois.
- M. Bailly a fait, en outre, depuis vingt-cinq ans qu’il habite ce pays, de nombreuses plantations de mûriers; il fait chaque année avec succès une petite éducation de vers à soie qui lui donne deux à trois cents kilogrammes de cocons de bonne qualité.
- Cet agriculteur a obtenu, à l’exposition de i844, une mention honorable pour une boue à cheval qu’il y avait envoyée; il a remporté en i848 le prix des progrès agricoles dans son département. Le jury central, voulant encourager de louables efforts qui ont pour résultat de mettre sous une forme plus salubre les fruits qui abondent dans les différentes contrées de la France, considérant surtout que la propagation des arbres fruitiers pour la préparation des confitures est l’un des moyens les plus efficaces d’accroître notablement la consommation du sucre en France, décerne à M. Bailly une médaille de bronze. , ,
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- Mentions
- lionorabtcs.
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- M. FASTIER, à Neuiily, avenue de la République, n° 209,
- Expose des boîtes de grande dimension contenant des viandes et d’autres substances alimentaires conservées par un procédé dont il est l’inventeur. Les substances étant introduites dans le vase en fer étamé intérieurement, on soude à celui-ci une calotte en fer-blanc dans laquelle on ménage une très-petite ouverture; on les fait cuire à feu nu ou dans un bain de chlorure de calcium, et quand la cuisson est suffisante, on ferme avec une goutte de soudure l’orifice par laquelle se dégageaient l’air et la vapeur d’eau. Les substances alimentaires sont, par conséquent, conservées dans le vide.
- L’efficacité de ce procédé est aujourd’hui parfaitement constatée. Le jury central a pu apprécier la bonne conservation d’un volumineux morceau de bœuf dont la préparation remonte à onze années. Le procédé de M. Fastier est fort employé en Angleterre; une fabrique importante s’est établie en Moldavie pour préparer par cette méthode des viandes qu’elle livre à la marine.
- Le jury central regrette que M. Fastier n’ait point d’établissement en France; sans cette circonstance, il eût accordé à cet exposant une récompense plus élevée que la mention qu’il lui décerne.
- M. CARNET-SAUCIER, rue Rambuteau, n° 97, à Paris.
- Les conserves alimentaires qui sortent de cette maison sont très-variées; le gibier, les fruits, les légumes et surtout les champignons, soumis à la méthode d’Appert, sont expédiés, en grande quantité en province et à l’étranger.
- Le choix et la bonne conservation de ces aliments ne laissent rien à désirer.
- Le jury accorde à M. Carnet-Saucier une mention honorable.
- M. Edouard CHAUMET, à Bordeaux (Gironde),
- A fondé en i844 une usine pour le blanchiment du riz ; le jury départemental exprime l’opinion que depuis qu’on a acquis la facilité de préparer le riz en le séparant des corps étrangers, des matières nuisibles, tels que les charançons et les avaries, depuis, enfin, qu’on le livre sous un aspect comparativement plus attrayant et
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- plus agréable au goût, la consommation en a été très-sensiblement augmentée.
- Deux établissements, intéressants à différents titres,- s’occupent à Bordeaux du nettoyage de cet aliment: celui que MM, Poussât frères ont fondé en i844> et l’usine de M. Éd. Chaumet, qui met en œuvre 1,200,000 kilogrammes de riz.
- Le jury central, voulant encourager une industrie appelée à rendre de grands services à l’alimentation générale, accorde à M. Ed. Cliaumet une mention honorable.
- M. GUÉRIN-BOUTRON, boulevard Poissonnière, n° 27, à Paris.
- t; * ' r .
- M. Guérin-Boutron est l’un de nos meilleurs fabricants de chocolats. 11 emploie dans sa maison du boulevard Poissonnière une machine à vapeur de la force de trois chevaux, et une autre de huit chevaux dans sa fabrique située rue du Faubourg-Poissonnière, n° 7. Il produit journellement 5oo à 600 kilogrammes de chocolat. Ses produits se vendent en gros à des prix très-modérés.
- Le jury central accorde à M. Guérin-Boutron une mention honorable.
- MM. LEQU1N et C,a, à Lahayevaux (Vosges),
- Possèdent à Boinville une féculerie dont les produits ont mérité une citation favorable à l’exposition de i844- Plus tard, ils ont annexé à celte fabrique une amidonnerie, et, en i844. ils ont établi au Châtelet une fabrique de pâtes alimentaires; ils occupent dans leurs établissements une trentaine d’ouvriers; leurs produits, dont la valeur peut être estimée en moyenne à 180,000 francs, sont beaux et bien préparés.
- Le jury central accorde'à ces fabricants une mention honorable.
- MM. SAINTOIN frères, à Orléans (Loiret),
- Fabriquent annuellement 90,000 kilogrammes de chocolats et 35,ooo kilogrammes de dragées. Ils utilisent la force-d’une machine à vapeur de 4 chevaux, et ils occupent 4o personnes.
- Les produits de celte maison sont bons et d’un prix modéré.
- Le jury central accorde à MM. Sain loin une mention honorable.
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- M. FAYON jeune, à Rennes (Ille-et-Vilaine),
- A introduit dans le département d’Ille-et-Vilaine la fabrication du vermicelle, du macaroni et des semoules; ses produits, qui sont de bonne qualité et qui.se vendent à des prix modérés, sont fournis par les blés du pays : il les obtient à l’aide de la presse hydraulique et de la vapeur.
- Le jury central accorde à M. Fayon jeune une mention honorable.
- M. MARCHAL, à Saint-Memmie (Marne),
- A fondé une fabrique de vermicelle, de pâles d’Italie, de semoules, d’amidon, etc., qui fonctionne depuis i845 et qui emploie annuellement 4 à 5oo,ooo kilogrammes de froment. Ses produits, qui sont presque entièrement consommés dans le département de la Marne, luttent avec avantage avec ceux de Nancy, tant pour la qualité que pour le bon marché. .
- Le jury accorde une mention honorable à M. Marchai.
- MM. MONTHIERS et ALABARRE, rue des Lombards, n° 38, à Paris.
- La fabrique de dragées, bonbons, etc., de MM. Monthiers et Alabarre, est fort importante; le chiffre des ventes de ces fabricants s’élève à 45o,ooo francs. Celte maison excelle dans la fabrication des bonbons en sucre, moulés ou modelés au cornet, représentant des objets naturels. Ses produits soutiennent dignement la vieille réputation des confiseurs de la rue des Lombards.
- Le jury central décerne à MM. Monthiers et Alabarre une mention honorable.
- MM. OUDARD fils et BOUCHEROT, rue des Lombards, n° 42 , à Paris.
- *
- Cette maison, fondée en 1762, livre au comînerce une grande quantité de dragées, de bonbons, de fruits conservés, de liqueurs, etc. Elle a consommé, en 1847» &0»000 kilogrammes de sucre et 15,ooo litres cl’alcool. Ses produits jouissent d’une réputation méritée, v
- Lejury central accorde une mention honorable à MM. Oudard fils et Boucherot. ' .
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- M. NOËL, à Nancy (Meurthe),
- Convertit annuellement 1,000,000 de kilogrammes de blé en vermicelles, pâtes façon d’Italie, semoules, amidon, farines, etc. Ses produits, obtenus à l’aide de 2 paires de meules à moudre et 4 presses à vermicelle mues par une machine à vapeur de la force de 8 chevaux, ne laissent rien à désirer sous le rapport de la qualité : ils sont expédiés par toute la France, notamment en Alsace et dans le Midi.
- Le jury accorde à M. Noël une mention honorable.
- M. VIRLET-FOURNIER, à Ars-sur-Moselle (Moselle),
- A envoyé à l’exposition des échantillons de vermicelles, de macaronis , de semoules, etc., provenant de sa fabrication. Il utilise la force d’un moteur hydraulique de 12 chevaux, et il emploie, comme matière première, 5 à 6,000 quintaux métriques de froment. Ses produits, qu’il vend surtout à Metz, sont estimés.
- Le jury central décerne à M. Virlet-Fournier une mention honorable;
- M. GRE Y, à Dijon ( Côtes-d’Or ),
- A donné une grande extension à la fabrication de la moutarde et des conserves alimentaires. Il livre au commerce 5o,ooo pots de moutarde ; il occupe une trentaine de personnes à récolter et à préparer les fruits de l’épine-vinette, qui sont une ressource pour plusieurs villages des environs de Dijon, et dont il fait des conserves. Il utilise, de cette manière, les truffes que la Bourgogne produit en assez grande quantité. “
- Le jury accorde à M. Grey une mention honorable.
- M. LONGUET-LECOMTE, à Saint-Quentin (Aisne).
- Le suc de réglisse est l’un des remèdes du pauvre. M. Longuet-Lecomte s’occupe depuis vingt-cinq ans de la purification de ce produit, que la Calabre nous livre souillé de cuivre et d’autres matières étrangères. Il en purifie annuellement 25,000 kilogrammes, dont il sépare un résidu de 2 5 p. 0/0. . ..
- Le jury récompense le travail utile et persévérant de M. Lon.guet-Lecomle en accordant à cet industriel une mention honorable.
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- Citations
- fovorables.
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- M. J. THIOT, à Bourg-en-Bresse (Ain),
- Prépare, sous le nom de consommé de santé aux volailles de Bresse, un extrait pâteux fait avec de la viande de bœuf, de veau et de volaille, qui, délayé dans dix fois environ son poids d’eau bouillante, fournit en quelques minutes un consommé d’excellente qualité. Cet extrait, une fois entamé, se conserve très-longtemps à l’air sans offrir d’altération.
- Il est à regretter que le prix de cet aliment (10 francs la boîte de 5oo grammes) en limite beaucoup la consommation. Néanmoins, 2 5 grammes de ce consommé suffisent pour faire un bol de bouillon qui, tout en revenant à 5o centimes, peut devenir pour les voyageurs une précieuse ressource dans bien des circonstances. Le jury accorde à M. Thiot une mention honorable.
- M. DEZOBRY, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 4, à Paris.
- Les conserves alimentaires de M. Dezobry, toujours bien préparées, rendent cet exposant digne de la mention honorable que le jury central lui accorde.
- MM. FOUQUE aîné et PUENTE, à Gelos (Basses-Pyrénées) ,
- Emploient un môleur de la force de i5 chevaux pour fabriquer Annuellement 76,000 kilogrammes de chocolats de bonne qualité, qui sont surtout consommés à Pau et à Bayonne.
- Le jury leur accorde une citation favorable.
- M. MARCEL jeune, à Toulouse (Haute-Garonne) ,
- A envoyé à l’exposition des chocolats de sa fabrication.
- 11 livre annuellement au commerce 18,000 kilogrammes de chocolats de bonne qualité.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. ROUSSEAU, rue des Cinq-Diamants, n° n, à.Paris.
- La maison de M. Rousseau, fondée en 1770, est l’une des plus importantes de Paris pour la confection des conserves de fruits au sirop.
- Le jury central accorde à M. Rousseau une citation favorable.
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- M. OSBORN , rue de la Réforme, n* 8, à Paris,
- Se livre depuis vingt ans à la préparation du beurre d’anchois et des sauces dites anglaises. Ses produits sont fort recherchés.
- Le jury accorde à M. Osborn une citation favorable.
- MM. VIEILLARD frères, à Clermont (Puy-de-Dôme).
- Les pâtes d’abricots, les gelées de fruits et les fruits confits qu’ils ont envoyés à l’exposition représentent dignement une branche renommée de l’industrie de l’Auvergne.
- Le jury accorde à MM. Vieillard frères une citation favorable.
- MM. HÔUYET aîné et Cia, à Marcq-en-Barœuil-lez-Lille (Nord),
- Exposent des échantillons d’orges perlées et mondées, d’amidon, de semoules ét de fariné de blé provenant de leur fabrication. Leur établissement est organisé sur une grande échelle, et les produits qui en sortent sont bien fabriqués.
- Le jury accorde à MM. Houyet aîné et C1* une citation favorable.
- ‘ S 2. SAVONS, *
- M. Balard, rapporteur;
- . . >
- CONSIDERATIONS GENERALES*
- La fabrication des Savons durs à pendant longtemps été concentrée dans la ville de Marseille. Placée au centre des pays producteurs de l’huile d’olive', le seul corps gras que l’on saponifiât autrefois, recevant d’Espagne, des Canaries et de 1a Sicile les soudes naturelles, l’autre élément de la fhbrication du savon, Marseille a joui pendant plusieurs.siècles.du privilège de fournir des savons durs, non-seulement à toute la France, mais presque au monde tout entier. Des causes-diverses ont aujourd’hui restreint ce privilège, mais la fabrication des savons n’en est pas moins restée une des branches les, plus étendues de l’industrie et du commerce de cette grande cité; .• . — -W
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- Le jury central regrette de n’avoir pas vu celte année une fabrication aussi importante représentée dans les salles de l’exposition. Il eût voulu par un examen comparatif constater que, par la supériorité de leur qualité, ces produits sont dignes de la réputation dont ils jouissent sur toutes les places. Mais son examen n’a pu porter que sur un savon d’huile d’olive fabriqué à Bône, et reproduisant le type du savon blanc marseillais, ainsi que sur ceux qui s’obtiennent dans quelques départements du Nord, et qui commencent surtout à se fabriquer très en grand dans le département de la Seine.
- Les progrès du commerce et de l’industrie tendent, en effet; chaque jour à augmenter la quantité de savons durs qui se fabriquent sur divers points de la France , et notamment à Paris. D’une part, la soude artificielle et les sels de soüde mettent partout entre les mains des fabricants l’élément alcalin de ces savons; de l’autre, le commerce leur ouvre chaque jour de nouvelles sources de corps gras propres à cette fabrication.' Ainsi, non-seulement les huiles de lin, d’arachis, de sésame, de graine de coton, que Marseille même avait, à une certaine époque, ajoutées à ses huiles d’olive, peut-être avec un peu trop d’abondance, les saindoux de l’Amérique du Nord, dont elle avait su faire un emploi plus heureux, mais encore l’huile de coco, et surtout l’huile de palme, sont venus mettre entre les mains du fabricant les éléments d’un savon à bon marché. A ces corps gras naturels il faut joindre l’acide oléique que fournit l’industrie de la bougie stéarique. On sait avec quel succès cet acide a été utilisé pour le filage des laines; mais la savonnerie a compris, à son tour, que c-était à elle qu’il appartenait de donner à cette matière son emploi le plus rationnel. Aussi chaque exploitation cl’acides gras solides s’accompagne-t-elle presque toujours d’une fabrication de savon, destinée à mettre les résidus d’acide oléique sous la forme où leur écoulement a lieu de là manière la plus régulière et la plus fructueuse1, et, par un heureux privilège, en même temps que le développement de la fabrication de la bougie stéarique tend à remplacer la chandelle jusque dans
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- l’habitation du pauvre, elle contribue à lui faire obtenir à plus bas prix le savon, dont la consommation est liée d’une manière si intime à son bien-être et à sa santé.
- Dans les conditions d’une fabrication normale, le savon renferme 3o à 35 p. o/o d’eau qu’il faut transporter au loin; on ne peut, dès lors, que s’applaudir de voir la fabrication de ce produit se localiser, en quelque sorte, comme elle tend chaque jour à le faire de plus en plus. Mais cette disposition, dans des fabriques isolées, a aussi ses dangers ; elle permet des fraudes qui dans les grands centres de production comme Marseille; où l’on opère, pour ainsi dire, portes ouvertes, ne pourraient pas mômé se tenter.
- Le jury central avait déjà, à l’exposition dernière, constaté que la fabrication des savons possédait tous lès éléments qui permettent d’obtenir ces produits partout et à bon marché. S’il fallait en juger par l’abaissement graduel des prix; ces pêr-fectionnements, que le jury avait encouragés, sembleraient avoir pris un développement très^rapide dont il faudrait së féliciter; mais, si l’on examine de près la qualité de certains produits, on est forcé de regarder la production des savons comme ayant fait des pas rétrogrades, et la savonnerie parisienne comme s’engageant dans une voie mauvaise qu’il importe de signaler au début.
- Quand l’abaissement du prix doit sa cause à une meilleure utilisation des graisses de qualités les plus inférieures, à l’emploi des acides oléiques même les plus odorants, c’est là un progrès réel auquel nous ne saurions qu’applaudir; màis, si le bas prix du produit est dû à l’introduction de matières étrangères qui augmentent son poids sans augmenter sa faculté détersive, c’est là une tendance fâcheuse*et contre laquelle le jury ne saurait trop s’élever. 11 rie saurait aussi flétrir d’un blâme trop sévère cette substitution de fragments de 48o grammes à des morceaux qui sont cependant vendus'aù public connue pesant ën réalité 5oo grammes.
- La première de ces fraudes que nous avons vu s’introduire a consisté dans la fabrication de ces savons dits faits à froid , m 43
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- et dans lesquels lessive de soude et coi'ps gras sont amenés par l’évaporation à la consistance convenable. Il est évident que, par ce mode de fabrication, le savon reste mêlé avec tous les sels étrangers à la soude caustique', ainsi qu’avec la glycérine, et dès lors avec une plus grande quantité d’eau dont elle détermine l’absorption. Mais, parce qu’il n’inlrocluisaitdans la pâte savonneuse rien d’étranger aux matières qui servent à confectionner le savon lui-même, ce pas rétrograde dans la fabrication avait eu, dans l’origine, la naïveté de se regarder comme un perfectionnement.
- C’est à ce titre aussi, mais à ce titre cet le fois mérité, que s’est introduit l’emploi de la résine dans les savons d’huile de palme.
- L’huile de palme est une substance grasse qui se prête le mieux à la confection d’un excellent savon. Un teinturier habile de Lyon, en l’appliquant avec succès au décreusage des soies, pour lequel on avait cru longtemps nécessaire l’emploi exclusif du savon blanc le plus pur de Marseille, a montré, dans ces derniers temps, qu’avec des soins et malgré sa teinte jaune ce savon pouvait servir aux usages les plus délicats. Mais la résine, qui à elle seule peut constituer d’excellents savons pour le blanchiment des étoffes, et qui, employée dans le savon d’huile de palme à dose modérée et après une saponification complète, eût amélioré ce produit, y a bientôt été introduite dans des proportions si notables, elle y a été parfuis saponifiée d’une manière si incomplète, et la qualité du produit s’en est si bien ressentie, que, tandis qu’en Angleterre on n’emploie guère que cette qualité de savon jaune comme savon de ménage, les savons de cette teinte sont tombés en France dans un juste discrédit.
- Il est une matière grasse, l’huile de coco, qui, par son bas prix, la blancheur et la bonne qualité des produits qu’elle fournit, semblait au premier aspect une acquisition heureuse pour l’art du savonnier; mais la fraude a su faire de son introduction dans la fabrication un événement fâcheux pour cette industrie. Cette huile communique, en effet, aux savons
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- blancs dans lesquels elle entre la faculté de se charger d’une plus grande quantité d’eau sans perdre cette dureté qui les fait regarder comme ne renfermant que la dose normale, et Ton conçoit quel abus de cette propriété ont dù faire les fabricants qui cherchent à donner à leurs produits l’attrait d’un bon marché que le consommateur ne sait pas toujours n’êlre qu’un bon marché fictif.
- Dans les savons faits avec des corps gras d’origine animale, et qui se prêteraient mal à une telle surhydratation, on a ajouté de l’amidon, de l’argile, du kaolin, clés os broyés, enfin du sulfate de baryte, dont l’introduction dans le savon, sous le nom de sel minéral, a été brevetée et présentée comme un perfectionnement, avec une bonne foi que le jury, d’ailleurs, se plaît à reconnaître.
- S’il existait, disent les partisans de tous ces mélanges, une substance en poudre impalpable, douce au toucher, qui, mêlée avec le savon employé au lavage du linge, pût exercer sur lui une friction utile, et qui, sans fatiguer le tissu, viendrait augmenter par son action mécanique l’action détersive du savon, n’y aurait-il pas utilité à l’introduire dans la pâte du savon lui-même, et à combiner ainsi, comme on le fait dans l’industrie, l’action chimique du savon avec l’action mécanique et adhésive de la terre à foulon, actions qui tendent au même but et se complètent l’une par l’autre? Ils allèguent la préférence que certains blanchisseurs donnent à ces savons altérés sur des savons plus purs. Mais, lors même que cette préférence serait bien constatée, tout ne serait pas dit pour cela. 11 ne suffit pas qu’un savon soit d’un emploi économique et commode pour le blanchisseur; il faut surtout qu’il respecte le tissu, dont cet industriel se préoccupe généralement trop peu. Or, qui nous dira que la matière ajoutée remplira toujours cette condition? Qui ne sent, d’ailleurs, combien cà cet égard l’abus serait près de l’usage? Qui doute que, sousl’in-lluence d’une concurrence incessante, la quantité de matière étrangère d’un bas prix irait toujours croissant, et que, dans ces produits de plus en plus altérés, le savon lui-même finirait
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- presque par disparaître? Ce que le consommateur achète sous le nom de savon doit n’être que du savon, et, quelle que soit l’importance des établissements qui tendent à répandre ces produits complexes, le jury central ne peut, par ses récompenses, les encourager à marcher dans cette voie.
- En présence des tendances fâcheuses que nous venons de signaler, on ne saurait trop engager les fabricants qui conservent leurs produits purs de toute addition étrangère à imprimer sur leurs savons unicolores la marque de leur fabrique, et leur signature même, comme le font la plupart d’entre eux, car la marque s’imite. Le jury ne saurait non plus trop recommander aux consommateurs, quand ils ont à employer des savons d’origine douteuse, de choisir de préférence ceux qui présentent cette marbrure grenue qui est à la fois une garantie, et contre la présence cl’un excès cl’eau, et contre l’introduction de matières étrangères au savon lui-même.
- La fabrication des savons de toilette constitue une branche de l’art du savonnier dans laquelle les fabricants de Paris ne redoutent aucune concurrence. Cette fabrication a, depuis la dernière exposition, acquis de nouveaux débouchés importants à l’extérieur, dans les deux Amériques, et même en Angleterre, où l’on expédie beaucoup de savon de Windsor. En matière de cosmétiques et de savons de toilette, la forme a souvent plus d’importance que le fond, et l’on sait combien l’industrie parisienne est habile à varier cette forme, et comment elle sait se plier aux caprices de la mode et satisfaire tous les goûts.
- Nouvelles M. Joseph-Donat MÉRO, â Grasse (Var).
- médailles A
- d’argent. M. Méro possède à Grasse un établissement de distillerie des plus importants, qui fournit depuis longtemps, en eaux distillées et en essences diverses, des produits d’une pureté reconnue et justement appréciés par le commerce. M. Méro a obtenu, en i844, une médaille d’argent; depuis cette époque, son établissement s’est notablement accru: il a joint à la fabrication des pommades et des huiles parfumées aux fleurs celle des huiles grasses de ricin et d’amandes , la fabrication de l’éther sulfurique, de l’essence d’amandes amères, etc.
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- La quantité des matières premières qu’il emploie s’est augmentée d’un tiers, tandis que les prix de vente ont subi une diminution d’un sixième, en moyenne, circonstance qui a permis à M. Méro de vendre à l’étranger la moitié des produits de sa fabrication.
- M. Méro, qui avait déjà, par des efforts heureux, introduit la culture de la menthe dans le département qu’il habite, est parvenu à y faire cultiver avec succès d’autres plantes aromatiques. Il n’a pas reculé , pour arriver à ce résultat, devant l’acquisition, pour sept à huit ans, de la totalité des produits de ces cultures dont il conseillait l’introduction.
- Ses efforts ont porté leurs fruits, caries attestations de messieurs les maires des communes de Grasse, de Cannes et de Cossat témoignent que, grâce à M. Méro, des terrains sablonneux, et d’une très-faible valeur lorsqu’ils étaient employés pour les cultures ordinaires , sont couverts aujourd’hui de rosiers et de géranium rosat d’un produit beaucoup plus lucratif, et qui permettent de fabriquer en France des essences que nous tirions autrefois en totalité de l’Italie et du Levant.
- Pour récompenser M. Méro de sa persévérance et de son succès, le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. OGER, rue Culture-Sainte-Catherine, n° 17, à Paris.
- 11 a succédé à MM. Décroix et Roëland, qui avaient introduit à Paris, en 1809, la fabrication des savons de toilette et de ménage. Cette maison avait obtenu, à l’exposition de 1810, la médaille d’argent, qui lui a été rappelée à toutes ,les expositions suivantes. M. Oger a su, à son tour, par sa bonne fabrication, maintenir la réputation de cette ancienne maison et mériter le rappel, en son propre nom, de cette même médaille aux expositions de i83g et de i844.
- M. Oger a exposé, celle année, diverses qualités de savon qui ont été remarquées par le jury, et notamment des savons marbrés, façon de Marseille, obtenus avec des graisses animales.’Le jury central apprécie la bonne qualité de.ces produits; il s’associe aux efforts que fait M. Oger pour maintenir par son exemple, dans les conditions d’une concurrence loyale, une industrie dont il est, à Paris, le représentant le plus ancien et le plus éclairé. 'Désirant manifester tout l’intérêt que lui inspire un industriel qui préfère res-
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- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
- Médaille
- d’argent.
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- treindre l’importance de ses affaires plulôl que de se livrer à des pratiques qui ont pour résultat final de discréditer les produits sur le marché et de déconsidérer son industrie, il décerne à M, Oger une nouvelle médaille d’argent.
- M. S1CHEL-JAVAL, rue Bourg-l’Abbé, n° 4i , à Paris,
- 11 a acquis de M. Renaud un établissement exploité dans l’origine par M. Laugier. Ce dernier avait obtenu, en i834, la médaille d’argent, que les jurys successifs ont rappelée en faveur de M. Renaud, son successeur immédiat, et de M. Sicbel-Javal lui-même. Les produits de M. Sicbel-Javal sont principalement fabriqués pour l’exportation. Le jury central, appréciant la bonne qualité de ces produits, juge que M. Sicbel-Javal continue à être digne de la distinction qu’il a reçue, et lui accorde le rappel de la médaille d’argent obtenue par lui en i844.
- M. MONPELAS, rue Saint-Martin, n° 129, à Paris.
- 11 a présenté à l’exposition des savons de toilette fabriqués fous parle procédé de la grande chaudière, et de très-bonne qualité. La plupart ont été décorés, dans les mises, de marbrures variées et qui témoignent que si les caprices de la mode exigeaient ces sortes de produits, M. Monpelas serait en mesure de suffire à toutes les exigences. Il a, du reste, introduit depuis longtemps dans la fabrication de ses savons une amélioration plus sérieuse, qui consiste à saponifier directement le suif en branches.
- Après avoir honorablement figuré aux concours précédents , M. Monpelas avait obtenu la médaille de bronze à la dernière exposition. Depuis cette époque, l’importance de sa fabrication s’est notablement accrue et a exigé la construction d’un nouvel établissement hors barrière. M. Monpelas fabrique pour 7 à 800,000 IV. de produits, dont près des 3/4 sont expe'diés aux colonies, où ils paraissent s’être en grande partie substitués aux savons fournis autrefois par l’Angleterre.
- Pour récompenser les heureux efforts de M. Monpelas, le jury central lui décerne une médaille d’argent.
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- M. J, J. GISCLARD, à Alby (Tarn).
- M. Gisclard, distillateur à Alby, a déjà obtenu, en i83g, la médaille de bi’onze, pour la fabrication de quelques huiles essentielles; elle lui a été rappelée à l’exposition dernière.
- D’abord réduite presque exclusivement à l’essence d’anis, cet te fabrication s’est étendue depuis aux essences d’absynthe, de menthe et de coriandre. Il y joint maintenant la fabrication de l’essence de girofles, dont il livre par an au commerce 1,000 à 1,200 kilogrammes.
- Le jury central, pour récompenser M. Gisclard des progrès qu’il fait faire à sa fabrication et de la bonne qualité de ses produits, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MM. DEMARSON-CHÉTELAT, rue Saint-Martin, n* 15, à Paris,
- M. Demarson occupe un rang distingué parmi les fabricants de savons de toilette et les parfumeurs de Paris. La médaille de bronze, qu’il avait obtenue en i83g , lui a été rappelée en i844- II.expose aujourd’hui, de concert avec son successeur, M. Chételat, et sous la raison de commerce Demarson-Chételat, des produits qui ont prouvé au jury que cette maison se maintenait au rang distingué qui lui avait mérité les distinctions quelle avait, reçues aux précé-dentës expositions. Aussi le jury central rappelle en faveur de MM. Demarson-Chételat la médaille de bronze déjà obtenue, à diverses reprises, par MM. Demarson et compagnie.
- M. LEGRAND', à la Petite-Villette, près Paris (Seine).
- t
- Il fabrique à la fois des savons de ménage et des savons de toilette. La collection qu’il a exposée comme échantillon de sa fabrication montre qu’il est en mesure de suffire aux besoins les plus divers. Depuis le savon blanc surfin, destiné à incorporer des parfums, jusqu’au savon vert ordinaire, obtenu avec-les graisses les plus communes, on trouve chez lui toutes les variétés de savon, mais de savon unicolore seulement; M. Legrand n’a pas exposé des savonsmarbrés. La fabrication de M. Legrand, déjà importante à l’exposition dernière,' et qui lui avait mérité une mention honorable, a reçu--depuis cette époque de nouveaux développements, qui montrent que’le public apprécie la qualité de ses* produits.
- Nouvelle médaille de bronze*
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- Leur origine ne saurait être douteuse pour le consommateur, car M. Legrand met son nom sur tous les pains de savon qu’il livre au commerce et qui sortent de chez lui avec le poids réel de 1/2 kilogramme que leur suppose l’acheteur.
- Le jury central décerne à M. Legrand une médaille de bronze.
- MM. Cornille VALLÉE et Cic, à la Villetle, rue de Nantes, n° 35, près Paris (Seine),.
- Ils exposent des savons de ménage de bonne qualité, obtenus avec des corps gras de nature diverse et qui témoignent que ces ha? biles fabricants savent utiliser toutes les ressources de l’art du savonnier. Ils opèrent à la vapeur. Leurs savons marbrés, façon de Marseille, obtenus avec l’huile de palme décolorée par un procédé qui leur est propre, ont souvent appelé l’attention du jury, qui eût cependant désiré que la marbrure fût plus prononcée et le savon ferrugineux qui les colore moins abondant. Ce savon a toutes les qualités du savon marbré fabriqué à l’huile d’olives ; son prix est moindre, et au lieu de rancir, il acquiert une odeur agréable par la vétusté. C’est marcher dans une excellente voie de fabrication que de tendre à obtenir avec des corps gras d’origine quelconque ces savons à marbrure grenue, dont la contexture présènte une ga? rande contre la fraude. Pour encourager MM. Cornille Vallée et compagnie à y persévérer, le jury leur accorde une médaille de bronze.- ,
- M. VIOLET, parfumeur, ALLARD et GLAYE, succès^ seurs, rue Saint-Denis, n° 317, à Paris.
- M. Violet, qui continue, avec la collaboration de ses successeurs, la fabrication des savons de toilette et de parfumeries diverses , a déjà obtenu, aux expositions précédentes, plusieurs mentions honorables en société soit avec M. Guenot, soit avec M. Monpelas, ainsi qu’en son nom personnel. Tous les savons exposés par MM. Violet et Allard et Claye sont fabriqués par les procédés de la grande chaudière et parfaitement épurés de tout excédant de matière alcaline. Le jury central a distingué, dans cette fabrication, la méthode particulière au moyen de laquelle on parfume les savons aux odeurs les plus fugaces, ainsi qu’une modification de mise' en
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- pains qui permet de les laisser beaucoup moins de temps à l'étuve et de leur conserver plus de leur arôme.
- Le jury, voulant récompenser ces perfectionnements, ainsi que l’extension qu’a reçue, depuis i844, la fabrication de MM. Violet et Allard et Claye, ses successeurs, leur décerne une médaille de bronze.
- M. Charles ROUSSEL DE LIVRY fils, à Tourcoing (Nord).
- Le lavage des laines, dans le département du Nord, consomme de grandes quantités de savon. On sait qu’on emploie ordinairement à cet usage des savons à base de potasse, désignés sous les noms de savons mous ou de savons verts. M. Roussel de Livry, bien qu’il n’expose que pour la première fois, exploite cependant depuis longtemps ce genre d’industrie, et fournit aux peigneurs de laine des quantités de savons faits sur la localité même, et qu’ils pourraient difficilement se procurer ailleurs aux mêmes prix. Le jury du Nord a reconnu que ces produits étaient depuis longtemps avantageusement connus.
- Le jury central, confirmant ce premier jugement, décerne à M. Roussel de Livry une mention honorable.
- M. BEAUDOIN, à Saint-Paër (Seine-Inférieure).
- La fabrication du savon et de la bougie stéarique offre aux matières grasses, de tous les degrés de pureté, clés débouchés assurés. Il importe dès lors de remplacer, quand on le peut, les corps gras proprement dits par des matières onctueuses d’un plus bas prix. C’est ce que faitM. Beaudoin, agriculteur distingué du département de la Seine-Inférieure, et qui fabrique ces produits que fournit la distillation de la résine. Les carbures d’hydrogène, quoiqu’on les appelle huiles de résine, ne ressemblent pourtant à l’huile proprement dite que par la viscosité et le nom. Ils ne sauraient, en aucun cas, être mêlés à l’huile ordinaire, qui deviendrait, par leur introduction, impropre à la plupart des usages auxquels on l’emploie ; mais mêlés avec la chaux, ils constituent au contraire une pâte onctueuse, qui remplace avec beaucoup d’économie le vieux oing, pour le graissage des essieux de voitures et de locomotives.
- Le jury central, voulant encourager la fabrication de ces pâtes onctueuses de résine propres à remplacer les corps gras, décerne à M. Beaudoin une mention honorable.
- Mentions
- honorables.
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- M. PECH, à Cenne-Monestiés (Aude).
- M. Pech a soumis à l’appréciation du jury une matière qu’il appelle oléo-gélatineuse, et dont il n’indique pas la nature : c’est une espèce de savon, qu’il présente comme très-appropriée à la fdalure de la laine. Un certificat, signé de dix fabricants de Cenne-Monestiés, atteste, en effet, que i kilogramme de cet enduit fonctionne comme équivalant à 12 kilogrammes d’huile, et que celte matière nouvelle facilite le filage des laines les plus courtes à un tel point, que les dégraissages des machines, ordinairement abandonnés dans le filage à l’huile, sont, quand le filage a eu lieu avec cette matière, aussi purs que la laine mère, et produisent un sur-ci’oît de rendement de 5 à 6 p. 0/0. M. Pech a envoyé, à l’appui de cette assertion, deux écheveaux de fil fait avec la laine la plus courte et la plus basse que puisse ouvrer une carde.
- Des résultats aussi remarquables, s’ils étaient constatés par une expérience suffisamment prolongée , seraient certes de nature à mériter à M. Pech une récompense des plus élevées -, mais l’invention est toute récenle, et la fabrication et l’emploi de ce produit ne sont encore qu’à l’état d’essai : aussi le jury central, en attirant d’ores et déjà la sérieuse attention des fdateurs de laine sur les faits énoncés par M. Pech, se borne à lui décerner une mention honorable.
- MM. GELLÉE aîné et C10, rue des Vieux-Augustins, n°35, à Paris.
- MM. Gellée aîné et compagnie se livrent à la fabrication du savon de toilette. Leurs produits sont appréciés en Angleterre, où ils expédient des quantités considérables de savon dit de Windsor. Ils ont «soumis au jugement du jury des qualités diverses de savons marbrés, fabriqués à froid, à la vérité, mais avec beaucoup de soin, et qui , malgré ce mode de préparation, n’étaient pas notablement plus alcalins que les savons préparés en grande chaudière.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
- M. MAILLY, me Saiqt-Marlin, n° 191, à Paris,
- M. Mailly ne fabrique que peu d’objets de parfumerie fine. Il tend plutôt à obtenir des produits à bon marché, accessibles" à
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- toutes les classes, et susceptibles de supporter sur toutes les places la concurrence des savons étrangers du plus bas prix.
- Le jury central apprécie les efforts que fait M. Maiily pour ouvrir de nouveaux débouchés à ses produits, dont une grande partie s’expédie aux colonies, et il lui accorde une mention honorable.
- MM. COTTAN et Cw, cité de l’Etoile, n° 2k, à Neuilly (Seine) , et rue Jean-Jacques-Rousseau , n° 5, h Paris.
- M. Cottan avait obtenu, en i844, une citation favorable pourja fabrication d’un savon contenant de la ponce, et destiné à remplacer les savons de toilette contenant de la silice, qui avaient reçu un certain emploi en Angleterre. Ce n’est pas sur ce produit, qui ne présente que peu d’intérêt, que le jury central a porté son attention ; mais il a examiné les savons de ménage, dont M. Cottan a entrepris la fabrication avec succès. Ceux qu’il compose avec la graisse mêlée de 3o p. 0/0 de résine ont paru au jury d’une très-bonne qualité: la saponification de la résine y était complète, ce qui est loin d’avoir eu lieu pour les savons du même genre soumis au même examen.
- En conséquence, pour la fabrication de ces savons de ménage, et pour ces savons seulement, le jury central accorde à MM. Coitap et compagnie une mention honorable.
- M. BLEUZE, rue des Lombards, n° 33, à Paris.
- M. Bleuze, qui fabrique à la fois les amidons et les savons de toilette , a eu l’idée de recouvrir ceux-ci d’un vernis particulier qui, les garantissant de l’humidité, contribue à prévenir l’évaporation et l’altération des parfums, et rend dès lors l'exportation du savoq de toilette dans les colonies sujette à moins d’accidents.
- Le jury accorde à ce perfectionnement une citation favorable,
- M. François MICHEL , rue de la Croix, n° i5, à Paris.
- M. François Michel a apporté à la fabrication des taffetas d’Angleterre quelques modifications qui empêchent la matière noire dont on le recouvre de se détacher et d’adhérer à la peau.
- Le jury centrallui décerne une citation favorable.
- Gitatioiio
- favorables.
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- M. MILLOCHAU, rue de la Gare, n° 3i, à Paris.
- Le jury accorde à M. Millochau une citation favorable pour ses oléines débarrassées d’une grande partie des principes solidifiables par une basse température.
- M. Jean-Louis LACOMBE, à Gaillac (Tarn).
- M. Lacombe a créé , en i845 , un établissement pour la fabrication des huiles essentielles. Il obtient aussi les essences de genièvre, de girofles et surtout cl’anis. Cette fabrication lui permet d’utiliser sur place des parties de cette graine dont un commencement d’altération a un peu foncé la teinte , et qui eussent été d’un emploi difficile et d’ un transport coûteux.
- Le jury central accorde à M. Lacombe une citation favorable.
- S 3. GÉLATINES ET COLLES FORTES.
- M. Payen, rapporteur. -
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les fabrications des gélatines et des colles fortes semblaient être arrivées à leur apogée en i844; l’exposition de i84p prouve cependant que de nouveaux progrès ont été réalisés dans cette industrie : les manufacturiers se présentent au concours plus nombreux et plus habiles.
- Votre Commission a constaté ces heureux résultats par des essais sur les produits exposés, et comparativement sur les produits que les mêmes fabricants avaient livrés au commerce.
- Nous avons reconnu, en général, que les gélatines et les premières qualités de colles fortes pouvaient se gonfler fortement dans l’eau froide, sans s’y dissoudre et sans développer l’odeur putride qui caractérisait la plupart des anciennes productions de ce genre.
- Ces qualités ont de l’importance, car elles indiquent un rendement plus considérable obtenu des matières premières,
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- et permettent aux consommateurs de réaliser plus d’effet clans l’emploi des produits qu’ils achètent.
- Il y a donc avantage pour le producteur comme pour le consommateur, et toutes les applications en reçoivent des perfectionnements notables.
- C’est ainsi, par exemple, que les placages de l’ébénisterie, les assemblages des instruments de musique et des menuisiers, les reliures des livres, sont devenus plus solides; que les apprêts des divers tissus sont plus résistants et plus beaux, que les peintures en détrempe sont moins attaquables par les alternatives de sécheresse et d’humidité.
- Parmi les fabricants qui ont fait parvenir leurs produits à l’exposition, plusieurs livrent encore au commerce des gélatines et colles fortes en grande partie solubles dans l’eau froide, manifestant alors une odeur putride. Ces produits, de qualité inférieure, accusent des négligences dans la préparation et le traitement des matières premières. Nous ne saurions trop engager ces manufacturiers, dont nous ne citerons pas les noms, à éviter plus soigneusement à l’avenir les altérations de leurs matières premières: ils y sont doublement intéressés, afin d’obtenir des produits meilleurs et plus pesants.
- Nous exposerons d’abord les titres des fabricants de gélaline et colles fortes, et nous parlerons ensuite cle ceux qui bornent leur fabrication à ce dernier produit.
- M. GRENET, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Grenet occupe toujours le premier rang parmi les meilleurs fabricants de gélatine.
- Ses produits, blancs ou colorés de diverses nuances, diaphanes, brillants, sont insolubles dans l’eau froide et peuvent se gonfler dans ce liquide au point de quintupler de volume.
- Entièrement solubles dans l’eau bouillante, ils ne développent aucune désagréable odeur; on peut donc les aromatiser à l’aide de diverses essences ou liqueurs alcooliques, les édulcorer avec du sucre et des jus de fruits, et en composer des gelées et différentes préparations comestibles.
- Les gélatines et colles fortes des 2°, 3e et 4e qualités offrent les
- Médaille
- d’or.
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- Médailles
- d’argent.
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- caractères des produits non altérés, et s’appliquent avec succès aux apprêts et aux divers usages des colles très-adhésives. Cependant les matières premières employées par ce fabricant sont des plus communes ; il traite annuellement de 3oo à 4oo,ooo kilogrammes de débris de peaux et tendons d’animaux, prépare 800,000 litres de colles tremblantes, 200,000 kilogrammes d’encollages de coton, 5o,ooo kilogrammes de gélatine.
- Les gélatines, en larges feuilles transparentes, incolores et minces, constituent un très-beau papier-glace.
- Les gélatines en feuilles teintes, découpées sous différentes formes, reçoivent la dorure, les impressions, et sont livrées par M. Grenet sous les formes variées de cachets, cartes de visite, étiquettes décorées et adresses ; elles s’appliquent à la confection des fleurs artificielles et de divers autres objets de luxe. En aucun pays, que nous sachions, on atteint le degré de perfection auquel M. Grenet est parvenu.
- Cet habile manufacturier, en améliorant encore et variant ses produits depuis l’exposition dernière, donne à ses concurrents un exemple qu’ils commencent à suivre.
- M. Grenet a reçu successivement plusieurs médailles d’argent aux précédentes expositions ; il acquiert cette année de nouveaux titres aux récompenses nationales.
- Le jury lui décerne une médaille d’or.
- MM. COIGNET père et fils, à Lyon (Rhône).
- Ces exposants ont deux fabriques auprès de Lyon -, ils emploient annuellement environ :
- 2,000,000 kilogrammes d’os d’animaux,
- 600,000 kilogrammes d’acide sulfurique; plus des quantités variables d’acide chlorhydrique, de débris de peaux, tendons, etc.;
- 5o,ooo hectolitres de bouille,
- 4,ooo hectolitres de charbon de bois.
- Les produits principaux obtenus des matières premières consistent en :
- 320,000 kilogrammes de colles fortes de diverses qualités, 3oo,ooo kilogrammes de charbon d’os , dit noir animal, près de 4o,ooo kilogrammes de phosphore.
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- =— 687 —
- i3o ouvriers sont habituellement occupés dans les deux usines, outre un personnel de 10 employés aux écritures, voyageurs, etc.
- La plupart des colles fortes et colles gélatines en feuilles minces sont de bonne qualité. MM. Coignet marquent de leur nom imprimé en creux toutes ces productions.
- L’application en grand du procédé (dit de Papin) mis antérieurement en pratique par Lemare, puis par Godin, leur permet d’ex-Iraire une partie de la matière animale des os sous forme de gélatine.
- Le résidu est utilisé soit à la fabrication du noir d’os, comme on l’avait fait à Grenelle, soit à la préparation du phosphate de chaux, pour les arts céramiques, les coupelles, et pour la,fabrication-.du phosphore. - . . , ... , , ..'•••
- L’importance de cet établissement,.la qualité et le prix peu élevé de ses produits, rendent MM. Coignet père et iils dignes d’une médaille d!argent, que le jury leur accorde.
- MM. Martin RIESS, à Dieuze (Meurthe).
- MM. Martin Riess préparent les variétés de colles fortes en petites feuilles ou tablettes, dites gélatines, pour les apprêts, les peintures, le placage, la reliure, etc. .
- Ils emploient principalement, • comme matières premières , 2 60,000 kilogrammes d’os minces ou spongieux, traités par environ 240,000 kilogrammes d’acide chlorhydrique.
- Leur fabrique, fondée en i83g, graduellement améliorée, livre actuellement.des produits qui sont estimés.dans le commerce à l’égal de ceux de Bouxwiller. Nous nous sommes, assurés par, des épreuves spéciales qu’ils méritent celte réputation, car ils offrent les caractères et les propriétés des colles fortes exemptes d’altération et très-adhésives.
- .1 t
- Le jury accorde à MM. Martin Reiss une.médaille d’.argént.
- M. FIRMENICH, à Metz (Moselle).
- v r
- Ce manufacturier a introduit dans le département la fabrication des colles jaunes en petites feuilles, dites de Cologne, quijusque-là se préparaient principalement en Allemagne et en Belgique. 11 emploie environ 100,000 kilogrammes de peaux.de Buénos-Ayres. Le produit spécial de M. Firmenicli présente les propriétés caractéristiques des meilleures colles fortes: exempt d’odeur, insoluble à froid,.forte-
- Médailles de bronze.
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- ment gonflé, entièrement dissous à chaud, d’une grande ténacité ; il s’applique avec grand succès aux apprêts des tissus, encollages, à l’ébénisterie, dans la clarification des vins, etc.
- M. Firmenicli fabrique annuellement 45,ooo kilogrammes de colle forte. Ses produits sont justement appréciés dans le commerce. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Félix ESTIVANT, à Givet (Ardennes).
- Les colles de Givet jouissent toujours de leur antique réputation commerciale ; cependant presque toutes, comme autrefois, ont éprouvé durant leur préparation une altération notable, qui se trahit par leur solubilité partielle et l’odeur qu’elles développent dans l’eau froide. Il est temps que les fabricants redoublent de soins dans cette localité, s’ils veulent soutenir la concurrence de la nouvelle fabrication.
- M. Félix Estivant a la plus importante fabrique de Givet. Il emploie un générateur équivalent à i5 chevaux, et peut traiter en temps ordinaire 220,000 kilogrammes de matières premières; ses produits sont caractérisés par une transparence brillante ; ils offrent l’un des premiers types des colles de Givet. Il en livre annuellement 100,000 kilogrammes, valant de i5o à 160,000 francs. Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MM. PARENT et DONNAY, à Givet (Ardennes).
- Ces manufacturiers occupent à Givet le deuxième rang quant à l’importance de leur établissement; leurs produits valent ceux de M. Félix Estivant, et portent une marque gravée en creux qui garantit leur origine. Il est à désirer que les autres fabricants suivent ce bon exemple.
- Les chaudières, chauffées par la vapeur, traitent annuellement 120,000 kilogrammes de colles matières; Le jury donne à MM. Parent et Donnay une médaille de bronze.
- MM. D’ENFERT frères, à Ivry (Seine).
- MM. d’Enfert frères ont établi depuis 183o , dans la plaine d’Ivry, une fabrique de gélatines et de colles fortes qui commence à rivaliser, pour quelques-uns de ses produits en feuilles blanches et teintes pour gelées comestibles, avec celle de M. Grenet. Les gélatines filées, sous forme de menues torsades, offrant une grande
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- surface à l’action de l’eau, se gonflent très-vite à froid et se dissolvent à l’instant dans l’eau bouillante.
- Les gélatines coulées en feuilles minces diaphanes s’appliquent avec succès aux objets de luxe que nous avons énumérés plus haut.
- Ces fabricants , habiles et soigneux, livrent en outre au commerce diverses colles fortes dites gélatines, en petites feuilles, pour apprêts, peinture, etc ; enfin des colles fortes, 3e qualité, douées de bonnes qualités adhésives, destinées aux travaux de l’ébénis-terie, du placage, de la menuiserie, etc.
- Tous ces produits sont estimés dans le commerce ; leurs prix sont relativement peu élevés , et nous avons constaté leur bonne préparation. Le jury, considérant que cette fabrication améliorée offre un succès incontestable dans une voie nouvelle, décerne à MM. D’En-fert une médaille de bronze.
- M. PITOUX, rue Pavée, n° si4, à Paris.
- Ce manufacturier a présenté des échantillons remarquables de gélatine blanche et diaphane, sous forme de papier glacé, à l’usage des graveurs-, ses feuilles teintes ont fixé l’attention parleur pureté et leur régularité de nuance. Ces produits sont aussi beaux, au moins, que les précédents, mais la fabi-ique est un peu moins importante : il y a compensation , M. Pitoux a perfectionné d’une manière nolable son industrie depuis l’époque où il obtint une mention honorable (exposition de i844). Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- Mme veuve GHAPUIS et fils, à Annonay (Ardèche).
- Us fabriquent de 5o à 8o,ooo kilogrammes de colles fortes de plusieurs qualités.
- Leur première sorte se gonfle beaucoup et répand peu d’odeur dans l’eau.
- Les autres qualités sont comparables aux colles façon Givet. Un générateur chauffe par la vapeur les quatre chaudières de cet établissement.
- Le jury accorde à Mmo veuve Chapuis et fds une mention honorable.
- M. FRANC-MAGNAN, à Orléans (Loiret).
- La fabrique de cet exposant a la même importance que la précé-
- ii. 44
- Mentions liono râbles*
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- Citations
- favorables.
- Mentions pour ordre.
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- dente. Les produits ont sensiblement les mêmes qualités et sont préparés avec de semblables matières premières (rognures de peaux, tendons, etc.). On y prépare en outre de l’huile de pieds, et les divers résidus servent à fabriquer des engrais pour l’agriculture. Le jury dqnne à M. Franc-Magnan une mention honorable.
- M. FAUSSEMAGNE, à Lyon (Rhône).
- Ce manufacturier a présenté de très-belles feuilles de gélatine diaphane blanche, préparée avec des membranes de poisson. Ce produit, applicable aux usages culinaires, gélatine de luxe et apprêts des tulles, mérite une citation favorable.
- M. HUMBERT, à Dieuze (Meurthe).
- Fabrique des produits analogues à ceux de M. Martin Riess, c’est-à-dire de très-bonne qualité. Son industrie, moins développée, mérite une citation favorable.
- M. MICHAU, à Rancennes (ArdenneS).
- Fabrique une très-belle qualité de colle Givet. Son établissement, encore peu étendu, reçoit une citation favorable.
- O de BOUXVILLER (Bas-Rhin).
- On fabrique dans le grand établissement de Bouxviller des colles fortes en tablettes, analogues aux colles de Flandres, et d’autres plus transparentes, dites gélatines. Leurs bonnes qualités sont depuis longtemps reconnues, et nous les"avons de nouveau constatées ; nous ne les mentionnons d’ailleurs ici que pour ordre, l’importance et le mérite de la fabrication de Bouxviller devant être appréciés dans le rapport sur les produits chimiques.
- M. FOUCHÉ-LEPELLETIER, à Javelle (Seine).
- Dans sa'grande fabrique d’acides, soudes, savons, etc., M. Fouché-Lepeîletier emploie une partie de l’acide chlorhydrique à l’amollissement des os, dont il livre le tissu fibreux aux fabricants de colle et de gélatine. Nous ne mentionnons ici que pour ordre celle partie des travaux de M. Fouché-Lepelletier.
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- DEUXIÈME SECTION.
- COULEURS, CONSERVATION DES BOIS, TISSUS
- IMPERMÉABLES.
- S 1er. COULEURS.
- M. Dumas, de l’Institut, rapporteur.
- MM. LEFRANG frères, rue du Four-Saint-Germain, n° 2 3, h Paris.
- Les efforts tentés depuis quelques années par MM. Lefranc frères pour donner une vive impulsion à la fabrication des couleurs ont été couronnés d’un tel succès, que le jury n’a pas hésité à leur accorder successivement la médaille de bronze et celle d’argent. Aujourd’hui , ces habiles fabricants se présentent avec un titre nouveau à ses récompenses, par l’importance de leur fabrication d’encre typographique : le brillant et le velouté que l’on remarque dans lès gravures imprimées avec l’encre que MM. Lefranc frères fabriquent spécialement pour ceGusage, et qui jusqu’alors ne se trouvaient que dans les gravures imprimées avec de l’encre anglaise, son prix moins élevé d’un tiers que celui des encres anglaises, et enfin la quantité bien moins considérable que les imprimeurs en emploient pour obtenir les mêmes effets, sont des qualités qui attirent, vers ces habiles fabricants, la clientèle des principaux imprimeurs de Paris, et surtout de ceux qui impriment les livres illustrés. Le Magasin pittoresque, le Musée des Familles, Y Illustration, peuvent, à chaque instant, donner la preuve sensible des qualités remarquables de l’encre de MM. Lefranc, dont l’emploi a permis d’aborder en tirage typographique les plus grandes finesses et les plus grandes difficultés de l’art du .graveur.
- MM. Lefranc ont f^it de nouveaux progrès dans la fabrication de leurs couleurs, et de nouveaux produits ont été exposés par eux. Les couleurs de gouache en poudre, qui permettent de donner à ce genrè de peinture la vigueur de l’huile et la transparence de l’aquarelle, sont très-estimées des peintres, qui déjà étaient très-salis-
- 44.
- Médaille
- cVor.
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-
- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
- Médaille
- d’argent.
- Rappels
- de
- médailles de bronze.
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- laits des pastels et des couleurs pour l’huile et pour l’aquarelle que leur fournissait cette maison.
- Le jury leur décerne la médaille d'or.
- MM. LANGE et DESMOULIN, me du Roi-de-Sicile, n° 3 2 , à Paris.
- L’exportation nous enlève la moitié des produits de la maison Lange et Desmoulin, qui fabrique annuellement pour trois cent mille francs de couleurs. Les diverses récompenses déjà obtenues par celle maison et l’étendue de ses affaires indiquent assez la supériorité de ses produits.
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille d’argent.
- M. PAILLARD, rue des Francs-Bourgeois, n° 21, à Paris,
- La fabrication consciencieuse de M. Paillard continue à faire estimer ses produits par tous les peintres. Deux médailles d’argent l’ont déjà récompensé de ses courageux efforts.
- Le jury rappelle la médaille d’argent obtenue par M. Paillard en i844-
- M. MILORI, route de Montreuil, n° 172, à Charonne (Seine).
- M. Milori fabrique spécialement des produits chimiques destinés aux marchands de couleurs.
- Le jufy lui rappelle la médaille d’argent qui lui a été accordée à l’exposition de i83q.
- M. DUTFOY, rue du Dragon, n° 3, à Paris.
- Les couleurs pour le lavis de M. Dutfoy sont recommandées par le Mémorial du génie. La bonne préparation, la transparence et la modicité de prix, qui leur ont mérité la médaille de bronze à la dernière exposition, continuent toujours à faire estimer les couleuxxs de cette maison par tous ceux qui par état en font un usage journalier.
- Le jury accorde à M. Dutfoy la médaille d’argent.
- M. GIROUY rue de la Cité, n° 1 4, à Paris.
- M. Girouy fabrique des couleurs en tablettes en pastilles et en
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- bâton, pour l’aquarelle, et c’est surtout, dans ce genre de production que sa fabi'ique excelle. Ses couleurs à l’huile sont fort belles.
- Le jury rappelle pour la seconde fois la médaille de bronze obtenue en 1837 par M. Girouy.
- M. FERRAND, rue Montgallet, n° 7, à Paris.
- M. Ferrand fabrique uniquement des couleurs fines pour la peinture des tableaux à l’huile.
- if emploie une quinzaine d’ouvriers et une machine à vapeur de 2 chevaux.
- Le jury rappelle la médaille de bronze que cet industriel a obtenue en i83g.
- «
- M. COLSON, me du Dragon, ne 3, à Paris.
- M. Colson vient d’ajouter un perfectionnement au papier ligneux pour le pastel, qui lui a déjà mérité une médaille de bronze en 1844- Par l’amélioration de ses procédés de fabrication, il est parvenu à donner ce papier à un prix moindre de moitié que celui auquel il le vendait il y a 5 ans. Ce papier a l’avantage de préserver les pastels de l’humidité, de les fixer, et de ne pas user les doigts des artistes qui s’en servent.
- Le jury rappelle la médaille de bronze accordée à M. Colson en 1844-
- M. PREVEL, route de Montreuil, n° 90 (Seine).
- Sa fabrique de vermillon français, fondée en i83i, occupe 3 ouvriers et donne de fort beaux produits, qui se consomment entièrement à l’étranger.
- Le jury rappelle que M. Prevefa été mentionné favorablement à l'exposition de i844>
- Rappel
- de
- mention
- honorable.
- M. WUY, rue Barre-du-Bec, n° 3, à Paris.
- Le bleu Wuy, pour azurer le linge, est bien connu à Paris pour le meilleur de tous ceux que l’on a employés depuis longtemps. Son seul défaut, au dire de ceux qui s’y connaissent, est son prix élevé.
- Le jury accorde à M. Wuy une mention honorable.
- Mention
- honorable.
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- Citations
- favorables.
- M. BELLAVOINE, rue de l’Arbre-Sec, n° 3, à Paris.
- M. Bellavoine prépare les couleurs, en vessies et en tubes métalliques, pour la peinture à l’huile, et tout ce qui dépend de la peinture à l’huile. Ses produits sont de bonne qualité.
- Le jury lui accorde la citation favorable.
- M. RICHARD, quai de Gêvres, n° îo, à Paris.
- La fabrique de M. Richard produit des couleurs fines en tablettes pour l’aquarelle, qui sont estimées des peintres et d’un bon emploi. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. CHONNEAUX, rue Jean Robert, n° 6, à Paris.
- M. Chonneaux expose divers articles de parfumerie, et particulièrement du rouge végétal extrait ducarthame et du blanc de fard. Il s’occupe de cette fabrication depuis longtemps.
- Le jury accorde à M. Chonneaux une citation favorable.
- § 2. CONSERVATION DES BOIS.
- M. Dumas, de l’Institut, rapporteur.
- La conservation du bois au moyen de divers procédés chimiques, ou leur coloration par les mêmes agents, constituent maintenant une véritable industrie qui, née depuis peu, n’en possède pas moins une haute importance par l’étendue de ses applications. Le jury a voulu signaler à l’attention publique les divers procédés qu’elle met en œuvre.
- Le plus généralement applicable, celui de M. Payne, peut servir à la préparation de tous les bois, même quand ils ont été abattus et depuis longtemps. Il les pénètre dans toute leur épaisseur de la substance préservatrice.
- Le plus connu, celui de M. Boucherie, s’applique de préférence aux bois récemment abattus. II met à profit des forces que le végétal vivant possède et qui ne tardent pas à disparaître.
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- M. Renard Perrin s’est surtout proposé de colorer les bois indigènes.
- M. Knab procède à leur conservation au moyen d’un enduit qui leur sert d’enveloppe imperméable à l’humidité.
- MM. WATTEEU et HITCHENS, me Laffitte» n° 25, à Paris.
- Le procédé Payne, dont MM. Watteeu et Ilitchens sont acquéreurs , consiste dans l’incrustation artificielle des bois au moyen de l’injection dans leurs tissus, sous forme de dissolutions, de deux matières (sulfate de fer et sulfure de baryum) qui ne tardent pas, en réagissant l’une sur l’autre, à donner naissance à deux composés insolubles (sulfure de fer, sulfate de baryte). Ces deux corps, se déposant dans les vaisseaux circulatoires du bois, les bouchent complètement, et, par suite, le rendent impénétrable à l’air et à l'humidité; de plus, l’action de l’air transformant lentement l’une de ces substances (sulfure de fer) en un sel (sulfate de fer) qui rend le bois impropre à servir de nourriture aux insectes, on le soustrait ainsi à la fois aux deux principaux agents destructeurs des bois employés dans les chemins de fer. Si l’on ajoute que les bois ainsi préparés ne sont plus que difficilement combustibles, il devient évident que le procédé Payne a rendu un grand service aux constructions en bois qui s’élèvent au-dessus de la surface de la terre aussi bien qu’à celles qui sont destinées à être toujours enterrées ou submergées.
- L’injection des deux dissolutions s’effectue au moyen d’un appareil parfaitement disposé, où les bois se trouvent d’abord placés dans le vide; une fois chacune des dissolutions introduite dans l’appareil, on l’oblige à pénétrer dans toute la profondeur du tissu ligneux au moyen d’une pression convenable. Des pièces d’assez forte dimension, telles que des traverses de chemin de fer, se trouvent ainsi complètement pénétrées des deux réactifs et, par conséquent, de leurs produits.
- • A l’étranger, nombre de compagnies de chemin de fer emploient depuis longtemps déjà le procédé avec plein succès. Comme il s’applique à tous les bois et aux bois depuis longtemps débités, il en résulte de grandes facilités pour la pratique.
- En France, la compagnie du chemin de fer de Strasbourg, sur
- Médailles
- d’or.
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- les chantiers de laquelle nous avons suivi les détails de ce procédé, a fait usage sur une grande échelle des bois qu’il fournit.
- La sûreté des opérations pratiquées par le procédé Payne, l’expérience" acquise des bons effets qu’il produit, l’emploi facile de ce procédé sur les bois de toute condition ont fixé très-particuliè-ment l’attention du jury et l’ont décidé à lui accorder une récompense élevée.
- Le jury accorde une médaille d’or à MM. Watteeu et Hitchens.
- M. BOUCHERIE, avenue Sainte-Marie-du-Roule, n° 3s, à Paris.
- M. Boucherie a présenté, il y a plus de dix années, à l’Académie des sciences, un mémoire tendant à établir la possibilité d’injecter les arbres, au moment de l’abatage, en mettant à profit la succion naturelle des vaisseaux, soit seule, soit en l’aidant de quelques dispositions mécaniques très-simples et, par conséquent, de nature à être employées en forêt.
- L’approbation de l’Académie, les beaux résultats offerts par M. Boucherie à l’attention publique, tout signalait cet inventeur à la bienveillance du dernier jury. Cependant, il se montra réservé, voulant laisser à la pratique en grand le soin de prononcer en dernier ressort.
- En i844» le jury central accordait donc seulement cà M. Boucherie une mention honorable pour ses bois pénétrés, les uns d’eaux mères des marais salans, les autres de chlorure de calcium et de pyrolignite de fer, matières qui, sans augmenter sensiblement la valeur des bois, permettent de les mettre en œuvre peu de temps après leur abatage, les douent d’une grande résistance au jeu, et les rendent enfin lout-à-fait incombustibles. Le jury pensait avec raison que les procédés de M. Boucherie méritaient la plus haute récompense s’ils répondaient dans la pratique aux espérances conçues, ou seulement une mention, tant que la question pratique n’était pas jugée.
- M. Boucherie exposait également à cette époque des madriers de chêne et des cerceaux de châtaignier qui, pénétrés d’un mélange de chlorures et de pyrolignites, et placés dans un lieu humide, avaient résisté pendant cinq ans, sans altération sensible, à
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- celle épreuve. C’est à celte partie de son industrie que M. Boucherie s’est plus spécialement livré depuis la dernière exposition; aussi, à celle-ci, apporte-t-il surtout des bois préparés pour résister à l’humidité , et destinés à être employés par les chemins de fer.
- Le nombre d’ouvriers qu’emploie M. Boucherie, ainsi que la quantité considérable de traverses et de poteaux livrés par lui pendant le cours des années i846 et 1847, démontrent que ses produits sont généralement appréciés maintenant, et que l’emploi en grand a confirmé les espérances qu’ils avaient fait naître.
- Le jury lui accorde une médaille d’or.
- M. RENARD-PERRIN, à Paris.
- M. Renard-Perrin cherche à rendre les bois indigènes applicables aux travaux d’ébénisterie par les riches couleurs qu’il leur donne, plutôt qu’à les empêcher de s’altérer à l’air et à l’humidité.
- L’emploi qu’il fait pour la teinture de ses bois exotiques de couleurs végétales, est plus propre à leur donner de l’éclat qu’à les rendre inaltérables sous l’action de l’humidité, ou inattaquables par la pourriture sèche ou par les insectes.
- Les bois injectés qu’il a exposés sont d’une grande richesse de tons, et plusieurs d’entreoeux peuvent rivaliser de beauté avec les bois étrangers les plus recherchés.
- Le jury constate ce succès en accordant une médaille d’argent à M. "Renard-Perrin.
- M. KNAB, rue Grange-Batelière, n° 12, à Paris.
- M. Knab récouvre les bois d’un enduit qui les rend inattaquables aux insectes et impénétrables à l’humidité. Il augmente donc de beaucoup leur durée sans en élever considérablement le prix, puisque les bois recouverts de cet enduit liydrofuge ne coûtent que de 5 à 8 fr. le mètre cube de plus que les bois naturels, et que l’on peut employer des bois de qualité inférieure à'des usages‘’qui, ordinairement, nécessitent des bois cle choix.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- Médaille
- d’argent.
- Médaille de bronze.
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- Rappel
- de
- médaille
- d’or.
- Médailles
- d'argent.
- § 3. TISSUS IMPERMÉABLES.
- M. Dumas, de l’Institut, rapporteur.
- MM. RATTIER et GUIBAL, rue des Fossés-Montmartre, n° 4, à Paris.
- L’industrie des tissus imperméables a reçu un nouvel élan par la découverte des propriétés particulières qu’acquiert le caoutchouc lorsque, par un procédé quelconque, il a été mélangé d’une certaine quantité de soufre. MM. Rattier etGuibal, qui les premiers ont introduit en France l’usage de ce caoutchouc vulcanisé, ont établi sur une grande échelle dans leur fabrique de caoutchouc manufacturé un atelier pour la vulcanisation.
- Le procédé, d’origine américaine, dont ils se sont rendus possesseurs leur donne sur leurs concurrents l’avantage de pouvoir produire de gros blocs de caoutchouc vulcanisé, et par conséquent de pouvoir appliquer ce produit à des usages auxquels celui des autres fabriques est impropre, à cause de sa faible épaisseur. Cette fabrique peut seule livrer aux chemins de fer les rondelles de caoutchouc vulcanisé destinées aux tampons des locomotives et des waggons.
- MM. Rattier et Guibal ont dernièrement fait des essais pour introduire dans l’industrie l’usage d’une nouvelle espèce de caoutchouc connue sous le nom de gutta-percha, qu’ils espéraient pouvoir appliquer à la fabrication d’objets nécessitant une grande résistance et une grande inaltérabilité aux graisses et aux huiles. Ils avaient même fait construire des appareils pour le traitement en grand de celte matière, mais jusqu’à présent la gutta-percha n’a pas répondu à leur attente. La propriété quelle possède de se ramollir à la température de l’eau bouillante et son prix assez élevé lui nuisent dans une foule d’applications, et le seul produit commercial qu’on en tire consiste en courroies en cordes pour les transmissions de mouvement dans les usines, et en roulettes, que les filatures leur commandent en assez grande quantité pour leurs métiers, et dont elles paraissent satisfaites,
- Le jury rappelle la médaille d’or obtenue en i83g par MM. Rattier et Guibal.
- M. FRITZ-SOLLIER, à Lyon (Rhône).
- M. Sollier est le premier, en i834, qui ait employé le caoutchouc pour la fabrication des bandes de billards. Il a établi à Lyon la
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- première fabrique cle caoutchouc, et il est arrivé à employer pour dissoudre cetle matière les huiles essentielles de houille, après toutefois les avoir, par une distillation, débarrassées de toute odeur.
- Les produits ainsi obtenus n’ont aucune odeur et sont beaucoup plus économiques que ceux que l’on fabrique au moyen de l’essence de térébenthine.
- M. Sollier est parvenu à fabriquer le caoutchouc volcanisé avec une grande supériorité au moyen d’un procédé différent de. ceux employés en Angleterre et en France. Ce procédé, peu dispendieux, lui permet de donner à très-bon marché des produits d’une fabrication soignée et d’un usage durable.
- Par des méthodes récemment mises en pratique, et dont le succès a paru si incontestable à ses concurrents qu’il a vendu à déjà très-haut prix le droit de les exploiter, M. Fritz Sollier vient d’obtenir des fils de caoutchouc cylindriques de toute dimension ; leurs avantages pour la fabrication des tissus sont incontestables. En outre, il est parvenu à retirer au caoutchouc volcanisé son excès de soufre, de manière à lui rendre sa transparence sans lui faire perdre les qualités que la volcanisation lui assure.
- A tous égards, M. Fritz-Sollier est digne des récompenses du jury : c’est un des fabricants français qui ont le plus contribué, par des inventions propres, à perfectionner la production des objets en caoutchouc.
- Le jury lui accorde une médaille d’argent.
- M. FLAMET jeune, rue Saint-Martin, n° 87, à Paris.
- M. Flamet, dont l’usine a été fondée en 1822 et qui a mérité des médailles de bronze et des rappels en i834, 1839 et i844, n’a pas cessé de mériter les suffrages-du jury, qui constate une amélioration notable dans ses produits en lui accordant une médaille d’argent.
- > . *
- M. GAGIN, à Montmartre (Seine). . R k
- M. Gagin, par un enduit hydr.ofuge qui est sa propriété, rend m^ucs imperméables à l’eau tous les tissus et les .cuirs, sans leur enlever de bronze, leur souplesse. Il rend à la fois imperméables et incombustibles les couvertures de waggons destinées aux chemins de fer.
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze.
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- Médailles de bronze.
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- M. TERRISSE, rue du Faubourg-Saint-Mar lin, n° 122, à Paris.
- M. Terrisse est le successeur de M. Cabirol, qui le premier amis en usage la gutta-perclia en France. M. Cabirol avait obtenu en i844 pour la fabrique de caoutchouc une médaille de bronze, que le jury de 1849 se ^rappeler à M. Terrisse, son successeur, pour sa belle fabrique de produits en gutla-perclia.
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze obtenue en i844 par son prédécesseur.
- M. PERRONCEL, rue Saint-Martin, n° 188, à Paris.
- La fabrique de M. Perroncel est remarquable par sa bonne direction, qui lui permet, malgré son peu d’étendue, de livrer une grande quantité de produits dont la qualité ne laisse rien à désirer.
- Le produit le plus important de cette usine consiste en souliers imperméables en caoutchouc vulcanisé. M. Perroncel pour faire concorder le prix peu élevé de ces souliers, dont il a vendu jusqu’à 27,000 paires en une seule année, avec la cherté du produit chimique dont il se sert pour la vulcanisation du caoutchouc, le fabrique lui-même et est parvenu à rendre abordable au commerce le sulfure de carbone, qui jusqu’alors était réservé aux laboratoires, et qui, par ses propriétés dissolvantes et volatiles, peut arriver à rendre plus lard des services à des industries autres que celle du fabricant de caoutchouc volcanisé.
- Malgré la quantité de souliers qu’il fabrique, M. Perroncel n’en fait pas moins les autres articles en caoutchouc volcanisé, les tubes pour les laboratoires, les rondelles pour la fermeture exacte des tuyaux, etc.
- Il a exposé des tissus rendus imperméables par le caoutchouc vulcanisé qui ne poissé plus et n’a plus que très-peu d’odeur.
- Son procédé pour la vulcanisation du caoutchouc, qui serait peut-être imparfait s’il s’agissait d’opérer sur de grandes masses, paraît suffire parfaitement pour les plaques minces dont il se sert dans la fabrication de ses souliers, pour les tubes et pour les fils de caoutchouc dont il fabrique une quantité considérable.
- Malgré les bons résultats auxquels il est déjà parvenu pour la vulcanisation du caoutchouc, M. Perroncel n’en continue pas moins avec activité des recherches sur les modifications qu’éprouve le
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- caoutchouc soumis à des agents chimiques autres que le sulfure de carbone.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. LACROIX-LASSEZ, quai de la Grève, n° l\k , à Paris.
- Les bateaux de marchandises qui font la navigation depuis Rouen jusqu’à Paris ont besoin d’être couverts de bâches très-imperméables , et la préférence marquée que les entrepreneurs de transports par eau donnent aux produits de M. Lacroix-Lassez indique suffisamment une bonne fabrication et des prix peu élevés.
- Le iurv lui accorde une médaille de bronze.
- •) V
- Mmo HUET (Abraham), à Rouen (Seine-Inférieure).
- Mn'° Àbrabam Iluel occupe à Darnétal (près Rouen) 35o ouvriers pour la fabricalion des bretelles, dont elle livre au commerce 144,ooo douzaines de paires par an. Les deux tiers de cette production sont livrés à l’exportation; un tiers seulement est vendu en France.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MM. SAUVAGE et G10, à Rouen (Seine-Inférieure).
- i
- L’usine de MM. Sauvage et C10 pour la fabrication des tissus élastiques et pour le montage des bretelles est une des plus belles de ce genre qui existent à Rouen. Il peut produire annuellement 700,000 douzaines dé paires de bretelles, dont la moitié se vend en France ; le reste est exporté et jouit d’une bonne réputation sur les marchés étrangers.
- Le jury accorde à MM. Sauvage et C1C une médaille de bronze.
- MM. GROSSMANN et WAGNER, rue du Renard-Saint- Rappels
- * Merry, n° 11, à Paris. Mentions
- honorables
- Une grande quantité d’objets emtissus élastiques et imperméables sortent chaque année des ateliers de MM. Grossmann et Wagner.
- Ces produits, sans aucune odeur, sont cl’une fabricalion soignée et méritent une attention toute particulière.
- Le jury leur accorde lé rappel de la mgntion honorable.
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- Mentions
- honorables.
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- MM. BRIOUDE SANS-REFUS, me Aumaire, n° 5i, à Paris.
- Il fabrique des souliers en caoutchouc vulcanisé, en se servant des souliers tels qu’il3 arrivent du Brésil. Il les recoupe, leur met une semelle, les vulcanise et les livre au commerce à des prix un peu moins élevés que les autres fabricants.
- Il a fabriqué en intestin de mouton des souliers imperméables cl’un prix peu élevé.
- C’est M. Brioude qui le' premier a fabriqué des balles en caoutchouc moulé.
- Il fabrique en caoutchouc naturel des ballons très-minces, de toutes dimensions; il en vend plus de 10,000 par an aux fabricants de jouets d’enfants de Paris et des provinces.
- Le jury lui accorde le rappel de la mention honorable.
- M. MODOT, passage Choiseul, n° 33 , à Paris.
- M. Modot rend imperméables les chaussures en cuir et fabrique des souliers en caoutchouc.
- Le jury rappelle la mention honorable accordée en i83g.
- M. BARTHÉLEMY, à Saint-Ouen (Seine).
- L’établissement de M. Barthélemy, fondé en i845, ne fonctionne pas encore régulièrement, et cependant il livre au commerce des toiles imperméables à bon marché et d’une bonne qualité, et des courroies pour les machines, faites cl’une toile enduite de caoutchouc et roulées, qui semblent d’un bon emploi.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. GARNIER, rue Quincampoix, n° 1 1, à Paris.
- M. Garnier fabrique tous les objets en caoutchouc manufacturé en général, et particulièrement, en très-grande quantité, les balles moulées, les ballons gonflés d’air et les chaussures imperméables. Le jury lui accorde une mention honoi’able.
- M. DUTERTRE, à l’Aigle (Orne).
- M. Dulertre présente à l’exposition des toiles imperméables d’un prix assez peu élevé pour permettre d’en faire des couvertures mo-
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- biies servant à abriter les moutons dans leurs parcs pendant la nuit. L’enduit imperméable de M. Dutertre s’applique sur les cordages, sur les étoffes destinées à faire des vêlements de travail, et rend ces objets tout à fait imperméables à l’eau. De nombreux essais ont été faits et ont tous démontré l’efficacité de ce procédé et l’avantage que les agriculteurs et la marine peuvent en retirer.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. LEUNENSCHLOSS, rue de là Fidélité, n° 15, à Paris.
- M. Leunenschloss occupe 3oo ouvriers, auxquels il donne des salaires assez considérables dans sa fabrique cle bretelles, à laquelle il vient de joindre une succursale à Rouen. Cetle usine, très-considérable, jouit d’une grande considération tant en France qu’à l’étranger.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. BOUTON, aux Batignolles (Seine).
- Citée favorablement, en i844, sous le nom deCler, celte maison continue la fabrication de la toile-cuir, destinée à remplacer le cuir dans tous les cas où l’on a besoin d’une impénétrabilité complète à l’eau. Les visières de casquettes consomment pour 70,000 francs par an de coproduit; et une nouvelle activité va être donnée à cetle fabrique lorsque la toile-cuir pour les chaussures imperméables aura été mise dans le commerce. '
- Le jury lui accorde une nouvelle citation favorable.
- M. T1NTILLIER, rue des Fossés-Montmartre, n° 11, à Paris.
- M. Tintillier manufacture le caoutchouc avec soin; ses produits sont d’une bonne qualité, et leurs prix sont modérés.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. DUGOURTIOUX, rue Fontaine-au-Roi, 2 bis, h Paris.
- L’usine de M. Ducourtioux, fondée en 1846, présente déjà de beaux produits à l’exposition de 1849, et, sans nul doute, continuera à mériter la bienveillance des consommateurs par le soin que
- Nouvelle
- citation
- favorable.
- Citations favorable? *
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- Nouvelle
- médaille
- d’or.
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- ce fabricant apporte à la fabrication des bas et ceintures élastiques dont il s’occupe uniquement.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- MM.VveCANTlERetNAVES,rue de Vendôme, 2 fer, à Paris.
- MM. Vvc Cantier et Naves occupent, dans leur fabrique de bretelles et de jarretières, un nombre considérable d’ouvriers; leurs produits jouissent de l’estime des commerçants.
- Le jury leur accorde une citation favorable.
- TROISIÈME SECTION.
- PRODUITS CHIMIQUES, CIRES A CACHETER, CIRAGES, VERNIS.
- § rr. PRODUITS CHIMIQUES.
- MM. Balard et Péligot, rapporteurs.
- MM. KU H LM ANN frères, à Loos et à la Madeleine (Nord), et à Amiens (Somme).
- Occupent toujours le premier rang parmi les fabricants de produits chimiques du nord de la France. Leur fabrication est très-variée; les acides minéraux, la soude artificielle, les sels de soude, les cristaux et le sulfate de soude, le sulfate d’ammoniaque, le sel d’étain, le chlorure de chaux, la gélatine, le suif cl’os, le noir animal et les engrais solides et liquides, qui sortent des trois fabriques de MM. Ruhlmann frères, représentent l’énorme quantité de 22 millions de kilogrammes. Les grands établissements' de Loos et de la Madeleine produisent par an 3 millions de kilogrammes d’acide sulfurique et 10 millions de kilogrammes de noir animal. Indiquer ces chiffres, c’est montrer l’influence considérable que MM. Kuhlmann frères exercent sur l’industrie agricole et manufacturière de nos départements du Nord, qui consomment la presque totalité de leurs produits.
- MM. Ruîmann frères occupent 3oo ouvriers environ. Dès 1826, ils ont établi àLoos uneinslitulion particulière en faveur des ouvriers
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- malades, ù laquelle ils ont ajouté depuis une caisse de vétérance.
- Les services rendus par M. Kuhlmann comme chimiste et comme professeur, sont connus de tout le monde. De même qu’à la précédente exposition, on doit à ce savant industriel la rédaction du précieux rapport publié par le jury départemental du Nord.
- MM. Kulilmann frères ont reçu en i844 la médaille d’or pour les produits de leur usine de Loos. Les nouveaux tilyes qu’ils se sont créés à l’estime publique les rend très-dignes cl’une nouvelle médaille d’or que le jury leur décerne.
- MINES DE BOUXVILLER (Administration des), à Boux- ^pds
- •viller (Bas-Rhin.) médailles
- d'or.
- Une exploitation de lignites qui se trouvent en abondance dans les environs de Bouxviller a été la première origine de l’usine importante de produits chimiques qui existe dans celle localité. Trop chargés de sulfate de fer et d’alumine, et dès lors peu propres à la combustion, ces lignites furent exploités pour la fabrication de la couperose et de l’alun. Il fallait, pour obtenir ce dernier produit, de la potasse ou de l’ammoniaque; ce fut à l’ammoniaque alcali qu’on put obtenir en toutes pièces par la décomposition des matières animales, que l’habile directeur de l’usine, M. Schattenmànn, préféra avoir recours, et la fabrication des produits ammoniacaux fut dès lors installée à côté de la première. Sous la direction d’un industriel aussi distingué, la fabrique de Bouxviller ne pouvait se contenter d’extraire ces deux sels, couperose et alun. Aussi, d’un côté, tous les produits qui se rattachent à l’exploitation des schistes ferrugineux, tels que aluns de divei\s degrés de pureté, couperoses de différentes teintes, sel de Salzbourg, peroxyde de fer, etc. ; de l’autre, tous les composés qui dérivent de la décomposition des matières animales, comme le prussiate de potasse, les sels ammoniacaux de tout genre, la colle forte, le phosphore, etc., sortent tous les jours en grande abondance de cet établissement. Son importance va toujours croissant; il fait aujourd’hui pour près de 2 millions de produits, et occupe 33o ouvriers ; il n’en employait que 280 en i834-
- La manufacture, dirigée par M. Schattenmann, avait obtenu la médaille d’or en 1889 ; elle lui fut rappelée en i844, et son directeur reçut aussi, à cette époque, la décoration qu’il avait si bien méritée.
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- Aujourd'hui le jury central fait à l’administration des mines de Bouxviller un nouveau rappel de la médaille d’or.
- M. LEMIRE, à Choisy-le-Roi (Seine).
- L’usine de M. Lemire est toujours la plus importante de nos fabriques d’acide pyroligneux; ses produits sont d’une pureté remarquable et d’une grande variété. En dehors de l’acide acétique et des acétates , M. Lemire se livre à la préparation des produits pharmaceutiques, tels que l’émétique, l’éther sulfurique, le sublimé corrosif, le mercure doux, le tannin,le chloroforme, etc.
- M. Lemire a obtenu , aux précédentes expositions, toutes les récompenses que le jury peut décerner. Le jury central reconnaît que M. Lemire se montre de plus en plus digne de la médaille d’or qu’il a obtenue en 1839 et L rappelle en sa faveur.
- MM. Th. LEFEBVRE et Cic, aux Moulins-lès-Lille (Nord),
- Ont conservé leur rang parmi les fabricants de céruse. Ils livrent annuellement au commerce près de 2 millions de kilogrammes de cette substance. Leurs produits sont très-estimés.
- Les soins que cet établissement met à écarter chacune des causes d’insalubrité qui rend celle fabrication si dangereuse, méritent de fixer toute l’attention du jury. M. Th. Lefebvre n’a reculé devant aucun sacrifice pour soustraire' ses ouvriers à l’action toxique du plomb. 11 a donné un exemple que l’intérêt même des fabricants de céruse , à défaut d’autre considération , devrait les engager à suivre.
- La fonte du métal s’exécute dans une chaudière placée sous une hotte , qui entraîne les vapeurs fournies par cette opération ; le coulage du plomb en lames se fait dans des ateliers bien aérés ; les plaques, sortant des fosses, préalablement redressées, sont soumises à l’action de cylindres cannelés, qui détachent les écailles de céruse du plomb métallique, puis tombent dans un blultoir en toile métallique, qui opère la séparation de celle-ci d’avec le métal non attaqué; l’un et l’autre sont reçus dans des vases distincts. Toutes ces opérations se font dans des armoires soigneusement fermées, de même que le broyage à sec qu’on fait subir à la céruse avant de l’amener à l’état de pâte molle en la broyant à l’eau sous les meules horizontales. Les poussières délétères, qui se dégagent dans les
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- établissements où le travail se fait dans vin air non confiné, ont entièrement disparu.
- De plus , aucune précaution hygiénique n’est négligée pour soustraire les ouvriers à toute chance de maladie saturnine : on exige d’eux la plus grande propreté; on ne tolère pas l’intempérance; un médecin, attaché à l’établissement, visite celui qui est atteint de la moindre indisposition.
- Ces améliorations ont porté leurs fruits. Une enquête, faite par le comité d’hygiène du département du Nord , a établi qu’il est de notoriété publique que depuis 16 mois aucun des ouvriers de cette fabrique n’a été atteint de maladie saturnine; le médecin de Lille attaché à l’établissement affirme, en outre, que de 1826 à 1842,. sous l’influence des anciens procédés de fabrication, le nombre des malades était de 3o à 35 sur 100 à 110 ouvriers employés, année commune; que, depuis l’introduction, en 1842, delà machine à cylindres cannelés , ce nombre a sensiblement diminué ; enfin qu’aucun cas de colique saturnine ne s’est manifesté depuis l’époque à laquelle ces appareils ont été complétés par l’addition du broyage à sec dans des espaces clos. D’après ce médecin, «la fabri-« cation de la céruse dans l’établissement de MM. Th. Lefebvre et «Cie présente, comparativement, moins de dangerpour les ouvriers « que dans les diverses autres branches d’industrie qui existent à «Lille ou dans la banlieue, notamment dans les filatures de coton «et de lin.»
- En i844, M. Th. Lefebvre n’avait encore réalisé qu’une partie des améliorations que nous avons signalées. La médaille d’or et la décoration de la Légion d’honneur lui ont été données en récompense des efforts qu’il a faits dan^l’intérêt de la santé de ses ouvriers et des perfectionnements qu’il a introduits dans son industrie. M. Th. Lefebvre s’est rendu -de plus en plus digne de ces distinctions en réalisant dans l’usine qu’il dirige des conditions hygiéniques plus parfaites. Le jury rappelle en faveur de MM. Th. Lefebvre et Ci0 la médaille d’or qui leur a été décernée à l’exposition de i844*
- BLANC DE ZINC (Société anonyme du), rue Basse-du-Rempart, n° 3o, à Paris.
- L’emploi de l’oxyde de zinc dans la peinture industrielle et artistique est, sans contredit, l’un des faits les plus considérables
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- Médailles
- d*or.
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- qui se soient produits à l’exposition de 1849; il a fixé ù un haut degré l’attention du jury.
- L’idée de celte application de l’oxyde de zinc n’est pas nouvelle. En 1780, Guylon Morveau présenta à l’académie de Dijon un travail de Courtois, attaché au laboratoire de cette compagnie, sur la substitution du blanc de zinc au blanc de plomb. Plus tard, Guylon Morveau s’appliqua, à plusieurs reprises, à l’élude de cette question et réclama même , en faveur de Courtois, la priorité de celle invention contre un Anglais , M. Atkinson , qui prit en 1796 une patente pour le même objet.
- Quoique Courtois ait entrepris cette fabrication dans le but d’en livrer les produits aux artistes et aux peintres en bâtiments, le prix très-élevé du zinc à celte époque l’obligeant à vendre l’oxyde de ce métal à raison de 12 fr. le lui. pour la irc qualité et 8 à 9 fr. pour la 20, l’industrie qu’il avait créée ne prit aucune extension. Il est de notoriété publique que l’oxyde de zinc disparut bientôt du nombre des produits commerciaux, et que l’emploi de celte substance dans la peinture fut entièrement abandonné.
- En i844, M. Leclaire, entrepreneur de peinture, appela.de nouveau l’attention sur les avantages que cet oxyde présente sur la céruse. Les résultats obtenus par M. Leclaire sont le fruit de longues expériences faites par cet industriel avec beaucoup de persévérance et d’habileté.
- M. Leclaire, profitant de l’abaissement du prix du zinc, qui valait encore 180 fr. les 100 kil. en 1827, et qui se vend aujourd’hui 5o à 55 fr. ; est arrivé à fabriquer l’oxyde de zinc par des procédés qui, dès à présent, permettent de le livrer au même prix que la céruse.
- Au nombre des avantages qui résultent de l’introduction de cette substance dans la peinture, on doit placer au premier rang l’innocuité de sa préparation et de son emploi pour la santé des ouvriers. On déplore depuis longtemps les dangers qui accompagnent la fabrication de la céruse. Si, dans ces derniers temps, d’honorables efforts et de grands sacrifices ont été faits dans le but de les écarter, on ne peut nier que les bons résultats, qui ont été obtenus dans celte voie ne soient encore que partiels, et que les procédés anciens, entourés de tous leurs inconvénients, ne soient encore suivis par le plus grand nombre des fabricants de céruse. En supposant même qu’on parvienne à faire adopter par tous les appareils qui
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- fonctionnent clans les ateliers de MM. Th. Lefebvre, Poèlman
- frères, etc., les peintres en bâtiments et les artistes qui emploient le blanc de plomb restent exposés aux affections saturnines si cruelles , qu’engendre le maniement journalier de celte substance.
- L’oxyde de zinc se recommande par une autre propriété bien précieuse; il résiste parfaitement à l’action de l’air chargé de gaz sulfhydrique. Sa couleur blanche n’est point altérée dans les conditions qui donnent à la céruse une coloration en noir plus ou moins foncée. Ainsi les peintures au blanc de zinc exécutées dans les cabinets d’aisance, dans les établissements d’eau sulfureuse, dans les laboratoires de chimie, dans les locaux exposés à des luites de gaz, souvent mal lavé, etc., conservent loute^leur blancheur primitive. En outre , il supporte parfaitement le mélange avec les autres matières colorantes.
- On reprochait au blanc de zinc, préparé par Courtois, de donner une peinture moins belle, moins éclatante, plus grise que celle que fournissait la céruse. Celte infériorité dépendait sans doute de l’état d’impureté du zinc qu’on fabriquait à cette époque. Aujourd’hui, que l’extraction de ce métal est faite dans de meilleures conditions, ou bien que les procédés de préparation de son oxyde sont différents et perfectionnés, les artistes et les architectes qui ont employé ce dernier produit s’accordent à lui reconnaître une blancheur supérieure à celle de la céruse, et se louent beaucoup de la fraîcheur et de la finesse des tons qu’il fournil. Citer M. Paul De-laroche et MM. Visconti, Dubau , Achille Leclère, L. Vaudoyer, Viollet Leduc, etc., c’est invoquer à l’appui de celle assertion le témoignage des personnes les plus compétentes. .
- Quanta la durée des peintures exécutées avec le blanc de zinc, une expérience de cinq ans démontre quelle n’est pas inférieure , jusqu’à présent, à celle des peintures .au blanc de plomb; mais c’est au temps seul qu’il appartient de porter sur cette question un jugement définitif. Il en est de môme de la faculté de couvrir autant que la céruse, et par suite d’être, à prix égal, d’un emploi aussi économique. Ces questions sont complexes et d’une solution longue et difficile.
- La fabrication du blanc de zinc pour les besoins de la peinture est aujourd’hui confiée à une société anonyme, dont les intérêts se confondent avec ceux de M. Leclaire. L’usine que celle société a fondée au pont d’Asnières, près dé Clichy , livre au commerce
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- 5o,ooo kil. de blanc de zinc par mois, au prix de 72 fr. les 100 lui. Vingt-sept cornues, chauffées dans des fours dils silésiens, reçoivent, le métal qui s’oxyde en distillant; le résultat de cette combustion, c’est-à-dire le blanc de zinc, arrive dans des chambres de condensation dont le plancher, placé au-dessus du sol, est disposé de manière à ce qu’on puisse faire tomber immédiatement dans des barils le produit qui s’est formé. Le plus blanc est livré au commerce sous le nom de blanc de neige.
- Au moyen de l’huile de lin cuite avec de l’oxyde de manganèse, on prépare, d’après les indications de M. Leclaire, une huile siccative d’un très-bon emploi, qui remplace l’huile lithargirée et qui assure la prompte dessiccation des peintures à l’huile.
- On fabrique aussi dans cette usine diverses couleurs à base de zinc qui remplacent avec avantage, pour les jaunes, le chromate de plomb, pour les verts,les couleurs si dangereuses,à base d’arsenic et de cuivre. M. Leclaire a perfectionné la fabrication du vert de Rinnmann, qu’on obtient en calcinant l’oxyde de zinc avec quelques centièmes d’oxyde de cobalt. Les verts sont cl’une belle nuance; il. est très-vraisemblable qu’ils sont aussi d’une grande solidité. L’industrie des papiers peints, de même que la peinture industrielle et artistique, tirent déjà un parti avantageux de ces diverses couleurs.
- Le jury central est heureux de signaler les services rendus à l’hygiène publique et à l’industrie par ces nouvelles applications de l’oxyde de zinc; il félicite M. Leclaire des succès qu’il a obtenus dans cette voie,4 et il décerne à la Société anonyme du |BlanG de zinc la médaille d’or.
- M. Charles KESTNER, à Thann (Haut-Rhin.)
- M. Charles Kestner exploite à Thann. et à Bellevue, près Giro-magny, deux fabriques de produits chimiques des plus importantes. La première est employée à la fabrication des acides minéraux, de l’acide tarlriquè, des sels métalliques divers , delà soude et de tous les dérivés de cette fabrication, tels que l’acide chlorhydrique, le chlorure de chaux, le sel de soude, le carbonate de soude cristallisé, etc. La seconde est plus*spécialement utilisée pour la distillation des bois, la fabrication de l’acide pyroligneux et des produits qui en dérivent. Dire de ces deux établissements qu’ils occupent journellement 2/10 ouvriers j.qu’ils fournissent au commerce
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- et à l’industrie des produits chimiques pour une valeur de i,3oo,ooo francs, c’est caractériser suffisamment, sans plus de détails, toute leur importance.
- Les produits de ces deux établissements sont, en majeure partie, consommés clans le Haut et Bas-Rhin, à Paris, Rouen et Lyon, soit pour l’impression, soit pour la peinture, le blanchiment et la savonnerie. Une partie est expédiée clans les départements voisins pour approvisionner les blanchisseries, les papeteries et les verreries. Un sixième, environ, est envoyé à l’étranger, et notamment en Suisse.
- A l’exposition de i83q, ces établissements, exploités sous la raison sociale Kestner père et fils, avaient obtenu la médaille d’argent. Une nouvelle médaille d’argent leur fut décernée à l’exposition de i844- Depuis 1847, M. Charles Kestner continue seul une exploitation à laquelle son intelligence et son activité ont su, malgré les temps difficiles que nous venons de traverser, donner encore de nouveaux développements. M. Kestner est, d’ailleurs, un chimiste habile, et la science lui doit la découverte de l’acide paratartrique.
- Le jury central décerne à M. Kestner une médaille d’or.
- SALINES NATIONALES DE L’EST. (Compagnie générale des anciennes).
- L’Etat a longtemps possédé, dans les départements de l’Est, des salines alimentées par des sources salées, des mines importantes, de sel gemme, et une fabrique cle produits chimiques, celle de Dieuze, l’une des plus remarquables de France. Ces établissements sont passés, depuis quelques années, entre les mains d’une compagnie dont M. de Grimaldi est l’administrateur général, et au nom duquel la fabrique cle Dieuze expose aujourd’hui. Depuis cette époque ces établissements ont acquis un nouveau. degré d’importance. Dans le grand établissement de Dieuze, la production du sel igni-gène a été notablement accrue. La fabrication de la soude et de tous les produits qui s’y rattachent : sulfate de soude,sel de soude, acide chlorhydriqne, chlorure de chaux, etc., y a reçu de nouveaux développements. Il suffit de citer la consommation annuelle de soufre qui est de 1,200,000 kilogrammes, pour donner la mesure de l’importance de cettè exploitation.
- L’usine cle Dieuze emploie, pour ses divers travaux, jusqu’à 700
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- ouvriers. L'exploitation clés bois qu elle consomme en emploie e n outre environ 200.
- L’usine de Montmorot, exploitée aussi par celle compagnie, sous la direction de M. Parnet, a exposé des échantillons de sel marin de qualités les plus diverses : depuis le sel à gros grains denses, imitant le sel de Peccais jusqu’au sel de luxe très-fin, que l’on sert sur nos tables, elle produit toutes les variétés de densité et de grosseur de cristaux que les habitudes locales peuvent exiger. Ces sels sont d’ailleurs bien dépouillés cl’eau mère et dans un état de siccité convenable. La saline de Montmorot, qui ne fabriquait guère, avant la vente par l’Etat, que 2.5,000 quintaux métriques de sel, en livre aujourd’hui, dans les entrepôts du Jura, plus de 80,000 quintaux métriques.
- En i844, l’administration nouvelle qui dirige les salines de l’Est venait à peine d’entrer en fonctions, aussi le jury central, dans l’impossibilité de porter un jugement sur la direction imprimée à cet établissement, se contenta de rappeler en sa faveur la médaille d’argent qui avait été décernée en i844 a la compagnie des salines de l’Est. Aujourd’hui ce jugement est facile à formuler, car la haute capacité administrative de M. de Grimaldi, l’intelligence et l’habileté des collaborateurs dont il a su s’entourer, ont définitivement placé aux premiers rangs les établissements possédés par la compagnie qu’il représente.
- Le jury, réunissant dans une même récompense l’établissement de Dieuze et celui de Montmorot, décerne à la compagnie des anciennes salines nationales de l’Est une médaille d’or.
- M. FOUCHÉ-LEPELEÏIER, à Javel, près Paris (Seine).
- La manufacture de Javel, fondée en 1776, est, dans son genre, la plus importante du département de la Seine; elle occupe 176 ouvriers , elle livre au commerce 5 à 6 millions de kilogrammes de produits chimiques d’une valeur de i,4oo,ooo francs. L’acide sulfurique s’y fabrique sur une très-grande échelle ( 3,000,000 de kilogrammes cl’acide à 66° ). M. Fouché-Lepeletier est arrivé à perfectionner cette fabrication déjà si avancée, en mettant.à la suite des chambres de plomb une série de vases en grès, desquels il retire une certaine quantité cl’acide qui jusqu’alors se trouvait perdue. La manœuvre de ses appareils est si simple qu’on brûle clans l’un d’eux 1,800 kilogrammes de soufre qui fournissent 5,4oo ki-
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- iogramtnes d’acicle à 66°, avec le travail et la surveillance d’un seul ouvrier.
- Les principaux produits de l’usine de Javel sont, outre l’acide sulfurique, le sulfate de soude, l'acide chlorhydrique, la soude factice, le carbonate de soude sec et ci'istallisé, l’acide nitrique, les sels d’étain, les sels ammoniacaux, l’oxalate de potasse, l’hypo-cldorite de potasse (eau de Javel), le savon, la colle-forte elle phosphate de chaux pour entrer dans la composition des engrais ou dans celle des émaux.
- On fabrique à Javel la presque totalité de l’acide sulfurique pur et très-concentré que les teinturiers emploient pour préparer le carmin d’indigo : cet acide remplace, avec économie sur le prix d’achat, l’acide de Saxe qui, à la vérité, est frappé du droit d’entrée exorbitant de îoo francs les 100 kilogrammes.
- L’usine de Javel rend de grands services à l’industrie parisienne en contribuant à maintenir, dans de justes limites, le cours des produits chimiques. Elle est dirigée avec une grande habileté par M. Fouché-Lepeletier qui a introduit de nombreuses améliorations sous le rapport de la qualité des produits et de l’économie de la main-d’œuvre.
- Le jury central, voulant récompenser ces heureux r-ésultats, accorde une médaille d’or à M. Fouché-Lepeletier.
- M. MENIER et C‘e, rue des Lombards, n° 07, à Paris, et à Noisiel-sur-Marne (Seinc-et-Marne).
- Exposent deux sortes de produits qui n’ont pas attiré au même degré l’attention du jury central.
- Ils fabriquent àNoisieldes chocolats; ils en livrent annuellement au commerce, 35o,ooo kilogrammes. Ces chocolats ne sont pas supérieurs à ceux des autres fabricants.
- La fabrication des poudres pharmaceutiques qui sortent de cette usine.est, au contraire, fort remarquable; M.Menier a transformé en une grande industrie l’art de pulvériser les substances médicinales; pour arriver à ce résultat, il a fallu beaucoup de temps, de persévérance et d’habileté.
- En 1820, M. Menier commençait, sur une petite échelle, à fabriquer les poudres et les farines qui sont employées en pharmacie: Depuis celle époque, son industrie a pris chaque jour plus de développement et d’importance. Il utilise dans son usine de Noisiel
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- la force d’un moleur hydraulique de 4o chevaux ; il y occupe 3o ouvriers, il possède, à Paris, un laboratoire où il fabrique en grand dans le vide et par la vapeur, tous les produits pharmaceutiques.
- La quantité de poudres qui se préparent à Noisiel est considérable ; la variété en est très-grande : le quinquina et la gomme adra-gante, l’acier et la rose de Provins, toutes les substances pharmaceutiques, filandreuses ou élastiques, dures ou molles, sont réduites en poudre impalpable, par des moyens appropriés à leur nature.
- Les orges perlées et mondées, les gruaux de qualité supérieure et celle des chocolats se fabriquent également à Noisiel sur une grande échelle.
- La préparation en grand des poudres pharmaceutiques ne pouvait réussir qu’entre les mains d’une personne d’une loyauté éprouvée et jouissant de la confiance des pharmaciens; cette confiance, M. Menier la possède tout entière; il est aujourd’hui le pourvoyeur de la plupart d’entre eux, et le nombre des comptes courants ouverts sur ses livres ne s’élève pas à moins de 8,000 ; le chiffre des affaires de sa maison dépasse 3,000,000 de francs.
- En ayant égard .à cette brillante position commerciale, on me saurait nier les services que M. Menier rend chaque jour à l’art de guérir en lui fournissant des substances homogènes, pures, d’un bon chgix, amenées toujours au même degré de division.
- En considération de ces résultats ; et pour reconnaître le mérite industriel et commercial de M. Menier, le jury central décerne à. cet exposant la médaille d’or.
- M. MAIRE (Charles), à Strasbourg (Bas-Rhin).
- M. Maire a débuté dans la carrière industrielle par la découverte d’un procédé fort ingénieux pour fabriquer les acétates et en particulier l’acétate de plomb (sel de saturne). Les avantages de ce nouveau procédé sur l’ancien sont incontestables : ainsi, cl’après le procédé de M. Maire, l’opération se trouve achevée au moment où elle ne fait, pour ainsi dire, que commencer par les procédés communément employés. En effet, comme tous ceux qui, pour former des acétates, font usage du vinaigre ordinaire, M. Maire est obligé de le distiller afin de le débarrasser des matières extractives et salines qu’il contient et qui nuisent à la cristallisation du sel ; mais, au lieu de condenser la vapeur physiquement, à travers un serpentin, par un courant,d’eau froide qui circule en sens inverse, il dirige la va-
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- peur cle vinaigre dans une caisse contenant de l’oxyde de plomb, qui absorbe l’acide acétique pour former de l’acétate. Quant à la vapeur d’eau, comme elle n’est poiut condensée, elle s’échappe, et on la dirige dans des chaudières à double fond pour en utiliser la chaleur latente.
- Pour obtenir l’acide acétique concentré et les acétates, dans les conditions où se trouvait placé M. Maire, il a dû faire lui-même son vinaigre, ce qui l’a forcément conduit à fabriquer de l’alcool, dont la matière première est le sucre, et il a été ainsi amené à créer une industrie essentiellement agricole basée sur l’exploitation de la pomme de terre. M. Maire traite celle-ci par l’orge gerrnée pour la transformer en sucre, qui, subissant à son tour la fermentation alcoolique, donne des produits qu’on soumet, au moyen de la vapeur et dans des alambics appropriés, à une distillation de laquelle on retire un alcool faible qu’on fait passer à travers des tonneaux remplis de copeaux de hêtre pour y recevoir l’action de l’air et se transformer en vinaigre. Quant au résidu de celte distillation, on l’emploie avec beaucoup d’avantage pour la nourriture des bêtes à cornes. L’établissement de M. Maire a nourri à lui sel pendant l’hiver dernier, avec ses résidus, plus de 200 pièces de gros bétail.
- M. Maire ayant constaté que l’acétification de l’alcool ne pouvait avoir lieu d’une manière régulière et avantageuse qu’en présence d’un grand excès d’air, ce qui occasionnerait une grande perle d’acide acétique, eut l’idée de faire passer cet air saturé d’acide acétique sur des lames de cuivre et sur des lames de plomb :il obtint de la sorte, avec les premières, un très-bel acétate de cuivre;, et avec les secondes, moyennant le concours de l’acide carbonique dégagé des fermentations alcooliques, de la céruse qu’on peut comparer au plus beau blanc de Crimtz.
- Telles sont en résumé les opérations pratiquées dans l’établissement de M. Maire. Moyennant 2 5oà3oo hectolitres d’orge, on traite annuellement dans cette fabrique 12 à i3,ooo hectolitres de* pommes cle terre, et on livre au commerce :
- no à 120,000 kilogrammes d’acétate de plomb, à raison de-115 francs les 100 kilogrammes.
- 18 à 2 5,5oo kilogrammes d’acide acétique concentré, à raison de i3o à 160 francs les 100 kilogrammes,
- 20 à 2 5,ooo kilogrammes de céruse, à 85 francs le 100 kilogrammes.
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- Enfin, 2,5ooà 3,ooo hectolitres de vinaigre, qui se vend pour les besoins de l’économie domestique, au prix de 6 à 8 francs l’hectolitre.
- Les succès obtenus par M. Maire dans le traitement delà pomme de terre sont si bien établis, que, depuis environ 6 ans, il a monté un grand nombre de distilleries et d’appareils distillatoires de son invention, non-seulement dans les premières exploitations agricoles des départements du Haut et Bas-Rhin, de la Moselle, de la Meurllie et de la Meuse, mais encore à Saint-Étienne, à Orléans et dans la Prusse rhénane.
- Le jury central, appréciant tout le mérite des inventions de M. Maire, qui lui valurent déjà en i844 la médaille d’argent, décerne à cet industriel distingué la médaille d’or.
- M. COURNERIE, à Cherbourg (Manche.)
- L’usine de Cherbourg, que dirige M. Cournerie, est une dos premières où l’on ait exploité les soudes provenant des varechs. Elle s’est conservée à la tête de cette industrie ; on y traite annuellement 1,200,000 kilogrammes de soude de varech brute, qui fournissent 4 à 5oo,ooo kilogrammes de matières salines. Ces matières, sur îoo parties, sont composées de 16 parties de chlorure de sodium impur, de 37 parties de chlorure de potassium consommé par les salpêtreries, et de 16 parties de sulfate de potasse, que M. Cournerie parvient à priver en grande partie de sels de soude, et à rendre dès lors très-propres à la fabrication des potasses artificielles. M. Cournerie, dans son travail en grand, obtient en ces divers produits à peu près les mêmes quantités qu’indique une analyse rigoureuse, ce qui montre le degré d’exactitude avec lequel, par un roulement d’opérations convenables, s’opère la séparation de ces sels.
- Les eaux mères contiennent des iodures et des bromures dont la photographie sur papier commence à employer des quantités sensibles. M. Cournerie a apporté beaucoup.de perfectionnements dans le mode d’extraction do l’iode-, et, par ses soins, la quantité de ce produit que l’on peut extraire cl’un poids donné de soude brute s’est notablement accrue. Par une progression constante et qui marque ainsi la continuité du progrès lui-même, M. Cournerie. est parvenu à retirer de 1,000 kilogrammes de soude brute qui, en i843, 11e donnait que 1 yk d’iode, jusqu’à 2^ de ce produit..
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- La nature de la matière première n’a pas changé, mais les sels ont été mieux épurés, elle peu d’iode qu’ils entraînaient en pure perle n’a plus été perdue. Cette circonstance devra exercer une influence notable sur la valeur d’un produit que la médecine réclame aux plus bas prix possibles.
- Le jury central, pour récompenser M. Cournerie des importants progrès qu’il a fait faire à l’exploitation des soudes varech, à l’épuration des sels de potasse et à l’extraction de l’iode, lui décerne une médaille d'or.
- MM. DE LACRETAZ et FOURCADE, à Vaugirard (Seine ), et à Grâville ( Seine-Inférieure).
- La fabrique de produité chimiques de MM de Lacrelaz et Fourcade existe depuis 34 ans; M. de la Cretaz a fondé en 1838 l’usine de Grâville, il continue à produire la presque totalité du bichromate de potasse que consomme l’industrie française.
- L’acide stéarique et l’acide oléique, qui résultent de lasaponili-cation journalière de 4 à 5,ooo kilogrammes de suif, sont d’une qualité remarquable.
- MM. de la Cretaz et Fourcade ont apporté à leur importante fabrication d’acide sulfurique de notables perfectionnements; ils condensent dans des récipients les gaz autrefois perdus de^ leurs chambres de plomb, et ils arrivent à obtenir tout à la Fois un rendement plus considérable en acide sulfurique et une moindre consommation d’acide azotique.
- Les progrès incessants que MM de la Cretaz et Fourcade ont imprimés à leur industrie les rendent très-dignes de la nouvelle médaille d’argent que le jury leur décerne.
- Nouvelle médaille d'argent.
- MM. VELLY et C\ à Reims (Marne. )
- MM. Velly et Cic exploitent l’établissement de produits que MM.Houzeau-Muiron et Velly ont fondé dans la vil] en i836. Le traitement des débris de matières animales et la fabrication des produits que les matières azotées peuvent fournir font surtout l’objet de celte exploitation, qui fournit au commerce de grandes quantités de prussiate de potasse, de sels ammoniacaux, du noir animal, de colle gélatine, de suif d’os, etc.
- Cet établissement transforme ainsi en produits utiles à l’industrie des matières le plus souvent perdues, au détriment même de la
- Rappels
- chimiques ‘lemédailles i . d’argeut.
- \ ri r\ K mtvio U
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- Médailles
- d’argent.
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- salubrité publique, et offre à la population qui les rainasse une ressource contre la misère. Son importance était déjà grande sous l’ancienne raison sociale, car il employait dans l’usine même de 20 à 3o ouvriers. Cette importance s’est accrue sensiblement sous la nouvelle raison sociale, puisque l’usine emploie aujourd’hui, d’une manière régulière, de 3o à l\o ouvriers; aussi le jury central s’empresse-t-il de faire jouir personnellement MM. VellyetC10 de la haute distinction qui avait récompensé les efforts de l’ancienne société, et de rappeler en leur nom la seconde médaille d’argent obtenue en i844 par leurs prédécesseurs.
- M. CARTIER fils, à Nantes (Loire-Inférieure),et à Pontoise (Seine-et-Oise )
- La fabrique de produits chimiques de M. Cartier, à Nantes, décompose, année moyenne, 5 à 600,000 kilog. de sel marin; elle livre à la consommation locale des acides sulfurique et chlorhydrique, du sulfate de soude, delasoude, du chlorurede chaux, etc. Elle se recommande parles dispositions heureuses de ses appareils, notamment de ceux qui servent à décomposer le sel marin et à produire le chlorure de chaux.
- L'usine de Pontoise fabrique, outre les acides, de l’alun, du sulfate d’alumine et du salpêtre.
- Le jury central de 1844 a reconnu les améliorations introduites à diverses époques, dans l’industrie chimique, par M. Cartier, en décernant à cet habile industriel une médaille d’argent. Le jury rappelle cette médaille en faveur de M. Cartier,
- M. LEROUX, à Vitry-1 e-Français (Marne),
- Continue à se livrer à la fabrication de la salicine. Cette- substance , dont la découverte est due à cet habile pharmacien, est obtenue, par lui, dans un remarquable état de pureté.
- Le jury central rappelle, en faveur de M. Leroux, la médaille d’argent qui lui a été décernée à l’exposition de i834.
- MM. AGARD et C,e, à Aix (Bouches-du-Rhône. ) .
- M. Félicien Agard, gérant de la société Agard et C“, dirige un grand nombre de salines importantes dans le département des Bou-ches-du-Rhôue. Le sel marin qu’il présente au jury et qui est ex-
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- Irait de la saline de Foz, est d’une grande pureté et ne le cède en rien aux sels les plus beaux et les plus transparents que produisent les sols les plus favorisés. Depuis longtemps, M. Agard a compris que, dans une industrie qui n’est en définitive qu’un grand problème de physique, et que pourtant encore, dans beaucoup des localités, on abandonne à la routine la plus aveugle, les conseils de la science avaient une grande importance, et il a su habilement en mettre à prolit les indications.
- Il s’est attaché, dans les salines qu’il dirige, à faire fonctionner d’une manière utile toutes les surfaces évaporantes, pendant toute l’année à emmagasiner les eaux concentrées en couches épaisses, de manière à n’évaporer que le moins possible d’eau de pluie, favoriser enfin la formation d’une espèce de feutre produit par des débris de conserves, et propre à diminuer la perméabilité du sol dont M. Dole, l’un des fabricants de sel les plus habiles du Midi, a fait connaître le premier toute l'efficacité. Au moyen de toutes ces précautions, M. Agard a pu augmenter d’une manière très-notable la production du sel marin, même sur les salines qui sont alimentées par les eaux de l’étang de Berre, et malgré les variations de salure que ces eaux ont éprouvées dans ces dernières années. C’est ce qui a eu lieu principalement pour la saline dite de Berre en particulier, et qui grâces aux modifications qu’il a apportées, peut aujourd’hui être citée comme un modèle de ce genre d’exploitation.
- On conçoit qu’un aussi habile industriel ne pouvait rester étranger à l’utilisation des eaux mères; aussi, de concert avec d’autres propriétaires de salines, il a introduit pour leur exploitation , dans le département des Bouches-du-Rhône, les procédés de M. Balard, qui ont valu à leur auteur la médaille d’or en i844.
- Le jury a vu avec un vif intérêt figurer parmi les produits exposés par M. Agard, du chlorure de potassium puret du carbonate de potasse dérivé de ce chlorure et provenant ainsi de l’eau de la mer. Il favorise de tous ses vœux l’extraction de ces sels sur une grande échelle, et espère que dans peu cette source indéfinie de potasse sera ouverte aux industriels.
- Le chlorure de magnésium que l’eau de la mer renferme, et qui peut servir à produire à bas prix des quantités considérables d’acide chlorhydrique et de magnésie, a reçu de M. Agard un autré genre d’application. Il l'a fait servir h diminuer la solubilité du sel
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- marin et les eaux mères chargées cle ce chlorure et mêlées avec de l’eau saturée de sel, lui ont permis d’obtenir, en très-petits cristaux cubiques, du sel marin, d’une pureté absolue quand il a été suffisamment lavé, et qui est appelé à prendre place sur nos tables à côté du sel de luxe que, dans les fabriques de sel ignigène, on désigne sous le nom de fin-fin.
- Sans tenir compte, en ce moment, de l’utile concours apporté par M. Agard à l’exploitation des eaux mères, le jury central, appréciant toute l’intelligence dont cet industriel a fait preuve dans la gestion des salines qui lui sont confiées , lui décerne une médaille d’argent.
- MM. BEZANÇON et C'e, fabricants de céruse, à Ivry-sur-Seine, près Paris.
- M. Bezançon était l’associé de MM. Ameline et compagnie, qui ont obtenu, à l’exposition de i844i «ne médaille de bronze pour leur fabrication de céruse, pratiquée à cette époque à Courbevoie. En i843, il a fondé à Ivry un vaste établissement, entièrement construit pour cette fabrication. Il utilise la force d’une machine à vapeur à haute pression, de 5o chevaux, et il possède un appareil à écailler les lames de plomb, et deux blutoirs qui sont disposés de manière à écarter les causes d’insalubrité que présentaient, pour les ouvriers, les anciens procédés. Le transport des produits dans l’intérieur de l’usine est rendu facile par des voies de fer d’une longueur de plus de 600 mètres. On coule dans cette fabrique le plomb sous forme de grilles, et une partie de ce métal y est transformée en carbonate sous l’influence du tan que les nombreuses tanneries des environs lui fournissent en abondance. On livre au commerce la plus grande partie de la céruse, déjà broyée avec une certaine quantité d’huile. Cette pratique épargne aux peintres l’opération si dangereuse de la pulvérisation des pains et du broyage à l’huile de la céruse en poudre.
- La quantité de céruse que produit cette importante usine s’élève à 700,000 kilog. environ.
- Le jury central décerne à MM. Bezançon et compagnie la médaille d’argent.
- MM. POELMANN frères, aux Moulins-lez-Lille (Nord.)
- La fabrique de MM. Poelmann frères produit annuellement b à
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- 600,000 kilog. de céruse en pains et en poudre : ses produits sont estimés. De même que M. Th. Lefebvre, MM. Poelmann ont fait d’honorables sacrifices pour atténuer, autant que possible, les causes d’insalubrité inhérentes à leur fabrication. Un rapport favorable du comité central d’hygiène et de salubrité du département du Nord constate les bons résultats qu’ils ont obtenus.
- Le jury central, voulant récompenser ces louables efforts, décerne à MM. Poelmann frères une médaille d’argent.
- M. VIOLETTE, à Esquerdes (Pas-de-Calais).
- M. Violette, commissaire des poudres à Esquerdes, a récemment appliqué avec succès la vapeur surchauffée, comme moyen calorifique. L’idée de celte application n’est pas nouvelle; mais MM. Laurens et Thomas paraissent être les premiers qui l’auraient réalisée industriellement pourla vivification du noir animal. M. Violette s’en est servi depuis pour carboniser le bois de bourdaine, employé dans la fabrication de la poudre; il obtint ainsi du charbon rond d’une composition beaucoup plus uniforme que par l’ancien procédé, et en plus grande quantité. La simple dessiccation clés bois à i5oà 200° par la vapeur surchauffée a été aussi l’objet des recherches de M. Violette, et les résultats déjà obtenus paraissent devoir donner lieu à cl’uliles applications; la cuisson du pain et des viandes a été également obtenue par des procédés semblables.
- Une des applications les plus heureuses qui aient été faites par M. Violette de la vapeur surchauffée, est celle qui a eu pour but la cuisson du plâtre. On sait que la pierre à plâtre n’exige, pour sa cuisson, qu’une température d’environ 1200; une calcination trop forte altère la qualité du plâtre cuit : elle donne ce qu’on appelle des plâtres morts. Dans les procédés actuellement suivis, et qui consistent soit à calciner le plâtre dans des fours analogues aux fours à pain , soit à le soumettre à l’action directe des produits de la combustion du bois, on obtient des plâtres d’une qualité fort inégale. M. Violette y applique avec succès la vapeur surchauffée à une température de 200° environ. L’immersion prolongée de la pierre à plâtre dans le courant suffit pour une bonne et complète cuisson.
- Le jury a pensé que les résultats déjà obtenus par-M. Violette méritaient d’être reconnus et récompensés, et lui a décerné une médaille d’argent.
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- M. TISSIER aîné, au Gonquet, (Finistère).
- M. Tissier, qui a fondé et dirigé pendant les premières années de leur existence les fabriques pour l’extraction des sels de la soude varecb, créées à Cherbourg, en a, depuis i83o, établi une au Conquet, pour son propre compte. Il y traite, année commune, de ,900,000 à 1,100,000 kilogrammes de soude brute. Cette quantité de soude représente, en main-d’œuvre, pour la récite du fucus et sa fabrication, l’occupation de près de 200 familles. M. Tissier en retire 15o,ooo kilogrammes de chlorure de potassium, 25o,ooo kilogrammes de sels marins impurs, employés pour la verrerie, 75,000 kilogrammes de sulfate de potasse. Sa production en iode et iodure de potassium est d’environ 3,5oo kilogrammes. Il livre au commerce 600 kilogrammes de brome ou de bromure de potassium, dont la photographie sur papier commence à déterminer une certaine consommation.
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- Les produits exposés par M. Tissier sont d’une très-belle qualité, Son iode est en larges lames cristallines et parfaitement sec.
- Le jury central, appréciant toutel’importanpe de la fabrication de M. Tissier, ainsi que la qualité de ses produits, lui décerne une médaille d’argent.
- M. Louis SERBAT, à Saint-Saulve (Nord.)
- M. Serbat, pendant le cours de sa carrière industrielle, a toujours poursuivi avec persévérance l’utiîisalion. de plusieurs résidus. On-lui doit le procédé par lequel on profite aujourd’hui de l’indigo qui colore les vieux chiffons de laine. Il s’occupe- aujourd’hui à faire pénétrer dans nos usines et jusque dans nos ménages l’utilisation des eaux savonneuses. Quand on réfléchit aux quantités considérables de corps gras qui se perdent journellement sous la forme de savon, on ne peut que s’intéresser à une exploitation qui, les précipitant sous la forme de savons métalliques de fer ou de manganèse, les fait ensuite entrer comme matières premières dans la confection de certains produits utiles. M. Serbat prépare, avec ces savons métalliques et l’huile/de résine, des peintures remplaçant la peinture à l’huile, et qui sont d,’une grande solidité. Il en confectionne aussi des mastics métalliques, espèces de luts, qui prennent, au bout d’un certain temps, une dureté considérable; et qui déjà remplacent avec beaucoup d’avantage, dans les fermetures des chaudières à vapeur, la pâte à l’huile siccative et. au minium
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- employée ordinairement, et qui seront certainement appropriés à bien d’autres emplois.
- M. Serbat a perfectionné le mode de préparation de ces pâtes onctueuses de chaux et d’huile de résine, qui commencent à se substituer au vieux oing pour le graissage des locomotives; il a aussi montré, par d’utiles applications, tout le parti qu’on pouvait; tirer, dans la peinture, des peroxydes de manganèse à bas titre, si abondants dans-quelques localités, et jusqu’à présent sans emploi.
- Le jury central apprécie la bonne qualité et l’utilité des produits présentés par M. Serbat, et, voulant encourager cet honorable industriel à marcher dans cette voie d’utilisation d’objets sans valeur, il lui décerne une médaille d’argent.
- MM; MALLET et C,c, rue de Marseille, à la Villette (Seine).
- MM. Mallet et Cia fabriquent de l’ammoniaque liquide en distillant, avec de la chaux, les eaux de condensation et de lavage du gaz de la houille. Leurs appareils, disposés avec beaucoup d’intelligence, permettent d’obtenir directement de l’ammoniaque liquide ambrée, et même blanche et à peu près pure. Ils livrent au commerce 2,000 quintaux métriques de ce produit. La qualité de ces produits, qui s’est améliorée depuis la précédente exposition, et le prix de vente qui s’est abaissé, témoignent des perfectionnements que MM. Mallet et C;- ont su apporter dans leur:fabrication.
- M. Mallet ne se contente pas d’utiliser l’ammoniaque1 des eaux de condensation ammoniacales, il s’occupe aussi avec succès à purger,, par des sels métalliques, le gaz de l’éclairage clel’hydro-sulfate d’ammoniaque, qui est une des causes' de la mauvaise odeur, et à profiter ainsi de l’ammoniaque qui était perdue par l’emploi de la chaux. On se rappelle qu’il a cl’.abord employé à cet usage des solutions de chlorure de manganèse, résidus de. la préparation du chlore. Celte méthode d’épuration qui, en i844v n’était employée que dans quelques usines, a été depuis accueillie,par plusieurs autres compagnies; mais la nécessité, de modifier les: appareils offrait un inconvénient que M. Mallet a , dans* ces derniers temps, cherché à éviter par l’emploi du sulfate de plomb, résidu de la fabrication de l’acétate d’alumine. Ce sel, substitué à la-chaux, et fonctionnant à sec dans lés mêmes appareils que cet alcali lui-même, se transforme en un mélange de sulfate d’ammoniaque, que l’on peut séparer par l’eau, ei de sulfure de plomb, qu’un'passage an
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- [ouvellefl nédailies 2 bronze.
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- four à réverbère transforme de nouveau en un mélange de sulfaiie ci d’oxyde de plomb, et qui redevient ainsi propre à produire celte épuration. Ainsi, avec une quantité de sulfate de plomb limitée, avec de la chaleur et de l’air, on peut à la fois recueillir l’ammoniaque que le gaz entraînait, et obtenir, sous la forme d’acide sulfurique, une partie du soufre qui contribuait à rendre le gaz de l’éclairage impur et odorant. Le procédé ne fonctionne à l’usine de Saint-Mandé que depuis une époque trop récente pour quele jury central puisse se prononcer sur les avantages industriels de ce nouveau mode de préparation des gaz ammoniacaux ; mais il se plaît à reconnaître que ce procédé lui paraît tout à fait rationnel, et qu’il offre une nouvelle preuve de l’esprit industrieux qui distingue M. Mallet.
- Le jury central, pour récompenser ces efforts, décerne à MM: Mallet et Cie une médaille d’argent.
- MM* Henri RINGAUD jeune et Gie, rue de la Roquette, n° 73, à Paris. ^
- L’usine de M. Ringaud continue à fournir au commerce des cyanures de tout genre, des bleus de Prusse de diverses nuances, de l’acétate de cuivre et du vert de Schweinfurt. Ce dernier produit, que l’on tirait autrefois de l’Allemagne, et que M. Ringaud a, l’un des premiers , fabriqué en France, continue à mériter, par la beauté et l’éclat de sa teinte, la mention particulière quele jury central en avait faite à la précédente exposition.
- Malgré le bas prix tout à fait anormal auquel la concurrence avait fait descendre le prussiatede potasse, M. Ringaud n’en a pas pour cela interrompu la fabrication. La grande économie qu’il apporte dans sa fabrication lui a permis de supporter une épreuve à laquelle bien d’autres fabricants n’ont pu résister. Dans son usine » la fabrication de prussiate, loin d’exiger, comme ailleurs, une dépense en combustible, devient, au contraire, une source de chaleur qu’il a su utiliser.
- Le jury central, appréciant toute l’intelligence et l’habileté dont ce fabricant continue cà faire preuve, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MM. DELAUNAY et C,e, à Portillon, près Tours (Indre-et-Loire).
- L’usine de Portillon, fondée en i83o par M. Pallu, a reçu de
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- M. Deiaunay, qui la dirige depuis i83g, d’importantes améliorations : la céruse, le minium et la mine orange qui sortent de cet établissement sont fort estimés. M. Deiaunay apporte tous ses soins à préserver la santé de ses ouvriers des dangers qui accompagnent la fabrication de la céruse et du minium.
- Lejury centrai décerne à M. Deiaunay une nouvelle médaille de bronze.
- MM. LAMING et G,e, à Glichy-la-Garenne , près Paris.
- Continuent à fabriquer, sur une grande échelle, avec des appareils pour lesquels ils sont brevetés, des sels ammoniacaux et de l’ammoniaque liquide qu’ils extraient des eaux provenant de la fabrication du gaz de la houille.
- Lejury central leur accorde le rappel de la médaille de bronze qui leur a été décernée en 1844-
- MM. BOYVEÂU-PELLETIER et compagnie, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, n° 8, à Paris.
- Ont exposé une série très-remarquable d’échantillons de produits chimiques destinés aux arts ou aux laboratoires de chimie.
- Les produits de cette maison . fondée par Robiquet, sont appréciés de tous les chimistes.
- Lejury central rappelle, en faveur de MM'. Boyveau-Pelletier et compagnie, la médaille de bronze qui leur a été décernée en i844-
- j
- M. JULIEN, rue de la Vieille-Monnaie, n° 9, à Paris. (Usine à Vaugirard’.)
- ]VI. Julien, qui a succédé à MM, Bergerat et Lelellier, fabrique certains produits chimiques destinés à la pharmacie et, aux arts. Le sel ammoniac, le camphre raffiné, les chlorures de mercure surtout, sont préparés, chez lui, sur une grande échelle.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze obtenue par ses prédécesseurs.
- MM. DELONDRE, BERTHEMOT et Cîe, rue Vieille-du-Temple, n° 3o, à Paris,
- Sont les successeurs de MMj Pelle lier, Delond re et Levaillant, qui lesr premiers ont établi sur une grande échelle la fabrication du
- Rappels de médaii de brouz-
- Médailî d$ brom
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- sulfate de quinine. On sait que la précieuse découverte de ce médicament. est due à M. Pelletier et à M. Câvenlon.
- La pureté du sulfate de quinine de MM. Delondre, Berthemol et C“ ne laisse rien à désirer; il jouit, en France et à l’étranger, de la plus honorable préférence. Leurs usines de Nogent-sur-Marne et de Mériilmontanl en livrent actuellement au commerce 2,600 kilogrammes environ, qui représentent une valeur de deux millions de francs. Leur fabrication a été diminuée, dans ces dernières années, par suite delà rareté des quinquinas sur les.marchés européens.
- Le jury central de 1889 a décerné une médaille d’or cà Pelletier, et a rappelé en faveur de MM. Delondre et Levailiant la médaille de bronze qui leur a été accordée en i834 pour leur fabrication du sulfate de quinine.
- Le jnry central décerne à MM. Delondre, Berthemot et Gie une médaille de bronze.
- MM.* DROUIN et BROSSIER, à la Briche, près Saint-Denis (Seine).
- MM. Drouin et Brossier préparent des produits chimiques pour la teinture, tels que chlorure d’étain, cyanure rouge de potassium, extrait de bois. Le jury a surtout remarqué dans leur usine la fabrication régulière du carbonate de potasse au moyen du sulfate de potasse. La fabrication de MM. Drouin et Brossier présente, sous ce rapport, d’autant plus d’intérêt, qu’il est permis d’espérer que, dans peu, l’exploitation des eaux mères des salines approvisionnera avec abondance les usines de ce genre en sulfate de potasse, que l’exploitation de la soude varech ne fournit aujourd’hui que d’une manière très-limitée.
- Le jury central, voulant récompenser la fabrication d’un produit que la France tire presque tout entier de l’étranger, et dont la pénurie commence à se faire sentir, décerne à MM. Drouin et Brossier une médaille de bronze.
- M. BATAILLE, à Blangy (Seine-Inférieure).
- La fabrique d’acide pyroligneux et autres produits chimiques spécialement destinés à l’industrie rouennaise a été fondée, en 1819, par M. Bataille père. Elle carbonise 8,000 stères (1e bois, et elle livre annuellement au commerce 80,000 kilogrammes d’acide acétique; 200,000' kilogrammes d’acétate d’alumine; i5,ooo kilo-
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- grammes d’acétate de fer, d’acétate de chaux, de sulfate de fer, etc.
- M. Bataille fils dirige cette usine avec beaucoup d’habileté; il livre aux fabricants d’indiennes de l’acétate d’alumine pur, exempt de fer et de cuivre, qui leur fournit des nuances très-belles et très-brillantes. Il est, en outre, parvenu à abaisser beaucoup le prix de l’acide acétique, en le tirant directement de l’acétate de chaux convenablement purifié.
- Le jury central accorde à M. L. Bataille une médaille de bronze.
- M. BRIERE, boulevard Beaumarchais, 2 A , à Paris.
- La France avait, jusqu’ici, tiré de l’étranger, et notamment de l’Angleterre, la totalité des produits arsenicaux que consomment certaines industries. M. Brière , en exploitant à Bransac , dans le département du Puy-de-Dôme, un minerai de mispikel, est parvenu à obtenir, dans notre pays, de l’acide arsenieux et du réalgar, que le commerce apprécie, et dont le jury central a constaté la bonne qualité.
- L’acide arsenieux fabriqué par M. Brière est condensé du premier coup dans un état de pureté convenable sous la forme neigeuse, et dans un état qui le rend d’un emploi plus commode que l’acide arsenieux vitreux. L’acide arsenieux que l’on recueille en Angleterre comme produit accessoire obtenu dans le grillage des minerais de cuivre , de plomb et surtout d’étaiu, est assez impur pour nécessiter une sublimation qui l’amène à l’état vitreux. Sous celte forme il exige une pulvérisation toujours dangereuse; il présente d’ailleurs une solubilité moindre, double circonstance qui explique la préférence que les fabricants de vert de Schweinfurt donnent à prix égal et même un peu supérieur aux produits de M. Brière.
- L’usine de Bransac serait parfaitement en mesure de suffire à la consommation de la France, et l’économie et l’intelligence avec laquelle elle est dirigée lui permettrait de lutter avec avantage contre les produits étrangers, et malgré cette circonstance défavorable que ces produits sont une matière accessoire à d’autres fabrications dont la salubrité publique rend la condensation tout à fait indispensable, si ces produits étaient maintenus à un prix normal. Mais la fabrication de ces produits étant concentrée en Angleterre dans un petit nombre de mains, le désir d’éteindre une concurrence naissante et de se conserver entier un marché important, fait, à chaque offre d’arsenic français, affluer des quantités notables d’arsenic étranger à des prix très-bas, qui ne manquent pas de se relever quand les pro-
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- cluits français ne sont plus offerts. La protection accordée à la fabrication' d’arsenic, en France, ne serait, comme on voit, qu’une garantie contre l’exhaussement artificiel de prix que l’absence de concurrence étrangère ne manquerait pas d’amener.
- M. Brière, pour sc mettre en mesure de se livrer à celte industrie, a parcouru le plus grand nombre des usines de ce genre, et en important en France les procédés les plus perfectionnés, en formant lui-mème les ouvriers nécessaires pour celle fabrication, il a fait preuve de beaucoup d’habileté et de persévérance.
- Le jury central, s’asso.ciant à ses efforts, lui décerne une méf daille de bronze.
- M. DUPRÉ, à Forges-ies-Eaux (
- Seine-Inférieure).
- M. Dupré exploite, dpeuis 1816, à Forges-les-Eaux, un lignite pyrileux qui, après une longue exposition à l’air, fournit, par des lavages méthodiques, une grande quantité de sulfate de fer. L’usine de M. Dupré livre annuellement au commerce i5o,ooo kilogrammes de couperose de refonte et de menu sel.
- La couperose de Forges est très-recherchée par les teinturiers en noir, qui l’achètent beaucoup plus cher que les couperoses provenant d’autres localités : elle est, en effet, cl’une composition homogène; elle est presque exempte de cuivre et d’alun, et son acidité est très-faibie.
- Les minerais lessivés, mélangés avec des cendres de tourbe, fournissent un engrais salin pour les prairies naturelles et artificielles. Cet engrais est très-employé dans l’arrondiss’ement de Neufchâtel et dans le canton de Buchy.
- Le jury central décerne à M. Dupré une médaille de bronze.
- M. D’HOMME, rue cîe Javelle, n° 16, à Grenelle (Seine).
- L’usine de M. d’Homme a été fondée, en 1709, par M- Payen père ; elle occupait quarante ouvriers en 1847 ; l’épuration du soufre s’y fait sur une grande échelle, car elle livre au commerce Aoo.ooo kilogrammes de ce produit; on y fait, en outre, du prussiate de po-; tasse et du borax.
- Les produits de M. d’Homme sont le résultat d’une bonne fabrication.
- Le jury central décerne à cet exposant une médaille de bronze.
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- MM. DUREL et Clc, à Saint-Saulve, près Valenciennes (Nord).
- MM. Durel et C“ exploitent à Valenciennes une distillerie et une fabrique de potasse alimentées avec les mélasses du sucre indigène. Leur usine occupe 4o ouvriers: elle fait fonctionner 7 appareils distillatoires et 20 fours à calcination ; elle produit 10,000 hectolitres d’esprit à 96°.
- Le jury.accorde à MM. Durel et G* une médaille de bronze.
- M. DE CAVAILLQN, rue Taitbout, n° 3o, à Paris.
- M. de Cavaillon est parvenu à rendre pratique la méthode d’épuration du gaz à sec avec le sulfate de chaux, méthode qui, conseillée depuis longtemps par MM. Darcet et essayée par MM. Krafft etSuc-quet,avaitélé cependant abandonnée. Il emploie à cet usage des plâtres arrosés d’un peu d’eau acidulée pour détruire leur alcalinité, et mêlés avec de la poussière de coke. Le gaz de l’éclairage, se tamisant au travers de cette masse poreuse, abandonne son ammoniaque sous la forme de sulfate, qu’on peut extraire par le lessivage. Le résidu contient encore des traces d’azote, et peut être utilisé comme engrais.
- Ce procédé ne dispense pas de l’emploi de la chaux, dont une couche doit être placée après les plâtras pour absorber l’acide suî-fhydrique , mais la consommation de cet alcali est sensiblement diminuée.
- M. de Cavaillon a mis son procédé en pratique, depuis plus d’une année, clans deux usines, et notamment à celle du faubourg Poissonnière, et il est aujourd’hui en mesure de l’étendre à d’autres établissements. Il livre en ce moment au commerce 8 à 10 quintaux par jour de sulfate cl’ammoniaque dont les fabricants d’alun font principalement usage, et qui, malgré la teinte rouge qu’un peu de sulfocyanure de potassium communique aux eaux mères, donne de très-beaux produits.
- Le jury apprécie toute l’importance que présente la condensation et l’utilisation du gaz ammoniaque , le plus souvent perdu dans le gaz de l’éclairage dont il altère la pureté; et, voulant récompenser des efforts qui tendent à recueillir un produit aujourd’hui utile aux arts seulement, mais qui pourrait avoir un grand emploi dans l’agriculture, s’il était d’un plus bas prix, il décerne à M. de Cavaillon une médaille de bronze.
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- M. Louis FAURE, à Wazemmes (Nord).
- La fabrique de céruse de M. Louis Faure est une des plus anciennes et des plus grandes de l’arrondissement de Lille : elle a été fondée en 1820; elle convertit en carbonate 600,000 kilogrammes de plomb. Ses produits sent estimés.
- M. Louis Faure a obtenu, à l’exposition de i834, une mention honorable, qui a été rappelée en sa faveur aux expositions suivantes.
- Le jury central reconnaît le travail persévérant et la bonne fabrication de M. L. Faure, en décernant à cet exposant une médaille de bronze.
- MM. ROLLAND, père et fils, à Toulouse (Haute-Garonne).
- Ils ont fondé en i84o une fabrique de produits chimiques et d’engrais. Ils exposent de l’acide sulfurique, du.sulfate de soude, de l’alun, du sulfate de fer, etc.
- Ils occupent trente ouvriers et utilisent la puissance de trois machines à vapeur représentant en total la force de vingt-huit chevaux. La fabrication des différents sels qu’ils ont exposés s’élève à i,5oo,ooo kilogrammes environ.
- Ils ont un clos d’équarrissage, et ils consacrent une partie des débris des animaux abattus à la confection de divers engrais qui sont employés avec grand avantage dans leur département.
- Le jury accorde à MM. Rolland une médaille de bronze.
- MM. MALLET et LEPELETIER, au Mans (Sarlhe).
- La magnésie qui se consomme en France pour l’usage médical, a été, jusqu’ici, presque exclusivement tirée de l’Angleterre. De nombreux essais ont été faits pour l’obtenir chez nous, avec ce degré de légèreté qu’une longue habitude fait encore regarder ici comme une qualité essentielle, quoique en Angleterre on commence aujourd’hui à se servir de préférence de magnésie pesante, mais ils avaient toujours donné des produits beaucoup plus lourds -que la magnésie légère fabriquée par les anglais. M.'Mallet, après de longs tâtonnements, est parvenu à surmonter ces difficultés et à offrir au commerce, qui a déjà accepté; ses produits, des magnésies légères carbonatées qui ne le cèdent presque en rien à celles'de nos
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- voisins. La magnésie qu’il expose, bien qu’extraite de la dolomie, ne contient pas du tout de chaux.
- *Le jury central, pour récompenser la persévérance et le succès de M. Mallet, lui accorde une médaille de bronze.
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- M. ROGE, pharmacien, rue Vivierine, n° 12 , à Paris,
- Expose des échantillons de citrate de magnésie provenant de sa fabrication.
- La médecine doit à M. Rogé la préparation d’une limonade purgative, d’un goût agréable, qui remplace l’eau de sedlitz, que la plupart des malades ne prennent qu’avec une grande répugnance. Ces faits, constatés par des commissions spéciales, sont en dehors de ceux que le jury central est appelé à apprécier. Maïs l’industrie est redevable à M. Rogé de l’impulsion qu’a reçue la fabrication de l’acide citrique auquel il a donné un emploi nouveau et important. Depuis que la limonade purgative au citrate de magnésie est en usage, la fabrication de l’acide citrique a décuplé : à Marseille, elle s’élève, dit-on , à 100,000 kilogrammes, et elle est alimentée par les citrons et les jus de citron qui viennent du midi de la France, de l’Algérie, de la Sicile et de l’Espagne.
- M. Rogé fabrique lui-même le citrate de magnésie sur uné assez grande échelle : depuis deux ans, il a employé 5,000 kilogrammes d’acide citrique, et 3,000 kilogrammes environ de magnésie.
- Considéré comme fabricant, M. Rogé a droit aux récompenses que décerne le jury central; c’est à ce titre qu’une médaille de bronze lui est accordée.
- M. DUROZIER, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, n° 18 , à Paris.
- M. Durozier expose des essences parfaitement rectifiées et dont l’évaporation ne laisse aucun résidu. 11 présente aussi des préparations employées dans la peinture à l’huile et à la cire dont les artistes ont depuis longtemps constaté la bonne qualité.
- Le jury rappelle à M. Durozier la mention honorable qu’il a obtenue en i844-
- Rappels
- de
- mentions honorables «
- M. WITTMANN, rue Neuve-Saint-Méry, n° 9, à Paris,
- M. Wittmann, successeur de M. Bédouin, continue, comme son
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- Mentions honorables.
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- prédécesseur, à préparer des produits chimiques pour ia chimie et pour la pharmacie : ces produits sont de bonne qualité.
- Le jury rappelle, en faveur de M. Wittmann, la mention honorable obtenue en 1844 par M. Hédouin, son prédécesseur,
- M. Jules GUILLIER, parfumeur, rue Montmartre, n° i3o, à Paris.
- Il a obtenu, en i844» une mention honorable pour une encre servant à marquer le linge, et s’employant à la plume, au tampon, ou avec des caractères en bois. Cette encre est préférable à l’encre anglaise, qui nécessite la préparation du tissu| sur lequel on veut écrire.
- Outre cette encre, dite française, qui a pour base le nitrate d’argent et qui donne des caractères noirs, M. Guillier expose, celte année, une encre contenant une ^préparation d’or qui donne des empreintes de couleur pourpre ou violette.
- Le jury central estime que M. Guillier est toujours digne de la mention honorable qui lui a été accordée en i864-
- MM. CAMPION et THÉROULDE, à Granville (Manche).
- MM. Campion et Théroulde exploitent à Granville une fabrique fondée en i83g pour l’extraction clés sels que fournit la soude varech. Le traitement annuel de 1,200,000 kilogrammes de celle soude par 4o ouvriers, qui fabriquent ainsi 4oo,ooo kilogrammes de sels à bases de potasse et de soude, indique l’importance de cet établissement. Les produits en iode et iodure de potassium qu’ils exposent sont d’une bonne qualité. Il est seulement à regretter que, n’isolant pas les divers sels contenus dans la soude varech , ils ne retirent pasdeleur industrietous lesavantages qu’elle pourrait offrir.
- Le jury central, désireux de récompenser des exploitations qui offrent des moyens d’existence à de nombreuses populations, décerne a MM. Campion et Théroulde une mention honorable.
- M. BONNET, à Apt (Vaucluse).
- Il a fondé, en i84i, une fabrique de minium et de mine orange qui consomme 60,000 kilogrammes de plomb, et qui alimente de minium les fabriques de poteries des environs. Ces produits étant d’une belle qualité, le jury décerne à M. Bonnet une mention honorable.
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- M. Edouard DEISS, rue Grange-aux-Belles, n® i bis, à Paris.
- M. Deiss expose des produits chimiques employés dans les laboratoires et des réactifs. Ces produits, qui sont obtenus en grand et par des procédés de fabrique, ont attiré l’attention du jury par leur bonne qualité, et surtout par leur bas prix. Outre les cyanures blancs pour la dorure, qu’il livre à 5 francs le kilogramme, le cyanure rouge, l’hyposuïfite de soude, dont la photographie détermine aujourd’hui une notable consommation, M. Deiss prépare, pour la fabrication du caoutchouc volcanisé, de grandes proportions, de chlorure de soufre et de sulfure de carbone. Il obtient surtout ce dernier produit en quantités considérables qu’il peut, pour des quantités importantes, livrer à moins de 2 francs le kilogramme.
- Le jury central décerne à M. Deiss une mention honorable.
- M. FRANÇOIS-GRÉGOIRE, à Haubourdin (Nord.)
- M. François se livre avec beaucoup de succès à la distillation des mélasses ; il obtient ainsi de l’alcool à 94° centésimaux bien épuré apprécié dans le commerce, ainsi que de l’alcool parfumé au genièvre , et du vinaigre. Les résidus de la distillation du genièvre fournissent la nourriture de beaucoup de bestiaux. Ceux qui proviennent de la mélasse ne sont employés que comme engrais. Les sels de potasse qu’ils contiennent, utiles au développement de la végétation, en revenant ainsi au sol qui les a fournis, reçoivent en définitive un utile emploi. Le jury regrette néanmoins que ces résidus ne soient pas employés'à la fabrication du carbonate de potasse, et ne servent pas, ainsi que cela se pratique dans d’autres distilleries, à augmenter la fabrication d’un produit indispensable à plusieurs industries , et dont la pénurie se fait sentir de plus en plus. . »
- Le jury décerne à M. François-Grégoire une mention honorable.
- MM. ROUSSEAU frères, rue de l’Ecole de médecine, n® 9, à Paris.
- Ils ont fondé, en 1843, une fabrique de produits chimiques et des différents appareils qui servent dans les laboratoires de chimie. Ils ont exposé une collection variée de produits bien préparés et d’un prix relativement modéré.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
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- M. DAMBREVILLE, à Amiens (Somme .
- Il expose, sous le nom d! antichlore, de beaux échantillons d’hypo-sulfite de soude, qu’il livre aux fabriques depapier.au prix modique de quatre francs le kilogramme.
- Tout le monde s’accorde sur ce point, que, si l’emploi du chlore comme agent de décoloration présente de grands avantages sous le rapport de l’économie et de la rapidité d’exécution, il offre aussi de graves inconvénients en compromettant la solidité du papier'qui a été soumis à son action qui se prolonge après le lavage souvent imparfait qu’on leur a fait subir: On avait déjà tenté de porter remède à ce contact dangereux en lavant les produits décolorés par le chlore avec une dissolution de sulfite de soude ; mais ce sel s’altère rapidement au contact de Fair et y perd ses propriétés utiles.: M. Dam-breville a eu l’heureuse' idée de le remplacer par Fhyposulfite de soude qu’il est parvenu à préparer en grand et avec économie, et qui se conserve beaucoup mieux que le sulfite de soude.
- D’après M. Dambreville, x kilogramme d’hyposulfite de soude suffit pour débarrasser clu’chlore en excès 2 à 3,000 kilogrammes de matières blancliiesrpar cet agent. La dépense qu’entraîne son emploi est par conséquent insignifiante en raison’ des avantages qu’il présente. Le jury central, désirant concourir à la propagation d’un procédé qui annihile les inconvénients de là belle application du chlore comme agent de décoloration qu’on doit à Berlhollet,
- accorde à M. Dambreville une mention honorable.
- *
- M. ARNOUX, rue Lanzin, n° 14, à Belleville (Seine).
- Le rouge à polir les métaux, deM. Arnoux, est estimé de ceux qui en font usage; il est employé par un grand nombre de bijoutiers, de joailliers, d’orfèvres, etc.
- Le jury accorde à M. Araoux une mention honorable.
- M. PESQUET, place Baudoyer, n° 7, à Paris.
- S’occupe avec beaucoup de succès', depuis longues années, de fabriquer le rouge à polir l’acier. Les horlogers s’accordent à considérer le rouge de M. Pesquet comme étant d’une qualité supérieure ; ils le préfèrent à celui qu’on tire de la Suisse et çle l’Angleterre.
- M. Pesquet fabrique aussi du rouge à polir For et l’argent, d’une excellente qualité. Le seul reproche qu’on fait aux produits de
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- M. Pesquet, c’est la grande élévation de leur prix. Son rouge à polir l’acier se vend à raison de 160 francs le kilogramme.
- Le jury central accorde une mention honorable à M. Pesquet.
- MM. FIQUÉRA et G,e, rue d’Enghien, n° 7, à Paris.
- L’exploitation des eaux vannes, dans le but d’en extraire de l’ammoniaque, est une opération d’une haute utilité. Pratiquée avec intelligence et sur une grande échelle, elle peut contribuer à la fois à assainir nos villes, à approvisionner nos usines de produits utiles, et à fournir à nos campagnes de nouvelles sources de fertilité.
- Aussi le jury a-t-il vu, avec beaucoup d’intérêt, figurer à l’exposition de i84g les produits de l’usine de Montfaucon, qui, fondée en i836, a, pendantplus de 12 ans, livré au commerce de grandes quantités de sels ammoniacaux : ces quantités eussent pu être bien plus grandes encore, si les exploitants, pour obtenir de la compagnie adjudicataire de la voirie de Montfaucon la cession des liquides qu’ils utilisent, n’avaient dû souscrire à une condition aussi regrettable, sans aucun doute, pour les deux contractants que pour le public, et qui, interdisant à MM. Fiquéra et Cie la vente du sulfate d’ammoniaque comme engrais, les a forcés à ne fabriquer ces produits que pour l’industrie chimique, et a laissé écouler une grande partie des liquides ammoniacaux sans exploitation.
- Quoique ainsi limitée dans sa production , l’usine de MM. Fiquéra et Cu est trop importante, et les procédés d’exploitation les plus économiques y sont appliqués avec trop d’intelligence pour que le jury central eût hésité à récompenser les exposants par une de ses hautes distinctions; mais on sait que, depuis plus d’un an, la voirie a été transportée à Bondy, et dès lors, faute de matière première, l’usine dé MM. Fiquéra et G“ ne fonctionne plus à Mont-faucon. D’un autre côté, celle qu’ils avaient le projet d’établir à Bondy n’existe pas encore; il est même douteux si elle y sera construite par les exposants, car, libres encore de disposer des matières premières liquides de la voirie par un marché qui arrive bientôt à expiration, ils ne le sont pas encore de transporter leur usine à Bondy. L’administration publique, dans son respect trop scrupuleux peut-être des règlements, ne croit pas devoir reconnaître que l’enquête de commodo et incommodo, qui a permis le transport de la voirie à Montfaucon, a implicitement autorisé aussi l’érection de
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- Citations
- iavorablos.
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- l’usine, qui n’en était qu’une annexe, et dont l'effet certain eût été de diminuer l’incommodité d’un pareil voisinage. Une nouvelle enquête a dès lors été jugée nécessaire, et le temps qu’exigent les formalités administratives amènera peut-être MM. Fiquéra et C" à l’époque à laquelle les matières premières de l’exploitation ne seront plus à leur disposition.
- Dans de telles circonstances, le jury central "ne croit pas pouvoir accorder en ce moment à MM. Fiquéra et C" autre chose qu’une de ses mentions les plus honorables; mais il fait des vœux pour qu’à l’exposition prochaine MM. Fiquéra et C10, continuant une exploitation qui leur doit de notables perfectionnements, soient en position d’obtenir une récompense proportionnée à l’utilité de semblables établissements, Il espère, d’aüleurs, que la compagnie concessionnaire de la nouvelle voirie de Bondÿj mieux éclairée sur l’importance des sels ammoniacaux, et comprenant d’une manière plus intelligente ses véritables intérêts, ne voudra plus, comme par le passé, que la partie la plus considérable des produits liquides qu’elle recueille soit perdue et pour elle et pour l’agriculture, et que, loin de craindre que les sulfates d’ammoniaque ne viennent diminuer l’emploi de la poudrette, elle fera, au contraire, tous ses efforts pour donner à ses engrais solides ce complément d’efficacité qu’ils ne manqueraient pas de recevoir par l’adjonction, en proportions convenables, de sels ammoniacaux. Ces sels sont un véritable engrais concentré qui, par son faible prix, peut être transporté dans les points les plus éloignés des grands centres de population , et ce prix ne pourrait manquer de s’abaisser de manière à rendre leur emploi abordable par l’agriculture, si la totalité des matières premières qui restent dans les réservoirs de Bondy recevait une destination aussi utile et aussi rationnelle, c’est un ré-sullatauquel ne saurait d’ailleurs rester indifférente l’administration publique, si désireure d’assurer, par la meilleure utilisation des engrais, la fécondité du sol, celte source la plus importante de la prospérité du pays.
- M. TALLAVIGNES, à Sigean (Aude.)
- Citation favorable pour ses sels de la saline de Sijean.
- M. LEHUBY et C18, rue Projetée-du-Della, n° 9, à Paris.
- t
- 11 a appliqué à la fabrication de capsules propres à renfermer
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- des médicaments une matière gélatineuse, obtenue avec le fucus crispus. Pour l’emploi de cette matière nouvelle, qui pourrait,' dans d’autres cas, être substituée avec avantage à la gélatine, le jury accorde à M. Lehuby une citation favorable.
- § 2. VERNIS.
- M. Dumas, de l’Institut, rapporteur.
- MM. SOEHNÉE frères, rue des Vinaigriers, n° 17, à Paris.
- Les vernis de MM. Scehnée frères tiennent toujours le premier rang parmi les produits analogues, à cause du soin avec lequel ils sont fabriqués. Les recherches continuelles que MM. Sœhnée font pour améliorer leurs produits ont amené déjà d’heureux perfectionnements dans celte industrie, et tout porte à croire qu’ils lui feront encore faire de nombreux progrès, tant sous le rapport de la qualité que sous le rapport du prix, qui laisse beaucoup à désirer.
- Le jury rappelle la médaille d’argent obtenue en i83g.
- M. VÏARD , nie Saint-Martin, n° 54, à Paris.
- M. Viard s’occupe presque uniquement des peintures contre l’humidité pour les appartements, et des vernis à voitures. Ses enduits, quoique laissant à désirer, sont cepéndant de bonne qualité. Le jury rappelle la médaille de bronze obtenue en i844- :
- M. LÉON, rue de Crussol, n° 5, à Paris.
- M. Léon fabrique des vernis pour tous les objets de la fabrique de Paris. Les vernis au pinceau ou à l’éponge destinés aux papetiers, relieurs, selliers, etc., ouvriers en métaux, bijoutiers en faux, fleuristes, etc. Tous ces industriels se montrent satisfaits et de la qualité et des prix des.produits de M. Léon, à qui le jury rappelle la médaille de bronze obtenue en i83g. /
- M. POMMIER, rue Neuve-Coqueriard, n° 22, à Paris.
- t .
- M. Pommier a exposé un vernis à l’usage des peintres en voitures et en bâtiments., qui sèche assez promptement pour qu’on puisse en
- kl
- Rappel
- de
- médaille
- dargent.
- Rappels
- de
- médailles de bronze.
- Médailles de bronze
- II.
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-
-
- Rappels de mentions honorables.
- Mentions
- honorables.
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- donner deux et même trois couches en une seule journée et qui, en outre, possède le précieux avantage de ne jamais s’écailler.
- Le jury accorde à M. Pommier une médaille de bronze.
- M. MONFORT, rue de l’Université, n° 108, à Paris.
- M. Monfort fabrique des vernis à voitures d’une bonne qualité. Il est seul propriétaire d’un cirage fort estimé pour les équipages. Le jury lui accorde un médaille de bronze.
- M. GOYON, rue Lamartine, n° 26, à Paris.
- Les enduits de M. Goyon, destinés à donner de l’éclat aux bois, aux métaux déjà vernis, ou seulement polis, aux cuirs vernis, etc. ont des qualités qu’un long usage a fait reconnaître. Lés vernisseurs de tableaux sont surtout très-contents des produits que M. Goyon leur livre pour enlever le vieux vernis écaillé et leur redonner de l’éclat ou de la fraîcheur. Cent soixante-quinze marchands du Palais-National se servent de l’enduit de M. Goyon pour nettoyer les cuivres de leurs devantures et s’en trouvent fort bien.
- Le jury rappelle la mention honorable accordée à M. Goyon, en
- i844.
- M. LEBORDAIS, rue,, de Çharonne, n° 2 3, à Paris.
- M. Lebordais a introduit dans l’ébénisterie un nouveau produit : il remplace par de la poudre de verre la poudre de pierre ponce dont, jusqu’à présent, les ébénistes faisaient usage pour polir leur bois, et la quantité considérable de ce produit qu’il vend est une garantie de son bon usage.
- Le jury lui accorde le rappel de la mention honorable obtenue en i844-
- f ^ '
- r î’ *- 1 ) ' * - ,
- M. RAPHANEL, rue Saint-Merry n° 9, à. Paris. .
- M. Raphanel est l’inventeur et le fabricant d’un siccatif brillant, destiné à mettre en couleur les carreaux des appartements, et assez connu pour qu’il soit inutile d’en énumérer les qualités.
- Le jury rappelle la mention honorable qu’il a accordée à M. Raphanel à la précédente exposition.
- M. LETILLOIS, rue des Noyers, n° 47, à Paris.
- M.'Letillois a inventé un vernis infiniment moins cher que le
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- vernis anglais, qui rivalise avec lui et est supérieur à tous les vernis français fabriqués jusqu’à présent. Employé en dernière couche, il empêche les couleurs et l'es vernis qu’il recouvre de s’écailler, et, seul parmi tôus les vernis, il ne s’altère pas par'de brusques changements de température. r
- Le jury accorde à M. Lestillois une mention honorable.
- M. RENARD, rue des Gravillers, a0 54, à Paris.
- M. Renard fabrique toute espèce de vernis, et'tous les fabricants qui se servent de ses produits accordent des éloges à leurs qualités et à la modicité de leurs prix. Mais ce qu’il fabrique le vernis noir dit vernis du Japon, destiné à donner sellerie, de bijouterie pour deuil, aux boulons, aux garnitures de parapluie, etc., une surface noire et brillante, résistant aux chocs, et aux changements de température, et ce vernis d’un prix peu élevé, facile à appliquer, est destiné à rendre de très-grands services à beaucoup d’industries de détail.
- Le jury récompense cette fabrication en accordant à M. Renard une mention honorable.
- aui iyui v toi
- aux objets de
- M. DÉDÉ, cité Jussieu, n° 9, à Paris.
- M. Dédé présente à l’Exposition une nouvelle découverte d’un immense intérêt dans l’art du fabricant de vernis. Il est parvenu, dit-il, à rendre le copal soluble dans les huiles et dans les essences, au bain Marie, et sans l’altérer préalablement, ainsi que le font les autres fabricants de vernis.
- Ï1 est aussi inventeur d’un procédé pour rendre incolores les huiles siccatives.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- Mme VELLÀRD, rue Saint-Denis, n° 390, à Paris.
- Tous les produits dé celte maison sont travaillés avec soin et conscience. On doit cependant remarquer, comme encore supérieurs aux autres, le vernis gras pour équipages, qui est aussi beau et moins cher que le vernis gras anglais ; la collé d’or, dont les propriétés siccatives sont très-recherchéès pour des travaux pressés ; le vernis du Japon, et le vernis à caoutchouc, dans lequel une notable difficulté ai été vaincue/l’élasticité à donner au vernis à cause de celle des objets sur lesquels on l’applique. ? -
- Le jury accorde une mention honorable à Mme Vellard. ,U ;
- 47-
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- Citation
- favorable.
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
- Rappel e mention tonorable*
- M. LEFEVRE, rue Montmartre, n° 109, à Paris.
- !
- Les chemins de fer de Lyon, d’Orléans et de l’Ouest se trouvent très-satisfaits du vernis à voiture de M. Lefevre. La quantité qu’il en produit chaque année prouve que d’autres consommateurs en sont également contents.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. DURANT, à Passy (Seine).
- Fabricant de vernis, de couleurs et de cirage, M. Durant est inventeur d’un siccatif pour mettre les appartements en couleur sans frottage, et d’un enduit pour fixer le pastel. Il fabrique en outre des vernis à bois, à tôle, etc.
- Le jury lui décerne une citation favorable.
- S 3. CIRE A CACHETER.
- M. Dumas, de l’Institut, rapporteur.
- M. HERBIN, rue Michel-Lecomte, n° 21, à Paris.
- M. Herbin, qui a déjà mérité plusieurs médailles de bronze pour ses pains à cacheter de toute sorte, et pour ses feuilles de gélatine destinées aux calques des graveurs, expose cette année des produits qui ne le cèdent en rien à ceux des précédentes expositions.
- Le chiffre de ses affaires, qui s’élève à 80,000 francs tant en France qu’à l’étranger, montre suffisamment l’estime que le commerce fait des produits de cette maison.
- Le jury rappelle la médaille de bronze décernée en 1823 à M. Herbin.
- M. THIBAUT, rue Michel-Lecomte, n° 23, à Paris.
- Depuis 70 à 75 ans, la fabrique de cire à cacheter de M. Thibaut produit des cires à cacheter fort estimées.
- Une mention honorable lui a été accordée en i834» et rappelée aux deux expositions suivantes. Le nouvel élan qu’a pris sa fabrication, depuis cinq ans, engage le jury à lui en accorder encore le rappel.
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- M. MADEL1NE, rue Saint-Denis, n° 129, à Paris.
- A force de soins et d’essais, M. Madeline est parvenu à obtenir la qualité de cire à cacheter que depuis longtemps nous étions obligés de tirer de l’Angleterre. Les cires à mèche qu’il a exposées cette année permettent de cacheter avec des cires de couleurs très-tendres sans que les traces de fumée, qui jusqu’à présent empêchaient de les employer, viennent gâter l’empreinte du cachet.
- Cette innovation, qui est un véritable perfectionnement apporté à celte industrie, engage le jury à lui accorder une mention honorable.
- M. MICHEL, rue Portefom, ne 7, à Paris.
- La société d’encouragement a décerné une médaille en i835 à M. Michel pour les perfectionnements apportés par lui dans la fabrication de la cire à cacheter.
- Le jury lui accorde la citation favorable.
- § 4. CIRAGES. ENCRE.
- M. Dumas, de l’Institut, rapporteur.
- MM. TROLL1ET et PERRET, à Lyon (Rhône).
- MM. Trolliet et Perret sont propriétaires de l’usine de M. Jac-quand. Leurs produits sont toujours connus sous le nom d’encre, de cirage, de vernis de Jacquand, et n’ont pas cessé de mériter la confiance des consommateurs et les récompenses qui ont déjà été accordées à M. Jacquand aux expositions précédentes.
- Le jury rappelle la médaille de bronze accordée à leur prédécesseur.
- M. DORÉ, rue du Faubourg-Poissonnière, n°i95, à Paris.
- L’encre d’imprimerie de M. Doré est estimée des imprimeurs et des typographes. Depuis la dernière exposition, l’usine deM. Doré a pris de l’accroissement. Les machines à broyer sont plus parfaites, et ses encres, de qualité supérieure, peuvent rivaliser avec [es encres anglaises.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
- Citation
- favorable.
- liappel
- de
- médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- Rappels le mentions honorables.
- Rappels e citations àvorables.
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- M. LARENAUDIÈRE, rue du Mouton, n° 5, à Paris.
- De toutes les encres livrées au commerce jusqu’à ce moment, celle de la petite vertu est la plus anciennement inventée et la plus favorablement connue. Son invention remonte à 1602, et son absence à toutes les expositions précédentes avait seule empêché jusqu’à présent de la récompenser comme elle le mérite.
- Le jury lui accorde la médaille de bronze.
- M. LEFEBVRE, quai de l’Ecole, n° 26, à Paris.
- L’invenlion de M. Lefebvre a pour objet de supprimer le frottage à la cire des appartements, sans avoir les inconvénients du frottage au pinceau. Ce frottage, brillant et solide, donne sans fatigue les mêmes résultats que le frottage ordinaire.
- Le jury accorde à M. Lefebvre une médaille de bronze.
- M. DUREL, rue des Vieux-Augustins, n° 6, à Paris.
- M. Durel fabrique le cirage onctueux, mentionné honorablement en i844 par le jury, bien connu dans le commerce et apprécié par les consommateurs.
- Le jury rappelle la mention honorable obtenue en i844-
- M. FROMONT, rue Marbœuf, n° 32, à Paris.
- Le cirage, l’encre et ie bleu pour marquer le linge, de M. Fro-mont, sont les premiers produits de cette nature qui aient été admis à l’exposition.
- Le jury maintient la mention honorable qui lui avait été accordée en i83g.
- M. BOUDIER, rue de Choiseul, n° 9, à Paris.
- Le cirage-vernis de M. Boudier lui avait déjà mérité une mention honorable en i844- Le jury se plaît à reconnaître que ce fabricant continue à se montrer digne de cette récompense.
- M. PIGEAULT, rue des Vieux-Augustins, n° 53, à Paris.
- .M. Pigeault, cité favorablement à la dernière exposition, continue à mériter celle récompense. Le jury rappelle donc la citation favorable qui lui a été accordée en i844.
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- M. DAMÈME, rue cîes Coquilles, n° 2, à Paris.
- La citation favorable accordée en i844 à M. Damème est rap-pelée par le jury, qui se plaît à reconnaître la bonne fabrication des encres, cirages et vernis à soulier de cet industriel.
- M. MARCEROU, rue Montmartre, n° 136, à Paris.
- Une citation favorable est accordée à M. Marcerou, fabricant de cirage, dont les produits sont d’une belle et bonne qualité.
- M. MAUPERIN, rue Michel-Le-comte, n° 37, à Paris.
- La fabrique de cirage de M. Mauperin produit également des encres et des vernis fort estimés, ainsi que l’atteste son chiffre d’affaires très-considérable. . i,
- Le jury lui accorde la citation favorable. ;; : m
- M. MALSAN, rue Mâcon, n° 12, à Paris. : -
- Le jury accorde la citation favorable à M.- Maîsan, dont la fabrique d’encre d’imprimerie, qui ne date que de i844, donne déjà des produits estimés dans le commerce.
- QUATRIÈME SECTION.
- EXTRACTION ET RAFFINAGE DU SUCRE, FÉCULES, GLUCOSES, MACHINÉS, OUTILS, ETC.
- S 1er. FABRICATION ET RAFFINAGE DU SUCRE. •
- M. Payen, rapporteur. .
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Les sucreries indigènes ont éprouvé de rudes, secousses depuis deux ans ; mais les habiles et courageux manufacturiers qui ont pu résister encore, loin de se laisser abattre, ont fait de nouveaux efforts et réalisé des progrès, importants, depuis d’année i844- '
- A cette époque, nous n’avions pas trop présumé de leur
- Citations
- favorables
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- zèle et de leur persévérance en présageant de nouveaux succès, malgré toutes les vicissitudes qui, depuis 4o ans, mettaient périodiquement en cloute leur existence même.
- Nous disions alors que les deux industries indigène et coloniale avanceraient de conserve, si rien ne venait entraver le développement de la consommation du sucre, développement si désirable dans l’intérêt du bien-être général et de la santé publique.
- En effet,'le sucre est à la fois un condiment très-agréable, un aliment salubre qui facilite la digestion, et un agent antiseptique qui conserve les autres substances alimentaires : il concourt donc directement ainsi à augmenter la masse et améliorer la qualité de nos subsistances.
- Un temps d’arrêt s’est manifesté dans la consommation ; il tient aux causes majeures qui ont ébranlé toutes les industries; mais il ne pourrait durer, car, en France, cette consommation, malgré ses progrès, atteint à peine 3 kilog. par individu : elle est bien au-dessous de l’état normal à cet égard.
- On en sera facilement convaincu, si l’on considère, qu’en moyenne, chaque habitant consomme trois fois plus de sucre en Angleterre; si l’on songe, d’ailleurs, que la consommation annuelle du sucre, chez nous, est inférieure à i2u millions de kilog., tandis que la consommation humaine du sel dépasse 2 4o millions! Evidemment, c’est le rapport inverse qui s’approcherait de l’état normal : on doit donc espérer de voir quadrupler en France les quantités de sucre consommées par la population, tandis que l’emploi du sel, introduit dans l’alimentation de l’homme, ne saurait maintenant s’accroître d’une manière notable. D’après sa tendance naturelle à se développer, la consommation du sucre doit bientôt reprendre son niveau chez nous, puis sans doute le dépasser.
- Nos fabricants et nos rafïineurs peuvent donc se rassurer à cet égard, et compter au moins sur leurs débouchés habituels.
- Mais n’ont-ils pas d’autres dangers à craindre? sont-ils menacés de voir leur immense matériel graduellement perfectionné, au prix de tant de sacrifices, s’annihiler tout à coup
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- entre leurs mains? Est-il probable que la fabrication du sucre doive descendre au rang des communes opérations de ménage? Sur ces points encore l’alarme qui s’est répandue ne nous semble pas fondée.
- Votre rapporteur, d’après un examen très-approfondi et des expériences spéciales, est persuadé que toutes ces perturbations ne sauraient avoir lieu ; que seulement l’application des procédés tout nouveaux en cours d’expérimentation en grand permettrait peut-être d’établir des fabriques de sucre brut avec un matériel moins dispendieux, mais que très-probablement ces fabriques ne pourraient rivaliser avec les usines munies cl’un matériel plus complet, où les beaux sucres en pains seraient obtenus directement.
- Peut-être aussi parviendra-t-on à supprimer l’emploi du noir animal, mais il est fort douteux que cette suppression soit économique. Quoi qu’il en soit, on devra porter en ligne de compte la valeur des agents chimiques proposés, et s’assurer de la qualité et de l’innocuité des produits et des résidus pour la santé des hommes et des animaux, avant d’aclopter les moyens en question.
- Dans tous les cas, enfin, si l’on s’en tient aux spécifications même les plus récentes, il faudra toujours employer des laveurs, des râpes, des presses,*des chaudières évaporaioires, des fdtres, des cristallisoirs; on devra recourir à Yégouttage et surtout au nouvel égouttoire rapide, aux clairçages méthodiques, à Yétuvage ou dessiccation des sucres.
- Ainsi donc, les constructeurs d’appareils peuvent se rassurer également : si le sucre revient réellement à meilleur marché, la consommation s’accroîtra et compensera, sans doute, quelque simplification introduite dans les opérations usuelles ; nous avons, d’ailleurs, la conviction que les perfectionnements acquis depuis l’exposition dernière, représentés à l’exposition de 1849, et dont nous devons rendre compte, conserveront leur utilité; que, sur ce point important, on pourra perfectionner encore, mais qu’on fera très-sagement de ne rien détruire. . ; "
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- Médailles
- d’or.
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- MM. Numa GRAR et Gie, à Valenciennes (Nord):
- En i844, cet habile raffineur venait d’adopter un système d’épuration de sucres, qui parut remarquable; le jury central, en lui décernant une médaille de bronze, émettait le vœu que la méthode présentéé reçût la sanction d’une plus longue pratiqué et rendît son auteur digne d’une récompense plus élevée.
- Cette sanction est actuellement acquise, et, en outre, de nouvelles améliorations ont été introduites; elles ont conduit M. Numa Grar à traiter directement les sucres bruts de betterave par des clairçages méthodiques, dans de grandes caisses contenant chacune de 8 à gooo kilog.
- Les sucres ainsi épurés donnent à la fonte une clairce presque incolore, et des pains entièrement blancs, immédiatement après l’égouttage. Cependant ces pains reçoivent un clairçage de 2 litres de clairce pure provenant des débris du plamotage.
- Lés pains, une deuxième fois égouttés, offrent une cristallisation tellement pure , que leur blancheur est égale à celle du sucre dit double raffiné en Angleterre, et anciennement connu en France sous le nom de sucre royal.
- Les sirops du ieret du 2e égouttages s’emploient successivement à l’épuration des cristaux de la matière première brute.
- Lorsque les sirops d’épuration sont trop colorés pour commencer le clairçage, on en fait une cristallisation semblable à celle du sucre brut. * - \ • .
- On peut donc mettre la totalité du produit sous la forme des plus beaux sucres connus.
- Aussi les produits de cette raffinerie portent-ils le cachet de cette pureté complète qui caractérisait les sucres Raguenet. La marque de la fabrique est appliquée sur le bout du cône, que l’on a tronqué dans cette vue.
- ’ ' 1 ' /
- Le jury central, à toutes les époques, a recommandé les marques de fabriques, qui maintenant se multiplient heureusement, dans l’intérêt bien entendu dés fabricants et des consommateurs, comme au profit des relations commerciàles.
- Aux différentes améliorations que signalaient le rapport de i844, relatives aux filtrations, à l’essai des charbons décolorants, etc., M. Numa Grar ajoutait l’application la mieux entendue des essais saccharimétriques, et obtenait par la méthode Clerget la délermi-
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- nation, à 1 centième près, du sucre cristallisable contenu dans les matières premières. -, : :: , o .
- Une autre méthode de saccliarimétrie, proposée par votre rappor. leur et plus généralement adoptée, convenait mieux.à ses opérations, mais elle ne luiindiquait pas avec une approximation suffisante les proportions de sucre pur cristallisé contenu dans les sucres bruts.
- M. Grar est parvenu à découvrir la cause des irrégularités, et à la faire disparaître.en complétant la saturation du liquide d!épreuve par une addition de sucre candi en poudre, et une filtration au moment des essais. • . . ' • t ' .
- L’exactitude est devenue telle alors, qu’il a été facile d’apprécier à un 1/2 centième pour la richesse saccharine en question et le moyen est assez simple pour être confié à un ouvrier ordinaire.
- M. Grar occupe 5o hommes et 5o enfants-, la vapeur, appliquée au chauffage , représente 60 chevaux, et, pour la force mécanique, 10 chevaux. r ; .r
- Les quantités de sucres raffinés et produits, livrés annuellement au commerce, représentent une.valeur moyenne de 3,000,000 de francs, et les 2,5oo,ooo kilog. de sucre brut qui forment la matière première, sont traités avec tant de soins et de méthode, qu’ils laissent à peine 10 p. 0/0 de mélasse -, qu’enfin celle-ci s’est trouvée, seule entre toutes, exempte de sucre altéré.
- Les procédés de M. Grar ont atteint un .degré de perfection que l’état actuel de la science ne saurait permettre de dépasser. Cette perfection pratique les recommande comme modèles aux raffineries et même aux fabriques qui voudraient préparer directement les plus beaux sucres connus. .
- Le jury décerne à M. Grar une médaille d’or. . :
- MM. SERRET, HAMOIR, DUQUESNE et Ci6 W;Valent • - ‘ ciennes (JNord). , • -r
- Les fabriques'réunies, depuis 18471 sous celte‘raison !coînmèr-ciale,sont au nombre de 5, savoir, :,.3'séclieries cle-betteraves, situées à-Waller s, Vieux-Condé (arrondissement-de Valenciennes), etEscarmain (arrondissement de Cambrai) ;une fabrique-et raffinerie-desucre àjMarly-lès-Vàlenciennes; enfin, une distillerie et fabrique) d’alcalis et sels des mélasses à Valenciennes -: la première fabrique de ce genre monléé en 1838 pour extraire les salins des'mélasses.,.
- Ces importantes usines occupent, toute l’annnée, é83 hommes
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- et 210 femmes et enfants; elles emploient^la valeur représentée par 26 chevaux de force, et 2i5 chevaux de générateurs appliqués au chauffage.
- 4o foyers chauffent, en outre, 4o tourailles.
- 22 appareils distillatoires sont alimentés par 19 cuves contenant chacune 276 a 3oo hectolitres de mélasse étendue en fermentation.
- 6 fours à réverbère , concentrant et calcinant les vinasses.
- 10 vases en tôle de 100 hectolitres chacun, épuisent le produit calciné.
- 32 chaudières évaporent les lessives. '
- Divers ateliers accessoires pour les réparations, tonnelleries, emballages , y sont annexés.
- 16 millions dekilog. de betteraves sont annuellement desséchés sous forme de cossettes. 8 millions de kilog. de mélasse sont distillés.
- Les produits consistent en 800,000 kilog. de sucre raffiné, 3,ooo pipes contenant chacune 625 litres d’alcool à 93°; 35o,ooo kilog. de potasse épurée à 68°; 200,000 kilog. soude à 90°; 100,000 kilog. de chlorure de potassium à 90 ou g5 degrés; 4o,ooo kilog. de sulfate de potasse.
- Et une masse considérable, peut-être 3oo à 600,000 kilog. de résidus charbonneux, absorbants recherchés par les agriculteurs. Ces résidus desséchés seraient fort utilement applicables à la désinfection des urines et vidanges : ils constitueraient alors un des plus puissants engrais.
- La valeur totale des produits de ces grandes usines est très-variable ; on peut admettre qu’elle s’élève en moyenne à 3 millions de francs.
- L’importance considérable des fabriques comprises sous la raison sociale Serret, Hamoir, Duquesne et C1C; la qualité des produits dont ils ont présenté une si rémarqnable série, enfin les procédés ingénieux utilisés à l’aide d’excellents appareils et de dispositions méthodiques rendaient évidemment ces exposants dignes de la plus haute récompense que le jury puisse décerner, même en laissant de côté la question indécise relativement au succès définitif de l’une de leurs industries, la dessication des betteraves. La nouvelle et habile direction ne date encore que de 2 ans, et le problème si intéressant de la fabrication du sucre par cette voie ne pourra, être définitivement résolu que dans quelques années ou lorsque plusieurs fabriques auront expérimenté puis adopté ce système.
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- Mais, dès aujourd’hui MM. Sei'ret, Hamoir, ^Duquesne et C,s sont dignes, par leurs grandes et belles opérations chimiques sur les mélasses, de recevoir la médaille d’or que le jury leur décerne.
- MM. JEANTY-PREVOST PERRAUD et C“, à la Grande- deKJ£*es
- Villette, près de Paris. • d’argent.
- Ces manufacturiers ontobtenu, en i844, uue médaille d’argent ; leur raffinerie , par son importance, la régularité de ses produits, soutient dignement la réputation acquise.
- L’invention de M. Perraud continue d’y être mise en pratique; elle réalise le meilleur procédé connu de moulage des sucres.
- MM. Jeanly-Prevost, Perraud et compagnie traitent annuellement environ 4 millions de kilog. de sucre; les générateurs , dans cette usine, représentent xoo chevaux-vapeur, dont 16 s’appliquent à la force mécanique, le reste au chauffage.
- Un ingénieux procédé de cuite permet de faire cristalliser le sucre dans la chaudière, même pendant l’évaporation, de.diminuer ainsi la densité et la température d’ébullition des sirops, qui, d’ailleurs s’évaporent dans le vide.
- Le jury décerne à MM. Jeanty-Prevost, Perraud et compagnie, le rappel de la médaille d’argent.
- M. LEROUX-DUFIÉ, â la Villette (Seine).
- M. Leroux-Dufié, ancien rafîineur, a présenté un appareil complet d’égouttage des sucres, planchers lits de pains, bien connu sous le nom de son auteur. Le succès de cet appareil était déjà bien établi en 1844 ; il avait fixé l’attention du jury central qui avait jugé l’exposant digne d’une médaille d’argent.
- Depuis lors, M. Leroux-Dufié a perfectionné encore cet ingénieux appareil en lui donnant une utilité plus grande, qui en rendit l’usage plus général. En effet les planchers lits de pains, servent actuellement de réservoirs pour les sirops; il en résulte que ceux-ci sont mieux et plus économiquement fractionnés ; aussi, presque toutes les raffineries de Paris et de Bordeaux les ont-ils adoptés; les raffineurs déclarent que l’emploi de ces appareils a rendu leurs opérations plus faciles, plus méthodiques et plus sûres.
- Le jury reconnaît que M. Leroux-Dufié s’est montré de plus en
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- plus digne de la haute récompense qu’ila reçue etdonl il lui décerne aujourd’hui le rappel.
- Médailles
- d’argent.
- MM. BERNARD frères, à Lille (Nord), fabricants etrafïi-, neurs de sucre.
- MM. Bernard ont une fabrique de sucre à Sanies, une autre à Haubourdin, et deux raffineries à Lille.
- Ils occupent 200 ouvriers , dans leurs raffineries, toute l’année , et 3oo (hommes, femmes, enfants), pendant 6 mois, à la campagne et dans les sucreries indigènes.
- . i5 générateurs, dans leurs usines , représentent la vapeur équivalente à 5oo chevaux.
- Ils traitent 18,000,000 de betteraves, représentant 1,260,ooolù-îog. de sucre, et raffinent 4,000,000 de sucre brut; les produits de leurs industries représentent une valeur annuelle de 7 millions.
- Cette grande industrie est exploitée, avec une haute intelligence, par 5 associés. :je unes, actifs, dignes de l’excellente'réputation commerciale dont ils jouissent.
- Les produits en sucres bruts et raffinés sont de qualité très-belle. On a remaraué les candis en cristaux volumineux et détachés mis
- 4.
- à l’exposition, y
- Le jury décerne à MM. Bernard frères mie médaille d’argent.
- M. GLERGET, rue de Gondé, n° 5, à Paris.
- ... . . i. - «r
- Les découvertes de MM.^Arago et Biot sur les phénomènes de la polarisation circulaire ont été féconds en résultats utiles.
- Ce fut par une de ces applications les plus remarquables que M. Biot fonda une méthode d’analyse optique des substances sucrées et qu’il dota la chimie d’un moyen exact pour constater l’identité ou les différences entre certaines substances organiques'
- On doit à M. Soleil, opticien des plus habiles, des appareils perfectionnés pour la saccharimétrie optique. " ! ‘ ' D’-
- Enfin, M. Clerget a disposé avec ces. appareils un .assortiment d’ustensiles-parfaitement appropriés aux manipulations pour les essais des. matières sucrées; on lui doit les efforts les plus persévérants et-les-plus éclairés dans'la vue d’introduire et de généraliser dans les fabriques 1’emploi de ces moyens d’essai.
- Rien n’est plus difficile, on le sait, que de faire adopter de pareilles méthodes dans la pratique, on n’y parvient guère si l’on ne
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- peut les simplifier au point de les mettre à la portée des ouvriers. M. Clerget est presque arrivé à ce dernier résultat. Nous avons vu plusieurs des plus habiles fabricants et raffineurs, se servir avec avantage des notions ainsi obtenues pour perfectionner leurs procédés , mais nous les avons entendus dire que des moyens plus simples encore qu’ils emploien t avaient seuls pu devenir usuels, que cela tenait aussi à ce que, dans le plus grand nombre des cas, la saccharimétrie optique ne donnait pas des notions immédiatement applicables, c’est-à-dire qu’on ne pouvait toujours déduire de la connaissance des quantités de sucre contenues, quelle proportion de sucre pur on pourrait extraire.
- Peut-être y parviendra-t-on, peut-être arrivera-t-on à déterminer non-seulement les doses de sucre pur, mais aussi les proportions des matières étrangères ou du moins l’influence qu’elles exercent pour diminuer les rendements réels ou pratiques.
- En attendant, les résultats obtenus par M. Clerget ont d’utiles conséquences pour la science appliquée. D’ingénieux appareils, qu’il a introduits dans cette méthode, le rendent bien digne d’une médaille d’argent que le jury lui décerne.
- MM.DUBREUIL, DERVAUX, LEFEBVRE et DEFITTE, au Grand-Wargniès ( Nord ).
- Ces exposants ont fondé, en ï836, une fabrique de sucré de betteraves qui, actuellement, occupe 2 oo^ ouvriers et dans laquelle le raffinage des produits complète le travail.
- Le chauffage se transmet à l’aide de la vapeur fournie par des générateurs dont la production représente une force de 2o5 chevaux. Cette vapeur donne, d’ailleurs, l’impulsion à 3 machines développant ensemble une force mécaniqùe égale à celle de 2 5 chevaux.
- 10,000,000 de kilogrammes de betteraves traités annuellement dans cette usine donnent des produits ( sucres en pain, pulpes et mélasses ), évalués en moyenne à 800,000 francs.
- Les procédés suivis pour la fabrication et le raffinage ,; sont à la hauteur de l’industrie contemporaine et cet établissement livre des suçrés raffinés , de bonne qualité commerciale.
- Le jury décerne à MM. Dubreuil, Dervaux, Lefebvre et Defille, une médaille d’argent.
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- mention
- honorable.
- MM. CAMICHEL, fabricants et raffineurs de sucre, à Sainte-Claire-de-la-Tour-du-Pin. (Isère).
- Ont envoyé à l’exposition des produits qui témoignent de leur bonne fabrication.
- Le jury regrettant de n’avoir reçu des fabricants, ni du jury départemental aucun renseignement sur les développements ou améliorations qui auraient pu mériter une récompense spéciale, ne peut que rappeler à MM. Camicliel la mention honorable qu’ils ont reçue en i844.
- Mention M. Baptiste RAUCH, rue de la Roquette, n° 55, à Paris.
- lion arable. . ’
- Il fabrique en grand des formes à sucre, les unes doublées de cuivre, les autres en tôle émaillée; ces dernières, surtout, sont employées avec succès dans les raffineries ; elles évitent les inconvénients de l’oxydation, de l’enlèvement des peintures et de la casse des formes en terre. Le jury lui décerne une mention honorable.
- Mentions M. AUBINEAU, à Dallon, près Saint-Quentin (Aisne).
- pour ordre.
- Dans la fabrique de sucrede betteraves de cet exposant on occupe, durant la saison du travail, 65 à 70 ouvriers. La puissance mécanique est transmise par une machine de 8 chevaux. Un four est établi pour la revivification du noir animal; près de 3,000,000 de kilogrammes de betteraves sont traités annuellement et fournissent environ 15o,ooo kilogrammes de sucre brut de bonne qualité. La cristallisation, forte et détachée, se remarquait dans l’échantillon exposé.
- Le jury accorde à M. Henri Aubineau une mention pour ordre.
- MM. LEFEBVRE frères, à Wasquehal (Nord).
- Ces manufacturiers exposent des alcools trois-six, bien préparés et des potasses ordinaires provenant de la distillation des mélasses.
- Dans leur usine, fondée en 1827, se trouve un générateur de 2 5 chevaux, deux fours, etc.; 11 ouvriers sont occupés toute l’année.
- On traite 1,100,000 kilogrammes de mélasses qui fournissent 2,4oo hectolitres d’alcool et 132,000 kilogrammes de salin à 4o°.
- Le jury accorde à MM. Lefebvre une mention pour ordre. (Voyez produits chimiques.)
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- La société DEROSNE et CAIL, quai de Billy, à Paris.
- La société Derosne et Cail a présenté le plan d’une sucrerie coloniale perfectionnée et une forte’ presse à trois cylindres très-bien établie. Cette maison, toujours digne des hautes récompenses quelle a reçues, avait de nouveaux titres cette année. Ils ont été appréciés dans le rapport d’ensemble de M. Combes sur les machines des chemins de fer : ici nous ne pouvons donc placer qu’une mention pour ordre.
- M. TRÉZEL, à Saint-Quentin (Aisne).
- C’est encore seulement une mention pour ordre que nous pouvons faire ici, par la même raison, des râpes et presses pour les sucreries; ces machines sont, d’ailleurs, très bien exécutées.
- M. HERMANN, rue de Charenton, n° 102, à Paris.
- Par les mêmes motifs encore, nous mentionnerons pour ordre le pulvérisateur de sucre, présenté par ce manufacturier, l’un de nos plus habiles mécaniciens.
- M. ROHLFS, Cour Batave, n° 1 2, à Paris.
- Présente un appareil dit hydro-extracteur à force centrifuge; c’est un cylindre percé de trous, muni d’une très-forte armature, tournant, dans un cylindre fixe, avec une vitesse de 1,200 tours à la minute.
- Cet appareil, appliqué depuis 6 ou 7 an savec grand succès,pour remplacer le torclage des étoffes, a commencé à être fort utilement employé d’abord par M. Seyrig, pour atteindre un but nouveau, dans la raffinerie de M. Blanquet, de Valenciennes, et avec des dispositions nouvelles qui nous semblent constituer une invention d’une haute portée.
- On obtient le premier égouttage en 2 minutes 1/2 et chaque clairçage durant le même temps, de sorte que l’on achève en 8 à 10 minutes des opérations qui durent, en suivant les procédés usuels, environ 15 jours.
- Plusieurs opérations recevront, sans doute, un utile secours de cet appareil qui bientôt sera considéré comme indispensable dans toutes les sucreries et les raffineries, nous ne pouvons ici que le mentionner pour ordre.
- M. CARON, rue du Faubourg Sl-Martin, n° 168, à Paris.
- M. Caron a présenté un appareil semblable au précédent, mais
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- Médaille
- d'argent.
- Mention
- honorable.
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- de plus grande dimension, nous le mentionnons également pour ordre.
- S 2. USTENSILES ET MACHINES POUR LA FABRICATION DU PAIN ET L’EXTRACTION DE LA FÉCULE.
- M. Payen, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’emploi des pétrissseurs mécaniques se répand chaque année davantage et l’on doit s’en féliciter dans l’intérêt de la santé des hommes, de la tranquillité du voisinage des boulangeries et de la propreté delà confection des pâtes.
- M. BOLAND, rue et île Saint-Louis, n° 60, à Paris.
- M. Boland s’occupe depuis plus de 10 ans, avec succès, des moyens d’améliorer l’art de la boulangerie : ses procédés d’essai des farines, soit pour indiquer les proportions et la qualité du gluten , soit pour découvrir les mélanges de fécule, ont mérité des récompenses qui furent décernées aux expositions précédentes.
- Cette année M. Boland présente un pétrisseur mécanique de son invention. Cet ustensile ingénieux permet de travailler la pâte à découvert, d’opérer le pétrissage et, lorsqu’il y a lieu, les bassinages dans les meilleures conditions; le double jeu des bras courbes adaptés sur un axe, se relève à volonté, de façon à laisser un libre accès à la pâte que l’on peut tourner immédiatement ou enlever en totalité ou partiellement.
- Le pétrisseur Boland fonctionne dans plusieurs établissements particuliers et dans la grande boulangerie des hospices de Paris. Cependant la question si importante du meilleur pétrin mécanique n’est pas définitivement jugée, sa solution pourrait mériter la plus faute récompense.
- Le jury, décerne à M. Boland une médaille d’argent.
- M. FLESCHELLE, rue Neuve-Saint-Martin, n° 25, à Paris.
- M. Flescbellc, un des bons boulangers de la capitale, établi depuis 2 5 ans, présente à l’exposition un pétrin mécanique de son invention. " ,
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- Ce pétrin, formé d’une auge circulaire tournante et d’agitateurs qui soulèvent, coupent et retournent la pâte, produit les meilleurs effets d’un pétrissage à bras ; il agit à découvert. Malheureusement le prix coûtant de cet appareil est notablement plus élevé que celui des autres pétrisseurs en usage, notamment que ceux de M. Mo-ret et de M. Boland.
- Le jury, en raison des bons effets constatés dans la boulangerie de M. Flesclielle, où le pétrisseur suffit au service de deux fours, accorde à cet exposant une mention honorable.
- S 3. GLUTEN GRANULÉ, AMIDON, FÉCULE, DEXTRINE, LÉIOCOMME, GOMMELINE, GLUCOSE, ETC.
- M. L, L. Bonaparte, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La fabrication de l’amidon, de la fécule et des produits qui s’y rattachent est devenue, depuis quelques années, une des industries les plus importantes. Les applications si nombreuses de la fécule, ses propriétés alimentaires, les formes variées qu’on peut lui donner, sa conservation facile et la propriété précieuse qu’elle possède de se transformer en d’autres produits donnent à cette substance un haut degré d’intérêt.
- Le procédé le plus anciennement employé pour l’extraction de l’amidon des céréales est le procédé français qui consiste à détruire le gluten par la fermentation. Pour cela, on soumet cl’abord le grain à une mouture grossière, on le délaye ensuite dans beaucoup d’eau et on le fait fermenter dans de grandes cuves.
- L’amidon préparé par la fermentation poussée j usqu’à la putridité contient peu de gluten, mais il renferme du son, lorsque la mouture a été poussée trop loin.
- Les amidonniers qui emploient ce procédé altèrent le gluten pour le rendre soluble. Nous verrons que M. Martin ( de Vervins) ne fait subir à cette substance aucune altération, et qu’elle a même reçu des applications très-importantes. L’extraction de l’amidon par la fermentation ne convient que
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- lorsqu’on traite des farines ou des blés avariés dont le gluten se sépare difficilement de l’amidon.
- Par le procédé allemand, on favorise l’extraction de l’amidon en mettant le grain dans l’eau tiède, afin de le gonfler; mais cet amidon retient toujours une quantité assez considérable de gluten qui, en s’altérant pendant la dessiccation, lui donne une teinte brune. Aussi, ce produit ne devrait pas être employé pour les apprêts des étoffes blanches. Cependant la présence du gluten ne présente aucun inconvénient pour d’autres applications.
- Un autre procédé offrant des avantages incontestables a été indiqué par M. Martin (de Vervins), qui extrait l’amidon par un simple lavage, après une fermentation rapide. On fait une pâte de la fariiie dont on se propose de séparer l’amidon, et on sou met cette pâte à un lavagé continu qui se fait dans une espèce de pétrin demi-cylindrique garni latéralement de deux toiles métalliques par lesquelles l’amidon peut s’échapper. Des filets d’eau tombent sur la pâte que l’on fait rouler contre les parois à l’aide dun cylindre cannelé. Le gluten reste dans le pétrin ou amidonnière, tandis que l’amidon est entraîné par l’eau.
- Ce nouveau moyen est préférable aux deux autres sous les points de vue hygiénique et industriel. La putréfaction du gluten est en effet une cause cl’insalubrité et de pertes considérables. Par les deux premiers, procédés, la farine de froment ne fournit que 3o p. o/o d’amidon de première qualité, et de 12 à i5 d’amidon de deuxième qualité, tandis que, par le procédé de M. Martin, 100 kilogrammes de farine donnent ko kilogrammes d’amidon de première qualité, et 20 kilogrammes d’amidon de deuxième qualité. On obtient, en outre, 2 5 p. o/o de gluten humide qui, mélangé avec une certaine quantité de farine, est employée pour les potages. La présence de la farine paraît indispensable; elle le rend perméable.
- Le gluten, mêlé avec la fécule de pommes de terre, et mieux encore avec les pommes de terre cuites, donne un pain de bonne qualité et très-nourrissant. On sait que le pain de
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- gluten est particulièrement employé dans le traitement du diabète.
- Nous verrons dans les rapports particuliers que quelques-uns des produits qui nous ont été présentés, ceux de MM. Véron et Belleville, par exemple, offrent tous les avantages de la fécule préparée par le procédé de M. Martin. On peut reprocher à d’autres produits les inconvénients signalés plus haut.
- La préparation de la fécule a toujours lieu par les procédés ordinaires, c’est-à-dire en réduisant les pommes de terre en pulpe très-fine, et en lavant celle-ci sur des tamis métalliques. Toutefois, on a perfectionné les râpes en multipliant les lames, et on en a augmenté en même temps la vitesse. Le lavage de la pulpe a subi également des perfectionnements notables; ainsi, au lieu d’employer des tamis cylindriques dans une position verticale, on leur a donné une position oblique et une longueur plus grande , ce qui permet aux brosses et aux filets d’eau d’agir plus longtemps, et d’en extraire sinon la totalité, au moins une très-grande partie de la fécule. De nouvelles tentatives ont été faites pour rendre le travail continu et pour parvenir à un épuisement complet de la pulpe, on a construit des tamis superposés recevant la pulpe par des chaînes sans fin.
- Les applications si nombreuses et si intéressantes de la fécule donnent une haute importance à la fabrication de ce produit. Elle sert, en effet, à la préparation d’un nombre considérable d’aliments (vermicelle, sagou, tapioka, etc.) à la confection des apprêts, et, sous ce rapport, sa consommation est énorme, La fabrication des gommes artificielles (léi'ocommes, dextrine, gonmieline, gomme d’Alsace, etc.), soit par la simple torréfaction des fécules, soit par la torréfaction et l’action des acides employées simultanément, constitue à elle:seule une. industrie qui peut suppléer à une grande partie de la gonunç arabique et de la gomme adragante.
- La dextrine et les produits analogues servent pour l’épaississage des mordants, le gommage des couleurs, la confection.
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- des feutres, etc. Elles sert également, et c’est là une de applications les plus heureuses, à confectionner des bandes agglu-tinatives pour la réduction des fractures. Les bandages imprégnés de dextrine maintiennent avec une solidité remarquable les membres fracturés, et ils n’offrent aucun des inconvénients des bandages employés autrefois en chirurgie.
- Le collage du papier et la fabrication du sucre de fécule consomment tous les ans plusieurs millions de kilogrammes de cette substance. Le sirop de fécule que l’on prépare par l’action de l’acide sulfurique ou de l’orge germée, et particulièrement par le premier de ces deux agents, est employé seul ou mêlé à un quart de son poids de mélasse dans l’Alsace et la Lorraine. On s’en sert partout dans la fabrication de l’alcool et des boissons fermentées.
- d
- Rappel MM. MARTIN et C'c, à Grenelle (Seine).
- e médaille v }
- d’argent. M. Martin a présenté des pâles alimentaires, du gluten granulé, des amidons, du gluten sec et en pâle, des farines et des produits relatifs à la panification de la pomme de terre. Le jury se plaît à reconnaître que M. Martin est toujours digne de la médaille d’argent qu’il lui rappelle.
- Médailles M. BLOCH, à Dultienheim (Bas-Rhin).
- d argent. v _
- M. Bloch a présenté cinq produits, de la fécule, du sagou, du glucose incolore non crislallisable, du glucose concret crislallisable et de la dextrine.
- Ce manufacturier emploie annuellement dans sa féculerie de 3o à 35,ooo hectolitre de pommes de terre et livre au commerce environ 42,000 kilogrammes de produits. Trois moteurs hydrauliques d’une force totale de 2 5 chevaux, un générateur de la force de 3o chevaux développent la puissance mécanique nécessaire; 4o ouvriers sont employés dans cet établissement et MM. les maires de environs de Dultlenheim ont constaté les services rendus par cette usine dans la localité.
- La commission a vérifié la qualité des produits de M. Bloch et lui accorde la médaille d’argent.
- M. DÉFONTAINE et C”, de Marquettelès-Lille (Nord).
- En 18/4/1, M. Défontaine obtint la médaille de bronze pour la
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- bonne qualité de ses produits et pour avoir créé, en 1837, une fé-culerie dans le département du Nord, qui ne possédait point d’établissement de ce genre. Depuis, l’usine de M. Défontaine a beaucoup augmenté et, outre la fécule qu’il préparait alors, il se livre aujourd’hui à la fabrication des glucoses massés et liquides. Ses produits sont estimés et son établissement a été, dans ces derniers temps, d’une grande ressource pour les cultivateurs du Nord, en employant les pommes de terre malades.
- Le jury se plaît à reconnaître que M. Défonlaine a développé et perfectionné son industrie: il lui accorde la médaille d’argent.
- M. PAISANT fils, à Pont-Labbé (Finistère).
- M. Paisant a obtenu, conjointement avec M. Le Bleis, à la dernière exposition, une mention honorable pour les beaux produits qu’ils avaient exposés. Depuis, M. Paisant a fait de nombreux efforts et il nous a présenté de la fécule et du gluten liquide, compacte et granulé, recommandables par leur beauté et leur pureté et très-re-cherchés dans le commerce.
- L’établissement de M. Paisant lils occupe de 2 5 à 3o ouvriers et il est monté pour consommer 6 millions de kilogrammes de pommes de terre.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. BELLEVILLE frères, à Nancy (Meurthe).
- MM. Belleville frères ont fondé à Nancy, en i835, un établissement dans lequel ils transforment 4,000 quintaux métriques de froment en amidon et en pâtes alimentaires.
- Ils fabriquent l’amidon par le procédé de M. Martin et obtiennent ainsi d’une part de l’amidon de très-belle qualité et, de l’autre, le gluten pur ou mêlé de son. Le gluten pur est employé à la panification, l’autre sert à la nourriture des bestiaux.
- Le jury décerne à MM. Belleville, la médaille de bronze. -
- MM. LIAZARD et ISABELLE, de Sannerville (Calvados).
- Ces manufacturiers ont établi, en i845, dans une ancienne fabrique de sucre de betteraves, une usine dans laquelle ils se livrent .à la préparation de la fécule, du glucose, de l’alcool et du vinaigre.
- La quantité de matières premières qu’ils emploient varie, pour les
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- Mentions
- honorables
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- betteraves depuis 1,000,000 de kilogrammes jusqu’à 4>ooo,ooo et, pour les pommes de terre, elle s’élève jusqu’à 15o hectolitres par jour.
- MM. Liazard et Isabelle emploient une machine à vapeur de la force de dix chevaux, deux fourneaux chauffant chacun un générateur de 3o chevaux et environ 4o ouvriers pendant certaines époques de l’année.
- Le jury central leur accorde la médaille de bronze.
- M. VANSTEENKISTE ditDORUS, à Valenciennes (Nord).
- M. Vansteenkiste à présenté, à l’exposition, des produits qui sont recherchés pour l’apprêt des étoffes fines. Il emploie 4>ooo hectolitres de froment et de seigle, et il livre au commerce environ 15o,ooo kilogrammes d’amidon de bonne qualité.,
- Le jury central lui décerne une mention honorable.
- M. CL4UDIN, à Coussac (Haute-Vienne).
- Cet industriel a fondé, en i84o, une usine qui livre au commerce 100,000 kilogrammes de fécule; 12 ouvriers sont employés pendant six mois à la fabrication de la fécule, et 3o ouvriers exploitent une ferme considérable dont le but principal est la culture de la pomme de terre.
- Cet établissement, utile à l’agriculture de la contrée, a droit à une mention honorable, que le jury lui accorde.
- M. BAULERET, à Cambrai (Nord).
- M. Bauleret emploie la force motrice d’une machine à vapeur de 8 chevaux et une presse à vermicelle. 11 compte, da,ns sa fabrique, 8 foyers, 45 cuves et 2 étuves.
- Il mérite et reçoit une citation favorable.;
- M. LE BLEIS fds, à Pont-Labbé (Finistère).
- *
- M. Le Bleis fils s’occupe avec beaucoup d’activité, de la fabrication de la fécule de pommes de terre, dont il a exposé un échantillon. Les produits qu’il à obtenus cette année-ci sont moins beaux que ceux des années précédentes, parce qu’il n’a pu opérer que sur des pommes de terre malades et gâtées.
- Le jury décerne à M. Le Bleis une citation favorable.
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- M. GALAIS, à Ghampigny (Indre-el-Loire).
- 11 a fondé, en i846, un établissement qui occupe de 10 à i5 ouvriers et qui livre annuellement au commerce 6,3 à 65,ooo kilogrammes de fécule.
- Le jury central récompense les travaux de M. Galais en lui accordant une citation favorable.
- S 4. APPAREILS POUR L’EXTRACTION DE LA FÉCULE.
- M. Payen, rapporteur.
- M. HUCK, rue Corbeau, n° 2 5, à Paris, Nouvelle
- médaille
- Cet habile constructeur de machines et appareils a perfectionné, d'argent, notablement depuis x 844, les dispositions de ses râpes à pommes de terre, élévateurs de pulpe, tamis et épurateurs de fécule.
- Tout en donnant plus de stabilité aux bâtis des râpes, tout en fonte et fer, il a diminué de plus de 20 p. o/o les prix.
- En ajoutant un diaphragme dans le récepteur de l’eau chargée de fécule, il peut faire servir une deuxième fois l’eau qui traverse la deuxième partie du tamis, et qui retourne vers le récipient de la râpe, se mêlant à la pulpe. On peut ainsi réduire l’eau de six à quatre fois le poids des tubercules, lorsque cette économie d’eau est indispensable.
- Voici les prix des machines et appareils pour une féculerie dans laquelle on fournit à la râpe x 5,ooo kil. de pommes de terre en 21 heures, en y appliquant la force continue de 4 chevaux (vapeur) :
- Râpe..............'.................. 5oof
- g tamis (extraction et repassage). . . 900
- Laveur complet....................... 500
- Elévateixr de pulpe.................. 200
- 2,ioof
- Le grand modèle s’applique à une fabrication journalière de 3o,ooo kil. de pommes de terre; un troisième xnodèle, le plus petit, 'suffit pour traiter 7,000 kil. par jour.
- M. Iiuck cite 61 féculeries installées en France et à l’étranger avec ses appareils. Le jury signale les progrès réalisés parM. Huçk
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- depuis la dernière exposition, en lui décernant une nouvelle médaille d’argent.
- n.p,,d MM. SAINT-ÉTIENNE , rue des Ursulines, n° 16, à Paris.
- de médaille
- dargent. Depuis 1822 ces industriels s’occupent avec succès de 3a construction des machines et appareils à extraire la fécule des pommes de terre.
- L’ensemble des dispositions de la râpe, des tamis d’extraction et de l’épurateur conique, montés sur un seul bâti, avait été remarqués par le jury central.
- Plus de xoo féculeries, organisées par leurs soins, témoignent de leur zèle éclairé et de la confiance qui leur est accordée.
- MM. Saint-Etienne s’occupent aussi des transformations de la fécule en dextrine; enfin ils ont plus récemment construit des appareils destinés à extraire l’amidon des farines.
- Ces habiles manufacturiers se montrent toujours dignes de la distinction qui leur fut accordée en i844, et le jury le reconnaît en leur décernant le rappel de la médaille d’argent.
- Mention MM. STOLTZ père et C‘°, me Coquenard, n° 22, à Paris.
- pouc ordre.
- Ces constructeurs hydrauliciens ont présenté un appareil de fécu-ïerie et des pompes ordinaires et à incendie.
- Les pompes ayant été l’objet d’un rapport spécial, le jury ne donne ici qu’une mention pour ordre relative aux appareils de féculerie.
- § 5. ÉCLAIRAGE AU MOYEN DES ACIDES GRAS CRISTALLISÉS DES DIVERSES MATIÈRES GRASSES SOLIDES.
- DES IIUILES ÉPURÉES. — APPLICATIONS DES RÉSIDUS.
- M. Payen, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les applications de la chimie à la fabrication des substances propres à l’éclairage ont fait, depuis la dernière exposition, de remarquables progrès.
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- Nous indiquerons les résultats des principaux perfectionnements relatifs à chacune des sections de ce rapport.
- La fabrication des acides gras parles procédés de la saponification usuelle s’est généralement améliorée en France; la cristallisation, mieux ménagée, et l’extraction de la plus grande partie des acides gras, que les eaux acides entraînaient naguère, ont accru les proportions des acides cristallisés obtenus. Les frais ont été diminués en outre par d’ingénieux perfectionnements dans les presses et le chauffage à la vapeur de leurs plaques creuses et mobiles.
- Ces perfectionnements réels ont laissé aux produits leur blancheur et leur solidité; l’absence d’odeur désagréable et la faculté de développer une lumière constante, tout en abaissant les prix de revient. Malheureusement, dans la vue de satisfaire aux exigences des partisans trop exclusifs du bon marché, on a trop développé, peut-être, l’emploi des suifs pressés; ce mélange devait nécessairement reproduire en partie les inconvénients des matières molles et rances, a lumière inégale, à émanations fuligineuses, qui caractérisent le grossier éclairage obtenu des chandelles.
- Une remarquable invention est venue dans ces derniers temps opposer un frein utile aux procédés rétrogrades en question.
- Cette invention industrielle est digne de fixer l’attention du jury; car toutes les difficultés qui ont longtemps fait obstacle à sa mise en pratique ont été vaincues, et les hardis manufacturiers, qui l’ont poursuivie au milieu des écueils et de nombreuses chances de ruine, arrivent à l’exposition avec les produits d’une grande usine.
- M. DE MILLY, à Neuilly (Seine).
- Il vient de réorganiser la fabrique dans bougies stéariques a pris naissance.
- De nouveaux perfectionnements y ont clé apportés depuis la dernière exposition. Nous y avons remarqué notamment :
- i° Un moulin qui pulvérise par heure 1,000 kil. de savon cal-
- nappei de médail!
- laquelle l’industrie des t[’or.
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- Médaille
- d’or.
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- cuire et facilite l'action de l’acide sulfurique, toujours incomplète autrefois ;
- 2° Trois systèmes de chauffage des plaques clans autant de presses horizontales;
- 3° L’application de l'appareil rotatif à essorer les mèches en deux ou trois minutes et répartir, très-uniformément l’acide borique ;
- 4° Une table à enfiloir continu des mèches dans les moules;
- 5° Une étuAre, facile à charger à l’aide des chariots porteurs de moules, économique de chauffage, puisqu’elle utilise la vapeur du retour d’eau ;
- 6° Enfin une chaudière chauffée par la vapeur, et contenant 20,000 kil. de pâte à savon.
- On se rappelle queM. de Milly a, le premier, livré au commerce des briques cubiques de savon fait avec l’acide oléïque, et portant en lettres venues au moulage la marque de cette fabrique.
- Aujourd’hui, M. de Milly ajoute un système ingénieux et simple dé marque pour ses bougies, qu’il prépare sans mélange aucun et de qualité régulière et constante.
- Le jury décerne à M. de Milly le rappel de la médaille d’or.
- MM. MASSE et TRIBOUILLET, à Neuilly (Seine).
- Votre Commission des arts chimiques a suivi avec le plus vif intérêt toutes les opérations à l’aide desquelles MM. Masse et Tribouillet traitent chaque jour 6,ooo kil. de matières grasses, et en obtiennent des bougies nouvelles, comparables aux bougies stéariques de belle et bonne qualité.
- L’origine scientifique de cette industrie moderne remonte aux premières recherches de M. Chevreul, aux travaux de M. Bussy sur la distillation des corps gras, enfin au mémoire de M. Frémy relatif à l’action des acides sur les substances grasses neutres, elle a emprunté le secours des moyens indiqués par M. Dubrunfaut, et par MM. Thomas et Laurens pour activer la distillation à l’àide de la vapeur d’eau libre et surchauffée.
- MM. Masse et Triboullet ont enfin fondé une véritable invention manufacturière, par un remarquable ensemble d’appareils, de procédés spéciaux, et par la production économique d’un produit commercial nouveau.
- Les matières premières sont nombreuses et des plus communes. On transforme, chez ces messieurs, les matières brunes, demi-fluides.
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- infectes, résidas des dégraissages de laines, en bougies cristallines blanches, à flamme régulière et très-lumineuse.
- On traite par de semblables procédés les graisses vertes, les suifs inférieurs des abattoirs, le suif végétal, la matière brute du Myrica ceriféra, lliuile de palme, les huiles communes d’olive, etc., et l’on en obtient des bougies solides et blanches.
- L’application utile de plusieurs de ces matières grasses offre à notre commerce extérieur et colonial de nouveaux moyens d’échange ; elle a permis, cl’un autre côté, de satisfaire aux conditions de bon marché en livrant plusieurs sortes de bougies un peu moins épurées et moins blanches, mais exemptes des inconvénients des produits du suif ou des graisses neutres.
- La diminution des prix, en maintenant des qualités convenables, a étendu déjà la consommation. Les procédés, d’origine française, en pleine activité à Londres, ont commencé à s’introduire chez plusieurs autres nations étrangères.
- Cette industrie nouvelle met en jeu des capitaux importants, emploie des appareils ingénieux et nouveaux, et crée des produits purs à bon marché en utilisant de nouvelles matières premières.
- Une pareille invention manufacturière, qui se rattache aux travaux de plusieurs savants français et va mettre en mouvement chaque année des millions de francs dans le commerce international, a réuni en faveur de MM. Masse et Tribouillet, qui l’ont réalisée, tous les titres à la première récompense : le jury leur décerne la médaille d’or.
- MM. POISAT oncle et C'e, à la Folie-Nanterre (Seine).
- La fabrique d’acides gras et produits chimiques de M. Poisat est l’une des plus considérables clu département delà Seine.
- Elle occupe quatre-vingts ouvriers ; le chauffage, la préparation et la distillation des corps gras, de l’acide sulfurique et du sulfate d’alumine emploient la vapeur de deux générateurs représentant une force de quarante chèvaux et de deux chaudières à basse pression ;,la force mécanique est transmise par une machine de six chevaux.
- Cette usine livre annuellement au commerce environ :
- 45o,ooo kilogrammes d’acides stéarique et margarique cristallisés;
- 45o,ooo kilogrammes d’acide oléique pour le graissage des laines et la fabrication du savon ;
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- Médailles
- d’argent.
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- 1,200,000 kilogrammes d’acidc sulfurique concentré;
- 4oo,ooo kilogrammes de sulfate d’aluxuine;
- 200,000 kilogrammes d’acide azotique;
- Et 4o,ooo kilogrammes d’acide oxalique cristallisé.
- La fabrication des acides gras par la saponification a reçu quelques perfectionnements, notamment dans le pressage à froid et à chaud.
- Ces manufacturiers habiles ont récemment monté des appareils perfectionnés pour la préparation des acides gras par voie de distillation : ils ont régularisé la température au moyen d’un bain de plomb au terme de fusion.
- MM. Poisat ont encore simplifié et régularisé les diverses opérations de leur fabrique de produits chimiques et rendu la fabrication de l’acide oxalique brut plus économique en appliquant le gaz hypoazotique, naguère perdu et même nuisible au voisinage, à leur fabrication d’acide sulfurique.
- Dans ces divers perfectionnements, ils ont été aidés par un contre-maître sur lequel nous appellerons l’attention dn jury central.
- Le jury décerne à MM. Poisat et 0° une nouvelle médaille d’argent.
- MM. PETIT et LEMOULT, rue Croix-Nivert, n° 57, à Grenelle, près Paris, ’et avenue de Breteuil, à Paris.
- Dans leurs fabriques d’acides gras et de bougies stéariques, fondées en i833 et i83q, MM. Petit et Lemouît occupent 6o ouvriers; ils emploient pour le chauffage une quantité de vapeur équivalente à 46 chevaux et une force mécanique de îo chevaux. La quantité de matière première peut s’élever à g5o,ooo kilog. de suif; les produits consistent en bougies stéariques, dites ciro-génées, et du phénix 5oo,ooo kilog., et 45o,ooo kilog. d’acidc oléique livré aux {dateurs et aux savonneries.
- Ces fabricants ont augmenté et perfectionné leur industrie. Leurs produits', vendus à meilleur marché par suite de la concurrence des acides distillés, ont cependant été maintenus avec leur bonne et loyale qualité commerciale.
- Parmi les améliorations introduites dans celte usine, on peut citer d’heureuses modifications dans les presses à chaud cl à froid,
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- dans les laveuses et polisseuses mécaniques, dans le mode de cristallisation, qui permet de préparer une deuxième qualité de bougies avec les tourteaux seulement exprimés à froid. Il en résulte une économie sur les déchets et la possibilité d’abaisser les prix de 237 fr. jusqu’à 210 fr. les 100 kil. Par un ingénieux procédé chimique, ils retirent une partie notable des acides gras que les lavages entraînaient autrefois en pure perte.
- La commission a remarqué un perfectionnement notable dû à M. Broutin, et qui lui a paru digne cl’une récompense comme non exposant.
- Ces manufacturiers ont fait observer à la Commission spéciale du jury que leur industrie prendrait un développement plus considérable , au profit cl’un grand nombre de travailleurs, si les, suifs étrangers ne supportaient un droit trois à quatre fois plus fort que celui qui frappe l’huile de palme, et si l’on accordait un drawback à l’exportation des bougies et acides cristallisés.
- Le jury décerne à MM. Petit et Lemoult une médaille d’argent.
- « *
- MM. ROUSSILLE frères, à Jurançon (Basses-Pyrénées).
- MM. Roussille préparent annuellement :
- 155,ooo kilogrammes d’acides stéarique et margarique cristallisés et bougies;
- 100,000 kilogrammes de chandelles;
- 10,000 kilogrammes de cierges en cire;
- 15,000 kilogrammes cl’allumettes en cire;
- 180,000 kilogrammes de savon.
- Depuis l’exposition dernière, leur industrie a pris de grands développements : les produits sont évidemment perfectionnés ; MM. Roussille ont introduit la fabrication des savons et se disposent à établir une fabrique d’acide sulfurique qui complétera leurs moyens d’action.
- Le chauffage et la force mécanique utilisent la vapeur de générateurs ayant ensemble la force de,vingt-deux chevaux; ils ont monté deux presses hydrauliques ; deux chaudières à savon, et quatre chaudières à fondre le suif.
- MM. Roussille ont eu de grands obstacles à vaincre dans un département où l’industrie est encore peu avancée; leur usine, en offrant du travail à près de cent ouvriers, hommes, femmes, enfants, concourt à répandre l’instruction manufacturière.
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- I'appe! s de
- médailles dé bronze.
- Médaille de bronze.
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- En tenant compte des difficultés vaincues, du bon exemple offert, de l’importance de l’établissement, de ses développements encours d’exécution, enfin de la qualité des produits, le jury accorde à MM. Roussille la médaille d’argent.
- M. Antoine-Marie GAILLARD, rue de la Verrerie, n° 66, à Paris.
- M. Gaillard prépare les bougies d’acide stéarique, de cire et de blanc de baleine épuré. Les produits de celle fabrique continuent à mériter la faveur commerciale dont ils jouissent. Le jury central rappelle la médaille de bronze qui lui a été accordée en i844.
- MM. BELHOMMET frères, à Landernau (Finistère).
- L’atelier de MM. Belhommet continue de justifier, par la bonne confection des bougies stéariques, la distinction qu’elle a obtenue en 1844.
- On traite dans celle fabrique près de 100,000 kilogrammes de suif, et l’on obtient 45,ooo kilogrammes d’acides gras solides et de bougies.
- Le jury accorde à MM. Belhommet le rappel de la médaille de bronze.
- M. Charles LEROY, rue du Banquier Saint-Marcel, à Paris.
- Dans son établissement fondé en i838, M. Ch. Leroy traite chaque année environ 2,5oo,ooo kilogrammes de suif qu’il épure ou convertit en chandelles ; il occupe 65 ouvriers. Ses produits sont toujours estimés dans le commerce. Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze qui lui fut décernée en i844.
- M. CAHOUET, place aux Veaux, n° 4, à Paris.
- M. Cahouet fabrique les différents ustensiles usités pour le moulage des bougies, cierges, etc. Il occupe environ 2 5 ouvriers, dont le salaire est de 3 à 5 francs. Il a imaginé de nouveaux porte-mèches, un porte-moule estampé d’un seul morceau, et surtout un ingénieux système de moulage à robinet, qui fixe et coupe la mèche du même coup. Cette invention facilite et régularise le travail. L’extension donnée à ses affaires, et les perfectionnements apportés dans
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- les ustensiles qu’il fabrique, ont rendu M. Cahouet digne d’une récompense supérieure à la mention honorable qu’il a reçue en i844 : le jury fui accorde la médaille de bronze. ,
- MM. Henri et François THIBAULT, à Nantes. Rappels
- A de mention s
- Ces manufacturiers fondent le suif à l’acide sulfurique et l’épu- honorables, rent par un lavage alcalin. Ils fabriquent des chandelles et ont une moulerie de bougies stéariques ; la bonne qualité de ces produits donne à MM. Thibault des droits au rappel de la mention honorable que leur accorde le jury.
- MM. DELAUNAY et Ch. LEROY, à Nantes, rue de la Bastille, n° 48.
- Dans cet établissement, on fond 3o à 4o,ooo kilogrammes de suif, et l’on traite environ 2 5,ooo kilogrammes d’huile de palme. *
- Trois presses hydrauliques sont employées à extraire la partie fluide de l’huile de palme et à obtenir des huiles de graines. Ces produits, ainsi queles bougies stéariques, sont préparés dans de bonnes conditions.
- Le jury accorde à M. Delaunay et Ch. Leroy le rappel de la mention honorable qui leur fut accordée en i844-
- MM. LIENARD, CLAUDE et LANTILLON, à Lyon.
- Ils fabriquent les acides gras solides et liquides, les bougies stéariques et les chandelles. Leurs produits sont de bonne qualité. Le jury leur accorde le rappel de la mention honorahle qu’ils ont reçue en i844.
- M. WERNET fils, rue du Bac, n° 3o, à Paris.
- Depuis longues années l’établissement de M. Wernet est connu pour la bonne confection des diverses sortes de bougies de cire, diaphanes et stéariques. 11 a des ateliers à Vaugirard et à Orléans, qui chôment en ce moment.
- Le jury rappelle à M. Wernet la mention honorable déjà rappelée en i844-
- MM. DONNEAU et C1*, quai de Jemmapes, n° 146, à Paris. Mention*
- honorables.
- Ces manufacturiers ont repris la fabrique qui avait été montée*
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- II.
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- Citations
- favorables.
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- en i83G, par M. Regnier. Les produits de celle usine continuent de justifier la réputation acquise à cet établissement. Le jury accorde aux nouveaux propriétaires une mention honorable.
- MM. SEGRETIN et Cio, rue de Chaillot, 3, à Paris.
- MM. Segrelin fabriquent annuellement environ 70,000 kilogrammes de bougies stéariques, de cinq qualités différentes; ils ont installé plusieurs couleries de bougies et mis en pratique de bons procédés de moulage; ils montent une nouvelle fabrique extra^maros. Leurs produits ont une très-belle apparence, et les quatre premiers numéros sont d’une bonne qualité.
- Le jury leur accorde une mention honorable.
- M. VINDARD, à Troyes (Aube).
- M. Vindard a reçu en i844 une citation favorable pour le moulage des bougies; il a depuis perfectionné cette industrie locale ; ses produits sont de belle et bonne qualité. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. REGNIER, à la Villette, boulevard de Strasbourg (Seine).
- Fabricant de bougies, il emploie 5o,ooo kilogrammes environ de matières premières. Ses bougies, bien confectionnées, sont estimées dans le commerce. Le jury les oite favorablement.
- M. Laurent LEONARD, à Antony (Seine).
- Fabricants de bougies de diverses sortes; ils emploient 5o,ooo kilogrammes de cire et acides gras, occupent 10 ouvriers (hommes, femmes çt enfants). Leurs produits sont estimés. Le jury leur accorde une citation favorable,
- MM. SANTONNAX et JOURDY, à Dole (Jura).
- Dans la fabrique qu’ils exploitent depuis quatre ans, ils utilisent la vapeur cl’un générateur équivalent à 10 chevaux, ils obtiennent 5o,ooo kilogrammes d’acides gras cristallisés et 5o,ooo kilogrammes d’acide oléique; ils fabriquent des bougies et des cierges. Cette industrie s’est améliorée entre leurs mains. Le jury les cite favorablement.
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- M. C0QDËL1N, place des Petits-Pères, à Paris.
- M. Coquehn opère avec succès le moulage de l’acide stéarique. Les pi’oduits qu’il livre au commerce, sous le nom de bougies de la neige, sont de bonne qualité. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. BAUDOUIN', àGrasville-l’Heure, près du Havre (Seine-Inférieure).
- M. Baudouin fabrique annuellement i52,ooo kilogrammes d’acides gras, dont 76,000 kilogrammes, à l’état solide, sont convertis en bougie stéarique, et 76,000 kilogrammes, à l’état liquide, sont livrés pour la fabrication des savons ou le graissage des laines.
- On utilise dans cet établissement la force d’une machine à vapeur de 6 chevaux.
- C’est une industrie nouvelle introduite dans la localité et qui livre des produits de bonne qualité. Le jury accorde à M. Baudouin une citation favorable.
- M. Claude BROCARD, rue des Vinaigriers, n° 11, à Paris.
- Prépare plusieurs ustensiles à mouler les bougies; il a adopté la couverte en matière vitrifiée pour les récipients des moules.
- Sa bonne fabrication le rend digne d’une citation favorable.
- M. Étienne DIDIER, avenue de La Motlie - Piquet, n° 13 ter, à Paris.
- M. Didier fabrique des bougies veilleuses et réchauds, et des chandelles; il emploie annuellement 100,000kilogrammes de matières premières, suif et cire.
- Les bougies veilleuses et réchauds de son invention présentent quelques avantages sérieux, qui ont paru mériter une agitation favorable.
- S 6. HUILES, GRAISSES, SUIFS, CORPS GRAS, ETC.
- M. Payen, rapporteur.
- M. EVRARD, ingénieur civil et professeur de chimie, à Valenciennes.
- M. Évrard a inventé un procédé de fonte des suifs en branche, à l’aide d’une faible solution de potasse ou de soude caustique.
- 49.
- Médaille
- d’argent.
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- Cel ingénieux procédé facilite la sortie de la matière grasse en attaquant et rendant perméable le tissu adipeux; il laisse, sous la forme de membranes perforées, très-légères, un résidu moins volumineux et oeaucoup moins pesant que par le procédé des créions, et donne un produit plus abondant,
- Le suif obtenu est plus beau que celui résullant du traitement par l’acide sulfurique. Le résidu solide serait applicable à la nourriture des animaux, la solution alcaline elle-même serait utilement applicable à l’agriculture.
- M. Evrard a encore imaginé une application rationnelle des éthers gras, en les faisant servir à dissoudre les graisses qui retiennent la poudre d’émeri sur les cuirs à rasoirs. Il a pensé que la substance minérale ainsi dégagée agirait beaucoup mieux sur le tranchant d’acier, et le résultat a répondu complètement à son attente. Les membres de la commission se sont expérimentalement assurés de l’efficacité remarquable de ce moyen; ils espèrent que l’heureuse tentative de M. Evrard pourra conduire à d’autres applications à l’aide des éthers gras. Le nouveau procédé de fonte des suifs produira très-probablement aussi tous les résultats avantageux annoncés, et, en outre, rendra celte opération plus salubre, plus productive et moins dispendieuse; l’opération a déjà été faite dans une fabrique en France, elle a réussi, et tout porte à croire que le procédé devra se généraliser, dans l’intérêt de l’industrie manufacturière et de la salubrité publique.
- Mais les probabilités les plus forles ne sauraient servir de base à nos décisions définitives, et en attendant que l’extension de ce procédé dans les fonderies ait justifié toutes les prévisions favorables et rendu M. Evrard digne de l’une des premières récompenses, le jury lui décerne une médaille d’argent.
- Médaille de bronze.
- MM. MOREAU et Cu, Paris.
- rue Montmartre
- n
- 169,
- a
- On sait tout le parti que l’on lire de la distillation des schistes bitumineux pour l’extraction des huiles de schistes, propres à l’éclairage. MM. Urbain Moreau et compagnie ont entrepris, depuis plus d’une année, d’exploiter aussi, par la distillation, les bitumes eux-mêmes qui, au lieu de 10 à 12 p. 0/0 de produits volatils que fournissent les schistes bitumineux, donnent jusqu’à 95 p. 0/0 de leur poids en produits distillés. Ces produits, qui consistent
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- principalement en carbures d’hydrogène, de volatilité et de consistance diverses, peuvent, par suite de celte diversité même, être appropriés à des usages différents. Les plus volatils sont employés pour l’éclairage comme l’huile de schiste, et peuvent remplacer les essences dans la fabrication des vernis. Quant aux produits peu volatils, la fluidité des uns, la consistance des autres, permet de les employer comme les huiles et les graisses, pi'oprement dites, pour le graissage des machines. Dans les chemins de fer, on commence déjà às ubstiluer, aux graisses employées pour graisser les essieux des locomotives, ces produits bitumineux', qui les remplacent, avec avantage, pour la qualité et pour le prix, car M. Moreau ne vend ses produits en consistance de graisse que 55 francs les 100 kilogrammes. Les appareils de M.Moreau lui permettent d’opérer sur 1,000 kilogrammes de bitume.
- Si l’on considère que la France reçoit annuellement pour plus de 20 millions de corps gras, tandis que, dans les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, dans les Vosges, etc., on trouve des gisements de bitume importants, on comprendra l’intérêt avec lequel le jury a examiné les produits de M. Urbain Moreau.
- Pour récompenser M. Moreau de ses efforts et signaler celle industrie naissante, le jury central accorde à MM. Moreau et compagnie une médaille cle bronze.
- M. MAYER aîné, Vieille Route de Paris, n° 19,3 Neuilly (Seine).
- Il présente au jugement du jury des graisses.pour essieux et de l’huile à graisser les machines. Ces produits, qui avaient été présentés à la précédente exposition sous la désignation d'huile Mulel, avaient été déjà approuvés par le jury, qui leur avait accordé une mention honorable. Cette industrie a reçu, depuis, de nouveaux perfectionnements, et M. Mayer a dû augmenter notablement son établissement. Il livre aujourd’hui à la consommation pour plus de 120,000 francs de produits.
- Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- MM. TESSON, à Colombes (Seine).
- MM. Tesson continuent la fabrication de la colle forte, et l’extraction de l’huile de pieds de bœuf et de mouton ; ils ont obtenu , en i844, une mention honorable : le jury central la leur rappelle.
- Rappel de mention honorable.
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- Mention MM. HERVE frères, route de Charenton, à Bercy.
- honorable.
- Ces manufacturiers préparent des colles en petites feuilles, dites gélatine, d’assez bonne qualité. Les autres sortes sont des colles fortes ordinaires.
- Outre leur fabrication en ce genre, qui s’élève à 3o,ooo kilog. environ, ils obtiennent parla carbonisation des os près de 4oo,ooo kilog. de noir animal, ils extraient de l’huile de pied de bœuf, et confectionnent plus de 100,000 kilog. de carton.
- Le jury central leur décerne, pour l’ensemble de ces.fabrications, une mention honorable.
- S 7. CAFETIÈRES ET BRULOIRS A CAFÉ.
- M. Péligol, rapporteur.
- Médaille M. Ém. GABET et FRAISANT, rue des Marais, n° 20 bis,
- de bronze.
- à Pans,
- Exposent, sous le nom de cafetière à bascule, un appareil de leur invention, propre à préparer l’infusion de café.
- La cafetière de M. Gabet diffère beaucoup des nombreux appareils qu’on a construits depuis quelques années pour le même objet : elle fonctionne de manière à écarter voûte chance d’explosion La lampe qui porte l’eau à l’ébullition s’éteint d’elle-même quand le liquide bouillant a passé dans le vase qui contient la poudre de café : l’infusion clarifiée vient prendre la place de l’eau dans le bouilleur en porcelaine.
- La manœuvre de cet appareil est simple et facile : son emploi n’exige aucune surveillance ; il est moins fragile que ceux dans lesquels le verre est employé exclusivement; il n’altère pas, comme les cafetières en métal, l’arome du café.
- Le jury central décerne à M. Gabet une médaille de bronze.
- Mention VASSIEUX, rue Saint-Marc-Feydeau, n° 6, h Paris.
- honorable. J
- Le jury central de i844 a accordé une citation favorable à la ' cafetière dite Lyonnaise, de M. Bodin. La même maison, reprise-par Mlla Vassieux, a apporté à'cet appareil de grands perfectionnements. Cette cafetière, qni se compose d’un double ballon en verre, est disposée de telle sorte que, quand l’eau a passé de l’un des vases dans l’autre qui contient la poudre, de café, la lampe à
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- alcool s’éloigne d’elle-même et écarte la chance de rupture que présentait son ancienne disposition.
- Cet appareil est ingénieux et élégant. Le jury central accorde à M11' Vassieux une mention honorable.
- M. DAUSSE, rue de Lancry, n° 10, à Paris,
- Continue à fabriquer la cafetière à flotteur compteur pour laquelle il a obtenu une citation favorable à l’exposition de i844- Cet appareil est employé dans un grand nombi’e d’établissements publics. M. Dausse expose aussi un nouveau brûloir à café, qui indiquerait le moment où les divers cafés sont torréfiés à point; mais l’expérience n’a pas encore prononcé sur cet appareil.
- Le jury central accorde à M. Dausse une citation favorable.
- M. PENANT, rue de f Arbre-Sec, n° 60, à Paris.
- m
- La cafetière dite Française, de M. Penant, est composée d’un ballon en verre, communiquant, par un tube en métal terminé par une pomme d’arrosoir, avec un réservoir supérieur, également en verre, qui reçoit la poudre de café. L’eau, portée à l’ébullition dans le vase inférieur au moyen de la flamme de l’alcool qui le chauffe latéralement, tombe sous forme de pluie sur le café ; après un contact plus ou moins prolongé, l’infusion passe dans le réservoir inférieur, d’où elle est soutirée à l’aide d’un robinet.
- Cet appareil, que M. Penant a perfectionné peu à peu, présente plusieurs dispositions ingénieuses.
- Le jury accorde à M. Penant une citation favorable.
- § 8. APPAREILS A FAIRE LA GLACE.
- % %
- M. Péligot, rapporteur.
- M. FUMET, rue du Helder, n° 2 5, à Paris.
- Expose plusieurs appareils en fer-blanc destinés à congeler l’eau ou à faire des glaces avec le mélange d’acide chlorhydrique et de sulfate de soude pulvérisé.
- Ces appareils, d’une construction et d’un emploi simples, sont à peu près les mêmes que ceux qui servent à glacer les sirops sous l’influence du mélange de glace eL de salpêtre ou de sel employé
- Citations
- favorables.
- Mcntiov
- honorable
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- par les glaciers. Ils sont d’-un prix peu élevé, et les glaces ne reviennent pas plus cher par ce procédé que par le procédé ordinaire. Il peutêlre utile pour procurer delà glace, en cas de maladie, dans des localités dépourvues de glacières.
- Le jury central accorde une mention honorable à M. Fumet.
- citations M. GOUBAUD, boulevard Poissonnière, n° 12, à Paris.
- iavorables.
- Sous le nom de glacières parisiennes, M. Goubaud expose différents modèles d’appareils congélateurs pour faire des glaces ou pour congeler l’eau. Pour arriver à ces résultats, il utilise le froid qui se produit lorsqu’on dissout dans l’eau l’azotate d’ammoniaque. Ce sel peut être ramené à l’état solide en évaporant l’eau qui a servi à le dissoudre.
- Le jury central accorde une citation favorable à M. Goubaud.
- M. VILLENEUVE, rue Montpensier, n° 4, à Paris.
- 11 a le mérite d’avoir construit les premiers appareils congélateurs. On peut produire rapidement, dans l’appareil de M. Ville-neuve, une assez grande quantité de glace, au moyen cl’nn mélange réfrigérant de sulfate de soude et d’acicle clorhydrique.
- Le jury central accorde à M. Villeneuve une citation favorable.
- CINQUIEME SECTION.
- COULEURS, MATIÈRES TINCTORIALES, TEINTURE ET IMPRESSION, PROCÉDÉS DE BLANCHIMENT, ETC.
- S 1". COULEURS ET MATIÈRES TINCTORIALES.,
- M. J. Persoz, rapporteur.
- Nouvelle M. GUIMET, à Lyon (Rhône).
- médaille
- d’or. La découverte de l’outremer artificiel, que l’on doit à M. Gui-met, a fait époque dans les annales de la science, et elle restera toujours au nombre de celles qui illustrent le xix° siècle. Elle valut en - i83,4 à son inventeur, de la part du jury, les récompenses les plus élevées. Cependant, à celte époque, on ne prévoyait pas encore tout le parti que l’industrie tirerait un. jour de cette précieuse couleur.
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- On reconnaissait bien qu’elle était propre à la peinture, à l’azurage cl u linge et du papier; mais personne ne supposait qu’elle viendrait un jour détrôner les bleus employés jusque-là dans les impressions sur étoffes. G’est pourtant ce qui est arrivé, et ce résultat est dû, en grande partie, à des fabricants aussi modestes qu’habiles, MM. Blondin, delà Glacière. Ces industriels, mettant à profit le procédé à l’aide duquel on avait fixé mécaniquement sur calicot des fonds beurre frais à l’oxyde de fer, et gris d’argent au charbon', ont eu l’idée d’appliquer l’outremer par les mêmes procédés. Pendant plus de 6 ans, ils ont exploité seuls, et pour ainsi dire dans le silence, plusieurs articles d’impression, notamment celui des cravates, et un immense succès leur a procuré des bénéfices considérables.
- Lors du concours de i844, M. Broquette exposa des fonds bleus outremer, doubles nuances qui fixèrent à un haut degré l’attention des fabricants et celle de M. Dolfus-Mieg en particulier. Dès ce moment, l’emploi de l’outremer fut introduit dans les ateliers d’impression, et le produit découvert par M. Guimet allait faire le tour du monde. En effet, aujourd’hui, on voit peu de tissus sur lesquels on n’ait imprimé cette couleur. D’après cela, ôn ne sera pas surpris d’apprendre que M. Guimet livre annuellement au commerce, en France et â l’étranger, 60,000 kilogr. de bleu d’outremer.
- Le jury, considérant qu’il est juste de consacrer par une nouvelle récompense les récentes applications dont la belle découverte de M. Guimet a été l’objet dans ces dernières années, et qui sont dues principalement à la persévérance que ce savant industriel a mise à perfectionner ses produits et à les rendre accessibles à tout le monde, décerne à M. Guimet une nouvelle médaille d’or.
- M. HUILLARD aîné, rue de la Vannerie, 38, à Paris.
- M. Huillard fabrique toujours avec le même succès l’orseille, le cudbéar, le carmin d’indigo et la cochenille ammoniacale pour les besoins de l’impression. Le jury de x844 le récompensa des perfectionnements qu’il avait introduits dans sa fabrication en lui décernant la médaille d’argent. Celui de cette année lui accorde le rappel de la même médaille.
- M. Gabriel MEISSONIER fils, rue Meslay, n° 8, à Paris.
- Pans l’établissement de M. Meissonier, qui, au prix de 4 francs
- Rappel de médaille d’argent.
- Médailles
- d’argcriL
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- par jour, occupe de 3o à 5o ouvriers, travaillent deux machines et deux chaudières à vapeur de la force de i32 chevaux.
- A l’aide de ces agents de production, on traite annuellement par la vapeur deux millions de kilogr. de bois de teinture, pour les convertir en extraits liquides et solides employés en teinture et surtout dans l’impression des étoffes. Jusqu’en i836, on n’épuisait qu’imparfaite-mentles bois, et dans les établissements mêmes où on les employait. M. Meissonier père, fondateur de l’établissement, eut l’heureuse idée d’élever cette .opération, confiée jusque-là à un marmiton teinturier, à la hauteur d’une véritable industrie, qui, à son tour, contribua puissamment à faire arriver l’impression des couleurs fixées par la vapeur au développement qu’elle a aujourd’hui.
- Rappelons qu’à la naissance de cette nouvelle industrie, la consommation des extrails de bois était si peu considérable, que, pendant les cinq premières années, M. Meissonier put à peine en placer 2,000 kilogrammes.
- Les choses ont bien changé; car, depuis cette époque, une multitude de fabriques se sont formées en France, en Allemagne et en Russie, à l’instar de celle de M. Meissonier, qui néanmoins fabrique encore annuellement et livre au commerce plus de 3oo,ooo kilogr. d’extraits de teinture, représentant une valeur d’environ 900,000 fr.
- Indépendamment de ces extraits, M. Meissonier fabrique la plus grande partie des produits chimiques employés dans les ateliers de teinture et d’impression.
- Æ.
- Le jury, qui a particulièrementremarqué les diverses préparations pour bleu de France et l’extrait de campêche préparé, voyant en M. Gabriel Meissonier un digne successeur de M. Charles Meissonier père, lui décerne la médaille d’argent.
- M. MOTTET, rue des Trois-Bornes, n° 1, à Paris.
- Successeur depuis i845 de la maison Jennet, M. Moltet s’est attaché dès celte époque à fabriquer avec un soin particulier des or-seilles de même que des extraits de celte riche matière colorante. Il a compris que pour prévenir le déplacement de l’industrie toute française, à laquelle il venait de vouer son temps et ses capitaux, et lutter avantageusement avec ses rivaux étrangers, il n’y avait qu’un moyen, celui de développer clans les orseilles toutes les qualités tinctoriales qu’elles sont susceptibles d’acquérir.
- Les efforts de M. Mollet furent couronnés d’un plein succès, et
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- c’esl pour les récompenser que le jury lui décerne'aujourd’hui la médaille d’argenl.
- M. MARTIN, à Lyon (Rhône).
- Grâce aux moyens que la chimie a découverts pour imprimer l’orseille et la fixer avec avantage sur les étoffes, la consommation de cette riche matière tinctoriale a pris, depuis environ cinq ans, un développement considérable.
- Cette matière colorante, qui produit ces beaux violets et lilas de Parme, est employée (maintenant pour l’enluminage d’une infinité d’étoffes tissées ou imprimées. Sa réputation est due, en grande partie, aux perfectionnements qui ont été apportés à sa fabrication par plusieurs industriels, et, entre autres, par M. Martin. Celui-ci, au lieu de traiter les lichens en nature pour en faire de l’orseille, les épuise préalablement à l’aide de l’eau qu’il fait agir par déplacement. Il concentre jusqu’à un certain point les solutions qui renferment Porcine ; ensuite il fait intervenir l’ammoniaque et Pair dans les conditions favorables au développement de la matière colorante. Il obtient de là sorte une substance tinctoriale complètement soluble dans Peau, et dépouillée de tous les produits insolubles que l’on l’encontre dans les lichens.
- Outre les cudbéars, les orseilles et les extraits d’orseille, que beaucoup de ses confrères fabriquent en concurrence avec lui, M. Martin prépare encore un carmin d’orseille avec lequel on obtient des nuances d’une pureté et d’une vivacité sans égale. Les produits de sa fabrication sont très-recherchés, non-seulement en France, mais encore en Autriche, en Prusse et en Bohême. Sur 280,000 kilogrammes d’orseille qu’il fabrique annuellement, 80,000 kilogrammes sont exportés.
- Le jury central, prenant ces faits en considération, décerne à M. Martin la médaille d’argent.
- M. COLIN (Ph.), à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- M. Colin ayant compris l’avantage qu’il y aurait pour l’industrie à traiter les lichens tinctoriaux sur le lieu même de leur débarquement, a fondé, depuis deux ans, à Marseille un établissement pour la fabrication de l’orseille, du cudbéar, du carmin et de l’orseille. .Cet établissement, au dire des personnes qui Pont visité et des membres du jury du département des Bouches-du-Rhône, est dirigé
- i
- Moulions.
- honorables,.
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- avec une parfaite intelligence. Aussi le jury clonne-t-il à M. Colin une mention honorable, pour ses produits propres à la teinture, ainsi qu’à M. Courtial à Grenelle (Seine), pour son bel outremer.
- M. RACINE cadet, à Besançon (Doubs).
- Sous le nom d’indigo fin, M. Racine fabrique un beau carmin d’indigo. Les témoignages d’une multitude de teinturiers prouvent que cette substance tinctoriale de M. Racine leur rend de grands services. Ce qui, selon eux, distingue son bleu et le rend particulièrement recommandable, c’est son éclat et sa fraîcheur. 11 jouit d’une autre qualité non moins appréciable, celle de pouvoir être très-facilement employé en teinture. Le jury vote en faveur de cet industriel une mention honorable.
- § 2. TEINTURE ET IMPRESSION.
- M. J. Persoz, rapporteur.
- Monsieur LÉVEILLÉ, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Cet industriel est à la fois fdateur, blanchisseur et teinturier. La commission des tissus s’étant déjà prononcée sur son mérite comme filateur, il ne nous reste à examiner que ses produits de teinture. Cette tâche est d’autant plus agréable à remplir, que M. Léveillé a su, par ses connaissances administratives, sa longue expérience en teinture, ses connaissances chimiques et les perfectionnements qu’il a introduits dans ses procédés, acquérir une supériorité que ses concurrents sont les premiers à reconnaître. Il occupe 65o ouvriers, dont le salaire s’élève de 75 centimes à 1 fr. 25 cent, pour la journée des femmes, et de 2 à 3 francs pour celle des hommes. Cet établissement possède deux machines à vapeur et une roue hydraulique, qui représentent, ensemble la force de 80 chevaux, et qui mettent en mouvement 28,000 broches et i4 machines employées à la teinture.Au moyen de ces divers agents de production, M. Léveillé livre à la consommation 700,000 kilogrammes de colons écrus et teints, qui alimentent les métiers de plus de 4oo maisons de tissage. Il résulte, en effet, des documents qui nous sont soumis, qu’il n’est aucune de nos cités industrielles, qui ne vienne s’approvisionner à Rouen de fils teints chez M. Lcveillé. Le grand écou-
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- lement de ses produits est dù à la bonne qualité de ses fils, à la solidité et à la vivacité qu’il donne à ses teintures, couleurs grand teint, enfin au bas prix auquel il livre ses marchandises.
- Si cet habile industriel est arrivé à ces heureux résultats, c’est qu’il a fait subir à ses procédés de teinture sur coton, sous le rapport chimique et sous le rapport mécanique, des perfectionnements tels que son établissement n’a de rival ni en France, ni en Suisse, ni en Allemagne.
- Le jury, rendant hommage aux progrès par lesquels M. Léveillé se signale chaque jour dans la carrière industrielle, lui décerne le rappel de la médaille d’or qu’il avait obtenue à l’exposition de x844-
- MM. JOURDAN et Cie, à Cambray (Nord).
- MM. Jourdan exposent cette année comme fabricants de tulles et de dentelles, comme imprimeurs et comme teinturiers, de très-beaux articles de leur fabrication. Dans l’une et l’autre de ces branches d’industrie, leur génie inventif se révèle également; mais nous ne sommes appelés à les juger en ce moment que comme imprimeurs et comme teinturiers.
- L’hexireuse application qu’ils ont faite du principe énoncé par par MM. Spaerlin et Zuber pour la fabrication du genre ombré par teinture est, sans contredit, ce qui honore le plus la carrière industrielle de ces messieurs. Il n’est pas, en effet, d’article d’impression qui ait eu un aussi grand succès, qui ait produit une aussi vive sensation et suscité un plus grand nombre d’imitateurs parmi les imprimeurs sur étoiles. Ce nouvel article, qui date de i845, était à peine connu en France, que déjà on Limitait en Angleterre, en Autriche, en Prusse et en Russie. Malgré celte concurrence, MM. Jourdan ont fabriqué, pour la consommation intérieure et l’exportation, une quantité considérable d’étoffes, d’une valeur qui, durant les cinq dernières années, ne s’éleva pas à moins de 8,600,000 francs, soit, en moyenne, près de 1,800,000 francs par an.
- 11 était réservé à ces messieurs de faire une nouvelle application tout aussi heureuse, quoique moins brillante en apparence, que celle que nous venons de citer; nous voulons parler des impressions réserves.
- Pendant longtemps on avait vainement cherché une réserve qui pût résister aux opérations de la teinture de la laine. Celles qu’on
- Médailles
- d’or.
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- employait, en raison de leur composition, n’accomplissaient pas leur effet, ou devenaient trop adhérentes pour pouvoir être enlevées du tissu. Pour être bien imprimées, ces réserves exigeaient des conditions de température qui en rendent l’application, sinon impossible, du moins extrêmement difficile. Les choses en étaient là, lorsque MM. Jourdan et compagnie, redoublant d’efforts, parvinrent à surmonter de la manière la plus heureuse tous les obstacles qui avaient découragé leurs devanciers. Ils livrent maintenant à la vente des impressions réserves sur fond blanc et sur fonds de diverses couleurs, qui ont figuré avec avantage à l’exposition, et qui, d’ailleurs, ont eu un très-grand écoulement.
- Considérant que la fabrication de ces deux genres, ombrés par teinture et impressions réserves sur laine, constitue, dans l’art d’imprimer sur étoffes, un véritable progrès que l’on doit à MM. Jourdan et compagnie, le jury leur décerne une médaille d’or.
- M. DESCAT-CROUZET, à Roubaix (Nord).
- L’industrie de Roubaix a fait d’immenses progrès depuis ces dernières années, et les produits quelle soumet aujourd’hui au concours sont admirés de tout le monde. M. Descat, homme aussi modeste qu’intelligent, a eu une grande part à ce perfectionnement industriel. Son nom est attaché à tous les succès obtenus par les fabricants les plus distingués de Roubaix.
- M. Descat occupe, au prix de 1 fr. 75 cent, à 2 francs par jour, environ 700 ouvriers en été et 1,000 en hiver. Son établissement possède 7 pompes à vapeur, de i5 générateurs, représentant ensemble la force de 36o chevaux, 125 feux pour la teinture et l’apprêt, et 245 machines diverses employées pour dégraisser, fouler, tondre, cylindrer et presser. On consomme, dans la fabrique de M. Descat-Crouzet, pour 1,200,000 francs de matières premières, et il en sort annuellement io,5oo,ooo rnèt. d’étoffes, 200,000 kil. de laines filées et 900,000 kilogrammes de coton pour la filature.
- Le prix des teintures exécutées annuellement est d’environ 2 millions. Ces chiffres font ressortir, mieux qu’on ne pourrait le dire, l’importance de l’établissement de M. Descat-Crouzet. Ajoutons, avec le jury du département du Nord, que cet industriel n’est resté en retard d’aucun perfectionnement dans son art.
- Il a vaincu d’une manière heureuse toutes les difficultés qui se sont présentées, et il n’a pas peu contribué à donner beaucoup de
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- faveur à plusieurs productions de notre fabrication française, notamment à l’article Valencias.
- Le jury, appréciant tous les services que M. Descat-Crouzet a rendus à la teinture des étoffes, lui décerne la médaille d’or.
- M. GU1NON, à la Guillotière (Rhône).
- Cet industriel a créé l’un des établissements les plus considérables que nous possédions en France pour la teinture delà soie.
- 11 occupe 15o ouvriers, dont le salaire, en moyenne, est de 4 francs pour une journée de xi heures, et fournit annuellement aux fabriques de Lyon et de Saint-Étienne, 200,000 kilogrammes de soie de la valeur de 15,000,000 de francs. Pour la teinture de cette fibre , il perçoit 700,000 francs.
- Depuis l’exposition de i844, M. Guinon a introduit d’importantes améliorations dans son industrie. Au chauffage direct au bois il a substitué le chauffage à la vapeur, ce qui lui permet de régler à volonté le degré de température de ses bains, et d’éviter les taches et les nuances qui se produisent par les surfaces de chauffe loi’sque la teinture se fait à feu nu. Il a modifié avantageusement son système de lavage des soies, et a rehaussé la valeur des riches produits de la fabrication lyonnaise en perfectionnant le blanc de la soie. Grâce à des essais répétés, M. Guinon peut maintenant obtenir un blanc qui ne jaunit point avec le temps, en sorte qu’on peut teindre en couleurs tendres les tissus qu’il a blanchis, sans qu’elles perdent de leur pureté. Cet intelligent teintuiier a aussi beaucoup amélioré sa teinture en bien cl’indigo. Son bleu Napoléon, en particulier, efface par l’éclat, la pureté et la solidité de sa nuance, tout ce qu’on a réalisé de mieux jusqu’à présent avec cette substance tinctoriale. Il a remplacé les matières colorantes jaunes, qui se prêtent si difficilement à la formation des jaunes tendres sur soie, par un jaune plus vif et plus solide. Ce jaune est emprunté à l’un des produits de l’oxydation de l’huile de houille par l’acide nitrique, l’acide picrique. A l’aide de cette nouvelle couleur, il réalise un jaune qu’il est impossible d’imiter avec d’autres matières tinctoriales, et forme avec elle des couleurs complexes, telles que vert et nankin, qui ne laissent rien à désirer.
- Enfin M. Guinon ayant remarqué que la soie sauvage de Teussa que jusqu’à présent on n’avait jamais pu teindre, était imprégnée d’un enduit qui lui est propre, parvient à la rendre apte à se com-
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- Médailles
- d’argent.
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- biner à toutes les couleurs connues, en lui enlevant cet enduit au moyen d’un nouveau mode de décreusage.
- Les succès que M. Guinon a obtenus dans la teinture et particulièrement dans celle des noirs, lui ont valu en i844 la médaille d’argent. Les perfectionnements qu’il a introduits depuis dans son art, ses travaux scientifiques, les importants services qu’il a rendus à l’industrie lyonnaise, le rendent digne aujourd’hui de la médaille d’or que lui décerne le jury.
- M. FEAU-BÉCHARD, à Passy (Seine).
- M. Feau a obtenu une citation en 1828, une mention honorable en i834, une médaille de bronze en 1839 et le rappel de celle médaille en i844-
- Depuis la dernière exposition, ce teinturier a fait faire de véritables progrès à son art. Des témoignages authentiques, confirmés par ceux de plusieurs membres du jury, prouvent qu’il a rendu d’importants services à l’industrie parisienne, surtout par la teinture des valencias français
- L’un de nos plus habiles fabricants d’étoffes, M. Franck Croco, déclare avoir essayé sans succès, à plusieurs reprises, la fabrication des valencias français, et n’êlre parvenu à lutter avantageusement avec l’Angleterre, qui excelle dans ce genre, que du moment où M. Feau-Béchard s’est chargé de teindre les produits de sa fabrication. >
- Le jury, appréciant des résultats aussi bien établis, décerne à M. Feau-Béchard la médaille d’argent.
- MM. QUENET frères, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Ces messieurs teignent en diverses nuances des fils que l’on emploie spécialement pour réaliser des dessins sur piqués brochés, et qui doivent avoir pour première qualité de résister sans s’altérer aux nombreuses opérations du blanchiment. Les fils teints à cet usage, dans l’établissement de MM. Quenet, résistent tous, sans en excepter les noirs, à l’action du chlorure de chaux, et ont fait la réputation de ces industriels. Us teignent aussi en couleurs de fantaisie une grande partie des cotons destinés à alimenter les métiers à tisser des fabriques de Rouen et de ses environs.
- On teint annuellement dans l’établissement de MM. Quenet 45o,ooo à 5oo,ooo kilogrammes de coton et de laine.
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- Le jury, appréciant toute la part que ces Messieurs ont prise au développement cle l'industrie rouennaise par leurs bonnes teintures et par les brillantes nuances de fantaisie qu’ils savent donner aux diverses fibres textiles, leur accorde la médaille d’argent,
- M. DELAMARE, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Cet industriel ayant compris que, pour faire avancer la teinture, il ne suffit pas de suivre machinalement les procédés légués par nos pères, est allé puiser de nouvelles inspirations dans l’étude des moyens qu’emploient les imprimeurs sur étoffes pour fixer les matières colorantes aux diverses fibres textiles. Il a obtenu un plein succès dans cette 'nouvelle voie; car, aujourd’hui il teint plus promptement, plus économiquement et en des nuances plus pures qu’on n’avait pu le faire précédemment.
- M. Delamare s’occupe, en outre, avec succès de la fabrication des fils chinés. Les moyens dont il se sert sont aussi empruntés à l’impression des tissus. Mais, dans ce cas encore, il a su découvrir parmi ces moyens celui qui peut produire le plus d’effet. A l’imitation de certaines impressions anglaises, des fils, préalablement teints en bleu ou en toute autre nuance, sont chinés simultanément en blanc, rouge, jaune, etc. On comprend combien ces impressions partielles, effectuées sur le fil de la chaîne ou sur celui de la trame d’un tissu, peuvent en augmenter l’effet et ajouter de mérite à sa composition.
- Le jury, considérant que M. Delamare a apporté de grands perfectionnements à son industrie, lui décerne la médaille d’argent.
- M.CËRCEUIL, rueTraversière Sl-Àntoine, n° 33, à Paris;
- Avant qu’on imprimât sur le papier ces dessins veloutés qui y figurent maintenant si souvent, la tontisse provenant de l’opération du rasage des draps ou autres étoffes de laine était sans usage, et c’est tout au plus si on la recueillait pour en faire de l’engrais. Aujourd’hui, il n’en est plus ainsi, et l’exploitation de-ces débris organiques constitue une industrie très-importante, dont M. Cer-ceuil s’occupe avec beaucoup de succès.
- A l’aide d’une machine à vapeur de la force de 10 chevaux et de 4o à 5o ouvriers, auxquels il donne un salaire de 2 fr. 5o cent, à 9 fr. par jour, M. Cerceuil traite et teint annuellement 1.76,000 kilog;
- 5o
- II;
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- Rappels de médailles de bronze.
- Médailles de bronze.
- — 78C —
- de Ion lisse, dont l’écoulement a lieu dans la mesure suivante, savoir :
- Pour une valeur de i5o,ooo francs aux fabricants de papiers peints français ;
- Pour une valeur de 220,000 francs aux fabricants étrangers.
- De si heureux résultats obtenus dans l’exploitation d’un produit autrefois perdu pour l’industrie, méritent récompense. En conséquence, le jury accorde à M. Cerceuil la médaille d’argent.
- M. FARGE,à Lyon (Rhône).
- Ce teinturier expose surtout des spécimens de soies teintes, parmi lesquels on remarque plusieurs gammes chromatiques, entre autres une bleu Napoléon, une jaune, inaltérable à l’eau et au soleil, une vert laurier, enfin une vert œillet, à l’acide picrique.
- Les produits exposés par M. Farge prouvent qu’il n’est point resté en arrière dans l’exercice de son art. Le jury trouve qu’il a droit au rappel de la médaille de bronze qui lui a été décernée à l’exposition de i844-
- M. FRICK, rue de la Madeleine, n° 45, à Paris.
- Cet industriel mérite encore celte année les éloges que lui a adressés le jury de l’exposition de i844- L’ensemble des objets qu’il expose, permet de constater l’efficacité des moyens qu’il emploie pour restaurer les vieilles tapisseries et remettre à neuf les châles vieux ou tachés. Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze.
- M. MILLIANT, au Valbènoitc (Loire).
- Ce fabricant expose plusieurs cartes de beaux échantillons de soie, et surtout de rubans teints en ombrés. Parmi ces derniers, il en est qui ont été imprimés à la mécanique.
- Le jury, constatant les efforts de M. Milliant pour mettre son industrie en progrès, le juge digne du rappel de la médaille de bronze.
- M. BAILLIET, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Cet industriel, établi à l’une des extrémités frontières de la France, et, par conséquent, mieux que tout autre, à même déjuger de la faveur dont jouissent les laines à broder de Berlin, a fait de
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- 'véritables efforts pour introduire chez nous cette industrie et la mettre à la hauteur de celle d’Allemagne. A cet effet, il a établi un atelier dans lequel il tient en toutes couleurs et en toutes dégradations de teintes les diverses espèces de laine qu’on emploie pour la tapisserie.
- Les nombreuses gammes que M. Bailliet a exposées attestent suffisamment qu’il a fait de grands progrès dans le genre de teinture dont il s’agit.
- On lui doit en outre une idée très-ingénieuse, celle d’imprimer des dessins sur canevas pour faciliter le travail de la tapisserie. Le jury décerne à M. Bailliet la médaille de bronze.
- M. MARNAS, à là Guillotière (Rhône).
- M. Marnas, préparateur de M. Guinon, expose un bel assortiment d’échantillons de soie de Tursa, teints en diverses couleurs, qui démontrent tout le parti qu’on peut tirer de cette fibre textile sau-Arage, employée jusqu’à présent à l’état brut. Nous ne pouvons mieux faire apprécier le mérite de ce jeune teinturier qu’en reproduisant ici les termes dans lesquels M. Guinon en fait l’éloge; ils honorent également le maître et l’élève :
- « Je ne puis terminer, dit M. Guinon dans sa notice, sans recom-« mander au jury, d’une manière toute spéciale, M. Jean-Aimé Mar-« nas, jeune homme de 21 ans, élève comme moi de la Martinière, «qui travaille dans mon établissement, et me lient lieu deprépara-« leur. Il m’a été d’un grand secours pour beaucoup de recherches « et d’expériences que seul je n’aurais pu faire. Il a puissamment « contribué àl’application de 1 acide picrique que lui-même a préparé. »
- Le jury , prenant en considération les services rendus à la teinture par M. Marnas , lui décerne la médaille de bronze.
- M. BECKER, rue Neuve-Saint-Augustin, n° A, à Paris.
- Depuis la dernière exposition, M. Becker a continué avec succès ses recherches qui tendent à rendre imperméables les étoffes dé laine, et particulièrement les draps.
- Le caractère d’imperméabilité qu’il sait donner aux étoffes .de laine, sans en altérer la couleur, le bas prix des matières qui entrent dans la composition de son enduit, et la facilité avec laquelle oh l’applique, sont des résultats qui, en fixant l’attention du jury, le décident à dpcerner la médaille de bronze à.çet industriel;
- , 5o.
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- Mention
- honorable.
- Ci la lion favorable.
- Médailles (Va rgerit.
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- Vv0 SCHOEFFEL, à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).
- Les produits de Mmo Vvo Schœffel sont vraiment remarquables, apprêts solides, bonne teinture et surtout choix variés dans les couleurs; aussi le jury central lui décerne-t-il une mention honorable.
- M. GRIFFON frère et sœur, rue Saint-Honoré, n° 99, ù Paris.
- Ces industriels exposent plusieurs pièces qui prouvent, d’une manière incontestable, qu’il savent aussi bien dégraisser à sec les peaux blanches ou préalablement colorées, que restituer aux velours et aux autres étoffes de soie leur fraîcheur primitive. Néanmoins, comme le jury n’a pu constater l’économie des procédés employés par ces industriels, il se borne à leur accorder une citation favorable.
- § 3. PROCÉDÉS DE BLANCHIMENT ET DL BLANCHISSAGE.
- M. J. Persoz, rapporteur.
- MM. DÉRUQUE et GODEFROY, à Rouen (Seine-Jnfé rieure).
- L’établissement de MM. Déruque et Godefroy est monté d’après le système dit continu, et organisé de manière à pouvoir réaliser ce bon marché qui caractérise si particulièrement l’industrie rouen-naise. Dire que, pour blanchir parfaitement une pièce de calicot clc 90 à g5 mètres, ces industriels perçoivent à peine 1 franc, c’est-à-dire environ 1 centime par mètre, c’est faire comprendre qu’ils ont recours aux procédés les plus économiques. On emploie dans la fabrique de MM. Déruque et Godefroy une machine à vapeur, de la force de 6 chevaux, qui sert à la fois de puissance motrice et de générateur de vapeur dans les opérations de lessivage, deux chaudières à lessiver (système Gaudry), une chaudière ordinaire et des cuves avec assortimentdeclapeaux, etc. On fait arriver mécaniquemenlles pièces, cousues les unes aux autres, dans les chaudières à lessiver, où elles reçoivent, pendant dix à quatorze heures, faction simultanée de l’alcali et de la vapeur. Elles en ressortent mécaniquement et sont dirigées cl’abord sur les clapeaux, puis dans des bains d’acide ou de chlore. Rincées de nouveau et exprimées, elles arrivent enfin dans un séchoir, sans avoir passé par les mains d’un ouvrier.
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- Des cylindres de traction, avec des lanternes mobiles pour soutenir les pièces dans leur trajet , les mettent en contact avec les agents chimiques et mécaniques du blanchiment. MM. Déruque et Godefroy blanchissent journellement l\oo pièces d’étoffe, c’est-à-dire i46,ooo pièces par année. Ils ont aussi commencé,et non sans succès, le blanchiment des fils de lin; car, depuis dix mois qu’ils traitent cette fibre végétale, ils en ont déjà blanchi 2,000 paquets. Leurs produits ont été justement appréciés par MM. les membres du jury de la Seine-Inférieure, qui en ont fait usage, etqui déclarent que ces industriels peuvent être considérés comme les meilleurs blanchisseurs français pour les fils de lin.
- Le jury central, appréciant des progrès, qui doivent réagir si favorablement sur toutes les branches d’industrie alimentées par rétablissement de MM. Déruque et Godefroy, décerne à ces messieurs la médaille d’argent.
- iVl. HEUTTE, à Bapcaume (Seine-Inférieure).
- Par la pureté du blanc et la qualité des apprêts qu’il sait donner aux tissus, M. Heulte s’est acquis une réputation justement méritée. 11 blanchit annuellement i5o,ooo pièces de tissus divers, depuis le calicot à 25 centimes le mètre, jusqu’aux piqués brochés. C’est le premier qui a su donner à ceux-çi le blanc et l’apprêt des piqués anglais, avec lesquels, grâce à ces améliorations, nos piqués rivalisent maintenant avec avantage.
- On trouve en activité dans son établissement, les machines les plus nouvelles et les plus anciennes. Ces dernières sont utilisées d’après des principes dont on n’a encore fait que rarement l’application dans l’industrie, et sur lesquels nous devons insister. Ainsi, à l'exception, de quelques articles, M. Heutle traite les tissus dans des chaudières ou dans des cuves, munies de robinets à la partie inférieure, et communiquant par la partie supérieure, à l’aide d’un tuyau pourvu d’un robinet, avec un immense réservoir d’eau. Là, u,u moyen d’un véritable lavage par déplacement,, et presque sans aucune dépense de main-d’œuvre, les tissus sont purgés de tous les agents,lessive, savon,chlore,acide, etc.,employésàleurblanchiment.
- Cet industriel, aussi bon apprêteur que bon blanchisseur, a puissamment contribué à la prospérité de notre industrie cotonnière.
- Le jury central, pour consacrer cette heureuse influence, que lui a signalée le jury de la Seine-Inférieure , décerne à M. Ileulte la médaille d’argent.
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- Médaille do bronze.
- Mention
- honorable.
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- MM. SAINT-CHARLES et Cie, rue Furstemberg, n° 4, à Paris.
- En i844,l.ejury vota à MM. Saint-Charles une mention honorable, pour un appareil à lessiver le linge. Ces messieurs exposent celte année le même appareil, avec des modifications qui tendent à en généraliser l’emploi, par suite des services qu’il peut rendre dans les ménages. Dans le principe, sa forme, qui est celle d’un cylindre légèrement conique, ne lui donnait pas d’autre destination que celle de remplacer le cuveau pour la lessive. Il n’en est plus de même aujourd’hui. La forme allongée qu’on lui a donnée permet de 1 employer aussi comme une baignoire, où l’on peut chauffer l’eau nécessaire à un bain dans l’espace de vingt minutes. On se sert déjà de cet apareil, avec le plus grand succès, dans les grandes exploi talions rurales pour la cuisson des légumes , particulièrement celle des pommes de terre destinées à la nourriture du bétail.
- En i843, MM. Saint-Charles ont vendu i5ode leurs appareils. D^ra^tles aftnées suivantes, l’écoulement s’en est fait dans une progression telle, qu’en 1847 ils en ont placé 1,047.
- 11 est bon d’ajouter que, par la manière dont agit la lessive dans cet appareil, le blanchiment du linge est plus prompt, plus parfait et plus économique que par les moyens ordinaires.
- Les avantages de cet appareil sont incontestables, et les services, qu’il rend sont chaque jour mieux appréciés. Le jury décerne à MM. Saint-Charles etC16 la médaille de bronze.
- M. GAUDRY, à Rouen (Seine-Inférieure).
- En i844, M. Gaudry présenta au jury de l’exposition un appa, reil de Voddington pour le lessivage des calicots à la vapeur , sous une haute pression. Dans cet appareil, la vapeur chauffe d’abord; la lessive qui se trouve en contact avec les pièces. Puis, à un instant donné, on la fait passer, par une pression de 5 à 6. atmosphères, dans un cylindre latéral vide. Agissant' alors clans un sens inverse, la vapeur repousse la lessive de ce cylindre et la fait rentrer dans la chaudière, et ainsi de suite pendant toute la durée du lessivage'; c’est-à-dire 12 à 14 heures. De cette manière, par une circulation régulière, il y a contact immédiat entre la îessiye et toutes les parties du tissu.
- Dans le nouvel appareil de M. Gaudry, que nous avons vu fonctionner chez MM. Déruqwe et Godefroy, il a remplacé le cylindre
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- vide, desliné à recevoir momentanément la lessive, par une chaudière identique à celle du premier appareil; en sorte qu’au lieu d’une seule chaudière, où l’on peut lessiver 200 pièces' à la fois , on en a deux qui fonctionnent en même temps et avec la môme quantité de chaleur. Du reste, l’opération s’effectue de la même manière que dans l’appareil de Voddington, c’est-à-dire qu’à l’aide de la vapeur on fait alternativement circuler la lessive d’une chaudière dans l’autre.
- En comparant l’appareil Gaudry avec les autres appareils à lessiver, on trouve :
- i° Qu’il est le plus avantageux de tous, pour le nouveau mode de lessivage, dit à la résine, attendu que les pièces peuvent recevoir ce lessivage, être rincées à l’eau, et soumises à une nouvelle lessive à la soude, sans changer de place;
- 20 Que, sous celle pression de 5 à 6 atmosphères, la lessive agit avec beaucoup plus d’efficacité sur la fibre du tissu, et la prépare mieux au blanchiment, que sous une pression moins^forte.
- Nous voudrions pouvoir dire aussi que cet appareil offre des avantages sous le rapport du combustible; que son emploi est sans danger pour l’ouvrier chargé de le faire marcher, qu’en un~mol il est à l’abri de tout reproche. Mais l’expérience ne nous autorise pas encore à nous prononcer définitivement de cette manière à son égard.
- En attendant que le jury puisse décerner à M. Gaudry une récompense proportionnée aux sacrifices de temps et d’argent que pci habile industriel a faits, il se plaît à lui donner aujourd’hui une mention honorable*
- MM. HARTMANN et Fils, à Munster (Haut-Rliin).
- L’établissement de MM. Hartmann et fils n’a cessé depuis sa fondation, qui date de 1780, d’occuper l’un des premiers rangs parmi nos établissements français. Remarquable déjà par la haute moralité de ses chefs et par le cachet de perfection qui a constamment distingué ses produits dans le commerce, il l’est encore par de nombreuses découvertes qui sont dues aux honorables industriels qui l’ont dirigé* En 1818, MM. Hartmann introduisirent en France la fabrication du genre lapis, qui n’a pas eu moins de vingt ans d’un succès soutenu; en 1815, ils faisaient la découverte dès fonds bruns au suronide manganique. Dire qu’il n’est pas de fabrique en Europe qui n’ait exploité avec profil cette découverte,
- Mentions pour ordre.
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- c’esl en faire le plus bel éloge. En 1819, ils réalisaient, à l’aide du chlorure de chaux, ces belles impressions enlevage au rouleau sur fond rose carthame.
- En 1826, ils étaient des premiers à imprimer le vert sleblen solide sur fond blanc garancé, et ils créèrent à cette époque des genres qui eurent une grande vogue. Voilà pour l’impression. Sous le rapport de la filature et du tissage, ils ne restèrent point en arrière, car, en 1820, l’établissement de Munster fut organisé l’un des premiers en Alsace pour obtenir des filés fins, avec lesquels MM. Hartmann fabriquèrent ces beaux articles jaconnals et ces mousselines si recherchées par la grande nouveauté. Enfin, en 1828, ils introduisaient en grand dans leur manufacture le procédé de Bodnus, pour réunir les rubans aux cardes et étirages des filatures de coton.
- Depuis la création de leur établissement, MM. Hartmann ont toujours blanchi les calicots, mousselines et jaconnats qu’ils ont imprimés; mais leurs productions en toiles écrues ayant dépassé les besoins de leur atelier d’impression , par suite des améliorations importantes introduites dans leurs machines à filer et à lisser, ils ont entrepris, depuis cinq ans, le blanchiment de ces calicots .pour livrer directement à la consommation environ les deux tiers des tissus qu’ils vendaient jusqu’alors écrus.
- Les succès que MM. Hartmann ont obtenus clans cette branche accessoire de leur industrie sont tels, que le blanc de Munster a pris rang à côté des blancs si estimés de Wesserling et de Gisors.^ et que leur établissement livre annuellement au commerce environ 3o,ooo. pièces de calicot blanc, soit 2,800,000 mètres. On ne pouvait attendre moins des efforts d’un fabricant aussi distingué et aussi expérimenté que M. Henry Hartmann, auquel revient en grande partie, comme chimiste fabricant, l’honneur d’avoir élevé si haut la réputation dont jouit l’établissement de Munster.
- MM. J". Ch. DAVILLIER et Cie, à Gisors (Eure).
- L’établissement de MM. Davillier et C‘\ si intéressant à tant de titres, ainsi que le constate le rapport sur ses produits filés et lissés , ne l’est pas moins au point de vue des opérations qu’il pratique pour donner à certains tissus, de coton la blancheur et l’apprêt qu’ils réclament. MM. Davillier et C10 ont fait du blanchiment une véritable spécialité, clans laquelle ils ont acquis une grande
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- réputation. Ainsi, ils blanchissent annuellement, à façon seulement, 80 millions de mètres de calicot. Le jury est heureux de constater de tels faits cl de les enregistrer ici même à litre de mention d’ordre.
- MM. GROS, ODIER, ROMAN et Cie, à Wesserling (Haut-Rhin).
- Le jury, qui a apprécié à leur juste valeur les produits filés, lissés et impri&és de MM. Gros, Odien, Roman et C‘e, se fait un devoir de parler ici, comme mention pour ordre, d’une autre branche d’industrie, le blanchiment des tissus, exercée dans celle maison, et qui à elle seule en démontre toute l'importance. En effet, indépendamment de la quantité de calicots nécessaire au besoin de leurs ateliers d’impression,.ces industriels blanchissent annuellement, pour la vente en blanc et pour l’impression, 160 à 180,000 pièces de calicot, soit environ i5 millions de mètres. Leur blanc pour l’impression jouit d’une réputation bien méritée, et le blanc ordinaire n’est pas moins recherehé par la beauté de l’apprct.
- MM. SEILLIÈRE et Cle, à Senones (Vosges). -
- MM. Seillière blanchissent et apprêtent annuellement, à l’aide d’un moteur hydraulique de la force de 12 chevaux, et de 86 ouvriers, hommes et femmes, 3 millions de mètres de toiles de coton, telles.que cretonnes, calicots, coutils, brillantines, etc. Ces résultats, que nous relatons ici comme mention peur ordre, sont un nouveau titre à l’intérêt que l’examen des fils et tissus exposés par MM. Seillière a déjà excité chez MM. les rapporteurs de la section des tissus.
- Ces industriels,par le nombre d’ouvriers qu’ils occupent (i,5oo) et par la quantité de matière première qu’ils mettent en œuvre dans leur établissement, ont puissamment contribué à la prospérité de la' vallée qu’ils habitent, l’une des plus intéressantes de la
- chaîne des Vosges.
- ?
- . \
- S 3. APPRETS D’ÉTOFFES DE SOIE.
- M. BON, apprêteur à Lyon.
- La médaille d’or que lui décerna le jury de 1844 paraît avoir
- Médaille-
- d’or..
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- encore augmenté le zèle, l’activité et la généreuse hardiesse de cet honorable industriel.
- Le jury départemental le montre de plus en plus utile à la fabrique lyonnaise pour laquelle ses services sont inappréciables.
- Sans lui, sans son courage à risquer des frais, bien souvent perdus, pour essayer sans cesse des nouveaux systèmes qu’exige la mobilité du goût, beaucoup d’articles qui enrichissent nos fabriques, ne pourraient pas s’établir.
- Entre autres procédés nouveaux inventés par M. Bon, il faut citer les belles moires à réserves, d'effets divers, qu’il est parvenu à obtenir, sans nuire à l’étoffe, au moyen d’un système d’anneaux mobiles de toute grandeur.
- Le jury départemental et tous les confrères de M. Bon se réunissent pour attirer sur lui la justice du jury central, qui lui décerne une nouvelle médaille d’or.
- CHAUFFAGE
- § 1er. CALORIFÈRES A CIRCULATION D’EAU OU DE VAPEUR.
- M. Payen," rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les appareils de chauffage, qui transmettent la chaleur à l’air par l’intermédiaire de l’eau ou de la vapeur, se sont répandus depuis l’exposition dernière; leurs avantages sont chaque jour mieux appréciés. On sait qu’ils permettent d’élever régulièrement la température de l’air des habitations, des serres dites tempérées et chaudes, et des differentes étuves à dessiccation graduée; qu’ils évitent des courants d’air surchauffe, si fréquemment produits par les poêles et certains calorifères, dont les surfaces métalliques, chauffées presque au rouge, sont mises directement en contact avec l’air à échauffer.
- On doit compter, au nombre des causes d’insalubrité dans les chambres ou salles d’assemblée, les couranls ou filets d’air ainsi suréchauffes. Ils ont dans les serres de pernicieux effets sur les plantes; enfin ils occasionnent divers accidents de
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- fabrication dans les étuves, où ils élèvent irrégulièrement la température de certains objets à dessécher et peuvent occasionner des incendies.
- Dans ces applications, l’eau a sur la vapeur cet avantage particulier que sa masse, sa grande capacité pour la chaleur, et sa circulation facile dans les tubes et poêles des appareils spéciaux, ralentissent, le refroidissement lorsque le feu est éteint, de telle sorte que, du jour au lendemain, une température douce se maintient dans les appartements, et même dans les grands édifices, sans que l’on soit obligé d’entretenir le feu durant la nuit.
- Cette circonstance est surtout importante pour le chauffage des serres; car elle met à l’abri des effets de la négligence qui peuvent faire périr les plantes par une gelée de huit, lorsqu’on se sert des poêles ordinaires et que le feu cesse d’y être entretenu durant quelques heures.
- On sait que le chauffage des serres, des appartements, des bâches et couches de jardins, des étuves d’incubation, des baignoires, à l’aide de la circulation de l’eau, fut imaginé en France, par Bonnemain, vers la lin du siècle dernier. Ce système est généralement appliqué maintenant en Angleterre ; il a donné lieu chez nous à plusieurs inventions relatives aux dispositions particulières des appareils à circulation cl’eau, et se propage de plus en plus.
- MM. Léon DUVOIR, LEBLANC et C10, rue Notre-Dame-des-Champs, n° 38, à Paris.
- L’un des premiers, M. Léon Duvoir s’est occupé, avec succès, de réaliser, par des dispositions ingénieuses et variées, les avantages du système de, chauffage par circulation de l’eau.
- Nous croyons devoir rappeler ici les expressions mêmes du ,rapport présenté au jury en i844 , car elles caractérisent nettement le mérite des importants travaux de ces exposants :
- « MM. Léon Duvoir, Leblafic et C,c ont établi dans les édifices de «l’Etat les plus grands systèmes de chauffage qui aient peut-être « été entrepris. Ils ont successivement été appelés à poser leurs <1.appareils pour chauffer d’une manière générale, et avec toutes
- Nouvelle
- médaille
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- « leurs dépendances . le palais du quai d’Orsay, l’église de la Madeleine, l'institution des Jeunes Aveugles, la Préfecture de police, « les bâtiments de Charcnton et le palais de la Chambre des pairs... «Les appareils de MM. Léon Duvoir, Leblanc et C’°, sont aujour-« cl’hui portés à un tel degré de perfection, que dans le plus vaste «édifice on peut, avec une grande économie de combustible, non-« seulement établir partout le chauffage et la ventilation, mais, ce «qui était peut-être plus difficile, on peut, à volonté, l’établir à des «degrés différents dans les diverses parties de l’édifice. MM. Léon « Duvoir, Leblanc et C‘e ont pareillement appliqué leur système au «séchage des poudres, et avec un plein succès. »
- Que pourrions-nous ajouter à de pareils faits, sinon de dire que tous les travaux ultérieurs de MM. Léon Duvoir, Leblanc et C'°onl parfaitement justifié la bonne opinion que l’on avait conçue de leurs procédés.
- Quelques exemples donneront une idée de l’économie du combustible et de l’importance des applications dues à cet habile constructeur II chauffe, à l’entreprise, divers grands édifices aux prix convenus suivants :
- L’hospice Beaujon, 72,000 m.c. (renouvelés), à 5°les 1,000 ns. c. par jour.
- Emb. du Nord, 348,000 — 4
- Chamb.de pol. cor. 36o,ooo — 4
- Prison id. 248,000 — 4
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- Egl, delà Madeleine 480,000 — 3
- Les appareils tubulaires en usage à Londres ne peuvent procurer un chauffage aussi économique, malgré le bon marché du combustible,
- .MM. Léon Duvoir, Leblanc et C‘c ont d’ailleurs donné une nouvelle preuve de l’efficacité cle leurs moyens de chauffage et de ventilation , en les appliquant au grand amphithéâtre nouvellement construit dans le Conservatoire des arts et métiers. Votre rapporteur et les autres professeurs de cet établissement peuvent déclarer que, durant l’hiver dernier, plusieurs cours amenant chacun 800 à 1,000 auditeurs, ont pu s’y succéder durant cinq à six heures presque sans intervalle de temps, et sans que l’air cessât d’être suffisamment pur pour entretenir Æne respiration parfaitement salubre.
- Le renouvellement de l’air à l’hospice Beaujon, opéré avec un grand succès par le système de MM. Léon Duvoir, Leblanc et
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- Ci0, a donné un nouvel et utile exemple applicable à l’assainissement des hôpitaux.
- Nous pourrions citer encore , parmi les applications utiles que MM. Léon Duvoir, Leblanc et C10 ont faites, les calorifères à circulation montés dans les grandes serres du Muséum d’histoire naturelle, et celui qu’il installe en ce moment à la mairie du douzième arrondissement.
- Mais il nous suffira de dire en terminant que M. Léon Duvoir s’est élevé, en un petit nombre d’années, du rang de simple ouvrier à celui d’entrepreneur, dirigeant de grands et utiles travaux, dont la valeur dépasse, année moyenne, 4oo,ooo fr.
- Le jury central décerne à MM. Léon Duvoir, Leblanc et Cic une nouvelle médaille d’or.
- MM. René DUVOIR et Gie, rue Coqtienard, n° 1 1, à Paris.
- MM. René Duvoir et C10 ont construit d’abord des calorifères à air chauffé directement, par les conduits delà flamme et de la fumée; ils établissaient en même temps les chauffagesides lessives par circulation, des bains, etc. Depuis l’exposition de i844> ils ont perfectionné leurs anciens calorifères, et, suivant l’impulsion nouvelle, ils ont établi le chauffage de l’air dans les habitations et les grands édifices en faisant usage de la circulation de l’eau et de la vapeur. Les modèles qu’ils ont mis à l’exposition sont bien disposés et semblent présenter quelques particularités neuves.
- Une très-large pratique et une nombreuse clientèle ont sanctionné les applications et encouragé les efforts de MM. René Duvoir et Ci0. On en jugera par l’énumération suivante des établissements publics et des propriétés particulières qui sont chauffées par les différents calorifères de-MM. René Duvoir et C'°.
- 6 théâtres d’un égal nombre de villes.
- A préfectures,
- i4 prisons cellulaires et centrales.
- a5 hôpitaux civils et militaires.
- 4 maisons de santé.
- 7 embarcadères de chemins de fér.
- 6 tribunaux.
- 3o lycées nationaux.
- 5 mairies.
- 2 écoles normales.
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- Médailles
- d'argent.
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- i5 écoles municipales de Paris.
- 15 écoles de différentes villes.
- 6 couvents.
- î église, î blanchisserie publique, î caserne de la Douane, le muséum du Havre, le Jockey-Club de Paris, les Archives de là guerre, enfin l’École polytechnique.
- D’aussi nombreux et importants travaux, et les améliorations introduites récemment dans leurs appareils de chauffage, ont rendu MM. René Duvoir et C‘° dignes d’une nouvelle médaille d’argent, que le jury leur décerne.
- M. GERVAIS, rue des Fossés-Saint-Jacques, n° 3, à Paris.
- Depuis i834, M. Gervais, ouvrier chaudronnier, s’est livré avec un zèle éclairé, persévérant, à l’étude et à la construction des calorifères à circulation d’eau, suivant la méthode Bonnemain. Ce né fut qu’à dater de i844 qu’il adopta définitivement le système perfectionné, simple, solide et économique, qui fonctionné très-régü-lièrement aujourd’hui et s’applique surtout aux serres et bâches des
- Plusieurs membres du jury centrai ont suivi les épreuves décisives auxquelles la Société centrale d’horticulture a soumis ces appareils.
- Le succès est d’ailleurs constaté déjà par une très-large pratique* car M. Gervais,devenu l’un de nos plus habiles constructeurs en ce genre, compte maintenant 58o appareils placés avec succès dans plusieurs établissements publics, chez des horticulteurs praticiens et chez des amateurs de jardinage en France.
- 16 appareils, sortis des mêmes ateliers, ont été exportés dans les . jardins de grands propriétaires: en. Belgique, en Autriche, en Russie, en Valachie, en Sardaigne, en Italie et en Espagne.
- Le n° î (chaudière et :8 mètres de tuyaux de 0,09 centimètres compris ) coûte 35o fr., brûle 60 c. de' houille par jour, et suffit pour une serre tempérée de 8 à 10 mètres.
- Le n° 2, coûtant 5oo fr., chauffe une serre de i5 mètres, et ne brûle que pour 1 fr. de houille par jour.
- Enfin le modèle n° 4 s’applique aux serres de 20 à 25 .mètres ; il revient à 960 fr., et coûte par jour 1 fr. 75 c. pour la houille brûlée.
- . M-. Gervais a présenté, en outre, un modèle de cheminée d’ap-
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- parlement utilisant la chaleur par le rayonnement et par la circulation de l’eau dans les tubes qui forment la grille; cette disposition permet de répandre une température douce dans plusieurs pièces avec un seul foyer.
- Le jury décerne à M. Gervais une médaille d’argent.
- M. PIMONT, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Pimont présente un appareil de chauffage par la circulation méthodique des eaux épuisées des lessives ou des teintureries, qui sortent des chaudières pour se déverser dans les égouts.
- L’inventeur fait couler ces eaux dans des serpentins en cuivre plongés au milieu de l’eau pure contenue dans une bâche à trois ou quatre compartiments.
- L’eau pure suit une direction inverse de celle des eaux dans les serpentins; la chaleur de ceux-ci en est d’autant mieux reprise.
- La quantité de chaleur ou de combustible économisée est facile à supputer : dans un atelier de teintures où l’on aurait à vider par jour 5o mètres cubes d’eau à 100, provenant des bains épuisés; on pourrait recueillir le même volume d’eau, ayant repris assez de chaleur pour que sa température se fût élevée à 65° centé-maux.
- Or, i kil. de houille peut produire, à la température de ioo° environ, 3o kil. cl’eau, ayant une température initiale de 12 à i5° : il faudrait donc environ qoo kil. de houille pour échauffer à ce terme 5o,ooo litres d’eau; goo kilog. ou 11 hectolitres coûteraient à Rouen 3o fr., et cette économie journalière représenterait, en 3oo jours de travail,une économie annuelle de g,000 fr.
- On voit que les appareils de M. Pimont ( dont le principe n’est d’ailleurs pas nouveau) permettent, à l’aide des dispositions qui lui sont propres, de réaliser des économies importantes dans un grand nombre d’usines.
- MM. Nichols et Tamisier avaient antérieurement appliqué des dispositions de réfrigérants analogues aux opérations des brasseries.
- M. Pimont lui-même vient cl’étendre aux condensateurs des machines à vapeur ( dont on avait déjà utilisé la chaleur en d’autres conditions ) l’application de son système. Là encore il a réalisé les avantages qu’il s’en était promis, et l’on peut croire que ces utiles exemples seront suivis dans beaucoup d’autres opérations manufat^ turières. Le jury les signale à l’attention publique en accordant à M. Pimont une médaille d’argent.
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- honorable.
- Citation
- favorable.
- Médaille
- d’or.
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- M. PEI\RÊVE, rue de la Ferme-des-Mathurins, n° 24, à Paris.
- M. Perrêve, auteur d’un calorifère à cavités lenticulaires superposées où la fumée circule, et qui, dès avant 1839 , avait bien fonctionné, vient d’appliquer des dispositions semblables à la circulation de l’eau.
- Cet ingénieux moyen permettra d’exposer une grande surface chaude à l’air en mouvement et semble devoir être économique ; mais les résultats de ses anciens calorifères sont seuls certains, et, en attendant que la pratique ait consacrél’utilité probablement plus grande des dispositions nouvelles appliquées à la circulation de l’eau, le jury accorde à M. Perrêve une mention honorable.
- M. MAÏHIAN, à Lyon (Rhône). •
- Expose une chaudière destinée au chauffage des serres et des bâches par la circulation de l’eau; les dispositions de l’appareil ont de l’analogie avec celles adoptées par M. Gervais. Le prix et les effets ne sont pas encore constatés par une longue pratique. Le jury décerne à M. Matliian une mention honorable.
- M. GRENIER, rue Saint-Germain-l’Auxerrois, nos 42 et 43, à Paris.
- M. Grénier, constructeur de poêles et fourneaux avec ou sans ustensiles culinaires, a imaginé de joindre, à l’un de ses modèles de poêles calorifères, propres au chauffage des fers à repasser pour les blanchisseuses, repasseuses, tailleurs, chapeliers, teinturiers, dé-graisseurs, etc., un récipient d’eau, ou petite chaudière, appliqué sur ce poêle, et transmettant parla circulation du liquide la chaleur à un'réservoir supérieur, il procure économiquement ainsi l’eau chaude utile aux savonnages, etc.
- Cette disposition nouvelle mérite d’être citée favorablement.
- S 2. CALORIFERES A AIR CHAUD.
- M. Ebelmen, rapporteur.
- M. Jacques-Bernard CHAUSSENOT, rue de Chailldt, n° 97, à Paris.
- Deux médailles d’argent ont été décernées déjà cà M. Chaussenot,
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- l'une à la suite de l’exposition de i83g, la seconde en i844- Peu de constructeurs comprennent aussi bien les questions qui se rapportent à l’application de la chaleur dans les arts industriels. Ses calorifères à air sont construits sur les meilleurs principes. La circulation de la fumée s’y fait en sens inverse de celle de l’air à échaulfer, en sorte que l’air froid arrive tout d’abord en contact avec les tuyaux de fumée près du point où ceux-ci s’engagent dans la cheminée. La chaleur développée est employée avec tant d’avantage dans ces appareils , que la température des produits de la combustion n’est plus que de 35 à 4o° au moment où ils cessent de produire un effet utile.
- Le calorifère exposé cette année par M. Chaussenot, nous a paru réaliser encore un perfectionnement sur ceux qui lui ont mérité la médaille d’argent à la précédente exposition. Les produits de la combustion qui s’opèi’e dans un foyer central, sous une cloche en fonte, s’élèvent cPabord verticalement, s’épanouissent dans une calotte sphérique placée au sommet, puis redescendent par une série de txxyaux en fonte disposés concentriquement dans cette calotte placée au-dessus du foyer, pour se rendre de là dans la cheminée ; l’air froid ai’rive, au contraire, en contact avec la calotte inférieure;, et s’élève ensuite en rencontrant des sui’faces de plus en plus échauffées. L’expérience a prouvé qu’on utilisait ainsi, par le chauffage de l’air, les o,5 au moins de la chaleur développée parla combustion.
- Un appareil simple et d’un emploi facile permet le nettoyage des tuyaux de fumée.
- Les appareils de M. Chaixssenot ont reçu déjà des applications nombreuses et vaiiées ; ils ont été établis avec succès dans des fila^ tures, dans des ateliers de tissage, d’apprêts d’étoffes, de blanchisserie, dans des fabriqixes de cuirs vernis, dans les papetei’ies et les x'affinéi'ies ; les brassei'ies surtout paraissent en avoir tiré un parti très-avantageux. Enfin , ils ont été placés dans un grand nombre d’édifices publics et de maisons particulièi'es, soit à Paris, soit dans les départements.
- M. Chaussenot présente aussi un appareil servant à la dessiccation de la betterave par l’air chaud, qui nous a paru devoir être signalé pour la bonne entente et la simplicité de sa construction. L’air chaud et sec arrive d’abord en contact avec les matières presque complètement desséchées, et va traversant ensuite des matières de
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- il.
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- plus en plus humides; la couche des substances à dessécher est traversée par l’air chaud à plusieurs reprises, de façon à rendre la dessiccation parfaitement uniforme dans toute l’étendue de la couche.
- Le jury, voulant récompenser l’intelligence et les progrès persévérants de M. Chaussenot, lui décerne une médaille d’or.
- Nouvelle
- médaille
- d'argent.
- M. Paul DESCROIZILLES, boulevard Poissonnière, n° 1 9 , à Paris.
- M. Descroizilles s’occupe avec succès de la construction des appareils qui se rattachent à la fumisterie. Le jury de i 844 lui avait accordé une médaille d’argent, motivée surtout sur l’établissement, de cheminées pourvues d’une toile métallique qui procure une économie notable de combustible en diminuant la quantité d’air froid appelé dans la cheminée en même temps que les produits de la combustion. L’expérience a sanctionné l’invention de M. Descroizilles, et ses toiles métalliques ont été adoptées déjà par d’autres constructeurs.
- Les appareils exposés cette année par M. Descroizilles lui donnent de nouveaux titres à l’attention du jury. L’un est un calorifère qu’il désigne sous le nom de calorifère à ogives, et qui offre le mérite de présenter une très-graocle étendue de sur-face de chauffe dans un faible volume, et sans que l’air brûlé ait à parcourir une longue étendue de tuyaux avant de. parvenir à la cheminée. Il obtient ce résultat en plaçant verticalement, dans des canaux qui servent à la circulation de l’air brûlé, des boîtes rectangulaires aplaties, dans l’intérieur desquelles arrive l’air destiné au chauffage et à la ventilation de l’appartement. On comprend qu’on peut multiplier ainsi les surfaces de chauffe sans augmenter la longueur des canaux de circulation de l’air brûlé, et sans diminuer, par conséquent, le tirage du foyer. La forme des surfaces des caisses ou ogives rend, du reste, facile le nettoyage de l’appareil.
- Les dimensions et les formes des calorifères à ogives varient suivant l’usage auquel ils sont destinés, suivant la dimension des appartements qu’ils chauffent. Le calorifère des Quinze-Vingts, établi par M. Descroizilles, donne suivant lui io,5oo mètres cubes d’air chauffé à 85° par heure, avec une dépense de 6o kilogrammes de houille dans le même temps. Si l’on admet l’air extérieur à o°, on trouve, par un calcul simple, que la quantité de chaleur prise par cet
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- air représente à peu près les 5o p. o/o de la quantité totale de chaleur que la houille peut donner par sa combustion.
- M. Descroizilles a présenté aussi un nouveau fourneau de-cuisine qu’il appelle fourneau mosaïque, et dont un des principaux avantages est d’être formé de pièces qu’on trouve facilement à remplacer, attendu que les tables de ces fourneaux présentent tous les mêmes modèles, dans les mêmes formes et dimensions, quelle que soit la grandeur du fourneau. La division de la table en un certain nombre de pièces, indépendantes les unes des autres, présente aussi cet avantage de rendre moins sensibles les effets de la dilatation.
- Le jury, voulant récompenser les nouveaux travaux de M. Descroizilles et les services qu’il rend à l’art de la fumisterie, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. LAURY, rue Troncliet, n° 3 1, à Paris.
- Les appareils de chauffage que M. Laury a présentés à l’exposition méritent d’être signalés de nouveau àl’attentiondu jury. Les formes en sont variées et élégantes, et, sous ce rapport, M. Laury paraît tout à fait à la tête de son industrie. Aucun changement important n’a été fait à la disposition intérieure des appareils à circulation d’air et de fumée depuis i844. Nous n’avons donc qu’à rappeler ici l’approbation donnée par le jury de cette exposition à tout ce qui concernait, dans les cheminées et les calorifères de M. Laury, cette partie si essentielle de l’art de leur construction.
- M. Laury s’est placé d’ailleurs, par l’importance de ses affaires, dans une position industrielle élevée, et le jury lui rappelle la médaille d’argent qu’il a obtenue à la précédente exposition.,
- - M. BAUDON-PORGHEZ, ingénieur-constructeur, à Lille (Nord). ^ _
- M. Baudon-Porchez est fondateur d’un établissement de grande importance, dans lequel il produit une très-grande variété d’objets en fonte moulée, et notamment des appareils de chauffage et d’économie domestique. Le nombre de ses ouvi'iers est de i5o et le chiffre de ses affaires dépasse‘5oo,ooo francs.
- Le plus remarquable des objets exposés par M. Baudon est, sans contredit, une cheminée à quatre foyers construite entièrement en fonte, dont l’ornementation, composée de cariatides et de guirlandes de fleurs et de fruits, annonce une très-bonne direction ar-
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- listique dans les modèles, en même temps qu’une grande perfection dans les procédés de moulage.
- M. Baudon a exposé également un calorifère qu’il appelle calorifère purificateur; et un modèle de fourneau culinaire. Ces appareils sont en fonte, bien disposés et fort habilement exécutés.
- Le jury central, appréciant l’ensemble de la fabrication de M. Baudon-Porchez et voulant récompenser son habileté industrielle et les services qu’il rend aux départements du nord de la France, lui décerne une médaille d’argent.
- M. HUREZ, rue du Faubourg-Montmartre, n° 4s , à Paris.
- M. Hurez a exposé des cheminées en tôle repoussée d’un travail remarquable, des fourneaux économiques et des calorifère en tôle et fonte d’une très-bonne exécution. Il présente encore celte année son calorifère propre à brûler l’anthracite et les houilles maigres ; la disposition de cet appareil est remarquable. Le combustible est chargé dans un cylindre ou dans un tronc de cône très-aigu, sur une hauteur considérable et de façon à suffire à l’alimentation du foyer pendant i5 ou 18 heures. Le cylindre est fermé à la partie supérieure, et les produits de la combustion sont forcés de l’échauffer par des ouverîures latérales placées à peu de distance de la grille.
- Les expériences faites par M. Garnier, inspecteur général des mines, et M. Arnoux, ont montré que le calorifère de M. Hurez était parfaitement approprié à la combustion des charbons secs et anthracites dont la France possède des gîtes considérables, tant dans le Nord que sur les bords de la Loire, et dans les départements de la Sarthe et de la Mayenne; il peut servir également à brûler du coke. Il n’est pas applicable à la combustion des houilles grasses, qui forment des croûtes dans l’intérieur du foyer : ce qui se passe dans l’intérieur des hauts fourneaux à fondre des minerais de fer, quand on y emploie de la houille crue, se reproduit en petit dans l’appa-rail de M. Hurez. On sait que la houille grasse ne peut être employée en nature dans les hauts fourneaux, tandis que l’emploi de l’anthracite y réussit à merveille.
- Le jury a reconnu dans l’invention du calorifère de M. Hurez un principe nouveau, l’emploi d’un - combustible en couches très-épaisses et brûlant très-lentement. Il décerne à M. Hurez, tant pour cet appareil que pour l’ensemble de ses autres travaux, une nouvelle médaille de bronze.
- Nouvelle médaille de bronze.
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- M. LEGOCQ, rue des Francs-Bourgeois au Marais, n° 1 4 , à Paris.
- Cet exposant a présenté cette année des calorifères conservateurs, qui lui ont valu en i844 une médaille de bronze. Ces appareils nous ont paru dignes de recevoir de nouveau l’approbation du jury.
- Le jury accorde à M. Lecocq le rappel de la médaille de bronze qui lui a été décernée en 1844.
- Mme veuve VOGT, rue de la Roquette , n° 7 4 , à Paris.
- M. Vogt avait obtenu à l’exposition de i844 une médaille de bronze, motivée surtout sur l’application de carreaux de faïence incrustés à la décoration des poêles d’appartement. M. Vogt est décédé récemment, laissant un établissement prospère où l’on continue avec succès le même genre de fabrication.
- Le jury rappelle à Mmo veuve Vogt la médaille de bronze, accordée
- à son mari à la précédente exposition.
- ♦
- M. FONDET, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).
- Il convient surtout de remarquer, dans les appareils de cheminée , imaginés et exposés par M. Fondet, la forme et la disposition des tuyaux verticaux qui sont placés à la suite du foyer, et dans lesquels circule l’air qui doit venir chauffer l’appartement. Ces tuyaux ont pour soutien un carré au lieu d’un cercle, comme cela a lieu d’habitude; ils sont placés à égale distance les uns des autres; les intervalles qui les séparent se trouvent disposés en lignes continues, parallèles entre elles : en sorte que leur nettoyage devient facile, ce qui n’a pas lieu quand les tuyaux ont une section circulaire.
- Une disposition semblable a été appliquée par M. Fondet aux grilles dans lesquelles on brûle de la bouille. Ces tuyaux sont creux, à section carrée , et à circulation d’air.
- Le jury voulant récompenser une disposition aussi simple qu’ingénieuse, décerne à M. Fondet une médaille de bronze.
- M. Joseph HUGUELIN, fabricant de poêles en faïence incrustée, à Strasbourg (Bas-Rhin). , -
- Les appareils exposés par M. Huguelin sont des poêles calorifères dont la disposition intérieure est bien entendue,, quant à Femploi du combustible et à la/listribulion de l’air chaud. L’extérieur du
- Rappels de médaille s de bronze.
- Médailles de bronze ;
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- poêle est construit tout entier en carreaux de terre incrustée et vernissée; les incrustations de pâles de diverses couleurs qui se trouvent à la surface des carreaux produisent des effets décoratifs remarquables, et méritent cl’être signalés par le jury, principalement au point de vue de l’industrie céramique.
- Notons aussi, comme une disposition particulière aux poêles de M. Huguelin, le remplacement de la porte en tôle du foyer par un carreau de terre vernissée, semblable à ceux qui recouvrent le reste de la surface; une seconde porte en tôle est placée devant celle-ci, et l’air nécessaire à la combustion arrive dans l’intervalle compris entre elles. Celte disposition est de nature à éviter des accidents qui se produisent quelquefois par l’aspiration de vêtements flottants vers l’orifice du tirage.
- M. Huguelin est vivement recommandé par la commission départementale du Bas-Rhin comme un industriel sérieux et méritant. Le jury central, appréciant l’ensemble de ses travaux, lui décerne une médaille de bronze.
- M. LANGELOT, rue des Filles-du-Calvaire, n° 11, à Paris.
- M. Langelol a exposé des fourneaux de cuisine et des calorifères : ces derniers méritent d’être mentionnés à cause de leur disposition spéciale : la coinbustion s’y fait à flamme renversée, circonstance qui produit une absorption beaucoup plus complète de la fumée et des principes odorants produits par la distillation du combustible.
- Cette disposition, qui a été appliquée déjà avec succès, permet de brûler avec avantage toutes sortes de combustibles.
- Le jury accorde à M. Langelotune médaille de bronze pour son calorifère à combustion renversée.
- Mentions honorable;
- M. BAN-GUENÉ rue de la Ferme-des-Mathurins, n° 3, à Paris.
- M. Ban a exposé plusieurs calorifères construits dans de bonnes conditions : une grande surface de chauffe permet un rapide échauf-fement de l’air et un bon emploi du combustible. Son poêle calorifère, avec étuve pour salle à manger, a été remarqué par la commission, qui pense que M. Ban est digne d’être mentionné honorablement par le jury.
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- M, BARRER, rue du Gherche-Midi, n° 1 11, à Paris.
- M. Barlter a exposé un calorifère à brûler du coke, qui présente comme particularité remarquable l’addition d’un régulateur composé de deux lames métalliques superposées et de nature différente (fer et cuivre). Si la température s’élève au delà d’une certaine limite , l’inflexion du système des deux lames fait fermer une soupape qui règle le tirage, et la combustion s’arrête pour recommencer quand la température s’est abaissée.
- Le jury accorde à M. Barker une mention honorable.
- M. LENUD, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 2 A, à Paris.
- M. Lenud a exposé un calorifère à air cliaud, pour serre, auquel il a joint un bouilleur destiné à fournir à l’air de l’humidité en quantité suffisante.
- Le jury accorde à M. Lenud une mention honorable.
- M. MARTIN, ingénieur-architecte, à Besançon (Doubs).
- M. Martin a exposé un calorifère fondé sur un principe analogue à celui des appareils construits par M. Hurez pour l’emploi de l’anthracite. Quelques dispositions particulières dans la forme des grilles méritent pourtant d’être signalées. La circulation de l’air chaud et des produits de la combustion s’y fait d’une manière simple et bien entendue. Ce calorifère mérite d’être recommandé, comme étant d’un bon emploi, et le jury accorde à M. Martin une mention honorable.
- M. MATHIS, cour Morand, n° 11, à Lyon (Rhône).
- M. Mathis expose un calorifère dont le but est d’utiliser la chaleur rayonnante du combustible embrasé, simultanément avec la chaleur qui se transmet par le contact; il dispose, à cet effet, son foyer au centre d’une chambre rectangulaire dont toutes les parois sont vitrées, et laissent passer ainsi une grande partie de la chaleur rayonnée par le foyer. Un courant d’air ménagé le long des parois vitrées permet d’utiliser aussi une partie de la chaleur de contact.
- L’appareil de M. Mathis est ingénieusement construit; son application n’a point encore été suffisamment étudiée pour qu’on puisse, dès à présent, se prononcer sur le mérite de l’invention à laquelle le jury accorde une mention honorable.
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- Citations
- favorables
- Médailles de bronze.
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- M. HUGUENA, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- M. Hugueny a présenté de nouveaux appareils de chauffage et d’éclairage au moyen du gaz de houille. Nous n’avons pointa apprécier ici les appareils d’éclairage ; nous nous contenterons de citer les appareils de chauffage, dont l’emploi n’a point, encore reçu la sanclion de l’expérience et du temps.
- M. Charles BOREL, quai de l’Ecole , n° i o, à Paris,
- A obtenu une citation favorable pour ses poêles d’appartement et ses divers appareils d’économie domestique.
- M. LAMOUROUX, à Chaumont (Haute-Marne).
- «
- A obtenu une citation favorable pour son calorifère en fonte , moulé d’un seul jet..
- S 3. CHEMINÉES.
- M. Ebelmen, rapporteur.
- M. DELÀROCiJE aîné, rue du Bac, n° 107, à Paris.
- M. Delaroche a exposé une cheminée à houille s’adaptant, comme les anciennes cheminées à la prussienne, à toutes les cheminées ordinaires. Une boîte en tôle fermant l’extérieur du calorifère, sert d’enveloppe au foyer, et l’air qui circule dans cette boîte vient ensuite s’échapper par des bouches de chaleur dans l’appartement.
- Cet appareil, dont le prix ne dépasse pas 5o à 60 francs, a été expérimenté par la commission, qui en a reconnu le bon emploi. L’air qui s’échappe par les bouches de chaleur est fortement échauffé, même après une faible consommation de houille.
- M. Delaroche aîné a obtenu, en i844> une mention honorable. Le jury lui accorde cette fois une médaille de bronze.
- MM. DELAROCHE jeune (père et fils), rue de Grenelle-Saint-Germain, n° 41, à Paris.
- MM. Delaroche père et bis se sont spécialement attachés à perfectionner les cheminées employées au chauffage des appartements, en remplaçant par de l’air chauffé au contact du foyer, une partie
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- de l’air enlevé à l’appartement par le tirage. Ils emploient, à cet effet, des moyens appropriés, autant que possible, aux diverses convenances des consommateurs : les quatres types qu’ils ont exposés témoignent du succès qu’ils ont obtenu.
- Leur cheminée dite mignon se vend à très-bas prix; elle s’adapte à toutes les cheminées sans autre modification que la construction d’une simple cloison ; elle peut, au besoin, être employée à l’état mobile et être déplacée plusieurs fois dans la même journée pour chauffer successivement diverses pièces. La cheminée dite milord a les mêmes avantages; seulement un développement plus considérable de l’appareil consacré au chauffage de l’air, et qui implique un prix de vente plus élevé, permet de tirer parti plus complètement du combustible brûlé. Les cheminées dites calorifères et reconforts perfectionnés admettent pour le chauffage de l’air appelé dans l’appartement, des moyens encore plus puissants: elles exigent un emplacement plus considérable et entraînent plus de frais d’élablisse-ment, elles utilisent une proportion encore plus considérable du pouvoir calorifique du combustible et peuvent, au besoin, chauffer simultanément plusieurs pièces contiguës.
- MM. Delaroche fabriquent également avec succès les calorifères à air chaud.
- Le jury accorde à MM. Delaroche père et fils une médaille de bronze.
- M. BIRGKEL, rue Fontaine-au-Roi, n° 58, à Paris. Mentions
- honorables.
- M. Birckel avait obtenu, en i844, une mention honorable pour ses cheminées en faïence. Il a exposé cette année des cheminées et des calorifères qui continuent à mériter l’attention du jury.
- Le jury accorde à M. Birckel une mention honorable.
- M. GENESTE, me Neuve-Ménilmontant, n° 5 bis, à Paris.
- M. Geneste a obtenu, en i844, une mention honorable pour la bonne exécution de ses calorifères. Il présente celte année clés cheminées à grilles cylindriques, pour brûler l’anthracite et la houille sèche, qui ont été remarquées par la commission.
- Le jury accorde encore à M. Geneste une mention honorable.
- M. JACQUANT-LAPERCHE, rue Grange - Batelière, n° 18, à Paris.
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- M. Laperche a exposé diverses pièces parmi lesquelles la coin-
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- Jitations
- favorables.
- Rappels le médailles d’argent.
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- mission a remarqué une cheminée à foyer tournant dans l’épaisseur d’un mur, de façon à pouvoir chauffer successivement deux pièces contiguës.
- M. Laperche est d’ailleurs un constructeur habile, et le jury lui décerne une mention honorable.
- M. BARBEAU, quai de la Mégisserie, n° 3a, à Paris.
- Pour ses cheminées-calorifères et ses poêles, le jury a décerné à M. Barbeau une citation favorable.
- M. FISSOT, rue Bichat, n° 8 bis, à Paris.
- Le jury a décerné à M. Fissot, pour son appareil à ramoner les cheminées, une citation favorable.
- M. PONCINI, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 83, à Paris.
- M. Poncini a présenté plusieurs cheminées et calorifères à foyer mobile, pourvus d’un rideau en fonte à jour, mobile, autour d’une charnière horizontale, de façon que le rideau se soulève à mesure qu’on avance le foyer dans l’intérieur de l’appartement.
- Le jury accorde à M. Poncini une citation favorable.
- M. Honoré SOYER, à Saint-Quentin (Aisne).
- M. Soyer a exposé une cheminée d’appartement en tôle d’un travail remarquable.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- S 4. APPAREILS CULINAIRES.
- T
- S
- M. Ebelmen, rapporteur.
- MM. GÜYON frères, à Dole ( Jura ),
- MM, Guyon frères continuent, avec succès, à se livrer à la fabrication de fourneaux de cuisine économiques en fonte; ils fabriquent eux-mêmes, au haut fourneau de Foucheron, près Dole, la fonte dont ils se servent pour leurs moulages. Les appareils, très-variés, dont ils nous ont soumis les modèles, sont destinés, 3es uns à brûler
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- du bois, les autres de la houille. Us s’adressent, par leur disposition simple et leur prix peu élevé, à un très-grand nombre de consommateurs et jouissent, dans l’est de la France, d’une réputation méritée; ils procurent à la fois une économie de temps et de combustible.
- Le jury rappelle à MM. Guyon frères la médaille d’argent qui leur a été décernée en i844-
- Mme veuve LEMARE, quai Conti, n° i3, à Paris.
- M. Lemare a attaché son nom à un appareil connu sous le nom de caléfacteur, dont la disposition ingénieuse a servi de point de départ aux nombreuses inventions par lesquelles on est parvenu à économiser le combustible nécessaire à la préparation des aliments. Le zèle et l’esprit inventif de Lemare ont été appréciés par les jurys de toutes les expositions qui se sont succédé depuis 1823. Sa veuve a continué à exploiter son établissement et a fait exécuter par des habiles ouvriers quelques appareils dont M. Lemare avait laissé des ébauches ou des dessins.
- Le jury, voulant honorer à la fois le mérite des inventions et le respect religieux de madame veuve Lemare pour la mémoire de son mari, fait rappel en sa faveur des médailles d’argent qui avaient été décernées à M. Lemare dans les expositions précédentes.
- MM. ROGEAT frères, à Lyon (Rhône). ’ -
- MM Rogeat frères ont fondé à Lyon un établissement considérable dans lequel ils montentdes pièces de tableaux très-variées qu’ils font couler dans divers hauts fourneaux sur leurs modèles. Les appareils qu’ils ont exposés cette année ont été obtenus depuis l’exposition de i844- La plupart d’entre eux se recommandent par leur bonne et élégante disposition et par leur bas pi'ix. Ajoutons que MM. Rogeat frères emploient annuellement 800,000 kilogrammes de fonte dans leurs ateliers, et l’on aura une idée de l’importance industrielle de leur établissement.
- Le jury de i844 avait accordé à MM. Rogeat une médaille d’argent que le jury leur rappelle.
- M. PAUCHET, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 122, à Paris.
- Médaille
- d’argent.
- M. Pauchet a exposé cette année des fourneaux de cuisine en
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- fonle, remarquables sous le triple rapport de la commodité, de l’économie et de la solidité. L’expérience qui s’en fait journellement chez un grand nombre de restaurateurs et de particuliers leur est entièrement favorable , et les témoignages que nous avons recueillis à cet égard ne nous ont laissé aucnn doute sur leur bon emploi. Les fourneaux pour petits ménages servent à la fois au chauffage et aux usages culinaires, ils se trouvent également dignes d’être signalés.
- M. Pauchet a exposé aussi des calorifères à air chaud, qui permettent de chauffer un grand nombre de pièces à la fois.
- M. Pauchet avait obtenu une médaille de bronze à l’exposition de i844. Les progrès qu’il a réalisés dans son industrie, la bonne disposition de ses principaux appareils et l’importance de son établissement ont été jugés par le jury dignes d’une médaille d’argent.
- «appels M. CHEVALIER-CURT, aîné, rue Saint-Jacques , n° 264
- médailles blS , a Palis,
- e bronze.
- M. Chevalier-Curt a reçu, en 1839, une médaille de bronze pour ses divers appareils de chauffage et plus spécialement pour ses fourneaux de cuisine. Cette médaille lui a été rappelée en 1844-Les fourneaux exposés celte année, par M. Chevalier-Curt, sont établis de la manière la plus satisfaisante; plusieurs appareils analogues placés dans divers établissements publics y fonctionnent avec avantage.
- Le jury rappelle à M Chevalier-Curt la médaille de Bronze qu’il a obtenue en 183g,
- M. HOYOS, place du Palais-National, n° 241 , à Paris.
- M. Hoyos continue, avec succès, la fabrication des fourneaux de de cuisine de diverses dimensions, dont la bonne disposition lui a valu, de la part du jury de i844, une médaille de bronze. Ces appareils sont employés avec avantage dans plusieurs établissements publics et chez les particuliers. M. Hoyos a apporté, depuis i844, , quelques perfectionnements, nouveaux dans la construction des
- > foyers de ses fourneaux.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze qui lui a été décernée en i844.
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- M. Victor CHEVALIER, place de la Bastille, n° 202, à Paris.
- M. Victor Chevalier a fondé à Paris un grand établissement dans lequel il fabrique des appareils de chauffage et des ustensiles très-variés d’économie domestique. La bonne exécution et le bon marché des objets qu’il fabrique ont acquis à sa maison une vogue j ustement méritée.
- M. Victor Chevalier occupait, en 1847, Pr®s de 60 ouvriers; le nombre en est réduit beaucoup aujourd’hui, mais la maison de M. Victor Chevalier n’en reste pas moins une des plus considérables, parmi celles qui se livrent à ce genre de fabrication.
- Parmi les objets exposés cette année par M. Victor Chevalier, le jury a plus spécialement remarqué une nouvelle casserole pour chauffer le lait, et quelques autres ustensiles domestiques.
- Le jury, voulant récompenser l’habileté industrielle de M. Victor Chevalier, lui décerne une médaille de bronze.
- Mme DE RAINCOURT, à Falion (Haute-Saône ).
- Mme de Raincourt a présenté un fourneau de cuisine dont les dispositions sont simples et commodes et qui, par son bas prix, peut être acheté par un très-grand nombre de personnes. Cet appareil n’est qu’un échantillon des produits nombreux que l’on fabrique en fonte de première et deuxième fusion dans l’usine de Falion, appartenant à M,nc de Raincourt. Le poids des fontes moulées, sortant de cette usiae, est annuellement de 800,000 kilogrammes, qui présente une valeur de 2 5o,000 francs environ.
- Le jury accorde à M,ne de Raincourt une médaille de bronze en considération de l’importance et de l’ancienneté de la fabrication.
- M. BQUSSEROUX, rue Mandar, n° 5 à Paris.
- M. Bousseroux a obtenu, en i844» une mention honorable ses petits fourneaux de cuisine très-économiques, le jury lui en accorde le rappel.
- M. CRUET, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Les poêles deux fours exposés par M. Cruel sont l’objet cl’un rapport très favorable de la commission.départementale de la Seine-Inférieure. Vingt-huit de ces appareils ont été placés depuis deux
- Médailles de bronze
- Rappel de mention honorable.
- Mentions
- honorables
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- ans, et leur emploi a donné des résultats avantageux. Leur prix peu élevé les met à la portée des petits ménages.
- Le jury accorde à M. Cruet une mention honorable.
- M. GRENIER, rue Saint-Germain-l’Auxerrois, n° 43, à Paris.
- M. Grenier a obtenu deux mentions honorables, l’une en 183g, l’autre en i844, pour ses fourneaux et ses poêles en tôle destinés spécialement aux tailleurs., chapeliers, blanchisseurs, etc. Ces appareils continuent à se recommander à l’attention du jury, qui accorde à M. Grenier une mention honorable.
- M.'LANY, rue Olivier-Saint-Georges, n° i4, à Paris.
- Il a imaginé un fourneau qu’il appelle fourneau-coquille, à l’aide duquel il peut chauffer plusieurs mets à la fois, en ne brûlant que très peu de charbon de bois ou de coke. Le prix de cet appareil varie, suivant ses dimensions, entre 2 5 et 45 francs. Il mérite d’être signalé à l’attention du jury,
- Le jury accorde à M. Lany une mention honorable.
- M. PAILLARD, rue du Grand-Chantier, n° 16, à Paris.
- .»
- . M. Paillard, pour la bonne confection de ses fourneaux, a mérité la mention honorable que le jury central lui décerne.
- M. POLIOT, rue Mazarine, n° 42, à Paris.
- M. Poliot a exposé cette année un nouveau fourneau à cuisine pourvu de broches à rôtir de son invention,et pour lequel il a été récemment breveté. Les dispositions en ont paru bien combinées à la commission.
- M. Poliot a déjà obtenu une mention honorable en i844- Le jury lui en accorde encore une pour les appareils qu’il a présentés.
- M. Claude RACKET, à Metz (Moselle).
- M. Rachet a fondé à Metz, en i845, un établissement où l’on fabrique des appareils de chauffage, des fourneaux de cuisine et de „
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- buanderie, lia présenté à l’exposition un grand fourneau de cuisine polygonal qui peut servir à préparer la nourriture pour six cents hommes.
- M. Rachet est recommandé par la commission départementale de la Moselle comme un industriel sérieux. Le jury centrai lui décerne une mention honorable.
- MM. SARON frères, rue des Postes, n° 9, à. Paris.
- Ils ont exposé un grand calorifère en fonte composé d’une cloche et de tubes qu’on peut remplacer à volonté.
- Ils fabriquent aussi des fourneaux de cuisine en fonte de différents modèles, dont plusieurs ont été placés dans de grands établissements.
- Le jury accorde à MM. Saron frères une mention honorable.
- M. THOURET
- Expose un calorifèi'e et des fourneaux de cuisine; ces objets sont de bonne construction : aussi le jury central accorde-t-il à M. Thou-ret une mention honorable.
- M. VAILLANT, à Metz (Moselle).
- M. Vaillant a exposé des fourneaux de cuisine du système Chou-mara, mais construits entièrement en fonte, et il y a fait des additions utiles et bien comprises. Ces appareils ont été employés pour le service des casernes, des hôpitaux et des prisons dans la Moselle, et la commission de ce département les recommande à la bienveillance du jury, en même temps que des calorifères du même constructeur.
- Le jury décerne à M. Vaillant une mention honorable pour l’ensemble de sa fabrication.
- M. WEYTS, rue Bleue, n° 3â, à Paris.
- M. Weyts a exposé des fourneaux économiques, deux calorifères et diverses cheminées. Ces appareils sont bien construits.
- L’établissement de M. Weyts est d’une certaine importance. Quinze ouvriers y sont constamment employés.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
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- Citations
- favorables.
- Médaille
- d’or.
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- M. GORDEBART, à Angoulême (Charente-Inférieure).
- Le jury lui accorde une citation favorable pour son fourneau de cuisine.
- M. JACOB, rue des Urselines-Saint-Jacques, n° 20, à Paris.
- Le jury lui accorde une citation favorable pour ses cuisinières en fonte.
- M. GODIN, à Guise (Aisne).
- Le jury lui accorde une citation favorable pour ses poêles et ses cuisinières économiques.
- M. BOURRIOT, rue de Vaugirard, n° 76.
- Le jury lui accorde une citation favorable pour son appareil à régulateur dit la bonne marmite.
- M. SILACEE, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 27, à Paris.
- Le jury lui accorde une citation favorable pour son appareil à grillades et pour les cheminées avec rideaux à jour.
- § 5. APPAREILS DiSTILLATOIRES DE L’EAU DE MER.
- M. Payen, rapporteur.
- M. ROCHER, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Au premier rang des grands problèmes que l’industrie est appelée à résoudre, le jury central a toujours placé les questions économiques qui se rattachent directement à la sûreté comme à la santé des hommes.
- L’épuration de l’eau de mer, dans la vue d’en obtenir l’eau douce nécessaire aux marins durant les longues traversées, est une clés plus importantes questions que l’industrie soit appelée à résoudre.
- Depuis longtemps déjà la science avait indiqué cette solution : une distillation ménagée, en évitant de pousser trop loin la concentration des résidus, puis un simple aérage devaient y suffire.
- L’appareil imaginé par Clément et. le capitaine Freycinet, employé avec succès par ce dernier sur. la corvette Y Uranie, dans un
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- voyage autour du monde, avait donné les résultats les plus satisfaisants à cet égard. L’abondance et la bonne qualité de l’eau douce ainsi obtenue avait maintenu la santé de l’équipage, prévenu le développement des diverses affections qui doivent disparaître avec les pratiques déplorables auxquelles l’étroite ration d’eau douce conduisait rigoureusement; car alors, forcé de réserver pour les besoins les plus indispensables de l’alimentation le peu d’eau potable dont on disposait, il fallait employer l’eau de mer pour tous les lavages; le linge restait indéfiniment humide en raison des sels hygrosco-piques déposés par l’eau durant le séchage, et les matières organiques que l’eau de mer recèle exposaient continuellement toute la surface du corps des hommes au contact de ces matières insalubres.
- Mais l'expérience, d’ailleurs si grande et si concluante, du caoi-taine Freycinet resta impuissante à déterminer l’adoption d’une méthode si bien recommandée.
- C’est que la question économique n’était pas résolue, bien que le volume comme le poids du combustible embarqué fût six ou sspt fois moindre que celui des caisses remplies d’eâu douce ; la dépense était trop forte, l’arrimage des appareils et leur service étaient dilliciles.
- A l’époque de l’avant-dernier concours du prix Monthyon, MM. Peyre et Rocher éiaient déjà parvenus à faire cesser [resque tous ces inconvénients : la dépense et le poids du combustible étaient supprimés, car la houille nécessaire à bord pour la préparation des aliments fournissait une quantité de vapeur suffisante pour le chauffage dans toutes les opérations culinaires, et le produit de la condensation donnait la quantité d’eau distillée utile à l’équipage, c’est-à-dire quatre litres par jour pour chaque homme.
- Les rapporteurs du jury en i844, MM. Mimerel, de la marine, et M. Pou’llet, après avoir donné d’intéressants détails sur cette belle application \ furent d’accord pour proposer de décerner une médaille d’argent aux habiles constructeurs dont nous avons cité les noms. Il était prudent de ne pas dès lors épuiser en leur faveur la série des récompenses, car il restait encore des progrès à faire, et surtoul il restait à généraliser, sur les bâtiments de l’Étal comme sur les navires du commerce, l’emploi des appareils dislillatoires économiques qui devaient enfin assurer les principales conditions
- 1 Voir le II* volume du Rapport, en 1844, pages 4oi à 4o5,ot g3g ctg4o.
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- II.
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- Mention honorable .
- Médailles
- d’argent.
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- de salubrité et protéger la vie des hommes en maintenant leur force, et augmentant leur bien-êU’e.
- Sous tous ces rapports, il ne reste plus rien à désirer aujourd'hui. Les appareils ont été graduellement perfectionnés depuis dix ans. On a pu se faire une idée de leur état actuel, en examinant le grand et beau modèle que M. Rocher expose, et qui doit être installé à bord d’un vaisseau de ligne, et fournir, pour quinze cents hommes, 6,000 litres d’eau douce par jour; il y avait joint un ingénieux x’éfrigérant, qui emprunte le secours d’une circulation continue de l’eau de la mer.
- De semblables appareils, différents parleurs dimensions, sont établis sur la plupart des vaisseaux de l’Etat et du commerce; ils fonctionnent avec économie et régularité; tous les préjugés défavorables ont disparu sous l’évidence des immenses services rendus par ce procédé.
- Le jury central décerne à M. Rocher la médaille d’or.
- M. ZAMBEAUX, rue Transnonain, n° 20, à Paris,
- Présente un nouvel appareil distillatoire et culinaire à l’usage de la marine : des expériences exactes suivies par M. Pecqueur montrent qu’il peut fournir de l’eau distillée dans de bonnes conditions; mais on ne saurait suppléer à la pratique spéciale dans le jugement sur un appareil de ce genre, et le jury ne peut que le signaler à l’attention des navigateurs en lui accordant une mention honorable.
- § 6. FOURS ET APPAREILS DE DESSICCATION.
- <
- M. Ébelmen, rapporteur.
- M. CERBELAUD , rue de Milan, n° 18, à Paris.
- M. Cerbelaud est un habile constructeur de calorifères, qui a obtenu en 1839 une médaille de bronze et le rappel de cette médaille en x844- Le calorifère à air chaud qu’il a exposé cette année, et qui est semblable à celui qu’il a établi au séchoir de la buanderie de l’Hôtel des Invalides, nous a paru dans de très-bonnes conditions pour le chauffage des grands établissements. La section rectangulaire des tuyaux de fumée a été remplacée par une section circulaire sans cloisons ni compartiments. Ces tuyaux présentent dans leur développement une large surface de chauffe. Les orifices
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- d’entrée de l’air froid et ceux de sortie de l’air échauffé ont été élargis de façon à pouvoir lancer dans un appartement une grande quantité d’air chauffé à une température moyenne, de préférence à une moins grande masse d’air portée à une température plus élevée.
- Les rapports officiels qui nous ont été donnés sur la consommation en combustible et sur la marche du calorifère de l’Hôtel des Invalides sont des plus honorables pour l’appareil de M. Cerbelaud ; il est employé dans cet établissement pour le séchage du linge.
- Le jury, voulant récompenser l'intelligence et l’habileté qui ont permis à M. Cerbelaud de s’élever du rang de simple ouvrier à la position industrielle qu’il a conquise, lui décerne une médaille d’argent.
- M. LESPINASSE, rue de Sèvres , n° 76,4 Paris.
- Le système de four inventé par M. Lespinasse fonctionne depuis douze ans à la manutention militaire de Paris. Une commission nommée par M. le ministre de la guerre s’est récemment prononcée en sa faveur après des expériences comparatives, et en a proposé l’emploi pour toutes les garnisons de France. Enfin, le département de la marine a aussi adopté le système du four de M. Lespinasse.
- Chacun des fours du système Lespinasse produit d’ordinaire, en vingt-quatre heures, i3 fournées de 200 pains de i\5o chacun, ou 5,200 rations; mais on peut obtenir 19 fournées ou 7,600 rations dans le môme temps.
- Il a été constaté que le bois employé dans le four Lespinasse n’est que les cinquante-trois centièmes de celui que l’on brûlait antérieurement dans les fours ordinaires.
- M. Lespinasse avait obtenu une médaille de bronze pour son utile invention à l’exposition de 1839. En présence des bons résultats de ce four, officiellement constatés par une longue expérience, le jury a jugé M. Lespinasse digne d’une récompense d’un ordre élevé, et lui décerne une médaille d’argent.
- M. J.-J. DANDURAN, rue Ollivier, n° 6, à Paris.
- M. Danduran a imaginé de construire un appareil particulier pour l’assèchement des constructions anciennes et nouvelles. On sait que la dessiccation naturelle des plâtres frais exige un temps assez considérable avant que les appartements puissent être habités sans danger .pour la santé. .Il y a pourdes propriétaires un assez
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- Mentions h onorables
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- grand intérêt à pouvoir mettre immédiatement en état convenable d’habitalion les nouvelles constructions. M. Danduran a imaginé pour cela un appareil particulier qui consiste en un grand foyer rempli de coke et alimenté par un ventilateur. Les produits de la combustion sont-envoyés par des conduits en tôle dans diverses directions autour de l’appariement,
- M. Danduran nous a donné les noms de plus de vingt architectes qui ont adopté ses procédés dans l’intérêt de leurs clients.
- Le jury, voulant récompenser une idée utile, décerne à M. Danduran une mention honoi’able.
- M. DOBIGNARD, rue Kléber, n° 7, à Paris.
- M. Dobignard avait obtenu en i844 une citation favorable pour ses fours à cuire le pain. Il se représente celte année avec de nouvelles additions cl quelques perfectionnements qui lui méritent une mention honorable.
- M. EDELINE, à Saint-Denis (Seine).
- M. Edelinc a exposé un modèle de séchoir pour les blanchisseurs, qui présente une particularité intéressante à signaler. L’ouvrier chargé de la conduite du séchoir ne séjourne pas dans la chambre de dessiccation, et n’est pas, par conséquent, sujet à être incommodé par la chaleur et la buée. La partie du séchoir dans laquelle le linge est étendu est mobile et peut se tirer au dehors, dans une chambre voisine, où l’on procède à l’enlèvement du linge sec et à son remplacement par du linge mouillé.
- L’invention de M. Edeline, qui a pour but de rendre un métier moins insalubre, devait être l’écompensée, et le jury accorde en conséquence à M. Edeline une mention honorable.
- M. PRAX, rue d’Angoulême, n° 32 , à Paris.
- A exposé un modèle de four, dit étuve-calorifère, qui peut cuire par fournée de 12 à 20 kilogrammes de pain, avec une faible dépense de combustible. La cuisson est continue, et le foyer est isolé de la tôle du four, qui peut tourner sur son axe, de façon à rendre la température uniforme sur toute sa surface.
- Le même appareil peut aussi servir d’étuve pour dessécher un • grand nombre de substances.
- Le jury accorde à M. Prax une mention honorable.
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- § 7. APPAREILS DE FILTRAGE.
- f
- M.Ebelmen, rapporteur.
- M. DUCOMMUN, boulevard Poissonnière, n° 26, à Paris.
- M. Ducommun a obtenu en i844 nue médaille de bronze pour ses fontaines à filtres épurateurs au charbon, et surtout pour un appareil de filtrage destiné à fonctionner sous une pression élevée. Un appareil analogue à celui qui a été décrit dans le rapport du précédent jury était exposé celle année : un filtre de ora8o de hauteursur om70 de diamètre, peut donner 48.000 litres d’eau par 24 heures, sous la pression de 2 atmosphères. Cet appareil vaut 65o à 700 francs.
- . Le jury, reconnaissant que M. Ducommun continue à.se rendre digne de la récompense qui lui a été décernée en i844, lui en accorde le rappel.
- M. LELOGÉ, rue Saint-Étienne-Bonne-Nouvelle, n° i5, à Paris.
- M. Lelogé a obtenu en i83g une médaille de bronze pour 'es filtres ascendants. Cette médaille lui a été rappelée en i844- Les appareils de filtrage exposés celte année ne sont point inférieurs à ceux qui ont été remarqués aux précédentes expositions. Une citerne à trois compartiments, dans laquelle l’eau se filtre dans son mouvement ascendant, est le principal objet exposé.
- ... Le jury estime que M. Lelogé est toujours très-digne de la médaille de bronze qu’il a obtenue, et lui en décerne le rappel.
- M. JAMINET, rue du Four-Saint-Germain, n° 26, à Paris.
- M. Jaminet a exposé, cette année, un appareil de filtrage d’une bonne' construction, qui peut fournir, suivant sa déclaration * i5o,ooo litres d’eau par jour, sous une pression de 2 mètres d’eau seulement. Cet appareil est formé de couches alternantes de silex, de sable et de charbon, et peut être utilement appliqùé, comme ceux faits antérieurement par M. Ducommun, à de grands établis-? sements industriels. -
- Des fontaines, dont le coffre est construit en pierres assemblées
- Rappels
- cle
- médailles de bronze*
- Médaille de bronze*.
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- Mentions
- honorables»
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- à réunion en languette, sans agrafe en fer, et à filtrage ascendant, ont été aussi exposés par M. Jaminet.
- M. Jaminet avait obtenu en i844 une deuxième mention honorable. Le jury estime que la persévérance et la bonne fabrication de ses appareils lui méritent une médaille de bronze.
- M. DUPLANY, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 46, à Paris.
- M. Duplany a exposé un filtre mobile qu’il suffit de laisser plongé pendant quelque temps dans cle l’eau trouble pour avoir de l’eau parfaitement claire. La forme qu’il lui donne est celle d’une bouteille dontle corps est en pierre deVergelet, dont lemontant est en plomb, et dont le volume est d’environ 1 litre. Cet appareil est commode, d’un prix peu élevé, et peut être utilement employé par les voyageurs; mais il faut remarquer qu’il n’ôte pas à l’eau son mauvais goût, dont le charbon peut seul la débarrasser : il est, du reste, d’un nettoyage facile.
- Le jury accorde à M. Duplany une mention honorable pour son ingénieuse invention.
- M. SEPTIER, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, n° i4, à Paris.
- Les appareils dontM. Septier est l’inventeur sont des filtres à niveau constant et à filtration continu. Un flotteur, placé k la surface du liquide contenu dans le filtre, fait fermer, en s’élevant, le robinet par où s’écoule le liquide qu’il s’agit de filtrer. L’appareil se monte sans difficulté et fonctionne d’une manière continue sans qu’aucune surveillance soit nécessaire. La filtration peut s’opérer, du reste, en vases à peu près complètement clos.
- Un certificat de M. Soubeiran, directeur de la pharmacie centrale des hôpitaux, établit que l’appareil de M. Septier a été expérimenté par lui, et qu’il fonctionne avec beaucoup de régularité. M. Soubeiran en recommande spécialement l’usage aux distillateurs et à toutes les personnes qui ont à filtrer des quan tités un peu fortes de liqueurs spiritueuses.
- Le jury, appréciant l’utile invention de M. Septier, lui décerne une mention honorable.
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- S 8. ENDUIT CONTRE L’OXYDATION.
- M. FERRY, me de Beaune, n° 01, à Paris.
- M. Ferry déjà menlionné au chapitre des métaux (meules et mollettes à aiguiser), reçoit ici une médaille de bronze pour son enduit préservateur de la rouille, adopté par M. le ministre de la guerre pour les arsenaux de Vincennes, Cherbourg, Brest et Strasbourg. Le jury central apprécie la découverte importante de cet industriel en lui décernant la récompense susénoncée.
- S 9. APPAREILS DIVERS. — EAUX GAZEUSES ET APPAREILS POUR LES VINS MOUSSEUX.
- M. Balard, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les boissons gazeuses sont depuis longtemps sorties du domaine de la matière médicale pour prendre leur place dans l’économie domestique et ce n’est plus dans les officines des pharmacies seulement qu’on les prépare aujourd’hui. Déjà, en i844, 29 fabriques livraient à la consommation plus de 4,5oo,000 bouteilles. Ces nombres ont plus que doublé depuis que l’utilité et l’agrément de ces boissons a été plus généralement apprécié. L’abaissement du prix qui en a été la conséquence a permis aux eaux acidulés artificielles de figurer sur presque toutes les tables, et la limonade gazeuse, en prenant, jusque chez les ouvriers, place parmi les rafraîchissements, a diminué d’autant l’usage des boissons alcooliques.
- La fabrication des appareils qui servent à préparer en grand ces boissons gazeuses, à les obtenir dans nos ménages par des méthodes promptes et économiques, les vases pour les débiter et les conserver, les perfectionnements dans la méthode du bouchage, ont pris, dès lors, une importance nouvelle et fait des.progrès que le jury a constatés avec satisfaction.
- Médaille de bronze •
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- Rappels
- médaille d argent.
- médaille de bronze.
- M. Philibert SAVARESSE , rue des Marais-Saint Martin, n° 36, à Paris.
- M. Savaresse fils continue la fabrication de ses appareils pour la fabrication des eaux minérales, qui avait valu, en i844, à M. Sava-resse père, les distinctions du jury. On sait que le principe de ces appareils, dû à M. Selligue, a été antérieurement mis en pratique par M. Barruel et M. Vernaul. 11 consiste à utiliser la pression que le gaz exerce sur lui-même, en se dégageant dans des appareils clos, et à dispenser ainsi de l’emploi cl’une force motrice nécessaire, pour introduire dans les appareils ordinaires le gaz à î’élat de gaz comprimé. Entre les mains de M. Savaresse, cet appareil, jusques a'ors connu seulement dans quelques fabriques spéciales, était devenu d’un emploi tout à fait général; c’est ce qu'attestent le nombre des appareils qui, depuis la dernière exposition, ont été vendus, soit en France, soit à l’étranger.
- M. Savaresse fils a de plus perfectionné le vase siphoïde inventé par son père. 11 donne une issue au liquide par le mouvement d’une vis, et il lui permet ainsi de s’écouler d’une manière plus graduelle et mieux ménagée.
- Le jury^central, reconnaissant que par la bonne construction de ces appareils, ainsique par les perfectionnements qu’il y a ajoutés, M. Savaresse bis est reslé digne de la distinction qui avait été accordée à son père, lui fait en son propre nom le rappel de la médaille d’argent décernée à M. Savaresse, en 1844-
- M. BRIET, rue de Bandy, n° yo, à Paris.
- La préparation extemporanée des eaux gazeuses s’est exécutée pendant longtemps en projetant dans une bouteille pleine d’eau des doses convenables de bicarbonate de soude et d’acide larlrique, mais la présence du tarîrate dépendant de cette réaction avait des inconvénients. M. Briet a cherché à les éviter au moyen de son appareil, dit gazogène, et qui, depuis la dernière exposition, où il a obtenu la médaille de bronze, s’est introduit dans .beaucoup de ménages et est appelé à figurer sur la plupart de nos tables. Les formes nouvelles que l’on a données à d’autres appareils construits sur le même principe que celui de M. Briet ont fait encore mieux ressortir les avantages de celle qu’il avait adoptée après beaucoup de tâtonnements. Les perfectionnements qu’il y a apportés en der->
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- nier lien rendent cet appareil d’un emploi encore plus commode. Le gaz, obligé de traverser un diaphragme percillé, est divisé et bulles et sa solution se trouve accéléréee. Le nombre d’appareils que M. Briet livre à la consommation, et qui est d’environ 3 à 4,coo par an, prouve combien il a contribué à la propagation de l’emploi des eaux gazeuses. Le jury se plaît à lui rappeler la médaille de bronze qu’il a obtenue à la précédente' exposition.
- M. LANNES DE MONTEBÉLLO, rue Laffitte, n° 23 , à Paris.
- M. Lannes de Monlebello expose sa machine à boucher les vins de Champagne, qui a obtenu la médaille de bronze à l’exposition dernière. Cette machine qui, sans fatiguer le bouchon, l’enfonce aisément dans la bouteille, clans une position verticale, a été déjà introduite dans quelques exploitations de la Champagne. Quelques-unes ont été vendues à l’étranger. M. Lannes de Monlebello a introduit, depuis i844. dans sa machine, quelques modifications qui la rendent d’un emploi encore plus sûr et plus commode.
- Le jury central lui décerne le rappel de la médaille de bronze obtenue par lui en 1844-
- i : • 1 \
- * $ . J *
- M. OZOUF, rue de Chabrol, n° 28, à Paris. •
- M. Ozouf, utilisant le même principe qui sert dans l’appareil de M, Savaresse, a construit un appareil tout différent pour la forme, d’une grande solidité, d’un volume peu considérable et d’un maniement facile. Cet appareil se'compose d’un cylindre producteur du gaz, et d’un sphère, où il se dissout dans le liquide que l’on veut saturer. A la partie du couvercle de ce cylindre sont fixés un vase laveur, et une boîte en plomb contenant l’acide sulfuriqne, clon'Técou-lemerit peut-être effectué peu à peu dans le cylindre, où se place la craie, en soulevant uue soupape dont la tige est hors du cylindre. Le service de cet appareil sc fait avec facilité. L’opérateur, occupé tantôt à laisser écouler l’acide, tantôt à faire mouvoir l’un ou l’autre des deux agitateurs qui sont placés, soit dans le cylindre, soit dans le vase sphérique, peut en dix minutes fabriquer 4o bouteilles d’eau saturée à plusieurs atmosphères, au moyen d’un appareil dont le prix n’est que de 600 francs. Quoique la fabrication de M. Ozouf soit toute nouvelle, il a déjà placé un certain nombre dé'ses appa-
- Médaille de bronze.
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- reils qui, par leur forme, leur dimension el leur mode d’emploi, sont propres à figurer avantageusement dans une pharmacie.
- M. Ozouf expose aussi un mode de bouchage de son invention, pour les bouteilles d’eaux gazeuses. Ses capsulei mécaniques s’appliquent à une bouteille quelconque, et**permettentde transvaser le liquide qu’elle contient sans perdre de gaz. Cette bouteille, ainsi conditionnée, d’un emploi moins commode que le vase siphoïde, est, en compensation, d’un prix beaucoup moindre. L’eau s’y conserve pendant très-longtemps gazeuse sans la moindre déperdition.
- Les appareils à eaux minérales de M. Ozouf sont munis d’un double robinet qui permet à volonté d’introduire l’eau soit dans des bouteilles ordinaires, soit dans des bouteilles munies de capsules mécaniques.
- Le jury central, appréciant l’utilité de tous les appareils qui servent à répandre l’usage des eaux gazeuses, et rendant justice aux perfectionnements qne M, Ozouf a portés dans leur construction, lui décerne une médaille de bronze.
- M. PEYSSON DE LA BORDE, rue Laffite, n° a 4, à Paris.
- Cet exposant a inventé un appareil rotatif remarquable, applicable à la préparation et au séchage des dragées ; il est chauffé par la vapeur à l’aide de doubles enveloppes et de circulation par l’axé creux. Un seul ouvrier peut diriger jusqu’à 8 de ces appareils fonctionnant à la fois, séchant ensemble 2 4o kilogrammes de produit.
- Le jury central lui décerne una mention honorable.
- M. DUPAS, rue Folie-Mencourt, n° 6, à Paris.
- M. Dupas a exposé des boîtes à conserves, les unes vides, les autres pleines d’aliments. Ses procédés ont paru mériter l’attention du jury, qui croit devoir lui décerner une mention honorable.
- M. HE^TY, rue Hauteville, n° i, à Paris.
- M. Hesty, qui exploite une fabrique importante d’eau de Seltz, a présenté à l’exposition des vases pour conserver les eaux gazeuses et qui figurent sur toutes nos tables sous le nom de vases siphoïdes. Ces vases', qui ont supprimé l’emploi des bouchons, diminué la casse des bouteilles et permis aux consommateurs de se servir dé l’eau gazeuse contenue dans ces vases, par fraction el
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- sans laisser perdre le gaz qu’elle contient, faisaient partie décès inventions ingénieuses de M. Savaresse, récompensées par le jury à la précédente exposition. Leur fabrication est aujourd’hui exécutée par M. Hejty, à qui la cession de celte invention a été faite. Le jury accorde à M. Hefty, pour la bonne fabrication de ses vases siphoïdes, une mention honorable.
- M. DEHAUT, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° i45, à Paris.
- M. Dehaut s’est beaucoup occupé du bouchage mécanique. Il expose un appareil remplaçant le bouchon, analogue à la capsule mécanique qui est exposée par M. Ozouf, d’une construction plus simple, et qui pourrait être obtenu à un prix moindre. Il propose aussi au vase siphoïde quelques perfectionnements qui paraissent utiles, et qui permettraient, s’ils étaient appliqués à la construction de ces appareils, de les faire fonctionner et de les transporter en même temps, avec une seule main, de manière à ce que la main qui verse pût faire la moitié du chemin et atteindre le verre que présente le buveur.
- M. Dehauta-aussi modifié la machine à capsuler, de manière à la rendre propre-à refouler les capsules d’étain résistantes, dont il se sert pour fixer les bouchons mécaniques, et qui fonctionne pour fixer les capsules mécaniques de M. Ozouf, dans la fabrique d’eaux minérales qui lui est commune avec ce dernier.
- Le jury central, pour récompenser M. Dehaut des tentatives ingénieuses, au moyen desquelles il cherche à améliorer le bouchage mécanique, lui accorde une mention honorable.
- M. LENOTRE, rue de Jarente, à Paris.
- M. Lenôlre est un constructeur de machines pour lès eaux minérales factices. Ses appareils, construits principalement dans le système continu dit de Bramait, ont paru au jury.de bonne construction. Deux de ces appareils ont été demandés successivement par la pharmacie centrale et y fonctionnent très-bien. M. Lenôlre a- introduit dans ses.- appareils) un perfectionnement. Au moyen d’un débrayage, il peut à volonté > faire fonctionner à la fois, et la pompé qui introduit le gaz et l’eau, dans le système de fabrication continue, et l’agitateur qui accélère la solutiorndu gaz. Une autre
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- Citations
- favorables.
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- disposition permet cle ne faire fonctionner que celle dernière pièce, de telle sorte que l’appareil peut servir à la fois comme appareil du système continu, et comme appareil intermittent, propre surtout à la fabrication des limonades gazeuses, des eaux gazeuses médicinales , etc.
- M. Lenôîre fabrique aussi des machines à bouclier, auxquels il a apporté quelque perfectionnement. Le jury lui décerne une mention honorable.
- MM. RICHE et G10, rue de Paradis-Poissonnière, n° 4^, à Paris.
- M. Riche a modifié l’appareil de M. Briet, pour la préparation des eaux minérables extemporanées. Cet appareil est désigné sous le nom d'aréofuge. Il présente, en effet, l’avantage que, le dégagement du gaz acide carbonique commençant avant la fermeture du vase, l’air en est expulsé en grande partie, et l’atmosphère qui presse sur l’eau est ainsi de l’acide carbonique pur. Ces appareils présentent, d’ailleurs, un nouveau mode de fermeture. Une rondelle de caoutchouc volcanisée, comprimée entre deux plaques de métal, détermine, par l’augmentation du diamètre qu’elle éprouve, la parfaite occlusion du vase. Le jury central, pour ce perfectionnement, qui peut trouver dans d’autre cas une application utile, accorde à MM. Riche et compagnie une citation favorable.
- M. POLGË-MONTALBERT, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, à Paris.
- M. Polge-Montaîbert a apporté quelques modifications à l’appareil de M. Briet. Pour éviter de faire écouler dans le vase inférieur une portion du liquide du vase supérieur, qu’on ne perd qu’à regret, quand c’est du vin qu’on veut rendre mousseux ou de la limonade qu’on veut rendre gazeuse, il a partagé par un diaphagme le vase inférieur eu deux compartiments, dans lesquels il place, dans l’un, le mélange d’acide tartrique et de bicarbonate, dans l’autre, l’eau destinée à provoquer la réaction. Il a fait couler sur le sel en inclinant le vase quand l’appareil est clos. Il a aussi substitué, au tube métallique.percillé de trous assez gros, un petit fragment de jonc par les vaisseaux duquel le gaz est obligé de se tamiser en bulles extrêmement ténues.
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- Le jury accorde à M Polge - Monlalbert une citation favorable.
- M. MANSONNIER, rue du Vertbois n° 65, à Paris.
- M. Mansonnier expose une presse à l’aide de laquelle on peut boucher les bouteilles. Son procédé paraît assez ingénieux surtout en ce qu’il permet de procéder avec une grande vitesse. Le jury central croit devoir le citer favorablement.
- M. CHALOPPIN, Grande rue de la Chapelle, n° i4, à Paris.
- M. Chaloppin expose une machine à boucher, de son invention, qui, enli’e autres avantages, présente celui de permettre, par un système de cônes s’emboîtant les uns dans les autres, le bouchage de vases à goulots de grosseurs très-diverses. Le jury lui accorde une citation favorable.
- CHIMISTES, CONTRE-MAITRES ET OUVRIERS NON EXPOSANTS. MM. Dumas, de l'Institut, Payen, J. Persoz, rapporteurs.
- M. BROQUETTE-GONIN, à Paris.
- En 1829 (Brevets expirés,.I. XXXVIII, p. 425), MM. Vérité et Moisset prirent un brevet pour un procédé d’impression qui leur permettait de l’éaliser des effets de doubles teintes sur une ou plusieurs couleurs déposées sur des étoffes. Ils obtenaient ces résultats à l’aide d’une planche gravée en relief, qui, par une pression partielle exercée sur les couleurs encore humides, c’est-à-dire au moment où elles venaient d’être imprimées, les forçait à pénétrer dans l’intérieur jlu tissu. De cette manière les couleurs diminuaient d’autant plus d’intensité à l’endroit, que la pression de la planche en faisait passer une plus grande quantité à l’envers. Pour des raisons dont nous n’avons pas à nous occuper ici, MM. Vérité et Moisset ne tirèrent aucun parti de leur découverte. 11 appartenait à M. Bro-
- Médailles
- d’or.
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- quelle, habile fabricant, dont nous allons parler, de lui donner tout le développement dont elle était susceptible. En effet, cet industriel eut l’heureuse idée de charger préalablement la planche à l’aide de laquelle la pression s'exerce sur les couleurs d’une eau gommée qui, en facilitant le passage de ces couleurs au travers des pores de l'étoffe, produit la dégradation des Ions, et parlant les doubles teintes. C’est à l’exposition de i844 que parurent les premiers essais de M. Broquette, parmi lesquels on remarquait des étoffes imprimées à deux ou trois couleurs avec effet de doubles teintes résultant de l’application d’un sujet qui passait indifféremment sur ces couleurs, qu’elles fussent simplement appliquées, vaporisées ou teintes. Ces résultats excitèrent au plus haut degré l’intérêt et la curiosité de plusieurs fabricants; mais le jury crut devoir différer la récompense qui semblait due à la découverte de M. Broquette, jusqu’à ce qu’elle eût reçu la sanction du temps. Aujourd’hui qu’il est reconnu que, sous le nom de frappé, le genre créé par M. Bro-quelte a été exploité pendant plus de trois ans sur une très-grande échelle dans tous les pays, les droits de cet industriel à une récompense ne peuvent plus être contestés, et le jury de cette année est d’autant plus empressé à les reconnaître, que, tout récemment encore, M. Broquette s’est signalé, dans l’impression, par des travaux non moins intéressants, dont nous allons parler en peu de mots.
- Convaincu, par la lecture des ouvrages de M. Ed. Schwartz et par celle du traité sur l’impression des tissus, de toute la part que, durant l’évaporisage, l’eau exerce dans la fixation des couleurs sur les étoffes, et combien il est indispensable d’en régler l’effet, M. Broquette conçut la pensée d’opposer aux pièces chargées de couleurs et prêtes à recevoir l’action de la vapeur, un doublier chargé de la quantité d’eau nécessaire à l’accomplissement du phénomène chimique qui se produit pour la fixation de la laque. Mettant aussi à profit les travaux de Jean-Michel Haussmann, et les données fournies par la science, il s’est attaché à remplacer les couleurs vapeurs ordinaires (décoctions et extraits de lois) par des laques qui offrent , outre l’avantage de fournir des nuances plus pures et plus éclatantes, celui de se prêter à des impressions plus délicates et plus correctes.
- Enfin, tout en s’aidant des travaux et des idées de ses devanciers, M. Broquette s’occupe avec succès, nous pouvons le certifier d’après
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- les échantillons que nous avons sous les yeux, de préparer ou à'ani-maliser les fils de colon qui forment la chaîne des étoffes mi-laine, afin de rendre celte fibre plus apte à recevoir, à conditions égales, les mêmes couleurs que la laine.
- C’est en raison des véritables services rendus par M. Broquetle à l’industrie, que le jury lui vote la médaille d’or.
- M. DE RUOLZ, à Paris.
- On pratique aujourd’hui sur une grande échelle l’art de dorer ou d’argenter les métaux par les procédés électriques. M. de Ruolz a contribué à doter l’industrie des procédés qu’elle applique. Il a tenté, en outre, l’application d’un grand nombre d’autres métaux, et il*a réussi, pour quelques-uns d’entre eux, à obtenir des effets intéressants.
- Dans ces derniers temps, M. de Ruolz a fait connaître un procédé nouveau et singulier pour mettre les murs à l’abri de la pénétration de l’humidité.
- C’est pour l’ensemble de ses travaux que le jury lui accorde la médaille cl’or.
- M. LALLEMAND fils, teinturier, à Sedan (Ardennes).
- Cet industriel, dans l’établissement duquel ont été teints la plupart des draps et étoffes de la fabrique de Sédan qui ont figuré avec tant de succès à l’exposition de cette année, est signalé au jury par les principaux fabricants de cette contrée industrielle comme'ayant cons* tamment travaillé à mettre ses procédés de teinture à la hauteur des besoins de la fabrique, tant sous le rapport de la vivacité et de la solidité des nuances que sous celui du bas, prix de la façon.
- Le jury a pu se convaincre de ces faits par des documents authentiques qui prouvent, en outre, que M. Lallemand n’a reculé devant aucun sacrifice pécuniaire pour parvenir à teindre en toutes couleurs de fantaisie, les nombreuses étoffes de tous genres destinées à l’exportation. En conséquence, le jury lui décerné une médaille d’ar-gent.
- Médaille
- d’argent*
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- Médailles de bronze.
- M. Payen, rapporteur.
- M. BEAUVAIS père, à la Folie-Nanterre (Seine).
- Ancien ouvrier et conlre-maîïre, a dirigé durant 3o années les travaux de la même fabrique, donné d’excellents exemples par ses travaux consciencieux et par les améliorations notables qu’il a imaginées et réalisées dans la concentration continue de l’acide sulfurique, elson dosage pour la fabrication du sulfate d’alumine. L’appareil indicateur de l’écoulement est très-simple cl très-efficace, car l’ouvrier est averti par l’opération elle-même qui, au moment précis où l’acide concentré doit être dirigé dans un autre récipient, met en mouvement une sonnette. Ces utiles régulateur» resteront dans l’industrie manufacturière. Elles ont fixé l’attention du jury central, qui décerne à M. Beauvais père uue médaille de bronze.
- M. BEAUVAIS Ms, contre-maître à la Folie-Nanterre (Seine).
- Succédant à son père, qui avait pendant 3o années dirigé les travaux de la fabrique de M. Poisat, M. Beauvais, ouvrier, devenu contre-maître, suivant l’exemple de son prédécesseur et appliquant quelques-unes des idées qui lui étaient ainsi transmises, a perfectionné, par plusieurs dispositions nouvelles, les opérations chimiques de cette usine. Il est parvenu notamment à établir un appareil régulateur, qui dirige mécaniquement l’inlrcduction du corps gras liquéfié dans le générateur; il a, en outre, disposé une soupape qui régularise l’injection de vapeur. Ces ingénieuses dispositions ont assuré le succès de l’introduction continue et de la distillation des corps gras acidifiés dans l’appareil de M. Poisat.
- Les services que M. Beauvais fils a rendus à l’industrie, soit par son concours laborieux et éclairé, soit par des dispositions utiles au succès d’une importante opération manufacturière, sont très-dignes d’éloges; le jury central a voulu les récompenser en décernant à M. Beauvais fils une médaille de bronze.
- M. BOBIERRE, directeur de la fabrique de produits chimiques de M. Cartier, à Nantes.
- A introduit dans cet établissement plusieurs améliorations dignes
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- d’intérèl. Chimiste habile, M. Bobierre a publié, en collaboration de M, Moride, des études chimiques sur les eaux du département delà Loire-Inférieure : ce travail contient des documents nombreux et utiles sur la nature et la composition de ces eaux. On lui doit également un procédé pour garantir de la putréfaction le sang qui sert au raffinage du sucre; précédé simple et efficace, qui consiste à le mêler d’avance avec deux fois son poids de noir animal.
- Le jury central aime à récompenser l’intelligence du contremaître en même temps que le mérite du chimiste, en décernant à M. Bobierre une médaille de bronze.
- M. DURET, à Paris (Seine).
- M. Duret est l’inventeur clu bleu dit bleu. Duvet.
- M. BROUTÎN, serrurier à Grenelle.
- La commission des arts chimiques, lors de sa visite à la fabrique de bougies de Grenelle, a remarqué les améliorations importantes que M. Broutin, ouvrier serrurier, établi maintenant à Grenelle, avait apportées dans le mécanisme des machines.
- La pompe hydraulique fonctionnant par le balancier nécessite toujours de nombreuses réparations, qui finissent par être très-onéreuses pour l’industriel. Ce système de balancier peut très-facilement occasionner la fracture d’un cylindre de presse, qui ne coûte pas moins de 1,000 francs. Nous avons observé, quelques jours après, un exemple remarquable de cet accident chez un des principaux fabricants de bougies stéariques.
- Le moyen imaginé par M. Broutin obvie à ces inconvénients majeurs et simplifie de beaucoup le mécanisme. Il supprime le balancier, contre-balancier, lyre, contre-lyre, boulons de côté et du centre, goupilles des contre-lyres, la bascule à tenir les clapets en l’air, ensemble 28 pièces, et, de plus, l’emplacement occupé par le bâti de la pompe, ce qui réduit de deux tiers, au moins, la longueur du tuyau d’injection: économie encore très-notable, puisqu’il ne coûte pas moins de 3o francs le mètre; et, ce qui est bien plus important encore, on évite ainsi les dangers graves qui menaçaient les ouvriers presseurs par la chance d’échappement des bouchons à vis.
- D’après ce nouveau procédé, chaque piston marche suivant
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- il.
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- l’excentrique, par un mouvement direct, vertical, et s’échappe avec une remarquable facilité au moyen de clavettes, qui permettent d’embrayer et de désembrayer en moins d’une seconde.
- Le jury accorde, pour ce perfectionnement notable, une médaille de bronze à M. Bi'outin.
- M. CHEVALIER, contre-maître chez MM. Mallet et Le-pelletier, fabricants de produits chimiques au Mans ( Sarthe ).
- Le jury central accorde à M. Chevalier une citation favorable pour ses longs et honorables services dans l’usine sus-énoncée.
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- SEPTIÈME COMMISSION.
- ARTS CÉRAMIQUES.
- MEMBRES DU JURY COMPOSANT LA COMMISSION.
- MM. Dumas, cle l'Institut, président; Bougon, Ebelmen, L. de Laborde,
- Péligot, Fontaine.
- PREMIÈRE SECTION.
- TERRES CUITES, FAÏENCES, PORCELAINES,
- ÉMAUX, ETC. *
- M. Bougon, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La fabrication de la poterie remonte à la plus haute antiquité : on comprend qu’elle a dû être une des premières découvertes de l’homme, puisqu’elle était appelée à satisfaire ses premiers besoins, et bien que le mot céramique soit généralement employé pour désigner l’art du potier, que cette désignation lui vienne cl’un quartier de l’ancienne Athènes, Dommée le Céramique, où se fabriquait la poterie, il n’est pas douteux que la découverte n’en remonte bien au delà de cette époque.
- La précieuse collection réunie dans le musée céramique de la manufacture de porcelaine de Sèvres par le savant et regrettable Brongniart présente dans son ensemble le point de départ de cet art, et les progrès faits à chaque époque jusqu’à nos jours ; nous engageons les fabricants qui ne l’ont pas visité à le voir :*ils apprécieront toutes les recherches qu’il a fallu fairepour réunir cette immense collection, ilspourront y puiser aussi des connaissances toujours utiles à la fabrication.
- L’établissement de la manufacture de Sèvres, considéré sous le rapport de l’art et de la fabrication, a rendu et peut
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- rendre encore de signalés services à la fabrication. Le procédé du coulage, pour remplacer le moulage, vient d’y être employé avec succès : il a été heureusement appliqué àla plupart des pièces unies et ornemanisées ; il peut être, et par la perfection qu’il donne et par l’économie qu’il procure, d’un avantage notable aux manufacturiers qui sauront en faire une heureuse application. Nous avons vu couler devant nous des potiches d’un mètre de hauteur; le moulage, comme la réussite au four, a été couronné de succès. Nous avons encore vu démouler une vasque ou jardinière d’un mètre 3o centimètres de diamètre, ornée d’un bas-relief; les ligures, comme les ornements, ont été imprimées avec une rare perfection, et la dépouille obtenue sans le moindre déchirement.
- Une autre découverte non moins heureuse, mais bien au-trement importante, c’est celle de la cuisson de la porcelaine à la houille dans cet établissement, découverte qui ne peut être contestée cette fois, puisque la réussite est complète et qu’elle présente une immense économie ; elle doit avoir, pour cette belle industrie, les conséquences les plus heureuses. Nous renvoyons, pour obtenir des détails et des renseignements sur ces deux découvertes, à la manufacture de Sèvres; l’habile et modeste directeur à qui cet établissement est confié accueillera toujours avec empressement les industriels qui voudront recourir à ses lumières.
- Le classement par catégorie est indispensable pour désigner les nombreux produits céramiques compris sous la dénomination de poterie ;. nous les partagerons en quatre espèces, ainsi qu’il suit :
- i° Terre cuite non vernissée;
- 2° Poterie commune à vernis de plomb;
- 3° Faïence brune et blanche à émail stannifère;
- 4° Faïence fine et grès cérames.
- TERRES CUITES SANS VERNIS.
- Peu de villes possèdent dans leurs environs autant de terres plastiques que Paris; Vaugirard , Arcueil, Gentilly, les buttes
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- Saint-Chaumont, les Moulineaux, etc., en recèlent une immense quantité : aussi peu de capitales possèdent-elles autant d’établissements occupés à la fabrication des produits céramiques.
- Pendant de longues années, ces terres étaient, en ce qui touche la poterie sans vernis, employées seulement à la fabrication des tuiles, briques, carreaux et pots pour jardinage; mais d’habiles potiers ont obtenu avec ces mêmes terres des résultats qu’on n’osait espérer. Nous voyons aujourd’hui sortir de ces fabriques des objets propres à orner les demeures les plus somptueuses^des vases de grandes dimensions, des vasques pour jets d’eau et pour jardinières, des pendentifs, des motifs propres à la construction, le tout ornemanisé avec un goût ravissant; des statues colossales, des groupes, des pièces même monumentales, sont venus prêter leur secours aux arts et à l’architecture. Il serait trop long de nommer ici les hommes qui ont contribué à réaliser ces heureux résultats.
- GROSSE POTERIE A VERNIS DE PLOMB.
- La poterie à texture poreuse et recouverte d’un vernis à base de plomb est, sans contredit, la plus commune entre les produits céramiques; on a prétendu quelle était insalubre à cause de sa glaçure plombeuse : l’usage ne l’a pas suffisamment établi. Il serait fâcheux qu’il en fût ainsi : le bas prix de cette vaisselle l’a mise à la portée de toutes les bourses; il s’en fabrique une grande quantité. Elle a l’avantage d’aller sur le feu : elle est par là d’une utilité générale comme poterie de cuisine. Les habitants des campagnes, les artisans des villes, les ouvriers chargés de famille, de qui les salaires ne sont pas assez élevés pour se procurer une vaisselle plus recherchée s’en servent constamment sans en être incommodés. Il ne serait pas juste, selon nous, de lui refuser l’intérêt que réclame son utilité.
- FAÏENCE BRUNE ET BLANCHE A EMAIL OPAQUE ET STANNIFERE.
- Cette faïence, la plus ancienne qui ait été fabriquée en
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- France, a pris naissance en Italie : le nom de faïence lui vient d’une petite ville, nommée Faenza, où on la fabriquait; Bernard Palissy l’introduisit en France vers le xvi® siècle. Elle fut longtemps le monopole de Nevers, où on trouve encore aujourd’hui les sables ou silices propres à cette fabrication. Cettefaïence n’est pas susceptible de grands perfectionnements, elle a à lutter aujourd’hui contre la poterie fine, dite terre de pipe, qui s’est tout à la fois perfectionnée et grandie ; le bas pris de cette dernière et les impressions variées qu’elle reçoit comme embellissement rendent la fabrication de la faïence recouverte d’émail à base d’étain très-restreinte.
- Aussi les fabricants de Paris, depuis longtemps, lui ont-ils •donné une autre destination que la vaisselle; elle est utilement employée à la construction des poêles et des cheminées ; elle est encore recherchée, pour sa petite poterie, par les parfumeurs, confiseurs et pharmaciens.
- Cependant les manufactures de Nevers, du Bourg-la-Reine, Lunéville et Saint-Clément fabriquent toujours cette faïence; c’est encore la vaisselle préférée dans certaines localités : elle est sans doute moins légère et moins jolie que la terre de pipe, mais elle est très-solide; elle est surtout livrée à la consommation à des prix très-bas.
- FAÏENCES FINES ET GRES CERAMES.
- Si la plupart des potiers sont restés stationnaires dans leur industrie, il n’en est pas ainsi des fabricants de faïence fine dite terre de pipe; ces manufacturiers, il faut s’empresser de le reconnaître, ont résolu depuis vingt ans les conditions exigées en industrie, perfection et bon marché.
- La faïence fine anglaise était depuis longtemps fabriquée et perfectionnéee en Angleterre par les Wedgwood et les Spodes avec une supériorité qu’il ne faut pas méconnaître, quand, il y a soixante ans environ, elle fut importée en France. A son début chez nous, elle se présenta avec toutes les imperfections inséparables d’une industrie naissante : le biscuit en était poreux et cuit à une basse température; le
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- vernis, fait avec l’oxyde de plomb, se rayait avec le couteau sans le moindre effort. Malgré ses défauts, cette poterie, blanche et légère, séduisait : elle se présentait avec des avantages extérieurs qui en rendaient l’écoulement facile ; mais bientôt l’usage apprenait aux consommateurs qu’ils n’avaient acquis qu’une mauvaise vaisselle.
- Les fabricants comprirent le danger de rester dans de semblables conditions : ils travaillèrent sans relâche à améliorer leurs produits, ils introduisirent dans leur pâle le feldspath et le kaolin, le biscuit fut cuit à une plus haute température; on ne fit plus entrer dans l’émail que l’oxyde de plomb nécessaire pour le broyage ; le borax, l’acide borique, la silice, lé feldspath y entrèrent en plus ou moins grande quantité, selon la façon de composer de chaque fabricant.
- La cuisson de la faïence à la houille, généralement adoptée aujourd’hui dans les grandes manufactures, quand on n’employait autrefois que le bois, est aussi venue en aide aux fabricants, en leur procurant une économie notable; enfin beau-. coup d’autres améliorations et de découvertes, obtenues par nos industrieux et habiles fabricants, que nous ne pouvons signaler dans un exposé aussi restreint que le nôtre, ont résolu le problème , perfection et bon marché.
- Dès le xvii® siècle, les Allemands fabriquaient les grès cérames avec une perfection qui les faisait rechercher par les étrangers. Jusque-là nos terres plastiques propres à la fabrication des grès n’avaient été employées par nos potiers que pour fabriquer des vases grossiers, tels que pots à beurre, saloirs, terrines à lait, cruchons-, etc.; mais le remarquable établissement de Sarreguemines, à qui l’art céramique est redevable de tant de perfectionnements, la fabrique de Creil, et plus tard celle de Voisinlieu, alors sous la direction de M. Zie-gler, changèrent la fabrication de cette poterie, et surpassèrent bientôt ce qui avait fait le monopole de nos voisins; il n’est pas douteux que nos fabricants soutiendront la réputation qu’fis ont acquise.
- Nous terminerons ces considérations générales sur les po-
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- teries en recommandant aux manufacturiers de persévérer dans cette bonne voie, d’être sans cesse à la recherche des améliorations qui doivent les conduire à livrer à la consommation uDe belle fabrication à des prix très-doux : il ne faut pas nous dissimuler que les Anglais, nos devanciers dans les arts céramiques, livrent dans les marchés étrangers à des prix plus bas que les nôtres; encore un pas vers la perfection, et nous ne les craindrons plus.
- Médaille
- d’argent.
- § 1er. TERRES CUITES. — BRIQUES ET TUILES.
- M. Bougon, rapporteur.
- MM. CÂRVILLE etC1G, fabricants de terres cuites, à Chantilly, près Alais (Gard).
- L’établissement de MM. Carville et C1C est important : ils occupent 5o ouvriers et iis fabriquent de 100 à i5o,ooo francs de produits; la tuile, la brique et le carreau, qu’ils fabriquent en grande quantité, sont fails à la mécanique, ils possèdent un moteur de la force de 6 chevaux. Tout ce qui peut se faire en terre cuite non vernissée est fabriqué par cette maison : tuiles, briques réfractaires pour hauts fourneaux, briques pour construction, appareils de chimie, moufles et cornues, etc.
- L’importance de celle maison, la diversité des produits qu’elle fabrique, le chiffre d’affaires quelle fait ne laissent pas de doute sur sa bonne fabrication. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- Médaille M. Adrien COURTOIS, fabricant de tuiles à la méca-ickorue. nique, rue Saint-Lazare, n° 148, à Paris.
- Ce fabricant, qui déjà avait obtenu une mention honorable en i844» présente à l’exposition plusieurs systèmes de tuiles faites à la mécanique et qui nous ont paru fort ingénieux. MM. Fontaine et Feuchère, nos collègues, ont reconnu qu’elles avaient une grande partie des avantages signalés par l’exposant, c’est-à-dire qu’elles étaient fabriquées de telle sorte, qu’elles présentaient tout à la fois plus de solidité, bien que plus légères, qu’elles pouvaient en outre servir aux constructions des monuments, comme aux habitations .particulières; enfin, qu’elles pouvaient, mieux que les tuiles ordinaires, préserver les intérieurs de la pluie el de la neige.
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- Nous avons aussi dû apprécier les produits de terre cuite de M. A. Courtois, et nous avons remarqué que sa fabrication, au point de vue céramique, était fort bonne : ces tuiles sont bien pressées et fort également moulées; elles sont cuites à une température qui leur donne toute la solidité qu’on peut obtenir des terres plastiques. Nous dirons aussi que la fabrique de M. A. Courtois est fort importante.
- Le jury, voulant reconnaître les avantages obtenus par M. A. Courtois par le bon système de ses tuiles et sa bonne et importante fabrication, lui décerne la médaille de bronze.
- M. Jean-Jacques COURTOIS, fabricant de tuiles, conduits Rappel
- i , . , . , T /o • \ de mention
- de chemmee, tuyaux en terre cuite, a lssy (berne), honorable.
- Les produits de ce fabricant ont constamment figuré aux expositions de i834, 1839 et i844; à chacune de ces expositions, ils ont été reconnus de bonne fabrication, et leur supériorité, en 1849 » est encore la même, ainsi que nous l’avons reconnu.
- M. Courtois présente de nouveau à l’exposition un comble couvert avec des tuiles à rebord et à recouvrement d’un nouveau système^ cette couverture, par l’heureuse disposition des tuiles, nous a paru disposée de manière à empêcher la pluie et la neige de s’introduire dans les intérieurs; elle est aussi, à ce que prétend M. Courtois, beaucoup plus légère que la tuile ordinaire.
- M. Courtois fabrique en outre des tuiles émaillées-, mais le haut prix de ces tuiles et les dangers qu’elles peuvent faire courir aux couvreurs, en ont rendu la fabrication peu importante.
- Le jury rappelle à M. Courtois la mention honorable qu’il a obtenue aux expositions précédentes.
- M. MARC-MARTIN, fabricant de tuiles, à Bourbonne (Haute-Marne).
- Mention
- honorable,
- Ce fabricant présente à l’exposition, sous îen° i,o34> une toiture avec noue et arêtier en tuiles d’un nouveau modèle, faites dans un moule en fonte, au moyen d’une forte pression ; ces tuiles, à recouvrements et emboîtements, sont bien fabriquées-, la terre, après la cuisson est dense et sonore; elles sont aussi très-régulières et très-solides.
- Il est difficile de bien apprécier tous les systèmes de tuiles exposées
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- cette année, le temps et l’expérience peuvent seuls dire si elles réunissent les avantages que les exposants leur attribuent. Cependant nous avons reconnu que la tuile de M. Marc-Martin, en ce qui touche la bonne fabrication, est bien établie; aux rapports d’architectes et d’ingénieurs qui les ont employées, il en résulte que ces tuiles ont en effet l’avantage de présenter une couverture plus solide et d’un prix moins élevé que celles faites en tuiles ordinaires.
- L’assurance du maire de Bourbonne que ces tuiles sont d’un bon système, et qu’elles sont généralement employées dans la localité, l’importance que doit avoir une bonne couverture en tuiles, réduite pour le prix, de telle sorte qu’elle puisse faire disparaître les couvertures en chaume, ont déterminé le jury à donneràM. Marc-Martin une mention honorable.
- M. PAYEN, me Folie-Méricourt, à Paris, n° 3o, et M. MAUNY, 4 Issy, avenue d’Issy, n° 17; tous deux fabricants de terres cuites.
- Ces deux fabricants ont exposé à peu près les mômes produits : des creusets, des moufles et des appareils de chimie; les renseignements que nous nous sommes procurés sur les objets qu’ils ont exposés leur ont été favorables, et l’usage journalier que font de leurs creusets les personnes qui s’occupent d’opérations de chimie nous laissent la certitude qu’ils sont de bonne qualité.
- La fabrication, que nous avons examinée, est généralement bonne, et nous avons l'econnu qu’elle était établie avec les soins que réclame celte industrie.
- Le jury décerne à MM. Mauny et Payen une mention honorable.
- M. PREVEL aîné, fabricant de tuiles, à Besançon (Doubs).
- Ce fabricant présente à l’exposition des tuiles dites de Besançon, de forme assez gracieuse, à emboîtement et recouvrement. Nous avons dû, pour bien reconnaître les avantages signalés par M. Prevetaîné, prier MM. Fontaine et Feucbère, nos collègues, de nous dire ce qu’ils en pensaient : leur avis, favorable au système de cette tuile, et, de plus, les certificats de M. le colonel commandant l’arsenal, celui de M. l’ingénieur des fortifications, ceux de deux architectes de la ville, la médaille obtenue par M. Prevel de la
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- société d’encouragement, permettent d’admettre que ce système de tuiles est généralement recherché dans la localité.
- Le jury décerne à M. Prevel aîné une mention honorable.
- M. HUBAINE, fabricant de tuiles, à Beauvais (Oise).
- Ce fabricant a exposé des tuiles à rebords et recouvrements d’un nouveau système, qu’il appelle tuile française; elles sont cannelées sur la partie exposée extérieurement pour l’écoulement des eaux, et ont la forme d’un carré long; les coins sont arrondis.
- Ces tuiles sont faites à la mécanique : la machine est inventée par ce fabricant; les avantages du système de cet exposant, ainsi qu’il le déclare, sont ceux ci-après : le mètre de couverture coûte 35 centimes de moins que celui fait en tuile ordinaire ; elle pèse une fois moins que la tuile de Bourgogne; on peut encore, au moyen de ces nouvelles tuiles, faire les combles beaucoup plus plats, sans crainte de voir l’eau ou la neige s’introduire dans les intérieurs; enfin, par tous ces avantages, ce mode de couverture présente une économie de 20 p. o/o sur les tuiles ordinaires.
- L’établissement de ce fabricant ne fait que commencer, mais la commission de l’Oise le recommande particulièrement ; elle verrait avec plaisir qu’il fût encouragé, pour déterminer les habitants des campagnes, attendu le bas prix de couverture par les tuiles de M. Hubaine, à remplacer les couvertures en chaume par celles en tuiles, et par là éviter les sinistres si fréquents dans le département de l’Oise. Pour ces motifs, le jury accorde une citation favorable.
- MM. BORIE frères et PÀTINOT, fabricants de terres cuites, à Paris, boulevard Poissonnière, n° 24,
- Présentent à l’exposition, pour la première fois, des briques dites tubulaires. Ces fabricants assurent que les briques tubulaires, que nous avons examinées, présentent aux constructeurs de grands avantages, comme économie, et sous le rapport aussi de la salubrité; elles sont, disent-ils, moitié moins lourdes et tout aussi solides que la brique ordinaire; elles ont encore l’avantage d’absorber l’humidité, elles sont un préservatif contre l’incendie ; enfin, elles coûtent une fois moins cher que les briques de commerce.
- Sans prétendre que ces avantages ne sont pas exacts, nous observerons qu’ils n’ont pas reçu la sanction que donnent le temps et
- Citation
- favorable
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- l’expérience, el, tout en souhaitant qu’ils se réalisent, nous dirons qu’ils sont encore à l’état d’essai. Le jury, pour la bonne fabrication des briques, accorde à MM. Bories frères et C'° une citation favorable.
- § 2. TERRES CUITES NON VERNISSÉES. M. Bougon, rapporteur.
- Rappel M. FIOLET, fabricant de pipes, à Saint-Omer (Pas-de-
- de médaille _ 11 '
- d’argent ' Calais ).
- Si les déclarations de M. Fiolet, aussi bien que le rapport fait parle président de la commission des arts céramiques de i844> ne venaient constater l’importance de l’établissement de ce fabricant, on aurait peine à croire qu’une maison qui ne fabriquait alors que des pipes occupât 700 ouvriers dans l’intérieur de la fabrique et un assez grand nombre au dehors, enfin, qu’elle produisît, par an, boo.ooo francs de pipes, qui s’écoulent soit en France, soit à l’étranger.
- M. Fiolet, depuis i844, a ajouté à sa fabrication celle des briques réfractaires, pour construction de hauts fourneaux, et des carreaux pour carrelage de fours. 11 a établi dans sa manufacture une caisse de secours pour les ouvriers malades, blessés ou infirmes; cette institution milite en faveur de la sollicitude de ce fabricant pour les classes laborieuses : puisse-t-il avoir de nombreux imitateurs ! Il a obtenu une médaille d’argent à l’exposition de Boulogne et une en vermeil à celle de Saint-Omer.
- Inu tile de parler ici de la supériorité de la fabrique de Saint-Omer • 1,200 modèles de pipes, i32 presses en pleine activité, 4 grands fours, 8 fournetles à émail, 760 ouvriers toujours occupés, 600,000 fr. de produits constamment demandés, prouvent, mieux que tout ce que nous pourrions dire, la supériorité de cette maison.
- Le jury rappelle à M. Fiolet la médaille d’argent qu’il a obtenue, en î 844-
- Médaitie M. FOLLET, fabricant d’objets d’art en terre cuite, rue des daigent. Cbaibonniers-Saint-Marcel, nos 1 6 et 18, à Paris.
- Ce fabricant a donné à la terre cuite non vernissée un perfec-
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- bonnement dans les formes et l'ornementation qui le place à la tête de celle industrie; la modicité de ses prix et la diversité des objets qu’il fabrique sont tels, que cette poterie, bornée autrefois à l'usage des pots pour jardins, est aujourd’hui recherchée par les amateurs, amis des pièces de bon goût, pour les serres de luxe, les appartements, même les salons; elle est encore très-propre à l’embellissement des parcs et jardins.
- M. Follet a rendu un véritable service aux arts et au commerce en donnant à celle industrie tous les perfectionnements dont elle est susceptible : des vases, des vasques, des suspensoirs , des jardinières, des poteries délicieuses pour étagère, le tout de gracieuse forme et parfaitement ornemanisé. La fabrication en est toujours soignée; le poli de la terre prouve tout le soin apporté à la manipulation.
- Ce fabricant emploie généralement les terres plastiques des environs de Paris, mais il se sert aussi des kaolins de Limoges pour les objets recherchés, et des terres de Dreux pour les creusets et cornues, qu’il fabrique très-bien. Nous avons encore remarqué dans la fabrique et les magasins de M. Follet, que nous avons visités, des poteries courantes bien établies.
- Les vases sur piédestaux qui décorent l’exposition d’horticulture sortent de la fabrique de M. Follet. La commission, voulant récompenser les progrès réalisés par ce fabricant, lui décerne la médaille d’argent.
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- MM. RENNEBERG et Cie, fabricants de terres cuites, au Petit-Montrouge, route d’Orléans, n° 113.
- Ces fabricants se présentent pour la première fois ; leur exposition se compose d’objets qui méritent de fixer l’attention du jury: des statues de grandeur naturelle, des gi'oupes d’enfants et des bas-reliefs sont très-remarquables : les figures sont bien modelées, le groupe d’enfants esthabilement composé ; une Velléda, d’après Main-dron, est artistement reproduite; des vases, des coupes, des modil-lons méritent de figurer auprès des objets que nous venons de décrire; en un mot, cette exposition , sous le rapport artistique, est vraiment l’ecommandable.
- La direction de la manufacture est confiée à M. Dabay; elle est, sous le rapport de l’art et de la fabrication, fort bien dirigée. La terre est cuite à une température qui lui donne toute la solidité.
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- désirable; elle est, après la cuissou, dense et sonore et imitant très-bien la pierre; elle résiste à l’intempérie des saisons, ainsi que cela est bien établi par les statues exposées à l’hôtel de ville de Paris, qui ont été exécutées par celte maison.
- Nous avons visité cette fabrique, ainsi que tant d’autres: elle n’a plus l’activité qu’elle déployait avant février, mais elle .fait cependant de nobles efforts pour soutenir une réputation bien acquise.
- La composition de la terre est ainsi faite :
- 100 parties de terre de Monlereau;
- 5 parties de silice (sable de Longjumeau) ;
- 20 parties de moellon (carbonate de chaux impur); îo parties de ciment de leurs débris.
- Les produits de cette maison, pour l’embellissement et l’ornementation des habitations particulières, des jardins et des édifices publics, peuvent être d’un grand secours à MM. les architectes.
- Le jury décerne à MM. Lenneberg l'a médaille cVargent.
- MM. DEYEUX et GABRY, fabricants de creusets, cornues et ustensiles de chimie, à Liancourt (Oise), se présentent à l’exposition pour la première fois.
- Ces messieurs divisent leurs creusets en deux catégories : la première, marquée A D, est propre, suivant leur déclaration, à la fonte du bronze, du cuivre, de l’or et de l’argent; la seconde, marquée du n° 28, est spécialement destinée à la fonte du fer et de l’acier.
- Ainsi que les rapporteurs qui nous ont précédés l’ont fait observer, il est impossible, en voyant les creusets, de bien apprécier leur mérite, car ils doivent présenter diverses propriétés, suivant qu’ils sont soumis à une température plus ou moins élevée, ou qu’ils sont employés pour la fonte de divers métaux; c’est sans doute ce qui a déterminé ces fabricants à produire deux espèces de creusets.
- La qualité des creusets ne peut donc s’apprécier qu’autant que des épreuves réitérées par des hommes spéciaux, dont l’autorité est une garantie, on t été faites ; les certificats joints au dossier par MM. Deyeux et Gabry, où nous voyons figurer les noms de MM. Thénard, Bar-ruel, d’Arcet et Despretz, noms si haut placés dans les sciences, ne nous laissent aucun doute sur la supériorité des creusets de ces fabricants.
- Le jury leur décerne une médaille d’argent pour récompense de cette bonne fabrication.
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- M. BEAUFAY, fabricant de creusets, chemin de ronde de la barrière de Ménilmontant ; dépôt à Paris, rue - Guénégaud, n° 23.
- Le rapporl fait en i844, par le savant et regrettable M. Bron-gniart, sur les bonnes qualités des creusets, tubes et cornues de M. Beaufay, ne laisse aucun doute sur la supériorité des produits de ce fabricant.
- S’il fallait de nouveaux témoignages en faveur des produits de M. Beaufay, nous pourrions citer encore l’éloge qu’en faitM. Ber-ihier, après de nombreux essais, souvent réitérés.
- La commission s’empresse de le reconnaître et le jury rappelle à M. Beaufay la médaille de bronze que ce fabricant avait justement méritée en i844-
- M. Émile-François GARNAUD, fabricant de terres cuites, rue Saint-Germain-des-Prés, n° 9, à Paris.
- M. Garnaud expose pour la première fois diverses pièces en terre cuite imitant la pierre, et qu’il nomme pierre artificielle, propres à la décoration des maisons particulières et des édifices.
- Le principal objet que cet exposant soumet à l’appréciation du jury est un autel d’ordre corinthien, la statue de la Vierge, les anges agenouillés ; les bas-reliefs et les chapiteaux nous ont parubien modelés. Ce monument, d’une grande dimension, si on considère la matière avec laquelle il est fait, a dû être d’une exécution difficile, et nous paraît bien susceptible de fixer l’attention de la commission.
- Ce fabricant, outre la pièce principale que nous signalons, a encore exposé divers objets remarquables, comme vases,^frises, consoles, mascarons, chapiteaux pour colonnes et pilastres, le tout bien modelé et bien fabriqué. Ces produits sont spécialement destinés à la construction des maisons aussi bien qu’à leur embellissement. M. Garnaud assure que le degré de cuisson qu’il donne à sa terre lui procure une solidité telle, qu’elle peut être exposée aux intempéries des saisons sans éprouver de détérioration.
- Ces objets sont fabriqués avec la terre de Montereau ; c’est la même composition que celle deM. Renneberg, avec cette différence qu’il remplace le moellon par des coquilles d’huîtres.
- M. Garnaud nous a remis un cahier contenant la collection des objets qu’il fabrique ; nous y remarquons de fort jolis modèles,
- Rappel de médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- dignes de figurer dans ies édifices. Avec de tels éléments, nous pensons que cette maison peut compter sur l’avenir.
- Le jury lui accorde la médaille de bronze.
- M. GOSSIN, fabricant de terres cuites, rue de Ja Roquette, n° 57, à Paris.
- M. Gossin fabrique les mêmes produits que M. Follet, et avec les mêmes terres. Il vient, par une spécialité qu’il est juste de reconnaître, se placer dans cette industrie avec des avantages rema:-
- Nous entendons par ce mot spécialité faire observer le talent de M. Gossin comme modeleur et comme fabricant : en effet, toutes les pièces exposées par ce manufacturier sont, sous le rapport de l’art, fort remarquables, et toutes sont modelées par lui. Son industrie se porte plus particulièrement sur les figures, sans cependant cesser d’être recommandable dans les autres genres. Celle fabrication, disposée pour l’embellissement, des parcs et jardins, souffre comme tant d’autres depuis longtemps.
- Nous voyons à cette exposition deux cariatides ( Flore et Gérés), de jolies figures en pied, représentant des fleuves et des bacchantes, bien modelées; des enfants bien groupés, des vases avec de belles garnitures et ornemanisés avec goût, des coupes, des suspensoirs, style rocaille et renaissance; un combat de coqs bien fait; enfin, une exposition artistique.
- Les produits de celte fabrique, que nous avons visitée, peuvent très-bien résister à l’extérieur, ainsi que cela est attesté par une longue expérience. La fabrique date de 1815.
- Le jury décerne la médaille de bronze comme récompense de cette remarquable exposition.
- M, Louis HASSLAUER, fabricant de pipes, à Givet ( Ardennes ).
- M. Hasslauer présente à l’exposition „sous le n° 2019 , un assortiment de pipes très-complet, des briques réfractaires et des moufles en terre cuite. L’établissement de ce fabricant n’est pas aussi important que celui de M. Fiolet, de Saint-Omer; cependant il ne laisse pas encore que d’être considérable : il occupe 35o personnes, hommes, femmes et enfants, 3 grands fours, et plusieurs
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- fours à émail. Ce iabricant expédie 8,000 caisses de pipes par an:
- 7,000 à l’intérieur et 1,000 à l’étranger.
- Bien que depuis longtemps le goût de fumer existe, il faut reconnaître que cette habitude s’est singulièrement propagée de nos jours : aussi les fabriques de pipes ont pris un accroissement en rapport avec ce goût et se sont généralement propagées. Cette fabrication, il faut bien le dire, présente peu de difficultés; le jury accorde à M. Hasslauer la médaille de bronze, autant pour l’importance de son établissement que pour la bonne fabrication de ses pipes, briques et moufles,
- MM. ARMITAGE et* GASTELLIER, fabricants de terres ^Mentions cuites, rue des Fourneaux, n° 3, à Paris.
- Ces fabricants ont exposé de très-grands objets en terre réfractaire, aussi bien que des tuiles, briques et carreaux. Ces produits, d’une utilité industrielle et commerciale, nous ont paru mériter l'attention du jury.
- Une cornue en terre réfractaire, d’une grande dimension, pour fabriquer le gaz d’éclairage , est fort bien fabriquée.
- Un four à cuire le pain, fait d’une seule pièce et disposé pour être transporté, est très-remarquable comme bonne réussite et comme difficulté vaincue.
- Des tuiles nouvelles, des briques réfractaires, des carreaux de diverses couleurs, avec lesquels on peut faire un carrelage mosaïque, prouvent que celte maison ne redoute aucune des difficultés attachées à son industrie.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
- MM. BOISSIMON et G10, fabricants de terres cuites, à Langeais (Indre-et-Loire).
- Il est difficile de bien juger des briques réfractaires présentées à l’exposition sans les soumettre à une température fort élevée; il faut donc s’en rapporter, ainsi que cela se fait pour les creusets, aux attestations et aux certificats produits parles exposants et revêtus de signatures d’hommes compétents dans la science.
- Mais l’usage que les principales usines d’Indre-et-Loire font des briques de la fabrique de MM. Boissimon et Ci8,les attestations du jury départemental, la médaille que cette maison a obtenue à
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- Tours, et, plus que tout cela, le rapport du jury central de i84u , déterminent le jury à décerner à MM. Boissimon et C‘° une mention honorable.
- citation M. BERTEAU, fabricant de briques, rue du Moulin-de-tavorabte. Beurre, n° 14, à Vaugirard (Seine).
- Cet exposant, au moyen d’un petit ustensile en terre cuite, présente un mode de palissage pour la vigne et les arbres à fruits qui n’est pas sans intérêt.
- Les ustensiles qui servent à ce nouveau procédé ont la forme d’un champignon; ils sont scellés dans le mur à leur base et percés d’un trou dans la partie la plus étroite; on introduit dans ce trou un petit bâton, qui sert à fixer la branche de l’arbre qu’on veut palisser : par ce moyen, fort simple, la branche se trouve fixée sans être serrée par aucune ligature.
- Ce nouveau système paraît ingénieux, mais il est encore à l’état d’essai et paraît susceptible de perfectionnement. Le jury lui accorde une citation favorable.
- § 3. POTERIE COMMUNE VERNISSÉE AU PLOMB.
- M. Bougon, rapporteur.
- Médailles M. GUENAUD, fabricant de poterie à vernis de plomb, Je brome. rue de la Roquette, n° 3 i, à Paris.
- M. Guenaud fabrique bien ce genre de poterie; il a exposé des pièces moulées de diverses formes, ovales, octogones, carrées et losanges, fort bien fabriquées; ces poteries sont recouvertes d’un beau vernis noir et jaune, les formes sont commodes et bien appropriées à leur usage ; nous y avons vu aussi des pièces tournées d’une grande dimension,
- M. Guenaud fabrique encore, outre des briques et des carreaux, des terres cuites non vernissées pour jardinage et décoration de jardins, bien que la fabricalion de briques et de carreaux dans Paris présente peu d’avantages, attendu le prix élevé du combustible et de la main-d’œuvre, M. Guenaud en fabrique cependant une grande quantité, mais il cuit tous ses produits au charbon de terre, et se procure par là une éconofuie qui le met à portée de soutenir la concurrence sur la place.
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- La fabrique de M. Guenaud, que nous avons visitée, est fondée depuis cinquante ans, elle est très-importante; elle a obtenu deux médailles d’argent à la Société d’horticulture, et une mention honorable à l’exposition de i844; le jury décerne la médaille de bronze à ce fabricant.
- M. AIMARD, fabricant de poterie, rue de la Roquette, n° 3 t , à Paris.
- M. Aimard fabrique, ainsique M. Guenaud, des poteries recouvertes d’un vernis à base de plomb ; son genre de fabrication se porte plus particulièrement sur les plats et poêlons pour le service des cuisines; son vernis noir et jaune est d’un beau brillant; ses produits, en général, se font remarquer parle bas prix et la bonne fabrication.
- Nous avons visité cette fabrique; nous y avons remarqué un four à trois étages qui mérite une mention particulière; dans le rez-de-chaussée de ce four, il cuit, ainsi que le font tous les potiers, son émail, à l’étage au-dessus son biscuit, et dans le.troisième étage, qui ne peut recevoir assez de feu pour y cuire l’émail qu’il y enfourne, il a pratiqué deux carneaux à la hauteur du carrelage de ce four, et aussitôt les fours inférieurs quittés, il introduit dans les carneaux du bois fendu menu de toute sa longueur; en deux heures, ce four, qui déjà est arrivé à la température du feu de réverbère, est amené à cuire complètement la poterie qui s’y trouve placée; >ce fabricant assure qu’il ne lui faut que 7 ou 8 francs de bois pour achever celle cuisson ; ce moyen, que nous voyons pratiquer à la manufacture de porcelaine de Sèvres dans le four à deux étages,' est très ingénieusement appliqué à celle industrie.
- M. Aimard était ouvrier avant d’être fabricant, il doit à son travail la prospérité de sa fabrique, sa conduite et son intelligence en font tout à la fois un homme estimable et un bon fabricant-/ le jury s’empresse de lui décerner la médaille de bronze.
- MM. LECO0; GENÎLLIER et PLANAIX, fabricants de terre cuite à Billom (Puy-de-Dôme).
- Ces fabiicants se présentent pour,la première fois à 1 exposition ; leur manufacture a été créée en a 846 ; la découverte de diverses terres plastiques dans la localité peut donner à cet établissement de
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- grands développements.; déjà ils occupent 5o ouvriers, ainsi qu'ils le disent dans une notice remise par eux ; ils citent particulièrement la découverte d’un kaolin plastique, se colorant d’un beau rouge à une certaine température; la plasticité de ce kaolin permet de le travailler avec la plus grande facilité, il se polit très-bien, et les pièces fabriquées avec cette matière sont d’un bel effet.
- Des potiches de grande dimension, des vases forme Médicis, quelques carafes à fleurs et des alcarazas, figurent à l’exposition de ces fabricants: ces objets sont bien fabriqués; ils présentent aussi leur kaolin comme possédant des propriétés particulières pour la fabrication des alcarazas.
- Les autres terres trouvées près de la fabrique, ainsi que nous l’avons reconnu, sont propres à la fabrication de diverses poteries de ménage comme faïence brune et blanche à émail opaque, faïence fine, pipes et grès cérame.
- Cet établissement, ainsi que le déclare la notice, a obtenu, à l’expôsilion des produits d’horticulture au Luxembourg, le premier prix pour la coloration des vases à fleurs, et une médaille d’or au chef-lieu de son département; le tarif des prix courants que nous ont remis ces messieurs nous a paru dans des conditions propres à donner un écoulement facile à leurs produits, le jury, voulant récompenser une maison où tant d’éléments d’avenir paraissent réunis, leur décerne une médaille de bronze.
- Montions
- honorables.
- M. AVISSEAU, fabricant de poterie genre Palissy, à Tours,
- Se présente pour la première fois à l’exposition; les objets qu’il soumet à l’appréciation du jury sont remarquables par l’originalité et la diversité des sujets qui servent à historier cette poterie.
- M. Avisseau modèle, peint, cuit et fabrique lui-même les objets, qu’il expose ; la variété des couleurs, leur fraîcheur et la transparence du vernis, sont d’un bel effet. Cette vaisselle rappelle celle faite parle fondateur de l’art céramique en France, Bernard Palissy; les pièces sont ornées de reptiles et d’animaux aquatiques en relief, fort bien imités pour la forme et la couleur.
- Nous voyons figurer à cette exposition une étagère d’un mètre 5o° de hauteur fort bien réussie, un cadre pour miroir, des vases, une aiguière et son bassin, d’assez jolie forme. Il est fâcheux que le prix de ces objets soit si élevé, et qu’ils ne soient propres qu’à être mis
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- en parade; dans ces conditions, la fabrication en est et sera toujours très-restreinte.
- Celte fabrique a été créée en i844. elle n’occupe que très-peu de personnes; le jury, pour récompenser les travaux vraiment remarquables de cet habile potier, lui accorde une mention honorable.
- MM. J. et A. DELAHUBAUDIÈRE, de Quimper, et MM. PARQUIER frères, aussi de Quimper, fabricants de grès.
- Ces fabricants , établis dans la même ville, livrent au commerce à peu près les mêmes produits; la principale fabrication de ces deux maisons consistent en poteries de grès propres à contenir des liquidesel des conserves, telles que cruchons, bouteilles à encre, pots à beurre, pots de pharmacie, pots à confiture et à tabac, etc.
- Si ces objets ne sont pas aussi remarquables que les pièces de luxe de MM. Mausard et Salmon, il serait injuste de ne^pas les signaler au jury, attendu leur utilité et leur bas prix. Ces objets sont généralement bien fabriqués et très-propres à l’usage auquel ils sont destinés.
- Ces deux fabriques sont importantes : elles occupent 60 ouvriers chacune; elles sont particulièrement recommandées par la commission départementale. Le jury décerne à MM. Delahubaudière et Porquier frères une mention honorable.
- M. DESPEUILLES, fabricant de grès vernissés, à Saint-Honoré (Nièvre),
- Se présente pour la première fois à l’exposition -/ son établissement ne date que de 1847. Il a exposé des poteries en grès recouvertes d’un émail cristallin dans lequel, à ce qu’il assure, il n’entre pas de plomb : ce vernis présenterait un très-grand avantage, as-sure-t-il encore, sous le rapport hygiénique.
- Ces poteries, recouvertes d’un vernis coloré, nous ont paru de formes commodes et bien fabriqués; le prix de revient de ces produits, à ce que la commission départementale"'assure, sont tellement minimes, qu’il paraît difficile qu’aucune fabrique puisse entrer en concurrence avec cette maison.
- Le jury, voulant récompenser un établissement nouveau, particulièrement recommandé par la commissionjléparlementale, lui accorde une mention honorable.
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- M. (JÀBRY, fabricant de faïence brune et blanche, â Melun (Seine-et-Marne),
- Présente à l’exposition des faïences brunes et blanches pour vaisselle de ménage, aussi bien qu’un assortiment très-grand de jouets d’enfants; le principal mérite de cette exposition est le bas prix des objets exposés, qui les met à la portée de tous.
- La fabrique de M. Gabry est déjà ancienne elle date de i83o; elle a aussi une certaine importance : il possède un moteur hydraulique de la force de i o chevaux ; il occupe l\o ouvriers et il fabrique de 80 à 100,000 francs de produits.
- Une mention honorable lui est accordée.
- M. LANDAIS, à Tours,
- Fabrique absolument le même genre que M. Avisseau. Nous remarquons à celte exposition deux plats ovales, dans lesquels sont des poissons en relief imités, pour la forme et la couleur, avec une grande vérité; deux aiguières bien historiées, une vasque sur pied, d’un mètre de hauteur, des suspensoirs, le tout avec des animaux en relief bien modelés et coloriés comme nature. Nous pensons cependant que, dans ce genre, la supériorité est acquise à M. Avisseau.
- Le prix élevé de ces sortes de poteries les met seulement à la portée des amateurs de ce genre, et les empêchera toujours, ainsi que nous l’avons dit ailleurs, d’obtenir le plus petit développement. Le jury donne une mention honorable à M. Landais.
- M. SCHMID, fabricant de poterie vernissée, à Besançon (Doubs).
- Ce fabricant présente à l’exposition, pour la première fois, des poteries spécialement disposées pour la cuisine et les cafetières à filtrer; celte poterie, recouverte d’un vernis colorié, est d’un aspect agréable. Ce fabricant assure que sa vaisselle va fort bien au feu ; il n’est pas douteux qu’il en soit ainsi, puisque les objets exposés sont pour usage culinaire.
- Cette fabrication est bonne; mais ce,qui frappe , c’est le bas prix de ces produits: il est tel, que les plus petites bourses peuvent y atteindre.
- Le jury décerne à M. Schmid une mention honorable.
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- S 4. FAÏENCE fine vernissée et grés cérames.
- M. Bougon, rapporteur.
- MM. LEBŒUF, MILLET et C”, fabricants & Creil (Oise) et à Montereau (Seine-et-Marne).
- Happe 1 de médaille d’or.
- Il y a peu de chose à dire sur les poteries fines dites de terre de pipe, appelées aujourd’hui demi-porcelaine, après ce que le savant et regrettable M. Brongniart en dit dans ses rapports de i83y et i844 ; il est hors de doute que celte faïence, qui, à son début en France, était reconnue, par sa glaçure plombeuse, d’un très-mauvais usage, est à présent incontestablement supérieure à celle qui se fabriquait lors de son début.
- La faïence fine se présente à l'exposition de 1849 avec *ous ^es avantages cl’une excellente poterie : l’élégance des formes, la variété des impressions, l’éclat des couleurs, la diversité des engobes, le façonnage des pièces, et surtout le bas prix auquel on la livre au commerce, en rendent la consommation presque universelle.
- Il est du devoir du jury de signaler les établissements qui ont le plus contribuer à réaliser ces grands succès : la manufacture de Sarreguemines est sans contredit, la première, qui y ait le plus contribué; celle de Creil et de Montereau l’ont puissamment secondée, et la fabrique de Bordeaux, bien que moins ancienne, s’est montrée leur digne émule.
- Les manufacturiers de faïence fine et de porcelaine tendrë de Creil et Montereau .présentent à l’appréciation du jury, comme aux expositions précédentes, un grand assortiment de faïences diverses et de porcelaine tendre, les produits de ces établissements, toujours appréciés à leur juste valeur, ont fait obtenir à MM. Lebœuf et Millet toutes les récompenses qu’il était au pouvoir du jury de décerner.
- Les produits que ces fabricants exposent de nouveau sont toujours dans des conditions aussi heureuses, l’ensemble de leur expo-position est toujours remarquable ; le jury s’empresse de le reconnaître. «
- MM. Lebœuf et Millet ont ajouté à la fabrication de la faïence fine et de la porcelaine, celle des boutons de porcelaine tendre ; depuis deux ans environ qu’ils on t fait cette entreprise, la fabrication de ce produit a pris un grand développement. Le directeur de la
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- Médaille
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- manufacture de Creil, lors de noire visite dans l’établissement nous a assuré que celte nouvelle industrie lui était venue en aide depuis les événements de février, et qu’elle l’avait mis en position d’occuper une grande partie des ouvriers attachés à la maison. Le jury rappelle à MM. Lebœuf, Millet et Cio la médaille d’or.
- M. Alexandre DE GEIGER, gendre et successeur de M. UTZ-SCHNEIDER et Cie, fabricant de faïence à Sarreguemines (Moselle).
- Cette maison, depuis 1791, a constamment marché à la tête de son industrie; cette.supériorité, si bien acquise par la variété et la beauté de ses produits, ne lui a jamais été contestée. À chaque exposition nous avons vu sortir de cet établissement les poteries les plus nouvelles, les plus variées et les mieux fabriquées, on ne s’est pas borné aux impressions les plus soignées, aux fonds de couleur des plus belles nuances, on a fait, ce qui est à nos yeux bien autrement précieux, d’excellentes poteries allant bien au feu et à des prix étonnants de bon marché.
- Nous étions fondés à croire que l’exposition de 184q trouverait la fabrique de Sarreguemines stationnaire après d’aussi notables progrès; il n’en est pas ainsi très-heureusement. Sous l’administration de son habile directeur M. de Geiger, successeur de M. Ulz-Schneider, son beau-père, cette fabrique a grandi de nouveau ; la faïence ordinaire que nous plaçons en première ligne est des plus solides, des assiettes ont été essayées par immersion dans l’eau bouillante et immédiatement plongées dans l’eau froide, sans que la moindre gerçure se soit manifestée ; nous avons répété ces épreuve» plusieurs fois, toujours même résultat; mais ce qui nous surprend surtout, c’est le bas prix de cette vaisselle si bien fabriquée: ces mêmes assiettes que nous avons essayées se vendent à marchand 1 fr. 45 cent, la douzaine.
- La faïence que M. de Geiger appelle demi-porcelaine, et que les Anglais nomment ironslone, possède les propriétés de celle poterie; le biscuit est dense et sonore, elle résiste au choc sans se briser; l’émail, dégagé, autant que possible, d’oxyde de plomb, est très-dur : elle se rapproche par toutes ses belles qualités de la porcelaine dure.
- M. de Geiger n’est pas moins extraordinaire dans les objets de luxe qu’il fabrique que dans la faïence ordinaire; ses candélabres imitant
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- l'agate moulés, en bronze, el susceptibles d’orner les palais, ses poteries cle fantaisie aux diverses, couleurs sont, par les reliefs et la variété clés formes, des plus séduisantes; les vases faits en grès brun, ornés cle feuillages et rehaussés en platine, sont d’un bel effet et d’une ornementation bien remarquable, en un mot cette exposition si variée et si belle, et qu’il ne nous est pas possible ici cle détailler en entier, surpasse encore de celle i844, déjà si supérieure aux précédentes.
- M.Utz-Schneider avait épuisé justement les récompenses qu’il élai* au pouvoir du jury d’accorder; M. cle Geiger s’est montré son digne successeur, le jury lui décerne la médaille d’or.
- MM. J. VIEILLARD et Cie, de Bordeaux (Gironde).
- La manufacture de faïence fine de Bordeaux est élevée sur une grande échelle, et parfaitement appropriée à l’industrie pour laquelle elle a été créée; elle occupe 65o ouvriers; sa position dans une grande ville maritime du Midi lui procure de grands avantages pour ses débouchés, les produits s’écoulent à l’intérieur et aux colonies; bien que fort éloignée de la Capitale, la manufacture a un dépôt à Paris ; la personne chargée de ce dépôt nous a assuré qu’elle plaçait facilement cette fabrication, sans redouter la concurrence des maisons placées à la porte de Paris.
- La direction cle la fabrique de Bordeaux, depuis la retraite de M. David Johnston, son fondateur, est confiée entièrement à M. Vieillard. L’intelligencq et l’activité de cet habile fabricant ont donné à ce grand établissement tout lé développement qu’on pouvait attendre; il fabrique pour un million de produits très-variés; la bonne fabrication en rend l’écoulement facile.
- Nous avons examiné avec attention la fabrication de celte maison, et nous devons constater les notables progrès qu’elle a,faits depuis i844; le biscuit de la faïence est blanc, dense et sonore; l'émail est très-bien glacé et réunit les conditions de solidité qui font une bonne poterie; les foi'mes sont gracieuses et commodes, les impressions soignées et faites avec.de belles couleurs ; mais c’est surtout les engobes qui sont remarquables dans cette exposition; ils sont obtenus avec une netteté qu’on n’a pas vue encore, el multipliés avec une variété qui peut satisfaire tous les goûts.
- La poterie de fer que les Anglais appellent ivonstone, est aussi fort bien fabriquée, Nous nous Sommes assuré qu’elle réunif les
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- avantages de solidité que celte vaisselle a, de résister au choc sans se briser.
- La manufacture de Bordeaux, lors de sa création, tirait ses matières premières et son combustible d’Angleterre; M. Vieillard a compris le danger d’une pareille position; il extrait maintenant sa terre de Périgueux, son silex de Bergerac, et son kaolin de Bayonne, le charbon de terre avec lequel il cuit tous ses produits lui vient du dépaplement de Lot-et-Garonne; toutes les couleurs servant aux fonds comme aux impressions sont composées dans le laboratoire de la fabrique : nous devons féliciter M. J. Vieillard d’avoir su se placer dans des conditions d’indépendance.
- La sollicitude de ce fabricant pour ses ouvriers est constatée par le rapport des autorités locales; une caisse de secours est établie dans la manufacture pour les ouvriers malades. Malgré le défaut de commerce durant l’année que nous venons de traverser, M. Vieillard a constamment occupé les ouvriers ; pendant la cherté des grains, il a fait établir un four à pain, dans lequel on fait encore chaque jour le pain nécessaire à la consommation des ouvriers; par ce moyen, il procure à ces derniers un aliment de première nécessité, meilleur et à des conditions plus douces.
- La manufacture de Bordeaux a été fondée avant i83g, par M. David Johnston, alors maire de cette grande cité; elle répond aujourd’hui, sous la direction de M. Vieillard, aux espérances qu’on avait conçues, et par sa position et par l’importance de son commerce. Cette maison, dès l’année 1839, avait obtenu la médaille d’argent, elle lui fut rappelée en 1844;* nous pensons que son importance, qu’elle doit à ses beaux résultats, mérite aujourd’hui que le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. MANSÂRD, fabricant de grès cérames, à Voisinlieu (Oise). '4-;
- L’établissement de Voisinlieu, pour la fabrication des grès cérames a été placé dès sa création sous la direction d’un homme de talent, d’un habile peintre, M. Ziegler. Sous les auspices de cet artiste, les formes les plus gracieuses et du style le plus parfait-ont été exécutées dans cette manufacture, que nous avons visitée en 1845; les produits de cette maison, par la l’ichesse des ornements et la pureté des formes, ont laissé bien loin derrière elle les grès flamands et allemands fabriques Üu xvne siècle.
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- La fabrique de Voisinlieti ne se borne pas à la fabrication des objets d’art et de luxe, elle fournit au commerce en assez grande quantité, des grès d’une utilité générale, comme cruchons, pois à tabac et à beurre, bouteilles à cidre et à vernis, et elle.fabrique encore de3 ustensiles de laboratoire fort bien établis.
- M. Mansard, collaborateur de ML Ziegîer a continué avec succès la fabrication; depuis la retraite de ce dernier, il a mérité le rappel de la médaille d’argent qui leur a été donnée en i844*
- M. le baron DU TREMBLAY, fabricant de faïence fine à Rubelle (Seine-et-Marne).
- Une poterie à l’état d’essai en 1889, déjà remarquée et récompensée par la médaille de bronze en i844» et qui alors n’avait pas encore le développement quelle a aujourd’hui, se présente de nouveau avec des avantages incontestables ; la découverte est due à M. le baron Bourgoing et mise à exécution, avec un plein succès, par M. le baron du Tremblay, ce fabricant présente à l’exposition un très-bel assortiment de poteries fines, avec application de diverses couleurs, sous le nom d’Email ombrant.
- 'Au moyen du vernis coloré, il obtient, par les cavités et* les reliefs d’ une sculpture en creux, des ombres, des demi-teintes et des lumières; par celte ingénieuse découverte, qui est la contre-épreuve de la lithophanie, il applique à sa faïence des ornements et des figures qui produisent un fort bel effet ; ces impressions arlistement adaptées à des plaques de diverses formes et grandeurs, pourraient être employées par MM. les architectes dans les salles de bains, cuisines, fourneaux, offices et autres pièces.
- Les couleurs employées à la décoration de ces poteries sont belles; quelques fonds posés sur de grandes pièces sont remarquables. La manufacture de M. le baron du Tremblay peut dès aujourd’hui se placer avec avantage^parmi les établissements de produits céramiques; sa découverte doit lui mériter une attention particulière du jury, qui lui décerne la médaille d’argent, et qui lui aurait probablement accordé une récompense d’un ordre supérieur, si l’usage de ces produits remarquables s’était plus généra-lernent répandu.
- M. SALMON, fabricant de grès cérames, à Saint-Ouen .(Seine).
- Ce fabricant s’est présenté à l’exposition de 1844, avec les mêmes
- Miklaiile
- d'argent.
- Médaille de bronze»
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- Mention
- honorable.
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- produits que l’établissement de Voisinlieu, mais alors il était loin d’être à la hauteur de son concurrent pour l’élégance et la pureté des formes; il obtint cependant une mention honorable.
- En examinant l’exposition de 1849, nous avons reconnu que celte maison avait fait, depuis i844> de notables progrès : une pendule de style gothique est d’un assez bel effet; des potiches et carafes à fleurs aussi bien que des aiguières sont bien modelées; des corbeilles et des paniers sont fort joliment tressés.
- Le jury, voulant récompenser les progrès de M. Salmon, lui décerne une médaille de bronze.
- M. D’HUART DE NOTHOMB, fabricant de faïence, à Longwy (Moselle).
- Ce fabricant, dans un exposé détaillé de ses moyens de cuisson, assure qu’il cuit la faïence avec le gaz provenant cl’un haut fourneau servant à la fonte du fer; M. d’Huart met à l’appui de ce qu’il avance un plan du haut fourneau, de l’appareil à gaz et du four à cuire la poterie.
- Il n’est pas possible, en examinant ce plan, de reconnaître les avantages que l’exposant rencontre dans l’emploi du gaz, et si ce mode de cuisson présente une grande économie, comparé aux autres combustibles, la note remise n’en dit rien; nous n’avons pas vu non plus fonctionner le four pendant la cuisson, ni l’appareil qui sert à l’alimenter; nous ne pouvons non plus assurer si tous les produits obtenus par ce moyen de cuisson, réunissent toutes les conditions d’une belle poterie.
- Nous devons dire cependant que ce moyen de cuisson est toul-à-fait nouveau, et qu’il n’a pas jusqu’à ce jour été employé dans ses établissements de produits céramiques; si vraiment il présente de grands avantages, la lîécouverte appartient tout entière à M. d’Huart.
- Ce fabricant présente pour la première fois, à l’exposition, un assortiment de poteries de diverses couleurs, à vernis de plomb. Sa faïence est loin, il faut le dire, d’atteindre la perfection que nous avons signalée dans les poteries de Sarregueinine; cependant les pièces colorées en rouge, jaune et noir, sont d’assez bonne fabrication, et les couleurs ont un bel éclat. Le prix des produits de celle maison sont très-doux et susceptibles de reudre l’écoulement
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- des marchandises facile, celte fabrique est importante elle occupe de cent cinquante à deux cents ouvriers.
- Le jury, au point de vue d’économie et de réussite avec l’emploi du gaz, n’est pas suffisamment éclairé; pour être conséquent avec ses principes, il attendra que le temps et l’expérience confirment l’excellence de cette découverte; dans cet espoir, il donne une mention honorable à M.d’Huartde Nothomb.
- § 5. PORCELAINE.
- M. Ebelmen, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Deux poteries bien distinctes par leur mode de fabrication et la nature des éléments qui les composent, portent le nom de porcelaine. La porcelaine tendre, qui a eu et qui a conservé une grande célébrité, n’est plus représentée en France que par un seul établissement, celui de Saint-Amand-lcs-Eaux (Nord); la porcelaine dure à émail feldspathique est la seule qui présente en France un véritable intérêt au point de vue industriel.
- Il y a en France 4o fabriques de porcelaine environ, dont plus de la moitié sont groupées autour des gîtes importants de kaolin de Saint-Iriex, près Limoges. La valeur des produits que ces établissements livrent à la consommation peut être évaluée à 8,000,000, ce qui fait par fabrique une moyenne de 200,000 environ. La décoration de la porcelaine augmente la valeur totale des produits fabriqués d’une somme importante qu’on ne peut guère estimèr au-dessus de 2,000,o0o. C’est surtout à Paris que cette clernière industrie se trouve concentrée, et c’est une de celles qui ont le plus souffert par suite des événements politiques. Elle se relève à peine des atteintes de la dernière crise.
- Les prix de vente de la porcelaine usuelle ont subi, dans les vingt-cinq dernières années, une réduction très-considérable , et il en est résulté un grand accroissement dans la
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- consommation de cette poterie de luxe, malgré les perfectionnements si importants que la fabrication de la faïence line a réalisés pendant la même période. Nos exportations de porcelaine se sont constamment élevées et représentent maintenant une fraction considérable de la production. Les porcelaines françaises soutiennent avec avantage la lutte sur tous les marchés du monde contre les produits similaires étrangers.
- Faisons remarquer, en passant, combien sont différentes en ce moment les conditions d’existence des manufactures de porcelaine et celles des manufactures de faïence. La fabrication de la faïence fine est concentrée en France dans quatre grands établissements ; celle de la porcelaine est disséminée dans plus de quarante fabriques, dont plusieurs n’ont qu’une très-faible importance. La cause principale de ces différences tient à ce que la cuisson de la porcelaine a exigé jusqu’à présent l’emploi du bois, tandis qu’on cuit la faïence fine avec la houille. La possibilité, démontrée aujourd’hui par les expériences dont nous allons rendre compte, de cuire la porcelaine dure avec la houille, ramènera sans doute les deux industries à des conditions d’existence plus exactement comparables entre elles.
- ttappci M. DETALMOURS, 68, rue Popincourt, n° 68, à Paris.
- de médaille
- M. de Talmours avait obtenu, à l’exposition de i83g, une médaille d’or, sous la raison Discry-Talmours. La beauté des fonds au grand feu, leur nouveauté, la manière dont' ils avaient été pris par immersion et avec des réserves très-bien faites ont été les principaux motifs de la décision, du jury. A l’exposition de i844» M. Discry, auquel le rapport précédent accordait plug spécialement l’invention du procédé, s’était séparé de M. de Talmours et exposait de son côté de nouveaux fonds de couleurs. Le jury accorde simultanément le rappel de la médaille d’or décernée à MM. Discry-Talmours : i° à MM. Talmours et Harel, comme exploitant la fabrique et les procédés de M. Discry, 2° à M. Discry seul comme inventeur des procédés.
- La question se présenle'dc nouveau cette année; M. de Talmours
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- est seul maintenant à la tête de la maison.. Les produits qu’il a exposés en soutiennent dignement la réputation. Deux paires de poterie de grande dimension, l’une à fond turquoise, l’autre à fond gros bleu, richement décorés, de beaux fonds bleus au grand feu, un vase, style chinois, à reliefs sculptés avec goût, des services de dessert et de déjeûner d’un bel effet, montrent la bonne direction apportée aux travaux de l’atelier de décoration. Les pièces en blanc sont également remarquables par leur bonne exécution. M-Talmours évalue à i4o,ooo fr. l’importance de sa fabrication annuelle.
- Le jury rappelé à M. de Talmours la médaille d’or décernée à la maison Discry-Talmours, à l’exposition de i83g.
- M. Félix BAPTEROSSE, fabricant de boutons en pâte céramique, rue de la Muette, 27 et 29, faubourg Saint-Antoine.
- La fabrication mécanique des boutons en pâte céramique est une industrie toute récente. M. Presser prit, il y a dix ans environ, en Angleterre, un brevet pour l’application de procédés propres à cette fabrication, et il en concéda l’exploitation à deux maisons célèbres par leur importance dans l’industrie des poteries, MM.Mi-silon et Ci0/la localité à Stoke-Upon-Treat, à MM. Waller Chamberlain et^C10.
- Les procédés dont M. Bapterosse est l’inventeur, et dont il a commencé l’application en i845, diffèrent beaucoup des procédés anglais, et nous ont paru réaliser un progrès des plus important dans cette nouvelle industrie.
- Ainsi, dans le procédé anglais, les machines qui servent au moulage parla pression de la pâle céramique dessalin, ne frappent qu’un seul boulon par coup de balancier. 'Les machines inventées par M. Bapterosse, en frappent à la fois jusqu’à 5oo et n’exigent, comme les machines anglaises que l’intervention d’un seul ouvrier.
- Les procédés de cuisson ne sont pas moins remarquables, ni moins ingénieux : dans la fabrication anglaise, les boutons, après leur moulage, sont placés à la main sur des rondeaux en terre cuite, encastrés comme d’autres poteries et passés ensuite dans le four à porcelaine tendre, où ils restent pendant toute la durée de la cuisson. Chez M. Bapterosse, au contraire, les boulons se ràn-
- Médaille
- d’or.
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- gent d’eux-mcmes, en sortant de la machine à mouler, sur une feuille de papier que l’ouvrier pose sur une plaque de terre rougie au feu, de même dimension. Le papier brûle, et le support en terre est immédiatement introduit avec les boutons qui le recouvrent dans une moufle aplatie et allongée, chauffée intérieure-rement, où il ne reste que dix minutes environ, temps suffisant pour que les boulons soient convenablement cuits. On relire, au bout de ce temps le support en terre et on le fait servir, immédiatement après avoir enlevé les boutons, à une opération nouvelle. Le four de M. Baplerosse, qui chauffe à la fois 60 moufles, peut rester en feu pendant plusieurs mois sans avoir besoin de réparation.
- Les boutons blancs à pâte plus ou moins translucide, qui forment la majeure partie de la fabrication deM. Bapterosse, sont désignés sous les noms de boutons agate et de boutons strass. Le feldspath et le phosphate de chaux sont les éléments de la pâle à laquelle on donne la faible plasticité nécessaire au moulage par pression, à l’aide d’un peu de lait et d’une dessiccation convenable. M. Bapterosse a pu obtenir, par des additions de divers rides métalliques à la pâle ainsi préparée, des boutons de cinq couleurs différentes bien tranchées, indépendamment des colorations par impression qu’il applique à la surface des boutons blancs , au moyen de procédés remarquables aussi par leur élégance et leur simplicité.
- La fabrique de M. Bapterosse a été constamment, depuis sa formation, en voie d’agrandissement; elle produit maintenant par jour 800 masses ou i,4oo,ooo boutons de toutes dimensions et qualités ; elle occupe 97 hommes, 55 femmes dans l’intérieur de l’établissement, et k00 femmes au dehors pour l’encartage des boulons. La valeur des produits qu’elle livre annuellement à la consommation est de 600,000 francs.
- Les prix moyens des boutons encartés peuvent être' évalués de la manière suivante par masse de 1728 boutons.
- . Pour les boulons agate.... 2f 25c Les boutons strass......-. . . 3
- %
- La supériorité des procédés de M. Baplerosse sur ceux usités en Angleterre est rendue incontestable par un traité que ce fabricant a communiqué à la Commission, et duquel il résulte que MM. Walter Chamberlain et G", cessionnaires du brevet de M. Pros-
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- ser, s’engagent à payer à M. Baplerosse, qui leur abandonne l’exploitation de son procédé en Angleterre, une rétribution pour chaque masse de boutons qu’ils fabriqueront à l’avenir. Ce fait, qui témoigne de la haute valeur du procédé, nous a paru devoir être signalé au nombre de ceux qui honorent le plus l’industrie française, et le jury, en reconnaissant toute la portée, récompense en même temps l’intelligence et l’habileté persévérante de M. Bapterosse, en lui décernant une médaille d’or.
- M. ALLUAUD aîné, fabricant de porcelaine à Limoges. Rappels
- de médailles
- L’établissement que fait valoir M. Alluaud aîné est un des d’argent, plus importants du Limousin; il occupe 200 ouvriers, et fabrique pour 35o,ooo francs de porcelaine blanche par an, auxquels ' il faut ajouter 5o,ooo francs environ pour la dorure et la décoration .
- M. Alluaud aîné est propriétaire des carrières de kaolin et de pegmatile, découvertes par lui et qui lui permettent de livrer aux autres fabricants des matières à porcelaine dont la bonne qualité est généralement appréciée.
- Une médaille d’argent a été accordée en i844, à M. Alluaud aîné, pour l’ensemble de sa fabrication. Ces pièces, exposées cette année par cet habile fabricant, consistent uniquement en porcelaine blanche de service, dont la Commission a distingué la blancheur, l’émail bien glacé, sans coque d’orâs, et la bonne exécution.
- /*
- Le rapport du jury de 1844 a fait connaître les améliorations que M. Alluaud a su apporter dans la fabrication de la porcelaine.
- Rien de nouveau n’est signalé celte année, mais le jury, appréciant l’excellente direction qui continue à présider aux travaux de l’établissement, décerne à M. Alluaud le rappel de la médaille d’argent qui lui a été accordée antérieurement.
- M. Édouard HONORÉ, à Champion (Allier), et à Paris, boulevard Poissonnière, n° 6.
- M. Honoré possède à Champion une fabrique de porcelaine qui occupe en temps ordinaire, 2 5o ouvriers. L’atelier de décoration annexé à son dépôt de Paris, emplie de 25 à 3o personnes. La valeur des produits qu’il livre à la consommation varie entre
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- Médailles
- d’argent.
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- 200 el 260,000 francs, dont plus d’un tiers est enlevé par l’ex-porta tion.
- M. Honoré a introduit depuis quelques années dans sa fabrication le procédé de façonnage des assiettes par le calibrage, à l’imitation de ce qui se fait depuis dix ans environ à la manufacture de Sèvres. Il a employé récemment aussi un procédé d’impression, de l’or, à l’aide d’une planche lithographique, dont les résultats sont satisfaisants.
- Le jury estime que M. Honoré est toujours digne de la médaille d’argent qu’il a obtenue à l’exposition de i844, et lui en accorde le rappel.
- MM. HACHE et PEPIN LEHALLEUR, fabricants de porcelaines à Vierzon (Cher) et à Paris, 24, rue de Paradis-Poissonnière.
- La manufacture de Vierzon est le plus important de tousses établissements où l’on fabrique la porcelaine. Le broyage des matières s’y fait à l’aide d’une machine à vapeur de 25 chevaux; 45o ouvriers y sont employés; l’atelier de décorations établi àParis occupe, en outre, 6o personnes. MM. Hache ét Pépin Lehalleur déclarent qu’ils livrent pour 1,100,000 fraucs de porcelaine à la consommation, dont 3oo,ooo à l’exportation.
- Les produits de la manufacture de Vierzon sont très-bien fabriqués; la Commission a remarqué la blancheur de la porcelaine; la beauté de l’émail, la bonne exécution du façonnage. Le service octogone qui à été exposé est une preuve qu’on y exécute, avec une perfection remarquable , des objets d’un moulage difficile.
- MM. Litri et Rousse, prédécesseurs des exposants actuels, avaient obtenu, à l’exposition de i844, une médaille d’argent. Le jury ne se contente pas de la rappeler à MM. Hache et Pépin Lehalleur; il accorde à ces deux jeunes fabricants, pour l’intelligence et l’habilété dontilsfont preuve dans la conduite d’une affaire aussi importante que celle de Vierzon, une médaille d’argent.
- * ^ i
- M. Jacob PETIT, fabricant de porcelaine à Fontainebleau (Seine-et-Marne).
- L’industrie de la porcelaine a reçu de M. Jacob Petit, à une époque déjà ancienne, une impulsion qu’il faut citer. Ce fabricant
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- peut être considéré comme le premier inventeur de ces formes contournées, quelquefois bizarres, connues sous le nom de rocaille, et qui ont eu, à l’époque de leur apparition, un véritable succès. Beaucoup d’autres fabricants entrèrent dans la voie tracée par M. Jacob Petit, et réalisèrent d’importants bénéfices. Nous n’avons point à apprécier ici ces objets sous le rapport de l’art et du goût, et nous devons seulement constater que leur fabrication a donné une certaine impulsion au commerce de la porcelaine, surtout à l’exportation, et a concouru ainsi à l’accroissement de la richesse nationale.
- Les pièces exposées par M. Jacob Petit témoignent de l’habileté de la fabrication : de grands vases, style rocaille, des statuettes émaillées, ornées de dentelles en porcelaine, bien modelés, des vases à fleurs en relief, émaillés et peints, ont été remarqués par le jury. M. Jacob Petit a exposé aussi quelques vases en porcelaine tendre, fabriqués d’après les procédés usités pour l’ancienne porcelaine de Sèvres, si recherchée aujourd’hui.
- M. Jacob Petit a déjà obtenu la médaille de bronze en i83g : le jury a jugé qu’il était convenable de récompenser d’une manière distinguée l’intelligence et l’habileté de ce fabricant, et lui a décerné une médaille d’argent.
- M. BARRÉ RUSS1N à Orchamps (Jura).
- M. BarréRussin expose, cette année, un assortiment complet de pièces de porcelaine allant au feu, et qu’il a appelées hygiocéramesl La nature de leur pâte, très-argileuse et presque opaque après la cuisson, les rend particulièrement propres à résister aux changements de température. Les produits de M. Barré Russin sont peut-être, au dire des marchands de porcelaine, supérieurs, sous le rapport de la durée, à tous les produits analogues. Ils ont mérité à la fabrique d’Orchamps une réputation qui a été constatée par une médaille de bronze, accordée en i83g, rappelée en i844, et que le jury confirme celte année par un nouveau rappel.
- MB" LANGLOIS, à Bayeux (Calvados).
- MllC5 Langlois ont remplacé leur mère, Mme Vve Langlois, qui a obtenu, en i844, le rappel de la médaille en bronze accordée à son mari à la précédente exposition. La fabrique de Bayeux éin-
- Rappels de médaille de bronze.
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- Médaille de bronze.
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- ploie «les pâles très-plasliques, qui donnent des pièces résistant bien au feu, et qu’on emploie avec succès dans les laboratoires de chimie et dans les ménages. Outre ces objets , qui sanctionnent leur vieille réputation, Milei Langlois ont exposé deux grands potiches avec dessins bleus, dorés émail, dans le goût chinois, qui sont d’un bel effet et d’une bonne fabrication.
- Le jury rappelle à Mu“ Langlois, la médaille de bronze obtenue aux précédentes expositions.
- M. DE BETTIGNIES, fabricant de porcelaine à Saint-Amand-les-Eaux, près Valenciennes (Nord.)
- La fabrication delà porcelaine tendre, d’après des procédés analogues à ceux employés à Sèvres avant la découverte du kaolin de Saint-Iriex, ne se fait plus que dans deux manufactures, celle de Tournay en Belgique, et celle de Saint-Amand-les-Eaux.La porcelaine de ['Sainl-Amand est loin de présenter le même degré de blancheur que l’ancien Sèvres; elle est même très-inférieure, sous ce rapport, aux faïences fines cle belle fabrication, comme celles de Sarreguemines; mais elle est très-tenace, et cette qualité lui conserve des débouchés. Les peintures dont on peut l’orner présentent d’ailleurs les qualités de glacé et d’éclat qui donnent tant de prix aux anciennes porcelaines tendres..
- Le jury, voulant récompenser la fabrication d’un produit qui possède des qualités très-remarquables, décerne à M. de Bellignies la médaille de bronze.
- M. HALOT,gare d’Ivry, lx 2, et à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 8.
- M. Halot a exposé un assortiment de vases de diverses formes, dans lesquels on remarque des fonds au grand feu de nuances très-variées, et généralement d’un beau ton. Quelques-uns de ces vases présentent jusqu’à trois teintes différentes. Le procédé d’en-gobage dont se sert M. Halot, pour obtenir ses fonds de couleur, se distingue particulièrement par la netteté des risnos, et nous a paru donner des résultats complètement satisfaisants. M. Halot fabrique maintenant lui-même la porcelaine sur laquelle il applique ses fonds.
- Le jury a voulu récompenser les progrès accomplis par M. Ha-
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- lot, l’inlelligeuce dont il a fait preuve, en lui accordant une nouvelle médaille de bronze.
- MM. JOUHANEAUD et DUBOIS, fabricants à Limoges.
- La fabrique de MM. Jouhaneaud et Dubois, fondée en i843, emploie aujourd’hui i5o à 200 ouvriers, et fait pour 3oo,ooo fr. de produits, dont les deux tiers sont enlevés par l’exportation. Les objets d’art, de luxe et de fantaisie, forment la majeure partie de celte fabrication. La Commission a remarqué, à l’exposition, une pendule en biscuit de porcelaine, d’un beau mat, et plusieurs autres pièces de fantaisie.
- Le jury reconnaît l’importance de l’établissement de MM. Jouhaneaud et Dubois, les efforts qu’ils ont faits, et leur accorde une médaille de bronze. »
- MM. RUAUD, fabricant de porcelaine à Limoges, et LA-CHASSAGNE, décorateur, à Paris, rue Meslay, n° 55.
- La manufacture de M. Ruaud est, après celle de M. Alîuaud, l’une des premières de la contrée qui entoure Limoges, et où l’on fabrique, par année moyenne, pour 3,5oo,ooo francs environ de porcelaine. Les produits fabriqués par M. Ruaud entrent dans ce chiffre pour 23o,ooo francs environ. Son usine renferme une machine à vapeur de la forcé de 6 chevaux pour le broyage des matières ; deux fours, dont l’un de grande dimension, applique le système de cuisson à la houille inventé par M. Vital-Roux. Il occupe environ 200 ouvriers.
- M. Ruaud se recommande à la bienveillance du jury par les constants efforts qu’il a faits pour perfectionner la fabrication de la. porcelaine. Il a essayé la cuisson à la tourbe et diverses modifications du procédé de cuisson au bois.
- M. Ruaud exploite, en outre, sous la raison sociale Ruaud neveu et Latrille, d’importantes carrières de kaolin et de feldspath qui lui permettent de livrer annnellement à la consommation intérieure, ainsi qu’en Belgique, en Espagne et en Russie, environ 3,000,000 de kilogrammes dé matières à porcelaine, dont la valeur est de 35o,ooo à 4oo,ooo francs. La couverte qui provient de ces exploitations est très-recherchée des fabricants de porcelaine.
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- Le jury, voulant donner une preuve de son intérêt à la fabrication limousine, décerne à M. Ruaud une médaille de bronze.
- M. T1NET, fabricant de porcelaine, à Montreuil, et à Paris, rue du Bac, n" 3y.
- M. Tinet a exposé, cette année, un grand nombre d’articles, dont les plus remarquables sont ceux qu’il a exécutés pour imiter les porcelaines de la Chine et du Japon. Les assiettes décorées en rouge, bleu et or, qu’il vend au prix de 3o francs la douzaine, sont cl’une fabrication soignée, très-légères, et leur émail présente cette teinte bleuâtre qui caractérise les porcelaines chinoises et japonaises. Le décor rappelle aussi ces porcelaines avec beaucoup d’exactitude.
- M. Tinet fabrique lui-même la porcelaine qu’il décore. La valeur totale des produits qu’il fournit au commerce est d’environ i5o,ooo francs.
- Le jury, voulant lui donner une récompense, lui accorde une-médaille de bronze.
- Rappel le mention tonorable.
- M. CLAUSS, fabricant de porcelaine, rue Pierre-Levée, 8 bis, à Paris.
- Les porcelaines exposées par M. Clauss, tant en sculpture dite biscuit qu’en couverte, sont de belle qualité, et le rendent toujours digne de la mention honorable qui lui a été décernée en i83q et rappelée à la dernière exposition.
- Citation M. PELTIER, fabricant à Saint-Yrieix (Haute-Vienne),
- favorable. , rv • 11T-, , . „ n
- et a Fans, rue dEnghien, nq2o.
- La fabrique exploitée par M. Peltier se trouve près des fameuses carrières de kaolin de Saint-Yrieix. Le prix du bois y est peu élevé, et l’établissement est dans de bonnes conditions de prospérité. 11 produit annuellement i5o,ooo francs de porcelaines, dont le tiers pour l’exportation.
- Le jury cite favorablement les produits exposés par M. Peltier.
- M. FLEURY, rué des Trois-Couronnes, 32,, à Paris.
- M. Fleury exploité une fabrique de porcelaines qui fait pour.
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- 200,000 francs d’affaires par an; cet industriel, encore nouveau dans cette partie, a su prendre un rang distingué parmi les fabricants.
- Aussi le jury central, pour une première fois, croit devoir lejciler favorablement.
- M. LIERMANN, rue Saint-Antoine, 35, à Paris.
- Comme M. Fleury, cet industriel est nouveau dans la partie : aussi, pour encourager ses premiers efforts, le jury central le cite favorablement.
- S b. COULEURS VITRIFIABLES.
- /
- M. Ebelmen, rapporteur.
- M. COL VILLE, fabricant de couleurs, griers, n° 22, à Paris.
- rue des Viliai- Nouvelle
- , médaille d’argent.
- M. Col ville a déjà obtenu deux médailles d’argent, Tune à l’exposition de 1839, la seconde en i844* Les excellentes couleurs faites par lui pour peindre la porcelaine et l’émail ont motivé ces distinctions. Les couleurs qu’il a exposées cette année soutiennent dignement leur réputation et méritent d’être remarquées par le jury. L’assortiment des couleurs pour peindre l’émail sur pâte ou sur fondant est complet, et a donné à l’essai que nous en avons fait, de3 résultats très-satisfaisants. On doit aussi à M. Colville, depuis la dernière exposition, un bleu foncé de moufle, qui remplace presque, pour l’éclat et le glacé, le bleu au grand feu. Les remarquables fonds bleus au grand feu* exposés par M. Talmours, ont été obtenus avec les couleurs fournies par M. Colville.
- Les faits que nous venons de signaler montrent que M. Colville continue à faire des progrès et à marcher à la tête de son industrie,, le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MM. ROBERT, LAUNAY, HAUTIN et Cie, rue de Paradis-Poissonnière, n° 3 o, à Paris. ;
- MM. Launay, Hautin et Ci8 tiennent, à Paris, le dépôt des cristalleries de Baccarat et de SaintrLouis. Ils ont établi à Paris des
- ». > . 1 «*
- Rappel de médai d’argent
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- Rappel e médaille le bronze.
- Médaille de bronze.
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- ateliers de peinture sur cristaux, dirigés par M. Fr. Robert, un de leurs associés, qui livrent au commerce, par an, pour 3oo,ooo fr. de cristaux décorés et peints.
- La décoration du cristal en couleurs vilrifiables exige des couleurs différentes de celles qui servent à peindre la porcelaine, et des soins tout particuliers pour la cuisson, afin d’éviter le ramollissement du cristal qu elles recouvrent. Les difficultés ont été surmontées de la manière la plus complète par M Fr. Robert, et le succès obtenu a été récompensé, en i844» par une médaille d’argent accordée à MM. Fr. Robert, Launay et Hautin.
- La Commission a pu se convaincre que l’établissement était en voie de progrès constant, et le jury rappelle de la manière la plus honorable, à MM. Fr. Robert, Launay et Hautin , la médaille d’argent qui leur a été accordée en i844-
- MM. DESFOSSÉ frères, rue de Bondy, n° 72, à Paris.
- Les couleurs exposées par MM. Desfossé continuent à être de bonne qualité, et méritent encore l’opinion favorable que le rapport, fait au jury de i844, a émise sur leur compte. —Le jury accorde à MM. Desfossé le rappel de la médaille de bronze qui leur a été décernée à cette époque.
- M. GTLLE, rue de Paradis-Poissonnière, n° 28, à Paris.
- Les objets exposés par M. Gille sont la preuve des efforts qu’il fait pour apporter des perfectionnements à la décoration de la porcelaine et pour lui donner de nouveaux usages. Nous devons citer spécialement les articles suivants :
- i° Des plaques de porcelaine peinte, dont l’émail a été préalablement dépoli, afin d’éviter le miroitement de la surface restée blanche et' les ondulations de couverte que présentent souvent les plaques les mieux réussies ;
- 20 L’introduction et l’ajustage de porcelaine peinte, de sculptures en biscuit dans des tables de salons et dans des cheminées;
- 3° La décoration des figurines en biscuit, avec des couleurs et de l’or en partie bruni. L’encadrement des figurines, genre Saxe, entièrement émaillées et peintes, consiste dans l’empâtement des contours et du modelé par la couverte. M. Gille a voulu conserver toute la grâce des formes, et donner, en outre, à ses figurines le
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- mérite de l’éclat et de la couleur. Les produits qu’il a exposés méritent les encouragements du jury.
- M. Gille a obtenu une mention honorable à l’exposition de i834-Pour justifier la récompense que la Commission propose au jury de lui accorder, nous devons rappeler que cet honorable industriel est fils de ses œuvres, et qu’il est arrivé à fonder un atelier de décoration et une maison de vente qui fait pour 4oo,ooo francs d’affaires chaque année. Le jury lui décerne une médaille de brome.
- M. GRENON, décorateur de porcelaine, rue du Faubourg-Saint-Martin , n° 51, à Paris.
- M. Grenon a exposé des assiettes et d’autres pièces de service dorées par un procédé qui lui est particulier, et qui donne à l’or une très-grande solidité. Le procédé, pour lequel l’auteur a pris un brevet d’invention, consiste à appliquer sur la porcelaine une première couche d’or à l’aide d’un fondant particulier et à une température plus élevée que la température ordinaire du filet d’or. Une deuxième couche d’or est ensuite appliquée et tout comme à l’ordinaire.
- Nous nous sommes assuré de l’excellente qualité de la dorure de M. Grenon. Ses prix paraissent modérés , et le jury, voulant récompenser un procédé qui donne déjà de très-bons résultats, décerne à M. Grenon une médaille de bronze.
- M. VION, rue de Bondy, n° y, à Paris.
- Les décorations de porcelaine faites dans l’atelier de M. Vion témoignent de son habileté. La Commission a remarqué, d’une manière toute spéciale, la beauté et l’éclat des ors appliqués par ce décorateur. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. CHAPELLE - MAILLARD, boulevart des Italiens, n° 19, à Paris.
- M. Chapelle-Maillard a obtenu simultanément, à l’exposition de i844, une médaille de bronze pour la monture et la taille des cristaux, et un rappel de mention honorable pour la décoration de ses porcelaines.
- Le jury constate que M. Chapelle est toujours digne de ces récompenses, etlui accorde une nouvelle mention honorable.
- »
- Nouvelle
- mention
- honorable.
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- Mentions
- honorables.
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- M. FELDTRAPPE, rue du Faubourg Saint-Denis , n° 1 h h, à Paris.
- M. Feldtrappe a exécuté des peintures sur plaques de verre, au moyen d’un émail blanc opaque, qui forme relief et sur lequel il applique ensuite des couleurs transparentes. Il obtient ainsi des peintures d’un effet agréable, qui rappellent assez bien les décorations des verres allemands du xvii* siècle. Il est à -désirer que M. Feldtrappe continue de travailler dans la même voie, et qu’il essaye d’appliquer ses procédés à la décoration d’objets autres que des plaques. Le jury constate avec satisfaction les résultats déjà obtenus, et accorde à M. Feldtrappe une mention honorable.
- M. Edmond CORBIN, rue du Faubourg Saint-Denis, n° 57, à Paris.
- M. Corbin a obtenu, en i844, une mention honorable à cause de l’importance des travaux de décoration qu’il fait exécuter surtout pour l’exportation. M. Corbin a donné du travail à 120 personnes pendant toute la durée de la dernière crise commerciale. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. JULL1ENNE, rue du Bac, n° 5o, à Paris.
- M. Jullienne, qui a obtenu une mention honorable pour la décoration des porcelaines et des cristaux à l’exposition de 1889, continue à mériter cette distinction par la nouveauté de ses décors, l’importance de ses affaires, et le jury lui accorde une mention honorable.
- M. SAVARIN, à Paris.
- Le jury lui accorde une mention honorable,
- et à M. MAYER, rue des Marais, n° 5o bis, k Paris,
- Une citation favorable pour les porcelaines peintes et décorées par lui.
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- S 7. FAÏENCE BRUNE ET BLANCHE A ÉMAIL STANNIFÈRE.
- M. Bougon, rapporteur.
- M. PICHENOT, fabricant de faïence , rue des Trois-Bornes, n° 5, à Paris.
- Ce fabricant a fait faire à la faïence à émail stannifère pour poêle de notables progrès. Avant la découverte de M. Pichenot, l'émail de cetle faïence avait le défaut de se fendiller dans tous les sens : c’est ce que l’on appelle, en termes de fabrication, le tressaille. (Nous devons faire observer même que c’est un écueil commun à toutes les poteries émaillées. ) M. Picbenot a le.premier évité ce grave inconvénient, et bien que d’autres fabricants aient introduit cette amélioration dans leur fabrication, on ne peut contester à ce bon fabricant le mérite de cette découverte.
- L’exposition de M. Picbenot se ' fait remarquer par plusieurs pièces d’une belle dimension. Des plaques pour cheminée , bien planes et belles d’émail, sont remarquables; deux baignoires sont bien fabriquées ; une coupe ou vasque sur pied, d’une exécution difficile, et une cheminée garnie de plaque décorées avec goût offrent un ensemble de produits bien susceptible de fixer l’attention du jury.
- M. Pichenot s’était placé, par sa capacité, à la tête des fabricants de ce genre. Par malheur, l’industrie vient de perdre cet homme estimable à tant de titres ; sa veuve paraît disposée à continuer la fabrication.
- Nous rappelons à cette maison la médaille d’argent que fem M. Pichenot avait si justement méritée en i844 ; nous serions heu-. reux que ce fût pour celle honorable famille~un sujet de consolation.
- M. BARBIZET, fabricant de poterie à vernis de plomb , à Dijon (Côte-d’Or).
- Ce fabricant n’a exposé que très-peu de choses ; les pièces qu’il soumet au jury ne peuvent guère faire apprécier sa fabrication. Cet exposant n’occupe encore que quatre ouvriers ; nous regardons donc cetle maison comme à l’état d’essai. Nous avons remarque parmi le
- Rappel
- de
- médaille
- d’argent..
- Citations^
- favorables*.
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- peu d’objels exposés une coupe pour surtout, des potiches et un pot à tabac ; la fabrication nous a paru bonne.
- Cette maison est recommandée par la commission du département de la Côte-d’Or comme devant avoir de l’avenir; le jury central lui accorde une citation favorable.
- M. DURAND-BONGARD, à Tours (Indre-et-Loire).
- Faïence brune et blanche à émail opaque et stannifère.
- Quatre fabricants de faïence dite de Nevers, ayant tous quatre leurs établissements à Tours (Indre-et-Loire ), ont exposé les mêmes produits: ce sont MM. Durand-Bongard, Barat-Pallu, Durand-De-gueîle et fils et madame veuve Loyal. Ces faïences, d’après les tarifs que nous ont remis ces fabricants, reviennent à des prix tellement bas, qu’elles sont par là mises à la portée de toutes les bourses; mais il est juste de reconnaître que, pour le biscuit, l’émail et le façonnage, elles ne peuvent être comparées aux belles faïences de MM. Masson et Picbenotr de Paris.
- Ces fabriques sont recommandées par la commission départementale de Tours; nous reproduisons textuellement son rapport ci-après :
- « Elles fournissent (les fabriques) à la consommation des classes «laborieuses des villes et des campagnes une vaisselle d’un entre-« tien propre et facile, d’un usage excellent, et qui joint à un prix « extrêmement bas des formes commodes, bien qu’elles ne man-« quent pas d’une certaine élégance. »
- Nous devons dire cependant que, parmi les quatre exposants de Tours, M. Durand-Bongard nous paraît être celui qui a le'plus approché de la perfection : le jury accorde à ce dei'nier une citation favorable.
- M. y^ALLIG, fabricant à Vendœuvre (Aube).
- Un joli assortiment de poteries de fantaisie est venu figurer à l’exposition pour la première fois : ce sont les remarquables produits de M.Wallig. Des-corbeilles, des paniers et cabas, des jattes à pain et des compotiers, des caisses à bouquet, se présentent sous des formes charmantes et sont tressés avec infiniment de goût : c’est véritablement lé potier qui s’est emparé de l’art du vannier. .
- des objets, propres à orner lés étagères, peuvent aussi être uti-
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- lemenl employés pour recevoir des fleurs et servir des fruits; ils sont d’un prix tellement doux, qu’ils ne manquent pas d’acquéreur.
- Nous devons dire, cependant, que le biscuit de celte poterie n’est pas assez cuit, et qu’il manque par là de solidité ; il a aussi l’inconvénient de faire tressaillir le vernis par son défaut de cuisson; le jury, convaincu que M. Wallig fera disparaître cet inconvénient, lui donne une citation favorable.
- § 8. ÉMAILLAGE SUR MÉTAUX. M. Ébelmen, rapporteur.
- MM. JACQUEMIN, père et fils, à Morez (Jura).
- Un progrès important a été obtenu par MM. Jacquemin depuis la dernière exposition. A cette époque, ils n’avaient encore appliqué l’émail que sur le cuivre et sur la fonte, et ces deux matières, l’une en raison de son haut prix, l’autre par sa grande pesanteur, étaient loin de se prêter à tous les usages qu’on peut attendre d’un métal rendu inaltérable par un enduit vitreux. MM. Jacquemin sont parvenus à émailler le fer, et les pièces qu’ils ont exposées montrent que leur procédé donne maintenant des résultats tout à fait pratiques.
- Des cadrans de dimensions variables, entre 2 mètres et 6 centimètres de diamètre pour horloges et pendules, des plaques en fer émaillé, pour tableaux kilométriques, inscriptions de rues, numéros de maisons, écussons, enseignes, etc., des vases culinaires, montrent à quelle variété d’emplois pourra servir le fer émaillé.
- Les expériences que nous avons faites nous ont prouvé la .grande solidité de l’émail de MM. Jacquemin, la grande résistance à l’action des agents chimiques, tels que les acides, et son inaltérabilité par les changements de température. L’emploi du fer émaillé nous paraît donc devoir être encouragé.
- MM. Jacquemin occupent 20 ouvriers dans leurs ateliers, 70 au dehors et ils livrent annuellement à la consommation 2 5,000 cadrans d’horloges et de pendules, 3 à 4,000 plaques en fer émaillé, indépendamment de divers objets de quincaillerie qu’ils fabriquent aussi à Morez.
- MM, Jacquemin ont obtenu en i844 une médaille de bronze. Le jury constate les progrès importants qu’ils ont réalisés dans leur fabrication , et leur décerne une médaille d’argent.
- Médailles
- d’argent,
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- M. PARIS, rue de Bercy, n° 111 , à Bercy.
- M. Paris a exposé des objets d’un grand intérêt; ce sont des pièces en tôle émaillée, de formes et de grandeurs diverses ; la matière qu’il emploie pour recouvrir le fer est un véritable verre transpa-' rent qui laisse voir la couleur du fer; cet enduit vitreux est très-tenace, adhère fortement au fer, ne se fendille pas par l’action de la chaleur, et résiste sans s’altérer, comme nous l’avons éprouvé, à l’action d’acides très-énergiques; les objets qui en seront recomrerts pourront donc être employés avantageusement à beaucoup d’usages. M. Paris a exposé des tuyaux de conduite, des plaques de tôle émaillée pour couverture, des caisses à eau, des appareils pour produits chimiques et divers ustensiles de cuisine.
- La Commission a suivi la fabrication des pièces en tôle émaillée de M. Paris et a pu se convaincre que son procédé était expéditif et qu’il paraissait devoir donner des résultats économiques.
- Les procédés de M. Paris n’ont point encore été appliqués d’une manière courante et ses produits n’ont point encore été livrés à la consommation. Le jury récompense une industrie qui donne des produits d’un aussi grand intérêt et décerne à M. Paris une médaille d’argent.
- médaille de bronze.
- M. DOTEN, rue Montmorency, n° 38, à Paris.
- La maison Bedier-Doten avait obtenu, à l’exposition dernière, une médaille de bronze. M. Doten qui la représente aujourd’hui, a exposé un grand nombre d’objels analogues à ceux qui ont été signalés dans le rapport du dernier jury, La plupart des pièces sont remarquables par leur bas prix. Les émaux à paillettes paraissent toujours en grande faveur auprès du public.
- Le jury rappelle à M. Doten la médaille de bronze, obtenue par MM. Bedier-Doten.
- Mention M. CHARLOT, émailleur, rue de Montmorency, n° 1, à
- iionorable.
- Pans.
- M. Chariot fabrique à peu près les mêmes articles queM. Doten; les émaux qu’il expose n’ont pas la prétention de rappeler les productions, si remarquables au point de vue de l’art, des anciens - -émailleurs de Limoges; leur bas prix et un assez grand éclat, résul-
- tant de l’emploi de belles et brillantes couleurs et de parcelles iné-
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- lalliques sur les émaux colorés, leur assure un débit assez considérable.
- Le jury accorde à M. Chariot une mention honorable.
- § 9. PEINTURE SUR VERRE.
- M. Ebelmen, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’art de la peinture sur verre, qui a laissé dans la plupart de nos grands monuments religieux des œuvres d’un effet si puissant et si remarquable, est redevenu, après une interruption de deu;c siècles, une de nos industries. Il y a vingt ans à peine, la manufacture de Sèvres, dirigée alors par un savant illustre, M. Brongniart, dont la science et l’industrie ont récemment eu à déplorer la perte, exposait les premiers vitraux peints pour églises, qui avaient été faits en France depuis le xvii® siècle. Aujourd’hui de nombreux peintres verriers, des artistes pleins d’intelligence et de savoir ont remis en honneur les procédés de l’art ancien, et les travaux exécutés par eux dans nos églises ont prouvé qu’ils savaient suivre les exemples légués par leurs devanciers.
- Du xii° au xvi® siècle, l’art de la peinture sur verre a subi, comme l’architecture, de grandes variations. Le vitrail mosaïque des premières époques, qui produit dans nos cathédrales des effets de couleur si saisissants absorbait peut-être une trop forte portion de la lumière du jour, et cet inconvénient s’accroissait d’année en année par les poussières qui s’attachaient au verre et par la décomposition, sous l’influence des agents atmosphériques, qui en altéraient déplus en plus la la surface. Les vitraux des xvie et xvii® siècles donnent plus de lumière, et la composition n’a plus dans les sujets la naïveté du style des premiers siècles. Notre mission ne saurait être de prononcer ici entre lés partisans des deux genres de vitraux. Gardons-nous d’être exclusifs, et encourageons également tous
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- Médaille
- d’argent.
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- ceux qui montrent qu’ils ont étudié avec fruit les belles œuvres de l’une ou de l’autre époque.
- Il serait à désirer, sans doute, que le xix0 siècle pût produire des vitraux qui ne fussent pas des portails des époques antérieures. Des œuvres remarquables ont été exécutées déjà dans cette direction ; mais il faut bien reconnaître pourtant que la restauration, si négligée depuis deux siècles, des belles verreries de nos vieilles cathédrales, exigera pendant longtemps encore, des peintres dont l’art ancien ait été la principale étude. Les moyens matériels ne leur manquent plus aujourd’hui; nos verreries leur fournissent des verres colorés d’une belle teinte; le montage en plomb s’exécute généralement avec intelligence et . solidité. Enfin les couleurs pour peindre la vitre, analogues à celles qui servent à peindre la porcelaine et l’émail, présentent maintenant les meilleures garanties, quantau ton et à la durée; et, à cet égard, quelques résultats remarquables ont été obtenus dans ces dernières années. Le savoir et l’intelligence de nos artistes feront le reste. '
- Les peintres verriers qui se sont présentés à l’exposition de 1849 ont produit des œuvres qui ont été appréciées par le jury et qui ont montré, sous des points de vue divers, les progrès accomplis depuis la dernière exposition. Le jury a regretté toutefois l’absence des travaux d’un artiste célèbre, M. Maréchal, de Metz, qui s’est placé au premier rang dans l’industrie des vitraux, par la distinction et la puissance d’effet de ses œuvres. La mort prématurée d’un autre artiste, M. Gérente, a excité aussi de vifs regrets, dont notre devoir est de consigner ici la mention. M. Gérente venait d’être chargé de la restauration des vitraux de la Sainte-Chapelle, et il avait mérité cette désignation par le succès complet qui avait accueilli ses études sur l’exécution des vitraux du moyen âge.
- M. Prosper LAFAYE, rue de l’Empereur, 9, barrière Blanche, à Paris.
- M. Lafaye a exposé dans un seul vitrail des spécimens des dir verses époques de fart rie la peinture sur verre. La partie supé-
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- rieurc est faite dans le goût du xiiic siècle; celle du milieu appaiv tient auxvi° siècle; enfin la partie inférieure rappelle parfaitement, parle style, la netteté et le brillant de la couleur, les vitraüx suisses qui marquent la dernière période de la peinture sur verre.
- Les études consciencieuses et approfondies de M. Prosper Lafaye sur les procédés des anciens peintres verriers l’ont conduit à des résultats très-dignes d’intérêt. Parmi les couleurs dont il recouvre son verre blanc, nous avons remarqué des émaux bleus, verts et violets, qui peuvent être appliqués à des épaisseurs croissantes, et qui produisent ainsi des colorations d’un ton très-riche et de beaux effets de modelé. Il emploie également des agents chimiques qui dépolissent la surface des verres colorés et donnent à leur transparence ce caractère que la décomposition lente du verre sous l’influence des agents atmosphériques a produit sur les anciennes verrières. -
- M. Prosper Lafaye a exécuté des restaurations importantes dans plusieurs monuments religieux de Paris. Les travaux à faire aux vitraux des églises de Saint-Etienne-du-Mont, de Saint-Eustache, de Saint-Méry, ,dc Sainl-Gervais lui ont été confiés. Les vitraux çlu xvi° siècle et les vitraux suisses surtout sont exécutés par M. Lafaye •avec la plus grande habileté.
- Le jury, désireux de récompenser l’intelligence et l’habileté de cet .artiste, lui décerne une médaille d’argent.
- •* f * J
- MM. LAURENT, GSELL et Gio, rue Saint-Sébastien, 21,, à Paris.
- Les vitraux .exposés par MM. Laurent,. GselletÇi0 appartiennent aussi par le style à plusieurs époques différentes. Un vitrail, dans le goût moderne, représente l'Annonciation,de la Vierge,et a été exécuté pour l’église de Notre-Dame, à Bourg, au prix de 25o francs •le mètre carré. Un autre, représentant l’arbre de Jesséi a été composé pour l’églisede Notre-Damede Bon-Secours, près Rouen,-dans le genre du >xiv° siècle.’Les verres de couleur* sont bien assortis, montés avec soin. MM. "Laurent et Gsell montrent qu’ils ont étudié avec früit les procédés des anciens verriers. • ’ *
- • La commission-a remarqué aussi deux petits sujets d’après Bouchère, peints sur verre rouge, et qui sont d’un effet agréable.
- Le jury décerne à MM. Laurent, Gsell et Cic une médaillé de bronze. ' :vi
- 5 fi
- Médailles de bronze.
- II.
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- M. LUSSON, à Sainte-Croix, près Je Mans (Sartlie).
- M. Lusson a déjà fait ses preuves comme habile peintre verrier, cl les travaux qu’il a exécutés pour plusieurs de nos monuments religieux signalaient son exposition à toute l’attention du jury. L’objet principal est une verrière dans le style du xvi° siècle, d’environ 5 mètres de hauteur sur 2 mètres de largeur, qui représente les saintes femmes d’époques et de diverses conditions groupées autour de la Vierge. La composition de ce vitrail est remarquable, les draperies et les ornements sont traités avec un soin particulier.
- Une lametle, composée dans le goût du xm'siècle, de 3-mètres de hauteur sur 62 centimètres de largeur, représente un saintDenis revêtu de ses habits pontificaux.
- La commission a remarqué aussi de petits vitraux peints en couleur sur verre blanc, qui représentent des paysages, et qui pourront être avantageusement placés dans des appartements.
- Le jury reconnaît les succès déjà obtenus par M. Lusson en lui accordant une médaille de bronze.
- M. Fmile THIBAUD, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- t
- M. Emile Thibaud a exposé deux grands vitraux, l’un représentant un saint Vincent de Paule, l’autre le baptême du Christ dans le genre du xvie siècle, où l’on peut remarquer des accessoires, des feuilles et des fleurs exécutés avec une rare habileté et d’un bel ellet. Parmi les petits médaillons exposés par M. Thibaud , la commission a remarqué particulièrement un effet de neige peint sur verre blanc, et fort bien rendu.
- Le jury décerne à M. Emile Thibaud une médaille de bronze,
- M. ULLMANN, me de Bondy, n° 76, à Paris.
- L’industrie de M. Ullmann est tout à fait différente de celle des vitraux peints. Les produits qu’il expose sont des gravures, sur verre, à deux couches, l’une blanche, l’autre colorée, et le modelé s’obtient en enlevant, par la taille, des épaisseurs plus ou moins grandes de la couche colorée. M. Ullmann a produit ainsi de petits .vitraux fort habilement exécutés, d’un effet agréable, et dont-le prix est assez peu élevé pour qu’ils,puissent entrer dans la décoration des appartements. • ... ?
- Le jury, voulant soutenir celle industrie nouvelle et récompenser
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- en môme temps l'habileté de l’inventeur, lui décerne une médaille de bronze.
- M, Charles DUVAL, à Chatou ( Seine-et-Oise ).
- M. Charles Duval est inventeur d’un procédé d’impression et d’application de couleurs sur verre blanc : la feuille de verre blanc est recouverte d’une.feuille de plomb gravée, et l’on saupoudre le tout de poussière de couleurs vitrifiables mêlées avec une petite quantité de gomme, également en poudre, pour donnera la matière colorante la faculté de rester adhérente au verre légèrement humecté. Si l’on veut appliquer d’autres couleurs, sur d’autres parties du dessin, on fait usage d’une nouvelle feuille de plomb convenablement gravée. La feuille de veri’e ainsi colorée est passée ensuite à la moufle, comme à l’ordinaire.
- Les objets exposés par M. Duval sont intéressants ; la facilité d’exécution de son procédé permet d’espérer qu’il pourra livrer son verre peint à très-bas prix. Le jury lui accorde une mention honorable.
- Mention*
- honorable
- M. EVRARD, Cour des Miracles, n° 6, à Paris.
- M. Evrard a exposé un vitrail avec des sujets de la vie de J. C., dans le style du xm° siècle, et des sujets dans le goût du xvi\ qui sont dessinés av.ec soin et qui méritent que le nom de M. Évrard soit mentionné honorablement dans le rapport du jury.
- M. Léopold LOBIN, à Tours (Indre-et-Loire).
- M. Lobin n’a commencé à faire des vitraux peints que depuis le janvier i848.11 a,exposé cette année un vitrail représentant un Christ assis, qui présente des qualités réelles de composition, et le jury tient à récompenser l’établissement naissant de Ms Lobin par une mention honorable.- ,1s ; s, , v. • / /
- MM. RITTER et PETIT-GÉRARD1, à Strasbourg (Bas-yir-'-"'Rhin)^1 •/“"......... ’
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- si.,,'* »\
- Les deux petits échantillons que MM. IUtter et Pelil-Gérard:ont exposés, quoique exécutés, avec beaucoup de soinyne suffiraient pas . pour mériter une mention spéciale, si le rapport de la commission. .départementale.dujjBas-Rhin ne signalait ces exposants d’une manière toute particulière à l’atten tion du jury central. • y -
- 56.
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- MM. Rilter et Petit-Gérard ont eu des restaurations importantes à exécuter dans la cathédrale de Strasbourg, et notamment sur la grande rosace du portail, dont les 4/5 furent'brisés par la grêle en i84o, et ils s’en sont acquittés avec tant de succès que la commission du Bas-Rhin assure qu’il èst presque impossible de distinguer le travail moderne du travail ancien.
- Le jury décerne à MM. Rilter et Petit-Gérard, pour l’ensemble de leurs travaux, une mention honorable.
- M. VESSIÈRE, à Seignelay ( Yonne ).
- Le vitraux de M. Vessière témoignent de son habileté 4 reproduire les vitraux anciens des diverses époques. Ils ont obtenu une citation favorable à l’exposition de i844* Le jury les mentionne honorablement à la présente exposition.
- DEUXIEME SECTION.
- GLACES, CRISTAUX, VERRES.
- M. Dumas (de l'Institut), rapporteur»
- Rappels
- de
- médailles
- dor.
- SAINT-GOBAIN (Compagnie anonyme de) (Aisne).
- Les nombreuses récompenses accordées par le jury depuis si longtemps à la fabrique de glaces et de produits chimiques de Saint-Gobain dispensent de tout éloge envers ce magnifiquei établissement, pour lequel le jury rappelle qu’il est toujours très-digne de la médaille dror quidui a été décernéejen i83g. ' - :
- SAINT-QUIRIN, CIREY et MONTIIERMÉ (Manufacture de glaces et verres de) (Meurthe). o
- Les produits de cette usiné, déjà récompensée par de nombreuses médailles, sont d’une grande beauté, tant sous le rapport des dimensions que sous celui de la perfection du polissage et de fabsence complète des veines blèues ou vertes qui déparent'habituellement les plus beaux morceaux de ce genre. ; '
- La glace eniJblanc qu’a exposée'Cireÿ cette année est le plus grand morceau de verre qui ait été jamais fabriqué en France. Sa perfection est complète, ; ^ t ;
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- Lo, jury rappelle avec la plus entière conviction la médaille d’or décernée déjà à cet établissement. . *
- BACCARAT (Cristallerie de) (Meurthe).
- La cristallerie de Baccarat se présente pour la sixième fois à l’exposition des produits de l’industrie, et, comme toujours, elle s’y présente avec des améliorations et des perfectionnements du genre de ceux qui lui ont déjà mérité les récompenses les plus honorables.
- Des anses moulées, qui permettent dé varier les formes, jusqu’ici si monotones et si peu artistiques, de ces ornements nécessaires de tout vase, des têtes et des médaillons en cristal opaque également moulé, et dont la finesse dépasse tout ce que la porcelaine la plus parfaite pouvait offrir, sont des améliorations qui donnent maintenant tout l’avantage au cristal dans la lutte qu’il avait entamée depuis longtemps avec la porcelaine.
- Le jury déclare que la cristallerie de Baccarat est toujours digne de la médaille d’or qui lui fut décernée en 1823.
- SAINT-LOUIS (Cristallerie de) (Moselle). -
- Les cristaux de Saint-Louis se font remarquer à cette exposition, comme aux précédentes, parla richesse de leurs couleurs et l’habileté vraimënt supérieure avec laquelle les tailles et les gravures qui les décorent sont exécutées. Une baisse de 26 à 5o p. 0/0 sur les prix de vente, depuis la dernière exposition, est une preuve-de l’activité de la vente dans cette usine.
- Le jury rappelle de la manière la plus honorable que la cristallerie de Saint-Louis est toujçurs digne de la médaille d’or qui lui fut décernée en i834.
- M. HUTTER, à Rive-de-Gier (Loire).
- V MM. Hutter et C°, propriétaires de verreries à Rive-de-Gier, exposent cette année des verres à vitres fabriqués par des ouvriers nés non verriers, dont l’apprentissage a été entièrement fait parles chefs de l’établissement.
- Dans le courant des années 1846 et 1847, d y eu*: dans département une émigration considérable d’ouvriers verriers ; ils furent embauchés par des maîtres verriers d’Angleterre, d’Espagne et
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- lédaillcs
- (lor.
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- d’Italie, à des prix exorbitants. Ceux qui restèrent dans le pays ne furent plus assez nombreux pour compléter les ateliers, et il en résulta une augmentation considérable de salaire et une lutte désastreuse entre les fabricants pour se procurer des ouvriers.
- Dans cet état de choses, MM. Hutter et C10 furent des premiers à aborder franchement une réforme qui leur coûta beaucoup de peines et d’argent; ils résolurent de faire des apprentis souffleurs en verres à vitres et des élendeurs. Des jeunes gens intelligents de la localité, pris dans tous les métiers, furent appelés à jouir d'une industrie nouvelle et jusque-là inabordable pour eux, les ouvriers verriers ne consentant à enseigner leur art qu’à des apprentis nés de parents verriers.
- A l’aide d’améliorations dans le système de soufflage et d’élen-dage, MM. Hutter et C10 sont arrivés à rivaliser par leurs produits avec ceux des usines qui n’emploient que des ouvriers verriers pur sang.
- Le jury déclare que M. Hutter est toujours digne de la médaille d’or qu’il a obtenue en 1844-
- M. DE KLINGLIN, plaine de Valsch (Meurthe).
- ê
- Depuis i844, année où un rappel est venu confirmer la médaille d’or accordée à la fabrique de la plaine de Valsch pour son verre taillé et son demi-cristal, la beauté des produits de cette usine n’a pas cessé de la placer au premier rang pour les objets de consommation courante. Tous les chimistes savent qu’ils ne peuvent se procurer qu’à cette fabrique des tubes infusiblès pour les analyses qui les satisfassent pleinement.
- Lè jury rappelle la médaille d’or qui fut décernée à M. de Klin-glin.
- MM. GUINAND et FEIL, rue Mouffetard, n° 2 65, à Paris.
- M. Guinand a exposé un disque de çrown-glass sans défauts, de. om,69 de diamètre.: c’est un des plus beaux morceaux de ce genre qui aient été faits. Les autres pièces présentées au jury par M. Guinand sont également d’une grande beauté.
- Le jury rappelle la médaille d’or précédemment accordée à M. Guinand en 1839. ,
- M; MAËS, à Clichy (Seine). : , '
- MM. Macs et Clémandot ne se sont pas; contentés de fabriquer
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- des cristaux blancs et colorés qui ne le cèdent en rien à ceux des grandes cristalleries de France pour la richesse des teintes et pour la pureté, l’élégance et le bon goût des formes; ils ont, depuis quelque temps, introduit un élément nouveau dans l’art du verrier.
- Les verres à base de zinc et de baryte, dans lesquels ils ont fait entrer l’acide borique concurremment avec la silice, sont des produits entièrement nouveaux et dont on peut prévoir toute l’importance, en considérant que ces verres, dont le moins beau est plus brillant et plus blanc que le verre de Bohême et le cristal ordinaire, sont à la fois moins difficiles à fondre et plus durs à tailler que le cristal au plomb; qu’ils offrent, par conséquent, des conditions d’économie dans la production et d’inaltérabilité dans l’usage plus favorables que l’ancien cristal.
- Le jury leur décerne une médaille d’or.
- M. ANDELLE et C10, à Épinac (Saône-et-Loire).
- L’égale répartition du verre dans toutes les parties delà bouteille est une garantie de solidité que présentent au plus haut degré celles qui sortent de la manufacture d’Epinac. Leurs formes élégantes, la transparence et la belle couleur du verre, sont autant de qualités qui distinguent les produits de cette maison, qui sont, en général, fort estimés dans le commerce ; elle obtient la préférence pour ses bouteilles à eau de Seltz et à vin de Champagne, pour lesquelles ils occupent incontestablement la première place.
- Le jury leur décerne une médaille d’or.
- M. POGHET-DEROCHE, rue Jean-Jacques-Rousseau, n° 16 , à Paris.
- La fabrique de M. Pochet-Deroche, dont la création remonte au temps des croisades, emploie de nombreux ouvriers et produit en grande quantité les flacons, dont une consommation si considérable se fait, à Paris surtout, pour la pharmacie, la chimie et la parfumerie. L’exportation en Algérie est un des principaux débouchés de son commerce.
- Le jury lui rappelle la médaille d’argent.
- Rappels
- de
- médailles
- d’argent
- MM. DEVIOLAINE frères, à Guffies (Aisne). (
- . Plusieurs médailles de bronze et une d’argent, aux précédentes
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- Médailles
- d’argent.
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- expositions, ont déjà récompensé MM. Devioîaine frètes des efforts qu’ils ont toujours faits pour arriver à une fabrication parfaite et à une solidité que les vins de Champagne ét surtout les eaux gàzetisés artificielles rendent; si nécessaires. Non contents de fabriquer des bouteilles d’une grande solidité et d’üne beauté remarquable, MM. Devioîaine ont encore su baisser leur prix de i5 p. ô/o depuis le mois de février i848.
- Ils sont toujours dignes de la médaille d’argent.
- Mme veuve JACQUEL, me Richelieu, n° 71, à Paris. .
- Les cristaux taillés et gravés de Mœ° veuve Jacqüel lui oiit déjà mérité la médaille d’argent en 1844- La beauté dé Ses; produits n’a pas diminué; et le nombre de ses ouvriers* considérable pour cè genre d’industrie, ainsi que l’élévation du chiffre d’affaires de sa maison» sont des gages de sa nombreuse clientèle èt, par suite, de son habile fabrication.
- Le jury lui rappelle la médaille d’argent.
- M. PATOUX* à Aniche (Nord).
- La fabrique de verres .à vitres et de glaces souillées d’Àniclie a été fondée en 1822 par M. Patoux lui-même. Jusque-là cette usine ne s’occupait que de la fabrication des bouteilles ; huit fours en activité, d’importantes exportations au Mexique, à la Havane, à Valparaiso, à Batavia, une vente très-considérable à l’intérieur de la France, sont autant de garanties d’une bonne fabrication. ;
- M. Patoux, par sa connaissance parfaite de l’art du verrier et par son habileté remarquable comme manufacturier et commerçant, a marqué sa placé dans les premiers rangs dès industriels d’un département, riche en intelligences élevées ét pratiques.
- Le jury lui accorde üiiè médaille d’argent. '
- MONTUUÇON (manufacture de glaces de) (Allier). Leguay et C‘e, rue de la Douane, n°i6, à Paris;
- Cet établissement, fondé tout récemment, commence ses opérations et n’a que fort peu livré au commercé. Il est destiné à fabriquer par an 3o,o,oo mètres carrés de glaces. Il comprend 13-feux,
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- , — 889 — .
- a 6 fours à recuire et plusieurs machines à vapeur représentant une force de 100 chevaux.
- * * et
- Les produits envoyés à l’exposition ont été jugés par le jury central dignes de la haute récompense qui leur a été attribuée;.le jury leur accorde une médaille d’argent.
- * i ^
- M. NOCUS, à Saint‘Man<Jé (Seine).
- M. Nocus est le premier fabricant de cristaux qui ait fait en France le verre de Venise. Il a obtenu déjà, en récompense de ce progrès qu’il a fait faire à l’industrie; française, une médaille de bronze à l’exposition de x844> j
- Le jury rappelle avec plaisir que M. Nocus est toujours digne de la médaille de bronze qui lui fut décernée en i844-
- M. BERGER-WALTER, rue de Paradis-Poissonnière,
- *
- n° 27, à Paris.
- M. Berger-Walter fabrique des verres de montres et des verres de lunettes coupés dans des globes de verre avec tant de soin pt de précision qu’aucune parcelle de ce verre n’est perdue. , : / , lia inventé des.fausses cuvettes de montres en verre, pour remplacer celles en argent et en or ; mais la fragilité de cet. article en a empêché le débit. % . . .
- Le jury le juge toujours digne de la médaille de bronze qui lui fut accordée en x844.
- ' ; • ’. -.r - . ; " 1 ' ' •
- DUTHY, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 162 , à Paris.
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- La fabrique de verres à vitres et de bouteilles de M.. Duthy existe à Anzin depuis i838 seulement. Elle a suivies, établissements rivaux le grand avantage de payer le charbon peu cher, à-cause de sa proximité des mines d’Anzin. La fabrication est considérable et les prix modérés. :,
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
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- M. VAN LEEMPOEL, DE COLNET et C”, à Quiquen, ' grogne (Aisne). ‘.s*. *
- - 1 ^ - j * i • ‘ ? f i ' *
- Celte verrerie, établie, depuis 1290, fabrique des bouteilles .de
- Rappels
- de
- médailles de bronze.
- Médailles de bronze «
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- Mentions
- honorables.
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- toute sorte et particulièrement des bouteilles à yin de Champagne. Elle occupe environ deux cents ouvriers et est presque la seule industrie du pays. *
- Le jury lui accorde la médaille de bronze.
- Mrao Veuve LEROY-SOYEZ, à Masnières (Nord.)
- Cette maison avait exposé en x844 sous le nom de M. Varan-guien de Villepin.
- Les produits de la manufacture de Masnières, qui se consomment entièrement en France, sont remarquables parleur belle qualité et le soin apporté à leur'fabrication. Les bouteilles à vin de Champagne de cette maison peuvent résister à une pression de trente atmosphères, d’après des essais faits avec la machine de M. Collar-deau.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MM. MOUGIN frères, à Porlieux (Vosges).
- La verrerie de Portieux date de i64o; à cette époque, elle était connue sous le nom de Magnenville et appartenait à l’Etat. En 1780 elle fut achetée par la famille des propriétaires actuels, .et constituait deux établissements distincts et rivaux. Quelques années après, les deux usines furent réunies en une seule, qui aujourd’hui occupe cent cinquante ouvriers et produit pour 3 à 4oo,000 francs de verreries par an. #
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M.* HEMERY, à Guerville (Seine-Inférieure).
- M. Hemery a, en i84i» importé aux environs d’Eu, où existent beaucoup de verreries, la fabrication de la verrerie fine, qui, jusqu’alors , était concentrée en Lorraine et en Champagne.
- Son établissement, malgré le développemént des usines rivales, tient toujours le premier rang pour l’abondance et la beauté de ses produits.
- Le jury leur accorde une mention honorable.
- M. CHARTIER, à Douai (Nord);
- Cette fabrique, qui date de 1786, n’a pas encore exposé: elle produit surtout une grande quantité de clames-jeannes, clissées en osier, qu’elle livre au commerce à des prix très-peu élevés. 8oo,Ooo bouteilles ordinaires, versées par an dans le commerce par
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- celte usine, prouvent, du reste, que sa fabrication ne se borne pas aux. dames-jeannes exposées.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. CHAPPUY, à Douai (Nord).
- M. Chappuy a fondé en 1842 l’usine de Frais-Marais'pour la fabrication des bouteilles et des dames-jeannes, dont le département du Nord consomme une quantité considérable, à cause de ses grandes et nombreuses fabriques de produits chimiques.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. FINCKEN,' rue de l’Échiquier, n° 6, à Paris.
- Ce commerçant ne fabrique pas le verre, il ne fait que le mettre en oeuvre. Possesseur de deux brevets, l’un pour la mixture argy-ride, qui préserve le tain des glaces des effets de l’humidité, l’autre pour ses châssis de comble vitrés, qui empêchent les gouttes d’eau provenant de la condensation de la buée.de tomber à terre, il a, en outre, exposé des peintures vitrifiées, un verre imitant les anciens vitraux et destinés à l’ornement des fenêtres d’église.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. PETIT (Alexandre), faubourg Saint-Martin, n° 71, à Paris.
- .M. Petit présente à l’exposition un grand assortiment de fioles et de flacons qu’il tire de diverses fabriques, ét dont il grave les étiquettes. . ;
- Le jury lui accorde la citation favorable.
- M. DUPONT, rue de la Ferronnerie, n° i3, à Paris.
- Les boulons en cristal de M. Dupont, pour portes et meubles, sont garnis en métal par. un nouveau procédé breveté : la solidité de cet ajustage, jointe au bon goût,de la monture, a attiré d’une manière favorable l’attention du jury, qui accorde à M. Dupont une citation favorable.
- M, CHAVENOIS, rue des Gravilliers, n° 10, à Paris.
- M. Chavenois expose un assortiment de pierres fausses dont -là limpidité et l’éclat sont irréprochables.
- Le jury lui accorde une citation favorable. : " 1
- Citations
- favorables.
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- Médaille
- d’or.
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- M. AUDEBERT, rue de Douai, n° i, à Paris.
- M. Audebert fabrique des lettres métalliques qui s’appliquent sur verre : ces lettres s’appliquent aussi bien sur des verres courbes que sur des surfaces planes. .
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- NON EXPOSANTS.
- . M. Ebelmen, rapporteur.
- M. VITAL-ROUX, ancien fabricant de porcelaine à Noirlac (Cher), actuellement chef des fours à pâtes à la manufacture nationale de Sèvres (Seine-et-Oise). ! ;
- M. Vilal-Roux est inventeur d’un procédé de cuisson de la porcelaine dure au moyen de la houille. Différents essais avaient été déjà entrepris dans cette direction; ainsi, en 1785, on a cuit de la porcelaine dure à Lille, en Flandres, au moyen de la houille; des essais analogues ont été faits aussi à Limoges en i835. Aucun résultat pratique n’a été obtenu ; l’irrégularité de la cuisson, les taches produites sur la porcelaine et surtout la coloration en jaune de la pâte de celle-ci paraissent avoir été les circonstances qui ont fait abandonner ces essais, et-aucune manufacture de porcelaine dure française n’employait le combustible minéral, quand'M. Vital-Roux s’est occupé de la question et nous paraît l’avoir complètement
- résolue.
- %
- Le procédé de M-. Vilal-Roux est devenu pratique vers la fin de i846 à la manufacture de Noirlac (Cher); celle-ci' a marché complètement à la houille jusqu’au mois de février i848, époque où la fabrication a été suspendue. M. Vital-Roux a fait établir des fours d’après son système dans quelques manufacturés, et la manufacture de Sèvres vient de l’appliquer ' récemment avec le succès le plus Complet. * -
- Aucune modification n’a été apportée à l’intérieur des fours à porcelaine ; les foyers seuls ont dû recevoir quelques changements : les chaudières sont plus nombreuses et le chargement du combustible sur la grille se fait à des intervalles très-rapprochés les uns des autres, circonstance qui paraît nécessaire pour éviter que la porcc-
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- laine ne jaunisse pendant la cuisson. L’encastrage se fait comme à l’ordinaire, mais il est nécessaire de luter avec soin les carettesles unes aux autres, afin d’éviter les taches que l’introduction des cendres de la houille ne manquerait pas de produire.
- La commission des arts céramiques a assisté à la cuisson et au défournement du four à la houille de la manufacture de Sèvres; elle a constaté que la cuisson était bien égale dans les diverses régions du four, que la porcelaine était très-blanche et que la fournée était entièrement comparable, sous tous les rapports, aux plus belles fournées faites au bois. La réussite pratique du procédé de M. Vi-lal-Rôux nous a paru complètement établie.
- Nons pouvons évaluer l’avantage économique résultant de la substitution de la houille au bois, d’après les données suivantes :
- Le four A de Sèvres consommait en moyenne par cuisson 60 stères de bois blanc valant 900 francs.
- Aucuue modification n’a été apportée dans les dimensions intérieures quand on a dû appliquer la houille à la cuisson, et l’on a pu cuire dans le four la même quantité de porcelaine que par le passé.
- La consommation de houille de Mons (Flines) a été de 86 hectolitres dans la dernière cuisson, lesquels, à 2 fr. 2 5 cent, par hectolitre, donnent 193 fr. 5o cent.
- La*substitution de la houille au bois a donc produit à Sèvres une économie de plus des 3/4 sur les frais, de cuisson ; cette économie ne serait point aussi considérable pour beaucoup d’autres manufactures placées dans le voisinage des forêts, mais on peut bien admettre, comme résultat moyen, qu’une économie de moitié sur les frais de cuisson pourra être réalisée par la substitution d’un combustible à l’autre.
- Le procédé de cuisson à la houille est destiné à apporter des modifications profondes dans les conditions d’existence des manufactures de porcelaine : il faut en effet 8 parties de houille pour cuire 1 partie de porcelaine, et l’on conçoit qu’il sera plus économique de transporter la terre de porcelaine vers les bassins houillers que de faire arriver la houille près des carrières de kaolin. L’industrie de la porcelaine doit tendre maintenant à s’établir, comme celle des verreries, près des mines de houille. N’oubliez pas que l’Angleterre possède en Cornouailles des kaolins delà plus belle qualité, et que la possibilité, démontrée actuellement, de cuire la porcelaine dure avec la houille va pcrmcltré à nos voisins de fabriquer celte poterie
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- — 894 —
- .avec une économie redoutable pour notre industrie, Çesfc à nos fabricants à prendre les devants, en apportant immédiatement dans leurs procédés les modifications dont l’expérience vient de faire reconnaître l’efficacité. • :
- La découverte dont nous venons de rendre compte a-coûté à son auteur un temps assez long et des sommes considérables; bien des expériences ont été faites avant qu’on fût arrivé à un résultat utile. La haute importance industrielle de celui qui a été obtenu méritait d’être signalée au jury, qui la reconnaît, en accordant à M. Vital-Roux la médaille d’or,
- AV
- FIN DU TOME II.
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- — 895 —
- TABLE DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LE TOME IL
- TROISIÈME COMMISSION.
- MACHINES.
- Membres du jury composant la Commission..................Page i
- Section lro. — § 1". Moteurs et machines hydrauliques. ......... i
- S 2. Moulins et pièces détachéesTT.",................ 9
- S 3. Pompes d’épuisement, pompes à incendie, pompes domestiques .................................................. 14
- Section II. — S 1". Machines à vapeur et pièces accessoires.... 59
- S 2. Construction de machines locomotives, waggons - freins v
- pièces et appareils divers............................ 71
- Section III. — Navigation maritime à vapeur, à voiles. .......... 89
- Considérations générales......................... 89
- Navigation à la vapeur............................ 93
- Bateau sous-marin...............;.... 94
- Section IV. — Industrie du sondage......................... 96
- Machines servant à l’exploitation des mines.... 99
- Section V. — Constructions civiles et appareils pour travaux publics. 102 Section VI. — § ier. Machines, outils et grande chaudronnerie..... 109
- §2. Tours.................................................. 121
- § 3. Presses et crics.................................... 1 a3
- Section Vil. — Si". Machines de filature.................... 125
- § 2. Cardes. ............................................ M-6
- § 3. Mécaniques pour tissus brochés................. i5o
- § é. Machines A bonneterie............................... J 57
- S 5. Machines à imprimer sur étoffes., ........... . vi.,... 160
- S 6. Machines à fouler................................... 162
- S 7. Machines à conditionner, filer et tordre la soie.......... i65
- Section Vill. — § i". Machines A composer et distribuer....... 168
- S 2. Presses typographiques..............................* 170
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- § 3. Presses lithographiques et autographiques..........Page 173
- Machines lithographiques distribuant l'encrc............, 173
- Considérations générales................................ 173
- S 4. Machines à chocolat et à broyer......................... 179
- Section IX. —_§ ior. Appareils destinés à obtenir la séparation
- des matières solides et liquides des fosses d’aisances... i85
- S 3. Garde-robes hydrauliques; appareils de toilette, cuvette
- hydraulique.......................................... 187
- Considérations générales.................................. 187
- Section X. — Fabrication et dessins industriels...................... 188
- Considérations générales................................. 188
- Section XI.— § 1er. Carrosserie...................................... 192
- Considérations générales................................ 192
- S 2. Trains de voiture......................«................ 199
- - § 3. Essieux et boîtes de roues.............................. 202
- S 4. Ressorts de voitures.................................... 206
- § 5. Appareils pour faciliter le roulage; enrayage, moyens de
- sûreté................................................ 208
- Section XII. — Serrurerie de précision............................. 213
- Section XIII. — Corderie pour la navigation marine fluviale........ 2 23
- Section XIV. Appareils de sauvetage.................................. 326
- Section XV. — Machines diverses...................................... 227
- Ingénieurs, contre-maîtres, ouvriers non exposants...... a5o
- QUATRIÈME COMMISSION.
- MÉTAUX.
- Membres du jury composant la Commission..... 287
- Section T°. —Métaux autres que le fer................ 287
- Considérations générales.................... 257
- § i,r. Extraction du cuivre brut, laminage et martelage de ce
- métal.................................... 264
- S 2. Fusion et moulage du-cuivre et de ses alliages.. 269
- § 3. Tréfilage, chaudronneries, planage, battage, emboutissage de cuivre et de ses alliages............... 272
- S 4^ Plomb..... ........ ................. 278
- S 5; Extraction du zinc brut....................... 280
- $ 6. Fonte, laminage et emploi du zinc. ....... .. 281
- S 7. Étain et ses alliages, étain laminé, planches à musique,
- poterie, etc. •...................... 285
- S 8. Argent...................................... • • 287
- 5 9; Battage de l’or....... ; v..'«. 291
- °t: S îoi Nickel maillechort,. 291
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- — 897 —
- .Section If. — Fers-blancs, fontes brutes et moulées......... Page 292
- Considérations générales................................ 29a
- S ier. Fabrication du fer................................. 3o5
- S 2. Élaborations diverses des fers........................... 32 2
- S 3. Fontes brutes et moulées.............................. 328
- § 4. Fonte malléable.................................. 337
- S 5. Couverts et étrilles en fer.............................. 338
- S 6. Ustensiles de ménage................................ 338
- Section III. — Si". Aqjprs........................................... 34o
- Considérations générales................................ 34o
- S 2. Limes................................................ 354
- S 3. Faux..................................................... 358
- S 4- Elaborations diverses de l’acier........................ 36o
- S 5. Grosse quincaillerie................................. 36i*
- Considérations générales.............................. 361
- S 6. Fabrication des clous................................ 365
- § . 7. Coutellerie. .......................................... 366
- Considérations générales................................... 366
- S 8. Soufflets de forge et forges portatives.........;....... 376
- S 9. Outils.............................................. 377
- S 10. Aiguilles........................................... 381
- Considérations générales.............................. 381
- Section IV. — S 1". Quincaillerie................................ 384
- Considérations générales. ............................ 384
- S 2. Fermetures domiciliaires relatives aux portes, fenêtres,
- devantures de boutiques, etc........................ 399
- Considérations générales.............................. 399
- § 3. Meubles en fer....................................... 407
- Considérations générales.............................. 407
- § 4. Châssis à tabatières. .................................. 4i 1
- S 5. Toiles et tissus métalliques............................ 4ia
- Section V. — Conduites d’eau et de gaz en métal.................. 417
- Section VI. — Substances minérales combustibles.............. 4x9
- Section VII. — Substances minérales.............................. 4s3
- Considérations générales.............................. 423
- § ier. Exploitations de marbres, granités, etc.............. 429
- § 2. Marbres travaillés. ................................... 436
- Sculpture du marbre à la mécanique......................... 44o
- S 3. Carrières de marbre alabastrite........................ 442
- S 4. Sttics et marbres factices............................. 443
- Considération s générales................................ 443
- Tableaux d’étude de marbi'e.............................. 447
- Considérations générales................................. 447
- S 5. Bitume et asphaltes.................................... 448
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- Considérations générales..........................Page 448
- S 6. Emploi du bitume dans les arts.................«........ 45o
- S 7. Meules de moulin........................................ 45i
- Considérations générales.............................. 45 x
- § 8. Pierres artificielles, chaux hydraulique................ 456
- § 9. Meules de grès, Pierres artificielles................... 458
- Considérations générales............................... .. 458
- §10. Ardoisières, couvertures en ardoises.................... 45g
- Considérations générales................................ 459
- § 10 bis Pierres lithographiques............*................ 466
- Considérations générales................................. 466
- Six. Brunissoirs et pierres à polir.......................... 468
- § 12. Minerais d’émeri, grès, sable.......................... 469
- Considérations générales................................. 469
- § i3. Plastique de concrétions minérales naturelles.......... 471
- Considérations générales............................. âji
- § i4. Crayons................................................ 472
- Considérations géne'rales........................... 472
- Ingénieurs, contre-maîtres et ouvriers non exposants. 475
- CINQUIÈME COMMISSION.
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
- Membres no jury composant la commission......................... 478
- Section Ir0. — Horlogei’ie.......................................... 478
- Considérations générales............................ 478
- S icr. Horlogerie de haute précision....................... 484
- § 2. Horlogerie civile...................................... 492
- § 3. Grands mécanismes d’horlogerie, horloges publiques. . 5o3
- § 4. Mouvements roulants de pendules et ébauches de montres........................................................ 5o6
- S 5. Aiguilles, ressorts de montres et de pendules.......... 5is
- Section II. — § ier. Instruments de physique et d’optique........ 5i3
- § 2. Phares...........‘..................................... 529
- S 3. Appareils à peser et grandes balances pour je commerce. 531
- Considérations générales........................ 531
- A 4. Mesures diverses, compteurs et machines à calculer... 541
- Considérations générales........................ 541
- S 5. Instruments d’astronomie, de marine, de géodésie et de
- mathématiques...................................... 552
- S 6, Instruments divers.......,...!........................... 558
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- S 7. Machines à graver, à tailler et à diviser......Page 56o
- § 8. Globes célestes et terrestres, machines planétaires, caries
- en relief, modèles géométriques.................. 56s
- Section III?—Instruments de musique........................... 567
- Exposé préliminaire................................. 567
- § ior. Pianos.................................. 56g
- Considérations générales............................ 56g
- S 2. Harpes.....................................-........ 585
- Considérations générales............•............. 585
- § 3. Instruments à cordes et à archet................ 587
- Considérations générales............................*587
- S 4. Instruments à vent en cuivre........................; • 593
- Considérations générales.................'........ 5g2
- S 5. Instruments à vent en bois.................... 6o4
- Considérations générales........................... 6o4
- S 6. Grandes orgues.................................. 609
- Considérations générales............................ 609
- § 7. Orgues expressives.............................. 6i5
- § 8. Instruments mixtes..................................... • 617
- $ g. Orgues à manivelles........................... 618
- S 10. Mélophones...................................... 619
- Section IV. — S j“. Arquebuserie.............................. 6»9
- Considérations générales.......................... 619
- S 3. Canonnerie.......................................... 636
- § 3. Cartouches et amorces........................... 638
- S 4. Fourhisserie.................................... 64o
- Considérations générales............................ 64o
- S 5. Ustensiles de chasse............................ 64a
- Section V. — Appareils d’éclairage............................ 643
- Contre-maîtres et ouvriers non exposants.......... 651
- SIXIÈME COMMISSION.
- ARTS CHIMIQUES.
- Membres du jury composant la Commission. ..................... 653
- Section Ir0. — Substances alimentaires, savons, colles et gélatines. 653
- Considérations générales.......................... 653
- § i". Préparation et conservation des substances alimentaires.. 655
- S 2. Savons......................................... 671
- Considérations générales............................ 671
- 3. Gélatines et colles fortes......................... 684
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- Considérations générales...........................Page 684
- Section II. — Couleurs, conservation des bois, tissus imperméables. 691
- § 1“. Couleurs.....................................;.......... 691
- S 2. Conservation des bois.................................... 6g4
- § 3. Tissus imperméables...................................... 698
- Section III. — Produits chimiques, cires à cacheter, cirages vernis. 704
- § ier. Produits chimiques..................................... 704
- § 2. Vernis................................................... 737
- S 3. Cire à cacheter......................................... 740
- § 4. Cirages, encre......................................... 741
- Section IV. — Extraction et raffinage du sucre, fécules, glucoses,
- machines, outils, etc............................ 743
- § ier. Fabrication et raffinage du sucre ..................... 743
- Considérations générales................................. 743
- S 2. Ustensiles et machines pour l’extraction de la fécule et
- pour la fabrication du pain..........................» 754
- § 3. Gluten granulé, amidon, fécule, dextrine, léiocome,
- gommeline, glucose, etc........................... »... j55
- Considérations générales. ............................... 755
- § 4. Appareils pour l’extraction de la fécule..................... # 761
- S 5. Éclairage au moyen des acides gras cristallisés des diverses matières grasses solides, des huiles épurées; applications des résidus............................................. 762
- S 6. Huiles, graisses, suifs, corps gras, etc.............. 771
- S Cafetières et brûloirs à café............................... 774
- S 8. Appareils à faire la glace............................... 775
- Section V. — Couleurs, matières tinctoriales, teinture et impression,
- procédés de blanchiment, etc. ................... 776
- S ier. Couleurs et matières tinctoriales........................ . 776
- S 2. Teinture et impression.............................»..... 780
- S 3. Procédés de blanchiment et de blanchissage............. 788
- S 4. Apprêts d’étoffes de soie................................ 793
- Section VI. — Chauffage................................................ 794
- S i'r. Calorifères à circulation d’eau ou de vapeur.............. 794
- S 2. Calorifères à air chaud.................................. 800
- S 3. Cheminées.................................................. 808
- S 4. Appareils culinaires........................................ 810
- S 5. Appareils distillatoires de l’eau de mer................. 816
- S 6. Fours et appareils de dessiccation]..................... 818
- S 7. Appareils de filtrage................................. 821
- S 8. Enduit contre l’oxydation .............................. 823
- S 9. Appareils divers, eaux gazeuses et appareils pour les vins
- mousseux.......'...................................... 823
- Chimistes (contre-maîtres et ouvriers) non exposants.... 829
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- SEPTIÈME COMMISSION.
- ARTS CÉRAMIQUES.
- Membres du jury composant la Commission...............Page 835
- Section Iie. —Terres cuites, faïences,porcelaines, émaux, etc... 835
- Considérations géniales...................... 835
- S ier. Terres cuites, briques et tuiles............... 84o
- S 2. Terres cuites non vernissées.....•............... 844
- § 3. Poterie commune'vernissée au plomb............... 85o
- § 4* Faïence fine vernissée et grès cérame............ 855
- § 5. Porcelaine..................................... 861
- S 6. Couleurs vitrifiables............................ 871
- S 7. Faïence brune et blanche à émail stannifère...... 875
- §8. Émaillage sur métaux.............................. 877
- § g. Peinture sur verre............................ 879
- Section II. — Glacef, cristaux, verres..................... 834
- Non exposants................................ 848
- FIN DE LA TABLE DU DEUXIÈME VOLUME.
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- — 903 — CORRECTIONS
- ET ADDITIONS AU DEUXIÈME VOLUME.
- Pages. Lignes.
- 84 3
- 87 1
- 178 9
- 272 17
- 414 5
- 523 21
- 256 34
- 285 11
- 423 30
- MM. SERVEILLE aîné, à Paris, ajoutez : rue d’Amboise, n® 4. ANDRAUD, à Paris, ajoutez : allée des Veuves, n° 26. RAGUENEAU, rue Saint-Jacques, n° 7 bis, lisez : rue Joquelet, n° 7.
- PELLETIER, à Paris, ajoutez : place du Vieux-Marché-Saint-Martin, n° 7.
- TROUSSET, à Paris, ajoutez : rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 206.
- MARTENS, à Paris, ajoutez : rue Férou, n° 17. Machines à chocolat DUPLEX, lisez : DAUPLEX.
- Étain laminé plancnes, Usez : planches.
- HÉRICART DE THRY, lisez . HÉRICART DE TIIÜRY.
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TOME 3
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- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS DE L’AGRICULTURE ET DE L’INDUSTRIE
- EXPOSÉS EN 1849
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- RAPPORT
- ١ ocaieq
- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS
- DE L’AGRICULTURE ET DE L’INDUSTRIE EXPOSÉS EN 1849
- TOME III
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
- M DCCG L
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- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE EXPOSÉS EN 1849.
- HUITIÈME COMMISSION.
- TISSUS.
- MEMBRES DU JURY COMPOSANT LA COMMISSION : .
- MM. A. Mimerel, président; — Arlès Dufour, Félix Aubry, Barbet, Billiet, Blanqui, E. Dolfus, Dumas (Justin), Dupérier, M. Gaussen, Germain Thibaut, Victor Grandin, Lainel, Legentil, Manière, Persoz, Bandoincr, Natalis Rondot, Roux Carbonnel, Sallandrouze de laMornaix, Sieber, Tavernier, Wolowski, Yvart, E. Desportes.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- M. A. Mimerel.
- Parler de l’industrie des tissus, parler surtout de ses progrès, aurait paru bien téméraire il y a peu de mois encore. Le travail, cette source si féconde de la richesse nationale, pouvait-il ne pas être à jamais compromis par la violente tempête qui avait bouleversé la France et ruiné ses producteurs? Et cependant, à peine le calme reparaît, que les ateliers sont actifs, les salaires rétablis, et que l’état vrai des choses ne laisse aucun doute sur la marche toujours progressive de nos diverses industries. En effet, laine, coton, lin et soie, filature, lissage, moyens d’apprêt de teinture, de blanchiment
- m.
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- ou d’impression, tous les produits si beaux et si divers, examinés avec un soin soutenu, permettent d’affirmer que l’exposition de 1849 laisse derrière elle celle de i844, si brillante, cependant, quelle semblait défier tous les efforts et fermer, en quelque sorte, la carrière aux progrès.
- C’est un espoir bien consolant que celui de la prompte résurrection de l’industrie des tissus : c’est à la fois la richesse de nos villes, l’aisance de nos villages; car personne n’ignore aujourd’hui que, si le travail français donne chaque année 2 milliards de produits industriels, les 4/5 (i,6oo millions) sont destinés au vêtement de la population, et que, sur cette somme, plus de 8oo millions de salaires sont distribués directement aux ouvriers des manufactures et d’usines, plus généralement agglomérés dans les villes, et aux ouvriers tisserands disséminés en très-grand nombre dans les campagnes.
- ' Ainsi, même au milieu de cette propagande impie qui avait pour but la désorganisation du travail, le travail résiste, et la population des travailleurs, qu’on croyait courbée sous le découragement, se relève avec toute son énergie; ainsi, même après les ravages que laisse derrière lui le génie des révolutions, un moment triomphant, ses moyens de réparer tant de désastres, d’essuyer tant de pleurs en recréant de nouvelles richesses, ne sont pas perdus sans retour! C’est "que, sans cesse travaillée par l’ardeur et l’intelligence de ses habitants, la terre de France est féconde: féconde pour le bien, puisse-t-elle ne jamais l’être poiir le mal; puisse-t-elle n’avoir jamais à déplorer de nouveau les excès dont longtemps encore elle portera la peine.
- Pour atteindre ce but, pour étouffer les mauvaises semences jetées au milieu des populations ouvrières, nos chefs d’atelier comprendront les nouveaux devoirs qu’ils ont à remplir. Ils deviennent, en effet, moralement responsables devant la société de ces populations qu’ils agglomèrent pour le progrès de la production, mais qui trop souvent jettent.!inquiétude et altèrent la sécurité publique. Non que jamais nos industriels soient restés en dehors de la mission qu’ils ont entre-
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- prise, mais le moment est venu de travailler plus activement chaque jour à faire fructifier, parla bienfaisance, les idées de concorde et de respect des lois. Ce n’est plus seulement à transformer habilement la matière que sont appelés les hommes dont l’industrie s’honore ; ce n’est plus même à assainir les ateliers, et assurer parla le bien-être physique des ouvriers; ce sont les ouvriers eux-mêmes qu’il faut transformer en les moralisant. Il faut diriger activement vers le bien l’intelligence incertaine et trop confiante de ces viriles populations.
- Il faut leur faire comprendre qu’il n’y a pas de salaire possible et honorable sans travail : il faut que le prix légitime de ce travail donne le nécessaire pour l’âge viril, le nécessaire pour la vieillesse, et pour cela il faut inculquer à chacun la prévoyance. La prévoyance pour soi, la prévoyance pour les siens. Pour ce résultat, difficile à atteindre peut-être, impossible jamais, il faut que l’ouvrier se retrempe dans la famille, et que l’atelier lui ménage quelques-uns de ces loisirs sans lesquels il ne saurait y avoir ni sérénité d’âme, ni calme d’esprit.
- La prévoyance et l’esprit de famille, ces deux sauvegardes de l’ouvrier, sont surtout nécessaires aujourd’hui que, si les produits, par leur bas prix, permettent à tous une existence plus complète et des jouissances nouvelles, cette conquête n’est due qu’à l’envahissement chaque jour plus généralisé de la mécanique sur le travail manuel, et que cet envahissement doit amener, dans l’existence de l’ouvrier, des perturbations momentanées. Faut-il, sous ce rapport, regretter que la toile, cette richesse de nos chaumières, échappe définitivement, même pour le tissage, à nos familles villageoises? Ce n’est pas ici le lieu d’examiner cette question, mais en admirant, dans les résultats nouveaux quelle expose, les progrès de la machine, un esprit inquiet, ne s’attachant qu’au présent, sans considérer les compensations de l’avenir, pourrait se laisser aller à un sentiment de compassion, en pensant aux précieuses existences qui peuvent être troublées. Ce n’est plûs seulement
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- la force de l’homme que la machine va épargner, et, dirait-il, c’est le salaire de la jeune fille qu’elle va ravir: le salaire, cette nécessité de sa vie, cette première garantie de la pureté des mœurs. En effet, le pli, le jour, la broderie, la dentelle même, ces occupations qui semblaient dévolues à toujours au fuseau, à l’aiguille, aux mains h s plus patientes et les <plus exercées, seront désormais le produit de l’atelier. Déjà il a abaissé des 9/10 la valeur de ces produits. Sous cette dé-.pression, le travail arrivera-t-il encore utilement à la mansarde? Il ne saurait y avoir accès, et n’en barrera plus la porte au séducteur, et si la morale ne prévaut pas sur les mauvais conseils de la faim, que penser de ces perfectionnements qui mettent en relief la sagacité de l’inventeur, mais qui, poussés à leurs dernières limites, mettent aussi en péril le bonheur, l’existence et l’honneur de la famille, comme s’il était vrai que la faiblesse de l’homme dût se revêtir davantage à mesure quelle se croit plus près d’atteindre à la perfection : tristes pensées dont l’expérience se charge de détruire l’exagération.
- Quand donc l’existence de l’ouvrier a-t-elle été plus abondante que depuis l’établissement des machines? Jusqu’ici leur développement a toujours ajouté à leurs bienfaits. Mais la machine a arraché l’homme à la famille pour le livrer à l’atelier, et l’atelier n’est pas son élément moralisateur. Là est le mal qu’il faut combattre, et, quelque nombreux que soient les obstacles, la volonté de les surmonter ne doit être arrêtée par rien, car la prudence et l’humanité exigent que l’atelier soit moralisé.
- La moralisation clés ouvriers par les bons conseils, la généreuse conduite et les bons exemples des chefs, a toujours été la pensée présente à l’esprit clés membres de la commission des tissus, quand ils se sont occupés des récompenses à distribuer. Ils n’ont pas cru que l’exposition de 1849 dut, comme les précédentes, n’offrir à la conscience du juge que l’examen de produits plus ou moins parfaits : à d’autres temps, cl’autres besoins; tous sont convaincus qu’aujourd’hui surtout la bonne constitution des ateliers, les bons rapports
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- entre le patron et l’ouvrier contribuent davantage à la richesse de l’avenir, que la réduction plus perfecte d’un tissu ou la nouveauté d’une armure, et qu’il faut qu’au moins le progrès jugé par les yeux marche d’accord avec le développement pratique des idées que nous venons d’émettre. C’est qu’en effet, même sous le rapport matériel, il n’y a pas de progrès durable et possible aujourd’hui sans la concorde dans l’atelier, pas de progrès si la pensée du chef n’est traduite avec amour par l’ouvrier.
- Suffit-il donc d’une bonne fabrication matérielle pour justifier une récompense? Le plus beau produit, s’il ne doit de possibilité d’être qu’à une diminution abusive des salaires,, est-il utile à la société qui a surtout en vue la bonne existence de tous ses enfants? Le bon marché au prix de la misère ne saurait avoir aucun mérite à nos yeux. Le bon marché par la bonne dispensation économique des éléments du travail, voilà le \éritable, voilà le seul progrès, et pas plus la République que la monarchie ne voudra honorer celui qui aura spéculé sur la souffrance de son semblable.
- Hâtons-nous de le dire, nos investigations, si soigneusement qu’elles aient été faites, ne nous ont laissé ni regrets à formuler, ni exclusions à prononcer ; partout nous avons constaté les efforts les plus généreux, les intentions les plus désintéressées , et nous ne savons pas encore ce qu’il faut le plus admirer, ou d’une exposition qui, après une si terrible crise, se produit si riche et si progressive, ou de la conduite des chefs qui, dans ces temps calamiteux, ont obéi à la plus., louable émulation en continuant le travail aux ouvriers, en les soulageant dans leur infortune; aussi, avons-nous choisi, les plus dignes parmi les plus clignes, et en faisant ces choix, et en disant les, motifs qui nous ont dirigés, nous avons espéré donner une impulsion qui, mieux que les mesures législatives, contribuerait à détruire un antagonisme souverainement injuste, sans doute, mais qui tient le pays en inquiér tude, et que chacun doit contribuer de tous ses efforts à faire disparaître.
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- C’est encore dans cette pensée que nous avons demandé quelques récompenses pour honorer les bons sentiments des ouvriers envers leurs chefs. Un jury départemental, dont nous ne saurions trop louer les travaux, avait cru que, tout honorables que fussent les services de cette nature, ils ne pouvaient, dans leur appréciation, ressortir du jury central, qui n’est appelé à juger que des faits matériels, et nullement ceux qui ne rentrent que dans l’ordre moral, comme si l’ordre moral ne dominait pas tout aujourd’hui ! Nous avons eu une plus haute idée de notre mission. Nous avons cru que, surtout dans ces jours d’épreuves, il fallait s’incliner devant ces exemples, toujours trop rares, qui doivent répandre partout l’amour du bon et du juste; que ces exemples ne pouvaient être ni trop connus, ni trop honorés; heureux si quelques lauriers fertilisent, en l’ombrageant, la semence que nous voulons répandre; heureux si nous aidons à faire pénétrer plus avant dans les cœurs ce sentiment de fraternité qui doit enfin réunir, dans une même pensée, tous les enfants de la France.
- PREMIÈRE PARTIE.
- LAINES ET LAINAGES.
- PREMIÈRE SECTION.
- LAINES PEIGNÉES ET FILÉES.
- M. Billiet, rapporteur.
- E*po»»t MM. BILLIET, CARABIN et HUOT, à Paris (Seine).
- hors
- tle Cette.maison, dont l’un des chefs, M. Billiet, est membre du
- concours. central, se trouve par ce fait hors de concours. Le jury re-
- grette que cette situation exceptionnelle le prive de pouvoir leur décerner les éloges et la récompense que la beauté de leurs produits et leur position industrielle pouvait leur mériter.
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- MM. LUCAS frères, à Reims (Marne). rappels
- v de
- L’établissement de MM. Lucas frères compte environ mé^“Ues 7,000 broches; mais s’il en existe de plus importants, on peut dire qu’il n’en existe pas dont les produits jouissent d’une aussi haute réputation.
- Les fils de laine peignée exposés par MM. Lucas frères, dans les n01 56 à 90 m/m au kilogramme, pour chaînes, et go jusqu’à 164 m/m, pour trames, sont d’une solidité et d’une régularité qui^ 11’avaient pas encore été atteintes, et qu’il semble bien difficile de dépasser.
- Celte incontestable supériorité, qui date de loin, avait été appréciée par le jury de i844, qui a décerné à MM. Lucas frères le rappel de la médaille d’or que le jury de 1849 lui confirme de nouveau.
- M. TRANCHART-FROMENT, à Laneuville-lez-Wassigny, près Rethel (Ardennes).
- M. Tranchart, dont la filature comptait à peine 3,5oo broches pour peigné et cardé, en 1820, en occupait 12,000 en i844, pour laine peignée, qu’il filait à façon, pour Reims et Paris principalement.
- Aujourd’hui c’est la filature de laine la plus importante de France, produisant à façon 12,00 kilogrammes de fil de laine peignée par jour, au moyen de 3o,ooo broches, et avec le secours de 800 ouvriers.
- Un développement aussi rapide fait ressortir mieux que tout ce que nous pourrions dire l’esprit d’entreprise qui distingue si éminemment M. Trancliart-Froment.
- Les produits exposés par l’établissement de Laneuville sont très-satisfaisants, et s’adressent surtout aux masses. .
- Cependant, ses chaînes n° 62 jusqu’à i36, qui sont d’une grande beauté, prouvent bien que M. Tranchart pourrait aborder les numéros les plus fins avec le même succès.
- Mais M. Tranchart n’est pas seulement un industriel des. plus hardis et des plus intelligents, il se distingue au même degré par la sollicitude la plus constante*et la plus éclairée pour ses ouvriers et la classe pauvre de sa localité.
- La construction de routes sur ses propriétés, pour établir de
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- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
- nouvelles communications, et fournir du travail aux bras que l’agriculture laisse inoccupés en hiver; la création d’un village où plus de cent familles trouvent des logements sains, dans des maisons dont elles deviennent bientôt propriétaires, au moyen d’une faible retenue sur leur salaire; l’institution d’une caisse de secours, administrée fraternellement par lui-même, tels sont les litres qui viennent s’ajouter à ceux de l’industriel méritant qui fut récompensé, en i844, par une médaille d’or, et que le jury lui rappelle.
- MM. LACHAPELLE et LEVARLET, à Reims (Marne).
- Ancienne maison, qui, à la filature de la laine cardée et peignée, a joint avec succès, depuis la précédente exposition, la filature mixte.
- Les fils quelle expose appartiennent à ces trois espèces, et offrent tous l’élasticité, la régularité et la force nécessaires à un bon tissage.
- Les deux établissements de MM. Lachapelle et Levarleî, dont l’un est à Saint-Brice et l’autre à Reims, contiennent ensemble 9,000 broches, qui emploient de i3o à i5o,ooo kilogrammes de laine par an, et occupent environ 260 ouvriers. La moitié de cette production est pour leur propre compte, le surplus est filé à façon,
- MM. Lachapelle et Levarlet soutiennent dignement leur ancienne réputation, et ne cessent de marcher dans la voie du progrès. Le jury leur avait accordé un rappel de médaille d’argent en i844; il leur décerne aujourd’hui une nouvelle médaille d’argent.
- M. Julien-Alexis ORIOLLE, à Angers (Maine-et-Loire).
- Il présente à l’exposition une grande variété de fils, de laine peignée, de laine cardée, d’étoffes de laine pure, et mélangées en chaîne coton et lin.
- Tous ces objets sortent de l’établissement de M. Oriolle, qui joint à la filature la teinture et le tissage.
- Ses fils blancs et de couleur servent à la confection d’une foule de tissus lisses, qui conviennent surtout à la consommation de la localité et de quelques départements du Midi. Leur bonne qualité et leur bon marché en assurent le facile écoulement.
- L’établissement de M. Oriolle a été incendié en 1847. R|X ont suffi à cet honorable industriel pour réédifier son usine dans
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- les meilleures conditions de succès, et rendre le travail à 35o ouvriers environ.
- M. Oriolle n’est donc pas resté en arrière du grand mouvement induslriel des dernières années, et le jury lui rappelle la médaille d’argent qu’avec tant de justice il a obtenue en i844-
- M. CARLOS-FLORIN, à Roubaix (Nord).
- 11 expose des trames aux n05 124, i4o et 280 au kilogramme, cjni sont d’une grande perfection. Son établissement compte 5,000 broches, donnant du travail à environ 100 ouvriers.
- Ses produits trouvent leur écoulement pour la fabrique de Roubaix, qui les apprécie.à l’égal des meilleurs.
- M. Carlos-Florin est donc toujours placé au premier x'ang dans son industrie.
- Le jury de i844 lui a décerné une nouvelle médaille d’argent, celui de 1849 Eu en accor(le le rappel.
- M. LEJEUNE-MATHON, à Roubaix (Nord).
- Il expose des fils provenant de laine de mérinos et métis de Saint-Omer, d’Irlande, de Kent, d’Australie, et des sortes d’origines diverses, qui lui ont été fournies pour être fdées à façon, pour le compte de fabricants de Roubaix, notamment par MM. Dutillier, Lorthivis et Lefebvre du Caleau, frères, qui, eux-mêmes,ont exposé les tissus obtenus avec ces filés.
- Cet honorable industriel, qui a apporté de grands perfectionnements dans la construction de ses machines et dans la production de ses fils, mérite l’attention spéciale du jury, qui lui décerne une médaille d’argent.
- MM. FOURNIVAL fils, ALTEMAYER et C!e, à Rethel (Ardennes).
- L'établissement de MM. Fournival fils, Altemayer et compagnie a été fondé, en 1794, par M. Fournival père, pour le peignage de la laine et la filature à la main. M. Fournival a été plus tard un des premiers promoteurs du filage mécanique. Son intelligence et son activité lui avaient fait prendre un rang élevé dans les affaires. Son fils le plus jeune lui a succédé en 1839, avec M. Altemayer. Ces messieurs ont dignement soutenu la réputation que leur a
- Médailles
- d’argent.
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- Médailles de broute.
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- léguée leur prédécesseur ; ils ont exposé des échantillons de laines peignées, filées et tissées, qui présentent une perfection qu’on ne rencontre que dans les maisons les plus avancées dans ce genre d’industrie.
- MM. Fournival fils, Altemayer et compagnie occupent de 5oo à 600 ouvriers peigneurs, fileurs et tisseurs. Le chiffre de leurs affaires peut varier de i4 à 1,600,000 francs par année, dont les deux tiers pour l’exportation. Le jury remarque particulièrement une pièce de méi'inos 26/28 croiseurs, divisée en quatre coupons d’autant de couleurs différentes.
- Ce tissu est d’une souplesse et d’une régularité remarquable.
- MM. Fournival fils, Altemayer et compagnie n’avaient pas encore exposé sous leur nouvelle raison de commerce. Le jury, voulant reconnaître la perfection de leurs produits, leur,décerne une médaille d’argent.
- M. FAUVEAU, à Bruyères-le-Châtel (Seine-et-Oise).
- Associé de M. Rousseau, pour l’exploitation de la filature de Trémeroles, il a exposé, en son nom personnel et avec l’autorisation de son associé, des filés pour chaînes, dans les n05 90 à 120, et des trames 120 à 220 au kilogramme. Tous ces fils sont d’une belle confection et d’une régularité qui font honneur à M. Fau-veau.
- Cet industriel était encore simple ouvrier il y a peu d’années; par son intelligence et son esprit d’ordre, il est devenu un habile directeur. .
- Le nombre d’ouvriers occupés dans l’établissement est de 25 à 3o; le chiffre des affaires est de 175 à 200,000 francs. Le jury central, voulant récompenser M. Fauveau de3 efforts qu’il a faits pour acquérir une position si honorable, lui décerne la médaille de bronze.
- M. Augustin-Hubert GILBERT, à Reims (Marne).
- Ce fdateur expose pour la première fois. Son établissement est à Reims, et ne date que de quelques années. Les produits soumis à l’appréciation du jury prouvent que ce jeune industriel est entré dans la voie du progrès. Les chaînes filées aux n°* 60, 70 et 90 m/m au kilogramme, et les trames 108, 112, 120 et x4o m/m possèdent toutes les qualités convenables à une bonne fabrication. Le
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- jury central, voulant récompenser le mérite industriel de M. Gilbert, lui décerne la médaille de bronze.
- M. CARRIOL-BARON, à Angers (Maine-et-Loire).
- 11 expose pour la première fois.
- 11 présente un assortiment complet et très-varié de ses produits, qui consistent en fils peignés, chaîne et trame, depuis le n° i4 jusqu’au n° i4o au kilogramme; des fils cardés pour trame et tricots filés, depuis le n° 6 au n° 20, doublés en 6 et 8 fils, pour tri-cols et broderies.
- Il expose aussi un assortiment de traits de laine peignée à la main, de couleur naturelle et composée. Tous ces produits sont très-appréciés par la consommation locale, et le jury, comme récompense, décerne à M. Carriol-Baron la médaille de bronze.
- M. Désiré MANCHE, à Roubaix (Nord).
- Il a envoyé à l’exposition des fils laine de différentes espèces, 25 à 27 m/m en laine cl’lslande, des 25 à 39 m/m en laine métis, et des 27 à 33 m/m en couleurs mélangées. Tous ces produits sont destinés à la fabrication des étoffes de Roubaix.
- L’établissement de M. Manche, qui compte 2,800 broches, occupant 56 ouvriers, ne date que de 1847.
- Le jury, désirant récompenser ses premiers efforts, lui accorde une mention honorable.
- M.BOINOT, à Bordeaux, commune de Floirac (Gironde).
- Il se présente pour la première fois au concours.
- 11 expose des traits de laine provenant de son peignage mécanique. Ces produits ont reçu les différentes manutentions qui les rendent propres à la filature pour étoffes lisses et bonneteries, destinées à la consommation locale.
- Sans atteindre la perfection du peignage à la main, le procédé de M. Boinot offre des avantages incontestables, et permet une fabrication convenable.
- Le jury central accorde à M. Boinot une mention honorable..
- Mentions
- honorables.
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- Rappels
- de
- médaille
- d’or.
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- FIL PEIGNÉ MIXTE ET CARDÉ.
- M. Billiet, rapporteur.
- M. Thomas CROUTELLE neveu, à Pont-Givart, près de Reims (Marne).
- Resté seul propriétaire de rétablissement de MM. Camu fds et Th. Croulelle, à qui le jury décerna en i844 le rappel de la médaille d’or, M. Croulelle s’est signalé par de nouveaux progrès dans la filature de la laine cardée, qu’il a portée au plus haut degré de perfection.
- Les fils n03 70 et 80 au kil. , en chaîne et demi-chaîne, qu’expose M. Croutelle , sont d’une régularité remarquable, et on comprend que de semblables produits soient très-recherchés par la fabrique de Reims.
- Ils ne sont pas moins appréciés à l’étranger, et c’est en travaillant en grande partie pour l’exportation que M. Croutelle a traversé la crise de i848 sans le moindre temps d’arrêt.
- L’élablissemenl de Pont-Givart a, en même temps, une grande importance, puisqu’il compte 8,5oo broches, dont l'alimentation demande 200,000 kilog. de laine en balle, en qualité fine principalement.
- Des affaires aussi importantes et une si grande supériorité dans les produits, sont des titres hautement appréciés par le jury, qui vote à M. Croulelle un nouveau rappel de la médaille d’or.
- Indépendamment de la filature à Pont-Givart, M. Croulelle neveu, au prix des efforts les plus persévérants, et de très-grands sacrifices, avait doté Reims d’une nouvelle industrie appelée à jouer un rôle d’une grande portée, et dans laquelle tous ses devanciers avaient tour à tour complètement échoué. Nous voulons parler du lissage mécanique appliqué aux tissus légers, pure laine peignée et cardée, tels que mousselines, mérinos doubles et simples, flanelles de santé croisées et unies , des qualités les plus ordinaires jusqu’aux plus fines.
- Cette industrie, qui n’avait encore pris que peu de développement en i844, éveilla pourtant toute la sollicitude du jury de la précédente exposition, qui, à titre d’encouragement, et pour récompenser plusieurs années d’efforts, décerna à M. Croutelle, la médaille d’argent.
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- De i844 à i848, le tissage mécanique de M. Crouielie avait marché de progrès en progrès, et, dès 1847, ü livrait à la consommation pour i,5oo,ooo francs de produits Irès-appréciés sous le double rapport du prix et de la qualité, et dont quelques-uns ont été exposés, soit par M. Croutelle lui-même, soit par M, Andrès père et fils, de Reims.
- Malheureusement, au moment de donner des résultats plus importants encore, l’établissement de M. Croutelle fut incendié le 26 février i848, par une foule égarée qui crut ses intérêts menacés, en présence du nouveau pas que venait d’accomplir l’industrie dans la voie du progrès. -
- M. Croutelle, si cruellement atteint dans ses intérêts, et découragé par un événement aussi déplorable, paraît avoir renoncé à s’occuper d’une industrie qui n’en demeure pas moins acquise au pays.
- Cette circonstance place le jury dans l’impossibilité de décerner à M. Croutelle la récompense à laquelle il aurait eu des droits si incontestables.
- MM. BERTHERAND-SUTAINE et Cie,à Reims (Marne).
- Cette maison est toujours à la tête de l’établissement de filature de laine le plus important de Reims, car il ne compte pas moins de 11,000 broches donnant du travail à 3oo ouvriers, et mettant en œuvre 175,000 kilog. de laine par an.
- M. Bertherand file à façon, et telle est la faveur dont jouissent ses produits à Reims, que, dans les temps les plus difficiles,1etravail ne lui a jamais manqué.
- Rien de plus satisfaisant que la série d’échantillons qu’il expose, soit en fils cardés du n° i5 jusqu’à io5, en fils cardés mélangés du n° 16 jusqu’à 76, soit enfin en fils peignés mixtes, qui n’avaient encore paru à aucune exposition, et qui constituent un véritable progrès, déjà fécond en résultats heureux dans la fabrique de Reims.
- M. Bertherand, au milieu des progrès si marqués qu’a accomplis la filature depuis cinq ans, s’étant toujours maintenu au premier rang, le jury lui rappelle la médaille d’or, qui lui a été décernée
- eni844.
- MM. HARMEL frères, à Warmeriville (Marne).
- Ils exposent un assortiment complet des produits de leurs établissements de Boulzicourt et de Warmeriville.
- Médailles
- d'argent.
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- Le jury a remarqué des chaînes 83 m/rn et des trames i33 m/m au kilog. provenant ,de laine peignée à la main; des chaînes 5o à 56 m/m, des trames 78 à 128 m/m au kilog., provenant de peigné mixte, des chaînes et-des trames cardées du n° 22 à q4 m/m.
- Tous ces produits répondent, par leur parfaite fabrication, à l’honorable position qu’ont acquise MM. Harmel frères dans les affaires, et qu’ils savent si bien maintenir, par la perfection qu’ils apportent dans le système des machines employées pour le peignage et le cardage des laines. Ces fils procurent, dans la fabrication des tissus dits écossais, des avantages que les deux filatures distinctes, cardés et peignés, employées séparément, ne pouvaient offrir aux fabricants. Cette innovation, en favorisant depuis deux ans la fabrication des nouveautés de Reims, donne lieu à des affaires considérables.
- Quoique MM. Harmel frères n’aient encore pris part à aucune exposition avant celle de i84g, ils sont des vétérans de l’industrie lainière, puisque leur premier établissement date de 1824, et le second de 184o.
- Ces fabriques contiennent ensemble environ 9,000 broches. La quantité de laine nécessaire pour les alimenter est de 100 à i5o,ooo kilog. par année, ce qui représente une quantité de produits de 1,000,000 à 1,200,000 francs de valeur.
- Lejury central, appréciant la bonne qualité et l’importance de la production de MM. Harmel frères, leur décerne la médaille d’argent.
- MM. SENTIS père et fils, à Reims, et établissement aux Vanteaux (Marne).
- Ils exposent pour la première fois , mais, depuis de longues années, cette maison se distingue au premier rang, d’un côté par l’importance d’un établissement de 11,000 broches; de l’autre, par le progrès incessant qu’elle fait faire à son industrie.
- Les affaires de MM. Sentis père et .fils présentent un chiffre de 16 à 1,800,000 francs, dont 1,200,000 francs environ pour l’exportation, caries produits de l’établissement des Vanteaux jouissent aussi d’une grande réputation en Angleterre et en Allemagne, que les échantillons exposés justifient hautement.
- Les mélanges de couleurs les plus heureux et les plus variés viennent encore rehausser le prix de ses fils de laine cardés d’une
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- excellente fabrication, et rien de plus satisfaisant aussi que ses chaînes simples et doublées en peigné mixte pour nouveautés.
- Le jury, appréciant le mérite de leurs produits, qu’ils exposent pour la première fois, décerne à MM. Sentis père et fils la médaille d’argent.
- MM. Jean-Louis BRUNEAU et BRUNEAU fils, à Rethel (Ardennes).
- Mentions pour ordre.
- Ils se présentent à l’exposition de cette année à deux titres différents, d’abord comme mécaniciens (voir au rapport spécial), ensuite comme filateurs.
- MM. Bruneau possèdent trois filatures de laine peignée, situées dans les départements des Ardennes et de l’Yonne, et qui, réunies, représentent près de 6,000 broches.
- Dans ces trois établissements, MM. Bruneau père et fils ont. montré deux systèmes de machines : l’un travaille pour le renvidage des fils, par le concours et l’intelligence de l’ouvriei’ fileur-, l’autre, système Selfacling, fait son renvidage par des combinaisons mécaniques, sans le concours du fileur; il suffit d’avoir, avec ces métiers, des raltacheurs intelligents, pour obtenir des lilés aussi bien faits, et mieux renvidés qu’on ne peut l’obtenir à la main.
- MM. Bruneau père et fils ont exposé des chaînes go mètres et des trames 115 mètres au kilog., filées et renvidées par les métiers appelés renvideurs mécaniques, et des chaînes 78 mètres et des trames 112 mètres au kilog., renvidées à la main : tous ces filés sont en bobines de différentes grosseurs, afin de permettre déjuger et d’apprécier la manière dont le renvidage est fait par les deux systèmes.
- Les filés de MM. Bruneau sont d’une bonne fabrication, notamment ceux provenant de ses métiers renvideurs mécaniques.
- La commission des machines ayant jugé les exposants dignes de la médaille d’argent, la commission des tissus et filés s’empresse de s’associer à cette décision.
- M. Julien-Alexis ORIOLLE, à Angers (Maine-et-Loire).
- H est dateur de laine cardée et fabricant d’étoffes. Les petites étoffes de l’assortiment qu’il a présenté à l’exposition sont-de bonne qualité et d’une parfaite fabrication.
- Nous ne mentionnons ici M. Oriolle que pour ordre, étant compris aux récompenses décernées aux dateurs de laine cardée.
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- Médaille
- d’or.
- Rappel
- de
- médaille
- d'argent.
- Médaille
- d’argent.
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- FILÉ LAINE PEIGNÉE, THIBET DE SOIE.
- M. Billiet, rapporteur.
- MM. DOBLER et fils, à Lyon (Rhône).
- Ils exposent un assortiment de fils en laine pure et en laine et soie, appelés thibet, ainsi que des fils de bourre de soie pure.
- Les produits exposés sont d’une bonne fabrication, et se distinguent également par une grande modération dans les prix.
- L’établissement de MM. Dobler et fils est le plus considérable de tous ceux du même genre existant dans les environs de Lyon; il emploie 35o hommes, femmes et enfants, dans l’intérieur de la fabrique, et 4oo au dehors. Le chiffre d’affaires de cette maison s’élève de 1 million à 1,200,000 francs par année.
- A l’exposition de i844, MM. Dobler et fils ont obtenu un troisième rappel de la médaille d’argent. Le jury de 1849, Ponr reconnaître une aussi longue suite d’efforts et de succès, leur décerne la médaille d’or.
- MM. SOURD frères, à Tenay (Ain).
- Ils exposent encore cette année une grande variété de fils en laine peignée, thibet, cachemire, laine soufrée, dans les numéros courants surtout, et qui sont très-recherchés par la fabrique des châles de Lyon.
- Celte maison, depuis la précédente exposition, a sensiblement augmenté ses affaires, et ce succès paraît bien mérité au jury, qui donne à MM. Sourd frères un nouveau rappel de la médaille d’argent.
- MM. FRANC père, fils et MARTELIN. à Saint-Rambert (Ain).
- Ils exposent des fils laine pure et mélangés de bourre de soie, qui sont bien confectionnés,- et des fils de bourre de soie pure du n°go à 220 au kilog, destinés à la fabrication des foulards et de la bonneterie de Lyon.
- A l’exposition de i844> le jury central a voulu reconnaître par une mention honorable les efforts que MM. Franc père, fils et Martelin avaient faits pendant 5 années, pour mettre leurs produits en rapport avec les besoins de la consommation. Ces industriels ont
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- de nouveau mérité les encouragements du jury central; en perfectionnant leur fabrication et en augmentant leur production de plus d’un tiers, ce qui procure à 2 ou 3oo ouvriers de Saint-Rambert des moyens d’existence qu’ils n’avaient pas avant la fondation de cet établissement. Indépendamment de la filature, ces exposants ont organisé un cardage de fantaisie qui emploie déjà 100 ouvriers, et promet d’en occuper un plus grand nombre.
- Pour récompenser les progrès de MM. Franc père, fils et Marie-lin , et leurs succès dans la filature de la laine et de la bourre de soie, le jury leur décerne la médaille d’argent.
- M. BLONDEAU-BILLET, à Lille (Nord).
- •Il a exposé des fils mélangés bourre de soie et laine dits thibet, en blanc et en couleurs mélangées, dans les nos 65 à 70 m/m au kilogramme; des bourres de soie simples et doubles, dans les 1105 65 à 220 au kilogramme, destinées à la fabrication des étoffes à gilets , à robes, aux baréges, cà la bonneterie, aux foulards, aux franges de passementerie, etc. Les prix cotés sur les échantillons de M. Blondeau-Billet sont avantageux, et si cet honorable fabricant pexiste dans la voie de progrès où il est, il pourra rivaliser avec les meilleurs filaleurs de ces genres de produits. C’est la première fois que le jury voit les fils de M. Blondeau-Billet; il lui accorde la médaille de bronze.
- M* DELÈGUE et C'°, à Saffres, canton des Vitteaux (Côte-d’Or).
- MM. Delègue et compagnie se présentent au concours pour la première fois. Les fils qu’ils exposent sont des trames en laine pure, depuis le n° 120 jusqu’au n° i44, et des trames et chaînes mélangées laine et soie du n° 110 au n° 120 au kilogramme.
- Les produits de MM. Delègue et compagnie sont bien confectionnés, d’un prix modéré, et donneront peu de déchets au tissage.
- Le jury central engage ces fxlateurs à persévérer dans leurs efforts et leur décerne une mention honorable.
- M. Pierre VINCENT, à Meyrueis (Lozère).
- Il expose un assortiment de laine peignée beige et blanche provenant du département de la Lozère et des Cévennes, un assorti-ni. 2
- Médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- Rappel
- de
- médaille
- d’or1;
- Médaille de bronze.
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- ment de déchets de soies cardées et peignées et deux échantillons de bourre de soie cardée en écru.
- Ce fabricant occupe 120 à i4o ouvriers pour la manutention de ces différentes matières, dans un village où les moyens d’existence delà classe ouvrière dépendent uniquement de cet établissement.
- Les produits de M. Vincent nous ont paru réunir les conditions de bonne fabrication et de bon marché. Le jury central lui accorde une mention honorable.
- FILE CACHEMIRE.
- MM. Laurent BIÉTRY et fils, à Villepreux (Seine-ef-Oise). ^ • *
- Tout le monde connaît cet honorable manufacturier qui défend avec une rare persévérance les intérêts d’une industrie qui occupait naguère un grand nombre de bras.
- Notre mission n’est pas de rechercher les causes d’un état de stagnation qui n’est malheureusement que trop avéré.
- Mais si quelque chose peut relever l’industrie du cachemire JÉtost à coup sûr une perfection de plus en plus grande dalles procMw.
- C’est ce que semble comprendre à merveille M. Laurent Biétry, et les fils qu’il expose au nom d’une nouvelle société, qui n’a pas encoje eu le temps de faire ses preuves, en sont un témoignât irrécusable.
- Le jury rappelle à M. Laurent Biétry la médaille cl’or qui lui a été décernée en i844-
- FILÉ A LA MAIN.
- M. MILON-M ARQUANT, à Beine (Marne).
- Il expose sept échantillons de laine extrafine, filés à la main, en numéros 80, 100, 110, x5o, 170 et 204 au kilog. Ces fils servent à la fabrication de baréges fins, appelés voiles de religieuses, et dont la qûalilé l’emporte de beaucoup sur tout ce qu’on pourrait produire de plus parfait avec des fils obtenus par le filage à la mécanique.
- Malheureusement le procédé de filage de M. Milon-Marquant est
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- aussi lenl que coûteux et l’écoulement de ces beaux produits demeure incertain.
- Cependant, pour récompenser le rare degré de perfection où M. Milon-Marquant s’est maintenu, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- DEFILAGE DE LAINE.
- M. GUENUCHO, à Mareuil-sur-Ourcq (Oise).
- Il expose pour la première fois ; c’est la première fois aussi que des produits de cette nature figurent à l’exposition, ce sont des défilages d’étoffes de laine provenant de tissus non foulés.
- I^Cette industrie, qu’exerce M. Guenucho depuis i8A3, a pour euet de rendre à l’état de matière preriîière les fils employés dans les tissus non foulés, teints ou écrus; elle présente d’autant plus d’intérêt, qu’ainsi des étoffes déjà usées et devenues sans valeur retrouvent, au moyen de la division ou défilage auquel elles sont soumises, un emploi nouveau qui permet aux fabricants de couvertures et de draps communs auxquels sont livrés ces produits, dAddir d^la marchandise, à un prix très-bas et encore d’un très-usage. ^
- Après avoir débuté à la Villette, M. Guenucho a transporté son établissement à Mareuil, en 1847; 5o ouvrières sont occupées dAËl’intérieur et 200 le sont au dehors, il a ainsi procuré de l’oc-ciPTtion à un grand nombre de jeunes lilles qui, depuis l’age de 10 ans peuvent facilement se livrer travail, et aux femmes de tout âge des moyens d’existence pendant les saisons rigoureuses. «•
- Le jury central, appréciant le mérite de cette industrie et pour récompenser M. Guenucho, lui donne une mention honorable.
- POIL DE LAPIN FILÉ.
- M. DUPONT-MATHIEU, à Saint-Brice (Marne)*
- M. Dupont expose un échantillon de poils de lapin d’un blanc et d’un brillant remarquables. Si cette matière devient abondante et à bas prix, elle sera sans doute d’un bon emploi pour la chapellerie et la bonneterie.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- Mention
- honorable
- Citation
- favorable.
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- DEUXIÈME SECTION.
- TISSUS DE LAINE.
- M. Dupérier, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- En i844, l’habile rapporteur au jury central, appréciant les progrès notables qui s’étaient manifestés dans nos fabriques de draperie fine, en avait recherché les causes. Il les avait d’abord trouvées dans le concours intelligent de tous les agents de la production : filateurs, tisserands, teinturiers, apprê-teurs, qui, à l’envi, y avaient apporté leur contingent. Puis, dans l’appréciation spéciale des moyens mécaniques nouvellement employés, il avait particulièrement signalé l’heureux emploi des foulons à l’anglaise.
- De i844 à i84q, les mêmes causes ont agi sur le mouvement de nos manufactures de draps, et l’apparition des f§f|.s Ions à l’anglaise ayant été, en quelque sorte, simultanée avec la grande extension donnée à la fabrication des étoffes dites nouveautés, l’a puissamment secondée. En effet, ces foulaËs, facilement placés chez le fabricant, lui ont permis de ^réveiller lui-même l’opération si délicate du feutrage. Il a pu diminuer, augmenter, accélérer ou retarder l’action rétractile des laines employées, et, par cela même, créer des produits d’une égalité, d’une fermeté de tissu qu’il n’aurait pu obtenir de l’action brutale des piles à fouler selon leur mode primitif de construction.
- Nous venons de parler de la qualité rétractile des laines employées : une étude plus approfondie de ces matières premières a été l’une des causes les plus certaines de notre progrès industriel. Nos manufacturiers ont appris à combiner des laines diverses dans le même tissu, à former leurs chaînes avec des laines d’un prix moindre, en même temps que d’une force plus grande, ayant aussi une qualité rétractile moindre.
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- Us ont ainsi pu mieux maîtriser le mouvement de cette partie importante du tissu, il ont pu l’assujettir, en quelque sorte, laissant à la trame formée de laines beaucoup plus fines et plus douces, une action rétractile plus spéciale. La main du tisserand a pu suivre les dispositions savantes que le feutrage ne venait point altérer essentiellement, et des apprêtsbien dirigés ont pu ensuite donner le fini à ces dispositions.
- Deux résultats importants ont été, à la fois, obtenus par cet emploi plus judicieux des laines. On est parvenu à abaisser le prix de revient de l’étoffe, et on l’a obtenue plus belle. Dès lors, nos manufacturiers ont pu tenter toutes les diversités de l’article appelé nouveautés. Ils en ont créé pour l’usage des hommes, en hiver et en été. Ils ont encore su captiver le goût délicat et changeant de nos femmes, par la légèreté de leurs tissus, par la gracieuse dispositions de leur dessins, par l’agencement heureux de leurs nuances. L’exposition actuelle en. donne des exemples remarquables.
- Quoique arrivée la dernière, dans la carrière déjà glorieux sement parcourue par les fabriques de Louviers et de Sedan, la ville d’Elbeuf a su bientôt s’y distinguer, et, s’y jetant avec son ardeur et son intelligence accoutumées, s’est bientôt trouvée la première pour le chiffre commercial des produits de ce genre qu’elle crée annuellement. Ce mouvement a été tel, qu’aujourcl’hui, sur 1 o pièces de draperie qui.se fabriquent à Elbeuf, il y en a 9 qui sont nouveautés, et une seule qui est drap proprement dit. Les consommateurs, sollicités par des étoffes plus élastiques, plus variées, d’une meilleure durée, quoique cl’un prix moins élevé, ont abandonné le drap uni, pour s’emparer des nouvelles étoffes..
- Bientôt aussi nos exportations ont prouvé que nous avions, dans ces produits, acquis une supériorité incontestable sur tous nos rivaux, et que, transportant aux lainages feutrés l’art des tisserands de Lyon, nous y avions aussi porté le goût et les dessins gracieux qui en sont la manifestation. Le goût et la grâce sont des qualités qui ne sè donnent pas ; toutes les nations reconnaissent ici notre supériorité, supériorité due
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- Rappels
- de
- médailles
- d’or.
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- aussi à la diversité périodiquement renouvelée de nos produits.
- Il faut le dire, cette transformation capitale de nos draperies fines est provenue de l'élan que leur a imprimé, le premier, M. Bonjean, à Sedan.
- Tels ont été les effets amenés par les causes aperçues et signalées en 1844- Tels les nouveaux progrès dus à faction géminée des causes anciennes, et de celles alors moins appréciées, mais maintenant produites au grand jour.
- Aussi, les tissus exposés en 1849, surpassent-ils beaucoup ceux de l’exposition de i844> non-seulement en perfection, mais aussi en sincérité ; car ils ont été très-généralement pris dans les produits courants de nos manufactures, et non point fabriqués dans le but spécial de l’exposition. Cette supériorité justifie les récompenses et les encouragements que nous vous proposons de décerner aux manufacturiers qui, il faut le reconnaître , avec une vive satisfaction, ont tous suivi le mouvement imprimé à leur industrie, d’un pas plus ou moins rapide, avec un élan plus ou moins prononcé, mais tous avec un progrès certain, constaté par les étoffes qu’ils ont exposées.
- PREMIÈRE DIVISION. ÉTOFFES DRAPÉES ET FOULÉES.
- S I"\ DRAPERIE FINE.
- DRAPERIE FINE DE LOUVIERS.
- M. Victor Grandin, rapporteur.
- MM. JOURDAIN et fils, à Louviers (Eure).
- Dire que celte maison se maintient à la hauteur où elle s’est placée depuis longues années, c’est reconnaître que ses produits occupent encore le premier rang parmi ceux qui font tant d’honneur à notre industrie en France et à l’étranger.
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- Si les draps de MM. Jourdain et fils se distinguent toujours par ia beauté de. la matière et la perfection des apprêts, les soins que nécessite leur fabrication n’ont nui en rien à la perfection et au bon goût de leurs étoffes à pantalon, si estimées et si recherchées dans le commerce.
- Ajoutons que l’immense et magnifique établissement de ces messieurs, malgré les circonstances difficiles que nous avons eu à traverser, n’a pas cessé un instant d’être en activité.
- Le j ury se plaît à reconnaître que ces heureux résultats sont, en grande partie, dus à la collaboration intelligente et active de M. Jourdain fils, déjà si honorablement cité et distingué par le jury de i83g, et de son beau-frère, M. Constant Noufllard, devenus les associés de M. Jourdain père, un des vétérans de l’industrie française, qui, pendant sa longue carrière, a su conquérir tous les genres de récompense, et continue encore aujourd’hui à être l’âme de sa maison, tout en laissant cependant à son fils et à son gendre la complète et entière direction de la partie industrielle et matérielle de ses établissements.
- Le jury décerne à MM. Jourdain et fils le rappel de la médaille d’or.
- MM. POITEVIN et fils, à Louviers (Eure).
- Celle maison est une de celles qui, par la perfection de ses produits, contribuent le plus à maintenir la réputation de la ville de Louviers.
- Les étoffes que MM. Poitevin et/ils ont exposées ne laissent rien à désirer, sous le rapport de la matière, de la perfection, de la fabrication et de la modération des prix. Ces étoffes ont, de plus, le mérite cl’être la reproduction exacte et sincère de leurs qualités habituelles, toujours recherchées par le commerce de France et par les acheteurs étrangers.
- Le jury accorde à MM. Poitevin et fils le rappel de la médaille d’or.
- MM. DANNET frères, à Louviers ( Eure ).
- Dès 1823, cette maison avait obtenu la médaille d’or. Depuis lors, elle a constamment pris part aux exposilions, et s’y est toujours fait remarquer par la beauté de ses produits.
- Ses draps lisses sont remarquables par leur moelleux et par le
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- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
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- fini des apprêts. Ses nouveautés sont toujours du meilleur goût. Le jury rappelle la médaille d’or.
- M. DELPH1S-CHENNEVIÈRE , à Louviers (Eure).
- M. Delpl îis-Chenhevière reçut la médaille d’or en i844- Celle distinction lui était due pour avoir été le premier à introduire, sur une large échelle, la fabrication des étoffes à bon marché dans la ville de Louviers. Ce fut un véritable progrès; car, jusqu’alors Louviers ne s’était attaché qu’à produire les étoffes destinées aux classes les plus riches de la société. Ce progrès s’est maintenu et développé; les produits de M. Chennevière se distinguent de plus en plus par la modicité des prix et leur belle apparence.
- M. Chennevière est du nombre des fabricants qui, grâce à leur intelligence et à leur activité, ont été assez heureux pour entretenir leurs ouvriers pendant les années calamiteuses i84y et i848.
- A ce double litre, le jury décerne à M. Delphis-Chennevière le rappel de la médaille d’or qu’il sut mériter en 1844-
- M. Louis MARCEL , à Louviers (Eure).
- M. Louis Marcel maintient toujours son excellent genre de fabrication. Ses produits sont cl’une régularité remarquable, d’un prix modéré et avantageux : aussi, chez lui, la fabrication est-elle constante et le chômage inconnu.
- Le jury rappelé la médaille d’argent qui lui fut décernée en i83q et rappelée en i844-
- M. Brice-Marcel IiOUEL, à Louviers (Eure).
- Il expose pour la première fois. Son exposition se compose de 8/2 pièces de drap noir, de 7/2 pièces de drap bleu et d’une demi-pièce écarlate, toutes d’une excellente fabrication et d’un prix modéré.
- M. Houel a, en outre, exposé quelques écheveaux de sa filature, qui attestent que cette partie de son établissement n’est pas la moins bien dirigée.
- Le jury décerne à M. Houel une médaille de bronze.
- M, Raphaël RENAULT, à Louviers (Eure).
- Il expose pour la première fois. Ses draps sont d’une bonne fabrication et remarquables par la modicité de leurs prix.
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- M. Renault s’est particulièrement attaché à établir des draps noirs dans les bas prix, et il y a parfaitement réussi.
- Le jury, comme récompense, mentionne honorablement M. Renault.
- DRAPERIE FINE DE SEDAN.
- M, Dupérier, rapporteur.
- MM. CUNIN-GRIDAINE père et'fils, à Sedan (Ardennes).
- M. Cunin-Gridaine a noblement repris les travaux manufacturiers qui l’avaient conduit au poste éminent, longtemps occupé, par lui, dans l’Etat, aux applaudissements et à la satisfaction du commerce de France. 11 s’est honoré, en agissant ainsi, et ses émules en commerce lui ont de nouveau ouvert leurs rangs, pour l’y compter de nouveau avec bonheur,
- M. Cunin-Gridaine père a retrouvé ses établissements prospères, et toujours éminents ; ils n’avaient pas démérité sous l’administration intelligente de ses fils; ils emploient jusqu’à i,35o ouvriers de tout âge et de tout sexe.
- Le jury n’a point de distinction qu’il puisse particulièrement décerner à M. Cunin-Gridaine père; mais, faisant droit aux qualités remarquables de sa fabrication, à l’importance de ses affaires, il rappelle à son honorable maison la médaille d’or, qui lui appartient depuis 1823.
- MM. BERTÈCHE, CHESNON etCie, à Sedan (Ardennes).
- En 1827, en i834,en 1839, 1844, la maison Bertèche, Chesnon et compagnie, sous les diverses raisons sociales, Bertèche, Lambquin et fils, Bertèche, Bonjean jeune et Chesnon, et enfin, Bertèche, Chesnon et compagnie, a chaque fois attiré les éloges des jurys de l’exposition, qui lui ont décerné successivement plusieurs médailles d’or.
- En i844, cette maison ajoutait à ses autres produits ceux d’un nouvel établissement, créé àBaseilles, près Sedan, où des étoffes moelleuses, quoique épaisses, se fabriquent, et, par leur bas prix, sont mises à la portée du plus grand nombre, et surtout des classes ouvrières.
- Rappels
- de
- médailles
- d’or.
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- Ces conditions heureuses ont aussi permis de livrer ces produits à l’exportation.
- Cette année, MM. Bertèche, Chesnon et compagnie, occupent 1,272 ouvriers au lieu de 3oo, qu’ils employaient en i834. L’importance de leurs fabrications diverses s’élève à 3 millions annuellement.
- La moitié, au moins, de ces produits s’exporte à l’étranger, en Russie, en Belgique, en Hollande, en Espagne, en Angleterre, en Italie, dans les échelles du Levant, dans les deux Amérique, et jusqu’à la Chine. Dans cette dernière partie du monde, que des traités récents ont ouverte à toutes les nations et à toutes les concurrences, MM. Bertèche, Chesnon et compagnie, faisaient parvenir heureusement de fortes cargaisons de draperies, longtemps avant ces traités mémorables. Unissant à leur intelligence manufacturière l’intelligence de négociants supérieurs, ils ajoutaient à l’exportation de leurs propres produits, celles des produits de leurs émules en fabrication de tout genre.
- Leurs livres constatent des mouvements d’affaires considérables.
- En créations propres, ainsi que nous l’avons dit. . 3,ooo,ooof
- En achats faits à nos diverses manufactures de draps. 4,5oo,ooo
- Soit un mouvement général de.................... 7,500,000
- Celte année, des étoffes admirables defini, de goût, douées des nuances les plus éclatantes, les plus solides, les mieux assorties, prouvent, qu’en perdant le nom de M. Bonjean , cette maison a su conserver le génie créateur que M. Bonjean imprimait à tout ce qu’il entreprenait.
- Le jury central rappelle la médaille d’or à MM. Bertèche, Chesnon et compagnie.
- M. A. RENARD, à Sedan (Ardennes).
- Après avoir fondé, à Pouilly, un établissement considérable qui y a remplacé la misère par l’aisance qu’amènent à leur suite les établissements industriels, M. Renard s’est présenté pour la première fois, en i844, à l’exposition, et, par la beauté de ses étoffes, par le mérite de son entreprise, à Pouilly, a enlevé les suffrages du jury, qui, sans lui faire subir la filière ordinaire des distinctions, l’a immédiatement honoré d’une médaille d’or.
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- Quelle qu’ait été la gravité des événements survenus depuis i844, Pouilly a continué à travailler, à prospérer; ses ouvriers ont vu se maintenir leur bien-être; ils ont secondé leur chef habile dans ses efforts. Les produits exposés cette année sont dignes de cet établissement de premier ordre, et constatent de nouveaux et remarquables progrès.
- Le jury rappelle à M. A. Renard la médaille d’or, qui lui avait été décernée en i844.
- *
- MM. A. ROUSSELET et fils, à Sedan (Ardennes).
- Ils ontdébuté, en 1823, avec 10ouvriers :en i84g, ils en occupent 62 5, produisant des valeurs commerciales qui s’élèvent à 800,000 fr. annuellement, dont le tiers est régulièrement exporté à l’étranger.
- M. A. Rousselet a rendu la vie et le mouvement à des établissements qui avaient été fondés par M. Ternaux, et qui ne marchaient plus depuis la catastrophe de cette maison célèbre.
- Des produits remarquables, des progrès continus justifient le rappel de la médaille d’or, qui avait été décernée à cette maison en i844. Le jury central lui décerne ce rappel.
- M. Paül BACOT et fils, à Sedan (Ardennes).
- La maison Paul Bacot et fils, maintenant représentée par le plus jeune des fils de l’ancien manufacturier de ce nom, soutient, à cette exposition, sa réputation si bien acquise antérieurement, et sa supériorité proclamée à tous les concours quinquennaux.
- Cette maison a maintenu son chiffre élevé d’affaires, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, quoique la maison fondée par elle, à New-York, ait été liquidée en 1847, Par su^e de la retraite de son gérant.
- M. Paul Bacot fils, qui, depuis le 3o novembre 1836, est devenu le principal administrateur de cette manufacture, a su y maintenir les saines traditions du passé, en même temps qu’il continuait les progrès constatés aujourd’hui par sa belle exposition de produits.
- Les ouvriers trouvent dans une caisse de secours mutuels et de prévoyance, établie dans cette maison , une institution bienfaisante, et d’autant plus efficace, que le chef fait, lui-même, de sa bourse, la moitié des fonds qui viennent s’y déposer.
- En 1847, cette maison a créé des produits pour une somme de 1,900,000francs, dont 600,000 ont été exportés: en t848, malgré
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- la crise, elle a fabriqué pour i,3oo,ooo francs clc produits, dont 56o,ooo ont été exportés.
- Le jury rappelle la médaille d’or si légitimement acquise par M. Paul Bacot et fils, et si bien méritée par sa brillante exposition de cette année.
- M. Frédéric BACOT et fils, à Sedan (Ardennes).
- En se détachant, en 1837, de l’ancienne maison Paul Bacot et fils, M. Frédéric Bacot a fondé sa nouvelle maison, et y a porté les habitudes d’ordre et d’honneur qu’il avait puisées dans la maison paternelle.
- Des draps et des nouveautés parfaitement traités et à des prix très-réduits, des exportations nombreuses en Espagne, en Russie, en Amérique, en Suisse, en Belgique, en Italie, prouvent que cette maison continue de marcher au premier rang.
- Le chiffre des. fabrications de celle maison s’élève, annuellement, à i,3oo,ooo francs, dont 100 à i5o,ooo francs ont été exportés.
- Le jury lui rappelle la médaille d’or.
- Médaille M. DE MONTAGNAC, à Sedan (Ardennes).
- d’or.
- Appréciateur impartial et désintéressé, le public a, depuis longtemps, placé au premier rang les produits de la manufacture de M. de Montagnac. Ces produits magnifiques, admirables de fini et de goût, soutiennent à celte exposition leur réputation méritée.
- Tout en produisant des étoffes aussi soignées, aussi remarquables, M. de Montagnac a su porter sa fabrication à un chiffre élevé, à 1,100,000 francs, dont le quart a été régulièrement exporté à l’étranger.
- Le jury central, ratifiant le jugement du public, décerne la médaille d’or à M. de Montagnac.
- M. Marius PARET, à Sedan (Ardennes).
- Il a introduit à Sedan les machines à fouler par la pression, il a dû lutter longtemps pour en faire comprendre la supériorité sur les anciens moyens de foulage, mais son infatigable persévérance a fini par triompher.
- Son usine de Donchery alimente le travail, de tous les environs.
- Rappel
- médaille
- d’argent.
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- Comme en i83g et en i844. expositions où il a reçu d’abord une médaille d’argent, puis le rappel de celle médaille, ses produits offrent, cette année, une variété qui témoigne d’un goût constamment en quête de nouveaux succès.
- Le n° 4g5 drap noir zéphyr est une étoffe parfaite.
- Le jury, en présence d’efforts aussi intelligents, aussi soutenus, décerne à M. Marins Paret le rappel de sa médaille d’argent.
- MM. BLANPAIN frères, à Sedan (Ardennes).
- L’exposition de MM. Blanpain frères est très-variée et très-remarquable; leurs émules en fabrication reconnaissent qu’ils ont fait de rapides progrès, progrès qui les placeront bientôt au premier rang comme habileté et comme fini.
- Le chiffre des affaires de cette maison s’élève à 4oo,ooo francs et tend annuellement à s’accroître.
- Le jury central lui décerne une médaille d’argent.
- MM. LEROY et fils, Nicolas RAULIN et Cie, à Sedan (Ardennes).
- L’ancienne maison Nicolas Raulin et fils ne s’est présentée qu’à l’exposition de 1834, il y a quinze ans, et alors une médaille d’argent lui fut décernée. Depuis, elle n’avait point reparu aux concours quinquennaux qui ont été successivement ouverts.
- Cette année, elle se manifeste avec éclat, sous une nouvelle raison sociale, Leroy et fils, Nicolas Raulin et compagnie, association formée en i848, au moment même où une perturbation commerciale profonde atteignait toutes les industries. Cette association, qui s’est immédiatement développée sur une grande échelle, a fondé à Rio de Janeiro un établissement important. Les efforts heureux de ces deux maisons portent les produits de la fabrique française à Lima, à Valparaiso, dans les mers éloignées et dans le cœur de l’union américaine, à New-York.
- En i848, cette maison a louché, en primes, des sommes considérables qui attestent l’importance de ses affaires à l’étranger.
- De tels efforts hardiment et sagement combinés, unissant l’action commerciale à l’action manufacturière, appuyés à nos yeux par des produits remarquables, ont attiré nos éloges ; mais , considérant celte maison comme maison nouvelle, le jury central dé-
- Médailles
- cl’argent.
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- cerne une médaille d’argent à MM. Leroy et fds, Nicolas Raulin et compagnie.
- DRAPERIE FINE D’ELBEUF.
- MM. Randoing et Lainei, rapporteurs.
- Exposant
- hors
- de
- concours»
- M. RANDOING, à Abbeville (Somme), et àElbeuf (Seine-Inférieure).
- Cette année, comme dans les expositions précédentes, M. Randoing qui, dès i834 a obtenu la médaille cl’or, a su dignement maintenir la belle réputation de la manufacture nationale d’Abbeville, dont il est propriétaire et qu’il dirige seul depuis longtemps.
- Belles matières, couleurs vives, apprêts des plus perfectionnés, force ou souplesse suivant les genres, telles sont les qualités qui distinguent les étoffes exposées.
- Nous n’entreprendrons pas de faire l’éloge de l’établissement de M. Randoing, de la manière paternelle dont les ouvriers y sont traités, du rare ensemble avec lequel les opérations y sont conçues et dirigées : nous ne ferions que répéter ce qui a été si souvent dit avant nous.
- M. Randoing étant d’ailleurs membre du jury, il se trouve hors de concours, et nous devrons borner ici cette notice qui devra rester, cependant, comme un témoignage de l’estime que portent, à M. Randoing, tous ses collègues et confrères en industrie.
- Voici, du reste, en quels termes le jury départemental de la Somme s’exprime sur le compte de M. Randoing :
- «M. Randoing, fabricant à Abbeville, chef de l’importante fa-« brique établie à Abbeville depuis près de 200 ans, a toujours été «pour ses nombreux ouvriers un protecteur bienfaisant.
- «Leur salaire a toujours été le même-, et, en 1847, l°rsc[ue Ie « pain était si cher, il n’a cessé de leur prodiguer des secours.
- «Tous, hommes, femmes et enfants se sont cotisés, et le produit « de cette spontanée souscription a servi à l’achat d’un vase en ar-«genl, sur lequel étaient inscrits les litres de M. Randoing à la re-«connaissance de ses ouvriers, ainsi que la date de cette offrande.
- « La commission croit que ce fait est plus éloquent que tout ce « qu’elle pourrait ajouter en faveur de M. Randoing; elle se borne à «le mentionner ici. »
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- M. Théodore CHENNEVIÈRE, h Elbeuf (Seine-Inférieure.)
- La ville d’Elbeuf, si essentiellement industrielle, doit son prodigieux mouvement et ses incessants progrès à des hommes hors ligne qui, comme M. Chennevière, exercent, par leur énergique persévérance, par leur sollicitude et par leur supériorité, une influence entraînante pour porter la fabrication des étoffes au degré de perfection qu’elle acquiert chaque jour.
- Après avoir exploré son exposition qui atteste un goût exquis de l’art, du génie même; après avoir admiré les brillants et élégants tissus pour femmes que l’on était si peu accoutumé h trouver à côté des étoffes destinées aux hommes ; que dire de M. Chennevière pour attester sa supériorité, sinon se borner à le nommer.
- A côté des récompenses qui lui ont été décernées, à côté du rang qu’il s’est légitimement acquis dans l’industrie par une incessante activité, rien, en effet, ne saurait plus l’honorer que ses beaux produits manufacturés qui sont appréciés dans les comptoirs étrangers comme ils sont recherchés par les consommateurs français.
- Des prix renfermés dans de sages limites ont permis à celte maison de faire des placements assez considérables pendant la période si difficile de i848, d’assurer ainsi l’activité de ses ateliers et d’épargner les plus grandes souffrances aux ouvriers, en contribuant, en même temps, au raffermissement de l’ordre public.
- Le jury central rappelle à M. Chennevière la médaille d’or.
- Rappcfs
- de
- médailles
- dor.
- MM. CHAUVREULX, CHEFDRUE et (ils, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Jalouse de maintenir à l’étranger la supériorité des produits variés de la fabrication d’Elbeuf, non moins jalouse de se maintenir à la hauteur où l’ont placée la beauté et la perfection de ses.produits, cette maison, que des médailles d’or sont venues récompenser de ses efforts et de ses soins intelligents en i834,1839 et i844, s’est imposée la tâche bien honorable de ne pas rester un seul jour stationnaire dans la production des articles si divers de la belle industrie des draps fins et des étoffes plus particulièrement du genre de nouveautés, véritable pierre angulaire près de laquelle vient souvent se briser, si heureusement pour nous, l’industrie étrangère malgré l’allégement de ses charges.
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- Essais, soins, veilles , sacrifices, rien n’est épargné par MM. Chau-vreulx, Chefdrue et üls, et, particulièrement, par le chef de cette maison qui en dirige depuis 3o ans la partie industrielle avec une distinction au-dessus de tout éloge.
- Quand on a vu leurs magnifiques draps Edredon, on se demande si MM. Chauvreulx ne nous ont pas, en effet, présenté le maximum de ce qu’il est possible d’obtenir en fabrication de ce genre exceptionnel.
- C’est avec une extrême satisfaction que le jury central rappelle à ces fabricants la médaille d’or qui leur a été décernée en i834, i83q et i844-
- M. Charles-Robert FLAVIGNY, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Cette maison, qui porte un nom connu des vrais appréciateurs d’une fabrication belle et variée, se présente celte année à l’exposition avec un grand nombre de produits, tous marqués au coin du goût le plus parfait.
- Il est d’autant plus facile d’apprécier les progrès de cette maison qu’elle a soumis au jury des fabrications de plusieurs années parmi lesquelles nous signalons plus particulièrement, et d’accord avec le jury départemental «les nouveautés blanc et noir, et fond blanc. »
- Par suite de l’acquisition récente d’un vaste établissement de tein-lure, M. Flavigny a prodigieusement accru ses moyens d’action, qui réunissent aujourd’hui directement dans ses mains toutes les opérations de fabricalion.
- Ces ressources lui garantissent plus sûrement encore la perfection à laquelle il tend constamment, perfection qu’il sait atteindre et qui lui assure des débouchés d’où ressort pour lui la possibilité de maintenir en activité dans ses ateliers un nombre considérable d’ouvriers.
- Le jury central rappelle, en conséquence, à M. Flavigny la médaille d’or.
- M. DUMOR-MASSON, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Toujours lui-même, c’est-à-dire toujours l’homme le plus soigneux dans les moindres détails delà fabrication, M. Dumor-Masson continue à donner à ses produits ce caractère distinctif de perfection qui les distingue et qui les fait rechercher à l’étranger autant que
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- par noire commerce intérieur comme la représentation fidèle du type de la belle fabrication française.
- Ajouter serait affaiblir le mérite de M. Dumor-Masson, mérite que le jury central se plaît à reconnaître et à constater, en lui accordant le rappel de la médaille d’or.
- MM. SEVAISTRE aîné et LEGRIX, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Après avoir obtenu un rappel de médaille d’argent en i844., MM. Sevaistre aîné et Legrix ont compris la distance qui leur restait à franchir pour atteindre une récompense supérieure, et ils ont résolument travaillé dans ce but.
- Leur zèle, déjà grand, s’est animé d’une nouvelle ardeur et leurs efforts dans la recherche des fabrications les plus variées ont ajouté à la réputation qu’ils avaient déjà su conquérir.
- Les succès obtenus dans cette campagne par MM. Sevaistre aîné et Legrix sont bien justifiés parla grande diversité des étoffes pour gilets et pour pantalons réunies à leur riche exposition.
- En présence de tels résultats, en présence aussi du mérite industriel de ces habiles fabricants dont l’active intelligence a été d’une si grande utilité pour l’impulsion qu’ils ont donnée à la fabrication des étoffes, il est facile de formuler la récompense qu’on doit leur réserver.
- Le jury central leur décerne, en conséquence, une médaille d’or.
- M. Victor BARBIER, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Les étoffes dites nouveautés pour pantalons et pour pardessus sont les genres plus particulièrement exécutés par celte maison.
- Les difficultés de fabrication que l’on rencontre dans cette spécialité, loin d’être une cause de ralentissement des efforts de M. Barbier, ne font qu’exciter son zèle pour le maintenir et rehausser d’autant plus le mérite de ses succès.
- M, Barbier sait trop qu’avec l’excitation de la rivalité on ne peut rester stationnaire: aussi son exposition le montre-t-elle au jury dans une condition de progrès bien constatés pour la variété de ses tissus et pour leur parfait conditionnement.
- Le jury n’a pas vu sans le plus grand intérêt que cette maison
- m. 3
- Médaille
- d’or.
- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
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- soit parvenue à maintenir son activité ordinaire dans les moments difficiles que l’industrie a eu à traverser.
- Une récompense est justement acquise aux travaux et au savoir de M. Barbier; déjà rappelé en i844 d’une médaille d’argent qui lui avait été accordée en 183g, le jury central, appréciant tout son mérite, lui en décerne une nouvelle.
- M. Alphonse TOUZÉ, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Spécialement et exclusivement livré à la fabrication des draps proprement dits, c’est parle plus grand succès que les efforts de M. Touzé sont couronnés; et les vrais connaisseurs de draperie aussi bien que ses nombreux correspondants savent apprécier tout le mérite de ses tissus.
- L’assortiment de M. Touzé est d’une grande variété et comprend les étoffes les plus épaisses jusqu’aux toiles les plus minces; toutes sont d’une exécution qui ferait une réputation si déjà le nom de M- Touzé n’élait avantageusement connu par l’impulsion vive qu’il imprime à l’industrie drapière et par les récompenses qu’il a obtenues antérieurement.
- Le jury central décerne, en conséquence, à M. Touzé une nouvelle médaille d’argent.
- Rappel M. A. DELARUE, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- de
- médailles Comme dans les années antérieures cette maison, dont la fabrica-
- dargent. ^jon est (Paiileurs variée, expose plus particulièrement des draps de billards qu’elle s’applique à mettre àla portée de toutes les fortunes par des prix de plus en plus modérés.
- Juste envers tous, recherchant le bien partout et le saisissant où il se trouve pour le proclamer, le jury, appréciant que la fabrication de M. Delarue a réellement encore atteint un degré de perfection depuis la précédente exposition, accorde à ce fabricant le rappel de la médaille d’argent qui lui a été décernée en i834, i83g et i844.
- MM. Gh. FLAMANT et LAVOISEY, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Ils s’occupent plus particulièrement des draps cuirs et satins destinés à l’habillement des officiers de l’armée.
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- Bonne fabrication, nuances fraîches obtenues par le concours de teinturiers habiles et consciencieux, tel est le mérite bien réel des étoffes de ces fabricants.
- Déjà en i844 une médaille d’argent a été décernée à celle maison et elle n’a pas failli à l’obligation que lui imposait en quelque sorte le témoignage du jury.
- Le jury de i 84g constate que MM. Flamant et Lavoisey conti-nuentà mériter cette distinction et que des progrès réels ressortent de leur fabrication.
- En conséquence il leur rappelle la médaille d’argent.
- M. LEMONNIER-CHENNEVIÈRE, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Celte maison, qui a obtenu une médaille d’argent en 1839, rentre dans la lice de l’exposition avec des produits variés qui rappellent bien sa réputation.
- Fabriqués pour la consommation courante, pour les officiers de l’armée et pour l’Algérie, ses draps et ses nouveautés de genres divers sont consciencieusement faits, avec goût et intelligence; on trouve là l’application des bonnes pratiques de M. Lemonnier-Chen-nevière.
- Le jury central, comme acte de justice, enregistre avec plaisir son nom, et pour marquer sa rentrée au nombre des exposants lui décerne la médaille d’argent.
- MM. COUPRIE et Cie, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Une médaille de bronze a été accordée en i844 à cette maison, qui a tout à fait adopté la spécialité des draps noirs dans laquelle on peut dire sans réserve qu’elle excelle.
- Rivale redoutable, elle se montre résolument en présence de ses concurrents qu’elle semble hardiment défier.
- Ses draps ont de la qualité, de la finesse, et la richesse des apprêts en rehausse la belle apparence.
- MM.Couprie etcompagnie marquentdoncaujourd’huijuslement leur place parmi les fabricants du premier mérite.
- Le jury central les reconnaît tout à fait dignes d’occuper ce rang et, comme une juste récompense, il leur décerne une médaille d’argent.
- Médailles
- d’argent.
- 3.
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- Médailles de bronze.
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- M. A. OSMONT-BERTÈÇHE, à Eibeuf (Seine-Inférieure).
- En décernant une médaille de bronze à M. Osmont-Bertèche, le jury de i844 manifestait l’espoir que de nouveaux efforts amèneraient bientôt cette maison à une récompense plus élevée.
- Ce n’était, en effet, pas trop préjuger, et aujourd’hui M. Osmont-Bertèche a franchi la distance en se montrant à l’exposition au nombre des fabricants qui méritent une récompense d’un ordre supérieur.
- Il y a dans sa fabrication un cachet d’ensemble qui fait bien ressortir et apprécier tout le mérite de M. Osmont-Bertèche et qui le classe désormais au rang des hommes qui ont contribué au progrès de l’industrie drapière.
- Le jury central lui décerne en conséquence la médaille d’argent.
- MM. DELALANDE et BLANQÜET, à Eibeuf (Seine-Inférieure).
- Cette maison, établie depuis dix-huit mois seulement, s’occupe plus particulièrement de la fabrication des nouveautés pour pantalons et des tissus pour plaids, robes de chambre et manteaux de dames, gilets, etc.
- Les métiers Jacquart, qu’ils utilisent aussi avec une intelligence parfaite, permettent à MM. Delalande et Blanquet d’apporter une grande variété dans leurs dispositions de fabrication.
- Juge de leurs efforts, le jury a pu en apprécier le mérite et le succès, et voulant donner un juste témoignage de satisfaction à ces fabricants, il leur décerne une médaille de bronze.
- Mrae veuve PARNUIT, M. DAUTRESME fils et C**, à Eibeuf (Seine-Inférieure).
- Mmo veuve Parnuit, M. Dautresme fils et compagnie n’ont pas encore pris place aux expositions et, pour leur début, ils présentent des étoffes pour pantalons dont le goût des dispositions le dispute à la perfection du tissu.
- Le jury central leur décerne en conséquence de leur mérite une médaille de bronze.
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- J 2. DRAPERIE MOYENNE ET COMMUNE, MOLLETONS, CAD1S, DROGUETS,
- LIMOGIENNES.
- M. Lainel, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les considérations générales sur l’industrie des tissus, déjà esquissées par un de nos honorables collègues, ne nous semblent pas cependant devoir nous dispenser de rentrer dans la question, et nous croirions n’avoir pas accompli entièrement notre mission, si, avant de résumer la notice rela-, tive à chacun des exposants qui ont plus particulièrement mérité de fixer l’attention du jury central, nous ne faisions, ressortir, d’une manière toute spéciale, les efforts des établissements livrés plus spécialement à la fabrication des tissus de l’ordre intermédiaire et de l’ordre inférieur, qui, par leurs bas prix, sont mis à la portée des fortunes les plus modestes et des moindres salaires.
- Ici le luxe n’a presque aucune part, et, dans cette grande classification, la transformation de matières moyennes ou communes en étoffes variées, attestant la puissance de notre activité industrielle, vient offrir à la consommation générale, à l’intérieur et à l’extérieur, des produits, véritablement) utiles, en échange du denier du pauvre.
- De tels résultats, conquis à la suite de laborieux travaux, d’incessantes recherches, et d’une ferme volonté, touchent de trop près au bien-être matériel des populations, en même temps que leur bonheur moral en ressent la précieuse influence, pour ne pas payer un tribut d’éloges et de reconnaissance aux hommes hardis et persévérants qui, devant les innombrables écueils dont la voie est hérissée, trouvent dans la mesure de leurs forces intellectuelles l’énergie nécessaire pour traverser témérairement les difficultés, franchir les obstacles, et pour contribuer ainsi, pour une si grande part, au soulagement de l’humanité, à l’accroissement de la fortune publique et à la consolidation de notre nationalité.
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- Depuis la dernière exposition, d’utiles changements ont été apportés au matériel de fabrique.
- La filature a pris une grande homogénéité par suite de l’introduction des cardes dites américaines, innovation qui a si heureusement permis de supprimer une grande partie des enfants dont les ateliers étaient autrefois encombrés.
- Les foulons à cylindres, placés aujourd’hui dans presque toutes les fouleries, ont aussi contribué à l’amélioration de la fabrication et au soulagement des ouvriers.
- Toutefois, les chefs d’ouvriers doivent s’imposer l’étude de cette machine pour en faire faire l’application dans des conditions raisonnées, et pour pénétrer leurs ouvriers de la nécessité de ne pas provoquer trop précipitamment le feutrage, sous peine de n’avoir que des draps foulés seulement à la surface, dont la chaîne serait insuffisamment soudée à la trame.
- Une accélération trop brusque du mouvementprovoque une chaleur trop grande; sous cette influence, le feutrage s’opère d’une manière trop active, les tissus s’altèrent, les laines se corrodent, les nuances perdent leur vivacité.
- La permanence cl’un thermomètre dans l’intérieur de la caisse, et placé de manière à frapper les regards des ouvriers, serait un guide qui leur permettrait de faire jouer à propos les soupapes, de modérer la chaleur, pour la maintenir dans les conditions prévues.
- Nous croyons qu’il n’est pas sans utilité d’appeler aussi l’attention des fabricants :
- i° Sur l’emploi des lisières de nuance noire dans la fabrication des draps blancs et de ceux de couleurs claires : une partie de ces matières se détache dans l’opération du foulage ; rejetée sur le fond de l’étoffe, elle se marie avec elle par le feutrage, et les nombreux filaments noirs constituent un mélange qu’il serait bon d’éviter désormais.
- 2° Sur les tontes d’envers, qui ne sont généralement pas assez rapprochées : c’est une question importante, qui, traitée avec l’intérêt qu’elle mérite, amènera les tissus drapés à pou-
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- voir être mieux appréciés sous le rapport de leur véritable force.
- 3° Sur la nécessité de rester désormais dans la vérité, et de renoncer à la coutume, encore conservée dans beaucoup de fabriques, de dissimuler la faiblesse des draps, en empruntant une force factice, soit à l’emploi des substances visqueuses, soit à divei's procédés d’apprêts.
- La protection que l’on doit aux consommateurs, en même temps qu’à l’industrie, impose aussi le devoir au jury central d’engager les établissements qui procèdent à des manipulations de teinture, à ne jamais oublier que les couleurs classées sous la dénomination de grand teint doivent être produites par l’application de traitements et par le concours de substances qui offrent une parfaite garantie de la solidité des nuances.
- C’est surtout aux maisons qui s’occupent de la fabrication des draps noirs, à l’instar de la fabrication de Sedan, que s’adressent ces avertissements.
- A moins d’une parfaite connaissance des choses contraires par les acheteurs, les draps noirs ne peuvent être loyalement livrés au commerce, si, avantl’engaliage, ils n’ont pas reçu un pied de bleu d’indigo très-corsé, afin de rendre moins sensible l’altération de la nuance par l’effet du frottement exercé sur l’étoffe. Se soustraire à cette condition impérieuse serait essentiellement une faute que nous évitons de qualifier autrement.
- Les questions de moralité ne doivent pas être que de vains mots: elles sont essentiellement du domaine des grandes améliorations que la société réclame, et auxquelles l’industrie doit s’efforcer de concourir.
- Sentinelles vigilantes, nous ne faillirons pas à notre mission, et, après avoir montré la route, nous nous efforcerons à y ramener ceux qu’un fâcheux oubli pourrait encore égarer.
- Nos conseils, expression sincère de l’intérêt que nous portons à l’industrie, ne peuvent manquer d’être appréciés tout ce qu’ils valent; nous nous dispenserons donc de désigner au-
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- cune des localités auxquelles ils s’appliquent plus parliculiè* rement, certains d’être compris de ceux qui ont pu nous fournir l’occasion de les faire entendre.
- "“jf1 M. HOULÈS père et fils et CORMOULS, à Mazamet
- médailles (Tai’ll).
- d’or,
- Créateur d’aleliers considérables qui constituent l’un des plus beaux, des plus complets établissements de France, M. Houlès a puissamment contribué à porter l’industrie du Midi au degré de développement qu’elle a acquis; on lui doit d’avoir ouvert des sources d’activité qui, dans ses mains, sont, pour le département du Tarn, une mine féconde où i,5oo ouvriers trouvent une existence honnête en échange d’un honorable travail.
- Doué d’une intelligence d’élite, hardi aux affaires, M. Houlès est un novateur qui aborde avec une rare facilité les genres de fabrication les plus divers, certain de trouver des débouchés que lui garantit une réputation justement acquise.
- L’importance annuelle de la fabrication de cette maison est de i,5oo,ooo francs. Les étoffes qu’elle a exposées caractérisent bien leur origine: des matières douces, des tissus déliés et moelleux, sont des caractères qu’on retrouve lonjours où son nom se produit.
- Trop juste, cependant, pour s’attribuer exclusivement ses succès, M. Houlès fait particulièrement ressortir la participation active et intelligente de son contre-maître, M. Guiraud père, homme dévoué, d’un mérite réel, qui, depuis vingt-cinq ans, n’a cessé de donner des preuves de zèle, et qui a contribué, pour une grande part, au développement et au progrès que l’on peut être dans le cas de constater aujourd’hui dans ses établissements.
- M.Houlès revendique,en faveur de M. Guiraud,les témoignages que pourrait mériter sa maison; mais, le jury central, en appréciant le sentiment de sollicitude qui honore essentiellement le chef qui l’exprime, ne croit pas devoir le déshériter. Il lui rappelle, en conséquence, la médaille d’or, en dehors de ce qui sera statué à l’égard de M. Guiraud.
- MM. MORIN et C;° à Dieulefit (Drôme).
- Les considérations qui ont mérité à MM. Morin et compagnie, en 1844, une distinction de premier ordre se sont encore forti-
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- fiées depuis, malgré la pression qu’a ressentie notre industrie.
- Cette fabrique conserve toute son importance sous le triple rapport du mouvement des opérations, des ressources quelle continue à offrir à l’agriculture locale par la consommation de quantités assez considérables de laine; enfin du bien-être que le travail garantit à plus de 4oo ouvriers, indépendamment de l’influence qu’exerce sur eux le caractère personnel et bien connu de M. Morin.
- La fabrication générale de cette maison s’élève à 45o,ooo francs, dont le quart est destiné à l’exportation. Les draps de ces exposants offrent les caractères d’étoffes consciencieusement bonnes, bien traitées et solides. Ces conditions favorables doivent les faire rechercher pour être employées par les consommateurs nombreux qui ne peuvent affecter à leur habillement qu’une dépense restreinte.
- Le jury central lui rappelle la médaille d’or.
- M. KUNTZER, à Bischwiller (Bas-Rhin).
- Observateur sérieux, infatigable dans ses recherches, opiniâtre devant les difficultés, M. Kuntzer est, pour l’industrie, un véritable philosophe qu’aucun sacrifice n’arrête.
- Déjà signalé pour l’impulsion qu’il avait imprimée à la fabrication de Bischwiller, il vient aujourd’hui marquer plus hardiment encore sa présence au grand concours industriel, par la présentation d’un drap spécial dont chacun a pu apprécier le traitement et admirer le fini.
- L’ensemble de l’exposition de ce fabricant mérite des éloges pour la belle qualité des matières, la finesse des tissus et leur fabrication; mais, exceptionnellement, le jury central a distingué, dans l’assortiment de M. Kuntzer, son drap dit mousseline, du prix de i3 fr. 5o cent., dont l’extrême douceur, due à la perfection du travail, le disputerait au velours, si cet habile manufacturier ne venait nous montrer que la laine est en effet susceptible de transformations qui surprennent au point de douter encore, alors qu’en présence de la réalité, la vue et le tact se complaisent à apprécier une conquête qui le place au premier degré de notre industrie nationale.
- La mode, parfois si exigeante, toujours capricieuse; la mode, si difficile à satisfaire, trouvera un véritable aliment à ses entraînements dans les tissus que le savoir1, lebon goût et l’art de M. Kuntzer lui ont fait créer.
- Médaille
- d’or.
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- Nouvelle médaille d’argent.
- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
- — Z] 2 _
- Les produits de celte maison, fabriqués en laine line de Saxe el de Hongrie, se consomment presque exclusivement à Paris. Le commerce de la place fait beaucoup de cas de ses tissus.
- Le jury lui décerne la médaille d’or.'
- M. MOUISSE, à Limoux (Aude).
- Le mouvement de son établissement avait été un instant ralenti; la maladie avait fait du repos une impérieuse loi à M. Mouisse. Malgré son grand âge, son ardent amour du bien est venu réveiller en lui assez de force pour donner à ses ateliers une activité nouvelle, et maintenir son mouvement d’affaires.
- La ville de Limoux apprécie chaque jour les ressources que cette fabrique offre à la population ouvrière dont M. Mouisse a fait, en quelque sorte, sa famille, et dont l’existence serait fort compromise sans le secours de l’homme philanthrope que le jury départemental cite dans des termes qui honorent essentiellement son caractère.
- La fabrication de celte maison est exclusivement dans le genre nouveautés; elle s’élève à 600,000 francs par an, dont une partie est livrée dans nos possessions d’Afrique, où M. Mouisse a su faire apprécier des tissus qu’il a créés pour burnous.
- Les étoffes exposées sont en bonne matière, bien fabriquées et à des prix modérés. Toutes ces condilions ressortent surtout de la pièce castor écossais n° 72,134, cotée à 6 fr. 5o cent, le mètre.
- Le jury central lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. SOMPAIRAG aîné, à Cennes-Monestier (Aude).
- Si, sans égard à l’élévation de prix, produire bien est déjà un-mérite, produire bien et à bas prix doit être d’autant plus apprécié, et c’est dans celte condition tout exceptionnelle qu’il faut placer cetle maison.
- Une connaissance réelle des matières et de leur emploi, une longue pratique des opérations assurent aux travaux de M. Som-pairac les résultats qu’il obtient; dans ses établissements, ce sont principalement les toisons communes de nos bêtes à laine qui entrent dans ses manupulations faites par 45o ouvriers qui participent à l’exécution d’une fabrication de l’importance de 4oo,ooo fr.
- Le jury central lui rappelle la médaille d’argent.
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- M. Louis-Auguste ROUSTIC, à Carcassonne (Aude).
- Sous la raison Rouslic frères et fils, celle maison prenait rang, en 183g, parmi les exposants qui recevaient la médaille d’argent. Depuis, elle n’a plus pris part aux expositions.
- Sans se préoccuper de celle abstenfion, le jury a vu avec satisfaction la rentrée de M. Rouslic. Ce fabricant livre annuellement à la consommation pour 45o,ooo francs d’étoffes. Nous avons apprécié le mérite de ses produits sous le rapport de la qualité, du fini et du bas prix. Le jury signale entre autres la pièce cuir laine noir n° 155,212 , cotée 9 francs, et la pièce n° 98,008, cotée 9 fr. 25 cent.
- La ville de Carcassonne n’a pas oublié les sacrifices que M. Rouslic a su s’imposer pour introduire successivement d’utiles innovations dans le matériel de fabrique et dans la fabrication.
- Le jury départemental de l’Aude mentionne aussi les efforts fructueux de cet industriel pour trouver des débouchés qui lui ont permis de conserver une activité permanente aux ouvriers pendant l’année i848.
- Le jury central, s’associant au jury de l’Aude dans les éloges qu’il donne à M. Roustic, et reconnaissant en lui un habile manufacturier, lui rappelle la médaille d’argent.
- MM. HAZARD père et fils, à Orléans (Loiret).
- Dès le début de M. Ilazard, le jury marquait, en i844, l’avenir de sa fabrique, et cette maison a apprécié cette distinction en se maintenant au rang qui lui avait été assigné.
- Heureuse influence des encouragements, cet industriel intelligent a compris ce que cette récompense lui imposait d’obligations, et il les a réalisées en atteignant le but qui lui était marqué, et en méritant le témoignage du jury départemental.
- Les efforts deM. Hazard ne se sont pas étendus qu’à la fabrication et à produire bien et à bon marché, il a porté aussi sa sollicitude sur les ouvriers, pour leur assurer du travail pendant l’année difficile de i848.
- Depuis deux ans, cette maison ne fait plus rien pour l’exportation; la totalité de sa fabrication, qui s’élève à 3oo,ooo francs, est consommée à l’intérieur; nous le regrettons vivement, et nous engageons M. Hazard à faire des efforts pour replacer son nom sur le marché étranger.
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- Les draps exposés ont le caractère d’un bon type , ils se font remarquer par le choix des matières, par des toiles énergiques et souples, par un garnissage plein et par une tonte arrondie.
- A l’exception de deux pièces, l’une du prix de 5 francs, et l’autre de 7 fr. 5o cent., les î x coupes exposées sont cotées de 9 à 12 francs, et ces prix sont modérés en raison de la nature des tissus.
- Le jury central lui rappelle la médaille d’argent.
- M. LENORMAND, à Vire (Calvados).
- La récompense qui lui a été décernée, en i844, a été un puissant stimulant pour M. Lenormand, et lui a marqué le rang où il a su se maintenir parmi les hommes de progrès.
- Industriel sérieux, il a senti la nécessité de déserter les vieilles routines, et il s’est résolu à compléter son établissement de tout le matériel proportionné à l'importance de sa fabrication, qu’il porte à 25o,ooo francs, et dont la totalité est livrée au commerce intérieur.
- L’active intelligence de M. Lenormand, sa sollicitude lui ont fait traverser nos périodes difficiles sans diminuer, ni le nombre, ni le salaire de ses ouvriers.
- Les draps exposés par cette maison se font apprécier favorablement par l’emploi de matières bien choisies, par une fabrication qui révèle du savoir, des soins et une bonne direction donnée au travail.
- La pièce castor mastique, n° 18,558, du prix de 10 fr. 75 cent., est particulièrement recommandable par la douceur de la matière.
- Le jury central rappelle à M. Lenormand la médaille d’argent.
- MM. VERNAZOBRE jeune et Cic, àBédarieux (Hérault).
- Parleur intelligence et leurs efforts, MM. Vernazobre et compagnie se maintiennent en première ligne parmi l’industrie de Bé-darieux, sur laquelle ils exercent une influence réelle, surtout dans les moments difficiles.
- Malgré la crise industrielle et commerciale, cette maison, plus heureuse que beaucoup d’autres, semble avoir augmenté sa production annuelle quelle porte à 60,000 mètres d’étoffes diverses, réparties par moitié à l’intérieur et à l’exportation.
- Bien dirigés dans l’exécution de leur lâche, 290 ouvriers, dont l’existence est assurée par un travail continuel, concourent à l’exé*
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- culion des manipulations dans les ateliers de MM. Vernazobre et compagnie.
- Les draps de cette fabrique sont bien faits, et sont classés parmi les bonnes étoffes courantes.
- Le jury central lui rappelle la médaille d’argent.
- MM. FLOTTE, frères à Saint-Chinian (Hérault).
- Très-ancienne et importante maison, dont le succès était marqué aux expositions, et qui ne s’est pas présentée en i844-
- Vétérans de l’industrie drapière, on peut se réjouir de la rentrée de MM. Flotte dans les rangs des exposants, et nous les félicitons de leur résolution, qui ne pouvait manquer d’être accueillie.
- Portée au chiffre de 3oo,ooo francs, la fabrication occupe environ 3oo ouvriers. Leurs étoffes sont destinées, en totalité, pour l’exportation. C’est dans les échelles du Levant qu’elles se consomment, et que MM. Flotte ont su y faire accueillir favorablement les produits français.
- La vivacité des nuances dans les couleurs écarlate, orange, boulon d’or, violet, bleu de France, distingue autant les draps de cette maison que leur bonne fabrication, îa qualité des matières et le traitement des apprêts. Les prix sont aussi très-modérés, et nous ne pouvons nous dispenser de citer la pièce n° 27,619, drap violet, à 9 francs le mètre.
- Lejury central rappelle à MM. Flotte la médaille d’argent.
- MM. M1EG et fils, à Mulhouse (Bas-Rhin).
- L’origine de cette fabrique remonte presque à l’époque de la réunion de l’Alsace à la France, et la constitution de la maison, connue sous le nom de Micg et fils, date de 1734. La bonne réputation est traditionnelle dans la ville de Mulhouse, où les noms de ces honorables fabricants figurent parmi les hommes distingués de cette ville, si éminemment industrielle.
- Les divers ateliers réunissent un matériel complet pour assurer l’activité de 260 ouvriers, et les fabrications annuelles sont d’une valeur de 35o,000 francs, dont le huitième est destiné à l’exportation.
- MM. Mieg et fils continuent, avec succès, leur fabrication des draps noirs et des cassinêttes pour l’habillement.; mais , comme en i844, ils se font surtout remarquer par les étoffes destinées pour
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- l'impression au rouleau el pour celles employées par des industries diverses.
- Il est réellement impossiblé de traiter celte fabrication avec plus de savoir et de supériorité, et le jury leur témoigne sa satisfaction pour l'ensemble de leur fabrication, en faisant plus particulièrement une distinction des cinq coupes de drap blanc.
- Le jury accorde, en conséquence, à MM. Mieg et fils le rappel de la médaille d'argent.
- MM. GARRISS03N oncle et neveu, à Montauban (Tarn-et-Garonne).
- Celte maison se livre toujours avec une certaine distinction à la fabrication des molletons, serges, cadis et ratines; elle a exposé, pour vêtements d’hiver, un drap solide en très-bonne matière.
- A l’exception de faibles quantités du Maroc, les laines employées par MM Garrisson proviennent de France.
- Outre sa fabrication directe, qui mérite des éloges, et dont nous mentionnons les pièces n° 12,218, ratine rouge d’Andrinoplc à 3 fr. 75 cent., et n° 10,6874 flanelle bleue à 3 fr. 5o cent., cette maison continue à acheter considérablement cl’étofles, en état brut, qu’elle apprête et teint clans ses établissements, ce qui ajoute à son importance, en même temps qu’elle est une puissante ressource pour les tisserands des départements voisins du département de Tarn-et-Garonne, qui travaillent chez eux, et qui trouvent ainsi des débouchés faciles pour leurs tissus.
- Le jury central lui rappelle la médaille d’argent.
- MM. CHÉGUILLAUMË et Cic, à la Forge-en-Cugand (Vendée).
- Établissement très-considérable qui prend chaque jour des développements et qui constitue une ressource fort importante pour le département de la Vendée.
- Sous les dénominations de clissonnaire, rayette, futaine, bure, cette maison présente une variété d’articles qui soutiennent bien sa réputation sous le double rapport du prix et de la fabrication. La pièce de bure fine blanche est particulièrement remarquable par sa force et sa qualité.
- Outre les étoffes tissées, MM. Chéguillaume et compagnie tien-
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- nent en activité une filature de laine cardée et une filature de coton, et il serait à désirer qu’à l’exposition prochaine ils ne fissent pas défaut en leur qualité de filateurs.
- Le jury central leur rappelle la médaille d’argent.
- MM. RUEF et BICARD, à Bischwiller (Bas-Rhin).
- Antérieurement, cette fabrique semblait se faire particulièrement remarquer par la solidité de ses tissus. Sans rien avoir perdu de ce caractère distinctif, ses draps, présentés cette année à l’exposition, participent aussi d’apprêts dont le fini atteste une grande habileté d’exécution, et témoigne à la fois du mérite industriel de MM. Ruef et Bicard et de leur active persévérance dans la voie des améliorations. Le jury central a particulièrement arrêté son attention sur la pièce salin bleu n" 7420, et sur la pièce satin garance n° 7674, cotées toutes deux à i5 francs le mètre.
- Celte maison 11’emploie que des laines d’Allemagne ; elle fait pour 38o,ooo francs de fabrication, dont le quart pour l’exportation. La variété d’une fabrication bien suivie, les prix de vente modérés, tout concourt à faire enregistrer favorablement cette maison.
- Le jury leur décerne la médaille d’argent.
- M. LIGNIÈRES, à Carcassonne (Aude).
- Lors même que M. Lignières n’eût pas été l’objet des témoignages du jury du département de l’Aude, le jury central, si minutieux dans ses investigations, ne pouvait manquer d’arrêter son attention sur l’exposition de ce fabricant.
- La confection d’effets à bas prix qui trouvent un grand placement dans l’Amérique du Nord s’est présentée comme une nouvelle ressource pour l’industrie des tissus feutrés.
- Recherchant toutes les occasions de travail, appréciant pour les ouvriers et pour lui-même le prix d’une incessante activité, M. Lignières a compris l’importance d’être le premier à l’œuvre pour créer une étoffe en rapport avec le besoin qui se manifestait, et à porter dans une assez grande proportion la fabrication d’un demi-drap noir, qui réunit la bonté et la finesse au bon marché.
- La réputation de M. Lignières est justement acquise dans l’industrie et dans le commerce, et il serait réellement difficile de mieux faire que ce qu’il produit.
- Appréciant la distinction que fait de ce fabricant le jury dépar-
- ti édailt es d’argent.
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- lemental ainsi que les encouragements que méritent les services rendus par M. Lignières, le jury central lui décerne la médaille d’argent.
- M. JUHEL-DESMARES, à Vire (Calvados).
- Il n’est pas inutile de constater que M. Desmares est l’unique directeur de sa fabrique, et qu’il préside personnellement aux diverses manutentions; ses opérations, conduites avec économie, lui ont permis de soustraire le personnel de ses ateliers aux conséquences des crises difficiles, en assurant l’existence de chacun sans oscillation de salaire.
- M- Desmares a parfaitement compris les besoins des ouvriers, dont grand nombre sont logés dans son établissement.
- La fabrication, limitée antérieurement dans cette fabrique aux draps de couleur bleue, s’est étendue à des étoffes de couleurs variées pai’faitement réussies.
- Les matières employées sont d’un bon type; la tissure des draps est bien frappée, le garnissage est ménagé et abondant. Les prix, dans l’échelle de 7 fr. 2b cent, à 9 fr. 5o cent., sont très-modérés et recommandent à la consommation les étoffes de celte fabrique qui peuvent soutenir avec avantage la concurrence sur leurs similaires. Nous devons signaler particulièrement la pièce castor bronze n° 3o,522.
- Le jury central lui décerne la médaille d’argent.
- MM. GAUDCHAUX-PIGARD fils, à Nancy (Meurthe).
- On doit à cette maison d’avoir introduit et de maintenir dans la ville de Nancy une fabrication supérieure à celle qui y était exécutée antérieurement.
- Les débouchés qu’ont su trouver MM. Gaudchaux et Picard fils pour le placement de leurs étoffes à l’intérieur et à l’exportation témoignent de leurs prévisions en même temps que de leur concours à faire apprécier les produits de notre industrie sur le marché étranger.
- Dans leur diversité, les draps de ces exposants sont fabriqués avec une bonne entente de l’emploi des matières. Le jury reconnaît que l’extension des opérations de MM. Gaudchaux et Picard, au chiffre de 4oo,ooo francs, est évidemment due à leur expérience pratique, qui leur permet de livrer à la consommation des draps
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- bien fabriqués et à bon marché, et d’assurer l’existence de nombreux ouvriers par une activité non interrompue.
- Le jury central leur décerne une médaille d’argent.
- M. POMCHON fils aîné, à Vienne (Isère).
- Ce fabricant a déjà été signalé, en 1844* comme ayant le plus contribué aux améliorations de l’industrie drapière de sa localité; sa persévérance n’a pas failli; on reconnaît la bonne direction donnée au travail par la qualité de ses draps qui ont été appréciés, surtout la pièce n° 15,829 castor-bronze.
- Le jury central lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MM. MURET, SOLANET et PALANGIË frères, à Saint-Geniez (Aveyron).
- L’existence de cette maison est fort ancienne. Son principal établissement, détruit par le feu depuis la dernière exposition, a été reconstitué dans des conditions en rapport avec les nécessités de l’exploitation, et surtout avec les convenances des ouvriers pour éviter l’encombrement et contribuer, par une assiette bien entendue, à leur rendre le travail facile.
- Saint-Geniez doit en partie à MM. Muret, Solanet et Palangié l’activité de sa population qui, sans le secours de leur fabrique, serait dans un dénûment complet.
- 4oo ouvriers prennent part annuellement à la conversion en tissus de 90,000 kilogrammes de laine.
- Indépendamment des draps que cette maison fabrique pour les services de la guerre et de la marine, les pi'oduils qu’elle expose trouvent dans le commerce intérieur un écoulement facile, en raison de leurs bas prix et de leur qualité. Le jury a remarqué la pièce n° 2, drap bleu teint en pièce, du prix de 5 fr. 2 5 cent., qui a réellement du travail et de la qualité.
- Le jury central lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. MANIGUÈT, à .Vienne (Isère).
- D’après les draps à bas prix qu’il montre à l’exposition, M. Ma-niguet reste pour le jury au nombre des fabricants dont on doit constater les efforts pour se maintenir au rang qui lui a été assigné au concours de i844.
- Le jury central lui rappelle la médaille de bi’onze.
- m. 4
- Nouvelles médailles de bronze
- Rappels
- de
- médailles de bronze.
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- MM. COURTÈY frères et BARRÉ, à Périgueux (Dordogne ).
- C’est toujours la fabrication des cadis à bas prix, étoffe si précieuse pour les classes pauvres, qui fait l’exploitation de celte maison, et elle trouve à l’intérieur, et principalement dans les campagnes, des débouchés qui élèvent son mouvement annuel d’opérations à plus de 200,000 francs.
- Ce chiffre dit assez en faveur de leurs étoffes, et l’opinion que nous avons conçue de celles exposées leur est aussi toute favorable.
- Nous engageons MM. Courley frères à persévérer et à ajouter à leurs efforts pour conquérir des améliorations.
- Le jury central leur rappelle la médaille de bronze.
- MM. BRICHE-VANBAVINCHOVE, à Saint-Omer (Pas-de-Calais ).
- Cette maison continue sa fabrication dans des conditions intelligentes, ainsi que l’atteste la variété de leurs tissus dans les genres castorines, vareuses, molletons, flanelles. Les prix sont en rapport avec leur qualité. Leurs étoffes, dont nous avons apprécié la bonne fabrication, sont recherchées dans les localités voisines du siège de leur fabrique, où, en raison du climat, les populations en font une grande consommation.
- Le jury central leur rappelle la médaille de bronze.
- MM. BOYER frères, à Limoges ( Haute-Vienne ).
- A l’importance de son tissage, celle maison joint la filature, la teinture et des ateliers d’apprêts, et c’est d’un tel ensemble que ressort la situation qui la classe au premier degré de l’industrie de Limoges.
- Ses étoffes dans les genres finettes et flanelles Virginie, pour vêtements de femmes, sont en bonnes matières, bien ouvrées.
- 320 ouvriers participent aux manipulations, et convertissent annuellement 60,000 kilogrammes de laine et 12,000 kilogrammes de coton ou fils de lin en 11 P.000 mètres d’étoffes, d’une valeur d’environ 290,000 francs.
- MM. Boyer frères, déjà cités antérieurement pour les perfectionnements qu’ils ont apportés dans la fabrication des îimogiennes,
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- continuent de justifier leur réputation de manufacturiers habiles. Le jury central leur rappelle la médaille de bronze.
- MM. BLIN père et fils et BLOG-J AV AL, à Bischwiller ( Bas-Rhin ).
- Médailles de bronze.
- C’est la première fois que ces fabricants se présentent au concours industriel, et, en mesurant leurs forces,ils ont pu comprendre qu’ils seraient accueillis avec la distinction de fabricants consommés.
- Leur exposition, qui se compose de 8 pièces de tissus divers, atteste que MM. Blin père et fils et Bloc-Javal connaissent bien la fabrication, et qu’ils font une application heureuse de leur expérience dans les divers traitements donnés à leurs tissus, qui sont francs de dégraissage, de foulage et d’apprêts, et fabriqués avec des laines d’un bon choix, d’origine d’Allemagne. Les prix déterminés de 8 fr. 5o cent, à 12 fr. 5o cent, classent les draps de cette maison dans les conditions d’une bonne consommation courante.
- Le jury central leur décerne la médaille de bronze.
- MM. PERRIN frères et Cie, à Nancy ( Meurthe ).
- Sur une petite échelle, cet établissement existait à Nancy depuis 1820; il a reçu en 1846 des développements assez considérables, et c’est à Rosières-aux-Salines, au milieu d’une population pauvre, dont une partie, frappée en naissant d'une constitution inerte, rachitique, est trop faible pour se livrer aux travaux de la campagne, que MM. Perrin frères et compagnie ont établi leur succursale.
- Le jury de la Meurthe fait particulièrement ressortir le bien de cette création, qui a été une véritable ancre de salut pour la localité de Rosières.
- Cette maison fait environ 18 à 20,000 mètres de drap, dont les 2/3 vont à l’exportation. C’est la première fois qu’elle se présente à l’exposition. Sa fabrication, plus spéciale aux étofFes à bas prix, est, sous ce rapport, des plus remarquables, et les classes pauvres sauront en apprécier comme nous le mérite.
- Nous signalerons exceptionnellement les pièces n° 11464, du prix de 3 fr. 75 cent, le mètre, n° 11465, du prix de 5 fr. 5o cent., et n° 11.422, du prix de 5 fr. 75 c.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- 4.
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- M. THIOLLIER, à Vienne (Isère).
- La mention honorable qui a été accordée en i844 à M. Thiollier a été pour lui un véritable encouragement.
- Le jury a pu reconnaître, en effet, par l’examen des draps de cette maison, particulièrement de la pièce n° 6538,bleu de légion, du prix de 10 francs le mètre, que la fabrication est bien entendue dans ses ateliers et que les résultats obtenus sont dus autant à l’emploi de bonnes matières qu’au travail régulier exécuté dans la succession des diverses opérations par une impulsion intelligente.
- L’industrie de la ville de Vienne peut se féliciter d’être ainsi représentée à l’exposition.
- Le jury central lui décerne la médaille de bronze.
- M. SIGNORET-ROCHAS, à Vienne (Isère).
- Celle maison se présente à l’exposition pour la première fois. Le jury constate que M. Signoret-Rochas lui a fourni l’occasion de remarquer, sous le rapport de la qualité de la matière, de la force des tissus et du bon marché, son assortiment de draps dits de nouveauté, et de distinguer, entre autres, la pièce n° 2091, cotée 6 fr. 5o cent.
- Le jury central lui décerne la médaille de bronze.
- MM. BOYER aîné et LAGOUR frères, à Limoges (Haute-Vienne).
- Précédemment, et jusqu’en i83g, cette maison se présentait aux expositions sous la raison Boyer aîné et compagnie.
- Aujourd’hui son importance est telle, qu’elle occupe 180 ouvriers, et qu’indépendamment de son tissage, elle a accessoirement un atelier de teinture près de Limoges.
- MM. Boyer aîné et Lacour frères ont voulu marquer leur présence au concours par l’envoi d’un assortiment de limogiennes croisées doubles et satinées unies et à rayures variées, du prix de 5 francs; de flanelles virginie, de 1 fr. 35 cent, jusqu’à 3 fr. 75 cent., et fabriquées avec une grande intelligence sous le rapport du travail, du choix des matières, de leur qualité, de la teinture et du goût dont les tissus portent avec eux le caractère.
- Le jury a vu avec plaisir MM. Boyer aîné et Lacour frères continuer à prendre une part si honorable aux expositions de l’industrie;
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- il les considère comme des hommes d’impulsion et de progrès, et leur décerne la médaille de bronze.
- M. CARCENAC, à Rodez (Aveyron).
- Dans un pays où l’industrie est si peu développée, le mouvement de travail imprimé dans la ville de Rodez par M. Carcenac rejaillit d’une manière trop salutaire sur le sort de plus de 3oo ouvriers pour ne pas lui tenir compte des difficultés que rencontrent des établissements privés, comme le sien, de tout contact et de toute émulation.
- Cette situation, le bas prix des étoffes fabriquées parM. Carcenac, ont été appréciés; mais le jury ne peut se dispenser de l’engager à porter sa sollicitude vers des progrès que ses efforts lui feront nécessairement atteindre.
- Prenant en considération, tout à la fois, d’une part, la quantité considérable de laines du pays que consomme M. Carcenac, etj de l’autre, l’influence qu’exerce l’importance de son chiffre d’affaires (4oo,ooo francs), le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- MM. POUMEAU frères, à Limoges (Haute-Vienne).
- Nouvelle maison formée en i845, et qui se livre avec succès à la fabrication des articles de Limoges.
- Les tissus de cecte maison-sont serrés, fabriqués avec goût et en bonne matière, et peuvent se montrer hardiment près de ceux des anciennes fabriques.
- MM. Poumeau font preuve d’habileté; ils fabriquent déjà pour une valeur de 100,000 francs par an.
- Leurs étoffes sont livrées au commerce intérieur, et se consomment particulièrement en Bretagne, en Normandie, et sur notre littoral de l’Ouest.
- Le jury central leur décerne la médaille de bronze.
- M. LEPÀRQUOIS, à Saint-LÔ (Manche).
- Il est dans la coutume de cette maison de n’exposer qu’un très -petit nombi’e d’articles. Fidèle au rendez-vous, elle présenté, cette année, comme aux expositions précédentes, 2 pièces de droguets qui portent le cachet de sa fabrication habituelle.
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- Mentions
- jonorables.
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- Ces étoffes sont d’un tissage serré, condition fort essentielle lorsqu’à la qualité la matière et le bon marché viennent s’y associer, comme dans les produits de M. Leparquois.
- Le jury central lui décerne la médaille de bronze.
- M. HONORAT, à Saint-André (Basses-Alpes).
- L’établissement de M. Honorât semble avoir pris une assiette telle, qu’on peut désormais le considérer comme une ressource réelle pour le département des Basses-Alpes.
- Les difficultés qu’il a dû rencontrer, pour former aux coutumes d’un travail suivi une population presque entièrement étrangère aux manipulations de la draperie, ont été appréciées par le jury, qui se plaît à reconnaître surtout les efforts de ce fabricant pour obtenir des ouvriers les draps qu’il a envoyés à l’exposition. Ces tissus sont d’une assez bonne fabrication courante.
- Le jury central le mentionne honorablement.
- M. Antoine DUHIL, à Fougères (Ille-et-Vilaine).
- Le jury départemental d'Ille-et-Vilaine mentionne cette maison d’une manière spéciale.
- Comme filateur et comme teinturier, M. Duhil occupe un nombre considérable d’ouvriers-, mais c’est moins dans ces spécialités que nous sommes appelés à la juger que comme fabricant de flanelles droguets, puisqu’elle n’expose que des tissus de cette espèce.
- La bonne qualité des étoffes, les prix modérés qui ressortent des détails consciencieusement décrits dans les renseignements fournis, recommandent ce fabricant, ainsi que l’importance de ses établissements.
- Le jury central lui accorde une mention honorable.
- Mrae veuve DARD1É, à Mazamet (Tarn).
- Des molletons et des tartans en bonne matière composent l’exposition de cette maison, qui occupe à Mazamet 160 ouvriers.
- C’est la première fois quelle se présente.
- Le jury central lui accorde une mention honorable.
- Citations MM. DEL AGE père et fils, à Limoges (Haute-Vienne).
- Le bulletin de déclaration fourni par cette maison ne contient
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- aucun des renseignements qui puissent éclairer le jury sur l’importance de ses ateliers et de sa fabrication. Il fait connaître seulement que MM. Delage occupent 20 ouvriers, sans préciser s’ils travaillent à l’intérieur ou au dehors de leurs ateliers.
- Ils ont présenté 5 pièces de limogiennes en i4o, du prix unique de 5 fr. 5o cent. Ces étoffes sont bien faites et d’une bonne consommation courante.
- Le jury central les cite favorablement.
- M. PÉTINIAUD-DUBOS, à Limoges (Haute-Vienne).
- r
- Etablissement dont la création remonte à 4 ans, et dont l’importance, d’après les renseignements, d’ailleurs incomplets, du bulletin de déclaration, est limitée à une fabrication exécutée par 12 à 20 ouvriers.
- Les flanelles exposées sont de bonnes étoffes, les prix sont dans de sages limites.
- Le jury central cite favorablement M. Pétiniaud-Dubos.
- DEUXIÈME DIVISION.
- ÉTOFFES NON FOULEES EN LAINE PURE OU MELANGEE.
- S 1". COUVERTURES.
- • M. Lainel, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- C’est l’achat des matières premières qui absorbe le plus des fonds engagés dans l’industrie des couvertures , et le travail 11’y est que l’accessoire.
- Extrêmement limité dans lé jeu de ses combinaisons, le métier à tisser reste dans une sorte de condition stationnaire et, par suite, la formation des toiles n’est guère susceptible de modifications.
- L’art ayant moins de part, l’appréciation est plus facile et la vérité est plus saisissable ; mais, nous devons le reconnaître,
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- plus les moyens sont limités, plus l’application d’une main-d’œuvre dirigée avec intelligence, une parfaite appréciation des laines, sont des auxiliaires qui contribuent à imprimer à la fabrication le cachet de bien que le jury central, dans ses explorations, a été heureux de constater d’une manière générale.
- Cette branche fort importante de notre industrie est exploitée, principalement par la fabrique de Paris qui conserve la réputation qu’elle s’est acquise pour la fabrication des couvertures fines.
- A part la consommation de la France, nos produits appréciés à l’extérieur soutiennent, sur quelques marchés, la concurrence anglaise et trouvent des débouchés assez considérables aux Etats-Unis.
- Universellement, la couverture est un objet de première nécessité. Recherchée dans la demeure du riche, elle contribue essentiellement au soulagement du pauvre, surtout dans les longues nuits d’hiver passées dans ces tristes réduits, refuges mal clos, rarement chauffés, où le froid impitoyable exerce ses rigueurs sans distinction d’âge ni de sexe.
- Dans l’état actuel et pour suppléer à la cherté des laines , l’industrie s’est livrée à la fabrication des couvertures en poil de cabri; mais, cette matière, employée en trame tissée sur des chaînes en coton, n’étant pas soumise au feutrage, s’échappe facilement par l’effet du moindre frottement, et les organes respiratoires absorbent pendant le sommeil une partie des poils, qui sont une fatigue aussi réelle pour la poitrine que pour la gorge et le cerveau. Au point de vue hygiénique, il serait fort désirable de pouvoir abandonner cette fabrication.
- La vente des couvertures à bon marché serait donc un des plus grands soulagements à apporter aux souffrances des classes pauvres ; mais le prix des matières premières domine trop cette question, et seuls les efforts des producteurs ne peuvent apporter des diminutions sensibles sur les cours.
- Le jury central, dans sa philanthropique sollicitude, rc-
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- gretle de ne pouvoir formuler, à cet égard, aucune observation, de ne pouvoir exprimer aucun vœu, sans paraître s’écarter des limites de son mandat et faire irruption dans le domaine administratif.
- MM. POUP1NEL jeune et Ernest GUYON, à Paris(Seine).
- L’exposition de 1829 marquait les succès de cette maison, et, depuis, des récompenses sont venues successivement s’attacher à son nom.
- MM. Poupinel et Guyon ne sont pas que des manufacturiers habiles ; ce sont des hommes hardis, progressifs et très-intelligents ; placés en tête de l’industrie parisienne, ils ont essentiellement contribué aux améliorations de la fabrication des couvertures.
- On promène délicieusement les regards sur leur assortiment et la main se complaît à palper l’abondant duvet dont leurs tissus sont enrichis.
- Ils ont eu l’heureuse idée de mettre en fabrication des laines peignées qui, traitées par un garnissage abondant, donnent un tissu mousseux, à brins longs, destiné à fonctionner à l’instar de l’édredon.
- On leur doit aussi l’innovation d’encadrements imprimés sur couvertures blanches par le concours de la vapeur, dont la pénétra-bililé et la solidité de la couleur 11’altèrent en rien la fraîcheur de la nuance écarlate.
- Le i/5 de leur fabrication, dont le total est d’environ 285,000 fr., est consommé à l’exportation.
- Le jury central leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MM. BUFFAULT et TRUCHON, à Paris (Seine).
- C’est à Essonne que cette fabrique est établie; elle réunit exceptionnellement tous les éléments de fabrication, préparation des laines, filature, tissage et teinture. Les matières premières reçoivent donc aussi, sous la même direction toutes les transformations.
- MM. Buffault et Tnichon occupent de i4o à i5o ouvriers, et font annuellement pour 35o,ooo francs de fabrication qui se répartit entre le commerce intérieur et l’exportation dans la proportion des 2/5 à la destination des États-Unis; leur active intelligence est parvenue à leur faire trouver des débouchés sur des marchés
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
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- Médaille
- d’argent.
- Nouvelles médailles de bronze.
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- où les produits de notre industrie font ainsi concurrence à ceux qui depuis longtemps sont maîtres de la place.
- Leurs couvertures en laine, en coton ou en cabri, fabriquées avec des matières convenablement choisies et employées avec une connaissance parfaile des manipulations, sont aussi fort appréciées par le commerce intérieur, où le nom de ces fabricants reste honorablement connu.
- Le jury central leur rappelle la médaille d’argent.
- M. ALBINET, à Paris (Seine).
- Quoique son nom soit depuis longtemps très-favorablement connu dans l’industrie, c’est la première fois que M. Albinet se présente à l’exposition.
- Son établissement, créé par son père en 1795, a subi, depuis qu’il lui a succédé, des modifications considérables, et il possède aujourd’hui des ateliers de tissage et de filature compleis pour la fabrication des couvertures.
- La filature est mue par une machine à vapeur de la force de 12 chevaux; 75 ouvriers prennent part aux travaux d’une production qui s’élève par année à 220,000 francs. L’exportation n’est comprise que pour une très-faible part.
- M. Albinet est un manufacturier qui connaît parfaitement la fabrication. Ses couvertures justifient en tout cette opinion par leur netteté de travail, leur blancheur, leur complet dégraissage et leur grande douceur. Nous ne pouvons que l’engager à s’enhardir pour porter son nom sur les marchés étrangers, où il est assuré qu’il sera accueilli aussi favorablement qu’il l’est par le commerce de Paris.
- Le jury central lui décerne la médaille d’argent.
- M. BEUDON, à Paris (Seine).
- Jeune industriel dont l’intelligence devrait lui assurer des succès commerciaux. M. Beudon traite de la fabrication des couvertures avec une véritable connaissance pratique des opérations et des matières.
- Son exposition a été bien appréciée par le jury; les couvertures fines ont de la qualité, un bon traitement de blancheur, et ses couvertures en colon, à bas prix, ont surtout le mérite d’êlre fort goûtées sur le marché étranger, où M. Beudon est parvenu à en
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- placer annuellement pour une valeur de plus de 3o,ooo francs.
- Le jury central lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MM. LÉGER-FRANCOLIN et GOUCHEREAU, à Patay (Loiret).
- Toujours bien accueillis aux expositions, MM. Léger-Francolin et Gouchereau évitent de laisser échapper l’occasion de faire proclamer leur nom.
- Les couvertures qu’ils exposent soutiennent la bonne réputation -qu’ils se sont acquise dans l’industrie et dans le commerce. Leur assortiment se compose de tissus bien traités de lavage et d’apprêts, parmi lesquels nous avons surtout remarqué une couverture blanche à mouches rouges et une couverture à mouches bleues qui sont d’un bon effet.
- Le jury central décerne à MM. Léger-Francolin et Gouchereau une nouvelle médaille de bronze.
- MM. FORT et AGUIRRE, à Saint-Jean-Pied- de-Port (Basses-Pyrénées).
- Après avoir organisé un établissement qui est d’un si grand secours pour les ouvriers dans un pays où le salaire de chaque jour serait si incertain pour eux, on doit savoir gré à MM. Fort ét Aguirre de leur persévérance pour maintenir l’activité de leurs ateliers , et le jury y a pris un intérêt réel.
- Cette fabrique entretient 200 ouvriers; en dehors de ses placements à l’intérieur, elle livre à l’exportation des couvertures pour une valeur de plus de 100,000 francs.
- Les couvertures présentées au jury, fabriquées sans fard, .sont d’une bonne facture, et celles de qualité inférieure sont surtout à très-bas prix. Une couverture de cheval à carreaux rouges et verts, de 5 francs 5o centimes, mérite d’être citée pour sa qualité relative , la fabrication et le bon marché.
- Le jury central lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. MARCHAND-LECOMTE, à Patay (Loiret).
- Chaque jour la fabrique de Patay fait de nouveaux progrès; èlle n’a réellement plus rien à envier à Orléans, et M. Marchand-Lecomte peut à justes droits revendiquer line part de cette conquête.
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
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- Médailles de bronze.
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- Les couvertures de cette maison, fabriquées avec des matières bien choisies, se font apprécier par de la force, dé la souplesse, de la blancheur, un garnissage abondant et des prix modérés. Elles sont toutes réservées au commerce intérieur et sont particulièrement demandées en Bretagne.
- Le jury central lui rappelle la médaille de bronze.
- M. PEPIN-VEILLARD, à Orléans (Loiret).
- Ancienne maison, favorablement connue dans l’industrie et dans le commerce, ne s’est jamais présentée aux expositions.
- 3o,ooo kilogrammes de laine de France, Beauce et Sologne, sont employés par elle, et cet écoulement, ainsi assuré, est une ressource précieuse pour l’agriculture de ces contrées.
- Ses couvertures, qui sont en tout d’une bonne fabrication, en matières de bonne qualité, parfaitement dégraissées, font bien ressortir toute l’intelligence qui dirige les manipulations.
- Cette maison livre annuellement au commerce de Paris pour 80,000 francs de couvertures, et le reste de sa fabrication, 60,000 francs environ, est expédié directement dans divers départements, et une petite quantité en Turquie.
- Nous ne saurions trop encourager M. Pépin-Veillard à étendre ses relations avec l’extérieur, parce que ses couvertures ne peuvent que contribuer à faire bien apprécier notre industrie.
- Le jury central lui décerne la médaille de bronze.
- *
- MM. RJME et RENARD, à Orléans (Loiret).
- Le jury du Loiret a constaté que cet établissement est le plus important du département et qu’il réunit les éléments nécessaires à la.fabricatîon des couvertures sur une échelle importante.
- Le jury fait aussi ressortir que MM. Rime et Renard ont préféré, depuis les événements de i848, suspendre l’exécution d’améliorations qu’ils voulaient apporter à leur matériel, que de subir la douloureuse nécessité de ne pas maintenir en activité près de 100 ouvriers.
- Cette maison est ancienne et avantageusement connue : c’est la première fois qu’elle expose : elle met en manipulation environ 60,000 kilogrammes de laine que lui livrent les cultivateurs de la Beauce et de la Sologne.
- Les couvertures de MM. Rime et Renard portent bien le cachet
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- de la fabrique d’Orléans : elles ont de la qualité, de la force, de la douceur et du fini. Les vertes sont d’une nuance Irès-égale.
- Le jury central leur décerne la médaille de bronze.
- M. ROCHER, à Paris (Seine).
- Quoique très-ancienne, c’est la première fois que cette maison se présente à l’exposition.
- La fabrique de M. Rocher, quoique classée dans l’ordre secondaire, occupe cependant 60 ouvriers. Ses couvertures ont de la qualité; le dégraissage ne laisse rien à désirer, et ses prix sont en rapport avec ceux des autres fabricants.
- Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- MM. GIROUD frères, à Sérezin (Isère). Nouvelle
- mention
- Leurs couverlures sont d’une bonne fabrication ; la matière a de honorable, la qualité. Le jury regrette de n’avoir sur cette maison, qui se présente à l’exposition pour la seconde fois, aucun renseignement, tant sur sa position industrielle que sur l’importance de ses opérations.
- Le jury central leur accorde une nouvelle mention honorable.
- MM. BARANGER frères, à Ghâteaurenard (Loiret). Mentions
- _ , . . , . . . , „ honorables,
- fabrique de création recente, qui ajoutera nécessairement a sa modeste importance par le succès qu’elle obtient dès ses débuts à l’exposition.
- Cette maison doit, pour elle, pour l’industrie et pour les consommateurs, s’efforcer de grandir. Les couvertures qu’elle a soumises à notre inspection, blanches, vertes ou grises, sont bien et nous fournissent l’occasion de prédire à MM. Baranger de l’avenir.
- L’agriculture locale et les fermiers des environs de Châteaure-nard apprécient beaucoup le mouvement de leur établissement, qui ne consomme que des laines du pays, essentiellement favorables à l’industrie couverturière.
- Le jury central leur accorde une mention honorable.
- Mme DORMOY, à Paris (Seine).
- A la fabrication des couvertures en laine et en coton à bon marché, cette maison joint celle des couvertures en cabri, qui sont surtout employées par les classes pauvres.
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- Un tiers de sa production annuelle est destinée à l’exportation ; ce sont principalement des couvertures en coton pour une valeur de 3o,ooo francs.
- Mmo Dormoy occupe 3o ouvriers. On doit lui savoir gré de ses efforts pour les maintenir en activité.
- Le jury central lui accorde une mention honorable.
- Citation M DENOSSE-BRUNET, à Mouy (Oise).
- Couvertures communes, bien fabriquées dans leur genre et remarquables surtout par leur bas prix. Nous engageons M. Denosse-Brunet à étendre sa fabrication.
- Le jury central le cite favorablement.
- S 2. TISSUS DE LAINE LÉGERS.
- M. Sieber, rapporteur.
- Rappel
- de
- médaille
- d’or.
- M. DAUPHINOT-PÉRARD, à Isles-sur-Suippe (Marne).
- M. Dauphinot-Pérard est un des doyens de l’industrie lainière. Ses tissus mérinos ont été justement appréciés aux trois précédentes expositions. Il a obtenu la médaille d’or à celle de i844, et continue, avec le même succès, le même genre d’industrie, occupant 160 métiers, qui produisent un chiffre d’affaires de 35o,ooo francs.
- Les pièces qu’il expose ne laissent rien à désirer et dénotent une connaissance parfaite du tissage.
- Le jury décerne à M. Dauphinot-Pérard le rappel de la médaille d’or.
- Médaille MM. BENOIST-MALOT et C,e, à Reims (Marne).
- d’or. • ^
- Cette maison continue à fabriquer les nouveautés pour robes et
- manteaux, mérinos et flanelles écossais, tartanelles, châles écossais, etc., avec un succès tel, que ses ateliers n’ont pas chômé un instant durant toute l’année de 1.848, et qu’elle occupe aujourd’hui 800 métiers, fournissant du travail à plus de 1,000 ouvriers.
- C’est que les soins les plus actifs et les plus intelligents président à tous les travaux dans l’établissement de MM. Benôist-Malot et compagnie, lequel réunit deux industries distinctes, mais qui concourent au même but, la teinture et le tissage.
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- Les produits de celte maison atteignent le chiffre de 1,200,000 fr., dont un tiers pour l’exportation. Le jury, comme marque de satisfaction, a voté, en i844, un deuxième rappel de médaille d’argent à MM. Benoist-Malot et compagnie, il leur décerne cette fois la médaille d’or.
- MM. BUFFET-PERRIN oncle et neveu, à Reims (Marne).
- Les produits de cet établissement, l’un des plus anciens de Reims et qui n’occupe pas moins de 4oo ouvriers, se distinguent, comme aux précédentes expositions, par une fabrication on ne peut pas plus soignée et très-bien entendue sous tous les rapports.
- Les articles de nouveauté pour manteaux et robes, écossais foulés et non foulés, les" valencias quadrillés, les casimirs pour pantalons qu’exposent MM. Buffet-Perrin oncle et neveu, justifient pleinement la faveur dont ils jouissent, aussi bien à l’intérieur que sur les marchés étrangers, et maintiennent ces habiles fabricants au premier rang dans une industrie qui demande tant de soins.
- En i844, le jury leur a voté le rappel de la médaille d’argent. Pour récompenser une suite non interrompue d’efforts et de succès, il leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MM. FORTEL-LARBRE et Cie, à Reims (Marne).
- Celte maison, depuis l’exposition de i844 où elle figura pour la première fois, n’a pas cessé de donner une vive impulsion à la fabrication des articles de nouveauté, quelle s’attache surtout à rendre accessibles à la grande consommation.
- Les étoffes pour gilets, pour robes et manteaux qu’elle expose, témoignent des efforts heureux faits dans ce but, sans que le mérite du bon marché soit au détriment d’une bonne confection.
- Cetle intelligence des besoins du plus grand nombre, unie à une activité infatigable, explique les succès signalés obtenus par MM. Fortel-Larbre et compagnie, et qui leur ont permis de porter leur.production à 10,000 pièces de tissus divers, représentant une valeur d’environ un million, dont une partie notable pour l’exportation.
- Le jury leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. Charles-François PATRIAU ,^à Reims ( Marne ).
- Les étoffes exposées par M. Palriau appartiennent à deux branches d’industrie distinctes,:
- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
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- D’un côté, des étoffes de laine pour gilets, pantalons, robes et manteaux; de l’autre, des piqués coton, unis et façonnés, pour gilets. Mais, dans les deux genres, qui supposent des connaissances très-variées en industrie, M. Palriau a surmonté toutes les difficultés avec un rare bonheur.
- Ses étoffes de laine sont très-appréciées, et quant à ses piqués de coton, unis ou façonnés, ils ont atteint la perfection des piqués anglais, pour la finesse, et leur sont supérieurs sous le rapport du goût.
- M. Patriau occupe environ 200 ouvriers, tant dans le département de la Marne que dans celui de l’Aisne, et la valeur des objets qu’il livre annuellement au commerce peut s’élever à 4oo,ooo fr., don t un tiers pour l’exportation.
- Le jury se plaît à reconnaître les succès obtenus par M. Patriau et lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- médaille
- d’argent.
- M. CAILLET-FRANQUEVILLE, à Bazancourt (Marne).
- Les produits de cette maison, consistant en tissus mérinos, jouissent d’une grande réputation que justifient, à tous égards, les pièces qu’elle expose et qui n’ont point été faites en vue de l’exposition.
- M. Caillet-Franqueville donne les soins les plus minutieux et les plus intelligents à sa fabrication également satisfaisante dans les qualités courantes et les qualités les plus fines.
- Tout ce que peuvent produire les i3o métiers qu’il entretient trouvent un prompt débouché, en grande partie pour l’exportation.
- M. Caillet-Franqueville a obtenu une médaille d’argent en 1844- Il estresté dignede celte récompense elle jury lui en accorde le rappel.
- Médaille
- d’argent.
- MM. ANDRÈS père et fils, à Reims (Marne).
- Ils exposent pour la première fois; c’est pourtant une ancienne maison, établie à Reims depuis trente ans, et dont les produits jouissent depuis long-temps d’une faveur méritée.
- Elle occupe 4oo métiers produisant pour environ un million de tissus unis divers, principalement des flanelles de santé, flanelles Bolivar et flanelles mousselines, .ce qui Ta élevée au premier rang dans son industrie.
- Jusque-là les tissus de MM. Andrès père et fils ont trouvé un débouché assuré à l’intérieur, grâce aux qualités qui les distinguent,
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- et il est permis de croire qu’ils soutiendraient avec avantage la concurrence des produils similaires anglais, sur les marchés étran-
- gers.
- i s i V j \ • ' } ;
- Le jury appréciant les services rendus à l’industrie par MMv-An-drès père et filsleur décerne la médaille d’argent. ; ,;i ,
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- M. MACHET-MAROTTE, a:Reims;(Marne).’.;
- Il expose pour la première fois; mais;, depuis 1837. que cette maison est établie, elle se distingue par la bonne fabrication de ses articles de nouveautés , tels ,qu étoffes pour manteaux,, mérinos écossais, satins de laine, etc., pour la vente courante.
- Aussi ses affaires, ont-elles pris un prompt'développement et elle
- occupe aujourd'hui près de 4oo ouvriers. ,,
- ,•_ r i. J.- >; p'jr.r.f . .** i u, !;,:i , - ‘ .îi
- .Un pareil résultat a une grande valeur aux,yeux ;du jury,c qui décerne à M. Machet-Marotte la médaille de bronze.
- MM) CLÉRAMBAULT et LECOMTE, à Alençon
- ;,b î ir:-v " ’
- ‘ Ils ont‘succédé, il y a peu dé temps, à là maison si honorablement connue dans l’industrie dé 'MM! Ch? Clérambault, et exposent pour la première fois.
- Leurs mousselines pjurejaine-et étoffes croisées, trame laine, et chaîne fantaisie, portent le cachet de supériorité qui distinguait les produits plus Variés de’leur'devancier, et le prompt écoulement qu’elles doivent trouver, contribuera, sans doute, à rendre bientôt à la nouvelle maison l’importance qu’avait l’ancienne.
- , Le. jury décerne à" MM. Clérambault .et Lecomte da‘médaille de bronze. ,'vrn'v-./?
- O HO S •
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- rr • • r- .* .• ' t t := ‘ . ♦ ^ y ; i * S % ' f. » T * * >
- - M M. DESTEUQUE et BOUC HEZ, à Reims (Marne).
- Ils sont établis depuis i844, mais exposent’pour la prémière ‘fois.-Leurs étoffes-pour gilets, qui forment la partie la plus importante d’une production qui tend à ,se développer, sont d’une qualité cquranle, que des prix mpdérés mettent à la portée du plus grand nombre.
- '• LH ï:j 01
- .. .Le jury central .donne à,MM. pes.lcuque(et Bouchez une mention
- honorable. , , . ' . .
- r. ff if o 0 • n O; x-ddOOl^fKH i‘j ,
- • î : d
- Médailles de bronze.
- Mention
- honorable,
- HT.
- 5
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- Citations
- favorables.
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- M. VIMAL-MADUR, à Ambert (Puy-de-Dôme).
- Il expose pour la première fois; ce sont des étoffes pure laine connués sous le nom d’élamines, et dont l’emploi pour lanières, et pavillons principalement, ne laisse pas que d’avoir une certaine importance.
- Cette maison ne fournit aucun renseignement qui permette d’apprécier, soit le nombre d’ouvriers qu’elle occupe, soit la quantité dé matière' première qu elle met en œuvré. •:
- Cependant, le jury, appréciant la bonne fabrication clés tissus soumis à-son examen, cite favorablement M.'Vimal-Madur.
- M. VIMAL-VIALÈS; à Ambert (Puy-de-Dôme). :
- Cette maison, qui expose pour la première fois, se livré à la fabrication des galons de laine, étamines à pavillon, camelots et limousines.
- Ces articles sont biens fabriqués et répondent parfaitement aux besoins d’une consommation assez considérable.
- Nous ignorons toutefois l’importance de la production annuelle de cette fabrique qui n’a fourni aucun renseignement sur ce point, et le jury ne peut que citer favorablement M. Vimal-Vialès. , , ,
- ' S 3. FILS ET TISSUS DE LAINE NON FOULES DE ROUBAIX ET LILLE.
- MM. Germain Thibaut, et Justin Dumas, rapporteurs.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’industrie qui s’exerce sur la laine non foulée mérité, à tous égards, de fixer l’attention.
- C’est une production de 220 millions de francs: elle nourrit plus de 200,000 ouvriers et utilise de 600 à 700,000 broches de filature.
- i
- Elle s’exerce depuis longtemps à Saint-Quentin, à Reims ët à Amiens, èt ce sont ‘principalement les laines dites mérinos qui alimentent, dans èes trois villes manufacturières , là filature et le tissage.
- Elle a été introduite depuis quinze ans seulement à Roubaix, et longtemps on n’utilisa, dans ce centre de production,
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- que les laines longues et lustrées d’Angleterre; mais, depuis peu, le perfectionnement de sa fabrication a permis Femploi des laines mérinos et autres, d’origine française, dans une proportion qui devient de plus en plus considérable.
- Ainsi donc, aux laines mérinos, les tissus les plus souples et, conséquemment, les plus chers ; aux laines anglaises, les étoffes les plus propres à la consommation du peuple : à toutes deux, ces tissus si légers de pure laine, mélangés de soie ou de coton, dont Paris conçoit la composition, que ses fabricants font tisser dans les villages de l’Aisne et de la Somme , et que Roubaix imite si habilement, en les amoindrissant, toutefois', dans leurs principaux, éléments,; mais aussi :en en rendant le prix accessible à toutes les fortunes. ;> uoi ?
- Ces étoffes si variées et. si brillantés , pour la plupart; diaprées des plüs vives /couleurs par l’art, de l’imprimeur et du teinturier, forcent) l’étranger à venir, chaque, saison , ajoutée au tribut qu’il paye depuis: long temps à nos articles de goût.
- L’Angleterre et les Etats-Unis, surtout , sont grands consommateurs de nos tissus légers, et, malgré les;tentatives réitérées qu’on y à faites pour les y reproduire identiquement,, malgré le bon marché auquel on s’y procure, soit les matières premières, soit celles.tinctoriales, la;France peut espérer conserver longtemps encore sa supériorité.sur les marchés,,grâce au bon goût de ses, dessins et à la variété'infinie des : tissu s qu’elle crée chaque jour.’ r : Jijni , q o:," ’?
- L’introduction des laines anglaises a opéré une véritable révolution dans le vêtement des femmes de ;nos campagnes et de nos ateliers. Autrefois, même en hiver, on leur voyait porter des vêtements de coton, préférables déjà^aux anciennes et grossières étoffes de laine et de fil. ? 1 nu d . - io/i,' Aujourd’hui, la laine est dans les..habitudes"de tous;- et comment en serait-il‘autrement,! quand pour i fr.~5o/cent, on obtient un mètre carré d’étoffe qui , il y a moins dé. rbans, coûtait deux fois autant; . - ) ion,; ;. I . / . '
- Mais cette, diminution, déjà si considérable, aurait, une bien autre importance, si nos fabriques pouvaient se prpcuier;
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- sans les droits considérables qui- la frappent à l’entrée, une matière qui n’a presque pas de similaire en France, et que notre agriculture ne produit pas en quantité suffisante. .*
- Ce qui est vrai, relativement à la consommation intérieure, aurait une' bien autre portée pour nos affaires.dexportation. Nous soutiendrions plus facilement la concurrence sur les marchés étrangers, où le bon goût de notre fabrication nous assurerait une préférence incontestable et les débouchés les plus importants.
- L’industrie de la filature et dû tissage de la lainé peignée était, il y a trente ans, sans renommée, sansgrande importance ; aujourd’hui, elle est une des plus vivaces, une des plus développées. '
- Reims", en 1808, vendait pour 9,500,000 francs , alors que les tissus coûtaient quatre fois plus qu’aujourd’hui ; et nous n’éstimons pas, cette année, sa production à moins de 70 millions de francs, dont 4S millions de fils et tissus en peigné. On peut attribuer à Amiens une valeur à .peu près égale à la moitié de ce chiffre; 60 millions, tant à .Roubaix que dans ses environs; 18 millions dans le cercle de "Saint-Quentin; 20 millions dans le Cambrésis; 5 millions à Paris. Telle est à pen près la mesure de la fécondité du> peigné, qui se montre avec.une moindre importance, mais avec une même activité à Mulhouse, à Lyon, à Nîmes, à Rouen, etc.
- Cette production de 220 millions en prix, fait assez présumer combien grand est le nombre, des broches et des métiers , ainsi que des ouvriers occupés à ces fabrications variées. > . ' ' >< .
- Nous ne devons pas cependant passer sous silence les phases diverses qu’a eu à supporter, depuis i844> un industrie si grandement développée.
- Des machines plus parfaites ont d’abord mis au néant la valeur des machines premières,' qui étaient à peine en activité. Puis, une demande très-active des tissus de laine a surexcité la production au delà des limites raisonnables.; de toutes parts, ont surgi de nouveaux établissements de filature.
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- La consommation, bientôt, n’a pu,suffire.aux produits manufacturés qui, dès lors, se sont dépréciés.d’une manière tellement sensible, que le prix de la filature, réduit de plus de moitié , suffisait à peine.à couvrir le salaire dés ouvriers. Une année de disette, et,peu après, les événements, politiques de février 1848, sont venus compliquer.la position,et ont déterminé une crise industrielle qui, pour un grand, nombre d’établissements, a eu les plus fâcheuses conséquences.
- Hâtons-nous, cependant, de constater qu’à une situation si fatale des jours meilleurs ont succédé. Le retour a la tranquillité a ramené la confiance; les affaires ont repris une activité nouvelle, qui tend à se développer de plus en plus. l es marchandises alors existantes se sont rapidement écoulées ; les prix se sont relevés et tout fait présager que cet état de choses se maintiendra, si l’horizon politique ne se rembrunit pas, et si nos manufacturiers ont la sagesse de maintenir leur production en rapport avec la consommation: ' . .
- Malgré ces causes si évidentes du malaise qui a pesé sur notre industrie, l’exposition de 1849 a confirmé les précisions des honorables rapporteurs de i844- Les fabricants ont donné de nouvelles preuves d’intelligence, d’habileté et,dé,goût ; ce qu’ils,ont exposé, qu’on nous permette de le dire, .offre un intérêt très-sérieux. Nous avons eu ,-en,général, sous les yeux , deséchantillons de la production habituelle ; les chefs-d’œuvre de perfection étaient rares, les tours de force plus-rares encore. Un bons choix et une heureuse application de la matière première , * ;uné * exécu i ion correcte ; et soignée, uneJ diversité infinie d’arrnurès; de combinaisons de fils jd’éffets et Me couleurs; des prix, modérés et quelquefois très-modiques ; en somme , un progrès réel et tellement manifesté, qu il semble ailé les douloureuses épreuves dé Ï848 aient aiguisé la verve et retrempé je talent de,nos.fabricants., ; ri jvrf
- Sans doute de tels résultats sont précieux ; mais-nn^demande, en voyant tant de machines, de capitaux, de bras et d’intelligences engagés dans cette -industrie si diardfé et si laborieuse , on se demande s’il ne serait pas* possible dé' seconder
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- Rappels
- de
- médailles
- d’or.
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- tant d’efforts par une modification, sage et prudente,aux droits qui frappent la matière première à son entrée en France, tout en ménageant les intérêts de notre agriculture.
- - Nous soumettons iavec confiance ces vœux bien modestes à la sollicitude du Gouvernemen t, persuadés que son ardent désir de faire le bien, le portera à étudier cette question vitale pour finduslrie au nom de laquelle nous parlons.
- MM. Henri DELATTRE et fils, de Roubaix (Nord).
- Cette maison, l’une des plus grandes notabilités industrielles de Roubaix, s’est toujours maintenue à la tête de la belle fabrication des tissus de laine de haute nouveauté pour robes. Tout récemment encore, et l’une des premières, elle a donné les plus grands développements à un nouveau genre de tissu, connu dans le commerce sous la dénomination de satin de Chine, qui a dû un succès immense, d’abord, à la belle qualité des matières qui entrent dans sa confection, puis à la finesse et à la grande régularité du tissage, et enfin à la netteté d’exécution des dessins très-variés que le métier Jacquard permet d’y adapter.
- Les tissus de ce genre, que MM. H. Delattre et fils ont exposés, sont de la plus grande beauté, et font à la fois l’éloge des produits de leur filature et de l’excellence de leur fabrication.
- MM. Delattre et fils ne sont étrangers à aucun des articles de laine pour robes qui se fabriquent à Roubaix ; ils les abordent tous avec la même supériorité: Rien d’inférieur ne soft de leurs ateliers; ce qui né’ les empêche pas dé donner à-leurs affaires la plus grande importance. ; : ’'~v .
- .. 'A la fois fîlateurs.et fabricants, ces messieurs fournissent annuellement; :du,travail à 700 ouvriers, et ne,cessent, d’alimenter les marchés ;de l’intérieur et de l’étranger,. par tout enfin où la belle marchandise est appréciée.
- Cette maison obtint pour son début, à l’exposition de i83ç>, une médaille d’or, dont le rappel lui fut décerné à celle de i844. Le jurÿ de cette année, désireux de constater les nouveaux progrès de MM. Henri Delattre et fils, leur accorde un nouveau rappel cje la
- médaille d’or.
- .s:; ?.s-iû • , /
- M. François DEBUÇHY, à Lille (Nord). .... ,, . . . ;.
- Lacarrière .industrielle qu’a parcourue M. Debuchy a été, pour
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- ce fabricant, une longue série de progrès, incessants; aussi chacune des dernières expositions, en les constatant, lui a-t-elle mérité une récompense de plus en plus importante, et la décoration de la Légion d’honneur, qu’il a reçue,en i844. a placé M. Dehuchy au nombre de ces industriels hors ligne, qui ont épuisé tous les genres de distinction. Ces succès, loin de, ralentir son zèle, ont excité en lui le désir de faire mieux, si c’était encore possible.
- Parmi les nombreux produits exposés par M. Debuchy, le jury a remarqué des articles de fantaisie pour gilets et pantalons, en coutil de fd, d’un goût excellent, et qui,, jusque-là, n’avaient pas été traités avec cette matière. Il a fait l’heureuse application du batlant-brocheur à plusieurs de ses tissus, ce qui lui permet de les varier à l’infini et de leur donner une plus grande richesse d’aspect, sans sortir des bornes d’un prix de revient modéré.
- Le jury, heureux de constater de nouveaux progrès chez un industriel qui en a déjà tant fait, accorde à M. Dehuchy le rappel de la médaille d’or. Malheureusement celte récompense ne sera plus qu’un hommage à sa mémoire, cet honorable industriel ayant tout récemment terminé une carrière si bien remplie. .
- MM. LEFEBVRE:DUCATTEAÜ frères, à Roubaix (Nord).
- Cette maison, déjà ancienne, avait, sous le nom de veuye Le-febvre-Ducatteau, obtenu la médaille d’or à l’exposition de 1844- ' MM. Lefebvre Ducatteau frères, continuateurs de la maison de
- ' 4 r * i -t
- leur mère, dont ils étaient alors les utiles auxiliaires; l’ont maintenu à la hauteur où elle s’était placée. Les produits qu’ils'exposent, tous pour gilets,.sont d’une variété telle,,que la nomenclature en serait trop longue. Constatons seulement leur.belle fabrication et lejbon goût qui.a-présidé à leur[composition.' îiK : [
- ^ ,;ISfous4 devons cependant mentionner particulièrement leurs tissus valencias, qu’ils font avec une grande supériorité,.tant-enjuni;.de couleurs claires, qu’avec des fleurs, brochées en .soie,, qu’ils obtiennent par l’emploi d!un battant-brocheur„q.uils disent être, de leur, invention; . r,,- , • ; . .... , ,
- Au.mérite de la richesse et de la nouveauté, ces messieurs savent
- ; 'J A * v c s **. KJ V 4 - ; * ià; './p J. > > J ; i./ . , — .£
- allier celui d’un prix modéré. . f j) r u v
- Près de 6oo ouvriers .sont occupés )(dans,les. ateliers de MM. Le-febvi’e-Ducalteau frères, et le chiffre de leurs affaires n’est pas
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- Médaille
- d’or.
- —• 72 —
- moindre'de i5 à i ;8oo;ooo! francs, clonl-'tm tiers pour l’expor-lalion. ; ^. ’• v.
- Le jury, heureux dé pouvoir*constater lés progrès de cette honorable maison,' lui accorde le rappel de la médaille d’or! ‘*-
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- MM. TERNYNCK frères, à Roubaix (Nord). -'-h ->b ••••.?,
- Ces habiles industriels, qui ont déjà fait leurs preuVés de la manière la plus distinguée, en obtenant une médaille d’argent à l’exposition de 1839, puis la médaille d’or à celle de i844, né sont pas restés au-dessous de leur réputation.
- Nous les voyons apparaître d’abord avec tous lès lisssus en fiï » en fil et colon pour pantalons, qu’ils traitent avec une évidente supériorité, et qui les ont placés .depuis longtemps/au premier rang de celte industrie. Ces'messieurs‘ont, de plus/èxposé des salins de Chine, des mérinos .double-chaîne d’une grande perfection de fabrication;' puis enfin, comme’ils abordent à la .fois tous les’ genres, ils produisent des stoffs et satins'amazones destinés à l’impression, èi. qui alors sont d’une très/grande consommation pour
- les mers du Sud. ' ' ‘ 1 “ ....... ' ! *’ '
- • L’importance des affaires de cette maison s’estaccrue en raison de là’multiplicité de leurs articles, et aujourd’hui "ils accusent un chiffre annuel de 1,200,000 francs d’affaires. ~ ’
- Le jury, pour constater les progrès* incessants de MM; Ternynck frères, leur, décerne le rappel déila< médaille d’or, -*')]}* :/ . • nv ;*
- M;:Ïulien-Clqyis LAGACHE, à RouiDaix (Nord). . ,,jn
- ’ L’exposition,dé M: Lagache est de celles qui fixent ’le plus ^attention* du'vîsiteurpar la grande variété, la fraîcheur et lé'brillanfc de ses produits, tous* destinés’à usage de gilets’et-pâritalonsv
- II est impossible de déployer plus de' goût que -nejle fait.M. Là-gâche dans lés mille et une nouveautés qu’il'jproduit sur * toute espèce* de tissus; par l'heureux mélafige de la soie, de'la laine/'du coton*'et du fil de lin, et sans le secours du-métier' Jacquârd; il obtient lès effets les-plus riches et les plus ^variés'. Ancien ouvrier, excellent fabricant, il est à bon droit réputé le meilleur créateur des nouveautés* dans les gënrés'qu’îl exploite,! et, si! nous èn'croÿons des renseignements qui nous sont parvenus/le jury*aurait à*re-gretter deJne' pàs voir'àTexpositioh ses meilleures°et plus récentes productions. ‘:U
- U y 1
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- Avec le concours de près de 4oo ouvriers, cette maison produit annuellement 5,5oo pièces d’étoffes à gilets et pantalons, et le chiffre de ses affaires ne s’élève pas à moins de 800,000 francs à un million. :
- Le jury dej844, en reconnaissant le mérite de la fabrication de M. Lagache, lui avait accordé la médaille d’argent-, celui de cette année, heureux de constater ses nouveaux progrès, lui décerne la médaille d’or.
- M. Henri CHARVET, à Lille (Nord).
- Les articles que M. Charvet a présentés à l’exposition se. composent de coutils et tissus mélangés pour pantalons, dont le bon goût et la modicité des prix doivent assurer à ce fabricant un grand et facile débit. Par l’emploi de fils de couleur moulinés et par l’intervention du métier Jacquard, il obtient les résultats les plus heureux et les plus variés.
- Mais ce qui recommande surtout M. Charvet à l’attention dtx jury, c’est la création d’un nouveau tissu, dit toile du Nord, pour lequel il revendique la priorité d’exécution. Ce tissu fort simple^, puisqu’il ne consiste que dans l’emploi d’une trame de fil de lin blanchi, sur une chaîne de coton de couleur, a eu l’immense mérite d’être adopté par la mode, et a été l’occasion d’affairés très-considérables, tant pour M. Cliarvet que pour ses nombréux imitateurs, qui en ont livré des masses à la consommation. Un des grands avantages de cette heureuse combinaison a été de créer un nouveau débouché fort important au fil de lin, dont l’emploi, jusqu’ici, avait été nul ou presque nul pour les vêtements de dames. Nous ajouterons que cette idée première, Une fois adoptée par la mode, a fourni l’occasion aux fabriques des diverses contrées de produire, avec d’autres matières, des tissus similaires qui, presque tous, ont eu beaucoup de succès.
- Du reste, la fabrication de M. Charvet, qui se borne au tissage, est très-importante, puisqu’il occupe constamment de 4 à 5oo ou-vriers.
- Le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. Auguste CLARO, à Lille (Nord).
- La spécialité de M. Claro consiste dans des étoffes en satin laine, pour vêtements d’hommes-, celles qu’il expose sont d’une irès-
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
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- — Vï — '
- bonne qualité et d’une parfaite réussite comme nuances et régularité de tissage ; les laines qu’il affecte à sa fabrication sont belles et d’un toucher très-moelleux. Les prix qu’il accuse, de 5 à 6 francs le mètre, nous ont paru avantageux, et doivent lui rendre facile l’écoulement de ses produits.
- Le premier, il a appliqué l’opération du foulage à l’article de Roubaix, et en a retiré de grands avantages pour la perfection du genre de tissu qu’il exploite. Son établissement, qui date de i832, et qui était alors de très-peu d’importance, s’est beaucoup accru, grâce à ses soins intelligents et surtout à sa bonne fabrication. Aujourd’hui, il occupe près de 200 métiers.
- Le jury, lui tenant compte de ses efforts incessants, lui accorde le rappel de la médaille d’argent qu’il a obtenu en i844.
- Mrae veuve Désirée DEBUCHY, à Tourcoing (Nord).
- Cette maison, déjà ancienne, et qui a occupé une place distinguée aux expositions successives de 1827, i834» i83g et notamment en i844, où elle a mérité une médaille d’argent, continue à justifier sa bonne réputation.
- Les articles de fil et.fil et coton, à l’usage de pantalons, qu’elle expose, cette .année, réunissent le mérite du bon goût et du bas prix; ses coutils rivalisent avec ceux d’Angleterre, et sont justement appréciés par la consommation. Près de 3oo ouvriers trouvent un travail assuré dans celte fabrique, qui livre au commerce d’excellents produits , à des prix modérés.
- Le jury lui donne le rappel de la médaille d’argent.
- M. Paul DEFRENNE, à Roubaix (Nord).
- M. Defrenne réunit deux industries, celle de filateur et celle de fabricant , dans lesquelles il continue à montrer la supériorité que la précédente exposition a permis de constater. -
- Tous les genres d’étoffes pour robes, qui sont spéciaux à la fabrique de Roubaix, lui sont familiers, et, en se renfermant dans une fabrication courante, il traite avec avantage les stoffs, satins laine et satins de Chine. :
- Occupant près de 35o ouvriers, il arrive facilement à un chiffre annuel d’affaires d’une certaine importance. -
- Le jury, satisfait de l’ensemble de la fabrication, de M. Paul Defrenne, lui accorde le rappel de la médaille d’argent.,
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- M. ROÜSSÈL-DAZIN, à Roubaix (Nord).
- Cet honorable industriel est le doyen peut-être des fabricants de sa ville; il s’était posé très-favorablement dès l’exposition de 1819;
- 11 a continué, depuis lors, à donner tous les développements possibles à la fabrication de ces nombreux tissus qui ont acquis à là ville de Roubaix une si grande importance.
- En i844, les progrès de M. Roussel-Dazin ont été constatés par l’obtention d’une médaille d’argent. Toujours progressif, il se présente aujourd’hui avec de nouveaux titres. A son ancienne réputation d’excellent fabricant, il joint cette fois celle de bon filaleur, et n’est plus tributaire de personne pour alimenter sa fabrication.
- 3 à 4»ooo broches, mues par une machine à vapeur de la force de
- 12 chevaux, lui permettent d’entretenir 4oo ouvriers et de produire, annuellement, 5,000 pièces d’étoffes de toute nature, qui ne cessent d’être appréciées par la consommation.
- Il faut lui rendre la justice de dire qüe tous les genres qu’il entreprend, il les traite avec une intelligence conscieiicieuse, et leur donne toutes les conditions de qualité et de réussite dont ils sont susceptibles.
- Le jury constate ce fait, en rappelant à M. Roussel-Dazin la
- médaille d’argent.
- * * • * „ *
- M. Jean-Baptiste SCRÉPEL-ROUSSEL, à Roubaix (Nord).
- M. Scrépel-Roussel soutient dignement la réputation qu’il s’était acquise à l’exposition de i844; ses produits, comme filateur et comme fabricant, ne laissent rien à désirer, au point de vue de la qualité, du goût et de la modération des prix.
- S’occupant à la fois des articles pour robes, et de ceux spécialement destinés aux vêtements d’hommes, il les traite avec un égal
- f / A ‘ . •. i \ f .4 • .. ' •’>
- succès.
- M. Scrépel-Roussel alimente en même temps1 une iilature de laine de.9,000 broches,' et un tissage qui occupe près de'3oo ouvriers.
- Le jury accorde à M. Scrépel le rappel de. la .médaille d’argent, qui lui a été décernée en i844- » r,. < ' . [ .... . :
- M. WIBAtlX-FLORIN, à Roubaix (Nord). - , < '
- Cette maison , l’une des plus considérables de Roubaix, s’occupe à la fois, et avec un grand succès, de la filature du côlon et de la
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- fabrication d’articles de fantaisie pour pantalons, ainsi que de la teinture des matières qui entrent dans leur confection. '
- Les moyens de production quelle a réunis sont aussi importants que multipliés ; ainsi, une machine à vapeur de la force de 8ô chevaux; une .filature de coton importante; une teinturerie considérable; quinze métiers à tisser,,mécaniques, fonctionnant dans rétablissement; un grand nombre d’autres métiers répartis au dehors, chez les ouvriers, telles sont les ressources qu’offre le bel' établissement de M. Wibaux-Florin. On comprendra facilementqu’avec.une telle puissance d’action, il arrive sans peine à livrer au commerce 10,000 pièces de tissus divers, et à atteindre un chiffre considérable d’affaires. ,
- . Indépendamment de sa propre consommation,. M. Wibaux fournil au commerce de Roubaix des filés blanchis ou teints, qui sont fort estimés. . / ., .
- Ce qui distingue le plus particulièrement les produits de cette maison, c’est la solidité de, ses tissus et la modicité des prix. S’adressant à la grande consommation , les deux conditions étaient indispensables et M. Wibaux les a remplies Complètement. , .
- Le jury, en parcourant les nombreux articles qui composent cette belle et surtout utile exposition., a remarqué des nankins naturels deSiam, à 75 centimes le mètre, des coutils blancs en coton à 85 centimes le mètre, des coutils écrus, en fil, à 75 centimes le mètre, et, enfin,' un article dit 'trois bouts, en fil et coton ,’destiné
- aux travailleur^,, cl’une, force remarquable,, au modique, prix- de 1 fr. ,90 cent, le mètre, en grande largeur, .
- Le jury, satisfait des excellents résultats obtenus par M.Wibàux-Florin, lui l’appelle la médaille d’argent qu’il avait déjà si ; bien méritée à la première exposition. ,
- Médailles
- d’argent.
- MM! A. DERVAUX ét DüTILLEUL-LORTHIOlS. a Roü-
- ubil b >ix (Nord)., .... •
- Parmi toutesles maisons de Roubaix, la plupart si importantes, celle deiM.: À. Dervaux était placée en< première ligne par la variété de ses produits et par le chiffre de ses affaires. n ' - .. r ; > M. Dervaux, qui avait obtenu la médaille d’argent à l’exposition de 1839, puis une nouvelle médaille d’argent en i844, a continué de doter sèsjvastes' établissements dé tous les, perfectionnements qu’apportent .constamment l’expérience et les progrès,de l’industrie.
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- Le chiffre des affaires ,de M. . A. Dervaux, qui était, de 1,200,000 fx’ancs en i844> s’est accru de plus de moitié, grâce à la multiplicité des articles de tous genres qu’il aborde simultanément. Stoffs unis, et brochés, laine pure et laine et coton; salins de laine, salins de Chine; mérinos écossais chaîne coton; en un mot, tout ce que la grande consommation recherche avec empressement par rapport à la modicité des prix, elle est certaine de le trouver dans les produits de M. Dervaux.
- 3o métiers à filer la laine, représentant 6,000 broches;
- 35o métiers à tissera la Jacquard; ,4 , ;
- . 45o métiers à lisser à la Mar,che;
- . . . ' ' ’
- L’occupation presque constante d’environ i ,100 ouvriers. •
- Tel - était le bilan industriel qui recommandait M. Dervaux à toute l’attention dû jury, lorsqu’il lui notifia son association avec M. Dutilleul-Lorthiois exposant sous le n° 4o3i, et le pria de vouloir bien juger collectivement et par un seul rapport leurs produits respectifs.
- Le jury, qui
- triel de M. Dutilleul, cité favorablement à l’exposition de i844, ne peut qu’applaudir à la réunion de ces deux manufacturiers et leur présage 'un succès en rapport avec leurs très-importants moyens de production et leur mérite respectif, qu’il constate en décernant une médaille d’argent à leur.nouvelle raison sociale.
- déjà avait été à même d’apprécier le mérite indus -
- MM. DELFÔSSE, frères, à; Roubaix (Nord)ï ,
- Cette maison est lâ'continuation de ’cellé'Delfosse et Motte, qui figura avec distinction à l’exposition de i844 et mérita la médaille ci argent. .
- Depuis lors, soûs la nouvelle’raison'sociale,'elle continua la bonne réputation de ses prédécesseurs pour les articles fins pour robes, ainsi que pour ameublements qu’elle traite en qualité fine et avec une grande supériorité, tant sous le rapport de l3 exécution que du choix parfait des dessins. , ,, ;• .
- .Plus dex3oo ^ouvriers, dont la majeure partie travaille avec,des mécaniques Jacquard; concourent au grand développement des affaires de cette maison et la maintiennent au rang distingué quelle occupe dans cette industrie.
- Le jury, rendant hommage aux efforts constants de MM. Delfosse
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- frères pour augmenter l’ancienne et bonne réputation de leurs prédécesseurs, leur décerne la médaille d’argent.
- , t
- M. Alexandre DELESPAUL et Cie, à Roubaix (Nord).
- L’établissement cpie dirige M. Delespaul ne date que de 1843 ; mais longtemps avant il avait fait ses preuves comme soldat de l’industrie. Ancien ouvrier, puis contre-maître, puis intéressé dans une des premières fabriques de Roubaix, il est parvenu, par son intelligence et ses capacités, à fonder l’établissement dont nous avons à juger les produits.
- Les articles qu’expose M. Delespaul se composent de nouveautés pour pantalons en laine, fil, laine et coton, fil et coton; ils se distinguent par leur grande variété et surtout par la modicité de leurs prix qui les rendent propres à la grande consommation.
- Occupant plus de 100 ouvriers, M. Delespaul livre annuellement au commerce 3,ooo pièces qui se font rechercher par leur bonne fabrication.
- Le jury, appréciant tout le mérite de cet honorable industriel, lui accorde la médaille d’argent.
- Mmc veuve MAZURE-MAZURE, à Roubaix (Nord).
- Cette maison se présente pour la première fois à l’exposition, avec un grand assortiment d’articles divers pour robes, châles et ameublements. L’ensemble de ses produits, qui s’adressent surtout à la consommation courante, est fort satisfaisant.
- A la fois filateur et fabricant, Mm0 veuve Mazure-Mazure emploie 110 ouvriers à la préparation de ses fils, et 4oo ouvriers tisserands dont les trois quarts travaillent en Jacquard. Elle fait monter à î ,000,000 ou 1,200,000 francs la valeur de sa production annuelle.
- Le jury lui accorde la médaille d’argent.
- M. PIN-BAYART et Cie, à Roubaix (Nord).
- M. Pin-Bayart, ancien dessinateur de Lyon, très-bon fabricant, a déjà fixé l’attention du jury lors de l’exposition de i844. Il est un dé ceux qui ont donné le plus d’essor à l’industrie de Roubaix par là belle exécution de ses tissus et le bon goût des déssins qu’il y applique.
- Au nombre des tissus qu’il a exposés cette année, nous devons
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- mentionner tout particulièrement ses satins de Chine unis et façonnés qui ne laissent rien à désirer et peuvent rivaliser avec' ce qui se fait de plus beau dans ce genre. Cette maison entretient constamment un nombre de 200 ouvriers au minimum et produit annuellement 3,5oo pièces d'étoffes diverses qu’elle écoule avec une grande facilité. ' <
- Le jury, pour récompenser comme elle le mérite la belle fabrication de M. Pin-Bayart et compagnie, leur décerne la médaille d’argent. : ;
- M. JOURDAIN DEFONTAINE, à Tourcoing (Nord)!
- Cet industriel expose des articles très-variés en fil, fil et coton, le tout pour pantalons, qui réunissent le mérite du bon goût et de la modicité des prix. Ses coutils peuvent rivaliser avec les similaires anglais.
- Nous citerons, parmi les produits de cet excellent fabricant, de très-beaux satins fil unis et à filets qui sont cotés de 2 francs 4o centimes à 2 francs 70 centimes et 3 francs 2 5 centimes pour ceux à double duite; delà bussine pur fil, d’une exécution parfaite, au prix de 2 francs 25 centimes.
- Le jury constate les grands progrès faits par M. Jourdain-Defon-taine depuis la dernière exposition, où il avait mérité la médaille de bronze, et lui décerne cette fois,la médaille d’argent.
- i i .1 .
- ï ,
- M. Joseph POLLET, à Roubaix (Nord).
- A la fois filateur et fabricant, M. Pollet se recommande et par la variété de ses produits et par le cachet de bonne exécution qu’il y attache.
- Stoffs, mérinos doublé chaîne, satins de Chine,, voilà les principaux articles qui composent sa fabrication. Nous mentionnerons surtout le satin dit Montpensier, què M. Pollet traite avec une supériorité incontestable, ainsi qu’un autre genre dé'satin foulé; spécialementdestiné pour'chaussures.
- M. Pollet compté près de 3oo ouvriers, tant pour son tissage que pour sa filature, qui est de 2,000 broches environ.
- Il produit annuellement 3,600 pièces qui représentent un chiffre d’affaires de 5 à 600,000 francs.
- Le jury, voulant récompenser les efforts et les progrès accomplis
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- Rappels
- de
- médailles de bronze.
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- par cet honorable industriel depuis la dernière exposition, lui décerne la médaille d’argent.
- M. Prosper-Candidc SOYER-VASSEUR à Lille (Nord.)
- Le jury de i844 ayant eu à récompenser les produits de la maison veuve Lefebvre-Ducalteau , a constaté que M. Soyer-Vasseur de Roubaix, qui était alors en communauté d’intérêts avec celte maison, avait contribué pour une large part dans la création des nombreux articles de goût qui furent exposés sous leur nom collectif.
- Depuis lors, les intérêts cessèrent; M. Soyer-Vasseur forma à Lille, et sous,son nom personnel, l’importante-fabrique dont nous sommes appelés à juger les produits.
- Empressons-nous, tout d’abord, de rendre hommage au bon goût et à l’entente intelligente qui ont présidé à la création des nombreux articles qui composent celte exposition. Il est impossible de mieux allier la soie à la laine et même au colon, pour faire ressortir le mérite relatif de chacune de ces matières; mais, disons-le avec la même franchise, nous regrettons de n’avoir pas remarqué, dans le nombreux assortiment de M. Soyer-Vasseur, les étoffes nouvelles dont la mode s’est emparée , et qui sont une véritable conquête faite sur l’Angleterre par notre industrie nationale. ;
- Que M. Soyer-Vasseur, se rappelle certains produits exposés par nos meilleurs fabricants cle Paris et de Reims et il se convaincra qu’il est trop haut placé dans l’industrie qu’il exerce, pour ne pas aborder tous les genres avec la même supériorité. .
- Néanmoins, rendant hommage au mérite incontestable de M. Soyer-Vasseur, le .jury lui décerne la médaille d.’argent. •
- Mme veuve CORDONNIER à Roubaix (Nord).
- Cette maison se livre'à la fabrication des étoffes en lainé cardée pour pantalons ; celles qu elle a exposées sont de bonne, qualité et dénotent-un goût intelligent dans le,mélange desmuances et la variété des dispositions; l’une des premières, ellé a contribué à l’établissement de foulons dans la ville de Roubaix et est parvenu ainsi à y compléter une fabrication qui, sous de certains rapports, peut rivaliser avec Elbeuf et Reims.
- • Lè- rapport du jury départemental constate que Mmî Cordonnier fabrique, avec distinction, des étoffes légèrement foulées, pour robes, qui lui auraient sans doute mérité.une récompense plus.éle-
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- vée. Le jury central regrette qu’elle n’ait pas jugé à propos de les produire à l’exposition et lui rappelle la médaille de bronze qui; lui a été décernée en 1844-
- M. TESTELIN-MONTAGNE, à Roubaix, (Nord);
- Les articles qui font l’objet principal de la fabrication de cet .exposant sont les châles, satin laine damassés, et à carreaux ; puis les articles de fantaisie pour robes en tissus mélangés de laine coton, soie ou alpaga.
- Le but que se propose M. Testelin est de,faire bien et au meilleur marché possible; aussi est-il en possession de la vente pour la consommation courante. '
- M.Testelin, âvecdoo ouvriers, prétend faire un chiffre annuebde 700,000 francs d’affaires; c’est un beau'résultat; surtout avec des produits d’une valeur peu élevée. ‘ 1 ; . l. ‘ ; îj
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronzé..
- M. Léon DATHIS, à Roubaix (Nord).
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- Le fabricant soigneux et persévérant, qui expose de très-bons produits en tissus mélangés de, laine, lin et colon, travaille, depuis longtemps à doter notre industrie d’un tissu laine et coton dit Orléans dont la consommation est très-considérable sur certains marchés
- * ' • , ’ i : '( • ; '*.» .i > -? . tnf i: « a.ï ü-.-
- étrangers et notamment dans les colonies;, encore bien q,u,e,nqus ayons à constater de très-notables perfectiqnnements dans celte fabrication fort difficile, le but de ,complète perfeetipn.que M. Dathis s’est courageusement proposé n’est pas encore-, atteint,.peut-être les difficultés qui restent à vaincre tiennent-elles plus aux traitements de teinture et apprêt-, qu’,à. la fabrication;d’estUin point sur lequel nous appelons toute son attention. Qu’il persévère donc, et nous né douions pas qu’il‘ n’arrivé prochainement à pouvoir soutenir touteconcurrencé étrangère. - "ü juomtiK r,
- Le jury7pour récompenser M. Dathis de tousses efforts]bit décerne là médaille-dé-bronzé; '‘un '
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- M. ' DUVILLIERrDELATTRE ;'a:ïdüi;ooinS (Nora)
- Si les produits de M. Duvillier n’attirent pas les yeux par leur finesse ou leur brillant ,' comme ceux de certains de ses concurrents,
- 6
- Médailles de bronze •
- III.
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- ils ont, du moins, le mérite incontestable de réunir la bonté à la modicité de leurs prix.
- Filateur et fabricant, M. Duvillier traite plus particulièrement les molletons de coton et laine, de fil et laine et autres articles spécialement destinés à la consommation des habitants de la campagne.
- Pourvoir, dans de bonnes conditions, aux besoins d’une classe si intéressante, est aussi méritoire que de s’occuper des articles de luxé; c’est pourquoi le jury, satisfait de la bonne fabrication de M. Duvillier-Delàttre lui accorde la médaille de bronze. ' '
- • * *
- M. Joseph FLORIN, à Roubaix (Nord).
- Celte maison s’occupe avec succès du tissage d’articles, à pantalons en coton et laine et coton , en fil de lin. Avec 80 ouvriers, elle produit annuellement 2,4oo pièces. Sa fabrication est bonne et bien variée, quant au goût des dispositions. :
- Le jury lui décerne la médaille de bronze. .!
- MM. LAURENT frères et sœurs, à Tourcoing (Nord). ,
- Les produits exposés par cette maison se composent de toile du Nord, coutils façonnés pouf gilets, et d’une foule d’articles de coton pour pantalons, dont la majeure partie est destinée à l’exportation.
- MM. Laurent frères et sœurs occupent de 200 à 2 5o ouvriers ; le chiffre de leurs affaires est évalué par eux de 3oo à 35o,ooo francs, dont la moitié pour l’exportation. '
- Déjà mentionnés honorablement en i844\ le jury leur décerne la médaille de brome. i * '
- M. Jean MONTAGNE, à Roubaix (Nord).
- ! ^ ' . • * i\ ' ' il.* il'S • . - - ♦ - - •
- Ce fabricant, qui. expose pour la première fois, présente un,joli assortiment d’étoffes légères mélangées de coton et de soie, parmi lesquelles, on remarque celle dite toile de l’Inde, quadrillée en soie et coton; puis un tissu rayé jaspé, d’un bon goût et d’un prix avantageux, à 80 centimes et x franc le mètre.
- Il produit aussi l’article toile du Nord, si popularisé depuis quelque temps; des stoffs chaîne coton, au modique prix de 80 centimes.
- Occupant 25o ouvriers * il produit annuellement 10,000 pièces
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- de ces articles, qui se recommandent par le bon goût et la modicité des prix. -: ' • !
- Le jury lui accorde la médaille de bronze.
- M. César SCIiF l’KI.. à Roubaix (Nord). .
- A la fois filaleur et fabricant, M. Scrépel se recommande par la variété et la bonne entente de ses produits. Il aborde avec avantage tous les genres qui ne réclament pas l’intervention du métier Jacquard, ce qui ne l’empêcbe pas de produire une foule d’effets différents et de satisfaire ainsi aux exigences d.e la mode.
- 20 métiers à filer la laine et 24b métiers à la lisse, tels sont les moyens avec lesquels M. César Scrépel livre annuellement au commerce 16 à î ,8oo pièces de tissus de nouveauté pour robes.
- Déjà mentionné honorablement en l!844, le jury,.cetle fois, lui accorde la médaille de bronze.
- M. DELEMAZURE-DETHON, à Roubaix (Nord). ,
- Cet exposant, qui entre pour la première fois dans là lice, s’y présente d’une manière favorable, par la variété, et surtout parla modicité du prix de ses produits. Sa spécialité est l’article pantalons, destiné à la grande consommation.
- Faire bien et à bas prix est le doublé but que s’est proposé M. Delemazure-Detlion ; le jury l’engage à j)ersévér,er dans cette voie, qui l’amènera promptement au développement de son indüsr trie et à une‘fabrication dé plus en plus importante,,il lpi accorde une mention honorable! ’ : > e , , .
- , il
- M. ROUSSEL-BECQUART à Roubaix, (Nord).:
- Pour son début à l’exposition,-M. Roussel-Becquart1 soumet à l’appréciation du jury jdes- articles pour pantalons en coton ét en mélange de laine et coton, qui réunissent le double mérite de la solidité et du bas prix. " - >
- Destinés à la grande consommation de l’intérieur, et convenables surtout pour l’exportationces produits ont un aspect très-satisfaisant , et .doivent trouver, un débit,prompt et facile. .. ;
- Le jury, reconnaissant le mérite relatif de., celle fabrication, accorde à M. Roussel-Becquart une mention honorable. •
- 6.
- Mentions
- honorables
- » * o *
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- Citation
- favorable.
- Médaille
- d’argent.
- Médailles de bronze.
- M. Fidèle DUFOREST-WATRELOT, à Roubaix (Nord).
- M. Duforest-Watrelot fait fabriquer le coutil dans la campagne. Il emploie 37,000 kilogrammes de lin et d’étoupe par année, et produit pour 180,000 francs environ de valeurs.
- Les produits exposés sont bien fabriqués et à prix modérés; ils se recommandent à la consommation. Le jury cite favorablement M. Fidèle Duforest-Watrelot.
- 5 4. ETOFFES POUR AMEUBLEMENT.
- 1 MM. Germain Thibaut et Justin Dumas, rapporteurs/
- MM. MOURCEAU et C”, à Paris (Seine). ;
- Ces fabricants, dont le jury de i844 a déjà apprécié les produits en leur décernant une médaille de bronze, prouvent à celui de 1849 que cette récompense a porté ses fruits. En effet, tout ce qui se trouve dans la case de MM. Mourceau et compagnie, dénote des progrès qu’ils ont faits dans la fabrique des étoffes pour ameublement, portières et tapis de tables, Leurs reps, chaîne coton, brochés et lancés, laine, fantaisie, ou soie cuite à,trois, quatre,cinq, et jusqu’à dix et onze couleurs, sont remarquables-Leurs rayures algériennes en travers à 8 et 10 francs le mètre, en i5o centimètres de large,
- < •" 4 ' i * X ’ • ' ) >. .i 0 •
- leurs dessins à compartiments, aux couleurs et mélanges orientaux, frappent par leur éclat, autant que par leur bon marché; mais un reps extrafin imitant le point des Gobelins à 8 et 11 couleurs, avec effets brochés d’or et d’argent mi-fm; des tapis de tables, même style, franges riches à 45 francs et d’autres moins riches vont frappé le jury.
- En temps ordinaire, ,cette maison, ocçupe 80 métiers et fabrique pour 4oo,ooo francs,de marchandises, dont un,tiers est exporté.,
- Le jury décerne à MM. Mourceau et^compagnie une médaille d’argent. --.ck; -n,\ 'uni
- M. Eugène POIRRIER, à Paris (Seine). , ; q i ,0,^
- Ce fabricant paraît pour‘ la première fois devant’le jury. Il lui soumet un riche assortiment d’étoffes-diverses pour ameublement; des reps, chaîne coton, tramés laine, soie ou fantaisie, variés de
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- qualité et richement nuancés; des damas, chaîne fantaisie, tramés laine, à 7 fr. 5o cent, le mètre; des dessus de tables, des housses de canapés, de fauteuils, de chaises; des vénitiennes multicolores à 12 fr. 5o cent.; des côtelés tramés laine, sans envers, 23 francs, sur 1 mèt. 4o cent. ; ceux tramés soie à. 28 francs, etc., dont le jury a pu apprécier la bonne exécution.
- Reconnaissant les efforts soutenus dans la fabrication de M. Poir-rier, le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MM. GASPARD, SCHLUMBERGER et Cie, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Ils ont succédé, depuis les premiers jours de 1847, ® M. Médard Schlumberger, dans la fabrication d’étoffes d’ameublement. Ils soumettent au jury plusieurs pièces de tissus laine et soie d’un grand effet et d’exécution parfaite. Cette maison compte 4o métiers à tissera bras, qui emploient 70 ouvriers gagnant: les hommes, de 2 fr. 25 cent, à 3 francs; les femmes, de 1 franc à 1 fr. 26 cent, par jour.
- Le jury central leur décerne la médaille de bronze.
- / *• *
- MM. MALLARD et Cie, à Paris (Seine).
- .4 ‘ •
- Cette maison, commencée très-modestement en 1819, par le père de M. Mallard, occupait, avant février i848, 60 métiers, autour desquels 80 à 90 ouvriers, hommes, femmes et enfants, trouvaient une existence assurée. Depuis, MM. Mallard et, compagnie ont reçu un prêt du Gouvernement,' et se sont constitués en association avec leurs ouvriers. Quoique, cette organisation soit nouvelle, la maison possède 16 métiers montés occupant de 25 à 3o ouvriers. Elle expose de fort jolis.produits en étoffes, pour ameublement,: on y remarque des rideaux , portières, «tapis de tables d’un bon goût et de bonne exécution -. quelques articles, pour robes en chaîne laine, et autres matières . rayées ou à quadrilles soie , et d’auJxes imprimés sur-chaîne ;.,un drap, d’or fort riçhe à 22 francs le mètre,; sur i4o centimètres.de large, etc. . ?
- .. La, date récente de cette'association'ne permettant pas'au jury d’en, apprécier lesrésullats, il se borne à récompenser le fait matérielde la,fabrication, en .décernantità, MM. Mallard et compagnie une médaille de bronze. , -îf no?
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- citation MM. J. MILLOT et fils, à Paris (Seine).
- favorable. '
- Il soumet au jury deux châles brodés et un coupon d’un tissu confectionné avec une nouvelle matière (moustaches de (xniackera) dont il ne peut indiquer le prix, et qui a besoin d’être étudié; il y a joint quelques échantillons de reps, chaîne colon, tramés laine, soie ou fantaisie, à dessins riches; d’autres à rayure stràmées chape, laine ou alpaga, de 5 fr. 5o cent, à 6 francs et 6 fr. 5ô cent.
- Le jury le cite favorablement.
- S 5. NOUVEAUTÉS POUR ROBES, CHALES ET ÉCHARPES.
- M. Justin Dumas, rapporteur.
- Rappel M. Théodore-George MORIN, à Paris (Seine).
- mdWlle Voilà une exposition digne de toute l’attention du jury, qui s’est appliqué à l’examiner en détail et s’empresse de signaler la perfection et le goût de tout ce qui y figure. M. Morin s’attache surtout à imaginer, à créer, à régénérer les tissus que l’impitoyable mode adopte, rejette et réclame au renouvellement de chaque saison.
- C’est aux maisons de haute nouveauté de Paris que M. Morin soumet et livre d’abord ses produits ; chacune d’elles relient ce qui convient à sa vente, et, comme toutes ne peuvent en avoir, il arrive souvent que d’autres fabriques de Paris et celles du Nord cherchent à imiter les tissus de ce fabricant consommé. M. Morin ne vise pas aux masses , il préfère livrer îoo bonnes pièces d’un article que 200 de qualité médiocre. 4oo à 5oo ouvriers qu’il possède à Hon-nechy, cànton du Cateau ( Nord ) et dans ses environs, gagnant de i fr. 5o cent, à 3 fr. 5o cent, par jour, sont assez constamment occupés. Ils ont fait beaucoup de satin de Chine, ce joli article, mis en vogue par M. Morin, et si grandement exploité aujourd’hui par les fabriques de Roubaix, de mérinos écossais, etc. La case de M. Morin contient des valencîââ légers pour robes ; rayés, écossais, glacés par des trames mélangées d’un effet excellent et d’utte fabrication irréprochable. Ces tissus*, d’un bon usage , sont aussi goûtés à l’étranger, par l'élite de la mode, qu’à Paris qui en est le berceau.
- Le jury lui rappelle la médaille d’or, rappelée déjà, en î83g, à son ancienne maison.
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- MM. Veran SABRAN et G. JESSÉ, à Paris ( Seine ) • Médaille
- d’or.
- Ce fui eu i844 que celte maison exposa pour la première fois les produits de son importante fabrique située à Origny-Sainte-Be-noîte (Aisne). Depuis lors, elle s’est considérablement accrue par la sagacité avec laquelle ses chefs ont abordé la nouveauté que tout le commerce de Paris lui demande, soit en tissus écrus, pour l’impression et la teinture, soit en tissus mélangés de matières diverses et variés de couleurs.
- 700 à x ,000 métiers à lisser, occupant, tant à Origny que dans les communes environnantes, de 1,000 à i,5oo ouvriers, qui gagnent depuis 1 franc jusqu’à 3 fr. 5o cent, et 4 francs par jour, font les tissus les plus divers. En écru, les baréges unis, rayés, satinés et quadrillés soie, pour robes, châles et écharpes, tout laine et chaîne soie, trame laine ; les mousselines, satins, cachemires d’Ecosse tout laine, unis, rayés et quadrillés soie : tels sont les articles livrés pour l’impression et la teinture. En haute nouveauté, ce sont des baréges en robes, châles et écharpes unis, brochés laine, soie ou divers mélanges variés de couleurs et de dispositions ; des mousselines laine, des mérinos écossais à bandes ou cadres satin, et une foule d’articles qui dénotent autant d’esprit inventif que de connaissances variées. Disons ici que ces fabricants sont parfaitement secondés par l’habileté incontestable des ouvriers de l’Aisne, du Nord et de la Somme, qu’ils occupent. Ce sont des hommes auxquels on peut demander aujourd’hui la gaze la plus légère, chaîne à trame grége 3 à 4 cocons, et demain, du mérinos, des châles brochés, ou tout autre article plus ou moins fort, plus ou moins compliqué, avec une, deux et même trois mécaniques Jacquart !.... Ces ouvriers, qui travaillent chez eux, ont tous un coin de terre à cultiver, ce qu’ils font pour se reposer du tissage. Mais, tout habiles que sont ces braves ouvriers, ils ont besoin d’une bonne direction, et MM. Sabran et Jessé, l’ont toujours su imprimer partout où ils ont fait et font travailler. Leurs produits, constamment recherchés, sont consommés en France pour un tiers, soit 600,000 francs environ., et au dehors pour les deux tiers, 1,200,000 francs, aussi environ.
- Par ces divers motifs, le jury décerne à MM. V. Sabran et G. Jessé une médaille d’or.
- MM. LAMBERT-BLANCHARD et C, à Paris (Seine). V
- ^ t ! ' '., ' médaille
- dette maison, dont les produits ont figuré aux deux dernières d’argent.
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- Médailles île bronze.
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- expositions, continue à se livrer à la fabrication des tissus écrus tout laine, laine et soie, laine et coton pour robes, châles et écharpes, principalement destinés à ces belles impressions, à ces belles teintures dont les dames de tous les pays aiment à se parer. Baréges de toutes sortes et mousseline-laine pour l’été, cachemire d’Ecosse et mérinos pour l’hiver, M. Lambert-Blanchard, travaillant pour toutes les consommations, n’arrête, pour ainsi dire, jamais sa fabrication, et les 1,000 à i,5oo ouvriers qu’il oecupe dans le canton de Guise chôment rarement.
- M. Lambert-Blanchard que l’épidémie a saisi, alors qu’il était à son poste pour la défense de l’ordre menacé, et a enlevé à l’industrie, livrait au commerce pour i,5oo,qoo francs de tissus écrus, qui, transformés par la teinture et l’impression, pouvaient représenter un capital de plus de 2 millions, dont la moitié au moins pour l’exportation.
- Cet industriel avait su s’entourer d’auxiliaires capables de continuer son œuvre : c’est donc autant pour honorer sa mémoire que pour récompenser ses successeurs que le jury rappelle la médaille d’argent votée en i844.
- M. Henry GOIGNET, à Paris (Seine).
- Fondée en i833, cette maison joignit à son commerce d’articles légers de Lyon la fabrication des gazes de soie et plus tard celle des baréges et autres nouveautés. C’est à Bohain (Aisne) qu’est son centre de fabrication : c’est là que 3oo à 4oo ouvriers de Boliain et des villages qui l’entourent jusqu’à 20 et 24 kilomètres vont prendre les chaînes et matières pour tisser chez eux et rapportent leurs pièces.
- Les produits de celte fabrique soumis au jury parles successeurs de M. Henry Coignet, décédé en mars 1849, se composent de gazes de baréges unies, façonnées et quadrillées soie, tramées d’une ou plusieurs couleurs mélangées, en robes, châles, écharpes ; des tissus tout laine, tout soie, soie et laine, laine et coton, etc., dont la variété d’armures, de dispositions et de couleurs rivalisent avec ce qui se fait de mieux.
- Cette maison expose en outre des articles filet de soie au fuseau, qu’elle commissionne dans diverses contrées de la France (en Normandie, en Alsace) et dont elle exporte la majeure partie.
- La fabrique de Bohain produit pour 8 à 800,000 francs de mar-
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- I
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- chandises; les deux tiers vont à l’étranger. Le jury décerne à M. Henry Coignet et compagnie une médaille de bronze.
- i ‘ !
- M- Frédéric DREYFOUS, à Paris (Seine)..
- M. Dreyfous a fondé en i84o, àHeudicourt(Somme), une fabri- . que de gazes diverses et petites étoffes pour robes, dont la majeure partiè des produits sont allés à l’étranger. C’est surtout à un genre de foulard chaîne soie fantaisie, tramé grége, rayé de nuances et plus tard quadrillé, que M. Dreyfous s’est attaché; à côté de ces foulards rayés et quadrillés noiis trouvons des gazes de soie avec rayures et quadrilles soie fantaisie; des'robes chaîne soie, tramées laine, des chaînes coton, des chaînes laines, tramées' de différentes matières, le tout habilement varié de couleurs et dispositions.*
- En fondant sa fabrique à Heudicourt, M. Dreyfous devait y trouver le lissage à bon marché. Il n’en a pas moins porté l’aisance dans une pauvre localité jusqu’alors privée de ressources. Les efforts heureux qu’il a faits décident le jury à décerner à M. Dreyfous une médaille, de bronze.
- S 6. ÉTOFFES POUR GILETS.
- M. Justin Dumas, rapporteur.
- M. PAGÈS-BALIGOT, à Paris (Seine).
- Ce manufacturier, qui peut, ajuste titre, revendiquer une bonne part au développement qu’a pris en France la fabrication des articles pour»gilets, en soumet un assortiment des plus riches et des plus variés. Les tissus laine pour gilets nous venaient,d’Angleterre; Lyon les faisait en étoffes de soie et en velours; Paris, centre du goût et de la mode, devait tisser le cachemire et des étoffes nouvelles. La maison Pagès-Baligot, fondée en i832, après des efforts inouïs et coûteux, e3l arrivée à monter un atelier de 2 5o métiers d’étoffes à gilets-au centre de la capitale; 3oo ouvriers >y sont presque constamment occupés, et,,à leurs pièces, gagnent depuis 3 francs (jusqu’à 5 et 6 francs par jour.1 Sur les.6 à 700,000 francs d’affaires de M.! Pagès-Baligot, le tiers est exporté, les deux autres
- tiers se consomment.en France. “*-<(c>« J,*' !;
- M., Pagès-Baligot n’est pas un fabricant ordinaire : il est créateur infatigable! Lorsqu’il a livré sa nouveauté pendant.une»saison,.il
- Médaille
- d’or.
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- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- Médaille
- d’argent»
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- laisse ses concurrents de Paris et les fabriques de Roubaix l’exploiter à leur tour. C’est ainsi que les gilets ont pris tant d’extension ; il s’en fait pour 8 à 10 raillions par an.
- Nous remarquons dans cet étalage un velours jaspé en laine, des satins renforcés, des étoffes à double corps en chaîne soie, imitant le velours, des piqués soie matelassés, des jaspés et autres nouveautés, trop longues à énumérer, qui toutes méritent des éloges.
- Le jury décerne à M. Pagès-Baligot la médaille d’or.
- M. François CROCO, à Paris (Seine).
- C’est un ancien et excellent fabricant, que le jury connaît depuis i834, et qui continue à créer avec succès de jolis articles pour gilets et pour robes. Tous ses produits sont d’une grande pureté et portent le cachet du bon goût que les jurys précédents leur ont reconnu : la vogue dont ils jouissent (iis sont livrés au fur et à mesure de fabrication) en est une preuve irrécusable. Les piqués fins en coton blanc et de couleurs sont de nouvelle fabrication chez M. Croco, et déjà ils approchent des tissus anglais. Ses ouvriers, au nombre de 200 à 3oo, sont à leurs pièces et gagnent depuis 2 fr. 5o cent, jusqu’à 7 et 8 francs par jour. Son chiffre d’affaires varie suivant les circonstances ; le tiers de cette fabrication est exporté par les maisons de Paris auxquelles M. Croco livre ses tissus. Le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. DAUPHINOT-BALIGOT, à Paris (Seine).
- C’est la première fois que cette maison se présente à l’exposition ; quoique établie depuis i84o, ce n’est guère qu’en 1846, après maints essais, qu’elle est parvenue à doter la France d’une fabrication de tissus unis et piqués ou façonnés nommés valencias pour gilets, et pour lesquels jusqu’alors nous étions tributaires de l’Angleterre. Par sa bonne fabrication en écru et l’utile concours de M. Feau-Béchard, teinlurier-apprêteur, M. Dauphinot-Baligot a si bien réussi les valencias, qu’en octobre 1846, M. le ministre du commerce et M. le directeur général des douanes, s’étant transportés chez cet honorable fabricant, furent aussi surpris que satisfaits d’avoir à préférer ses tissus aux articles similaires anglais dont ils avaient apporté des types. Ces messieurs jugèrent indispensable d’envoyer M. le directeur des douanes de Paris et ses employés se convaincre aussi par eux-mêmes, chez M, Dauphinot-Baligot, dé la
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- réussite des tissus valencias, et sa marque de fabrique a été déposée à la douane de Paris, pour garantir désormais ces étoffes de la saisie.
- Depuis lors, non-seulement la fraude à l’aide de laquelle, seule, ces tissus arrivaient à la consommation française, a cessé complètement, mais encore, il faut le dire, nos maisons d’exportation envoient partout, même en Angleterre, les,valencias*deM. Dau-phinol-Baligot. Ce fabricant fait aussi très en grand, et d’une manière remarquable les tartans fins tout laine, les cachemires riches et ordinaires qui rivalisent avec tout ce qui se fait de mieux en étoffes pour gilets. Il occupe de 120 à 13o ouvriers, gagnant de 1 fr. 5o cent, à 5 francs par jour.
- Le jury décerne à M. Dauphinot-Baligot la médaille d’argent.
- M. Alexis COCU, à Paris (Seine). Rappel
- Ce fabricant, qui compte i5 ans d’établissenient, occupe de 3o mention à 4o ouvriers et produit pour 3o à 60,000 francs d’étoffes à gilets. honorable et travaille consciencieusement; ses valencias unis, ses lancés soie à une et à deux couleurs, ses imitations en cachemire broché sqnt de bons produits. Mentionné honorablement par le jury de 1839, le jury de i844.1ui en accorde le rappel.
- M. ÀUBEUX, à Paris (Seine). Mention
- Il soumet au jury un assortiment d’étoffes à gilets, imitation cachemire, qui ne manque pas de goût et de variété. Cette maison, fondée en i846, compte 18 métiers ocoupant 18 hommes, 3o femmes et 16 enfants. M. Aubeux, qui naguère était ouvrier, est parvenu à la position qu’il occupe aujourd’hui par son aptitude et son intelligence. . " i >„ -- ,
- , Le .jury lui décerne une mention honorable. - ; -
- M.’Gustàve HESS, à Paris (Seine). V . ‘
- i'.,, .: n, . ‘r,V'-‘Mi .
- II.était, avant ,1,844. date.de son établissement, un bon ouvrier
- tisseur. Une ambition bien légitime,l’a* poussé à,devenir fabricant; il possède auioùrd’hui 20 métiers et occupe 35 ouvriers. La moitié de ses produits est pour l’exportation. Lesétoffes à gilets qù’iî nous, présente' sont bien comprises comme1 réduction' et fabrication ; manquant d’tin cachet particulier, elles ressemblent'trop'à celles de ses concurrents*. M. Hess a pris,'eri’h 845, un brevet-pour une amé->
- Citation
- favorable.,
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- lioralion apportée au métier d’armure. Le jury le cite favorablement. ,
- TROISIEME SECTION.
- CHALES DE CACHEMIRE ET LEURS IMITATIONS.
- MM. Gaussen et Roux Carbonnel, rapporteurs,
- CONSIDERATIONS GENERALES.
- Cette industrie, qui n’a pas quarante ans d’existence, est aujourd’hui une de nos gloires industrielles les plus incontestées. L’imitation de châles de l’Inde, qui était l’enfance de l’art, lui a servi de point de départ; et, de perfectionnements en perfectionnements, elle s’est élevée à une hauteur telle, qu’il est permis d’affirmer aujourd’hui que la concurrence étrangère né l’atteindra jamais. Elle a créé, en Franco, plus qu’une étoffe et un vêtement; elle a créé un art, qui se traduit par le sentiment général du coloris, c’est-à-dire de l’harmonie des couleurs, sous le point de vue industriel. 4
- Cette industrie a toujours paru, depuis sa création, inspirer et féconder une foule d’autres industries. Quelle est aujourd’hui l’étoffe, peinlg ou brochée, qui n’emprunte pas au cachemire, iet ne s’inspire de son dessin, d’un caractère à la fois si. souple et si original, où de la manière dont ses couleurs sont mariées-jet harmonisées?
- Mais l’industrie des châles a d’autres titres à l’admiration du pays que son étoffe et son dessin : ce sont les perfectionnements mécaniques qu’elle a enfantés. Leur histoire complète1 nous conduirait trop loin; contentons-nous de dire en quelques lignés ': De l’antique métier à la tire, à la machine Jacqüart primitive, quel pas , gigantesque ! de cettej machine. ,à la mécanique actuelle, perfectionnée, quelle série de progrès et de transformations ! de l’œuvre de Jacqüart .perfectionnée ,à <la machine,à papier qui, pour quelques-uns,
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- est encore à l’état d’essai, et qui, pour d’autres, commence déjà à fonctionner, quelle distance! Pour nous, le problème de la substitution du papier au carton, qui amènera une économie énorme dans les frais de lecture, si écrasants pour le producteur, est à peu près résolu.
- - H y a trente ans que les esprits les plus ingénieux de l’industrie châlière ont cherché à le résoudre, tout en doutant de sa solution. On touche à peine au but aujourd’hui. Si Jac-quart reparaissait au milieu de nous, il n’est pas bien sûr qu’il reconnût sa création en voyant fonctionner une mécanique à papier.
- Quittons la partie matérielle si intéressante de l’industrie des châles, et revenons à son côté artistique. Tous ceux qui sont nés avant ce siècle peuvent se rappeler ces essais timides de châles, qui se réduisaient à garnir un fond d’étoffe de petites palmettes uniformes, détachées les unes des autres, et encadrées par une bordure étroite d’un dessin grossiér. A côté de ces tâtonnements pour ainsi dire enfantin s,, voyez la charpente grandiose, compliquée, d’un beau châle*de nos jours.
- L’imagination, a peine à* comprendre que le compositeur puisse se retrouver dans ce dédale de motifs gracieux, et arrive si complètement à cètte harmonieuse entente des lignes et du coloris, n *- ; i
- Maintenant, qui est-ce qui.croirait, en le voyant si beau et si splendide, que le châle, pour vivre et prospérer, soit obligé de changer/aussi souvent! son style > et son aspect ? Qu’il! faut que son dessin soit usé avant son étoffe , et qu’une femme'qui veut suivrez la mode; ; cette* f divinité toute; française, soit obligée d’abandonner son plus beau vêteriient'dans un état parfait de conservation/parce qu’il est .déjà vieux",de genre et que les couleurs ne sont plus^en harmonie avec le goût du moment? C’est pourtant ce* renouvellement de- mélange des couleurs qui fait la vie et la fortune de * nos fabriques: de châleset cette puissance de goût'et d’invention, est leur plus grand* mérite/ Longtemps,' toutefois? rnos fabricants ont conservé la tradition de copier, plus ou moins:fidèlement, -le
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- châle de l’Inde; mais ils étaient dominés alors par une idée fort logique. Le châle français est né du châle de FInde; tant qu’il a eu besoin de la protection de ce dernier, pour entrer profondément dans la consommation, il l’a imité; mais le jour où le goût du châle est devenu générai, le jour.surtout où le modèle indien ne se modifia pas assez vite au gré delà mobilité française, le châle français a rompu brusquement.avec son passé; il s’est rajeuni en adoptant un genre nouveau que l’on a appelé renaissance; c’était l’ornement et la fleur de fantaisie mélangés; le tout modifié dans le style châle, car il faut toujours conserver ce style ; les fabricants qui ont vieilli dans le. métier Je savent bien, et, dans leurs plus grands écarts même , chéfchent toujours à le respecter. . , <<
- Le, genre renaissance usé, le goût français, enhardi par cet essai, n’a. pas craint dé modifier le type primitif sous le triple point de vue de la hardiesse des lignes, de là richesse et de la multiplicité .du détail ; on peut dire, à propos de céttè dernière modification, qu’iL est allé jusqu’à l’excès. C’est peut-être ce qui donne, pour le moment, au châle, cet aspect uniforme et légèrement confus. Cependant, il faut en convenir, ce( genre a fait prospérer la fabrique pendant ces dernières années; il a arriéré tous les autres, et les producteurs qui sont entrés le plus franchement dans cette'voie ont vu la consommation les favoriser. Aujourd’hui iplusieurs? fabricants s’en, éloignent; l’un des doyens de la fabrique, en particulier, qui vient.de rentrer dans la lice industrielle, signale sa présence par un genre aussi neuf qu’extraordinaire;; c’est un mélange; de fieùrs.' naturelles et de cachemire..Les roses, les œillets,-.les dalhias, sont tout étonnés de se trouver au milieu de ce détail séculaire que l’on appelle le type indien. L’effet général de cet essai est neuf, hardi; est-ce un point de départ, est-ce une excentricité heureuse? Les plus osés n’osent se. prononcer.. ; i ,
- On. peut conclure de tout ce qui précède que les .fabricants de châles de Paris sont ià la tête d’une véritable école de dessin appliquée à toute espèced’éloffe. Ce qui le prouve,
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- c’est que le phénomène qui s’est produit, pour.ainsi dire, à la naissance du châle se manifeste.encore aujourd’hui. En 1827, les impressions de.Rouen, de Jouy, de Munstei% de Mulhouse, d’Amiens, sur escot, de Reims, sur mérinos, .copiaient nos cachemires.
- Maintenant jetez les yeux sur les impressions du Haut-Rhin, du Rhône, de la Seine, de la Seine-Inférieure. : partout vous verrez de grands succès obtenus par l’imitation du châle. .
- On peut donc dire.que le type cachemire, qui se concéntre dans la fabrique parisienne., domine le goût français en matière de dessin d’étoffe, et que la position morale et matérielle de cette,fabrique est sans rivale dans le monde industriel. L’Autriche seule nous menace dans l’article d’exportation à bas prix; mais Nîmes et Lyon lui.font, en ce. moment, une concurrence qui doit devenir de plus en/plus sérieuse. Ibfaiit dire aussi que c’est nous qui fournissons des armes à nos rivaux. Les Viennois achètent leurs modèles dans nos meilleures fabriques parisiennes et les copient. Il est donc évident que ce n’est que le prix de la main-d’œuvre ou de là matière première qui peuvent leur laisser une: certaine supériorité > sur les marchés étrangers ; mais, comme tous les renseignements s’accordent à prouver que la mainrd’œuvre n’est pas meilleur marché à Vienne qu’à Nîmes ou en Picardie, par exemple,dl faut que la supériorité,.quant au prix, du produit autrichien, tienne au bon marché de la matière première einployéedans la fabrication des châles.,Ce qui prouve, cependant, combien il ÿ a de ressoûrces dans l’industrie châlière, c’est que, malgré la concurrence de l’étranger, malgré-les .commotions-politiques que le pays a. subies, l’article riche seul* a-été sensiblement frappé; aussi doit-on . particulièrement lui tenir compte. des efforts qu’il fait pour se relever’. A notre connaissance, certaines fabriques de châles.-riches .ont osé faire cette année jusqu’à 60,000. francs de frais de dessin. On n’a jamais vu, en effet-, des châles plus riches et plus beaux que ceux qui figurent à l’exposition de 1849. Jamais on n’a atteint des réductions plus fines; la richesse du détail et le
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- grandiose de la composition n’ont pas encore été poussés aussi loin. Nous pouvons donc affirmer que la fabrique de cachemire, malgré la concurrence désastreuse que lui fait l’article indien bas prix, malgré tous ses désastres, s’est mainr tenue à une grande hauteur. >'j
- Nous devons dire maintenant, pour terminer ces considérations, qu’après les événements de février, au milieu des plus grandes souffrances des industries de luxe, au moment où les doctrines les plus funestes tendaient à rendre ennemis des hommes dont le bien-être mutuel est lié d’une manière indissoluble, les fabricants de châles de Paris ont donné un exemple qui mérite l’attention du Gouvernement..Ils ont appelé* à eux les délégués des classes.ouvrières qui vivent.du châle; et*, après avoir écouté leurs plaintes et reconnu tous les abus de la concurrence sur le prix du travail, ils ont établi un tarif uniforme de salaire pour toute l’industrie, s'appuyant sur ce principe : « L’ouvrier doit vivre aisément de son .travail. » Pour compléter son œuvré, la fabrique de châles a. choisi dans son sein une commission à qui el!e a donné pouvoir de régler tous les différends qui pourraient s’élever .sur les questions relatives au prix du .travail entre les patrons et les chefs d’ateliers, entre ces derniers et les ouvriers. Cette commission, après avoir largement ; rempli sa tâche, est allée plus loin; entraînée.par un sentimentma-turel de justice, elle' a ,cru devoir s’inquiéter;do lasconditiôn vraiment déplorable des: femmes clans lès:ateliersîde tissage.
- Pour remédier a cette situation nelle
- a décidé,5 àrlunanimité’,
- que la femme ne devait, monter sur. le métier >;qu’à l’âge de dix-neuf ans .révolus, i et qu’elle devait: être payée comme l’homme. Tout ce qu’a fait cette commission a été fait sous l’inspiration et avec !la participation de la partië;éclairéè;de la classe ouvrière; elle a-fait comprendre; en un mot, aux:ouvriers prévenus et* défiants, que leurs patrons étaient leurs véritables amis; Voilà tson>plus beau titre à la sollicitude du jury -central, . : >' ... -
- h "t
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- CHALES DE PARIS.
- MM. GAUSSEN et POUZADOUX, à Paris (Seine). Exposants
- Cette maison se trouve naturellement liors de concours, par la de position actuelle de son chef, qui est membre du jury central. concours.
- Le jury croit devoir exprimer le regret de ne pouvoir accorder à la maison MM. Gaussen etPouzadoux la récompense que sa position industrielle mériterait.
- M. Frédéric HÉBERT, à Paris (Seine). Rappels
- , . . de
- En présence de l'exposition de cet honorable industriel, nous ne médailles pouvons que répéter ce qui a été dit par le jury de i844. M. Hé- dor-berl est toujours l’imitateur exact et intelligent du type indien ; il est resté fidèle à un genre qui lui a valu de si éclatants succès. La fabrication de M. Hébert est toujours parfaite-, ses matières, ses teintures sont irréprochables. Malgré les variations du goût et les caprices de la consommation, M. Hébert croit devoir s’en tenir au châle de l’Inde. Il maintient son drapeaù industriel avec une persévérance remarquable. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’à différentes reprises, la fabrique, en général, est revenue un peu au genre de M. Hébert, et que M. Hébert n’a jamais changé le sien.
- Le jury accorde à M. Hébert un nouveau rappel de médaille d’or.
- MM. GAUSSEN jeune, FARGETON et Cie, à Paris (Seine).
- M. Gaussen jeune, qui est aujourd’hui un des doyens de la fabrique, et dont le mérite incontestable est généralement reconnu, a déjà obtenu plusieurs médailles d’or en société avec différents industriels. Son plus beau titre, qu’on peut ajouter à celui d’ancien contremaître de la maison Lagorce, est d’avoir été le collaborateur le plus actif et le plus intelligent de son frère. M. Gaussen jeune se présente cette année au concours avec une nouvelle raison de commerce. Celtemaison, dont les éléments sont à peu près les mêmes que ceux de l’ancienne maison Gaussen jeune et Maubernard , qui a obtenu un rappel de médaille d’or en i844 » est toujours une des pre-miètes pour son goût et ses bonnes traditions. Les châles de la maison Gaussen jeune etFargeton ont un cachet particulier qui les fait facilement reconnaître. La mise en carte est d’une pureté irré-iii. 7
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- prochable, le coloris est harmonieux et flatteur; leurs produits sont de ceux qu’on peut atteindre, mais qu’il est difficile de surpasser. Le nouveau châle loftg que ces messieurs viennent d’exposer est d’un fini gracieux et d’un goût délicat et nouveau. C’est un châle qui n’arrête pas toujours l’indifférent, mais que le connaisseur étudiera avec soin; c’est le châle d’une femme comme il faut, selon l’expression consacrée. Quoique classique par tradition, la maison Gaussen jeune est ordinairement la première à tracer la route, quand l’industrie châlière doit entrer dans une nouvelle voie, et on peut dire, avec vérité, qu’elle ne tombe jamais dans les écarts de coloris on de composition.
- Celte maison mérite au plus haut degré la sollicitude du jury qui lui décerne un rappel de médaille d’or.
- M. Jean-Louis ARNOULD, à Paris (Seine).
- Cet honorable industriel, qui a obtenu une médaille d’argent en i834> une médaille d’or en 1889 et un rappel en i844, se maintient toujours au premier rang, par son goût et sa belle fabrication.
- Sa mise en carte est parfaite, son coloris est charmant, quoique toujours classique. Nous trouvons à son exposition un châle carré blanc, remarquable sous tous les rapports. Les deux châles longs qu’il a'produits récemment sont d’un goût très-pur et d’une grande sagesse de composition ; on peut dire que le nuancé en est tranquille et distingué. Nous devons parler aussi d’un fond plein tapis, dont le dessin est neuf, original, et indiquerait un essai dans une voie nouvelle.
- M. Arnould est toujours un de ceux qui tiennent depuis longtemps la tête de la fabrique de châles; à ce titre, le jury lui accorde un nouveau rappel de médaille d’or.
- M. Pierre-Thomas-Pascal FORTIER, à Paris (Seine).
- Ce fabricant est l’un de ceux qui ont toujours été distingués par le jury. M. Fortier a des titres incontestables à la reconnaissance de la.fabrique parisienne. Il a été le premier à. fa briquer, à Paris, l’article indous, et on doit dire qu’à cette époque il a eu un succès très-grand et très-mérité. Aujourd’hui, M. Fortier s’occupe plus particulièrement de la fabrication du châle chaîne laine; ibest-, sans contredit, au premier rang dans cet article. Nous trouvons à son exposition des chaînes laine qui rivalisent, pour le touchèr et la
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- finesse, avec les plus beaux cachemires. Les matières qu’emploie M. Fortier sont toujours de premier choix et irréprochables ; tout en faisant le bon marché avec une grande supériorité, ce fabricant 'n’ajamais sacrifié ni la qualité des fils, ni l’étoffe de ses châles. Nous remarquons, dans l’exposition de cet honorable industriel, des châles dits tapis, d’une fabrication magnifique, d’un goût original et pur comme dessin. C’est, sans contredit, ce qui s’est fait de mieux dans ce genre.
- Le jury accorde à M. Fortier un rappel de médaille d’or.
- M. DUCHÉ aîné et C!\ à Paris (Seine).
- M. Duché aîné est un fabricant hors ligne, par l’étendue de ses affaires et ses grandes relations commerciales. Sa maison est la plus importante de la fabrique de Paris. Le chiffre de sa production s’élève depuis plusieurs années à 1,200,000 francs. M. Duché a le grand mérite, à nos yeux, d’avoir toujours soutenu l’article riche, et de lui avoir souvent donné un élan extraordinaire. Il fabrique et vend journellement des châles qui atteignent les prix de 1,200 fr. en châles longs, et de 7 à 800 francs en carrés. Beaucoup de goût, beaucoup de hardiesse, nn grand savoir-faire, une facilité étonnante à se créer des débouchés, voilà l’ensemble des qualités de cet industriel.
- La maison Duché et compagnie expose un châle long d’une réduction extraordinaire, dont le fond, en particulier, est d’un goût exquis; ce châle a ce qu’on appelle deux cents'coups au pouce, ce qui en donne quatre cents pour le fond. Nous trouvons également dans son exposition un carré quatre faces, d’une fabrication magnifique et d’un dessin très-élégant. Son carré blanc, fond plein, entièrement neuf de style, peut rivaliser avec le châle à fleurs de M. Deneirousse. Le carré fond plein et. rayé à la fois, qu’il vient d’exposer en dernier lieu, est d’un très-bel effet.
- Nous pouvons dire que M. Duché mérite toutes les sympathies de ses juges. Le jury lui accorde le rappel de la médaille d’or.
- MM. DENEIROÜSE, E. BOISGLÀVY et Cls, fabrique importante à Gorbeil (Seiné-et-Oise). .
- M. Deneiroûse, le chef naturel de cette nouvelle société, rentre
- ’hui dans les affaires /
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- après avoir épuisé la série des récom?
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- Médaille. d’or.
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- penses industrielles, et se présente au concours avec la collaboration de M. Eugène Boisglavy.
- Le jury s’empresse de dire que l’exposition de MM. Deneirouse, E. Boisglavy et compagnie est magnifique. Il a admiré d’abord un * châle long blanc, travail de l’Inde, qui a fixé au plus haut degré l’attention publique.
- Ce produit, le plus complél que l’on ailvu dans son.genre, prouve, jusqu’à la dernière évidence, que nous pouvons faire en France des châles plus beaux et plus riches que dans l’Inde.
- Le dessin de cette magnifique pièce est bien supérieur à tout ce que FOrient nous a envoyé de plus extraordinaire et de plus parfait. C’est un mélange de la fleur naturelle française et du détail cachemire. Les roses, les dalhias,les oeillets, s’étalent dans toute leur fraîcheur sur une étoffe irréprochable. Tout est réuni dans ce châle , haTmonie de couleurs, finesse de réduction, perfection de travail. Nous devons féliciter, en particulier, M. Deneirouse du beau succès qu’il vient d’oblenir, et nous devons lui rendre une justice d’autant plus éclatante que, parmi tous ses confrères,il est peut-être le seul qui n’ait jamais désespéré du châle spouliné. De quel intérêt, en effet, ne serait-il pas de créer, en France, une nouvelle et belle industrie qui donnerait un travail facile à une foule de femmes et d’enfants I Nous avons le droit d’espérer, car aujourd’hui nous pouvons dire, au risque de froisser les préjugés de nos dames, que le châle de l’Inde est vaincu : en effet, quelle est celle qui oserait mettre, à côté du châle de M. Deneirouse, un de ces beaux cachemires si enviés?
- *
- Le dessin que M. Deneirouse et E. Boisglavy exposent en spou-linè, ils le présentent également exécuté au lancé, et, pour la première fois, on peut comparer l’effet du travail indien à celui du travail français. Ce dernier nous a paru résister complètement à la comparaison. De bonne foi, quelle différence peut-il y avoir ? L’aspect desdeux châles est le même,le travail seul est différent; seule-mentl’unvaut 5,ooo francs, l’autre en vaut ],ooo ou 1,200.
- La maison Deneirouse et E. Boisglavy expose une série de châles dans le genre de celui dont nous venons de parler. Cette maison a confiance dans ce nouveau style de dessin et de coloris. Appuyée sur la haute expérience et le goût sûr de son chef, elle paraît vouloir marcher d’un pas ferme dans cette nouvelle voie ; l’avenir seul peut nous dire si elle entraînera la fabrique avec elle. Quoi qu’il en
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- 9oit, l'exposition de M. Deneirouse e3t hors ligne, et nous pouvons oublier de parler de certains perfectionnements qu’il vient d’intro-duii’e dans la fabrication du châle. Le jury, reconnaissant la .haute position que la maison Deneirouse et E. Boisglavy vient de prendre dans l’industrie des châles, lui décerne une médaille d’or.
- MM. BOAS frères et G10, à Paris (Seine).
- Ces fabricants ont obtenu, en i844, une médaille d’argent. Le jury de la dernière exposition a voulu récompenser un nouveau procédé dont ils se servaient pour fabriquer ce qu’on appelle les châles doubles. Quoique ce mode de fabrication n’ait pas pris une grande extension depuis i844, nous devons dire qu’il nous paraît destiné à rendre des services sérieux à la fabrication des gilets. La maison Boas frères et compagnie a pris une grande extension depuis l’exposition dernière ; aujourd’hui, elle fabrique le châle riche et le châle bon marché avec beaucoup de succès. Nous avons remarqué à son exposition un carré blanc d’un dessin gracieux et original, et d’un coloris très-harmonieux.
- Leurs châles longs chaîne laine, à 120 francs, sont d’un très-joli goût et d’une fabrication convenable pour le prix. Ajoutons maintenant que MM. Boas frères sont à la tête de toutes les améliorations qui se produisent dans leur industrie. H y a dans leur maison un savoir-faire et une activité remarquables; elle nous paraît devoir se placer avant peu au premier rang.
- Le jury accorde à MM. Boas frères et compagnie une nouvelle, médaille d’argent.'
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- MM. G. CHAMBELLAN et C10, à Paris (Seine); Rappels
- M. Chambellan a obtenu en i834 une médaille d’argent en .col- mé(ja|||es laboralion avec M. Duché aîné. Les jurys de 1839 et i 844,lui ont d’argent, confirmé cette récompense.
- Nous remarquons,* celle année, dans l’exposition dé-Mi Chambellan, un châle long blanc, d’une jolie composition, el des carrés tapis, genre dit lamé, cl’un très-bon goût. La production dè M. Chambellan embrasse à la fois le châle riche et le châle bon marché.... .
- Le jüry.lpi^appelle de nouveau la médaille d’argent.
- M. Joseph DEBRAS, à Paris ( Seine ).
- M. Dèbras est un dès plus anciens fabricants de châles. Eri 1823,
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- Médailles
- d'argent.
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- comme employé de la maison Chainebot.il avait déjà fabriqué avec succès un châle long, spouliné, sur une mécanique Jacquard. En 1826, employé chez M. J. B. Ricbard.il a trouvé un genre de papier qui facilitait beaucoup la misé en carte. En 1839, exposant pour la première fois, il obtint une médaille d’argent. M. Debras ayant apporté une grande amélioration dans le montage des métiers, en i844, le jurj crut devoir rappeler la médaille d’argent à cet honorable industriel, dont les produits sont toujours bien fabriqués, bien entendus et d'un prix plus que modeste. Le jury de 1849 rappelle, de nouveau, à M. Debras, la médaille d’argent.
- M. Pierre-René FOUQUET aîné , à Paris ( Seine ).
- Cet honorable industriel a obtenu en 1844 le rappel d’une médaille d’argent, qu’il avait méritée en 1839. M. Fouquet est l’un des doyens de l’industrie châlière. Le rapport de i844 mentionne avec raison ce fait, que M. Fouquet a été l’un des premiers à tisser un châle cachemire à la tire sur chaîne soie dans l’ancienne maison Bellangé et Dumas-Déscombes. Fabricant intelligent, producteur consciencieux, M. Fouquet mérite toujours la sollicitude du jury, si ce n’est par son chiffre de production, au moins par ses
- antécédents industriels. Le jury lui 'rappelle la médaille d’argent.
- -*
- MM. LION frères, à Paris (Seine).
- Ces fabricants, qui ont, par un heureux début, oblenn la médaille de bronze en i844, se présentent celle année avec des titres de plus à l’attention du jury. Leur maison avait pris, avant les événements de février, une extension remarquable, et, dans plusieurs genres de châles, ils ont su s’attirer exclusivement les faveurs de la consommation. MM. Lion frères ont été les premiers à faire un nouveau genre de carte, dit lamé, qui, momentanément, a renouvelé la physionomie du châle. La maison Lion frères est aujourd’hui une des maisons importantes de l’industrie châlière.
- Le jury accorde à ces messieurs la médaille d’argent.
- MM. BOUTARD, VIGNON et Cio, à Paris (Seine).
- Cette maison s’attache particulièrement au genre moyen et bon marché. Quoique MM. Boutard, Vignon et compagnie fassent fabriquer à Paris, ils arrivent à lutter souvent, avec avantage, contre les
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- produits similaires qui se fabriquent à Lyon et en Picardie. Ces messieurs se font remarquer par une fabrication régulière et un goût très-pur dans la composition et le nuancé de leur dessin. L’ensemble de leur fabrication est très-salisfaisant. C’est une de ces maisons qui marchent avec persévérance, d’un pas ferme et sûr, dans la voie du progrès. Leurs châles sont très-estimés sur la place de Paris, et ils font avec la Belgique des affaires très-suivies.
- Le jury croit devoir récompenser celte maison, qui a obtenu une médaille de bronze en i844, en lui décernant cette année une médaille d’argent.
- M. JUNOT, à Paris (Seine).
- Quoique M. Junot ne fasse pas un chiffre considérable d’affaires, cet honorable industriel n’en est pas moins très-méritant aux yeux du jury. M. Jünot est un fabricant consommé et s’occupe constamment du progrès de la partie mécanique de son industrie. Il est depuis longtemps sur la trace du nouveau procédé relatif à la substitution du papier au carton. Nous avons été à môme de reconnaître les grandes connaissances de M. Junot dans l’examen que nous avons fait des nouveaux procédés mécaniques, relatifs à la Jacquarl, qui sont exposés cette année. Nous avons remarqué à son exposition des châles à 17 fr. 5o cent., qui sont d’une très-bonne fabrication et d’un dessin très-sàlisfaisant.
- Le jury, pour récompenser à la fois le fabricant consommé et ami du progrès. décerne à M. Junot une nouvelle médaille de-bronze.
- MM. DACHÈS et DUVERGER, à Paris (Seine).
- Ces honorables industriels exposent des châles longs et carrés d’une très-bonne fabrication, Nous remarquons dans leurs produits un genre de vêlement qu’on a appelé'mantelel, qui a beaucoup de difficulté à entrer dans la consommation. Ce vêtement a été abandonné jusqu’à présent par toutes les maisons qui ont essayé de le fabriquer. MM. Dachès et Duverger mettent dans cet essai beaucoup plus de persévérance que leurs confrères, ce qui nous fait penser qu’ils ont su se créer des débouchés pour ce genre d’article. Ces messieurs ont obtenu la médaille de bronze en i844- Le jury, de 1849 leur accorde le rappel de celte médaille.
- Nouvelle médaille de bronze
- Rappels
- de
- médailles de bronze.
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- Médaille de bronze.
- mentions
- îonorables.
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- M. Charles CHINARD fils, à Paris (Seine).
- ‘ Cette maison, qui a exposé en i844 sous la raison de commerce Chinard fds et compagnie, a obtenu une médaille de bronze. Les produits qu’elle expose celte année sont variés et d’une bonne fabrication. Nous remarquons particulièrement des châles de demi-saison d’un très-bon goût et d’une exécution parfaite.
- Le jury rappelle à M. Chinard fils la médaille de bronze qui lui a été accordée en i844-
- MM. BONFILS, MICHEL, SOUVRAZ et C", à Paris (Seine).
- L’ancienne société Bonfils, Michel et compagnie a déjà obtenu une mention honorable en i844. Depuis cette époque, ces messieurs ont prouvé que celte récompense était parfaitement méritée. La maison Bonfils, Michel et compagnie s’est fondue il y a quelque temps, avec l’aide du Gouvernement, dans une nouvelle société ayant pour raison de commerce Bonfils, Michel, Souvraz et compas gnie. Cette nouvelle organisation est très-intéressante; c’est une association de patrons et d’ouvriers. Nous devons dire qu’elle a des éléments de succès incontestables; un des chefs d’ateliers les plus considérés de Paris, M. Souvraz, membre du conseil des prud’hommes, en fait partie. Celle maison, du reste, pour le peu de temps quelle existe, a déjà prouvé qu’elle saurait, tôt ou lard, conquérir un rang élevé dans l’industrie châlière. Ses produits sont acceptés avec faveur par ^consommation.
- Le jury regrette que la date de sa fondation ne permette pas de lui accorder une récompense plus élevée que la médaille de bronze.
- MM. NOURTIER et Cic, à Paris (Seine).
- MM, Nourtier et compagnie s’attachent particulièrement aux genres palmettes et fonds-pleins; dans ces articles, ils ont obtenu quelques succès. Le jury croit devoir considérer la maison Nourtier et compagnie comme une nouvelle maison; il lui accorde une mention honorable.
- MM. FABART et Cie, à Paris (Seine).
- MM. Fabarl et compagnie sont de nouveaux exposants, leurs pro-
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- duils sont très-satisfaisants sous le point de vue du goût et de la bonne fabrication.
- Le jury leur accorde une mention honorable.
- MM. ROSSET et NORMAND, à Paris (Seine).
- Cette maison a exposé, en i844, sous la raison de commerce Rosset et compagnie. Elle se présente cette année sous une nouvelle raison sociale , et soumet au jury des châles d’une bonne fabrication, imitant généralement les châles de l’Inde.
- Le jury accorde à MM. Rousset et Normand une mention honorable.
- MM. BOUTEILLE frères, à Paris (Seine). .
- Cette maison s’occupe particulièrement de la fabrication des genres bon marché; elle expose pour la première fois.
- Le jury la cite favorablement.
- >
- MM. GEOFFROY et CHANEL, à Paris (Seine).
- MM. Geoffroy et Chanel sont nouveaux dans l’industrie des châles et exposent pour la première fois des genres courants à des prix très-avantageux. Ils ont succédé à M. Brunet qui a obtenu la médaille d’argent en i844-Le jury les cite favorablement.
- M. WEIL, rue Neuve-Saint-Eustache, à Paris (Seine).
- Cet industriel, qui se présente pour la première fois au concours, soumet au jury une collection de châles carrés d'un bon goût et d’une fabrication régulière.
- Le jury le cite favorablement.
- MM. Laurent BIÉTRY et fils, à Paris (Seine).
- MM. Biélry et fils exposent à la fois des fils, des tissus, des châles brochés et brodés. Nous ne devons pas apprécier ici les filatures de MM. Biétry et fils, nous renvoyons à la partie du rapport relatif aux fils peignés.
- Les tissus cachemires de ces messieurs sont toujours irréprochables ; les broderies dont ils ont couvert leurs châles unis sont des
- Citations
- favorables.
- Meutions pour ordre*
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- imitations heureuses de crêpes de Chine. La fabrication des châles brochés de la maison Laurent Biélry et fds étant naissante, et le jury ayant cru devoir lui rappeler la médaille d’or pour la perfection de sa fdature, nous n’avons pas à le classer ici pour cette production entièrement nouvelle dans sa maison.
- M. Louis CHAMPION, à Paris (Seine).
- M..Champion a obtenu, en i844, une médaille d’argent sous la raison de commerce Champion et Gérard. Le jury regrette que la date de la fondation de son nouvel établissement ne lui permette pas de mettre cet honorable fabricant au rang que ses antécédents industriels mériteraient.
- 11 laisse au jury de i854 le soin de récompenser M. Champion.
- M. Charles GÉRARD, à Paris (Seine).
- Sous la raison de commerce Champion et Gérard, cet honorable fabricant a obtenu une médaille d’argent en i844- M. Gérard se présente seul cette année au concours, et expose des châles longs et carrés d’un très-bon goût et d’une excellente fabrication; mais son établissement est de trop fraîche date pour que le jury de 1849 Puisse lui accorder une récompense que mériteraient les antécédents industriels de la maison Champion et Gérard, et il laisse au jury de i854 le soin de payer la dette qu’il contracte envers lui.
- 7 CHALES DE LYON.
- Rappel MM. GRILLET aîné et C10, à Lyon (Rhône).
- médaille Cette maison est toujours à la tête de la fabrication des châles, c °r* à Lyon. Son chef, M. Grillet aîné, a épuisé la série des récompenses industrielles.
- La production de MM. Grillet aîné et compagnie s’élève annuellement à ,i,5po,ooo francs, et embrasse tous les genres,, depuis le châle riche jusqu’au châle le meilleur marché. Les affaires de ces messieurs sont considérables à l’extérieur ; ils mettent en œuvre lous les ans 4o,ooo kilogrammes de matières premières, .dont la plus grande partie est en laine. Pour.la beauté, la variété et le chiffre de
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- sa production, la maison Grillet aîné et compagnie est toujours digne du rang qu’elle occupe depuis longtemps.
- Le jury lui accorde un nouveau rappel de médaille d’or.
- MM. MONFALCON et BOZONNET à Lyon (Rhône). Médaille
- J . / d’argent.
- Ces fabricants, qui ont succédé à l’ancienne maison Balme et d’Hautencourt, exposent pour la première fois des produits très-variés, et qui méritent l’attention du jury. Les articles de M. Mon-faîcon et Bozonnet sont très-avantageux, pour les prix auxquels ils les livrent à la consommation. Nous avons trouvé dans leur assortiment des châles longs, chaîne fantaisie, à 5o francs, d’un bon coloris et d’une fabrication très-satisfaisante. Les longs chaîne laine, à (5o francs, sont, sans contredit,, ce qu’on peut voir de mieux dans ce genre. Leurs fonds pleins à 48 francs, que nous avons examinés avec plaisir, .sont d’un joli goût et d’une réduction passable. La maison Monfalcon et Bozonnet fait de grandes affaires à l’intérieur et à l’extérieur. Le chiffre de ses ventes s’élève annuellement à 700,000 francs.
- Le jury accorde une médaille d’argent à ces honorables producteurs.
- MM. MANTE LIE R et Gie, à Lyon (Rhône).
- Celte maison, qui expose pour la première fois des châles bro- Médaillés
- 7 1 1 » j. de bronze,
- chés, s’est déjà fait remarquer dans la fabrication de l’article appelé châle fantaisie.
- Nous avons distingué dans son exposition de très-jolis châles imprimés de demi-saison, et particulièrement des fonds pleins d’un très-bon goût, à des prix très-modérés. En châles brochés, ces messieurs ont exposé des fonds tapis d’une très-bonne exécution.
- Les carres de MM. Mantelier et compagnie, de 12 à 25 francs, en indoux, de 3o à 70 francs, en chaîne laine, sont d’une fabrication très-satisfaisante. Leurs châles longs, de 60 à 70 francs, ne laissent rien à désirer. 18,000 châles, de tous les genres, sont sortis de cette fabrique en 1847, Ie chiffre de ses affaires s’est élevé à 700,000 francs.
- Le jury accorde une médaille de bronze à MM. Mantelier et compagnie.
- MM. PELLION fils el C“, à Lyon (Rhône)'.
- Cette maison, qui est très-importante, a donné une grande
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- Rappel
- de
- médaille
- d’or.
- Médaille
- d’or.
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- extension à sa production de châles imprimés. Depuis quelques temps, elle fabrique l’article broché avec succès. Nous remarquons à son exposition des châles longs et carrés d’un bon goût et d’une fabrication bonne. Ses châles tbibels imprimés sont très-jolis et d’un prix avantageux. MM. Pellion fils et compagnie occupent le premier rang parmi les maisons qui fabriquent ce genre d’article. Leur chiffre d’affaires s’élève à 800,000 francs; la plus grande partie de leurs produits s’exportent.
- Le jury accorde à MM. Pellion fils et compagnie une médaille de bronze.
- CHÂLES DE NÎMES.
- MM. CURNIER et Cifl, à Nîmes (Gard).
- Nous devons dire, au sujet de ces honorables industriels, comme le jury de i844 : « Cette maison, qui a changé de chef depuis long-«temps; n’a pas changé cle raison commerciale; MM. Curnier fils « et Brunei, son cousin , ont conservé la raison sociale, honorée par «tant de succès.» Ajoutons que cetle maison est toujours la première , tant par le chiffre de ses affaires que par le goût qui distingue ses produits.
- Nous avons trouve dans son exposition plusieurs châles assez remarquables, et qui peuvent rivaliser avec ce qui se fait de mieux à Lyon. Non-seulement ces messieiu’s excellent dans la fabrication du châle broché, mais ils font les châles damassés et imprimés avec beaucoup de succès. Ils n’ont pas cessé d’employer de 20 à 3o tables d’impression. La maison Curnier et compagnie occupe environ 4oo ouvriers. Quoique M. Curnier père, qui a épuisé la série dea récompenses industrielles, se soit retiré en i84o, le jury de i84g, comme celui de i844» se trouvant en présence de l’ancienne raison de commerce, rappelle la médaille d’or à MM. Curnier et compagnie.
- MM. François CONSTANT père et fils, à Nîmes (Gard).
- Le jury de i844 a cru devoir accorder à MM. Constant et fils la médaille d’argent. Il a motivé cette récompense en disant que M. Constant père était à la fois un excellent fabricant, un dessina-
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- leur habile, et qu’il avait rendu des services à l’industrie nîmoise, en contribuant à maffitenir dans cette industrie le type du bon goût et de la bonne fabrication.
- Le jury de 1849 se a dire 9ue M. Constant, a continué de marcher dans celte voie et qu’il doit être considéré comme l’un des hommes les plus méritants de la fabrique de châles. Ses produits ont un cachet de distinction fort remarquable ; ils rivalisent assez facilement, dans l’article bas prix, avec ce qui se fait de mieux à Lyon et même à Paris. Nous avons remarqué dans l’exposition de MM. Constant et fils un châle tapis d’un genre tout à fait parisien et d’un coloris très-harmonieux. Cette maison mérite d’autant plus les éloges du jury, que, dans la crise commerciale de i848, elle a fait les plus grands efforts pour maintenir son chiffre de fabrication.
- En raison de ses antécédents, de la beauté de ses produits, et de la valeur industrielle de son chef, le jury décerne la médaille d’or à la maison Constant et fils.
- MM. COLONDRE et DUCROS, à Nîmes (Gard).
- M. J. Coîondre, fabricant de châles depuis 1824, est aujourd’hui à Nîmes le doyen de cette industrie.
- En 1839, il obtenait, sous la raison de commerce J. Coîondre et Prade, la médaille d’argent, et en i844, sous la raison de commerce J. Coîondre et Géraudan, le rappel de cette médaille. Aujourd’hui il se présente au concours, associé à M. Ducros,
- Ces messieurs exposent des carrés et des écharpes d’un très-bon goût et d’une très-bonne fabrication, qui prouvent qu’ils ont su se maintenir à un rang distingué dans leur industrie.
- Leurs affaires se font à la fois avec l’intérieur, la Belgique et la Hollande. Depuis les événements de février , ils ont su augmenter le chiffre de leurs productions. Toutes ces considérations motivent, aux yeux du jury, le rappel de la médaille d’argent.
- M. PRADE-FOULE, à Nîmes (Gard).
- M. Prade-Fouîe, ancien associé de M. Coîondre, a obtenu à la dernière exposition une médaille d’argent. Les produits de cet honorable industriel méritent d’être distingués par. leur fabrication et le choix de leur dessin.
- Nous remarquons à son exposition des articles très-variés et très-
- Rappels
- de
- médailles
- d'argent.
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-
- Médaille
- d’argent.
- Nouvelles médailles de bronze.
- — no —
- bien compris. Les affaires de M. Prade-Foule sont importantes, et se font principalement à l’intérieur et en HolîÜtnde. Le jury départemental cite la maison Prade-Foule comme une de celles qui, dans les moments d’épreuves, ont contribué à adoucir la position de la classe ouvrière. - ‘ :
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille d’argent.
- MM. FABRÈGUE, NOUR.Y fils, BARNOUIN et C», à
- Nîmes (Gard).
- Cette maison est très-importante; ses chefs appartiennent, d’ancienne date, à l’industrie nîmoise. Ils ont acquis, depuis plusieurs années , un rang honorable parmi les meilleurs fabricants de châles. Leurs produits, dans ce genre d’article, sont destinés à la Belgique et à la Hollande, et sont très-bien entendus pour ces deux consommations.
- MM. Fabrègue, Noury fils, Barnouin et compagnie exposent, en outre, des échantillons de fantaisie cardée. Ce cardagede bourre de soie alimente, en partie, les filatures de Paris, Lyon et Lille. Leur chiffre d’affaires, dans cette spécialité de produits, est très-considérable ; il atteint 700,000 francs.
- Le jury, considérant l’importance de leur maison et le mérite de leur production, leur décerne une médaille d’argent.
- M. BOUËT, à Nîmes (Gard).
- M. Bouët, dont .la position est d’autant plus honorable qu’il a commencé par être ouvrier, a déjà obtenu une médaille de bronze en i83g et un rappel en i844. Le jury de celte dernière année, tout en accordant des éloges à cet honorable industriel, manifestait le regret qu’il n’eût ipas donné une plus grande extension à sa production. M. Bouët a profité de l’avis bienveillant du jury de i844. Ses produits sont aujourd’hui plus nombreux, plus parfaits, et le jury de 1849, reconnaissant un progrès marqué dans sa fabrication, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MM. REYNAUD père et fils, à Nîmes (Gard).
- La maison Reynaud père et fils est une des maisons les plus anciennes et les plus respectables de l’industrie cliâlière à Nîmes. Elle a obtenu à la dernière exposition une médaille de bronze. Elle se
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- présente cette année au concours avec une variété de produits d’un très-joli effet et d’une grande modicité de prix. Nous remarquons dans son étalage un genre de châle carré entièrement nouveau, qui doit convenir parfaitement à l’exportation.
- Les carrés arlequinés de ces honorables fabricants sont vraiment séduisants ; ils sont d’un très-bon goût et d’un aspect très-riche. Le jury, voyant un progrès sensible dans la position commerciale de la maison Reynaud père et fils, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MM. POURCHEROL cousins, à Nîmes (Gard).
- Ces messieurs se présentent pour la première fois au concours.
- Leurs produits méritent d’être distingués par leur fabrication et le choix de leurs dessins.
- Les châles de MM. Pourcherol cousins sont très-recherchés en Hollande et en Belgique. Nous remarquons à leur exposition de très-jolis carrés unis, et des quatre faces bien compris. Le jury, rendant justice au mérite de leur production, leur décerne une médaille de bronze.
- M. SÉVÉGNIER, à Nîmes (Gard).
- Ancien associé de la maison Reynault père et fds, M. Sévégnier expose, pour la première fois, des articles courants d’un bon goût et d’une fabrication très-salisfaisarite.
- Nous avons remarqué, dans son exposition, un châle long noir, très-bien réussi. Cet honorable industriel emploie 15o. ouvriers, et met en œuvre de i5 à 18,000 kilog. de matières diverses, laine, coton et fantaisie.
- . Le jury le récompense en lui décernant la médaille de bronze.
- M. AUDEMARD et BRÈSfils, à Nîmes (Gard).
- Celle maison fabrique exclusivement pour l’exportation; ses produits sont fort avantageux pour le prix auquel elle les livre. Elle emploie 24»ooo kilogrammes de laine, coton, ou bourre de soié, donne du travail à 120 ouvriers, et fait battre 60 métiers.
- MM. Audemard et Brès (ils ont obtenu une mention honorable en 1844; leurs affaires ayant pris de l’extension depuis cette époque,
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- Men tions honorables.
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- et leurs produits étant toujours méritants sous le point de vue de la régularité de la fabrication et du goût de leurs dessins, le jury leur accorde la médaille de bronze.
- M. Gaston HUGUET, à Nîmes (Gard).
- Il s’occupe particulièrement de la fabrication des châles bon marché qui conviennent à la classe peu aisée. Sa production est importante et se consomme dans le midi de la France.
- Jusqu’à présent Paris et Reims avaient seuls le monopole de ce débouché. Les articles de M. Huguel approvisionnent ces contrées à meilleur marché: sous ce point de vue , sa maison est très-intéressante.
- Le chiffre des affaires de cet industriel s’élève à 200,000 francs, et, pour cette somme, il livre à la consommation environ trente mille châles.
- Le jury, considérant l’importance de cette production dans un genre d’article aussi utile, décerne à M. Huguet une médaille de bronze.
- MM. PONGE fils et MURET, à Nîmes (Gard).
- M. Ponge a déjà obtenu en i844 une citation favorable, sous la raison de commerce Ponge et fils. Il se présente aujourd’hui au concours, en société avec M. Muret. Les produits de ces messieurs se consomment principalement en Belgique et en Hollande; ils sont très-avantageux pour les prix auxquels ils sont livrés.
- Le jury leur accorde une mention honorable.
- M. MALHIAN aîné, à Nîmes (Gard).
- Ce producteur, qui a obtenu à la dernière exposition une citation favorable, mérite de nouveau, cette année, l’attention du jury, par le soin et l’intelligence qui président à la confection de ses produits. Sa maison est en progrès.
- Le jury de i84q lui accorde une mention honorable.
- M. Pierre HUGON, à Nîmes (Gard).
- Cet honorable industriel expose pour la première fois : ses produits se consomment plus particulièrement en Amérique et en Hollande. Sa fabrication est régulière, et son genre de dessin et de
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- coloris paraît bien approprié au goût des pays qui consomment ces articles.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. CONSTANT jeune, à Nîmes (Gard).
- 11 expose pour la première fois des châles dits kabyles et des carrés ordinaires. Les prix de ces châles sont avantageux; leur fabrication est satisfaisante.
- Le jury croit pouvoir espérer qu’avant peu cet honorable industriel, suivant la route tracée par son frère, se rendra digne d’être classé au premier rang : il lui accorde une mention honorable.
- M. Paul FABRE, à Nîmes (Gard).
- Cet industriel s’occupe particulièrement de l’article bon marché, dit tartans; ces produits sont d’un prix très-avantageux et d’une fabrication régulière.
- Le jury le cite favorablement.
- DEUXIÈME PARTIE,
- SOIES ET SOIERIES.
- PREMIÈRE SECTION.
- SOIES OUVRÉES1.
- M. Arlès-Dufour, rapporteur.
- M. J. B. HAMELIN, aux Andelys (Eure) et à Paris.
- M. Hamelin est établi depuis vingt ans, et depuis quinze il est à la tête de son industrie.
- 1 Voir, pour les cocons et soies grèges, à l’agriculture, 1er volume.
- III. 8
- Citation
- favorable.
- Médaille
- d’or.
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- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
- Citation
- favorable.
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- Son exposition , si remarquable par la variété et îa perfection de ses produits, n’est pas un tour de force, mais bien le résumé exact de sa fabrication courante, qui embrasse toutes les transformations possibles de la soie, pour la couture, îa broderie, le frangeage, l’enjolivure, etc., etc.
- Depuis la dernière exposition, M. Hamelin n’a cessé de développer ses établissements et ses affaires, sans négliger le perfectionnement de sa fabrication.
- Il emploie aujourd’hui trois cents ouvriers ou ouvrières qui, aidés par une machine à vapeur de la force de cinq chevaux, mettent en œuvre 16 à 18,000 kilogrammes de soie formant un produit de 800,000 francs à un million.
- La fabrication de M. Hamelin et de tous ses concurrents prendrait un plus grand développement sans le droit qui frappe leurs produits à la sortie. Ce droit, qui ne peut être que la conséquence d’une erreur, sera, nous l’espérons, bientôt aboli.
- M. Hamelin après avoir obtenu une médaille de bronze en 1834, une d’argent en 1839, obtint une nouvelle médaille d’argent en' i844. — Le jury, pour récompenser les progrès incessants de M. Hamelin , lui décerne la médaille d’or.
- M. BRUGUIÈRE (Adolphe), à Nîmes (Gard).
- A figuré avantageusement aux expositions de i834» i83g ei i844, sous la raison sociale Brugnière et Boucoiran
- Quoique resté seul à la tête de son établissement, où il occupe près de deux cents ouvriers et transforme 10 cà 12,000 kilogrammes de soies grossières en superbes soies à coudre, M. Brugnière est resté à Nîmes à la tête de son industrie, et les soies qu’il expose prouvent qu’il n’a cessé de perfectionner ses procédés de fabrication, c’est pourquoi le jury lui rappelle la médaille d’argent qu’il avait obtenue sous son ancienne raison sociale.
- MM. AYNÉ frères, à Lyon (Rhône).
- Ils exposent des soies dites grenadines de divers titres et propres à plusieurs emplois, mais principalement à la fabrication des dentelles.
- Le jury départemental n’ayant pas accompagné cette exposition de renseignements qui permettent de juger l’importance de la fabrication
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- de MM. Ayné frères, le jury central se borne à les citer favorablement.
- FILATURE DE BOURRE ET DÉCHETS DE SOIE.
- MM. Joseph LANGEVIN et C'% à Itteville (Seine-et-Oise).
- Ils ont, dès leur début, mérité l’attention et l’encouragement du jury, qui leur décerna la médaille d’argent en i834, la médaille d’or en 1809, et le rappel, avec les plus grands éloges, en i844.
- Celte année, l’établissement de MM. Joseph Langevin et compagnie se présente avec de nouveaux progrès, de nouveaux développements, et, par conséquent, de nouveaux litres.
- Le doute qui planait encore sur le succès de la concurrence avec les produits anglais n’existe plus , et il est aujourd’hui de notoriété publique que ceux de MM. Langevin leur sont non-seulement égaux, mais supérieurs.
- Ce résultat est d’autant plus beau, d’autant plus louable, qu’il a été obtenu sans protection, puisque les fils de bourre de soie anglais entrent avec un simple droit de balance, et que, depuis un an , les bourres de soie françaises, qui en sont la matière première, sortent aussi avec un simple droit de balance.
- Le jury, appréciant les efforts persévérants et les succès de MM. Joseph Langevin et compagnie, leur décerne ce qu’il peut donner déplus élevé, une nouvelle médaille d’or.
- MM. EYMIEUX père et fils, à Saillans (Drôme).
- Celle ancienne et respectable maison se présenta, pour la première fois, à l’exposition de 1819 où elle obtint la médaille d’argent, quilui fut rappelée trois fois, en 1823, i834et i83g. Après dix ans elle se représente, et nous sommes heureux de reconnaître que le temps, loin de l’affaiblir, l’a fortifiée et développée.
- Cette industrie de la filature des déchets de soie rend d’immenses services au pays, non-seulement parce qu’elle occupe de nombreux ouvriers et ouvrières, mais parce qu’elle donne une grande valeur à des matières qui n’en avaient aucune, de telle sorte qu’on peut justement, dire d’elle quelle fait de rien quelque chose,
- 8,
- Nouvelle
- médaille
- d’or.
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- MM. Eymieux père et fils occupent, dans leurs ateliers, ou en dehors, 800 ouvriers, hommes, femmes ou enfanls, c’est-à-dire presque toute la population ouvrière de Saillons.
- Ils transforment 25,000 kilogrammes de frisons bruts, qui coûtent 5o,ooo francs, en 17,000 kilogramme de fantaisie dont la valeur commerciale est de plus de 15o,ooo francs ; presque tout passe donc en main-d’œuvre.
- Le jury, pour récompenser les efforts intelligents et persévérants de MM. Eymieux père et fils, leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MM. RÉVIL et C:% à Amilly (Loiret).
- Voyant la consommation des fils de bourre de soie augmenter en France, et ne doutant pas que la concurrence anglaise, qui en importe près de 200,000 kilogrammes par an, ne pût être vaincue, MM. Révil et compagnie ont monté, en i846, une filature de bourres de soie sur le système anglais. La révolution de i848, qui les a surpris à leur début, a naturellement retardé leurs développements; mais ce qu’ils font déjà est considérable, car ils occupent 100 ouvriers ou ouvrières et transforment 2 5 à 3o,ooo kilogrammes de bourre de soie en 12 à i5,ooo kilogrammes de ces beaux fils qu’ils exposent et dont la perfection égale, si elle ne la surpasse, celle des fils anglais.
- \ Le meilleur éloge que le jury puisse faire des produits de MM. Charles Révil et compagnie, c’est qu’il a acquis la certitude que la consommation en demande plus qu’ils n’en peuvent livrer, à des prix supérieurs à ceux des fils anglais.
- En conséquence le jury décerne à MM. Charles Révil et compagnie la médaille d’argent.
- Mention MM. MALZAC (Florent) et VALÈS (Casimir), à Mey-wnorabie. rueis (Lozère).
- Ces deux industriels exposent séparément des déchets de soie cardée à la mécanique. Leurs établissements sont de même importance, cardant chacun environ i5,ooo kilogrammes de déchets presque de nulle valeur et auxquels ils en donnent une de près de 80,000 francs.
- Ces deux établissements sont appelés à rendre de véritables ser-
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- vices au pays, et le iury vole une mention honorable à M. Malzae el à M. Valès.
- DEUXIÈME SECTION.
- TISSUS DE SOIE.
- SOIERIES DE LYON ET DE TOURS.
- M. Arlès-Dufour, rapporteur.
- t '
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Si l’on voulait juger les progrès de l’industrie des soieries par le nombre des exposants, on se tromperait grandement, car il est moindre qu’en i844, et cependant il est facile de prouver que cette industrie n’a cessé de grandir et de progresser.
- La meilleure preuve à donner à l’appui.de cette assertion, est le relevé officiel suivant des soies qui ont passé par la condition publique à Lyon depuis l’année i844- Quoique cet établissement soit local, il peut être considéré, surtout depuis sa régénération par le système Talabot, comme le thermomètre général de l’actiyité de nos fabriques de soieries.
- Il a enregistré :
- En 1844, 18,269 numéros, pesant net 1,361,889 bilog;
- En i845, 19,285- 1,446,982
- En i846, 21,647- 1,596,518
- En 1847, 23,326 - 1,697,987
- En i848, 17,581 - i,4o8,368
- Les six premiers mois de 1849 présentent 12,808 numéros, et 1,066,933 kilogrammes, ce qui donnerait, pour Tannée, 25,6i6 numéros, et 2,i33,866 kilogrammes.
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- Par ces chiffres, on voit que l’année 1848, relativement aux précédentes, ne présente pas un grand déficit, ce qui vient de ce que celte industrie, exportant près de la moitié de sa production, souffre moins que les autres des perturbations et même des révolutions intérieures.
- Le tableau des douanes avec les valeurs officielles, ramenées à la valeur réelle, nous donne une autre preuve saisissante des progrès de l’industrie des soieries.
- En 1845, ses exportations sont de 1/10,900,000 francs, et celle de tous les tissus , y compris les soieries , est de 396,800,000-francs.
- En i846, ses exportations sont de i46,5oo,ooo francs, et celle de tous les tissus, y compris les soieries, est de ZU9,200,000 francs.
- En-184.7, ses exportations sont de i65,5oo,ooo francs, et celle de tous les tissus, y compris les soieries, est de 44o,8oo,ooo francs.
- En 1848, ses exportations sont de 138,800,000 francs, et celle de tous les tissus, y compris les soieries, est de 399,000,000 francs.
- Le total de ses exportations, en 4 ans-; est de 691,700,000 fr., et celui de tous les tissus , y compris les soieries, est de 1,655,800,000 francs.
- Ainsi, le total des exportations de tous les tissus français, y compris les soieries, pendant les quatre dernières années, s’élève à 1,655,800,000 francs, et, dans ce total, les soieries de tout genre figurent pour 591,700,000 francs, soit pour 36 p. 0/0. Il y a 5 ans, la proportion n’était pas du tiers, et la différence ne vient pas d’une diminution sur l’ensemble de 1 l’exportation des tissus en général, mais bien d’une augmentation de celle des tissus de soie.
- Nous ne recommencerons pas ici l’historique • de celte grande industrie qui figure déjà dans le rapport du jury de i844, et nous exposerons seulement les progrès qu’elle a faits depuis lors.
- Ainsi que nous venons de le voir, ses exportations se sont
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- accrues, et il serait facile de prouver que ses débouches intérieurs ont encore plus augmenté. Cependant le nombre des métiers dans la ville et les faubourgs pourrait être stationnaire; c’est que beaucoup de fabricants, effrayés des agitations répétées de la cité, ont monté des métiers dans les campagnes environnantes, et même dans des provinces éluignées.
- Nous remarquons que les métiers mécaniques ont peu participé à ce mouvement ascéndant; leur substitution aux métiers ordinaires marche très-lentement : cette substitution devant fatalement avoir pour résultat la transformation du travail en famille, en travail par grands ateliers, nous ne savons si, dans l’intérêt physique, intellectuel et moral des ouvriers de celle industrie, nous devons nous en plaindre ou nous en réjouir; le problème est trop grave et trop grand pour que nous cherchions à le résoudre ici.
- Aujourd’hui, ce n’est plus seulement à Lyon, à Saint-Etienne, à Nîmes et à Avignon qu’on fabrique des soieries, des rubans et des articles où la soie se mêle à d’autres matières, c’est encore k Tarare, à Paris, à Rouen, à Roubaix, dans la Moselle, la Picardie et l’Alsace; bientôt ce sera dans toutes les contrées industrielles de la France.
- Ce n’est pas exagérer que de porter à 35o millions, les produits manufacturiers où la soie domine, et nous avons vu que l’étranger nous en achète pour plus de i5o millions.
- Ce chiffre peut se décomposer ainsi :
- 233, pour soies ou fils de bourre de soie, dont 160 produits nationaux et 53 produits étrangers;
- 20, pour les autres matières mélangées à la soie, comme le coton et la laine, et 117 millions, qui représentent les divers bénéfices et main-d’œuvre.
- Le nombre de métiers occupés à lisser les soieries, les rubans, la passementerie de soie, et, en général, les étoffes où la soie domine, peut être évaluée à 120,000, répartis à peu près ainsi :
- A Lyon, dans le département du Rhône, et les déparle-
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- Nouvelle
- médaille
- d’or.
- ments avoisioants........................ .. . 6c ooo
- Saint-Etienne, Saint-Chamond et les montagnes
- de la Loire...................................... 25 ooo
- Avignon, Nîmes et ses environs................ îo ooo
- Dans la Moselle, la Picardie, l’Alsace, à Paris,
- Roubaix, Rouen, etc.............................. 2 5 ooo
- 120 ooo
- La concurrence étrangère ne manque pas à nos fabriques de soieries et de rubans, et partout elle se développe avec une grande énergie. Depuis cinq ans, le nombre des métiers s’est accru à Manchester et à Spitalfielcl, à Zurich et à Râle, à Moscou et à Berlin, en Saxe et sur le Rhin.
- Si la production a grandi partout, partout aussi, grâce à la paix, la consommation a suivi le même mouvement. L’année i848 a vu, il est vrai, ces deux inséparables progrès, de la consommation et de la production, s’arrêter court; mais, Dieu merci, ils semblent avoir repris partout leur cours régulier.
- Nous ne terminerons pas ce rapide résumé sans témoigner à l'industrie des soies et des soieries notre admiration pour ses progrès incessants, progrès d’autant plus beaux et plus heureux, qu’ils sonlobtenus sans aucun moyen artificiel, sans primes ni prohibitions. Cela seul justifierait, pour cette grande branche de la richesse nationale, le titre de reine de nos industries, qu’on lui donne depuis Colbert.
- M. Nicolas YEMENIZ, à Lyon (Rhône).
- Celte fabrique soutient son ancienne réputation pour ses beaux produits en étoffes pour ameublements. La richesse de ses dessins ne le cède en rien à la perfection de la fabrication.
- Le jury a surtout remarqué une magnifique portière de 4 mètres de haut sur 3m,5o de large, d’une seule pièce, sans aucune ajou-ture, d’un beau tissu de soie mêlé de laine, d’or et d’argent fin. Le fond est semé du chiffre et le milieu représente les armes de
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- M. Albert de Luynes, pour lequel cette portière, d’une exécution parfaite, a été fabriquée.
- Ce beau morceau n’empêche pas d’admirer la perfection des autres articles, tels que damas, lampas, brocards et étoffes brochées riches de divers genres.
- Cet babile fabricant, qui est à la tête de ceux qui produisent les • plus belles étoffes pour meubles, a reçu la médaille d’or qui lui a été rappelée plusieurs fois aux expositions précédentes.
- Le jury, pour reconnaître la supériorité de ses produits, lui décerne une nouvelle médaille d’or.
- MM. BONNET et Cie, à Lyon (Rhône).
- L’exposition de M. Bonnet ne peut donner qu’une très-faible idée de l’importance de sa fabrique, qui occupe près de 3,ooo ouvriers et ouvrières, et livre à la consommation pour environ 4 millions d’étoffe de soie, dont les deux tiers vont à l’étranger.
- La perfection de ses produits, qui ne sont, à peu d’articles près, que des salins et des taffetas noirs unis, est due principalement à l’établissement modèle de filature que M. Bonnet a fondé dans le département de l’Ain, dans lequel il fait filer et préparer la plus grande partie des soies qu’il emploie pour sa fabrication.
- Cette filature, montée et dirigée avec l’ordre et l’intelligence qui distingue cet habile manufacturier, est un progrès réel qu’il serait désirable de voir imiter par d’autres fabricants de Lyon.
- Quelque temps après l’exposition de i844, le Gouvernement, voulant récompenser l’un des grands industriels de la ville de Lyon, a décoré M. Bonnet de la croix de la Légion d’honneur.
- Le jury de i84q rappelle la médaille d’or qui lui avait été décernée en i844.
- Rappels
- de
- médailles
- d’or.
- MM. POTTON, RAMBAUD et C“, à Lyon (Rhône).
- Celte maison est une des plus anciennes fabriques de Lyon et des plus estimées dans son genre. Elle figurait avec distinction aux dernières expositions, et notamment à celle de i844» sous la raison de commerce Potton, Croizier et compagnie, et la médaille cl’or qu’elle avait obtenue en 1839 lui fut honorablement rappelée.
- Son chef, M. Potton, l’un des hommes les plus considérés de la ville de Lyon, a eu successivement plusieurs associés, qui ont fait leur fortune avec lui. Seul, il est resté comme pour soutenir la répu-
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- talion de sa fabrique, car il pouvait se reposer après quai'ante ans de travail non interrompu.
- M. Potton est membre de la société séricicole du pays ; il a fait aussi, dans celle branche si importante de notre industrie, des efforts pour améliorer la culture du mûrier et l’éducation des vers à soie dans son département.
- Le jury croit devoir signaler particulièrement M. Potion comme dirigeant une manufacture qui n’a cessé de grandir et de progresser, et dont les produits sont recherchés par la belle consommation de la France el de l’étranger.
- MM. Potton, Piainbaud et compagnie fabriquent tous les beaux articles façonnés sur métiers Jacquart. Leurs damas pour robes, leurs gros de Tours et reps façonnés brochés, dont ils ont exposé plusieurs échantillons, se font remarquer par l’élégance, le bon goût des dessins et leur parfaite exécution.
- En lui rappelant pour la deuxième fois la médaille d’or, le jury reconnaît que cette fabrique est de plus en plus digne de cette récompense.
- M. TEILLARD, à Lyon (Rhône).
- Ce fabricant a une réputation méritée el incontestée pour les belles étoffes unies que le jury de l’exposition de i844 avait déjà reconnu, en lui décernant la médaille d’or.
- M. Teillard a maintenu sa supériorité, en perfectionnant encore sa fabrication par le bon choix des matières qu’il emploie, et qu’il fait monter exprès dans diverses localités.
- Il a exposé des moires, des taffetas glacés, des velours et d’autres éîoffes unies de première qualité, dont le jury a pu apprécier la parfaite exécution et l’éclat des couleurs.
- M. Teillard a augmenté l’importance de ses affaires, en ajoutant à sa spécialité des beaux unis quelques articles de goût à dispositions, fabriqués sur métiers à.lisses, ainsi que l’arlicle popelines soie et laine, qui rivalisent avec celles d’Irlande.
- Il occupe 1,200 ouvriers tisseurs, et fait un chiffre d’affaires qui ne s’élève pas à moins de 4 millions de francs.
- Le jury lui rappelle la médaille d’or.
- M. HECKEL aîné, à Lyon (Rhône).
- Ce fabricant a consacré tous ses soins et une grande activité à
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- produire exclusivement des satins unis de tous les prix, depuis les plus légers jusqu’aux qualités les plus fortes et les plus belles ; aussi il a porté la perfection de celte étoffe à son dernier degré.
- Il excelle surtout à faire les beaux blancs et les couleurs délicates, ce dont on a pu se convaincre par l’examen de plusieurs échantillons de nuances claires de son exposition.
- Depuis i844, il a perfectionné et étendu sa fabrication de satins noirs avec les mêmes succès.
- On peut dire que, pour l’article satins unis, M. Heckel est hors ligne, non-seulement en France, mais en Europe.
- Malgré la perturbation que les troubles qui ont suivi la révolution de i848 ont portée dans sa fabrication, par la destruction des ateliers établis dans des congrégations religieuses, où se faisait l’étoffe la plus propre et la plus régulière, M. Heckel occupe encore au moins i,3oo métiers. Il emploie environ 2,4oo ouvriers, hommes et femmes, produisant par an a4.ooo pièces de satin, d’une valeur de 5 à 6 millions de francs, dont les deux tiers sont pour l’exportation.
- Le jury rappelle à M. Heckel la médaille d’or qu’il a obtenue en
- i844.
- MM. LEMIRE père et fils, à Lyon (Rhône).
- Celle maison, l’une des plus anciennes de Lyon, fabrique les étoffes pour ameublements et pour églises avec une véritable perfection. Malgré les circonstances si défavorables à la consommation des articles de luxe, MM. Lemire père et fils n’ont pas moins produit de très-belles et très-riches étoffes pour meubles sur divers fonds : les uns, avec des figures en taille douce, ou des fleurs, avec des effets d’or et d’argent, qu’ils savent habilement mêler à la soie; d’autres, broches, d’un grand nombre de couleurs, dites Pompadüur.
- Ils ont exposé aussi un drapeau aux trois couleurs, de im,5o, sans couture, à deux faces, avec bordure, inscription et feuillage en or broché au métier. Ce drapeau, destiné à la garde nationale, est ce qui s’est fait de plus parfait en ce genre.
- Cette fabrique a progressé depuis la dernière exposition. Le jury lui rappelle la médaille cl’or, récompense qui lui a déjà été accordée aux trois dernières expositions.
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- Médailles
- d’or.
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- MM. JOLY et CROIZAT, à Lyon (Rhône).
- Ils ont exposé une grande variété d’éloffes façonnées, dont le jury a remarqué la parfaite exécution et le bon goût de plusieurs dispositions d’étoffes riches.
- Mais c’est surtout près de la consommation qu’il faut aller chercher les éloges que nous devons donner à cette excellente fabrique, dont les produits s’exportent dans tous les pays du monde. MM. Joly et Croizat font avec succès tous les genres, depuis les petits gros de Naples et satins façonnés, pour l’Orient, les colonies espagnoles et toute l’Amérique, jusqu’aux étoffes riches, pour la France, l’Angleterre et les autres Etats de l’Europe.
- Le digne chef de cette maison, M. Joly, est un des citoyens les plus honorables et les plus dévoués aux intérêts de la ville de Lyon et de son industrie.
- Cette fabrique a été fondée en 18x2; elle a constamment pi’O-gressé, et s'est toujours fait remarquer par une bonne et loyale exécution. Elle produit des articles appréciés par toutes les consommations, et surtout par le commerce d’exportation, ce qui l’a placé depuis longtemps au premier l’ang de nos fabricants de façonnés.
- Le jury, reconnaissant que celle maison contribue lai’gement à soutenir la réputation de la fabrique de Lyon, par la supériorité et la grande variété de ses articles, lui décerne la médaille d’or.
- MM. Félix BALLEYDIER, à Lyon (Rhône).
- L’article gilets façonnés en soie, qui occupait beaucoup de métiers à Lyon, souffre depuis quelques années. La mode est probablement la seule cause de diminution dans la demande de ces étoffes. Il en est résulté que le nombre des fabricants qui s’occupaient spécialement de cet article s’est réduit successivement.
- M. Balleydier est un de ceux qui a persévéré, et on peut dire qu’il a maintenu la supériorité de la fabrique de Lyon dans ce genre.
- 11 a exposé un bel assortiment d’étoffes à gilets brochées, d’une grande réduction et d’un très-bon goût, des veloui's ciselés bro-ehés à plusieurs effets très-remarquables et très-variés de genres.
- Cet article, dont les métiers sont les plus difficiles et les plus coûteux à monter, sont aussi ceux qui donnent le plus de profit aux ouvriers habiles.
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- M. Balleydier a tellement perfectionné la fabrication des velours à gilets, qu’il est parvenu à établir des genres riches et bien réussis à des prix forts modérés, dont il s’exporte de très-grandes quantités, de préférence à ceux des fabriques d’Allemagne.
- M. Balleydier a reçu, en i844, la médaille d’argent. 11 avait alors deux associés; aujourd’hui il est seul, ce qui ne l’a pas empêché de perfectionner ses produits et d’agrandir ses affaires.
- Le jury, pour reconnaître ses efforts, lui décerne la médaille d’or.
- M. Claude PONSON, à Lyon (Rhône).
- M. Ponson est un fabricant plein d’activité et de goût, connaissant parfaitement tous les détails de la fabrication et les matières premières qu’il emploie. Il a fondé sa maison en i84i, et, dès son début, il s’est placé au premier rang, comme exécution irréprochable et comme importance. C’est l’émule de M. Teillard pour la belle étoffe unie. Un fait honorable à constater en faveur de cet habile fabricant, c’est qu’il n’a cherché à faire concurrence à ses confrères qu’en perfectionnant ses produits.
- Il n’est pas de fabricant qui comprenne mieux que M. Ponson le montage d’une étoffe et l’effet du mélange des couleurs avec les combinaisons du métier à lisser.
- Le jury a remarque ses belles armures, le fini, la fraîcheur et l’éclat des nuances de ses taffetas glacés, ainsi qu’un châle de la même étoffe, en 190 centimètres de large, d’une qualité supérieure.
- M. Ponson fabrique aussi des étoffes de fantaisie et de goût très-recherchées par la belle vente de Paris et de l’Angleterre. Il occupe 1,000 métiers, et livre à la consommation pour près de 3 millions d’étoffes de divers genres, dont environ la moitié pour l’exportation.
- Le jury, reconnaissant que cette maison contribue largement à soutenir la réputation de la fabrique de Lyon par la supériorité de ses produits, l’importance de ses affaires et le grand nombre d’ouvriers qu’elle emploie, lui décerne une médaille d’or.
- MM. SAVOYE, RAVIER et CHANU, à Lyon (Rhône).
- Cette maison, qui existe depuis 1827, a reçu, en 1839, la médaille d’argent qui lui a été rappelée en 1844 . pour sa bonne fabrication des étoffes de soie unie.
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- Depuis, M. Savoye s’esl adjoint de jeunes et habiles collaborateurs. Il a ajouté à sa fabrique d’unis les étoffes façonnées, que sa nouvelle maison réussit très-bien. Nous regrettons qu’elle n’ait pas mis le jury à même d’en apprécier le mérite par une exposition plus complète et plus variée.
- Le jury l’engage à continuer ses efforts dans les deux genres qu’elle exploite, et lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- Médailles
- d'argent.
- MM. FEY et MARTIN, à Tours (Indre-et-Loire).
- La fabrique de Tours était autrefois renommée par ses étoffes de soie pour ameublement; il s’en faisait une grande quantité, qui rivalisaient avec Lyon ei l’Italie.
- Celte industrie a été sinon abandonnée, du moins réduite à peu de chose pendant longtemps. Depuis quelques années, elle a repris un accroissement remarquable. Les maisons qui ne faisaient plus que des taffetas unis i5/i6 et autres largeurs se sont mises à fabriquer les façonnés pour tentures et pour meubles.
- Nous avons à regretter, comme le signale le jury départemental, que les fabricants de Tours ne nous aient pas mis à même dé juger complètement ce progrès, en exposant leurs produits.
- Une seule maison expose, celle de MM. Fey et Martin, qui déjà, à l’exposition de i844, représentaient seuls l’industrie de leur pays. Ces jeunes fabricants, qui sont nés en Touraine, ont été apprendre à Lyon les bons principes de fabrication des étoffes pour meubles, avec la résolution d’en établir ensemble à Tours une manufacture, et d’y relever cette industrie, source de travail et de richesse pour leur département.
- Leur établissement date de i84i. C’est effectivement vers cclie époque que la fabrique d’étoffes de soie de Tours s’.est régénérée., et a commencé à livrer au commerce des produits nouveaux et façonnés de divers genres. MM. Fey et Martin ont beaucoup contribué à ce résultat. Par leur activité, ils ont stimulé la concurrence, et, grâce à leur bonne gestion et à leur goût, ils sont placés au premier rang.
- Ils ont réuni dans une manufacture 80 bons métiers, sur lesquels ils fabriquent des étoffes pour voitures dites reps ou colc-lines façonnées, en 126 centimètres de large, ainsi que toutes les étoffes pour ameublement, brocatelles unies et façonnés, lam-pas, satin-Pompadour, damas pour rideaux, etc.
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- Ils sont les premiers qui aient monté les brocateîles en double et triple largeur, jusqu’à im,65 de large.
- MM. Fey et Martin fabriquent surtout avec succès les damas indiens, qui rivalisent avec ceux de la Chine pour le prix, et qui leur sont bien supérieurs pour la réduction du tissu, le goût et la netteté du dessin. Les trois quarts au moins de leurs produits sc vendent pour l'exportation.
- Ces industrieux fabricants ont reçu, en i844, la médaille d’argent Pour reconnaître les progrès qu’ils ont fait et récompenser leurs efforts, le jury leur décerne la médaille d’argent.
- M. CARQUILLAT, à Lyon ( Rhône ).
- M. Carquillat est un artiste, un chef d’atelier qui connaît toutes les ressources que l’on peut tirer du métier Jacquart. Il en a donné la preuve en exposant le portrait du pape Pie IX, exécuté en grand sur gros de Tours.
- La réussite en est parfaite; on peut dire que c’est ce qui s’est fait de mieux en ce genre.
- Le jury regrette que les connaissances si approfondies de la fabrique, que possède M. Carquillat, ne soient pas employées à produire des articles susceptibles d’une grande consommation
- M. Carquillat a déjà obtenu la médaille de bronze, en i844, pour un ouvrage du même genre. Le jury, ayant reconnu la beauté de celui exposé cette année, dont l’exécution et le fini du travail sont plus parfaits, lui décerne la médaille d’argent.
- M. SAGNIER-TEULON, à Nîmes (Gard).
- Cette fabrique ne travaille que pour l’exportation ; ses produits sont principalement destinés à la consommation de l’Orient et de l’Algérie.
- M. Sagnier-Teulon, pour répondre aux besoins de ces contrées, a compris qu’il était indispensable de fabriquer des articles conformes à leur goût, si différent du nôtre.
- Les ceintures, les écharpes et les petits châles en soie, couleurs vives, mêlés d’or, qu’il a exposés, sont des copies de ce qui se fabrique à Tunis, mais à des prix beaucoup plus bas, quoique d’une qualité supérieure.
- Indépendamment de ces articles d’imitation , le jury a remarqué des châles en soie à fleurs brochées en or, sans envers, d’une
- Nouvelle médaille de bronxe.
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- Médailles
- de
- hronze.
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- bonne exécution , et un grand châle dit Madagascar, fabriqué pour le pays dont il porte le nom: il est d’un dessin bizarre, fait par le spouliné en travers, qui présente des difficultés vaincues.
- M. Sagnier-Teulon a obtenu, en i844, la médaille de bronze\ le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MM. MONNOYEUR etMORAS, à Lyon (Rhône).
- Ils exposent, pour la première fois, des étoffes pour ameublements et ornements d’église, qui démontrent qu’ils sont habiles à fabriquer ces articles, qui forment une branche très-importante de l’industrie lyonaise.
- Le jury a remarqué plusieurs étoffes d’un très-bon goût, en satins brochés et coloriés , brocalelles et lampas , et surtout une étoffe grande largeur, à médaillons et arabesques, avec des effets de velours coupé et frisé , d’une très-belle exécution.
- Le jury décerne à ces fabricants la médaille de bronze.
- M. GROBOZ et Cie, à Lyon (Rhône).
- Cette fabrique expose pour la première fois. Sa spécialité est l’étoffe pour ornements d’église et l’ameublement, qu’elle fabrique avec succès , pour toutes les consommations.
- Plusieurs brocards, avec relevés d’or et d’argent, ainsi que des brocalelles brochées, se font remarquer par l’élégance de leurs dessins, ce qui est une difficulté vaincue dans ce genre, qui entraîne à des effets lourds.
- Le jury décerne à M. Groboz la médaille de bronze.
- MM. THÉVENET, RAFFIN et ROUX, à Lyon (Rhône).
- Ces jeunes fabricants exposent pour la première fois un assortiment de châles façonnés et brochés en soie, qui sont parfaitement entendus pour les consommations étrangères auxquelles ils sont destinés.
- C’est un article dont il s’exporte beaucoup, principalement pour l’Amérique du Sud, et qui occupe un très-grand nombre d’ouvriers pour la fabrication, et d’ouvrières pour le frangeage.
- Celle maison, qui ne date que de 1846, a monté le châle de soie avec une grande intelligence, aussi ses produits sont-ils recherchés par tous les exportateurs.
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- Le jury les engage à persévérer dans leurs efforts et leur accorde la médaille de bronze.
- M. MAYGRE, à Saint-Étienne (Loire).
- M. Maygre est un artiste qui a exposé un portrait du duc d’Orléans, dont l’exécution lui a coûté beaucoup de soins, de temps et de dépenses. Il a mis une grande persévérance pour trouver une armure dans le genre du satin, qui donne beaucoup de douceur au travail et produit l’effet complet d’une gravure en taille-douce.
- On peut juger de l’immense travail de la mise en carte de cet ouvrage par la feuille que M. Maygre a exposée, qui a au moins 2 mètres 5o centimètres de haut sur 2 mètres de large ; malheureusement il est sans résultat sous le rapport industriel et commercial.
- Le jury lui accorde la médaille de bronze.
- M. DUBUS, à Paris (Seine). Rappel
- ' .de
- Il a exposé des étoffes pour ornements d’église fabriqués en fils de mention verre mêlés à la soie; cette invention date de i838; elle nepeutfaci- *10,10ral:),e lement se développer, à cause de la fragilité de la matière première.
- Le jury, pour récompenser la persévérance de M. Dubus, lui confirme la mention honorable qu’il a reçue en x 844-
- M. GANTILLON, à Lyon (Rhône).
- Il a exposé un paysage tissé sur satin, qui représente une vue du lac de Corne.
- M. Gantillon annonce que pour la fabrication de ce genre d'étoffe il a trouvé un procédé qui permet de reproduire le même dessin dans des dimensions plus ou moins grandes.
- Le jury n’a pas été à même déjuger le mérite de ce procédé qui ne lui a pas été soumis.
- Il y a déjcà longtemps que les étoffes exposées sont connues, mais jusqu’ici elles n’ont pas encore été goûtées par la consommation, ce qu’il faut probablement attribuer à leur prix élevé. , , =
- Le jury accorde à M. Gantillon une mention honorable. , ;
- M. VANËL, à Lyon (Rhône). 1 :
- Il fabrique exclusivement les étoffes pour ornements d’église avec effets de broderie aumétier relevés d’or. Ses ‘articles, qui sont à des prix très-modérés', quoique fort-bien faits, sont principalement dês-tinés aux paroisses peu aisées. ’• - ' 1
- m. '
- Mentions honorables.
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- Le jury, pour récompenser M. Vanel, qui expose pour la première fois, lui accorde une mention honorable.
- PELUCHES DE SOIE POUR CHAPEAUX D’HOMMES.
- M. Arlès-Dufour, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- A l’exposition de 1839 deux exposants seulement révé» laient l’existence, en France, de cette grande industrie.
- C’est que, à cette époque, Berlin et la Prusse rhénane avaient encore le privilège de fournir la peluche à tous les pays et même à la France.
- En i844, douze exposants se présentèrent, prouvant que dans ces cinq années les progrès de celte industrie avaient été tels, que non-seulement elle ne redoutait plus la concurrence étrangère en France, mais qu’elle ne la craignait pas même sur les marchés étrangers.
- La crise de i848 n’a pas arrêté ses progrès, et, quoique sept exposants seulement se présentent, il nous est bien prouvé qu’elle a justifié toutes les espérances qu’elle avait fait naître.
- Ainsi, en i845, le nombre des métiers de peluche était d’environ 3,000 et leur produit de 9 millions; aujourd’hui leur nombre s’élève à 5,000 et leur fabrication à plus de i3 millions.
- Il n’entre plus, ou presque plus.de peluches étrangères, et les trois quarts de notre production s’exportent en Amérique, en Angleterre et même en Allemagne.
- A la dernière exposition, il fut constaté que les fabriques de la Moselle laissaient en arrière, sous plusieurs rapports, les fabriques du Rhône; aussi celles-ci n’obtinrent qu’une médaille d’argent et trois de bronze, tandis que les premières méritèrent une médaille d’or, deux d’argent et une de bronze.
- Mais, dans les cinq dernières années, les fabriques du Rhône ont regagné le terrain qu’eîlesa vaientperdu, et, quoique moins nombreuses que celles de la Moselle, grâce à leurs
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- métiers mécaniques, elles arrivent à un chiffre, pour la production, presque égal et pour l’exportation supérieur au leur.
- Nous devons cependant reconnaître que la chapellerie française, dans les prix élevés, donne encore la préférence aux peluches de la Moselle.
- Cette préférence est sans doute motivée par le tissage à la main sur métiers ordinaires, qui permet, peut-être, des soins plus minutieux que le tissage mécanique; mais, chaque jour, cette différence s’efface par les inventions ou les perfectionnements incessants apportés aux opérations accessoires du tissage à la mécanique.
- A la dernière exposition , plusieurs fabricants de la Moselle exposèrent des velours façon Crefeld, et le jury avait espéré que les habiles industriels qui, en si peu d’années, avaient enlevé à la Prusse rhénane le monopole de la fabrication des peluches, pourraient bientôt lui disputer celui des velours légers.
- L’exposition actuelle, et les renseignements que nous avons pris, prouveraient que la fabrication du velours Crefeld ne s’est pas développée comme le jury l’avait espéré.
- Si, comme tout le fait supposer, la concurrence des fabriques de peluche du Rhône ralentit le développement de celles de la Moselle, nous engageons sérieusement celles-ci à aborder le velours, et, si elles mettent à cette conquête pacifique l’intelligence et la persévérance quelles ont mises à celle de la peluche, nous leur promettons le même succès.
- MM. MASSING frères, HUBER et Cie, à Puttelange (Moselle). ' "
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- Celle maison fut fondée seulement en 1833, et elle sut se placer vite à la tête de son industrie, car elle obtint la médaille d’or à l’exposition de 183g. —Depuis lors, elle ne s’est pas ralentie dans ses progrès, et, quoiqu’elle n’ait pas de grands ateliers , elle occupe huitcénts mçtiers qui. répandent le bien-être dans les villages ,où ils sont dispersés. ; r ‘ ;
- Ces huit cents métiers font environ deux millions de peluche,
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- Médaille
- d’or.
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- dont moitié pour la consommation intérieure et moitié pour l’exportation.
- C’est avec plaisir que le jury constate les efforts éclairés tle MM. Massing frères , Huber et compagnie, et qu’il leur rappelle la médaille d’or.
- M. SCHMALTZ, à Metz (Moselle.)
- Depuis son début, en i83i, cet industriel n’a cessé de progresser et de grandir. Il obtint la médaille de bronze en i83q, et ses grands et rapides progrès le firent juger digne de la médaille d’or en i844, sous la raison sociale Schmallz et Thibert.
- Quoique resté seul à la tête de son importante fabrique, et malgré la crise de i848, il a soutenu et accru la réputation et l’importance de sa maison, qui occupe plus de trois cents métiers et fait plus d’un million d’affaires.
- Le jury regrette de ne pas trouver dans son exposition les velours façon Crefeld.
- Commeles autres fabricants de la Moselle, il a ses métiers dispersés dans les villages ; mais il les fabrique lui-même et les fournit aux ouvriers.Il réunit aussi chez lui la teinture, le dévidage et l’ourdissage.
- Sous tous les rapports, le jury constate que M. Schmaltz mérite le rappel de la médaille d’or.
- MM. MARTIN frères, à Tarare (Rhône).
- Celle maison a largement tenu les espérances qu’elle donna dès son début, en i844> et qui lui valurent la médaille de bronze.
- Dans cinq années, elle a pris un accroissement si considérable, qu'elle est maintenant la plus importante' fabrique de peluches, non-seulement de France, mais du continent.
- Pour arriver à celte haute position, cette maison n’a reculé devant aucun sacrifice, elle a bâti ses ateliers, construit, monté et concentré dans le même établissement trois cents métiers mécaniques mus par la vapeur; * elle a établi des mécaniques ingénieuses pour baguetter,' purger* et repasser les peluches,- et un atelier de teinture, sous la direction de M. Urbanusky- contre-maître.aussi modeste qu habile.- ; n ' '' /
- 1 Enûri-MM. Martin frères/comprenant les' devoirs qu’impose l’humanité, ont fondé pour leurs ouvriers une caisse de secours, dont ifs font la moitié des versements. *
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- Indépendamment de leur grand établissement de Tarare, ils ont beaucoup de métiers ordinaires dans la Moselle.
- L’ensemble de leur fabrication qui, en i844i n’allait pas à 5oo,ooo francs, s’élève aujourd’hui à près de 4 millions, dont plus des trois quarts se vendent en Amérique, en Angleterre et même en Allemagne. La crise de i848 n’a pas arrêté les progrès de cette maison, qui grandit chaque jour.
- Ses nombreux employés et ouvriers sont généralement très-bien rétribués.
- Toutes ces raisons décident le jury à donner à MM. Martin frères la médaille d’or. •
- MM. BARTH, MASSING et PLICHON, à Sairegue-mines (Moselle);
- - T' . ' > - : ‘ '
- Us exposent des peluches qui justifient leur bonne et ancienne réputation. . . \ _ ;
- Depuis la dernière exposition , où leurs produits furent .remarqués et récompensés, ils n’ont cessé de les perfectionner,et d’en développer la fabrication. Les huit cents métiers qu’ils occupent dans les villages y répandent le bien-être. Nous sommes heureux de trouver que la. crise n’a pas arrêté l’élan, de cette.maison, qui produit plus d’un million de peluche, dont un,tiers pour la Fi'ancc et deux tiers pour l’étranger. Nous regrettons qu’elle . ait négligé la fabrication des velours Crefeld, que nous signalons à son intelligente attention. . , t
- Nous rappelons à MM. 'Barth, Massing elPlichon,- la médaille d’argent. ... • . ;v -n •••iîdeLi
- MM. NANO.T, et G10, à Sarreguemines (Mosellej-:^a
- Les peluches noires qu’ils exposeiit, et surtout la faveur dont jouissent leurs-produits chez les fabricants français-de chapellerie',' .prouvent qu’ils ont suivi le mouvement de progrès général qu’à-réalisé cette fabrication. J -i .-..u m--- . r-’:
- Tout est parfait dans les peluches de MM. Nanot et compagnie, le noir, le brillant, la régularité. . i i <
- Ces messieurs signalent comme les ayant bien et loyalement secondés dans tous leurs travaux, leurs contre-maîtres, MM. Walrin-et Fischer, dont nous nous plaisons à consigner les noms. ' 1 ' 1 '
- MM. Nanot et compagnie occupent environ 900 métiers dispersés
- ' Rappel de
- médailles d’argent.
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- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- Médaille
- d’argent.
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- dans la campagne et ils livrent pour 5oo,ooo lianes de produits à la consommation intérieure et pour un million à l’exportation.
- Le jury leur rappelle la médaille d’argent.
- MM. BRISSON frères, à Lyon (Rhône).
- Depuis la dernière exposition, où elle obtint la médaille d’argent, celte ancienne et respectable maison a redoublé d’efforts pour perfectionner et développer sa fabrication.
- Elle a augmenté le nombre de ses métiers mécaniques à double pièce qu’elle a porté à plus de cent, et elle occupe, en outre, environ 200 métiers ordinaires dans Lyon ouïes campagnes.
- Elle réunit dans ses établissements de Tarare toutes les opérations de la fabrication, et même, sous la direction d’un habile mécanicien, M. Bauder, la construction de ses métiers et de toutes les machines accessoires.
- MM. Brisson ont les premiers appliqué le métier mécanique à pièces doubles à la fabrication des peluches; les premiers aussi, dans le département du Rhône, ils ont conçu et réalisé l’idée d’établir une teinture spéciale pour lé noir, à l’instar de la Moselle, et c’est un des deux associés qui la dirige.
- Leur production qui, en i844, allait à peine à un million s’élève aujourd’hui à environ i,5oo,ooo francs, dont plus des trois quarts pour l’exportation.
- Le jury décerne à MM. Brisson frères une nouvelle médaille d’argent.
- MM. THIBERT et ADAM, à Metz (Moselle).
- Établis en i844, ils exposent pour la première fois des peluches dont la fabrication est parfaite elle noir très-éclatant.
- Ges habiles fabricants, dont l’un, M. Thibert, a longtemps travaillé comme associé de M. Schmaltz, ont rapidement conquis une belle place dans celte industrie, car, après cinq années à peine, dont l’une a le millésime r848, ils occupent plus de 3oo métiers dispersés dans les villages, et ils réunissent dans leur établissement les principales opérations préparatoires dont la teinture est la plus importante.
- Ils vendent à l’intérieur pour près de 3oo,ooo francs et autant à * l’étranger. Les fabricants de chapellerie placent les peluches de MM. Thibert et Adam au premier rang comme perfection.
- Le jury leur décerne la médaille d’argent.
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- TISSUS DE CRIN.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La fabrication des étoffes en crin a son siège principal à Paris; elle existe en d’autres points, et ces points sont, pour la plupart, de petites villes ou des villages où sont établis, ici. un établissement, là quelques maîtres tisserands qui font en même temps un petit commerce de crin.
- A Villedieu-les-Poêles et à Gavray (Manche), à Grâce (Côtes-du-Nord), à Blajan (Haute-Garonne), se font les toiles à tamis, les étrindelles, etc.
- A Bue, à Saint-Arnould et à Saint-Germain (Seine-et-Oise), à Senlis et à Gouvieux (Oise), à la Fère (Aisne), se trouvent les ateliers de tissage de crinoline et de tissus pour meuble de fabricants de Paris; ils ne renferment pas moins de 173 métiers, dont 75 sont à la Jacquart et 98 à lisses.
- Le tissu de crin est également fabriqué, mais en petite quantité, dans les départements cle la Moselle, de la Haute-Saône et d’Ille-et-Vilaine.
- Les étoffes de crin faites à Paris sont destinées à trois usages différents : à la cordonnerie, au vêtement, à l'ameublement. Les tissus pour meuble étaient les plus nombreux à l’exposition. Ce sont ceux dont la production a conservé quelque importance, quoi qu’elle devienne, d’année en année, moins active : le bon marché des damas et des vénitiennes a restreint l’usage des étoffes de crin dans l’ameublement, et, sans l'habile parti que l’on a su tirer de l’abaca pour les brochés, il est probable-que la fabrication serait aujourd’hui encore plus limitée.
- Cette industrie, qui disparaît en France, est, en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en pleine activité. Les Belges, ainsi que nos voisins d’outre-Manche et d’outre-Bhin * font, à meilleur marché que nous , des articles cl’une excellente execution ; et, sans contredit, nous avons trouvé à l’exposition
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- de Bruxelles, en 1847, un plus joli choix de genres et d’ornements.
- Gazes à jour écossaises, mousselines rayées roses, blanches ou bleues (dont quelques-unes avaient une finesse de i4 fils aux 5 millimètres) pour stores, crinolines damassées en deux, trois ou quatre couleurs, toiles de Venise lisses ou croisées, tamis de tous les numéros; ces différents articles, d’un prix modique, témoignaient des heureux efforts des fabricants de Vil -vorde et de Bruxelles.
- Le tisserand de crin belge est réglé à la pièce ; il gagne de 12 à 16 francs par semaine. C’est habituellement lui qui engage et qui paye son donneur : ce donneur est un enfant qui, assis sur une traverse en bois faisant corps avec le métier, présente un à un les fils de crin que l’ouvrier saisit avec le crochet-navette ; il reçoit à peu près 2 fr. 5o cent, par semaine. Laj ournée commence de 5 à 6 heures du matin, et finit à 8 heures du soir. Quant au salaire de nos tisseurs én crin, il 11’est pas moindre de 3 à 4 francs par jour.
- Les états de commercé confirment le fait de la décadence de notre industrie du tissu de crin. En 1827, nous expédiions pour 269,000 francs, et en 1837, pour 210,000 francs ; les exportations se sont élevées, en i84i, à 457,000 francs; en 1844* à 465,ooo francs, et sont tombées, en i846, à 359,000 francs et, en 1847, à 218,000 francs, c’est-à-dire au-dessous du chiffre de 1827. En Belgique, au contraire, l’exportation a presque doublé à cinq ou six ans d’intervalle.
- Nos débouchés sont : les Eta ls-L du Sud, l’Espagne, l’Angleterre, la Turquie; et nous 11’y envoyons guère que les belles étoffes dariiassées ou brochées, que font préférer à celles de nos rivaux l’élégance et le bon goût du dessin , l’éclat des couleurs, là netteté du tissu.
- M. Bardel a perfectionné le premier chez nous cette fabrication ; M. Joliet a monté, vers 1818, des rosaces et des bouquets ; et M. Eugène Bardel, vers 1834» a marié en trame le crin avec les filaments de l’abaca. — h'abaca est le nom tagal
- nis', le Brésil ; l’Amérique
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- du musa Trogloditarum teætoria de Blaneo 1 ; les filaments longs et soyeux, de l’intérieur du pétiole de la feuille sont employés, dans l’île Luçon (archipel des Philippines), pour faire des cordages et des tissus légers. Il coûte, à Manille, environ 5o centimes le kilogramme.
- M. DELACOUR, rue Vieille-du-Temple, n° 51 , à Paris ( Seine ) et à Saint-Germain-en-Laye ( Seine-et-Oise).
- M. Delacour est le successeur de la maison Barde!, qui a obtenu la médaille debronze aux expositions de 1802, 1806, 181g et 1823, et la médaille d’argent à celles de 180A et de 1839 ; cette dernière récompense a été confirmée, en 1844, à M. Delacour par le jury.
- Les étoffes damassées et brochées qui nous ont été soumises sont d’une fabrication tout à fait supérieure, et cette supériorité est due, en grande parlie, au goût et à la richesse des dispositions. Ajoutons que, en Belgique et en Allemagne, on n’atteint pas à une aussi grande correction dans le montage à la Jacquarl.
- Le prix des jolis brochés abaca, sur trame crin et chaîne coton retors, est aujourd’hui peu élevé : 6 francs le mètre en A3 centimètres; 8 fr. 75 cent, en 65 centimètres; u fr. 75 cent, en 81 centimètres. Comme point de comparaison, nous rappellerons que, en noir, le mètre, tout tramé en crin, coûte, en A3 centimètres, 3 fr. 5o cent ; en 65, A fr. 76 cent.; en 81, 7 fr. 25 cent.
- M. Delacour fait battre, à Saint-Germain-en-Laye, 26 métiers Jacquart, et exporte les 9/10“ de ses produits.
- Le jury central lui rappelle la médaille d’argent.
- M. JOLIET, rue Saint-Denis, n° 3A9, à Paris (Seine) et à Igny, près Bièvre (Seine-et-Oise).
- Mentionné honorablement en 1819 et en 1823, îécompensé, en 1827, par la médaille de bronze, qui lui a été rappelée en i83A et en 1839, M. Joliet est un de nos bons fabricants d’étoffes en crin. Il s’est toujours attaché à perfectionner le travail; cette année, il expose une frise de canapé en,8 couleurs, et de beaux brochés èn abaca et en soie.
- médaille
- d’argent.
- Nouvelle médaille de bronze.
- Flora de las Ftlip 'uias, édition de 1845, page 173.
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- Mentions
- honorables.
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- Les prix sont en général avantageux, même en les comparant à ceux de nos rivaux, et en tenant compte de la plus grande richesse du dessin : damassés, en noir, 2 fr. 35 cent, le mètre en 43 centimètres; 4 fr. 20 cent, en 65 centimètres; 7 francs en 8t centimètres; médaillons en 2 couleurs, de 43 centimètres de côté, 2 fr. 25 cent.; de 65 centimètres de côté, 5 fr. 5o cent.; de 81 centimètres de côté, 10 francs; frises de canapé en 65 centimètres, 16 francs.
- M. Joliet occupe 4 métiers à Paris, et son établissement d’Igny renferme 20 Jacquart; plus des 8/10“ de sa fabrication sont vendus pour l’exportation.
- Le jury central décerne à ce laborieux fabricant une nouvelle médaille de bronze.
- MM. MOUSSAINT frères, rue des Fossés-du-Temple, à Paris (Seine).
- MM. Moussaint ont 20 métiers àlisseset 10 à la Jacquart. Ils ont exposé des tissus à la marche, trame crin noir, à 4 fr. 15 cent, en 65 cent., et à 6 fr. 65 cent, en 81 cent.; des damassés noirs, à 4 fr- 60 cent, en 65 cent., et à 7 fr. 2 5 cent, en 81 centimètres. Leur nouvelle étoffe, tramée en crin de couleur, chaîne soie fan taisie, formant le damassé, est assez jolie, mais d’un prix assez élevé: 11 fr. 5o cent, en 65 cent., et i4 fr. en 81 centimètres.
- Les produits de MM. Moussaint se recommandent par leur bonne exécution.
- Le jury accorde à ces exposants une mention honorable,
- M. COESNON jeune, rue de la Fidélité , n° 1 4, à Paris, (Seine).
- M. Goesnon jeune a exposé :
- i° Des tissus de crin et de cheveux pour boutons. Ces tissus sont, les uns sur chaîne soie, les autres sur chaîne colon. Quelques-uns sont unis, la plupart sont façonnés : l’armure des unis est tantôt un sergé droit, brisé ou en chevron , tantôt un satin, un grain de poudre, un reps, un taffetas; les façonnés sont, ou rayés, losangés, à carreaux, ou ornés, soit de fleurettes brochées, soit d’étoiles et de rosettes damassées. Presque tous les échantillons sont noirs, et plusieurs teints en grenat, d’autres conservent la couleur grise naturelle du crin. %
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- 2° Des boulons pour habit d’homme et robe de dame. Reeou verls avec les tissus de crin ou de cheveux, dont nous venons de parler, garnis d’une queue flexible, ces boutons sont bien faits et solides. Le prix des grands varie de 5 à 7 francs la grosse, selon le diamètre et la qualité ; celui des petits est 2 fr. 7 5 cent. En crinoline-cheveu, le grand bouton vaut de 7 à xi francs, et le petit 4 fr. 75 cent, la grosse. En général, le centrage laisse à désirer.
- 3° Des tissus de crin pour casquette. Plusieurs dessins écossais sont très-jolis; les couleurs sont vives, et le tissage régulier.
- 4° Des bougrans chaîne fil, trame crin, pour garniture d’habit, de paletot, de gilet.
- 5° Des crinolines zéphirs pour sous-jupë, sur coton ou sur soie.
- 6° Des tresses en crin, unies où enjolivées par des filets de couleur.
- 70 Enfin, des chapeaux de dame, faits avec ces tresses remmaillées à l’aiguille. Souples et élastiques, légers et solides, pouvant se laver, ils offrent des avantages qui les rendent utiles dans certaines occasions. Leur poids moyen est de 4o à 5o grammes; leur prix de 12 à i5 francs en tresses de crin de queue, de 2 5 à 3o francs en crin de crinière.
- M. Coesnondégraisse, prépare, teint, tisse et tresse, chez lui, le crin ; celui de ses tresses est d’une pureté qui témoigne du soin de l’apprêt.
- La variété et la fabrication de ces échantillons a appelé sur cet exposant l’attention du jury, qui lui accorde une mention honorable.
- M. ZERR, galerie Colbert, nos 8 et 10, à Paris (Seine).
- M. Zerr fabrique une étoffe, double chaîne coton retors, trame crin, très-corsée, très-solide et néanmoins assez souple, qu’il vend, en 43 centimètres de large, 5 francs le mètre, quelle que soit la disposition; M. Zerr l’emploie pour la chaussure d’été dite sicyonienne. Faites en ce tissu, les bottines et souliers de dame valent 8 francs la paire, et lés napolitains et bottines d’homme, 12 francs. Le travail de cordonnerie est assez soigné pour être signalé. 'y Vii 'v‘
- Déjà distingué en i844> M. Zerr mérite une nouvelle mention honorable; le jury la lui accorde. n u •
- M“e veuve LARIVIÈRE-LEGRIS, Grande-Rue, n° 121, à la Chapelle-Saint-Denis, à Paris (Seine). >
- Les graines de colza, d’œillette, etc., après avoir été écrasées et
- Citation
- favorable.
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- torréfiées, sont enfermées dans de petits sacs, qui sont recouverts d’un tissu de crin, nommé étendelle ou étrindelle. C’est ainsi enveloppées qu’elles sont soumises, sous une presse hydraulique, à une forte pression. L’huile sort, et il ne reste dans les sacs que le tourteau.
- Ces sacs sont faits en mal/il ou maléfique, étoffe grossière en laine peignée, armure sergée de trois, tissée en 80 centimètres de large. La pièce exposée est montée sur une chaîne très-nerveuse; sa force et sa régularité sont satisfaisantes; le prix est 4 fr. 2 5 cent, le mètre.
- Mme Larivière a également exposé des échantillons de toute sa fabrication d’étrindelles; ils nous ont paru d’une excellente qualité : quelques-uns, destinés au travail de la stéarine et de l’huile de noix, se distinguent par une exécution bien entendue.
- Le jury accorde à Mrae veuve Larivière-Legris une citation favorable.
- RUBANS.
- M. Wolowski, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’industrie des rubans est du nombre de celles qui ont le plus vigoureusement résisté à la tourmente de février : ses débouchés se trouvent en grande partie dans les pays que la révolution n’a point visités durant ces dernières années; le marché intérieur a donc seul souffert. Ajoutons que cette industrie, acclimatée en France depuis des siècles, mérite,par excellence, avec celle des soieries en général, le nom d'industrie nationale; car elle puise, dans le sol et dans le génie des habitants, les principaux éléments de sa prospérité, sans avoir besoin de recourir à la protection douanière. Née spontanément, librement, elle se développe avec vigueur dans la liberté de ses allures.
- Elle eut beaucoup a souffrir de l’intolérance religieuse et des troubles civils. Saint-Etienne et Saint-Chamond, qui, de-
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- puis le commencement du xvne siècle, lui ont servi de siège principal, faisaient battre 10,000 métiers au moment où la révocation de l’édit de Nantes la priva de beaucoup d’ouvriers habiles, et suscita une concurrence plus active au dehors.
- La fabrique de Bâle grandit de notre désastre; elle existait déjà, mais elle prit un large et rapide développement en accueillant cette première émigration, qui étendit l’importance et accrut la prospérité de la rubanerie suisse.
- Celle-ci profita d’inventions mécaniques, trop longtemps inconnues ou négligées en France, où elles ne furent importées que dans la seconde moitié du xviii® siècle. Notre fabrication reprit alors, et elle occupait environ i5,ooo métiers au moment où éclata la grande révolution.
- Les discordes civiles et la guerre ont depuis déprimé cet élan ; à la restauration, le nombre des métiers employés ne montait pas à 14,000 ; il s’est accru durant ces trente dernières années. On en compte au delà'de 20,000 maintenant, et encore se ferait-on une idée inexacte de la production totale, si l’on se bornait à un simple rapprochement proportionnel. Les progrès de la mécanique et le talent des fabricants ont accru la quantité et augmenté la valeur des rubans produits par un même nombre de métiers. L’industrie rubanière, sous une ap parence modeste ou frivole, constitue une branche notable de la richesse nationale. Il ne s’agit pas cl’une valeur de moins de 70 à 80 millions de francs par an , suivant le prix très-va-
- riable de la matière première. La moitié environ s’écoule sur les marchés étrangers et forme.ainsi un de nos pricipaux articles d’exportation. ; ; ; Vi
- Voici quelques chiffres, utiles à consulter, pour, donner une idée exacte cle la marche de celte industrie. , (
- Nos états de douane estiment à 120 francs le kilogramme des rubans>exportés : cette évaluation, admise en 184,6,;a,été maintenue en 1847, lorsque l’administration, voulant faire disparaître la disproportion choquante entre les valeurs officielles de certains articles et leur prix courant., résolutd’âjou-
- A * ï * ' / 1 > * .A \ : t 4 ^ J î 4 • }
- ter au chiffre permanent , qui permet de suivre le mouvement
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- desquotilés vendues ou achetées, le chiffre variable résultant de la révision annuelle des valeurs, et se rapprochant ainsi beaucoup plus de la réalité.
- Faisons observer, en passant, que l’évaluation au taux de 120 francs le kilogramme de rubans nous paraît trop faible, mais elle nous guidera pour apprécier l’importance de cette industrie 1.
- Si nous remontons à 1833, nous voyons que notre commerce spécial d’exportation de rubans était de plus de 3o millions; il est tombé à 2 3 millions en i834, pour se relever à 33 millions l’année suivante. Depuis cette époque il a peu varié : nous le trouvons de 3i millions en i845, et les états de 1847 le font monter à36,3i8,2 4o francs.
- C’est un progrès que l’anaée i848 n’a que faiblement affecté et qui se soutiendra, nous en avons l’assurance, en i84q.
- Mais nous ne devons pas le dissimuler, ce progrès est lent, si on le compare à celui dont la fabrique suisse a profité dans le même intervalle de temps. En i834 la rubanerie de Bâle n’exportait pas pour une valeur de dix millions; ce chiffre a presque doublé. Nos états de douanes pour 1847 nous fournissent les indications suivantes:
- Notre commerce général d’exportation en rubans s’est élevé à 59,417,040 francs, dont 36,3i8,24o francs provenaient de nos fabriques et se classaient dans le commerce spécial. La différence se trouve comblée par le transit.
- Les importations de rubans ont été, durant cette même année 1847, de 25,960,360 francs, en conservant le chiffre dévaluation de 1826, à raison de 120 francs par kilogramme, et de 23,787,830 francs, si l’on réduit ce chiffre à nofrancs par kilogramme, en raison delà qualité des rubans étrangers, inférieure à celle des rubans français.
- Sur les 2i6,253 kilogrammes de rubans importés, il en
- 1 Une nouvelle évaluation officielle a été admise pour 1819. EHe élève le prix du kilogramme des rubans importés à 135 francs, et celui du kilogramme des rubans exportés à i5o francs. Il faut donc augmenter d’un quart la valeur officielle de l’exportation ci-dessus mentionnée.
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- venait 187,203 de Suisse, ce qui, au taux d’évaluation de 110 fr. par kilogramme, donne un total de 20,592,33o fr. Ce chiffre peut faire juger de l’importance actuelle de la fa* 'brique de Bâle, qui l’alimente seule à peu de chose près.
- Il s’est opéré depuis quelques années, dans la production de nos industrieux voisins, une transformation remarquable: la création des rubans façonnés et satinés. Notre fabrique doit donc prêler une sérieuse attention à la concurrence des fabricants suisses. Ils n’ont ni diplomatie, ni marine, ni missions commerciales, mais leur activité, fortement trempée au contact d’un régime exempt de tout secours artificiel, suffit pour suppléer à tout et pour doter leur production de cette souplesse et de cette élasticité qui fait quelle s’accommode avec les variations de la demande et quelle résiste aux orages commerciaux.
- Aussi faut-il plus que jamais que nos fabricants s’attachent àmaintenir cette supériorité de goût, ce cachet d’élégance, ce choix heureux des dessins et des couleurs, qui leur assurent un riche débouché.
- Le mot de Colbert est toujours vrai : Le bon goût est pour la France le plus adroit de tons les commerces. Rien ne doit être négligé pour que ce genre de suprématie nous reste.
- Nous devons applaudir en même temps aux heureux efforts faits pour naturaliser définitivement chez nous le ruban léger à bon marché, qui donne satisfaction aux besoins les plus nombreux, et qui demeurait, jusqu’à ces derniers temps, l’apanage de Bâle.
- La fabrique française et la fabrique suisse se sont fait de mutuels emprunts. Une voie de fructueuse émulation est ouverte, devant nous; entrons-y largement, avec une confiance bien justifiée par le mérite de nos dessinateurs et de nos fabricants. La France a su conquérir le premier rang dans une des plus belles,et des plus riches industries que le génie de l’homme ait abordées ; elle ne se le laissera point ravir au moment où le progrès de la richesse publique et la diffusion, de plus en plus générale, du bien-être et de l’aisance, permettent
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- aux rubans, comme aux tissus de soie en général, un débouché de plus en plus avantageux.
- Rappels MM. VIGNAT frères, à Saint-Étienne (Loire).
- de
- médailles Celle ancienne maison soutient dignement la belle réputation ac-^or' quise à ses produits; ses chefs actuels ont su conserver le rang que la perfection de la fabrication, le bon goût et la variété dans la disposition des dessins et des couleurs, ainsi que l’importance de la production, ont, depuis longtemps, marqué à cette fabrique. Nous citerons notamment ses rubans larges à bouquets brochés, admirablement exécutés, malgré la grande difficulté du travail, ainsi que ses châtelaines à bouts brochés, dont il se fait un grand débit.
- MM. Vignat frères ne se sont pas contentés de maintenir les précédents que leur avait transmis M. Vignat père, dans la création du ruban riche, d’un prix élevé: ils ont résolument abordé, depuis deux ans, les rubans de taffetas unis et rayés; leurs pièces, de 9 fr. 5o cent, à 11 francs les i4m 4o\ font une heureuse concurrence aux rubans de Bâle, surtout à cause de la supériorité des nuances. Nous constatons avec satisfaction le succès qui a consacré ces intelligents efforts.
- La fabrique de MM. Vignat frères occupe 1,000 métiers, et emploie environ 1,200 ouvriers, avec lesquels elle a constamment entretenu d’excellents rapports. Elle met en œuvre annuellement près de 9,600 kilogrammes de soie, et son chiffre d’affaires dépasse 1 million de francs, dont moitié pour l’exportation.
- Aussi le jury rappelle-t-il la médaille d’or que cette maison a obtenue en i83g, qui lui a été confirmée en i844> et dont elle se montre de plus en plus digne.
- M. Jules BALAY, à Saint-Étienne (Loire).
- Le cadre modeste qui contient les échantillons de la fabrique de M. Jules Balay mérite une attention particulière. On n’y rencontre que des rubans de satin unis, fabriqués avec de la soie grége, teints en pièce, dans les qualités les plus courantes. Mais ce genre de fabrication a été porté à un haut degré de perfection. Les rubans de M. Jules Balay se vendent sur tous les marchés d’Europe et d’Amérique; ils ne redoutent aucune concurrence étrangère, et ils ont contribué à nous conserver des débouchés précieux.
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- Cette fabrique occupe 1,220 ouvriers; elle emploie 35o métiers de 12 à 32 pièces par métier, et met en œuvre annuellement i4 à 15,ooo kilogrammes de soie. Son chiffre d’affaires flotte entre 12 et i,5oo,ooo francs; elle vend les trois quarts de ses produits au dehors, le quart seulement sur le marché français.
- M. Jules Balay continue sa fabrication avec un soin et une vigueur qui lui garantissent le maintien régulier de ses acheteurs, malgré tous les efforts de la concurrence bâloise.
- Le jury lui décerne le rappel de la médaille d’or qu’il a obtenue
- en 1844-#
- M. LARCHER-FAURE et C,e, à Saint-Etienne (Loire).
- «La maison Larcher-Faure est une des premières fabriques de Saint-Etienne pour les rubans façonnés riches; elle a contribué le plus au progrès de cet article, et nous recommandons particulièrement son exposition. »
- C’est en ces termes que parle de l’exposant, dont nous devons apprécier les produits, la commission départementale, et cet éloge est pleinement mérité. Lés rubans et les rubans-écharpes riches de M. Larcher-Faure sont d’une exécution excellente; ils se distinguent par la perfection du tissu, le fini des couleurs, et la nouveauté des dessins, dont l’imitation alimente la fabrique de second ordre.
- M. Larcher-Faure est un fabricant complet, dans la force du terme: il est en même temps dessinateur et négociant habile; aussi la récompense que méritent ses produits lui revient-elle légitimement tout entière. Le chiffre de ses affaires monte de 5 à Goo,ooo francs.
- Le jury lui décerne la médaille d’or.
- MM. GRANGIER frères, à Saint-Ghamond (Loire).
- Rien de plus gracieux que les rubans de gaze exposés par MM. Grangier; leur crêpe plissé jllusion attire surtout l’attention, ainsi que leurs rubans en spirale et ceux à jour, rattachés par des fleurs brodées. H y a dans cette disposition beaucoup de goût et d’invention.
- Le jury décerne à MM. Grangier une nouvelle médaille d’argent.
- M. de BARY-MÉRIAN, à Guebwiller (Haut-Rhin).
- Ce n’est point par l’éclat du tissu que MM. de Bary-Mérian sol-
- 10
- Médaille
- d’or.
- Nouvelles
- médailles
- d’argcnl.
- 111.
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- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
- Médailles
- d’argent.
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- JicitenL l'attention; mais leurs produits, d’une fabrication excellente, répondent à des besoins nombreux. En i844, ils avaient envoyé des rubans taffetas noirs et couleurs, trame simple, et des galons divers. Dès i845, ils ont entrepris des taffetas cuits, qualité forte, qu’ils ont fait suivre, en i846, de taffetas glacés et gros fils, et en 1847, c^e iaJfe^as basse lisse, à ejfets, en qualité forte, et gros de Naples. Enfin, en 1849, on*' entrepris l’article écossais.
- MM. de Bary-Mérian ont donc constamment marché dans la voie du progrès; sans augmenter sensiblement le nombre de leurs métiers (90 en i844 et 95 en 1849), ils ont obtenu un accroissement assez notable dans le chiffre de leurs affaires; 625 à 600,000 francs en i844, 680 à 760,000 en 1849. résultat lient à une qualité plus élevée des produits, et à l’excellence des procédés mécaniques, ainsi qu’à une bonne distribution du travail.
- Les ouvriers de cet établissement ont traversé la crise causée par la révolution de février, sans en éprouver le poids. Ils n’ont pas chômé un seul jour et n’ont subi que pendant six semaines une diminution dans les heures de travail. Ils se distinguent par leur tenue et le bien-être dont ils jouissent.
- Pour récompenser dignement les intelligents efforts de MM. de Bary-Mérian, ainsi que les succès qii’ils ont obtenus, le jury leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. PASSERAT fils et C,e, à Saint-Étienne (Loire).
- Cette maison se maintient au rang honorable auquel elle s’était élevée en i844, quand le jury lui décerna la médaille d’argent. Elle expose, outre divers échantillons de rubans bien fabriqués, des portraits de l’archevêque de Paris, monseigneur AfFre, et du pape Pie IX, tissés sur rubans à la Jacquart.
- Son chiffre d’affaires est de 11 à 1,200,000 francs depuis i835.
- Le jury lui rappelle la médaille d’argent dont elle se montre de plus en plus digne.
- MM. COLLARD et COMTE, à Saint-Étienne (Loire).
- Rien n’est plus utile, en industrie, que l’association de deux hommes qui ont poussé fort loin chacun une habileté spéciale, et qui font approcher de la perfection le produit à la création duquel deux arts distincts doivent présider. Le beau succès obtenu par MM. Collard et Comte, dont la fabrique ne date que de 4 années,
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- tienl à cette heureuse circonstance. M. Comte est un ouvrier très-ingénieux, qui, à force de persévérance et d’étude, s’est élevé au niveau des premiers fabricants de Saint-Etienne. Qiiant à M. Collard, l’exposition prouve qu’il possède à un très-haut degré les deux qualités essentielles au dessinateur : la variété dans la conception, et le goût dans l’exécution. Nous n’aurions rien à redouter de la transformation de la fabrique de Bâle, si tous les fabricants méritaient l’éloge que MM. Collard et Comte ont légitimement conquis. Dès leur début, ils se sont placés au premier rang par la richesse et la beauté de leurs produits. Ils ont été les premiers à fabriquer le ruban riche large, et iis viennent d’ajouter à cette création un autre produit non moins remarquable, le ruban impérial, tissé de manière à conserver un fond blanc d’une grande pureté. On distingue aussi chez eux une heureuse disposition de l’or marié à la soie, ainsi que les rubans à volants.
- Leur chiffre d’affaires monte déjà de 3 à 4oo,ooo francs.
- MM. Collard et Comte exposent pour la première fois; il sont nouveaux dans l’industrie. Le jury a pensé qu’ils remplissaient pleinement la condition à laquelle notre production rubanière doit rattacher ses espérances : nous voulons parler du choix et de la nouveauté sans cesse rafraîchie de dessins heureusement combinés.
- Le jury leur décerne la médaille d’argent; et il pense qu’en suivant la voie dans laquelle ils sont si brillamment entrés, MM. Collard et Comte obtiendront de nouveaux succès.
- MM. MOUNIER père et fils, à Saint-Étienne (Loire).
- La spécialité de celte fabrique est le ruban très-bon marché, fabriqué avec la soie telle qu’elle sort du cocon, lissée avec et sans moulinage. Le ruban est teint après la fabrication. MM- Mounier réussissent également bien les satins unis grèges, les façonnés chaîne grége crue, tramé cuit, les taffetas façonnés et moirés; leur fabrication est très-régulière. Ils emploient 100 métiers à la Jac-quart. Leur production s’élève à 2 5o,ooo francs pour le marché intérieur, et à 3oo,ooo francs pour l’exportation. Ils ont toujours su se concilier le respect et l’affection de leurs ouvriers.
- Le jury leur décerne la médaille d’argent.
- M. DUTROU fils, à Paris, rue Saint-Denis, n° 345 (Seine).
- Les exigences delà consommation journalière créent à Paris un
- Nouvelle médaille de bronze.
- ÎO.
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- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
- Citation
- favorable#
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- genre d’industrie particulière; il s’agit de lisser des rubans pour ceintures, en les assortissant aux robes, dont on fournit l’échan-tilIon au fabricant. M. Dutrou a fait preuvfe de goût dans cette production exceptionnelle, à laquelle il joint la fabrication de rubans pour orcffes.
- Le chiffre de ses affaires s’élève à 100,000 francs, dont les deux tiers répondent à la consommation parisienne. Ses produits sont soignés et élégants.
- 11 a obtenu en i844 une médaille de bronze, qui lui a été rappelée en i83g et en i84g.
- Le jury décerne à M. Dutrou une nouvelle médaille de bronze,
- M. MEYER-MÉRIAN, à Soultz (Haut-Rhin).
- La fabrique de M. Meyer-Mérian est consacrée à la production des rubans légers dits faveurs, et à celle des rubans taffetas. Fondée en i84i, elle a déjà pris un certain développement, puisqu’elle vend à l’intérieur pour 200 à 23o,ooo francs. Elle ne fait rien pour l’exportation.
- Les chefs de cet établissement s’occupent avec sollicitude de leurs ouvriers ; ils ont fondé une caisse des malades, alimentée au moyen de versements obligatoires faits tous les i5 jours, et au moyen du produit des amendes. Celte association, qui date du 1" août i845, a constamment pourvu à l’entretien de tous les malades, et il lui restait au commencement de cette année un fonds de réserve de 800 francs.
- Le jury, pour récompenser le travail méritoire de MM. Meyer-Mérian , leur accorde une médaille de bronze.
- MM. BOUGNOL et GIRAN, h Nîmes (Gard).
- Cet établissement, récemment fondé, fabrique les rubans de coton, bourre de soie et fantaisie. Il travaille pour la consommation intérieure, et rencontre un débouché avantageux, surtout dans les campagnes.
- Le jury donne à MM. Bougnol et Giran la mention honorable.
- M. PEYRET-LACOMBE, à Saint-Étienne (Loire).
- M. Peyret-Lacombe, fabricant de rubans de soie façonnés, a tissé à la Jacquarl un petit tableau représentant l’intérieur d’un atelier
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- chinois. C’est un petit tour de force de fabrication ; mais il n’est pas dénué d’intérêl.
- Le jury le cite favorablement.
- TROISIÈME SECTION,
- BONNETERIE.
- M. Manière, rapporteur.
- CONSIDERATIONS GENERALES.
- La fabrication cle bonneterie n est pas restée en arrière de la marche progressive qu’à l’ombre d’une paix bienveillante et protectrice ont suivi toutes les branches de commerce en France.
- Malheureusement, comme aussi dans toutes les. industries, la concurrence, au lieu de s’appuyer principalement sur la beauté des produits et la bonne confection des articles, s’est,. en grande partie, portée sur le bon marché.
- Chaque fabricant, désirant donner de l’extension à ses rapports commerciaux, a voulu vendre meilleur, marché que son confrère, et en est venu à diminuer tellement le prix de la main-d’œuvre, que les ouvriers ne perçoivent plus maintenant qu’un très-modique salaire et ne font plus d’apprentis.
- Les ouvriers gagnent,, particulièrement en province, de i fr. 20 cent, à 1 fr. 5o cent, par jour, et les ouvrières de 60 à 70 centimes.
- Aussi le département de l’Aube, et principalement la ville deTroyes, présentent-ils, comme par le passé, des produits d’une fabrication très-importante, mais à des prix trop bas.
- Le département du Calvados produit une grande quantité d’articles à bon marché.
- Le métier continu dit métier circulaire, qui est principalement employé dans ce département à la confection des ar-
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- Rappel
- de
- médaille
- d’or.
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- ticles, est appelé à faire de grands changements dans la bonneterie, lorsqu’il aura atteint toutes les améliorations dont il est susceptible.
- Le département du Gard fabrique des bas et gants en soie, en filoselle et en colon, et autres articles d’une bonne fabrication et à des prix très-peu élevés.
- Le département de la Somme a vu s’élever depuis quelques années de nombreuses filatures de laine pour bonneterié,qui ne laissent rien à désirer pour la beauté de leurs produits, et qui ont beaucoup contribué à assurer à ce département la supériorité pour les articles en laine, dont il fournit toute la France.
- Paris continue toujours à être en première ligne pour la supériorité de ses produits.
- La ganterie en tissu foulé y a pris, depuis quelque temps, un essor considérable.
- Malgré le bon marché regrettable des produits de la bonneterie, ils ne peuvent cependant pas rivaliser pour la modicité des prix avec les articles de Saxe et d’Angleterre, et particulièrement pour les bas unis.
- La bonneterie entre pour une somme très-minime dans le chiffre des exportations. Une prime plus élevée pourrait lui faciliter l’étendue de ses rapports avec l’étranger.
- MM. LAURET frères, à Paris (Seine); fabrique àGanges (Hérault).
- La fabrique de MM. Laurel frères, l’une des plus importantes du Midi, réunit toutes les opérations qui constituent une manufacture de premier ordre.
- Ces messieurs font filer dans leur établissement les.soies qu’ils emploient à la confection de leurs produits. Les soins qu’ils apportent, soit comme filateurs, soit comme fabricants, les placent en première ligne dans leur industrie;
- Us ont exposé des bas, des chaussettes, des gants et des mitaines de soie et de fil d’Ecosse. Tous ces articles sont d’une excellente fabrication et d’un goût parfait.
- Après avoir remarqué des bas de soie à 27 francs la douzaine,
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- l'attention du jury s’est particulièrement portée sur des bas à 5o francs la paire, dont les broderies et les dessins à jour sont d’une richesse extraordinaire et la maille d’une finesse vraiment merveilleuse. Ces messieurs s’occupent d’articles depuis les prix les plus bas jusqu’aux plus élevés.
- Cette maison date de plus de 5o ans; elle occupe de 35o à 4oo ouvriers qui, fabriquant spécialement l’article de luxe, gagnent un salaire très-raisonnable.
- Les affaires de ces messieurs, qui ont toujours été en augmentant, ont atteint un chiffre important dont plus de moitié pour l'exportation.
- Les progrès que ces négociants n’ont cessé d’apporter dans leur fabrication leur ont mérité, en 1844, la médaille d’or.
- Le jury, reconnaissant que ces messieurs ont toujours marché dans la même voie, leur décerne le rappel de celte médaille.
- M. Valentin FÉAü-BÉCHARD, à Orléans (Loiret).
- Il a exposé de la bonneterie dite bonneterie orientale et africaine.
- Ces produits en tissu foulé sont principalement exportés aux Echelles du Levant et en Algérie où ce fabricant fait des fournitures considérables pour les troupes. '
- La Turquie donne la préférence aux;articles de cette maison sur ceux fournis par les fabriques du pays. Cette préférence est grandement justifiée par la beauté des formes et la bonté des produits de cette fabrique, mais surtout par la vivacité du rouge dit rouge andrinople reconnu, d’une manière incontestable, plus solide que celui de Tunis.
- M. Valentin Féau-Béchard occupe, année commune, 1,200 ouvrières à la confection des tricots à la main et, parmi les ouvrières, beaucoup d’aveugles et d’infirmes. Ces femmes perçoivent un salaire journalier très-modique,"suivant leur habileté.
- M. Valentin Féau-Béchard occupe encore dans ses ateliers une centaine d’ouvriers qui gagnent de 1 fr. 5o cent, à 2 francs par jour.
- Cette maison, fondée en 1768 , a toujours fait de grands progrès dans la fabrication ; elle fait un chiffre, d’affaires élevé et rend d’importants services au pays., par le travail qu’elle procure à la classe ouvrière et par l’emploi qu’elle fait des matières premières provenant du sol. ' f '
- Nouvelle
- médaille
- d’argent,
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- Rappels
- cle
- médailles
- d'argent.
- Médailles d argent.
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- L’exposant a oblenu, en i83g et i844 , le rappel delà médaille d’argent décernée trois fois à ses prédécesseurs.
- Le jury de 1849 lui accorde une nouvelle médaille d’argent.
- M. Pierre GERMAIN, au Vigan (Gard).
- Il a exposé des bas et des gants de sa fabrique.
- Les articles présentés par cette maison sont d’une bonne fabrication et lui ont facilité l’accroissement de ses relations.
- La beauté et surtout le prix de ses produits lui permettent de lutter avec avantage sur les marchés étrangers avec les fabriques rivales.
- Cette maison fait la plus grande partie de ses affaires à l’exportation.
- Le jury de i83g lui a accordé la médaille d’argent.
- Le jury de 1849 rappelle la médaille d’argent à M. Pierre Germain.
- M. TROTRY-LATOÜGHE, rue des Quatre-Füs, n° 9, à Paris (Seine).
- 11 expose des bonnets turcs en usage dans l’Orient, des chaussons orientaux, nouveau procédé. Ces deux objets sont brevetés.
- Le jury a remarqué les bonnets orientaux cuir de laine qui se vendent 25 p. 0/0 meilleur marché que les bonnets de Livourne, qui faisaient une concurrence dangereuse à notre industrie dans ce genre.
- M. Trotry-Latouche a obtenu une médaille d’argent en 1827, rappelée en i834, 183g et 1844- Le jury cle i84g lui en fait de nouveau le rappel, reconnaissant la bonne fabrication des objets présentés.
- MM. TAILLEBOUIS, VERDIER et MEYNARD frères, rue des Mauvaises-Paroles, à Paris (Seine).
- Ils ont exposé des gants de soie, manteaux et autres objets de fantaisie de haute nouveauté.
- Le jury a reconnu la bonne fabrication et le bon goût des articles exposés par ces messieurs. Il a surtout porté son attention sur un article nouveau de gants de soie, que ces messieurs ont nommé sa-
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- lin de peau.et pour lequel ils ont pris un brevet. Ces gants méritent d’être remarqués pour plusieurs motifs :
- Premièrement, à cause de leur ressemblance avec les gants de peau , attendu qu’ils dessinent la forme de la main aussi bien que ces derniers ;
- Deuxièmement, pour la finesse et la souplesse du tissu;
- Troisièmement, ic brillant semblable à celui du satin;
- Quatrièmement, leur solidité à l’usage et leurs coutures faites à la mécanique ;
- Cinquièmement, l’élégance de la coupe qui se fait à l’emporte-pièce.
- Enfin ces gants ne laissent rien à désirer, leur perfectionnement paraissant complet. Ces messieurs ont rendu un véritable service à l’industrie de la bonneterie en y introduisant cet article de ganterie; ils se sont également rendus utiles aux consommateurs, car le gant de chevreau ari'ivera à un prix tellement élevé, que l’usage n’en sera plus possible : en effet, il est constaté que ces gants sont augmentés de oo p. 100, les peaux de chevreau n’étant pas à beaucoup près en rapport avec la consommation.
- Ces fabricants occupent une centaine de métiers, 5 à 600 ouvriers, et font 1 million d’affaires, dont un tiers à l’exportation.
- Cette maison existe depuis 1810 et a toujours augmenté ses affaires.
- M. Meynard, l’un des intéressés actuels de cette maison, a obtenu en 1819, i834. 1839 et 1844 la médaille d’argent.
- Le jury accorde à MM. Taillebouis, Verdier et Meynard Irères la médaille d’argent.
- M. Jean-Baptiste BLANCIIET, rue desMauvaiscs-Paroles, n° i4, à Paris (Seine).
- 11 a exposé des bas et chaussettes de soie, des gants de soie et de cachemire, des articles de fantaisie, tels que paletots d’enlants, cravates à châle, des coiffures pour jeunes filles, en filet de soie avec chenille.
- Le jury a remarqué la bonne fabrication de tous les objets présentés à l’exposition et surtout l’élégance elle goût qui régnent dans les articles de nouveauté.
- M. Blanchet a apporté plusieurs innovations dans les métiers à chaîne ou tricot, qui lui ont permis de faire de nouveaux dessins.
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- Médailles de bronze.
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- Cetle maison, qui est très-ancienne, occupe environ 600ouvriers et ouvrières dont le travail est assez bien rétribué, ce fabricant produisant principalement des articles livrés à la consommation de la classe aisée.
- Celte maison, une des plus importantes de son genre de commerce, fait environ 800,000 fr. d’affaires, dont le quart au moins pour l’exporlation.
- C’estla première fois qu’elle a présenté ses produits à l’exposition.
- Le jury lui accorde la médaille d’argent.
- MM. BERNAY et PEYROT, à Orléans (Loiret).
- Ils exposent des bas de laine pour enfants et des pièces de tricot de laine pour les faire, des pièces de tricot en coton pour manches, camisoles et au 1res articles.
- Les objets exposés sont d’une bonne matière première et d’une belle fabrication; la maille est très-régulière et a conservé une grande élasticité.
- Ces messieurs ont le mérite d’avoir rétabli dans le pays la fabrication de la bonneterie, qui y avait presque entièrement perdu son importance.
- Celte maison, fondée en 1834, occupe une centaine d’ouvriers ou ouvrières, 12 métiers, et emploie 6 à 7,000 kilogrammes de laine et 3 à 4,ooo kilogrammes de coton.
- Le quart de ses affaires se fait à l’exportation.
- Le jury, reconnaissant le mérite de celte maison, qui n’a pas encore exposé, lui décerne la médaille de bronze.
- M. GERMAIN fils, à Nîmes (Gard).
- 11 a exposé des gants de différents genres.
- Le jury reconnaît la bonne fabrication des articles présentés par cette maison.
- M. Germain fils, qui occupe une quantité considérable d’ouvriers, fait de 5 à 600,000 francs d’affaires, dont une grande partie pour l’exportation.
- Ce fabricant exploite depuis plusieurs années l’article de ganterie de soie et bourre de soie d’une manière tout à fait remarquable et sur une vaste échelle.
- Les soins que M. Germain fils a toujours apportés à la fabrication
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- de'ses produits en ont fait un des premiersindustriels du commerce de bonneterie de son département.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MM. Ch. JOYEUX et LAUNE, à Nîmes (Gard).
- Ils ont exposé des gants et des mitaines de soie de différents genres et dessins dont la fabrication est parfaitement soignée; les bas de bourre de soie et mi-soie présentés sont également d’une bonne confection. Cette maison occupe 15o à 200 ouvriers et ouvrières.
- Le jury de i844 a accordé une médaille de bronze à M. Joyeux fils aîné, leur prédécesseur.
- Celui de 1849 décerne une médaille de bronze à MM. Joyeux et Laune.
- M. Louis-Antoine THIBOUST, à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise).
- Il a exposé des pièces de tissu de tricot pure-laine et laine et cachemire pour vêlements.
- Ces tissus ne laissent rien à désirer; la matière première est de très-belle qualité, soyeuse à la main; le tricot est serré et offre une bonne garantie de durée. Ce fabricant apporte beaucoup de soin dans la confection de ses produits.
- M. Thiboust a succédé à son père, dont la maison existe depuis plus de 4o ans. II occupe 4o à 5o ouvriers et 4o métiers; il emploie 9 à 10,000 kilos de laine, et fait environ i4o,ooo francs d’affaires.
- Il est à regretter que les produits de ce fabricant n’aient été présentés à aucune des précédentes expositions.
- Le jury lui accorde la médaille de bronze.
- M. Charles-Hippolyte DOUINE, à Troyes (Aube).
- Les articles de bonneterie de cette maison méritent d’être remarqués; car, malgré la modicité des prix, ils sont fabriqués avec le plus grand soin.
- M. Douine a également exposé des calotes en coton pour militaires , à des prix vraiment fabuleux ( 1 franc 48 centimes la dizaine). ,
- Le jury a principalement remarqué un perfectionnement ap-
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- porté dans le mécanisme de ses métiers circulaires. Ce perfectionnement consiste à faire arrêter le métier aussitôt que l’un des fds qui forment le tricot vient à se casser, ou lorsque les bobines sont à la fin du colon. Il a pour principal résultat de rendre la surveillance de ses métiers beaucoup plus facile.
- Cette maison emploie 4o,ooo kilos de coton, occupe 80 ouvriers ou ouvrières, et fait i5o,ooo francs d’affaires. Tous ses produits sont vendus à l’intérieur.
- Le jury décerne à M. Douine la médaille de bronze.
- M. Jules-Clément SAVOURÉ, à Paris (Seine).
- Il a exposé des bas de coton et de fd d’Ecosse, des gants de fil d’Ecosse, des gilets et des camisoles de cachemire.
- Ces objets sont faits avec tout le soin que ce fabricant a toujours apporté dans la confection de ses articles, ce qui lui a valu la réputation dont il jouit dans le commerce de bonneterie.
- M. Savouré emploie environ 200 ouvriers et fait à peu près 2 5o,ooo francs d’affaires, dont i/5 pour l’exportation.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. COUTURAT et FRÉROT, à Troyes (Aube).
- Ils ont exposé des bas, des chaussettes, des gants, des manches de mitaines en coton et en laine.
- Le jury se plaît à reconnaître la bonne fabrication des objets présentés par celte maison, et qui sont faits avec autant de goût que d’intelligence.
- Ces fabricants, établis depuis i833, ont apporté de grandes améliorations dans la fabrication de la bonneterie.
- En 1835, ils ont, de concert avec M. Jacquin, au prix de grands sacrifices, introduit à Troyes le métier circulaire, qui a pris depuis un immense développement et qui a ainsi contribué à augmenler le commerce de celte ville.
- Ils ont encore entrepris la fabrication des gants pour l’année ; ce nouveau genre d’industrie n’occupe pas moins de 1,000 à 1,200 ouvriers. Enfin ces messieurs ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour augmenler le travail, et le jury, reconnaissant leurs efforts et les améliorations qu’ils ont apportées dans leur industrie, leur décerne la médaille de bronze.
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- M. LARDIÈRE, à Falaise ( Calvados).
- Il expose des bas, des gilets, des jupons et pantalons.
- Le jury reconnaît la bonne fabrication de ces articles.
- Cet industriel occupe 180 ouvriers et ouvrières, et fait environ 200,000 francs d’affaires, et emploie 5o,ooo kilos de coton. Son intelligence remarquable l’a rendu l’inventeur d’un nouveau procédé différent de celui de M. Douine, dont il a déjà été parlé. Ce nouveau pi'océdé s’applique aux métiers circulaires fonctionnant plusieurs à la fois; ce mécanisme consiste à arrêter de suite un ou plusieurs métiers si un fd vient à casser; ce changement est un grand perfectionnement apporté dans la fabrication de la bonneterie.
- Le jury central décerne à M. Lardière la médaille de bronze.
- M. Émile JOYEUX, à Nîmes (Gard).
- Ce fabricant, quoiqu’il n’occupe que peu de métiers, n’en mérite pas moins d’être remarqué du jury, caries articles qu’il a exposés sont d’une confection parfaite. Les gants et les bonnets au blet sont surtout très-avantageux pour le prix.
- M. Joyeux a obtenu en i834,1839 et i844, la mention honorable.
- Le jury de 1849, reconnaissant les progrès incessants faits par cet ingénieux fabricant, lui accorde la médaille de bronze.
- M. BRACONNIER, à Paris (Seine).
- Ce fabricant présente à l’exposition des tissus de flanelle tricot double qu’il déclare non susceptibles de rétrécissement; il affirme même que ce tissu s’élargit au porté et qu’il conserve jusqu’à la fin sa grande souplesse, son élasticilé et tout son moelleux. Si ce fait était certain, ce serait une grande amélioration, car le rétrécissement de la flanelle est ce qui porte le plus de tort à cet article.
- M. Braconnier a également présenté des tissus pour ganterie d’une excellente qualité et qui ont été acceptés par le commerce; car, soit pour ses propres affaires, soit par l’entremise des personnes auxquelles il a cédé des licences, il s’en vend annuellement pour 7 à 800,000 francs.
- M. Braconnier, plutôt mécanicien que fabricant, a continuelle-
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- Mentions
- honorables*
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- ment cherché à faire progresser son industrie par le perfectionnement de la mécanique
- Il occupe environ 4o ouvriers et ouvrières et 6 métiers circulaires, emploie 8 à 9,000 kilos de laine et fait i3o,ooo francs d’affaires.
- Le jury de i844 lui a accordé la citation favorable.
- Désirant reconnaître le zèle soutenu de ce fabricant dans la voie des améliorations, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. Jean-François LUCE-VILLTARD, à Dijon (Côte-d’Or).
- Il a exposé des bas, robes, jupons et plusieurs pièces d’échan-. lillon en coton.
- Ces articles sont faits avec soin; la maille est bien corsée et régulière, la matière première de belle qualité. Les robes et les jupons sont dans de bonnes proportions.
- Cette maison, établie comme fabricant depuis i845 seulement, a le mérite d’avoir doté son pays d’une industrie qui n’y existait pas. Il occupe en ce moment 5o à 60 ouvriers; il emploie 9,000 kilos de colon et fait environ 60,000 francs d’affaires.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Luce-Viliiard.
- M. QUINQUARLET-DUPONT, à Troyes (Aube).
- Il a exposé des caniisoles en laine et en coton faites à taille.
- Ces camisoles exposées sont d’une forme gracieuse et d’une bonne fabrication.
- Ce fabricant, qui occupe 175 ouvriers et fait environ 110,000 fr. d’affaires, a pris, il y a 3 ans, un brevet d’invention.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Quinquarlet-Dupont.
- MM. DUMAS frères, BOSSENS etCic, à Sauve (Gard).
- Ils ont exposé des gilets de tricot en laine et en colon au métier, d’une bonne fabrication et à des prix modérés.
- Ces messieurs, à la tête d’une fabrique importante du pays, occupent 4oo ouvriers, 334 métiers, et emploient 5o à 60,000 kilos de laine du pays et une grande quantité de coton. ; '
- Cette maison fait 35o à 4oo,ooo francs d’affaires, dont un quart à l’exportation ; c’est la première fois qu’elle expose.
- Le jury lui apcorde une mention honorable.
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- M,ne veuve DE MONTLAUR, rue Monsigny, n° 3, à Paris (Seine).
- Elle a exposé des châles, couvre-pieds et autres articles de tricot à l’aiguille, dits de Bagnères.
- Cette industrie, qui aurait pu prendre un grand accroissement, reste stationnaire par suite de la concurrence que lui font aujourd’hui les articles fabriqués sur le métier, et dont le prix est beaucoup moins élevé.
- Les articles exposés par celte dame sont pleins de goût et ont attiré l’attention du jury.
- L’industrie de Mroe de Montlaur est d’une grande importance pour le pays de Bagnères, où elle procure du travail à plus de 200 ouvrières.
- Le jury lui décerne la mention honorable.
- M. David AUDUMARÈS, à Sauve (Gard).
- Les articles présentés par celte maison sont d’une fabrication toute particulière, et, quoique modestes, ils ne tiennent pas moins une place avantageuse dans la fabrication locale et méritent d’être remarqués; ils consistent en tissus de tricot.
- Ses bonnets sont bien faits et d’un prix très-peu élevé. C’est le seul article qui puisse encore se vendre en concurrence avec ceux fabriqués sur les métiers circulaires, qui ont enlevé une partie du travail dans ces contrées.
- Ce fabricant fait 80,000 francs d’affaires, dont le quart à l’exportation; il emploie 9 à 10,000 kilogrammes de coton, et occupe environ 5o ouvriers et ouvrières et 4o métiers.
- C’est la première fois que cette maison présente ses produits à l’exposition.
- Le jury lui décerne la mention honorable.
- M. Pierre-Paul CARETTE, à Gentelles (Somme).
- Il a exposé des jupons en tricot de laine et de coton, des couvre-pieds et rideaux en tricot de coton, le tout fait au métier.
- Ces articles, qui sont fabriqués avec goût et avec soin, ont attiré
- l’attention du jury ; il a particulièrement remarqué les rideaux, dont le dessin est bien réussi.
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- Citations
- favorables.
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- Ce fabricant emploie i,aoo kilogrammes de laine et de coton, et lait environ a4,ooo francs d’affaires, dont un tiers à l’étranger. Le jury lui accorde la mention honorable.
- M. Pierre-Antoine BOPLAY, à Falaise (Calvados).
- Celte maison, qui expose pour la première fois, a présenté des bas, des gilets, des pantalons et des pièces de tissu servant à la fabrication de ces articles.
- Ce fabricant occupe i5o ouvriers et fait environ 100,000 francs d’affaires.
- Le jury se plaît à reconnaître la bonne confection et la modicité des prix des artic’es exposés, ainsi que s’est également plu à le reconnaître le jury du Calvados.
- Le jury accorde à M. Boulay une mention honorable.
- M. Jean BOLRABIER, à Limoges (Haute-Vienne).
- *
- 11 a exposé des bas et chaussettes.
- Ces articles se recommandent par leur bonne fabrication.
- Le jury lui accorde la mention honorable.
- M. Nicolas-Edme MICHON, rue Villedot, n° 7, à Paris
- Il présente à l’exposition des couvre-pieds en maille quadrillée, faits au métier.
- Ces objets, fabriqués en laine torse ou floche, de différentes couleurs, plaisent aux yeux pour la diversité des nuances et surtout pour leur bon emploi.
- Le jury, en i833 et en i844> a accordé la mention honorable à M. Fazola, prédécesseur, de cette maison.
- Le jury de 1849 accorcle une mention honorable à M. Michon.
- M. BARBARY jeune, à Limoges (Haute-Vienne).
- Il a exposé des bas et des chaussettes d’une bonne fabrication. Le jury le cite favorablement.
- M. AKSELBAN, rue Saint-Denis, n° 281, à Paris (Seine).
- Il a exposé des bas à doigts, qui paraissent ne devoir servir que pour le théâtre.
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- 11 a déposé un modèle au conseil des.prud’hommes, le 28 janvier.
- Le jury, après avoir remarqué la bonne fabrication de ces bas, cite favorablement M. Akselban.
- ï*
- ' l
- Mm0 Dauphin AUBRY, à Tours (Indre-et-Loire).
- Elle a exposé, comme spécimen d’une industrie que la mode pourrait utiliser, des châles en coton, tricotés à la main, et faits d’une seule pièce.
- Le jury a remarqué la bonne confection des objets soumis à son examen, il espère que Mmo Aubry pourra tirer parti de son invention, et procurer du travail à un grand nombre d’ouvrières de son pays.^ ' ^ r
- Désirant donner à cette dame une récompense qu’elle mérite, le jury la cite favorablement.
- MM. ESPRIT et NOYÉ, à Lyon (Rhône).
- Ils ont présenté à l’exposition des.bas et des gants, dont les coutures sont faites au métier au lieu d’être, comme habituellement, faites à la main,
- Ces coutures sont beaucoup plus régulières et offrent une plus grande solidité que celles à l’aiguille. ! '
- Le jury regrette de ne pas avoir vu fonctionner le métier qui est à Lyon, il aurait pu beaucoup mieux apprécier le mérite de l’invention de ces messieurs. < - * "
- Le jury les cite favorablement. ? L : ;
- PASSEMENTERIE.
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- M. Manière, rapporteur.
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- . CONSIDÉRATIONS GENERALES. t
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- Cette partie a depuis quelques années, pris un accroisse-, ment important, et surtout en ce qui concerne les, articles de,nouveauté et ceux pour ameublement; il serait difficile de fixer, le nombre d’ouvriers qu’occupe la passementerie ,•
- 111.
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- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- mais ii est considérable, et principalement à Paris et dans ses environs.
- Cette industrie, qui émpîoie une grande quantité de matières premières, soie, laine, coton, et occupe beaucoup de monde, est loin d’être fructueuse pour les ouvriers, car les salaires sont très-peu élevés, et ouvriers et ouvrières gagnent à peine de quoi vivre.
- Cette partie s’apprend très-facilement et s’exploite avec peu de fonds, ce qui est cause quelle est entre les mains d’une foule de petits fabricants qui, à l’envi l’un de l’autre et pour pouvoir vendre meilleur marché, diminuent le prix de la main-d’œuvre; aussi, hommes, femmes et enfants ne gagnent-ils qu’un faible salaire, après un travail journalier de douze heures.
- Le jury pense que l’on devrait sérieusement s’occuper de ces ouvriers, qui pourraient être mieux rétribués; car cette partie, qui a peu de concurrence, à l’étranger (les articles de luxe et de goût étant presque exclusivement tirés de Paris), supporterait facilement une augmentation sur la façon ; une mauvaise fabrication, engendrée par une concurrence effrénée, pourrait seule la perdre, par suite de l’infériorité des produits expédiés sur les marchés étrangers. .
- Le jury espère que M. le ministre du commerce voudra bien jeter un regard favorable sur cette classe intéressante de travailleurs, particulièrement en'ce qui concerne les enfants, de grandes améliorations pouvant être apportées dans cette industrie.
- ; i r ; ^ ^ f'
- MM. RICHARD frères, à Saint-Chamond (Loire).
- * - . *
- Ils ont exposé des lacets et cordons en coton et en soie.
- Cette maison, établie en 1817, est une. des plus importantes du département; elle occupe mille métiers au moins, et les moulinages pour tordre la soie et le coton, et’ de 4oo a 5oo ouvriers et ouvrières, et fait-environ 600,000 francs d’affaires.
- , Elle occupe< encore 2 machines de 10 à 20 chevaux1, et 3‘roues hydrauliques de 10 à i5 chevaux ; elle emploie 3o, 000 kilogrammes
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- de coton n° 20/22, 5,000 de soie du Levant et 4,000 bourre de soie.
- La1 main-d’œuvre entre pour moitié dans les articles de colon et pour un cinquième dans les articles de soie.
- C’est l’industrie qui a remplacé celle du moulinage, devenue impossible à Saint-Chamond, par la concurrence des mouliniers du Midi.
- Cette industrie, naguère inconnue, est maintenant la première et celle qui occupe le plus de négociants et de capitaux à Saint-Chamond.
- Le jury se plaît à reconnaître que les produits exposés par ces messieurs ne laissent rien à désirer, et qu’ils soutiennent la réputation que cette maison s’est acquise.
- Ces industriels ont obtenu, en 1839, une mèdaille d’argent, et n’ont pas exposé en i844-
- Le jury, voulant reconnaître les services que MM. Richard rendent à l’industrie, leur décerne une nouvelle médaillé d’argent.
- M. André-Amédée JULLIEN, à Tours (Indre-et-Loire).
- Il a exposé des échantillons de passementerie pour ameublements. ... >'• :
- Celte maison, dont la fondation remonte à’plus de. deux siècles* occupe 3oo ouvriers et ouvrières, et fait, environ 4oio,ooo francs d’affaires. »
- Les articles présentés par cet industriel attestent des progrès qu’il a faits sous le. rapport de la fabrication.
- M. Jullien, qui fait maintenant ses dessins lui-même, a- apporté par cela une grande amélioration dans son industrie, les fabricants ayant toujours, jusqu’alors, fait vènir leurs dessins de Paris;...
- Le jury, appréciant les- efforts; faits par M. Jullien pour apporter des améliorations dans;sa fabrication, lui-décerne la médaille,d’arr gent. . ... .,v ...,......... — , ...
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- MM. VACGEOIS et TRUCHY, rue Mauconseil, n" i, à
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- Paris (Seine).
- Cette maison a exposé des objets de broderie en*? or et'en argent : épaulettes, ceintures, etc. ' ; . < u jik„.
- ' Le jury se plaît'à reconnaîlre'la belle fabrication de ces articles
- il.
- Médailles
- d’argent»
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- Nouvelle médaille de bronze.
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- et le bon goût qui y règne. Ces articles sont livrés au commerce à des prix très-modérés.
- Le jury a principalement remarqué les objets de. broderie pour uniforme et pour ornements.d’église, et autres, qui placent cette maison en première ligne.
- Ces messieurs soutiennent la réputation qu’ils ont acquise; ils ont obtenu , en i844, la médaille de bronze.
- Le jury leur décerne la médaille d’argent.
- MM. MALÉZIEUX, LEFEBVRE et C“, rue Saint-Denis, n° i 2 i, à Paris (Seine).
- Ils ont exposé des articles de passementerie en tissu métallique, articles de passementerie ordinaire, or et argent, et articles de nouveauté en passementerie.
- Cette maison, établie depuis i8i5, fait environ 600,000 francs d’affaires et emploie un grand nombre d’ouvriers.
- Ses relations sont très-grandes, tant en France qu’à l’étranger, où la confection supérieure de ses produits lui assure une suprématie incontestable.
- Entre autres articles présentés par ces messieurs, le jury a remarqué avec beaucoup d’intérêt les épaulettes métalliques, dont le travail est d’un fini tellement perfectionné qu’il est impossible de le distinguer de la passementerie.
- Les épaulettes diamones à jupes mobiles ont aussi attiré l’attention du jury:
- Ces industriels ont également présenté à l’exposition des torsades métalliques flexibles'pour glands de ceintures, écharpes, pour le civil et pour le militaire, qui offrent de grands avantages par la facilité avec laquelle elles peuvent, à peu de frais, être remises à neuf.
- MM. Malézieux et Lefebvre soutiennent avec honneur la réputation, justement acquise, de M. Auguste Guibout, leur prédécesseur, qui, en i844> avait obtenu la médaille d’argent.
- Le jury leur accorde la médaille d argent.
- M. Samuel GUÉRIN, à Nîmes (Gard).
- Il a exposé des lacets de soie et de colon.
- Cette maison a l’immense mérite d’avoir, il y a vingt ans environ , importé à Nîmes la fabrication des lacets de soie, bourre de
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- soie et de coton , ainsi que les bords élastiques qui ont contribué au développement de la ganterie, industrie très-importante dans le département du Gard.
- M. Guérin est un fabricant distingué; c’est à son zèle et à son intelligence qu’un grand nombre d’ouvriers doivent un nouvel élément de travail ; car ses seuls ateliers en renferment plus de 3oo. Cette industrie, jusqu’au moment où M. Guérin l’eut importée à Nîmes,- n’était jamais sortie de Saint-Etienne et de Saint-Chamond.
- En 1839, MM. Guérin et Pailler ont obtenu la médaille de bronze j qui leur fut confirmée en x 844- ,
- Le jury central de i84g, reconnaissant la bonne confection des lacets exposés, ainsi que lés progrès que M. Guérin a toujours apportés dans sa fabrication, lui décerne une nouvelle médaille de bronze. •
- M. JURY fils, à Ambert (Puy-de-Dôme).
- II a exposé des objets de passementerie et rubanerie pour jarretières en laine, poil de chèvre, qui sont très-bien fabriqués; des galons plats, des chevillères en laine d’une fabrication parfaite, et des tirants de bottes d’une grande solidité.
- Le jury de i844 a accordé à ce fabricant une médaille de bronze. En reconnaissance des soins qu’il apporte dans son industrie, le jury de i84g la lui confirme.
- MM. GUILLEMOT frères, rue Neuve-des-Mathurins, n° 88, à Paris (Seine).
- Us ont exposé de la passementerie pour voitures.
- Ces messieurs ont soutenu la réputation qu’ils se sont justement acquise par leur bonne fabrication.
- Le jury regrette qu’ils n’aient pas pu lui soumettre une machine de leur invention qui leur permettra de livrer à la consommation les galons de voiture, dits épinglés, avec une grande économie.
- Le jury leur rappelle la médaille de bronze obtenue en i844-
- M. Joseph-Nicolas BIAIS, rue du Pot-de-Fer-Saint-Sul-pice, n°4, à Paris (Seine). t
- Il a exposé des produits qui méritent d’être cités.
- Rappels
- de
- médailles de bronze*
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- Médailles de bronze.
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- Cetle maison, qui emploie 60 ouvriers, continue de mériter la réputation qu’elle s’est acquise.
- Elle a obtenue la médaille de bronze en 1827, et rappel en
- i834, i83q et i844-
- Le jury lui accorde nouveau le rappel de la médaille de bronze.
- M. Jean-Marie SENS-CAZALOT, rue des Lombards, n° ,37, à Paris (Seine).
- 11 a exposé des canevas de soie, effilés, galons, tresses, et tout ce qui fait partie de la nouveauté dans cetle industrie.
- Cette maison occupe 4o ouvriers et ouvrières, et fait environ 120,000 francs d’affaires.
- 1 i
- M. Sens-Cazalot a le mérite de tout fabriquer chez lui, même les accessoires qui servent à la confection de ses produits.
- Le jury se plaît à reconnaître que les articles de goût pour hommes et pour dames'sont parfaitement bien réussis.
- Le jury décerne à M. Sens-Cazalot la médaille de bronze.
- M. Alfred SORRE-DELISLE, place de la Bourse, n° 31, à Paris (Seine).
- 11 a exposé une collection d’échantillons de haute nouveauté, garnitures^de robes et de mauteaux, effilés, cordelières soie et or.
- Cette maison, qui emploie 45 ouvriers et ouvrières, et fait environ 200,000 francs d’affaires, a inventé un tissu à chaîne mobile et appliquée au métier à la barre, dont les dessins sont remarquables.
- Le jury se plaît à reconnaître le goût et le fini des articles de nouveauté et de tous les- objets présentés à l’exposition.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Sorré-Delisle.
- M. Alexandre-Fabien SESTIER, rue Saint-Sauveur, n° 26, à Paris (Seine).
- Celte maison emploie 4oo ouvriers, et fait environ 800,000 francs d’affaires, dont moitié à l’exportation. Elle existe depuis plus de 70 ans.
- Les produits qu’elle a exposés sont d’une belle fabrication. Le jury a principalement remarqué les épaulettes dont les corps et les contours, entièrement métalliques, imitent parfaitement l’ouvrage
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- de passementerie,-,et sont appelés à les -remplacer avec avantage, en ce que les épaulettes faites par ce procédé offriront plus de solidité et plus de durée, et pourront s’établir à des prix plus modérés.
- Les -corps d’épaulettes d’officiers généraux, pour lesquels il a remplacé la broderie par le procédé électro-chimique, dénotent une haute capacité.
- Les épaulettes à corps d’acier et de cuivre ont également attiré l’attention du jury. Ces épaulettes, principalement pour la cavalerie, offrent une grande solidité, se démontent très-facilement, et permettent de les nettoyer en très-peu de temps; elles sont principalement à considérer comme armes défensives.
- Ce fabricant a encore inventé un galon très-bien fait, appelé à remplacer les franges des épaulettes; l’intérieur des torsades est rempli par une ganse de coton.
- Le jury a remarqué aussi des galons en relief et des galons importation d’Allemagne.
- M. Sestier est un industriel intelligent et cherchant continuellement le progrès.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. Louis-Alphonse LABBÉ, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° i4, à Paris (Seine).
- Il a exposé des chenilles qui servent à la broderie, et font une concurrence remarquable aux mêmes produits de Saxe -et d’Allemagne. Ses chenilles sont également bien employées par nos premiers fleuristes. ,
- Les deux tableaux que M. Labbé a exposés prouvent le bon emploi que l’on peut faire des produits de sa fabrique.
- Ce fabricant soutient, par la bonne confection de ses produits, l’ancienne réputation de sa maison, fondée en 1759.
- Le jury regrette de n’avoir pas vu le nom de M. Labbé figurer aux précédentes expositions, et accorde à cet habile industriel la médaille de bronze.
- MM. MERCIER et Cio, â Firminy (Loire). -
- 11 a exposé des galons de voiture et des épaulettes, articles de passementerie d’une bonne fabrication.
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- - C’est une industrie nouvelle que ces messieurs ont importée depuis 8 ans dans le département de la Loire, et à laquelle ils ont fait faire un remarquable progrès.
- L’abaissement de prix qu’ils ont obtenu sur ces articles a procuré à ce pays les préférences des commandes sur les fabriques de Paris.
- Cette maison occupe 100 et quelques ouvriers et ouvrières, qui gagnent, en moyenne, x franc par jour.
- Elle emploie plus de 10,000 kilogrammes de matières premières, laine, fil,.coton et soie, et fait environ- 110,000 francs d'affaires.
- Cette fabrique fait beaucoup de bien dans lé pays, par l’emploi d’un grand nombre de bras inoccupés parles autres industries du département,- soit .par incapacité reconnue, soit par un âge trop avancé.
- Le jury de i844 a accordé une mention honorable à MM. Mercier et compagnie. Celui de 1849, voulant reconnaître les constants efforts que font ces honorables fabricants, leur décerne la médaille de bronze.
- Nouvelle
- mention
- honorable.
- M. Pierre-Louis PUZIN, rue Saint-Denis (Seine).
- n° 13 5, à Paris
- Il a exposé des galons de voiture de différents dessins et de diverses qualités;
- Des galons de livrée et des garnitures de voilure.
- Cette maison emploie 45 ouvriers et ouvrières, et fait environ 35,ooo francs d’affaires.
- Le jury se plaît à reconnaître une amélioration et une économie sensibles dans les articles exposés par cet industriel.
- ’ Il a obtenu une mention honorable en i844- Le jury lui décerne une nouvelle mention honorable.
- Rappel
- de
- mention
- honorable.
- M. Pierre-Antoine BÉLORGE, rue Saint-Denis, n° 268, à Paris (Seine).
- Il a exposé des bretelles en tissu caoutchouc,’et autres articles de nouveauté, d’une bonne fabrication.
- Ce fabricant a obtenu une mention honorable en i844>. Le jury lui en accorde le rappel.
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- M. Jean-Baptiste PAYEN, rue Saint-Denis, n 2 07, a Mentions
- * -honorables.
- Pans (Seine).
- Il a exposé des garnitures de passementerie. Cette maison occupe 12 à i5 ouvriers, et fait environ 35,ooo francs d’affaires.
- Ce fabricant est inventeur d’un nouveau procédé, pour lequel il a pris un brevet en i848. Ce procédé consiste à faire à la mécanique ce que l’on ne pouvait obtenir avant que par le travail manuel. Cette amélioration lui a permis de baisser considérablement le prix de ses produits, et lui donne même la possibilité de faire une quantité d’articles qui ne trouvaient autrefois aucun débouché.
- C’est un progrès : aussi le jury décerne-t-il une mention honorable à cet industriel.
- M. Joseph-Charles-Félix PINGUET, rue du Grand-Hurleur, n° 6, à Paris (Seine).
- Celte maison occupe 20 ou 2 5 ouvriers ou ouvrières, et fait environ 70,000 francs d’affaires.
- Les produits exposés consistent en agrafes de manteau, ganses, tresses de différents genres, dont les dessins sont du meilleur goût et sont déposés au conseil des prud’hommes.
- Les articles de cette maison sont d’une bonne fabrication et établis à des prix très-modérés.
- Ce fabricant a une spécialité de garnitures de manteau et de cabans qui lui a valu une réputation justement méritée; .
- Le jury lui décerne la mention honorable. . ;
- MM. SPIQUEL etC16, rue Saint-Honoré, n° i6'4, à Paris (Seine).
- Celte maison expose pour la première fois. Elle a présenté une belle collection d’objets de passementerie, en épaulettes de divers genres, des galons, des broderies pour uniformes et costumes différents.
- Cette maison a également exposé des sabres,, des épées et .des cuirasses d’une admirable fabrication, et qui nè laisse rien a désirer.
- Le jury rend justice à la beau té remarquable de tous les articles présentés par MM. Spiquel et compagnie, et leur accorde une mention honorable.
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- MM. GIRERD et fils frères, à Lyon (Rhône).
- Ils ont exposé deux broderies or et argent, pour ornement d’église , d’une belle fabrication.
- Cette maison occupe 80 à voo'ouvriers, fait environ 3oo,ooo fr. en France et 200,000 francs pour l’exportation.
- Le jury leur décerne une mention honorable,
- M. Joseph-Grégoire ZOELLER, me Mauconseil, n° 20, à Paris (Seine).
- •Cette maison occupe 5o ouvriers et fait environ 4o,ooo francs d’affaires.
- Ce fabricant a exposé des articles de haute nouveauté, tels que coiffures, garnitures de robes, de manteaux.
- Tous les articles sont d’une bonne fabrication et d’un très-bon goût.
- Le jury décerne à M. Zoeller une mention honorable.
- MM. LAVIGNE et SOURD, rue Saint-Denis, n° 192, à Paris (Seine).
- Ils ont exposé des franges, un rideau de vitrage tout passementerie et deux embrasses de passementerie en coton.
- Cette maison, nouvellement établie, emploie 60 ouvriers et utilise 3o métiers.
- Le jury a remarqué le bon goût des articles exposés par ces fabricants et la modicité de leurs prix, et leur accorde une mention honorable.
- M. FRAISIER, à Valbenoîte (Loire).
- Il a exposé des lacets et soutaches. C’est la première fois qu’il présente ses produits.
- Il occupe 4o à 5o ouvriers.
- Il est l’inventeur d’un nouvel article en passementerie soutache anglaise, lacets unis et façonnés. „
- Ces produits, d’un prix très-raisonnable, ont mérité l’attention du jury.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
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- M. HippolyteBRICHARD, rue Saint-Denis, n° 1 2 o, à Paris (Seine).
- Cette maison, qui présente pour la première fois ses produits, a exposé un choix remarquable de boutons en soie et de galons pour nouveautés. Les boulons'en soie, entièrement fabriqués par elle, ont attiré l’attention du jury par leur bonne confection et le choix des dessins.
- Il a particulièrement remarqué un galon découpé fait sur un métier à la barre, avec lisière de chaque côté; les autres galons sont également fabriqués avec le plus grand soin et ne laissent rien à désirer sous le rapport de la qualité.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Brichard.
- M. Jean-Marie BOISARD, à Paris, rue Saint-Denis, n° 217 (Seine).
- Il a exposé, entre autres produits, des guipures en soie, couvertes à la mécanique, d’une bonne confection.
- Le jury a pu apprécier la régularité des soies qui lui sont soumises et accorde une citation favorable.
- M. Augustè PANN1ER, rue Rambuteau, n° 75, à Paris (Seine).
- Il a exposé des ganses en soie, en laine, et autres, rondes et plates.
- Cette maison, qui occupe 2 5 ouvriers et ouvrières et fait 100,000 francs d’affaires, soutient avec avantage la concurrence avec Saint-Etienne et Saint-Chamond, malgré la différence des prix
- de façon.
- 6
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- MM. LORRAIN-BRIGOT et Cia, rue Saint-Denis, n° i55, à Paris (Seine).
- Ils ont exposé des galons, rubans et lacets. L’attention du jury a été attirée 'par le goût et la bonne fabrication des articles exposés par cette maison.
- Le jury la cite favorablenfent.
- Citations
- favorables.
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- MM. JOURDAIN et NAUDIN, rue Quincampoix, n° 19, à Paris (Seine).
- Ils ont exposé des boutons, galons et ganses nouveautés qui se font remarquer par la beauté de la fabrication.
- Cette maison, qui emploie i5o à 200 ouvriers ou ouvrières, et qui fait environ 3oo,ooo francs d’affaires, travaille avec goût.
- Le jury lui accorde une citation honorable.
- M. Antoine HUREL, rue Saint-Magloire, n° 1, à Paris (Seine).
- 11 a exposé de la passementerie et glands. Cette maison, qui occupe environ 12 ouvriers et ouvrières, et fait de 3o à 35,000 fr. d’affaires, se recommande par une bonne fabrication.
- Le jury la cite favorablement.
- M. Augustin-Philibert CATILLON, rue Montmartre, n° 18, à Paris (Seine).
- 11 a exposé des boulons de soie, galons et nouveautés à l’aiguille pour tailleurs; la fabrication est bien soignée et de bon goût.
- Celte maison occupe 12 à i5 ouvriers, fait environ de a5 à 3o,ooo francs d’affaires.
- Le jury la cite favorablement.
- M. DORSO, rue Babylone, n° 47, à Paris (Seine).
- Le jury a examiné, avec la plus grande attention, les modèles de pompons que cette maison a exposés. Il a reconnu un progrès très-sensible dans la manière dont les pompons sont tondus, la monture surtout est remarquable par sa solidité.
- Le jury décerne à M. Dorso une citation favorable.
- M. François BERNARD, à Ambert (Puy-de-Dôme).
- Ce fabricant présente à l’exposition des lacets de laine et de coton et des cordons d’une fabrication qui ne laisse rien à désirer.
- Le jury regrette que M. Bernard n’ait pas joint à ses échantillons une note de ses prix, pour qu’il pût reconnaître s’ils sont aussi avantageux que la marchandise lui a paru bien soignée.
- Le jury le cite favorablement.
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- M. Hugues LEGAVRE, rue Saint-Denis, n° 148, à Paris (Seine).
- 11 a exposé des boutons de soie et des objets de passementerie en nouveautés pour dames.
- Cette maison occupe de 8o à îoo ouvriers et ouvrières, suivant la saison, et fait environ 200,000 francs d’affaires.
- Le jury a remarqué le bon goût des articles exposés par ce fabriquant et le cite favorablement.
- Mmo Françoise-Victoire MERCIER, rue d’Anjou, n" 21, au Marais, à Paris (Seine).
- Elle a exposé un très-joli choix de bourses, sacs et autres fantaisies faites au crochet avec broderies en perles d’acier et d’or.,
- Cette maison emploie 25.à 3o ouvriers et fait environ 3o,ooo fr. d’affaires.
- Le jury, rendant justice au bon goût des articles exposés par Mm® Mercier, lui accorde une citation favorable.
- Mme Françoise PÉRIER, rue Fontaine-Molière, n° 32 , à Paris (Seine).
- Elle a exposé des articles de passementerie algérienne et crochet haute nouveauté. !
- Cette maison, qui n’existe que depuis quatre ans, emploie 10 ouvriers et fait environ 5,000 francs d’affaires.
- Les articles présentés à l’exposition sont d’une bonne fabrication et d’un très-bon goût.
- Le jury accorde à Mm‘ Périer une citation favorable.
- TROISIÈME PARTIE,
- INDUSTRIE DU COT0N.
- •* *
- MM. A. Mimerel et E. Dolfus, rapporteurs. CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- ? . • t ’ . r * i i *
- , Nous dirons quelques mets seulement sui l’industrie du coton. >
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- Nous avons laissé, en i844i la consommation annuelle de la France à 58 millions de kilogrammes.
- En i846, cette consommation était arrivée à 64 millions.
- Nos filatures et nos tissages mécaniques s’étaient accrus dans une proportion relativement aussi considérable.
- Cette consommation s’est affaissée en 1847 et *848; mais les cinq premiers mois de 1849 constatent une mise en œuvre de 27 millions; soit, pour l’année entière, 65 millions.
- Ainsi, du calme et un peu de confiance , et l’industrie reprend bientôt son allure habituelle.
- Si la mise en consommation de 1849 est de 27 millions dans les 5 premiers mois, dans le même intervalle, en 1847» elle n’avait été que de 17 millions: c’était l’effet d’une récolte manquée.
- Et, dans le même laps de temps, en 1848, ce n’est plus que i5 millions, encore que les deux mois de janvier et février aient été prospères : c’était l’effet du bouleversement po1-litique.
- Ce qui veut dire que, si terribles que soient les résultats d’une disette, ils sont loin d’être comparables aux effets d’une révolution, et que l’intempérie des saisons a des suites moins funestes, pour l’existence de l’ouvrier, que l’égarement des esprits: vérité qui ne saurait être trop répétée. ‘
- La filature du coton est, de tous les arts' textiles ,' le plus indéfiniment perfectible, conséquemment celui qui, pour être exercé avec succès, demande le plus d’application et d’étude.
- Un brin de laine, en effet, s’il est propre à filer le n° 28, filera mal le n° 32, quels que soient les procédés employés pour arriver à un bon résultat.
- Dans le coton, au contraire, le même brin émployé pour donner le n° 4o , pourra tout aussi bien atteindre le n° 80, si les machines sont spécialement disposées pour cela, si le travail est plus lent; la production sera moins’considérable.
- De sorte que, pour le producteur de coton, finesse et per-
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- fection dépendent de l’agencement dés machines et de leur degré d’accélération ; quantité obtenue, prix de revient, dépendent de ces mêmes circonstances..Quelle carrière d’étudés et d’essais, mais aussi quel élément de progrès ! parce qu’en industrie le progrès consiste à satisfaire, de la manière la plus étendue, aux besoins de la consommation.
- Le prix des tissus de colon était tellement abaissé en i844» qu’une nouvelle réduction de prix paraissait impossible; et cependant le prix, depuis i844, a fléchi de 20 p. 0/0 ; depuis i834, le tissu de coton est précisément baissé de moitié, de sorte qu’aujourd’hui la femme de l’ouvrier a deux habillements pour le prix qui lui était indispensable pour en payer un seul, il y a 15 ans.
- Malgré ce résultat, l’exportation de nos tissus de coton est relativement peu considérable; elle figure pour 20 millions, à peine, dans le commerce de concurrence, c’est le 3oe de ce que nous faisons.
- L’exportation de l’Angleterre en produits cotonniers était de i5o millions de francs, en 1845; i3o millions en 1846, c’est-à-dire huit fois aussi considérable que la nôtre.
- C’est que l’Angleterre a tous les éléments utiles pour pôür-suivre le très-bon marché, et la France, pour atteindre le bon goût. En Angleterre, on imprime et on vend longtemps un .même dessin. Nos Françaises, même les moins favorisées de, la fortune, ne souffrent pas cette mqnotonieidans le vêtement. La,,variété est pour elles un besoin. Or, la variété est chose agréable, sans doute, mais il faut la payer ;: voilà un des motifs» qui enchérit notre production , et la réduit", en ce qui concerne l’exportation, à quelques articles dont la classe aiséé ne marchande pas le prix. /;» .;
- L’exposition nous offre des fils de coton d’une ténacité et d’une souplesse admirables. A l’œil et au toucher, c’est l’apparence delà soie, et pourtant ces fils si ^ beaux, qui ne redoutent pas la comparaison de qualité avec les fils anglais, ne produiraient pas une mousseline aussi souple que celle de l’Inde, dont le fil sor.t des doigts de l’esclave et.ne doit rien
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- Exposants
- hors
- de concours.
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- aux admirables perfectionnements de la mécanique. Où file-rait-on à la main le coton que produirait la mousseline de l’Inde ? Où voit-on se reproduire ce phénomène de l’art mécanique vaincu par la pratique manuelle ?
- On remarque encore à l’exposition des impressions sur co-ton qui surprennent par la vivacité et la netteté de leur exécution. Les rapporls sur les exposants mettront ces différents progrès plus en évidence. Parlons donc des exposants.
- PREMIÈRE SECTION.
- COTONS FILÉS.
- MM. DOLFUS, MIEG et CK\ à Mulhouse et à Dornac (Haut-Rhin).
- i
- Leur industrie comprend la filature de colon, le tissage des calicots, mousselines et jaconas, le blanchiment et l’impression sur coton et sur laine. .
- Par des rapports spéciaux à chacune des industries de la filature du coton, du tissage et du blanchiment, on vous a fait connaître que MM. Dolfus, Mieg et compagnie sont au premier rang pour la perfection et l’importance de ces produits.
- Pour l’impression des tissus de coton et de laine, celte maison est aussi depuis longtemps au premier rang pour les articles nouveautés; elle a des concurrents très-sérieux, mais qui, jusqu’à présent, ne sont pas parvenus à la dépasser.' Il n’existe rien à l’exposition ni dans le commerce qui soit mieux fabriqué ni de meilleur goût que ce qui est produit par MM. Dolfus, Mieg et compagnie; aussi tous leurs articles sont-ils très-recherchés pour la consommation intérieure ,et pour l’exportation.
- Leur fabrique d’indiennes a été fondée en 1799, elle absorbé tous les tissus faits avec les produits de leùr filature. "" -
- 7 à 800 ouvriers, hommes, femmes et enfants y sont employés, leurs salairês sont annuéllement de 4 à 5oo,060 francs. ‘
- La production est de 5! à 6,000,000 de mètres de tissus impri-
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- més, dont la valeur dépasse 6,000,000. Plus de la moitié sont écoulés par l’exportation en Italie, en Espagne, en Allemagne et dans les Amériques, la consommation intérieure absorbe facilement le reste.
- On ne trouvera pas étonnant que MM. Dolfus, Mieg et compagnie produisent 5 ou 6 millions de mètres d’étoffes imprimées , qui doivent être fabriquées et vendues en moins de 5 mois,
- 3 au printemps et 2 en automne, lorsqu’on saura qu’ils peuvent mettre en mouvement à la fois i4 machines à imprimer à 1,2, 3 et 4 couleurs, 9 perrotines et tous les accessoires dans cette proportion; ils ont en outre 3oo tables pour imprimer à la main.
- Tout en déployant une grande activité et des connaissances très-étendues pour se maintenir au premier rang comme manufacturiers et alimenter une fabrication aussi variée et aussi importante, MM. Dolfus ont pensé à leurs ouvriers, tant pour le présent que pour l’avenir.
- Dans ledéparlementduHaut-Rhinoù la philanthropie est un culte pour beaucoup de personnes, MM. Dolfus, Mieg et compagnie n’ont pas été des derniers à créer des écoles primaires pour les deux sexes, caisses de secours pour les ouvriers malades, caisse de retraite pour les vieillards et les incurables.
- Nous devons faire des vœux, messieurs,pour que ces institutions, t^ui existent dans un très-grand nombre d’établissements en Alsace, soient créés par toute la France; le pays y gagnera beaucoup en bien-être et en sécurité.
- Honorés de la médaille d’or en 1819, rappelée en i834» 1839 et i844, nous ne pouvons vous faire une demande spéciale en 1849, parce que M Emile Dolfus, l’un des associés de cette maison, est membre du jury central.
- MM. FÉRAY et Gio, à Essonne (Seine-et Oise).
- Le jury regrette que la position exceptionnelle faite à cet établissement par la présence de son chef M. Féray au sein du jury, ne lui permette pas de lui accorder la récompense à laquelle il aurait droit, à raison du mérite incontestable des produits qu’il expose. On se bornera donc à mentionner ici (renvoyant au chapitre des tissus de coton et à ceux des fils et tissus de lin pour les autres articles exposés) les produits en filés de coton présentés par MM. Féray
- 1 2
- m.
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- Rappels
- de
- médailles
- d’or,
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- et compagnie ; ce sont des chaînes simples 46 à 60, et des retors 60 à 100, à 2 brins.
- M. MALLET, à Lille (Nord); raison commerciale, VAN-TROYEN, MALLET et Cio.
- Voici sur cet industriel l’opinion du jury départemental du Nord :
- «Le jury a été frappé de l’incomparable beauté des produits de .«M. Mallet. Il semble que le n° 4^5 m/m, si élevé qu’il paraisse, «ait été obtenu sans difficulté, et qu’il aurait été possible de filer « les mêmes préparations à un numéro plus élevé encore.
- « Honneur donc à ce manufacturier ; le jury départemental ne « saurait trop le recommander à la bienveillance du jury central et « du Gouvernement. »
- Cet éloge, si complet, a fixé l’attention du jury central. Les produits de M. Mallet, le fil simple 42 5 surtout, ont été examinés à plusieurs reprises, et toujours comparés à ceux de ses concurrents. Les examinateurs ont été unanimes pour déclarer la perfection et l’incontestable supériorité des produits exposés par M. Mallet.
- Toutefois, le jury a voulu s’assurer de la réputation dont jouissaient dans le commerce les produits de l’exposant, et, pour cela, il a adressé plusieurs questions à M. le préfet du Nord, avec prière de les faire résoudre par les personnes les plus spéciales. Voici lés réponses reçues :
- lr‘ question, — Quel est le fil le plus fin qu’emploie la fabrique de Calais, qu’il provienne, soit de l’Angleterre, soit de la fabrication de M. Mallet ?
- Réponse. — Le n° 34o anglais.
- 2* question. — Quel prix vend M. Mallet, et quel est le prix des cotons anglais même numéro ?
- Réponse. — Le tableau du prix courant ci-joint prouve que M. Mallet vend de 5 à 8 p. o/o moins cher que les meilleures fabriques de l’Angleterre.
- 3e question. — Quel est le n° le plus fin qui ait été produit en Angleterre? ,
- Réponse. — 46o. (M. Mallet expose du 4a5 métrique correspondant au n° 5io anglais.)
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- Enfin, des preuves nous sonl fournies qui établissent que le coton filé par l’exposant est fort recherché, même en présence des produits similaires anglais.
- Satisfait de ces réponses, le jury a désiré recevoir un tulle fait en coton de M. Mallet, et un autre tulle, de même finesse et même dessin, fabriqué avec du coton filé anglais de premier choix.
- Il a été satisfait à notre demande : le même métier, le même ouvrier, ont été employés au tissage, et ce n’est qu’à la loupe, et après bien des hésitations, que le jury a cru reconnaître un léger avantage au produit anglais, avantage qui, l’instant d’après, était par d’autres attribué au produit français, de sorte qu’en définitive, l’égalité des produits est ressortie de l’examen attentif auquel plus de 10 membres du jury ont été appelés à prendre part.
- C’est là un résultat immense et glorieux à signaler. Ainsi, en perfection, voilà une filature française qui marche de pair avec les meilleures filatures de l’Angleterre; et tandis qu’il y a i5 ans la fabrique de tulle était retenue dans son élan par l’infériorité de notre production, voilà qu’aujourd’hui la filature française arrive à produire les numéros que le tissage ne demande pas encore à em-
- Ce résultat, est digne de tous éloges. Le jury est le premier appelé à récompenser son auteur. 11 y a i5 ans, il lui décernait une médaille d’or, déjà deux fois rappelée depuis : ce n’est pas à lui de mieux faire; mais il décerne un troisième rappel de cette médaille.
- MM. Edmond COX et Cl\ à Lille (Nord).
- Telle est l’émulation qu’entretiennent les récompenses décernées par le jury, que, tous les 5 ans, on voit se reproduire la même ardeur parmi les mêmes concurrents.
- M. Mallet, dont nous venons de vous entretenir, laissait peut-être un peu d’avance à M. Cox en i844 ; aujourd’hui les rôles paraissent intervertis, et M. Mallet est le plus près du but. Mais qu’il y prenne garde, et qu’il ne ralentisse pas sa marche; car son concurrent n’est pas d’humeur à se laisser longtemps devancer: il voudra reprendre ses avantages.
- Les produits de M. Cox sont toujours remarquablement beaux ; ils sont dignes de vos éloges, et de vos récompenses. Pourquoi ces récompenses sont-elles limitées ? M. Cox obtint la médaille d’or en 1839; il en eut le rappel en i844; et quand le jury départemental
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- du Nord déclare que M. Cox tient toujours le premier rang dans la filature du colon fin, quand les faits établissent que, sur les marchés français et belges, l’exposant vend ses produits en concurrence avec les plus beaux produits similaires anglais, le jury central récompense M. Cox par un nouveau rappel de la médaille d’or.
- MM. Nicolas SCHLUMBERGER et G", à Guebwiller (Haut-Rhin).
- 11 y a toujours la même perfection à signaler dans les produits de cet établissement. Sa marque continue de se classer en première ligne, et d’emporter, dès lors, une garantie certaine de supériorité.
- Les récompenses déjà obtenues par MM. Nicolas Schlumberger et compagnie, et la constance de leur succès, les placent en quelque sorte hors de concours. En tout cas, le jury, en parlant de leurs produits, ne peut-il que répéter aujourd’hui ce qui a été constaté tant de fois aux expositions précédentes : c’est qu’il est difficile de faire aussi bien que M. Schlumberger, et que personne ne fait mieux. Les types qu’ils exposent représentent la série de numéros de leur fabrication courante, qui va du 28 au 200 métrique.
- Ajoutons cependant qu’une innovation importante est à signaler ici : c’est la même suite d’échantillons présentée en filés Jumel et Géorgie long, obtenus au moyen de préparations qui sont le produit de la nouvelle peigneuse mécanique exposée par ces fabricants. Ces filés, que le jury a examinés avec le plus vif intérêt, ne le cèdent en rien à ceux obtenus par les procédés ordinaires. (Voir au chapitre des machines de filature pour la peigneusë.)
- En résumé, le jury, en rappelant que MM. Schlumberger et compagnie peuvent être considérés comme les véritables créateurs en France de la filature en fin, constate, avec non moins de satisfaction , qu’ils n’ont cessé depuis lors de prêcher d’exemple, sous le rapport des progrès et de la perfection, à ceux qui sont venus après eux.
- Le jury, voulant récompenser le mérite de ces fabricants, leur décerne un nouveau rappel de la médaille d’or obtenue en 1827, et rappelée trois fois depuis lors.
- M. Antoine HERZOG, à Logelbach (Haut-Rhin).
- L’excellente réputation dont jouissent, ajuste titre, les produits de M. Herzog, et qui ont valu à cet habile industriel les distinctions
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- les plus éminentes aux expositions précédentes, n’a pas décliné. La consommation continue de classer ses filés au premier rang. A côté des types de sa fabrication habituelle, M. Herzog présente aujourd’hui une série nouvelle de numéros qui s’élèvent jusqu’au 43o métrique. Dans l’état actuel de la consommation, la filature de ces numéros peut sans doute être considérée encore comme un tour de force; mais le fait cl’un progrès aussi remarquable n’en reste pas moins acquis à notre industrie. Le jury se plaît donc à le signaler, tout en félicitant M. Herzog. Cet éminent filateur, dont l’établissement est l’un des plus importants de l’Alsace, a rendu de nombreux et incontestables services à son industrie, en ne reculant jamais devant aucun sacrifice pour introduire chez lui les machines les plus perfectionnées, les meilleurs procédés, et en contribuant ainsi à en répandre et populariser l’emploi.
- Le jury, rendant hommage au mérite deM. Herzog, lui décerne un nouveau rappel de la médaille d’or qu’il avait obtenue en 1839, et qui lui fut rappelée en i844-
- M. FAUQUET-LEMAITRE, à Bolbec (Seine-Inférieure).
- C’est ici encore un nom célèbre dans l’industrie, et qui y est justement honoré. M. Fauquet-Lemaître est non-seulement l’industriel le plus important du département de la Seine-Inférieure (il n’occupe pas moins de 2,000 ouvriers), mais il peut être considéré à la fois comme l’émule des fdateurs de ce pays, à raison des perfectionnements incessants introduits dans ses établissements, surtout en ce qui touche les machines de préparation. Il ne file que 3a série de numéros comprise entre 6 et 3o, dont il expose les types, mais il les traite avec ce savoir-faire qui le distingue à un si haut degré; aussi le tissage mécanique accorde-t-il une préférence marquée à tout ce qui sort de ses ateliers. Les légitimes succès obtenus par M. Fauquet-Lemaître, succès que sa haute capacité et son infatigable activité ont su rendre constants, l’ont fait arriver depuis longtemps aux premières récompenses. Le jury, en signalant au pays un noble et utile exemple, en constatant une fois, de plus les services rendus par M. Fauquet-Lemaître, donne à cet honorable industriel un nouveau rappel de la médaille d’or qui lui fut décernée en i834> et rappelée deux fois depuis lors.
- MM. Ch. NAEGELY et C’\ à Mulhouse (Haut-Rhin).
- L’établissement, de filature de MM. Naegely et compagnie est le
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- Médailles
- d’or.
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- plus important de France. Fondé en 1826, il a acquis, jusqu’en 1837, un développement qui le porte à 84iOOO broches, mises en mou\ement par plusieurs machines à vapeur d’une force totale de 2 5o chevaux et occupant i,3oo ouvriers.
- MM. Naegely et compagnie se livrent principalement à la filature des n°‘ 4o à 160. Leurs produits sont fort estimés et recherchés en Alsace, aussi bien qu’à Tarare et à Saint-Quentin. Les types exposés comprennent toute la série des numéros indiqués plus haut. Ils ne laissent rien à désirer ni pour la netteté, ni pour la régularité et la solidité.
- Honorés de la médaille d’or en 1809, MM. Naegely et compagnie n’ont point pris part à l’exposition de i844, mais ils n’en ont pas moins soutenu dignement depuis lors le rang correspondant à celte distinction; aussi le jury, en constatant derechef aujourd’hui la parfaite qualité des produits de cet établissement si important, accorde-t-il à MM. Ch. Naegely et compagnie le rappel de cette même récompense.
- M. Henri HOFER, à Kaysersberg (Haut-Rhin).
- La position industrielle de cet établissement continue de se maintenir au rang précédemment acquis. Ses produits se distinguent par une grande netteté et une régularité parfaite. M. Henri Hofer s’occupe principalement de la filature des n05 4o à 80. C’est là une spécialité chez lui qu’il traite avec une véritable supériorité, et dans laquelle il s’est acquise une réputation justement méritée. Le jury signale avec plaisir celte persévérance dans la voie de la perfection, et décerne à M. Hofer lé rappel de la médaille d’or qui lui a été décernée en 1844-
- MM. SCHLUMBERGER et HOFER, à RibeauviUers (Haut-Rhin).
- L’établissement deMM.Schlumberger et Hofer compte 17,000 broches et occupe 35o ouvriers. Il expose une série d’échantillons dans les nos 5o à 120. Ces produits ne laissent rien à désirer, et viendraient, s’il en était besoin, continuer l’excellente réputation dont les fdés de cette maison jouissent auprès du consommateur. Ils portent l’empreinte de ces soins habiles et incessants par lesquels MM. Schlumberger et Hofer sont parvenus à faire classer leur fabrication au premier rang. Leurs trames surtout sont fort
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- 4eslimées, autant pour l’excellente confection des canettes que pour la souplesse et la régularité du fil. La filature en fin doit des progrès à MM. Sclilumberger et Hofer.
- Le jury, appréciant le mérite de ces fabricants, déjà honorés de la médaille d’argent en i844, et voulant récompenser des efforts couronnés d’un aussi incontestable succès, décerne à MM. Schurn-berger et Hofer la médaille d’or.
- M. DELAMARRE-DEBOUTTEVILLE, à Rouen (Seine Inférieure).
- Il expose des cotons filés provenant de ses trois filatures, situées à Fontaine-le-Bourg (Seine-Inférieure). Ces produits, consistant en n°s 26 à 100, ne laissent rien à désirer; le jury a surtout remarqué les chaînes 4o comme irréprochables autant sous le rapport de la netteté que de la solidité.
- M. Delamarre-Debouteville est un de ces rares et habiles industriels qui ne reculent devant aucune dépense, devant aucune difficulté, lorsqu’il s’agit d’obtenir un perfectionnement; aussi ses établissements peuvent-ils être considérés comme des modèles en leur genre. Dans de telles conditions, il n’est pas étonnant que l’on arrive à un produit*de qualité supérieure, et c’est là, au surplus, ce qu’atteste suffisamment la préférence marquée qui est accordée par la consommation à tous les articles que lui fournit M. Delamarre. La parfaite habileté autant que les efforts persévérants de ce fabricant, placé à la tête de trois établissements importants, le désignent suffisamment à l’une des premières récompenses, aussi le jury, après lui avoir accordé en x844la médaille d’argent, lui décerne-t-il la médaille d’oix
- M. TESSE-PETIT, à Lille (Nord).
- M. Tesse-Petit est un bon filatcur de coton de qualité courante : voilà le témoignage du jury déparlemehtal du Nord, et celui que dicte l’inspection des produits exposés.
- M. Tesse-Petit obtint la médaille d’argent en i834; elle lui a été rappelée en 1839 et i844-
- M. Tesse-Petit ixlaintient honorablement le rang qu’indique cette récompense élevée.
- Mais pour arriver plus haut, il faut de nouveaux progrès.
- médailles
- d’argent.
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- S’arrêter, ne pas toujours avancer, ne pas marquer sa marche par des succès chaque jour plus éclatants, c’est n’arriver pas là où on pourrait atteindre.
- M. Tesse-Pelit comprendra ce langage. Il arrivera dès qu’il le voudra sérieusement, et qu’il sera secondé d’ailleurs par des circonstances moins fâcheuses que celles qui ont pesé sur l’industrie depuis la dernière exposition.
- Le jury central accorde à M. Tesse-Petit le rappel de la médaille d’argent.
- M. Émile BLOT, à Douai (Nord).
- Il est propriétaire d’une filature de coton, fondée à Douai en
- i8i5.
- C’est une ancienneté d’origine, d’autant plus remarquable, que, de tous les établissements de même nature qui ont été fondés dans la même ville, pas un seul ne reste debout.
- Cela prouve en faveur de l’intelligence et de la persévérance de M. Blot.
- Quelque chose prouve mieux encore : c’est la qualité toujours très-bonne des produits deM. Blo'.
- 45o ouvriers sont employés dans l'établissement de M. Blot. C’est une précieuse ressource pour la population de la ville.
- M. Blot parut à l’exposition de i834 et reçut la médaille d’argent. Depuis lors, on ne l’a pas revu.
- Le jury central, en déclarant que l’exposant tient toujours dans l’industrie le rang élevé qu’il a su y conquérir, lui accorde le rappel de la médaille d’argent.
- M. Jean-Baptiste COURMONT, à Wazemmes (Nord).
- Il est déjà connu à l’exposition, il y vient exactement depuis 1834; il obtint alors une mention honorable; en 1839, ce fut une médaille de bronze, enfin, en i844, une médaille d’argent.
- M. Courmont maintient bien sa fabrication. Se3 produits sont bons et leur vente courante. C’est depuis le n° 6o jusqu’au n° 200 qu’il exerce son industrie. Il n’y a pas à signaler, dans celte fabrication, de progrès transcendants depuis 1844; il ÿ a, toutefois, une régularité qui indique que le bien faire est habituel.
- Le jury rappelle, à M. Courmont, la médaille d’argent qu’il lui a donnée lors de l’exposition de 184/1.
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- MM. MOTTE-BOSSUT et Cie, à Roubaix (Nord).
- Dans le département du Nord, où les plus grands établissements n’excèdent guère 12,000 broches, monter d’un seul jet un établissement de 44,ooo broches est une entreprise qui témoigne hautement de l’esprit résolument industriel qui anime ses fondateurs. MM. Motlc-Bossnt ont introduit, dans leur création, les machines les plus nouvelles et les plus perfectionnées; ils ont montré combien les progrès de la mécanique adoucissent chaque jour le labeur de l’homme, et, en même temps, combien les progrès delà mécanique enlèvent aussi de travail aux sujets de l’industrie. Ainsi, par exemple, pour 44,000 broches, MM. Motte-Bossut emploient 355 travailleurs, il en faudrait plus de 600 pour un même nombre de broches dans les autres établissements. Est-ce à dire que tous les bras économisés tournent entièrement à l’abaissement du prix delà production? Non assurément. Les machines plus perfectionnées coûtent un plus gros capital qu’il faut alimenter et assortir; des machines à vapeur plus puissantes demandent aussi une plus grande quantité de combustible; quoi qu’il en soit, l’industrie doit honorer ceux qui, par une démarche hardie et sur laquelle le retour est impossible, lui dévouent toute leur existence. Les produits sortis de la filature Motte-Bossut sont d’une qualité vraiment très-bonne et d’une vente facile; aussi, pour récompenser le nouvel exposant, letjury lui décerne une médaille d’argent.
- MM. THIRIEZ et C,e, à Esquermes-lez-Lille (Nord).
- Voici de nouveaux concurrents qui se présentent dans la filature du coton lin. Voici un établissement qui, fondé en i843, expose, pour la première fois, des produits de la plus grande finesse.
- Les cotons filés, présentés dans les n05 200 et au-dessus, sont de très-bonne fabrication; les 43o laissent à désirer en fil simple pour la netteté; les retors, pour l’emploi des tulles, paraissent d’excellente qualité.
- Pour rivaliser avec les premiers dans l’art industriel qu’ils exercent, MM. Thiriez et compagnie n’ont qu’à persévérer. Pour récompenser leurs efforts et leurs prompts succès, le jury leur décerne la médaille d’argent.
- Médailles
- d’argent.
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- M. POUYER-QUERTIER fils, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Il expose des colons filés, chaîne et trame, pour la leinture et la fabrication des calicots, qui se placent au niveau de ce que l’expo-silion offre de mieux en ce genre. Ce sont des n°‘ 24 et 4o, tous parfaitement traités, nets et d’une régularité irréprochable.
- La filature de M. Pouyer-Querlier fils, fondée en i844, compte 14,ooo broches et emploie 200 ouvriers. Elle possède un excellent matériel, autant pour les opérations de la filature proprement dite que pour les préparations. Ses métiers à filer sont à envideurs mécaniques. La perfection de ses machines et l’habile parti que sait on tirer ce fabricant intelligent lui permettent de mieux rétribuer ses ouvriers que cela ne se fait dans la plupart des établissements du même genre. C’est là un exemple utile à citer. Une mention relative aux préparations des bancs à broches, présentées par le même exposant, doit encore trouver sa place ici ; ce sont des bobines obtenues par le système dit à compression, et qui offrent une perfection .remarquable.
- En résumé, M. Pouyer-Querlier fils vient de prouver ce que valent les bonnes machines, et quel parti en savent tirer des hommes aussi intelligents que lui. 11 a des droits incontestables à une récompense toute particulière. Le jury veut la lui offrir en lui décernant la médaille d’argent.
- M. NEVEU, à Malaunay (Seine-Inférieure).
- Cet exposant avait obtenu une médaille de bronze en x844- . Mais, comme pour éprouver cet industriel, une trombe détruisit de fond en comble son établissement en i845. Il le reconstruit et le remet en activité en 1847; et voilà que la crise, plus terrible encore que la trombe, vient lui apprendre que l’industrie est une lutte continuelle dans laquelle le courage ne doit jamais faillir.
- Aussi le courage n’a pas failli à M. Neveu, et le jury départemental atteste que cet habile et persévérant industriel a su reprendre la place qu’il avait autrefois conquise, et que ses produits rivalisent avec ceux des meilleures filatures du département.
- Cet exposé suffit pour légitimer pleinement la médaille d’argent que le jury décerne à M. Neveu.
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- M. François LALÏSEL, à Malaunay (Seine-Inférieure).
- M. Lalisel est un industriel modeste et persévérant ; chaque année , dit le jury départemental, il ajoute quelque chose à sa filature, dont les produits s’écoulent facilement. Cité favorablement en i833, il obtint, en i844, une mention honorable. Cette année, satisfait de sa constance et de ses efforts, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. DESHAYES-BENARD, à Saint-Sever (Seine-Inférieure).
- En 1846, l’incendie a dévoré l’établissement que possédait M. Deshayes-Benard. M. Deshayes remit dans l’industrie de nouveaux capitaux, réédifia en 1847 un aleher composé entièrement de machines neuves, et en expose aujourd’hui les produits.
- Ils sont de très-bonne qualité, et, ne laissent rien à désirer, affirme le jury départemental.
- Le jury central confirme cel te opinion, et décerne à M. Deshayes-Benard, dont l’exposition reçoit pour la première fois les produits, une médaille de bronze.
- MM. DE BERGUE frères et Cie, à Lisieux (Calvados).
- Cet établissement produit annuellement environ 207,000 kil. de colon lllés, et emploie 110 à 112 ouvriers. Son matériel est parfaitement monté. Tous scs métiers à filer sont garnis de renvideurs mécaniques.
- Les produits exposés par MM. de Bergue frères et compagnie sont de fort belle qualité. C’est, d’une part, de la trame 16 à 3o, de l’autre, des chaînes 16 à 24 vnull-jenny, ainsi que des i4 en continus. Le jury constate, avec satisfaction, les résultats obtenus par MM, de Bergue frères et compagnie, dont la filature n’est montée que depuis peu d’années, et les récompense de leurs efforts en leur décernant une médaille de bronze.
- MM. RISLER fils et Cio, à Cernay (Haut-Rhin).
- Cet établissement consiste en une filature de 5,000 broches, et un tissage de 200 métiers mécaniques.
- MM. Bisler fils et compagnie exposent des échantillons de coton
- Médailles de bronze.
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- Mentions
- honorables.
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- préparé au moyen d’une machine de l'invention de M. G.-A. Risler, dite épurateur, ainsi que des colons filés obtenus de ces préparations, sans cardage aucun.Ces filés paraissent nets et réguliers, et rendront ainsi témoignage des bons effets à attendre de cette machine, laquelle est d’une application trop récente d’ailleurs pour que l’expérience ait déjà pu prononcer sur son mérite. Les produits de la filature de MM. Risler et compagnie sont d’une fabrication bonne et suivie, et employés aux besoins de leur propre tissage. Le jury décerne à ces fabricants une médaille de bronze.
- M. BERTRAND-GÉRAUD, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Il expose des cotons filés de diverses nuances, mélangées à la carde. Ses produits sont recherchés et employés pour la fabrication des étoffes pour blouses, pantalons, et particulièrement la bonneterie. Ils sont, en effet, parfaitement traités, réguliers, de belle nuance, et d’un prix comparativement peu élevé. C’est la première fois que M. Bertrand se présente au concours. Le jury décerne à ce fabricant une médaille de bronze.
- I
- M. DELAVIGNE, à Déville (Seine-Inférieure).
- Il expose pour la première fois. Ce fabricant présente des cotons filés contintis et autres, en chaîne et demi-chaîne, depuis le n° i4 jusqu’au n° 34- Ces produits sont de bonne qualité. La consommation les recherche, et a su les distinguer depuis bien des années.
- La filature de M. Delavigne compte 18,000 broches, et occupe 4oo ouvriers. Le jury décerne à ce fabricant la médaille de bronze.
- MM. LAGET et DÜPUY, à Vizille (Isère).
- Ils exposent des cotons filés en gros numéros, des moulinés, fils à tricoter, ainsi que des cotons cardés. Ces produits sont d’une bonne fabrication, réguliers, soignés, et proviennent d’excellentes matières. MM. Laget et Dupuy exposent pour la première fois. Le jury accorde à ces fabricants une mention honorable.
- MM. HENRY fils et BOMPART, à Bar-sur-Ornain(Meuse).
- Filature de 8,000 broches, .employant 15o ouvriers. Ces fabricants exposent pour la première fois. Leurs produits sont de bonne qualité et généralement estimés. Le jury accorde à MM. Henry fils
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- et Bompart, une mention honorable. Il regrette que, dans une localité où les établissements ne manquent pas, aucun n’ait cru devoir suivre l’exemple donné par ces honorables fabricants, et serait heureux de voir comblée, à l’exposition prochaine, la lacune qu’il vient de signaler.
- M. J.-C. DAVILLIER et C“, à Gisors (Eure). Mention*
- pour ordre.
- Cette maison a perdu son regrettable chef il y a trois ans; il était âgé de 87 ans, et, l’année qui a précédé sa mort, il rédigeait et écrivait de sa main ses dispositions testamentaires dont il confiait l’exécution à l’un de ses collègues ; il les faisait précéder de ces mots :
- « J’ai consacré ma vie entière au travail afin de laisser à mes enfants « un nom et une fortune honorables, etc. » Il avait noblement atteint ce double but. L’empereur l’avait créé baron, le roi Louis-Philippe l’avait fait pair de France, et ces honneurs ne lui firent point d’envieux, car chacun rendait justice à ses éminentes qualités et à l’intégrité de son caractère^ Sa grande fortune lui était également par-donnée, parce qu’on savait qu’elle avait été aussi laborieusement qu’honorablement acquise et qu’elle ne devait rien au jeu de la spéculation.
- M. J.-C. Davillier était bien le fils de ses œuvres. Il était venu de Montpellier, son pays natal, à Paris, à l’âge de 18ans, avec 2 5 louis dans son gousset pour toute fortune. Il aimait à raconter ses modestes débuts dans la carrière qu’il a si bien remplie. Si sa longue vie nous offre un modèle de constance, de probité, d’honneur, sa mort nous laisse un exemple qui n’est pas moins digne d’imitation. Reconnaissant envers l’industrie qui l’avait fait tout ce qu’il était,il a voulu s’y survivre ; il a légué ses grands établissements de Gisors et des environs, en commun à deux de ses fils et à son gendre, qui depuis longues années étaient ses associés, à la charge par eux de continuer à les exploiter en société. Ce sont eux qui, soutenant dignement le nom de leur auteur, exposent aujourd’hui leurs produits sous l’ancienne raison de commerce qui est encore la leur.
- Depuis i8a4 celte ancienne maison n’avait pas figuré aux expositions. Il faut d’autant plus féliciter ses représentants aciuels de s’être décidés à se présenter au concours, qu’ils auront fait naître l’occasion de constater de nouveau le mérite incontestable de leurs produits et les progrès qu’ils ont fait faire à leur industrie.
- Les vastes établissements de MM. J.-C. Davillier et compagnie,
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- situés àGisors (Eure) et clans les environs, se composentd’une filature de 28,272 broclies, d’un tissage de 383 métiers mécaniques et de 120 métiers à bras, enfin d’une blanchisserie de calicot, la plus considérable de ce genre qui existe en France.
- Ils emploient 1,000 ouvriers et livrent annuellement à la consommation une valeur moyenne de deux millions de produits.
- Les cotons filés soumis à l’appréciation du jury consistent principalement en chaînes n°‘ 28 à 44 simples, 4o, 60 et 70 retors à deuxbouts, sont fort beaux, d’une grande netteté et très-résistante à la traction.
- Ces honorables industriels n’ont point attendu l’appel fait à leur philanthropie pour la mettre en pratique dans leurs établissements. Depuis longtemps ils distribuent à l’entrée de l’hiver des vêtements à leurs ouvriers nécessiteux, ils font chaque jour des distributions gratuites de soupes auxquelles sont conviés les ouvriers et leur famille dans le besoin. A la première apparition du choléra, ces soupes sont devenues plus substantielles par l’addition de la viande de bœuf, et ils ont pris des précautions hygiéniques pour sauvegarder leurs ouvriers contre les atteintes du fléau.
- Dès 1824 ils ont fondé et doté une caisse d’association mutuelle entre leurs ouvriers pour venir au secours des malades.
- Non contents de pourvoir aux besoins physiques de leurs ouvriers ils n’ont pas mis moins de zèle à favoriser leur éducation morale. Ils ont fondé des écoles d’enfants et d’adultes; ils ont fait construire un bâtiment exprès, ont pourvu les classes du mobilier nécessaire et des ouvrages dont on fait usage dans les meilleures écoles primaires.
- Aussi la reconnaissance de leurs ouvriers les a-t-eîle récompensés de leurs soins intelligents et généreux. Ils ont résisté dans les mauvais jours que nous venons de traverser, aux provocations qui ne leur ont pas manqué du dehors; ils sont restés fidèles à leurs ateliers où il ont toujours été assurés de trouver de l’ouvrage et un salaire convenable.
- Ces exposants, employant eux-mêmes la plus grande partie de leur filature, trouveront à l’article des tissus de coton, la mention de la récompense que leur décerne le jury.
- MM. HARTMANN et fils, à Munster (Haut-Rhin).
- Ils exposent un assortiment complet de filés, depuis le n° 6 jus-
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- qu’au n° 3oo métrique. La plus grande partie du produit de la vaste filature de MM. Hartmann et fils est employée par leurs propres tissages ; cependant une quantité assez notable en est livrée à la consommation, qui les recherche et les distingue avec un empressement parfaitement justifié. MM. Hartmann et fils ont toujours marché en tête de l’industrie de la filature : perfection des machines, soins parfaitement entendus, tout enfin concourt, chez eux, à donner à leurs produits ce cachet de supériorité que nous venons de signaler. Si le jury n’avait à juger MM. Hartmann et fils que comme fila-leurs, il aurait sans doute le devoir de payer ici un tribut d’éloges plus longuement motivé à leurs excellents produits ; mais MM. Hartmann sont en même temps des tisseurs distingués, et surtout des fabricants d’impression d’une haute réputation. Us trouveront donc, à ces divers chapitres, une appréciation plus complète, et de l’importance et de la rare perfection de l’ensemble de leur fabrication.
- MM. POUYER -QUERTIER et PALIER, à Fleury-sur-Andelle (Eure).
- Us exposent des échantillons de chaîne et trame pour la fabrication des calicots. Ces produits sont de belle qualité.
- MM. Pouyer, Quertier et Palier convertissant en tissus tout le produit de leur filature, trouveront, au chapitre des Tissus de coton, l’indication de la récompense que le jury leur attribue.
- M. PEIGNÉ-DELACOURT, directeur de la Société ano-nyme d’Ourscamps (Oise).
- La société d’Ourscamps emploie pour ses propres tissages la plus grande partie du produit de sa filature; une faible partie seulement en est livrée à la vente.
- Les échantillons de filés, présentés par cet établissement., sont de bonne qualité et doivent donner de bons résultats au tissage. La société d’Ourscamps trouvera, au chapitre des Tissus de coton, l’indication de la récompense que le jury lui attribue.
- MM. STEINHEIL, DIETERLIN et Cie, à Rotliau (Vosges). (Successeurs de Mme V° Pramberger.)
- Ils exposent des chaînes 27, 29 et 32, et des trames 36, 4o et 48, nettes, régulières et bien filées.
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- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- MM. Steinheil, Dieterlin et compagnie, employant eux-mêmes les produits de leur filature, trouveront, au chapitre des Tissnsdc coton, une appréciation de l’ensemble de leur fabrication.
- MM. LÉVEÏLLE frères, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Ils sont à la fois filateurs et teinluriers, c’est-à-dire que MM. Lé-veillé sont très-habiles filateurs et, de plus, habiles teinluriers. Leurs produits de filature, d’excellente qualité et de prix modérés, sont toujours classés au premier rang chez tous les consommateurs. L’habile chimiste chargé d’examiner les produits teints qu’exposent MM. Léveillé, dira s’ils méritent, comme teinluriers, les éloges que la commission des tissus leur adresse comme filateurs; il unira son avis au nôtre pour nous aider à dire par quelle récompense peuvent être payés les efforls persévérants et les succès de ces exposanls.
- COTONS RETORS.
- M. BRESSON, à Paris (Seine).
- M. Bresson est tout à fait hors ligné dans son industrie ; il n’est pas iilateur de coton, mais il transforme le coton en objets si variés, et le rend propre à tant d’usages, que c’est, en quelque sorte, une seconde création.
- Le fil à coudre et le fil à broder sont les principales appropriations du coton auxquelles s’est livré M. Bresson, et il le fait avec un succès qui chaque jour affermit sa réputation.
- M. Bresson ne fait pas seulement de bons produits, il entretient toujours ses ouvriers, qui trouvent chez lui un salaire abondant; c’est 100 hommes, gagnant de 3 fr. 25 cent, à 4 h’. 5o cent, par jour, et 35o femmes, dont le gain varie de i fr. 25 cent, à 2 fr. 5o; voilà l’ensemble des salaires que distribue annuellement M. Bresson : c’est l’équivalent de 3oo,ooo francs qui, joints au prix des matières premières, composent une production estimée à 1,200,000 francs.
- L’atelier de M. Bresson s’est de beaucoup accru depuis la dernière exposition. 11 avait reçu alors la médaille d’argent. L’industrie de M. Bresson ne paraît pas promettre une Æmunération plus élevée; néanmoins, en raison des efforls constants de cet habile industriel, le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent. .
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- MM. MOREL frères, à Paris (Seine). Mentions
- honorables
- Le jury mentionne honorablement MM. Morel frères.
- M. VALETTE et C,e, à Paris (Seine).
- Retordeurs de fil à coudre en colon, qui paraissent pour la première fois à l'exposition avec de bons produits. Ils reçoivent une mention honorable.
- DEUXIÈME SECTION.
- 1M DIVISION.
- TISSUS DE COTON EN BLANC ET ÉCRU.
- M. Emile DoIfu3, rapporteur.
- MM. KETTINGER et fils, manufacturiers à l’Escuse, près Exposants Rouen (Seine-Inférieure). h°‘'s
- Faisant partie du jury central, ils se trouvent hors de concours. concours> Quoiqu’il nous soit interdit d’entrer dans quelques développements sur les produits exposés par cette maison, qu’il nous soit cependant permis d’affirmer qu’elle se maintient au rang qui l’avait fait distinguer en i834 par la médaille d’or.
- MM FÉRAY et Cio, à Essonne (Seine-et-Oise).
- Nous avons déjà eu l’occasion, à l’article Cotons filés, de parler des produits de MM. Féray et compagnie. Il reste à dire un mot, ici, des tissus de coton exposés par ces fabricants. Ces tissus consistent principalement en tissus forts ou serrés, dits madapolams, genre dans lequel MM. Féray et compagnie ont acquis une grande perfection. Les types exposés présentent un grain parfaitement net et une grande régularité. Quant à la récompense qui serait due à MM. Féray et compagnie, le jury ne peut que se référer à ce qui a été dit à l’article Cotons filés, ces messieurs se trouvant hors de concours.
- Hi, 13
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- Médailles
- d’or.
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- MM. Jean-Charles DAVILLIER et Cie, à Gisors (Eure).
- Ce qui a été dit de cet important établissement à l’article Cotons jilès, s’applique également, et d’une façon non moins complète, aux produits des tissages de MM. Davillier, ainsi que de leurs ateliers de blanchiment et d’apprêts : grande netteté de matière, régularité parfaite du tissu, et une pureté complète pour le blanc, c’est là ce que le jury a constaté dans les types de cette fabrication.
- Le bel établissement de Gisors fournit du travail à un nombre considérable d’ouvriers, il offre, sous ce rapport, de grandes ressources aux populations de la localité. 45o,ooo kilogrammes de colon en laine y sont annuellement convertis en fdés et en tissus, et, outre le blanchiment de la plupart de ces étoffes, xo millions de mètres de calicot, cretonne, etc., sont blanchis et apprêtés à façon dans ses ateliers. Un tel mouvement d’affaires dit suffisamment que la consommation recherche les produits qui y donnent lieu, et quelle est la qualité de ceux-ci. MM. Jean-Charles Davillier et compagnie avaient obtenu une médaille d’argent en 1824. Depuis lors, ils n’avaient plus paru aux expositions, mais leurs produits n’en ont pas moins continué de soutenir leur excellente réputation. Aujourd’hui, ces fabricants se présentent de nouveau au concours, et ont pu faire constater que cette réputation était pleinement justifiée. Le jury, en signalant ce fait, et voulant offrir à MM. Davillier et compagnie la légitime récompense à laquelle ils peuvent prétendre , leur décerne la médaille d’or..
- MM. A. B. et.Ernest SEILLIÈRE et Cie, àSenones (Vosges).
- Ils réunissent les trois industries de la filature, du tissage et du blanchiment et apprêt. Ils livrent annuellement à la consommation 2 millions de mètres de tissus divers, tels que cretonnes, calicots, madapolams, coutils, croisés, brillantis, etc. Leur fabrication est très-soignée. Le jury a constaté avec plaisir que cet important établissement soutenait dignement le rang qu’il occupe dans l’industrie depuis un grand nombre d’années. Placé dans de fort bonnes conditions de production, il a pris une extension rapide. La variété de ses articles, jointe à leur bonne qualité, lui en assure un débouché facile.
- MM. Seillières et compagnie, succédant à MM. Seillières et Tra-vensal, ont obtenu, en i844, le rappel de la médaille d’argent, dé-
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- cernée à leurs prédécesseurs en i834- Depuis lors, de nouveaux progrès ont encore été faits par ces fabricants ; le jury, en le constatant, a voulu les en récompenser, en leur décernant aujourd’hui la médaille d’or.
- M. Xavier JOURDAIN, à Altkirch (Haut-Rhin).
- Il expose une grande variété de tissus écrus en colon pur et coton et laine, mousselines-laine dites chaînes-coton, jaconas, organdis, pekins, satin grec, croisés, calicots, etc.', le tout d’une exécution parfaite.
- Cet établissement compte aujourd’hui 65o métiers à tisser à la mécanique ainsi qu’une filature de i6,5oo broches. Le tissage produit annuellement plus de 3 millions de mètres d’étoffes dans les genres indiqués plus haut, représentant une valeur de près d’un million et demi.
- La fabrication des tissus de coton mélangées de laine, et principalement l’article dit chaîne-coton, qui a pris depuis quelques années une si grande extension en Alsace, doit de notables perfectionnements à M. Xavier Jourdain. Ses tissus se font remarquer par une régularité et une netteté vivement appréciées pour l’impression.
- Industriel habile, adéf et surtout persévérant, sachant faire face aux difficultés et les vaincre, M. Jourdain est arrivé non-seulement à créer, mais à faire prospérer un établissement important dans une localité où, avant lui, n’exislait aucune industrie. C’est une ressource qu’il a assurée à une population nombreuse, et qu’il a su lui conserver intacte, malgré la crise que le pays a eu à traverser, grâce à des efforts qui ne se sont jamais ralentis et à la qualité parfaite de ses produits qui en ont assuré le débouché. Le jury se plaît à offrir à ce fabricant, déjà honoré d’une médaille d’argent en i844, la juste récompense de si honorables succès et lui décerne, en conséquence, la médaille d’or.
- M. VAUSSARD, à Bondeville (Seine-Inférieure).
- Filature de 24,000 broches, lissage mécanique de 416 métiers.
- Cet établissement est l’un des plus importants du département de la Seine-Inférieure. Ses produits, parfaitement soignés, obtiennent un écoulement facile, tant-sur place que sur les marchés de l’Algérie, où M- Vaussard a établi des maisons de vente. De pa-
- i3.
- Nouvelle
- médaille
- d'argent.
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- reilles entreprises sont dignes de tout l’encouragement dii jury, puisqu’en contribuant à procurer l’écoulement de nos produits au dehors, c’est assurer en même temps un nouvel aliment au travail national.
- Le jury, en félicitant M. Vaussard d’être entré dans celte voie, ne peut que l’engager à y persévérer, et lui décerne, à titre de récompense, une nouvelle médaille d’argenl.
- Rappels MM. POUYER- QUERTIER et PALIER, à Fleury-sur-
- médanies Anclelle (Eure).
- d’argent.
- Ils produisent annuellement de 12 à r,3oo,ooo mètres de calicot, destinés principalement à l’impression; ils fournissent aussi des toiles pour l'Algérie : ces produits sont estimés. Le jury accorde à MM. Pouyer-Querlier et Palier le rappel de la médaille d’argent obtenue par ces fabricants en i844-
- ?
- M. BUREAU jeune, à Nantes (Loire-Inférieure).
- 11 expose des futaines écrues blanches et en couleurs, de divers genres et finesses; des finettes et des toiles de colon fortes, écrues et blanches; des retors gris et rayés; des doublures unies et croisées. Ces articles, si variés, sont, sans exception, d’une fort belle exécution et, par cela même, très-recherchés dans la consommation. M. Bureau jeune réunit chez lui les trois industries de la filature, du tissage et de la teinture, qui toutes concourent au mérite de ses produits.
- Le jury lui donne le rappel de la médaille d’argent qu’il a obtenue en i844.
- Médailles M. ROUSÉE, à Darnetal (Seine-Inférieure).
- d’argent.
- Il expose trois pièces de calicots pour l’impression, et douze pièces pour 3a vente de l’Algérie. Ses produits, fabriqués avec d’excellentes matières, sont très-nets et parfaitement soignés. L’établissement de M. Rousée compte 35o métiers mécauiques, i,4oo,ooo mètres de tissus en représentent le produit, dont la moitié se vend pour l’exportation de lbAlgérie.
- Le jury est heureux de signaler ce fait qui fait honneur à l’intelligente activité et aux soins habiles de cet industriel. M. Rousée a obtenu une médaille de bronze en 1844, il a droit aujourd'hui à
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- une récompense supérieure. Le jury lui décerne, en conséquence, la médaille d’argent.
- M. Jean-Baptiste FLAGEOLLET, à Vagney (Vosges).
- Il a fondé en i83o à Zainevilliers près Vagney (Vosges), un établissement de fdature et de tissage mécanique, qui compte aujourd’hui 10,000 broches et 536 métiers à tisser, avec les accessoires d’un atelier de construction et d’une fonderie, le tout occupant plus de 700 ouvriers. Celte rapide extension, dans une localité où l’industrie était à peine acclimatée, témoigne à la fois de l’activité et de l’intelligente direction que ce fabricant a su donner à son entreprise. Son exemple n’a pas été perdu, et les perfectionnements que M. Fiageollet n’a cessé d’apporter à ses machines, comme à toutes les parties de son établissement, ont servi d’encouragement et de modèle à plus d’un concurrent.
- Les;'produits de M. Fiageollet sont bien fabriqués, et entrent dans la grande consommation. Il expose plusieurs pièces de bril-lantis et de croisés à rayures, qui sont fort belles; il présente également une machine construite dans ses ateliers. Celte dernière sera appréciée au chapitre des machines.
- Le jury, voulant récompenser les efforts de cet industriel habile et laborieux, lui décerne la médaille d’argent.
- MM. STROEIILIN, PEYNAUD et LECOMTE, à Rouen (Seine-Inférieure ).
- Ils exposent une pièce de calicot pour l’impression, comme type de leur fabrication, qui est fort belle et parfaitement suivie;, la grande régularité des tissus sortant de celte maison les fait rechercher de préférence pour la fabrique d’indiennes. MM. Slrœhlin , Peynaud et Lecomte produisent eux-mêmes les filés employés par leur lissage; ils occupent 33o ouvriers; ils produisent annuellement 2,4oo,ooo mètres de tissus, représentant une valeur de 85o,ooo francs.
- Ces fabricants exposent pour la première fois.
- Le jury, reconnaissant la perfection de leurs produits, généralement appréciés d’ailleurs, ainsi que les efforts,faits pour arriver à ce résultat, décerne à MM. Slrœhlin, Peynaud et Lecomte, la médaille d’argent.
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- M. PEIGNÉ-DELACOURT (société d’Ourscamps), à Paris (Seine).
- L’établissement d’Ourscamps compte 29,160 brochés de filature, n4o métiers à lisser à la main, et 16 métiers mécaniques; fondé en 1822 , au moment où la filature du coton commençait à prendre en France un développement vraiment sérieux, il a eu le mérite de contribuer largement aux progrès que fit surtout et rapidement, à cette époque, la filature des numéros ordinaires. Depuis lors, des phases diverses ont été traversées par cet établissement, mais il a continué de fournir des produits qui sont estimés. Ceux qu’il expose aujourd’hui offrent incontestablement ce caractère.
- Le jury a remarqué des cretonnes, des madapolams et des tissus plus légers, genre dit toile, qui présentent une grande régularité et sont généralement bien traités. Une médaille d’argent est, en conséquence, décernée àM. Peigné-Deîacourt, directeur de la société anonyme d’Ourscamps.
- Nouvelles médailles de bronze.
- MM. Eugène PROVENSAL et C'\ à Moussey (Vosges).
- Il a été l’un des premiers qui ait introduit dans le département des Vosges les appareils à tisser dits Jacquarts, aujourd’hui très-répandus dans le tissage mécanique. Les brillantés et damassés présentés par M. Provensal sont d’une belle apparence et d’une bonne fabrication. Cet établissement compte 210 métiers et occupe 220 ouvriers.
- M. Provensal a obtenu en i844une médaille de bronze. Depuis lors, de nouveaux perfectionneriients ont encore été apportés à sa fabrication. Le jury le reconnaît et décerne à M. Provensal une nouvelle médaille de bronze.
- MM. Antoine COLLIN et Cie, à Saulx (Vosges).
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- Ils s’occupent principalement de la fabrication des calicots légers pour l’impression. Les types qu’ils exposent sont nets et parfaitement réguliers. Ces artistes ne sont pas<sans mérite.
- MM. AntoineCollin etcompag’nieonl obtenu en i 844 uné médaille de bronze. Ces fabricants ne sont pas restés stationnaires depuis lors, et ont suffisamment prouvé qu’ils avaient marché avec le progrès qui n’a pas cessé de s’opérer dans l’intéressante industrie dont ils
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- s’occupent. Le jury décerne à MM. A. Collin et compagnie une nouvelle médaille de bronze.
- MM. DEBU père et fils, à Blosseville ( Seine-Inférieure).
- Ils présentent 4 pièces de calicot pour l’impression, d’une fort bonne exécution. Ces fabricants soutiennent leur réputation, et leurs produits peuvent être classés parmi ce qui se fait de mieux dans ce genre de tissus. L’établissement de MM. Debu père et fils compte 120 métiers à tisser et occupe 85 ouvriers. Ces fabricants ont obtenu une médaille de bronze en 1844- Le jury, reconnaissant qu’ils s’en montrent toujours dignes, et voulant récompenser la persévérance de leurs efforts, leur décerne une nouvelle médaille de bronze.
- Mrao veuve HAMELIN et M. LEFEBVRE, à Saint-Blaise-Îa-Roche ( Vosges ).
- Médailles de bronze*
- Ils exposent 2 pièces cretonneblancbe et une pièce cretonne écrue. La fabrication de Mmc veuve Ilamelin et Lefebvre se recommande par une grande régularité de tissu et beaucoup de force. L’usage de ces tissus paraît devoir être excellent. Le jury décerne à Mme veuve Hamelin et Lefebvre une médaille de bronze.
- M. Louis BIAN, à Reulheim ( Haut-Rhin ).
- Créé, en i835, dans une vallée du Haut-Rhin offrant peu de ressources au travail agricole, l’établissement de M. Louis Bian a rendu un véritable service à la partie pauvre de là population de cette localité. Il se compose d’une filature de 10,006 broches et d’un tissage de 280 métiers mécaniques, produisant annuellement 1,3oo,ooo mètres de calicot et cretonne. M. Bian expose pour la première fois -, les articles qu’il présente consistent en plusieurs pièces de sa fabrication habituelle. Cette marchandise est de belle qualité, régulière.et faite avec de bonnes matières. Le jury à examiné ces produits avec intérêt, ètdécerne à M. Biàn une médaille de bronze.
- M. DEFFRENNES-DUPLOUY, à Lannoy (Nord).
- 11 expose 6 courtes-pointes piquées, blanches, en coton, de bonne fabrication. M. Deffrennes-Duplouy, déjà mentionné honorable-nrént en i844, a joint depuis lors, à son industrie du tissage du
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- Mentions
- honorables.
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- colon, celle de la filature el du tissage de la laine. Le produit de son élablissement s’élève aujourd’hui à près de 3oo,ooo francs par an. Ses marchandises se placent avec avantage.
- Le jury décerne àM. Deffrennes-Duplouy une médaille de bronze.
- MM. G. STEINHEIL - DIETERLIN et Cie, à Rothau (Vosges).
- Ils occupent 5oo ouvriers, tant à la filature qu’au lissage du coton, et livrent annuellement à la consommation pour près de 800,000 francs de produits, consistant en calicots et croisés, tant écrus que teints, glacés pour doublures ou divers autres usages.
- Ces produits offrent une grande variété et sont parfaitement traités. MM. G. Sleinheil-Dieterlin et compagnie exposent pour la première fois. Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- FUTA1NE.
- M. Armand LEPOiNTOIS, à Lorient (Morbihan).
- 11 expose une pièce futaine écrue de bonne fabrication. Le jury lui accorde une mention honorable.
- DEVANTS DE CHEMISES.
- M. Jean-Baptiste DURANTON, à Paris (Seine).
- Il présente un nouvel article en coton : ce sont des devants de chemises façonnés, obtenus directement au lissage, et imitant parfaitement les plis des devants cousus. L’inventeur de ce nouveau procédé de fabrication est M. Hulot. Ces tissus sont fort beaux et peuvent être produits dans les dessins les plus compliqués comme dans les plus simples, en tissu de lin comme en colon. L’article de M. Duranlon paraît appelé à avoir de l’avenir, grâce à sa belle exécution et à l’économie considérable qu’il présente sur les travaux exécutés à l’aiguille. Le jury accorde à M. Duranton, qui expose pour la première fois, une mention honorable.
- Étoffes incléplissables pour lingerie.
- M. Barthélemy LABIOSSE, à Lyon (Rhône).
- Il expose un nouveau tissu en colon, dit indépUssabk, pour lin-
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- gcrie. Ce tissu reproduit entièrement les plis cousus, de toutes les largeurs désirables, à cette seule différence près, on l’a déjà compris, qu’ici les plis, qui ne sont, d'ailleurs, fixés que d’un seul côté, à l'imitation du travail à la main, sont formés par le tissu même, au lieu d’être faits à l’aiguille. Cette étoffe nouvelle est fort belle et peut être fabriquées à divers degrés de finesse. Les devants de chemises mis sous les yeux du jury peuvent être livrés à 21 francs la douzaine, en dessins très-riches; c’est la sixième partie de ce qu’un travail analogue coûterait, exécuté à la main. Selon toute apparence, ce nouveau produit sera appelé à jouer un rôle important dans la confection des articles de lingerie. Le jury, voulant récom-penler M. Labiosse de son ingénieuse application, lui accorde une mention honorable.
- Mmo V* THORË jeune, P. HOREM et DENIS aîné, à
- J
- Saint-Georges-Buttavant (Mayenne).
- Ils exposent deux pièces de calicot en 45 et 55 portées. C’est de la marchandise légère, mais bien fabriquée. L’établissement de M‘ne V01 Thoré jeune, P. Horem et Denis aîné se compose d’une filature de 10,000 broches et d’un tissage mécanique de 220 métiers; son produit annuel est de 1 million 1/2 environ de mètres de tissus.
- Le jury signale avec plaisir une circonstance qui se retrouve malheureusement trop rarement ailleurs et qui existe dans l’établissement de M“,c V01 Thoré jeune, P. Horem et Denis aîné : c’est que tous les ouvriers y sont logés, et que chacun y a son jardin. Il serait à désirer que celte condition, si favorable sous tant de rapports, put se rencontrer plus fréquemment. C’est la première fois que Mmc V01 Thoré jeune, P. Horem et Denis aîné se présentent à l’exposition. Le jury leur accorde une mention honorable.
- MM. GROS, ODIER, ROMAN et Cic, à Wesserling (Haut-
- Rhin h
- !
- Ils exposent des madapolams, des croisés, percales, cretonnes, brillanlis, damassés, etc., en blanc et apprêtés. Ce sont de beaux et bons articles, justifiant de tous points la réputation des produits sortant de la fabrique de Wesserling. MM. Gros, Odicr, Roman et compagnie ont, depuis quelques années, considérablement augmenté le nombre de leurs métiers à lisser. Il est peu d’élablisse-
- Mention pour ordre.
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- ments qui produisent autant et aussi bien. Tout s’y fait mécaniquement, depuis les articles les plus serrés jusqu’aux plus légers. Une granclè partie èn est convertie en impressions dans leur manufacture même ; le reste est livré à la vente en blanc. L’extension que ses habiles fabricants ont su donner à cette vente dit assez que leur marchandise répond, par la qualité et le prix, au goût du consommateur.
- L’impression étant la principale branche d’industrie de MM. Gros, Odier, Roman et compagnie, ils trouveront, au chapitre des tissus imprimés, le résumé de l’opinion du jury sur l’ensemble de leurs produits.
- MM. HARTMANN et fils, à Munster (ITaut-Rhin).
- Ils possèdent l’un des plus beaux et des plus vastes établissements de tissage de France. On retrouve ici celte perfection dans les machines, cet agencement bien entendu, cet ensemble de soins, enfin, qu’offrent leurs ateliers de filature et d’impression. Comment les produits d’un tel établissement ne porteraient-ils pas l’empreinte de tant d’éléments de supériorité et de succès ? Le jury a constaté la qualité parfaite des divers articles qui ont passé sous ses yeux. Il a vu de fort belles cretonnes et des madapolams qui ne laissent rien à désirer. Le blanc et l’apprêt de ces marchandises répondent à la qualité du tissu.
- L’impression formant la principale branche d’industrie de MM. Hartmann et fils, ils trouveront, au chapitre des tissus imprimés, le résumé de l’opinion du jury sur leurs divers produits.
- DEUXIÈME DIVISION.
- TISSUS DE COTON EN COULEUR.
- Médailles
- d’or.
- § 1«. FABRICATION D’ALSACE.
- Mme veuve Laurent WEBER et Gie, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Rieti n’égale la variété, le brillant, ainsi que le bon goût des articles exposés par celte fabrique Le c'ôton, la laine, là soie y
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- sont tour à tour mis à contribution, soit isolément, soit réunis, pour se présenter à l’œil sous les formes les plus diverses, les plus élégantes et les plus riches.
- La fabrication de Mmc veuve Laurent Weber et compagnie est parfaitement soignée. Beauté du tissu, fraîcheur du coloris, originalité et bon goût des dessins, tout y concourt. Elle comprend principalement ce qu’on appelle le genre nouveautés dans ces articles, et y tient incontestablement le premier rang. Un produit annuel de 35,ooo pièces, soit environ 900,000 mètres, représentant une valeur de 1,100,000 francs, donnent la mesure dè son importance. Une partie notable de ce produit est placée à l’exportation .
- Fondé en 1795, cet établissement, fort ancien, a toujours su, mais depuis un certain nombre d’années surtout, s’assurer, par une bonne exécution, certaines spécialités d’articles, suivant avec intelligence les caprices de la mode, et sè montrant habile à y conformer sa production.
- Honorés de la médaille d’argent en 1839, laquelle leur fut rappelée en i844, Mmo veuve Laurent Weber et compagnie, n’ayant pas cessé de progresser dans leur industrie, possèdent aujourd’hui des titres incontestables à une récompense supérieure. Le jury le reconnaît et leur décerne, en conséquence, la médaille d’or.
- MM. BLEGH frères, à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).
- Us exposent une grande variété de tissus en coton, laine et soie, pour robes et cravates, qui se font remarquer autant par le bon goût des dessins que par leur finesse et leur belle exécution.
- La maison Blech frères est l’une des plus anciènnes d’Alsace pour ce genre de fabrication, dans lequel elle a toujours, et avec justice, été citée au premier rang. Ses produits, qui ont un rare cachet de perfection, sont goûtés èn France comme à l’étranger, et procurent du travail à 1,000 ouvriers autant dans l’établissement même qu’au dehors.
- Depuis i8'44, cette maison a enfeore augmenté le chiffré de sa production, qui atteint aujourd’hui 27,000 pièces, représentant une valeur de 800,000 francs, et témoigne suffisamment dès progrès incessants qu’elle a dû apporter dans sa fabrication pour la
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- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- Médailles
- d’argent.
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- faire arrivera celle importance, tout en lui conservant la supériorité par laquelle elle n’a pas cessé de se faire remarquer.
- Récompensés de la médaille d’argent en i83g, MM. Blech frères se sont vus rappeler cette récompense en i844- Le jury reconnaît les nouveaux progrès qu’ils ont faits depuis lors et leur décerne une médaille d’or.
- M. Adolphe MOHLER, à Obernay (Bas-Rhin).
- Il a le talent de joindre, à une «exécution parfaite, un goût toujours remarquable, une variété infinie dans la composition et le nombre de ses produits.
- Il expose de forts beaux tapis en coton, de divers genres, que l’on a peine à ne pas confondre avec ceux de laine, tant pour le brillant des couleurs que pour la nature vraiment artistique du tissu; un assortiment de cravates et mouchoirs dits madras, parfaitement traités; enfin plusieurs produits nouveaux, entre autres des fichus en coton, avec lames d’or et d’argent, et un tapis en formium ienaæ ou chanvre de Calcutta.
- Tous ces articles valent à M. Mohler des éloges mérités. Par ses louables et incessants efforts, il a étendu et perfeclionné un genre de fabrication si utile à la grande consommation, et il est arrivé à se créer, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, un clébouché'qui s’élève à 5oo,ooo francs, et qui procure du travail à un grand nombre d’ouvriers.
- M. Mohler a été remarqué avec distinction aux expositions précédentes; il ne l’est pas moins aujourd’hui. Le jury lui accorde une nouvelle médaille d’argent.
- MM. FISCHER frères, à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin j.
- Le jury regrette que MM. Fischer frères ne l’aient pas mis dans le cas, plus tôt, de distinguer leurs beaux produits; car ces fabricants se présentent pour la première fois au concours, et, il faut le reconnaître, ce début les place à l’un des rangs les plus honorables.
- La fabrication de MM. Fischer frères consiste en articles de nouveautés divers, pour cravates et robes, en coton, laine et soie. Ces articles sont de fort bon goût, très-bien établis, et présentent une; grande variété.
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- MM. Fischer emploient 600 ouvriers, et produisent annuellement pour 5oo,ooo francs de marchandises, dont un cinquième au moins se place sur les marchés du dehors. Celte maison a beaucoup d’industrie; aussi s’est elle rapidement élevée à l’une des premières positions dans son genre de fabrication.
- Le jury décerne à MM. Fischer frères la médaille d’argent.
- M. Napoléon KOENÏG, à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin ).
- Il continue de se faire remarquer par une excellente fabrication, comme par le bon goût de ses articles, en tissus de coton et mélanges de colon, laine et soie. Le jury a reconnu que de nouveaux progrès avaient été faits par ce fabricant depuis la dernière exposition. Ses articles ont beaucoup de solidité, les couleurs en sont vives et bien assemblées. Ses qualités, jointes à leur variété inlinie, ont permis à M. Rœnig d’augmenter sensiblement sa production, qui s’élève aujourd’hui à 5oo,ooo mètres, représentant une valeur de 4oo,ooo francs, dont px*ès de x00,000 passent à l’étranger.
- M. Rœnig a obtenu, en i844, une médaille de bronze, le jury le juge digne aujourd’hui cl’une l’écorapense supérieure, et lui décerne la médaille d’argent.
- M. ZETTER-TESSIER, à Saint-Dié (Vosges).
- Il expose des tissus en lii de lin et coton et lin, pour robes et habillement d’hommes; des étoffes pour gilets, des cravates, des mouchoirs, etc. De celte grande variété d’articles, les uns sont plus particulièrement destinés à la grande consommation , d’autres, plus lins, sont d’une vente moins étendue; mais tous se distinguent par des prix modérés et une bonne fabrication. L’importance de celle-ci est de 140,000 francs par an.
- M. Zetter-Tessier a obtenu une médaille de bronze en 182 3; depuis lors il n’a plus exposé. Le jury, par les motifs énoncés plus haut, lui'décerne aujourd’hui une médaille de bi'onze nouvelle.
- M. URNERjeune, Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).
- La fabrication de M. Urner continue d’être distinguée et heureuse dans ses combinaisons. Ce fabricant présente un grand assortiment de tissus pour robes, cravates et mouchohs, brillants et
- Nouvelle médaille de bronze.
- Médaille de bronze.
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- Mention
- honorable.
- Médaille
- d’or.
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- variés, presque tous en coton, matière dont il sait tirer excellent parti. L’exportation prend le tiers environ de la production de M. Urner jeune, qui s’élève à 160,000 francs par an.
- Mentionné honorablement en i844, M. Urner a droit aujourd’hui à une récompense supérieure; le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Victor GRÉBÜS, à Saint-Dié (Vosges).
- Il expose plusieurs pièces cotonnades de bon goût et d’une très-bonne fabrication. M. Grébus occupe 200 métiers, dont le produit, qui est de i5o,ooo mètres environ par an, et d’une valeur de 120,000 francs, s’écoule pour un tiers à l’étranger. Ce fabricant expose pour la première fois. Le jury lui accorde une mention honorable.
- § 2. FABRICATION DE ROUEN.
- M, François-Sernin TRICOT, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Les produits exposés par M. Tricot ont vivement fixé l’attention du public et du jury : ce sont en majeurepartied.es articles d’exportation destinés à la vente des côtes occidentales d’Afrique, offrant un caractère original, étrange, et cependant parfaitement raisonné et de fort bon goût.
- M. Tricot s’est particulièrement attaché à étudier la consommation de ces contrées, et, par ses soins scrupuleux à se conformer au goût et aux habitudes des populations, il est arrivé à s’y créer un débouché considérable. Les genres destinés à cette vente, et que le jury a plus particulièrement remarqués, sont les hamacs, sorte de tissu à couleurs vives, brillantes et fortement tranchées; les dam-pés ou couvertures; les pagnes, longues et larges écharpes dont s’enveloppent les hommes et les femmes de ce pays; enfin, les burnous, que portent les Arabes. Tous ces articles sont fabriqués avec d’excellentes matières, d’un tissu généralement très-fort, et parfaitement soigné quant à la disposition des couleurs, qui sont toutes de bon teint.
- Nous avons dit qu’ils étaient plus spécialement destinés au commerce de troque sur les côtes du Sénégal et de la Gambie. Ils y fon t concurrence aux tissus fabriqués par les indigènes eux-mêmes, et
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- ce n’est que très-difficilement que l’on arrive à imiter parfaitement ceux-ci : aussi cette difficulté, jointe à la complication des dessins, oblige-t-elle de payer aux ouvriers des salaires plus élevés.
- Ce genre d’affaires nécessite de grands assortiments de marchandises et des soins infinis; mais M. Tricot n’a reculé devant aucune difficulté, et ses expéditions d’outre-mer qui, en i844» n’atteignaient que le chiffre de 120,000 francs, s’étaient déjà élevées, pour 1847» à 3oo,ooo francs.
- Le jury signale ce résultat avec une grande satisfaction, comme promettant à notre industrie, et plus particulièrement aux habiles et persévérants efforts de M. Tricot, un débouché de plus en plus considérable, et précieux sous beaucoup de rapports.
- Beaucoup d’autres articles, non moins remarquables, destinés au marché intérieur, figurent, dans l’exposition de M. Tricot, à côté des produits que nous venons de citer : ce sont des croisés, de3 popelines, des toiles, et, entre autres, un genre de tissu particulier pour camisoles de force, remarquable par la particularité et la solidité du tissu. Tous ces articles portent un cachet spécial de bonne et excellente.fabrication, de goût, et de parfaite intelligence des besoins de la consommation.
- M. Tricot avait obtenu en i844 la médaille d’argent, le jury, appréciant les efforts de ce fabricant, et les progrès remarquables faits par lui depuis cette époque, le récompense aujourd’hui par la médaille d’or.
- M. CHATAIN fils aîné, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Les tissus présentés par M. Chatain constatent leur ancienne supériorité et les progrès nouveaux faits par ce fabricant depuis l’exposition dernière. Ses rouenneries dites carreaux du Midi sont de très-belle qualité ; les dessins en sont bien raisonnés. M. Chatain excelle dans la. fabrication de cet article.
- i * * i
- Cet industriel a entrepris avec succès, depuis quelque temps, les genres gilets, laine, coton et soie, à la Jacquart. Il expose des pièces de cet article à 2 francs le mètre, dont la réussite soignée lui garantit une vente très-active.
- La fabrication entière de M. Chatain, dont l’importance est d’environ ,600,000 francs par an, se fait remarquer par la hardiesse et le bon goût des dessins, la nouveauté du coloris, enfin l’excellente
- Rappel
- de
- médaille
- d’argent
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- qualité du tissu : ie jury rappelle à ce fabricant la médaille d’argent qui lui fut décernée en i844-
- Médailles M. AUBER fils, à Rouen (Seine-Inférieure).
- d'argent.
- 11 expose un grand assortiment d’étoffes de genres divers , de fort bon goût et d’une très-belle fabrication : ce sont tous des articles pour robes, particulièrement destinés à la vente de Paris.
- M. Auber a su admirablement varier et disposer tous ces tissus, par le choix des matières, l’élégance des dessins et l’arrangement des couleurs.
- Le jury a plus parliculièrement distingué les popelines, les côtelés à raies et à carreaux, les gazes, mille-raies, toiles fantaisie, les mérinos écossais, etc.
- Ce jeune fabricant n’est établi que depuis 3 ans? mais il débute dans la carrière d’une manière vraiment remarquable. Tout dénote en lui l’industriel intelligent, habile, l’homme de savoir et dégoût, et déjà il peut famé valoir d’incontestables succès, qui lui promettent un bel avenir.
- M. Auber fds était autrefois attaché à la maison Auber et compagnie. Le rapport du jury de i844 constate la part qui lui revient dans le rappel de la médaille d’or accordé à cette maison en i844. Ces divers litres justifient pleinement la récompense que le jury attribue à M. Auber fds en lui décernant la médaille d’argent.
- M. Charles BLUET, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Bluet expose un assortiment de tissus divers en coton, laine et soie, pour robes, gilets, etc., d’une exécution et d’un goût remarquables.
- Le rapport du jury de i844 disait, en parlant de M. Bluet, que l’agencement des couleurs décelait chez ce jeune fabricant un goût distingué, qui devra plus tard lui attirer des récompenses d’un rang plus élevé. M. Bluet répond aujourd’hui, de la façon la plus complète , par les belles étoffes qu’il a envoyées, aux espérances exprimées alors. Sa fabrication a progressé d’une manière remarquable, et ses produits ont un cachet de goût et de perfection qui lui méritent, à tous égards, la récompense que faisait entrevoir le rapport qui a été cité.
- M. Bluet avait obtenu une médaille de bronze en 1844; le jury lui décerne aujourd’hui la médaille d’argent.
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- M. LEPICARD, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Il expose 17 coupes de rouennerie fantaisie, d’une bonne fabrication et de prix très-modérés. Les produits de ce fabricant se placent facilement en France et à l’étranger. Sa production est très-considérable, puisqu’elle représente une valeur annuelle de 1,100,000 francs et fournit du travail à i,5oo tisserands et à un nombre proportionné de trameuses. Il est à regretter que le salaire de ces ouvriers ne soit pas plus élevé. M. Lepicard a obtenu deux médailles de bronze : l’une en 1823, l’autre en i834; depuis lors il n’a plus exposé. Le jury lui décerne aujourd’hui une nouvelle médaille de bronze.
- MM. COLIN et Cie, à Bar-sur-Ornain (Meuse).
- Les produits exposés par ces fabricants consistent en tissus de coton divers, en couleur, pour robes, etc. Ils sont de bon goût, la fabrication en est soignée et paraît fort solide.
- L'établissement de MM. Colin et compagnie a été fondé en 1816 et s’est successivement développé, jusqu’à occuper près de 5oo ouvriers. Le nombre est plus restreint aujourd’hui, par suite de la crise qui pèse sur l’industrie; mais, avec des articles aussi bien traités que ceux que présente celte maison, elle semble ne pouvoir manquer de regagner promptement le terrain perdu, au premier retour d’activité dans les affaires.
- Le jury décerne à MM. Colin et compagnie une médaille de bronze.
- MM. Jean-François DELATTRE et C,e, à Ramburelles (Somme).
- 11 expose une grande variété d’articles en colon et laine pour robes, pantalons, etc. Ces articles, généralement forts, -sont bien fabriqués, de bon goût, et répondent aux besoins de la grande consommation. MM. Delattre et compagnie sont des fabricants intelligents, ayant beaucoup d’industrie, s’étant élevés .par leur seul mérite, et sachant allier, dans leurs produits, la solidité et le bon aspect à des prix fort modérés.
- C’est la première fois qu’ils se présentent au concours. La bonne qualité de leur fabrication les rend dignes de la médaille de bronze, que le jury leur décerne.
- ni.. 14
- Nouvelle médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- M, Pierre GILLES , à Rouen (Seine-Inférieure).
- La fabrication de M. Gilles consiste principalement en tissus, nouveautés pour gilets, à la Jacqiwrt et autres armures, en laine, ' colon et soie. Ces marchandises sont d’une belle fabrication, de bon goût, et d’une disposition heureuse pour le choix, des dessins et l’assemblage des couleurs; leur prix est modéré.
- M. Gilles a le mérite d’avoir introduit à Rouen l’industrie des étoffes pour gilets. Ses affaires sont importantes. Il occupe environ 600 ouvriers, dont les salaires, à raison de la spécialité de leur travail, sont plus élevés que d’ordinaire.
- M. Gilles expose pour la première fois. Le jury constate avec plaisir tout ce qu’il y a de remarquable dans les produits de ce fabricant et lui décerne une médaille de brome»
- Mentions
- honorables.
- M. Séraphin ALLAIS, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Il expose des mouchoirs de diverses grandeurs, depuis le très-bas prix de 75 centimes la douzaine jusqu’à celui de 9 fr. a5 cent., et 10 coupons de toiles de fantaisie pour robes.
- Les mouchoirs de cette fabrique, peu sujets au caprice de la mode, trouvent de nombreux consommateurs. Les toiles fantaisie » bien fabriquées également et d’un prix extrêmement modéré, se placent de même avec facilité sur le marché intérieur.
- L’importance de la fabrication de M. Allais est de 325,000 francs environ. Ce fabricant expose pour la première fois. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Guillaume DÉRUBÉ, à Rouen (Seine-Inférieure).
- 11 expose divers genres de mouchoirs de poche bien fabriqués et cotés à des prix avantageux. Ses mouchoirs, dits imitation de fils, se font remarquer par des dessins bien variés, la solidité de leurs couleurs, et paraissent devoir être recherchés par la consommation.
- M. Dérubé joint à sa fabrique l’apprêt de ses produits. Il produit environ 36,000 douzaines de mouchoirs par an, représentant une valeur de i5o,ooo francs. Ce fabricant expose pour la première fois. Le jury lui accorde une mention honorable.
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- TROISIÈME DIVISION. TISSUS DIVERS.
- i ]'. TISSUS DE FIL ET COTON.
- MM. MARIE et C"\ à Laval (Mayenne).
- Ils exposent un grand assortiment de piqués, croisés, coutils en fd et fd et coton, pour pantalons et gilets. Bonne fabrication, choix heureux de dessins, solidité du tissu et prix modérés sont les qualités qui distinguent les produits de celte maison : aussi trouvent-ils un écoulement facile. Le jury, qui avait déjà distingué les articles exposés par MM. Marie et compagnie en i844, est heureux de les retrouver aujourd’hui sur une ligne non moins honorable; il donne; en conséquence, à ces fabricants lé rappel de la médaille de bronze qui leur fut décernée alors.
- r _ i * '
- MM. TIROUFLET et DAVEAUX, à Laval (Mayenne).
- La fabrication de MM. Tirouflet et Daveaux est très-variée ; elle consiste en coutils, croisés, etc. en fd et fd et coton, pour pantalons , gilets, etc. La solidité de ces articles, la bonne disposition des dessins et leur prix modéré les font rechercher par la consommation.
- MM. Tirouflet et Daveaux exposent pour la première fois. L’un des chefs de cette maison, M. Paul Tirouflet, était associé de la maison Poirier-Tirouflet, qui a obtenu une médaille de bronze à l’exposition de 1823.
- Le jury, reconnaissant que les exposants sont dignes de la même récompense, leur décerne une médaille de bronze.
- MM. LEHUJEUR et RETOUST, à Fiers (Orne).
- Ils exposent,des coutils de coton à rayures et carreaux, de toutes nuances, pour stores, pantalons, etc. Cette marchandise, qui est d’une bonne fabrication courante, solide, de bon goût, répond aux besoins de la grande consommation.
- La production de MM. Lehujeqr et Retoust est de 180,0,00 francs
- i4-
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
- Médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- par an. Ces fabricants exposent pour la première fois. Le jury les juge dignes de récompense et leur accorde une mention honorable.
- MM. DIOT et NOURRY, à Fiers (Orne).
- Ils exposent un assortiment de coutils et tissus divers en coton pour vêtements des deux sexes. Cette marchandise est d’une bonne fabrication, le tissu en est solide et soigné, les dessins très-variés.
- MM. Diot et Nourry produisent annuellement environ i25,ooom de tissus, qui représentent une valeur d’environ 180,000 francs.
- Ces fabricants exposent pour la première fois. Le jury leur accorde une mention honorable.
- M. TOUSSAINT, à Fiers ( Orne ).
- Il expose un assortiment de coutils blancs et de couleur, de bonne fabrication et se distinguant par une grande solidité. Les articles produits par M. Toussaint sont très-variés de dessins et de combinaisons de tissus, et doivent rencontrer un placement avantageux et facile. M. Toussaint occupe plus de 200 ouvriers et livre annuellement à la consommation environ 200,000 mètres de tissus, représentant une valeur d’environ 200,000 francs.
- Ce fabricant expose pour la première fois. Le jury lui accorde une mention honorable.
- S 2. TISSUS DE COTON IMPRIMÉS.
- M. H. Barbet, rapporteur.
- Exposant MM. BARBET et G10, manufacturiers, à Deville, près de Rouen (Seine-Inférieure).
- concours. , . . . ...
- Ils exposent une grande variété de produits pour indiennes et
- mouchoirs. Le chef de cette maison faisant partie du jury, nous
- ne pouvons émettre d’opinion sur leur fabrication, ils sont déclarés
- . hors de concours.
- Rappels MM. J. GROS, ODIER, ROMAN et Gie, à Wesserling JL* (Haut-Rhin).
- dor' Leur établissement a été fondé en 1760; 2,000 ouvriers sont occupés annuellement dans l’établissement, et i,5oo à l’extérieur.
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- Les produits de toute espèce, livrés à la consommation, peuvent être évalués à 6 millions.
- Les pompes à feu et les générateurs .de vapeur sont de 4oo chevaux de force environ.
- Des rapports spéciaux feront connaître quelle part peut être attribuée à la filature, au tissage et au blanchiment.
- Voici celle de l’impression :
- 5 ou 6oo ouvriers, hommes, femmes et enfants, y sont annuellement occupés.
- La force hydraulique de 35 chevaux met en activité :
- 5 machines à imprimer, à î, 2, 3 et 4 couleurs;
- 4 perrotines et tous les accessoires nécessaires pour la fabrication .
- Les générateurs de vapeur sont d’à peu près 28 chevaux de force.
- En moyenne, on imprime chaque année :
- 1,800,000 mètres de calicot;
- 675,000 mètres dejaeonas et tissus légers ;
- 315,ooo mètres de mousselines de laine et baréges;,
- 12,000 châles.
- Le tout pour une valeur d’à peu près 3 millions..
- L’exposition de MM. Gros, Odier, Roman et compagnie consiste en 3o pièces de tous les tissus énumérés ci-dessus, nous ne pensons pas qu’il soit possible de présenter des produits exécutés avec plus de soin, et dont les couleurs elle bon goût des dessins soient plus remarquables ; la consommation intérieure et l’exportation.absorbent facilement ce qui leur est offert par cette maison.
- Nous pouvons affirmer que MM. J. Gros,,Odier, Roman et com-gnie sont toujours au premier rang parmi les industriels de l’Alsace.
- En 1819, ces messieurs ont obtenu une médaille d’or, qui leur a été confirmée en i834, 1839 et i844; le jury leur en décerne aujourd’hui le rappel.
- Après vous avoir parlé des titres de MM. J. Gros, Odier, Roman et compagnie, comme industriels, qu’il nous soit permis, messieurs,-de vous faire connaître les services qu’ils onlrendus et qu’ils rendent encore aux nombreux ouvriers qu'ils emploient dans leur établissement.
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- Ces messieurs ont fondé à Wesserîing, siège principal de leur établissement, des institutions très-importantes:
- i° Une école primaire, à laquelle on a joint plus lard une école du degré supérieur, puis une école de dessin ;
- 2u Un service gratuit de santé pour tout l’établissement;
- 3° Des caisses de secours et de retraite;
- 4° Une caisse d’épargnes;
- 5“ Une boulangerie commune où le pain est délivré au-dessous du prix de la taxe;
- 6° Une caisse de prêt pour les ouvriers qui éprouvent des embarras momentanés, parce que, désireux de devenir propriétaires, ils contractent souvent des engagements qu’ils ne peuvent remplir plus lard. Au moyen de cette création, ils évitent les prêts usuraires, qui leur enlèveraient, en très-peu de temps, les économies qu’ils ont obtenus par un travail de plusieurs années.
- Voilà ce que MM. J. Gros, Odier, Roman et compagnie ont fait pour leurs employés; chaque jour ils apportent de nouvelles améliorations à ces institutions, ils se proposent d'en créer d’autres qui viendront encore augmenter le bien-être qu’ils ont organisé autour d’eux.
- Honneur aux manufacturiers qui ont si bien compris leur mission! Après les nombreux exemples qui ont été mis sous vos yeux, messieurs, après ce que nous savons qui existe chez des manufacturiers qui n’ont pas exposé, nous sommes étonnés qu’on vienne encore dire que les industriels n’ont d’autre préoccupation que de tirer le plus de profil possible du travail de leurs ouvriers, qu’ils ne s’occupent jamais de leur avenir.
- Ceux qui tiennent ce langage sont bien ignorants des faits, ou mus par de très-mauvaises intentions.
- MM. HARTMANN et fils, à Munster (Haut-Rhin).
- Ils se présentent à plusieurs titres à l’examen du jury central; déjà, par des rapports spéciaux, vous avez appris que ces messieurs sont au premier rang pour la filature des cotons et le tissage jusqu’au n° 120.
- Celte année, MM. Hartmann se présentent de nouveau avec un assortissement de percales, mousselines, jaconas et tissus de laine
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- imprimés; le bon go lit J es dessins, la vivacité des couleurs et la bonne fabrication prouvent que MM. Hartmann sont toujours en progrès ; leurs produits sont recherchés par la consommation, tant intérieure qu’extérieure.
- Leur établissement, pour la fabricalion des indiennes, remonte à 1776, ils y occupent près de 700 ouvriers, tant hommes que femmes et enfants; les hommes gagnent de 2 à 4 francs par jour, les femmes et les enfants de 75 centimes à 1 franc.
- Une chute d’eau, de la force de a5 chevaux, met en activité
- 3 machines à imprimer à 1, 2, 3 et 4 couleurs; 4 perrolines et tous les accessoires indispensables pour la fabrication.
- Ils impriment environ 2 millions de mètres d’étoffes, pour une valeur de 1,600,000 francs; ces produits sont placés à l'intérieur, à l’exception d’un huitième qui est exporté.
- Tout en travaillant à la prospérité de leur établissement, MM. Hartmann et bis ont pensé aussi au présent et à l’avenir de leurs'nombreux ouvriers , aussi trouve-t-on dans leurs ateliers :
- eu
- a° Des écoles gratuites pour tous les enfants des deux sexes;
- 20 Une boulangerie , où le pain est distribué à un prix inférieur
- 3 la taxe;
- 3‘ Un médecin donne gratuitement ses soins aux ouvriers malades, qui reçoivent également, sans payer, tous les médicaments;
- 4° Les ouvriers vieux ou infirmes sont pensionnés par MM. Hart-
- mann.
- Honorés d’une raédaiile d’or en i834, rappelée en 1839, ces messieurs furent, en i844t mis hors concours, parce que M. Frédéric Hartmann, un des associés de la maison, était membre du jury central.
- Cette .année, le jury leur décerne le rappel de la médaille d’or.
- MM. KQECHLIN frères, à Mulhouse (Haut-Rhin),
- Cet établissement, fondé en 1746, est le plus ancien de l’Alsace. Ce fut M, Jean Kœchlin qui l’exploita le premier,
- MM, Daniel et Ferdinand Kœchlin, ses fils, lui ont succédé.
- M. Daniel Kœchlin, aussi habile chimiste que fabricant distingué , a certainement le plus contribué à faire arriver l’Alsace au degré de réputation auquel elle est parvenue pour l’impression des toiles peintes.
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- On lui doit les découvertes et les applications les plus importantes qui aient été faites depuis plus de cinquante années:
- Enlevage blanc et bleu sur les rangers dits mérinos, avec l’aide du chlore;
- Le moyen de fixer sur les étoffes de colon la couleur jaune de chrome.
- C’est sa maison, dont il suivait plus particulièrement la partie chimique, qui a exploité ces articles le plus en grand et avec le plus de succès.
- Aussi désintéressé qu’liabile chimiste, M. Daniel Kœchlin a souvent mis dans le domaine public des découvertes très-importantes : c’est lui qui a publié le premier la théorie des mordants de fer et d’alumine; c’est aussi à lui qu’on doit les observations sur le hou-sage des mordants et les passages en son; il a publié tous ses procédés, il a fait connaître toutes ses observations sur ces opérations importantes, alors que la théorie en était encore dans l’enfance, et que les procédés les plus imparfaits étaient seuls les guides des manufacturiers.
- Les hommes qui montrent un si grand désintéressement sont si rares, qu’on ne peut trop s’empresser de publier leurs noms.
- Les produits de la manufacture de MM. Kœchlin frères ont toujours été et sont encore au premier rang parmi ceux de leurs rivaux qui ne reculent devant aucun sacrifice pour arriver à mieux faire.
- L’exposition de ces messieurs est particulièrement remarquable par des impressions, dessins, cachemires à palme sur tissus de laine, qui ne laissent rien à désirer; les manufacturiers, même les plus habiles, rendent hommage au fini de ces impressions, beauté d’exécution, nuançage de couleurs, rien ne manque à cette fabrication. L imitation du véritable cachemire est si parfaite, que ce n’est qu’au toucher qu’on reconnaît que cette étoffe est de la mousseline-laine imprimée.
- Quatre cents ouvriers environ sont occupés dans cette fabrique qui produit ;
- 25,ooo pièces de calicots imprimés,
- 5,ooo -------de jaconas,
- 1,000 -------de rriousseline-laine pure,
- 6,000 .------de mousseline-laine, chaîne coton.
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- Ensemble, 3,5oo,ooo mèlres pour une valeur d’à peu près 3 millions.
- Décidé partout ce qui précède, le jury décerne à MM. Kœclilin frères un nouveau rappel de la médaille d’or qu’ils ont obtenue à l’exposition de 1819. Rappelée déjà en i834 et i844.
- MM. SCHWARTZ-IIUGUENIN et Cl\ à Arrange, commune de Dannach (Haut-Rhin).
- Fondé en 1812, cet établissement a d’abord été dirigé par M. Schwartz aîné, qui s’est retiré pour céder la place à son frère puîné, sous la même raison de commerce.
- 3oo ouvriers environ sont occupés dans cet établissement.
- La force motrice est de 25 chevaux.
- La valeur des produits est de 11 à 1,200,000 francs.
- Ces messieurs ont exposé des impressions sur calicot et sur laine, mais c’est surtout l’article meuble à colonnes et à ramage qui assure le succès de leur maison, el qui la place en première ligne dans ce genre.
- Il est impossible de trouver un ensemble de couleurs plus parfait, une dégradation mieux combinée que celle qu’on remarque dans ce meuble à onze couleurs qu’on admire à l’exposition de MM. Schwarlz-Huguenin.
- Nous croyons pouvoir affirmer que les pièces soumises à notre appréciation doivent être considérées comme ce qui a été présenté de plus parfait jusqu’à présent; ce genre est d’autant plus difficile .à bien exécuter, que, de toutes les couleurs qui le composent, il suffirait qu’une seule n’eût pas le ton etla vivacité convenable pour faire éprouver au fabricant une réduction assez considérable sur le prix.
- MM. Schwartz-Huguenin ont eu, en i834, une médaille d’or; rappelée en i83g et 1844, le jury leur décerne un nouveau rappel pour 1849.
- MM. BLECH b STEINBACH et MANTZ, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Ils exposent.des impressions sur jaconas et calicots; ils ont.aussi une filature, mais elle est peu importante, el d’ailleurs nous avons pour mission de parler seulement de la fabrication des indiennes.
- Médaille
- d’or.
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- V
- Nouvelles
- médailles
- d’ai-genL
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- Cet établissement a été fondé en 1787.
- Il a pris successivement un développement considérable, puisque, plus de 4 à 5oo ouvriers des deux sexes et de tout âge y trouvent aujourd’hui de l’occupation*
- Une force totale de 80 chevaux mettent en activité 8 machines à imprimer.
- Les produits sont de 3,23o,ooo pièces de calicot, 9 perrotines et tous les accessoires de la fabrication, et 48o,ooo pièces de laine et de soie.
- Pour une valeur de plus de 4 millions de francs, dont les deux cinquièmes pour l’exportation.
- Pendant longtemps MM. Blech, Sleinbach et Mantz ont exploité les articles garances, et plus particulièrement les couleurs fixées par la vapeur; ce sont eux qui ont contribué, par la persistance et par la perfection à laquelle ils sont arrivés dans leur fabrication, à faire entrer dans la consommation cet article qui, jusqu’alors, y était vu avec déplaisir.
- Depuis la dernière exposition, ils ont commencé à traiter les articles jaconas grande nouveauté; sans être encore peut-être aussi avancés que les manufacturiers qui les ont précédés dans cette carrière, ils débutent avec une perfection qui annonce qu’ils seront des concurrents très-sérieux et auxquels il faut faire attention si on ne veut pas se laisser devancer.
- On remarque encore, à l’exposition de cette maison, de très-belles impressions sur laine.
- Tous ces motifs ont déterminé le jury à décerner à MM. Blech, Steinbacli et Mantz, de Mulhouse, une médaille d’or; déjà, en 1839, ces messieurs avaient reçu une médaille d’argent avec rappel en
- i844-
- MM. THIERRY-MIEG et C“, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Cette maison a toujours figuré avec honneur dans nos expositions, mais pour des articles autres que ceux qu’elle présente aujourd’hui. S’apercevant que la consommation n’avait plus le même besoin des impressions sur rouge andrinople, qui faisaient la base de sa fabrication sur toiles peintes, elle se décida à la changer complètement pour entreprendre l’impression des châles sur laine,
- MM. Thierry-Mieg et compagnie, n’ont eu qu’à se féliciter d’avoir
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- pris une détermination aussi hardie, nous dirons même aussi téméraire : le succès a couronné leur entreprise ; ils exposent des châles de toutes grandeurs et de toutes nuances, imprimés à la main, à cinq ou six couleurs; les dessins sont de très-bon goût, l’exécution ne laisse rien à désirer ; aussi ces produits sont-ils très-recherchés par la consommation.
- Nous pouvons citer plus particulièrement les fonds bleu Marie-Louise unis, avec bordure à palmes à 4 et 5 couleurs.-. Cet établissement a été fondé en 1806; on y occupe 35o ouvriers.
- A l’exposition de 1823, MM. Thierry-Mieg et compagnie ont obtenu une médaille d’argent, qui leur a été rappelée en 1827 et
- i834.
- En i83g et i844, ils n’ont pas exposé, parce qu alors ils s’occupaient des changements à opérer dans leur établissement pour passer de la fabrication des rouges andrinople à celle des impressions sur laine qu’ils exposent aujourd’hui.
- Ayant constaté la supériorité qu’ils ont acquise dans ce genre d’impression, le jury leur accorde une nouvelle médaille d’argent.
- M. Michel DALIPHARD et Nicolas DESSAINT, fabricants d’indiennes, à Radepont (Eure).
- Ils exposent une grande quantité de toiles imprimées pour robes et pour ameublements.
- Ces produits à bon marché, puisqu’ils sont du prix de 5o à go centimes par mètre; sont autant destinés à l’exportation qu’à la consommation intérieure, où ils ont de3 débouchés toujours assurés.
- On remarque particulièrement les bleu et blanc, vert et blanc par enlevage, et les meubles à deux et trois couleurs, garancés.
- Cet établissement, fondé en 1820, a pris un développement successif justifié par la bonne fabrication. A l’origine, MM. Dali-phard et Dessaint ne fournissaient pas plus de 12 à i,5oo,600 mètres d’indiennes; en i844vils étaient arrivés à en produire 3,5oo,ooo. Aujourd’hui, d’après les renseignements que nous nous sommes procurés, en outre des notes qui sont jointes au dossier, ils sont arrivés à 5 millions de mètres, soit 3,5oo,ooo francs en valeur. Ce développement prouve que les produits de cette maison sont . très-recherchés.
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- Rappel cîe médaille davgenl.
- . Médailles 'd’argent.
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- Ces résultats sont obtenus avec 5 machines à imprimer à une, deux, trois et quatre couleurs; une force motrice de 70 chevaux, 45 a la vapeur, 25 à l’eau. 4oo ouvriers, femmes et enfants, y trouvent un salaire annuel en rapport avec les services rendus.
- C’est un fait, messieurs, que nous nous plaisons à constater; il est commun à toutes les fabriques d’impression. Malheureusement, on ne peut admettre la même affirmation pour toutes les industries.
- En i844. MM. Daliphard et Dessaint ont obtenu la médaille d’argent.
- Le jury, reconnaissant que MM. Daliphard et Dessaint ont toujours une bonne fabrication, en rapport avec les progrès qui ont été signalés dans l’industrie des toiles peintes, leur accorde une nouvelle médaille d’argent.
- MM. HAZARD frères, manufacturiers à Malaunay (Seine-Inférieure), et à Rouen.
- Ils exposent presque exclusivement des articles garancine à très-bas prix, 70 centimes, dont la réussite ne laisse rien à désirer. On remarque aussi quelques impressions de couleurs lixées par la vapeur.
- Leur fabrication a toujours été considérée comme l’une des meilleures de la place de Rouen.
- Ils impriment environ 2,5oo,ooo mètres par an, pour une valeur de i,5oo,ooo francs.
- Leur force motrice, qui est de 18 chevaux, met en activité 3 machines à imprimer à deux, trois et quatre couleurs; ils occupent i5o ouvriers.
- Les hommes et les adultes gagnent de 1 fr. 76 cent, à 2 fr. 5o c. par jour; les femmes et les enfants de 1 franc à 1 fr. 25 cent.
- Ces messieurs ont obtenu en i83g une médaille d’argent, un rappel en ^844- La bonne position qu’ils ont conservée dans l’industrie, au milieu de concurrents actifs et intelligents, ont déterminé le jury à rappeler la médaille d’argent à MM. Hazard.
- M. RHEM, à Marommes (Seine-Inférieure).
- Son établissement a été fondé en i83i. Il occupe r38 ouvriers, qui gagnent de 2 francs à 2 fr. 25 cent., les hommes, et 1 fr. 25 c.
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- les femmes. 11 y a 2 machines à imprimer, l’une à trois et l’autre à quatre couleurs, plus 3 perrotines.
- Ces diverses machines sont mises en activité par une force motrice de 10 chevaux.
- M-'Rhem livre à la consommation environ i,4oo,ooo mètres d’indiennes par an, qui représentent un capital de 1,15o,ooo francs.
- Il expose des indiennes et des cravates.
- II s’occupe plus spécialement de l’impression des couleurs fixées par la vapeur. Les dessins qu’il expose sont de bon goût ; la fabrication n’en laisse rien à désirer. Ces articles, recherchés par la consommation, y trouvent un débouché facile, à des prix avantageux, 75 centimes par mètre.
- C’est la première fois que M. Rhem expose. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. Charles STE1NER, à Ribeauvillers (Haut-Rhin).
- Cet établissement a été fondé en 1839.
- Il expose des toiles rouge andrinople uni, indiennes et mouchoirs de cette même couleur, avec enlevage blanc et plusieurs couleurs rentrées, plus une pièce fond blanc et deux rouges obtenues par le même procédé.
- Le nombre des ouvriers employés est de 120 à i3o. Ils gagnent de 1 fr. 80 cent, à 4 francs.
- Les mécaniques sont mises en mouvement par une force hydraulique de 12 chevaux.
- L’importance de la fabrication est de 5,000 pièces, dont la-valeur approximative représente 55o à 600,000 francs.
- Les deux cinquièmes de cette fabrication sont destinés à l’exportation.
- L’application des enlevages sur les rouges andrinople a toujours été considérée comme le premier pas fait vers ces merveilles qui sont dues à l’emploi des moyens et des produits chimiques dans la fabrication des toiles peintes et de la teinture.
- L’Alsace peut, à juste titre, revendiquer ces premières applications. Ce sont MM. Kœchlin frères, de Mulhouse, qui ont commencé à exploiter la belle industrie des rouges andrinople avec des enluminages de toutes couleurs. Ce premier pas fait, ils nont pas tardé à avoir des rivaux, qui tour à tour se sont emparés d’un article qui eut pendant longtemps une grande vogue. Aujourd’hui,
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- la consommation en est très-limitée : l’établissement de M. Charles Steiner suffit seul pour la satisfaire.
- Cette maison doit ce défaut de concurrence aux grands perfectionnements qu’elle a apportés dans l’huilage des toiles, à la supériorité de la teinture et au bas prix auquel elle a établi ses produits, sans nuire à leur perfection et à leur beauté, et tout en conservant cependant un bénéfice raisonnable. Ce sont ces considérations qui déterminent le jury à décerner une médaille d’argent à M. Charles Steiner. Il a eu une médaille de bronze en 1844.
- M. Auguste SCHEURER, ROTH et C‘e, à Thann (Haut-Rhin).
- Cet établissement a été fondé en 1818, sous la raison Liebaek-Hartmann; 220 ouvriers y trouvent de l’occupation; ils gagnent, les hommes, de 1 fr. 5o cent, à 2 francs, les femmes, de 75 cent, à 1 franc.
- On y fabrique 1,080,000 mètres d’indiennes,
- 166,000 mètres laine et laine et coton, 200,000 mètres jaconas et mousselines.
- La valeur approximative de ces produits est de i,5oo,000 francs.
- Une pompe à feu, de la force de 24 chevaux, met en activité 4 machines à imprimer, 6 perrotines, les séchoirs et toutes les mécaniques nécessaires pour cette exploitation.
- MM. A. Scheurer, Roth et compagnie exposent des jaconas, des mousselines et des indiennes garancées. Votre commission a plus particulièrement remarqué quelques fonds lilas et rose garances, qui établissent que ce fabricant fait des efforts pour arriver au premier rang dans ce genre difficile à bien exécuter. Quelques jaconas, grande nouveauté, et des impressions sur laine, ont aussi appelé l’attention de votre commission, qui se plaît à reconnaître que M. Scheurer a fait des progrès dans les divers genres de sa fabrication.
- C’est par ces considérations que le jury accorde à ce fabricant une médaille d’argent. En i844, il avait obtenu une médaille de bronze.
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- 5 3. COUVERTURES DE COTON.
- M. Émile Dolfus, rapporteur.
- M. ACCARY, à Montluel (Ain) • Mentions
- honorables.
- Ce fabricant expose un assortiment de couvertures en coton, laine et soie de divers genres, piquées, imprimées el blanches.
- Ces produits sont d’une bonne fabrication courante. Le jury donne à M. Accary une mention honorable
- M. Jacques-Marie MORAND, à Paris (Seine).
- Il expose plusieurs couvertures en coton, blanches et en poils de chevreaux, ces dernières en couleur. Cette marchandise est bien fabriquée.
- Le jury accorde à M. Morand une mention honorable.
- M. DUPUY, à Châteauroux ( IndrC ). Citation
- v ' favorable.
- Il présente une couverture en coton d’une confection particulière, et de façon à pouvoir se diviser au besoin, et former plusieurs couvertures complètes de dimensjpns moindres.
- Le jury accorde à M. Dupuy, déjà cité en i844* une nouvelle citation favorable.
- QUATRIÈME DIVISION.
- ARTICLES DE SAINT-QUENTIN ET BRODERIES DE TARARE.
- M. Félix Aubry, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Peu de fabricants de Saint-Quentin se sont présentés au concours de cette année.
- La hauteur 1 à laquelle s’est élevée l’industrie de Saint-, Quentin qui s’occupe, depuis un demi-siècle, spécialement de la fabrication des tissus unis et légers en coton, tels que
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- jaconas, nansouks, et divers autres articles de fantaisie, ne lui a pas laissé beaucoup à faire depuis l’exposition de i844.
- Toutefois, les rideaux de mousseline et gaze brochées, pour ameublements, offrent de grands progrès sous le double rapport de la composition et de la fabrication.
- Les divers établissements de tissage, dont cette ville est le centre, ont continué de se développer dans diverses branches d’industrie, notamment dans la fabrication des mousselines-laine, de divers articles de fantaisie soie, de châles, etc.
- L’exposition de la broderie de Tarare est brillante.
- Tarare est le centre d’une fabrication qui occupe non-seulement la population de tout le canton de cette ville, mais encore les cantons limitrophes.
- On y fabrique spécialement la mousseline claire, soit unie, soit façonnée, soit brodée.
- Il est difficile de fixer le nombre des ouvriers qu’occupe cette fabrication; cependant, sans exagération, on peut le porter à 4o,ooo, tant hommes que femmes et enfants; le chiffre du mouvement des affaires dépasse i 2 millions.
- La mousseline unie, qui est po» représentée à l’exposition, est la branche la plus importante du commerce de Tarare, elle est arrivée à une grande perfection.
- Pour cet article, l’ouvrier travaille chez lui, il est propriétaire de son métier, le peigne seul appartient au fabricant.
- Pour les mousselines rayées, à carreaux, et brochées à la mécanique, dites plumelis, le fabricant est propriétaire du métier et les ouvriers sont réunis par ateliers de 10 à 12 métiers.
- Le salaire des ouvriers est 1rès-variable, il dépend de leur habileté; on peut établir le minimum à 1 fr. 25 et le maximum à 3 francs.
- La fabrication de la broderie au crochet, qui figure d’une manière si brillante à l’exposition, est dans d’autres conditions; elle n’occupe exclusivement que les femmes qui travaillent dans leurs familles.
- Le métier et l’outil nécessaires à l’ouvrière brodeuse sont
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- d’une' grande''simplicité; une'‘forte' âigàillê, di te 'ctochel, montée danss un* >petit manche ,“ün légefMamis' circulaire sur lequel l’ouvrière tend'-:lë-'tissu** et qu’elle''soutient* de son bras 'gauche,1 pendant que -la-main* * droite-fait» rapidement mouvoir de- crochet/ voilai tout l?âttirail‘/déda fabrication;-‘il s’emporte aux* Champs i se'prend'et se'quitteà'volonté. f!I î Unèienqiiête'faiteÿ ib y ^'quatre1 ansvî'â constaté que la broderie occupaitiprès de 2o;oi)0 ouvrières,/qui travaillent1 toutes dans*leurs ffamilles; elles peuvent'1 gagner- ‘de 6d - centl *à-iufiv 25'€ent;'*pair'joüril suffi/ -vwiftf pnl a >h
- Il ry'‘peinC'‘quinze<>ans qü’oniütilisa'les ouvrières de Tarare pour la fabrication des articles* d’ameublementibro-dés<;1 dont "j usqu’alorsT la 'Suisse âvait’de monopole ; iaujdur-d’hui c’est “une “des* 'branches importantes^ du commerce de Tarare. *o-'aj tue >7\£ <.u-./»* <or.i ?lyiw ü ^ ôug lu^'/l
- Gétte industrie lutta difficilement contre la concurrence1 de la Suisse, où la main-d’œuvre est si peu payéev'inais; par dès efforts incessants pour développer l’habileté de l’ouvrière /par le bon1 goût des dessins et l’initiative* intelligente dé la nouveauté,?nos fabricants sontt parvenus à ne plus craindre autant, sur le marché intérieur, la contrebande si active dès ar-tides suiss6sl ; nrùîj dl» iij vug* I t.*? ou <*].> g 'iG-uiui
- > Le mérite dû fabÜeant est dé-'produire des articles1 de^bon goût et d’effets heureusement combinés qüi, en ménageant la main-d’œuvre sur, une surface donnée, .amènent des.prix favo-râbles pour la consommation moyenne.
- “Tl -y'a' moins:‘de difficultés ^^produire^à 'grands'fraisv des pièces’ extrêmement riches^ qui rendent TarëmenOafffabïi-cant ses'dèbburseT/qu’à établie ’dé joliés’‘choses'Cburaiitès1, bien ' exécutées',1 accessibles a la consommation ’et1'sur’ les-
- „ , „ . . cu?ftri î-suï i*> Jf» rr jir'iuau}.! 'w- , «'îu|
- quelles le fabricant trouve son compte aussi bien que lou-yrièrequiy trouve un trayad pontmu... Kj ^ ,3a;f
- Cette .fabrication, comme tout-ce qui lient,au *luxe,Pa beaucoup souffert des événements’} de-18^82, -elle, a même presque complètement cessé; nous-sommes heureux-dé ^pouvoir constater, qu’elle reprendison*ancienne activité.1- ( è*p » ni. 1 }>
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- Rappel
- de
- médaille
- d’or.
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- La broderie de Tarare n’est pas encore parvenue à se créer des débouchés à l’étranger, ,où nous n’exportons que quelques articles très-riches et de haute nouveauté.
- Mais les autres produits fabriqués à Tarare occupent une place dans nos exportations, que nous devons mentionner.
- Environ 100,000 kilogrammes,de tissus clairs communs, unis ou brochés, s’exportent annuellement pour l’Algérie,
- Nous exportons égalenient, avec supériorité, les grands clairs dits tarlatanes, en blanc et en couleur, et notamment des mousselines façonnées dites plumetis. Ces articles s’expédient dans toute l’Europe et surtout dans les deux Amérique, où ils sont très-estimés. r ; , ,1 ; : <
- Eh 1837, nous n’exportions que 17,020 kilogrammes de mousselines diverses, d’une valeur de 510,600 francs.
- Neuf ans plus tard, en 1846, nous avons exporté i86,o64 kilogrammes, représentant une valeur de 5,581,920 francs (commerce spécial).
- Nous .constatons avec d’autant plus de bonheur ce résultat, qu’il nous paraît indispensable^que nos grandes industries se créent des débouchés à l’étranger, non-seulement au point de vue du progrès, mais aussi comme le meilleur moyen de continuer à donner de l’ouvrage et du pain aux ouvriers, lorsque des crises, comme celle de i848, viennent tarir les sources de la consommation intérieure.
- MM. LEHÔULT et C'°, à,Saint-Quentin (Aisne).
- . Cette maison, fondée en,1806, est la plus importante de Saint-Quentin. Elle livre annuellement au commerce plus de 200,000 kilogrammes de produits, et fait près de 2 millions d’affaires. ..
- Tous les articles exposés par cette honorable maison sont des plus beaux, et la placent au premier rang.
- Le jury a remàrqué des dessins sur gaze double et sur mousseline, entourés d’une broderie au crochet, dont l’effet imite parfaitement l’application, ainsi que des jaconas et des brillantés d’une finesse et d’une régularité de tissus qui ne laissent rien à désirer. j Le jury, appréciant la persévérance du digne chef de cette maison, qui , depuis de nombreuses années, est si bien secondé par son
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- associé-gérant, M. Sarazin, reconnaît qu’il, mérite la plus haute récompense, et rappelle à MM. Lehoult et compagnie la médaille d’or obtenue en i844-
- Mi ESTRAGNAT fils aînc, à Tarare (Rhône).
- Cette maison a toujours donné une grande impulsion à la fabrication des articles*fantaisie, et notamment à la broderie au crochet p^ur meubles. Rien de plus varié et de plus joli que son exposition. Le jury a apprécié la nouveauté et le goût des dessins, ainsi que le lini du travail. Le store brodé au crochet était admirable.
- Par sa position à Paris, M. Estragnat donne un certain élan à la fabrication des articles nouveaux. Le jury a remarqué des mousselines.grain serré, tissées en coton teint, broché blanc, qui, aujourd’hui, sont adoptées pour toilettes de ville, tandis qu’il y a;.peu d’années on n’employait cet article que pour toilettes de. bals ou de soirées. . . •/; '... ^
- Cette maison est la plus, importante de Tarare pour la fabrication des rideaux brodés ; elle livre annuellement 1 a à 15,ooo; pièces au commerce, représentant une valeur de 5oo,ooo francs. ...
- M. Estragnat fils aîné a obtenu la médaille de bronze en i §39, celle d’argent en 1844. Le jury de cette année fui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MM. A. PAUDVILLE et Cie, à Saint-Quentin (Aisne). '
- Cette maison s’est toujours fait remarquer par l’initiative dè.ses productions et par le goût de ses dessins.
- MM. À. Daudville et compagnie ont exposé cette annéè un store d’un effet nouveau : ils ont réuni, sur un fond de gaze claire, tous les effets que comporte la fabrication du rideau. Un y trouve l’assemblage de là mousseline et.de la, gaze. La combinaison.,d'un double maillon sur le broché simple produit un genre pmbré tout à fait nouveau. :> . . r;,:. •
- • ' i - • 1 ~ , •- • S • J • ' • ' ' « • » * *
- Le jury a remarqué cette exposition, et notamment lin rideau à cascades d’un goût parfait. *
- Le jury rappelle à MM. Daudville et compagnie la médaille d’argent obtenue en 1844- ïS K (If , 'j
- M. J. FION,,à Tarare (Rhône)Vl , „ , :
- 7 Cette maison est une des plus,importantes de Tarare pour la fa-
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
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- \ïl i • ' > i (J I i
- . ''n’-v.-ijih
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- bricatioiv des tulles et -mousselines brodés au.crochet. ‘Elle a commencé la bro.deriè en •*833/'et elle a ïtoujours occupé beaucoup d’ouvrières, dont le nombre est d’autant plus variable, que^M. Fion fait spécialement broder pour Paris, à la commission, et qu’il est plus sujet que tout’autre'^ ressentir lés‘effets desiévénements'politiques..
- <r's!ïTî »i
- v. i *j • » j ., \
- Médaille
- d’argent.
- .)’V; .} ) ;--*î "
- Médailles de bronze.
- ,{, .L’expositjo,n (dej M.,Jules.Pion est très-belle; ses broderies sont remarquablement sqignées ;et les dessins de bon, gpût, s. | Jii(
- . Le-jury lui,rappelle la médaille d’argent obtenue;eni 8^4.;.
- MM^LUCY-SEDILLèT efCi^- Wê des .ïèuneurï, n” 3'6;
- y^-'jjofr. Paris, (Seine). ^ ». J .•.* nollr {/:**
- :'Céttè'màisdh'est urié des !preniières!T'qui! sef|soitnoécu’pér de là broderie au crochét'sur'iûbusselihë/Elle a fait faire Odette industrie dé grands p’rogrèls\!!ët elle rà!'perféctîdnnééi<ivi‘ia!:- ‘ :i :
- MM. Lucy-Sédillot et compagnie font broder avec un succès ‘incontesté des brodëries’fines’pbùr rnantelëts, lingériës,- ;etc. Leurs produits en ce genre* sont*’dès plus’remarquables et arrivent à une grande perfection. Mais la partie là plus considérablè déxsa fabrication est l’aHiële'pour meubles. 'r'f‘ : 1?;;; j ••
- Le’jury a surtout distingué de. charmantes broderies‘fines à petits dessins ramagés, et un store à fleurs de maronniers’d’un goût exquis. . ^ a ^ -, , . , ;1
- M. ‘ Lucy-Sédillot a obtenu la médaille dé bronze ën i’844, et mérite cette année la médaille d’argent que le jury lui décerne..
- M. BRIN-LALAUX „ à . Homblières, près Saint-Quentin uoi ,'jiL (Aisne)it uvh au h.k fîncV; ]; . «li • tu-.o-nuM'. hub
- ':î,M.fiBrimLalaux exposé un assortiment dé‘divers’liàsus édfus'èt bJanëlnsîpdur ameublements/ Tous’ces articles1 aiinoncent' une excèllèritë'fàbïiéàlibii.’i'un'î':f| yhp.ib.- ’-ïlotm! or n.? «oihaw
- Le jury a spécialement remarqué des mousselines1 èt’gazes' brochées l un' fort beau*fideâu à'médaillôns5^ét un' storef>ën gaié’ broché d’un très-bon goût. r Uls & l'-'haoefio n
- !iia beauté et la î)bnt)erfâbricalion'dFes produits de'M: Brin-Lâlàux lui font obtenir la médaille de bronze. -I- > ‘î ‘hiookÎo nro-'..
- MM. BRUN frères, fils, et DENOYEL.^à Tararé (Rhône).
- :*Cés messieurs-occupent beaucoup1 d'ouvrières brodeuses et’i 5o
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- : i. : I* t
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- à 200 .ouvriers tisseurs, à Tarare; et dans .les,environs. Ilsdivrent annuellement 8 à 10,000 pièces de rideaux brodés, et Ton 12 5o à 3oo,ooo francs d'affaires.iwüuii «o.mvtn onn .rt u > • ini . .1
- Ces messieurs sont actifs, intelligents, sans cesse en course dans
- » /*> ' . y * \ -r * r y \ j ’ {/‘x } y r ; : - p
- les1 campagnes.1 .Ils visitent :eux-mêmes leurs nombreuses-ouvrières et dirigent let?r trayait, j ;jh n nui. aJ
- Leÿury a^remaçquéTa bonnes fabrication:1des. Articles.jexposés ,aet il décerne à celte maison la médaille de bronze, a1-! >oviîi noikdb
- MM. ESTRAGNAT frères et ROUX, à Tarare (Rhône).
- L’établissement de ces messieurs date de T 845. Ils se livrent
- particulièrement' à,la fabrication]des articles brodés pquçjmeuble.s]
- Cellç maison a promptement acquis une assez grande impor- 1S
- . rj ’.-'Tirn.iiiili'M' .anUa\ j-'«:><,is fi?:o ?.»»b tnoat'çxo
- lance dans les aüaires, et ses produits sont.estimes. I j
- ' MMVEsïra'gnàt frères * et’ Roux, n’ont exposé' quelles .articles qu’ils
- vendent journellement',*.êt néanmoins leur exposition est fort belle,'
- ct le.jüry!a surtout remarquéJun lapis clé lit ét des rideaux brodés
- sur tuile cl une parlaite execution* > * ‘
- T . • ;• * j 'HPDi -Vr i Ali ‘i À V ; 1 • HG b'iLO H *" i ù ) i •>*; HO jliîJO 1.»
- Le jury leur accorde une médaillé de bronze,
- H’]; V; \;l * : j 1 ! :.. i J- 1 : . j i ' ; . ; i ’ iVJ i. i\xh > H OG'G'HOG UÜ
- M. LEPELLETIER-DAMAS,, eue Saint-Fiacre, n".5, A
- _ •• v ":i'i "î «- I «WOt* si «rC ,rf
- Paris (Seine).
- Mi'- -t t . ! •» ,-u'l U(J M.ujaj- i'M - Aîij
- ..La principale fabrication de M. Lepelletier, est'à Bonnal. (E)oubs), et leS produits qu’il .expose-.sont remarquablement soignés.,Le. jury a .surtout distingué de forts-beaux. rideaux à ^vitrages et> un store
- magnifique. .0,,h.:Vhaa inv» mi iop <vupio,.>
- Le jury lui accorde unej médaille (de.bronze. - jy, , ..a. -s] \>J
- v- • L
- S
- MM. BOUTHORS et DEREINS, à A.miëiist(Somine). M Mentions.
- honorables.
- Ces messieurs exposent un assortiment de bandés lambrequines festonnées mécaniquement. Ces bandes-ï brochées" sontrdestinées;à remplacer les : bandes brodées ,' dont la consommation est considérable; ” v«ettua '"niR ,ybK>r.o,f«t Jo , «in.'hi/tu Enon *»t>
- - • *
- t’Lejjury accorde à, MM.: Bbuthors et‘Dereins une mention liono~ râble. r,o 'mot ••.otlusp mp ,s-:riv?.!;K| eoniini'i'ys-
- M,;iBIBAS., rue du Sentier, n° 3 à Paris (Seine). Ujj
- M. Bibas fait beaucoup broder à Tarare, à Laye et à Sainl-Sÿirî-
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- Gitation
- favorable.
- Médailles de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- phorien. Son exposition est très-jolie, et le jury-a remarquéun store d’un travail admirable.-
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- TRAVAIL DES ORPHELINES, ,à Arras (Pas-de-Calais).
- Le jury a remarqué de belles broderies pour ameublement faites par de - malheureuses orphelines. Le jury accordé à ce travail une citation favorable. .
- OUATES, MÈCHES DE COTON.
- ; * }
- MM. SIREDEY èt BILLEBAULT, à Paris (Séine).
- ^ ' * T y ^
- Ils exposent des ouates glacées et autres (coton cardé), blanches et en couleur, de qualité supérieure. Leur coton cardé blanchi, pour'bijouterie, etc., obtenu-au moyen de procédés particuliers, a surtout été remarqué. L’établissement de MM. Siredey et Billebault occupe 3o à 35 ouvriers, et produit annuellement 5o,ooo’ kilogr. d’ouates et cotons cardés, pour une valeur de i3o,ooo francs.
- Le jury accorde à ces fabricants une médaille de bronze.
- M. Pierre-Louis CÂNDÉOT, à Paris (Seine).
- Cet établissement occupe 5o ouvriers, et produit annuellement environ 180,060 kilogrammes d’ouatés en tous'genres. Les articles de M. Candlot entrent dans la grande consommation. -Ses'produits sont bien fabriqués1; et obtenus par des procédés entièrement mécaniques qui lui sont particuliers.
- Le jury accorde à M; Gàndldt une médaille'de bronzé.
- *
- /
- M“e veuve NICOD et fils, à Anrionày ‘(Ardèche).
- Ilsi.exposent des mèches nattées pour bougies en stéarine, ainsi que du:papier percé'pour le délitement des vers'ài soie.
- L’établissement de M"!c veuve Nicod et fils, fondé ên 1846; livre de bons produits, et présente, entre autres, cet avantage pour la localité, de procurer du travail à domicile à un assez grand nombre de femmes pauvres, qui ne peuvent quitter leur ménage ou leurs enfants.
- Le jury accorde à Mm* veuve Nicod et'fils une*mention‘honorable.- ,
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- M, Joseph-Émile THOUVENIN, à, Paris (Seine,).
- Il expose des ouates en coton, blanches glacées,, et;du coton cardé pour couvertures, etc. 11 y.joint des couvre-pieds en soie piquée, ainsi que des soies cardées et en ouate, provenant d’effilures de soie. Ce dernier article présente l’avantage de tirer partie d’un déchet qui demeure, en quelque sorte, sans autre emploi possible. Ces divers produits sont'bien confectionnés^
- Le jury accorde à M. Thouvenin une mention honorable.
- ' ; . * i i , , T ' v -s «
- M. Charles VINCOURT, à Paris (Seine)V ‘ : •
- Lè jury accorde à M. Vincourt, déjà cité en i844, une citation favorable, pour les mèches à qüinquèts qu’il expose celle année, et qui sont d’une bonne fabrication. 1 ;
- QUATRIÈME PARTIE.
- î *
- INDUSTRIE LINIERE.
- M. Desportes, rapporteur.
- = ' .. ii.LhkO
- CONSIDÉRATIONS GENERALES/'
- c xl t:
- ; T s- •'V:-;/ J .D ; - J ';1
- Le jury dé 184 4 signalait un temps d’arrêt dans la marche progressive de notre industrie linière; il a suffi d’uri retour de prospérité dans les deux années suivantes pour produire le développement le plus rapide et le plus complet dans là filature et le tissage du lin et du chanvre.5 Ce développement paraîtra d’autant plus remarquable qu’il s’est .réalisé, pour ainsi" dire tout entier, dans l’espace de trois années i car, en ri 847» la crise des céréales et la disette des matières textiles ; en T 848 la révolution de février, sont venues renouveler, pour cette' industrie, les difficultés et les périls de sa’création si récente encore. :a ; - y r’ï v- :-<o\ (
- En i844, nos filatures, au nombre de 53, 'comptaient '
- Citation
- favorable
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- 120,000 broches; aujourd’hui,,au nombre de io3, elles en comptent qSo.'ooo.Elles occupent i5 à i6,000 ouvriers; elles emploient^ une 'force motrice td’environ 4',3oo chevaux' et mettent en œuvre^S millions'dé kilogrammes’'!de lin;ét! de chanvre'teilles ; le capital' immobilisé dans--là' filature;pèut être évalué à‘ 5o,060,000 dé francs^ Lé'département du'Nord figuré "en premièré ligne dans ce prodigieux accroissement de notre richesse industrielle. . t ». / '
- La production n’était estimée, il y a 5 ans qu’à 6 millions de kilogrammes ( cette Valuation était trop, basse) ; nous] prouvons qu’elle s’élève aujourd’hui à 20 millions, Ce chiffre dépasse la propof lion clés broches existant aux deux*'époques ï la! diffé-rence s explique par la plus grande habile.te deSj ouvriers et par le perfectionnement des machines ; la réalisation de ce dernier progrès remonte à 1844% mais il ne s’est généralisé que depuis. Do là cet autre avantage, non moins intéressant, d’une meilleure production malgré l’emploi ,de matières plus communes, de sorte que nous’dvons Vu les prix s’abaisser graduellement, au grand avantage des consommateurs, sans qu’aucune réduction'déL salaire ait été‘imposée à l’ouvrier. Nous trouvons, en effet, que de i84à à ce jour, après des alternatives fréquentés de1 hausse et dè baisse, les fils ont diminué de i5 pv o/q, Jandis que je cours des matières premières est exactement le même aux deux époques. Quelle quetsoit , .po.ur, la filatfire, f insuffisance des bénéfices actuels, ce 11’est pas moins, un fait remarquable ,„et qui fait le plus grand {honneur, à la persévérance d.e, nos.chefs d’industrie, que, d’avoir, résisté et, maintenu le travail,, en .présencesd’une aussi» grande,,réduction ;de/prix. Qar il-faut considérer-..que la ma* lièrejarute figure, pour, environ, 6,Qtp. 0/0 dans le prix de, revient, des .fils,de grande consommation', et,que çest; parconr, séquent, une diminution de ‘ 3,3ià;35,p. . 0/0 réalisée depuis 5?ans dansdes frais^de fabrication.,, r/d 5 n
- ,{Tandis,que la plupart de nos filateurs perfectionnaient leurs produits, tout en réduisant leurs frais généraux, d’autres^ sans négliger le même but, s’appliquaient à pousser.le filage du lin
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- et de üétoupe à un très-haut degré .de finesse,; c’est un progrès favorable, iau* développement" de nos;.fabriques de. Cholet-, de Valenciennes-et de;Cambrai. Des filateurs du,département du Nord ont ! at-tein ts lè în?a » 6 a <m/m (;270 anglais),,en sli:ri,etJe n°/i84>ni/iii! (1/401 anglais);, én étoupe ; en- i844» la-,filature;fran-çaise n’allait pasrauidelài,des(n0< 66 m/m ( 110 anglais)ten lin ,. n° 3o m/m (60 anglais) én/étoupe: aujourd’hui;la-finesse;est doublée. Gb fait/est considérable,/quoique lés numéros!.extrêmes; en lim et .en< étoupe ne paraissent pas; -appelés „ pour quelque temps au moins ; à faire l’objet d’une consommation importante, "et que< nos 'filatures, ben- prodiiiserit' encore que dé très-faibles'quanti lés.1 p , nub/medo •hk>-> , i;i .
- - Lesifils qùi se fabriquentrà sec, sans querla décomposition de là matière" gommeuse vienne aider,’comme dans.la .filature mouilléel, à Tallongementduifil en gros ,/.ne;sont pas susceptibles d’atteindre une-égale finesse. ,On: a exposé des n05>3o'm/ni (5o anglais) dans ce genre de filature; la consommation actuelle s’arrête au n° r8tm/mj(-3o anglais) ; l’ubage„des<»n?*'supérieurs pourra s’établir,; ainsi!qu il l’est déjà;en Ecosse, question réservée pour plus tard, mais qu’il était bon de poser;devant les consommateurs quilvisitent les; galeries! de l’ëxpositioni j / Le filage du chanvre a été porté avec succès dans la filature à sec, jusqu’au n° 12 m/m (20 anglais) ; il est bien à-désirer que cette matière s’adoucisse, par le-choixide la semence, par lès soins du^rouissage eficlu 'teillage; et qu’on puisse l’appli* quet aussi utilement au filage des numéros plus élevés/,
- Nous devons citer encore-avec éloge. les progrès réalisés dans la fabrication des fils retors, des fils préparés.pour la cordonnerie et la sellerie. La filerie de Lille, qui monopolise la fabrication du fil à coudre;) est une industrie éminente!et habilement conduite, d’une importance considérable; il est regrettable qu’elle ne se présente pas à nos expositions : nous aurions eu à la*’féliciter d’avoir adopté dëp.uis‘5 ‘ans; des procédés de fabrication qui lui ont permis de réduire seà prix d’une manière sensible. a,
- Non moins d’efforts, non moins de succès chez nos fabri-
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- carits de toiles unies et façonnées : intelligence parfaite des besoins de la consommation; fabrication progressive, excellente et à bon marché ; goût exquis dans les dessins ; développement de ^production ; fils et toiles bien blanchis ; brillants apprêts, telles sont les qualités qui se révèlent à l’inspection de cette abondante variété de produits. Nous devons cependant renouveler une observation déjà faite par nos devanciers, c’est que nos blanchisseurs et nos apprêteurs ne donnent pas à la marchandise qui sort de leurs mains toute l’élégance et la bonne mine, s’il est permis de parler ainsi, que savent lui donner les blanchisseurs irlandais. Et nous insisterons d’autant plus sur cette observation, que la Belgique a suivi l’exemple de l’Angleterre; or, chacun comprendra que c’est un désavantage très-réel, pour la fabrique française que de se présenter ainsi, sans, parure, en concurrence avec les tissus que l’Angleterre et la Belgique savent orner avec la plus habile recherche.
- - L’exportation de nos batistes est restée à peu près stationnaire, dans les années i845, i846 et 1847; e^e a baissé,de 33 p. 0/0 en 18481. Espérons qu’avec le retour de la confiance, cette branche de notre industrie, si intéressante pour lesrpopulations rurales, reprendra bientôt sa plac’e sur les marchés étrangers.
- Le tissage du lin et du chanvre à la mécanique a pris peu de développement,; les salaires du tissage à la main ont été tellement réduits depuis 1847, qu’il a dû paraître prématuré d’entrer en lutte et de verser des capitaux dans des organisations coûteuses, alors que les débouchés devenaient déplus en »plus rares.
- L’agriculture, dans plusieurs localités, a amélioré ses pro-
- 1 Exportation de i845 ....... 70,690 kilogrammes.
- , de i846. 66,83o. ,
- ; ; de 1847. 66,890. V . / '
- de i848........ 44,070. ' •
- • [Tableau général du Commerce delà, France.)
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- cédés de rouissage et de teillage', mais il faut que ces efforts intelligents s’étendent à toutes les contrées qui produisent les plantes textiles. Nous ne saurions trop recommander l’adoption des systèmes de préparation qui se pratiquent, avec avantage, en Belgique1 et dans le Nord de la France. Si l’emploi de ces méthodes ne devait pas prévaloir, plusieurs de nos départements seraient bientôt déshérités de la culture du lin, si précieuse pour nos campagnes, à cause, des nombreux salaires qu’elle y répand. On verrait incessamment les lins , de Russie, de Prusse, de Hollande, de Belgique, et d’Irlande se substituer aiux nôtres, dont l’exportation se réduitf chaque jour dans une proportion considérable et toujours croissante 1.
- Le filage à ïa main s’exerce encore et continuera de s’exercer dans une proportion notable pour la confection des fils fins pourbatiste et desgros numéros pour emballage, toile à bâches, toile à voiles, toile ménagère, etc. ; le lin .et le chanvre ainsi filés se tissent généralement dans la chaumière, sont employés dans la famille ou se placent dans un rayon fort étroit sans paraître sur les marchés; aussi est-il bien difficile de déterminer la richesse réelle de l’industrie du lin et du chanvre, prise dans son ensemble. Voici cependant quelques données puisées dans les statistiques, que nous exposons avec toute la réserve que commandent ces renseignements toujours incertains. On estime à 248,000 hectares les terres cultivées en
- \ "
- France, en chanvre et en lin2, produisant annuellement :
- . , . ... : V.*.ï I
- I
- 5t
- Exportation des tins français: en i84o.. . 2,580,000kilogrammes.
- ‘ J en i845.'. .'à 5o4,o00, !
- ‘ en 1848-f-i' 196,000.
- (Tableau général du Commerce de la France.)
- 158,ooo hectares en chanvre. 90,000 en lin.
- •:U
- 248,000 hectares. ^
- (Statistique de 1845.) ,
- Depuis cette époque, ta culture ne' s’est pas étendue, elle avait décru de 1836 à i843 : on avait trouvé alors 177,000 hectares en chanvre,
- 97,000 en lin. •
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- ‘JÜ
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- ï 35,000,p,oo!\de.filasse cVune valeur de. ....... • g6,o6o,ooof
- .'}] sa quoi il «faut 'ajouter:«>«••- £ •*.:*(*;
- i'olk; I.i ! • ‘/t 8,535',OOOk lin teillé;!;;"-,'i ;;i V -ü.s.‘.>u
- us i rn;importé 1 ; iuv.y-j/8,535,ooorq
- . n ftrwX < --- * . î ..j 10,009,0^^,
- ir lteillé importé. ?.,.î;\if4']U,ooo .1/ bn
- :Tiii.ilUO ).U ïJUTJÜ^n) • io6iOOg;odof'
- h96,000* lin^teillé*^'’^1 ;iVÎ »>>!&{.>>
- ; > i if i.' ? >’ *-• ’• l.»^
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- hWY't ui*-I ;*V.»'K>'Kï
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- 463,ooo 1
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- iV.ni- rZ b :7::b!l
- .O''- ‘ a ri j U 7
- .20 ,120,000
- 15 ; /rt. ;’iOi m
- - nli f.MijîJj
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- .* *. lé exporté* y vV.,*j ; ! 178,8<
- :i 1 qùés à la filature "- ; ‘ ’ n* • -s
- .. ->a*, an bw
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- 000,000V 11
- ao o?. •u• ‘i
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- 34.000,000
- \. , ;.des batistes. ... V5,,opp.,ooo..;/i,,
- i1 - );'w:d)rî-j'lv"-- r roV .'.H'uS^v-üV
- ; i J j, t v \j *
- ; : - J -i
- ,000
- 12'2,'220,000
- M Quelle valeur ajouter'au surplus des 145. Bo3,600* " "JI '
- susério’ncésV'soit1 122,220,000* * pour le filage à la ‘
- mainet autres manutentions que subissent ces ma- -* :i -J :i*!i
- tières? GetteWaleur, rie fuselle que de 25 cent, par i-’ «o.vjjni
- kilogramme, nous donnerait......................... 3o,5oo,ooof
- 11 faut aîou ter les frais de la main-d’œuvre, du -, .
- tissage, du blanchissage, des .apprêts, de la teinture du doublage,des transports,'etc., environ.......... 76,000,000
- Ce‘nulporte la somme totaleides- valeurs créées
- .1 r • .... i-.' 1 .-i”! Sfl'UiïOî);; au-
- ann„............r-........................................., r, ,
- sans y comprendre les graines oléagineuses, à... 245,ioo.ooof
- ,ÏM 1 ~
- -i>ïbï .û> üü^YbAî'ù1?.-.
- 1 Jrnportation .de 3 848.^ i
- 2;;q *>n ’< 7 *. ûî • , \ t 'mh-' c.'-- ?\iV\y •
- : * *)
- 2 Idem.* < 1 nm,..,
- * Nous établissons ce dernier chiffre sur la production de 1847-
- f} i
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- i'i *i ' i fj> j t s . | ft * • ! ;Û':. I' f J'i ’ v : l'X » L’1 "t î>! G ^
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- FILS DE LIN ET DE CHANVRE. :;n s ,
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- M. Lainelr, rapporteur. j i |> ;
- SOCIETE ANONYME FILATURE DE'LIN D’AMIENS
- • .'de.,..(Somme)A : • i Ji».h ^un./] <;> i;h I
- Éoiidée en 1838, là société anonyme pour la filature du lin à Amiens était accueillie, a l exposition de. i844i par là. distinction
- d’une médaille d’or dont le mérite ne cesse .d’être justifié.
- !•••• , • • :> /r. j.r -, . u,> !>>)?')': vJ ;*i,o;ai mi.-oJ
- Appelé au nombre des ..membres du jury central, ie^directeur de cet important établissement, l’un des plus considérables deFrance, en acceptant ce mandat, Ta |)iaçé,.de fait, hors de.concouirs ;<mais, sans participer aux récompenses, la filature d’Amiens ne saurait
- ’ • i \ . J * J j ï * ) f ’ ; ' ' { * i J - n » t . tj I J ! * JL • fj j } ... * * t ,• •„ >*,. ; î ‘ I
- être déshéritée de ses droits aux éloges du jury, éloges mérités à tous égards par les progrès que révèle l’assortissement présenté à l’exposition , et par l’importance de ses opérations. ; ,
- Une blanchisserie et 16,36o broches, fonctionnant par le concours d’une force de 3oo chevaux et avec la participation de 86o ouvriers, produisent annuellement pour une valeur de 3,5oo,ooo francs. > Des 2,5oo,ooo kilogrammes de chanvre et de lin mis en œuvre, i ,4oo,ooo sont livrés par notre agriculture/et le rêsteprovient des productions dé la Belgique1 et'de* la Russie/' " r :> 1 , » j n
- La blanchisserie, dont nous avons apprécié les "résultats à;la blancheur des fils et à leur parfaite épuration du' chlore, consomme pour environ 3o,ooo francs de produits chimiques par année/ '
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- k7 >/ i ;'.v uv; M. Desportes,,rapporteur. 0f*:<,
- MM ;r FER A Y et G10/à Essonne rèti à 'Palleau (Seinëiet-
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- Us exposent des fils de.lin. d’une rarerperfection.,et des toiles dai-massées dont le travail réunit les qualités les plus exquises.
- . M. Féray, faisant partie du jury, se' trouve hors, de ^concours'; qu’il nous soit permis, cependant, de rappeler que ces habiles manufacturiers ügurent en première ligne parmi ceux de nos industriels qui,' à force dé sacrificès et d’efforts persévérants, ont réussi
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- à conserver à la France noire grande industrie linière, lorsque les progrès de la mécanique vinrent modilier si profondément les conditions de la filature et du tissage. C’est ce que le jury de i83g a voulu reconnaîrre en décernant une médaille d’or à MM. Féray et compagnie.
- Mention pour ordre.
- MM. Nicolas SCHLUMBERGËR et C,e, de Guebwiller k (Haut-Rhin). ,
- L’industrie de la filature doit beaucoup à MM. Nicolas Schlum-berger et compagnie ; constructeurs de machines à lin, ils ont voulu lès étudier par la pratique même du filage, et dès i838 la filature de lin fonctionnait à côté de l’atelier de construction.
- Leur filature est restée ce qu’elle était en. i844, avéc"i,Aoo broches dans les deux systèmes, sec et mouillé. 1 \
- Les produits exposés sont des fils d’étoupe, de lin et de chanvre dans les n°5 8 m/m à 4o ( i4 à 65 numéros anglais) ; ces marchandises sont de parfaite qualité et d’un placement toujours facile."
- MM. Nicolas Schlumberger et compagnie ont obtenu, en 1837, une médaille d’or pour leurs machines à lin; le jury, en considérant cette distinction comme un hommage rendu à l’habileté du filateur, les mentionne ici pour ordre.
- MM. SCRIVE frères, â Lille (Nord). : .
- Celte filature date de i834; placée sous la main, d’une habile direction, elle a traversé toutes les crises, vaincu tous les obstacles, réalisé tous les progrès.
- ,j tMM. Scrive frères possèdent , , ,, , ; j. ? .
- 10,000 broches à l’eau, ; ... 4 fî. , ; . . . , y
- 3oo broches à sec.
- Ils occupent 55o ouvriers., La vapeur leur fournit 120 chevaux de force. Ils produisent pour i,3oo,ooo francs de fil par année.
- MM. Scrive frères ont fondé un établissement de tissage mécanique à Marquette , près Lille; nous reviendrons sur le mérite de leur filature lorsque nous nous occuperons du tissage.
- Rappel MM. FAUQUET-LEMAITRE et C“, jà Pont-Audemer
- médaille (HjUre). ' * ; .... . . .
- . Ils ont établi leur filature en 1842, sur une magnifique chute
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- d’eau utilisée, par une turbine de i48 chevaux, du système de M.Fourneyron : 7,000 broches y sont mises en mouvement, 4io ouvriers y sônt employés.
- La valeur produite annuellement est de 1,38o,ooo francs.
- Les fils exposés sont en lin et en étoupe;
- • Les fils secs, du n° 9 m/m ( 1 à 16 anglais);
- Les fils mouillés, du n° 9 a 36 m/m. (16 à 60 idem). :
- La majeure partie est en lin de Caux et de Bernay. Ces fils, sous le double rapport de la matière et du filage, conviennent parfaitement aux fabricants de toile' de Normandie', et nous y trouvons la preuve qu’il dépend de nos agriculteurs de conserver et d’étendre la culture des plantes textiles. • ‘
- Le jury retrouve, dans MM. Fauquet-Lemaître et'compagnie, filateurs de lin, la science manufacturière qui les distingue éminemment comme filateurs de coton; c’est à ce dernier titre que la médaille d’or a été décernée à MM. Fauquet-Lemaître et compagnie à l’exposition de i834 et rappelée en i83g et i844- Le jury en prononce le rappel.
- ’ - ; ( *' i : ,
- MM. GOHIN et C1C, à Rollepot-lès-Frévent (Pas-de-Calais).
- L’un des associés de la maison Cobin et compagnie, M. Milles-camp, est propriétaire de la filature de Rollepot depuis longues années. Cet établissement, dont la fondation remonte à i834, a eu à traverser ces temps si difficiles où l’imperfection des machines et la concurrence étrangère risquaient de compromettre à tout jamais l’avenir de notre industrie linière. Ces obstacles ont été surmontés avec courage, le-matériel s’est renouvelé, la production s’est développée, et, en 1846, la filature de M. Millescamp,5 devenue-sa propriété commune avec MM. Cohin et compagnie, comptait io,i3o broches. Elle occupe 5y5 ouvriers et dépense une force de 23o chevaux; elle met en œuvre 1,200,000 kilogrammes de lin; elle fait pour 2 millions 1/2 d’affaires.
- MM. Cohin et compagnie, qui exposent pour læpremière fois, présentent un assortiment de fils, tous bien traités;mous avons remarqué un, n° 100 anglais (60 m/m) d’une grande perfection,.et la toile, tissée avec ce fil en chaîne et en trame, esjt d’excellente
- MM. Cohin sont fabricants de toile, et ils exploitent cette indus-
- Médailles
- d’or.
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- — 240 —
- trie avec la sûreté d’appréciation-que leur donne le grand commerce qu’ils font'à’Paris 'dans ce genre d’affaires.' Ils occupent/ 3oo: tisserands dans les départements de la Somme et-du Pas-de-Calais ; 'au Breil et à Connerré^ dans1 la Marthe, ils ont 190 métiers; en .atelier et 55o au dehors. ;ùv , ,• ;îh >'• ?•!-<
- Les toiles/qu’ils ont exposées sont destinées au commerce et aux services du Gouvernement; .elles sont toutes parfaitement appropriées à,leur destination et à,bas .prix,-[ , , if,,( , ... -
- Les services; rendus à,rinduslrie linière, à sa .naissance, par. l’un des .associés de latmaison;jCohi.a et .compagnie,s l’importance et ,îa bonne; direction cle.la- filature de Rollepot ,,l’élan imprimé à la fabrication par celte maison, tels sont les...titres que, le jury a voulu reconnaître en décernant,la,,médaille d’or .à MM. Collin et com-
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- Mj MAHIEÜ.DELANGRE, à Ar,mentières (Nord).
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- Créée en 1839, la filature dé M. Màhiëu-Dëlangre a commencé à se développer en i844 ; elle se composé" aujourd’hui de 6,328; broches .pour fils à sec et mouillés..Elle emploie 342 ouvriers et dépense une force de’86 chevaux de vapeur; 1,000 ouvriers tisserands,; travaillant au dehors, mettent en œuvre la plus grande partie des produits de la filature. Lés toiles présentées à l’exposition offrent ûn assortiment complet de qualités courantes et fines^dont les piix;varient-dei55):centimes à 2 fr. 45 cent. le.mèlre.îGes. toiles . sont parfaites et a bon'marché; leur régularité met en lumière tout le mérite diilfilateun. n!. >• ’ ..j . i
- ' M. Mahieu-Delangre- a exposé des fils d’étoupe du n° 16 au n? 80f (*9 -—-°ô!à 48 m/m) et des lils de lin du n° 18 au nî.200 ( i2ô m/m) ; ils méritent un éloge complet.
- !‘620,006’'kilogrammes de liriV chanvré et étoupe,'sont employés anhuellémènt; la valeur des fils est' de 870,000 francs'; le tissage produit 1 million de mètres. f; ; - ! : i .k*'| is.nl
- M. Mahieu-Delàrigrë est au premier rang des industriels les plus éminents;'il a reçu une médaille d’argént à l’exposition'de 1844. Le jury de 1849 lui décerne une médaille d’or, en considération des progrès qu’il a fait faire à la filature dans ‘la fabrication'des numéros élevés, et pour l’ensemble de sa fabrication. - '
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- MM. HEUZÉ, RADIGUET, HOMON, GOURY et LEROUX, à Landerneau (Finistère).
- La filature de cette compagnie travaille le lin et le chanvre; fondée en x 84-7 •» elle s’est établie avec tous les avantages des perfectionnements acquis. Elle compte 3,200 broches à sec, mises en mouvement par une turbine de M. Fourneyron d’une puissance de 100 chevaux, à laquelle une machine à vapeur de 5o chevaux sert d’auxiliaire.
- Un appareil importé d’Irlande pour le teillage du lin, mû par une force hydraulique de 20 chevaux, 3 blanchisseries de fil et de toile et 6 manufactures de toile occupent 1,000 ouvriers en atelier; 1,200 autres tissent au dehors, répandus dans les communes environnantes; les valeurs créées annuellement varientde 1,800,ooofr. à 2 millions. Tel est l’ensemble de l’organisation et du mouvement industriel de cette puissante association.
- La compagnie fait des efforts très-louables pour améliorer la culture des lins et des chanvres de Bretagne, matières fortes, mais généralement dures et mal préparées; l’avenir la dédommagera des sacrifices qu’elle fait aujourd’hui pour atteindre ce résultat. C’est un service éminent rendu à des populations éloignées de nos grands centres industriels que de leur conserver ainsi le travail du lin et du chanvre, leur vieux patrimoine, sous l’empire des nouvelles conditions que le progrès nous impose; la société linière du Finistère y aura puissamment contribué.
- Les fils exposés dans les n0’ 1 -— à 18 m/m (2 à 3o anglais) sont de qualité parfaite. Les toiles à voile pour le commerce et pour l’Etat, ainsi que les toiles à tente pour l’armée sont irréprochables. Ces derniers produits ont déjà valu la médaille d’argent à MM. Poisson, Heuzé, Goury et Radiguet , à l’exposition de i834.
- Le jury décerne une médaille d’or à MM. Heuzé, Radiguet, Homon, Goury et Leroux. : .
- MM. LAINÉ-LAROGHE et MAX-RICHARD, à Angers (Maine-et-Loire).
- * * ' 1
- M. Lainé-Laroche possédait, en i844, 5io broches de filature à sec; depuis son association avec M. Max Richard, il a doublé son établissement. Cette maison occupe aujourd’hui 200 ouvriers, sa
- 16
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- III.
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- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
- ~- 242 —
- force vapeur est de 4o chevaux, sa production de 290,000 kilog. fil de fin, de chanvre et d’étoupe; son mouvement commercial est de 55o,ooo francs.
- MM. Lainé-Laroche et Max-Richard exposent des n05 1 à 12 m/m en chanvre,
- ------- 1 à 5 1/2 en étoupe,
- ------ 1 à 17 ên fin. ’
- Ces produits sont dignes d’éloge; les matières sont belles, bien préparées, les fils droits et brillants, les échantillons de toile à voile en chanvre et en lin témoignent de la parfaite régularité de la filature.
- Ces messieurs ont ajouté une blanchisserie de fils à leur établissement.
- Le jury, reconnaissant les progrès que MM. Lainé-Laroche et Max-Richard ont fait faire à la filature du chanvre, leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. J. J. DÜPASSEUR, à Gerville, canton de Fécamp ( Seine-Inférieure ).
- La filature de lin de Gerville a été fondée en i838. Elle se composé de 2,5oo broches mises en mouvement par une force de 35 chevaux vapeur! Elle occupe 164 ouvriers à l’intérieur et, au-dehors, une centaine de tisserands.
- M. Dupasseur expose des nos 25 à 70 (i5 à 4s m/m). Tous ces fils sont fabriqués en fin du pays de Caux, la matière est bonne et le filage en est très-régulier.
- M. Dupasseur a fait des progrès sensibles depuis i844, le jury rappelle la médaille d’argent qui lui a été décernée à cette époqiie.
- MM. CHÉROT frères, à Nantes (Loire-Inférieure).
- La création de la filature de MM. Chérot frères remonte à i838, c’est-à-dire qu’elle est une de celles qui ont ouvert la voie au milieu des difficultés de cette époque, alors que l’Angleterre prohibai t la sortie de ses machines à filer et que nos constructeurs n’étaient pas encore en possession des modèles qu’ils ont su depuis conquérir et égaler.
- MM. Chérot occupent iao ouvriers dans leur établissement, 80 à 100 au dehors; ils emploient une force motrice de 35 chevaux;
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- ils font annuellement 200 à 226,000 kilog. de fil et tissent 5o à 60,000 mètres de toiles.
- Ces messieurs ont exposé des fils de chanvre, de lin et d’étoupe depuis le n° 2 1/2 ( 1 m/m), jusqu’au n° 20 (12 m/m), des fils à seines pour la pêche, et des toiles à voile en chanvre et en lin pour l’État.
- Tous ces produits sont bons; les progrès dans la fabrication des toiles à voile sont réels; le jury de i844 avait décerné à MM. Ché' rot une médaille d’argent pour cette dernière branche de fabrication, le jury de 1849 en prononce le rappel,
- M. DAUTREMER et C" à Lille (Nord).
- MM. Dautremer et compagnie ont fondé leur établissement en i845, c’est donc pour la première fois qu’ils se présentent à l’exposition; ils y apportent des fils d’une grande beauté et se placent, dès le début, au premier rang de nos industriels; leurs fils fins jusqu’au n° 162 m/m (270 anglais) en lin et 48 m/m (8o) en étoupe, sont des produits remarquables et qui prouvent l’excellence de leurs machines et leur habileté de filateurs. Ils possèdent 3,800 broches mises en mouvement par 4o chevaux de force, leur production est de 24o,ooo kilog. de fil d’une valeur de 680,000 francs.
- Le jury décerne à MM. Dautremer et compagnie une médaille d’argent, en considération du progrès qu'ils ont réalisé dans le filage des numéros élevés.
- MM. A. BOCQUET et C18, à Ailly-sur-Somme (Somme).
- Création de i845-
- 25o ouvriers.
- i45 chevaux de force.
- 2,5oo broches à sec.
- Valeur produite : 1,100,000 à 1,200,000 francs.
- MM. Bocquet et compagnie exposent des fils d’étoupe et de lin filés à sec dans les n05 3 (1 m/m) à 20 ( 12 m/m).
- Ces produits sont beaux, bien appropriés aux besoins de la consommation; les noa supérieurs 9 1/2 et 12 m/m en lin jaune sont d’une régularité remarquable. Cet établissement est organisé dans les meilleures conditions et possède les machines les plus perfectionnées, il a pris place", dès le début, au premier rang de nos fila-
- 16.
- Médailles
- d’argent.
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- Rappels
- de
- Médailles de bronze.
- Médailles de bronze.
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- tures à sec, le jury décerne une médaille d’argent à MM. A Bocquel et compagnie.
- M. Adolphe DUTUIT, fiiateur de lin et de chanvre, à Ba-renlin (Seine-Inférieure).
- La fdature de M. Dutuit a été créée en 1839, elle se composait de 1,200 broches en i844, elle en compte aujourd’hui 2,000. Elle emploie 1 5o ouvriers et 36 chevaux de force, selon sa déclaration.
- En même temps que M. Dutuit a augmenté sa production, il l’a perfectionnée, les échantillons qu’il expose, du n° 5 1/2 à 18 m/m. sont de Irès-bonne qualité.
- Le jury rappelle la médaille de bronze décernée à M. Dutuit lors de l’exposition de i844-
- MM. Félix-Susanne MORET et C18, à Berthenicourt (Aisne).
- MM. Moretet compagnie ont 10 métiers à filer, qu’ils appliquent à la fabrication de fils d’étoupe, et ils parviennent à tirer un parti utile des matières les plus communes.
- Us emploient 3o ouvriers.
- M. Moret est un homme de science et d’études pratiques , qui a rendu des services réels à l’agriculture et à l’industrie.
- Le jury rappelle la médaille de bronze qui lui a été décernée à l’exposition de i834-
- MM. A. VALDELIÈVRE fils et Cie, filateurs de lin, à Saint-Pierre-lez-Calais (Pas-de-Calais).
- La filature de MM. Valdelièvre fils et compagnie a été créée en i844- Elle compte 4,5oo broches; elle occupe 5oo ouvriers; la force motrice est de 60 chevaux : la production pourrait s’élever, selon la déclaration des exposants, à i.5oo,ooo francs de valeur si la consommation répondait à leurs moyens de production.
- Les fils exposés sont des n05 16 (9 60/00 m/m) en étoupe, et 3o (18 m/m) en lin.
- La qualité en est bonne et régulière.
- La ville de Saint-Pierre porte un vif intérêt à l’établissement de MM. Valdelièvre et compagnie; sa population et celle des communes voisines y trouvent des moyens d’existence. On cite avec
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- éloge îes efforts qu’ils ont faits pour maintenir le travail, autant qu’ils l’ont pu, dans les circonstances les plus difficiles de ces derniers temps.
- Le jury décerne une médaille de bronze à MM. Valdelièvre et compagnie.
- MM. J. DEQUOY et Cie,. filateurs de lin et d’étoupes, aux Moulins-lez-Lilie (Nord).
- MM. Dequoy et compagnie occupent 15o ouvriers ; leur filature, dont la création x'emonte à i846, se compose de 2,000 broches, mues par une machine à vapeur de 35 chevaux; ils mettent en œuvre 3oo,ooo kilogrammes de lin, et font pour 45o,ooo francs d’affaires. Ils se sont appliqués depuis un an à la fabrication des fils dits à cordonnier. Leur assortiment d’échantillons, dans ce genre de filature, mérite des éloges pour la régularité du fil, sa bonne torsion, la teinture et l’apprêt spécial que requiert ce genre de produit. MM. Dequoy et compagnie luttent avec avantage contre les fils de même nature que nous recevons d’Angleterre.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- M. J.-B. CHAUVEL aîné, filatëur de lin et fabricant de toiles, au Breuil (Calvados).
- Etablissement fondé en 1842.
- 2,080 broches.
- 136 ouvriers en atelier.
- 437 au dehors.
- Force hydraulique de 45 chevaux.
- M. Chauvel aîné emploie annuellement 190,000 kilogrammes de matières textiles ; sa fabrication de toile s’élève à 3,000 pièces.
- Les fils qu’il a exposés étaientde bonne qualité, le jury lui,décerne une médaille de bronze.
- M. Pierre BISSON, à Guisseray (Seine-ret-Oise).
- M. Bisson expose un assortiment de fils blanchis, teints et apprêtés.
- Son usine a été fondée en 1836; elle occupe 5o ouvriers, et produit pour 120,000 francs de valeurs annuelles.
- M. Bisson a obtenu une mention honorable en i844- •
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- Mentions
- honorables.
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- Le jury, reconnaissant qu’il y a progrès dans sa fabrication, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Nicolas-Marie-Joseph BUTRUILLE, filateur de lin et fabricant de toile, à Douai (Nord ).
- M. Butruille est un des doyens de la filature de lin.
- Il a fondé son établissement en i838 , et y a joint un tissage qui donne de bons produits. Sa filature se compose de i,4oo broches filant à sec et à l’eau froide. Ce dernier mode n’est plus guère employé: il réussit cependant pour certains genres de fils dans les gros numéros.
- M, Butruille occupe 90 ouvriers; il produit i2&,ooo kilogrammes de fil du n° 7 m/m (12 anglais) à 12 m/m (20 anglais).
- Le tissage produit 600 pièces toile de lin et d’étoupe, coutil » linge de table, serviettes à liteaux, etc.
- Les échantillons exposés sont de bonne qualité courante. M. Butruille expose pour la première fois.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. Alphonse FOURÉ, à Nantes (Charente-Inférieure).
- La filature de M. Alphonse Fouré date de la fin de 1847*
- Elle occupe 120 à i5o ouvriers.
- Elle se compose de 14 métiers à filer à sec et mouillé, employant une force de 5o chevaux.
- M. Fouré accuse 5oo,ooo francs d’affaires.
- Son exposition se compose de fils d'étoupe, de chanvre et de lin, de provenance française et étrangère, dans les n°5 9 (5 m/m) à 20 (12 m/m). ' • ,
- Le jury départemental signale dans ces fils l’emploi de matières du pays, lin et chanvre; il fait valoir les difficultés surmontées par l’exposant pour l’appropriation de ces matières au filage mécanique, et l’intérêt considérable qui s’y attache au point de vue de l’agriculture.
- Le jury central donne une mention honorable à M. Alphonse Fouré.
- M. Charles DECOSTER, à Avilly, près Senlis (Oise).
- 4 métiers à filer.
- 12 chevaux de force hydraulique.
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- 35 ouvriers dans l’usine.
- 3o au dehors. i4o,ooo francs d’affaires.
- M. Charles Decosler expose des fils pour toiles à voile, lin et chanvre, et un assortiment de fils pour la sellerie et la cordonnerie.
- Ces fils sont forts et réguliers; la teinture est bien réussie, le fil à cordonnier est lisse et brillant.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Charles Decoster.
- M. Michel PÉNIL, à Pincé (Sarthe).
- M. Pénil est filaleur de chanvre depuis i843. Il a 12 ouvriers chez lui et 8 au dehors; il marche au moyen d’une chute d’eau de 6 chevaux de force; il possède 9 métiers, et produit, d’après sa déclaration, pour 44,000 francs de fil.
- Les produits qu’il expose sont forts et régulièrement filés.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. Charles LEDUC, à Nantes (Charente-Inférieure).
- L’assortiment de cordes et ficelles présenté par M. Leduc est très-complet. On distingue surtout les fils à seines pour la pêche de la morue, du hareng, etc. ; c’est un article important, et M. Leduc mérite des éloges pour les soins et les perfectionnements qu’il a apportés à celte fabrication. Les prix sont modérés.
- M. Leduc fait annuellement pour environ 100,000 francs d’affaires.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- Mlle SAVREUX, à Boué (Aisne).
- Le jury, appréciant l’extrême finesse et la régularité des fils exposés par MUe Savreux, lui accorde une mention honorable.
- M. PAULUS, à Paris (Seine).
- M. Paulus donne au fil de lin et de chanvre les préparations qui le rendent propre à l’emploi des cordonniers et des bourreliers. Les échantillons exposés sont bien traités.
- Le jury accorde une citation favorable à M. Paulus.
- Citation
- favorable.
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- Médaille
- d’or.
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- DEUXIÈME SECTION.
- TOILES DE LIN ET DE CHANVRE.
- M. Desportes, rapporteur.
- MM. SCRIVE frères et J. DANSET, à Marquette et à Halluin (Nord).
- MM. Scrive frères, prenant dans leur ensemble la filature et le tissage du lin, ont fait faire un grand pas à cette double industrie. Comme filateurs, ils ont exposé des n01 i38 m/m (23o anglais), en lin, et des n05 84 m/m ( i4o anglais), en étoupe. En i844, nos filateurs ne dépassaient pas le n° 66 m/m ( î îo anglais), en lin, et 3o m/m (5o anglais), en étoupe, d’où il suit que le degré de finesse a été doublé. C’e9t évidemment un grand progrès, dût-on, dans une certaine mesure, suspendre son jugement sur l’emploi utile des numéros les plus élevés que nos filatures n’ont encore livrés au commerce que dans un très-faible rapport avec leur production générale.
- MM Scrive frères et Danset convertissent en toile, en linge de table et autres tissus façonnés une partie des produits de la filature de MM. Scrive frères, de Lille. Leur tissage, fondé à Marquette, près Lille, en i84o, occupe 3co ouvriers, et compte i4o métiers mécaniques, pour la fabrication de la toile unie. Ils entretiennent à Halluin 35o ouvriers, qui tissent le linge de table et les toiles damassées pour la grande consommation. Leur production annuelle est de i,5oo,ooo francs.
- Les échantillons exposés se distinguent par la régularité, par la bonne qualité du tissu, par la variété et par la parfaite entente des besoins de la consommation. Aussi MM. Scrive ont-ils pu traverser la dernière crise sans interrompre leur fabrication.
- L’établissement de Marquette ne comptait que 5o métiers lors de l’exposition de i844. Il a valu à ses fondateurs une mention honorable; c’est aujourd’hui l’une de nos usines les plus complètes et les mieux ordonnées. On ne saurait donner trop d’éloges aux soins particuliers que MM. Scrive consacrent au bien-être de leurs ouvriers. Presque Ions ceux qui travaillent au lissage de Marquette
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- sont logés dans l’établissement; une habitation salubre est affectée à chaque famille; un jardin et une salle de récréation les réunit les joui's de fête et les dimanches.
- MM. Scrive et Danset ont. donc abordé courageusement et résolu avec bonheur, en ce qui les concerne, l’une des questions les plus controversés de l’industrie linière, à savoir, si le lin, comme le coton, est appelé à être tissé mécaniquement dans la pratique générale: question intéressante au plus haut degré, car il ne faut pas que nous nous laissions devancer par nos rivaux d’Angleterre et de Belgique, dans cette lutte pacifique, il est vrai, mais à laquelle sont attachées la richesse et la vie des peuples modernes.
- Le jury central, appréciant le mérite de la création du tissage mécanique de Marquette, la beauté et la variété des produits, les efforts et les sacrifices que font MM. Scrive frères et Danset pour améliorer la situation physique et morale de leurs ouvriers, leur décerne une médaille d’or.
- M. LEMAITRE-DEMEESTÈRE, à Halluin (Nord).
- Etabli depuis i835, M. Lemaitre-Demeestère occupe 6 à 700 ouvriers, dont i3o en atelier. Sa production annuelle est de 720,000 mètres de tissus, dont 120,000 mètres vont à l’exportation. La valeur de ces produits est de 800,000 francs.
- L’exposition de M. Lemaitre est des plus remarquables ; tous ses tissus, toile unie, linge de table, toile à matelas, sont d’une régularité parfaite, et témoignent d’un progrès constant. Déjà, en i844, M. Lemaitre-Demeestère recevait une médaille d’argent.
- Le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MM. ROUSSEAU père et fils, à Fresnay (Sarthe).
- MM. Rousseau père et fils, de Fresnay, sont fidèles aux expositions de l’industrie, et c’est toujours avec honneur et avec des produits marqués au sceau du progrès qu’ils s’y présentent. Des mentions honorables leur ont été décernées en 1827, i834 et 1839; le jury de i8441es a jugés dignes de la médaille d’argent.
- Les toiles exposées par ces honorables fabricants sont d’une beauté vraiment remarquable; elles varient du prix de 1 fr. 4o cent, à 5 francs.
- Le jury, appréciant les progrès réalisés par MM. Rousseau père
- Nouvelle
- médaille
- d’argent
- è
- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
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- Médaille
- d’argent.
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- et,fils, depuis la dernière exposition, rappelle la médaille d’argent qui leur a été décernée à cette époque.
- M. J. BANCE, à Mortagne (Orne).
- M. Bance est un industriel distingué. Les toiles qu’il expose sont d’une belle fabrication et justement appréciées. On remarque surtout une pièce pour toile à tableau de 8m,o6 de large dont le tissu est régulier dans toute sa largeur. C’est une grande difficulté d’exécution qu’a su vaincre M. Bance.
- Le jury de i844 a rendu hommage à son mérite en lui décernant une médaille d’argent dont le jury de 1849 prononce le rappel.
- MM. VETILLART père et fils, à Pontlieue (Sarthe).
- MM.Vetillart père et fils sont blanchisseurs de fils et tisserands. Comme blanchisseurs, ils emploient 5o ouvriers; comme tisserands, 60 ou 80.
- Les fils qu’ils ont exposés ont conservé toute leur force; ils sont lisses et brillants, le blanc pourrait avoir plus d’éclat; ce n’en est pas moins de bonne marchandise bien traitée.
- D’après le témoignage du jury départemental, les progrès réalisés par MM. Vetillart depuis 5 ans ont quintuplé les travaux de leur blanchisserie. M. Vetillart fils s’est livré aux études les plus consciencieuses en France et en Angleterre pour atteindre ce résultat.
- Le jury rappelle la médaille d’argent qui leur a été décernée en
- i844.
- M. Adrien GRENIER, à Armentières (Nord).
- M. Adrien Grenier s’est élevé en peu d’années au rang des industriels les plus distingués du département du Nord. Ouvrier avant ,i843. c’est alors seulement .qu’il a créé le tissage d’Armentières , qu’il dirige avec une rare habileté. Il emploie aujourd’hui plus de 1,000 ouvriers, et il a si bien compris les besoins de la consommation qu’il a pu traverser la crise de i848 sans retirer à aucun le salaire qui le faisait vivre dans ces temps difficiles, si funestes à tant d’autres. Dans cette même année, M. Adrien Grenier a livré au commerce i3,4oo pièces de toile d’une valeur de
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- i,23o,ooo francs. Les échantillons exposés sont de belle qualité et justifient pleinement la faveur dont jouissent les toiles de ce fabricant.
- Le jury départemental présente avec orgueil l’exemple de M. Grenier aux classes laborieuses. Le jury central s’associe au même sentiment et décerne à M. Ad. Grenier une médaille d’argent.
- M. Louis MARY, à Essuiles-Saint-Rimault (Oise). Rappel
- , de médaille
- Etabli depuis 182 5, M. Mary occupe 3o ouvriers. de bronze.
- Les 2 pièces qu’il a exposées sont fort belles. Le jury rappelle la médaille de bronze décernée à M. L. Mary en i83g, et déjà rappelée en i844-
- M. Louis-Christophe RICHER-LÉVÊQUE, à Alençon Médailles
- A de bronze.
- (Orne).
- M. Richer-Lévêque emploie 15o à 160 ouvriers en atelier ; il a 16 métiers à filer le chanvre, niais la plus grande importance de son exploitation réside dans le tissage de la toile pour fournitures du Gouvernement et pour le commerce. Ce tissage se pratique au dehors; 1,000 ou 1,200 ouvriers y sont employés.
- Les produits exposés sont de bonne marchandise courante et rentrant bien dans les besoins de la consommation.
- Le jury décerne à M. Richer-Lévêque une médaille de bronze.
- M. J. DEMEESTÈRE-DELÀNNOY, à Halluin (Nord).
- La fabrique de toile de M. Demeestère-Delannoy a été créée en 1807, et depuis lors elle n’a cessé de fonctionner. Elle compte aujourd’hui 120 ouvriers à l’intérieur et 24o au dehors; elle produit annuellement 2,800 pièces de toile pour la consommation intérieure et 1,000 pièces pour l’exportation. La valeur de cette production est de 820,000 francs. .
- Les toiles unies et à matelas exposées par M. Demeestère sont fortes et régulières; il a été mentionné honorablement à la dernière exposition. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. Charles LEBORGNE et C“, à la Fertë-Bernard (Sarthe ).
- MM. Charles Leborgne et compagnie ont créé leur atelier dé tis-
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- Mentions
- honorables.
- Citations
- favorables.
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- sage en 1846. Ils y emploient 34o ouvriers et 8 ou 900 au dehors.
- Leur principale branche de fabrication consiste en ioile dite treillis pour fournitures de l’armée. Ces marchandises, dont les échantillons ont été exposés, remplissent toutes les conditions exigées par l’administration publique sous le rapport de la force et de la régularité.
- Le jury décerne une médaille de bronze à MM. Charles Leborgne et compagnie.
- M. CORNILLEAU aîné, au Mans (Sarthe).
- M. Cornilleau occupe i4o ouvriers, dont moitié en atelier. L’organisation de sa fabrique remonte à i84o; il a i4o métiers et produit pour 4oo,ooo francs de valeurs.
- Les échantillons exposés sont de bonne qualité courante; c’est de la marchandise forte et bien appropriée à son emploi.
- Le jury donne une médaille de bronze à M. Cornilleau aîné.
- M. Michel BEAULIEU, à Fougères (Ille-et-Vilaine).
- M. Beaulieu travaille depuis i83i ; il occupe 3o ouvriers et produit pour 54,ooo francs de toile par an. Ses produits sont de bonne qualité courante et bien accueillis par la consommation.
- Il a été cité favorablement lors de l’exposition de i844- Le jury lui décerne une mention honorable.
- MmoAdélaïde SILVESTRE, à Lillebonne (Seine-Inférieure).
- Mm' Silveslre occupe 3 ou 4 ouvriers; elle fabrique de belle toile avec des fils à la main d’une grande finesse. Elle produit 4oo mètres par an qu’elle estime à 10 francs le mètre.
- Quoique l’industrie du tissage ait changé de voie, au grand bénéfice du consommateur, depuis l’adoption des fils mécaniques, la toile exposée par Mmc Silvestre n’en est pas moins de belle et bonne qualité.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. Adrien HATTON-LAGAINIÈRE, à Fresnay-le-Vi-comte (Sarthe).
- M. Lagainière est fabricant de toiles et blanchisseur.
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- Les 3 pièces de toile blanche qu’il a exposées sont de bonne qualité.
- Le jury cite favorablement M. A. Hatton-Lagainière.
- M. Toussaint SOUCHET, à Saint-Calais (Sarthe).
- M. Soucliet emploie 5 ouvriers en atelier; au dehors, un plus grand nombre qui varie selon les saisons. Sa production annuelle est de xo,ooo francs.
- Ses échantillons de toile exposés sont de bonne marchandise courante.
- Le jury cite favorablement M. Souche t.
- M. Michel DUHET, à Alençon (Orne).
- La navette exposée par M. Duhel paraît devoir être d’un usage avantageux. La fabrique d’Alençon rend hommage à l’habileté de ce fabricant.
- Le jury central le cite favorablement.
- S I". LINGE DE TABLE UNI ET DAMASSÉ.
- M. Desportes, rapporteur.
- M. Pierre-Félix BEGUÉ, à Pau (Basses-Pyrénées).
- M. Begué occupe en temps ordinaire de 120 à 170 ouvriers, tant chez eux qu’à son établissement de Bizanos, fondé en 1829. Il emploie une machine à vapeur de huit chevaux et 4o métiers de tissage. Sa production est variée ; elle se distingue principalement sous le rapport de la force. Le blanc pourrait avoir plus d’éclat, mais il conserve à la toile toute son énergie. C’est le mérite distinctif des blancs du Béarn. M. Begué a reçu une médaille d’argent à l’exposition dernière; le jury en prononce le rappel.
- M. AULOY-MILLERAND, à Marcigny (Saône-et-Loire).
- M. Auloy-Millerand se livre depuis longtemps à la fabrication du linge damassé. Ses produits sont de bonne qualité, les prix en sont modérés et les dessins choisis avec goût.
- Peu d’industries ont autant souffert de la secousse révolution-
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- Médailles
- d’argent.
- Médailles de bronze,
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- naire que celle de la toile damassée. M. Auloy a dû réduire sa fabrication. En temps ordinaire, il produit pour i5o à 180,000 francs de valeurs annuelles ; c’est un chiffre élevé dans ce genre de fabrication.
- Le jury rappelle la médaille d’argent décernée à M. Auloy-Mil-lerand à l’exposition de 183g.
- MM. GRASSOT et JOANNARD, à Lyon (Rhône).
- MM. Grassot et Joannard occupent 60 ouvriers en atelier.
- • Leurs linges damassés sont des plus remarquables par la richesse des dessins, la rondeur et la finesse des contours, la régularité parfaite et la belle qualité du tissu. Leurs produits sont en grande faveur dans le commerce.
- Le jury décerne à MM. Grassot et Joannard la médaille d’argent.
- MM. DUHAMEL frères, à Merville (Nord).
- MM. Duhamel frères ont succédé à leur père en 1889 ; leur établissement a été créé en 1814. Us ont 4o métiers en atelier, pour la fabrication du linge de table, et, au dehors, ils occupent un grand nombre d’ouvriers qui tissent la toile unie. Ils accusent un chiffre d’affaires de 800,000 francs à 1 million.
- Les produits exposés sont fort beaux, notamment leur linge damassé; ces fabricants ont de charmantes dispositions, parfaitement traitées et d’un fini remarquable. Le jury de 184A a donné une médaille de bronze à MM. Duhamel frères. Le jury de x84g, considérant les progrès remarquables de leur fabrication et l’étendue de leurs affaires, leur décerne une médaille d’argent.
- M. Jean CASSE, à Lille (Nord).
- M Jean Casse occupe 23o ouvriers, dont 80 en atelier. Il produit pour 45o,ooo francs par an.
- M. Casse a exposé de grandes pièces, qui dénotent une fabrication bien montéé. Dans les services de vente courante, ce fabricant s’applique à réunir l’effet au bon marché.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. WATT1ER et CROMBET, Aux Moulins-lez-Lille (Nord). '
- MM. Wattier et Crombet ont exposé des linges de table et des
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- toiles à matelas damassées. Ces tissus, de qualité courante, sorit bien fabriqués; l’effet d’ensemble en est agréable et bien entendu. Celte maison possède 80 métiers, 3o ou 4o seulement sont occupés en ce moment, par suite de l’influence des derniers événements politiques sur les industries de luxe.
- Le jury décerne une médaille de bronze à MM. Wattier et Crombet.
- Mme LAUDET, à Pau (Basses-Pyrénées).
- Mme Laudet expose de bons produits. On y distingue certains dessins pleins de goût. C’est en prenant ainsi de bons modèles que la fabrique de Pau pourra se perpétuer, malgré la concurrence redoutable de nos départements du Nord.
- Le jury décerne une mention honorable à Mmc Laudet.
- M. Louis-François DENEUX-MICHAUT, à Hallencourt (Somme).
- M. Deneux-Mi chaut est un fabricant actif et persévérant. Le jury de i844 mentionnait honorablement ses produits. H y a du mérite à lutter, comme le fait M. Deneux, avec les grands établissements qui s’adonnent au tissage du linge damassé.
- Il possède 12 métiers Jacquart.
- Le jury, prenant surtout en considération la bonne qualité de son linge ouvré, lui décerne une mention honorable.
- MM. SINEY père et fils, à Saint-Lô (Manche).
- MM. Siney père et fils sont établis depuis i8i5. Ils occupent 6 ouvriers, et travaillent, le plus souvent, ainsi qu’ils l'indiquent, pour le compte des particuliers.
- Les produits exposés sont de bonne qualité.
- Le jury, pour honorer cette industrie de famille, cité favorablement MM. Syney père et fils.
- M. Pierre ANDRIEUX, ü Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme ).
- M. Andriëux travaille seul avec un ouvrier. Il expose une nappe
- Mentions honorables.
- Citations
- favorables.
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- tissée à la Jacquart, dont l’exécution dénote une habileté remarquable. Le jury accorde une citation favorable à M. Andrieux.
- $ 2. BATISTES ET LINONS.
- M. Félix Aubry, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La batiste est du petit nombre des articles de l’industrie française qui soit sans aucune concurrence à l’étranger.
- La fabrication de la batiste remonte à l’année 1309; un tisserand, nommé Batisle Cambrai, du village de Cantaing, près de Cambrai, fut le premier qui tissa ce genre de toile, qui porte son nom 1.
- Les principaux centres de la fabrication de la batiste sont : Valenciennes, Cambrai, Solennes, Bapaume et le Vervinois.
- La batiste se fabrique toujours dans des endroits humides
- »
- et généralement dans des caves, afin de conserver au fil toute son élasticité et sa souplesse.
- Le fil de lin employé, est filé à la main, dans le pays même; depuis quelques années, on commence à employer du fil filé à la mécanique, mais seulement pour les sortes communes.
- En général, les tisseurs de batistes sont des ouvriers modèles; l’ouvrier est en quelque sorte fabricant, et son état est l’objet de l’ambition de ceux qui l’entourent, il travaille chez lui avec sa famille et ses enfants, il ne vend sa pièce que lorsqu’il le juge convenable.
- Le bénéfice des tisseurs de batiste est au moins de 1 franc par jour, il y a des ouvriers qui peuvent gagner de 3 à 4 francs et quelquefois plus.
- Depuis de longues années, nos belles batistes fines, brillantes et soyeuses, qui font l’admiration et l’envie de nos
- 1 Notes historiques sur 1 arrondissement de Cambrai, par À, Bruyelle.
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- rivaux en industrie, ont atteint un tel degré de perfection,qu’il n’est guère permis d’espérer qu’on puisse aller au delà.
- Mais si nous ne pouvons depuis longtemps constater des progrès dans la fabrication de la batiste fil à la main, nous devons signaler la voie nouvelle ouverte à celle belle industrie, par les progrès de la filature mécanique, et l’expo-position de cette année nous a montré, pour la première fois, des batistes tissées avec du fil mécanique.
- Sans considérer si c’est un bien ou un mal que l’emploi du fil mécanique dans la fabrication de la batiste, nous pouvons constater que l’emploi de ce fil, dans le tissage des sortes ordinaires, est un progrès, puisqu’il a permi d’établir, à des prix moins élevés des batistes propres à l’impression et d’autres destinées à faire concurrence aux.toiles fines d’Irlande:
- En serait-il de même pour les batistes fines, si la filature mécanique parvenait à fournir des numéros aussi fins que ceux du fil de nmlquinerie?
- Question grave et difficile, que nous serions disposés à résoudre négativement.
- En effet, si d’une part, les progrès de l’industrie sont im cessants, d’autre part, n’est-il pas juste de penser que les fils à la mécanique ne pourront parvenir à donner à la batiste ce cachet qui lui est propre, ce blanc si pur et ce brillant si soyeux qui la rendent inimitable et qui font de celte belle industrie, une industrie sans rivale?
- MM. GODARD et BONTEMPS, rue de Cléry, n° ào, à Paris (Seine).
- Celte maison expose des batistes fil à la main, des batistes claires, lissées à pas ouverts, dites linons, et des batistes de fil mécanique. Tous ces produits annoncent une excellente fabrication.
- Rien de plus joli et de plus varié que Rassortiment des mouchoirs à vignettes exposés. Ce choix des dessins témoigne du goût de ces honorables fabricants.
- Au moyen des fils mécaniques, ils peuvent-établir des mouchoirs4 III. 17
- Médaille
- d’argent.
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- Nouvelle médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- de baliste imprimés à vignettes à i5 et à 18 francs la douzaine, en qualité très-remarquable pour le prix. Les foulards sur batiste double face, ainsi qu’une magnifique pièce de batiste extra-fine, ont été admirés du jury.
- Celte maison a été fondée en 1796. Son siège est à Paris, mais elle a trois comptoirs spéciaux de fabrication : à Bapaume, à Caïn-brai et à Valenciennes.
- MM. Godard et Bonlemps ont obtenu, en i834, une mention honorable, une médaille de bronze en 1839, qui leur a été rappelée en i844. Cette année, le jury leur décerne une médaille d’argent.
- MM. BOULARD et PIEDNOIR, â Gholet (Maine-et-Loire).
- Cette maison occupe près de 700 ouvriers et fait 600,000 francs d’affaires. Elle expose un assortiment de toiles fortes et légères, dites batistes, et des mouchoirs unis et à vignettes.
- Tous ces produits annoncent une fabrication bien entendue; le tissu est régulier et de bonne qualité et les dessins bien choisis.
- MM. Boulard et Piednoir sont des fabricants intelligents; ils font des efforts pour donner plus de réputation à la fabrique de Cholet, par l’emploi de matières premières de bonne qualité.
- Cette maison a obtenu en 1844, sous la raison de commerce Boulard et compagnie, la médaille de bronze. Cette année, le jury décerne à la maison Boulard et Piednoir une nouvelle médaille de bronze.
- MM. BERTRAND frères et VILLA1N, à Cambrai et rue des Jeûneurs, à Paris (Seine).
- Ils exposent un choix de batiste en fil à la main et en fils mécaniques.
- Cette maison est une des premières qui ail employé le fil filé à la mécanique dans la fabrication de la baliste.
- MM. Bertrand frères et Villain viennent d’établir des prix d’honneur pour les ouvriers dont les produits auront été jugés les plus dignes. C’est une excellente pensée que de stimuler l’ouvrier à une bonne fabi'ication par des récompenses.
- Le jury n’a que des éloges à donner aux produits exposés par cette maison, et notamment à une pièce linon imprimée et à jour,
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- d’un fort beau travail. H décerne à ces messieurs une médaille de bronze.
- MM. LUSSIGNY frères, rue du Mail, n° 3o, à Paris. (Seine).
- Ils occupent un grand nombre d’ouvriers tisserands dans l’arrondissement de Valenciennes -, ils font 4oo,ooo francs d’affaires. Ils ont exposé un assortiment varié de batistes écrues et blanchies en fil de main. Le jury a remarqué une belle fabrication et leur collection de mouchoirs imprimés, dont les dessins sont d’un très-bon goûl, et décerne à ces messieurs une médaille de bronze.
- MM. DELAME, LELIÈVRE et fils, rue du Gros-Chenet, n° 6, à Paris (Seine).
- Ils exposent un choix complet de mouchoirs de batiste imprimés. Le jury a remarqué spécialement des impressions à la planche plate d’un excellent goût, et il décerne à ces messieurs la médaille de bronze.
- S 3. COUTILS DE FIL.
- M. Desportes, rapporteur.
- M. TAILLANDIER aîné, fabricant de coutils, à Evrenx (Eure).
- La fabrique de coutils.de M. Taillandier existe depuis 1824. Il occupe aujourd’hui îoo ouvriers et produit T 00,000 francs de valeurs. Le jury central de i844 signalait M. Taillandier comme l’un de nos industriels les plus habiles et les plus persévérants. Ses produits remplacent avec avantage ce que l’Angleterre était en possession de nous fournir de mieux. Le jury, reconnaissant les progrès de cette fabrication, accorde le rappel de la médaille d’argent décernée en i844 à M. Taillandier.
- M. LËCLUZE-BIARD, fabricant de coutils, à Saint-Lô (Manche).
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de brpnze obtenue
- en i844. •' '
- Rappel
- de
- médaille
- d’aigent.
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
- 17-
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- Mentions
- honorables.
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- M. CÀZENÀVE, à Coaraze (Basses-Pyrénées).
- Il occupe 70 ouvriers à la fabrication des coutils; il emploie annuellement 20,000 kilogrammes de fil de lin et produit pour 80,000 francs de valeurs. Les pièces qu’il a exposées sont de bonne qualité, les dispositions pourraient être plus heureuses, mais, si la consommation du Midi les goûte, il n’y a pas de reproche à faire au fabricant qui suit la mode plutôt qu’il ne la dirige.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Cazenave,
- M. Julien RALLU fils, fabricant de coutils, sangles, etc., à la Ferté-Macé (Orne).
- Il occupe 120 à i5o ouvriers, qui travaillent chez eux. Ils possède 4o métiers. Sa production annuelle est de 200,000 francs.
- M. Hallu expose des coutils, des sangles, des pièces de tirants de diverses dispositions, tous ces articles sont bien fabriqués. Le jury lui accorde une mention honorable.
- S h. TOILES A VOILES.
- M. Laisnel, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’honorable rapporteur qui, en i844> a fait, avec une grande distinction, l’exposé des considérations qui ont mis l’industrie et la marine aux prises avec la question si importante du lin employé concurremment avec le chanvre dans la voilure des bâtiments, avait, à cette époque, proclamé la conquête de MM. Malo-Dikson qui, les premiers, ouvraient à l’industrie cette large voie de progrès.
- En présence du succès constaté par l’habile ingénieur dont l’opinion devait naturellement faire autorité, il n’était guère permis de douter du rôle désormais réservé au lin.
- La lutte ainsi ouverte entre les produits des deux plantes, l’administration supérieure, appréciant tout l’intérêt du débat, s’est emparée de la question, comprenant parfaitement que
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- l’expérimentation, faite sous sa direction, devait être d’autant pins concluante, que des constatations légales, relevées de fait s accomplis, revêtiraient à la fois les caractères d’autorité, de vérité et d’authenticité.
- Le ministre de la marine a, en conséquence, ordonné .des essais à bord d’un certain nombre de bâtiments.
- L’emploi simultané, dans une même voilure; de toiles de chanvre et de toiles de lin fabriquées dans les mêmes conditions de force et de poids pouvait seul fournir les éléments de comparaison. Ces moyens ont été adoptés; indiqués dans les ports et abord des bâtiments, la mise en service des toiles a été subordonnée à des conditions identiques.
- Chaque jour des résultats viennent se grouper; mais en l’état, et malgré l’opinion favorable exprimée par les officiers commandants sur la bonne participation des toiles de lin employées à la voilure, sur leur résistance pendant la navigation et sur les résultats dynanométriques constatés après un certain temps de service, comparativement aux mêmes épreuves exercées sur des toiles en chanvre dans des conditions semblables, la question reste encore réservée pour l’administration, jusqu’à ce qu’il ait été possible de rassembler des documents sur l’objet si important de la conservation et de la durée.
- Dès le début, nous avons accompagné de nos vœux le succès des essais tentés par MM. Malo-Dikson, et nous regrettons que les noms de ces habiles manufacturiers ne puissent être prononcés cette année qu’à titre de souvenir, n’étant pas compris au nombre des exposants.
- L’administration de la marine a bien voulu nous mettre en possession des renseignements fournis par MM. les préfets maritimes et nous autoriser à les porter à la connaissance de ceux qu’ils peuvent intéresser.
- Sans conclure rien d’absolu, les résultats succincts que nous présentons seront du moins une boussole pour la marine marchande, qui saura d’une manière déjà précise le parti quelle peut désormais tirer avec sécurité des toiles à voiles en lin..
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- De toutes les fabrications qui sont soumises à notre appréciation, celle des toiles à voiles est sans contredit celle qui réclame le plus, de la part des producteurs, l’observance rigoureuse d’une exécution consciencieuse.
- Sans doute l’extrême bonne foi doit présider à toutes les opérations de l’industrie; mais, dans la fabrication des toiles à voiles, combien n’est-il pas impérieux de porter la religion delà probité jusqu’au scrupule.
- Plus qu’ailleurs les écarts sont des fautes, des fautes graves, et les exigences du commerce, basées sur des besoins réels de la navigation, doivent être tout particulièrement respectées par les fabricants.
- Qui ne sait l’importance du rôle que joue la voilure dans la navigation? Qui ignore qu’elleest, en effet, l’auxiliaire le plus actif qui concourt à la marche du batiment, à sa conservation , au salut de l’équipage enfin?
- L’industrie des toiles à voiles a donc, défait, une immense responsabilité morale envers le commerce.
- On ne peut s’émotionner assez des conséquences qu’une erreur, qu’une inadvertance même pourrait entraîner à sa suite, et il serait de la plus grande sagesse que, par exception, à l’instar de ce qui a lieu pour les machines à vapeur, pour les matières d’or et d’argent, pour les ponts, etc., les toiles à voiles fussent soumises au contrôle d’un délégué de la chambre ou du tribunal de commerce, avant de les introduire dans la consommation.
- - Ces toiles, en effet, ne doivent pas seulement être jugées à la simple inspection. Les conditions rigoureuses de fabrication s’étendent plus particulièrement à la force, et l’expérimentation si essentielle de la résistance par le dynamomètre, ne pouvant que rarement être faite par les acquéreurs, serait, dès lors, réalisée par les vérificateurs avant l’application du timbre de circulation.
- Le jury central, dans sa sollicitude pour les intérêts qui ont besoin de protection, croit devoir appeler l’attention de
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- M. le ministre du commerce sur cette question bien digne de ses méditations.
- LA SOCIÉTÉ LINIÈRE DU FINISTÈRE, à Lânder
- neau (Finistère).
- Mentions pour ordre.
- La société linière du Finistère est du nombre des adjudicataires pour la fourniture des toiles à voiles de la marine nationale. Les toiles exposées par celte association sont d’une fabrication parfaite en tout.
- La société linière, étant comprise aux récompenses décernées aux tilateurs, n’est mentionnée ici que pour ordre.
- M. CHÉROT frères, à Nantes (Loire -Inférieure).
- Le jury a reconnu la bonne fabrication des toiles de MM. Chérot frères, dont nous ne mentionnons le nom que pour ordre, étant désigné aux récompenses décernées aux filateurs.
- MM. LAINÉ-LAROCHE et MAX-RICHARD, à Angers
- (Maine-et-Loire).
- La toile à voiles présentée cà l’exposition est de bonne fabrication courante.
- Le nom de MM. Lainé-Laroclie et Max-Richard n’est mentionné ici que pour ordre, étant compris au nombre des récompenses décernées aux filateurs.
- MM. JOUBERT-BONNAIRE, à Angers (Maine-et-Loire). Nouvelle
- Une position conquise par d’honorables travaux et par une suc- d argent, cession de récompenses obtenues depuis 1806 distingue, dans l’industrie, MM. Joubert-Bonnaire, et ils soutiennent parfaitement leur réputation d’habiles et honnêtes fabricants.
- Adjudicataires de fournitures pour l’Etat, la marine nationale aussi bien que la marine marchande, apprécient chaque jour le mérite des toiles qui sortent de leurs établissements.
- MM. Joubert-Bonnaire ont toujours suivi, quand ils ne les ont pas devancés, les progi'ès de leur industrie. Leur exposition se compose de toiles à voiles en lin, de toiles à voiles en chanvre et de toiles à pantalons pour marins, etc. Ces divers tissus sont d’une su-
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- périorité réelle. Les matières des toiles à voiles sont à longs brins, les fils sont unis, pleins et vigoureux, la tissure et le grain sont de la plus grandé régularité.
- A côté de ces conditions de fabrication , nous devons faire ressortir aussi la qualité, elle bon marché ajoute encore au mérite industriel de ces fabricants, qui maintiennent en activité plus de 5oo ouvriers.
- Le jury cenlralleur décerne, en conséquence, une nouvelle médaille d’argent.
- Mention M. C. JGEZEL-ARONDEL, à Amanlis (Ille-et-Vilaine).
- îonorable. ' 1
- Ce nouvel exposant, filateur à la main et tisseur de toiles à voiles, occupe 6 peigneurs et 3o fileuses; i5 tisserands convertissent ses fils en toiles à voiles, qui sont d’une bonne fabrication courante.
- La production de cette maison n’est portée qu’au chiffre de 4o,ooo francs par an; mais il faut néanmoins reconnaître en M. Jonzel un bon fabricant, puisqu’il parvient à soutenir la lutte contre les fils et le tissage mécaniques.
- Le jury central lui accorde une mention honorable.
- S 5. TOILES A BACHES ET SEAUX A INCENDIE. M. Justin Dumas, rapporteur.
- Médaille de bronze.
- MM. DE CHASTELLEX père et fils, à Haguenau (Bas-Rhin).
- Ils ont trouvé le moyen d’utiliser, en le filant, le déchet des laourres de soie ou fantaisies, qui jusqu’alors était entièrement perdu. Filé à divers numéros, ce déchet sert à faire des tissus grossiers, il est vrai, mais variés, et qui peuvent devenir d’un grand emploi. Ces exposants soumettent au jury des échantillons de toile à gargousses pour l’artillerie, dont les expériences presque décisives font espérer une supériorité marquée sur celles employées jusqu alors, que l’humidité ou les papillons altéraient; de toiles à bâches, de seaux à incendie , qui sont en expérimentation à l’administration de la marine et de la guerre ; des descentes de lit écossaises et d’autres échantillons de tissus plus minces et plus fins, que le jury aurait voulu voir en pièces. MM. de Chastellux père et fils soumettent en
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- outre quelques flottes de leurs filés en divers numéros, dont la régularité et les nuances se sentent de l’origine de la matière.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- S 6. TDYAUX ET SACS SANS COUTURE.
- M. Natalis-Rondot, rapporteur.
- MM. DE BEINE et CRESSON, rue Mercier, n° 2, à Paris (Seine).
- MM. de Beine et Cresson occupent à Fère-Champenoise 20 ou 22 métiers, sur lesquels ils font tisser toute leur toilerie de chanvre.
- Leurs sacs sans couture sont en étoupe et brin, ou en pur brin, armure lisse ou treillis. Un bon sac contenant 2 hectolitres de grain, ou .159 kilogrammes de farine, coûte environ 4 francs. Les tuyaux de 80 à 100 millimètres de diamètre, à 3 fr. 25 cent, et 4 fr. 25 cent, le mètre, sont d’une exécution et d’une force remarquables. Enfin, des échantillons de tapis croisés, rayés ou façonnés, d’une densité et d’une solidité extrêmes, de 2 fr. 5o cent, à 7 fr.le mètre en 60 centimètres, attestent les progrès de la fabrication de MM. de Beine et Cresson.
- Mentionné honorablement en 182701 en i834, recompensé en 1839 par une médaille de bronze qui lui a été rappelée en i844, M. de Beine se présente à l’exposition sous une raison sociale nouvelle. Le jury central, appréciant ses efforts et ceux de son associé, décerne à MM. de Beine et Cresson une nouvelle médaille de bronze.
- M. GALIBERT, rue Saint-Martin, n° 277, à Paris (Seine).
- Le jury mentionne honorablement M. Galibert pour des seaux à incendie, des tuyaux et des sangles. Ces divers produits se recommandent par leur solidité, leur cohésion et leur régularité.
- MM. HARMOIS frères, rue Marivaux-des-Lombards, n° 1 4, à Paris (Seine).
- Leurs seaux à incendie, en toile de chanvre dont la couronne en fer galvanisé est cordée en abaca, sont légers et bien établis.
- Nouvelle médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
- Mentions pour ordre.
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- MM. FLAUD et C,e, rue Jean-Goujon, n° 27, à Paris (Seine).
- Ils ont exposé, avec leur matériel contre l’incendie, des seaux en toile, de 12 litres, et du prix de 2 fr. 5o cent. La couronne est en rotin. L’expérience a justifié de la bonne qualité de ces seaux et de l’amélioration des coulures. En 1847, MM. Flaucl et compagnie en ont livré au commerce 10,200.
- Par suite de circonstances regrettables, indépendantes de la volonté du jury et des fabricants, les seaux à incendie et les tuyaux sans couture envoyés par M. André Baumüller, de Düppigbeim, et par M. Mutzig, de Strasbourg, n’ont pas figuré à l’exposition ; le jury central le regrette, il croit devoir mentionner l’éloge qu’a fait des produits de M. Baumüller le jury du Bas-Rhin.
- CINQUIÈME PARTIE.
- ÉTOFFES IMPRIMÉES.
- M. J. Persoz, rapporteur.
- Rappel M. Léon GODEFROY, à Puteaux (Seine).
- de
- médaille L’établissement de M. Godefroy comprend 3 machines au rou-<l’or> leau, à 2 et 3 couleurs; 5 perrolines, un cylindre à lustrer et i4 machines accessoires, telles que machines à foularder, à laver, à sécher, etc. Ces divers agents mécaniques sont mis en mouvement à l’aide d’une pompe à feu delà force de 18 chevaux.
- Cet établissement occupe de3 à 4ooouvriers dont le salaire pour la journée de 10 heures es!, savoir: de 6 francs pour les imprimeurs, de 2 fr. 5ocenl. pour les manœuvres et de 1 fr. 25 cent, à îfr. 5o cent, pour la journée des femmes. On y fabrique environ 24,000 pièces pour la façon desquelles le fabricant perçoit de 5 à 600,000 francs.
- Le jury de i844 ayant reconnu en M. Godefroy l’un de nos plus habiles imprhneurs sur étoffes, lui décerna la médaille d’or. Cet intelligent fabricant, qui s’était déjà distingué par beaucoup d’in-
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- ventions , en présente encore de nouvelles au concours de cette année. Indépendamment d’un très-bel assortiment de châles, d’écharpes, d’étoffes de soie, delaine et déchaîné coton imprimés, remarquables par la netteté de l’impression, la vivacité des couleurs et l’heureuse disposition des dessins, il expose :
- i° Des tissus imprimés au rouleau, avec des couleurs dégradées régulièrement, à l’aide d’un appareil nouveau, pour lequel ce fabricant a pris un brevet d’invention ;
- 2° Des étoffes imprimées de la même manière, mais àl’aide d’une gravure nouvelle qui permet d’obtenir, avec toutes les dégradations de tons, mécaniquement et sans le concours de la molette, la gravure d’un sujet dont la dimension n’a d’autre limite que celle de la circonférence du rouleau. C’est donc une nouvelle voie ouverte à l’impression au rouleau et dont l’inventeur a déjà su tirer un heureux parti.
- Enfin M. Godefroy expose un nouveau genre d’articles (laine et soie), appelés dibaphiques, pour lesquels il a pris un brevet d’invention. Ce procédé d’impression fait autant d’honneur aux connaissances chimiques de l’inventeur qu’à son habileté comme imprimeur, puisqu’il est parvenu à réaliser, par teinture et avec presque toutes les couleurs, des contrastes de tons d’un effet très-avanta-geux.
- En constatant de pareils progrès dans une branche aussi importante de l’industrie parisienne , le jury décerne à M. Godefroy, le rappel de la médaille d’or.
- MM. MEURER et JANDIN, à Lyon (Rhône).
- MM.Meurer et Jandin, successeurs et anciens associés de la maison Peillon et Roche de Lyon, expbsent un très-bel assortiment d’articles imprimés, foulards, teints et vaporisés, pour mouchoirs et pour robes.
- Leur établissement, qui ne date que d’une dizaine d’années, s’est formé des débris des manufactures de toiles peintes situées à Lyon ou dans les environs. L’impression du calicot n’offrant plus aucune ressource aux fabricants lyonnais, ils se livrèrent à celle des étoffes de soie et de laine; mais ils ne tardèrent pas à rencontrer dans les imprimeurs des environs de Paris des concurrents redoutables qui leur laissaient peu d’espoir de succès. C’est dans des circonstances si fâcheuses pour celte industrie que ces habiles fabricants
- Médaille
- d’or,
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- entreprirent la fabrication des foulards, dont l’Angleterre, la Prusse rhénane et la Suisse avaienl eu jusque-là le monopole sur les marchés étrangers.
- Pour entrer en lice avec leurs concurrents, il fallait, comme l’ont fait MM. Meurer et Jandin, composer un tissu-foulard qui relevât ceux de fabrication française de la défaveur qui pesait depuis si longtemps sur eux ; trouver des moyens d’impression et de fabrication qui sortissent cetle industrie de l’état primitif et stationnaire où elle semblait condamnée à rester; trouver, à l’exemple des Anglais, un apprêt propre à rehausser les qualités de la soie et la vivacité des couleurs, faire choix enfin de dessins qui eussent le caractère spécial de ce genre d’impression. Telles furent les difficul-tésqui se présentèrent d’abord à ces messieurs, et qu’ils ont, ce nous semble, entièrement surmontées. En effet, leurs tissus, de même que leur apprêt, peuvent soutenir la comparaison avec ce qui se fait de mieux à l’étranger. Quant à la disposition de leurs dessins, elle est originale et bien entendue; car, à l’aide des effets de contraste, deux couleurs seulement y servent presque toujours à l’enluminagë des dessins, qui néanmoins sont d’un grand effet.
- MM. Meurer et Jandin exécutent encore un genre d’impression dont les produits sont en grande faveur sur le marché de Paris, et qui.sansétre nouveau, n’avait jamais été amené au degré de perfection qu’il a atteint entre les mains de ces industriels. Ce sont des foulards pour robes en fond couleurs diverses, avec dessins blancs imprimés et réservés à la teinture. Ajoutons que, pour soutenir la concurrence, ils ont composé des tissus-foulards qu’ils livrent à la vente au prix de 17 fr. 5o cent, et même de 11 francs la pièce de 7mouchoirs. Enfin, ce qui, dans cette lutte, leur fait le plus d’honneur, c’est de s’être attachés, dans l’imitation qu’ils font de certains genres étrangers, à remplacer les fausses couleurs aux bois par des teintures en garancirie dont la solidité laisse peu à désirer.
- On ne s’étonne pas qu’après avoir obtenu de si heureux résultats, MM. Meurer et Jandin aient pu fabriquer, dès la première année de leur établissement, pour i,5oo,ooo francs de foulards. Leur prospérité a suscité autour d’eux de nombreux imitateurs, et Lyon livre annuellement à la consommation pour 12 à i5 millions de foulards.
- Le jury, appréciant l’heureuse impulsion que MM. Meurer et Jandin ont donnée à la fabrication des foulards français, leur décerne pour récompense la médaille d’or.
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- MM. DAUDET-QUERETY, à Nîmes (Gard).
- Ces messieurs, qui ont reçu en i844 une médaille d’argent pour leur fabrication de foulards imprimés, présentent aujourd’hui dans ce genre un assortiment complet. Sous le rapport de l’impression, ces produits laissent quelque chose à désirer: ainsi les rapports ne sont pas très-corrects, et la juxla-position des couleurs donne lieu parfois à des confusions de nuances qui nuisent à la pureté de la fabrication. Mais ces défauts sont rachetés en grande partie par les soins donnés à la confection des tissus, surtout à ceux de fantaisie (cravates nouveautés), qui sont livrés à la consommation à un prix très-modique.
- Le jury accorde à MM. Daudet-Querety le rappel de la médaille d’argent.
- MM. DAUDET aîné et CHARDON, à Nîmes (Gard).
- Les succès obtenus pendant ces dernières années, à Lyon, à Hé-ricourt et à Paris, dans la fabrication et l’impression des foulards, ont laissé un peu en arrière les fabricants de Nîmes. 11 en est cependant, et parmi ceux-ci nous citerons MM. Daudet et Chardon, qui se sont présentés avec avantage aux concours. Ainsi la commission a examiné avec plaisir les foulards fond bleu de France et les cravates "fond noir et fond amarante qui font partie de la collection de ces messieurs.
- Le jury, appréciant les efforts de ces industriels et les sacrifices qu’ils ont faits pour secourir leurs ouvriers pendant la crise que nous venons de passer, leur décerne le rappel de la médailled’argent.
- M. Auguste CHÀBAUD, à Nîmes (Gard).
- Dans l’établissement fondé par M. Chabaud se trouve une machine à vapeur de la force de 12 chevaux; on y occupe environ 4oo ouvriers employés aux opérations du dévidage, du tissage, de l’apprêt, etc. M. Chabaud est, dit-on, un des premiers qui aient tenté de centraliser les ouvriers dans un même établissement, et l’expérience lui aurait démontré qu’il obtient actuellement des tissus mieux fabriqués, et dans des conditions plus avantageuses pour la vente, que lorsque ses ouvriers*n’étaient pas placés immédiatement sous sa surveillance. Ses foulards, quoique d’une impression peu correcte, ont néanmoins un grand écoulement. 11 résulte, en effet,
- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
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- Médailles
- d’argent.
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- des déclarations de cet industriel qu’il livre à la consommation 33,000 pièces de foulards imprimés, soit 231,000 mètres. Le jury lui donne le rappel de la médaille d’argent.
- MM. Louis CHOCQUEEL et Cle, à la Briche, près Saint-Denis (Seine).
- Ce qui distingue particulièrement M. Louis Chocqueel, c’est le sentiment artistique et le goût parfait qu’il apporte à la composition et au choix de ses dessins. Connaissant, en outre, toutes les ressources de l’impression, il est toujours certain à l’avance de la réussite des articles qu’il entreprend.
- L’exposition de MM. Chocqueel et compagnie se compose de châles longs et carrés, imitant parfaitement le cachemire; d’écharpes, de fichus et de robes en tissus légers, dont les dessins gracieux s’harmonisent parfaitement avec ta nature de chacun d’eux.
- Comme bon goût, coloris et parfaite exécution, les produits de MM. Chocqueel et compagnie ne laissent rien à désirer.
- Leur fabrique, fondée en i845, à la Briche, près Saint-Denis, occupe constamment de 120 à i3o ouvriers, et presque tout ce qui en sort est commissionné à l’avance par les premières maisons de Londres et de Paris.
- Le jury accorde la médaille d’argent à MM. Louis Chocqueel et compagnie.
- MM. DELAMORINIÈRE, GONIN et MICHELET, h Paris (Seine).
- Ces messieurs ont juslilié les espérances qu’avait fait naître la première exposition de leurs produits, en i844- Ils présentent aujourd’hui un grand assortiment de dessins pour robes et châles, imprimés sur toute espèce de tissus, et dont le bon goût égale la parfaite exécution.
- Connaissant à fond toutes les ressources de leur art, MM. Dela-morinière,Gonin et Michelet abordent également tous les genres; mais leurs produits s’adressent particulièrement à la belle vente , et c’est surtout la haute nouveauté parisienne qu’ils exploitent avec le plus de succès. *
- Placé au centre de Paris, leur établissement se compose de 2.5o tables d’impression qui sont presque constamment occupées.
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- Le jury, reconnaissant les progrès obtenus par MM. Delamori-nière, Gonin et Miclielet, leur décerne la médaille d’argent.
- MM. MÉQUILLET, NOBLOT et Cio, à Héricourt (Haute-
- L’établissement de ces messieurs, fondé en 1802, a été jusque dans ces derniers temps exclusivement consacré à l’industrie cotonnière. Il possède une filature, un lissage et un blanchiment. Dans ce moment encore, on file annuellement dans cette maison environ 180,000 kilogrammes de colon, qui entrent dans la consommalion sous forme de calicot écru. Toutefois, ce n’est pas tant sur ce produit que se porte l’atlention du jury que sur ceux qui sont le résultat de la transformation qu’a subie l’industrie de MM. Méquillet, Noblot et compagnie, et que quelques mots feront connaître.
- A mesure que les fabricants rf Alsace se faisaient une si brillante réputation dans le genre/l’impression riche, ils négligeaient peu à peu l’exploitation des articles mouchoirs enluminés (genre campagne), qui avait si puissamment contribué à leur prospérité première. Héricourt, placée dans de meilleures conditions pour la main-d’œuvre, et située en quelque sorte à la porte de Mulhouse, devint l’héritière naturelle de ce genre de fabrication. On fit pendant plusieurs années, avec avantage, dans cette première ville, l’article mouchoir; mais la concurrence des Suisses, des Glarinois en particulier, ne tarda pas à se faire sentir. Enfin, lorsque les Rouennais abordèrent, avec le secours de leurs puissants agents mécaniques, la fabrication des mouchoirs enluminés, la lutte devint si inégale, que MM. Méquillet et Noblot résolurent d’abandonner cette industrie pour embrasser celle des foulards, qu’ils ont commencée de la manière la plus heureuse; car, dès leur début dans cette nouvelle carrière industrielle, leurs produits sont venus se ranger à la tête de ce qui se fabriquait cle mieux en France dans ce genre. Cependant leur apprêt laisse encore quelque chose à désirer, la disposition de leurs dessins s’éloigne peut-être un peu du véritable type foulard, car les couleurs d’enluminage y sont trop prodiguées; enfin, dans l’ensemble des dessins respire une certaine tradition de la fabrication des mouchoirs calicot. Mais ces légères imperfections ne peuvent diminuer en rien les qualités qui distinguent d’une manière si avantageuse les produits de MM. Méquillet et Noblot, savoir : la beauté du tissu, la netteté de l’impression, la
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- Rappels
- de
- médailles de bronze.
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- vivacité et la fixité des couleurs, enfin le bas prix'de la marchandise.
- Le jury, voulant récompenser ces industriels du progrès qu’ils ont fait faire à la fabrication des foulards français, leur décerne la médaille d’argent.
- MM. FANFERNOT et DULAC, successeurs de M. Lucian jeune, à Belleville (Seine).
- Ils exposent un très-bel assortiment de tapis en drap, imprimés, et dont une partie est en relief. L’impression en est des plus correctes; le coloris, d’une pureté et d’une vivacité comparables aux teintes que l’on ne rencontre communément que sur les tissus les plus fins. Enfin, grâce au choix des dessins, l’harmonie des couleurs est bien ménagée. Depuis la dernière exposition, ces messieurs ont introduit quelques améliorations dans l’opération du gaufrage. En général, les perfectionnements de leur fabrication ont puissamment contribué au développement de leur établissement, dans lequel on imprime annuellement 1,000 à 1,200 pièces de drap mérinos, pour les convertir en 25,000 lapis divers, qui représentent à la vente une valeur de 25o à 3oo,ooo francs.
- MM. Fanfernot et Dulac occupent 3o à 35 ouvriers, qui reçoivent journellement pour salaire 2 ou 6 francs, et ils emploient une machine à vapeur de 5 chevaux, ainsi que 7 presses hydrauliques.
- A l’exposition de i834, ils ont obtenu la médaille de bronze, et ont mérité le rappel de cette médaille eri i83g et en 1844- Le jury, appréciant les perfectionnements introduits dans leurs procédés, et l’importance que ces fabricants ont donnée à leur industrie, leur décerne le rappel de la médaille de bronze.
- MM. RHEINS et Cie, â Paris (Seine).
- Ces fabricants, auxquels le jury de 1844 a décerné une médaille de bronze , ne se sont point montrés cette année au-dessous du rang qu’ils occupaient à ce concours.
- Ils exposent un grand nombre de tapis et de cabas qui, imprimés en relief, seraient bien exécutés si l’impression ne laissait quelque chose à désirer. Quant aux couleurs, elles sont parfaitement fixées, et les reliefs sont très-prononcés. La valeur de la matière première mise en œuvre annuellement (i5o,ooo francs), jointe à celle delà marchandise fabriquée (3oo,ooo francs), prouvent suffisamment
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- toute l'importance que ces messieurs ont su donner à leur établissement. En conséquence , le jury leur accorde le rappel delà médaille de bronze.
- M. Frédéric CHAMBON, au Chaylard (Ardèche). Médailles
- <3 o bronze
- Il expose pour la première fois. M. Chambon occupe dans son établissement i5o ouvriers, dont le salaire varie de 1 à 6 francs,par jour. Outre une chaudière à vapeur de la force de 12 chevaux, il emploie 5 machines à imprimer à la planche plate, et 70 tables pour l’impression à la main. On imprime annuellement dans cette fabrique, qui n’a que 2 ans d’existence, 780,000 foulards provenant des fabriques de Lyon.
- Les produits soumis au jury par M. Chambon témoignent hautement en sa faveur. Ses impressions à la planche plate se font remarquer, non-seulement par leur bonne exécution et par la beauté des dessins, mais encore par la vivacité des couleurs, obtenues tant par la teinture que par le vaporisage. Ses impressions à la main sont exécutées avec beaucoup d’intelligence. Le but visible du fabricant a été de produire beaucoup d’effet avec le moins de couleur possible, et c’est ce qui explique comment M. Chambon est parvenue fabriquer à façon des foulards au prix modique de 5o centimes à 1 franc pièce.
- L’auteur d’une fabrication entreprise dans un si bon esprit, méritant d’être récompensé, le jury décerne à M. Chambon la médaille de bronze.
- M. Félix CIIOCQUEEL, à Sl-Denis, quai de Seine (Seine).
- Cet industriel, qui, depuis longtemps, avait fait ses preuves en dirigeant à la Briche la fabrique d’impression de son frère,,a fondé avec grand succès l’établissement d’où sortent les produits soumis actuellement à l’appréciation du jury.
- Les châles, les écharpes et les robes qu’il expose sont d’une exécution des plus satisfaisantes, tant sous le rapport du choix et, de l’harmonie des couleurs que comme fabrication à la main. Nous avons remarqué surtout des meubles en lasting imprimés dont la netteté d’exécution et la vivacité des coloris ne laissent rien à désirer.
- M. Félix Chocqueel ne travaille que sur commandes, et il occupe annuellement près de îho ouvriers. Presque tous ses produits sont
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- destinés à l’exportalion et concourent à soutenir la belle réputation de l’industrie française en ce genre.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. SANDOZ et C,e, à Lyon (Rhône).;
- Le genre d’impression adopté par ces messieurs s’adresse surtout à la grande consommation et se recommande par la modicité de leurs prix. Celte spécialité de bon marché ne leur permet pas d’apporter dans leur fabrication tout le perfectionnement désirable; mais on doit leur tenir compte de verser annuellement dans la consommation 3oo,ooo francs environ de produits, dont un tiers pour l’exportation, avec 4o tables d’impression et une centaine d’ouvriers.
- . Le jury a remarqué clans leur exposition un genre d’impression pour châles, dit lengale, dont l’exécution est très-satisfaisante et d’un fort bon effet.
- Le jury, appréciant l’utilité du genre qu’ils exploitent, décerne à MM. Sandoz et compagnie la médaille de bronze.
- Mme VVEYRUN, née DIJMOR, et fils, à Nîmes (Gard).
- Dans cet établissement, fondé en 1826, on occupe 35o ouvriers dont le salaire est de 2 fr. 5o cent, à 4 fr. 5o cent, par jour. On y imprime des châles de laine et des foulards de soie. Les produits que cette maison expose, intéressants déjà par une assez belle disposition des dessins, par des couleurs vives et des fonds variés, se font surtout remarquer par la modicité de leur prix. Les foulards, selon leurs dimensions, se vendent de 12 fr. gb cent, à 22 francs la pièce de 7 foulards, et les châles Thibet, de 1 fr. 4c> cent, à 5 fr. 2 5 cent.
- Une impression plus correcte et plus d’exactitude dans les rapports placeraient au premier rang des imprimeries sur soie les produits de cet établissement. C’est dans l’espoir de les y voir figurer à la prochaine exposition que le jury accorde une médaille de bronze à Mmc veuve Veyrun, qui, au concours cle i844, a déjà obtenu une mention honorable.
- M. PAUL aîné, à Valence (Drôme).
- M. Paul aîné a exposé plusieurs spécimens de ses impressions ;
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- tous sont remarquables par la vivacité et l’heureux choix des couleurs.
- Le jury, appréciant les.honorables efforts de cet exposant, lui dé cerne une médaille de bronze.
- M. Joseph LABROUSSE, à Saint-Germain-en-Laye (Seine Mentions
- et-Oise). honorables.
- L’exposition de M. Labrousse se compose d’un grand nombre de châles et écharpes imprimés, tous en genre cachemire, sur tissus de laine. Comme exécution et coloris, les articles ne laissent rien à désirer et doivent être fort appréciés par la consommation.
- M. Labrousse déclare occuper 80 ouvriers dans son établissement, qui est pourvu d’une machine à vapeur de la force de 12 chevaux.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- MM. STEHELÏN et SCHOENAUER, à Bischwiller (Haut-Rhin).
- Lé rapport du jury de l’exposition de i834 fait connaître la part que MM. Dépouilly, Gonin, Marson, Desbrosses et Stehelin ont eue aux essais tentés en France, en vue d’y établir l’industrie des draps feutrés. Aujourd’hui ce dernier industriel,- de même que M. Schœnauer, son associé, se présentent comme propriétaires exploitants du brevet d’importation pour la fabrication de ces draps, ils exposent, outre des draps feutrés pour tapis et ameublement, un grand nombre de produits nouveaux qui semblent devoir augmenter l’essor de cette industrie. Ainsi ils soumettent au jury un bel assortissement de bonneterie orientale, des draps pour l’impression au rouleau sur lesquels, à l’imitation de quelques fabriques anglaises et en vue de donner à ces draps plus d’élasticité, ils appliquent superficiellement une couche de caoutchouc recouverte de calicot fin; des draps blancs faits à l’usage des filatures; des manchons sans couture pour les rouleaux des machines à parer; des feutres absorbants à l’usage des hôpitaux, des feutres pour pianos; de gros feutres^ en poil de veau pour garnitures de chaudières à vapeur, enfin des chaussures imprimées en diverses couleurs et dont certains dessins imitent parfaitement la broderie en tapisserie par l’effet d’un gaufrage que l'on fait subir aux draps après l’im-
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- pression proprement dite. Une machine hydraulique, de la force de 3o chevaux, met en mouvement 6 tabliers desservis par 2 4 cadres; 10 machines à feutrer, 2 foulons, enfin plusieurs machines à laver et à apprêter. On occupe, dans l’établissement même, 5o ouvriers dont le salaire de chaque jour varie de x fr. 76 cent, à 4 francs, et, au dehors, 200 femmes qui reçoivent, pour chaque journée de travail, de 75 centimes à 1 fr. 2 5 cent.
- Un fait qui démontre l’importance de l’industrie des draps feutrés, c’est que, à l’aidé des moyens de production énumérés ci-dessus, MM. Stehelin et Schœnauer convertissent annuellement en 20,000 mètres d’étoffes d’une valeur de 200,000 francs i5 à 20,000 kilogrammes de laine.
- En attendant que les sacrifices nombreux faits par ces industriels puissent leur mériter une distinction d’un ordre plus élevé et mieux proportionnée à leurs persévérants efforts, le jury décerne à ces messieurs une mention honorable.
- Citation
- favorable.
- MM. CORDIER èt K.AINDLER, à Paris (Seine).
- Successeurs pour la fabrique d’impression de M. Paul Godefroy, qui s’était fait distinguer à l’exposition de i844. ces messieurs paraissent devoir suivre les errements de leur prédécesseur. Les quelques échantillons de meubles qu’ils ont exposés sont d’une bonne fabrication ; . mais le jury regrette que MM. Cordier et Kaindler n’aient pas soumis à son appréciation une plus grande quantité de leurs produits. Il leur accorde néanmoins une citation favorable.
- SIXIÈME PARTIE.
- PREMIÈRE SECTION.
- TAPIS.
- M. Blanqui, rapporteur.
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- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La fabrication des tapis a surtout brillé, cette année, dans
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- la confection des moquettes; les tapis ras, les veloutés, ont soutenu leur vieille réputation ; les tapis écossais ont presque entièrement disparu. Telle est, en peu de mots, la situation de cette belle industrie. Les tapis veloutés, surtout ceux de grande dimension, sont désormais au-dessus de nos modestes fortunes; les tapis ras semblent froids, trop chers aussi, peut-être, malgré leur solidité et la variété infinie de leurs dessins. Les tapis écossais, dont nous annoncions la ruine prochaine, il y a cinq ans, paraissent de plus en plus abandonnés, à cause de leur mauvaise qualité : il ont nui beaucoup plus qu’on ne pense à la réputation des autres, et la tendance générale de la consommation semble n’être favorable aujourd’hui qu’aux moquettes.
- Les moquettes tiennent le milieu entre les tapis veloutés et les tapis ras. Moins chères et moins solides que les veloutés, plus chaudes et d’un emploi plus facile que les tapis ras;.elles répondent mieux aux besoins actuels, et leur usage s’étend de jour en jour, non-seulement sous forme de foyers, de descentes de lit et de tapis d’appartement, mais sous forme de portières, de tentures, et, depuis quelque temps, à la fabrication des étoffes pour meubles ; c’est même sous- ce dernier rapport qu’elles ont fait le plus de progrès, et soutenu quelque peu l’activité de la demande. ;
- Il était aisé de deviner que la fabrication des tapis serait da première à souffrir du trouble jeté dans la consommation par les événements que nous avons traversés. Il n’en est point qui ait été plus profondément atteinte dans le présent, et qui soit plus menacée, peut-être, dans son avenir. Les grands tapis veloutés, qui ont jeté un éclat si vif sur la manufacturé d’Aubusson, ne trouvent plus en France que de rares acheteurs, et les tapis ras, depuis si longtemps en vogue, grâce aux produits célèbres sortis des ateliers de M. Salianclrouze, ont. pris la route de l’Angleterre, ou cet habile fabricant-vient d’établir un dépôt. < , ,
- L’effort principal de nos manufacturiers 's’est donc porté sur le travail des moquettes, et c’est-dans cette seule1 branché
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- de la fabrication que le jury a constaté des progrès véritables. Non-seulement l’usage s’en est répandu pour les tapis de pieds, mais pour la garniture des meubles, et c’est ce dernier emploi qui nous a valu les produits les plus remarquables. La plupart des fabricants ont rivalisé de goût et d’habileté dans la confection de ces tissus, infiniment supérieurs au velours d’Utrecht, et riches d’un certain nombre de couleurs heureusement combinées. Amiens, Aubusson , Nîmes, Tourcoing, se distinguent également dans cette branche, tout en conservant les caractères de leur fabrication respective. Une maison de Nîmes a exposé un nouveau genre d’étoffe pour meubles, connue sous le nom de Gobelin uni et chiné, soie et laine, de l’effet le plus brillant, et qui a été généralement appréciée, ainsi que les moquettes à envers serré, aussi pour meubles, qu’on dirait doublées d’une toile solide et inaltérable.
- Un certaine extension a été donnée aux essais de tapis dits chenilles, qui permettent Vemploi indéfini de couleurs, interdit aux moquettes, et qui ont déjà produit des œuvres très-remarquables, dont l’honneur appartient à la ville de Nîmes. Deux fabricants d’Amiens en ont exposé des échantillons, de grandeur différente, qui ne manquent ni d’apprêt ni de vigueur, et qui promettent à ce genre quelques chances d’avenir, si l’industrie parvient à donner au fil de suture une plus grande solidité.
- Le jury ne mentionne que pour mémoire une tentative de tapis ‘de coton imprimés, dont l’emploi ne lui paraît pas plus appréciable que le débouché.
- Tel'est l’exposé exact de la situation de nos fabriques de tapis, en 18/19. Plusieurs maisons de Nîmes et d’Aubusson, honorées, à la dernière exposition, des plus hautes récompenses, n’ont pas reparu. D’autres, plus modestes, ont cessé d’exister. Aussi l’exposition des tapis n’a-t-elle pas eu cette année l’éclat et la richesse de celle de 1844 - On devine trop que, la haute consommation ayant cessé, c’est la production terre à terre qui commence. La fabrique s’est réfugiée dans les petits détails, dans les petites œuvres; elle perd son caractère
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- artistique pour adopter les habitudes plus modestes que lef circonstances nous ont imposées. Le jury central se voit donc dans la pénible nécessité de proportionner ses récompenses à la valeur des produits qui ont été soumis à son examen, et, pour la première fois, à son grand regret, il ne décerne qu’une seule récompense de premier ordre.
- M. Charles SALLANDROUZE-LAMORNAIX. Ersant
- hors
- Il a exposé deux grands tapis, l’un velouté et l’autre ras, qui re- deconcours. présentent dignement les types renommés de la fabrication d’Au-busson. Plusieurs riches tentures pour portières, des dimensions les plus imposantes et du goût le plus exquis, ornaient la salle de réception du Président, où le public n’a cessé d’admirer les meubles magnifiques destinés à l’hôtel de ville de Paris, aux armes de la Ville, et divers articles d’ameublement, tous sortis des fabriques d’Aubusson et de Felletin, appartenant à M. Sallandrouze.
- Le jury exprime à cet habile fabricant les félicitations qui lui sont dues pour sa persévérance à maintenir la haute réputation des manufactures de la Creuse et pour le débouché important qu’il vient de leur ouvrir en Angleterre.
- MM. Henri LAURENT et fils, à Amiens (Somme). Rappels
- Ils ont obtenu la médaille de bronze en 1823, celle d’argent en médailles i834, et la médaille d’or en i844. Ces habiles fabricants n’ont <*or' cessé de développer leurs travaux et d’apporter le plus grand zèle dans l’exécution des articles distingués et variés de leur industrie.
- Les moquettes qu’ils ont exposées cette année, leurs heureuses imitations de tapis de Perse, leurs carpettes à effet de peau de panthère, ont dignement répondu à leurs succès des années précédentes.
- .Le jury a particulièrement remarqué des moquettes larges, de l’aspect le plus agréable et très-solidement fabriquées. Il décerne à MM. Henri Laurent et fils le rappel de la médaille d’or.
- MM. FLAISSIER frères, à Nîmes (Gard).
- Ils ont parfaitement justifié toutes les récompenses que le jury leur a successivement accordées. Ces honorables fabricants n’ont cessé de donner la plus vive et la plus heureuse impulsion à la fa-
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- Médaille
- d’or*
- Nouvelle
- médaille
- d’argent*
- Médailles
- d’argent.
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- brication des tapis de tout genre : veloutés, moquettes pour tapis et pour meubles, écossais, tapis de table; c’est à leur habileté que sont dus les essais de tapis dits chenilles, qui permettent l’emploi d un nombre illimité de couleurs. Toutes leurs moquettes pour meubles et plusieurs de celles qu’ils ont exposées pour tapis ont excité au plus haut degré l’attention publique.
- Le jury décerne à MM. Flaissier frères le rappel de la médaille d or, et il félicite ces habiles manufacturiers de leur persévérance à maintenir l’honneur de la fabrique.
- MM. REQUILLART, ROUSSEL et CHOCQUEEL, à Tourcoing (Nord).
- Déjà honorés d’une médaille d’argent en i83q et du rappel delà même médaille en i844, ils ont exposé cette année une grande variété de tapis, et particulièrement des moquettes de la plus grande beauté. Le jury centrai, tout en applaudissant à l’essai tenté par ces messieurs d’introduire àïourcoing la fabrication des tapis ras, n’a pas trouvé dans le tapis de ce genre, exposé par eux, toutes les qualités désirables. Mais il ne saurait trop applaudir au succès mérité de leurs moquettes fines pour meubles et à l’heureuse exécution de quelques échantillons de tapisseries dites clés Gobelins. L’ensemble des produits présentés par MM. Réquillart, Roussel et Chocqueel, constate un progrès remarquable dans leur fabrication.
- Le jury leur décerne une médaille d’or.
- MM. LAROQUE frères, fils et JACQUEMET, à Bordeaux (Gironde).
- Ils exposent divers tapis ras, des moquettes et des jaspés d’une bonne confection courante, et des tapis d’été (chanvre de l’Inde) à des prix modérés. La valeur totale de leurs produits s’élève à des sommes considérables, et leurs diverses fabrications ont ouvert une carrière nouvelle au travail dans le département de la Gironde.
- Le jury leur accorde une nouvelle médaille d’argent.
- M. CHASSAIGNE, à Aubusson (Creuse).
- Il ne travaille pas sur une très-grande échelle, mais la bonne exécution de ses tapis et leurs prix modérés méritent un intérêt spécial. M. Chassaigne est non-seulement fabricant consciencieux^
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- mais encore dessinateur habile et bon teinturier. Le principal tapis qu’il expose est d’une excellente fabrication, quoiqu’un peu confus de dessin.
- Le jury, appréciant particulièrement dans ce tapis plusieurs effets de coloris nouveaux et très-heureux, décerne à M. Chassaigne une médaille d’argent.
- MM. BARBAZA et C10, à Belioy-sur-Somme (Somme).
- Ils avaient exposé pour la première fois en i844 et obtenu une mention honorable; leur établissement s’est élevé rapidement à une grande hauteur, et, cette année, ils se sont principalement distingués, comme la plupart de leurs confrères, dans la fabrication des moquettes. Ils en ont exposé un grand nombre, toutes fort bien exécutées, et plusieurs cl’un goût parfait.
- Le jury leur décerne une médaille d’argent.
- M. BUSSIÈRE jeune, à Aubusson (Creuse).'
- Il expose pour la première fois : il présente deux tapis ras. Ce fabricant ti’availîe sur une grande échelle, il occupe plus de 200 ouvriers. Il a su, par ses tapis'ras à îo francs le mètre carré et par ses jaspés à 2 francs, accroître la consommation de ces articles; et il a rendu à la ville d’Aubusson un véritable service en popularisant ses produits.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- MM. ROUVIÈRE-CABANE, MILHAUD, MARTIN et GRILL, à Nîmes (Gard).
- Ils paraissent pour la première fois à l’exposition avec des produits cl’une originalité peut-être un peu coûteuse, mais très-élégants: Le tissu qu’ils ont nommé Gobelin-cliinè, laine et soie, est une étoffe pour‘meubles, entièrement nouvelle, qui rappelle le tour anglais, fait par une chaîne laine ou soie, et tissé en même temps que le canevas sur lequel il est lié. L’un des associés Jde cette maison, M. Milhaud, est l’inventeur de ce procédé et de plusieurs simplifications ingénieuses dans la confection des moquettes dont ces habiles fabricants ont exposé de fort beaux échantillons. On a surtout remarqué leurs moquettes pour meubles, doublées, dites à libre palette.
- Le jury leur décerne une médaille d’argent.
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- M. DAUCHEL fils aîné, à Amiens (Somme).
- Ce nouvel exposant s’est placé à un rang distingué dans la fabrication par ses velours d’Utrecht damas épinglés, ses moquettes fines pour meubles et tentures, et ses moquettes pour tapis.
- Le jury lui accorde une médaille d’argent.
- Nouvelle médaille de bronze.
- MM. DEMY-DOISNEAU et BRAQUENIÉ, à Paris (Seine) et à Aubusson (Creuse).
- Ils ont exposé des tapis et tapisseries de diverses qualités. Le jury central leur a décerné une médaille de bronze en i844> autant pour les débuts heureux de leur fabrication que pour l’impulsion qu’ils avaient donnée au commerce des tapis. MM. Demy-Doisneau etBra-quenié n’ont cessé, depuis, d’accroître l’importance de leur maison et de favoriser le développement delà fabrique.
- Le jury leur accorde une nouvelle médaille de bronze.
- •i M. Alexis SALLANDROUZE, à Paris (Seine).
- médaille II expose un tapis de 3o mètres carrés pour lequel le jury men- • de bronze. tjonne rappeJ de la médaille de bronze.
- Médailles M. Jean-Antoine VAYSON, à Abbeville (Somme). ..
- de bronze.
- Il expose un tapis dit chenille, de 5 mètres 1/2 de long sur 5 mètres 45 centimètres de large, d’un dessin régulier et d’un prix modéré, le plus grand de ce genre qui ait été envoyé celte année.
- Les moquettes de M. Vayson et les autres articles qu’il a exposés sont jugés dignes d’une médaille de bronze.
- MM. CÀUSSIN et DEVIEILHE, à Amiens (Somme).
- Ils ont exposé plusieurs rouleaux de moquettes à 3 et 5 couleurs, d’un tissu ferme et serré, de tons vifs et d’un caractère nerveux tout à fait spécial.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
- M. Florentin NICOLLE ,' à Darnétal, près Rouen (Seine-inférieure).
- Il a créé dans cette ville une fabrique de tapis de coton impri-
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- mes, dont les produits sont encore d’un prix trop élevé, comparé à celui des tapis de laine.
- Le jury récompense cet essai par une mention honorable.
- M. DENNEBECQ, à Paris (Seine).
- Il est l’inventeur d’un procédé de nettoiement des tapis qu’il remet à neuf en les soumettant à une véritable tondeuse mécanique. On lui doit aussi un appareil d’extension très-ingénieux pour la pose rapide des tapis.'
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- DEUXIÈME SECTION.
- TAPISSERIE AU MÉTIER ET SUR LE DOIGT. FILET. BRODERIE AU CROCHET ET A L’AIGUILLE. CHASUBLERIE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’industrie de la broderie-tapisserie n’est pas sans importance , et elle n’existe en France que depuis vingt-cinq ans à peine ; jusque vers i83o, l’Allemagne nous fournissait, avec les dessins, les échantillonnages et les ouvrages divers de tapisserie. On estime aujourd’hui de 2 à 3,000 le nombre des ouvrières employées, à Paris, à la confection de ces articles, à 5o ou 60 le nombre des dessinateurs qui s’occupent particulièrement de cette spécialité; le chiffre des affaires, soies etlaines comprises, dépasse, pour Paris, 6,000,000 dé francs. Nous ignorons quelle est l’importance de la production de ces ouvrages à Lyon et à Strasbourg, où elle s’est développée depuis plusieurs années.
- Les ouvrières èn tapisserie sont, pour la plupart, des femmes de petits employés et d’ouvriers, des jeunes filles, des. veuves et des mères de famille qui, à la suite de malheurs, se trouvent réduites à ce seul travail, pour vivre et élever leurs enfants. Toutes jouissent d’une bonne réputation de
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- moralité; elles brodent chez elles, sont ordinairement occupées toute l’année, et peuvent, en travaillant laborieusement, subvenir à leurs besoins.
- Jusqu’à présent, tous les essais tentés en France et en Allemagne pour exécuter la broderie-tapisserie par des procédés mécaniques, n’ont pas réussi.
- La broderie-tapisserie est arrivée à un grand degré de perfection; on commence même à imiter avec avantage et succès les tapisseries riches. La reproduction des peintures , jusqu’alors ridicule, est devenue satisfaisante depuis que l’ouvrière dispose de canevas fins et de gammes de nuances variées et étendues.
- La tapisserie est brodée sur un canevas tissé en fil de coton retors. Ce canevas est le plus ordinairement en largeur de Go ou de 80 centimètres, et la pièce est longue de 5o mètres environ. Les numéros (on compte par numéros pairs) commencent à 6 et finissent à 60 ; les grosseurs habituelles sont celles des n09 18, 20, 22, 2 4 et 26.
- La pièce en 60 centimètres de large pèse , en qualité supérieure, 6 kilogrammes, et en deuxième qualité, 4 kiiog. 500 gr. ; le canevas de 80 centimètres ne se fait qu’en qualité fine, et son poids moyen est de 9 ou 10 kilogrammes. Il faut déduire de ces poids 5oo grammes d’apprêt. Le prix est de 1 fr. 75 cent, le mètre pour les canevas de 80 centimètres de large, de 1 fr. 25 cent, pour les canevas de 60 centimètres en première qualité, et de 75 centimes pour ceux de même largeur en seconde qualité.
- Il y a à Paris environ 120 métiers consacrés à la fabrication du canevas.
- La broderie proprement dite se divise en plusieurs catégories ;
- i° La broderie sur tulle à la neige, à peu près abandonnée ;
- 2° La broderie au crochet sur tulle, exécutée à Lunéville, celle sur mousseline, produite à Tarare et à Alençon :
- 3° La broderie au plumetis sur mousseline, jaconas, ba-
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- tiste de fil, etc., dont la fabrication est répandue dans les campagnes de la Meurthe, de la Meuse, de la Moselle et des Vosges ;
- 4° La broderie au point d’arme, au point de plume, avec jours en point d’Alençon, faite à Paris et essayée avec assez peu de succès à Alençon, à Lorquin, à Plombières, à Metz et, à Nancy.
- On évalue à i85o le nombre des brodeuses de fin, et à 33,8oo celui des brodeuses de commun ou au crochet ; sur les 33,8oo, 25,ooo à peu près font de-la broderie inférieure auplumetis. Il ne s’agit, bien entendu ici, que du blanc, et ne sont pas comprises dans les chiffres précédents les ouvrières qui font le lamé or et argent, la soutache, la broderie de couleur sur soie ou laine, etc.
- Notre broderie au crochet et au plumetis est suffisamment vivace ; il n’en est pas de même de celle au point d’arme. Elle a été introduite en Suisse, il y a quelques années, s’y est développée et y existe aujourd’hui dans des conditions d’activité, d’intelligence et de prix très-favorables; on ne compte pas moins de 4,5oo brodeuses au point d’arme à Saint-Gall et à Appenzell.
- Il ne nous appartient pas d’examiner les questions qu’ont soulevées la supériorité et le bon marché de la broderie fine au métier, delà Suisse ; nous n’avons eu à apprécier que la broderie sur le doigt, qui craint peu la concurrence étrangère, et dont les ouvrières qui partagent leur temps entre lès soins du ménage, les travaux agricoles (en certains départements) et l’aiguille, sont, à justetitre, renommés pour leur habileté.
- Mme BUCHER, boulevard Montmartre, n° 17, à, Paris (Seine).
- Elle a exposé des ouvrages en tapisserie d’une exécution remarquable; nous ne nous arrêterons que sur ceux d’entre eux dont la vente est courante. Les canevas, en 60 ou 80 centimètres de large, de 75 centimes à 1 fr. 3o cent, le mètre, sont réguliers et corrects.
- * Les échantillonnages sont d’une variété infinie : lès prix diffèrent
- Médaille de bronze.
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- Mentions
- honorables.
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- selon la nouveauté, le goût du dessin, l’état plus ou moins avancé du travail ; ils s’étende ut, pour la pantoufle, de 6 francs à 90 francs, pour la chaise et le coussin, de 18 francs à 84 francs la douzaine.
- Mme Bûcher dirige les travaux de broderie et de tapisserie de la maison avec beaucoup d’intelligence et d’activité; elle occupe, année moyenne, 12 métiers à lisser le canevas, 4o ouvriers et25ofemmes ; le chiffre de ses affaires s’élève à 34o,000 francs, dont le tiers pour l’exportation.
- Le jury central décerne à M“* Bûcher une médaille de bronze.
- M. LANGLOIS , rue Saint-Martin, nos 1 75 et 1 77, à Paris (Seine).
- Il a exposé une charmante colleciion de bourses, sachets, quê-îeuses, sacs, pelotes, écrans, etc., brodés au crochet et à l’aiguille, en soie, en perles et en filigrane d’acier mat ou poli. Dans les années favorables, i5o ouvrières sont employées à ce travail. Des dessins arabes et indiens de bon goût, des modèles élégants, une grande finesse de broderie, des prix avantageux assurent à l’étranger la vogue de ces jolis articles.
- Le jury central accorde à M. Langlois une mention honorable.
- M. Alexandre TACHY , rue Dauphine, n0’ 3o et 32 , à Paris (Seine).
- Il est à la tète d’une grande maison de vente de mercerie; le travail du filet, de la broderie au passé et de la tapisserie n’est chez lui qu’un accessoire. Quoi qu’il en soif, l’échantillonnage et la confection de ces ouvrages sont exécutés avec soin et à des prix avantageux.
- M. Tachy a apporté au filoir un perfectionnement qui permet dérégler rapidement la tension de la corde ; il fait faire ce petit meuble à Ténissé (Côte-d’Or), et à Metz une aiguille dans laquelle, Y œil étant ouvert sur le côté, le fil est enfilé rapidement.
- Le jury central accorde à M. Tachy, pour l’ensemble de ses perfectionnements et de ses produits, une mention honorable.
- M11' LEVASSEUR, rue Saint-Honoré, n° 332, à Paris (Seine).
- Les ouvrages au filet, au crochet et à l’aiguille exposés par
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- M11* Levasseur se distinguent par leur élégance, leur goût el leur fini. Nous citerons lesfanchons et les cols frivolité en lacet.de 54 fr. à 60 francs la douzaine; les cols au crochet à 36 francs la douzaine; l’ombrelle recouverte en frivolité, et un col de tulle avec application de fleur au crochet.
- Le jury central mentionne honorablement MUe Levasseur.
- M. MAYER aîné, me Saint-Denis, n° î 48, à Paris (Seine).
- 11 a exposé une chasuble et un tableau en broderie or fin, qui se distinguent par la netteté des reliefs et le fini du travail.
- Le jury central accordera M. Mayer aîné une citation favorable.
- Mrao MERCIER, rue d’Anjou, n° 11, à Paris (Seine).
- Elle fait avec un goût et une habileté dignes d’éloges toute la broderie au crochet en soie de couleur, en fil d’or ou d’argent, en perle d’acier et en berlin. Ses marquises rosettes, ses élégantes bourses algériennes, ses sacs dessin cachemirien à 12 couleurs et dentelle d’acier, ses porte-cigares, etc., lui font honneur. Le prix élevé de quelques-uns de ces ouvrages est dû aux frais de dessin, qui sont de 20 francs à 5o francs par modèle. Dans un sac de 3o francs, il y a 35 p. 0/0 de façon ,17 p. 0/0 de soie, i3 p. 0/0 de glands, 20 p. 0/0 d’amortissement de dessin.
- Le jury cite favorablement Mm0 Mercier.
- M. Alfred CARRÉ, rue Rambuteau, n° 78, h Paris (Seine).
- M. Carré a exposé des échantillons de pantoufles, tapis, coussins, ainsi que des pièces en tapisserie et en broderie au passé, de genres différents. Le soin apporté dans l’échantillonnage a décidé le jury à citer favorablement M. Carré.
- MM. BARNE et GERVAIS, rue de Seine-Saint-Germain, n° 5, à Paris (Seine).
- Le tissu broché en perles, destiné à remplacer la broderie à l’aiguille pour les garnitures de boîte, les pantoufles, les écrans, les sachets, est encore à l’état d’essai. Tel qu’il est, il témoigne.de l’intelligence de MM. Barne et Gervais, et le jury récompense leurs patients efforts de la citation favorable,
- «r
- Citations
- favorables.
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- M11* LECROSNIER, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 27, à Paris (Seine).
- M11' Lecrosnier est une sourde-muette qui a réussi à appliquer sur tulle Bruxelle une broderie au crochet d’un grand relief; elle obtient ainsi de jolis effets. Elle a exposé d’autres ouvrages au crochet bien exécutés.
- Le jurv ci te favorablement M11® Lecrosnier.
- TROISIÈME SECTION.
- DENTELLES.
- S 1" DENTELLES, BLONDES, TULLES ET BRODERIES.
- M. Félix Aubry, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Une des galeries les plus remarquables de l’exposition de 1849, est cede des dentelles, blondes, etc.
- Cette industrie a fait d’immenses progrès, non-seulement sous le rapport du goût, mais aussi sous celui de la perfection et de la délicatesse du travail.
- L’exposition de cette année en est une preuve; à aucune époque on n’avait exposé une variété aussi complète de ces gracieux tissus.
- La dentelle se fabrique aux fuseaux (excepté celle d’Àlen-çon) sur un petit métier mobile appelé carreau; les départements du Calvados, de la Haute-Loire, du Nord et des Vosges sont ceux où il se fabrique le plus de dentelles.
- On emploie, pour la fabrication de la dentelle, le fil de lin, lé coton, la soie, la laine et quelquefois des fils d’or et d’argent mélangés à la soie.
- Cette industrie est dés plus anciennes; son berceau est à Venise; elle s’est développée en France d’abord sous la foripe
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- de passementeries, puis, le goût et le luxe aidaDt, nos diverses fabriques, spécialement protégées et encouragées%par Colbert, ont pris un développement qui n’a. fait que progresser.
- Le nombre des ouvrières qui travaillent la dentelle, la blonde et la broderie, est très-considérable; d’après nos calculs, il peut s’élever de 3oo à35o,ooo ouvrières femmes et jeunes filles, dont moitié pour la dentelle et la blonde, et moitié pour la broderie; elles sont répandues dans plus de vingt-cinq départements.
- Ces ouvrières commencent à travailler dès l’âge de six à sept ans, jusqu’à la plus grande vieillesse; elles peuvent gagner en moyenne, en travaillant dix heures par jour, de 60 cent, à 1 fr. 20 cent., suivant leur habileté.
- Comme on le voit, ces industries sont plus considérables qu’on ne le croit généralement, et elles méritent le plus grand intérêt, puisqu’elles procurent de l’ouvrage à tant de malheureuses ouvrières qui n’ont pas d’autre ressource.
- Il faut considérer aussi que, dans ces industries, tout est main-d’œuvre, et que la matière première n’entre guère dans la valeur des produits que pour i5 à 20 p. 0/0 au plus.
- Il y a dix-huit ans, toutes les dentelles blanches se faisaient avec du filcle lin filé à la main (fil de mulquinerie), aujourd’hui on n’emploie plus guère que du fil de coton filé à Lille, du n° 120 au n° 34o métrique.
- Aux yeux de certaines personnes, l’emploi du fil de coton au lièu du fil de miilquinerie est un mal au point de vue de la qualité; mais les progrès de l’industrie sont toujours un bien, et il est incontestable que l’emploi du coton au lieu du fil, a beaucoup développé l’industrie dentellière, en augmentant la consommation et en facilitant la production. .
- . La France exporte annuellement pour .12 à i5 millions de dentelles, blondes et broderies, on vient acheter nos dentelles de tous les points du globe ; dans aucun pays on ne fabriqué une aussi grande quantité de genres différents, nulle parties dessins n’ont autant de goût et de nouveauté, et la fabrique
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- de dentelles de Suisse, si prospère et si renommée il y a cinquante ans, a dû cesser devant les progrès des fabriques françaises.
- Nous n’avons aucune concurrence à craindre à l’étranger pour nos riches morceaux en dentelle de fil, pas plus que pour nos blondes mates, blanches et noires.
- Pour la blonde mate, qui est une consommation toute espagnole, une seule fabrique s’est élevée il y a huit à dix ans, en Catalogne, mais ses produits sont si inférieurs pour le goût et le travail que, malgré des prix très-bas, on donne la préférence à nos articles qui sont -recherchés dans toute l’Espagne et ses colonies, à la Havane, au Mexique, dans les mers du Sud, etc.
- Jusqu’à ce jour, on n’avait guère fait que des essais en dentelles de laine, cet article était presque inconnu dans le commerce; depuis quelques mois, la fabrication de ce nouveau genre de dentelles a pris un développement considérable.
- Les échantillons exposés cette année nous donnent l’espoir fondé que la dentelle de laine est destinée à un grand succès, et qu’un nouvel élément de travail est acquis aux ouvrières des départements de la Haute-Loire et du Calvados, où elle se fabrique.
- Comme toutes les industries, celle des dentelfes doit toujours progresser, sous peine d’être dépassée par la concurrence de la Saxe pour les dentelles communes, et par la Belgique pour les dentelles de luxe.
- La Saxe fabrique des dentelles fort ordinaires et à très-bas prix, mais les dessins sont généralement mauvais, et, quand ils sont bons, ils sont copiés sur nos dentelles, et alors ils arrivent sur les marchés étrangers quand les nôtres y sont déjà connus.
- Il se fabrique en Belgique trois sortes de dentelles que nous ne produisons pas en France, et dont nous sommes les tributaires : la Maline, la Valencienne fine, et Vapplication de Bruxelles.
- Pour ce dernier article, hâtons nous de dire que l’exposi-
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- tion de cette année constate un progrès très-remarquable: c’est l’importation en France de la fabrication des fleurs d’application dont, jusqu’à ce jour, Bruxelles avait le monopole.
- La fabrication des fleurs d’application, commencée il y a quelques années à Courseuilles (Calvados), est aujourd’hui établie en grand à Mirecourt (Vosges), et les produits sont identiquement semblables à ceux de la Belgique, sous le rapport du travail, et leur sont bien supérieurs pour le blanc.
- A Bruxelles, les fleurs-de dentelles sortent des mains de l’ouvrière avec'une nuance telle, qu’on est obligé de les blanchir avec du blanc de plomb, qui est nuisible à la santé des ouvrières; les fleurs fabriquées en France, au contraire, peuvent être appliquées en sortant du métier, leur blanc est irréprochable.
- On a pu remarquer aussi à l’exposition de cette année, les progrès faits dans la fabrication des tulles; au moyen de l’application du métier Jacquart, on fait, à la mécanique, des dentelles qui imitent parfaitement les dentelles faites aux fuseaux à la main, et dont le prix est de cinq à six fois meilleur marché. On a pu comparer, à l’exposition, des châles de dentelle noire, à la mécanique, de 120 francs, à côté des cbâles de Chantilly de 1,000 à 1,200 francs.
- Autrefois, nous tirions presque tous nos tulles de l’industrieuse ville de Nottingham, en Angleterre; aujourd’hui nos villes de Calais, Lille, Cambrai, etc., ne craignent plus la concurrence anglaise.
- La broderie blanche et de couleur a fait aussi des progrès: elle était représentée par les fabriques dp Tarare, de Nancy, de Caen, d’Alençon, de Paris, etc. ; les articles exposés par la fabrique de Taràre, surtout, ne laissent rien à désirer pour l’exécution et le bon goût: (Voir l’article spécial à Tarare.)
- Ces diverses industries, dentelles, blondes et broderies, sont donc les plus intéressantes au point de vue cdmmercialT mais elles le sont plus encore, peut-être, sous le rapport moral. î' ; r
- En effet, toutes ces nombreuses ouvrières travaillent chez
- l9-
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- Rappel
- de
- médaille
- d’or.
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- elles, sous les yeux de leur mère qui en est en quelque sorte leur conIre-maîtresse. Elles se trouvent ainsi éloignées de tout contact pernicieux; elles vivent de la vie de famille, en prennent le goût et les habitudes; aussi devons-nous encourager et développer ces industries toutes moralisantes, et disons, avec un de nos collègues (M. Louis Leclerc), que la femme qui porte de la dentelle fait une bonne action.
- M. A. LEFEBURE, 4^, rue de Gléry, à Paris (Seine).
- L’exposition de dentelles de M. A. Lefebure, est admirable, elle est riche et variée. M. Lefebure s’était distingué à toutes les expositions, mais, cette année, il s’est surpassé.
- Son exposition témoigne des progrès que, sous son active et intelligente impulsion, il a fait faire à l’industrie dentellière.
- M. Lefebure occupe près de3,ooo ouvrières dans le département du Calvados; et le jury de ce département le cite avec reconnaissance, comme rendant de grands services à la classe ouvrière de l’arrondissement de Bayeu'x.
- Cette maison exporte pour tous les pays ; elle fournit plus encore, peut-être, pour les élégantes de la Havane et des mers du Sud, que pour nos parisiennes.
- Aussi M. Lefebure a-t-il exposé des mantilles espagnoles et mexicaines, une toulus havanaise, à côté d’un magnifique châle en dentelle noire et d’un travail admirable.
- Mais les deux objets les plus remarquables de son exposition, sont une écharpe en point d’Alençon, d’une richesse et d’un goût parfait, et un dessus de lit en dentelle de Bayeux.
- Ce dernier morceau présentait des difficultés telles, que les fabricants du pays les_croyaient insurmontables; 34 ouvrières ont mis plus d’un an pour le terminer. C est le plus beau morceau de dentelle aux fuseaux qui ait jamais été fabriqué en France.
- Cette maison a obtenu la médaille de bronze en 1823, celle d’or en 1827, sous le nom de M” veuve Carpentier; la médaille d’or lui a été rappelée en i844, sous la raison sociale A. Lefebure et sœurs et L. Petit. Cette année, le jury la rappelle à M. A. Lefebure, qui, maintenant, est le seul chef de celte importante et honorable maison.
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- MM. AUBRY frères, à Mirecourt (Vosges), et à Paris, Médaille rue des Jeûneurs, n° 33.
- MM. Aubry frères n’ont exposé qu’une espèce de dentelle; mais leur exposition est réellement une révolution dans l’induslrie dentellière. ,
- Jusqu’à ce jour, la France était tributaire de la Belgique pour les fleurs d’application de Bruxelles, dites application d’Angleterre, tous les ans la France achète pour deux millions de ces dentelles.
- Cette maison travaille depuis plusieurs années à importer en France cette industrie, aucun sacrifice ne lui a coûté. Ces messieurs ont pleinement réussi, leur exposition en est la preuve la plus complète; il est impossible, même à la loupe, de distinguer la différence qu’il peut y avoir entre une fleur fabriquée à Bruxelles et la pareille faite à leur fabrique de Mirecourt (Vosges).
- MM. Aubry frères occupent 1,200 ouvrières; ils ont exposé une toilette complète en dentelle d’application, qui ne laisse rien à désirer sous le double rapport de la fabrication et du goût.
- Le jury, tout en admirant ces beaux produits, a surtout apprécié l’établissement réel et en grand d'une nouvelle industrie, dont, jusqu’ici , la fabrique belge avait eu le monopole , et décerne à MM. Aubry frères la médaille d’or.
- M. VIOLARD, rue de Choiseul, n° 4 , à Paris (Seine). Nouvelle
- médaille.
- Le rapport du jury de i844 disait: «M. Violard est aussi habile <*ar8ent-« artiste que sérieux fabricant.» Celle appréciation était très-juste; depuis plus de vingt ans, M. Violard ne cesse d’apporter des innovations dans sa fabrique de Courseulles (Calvados), il est signalé par le jury départemental, comme rendant de grands services à la classe ouvrière. -
- C’est M. Violard qui le premier a fabriqué des fleurs d’application aussi belles que celles faites à Bruxelles, il est le premier aussi qui ait fait de la dentelle avec du poil de chèvre.
- Cette année M. Violard a exposé différentes sortes de dentelles toutes admirables. Le jury a surtout apprécié son beau châle de dentelle noire et un magnifique volant d’application.
- A la dernière exposition, M. Violard a obtenu une médaille
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- d’argent; celle année, le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argenl.
- Rappel M. D’OCAGNE , rue de Grammont, n° 3 , à Paris
- médaille (Seine).
- d’argent.
- M. d’Ocagne a exposé une fort jolie voilette et de beaux cols en point d’Alençon. Le jury lui rappelle la médaille d’argenl qu’il avait obtenue en 1819, et qui lui a été rappelée à toutes les expositions.
- Médaille MM. PIGACHE et MALLAT, rue du Sentier, n° 2, à Paris
- d’argent. / c • \
- ^ ^6in6 J.
- Ces messieurs exposent pour la première fois, mais ils se sont placés au premier rang.
- Tous les articles exposés sont admirables d’exécution et de goût ; la fabrique de ces messieurs est à Chantilly et aux environs ; ils occupent i,5oo ouvrières.
- On ne peut rien faire de plus joli et de plus gracieux que les morceaux de dentelle noire exposés, notamment un châle, un volant et une voilette.
- Le jury décerne à MM. Pigache et Mallal une médaille ^d’argent.
- Rappel M. TORCAPEL-THOUROUDE, à Caen (Calvados).
- de
- médaille Outre ses fabriques de dentelles et de blondes, la ville de Caen
- IV»
- e ronze. d’excellentes ouvrières brodeuses qui produisent de char-
- mants tulles brodés en bandes, fort appréciés, non-seulement en . France, mais aussi dans l’Amén'que du Nord, où il s’en exporte beaucoup.
- M. Torcapel-Thouroude a exposé des tulles brodés imitant parfaitement la dentelle. Le jury lui rappelle la médaille de bronze obtenue en i844.
- Médailles M. PAGNY, à Bayeux (Calvados).
- de bronze.
- Après les événements de février 1848, il y avait, dans l’industrieuse ville de Bayeux, beaucoup d’ouvrières sans ouvrage. M. Pagny eut la bonne pensée d’employer ces malheureuses femmes, et il se fit fabricant de dentelles.
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- Il expose différentes dentelles noires fort belles, et surtout un châle d’un goût remarquable. Le dessus de ce châle, fort apprécié du jury, est de M. Couder.
- Le début de M. Paghy dans une fabrication si difficile témoigne de rinlelligence et du goût de ce fabricant, et le jury lui décerne la médaille de bronze.
- Mlle JULIEN, au Puy (Haute-Loire).
- Elle expose de très-jolies dentelles noires; à aucune exposition on n’avait vu des denlelles noires du Puy aussi bien fabriquées et aussi fines.
- La fabrique de dentelles du Puy est la seule en France qui puisse lutter, pour les bas prix, avec les fabriques de Saxe. Aussi le jury, voulant récompenser les efforts intelligents de Mu® Julien, lui accorde une médaille de bronze.
- M. Charles-Robert FAURE, rue des Jeûneurs, n° s3, à Paris (Seine).
- C’est un habile fabricant; il a donné, depuis 15 ans, une impul-9:on fort remarquable à la fabrique de dentelles du Puy.
- A l’exposition de cette année, M. Robert Faure eût pu briller davantage : il n’a exposé que des articles en dentelles de laine.
- Cet article est nouveau et il a paru au jury avoir beaucoup d’avenir, surtout si, sans augmentation de prix, on parvient à donner au travail plus de régularité et de perfection.
- Le jury a remarqué un châle noir en dentelle de laine dont le prix était aussi bas que celui d’un châle en dentelle à la mécanique.
- M. Robert est un des premiers qui se soient livrés à la fabrication de cette nouvelle dentelle; c’est un progrès réel, et le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. LESEURE, rue du Sentier, n® 11, à Paris (Seine).
- C’est un fabricant intelligent et innovateur. Son exposition se compose principalement de velours brodés pour meubles.
- Ces belles productions sont obtenues par des procédés mécaniques de l'invention de M. Leseure, qui occupe à Nancy 200 ouvrières et 20 métiers à moteur continu.
- Les articles exposés forment de riches cl oharmanles décorations
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- d’ameublement; ils témoignent du goût de ce fabricant, qui est réellement créateur de ce genre nouveau.
- M. Leseure expose presque tous les produits de sa fabrication.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. BARBE, à Nancy (Meurthe).
- Il expose un assortiment complet d’objets de lingerie brodés à
- •
- Ce fabricant occupe 4oo ouvrières à Nancy et dans les environs il s’attache surtout à lutter contre la broderie de Saint-Gall.
- Le jury a examiné avec grand soin les produits exposés; il a pu remarquer, à côté d’articles très-jolis et d’un travail parfait, d’autres articles d’un extrême bas prix.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Barbe.
- Mme PROVOST, rue Mazagran, n° 1 o bis-, à Paris (Seine).
- Elle est entrepreneuse de broderies pour plusieurs maisons de Paris; elle brode elle-même à la perfection, et, comme preuve de ce quelle peut produire, elle a exposé un tableau de fleurs naturelles, brodé en soie, qui est, en quelque sorte, un objet d’art.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- ATELIER DE CHARITÉ de Lannion (Côtes-du-Nord).
- Par les soins de personnes bienfaisantes, on a monté à Lannion un atelier de charité où il se fabrique des dentelles blanches et noires.
- C’est une heureuse pensée d’appliquer l’industrie à la charité, et le jury, appréciant tout le mérite d’une industrie importée dans un pays où elle était inconnue, accorde à l’atelier de charité de Lannion une médaille de bronze.
- M. LEGERE, rue Grange-Batelière, n° 17, à Paris (Seine).
- 11 fait broder à Paris, où il occupe 60 ouvriers. 11 a exposé de très-riches broderies au point d’arme, notamment un très-beau mouchoir de poche en point de plume et plumetis d’un effet fort
- j°li-
- Le jury lui accorde la médaille de bronze.
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- MM. LECORNU frères et C'\ à Gonneville-sur-Merville (Calvados).
- Ils ont exposé un demi-châle en dentelle noire, d’un fort beau travail.
- Le jury , leur accorde une mention honorable.
- M. FOURNIER-VARDON, à Caen (Calvados).
- Il est fabricant de dentelles noires et de tulles brodés. Il expose de jolies dentelles et de beaux tulles. Ces produits annoncent une excellente fabrication, et le jury lui accorde une mention honorable.
- M. DEGAND, à Saint-Omer (Pas-de-Calais).
- Les objets de lingerie confectionnés, exposés par M. Degand, sont remarquables par leur fraîcheur et par leur bon marché.
- M. Degand occupe 180 ouvriers et vend beaucoup de bonnets confectionnés, qu’il livre à la consommation à des prix extrêmement bas; on a pu remarquer des bonnets de femmes à 2 fr. 70 cent, la douzaine.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. CASSE-LHUILLIER, à Nancy (Meurthe).
- 11 expose des cols et des bonnets brodés au plumelis. Ces articles, dont les prix sont très-bas, annoncent une bonne fabrication.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- Mlle Adèle BONA, place de la Madeleine, n° 10, à Paris (Seine).
- Elle a exposé différents articles brodés à Paris, d’un goût remarquable, notamment une jolie robe brodée en soie.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Marius VIDAL, passage Choiseul, n° 8, à Paris (Seine).
- . Il est dessinateur-brodeur, artiste et fabricant. Il a exposé diffé-
- Mentions
- honorables.
- Citations
- favorables.
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- rents objets de lingerie de bon goût et très-bien brodés, notamment un mouchoir de poche brodé au crochet.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- S 2. DENTELLES A LA MÉCANIQUE.
- M. Félix Aubry, rapporteur.
- Mention MM. JOURDAN et Cltt, à Cambrai (Nord).
- pour ordre. ' » '
- Ils exposent un grand assortiment de tulles de soie unis, fabriqués sur leurs métiers Bobin mécaniques, teints et apprêtés par eux. Ils fabriquent cet article depuis i835-, et, dès cette époque, leurs produits rivalisèrent avec succès ceux de Lyon. Pendant i3 ans, ils ont livré annuellement de 4,ooo à 4»5oo pièces de 60 à 80 mètres à une seule maison de Paris : c’est le produit de 12 métiers mus par la vapeur.
- En j84o, MM. Jourdan et compagnie trouvèrent le moyen de faire sur le métier Bobin, avec application de la Jacquart, une bonne imitation des véritables dentelles, et prirent un brevet. Les essais furent longs et coûteux. Enfin, ces énormes sacrifices furent couronnés d’un plein succès,et aujourd’hui ces'messieurs exposent aussi un riche assortiment d’imitations de dentelle. Ce sont des cols, pèlerines, écharpes, volants de toutes hauteurs, voilettes, voiles, pointes et châles riches, qui ressemblent de très-près aux belles dentelles de Càen et de Chantilly, mais dont le prix leur est de quatre à sept fois inférieur. Les dentelles de Cambrai entrent dans toutes les consommations, et il n’est pas de marché au monde où elles ne soient connues et goûtées.
- Là n’est pas le seul titre de MM. Jourdan et compagnie à l’attention du jury. Il veut encore leur tenir compte du travail donné à plus de i,5oo femmes et jeunes filles de la ville et des environs de Cambrai qui, par une occupation incessante, ont trouvé, en ces temps difficiles, un abri contre le besoin.
- Pour la récompense à décerner à MM. Jourdan et compagnie, le jury central l’envoie au rapport sur les teintures et impressions.
- Bïf' M. DOGNIN fils, à Lyon (Rhône).
- d’argent. Il a déjà exposé,, en i844, des tulles imitation de dentelle, ap-
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- pelés dentelle de France, fabriqués sur métier'de tulle Bobin, avec adjonction de la mécanique Jacquart. Ils lui ont mérité la médaille d’argent. Une élude plus approfondie des dessins de dentelle, et la broderie du contournage des fleurs, font que l’article de M. Dognin ressemble de plus en plus à la véritable dentelle, dont le prix est de cinq à six fois plus élevé.
- On remarque dans la montre de M. Dognin fils un beau châle, des écharpes, des volants en imitation de dentelle noire, et de jolis volants aux couleurs fraîches et variées pour assortir et orner les belles étoffes de soie.
- Le jury, tenant compte à M. Dognin fils de ses persévérants efforts, lui rappelle la médaille d’argent de i844.
- MM. IDRIL et MARION, de Lyon (Rhône).
- ¥
- Cette maison fabrique, depuis 1847 seulement, la dentelle de soie sur métier de tulle Bobin, avec application de la mécanique Jacquart, par un procédé à elle, breveté. Ses produits, de80 p. 0/0 meilleur marché que les dentelles de Caen ou de Chantilly, qu’ils imitent, sont d’une grande netteté d’exécution. Les volants surtout sont bien et font juger des perfectionnements que ces fabricants ne manqueront pas d’apporter à leurs produits.
- Le jury décerne à MM. Idril et Marion une médaille de bronze.
- M. BILLECOQ, à Paris (Seine).
- Le jury donne à M. Billecoq une citation favorable.
- Ç 3. FILET DENTELLE.
- M. Félix Aubry, rapporteur.
- M"’ A. FOULQUIER et Cfc, à Paris (Seine).
- Ils ont exposé une quantité d’objets en filet de soie, faits au fuseau, dont la variété et la richesse ont frappé le jury. Les mitons en filet extra-fin, unis et brodés; les gants rendus faciles à ganter, par suite d’une ingénieuse combinaison; les fausses manches, si riches et si variées, ramènent le goût des dames à un article qu’elles ont tant aimé, et que le haut prix ou la mauvaise fabrication les
- Médaille de bronze.
- Citation
- favorable.
- Médaille de bronze.
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- avait forcé d’abandonner. Ces colliers écossais, véritable difficulté vaincue ; ces fanclions, écharpes, châles si bien coloriés, aux dessins faits avec le fond, doivent être d’autant plus appréciés que ce sont des objets faciles à faire par cette classe de femmes et de jeunes filles bien élevées que des revers de fortune forcent à travailler pour soutenir leur famille.
- Mlle Foulquier, qui a le talent du filet au fuseau, a formé des ouvrières habiles dans toutes les classes de la société : elle en occupe de 100 à 120 en ce moment de calme.
- L’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne, les Etats-Unis d’Amérique, etc., sont et seront toujours nos tributaires pour cet article de goût et de luxe.
- Le jury engage non-seulement M11* Foulquier et compagnie, mais aussi toutes les maisons qui s’occupent du filet au fuseau, à redoubler d'efforts, et, pour récompenser cette maison des succès qu’elle a déjà obtenus, lui décerne la médaille de bronze.
- QUATRIÈME SECTION.
- BRODERIES DITES DE PARIS.
- M. Félix Aubry, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La broderie riche, sur articles divers, occupe, à Paris et dans un rayon de i5 à 20 lieues, un nombre considérable d’ouvriers; beaucoup de maisons de Paris font broder des objets de consommation intérieure et d’exportation.
- Deux seulement ont exposé!. . Le jury de 18A9 regrette sincèrement que les premières maisons de cette industrie ne lui aient pas montré leurs produits. Il forme des voeux pour qu’il n’en soit pas ainsi à la prochaine exposition.
- Rappel M. A. PERSON, à Paris (Seine).
- îe médaille
- de brome. Parmi les broderies exposées par ce fabricant, le jury a rèmar-
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- qué un Irès-beau châle brodé sans envers, sur tissu français imitant le crêpe de Chine. 11 est fâcheux que la qualité du tissu ne réponde pas à la richesse et au fini de la broderie.
- Le jury donne à M. Person le rappel de la médaille de bronze qui lui a été décernée en 1844-
- M. A. G. PRAMONDON, à Paris (Seine).
- Il expose peu, trop peu de ses produits: quelques châles et écharpes brodés sur tissus français, imitant le crêpe de Chine ; une robe brodée sur taffetas, et un châle brodé sur cachemire, forment son exposition. Sa fabrique, fondée à Paris depuis 1847 seulement, acquerra, sans doute, une grande importance.
- Le jury accorde àM. Pramondon une mention honorable.
- M. D’HANGEST , rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 27, à Paris (Seine).
- La montre de M. d’Hangest renferme des échantillons d’application de crêpe lisse froncé, contournés de cordonnet ou de filets brodés au crochet, sur tulle de soie, crêpe et salin, destinés à faire des chapeaux de dames, des voilettes, des robes à grands dessins, le tout d’un fort joli effet. Les premières maisons de haute nouveauté de Paris ont commencé à goûter cet article, et déjà en donnent quelques commissions qui occupent de 20 à 22 ouvriers.
- Cette industrie nouvelle, variable à l’infini, offre des chances de succès , et satisfera sûrement les acheteurs étrangers qui viennent à Paris pour chercher constamment-de la nouveauté.
- Le jury décerne à M. d’Hangest une mention honorable-
- CINQUIÈME SECTION.
- GAZES POUR BLUTERIES.
- M. Justin Dumas, rapporteur.
- M. J. HENNECART, h Paris (Seine).
- Déjà appréciés parles jurys précédenls, les produits de ce fabricant
- Mentions
- honorables.
- Rappel de médaille d’or.
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- Médaille
- d’or.
- Rappel *le médaille «de bronze.
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- continuent à se maintenir en première ligne, et sont tous les jours plus perfectionnés. Destinés, en majeure partie, à l’exportation, les gazes pour bluleries de M. Hennecart n’ont point eu à souffrir des circonstances qui ont paralysé tant d’industries en i848. Aussi a-t-il pu maintenir tous ses ouvriers à Sailly (Somme) pendant la crise.
- Ces gazes à blliteries, depuis que M. Hennecart en a introduit la fabrication en France, rendent l’Amérique et l’Allemagne nos tributaires pour cet article. Les Américains, qui font un commerce immense de farines, sont une des plus belles clientèles de M. Hennecart.
- Depuis i844, M. Hennecart a poussé la réduction de ses gazes jusqu’à 64 dents à 2 lils au centimètre, ou 172 dents et 344 fils au pouce ancien (27 millimètres). Le jury central, appréciant les divers titres de M. Hennecart, lui rappelle de nouveau la médaille d’or décernée en 1839, et confirmée en i844-
- MM. COUDERC et SOUCARET fils, à Montauban (Tarn-et-Garonne).
- Cette maison, depuis la dernière exposition, a beaucoup progressé, non-seulement pour l’importance, mais encore pour la perfection de sa fabrication en gazes à bluleries, et dans la filature des soies grèges, qu’elle y emploie exclusivement. MM. Couderc et Soucaret fils font peu de gazes dites de Zurich, à tour anglais. Ils font principalement des gazes unies, armure taffetas, qu’ils poussent jusqu’à 85 dents à 1 fil au centimètre, ou 23o fils au pouce ancien (27 millimètres). C’est la plus grande réduction de peigne qu’on puisse obtenir. Leurs produits, à l’exception de l’Espagne, qui prend les numéros les plus fins, se consomment généralement en France.
- C’est au double titre d’excellents filateurs de soie et de fabricants consommés que le jury de i844 a décerné le rappel de la médaille d’argent à MM. Couderc et Soucaret fils. Le jury de i84q leur dé-cérne la médaille d’or.
- MM. BONNAL et Cio, à Montauban (Tarn-et-Garonne).
- Celte maison, qui réunit à sa filature de soies grèges la fabrication de gazes pour bluleries, à tour anglais, pour les gros numéros, et fond toile pour les fins, jusqu’au n° 180 fils dans un.pouce an-
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- cien (27 millimètres), soit 66 fils au centimètre, a reçu du jury de 1844 la médaille de bronze. Le jury de 1849 hxi rappelle.
- FABRICATION DES TISSUS.
- INDUSTRIELS, CONTREMAITRES ET OUVRIERS
- (non exposants).
- RAPPORT SUR LES TITRES DES OUVRIERS
- ATTACHÉS À CETTE FABBICATION.
- M. Blanqui, rapporteur.
- Le jury central de l’exposition, dans ses diverses sessions précédentes, n’a cessé d’appeler l’attention du Gouvernement sur les ouvriers et contre-maîtres qui ont le plus contribué aux progrès de l’industrie nationale. Celte année, il a voulu que leurs noms fussent inscrits auprès de ceux des chefs de l’industrie, et reçussent comme eux le prix de leurs efforts. Le Gouvernement s’était associé par avance à cette noble pensée, en invitant les jurys départementaux à signaler au jury central les titres des ouvriers dignes de ces hautes récompenses. Soit que le temps ait manqué pour compléter les listes, soit qu’il ait été difficile de faire des choix suffisamment motivés au sein d’une population mobile, le nombre des candidats présentés à été extrêmement restreint, du moins en ce qui concerne l’industrie collective des tissus: cinquante ouvriers à peine ont été désignés dans cette catégorie, en y comprenant un trop petit nombre de femmes.
- Il y a lieu d’espérer que les prochaines-sessions du jury lui fourniront l’occasion d’encouragements plus nombreux, et que ces encouragements produiront une salutaire.émulation dans toutes les classes d’ouvriers. Le plus sûr moyen d’améliorer leur sort es! de les attacher, par les liens du bien:être et de la reconnaissance, aux usines qui les emploient, et qui
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- sont pour eux comme une seconde patrie. Quand l’ouvrier sera convaincu, parla précieuse expérience que le jury central lui fait faire cette année, que la fidélité à l’atelier se récompense aussi honorablement que la fidélité au drapeau, il s’y attachera davantage, et. l’atelier ressemblera de plus en plus àla famille, où les enfants vivent heureux sous une autorité respectée.
- Le jury a examiné avec le plus grand soin les dossiers qui lui ont été envoyés par les départements, et quelques-uns de ses membres, en position de bien connaître les services rendus à l’industrie, ont provoqué des adjonctions qui nous ont permis de donner cours à nos sympathies pour les populations ouvrières. Le jury aurait vivement désiré pouvoir décerner un plus grand nombre de récompenses pour les femmes, particulièrement pour les ouvrières en dentelles, qui sont les véritables soutiens de cette industrie domestique: mais leur modestie lui a dérobé la plupart de leurs noms, et celles qui nous ont été signalées, l’ont été à leur insu, sans aucune exception. Si le concours eût été plus considérable, le jury central n’aurait point hésité à accorder une ou plusieurs récompenses de premier ordre.
- L’importance qui ne peut manquer de s’attacher à ces distinctions nécessitera, pour les expositions prochaines, un mode de présentation, plus régulier que celui de cette année, aux suffrages du jury central. Beaucoup de jurys de départements n’ont pas eù le temps de faire des propositions; d’autres n’ont pas osé improviser lés leurs, de peur de blesser l’équité. Evidemment, le Gouvernement aura désormais à aviser au choix du mode le plus avantageux' de concours entreles ouvriers des diverses industries, afin que la. lice ouverte cette année produise tous les résultats que le pays a droit d’en attendre.
- Les principaux départements qui aient répondu à son appel sont ceux de la Seine, du Rhône, de la Gironde, du Nord, de l’Aude, d’Eure-et-Loir, de l’Orne, de l’Aisne, du Calvados et de la Creuse. La ville de Lyon insiste vivement en faveur
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- d’an de ses chefs d’atelier les plus distingués, M. Roussy, digne émule de Jacquart, qui s’est honoré par les inventions les plus ingénieuses, toutes consacrées par la pratique, et qui ont rendu d’immenses services à la fabrication des soieries. La récompense de l’ordre le plus élevé a été demandée pour ce vétéran de l’industrie, qui n’a pris de brevets d’inveQtion pour toutes ses machines que. pour constater son litre d’inventeur, et qui les a toutes mises gratuitement dans le domaine public. Le jury central n’a pas accueilli avec moins d’intérêt les titres du Nestor des ouvriers français, un digne homme qui est resté attaché pendant cinquanle-six ans à la même filature, dans le département d’Eure-et-Loir.
- C’est en poursuivant avec persévérance de pareilles recherches que les chefs de l’industrie honoreront le rang élevé qui leur appartient parmi nous. C’est ainsi qu’ils feront comprendre à leurs ouvriers, trop longtemps égarés par de funestes illusions, par quels liens de réciproque bienveillance et d’intérêt mutuel ils peuvent raffermir la paix des ateliers. Les expériences terribles que les uns et les autres viennent de faire doivent profiter à tous: ils ont souffert ensemble des mêmes malheurs ; ils se relèveront par les mêmes prospérités. Le jury central, heureux de favoriser cette tendance au retour de la bonne harmonie dans nos manufactures, espère que le nombre des ouvriers signalés aux récompenses nationales s’accroîtra sous les auspices du patriotisme de tous.
- Voici dans quel ordre de mérite sont classés les ouvriers et ouvrières jugés dignes de récompenses par le jury centrai.
- MM. ROUSSY, Lyon.
- BLANDIN (Pierre), Rouen. JAILLET, Lyon.
- JOAS (Eslher), Bayeux (Calvados). PITIOT, Paris.
- Rappel de médaille d’or.
- Médailles
- d’argent.
- RETOU, Fiers (Orne).
- TAVERN1ER, inventeur des draps dits de Bazeilles (Ardennes).
- in.
- 20
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- Médailles de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- MM. BELLIER, Armenlières (Nord).
- BÉRAUD (Constance), Mirecourt (Vosges).
- CAVE (Pierre-Nicolas), Elbeuf (Seine-Inférieure). CHÉLIFOUR, Reims.
- CIIERRIER (Mm<l), directrice de la filature de soie des Champs-Elysées.
- CRETON, Metz.
- DERATTE, Esquermes (Nord).
- DUBS, Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).
- DUFOUR, Lyon.
- FONTENEAU, Paris.
- GILBERT (Orléans).
- GONNARD, Lyon.
- GUIRAND jeune, Mazamet (Tarn).
- HILAIRE (Nicolas), Saint-Rémy (Eure-et-Loir).
- JORAZY, les Brotteaux (Rhône).
- KLEIN, Metz.
- LANCELEVÉE (Clément), Rouen.
- LEBLANC, Paris.
- LECLERC, Rouen.
- PETYT (Louis), Essonne (Seine-et-Oise).
- RAVIEZ, Paris.
- THOREL, Abbeville.
- BLOTTIÈRE, Rouen.
- BOCQUET, Elbeuf.
- CAL1PPE, Rouen.
- COURTIN, Rouen.
- COURVOISIER, Lille.
- DESMARETS, Rouen.
- FAUCONNIER, Bayeux (Calvados).
- HEINING, Saint-Quentin.
- LÉCUYER (Catherine), Chantilly (Seinc-et-Oise).
- MARAIS, Rouen.
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- M\l. M AH EST, Bayeux (Calvados).
- MÉNY, Paris.
- NORION (Victor), Elbeuf.
- FOUQUET, Lamorlaye, près Chantilly (Seinc-et-Oise). GILLON (Mme), Reims.
- MOTTET, Bayeux (Calvados ).
- Citations
- Favorables.
- 20 .
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- NEUVIÈME COMMISSION.
- BEAUX-ARTS.
- MEMBRES DU JURY COMPOSANT LA COMMISSION:
- MM. Fontaine, président-, — Blanqui, Bougon , Ambroise-Firmin Didot, A. Durand, L. Feucbère, Héricart de Thury, L. de Laborde, Peupin, Pouillct, J. Tersoz, Natalis Rondot, Wolowski.
- PREMIÈRE SECTION.
- ORFÈVRERIE, PLAQUÉ, MAILLECHORT,
- S Ier. ORFEVRERIE.
- V4 Wolowski, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- S’il est une industrie qui a dû subir le funeste contre-coup de nos agitations politiques, c’est bien celle qui façonne les métaux précieux. Les objets de luxe, ceux qui mêlent à la satisfaction des besoins les jouissances du goût, demandent des temps calmes pour se multiplier; ils exigent, avant tout, la possibilité d’une dépense extraordinaire et une certaine sécurité d’avenir; sous ce dernier rapport, ils marchent de pair avec la fondation de nouveaux établissements industriels. Là, comme ici,il faut des capitaux, cest-à-dire, dans une mesure plus ou moins forte, un excédant de la production sur la consommation, et la possibilité de faire et d’utiliser les épargnes.
- Telle n’a malheureusement pas été la situation de notre pays depuis dix-huit mois ; par une triste répétition de ce qui
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- s’est passé dans d’autres temps, les nécessités de la vie, aussi bien que des craintes que l’on excusait alors même qu’on ne les partageait pas, ont commandé à beaucoup de personnes de se défaire des objets travaillés dont l’or et l’argent forment la substance. Pendant plusieurs mois, l’hôtel de la Monnaie fut assiégé, n.on point comme d’habitude, par les industriels qui viennent mettre leurs produits sous la sauvegarde de la marque publique, mais par des citoyens qui demandaient à transformer en pièces d’or et d’argent les objets simples ou élégants qui étaient devenus pour eux une ressource précieuse dans ces jours de détresse. Le bureau de garantie était vide et inoccupé; on fondait les articles d’orfèvrerie, on n’en créait pas. Comment, à un moment où la valeur déposée dans le produit par la main-d’œuvre disparaissait complètement, aurait-on pu livrer à un travail industriel quelconque les métaux précieux?
- La situation s’est améliorée depuis, mais en laissant toujours subsister la redoutable concurrence de la dépréd ition de beaucoup d’anciennes pièces à la conservation desquelles leurs possesseurs avaient renoncé.
- L’exportation, qui avait pris un développement notable quant à notre belle fabrique d’orfèvrerie, a également souffert; partout, en Europe, une commotion terrible s’est déclarée à la suite de la révolution de février; l’inquiétude s’est emparée des esprits, en faisant obstacle au commerce des objets de goût et aux longues pensées. Partout on a songé plutôt à céder qu’à acquérir les ouvrages d’orfèvrerie; l’olfre a donc singulièrement pesé sur la demande.
- Aussi n’avons-nous abordé qu’avec une certaine appréhension l’examen de celte partie de l’exposition que i844 nous avait montrée si brillante. Mais, du premier coup d’œil que nous avons jeté sur le fruit du labeur de nos orfèvres, nous nous sommes repentis d’avoir pu concevoir ces doutes et ces craintes. Sans doute, l’ébranlement produit par les événements politiques a empêché beaucoup d’œuvres d’art de naître ou de s’achever, il a condamné nos habiles fabricants à depé-
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- nibles sacrifices; cependant cette épreuve n’a fait qu’ajouter le mérite du courage et du dévouement au mérite de l’exécution. Les produits qu’il nous a été permis d’étudier et d’admirer suffisent pour prouver qu’un nouveau progrès a été accompli par notre fabrication, qui peut s’enorgueillir de nouveaux chefs-d’œuvre.
- Jamais l’orfèvrerie française, malgré la difficulté des temps, n’a été plus dignement et plus richement représentée que cette année ; elle se maintient avec constance dans la voie que lui a ouverte Wagner, en renouvelant les belles traditions des siècles où l’orfévre marchait à côté du sculpteur et du peintre. Dans les créations qui rappellent les époques les plus glorieuses du passé, nous avons remarqué une fidélité plus scrupuleuse à reproduire le style de chacune des anciennes écoles, sans tomber dans le pastiche servile et sans confondre les genres. Artistes eux-mêmes, nos premiers fabricants ont eu le bonheur de s’entourer d’artistes distingués par la pensée et par l’exécution; on voit qu’ils se sont livrés à une sérieuse et patiente étude des collections, des musées, des tableaux des maîtres, car le beau n’a qu’un type éternel, c’est le vrai qu’accompagnent une imagination pure, un goût délicat et l’harmonie de l’ensemble. La grandeur du style n’exclut pas la grâce des détails; le véritable artiste sait imprimer un cachet de distinction aux objets les plus vulgaires.
- Il y a un grand mérite et un véritable service à populariser les ressources de l’art, en relevant à son contact les articles d’un usage journalier, qui familiarisent ainsi ceux qui s’en servent avec les jouissances d’un ordre plus élevé, et qui contribuent à élever la pensée en épurant le goût. Comme l’a dit l’honorable rapporteur de i844, les maîtres du grand siècle de l’orfèvrerie, tout en créant des œuvres privilégiées par leur destination, appliquaient ainsi leur génie aux besoins de la vie intérieure, aux choses utiles. La délicatesse du goût n’excluait pas chez eux le caractère de l’utilité, la convenance de l’appropriation, la logique de la forme.
- Nos orfèvres sc montrent leurs dignes émules; aucun secret
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- de la ciselure, du repoussé, de la fonte, ne leur a échappé; toutes les grâces des nielles, de la gravure, des émaux, se retrouvent dans leurs œuvres. Ils ont compris qu’il leur fallait faire un appel incessant au concours de véritables artistes; c’est ainsi que la forme de leurs produits a gagné en finesse d'exécution et en conception heureuse. Nous devons particulièrement signaler les progrès accomplis par le repoussé, qui est de la véritable sculpture en métaux précieux, et applaudir au respect avec lequel les différents styles du passé ont été reproduits, sans confusion, sans mélange adultère. Lorsque nos fabricants ont voulu innover, créer, être eux-mêmes, ils ont su allier la hardiesse à la grâce, l’originalité de la conception au fini cl’une exécution correcte et élégante; ils ont, par-dessus tout, nous ne saurions trop insister sur ce point, appliqué les inspirations de l’art aux objets d’un usage habituel.
- Qu'ils persévèrent dans cette direction, qu’ils réalisent de plus en plus l’heureuse alliance qu’ils ont su former entre l’art et l’industrie, de manière à ce qu’il soit difficile de dire : « Us font de l’industrie artistique ou de l’art industriel, » et ils conserveront à notre pays, dans une des branches les plus importantes du travail de goût et de prix, celle prééminence que le monde a toujours été disposé à lui reconnaître. Ce n’est pas seulement le profit matériel, c’est la renommée, et une renommée bien acquise, qui récompense de pareils efforts.
- Pendant les cinq années qui ont précédé l’exposition de i844, le poids des matières fabriquées que contrôle le poin-
- çon de la monnaie s’élevait, en moyenne :
- Pour l’or, à 4,292 kilogrammes;
- Pour l’argent, à 64,082 kilogrammes.
- Soit en francs, pour l’or, (à 740 m.). 12,489,720 fr.
- -------------pour l’argent, (à 875 ni.). 14,226,204
- Total.............. 26,716,924
- Depuis lors, les quantités d'or et d’argent présentées et
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- marquées au bureau de garantie de Paris ont été comme il suit :
- Années.
- i844. ] 845.
- 1846.
- 1847.
- 1848.
- i" semestre de 1849-
- Or.
- 4,34o,oô8 gr.
- 4,172,489
- 4,2i3,o49
- 3,698,137
- 1,378,351
- 1,143,069
- Argent.
- 62,8g5,65o gr,
- 64,674,015
- 61,728,775
- 54,947,65o
- 18,807,160
- i3,802,860
- Total. ....... 18,945,i53
- 276,851,110
- Si l’on fait abstraction du premier semestre de 1849, ^es matières d’or et d’argent employées depuis 1844 jusqu’en 1849, ressortent à un total de 17,802 kilogr. pour l’or, et de 263,o48 kilogr. pour l’argent, c’est-à-dire en moyenne par année à 3,56o kilogr. pour l’or, et 52,619 kilogr. pour l’argent. C’est une décroissance notable sur les chiffres relevés à la dernière exposition; il est vrai que 1848 pèse sur ce résultat; mais les mauvaises années qui l’avaient précédé ont aussi, dans une certaine mesure, exercé leur influence, tant il est vrai que de mauvaises récoltes et la cherté des subsistances influent sur les branches de la production qui semblent le plus étrangères à ces circonstances économiques, tant il est vrai que de toutes parts éclate la loi d’harmonie et de solidarité qui relie tous les membres de la grande famille nationale.
- Le premier semestre de i84g s’est passé sous de meilleurs auspices; aussitôt le travail des métaux précieux a repris, il a presque égalé en importance, dans cette moitié d’année, l’année précédente tout entière. Ce mouvement ne fera que grandir, et alors nos habiles fabricants retrouveront, avec l’étendue de leurs affaires, les moyens d’ajouter à la collection des pièces qui font honneur à l’orfèvrerie française.
- Dans le relevé que nous avons présenté, l’or et l’argent travaillés par le joaillier et par le bijoutier se trouvent confondus
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- avec ceux qu’emploie l’orfévre. Le bureau de garantie ne saurait établir de distinction d’origine, et d’ailleurs, sur bien des points, les limites se trouvent complètement effacées. Nos orfèvres les plus distingués marchent ainsi au premier rang comme joailliers et bijoutiers.
- Cette indication suffit pour faire comprendre que le prix de la façon, sur l’ensemble, égale au moins le prix de la matière première, et pour faire estimer la quantité de salaires que cette industrie répand entre les ouvriers expérimentés qu’elle emploie.
- ORFÈVRERIE, JOAILLERIE ET BIJOUTERIE.
- M. FROMENT-MEURICE, rue du Faubourg-Saint-Ho-noré, n° 52 , à Paris.
- En parlant de nouveaux progrès, accomplis par l’orfèvrerie, nous avions principalement en vue la belle exposition de M. Froment-Meurice. On y trouve les œuvres d’un artisle complet, véritable, qui a su s’inspirer des meilleurs modèles, et dont l'exécution révèle à la fois le goût cultivé et l’inspiration originale. Cette case résume tous les genres, elle assigne définitivement à M. Froment-Meurice une place distinguée dans l’histoire de l’art auquel il s’est voué avec une énergie qui égale son talent.
- Les formes de ses divers articles , soit qu’il s’agisse d’œuvres d’élite, destinées à figurer comme des créations exceptionnelles, soit que l’on examine les produits les plus usuels, les ornements les plus frivoles, conservent toujours la même pureté; on sent que l’artiste a passé par là, et que le sentiment du beau dirige ses conceptions.
- Beaucoup de travaux commandés à M. Froment-Meurice, ou qu’il se proposait d’entreprendre , ont été paralysés depuis dix-huit mois; néanmoins, quelques hommes qui savent faire de leur fortune un grand et noble usage, en l’employant à l’encouragement des arts, et en tête desquels il est juste de citer M. le duc de Luynes, dont plusieurs sections de cette exposition'ont fait constater la large influence, ont permis à M. Froment-Meurice de ne pas rester inactif, de ne point condamner à un repos stérile des facultés qui ont besoin de vie et de création.
- Une ligne de Térence, Sine Cerere ac Bacchojriget Venus, a ins-
- Nouveïle
- médaille
- d’or.
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- pire à M. Froment-Meurice une de ses plus charmantes compositions, qui forme la pièce principale de son exposition de celte année. C’est un milieu de labié, groupe de onze figures, toutes en ciselure repoussée; il a demandé trois années de travail d’orfèvrerie et de ciselure. Les figures de Bacchus, de Cérès et de Vénus posent sur un globe célesle, autour duquel voltigent des génies , symboles de l’abondance, de fliarmonie et de l’amour. Quatre géants monstres, à queues de serpent, terminées par la tête même du serpent, comme les décrit Hésiode, supportent les motifs principaux. Rien de plus sévère et de plus correct que l’ensemble de cette belle œuvre, commandée par M. le duc de Luynes. Elle a un autre mérite. Le travail qu’elle a exigé a conservé à notre pays des ouvriers expérimentés, que le défaut d’occupation aurait pu, comme tant d’autres, décider à porter à l’étranger leur expérience et leur talent.
- La sculpture des onze figures de ce groupe est due à M. Jean Feu-chères; c’est d’après ses modèles et sous sa direction que l’exécution en a été faite en argent repoussé, à l’exclusion absolue de la fonte et de tout autre procédé ordinaire de fabrication. Les difficultés ont été comme accumulées à plaisir dans celte création; l’argent a été pétri comme de la cire ou de la terre. L’art du ciseleur-repous^eur, destiné à produire des œuvres cl’art qui doivent rester uniques, n’a peut-être jamais brillé d’un plus vif éclat, jamais figures en ronde bosse n’ont été exécutées avec plus de hardiesse et de pureté; il en est, dans ce groupe, qui n’ont pas demandé moins de quarante plaques, qu’il a fallu emboutir séparément, rétreinclre, assembler et souder ensemble; telle main (car tous les doigts, sans exception, sont creux) où il a fallu dix ou douze pièces séparées. Dans un travail aussi délicat, aussi minutieux, de la bonne préparation par l’orfévre dépend la bonne exécution de la ciselure.
- Le beau milieu de table est une œuvre d’élite qui nous a paru commander cet examen détaillé; nous ne pouvons que citer les autres articles d’art et de goût, multipliés par le talent de M. Fro-menl-Meuiice.
- Signalons en premier lieu une aiguière et son plateau et un coffret à bijoux, deux charmantes pièces, détachées de la toilette en argent exécutée pour la princesse de Lucques, sur les dessins de M. Du-ban. On y remarque des émaux à surfaces planes, parfaitement travaillés par un jeune artiste, M. Solfier, d’après les cartons de M. Jean Feuchères.
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- A côté vient se placer un délicieux triptyque, dans le goût du gothique allemand, ciselé avec une délicatesse admirable, et orné de peintures sur vélin et de figurines.
- L’encrier en or massif, destiné au Pape, est exécuté en entier, figures et ornements, par le mode du repoussé
- Le coffret en fer et argent, appartenant au comte de Paris, reproduit celui de i844 qui était simplement en fer fonda. Celui-ci est en fer forgé.
- Nous avons également revu, avec plaisir, le bouclier établi sur les cires de MM. Jean Feuchères, Rouiilard et Justin; les bas-reliefs, exécutés en i844 en fonte d’argent ciselée, l’ont été cette fois complètement en repoussé.
- U épée offerte au général Cavaignac, par les habitants du Lot, mérite aussi de ne pas être passée sous silence; la sculpture des figures du groupe principal, et celle de la garde sont de M. Jules Cavelier. Nous mentionnerons également l’épée offerte au général Changarnier, par les ouvriers de Monlluçon.
- A côté de ces ouvrages se trouve une série de coupes du xv' et du xvi°siècle, et de pièces d'orfèvrerie usuelle, telles que cafetières, théières, sucriers, plateaux, bouilloires, vases à rafraîchir dans le goût Louis XV et dans le style de la renaissance. Partout nous devons signaler un mérite égal. Nous en dirons autant des pièces de bijouterie en ciselure, des bracelets, des châtelaines genre byzantin , mauresque, Louis XV, et de la charmante collection de bracelets, broches, coiffures en diamants et pierres de couleurs, qui affectent la forme des fleurs, roses, lis, œillets.
- Les efforts persévérants de M. Froment-Meurice ont donc été couronnés cl’un plein succès ; c’est qn’aussi tout se réunissait pour en faire un orfèvre d’élite, digne successeur cle ceux qui ont inscrit leurs noms aux plus glorieuses pages de l’histoire de l’art: il a commencé par être ouvrier dans l’atelier cle son père et il est devenu dessinateur habile, investigateur passionné des anciens modèles, observateur enthousiaste des formes diverses qu’affecte la manifestation du génie, peinture, sculpture, gravure. La connaissance exacte des procédés et des difficultés de la pratique s’est donc alliée chez lui à la culture de l’intelligence et à une inspiration élevée. Quant aux élans de l’àme, qui font seuls les grands artistes, la conduite qu’il a tenue quand le choléra a sévi la première fois, à Paris en 1802, et qui lui a valu la croix cio la Légion
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- d’honneur, dit assez ce qu’on peut attendre de lui sous ce rapport.
- Comme tous les hommes d’un vrai mérite, M. Froment-Meurice s’attache avec scrupule à faire ressortir les services rendus par les collaborateurs qu’il a su s’adjoindre, peintres, sculpteurs, ciseleurs, ouvriers habiles. Il a toujours eu soin, pour chacune des pièces remarquables de son exposition, d’indiquer ceux qui l’avaient secondé.
- C’est ainsi que, sans parler des artistes dont nous avons déjà signalé les noms, M. Froment-Meurice a particulièrement insisté sur le mérite de ses deux contre-maîtres MM. Babeur et Wissel, ainsi que sur celui de MM. Frémonleil et Crovilie, tous deux ses anciens apprentis, qui n’ont pas quitté sa fabrique depuis 20 ans.
- Les quatre ciseleurs qui ont exécuté les hgures en repoussé, du groupe de M. de Luynes, sont MM. Muleret, Alexandre Daubergue» Fannière et Pôux; trois d’entre eux ont passé par l’atelier cîe M. Vechte, et se montrent les dignes élèves cVuu si grand maître. M. Fannière est le neveu et l’élève du regrettable Fauconnier.
- M. Sollier, émailleur, a fait preuve du plus grand talent.
- Enfin , M. Froment-Meurice a payé un tribut de reconnaissance au dessinateur-sculpteur, dont l'expérience et le goût ont contribué à placer son atelier à un rang si élevé, à M. Liénard, un des artistes qui ont le plus fait pour la splendeur de notre industrie.
- M. Froment-Meurice était arrivé, en 18/17, employer 120 ouvriers, dont le salaire journalier variait de 4 francs à 10 francs. Il avait élevé son chiffre d’affaires à 1,100,000 francs. Cette industrie a eu beaucoup à souffrir dans ces derniers temps, mais elle commence à reprendre et nous espérons que M. Froment-Meurice retrouvera, dans toute son étendue, la clientèle que lui ont conquis ses travaux.
- Les nombreux détails dans lesquels nous a obligé d’entrer l’exposition si remarquable de M. Froment-Meurice appellent une conclusion bien naturelle : un mérite éminent provoque une récompense éminente; la plus haute dont le jury puisse disposer, c’est une nouvelle médaille d’or et il l’accorde à M. Froment-Meurice, qui a déjà obtenu une médaille d’or en i844-
- Rappel M. RUDOLPHI, rue Tronchet, n° 3, à Paris.
- le médaille
- fl’or. Voici encore un artiste d'une grande valeur ; si les détails aux-
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- quels nous avons été entraîné, en rendant compte des produits de M. Froment-Meurice, nous obligent à resserrer davantage nos appréciations , nous n’en rendrons pas moins justice à ce simple ouvrier orfèvre que Wagner sut distinguer en i84o et qu’il associa à ses travaux, en le jugeant digne de continuer son œuvre, c’est-à-dire de porter au plus haut degré l’art, de l’orfévre, du bijoutier et du ciseleur.
- M. Rudolplii a justifié celle confiance du maître; il l’avait déjà montré en i844;il en fournit celte année des preuves nouvelles et nombreuses. Sa toilette en argent réunit tous les mérites des nielles, de la gravure, de la ciselure et de l’émail; ses plats en argent, d’après MM. Feuclières et Pascal; son coffre en argent, dont la sculpture est de M. Geoffroy de Chaumes, et ses coffres renaissance, sa coupe en lapis-îazuli, avec une monture simple, légère, pleine d’élégance; ses deux coupes en agate orientale, dont l’une est supportée par un groupe de bacchantes, et l’autre par le groupe des trois Grâces, enfin une coupe ronde en argent, qui représente le mont Parnasse, présentaient un ensemble très-satisfaisant. Celle dernière coupe a été en entier composée, modelée et ciselée, sous la direction de M. Rudolphi, par un de ses jeunes élèves, M. Eugène Leroy, à peine âgé de dix-huit ans et déjà créateur de plusieurs œuvres qui lui promettent un bel avenir.
- M. Rodolplii traite avec un soin particulier les bijoux à sujets, bracelets, broches , châtelaines, bagues , boutons, épingles, ainsi que la bijouterie émaillée. Ses pommes de cannes, cachets, poignards, presse-papiers, sculptés par MM. Geoffroy de Chaumes, Caïn, etc., sont cfun fini d’exécution qui égale celui des grandes pièces d’orfèvrerie et mettent de véritables objets d’art à la disposition des fortunes les plus modestes. Sans la stagnation des affaires, M. Rudolphi aurait exposé plus de grandes pièces ; avec des ouvriers tels que MM. Édouard Verraux et Magnus, orfèvres, Jules et Alexandre Plouin, graveurs, Dollbergen, Cleff et Douy, ciseleurs, il peut tout entreprendre. La riche variété de ses produits et leur distinction a mérité àM. Rudolphi, en i844, le rappel delà médaille d’or de M. Wagner, dont il se montrait le digne continuateur.
- Aujourd’hui, le jury croit devoir récompenser le travail persévérant de M. Rudolphi, devenu maître à son tour, en lui décernant un nouveau rappel de la médaille d’or.
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- Médaille
- d’or.
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- M. DUPONCHEL, rue Neuve-Saint-Augustin, a0 39, Paris.
- a
- L’orfèvrerie artistique a révélé (l’une manière brillante, à l’exposition de i844, le nom de M. Morel. Il avait à peine fondé son établissement depuis quelques années, et déjà la perfection de ses produits l’élevait au premier rang, elle lui méritait de prime-abord la médaille d’or. Ouvrier plein de hardiesse et d’habileté, M. Morel rencontrait dans son associé, M. Duponchel, l’inspiration qui crée et le goût qui dirige et choisit. Aujourd’hui, M. Duponchel lui a succédé; il donne seul l’impulsion aux remarquables artistes formés dans cet atelier, bien connu de l’Europe entière. 11 continue à fabriquer, avec une égale distinction, la haute orfèvrerie, la joaillerie et la bijouterie; chez lui, un heureux caprice rencontre de quoi satisfaire les désirs les plus exigeants, la forme est originale sans tomber dans le bizarre, élégante sans toucher à l’affectation. Ses produits sont modelés avec un talent, qui, en les variant à l’infini, sait toujours leur conserver le cachet du maître.
- Le style Louis XIV et le style Louis XV rencontrent dans M. Duponchel un habile interprète, il se joue avec les difficultés; sa toilette, entièrement au repoussé, son service à thé en vermeil et son grand service de table, le prouvent suffisamment. A côté figurent, comme pour témoigner de la flexibilité de la conception et de l’exécution, une croix gothique avec émaux et cristaux de roche, un coffret à bijoux en vermeil avec de charmantes figurines en argent oxydé et une châtelaine genre mauresque, en or de diverses couleurs, qui est un petit chef-d’œuvre de grâce et d’originalité. Ses bijoux proprement dits, ses broches, ses bracelets serpent et tigre, en or repoussé, et surtout un délicieux modèle, les pêcheuses de perles, ses cachets, au milieu desquels on remarquait le jongleur indien avec ses enfants, ses flacons, ses montres de platine incrustées d’or fin, ses coffrets émaillés, etc., méritent des éloges analogues.
- Mais c’est surtout dans l’atelier de M. Duponchel que nous devons chercher les œuvres de haute orfèvrerie qu’il a créées depuis i844, et qui, expédiées à leurs propriétaires, n’ont pu figurer à l’exposition; il nous a suffi de recueillir nos souvenirs, d’étudier les modèles conservés et quelques pièces détachées pour rendre justice à ces créations.
- En première ligne se place le surtout commandé par le prince Léon
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- Radziwill, composé d’une pièce de milieu, de deux candélabres, de quatre seaux à glace, etc. La pièce du milieu représente une chasse au sanglier, au xin0 siècle, dans une forêt de Lithuanie; rien de plus dramatique, de mieux posé, que ce groupe de sculpture en argent; les candélabres, qui figurent deux sapins sur des rochers, avec leurs longues branches et leurs milliers d’aiguilles effilées, tout autour des chiens revenant de la chasse, le sanglier tué, un garde sonnant du cor, etc., accompagnent dignement cette pièce d’élite; nous en dirons autant des seaux, dont les anses montrent des ours blancs escaladant des glaçons; au milieu sont les chasseurs, sur des fragments déglacé, prêts à les attaquer. Ces objets si nombreux, si variés, personnages, chevaux, chiens, sangliers, sapins, ont été exécutés de ronde bosse, au repoussé; la perfection du travail a répondu à la difficulté d’une telle entreprise dans de pareilles dimensions. La pièce du milieu a près cl’un mètre, et les candélabres chacun près de deux mètres de hauteur.
- Les autres pièces remarquables, sorties de l’atelier de M. Dupon-chel, sont : la garniture de l’album de la princesse de Monlpen-sier, avec portraits de huit grands peintres, finement ciselés en argent oxydé, se détachant sur des ornements dorés; le service à thé du comte de Nesselrode, et plusieurs autres, genres arabe, mauresque et indien; des candélabres, genre indien, avec éléphants et cornacs, etc.
- La révolution de février a ralenti l’achèvement de plusieurs travaux en cours d’exécution, qui ont une grande importance, Nous devons mentionner comme une œuvre d’art du plus haut style, la statue de la Minerve du Parthénon, d’après Phidias, commandée par M. le duc de Luynes, ce généreux protecteur des beaux-arts, artiste lui-même. Cette pièce, unique dans sa grandeur et dans sa magnificence, a été sculptée par M. Simard; elle a 2m,35° (7 pieds) de hauteur ; commencée en 1846, elle ne pourra être achevée que dans dix-liuit mois, car, à cause des proportions gigantesques, l’exécution^ résente des difficultés énormes ; il n’aura pas fallu moins de trois années d’un travail assidu pour les vaincre, afin de reproduire au repoussé un des plus beaux chefs-d’œuvre de l’antiquité.
- Pour aborder de pareils travaux, il a fallu la hardiesse de M. Du-ponchel, il a fallu aussi qu’il pût disposer de collaborateurs tels que M.Ch.Philippe Aurillon, qui dirige l’atelier de monture, etM.Nivil-ler, chef des ateliers de dersin et de gravure, véritables artistes chez
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- lesquels la puissance de l’exécution égale la vigueur de la conception.
- C’est à M. Duponchel que se trouve confiée l’exécution de la brillante épée offerte, par souscription nationale, au général Changarnier. La poignée, le pommeau et la garde sont exécutés en or de diverses couleurs, au repoussé, ayant tous la même épaisseur de métal, au lieu d’être superposés, comme cela s’est pratiqué jusqu’ici.
- L’importance de la fabrique de M. Duponchel 1, l’intarissable fécondité d’idées qui la distingue pour les objets les plus variés, l’heureuse application de connaissances artistiques aux objets d’industrie, dont le mérite se relève ainsi, enfin une exécution irréprochable, tout se réunit pour décider le jury à décerner à M. Duponchel une médaille d’or.
- Nouvelle M. MAYER, rue Vivienne, n° 20 , à Paris.
- médaille
- d’argent. Dès son début, M. Maurice Mayer a su rivaliser avec les maîtres de l’art, ainsi que l’a proclamé le jury de i844, en lui décernant la médaille d’argent la première fois qu’il a exposé. Depuis lors, M. Mayer a encore accompli un progrès remarquable; il a produit diverses pièces qui méritent l’éloge de tous les hommes cle goût.
- Nous devons signaler un vidercome, coupe d’ivoire, garniture en argent repoussé; il représente le combat d’Hercule contre un centaure. La manière du xv° siècle s’v trouve fidèlement et largement reproduite. L’ensemble est sévère et plein d’harmonie/
- Une grande coupe renaissance, entièrement dorée, ciselée en plein, ornée sur le couvercle d’un groupe d’enfants supportant un chevalier, est d’un heureux effet. Nous en dirons autant de deux coupes en repoussé, cl’un travail soigné, de celle surtout qui représente un groupe d’enfants jouant avec une chèvre, et des trois médaillons repoussés, gracieuse reproduction des pastorales de Wat-teau. La petite soupière Louis XV, argent et or, avec son assiette, porte sur le couvercle un groupe délicatement travaillé : la Pudeur que lutinent des enfants.
- A côté, signalons le beau couteau de chasse du prince d’Arem-
- berg; le poignard en acier, pris sur pièce, entièrement incrusté
- 1 Elle emploie pour 300,000 francs d’or et d’argent, et elle en double au moins la valeur.
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- d’or, et surtout le cachet sculpté sur un morceau d'acier, où la difficulté du travail a été admirablement vaincue.
- M. Mayer expose, en outre, un choix varié de pièces pour le service de table, des thés de toutes les formes, Louis XV, chinoise, japonaise, mauresque, etc., et une riche collection de broches, bracelets , corsages, coiffures en brillants, tabatières, porte-crayons, etc.
- Il exécute en ce moment un très-beau sabre, tout en or repoussé , pour le bey de Tunis.
- Le jury décerne à M. Mayer une nouvelle médaille d’argent.
- M. Alexandre GUEYTON, rue Chapon, n° 12, à Paris.
- C’est pour la première fois que M. Gueyton expose ses produits; sa fabrique est de fondation récente , mais il a su déjà lui donner une importance véritable, surtout pour la création des armes de luxe, qu’il travaille avec grand succès.
- Il a exécuté plusieurs sabres d’honnear, dont il a fort bien approprié le dessin à leur destination; c’est à lôi que la légion cl’arlillerie a confié le sabre d’artillerie quelle a offert à son colonel, M. Gui-nard, et la ville de Lyon celui qu’elle a fait accepter au général Gémeau. M. Gueyton a montré dans ce travail une grande fécondité d’idées et une heureuse disposition des éléments qui concourent à l’harmonie de l’ensemble.
- Sa case présentait une très-grande variété d’épées de forme nouvelle, quelques-unes parées en brillants, d’autres avec les poignées remarquablement ciselées.
- Un joli coffret offrait l’application d’une idée heureuse : on y remarquait une figure de danseuse, d’après Pradier, dansant sur une perle.
- Plusieurs porte-cigares sculptés, des bracelets en acier, des broches algériennes, plusieurs tableaux ciselés en relief, des poignards, des cachets, témoignaient de l’intelligente activité de M. Gueyton. Il a lui-même modelé et ciselé les charmants petits tableaux en argent, entre autres la prise de la smala d’Abd-el-Kader et une fête flamande, qu’il utilise aussi en bracelets brisés. Tout ce qu’il a envoyé a été créé par lui et exécuté clans son atelier. Le chiffre de ses affaires s’élève déjà de i5o à 200,000 francs.
- C’est pour la première fois que M. Gueyton entre dans la lice ; le jury se plaît à constater le mérite de ce jeune artiste en lui décernant une médaille d’argent.
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- Médaille
- d’argent.
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- ORFEVRERIE.
- Rappels cle médailles d’or.
- M. LEBRUN, quai des Orfèvres, n° Ao, à Paris.
- L’excellence du travail, la perfection de l’exécution, le soin minutieux avec lequel toutes les pièces sont achevées, polies, ajustées, a depuis long-temps appelé sur M. Lebrun les récompenses du jury. Après avoir obtenu dès 1823 une médaille d’argent, qui lui fut rappelée en 1827 et en i834, il eut une nouvelle médaille d’argent en i83ç), et sut mériter en i844 la médaille d’or.
- Un mérite nouveau distingue l’exposition actuelle de M. Lebrun ; nous le félicitons d’avoir compris combien i’orfévrerie doit grandir au contact de l’art. Il a su s’assurer le concours d’artistes distingués, qui lui ont permis de marcher dans la voie du progrès.
- Une des plus grandes pièces de l’exposition appartient à M. Lebrun : c’est le beau milieu de table faisant partie d’un surtout en exécution, qui lui fait grand honneur. Les capricieux ornements du genre Louis XV se prêtent bien à ces ceps de vigne après lesquels grimpent des enfants, et qui entourent Bacchus et une bacchante. La sculpture des ornements est de M. Gagne; celle des enfants, de M. Carrier. La ciselure des groupes d’animaux placés à chaque extrémité est de MM. Poux et Dalbergue;ce dernier a ciselé les ornements, etM. Schropp les enfants. M. Lebrun cite les ouvriers qui ont coopéi’é, sous sa direction, à celte œuvre remarquable; ce sont MM. Baslié, Passeron, Gautier, Tourseiller, Chevalier et Juillot.
- A côté et non au-dessous de celte grande composition se place la merveilleuse tasse ciselée parles frères Fannière pour M. de Meck-lembourg. Quand on admiré à la loupe les merveilles de ce dessin, la perfection de ce travail, on ne s’étonne plus que cette tasse, où il entre pour i5o francs d’argent., vaille 10,000 francs.
- Auprès de ces deux œuvres d’élite, M. Lebrun a exposé une belle bouilloire à thé, des seaux en argent fort bien travaillés, des réchauds , des plats, etc., qui portent le cachet d’une exécution excellente et sévère; aussi le jury se plaît-il à lui rappeler la médaille
- d’or.
- M. ODIOT, rue Basse-du-Rampart, n° 26, à Paris.
- La fabrique de M. Odiot est la plus ancienne de Paris; elle a
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- toujours mérité la médaille d’or à nos expositions ; bien connue dans le monde entier, elle produit beaucoup pour l’exportation, en se pliant au goût des contrées d’où lui viennent les commandes. Toutes ses créations visent à l’utilité; elle travaille avec un soin scrupuleux les objets usuels, et elle emprunte à l’art d’heureuses inspirations.
- Jamais on n’a pu accuser M. Odiot d’avoir exécuté des chefs-d’œuvre en vue de l’exposition; il ne présente que les produits courants de sa fabrique ayant mérité l’approbation des consommateurs qui savent apprécier le mérite d’une argenterie soignée.
- Le chiffre des affaires de cette maison est des plus considérables; il atteint un million de francs.
- On remarquait cette année, dans la case de M. Odiot, un service de table, genre Louis XVI, pour l’Amérique ; un service à thé, genre renaissance, et un autre, genre Louis XV. Gel habile fabricant exécute dans ce style un service de table très-riche, dont il a exposé une pièce détachée, une casserole, parfaitement exécutée.
- Le jury décerne à M. Odiot le rappel de la médaille d’or qu’il a obtenue aux précédentes expositions.
- M. DURAND, rue du Bac, n° 4i, à Paris. Rappels
- de médailles
- M. Durand, élève de M. Odiot s’est vu rappeler, aux expositions d’avgeni. de 1839 et i844, la médaille d’argent qu’il a méritée en i834.
- C’est un fabricant consciencieux, qui se maintient avec honneur au rang qu’il a su conquérir. Outre diverses pièces de service de table fort bien traitées, M. Durand a exposé un beau vase de course, représentant un tournois, œuvre vraiment distinguée, exécutée avec ce scrupule d’un travail minutieux qui rend M. Durand l’émule de M. Lebrun.
- Une cafetière, d’une forme originale, représentait un homme donnant de la trompe ; elle attirait les regards par la nouveauté de la conception.
- En général, tous les objets fabriqués par M. Durand portent la trace d’un travail soigné, exact; les difficultés y sont heureusement vaincues.
- Le jury décerne à M. Durand le rappel de la médaille d’argent.
- M. TRIOUILLER, rue du Vieux-Colombier, n° 32, à Paris.
- Ce fabricant se livre spécialement à la création des articles
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- d’église, qu’il travaille avec une véritable supériorité. Son ostensoir gothique, d’après le dessin du père Martin, est une bonne et fidèle reproduction des anciennes pièces qui décorent depuis des siècles nos cathédrales.
- M. Triouiller réussit,toujours dans la ciselure en repoussé, qui a été de sa part l’objet d’un travail constant et méritoire.
- Ses calices, ses ciboires et les autres objets qu’il expose sont fort bien exécutés et révèlent le sentiment de l’art.
- Le jury rappelle à M. Triouiller la médaille d’argent qu’il a obtenue en i844-
- M. AUCOG, rue de la Paix, n° 6, à Paris.
- L’atelier de M. Aucoc fournit un exemple terrible de l’influence exercée par la révolution de février sur la marche du travail. En 1847, il occupait 60 ouvriers et fabriquait pour la valeur d’un demi-million ; en 1848 jf il ne lui est resté que 2 ouvriers, et sa production a presque été réduite à néant; ajoutons qu’elle a bien repris depuis. M. Aucoc 11’a point cessé de créer des articles également distingués par le goût et par le soin mis à leur exécution. Sa toilette et sa glace avec le cadre en argent, ses candélabres et autres pièces d’orfèvrerie, ainsi que ses nécessaires, conservent un mérite réel.
- Aussi le jury rappelle-t-il à M. Aucoc la médaille d’argent qu’il a obtenue aux précédentes expositions.
- Médailles
- d’argent.
- M. FRAY, rue Pastourelle, à Paris.
- M. Fray fabrique l’orfèvrerie de table et de dessert, vulgairement appelée la grosserie, par opposition à la petite partie. Sans se proposer de copier ces oeuvres d’orfèvrerie artistique qui ont élevé si haut la réputation de nos fabricants, M. Fray travaille avec beaucoup de soin et de goût les objets usuels. Il partage avec M. Veyrat l’honneur d’avoir créé une sorte d’argenterie intermédiaire qui n’emploie que le métal pur, et, sans dépasser de beaucoup le prix d’un bon plaqué, permet de se procurer des objets d’orfèvrerie solide, quoique plus légère, et revêtue de formes élégantes et variées.
- Un débit facile et considérable a récompensé les intelligents efforts de M. Fray, qui a obtenu aussi un long débouché à l’étranger, la puissance et la richesse de son outillage lui permettant d’établir ses produits h un prix avantageux pour le consommateur.
- Les ouvriers employés dans cette partie gagnent des journées
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- supérieures à celles des ouvriers qui travaillent aux pièces tout à fait artistiques. M. Fray en occupait environ jo avant la révolution de Février; une quinzaine gagnaient de 7 à xo fr. par jour, et le salaire d’une autre s’élevait à 12 fr.
- La fabrication de M. Fray utilisait alors environ 2,000 kilog. d’argent au premier titre; elle produisait pour 600,000 fr., dont un tiers pour l’exportation. Après avoir, comme ses confrères, mais dans une proportion moindre cependant, subi l’influence fâcheuse des circonstances politiques, M. Fray a retrouvé en grande partie son ancienne clientèle; l’exportation forme aujourd’hui la moitié de son débouché.
- L’exposition de M. Fray offrait beaucoup de pièces dignes d’éloge; elles présentaient toutes des formes gracieuses; la ciselure, sans avoir tout le fini de la haute argenterie, possédait néanmoins un mérite remarquable, vu le prix réduit de tous ces articles. Plusieurs thés complets, fort bien travaillés, des tasses, des bougeoirs, toutes les pièces employées pour le service de la table se rencontraient dans cette case, et l’on y reconnaissait sans peine les objets qui s’étalent aux vitraux de nos magasins les plus élégants.
- M. Fray a donc élevé à la hauteur d’une industrie considérable la fabrication de l’argenterie massive, facilement abordable par l’économie du métal employé, et cependant exempte de tout reproche quant à la confection. Plus d’une fois, aux pi'écédenles expositions, les fabricants d’orfèvrerie ont été invités à entrer dans cette voie.
- Le jury, pour récompenser le succès signalé obtenu par M. Fray, lui décerne la médaille d’argent.
- MM. BERTHET et PERET , me Montmorency-Saint-Martin, n° 1 3, à Paris,
- Au nombre des plus élégants produits de l’industrie parisienne se rencontrent les nécessaires qui'empruntent à la petite orfèvrerie leui’s pièces principales.- Cette fabrication , très-variée dans ses moyens et dans le nombre des spécialités auxquelles elle doit recourir, se rattache par ce côté à l’orfèvrerie proprement dite. L’habileté développée par MM. Berthet et Peret rend d’ailleurs leurs produits dignes d’une sérieuse attention. Ils ont su soutenir avec avantage, et sous le rapport du prix, et sous le rapport d’une excellente confection , la concurr-ence de l’Angleterre. Leur chiffre d’affaires a'est
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- Médaille de bronze.
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- élevé, dans les bonnes années, avant février 1848, jusqu’à plus de 5oo,ooo fr. ; en grande partie pour l’exportation.
- Orfèvrerie, cristaux, ébénisterie, gaînerie, tout est concentré dans les ateliers de MM. Berthet et Peret.Tout porte également le cachet du goût et de la distinction ; la taille des cristaux surtout et les pièces d’argenterie sont traités avec un succès remarquable. Rien de plus élégant ni de plus commode que les nécessaires de voyage et de toilette établis par MM. Berthet et Peret, qui fabriquent cl’une manière tout aussi satisfaisante les divers objets de fantaisie, dont l’emploi s'est tellement multiplié depuis un certain temps, et notamment les caves à liqueur.
- En 1844, MM. Berthet et Peret ont obtenu la médaille de bronze ; pour récompenser leurs persévérants efforts, le jury leur accorde la médaille d’argent.
- MM. BRUNEAU et PELLERIN, rue Montmorency, n° 38, à Paris.
- Si l’on en excepte les tabatières et timbales que MM. Bruneau et Pellerin ont envoyées à l’exposition, leur fabrique de petite orfèvrerie et de bijouterie de bureau, qui fait un chiffre très-considérable d’affaires, se distingue plus par la masse que par la qualité de ses produits : cela se conçoit, puisqu’elle vise avant tout au bon marché.
- Mais l’orfèvrerie niellée est traitée pat MM. Bruneau et Pellerin avec une véritable distinction ; leurs tabatières ont obtenu une supériorité incontestable sur celles de Russie, qu’on fabrique à Toula ; elles reproduisent des sujets empruntés aux grands peintres avec un fini d’exécution fort remarquable. MM. Bruneau et Pellerin emploient le même procédé pour la fabrication de fort jolis porte-cigares. Ils ont été très-utilement secondés dans ce travail par un habile ouvrier, élève de Vagner, M. Chauchefoin.
- La moitié de leurs tabatières s’exporte en Italie, en Suisse , en Angleterre et en Amérique; ils ont produit jusqu’à une valeur de 100,000 francs par an de cet article, et pensent arriver cette année au chilfre de 60,000 francs, qui n’est qu’une faible partie de celui auquel s’élèvent leurs affaires annuelles.
- Le jury décerner à MM. Bruneau et Pellerin la médaille de bronze.
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- M. TTIIÉRY, rue Sainte-Marguerite, n° 14, à Paris.
- M. Thiéry a donné une grande extension à sa fabrication de vases d’église. Il a exposé plusieurs ostensoirs en vermeil, des chapelles en vermeil, des calices émaillés, des ciboires, des crosses d’évêque, une croix de procession, etc. Nous avons reconnu qu’il y avait chez ce fabricant une bonne tendance, et qu’il a déjà obtenu de bons résultats.
- C’est pour la première fois que M. Thiéry se présente àl’exposi-tion. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. AUDOT, rue Richelieu, n° 8i, à Paris.
- M. Audot a succédé, en 1847, ** M. Vcdel; il fabrique l’orfèvrerie en argent massif et en doublé d’or et d’argent, et il a su maintenir la bonne réputation acquise par son prédécesseur quant à la production des nécessaires. Ce fabricant est un homme de beaucoup de goût; il possède des modèles et des matrices d’orfèvrerie dont l’idée et le dessin lui appartiennent en entier. Il présente plusieurs pièces, entre autres, une glace de toilette d’un aspect fort gracieux, dont le cadre a été travaillé à l’aide d’un procédé électro-chimique pour la colorisation des métaux. Une paire de candélabres, en argent massif, mérite aussi d’être citée.
- Le jury accorde à M. Audot une mention honorable.
- M. DUPÉRIER, rue du Parc, au Marais, n° 11, à Paris.
- M. Dupérier fabrique des couverts en demi-argent ; il les a ainsi nommés parce que la moitié du couvert, celle qui louche les aliments , et doit être ainsi mise en contact avec la bouche, est en argent, tandis que l’autre moitié, qui est simplement maniée, est en composition. Ces 'couverts réuniraient à l’avantage de l’économie celui de la durée.
- Le jury accorde à M. Dupérier une citation favorable.
- M. VERNAUT, rue des Filles-du-Galvaire, n° 9, à Paris.
- M. Vernaut est modeleur-ciseleur, il crée et execute lui-même, sans aucun aide; il a exposé un portrait du Président de la République modelé et repoussé en argent.
- Le jury lui décerne une citation favorable.
- Mentions
- honorables.
- Citations
- favorables.
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- M. FAYOLLE, Palais-National, galerie de Valois, n° 180..
- La spécialité de M. Fayolle est la fabrication des croix d’ordres, et des insignes des membres de l’Assemblée nationale et des autorités publiques. Ses modèles de croix de commandeur, d’officier et de chevalier de la Légion d’honneur sont bien établis, et à un prix très-réduit.
- Le jury accorde à M. Fayolle une citation favorable.
- S 2. PLAQUÉ ET ORFEVRERIE LÉGÈRE,
- M. Wolowski, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’industrie du plaqué date d’un siècle environ, mais elle ne s’est sérieusement établie en France que depuis i8i5, C’est une industrie éminemment parisienne, car en dehors de la capitale on ne rencontre aucune fabrique de plaqué. Elle a doublement souffert dans ces derniers temps, et des événements politiques et d’une autre révolution, tout à fait spéciale, celle que les nouveaux procédés d’argenture ont produite, en lui créant une redoutable concurrence.
- Elle a cependant résisté à ce double danger, et nous ne saurions partager le pessimisme de ceux qui allaient jusqu’à dire qu’ils la croyaient destinée à périr.
- Sans doute, il est des articles pour lesquels l’argenture par immersion obtient un avantage décidé, ceux dont le travail très-ouvragé exigerait un grand nombre de pièces de rapport pour être exécuté en doublé; mais d’autres pièces, plus simples dans leurs formes (ce qui n’exclut ni l’élégance ni l’emploi très-usuel), continueront à profiter de l’ingénieuse application de l’argent sur le cuivre au moyen de la pression, qui rend les deux métaux tellement adhérents l’un à l’autre, qu’ils forment un seul et même corps et deviennent inséparables.
- Une autre branche cle. la fabrication en plaqué, qui est appelée à se maintenir avec avantage, c’est celle du bon doublé,
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- avec ornements en argent pur, qui ajoutent essentiellement à la solidité, sans augmenter de beaucoup le prix.
- La seule industrie qui nous paraisse sérieusement menacée, et nous sommes loin de nous en plaindre, c’est la mauvaise industrie du mauvais plaqué, établi à des titres tellement bas, qu’ils échappent à toute appréciation sérieuse et ramènent à une sorte d’application idéale la couche, perceptible seulement à l’œil, de l’argent qui masque le cuivre, au lieu de le recouvrir solidement.
- Le plaqué d’exportation (c’est le nom qu’on lui donne et la destination qu’il reçoit d’habitude) n’a pas peu contribué à décrier nos produits sur les marchés étrangers.
- La fabrique de plaqué peut vivre et prospérer, mais c’est à une condition : celle d’une grande loyauté, d’un respect fidèle de la marque, qui dénote la proportion d’argent employé. Soulever les justes plaintes du consommateur quant à l’inexactitude du titre indiqué, c’est pour elle, surtout dans les circonstances présentes, commettre un véritable suicide. Elle se trouve pressée, d’un côté, par les nouveaux procédés d’argenture, et, d’autre part, elle rencontre la concurrence de l’argen terie légère, fabriquée maintenant avec une grande économie de façon et de matière première. L’unique moyen de tenir tête à ce péril, c’est de maintenir avec scrupule la sincérité de la marque, qui raffermira la confiance du consommateur. Nous ne voulons pas faire ici de reproches, mais nous désirons que nos conseils soient entendus.
- L’aisance, qui est destinée à se répandre de plus en plus dans toutes les classes de la population, rend la demande des objets qui peuvent utilement remplir l’office de l’argenterie pure, de plus en plus considérable. Le plaqué peut donc et doit vivre, car le véritable progrès crée de nouveaux procédés, sans supprimer les ingénieuses et utiles découvertes du passé. Mais nous ne saurions trop le répéter, c’est à la condition de produire des objets solides, bien et loyalement confectionnés, sous des formes correctes, élégantes et sanctionnées par le goût.
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- Nouvelle médaille d’argent.
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- ARGENTERIE ET PLAQUE.
- M. VEYRAT, rue de Malte, n°4o, à Paris.
- Le jury de 1839 s’était exprimé en ces termes :
- « Pour appliquer à l’orfèvrerie tous les procédés de la fabrication du plaqué, il faudrait faire des dépenses premières qui ne peuvent être compensées que par une grande consommation, à laquelle l’orfèvrerie d’argent ne peut atteindre. »
- Cependant MM. Veyrat et fds ont su vaincre cette difficulté : déjà le jury de i844 leur a rendu justice en signalant le progrès qu’ils ont réalisé par l’application faite à l’orfèvrerie des procédés expéditifs de fabrication employés pour le plaqué. Ils ont popularisé ainsi l’usage de l’orfèvrerie massive en diminuant et le prix de la main-d’œuvre et le poids des objets, d’ailleurs soigneusement établis.
- A la dernière exposition, celte heureuse innovation avait valu à la maison de MM. Veyrat une nouvelle médaille d’argent, ajoutée à celle qui lui avait été décernée en i83g. Depuis celte époque, et malgré les périlleuses circonstances que nous avons traversées, M. A. Veyrat 11’a cessé de marcher en avant dans cette voie qu’il avait inaugurée. Il a invoqué le secours des artistes, en s’inspirant sans cesse aux meilleures sources. Aussi, quoiqu’il produise à des prix fort réduits, les modèles qu’il emploie sont-ils variés et élégants et lui assurent-ils une nombreuse clientèle à l’étranger et aux colonies.
- Il a continué en même temps la fabrication tant du bon plaqué, que du plaqué d’exportation.
- Le chiffre d'affaires de M. Veyrat dépasse 600,000 francs dont plus des deux tiers représentent la fabrique d’orfèvrerie courante.
- On se tromperait, si l’on ne croyait rencontrer, dans les envois de M. Veyrat, que le mérite d’une bonne confection d’articles vulgaires. Il a su les rehausser par la forme : plusieurs thés complets, en argent massif, se faisaient remarquer par un bon aspect. Pour donner un exemple de bon marché, nous dirons qu’un pot à eau avec sa cuvette, tout en argent, d’une valeur intrinsèque de 525fr., ne revenait, bien que d’une apparence tout à fait distinguée, qu’à 775 francs. On remarquait une tasse d’argent avec sa soucoupe pour 44 francs, un bougeoir en argent pour 75 francs.
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- Nous devons signaler aussi un service complet en argent, composé de 60 pièces.
- Trois porte-cigares, plusieurs objets d’art se faisaient remarquer aussi dans la case de M. Veyrat, qui exposait à côté de cette argenterie pure, de nombreux produits en plaqué, tels que candélabres, lustres, seaux à champagne, bouilloires, cloches, réchauds et plats ovoles et carrés, etc.
- La maison de M. Veyrat est la seule où l’on puisse harmoniser parfaitement un service de table en orfèvrerie massive et en plaqué, car, seule, elle a réuni ces deux industries.
- La manière remarquable dont M. Veyrat fils s’est attaché à répondre aux indications et aux vœux exprimés lors des précédentes expositions, la création d’une industrie, en quelque sorte nouvelle, qui lui est due et qui paraît appelée à prendre une grande extension, enfin le zèle avec lequel il a puisé, dans les récompenses antérieurement obtenues par sa maison, deux médailles de bronze et deux médailles d’argent, une sorte d’excitation à progresser toujours, ont décidé le jury à lui accorder, la première fois qu’il expose comme seul chef de sa maison, une nouvelle médaille d’argent.
- S 3. PLAQUÉ.
- M. Wolowsivi, rapporteur.
- M. BAL AINE, place de la Bourse, n° i 2 , et rue du Fau-bourg-du-Temple, n° p3, à Paris.
- Nouvelle
- médaille
- d’argent*
- Le jury est heureux de constater que cet honorable fabricant n’a rien négligé pour réaliser les perfectionnements indiqués tout à l’heure, et qu’il a puissammment contribué à maintenir le renom du plaqué français. Il a fidèlement maintenu le titre du dixième, reconnu nécessaire pour la solidité parfaite de ce genre de produits, rehaussé encore par des moulures en argent soudées sur la plaque, de manière à aller au feu sans aucun inconvénient. Les doubles fonds sont au cinquième. De celte manière, l’orfèvrerie plaquée au véritable dixième, avec doubles fonds au cinquième, et tous les ornements en argent, sans soudure à l’étain, prend rang à côté de l’orfèvrerie massive et peut durer un quart de siècle, quoique ne coûtant guère plus que la façon et le contrôle de l’orfèvrerie en argent pur.
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- Médaille
- d’argent.
- Médaille de bronze.
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- Nous devons ajouter que le service exposé par M. Balaine se faisait remarquer par une élégante simplicité et par de gracieux détails; sous tous les rapports il nous a paru irréprochable.
- Ce fabricant demeure donc dans une excellente voie ; il a bien compris toute l’importance de la marque pour ce genre d’industrie. Afin d’obvier à l’inconvénient d’un poinçon illusoire, s’il n’est point accompagné de la responsabilité légale ou morale, il frappe tous ses produits de son nom, et donne ainsi au consommateur une garantie positive.
- Aussi, a-t-il non-seulement maintenu, mais encore amélioré la qualité de ses produits en élevant le titre du plaqué.
- M. Balaine a obtenu une médaille de bronze en 1827, et en i834 une médaille d’argent, qui lui fut rappelée en i83g. Le jury de i844, pour récompenser les progrès toujours croissants accomplis par cet honorable fabricant, lui a décerné une médaille d’argent ; le jury actuel lui en décerne une nouvelle.
- M. FOUGÈRE, rue Jean-Rob.ert, n° 2, à Paris.
- La fabrique de M. Fougère conserve un caractère mixte; elle continue de produire des services en plaqué, principalement destinés pour l’exportation ; mais de plus en plus la création des objets à bon marché , en cuivre et en divers autres métaux, acquiert de l’importance dans les affaires de celte maison. Elle est arrivée, sous le rapport du prix auquel elle est parvenue à livrer les objets qu’elle envoie sur les marchés les plus lointains, à des résultats véritablement surprenants. C’est là une production modeste en apparence, mais qui se rehausse par son utilité et par la masse des besoins qui la sollicitent ; elle mérite donc d’être encouragée. Presque toute la fabrication de M. Fougère, qui s’élève à environ 3oo,ooo francs, alimente le marché étranger.
- Le jury accorde à M. Fougère la médaille d’argent.
- M. LAMBERT, rue Notre Dame-de-Nazareth, n° 29, à Paris.
- Simple ouvrier d’abord , puis chef d’atelier, M. Lambert a successivement étendu son industrie de manière à occuper lui-même, en i846 et 1847 , 60 ouvriers, et à élever à 35o,ooo fr. le chiffre
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- de ses affaires ; les circonstances politiques les ont réduites de moitié.
- Ce fabricant a traité avec soin les deux branches d’industrie entre lesquelles se divise malheureusement la fabrication du plaqué, au grand détriment de la confiance quelle devrait inspirer. Les objets fabriqués pour l’intérieur sont de meilleure qualité et d’un titre beaucoup plus élevé que ceux destinés au dehors ; le plaqué d’exportation constitue le plus souvent un produit auquel il est difficile d’assigner un titre quelconque, et qui n’a pas peu contribué à discréditer nos envois. Le pli est pris, et les plus honnêtes fabricants sont obligés de créer de ces articles qui brillent uniquement par l’apparence.
- M. Lambert est parvenu à réaliser une économie notable sur la fabrication, sans porter aucune atteinte au salaire des ouvriers. Il a établi, pour les pièces à côtes, des poinçons qui activent et facilitent beaucoup l’exécution, en ramenant les prix à un taux qui permet l’écoulement facile d’une marchandise, à formes plus riches.
- Ce fabricant a envoyé plusieurs réchauds, 2 plateaux, divers articles de service de table cl’un aspect très-satisfaisant.
- Le jury accorde à M. Lambert, qui expose pour la première fois, une médaille de bronze.
- M. BPJSSEAU, rue Grenétat, n° 16, à Paris.
- Ce fabricant a envoyé un plateau, un tête-à-tête, des candélabres, des réchauds, des cafetières, etc. Tous ces objets étaient soigneusement exécutés, et portaient un bon cachet de goût et de disposition heureuse, bien qu’appropriés aux besoins les plus usuels.
- Le jury accorde à M. Brisseau une mention honorable.
- § 4. ORFÈVRERIE DE MA1LLECHORT ET DE CUIVRE. — DORURE ET ARGENTURE.
- M. Wolowski, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Le maillechort est, comme on le sait, un alliage imitant l'argent, composé de nickel, de cuivre et de zinc. Introduit en France depuis une trentaine d’années, il est devenu depuis
- Mention
- honorable
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- 20 ans d’un emploi considérable; la facilité avec laquelle il se prête à l’argenture, par les procédés électriques, en a multiplié l’usage depuis que les découvertes de MM. Elkington et Ruolz ont reçu une application industrielle.
- Les proportions des éléments qui le constituent étant mieux étudiées, il a beaucoup gagné en facilité de travail et de fabrication.
- Maintenant, il partage avec le cuivre le privilège de servir à créer une grande quantité de véritables objets d’orfèvrerie, revêtus d’une couche plus ou moins épaisse d’or ou d’argent que le courant électrique y a pour ainsi dire incrusté. Comme la pression confond la plaque d’or ou d’argent avec le métal auquel on les fait adhérer dans le travail du doublé ou du plaqué, l’électricité fixe à la surface, d’une manière solide, une sorte de pellicule dorée ou argentée, dont l’épaisseur peut varier à volonté et dont il n’est pas impossible de contrôler le titre.
- Si les procédés nouveaux de dorure et d’argenture n’étaient point enlacés dans le monopole temporaire du brevet; si, tombés dans le domaine public, ils ouvraient à une concurrence loyale et à l’activité du travail un aliment précieux, il est à croire que les applications deviendraient plus variées et les avantages d’une belle découverte plus généraux. Il serait injuste d’accuser d’une manière directe ou indirecte l’honorable fabricant auquel est dévolue l’exploitation privilégiée des brevets Elkington et Ruolz; les jury précédents l’ont hautement proclamé, et nous n’hésiterons pas à confirmer cette opinion : il est impossible d’apporter à la création d’une nouvelle iiidustrie plus de zèle, de lumières et de talent. M. Chris-tofle a monté son atelier sur le modèle des plus beaux établissements de l’Angleterre, en y introduisant les perfectionnements désirables et en l'élevant aux proportions cl’une véritable exploitation manufacturière. Mais les embarras et les périls du monopole n’en existent pas moins au préjudice de l’ensemble de la fabrication : ce n’est point la faute de l’homme qui préside au développement de cette belle branche
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- d’industrie, c’est la faute du principe qui en domine l’essor. Le privilège exclusif, récompense légitime de l’invention, porte, dans tout un ordre de travaux considérables, la perturbation et quelquefois la ruine.
- En ce qui concerne la dorure, il s’élève non-seulement une question de production, mais encore une question d’humanité, car on n’ignore pas les résultats qu’entraîne pour les ouvriers le travail au mercure.
- Quant à l’argenture, la concurrence, le libre accès et le perfectionnement des procédés nouveaux, peuvent seuls raviver la fabrique et procurer de l’emploi à beaucoup de bras aujourd’hui inoccupés.
- Enfin tout le monde, grâce à une invention essentiellement libérale et démocratique, devient tributaire de l’industrie nouvelle ; tout le monde profiterait donc de la baisse de prix qu’amènerait forcément la cessation du monopole.
- Aussi un grand nombre de fabricants, doreurs, bijoutiers, jouailliers, orfèvres, fabricants de bronze, fabricants de plaqué, horlogers, argenteurs, fabricants de couverts, fabricants de maillechort, membres du conseil des prud’hommes pour l’industrie des métaux, ont-ils appelé la sollicitude du législateur sur une question d’une haute importance pour l’industrie parisienne et pour l’existence de nombreux ouvriers.. Déjà, en janvier i848, ils avaient adressé à la Chambre des députés une pétition tendante au rachat du brevet Ruolz et Elkington par l’Etat, comme cela s’est pratiqué pour une autre découverte, très-curieuse et très-méritoire sans doute, mais d’une importance industrielle secondaire, celle de MM. Da-guerre et Niepce. La dorure et l’argenture sont, au contraire, l’âme de beaucoup de fabrications importantes, frappées de perturbation par suite de procédés qui déplacent les anciennes conditions de la production, et qui peuvent devenir un bienfait ou une menace suivant qu’ils sont librement employés ou assujettis au monopole.
- Cette pétition a été renouvelée devant l’Assemblée nalio-nationale; ses auteurs ont vivement insisté sur celte double
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- considération que les nouveaux procédés de dorure et d’argenture ont une importance capitale, et, en même temps, qu’ils constituent pour de nombreuses industries préexistantes une concurrence impossible à soutenir. Le plaqué, l’orfèvrerie, le maillechort, la fabrication des couverts, se trouvent ainsi sous le coup d’une lutte désastreuse : il est de la nature du privilège de ne prospérer qu’en multipliant autour de lui les catastrophes, comme il est de l’essence de la liberté de répandre des bienfaits à son contact fécond.
- Qu’arrive-t-il ? Les producteurs se trouvent placés entre deux écueils: la ruine, ou ce vol intellectuel qu’on appelle la contrefaçon. Le nombre des saisies et des procès auxquels M. Chris-tofle a été forcé de recourir pour défendre son droit, témoigne assez des embarras inextricables qui enveloppent cette indus trie. La moralité publique et le développement du travail reçoivent une égale atteinte. Le tribunal correctionnel a déjà statué sur plus de 3oo saisies, et beaucoup d’affaires analogues sont pendantes, sans parler d’une longue série de transactions.
- Pour faire sortir leurs industries de cette impasse, les pétitionnaires demandent le rachat du brevet par l’Etat et la réunion des procédés nouveaux au domaine public. Us proposent de payer cet affranchissement par un droit fiscal, qui serait calculé de manière à faire promptement rentrer l’État dans ses avances.
- Le jury n’est point officiellement saisi de cette question; il ne pouvait cependant la passer sous silence, car il ne saurait méconnaître les avantages de la mise dans le domaine public des brevets Ruolz et Elkington. En effet, il a été à même de constater combien pourrait s’étendre l’application des procédés d’argenture et de dorure électro-chimiques.
- Il est aussi un côté de la question sur lequel il n’hésite point à appeler la sollicitude éclairée de l’Administration.
- Tout le monde sait que si l’industrie du plaqué a beaucoup souffert, si elle a décliné en partie, cela tient principalement à l’anarchie de la fabrication, dépourvue de tout contrôle, livrée à une variété de titres arbitraires , sans qu’il y eut aucun
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- moyen sérieux de se rattacher à des données fixes, éprouvées, connues.
- Il serait déplorable que l’argenture électro-cliimique tombât dans un pareil discrédit par suite d’abus analogues. Aujourd’hui le brevet d’un fabricant consciencieux la préserve de ce danger; mais, dès que ce brevet sera expiré, comment éloignera-t-on la confusion des langues, sur quelle base solide ramènera-t-on la confiance publique. en la préservant d’erreurs involontaires.
- Le poinçon de l’Etat, la marque olficielle, fournirait un précieux sceau de garantie, et régulariserait la fabrication en y maintenant une loyauté intacte. Est-il possible de procéder ainsi ? N’y aurait-il pas à craindre que des industriels déloyaux n’abusassent de la marque publique en enlevant, aux objets qui en seraient revêtus, une portion du métal précieux dont l’existence aurait été constatée? Est-il aussi facile de contrôler les produits argentés que les objets en argent? Telles sont les questions qui attendent une solution, et pour lesquelles on peut espérer Vaffirmative, si l’on s’en rapporte aux observations fournies par les hommes les plus compétents.
- Dans celte hypothèse , le rachat des brevets Ituolz et Elkington aurait un double avantage ; non-seulement il affranchirait des liens du privilège de nombreuses et importantes industries, mais encore il leur fournirait un élément de sécurité; le contrôle de l’Etat ne servirait pas uniquement à lui faire récupérer ses sacrifices, mais aussi à rassurer les com sommateurs : le droit fiscal deviendrait un mode de garantie, en conciliant l’intérêt privé avec l’intégrité des ressources générales.
- On n’aurait pas besoin de recourir à l’expropriation, que la loi n’a pas encore régularisée en matière d’invention : le propriétaire actuel du brevet a déclaré qu’il se soumettrait et au rachat et au poinçon de contrôle. Il a pris une honorable initiative pour solliciter cette garantie publique de la loyauté des transactions.
- Le jury n’a' aucune décision à émettre, mais il croit ac-
- m.
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- Nouvelle
- médaille
- d’or.
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- complir un devoir en appelant sur cette question la sérieuse attention du Gouvernement.
- MM. CHRISTOFLE et C1C, me de Bondy, n° 52 , à Paris.
- Ce n’est pas comme argenteur et doreur que nous apprécierons ici M. Christofle; sous ce rapport, le jury de 1844 lui a rendu pleine justice. Nous devons seulement ajouter que, depuis celle époque, de nombreuses améliorations ont été introduites dans sa fabrique, sans contredit une des plus belles du conlinent. Nous dirons aussi que, par suite d’un perfectionnement remarquable, il est parvenu à obtenir une dorure mate d’un admirable effet.
- Mais M. Christelle ne se borne point à l’applicalion habile des procédés pour lesquels il est breveté; il s’est souvenu de la première industrie qui lui a valu, bien jeune encore, la plus haute récompense dont le jury d’exposition puisse disposer; seulement, au lieu de pétrir les métaux précieux, il s’est attaché à imprimer le cachet de son expérience, puisée dans d’anciennes études et dans une heureuse pratique de l’orfèvrerie et de la bijouterie, à des métaux plus vulgaires destinés à recevoir une enveloppe d’or et d’argent- . , , . ' .
- C’est donc en qualité cl’orfévre en cuivre et en alliages divers, que se présente M. Christofle; il a su les rendre dignes de se marier aux métaux nobles, comme on les nommait jadis, à ces métaux que la science précipite sur eux, et sous lesquels ils développent les formes exquises que l’art a su leur donner.
- Rien de plus magnifique et de plus complet que l’exposition de M. Christofle, considérée de ce point de vue; il a étalé un véritable bazar d’objets doré3 et argentés, conçus avec bonheur et parfaitement exécutés. Les deux grandes bouilloires frappaient l’attention par leur dessin correct, leurs ornements pleins de grâce, aussi bien que par leurs vastes proportions. Des surtouts cl’une grande richesse, des services de table complets, exécutés cl’après d’excellents modèles, des lustres, des candélabres, de la vaisselle plate, en un mot tout ce qui formait jusqu’ici l'apanage des métaux précieux, se rencontraient dans celte case sous l’aspect le plus séduisant. Seulement, ce qui n’avait été accessible jusque-là qu’aux fortunes les plus opulentes, est devenu l’apanage de positions plus modestes; par conséquent, la base de celte consommation, jadis exceptionnelle, s’est singulièrement élargie.
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- M. Christoflc a été habilement secondé par des collaborateurs exercés et dévoués : il a principalement signalé àl’atlention du jury MM. François-Jules Lebon, dessinateur, François Gilbert, sculpteur, et Brocelx chef d'atelier. Un fait, digne d’une mention particulière, nous a été révélé. Après la révolution de février, ces intelligents ouvriers ont été les premiers à demander la réduction des avantages qui leur avaient été assurés, voulant attendre des temps meilleurs pour rentrer dans les termes de leurs contrats, et désirant s’associer aux sacrifices commandés par les circonstances.
- En i844, les affaires de M. Christofle n’atteignirent pas un chiffre de 680,000 francs; ce chiffre s’est élevé, en i845, à 930,957 b'ancs‘> en i846, à 1,669,054 francs, et en 1847, a plus de 2 millions. Il n’a été que de 946,744 francs en i848; maintenant sa fabrique reprend tout son essor et regagne le terrain que les événements politiques lui avaient fait perdre.
- M. Christofle a donc rendu de nouveaux services qui le recommandaient à l’attention de ses juges. Le jury lui décerne une nouvelle médaille d’or.
- M. THOURET, place de la Bourse, n° 3i, à Paris.
- Parmi les fabricants qui ont le plus contribué à populariser l’emploi des procédés d’argenture à la pile, on doit citer en première ligne M. Thouret. Horloger habile et orfèvre, il s’est consacré presque exclusivement à la création des couverts et de l’orfèvrerie en maillechort et en cuivre, argentés par M. Christofle; et il l’a fait avec un succès que justifie la multiplicité des jolis modèles qu’il emploie. Le service de table complet envoyé par lui était d’une forme élégante, il formait un ensemble tout à fait satisfaisant. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que, comme chez M. Christofle, on rencontre chez M. Thouret le fidèle respect de la marque.
- C’est ainsi que l’on arrive utilement à la création d’une nouvelle industrie.
- Le jury rappelle, pour les objets d’orfèvrerie, la médaille, de bronze que M. Thouret a obtenue en i844-
- MM. GOMBAULT et Cie, rue Moreau, n° 9, faubourg Saint-Antoine', à Paris.
- M. Gombault marche en tète des fabricants d’orfèvrerie en maille-
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- Rappel de médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- choit de la capitale. Ses produits sont très-beaux comme modèles d’unevente courante etcomme blancheur. Le maillechort a moins de ductilité, il offre plus de résistance que l’argent; cependant, M. Gom-bault est parvenu à reproduire avec succès les formes à grosses côtes, et presque tous les modèles d’orfèvrerie massive, employés par les meilleurs fabricants de grosserie. 11 possède un bel assortiment de matrices riches pour tous les articles des cuilleristes. Son atelier est considérable et bien monté. D’ailleurs M. Gombault ne néglige rien povr faire progresser son industrie; il s’est livré à des essais utiles pour arriver à reconnaître la qualité du nickel employé, car l’imperfection apportée à l’extraction de ce métal, cause des tâtonnements et des pertes qui nuisent à la fabrique du maillechort.
- M. Gombault est un des rares fabricants qui ont gardé tous leurs ouvriers après la révolution de février; pour les occuper, il a joint à son industrie le laminage du cuivre.
- Son exposition comprenait un grand nombre d’articles de service de table, ainsi que de ceux à l’usage spécial des cafés, des limonadiers et des restaurateurs. On y remarquait un fort beau seau à glace.
- A côté de ces produits, travaillés avec soin, on remarquait le maillechort en feuilles et laminé à toute épaisseur, pour l’emploi dans les arts, ainsi que de bons fils du même alliage.
- Le jury récompense les efforts intelligents de M. Gombault, qui se présente pour la première fois à l’exposition, en lui accordant une médaille de bronze.
- M. MONTAGNAG, rue de Paradis-Poissonnière, n° 26, à Paris.
- M. Montagnac expose à la fois comme orfèvre, comme fabricant de toiles métalliques et comme inventeur d’un nouveau procédé -d’argenture pour lequel il est breveté depuis novembre 1847.
- C’est sous ce dernier rapport surtout qu’il a sollicité l’examen du jury. Son procédé calorique, ainsi qu’il le nomme, consiste à faire pénétrer l’argent dans les pores du métal auquel il doit adhérer, et à le fixer en lame solide à la surface, au moyen de l’action combinée clu feu et d'une brosse d’acier. Les pièces, bien décapées, . sont immergées d’abord dans une légère dissolution d’argent (3o grammes par litre) ; elles y reçoivent une sorte d’émail. Lavées et bien séchées, on les fait chauffer an charbon et l’on y pose deux
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- feuilles d'argent que la brosse d’acier imprime dans le métal. Em suite on superpose autant de feuilles d’argent que l’on veut; on chauffe, et on les fait adhérer au moyen de la brosse d’acier. On peut, à volonté, multiplier les couches aux endroits qui sont le plus exposés au contact et le plus susceptibles de frottement, endroits qui se dépouillent les premiers lorsqu’une quantité égale d’argent se trouve répartie sur toute la surface.
- Comme couleur et comme ton, cette argenture ne laisse rien à désirer. M. Moutagnac déclare qu’il emploie, par douzaine de cou? verts, 60 à 70 grammes d’argent; il vend le couvert tout bruni 5 fr. 5o cent. L’adhérence de l’argent est complète.
- Le prix d’argenture d’une douzaine de couverts, par M. Monta-gnac, est de 3o francs , brunissage compris, avec 60 à 70 grammes d’argent.
- Les pièces que M. Montagnac a exposées, et notamment 2 grands chandeliers d’église, 3o flambeaux de différents modèles, des couverts et accessoires de table, sont d’un bon aspect;, nous citerons notamment un plateau de grande dimension, où l’argenture est relevée par le vermeil.
- M. Montagnac a déjà obtenu une mention honorable en 1839
- pour ses toiles métalliques; le jury lui accorde, pour l’ensemble de
- sa fabrication, une médaille de bronze.
- &
- M. ROUSSE VILLE, rue Saint-Martin, n° 155, à Paris.
- Outre la poterie d’étain et les couverts en alliage que M. Rous-seville continue à fabriquer avec succès, en renouvelant ses formes et en les améliorant sans cesse, il-s’est livré à la création des services à thé, de manière à faire une utile concurrence aux pi’oduits anglais. Il a monté, avec des frais considérables, son atelier quelque temps avant la révolution de février. M. Rousseville est bien outillé; les produits qu’il a exposés sont d’une forme tout à fait convenable.
- La mention honorable qu’il a reçue en 1839 lui a été rappelée en i844. Celle fois, le jury accorde à M. Rousseville une médaille de bronze.
- M. SANDERS, rue Soly, n° i3, à Paris.
- Nous sommes bien loin encoi’C de consommer le thé comme on le fait en Angleterre; mais l’usage de celte boisson saine et agréable
- Mentions
- honorables.
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- ss propage cle plus en plus, et comme la première condition, pour avoir de bon thé, c’est d’avoir de l’eau bien chaude, qui n’ait pas trop longtemps bouilli et qui soit exempte de tout mauvais goût, les fontaines à thé ont formé une spécialité importante.
- On connaît les grands samovars russes, à longs tuyaux, qui accélèrent le développement de la chaleur; on sait combien l’Angleterre produit de fontaines à thé de formes diverses. M. Sanclers s’est proposé d’établir, dans tous les systèmes, et en les perfectionnant encore, ces utiles instruments qui se multiplient chaque jour dans i’usage domestique, et qu’il livre en cuivre, en bronze, argentés, etc., tous parfaitement établis.
- M. Sanders est un ouvrier devenu chef d’industrie à force de travail persévérant. 11 se livre à sa fabrication avec zèle et intelligence,’aussi les formes qu’il emploie sont-elles pleines de-richesse et d’élégance, en même temps que des combinaisons fort ingénieuses de chauffage rendent ses fontaines d’un usage excellent. Il en a disposé de telles sortes qu’elles peuvent à volonté être chauffées à l’esprit-de-vin, au charbon, ou au fer rouge, à la manière anglaise.
- Rien n’a été négligé par M. Sanders pour arriver au snccès qu’il a si complètement mérité; aussi le jury, appelé pour la première fois à récompenser ses produits, lui accorde une mention honorable.
- DEUXIÈME SECTION.
- . § 1". BRONZES, ORNEMENTS, MOULÉS, DORÉS, ETC.
- M. Léon Feuchère, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Tons les jurys qui se sont succédé aux diverses expositions de l’industrie nationale, ont constaté, par des considérations plus ou moins générales et plus ou moins développées, le haut intérêt qu’a constamment offert l’industrie des bronzes.
- Cet intérêt ressort vivement, soit au point de vue de l’art
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- et de ses progrès successifs, soit à celui de son importance commerciale, établie par des statistiques aussi remarquables qu’exactes.
- Bien que les titres les plus sérieux à l’attention et à l’admiration publique, paraissent depuis longtemps suffisamment acquis à cette belle et utile industrie, cependant, risque à tomber dans des redites qui ne sauraient être superflues, nous ne dérogerons pas aux usages consacrés.
- Plus que jamais, nous devons signaler dans cette grande solennité du pays, le tableau intéressant que présente cette branche de l’industrie parisienne qui, tous les cinq ans, et surtout cette année, en est un des plus beaux fleurons.
- L’industrie dont nous nous occupons, et qui comptait déjà pour une somme importante dans le commerce si varié de Paris, a pris depuis quelques années un accroissement considérable. Elle est même devenue une des plus productives. Cette seule branche fait vivre plus de 12,000 familles, et, sans compter la vente intérieure, elle exporte annuellement plus de 20,000,000 de ses produits.
- Depuis quelque temps, cette industrie, comme bien d’autres, se voit menacée d’une concurrence étrangère sérieuse. Les grands Etats qui nous entourent, par des mesures prohibitives à l’égard de nos fabricants, et par des primes ou subventions aux nationaux, favorisent le plus possible tout ce qui peut tendre à l’importation chez eux de cette belle industrie, jusqu’ici, non-seulement toute nationale, mais toute parisienne.
- On doit certainement se préoccuper de ces grandes questions, pour ne pas voir un jour Paris déshérité de ses bronzes, comme nous avons vu Venise l’être de ses verreries, Tolède de ses fabriques d’armes, et les Flandres de leurs manufactures de tapisseries.
- Outre ces considérations générales, nous en présenterons quelques-unes toutes particulières aux exposants de mérite qui sont venus prendre place dans les salles de l’exposition de 18/19. Un fait bien remarquable, et qui a frappé cette année le jury, c’est leur nombre imposant. Ce fait s’est rarement pré-
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- senlé, si ce n’est aux époques où entraient en lice, seulement, les quelques maisons rivales qui avient nom : Thomire, le fondateur de cette maison, Feuchère, son digne émule, Dénière, Delafontaine, Galle, et Ledure-Ravrio. En dehors de ces établissements de premier ordre, ceux secondaires, trop modestes sans doute, avaient cru longtemps devoir renoncer à l’honneur de l’exposition, et se tenir silencieusement à l’écart.
- En i844 même, deux maisons seulement en première ligne parurent, l’une à laquelle la présence d’un de ses membres dans le jury central interdisait tout éloge, et l’autre qui fut récompensée d’une nouvelle médaille d’argent; l’exposition des bronzes se complétait d’industriels de deuxième ordre, remarquables cependant par des tendances sensibles vers le progrès.
- Cette année, la première catégorie se présente nombreuse: en tête, les deux maisons, Dénière et Victor Paillard, signalées plus haut, arrivent avec des conditions qui ont fixé, en première ligne, l’attention du jury. Leurs constants efforts, suivis de succès mérités, ont fait surgir, soit de nouveaux établissements qui offrent des qualités éminentes, soit d’anciens, ou qui reparaissent, ou qui viennent concourir pour la pre--, mière fois. Ce sont MM. Vittoz, Delafontaine fils, Charpentier et Matifat, pléiade brillante dont nous aurons à considérer le mérite.
- Par tout ceci, il est prouvé, à la grande satisfaction du jury, que l’exposition des bronzes soumis à son examen est dans une voie toute nouvelle de progrès, par les concurrents nombreux qui réunissent, presque au même degré, toutes les qualités indispensables aux grandes industries de luxe; qualités qui sont la recherche des morceaux d’art dans les choses usuelles, et l’observance intelligente de ses règles dans son application, si difficile, à tout ce qui comporte en princip*e un caractère d’utilité.
- Le bronze a donc cette année repris plus complètement dans l’art son droit, qui, en 1844, à quelque exception près, avait paru sommeiller.
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- Ce progrès si flagrant doit une grande partie de son développement à l’appel, si bien compris, fait aux artistes d’un ordre élevé. Sans déserter les galeries du Louvre, qui semblaient devoir être exclusivement réservées à leurs œuvres, nos sculpteurs ont senti qu’ils devaient doter l’industrie nationale de ces productions qui ajoutent grandement à son éclat, et qui lui donnent le premier rang dans le monde entier.
- Cet appel, nous le devons du reste à cette haute intelligence et à ce sentiment si vrai qui distinguent, entre tous, les industriels dont nous sommes appelés à juger les travaux.
- Constatons aussi hautement, à l’honneur des fabricants bronziers, l’exécution si remarquable de ces œuvres mêmes, qui leur sont confiées par nos artistes. De leurs mains elles sortent intactes et pures de leur origine. Cette religion, si inappréciable dans l’art, atteste cette foi si vive qui les possède et les dirige.
- En i844, une légère critique est venue frapper une tendance, un entraînement même vers les réminiscences fâcheuses des époques fatales au bon goût; soit que le public y ait renoncé, soit plutôt, et nous sommes heureux de le penser, que l’observation du jury, écoutée de nos fabricants, ait porté ses fruits, on remarque avec satisfaction que l’art plus pur domine, à l’exclusion presque complète de ces tristes imitations.
- Ces excentricités du siècle de Louis XV, dues à des imaginations déréglées, étaient le reflet tout naturel des mœurs du temps; elles apportaient leur contingent dans ce tout, où le bon sens et la morale avaient fait place aux instincts dépravés de la vie purement matérielle.
- Au milieu de toutes les vicissitudes commerciales, si fatales depuis quelque temps aux établissements de luxe surtout, une choie que nous signalerons parce qu’elle nousa frappé, c’estque, comme autrefois, subsistent encore des ateliers où les ouvriers, en grand nombre, trouvant dans le travail un vif attrait, s’identifient en quelque sorte à la position des patrons et semblent, avec ces derniers, faire partie d’une seule et même famille.
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- Des ouvriers qui, pourtant par leur mérite, se sont rendus complètement indépendants, non-seulement sont restés fidèles et dévoués, mais encore considèrent les intérêts du patron comme étant les leurs. Il est très-commun d’entendre dire aux ouvriers nous avons fait, nous avons vendu, nous avons exposé. En effet, les récompenses accordées au chef deviennent celles de l’atelier qui a concouru par son travail, par son mérite enfin, à ces belles productions qui les lui ont méritées. N’est-ce point aussi en partie aux bons sentiments des chefs que l’on doit ces résultats si heureux, si consolants. C’est que beaucoup ont compris, de bonne heure, qu’il fallait s’occuper de faire disparaître le côté aride du travail, en faisant aussi grande que possible la part de l’intelligence, de celle qui fait naître ce juste orgueil auquel l’homme doit souvent ses plus belles actions comme ses plus belles œuvres.
- En résumé, accroissement dans le chiffre commercial et dans le nombre des exposants, collaboration très-active de la part de nos grands artistes -, plus de pureté et d’observance dans l’art; zèle et dévouement des ouvriers pour cette belle industrie ; voici les faits accomplis que nous avons eu à apprécier et que nous signalons avec orgueil au pays.
- Selon l’usage, nous avons divisé les bronzes en deux catégories.
- i° Fonderie, bronzes d’art.
- 2° Bronzes d’art et d’ameublement.
- 1. FONDERIE, BRONZES D’ART.
- demfSÙk MM. ECK et DURAND, rue des Trois-Bornes, n” i5, d’or- à Paris,
- Ont exposé cette année une grande figure de Casimir Delavigne, d’après David; une statuette du pape Pie IX, par Barre. '
- Deux buires, d’après Triquetti, d’une exécution complète.
- . Un Milon de Crotone, fondu sur l’esquisse originale du Puget. Des statuettes et médaillons, d’une pureté remarquable. Depuis 1844, ils ont fondu et réparé :
- La statue colossale de Jean-Bart pour Dunkerque;
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- Celle du maréchal Drouet d’Erlon pour Reims;
- Celle du roi René, par David, pour Angers.
- Celles de Monge, de Descaries, sont sorties de leurs ateliers avec cette perfection qui caractérise leurs œuvres.
- Le soin, la reproduction de fidélité que MM. Eck et Durand apportent dans tous les travaux qui leur sont confiés, nous les retrouvons cette fois, comme toujours, clans tous les beaux produits que nous avons admirés à leur exposition.
- Dn reste, les éloges nombreux que les artistes ont adressés à MM. Eck et Durand, sur la belle réussite de leurs œuvres, les ont placés depuis longtemps au premier rang dans ce grand art de la fonte.
- Outre les progrès incessants dans leur art, MM. Eck et Durand se sont toujours préoccupés, non-seulement des possibilités d’arriver à des prix modérés, mais encore à conserver intact à l’ouvrier le salaire qu’il a le di’oit d’attendre et de son travail et de son intelligence.
- Ces Messieurs n’ont pas cessé d’occuper leurs nombreux ouvriers pendant la stagnation des travaux en divisant habilement entre eux ceux qu’ils pouvaient avoir à exécuter.
- Talent, courage, probité sont les éléments des succès qu’ont toujours obtenus ces habiles industriels, le jury, pour le proclamer hautement, décerne à MM. Eck et Durand le rappel de la médaille d’or dont ils se montrent de plus en plus dignes.
- MM. QUESNEL fils et Cio, rue des Amandiers-Popin-court, n° 2 a , à Paris.
- Qui succède à son père, expose cette année pour la première fois. Nous passerons sous silence divers objets exposés en i844, et qui valurent à son père une nouvelle médaille d’argent.
- Dans les objets exclusivement de sa fabrication, nous constate rons un groupe d’enfants représentant les quatre Saisons, plusieurs statuettes et groupes de figures, tous fort bien venus, sans que la reparure eût altéré en rien les lignes d’ensemble et les détails.
- Depuis cinq ans, époque à laquelle M. Quesnel fils prit la maison de son père, il a fondu plusieurs grandes statues, parmi lesquelles nous citerons celle d’Althen, importateur de la garance en France, et que nous avons vue placée sur le rocher des Doins, à Avignon.
- On nous a signalé un Cambronne de M. Dcbay, un Royer-Collard
- Médaille de bronze.
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- Mention
- honorable.
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- de M. Maroclielti, et un Malherbe de M. Danlan aîné, destiné à la ville de Caen.
- M. Quesnel fils, tout en suivant avec scrupule les bonnes traditions laissées par son père, relatives à la question d’art, a cherché et est parvenu à trouver les moyens d’opérer aussi bien, et à obtenir une économie très-sensible dans les opérations de la fonte, et une baisse importante dans les prix de vente.
- Pour toutes ces considérations, le jury décerne àM. Quesnel fils une médaille de bronze.
- M. Pierre-Marie-François CHARNOD, rue du Faubourg Saint-Honoré, n° 2 1 7, à Paris,
- Expose le modèle de la fontaine dont les surmoulés sont placés dans le faubourg Saint-Martin, il a aussi été chargé du modèle et des surmoulés de l’urinoir qui alterne avec les fontaines.
- Habile ouvrier, sorti des ateliers de MM. Eck et Durand, il s’est parfaitement tiré de ce travail qui, par ses refouillements, offrait des difficultés, et a pleinement justifié la confiance qu’avaient eu en lui les propriétaires du faubourg Saint-Martin auxquels on doit cet embellissement.
- M. Charnod, d’habile ouvrier, est devenu un habile maître fondeur. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. André-Théophile CARLE, à Saint-Maur-les-Fossés, (Seine),
- Se présente à l’exposition avec diverses petites pièces fondues d’un seul morceau par un procédé particulier; il lui serait facile de l’appliquer à des objets d’art d’une difficulté de moulage aussi grande que celle des pièces qu’il a exposées, et qui nous semblent arrivées à un grand degré de perfection.
- N’ayant encore pu opérer que par essais, les prix de M. Carie, nous paraissent trop élevés. Mais il espère arriver bientôt à des prix analogues à ceux que les autres fondeurs demandent pour des objets d’une fonte difficile.
- M. Carie mérite d’être récompensé, et le jury, lui accorde une mention honorable.
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- 2. BRONZE D’ART ET D’AMEUBLEMENT. M. Léon Feuchère, rapporteur.
- M. Jean-François DÉNIÈRE fils, rue d’Orléans, n° 9, au Marais, à Paris,
- Expose, il est vrai, pour la première fois en son nom seul; mais le jury, clans ses annales de 1839, lui décerna un tribut d’éloges bien mérités, éloges qui furent provoqués par la collaboration empreinte d’un grand sentiment d’art qu’il apportait depuis deux ans a la maison paternelle.
- En i844. associé à son père que le jury comptait dans son sein, M. Dénière fils dut à un pareil honneur de partager la mise hors de concours inhérente aux exposants membres du jury central; et par conséquent s’inclina devant le silence que les juges durent garder à son égard.
- Fidèles aux usages reçus dictés par une haute convenance, nous devons, sous peine de les rendre illusoires, garder celle année le même silence vis-à-vis des objets exposés en i844 qui se retrouvent en i84q à l’exposition de M. Dénière fils.
- Elève d’Aimé Chenavard, cet ornemaniste si fécond, et de l’architecte Labrouste, M. Dénière fils quitta l’atelier de ce maître célèbre il y a 12 ans. Depuis cette époque déjà, dans la part active qu’il prit à la direction delà fabrique, on sentit l’influence de l’élève ué sorti de l’école sérieuse et brillante d’un artiste aussi admiré de ses rivaux qu’aimé et vénéré de ses disciples.
- Ces éludes consciencieuses se retrouvent à chaque instant dans les diverses productions que M. Dénière soumet au jury. Dans quelque style que ce soit, le bon choix indique l’homme bien élevé dans l’art.
- Une considération importante qui trouve ici son application, et que le jury, sans risquer d’être injuste, ne doit pas perdre de vue, c’est que souvent un programme imposé à un fabricant devient un écueil dangereux même pour les plus habiles. Quel mérite n’acquiert-il pas aussi quand de ces difficultés naît un ensemble heureux. C’est ici le cas de signaler le pompeux dressoir exécuté pour lord Breadalbane, qui devient une œuvre d’art,
- Les exigences étaient des portes en bronze, des colonnes et une
- Médailles
- d'or.
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- grande plaque en lapis, des mosaïques ; la valeur des armoiries scrupuleusemenls indiquée, tous objets existants; enlin des proportions fixes imposées par l’emplacement auquel ce dressoir était destiné.
- L’ensemble de celte pièce remarquable et rare brille par une combinaison heureuse dans les masses et par le mâle effet des détails. Le programme, suivi dans toutes les exigences rigoureuses, n’a rien ôté à celles si impératives que l’art impose. Une complète réussite dédommage l’industriel et l’artiste des efforts qui ont du être nombreux.
- Voici maintenant la nomenclature des objets, tous traités avec ce sentiment et ce tact que possède à un haut degré M. Dénière üls.
- Des candélabres de chasse ; une magnifique pendule avec candélabres, soldats et panoplies, dans la manière de Salvator Rosa. La sculpture en est due à Carrier.
- Une Cérès, membres en ivoire, essai de polychromie antique, bien réussi; des candélabres Jour et Nuit, style Louis XIV. Sculpteur Devaux.
- Une belle coupe renaissance, à têtes, or et argent.
- Un très-grand candélabre renaissance, à griffons ailés, dans la manière de Diélerlin.
- Un beau groupe, combat d’amazones.
- Une statue équestre de Pierre le Grand, d’après Gayrard.
- Plusieurs lustres fort riches, brillants d’arrangement et d’exécution, et de styles variés.
- Un Chabot, d’après Jean Cousin, or et vieil argent.
- Une pendule, d’après Sarrazin. Enfin une multitude de pièces remarquables d’après Chenavard, Klagmarm et autres, parmi lesquelles nous citerons plusieurs porcelaines ornées avec goût et enrichies de détails d’une grande variété et d’une grande finesse.
- Digne fils d’un père qui s’est élevé si haut dans la fabrication du bronze, M. Dénière n’a pas voulu rester au-dessous; aussi le jury, voulant le constater, décerne à M. Dénière fils, cette fois seul père avoué de ses œuvres, la médaille d’or.
- M. Alexandre - Victor PAILLARD, rue Saint-Claude , n° 2 bis, à Paris.
- t
- Elève de Chenavard pour l’art, et de Marlinot, ciseleur habile pour la fabrication du bronze, M. Victor Paillard a commencé sa
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- carrière industrielle par un établissement de petits bronzes connus sous le nom de presse ou serre-papiers. Le mérite déjà appi’éciable qui ressortait de ces productions modestes, lui valut l’entrée comme premier chef d’atelier dans la grande fabrique de M. Dénière père.
- Après 7 années d’une direction aussi habile qu’intelligente, jointe à une assiduité rare et à une probité incontestable, M. Victor Paillard fonda seul une maison qu’il porta en peu de temps au plus liant degré de là fabrication bronzière.
- Pour la pi'emière fois, il parut à l’exposition de i83g, et tout d’abord conquit une médaille d’argent; en i844 une nouvelle médaille d’argent vient récompenser de nouveaux efforts et de nouveaux succès.
- M. Victor Paillard arrive donc pour la troisième fois dans les galeries de l’exposition de l’industrie.
- Il expose : un grand candélabre à enfants, d’après Moristo. On retrouve dans ce morceau capital toute l’énergie et la vigueur de l’ornementation de celle époque, et, de plus, toutes les conditions d’un ajustement sévère.
- Un groupe, Daphnis et Chloé, d’après Jean Feuchère, conserve dans son exécution toute la grâce et la suavité qui distinguent ce sculpteur de mérite.
- Une statue (demi-nature) d’après Jules Klagmann, est un bronze qui fait honneur au statuaire et à celui qui l’a reproduite.
- Des groupes et vases d’une grande linesse de détails d’après Ha-rue et Clodion.
- L’ange au clavecin, d’après Sauvageot, est l’heureux prétexte d’une charmante pendule. -
- De petites coupes, sur lesquelles se placent des panthères pour former les anses, dues à Jules Fossey et Constant; des candélabres style Pompéi; des vases de formes variées; d’autres coupes, autour desquelles viennent se grouper les noms de Liénavcl, d Y on, de Com-lette, qui les ont exécutés cl’api’ès les compositions et dessins de M.. Victor Paillard; enfin des montures délicieuses de vases et de porcelaine, de petites cassolettes très-fines de ciselure complètent à peu près celte exposition, avec une grande pendule rocaille, candélabres etlusti-es entièrement composés et modelés par M. Victor Paillard.
- N’oublions pas cependant quelques charmants bas-reliefs en zinc
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- aussi composés et exécutés par lui, qui nous ont été signalés à l’exposition de la société de la Vieille-Montagne.
- Maintenant, parmi les objets qui n’ont pu être exposés, et qu’un nombreux public a pu remarquer au Jardin d’hiver, celte merveille créée par M. Charpentier, architecte, nous citerons : les charmantes fontaines et vasques soutenues par des enfants modelés par Klag-raann, cet artiste si fécond.
- Tous ces objets si longs à citer viennent confirmer le mérite toujours progressif delà fabrication de M. Victor Paillard. En 1849, il revient encore avec toutes les qualités qui déterminent de suite les hommes hors ligne, le goût pur, l’élégance ou la fermeté, suivant que l’exigent les sujets qu’ils traitent.
- M. Victor Paillard est créateur, dessinateur, modeleur, ciseleur, enfin chef éclairé et pratique d’un excellent et nombreux atelier. Comme tous les hommes de mérite, il ne craint pas de faire appel au talent de nos premiers artistes.
- Le jury central, ayant reconnu dans les productions si variées et si éminentes de M. Victor Paillard, le résultat des qualités inhé-rentes aux industriels de premier ordre, lui décerne la médaille d’or.
- M. Victor Paillard signale à l’attention du jury :
- MM. Cliatain, ouvrier ciseleur figurisle,
- Pierre Corn aire,
- Noël Guignard,
- Jules Gouvignon,
- Ferdinand Dutertre,
- Ledoux,
- Les frères Bouhon, et Frédéric Paillard, tous rivalisant de zèle et de dévouement.
- Nouvelle
- médaille
- d'argent.
- M. VILLEMSENS, rue Sainte-Avoye, n° 57, à Paris,
- Avant de se livrer à la fabrication du bronze, était orfèvre distingué; depuis 39 ans, il a exposé 5 fois, et 5 fois il a obtenu des récompenses et les éloges bien mérités des divers jurys qui, successivement, ont eu la mission d’apprécier ses travaux.
- Le jury a examiné avec intérêt un maître-autel exécuté d’après les dessins de M. Gau de Saint-Germain, architecte: outre l’en-
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- semble, l’ajustage en est*remarquable par sa simplicité et ses résultats. Cet autel, non terminé, offrait à cet égard de nombreuses et grandes difficultés.
- Le même mérite se remarque dans un bénitier d’après Justin, dans des chandeliers et des tabernacles, d’après les dessins de divers architectes.
- Un lustre, dans le style delà renaissance, se recommande par une forme agréable et un travail précieux.
- Le jury, voulant récompenser M. Villemsens pour ses succès lui voie une nouvelle médaille d’argent.
- M. Gaspard-Joseph VÏTTOZ, rue des Filles-du-Calvaire, n° 10, à Paris.
- Fabricant distingué depuis 3o ans, expose pour la première fois Simple ouvrier en i8i3, deux ans après, il créait un petit établissement, et, par de l’intelligence et une volonté soutenue, il s’est élevé en peu d’années au premier rang de la fabrication du bronze.
- M. Vitloz n’a pas craint d’appeler à lui les artistes les plus célèbres et les ouvriers les plus habiles; de ces derniers, plus que tout autre, il était apte à faire un choix heureux.
- Nous donnerons la nomenclature en partie des morceaux d’art qui distinguent l’exposition de ce laborieux industriel :
- Un grand candélabre à ligures, d’après Clodion, orné de fleurs et de feuillages d’une riche exécution.
- Les trois parties du jour, pendule par Pascal.
- Plusieurs pendules : la Poésie épique, les Quatre Saisons, un Raphaël et un Michel-Ange, sont dus au talent de Jean Feuclière, ainsi que plusieurs statues : le Benvenuto Cellini, la Navigation, l’Industrie, la Peinture, l’Age cl’or et un groupe très-gracieux; la première leçon de mandoline, divers autres objets d’art remarquables sont de Gayrard, de Clodion; enfin une pendule, style renaissance, bronze doré et vieil argent, par Klagmann, ainsi que les candélabres qui l’accompagnent.
- D’après la recommandation de M. Vitloz, nous devons ici signaler le fils qui a pris largement part à la .réussite et au succès de ses opérations. Le jury le félicite, bien sincèrement convaincu que cet encouragement, M. Vitloz fils le regardera comme un engagement
- III. 23
- v..
- Médailles
- d’argent.
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- d'honneur à suivre dignement l'exemple et les traces de son père dans l’avenir qui l’attend,
- M. Vittoz signale encore, parmi ses ouvriers, M. Jules Berlin, devenu son chef d’atelier, M. Montagnier père, un de ses plus habiles ciseleurs, et, parmi les monteurs, M. Boningre et MM. Lefcvre père et fils.
- Le jury décerne à M. Vittoz la médaille d’argent, que, sans son abstention aux concours précédents de l’industrie nationale, il eût obtenue sans doute depuis longtemps.
- M. Auguste-Maximilien DELAFONTAINE, rue de l’Abbaye , n° 1 o, à Paris.
- L’ancienne réputation du fondateur de cette maison pouvait devenir, pour le successeur, un fardeau trop lourd à supporter; le jury a pu remarquer avec bonheur que le fils ne faisait qu’ajouter à la gloire du père. Fidèle aux bonnes traditions, M. Delafontaine, a concentré toutes ses préoccupations dans l’étude de l’art pur et antique.
- Exposant pour la première fois, il se présente dignement pour compter parmi les premiers. Ses productions sont remarquables par le goût qui y préside et l’heureux choix des modèles; les noms de ceux qui les ont composés, et signalés au jury par M. Delafontaine, expliquent d’eux-mêmes les heureux résultats présentés à son appréciation.
- Ainsi de M. Duret, l’Improvisateur napolitain , la Comédie et la Tragédie. -
- De M. Klagmann, le gracieux petit Pâtre au lapin et une pendule, le Printemps et l’Automne.
- De M. Geoffroy de Chaumes, un fort joli coffre à bijoux (style san), des coupes, vases, etc.
- Une suite d’animaux, par M. Jacquemart.
- De M. Robert, deux figures cariatides portant lumières (style antique), d’une tournure aussi simple que gracieuse. L’ornementation , ainsi que celle de divers autres objets, est due au goût de M. Delafontaine, et sculptée par son frère et son associé, M. Henri Cailleux.
- Une série nombreuse d’objets moulés sur l’antique, ou inspirés
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- de l’antique, tous arrangés ou composés par M. Delafontaine, termine la nomenclature de cette exposition remarquable.
- Le jury décerne à M. Delafontaine la médaille d’argent.
- M. Nicolas-Germain CHARPENTIER, me d’Orléans, n° 6, au Marais, à Paris.
- Encore ouvrier ciseleur en i83o, il n’a commencé qu’à celle époque à fonder l’établissement qu’il dirige. Peu à peu, il est parvenu au rang distingué qu’il occupe maintenant dans la grande industrie du bronze par les tendances artistiques qui l’ont poussé souvent à faire d’un bronze d’ameublement un bronze d’art.
- Son exposition se compose d’un morceau d’un ordre élevé. Ainsi nous avons remarqué une pendule des Quatre Saisons; les figures groupées autour du globe terrestre sont heureusement disposées.
- Une pendule, la Paix protégeant les arts et l’industrie, et les candélabres qui l’accompagnent, est un modèle fort beau.
- Ce qui nous a le plus frappé, par son originalité et son bon arrangement, c’est toute une garniture : une pendule, un lustre, des candélabres, etc., composés d’hommes d’armes et d’armures et de trophées, offrent des groupes très-heureux et méritent les éloges de tous les artistes.
- Une grande pendule Louis XVI, exécutée avec soin, ainsi que les candélabres qui en font partie, un grand lustre qui, parla disposition de ses branches offre une heureuse variété de contours, enfin des pièces de service de table et nombre d’objets très-bien exécutés, font, de l’exposition de M. Charpentier, une des plus remarquables.
- Le jury décerne à M. Charpentier une médaille d’argent.
- M. Charles-Stanislas MATIFAT, rue de la Perle, n° 9, à Paris.
- Celte maison existe depuis 2 5 ans. M. Matifat, qui succède à son père, expose pour la première fois et avec le succès qu’obtient toujours le talent soutenu par un travail assidu. •
- Tous les objets de son exposition sont créés depuis cinq ans, traités également avec soin et composés, la plupart, avec beaucoup de goût; ils font honneur à l’imagination féconde et au zèle toujours constant de cet habile artiste.
- Nous avons remarqué une grande armoire dans le style Louis XIV,
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- Rappel le médaille de bronze.
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- d’une belle forme el dont les bronzes sont d’une grande énergie de composition et d’exécution.
- Une pendule mauresque, une autre à feuillages et oiseaux, très-originale d’invention el d’une facture élégante, des flambeaux, coupes, écritoires d’un style varié et d’un travail très-soigné, méritent les éloges du jury, ainsi qu’une série très-nombreuse de petits bronzes, tels que sonnettes , petites coupes, couteaux de chasse, etc.
- Le grand el le petit bronze sont également traités par M. Matifat qui, dès son début se place.au première ligne.
- M. Matifat nous signale, comme l’ayant puissamment aidé dans ses travaux,
- M. Lucien Planlin, ciseleur Labile, travaillant depuis 3o ans chez son père et chez lui ;
- M. Leteur, monteur,
- Et M. Charles Yon, sculpteur décorateur.
- Le jury, pour le récompenser, lui décerne la médaille d’argent.
- MM. LEROLLE frères, chaussée des Minimes, n° 2, à Paris,
- Exposent pour la première fois pour leur compte et en leur nom. Leur père obtint une médaille chargent en i834-
- L’exposition de ces fabricants est très-importante et très-complète : la majeure partie des objets exposés par eux est le résultat des compositions de M. Lerolle jeune, qui en a fait aussi la sculpture.
- Les groupes d’enfants de leurs grands candélabres destinés à orner la villa du comte Torlonia, à Rome, sont d’après Canova, et d'une bonne réussite d’exécution.
- Plusieurs autres figures décorant des pendules et candélabres sont exécutés avec soin d’après Clodion.
- A part quelques négligences de style .que le mérite de M. Lerolle fera facilement disparaître, l’ensemble considérable de leurs produits ne mérite que des éloges : le jury leur décerne la médaille chargent.
- MM. SUSSE frères, rue Ménilmontant, n°-i2 , à Paris ,
- Exposent, cette année, plusieurs bronzes remarquables, d’après Pradier, Duret, Jean Feuchère, Mouche lté, Coinberwos lli et autres
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- artistes de mérite. L’exécution intelligente de ces divers morceaux d’art remplit toutes les conditions de bonne fabrication qu’impose rigoureusement l’art lui-même.
- Le jury a aussi remarqué des candélabres, vases et lustres, plus un grand groupe d’enfants; des réductions d’antiques, par le procédé Sauvage, terminent cette nomenclature intéressante.
- Le jury rappelle à MM. Susse frères la médaille de bronze obtenue par eux en i844.
- M. Louis MARQUIS, me Chapon, n° 2 3, à Paris.
- M. Marquis expose différents bronzes copiés ou imités d’après Bcr-rain.
- Une cariatide moulée, pour la partie supérieure, sur une existant à une cheminée du château de Versailles, se termine par un ajustement dont le style pourrait être mieux observé.
- Des garnitures de candélabres, avec figures de satyres et faunes, sont bien agencées. Quelques lustres, enfin, bien exécutés et surtout d’un prix très-modique, forment surtout le principal intérêt de cette exposition, pour laquelle le jury rappelle la médaille de bronze à M. Marquis.
- M. Victor-Placide BOYER, rue Sain longe, n° 38, à Paris.
- M. Boyer a expose des chevaux cl’après Gayrard, et une course aux singes, du même sculpteur, qui sont des motifs heureux, et doivent facilement trouver des amateurs.
- Un Marius, en pendule; une autre, le Jour et la Nuit, dont l’exécution est clans des conditions de progrès.
- Des candélabres dans le style grec, qui pourrait être plus pur, et nombre d’objets courants d'une vente avantageuse, continuent à mériter à M. Boyer la médaille de bronze de i844, et que le jury de 1849 lui rappelle.
- M. RAINGO, frères, rue Saintonge, n° 11, à Paris,
- Ont exposé plusieurs pendules dont une, la mère des Gracches, se fait remarquer par le style et une bonne exécution.
- Une pendule étude, marbre et bronze, des vases de porcelaine riches d’ornementation de bronzes dorés, et plusieurs pièces im-
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- Médailles de bronze.
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- portantes d’un surtout de table placent MM. Raingo parmi les fabricants distingués.
- Deux petits vases à feuillages et oiseaux sont une composition charmante, et font honneur à leur auteur.
- Une garniture de pendule et candélabres Louis XVI, dans le style de Cochin, ajoutent encore à FefFet heureux de celte exposition intéressante.
- Le grand écoulement de la fabrique de MM. Raingo est principalement à l’étranger, où ils ont conquis en partie le monopole commercial.
- Le jury rappelle à MM. Raingo frères la médaille de bronze obtenue par eux à la dernière exposition.
- M. RODEL, boulevard Beaumarchais, n° 109, à Paris,
- A exposé cette année un groupe en bronze d’après une terre cuite de Pinelli. Sans parler du choix plus ou moins heureux ni de l’emploi facile de ce morceau, purement de fantaisie, nous dirons que la reproduction en est bien traitée,
- Divers objels, tels que pendules, candélabres, coupes, etc., dont la destination est usuelle et dont la facture est satisfaisante, méritent à M. Rodel le rappel de la médaille de bronze.
- M. Jean-Baptiste MARCHAND, rue Richelieu, n°57, à Paris,
- L’exposition de M. Marchand se' distingue par le choix des artistes qui ont été appelés pour en composer les morceaux principaux. L’exécution, du reste, en est parfaitement intelligente et conserve avec religion le caractère donné à chaque sujet.
- Nous avons examiné avec soin et remarqué principalement la pendule Cléopâtre et les candélabres qui l’accompagnent : l’ensemble très-heureusement combiné de celte garniture est due au talent de M. Comberworth, sculpteur. De lui aussi est la figure de Lesbie, ornant une pendule.
- Une pendule, la Fable, de Klagmann; une muse, de Jean Feu-chère, et un saint Jean, de Gechter, viennent ajouter à la belle exposition de M, Marchand, auquel le jury accorde la médaille de bronze.
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- M. Léopold RENAULD, me Vieille-du-Temple, n° 88, à Paris,
- Dont la spécialité est la lutherie, a cherché tous les moyens possibles de rendre faciles et praticable le système des contre-poids, si embarrassants à faire manœuvrer dans les appartements de peu d’élévation.
- Il est parvenn à en faire une application très-lieureuse dans plusieurs de ses lampes suspendues, qui conservent toujours dans les deux mouvements opérés une forme aussi gracieuse qu’élégante. Là était la grande difficulté que M. Renauld a su vaincre avec succès.
- M. Renauld se distingue par le goût qu’il apporte à tout ce qui sort de sa fabrique. Pour surmonter les difficultés inhérentes à son genre d’industrie ; il ne perd point de vue les formes heureuses aussi qui sont de première obligation dans l’art du bronze.
- Le jury, satisfait de ces bons résultats, donne à M. Renauld la médaille de bronze.
- M. Antoine BARYE, rue Chaptal, n° 12 , à Paris,
- Qui nous a habitués à admirer ses œuvres aux expositions du Louvre, les voulant mettre à la portée des fortunes modestes,' mais qui n’en ont pas moins le goût de l’art véritable, est venu se ranger, à l’exposition de l’industrie, parmi les fondeurs fabricants de bronze.
- Le côté de l’art jugé depuis longtemps par l’admiration publique, nous jugerons principalement la fonte et la main-d’œuvre, qui est dirigée avec l’habileté et l’intelligence qu’on' devait attendre de M. Barye. Il s’est surtout attaché à pouvoir rendre facile le placement de ses œuvres, et M. Barye a réussi.
- Comme industriel, M. Barye mérite la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- MM. COLIjAS et BARBEDIENNE, boulevard Poissonnière, n° 3 0, à Paris.
- Ces messieurs, dont le procédé de réduction a été jugé à une autre exposition, l’ayant appliqué d'une manière remarquable à l’industrie dès brônzes, ont donné un élan très-grand à la propa-
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- gation des antiques dans le commerce si étendu du bronze d’art et d’ameublement.
- Un grand nombre de modèles variés, dont quelques-uns adaptés avec intelligence à des objets usuels, comme pendules et cheminées, donnent la preuve de l’importance que MM. Colas et Barbedienne sontparvenns adonner à la branche d’industrie qu’ils ont entreprise.
- MM. Colas et Barbedienne ont obtenu déjà les récompenses les plus élevées. Le jury, pour leur spécialité nouvelle, leur décerne une médaille de bronze.
- M. GRAUX-MARLY, boulevard du Temple, n° 3y, à Paris.
- Cette fabrique, quoique ancienne (elle date de 3o ans), expose pour la première fois.
- L’importance de cet établissement frappe de suite par l’ensemble si complet et si remarquable de son exposition. De nombreuses garnitures, pendules, candélabres et feux, des lustres de grande et petite dimension, des pièces montées pour services de tables, entre autres un sceau à glace d’une forme ingénieuse, des buires, enfin tous les objets qui ressortent de la grande fabrication du bronze, sont soumis à l’examen du jury. Son attention s’est portée principalement sur une grande pendule rocaille qu’accompagnent des candélabres et coupes de même style et d’une bonne exécution. Le chiffre d’affaires de cette maison répond à l’importance de scs produits.
- Le jury donne à M. Graux-Marly une rhédaille de bronze.
- M. POUSSIELGUE-RUSAND, rue Cassette, n° 36, à Paris.
- Successeur de M. Choiselat, dont la fabrication s’adressait exclusivement à l’ameublement des édifices religieux, M. Poussielgue-Rusand a continué ce même genre d’industrie.
- Il expose un grand candélabre d’église très-riche de détails, et bien traité; un chandelier à sept branches nous a paru d’un style simple et sévère.
- Des tabernacles, des lampes suspendues, des châsses et reliquaires, se font remarquer par une exécution très-soignée.
- M. Poussielgue joint à ses produits en bronze quelques pièces
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- d'orfèvrerie d’un bon style : nous avons distingué des calices et ostensoirs garnis d’émaux qui rappellent avec succès les objets sacrés des xii° et xm8 siècles.
- Le jury, pour le complément intéressant de cette fabrication, décerne à M. Poussielgue-Rusand une médaille de bronze.
- M. QUILLET aîné, dit NOËL, rue de Vendôme, n° 9, à Paris,
- Ce fabricant, que le choléra a enlevé dans les premiers jours de l’exposition, se faisait remarquer par un goût recherché et par la variété infinie de ses modèles. Sa spécialité, dans laquelle il était le premier, est le petit bronze.
- Il expose de3 petits coffres, des encriers, vases, des montures de porcelaine qui, par leur exécution et leur bon style, ont toujours été d’un placement facile.
- Il était secondé avec succès par son fils, qui se voue à ce genre de fabrication.
- Madame veuve Quillet, qui a repris la maison, mérite de recevoir la médaille de bronze que le jury destinait à son mari.
- Madame veuve Denise-Madeleine FÉVRIER, me Dupetit-Thouars, n° 21, à Paris.
- Au milieu d’une exposition très-complète de pendules nombreuses, de candélabres, coupes, vases, flambeaux, etc., nous avons remarqué une fort jolie figure de l’Innocence, aussi gracieuse que bien exécutée. Une charmante pendule : l’Amour et l’Hymen, a fixé notre attention par sa forme élégante et le modelé bien compris des figures. Cet ensemble est généralement le résultat d’une bonne direction et d’une exécution bien soutenue, pour lesquelles le jury
- accorde à madame veuve Février une mention honorable.
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- MM. GOBIN et MORISOT, rue de la Cerisaie, n° 12, à Paris,
- Exposent pour la première fois; ils se sont renfermés dans la fabrication des feux, galeries, pelles et pincettes, croissants et porte-pelles.
- Ils ont envoyé à l’exposition une variété considérable d’objets d’un placement facile, très-bien entendus pour la solidité, tout en conservant une apparence séduisante.
- Mentions
- honorables.
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- Plusieurs feux et galeries se font remarquer par leur style heureux.
- Le jury, pour récompenser de leurs travaux MM. Gobin elMorisot, leur décerne une mention honorable.
- M. Jean-Baptiste ALIX, rue Pavée-Popincourt, n° 18, à Paris,
- Qui expose plusieurs objets en bronze, tels que pendules, candélabres, coupes, etc., a reproduit, entre autres, en fer ciselé et poli, une pendule et des candélabres.à enfants, dont la main-d’œuvre ne laisse rien à désirer.
- 11 a aussi exposé des poignards, également en fer ciselé et d’une bonne exécution. Cet ensemble mérite une mention honorable que le jury lui accorde.
- M. Charles-Adolphe GARNIER, rue Vieille-du-Temple, n° 131, à Paris ,
- Expose des vases, coffrets en imitation de lapis, malachite et autres marbres précieux ornés de bronzes dorés.
- Nous avons remarqué la variété de ses modèles, dans une bonne voie de goût et d’exécution.
- Une mention honorable est donnée par le jury pour ces produits, auxquels se joignent d’autres petits objets, tels qu’encriers, porte-flacons , également bien ajustés.
- MM. LEVY frères, rue Meslay, n° î, à Paris, .
- Peintres sur porcelaine, ont joint à leur industrie celle de la fabrication du bronze.
- Ils exposent des-pendules, vases, candélabres, lustres et bras de cheminée en porcelaine décorée et ornés de bronzes ciselés et dorés.
- Un vase gros bleu, surtout, portant une lampe, est remarquable par le bon ajustement.
- Le jury décerne à MM. Levy frères une mention honorable.
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- M. Jean-Marie MUDESSE, rue des Fossés-du-Temple, n° 6* à Paris,
- Qui, en i844i a obtenu une médaille de bronze pour sa mar-
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- brerie montée sur zinc, se présente cette année pour des bronzes appliqués sur cadres et socles en marbre. Au point de vue de l’industrie du bronze, son emploi, tout en nous paraissant mériter l’approbation du jury, ne nous a pas paru pouvoir atteindre la médaille obtenue par M. Mudesse pour ses marbres. En conséquence, le jury accorde une mention honorable à M. Mudesse.
- M. ROLLIN, rue de la Corderie-du-Temple, n° 11, à Paris,
- Est cité favorablement pour l’ensemble satisfaisant de ses pendules de diverses dimensions.
- M. CARRIER-ROUGE, de Lyon (Rhône),
- Est cité favorablement pour ses grands chandeliers d’église, exécutés avec talent, et d’une forme sévère.
- M. Joseph DESRUES, rue de la Marche, n° 12 , à Paris,
- Est cité favorablement pour ses garnitures complètes, composées de pendules, lustres, flambeaux, coupes et candélabres, d’un prix de vente très-modéré, quoique exécutés avec intelligence et recherche.
- 3. BRONZE POUR L’ÉCLAIRAGE.
- M. Léon Feuchère, rapporteur.
- M. Auguste LAC ARRIÈRE, rue Sainte-Elisabeth, n° 3 bis, à Paris.
- M. Lacarrière, qui déjà en i844 avait été jugé digne de la médaille d’argent, tant pour ses progrès rapides'üdans son industrie, que pour l’extension considérable de son commerce, se présente, cette année, toujours avec les excellentes conditions que le jury avait le droit de retrouver chez cet industriel de premier ordre.
- Parmi les nombreux objets dignes de remarque se distingue un lustre à cristaux d’une bonne exécution, et qui, malgré la dimension obligatoire pour les conduits du gaz, peut lutter de légèreté et de bon goût avec les lustres à bougies.
- Un candélabre, d’une grande dimension et d’un style sévère, a
- Citations
- favorables.
- Médaille
- d'or.
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- Médailles de bronze.
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- été l’objet tout particulier de l’attention du jury et d’un examen sérieux. On retrouve dans ce morceau important des formes heureuses secondées par des proportions bien coordonnées.
- Des bras à suspension mobile, malgré les exigences du gaz, sont d’un arrangement ingénieux.
- Ces articles, si nombreux et si variés, sont tous exécutés dans les ateliers de M. Lacarrière, et sous la direction et impulsion de ce chef habile et laborieux.
- Dans les 5 ans d’une exposition à l’autre, infatigable, il a exécuté des travaux importants, et avec succès, pour l’Espagne, l’Allemagne, la Hollande et les Etats-Unis (Beau lustre à gaz de Barcelone. )
- A cette partie, toute d’art, M. Lacarrière joint un établissement considérable de moulures en cuivre étiré des étalages divers pour magasins, des supports, des montres en cuivre, portes en fer, et qui déjà, en i844> lui valurent aussi une médaille d’argent. Cette fabrique emploie, année commune, plus de 200 ouvriers; c’est incontestablement le premier établissement de ce genre, et c’est un simple ouvrier qui est parvenu à force de travail et de persévérance à lui donner ce développement et à le lui maintenir.
- Le jury, pour reconnaître dignement tant de qualités et de mérite; décerne à M. Lacarrière une médaille d’or.
- M. François DOMBROWSKI, rue (lu Luxembourg, n° 46, à Paris.
- Expose pour la seconde fois et fut récompensé par une mention honorable en i844-
- Son exposition se distingue par une recherche d’art bien entendue.
- Une jolie pendule à ligures élégantes , supportant le cadran , et composée par Guillomet, est un des morceaux les plus gracieux parmi les productions de M. Dombrowski.
- Une série nombreuse de potiches chinoises, garnies de bronzes de modèles variés et ciselés avec soin, donne la valeur du goût bien compris de ce fabricant, goût qui se reproduit dans diverses lampes et supports de lampe enrichis d’enfants d’un bon style et d’une exécution intellligente.
- Tout cet ensemble mérite à M, Dombrowski la médaille de bronze que le jury lui accorde. '
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- M. Charles-Frédéric-Guillaume GEORGI, rue Saint-Denis, n° 328 à Paris.
- En i844, l’établissement de M. Georgi, quoique fort modeste, indiquait cependant déjà l’atelier dirigé par un maître habile, et qui, lui-même, avait été ouvrier. Aussi obtint-il une mention honorable.
- L’accroissement de celte fabrique a été rapide. M. Georgi expose des objets dignes d’un grand intérêt.
- Un lustre à fleurs est un essai parfaitement réussi de goût et d’élégance, sans cependant que les conditions impérieuses pour les passages rései'vés au gaz soient en rien altérées.
- Une lanterne du modèle adopté par la ville de Paris se recommande par sa bonne exécution et son prix modéré. .Quelques lampes variées de forme et d’ornementation, des bras qui les accompagnent ont captivé l’attention du jury et obtenu son approbation.
- Pour récompenser les progrès incontestables faits depuis 5 ans par M. Georgi, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. Léonard-Antoine PIÉRON, rue des Enfants-Rouges, n° 13, à Paris.
- M. Piéron qui, en i844> obtint pour un calorifère une citation favorable, paraît à l’exposition de 1849 avec un ensemble remarquable d’articles en bronze pour étalage.
- Des tubes unis et tors en cuivre étiré, applicables au gaz, et diverses sortes de moulures sur bois indiquent une extension assez importante donnée à son industrie. Ces progrès, le jury est toujours heureux de les constater, la concurrence nombreuse ne pouvant produire que de bons résultats.
- Un calorifère ou poêle servant de milieu pour café ou cercle d’une forme heureuse et de détails soignés ajoute à l’intérêt qu’offre cette exposition. Celte fabrication se recommande non-seulement par la qualité de ses produits, mais aussi par l’intelligence avec laquelle elle est dirigée.
- Le jury décerne à M. Piéron une médaille de bronze pour l’ensemble de ses travaux.
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- Nouvelle
- mention
- honorable*
- M. Théophile DECOURT, passage Choiseul, n° 3o, à Paris.
- L’exposilion de M. Decourt se recommande par divers bras en bronze bien établis ; des lustres, des porcelaines ornées, des lampes de modèles variés et exécutés avec soin complètent cet ensemble satisfaisant. '
- Le jury qui déjà, en i844, avait récompensé M. Decourt par une mention honorable lui en accorde une nouvelle en 1849.
- Citation
- favorable*
- M. Alexandre HUBERT, rue de Thorigny, n° 6, à Paris.
- Le jury cite favorablement M. Hubert pour ses lustres à bougies, ses appareils à gaz et divers objets en imitation de bronze.
- § 2. SCULPTURES EN CARTON-PIERRE.
- M. Bougon, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’exposition du carton-pierre, cette année, n’a pas été moins remarquable que celle de 184 4- L’importance de cette industrie, qui date à peine de 35 ans, a pris, depuis i5 ans surtout, un accroissement que nous nous empressons cfe signaler. Le peu de difficulté de l’emploi de ce genre d’ornementation, la facilité de reproduire par le moulage les sculptures artistiques aussi bien que les ornements les plus délicats, ont mis les produits de cette industrie en position d’être employés dans les palais aussi bien que dans les habitations modestes.
- Si, en effet, il fallait obtenir, soit en pierre, soit en bois ou en marbre, les immenses sculptures qui sont sorties des ateliers de nos fabricants de moulages par la plastique, nous ne verrions pas briller partout cette belle ornementation qu’on rencontre sur tant d’édifices, sur tant d’établissements publics. Evidemment, le prix de la sculpture, qui n’est à la portée que du plus petit nombre, serait très-restreinte. On voit, d’après ce court exposé, tous les avantages que l’industrie a dû rencontrer dans cette découverte. S’il fallait signaler ici les hommes qui ont puissamment contribué à agrandir et à développer cette fabrication, nous serions beaucoup trop long; nous croyons
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- cependant devoir citer les noms de MM. Hubert, Romagnési, Cruchet et Lombard. Les succès obtenus par ces hommes, tout à la fois artistes et fabricants, ont puissamment contribué à l’extenlion du carton-pierre en province, comme à s<5n exportation à l’étranger.
- Le véritable emploi du carton-pierre est dans son application aux intérieurs ; il peut, à l’aide d’habiles artistes, prêter un secours éminent à l’architecture; il vient, attendu le prix modique auquel on l’obtient, se mettre à la portée du plus grand nombre; de là sa grande production et les nombreux envois faits en tout pays.
- Les efforts, les sacrifices faits par les fabricants, le concours que tant d’artistes distingués ont prêté à cette fabrication ont été courronnés de succès ; ils ont fait de cette industrie, toute artistique, une branche de commerce importante, qui n’a pas échappé à la sollicitude du jury.
- M. Joseph HUBERT, fabricant de carton-pierre, rue Bergère, n° 28, à Paris.
- Les travaux immenses entrepris et achevés par celte maison la placent, sous le rapport commercial aussi hien que sous le rapport de l’art, à la tête de cette industrie. M. Hubert, en dehors d’une exposition bien susceptible de fixer l’attention du jury, se présente avec des antécédents qui peuvent nous dispenser de tout éloge; les palais de Saint-Cloud, Versailles et Fontainebleau,,l’hêtel de ville de Paris, sont là pour attester les grands services,rendus par lui aux arts, à.l'ornementation, et surtout les secours qu’il a prêtés à la décoration architecturale.
- Les récompenses obtenues par cet exposant, dès l’année 1823, celles décernées aux expositions qui les ont suivies, viennent attester la solliditude du jury pour une industrie que M. Hubert a constamment fait grandir. Nous avons visité les ateliers et les magasins de ce fabricant, et nous avons été frappé en voyant apparaître cette immense quantité de modèles; que de temps, que de travaux il a fallu pour réunir cette belle collection.
- M. Hubert se présente comme artiste et comme fabricant; il est l’auteur des dessins et des modèles qui composent la riche collée-
- Médaille
- d’or.
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- lion qu’il possède ; sa liante intelligence a mis à la disposition de MM. les architectes les ornements succeptibles de décorer les modestes demeures aussi bien que les palais; le style de chaque époque a été abordé par lui avec la môme supériorité. L’exposition que présente cet habile artiste vient confirmer ce que nous avons avancé ; nous y voyons figurer une frise presque ronde-bosse, largement composée. Les figures elles arabesques révèlent une main de maître; puis de jolis panneaux peints, dorés et bronzés du plus joli goût; des bas-reliefs avec figure allégorique fort bien modelés, des statuettes, consoles, supports, guirlandes, torsades de fleurs, etc., donnent à cette exposition un ensemble digne de remarque. L’or, l’argent, le bronze et la peinture, viennent prêter à ces ornements, déjà si riches de sculpture, une variété qui les feront constamment rechercher et qui en font aujourd’hui une branche de commerce fort étendue.
- Le jury décerne à M. Hubert une médaille d’or.
- <tc"JÜe M- ROMAGNÉSI, fabricant de carton-pierre, rue La d’argent. fayette, n° 35, à Paris.
- Si M. Romagnési ne fait pas un aussi grand commerce que M. Hubert, il est juste de le placer, comme fabricant et comme artiste, à la tête des hommes qui ont fait prospérer cette belle industrie. Il est surtout cité, parles personnes en position d’apprécier son mérite, comme statuaire distingué. Les expositions de 1839 et i844 viennent attester le succès de celle maison.
- M. Romagnési n’a pas exposé beaucoup de choses ; le peu de place qu’il a pu obtenir l’a empêché de produire à son exposition plusieurs objets qu’il y destinait. Nous avons visité son établissement et nous nous sommes assurés qu’une très-belle figure en pied n’avait pu, faute déplacé, y être apportée ; nous avons aussi remarqué, dans cette visite, la belle collection de modèles que possède cette maison, qui, pour la plupart, sont l’œuvre de MM. Romagnési père et fils. Cette belle collection, pour le goût, le genre et le style, aussi bien que sous le rapport artistique, offre à MM. les architectes un assortiment complet.
- La pièce principale que l’exposant soumet au jury est un groupe de grande dimension, représentant la Vierge tenant le Christ étendu mort sur ses genoux. Quelques statuettes, pendentifs, supports et tabernacles, vases style renaissance et étrusque, complètent cette
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- exposition; le groupe est d’une difficile exécution et digne de fixer l’attention du jury par l’expression des figures et les difficultés à surmonter pour obtenir une pièce d’une aussi grande dimension.
- Les efforts réitérés de M. Romagnési lui ont mérité le rappel de la médaille d’argent.
- M. GRUCHET, fabricant de carton-pierre me Notre-Dame-de-Lorette, n° 58, à Paris.
- Ce fabricant, bien que déjà ancien dans l’industrie du carton-pierre, se présente pour la première fois. Nous sommes heureux , d’avoir à constater un si beau début, et nous ne craignons pas d’avancer, en toute assurance, que cette exposition par les ravissantes sculptures que nous y remarquons, place ce fabricant, dès à présent, sur la même ligne que les meilleurs maîtres; il est impossible, en effet, de ne pas reconnaître, lorsqu’on s’arrête devant les objets exposés par M. Crucliet, que le bon goût et la grâce ont constamment présidé à la composition des sujets.
- Les panneaux qui forment encoignures sont, par la tournure des arabesques, la gracieuse pose des sujets et la composition des trophées, d’un ensemble qui ne laisse rien à désirer. Des sujets pastoraux, des trophées de chasse et d’animaux en relief sur des panneaux, sont arlistement modelés ; les panneaux sont eux-mêmes encadrés d’ornementations style Louis XV du meilleur effet; des bas-reliefs jeux d’enfants, des vases forme étrusque et renaissance, aussi bien que beaucoup d’autres objets que nous ne pouvons décrire ici forment et complètent cette belle collection.
- M. Cruchet est encore très-bon sculpteur en bois ; nous voyons figurer à cette exposition, une étagère fort jolie, des cariatides, un cadre et un écran, le tout en chêne fort arlistement sculpté. En un mot, cette exposition est des plus remarquables, considérée sous le rapport de fart, du goût et du genre.
- Le jury décerne la médaille d’argent pour récompense de ces remarquables progrès.
- M. MÂRSUZI DE AGUIRRE, fabricant d’objets d’art en chanvre imperméable, rue delà Concorde, 6, Paris.
- Nous n’avons pas à nous occuper des avantages que présente le
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- Médailles
- d’argent.
- Rappels de médailles de bronze.
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- chanvre imperméable au point de vue chimique; les rapports de M. Payen à l’occasion du numérotage des rues de Paris; celui de la commission de chimie de i844, établissent que la pâte de chanvre imperméable, employée à fabriquer les objets exposés par M. Marsuzi, atteint, après son entier refroidissement, une solidité incontestable. Le rapport établit encore que les objets moulés avec cette matière peuvent être exposés à l’intempérie des saisons sans éprouver de détérioration. C’est donc au point de vue de mise en œuvre, et à l’heureux emploi qu’en fait l’exposant, que nous avons à le juger.
- L’exposition de M. Marsuzi est très-remarquable sous le rapport industriel, aussi bien que sous le rapport l’art. Des bas-reliefs, des consoles et des frises sont parfaitement modelés; mais c’est surtout l’application des sculptures sur les meubles, plafonds et panneaux, que nous signalons; des motifs, ingénieusement disposés, peuvent servir à l’ornementation des appartements, des cadres, des coffrets, comme à tout autre objet de fantaisie; ils sont remarquables pour le bon style et la variété.
- La sculpture en chanvre imperméable reçoit l’or, l’argent, le bronze et la peinture; elle est suceptible, par là, de décorer les théâtres aussi bien que les temples. Cette maison a été chargée de décorer divers édifices publics et particuliers, et toujours ses efforts ont été couronnés de succès.
- Le jury rappelle à M. Marsuzi la médaille de bronze.
- M. LOMBARD, fabricant de carton-pierre, rue de Thori-gny, n° 5, à Paris.
- Déjà, en 1839, cet habile exposant avait été remarqué ; et le rapport de i844 constatait les progrès faits par M. Lombard. L’exposition de 1849 établit de nouveau que cette maison, loin de déchoir, soutient victorieusement une réputation justement acquise.
- Les objets exposés sont modelés et exécutés par ce fabricant: ils prouvent l’habileté et le goût de M. Lombard. Un fort bel assortiment de cadres, style renaissance et Louis XV, des plus variés et d’une ornementation heureuse, sont là pour l’attester; des candélabres, des consoles, et surtout un reliquaire doré, sont du meilleur goût; une frise et son couronnement, d’une exécution pure et élégante, viennent compléter cette belle exposition.
- M. Lombard, depuis longtemps, a marqué sa place avantageu-
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- sentent dans cette industrie; l’exposition de 1849, Pour sa spécialité, Iq met en première ligne. Le jury, en lui rappelant la médaille de bronze obtenue en i844, se trouve heureux d’avoir à constater un nouveau succès.
- M. TEXIER, sculpteur en pierre factice, rue Sainte-Marie-Blanche, n° 7, à Montmartre.
- M. Texier a, depuis longtemps, entrepris la sculpture en pierre factice. Déjà, à l’exposition de i844, il avait été remarqué pour la repi'oduction de la Vénus de Canova et pour son groupe de Céphale et Procris. Ces statues, exécutées avec le ciment de porcelaine pilée, sont d’une dureté telle, que les travaux faits depuis plusieurs années par cet exposant, sont restés à l’air sans en éprouver aucune détérioration.
- Un progrès fait par M. Texier dans le moulage de ses figures n’avait pas échappé au jury de i844, et la fidèle et bonne reproduction de chefs-d’œuvre avec un mastic que le temps ne pouvait détruire, lui avait valu la médaille de bronze.
- Aujourd’hui, M. Texier présente à l’exposition un groupe remarquable d'exécution, celui d’une Bacchante faisant danser un Faune enfant, et d’une Vierge immaculée. Ces statues, grandes comme nature, prouvent que M. Texier a constamment suivi la bonne roule qui l’avait fait distinguer en i844- Le jury lui rappelle la médaille de bronze.
- M. TROUVÉ, fabricant de carton-pierre, passage Violet, n° 5, à Paris.
- Rappel de mentiou honorable.
- Ce fabricant, comme en i844, a exposé un assortiment de cadres de différents styles, généralement bien entendus et fabriqués avec soin; son exposition prouve qu’il est resté constamment dans la bonne route qui lui avait fait obtenir une mention honorable en i844- Le jury lui rappelle cette mention honorable.
- MM. HEILIGENTHAL et G10, fabricants de carton-pierre Mentions pour l’architecture , à Strasbourg (Bas-Rhin). honoiab,es
- Ces fabricants présentent à l’exposition des objets faits avec deux sortes de pâtes : l’une, qu’ils nomment mastic, sert à fabriquer des
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- pièces qui peuvent être placées extérieurement; l’autre, qui n’est autre que la pâte de carton-pierre, est employée pour les motifs de décoration intérieure. Si, en effet, les motifs architecturaux fabriqués avec le mastic, pouvaient être exposés en dehors des édifices, ce serait une grande découverte dans cette industrie ; mais la preuve n’en est pas établie et MM. les fabricants, convoqués deux fois par nous, n’ont point encore paru; nous ne pouvons donc rien conclure.
- Les motifs d’architecture exposés par MM. Heiligenthal et Cic sont très-bien exécutés; des chapiteaux d’ordre corinthien, ionique et composite, sont fort bien modelés; des colonnes, des pilastres, des têtes d’hommes, de femmes et d’animaux, sont remarquables et peuvent être employés comme ornementation avec succès.
- Le jury décerne à MM. Heiligenthal et C10, une mention honorable.
- M. CAMARET, rue de Braque, n° 5, à Paris.
- Les sculptures de cet exposant, faites avec une pâte très-ductile et composée par lui, ont fixé l’attention du jury; ce sont principalement les fleurs que M. Camaret reproduit d’une façon supérieure ; un bouquet en relief, dans un cadre imitant le chêne naturel, le tout rehaussé d’un beau vernis, est vraiment arlistement modelé.
- Une niche de style gothique, ornée de figures, entourée d’un cadre composé de fleurs et de feuillages, le tout avec un goût, une légèreté et une délicatesse qui séduisent, est aussi très-remarquable ; les corbeilles, les paniers, sont de forme gracieuse et tressés habilement; il faut que la pâte avec laquelle sont modelés tous ces objets soit bien plastique pour en obtenir des produits aussi délicats.
- Cette pâte, outre sa ductilité, a l’avantage de présenter beaucoup de solidité après son entière dessiccation.
- M. Camaret se place, par son exposition, au rang des artistes qui savent allier la grâce et le bon goût au savoir-faire. Le jury décerne la médaille de bronze à M. Camaret, qui déjà avait obtenu, en i844v une mention honorable.
- M. SOLON, fabricant de carton-pierre, rue Pétrelle, n° 3o, faubourg Poissonnière, à Paris.
- Cet exposant se présente pour la première fois. Son exposition
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- est remarquable sojus le rapport artistique; elle est composée en partie de statues propres aux temples catholiques : une Vierge, des anges agenouillés, une figure en pied du Christ, ont fixé l’attention du jury, des bas-reliefs se recommandent aussi pour le dessin et la bonne exécution.
- Le jury décerne à M. Solon une mention honorable.
- M. MERCIER, rue des Gardes, n° 16, à la Chapelle-Saint-Denis.
- Présente à l’exposition un assortiment de fruits en carton-pierre moulés sur nature; ces fruits sont coloriés par M. Mercier avec une vérité parfaite. La peinture a si bien imité la nature que l’œil le mieux exercé peut s’y méprendre.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. DESBAILLET, fabricant de carton-pierre, rue Ro-chechouart, n° 2 1, à Paris.
- Cet exposant, avant d’ctre fabricant, était modeleur; son établissement ne date que de i845. Les objets exposés sont tous modelés par lui. Ainsi qu’il le déclare, ce sont pour la plupart des applications pour panneaux et plafonds; des arabesques sont remarquables par leurs gracieux contours; des supports et des bénitiers sont bien modelés.
- Ce fabricant paraît avoir fait de grands efforts pour créer son établissement. Le jury lui décerne une cilation favorable.
- S 3. PLASTIQUE PAR MOULAGE A LA GÉLATINE.
- M. Bougon, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Avant la découverte du moulage à la gélatine, les sujets reproduits dans les moules à bon creux, seul moyen connu alors, présentaient de graves inconvénients. Les rebarbes et les coutures, inévitables dans les moules à pièces, faisaient perdre un temps fort grand pour réparer les objets, et, malgré tous les soins qu’on y apportait, le sujet réparé ainsi présentait
- Citations favorables .
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- encore de grandes imperfections, toujours nuisibles à la pureté du modèle.
- A la tête des hommes qui ont donné à cette découverte tous les développements qu’on devait en espérer, il faut placer MM. Hyppolite Vincent et Carteaux ; nous devons regretter de ne pas retrouver à l’exposition de 1849 ^es remarquables pièces d’anatomie présentées, en i844, par M. le docteur Carteaux, et obtenues par le procédé de moulage à la gélatine. Cette belle collection, commandée par M. Orfda pour l’étude de la médecine, donnait la mesure des avantages qu’on avait obtenus par ce procédé.
- Les artistes, préoccupés des inconvénients que nous venons de signaler plus haut, cherchaient depuis longtemps les moyens d’y remédier, lorsque la découverte du moulage à la gélatine est venue, à la satisfaction de tout ce qui s’occupe de sculpture, faire une révolution dans cette industrie et aplanir les difficultés sans nombre qu’on rencontrait dans l’ancien procédé.
- En effet, trouver une matière qui, par son élasticité, épouse tous les contours, toutes les surfaces des objets, quelque profonds, quelque-contournés qu’ils soient, qui puisse acquérir assez de solidité pour faire un moule à bon creux, susceptible de donner 10 ou 12 épreuves ou reproductions avec la plus minutieuse fidélité, était une belle et précieuse découverte dont MM. Vincent et Carteaux ont su habilement profiter.
- Parmi les avantages obtenus depuis cette découverte, celui surtout de mouler en creux les modèles les plus précieux, quelle que soit la matière avec laquelle ils sont faits, sans qu’ils en éprouvent la plus légère détérioration, est un des plus, précieux.
- Rappel M. Hippolyte VINCENT, rueNeuve-Saint-François, n° 1 4,
- de médaille i ^
- d’argent. ^ * dllS.
- Depuis la découverte de la plastique par le moulage à la gélatine, M. Vincent s’est constamment placé à la tête de celte indus-
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- trie. Les premiers travaux, de cet habile et ingénieux mouleur datent de 16 années; à partir de cette époque, il a toujours marché vers le progrès. Les expositions de i834, i83g et i844, sont venues tour à tour constater ces succès, et celle de i84g n’est pas moins remarquable par la belle collection des sujets exposés.
- Le précieux avantage du moulage à la gélatine est de reproduire, sans rebarbes ni coutures, les modèles avec une parfaite fidélité. Cette découverte est d’autant plus précieuse qu’elle donne des épreuves ou reproductions telles, qu’on peut reconnaître tous les caractères des objets sur,lequel ce creux a été coulé; le marbre, le bois, l’ivoire, se reproduisent au point qu’il faut briser l’objet pour s’assurer de la vérité, quant aux pièces d’anatomie, on retrouve les muscles, le grain même de la chair, enfin les finesses les plus délicates se reproduisent sans aucune altération.
- La collection exposée par M. Vincent se compose d’objets tout aussi remarquables qu’aux expositions précédentes; le fini le dispute à l’art; tous ses modèles, en partie religieux, sont artistement modelés et la ciselure en est des plus précieuses.
- Déjà, en i844, le rapporteur signalait tous les avantages que celte découverte devait avoir pour la galvano-plastique ; M. Vincent s’en est occupé sans relâche. Nous avons admiré dans son établissement des reproductions par ce moyen, qui promettent, aussitôt que le procédé sera du domaine public, tous les résultats préconisés par le rapporteur de i844-
- Enumérer ici les services que le moulage à la gélatine peut rendre aux arts, à l’industrie et à l’anatomie, dans les mains de M. Vincent, ce serait reproduire ce qui a été dit par l’habile rapporteur de i844. Bornons-nous à dire que l’exposant, loin de rester stationnaire dans cette belle découverte, en a développé et propagé tout ce qu’on en pouvait attendre.
- Le jury se plaît à reconnaître ces notables progrès, en rappelant à M. Vincent, la médaille d’argent qu’il avait justement méritée
- en i844-
- M. STTIAL, mouleur en plâtre au Muséum d’histoire naturelle , rue de Paradis, n° 14, au Marais, à Paris.
- M. Sthal présente à l’exposition, pour la première fois, des objets moulés en plâtre par deux nouveaux procédés. Par le premier, il parvient, au moyen de l’emploi du chlorure de zinc, à mouler
- Médaille-
- d’argent.
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- Rappels (le médailles de bronze.
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- avec la plus grande précision les pièces anatomiques, molles ou fraîches, conservées ou non dans l’alcool. Ce moyen consiste à immerger les pièces anatomiques dans le chlorure de zinc, à un certain degré pendant quelques heures; par ce procédé, leur surface acquiert une certaine solidité qui permet d’en obtenir la reproduction avec une grande exactitude. On évite encore, par ce moyen, le farinage, inconvénient qui arrive souvent dans les empreintes. Dans un compte rendu à l’Académie, le 8 mars 1847, Procédé a été reconnu comme très-bon et la découverte attribuée à M. Stahl.
- L’autre moyen, bien que plus simple, peut être aussi utile; il reproduit les plus petits détails des objets moulés, le grain de la chair, le fil du tissu le plus fin; il consiste à plonger dans l’eau de Seine, pendant 20 minutes environ, le moule après qu’il a été coulé ; cette immersion détermine la dépouille de l’empreinte qu’on veut avoir, sans qu’il soit besoin d’autre préparation, après quoi, on coule immédiatement l’épreuve qu’on veut obtenir et le moule s’en détache aussi bien que s’il avait été savonné et graissé. On évite par là d’empâter le moule d’huile ou de savon qui nuisent toujours à la pureté de l’épreuve. •
- Plusieurs objets exposés démontrent jusqu’à l’évidence les avantages de ces procédés, ils peuvent rendre des services aux sciences aussi bien qu’aux arts. Le jury décerne à M. Sîahl, pour sa découverte, une médaille d’argent.
- M. SAUVAGE, rue Neuve-Ménilmontant, n° 6 , à Paris.
- Déjà, en i844, le pantographe, perfectionné par cet habile mécanicien, avait été remarqué du jury. La belle collection de figures en bronze, en marbre et en plâtre, exposée par M. Sauvage, présentait toutes les réductions et augmentations qu’on peut obtenir par l’ingénieux moyen de l’exposant.
- En 1849, M. Sauvage a de nouveau exposé une belle collection de sculptures; nous y voyons figurer des statues, des bas-reliefs, des bustes, augmentés ou réduits, d’après nos meilleurs maîtres, et. reproduisant fidèlement les originaux,
- Nous avons visité les ateliers de M. Sauvage; là nous avons vu fonctionner le pantographe, réduisant un buste du Président de la République par son ingénieux moyen. Nous avons encore remarqué dans ces ateliers des statues colossales, réduites aux plus petites dimensions ; enfin, les sculpluresque nous avons vues, comme figures
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- en pied, bustes, bas-reliefs, pendules, ele, nous ont paru parfaitement exécutées, elles prouvent que M. Sauvage est toujours digne de la médaille de bronze que le jury lui rappelle.
- MM. GUILLOUD et SAVOYE, fabricants de plâtre aluné, dit ciment anglais, rue des Poitevins n° 7, à Paris.
- Déjà, en i844, le plâtre aluné de M. Savoye avait été remarqué du jury et lui avait justement mérité la médaille de bronze. MM. Guilloud et Savoye présentent de nouveau à l’exposition plusieurs bocaux remplis de plâtre aluné ou ciment anglais. Le rapport de i844 signalait les services rendus par cette matière au slucage, à la plastique et à l’architecture ; ce rapport nous dispense de nouveaux éloges.
- M. A. Chevalier constatait aussi que le plâtre aluné pouvait être employé par le premier maçon venu; qu’on en obtenait des enduits d’une dureté telle, qu’ils pouvaient résister aux alternatives de la sécheresse et de l’humidité; enfin qu’il donnait des stucs plus durs et supérieurs en beauté à ceux faits en plâtre ordinaire. Lejury rappelle à M. Guilloud et Savoye la médaille de bronze.
- M. IIAKDOUIN, sculpteur sur bois, marbre, pierre et carton-pierre, rue du Bac, n° 26, à Paris.
- L’objet principal exposé par M. Hardouin est un ange dans une niche d’ordre corinthien; la figure de l’ange est bien modelée; elle prouve que cet exposant est resté dans les bonnes conditions qui lui valurent la médaille de bronze en 1844- Une masse ou châsse pour procession, de style gothique, est aussi très-délicatement sculptée.
- D’autres motifs d’architecture, tels que corniches, rosaces, dessus de porte, ornements pour panneaux, complètent cette exposition.
- Le jury rappelle à M, Hardouin la médaille de bronze qu’il a obtenue en i844-
- M. COTELLE, fabricant de figures et d’ornements en plastique, bois et pierre métallique, rue du Fau-bourg-Saint-Germain, n° 47, à Paris.
- Déjà, en i844. lejury appréciait la composition de la pâte de M. Gotelle ; il reconnaissait qu’elle avait la solidité de la pierre et
- Médailles de» bronze.
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- qu elle pouvait résister au clioc le plus violent; il engageait cet exposant à donner à son industrie toute l’extension et tout le développement possible, désirant voir se propager le bon emploi de cette plastique.
- M. Cotelle a profité de ce salutaire conseil; son exposition est très-variée; elle est composée d’objets remarquables, sous le rapport de la bonne fabrication, comme aussi par la boqpe composition des sujets; des cadres bien ornemanisés, des applications sur panneaux, sur meubles et tabernacles, avec des motifs bien disposés pour chaque objet, les Chemins delà Croix en diverses grandeurs, peints et bronzés avec une diversité qui permet de satisfaire tous les goûts.
- M. Cotelle avait obtenu, comme encouragement, en i844» une mention honorable.Le jury, voulantreconnaîtreles progrès faits par cet ingénieux fabricant, lui décerne la médaille de bronze.
- M. DUFAILLY, boulevard Beaumarchais, n° 15, à Paris,
- Expose, pour la première fois, une collection d’animaux d’après les modèles de. M. Mène, qu’il est autorisé, par ce dernier, à reproduire en plâtre; il fallait l'habileté de l’exposant pour obtenir, avec une aussi remarquable fidélité, cette précieuse collection. L’œuvre de l’artiste y est conservée avec la précision qu’on ne rencontre pas toujours dans les moules à bon creux; le sentiment, la pose, le caractère, donnés à chaque espèce, par l’habile artiste, se retrouvent avec leur pureté dans les moulages de M. Dulfailly.
- La grande difficulté à surmonter par l’exposant, était de faire des moules en bon creux sur des sujets d’une délicatesse et d’une finesse telle, que les modèles de M. Mène, ses oiseaux surtout, en présentaient de fort grandes; elles ont été abordées et résolues victorieusement par M. Dufaiîly, à la grande satisfaction de M. Mène.
- Les sujets exposés par M. Dufaiîly auraient été d’une fragilité telle, que le plus petit choc les aurait brisés, si on n’avait pas introduit, lors du coulage, des armatures dans les membres des animaux. Ce moyen est, il est vrai, généralement employé dans les moulages ordinaires, mais il est infiniment plus difficile à mettre en œuvre dans cette collection, puisque les pattes des oiseaux.ne sont guère plus grosses que le fil de fer qu’il fallait y introduire.
- Nous avons voulu nous rendre compte des moyens employés pour obtenir la solidité désirable; nous avons fait couler devant
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- nous le groupe des deux levrettes, un des plus fragiles, et nous avons reconnu qu’au moyen de fil de fer très-fin et galvanisé, et très-ingénieusement introduit pendant le coulage on obtenait la solidité nécessaire pour dépouiller l’objet et le consolider.
- Sans doute nous admirons, dans celte belle collection, le beau talent de l’artiste, mais celui qui sait reproduire ses œuvres avec une rare fidélité et les mettre par là à la portée de toutes les bourses, rend aussi un service aux arts et à l’industrie.
- Le jury décerne à M. Dufailly une médaille de bronze.
- M. GUETROT, à Melle (Deux-Sèvres). Mentions
- ' ' honorables
- M. Guetrol présente, pour la première fois à l’exposition, une collection d’ornements et de bas-reliefs en plâtre, moulés par les moyens ordinaires ; il applique ces motifs dans les intérieurs, soit aux panneaux, soit aux plafonds, au moyen d’une vis assujettie à l’objet qu’il veut appliquer, et assez ingénieusement disposée; il peut, sans endommager les parties sur lesquelles il applique les sculptures, les changer autant de fois qu’il plaira de les renouveler; il peut même, à ce qu’il assure,.garnir de caissons un grand plafond et le changer à volonté; c’est sans doute ce qui a déterminé M. Gue-trot à nommer son industrie sculpture mobile. Ce moyen peut être avantageux aux personnes qui aiment à changer fréquemment l’or-neinentalion de leurs appartements.
- Nous avons remarqué quelques sujets en plâtre, passés à la stéarine, bien modelés. Le jury décerne à M. Guetrot une mention honorable.
- M. CHARDIN, mouleur en plâtre, rueTiron, n° 17, à Paris.
- M. Chardin présente à l'exposition, pour la première fois, sous le n° i4o5, une collection de sujets religieux coulés en plâtre aluné» par le procédé de la gélatine. Ces objets, sans atteindre la perfection, la variété et le fini des belles épreuves exposées par M. II. Vincent, ont cependant fixé l’attention du jury par la perfection apportée dans les moulages.
- Les modèles de cet exposant sont bien finis et bien artislement (ails; les épreuves sont d’une pureté remarquable, et nous laissent
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- l’espoir que M. Chardin se place, dès à présent, parmi les personnes qui doivent occuper un rang distingué dans cette industrie.
- Le jury donne à M. Chardin une mention honorable.
- M. DAUPHIN, rue de Bondy, n° 76, à Paris.
- L’industrie de M. Dauphin est tout à fait nouvelle; elle date de 1847; il fabrique des moulures sur bois au moyen d’une pâte composée par lui, pâte fort dure après la dessiccation et très-adhérente au bois. Il calibre, avec cette pâte, sur des bandes de sapin, les moulures qu’il veut obtenir, avec un outil à peu près fait comme les calibres dont se servent les maçons pour faire les corniches ; il colore ensuite ces moulures de façon à imiter les bois français et étrangers avec une vérité telle que l’imitation, après le vernis appliqué, est complète; ces moulures servent à encadrer les glaces, les miroirs, les panneaux, les papiers peints, etc.
- M. Dauphin ne se borne pas à imiter la couleur des bois ; il décore ses moulures avec des ornements faits avec celte même pâte, et qu’il obtient par le moulage ordinaire ; au moyen d’une colle composée, il applique ces ornements à ses moulures et vient encore par là rendre son industrie plus recherchée.
- M. Dauphin assure que les applications superposées sont très-solides et que déjà il a livré dans la capitale, comme en province, quantité de ses produits, qui, jusqu’à ce jour, n’ont éprouvé aucune détérioration.
- Le jury décerne, à M. Dauphin, une mention honorable.
- Madame veuve ROUVIER-PAILLARD, inventeur breveté, rue des Marais-Saint-Martin, n° 29 bis, à Paris.
- Une nouvelle industrie se présente à l’exposition,’ c’est celle de Mm* veuve Rouvier-Paillard. Nous n’avons pas à nous occuper de la découverte de cette dame au point de vue chimique ; elle ne veut pas communiquer son secret, qui consiste à produire, par la dissolution, une pâte faite avec des os et des déchets d’ivoire. Au moyen de cette pâte, cette exposante peut opérer des moulages en creux d’une grande dimension et les reproduire en relief avec cette même matière.
- Nous ne pouvons, ici, restreints dans les limites d’un rapport, entrer dans tous les détails cl les avanlages'signalés par M"1' Rouvier
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- en faveur de sa découverte ; nous nous bornerons à indiquer ce qui doit en résulter d’avantageux pour les arts et pour l’industrie.
- Le mode de moulage par la gélatine est connu depuis quelque temps; les premiers essais parurent en 1839. M. II. Viencent a le premier essayé cet ingénieux moyen; on doit à cet habile artiste tous les perfectionnements qu’on pouvait en espérer; mais, malgré tous les avantages qu’on a pu en tirer, ainsi que cela a été longuement signalé par le savant rapport de i844» on n’avait pu encore mouler de grands objets. Mn,e Rouvier établit, par le témoignage d’une commission scientifique, présidée par M. le duc de Luynes, qu’elle a obtenu, en présence de cette commission, par son procédé, le moulage cl’un bas-relief de 2 mètres de longueur sur un mètre de hauteur où se trouvent des figures presque en ronde-bosse ; elle a de même, avec l’autorisation de M. l’archevêque de Paris, moulé les sujets en bois sculptés, du chœur de Notre-Dame; c’est à son important procédé du moulage plastique que l’on devra la reproduction de ces chefs-d’œuvre.
- Les objets exposés par cette dame sont remarquables et viennent à l’appui de ce qu’elle avance dans l’exposé de ses moyens. Le jury lui décerne, pour cette belle découverte, qui peut porter un puissant secours aux arts, une mention honorable.
- S 4. CUIVRE ESTAMPÉ ET VERNI.
- M. Léon Feuchère, rapporteur.
- M, Léopold MÀRSAUX, rue de la Perle, n° i4, à Paris, Nouvelle
- médaille
- M. Marsaux, qui en i834 obtint une médaille d’argent et deux d’argent, rappels en 1839 et i844> est, par son exposition, encore,en progrès sur celle de i844. Il expose un assortiment bien entendu de nombreuses galeries de fenêtres, une carte de patères d’une grande variété et exécutées avec goût ; des palmeltes très-riches, des rosaces de toutes dimensions, très-refouillées et d’un bon style.
- Une des choses les plus intéressantes de son exposition, c’est une cheminée garnie d’ornements de choix; l’élégance s’allie à la recherche du dessin. Cet ensemble indique, de la part de M. Marsaux, une tendance remarquable vers les véritables exigences de l’art dans cette partie décorative, qui vient si souvent et à si bon marché en aide aux caprices du goût. Cette fabrication s’est non-
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- Rappels de médailles d’argent.
- Nouvelle médaille de bronze.
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- seulement soutenue avec avantage , mais encore est en voie de progrès sensibles. Le jury, heureux de le constater, décerne à M. Mar-saux une nouvelle médaille d’argent.
- M. FUGÈRE, rue Amelot, n° 82, à Paris.
- Outre une partie des objets déjà exposés en i844i M. Fugère expose des vases suspendus, établis en zinc, qui peuvent remplacer assez avantageusement ceux en terre cuite, des moulures et or. nements de marquises en cuivre qu’il substitue à la fonte. Ces articles présentent une notable économie ; enfin des échantillons de moulures en zinc, qui doivent offrir une diminution considérable sur celles en cuivre. Mais ces moulures, pour être employées dans les appartements ou salles de spectacle, doivent recevoir une préparation qui permette l’application du vernis.
- M. Fugère n’ayant pu encore nous fournir la réalisation complète du résultat qu’il désire atteindre, nous ne pouvons que l’encourager dans ses recherches. Du reste, cette fabrique est toujours remarquable et tend à progresser. Le jury accorde à M. Fugère le rappel de la médaille d’argent qui lui fut décernée en i844-
- Nicolas-Hippolyte LECOCQ, rue des Francs-Bourgeois, n° i4 (au Marais), à Paris,
- Expose une grande quantité d’objets variés destinés aux garnitures de croisées; des rosaces, des moulures-frises, corniches, plateaux, enfin toute la partie courante du cuivre estampé. Nous retrouvons toujours dans cette fabrication le même soin et le même goût qu’aux expositions précédentes. La jury rappelle à M. Lecocq la médaille d’argent obtenue déjà par lui.
- M. THOUMIN, rue Saint-Antoine, n° i65, à Paris.
- MM. Thoumin et Corbière, en i844, obtenaient pour leurs produits une médaille de bronze. M. Thoumin se présente seul, mais toujours avec cette importance qui mérita une récompense à cette habile fabrication. Une grande variété d’objets, qui sont du domaine du cuivre estampé, et qui s’adressent à la consommation journalière et facile, des galeries, rosaces-, rinceaux, moulures, patères, peuvent suffire largement aux besoins de ce commerce très-étendu.
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- Nous ne parlerons pas de quelques objets bien traités, mais qui figuraient déjà à la dernière exposition.
- Au reste, tous les ornements en cuivre estampé ou fondu, que nous avons remarqués, sout la preuve des progrès toujours soutenus qui conservent à M. Thoumin son rang parmi les plus habiles et les plus distingués, Le jury, pour récompenser le talent de ce fabricant, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. François Hector BORDEAUX, rue Saint-Sauveur, Rappels
- , _ . de médailles
- n 1 2 , a Fans. de bronze.
- M. Bordeaux, pour ajouter à la grande variété de cuivre estampé verni sous toutes formes, et qui s’étend à tous les objets relatifs à la tapisserie, expose de la sculpture sur bois dont il s’occupait spécialement avant d’entreprendre l’estampage du cuivre. Sa fabrication dénote toujours le talent qu’il a su apporter à chaque exposition. Le jury lui rappelle la médaille de bronze obtenue par lui en 1839.
- Mme BASNIER, impasse Saint-Laurent, n° 4, à. Belleville.
- Le jury rappelle avec éloges à madame Basnier la médaille de bronze obtenue par elle en i844- En effet, l’exposition de madame Basnier est remarquable par ses cuivres estampés, qui peuvent s’appeler de l’orfèvrerie à bon marché. Les crosses, reliquaires, ostensoirs et encensoirs, exécutés si bien et si légers, sont des produits qui enrichissent nos églises à des prix modiques. C’est principalement aux édifices religieux que s’adresse la fabrication si utile de madame Basnier.
- M. Félix GÉRARD-PINSONNIÈRE, rue Vivienne, n°2 4, à Paris.
- Cette maison, qui exposa en i834 et 1839, et obtint une médaille de bronze, se présente après une lacune de dix années. Des objets de diverse nature sont soumis au jury. Ainsi il a remarqué des baldaquins de lit fort riches, des galeries de croisées en bois sculpté et doré, de nombreux objets en cuivre estampé et fondu verni, tels que patères, rosaces, etc. Du reste, cette exposition justifie l’importance commerciale que représente le chiffre des affaires annuelles de cetle fabrication.
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- Médaille de bronze.
- Nouvelles
- mentions
- honorables.
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- Le jury accorde à M. Gérard-Plnsonnière le rappelde la médaille de bronze qu’il continue à mériter.
- M. DESJARDINS-LIEUX, passage Saint-Avoie, n° 4, à Paris.
- Sept moulons, un fort balancier, trois découpoirs, c’est avec ces outils que M. Desjardins-Lieux estampe de la bijouterie or et argent , du cuivre doré. La coutellerie, l’orfèvrerie s’adressent à lui. L’équipement militaire, pour ornements en cuivre de toutes sortes, trouve chez ce fabricant tous les détails qui lui sont nécessaires. M. Lieux est graveur-estampeur, il fait des modèles pour les nombreux détaillants pour lesquels il estampe.
- L’établissement de M. Desjardins-Lieux, que nous avons visité, est un des mieux outillés, et répond à tous les besoins qui se traduisent en cuivre et zinc estampés, tels que manches de couteau, corps de lampe. Des statuettes et des médaillons presque ronde-bosse sortent de ses mains très-bien confectionnés.
- M. Desjardins-Lieux est un industriel et un artiste très intelligent; c’est la première fois qu’il expose, mais il se présente en maître habile dans sa profession. Le jury, toujours satisfait de récompenser l’aptitude couronnée de bons résultats, décerne à M. Desjarclins-Lieux une médaille de bronze.
- M. BLÈVE, rue cle Bondy, n° 48, à Paris.
- Le jury décerne à -M. Blève une nouvelle mention honorable pour son exposition, toujours très-remarquable, d’objets estampés destinés à l’ornementation de lits, croisées, cadres de glaces et de tableaux.
- M. Louis Dominique MORA, rue Jean-Robert, n° 17, à Paris.
- M. Mora expose un grand nombre de petits objets en estampage, tels que pendules, petits vases ornés, des encriers, des coffrets à bijoux, enfin tous les petits bronzes estampés qui s’adressent à la consommation modeste. Le jury lui décerne une nouvelle mention honorable.
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- S 5. TOLES VERNIES.
- M. Léon Feuchère, rapporteur.
- MM. MIROY frères, rue d’Angoulême-du-Temple, n° 1 o, à Paris.
- Les frères Miroy se présentent sous trois formes. Le bronze, le zinc et la tôle vernie se groupent ensemble à leur exposition pour concourir chacun avec succès, et mettre en évidence la haute intelligence , la capacité et les efforts énormes de ces industriels.
- Depuis 1839, MM. Miroy se sont occupés avec un grand zèle de la fabrication en zinc des pendules, candélabres, vases, flambeaux, enfin de tout ce qui a rapport à l’ameublement, et ont réussi à amener peu à peu le zinc en état de rivalité souvent heureuse avec le bronze qu’ils exposent aussi.
- Plusieurs statuettes, pendules, etc., dont le placement est facile à l’étranger, sont remarquables par le fini et le soin qu’ils y apportent. La similitude avec le bronze, comme effet, est souvent d’un résultat complet ; le bon marché qui offre une différence de 4o p. 0/0, doit leur procurer un écoulement considérable.
- MM. Miroy exposent aussi des tôles vernies pour meubles en imitation de laques; ils fournissent presque tous les fabricants ; nous citerons, entre autres, M. Osmond et M. Pinard. MM. Miroy frères exposent en tôle vernie des échantillons très-variés; une grande quantité de plateaux, des porte-mouclieltes,. des porte - carafes, des fontaines et des corbeilles, se font remarquer aussi bien par leur forme heureuse que par la belle qualité du vernis qui en fait le principal mérite. Ce commerce de MM. Miroy frères, aux divers points de vue de son exposition,, est considérable et très-étendu.
- Le jury décerne à MM. Miroy frères un médaille d’argent.
- M. BENOIT-LANGLASSÉ, à Paris, rue de Paradis, n° 6 , (Marais).
- M. Benoît-Langlassé mérite à tous égards le rappel de là médaillé de bronze qui lui fut v.olée par le jury de i844 pour son vernis : ce vernis est le seul employé par tous les fabricants de cuivre estampé. M. Langlassé expose divers objets dont il est le fabricant et le propriétaire, dont le mérite principal est dû au bel effet de son vernis; ainsi nous avons remarqué des pendules, plusieurs lustres, des chandeliers d’église, des croix et ostensoirs, enfin des bronzes d’art.
- III. 2 5
- Médaille
- d’argent.
- Rappel de médaille de bronze.
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- Citation
- iavorataio.
- Rappels
- de
- médailles de bronze.
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- Le jury lui rappelle la médaille de bronze dont il se montre toujours digne.
- M. François PINARD, rue Nationale Saint-Honoré, n° 2 5, à Paris.
- Le jury le cite favorablement pour la variété de ses articles de fantaisie en tôle vernie, qui sont bien traités.
- S ô. STORES.
- M. Bougon, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les fabricants de stores, cette année, sont moins nombreux qu’en i844, et, il faut bien le reconnaître, l’exposition est loin de présenter l’ensemble et la variété que nous avions remarqué à la précédente exposition ; mais nous devons dire aussi à l’avantage des exposants que celte fois les artistes qui s’occupent de cette industrie ont mieux compris les observations bienveillantes exprimées dans le rapport de i844, et si les produits sont moins considérables, ils se recommandent par l’observation du style et du bon goût.
- Le luxe qui s’est propagé en France a donné à cette industrie plus d’extension qu’elle n’en avait; mais c’est surtout en Italie, en Espagne et en Orient que l’usage des stores est généralement adopté.
- La spécialité du store est, avant tout, de reposer la vue, de laisser traverser la lumière et d’offrir de gracieuses peintures. Les personnes qui s’occupent de cette industrie doivent comprendre les avantages qu’ils peuvent obtenir en restant dans ces heureuses conditions. Les peintres de ce genre trouveront toujours le jury disposé à encourager un art qui, au point de vue de l’exportation, peut devenir tout à la fois d’un intérêt national et particulier.
- M. GIRARD, fabricant de stores, rue Saint-Martin, 2 54, à Paris.
- En i844* M. Girard avait obtenu un succès justement mérité.
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- Cet artiste se présente de nouveau-. Les stores quil soumet à l’appréciation du jury nous laissent la certitude qu’il s’est maintenu à la hauteur de sa réputation.
- Comme à la dernière exposition, M. Girard présente un intérieur d’église (Palerme). Ce store est d’un heureux effet : l’architecture du monument est fort belle et d’une admirable ornementation, la perspective est bien observée, les figures sont bien dessinées et fort bien groupées. Cet intérieur, d’un joli coloris, est digne de fixer l’attention du jury.
- Un grand panneau où sont des groupes de fleurs placées dans un encadrement de volubulis; ces derniers, d’un ton très-doux, laissent au tableau toute sa valeur. Les stores de ce fabricant sont dignes de figurer à l’exposition.
- L’établissement de M. Girard est important : il occupe 15 artistes et ouvriers; il fait 80,000 francs d’affaires.
- Le jury rappelle à M. Girard la médaille de bronze qu’il avait obtenu en i844-
- M. HATTAT, fabricant de stores, rue Richelieu, n° 81 , à Paris.
- Le principal sujet de cet exposant est un grand store représentant l’Education de la Vierge, par sainte Anne. La Vierge est bien posée et bien dessinée, mais on souhaiterait plus d’expression dans la figure; la personne de sainte Anne est largement touchée, la figure ne manque pas d’expression. Ce tableau, d’une assez grande dimension, est d’un vigoureux coloris et d’un ensemble très-satisfaisant.
- Des stores, représentant des arabesques, des oiseaux et des fleurs, sont de gracieuses et séduisantes compositions. Elles prouvent que M. Hattat est toujours digne de la médaille de bronze qu’il a obtenu en i844, et que le jury lui rappelle.
- M. BACH-PÉRÈS, fabricant de stores, rue du Fàubourg-Saint-Denis, n° 99, à Paris.
- Ce fabricant, comme en i844t a exposé plusieurs stores artiste-: ment touchés. Les oiseaux et les fleurs sont plus particulièrement l’objet de son exposition. Les fleurs sont bien groupées et d’une
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- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
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- fraîcheur remarquable; les oiseaux sont gracieusement posés et d’un joli coloris.
- Un paysage avec plantes et oiseaux exotiques; un grand store avec un bouquet de fleurs encadré dans un fond vert moiré, complète cette remarquable exposition.
- Le jury rappelle à M. Bach-Pérès la médaille de bronze qu’il avait justement méritée dès i844-
- M. SAVARY, fabricant de stores, rue du Roule, n° 5, à Paris.
- Parmi les compositions exposées par M. Savary, nous signalons, comme œuvre importante, un sujet tiré de l’Histoire Sainte, représentant la Visitation. Ce tableau, d’une grande dimension, est largement touché et d’un bel effet de couleur : il est aussi bien composé; c’est, sans contredit, la composition la plus importante des œuvres de ce genre figurant à l’exposition.
- Nous voyons encore figurer à l’exposition de M. Savary un paysage à effet, représentant un torrent jaillissant qui s’échappe à travers des roches; deux panneaux de style gothique et renaissance encadrés avec goût, c!es fleurs fort bien coloriées, complètent cette remarquable exposition.
- Nous avons pris connaissance des prix de M. Savary; nous constatons qu’ils sont dans des conditions favorables aux acquéreurs. Ce fabricant avait obtenu, en 1839, une citation favorable; en i844, il eut une mention honorable.
- Le jury, pour reconnaître les progrès faits par M. Savary, lui décerne la médaille de bronze.
- M. GILBERT, fabricant de stores, rue du Bac, n° 63, à Paris.
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- L’exposition de M. Gilbert est une des plus considérables. Un assortiment de transparents faits surjaconas et mousseline présentent une variété de,sujets divers et généralement bien traités.
- Le plus important de ces sujets est un tableau destiné pour église, représentant trois figures allégoriques encadrées dans des ornements gothiques; sous chacune de ces trois figures, trois cartels avec.des personnages occupés à,cultiver la. vigne du Seigneur. Ce tableau, ingénieusement composé, n’est pas sans mérite.
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- Ce fabricant, qui se présente pour la première fois, aborde tous les genres ; des fleurs, des oiseaux, des paysages, sont remarquables pour la diversité des sujets et la variété des couleurs.
- Le jury décerne à M. Gilbert une mention honorable..
- M. AUDRY, rue Bellefonds, n° 38, à Paris. Rappel
- de citatioi
- Cet exposant, bien que convoqué deux fois, n’a pas paru. Son favorable exposition n’en a pas moins été examinée avec attention. Un sujet pastoral d’après Vatteau, des fleurs, des arabesques, composent l’exposition de M. Audry. Ces produits sont, en général, assez bien dessinés ; mais la couleur n’a pas l’éclat et la fraîcheur que nous voudrions y rencontrer.
- Le jury rappelle à M. Audry la citation favorable qu’il a obtenue en i84/i.
- S 7. ÉVENTAILS ET ÉCRANS A MAIN.
- M. Natalis Rondot, rapporteur..
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La fabrication de l’éventail est une industrie si complexe, que l’on ne sait vraiment où elle commence, où elle finit, et elle présente ce fait étrange que l’éventailliste proprement dit est, de tous les fabricants par les mains desquels passe l’éventail, celui qui y travaille lè moins, et cependant celui dont l’intervention est la plus utile. Cette singularité se remarque dans d’autres industries, elle devait être signalée, et nous l’expliquerons.
- Disons d’abord où et comment se foDt les éventails 1.
- La monture de l’éventail s’appelle le pied ou le bois, quelle que soit la matière qui la compose ; pour faire ce pied, on commence par scier ou débiter dans un morceau de bois, d’ivoire, de nacre ou d’os, les brins qui forment là gorge et les
- 1 Nous devons une partie de ces renseignements sur la fabrication à l'obligeance dé M. Duvelleroy, l’un de nos premiers éventaillistes.
- (Note di1 rapporteur.)
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- deux longues branches extérieures destinées à protéger la feuille, l’éventail étant fermé, et que l’on nomme les panaches. Des mains du débiteur, les brins et les panaches passent dans celles du façonneur, qui donne au bois, avec la lime, la façon et la forme convenues. Ainsi préparé, le bois arrive successivement au polisseur, au découpeur, qui évide et taille à jour les brins, au graveur, au sculpteur, au doreur, au poseur de paillettes en or, en argent, en acier, etc. Le pied est alors terminé; il est envoyé à la fabrique sur les dessins de laquelle cette première série de travaux a été effectuée, et la tête y reçoit la rivure, c’est-à-dire le clou avec les deux petits yeux qui réunit les brins et les panaches. Cette rivure est ornée parfois d’une pierre fine.
- La feuille est l’autre partie non moins essentielle de î’éven-. tail. Quelquefois simple, plus souvent double, elle est faite ordinairement en papier doublé de cabretille, soit en parchemin, en canepin, en papier peint, en satin ou en gaze de soie. Un dessinateur compose le sujet, que l’on fait graver ou lithographie!', et que l’on remet ensuite à la coloriste. Les feuilles des éventails riches sont peintes à la gouache sur vélin, et ce . travail, exécuté habituellement par des artistes connus sous le nom de feuillistes, est confié, pour les pièces de prix, à des peintres de talent: Boucher et Watteau, Camille Roqueplan, Gavarni, Clément Boulanger et Dupré ont signé des éventails.
- La feuille étant prête, est plissée dans un moule de papier fort, puis fixée sur la monture; elle est rendue adhérente au pied par les bouts, lamelles minces et flexibles qui sont le prolongement des brins, et sur lesquels une face de la double feuille est collée. On dessine alors au pinceau avec un mordant, puis on dore à l’or fin la bordure, qui, dans les éventails communs, est imprimée aftssi au mordant et dorée en faux. Le décorateur complète l’enjolivement de la feuille, du pied et des panaches par des ornements en or, en bronze, en couleur, etc. Enfin, une ouvrière fait la visiteelle est chargée de donner la dernièrè façon à l’éventail, d’y poser les glands, les houppes, d’assortir les étuis, etc., etc,
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- Ainsi l’éventail n’occupe pas moins de 18 ouvriers; il y a peu d’objets qui soient le produit d’une telle division de travail. En résumé, la fabrication se divise en trois séries :
- i° Travail du lois, qui est ouvré et orné par le débiteur, le façonneur, le polisseur, le découpeur, le graveur ou le sculpteur, le doreur, le pailleteur, le riveur, et quelquefois le bijoutier pour sertir la pierre de la rivure,
- 2° Travail de la feuille, qui réclame le dessinateur, l’imprimeur, la colleuse, la coloriste et le peintre.
- 3° Travail d’ensemble, auquel sont employés la monteuse, le borduriste, la bordeuse et la visiteuse.
- Le lois est fabriqué dans les communes d’Andeville, du Déluge, de la Boissière, de Gorbeil-Cerf et de Sainte-Geneviève. Parmi la population de tabletiers qui peuple ce pays, situé entre Méru et Beauvais, dans le département de l’Oise, 2,000 ouvriers environ, hommes, femmes et ejnfants, sont occupés par l’industrie de l’éventail. L’alisier, le prunier, l’ébène, le sandal et le citronnier, l’os, l’écaille, l’ivoire et la nacre, telles sont les matières qu’ils façonnent. Tous sont des paysans qui, sans principes de dessin, gravent, sculptent et dorent avec une hardiesse et une habileté singulière. Au moyen de petites scies faites par eux-mêmes avec des ressorts de montre, ils découpent ces dentelles fines et variées qui donnent aux brins tant de légèreté. Bons ornemanistes, ils excellent dans la marqueterie, l’incrustation et la sculpture des fleurs.
- L’impression ou la peinture de la feuille, la monture et le finissage de leventail se font à Paris ; ces deux dernières opérations ont lieu ordinairement chez l’éventailliste, et ceci nous ramène à notre point de départ, à expliquer quelle part il prend à la fabrication. Disons auparavant que presque tous les ouvriers occupés à l’une ou àé’autre des branches spéciales de cette industrie travaillent à leurs pièces, chez eux, et souvent même en famille, c’est-à-dire, aidés par leurs femmes et leurs enfants.
- L’éventailliste concentre en ses mains l’ensemble des façons ; il réunit en un faisceau tous ces éléments isolés. C’est lui qui
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- guide le paysan de l’Oise et lui fournit le modèle, qui modifie son goût et son travail suivant les variations de la mode; c’est encore lui qui inspire et conseille le feuilliste , corrige son dessin, y assortit les ornements des brins et des panaches, qui dirige et perfectionne la monture, qui combine toutes les diverses façons, de manière à obtenir au meilleur marché possible un produit original et bien fait.
- L’éventailliste, bien que souvent il n’ait chez lui qu’un petit nombre d’ouvriers, et qu’il ne fabrique rien de toutes pièces, n’en est pas moins un industriel digne d’encouragements et de récompenses, au même titre que l’éditeur et que bien des fabricants éminents qui sont des chefs d’industrie sans être des chefs d’atelier»
- La fabrication de l’éventail a été perfectionnée en France dans ces dernières années; elle est aujourd’hui arrivée à une beauté d’exécution telle, que les imitations des éventails des xvn® et xviii® siècles sont souvent préférées aux originaux, que l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne et ses colonies, le Portugal et l’Amérique du Sud recherchent nos éventails de tout genre, et nous en achètent pour quatre ou cinq millions de francs environ.
- La fabrication chinoise est toutefois encore supérieure : quoiqu’on ait dit,.et malgré tous les efforts, les éventaillistes cantonnais n’ont pas, à prix égal, de rivaux pour la sculpture, la gravure ou la découpure des bois en nacre, en ivoire, en os, pour la pureté et l’éclat de leur laque, la finesse et l’élégance de leurs décors. Verve et originalité de dessin, vivacité de couleur, correction et solidité de travail, hardiesse de pinceau, perfection d’ajustement; on trouve ces mérites réunis jusque dans les éventails les plus communs, nous serions plus vrai en disant les moins chers. Il est impossible de comparer les éventails de quinze centimes de Paris avec ceux de Canton1.
- 1 On peut consulter, sur les éventails et les écrans chinois, notre Étude pratique du commerce d'exportation de la Chine, page 91. (Guillaumin,
- i848.J ' • '
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- Il est juste de dire que nous n’avons ni bambou, papiers, laque, ivoire, soieries, aussi convenables pour cet emploi et à si bas prix, ni artistes et artisans laborieux et habiles à 2 fr. 5ocent. par jour, et que les nôtres n’ont pas la même sûreté et la même dextérité de main.
- C’est encore faire l’éloge des éventaillistes parisiens que de les placer après leurs confrères cantonais, et de dire que dans les Indes orientales ils essayent de lutter contre la concurrence de ceux-ci. Avoir engagé cette lutte en Malaisie et dans les présidencesde l’Inde, la soutenir victorieusement pour le prix et le goût en Amérique, dans les Etats du Sud et les colonies espagnoles contre les produits chinois qui y abondent, est un mérite d’autant plus grand que les rivaux sont plus intelligents et plus habiles.
- On comptait à Paris, en 1750, cent cinquante maîtres éventaillistes1; il n’y en avait plus, en 1827, que le dixième; depuis lors, leur nombre s’est encore réduit, mais le chiffre de leurs affaires a augmenté considérablement; 4rois ont exposé en 1827.
- La situation de l’industrie des éventails à Paris, en 1827, a été exposée avec assez d’exactitude dans les Recherches statistiques sur la ville de Paris et le département de la Seine, 1829 (tableau n° 118); en voici les faits principaux :
- Les quinze fabricants de Paris, en 1827, faisaient travailler, dans le département de l’Oise, 1,200 ouvriers, et à Paris, 1,010 ouvriers (344 hommes, 5oo femmes et 166 enfants), ainsi divisés :
- 1 Voici ce que nous trouvons dans une lettre adressée au Ministre de l'intérieur parla chambre de commerce de Paris, le 28 mars 1807 :
- «Il y avait à peu près à Paris cinquante fabricants d’éventails avant la Révolution, qui occupaient ensemble, soit dans leurs ateliers, soit en chambre, deux mille ouvriers et quatre mille ouvrières de tout âge.
- «Depuis la Révolution, il s’est créé trois à quatre cents éventaillistes, dont les deux'tiers ont été culbutés, surtout depuis que les femmes ont substitué le ridicule à l’éventail. »
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- Peinlres en figures......
- Id......en fleurs........
- Monteurs et monteuses...
- Riveurs..................
- Enjoliveurs..............
- Découpeurs. .............
- Borduristes..............
- Feuillistes..............
- Enlumineurs..............
- Imprimeurs...............
- Colleurs.................
- Vernisseurs..............
- Bijoutiers...............
- Empaqueteurs et visiteuses
- 21 27 3oo
- 24
- 1 2 3-i
- a3o
- 25 u4o
- 2 1 18 10
- 8
- 42
- 1010
- Dans la valeur clu produit, la matière première entre pour 21 pour 100, et la façon pour 79 pour 100. Ainsi, en 1827, celle-là représentait une valeur de 186,000 francs, dont 5o,ooo francs en os, ivoire, écaille et corne; 29,000 francs en bois exotiques et indigènes, 25,000 francs en papier, 20,000 francs en peaux d’Italie, 3o,ooo francs en or et argent, etc.; la main-d’œuvre s’élevait, pour les 2,210 ouvriers, à 684,390 francs. Enfin, les éventails fabriqués en 1827 étaient estimés à 1,013,000 francs, dont le dixième seulement était présumé se vendre en France. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque l’entrée des éventails était prohibée en Espagne,- dans les possessions autrichiennes, en Italie, et que l’exportation en était arrêtée par les guerres intestines des Etats de l’Amérique du Sud.
- Il y a aujourd’hui, tant fabricants que façonniers, environ cent éventaillistes, dont la production annuelle est de 2,5oo,ooo francs, et qui ne font travailler, à Paris seulement, que 5oo ouvriers, hommes, femmes et enfants.
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- M. DUVELLEROY, passage des Panoramas, n° 17, à Paris.
- M. Duvelleroy a substitué au débitage à la main du bois d’éventail le sciage mécanique; au découpage à la scie, l’emporte-pièce; au travail de la lime pour façonner les brins et les panaches, le balancier; au décor à la main, les impressions litliochromiques ; à la ciselure, l’estampage, etc. Ces applications à l’industrie de l’éven-lail de procédés sanctionnés par l’expérience ont assuré une économie précieuse de matière, de temps et de main-d’œuvre.
- Les bois débités, façonnés et découpés à la mécanique, les feuilles décorées également à la mécanique, sont tous d’une exécution très-satisfaisante, tous d’un prix avantageux. M. Duvelleroy fait imprimer en couleur non-seulement les dessins de la feuille, mais ceux destinés à recouvrir les brins et les panaches, et, dans ce but, collés sur feuillets de bois ou de carton et découpés au balancier. Ces lithographies, fond or ou bleu d’outremer, sont en général d’un bon style, d’un coloris éclatant et varié.
- Le jury ne pouvait apprécier à sa valeur la fabrication de M. Duvelleroy d’après les éventails de luxe qui étaient exposés; il a rendu justice à la distinction des modèles, au mérite de la peinture, au soin qui apparaît jusque dans les détails. Nous avons voulu juger par l’ensemble de la production les avantages des améliorations qui nous étaient signalées. Une collection de plus de trois cents dessins, des essais de composition et de moulage pour faire et décorer les panaches, des brins en carton, bois, haliolide, écaille, découpés au balancier avec précision, une curieuse variété de modèles, des éventails depuis 6 francs la grosse (4 centimes la pièce) ; un choix des genres à 5 centimes et demi, à 25 centimes, à 2 fr. 5ocent. et 4fr. 5o cent, en os, à 4 francs en laque, à 12 francs en nacre, à 18 francs en os, plumes et or, à 20 francs, en nacre et or avec double miroir, etc., qui sont les plus demandés à l’étranger : toutes ces preuves nous ont convaincu que M. Duvelleroy n’est pas resté au-dessous de son expérience et de sa réputation. L’importance de sa maison a augmenté : environ 35o,ooo francs d’alfaires, dont les sept dixièmes pour l’exportation ; 200 ouvriers , hommes , femmes, enfants, employés tant à Paris que dans l’Oise, en témoignent.
- Nous ne ferons pas à M. Duvelleroy un reproche du singulier
- Médaille
- d’argent.
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- goût de quelques modèles, des vieilles gravures de la Restauration, des enluminures éclatantes ou des assez mauvaises lithographies politiques que l’on trouve sur plusieurs feuilles : tout cela a le grand mérite de convenir, les unes à la consommation américaine, les autres à la vente populaire. Il a été vendu, par exemple, à Paris, i3,ooo, et à Londres près de 4i000 de ces éventails à 5o centimes, dont la feuille offrait les portraits des membres du Gouvernement provisoire. Edités dans les premiers jours de mars i848, ils ont occupé, durant une partie de nos agitations révolutionnaires, les ouvriers de M. Duvelleroy. Parmi les autres éventails de circonstance, nous citerons la feuille dite de la Reine d’Espagne, dont il a été commissionné 200 douzaines pour Saint-Thomas.
- Le jury central décerne à M. Duvelleroy une médaille d’argent.
- Médailles de bronze.
- Mmo veuve Isidore DUPRÉ et M. AUBÉRY, boulevard Saint-Denis, n° 22 bis, à Paris.
- Mmo veuve Isidore Dupré et M. Auhéry soutiennent dignement la réputation de Mmo Isidore Dupré, à laquelle le jury a accordé en i844 une médaille de bronze : ils font avec un égal succès tous les genres de bois et de feuilles; brisés ou non, leurs éventails se font remarquer par le fini du travail et de la peinture. Les belles pièces de luxe exposées ne pouvaient nous suffire pour juger la fabrication de cette maison, et nous avons dû examiner les produits qu’elle exporte clans les états du sud de l’Europe et de l’Amérique.
- "Mme veuve Isidore Dupré et M. Aubéry ont soin de se conformer aux goûts, aux idées, aux modes des pays auxquels ils expédient; celte intelligente prévenance explique l’étrangeté des modèles et clés décors. Les prix de 7 à 27 francs la grosse (de 5 à 18 centimes pièce), de 5 à 45 francs la douzaine, de i5 à 55 francs la pièce, indiquent sur quelles conditions a porté notre attention ; nous avons trouvé l’exécution satisfaisante et bien entendue. Le jeu de quelques éventails était affaibli par des bouts trop courts pour la hauteur de la feuille ou gêné par une rivure un peu serrée.
- Mmo veuve Isidore Dupré et M. Aubéry se présentent pour la première fois à l’Exposition sous cette raison sociale.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
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- M. Félix ALEXANDRE, rue Saint-Honoré, n° 4o, à Paris.
- M. Alexandre est à la fois dessinateur sur canevas, feuilliste et évenlailliste.
- Comme dessinateur pour tapisserie à l’aiguille, il a présenté deux grands bouquets de fleurs d’un beau style; il y a, dans le jeté, de la vivacité et de la hardiesse, dans la forme et le nué, une grande vérité. Iris, jacinthes, convolvulus, tulipes, œillets, lilas, sont traités avec bonheur. Deux tapisseries exposées ont prouvé qu’il est possible d’exécuter à l’aiguille et les dessins et la gamme d’ombrés qui les anime. Elles reproduisaient avec fidélité deux éludes de fleurs d’après Van Spaendonck. L’appréciation du mérite de M. Alexandre, comme dessinateur, appartient à la sous-commission des dessins de fabrique; nous ne nous arrêterons donc pas plus longtemps sur cette première partie de son exposition.
- M. Alexandre a succédé à M. Desrochers; celui-ci, éventaillisle habile, s’était attaché à imiter, avec l’exactitude la plus minutieuse, les éventails desxvn* et xvme siècles, et, après de laborieux essais, il a réussi à produire des copies quelquefois confondues avec les originaux. Sur la plupart des feuilles, on retrouve la mignardise et la grâce de la peinture des feuillistes contemporains de Boucher et de Watteau; les bordures sont ornées de roses, de véroniques, de bluets, délicieusement enlacés par de légers rinceaux dorés. Le travail délicat des brins et des panaches est digne d’être signé par les maîtres éventaillistes du xvne siècle. Ces éventails sont des œuvres d’art bien étudiées, et ont un cachet de distinction qui explique leur vogue. Le prix en est, on le conçoit, en général assez élevé : il varie de 35 à 600 francs; dans ceux dont la valeur ne dépasse pas 100 francs, la feuille est ordinairement peinte sur un fond lithographié.
- La révolution de février a considérablement réduit l’importance de la maison Alexandre, qui occupait en atelier, avant i848, deux imprimeurs, six peintres, deux monteurs et deux doreurs. Elle n’a pas abandonné la spécialité des éventails de luxe, dans laquelle elle fait toujours preuve d’habileté.
- Le jury central décerne à M. Félix Alexandre, pour l’ensemble de ses produits, une médaille de bronze. J
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- Citations
- favorables.
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- M'1' Pauline CHÉRADAME, rue Roehechouart, n° 12, à Paris.
- Mn° Chéradame est une ouvrière fleuriste, élève de M. Constantin, qui a eu l’idée d’appliquer des fleurs artificielles sur l’une des faces d’un éventail, d’articuler la monture de celui-ci de manière à pouvoir le transformer en bouquet. Cet éventail est une élégante fantaisie, qui aura peut-être à l’étranger un petit succès de nouveauté.
- Le jury accorde à M1U Chéradame une citation favorable.
- M,Ios de BEMY, rue Phélipeaux, n° 5 bis.
- MUes de Bémy ont cherché à imiter les écrans à main de Sou-tchou, brodés en soie et peints sans envers, et ceux de Canton, peints sur brins de bambou; elles ont produit des ouvrages élégants et d’un joli travail, mais sans atteindre à l’originalité, à la netteté et au bon marché des modèles chinois (à Chang-haï, un écran brodé et peint coûte 76 centimes, avec monture en bois laqué et long gland de soie). Quelques autres écrans de fantaisie peuvent convenir pour l’exportation et prouvent l’habileté de M11'5 de Bémy dans cette petite fabrication.
- Le jury leur accorde une citation favorable.
- § 8. IMITATION DES BOIS ET MARBRES PAR LA PEINTURE.
- M. Léon Feuchère, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Malgré tout le mérite que peuvent avoir les imitations, sous le rapport du trompe-l’œil, il est incontestable qu’à l’exception de l’intérêt que peut offrir à l’amateur l’imitation parfaite de la nature, son but est complètement manqué si à ces conditions , plus ou moins intéressantes de l’art, ne viennent se joindre, pour plus grand intérêt, le bon marché ou tout au moins une sensible et imposante différence entre le prix de cette imitation et l’emploi des bois naturels. Ce n’est donc qu’à cette dernière condition que les imitations peuvent faire
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- partie des intérêts exigés par l’industrie. Le jury a donc dû se préoccuper, en première ligne, des prix qui pussent donner à cette industrie le droit inhérent à tout échange commercial, c’est à-dire les prix de vente possible. Ces conditions, obtenues par des renseignements sûrs, permettront au jury d’admettre au droit de récompense les exposants qui suivent.
- M. Louis-Antoine FOULLEY, rue de Charonne, n° 5i, à Paris,
- Expose un tableau d’échantillons de bois et de marbres disposés de manière à former, par ses compartiments variés, une très-belle mosaïque; des encadrements et fdets divisent les diverses natures de bois et de marbre qu’il représente. L’imitation de chacune de ces variétés est parfaite. L’observation la plus minutieuse de tous les accidents qu’offrent ces natures si multipliées, est poussée à un tel point qu’il est difficile, si ce n’est impossible, de déterminer la limite de l’art et de la nature.
- Le jury, voulant récompenser cette sorte de talent, qui trouve si fréquemment son application, décerne à M. Foulley la médaille de bronze.
- M. GERSIN, me du Faubourg-Saint-Antoine, n° 3, à Paris.
- Quoique cet exposant présente moins de variétés de bois, cependant nous devons dire que, dans la porte à deux venteaux, offerte à notre examen, le mariage des bois de rose, palissandre et chêne est non-seulement d’un effet heureux, mais que leur exécution est poussée à un tel point de perfection qu’il faut voir de près et toucher pour ne pas croire à des bois naturels.
- Le jury donne à M. Gersin une mention honorable.
- M. LESIEUR, rue d’Aboukir, n° 23, à Paris,
- Est cité favorablement pour ses modèles d’enseignes.
- M. WATTRAU-MAYER, de Lyon (Rhône),
- , i.
- Est cité favorablement pour ses tables en imitation de mosaïque.
- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
- Citations
- favorables.
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- Médailles de bronze.
- S 9. DORURE SUR BOIS ET SUR ÉTOFFE.
- M. Léon Feuchère, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Comme il y a cinq ans, les procédés de dorure n’ont pas varié : comme il y a cinq ans aussi, la dorure offre Toutes les garanties de bonne exécution qu’il est permis de désirer-, aussi le jury se plaît-il à citer avec éloge ceux qui ne reculent pas devant les bonnes traditions, à celte époque, surtout, où bien des acheteurs préfèrent l’aspect de la chose à la chose elle-même.
- M. Pierre-Prosper SOUTY, à Paris, rue du Louvre, n° 18.
- La maison Souty, connue de père en fils depuis 1802, époque de sa fondation, et récompensée en i844 par une mention honorable, a joint depuis, à son établissement de dorure, un atelier de sculpture et de carton-pierre.
- Les objets que M. Souty soumet au jury justifient par le talent et l’intelligence qui ont présidé à leur exécution, le parti que cet industriel actif a adopté. Par là M. Souty a vu sensiblement augmenter son chiffre d’affaires, qui, vu la bonne qualité de sa dorure, sont presque toutes pour l’intérieur.
- L’exportation dans celle maison ne compte que pour un sixième.
- La réputation justement méritée que M. Souty s’est acquise, le jury est heureux de la constater de nouveau en lui décernant une médaille de bronze.
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- M. Jean-Auguste LAJOIE, rue de Charonne, n° 47, à Paris.
- Pour la décoration d’un appartement riche, on procède habituellement par la pose de baguettes, bordures, enfin panneaux avec leqrs ornements, qu’on livre ensuite au doreur. Cette façon, qui est celle ordinaire entraîne souvent des lenteurs qu’il est facile de comprendre.
- Pour obvier à ces inconvénients si fréquents, M. Lajoie a fondé, depuis 183g, un établissement important où se confectionne à l’avance, tout dorés, des ornements, panneaux, bordures, écoinçons, qu’il peut'meltre en place en très-peu de temps. Pour une fête im-
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- provisée, quelques heures suffisent pour réaliser avec succès la décoration la plus somptueuse et la plus recherchée.
- Quelques échantillons habilement traités et solidement dorés nous ont complètement édifiés sur les moyens ingénieux que M. Lajoie met au service du consommateur impatient.
- Le jury décerne à M. A. Lajoie la médaille de bronze.
- M. Pierre-Alexandre ED AN, à Paris, rue d’Angervilliers, n° 10.
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- Etabli depuis 25 ans, outre 3a dourure sur cadres, entreprend avantageusement la dorure en bâtiment. Ses procédés sont ceux connus, mais ce qui se remarque dans les travaux de M. Edan, c’est la conscience et le soin avec lesquels ils sont constamment exécutés.
- Uue console très-riche d’ornementation en bois sculpté, et deux cadres, dont un d’une grande dimension et orné de pâtes très-re-fouillées, sont des échantillons importants où se trouvent réunies toutes les difficultés qu’entraîne la dorure faite avec intelligence et solidité.
- Le jury accorde à cet habile doreur une mention honorable.
- M. Louis-Édouard MULLER, quai Saint-Michel, n° 21, à Paris,
- Expose un grand assortiment de portefeuilles enrichis de dorures, des buvards en peau et velours, des étuis à cigares, avec mosaïque en relief, des couvertures de livres, soit en cuir, soit en étoffes. Tous ces objets sont ornés plus ou moins richement de dessins dorés.
- L’ensemble cleces produits, traité également avec beaucoup d’intelligence offre un résultat avantageux aux reliures riches et procure à son auteur une vente importante.
- Le jury donne à M. Muller une mention honorable.
- M. BOURSIER, à Caen (Calvados),
- Le jury cite favorablement M. Boursier pour ses reparures faites aux cadres anciens, travail qui est d’un grand intérêt.
- M. Jean-François RONSEN, rue Ménilmontant, n° y,.à Paris, Pour sa dorure en faux qui imite si bien la dorure en fin ,, le jury donne une citation favorable à M. Ronscn,
- JW,
- Mentions
- honorables.
- Citations
- favorables.
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- Mention
- honorable.
- Médaille
- d’argent.
- S 10. MACHINERIE DE THEATRE.
- M. Léon Feuchhre, rapporteur.
- M. Philippe-Auguste SANREY, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, n° 18.
- M. Sanrey, machiniste, déjà cité favorablement en i844. s’occupe spécialement de machinerie de théâtres , mais de théâtres destinés aux jouissances de l’enfance. Par des changements à vue et réellement féériques, il sait les rendre intéressants même pour ceux qui déjà ont dépassé de beaucoup les limites de la jeunesse.
- D’ailleurs, quel père ou plutôt quelle mère de famille n’aura pas une reconnaissance profonde pour celui qui, par une heureuse combinaison, procure aux enfants l’attrait des jeux tranquilles.
- Au reste le système de M. Sanrey peut s’appliquer à une théâtre déjà d’une échelle assez grande, par exemple, à un théâtre de société.
- Le jury décerne à M. Sanrey une mention honorable.
- 8 11. CONSTRUCTIONS ET MODÈLES, PLANS EN RELIEF.
- M. Léon Feuchère, rapporteur.
- ASSOCIATION DES OUVRIERS CHARPENTIERS, à la Villette, rue d’Allemagne, n° 5i.
- Tout le monde sait que cette association est une des plus anciennes et des plus recommandables.
- D’usage immémorial ces corporations établissent ce qu’on appelle le chef-d’œuvre, auquel chacun des compagnons coopère, ou tout au moins le grand nombre.
- Quand un compagnon manque d’ouvrage, il.se rend chez la mère, qui toujours est un marchand de vins. Là réside le chef-d’œuvre.
- *L’ association doit, pendant 3. ou 4 jours, temps jugé nécessaire au compagnon, asile et nourtiture; en échange de cette hospitalité vraiment fraternelle, celui-ci paye son tribut à l’association en tra-vailant au chef-d’œuvre, qui est confié à la sollicitude de la mère.
- C’est donc à cette institution si belle et si noble que nous devons d’avoir pu admirer à l’exposition :
- i° Un modèle excessivement précieux et par son travail et par le
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- souvenir qu’il entraîne avec lui, c’est le modèle de la charpente si ancienne de la cathédrale de Paris, qui date du xm° siècle et qui, du reste, s’est conservée jusqu’à nos jours, moins la partie supérieure de la flèche.
- 11 n’existe dans cette charpente aucune partie en fer, ni boulons, ni plates-bandes, et pour réunir les diverses pièces on a employé simplement de longues clefs en bois retenues par des contre-clefs.
- 2° Un baldaquin ou dôme dans lequel on peut remarquer toutes les difficultés de la charpente résolues avec un art qui fait de nos charpentiers français les plus habiles entre tous.
- Le jury, heureux d’applaudir à ces grandes solidarités du mérite et de l’intelligence, félicite hautement les compagnons charpentiers pour les beaux résultats qui incontestablement justifient le titre de chef-d’œuvre, et décerne à l’Association de la Villelte la médaille d’argent.
- M. Louis GALOUZEAU DE VILLEPIN, à Paris, rue de l’Ouest, n° 48.
- Ce que le talent manuel et la patience peuvent créer se résume de suite dans l'admirable travail que présente à l’exposition M. Ga-louzeau de Villepin. Tout le monde a vu avec surprise ce plan en relief, image fidèle de Notre-Dame de Paris, exécuté en plâtre au i44°, et composé de 1,080 pièces rapportées.
- Le scrupule le plus ingénieux dans les détails comme dans l’ensemble se fait admirer pour l’intérieur comme pour l’extérieur de ce précieux portrait.
- On ne peut considérer ce magnifique morceau que comme un objet d’art , ou tout au moins le .classer parmi la haute curiosité.
- Il est regrettable que le prix d’un pareil travail en rende l’acquisition difficile, car un musée ne rougirait pas, d’admettre dans son sein un résultat aussi intéressant.
- Le jury accorde à M. Galouzeau de Villepin une médaille de bronze.
- M. Victor MASSE, à Paris, rue du Petit-Bourbon-Saint-. Sulpice, n° 7.
- Le-jury décerne une mention honorable à M.r Masse pour son plan en relief de la colonie de Metlray. D’autres plans de propriétés
- 26.
- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
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- particulières, et qui sont livrés à des prix Irès-modérés, nous ont paru devoir être en même temps très-utiles et très-intéressants pour les propriétaires qui désirent juger plus facilement et d’une manière plus vraie des divers détails qui composent une propriété rurale.
- TROISIÈME SECTION.
- ÉBÉNISTER1E, TABLETTERIE, EMPLOI DU BOIS.
- M. Blanqui, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’ébénisterie française, presque toute parisienne, a eu à traverser de mauvais jours depuis la dernière exposition. Cantonnée au faubourg Saint-Antoine, elle a vécu au milieu des orages, sans rien perdre de son caractère de supériorité et de distinction habituel, et le nombre des exposants qui la représentaient , loin de diminuer, n’a cessé de s’accroître. On n’en comptait pas plus de 60 en i844 : ils étaient plus de 120 à l’exposition de 1849- Leurs produits brillants et variés ont attiré au plus haut degré l’attention publique, et l’ont justifiée à tous égards par la richesse du travail, l’élégance des formes, et par plusieurs perfectionnements d’un mérite reconnu. Il convient de diviser cette industrie en plusieurs catégories pour rendre à chacune d’elles la justice qui lui est due, et aussi pour lui donner quelques indications utiles,
- Ces différentes branches de l’ébénisterie se composent de la fabrication des meubles de luxe et des meubles usuels, en bois d’origines diverses, et de celle des divans, fauteuils, canapés, connue sous le nom d’ébénisterie de siège, qui comprend, outre la garniture, la construction des supports, la taille des formes et la préparation des bois. L’ébénisterie occupe à Paris,, chaque année, près de 12,000 ouvriers, dont la plupart sont de véritables artistes, aux travaux du dessin, du sciage, du découpage, du placage, du montage et des innombrables détails de cette belle fabrication. Sa production s’élève à plus dè 3o millions de francs.
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- On peu! dire que le monde entier est tributaire du faubourg Saint-Antoine, car ses meubles, déjà répandus par toute l’Europe, s’exportent en nombre de plus en plus considérable pour l’Amérique, où leur excellente construction brave les variations les plus extrêmes de la température et du climat. Les ouvriers parisiens excellent surtout dans la sculpture sur bois, dans le placage et dans les imitations de style de toutes les époques par eux reproduites avec un art infini. Eux seuls semblent connaître le secret d’approprier les meubles à tous les besoins, à tous les caprices de la consommation, et de donner à ces vêtements de nos habitations toute la grâce et la souplesse des vêtements de l’homme.
- C’est ainsi , pour commencer par l’utile, qu’ils ont exposé, cette année, une foule de lits ou de canapés à système, de tables servant à deux, et même à trois fins, de secrétaires et de bureaux à secret, de fauteuils de malades, de pliants portatifs, de hamacs oscillants contre le mal de mer, et une infinité d’autres meubles, plus ou moins ingénieux, qui n’ont cessé d’exciter l’intérêt général. Peut-être les fabricants ont-ils trop sacrifié à l’art dans l’époque sévère où nous entrons : les galeries de l’Exposition étaient encombrées de buffets gigantesques, de bibliothèques d’un prix inaccessible, et de bahuts imités du passé, pas toujours heureusement, il faut le dire. Ces imitations venaient presque toutes de l’industrie départementale, et il est fort à craindre pour leurs auteurs qu’elles y retournent sans autre récompense que les regards étonnés ou distraits du public.
- L’art véritable, celui qui demeure fidèle tout à la fois au goût et à la vérité, comme types éternels du beau, ne s’est retrouvé à l’Exposition que chez un petit nombre de fabricants. La plupart des autres ont couru après le bizarre, en mêlant tous les styles et en confondant toutes les époques, comme pour faire voir qu’ils seraient capables de triompher des plus grandes difficultés. Il en est, le jury doit le dire, qui ont poussé jusqu’à l’abus le luxe des sculptures, et qui les ont prodiguées dans certains meubles, tels que des canapés
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- et des fauteuils, au point de les rendre inhabitables à force d’aspérités. On peut citer et blâmer, dans ce genre, des fauteuils qui coûtent 1,000 francs la pièce, et dont il serait dangereux de se servir.
- Le jury ne saurait trop prémunir la fabrication française contre les excès de ses qualités mêmes. Les meubles de 20,000 f. ne sont plus des produits de l’industrie, mais de l’art. On a vu reparaître pour la troisième fois une table à écrire cotée 4,ooo francs, et qui attend un acheteur depuis quinze ans. Un guéridon de i,5oo francs, une toilette de 3,000 francs, une petite bibliothèque de 5,000 francs, un bahut de 8,000 , quand ils ne sont pas commandés à l’avance , sont parfois des causes de ruine pour leurs auteurs. C’est à d’autres produits que le jury attache surtout de l’importance; c’est l’ébénisterie simple et gracieuse, élégante et commodé, bien exécutée, solide, d’un jeu facile et régulier, qu’il importe de favoriser, car c’est celle-là seule qui répond aux besoins sans cesse renaissants de la consommation, et qui donne vie aux affaires.
- Le jury a remarqué que la fabrication était restée trop servilement fidèle au culte de l’acajou et du palissandre, dont la monotonie a été à peine rompue par quelques assortiments de meubles en bois de rose et cl’ébène, ou plutôt de poirier teint en noir. Les fabricants se'sont renfermés dans le cercle trop étroit de ces matières premières, à cause du peu de succès obtenu aux expositions précédentes par les bois indigènes, nommément ceux cl’érable, de frêne et de chêne; mais il faut absolument qu’ils recherchent d’autres bois, et ces bois ne leur manqueront pas. Le refuge qu’ils ont cru trouver celte année dans l’essai de quelques meubles de bois préparés par le procédé du docteur Boucherie, ne saurait leur offrir aucune sûreté : ces bois sont de couleurs fausses, ternes , maladives, et ne ressemblent pas plus aux couleurs naturelles, qu’un cadavre injecté à un être vivant.
- Si donc l’acajou et le palissandre sont devenus communs, le poirier teint en noir un peu triste, et le bois de rose trop fragile et trop peu solide au placage à cause des petits frag-
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- menls dont il estcomposé , l’ébénisterie doit aviser auxmoyens de substituer des bois nouveaux à ceux qu’elle a employés jusqu’à ce jour. Ces bois existent en masses inépuisables à la Guyane, au Brésil, dans les forêts des environs de Caracas, dans les Indes, partout. Dans le seul arsenal de Babia, on emploie plus de cent variétés de bois, bi’illant des couleurs les plus vives, et très-faciles à travailler. Dans les forêts qui longent le Danube, il existe des millions d’arbres séculaires de la famille des aliziers, dont le bois est d’un blanc d’argent incomparable , et le grain uni comme du cristal. Le jury a eu sous les yeux de nombreux échantillons de bois provenant des bords du fleuve de la Madeleine, et qui pourraient arriver, aux prix les plus modérés , par le port de Carthagène jusque sur nos rivages.
- Les progrès vraiment admirables constatés cette année dans l’industrie du placage, réduite à teindre ses bois en couleurs naturellement fugitives, feront sans doute apprécier aux fabricants de meubles l’importance des observations du jury central sur la nécessité de rechercher de nouvelles variétés de bois. Le meuble exposé par M. Cremet en offre un exemple frappant : il est évident que les revêtements intérieurs de ce meuble, si gracieusement ornés de fleurs, auraient infiniment plus de prix si la couleur des bois, au lieu d’être artificielle, eût été naturelle. La nouvelle carrière ouverte au placage par cet essai décisif, serait vraiment sans limites et compenserait par la variété de la matière première la monotonie à peu près inévitable de la forme dans les meubles courants.
- Ainsi, en résumé , l’ébénisterie française s’est maintenue à la hauteur de sa vieille réputation. Le nombre des exposants a doublé. Les œuvres d’art et de goût ont trouvé de dignes représentants dansM. Grohé, dans M. Lemarchand et dans les ouvriers de l’Association parisienne, qui ont exposé une bibliothèque admirable. La fabrication marchande a multiplié et perfectionné les meubles utiles; les meubles dé ipénage et de fantaisie, tels que lits et fauteuils mécaniques, guéridons, tables de jeux, présentaient une variété de dispositions infi-
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- nies. A quelques exceptions près, la sobriété des ornements» la simplicité, la bonne exécution, étaient fort remarquables dans cette catégorie. La perfection avec laquelle nos découpeurs sont parvenus à développer en feuilles sans fin des billes entières d’acajou, de palissandre et même d’ivoire, a permis d’employer ces feuilles sans craindre les accidents du placage, si fréquents dans les joints. Le jury espère donc que l’ébénis-terie, cette belle industrie, l’une des gloires de la capitale, retrouvera dans le retour du calme , trop souvent troublé au foyer même de ses travaux, la prospérité de ses anciens jours*
- S 1". ÉBÉNISTERIE D’ART.
- M. Blanqui, rapporteur.
- deméda'L MM. GROHÉ frères et J.-M, SCHALLER neveu, rue de dor- Yarennes, n° 3oa à Paris,
- Ont obtenu toutes les récompenses et les ont justifiées, s’il le fallait, une fois de plus, parles produits qu’ils ont exposés cette année, savoir : un'meuble sculpté, style Henri II; un meuble en ébène, style Louis XIII; un meuble en bois de rose, style Louis XVI; un meuble en palissandre, style renaissance, et par tous les articles qui composent leur exposition.
- Elégance, richesse, distinction, fidélité de style, exécution parfaite, intelligence irréprochable du caractère des diverses écoles, toutes ces qualités distinguent au plus haut degré les exposants, et elles en ont fait les fabricants de meubles les plus habiles, les plus noblement voués aux progrès de leur art. Le jury leur rappelle la médaille d’or.
- M^or.le M. MEYARD, me du Faubourg-Sl-Antome, n° 5 2, à Paris,
- A obtenu une médaille d’argent en i834, le rappel de cette médaille en ï83g et un nouvelle médaille d’argent en i844-
- Ce fabricant habile est à l’ébénisterie de consommation ce que MM. Grohé sont à l’e’bénisterie d’art. Ses meubles, tous remarquables par l’utilité et la simplicité, par un goût pur et sévère, par une exécution irréprochable, ont maintenu les saines traditions de la fa-
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- brique dans toute leux' intégrité. M. Meynard est l’ébéniste marchand par excellence. Il fait des meubles pour répondre aux besoins permanents plutôt qu’aux fantaisies passagères de la consommation, et l’on pourrait dire de son ébénisterie qu’elle se compose principalement de pièces de résistance. Telle est surtout une table d’étude à rallonge, pour le déploiement des cartes et des dessins, qui présente autant de solidité dans son plus grand déploiement que lorsqu’elle est repliée sur elle-même. Le jury central, non moins favorable à l’ébénisterie utile qu’àl’ébénisterie d’art, nard la médaille d’or.
- M. FOSSEY, rue de Malte, n° 13 , à Paris,
- Déjà honoré de la médaille d’argent, en i844, a exposé cette année un buffet en acajou et ébène sculpté, de 5 mètres de long sur â mètres de hauteur, une table en noyer sculpté et quelques menus objets en bois sculpté de la plus belle exécution; le grand buffet, surtout, révèle un artiste habile et hardi, et capable d’ajouter à la haute réputation de l’industrie parisienne.
- M. Fossey, ancien associé de la maison Fossey et Fourdinois, avait obtenu une médaille d’argerlt en i844. Le jury lui en décerne une nouvelle.
- MM. LEMARCHAND et LEMOINE, rue des Tournelles, n° 17,4 Paris,
- Suivent de près les traces de MM, Grolié et ils excellent surtout dans l’ébénisterie d’art. Les meubles qu’ils exposent sont tous remarquables par une exécution correcte, par la sagesse du dessin, et par le choix exquis des ornements. C’est de l’art calme et contenu, élégant et grave tout à la fois. MM. Lemarcliand et Lemoine ont essayé celte année de naturaliser dans les extérieurs de l’ébénis-terie le bois de sapin verni avec baguettes de bois de couleur, et quoique l’effet en soit un peu heurté et les tons trop criards, ces meubles peuvent être considérés comme une innovation heui'euse pour les ameublements de campagne. MM. Lemarcliand et Lemoine ont obtenu, en 1844» Une médaille d’argent, le jury leur en décerne une nouvelle.
- M. FISCHER, fds aîné, impasse Guéménée, n° 3, à Paris.
- A obtenu une médaille d’argent en i834, et des rappels succès*
- accorde à M. Mey-
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- Rappel de médailît d’argent.
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- Médailles
- d’argent.
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- sifs en 1839 et i844. La table de salon qu’il expose, le lit, la commode et l’armoire à glace justifient un nouveau rappel, par la sagesse de la composition et le fini du travail.
- M. JOLLY LECLERC, rue du Faubourg-Saint-xAntoine, n° 38, à Paris,
- A obtenu une médaille d’argent en 1839, et le rappel de cette médaille en i844-
- M. Jolly est un ancien ouvrier qui s’est élevé par son mérite, au travers de circonstances difficiles, et qui a donné à sa fabrication un caractère de simplicité solide et variée. Les deux meubles qu’il expose cette année, et particulièrement une armoire à glace en palissandre, ont prouvé que ce fabricant était toujours digne des suffrages du jury central, qui lui décerne un nouveau rappel de la médaille d’argent.
- M. CLAVEL, rue de Charonne, 11° 38 bis, à Paris,
- Expose une armoire à glace en ébène, une table à coulisse en acajou, un bufFet de salle à manger, un bureau dit ministre en ébène, et plusieurs autres meubles élégants, bien traités, d’une excellente fabrication courante.
- Le jury lui décerne le rappel de la médaille d’argent, obtenue en
- i844.
- MM. Pierre et Christophe CHARMOIS, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n° 2 3, à Paris,
- Ont obtenu une médaille d’argent en i844- Ils exposent cette année huit meubles de grandeur et de spécialité différente, toilette, buffet, lit, commode, armoire à glace, qui ont paru au jury dignes du rappel de la médaille accordée en i844.
- MM. REY et Cie, représentant l’Association parisienne des ouvriers ébénistes, rue de Charonne, n° 7, à Paris,
- Ont exposé une bibliothèque en bois de palissandre avec ornements sculptés, qui présente réunies la plus grande partie des difficultés du travail de l’ébénisterie. Les autres objets qu’ils ont présentés à l’examen du jury ne sont pas comparables à ce chef-d’œuvre d’exécution dont la hardiesse et le fini révèlent des ouvriers con-
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- sommés. Finesse des moulures, harmonie des détails, élégance et beauté de l’ensemble, rien ne manque à ce bel ouvrage, exécuté avec des bois de choix et qui honore tout à la fois l’ébénisterie parisienne et l’Association des ébénistes. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. TAHAN, rue Meslay, n° 4, à Paris.
- Le prince delà petite ébénislerie, mériterait d’être rangé parmi les artistes de la tabletterie, qui a été de tout temps la spécialité de sa maison, si depuis quelques années il n’avait donné à la fabrication des meubles d’art une attention particulière. Le petit bahut qu’il a exposé, relevé par de gracieuses figufes sur porcelaine, la variété exquise de ses petits meubles et l’originalité élégante de toute son exposition l’on fait juger digne de la médaille d’argent.
- M. BOUTUNG,rue duFaubourg-S-Anloine, n° 23, à Paris,
- Expose des meubles simples, mais très-lnen faits, avec netteté, solidité et élégance. Le jeu en est facile, souple, régulier. Excellente ébénislerie de consommation et d’utilité.
- Le jury rappelle à M. Boutung la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1844-
- M. KLEIN, rue du Faubourg-Sl-Aiitoine, n° 1 2 3, à Paris,
- A reçu à la dernière exposition une médaille de bronze. Il présente cette année un ameublement de chambre à coucher du meilleur goût, table de salon et quelques autres pièces très-distinguées. Cet habile fabricant a profité avec bonheur de la facilité que* présente aujourd’hui le découpage de l’acajou en feuilles illimitées, pour exécuter des placages d’une grande hardiesse.
- Le jury lui décerne le rappel de la médaille de bronze.
- M. VEDDER, rue dp. Pas-de-la-Mule, n° 1, à Paris.
- Les objets exposés par ce fabricant sont très-variés. Son ameublement complet, armoire, lit, commode, table en acajou, a été fort apprécié. L’exécution en est franche, nette, délicate et soignée au plus haut degré. M. Vedder est un puriste de détails et il maintient les bonnes traditions. Le jury lui décerne le rappel de la médaille de bronze qu’il a obtenue en 184A-
- Rappels
- de
- médailles de bronze.
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- Médailles de bronze.
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- M. HOEFER, boulevard Beaumarchais, n° 16 , à Paris,
- A exposé une véritable encyclopédie de meubles, au nombre de plus de vingt, en bois français et étrangers, avec ornements en bronze, du meilleur goût. Le jury lui accorde le rappel de la médaille en bronze, qu’il a obtenue en i844-
- M. BERTAUD, rue Meslay, n° 57, à Paris,
- A obtenu, en i844, une médaille de bronze pour la bonne exécution de ses produits. Ceux qu’il présente celte année, et surtout un bureau et une table à manger d’un nouveau système justifient le rappel que le jury accorde à cet exposant.
- M. MARSOUDET, rue Beaumarchais, na 4, à Paris,
- Qui a obtenu une médaille de bronze en i844, a exposé cette année deux petites bibliothèques avec mosaïques en relief en pierres dures, ornées de broril^s dorés, d’un goût peut-être un peu contestable, mais dont le travail est exécuté d’une main ferme et exercée. Le jury lui accorde le rappel de la médaille de i844-
- M. KRIEGER, rue du Faubourg-Sl-Antome, n° 84, à Paris,
- Est un de nos plus ingénieux fabricants de meubles. On pourrait dire qu’il dédaigne les meubles ordinaires et ne s’occupe que des meubles à système ou à secret. Il en expose une collection complète. Son fauteuil à toutes sortes de fins, pour malade, y compris les plus humbles nécessités de la vie, est une invention de grande utilité. Tout y est, et un malade pourrait vivre de la vie intellectuelle et de la vie matérielle dans ce curieux fauteuil, sans en sortir, car on y peut lire, écrire, faire sa toilette, manger, digérer et dormir. M. Krieger expose aussi un petit cadre qui s’ouvre comme uu livre et d’oû s’élancent des porte-manteaux capables de supporter une garde-robe tout entière. Le jury décerne à cet ingénieux fabricant une médaille de bronze.
- MM.R1MLÏN frères, rue Neuve-S-Laurent, n° 16, à Paris,
- Avaient obtenu une mention honorable en i844, mais leur fabrication a marché d’un pas rapide. Ces honorables fabicanls travaillent avec beaucoup de goût et surtout d’économie. Ils exécutent,
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- d’une manière très-satisfaisante pour le commerce, les objets de fantaisie, tels que tables de jeu, guéridons de choix, corbeilles de mariage, écrans. Leurs produits sont très-simples, très-purs, très-liarmonîeux et très-recherchés. Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- M. MERCIER, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n° 110, à Paris.
- Qui a obtenu une mention honorable en 1844,^ paru digne au jury de la médaille de bronze à cause de l’excellente exécution de plusieurs meubles de divers styles, qui ont mérité l’attention publique par leur caractère artistique et utile tout à la fois. M. Mercier se tient sur la limite des deux genres et s’élèvera de plus en plus; c’est l’espoir du jury.
- M. GOCHT, rue des Marais-Saint-Martin, n° 12, à Paris,
- Jr
- Il avait obtenu une citation en x844 ; les objets qu’il a présentés ont paru surtout distingués par la régularité du dessin, par la sagesse de l’exécution et par une certaine recherche de simplicité, trop rare dans l’industrie qu’il exerce. Le jury récompense ses efforts par une médaille de bronze.
- Le jury décerne des mentions honorables à :
- MM. IIUBEL, à Paris.
- ROLL, à Paris. GAILLOUSTE, à Paris. GROS, à Paris.
- TESTARD et TOULON, à Paris.
- VAN BATHOVEN, à Paris. HIPP, à Paris.
- MM. KOCH, à Paris.
- MUNZ, à Paris. OSMONT, à Paris. RAMONDENC, à Paris. ROUSSET, à Paris. TÊTARD, à Paris. WEBER, à Paris.
- Mentions
- honorables.
- Le jury décerne des citations favorables à :
- MM. BOILEAU, à Paris.
- HERTENSTEIN, à Paris.
- MM. VOLTZ, à Paris. LOTH, à Paris.
- Citations
- favorables.
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- Médaille
- d’argent.
- Nouvelle médaille de bronze.
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- § 2. MEUBLES D'UTILITÉ ET A SYSTÈME, OBJETS
- D'AMEUBLEMENT.
- M. Blanqui, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Le jury a compris dans celle seconde catégorie les objets d’ameublement, la marqueterie et les meubles de fantaisie qui ne sauraient être classés parmi les objets d’ébénisterie proprement dits et qui appartiennent tout à la fois à l’industrie du tabletier, à celle du tapissier et du décorateur.
- M. FOURDINOIS, rue Amelot, n° 38, à Paris,
- A obtenu la médaille d’argent en i844, en association avec M. Fossey. Les divers meubles qu’il a exposés, tous parfaitement exécutés, ont appelé l’attention particulière du, jury, qui lui accorde le rappel de la médaille d’argent.
- M. Joseph-Pierre-François JEANSELME, rue du Harlay, n° y bis, à Paris,
- A exposé divers modèles de fauteuils et chaises dorées, un buffet de salle à manger, une armoire à glace et plusieurs autres articles en noyer, acajou et palissandre qui ne laissent rien à désirer pour le goût, la forme et la solidité. M. Jeanselme excelle surtout dans la fabrication des bois de fauteuils, et il a donné à celte branche de l’ébénisterie une impulsion considérable.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. BAUDRY, avenue de Saint-Cloud, n° i o, à Passy (Seine),
- Est très-honorablement connu pour l’un des fabricants qui ont exposé les premiers des lits doubles à tiroirs et à compartiment mobiles, parfaitement exécutés, d’une manœuvre aisée et d’un prix modéré. Cette industrie a éu de nombreux imitateurs ; mais M. Bau-dry a constamment perfectionné ses inventions, fort appréciées à Paris, où le peu d’étendue des appartements ne permet pas toujours l’emploi des meubles les plus nécessaires. M. Baudry a obtenu en 1839 une médaille de bronze rappelée en 1844- Le jury lui accorde une nouvelle médaille.
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- MM. DAUBERT et DUMAREST, à Lyon (Rhône),
- Sont auteurs brevetés d’un procédé très-ingénieux d’ouverture et de fermeture des tiroirs de commode, qui permet de s’en servir en toute saison sans craindre lés effets hygrométriques de la température. Rien de plus simple que le mécanisme qu’ils ont inventé, et qui s’adapte avec facilité à tous les meubles à tiroirs, tels qu’ar-moires à glace, secrétaires et autres. Tous leurs meubles ont un jeu facile, doux, naturel et plein de souplesse, qui ne peut manquer d’être généralement substitué à l’ancien procédé.
- Lej ury décerne à MM. Daubert et Dumarest une médaille de bronze.
- M. Pierre FAURE, sculpteur sur bois, rue du Faubourg-Saint-Honoré, n° lx9, à Paris,
- A exposé une bibliothèque gothique, d’un style ogival, surmontée de quatre statues d’évangélistes finement travailléès. On peut contester à cette œuvre la correction et l’harmonie. Les ornements en sont un peu anguleux, heurtés et d’un effet bizarre ; mais, si le goût en est hasardé, l’exécution matérielle est parfaite et dénote une main supérieure et hardie. Le prix de cette bibliothèque est aussi trop élevé. Néanmoins le jury, frappé de l’habileté consommée de l’artiste, lui accorde une médaille de bronze.
- M. Joseph DESGARTES, rue du Vingt-neuf-Juillet, n° 6, à Paris,
- *
- À exposé des lits-divans, des fauteuils et des chaises d’un travail excellent et remarquables sous tous les rapports.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. BAUDRY fds, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 16, à Paris.
- Pareille récompense lui est accordée pour un lit suspendu destiné à préserver les passagers du mal de mer.
- MM. LABBÉ et LARROUY, rue Samson, n° 5, à Paris.
- Pareille récompense leur est accordée pour la Yariété et l’excellente confection de leurs meubles, canapés, méridiennes et fauteuils.
- Médailles le bronze#
- Médaille de bronze.
- Mentions
- honorable.
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- d’argent*
- Médailles de bronze.
- M. RIBAILLXER, ébéniste antiquaire, boulevard Beaumarchais , n° 71, à Paris.
- Une récompense semblable lui est accordée pour un bureau en chêne sculpté, un buffet de salle à manger et divers modèles de chaises et de fauteuils parfaitement exécutés.
- M. FLORANGE, rue du Faubourg-S‘-Antoine, n° 2 o, à Paris.
- Pareille récompense lui est accordée pour le soin et le fini des divers objets d’ameublement qu’il a exposés.
- S 3. MEUBLES DE FANTAISIE.
- M, Blanqui, rapporteur.
- M. GREMER, rue de l’Entrepôt, n° 27, à Paris,
- Déjà honoré d’une médaille de bronze à l’exposition de i844, s’est surpassé en 1849 dans la fabrication d’un meuble de fantaisie formant médaillier, bureau et prie-Dieu, en marqueterie de bois coloriés, qui a excité l’admiration générale par le goût du dessin, la finesse exquise du travail et l’originalité des dispositions. Il y a joint un dessin exécuté en bois de couleur, représentant un moine, et digne du pinceau de Zurbaran. M. Cremer a ouvert une voie nouvelle à l’ébénisterie en perfectionnant ce |genre de placage et en l’élevant jnsqu’aux hardiesses de l’art par la simplicité des moyens qu’il emploie et l’éclat des effets qu’il produit. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. LEUDOLPH, rueS^Nicolas-S1-Antoine, n° 24, à Paris,
- A exposé une petite bibliothèque Boule et bronze, un meuble de salon en bois rose et bronze, un buffet et divers autres meubles qui ont paru dignes d’une attention spéciale par le mérite de plusieurs grandes difficultés vaincues et le goût original de la composition. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. PRÉTOT, rue du Ilarlay, n° 5, à Paris,
- S’est surtout distingué par la variété de ses produits, tels que console en mosaïque, table à volets, canapés, table à ouvrage, tous très-élégants, très-solides, pleins de détails parfaitement exécutés et d’un prix modéré. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
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- M. GUYOT, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n° 97, à Paris, ’
- Une mention honorable lui est accordée pour ses tables à coulisse d’un système fort ingénieux et tout à fait nouveau.
- MM. Jacques JACQUET etDAGRIN.rue du Petit-Carreau, n° 18, à Paris,
- Une mention honorable leur est accordée pour leurs divers produits.
- M. SINTZ, rue Saint-Pierre-Popincourt, n° 6, à Paris,
- Une mention honorable lui est accordée pour sa collection de modèles de chaises, tabourets et escabeaux.
- M. PECKELS, à Ghaiieviiie (Moselle), Citations
- favorables.
- Est cité favorablement.
- M. JEANNIN, rue de l’École-de-Médecine, n° 81, à Paris,
- • Est cité favorablement.
- M. DUPONT, à Autun (Saône-et-Loire),
- Est cité favorablement.
- § 4. MARQUETERIE.
- M* Blanqui, rapporteur.
- M. BELLANGÉ, rue des Marais-Saint-Martin, n° 3 3 à Paris, Rappel
- ♦ de médaille
- A obtenu une médaille d’argent en 1839, et le rappel de celte d’argent, médaille en i844 pour ses meubles de Boule. Il n’a cessé depuis de se vouera cette fabrication, dans laquelle il excelle, et dont il a exposé de nombreux échantillons riches et variés.
- Le jury lui décerne un nouveau rappel.
- M. LOMBARD, rue de Thorigny, n° 5, à Paris, Rappel
- ' de médaille
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze qu’il a de bronze, obtenue en i844 pour ses cadres et objets de fantaisie.
- m.
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- Médaille de bronze,
- Mentions
- honorables.
- Citation
- favorable.
- Rappel de médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- M. BARBIER, rue des Rosiers, n° 1 1, à Paris,
- Fabrique avec le plus grand succès des boîtes de diverses grandeurs pour cachemires, services de thé, de jeu, etc., et il donne chaque jour une impulsion nouvelle à cette intéressante industrie. Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. BLANGK, rue du Roi de Sicile, n° 20, à Paris,
- Est mentionné honorablement.
- M. JORRIS, rue Guénégaud, n° 23, à Paris,
- Est mentionné honorablement..
- M. MALLET, rue de Berry, n° i3, à Paris,
- Est mentionné honorablement.
- M. BLOTTIÈRE, au Mans (Sarthe),
- Est cité favorablement.
- § 5. ÉBÉNISTERIE DE SIEGE.
- M. Blanqui, rapporteur.
- M. BALNY jeune, me du Faubourg-SVAntoine, n° /10, à Paris,
- A obtenu en 1844 une médaille de bronze pour ses meubles garnis; le jury lui en décerne le rappel.
- M. JEANSELME, rue du Harlay, n® 7 lis, à Paris,
- Est mentionné honorablement.
- M. ORENGE, à Rouen (Seine-Inférieure),
- Est mentionné honorablement.
- M. DRAPIER, rue Bellechasse, n° [12, à Paris,
- Est mentionné honorablement.
- M. ALLARD, rue du Faubourg-du-Temple, n° 46, à Paris, .
- Est mentionné honorablement.
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- S 6. TABLETTERIE.
- M. Leon Feuchère, rapporteur.
- M. François LAURENT, rue Chapon, n° 5, à Paris.
- MM. Laurent et Fciry obtenaient en i844 une mention honorable.
- M. Laurent se présente seul en 1849. Depuis i838 successeur de la maison Mauduit, qui faisait principalement et en grand l’article portefeuille et maroquinerie, il a su donner à cette branche d’industrie tout le développement qu’elle pouvait atteindre, et dans des conditions de vente facile, celle surtout qui s’adresse à la province et à l’exportation.
- Secondé par la réussite, M. Laurent joignit bientôt à l’industrie delà maroquinerie, l’ébéniste rie en nécessaires qui, en i84o, était encore à l’état d’exploitation modeste.
- L’exposition de M. Laurent se distingue par une grande variété d’objets, depuis ceux qui s’adressent au luxe jusqu’à ceux qui conviennent aux fortunes moyennes. On remarque avec intérêt des boîtes, dites de mariage, en bois de rose, enrichies de peintures sur vieux sèvres; un charmant pupitre Louis XVI, d’un ajustement aussi élégant que riche; plusieurs nécessaires, des tables en marqueterie, des boîtes à gants, des albums et portefeuilles, enfin des trousses de voyage très-ingénieusement combinées et d’un prix modeste, complètent l’exposition de cet industrieux et laborieux fabricant.
- Cette maison alimente en grande partie les somptueux magasins de Paris, et déverse surla province des produits variés qui y trouvent un écoulement facile.
- Le jury décerne à M. Laurent une médaille d’argent.
- M. Claude-Marie COLLETTA, rue Mandar, n° 9, à Paris,
- Est plutôt le type du véritable ouvrier artiste que celui de l’industriel. La corne de buffle, le palmier, l’amboine, l’écaille, même les bois les plus durs sortent de ses mains habiles transformées eu tabatières d’une exécution achevée. On peut dire de cet intelligent travailleur qu’il a la passion de son œuvre. Ses produits sont principalement appréciés par les amateurs distingués.
- Médaille
- d’argent.
- Rappels de médailles de bronze.
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- Le jury donne à M. Colletla le rappel de la médaille *<le bronze obtenue par lui en i844-
- M. Théodore-Alexandre GUILBERT, rue Neuve-Saint-Martin, n° 28, à Paris.
- Outre la bonne confection de ses peignes, M. Guilbert se distingue par ses objets de tabletterie, qui tous indiquent le fabricant habile à vaincre les difficultés et dénotent l’importance de son établissement.
- Dans l’ensemble de son exposition, on remarque avec intérêt un verre d’eau en écaille, incrusté or et argent, qui se compose de plusieurs pièces, compris le plateau aussi en écaille.
- La perfection apportée par cet intelligent industriel à ces diverses productions lui mérite le rappel de la médaille de bronze que. lui a décernée le jury de i844.
- Médailles de bronze.
- M. Paul SORMANI, rue du Gimelière-Saint-Nicolas, n° y, à Paris.
- La fabrique de M. Sormani date de 2 5 ans. La matière première mise en œuvre annuellement,-le nombre des ouvriers, et par conséquent le chiffre des affaires, présentent une importance notable dans l’article dit de Paris.
- Au reste, les produits de cette fabrique expliquent ces heureux résultats.
- Son industrie comprend une branche très-utile et très-exploitée : c’est la trousse et le nécessaire de voyage, ces meubles si indispensables aux nombreux voyageurs de commerce et aux touristes qui sillonnent la France et les pays étrangers.
- Outre ces objets si commodes et dont les perfectionnements sont récents, nous avons distingué des caves à liqueurs, des boîtes à' châles, des papeteries et pupitres, et une nombreuse série de petits, nécessaires de fantaisie, qui sont à la trousse et au nécessaire de voyage ce qu’est la chose futile et deluxe à celle de la nécessité rigoureuse.
- La bonne confection de tous ces objets, dont ceux vraiment utiles sont d’un prix très-modéré, fait de l’établissement de M. Sormani un des premiers de ce genre.
- Le jury reconnaît cette vérité en décernant à M. Sormani une médaille de bronze. ‘
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- M. Henry-François VINCENT aîné, rue Ménilmontant, n° 2/1, à Paris.
- La fabrique de M. Vincent aîné est certes l’une des plus considérables du commerce delà tabletterie. Depuis l’exposition de i844, où il obtint une citation favorable, M. Vincent a donné à son établissement une extension considérable,
- Des albums ornés de fleurs peintes, des carnets, buvards, des tabatières, empruntent à l’écaille ses effets les plus variés, auxquels l’argent, l’or, le maiîlechorl, etc., viennent ajouter la richesse de leurs incrustations. Des porte-cigares, porte-monnaies et autres petits bijoux d’une bonne facture complètent, avec un grand assortiment de cadres de toutes formes pour portraits et daguerréotypes, l’ensemble digne d’éloges de l’exposition de M. Vincent.
- Cette maison, toute en progrès, est habilement dirigée par M. Vincent, dont le jury récompense les efforts par la médaille de bronze qu’il lui décerne.
- MM. Charles GOËBEL et MARTIN (Ferdinand), rue Michel-le-Comte, n° 3o, à Paris.
- M. Goëbel, qui, en i844, se présentait seul et obtenait une mention honorable, expose cette fois, en société de M. Martin, de la petite ébénisterie faite avec recherche et remarquable par le goût qui s’y trouve.
- De petites tables à ouvrage, des nécessaires, des coffres de mariage où la richesse des détails.s’allie à l’élégance des formes, méritent à MM. Goëbel et Martin une nouvelle mention honorable, que leur accorde le jury.
- M. Claude-Victor MERCIER, rue des Gravilliers, n° 28, à Paris,
- Expose un très-grand assortiment de tabatières dé bois de toutes sortes et à des prix faciles au consommateur. L’ivoire, la corne marbrée, l’écaille plaquée sur bois, le palmier, enfin les racines les plus dures et les plus bizarres d’effet, sont également exploités avec goût et intelligence par M. Mercier, Le jury lui décerne une mention honorable.
- Nouvelle
- mention
- honorable.
- Mentions
- honorables.
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- Citations
- favorables.
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- IVI. Constantin CHiQUET, me de la Croix, n° i5, à Paris.
- M. Chiquet, cité favorablement en i844, expose une grande variété de tabatières, dont les charnières, bien faites, en rendent le jeu facile et commode. Outre l’écaille, il en emploie la poudre, dont il tire un parti avantageux. Des couvertures de missel en poudre d’écaille, ornées d’incrustations fines de détails, des reliures en gélatine bleue avec incrustations d’argent, des souvenirs, visites, et entre autres objets un porte-cigare en écaille, d’un très-bon modèle et d’un prix très-modique, méritent à M. Chiquet la mention honorable que lui décerne le jury.
- M. Charles-Pierre DESLORIERS , rue Aumaire, n° 43 , à Paris.
- Des caries de visite, des reliures de livres de messe, des porte-cigares en écaille rehaussée et incrustée d’argent, d’un goût heureux d’arrangement; plusieurs bonbonnières, jjjes tabatières, enfin un assortiment où la recherche et la bonne exécution dominent, fait distinguer l’exposition de M. Desîoriers.
- Beaucoup d’intelligence et une variété assez grande, apportées dane les produits qui sortent de sa fabrique, placent avantageusement cet industriel, et lui méritent la mention honorable que lui accorde le jury.
- M. TIEFENBRUNER, rue Montmorency, n° 6, à Paris,
- Est cité favorablement par le jury pour un porte-liqueurs d’un bon travail, des tables à ouvrage, boîtes à cachemire et corbeilles de mariage bien confectionnées.
- M. LOIRE, rue Saint-Denis, n° 39, à Paris,
- Est cité favorablement par le jury pour l’ensemble de sa tabletterie en écaille.
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- S 7. MEUBLES ET TABLETTERIE EN BOIS OU CARTON LAQUÉ.
- IMITATION DE CHINE OU DU JAPON.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’honorable rapporteur de 1844 terminait ses Considérations générales en ces termes : « Nos fabricants ont aujourd’hui la « prétention, peut-être fondée, de faire les meubles laqués « beaucoup mieux que les Chinois. » M. Beudin, tout en constatant les progrès accomplis, n’a admis qu’avec réserve les prétentions de nos tabletiers en laque ; nous faisons les mêmes réserves, nous allons plus loin même : nous déclarons qu’on n’est pas encore, que nous sachions, arrivé en France et en Angleterre à la perfection des laques chinois et japonais. Nous nous empressons, d’ajouter que nos fabricants n’ont pas essayé réellement d’y atteindre.
- Avant de poursuivre, il n'est pas inutile de faire connaître le mode de travail suivi en Chine et en France. Nous commençons par la Chine.
- Le laque est un meuble verni avec la laque. La laque est la sève de Yaagia Sinensis (en Chine) et du rhus vernix (au Japon). C’est une gomme résine d’autant plus estimée et plus fine, noircissant d’autant plus vite à l’air, que sa couleur calé au lait tire plus sur le rouge. Elle arrive à Canton des provinces de Sse-tchouènn et de Kiang-si, et s’y vend de 3 fr. 65 c. à 9 fr. le kilogramme, suivant la qualité.
- Le bois, souvent en cyprès, toujours très-sec, léger, plané avec soin, reçoit d’abord une couche de fiel de buffle et de grès rouge pulvérisé ; ce premier fond est poli avec un brunissoir de grès, gommé ou ciré, puis verni. Le vernis est composé ainsi: 6o5 grammes de laque fine sont étendus dans 1,210 grammes d’eau, et l’on y ajoute 38 grammes d’huile de camellia sasangua, un fiel de porc et 19 grammes de vinaigre de riz. Le tout est mélangé intimement en plein jour,
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- la laque se fonce de plus en plus, et le vernis devient bientôt d’un noir brillant; on l’applique sur le meuble en couche très-mince avec un pinceau plat fait en cheveux. La pièce séjourne dans un séchoir humide, et arrive ensuite entre les mains d’un ouvrier qui la plane à l’eau avec un schiste d’un grain très-lin. Le meuble revient recevoir une deuxième couche de- laque, puis un deuxième poli, et les deux opérations se succèdent jusqu’à ce que la surface soit parfaitement unie et brillante. A mesure que le travail s’avance, on emploie de la laque de plus en plus pure; on ne donne jamais moins de 3 couches, ni plus de 18.
- Le décor est confié à un ouvrier artiste, qui esquisse d’abord le dessin avec un pinceau blanchi d’un peu de céruse; s’il est satisfait de son croquis, il le burine et trace alors les mille petits détails du sujet. Il ne reste plus qu’à les peindre avec la laque du Kouang-si camphrée, qui sert de mordant, et qu’à dorer au tampon et au pinceau. On obtient des reliefs avec une ou deux couches de hoa-ltinn-lsi, et l’on enjolive ces miniatures dorées avec la laque du Fo-ldènn.
- Malgré le danger auquel l’exposent les exhalaisons délétères de cette sève , le paysan qui la recueille ne gagne que 26 centimes par jour. L’ouvrier qui applique les couches de fiel et de grès pulvérisé, reçoit 275 francs par an (75 centimes par jour). Le laqueur est payé, en moyenne, 1 franc par jour, et les peintres sont engagés, selon leur habileté, à raison de 1 fr. 28 cent, à 2 fr. 75 cent, par jour. A l’exception du paysan, les ouvriers et les artistes sont logés dans l’atelier, mais leur aménagement est fort simple. Le patron les nourrit, et estime à i65 francs la dépense annuelle par tête (45 centimes par jour).
- On connaît peu les beaux laques unis de Sou-tchou et de Nann-king ; le prix en est très-élevé et s’explique par les frais de main-d’œuvre que réclament l’application, le séchage et le ponçage alternatifs de 18 à 20 couches. Nous nous bornerons à signaler la pureté et l’éclat du vernis; la finesse merveilleuse du décor, la correction du travail d’ébénisterie. On fait bien
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- mieux encore au Japon : on y incruste avec art des fragments d’haliotide ei d’avicule, diversement découpés et colorés; les dernières couches de laque sont polies avec un roseau.
- Vers 1675, les missionnaires jésuites firent connaître en France les laques de Chine. L’originalité et la richesse des coffrets, des guéridons, des paravents qui furent présentés à la cour, mirent en vogue ces chinoiseries, et, sous Louis XV, le beau laque fit longtemps fureur. C’est à cette époque que furent envoyés en Chine pour être laqués tant de meubles en acajou, en chêne, en tilleul, en bois exotique, d’un précieux travail.
- Pendant ce temps, les modèles abondaient en France, les essais étaient multipliés, les missionnaires révélaient quelques-uns des procédés chinois; malgré'tout ce zèle, on n’aboutit à aucun heureux résultat. On parvint à laquer de la petite tabletterie, à vernir, peindre et dorer quelques fonds noirs..
- Vers i832, M. Jacques-Louis Osmont, qui s’était consacré à ce travail, entra dans une voie d’expériences et de progrès qui assura bientôt la réputation de ses produits. En 1839, il ne s’occupait encore que de la fantaisie, c’est-à-dire du coffret, du guéridon, du plateau; en i844> il avait abordé et réussi le meuble.
- Le laquage parisien diffère complètement du laquage chinois. Le brillant est dû principalement, à Paris, au vernis; à Canton, au poli.
- On commence chez nous par poser un fond de noir de fumée et un apprêt à l’ocre ou à la céruse, on polit au papier verré, on passe deux couches de noir mat, on donne deux ponçages, on applique une couche de noir d’ivoire broyé avec de l’huile et de l’essence, et l’on termine par deux glacis et un frottis au vernis teinté.
- On emploie ordinairement, pour les ouvrages laqués, le tilleul, le hêtre, le frêne et le merisier.
- Les décors, largement traités, laissent en général à désirer sous le rapport de la correction et de l’art. Il ne faut pas oublier toutefois, i° que, depuis la révolution de février on ne
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- Mention pour ordre
- Rappel de médaille d’argent,
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- vend le meuble laqué que pour l’exportation; 2° que le premier devoir du fabricant est de se conformer fidèlement aux goûts et aux idées des consommateurs pour lesquels il travaille.
- L’Angleterre excelle dans la tabletterie et le petit meuble en papier mâché et en carton verni ; elle produit en ce genre des pièces belles et solides, et l’importance des manufactures, ainsi que des débouchés, y permettant la formation d’un outillage complet en matrices, balanciers, découpoirs, etc., rend possible à Birmingham la fabrication à très-bas prix des plateaux de tout genre et de tous les articles analogues.
- M. PINARD, rue Nationale - Saint-Honoré, n° 2 5, à Paris.
- La finesse, la pureté, le poli de la laque de M. Pinard laissent à désirer ; il est vrai que le prix de ses tables et paravents n’est pas assez élevé pour permettre un travail plus soigné. Le décor, où nous avons reconnu avec plaisir plusieurs dessins réellement chinois, est bien exécuté; les reliefs, les ors, le frottis sont passablement réussis.
- M. Pinard a exposé des tôles vernies ; l’appréciation de l’ensemble de ses produits appartient à la commission des arts chimiques.
- Mme veuve OSMONT, boulevard Beaumarchais, n° 85, et impasse Saint-Sébastien, nos 8 et 10, à Paris.
- Mine veuve Osmont continue les affaires et la fabrication de son mari, que le jury central a récompensé, en 1839, par la médaille de bronze et, en i844» par la médaille d’argent.
- Mme veuve Osmont soutient dignement la réputation de sa maison. Elle est utilement secondée dans cette tâche laborieuse par son beau-frère, M. Jean-Baptiste Osmont, qui est plus spécialement chargé de la direction de la manufacture et du travail.
- Le bois arrive en grume à la fabrique et en sort en meubles laqués, peints, dorés ou incrustés. Quatre-vingts ouvriers sont employés, cinquante dans les ateliers et trente au dehors. La vente annuelle s’élève en moyenne à i5o,ooo francs ; les deux tiers des
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- affaires sont pour 1’exporlation, et depuis la révolution, pour elle seule ont été commandées toutes les pièces faites et à faire. L’Angleterre, l’Amérique du Sud, l’Espagne et ses colonies sont les principaux débouchés.
- Les meubles exposés par Mme veuve Osmont offrent un double intérêt. Comme ébénisterie, il est difficile de trouver des pièces mieux établies et ajustées, planées avec plus cle soin ; comme laque, eu égard à la destination, à l’usage et au prix des objets, les résultats sont satisfaisants: Le grain est fin, le noir bien franc, le glacis brillant et durable.
- Nous préférons aux chinoiseries laque et or de Mmo Osmont ses imitations de laque japonais ; les appliques de nacre pure ou colorée, unie ou gravée, sont charmantes, originales et de bon goût.
- Parmi les guéridons ornés de fleurs et d’oiseaux, plusieurs doivent être distingués par la richesse du décor, la vivacité et la vérité de la peinture. Ces belles tables sont, dans leur genre, des œuvres d’art traitées avec verve, habileté et finesse.
- En terminant, nous mentionnerons encore une très-élégante toilette, un bureau de dame en citronnier, laqué et incrusté, enfin une table décor paysage avec effets métalliques.
- Le jury central rappelle à Mm0 veuve Osmont la médaille d’argent qui a été décernée en i844 à son mari.
- M. MAINFROY, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 70, à Paris.
- Nouvelle médaille de bronze.
- M. Mainfroy a exposé des guéridons genres anglais, français, japonais et chinois, tous brillamment exécutés. Nous n’avons que des éloges à lui donner pour la richesse et l’éclat des décors. Le noir paraît posé sur un excellent apprêt, le ponçage est soigné, le glacis est assez vif. Les prix des meubles sont assez avantageux pour expliquer la faveur avec laquelle ils sont accueillis en Angleterre.
- En i844, le jury a pris particulièrement en considération les progrès faits par M. Mainfroy dans la fabrication, à la matrice et au mandrin, des produits en papier mâché; cette année, appréciant la bonne confection des meubles en bois laqué et peint, le jury central décerne à M. Mainfroy une nouvelle médaille de bronze.
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- Mention
- honorable.
- Médailles
- d’argent.
- M. MOULOISE, rue de Montmorency, n° 38 bis, à Paris.
- M. Mouloise travaille, laque et décore le carton-pâte; il exporte en Italie et en Amérique. Ses produits sont établis avec le plus d’économie possible : aussi le vernis est-il un peu pâteux et inégal. Le décor est traité avec largeur; quelques groupes, dessinés d’après les albums industriels des délégués commerciaux en Chine, sont rendus avec assez de vérité.
- Les porle-mouchettes, dessous de carafe, ronds de serviette, petits plateaux, ont arrêté l’attention du jury, qui accorde à M. Mouloise, pour l’ensemble de ses produits, une mention honorable.
- S 8. OUVRAGES EN IVOIRE.
- M. Léon Feuchère, rapporteur.
- M. Léon-Joseph-Thomas ALESSANDRI, rue Folie-Méri-court, n° 2 i , à Paris,
- Déjà exposant en i84/b obtenait simplement une mention honorable pour une feuille d’ivoire de 2 mètres de longueur sur om,66 de largeur. Ce résultat obtenu par une machine très-ingénieuse qui permet, quelle que soit la conformation de la dent, de dérouler également le cône et l’ovale, et qui n’avait point encore trouvé son application utile, explique la modicité de celle récompense.
- Cette année, .M. Alessandri nous offre l’emploi de ces feuilles dans des coffres d’une grande dimension ce qui, jusqu’à lui, n’avait été tenté que dans de petites proportions. Plusieurs de ces coffres, plus ou moins ornés, présentent la réussite la plus complète. Entre autres un, enrichi de charmants bas-reliefs surmontés de figurines, dus également au talent de Klagmann, est d’une forme aussi simple que gracieuse. Ces divers accessoires, habilement disposés, laissent à l’ivoire tout l’effet de sa pureté et y ajoutent sans lui nuire.
- Des coffres ou boîtes à parties cintrées, sans ajustage, ce qui ne s’obtenait qu’à ces conditions, prouvent qu’à des frais moindres on peut obtenir les formes les plus variées et les plus capricieuses.
- De plus M. Alessandri, par des plaques de 20e sur 5o° (proportions inusitées jusqu’à ce jour), vient, par un résultat tres-ingé-
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- nieux, en aide aux peintres de miniature. Par l’adhérence de l’ivoire à une feuille d’ardoise, au moyen d’une colle préparée par lui, il est parvenu à doter ces plaques, destinées à la peinture, d’un principe inaltérable à l’humidité.
- Uue plaque qui offre l’expérience de deux années, donne la preuve de l’excellence de l’ingénieux procédé de M. Alessandri.
- 'Divers autres objets, tels que vases, billes de billard, enfin de la menue tabletterie, complètent cette exposition déjà si intéressante.
- Le jury, pour récompenser dignemen t tant d’intelligence et de persévérance à multiplier les ressources d’une matière aussi belle et aussi précieuse, décerne à M. Alessandri une médaille d’argent.
- M. Jean-Louis MOREAU, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur. n° 1 3, à Paris,
- Dont l’établissement date de vingt ans, expose pour la troisième fois.
- Une mention honorable en 1839, une médaille de bronze en ‘ i844 , ont successivement récompensé des progrès toujours nouveaux.
- En 1849 , M. Moreau , pour rester fidèle à ses principes, se présente soutenu par de constants efforts. Il est le premier qui ait donné, dans Paris, une grande extension à la sculpture d’ivoire qui était, il y à 15 ou 20 ans, la propriété presque exclusive de la ville de Dieppe. Au moyen de fraises et scies mécaniques, il est parvenu à obtenir des produits à des prix de vente inférieurs à ceux de cette ville, tout en conservant des salaires supérieurs à ses ouvriers et élèves.
- Depuis février il a su, par l’établissement de modèles nouveaux d’un écoulement facile, garder intact le nombre d’ouvriers qu’il employait précédemment.
- M. Moreau soumet, à l’examen du jury, une pendule d’un travail précieux, un Christ d’une forme gracieuse et sévère, un petit enfant, d’après François Flamand, d’une parfaite exécution.
- C’est une heureuse idée dont nous félicitons M. Moreau; on ne saurait trop faire de copies des chef-d’œuvres des maîtres ; nous 1’engageons beaucoup à persévérer dans cette voie.
- Diverses figurines, travaillées avec goût, et un grand nombre
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- Médailles de bronze.
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- d'objets courants donnent à l’ensemble de son exposition le cachet de l’industrie et de l’art alliés ensemble avec intelligence.
- Le jury décerne M. Moreau, une médaille d’argent.
- M. Armand GARNOT, rue du Temple, n° 98, à Paris,
- Qui déjà obtenait en i844 une mention honorable, et le plaçait sur la ligne des bons fabricants, loin de faire mentir ce début, nous présente une variété d’objets qui forment une exposition très-remarquable. Une des principales branches de son industrie est le guillo-chis, dont il expédie les résultats à Dieppe. Entre autres objets, le jury signale, avec grand intérêt, un petit vase sculjaté, d’un joli style et d’une grande finesse cle détails, orné d’un bas-relief bien exécuté ; un petit panier fait au tour, cl’une élégance heureuse, et 'appréciable surtout par le prix peu élevé; de plus, un écran monté sur un pied, très-léger et très-fin; un petit pavillon à colonnes sveltes, d’une exécution rare et difficullueuse, est cl’une parfaile réussite. Le goût qui règne dans l’ensemble de celte exposition explique facilement la vogue bien méritée qu’obtiennent les productions deM. Garnot; aussi, le jury appréciant ces heureux résultats, et pour constater les efforts faits par ce fabricant depuis cinq ans, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Antoine-Florent WOLF, rue Meslay, n° 65 bis, à Paris.
- M. Wolf se présente pour la seconde fois aux expositions de l’industrie, après une lacune de dix années.
- En i834, ü n’obtint que la faveur d’exposer; cette fois, M. Wolf arrive avec toutes les conditions exigibles pour constater un bon et habile fabricant : il se place avantageusement en ligne avec ses rivaux, et vient recueillir le fruit de sa persévérance et de ses efforts.
- Un très-remarquable bas-relief, le départ pour le Calvaire et l’arrivée au tombeau, est un des objets principaux que le jury a examiné avec grand intérêt ; il y a, dans ce morceau important, un mérite d’art et une grande intelligence cl’exécution.
- Un ravissant manche de fouet, représentant une chasse, est un petit meuble usuel qui approche même de la curiosité.
- Enfin, outre divers objets nombreux de vente courante, M. Wolf complète l’ensemble dé ses travaux en ivoire, par un Christ d’une belle tournure et d’une facture tout artistique.
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- Devant ces résultats aussi réussis, le jury, pour récompenser M. Wolf lui décerne une médaille de bronze.
- M. André-Alexandre BEAUMONT, rue de la Douane, n° 1, à Paris.
- Une mention honorable en i844 récompense M. Beaumont de ses pièces en ivoire exécutées par le tour à guillocher perfectionné par lui. M. Beaumont, non patenté, est plutôt professeur de tour et de guillocliis, et fait de nombreux élèves. Outre les productions qu’il nous présente, nous avons remarqué chez d’autres exposants, non cités, des objets d’un travail excessivement remarquable qui sortent de ses mains et qui nous ont été signalés par les exposants eux-mêmes. Nous avons apprécié des reliures et des garnitures de livres exécutées avec cette délicatesse que nécessite l’ornementation du livre.
- Un bas-relief et divers travaux en bois et ivoire, d’un travail supérieur, méritent à M. Beaumont la médaille de bronze que lui décerne le jury.
- MM. BARBIER et TRAVAILLOT, à Beaumont (Oise).
- L’aspect de l’exposition de ces fabricants est principalement industriel. Leurs produits sont des touches pour claviers, des couteaux à papier, des mors, des manches, des poignées, soit pour voitures ou cordons à sonnette; en outre, ils débitent en grande quantité la matière première qu’ils livrent aux metteurs en œuvre.
- Cet établissement se recommande par son commerce important.
- Le jury accorde à MM. Barbier et ïravaillot une mention honorable.
- M. François-Théodore VERRY, rue du Temple, n° 85, à Paris,
- S
- Exécute toute la menue tabletterie, tels que couteaux à papier, garnitures en ivoire sculptée de flacons en cristal, porte-crayons, cachets, manches de canif; grattoirs, porte-cigares, etc.
- Cette fabrique alimente un grand nombre de détaillants.
- Le jury, a remarqué l’exécution,de ces divers objets et le goût qui y règne ; il accorde à M. Verry une mention honorable.
- Mentions
- honorables.
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- Citation favorable >
- Médaille de bronze,
- Mention
- honorable*
- M. Eugène-Benoît BLETON, rue Saint-Denis, n° 32 6, à Paris,
- 9
- Pour ses pommes de canne, ses poignées de parapluie et d’ombrelle établies avec soin, obtient une mention honorable.
- M. Antoine DROOGHRYS, rue de Seine-Saint-Germain, R° 2 9, à Paris.
- Est cité favorablement pour un Christ ancien dont la restauration est digne de remarque, sous le double rapport de l’art et de l’ajustement.
- § 9. MARQUETERIE D’INCRUSTATION D’IVOIRE.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- M. RUBITSGHEK, rue Barbette, n° 17, à Paris.
- Le jury central décerne à M. Kubilschek une médaille de bronze pour sa bonne fabrication de nécessaires en marqueterie avec incrustations d’ivoire.
- M. LÉVÊQUE, à Meaux (Seine-et -Marne),
- Pour sa fabrication de meubles avec incrustations d’ivoire.
- § 10. BILLARDS.
- M. Léon deLaborde, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Le jeu de billard, ne fût-il qu’un passe-temps d’estaminet, mériterait l’attention du jury, parce qu’une branche importante de l’industrie parisienne est occupée à fournir de billards tous les établissements publics de Paris et de vingt lieues à la ronde; mais ce jeu est aussi une combinaison savante, qui exige pour rendre des effets prévus et calculés, toute l’exactitude d’un instrument de précision. C’était une raison, ajoutée aux autres, pour que la commission examinât avec soin les modifications ou les perfectionnements nouveaux apportés, depuis l’exposition dernière, dans cette fabrication.
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- Il y a cinq ans, on vit pour la première fois, dans les galeries de l'exposition, des billards à table d’ardoise et à bandes élastiques: on en est resté là; mais bien que ces cinq années n’aient pas été utilisées par les novateurs, elles ont été mises à profit par l’expérience, chargée de condamner ou d’admettre les inventions. C’est, en effet, à l’expérience seule des joueurs qu’on peut demander si, après un long exercice, telle bande de composition nouvelle a conservé un degré toujours égal d’élasticité, égalité d’autant plus difficile à maintenir que les coups ne se répartissent pas régulièrement, certaines combinaisons du jeu , comme certaines habitudes des joueurs, ramenant les billes plutôt dans telle partie du billard que dans telle autre. C’est aussi à l’expérience seule du temps qu’on a pu recourir pour savoir si des billards, abandonnés des hivers entiers clans des chambres froides et humides, devaient être à tables d’ardoises ou de bois, pour mieux conserver leur niveau. A ces questions nous n’avons pas voulu répondre nous-mêmes; nous avons consulté les plus forts joueurs, les marqueurs les plus célèbres de Paris; et de l’ensemble de ces informations, dans lesquelles nous avons fait entrer pour quelque chose l’esprit de routine, les intérêts et les opinions engagées, nous concluons qu’on peut considérer comme un perfectionnement la substitution des tables d’ardoise aux tables de bois, la garniture des bandés à ressorts recouverts de lisières, au lieu des bandes garnies seulement de lisières, enfin le mécanisme qui permet de fermer les blouses, soit toutes ensemble, soit chacune d’elles isolément, selon les règles du jeu et le goût des amateurs. '
- L’ornementation extérieure n’ajoute pas toujours au billard une valeur proportionnée à son augmentation de prix : c’est que chaque objet comporte un certain degré de richesse et qu’on est trop disposé à dépasser la limite. Un meuble autour duquel on circule, sur lequel on glisse et on se colle, doit présenter le moins possible de saillies abruptes. Il convient, autant à sa destination qu’à l’idée qu’on se fait d’un billard, de le construire en bois et non en fonte de fer, de l’entourer
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- in.
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- Médaille
- d’argent.
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- de moulures lisses et continues, de l’orner de sculptures en relief plat et de riches incrustations, d’exclure enfin les ornements de bronze qui'salissent les mains et les ornements de fer que les mains salissent. Restreint dans ces limites, le luxe a encore de grandes ressources : la variété des bois est aussi inépuisable que la fécondité du dessin.
- Sans doute il s’est produit cette année aussi des idées neuves. Toute grande industrie est un foyer où elles sont en fermentation, mêlées, il est vrai, les meilleures avec les plus saugrenues. Nous les avons signalées toutes avec soin, mais sans exprimer d’opinion sur leur valeur, léguant au jury de i854, c’est-à-dire à l’expérience, le soin de nous dire si les tables en fonte, formées de quatre pièces rapportées et qui doublent le prix d’un billard, sont de beaucoup préférables aux tables d’ardoise; s’il est bien utile de supprimer deux pieds à un billard, et de les supprimer même tous les six en lui donnant dans le premier cas, au détriment de sa solidité, une légèreté qui n’est pas dans sa nature, et, dans le second cas, une apparence par trop massive; enfin, s’il est commode de mettre son lit dans son billard, et s'il est favorable à sa propreté de le transformer en table de salle à manger.
- M. BOUHARDET, me de Bondy, n° 66 , à Paris.
- Ce fabricant s’est maintenu à la tête de son industrie; il a confirmé par de nouveaux efforts le jugement porté sur lui parlejury de l’exposition de i844. Partisan réservé des innovations, il a adopté celles que l’expérience légitimait, et il s’est contenté de perfectionner les anciens procédés, quand les nouveaux lui ont semblé d’un avantage contestable : c’est ainsi que, tout en adoptant les tables d’ardoise et les bandes à ressort, il a maintenu dans d’autres billards les tables en bois et conservé les bandes en lisières, améliorant toutefois les unes et les autres.
- Cette année, il a présenté deux billards d’un genre de travail très-différent et d’une exéculion^galement irréprochable. Dans l’un, la table est formée débandés d’acajou prises dans divers madriers, mais toujours choisis dans la même partie de l’arbre et dans l’ensemble d’une même provenance* de manière à obtenir, dans,leur
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- juxtaposition et sous l’influence de l’humidité, un jeu égal et régulier, jeu indispensable, mais qui devient insensible sur chaque point de la surface plane parce qu’il est réparti sur tout l’ensemble.
- Les ornements de ce billard, ses découpures et incrustations d’écaille et de cuivre, ses appliques de porcelaines peintes, nous semblent convenir médiocrement à un meuble de ce genre; mais, s’ils ne satisfont pas entièrement le goût, ils ne le choquent pas. D’ailleurs, M. Bouhardel a évité les saillies vives, et il a maintenu le bois dans toutes les parties où porte la main des joueurs. L’autre billard, d’un extérieur élégant, présente une innovation sur laquelle nous laissons à l’expérience le soin de prononcer. Au lieu de reposer sur six pieds, il n’en a que quatre, et les deux pieds du milieu, qui conspirent contre les genoux des joueurs, sont remplacés par un pied central. Le billard acquiert sans doute par ce changement une apparence de grande légèreté. Est-ce le but auquel on doit tendre? Ne faut-il pas prévoir le cas où un joueur, pour atteindre sa bille, portera tout le poids de son corps sur le billard, ne conservant à terre la pointe de son pied que pour ne pas enfreindre la règle du jeu. M. Bouhardel a prévu ce cas : il a imaginé deux vis de rappel formant tirant sur des arcs-boutants qui relèvent assez facilement la table du billard lorsqu’elle s’est affaissée.
- En 1839, M. Bouhardel a obtenu une mention honorable, en i844 une médaille de bronze.
- Le jury, reconnaissant dans l’ensemble de sa fabrication des perfectionnements alliés à une exécution toujours consciencieuse, lui décerne une médaille d’argent..
- M. Âstorquiza BARTHELEMY, rue Saint-Pierre-Amelot, n° 14 , à Paris.
- Le jury de i844, se tenant dans une juste réserve, demandait à l’expérience de confirmer les espérances que faisait naître la substitution des tables d’arcloise aux tables en morceaux de bois assemblés. L’expérience a parlé en faveur de M. 'Barthélemy, à qui on doit, sinon la première idée, au moins la première application de eetle idée en France. Le brevet d’invention qu’il a pris est expiré, et plusieurs fabricants ont employé l’ardoise, soit d’une seule pièce, ce qui rend un billard trop cher, soit en trois morceaux, ce qui permet de l’établir à peu près au même prix qu’en tables de bois.
- Ces billards sont adoptés par les plus habiles joueurs, qui ne
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- Rappels
- de.
- médailles de bronze
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- s'aperçoivent pas que l’immiclilé s’attache à l’ardoise comme on le croyait, ni que le drap, placé ainsi entre deux corps durs, se coupe plus facilement.
- Le jury est heureux de trouver ainsi confirmées ses premières espérances, et il rappelle en faveur de M. Barthélemy la médaille de bronze.
- M. J.-H. GUILELOUVETTE, rue des Marais-Saint-Martin , n° 47, à Paris.
- Le plus beau billard déposé dans les galeries de l’exposition appartient à cet exposant. Il est orné de bronzes fondus et ciselés par Journaux, d’incrustations délicates exécutées par Cramer, c’est assez dire qu’il est fort riche, et ainsi s’explique et s’excuse son prix de 4,5oo fr. M. Guilelouvette fabrique aussi de bons et simples billards à 1 2 et i,3oo francs.
- Il avait imaginé, il y a 5 ans, de faire fondre soit 4, soit 6 plaques de fer qui, boulonnées fortement ensemble et placées sur une seconde table de chêne, semblaient devoir présenter de fortes garanties contre les effets de la température; mais, après deux tentatives, il a abandonné cette innovation, qui n’offrait pas assez d’avantages pour compenser les difficultés de la main-d’œuvre et la cherté de la matière. Un bon billard, tout en bois, peut s’établir au prix de 12 a i4oo francs; avec table cl’ardoise, de i3 à i,5oofr.; avec table de fonte, de 2,800 à 3,000 francs.
- Le jury reconnaît avec plaisir la continuation des efforts de M. Guilelouvette, et il rappelle en sa faveur la médaille de bronze obtenue en i844-
- Médaille M. COSSON, rue Grange-aux-Belles, n° 20 bis, à Paris.
- le bronze, °
- Cette maison, établie en 1818, citée favorablement en 1827, a
- reçu des mentions honorables en i834, 1839 et 1844-Elle acontinué à soutenir dans le commerce sa vieille réputation acquise par de persévérants efforts et une grande loyauté commerciale. .Celle année, M. Cosson expose un beau billard, dont il a confié l’ornementation à M. Fossey. Cet artiste habile, dont le talent sera apprécié dans un autre rapport, a composé ce billard avec.goût et l’a exécuté avec soin. M. Cosson ne peut revendiquer dans ce succès, d’autre mérite que celui d’avoir fait un bon choix, et ce mérite a de la valeur aux yeux du jury. En effet, un chef d’établissement
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- pcul imprimer à son industrie un plus vif essor par la bonne direction donnée à ses ouvriers, par la recherche intelligente des artistes qu’il appelle à son aide, que par une habileté d’exécution manuelle qui, le plus souvent, pour vouloir tout entreprendre, s’épuise en vains efforts.
- Ce fabricant s’est appliqué à remplir les conditions essentielles d’un bon billard : ses tables, construites en bois, sont bien assemblées-, ses bandes, mi-partie ressorts et lisières, sont élastiques sans l'être trop; enfin, un mécanisme simple et d’un maniement facile permet de fermer avec une seule clef toutes les blouses à la fois, en substituant à leur cavité une surface plane, de niveau avec la table, disposition exigée par les joueurs pour la partie de la carambole.
- Le jury, appréciant l’ensemble et la durée de cet établissement, les perfectionnements introduits par M. Cosson clans son industrie et les billards exposés par lui, décide qu’il a droit à une médaille de bronze.
- M. Pli. MAR CH AL, rue de Sèvres, n° i 7, à Paris.
- Ce fabricant a exposé un billard en bois de palissandre qui frappe tout d’abord par la simplicité de ses formes, l’élégance de ses profils cl l’absence complète d’ornements. O11 sent, à première vue, que ces longues moulures arrondies, assez fortes pour soutenir tout le poids du joueur, laisseront glisser ses mouvements sans interrompre leur précision, et que ce beau bois, dans son lustre naturel, n’engendrera ni rouille ni vert-de-gris quand les mains, en transpiration, auront mille fois passé sur ses surfaces. C’est ainsi que ce meuble doit être conçu pour répondre à sa destination. M. Marchai a le mérite d’exécuter ses billards dans ses ateliers sans le secours d’aucune autre industrie, et de les livrer au commerce au prix de 1,000 francs. Or, ce bon marché n’est acheté par l’abandon d’aucune qualité. Ses tables, assemblées en panneaux pris dans du vieux bois de chêne provenant d’une même démolition, sont capables de résister à l’inlluence de l’atmosphère, et ses bandes à ressorts, déjà mentionnées honorablement par le jury en i844, se sont perfectionnées et continuent à jouir de l’approbation qu’elles avaient reçu de nos plus forts joueurs.
- Le jury accorde à M. Marchai une médaille de bronze.
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- Mentions
- onorablcs.
- M. B. LABURTHE, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° i 4, à Paris.
- Mentionné honorablement par le jury de i844 pour ses billards en table d’ardoise, à bandes de lisières, M. Laburthe se présente avec les mêmes titres à l’exposition de 1849. Les cercles élégants de Paris et ses cafés les plus visités possèdent de ses billards; les joueurs les plus habiles recommandent sa maison.
- Le jury renouvelle en sa faveur une mention honorable.
- MM. MAILLARD et C'°, rue du Faubourg-Sl~Denis, à Paris.
- Des associations d’ouvriers se sont formées dans plusieurs industries sous l'influence des idées nouvelles. Si nos grands établissements n’avaient perdu dans ce mouvement que celte masse d’ouvriers incapables qui parent leur fainéantise de théories socialistes, le mal n’eût pas été grand; mais des hommes consommés dans leur art n’ont pas su défendre leur intelligence vive et candide contre les séductions de ces théories, et, en quittant les ateliers, ils y ont laissé des lacunes sensibles. Le jury n’a pas de leçons à donner, il n’a pas d’avenir à prévoir, il souhaite à ces associations le succès qu’elles espèrent; mais, observant rigoureusement un principe de réserve qui lui impose l’obligation d’attendre le résultat de l’expérience, il mentionne honorablement les efforts des ouvriers associés sous la raison sociale Maillard et compagnie. «
- M. J. E. DAUD, boulevard du Temple, n° 24, à Paris.
- Cet inventeur présente des certificats délivrés en Piémont qui tendent à prouver que, dès i84o, il aurait appliqué des bandes élastiques à des billards, c’est-à-dire des bandes formées de ressorts en boudins métalliques recouverts en lisières. On reprocha dès lors, à celte combinaison, son. irrégularité résultant de la place où la bille frappait sur la bande, soit en plein sur l’extrémité du ressort, soit entre deux ressorts. Depuis, il a ajouté aux ressorts en boudins des plaques métalliques qui les recouvrent en s’étendant sur toute la longueur delà bande. Ces bandes,étant ainsi continues dans leur élasticité, renvoient la bille dans une direction qui se trouve toujours en rapport avec l’impulsion qu’elle a reçue. L’approbation des joueurs est venue en aide au jury, qui a trouvé les bandes de
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- M. Dancl appliquées à plusieurs billards exposés par divers fabricants: il lui accorde une mention honorable.
- M. E. PLENEL, boulevard Saint-Martin, n° 8, à Paris.
- Le billard de cet exposant est simple, d’un bon modèle et bien confectionné; l’élévation de son prix s’explique par la difficulté de travailler le bois des îles, dit bois de violette, qui n’a encore été débité pour placage qu’en petits morceaux. Ce bois a une teinte très-agréable , un tissu de veines d’un joli dessin, et il acquiert un poli très-utile dans les billards.
- M. Plenel avait été cité favorablement en 1844 ; le jury lui accorde une mention honorable.
- M. GAUDIN, à Rouen (Seine-Inférieure). Rappel
- de citation
- Les billards de M. Gaudin sont bien établis; ses tables sont for- favorable, mées de bandes de cliène posées de champ, réunies, collées, et s’étendant d’une seule pièce dans toute la largeur. Ces précautions contre l’humidité et la trop grande sécheresse ne lui ont pas paru suffisantes; il a lié toutes les bandes entre elles dans la longueur du billard au moyen de boulons placés à moitié bois et vissés fortement aux extrémités. Il évite ainsi les solutions de continuité qui lui semblent l’obstacle réel au maintien cl’un niveau constant sur une surface composée d’un si grand nombre de morceaux assemblés, et lejui'y de i844, qui s’en remettait à l’expérience, trouvera la confirmation de son jugement dans la citation favorable que le jury de i84g rappelle en faveur de cet exposant.
- M. SAURAUX, rue du Faubourg-du-Temple, n° î 7, à Paris, citations
- favorables
- Des blessures honorables, reçues dans les rues de Paris en juin 1848, ont obligéM. Sauraux à fermer ses ateliers pour se rendre à Bour-bonne-les»Bains. 11 n’a pu, par ce motif, donner au jury les explications qu’on attendait de lui; mais un mémoire qu’il a envoyé, la citation favorable qu’il a reçue en 1844» et, mieux que cela, l’examen attentif des deux billards exposés par lui, permettent cle le classer au nombre de nos bons fabricants. Il s’est préoccupé, peut-être trop exclusivement, de la solidité de la table; sans doute, c’est la pièce . capitale du billard: mais faut-il obtenir sa précision en passant sur toute autre considération! Est-il besoin, d’ailleurs, pour atteindre
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- un bon résultat-, d’emprisonner une table en pierre ou en ardoise dans un double cadre de fer, le premier destiné à établir un niveau constant, le second formant l’enveloppe et l’ornement du meuble? Nos maisons ne sont pas construites pour soutenir un pareil poids» et les membres des joueurs pour supporter des chocs contre des corps aussi durs. Tout l’ensemble d’un billard, ainsi fait de pierre et de fer, choque la vue et ne s’associe pas à l’idée qu’on se fait d’un meuble de salon pour un jeu d’intérieur. L’autre billard, en ébène, manque de goût à l’extérieur, mais sa table doit fixer l’attention. Elle est établie en petits tasseaux de bois d’un décimètre de long, mi-partie chêne et acajou, et disposés en échiquier. Ce nouveau système de table présenterait d’autant plus de solidité, selon le mémoire de M. Sauraux, qu’il est parvenu, par un moyen pour lequel il a pris un brevet d’invention, à dépouiller le bois de sa sève. Attendons les effets de la température, ou plutôt le jugement de l’expérience. Nous saurons si les bois neufs ont perdu leur sève par ce procédé aussi complètement et à aussi bon marché que. les vieux bois de démolition en ont été dépouillés par l’âge.
- Le jury renouvelle à M. Sauraux une citation favorable.
- M. P. BELEURGEY, boulevard Beaumarchais, nos 53 et. Cy, à Paris.
- Ce serait un perfectionnement sans doute que la suppression des six pieds qui soutiennent un billard, et contre lesquels viennent se heurter les joueurs. M. Beleurgey a cherché, dans le corps même de son billard, une force suffisante de résistance pour supporter sur ses bandes, s’avançant en surplomb, tout le poids du joueur. Le problème serait résolu si ce meuble, reposant ainsi sur une base unique, ne prenait un aspect de coffre ou de baignoire. Cette masse encore informe a besoin, pour entrer en compagnie des meubles élégants de nos appartements, d’être mieux étudié sous le rapport de la forme et des profils.
- M. Beleugey fabrique bien : c’est son titre à la citation favorable favorable que lui décerne le jury.
- M. J. GüfLELOUVETTE jeune, rue Notrc-Dame-de-Lo-relie, n° 56, û Paris.
- Les modifications apportées dans les règles du jeu exigent des
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- modifications dans rétablissement du billard. Plusieurs parties nouvelles, comme celle de la carambole, veulent une table unie et exigent la suppression de la cavité des blouses. Il fallait trouver un moyen de transformer rapidement, et au caprice des joueurs, un billard à six blouses en un billard à quatre blouses, à deux blouses ou sans blouses aucunes. Le mécanisme inventé par M. Cosson suffisait à la dernière de ces exigences; M.‘ Guilelouvelte répond à toutes en appliquant à chaque blouse une rondelle à bascule qui en remplit exactement la cavité, qui s’abaisse ou se relève isolément avec rapidité, et au moyen cl’un four de clef.
- Mais un billard doit-il servir à cacher un lit, doit-il se transformer en table de salle à manger? L’exiguïté et la cherté des logements, clans une ville qui voit chaque année sa population augmenter, a souvent éveillé l’esprit inventif de nos industriels, et le jury n’est pas indifférent à ce qui peut ajouter, dans des conditions égales de fortune, une somme nouvelle de bien-être. Or, on conçoit qu’un garçon de café qui peut cacher sans inconvénient son lit dans le billard, trouvera plus facilement son repos en tirant de ce meuble son lit tout fait, maintenu sec et chaud, qu’en allant le chercher au grenier ou à la cave, avec l’obligation de le monter et démonter soir et matin. Il y a dans ces ingénieuses combinaisons quelque chose de louable, et dans leur exagération quelque chose de ridicule; c’est à observer une juste limite qu’il faut s’appliquer.
- Le jury accorde à M. Guilelouvelte une citation favorable.
- M. Luc LEDEE, rue Chapon, n° 6, à Paris.
- Un billard fût-il excellent, le jeu serait imparfait si les queues manquaient de précision. M. Ledée s’est appliqué à cette fabrication et il a présenté au jury une collection de queues, depuis les plus simples jusqu’aux plus ornées, depuis les queues en frêne à 10 francs la douzaine, jusqu’aux queues en marqueterie formées de l’assemblage de plus de 20.0 morceaux rapportés, à 4o francs pièce. L’essai que nous avons fait des unes et des autres, et les témoignages qui nous sont parvenus, prouvent que cet exposant s’est rendu compte des conditions particulières de sa spécialité et qu’il sait y répondre.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
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- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
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- Sll. PARQUETS.
- M. Léon Feuchèrc, rapporteur.
- M. Charles BLUMER, à Strasbourg (Bas-Rhin),
- Est menuisier en bâtiments; il confectionne surtout des parquets par procédés mécaniques: Ceux qu’il soumet à l’examen du jury sont d’un assemblage simple, et présentent l’aspect de solidité qui est la condition la plus essentielle de cette partie importante de la menuiserie.
- Le bulletin de déclaration delà commission de Strasbourg porte que cet établissement est fondé depuis cinquante ans.
- Ebéniste dans le principe, M. Blumer renonça à celte industrie pour se livrer entièrement à la confection des parquets.
- Une machine à vapeur de 8 chevaux, 12 machines à scier, raboter, tourner, font de cet établissement le plus important de l’Est de la France.
- La modicité de ses prix, jointe à la supériorité de ses produits, lui a amené et facilité un grand débouché en Allemagne et en Suisse.
- Par toutes ces considérations, le jury, pour récompenser un atelier si bien organisé et si productif, et d’un secours si précieux surtout en province, décerne à son laborieux chef, M. Blumer, la médaille de bronze.
- M. Lou-Norbert GOURGUECHON, rue de Port-Royal, n° 16, à Paris,
- Expose un échantillon de parquet dont l’établissement et la confection nous ont paru réunir de bonnes conditions de solidité.
- Ce parquet est scelléà bain de bitume, sans rainure et languette, à plat-joint. Le prix est très-modéré.
- 11 emploie le même système pour des cloisons qui échappent à l’humidité, en même temps qu’il arrête le son et l’empêche de se transmettre. Cet avantage est précieux, surtout dans les maisons habitées par plusieurs locataires.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Gourguecbon.
- M. PASCAL, à Bordeaux (Gironde),
- Expose des parquets mosaïques enchevêtrés, qui offrent des ga-
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- rantics de solidité et de durée et présentent une élégance el'unê recherche qu’il est aisé d’apprécier: aussi le jury vote-t-il avec empressement une citation favorable à M. Pascal.
- S 12. COLLECTION DE BOIS POUR L’ÉBÉNISTERIE ET LES ARTS.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- M. GARAND, rue de Charonne, n° 38, à Paris.
- M. Garand a présenté à l’exposition une feuille de palissandre découpée par un procédé mécanique, pour l’ébénislerie. Cette feuille de palissandre, de 6 mètres de longueur sur 2 mètres de largeur, est remarquable à tous égards, et le jury croit devoir en faire mention, quel que soit l’inventeur du procédé mécanique par lequel elle a été obtenue.
- Le jury central rappelle à M, Garand la médaille de bronze par lui obtenue en x844.
- M. SAINT-UBERY, à Tarbes (Hautes-Pyrénées).
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- M. Saint-Ubery a envoyé à l’exposition une collection de bois indigènes pour l’ébénisterie, et une collection de bois des arbres de la chaîne des Pyrénées.
- Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- M. GOISNARD, rue Bayard, n° 22, à Paris.
- Sa collection d’échantillons de bois indigène, propres à être employés dans l’ébénisterie, la tableltei’ie et la marqueterie, a paru bien choisie et d’un bon emploi.
- Le jury central décerne à M. Goisnard une médaille de bronze.
- § 13. EMPLOI DU BOIS APPLIQUÉ AU BATIMENT.
- M. Léon Feuchcrc, rapporteur.
- M. TACHET(Claude-François), rue Saint-Honoré, n° 2 7 4, à Paris.
- M. Tachet, connu depuis i8a4 de tout élève de l’école d’architecture pour l’excellence de ses planches, de ses T, excellence
- Rappel de médaille de bronze*
- Médailles de bronze.
- Médailles de bronze,
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- Men lions honorables
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- constatée par la précision rigoureuse qu’un long usage ne peut détruire, expose pour la première fois et présente à l’examen du jury des résultats heureux dus à un procédé qu’il appelle ouxkyyromé-trique, procédé pour lequel il est breveté. Les panneaux ea bois, par ce procédé, nous ont paru résoudre avec succès ce problème si difficile qui ôte au bois la possibilité de se rétrécir, s’élargir, s’onduler et se disjoindre. Ce procédé s’applique aux panneaux de voilure, à ceux destinés à la peinture et aux parquets. Un fragment posé au devant de l’exposition de M. Tacbet a subi alternativement l’action du soleil et de l’eau, sans qu’il ait été possible, pendant trois mois de durée de l’exposition, d’y apercevoir la moindre altération.
- Le jury,comprenant tous les avantages que présentent les heureuses combinaisons de M. Tachet, lui décerne la médaille de bronze.
- M. AINDAS (Antoine), à Bordeaux (Gironde),
- Menuisier en bâtiments, établi à Bordeaux depuis 1795,de père en lils, a envoyé à l’exposition l’application de systèmes ingénieux à des portes d’appartement, à une croisée avec persiennes et à une porte à vitres pour balcons.
- Par un mécanisme très-simple il assure pour la porte le jeu qu’exige en l’ouvrant l’usage des tapis ou les inégalités du parquet. En ce qui concerne les croisées à persiennes, par un bouton à l’intérieur il fait jouer un mécanisme qui développe la persienne sans nécessiter l’ouverture de la croisée, et par conséquent évite l’introduction de l’air froid dans la saison rigoureuse.
- Enfin il empêche l’introduction de l’air et de l’eau par les portes-croisées qui donnent sur un balcon, une cour ou un jardin.
- Cet habile et intelligent ouvrier a déjà, à Bordeaux, expérimenté avec succès les applications de ses systèmes, du reste très-simples.
- Le jury décerne à M. Aindas une médaille de bronze.
- M. WOLF (François), rue de la Planche, n° , b Paris.
- M. Wolf, déjà cité en i844, établi pendant trente ans à Nancy, a transporté son industrie à Paris depuis dix-sept ans. Cet habile ouvrier a concentré tous ses soins^dans la confection des jalousies. Son système, breveté en 1812, est encore celui qui est le plus en
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- usage. Son âge avancé et un travail constant ont mérité l'attention particulière du jury, qui lui donne une mention honorable.
- M. COULON (Antoine), rue Ménilmonlant, n° i o, à Paris,
- Expose deux modèles en grand d’escalier tournant exécutés simplement et dans des conditions de prix très-modéré : en résultat, bon établissement et économie. Pour ces deux qualités, le jury donne à M. Coulon une mention honorable.
- M. MARTEL (Jacques-Michel), rue Thiroux, n° 3, à Paris.
- Le jury mentionne honorablement M. Martel pour ses jalousies mécaniques fonctionnant de l’intérieur sans obligation d’ouvrir les croisées, ainsi que pour des jalousies adaptées aux archivoltes, et qui fonctionnent par le même moyen.
- M, DELABARRE (Auguste-César), à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Delabarre, de Rouen, mérite d’être cité favorablement pour un châssis à crémaillère, qui fonctionne bien; pour un châssis à rideaux mobiles, dont le jeu est facile et commode ; enfin, pour un châssis à tabatière en tôle, dont la forme, arrondie aux angles, est une garantie de propreté.
- #
- M. ALIBERT, à Bréau (Seine-et-Marne),
- Est cité favorablement par le jury pour une porte à deux vantaux de chêne maillé, et une autre en maillé ronceux.
- MM. JEANJEAN aîné et MAZÀUYÉ, à Montpellier (Gard),
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- Sont cités favorablement par le jury pour leurs croisées dites à percussion. - -
- 4 . , - , ' •• . . s
- M. VIENNEY (Pierre), rue de la Fidélité, n°20, àParis,
- Est cité favorablement par le jury pour un petit modèle très-in-génieux d’escalier tournant à trois révolutions. C’est un ouvrier très-
- O s ....
- intelligent.
- Citations
- favorables.
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- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
- 440 --
- s 14. MOULURES ET CADRES.
- M. Léon Feuchère, rapporteur.
- CONSIDERATIONS GENERALES.
- . Cette industrie, qui paraît à première vue d’une utilité modeste, est cependant, à notre époque, d’un secours tellement usuel e trépandu qu’elle mérite et l’attention bienveillante et les encouragements du jury. L’emploi des moulures s’étend depuis le meuble, où il est d’une si heureuse application, jusqu’aux décorations intérieures formant corniches et moulures des panneaux pour bordures de glaces, etc. Quant aux cadres qui permettent, en entourant une gravure d’un prix modeste, de répandre une certaine richesse et élégance dans les salons de cette classe aisée et si nombreuse pour laquelle l’ornementation et la dorure est.tout, l’art n’est rien,.la variété des bois indigènes et exotiques vient faire l’appoint à l’objet qu’il renferme, et qui le plus souvent est bien étonné de se trouver si bien gardé et si bien entouré d’ébène noire. Nos encadreurs à Paris possèdent ce talent à un point, que des gravures et tableaux mêmes ne doivent leur succès qu’à la valeur et à l’intérêt qu’offre le cadre à l’acquéreur.
- M. François LÀUPiENT et compagnie, rue de Ménilmon-tant, n° 86, à Paris.
- En i844, M. Laurent fut placé par le jury central en tête de l’industrie du découpage mécanique du bois pour les moulures, les filets, les guillocbages, cadres, mosaïques, parquets, dorures, etc., et il lui décerna une médaille d’argent.
- Cette année, M. Laurent a présenté de nombreux produits qui prouvent de nouveaux perfectionnements apportés dans les mécanismes de ses usines, mis en mouvement par une machine à vapeur de la force de six chevaux. '
- Tous les bois, de quelque dureté qu’ils soient et quelle que soit leur nature, ainsi les résineux, comme les bois gras, huileux, gommeux, etc., sont tous découpés avec la même perfection dans leurs plus petits détails.
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- Les parquets mosaïqués en bois indigènes el en bois étrangers de M. Laurent, déjà connus depuis plusieurs années, sont de la plus grande beauté, et très-recliercliés.
- Lejury, en constatant les nouveaux succès de M» Laurent, rappelle la médaille d’argent qui lui a été décernée en i844» et dont il se montre de plus en plus digne à tous égards.
- M. Alexandre-Joseph MORISOT, boulevard Beaumarchais , n° 2 , à Paris.
- En i844, M. Morisot obtenait une médaille de bronze pour des moulures en imitation de bois exotiques, dont l’emploi pour encadrement de tentures, pour galeries de croisée, etc., était cl’un secours très-efficace aux tapissiers et décorateurs. En effet, le bas pçix, joint à l’imitation si vraie des divers bois, a rendu possible et de placement facile ce que le prix trop élevé des bois naturels ne pouvait rendre que rare et difficultueux,
- Cette année, M.Morfcot nous apporte les preuves d’une application très-étendue. Le palissandre, l’acajou, lé chêne, s’allient entre eux avec succès.
- L’extension considérable de celte branche d’industrie est due à l’activité et à l’intelligence de M. Morisot, à qui le jury, pour le récompenser, rappelle la médaille de bronze, qu’il continue toujours à mériter.
- M. Jean-Claude THOLIN, rue Neuve-Saint-Sabin, n° 7, à Paris.
- M. Tholin, en prenant rétablissement de M. Mariotte, constructeur de machines-outils qui valurent à ce dernier, en i844, une médaille d’argent, et tout en conservant l’établissement de ces machines, a ajouté un établissement d’ébénislerie. Il applique lui-même l’usage de ces outils à une fabrication considérable de moulures.
- Bien qu’exposant quelques meubles, tels qu’armoire à glace, cou. chelte , commode, etc., les moulures et les cadres sont la partie la plus importante de son exploitation qui forme un produit considérable.
- Ainsi, l’outil et sa mise en oeuvre sont tour à tour l’objet de la préoccupation tout industrielle de M. Tholin.
- Le jury, appréciant ces divers résultats, décerne à ce fabricant habile une médaille de bronze.
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- M. Nicolas HENAULT, rue du Val-Sainte-Catherine, n° i, au Marais, à Paris.
- Une machine trcs-simple qui fonctionne facilement et qui abrège considérablement le travail, et se mouvant sur des planches de sapin recouvertes d’une pâte liquide, produit des guillocliis variés et ingénieux, tout en réservant des parties unies.
- Cette machine ou petit chariot, armée des outils en usage aux menuisiers en moulures, est mue par deux ouvriers. Ils lui impriment une oscillation qui donne pour résultat le guillocliis.
- La pâte, par une dernière opération de la machine, se lisse suffisamment, sans qu’il soit nécessaire de lui faire subir les apprêts, assez longs, qu’exige ordinairement la dorure bien établie.
- Les résultats présentés par M. Hénault sont très-satisfaisants; ce sont: un baldaquin, des galeries de croisée, des moulures et cadres pour appartement, des bordures de glaces et de tableaux.
- Nous avons vu fonctionner la machine de M. Hénault avec une promptitude qui doit lui donner un' débit considérable et lui permettre d’écouler ses produits à des prix très-bas.
- Le jury décerne à M. Hénault une médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
- M. Jutte-Sylveslre FERT, rue du Fanbourg-Saint-Àntoiné n° 13o, à Paris.
- Tout en exposant ses moulures guillochées, il fait lui-même le meuble qui en reçoit l’application.
- De plus, utilisant d’une manière nouvelle l’outil à guillocher, il est parvenu, en lui impriniant un mouvement ondulatoire, à obtenir des effets contrariés, qui donnent à ses panneaux un aspect assez semblable à celui que produit la moire.
- La commode que présente M. Fert, où ces panneaux sont employés avec sobriété, est un heureux résultat des moulures bien combinées, et quelques sculptures bien exécutées complètent l’ensemble de ce meuble.
- Des médaillons saillants et bas-reliefs obtenus par la pression nous ont paru le produit d’une idée ingénieuse, qui peut souvent et utilement trouver son emploi. ''
- M. Fert expose pour la première fois; le jury lui décerne une mention honorable.
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- M. Pierre-Louis PENNEQU1N rue Saint-Antoine, n® 21 4, à Paris.
- 9
- Cité favorablement en i844» M. Pennequin exposait comme ébéniste confectionnant le meuble; aujourd’hui il se présente comme fabricant de parquets et surtout de moulures. Cet exposant a perfectionné la fraise qu’il employait, et l’a modifiée de façon à l’utiliser avantageusement pour exécuter des moulures courbes, et pour des parquets mosaïques à rainures et languettes. Ce parquet représente des dessins curvilignes qui, d’un dessin heureux, peuvent s’appliquer à des dessus de table. Tout en espérant que le prix, encore trop élevé, M. Pennequin parviendra à le rendre plus accessible au public, le jury lui accorde une mention honorable.
- M. François-Louis JUNOD, rue Moreau, n° 45, à Paris.
- 0 «
- M. Junod, que le jury de 1844 récompensa par une citation favorable pour ses moulures guillochées, nous en présente l’application heureuse dans un grand cadre ; il y joint une grande variété de moulures et des ornements rubanés de toutes, sortes.
- Par un perfectionnement apporté à sa machine, il obtient des résultats plus prompts et plus nets. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Pierre-Bernard DIEU, rue Saint-Antoine, n° 15g, à Paris.
- Des cadres ajustés avec goût et intelligence, ornés d’incrustations faites avec soin, méritent à M. Dieu, cité favorablement en 1844, la mention honorable que le jury lui décerne.
- M. Tliéophile-Abel LECLÈRE , rue des Quatre Fils, n° 4 , à Paris.
- Élève et successeur de l’habile ciseleur Çhéron, M. Leclère expose pluieurs cadres en cuivre pour miniatures d’une bonne exécution de ciselure et dorés avec soin..
- Il est facile de juger qu’à son tour, habile maître, excellent praticien, M. Leclère ne peut que créer de bons élèves, car il donne, à ses productions cet aspect qui mérite l’attention et une récompensé, ce que le jury reconnaît en lui accordant une mention honorable.
- 29
- ni.
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- Citation
- avovabie.
- M. E. LANNAY, rue du Faubourg saint-Antoine , n° 48, â F'aris.
- Tourneur en bois, expose une grande variété de cadres dorés ; ces cadres doivent leur richesse surtout à leur contournement, sans le secours de pâtes ou plastiques.
- Un peu moins d’exagération dans les formes serait à désirer, de crainte de tomber dans des effets disgracieux
- M. Lannay est trop intelligent pour ne pas comprendre la valeur d’un bon avis que le jury joint à la citation favorable qu’il fait de ses produits.
- § 15. MIROITERIE.
- M. Léon de Laborde, rapporteur,
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Lorsque les fabriques de Venise fournissaient le monde entier de glaces petites, défectueuses et d’un haut prix, le miroitier fut bien inspiré en combinant ensemble les plus petits morceaux pour en former un tout quelquefois gracieux dans son assemblage et toujours très-riche dans son encadrement.Il avait trouvé dans le biseau et dans la gravure des ressources, sinon pour grandir, au moins pour faire ressortir la grandeur du morceau principal, et nos pères ont, pendant deux cents ans, payé grassement une main-d’œuvre patiente, ingénieuse autant qu’ingrate.
- Les miroitiers, nos contemporains, ont-ils donc oublié qu’il s’est fait depuis cinquante ans une révolution dans la fabrication des glaces ? ignorent-ils que Saint-Gobain, Saint-Qui-rin, Cirey, Gommen try, donnent à bon marché d’admirables produits? Mais ils ne l’ignorent pas, puisqu’ils tirent de ces puissantes usines les grandes glacés qu’ils coupent en petits morceaux, qu’ils évident, qu’ils gravent, qu’ils biseautent, faisant perdre ainsi à cette belle matière ses surfaces unies et limpides, sa transparence, sa netteté.
- Lé j;ury se voit obligé de blâmer ces efforts stériles el ce lte
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- fausse tendance : au point de vue de fart, c’est condamnable: au point de vue industriel, c’est inexplicable, car c’est tout simplement déprécier une belle matière en la rendant plus chère. Pour tout dire, c’est un non-sens.
- L’application des glaces transparentes ou étamées au revêtement des cheminées nous a semblé faire exception et mériter des éloges, parce que ce genre d’ornement peut recevoir quelque développement et devenir une ressource dans l’ameublement.
- Mais ce qui a fixé toute l’attention du jury, c’est la miroiterie qu’on peut appeler populaire, celle qui va s’offrir aux prix les plus modiques dans nos faubourgs, nos casernes et nos campagnes. De grands ateliers, de nombreux ouvriers, une foule de machines ingénieuses viennent concourir toutes ensemble à la production d’un miroir qu’un industriel habile peut vendre à un sou, parce qu’il en vend, année commune, plus de cinq millions. Faire participer ainsi les classes pauvres à quelques-unes des jouissances réservées aux classes supérieures, en mettant ce luxe à la portée des bourses les plus mal fournies, c’est un progrès industriel dont les conséquences ne sont pas à dédaigner, quand cette extension, donnée au bien-être de tous, profile, grâce à l’intelligence du chef de la fabrique, à l’existence heureuse de no ouvriers, d’innombrables colporteurs, et à sa propre fortune.
- M. PAILLARD, rue du Grand-Chantier, n" 10, à Paris.
- Ce grand atelier a été fondé en i84i et s’est accru chaque année , à mesure que son chef habile étendait le cercle de ses opérations. S’appliquant exclusivement dans l’origine à la fabrication des miroirs de poche, montés sur zinc et sur cuivre; M. Paillard a entrepris successivement l’imagerie encadrée, l’estampage,, les jouets d’enfants, les objets de sainteté, comme crucifix, bénitiers, et la bimbeloterie, les étuis à lunettes, les. pox’te-allumettes, etc., etc. Une grande modicité de prix ne pouvait être atteinte, et celle qu’il a obtenue ne s’explique que par l’emploi de machines ingénieuses et la réunion dans un seul local, sous son intelligente direction, de
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- Médaiüe
- cVàrgenL
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- toute la fabrication, depuis l’étamage des glaces, l’estampage des différentes plaques et pièces de rapport en métal, jusqu’au montage. Aussi la concurrence n’a-t-elle pu lutter sur aucun marché, si ce n’est en Allemagne, où Nuremberg contrefait la marque de fabrique de M. Paillard pour écouler quelques produits rivaux. '
- Il serait impossible de se faire une idée de cette fabrication, si l’on ne mettait en regard d’un chiffre d’affaires de 820,000 francs les prix de quelques objets, calculés à la grosse, c’est-à-dire aux 12 douzaines, ou au nombre de i44-
- Miroirs de poche, ronds, en zinc estampé, à charnières, formant boîte fermée, s’ouvrant et s’appuyant sur un support:
- De 21 lignes de diamètre, la grosse, 7 francs;
- De 4 pouces 36
- J’omets tous les numéros intermédiaires.
- Miroirs de chambre, carrés longs, dans un cadre en cuivre estampé :
- De 4 centimètres, la grosse, 4 francs;
- De 21 5o
- Miroirs à pelotes montés sur pieds en cuivre :
- Huit numéros différents de 7 fr. à i44 fr. la grosse.
- Petites boîtes contenant un meuble de salon, composé de 7 pièces, soit 1,008 pièces et 144 boîtes pour 27 francs;
- Les mêmes meubles, veloutés, pour 33 francs.
- Étuis à lunettes avec dessins estampés gorges et charnières :
- La grosse, en zinc, 12 francs; en cuivre, 3o
- Nous n’avons pas voulu pousser plus loin une démonstration de ce genre: ces quelques chiffres suffisent; nous renonçons également à décrire toutes les machines ingénieuses combinées par M. Paillard pour diminuer les frais de main-d’œuvre; nous dirons seulement que l’ensemble de cette fabrication s’élevait en 1847 au chiffre de 160,000 francs, en i848 à 280,000 francs, et qu’il dépassera 320,000 francs en 1849.
- Le jury, appréciant la direction habile de M. Paillard, qui se fait sentir jusque dans les moindres détails, considérant l’extension de ses affaires et la bonne condition de ses produits, mise en regard de ses prix si modiques, lui décerne la médaille d’argent.
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- M. LUCE, Miroitier, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Les glacés peuvent être prodiguées dans les appartements; une si belle matière est susceptible des plus heureuses applications. M. Luce a eu l’idée de composer des cheminées avec des glaces éta-mées à l’entour du foyer, sans tain sur la table, et gravées en dessins de fleurs sur les montants. Une de ces cheminées placée depuis deux ans chez M. Fontaine, à Versailles, a subi l’effet d’une chaleur vive, continue ou interrompue sans que le tain ait éprouvé d’altération, sans que les glaces se soient brisées. Cette extension donnée à l’industrie du miroitier n’a pas empêché M. Luce de remplir toutes les conditions de sa partie; le jury lui accorde une mention-honorable.
- M. CHAMOUILLET, rue de Cléry, n° 22, à Paris.
- La glace exposée par M. Chamouillet, dans un cadre en bois sculpté par M; Fossey, est dorée par lui et ne doit servir que comme un spécimen de l’habileté de ce miroitier, spécimen commandé et vendu, par conséquent établi dans les conditions industrielles.
- Le jury, appréciant l’ensemble de l’industrie de M. Chamouillet, lui accorde une citation favorable.
- S 16. BOISSELLERIE, TONNELLERIE.
- M. Léon Feuclière, rapporteur.
- M. ROUILLARD, à Beileville. (Seine).
- Le jury rappelle à M. Rouillard, tonnelier-mécanicien, la mention honorable déjà obtenue par lui en i844 pour ses brocs et bouteilles en bois garnies intérieurement en étain.
- M. Victor-Désiré BLOUET, rue Saint-Antoine, n° 181, à Paris,
- %
- Boisselier de l’administration des poids publics de la ville de Paris expose des mesures pour bois, charbon, grains, plâtres, etc.
- Ces mesures en bois et fer sont bièn confectionnés, et présentent la garantie d’une longue durée. En raison de ces avantages, le jury décerne à M. Blouet une menlion honorable.
- ’ f
- Mçution
- honorable.
- Citation
- favorable.
- Rappel de mentio. honorable
- Mention
- honorable
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- QUATRIÈME SECTION.
- SI. BIJOUTERIE, STUCS, PIERRES FACTICES, BIJOUTERIE DE CORAIL, ETC.
- I. BIJOUTERIE DE JOAILLERIE DE DIAMANTS, PIERRES FINES,
- OR, ARGENT.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La bijouterie et ia joaillerie, depuis la dernière exposition, ont marché, de concurrence avec l’orfèvrerie, de progrès en progrès, en s’attachant à reproduire les chefs-d’œuvre des xiv, xv et xvi siècles; aussi maintenons-nous en tête de la bijouterie et de la joaillerie, MM. Froment-Meurice, Rudolphi et Duponchel, qui se sont également distingués dans l’une comme dans l’autre de ces trois brillantes industries, et auxquels le jury central a décerné, pour le bel et riche ensemble de leurs produits :
- i° A M. Froment-Meurice, une nouvelle médaille d’or;
- 2° A M. Rudolphi, le rappel de la médaille d’or de M. Wagner-Mention, son prédécesseur, dont il soutient dignement la haute réputation ;
- Et 3° à M. Duponchel, successeur de M. Morel, une médaille d’or.
- Rappel M, L. ROUVENAT, rue de Bondy, n° 5-2, à Paris.
- de
- médaille M. Rouvenat, depuis neuf années associé de M. Chles Christofle, <*or" et son successeur, est aujourd’hui seul à la tête de cetle importante fabrique. Bien que M. Chle‘ Christofle y fût toujours en nom, les nombreuses occupations qui absorbaient tout son temps pour la création de sa nouvelle industrie, l’orfèvrerie, ne lui permettaient plus de s’occuper cette fabrique.
- Depuis cette époque, M. Rouvenat l’a dirigée seul, tant sous le rapport commercial que sous le rapport industriel. C’est donc à lui
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- seul que revient tout le mérite que présentent les objets qu’il a exposés.
- Sa fabrication comporte trois genres : la bijouterie et la joaillerie line pour Paris, et les mêmes articles pour l’exportation. Ces derniers se distinguent par un cachet tout particulier de transition entre les formes anciennement demandées pour l’exportation et celles qui, chaque jour, sont demandées par les nouvelles modes françaises.
- Il expose, entre autres objets, tous les modèles des épées qu’il a fabriquées depuis deux années seulement. Le jury accorde a M. Léon Rouvenat le rappel de la médaille d’or, qu’il avait décernée, à la dernière exposition, à MM. Rouvenat-Chrislofle.
- M. DAFRIQUE, rue J. J. Rousseau, n° 8 , à Paris. Nouvelle
- médaille
- M. Dafrique est toujours incontestablement un des plus habiles d’argent, fabricants de chaînes. Le jury de ï844 lui a décerné une médaille d’argent.
- Cette année, en se maintenant au rang où il s’était placé, il a ajouté à son ancienne industrie une industrie nouvelle. Cette dernière consiste en une ornementation d’or et de pierreries ingénieusement ajustées et appliquées sur des camées de toute nature.
- Il varie ainsi les nuances des coiffures, des habillements, et quand ce mariage est habilement fait, ces camées produisent un effet très-agréable à l’œil.
- Le jury accorde à M. Dafrique une nouvelle médaille d’argent.
- M. PAYËN, rue Molay, n° 10, à Paris. Rappel
- J de médaille
- M. Payen expose de la bijouterie d’or destinée à l’exportation, d’argent, principalement aux colonies françaises, à la Havane, au Mexique.
- Sa fabrication, tout à fait en dehors du genre et du goût français , a cela de remarquable quelle est parfaitement appropriée au goût des pays qui la lui demandent.
- Il expose, entre autres objets, une parure en or mat, ciselée or de différentes couleurs, remarquable par l’ingénieuse combinaison qui permet de lui donner plusieurs formes au moyen d’un mécanisme de rechange très-simple.
- Le jury, prenant en considération la bonne voie dans laquelle ce fabricant s’est maintenu et les progrès qu’il a faits, lui rappelle la médaille d’argent à lui décernée en 1844-
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- Médaille M. GRANGER, rue de Bondy, n° 70,9 Paris.
- d’argent.
- M. Granger n’a pas exposé cette année, bien qu’il en eût fait la demande. La raison est le peu d’emplacement qui lui était destiné.
- On comprend, du reste, les embarras de l’Administration pour répondre aux demandes, souvent déraisonnables, de quelques exposants; mais, dans cette circonstance, le jury doit regretter qu’un homme de la valeur de M. Granger, ancien élève de l’école de Cbâlons, n’ait pas fait les démarches nécessaires auprès du jury pour faire apprécier la justice de sa demande.
- Le jury de i844, après un rapport, très circonstancié sur les progrès que la ligne adoptée par M. Granger a fait faire à toutes les branches de l’industrie parisienne, dont il s’est occupé, tels que la bijouterie, les ornements de toilette pour le théâtre, appropriés avec une grande intelligence aux coutumes et aux époques des personnages qui les portent, les armures anciennes, etc., etc., lui avait décerné une médaille d’argent Vers la fin de l’exposition, M. Granger a apporté différentes pièces très-remarquables qui lui ont permis de prouver qu’il n’a pas démérité. Le jury, prenant en considération tous les faits ci-dessus, décerne à M. Granger une médaille d’argent.
- Médailles MM. JHALETTIN et PAYEN, rue Saint-Nicolas-des-de brome. " Champs, n” 2, à Paris..
- Ces deux associés, successeurs depuis trois ans de M. Delance, très-bons fabricants, ont maintenu à leur établissement la réputation qu’il avait acquise. Ils ont mieux fait encore, ils sont entrés dans une voie nouvelle très-goûlée des acheteurs. On s’en convaincra facilement en examinant avec soin leur fabrication , qui, remplit toutes les conditions demandées pour une fabrication courante et de prix moyens.
- Le jury décerne à MM. Halettin et Payen une médaille de bronze.
- MM. PICOT et LUQUET, rue Sainte-Élisabeth, n° 3, à Paris.
- MM. Picot et Luquet exposent de la bijouterie à bon marché, de toute espèce, des bagues, épingles et boucles d’oreilles. Quoi-
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- que très-légers en or, tous ces objets sont fabriqués avec beaucoup de goût et de soin.
- Le nombre d’ouvriers assez considérable que cette fabrication emploie mérite d’entrer en considération dans l’appréciation qui sera faite de l’importance de cet établissement.
- Le jury accorde à MM. Picot et Luquet une médaille de bronze.
- MM. LASEPiVE et ROYER, rue Pagevin, n° 3, à Paris.
- MM. Laserve et Royer, exposent diverses pièces de bijouterie et reproductions en argent.
- Leurs reproductions en argent au moyen delà galvanoplastie, ont cela de remarquable, que les parties en ronde bosse sont parfaitement venues.
- Le jury, prenant en considération les efforts et la réussite obtenue par MM. Laserve et Royer, et l’utilité dont seront un jour, pour les industries de luxe, telles que l’orfèvrerie, le bronze, la bijouterie, ces applications trop peu appréciées jusqu’à ce jour en France par l’industrie, quand des établissements en Russie ont donné à ce travail un essor considérable, décerne à MM. Laserve et Royer une médaille cle bronze, et les engage a persister dans cette voie.
- M. Hubert OBRY, pl ace Dauphine, n° 11, à Paris.
- M. Hubert Aubry est un modeleur-ciseleur excessivement habile. Les objets qu’il expose, destinés à former des épingles, des cachets, des groupes d’animaux, sont modelés’et ciselés avec un soin et un art tout particuliers, et d’autant plus remarquables que leur dimension est très-réduite.
- Son exposition a toujours attiré les regards de tous les amateurs et des personnes qui voient avec plaisir le goût de l’artiste s’allier avec le talent de l’ouvrier. Le jury, prenant en considération les efforts constants de M. Obry pôur'se maintenir dans la voie qu’il s’est tracée, lui accorde une mention honorable.
- M. MIGUET fils, rue Molay, n° 2, à Paris.
- M. Miguet fils expose différents articles de bijouterie et de mise en œuvre. Sa bijouterie, imitation de celle en or avec pierreries incrustées, est faite avec goût et beaucoup de soin; la mise en
- Mentions
- honorables.
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- œuvre est sa principale branche d’industrie, et surtout les ornements maçonniques qu’il expédie à l’étranger pour une valeur assez importante.
- M. Miguetmérite d’être encouragé, car, en maintenant sa fabrication dans la voie qu’il suit aujourd’hui, elle lui assure un bel avenir.
- Le jury accorde à M. Miguet une mention honorable.
- M. GOUDRON, â la Ferté-Gaucher (Seine-et-Marne).
- M. Coudron expose un mécanisme appliqué aux boutons de chemise, qui permet de fixer le bouton à la chemise sans boutonnière; il a déjà exposé en i844 le même objet qui n’avait pas attiré l’attentiofi du jury. Mention honorable.
- Citation
- favorable.
- M.Théodore ELAMBERT, nie des Enfants-Rouges, n°6, à Paris.
- - M. Elambert expose des broches, breloques et autres objets de fantaisie, ingénieusement imaginés et bien fabriqués. Il est dans une bonne voie et mérite d’êlre encouragé,
- Le jury accorde à M. Elambert une citation favorable.
- 2. BIJOUTERIE DE PIERRES FINES, AGATIERS, JASPIERS, PIERRISTES
- ET LAPIDAIRES.
- M. Héricart de Thury, rapporteur. CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Le jury central, à l’exposition de 1844 » avait décerné une médaille d’argentàM. Theret, pour la bijouterie, les mosaïques et marqueteries de pierres fines qu’il avait présentées à l’exposition, et qui le plaçaient en tête de nos pierristes et lapidaires pour le travail et la mise en œuvre des agates, jaspes, améthystes, lazulites, malachites et de toutes les pierres fines et précieuses employées dans la joaillerie. Depuis cette époque cette belle industrie a fait des progrès remarquables que la commission a signalée au jury central, et nous pouvons nous flatter que nos pierristes lapidaires continueront à se distinguer de plus en plus, en suivant l’exemple dé M. Theret, auquel nous
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- devons le rétablissement de l’école des mosaïques en pierres fines des xv et xvi siècles.
- M. CHRITIN, pierriste-lapidaire, rue de Montmorency, n° 26, à Paris.
- Mëd aille d’argent.
- Fils et petit-fils de lapidaire, M. Chritin est aujourd’hui l’un de nos plus habiles joailliers-lapidaires. 11 est du petit nombre des artistes industriels qui se forment d’eux-mêmes en s’attachant de passion à leur profession, à laquelle, souvent, ils font faire des progrès remarquables.
- Simple ouvrier, M. Chritin, travaillant pour différents maîtres qui lui ont dû une grande partie de la réputation dont ils ont joui, se trouvait dans une sorte d’obligation de s’abstenir de se présenter au concours des expositions ; mais la perfection , la supériorité de ses travaux en pierres précieuses, agates, cornalines, sardoines, calcédoines, jaspes, etc., l’ont fait enfin sortir des.rangs inférieurs dans lesquels il avait jusqu’alors travaillé, et l’ont classé en tête de nos pier-ristes-lapidaires. En effet, outre ses pivots d’échappement dusystème Brocot pour lespendules et l’horlogerie de précision, M. Chritin s’est présenté à l’exposition avec un bel assortiment de pièces plus remarquables les unes que les autres, et parmi lesquelles on distinguait : i° Une belle jacinthe double en fleurs et en boutons, prise dans une cornaline orientale, et ses tiges avec les feuilles, dans un jaspe vert sanguin; 20 un papillon dont le corps est en labrador, les ailes en agate orientale striée et rubanée, les yeux en rubis et les antennes en sardoine de contexture soyeuse; 3° une belle tabatière de mosaïque saxonne, composée de cent dix agates orientales, calcédoines, jaspes, etc., recommandable par le choix et l’ajustage des pierres; 4° divers ouvrages de mosaïque, de fleurs, de fruits et de papillons en relief et à plat ;, 5° des serre-papier en malachite et lapis-lazuli ; 6° des verres de montres et becs à corbin en quartz hyalin, cristal de roche, etc.,. etc. ' .
- Le jury décerne à M. Chritin une médaille d’argent.
- M. BIGOT-DUMAINE jeune, pierriste-lapidaire, rue Boucher, n° 1 bis, à Paris. r . , s
- M. Bigol-Dumaine est un bon, un excellent ouvrier, qui s’est particulièrement attaché à l’industrie du travail des agates, des cor-
- Médaille de bronze*
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- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
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- nalines, des jaspes, etc., pour la joaillerie et la bijouterie. Depuis, il s’est livré avec succès à celle des pivots d’échappement pour l’horlogerie , et s’est fait une certaine réputation dans cette spécialité.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- 5. BIJOUTERIE DORÉE, BRONZE DORÉ, CHAINES DORÉES, ETC.
- ♦
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La bijouterie dorée a prouvé, par les riches assortiments qu’elles a présentés à l’exposition, qu’elle était toujours digne de la haute réputation dont elle jouissait, et que, si quelques fabriques de pacotilles avaient pu donner lieu à des plaintes plus ou moins fondées, nos principaux fabricants n’avaient rien négligé pour prouver la supériorité de leurs produits, et qu’ils étaient de plus en plus dignes des récompenses que le jury central leur avaient accordées.
- M. MOUREY, rue du Temple, n° 63, à Paris.
- M. Mourey a obtenu à l’exposition de i844 une médaille d’argent pour sa fabrication de bijouterie en cuivre doré et argenté, qu’il avait poussée à un degré de perfection remarquable. Cette année, il expose, outre la bijouterie dorée, des camées en argent et argentés, reproduits par la galvanoplastie d’après des modèles de camées gravés de la bijouterie, et divers genres de corbeilles ornées de feuillages argentés, destinées à l’exportation, et dont le genre de fabrication est approprié aux pays auxquels elles sont destinées.
- Nous ne pouvons rien dire de plus favorable de cet exposant que de le signaler comme s’étant maintenu au premier rang qu’il avait su conquérir à la dernière exposition, quoique ses relations commerciales aient eu considérablement à souffrir de la crise indus-
- f
- trielle amenée par la révolution de Février.
- Le jury accorde à M. Mourey une nouvelle médaille d’argent.
- M. HOUDAILLE, rue Saint-Martin, n° 171, à Paris.
- M. Houdaille est incontestablement le premier et le meilleur fa-
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- bricant de garnitures de livres en argent et en cuivre doré et argenté.
- Sa bonne fabrication, l’importance qu’il lui a donnée, lui avait mérité, en i844, la médaille d’argent.
- Aujourd’hui, il faut reconnaître que sa fabrication a fait encore des progrès, tant sous le rapport de l’exécution que pour la grâce et les formes de ses dessins.
- Le jury décerne à M. Houdaille une nouvelle médaille d’argent.
- M. LELONG, rue du Temple, n° 49, à Paris.
- A la dernière exposition , M. Lelong a obtenu une médaille d’argent pour sa fabrication très-remarquable des chaînes en cuivre doré.
- Depuis il a ajouté à cette branche de la bijouterie d’autres articles, tels que clefs et cachets et des breloques de formes gracieuses et variées.
- Il mérite d’être maintenu au rang où l’avait placé le jury de 1844-
- Le jury accorde à M. Lelong le rappel de la médaille d’argent.
- médaille
- d’argent.
- M. BUREAU (Jean Prosper), rue Chapon, n° 23, à Paris. Rappel
- M. Bureau expose des produits d’une fabrication soignée et tou- médaille jours remarquable. Il avait obtenu, en 1844, une médaille de clel3lonze bronze, et, depuis celte époque, il a fait des progrès pour lesquels le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze.
- M. CORNILLON, rue du Temple, n° 5o, à Paris., Médaille
- M. Cornillon a exposé des flacons en cristal, des porte-montres avec garnitures d’ornements estampés dorés et argentés.
- C’est un des industriels qui ont le mieux compris ce genre de fabrication, et il se distingue des autres par un meilleur choix dans ses dessins, dans ses ornements et dans ses formes.
- Le jury décerne à M. Cornillon une médaille de bronze.
- M. PLIQUE, rue Saint-Martin, n° 295, à Paris.
- La fondation de son établissement remonte à 1823. C’est la première fois qu’il expose. Ses bracelets à ressort.sont très-goûtés; il s’est toujours maintenu dans une bonne ligne de fabrication. C’est un fabricant qui mérite d’attirer l’attention du jury.
- Le jury accorde à M. Plique une mention honorable.
- Mentions
- honorables.
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- iVI. MOJON, rue Saint-Martin, n° 9, à Paris.
- M. Mojon a obtenu en i844 une mention honorable, et, bien que des pertes considérables soient venues porter une grave atteinle à l’étendue de ses relations commerciales, sa persévérance dans une bonne fabrication, sa supériorité dans le genre de bijoux en filigranes, le placent à un rang supérieur à celui qui lui avait été assigné en i844.
- Le jury décerne à M. Mojon une mention honorable.
- M. IIUSSON, rue des Fontaines-du-Temple, n° 18, à Paris,
- A obtenu à l’exposition de i844 une mention honorable.
- Ce que l’on peut dire de plus honorable pour lui, c’est que si les fabricants de perles eussent maintenu comme lui la qualité de la dorure, celte industrie ne serait pas tombée dans le discrédit où elle est aujourd’hui.
- Le jury décerne à M. Husson une mention honorable.
- M. DECHAVANNE, rue Rambuteau, n° 1, à Paris.
- M. Dechavanne expose, entre autres choses, des porte-montres, des porte-cigares, des porte-monnaie, etc., dont les garnitures sont en métal excessivement malléable et que, par un procédé de fabrication très-ingénieux et très-peu dispendieux, il réussit à repercer et à graver, en conservant très-purs et très-nets les formes et les dessins qui en font l’ornement.
- Cette jolie fabrication mérite l’attention particulière et une marque d’intérêt.
- Le jury décerne àM. Dechavanne une mention honorable.
- MM. DOBBÉ frères, rue du Temple, n° 56, à Paris,
- Exposent des objets de bijouterie en cuivre, doublé d’or et estampé.
- Leur-fabrique est importante, leur fabrication est soignée; mais cette industrie est stationnaire comme les populations auxquelles elle est destinée. Cependant elle occupe à Paris un grand nombre d’ouvriers, Tant pour la fabrication spéciale que par les autres in-
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- dustries qui s’y rattachent. Sous ce point de vue, MM. Dobbé frères méritent l’attention du jury.
- Le jury accorde à MM. Dobbé frères une mention honorable.
- M. RENAULT, rue Montmorency, n° 28, à Paris.
- Les objets en bijouterie fausse exposés par M. Renault se distinguent par leur grâce et leur légèreté. Il est clans une bonne ligne, dans laquelle il faut l’encourager à persévérer.
- C’est l’une des plus fortes maisons de Paris pour l’exportation de la mise en œuvre.
- Cette maison existe depuis quinze années.
- Le jury décerne à M. Renault une mention honorable.
- M. PÉROT, rue des Fossés-Montmartre, n° 12, à Paris.
- M. Pérot expose des pièces gravées, damasquinées et incrustées, d’un travail excessivement remarquable. Ses incrustations d’or surtout, bien que d’une ténuité excessive, présentent une solidité qui n’avait pas été atteinte avant lui.
- Le jury décerne à M. Pérot une mention honorable.
- M. PICHARD, rue des Blancs-Manteaux, n° 3o, à Paris.
- Cette fabrication existe depuis x 4 années.
- M. Pichard expose pour la première fois. Sa joaillerie fausse est bien exécutée.
- Le jury décerne à M. Pichard une mention tonorable.
- M. Charles Antoine MAQUET, rue de la Calandre, n° 17,
- .ï '
- - à Paris.
- Citations
- favorables
- Lampes à souder, à l’usage dès bijoutiers-joailliers, bien cônfec lionnées et d’un bon emploi.
- Le jury accorde à M. Maquet une citation favorable.
- M. Charles SCHMOLL, passage Basfour, n° 9, à Paris.
- M. Schmoll a exposé de la joaillerie dorée d’exportation, remarquable par son travail, sa perfection et son basprix. >>
- Le jury lui décerne une citation favorable.
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- Rappel
- de
- médaille de bronze.
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- Mm* REYNAUD-CHAPELAIN , passage Basfour, n“ i*3, à Paris.
- Mms Reynaud-Chapelain a exposé des assortiments de montres, avec leur chaîne, à o,o5 centimes, avec delà bijouterie de colportage en foire et d’exportation.
- Ces produits, fabriqués par des apprentis, divisés selon le travail, ont été jugés dignes d’être cités favorablement pour leur exécution et leur bas prix.
- 4. BIJOUTERIE DE DEUIL.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La belle bijouterie de deuil a été pendant longtemps une industrie particulière à quelques-uns de nos départements, où la matière première, le jais ou jaïel, se trouvait d’une telle pureté et d’un noir si pur et si intense, qu’on l’employait avec le plus grand succès pour cette industrie; mais son peu de dureté, sa friabilité et son extrême combustibilité lui ont fait préférer le verre noir, l’émail noir, la fonte et l’acier, qui remplacent le jais ou jaïet, en présentant des caractères bien supérieurs pour leur emploi dans la bijouterie de deuil.
- M. RICHARD, rue Saint-Martin, n° i 3 g, à Paris.
- Expose de la bijouterie de deuil?
- Comme il le déclare lui-même dans une notice remise au jury, c’était là son ancienne industrie, pour laquelle il a obtenu une médaille de bronze en 1827, i834, i83q et i844-
- .Mais aujourd’hui saprincipale fabrication est labouclede chapeau, qu’il a réussi à établir à des prix très-modiques par des moyens de fabrication très-simples et très-ingénieux.
- Sa principale exportation est pour les Etats-Unis.
- Dans cette nouvelle branche d’industrie, comme dans celle à laquelle il se livrait précédemment, M. Richard a montré qu’il était digne des encouragements qui lui avaient été décernés, et le jury,
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- reconnaissant ses constants efforts, lui rappelle la médaille de bronze à lui décernée en 1844.
- M. POTEL, rue Beaubourg, n° 5o, à Paris.
- M. Polel expose une collection de bijoux pour deuil d’un bon goût et solidement fabriqués.
- Les progrès qu’il a fait faire à sa fabrication le rendent digne de la mention honorable que le jury lui décerne cette année.
- 5. BIJOUTERIE D’ACIER.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Notre fabrication de bijouterie d’acier poli se soutient à la hauteur des aciéries anglaises qui ont eu longtemps la supériorité sur les nôtres, et nous devons rappeler ici que c’est particulièrement à M. Frichot, qui présenta aux expositions de 1827 et i834 des assortiments d’ameublement et de bijouterie d’acier poli, que nous devons les développements que depuis quelques années cette belle industrie a pris chez nous avec une supériorité que soutiennent nos fabricants avec le plus grand succès.
- M. DANLOY (Mathieu), à Raucourt, dans les Ardennes (Moselle).
- La fabrique de Raucourt fut distinguée en i834’pour ses boucles de fer et d’acier, qui lui méritèrent une médaille de bronze. Depuis cette époque, M. Mathieu Danloy a introduit de nombreux perfectionnements dans sa fabrication qui a pris le plus grand développement, et occupe constamment plus dé cent ouviiers.
- Le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. VAUTIER, rue du Faubourg-du-Temple , n° 57, à Paris.
- • La fabrique de bijouterie d’acier de la maison Vautier est ancienne et s’est distinguéë aux expositions de i83g et i844. Elle se maintient avec succès au rang où elle s’élait placée.
- JUI.
- Médaille de bronze.
- Nouvelles médailles de bronze.
- 3o
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- Le jury prenant en. considération le rappel de la médaille de bronzequi lui fut décernée à la précédente exposition, lui en décerne une nouvelle.
- 6. BIJOUTERIE DES STRASS ADAMANTCÜDES. BRILLANTS OU DIAMANTS
- ARTIFICIELS.
- M. Héricart de Thury, rapporteur. ' -CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’industrie de la fabrication des diamants de strass ada-mantoïdes a fait, depuis les grands prix de la société d’encouragement et les médailles décernées par le jury central, de tels progrès, par les recherches et les travaux de MM. Lançon, Doault-Wieland, Bon, Marion, Bourguignon et autres, et nos brillants diamantoïcles sont aujourd’hui cl’une telle beauté et d’une telle pseudovérité, qu’il est impossible à aucune fabrique étrangère de faire mieux et de lutter avec nos fabricants, qui peuvent à peine suffire aux nombreuses demandes adressées d’Allemagne, de Russie, d’Angleterre, d’Amérique et des Indes, où leur bijouterie a obtenu le plus grand succès.
- MM. SAVARY et MOSBACH, rue Vaucanson, n" 4 y à Paris.
- MM. Savary et Mosbach ont poussé aussi loin qu’il est possible de le faire l’imitation de la joaillerie fine, tant pour la façon du montage que pour l’imitation des pierres.
- Tout ce qu’ils exposent a un cachet de bon goût remarquable. Si tous les fabricants suivaient leur exemple, cette industrie, qui occupe à Paris un grand nombre d’ouvriers, prendrait un accroissement considérable.
- Successeurs de M. Bon, qui avait mérité la médaille d’argent à la dernière exposition, il faut leur rendre celte justice qu’ils ont encore mieux fait que leur prédécesseur et qu’ils se sont placés au premier rang de leur belle industrie.
- %je jury décerne à MM. Savary et Mosbach une médaille d’or. .
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- M. BENDEPx, rue des Petites-Écuries, n°'i6, à Paris.
- De tous les fabricants qui ont exposé cette année de la bijouterie diamantoïde et cuivre doré dans le genre de Paris, M. Bender est incontestablement un de ceux qui ont le mieux imité le fini de la belle bijouterie d’or et de diamant.
- Les bracelets, les broches, les épingles*qu’il expose sont d’une exécution très-remarquable qui soutient la comparaison avec tout ce qui a été exposé de plus parfait par ses confrères.
- Le jury décerne à M. Bender une médaille d’argent.
- M. MASSON, Palais-National, n° 1 17, à Paris,
- Doit être placé, pour la bijouterie fausse, dans la même catégorie que M. Petiteau pour la bijouterie fine.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. CLÉMENT et FILLOZ, rue Neuve-Bourg-Labbé, n° 10, à Paris.
- MM. Clément et Filloz exposent des chapelets en grains de strass diamantoïde,- cristal, corail et bois divers, travaillés à Saint-Claude (département du Jura).
- Us exposent aussi divers objets de belle tabletterie sous les noms Clément et Desmarets.
- Leur fabrication, qui paraissait d’abord peu importante, a pris, entre leurs mains, un développement considérable puisqu’elle né s’élève pas à moins de 2 5o,ooo francs par année, et occupe plus de trois cents ouvriers. Les moyens mécaniques employés par eux pour la confection des grains de strass et de coco les mettent à même de rivaliser, sur les marchés étrangers, avec les premiers fabricants d’Allemagne.
- Le jury, prenant en considération l’importance donnée à cette fabrication par MM. Clément et Filloz, et pour les engager à continuer dans la voie où ils sont entrés, leur décerne une mention honorable.
- 7. FABRICATION DES PERLES ARTIFICIELLES.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Notre fabrication des perles artificielles est aujourd’hui
- ’ 3o.
- Médaille
- d’argent,
- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
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- arrivée à un tel degré de perfection et de supériorité, par les études, les essais, les recherches et les travaux de MM. Constant Valès et Truchy, qu’il est impossible à l’œil le plus exercé de distinguer leurs perles placées et montées avec de vraies perles, ces fabricants étant parvenus à leur donner le poids, la dureté, l’irisation orientale et la demi-transparence ou la translucidité opaline des plus belles perles : aussi les perles de ces habiles fabricants obtiennent-elles partout une préférence marquée, en Russie, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, en Amérique ët jusques aux Indes, qui nous renvoient des perles naturelles en échange des parures des perles de Paris.
- Rappels de médailles d’argent.
- M. Constant VALÈS, rue Saint-Martin, n° 161, à Paris.
- M. Constant Valès soutient dignement la haute réputation qu’il s’est faite pour la fabrication des perles artificielles, dans laquelle il se maintient au premier rang, pour les améliorations et perfectionnements des anciens procédés de celte industrie, et il justifie ainsi de plus en plus les récompenses qui lui ont été décernées aux précédentes expositions.
- Ses produits, qui semblent défier la nature et qui sont souvent confondus ensemble, sont très-recherchés et obtiennent les plus grands succès en Angleterre, en Allemagne, en Russie, dans tout le Levant, l’Amérique, enfin, et généralement partout, comme en France.
- Le produit moyen de la fabrication de M. Constant Valès, suivant ses livres, s’élève à plus de 120,000 francs.
- Il occupe constamment de cinquante à soixante ouvriers, et les a soutenus dans les moments les plus critiques; mais ce qui nous a été révélé par un de ses anciens ouvriers et que nous ne pouvons passer sous silence, c’est que, depuis longtemps, M. Valès s’est associé ses contre-maîtres et premiers ouvriers, et que, par actes notariés, il a fait des pensions à ceux qui, trop âgés ou infirmes, ne pouvaient plus continuer les travaux de la fabrication des perles.
- Le jury central, en applaudissant à l’honorable conduite de M. Constant Valès envers ses ouvriers, le déclare de plus en plus digne de la médaille d’argent qui lui fut décernée en i844.
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- M. TRUCHY, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur, n° 18, à Paris.
- M. Truchy est arrière-petit-fils de M. Jacquin, qui, en 1 année 1686, établit en France la fabrication des perles artificielles, pour laquelle il fut breveté sous Louis XIV, ainsi qu’il est constaté dans le catalogue des découvertes des arts et métiers du ministère de l’intérieur.
- Après M. Constant Valès, ou au même rang, vient se placer M. Truchy. Son exposition se distingue par une imitation aussi parfaite que possible des perles dites grosses baroques, de formes bizarres, telles qu’on les trouve dans la nature.
- Ces perles baroques sont aujourd’hui employées avec le plus grand succès dans les arts par des fabricants qui en tirent parti pour en faire des objets originaux et de caprice ou de fantaisie. L’art de faire les perles artificielles doit d’importantes améliorations à M. Tru ehy. Ses perles ont acquis une telle supériorité qu’il est difficile et souvent impossible, à la simple vue, de les distinguer des perles véritables , dont cet habile fabricant est parvenu à donner aux siennes la dureté, le poids et les. belles teintes orientales opaliques qui les font rechercher pour la haute joaillerie d’imitation.
- Le jury avait décerné à M. Truchy une médaille d’argent en 1844, pour tous ses perfectionnements dans l’art de faire les perles artificielles; aujourd’hui il la lui rappelle.
- M. GRÉER, rue Saint-Marlin, n° î 93 , à Paris.
- M. Gréer a parfaitement soutenu sa fabrication et, à cela près de l’importance de ses affaires, les perles exposées par lui en imitation, de celles d’Orient et de Panama, marchent de pair avec celles de ses concurrents.
- Le jury rappelle à M. Gréer la médaille de bronze à lui décernée en i844.
- M. 1IALLBERG, rue Neuve-Bourg-l’Abbé, n° 8, à Paris,
- Mérite cette année le rang que lui avait assigné le jury de î844-Le jury décerne à AI. Hallherg une mention honorable.
- Rappel
- do
- médaille de bronze.
- Mention
- honorable.»
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- Rappels
- médailles
- d’argent.
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- 8. BIJOUTERIE DE CORAIL.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’art de travailler le corail est très-ancien : cette substance précieuse, considérée longtemps comme un végétal marin, ensuite comme un intermédiaire entre les végétaux et les animaux marins, puis enfin comme une production marine produite par des polypes, le corail était connu des anciens, qui le pêchaient comme nous sur les rochers des côtes de la Méditerranée, de la Sicile, de l’Adriatique, de l’Afrique, de la mer Rouge, etc., etc. Il était très-recherché et classé parmi les pierres précieuses employées dans la bijouterie et la joaillerie, comme le prouvent les médaillons, les bijoux, les chatons, les grains perlés qu’on trouve dans les tombeaux et les ruines de quelques villes, et dont on voit des échantillons bien conservés dans divers musées et collections.
- L’industrie du corailleur et la mise en œuvre du corail ont été rapportées du temps des croisades, d’abord en Italie, où elles furent exploitées avec succès à Naples en Sicile, à Livourne, à Gênes, puis à Marseille, dont nos fabriques soutiennent la Concurrence pour le travail, le fini et la beauté de la bijouterie avec les fabriques étrangères. Elles emploient annuellement de 2,000 à 2,5oo et 3,000 kilogrammes de corail qui produisent en bijouterie de toute espèce plus de i,5oo,ooo francs, dont, près des deux tiers pour l’exportation , nos coraux étant très-recherchés au Sénégal, à la Gambie, dans l’Amérique, les Indes, etc. etc.
- M. BARBAROUX DE MÉGY, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- M. Barbaroux de Mégy, depuis l’exposilion de i844, à la suite de laquelle il obtint une médaille d’argent, est entré dans une voie de progrès très-remarquable.
- Sa fabrique occupe de vingt-cinq à trente ouvriers à Marseille, et de trente à quarante dans les environs, à Capri.
- 11 emploie annuellement i,5oo kilogrammes de corail brui,
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- pour 800 kilogrammes de corail ouvré, dont 5oo kilogrammes pour l’exportation.
- Parmi les nombreux produits exposés par M. Barbaroux de Mégy, on distinguait :
- i° De belles files de graines de corail de différentes nuances et grosseurs ;
- 20 Dix files d’olivettes;
- 3° Une pendule ;
- 4° Un jeu d’échecs ;
- 5° Une montre contenant plus de deux cents articles de fantaisie et objets divers pour la bijouterie.
- Le jury rappelle à M. Barbaroux de Mégy la médaille d’argent à lui décernée en i844-
- n
- M. GARAUDY, à Marseille ( Bouches-du-Rhône).
- M. Garaudy maintient sa manufacture de corail de Marseille en activité, et en concurrence de celle de M. Barbaroux. Il présente les mêmes progrès. Il occupe cinquante ouvriers dans ses ateliers de Marseille et d’Aix.
- Il emploie 800 kilogrammes de corail brut, pour en confectionner et ouvrer 600 kilogrammes environ, dont un tiers envii’on pour l’exportation.
- Les nombreux produits que M. Garaudy a présentés étaient remarquables par leur travail, leur fini, leur beau choix.
- Le jury reconnaît que M. Garaudy est de plus en plus digne de la médaille d’argent qu’il lui a décernée en i844, et la lui rappelle.
- 9, REVIVIFICATION DES DORURES, RÉPARATION DE LA BIJOUTERIE ET DES BRONZE DORÉS.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- M. ROSSELET, inventeur, fabricant de produits chimiques, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 11°*26, à Paris.
- M. llosselet a présenté au jury central deux liquides qu’il a nommés chryso-païïngénésiqnes ou révivificateurs de dorures et argentures,
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- l'un pour les métaux, l’autre pour les équipements militaires, passementeries, broderies, etc., etc.
- La 'commission mixte des beaux-arts et de chimie s’est assurée d’abord qu’il n’entrait aucun acide dans la composition des deux liquides de M. Rosselet, puis elle les a soumis à diverses épreuves, savoir :
- 1° Sur des pièces d’or, de vermeil, d’orfèvrerie, des bijoux d’or vrais ou faux, des armes, des bronzes dorés; et 20 sur des ornements d’église d’or, d’argent et dorés, sur des uniformes et équipements militaires.
- Et par ses essais elle a constaté que les deux liquides révivifient réelletnent, sans oxydation de métaux comme sans altération des étoffes, l’or et l’argent mats et brunis, ainsi que l’attestent, d’une part, les certificats de Msr l’archevêque de Reims, de MM. les curés des paroisses de la Madeleine, de Saint-Merry, etc., etc., et, d’autre part, les certificats d’un grand nombre de généraux, amiraux et officiers supérieurs des armées de terre et de mer.
- A l’exposition de i844, le jury central avait accordé à M. Rosselet, pour ses liquides révivificateurs de dorures et argentures, une mention honorable, en attendant que l’usage en fût plus répandu et que le succès en fût généralement constaté.
- Le nouveau rapport de la commission mixte des beaux-arts et de chimie ne pouvant plus laisser aucun doute sur l’efficacité et le plein succès des liquides de M. Rosselet, d’ailleurs prouvés par les pièces nombreuses qu’il a présentées au jury et à la commission avec les certificats à l’appui, le jury central lui a décerné la médaille de bronze.
- S 2. INDUSTRIE DES MOSAÏQUES.
- M. Héricart de Tliury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Dans le rapport sur l’exposition de i844, la commission des beaux-arts, après avoir fait un exposé rapide de l’état de l’industrie des mosaïques, portée, chez les anciens, à un si haut degré de perfection et cependant si vulgaire, ou tellement répandue, quon en trouve encore partout de beaux restes, dans les ruines des temples et des palais, comme dans
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- celles des plus modesles villas ou maisons de campagne des anciens, la commission des beaux-arts exprimait ses regrets de la déchéance d’un art pour lequel l’Empereur, sur la proposition deM. Denon, directeur du musée du Louvre, avait fondé à Paris une école de mosaïque monumentale, à l’instar de la mosaïque antique : cette école, sous la direction de Belloni, obtint les plus brillants succès, comme l’attestent quelques belles mosaïques de sa composition, et fut malheureusement abandonnée faute de travaux et d’encouragement, au point que cette belle industrie n’est plus exercée et pratiquée aujourd’hui que par quelques mosaïstes, élèves de cette école, qui, malgré leur talent et la perfection de leurs ouvrages, ne trouvent qu’avec peine à les placer.
- La mosaïque en pierres fines pour la joaillerie se soutient mieux que la mosaïque monumentale ; elle continue à faire de tels progrès, qu’elle rivalise aujourd’hui avec les premiers mosaïstes d’Italie, ainsi qu’on peut en juger par ceux qui ont été exposés.
- La mosaïque florentine, soit en plaques de pierres découpées, d’agates, jaspe, lazulite, stalactite, marbre, soit en relief, est également en progrès, et divers bons ouvriers mosaïstes, élèves de l’école de Belloni, ont fourni à plusieurs exposants des produits remarquables, qui soutiennent parfaitement la comparaison avec les plus belles compositions des écoles de Florence, et qui rappellent celles des règnes de Louis XIII et Louis XIV ; mais les mosaïstes auxquels elles sont dues, travaillant pour le compte de nos premiers ébénistes, ne se sont pas fait connaître dans la crainte de perdre leur clientèle. La commission exprime, à leur égard, le regret de ne pouvoir leur faire décerner par le jury les médailles auxquelles ils auraient eu droit s’ils avaient exposé leurs produits sous leur nom.
- La marqueterie en plaqué de bois et autres matières, telles que l’écaille, l’ivoire et les métaux, est aujourd’hui portée au plus haut degré de perfection ; mais elle fait partie essentielle de l’ébénisterie dont elle n’aurait pas dû être séparée. Gepen-
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- Méd aille d’argent
- Médaille de bronze.
- — klk _
- dant, comme elle a été renvoyée à la section chargée de l’examen des ouvrages de mosaïque, la commission en a examiné avec soin tous les produits, heureuse de s’être rencontrée, pour leur classement, avec la section de l’ébénisterie.
- D’après cet exposé, la commission a divisé son travail en deux grandes sections, savoir : la première, la mosaïque proprement dite, qui est sous-divisée, i° en mosaïque antique et byzantine monumentale, et 2° en mosaïque de la renaissance et mosaïque florentine.
- La seconde, la marqueterie, divisée, i° en marqueterie de pierres fines, agates, jaspes, marbres, etc., incrustés dans l’ébénisterie ; 2° la marqueterie des feuilles de bois découpées ; et 3° la marqueterie d’incrustation d’ivoire, d’écaille, étain, cuivre et autres métaux pour l’ébénisterie, la tabletterie, etc.
- Enfin, et pour compléter tout ce qui est relatif à la marqueterie, la commission a joint, par appendice, les différentes branches d’industrie du travail du bois, qui ont été également renvoyées à son examen, telles que, i° les collections de bois; 2° le travail du découpage du bois à-la mécanique; et 3° les préparations chimiques pour la coloration du bois d’ébéniste-rie, de marqueterie, de tabletterie, de menuiserie, et pour la conservation du bois.
- i
- 1° mosaïque antique et byzantine en dès ou cubes de marbre ,
- PATE, VERRE.
- M. CHRETIN (Théodore), rue des Nonandières , n° i3, à Paris.
- Il a fondé une école de mosaïque artistique avec des mécaniques pour débiter le marbre en plaques et baguettes, des sciottes, dressoirs, polissoirs, etc.
- Le jury central lui décerne une médaille d’argent.
- 2° MOSAÏQUES DE RENAISSANCE OU FLORENTINE, EN ÉCHANTILLONS DE MARBRE ET AUTRES PIERRES.
- M. BOSSY, rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel, à Paris.
- M. Bossy, élève de l’école de Belloni, a exécuté de belles tables
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- de mosaïque ; il s’est distingué par ses travaux de marbrerie mosaïque pour le tombeau de l’Empereur.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. GOUBIN, rue Saint-Sevérin, n° 20 bis, à Paris. Mention
- Tl , , .. „ , . . . , honorable.
- Il est un de nos bons mosaïstes- marbriers, ainsi que le prouve sa belle table de marbre, albâtre, stalactites et pierres diverses.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. DUPUIS, mosaïste-marbrier, Petite-rne-Saint-Pierre-Amelot, à Paris.
- Il a exposé de belles tables de mosaïque avec incrustations découpées, d’un travail soigné et bien exécuté.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- 3° MOSAÏQUES bois, agate, jaspes et métaux, etc.
- M. MARCELIN, rue Basse-du-Rempart, n°/to, à Paris. Rappel
- Cet habile mosaïste soutient la réputation de ses travaux et composition, le jury central lui confirme la médaille d’argent par 0 lui obtenue en i844-
- Le jury central a également décerné à
- MM. PROFILET, rue des Tournelles, n° 47, à Paris; Médaille COURONNE, rue des Trois-Couronnes, n" 13, a <lc Paris,
- A chacun une médaille de bronze pour leur beaux travaux de mosaïques ;
- Des mentions honorables à ' '
- MM. MARANGONI, rue des Tournelles, n° i3, à Paris } Mentions GROS, rue des Blancs-Manteaux, n° 27, à Paris; llonoial)les PERET et MATHIEU, rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel, n° 8, à Paris ;
- Des citations favorables à
- MM.
- WALKER, rue de Gharenton, n° 18 , 4 Paris ; GAULT, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° i4, Paris ;
- Citations
- Favorables.
- \
- a
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- MM, SOLLIER, rue Pastourelle, n° 7, à Paris;
- MÉ JAS, rue Guérin-Boisseau, n" 7, à Paris; LACAILLE-TRINCARD, à Blois (Loir-et- Cher).
- CINQUIÈME SECTION.
- S 1“. GRAVURE ET FONTE DE CARACTÈRES D’IMPRIMERIE.
- M. Ambroise-Firmin Didot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les conseils que nous donnions aux graveurs et aux fondeurs en caractères à la dernière exposition n’ont pas été inutiles. On remarque, en général, dans la forme des types des proportions qui, sans trop nuire à l’élégance, facilitent la lecture et permettent aux caractères de mieux résister à l’action de la presse.
- Les espérances qu’on avait conçues des nouveaux moules mécaniques dits américains n’ont pu encore se réaliser, malgré de nombreux essais. Cependant on ne doit pas perdre tout espoir de réussir, puisqu’en Allemagne ils sont mis en usage; mais on doit remarquer que ce qui peut s’appliquer jusqu a un certain point aux caractères allemands, dont la forme des lettres, terminées en parties aiguës, rend peu sensible les légers défauts d’alignement, ne saurait être toléré dans les caractères romains dont les bases carrées, prolongées par des déliés parfaitement horizontaux, accusent le moindre défaut d’alignement.
- L’emploi d’une matière très-dure, dans laquelle entre du zinc et même du fer, a permis de donner plus de solidité aux caractères destinés particulièrement aux journaux. Cette matière a l'inconvénient, il est vrai, de ne point reproduire l’œil de la lettre avec autant de vivacité qu’on l’obtient au moyen de l’alliage ordinaire, mais cet inconvénient, qui serait très-grave pour les belles impressions, est d’une moindre
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- importance pour les caractères destinés aux journaux, et ne saurait entrer en comparaison avec l’avantage d’une plus longue durée.
- Pour lutter contre la lithographie, à qui tous les caprices de la plume sont permis, la typographie, qui ne peut procéder que par les formes régulières de la géométrie combinées de manière à ce que les lignes et les pages forment toujours des angles droits, a fait de nouveaux efforts à cette exposition. Autrefois la fonderie de caractères ne connaissait , que les moules à angles droits pour la fonte des types et vignettes. Ce fut au commencement de ce siècle que Firmin Didot inventa le moule penché avec angles saillants et rentrants, pour pouvoir, par la typographie, imiter, à s’y méprendre, les divers caractères d’écritures anglaises, coulées, etc., soit manuscrites, soit gravées en taille-douce1.
- Nous avons vu cette année M. Derriey, par d’ingénieux procédés dont il sera parlé plus loin, parvenir, au moyen de moules de son invention, à imiter en typographie les jeux de la plume, et combiner les vignettes de manière à produire des résultats auxquels il semblait impossible d’atteindre par la typographie.
- M. MARCELLIN-LEGRAND, rue du Cherche-Midi, n° 99, à Paris.
- A la précédente exposition, M. Marcellin-Legrand a obtenu la médaille d’or comme récompense des grands travaux de gravure qu’il a exécutés, particulièrement la gravure des caractères chinois. Les 28,000 poinçons et matrices qu’il avait produits alors ont été augmentés
- Rappels
- de
- médailles
- d’or.
- 1 Le premier essai de ces caractères servit à l’impression de la dédicace faite par Firmin Didot à son frère, Pierre Didot, de sa traduction en vers français des Bucoliques de Virgile (Paris, 1806). Lors qu’en 1817 je passai à Parme pour visiter l’établissement de ce célèbre typographe, qui venait de mourir, j’ai su de sa veuve et de Gins-Lama, son ami (qui a écrit la Vie de Bodoni, en 2 vol. in-4°, Parme, 1816), que ce célèbre typographe n’avait jamais pu deviner par quel moyen son heureux rival, comme lui graveur, fondeur en caractères et imprimeur, avait pu vaincre des difficultés qui lui semblaient insolubles en typographie.
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- de 5,ooo groupes ; en sorte que maintenant tout ouvrage chinois peut s’exécuter avec cette nombreuse série. Ce qui prouve le mérite et l’utilité d’un travail aussi immense, c’est que, non-seulement en Europe et en Amérique, mais même dans la Chine, l’usage vient d’en être adopté. Des ouvrages imprimés à Macao et à Ning-po avec ces caractères sont tout récemment arrivés en France; c’est donc à M. Legrand que notre pays devra l’honneur d’introduire cette innovation typographique dans l’immuable empire chinois ; mais, malgré l’avantage d’une plus prompte exécution, peut-être ce gouvernement si prudent s’opposera-t-il à une innovation qui pourrait jeter quelque trouble dans son immobilité politique et industrielle, et qui priverait nécessairement de travail le nombre immense d’ouvriers employés depuis tant de siècles à la gravure des planches en bois.
- Indépendamment des 5,ooo poinçons et matrices de caractères chinois, M. Legrand expose d’autres caractères étrangers qu’il a gravés pour l'Imprimerie nationale, tels que l’arabe d’Afrique, le bougui, l’himyarite, le javanais, le télinga et le ninivile. Parmi ces caractères, le ninivite surtout, offrait des difficultés, à cause de la jonction des éléments dont se composent les groupes. Par d’ingé- nieuses combinaisons, dont le système appartient à l’Imprimerie nationale, M. Marcellin-Legrand a pu réduire à une centaine environ le nombre des poinçons nécessaires à la reproduction des sept ou huit cents groupes que reproduisent les inscriptions assyriennes, sans nuire à l’exactitude de ces caractères cunéiformes.
- Si l’on compare la! typographie orientale de l’Imprimerie nationale, telle quelle est aujourd’hui, à ce qu’elle était sous l’Empire, lorsqu’elle s’accrut des poinçons provenant de la Propagande de Rome, on rendra justice tout à la fois au zèle éclairé de ses administrateurs et au talent deM. Marcellin-Legrand, qui a été chargé de la gravure de la plus grande partie des nouveaux caractères étrangers qui enrichissent sans cesse cet établissement.
- M. Legrand grave en outre, en ce moment, pour l’Imprimerie nationale, une nouvelle série de types français.
- Par ces nombreux travaux, M. Legrand mérite à tous égards le rappel de la médaille d’or qui lui a été décernée en i844.
- BIESTA, LABOULAYE et Ce, rue Madame, n° 3o, à Paris.
- Ce grand établissement, formé par la réunion de plusieurs fon-
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- deries de caractères les plus considérables de France, se recommande par la grande quantité de types divers qui s’y trouvent réunis, et dont le nombre s’accroît chaque jour, afin de satisfaire aux combinaisons si variées de la typographie et aux caprices si inconstants de la mode.
- Nous regrettons que les essais fort satisfaisants pour la fonte des monnaies les plus courantes, dont l’exposition de 1844 nous avait offert d’heureux spécimens, n’aient pas été continués. Le jury engage MM. les directeurs de cette vaste fonderie de caractères à faire de nouveaux efforts pour perfectionner leurs essais.
- Les résultats obtenus par le moule mécanique dit américain sont satisfaisants, et même ne laisseraient rien à désirer si la bonne foi du directeur, M. Laboulaye, ne nous avait appris que la fonte des caractères employés à l’impression du spécimen remarquable que le jury a examiné avec une vive satisfaction, avait exigé de tels soins, que les frais excédaient ceux qu’auraient coûtés les caractères exécutés par les procédés ordinaires ; mais c’est déjà beaucoup d’avoir atteint cette perfection. La principale difficulté à vaincre consiste dans réchauffement du moule. Dès qu’on veut obtenir i5 à 20,000 lettres par jour, elles se trouvent faussées; espérons qu’à îa prochaine exposition cette difficulté, à laquelle se joint la question d’économie, pourra être surmontée.
- MM. Biesta et Laboulaye exposent un rouleau de plus cl’un mètre de longueur, revêtu de vignettes clichées et fondues, de manière à former, par leur courbe et leur dimension, un cylindre aussi parfait qu’il pourrait l’être s’il était gravé tout d’une pièce. Au moyen d’une seule vignette reproduite autant de fois qu’il est nécessaire, les imprimeurs de toiles peintes peuvent composer un rouleau peu dispendieux et qui pourrait se modifier à l’infini en multipliant les vignettes et en variant leur position comme peut le faire la typographie; de plus, il serait facile, en composant avec les mêmes vignettes d’autres rouleaux identiques au premier, de supprimer telles ou telles parties des vignettes sur chacun des rouleaux dont on voudrait varier les couleurs, ce qui offrirait de l’économie, puisque jusqu’à présent il faut graver d’une seule pièce autant de rouleaux qu’on désire obtenir de couleurs.
- Nous croyons aussi devoir rappeler que M. Laboulaye, directeur de la Fonderie générale, a publié, avec la collaboration de plusieurs de ses camarades de l’Ecole polytechnique, un ouvrage fort utile à
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- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
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- quiconque s’occupe d’industrie: c’est le Dictionnaire • des arts et manufactures, véritable encyclopédie technologique, où chaque fabricant peut trouver des renseignements profitables au progrès de son art.
- Le jury, tout en invitant MM. Biesla, Laboulaye et C10 à faire de nouveaux efforts pour perfectionner l'a fonte de caractères d’imprimerie, déclare que l’établissement de la Fonderie générale des caractères mérite encore, cette fois, que la médaille d’or, déjà rappelée en 1844, lui soit rappelée de nouveau en 1849.
- MM. LAURENT et DE BERNY, rue des Marais-Saint-Ger-m^in-des-Prés, à Paris.
- A la précédente exposition, le jury avait été frappé du mérite des produits exécutés dans cet établissement, qui devient de plus en plus considérable, et dont les fontes sont recherchées à juste titre aussi bien en France que dans les pays étrangers. Le caractère microscopique appelé diamant, dont un spécimen a été exposé en i844, est fondu sur corps 2 et 1/2 ; c’est un véritable chef-d’œuvre qui ne laisse rien à désirer, soit sous le rapport de la gravure , soit sous le rapport de l’alignement, de l’approche, de la parfaite régularité de hauteur, enfin de la netteté de la fonte : on en peut juger par l’édition des Fables de La Fontaine imprimée chez M. Plon ; les formes de cet ouvrage ont été composées chez M. de Berny, par les soins de ses ouvriers.
- M. de Berny améliore perpétuellement ses types, et soutient le premier rang auquel il a placé son établissement.
- Le jury a décidé qu’une nouvelle médaille d’argent devait être accordée à MM. Laurent et de Berny.
- M. BUIGNIER, rue des Vertus, n° 20, à Paris.
- A la précédente exposition, nous avons signalé l’art avec lequel M. Buignier obtient des reliefs en tout genre, au moyen de matrices extrêmement creuses qu’il fabrique par des procédés qui lui sont particuliers. Comme M. Buignier offre d’exécuter gratuitement la matrice de tous objets dont le commerce ou la bijouterie lui confie les modèles, et qu’il en conserve les matrices, leur nombre s’élève à près de 4,000; sa collection n’était que de 5oo à l’exposition précédente.
- r Le jury voit avec satisfaction le développement que prend de
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- plus en plus l’établissement de M. Buignier, et lui rappelle la médaille d’argent qu’il a obtenue en i844.
- MM. TANTENSTEIN et CORDEL, me de la Harpe, n° 90, à Paris.
- Les différences entre les procédés de M. Tantenstein et de M. Du-verger, qui tous deux ont beaucoup contribué à propager la musique en France par des moyens typographiques, sont indiquées dans le rapport de la précédente exposition. MM. Tantenstein et Cordelont apporté quelques modifications à leurs procédés, mis par eux en pratique depuis i5 ans, particulièrement dans lès coulées et portées de la musique.
- Ils exposent un grand nombre d’ouvrages de musique exécutés par leur procédé, tels que Yorphéon, les chants pieux des frères de la doctrine chrétienne, etc. On ne saurait trop encourager tout ce qui peut.contribuer à propager le goût et l’étude de la musique, cette partie de l’éducation qui contribue si puissamment à l’adoucissement des mœurs.
- Le jury rappelle à MM. Tantenstein et Cordel la médaille d’argent qui leur a été accordée en i844-
- M. DERRIEY (François-Charles), rue Notre-Dame-des-Champs, n° 12, à Paris.
- Le mérite de M. Derriey, comme graveur habile et plein de goût et comme habile mécanicien, avait été signalé dans le rapport fait à la précédente exposition, où sont énumérées plusieurs de ses inventions passées maintenant à l’état pratique.j Aujourd’hui M. Derriey expose les moules ingénieux qui, au moyen de noyaux adaptés à la matrice, permettent d’obtenir au milieu même dés vignettes et des imitations de traits de plume, des vides dans lesquels on peut insérer en caractères typographiques des mots et textes qui suivent les courbures et inclinaisons de ces vignettes ou traits de plume, en sorte que la typographie peut se permettre'maintenant ce qui semblait être le 'domaine exclusif de la gravure en taille-douce ou de la lithographie. ' : ^ •'
- M. Derriey . est aussi inventeur d’un système mécanique pour couper les filets d’après des angles variés, afin de former avec «ces filets des figures diverses; on en peut voir une application, qui ne
- 3 t
- Médailles
- d’argent.
- III,
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- laisse rien à désirer, dans le volume in-folio, Essais pratiques d'imprimerie, imprimé en i84q par 1VL Paul Dupont.
- Les cadrais cintrés de son invention permettent d’exécuter les ligures rondes, ovales et serpentées, de toutes grandeurs, ce qui offre de nouvelles ressources à la typographie.
- Cet habile artiste s’occupe des moyens d’exécuter typographiquement la musique par des procédés autres que ceux de MM. Duver-ger et Tantenstein. Le jury ne saurait trop, l’encourager dans ses essais, et serait heureux de pouvoir en signaler et récompenser l’entier succès.
- Il décerne à M. Derriey la médaille d’argent.
- M. PETYT (J. Ç).), boulevard du Temple, n° 32, à Paris.
- La machine très-remarquable qu’il expose est destinée à fabriquer, par des procédés nouveaux, des caractères d’imprimerie en cuivre, étirés et estampés à froid au lieu d’être coulés en métal fusible, composé d’un alliage de plomb et d’antimoine: aussi M. Fetyt donne-t-il à ces caractères le nom d'apyrotypes.
- Au moyen d’un mouvement de mordage,le fil de cuivre s’avance en s’étirant de manière à former la lige de la lettre au moyen d’un moule carré donnant l’épaisseur et la force de corps à la lettre. Pendant que la tige se façonne et s’avance horizontalement, un mouton portant la matrice, en acier trempé, est poussé à sa rencontre par une came à détente, et, au moment où l’extrémité de la tige en cuivre s’introduit dans la matrice, cette tige est pincée fortement des deux côtés, près de l’œil même de la lettre, afin que cette compression, exercée obliquement par deux repoussoirs, force la,tige en cuivre à s’introduire encore plus .violemment. au fond de la. matrice et en prenne mieux l’empreinte, en pénétrant ainsi forcément, par ces diverses actions simultanées, dans les parties les plus ténues de la matrice. » -i ' ,
- C’est au moyen, de deux leviers placés de chaque côté de la machine que le moule,; composé de deux pièces en équerre, assujetties par un fort sommier,.donne à îa tige, sur ses quatre faces ( la force du corps et la frotterie ), une. parfaite régularité. A l’extrémité de ce même sommier ;est adaptée une lame .d’acier tranchante qui, en descendant, coupe le pied de la lettre à angle droit, en sorte que la lettre forme un parallélipipède complet. , V
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- M. Petyt a cru ne pas devoir exposer la machine au moyen cle laquelle il oblient les matrices en acier.
- Ces caractères offriront l’avantage d’une durée considérablement plus grande, attendu la dureté du cuivre frappé à froid et refoulé par les procédés que nous venons de décrire; et si, comme l’affirme M. Petyt, sa machine, mise en mouvement par une petite machine à vapeur, peut façonner 36,ooo lettres par jour, elle remplacerait le travail de dix ouvriers, en sorte que les caractères obtenus par ce procédé pourraient coûter moins de main-d’œuvre que ceux qui sont fondus à la main. ^
- Les lettres obtenues ainsi nous ont paru parfaitement exécutées. Cependant nous craignons que les rebarbes ne soient une difficulté, qui pourrait dans la pratique offrir des inconvénients contre lesquels nous ne pouvons nous prononcer, puisque cette ingénieuse machine est à peine achevée.
- Si, comme nous l’espérons, M. Petyt parvient à surmonter à peu de frais cet obstacle, et si cette belle invention réalise tout cequ’elle promet, ce sera un véritable perfectionnement pour l’art typographique, puisque les caractères conserveront très-longtemps leur |\primitive netteté. Le capital d’une imprimerie se trouvera, il est vrai, considérablement augmenté par la différence du prix des métaux ; mais la longue durée des caractères apywtypes, dont la matière pourra d’ailleurs être utilisée lorsqu’ils seront hors d’usage, compensera avantageusement cet inconvénient.
- Le jury, qui a examiné avec un vif intérêt cette belle machine, accorde à M. Petyt la médaille d’argent. ,
- M. PETITBON, rue de la Bourbe, n° 12, à Paris.
- A l’exposition précédente, le mérite de M. Petitbon a été signalé. Depuis, son établissement a acquis encore plus d’importance, et ses charmantes vignettes à combinaisons lui ont attiré une réputation justement méritée. Il a créé une fonderie de caractères à Madrid, une autre à Milan; ses produits sont toujours très-estimés, et lui méritent le rappel de là médaille de bronze.
- Rappels
- cle
- médailles de bronze.
- MM. THOREY et VIREY, rue deVaugïrard, n° 10/1, â Paris.
- MM. Thorey et Virey exposent une série de caractères qui com-
- 3i.
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- plèlenl ceux qui avaient appelé l'attention du jury à la précédente exposition. Gelte fonderie de caractères acquiert de plus en plus d’importance et de renom justement mérité.
- Le jury rappelle la médaille de bronze qui leur a été accordée à la précédente exposition.
- M. LOEUILLET, rue Poupée, n° 7, à Paris,
- Expose la série très-considérable des caractères qu’il a gravés, et dont les fontes sont exécutées par ses soins. Sa collection se compose de 3o,ooo poinçons, tous gravés par lui-même, et il vend à l’étranger un grand nombre de matrices.
- Le jury a remarqué dans la plupart de ces caractères la pureté des formes et leur belle exécution, entre autres une série complète d’initiales russes et un caractère imitant l’écritüre allemande, ainsi que deux caractères, l’un arménien, l’autre javanais.
- Le jury rappelle, pour la troisième fois, la médaille de bronze que les travaux de M. Lteuillet lui ont méritée.
- Médailles de bronze.
- M. SAUNIER, rue de la Tombe-Issoire, à Montrouge, Seine).
- ’ M. Saunier est connu par le grand nombre de billets de banque qu’il a gravés pour les établissements de banques départementales et des pays étrangers , tels que la Grèce, Gênes, etc. Il est employé très-souvent aux travaux de la banque de France.
- Sa gravure est large et facile à imprimer, mais elle laisse quelque chose à désirer sous le rapport de la pureté d’exécution et du style.
- Le jury a voulu récompenser les travaux persévérants de M. Saunier en lui accordant la médaille de bronze.
- M. ROBINET, rue Mademoiselle, à Vaugirard (Seine).
- Les caractères gravés par M. Robinet ont été mentionnés, honorablement à l’exposition précédente. Il nous montre à celle-ci de nouvelles séries fort bien gravées. Le caractère arabe, entre autres, '* est remarquable par sa belle exécution ; la coupe en est nette et ferme , et l’aspect de la page qu’il expose semble être une belle écriture orientale.
- Le jury décerne aux travaux de M. Robinet une médaille de bronze. «>
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- MM. CONSTANTIN, à Nancy (Meurthe).
- La collection de caractères qu’ils exposent se complète à chaque exposition, et mérite le rappel de la mention honorable que cette maison a obtenue aux trois expositions précédentes.
- Rappels
- de
- mentions
- honorables.
- M. VILLEREY, rue Saint-Jacques, n° 4i, à Paris.
- M. Villerey expose des guillochages perfectionnés pour servir de garantie aux billets de banque. Plusieurs offrent une heureuse application du procédé dû à M. Collas.
- Parmi les guillocheurs qui s’occupent de ce gtnre de travaux, il n’en est point qui aient offert de produits plus parfaits. Au moyen de la machine.à graver, modifiée par M. Villerey, il produit des dessins moirés qu’il prétend inconlrefaisables, parce que les dessins ne peuvent pas se reproduire, étant l’effet du hasard, dont il multiplie les chances à volonté.
- Le jury rappelle la mention honorable que les produits de M. Villerey continuent à si bien mériter.
- M. Jacques DERRIEY, boulevard Mont-Parnasse, n° 12, à Paris.
- Plusieurs inconvénients étaient inhérents à l’impression des clichés: i°la multiplicité des blocs selon la diverse dimension des clichés; 20 la rupture des biseaux des clichés, occasionnée par la morsure des griffes qui üxent les clichés aux blocs ; 3° le maculage des griffes lorsque, par l’ébranlement de la presse, elles se lèvent et atteignent ou dépassent le niveau des caractères.
- Les nouvelles inventions de M. J. Derriey doivent désoilnais nous préserver de ces inconvénients. Il a donc rendu un véritable service à l’imprimerie par son heureuse combinaison de blocs fondus d’après une proportion mathématique qui leur permet de se prêter à tous les besoins, et par l’idée, non moins ingénieuse, d’entailler les blocs de manière à ce que les griffes puissent s’y insérer sans rien déranger à l’alignement des blocs. En effet, ces griffes ne sauraient se mouvoir par l’effet de l’ébranlement causé aux formes parle mouvement de va-et-vient des presses mécaniques, attendu qu’ïP donne plus d’épaisseur à la base des griffes qu’elles n’en ont à leur sommet. C’est de plus une économie pour les imprimeurs.-L'expérience confirmera très-probablement les avantages résultant de ces divers procédés, auxquels le jury accorde une mention honorable-.
- Mentions
- honorables*
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- MM. MANISTER et WIESENER, rue de Sorbonne, n° 4, à Paris,
- Exposent des gravures de divers genres destinées à la typographie. Celles sur bois, représentant des figures d’histoire naturelle, exécutées par M. Wiesener, rivalisent avec ce que la taille-douce oiTre de plus délicat. Un tableau de Claude Lorrain, représentant un coucher de soleil, offre des effets de lumière qu’on ne s’attendait pas à obtenir de gravures sur bois.
- Les produits de MM. Manister et Wiesener, exposés pour la première fois, méritent la mention honorable que le jury leur décerne.
- MM. GÀLLAY et GRIGNON, rue Foupée-Saint-André, n° y, à Paris,
- Exposent une série complète de caractères, et une casse d’un nouveau modèle pour la composition des journaux, afin de faciliter aux ouvriers la rapidité d’exécution. Déjà les. travaux de. MM. Gal-lay et Grignon avaient été cités favorablement à la précédente exposition. Le jury leur accorde la mention honorable.
- M. GAUTHIER, rue de la Parcheminerie, nos 1 o et 12, à Paris.
- M. Etienne-Alexandre. Gauthier est le chef d’une ancienne mais.on qui s’occupe des objets relatifs à l’imprimerie, tels que presses, casses, etc.; il expose des caractères fondus d’après un nouveau système qui diminue beaucoup le poids de.la fonte au moyv.n d’un moule à. support. La force de corps de la lettre n’excède, pas la dimension de l’m, de l’a, du c, n, o., etc. Quant aux lettres,qui sont longues, telles que.b, f, p, g, etc., et les, voyelles accentuées, tout ce qui dépasse le calibre de l’m, est fondu crénè; mais le moule à support, donne à cette partie' crénée, une épaisseur assez considérable pour-ne pouvoir- fléchir sous la pression dé la platine des presses1. C’est au moyen d’interlignes1 qu’il remplit le vide laissé;sur,la force de côrps. Toutefois, il est présumable que %i fonte doit offrir plus de difficultés,, et que par, conséquent l’économie de matière se trouvera, compensée en grande partie par le prix plus.élevé,de, la fonte; d’ailleurs, comme il faut; toujours accompagner, de deux interlignes chaque ligne de caractères, ce qui nécessite autant de longueurs d’interlignes qu’il faut de. justifie a?
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- (ions, et que, de plus, la base de la lettre, diminuée de plus de moitié, doit nécessairement avoir moins d’aplomb et être plus sujette à chevaucher, cette idée nous paraît avoir peu de chance de succès, excepté pour des caractères tels que ceux d’écriture ou orientaux, dont les traits de plumé, dépassant le corps ordinaire de la lettre, se trouveront ainsi supportés solidement.
- M. Gauthier expose une série de caractères en laiton pour les relieurs. Ils sont parfaitement fondus; les matrices en cuivre rouge peuvent servir à la fonte de 3o,ooo lettres, dont l’œil est assez vif et assez creux pour n’exiger qu’une faible retouche. Un ouvrier peut fondre 800 lettres par jour; M. Gauthier livre aux relieurs un as-sorlimentde 100 lettres, y compris la boîte én cuivre pour composer, au prix modique de 12 francs. '
- Le jury accorde une mention honorable aux produits de M. Gauthier.
- Ml VIALON, rue de la Bourse, n° 1, à Paris.
- A l’exposition de i844, le jury a mentionné honorablement les travaux de M. Vialon. Il continue à graver sur étain des ornements et sujets' divers avec goût et à des prix très-iriôdiquês. Aussi le jury continue-t-il à mentionner favorablement lés: produits de M. Vialon.
- M. BATTEMBEEG, rue du Dragon, n° 20, à Paris.
- Son livre d’épreuves renferme Un grand nombre dé caractères dont plusieurs' imitent l’écriture; mais, comme chaque lettre est fondue isolément, l’interruption entre les déliés, au poiri| de la jonction, devient de plus en plus apparente à mesure que les caractères, en roulant dans les casses, émoussent l’extrémité des déliés.
- Le jury accorde une citation favorable aux produits- de M. Bat-temberg. :
- Citations
- favorables.
- MM. DOUBLET et HÜCHET, rue des Ursutines, u,- -à Paris.
- Exposent pour la première fois des vignettes et initiales qui ne sont pas sans mérite, et méritent d’être cités favorablement.
- M. Charles ROUSSEL, à Besançon (Doubs).
- M. Charles Roussel’, dé Besançon, expose pour la première fois-
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- une série de caractères bien gravés. 11 en vend les matrices à des prix, modiques.
- Ses travaux méritent d*êlre favorablement cités.
- M. FRÉRY, rue Saint-Jacques, n° 128, à Paris,
- Expose une série de caractères de fantaisie et quelques vignettes. Sa série de caractères dits antiques est bien exécutée.
- Le jury accorde une citation favorable aux produits de M. Fréry.
- S 2. IMPRIMERIE.
- M. Ambroise-Firmin Didot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- »
- Jusqu’à la fin du siècle dernier, l’imprimerie, qui faisait partie de l’Université, dont elle partageait les privilèges et les immunités, n’était point considérée en France comme une industrie ; Franklin et Ambroise Didot l’appelaient une profession libérale, tenant à la fois aux beaux-arts et aux belles-lettres. Un imprimeur, avant d’être reçu, devait subir des examens sévères, savoir le latin, même le grec, et justifier d’un long apprentissage; Aussi les imprimeurs étaient-ils généralement des hommes très-instruits. Renfermés dans leur cabinet,ils s’occupaient surtout de la lecture de leurs épreuves, de la révision des textes et de Ja surveillance personnelle des divers travaux typographiques, particulièrement du tirage exécuté péniblement au moyen, des presses en bois, remplacées il y a trente ans par des presses en fer, et maintenant par les presses mécaniques. Mais l’extension toujours croissante des produits de la presse et la célérité prodigieuse exigée par des besoins insatiables ont singulièrement modifié cet ancien état de choses. Le hardi spéculateur, l’habile administrateur, ont remplacé le savant obscur et timide qui transmettait à ses enfants le petit nomhre de presses jdont il avait hérité de ses pères. Maintenant, de vastes fabriques se sont élevées sur des plans méthodiques qui facilitent la surveillance
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- et l’ensemble clu travail, mais qui forcent l’imprimeur de substituer à la science l’activité commeï'ciale, et d’appliquer toutes les ressources de son intelligence pour suffire aux besoins incessants de ce grand nombre de mécaniques qui, mues par la vapeur, sont aussi infatigables le jour que la nuit. Parmi ces belles imprimeries construites sur des plans tout nouveaux, on doit citer, àParis, celle de M. Chaix, récemment achevée, et dont les produits n’ont pu être exposés celte année, et, à Tours, la vaste imprimerie de M. Manie.
- Ce grand développement industriel est sans doute une amélioration que nous devions constater, tout en signalant les dangers qui menacent de plus en plus la profession d’imprimeur. L’extrême modicité des prix auxquels sont payées les impressions, et l’obligation d’entretenir un. matériel presque toujours trop considérable et trop dispendieux, ont amené et amèneront encore probablement bien des catastrophes inconnues du temps de nos pères. Il convient donc de faire un nouvel appel à la prudence et à la modération h
- L’imprimerie a fait encore quelques progrès depuis la dernière exposition; mais ces progrès, il faut l’avouer, tiennent principalement à l’habitude, qui devient presque générale, de faire lisser le papier encore humide peu d’instants avant de le mettre sous presse. Il en résulte que, toutes les aspérités du papier étant aplanies, on peut, avec moins de foulage et en mettant moins d’étoffes dans le tympan, obtenir une impression plus nette. L’encre, sur cette surface glacée, brille d’un plus vif éclat, et le contour des lettres s’y dessine avec plus de
- 1 Sur 80 imprimeurs, il nen existe plus aujourd'hui que 8 qui aient succédé à leur père. La pétition adressée en janvier 1847 à M. le ministre de l’intérieur, par la chambre des imprimeurs, signale cet autre fait non moins remarquable^: «De 1810 à i83o, une seule faillite d’imprimeur; de « i83o à la fin de 1843, quarante-sept faillites, avec un passif de 7,000,000, «figurent au greffe du tribunal de commerce; un nombre au moins égal « d’autres établissements d’imprimerie ont liquidé sans l’intervention de la «justice consulaire et d’une façon plus ou moins honorable, plus ou moins « funeste à leurs interets ou à ceux de leurs créanciers. »
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- pureté. A la précédente exposition, le procédé du glaçage du papier n’élait guère employé que pour l’impression des vignettes en bois; maintenant on l’applique généralement à celle des livres, ce qui facilite beaucoup l’art de bieri imprimer.
- Entraînée par les nécessi tés dé l’époque, faire vite et à bas prix, l’imprimerie s’est précipitée de plus en plus dans des voies difficiles, et cependant l’art en a moins souffert qu’on ne pouvait le craindre.
- Quant à la célérité, il suffira de dire qu’un seul établissement peut exécuter aujourd’hui autant de produits à lui seul qu’en auraient pu fabriquer il y a vingt ans toutes les imprimeries réunies de Paris. Pour accélérer encore l’impression des journaux bien cfes tentatives ont été faites ces dernières années; mais, quelque ingénieux que soient les nouveaux mécanismes, ils ne sauraient devancer en rapidité la main de la margeuse qui, quelque agile et exercée qu’elle soit, ne saurait placer plus de trois à quatre mille feuilles de papier par heure sur le pupitre de la presse mécanique. Aujourd’hui ce dernier obstacle n’existe peut-être plus : nous apprenons à l’instant qu’un marché va se conclure avec un mécanicien qui s’engage à fournir une machine imprimant 20,000 journaux à l’heure, au moyen d’un énorme rouleau de papier continu, se déroulant sur les cylindres et s’imprimant aussi rapidement que les engrenages' de nette, machine accélérée le .permettront. Il faut la sanction clü temps pour constater le succès de celle nouvelle invention, qui offre de grandes difficultés à résoudre.
- Quant à la modicité des prix-, il suffit d’indiquer que l’impression cl’un volume in-8° de 4 à 5oo pages, tiré à 6,000 exemplaires, coûte seulement vingt centimes par exemplaire, pour pouvoir apprécier les progrès- industriels de la typographie'française et aussi le résultat d’une concurrence portée aux dernières limites.
- * ; ^~ l. t ^ - i
- . ; A. la-précédente exposition, la lâcheuse situation de celle belle industrie a cte signalée; mais le mal s’est encore accru,
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- car eu temps de révolution les lettres, encore plus que les arts, sont les premières frappées et les dernières à renaître. Espérons que les esprits retrouveront en France le calme indispensable pour se livrer aux charmes des études sérieuses et même aux séductions des lectures légères. Aussi, quiconque par son industrie se rattache à l’art typographique, doit être plus que tout autre convaincu qu’il est de son devoir autant que de son intérêt, de concourir au maintien de l’ordre, qui peut seul assurer les bienfaits de la liberté de la presse et la prospérité de l’art typographique.
- MM. DUPONT (Paul) et Ci0, rue de Grenelle-Sl-Honoré, n° 55, à Paris.
- L’imprimerie de M. Dupont est universellement et depuis longtemps connue par les services qu’elle a rendus à l’Administration. On est étonné du nombre et de la variété d’ouvrages divers qui s’y impriment, de tableaux, feuilles volantes sans cesse modifiées par l’Administration, et qui exigent une comptabilité si étendue que les frais des écritures commerciales de cette maison dépassent 5o,ooo francs, que les comptes ouverts s’élèvent au nombre de 4o,ooo, et que les formes de tableaux conservées dépassent une valeur de 3oo,ooo francs. Il a fallu à M. Dupont un véritable génie d’ordre pour organiser tant de détails, soit sous le rapport du matériel, soit sous celui de la comptabilité: car il est tel de ces ouvrages, comme le Bulletin des actes du ministère de l’intérieur, qui ne s’imprime pas à moins fie i4,ooo exemplaires, et qui exigé tout autant de comptes courants; enfin il est telle feuille de papier du prix de 10 centimes qui exige souvent, pour elle seule, une correspondance.
- Mais si ces considérations ont pu paraître secondaires aux yeux du jury, il n’en est pas de même des produits que M. Dupont a exposés celle année, et qui rie sont pas moins remarquables sous le rapport de la typographie que de la lithographie. Par la combinaison de ces deux arts M. Dupont est parvenu :V obtenir d’importants résultats-,
- M. Dupont, qui en 1839 et en i844 a obtenu la médaille d’argent pour l’ensemble de ses travaux, expose celle année un volume in-folio intitulé : Essais pratiques' d’imprimerie, précédés d’une notice historique 'sur Vimprimerie, et ce volume prouve que son impri-
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- d’or.
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- merie s’est placée aussi au premier rang pour l’exécution typographique et lithographique.
- La notice historique contient sur l’imprimerie, depuis son origine, des renseignements très-intéressants, que tout imprimeur et libraire doit étudier ; on y trouvera des documents curieux sur l’Imprimerie nationale, ce vaste établissement tout à la fois manufacture de luxe comme les Gobelins, Sèvres, etc., et vaste manufacture, où s’exécutent les impressions de l’Etat; des chapitres intéressants sur tout ce qui se rattache à l’imprimerie, sur la lithographie, la stéréotypie, etc. La deuxième partie se compose de divers spécimens d’impressions typographiques polychromes, qui ne laissent rien à désirer quant à la perfection ; d’un spécimen de tous les caractères qui composent celte imprimerie ; de divers modèles d’actions exécutés, soit typographiquement, soit lithograpliiquement, soit par les deux procédés réunis, et qui sont aussi remarquables par leur élégance que par leur belle exécution. Un papillon entre autres, imprimé typographiquement par j 4 planches apportant chacune leur couleur, rivalise pour la parfaite imitation de la nature avec ce que peut faire le pinceau.
- Dans ce volume, deux feuilles surtout sont remarquables: elles représentent un hexagone imprimé à deux couleurs et en filets s’entrecoupant à angles divers, ce qui offre une difficulté d’exccu-tion vaincue avec une perfection qui étonne quiconque connaît-la typographie; l’autre, représentant un cercle orné d’arabesques et contenant les noms de tous les hommes illustres de la France enchâssés dans des pans coupés, paraîtrait d’une exécution aussi impossiblè que l’autre, si M. Derriey, au moyen de ses moules et de son coupoir pour tailler les biseau^, n’avait pas rendu exécutable à l’imprimeur ce qui eût été impossible auparavant. . .
- Une autre page très-remarquable est celle qui représente1 les principaux signes de correction typographique. Dans celte planche, tout le texte a été exécuté en caractères mobiles, puis cette page a été reportée sur une pierre lithographique, où tous les signes que les correcteurs font ordinairement à la plume sur les marges du .papier ont été imités par l’artiste lithographe. Jamais emploi de la lithographie n’a été mieux appliqué.
- Indépendamment du mérite de l’établissement typographique de M. Dupont et de son importance, puisqu’il n’a pas moins de huit presses mécaniques mues à la vapeur, de vingt presses à bras, et
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- d’un matériel immense en caractères, la lithographie, qui est redevable à M. Dupont de diverses améliorations, offre, par l’alliance de ses procédés unis à ceux de la typographie, des résultats litho-typographiques très-satisfaisants, et qui rendent de véritables services. Déjà, à la précédente exposition, plusieurs livres avaient été complétés, parles soins de M. Dupont, au moyen du report fait sur pierre, d’une feuille imprimée, même très-anciennement. Aujourd’hui M. Dupont nous a donné les titres de 85 ouvrages divers qu’il a complétés ou exécutés entièrement par ce procédé. Pour plusieurs de ces ouvrages, il a reporté sur pierre de 200 à 5oo pages; quelques-uns ont été tirés jusqu’à 200 exemplaires. Enfin on sait que la grande collection des Historiens des Gaules, publiée par les Bénédictins, perdait tout son prix lorsqu’il y manquait le tome XIII détruit dans un incendie, et coûtait une somme énorme quand elle se trouvait complète; au moyen de reports lithotypographiques, M.. Dupont a pu nous donner un fac-similé au nombre de cent exemplaires de ce grand volume in-folio de plus de 1,000 pages, en sorte qu’au prix de 15o francs on peut compléter, maintenant cette précieuse collection.
- M. Dupont a le premier appliqué la vapeur comme moteur pour les presses lithographiques. Au moyen d’un mécanisme fort simple, l’encre est distribuée sur les rouleaux et le chariot s’avance seul, ce qui évite aux ouvriers la partie la plus pénible du travail, et leur laisse toutefois la partie intelligente de l'exécution, celle de l’encrage des pierres.
- Au moyen de reliefs ménagés sur les pierres lithographiques à l’aide d’une morsure faite par les acides, M. Dupont empreint par un fort foulage, opéré entre deux cylindres, des clairs sur le papier, et lui donne, à s’y méprendre, l’effet d’un papier filigrané. Ce procédé, fort simple et fort économique, peut, jusqu’à un certain point, dispenser de recourir au procédé long et dispendieux d’un papier fabriqué exprès sur des formes fdigranées.
- Pour ces divers genres de mérite et pour le mérite administratif, qu’on ne saurait trop faire ressortir aux yeux de ceux qui, engagés dans la profession d’imprimeur, n’y voient, les uns, que la partie de Y art, les autres que celle de la science, et qui succombent à la peine, faute de comprendre que cette profession libérale est devenue une fabrique où l’ordre et l’économie la plus sévère doivent présider, le jury accorde à M. Dupont, qui deux fois a obtenu la
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- médaille d’argent aux expositions précédentes, une médaille d’or, pour l’ensemble des travaux exposés en 1849.
- M. A. MAME, à Tours (Indre-el-Loire).
- Le vaste et superbe établissement fondé à Tours par MM. Marne frères, depuis près d’un demi-siècle, et qui est administré maintenant par M. A. Maine, rend de grands services à cette ville où il occupe un grand nombre d’ouvriers, et à toute la France en répandant une innombrable multitude de livres fabriqués à des prix dont la modicité ne peut s’expliquer que par l’immensité du débit.
- Les 20 presses mécaniques qui impriment ou glacent 70,000 rames de papier par an, sont mises en mouvement par une machine à vapeur de la force de 12 chevaux, et chaque jour 10,000 volumes sont confectionnés (en prenant l’in-12 pour moyen terme des formats, et en supposant le volume de 10 feuilles); chacun de ces volumes est généralement du prix de 1 franc.
- Cette modicité de prix ne nuit en rien à la belle exécution typographique; chaque ouvrage qui sort des vastes magasins, où tout est placé dans un ordre admirable, est orné de gravures en taille-douce qui donnent de l’attrait à des lectures destinées presque exclu-siveméntà l’éducation ou à la piété. L’éclat, le goût des cartonnages exécutés par les relieurs de la ville de Tours, à limitation de ceux de M. Lenègre, relieur à Paris, facilitent singulièrement le d^bitde ces publications toutes destinées à la propagation des principes' religieux et moraux. Soumises à un examen sévère et à des approbations, elles méritent la confiance des instituteurs.
- Le catalogue indique i4 sortes de Paroissiens, dont le prix des reliures, aussi bien exécutées qu’elles pourraient l’être par les meilleurs relieurs de Paris, varie de 70 centimes à 5 francs.
- Le jury accorde la médaille d’or à M. Alfred-Henri-Amand Maine.
- MM. PLON frères, rue de Vaugirard, n° 36, à Paris.
- MM. Plon frères justifient, par de constants efforts, la réputation croissante de leur imprimerie. Elevés dès l’enfance par leur père, habile typographe, ils connaissént, aussi bien que lés ouvriers les plus expérimentés, toutes les parties de la typographie. Ils joignent à ces connaissances la passion de leur art et le goût du beau. Tout ce qui sort de leurs presses porte un cachet de perfection relative qui est un mérite d’autant plus digne d’être loué, qu’ils impriment à la
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- fois un très-grand nombre d’ouvrages de luxe et de fantaisie; ceux même d’une fabrication courante sont toujours exécutés avec soin.
- Il serait impossible de signaler tous les ouvrages qu’ils ont mis à l’exposition; mais comme tous ont un véritable mérite d’exécution, plus le nombre en est grand, plus le mérite s’accroît. Nous nous bornerons à signaler en grands ouvrages celui du docteur Chenu sur la Conchyliologie, et l’ouvrage intitulé Selectæ praxis medico-chi-rurgicœ, par Al. Anvert., En ouvrages in-8°, les Lettres de Marie-Stuart, recueillies par les soins du prince Labanoff, en 7 volumes; les Œuvres de Casimir Delavigne; YHistoire des Giwndins, par M. de Lamartine; deux éditions des-Fables de La Fontaine, grandin-80avec vignettes; parfaitement exécutées ; l’ouvrage intitulé Cent traités pour l'instruction du peuple ; enfin une foule de livres dans le format in-18. Nous signalerons particulièrement une charmante édition des Fables de La Fontaine, d’un très-petit format et imprimée en caractères microscopiques. La netteté de l’impression en fait un véritable bijou typographique.
- C’est à MM. Plon qu’on doit l’usage, devenu presque général, de glacer le papier étant encore humide, ce qui rend l’impression plus nette et plus brillante. Les premiers livres imprimés d’après ce procédé sont les Pèlerinages en Suisse (i83g) et les poésies d’André Chénier ( i84o). Ce charmant volume frappa l’attention du public, par son élégance et la netteté de son impression.
- Ils impriment aussi une foule d’ouvragés liturgiques ornés de gravures; tels sont le livre de Mariage et le Paroissien, entourés de vignettes, enrichis de lettres ornées, comparables aux jolis livres qu’imprimait Pigouchet pour le libraire SimonVoslre au xvi' siècle, mais qui se distinguent par un goût plus moderne, et par la perfection toujours croissante de la gravure en bois. La variété infiniment plus grande des sujets évite la monotonie qui résultait de leur répétition trop fréquente dans ces petits chefs-d’œuvre du $vi° siècle.
- Une spécialité qui distingue l’imprimerie de MM. Plon est la perfection avec laquelle s’y impriment les gravures sur bois ; on peut en juger par le grand nombre de celles qui ornent les éditions de luxe sorties de leurs presses, et par le journal VIllustration, qui, bien qu’imprimé avec la célérité qu’exige ce genre de publication, est d’une exécution remarquable.
- Dans l’imprimerie de MM. Plon, 8 presses mécaniques et
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- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
- Médailles
- d’argent;
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- 20 presses à bras impriment près de 60,000 rames par année. MM. Plon ont ajouté à leur établissement une fonderie de caractères;
- MM. Plon ont déjà obtenu la médaille d’argent; le jury leur accorde cette année la médaille d’or.
- M DESROSIERS, à Moulins (Allier).
- Les éloges accordés à M. Desrosiers aux expositions précédentes, i834, i83g, i844, sont de plus en plus mérités par ses nouveaux travaux. Après avoir terminé l’ancien Bourbonnais, il expose aujourd’hui l’ancienne Auvergne et le Vélay, en 4 volumes in-folio, enrichis de 15o planches in-folio dont les lithographies sont exécutées chez cet imprimeur, non moins habile lithographe que typographe. Ces belles et grandes publications, créées par M. Desrosiers qui en est l’éditeur, lui ont coûté près de 3oo,ooo francs. Il les a entreprises et achevées sans réclamer le secours du Gouvernement, et sans que son éloignement de la capitale où les secours et les facilités de tous genres abondent, ait nui en rien à la perfection de l’ensemble.
- Le jury, qui, en 1844, a rappelé pour la troisième fois, avec distinction la médaille d’argent que'M. Desrosiers avait si bien méritée, lui décerne une nouvelle médaille d’argent, comme preuve du mérite qu’il reconnaît au nouvel ouvrage dont il vient d’enrichir notre pays, et pour signalera la bienveillance du Gouvernement cet éditeur courageux, qui, sans autre appui que la force de sa volonté et le désir de faire honneur à son pays, a créé ces deux grandes publications le Bourbonnais et l’Auvergne, et va commencer celle du
- M. BACHELIER, rue de Jardinet, n° 1 2, à Paris.
- L’importance des services rendus aux sciences exactes par la IL brairie de M. Bachelier, gendre et successeur de M. Courcier, est depuis longtemps connue et justement appréciée.
- Lorsque M. Bachelier ajouta à sa librairie l’imprimerie de la veuve Courcier, il s’appliqua particulièrement à l’amélioration des signes et caractères destinés à la représentation des formules algéj briques employées si fréquemment dans les nombreux ouvrages de mathématiques qu’il public. La nouvelle série de ces signes offre des combinaisons heureuses, et les pages des divers ouvrages d’algèbre
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- présentés comme spécimen ne laissent rien à désirer, soit sous le rapport cle la composition typographique, soit sous celui de l’impression.
- Le jury, désirant récompenser à la fois le service rendu à l’imprimerie par ce perfectionnement appliqué aux impressions mathématiques et l’importance des publications scientifiques de M. Bachelier, lui accorde la médaille d’argent.
- MM. CLAYE et Cle, rue Saint-Benoît, n° 7, à Paris.
- Cette imprimerie modeste a mérité l’attention toute particulière du jury par la belle exécution des ouvrages qui sortent de ses presses. M. Claye, ainsi que M. Fournier, auquel il succède, a fait son apprentissage chez MM. Firmin Didot. L’impression des gravures sur bois s’y exécute avec plus de perfection encore que partout ailleurs. L’impression d’un portrait de Napoléon, admirablement gravé par Pisan, rivalise presque avec le tirage de la taille-douce, et l’on sait que jusqu’à présent les figures gravées sur bois avaient été l’écueil en ce genre, autant pour l’artiste que pour l’imprimeur. Nous citerons aussi le tirage des Vendanges, d’après Prudhon, comme un véritable chef-d’œuvre.
- Depuis longtemps on connaît les belles éditions des fables de La Fontaine, illustrées par Grandville; l’impression en a été exécutée dans cette imprimerie avec la plus grande perfection.
- Un magnifique ouvrage qui s’y imprime est XHistoire des Peintres, grand in-4°, par M. Charles Blanc, accompagné d’nn grand nombre de gravures sur bois-, leur exécution et leur belle impression ne laissent rien à désirer, elle talent des artistes graveurs sur bois qui concourent à ce bel ouvrage est tel que nous croyons devoir signaler le nom des principaux d’entre eux: ce sont MM. Dujardin, Gus-man, Pisan, Piaud, Frichon, Lavieille, Carbonneau, Faguion, Pierdon, Gauchard, Gérard, Bara, Montigneul, Verdèil et Godard d’Alençon. Ce dernier doit être surtout signalé, et pour la perfection de son talent, et pour avoir été l’un des premiers à cultiver en France cette nouvelle branche des arts qui se rattache à la typographie , et qui doit les grands progrès qu’elle a faits au perfectionnement dans la fabrication du papier et son glaçage, à la justesse des presses, à la qualité de l’encre, etc. conditions qui manquaient à nos prédécesseurs-, en sorte, que les graveurs sur bois ne pouvaient
- ni. \ . 32
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- Médailles de bronze.
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- donner à leurs travaux la finesse, et chercher les effets d’ombre comme peuvent le faire maintenant nos artistes.
- L’édition des œuvres de Walter ScoLt, in-8°, imprimée sur clichés à la presse mécanique chez M. Claye, est ce que les typographes reconnaissent de plus parfait en ce genre; les titres courants sont partout delà plus grande netteté; enfin litres, faux-titres et couvertures, tout est tiré à la presse mécanique : c’est là un véritable progrès.
- Le jury accorde une médaille d’argent à M. Claye, qui est un de nos plus habiles typographes.
- Mrae Ve BOUCHARD-HUZ ARD, rue de l’Éperon, n° 5 , à Paris.
- On connaît depuis longtemps les services que rend l’imprimerie de Mme veuve Bouchard-IIuzard, particulièrement à l’agriculture, par le grand nombre d’ouvrages qu’elle a publiés.
- Elle expose un ouvrage fort bien imprimé intitulé, Yo-san-fi-rock, ou Art d’élever les vers à soie au Japon, traduit du japonais par M. Hoffmann ; les préceptes qu’il contient seront utiles à notre industrie de la soie.
- La collection en 68 volumes de la Description des brevets d’invention et de perfectionnement, celle en 48 volumes du Bulletin de la Société d’encouragement, prouvent l’importance de cette maison et les services qu’elle rend à l’industrie.
- Le jury décerne une médaille de bronze à Mmo V' Bouchard-IIuzard.
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- Mme Ve COQUEBERT, rue Jacob, n° 48, à Paris.
- Mm0 veuve Coquebert expose un magnifique volume intitulé, La Bretagne ancienne et moderne, dont le texte est rédigé par M. Pitre-Chevalier.
- C’est pour se conforriier au voeu de M. Coquebert, son mari, qui en est l’éditeur, et qu’elle a eu le malheur de perdre, qu’elle soumet à l’attention du jury ce bel ouvrage, qui n’a pu être terminé pour l’exposition précédente.
- Né en Bretagne, M. Coquebert, passionné pour son pays comme pour les beaux-arts, a voulu élever un monument à la Bretagne en consacrant à ce volume plus de cent mille francs en superbes gravures sur bois, exécutées sous sa direction parles plus habiles artistes.
- M. Coquebert avait à peine terminé ce bel ouvrage, auquel il avait
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- consacré toule sa fortune, que la mort l’a frappé, ne laissant d’autre héritage pour sa veuve et ses enfants que l’espoir qu’il leur promettait à son lit de mort, de voir ses efforts appréciés du public à celte exposition.
- Le jury accorde à Mm0 veuve Coquebert une médaille de bronze.
- M. CRÊTÉ, à Gorbeil (Seine-et-Oise).
- A la précédente exposition M. Crété a obtenu une médaille de bronze pour lés belles impressions exécutées dans l’imprimerie qu’il venait de fonder à Gorbeil. Depuis M. Crété a beaucoup augmenté son matériel et perfectionné ses produits , qui deviennent déplus en plus nombreux.
- C’est en instruisant de jeunes filles à composer les caractères que M. Crété a pu donner de l’occupation à 60 filles ou femmes de Gorbeil, qui, tout en se contentant de salaires moins élevés que ceux des ouvriers, gagnent encore suffisamment.
- Plusieurs des ouvrages qu’il expose peuvent être classés parmi ceux de luxe. Nous citerons, entre autres, le Cours élémentaire d’Histoire naturelle, par M. Milne Edwards, in-18 (les gravures en sont fort bien imprimées), les Codes Français, grand in-8°, etc.
- M. Crété s’occupe avec succès de l’impression des planches gravées sur bois et combinées de manière à ce que chacune d’elles apporte successivement sa couleur au moyen de repères. Par la combinaison des tons il obtient avec un petit nombre de planches des effets très-satisfaisants, tels que costumes, scènes et paysages. Ces procédés, que M. Silbermann a le premier mis en pratique à Strasbourg, ont besoin d’être encore perfectionnés.
- Le jury décerne à M. Crété une médaille de bronze.
- M. MONPIED, rue du Faubourg-Montmartre, n° 10, à Paris,
- L’emploi des gravures sur bois, qui devient de plus en plus général, a remplacé, surtout à Paris , où les graveurs sur bois sont devenus très-nombreux, le procédé à l’aide duquel les ouvriers typographes façonnaient autrefois , avec de simples filets typographiques, des figures de géométrie, des dessins linéaires, etc.
- Les deux dessins parfaitement rendus, au moyen de filets typographiques , parM. Monpied,représentant,l’un, l’enlèvement de Pandore, d’après Flaxmann, l’autre, l’Amour et Psyché, de Canova,
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- Mentions
- honorables.
- Rappel de médaille d’argent.
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- offrent de telles difficultés vaincues que jamais la typographie n’a su rien faire de mieux en ce genre. M.Moupied a prouvé aussi aux jeunes typographes par ce chef d’œuvre d’adresse et de patience, quelles ressources peuvent leur fournir les filets typographiques habilement contournés, pour remplacer, au besoin, la gravure sur bois. 11 en donne comme exemple l’exécution en filets typographiques d’une figure représentant l’appareil de Marsh et de plusieurs signes hié-roglyplnques insérés dans le texte courant.
- M. Barre, au sujet de l’exécution typographique de ces deux dessins, a fait un rapport très-favorable à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale.
- Le jury accorde à M. Monpied une médaille de bronze.
- M. ANNER, de Brest (Finistère).
- Depuis cinquante ans l’imprimerie de M. Anner, de Brest, est connue par les impressions quelle exécute pour la marine. M. Anner expose cette année un ouvrage intitulé, Eléments de navigation, qui mérite une mention honorable. Elle lui est décernée par le jury.
- M. DANEL, à Lille (Nord).
- C’est pour la première fois que M. Danel, dont l’établissement paternel date de 1676, expose divers produits en imprimerie et lithographie, en sléréolypie et impressions polychromes, dites à la congréve, qui méritent une mention honorable, que le jury lui accorde.
- S 3. IMPRIMERIE EN TAILLE-DOUCE ET CARTES.
- M. Ambroise Firmin Didot, rapporteur.
- M. ANDRIVEAU-GOUJON, rue du Bac, n° 21, à Paris.
- La carte routière et postale de la France exposée cette année par M. Andx’iveau-Goujon est fort belle et a l’avantage d'être parfaitement claire. Il est vrai que les montagnes n’y sont pas figurées. L’écriture des noms est renfermée dans un cartouche colorié, ce qui facilite singulièrement les recherches.
- L’établissement de M. Andriveau-Goujon maintient toujours sa réputation. Le jury lui rappelle donc la médaille d’argent qui lui a été décernée en i844-
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- M. RÉMOND rue du Foin-Sainl-Jacques, n° i 3, à Paris. 6Médailles
- de bronze.
- Quoique M. Rémond expose pour la première fois, il est depuis longtemps connu comme notre plus habile imprimeur en taille-douce pour les planches coloriées. Les spécimens qu’il expose ne laissent rien à désirer. Le plus parfait coloriage fait par la main du plus habile artiste ne saurait l’emporter sur la finesse de tons, la pureté des détails et la beauté de l’ensemble. Il faut tout à la fois le concours du graveur (M. Visio) et de l’imprimeur (M. Rémond) pour combiner le genre de gravure qui convient et répartir sur les diverses planches les nuances qu’on peut obtenir de chacune d’elles, soit isolément, soit par leur combinaison en superposant certaines teintes, afin de diminuer le plus possible les coloriages faits au pinceau sur les planches. Les points de repère sont d’une parfaite exactitude. Malheureusement ce genre d’impression, par sa perfection même, et par le haut prix qu’il coûte, est très-limité. Les planches exposées, donnant dix-huit tons au moyen de trois planches , coûtent 70 centimes chaque feuille.
- Le jury accorde à M. Rémond une médaille de bronze.
- M. CHARDON, rue Racine, n° 3, à Paris.
- Les impressions en taille-douce qu’il expose se font remarquer par leur vivacité et le relief obtenu par des moyens qui lui sont particuliers. Les planches qu’il a soumises au jury, imprimées par les procédés ordinaires, semblent n’avoir enlevé qu’une partie de l’encre engagée dans les tailles, tandis que par son procédé la planche se trouve vidée à chaque épreuve. Ce résultat est obtenu par une manière d’imprimer qui lui est particulière, et parla qualité du noir qu’il compose tout exprès.
- Le jury décerne à M. Chardon une médaille de bronze,
- MM. ARMENGAUD et O’REILLY, rue de la Boule-Rouge, n° 12 , à Paris.
- • Ont conçu une grande et belle entreprise , la Vie des Peintres, accompagnée de superbes gravures sur bois représentant les principaux chefs-d’œuvre de chacun d’eux. Cet ouvrage, qui coûte aux éditeurs, MM. Armengaud et O’Reilly, des sommes considérables, occupe un grand nombre d’habiles graveurs, dont il est juste de
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- Mention honorable,
- Médaille
- d’or.
- Signaler le mérite. Tous ont fait preuve d’un vrai talent : et leur nom a été cité avec éloge. (Voir l’article Claye.) Le texte et les vignettes sont admirablement imprimés par M. Claye; le texte est rédigé par M. Charles Blanc.
- Le jury accorde une médaille de bronze à celte belle et grande entreprise
- M. SCHONENBERGER, boulevard Poissonnière, n° 28, à Paris.
- La collection des œuvres de musique que M. Schonenberger fait exécuter, soit en taille-douce sur étain et sur zinc, soit parles procédés typographiques de M. Tanteinlein, s’augmente chaque année. Cet éditeur rend aussi de véritables services à l’art musical et à notre commerce d’exportation. Il s’est attaché a publier les ouvrages du premier ordre, et à bon marché, tout en les exécutant aussi bien que les éditeurs étrangers.
- Le mérite des publications de M. Schonenberger avait été favorablement cité aux expositions de 1839 et de i844, et mérite d’êlre mentionné honorablement à cette exposition.
- § k. TYPOCHROMIE.
- M. J. Persoz, rapporteur.
- M. SILBERMANN, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- C’est en 1824 que M. Silbermann prit possession de l’imprimerie créée, en 1788, par son aïeul. A dater de celle époque, l’invenlion de nouveaux genres d’impressions, des sacrifices nombreux, joints à une série de travaux qui avaient pour but d’améliorer ses moyens de production et d’en perfectionner les résultats, développèrent successivement son établissement et l’élevèrent au premier rang de ceux qui honorent la France.
- L’établissement qui lui fut ainsi légué ne comptait que 3 presses, desservies par 15 ouvriers. Au bout de vingt ans, c’est-à-dire en x844, 11 presses nouvelles, perfectionnées par M. Silbermann, remplacèrent les anciennes, et, au lieu de 1,200 coups en 1 o heures, que donnait chacune des trois premières, en donnèrent 2,000, sans occuper plus de 5o à 60 ouvriers.
- Quoique M. Silbermann eût déjà plus que quintuplé scs agents
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- de production, il y ajouta encore une presse mécanique d’un nouveau modèle, fournissant à elle seule 10,000 tirages par jour. En même temps que cet liabile imprimeur multipliait ses moyens d’impression, qu’il introduisait dans son travail une grande économie et réduisait le prix de ses produits, il les perfectionnait de telle sorte, qu’il est des éditions sorties de ses presses, qui, sous le point de vue de l’art typographique, n’ont rien à envier à celles qui ; ont fait la réputation de nos premiers typographes de Paris.
- Si, comme typographe, M. Silbermann jouit déjà parmi ses confrères d’une grande réputation, il est une nouvelle branche de son art, la typochromie, dont il est en quelque sorte le créateur, qui lui assigne un rang que personne ne peut lui disputer. En effet, ses impressions en couleur, par la perfection de leur exécution, doivent être classées plutôt parmi les œuvres d’art que parmi les productions industrielles, avec lesquelles elles ne peuvent être comparées que pour le bas prix de vente. Le tableau qui sert à représenter les effets de contraste permet de juger des difficultés que M. Silbermann a vaincues pour obtenir la juxtaposition régulière de ces filets de diverses couleurs. Sa carte géologique, coloriée en neuf teintes très-distinctes, démontre avec quelle précision les rentrures sont effectuées; car on n’y remarque aucune bavure.
- Ses études cl’aquarelle ne sont pas seulement propres à faire comprendre l’art avec lequel M. Silbermann sait obtenir les dégradations de teinte ; elles font encore ressortir les avantages qu’il rencontre dans l’emploi simultané des procédés d’impression inventés par lui, l’un par juxtaposition, l’autre par superposition.
- Ce genre d’impression typographique, qui semble au premier abord ne s’appliquer qu’à des œuvres de luxe, comme cette édition des ornements d’anciens manuscrits, d’après les dessins de Tou-douze, a cependant un côté tout à fait industriel. Pour n’en citer qu’un exemple, nous dirons-qu’il sort annuellement des presses de M. Silbermann 120,000 feuilles de soldats coloriés , dont il trouve l’écoulement en France, en Allemagne et en Angleterre, au prix modique de 10 centimes la feuille.
- C’est, comme on le voit, une branche toute nouvelle qui s’ouvre à la typographie, et qui, une fois mieux connue, offrira cle nouvelles et nombreuses applications aux sciences, aux arts et à l’industrie.
- Le jury a suivi avec un vif intérêt, à chaque exposition, les heureuses tentatives que fait M. Silbermann pour conserver à la
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- Nouvelle
- Médaille
- d’or.
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- typographie ce que la lithographie, sa rivale, voudrait lui enlever. Il lutte avec elle non-seulement par la perfection, mais encore par le bas prix de ses produits.
- Aujourd’hui, considérant que M. Silbermann s’est acquis des droits incontestables à la reconnaissance de ses concitoyens par ses travaux en typographie, et surtout par les procédés ingénieux qu’il a créés pour l’impression typographique en plusieurs couleurs, le jury décerne à ce savant imprimeur la médaille d’or.
- § 5. LITHOGRAPHIE M. J. Persoz, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Si, depuis la dernière exposition, il ne s’est fait en lithographie aucune invention qui mérite d’être signalée, nous avons au moins à constater les efforts constants de nos plus habiles lithographes, pour arriver à perfectionner les procédés connus, et à donner à leurs, productions, tout en les livrant à des prix accessibles à tout le monde, des caractères qui les rapprochent de plus en plus des productions de l’art.
- 11 est à propos de mentionner ici le perfectionnement que M. Sabatier a apporté dans les travaux de la lithographie par son nouveau mode d’impression à l’estompe, au moyen duquel il produit des teintes plus pures, plus fines et plus suaves que par les procédés ordinaires. Ce genre, qui est appelé sans doute à faire encore de grands progrès, témoigne hautement du talent de celui qui a réussi dans une entreprise où, depuis vingt ans, beaucoup d’hommes de mérite avaient échoué.
- Aux deux branches principales de la lithographie, le crayon et la chromolithographie, il s’en est ajouté une troisième dans ces dernières années: c’est le report des planches de cuivre et d’acier sur pierre, qui a pris un développement considérable, et a acquis une importance qu’on était loin de prévoir à la dernière exposition.
- M. LEMERCIER, rue de Seine, n° 55, à Paris.
- L’établissement de M. Lemercier occupe lao ouvriers, dont le
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- salaire s’élève de 5 à i5 francs par jour pour les imprimeurs, et de 3 à 4 francs pour les manœuvres. On y trouve en activité 75 presses à bras, à l’aide desquelles on imprime annuellement 1,800,000 estampes, tant pour l’encadrement que pour le cartonnage, la librairie et l’exportation.
- M. Lemercier, qui, par ses brillants succès, a mérité, en 1839, la médaille d’argent, et, en i844, la médaille d’or et la croix de la Légion d’honneur, se montre encore aujourd’hui avec toute sa supériorité dans les deux branches de son art, crayons avec teinte et impressions en couleurs, qu’il traite avec un égal succès.
- Comme impressions au crayon, le jury a surtout remarqué deux marines avec superposition de teintes ; une planche de grande dimension, représentant un groupe de nymphes, où des tons rehaussés par des teintes dégradées produisent un effet admirable ; une sainte par Fanoli, imprimée sur papier de Chine, dont le tirage est de la plus grande perfection. Enfin c’est dans ces lavis d’architecture, obtenus par des teintes plates, fondues soit par des hachures, soit par le crayon, que se révèle surtout l’habileté de M. Lemercier.
- Comme impressions en couleurs, obtenues par les procédés connus, le jury a aussi vu avec intérêt le saint Louis portant la couronne, le Moyen Age et la Renaissance (collection de costumes) -, l’album Vilensky ( vignettes religieuses ) ; les Fleurs, par Elie Champin ; et il a constaté que, dans cette seconde branche de la lithographie, M. Lemercier obtient tout autant de succès que dans la première. Outre ces incontestables mérites, il a celui d’avoir formé une multitude d’élèves qui rivalisent de zèle avec leur maître, et qui ne manqueront pas de contribuer à maintenir en France la lithographie au rang élevé où elle s’est déjà placée de nos jours.
- Par ces motifs, convaincu que M. Lemercier s’est montré de plus en plus digne des hautes récompenses qui lui ont été données, le jury lui décerne une nouvelle médaille d’or.
- M. KAEPPELIN, quai Voltaire, n° 15 , à Paris,
- M. Kaeppelin imprime avec un égal succès presque tous les genres de lithographie. Il a fait surtout de grands progrès dans les reports des gravures sur pierre, genre dans lequel il s’était déjà distingué en i844- Le jury a particulièrement apprécié :
- i° Ses fonds damassés (pour coupons d’actions), qui sont le pro-
- Médaille
- d’or.
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- duil du report d’une planche d’acier gravée au tour à guiilocher, et dont les traits, presque imperceptibles à l’œil nu, font de celte feuille imprimée un véritable chef-d’œuvre.
- 2° La planche des deux mappemondes, obtenue d’un seul tirage, par le report de deux planches, dont l’une sert à déposer sur la pièce les contours, les écritures et les eaux, et l’autre, gravée à la mécanique, les ombres ou la sphéricité.
- 3° La carte topographique de l’arrondissement de Meaux, ayant il8 sur 86 centimètres de gravure, qui a aussi été obtenue d’un seul tirage, mais par le report sur pierre de six planches en cuivre provenant de la collection de la carte de France. Cette opération a été effectuée avec tant de précision, que l’œil le mieux exercé ne peut découvrir dans cette carte les points de repère.
- Le jury n’a pas vu avec moins d’intérêt la facilité avec laquelle M. Kaeppelin est parvenu à faire des additions sur des cartes, telles que des lignes de chemins de fer, etc., sans être astreint, comme autrefois, à des grattages longs et dispendieux, qui ne donnaient, en définitive, qu’un ouvrage imparfait.
- Si la perfection qui caractérise les ouvrages de M. Kaeppelin lui donne déjà un titre suffisant à une récompense élevée, il a un autre litre qui n’est pas moins méritant aux yeux du jury ; nous voulons parler de l’économie qu’il a procurée à l’Etat, à l’occasion de l’impression de la carte de France. La gravure sur cuivre de cette carte, qui est établie par zones, revient, en moyenne, à 12,000 francs par planche. Si l’assemblage de ces zones par départements avait du se faire sur cuivre, l’Etat aurait dépensé pour cet objet plus de 2 millions, tandis que, grâce aux intelligents efforts de M. Kaeppelin, la carte de trente de nos départements, tirée à 35o exemplaires, n’a occasionné que la faible dépense d’environ 60,000 fr.
- Le jury, voulant récompenser de pareils résultats, décerne à M. Kaeppelin la médaille d’or.
- Nouvelle
- médaille
- {('argent.
- MM. THIERPiY frères, cité Bergère, n° 1 , à Paris;
- L’établissement de MM. Thierry compte 2 5 presses lithographiques, 20 presses en taille-douce, et occupe 70 ouvriers, dont le salaire s’élève de 3 à 8 francs par jour. Les produits qui sortent des presses de ces lithographes sont particulièrement destinés aux usages du commerce, et le chiffre de leurs affaires ne s’élève pas à moins de i3o,ooo francs, année commune.
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- Gomme ouvrage au crayon, le jury a particulièrement remarqué , au point de vue de la perfection de l’impression, le portail delà cathédrale de Reims, et une collection de'petits paysages avec teintes.
- Leurs travaux chromolilhographiques, exécutés à la plume, pour les besoins du commerce, n’offrent de particulier que leur variété et leur bonne exécution.
- Le jury décerne à MM. Thierry une nouvelle médaille d’argent, qui lui a été décernée en 1839, et rappelée en i844-
- M. CATTIER, rue de Lancry , n° 1 2 , à Paris.
- L’exposition de M. Cattier se compose d’un grand nombre de planches d’une parfaite exécution, parmi lesquelles il en est cinq qui sortent des productions ordinaires. Ce sont trois marines par Sabattier, d’après Isabey, un chien et des amazones.
- Pour comprendre tout le mérite de ces lithographies, il faut savoir que M. Sabattier mélange à ses dessins au crayon du crayon en poudre frotté par des estompes, avec lesquelles il obtient, en opposition avec les tons les plus chauds, des teintes extrêmement tendres, mais aussi très-difficiles à reproduire par la lithographie, et dont l’exécution exige un imprimeur des plus habiles. M. Cattier «1 été assez heureux pour trouver cet imprimeur en la personne de M. Jacum, l’un des élèves de M. Lemercier.
- Le jury donne à M. Cattier le rappel de la médaille d’argent.
- taj^pei
- Raj le
- médaille
- d’argent.
- M. BRY, rue Guénégaucl, n° 29, à Paris. Nouvelle
- médaille
- M. Bry expose cette année une collection de marines à deux de. bronze, tons, et trois petits dessins, par Aubry-le-Comle, très-bien imprimés, malgré la difficulté que leur exécution a dû présenter.
- Sa collection de Valério, à teintes, et ses portraits, ont été exécutés aussi avec un soin particulier. Ses dessins à l’estompe et au lavis par Charlet et Hubert, sans être parfaits, sont cependant cl’un effet très-remarquable.
- Le jury décerne à M. Bry une nouvelle médaille çle bronze.
- M. BERTÀUTS, me Saint-Marc, n° i4, à Paris.
- M. Berlauts, qui a obtenu, en 18/i4 , une mention -honorable,
- Médailles de bronze.
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- Mentions
- honorables.
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- expose aujourd’hui un auto-da-fé d’après Fleury, trois autres grandes planches, et quelques paysages de la collection de l’album des artistes. Si tous ces dessins, d’une teinte chaude et vigoureuse, offrent peu de difficultés d’exécution par la manière dont ils sont traités, ils n’en ont pas moins le mérite d’être parfaitement imprimés.
- Le jury décerne à M. Bertauts la médaille de bronze.
- M. SCHMAUTZ aîné,rue du Gherche-Midi, n° 15, à Paris.
- M. Schmautz expose des rouleaux fournisseurs pour la presse lithographique et la gravure, savoir : un rouleau pour imprimer le crayon et l’écriture, un second pour les teintes, un troisième pour les impressions chromolithographiques, un quatrième enfin pour recouvrir les plaques de cuivre et d’acier sur lesquelles on veut graver à l’eau forte.
- M. Schmautz a su donner à ses rouleaux des qualités qui les font rechercher non-seulement par nos lithographes français, mais encore par ceux de l’étranger.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. CARLES, rue Jean-Jacques-Rousseau, n° 12, à Paris.
- Le jury donne à M. Caries une mention honorable, pour ses impressions lithographiques, et spécialement, pour sa publication des cinq ordres d’architecture et d’autres impressions, qui ont pour objet de développer le goût du dessin et d’en favoriser l’étude, ainsi que celle de l’écriture.
- M. LEFÈVRE, rue de la République, n° 68, à Paris.
- M. Lefèvre expose un cadre ou tableau renfermant les spécimens des objets qu’il imprime journellement pour le commerce. C’est lui qui a composé et lithographié, depuis le mois de juin 1848, les 100,000 bulletins et les 20,000 tableaux de l’enquête industrielle. Dans ces impressions, qu’il a livrées à des prix très-modérés, il a fait preuve de beaucoup d’intelligence.
- L’établissement de M. Lefèvre, où l’on imprime annuellement pour une valeur de 5o à 60,000 francs, possède 11 presses desservies par 20 ouvriers, dont le salaire s’élève de 3 à 6 francs par
- j°ur-
- Le jury donne à M. Lefèvre line mention honorable.
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- M. Alphonse GODARD, rue Hautefeuille, n° 16, à Paris.
- Quatre portraits et une muse par Aubry-le-Comle, des chevaux, par Adam, deux paysages et diverses autres lithographies, également bien exécutés, composent l’exposition de M. Godard, et lui méritent une citation favorable.
- «
- M. MARTENOT, rue d’Antin, n° 8, à Paris.
- Le jury décerne également à M. Martenot une citation favorable pour ses travaux lithographiques.
- § 6. CHROMO-LITHOGRAPHIE.
- M. J. Persoz, rapporteur.
- M. SIMON, h Strasbourg (Bas-Rhin).
- M. Simon, par sa position à l’extrême frontière et par son éloignement de la capitale, se trouve privé des ressources qu’offre à Paris cette multitude d’habiles dessinateurs qu’on y rencontre. De plus, forcé de satisfaire à tous les besoins du milieu où s’est développée son industrie, il est, en quelque sorte, dans l’impossibilité de s’adonner à une spécialité. Cet état de choses, s’il est désavantageux sous un rapport, fait du moins ressortir le mérite de M. Simon , qui a su lutter avantageusement avec ses confrères de Paris, sans êli’e placé dans des conditions aussi favorables. Les produits qu’il expose prouvent qu’il traite avec succès toutes les branches de la lithographie.
- Outre des travaux de.commerce qui se font communément à la plume, M. Simon exécute des impressions avec crayons"et teintes, et crayons mélangés d’estompe ; des gravures sur pierre, des reports de planche, des sépias et des aquarelles obtenues par un procédé de son invention, et, depuis plus de quinze ans, des impressions chromolithogra phiqu es.
- Une vue de Colmar, abstraction faite de l’œuvre de l’artiste, témoigne de l’habileté de M. Simon dans l’emploi du crayon estompé. Ses planches représentant les glandes intestinales et les maladies du foie, son mausolée du maréchal de Saxe, ses trois petites aquarelles des glaciers del’Aar, ainsi que son panorama d’une partie des
- Citation
- favorable.
- Médailles
- d’or
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- Médailles de bronze.
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- Vosges, prouvent que ses procédés sont supérieurs à tous ceux qui ont été employés jusqu’ici.
- Le dessin de la cathédrale de Strasbourg l'honore aussi comme graveur sur pierre. Enfin son tableau représentant les armoiries des diverses communes d’Alsace, les quatre vitraux de la cathédrale, l’horloge astronomique du célèbre Sclnvilgué, les spécimens de l’important et précieuxouvragedeM. Schimper surles plantes fossiles du grès bigarré, placent M. Simon au nombre des premiers lithographes contemporains.
- Le jury, après avoir signalé les importants travaux de M. Simon, lui décerne la médaille d’or.
- MM. ENGELMANN et GRAF, Cité Bergère, n° i, à Paris.
- Les impressions en couleurs de ces Messieurs se distinguent encore aujourd’hui par leur belle exécution. Ils exploitent toujours avec succès les ingénieux moyens de repérage dont l’invention leur avait valu , en i844, la médaille d’argent.
- Parmi les objets qu’ils exposent, on remarque surtout deux planches de vitraux de Dreux, par M. Dauce et des vues d’Orient qui appartiennent à l’ouvrage de M. L. de Laborde. Ces deux planches, faites d’après d’excellents originaux, sont chaudes et vigoureuses d’effets. Il est à regretter seulement que les lointains qu’elles représentent, étant faits au crayon, n’aient pas tout le vaporeux nécessaires.
- MM. Engelmann et Graf soumettent encore au jury des articles d’ornements en or et en couleur, traités avec beaucoup de soin; déplus, une collection de prières ornées de vignettes religieuses, faites d’après les plus célèbres manuscrits de la Bibliothèque nationale. Ce dernier travail, qui paraîtra sous peu, révèle.,,par la délicatesse des détails , et le tirage recto et veyso.v tout- lé talent avec lequel MM. Engelmann et Graf pratiquent la chromolithographie.
- Le jury, prenant en considération les services rendus à la lithographie par MM. Engelmann, leur décerne la médaille d’or.
- § 7. IMAGERIE.
- M. Natalis Piondot, rapporteur.
- M. DOPTER, rue de la Harpe, n° 58, à Paris (Seine).
- L’industrie de M. Dopler a acquis dans ces dernières années une
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- grande importance commerciale; ce fabricant emploie aujourd’hui une centaine d’ouvriers, et il jouit toujours d’une réputation méritée.
- Les découpures et les gaufrages qui entourent les images religieuses sont parfaitement exécutés et sont, en général, de beaucoup supérieurs, pour le goût et la finesse, à ce qu’on faisait auparavant. Si quelques modèles laissent encore à désirer, il faut faire la part des exigences de prix ou de goût auxquelles entraîne la vente pour les pays étrangers, qui a pris chez M. Dopter un développement rapide.
- Le jury décerne la médaille de bronze à M. Dopter, qui est un de nos premiers fabricants d’imagerie.
- Mme V° BOUASSE-LEBEL, rue du Petit-Bourbon-Saint -Sulpice, n° 9, à Paris ( Seine ).
- L’application à l’imagerie des métaux en feuilles minces et polies, ainsi que delà gélatine coulée sur papier, le coloriage perfectionné des feuilles de métal, l’association heureuse, à la dentelle, de paillons et de paillettes riches, un travail de gravure et de lithographie suffisamment soigné, tels sont les titres qui recommandent madame veuve Bouasse-Lebel.
- Cent dix ouvriers et employés sont occupés par celte laborieuse fabricante, qui, grâce à des soins intelligents et assidus, est parvenue à ouvrir à l'imagerie religieuse de nouveaux débouchés, à la produire avec toute l’économie possible, et à fonder une maison qui tient déjà un rang honorable. >
- Le jury central accorde à madame veuve Bouasse-Lebel la médaille de bronze.
- S 8. GRAVURE POUR IMPRESSION, CLÏCHAGE,
- OUTILS DE GRAVEURS.
- M. J. Persoz.
- MM. FELDTRÀPPE frères, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 144, à Paris.
- Les spécimens ou échantillons de diverses gravures queMM. Feld-trappe ont exécutés pour les imprimeurs sur tissus des environs de Paris, et qu’ils exposent, en même temps que trois cylindres gravés, j ustifient, d’une part, la réputation dont jouit leur établissement de dessip et de gravure; d’une autre, les récompenses qui
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- d’argent.
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- leur ont été décernées aux expositions précédentes, où ils obtinrent, en i834, «ne médaille d’argent, et deux nouvelles médailles d’argent en 1839 et i844.
- MM. Feldtrappe ne se sont pas seulement attachés à perfectionner leur gravure à la molette, en substituant à propos à l’action du burin celle d’une molette canevas ou de l’eau forte, soit pour réaliser des formes plus correctes, soit pour vaincre certaines difficultés, soit enfin pour graver plus rapidement et d’une manière plus économique; depuis plusieurs années, nous les avons vus redoubler d’efforts pour obtenir, sur les rouleaux destinés à l’impression des étoffes de laine, des dessins à fond, avec sujets réservés par la gravure. Ils donnent ainsi au fabricant le moyen d’obtenir, directement et par un seul rouleau, le résultat qu’on ne réalisait anciennement que par l’impression d’une réserve ou d’un rongeant, qu’on fait précéder ou succéder à l’application de la couleur du fond uni. Le rapport du jury de i844 signale ainsi ce progrès : «MM. Feldtrappe obtiennent des fonds d’une dimension con-« sidérable au moyen de rainures ondulées, tracées îongiludinaîe-« ment sur le cylindre. »
- Le cylindre gravé, pour fond, que MM. Feldtrappe exposent, se distingue spécialement par des traits en biais régulièrement tranchés à l’aide d’une machine pour l’invention de laquelle ces graveurs ont pris en 1847 un brevet d’invention. Ils soumettent encore au concours deux autres rouleaux, dont l’un sert à gaufrer le papier.
- L’ensemble des produits exposés par MM. Feldtrappe démontre-une fois de plus qu’il n’existe dans l’art de la gravure du rouleau, l’un des plus puissants agents de production dans l’impression des étoffes, aucune difficulté qu’ils ne puissent surmonter.
- En signalant ces heureux résultats, le jury accorde à ces Messieurs le rappel de la médaille d’argent.
- M. Jacques KRAFFT, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 42, à Paris.
- M. Krafft expose, outre quatre cylindres gravés, une série d’échantillons, imprimés avec ses rouleaux, dans les premières maisons d’impression de Paris, et notamment dans celle de M. L. Godefroy.
- Ce qui fait le principal mérite des gravures de M. Krafft, c’est, d’une part, la hardiesse avec laquelle elles sont exécutées dans ces grands sujets qui ne peuvent être gravés avec le secours des mo-
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- Selles; d’une autre, ce sentiment des contours el des dégradations de tons, qui contribuent tant à rehausser la beauté d’un dessin, et qui assurent le succès de l’impression.
- A l’exposition de i844, M. Krafft obtint, pour ses cylindres gravés, une médaille de bronze. Depuis cette époque, il a fait dans son art des progrès incontestables.
- Empruntant au tour à guilloches ses parties les plus importantes, il a composé une machine à graver pour l’invention de laquelle il a pris, en i846, un brevet d’invention. C’est à l’aide de cette machine qu’il obtint ces heureuses dégradations de tons que le jury a particulièrement remarquées dans ce dessin fond vert, avec enlu-minage vert clair, rouge et rose. Enfin, c’est encore avec cette même machine que M. Krafft grave des dessins à fond, pour impressions sur laine, en substituant aux lignes ondulées de MM. Feld-Irappe des lignes obliques, décrivant sur le cylindre une spirale régulière, qui permet à la racle d’enlever l’excédant de couleur, sans , produire de soubressauts et sans endommager le fond.
- Désormais, donc, il est loisible au fabricant d’imprimer sur étoffes de laine, comme cela se faisait déjà pour certains articles en coton, des fonds avec les sujets les plus délicats, réservés par la gravure.
- Le jury, appréciant les perfectionnements introduits par M. Krafft dans la gravure des rouleaux, décerne à cet habile graveur la médaille d’argent. -
- M. CONIL-LA€OSTE, rue des Grands-Augustins, n° 10, à Paris.
- Nouvelles médailles de bronze.
- Par ses belles gravures sur bois et par ses clichés, qui ne laissent rien à désirer, M. Conil-Lacoste a su associer ses travaux aux publications les plus importantes qui se sont faites en France et à l’étranger.
- Le jury voit avec plaisir que M. Conil-Lacoste se rend de plus en plus digne des récompenses qui lui ont été décernées aux précé^ dentes expositions, et lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- M. CLICQUOT, à Courbevoie (Seine).
- Les roulettes et outils destinés à faciliter l’exécution des gravures à l’aqua-iinle, que M. Clicquot expose, témoignent hautement en faveur de son habileté. 11 continue à aller au-devant des besoins de l’industrie qu’il est appelé à alimenter.
- ni.
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- Rappel
- de
- médaille xle bronze
- Médailles de bronze.
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- Le jury, qui se plaît à reconnaître celte heureuse tendance, décerne à M. Clicquot une nouvelle médaille de bronze.
- M. François MICHEL, rue du Hasard, n° 3, à Paris.
- Tous les connaisseurs ont admiré à l’exposition les impressions obtenues avec les clichés bitumineux de M. Michel.
- En récompense de son heureuse invention, M. Michel a reçu, au précédent concours, une médaille de bronze, dont le jury de cette année lui donne le rappel.
- M. BORDES, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Bordes expose un cylindre et des molettes gravées par un procédé en partie de son invention.
- Le plus grand progrès accompli dans la gravure des rouleaux destinés à l’impression est incontestablement l’introduction de'la molette gravée (rouleau miniature), en acier trempé, à l’aide de laquelle on transporte sur le rouleau en cuivre, par l’effet d’une pression convenable, le sujet qui s’y répète régulièrement. Mais, dans la gravure de ces molettes , quelle que soit d’ailleurs l’habileté du graveur, il ne peut que très-difficilement faire qu’un sujet qui se répète plusieurs fois sur la surface de la molette soit partout identique, surtout en ce qui concerne la profondeur de cette gravure. De là résulte pour l’impression de fâcheux inconvénients, qu’on ne peut surmonter que par de grands sacrifices de temps et d’argent, et en consacrant à la confection d’un outil industriel tous les soins qu’exige une œuvre d’art. M. Bordes n’a pas été le premier à signaler ce vice fondamental; car depuis longtemps nos habiles graveurs, pénétrés de ces imperfections, employaient des molettes, dites canevas, remplissant, par rapport à la gravure des molettes proprement dites, le même rôle que celles-ci accomplissent dans la gravure des rouleaux eux-mêmes; mais il a le mérite d’avoir cherché à faire disparaître ces imperfections par un procédé qui lui est propre, et que voici:
- Le premier ouvrier venu trace au burin sur une molette les contours du Sujet qu’il s’agit de graver. Puis, soit par l’effet de l’eau forté, soit à l’aide de l’échoppe, il creuse les vides sans s’occuper de leur profondeur, qui s’obtient plus tard indirectement en enlevant aux deux extrémités de la molette une petite bande, dont l’é-
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- paisseur représente exactement la profondeur de la gravure que l’or veut obtenir. Cette opération achevée, la gravure est terminée; car il n’y a plus qu’à tremper cette molette et à la transporter par les procédés connus, à l’aide des picots de repère, sur une molette deux, trois, quatre fois plus grande, avec laquelle on finit par graver le rouleau. A l’aide de ce procédé, les dessins les plus grands et les plus difficiles, peuvent être obtenus avec plus d’exactitude, d’économie de temps et d’argent, par les ouvriers même les moins habiles , qu’ils ne le seraient par les procédés généralement mis en usage.
- L’invention de M. Bordes, qui lui donnerait des droits incontestables à une récompense élevée, si l’expérience eût confirmé tous les résultats heureux qu’elle promet, mérite d’être signalée ici. Le jury, en accomplissant ce devoir, décerne à M. Bordes une médaille de bronze pour ses gravures sur cylindre, qui satisfont si parfaitement aux besoins de l’industrie rouennaise.
- M. CARLIEZ, à Rouen (Seine-Inférieure),
- Il occupe dans ses ateliers, à raison de a à 6 francs par jour, 53 ouvriers, qui desservent 7 machines à graver, avec leurs accessoires, mises en mouvement par un manège à deux chevaux.
- La gravure dont s’occupe spécialement et avec le plus de succès M. Cariiez est celle du genre meuble. Aussi parmi les rouleaux qu’il a exposés cette année, le jury a-t-il particulièrement remarqué 4 rouleaux composant un dessin meuble à 4 couleurs. Les contrastes de tons y ont été si heureusement observés par la gravure, que chaque cylindre chargé d’une couleur dépose par le fait 3 tons bien distincts sur l’étoffe.
- Les récompenses qui, à deux reprises, ont été décernées à M. Cariiez par la société d’émulation de Rouen, prouvent que ses gravures sont appréciées à leur juste valeur dans cette contrée industrielle.
- Le jury, se plaisant à reconnaître les efforts incessants de M. Cariiez pour maintenir son art' au niveau des besoins de l’industrie des toiles peintes, lui décerne une médaille de bronze.
- M. CURMER, rue Sl-Germain-des-Prés, n° 1 o bis, à Paris.
- M. Curmer expose plusieurs spécimens de clichés d’une bonne réussite, exécutés par un procédé qui lui est propre, et qui consiste à relever le sujet en y superposant alternativement des feuilles de
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- Nouvelle
- mention
- honorable.
- Mention
- honorable.
- Citation
- favorable.
- Médaille
- d’argent.
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- papier de soie et des couches d’une pâte de sa composition. On fait pénétrer celte masse hétérogène dans les cavités de la gravure d’abord à l’aide d’un tampon, ensuite avec le secours d’une presse assez puissante. On obtient ainsi un moule en creux (matrice) qu’on dessèche , et dans lequel on peut couler un nombre indéfini de clichés.
- Ce procédé, qui permet d’obtenir des clichés d’une grande netteté, offre en outre l'avantage de pouvoir relever des sujets d’une grande dimension, et à beaucoup moins de frais que par les autres modes de clichage.
- M. Curmer s’occupe maintenant avec un égal succès de la reproduction d’œuvres typographiques et de celle des différents genres d’impression sur étoffes. Il place annuellement pour 80,000 francs de clichés divers. Le jury, en constatant ces heureux résultats, décerne à M. Curmer la médaille de bronze.
- M. PIGACHE, à Puteaux (Seine).
- Le jury donne à M. Pigache une nouvelle mention honorable pour ses gravures sur rouleaux, destinées aux impressions sur étoffes.
- Mi PETINi rue Monsieur-le-Prince, n° 29, à Paris.
- Le jury décerne aussi à M. Petin une mention honorable pour sa bonne fabrication de clichés.
- M. BESSAIGNET, galerie Montpensier, n° 15, à Paris.
- Le jury accorde une citation favorable à M. Bessaignet pour la gravure de ses cachets emporte-pièces en cuivre doré, ayant pour but de dégager l’empreinte de toute cire inutile.
- § 9. MODÈLES GRAVÉS DE BILLETS DE BANQUE.
- M. HULOT, Hôtel des Monnaies*
- M. Hulot est un artiste habile qui, dans ses modèles gravés de billets de banque, a donné des preuves de son esprit inventif: fini, perfection des dessins, tout enfin concourt à faire de son œuvre une bonne et utile chose. Aussi le jury central décerne-t-il à M. Hulot une médaille d’argent.
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- S 10. RELIURE.
- M. Ambroise Fimiiu Didot, rapporteur.
- CONSIDERATIONS GENERALES.
- A cette exposition comme à la précédente, le luxe des reliures ne laisse rien à désirer, et bien que MM. Bauzonnet, Nidrée et Otmann n’aient envoyé aucun de leurs chefs-d’œuvre, on voit que la reliure maintient en France sa réputation généralement reconnue. Tout en admirant l’art de nos relieurs qui ont exposé cette année, et leurs efforts pour satisfaire aux caprices de la mode, le goût sévère peut leur reprocher le trop splendide vêtement dont ils couvrent souvent des livres d’un mérite très-médiocre.
- Au degré de perfection auquel est parvenu maintenant l’art de la reliure, on conçoit que les progrès deviennent très-difficiles ; toutefois nous croyons devoir réitérer le vœu de voir nos relieurs se préoccuper davantage d’améliorer les reliures ordinaires, surtout par l’abaissement du prix, afin de les mettre plus en rappopt avec celui des livres qui, grâce à l’habileté de nos typographes et fabricants de papiers, secondés par les progrès de la mécanique, a considérablement diminué. C’est ce genre de produits que le jury de i844 promettait surtout de récompenser.
- Nous croyons qu’au moyen de procédés mécaniques perfectionnés il serait possible d’apporter d’importantes économies sur le prix de la main-d’œuvre. Déjà quelques relieurs, tels que M. Lenègre, sont entrés dans cette voie et en ont obtenu d’heureux résultats à cette exposition ; ce sont surtout les cartonnages qui ont reçu de notables améliorations en élégance et en solidité. Ils éblouissent par l’éclat des couleurs et par la prodigalité de l’or, ou, pour mieux dire, de la dorure en cuivre qui, sauf la durée, a tout le brillant de l’or.
- A côté de ces cartonnages si séduisants, on voit d’autres livres, particulièrement des missels et paroissiens, recouverts sur les dos et sur les plats d’ornements en acier, en or, en
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- argent, et rehaussés de pierres précieuses, demaux et de dé-^ cors de tout genre, qui en font des ouvrages plutôt d’or^ févrerie et de bijouterie que de reliure. En effet, ces livres ne sauraient se serrer les uns contre les autres dans les bibliothèques; ils ne peuvent donc être placés qu’isolément et sur le plat dans de riches étagères ou sur des pupitres pour satisfaire la vue et l’orgueil du possesseur, car on leur peut appliquer ce que Sénèque disait déjà de son temps au sujet de pareils livres, « Plerisque libri non studiorum instrumenta sunt, sed œdium ornamenta; ce ne sont point des objets pour l’étude, mais des parures pour les palais. »
- Les chefs-d’œuvre que l’art moderne a produits en ce genre soutiennent la comparaison avec ce que les habiles artistes de l’époque de la Renaissance exécutaient pour les rois, les princes et quelques riches et savants amateurs, dont les noms se conservent dans le souvenir des bibliophiles; mais alors le petit nombre de livres manuscrits ou d’éditions princeps étaient d’une telle rareté, qu’on avait raison de les exposer isolément comme des objets dignes d’admiration. Maintenant, appliquer un pareil luxe aux livres que nous entassons dans nos bibliothèques si sevrés les uns contre les autres, c’est un anachronisme. Lès missels et les livres de prières sont les seuls où ce luxe puisse être permis.
- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
- M. KOEHLER, rue du Bac, n° 83, à Paris.
- Les reliures de M. Kœtiler se distinguent par une simplicité qui atteste en lui 1 homme de goût ; les ornements qu’il se permet sont placés avec discernement. Rien de plus parfait que les 4 volumes du Roman du Renard en cuir de Russie. Il expose aussi un superbe volume du Voltaire de Keh'l ; chaque volume offre une aussi parfaite exécution l’un que l’autre.Le volume de Paul et Virginie est un chef-d’œuvre.
- /
- Le jury a remarqué avec un intérêt tou t particulier ses 12 reliures au prix de 2 fr. 5o cent. Elles ne laissent rien à désirer qu’une diminution dans les prix ; espérons que par des procédés nouveaux et par la division du travail dans ses ateliers, M. Kœhler pourra
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- y parvenir sans préjudicier toutefois à la perfection qui signale tout ce qui sort de son atelier.
- Le jury lui rappelle pour la quatrième fois la. médaille d’argent.
- M. LENÈGRE , rue S-Germain-des-Prés, n° 12 lis, à Paris. Médaille
- d'argent.
- C’est à M. Lenègre qu’on est redevable de ces brillants cartonnages qui rendent de véritables services au commerce delà librairie en permettant de vendre à des prix très-modiques un grand nombre d’oityrages qui ont besoin de ce luxe apparent pour séduire les yeux. Au moyen de cette parure, nos exportations de livres sur les marchés étrangers! particulièrement de l’Amérique du Sud, ont pris un accroissement considérable, ainsi que l’attestent leg signatures d’un grand nombre de nos principaux libraires, qui signalent les services que leur a rendus M. Lenègre.
- Par des procédés fort simples il a su appliquer le premier à la toile l’ornementation en couleur, imitant ainsi ces belles reliures à compartiments en mosaïque du xvi8 siècle, où les habiles artistes, dont les noms sont restés inconnus, mariaient avec tant de goût l’éclat des maroquins de diverses couleurs, pour en composer ces dessins et arabesques dignes de plaire à François Ier, à Henri 11, à Diane de Poitiers, et qui sont l’objet de notre admiration à la Bibliothèque nationale, où plusieurs de ces superbes reliures existent encore.
- Ces beaux cartonnages n’ont, il est vrai, qu’une durée éphémère, comparativement aux reliures en peau ; toutefois, par des améliorations très-réelles, telles que l’endossement fait au moyen d’une machine de l’invention de M. Lenègre, et d’une* forte toile dont il recouvre le dos et une partie des gardes, il a pu donner à ses cartonnages bien plus de solidité qu’ils n’en avaient autrefois. Les papiers d’une couleur éclatante qu’il emploie pour ses dessins en mosaïque, et qu’il applique sur la toile, se rapprochent du parchemin par la solidité, et sont recouverts de dorures au moyen de plaques gravées et frappées à chaud par un puissant balancier : ce qui fait de l’ensemble un tout homogène.
- Il faut considérer que le prix de ces cartonnages, qui ont toule.l’ap-parence d’une x'eliure n’est que de 3 à 4 fi', par volume petit in-4°, tandis que ce même volume relié en peau ne coûterait pas moins de 5o à 60 fr. et même plus.
- Il est fâcheux sans doute que dans ce siècle l’apparence soit pré-
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- Nouvelle médaille le brouze.
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- férée en beaucoup de choses cà la réalité, et qu’au lieu de la solidité que nos pères recherchaient en toute chose, comme si tout devait durer éternellement, ce soit, par un excès contraire, le changement et la variété que préfère notre mobilité ; mais le commerce n’en doit pas moins savoir gré à M. Lenègre de lui avoir ouvert de nouvelles voies et de répondre ainsi aux besoins de l’époque.
- Indépendamment de ces cartonnages en toile et papier, M. Lenègre exécute chez lui toutes les branches de la reliure, même la dorure sur tranche, que la plupart des relieurs font exécuter au dehors. Nous avons remarqué plusieurs reliures fort riches et à très-bas prix, exécutées au moyen d’un balancier d’une force considérable et dont la platine supérieure est chauffée intérieurement au moyen de la vapeur qui y est introduite.
- Le nombre des vignettes et dessins que M. Lenègre a fait exécuter en cuivre est considérable; la plupart sont gravées par parties qui se combinent et peuvent ainsi former des cadres et ornements divers, d’où résulte une grande variété, dont M. Lenègre sait tirer un très-heureux parti. Il occupe cinquante, ouvriers.
- Le jury décerne à M. Lenègre la médaille d’argent.
- M. LEBRUN, rue de Grenelle^-Germain, n° 126, à Paris,
- Est un de nos relieurs qui aiment leur art avec passion, et qui se livrent à des tentatives réitérées, pour l’améliorer. A la précédente exposition son mérite a été signalé ; depuis, il s’est livré à de nombreux essais pour teindre en diverses couleurs le cuir de Russie, auquel il est paryenu à donner sept nuances différentes. Une reliure en mosaïque à compartiments divers, faite avec ces cuirs diversement teints, est fort bien exécutée. M. Lebrun expose aussi des livres reliés en peau de porc ; on sait que ce genre de couvertures, dont on faisait un si fréquent usage autrefois, donne aux reliures une grande solidité. La reliure d’un autre volume est en peau de veau marin ; enfin divers livres sont fort bien exécutés, entre autres un volume entièrement couvert de filets d’or se coupant à angle droit est très-remarquable.
- En i83q les produits de M. Lebrun ont été cités favorablement ; en i844, il a obtenu une médaille de bronze. Le jury apprécie'les efforts qu’il fait pour perfectionner son art, et lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
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- M. LARDIÈRE, rue de la Chaussée-d’Antin, n° 2 6, à Paris.
- Occupe toujours parmi nos bons relieurs un rang très-distingué. Tout ce qui sort de ses ateliers est d’une excellente exécution et réunit l’élégance à la solidité. Un volume intitulé Commères de Lari-vey se fait remarquer, entre autres, par le charme de la reliure.
- M. Lardière a obtenu la médaille de bronze en 1839 ; elle lui a été rappelée en i844, et le jury la lui rappelle de nouveau à cette exposition.
- MM. ABRYetVIGNA,rueBasse-du-Rempart, n°56, à Paris,
- Rendent de grands services aux bibliophiles et aux libraires par l’art avec lequel ils enlèvent toute espèce de taches sur les feuilles des livres. Les pages qui leur ont été remises dans un état complet de dégradation, tachées d’encre et de graisse, après avoir été revêtues de la signature des membres du jury, leur ont été représentées sans que l’impression ni le papier eussent en rien été altérés par les procédés qu’ils emploient. Ils savent aussi parfaitement encoller le papier et refaire à la main les lacunes causées par la moisissure ou les déchirures dans les parties du texte ou des vignettes. Ces reproductions sont faites par eux avec une telle habileté qu’elles trompent l’œil du dessinateur, du graveur et du typographe.
- Le jury accorde à MM. Aubry et Vigna la médaille de bronze.
- Mme Ve GRUEL, rue de la Concorde, n° 8, à Paris.
- Les objets présentés par Mm<l V° Gi’uel sont exécutés par des artistes du plus grand talent, graveurs sur bois, découpeurs, émail-leurs, doreurs, etc. Rien de plus beau, de plus splendide que les livres somptueux quelle expose et qui ressemblent à des châsses tant les ornements de bijouterie, les pierres précieuses, les émaux, y sont prodigués.
- Au milieu de tant de richesses, la vue s’arrête sur un missel privé d’ornements et relié en bois ; mais les sculptures, les vignettes, 3es figures en haut relief en font un objet d’une valeur si considérable, sous le rapport de l’art et du prix,que le possesseur d’un tel livre, à moins de le mettre sous verre, doit trembler de le voir s’échapper des mains, car tous ces chefs-d’œuvre sculptés si délicatement en bois voleraient en éclats. Ce ne sont plus là les in-folio de la Sainte-Chapelle, dont quatre ais mal unis formaient h couverture.
- médaille de bronze.
- Médailles de bronze,
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- Mentions
- honorables.
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- A côté de cel élégant missel, on en admire un autre en maroquin , qui, à son tour, est éclipsé par le missel exécuté pour la Malmaison, et qui appartient à la reine Christine; les ornements en or, les émaux et les pierres précieuses y étincellent, mais leur valeur est de beaucoup inférieure à celle de la main-d’œuvre.
- Les lithographies de la Chapelle d’Orléans sont encore un autre chef-d’œuvre, dans un genre différent ; mais rien qui charme et séduise davantage qu’un petit livre de prières, en velours bleu de ciel, recouvert d’ornements découpés en ivoire avec un goût parfait et un art merveilleux.
- Le jury accorde la médaille de bronze à Mme Va Gruel, qui sait si bien diriger et coordonner l’ensemble de ces travaux, et les fait exécuter par divers artistes d’un grand mérite, mais dont nous regrettons qu’elle nous ail tu les noms.
- M. SIMIER neveu, rue de l’Arbre-Sec, n° 28, à Paris,
- Expose un grand nombre de reliures, fort bien exécutées, et dont les nervures sont remarquables par leur solidité. M. Simier neveu s’est établi en i844 ; héritier des bonnes traditions de famille, ses produits, qui ont attiré l’attention du jury, ont paru devoir lui mériter la médaille de bronze, qui lui est décernée.
- M. LARD, rue Feydeau, n° 25, à Paris,
- Est inventeur d’une reliure mobile à lames indépendantes, et il expose plusieurs objets concernant le commerce de la papeterie, qui ont un mérite d’utilité, entre autres le diaphanograplie, pour apprendre à écrire et à dessiner, invention nouvelle sur laquelle il ne convient pas encore de se prononcer. M. Lard s’occupe aussi de la reliure ; sa maison , établie à Paris depuis cinquante ans, fait un commerce important. 11 mérite la mention honorable que le jury lui accorde.
- M. LORTIC, rue Saint-Honoré, n° 199, à Paris,
- Expose pour la première fois. Ses reliui’es sont d’une bonne exécution. Le jury a remarqué particulièrement une reliure en mosaïque à compartiments, dont toutes les pièces sont découpées et rejointes avec beaucoup d’art. Les filets qui en suivent les contours sont poussés au petit fer, avec une grande habileté.
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- Tous les volumes exposés par M. Lorlic méritent chacun des éloges, et le jury les mentionne honorablement.
- M. Jules-Jean-François LEFÈVRE, boulevard de l’Étoile, n° 15, à Paris,
- Reproduit avec habileté les anciens manuscrits. Les travaux de M. Lefèvre, dessinateur au Dépôt de la guerre, méritent d’être cités favorablement par le jury.
- SIXIÈME SECTION-
- PAPIERS PEINTS.
- M. J. Persoz, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- C’est la première fois que l’exposition des papiers peints s’est montrée au concours d’une manière aussi brillante. Ja-mais les ressources dont cette industrie dispose ne s’étaient révélées avec tant d’éclat. Jamais la supériorité qu’elle s’est acquise depuis si longtemps, et qu’elle conservera sans doute toujours sur ses rivales étrangères, ne s’est mieux fait sentir. Jamais, en un mot, elle ne s’est signalée par tant de progrès.
- Les papiers peints exposés cette année se font remarquer, pour la plupart, par l’harmonie et la vivacité des couleurs, par le choix des dessins où régnent l’art et le goût, asservis, dans de justes limites, aux caprices de la mode, par de belles exécutions, enfin par des améliorations sensibles dans les moyens d’impression. Il n’y a rien dans ce résultat qui doive étonner. En effet, cette industrie a pris naissance et s’exerce encore dans le milieu le plus favorable à son développement. Obligée d’emprunter au bon goût, à l’art, à la mode, ce qu’ils font de mieux, elle a trouvé à Paris tous ces éléments de prospérité, et à Mulhouse, où elle a acquis une si grande importance, elle a pu mettre à profit les moyens d’impression dont se servent les fabricants d’indienne.
- Citalîon
- favorable
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- Nouvelle
- médaille
- dor.
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- C’est grâce à ces avantages que notre industrie des papiers peints a trouvé de si grands débouchés sur les marchés étrangers. Ainsi, la maison Zuber qui fabrique annuellement pour plus d’un million de produits, en exporte à peu près les deux tiers (600,000 fr.), et celle de M. Delicourt, dont les produits s’élèvent à 53o,ooo francs, en exporte, de son côté, pour 36o,ooo francs. Enfin, s’il est un fait qui puisse démontrer la supériorité des fabricants français dans l’impression des papiers peints, c’est sans contredit le vœu exprimé par l’un d’eux, M. Zuber, de lutter avec les fabriques étrangères.
- MM. ZUBER fils et Ce, à Rixheim (Haut-Rhin).
- L’établissement de papiers peints de Rixheim date de 1797. M. Zuber père, qui en est le fondateur, obtint en 1806 la médaille d’argent, et fut nommé, en i834, chevalier de la Légion d’honneur en récompense de ses services. M. Jean Zuber fils dirige cet établissement depuis vingt-cinq ans, et c’est sous son habile*direction que la fabrique de papiers peints de Rixheim a pris son prodigieux développement. En effet, à l’aide des machines qu’il a perfectionnées, M. Zuber transforme les chiffons en papiers propres à tous les usages, dont une partie est livrée à la consommation , et dont l’autre est employée à l’impression du papier peint. Les laques de couleur, la colle et la plupart des substances qui font la base de cette fabrication, sont préparées dans l’établissement même. Elève de Robiquet, et par lui initié à toutes les ressources de la chimie, M. Zuber ne s’est pas borné à fabriquer les produits chimiques qui lui étaient nécessaires ; il en a fourni aux fabricants de toiles peintes d’Alsace. Son établissement possède une machine à vapeur et une turbine représentant ensemble la force de 62 chevaux, employées à faire mouvoir 44 machines différentes, les unes propres à fabriquer du papier, les autres destinées à l’imprimer, à le gaufrer, à le satiner, etc. Il possède, encore un moulin à broyer l’outremer et "les autres couleurs; de plus, 5o tables pour l’impression à la main. Si l’on ajoute que 5oo ouvriers, dont le salaire varie de 1 à 3 francs par jour, sont occupés dans cette fabrique, on ne sera pas surpris d’apprendre que l’exploitation d’une matière première aussi peu coûteuse que le chiffon puisse produire par année pour plus d’un million de
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- marchandises, et que M. Zuber paye à ses ouvriers environ a5o,ooof de main-d’œuvre.
- Cet établissement, si intéressant déjà par toute l’importance qu’il a acquise, ne l’est pas moins par la perfection des produits qu’il livre au commerce et par les inventions qui y ont pris naissance.
- Parmi les produits exposés, on remarque un beau paysage, un panneau orné d’une riche guirlande de fleurs et des papiers rayures. Quoi dê miéux rendu, par exemple, que ces vases de fleurs, ces lauriers roses, ces oiseaux qui ornent le premier plan du paysage? Dire qu’on croirait voir en ces objets une œuvre d’art, et non une production de l’industrie, c’est faire le plus bel éloge possible des produits de M. Zuber.
- Depuis la dernière exposition, l’établissement de Rixlieim a donné à la fabrication des papiers rayures une impulsion toute nouvelle. Jusque-là ces articles avaient toujours été exécutés à la main. Mais, quelle que fut l’habileté de l’imprimeur, la juxtaposition n’était jamais assez parfaite pour qu’on ne vît pas paraître les rapports avec des déviations plus ou moins grandes dans le parallélisme des bandes. M. Zuber a fait disparaître ces inconvénients en employant une machine dont il est l’inventeur, et qui n’est autre chose qu’un petit rései'voir composé d’autant de compartiments qu’on veut produire de bandes. Ces compartiments, percés d’ouvertures régulières, représentent tme série de tire-lignes liés entre eux et immobiles. On les remplit de couleur, et, tout en pressant légèrement le papier avec un tampon, on le fait glisser par-dessous. De cette manière les couleurs se transmettent sur toute la longueur du papier avec une régularité parfaite.
- M. Zuber est le premier qui ait fabriqué en grand le chromate de potasse et les jaunes de chrome, le vert de Schweinfurt, le bleu minéral. Récemment encore il vient d’introduire en Alsace la fabrication du bleu d’outremer de très-belle qualité, et que l’on emploie beaucoup dans les ateliers d’impression. C’est lui qui a imprimé pour la première fois le papier au rouleau. Enfin il a concouru avec le célèbre Spærlin à la belle découverte des fondus ombrés , dont on a tiré un si grand parti dans l’impression des tissus.
- Ancien président et l’un des deux fondateurs de la société industrielle de Mulhouse, M. Zuber a associé son nom à toutes les œuvres qui ont eu pour objet le perfectionnement moral et intellectuel du peuple en Alsace.
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- Rappel
- de
- médaille
- d’or.
- Nouvelle
- médaille
- d’argent.
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- Le jury a épuisé en faveur de M. Zuber tous les moyens de récompense dont il peut disposer. Mais, en lui décernant de nouveau la médaille d’or, il signale tous les services que ce fabricant a rendus à son pays, comme industriel, comme inventeur et comme philanthrope.
- M. DELIGOURT, rue de Gharenton, n° 12 5 ter, à Paris.
- L’établissement de M.Delicourt, qui occupe près de 3oo ouvriers dont le salaire varie de 2 fr. 5o cent, à 5 francs, est après celui de M. Zuber de Rixheim, dont il se rapproche par l’heureux choix des dessins et leur parfaite exécution, le plus important dans ce genre de fabrication.
- Digne rival de M. Zuber et formé à son école, M. Delicourt expose de très-beaux papiers, fonds doubles verts au blanc de zinc, Les bouquets et les guirlandes qui ornent ses panneaux ne laissent rien à désirer. La descente de croix et le papier fond bleu avec impression rocaille qu’il soumet au jury prouvent d’une manière incontestable le mérite supérieur de ce fabricant.
- M. Delicourt a reçu pour récompense en 183g la médaille d’argent et en i844 la médaille d’or. Le jury de cette année lui décerne le rappel de la médaille d’or.
- MM. LAPEYRE, KGB etC®, rue de Gharenton, n° 120, à Paris.
- Ces industriels, qui occupent dans leur fabrique une centaine d’ouvriers, exposent un très-bel assortiment de papiers peints, d’une parfaite exécution, dont quelques-uns sont le produit d’une fabrication nouvelle. Ils représentent, les uns des imitations d’ornements en relief d’un très-bon goût, les autres des brocards diamantés d’argent, laine grenat, du velours changeant de deux nuances d’un effet admirable, enfin des imitations d’étoffes de soie de toutes couleurs. Dans leur assortiment, on remarque aussi plusieurs papiers gaufrés dorés ou argentés brunis.
- Il est facile de juger, d’après les produits exposés parMM.Lapeyre etKob, que ces industriels exercent leur art avec intelligenceetsuccès.
- Le jury, constatant avec plaisir que MM. Lapeyre et Kob ont répondu cette année par d’heureuses inventions aux espérances que leur fabrication avait fait concevoir lors du précédent concours, leur accorde une nouvelle médaille d’argent.
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- MM. MADER frères, rue de Montreuil, n° 1, à Paris.
- MM. Mader frères, qui ont obtenu deux nouvelles médailles d’argent aux expositions de x83g et dei844, exposent cetle année plusieurs spécimens de papiers peints imprimés, au nombre desquels le jury a particulièrement remarqué un panneau de décors architectural, d’une exécution qui ne laisse rien à désirer. Mais la composition du dessin est d’un style qui doit nécessairement rendre difficile le placement de ce panneau.
- Le jury donne à MM. Mader le rappel de la médaille d’agent.
- Rappel
- de
- médaille
- d'argent.
- M. Bernard MARGUERIE, rue de Ménilmontant, n° 79, à Paris.
- Médaille
- d'argent,
- M. Marguerie s’était fait remarquer à la dernière exposition par des impressions de dessins perses, imitant assez bien les beaux meubles de Claye. Il présente cetle année au concours des produits qui constatent qu’il a fait de véritables progrès dans l’impression dite veloutée à plusieurs nuances. Si rien n’est plus facile que de réaliser ce genre avec une seule teinte, rien n’est plus difficile aussi que de l’obtenir par les procédés ordinaires, quand il s’agit de plusieurs dégradations du même ton ou de couleurs diverses. En effet, il faut, dans ce cas, fixer les couleurs les unes après les autres, ce qui entraîne une grande augmentation de main-d’œuvre, et occasionne de fréquents accidents dans l’impression. Grâce au procédé inventé par M. Marguerie, et pour lequel il a pris un brevet, l’impression qui nous occupe est beaucoup plus*correcte. Que, par exemple, pour composer une feuille, on veuille juxtaposer-trois verts : on commence par imprimer un vernis blanc, puis un vernis coloré vert clair, et enfin un vernis teint en vèrt plus foncé. Ces trois vernis une fois imprimés, on saupoudre le tout de tontisse . vert clair, qui donne le vert clair, en se fixant sur le vernis blanc; le second vert, en tombant sur le vernis de couleur vert tendre, et enfin le gros vert, en se combinant au vernis foncé.
- Le jury, toujours heureux de constater un progrès dans une desbranches de notre industrie, décerne la médaille d’argent à M. Marguerie.
- M. GÉNOUX, rue du Faubourg-S1-Antoine, n° 2 57, à Paçis.
- Cet industriel a obtenu, en i844> f» médaille de bronze. Les
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
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- Médailles de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- papiers peints qu’il expose celte année prouvent qu’il n’est point resté en arrière clans sa fabrication. On remarque surtout parmi ses produits un panneau fond bleu, parsemé de roses et de dahlias, d’une exécution qui ne laisse rien à désirer.
- Le jury donne, en conséquence, le rappel de la médaille de bronzé à M. Génoux.
- M. RIOTTOT, Grande rue de Reuiily, n° 67, à Paris.
- Les produits de la fabrique de M. Riotlot sont d’une très-bonne exécution. S’il n’en est aucun, parmi ceux qu’il expose, qui ait particulièrement fixé l’attention du jury par la nouveauté des procédés, disons que tous se distinguent par un fini d’exécution qui fait honneur à l’habileté du fabricant, et témoignent du zèle qu’il apporte à suivre les progrès de son industrie.
- Le jury lui décerne en récompense la médaille de bronze.
- MM. MAGNIER, CLERC et MARGERIDON, rue Saint-Bernard, n° 26, à Paris.
- Les produits exposés par ces Messieurs dénotent un goût exquis dans le choix des dessins et une grande habileté dans l’impression. Ces qualités se révèlent surtout dans deux panneaux : l’un fond noir, avec double rouge velouté; l’autre, fond bleu d’outremer, avec dessin grenat et or. Le, jury, rendant hommage à cette belle fabrication, décerne à MM. Magnier, Clerc et Margeridon la médaille de bronze.
- M. DAUDRIEU, rue de Sèvres, n° 55, à Paris.
- M. Daudrieu expose un bel assortiment de papiers marbrés et glacés, qu’il livre au commerce à des prix fort modiques. On trouve, en effet, chez lui des papiers peints depuis 5o centimes jusqu’à 2 francs le rouleau. Le jury lui donne une mention honorable.
- MM. DUBREUÏL frères, rue Montesquieu, n° k, à Paris. M. CHEVALLIER, rue Papillon, n° à, à Paris.
- Comme l’expérience n’a point encore pu prononcer sur les avantages que pourront exercer, pour la consommation et pour l’industrie, certaines étoffes de soie, de fil et de laine, imprimées à la
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- manière des papiers peints, et destinés aux mêmes usages, le jury se borne aujourd’hui à constater les efforts faits dans cette direction par d’habiles fabricants, et vote :
- A MM. Dubreuil frères, pour leurs impressions veloutées sur satin de soie, qui imitent parfaitement les satins brochés de la fabrication lyonnaise, une citation favorable.
- A M. Chevallier, pour ses impressions de rubans brochés et do sujets découpés, appliqués et fixés sur toiles ou tissus divers, à Fimitation du papier de tenture, une mention honorable.
- SEPTIÈME SECTION.
- HÉLIOGRAPHIE.
- M. Léon de Laborde, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’action des rayons du soleil sur certaines substances était depuis longtemps un fait acquis à la science, et l’on avait déjà obtenu, sur du papier imprégné de chlorure d’argent, des effets significatifs, lorsque deux hommes ingénieux, MM; Niepce et Daguerre, combinant ensemble les données de la chimie et le goût des arts, amenèrent ce principe encore vague à un degré de perfection si extraordinaire et à une manipulation déjà si simple, que l’admiration pour les résultats obtenus se confondit avec le désir de voir passer dans le domaine public ce qui était encore la propriété des inventeurs.
- Le dernier gouvernement, accessible à toutes les propositions qui ont pour but, en signalant les grands progrès de la science, de relever la gloire de la France, en même temps qu’elles permettent de récompenser dignement des savants dont les efforts ne sont que trop désintéressés, le dérnier gouvernement s’empressa de satisfaire le vœu généralement exprimé; les Chambres répondirent à son appel, et l’un des inventeurs, celui qui, à juste titre, réclamait la principale
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- part de l’ingénieuse combinaison de l’iode et du mercure sur le métal, M. Daguerre donna son nom à l’invention.
- M. Niepce était mort (5 juillet i833); M. Daguerre, en recevant des Chambres une récompense nationale, s’était engagé à rendre publiques toutes ses nouvelles conquêtes; mais il arriva une chose singulière : tandis que l’inventeur, après avoir déclaré qu’il serait impossible de rendre la nature vivante, n’inventait plus rien, le public, mis en possession du procédé, le rendait simple, facile, et tellement prompt, qu’on l’appliqua presque exclusivement au portrait.
- L’espace nous manquerait, et ce n’est, d’ailleurs, pas le lieu pour détailler tou les les ressources de l’héliographie, si nous voulions faire ressortir son influencesur les arts etsa portée industrielle; il suffira de dire que toutes les sciences l’ont mis à contribution, que tous les arts se sont ressentis de sa perfection, en puisant dans ses qualités merveilleuses des enseignements précieux, que l’industrie enfin, et sur ce point il nous serait facile de nous étendre, que l’industrie a trouvé de larges débouchés dans la vente en France et l’exportation jusqu’en Amérique des substances chimiques, les usines et les planeurs dans la fabrication des plaques, les opticiens et les menuisiers dans la disposition des appareils, les faiseurs de cartonnages et de cadres dans une foule de combinaisons que rendent nécessaires les 100,000 portraits et vues qui se conservent chaque année, sans compter un chiffre bien autrement considérable d’opérations infructueuses.
- Il nous a paru juste de citer ici les artistes et les amateurs qui, après MM. Niepce et Daguerre, ont fait faire à cette invention les plus importants progrès, au moins ceux dont les épreuves ont été placées dans les galeries de l’exposition par nos principaux opticiens ; la commission des instruments de précision rendra compte des perfectionnements apportés dans la construction des appareils, dans la fabrication des verres; ici nous ne devons prendre en considération que les résultats obtenus et les services rendus par quelques hommes habiles.
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- En premier lieu, M. Blatiquart-Everard, de Lille, l’hélio-graphe le plus zélé, le plus heureux dans ses ingénieuses combinaisons, et, j’ajouterai à tous ces mérites, le plus libéral dans ses communications. — M. Martens, graveur distingué, qui à l’habileté de l’opérateur, dont il a donné des preuves en tous genres, réunit le titre d’inventeur de l’appareil panoramique, disposition neuve et féconde qui permet de promener une image d’une grande étendue sous le foyer de l’objectif, de manière à obtenir sur chaque point d’une longue surface une même action de lumière combinée avec une égale précision. — M. Thévenin, graveur aussi, qui a cherché dans l’héliographie de nouvelles ressources pour son art. — M. Chevalier, opticien, a exposé sa suite de vues des monuments de l’Italie, exécutées avec un de ses objectifs, et qui nous ont semblé ajouter de nouvelles qualités d’effet et d’harmonie aux qualités déjà conquises par d’autres opérateurs.— Enfin, M. Lewiski, un amateur qui est devenu un maître, tant ses épreuves sur plaques ont ajouté un charme d’harmonie générale à cette vivacité de précision, à cette netteté de contours qui est le propre de l’invention de M. Daguerre. Nous devons au concours de tant d’efforts intelligents et dévoués une habileté d’exécution et une certitude dans les opérations qui ont amené l’héliographie sur plaque de métal à la dernière limite du progrès.
- Quant à des perfectionnements essentiels, à des méthodes nouvelles, aucun des exposants n’en a le mérite ; M. Thompson lui-même n’est qu’importateur des procédés américains. Cette manière d’opérer, qui rend les manipulations faciles et simples, les résultats à peu près certains et plus satisfaisants, a été adopté par tous ceux qui s’occupent d’héliographie. Il y aurait bien à mentionner la grandeur des plaques, et par suite la grandeur des proportions et l’étendue des vues ; mais le principal mérite en revient aux opticiens auteurs des objectifs : il y a aussi l’habileté du coloriage, il y aurait enfin la conquête immense de la reproduction de la couleur, si M. Becquerel avait poussé plus loin sa découverte ; mais il s’est ar-
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- rêté comme satisfait d’avoir fait le premier pas qui ouvre la carrière et qui établit la possibilité de donner à l’héliograpliie son dernier développement.
- C’est après avoir obtenu tous ces perfectionnements, c’est après avoir mis dans la circulation des millions de plaques, qu’on remarqua les défauts de ces images miroitantes, les inconvénients de ces dessins qui s’effacent, de ces glaces destinées à les préserver qui se brisent. On comprit dès lors que le progrès devait être dans l’emploi du papier, et on remonta aux essais des Wegwood, Davy, Charles, abandonnés par Niepce et perfectionnés par Talbot. Nous n’avons pas à écrire l’histoire de l’héliograpliie ni à en suivre tous les développements; mais nous avons dû rechercher les avantages des nouveaux procédés sur papier en les comparant aux procédés déjà anciens de l’héliograpliie sur plaque; ces avantages nous ont paru évidents : ils transforment en art pratique ce qui était réservé à certaines conditions de fortune; ils mettent ainsi à la portée de tous les artistes une ressource merveilleuse, en rendant l’attirail nécessaire d’une acquisition peu coûteuse, d’un transport commode et d’une conservation facile, tandis qu’il était cher, embarrassant et fragile.
- Le bon marché est incontestable, aussitôt qu’on a calmé la lièvre des premiers essais, et que de sang-froid on procède régulièrement au dosage et à la préparation des papiers. Une épreuve sur papier revient, tout compris, à trois sous; elle coûte sur plaque, dans les mêmes dimensions, 6 francs.
- La facilité du transport peut s’établir ainsi : l’approvisionnement de deux cents grandes plaques avec leurs verres coûterait 1,200 francs; il exigerait une caisse volumineuse, et pèserait îoo kilogrammes, c’est-à-dire qu’il serait d’un transport difficile et coûteux, tandis qu’on enferme deux cents feuilles de papier dans un portefeuille qui n’a ni l’épaisseur, ni le poids d’un mince volume in-4°, et tous ces feuillets, convertis en épreuves, n’ont pas même besoin des précautions qu’exigent les dessins; ils se placent les uns sur les autres, ils se roulent, ils se pressent sans éprouver la moindre altéra-
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- lion, car l'image n’est pas seulement appareil le à la surface du papier, elle a pénétré dans son épaisseur, elle fait corps avec lui, cest le papier même.
- Les résultats obtenus jusqu’à présent, les progrès immenses faits en peu d’années, permettent d’espérer un succès plus complet. Les épreuves présentées au jury sont défectueuses sous quelques rapports : tantôt, la netteté est satisfaisante, mais l’elfet manque; si l’effet au contraire séduit à première vue, on s’aperçoit bientôt que tous les détails nagent dans un vague qui, pour être harmonieux, n’en est pas moins confus. Les portraits de celui-ci sont vivement éclairés, mais durement accentués; les portraits de celui-là sont pleins d’harmonie, mais ils sont restés sombres, ils ont pour ainsi dire poussé au noir. L’héliographie rencontre, il est vrai, plus cl’un obstacle : le plus réel semble résider dans la nature même du papier, dans la composition de sa pâte, dans la disposition de sa trame ; cet obstacle doit tomber devant l’intelligence de nos fabricants de papier, qui ont résolu déjà de bien autres difficultés. Afin de venir en aide aux efforts que nous attendons de leur industrie, nous avons adressé une série de questions à nos différents opérateurs, nous avons fait et fait faire de nombreux essais sur les papiers sortis de nos fabriques, enfin nous offrons à leur sagacité des instructions détaillées ].
- Quel que soit le succès de nos papeteries, d’autres ressources sont ouvertes à l’avenir. M. Niepce de Saint-Victor, chez qui l’esprit inventif est devenu un héritage cle famille et l’élude de l’action de la lumière comme une carrière obligée, M. Niepce de Saint-Victor remplace heureusement le papier par l’albumine mélangée d’iode et étendue sur glace. MM. Bayard, Blanquart-Everard et Martens ont obtenu des résultats qui montrent les ressources de ce nouveau procédé.
- Telle est donc la situation où le jury a trouvé, où il laisse cet art : l’héliographie sur plaque arrivée à une grande perfection dans ses résultats, parvenue à une facilité extrême
- 1 Voir ci-joint une notice.
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- dans les procédés, l’héliographie sur papier ayant fait des pas immenses, et à la veille d’atteindre une perfection qui ne laisserait plus rien à désirer, si le souffle de vie, cette inspiration du génie que Dieu n’a mis que dans l’homme, pouvait entrer dans une machine; mais l’industrie pas plus que l’art, ne verra un instrument remplacer le génie de l’artiste. La machine ne supplantera jamais la main guidée par l’intelligence, elle ne peut que lui venir en aide; et elle lui devient d’un véritable secours si, en faisant tout ce qui lui est donné de faire, elle permet à l’homme de réserver son habileté pour créer et d’employer toute son attention à la direction intelligente. Dans la fabrique, l’artiste multipliera encore à l’infini ces riches bouquets, ces souples guirlandes, ces ornements pris judicieusement dans tous les styles; il continuera à être l’auteur de toutes ces inventions marquées au coin du bon goût, et qui depuis tant d’années enchaînent la mode au milieu de nous. Mais ces inventions, l’artiste les puise ailleurs que dans son cerveau : il lui faut, de temps à autre, renouvéler en face de la nature la matière première de ses idées; et si cette observation est longue, si ces études demandent beaucoup de temps, qui payera ce chômage forcé? L’industrie. Si, au contraire, l’artiste peut, en plaçant une chambre noire devant les objets de ses études, les reproduire en dix secondes au lieu de semaines entières qu’exigerait un dessin à la main ; s’il peut rendre avec une grande exactitude et un charme inappréciable tous les’détails des habiles combinaisons de ses dessins, ici les feuilles des arbres, dans la netteté de leurs contours, avec la délicatesse de leurs fibres; là, les fleurs et les fruits; un jour, les monuments, les sculptures et les tableaux de nos artistes; un autre jour, les premiers plans de ses vues et les horizons de ses paysages; s’il peut faire tout cela dans ses moments perdus, presque instantanément, qui en profitera? L’industrie la première, puis l’artiste aussi, car ces études mécaniques formeront son musée. Pour tout autre que pour lui, cette reproduction de la nature, prise sur le fait, semble morte malgré sa perfection : il lui manque
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- la couleur, le mouvement, il lui manque un souffle de vie; mais, comme au temps des fables, ce sera encore le génie de l’artiste qui fera sortir de ces matériaux inertes les mille compositions animées par la puissance de son talent.
- Le jury a donné une atlention toute particulière à cette invention, dont l’influence sur les arts et l’industrie est déjà très-sensible et sera immense dans l’avenir.
- S 1er. HÉLtOGRAPHIE SUR PLAQUES DE MÉTAL.
- M. WARREN THOMPSON, boulevard Poissonnière, n° i4 bis, à Paris.
- , La dimension des portraits exposés par M. Warren Thompson, surtout son propre portrait en pied et la scène des buveurs composée par lui, offre les résultats heureux d’une difficulté vaincue. On désirerait, sans doute, trouver dans les traits moins de déformation , et dans la manière d’éclairer le modèle une lumière plus franche, un effet mieux accusé; mais, tels qu’ils sont, ils surpassent de beaucoup, en grandeur, en clarté et en réussite générale, ce qu’on avait produit jusqu’à ce jour. Ajoutons que M. Thompson, dans ses portraits de dimensions ordinaires, procède avec une 6Ûrelé et une rapidité rares, qu’il dessert une clientèle nombreuse et répond en un mot aux conditions les plus appréciées par le jury. 11 a perfectionné les procédés, il les a rendus plus faciles, plus sûrs; il a atteint enfin un chiffre d’affaires qu’on peut appeler considérable danSjCette industrie.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. VAILLAT, Palais-National, n° 43, à Paris.
- Maintenir sa réputation dans un public nombreux, accroître sa clientèle et produire avec certitude des épreuves toujours constantes sous le rapport de la vigueur du ton et de la netteté des détails, tel est le caractère de l’atelier de M. Vaillat, qui ne produit pas moins de 2,000 portraits par année au prix moyen de îcTfr. > Ajoutons que cet, opticien a été un des premiers à se consacrer à cet art, qu’il en a suivi et souvent ^devancé les progrès avec persévérance; enfin , et c’est aussi un mérite, qu’il s’est prèle aux commu-
- Médailles de bronze.
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- Rappel
- de
- mention
- honorable.
- Mentions
- honorables,
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- nications les plus libérales en formant un grand nombre d’élèves parmi les artistes et les amateurs.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. SABATIER-BLOT, Palais-National, n° 129, à Paris.
- Le jury de i844 mentionnait honorablement les travaux de M. Sabatier-Blot ,pqui n’a pas cessé depuis cette époque d’exercer son art avec succès. Seulement, il nous a semblé qu’il était entré dans une fausse voie, conséquence d’un engouement exagéré pour la vivacité de la lumière. La personne qui pose dans son atelier n’est pas seulement éclairée par la lumière vive du dehors, elle reçoit aussi de droite, de gauche, de face et de côté des reflets renvoyés soit par des écrans blancs et bleus, soit par des glaces. Ainsi illuminée , la nature perd son modelé et l’œil ne retrouve plus les effets d’ombre qu’il est habitué à voir dans le jeu de la physionomie. Les plaques déjà miroitantes le deviennent davantage; la précision des contours est remplacée par l’ondulation d’un mirage, et la netteté des détails par un flou lumineux qui rappelle un effet d’incendie. Il est regrettable que M. Sabalier-Blot perde ainsi le mérite de la parfaite préparation de ses plaques, depuis les plus petites, préparées aux polissoirs longs, jusqu’aux plus grandes, polies au moyen d’une machine ingénieuse dont il est l’inventeur.
- Le jury rappelle en sa faveur la mention honorable qu’il a obtenue en i844-
- M. ANDRIEUX, place du Carrousel, n° 2, à Paris.
- Le sentiment des arts, une grande précision dans toutes les manipulations, une recherche attentive des procédés les plus perfectionnés, distinguent l’atelier de M. Andrieux et l’ont recommandé à l’attention du jury, qui a remarqué les poses heureuses, les effets bien calculés qu’il donne à ses modèles, la réussite presque toujours égale de ses opérations et les beaux résultats qu’il obtient.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- MM. BISSON frères, boulevard des Italiens, n° 11, à Paris.
- MM. Bisson père et fils ont été longtemps à la tête des héliographes quilles premiers s’emparèrent des procédés de M. Daguerre. Le jury Va oublié ni les beaux portraits, ni les planches d’histoire
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- naturelle qui leur valurent, en 18M» une citation favorable. Cette année, MM. Bisson frères continuent d’exercer cet art; mais d’autres poursuites, d’autres préoccupations les ont distraits de ces recherches, et ils se sont laissé devancer. Toutefois, ils comptent encore parmi nos opérateurs habiles, et on a pu s’en convaincre en regardant la collection complète des portraits de nos deux Assemblées, qui a été lithographiée d’après leurs héliographies. Quandils voudront s’appliquer exclusivement à cet art, ils reprendront leur rang et ils rendront de nouveaux services.
- Dans cette espérance, le jury leur accorde une mention honorable.
- M. J. THIERRY, à Lyon (Rhône).
- M. Thierry de Lyon avait deux titres différents à l’attention du jury : il a présenté des épreuves de paysage très-remarquables et il a cherché à faciliter les opérations de l’héliographie en composant et en mettant dans le commerce une liqueur qu’il appelle invariable. Au point de perfection où en est arrivé cet art, nous ne pouvons compter pour un progrès une préparation immuable qui n’est tout au plus qu'un guide-âne à l’usage des commençants ou des opérateurs dépourvus de ce sens observateur qui, seul, dirige au milieu des circonstances très-diverses où l’on se trouve.- La couche d’iode et de bromure de chaux est si facile à suivre, au moyen des nouvelles boîtes, dans les divers degrés de sensibilité que l’atmosphère exige, qu’il n’est pas nécessaire, qu’il peut être fâcheux d’en immobiliser la puissance.
- En ne considérant que les épreuves exposées par M. Thierry, on acquiert la conviction qu’il est maître de son art. Jamais on n’a rendu des vues générales-avec des premiers plans aussi bien accusés et une dégradation aussi complète de teintes pour tous les plans suc-cessifs’que forment dans l’éloignement les mouvements du^terrain.
- Le jury décerne à cet habile opérateur une mention honorable.
- M. PLUMIER, rue Vivienne, n° 36, à Paris.
- Nous avons dit que tous les héliographes procédaient aujourd’hui d’une manière uniforme; les opérations, en effet, sont les mêmes, les substances et le matériel identiquement les mêmes. Co qui diffère, c’est, comme dans toute autre industrie, l’intelligence, le goût, et une sorte d’instinct qui constituent la vocation. M. Plu-
- Citations favorables. .
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- Médaille
- d’argent.
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- mier possède toutes ces qualités à un degré remarquable; il leur doit la régularité de ses préparations, qui donnent à toutes ses épreuves un ton argentin et vigoureux qu’on reconnaît de prime-abord, et le constant succès de ses opérations, qui lui ont conquis sa clientèle et qui l’étendent.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. DERUSSY, rue des Prouvaires, n° 3, à Paris.
- M. Pli. Derussy a obtenu en i844 une citation favorable; il a, depuis cette époque, considérablement étendu le cercle de ses affaires. Aujourd’hui il produit près de 3,ooo portraits par année, et ces portraits sont bien exécutés.
- Le jury lui accorde la citation favorable.
- § 2. HÉLIOGRAPHIE SUR PAPIER.
- JT
- M. BAYARD, rue de la Paix, n° 91, aux Batignolles (Seine).
- M. Bayard a suivi de bien près MM. Niepce et Daguerre dans l’emploi de l’iode, il a rivalisé avec M. Talbot pour l’application de l’héliograpliie sur papier, enfin il présente des épreuves exécutées sur verre par un procédé qu’il avoue êlre analogue à celui qu’a publié M. Niepce de Saint-Victor, mais qu’il prétend avoir mis à exécution avant la communication qui en a été faite à l’Académie des sciences. Le jury n’avait à examiner ni ces titres honorables, ni ces prétentions, sans doute bien fondées; il aurait désiré trouver dans les communications que M. Bayard lui a faites plus d’ouverture, plus de franchise, plus de libéralité; il croit que la science et que M. Bayard lui-même y auraient gagné l’une en progrès réels, l’autre en titres à la reconnaissance des savants et à la munificence du Gouvernement; mais, ne considérant que les cadres exposés par cet habile opérateur, il s’est convaincu que les résultats obtenus par lui, après douze années de persévérantes recherches, étaient les plus, satisfaisants dans les conditions essentielles de cet art : la netteté, la précision, l'effet. Jamais aucun opérateur, en aucun pays, n’a produit sur papier des vues aussi détaillées, aussi pures de contours, aussi fraîches et vigoureuses'd’effet. Si l’on ajoute à la beauté des l’ésullats, les avantages du procédé, qui
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- permet de préparer les glaces plusieurs jours à l’avance, de les transporter au loin, de les soumettre à l’action de la lumière et de revenir chez soi, plusieurs jours après, pour les fixer à son aise, on reconnaîtra que M. Bayard a fait un véritable progrès, et, s’il n’est pas l’inventeur du procédé, qu’il a été au moins le premier à obtenir des épreuves de cette dimension et de cette beauté.
- En considération de ces efforts persévérants, de ces résultats remarquables, le jury décerne à M. Bayard une médaille d’argent.
- M. Gustave LEGRAY, rue de Richelieu, n° 110, à Paris.
- Ce jeune peintre s’est appliqué aux sujets qui rentraient dans ses premières éludes, au portrait et à la reproduction des peintures et des objets d’art. Il est parvenu à donner au portrait une netteté qui semblait réservée à la plaque, et une harmonie qui va quelquefois (c’est là son tort) jusqu’à la monotonie. Les tableaux qu’il a copiés, les objets d’art qu’il a reproduits sont des chefs-d’œuvre . de fini précieux et de fidélité flatteuse. Les artistes trouveront une grande ressource dans cette facilité de reproduction de tous les matériaux qui leurs sont nécessaires, et qui forment comme les outils de leur travail.
- M. Legray n’est pas inventeur, il n’a pas de procédé qui lui soit particulier; mais, doué d’une intelligence rare et d’une persévérance précieuse, il combine heureusement tout ce qui peut faire progresser son art, il fait mieux encore, il communique avec la plus grande libéralité les méthodes qui lui réussissent, et il acquiert ainsi des titres à l’estime des artistes et à la faveur du jury, qui lui accorde une médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
- MM. GUILLOT-SAGNEZ, rue Vivienne, n" 36, à Paris.
- Le soleil est l’ouvrier*prompt, fidèle, habile que l’héliographe appelle à son aide; mais, de même qu’il y a ouvrier et ouvrier, il y a soleil et soleil, et M. Guillot-Sagnez a eu le bon esprit de s’associer l’astre qui inonde de lumière l’Italie et l’Orient. On sent que-ses vues sont éclairées par des rayons vifs, limpides, éclatants, qui vont, par reflets, donner de la clarté aux ombres elles-mêmes. Parmi ses portraits on remarque .celui du pape Pie IX. et un berger de la campagne de Rome; l’effet général s’unit à la finesse des détails. Le Moïse de Michel-Ange est d’autant mieux réussi, que, dans l’impossibilité de le déplacer, celle héliographie a été exécutée
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- Médailles de bronze.
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- dans les plus mauvaises conditions d’éclairage. M. Guillot-Sagnez a détaillé libéralement, dans une brochure très-bien faite, tous ses procédés; si des circonstances particulières ont suspendu ses recherches, il y a lieu d’espérer qu’il s’y consacrera de nouveau, nous avons beaucoup à attendre de sa sagacité.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- § 3. HÉLIOGRAPHIE COLORIÉE.
- M. V. MAUCOMBLE, rue de Grammont, n° 26, à Paris.
- Un vœu général a suivi les premières communications de M. Da-guerre et les succès obtenus après lui. On s’est dit : « Quand trouvera-t-on le moyen de transmettre, avec les noirs et les clairs de l’image, les couleurs propres à chaque objet? «M. Becquerel a répondu : «Je reproduis le prisme. » Et on a cru que la découverte était faite. Mais il fallait fixer ce prisme, il fallait que les couleurs des objets vinssent à leur place se fondre avec leurs nuances et avec les dégradations de la lumière qui forment l’effet et la perspective. Nous en sommes encore loin, s’il est vrai que ce savant renonce à poursuivre ses recherches; nous en sommes peut-être bien près, tant il y a d’inconnu et de hasard clans cette mystérieuse action de la lumière.
- Les épreuves daguerriennes placées dans les galeries de l’exposition ne nous obligent pas à traiter cette intéressante question scientifique, les opérateurs ont tourné la difficulté. Ils se sont contentés de colorier la plaque au pinceau et à l’estompe. Nous dirons notre avis sur ce développement donné à l’héliographie.
- Au point de vue industriel, c’est, sans aucun cloute, un perfectionnement; car beaucoup de personnes , que rebutait l’aspect noir et métallique des portraits sur plaque, en ont rempli leurs maisons quand la couleur leur a donné quelque apparence cle vie. Le portrait est devenu véritablement populaire, à partir de ce moment.
- Au point cle vue de l’art ce mérite est contestable. Une épreuve sortie cle la chambre noire est une merveille par elle-riiême et dans ses conditions propres. Tout ce qu’on y ajoute à la main peut avoir quelque charme; mais, en fait, ces additions sont autant cle pris sur les qualités qui sont l’essence elle mérite cle l’héliographie. Le jury devait donc reconnaître l’utilité clu coloriage sous le rapport
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- industriel, et signaler l’habileté des exposants qui exploitent cette manière avec le plus de succès.
- M. Maucomble est sans rival en ce genre; peintre en miniature assez habile, il est devenu excellent opérateur, et il a su employer son goût dans les arts pour poser ses modèles, son talent d’héliographe à produire des plaques au ton le plus convenable, enfin l’habileté de son pinceau et de ses estompes à fixer une couleur brillante sur la plaque au moyen d’un travail ingénieux de frottis, de pointillé et .de hachures. Celte addition manuelle élève beaucoup le prix d’un portrait, mais elle en relève aussi le mérite aux yeux du public. M. Maucomble exécute chaque année un grand nombre de portraits, qui semblent, au premier aspect, de brillantes miniatures et méritent le succès qu’ils ont généralement.
- Le jury lui décerne une médaille de. bronze.
- MM. MAYER frères, passage Verdeau, n° i3 bis, à Paris.
- La rapidité d’exécution, la réussite des épreuves, le brillant du coloriage sont réunis dans l’atelier de MM. Mayer frères qui, en outre, vendent des chambres noires habilement modifiées par eux et fabriquées pour leur compte, des substances mélangées d’après leur formule et des boîtes de couleur préparées exprès pour le coloriage de leur invention. Le portrait est leur spécialité, ils le réussissent et le colorient à merveille, aussi en produisent-ils chaque année un très-grand nombre. Ils ont exposé aussi quelques vues cl’un fini précieux, où le mouvement des eaux dans une rivière, leur calme dans un lac sont rendus merveilleusement. Un poste qu’on relève dans une ville hollandaise est saisi au moment où les deux officiers se donnent à l’oreille le mot d’ordre, et le sujet à lui seul sert à prouver la rapidité de l’exécution. MM. Mayer ne sont étrangers^ aucune partie de leur art, et le jury leur décertfe une médaille de bronze.
- § 4. MENUISERIE APPLIQUÉE A LTIÉLIOGRAPHIE.
- M. G. SCHIERTZ, rue cle la Huchette, n° 29, à Paris.
- L’ébénislerie appliquée exclusivement aux appareils d’héliographie devait former une spécialité, M. Schierlz s’en est emparé avec un succès qui fut signalé en i844 par le jury : il obtint alors une
- Médaille
- d’argent.
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- Nouvelle
- médaille
- d'or.
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- médaille de bronze. Depuis cinq ans cet habile ouvrier n’a pas cessé de suivre les progrès de cet art, de s’associer à tous ses perfectionnements, de les hâter même en saisissant dans les plaintes des opérateurs, comme dans leurs tentatives, les modifications qu’il était nécessaire d’apporter dans les instruments dont ils se servent, et dans le bagage qu’ils sont obligés de traîner avec eux. Chambre noire, châssis de toutes sortes, pieds et supports de toutes dimeni sions, boîte de voyage, etc., ont été exécutés par M. Schiértz avec une intelligence rare et une conscience qui, depuis onze années, ne se sont pas démenties. Son atelier est lui-même un titre à l’attention du jury ; car toutes les opérations s’exécutent mécaniquement par des moyens ingénieux de son invention qui assurent à sa fabrication toute la précision réclamée par la science.'
- La commission des beaux-arts, réunie à celle des instruments de précision, lui accorde une médaille d’argent.
- HUITIÈME SECTION.
- MODÈLES ANATOMIQUES ET TAXIDERMIES.
- M. Héricart deThury, rapporteur.
- M. AUZOUX, rue de l’Observance, n° 2, à Paris.
- On sait avec quels soins et quelle heureuse persévérance M. Au-zoux s’est occupé, depuis nombre d’années, de reproduire à l’aide d’une matière solide et légère, par couches superposées, toutes les parties de l’organisation chez l’homme, et de rendre ainsi palpables, pour tout le monde, jusqu’aux moindres détails.
- Le degré de perfection auquel il a fait arriver son anatomie élastique semble nfc rien laisser à désirer. Tout ce qui a été vu dans les dissections par les plus habiles anatomistes anciens et modernes, en France et à l’étranger, se trouve reproduit avec la plus grande vérité sur les préparations qui figurent à l’exposition. Les détails trop délicats pour être facilement vus dans des proportions ordinaires sont merveilleusement exécutés dans des proportions gigantesques : c’est ainsi qu’il montre l’œil, l’oreille, tout ce qui a rapport à la base du crâne et de la face, au développement de l’œuf humain dès les premiers jours de sa formation.
- Le cerveau qui, dans ces derniers temps a été l’objet de re-
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- cherches et d’admirables découvertes, a fourni à cet anatomiste le sujet d’une préparation spéciale, elles diverses coupes qu’il a heureusement tracées dans la masse cérébrale permettent de suivre et d’apprécier les plus minutieux détails de structure et d’arrangement des fibres qui entrent dans sa composition.
- Infatigable dans ses recherches, M. Auzoux ne s’est pas borné à la reproduction de l’anatomie de l’homme, dont il a exécuté quatre modèles de grandeurs différentes, pour mettre leur prix plus à la portée des praticiens. Il a voulu aussi étudier de la même manière l’anatomie comparée, et, dans ce but, il a reproduit un sujet de chacune des grandes familles qui la composent : ainsi, pour type des grands mammifères, il a donné le cheval; pour les poissons, l’anatomie du squale; pour les insectes, à l’état parfait, le hanneton; à l’état de larve, le ver à soie, dans des proportions gigantesques; pour les mollusques, le colimaçon; pour les annélides, une sangsue monstre; enfin, pour type des zoophytes, le polype d’eau douce. Afin de mieux faire apprécier la manière dont s’exercent les principales fonctions de la vie dans toute l’échelle des êtres, il a reproduit (souvent dans cl’énormes proportions) une série d’organes représentant la digestion, la respiration, la circulation, l’innervation dans chaque classe depuis le zoophy te jusqu’à l’homme.
- Au nombre des productions nouvelles présentées par M. Auzoux, nous devons surtout citer comme ayant principalement attiré l’attention du jury, son ovologie, collection de plus de vingt pièces reproduites avec un grossissement énorme et montrant les modifications que subit le germe; ses enveloppes, la vésicule vitelline et presque jour par jour du premier au trentième, c’est-à-dire depuis l’apparition de l’ovule dans l’ovaire jusqu’à la formation de l’embryon. — Son ver à soie, d’une grande dimension, et qui, ainsi que son hanneton, peut être regardé comme chef-d’œuvre d’anatomie élastique; une moitié de tête humaine, grande dimension, pour l’étude des détails de la base du crâné, de l’oreille, de l’œil, des fosses nasales, la bouche, la langue, le pharynx et le larynx. Un œil d’un énorme volume pour l’explication des phénomènes de la vision. Une préparation parfaite du pied du cheval, montrant la disposition de la boîte cornée,du tissu podopliylleux, du coussinet plantaire, vaisseaux et nerfs, etc. Une collection de mâchoires accusant nettement l’âge du même animal aux différentes époques de la vie; enfin, les lares osseuses, pour donner une idée des affections
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- connues sous le nom de courbes, jardes, éparvins, formes, suros, osselets.
- Envisagée sous le rapport scientifique, l'anatomie clasliqm, il faut le dire, a rendu depuis ving-cinq ans et rend encore aux sciences médicales, tant en France qu’à l’étranger, d’immenses services qui ne peuvent que s’accroître au fur et à mesure de la propagation de celte anatomie dans les collèges, les écoles régimentaires et d’agriculture. Mais ce ne sont pas les seuls titres à la gloire de M. Auzoux; car, sous le point de vue industriel, il a dans ses ateliers de fabrication, aidé de son intelligent conlre-maître M. Taurin, résolu un problème qui n’est pas d’une moindre importance : celui de l’amélioration et de la moralisation de la classe ouvrière.
- A Saint-Aubin d’Ecroville, sa commune natale, de vastes bâtiments ont été construits, et M. Auzoux y occupe journellement de soixante à quatre-vingts ouvriers de tous âges. Indépendamment de leur travail habituel, qui participe de la peinture et de la sculpture, ces ouvriers reçoivent obligatoirement clés enseignements particuliers propres à développer rapidement leur intelligence et leur moralité.
- Tous ceux qui ont visité l’établissement sont restés 'émerveillés d’entendre au milieu des champs, de jeunes paysans parler le langage correct de l’anatomie, et expliquer avec une lucidité remarquable les opérations les plus surprenantes du mécanisme delà vie. Le bon accord, l’ordre, la philanthropie et le bien-être régnent dans celle fabrique qui, à elle seule, pour ainsi dire, fait vivre un village entier. Un règlement simple, discuté article par article par les ouvriers réunis, régit depuis vingt ans la conduite et les intérêts de chacun, l’emploi des heures de travail, les litres aux augmentations de salaires, aussi bien que le taux des amendes pour infractions aux devoirs, et ces amendes, versées à la caisse d’épargne, tournent au profit de tous. Aussi, grâce à ces sages dispositions, les terribles épreuves auxquelles la classe ouvrière a été soumise pendant les années 1847-48 et 49 sont-elles restées inaperçues par les habitants de Saint-Aubin.
- Le jury a déjà rappelé plusieurs fois à M. Auzoux, et toujours avec de nouveaux éloges, toutes les récompenses qu’il a été en son pouvoir de lui décerner : aujourd’hui, sur le rapport de la commission , le jury central en lui réitérant sa satisfaction pour sa louable persévérance, lui décerne une nouvelle médaille d’or.
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- Mme BOURGERY, Ve THIBERT, rue Hautefeuille, n° 22, à Paris,
- A présenté cette année divers échantillons du musée Thibert, qui offrait déjà une nombreuse collection d’instruments et pièces d’anatomie pathologique. Ce musée s’ést encore enrichi d’une série de cas pathologiques qui doivent intéresser vivement les praticiens. Parmi ces produits, nous citerons particulièrement les lésions anatomiques de la glande mammaire, celles des voies urinaires; une collection de bassins viciés ; l’exposition de divers procédés chirurgicaux, tels que la ligature des artères, etc.
- Indépendamment des pièces d’anatomie, ce musée comprend encore une infinité de sujets d’histoire naturelle, tels que mammifères, oiseaux, poissons, coquillages.
- Tous ces objets sont d’une vérité frappante, ils mériteraient de fixer l’attention du Gouvernement, et la commission croit, à cet égard, devoir engager le jury central à recommander le musée Thibert à M. le ministre de l’agriculture et du commerce, comme pouvant figurer avantageusement dans un établissement public.
- Le jury accorde à M”10 Thibert la médaille d’argent.
- a
- Paris,
- M. LEFEVRE (Auguste), quai Malaquais, ai,
- 1 V
- La taxidermie est une industrie très-peu cultivée et qui intéresse cependant essentiellement l’étude de l’histoire naturelle. On comptait à celte exposition sept préparateurs naturalistes, dont quelques-uns ont présenté des collections d’une très-grande vérité.
- M. Lefèvre a présenté deux groupes de la plus grande beauté, qui pourraient soutenir la comparaison avec les plus belles préparations du Muséum d’histoire naturelle.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- Mme MANTOIS, rué du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice, n° i4, à Paris.
- Depuis vingt ans, Mme Mantois s’occupe du coloriage; des belles planches anatomiques de MM. Bourgery et Jacob. Le tableau qu’elle a soumis cette année comme échantillon des perfectionnements apportés à son industrie lui a valu, de la part du jury, des éloges sous plus d'un rapport. En effet, Mme Mantois est arrivée
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- Médaille
- d’argent,
- Médaille de bronze
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-
- Mentions
- honorables.
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- à une perfection de coloris et de vérité remarquable par l’beureuse combinaison de ses couleurs, qui conservent néanmoins une fixité durable, ainsi que le prouvent d’autres pièces provenant de l’exposition de i844, quelle a eu soin de placer en regard de ses nouveaux produits, comme terme de comparaison. L’habile emploi qu’elle fait d’un nouveau blanc, pour retracer les nombreux filets nerveux qui figurent sur sa pièce, donne un nouveau relief à ce chef-d’œuvre iconographique. Tout en perfectionnant ses moyens de reproduction , Mm* Mantois est encore arrivée à en diminuer singulièrement les prix, elle jury lui accorde la médaille de bronze.
- M. le Dr ROBERT, à Strasbourg (Bas-Rhin),
- A exposé des pièces d’anatomie plastique, sur lesquelles le jury a porté une sérieuse attention. Depuis dix ans, M. le docteur Robert se livre à la reproduction de la nature humaine, à l’aide du moulage en plâtre qui lui a permis de compléter plusieurs collections intéressantes d’anatomie et de pathologie.
- A l’instar de ce praticien , d’autres anatomistes se sont occupés, comme lui, depuis longtemps, en se servant de matières solides et inaltérables, de mouler sur nature et de retracer avec une vérité étonnante et une exactitude rigoureuse tout ce que l’organisation humaine offre de curieux. Il est à regretter que M. le docteur Robert n’ait pas cru devoir assurer, par le choix d’une substance nouvelle, une durée indéfinie aux produits qu’il expose.
- Cependant le jury se fait un plaisir d’apprécier sa persévérance, et lui accorde une médaille de bronze.
- M. ÉVANS (F rançois-Paul), quai Voltaire, n° 3, à Paris, préparateur et marchand d’histoire naturelle.
- M. Évans est un ancien préparateur dont on retrouve des groupes et pièces importantes dans différentes collections d’histoire naturelle. Ils s’y font remarquer par leur bonne préparation, leur conservation et la vérité ou le naturel des animaux.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. PARZUDAKI (Charles), rue du Bouloi, n° i, à Paris.
- M. Parzudaki aétédistingué aux expositions de 1839 et 1844 pour
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- ses préparations laxidermiques .pour lesquelles le jury lui avait décerné des mentions honoi'abîes; la collection qu’il a présentée cette année prouve des progrès et des études pour lesquelles le jury lui décerne une mention honorable.
- M. BONTEMPS, rue de Cléry, n° 80, à Paris.
- M. Bontemps est un artiste distingué, auteur d’un instrument employé pour la réduction des statues et des dessins. Il se livre avec succès aux préparations taxîdermiques.
- Le jury a remarqué avec intérêt celles qu’il a présentées, et lui décerne une mention honorable.
- M. MORRITZ, rue de la Monnaie, n° 19, à Paris.
- M, Morritz a présenté un groupe d’oiseaux parfaitement préparés.
- M. Morritz, employé chez M. Deyrolles, préparateur, travaille seul.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. DEYROLLES (Achille), rue de la Monnaie, n° 19, à Paris.
- M. Deyrolles, préparateur naturaliste, a exposé un groupe d’animaux empaillés, représentant un lion terrassant une gazelle.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- NEUVIÈME SECTION.
- MANNEQUINS POUR PEINTRE, TOILES, BROSSES,
- PINCEAUX, ETC.
- § 1er. MANNEQUINS;.
- M. Léon Feuchère , rapporteur.
- M. Jean-Désiré LEBLOND, rue Saint-Louis, au Marais, n° 5, à Paris.
- Après la déclaration unanime de l’Institut, ce corps si éminent dans l’art, au sujet du mannequin en bois présenté parM. Leblond
- 35.
- Médaille d argent.
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- au jury, la tâche de ce dernier devient facile. Ce jugement si décisif èt si favorable à l’auteur de ce mannequin, nous l’avons sous les yeux.
- Ce mannequin , par son habile construction, permet d’exécuter tous les mouvements et toutes les poses que le corps humain peut opérer.
- La ferrure de la colonne vertébrale est disposée de façon à recevoir autant de vertèbres qu’il en existe dans la nature, et, sans perdre de sa solidité, elle laisse au torse toute liberté pour ses fonctions.
- Les bras sont fixés au torse par des charnières à double centre qui leur permettent d’agir en tous sens et aussi aux épaules d’exécuter tous les mouvements qui sont dans la nature.,
- La disposition des boules sur lesquelles se meuvent les membres laisse à ces derniers, le mannequin étant assis, par exemple, les proportions qu’ils doivent avoir pour rester justes.
- L’emploi du caoutchouc habilement disposé pour conserver les formes du torse, celles du derrière de la cuisse, est une très-ingénieuse idée et dont le résultat est complet.
- Le vœu exprimé par l’Institut est que ce mannequin de petite dimension puisse être exécuté en grand par M. Leblond, comme devant être d’un immense intérêt et d’une utilité incontestable pour les artistes.
- Le jury, reconnaissant que ce mannequin est, de tous ceux exécutés jusqu’à ce jour, celui qui réunit le mieux toutes les qualités désirables décerne à M. Leblond, son auteur, une médaille d’argent.
- Rappel M. André FAURE, rue Neuve-Goquenard, n° 5, à Paris.
- médaille Expose plusieurs mannequins de différente nature. Leur cons-de bronze. truction est tellementbien établie qu’il est fort difficile qu’ils puissent se déformer. Une étude très-sérieuse et très-constante de la nature humaine lui a permis de donner à ses mannequins une grande vérité et une grande élégance. L’armature, qui en est très-bien combinée, en fait certainement lés plus heureusement réassis de tous ceux exposés jusqu’à présent.
- Le jury, pour toutes ces qualités réunies, rappelle à M. Faure la médaille de bronze oblenue par lui en i844, et dont il se montre toujours digne. -
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- M. Louis-François CARPENTIER, rue Ménilmontant, n° 61, à Paris,
- Expose trois objets, un cheval articulé, un chien et un cavalier également à articulations, le tout exécuté en bois.
- Le cheval fut déjà exposé en i844, et valut à son auteur une simple citation favorable; nous ne nous occuperons donc que du chien et du cavalier.
- L’exécution aussi parfaite que possible de ce chien, et les mouvements si multipliés et si vrais qu’on peut lui faire exécuter, font de ce modèle un objet d’art qui présente aux artistes une utilité notable.
- Un procédé ingénieux et facile pour la suppression d’une partie des côtes permet alors à l’animal de rapprocher la tête de sa patte de derrière, et aussi d’opérer le mouvement contraire; de plus, le modelé de la tête et des membres est d’une perfection remarquable.
- Le cavalier, par son heureuse combinaison, est parfaitement à cheval, tout en conservant exactes les distances voulues, de la hanche à l’articulation du genou.
- Le jury, pour récompenser les efforts soutenus de M. Carpentier et leurs excellents résultats, lui décerne une médaille de bronze.
- M. Jean-Auguste GAGNERY, quai Saint-Michel, n° 7, à Paris.
- M. Gagnery, cité favorablement en i844, expose des mannequins dont le perfectionnement ne laisse pas que d’offrir de l’intérêt. Ils peuvent se soutenir seuls sans le secours des supports ordinaires, par conséquent offrent plus de facilité pour en former des groupes.
- Le jury, pour cette innovation , donne àM. Gagnery une mention honorable.
- Mme Marie-Louise-Mélanie MAUDUIT, rue des Marais-Saint-Martin, n° 38 bis, à Paris, ->
- Expose un mannequin auquel le mécanisme perfectionné permet d’imprimer les mouvements les plus naturels, même les plus exagérés , sans qu’il puisse être altéré. Des muscles élastiques se dilatent et se contractent sans que les traces de ces mouvements restent
- Médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- Médaille
- d’argent.
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- après qu’ils ont cessé. La confection de ces mannequins est généralement très-bonne.
- M"* Mauduit, qui en i844 avait obtenu une citation favorable, mérite la mention honorable que lui décerne le jury pour les améliorations apportées à ses mannequins.
- S 2. TOILES POUR PEINTRES, RESTAURATION DE TABLEAUX,
- CHEVALETS.
- M. Léon Feuclière, rapporteur.
- M. Étienne-François HARO, rue des Petits-Augustins,
- n° 26, à Paris.
- La maison Haro compte près d’un siècle d’existence de père en fds. M. Haro fils expose pour la première fois, et pour son début présente à l’examen du jury des toiles préparées pour la peinture à l’huile.
- Nous ne croyons pas pouvoir mieux faire que de citer, à propos de ces nouvelles toiles, les opinions de plusieurs de nos grands artistes -, en voici le résumé :
- La découverte de M. Haro fils est des plus importantes pour les arts; l’expérience acquise de ses toiles les fait juger infiniment supérieures à tout ce qui existe en ce genre. Nulle toile n’est aussi agréable sous le pinceau et ne facilite davantage le travail.
- En effet, la souplesse des toiles de M. Haro est telle, qu’en les froissant avec la main il n’en résulte aucun pli, aucune gerçure.
- Une application dont le succès est incontestable, c’est celle qui en a été faite aux pendentifs de la bibliothèque du palais de l’As- <. semblée nationale, peints par M.' Eugène Delacroix. Ces toiles, quoique très-solidement collées, peuvent être enlevées facilement si des réparations à la peinture deviennent nécessaires.
- Nous ne craignons pas, pour terminer, d’affirmer que la souplesse, la solidité de ces toiles, que cette invention enfin est d’une importance majeure pour l’avenir des tableaux. N’esl-il pas désespérant, en effet, de voir nos plus belles peintures perdues du vivant même de leur auteur, par les gerces ou la sécheresse, et le plus souvent par l’humidité. Ce dernier et grave inconvénient ne peut, en aucune sorte, altérer et détruire la préparation dont M. Haro est l’inventeur.
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- Outre ces toiles, le vernis de M. Haro nous a paru bien supérieur aux autres et sèche à fond en peu de temps.
- Dans l’intérêt des arts et des artistes, le jury ne croit pas pouvoir mieux récompenser l’heureuse découverte de M. Haro qu’en lui décernant une médaille d’argent.
- M. Claude MERCIER, rue de Seine, n° 27, à Paris,
- Présente au jury un tableau d’église d’une grande dimension, rentoilé et restauré par moitié. L’autre, resté dans son état de dégradation, permet de juger de l’heureux résultat de son procédé.
- Il nous a paru réunir toutes les conditions que peuvent exiger la difficulté et le soin d’un travail aussi utile qu’intéressant pour la conservation des maîtres anciens.
- Le jury décerne à M. Mercier, en récompense de son intelligence et de son procédé ingénieux, une médaille de bronze.
- M. Jacques-Jean-Édouard CHÉROT, à Bou-Ismaël par Douéra ( Alger),
- Déjà mentionné en i844 pour ses toiles à peindre et ses couleurs, expose cette fois diverses statues enduites plastiquement. Cet enduit est combiné de façon à préserver les objets et de l'humidité et des intempéries; il trouve utilement son application pour vases et statues exposés à l’air.
- Des brosses et couleurs pour fresque complètent son exposition.
- Le jury lui accorde une nouvelle mention honorable.
- M. BONHOMME, rue Béthisy, n° 9, à Paris,
- Déjà cité favorablement par le jury précédent; mérite celte année une mention honorable pour quelques chevalets, dont le mécanisme simple est d'un usage facile et permet de placer dans des positions très-variées les tableaux qui y sont adaptés.
- Ses lampes sont aussi ingénieusement établies, et l’emploi en est très-commode. La mention honorable lui est accordée.
- Médaille de bronze.
- Nouvelle
- mention
- honorable.
- Mention
- honorable
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- S 3. BROSSES ET PINCEAUX, M. Léon Feuchère, rapporteur.
- Médailles M. Simon SAUNIER, rue Bourg-l’Abbé, n° 3g, à Parisr
- de bronze. , ,
- Succédé a Mme Saunier. Il a su soutenir dignement la réputation justement acquise par une maison qui existe depuis vingt-quatre ans, et dont les produits ont toujours été l’objet de l’approbation et des récompenses du jury.
- En 1834, une médaille de bronze ; en 183q, un rappel ; en 1844 » une nouvelle médaille de bronze, accordés à Mmo Saunier, ont donné à son successeur le désir bien naturel de marcher dans la bonne voie.
- En effet, les pinceaux que présente M. Saunier fds sont très-bien confectionnés et ont toutes les qualités qui les font rechercher par les artistes et les amateurs.
- Le jury, pour récompenser M. Saunier, qui s’est maintenu à la hauteur de son prédécesseur, lui décerne une médaille de bronze.
- M. DAGNEAU, rue de Constantine, n° i5, à Paris,
- F ait mentir le dicton, « les bons ouvriers n’ont pas besoin de bons outils, » car tous nos grands artistes-, en tête M. Ingres, recherchent • * avec empressement les brosses et pinceaux de M. Dagneau, qui est parvenu à leur faire atteindre tous les degrés de perfection qui sont d’un si grand secours aux peintres.
- On peut dire avec raison, « tel père, tel fils ; » en effet, M. Dagneau n’est pas resté au-dessous de son père, dont l’excellente réputation, comme confectionneur habile, lui.a valu l’estime de tous les artistes grands et petits.
- Le jury décerne à M. Dagneau fils, déjà récompensé par une mention honorable en i844 » la médaille de bronze, qu’il mérite à tous égards.
- Rappel
- mention
- onorable.
- M1,c FONTANA, rue de l’Entrepôt-des-Marais, nG a5, à Paris.
- Le jury rappelle à Mllc Fonlana la mention honorable que lui avait méritée en i844 et que lui mérite encore la bonne qualité de ses produits.
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- M. CALTEAUX, rue du Four-Saint-Germain, n° 4a, à Paris.
- M. Calteaux présente à l’exposition un assortiment de brosses et pinceaux très-bien confectionnés : ils offrent aux artistes une souplesse suffisante'et une grande solidité par la façon dont ils sont montés.
- M. Calteaux est appelé à faire à ses rivaux une concurrence sérieuse par la bonté de ses produits.
- Le jury lui donne une mention honorable.
- M. Charles PITET aîné, rue Saint-Martin, n° 267, à Paris.
- M. Pitet aîné, déjà cité favorablement en i8A4, outre qu’il confectionne comme ses confrères des brosses et pinceaux pour peintres de tableaux, établit aussi les grosses brosses pour peintres en décor et en bâtiment.
- Le chiffre de ses opérations, indiqué par lui, serait considérable pour une*industrie de ce genre. En dehors de cela, la bonne qualité des objets qu’il livre aù commerce et aux arts lui mérite la mention honorable décernée par le jury.
- M. MULLER, rue Folie-Méricourt, n° 38, à Paris,
- Expose des panneaux en bois bien établis et des cartons d’études pour la peinture à l’huile, l’aquarelle et le pastel.
- Ces divers objets, par leur préparation, offrent toutes les garanties que les artistes peuvent désirer pour la conservation de leurs œuvres. *
- Des papiers siliceux et des toiles complètent l’exposition de M. Muller, que le jury récompense en lui accordant une mention honorable.
- M. PRESBOURG, rue Quincampoix, n° 56, à Paris.
- * ' . f
- Pour 1’assôrtiment complet de ses brosses de toutes dimensions et leur bonne qualité, :;
- • Le jury le juge digne d’être de nouveau cité favorablement.
- Mentions
- honorables.
- Citations
- favorables.
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- • Mme BULLIER, rue du Cloître-Saint-Merry, n° 8, à Paris.
- Pour la confection toujours intelligente et satisfaisante de ses produits,
- Le jury la juge digne d’être de nouveau citée favorablement.
- DIXIÈME SECTION.
- § 1. DESSINS DE FABRIQUE ET DESSINS DE MÉTIERS
- A TAPISSERIE.
- M. Sallandrouze-Lamornaix, rapporteur.
- M. COUDER, rue Rochechouart, n° 67, à Paris,
- Est l’un
- gents de nos dessinateurs industriels. Le premier il fonda un atelier-école où tous les genres de dessins étaient traités et d’où est sorti un grand nombre de ces artistes qui concourent aujourd’hui avec tant de succès à maintenir la supériorité de nos produits de luxe et de goût sur les marchés étrangers.
- Après l’exposition de i844, le jury décerna la médaille d’or à M. Couder, et, depuis cette époque, l’habile artiste s’est attaché à prouver de plus en plus qu’il était vraiment digne de cette haute récompense. Les compositions qu’il a soumises cette année à l’appréciation du public semblent, au premier abord. s’accorder mal avec les tendances de,notre industrie moderne, qui recherche plutôt la simplicité et l’élégance appliquées aux choses usuelles, que les vastes conceptions et les créations colossales. Mais il faut tenir compte à M. Couder de la nature même de son talent : il est hardi jusqu’àla témérité, brillant jusqu’à l’éclat, original quelquefois jusqu’à la bizarrerie. Ce sont là des qualités trop rares à notre époque pour qu’on ne les apprécie pas. Si M. Couder n’a pas toujours tenu compte des impossibilités delà fabrication, il n’en a pas moins donné à l’industrie une vive impulsion en recherchant sans cesse des effets nouveaux. Ainsi, nous l’avons vu introduire, non sans efforts, mais aussi non sans succès, les fleurs modelées dans les dessins de châles et donner dans les nou-roug le premier exemple
- des plus anciens, des plus laborieux, des plus intelli-
- Rappel
- médaille
- d’or.
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- de cette remarquable innovation. D’ailleurs, cette recherche inces-saute .et souvent féconde des choses nouvelles, ne lui enlève rien du mérite que les industriels aiment surtout à lui reconnaître. Les compositions trop grandioses, à notre point de vue, qu’il a exposées, brillent cependant par de charmants détails et l’on peut y trouver une grande variété de riches et gracieux motifs.
- Le jury lui rappelle la médaille qu’il lui a décernée en i844-
- M. Édouard LAROCHE, rue des Jeûneurs, n° io,à Paris.
- Les dessinateurs pour impressions sont, sans contredit, de tous lés dessinateurs industriels, ceux dont les travaux exigent les connaissances les plus approfondies, et en même temps la pratique la plus habile.
- Plus que tous les autres, ces dessinateurs ont à lutter contre les ressources restreintes de la fabrication. Ils doivent connaître non-seulement le jeu artistique, mais encore le jeu chimique et industriel des couleurs; ils doivent posséder en même temps le grand art d’en tirer parti, c’est-à-dire de produire des effets variés au moyen d’un nombre très-limité de nuances, et d’obtenir par conséquent, sans nuire à la beauté du dessin, une économie notable de matière et de main-d’œuvre.
- Comme les dessinateurs pour tapis et pour papiers peints, le dessinateur pour impressions est obligé de reproduire les objets naturels : la fleur, l’ornement, la figure; mais il faut qu’il se plie aux nécessités de la fabrication, et, forcé d’étudier la nature, il lui est interdit cependant de la copier avec exactitude.
- M. Laroche réunit en lui toutes les qualités essentielles que nous venons d’énumérer. Aux connaissances du peintre il joint des notions précises sur les effets physiques qui résultent de la juxtaposition des matières colorantes, et, de plus, une connaissance approfondie de la fabrication. Enfin, il est initié à toutes les conditions de fixation des couleurs, science importante pour le dessinateur de fabrique, puisqu’il existe certaines nuances qui ne peuvent subir sans s’altérer les opérations nécessaires à leur fixation.
- Mieux que les autres, l’exposition de M. Laroche nous a montré la haute intelligence de l’art unie à celle de la pratique. Si nous nous arrêtions à la' belle et délicate couronne de fleurs dont il a entouré une carte d’échantillon, nous dirions qu’il.est un habile artiste; mais nous devons surtout’ considérer les produits qui ré-
- Médaille
- d’or.
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- vêlent véritablement la supériorité du dessinateur industriel, ces dessins légers et sévères dans lesquels on s’étonne de trouver des effets si variés, lorsqu’on sait dans quelles étroites limites l’artiste se trouve renfermé en ce qui concerne l’emploi des couleurs.
- La réputation de M. Laroche, déjà si bien justifiée par son exposition précédente, grandira encore après celle-ci. Etabli depuis i836, cet industriel a vu sans cesse s’accroître l’importance de ses affaires. Elevé dans l’établissement de M. Oberkampf, où il a pratiqué d’abord les parties les plus élémentaires de la fabrication, M. Laroche a laissé un souvenir de ses premières années par la création d’un châssis-compartiment employé aujourd’hui dans les premières fabriques des environs de Paris.
- Le jury central, voulant témoigner à M. Laroche sa haute satisfaction et récompenser en lui les qualités essentielles du dessinateur industriel, lui décerne la médaille d’or.
- Médailles MM. BERRUS frères, rue Montmartre, n0 73, à Paris,
- d argent.
- Avaient obtenu une mention honorable en i844; ils employaient alors 3o ouvriers; depuis, leur maison a pris une extension considérable, elle occupe plus de îoo personnes et paye environ 15o,ooo francs de main-d’œuvre.
- MM. Berrus sont aujourd’hui les principax dessinateurs de la fabrique de châles; ils sé sont voués particulièrement à ce genre. Ces habiles dessinateurs ont rendu des services incontestables à l’industrie châlière; ils travaillent à la fois pour Paris, Lyon et Nîmes. Une grande partie des châles exposés celte année est exécutée d’après leurs dessins;
- Il y a, en général, dans leurs compositions, beaucoup de hardiesse et d’originalité; on y trouve toujours un grand sentiment de ce qui convient au genre'de tissu pour lequel ils travaillent; leur coloris est fin et harmonieux, leur œuvre en carte est délicate et fort bien soignée.
- Le jury, prenant en considération la grande et bonne production de MM. Berrus frères, leur décerne une médaille d’argent.
- M. Charles-Ernest CLERGET, rue Albouy, n° î o, à Paris,
- Nous a paru mériter l’attention spéciale et les encouragements du jury. Il n’a cessé, depuis i834, de travailler avec une ardeur infatigable et une remarquable intelligence à des publications en-
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- treprises pour favoriser et répandre le goût de l’art industriel..Il est l’auteur d’un ouvrage publié en i83g sous le titre de Mélanges d’ornements divers, ouvrage qui a obtenu un assez grand succès et qui a valu une mention honorable à l’éditeur, M. Emile Leconte,
- • Il fut chargé à la même époque, par l’administration de l’Imprimerie royale, de continuer les travaux de M. Chenavard, dont il était l’élève, et il exécuta les dessins qui illustrent un des ouvrages de la collection orientale.
- Ce sont là les principaux mais non les derniers titres de M. Cléî-get. Il a publié depuis plusieurs remarquables séries de dessins, et il occupe un rang très-estimable parmi les artistes qui se sont occupés de l’ornementation.
- Il a exposé cette année 12 cadres qui attestent des études diverses et approfondies ; on y remarque des dessins de tapisseries , des mosaïques, des décors, des reproductions d’ornements exécutés par les grands maîtres, des motifs de vitraux, des dessins relevés sur des manuscrits indiens, arabes et persans, un encadrement destiné à entourer des peintures deM. Ingres. A toutes ces études, résultant de douze années de travaux et de recherches laborieuses, M. Clerget a joint un travail ingénieux relatif à la composition géométrique des dessins de mosaïque.
- Le jury est heureux de récompenser à la. fois, dans la .personne de M. Clerget, la vive intelligence de l’art et la persévérance du travail; il se plaît à reconnaître lés services rendus à l’industrie par cet artiste, et il lui décerne une médaille d’argent.
- M. Hippolyte-François HENRY, rue des Marais-Sl-Martin, n° 4o, à Paris,
- A prouvé d’une manière irrécusable, à l’exposition de cette année, à Paris, son mérite distingué comme peintre de fleurs; le public a pu remarquer parmi ses œuvres un magnifique tableau de fleurs que les artistes les plus habiles n’auraient pas désavoué ; mais les fabricants se sont sans doute attachés davantage aux gracieuses études qui l’entouraient et qui pouvaient fournir de charmants motifs pour des dessins de papiers peints et de toiles imprimées.
- Nous ne pouvons faire, à notre point de vue, un plus grand éloge des dessins de M. Henry, qu’en rappelant l’usage qu’en ont fait un grand nombre d’industriels. Nous les voyons sous forme de tapis et de tapisseries dans l’exposition de MM. Barbeja de la Somme, Riquillart et Roussel de Tourcoing, Berles d’Amiens. Nous
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- les trouvons exécutés en étoffe de soie pour ameublements par MM. Fey et Martin de Tours, Maujé fils et Pillet; enfin, les fabricants de papiers peints qui tiennent le premier rang dans cette industrie ont mis aussi à contribution le talent si varié de M. Henry.
- Le jury ne pouvait refuser son attention à des œuvres qui se présentaient avec la recommandation d’un si notable succès. 11 a trouvé, après un sérieux examen, que ce succès était légitime, que les dessins de M. Henry étaient bien composés et bien exécutés : il accorde donc à cet artiste la médaille d’argent.
- M. Auguste GALIMARD, rue Honoré-Chevalier, n° 4, à Paris,
- Expose quatre dessins qui font partie des grandes compositions commandées par la ville de Paris et exécutées en vitraux pour le chœur de l’église Saint-Laurent. Ces dessins représentent le Christ , sainte Appoline, saint Laurent et les cinq apôtres saint Pierre, saint Paul, saint Jacques, saint Jean et saint Jude.
- Nous laissons à ceux qui s’occupent spécialement d’art le soin de juger le mérite de l’œuvre de M. Galimard, au point de vue de la composition et du dessin. Nous croyons pouvoir dire cependant que la noble simplicité des draperies, l’heureuse variété des attitudes, la science des détails, laissent peu à désirer, et que ces cartons nous ont paru d’un goût sévère et d’un grand style. Sous ce rapport, M. Galimard avait déjà fait ses preuves, et ses productions lui ont.valu deux médailles d’or aux expositions du Louvre, l’une en i835, l’autre en i846.
- Mais ce que le jury avait à apprécier, c’étaient les éludes faites par le peintre pour arriver aux meilleures combinaisons des couleurs et pour produire ces assemblages de tons, à la fois brillants et harmonieux , qui font la beauté spéciale des vitraux.
- Les récompenses données au nom de l’industrie sont dues naturellement aux procédés habiles et ingénieux qui concilient les formes élevées de l’art avec les exigences matérielles des manipulations de l’ouvrier. Les cartons de M. Galimard portent la trace d’un travail approfondi. La manière dont les teintes sont employées, et dont les figures sont modelées dans la peinture, atteste qu’il n’a jamais perdu de vue le but spécial de son œuvre. On voit qu’il connaît à la fois les ressources et les'difficultés de
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- l’art dp verrier, et qu’il n’a pas négligé non plus la science nécessaire de la mise en plomb dans ses rapports avec les verrières.
- Les vitraux anciens des xiv° et xv° siècles nous offrent une expression fort élevée de l’art industriel ; nous n’avons pas à examiner ici la nature et la portée des progrès qui peuvent avoir été faits à notre époque dans la fabrication des verres peints ; mais il est certain que nos peintres auront une grande part dans ces progrès s’ils suivent la voie où M. Galimard s’est placé.
- Le jury, voulant témoigner à M. Galimard sa haute çt juste satisfaction', lui décerne une médaille d’argent.
- TABLEAUX EXPOSES AU LOUVRE ET AUX TUILERIES.
- Salon de 1835 (médaille d’or de 3e classe) :
- Les saintes Femmes au tombeau de Jésus-Christ (acheté par S. M. la reine); — Jeune femme châtelaine du xvi*siècle (cabinet de M. de Jussieu).
- Salon de 1836 :
- La Liberté s’appuyant sur le Christ (cabinet de M. de Jussieu) ; — La Reine des anges (vitraux).
- Salon de 1839 :
- La Vierge en prière (acheté pour l’église de Pilhiviers).
- Salon de 18kl :
- Nausicaa et ses compagnes (acheté par S. M. le roi des Belges).
- Salon de 18U5 :
- L’Ange aux parfums (acheté pour l’église de Breuillet).
- Salon de 18U6 (médaille d’or de 2° classe) :
- L’ode.
- Salon de 18U8 (rappel de médaille) :
- Quatre grands carions faisant partie des compositions qui décorent le chœur de l’église Saint-Laurent. >
- ’ Salon de 18U9:) :
- La Vierge aux douleurs (commandé par l’Intérieur); — Le Christ donnant la bénédiction (commandé par l’Intérieur); — Le moineau de Lesbie; — Junon jalouse; — Seize cartons pour verrières ; — Portraits et lithographies.
- ŒUVRES MONUMENTALES NON EXPOSEES.
- Hémicycle de l’église du village de Vincennes ;
- La Trinité, à l’hôpital de Metz ; /
- La Nativité, maître-autel d’Artenay (Loiret); »
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- La Résurrection, maître-autel de Trédarzec (Côtes-du-Nord); Décoration de l’oratoire de madame la marquise du Plessis-Bellière ;
- Décoration générale de l’église de Bréhémont, près Tours. (Cinq grandes verrières);
- Vitraux ayant pour sujets des épisodes delà vie de saint Landry; Grande décoration du choeur de l’église Saint-Laurent, formant huit grandes verrières d’une superficie de treize cents pieds ; Décoration générale d’une chapelle en Russie;
- Les pèlerins d’Emmaüs.
- EXPOSITION INDUSTRIELLE DE l849*
- ''îfw
- v
- médaille de bronze.
- Jésus-Christ ;
- Sainte Appoline ;
- Saint Laurent;
- Saint Pierre, saint Paul, saint Jacques, saint Jean, saint Jude, écrivant leurs épîtres, en une seule composition.
- Ces cartons sont de la grandeur des verrières et exécutés avec l’indication du travail qu’a dû suivre le peintre verrier, ainsi que l’indication des plombs.
- M. NÂZE fils, rue du Gros-Chenet, n° 23, à Paris,
- Expose deux cadres de dessins de châles cachemires pour impressions, et des dessins de foulards et] de jaconas, dont on ne peut que louer la bonne exécution. Cet artiste travaille pour la France et pour les fabriques étrangères; il emploie 20 personnes environ et produit chaque année pour une valeur d’environ 35 à 4o,ooo francs.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze qu’il a obtenue, en
- 1844. ; , ; ;
- Médailles M. BRAUN, à Mulhouse (Haut-Rhin), ,
- - - de bronze*
- Expose des dessins pour jaconas d’un goût et d’un fini remarquable qui attestent une grande habitude du jeu des couleurs et une connaissance certaine de la fabrication. - 1
- Le jury voulant surtout récompenser M. Braun de, la. bonne entente des conditions de fabrique luiaccorde une médaille de bronze.
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- M. DELUM'JEH, rue Singer, 5 Passy (Seine),
- Est un dessinateur intelligent et fort habile ; il excelle affaire paraître dans un dessin beaucoup, plus 4e couleur qu’il n’y en a réellement. , .. .-ri •;
- M. Deîuriier obtient à la fois des succès dans l’article broché'et dans l’impression-, ses compositions sont sages et bien ordonnées, son exécution est simple et facile.
- Le jury lui décerne une médaille, de bronze.
- M. CAGNIÀRD, rue de l’Echiquier, n° 1 2, à Paris.
- Expose deux cadres de fleurs qui prouvent la conscience de ses études. On ne peut contester les, services qu’il rend chaque jour à l’industrie, qui trouve dans ses compositions .des motifs d’iinë grande variété. -
- La réputation de M. Cagniard comme altiste habile était déjà faite: son exposition la confirme, et le*jury, en témoignage de sa satisfaction, lui décerne une médaille de bronze. „....t • .
- M. LUBIENSKI, rue S*-Louis, n° 1 5, à Batignollës (Seine);
- * v"'--• c îor:.n,.
- A obtenu en i844 une mention honorable; l’importance de sa maison s’est accrue depuis celte époque; ilj emploie maintenant 3o personnes dans ses ateliers.
- M. Lubienski expose1 diverses ’ compositions, pour foulards et pour robes, arrangées avec' goût et rendues habilement par l'exécution. Là' variété' de ces clëssins'le* rend dignW de la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- M. MERE AUX, rue-de la flussiéhne,’ n° 7;'a Paris.4
- i f i'M,
- • 4 Expose plusièurs dessins qui ont particulieremën'l 'fixé J’alten tion de'votre'Commission* chargée de' l’examén des!’dentélles. M.f Me-reaux, dont les compositions sont riches et variées, s’est appliJ qué surtout à ne livrer aux ’fabricants-qué des dessins1 oiï tous les motifs sont calculés à l’avance et où il n’y a plus^rien -à modifier dans 'là fabrication. L’exécution lens est- si parfailép que l’on croit avoir sous les yeux, en les regardant, non le dessin,>mais le produit lui p» tfroa tuoUi.;oo.rtîO.*'; o i->
- Le jury, prenant en considération les services rendus à la fabrik cation par M. Mereaux lui décerne jime médaille de bronze..
- m.
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- Mentions
- honorables,
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- M. PARCUEZ, rue du Sentier, nu 18, à Paris,
- Expose trois cadres de modèles pour toiles perses qui attestent d’excellentes études, du goût dans la composition, une grande variété dans les moyens, une entente parfaite des exigences de la fabrication.
- - Ces qualités se trouvent au même degré dans ses dessins pour barège et pour indienne.
- Le jury, satisfait des heureux résultats obtenus par M. Parguez, lui décerne une médaille de bronze.
- M. CARNET, rue de Mulhouse, n° i3, à Paris.
- Cet exposant, dont les dessins figurent avec avantage à l’exposition, mérite à tous égards la mention honorable que le jury lui décerne.
- M. LEROY, rue de la Tour-d-Auvergne, n° 3y, à Paris.
- Depuis longues années cet artiste s’occupe avee succès du dessin de broderies. La variété de ses compositions le rend digne d’une mention honorable.
- M. GODON, rue du Eaubourg-du-Temple, n° /j2 , à Paris,
- Présente différents modèles pour meubles et bronzes. Les services qu’il rend chaque jour à ces industries par son travail consciencieux et son goût sévère lui méritent, de la part du jury central, une mention honorable.
- M. HARTWECK, rue du Mail, n°
- 2 i , à Paris,
- 7 s
- Expose un châle et trois fonds pleins , pour impressions ca-, chemire d’une.,bonne composition et d’un fini d’exécution remarquable., ( !.. ; f . ,?Oï.
- Le jury lui accorde une mention honorable. , . , ; . ; .
- , t.-'v
- M. Léon MARTIN, rue Montmartre, n° 160, à Paris,
- Expose plusieurs cadres de dessins pour l’impression sur' laine et sur coton. Ses compositions sont gracieuses et exécutées avec soin. ’ ' ï.Ui,.ïi- '* ns
- Le jury.-lui accordé une mention honorable. 1 ^ £' “
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- M. SPEIZER, à Rouen (Seine-Inférieure),
- Est attaché depuis dix-sepl ans, comme dessinateur, à la fabrique d’indiennes de MM. Hasard frères.
- Il expose plusieurs dessins de bon goût et d’une fabrication facile. Le jufy lui accorde une mention honorable.
- M. VASSELON, galerie Montpensier, n° i 8, Palais-National , à Paris, ; '
- Expose quatre cadres contenant une grande variété de dessins pour rubans. Ces compositions se distinguent par la grâce, la légèreté et l’élégance.
- Le jury accorde à M. Vasselon une mention honorable.
- M. WATEL, rue du Sentier, n° i8, à Paris,
- Expose des dessins pour toiles perses, pour jaconas et pour mousselines de laine. On remarque dans ces différentes compositions de la hardiesse, de la grâce. L’exécution ne laisse rien à désirer.
- Le jury accorde à M. Watel une mention honorable.
- M. BRUNIER, rue des Jeûneurs, n° ài, à Paris.
- »• r r , ' -
- ,Le jury central accorde une citation favorable à M. Brunier pour les travaux qu’il a présentés à l’exposition. .
- Citations
- favorables..
- M. CARJAT, rue Mogador, n° i o, à Paris.
- A. obtenu une citation favorable du jury central pour la bonne exécution de ses travaux. > > '
- M. FÀŸ, rue Geoffroy-Lasnier, n°328, à Paris. ; ^ r
- » , * * t *
- Le jury central désirant reconnaître lé.talent de cet artiste lui accorde une citation favorable.
- \ ;
- ï i *
- M. .GUILMARD,, rue dç Lancry, n° 2 , aJParis. r j;
- L’exposition de cet artiste lui a mérité de,lapart,du jury, central, une citation favorable. .....
- »„;> r; - r ...!’ fs. > j '
- h .srun-ua*.’
- M.LÉONARD, passage Çlioisçul, n° , h Paris. ‘
- Cet artiste as été cité favorablement par le, jury central
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- Nouvelle médaille de bronze
- • ». V *.
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- Les travaux de cel artiste, admis à l’exposition, lui ont mérité cette distinction.
- M. Alfred ROSSELIN , rue de la Monnaie, n° 2 0 , à Paris,
- A obtenu de la part du jury central une citation favorable pour les travaux qu’il a exposés.
- M. SAIVE, rue Saint-Honoré, n° 192 , à Paris.
- Le jury central accorde à M. Saive une citation favorable pour la bonne exécution de ses travaux. > ,
- § 2. DESSINS ET MÉTIERS POUR LA BRODERIE. — TAPISSERIE.
- ' ' i . ; ' l f
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M1'® CHANSON, rue de Ghoiseul, n° 3, à Paris.
- M"0 F. J. Chanson a exposé : i° deux'modèles de métier à broder ; 20 des mises en carte et des échantillonnages de tapisserie ; 3° des pièces de tapisserie ; 4° des'broderies à l’aiguille. ‘ O
- i° En i844, Mlle Chanson a obtenu une médaille de bronzefpour le métier quelle avait présenté. Le jury a tenu compte, à celte époque, du mérite de l’invention' ; nous avons, cette année; à nous occuper principalement de l’exécution et de l’utilité industrielle. Le métier a été perfectionné depuis i844 ; il est plus .simple et plus solide; le jeu est plus facile1, là tension du canevas plus régulière; les engrenages'à cliquet sont'mieux disposés et: les vis- à double pas mieux filetées. Le cadre, monté sur genou,'peut être incliné et même rabattu, pour réduire le volume. Economie de temps, commodité, élégance, tels sont lès avantages'de ce métier. Fait en merisierr,5 il coûtait 80 francs en x 844; il se vend aujourd’hui 4o fr. 1 :
- 20 Nous citerons pour mémoire les transparents quadrillés, pour la mise en carte des dessins: ils ont déjà été appréciés en 1844 ;‘ nous nous arrêterons de préférence sur les dessins et les modèles de tapisserie. M"c Chanson nous a soumis une collection variée, qui témoigne de son bon goût el de son habileté. Les pantoufles de 5o cent, à 48 fr. la douzaine; les chaises et'coussins de 2 fr/ 25 cent, à 78 fr.la douzaine, prouvent qu’elle fait tousfles ‘genres
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- avec un égal succès. Cependant cette exposante s’occupe plus particulièrement des articles de nouveauté et de luxe : c’est ce qui explique- la présence de ces belles portières chinoises dont la composition et l’échantillonnage ont été également remarqués.
- 3° Des écrans, des sachets,,des tableaux, ont montré jusqu’où peut aller la perfection du travail de la tapisserie ; le coussin brodé en chenille était l’ouvrage le plus difficile et le mieux réussi.
- 4° Enfin MUo Chanson a créé deux charmantes nouveautés : un point de tapisserie sur tulle, qui imite la dentelle d’application ; et un réseau algérien, léger ef élégant,de 20 p. o/o meilleur marché que la broderie au crochet.
- Pour l’ensemble de ces perfectionnements et de ces produits, le jury central décerne à . M116 Chanson - une nouvelle médaille de bronze. i ,
- , (
- M. SAJOU, rue de Rambuteau, n0, 5o, h Paris.
- Médaille de bronze.
- Papillon ne mentionne dans son Traité de la gravure en bois, que les planches de Gatin, dont le travail *est, dit-il, extraordinaire1 ; il est singulier qu’il ne dise rien de d’origine de la mise en carte et des premiers dessins quadrillés, gravés sur bois. Cette origine, qui est aussi celle des dessins de tapisserie, ne paraît pas antérieure au dommencement du xvi° siècle. En effet, les premiers ouvrages, qui renferment des mises en carte gravées, portent les dates de i554, i559, i584, etc., et les noms de Togliami, Bellin, Dominique de Sera, Vinciolo, etc. C’est-à Venise-qu’a été publiée la plus ancienne de ces collections de dessins ,' et celle de Messire Antoine Bellin et dé Jehan Mayol Larme, éditée à Lyon, est de la mèmè époque. Les singvliers etnovveaux povrtraicts pour toutes sortes'd'ouvrages de lingerie,'deVinciolo, sont plus connus, mais plus récents ; la ire édition parut en 1687 \ C’est en ce1 temps-là que les Allé-' mands commencèrent leurs essais et leurs publications en ce genre; le Môdel Fusch, dessiné et gravé sur cuivre par Hélène Furstin, de Nuremberg, doit avoir été édité'à la fin du xvTsiècle.1 ^1 >-
- ' - - J- > f r - a l . ~ ^ v* ^ J * * * /j *.
- 1 Tome I, page 2 32. Edition de 1766. . ! (
- * Les dessins sont gravés sur bois. Les quadrilles, gravés sur le relief, sont imprimés en noir ; les cordes longitudinales et horizontales, ainsi que le sujet, ressortent en blanc. v ^
- *
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- Gatin appliqua, vers 1745, une gravure plus savante aux systèmes de mise en carte de ses devanciers; Beilin, poursuivant les travaux entrepris à Nuremberg et en d’autres points de l’Allemagne, amena bientôt cette fabrication à un degré de perfectionnement assez avancé, et dans les premières années de ce siècle, Natto et Lehman cherchaient à exécuter, d’après les anciens modèles, des dessins pour tricot, filet, etc.
- On ne trouve guère en France, avant 1815, de traces .de cette industrie. Aug. Legrand paraît être le premier qui, chez nous, lui donna une certaine extension ; il produisit plusieurs centaines de modèles et se ruina. Mallezaîné, qui lui succéda, Robert, Helbrôn-ner, Martin, publièrent aussi quelques dessins, en général d’assez mauvais goût, mal dessinés et mal coloriés. Les meilleurs étaient des copies de modèles allemands. Imprimés sur petit format (23 sur 3) centimètres), ils étaient vendus 4 fr. i5 cent, net la douzaine. En 1839 e*; i84o, M. Rouget de Lisle fit faire des progrès à celte fabricaîion par l’invention de procédés d’impression et par quelques utiles publications V
- Malgré ces intelligents efforts, Berlin était, jusque dans ces dernières années, le foyer unique de la production des dessins de tapisserie ; on cite Millier de Vienne, et surtout Witlich, comme étant, en Allemagne, les hommes à qui la double industrie du dessin et du travail de la tapisserie doit, en quelque sorte, sa création, son développement et ses perfectionnements. Les noms de Grünthal, de Hertz et Wegener, sont devenus populaires en France, tant a été et est encore considérable la vente .des dessins de Berlin.
- C’est en i84o que M. Sajou a entrepris la fabrication de cet article; il a tiré Un habile et excellent parti des travaux antérieurs : en i844> il a exposé ses produits, et «ses imitations parfaites des «dessins de Berlin, obtenues à bon marché, prouvant son incou-« testable supériorité en ce genre, » il reçut du jury une mention honorable. i; • ,
- Cette année, M. Sajou a exposé : i° des dessins pour filet, tricot et broderie au crochet: ils sont imités de Vinciolo, comme ceux, toujours estimés, qu’a édités en 1847 Eragerolle; 2° des ouvrages en tapisserie et en broderie au crochet : nous les mentionnons en raison de leur bonne confection et du choix intelligent des
- La Chromographie de M. Rouget de Lisle a été publiée en 1839.
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- dispositions; 3° des dessins pour tapisserie. La production de ceux-ci figure pour les sept dixièmes dans le chiffre des affaires; c’est sur eux que M. Sajou a appelé l’attention du jury : ils ont été en conséquence, de notre part, l’objet d’un sérieux examen.
- Les prix inscrits sur les tarifs de Grüntlial, de Hertz et'Wegener, dont les dessins sont le plus répandus et le plus estimés en France, ces prix, disons-nous, sont de 5o pour 100 plus élevés que ceux du tarif de M. Sajou; cette différence atteint même 70 et 76 pour 100 pour les dessins sans numéro et pour ceux qui sont fournis à des publications périodiques. Malgré cette réduction considérable4 M. Sajou veud en faisant les mêmes remises que les dépositaires des fabricants de Berlin. < :
- Le prix a été diminué et l’exécution améliorée; on en acquiert la preuve en comparant les échantillons exposés avec les dessins de Mallez aîné, de Helbrônner et de Martin, ou avec ceux de Wittich, de Lusch, de Grünlhal, de Hertz et Wegener. Le progrès est manifeste, Paris sera bientôt sans doute l’égal de Berlin; mais on est loin encfire d’y avoir atteint à la perfection industrielle et artistique.
- Le bon marché a rendu la vente facile, et d’année en année plus considérable, tant en France qu’à l’étranger.
- Une cinquantaine de jeunes filles de huit à quinze ans sont occupées en atelier au coloriage; les procédés sont tenus secrets, et, lors de notre visite, avaient été remplacés par le travail au pinceau. Enfin, c’est au moyen d’une machine assez simple que la mise en carte est gravée.
- L’établissement de M. Sajou est à la fois une fondation charitable et une exploitation industrielle : faute de renseignements suffisants, le jury ne peut se prononcer sur les avantages et les produits de celte combinaison exceptionnelle : cependant, prenant en considération la supériorité comparative de prix et d’exécution apportée dans la fabrication des dessins de tapisserie par M. Sajou, le jury central lui accorde une médaille de bronze.
- M. LUGOL, rue Rochechouart, n° 88, à Paris.
- M. Lugol, ouvrier mécanicien, a remplacé les vis à double pas du métier à tapisserie de MUe Chanson par des tringles, le long desquelles glissent les rouleaux en fer étiré; un écrou Jes fixe s au point voulu. Un mécanisme très-simple rend faciles la révolution et l’arrêt des rouleaux, et une rainure permet d’y engager le canevas.
- Citations
- 'favorables*
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- Les métiers de M. Lugol sont en zinc ou en fer poli; l’expérience n’a pas encore prononcé sur les avantages de la'substitution du métal au bois. Quoi qu’il en soit, le prix est peu élevé : ainsi, en fer bronzé, 5 francs en 33 centimètres, 7 francs en 4q centimètres, 9 francs en 65 centimètres, etc. Quant au modèle avec tringles, il coûte 15 francs.
- Ces perfectionnements ont été apportés au métier à broder depuis trop peu de temps pour que l’on puisse être éclairé sur leur utilité industrielle; aussi le jury ne peut-il encourager M. Lugol que par une citation favorable.
- M. FAZON, rite Saint-Denis, n°..34^, à Paris,
- !';(• « . ’ * , ! ' * ,
- A exposé plutôt comme tourneur et tabletier que comme inventeur-de.métier à broder. Celui qu’il a exposé, tout en offrant de bonnes dispositions, laisse à désirer, et quelques-uns de ses organes se retrouvent dans des métiers antérieurement brevetés. Néanmoins son prix modique (25 francs en merisier) en rend \a venté et l’exportation faciles.
- Les dévidoirs de salon à 3o francs en merisier sont établis avec intelligence et élégance. "
- Pour l’ensemble.de cette fabrication, qui comprend, outre les métiers, des nécessaires, caves à liqueurs, corbeilles, etc. le,jury cite favorablement M. Fazon.
- ' ARTISTES, CONTRE-MAITRES ET QUVRIERS .
- ^ non-exposants/
- Médaille Mv LIENARD, dessinateur pour meubles, et-orfèvrerie.
- d’or. > A,-t t. '' - 1 ?
- Cet habile dessinateur a particulièrement travaillé pour M. Froment-Meurice, qui s’empresse de payer un tribut de reconnaissance cà M. Lienard, dont l’expérience et le goût ont contribué à placer . , ! . ‘ son atelier à un rang si élevé.
- Aussi*, sur-le rapport de M.i Wolowski, qui constate le succès et les immenses - travaux de M. Lienard', le jury centralvoulant témoigner à cethabile artiste sa haute satisfaction , et récompenser en lui les'qualités'-essentielles du ^dessinateur et de l’artiste, lui. décernera médaille-d’or. ; M, J -t, , , : i: ,
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- MM. FANNIÈRE frères, sculpteurs et ciseleurs.
- MM. Fannière frères, ouvriers ciseleurs chez M. Froment-Meurice , ont puissamment contribué, par leurs travaux, à la réputation de cet orfèvre d’élite, et ces habiles artistes, dont il est fait mention au rapport de M, Froment-Meurice, ont du recevoir une haute marque dé distinction delà part du jury central, qui a cru ne pouvoir mieux faire, que de leur décerner une médaille d’argent. .
- M. JACUM, ouvrier lithographe,
- Est élève de M. Lemercier. Cet habile artiste a puisé à cette brillante école tout le savoir et la science que comporte le travail de la lithographie. < ,
- C’est chez M. Cattier que M. Jacum a mis en œuvre son grand savoir d’imprimeur lithographe; aussi, pour être juste, M. Cattier reconnaît que la bonne réputation de> sa maison est due entièrement aux, travaux de cet ingénieux et habile artiste. . ’
- Le jury central décerne à M. Jacum une médaille d’argent.
- M. LAISNÉ. . ‘ . :'V / «
- L’imprimerie de MM. FirminDidot frères est hors de concours depuis cinq années : son honorable chef fait partie du jury central depuis la dernière exposition, et c’est à ses lumières qu’on a dû en i844 et qu’on devra en i84q les rapports sur l’ensemble de l’imprimerie. Le jury, tout en appréciant la valeur de ceconcours, re-gretle„de ne pouvoir plus placèr' dans son rapport en tête des récompenses la maison de M. Didot, qui a longtemps fait la gloire de cette noble industrie, et qui en est toujours l’honneur. Une. occasion se présente cette année de consigner ces regrets, et le jury la saisit avec; d’autant plus d’empressement qu’il répare en. même temps'une omission; la seule injustice dont M. Didot pût se rendre coupable. > s ; - • 11
- M.‘ Laisné, proie de celte grande imprimerie, a été signalé au jury central comme un’de ces hommes' qui s’élèvent^par leur intelligence, qui maintiennent leur autorité par leur caractère et qui servent d’exemple par* ce long dévouement de ' toute la vie qui attaché l’ouvrier au «patron; el fait de l’atelier sa famille, et* sa maison.JMr.-Didot, par un scrupule honorable, à refusé d’insérer dans son rapport une mention et des détails qui pouvaient seriibler
- Médailles
- d’argent.
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- un éloge indirect donné à ses propres travaux. Le jury, tout eu appréciant la délicatesse de cette réserve, ne s’est pas cru obligé de l’imiter: il a voulu que les titres de M. Laisné fussent consignés dans le rapport et fissent connaître les raisons qui l’ont porté à lui décerner la médaille d’argent.
- Entré dans la maison de M. Didot en 1820, il a fait son apprentissage en parcourant tous les degrés, en s’initiant à toutes les pratiques de son métier. Devenu prote, c'est-à-dire contre-maître général de ce grand atelier, il n’a cessé d’en exercer les actives fonctions que de i832 à i836, pour aller monter et diriger l’imprimerie que Méhémet-Aii avait établie dans la seconde de ses capitales. Ces trois années doivent également lui être comptées comme des titres à la bienveillance du jury central; car M. Laisné a porté une conduite exemplaire et il a fait preuve d’un caractère honorable dans un pays où le nom de Franc est loin d’être toujours le synonyme d’honneur et de probité. Rentré depuis quinze ans dans l’imprimerie de MM. Didot, il n’a cessé d’en diriger tous les travaux, et il nous serait impossible de rendre compte de scs mérites sans présenter le tableau de l’activité de ce grand établissement qui, seul, dans l’imprimerie, a conservé, avec une tendance érudite eL un goût littéraire toujours pur, les anciennes traditions des Etienne et des Aides.
- Nous ne pouvons donner une plus grande extension à ce rapport. Contentons-nous de représenter ce prote habile surveillant à la fois l’exécution morcelée des impressions courantes et le travail suivi des grandes collections littéraires ; ici, tous les auteurs grecs avec la traduction latine en regard; là, les in-quarto de la collection des Documents inédits du ministère de l’instruction publique. Ajoutons plusieurs grands ouvrages à figures et des collections compactes format in-12, l’ensemble des travaux de l’Institut, ïUnivers pittoresque y vaste collection entièrement clichée; enfin X Annuaire du commerce, dont les 1,800 pages, conservées en composition pour subir les remaniements de chaque année, représentent un poids de 27,000 kilogrammes de caractères et un matériel de près de 100,000 francs.
- Faire marcher de front et sans les confondre toutes ces entreprises, échelonner la besogne et la répartir assez habilement pour que chaque ouvrier puisse avoir son travail de chaque jour, en se prêtant aux lenteurs comme aux impatiences des auteurs, sur-
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- veiller en même temps la composition, le tirage, le matériel et les approvisionnements de toutes sortes, éviter les retards de toute nature, se rendre compte de la tâche accomplie par chacun et de ce qui lui est dû, du travail livré à chaque client et de ce qu’il doit à la maison, telle est, bien sommairement, l’action multiple et continue d’un proie habile, et M. Laisné répond à toutes les exigences de ses fonctions.
- Nous venons de dire la part active que M. Laisné prend dans les opérations de cette maison, nous consignerons ici une opinion qui lui appartient. Apprenant que le jury central songeait à le distinguer, il nous a dit : «Je suis confus et bien touché de tant d’hon-« neur; mais l’orgueil que j’en ressens ne modifie pas l’opinion que «j’ai sur cette répartition de vos récompenses. Vous signalez mon «zèle, mais votre consciencieuse attention suivra-t-elle l’échelle « continue des efforis de chacun de nous dans l’œuvre commune qui « s’appelle l’imprimerie de M. Didot ? Nous exécutons tous la pensée «de notre chef, chacun avec sa part de capacité, d’intelligence, de «zèle; récompensez tous nos ouvriers en même temps que moi, «chacun dans la proportion exacte de sa participation, ou, pour « mieux nous contenter tous, ne mentionnez que notre chef, chacun « de nous saura prendre dans les distinctions qu’il recevra la part «d’honneur qui lui revient. » Cette opinion en principe nous a paru assez remarquable, cette modestie trop estimable pour la passer sous silence. Nous avons voulu l’ajouter aux autres titres de M. Laisné à la médaille d’argent que lui décerne le jury.
- M. BA1LLEUL, prote de M. Bachelier.
- Parmi les ouvriers qui secondent les chefs d’établissements, il en est peu qui méritent autant une distinction toute particulière que les contre-maîtres d’imprimerie, nommés proies, d’un nom grec qui signifie premier, parce qu’ils sont en effet les premiers au travail, comme ils le sont aussi par leur intelligence, puisque c’est toujours parmi les plus habiles ouvriers et les plus instruits, les plus probes et les plus dévoués, que le patron choisit son prote pour en faire son aller ego.
- Depuis quelques années, les proies de l’imprimerie de Paris ont formé une société sous le patronage de leurs chefs. Dans leurs réunions mensuelles, ils traitent de questions relatives à l’art typogra-
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- phique; ils font même des excursions dans le domaine de la littérature et de la poésie , jamais dans celui de la politique.
- M. Bailleul, qui a été élu président de cette association par le suffrage de ses confrères, a été successivement proie chez M. Cra-pelet, puis chez Mmo Huzard et M. Bachelier, son successeur, où il s’est toujours distingué par toutes les qualités qui signalent un proie d’imprimerie.
- En rendant compte de l’exposition de M. Bachelier, nous avons signalé les beaux spécimens des formules algébriques qu’il a exposés. C’est pour se conformer au désir qu’avait M. Bachelier de donner à ces formules toute la perfection désirable, que M. Bailleul, qui allie aux connaissances déjà si variées qu’exige la condition de prote celles des procédés cle la gravure et de la fonderie des caractères, se, mit en rapport avec M. Charles Laboulaye, ancien élève de l’Ecole polytechnique, directeur de la fonderie générale des caractères.
- Par d’heureuses combinaisons de la gravure, et de la fonte des divers signes, il a simplifié la composition de ces formules algébriques si compliquées et leur a donné plus de régularité. L’oeil se repose avec satisfaction sur l’ensemble de ces chiffres groupés habilement avec les racines et les radicaux.
- C’est un véritable service rendu par M. Bailleul à cette partie de l’art typographique, dont l’exécution est devenue plus facile et ne laisse plus rien à désirer.
- Le jury honore en M. Bailleul les proies de l’imprimerie française, dont il peut être considéré comme le représentant, puisque le suffrage de ses confrères l’a élu leur président. Il lui décerne la médaille d’argent. ‘
- M. Joseph WINTERSINGER, contre -maître, directeur .. des presses mécaniques de MM. Claye et Ce. ,
- L’art d’imprimer les gravures en bois a fait d’année en année de véritables progrès, et c’est à l’habileté et aux soins minutieux apportés par les conducteurs des mécaniques à imprimer qu’est dû. en grande partie le succès des'gravures sur bois adoptées maintenant si généralement dans nos livres. Sans ces soins intelligents , qui transforment presque l’ouvrier/imprimeur en véritable artiste, l’art du graveur sur bois disparaîtrait presque entièrement, et sa réputation serait compromise par une impression monotone et sans
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- effets : on ne saurait donc trop encourager le petit nombre d’ouvriers imprimeurs habiles qui, ayant senti toute l’importance des mises en train, ont su, avec une patience guidée par le sentiment de l’art, placer les hausses là où le dessin exige une intensité plus ou moins grande dans les teintes, découper les endroits qui demandent des dégradations de tons, enfin donner à l’impression des gravures en bois l’apparence de belles gravures en taille-douce. ' .
- MM. Aristide et Winlersinger se sont créé en ce genre une véritable réputation.
- Ce dernier est contre-maître des presses mécaniques de M. Claye, dont nous avons signalé les belles impressions, soit pour les textes, soit pour les gravures sur bois. Mais M. Claye est loin de vouloir s’approprier tout le mérite de ces beaux tirages; nous croyons même devoir reproduire, comme un exemple de sa modestie, la note qu’il nous a communiquée :
- « PermettezHmoi de rappeler à votre bienveillant souvenir et de «recommander tout particulièrement, à votre justice notre contre-« maître imprimeur, M. Joseph Winlersinger, dont le goût, le savoir-« faire et l’intelligence méritent récompense. Aussi habile à tirer «parti de l’instrument mécanique, qu’il a sérieusement étudié, « qu’imprimeur distingué à la presse manuelle, il s’est fait distinguer « des dessinateurs et graveurs, qui le regardent comme hors ligne « pour l’impression des gravures sur bois. Puisque le Gouvernement «pense à donner des encouragements aux ouvriers, je suis heureux «de vous signaler celui-là, et je le recommande avec d’autant plus « de confiance à votre, bienveillante attention, que j’ai la conviction «intime que si le jury lui accordait une distinction, ce serait un « acte de bonne justice qu’il accomplirait en faveur d’un homme « qui le mérite à tous égards. »
- Le jury, informé du mérite généralement reconnu de M. Joseph Winlersinger, et croyant devoir récompenser en lui les efforts qu’il a faits pour porter à un aussi haut degré de perfection le tirage dés gravures sur bois, lui accorde la médaille dé bronze.1^ ;
- M. Jean-Baptiste OSMONT, gérant de la fabrique de meubles laqués de Mme V* Osmont, impasse Saint-Sébastien, nos 8 et 1 o, à Paris.
- Nous avons fait connaître l’excellente exécution, sous le triple rap-
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- Mentions
- honorables.
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- porl de l’ébénistei'ie, du laquage et du décor, îles meubles qui sortent des ateliers de Mmc V° Osmont; nous avons mentionné en même temps la direction intelligente qui est imprimée au travail et le bon goût qui préside au choix et à l’ornementation des modèles.
- C’est en grande partie à M. Osmont aîné, beau-frère de M,uo Ve Osmont, que sont dus, et cette entente de la fabrication, et les progrès qu’elle a amenés. La connaissance des procédés en usage en. Angleterre, une collaboration active avec son frère pendant quelques années, ont donné à M. Jean-Baptiste Osmont une grande" expérience, qu’il met habilement à pi’ofit.
- Simple gérant de la fabrique, il ne participe pas à la récompense élevée qui a été confirmée à Mmo V° Osmont ; le jury central veut témoigner à M. Osmont aîné, qu’il apprécie ses efforts laborieux et lui décerne une médaille de bronze.
- Le jury se plaît à accorder aux contre-maîtres et ouvriers orfèvres suivants, pour leurs bons travaux et surtout leur bonne conduite, des médailles de bronze.
- MM. AVRILLON. MM. N1V1LLER (Charles).
- BABEUR. . SOLLIER.
- BROECK. VIAUD.
- DEVIENNE. WISSET.
- LEROY (Eugène). •' -
- M. Émile BERTRAND, ouvrier peintre de fleurs sur .f. . meubles laqués, chez Mmo VeOsmont, à Paris.
- * ‘ 9
- Le jury central accorde une mention honorable à M. Emile Bertrand, peintre de fleurs sur laques, très-habile, intelligent et labo-
- rieux.
- Le jury espère qu’aux expositions prochaines on lui fera-mieux connaître les ouvriers qui, par l’invention de perfectionnements ou dé bonnes méthodes de travail,, par un goût,'une habileté, une intelligence supérieurs, sont dignes de récompenses,.,L’industrie parisienne possède de ces ouvriers et de ces ouvrières méritants. Cette année, faute de renseignements, c’est en quelque sorte à titre exceptionnel que le jury'-^distingué M. Emile Bertrand. 11 - 1
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- MM. BRAMET, proie de M. Dupont, MARÉCHAL, DELAND et FISTEL.
- Dans le volume fort remarquable exposé par M. Dupont sous le titre, Essais pratiques d'imprimerie, où plusieurs genres de mérite et de difficultés d’exécution sont réunis, le jury a remarqué un médaillon polychrome, indiquant que ce volume a été composé par M. H. Maréchal, tiré par MM. Deland et Fistel, sous la direction de M. Bramet, proie. Le jury croit devoir signaler 3e concours de ces habiles ouvriers, et leur accorder une mention honorable, qui leur attestera tout à la fois l’intérêt que le jury apporte à la parfaite exécution de leur travail,,et l.eur rappellera qu’ils ont contribué, par leur talent et leur zèle, à la réputation et au succès de l’établissement.dont ils font partie.
- Le jury central accorde également aux contre-maîtres et ouvriers orfèvres suivants des mentions honorables :
- MM. CARRIÈRE. DEUBERGNE. DOLBERGEN. GAGNE. GILBERT.
- MM. LEBON. MULËRET. PLOUIN, POUX. VERREAUX.
- Le jury central accorde également, aux conlrë-maîlres et ouvriers orfèvres suivants des citations favorables : " • 1
- MM. CHAUCHEFOIN CLEF. CROVILLE. DOUY.
- FREMÔNTEIL.
- MM. JUL1ÔT. '
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- ‘ PLOUIN (Alexandre):
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- Citations
- favorables.
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- DIXIÈME COMMISSION.
- ARTS DIVERS.
- MEMBRES DU JURY COMPOSANT LA COMMISSION :
- MM. L. de Laborde, président; Blanqui, A. Firmin Didot, Dumas (de l’Jnstitut) , Héricart de Thury , Péligot, J. Persoz, Natalis Rondot, Wolowski, M. Gaussen, Geoffroy de Villeneuve.
- PREMIÈRE SECTION.
- PAPETERIE.
- M. Ambroise Firmin Didot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- En i844» votre rapporteur s’exprimait ainsi : «D’après « l’examen des produits exposés cette année, les progrès de la « papeterie ont été tels, depuis cinq ans, qu’on a tout lieu de « croire que cette belle industrie approche, après tant d’efforts « et tant de catastrophes, du but auquel toute industrie doit « enfin s’arrêter. »
- Les faits sont venus confirmer cette assertion , et désormais, à moins d’un changement complet de système, ce qui est peu probable, on ne doit plus s’attendre qu’à quelques améliorations de détail.
- L’Angleterre, qui nous a devancés de vingt ans dans la fabrication du papier continu, dont l’idée et les essais y avaient été importés en 1796 par Didot (Saint-Léger), n’a sur nous maintenant aucun avantage. Les plus habiles fabricants an-
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- glais, MM. Dickenson et Longman, se sont plu à'le reconnaître à l’exposition précédente.
- Toutefois , le temps, qui finit par tout dévoiler, a fait reconnaître les inconvénients résultant de l’abus du procédé de blanchiment dû à Bertholet qui altère la solidité, autrefois si remarquable dans les anciens papiers, alors qu’on se bornait au simple lessivage des chiffons. X)n a clone modifié l’emploi trop énergique du chlore gazeux, qui maintenant est remplacé en grande partie par le chlore à l’état liquide; les lavages ont été multipliés et rendus plus complets; enfin on a eu recours aux anti-chlores, particulièrement .aux sulfites, pour neutraliser ce qui peut rester encore dans les pâles de principes délétères; mais c’est au temps, qui a signalé le mal, à nous dévoiler le meilleur des procédés pour empêcher les papiers de se détériorer. Hâtons-nous d’ajouter que de grandes améliorations ont été déjà réalisées, et que les bibliophiles doivent de plus en plus se rassurer'sur l’avenir des papiers fabriqués aujourd’hui.
- Ces admirables papiers, dits pelure et papier végétal, d’une égalité, d’une finesse, d’une solidité si merveilleuses; ces papiers coquille, éblouissants de blancheur; ces papiers registre,' rivalisant en solidité avec les fameux papiers de Hollande; ceux dits parchemin et qui ont, en effet, toutes les qualités du parchemin, se reproduisent cette année avec la même perfection que nous avons signalée à l’exposition précédente, et c’est avec une vive satisfaction que nous voyons s’accroître considérablement le nombre de fabriques nouvelles qui rivalisent presque avec celles des Canson, des Lacroix, des Johannot, des Kleber, des Desgranges, etc. l’honneur de la papeterie française.
- C’est là le principal résultat de cette exposition, et on n’en saurait désirer de plus satisfaisant, puisqu’il nous assure une multiplicité d’excellents produits qui facilitera nos exportations.
- Nous devons toutefois signaler une amélioration dans la fabrication des papiers pour les journaux. Le prix en a dir ni. 3 7
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- minué, bien qu’ils soient en général mieux fabriqués et qu’ils aient acquis une plus grande solidité par l’emploi qu’on a su faire de matières végétales, telles que cordes, bâches, ficelles, etc. que l’on rebutait auparavant ou qu’on n’utilisait que pour des papiers grossiers.
- Les papiers dé couleur se sont aussi perfectionnés et se présentent en grand nombre à celte exposition. L’extension qu’a prise la fabrication des fleurs a engagé quelques-unes de nos meilleures fabriques à rivaliser avec la nature en vivacité et variété de couleurs. Leur zèle a été récompensé par de véritables succès, et ces efforts pour des objets exceptionnels ont profité en général à la fabrication de produits d’une utilité plus générale.
- De nouveaux services sont sollicités de la papeterie par de nouvelles découvertes. La photographie, ou plutôt Yhéliogra-phie sur papier, dont la découverte est toute récente, réclame de nouveaux efforts de nos fabriques, particulièrement dé celles qui sont placées dans les conditions les plus favorables par la nature du sol et la pureté des eaux. Déjà guidés par nos plus habiles fabricants, par les observations que l’expérience et les comparaisons indiquent, nos artistes et nos savants chimistes se sont livrés à des essais qui méritent d’êlré encouragés.
- Le jury émet donc le vœu que la Société d’encouragement pour l’industrie nationale veuille bien proposer un prix pour hâter des tentatives dont la complète réussite enrichirait notre siècle d’un prodige de plus.
- Les essais de papiers fabriqués avec les tissus végétaux de bananier reparaissent celte année avec quelques améliorations ; on a vu aussi se produire des essais fabriqués avec le palmier nain de l’Algérie. Tous ces papiers offrent les avantages de solidité qu’on remarque dans tous les papiers fabriqués avec des pâtes dites vertes, c’est-à-dire dont les filaments, n’ayant pas subi les manutentions et blanchiments successifs des toiles, ont conservé toute leur ténacité. Mais la transparence et l’aspect vitreux de cette nature de pâte ne permettront jamais
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- de les employer que dans une certaine proportion et pour corroborer les chiffons dits de ville, trop énervés par les blanchiments excessifs. Ils pourront toutefois contre-balancer l’introduction toujours croissante des cotons, dont l’importation en France s’élève naainlenant à 60 millions de kilogrammes par an, et qui ne fournissent pour la fabrication des papiers qu’une matière bien moins solide que celle du chanvre et du lin.
- Le prix considérable du transport de ces substances exotiques a été jusqu’à présent un obstacle insurmontable à leur emploi en France;.mais il n’est pas douteux que, de même qu’en Chine tout le papier est fabriqué avec le bambou, et qu’à la Havane il est confectionné avec les produits végétaux indigènes, de même on doit espérer que nous pourrons bientôt utiliser avec avantage le palmier nain en Algérie. Il faut donc savoir gré à tous ceux qui s’efforcent de substituer ces matières à celles qui pourraient un jour nous manquer, si les progrès croissants de la civilisation, multipliant subitement les besoins de la lecture et de l’écriture, renchérissaient considérablement le prix des chiffons; mais leur production s’est jusqu’à présent maintenue en France au niveau des progrès de la civilisation. Là où l’instruction est le plus répandue, là aussi il est plus cher; c’est même une sorte de thermomètre qui peut être consulté par la statistique pour constater l’état intellectuel des divers pays.
- MM. CANSON frères, à Vidalon-lès-Annonay (Ardèche}.
- Au point de perfection où la papeterie mécanique est parvenue en France, et qui est due surtout à la famille Ganson , dont les fabriques datent du commencement du siècle dernier, se maintenir à la hauteur de la position que celte famille a conquise est un grand honneur pour MM. Étienne fils aîné et son jeune frère, qui depuis longtemps dirigent l’établissement paternel, et ont exposé en leur nom, en i844* ces beaux produits qui leur ont mérité la médaille d’or, et ont été signalés avec tant de distinction dans le -rapport du jury.
- L’examen des vingt-sept articles qu’ils ont envoyés à l’exposition et
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- Rappels
- de
- médailles
- d’or.
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- qui offrent un spécimen de tous les papiers employés par le commerce el les arts, depuis le grand-monde jusqu’aux papiers écoliers, ne pouvait amener d’autre résultat que de constater ce qui est su de tous, que, loin de reculer, le célèbre établissement de MM. Canson améliore chacun de ses produits par l’effet même de la longue expérience que leurs habiles chefs et leurs nombreux ouvriers ont acquise.
- A la précédente exposition leur établissement comptait quatre machines; il s’est augmenté d’une cinquième; nous en félicitons le pays ainsi que MM. Canson ; c’est une preuve que leurs produits si admirés de la France et de l’étranger y sont de plus en plus recherchés.
- M. Étienne Canson, connu depuis longtemps comme un savant cl habile mécanicien, et qui avait exposé à la précédente exposition un appareil pour mettre les chaudières à l’abri des chances d’explosion, présente celte année plusieurs turbines de son invention, qui sont adoptées généralement dans le midi de la France; leur mérite sera apprécié ailleurs. Mais nous croyons que lorsque tant de conditions honorables ont mérité d’être signa ées à l’attention du Gouvernement, on peut tout espérer de sa bienveillance en faveur de M. Étienne Canson.
- Le jury rappelle de nouveau la médaille d’or que MM. Canson frères continuent à si bien mériter.
- M. JOHANNOT, à Annonay (Ardèche).
- M. Johannol a obtenu, dès 1806, la médaille d’or pourla beauté de ses produits, juste récompense des progrès dont la papeterie lui est redevable. C’est peut-être la plus ancienne fabrique de France: elle date du milieu du dix-septième siècle, et c’est par elle que Ambroise Didot fil fabriquer, pour la première fois, le papier dit vélin, pour la collection du Dauphin.
- M. Johannot n’avait point exposé en 1889 et i84£ ; nous voyons donc reparaître celte année, avec une vive satisfaction, les produits de ce bel et ancien établissement, qui a obtenu quatre fois la médaille d’or, et dont les produits , au nombre de vingt, ne redoutent la comparaison avec aucun de ceux de nos meilleurs fabricants.
- Nous avons remarqué, entre autres, la série des papiers à dessin, et ceux à laver soit blancs, soit légèrement teintés en bistre ou couleurs tendres,
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- Rien de plus beau quel’égalilé parfaite de l’azur dans les papiers coquilles.
- Le jury est heureux de rappeler à M. Johannot la médaille d'or que ses beaux produits lui méritent ajusté titre.
- MM. BLANCHET et KLEBER, à Rives (Isère).
- Comme ledit très-bien le rapport du jury départemental qui, pour les détails des produits de celte papeterie, renvoie à notre rapport de i844, MM. Blanchet et Rleber ont épuisé toutes les récompenses qui se distribuent à Paris et dans les départements.
- En admirant la beauté de leurs produits divers , en papiers fabriqués soit à la mécanique, soit à la cuve, nous avons également reconnu l’exactitude de cette autre assertion du jury départemental, qui s’exprime ainsi : « L’industrie de MM. Kleber et Blanchet se « perfectionne toujours, et progresse encore lorsqu’elle semble avoir « atteint les limites de la perfection. #
- Aussi nous abstiendrons-nous d’entrer dans aucun détail sur
- *
- les échantillons de tout genre envoyés à l’exposition par MM. Blanchet et Kleber; la notoriété publique en dira toujours plus que nous ne pourrions le faire.
- Nous signalerons seulement les papiers gargousse incombustibles et imperméables, de tout calibre , qu’ils exposent pour la première fois, et qui sont employés par l’artillerie et la marine.
- Le jury leur rappelle de nouveau la médaille d’or.
- MM. LACROIX frères, à Angoulême (Charente).
- Cette fabrique, si universellement renommée, a parcouru successivement les degrés de récompense que le jury et le Gouvernement pouvaient lui décerner.
- De la médaille de bronze, obtenue en 1823, elle est parvenue successivement à la médaille d’or; et, à la précédente exposition, le chef de famille a obtenu la décoration de. la Légion d’honneur. Cette fabrique doit donc être considérée comme hors de concours, et le jury est heureux de pouvoir, à chaque exposition, admirer ses produits, qui servent d’encouragement aux jeunes concurrents et qui sont un modèle de fabrication.
- MM. Lacroix frères exposent seize échantillons, qui tous ont
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- Meda il les d’or.
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- le degré de perfection qu’on est en droit d’attendre de cet établissement national.
- Le jury rappelle à MM. Lacroix la médaille d’or.
- MM. DURANDEAU, LACOMBE et Cie, à la Couru ne (Charente).
- Leur papeterie complète la série de ces papeteries émérites d’Annonay, qui ont obtenu plusieurs fois la médaille d’or, et qui continuent à la mériter par la perfection de leurs produits. Elle expose vingt-huit espèces de papiers, tous parfaitement fabriqués. Son importance commerciale est moins grande que celle des autres fabriques dites d’Angoulême, mais ce n’est qu’une considération très-secondaire pour le jury qui, reconnaissant que MM.Durandeau, Lacombe et compagnie n’ont négligé aucun progrès, aucune innovation, et que les produits qu’ils exposent sont dignes en tout point de la réputation de leur fabrique d’or pour la troisième fois.
- SOCIÉTÉ ANONYME DES PAPETERIES du Marais et de Sainte-Marie (Seine-et-Marne).
- Comme les précédentes, cette papeterie, qui a obtenu toutes les récompenses nationales, est du nombre de celles qui conservent leur supériorité, et qui doivent être rangées parmi ces papeteries dont les produits continuent à honorer notre‘pays et à maintenir, par leur exemple, les bonnes traditions. Treize échantillons de papier prouvent que le nouveau gérant, M. Doumerc, soutient dignement la réputation de cette fabrique, où s’exécutent, depuis les cartons fabriqués mécaniquement pour les relieurs, jusqu’à ces papiers filigranés destinés au service de la banque de France, aux emprunts, aux actions, etc. Dans ces derniers papiers, les fonds clairs et les fonds opaques, et enfin tous les genres de difficultés, sont mis en usage pour créer des obstacles à la contrefaçon.
- Le jury, qui a examiné avec une très-grande satisfaction les produits de cette fabrique, déclare qu’elle mérite toujours la médaille d’or, qu’il lui rappelle pour la quatrième fois.
- SOCIÉTÉ ANONYME du Souche (Vosges).
- Les produits de la papeîeri'e du Souche, dont la fabrication est
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- dirigés par M. Journet, et l'administration à Paris, parM. Mauban,. sont aussi estimés en France que dans les pays étrangers. En même temps qu’elle acquiert une plus grande importance, puisqu’elle occupe trois grandes machines et emploie 335 ouvriers, elle fait continuellement de véritables progrès et marche de pair avec nos meilleures fabriques pour tous les papiers d’impression, d’écriture, de tentures, de papiers dits pelures et serpentes, et particulièrement pour les papiers registres, qui ont acquis encore plus de solidité. Rien de plus beau que le papier grand-aigle collé, pelure,xlu poids de 8 kilog., et du prix de 36 francs ; il rivalise avec le papier végétal de M. Canson et de MM. Lacroix frères.
- Cette perfection dans l’exécution, lorsqu’elle s’étend sur une grande masse de produits, puisque cette fabrique fournit 5oo,ooo kilog. de papiers par an, la place donc au premier rang et lui en a mérité les honneurs.
- Mais M. Journet, dont le savoir et l’expérience sont généralement appréciés cle tous nos fabricants , a exposé cette année une série de papiers de couleur, et particulièrement un papier d’un rose tellement éclatant, que la fabrication des fleurs qui, jusqu’à . présent, n’avait jamais pu arriver à une telle intensité de ton, en obtiendra de nouveaux effets; c’est donc une conquête de plus en ce genre, dont nous sommes redevables à M. Journet.
- Pour un autre ordre de produits, la science est redevable à M. Journet d’un papier à filtrer deslinéà nos laboratoires de chimie, pour remplacer le papier dit Berzeliiis. Il réunit, en effet, toutes les conditions du papier cle Suède, employé jusqu’ici pour cet usage. On peut juger de la pureté de la pâle par l’analyse qu’en a bien voulu faire M.Bareswil, préparateur de M. Pelouse.
- Une feuille pesant g grammes 6,970 milligrammes, ayant en surface o"‘,2336, a donné en cendres 0,0293.
- D’où il résulte que 100 kilog. de ce papier donneraient 3o2 grammes de cendres, soit 3 millièmes de cendres pour un gramme. C’est un admirable résultat.
- Tout en tenant compte à M. Journet de son habileté et du soin extrême qu’il a apporté à cette fabrication, il faut reconnaître que la nature du sol traversé par le cours cl’eau des Souches et la pureté cle l’eau, sont les conditions indispensables pour obtenir un pareil résultat. Le sol est granitique ou siliceux, ce qui est un heureux privilège contre lequel ne pourront probablement jamais
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- lutter les cours d’eau d’Angoulême, qui sont généralement plus ou moins calcaires; ceux d’Annonay, qui contiennent quelques parties ferrugineuses, et ceux d’Essonnes qui contiennent des parcelles de tourbe qui forment le fond de cette vallée. Aussi le jury espère-t-il beaucoup de la promesse que lui a faite M. Journet de s’occuper de la fabrication d’un papier favorable à l’héliographie et aux merveilles qu’on doit espérer de celte étonnante découverte.
- Une instruction détaillée et constatant les résullals des expériences comparées de diverses sortes de papiers lui a été remise pour le guider dans ses essais.
- Le jury proclame le mérite de M. Journet et lui décerne la médaille cl’or. Il mentionne aussi honorablement l’habile administration de M. Mauban, car les succès de l’industrie ne dépendent pas moins de la bonne administration que de l’habile fabrication.
- MM. LOMBARD, LATUNE et Cic, à Crest (Drôme).
- Ces honorables fabricants se sont signalés à toutes les expositions par la perfection de leurs produits; aussi la notoriété publique , non moins que l’usage et l’estime générale que fait le commerce des sortes si variées qui s’exécutent dans cette papeterie, l’une des premières établies en France, la place-t-elle au premier rang.
- Ils exposent quarante-deux échantillons de papier de toute nature qui, tous, méritent les plus grands éloges. La commission du jury, à la précédente exposition, a fait subir à ces papiers divers essais qui ont constaté l’excellence de leur fabrication et leur solidité. MM. Lalune et Lombard ont encore apporté de nouveaux perfectionnements à leurs produits.
- C’est en 1820 qu’ils ont remplacé l’ancien système de fabrication à la cuve par les mécaniques de papier sans lin. Dès 182.3, ils ont obtenu la médaille de bronze; en i834, la médaille d’argent, qui leur a été rappelée en 1839; une nouvelle médaille d’argent leur a été accordée avec distinction, en i844-
- Le jury croit devoir récompenser la continuité d’une perfection de produits d’autant plus méritoire que la fabrique de MM. Lombard et Latune, située dans le département de la Drôme, n’a pas, par son isolement, les mêmes facilités dont jouissent les fabriques qui, par leur agglomération, peuvent se prêter un mutuel secours, soit par des communications spontanées et réciproques, soit par
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- une comparaison immédiate de leurs produits et de leurs procédés, soit enfin par les communications des ouvriers et des mécaniciens.
- Le jury décerne donc à ces habiles fabricants la médaille d’or pour récompenser leur mérite et leur persévérance.
- MM. LAROCHE frères, à Angoulême (Charente).
- C’est une de ces admirables fabriques d’Angoulême qui maintiennent depuis longtemps la réputation des papiers de cette provenance. Toutes les espèces de papiers qu’ils exposent sont irréprochables; on ne peut en citer un qui soit inférieur aux autres, aussi les produits de cette papeterie célèbre ne sont-ils pas moins recherchés à Paris que dans les pays étrangers, où ils soutiennent l’honneur de la fabrication française.
- Les papiers dits pelures peuvent être proclamés le chef-d’œuvre de ce genre de fabrication, et la preuve, c’est que, comparés au papier végétal de M. Canson, ils ne leur sont en rien inférieurs.
- Ce sont ces admirables papiers, fabriqués par MM. Laroche frères, auxquels M. Dédé donne un apprêt qui les fait rechercher des artistes.'Ils leur trouvent toutes les qualités désirables, et ils coûtent moins cher que le papier végétal.
- MM. Laroche frères ont reçu la médaille d’argent en 183g ; elle leur a été rappelée avec les plus gi'ands éloges en i844- Le jury proclame, le mérite incontestable des produits de ces honorables fabricants et leur décerne une nouvelle médaille d’or.
- M. OBRY fils et G10, à Prouzel (Somme).
- A l’exposition de i844, celte papeterie, la plus considérable du département de la Somme, a obtenu une médaille d’argent. Les éloges, donnés aux papiers qu’elle a fabriqués alors ne pourraient qu’être répétés à ceux qu’elle expose aujourd’hui, car ces produits que le jury a examinés ont encore acquis quelque degré de supériorité pour la solidité. On sait qu’une spécialité des produits de cette fabrique est le papier noir, destiné à envelopper les batistes, dont, par le contraste de la couleur, il rehausse la blancheur sans en ternir l’éclat, inconvénient inhérent plus ou moins aux papiers de ce genre, qui, lorsqu’ils ne sont pas aussi parfaitement exécutés, laissent se détacher quelques parcelles de noir dont le contact est très-funeste aux objets précieux qu’ils enveloppent.
- Nouvelle
- médaille
- d’or.
- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
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- Celte année, celte fabrique expose des papiers violets destinés à envelopper les aiguilles tout en les préservant de la rouille. L’exé-culion en est tout aussi parfaite.
- Plusieurs papiers de couleur ont aussi appelé l’atlenlion du jury par leur qualité.
- Le jury, qui apprécie les efforts de MM. Obry et compagnie, leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. GRATIOT, à Essonnes (Seine-et-Oise).
- Celte papeterie, à laquelle le jury a décerné une seconde médaille d’argent, en i844, est aussi remarquable par laperfeclion des produits que par l’habile administration de M. Amédée Gratiot. C’est, de plus, une de nos principales fabriques, puisqu’elle entretient trois grandes machines dont les produits s’élèvent à une valeur de près d’un million cle francs.
- Des soins tout particuliers sont donnés aux ouvriers dans cette fabrique; ils attestent les sentiments d’une philanthropie aussi généreuse qu’éclairée de M. A. Gratiot.
- Par la proximité de Paris, celle fabrique peut suffire aux besoins instantanés qui ne pourraient être satisfaits par des fabriques éloignées de la capitale. Elle exécute à des prix modérés et en grande abondance les papiers destinés à l’exportation et les confectionne aussitôt la commande. Parmi les papiers de tout genre qu’elle expose, et qui Ions sont d’une exécution fort remarquable, la série des papiers de couleur est très-riche et très-belle; c’est encore une des spécialités de celte fabrique.
- Les coquilles vergées fabriquées à la mécanique, dont M. Gratiot • avait exposé des échantillons à la précédente exposition, semblent s’être encore perfectionnées; enfin, parmi le grand nombre de papiers exposés, ceux qui sont destinés à la- lithographie nous ont paru très-appropriés à ce genre d’impression.
- Le jury, voulant témoigner toute sa satisfaction à M. Gratiot pour l’habile direction de sa fabrication et de son administration, lui décerne, pour la troisième fois, une nouvelle médaille d’argent, récompense si justement méritée.
- Médailles
- d’argent.
- MM. LAROCHE-JOUBERT, DUMERGUE et Cio, à Nersac (Charente).
- Créée en 1841, celte fabrique s’est placée dès son début au.rang
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- des premières fabriques d’Angoulême; les produits qu’elle expose cette année font voir qu’elle fait partie de cette élite des papeteries françaises.
- De même que pour celle de MM. Lacroix frères, il serait superflu de décrire chaque sorte des papiers qu’elle expose ; ce serait le même, éloge à faire de chacune, et d’ailleurs la notoriété publique en dit plus que ne pourrait le faire l’examen de chaque échantillon soumis au jury, et tous réunis dans un registre où vingt et une sortes rivalisent entre elles de perfection. La fabrication de celte belle papeterie ne s’élève pas à moins de x,000,000 de francs chaque année.
- Nous nous bornerons à signaler l’admirable papier vergé fabriqué à la machine. Bien des essais avaient été tentés par nos meilleurs fabricants et avaient réussi dans un degré plus ou moins satisfaisant. Mais depuis plusieurs années, MM. Laroche-Joubei't, Dumergue et compagnie en livrent au commerce des quantités considérables commandées par'des commissionnaires qui les vendent comme papiers anglais.
- Le jury accorde à MM. Laroche-Joubert, Dumergue et compagnie, la médaille d’argent qu’ils ont si justement méritée.
- MM, BRETON frères, à Pont-de-Claix (Isère).
- La papeterie de MM. Breton frères se distingue par la bonne qualité de ses produits et par les progrès dont on lui est redevable. A l’exposition précédente, le jury a signalé le papier façon de Chine qui s’y fabrique avec succès et dont les échantillons exposés celte année prouvent de nouveau la parfaite exécution. Les imprimeurs en taille-douce les plus célèbres de Paris ont attesté alors et attestent encore aujoui'd’hui que les impressions faites sur ce papier sont au moins aussi belles que sur le papier de Chine même. Un prix de 2,000 francs a été accordé par la société d’encouragement pour l’industrie française à MM. Breton pour ce genre de produits.
- A la précédente exposition, dans les considérations générales sur la papeterie, le jury , en rendant compte des inventions et des pi’Ogrès dus à chaque fabricant, avait attribué à MM. Blanchet et Kleber, de Rives, l’invention des tambours laveurs, qui ont apporté une si grande amélioration au lavage des pâtes. Ces honorables fabricants se sont empressés de déclarer que, tout en apportant un perfectionnement à ce procédé, ils reconnaissaient que l’invention
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- Rappels
- de
- médaille de bronze.
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- en est due à MM. Breton frères, qui étaient parvenus, d’essais eiï essais trop longs à relater ici, à faire fonctionner dans les piles le tambour laveur, invention qu’ils s’empressèrent de montrer à MM. Blanchet, de Rives. Ceux-ci l’adoptèrent en remplaçant la feuille de cuivre percée de trous dont MM.- Breton recouvraient leur tambour laveur par une toile métallique, ce que MM. Breton adoptèrent à leur tour comme perfectionnement ét complément de celte utile invention, qui a tant contribué à donner aux papiers la solidité dont manquent tous ceux qui ont été fabriqués avant cette découverte.
- Tous les produits exposés par MM. Breton frères se recommandent par leur excellente fabrication et méritent à ces habiles fabricants la médaille d’argent que le jury leur décerne.
- M. FERRAND-LAMOTTE, à Troyes (Aube).
- A l’exposition précédente, il a été rendu compte des produits de la fabrique de M. Ferrand-Lamotte et de son appareil pour presser les pâtes au sortir du défxlage. Celte année, M. Lamolte expose de nouveau cette machine, avec quelques améliorations. Ainsi, en tête de l’appareil est placé un agitateur pour mieux diviser la pâle. Mais, en s’améliorant, cette machine se complique. Il est vrai qu’on peut utiliser les toiles métalliques qui, hors de service pour la fabrication du papier, servent pour conduire les pâtes sur celte machine, dont le système offre de l’analogie avec la machine à papier continu. Quoique plusieurs fabricants aient commandé de semblables machines à M. Ferrand-Lamotte, il faut cependant attendre qu’une plus longue expérience ait prouvé que les avantages qu’elle présente ne se trouvent pas compensés par une main-d’œuvre plus coûteuse que ne l’est le pressage des pâtes au moyen des presses hydrauliques.
- Le jury apprécie les efforts que fait M. Ferrand-Lamotte, l’un de nos plus ingénieux fabricants. Aussi lui rappelle-t-il la médaille de btonze qui lui a été décernée en i844-
- MM. ANDRIEUX, VALLÉE et G!e, à Morlaix (Finistère).
- Les papiers de la Bretagne ont été longtemps estimés uniquement pour leur solidité ; mais leur fabrication était restée stationnaire. On doit savoir gré à MM. Andrieux, Vallée et compagnie, des efforts
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- qu’ils ont fails pour améliorer les produits de celle contrée de la France, préservée jusqu à présent presque entièrement de l’invasion des tissus de colon. Les papiers vergés fabriqués à la cuve par M. Vallée sont très-solides et soutiennent leur ancienne réputation.
- Les produits d§ MM. Andrieux et Vallée avaient fixé l’attention du jury à la précédente exposition, et leur avaient mérité la médaille de bronze; ils se sont depuis beaucoup accrus, ce qui prouve qu’ils ne sont pas moins recherchés parla consommation intérieure que pour l’exportation. Ces papiers sont d’excellente qualité, très-nerveux et bien fabriqués.
- Le jury rappelle à MM. Andrieux, Vallée et compagnie, la médaille de bronze, comme nouvelle preuve de l’estime qu’il fait de leurs produits et des améliorations que leur doit la papeterie en Bretagne.
- MM. JOURNET et Cie, à Carcassonne (Aude).
- C’est pour la première fois que M. Journet jeune expose les produits de sa fabrique de Carcassonne, qui rend de véritables services aux contrées où il l’a fondée, en i83o. Les vingt-huit sortes qu’il envoie comme échantillons sont d’une très-bonne exécution et prouvent l’habileté de M. Journet jeune, frère du directeur de la papeterie du Souche. Tous deux se sont formés dans les fabriques de MM. Firmin Didot, lors de l’introduction en France des premières machines à papier.
- Elèves de l’école de Châlons, leurs connaissances spéciales leur ont permis de suivre avec plus de sûreté que d’autres tous les progrès qu’a faits dès l’origine la fabrication des papiers à la mécanique. Les produits de la papeterie de Carcassonne sont très-estimés dans le midi de la France, où ils trouvent un facile écoulement. Nous croyons devoir mentionner et signaler à tous les fabricants un service que peut rendre à l’agriculture chaque pape-' terie, et que M. Journet jeune a mis en pratique. Par un système d’irrigation des mieux entendus, il est parvenu à utiliser les eaux grasses chargées de matières animales et de potasse, provenant des lavages et des lessivages des chiffons de leur usine, et à convertir par ce moyen en d’excellentes prairies des terres qui auparavant étaient sans aucune valeur et complètement stériles.
- • Le jury accorde à M. Journet la médaille de bronze comme récompense de ses constants efforts.
- Médailles dç, bronze*
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- M. ROQUES, rue des Martyrs, n° 12, à Paris.
- Les nombreux essais faits en présence d'habiles cliiinisles ont démontré la possibilité de fabriquer le papier avec les planles textiles des tropiques et de l’Algérie, et la solidité qu’elles donnent au papier. Elles seront donc d’un grand secours, si le prix peut se niveler avec celui des chiffons. Là est toute la question. Déjà, afin de diminuer les frais de transport, M. Roques a opéré, sur les lieux mêmes de production, des lessivages alcalins qui ont enlevé près d’un tiers du poids à la filasse, en la débarrassant de parties hétérogènes; mais il ne faut pas se dissimuler que, par l’opération du blanchiment, nécessairement très-actif, ces filasses éprouvent encore un déchet considérable, qui ne doit pas être estimé à moins de 20 p. 0/0. Si M. Roques pouvait faire exécuter sur les lieux mêmes de production cette opération du blanchiment qui succède à celle du lessivage, il en résulterait une économie de 20 p. 0/0 sur les prix du transport, ce qui lui permettrait de se rapprocher un peu plus du prix des chiffons, car, nous le répétons, là est toute la question, et nous croyons devoir rappeler ici la conclusion du rapport très-circonstancié fait à M. le ministre de l’agriculture et du commerce, le 6 décembre 1846, par MM. Che-vreul et Peligot :
- «Si M. Roques peut livrer aux fabricants de papier des filasses «d’aloës, de bananier, etc. etc. douées de la ténacité qui leur est «naturelle, à un prix égal au plus à celui du chiffon de bonnequa-«lilé, il aura rendu un véritable service à son pays. »
- Un autre rapport, présenté à l’Académie des sciences, le 12 février 1849, Par MM. Pouillet, Boussingault et Payen, témoigne de l’avantage que présenterait, pour donner de la solidité à nos papiers, l’emploi de ces substances exotiques. Ces savants chimistes ont pensé que «le projet de M. Roques arrivait à point et était digne des en-«couragements de l’Académie des sciences, puisqu’il aurait pour «but de réaliser des améliorations si importantes et qu’il pourrait « contribuer au développement de nos cultures tropicales. »
- Le jury, qui a déjà rendu compte, en 1889, des essais de M. May, et qui, en 1844, a mentionné honorablement les efforts de MM. Fre-mendity, Gabald, Baraton et compagnie, espère qu’à la prochaine exposition M. Roques aura vaincu les difficultés qui s’opposent jusqu’à présent à l’emploi de ces substances; il lui accorde la médaille de bronze.
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- MM. MICHAUT frères, à Laval (Vosges).
- Celle fabrique expose pour la première fois ses produits. C’est en i836 que MM. Michaut frères ont remplacé l’ancien système des cuves par une machine qui, montée d’api’ès les meilleurs modèles, donne d’excellents produits, que le jury a examinés avec intérêt.
- Le grand-aigle pour lavis, du prix de 100 francs la rame, est d’une parfaite fabrication; il en est de même des carrés, fleurettes, coquilles, papiers de rouleaux pour tenture. Un rouleau de papier pour calquer, du prix de 200 francs, est d’une fabrication très-remarquable.
- La papeterie de MM. Michaut frères ne peut qu’accroître la réputation des papiers des Vosges.
- Le jury leur accorde la médaille de bronze.
- MM. PAUL et CARDAILLAC, à Toulouse (Haute-Garonne).
- La papeterie mécanique que MM. Paul et Cardaillac ont récemment établie à Toulouse, d’après les procédés les plus récents, expose pour la première fois ses produits, qui sont fort bien exécutés. Cette papeterie, placée près de l’un des grands centres de population, remplace, pour un grand nombre de sortes, les papeteries d’Angoulême, qui jusqu’alors fournissaient aux besoins des imprimeurs, des lithographes et fabricants de papiers peints de ces contrées.
- MM. Paul et Cardaillac ont établi une autre papetei’ie à Bagnère, et en ont fondé une à Valladolîd, en Espagne, où ils exportent une partie de leurs produits.
- Ils se sont livrés à plusieurs essais pour utiliser le palmier nain d’Algérie, le maïs et diverses sortes de joncs.
- Parmi les papiers qu’ils ont exposés, le jury a remarqué des papiers dits fleurettes au prix de 1 fr. 6o cent, et de 1 fr. 70 cent, le kilogramme, qui sont très-bien exécutés.
- Le jury accorde la médaille de bronze aux produits de la fabrique de MM. Paul et Cardaillac, qui est appelée à rendre de véritables services au midi de la France.
- M. RAROURDIN, à Cusset (Allier).
- M. Rabourdin expose, pour la-première fois, les produits de
- Mon 11011» Lonorablcs*
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- deux papeteries, l’une à Cusset, département de l’Ailier, et l’autre à Villeret, département de la Loire.
- Les échantillons qu’il a envoyés à l’exposition prouvent que ces papeteries sont dans une bonne voie de fabrication; aussi le commerce en recherche-t-il les produits, dont les prix sont modiques. Sans prétendre rivaliser avec les belles qualités d’Angoulême, les échantillons examinés par le jury sont reconnus comme très-satisfaisants.
- Ces deux papeteries fabriquent 600,000 kilogrammes par an, dont la valeur s’élève de 6 à 700,000 francs.
- Le jury mentionne honorablement les produits des fabriques de M. Rabourdin.
- M. GOSSE DE SERLAY, à Gueures (Seine-Inférieure).
- La fabrique de Gueures est connue par les bons produits qui ^’y fabriquent. Comme elle le déclare elle-même, elle s’occupe exclusivement des produits d’un usage général et courant, sans viser aux papiers de luxe. C’est une des bonnes papeteries de France, dont les produits méritent d’être honorablement mentionnés par le
- jury-
- MM. COSTE etDESGATZ-RICOLE, à Castres-sur-l’Agout (Tarn).
- Ils fabriquent des papiers à la cuve depuis 1785, et àja machine depuis 182 5. Ils exposent pour la première fois. Leurs produits sont destinés plus particulièrement aux besoins des manufactures du pays et à l’exportation. C’est particulièrement le papier dit cigarettes qui est leur principale fabrication.
- Le jury mentionne honorablement les produits de MM. Cosle et Desgatz.
- MM. PIQUES frères, à Nancuise (Jura).
- >
- Les produits de MM. Piques frères ont été cités favorablement à la précédente exposition. Les cartons à satiner le papier et les étoffes qui sont envoyés celte année nous paraissent avoir acquis encore un plus grand degré de solidité et de lustre. Le jury accorde à MM. Piques frères une mention honorable.
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- M. Ï1XIER CIIABIVIE1Ï, à Ainbert (Puy-de-Dôme). Citation*
- favorables.
- Il expose des papiers dits serpente remarquables par leur finesse et leur qualité soyeuse, qui les,rend si précieux pour envelopper les bijoux, les dorures, etc. On est étonné du bas prix auquel M. Tixier-Chabrier peut livrer au commerce ce genre de papiers.
- Les 1,000 feuilles, grandeur ordinaire de carré, ne coûtent que 6 fr. 5o cent., et cependant ces 1,000 feuilles sont fabriquées à la main.
- Cette fabrication tout exceptionnelle ne peut s’expliquer que par le bas prix de la main-d’œuvre en Auvergne et par l’absence de tous travaux en hiver ou pendant la saison des pluies, en sorte que ce sont en général des laboureurs ou terrassiers qui se livrent à cette occupation, pour un salaire presque nul, mais que ces populations laborieuses préfèrent à l’oisiveté.
- Le jury accorde une citation favorable aux produits exposés par M. Tixier-Chabrier.
- M. RENARD fils, à Nonancourt (Eure).
- Il fabrique avec succès, depuis longtemps, des cylindres et autres objets concernant les machines à papiers. Ses cylindres.sont particulièrement renommés pour leur solidité. Le nouveau modèle qu’il expose réunit de nouvelles conditions de durée et mérité d’être cité favorablement.
- DEUXIÈME SECTION.
- CUIRS ET PEAUX, HGNGROIRIE, MAROQUINS, CUIRS VERNIS, TOILES CIRÉES, ETC
- S V*. CUIRS ET PEAUX.
- M. Dumas, de l’Institut, rapporteur. / î •
- M. OGEREAU, rue de Buffon, n° 15, à Paris. ,
- •- • • . I - W À, .. •
- La perfection des produits de M.-Ogereau est attestée par le nombre des commandes qui lui sont faites. Les Etats-Unis seuls lui demandent autant de cuirs corroyés qu’il en peut fabriquer, et
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- Rappels
- de
- médailles
- d’or.
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- depuis la dernière exposition il s’est^vu contraint de doubler le nombre de ses ouvriers corroyeurs; le prix élevé auquel il vend ses cuirs est, du reste, une garantie de leur bonne qualité. Pour les cuirs forts, il a été obligé de1 fonder une nouvelle usine à Ran-dans (Puy-de-Dôme), et les produits de cette fabrique sont très-estimés dans le commerce.
- Le jury le juge toujours digne de la médaille d’or qui lui fut décernée en 1839.
- MM. DURAND frères, rue de l’Oursine, n° 9, ù Paris.
- MM. Durand frères, dont le père M. Durand-Chancerel a obtenu la médaille d’or en i83g, ont continué ses opérations dans deux des tanneries les plus considérables du quartier Saint-Marceau. 5o ou 60 ouvriers y sont continuellement employés, et produisent annuellement 10,000 cuirs forts, dont la valeur est environ de 5 à 600 mille francs, et qui, à la balle aux cuirs, se vendent toujours au taux le plus élevé. Le premier marteau Berendorf, à battreles cuirs forts, a été construit pour cette'usine, qui a renoncé des premières à l’emploi de l’acide sulfurique dans la fabrication des cuirs jusés; des expériences importantes s’effectuent chez MM. Durand pour arriver à l’accélération si désirable du tannage; il est à espérer qu’elles auront des résultats durables.
- Le jury déclare que MM. Durand frères sont dignes du rappel de la médaille d’or que leur père avait obtenue en i83g.
- M. DELBUT pèreet Cle, à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise).
- 11 présente à l’appréciation du jury des cuirs forts, tannés en 18, i4 èt môme 12 mois; ces cuirs, connus dans le commerce et fort recherchés sur les marchés sous le nom de cuirs Delbut, ne sont surpassés en qualité par aucun de ceux que ses concurrents fabriquent en 2 ans, 2 ans et demi; son procédé offre donc de grands avantages, puisqu’en diminuant la durée du tannage il permet de baisser le prix des produits.
- Depuis trente ans que la tannerie de M. Delbut existe, cetindustriel habile a fait beaucoup d’essais pour l’amélioration des cuirs forts. C’est lui qui, le premier, a substitué à l’ébourrage à la chaux, l’ébourrage au moyen d’une étuve,,et qui a supprimé ainsi l’introduction dans le.tissu des peaux d’une matière nuisible et très-difli-
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- cile a enlever plus. tard. Aujourd’hui, l’usage des jeunes branches de chêne dans le tannage, l’emploi régulier du séchage des peaux ajoutés à l’adoption de tous les procédés mécaniques connus, donnent à sa tannerie un caractère digne de l’attention du jury.
- Une médaille de bronze en i834, une-d’argent en 18.39, une d’or en i844, sont des preuves éclatantes de l’amélioration constante de ses produits pendant les vingt années qui viennent de s’écouler.
- Le jury rappelle en conséquence, avec la plus ferme conviction, la médaille d'or obtenue déjà par M. Delbut.
- MM. PELTEREAU jeune et frères, à Château-Renault (Indre-et-Loire).
- La fabrique de MM. Peltereau, qui existe depuis deux siècles,a toujours donné d’excellents produits au commerce. Honorés de la médaille d’argent en 1823, du rappel de celte médaille en 1827, et enfin de la médaille d’or à la dernière ' exposition, ses chefs continuent, par la qualité de leurs cuirs forts, à mériter l’attention des commerçants.
- Mais ce qui en ce moment doit attirer surtout la bienveillance du jury, c’est la sollicitude avec laquelle MM. Peltereau s’occupent du sort de leurs ouvriers; une caisse de secours pour les ouvriers infirmes ou âgés, un médecin dont les soins gratuits sont assurés aux malades, telles sont les institutions que les ouvriers delà tannerie de Château-Renault doivent à ses propriétaires, et c’est à la confiance inspirée par ces soins éclairés et incessants que M'. le maire de cette ville attribue la tranquillité exceptionnelle dont elle a joui pendant la révolution de Février, et la crise occasionnée, en 1846, par l’élévation de prix du grain. . 1
- Le jury les juge toujours dignes de la médaille d’or qu’ils ont obtenue en i844-
- _ /
- M. STERLINGUE, à Aubcrvilliers (Seine).
- . Il fabrique spécialement des cuirs, forts; tous ses produits sont consommés à l’intérieur de la France; il ne livre rien à l’exportation. v -v
- Le chiffre de ses affaires, qui s’élève k 3oo,,ooo francs, les 4o ouvriers qu’il emploie,'la médaille d’or qu’il a obtenue en 1839, à
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- Médailles
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- l’exposition, et celle que lui a accordée le commerce des cuirs, indiquent une bonne fabrication et une usine en voie de prospérité.
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille d’or qu’il a obtenue en i83g.
- M. DUPORT, rue des Francs-Bourgeois-Sl-Marcel, n° 16, à Paris (Seine).
- Depuis la dernière exposition, M. Duport a donné de nouveaux développements aux procédés pour la refenle des peaux, qui lui avaient mérité en 1844 la médaille d’argent. Il est parvenu à doubler les dimensions en longueur et largeur des peaux de bœuf les plus grandes, et, par conséquent, aies rendre propres à des usages auxquels jusqu’alors elles se refusaient. Il a su, en outre, par des procédés nouveaux, restituer aux peaux, ainsi doublées, le grain naturel de la fleur, auquel on tient beaucoup dans les applications de luxe auxquelles ces peaux sont destinées. Les peaux, ainsi refendues et grainées artificiellement après leur vernissage, peuvent servir à faire des capotes sans coulures pour les plus grandes voitures.
- M. Duport, par une application ingénieuse de la pression atmosphérique, est parvenu à refendre les peaux les plus molles, telles que les peaux de veau destinées à la reliure, qui sont toujours ainsi d’une égale épaisseur et d’une résistance constante.
- Le jury lui accorde la médaille d’or.
- M. HERRENSCHMIDT, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- L’établissement de M. Herrenschmidt produit tous les genres de cuirs ,
- i° Pour l’équipement des troupes ; '
- 2° Cuirs forts, vaches lissées, veaux cirés, etc.
- 3° Cuirs noirs pour carrosserie, sellerie, etc. cuirs jaunes; cuirs de Hongrie ;
- 4° Courroies pour les établissements industriels.
- L’extension des rapports de celte maison avec l’Allemagne, la Hollande, ’ l’Autriche, la Turquie et même certaines parties de l’Amérique, et la préférence marquée que les fournisseurs de l’armée lui accordent pour les souliers des troupes, à cause de la souplesse des croupons de vache fabriqués pour cet usage, sont autant de preuves d’une belle et bonne fabrication, que le jury se
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- trouve heureux de constater en décernant à M. Herrenschinidt une médaille d’or.
- M. REULOS, rue du Jardin-des-Plantes, n° i5, à Paris (Seine).
- M. Reulos est,, avec M. Budin, dont il a été longtemps l’associé, le. seul tanneur de Paris qui tire parti des peaux de chevaux. Longtemps les cuirs provenant de l’abalage des chevaux à Paris lui ont suffi; mais actuellement la consommation de ce produit devient si considérable, en province surtout, qu’il est obligé d’avoir recours aux peaux sèches et salées qui arrivent d’Amérique.
- Outre les cuirs de cheval, M. Reulos fabrique aussi des veaux cirés fort estimés.
- La supériorité de ce fabricant consiste surtout dans la rapidité avec laquelle le tannage s’effectue chez lui. Cette rapidité a été constatée par la société d’encouragement, qui, après avoir marqué des peaux de cheval et de veau, les a reçues, au bout de 42 jours, tannées et corroyées avec toute la perfection désirable. Ces produits ne sont en rien inférieurs à ceux qui ont été tannés en 4 et 6.mois, car les commercants auxquels on les a vendus n’ont eu que des éloges à donner à M. Reulos sur leur force, leur souplesse et leur durée.
- . Le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. BUDIN, rue du Fer-à-Moulin, n° 5o, à Paris (Seine).
- Depuis trente ans, M. Budin s’occupe de la fabrication du cuir de cheval; ses produits sont fort estimés dans le commerce, ainsi que l’atteste leur prix élevé. L’étendue des affaires de cette maison, surtout dans le midi de la France, les marques de satisfaction de tous ses correspondants, et les commandes nouvelles que s’empressent de lui faire ceux qui ont déjà eu l’occasion de consommer de ses cuirs, indiquent assez les soins que cet industriel apporte à sa fabrication et les heureux résultats auxquels il est arrivé.
- Le jury lui accorde une nouvelle médaille d’argent..
- M. BRISOU fils aîné, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
- Il a fondé en 1800 le premier établissement de tannerie à Rennes. Avant celle époque, on ne tirait aucun parti des écorces
- Nouvelles
- médailles
- d’argent.
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- Rappels
- de
- médailles
- d’argent.
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- de chêne des bois qui environnent Rennes. La valeur considérable que celle écorce représente actuellement était donc entièrement perdue.
- Trente tanneries, depuis 1800, se sont fondées à Rennes, à l’exemple de celle de M. Brisou, et celte industrie, autrefois nulle, représente actuellement un mouvement d’argent de 5 à 6 millions.
- M. Brisou fabrique pour Tintérieür et pour l’exportation une quantité considérable de cuirs forts et de cuirs de veau; son chiffre d’affaires est de 3 à 4oo,ooo francs ; il emploie, en général, de 4o à 45 ouvriers, ét jusqu’à 4oo à l’époque de la récolte des écorces.
- Le jurv lui accorde une nouvelle médaille d’argent.
- M. PRIN, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Il fabrique des veaux jaunes et cirés presque uniquement pour l’exportation, aussi apporte-t-il un grand soin à varier les produits suivant les marchés sur lesquels il doit les vendre. Il est en outre obligé, ses cuirs devant supporter de très-longues traversées, de les fabriquer avec'des précautions toutes particulières afin qu’ils arrivent dans le meilleur état de conservation possible. Les résultats satisfaisants auxquels il est parvenu dans celte fabrication sont constatés par de nombreuses commandes qui lui arrivent de toutes les parties de l’Amérique, et par le nombre de peaux qu’il est obligé de fabriquer pour satisfaire à ses nombreux engagements, 4oo,ooo peaux de veau qui sortent chaque année de ses ateliers, el/qui vont se répandre sur les marchés de Londres, de'New-York, de Rio-Janeiro, de Buenos-Ayres, etc. attestent la prospérité de son établissement et la bonne qualité de ses produits.
- Le jury lui accorde le rappel de la-médaille d’argent qu’il a obtenue en 1839.
- MM. LEWEN et fils aîné, rue de YOurcine, n° 28, ;\
- Paris (Seine).
- • 1
- 0 4 { . , . ,
- Celle fabrique, alimentée par les veaux des boucheries de Paris et par les cuirs de vaches provenant de l’Inde, produit la plupart des peaux qui servent pour la fabrication-des cuirs , vernis. Ceux qui connaissent celte dernière industrie savent toutes les difficultés qu’éprouve le tanneur à donner aux peaux la souplesse et en même temps la résistance nécessaires à la beauté et à la solidité du vernis
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- que l’on y doit appliquer. Ils reconnaîtront donc les efforts amilti?-pliés qu’ont dû faire MM. Lewen pour maintenir leurs produits au niveau des exigences de ceux qui les emploient.
- Le jury rappelle la médaille d’argent. ,
- MM. GILLARD frères, à Sierck (Moselle).
- La tannerie de MM. Gillard frères a été établie, en 1806, par leur père.
- Ils livrent annuellement au commerce 4>5oo cuirs forts .provenant de peaux sèches de Buenos-Ayres. Ces cuirs, d’une belle qualité, d’une bonne fabrication et d’un usage avantageux, ont mérité à MM. Gillard frères plusieurs médailles aux expositions de Metz, et une à Paris en 1839.
- Ces fabricants donnent de grands éloges à leur contre-maître, M. Joseph Schmitt, qui a, par trente-cinq ans d’un service actif et fidèle, puissamment contribué à la prospérité de leur établissement.
- Le jury les juge toujours dignes de la médaille d’argent qui-leur fut décernée en i83g.
- M. SUZER, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Dans l’usine de'M. Suzer, 3o ouvriers, aidés de moyens mécaniques, soumettent au tannage 1,000 ou 1,200 peaux de Veau par semaine, ou 5o à 60,000 par an, et de plus environ 3,000 peaux de bœufs et vaches. Les peaux de veau sont ensuite soumises chez lui également aux opérations du corroyage, qui occupent.environ 20 à 25 ouvriers; 200 ouvriers cordonniers, qui fabriquent de 45 à 5o,ooo paires de souliers de toutes sortes par an, complètent la série des travaux de cette industrie. M. Suzer emploie donc 255 ouvriers qui livrent chaque année à la consommation 60,oop.peauxpréparées et 5o,ooo paires de chaussures de Joutes sortes. Ces marchandises sont vendues avec une faveur marquée-surles.div.ersuiarchés d’Europe et des deux Amériques. ,. - ;
- Le jury lui accorde une médaillée d’argent. , - ; , ' . . •
- M. COURT EPÉE-DUGHESNAY, me du R<3nard-Samt-.Sauveur,,-n° 11, à Paris (Seine,)., r jvu 4
- Cette usine considérable produit pour ènviron 1 ’, 100,000 francs
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- Médaillés
- d'argent.
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- de cuirs par an. Une moitié est consommée en France, le reste est exporté. Ces cuirs, dont la bonne fabrication a valu, en-1844, une médaille de bronze à M. Courtepée, se sont améliorés depuis la dernière exposition. Il a su créer un débouché très-considérable à Londres.
- Le jury pense que M. Courlepée-Duchesnay est digne, en conséquence, d’une distinction plus élevée : il lui décerne la médaille d’argent.
- M. LANDRON frères, à Meung (Loiret).
- Les tanneries de Meung ont, pendant longtemps, produit tous les cuirs nécessaires à Marseille et à plusieurs autres villes. Les divers établissements du même genre qui se sont formés depuis quelques années ont un peu nui à ce succès; cependant les négociants de Marseille continuent à demander à MM. Landron des cuirs dont ils trouvent un débouché avantageux, surtout sur les marchés étrangers.
- MM. Landron fabriquent les cuirs à la juséeou cuirs forts, et les peaux de vache, veau et cheval. Ces cuirs et peaux, par un procédé particulier à cette maison., sont débarrassés de tous les inconvénients que présentait l’emploi de la chaux dans l’opération du débourrage. Ces cuirs ont été reconnus, par les corroyeurs d’Orléans eux-mêmes, supérieurs à tout ce qu’ils avaient pu fabriquer jusque alors.
- Le jury leur accorde une médaille d’argent.
- M. PELTEREAU (Auguste), à Château-Renault (Indre-. et-Loire).
- / ' " î
- Cette fabrique, fondée en 1697, n’àvait pas encore exposé, malgré son ancienneté; depuis longtemps cependant cet établissement se fait remarquer par la supériorité de ses produits. M. P'eltereau occupe 45 à 6o ouvriers, et livre au commerce de grandes quantités de cuirs tannés et corroyés, dont la qualité est excellente.
- Le jury lui accorde la médaille d’argent.
- M. DESAUX-LACO.UR, à;Guise (Aisne).
- En i832 , 1’élablissement de Guise n’était composé que de 9 fosses. Il occupait;,5 ou 6 ouvriers; scs approvisionnements se
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- faisaient dans le pays, et ses produits se consommaient dans un très-faible rayon.
- Aujourd’hui, 24 fosses, 3o ouvriers, une machine à vapeur de G chevaux, les achats de peaux étrangères que l’usine est obligée de faire, et l’extension donnée à la consommation de ses produits, viennent témoigner du soin apporté à la fabrication et de la bonne qualité des cuirs de cet établissement.
- Une médaille de bronze, accordée en 1844 à M. Desaux-Lacour, a été pour lui un encouragement à de nouveaux perfectionnements. Une presse hydraulique destinée à extraire de l’écorce qui a déjà servi le jus qui possède encore quelques qualités ; des volants et des foulons destinés à activer le tannage et le corroyage des peaux, etc. témoignent de l’empressement avec lequel M.- Lacour adopte les innovations qu’il croit favorables à la rapidité et à la perfection de la fabrication.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent’. •
- M. GOUBE-PIÉRACHE, à Douai (Nord).
- M. Goube est le seul fabricant de cuirs à cardes qui ait exposé cette année. Les commandes qui lui ont été faites par des manufacturiers étrangers à la vue. des produits de son exposition l’ont forcé à élever le nombre de ses ouvriers de 18 à 27. Ce’fait, la garantie des noms des plus grandes filatures de Rouen et de Reims qui se fournissent chez lui, les attestations les plus favorables émanées des hommes les plus compétents, enfin, l’importance de la fabrication à laquelle se livre M. Goube-Piérache, déterminent le jury à lui accorder la médaille d’argent.
- M, LEGAL, à Châteaubriant (Loire-Inférieure).
- M. Legal est un des meilleurs fabricants de la Bretagne ; ses produits , fort recherchés pour la confection des cuirs vernis, sont toujours placés d’avance.
- Le jury, voulant constater et récompenser une fabrication loyale et heureuse, lui décerne une médaille d’argent.
- , » • . ' r ' - i : ; , j ; . •
- M: GUILLOT, rue des Anglaises-Saint-Marcel / n° 28,- à • Paris (Seine). ..
- M. Guillot, dont l’usine, a été fondée en 1843,’ fait déjà pour
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- Rappels
- de
- médaille» de bronze.
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- environ 1 million de francs d’affaires, tant en France qu’en Angleterre et en Amérique. Il livre au commerce des veaux corroyés et cirés, du cheval et des croupons de vache pour la troupe. Il travaille en veaux de Bordeaux et jouit d’une grande confiance à Londres. L’importance de ses affaires et la bonne qualité de ses produits rendent M. Guillot digne de la médaille d’argent.
- M. SALLERON, rue Saint-Hippolyte, n° 10, à Paris.
- Les cuirs forts exposés par M. Salleron sont fort beaux; leur poids, leur solidité, leur grain égal et régulier, ne laissent rien à désirer.
- Le jury accorde à ,M. Salleron la médaille d’argent.
- M. FORTIER-BEAULIEU, à Bercy (Seine).
- 9
- Il s’occupe spécialement du tannage des peaux de porcs employées dans la sellerie. Les difficultés que présente ce tannage sont considérables, et peu d’industriels ont pu les surmonter aussi complètement que M. Forlier-Beaulieu','auquel le jury décerne la médaille d’argent. 1
- M. DURAND, a Rully (Calvados). a
- i ' ' *’ ^
- Sa tannerie neproduit que des peauxde veau. Les quarante années qui se sont écoulées depuis .sa fondation , les i5,ooo cuirs qu’élle livre annuellement au commerce., et,les detix médailles de bronze quelle a obtenues aux dernières .expositions, sont .autant de garanties de sa bonne fabrication.
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze qui lui fut décernée en 1839.
- MM. ESTIVANT-frères et BIDOU fils, à Givet'(Nord).
- Les établissements de MM. Estivant et Bidou,, situés à Givet, datent en partie de 1699. .Depuis vingt ans surtout cette, usine a beaucoup augmenté d’importance. 179 fosses dans lesquelles .passent-annuellement 6,000 cuirs de bœufs qui se consomment entièrement en France, un marteau Berendorfpour battre les cuirs, indiquent une fabrication active, et par conséquent un écoulement rapide des produits causé par leur Tonne qualité.’
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- Le jury tes juge toujours dignes de la médaille de bronze qui leur fut décernée en i844-
- M. SORREL-BERTHELET, à Moulins (Allier).
- Les cuirs de M. Sorrel-Berthelet sont employés presque entièrement par le midi de la France, un 5e seulement de sa production est exporté à l’étranger.
- 4o à 5o ouvriers sont employés dans son usine, dont les produits ont mérité une médaille de bronze en i844.
- D’après l’examen dés produits envoyés à l’exposition,' et d’après les informations recueillies par le jury, il juge que M. Sorrel-Ber-thélet, toujours très-digne de la médaille qu’il a obtenue, pourra facilement, à l’aide de quelques efforts, obtenir désormais des récompenses plus élevées.
- MM. BURDALLET et LOUET, à. Toulouse (Haute-Garonne).
- Honorés en 1829 d’une médaille .d’argent, en i835 d’une médaille d’or par l’exposition de Toulouse, en qualité de chefs d’atelier, MM. Burdallet et Louet fondèrent en i844 une corroirie à laquelle, dès i845, l’exposition de Toulouse accorda une médaille d’or. Depuis cette époque ils ont, en i848, joint une fabrique de cuirs vernis à leur usine primitive. i,5oo cuirs de vache, autant de peaux de cheval 'et 7 à 8,000 cuirs déJveau sortent chaque année de leur corroirié. i‘6 à i,8ooldouzaines de peaux de veau passent, avant de sortir de leurs mains, dans leurs ateliers de vernissage et tendent à affranchir le Midi d’une industrie pour laquelle il était jusqu’à ce jour tributaire des départements du nord. '
- Le jury leur accorde une médaille de bronze. ' ‘
- .. -.v * < ''' - ’ ’ ' > 1 '
- M.’ CHICOINEAU, à Quimperlé (Finistère). H-
- . <
- La fabrication de M. Cbicoineau, à Quimperlé,.est une* dés plus vastes du département; 35 ouvriers y travaillent seulement en ce moment, mais 80 pourraient aisément y trouver place. M. Chicoi-neau fabrique toute espèce de cuir : les cuirs forts, les peaux de vache, de mouton, de veau,' de cheval; il'met aussi -en’usage les cuirs secs provenant des Etats-Unis etklu Brésil. 4 1 • < " 1
- Le jury lui accorde la médaille de'bronze. * J i ï'?' "
- Médailles de bronze»
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- M. DÜMONT-DESMOUTIERS, à Douai (Nord).
- 11 s’est appliqué, depuis vingt ans que sa fabrique existe, à éviter l’emploi de procédés chimiques ou mécaniques dans le tannage des cuirs. L’état florissant de son usine, qui se compose de 60 fosses, qui emploie au moins 16 ouvriers, et produit annuellement 3,ooo cuirs forts, répond de la bonne qualité et du prompt écoulement des produits de cet industriel, qui travaille surtout pour la consommation locale.
- Le jury lui accorde une. médaille de bronze.
- M. FIEUX aîné et Ce, à Toulouse (Haute-Garonne).
- Trois branches de l’industrie des cuirs: la tannerie, la corroirie et la hongroirie se réunissent chez M. Fieux, et lui ont mérité de nombreuses récompenses de l’exposition de Toulouse, de l’académie de l’industrie et une mention honorable à la dernière exposition des produits de l’industrie. 2,000 peaux qui sortent de chez lui annuellement sont vendues sur les marchés français et ne souffrent aucunement de la comparaison avec les cuirs de nos meilleures fabriques.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. GEORGET, rue Saint-Hippolyte, n°6, à Paris (Seine).
- M. Georget, teinturier en peaux, est parvenu, après une suite d’essais longs et coûteux, à dégraisser, les peaux avant ou après l’opération de la teinture, de manière à donner aux couleurs plus de vivacité, et en même temps à la peau un aspect qui la rend plus facile, à vendre et à mettre en œuvre.
- Tous les commerçants, peaussiers, cliamoiseurs, etc. qui ont eu l’occasion d’employer M. Georget se plaisent à rendre un compte favorable des résultats de son procédé.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. MASSEMIN, rue du Jardin-des-Planles, n° 16, à Paris (Seine).
- Parti d’une position très-secondaire, et aujourd’hui tanneur et corroyeur en état de faire un million d’affaires, M. Massemin fait cambrer chez lui les tiges de bottes elles guêtres pour l’armée. Son
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- •établissement depuis vingt ans occupe 80 à 90 ouvriers, 7 machines à cambrer, , et produit annuellement de 5o à 60,000 peaux de veau, dont un tiers se vend sur les marchés français et dont le reste alimente le commerce extérieur. Il travaille avec économie; c’est à lui maintenant à donner aussi l’exemple de labelle et solide fabrication.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. BARRANDE (J. B.), rue des Cinq-Diamants, n° 11, Rappels
- de
- à Paris (Seine). mentions
- ' Lonorables.
- 11 s’occupe spécialement de la teinture des peaux pour la chaussure et pour la reliure. Il fabrique 10 à 12,000 douzaines de peaux par an, et en exporte environ la moitié. Sa fabrique, qui date de
- 1833, est avantageusement connue, et la beauté de ses produits lui a déjà mérité une mention honorable à la dernière exposition des produits de l’industrie.
- Le jury lui. accorde le rappel de la mention honorable.
- M. CORNIQUEL(Ch. M.), à Vannes (Morbihan).
- Des médailles à toutes les expositions départementales depuis
- 1834. deux mentions honorables à l’exposition des produits de l’industrie indiquent des efforts constants, de la part de M. Corniquel, pour arriver à une bonne fabrication. D’un autre côté, la quantité considérable de cuirs de toute provenance que cet industriel emploie chaque année, etqu’il livre tant au commerce intérieur qu’au commerce d’exportation, montrent assez clairement qu’il mérite les distinctions dont il a été honoré.
- Le jury lui accorde le rappel de la mention honorable.
- MM. LODVET et COTTARD, à Soissons (Aisne). Mentions
- honorables.
- Les produits que cette maison présente à l’exposition sont des spécimens des résultats obtenus par la nouvelle méthode de tannage inventée par M. Louvet.
- Celte méthode, tout à fait nouvelle, permet de tanner Les basanes en 6 jours au lieu de 3 mois,
- Les veaux en 24jours au lieu de 6 mois, <
- Les cuirs légers en i mois au lieu de 9 mois,
- Les cuirs lourds en 6 semaines au lieu d’un an,
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-
- Nouvelle
- mention
- lionorablc.
- Mentions
- honorables.
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- Les cuirs forts en deux mois et demi au lieu de dix-liuit mois; en outre la main-d’œuvre est simplifiée.
- Les cuirs acquérant plus de poids pendant le tannage, la quantité de tan employée est diminuée d’un quart.
- La tannerie n’a plus aucune odeur.
- Cette usine emploie chaque année 100,000 kilogrammes de peaux fraîches, dont les 5/6*a sont consommés en France, et 1/6° en Angleterre.
- Lorsque les procédés employés par M. Louvet seront connus, et que les avantages que l’invention annonce auront été constatés, il y aura lieu sans doute de lui accorder une récompense élevée.
- Jusque-là, fidèle aux règles qu’il s’est imposées, le jury doit se borner à décerner une mention honorable à MM. Louvetet Cottard.
- M. Jean-Gh®. F. LEBAILLY, à Vire (Calvados).
- Un nombre considérable de tanneurs exercent leur industrie en Normandie, et dans le département du Calvados particulièrement. M. Lebailly est un de leurs représentants, et une mention honorable a récompensé, à la dernière exposition, les efforts de cet industriel pour se maintenir à la tête de ses concurrents.
- Cet industriel, qui fabrique spécialement des cuirs pour cylindre, a exposé des produits que le jury a jugés dignes d’une nouvelle mention honorable.
- c S
- M. R. E. TROUVÉ-CDTIVEL, à La Suze (Sarthe).
- Fondée en 1847, la tannerie de La Suze est déjà, par la bonne entente de sa direction, par la quantité des produits qui en sortent, et dont une partie est exportée en Amérique, et par la fabrication sur une grande échelle des effets militaires, un des plus beaux établissements de ce genre.
- 200 ouvriers, une machine à vapeur de la force de 45 chevaux, 270 fosses mettent en œuvre chaque année pour 100,000 francs de cuirs, et permettraient de tripler ce chiffre, si les débouchés y suffisaient.
- La quantité énorme de cuirs qui se travaillent dans cette usine, quelles que soient l’habileté de la fabrication, et l’intelligence avec laquelle on a pu profiter des plus petits morceaux, donne des déchets qui sont employés sur les lieux mêmes à fabriquer delà colle-
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- forte, car on a le soin d’enlever, avant le tannage, toutes les portions de la peau qui ne seraient plus tard d’aucun usage.
- Les jus de tan épuisés, et les poils des peaux mélangés à la chaux avec laquelle on a opéré le débourrage, forment un engrais dont les agriculteurs du voisinage se montrent très-satisfaits.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. MARSILLE-GUILLOTAUX, à Quimperlé (Finistère).
- Celte tannerie-corroirie établie à Lorient ( Morbihan ) depuis 1839, et à Quimperlé depuis i843, produit des peaux de veau destinées à être vernies, et par conséquent d’une fabrication soignée.
- i5 à 20,000 peaux de veau, de mouton et dé vache, sortent chaque année de chez M. Marsille, sous forme de liges de bottes, de peau blanche, de cuir lustré, de brides estampées, etc. et tous les commerçants s’accordent à reconnaître que ces produits sont d’une bonne qualité. — Une médaille d’argent obtenue à l’exposition de Nantes confirme celle assertion.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Charles PICARD, à l’Aigle (Orne).
- Les cuirs de veau pour vernis de M. Picard sont les plus prisés sur la place de Paris. Sa fabrique ne datant que de i843, c’est la première fois qu’il expose; aucun de ces produits, qui se distinguent par leur grande finesse, ne s’exporte.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Étienne PATHIER,rue Saint-Jean-de-Beauvais, n° 18, à Paris (Seine).
- Cet industriel, dont l’usine est assez considérable, puisqu’il occupe 20 ouvriers et 3o ouvrières, qui gagnent par jour, depuis 2 francs jusqu’à 5, cl fait pour 180,000 francs d’affaires par an, ne s’occupe absolument que du corroyage et de la fabrication des brides à sabots et des sous-pieds.
- Le jury lui accorde une mention honorable. .. y
- M. Léonard-Édouard OTTENHEIM, à Versailles (Seine-et-Oise.)
- Bien que celte fabrique existe depuis 1822, elle 11’a pas encore
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- exposé. M. Oltenheim fait pour i5o à 160,000 francs d’affaires par an, en France, et pour environ 12,000 francs en Suisse, seul pays étranger où il exporte ses produits.
- Le jury lui accorde une mention honorable. '
- M. GUILLOIS et G8, rue Montmartre, n° 76, à Paris (Seine).
- M. Guillois a exposé des cuirs corroyés et vernis et des feutres vernis dont la bonne qualité lui avait déjà valu, en 1839, une citation favorable. Il a cherché à remplacer dans les sucreries les formes en terre par des formes en feutres vernis, et a exposé deux pains de sucre fabriqués dans ces formes.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Emile LAPORTE, rue Censier, n°3i, à Paris (Seine).
- M. Laporte livre chaque année au commerce, de i5 à 20 mille peaux de veau, tannées et corroyées dans son établissement. Le cambrage des tiges de bottes et des guêtres pour l’armée se fait chez lui.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- MM. ANDRILLAT et MURET, rue Saint-Sauveur, n° 7, à Paris (Seine).
- Ils versent chaque année dans le commerce pour 200,000 francs de cuirs tannés et corroyés chez eux. Les échantillons de cuir de vache pour la chaussure, qu’ils ont exposés, sont d’une bonne qualité et indiquent une fabrication satisfaisante.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
- Citations
- iavorables.
- M.François-Vallier BERTHIOT, rue Oblin, n° 5, à Paris (Seine).
- 11 a eu l’idée de diviser les cuirs avant de les livrer au commerce,'de manière à ne donner à chacun de ses clients que la portion du cuir qui lui convient. Il y a économie en ce que le cuir, étant coupé de toute longueur ou largeur, ménage les besoins de celui qui les achète; les metteurs en œuvre ne sont plus obligés * d’acheter le cuir entier, et chacun peut prendre le morceau qui,
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- propre aux usages de son industrie, serait très-mauvais pour un autre emploi.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. JeanBULTINGAIRE, à Metz (Moselle).
- Malgré les perfectionnements qu’il a introduits dans la fabrication des cuirs hongroyés, il n’a pas encore atteint la bonté de ceux de Pont-Audemer ; cependant il rivalise avec les meilleures maisons de Paris. Il fournit annuellement au commerce i,5oo cuirs de Hongrie et 5,ooo cuirs tannés. Il occupe de 20 à 25 ouvriers. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Jean-Jacques COURT, rue Bailleul, n° 5o, à Paris (Seine).
- La fabrique de M. Court, établie depuis trente ans, produit presque uniquement les cuirs à revers, qui sont les plus difficiles à corroyer et à obtenir unis, sans taches, sans marbrure; ses produits sont fort beaux.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. François-Alfred COQUET, rue Censier, n° 45, à Paris (Seine).
- La fabrique de M. Coquet n’est pas très-considérable. Cet industriel n’occupe que 4 ouvriers. 11 fait pour 80,000 francs d’affaires par an ; mais la bonne qualité des produits qu’il a exposés, et de ceux qu’il livre au commerce, le rend digne d’une citation favorable.
- Le jury la lui accorde.
- M. GUR1EC, à la Roche-Bernard (Morbihan).
- Cet industriel, dont l’usine peu considérable ne produit annuellement que de 2 à 3,ooo cuirs de toutes sortes, 11e vend absolument qu’au détail; sa fabrique alimente un rayon de 8 à 10 lieues. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. VILLENEUVE, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 35, à Paris (Seine).
- Les produits de M. Villeneuve sont avantageusement connus dans le commerce, malgré le peu d’importance de sa fabrique, qui
- 39
- m.
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- Rappels
- de
- médailles
- d’or.
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- n’emploie que 4 ouvriers, et fait seulement pour 3o,ooo francs d’affaires par an.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- MM. MESLIER frères , à Angoulême ( Charente).
- MM, Meslier frères emploient les procédés ordinaires pour le tannage et le corroyage des cuirs qu’ils livrent à la consommation, et les 5o,ooo francs d’affaires qu’ils font par an sont une garantie assurée de la bonne fabrication de leurs produits, qui sont consommés sur les lieux.
- Le jury leur accorde une citation favorable.
- M. Amand-Adolphe VARIN, rue Censier, n° 49, à Paris (Seine).
- Celte fabrique, fondée en i843, et encore peu importante, produit, par an, environ 2,5oo cuirs forts, tannés par les procédés ordinaires. Ces cuirs proviennent de la boucherie de Paris, et des cuirs secs arrivant de Buenos-Ayres, qui, comme on sait, sont plus difficiles à tanner que les cuirs français.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. François VARIN, rue Censier, n°y, à Paris (Seine ).
- Cette fabrique consomme des cuirs de Buenos-Ayres et des cuirs de pays ; elle produit des cuirs forts et des cuirs à empeigne.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- § 2. CUIRS VERNIS.
- M, Dumas, de l’Institut, rapporteur.
- M. NYS et C'\ à Belleville (Seine).
- L’usine de M. Nys est toujours une des plus belles et des plus florissantes. Ses produits occupent toujours le premier rang.
- ,Le jury se plaît à reconnaître que M. Nys est toujours digne de la médaille d’or qu’il a obtenue en i83g.
- MM. PLUMMER et Gio, à Pont-Audemer (Eure).
- M. Plummer, dont de nombreuses récompenses ont déjà couronné les efforts, ne cesse pas de chercher des améliorations.
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- Depuis l’exposition de i844, il est parvenu, et il est le seul, à colorer d’une manière régulière en marron la peau de cochon employée dans la sellerie.
- Il a su perféctionnër assez la machine à diviser les cuirs pour pouvoir refendre (sans en manquer une) les peaux de bœufs et de vache en trois parties, employées chacune en un usage différent et auquel elles sont parfaitement adaptées.
- Les cuirs vernis de cette maison sont toujours parmi les plus beaux, et le jury se plaît à reconnaître que M. Plummer est toujours digne de la médaille d’or qui lui a été décernée à la dernière exposition.
- M. HOUETTE, rue du Fer-à-Moulin, n° 46, à Paris(Seine).
- La tannerie de M. Houetle, fondée en i8o4, vit dès 1806 ses produits admis à l’exposition des produits de l'industrie. Tanneur et corroyeur, en même temps que fabricant de cuirs vernis, M. Houelte a sur ses concurrents l’avantage de suivre les cuirs depuis leur sortie de la boucherie jusqu’à ce qu’ils soient prêts à être mis en œuvre par les cordonniers. Aussi ses cuirs vernis sont1 ils irréprochables autant sous le rapport du brillant que sous celui de la solidité.
- Le jury lui accorde la médaille d’or.
- M. GAUTHIER, à Belleville (Seine).
- Les cuirs vernis de Mi Gauthier, étant destinés à l’exportation principalement, ont besoin d’être fabriqués avec plus de soins que les autres; à force d’essais, ce fabricant est parvenu à produire des cuirs qui peuvent sans altération être exportés dans les pays les plus éloignés; de plus il a su, tout en augmentant la perfection de ses cuirs vernis, en baisser le prix de 20 p. 0/0, ce qui l’empêche de craindre désormais la concurrence anglaise.
- Les cuirs vernis et les maroquins de couleur de M. Gauthier sont employés avec succès par les selliers et les carrossiers; ses cuirs blancs pour ceinturons remplacent avec avantage à l’étranger les peaux allemandes dont on se servait autrefois. Enfin les produits de cette fabrique sont si estimés, et la confiance que M. Gauthier a su inspirer à l’étranger par la perfection de ses produits est telle que les commissionnaires achètent ses cuirs sans même les déballer.
- Le jury lui accorde la médaille d’or.
- Médailles
- d’or.
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- Rappel de médaille d’argent.
- Médaille
- d’argent.
- R appel 3 de
- médailles de bronzei
- M. PLATTET, me Montmorency, n° 4 9, ;'i Paris (Seine)
- MM. Pialtel frères, dont l’usine fondée en i83o a exposé pour la première fois en 1844 et a mérité la médaille d’argent, continuent à produire des cuirs vernis d’une grande beauté. Ces produits sont acceptés avec une grande faveur par les commerçants français et étrangers, et les articles de voyage qu’ils ont exposés ne laissent rien à désirer sous le rapport delà beauté et delà solidité.
- Le jury rappelle la médaille d’argent qu’il a décernée à ce fabricant en i844.
- M. COURTOIS, rue Saint-Grégoire-dc-Tonrs, n° 2, à Paris (Seine).
- La fabrique de veaux cirés et vernis de M. Courtois existe depuis près de soixante ans, et sa bonne fabrication lui a déjà mérité, en 1845, une médaille de bronze à l’exposition de Toulouse.
- Une centaine d’ouvriers employés cliez M. Courtois, 20 à 24,000 peaux corroyées et vernies qui sortent chaque année de ses ateliers, témoignent de l’activité de sa fabrication et du bon accueil que le commerce fait à ses produits.
- Le jury lui accorde une médaille d’argent.
- M. MICOUD, à Belleville (Seine).
- M. Micoud a déjà mérité par la beauté de ses produits trois récompenses aux différentes expositions qui ont eu lieu depuis la création de son usine; il semble n’avoir pas démérité depuis 1844.
- Son chiffre d’affaires s’élève à 80,000 francs.
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze qu’il avait obtenue en 3 844-
- M. H. BLOT, rue Pastourei, n° 5, à Paris (Seine), ancienne maison HEULTE.
- Celle maison, fondée en 1790, fabrique les visières, civiles et militaires, les dames de shakos en cuir verni, et toute sorte de coiffures en cuir et en feutre vernis.
- Le jury rappelle la médaille de bronze que M. Biol a déjà obtenue.
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- M. Auguste GUERLIN-HOUEL, rue Samson, n° 3, à Paris (Seine).
- M. Guerlin-Houel s’occupe spécialement clans sa fabrique, fondée en 1843 , du tannage des cuirs de veau secs provenant du nord de l’Europe. Par des procédés particuliers il tanne les cuirs de veau avec une telle perfection, que les fabricants de cuirs vernis les emploient de préférence à tous autres.
- Depuis peu de temps M. Guerlin-llouel a joint à sa tannerie une fabrique de cuirs vernis dans laquelle il emploie lui-même une partie des produits de sa première usine. Les vernis sont très-dignes d’attention et promettent un succès durable à cette maison; mais il y a peu de temps que ce produit est fabriqué par M. Guer-lin-Houel. En somme, 8o à îoo mille peaux de veau entrent chaque année, bruts et en poil, dans l’usine de M. Guerlin-Houel, et en ressortent les unes seulement tannées, les autres tannées, corroyées et vernies.
- Le jury lui accorde la médaille de bronze.
- M. DÉADDÉ, rue Montmartre, n° 9 , à Paris (Seine).
- Malgré les progrès qu’a faits depuis dix ans l'industrie des cuirs vernis, la fabrique de M. Déaddé est toujours l’une des plus estimées de France pour la beauté et la solidité de ses cuirs pour la sellerie et pour la cordonnerie. Les cuirs noirs sont irréprochables, ils ne collent pas, ne se fendent ni ne s’écaillent, elles changements de température n’ont aucune influence sur eux. Aussi pour répondre à de nombreux engagements, 3,000 douzaines de peaux de veau pour la chaussure et 5,000 peaux de vache pour la carrosserie suffisent-elles à peine.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. DESTIBEAUX, passage Saulnier, n° 11, à Paris (Seine).
- L’usine de M. Destibeaux est à Gagny ; c’est le seul établissement de ce genre qui existe en cet endroit. 12 ou 15 ouvriers suffisent jusqu’à présent à ses besoins, mais la prospérité de son établissement fait présumer qu’avant un an 3o ou 4o ouvriers y trouveront de l’ouvrage.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
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- •— 614
- Citation
- favorable.
- MM. HUGO et G,e, à la Chapelle-Saint-Denis (Seine).
- M. Hugo expose des peaux vernies de diverses couleurs, el entre autres une peau vernie blanche d’une très-belle qualité.
- Le jury lui accorde la citation favorable,
- Rappel
- médaille
- d’or.
- S 3. MAROQUINS, CUIRS HONGROYÉS ET MÉGISSÉS.
- M, Dumas, de l’Institut, rapporteur.
- MM. FAULER ET BAYVET, à Choisy-le-Roi (Seine)
- La manufacture de maroquins de MM. Fauler et Bayvot est la plus belle de France, et ses produits s’exportent jusque dans le pays du maroquin lui-même.
- La fabrique de Choisy-le-Roi, fondée en 1795 par M. Fauler père, emploie 160 à 180 ouvriers, est mue par une machine à vapeur de la fores de i5 chevaux et produit annuellement 20,000 à 3o,ooo douzaines de peaux de maroquins de toute couleur, d’une perfection dont aucune autre usine n’approche.
- De nombreuses marques de distinction ont déjà été accordées aux propriétaires de cette usine, qui font toujours de nouveaux efforts couronnés de nouveaux succès. Le jury se plaît à les reconnaître toujours dignes de la médaille d’or qui leur a éié accordée en 1818.
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
- MM. TREMPÉ oncle et C1C, rue des Écluses-Saint-Martin, n° 24, à Paris (Seine).
- Cette fabrique, fondée en 1820, produit des peaux de chevreau de.toute couleur, bronzées et dorées, destinées spécialement à la chaussure des dames. La beauté des produits de M. Trempé lui a déjà mérité une médaille, de bronze en 1834 et son rappel en i844- Leur qualité n’a pas diminué depuis la dernière exposition. Le jury le constate en rappelant, pour la seconde fois, la médaille de bronze accordée à M. Trempé en i834-
- Médailles de bronze.
- M. LEFQUR, à Orléans (Loiret).
- Il fabrique du dégras et ne compte comme produit que ce corps, dont il vend une grande quantité aux corroyeurs.
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- Ceux qui se fournissent ordinairement de dégras chez M. Lefour n'ont qu’à se louer de la bonne qualité de ce produit, qu’ils aiment mieux acheter chez lui, tout en 3e payant plus cher, que chez ses confrères. Cette supériorité est due à la fois à la pureté des matières employées à la production du dégras et à la' substitution de procédés mécaniques perfectionnés, aux agents chimiques employés habituellement..
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. Louis JOSSET, à Emencourt-Léage (Oise).
- Il est le seul chamoiseur qui ait exposé des peaux de bœuf travaillées pour les buffleteries. Ayant commencé par être ouvrier dans plusieurs cliamoiseries, M. Josset a pu recueillir des observations qui lui permettent maintenant d’atteindre une telle supériorité dans la fabrication des buffles, que ses produits se vendent en général au-dessus du cours.
- Le jury lui accorde une médaille de bx'onze.
- M. Henri TRACOL, à Annonay (Ardèche).
- Il emploie 52 ouvriers habituellement, et produit 190,000 à 200,000 peaux de chevreau de lait par an. Ces peaux sont d’une blancheur et d’une souplesse qui les ont fait admettre avec éloge par le jury départemental.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. Alexandre TAVERNIER, à Argentan (Orne).
- Il a exposé pour la première fois en i844 » et a obtenu une mention honorable pour ses cuirs de Hongrie. Sa fabrique date de 1815, et ses produits sont fort estimés dans le département de l’Orne.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MM. PUEL et BARTHEL, rue Pascal, n° 16, à Paris (Seine).
- Ils ont fondé, en 1847, une fabrique de maroquin à façon qui donne déjà une grande quantité de produits très-recommandables par leurs couleurs et leur solidité. Ces maroquins sont estimés par
- Mentions.
- honorables.
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-
- Citation
- favorable.
- Nouvelle médaille de bronze.
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- les relieurs, bottiers et antres metteurs en œuvre, qui se servent habituellement de ce genre de peau.
- Lej ury leur accorde une mention honorable.
- M. DËBARLE, rue Sainle-Avoie, n° 25, à Paris (Seine).
- Les chapeliers de Paris se fournissent, pour la plupart, de cuirs pour garnir les chapeaux chez M. Debarlc, qui fabrique presque seul le genre de maroquin mince, en peau solide, qui est nécessaire à cette industrie.
- 4o ouvriers et 80 ouvrières, gagnant de i franc à 1 fr. 26 cent., sont employés chez lui en ce moment, et produisent par an pour 200,000 francs de maroquins , qui sont.consommés par les chapeliers, tant en France qu’à l’étranger.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. LA VALETTE, à Brie, près Grenoble (Isère).
- 11 fabrique à très-bon marché des peaux imprimées qui, pour couvrir des meubles de campagne, pourront remplacer, avec avantage, les étoffes si facilement et si fréquemment gâtées par les vers et par la poussière.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Jean-Pierre G BISON, rue Corbeau, n° 2 8, à Paris
- (Seine).
- Il fabrique spécialement des peaux de chevreau doré, noir et lissé pour les souliers de dames. Les peaux qu’il présente à l'exposition sont très-belles ; leur lustre est considérable et leur solidité très-grande.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- § 4. CUIRS REPOUSSÉS, CUIRS FORÉS, COURROIES.
- M. Dumas, de l’Institut, rapporteur.
- M. Jacques-Michel DÜLUD, boulevard des Italiens, n° 2 y, (Seine).
- Les cuirs estampés de M. Dulud ont beaucoup gagné depuis quelques années en beauté, en solidité et en bon marché. Infini-
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- ment moins chers que les bois sculptés, ils sont au moins aussi solides, et ne leur cèdent en rien comme finesse de sculpture.
- La perfection des détails de moulures et surtout le bon marché, obtenu par l’emploi de nouveaux procédés d’estampage au rouleau, permettent, sans une très-grande dépense, d’employer les cuirs gaufrés pour tentures et décorations d’appartements.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MM. BUCIiET et G10, rue Neuve-Popincourt, n° g, à Paris (Seine).
- Il a, par un nouveau procédé de forage des cuirs, supprimé, dans un grand nombre de produits, tels que fourreaux, gibernes, chaussures, bouteilles, etc. les coutures et les raccords collés qui, jusqu’à présent, avaient été employés. Cette nouvelle disposition, dont l’industrie apprécie toute l’importance, est susceptible d’une grande extension.
- Lejury accorde à M. Buchet une mention honorable.
- M.PONTRÉVÉ, aux Batignolles (Seine).
- Il expose un système nouveau d’attache de courroies pour les transmissions de mouvements dans les usines. Les courroies, placées bout à bout, sont maintenues par des crochets en fd de fer logés dans l’intérieur même du cuir. On évite ainsi la superposition des deux extrémités de la bande de cuir. Cette disposition, recommandable sous le double point de vue de l’économie et de la régularisation du mouvement, a été appréciée parles industriels de Nantes, et a attiré l’attention du jury, qui accorde une citation favorable à M. Pontrévé.
- M. ROPER, rue de l’Oratoire-du-Roule, n° 49, à Paris (Seine).
- Il présente des limes et. des cuirs à rasoirs qui, par leur bonne qualité et leur prix peu élevé, méritent la faveur que leur accorde, depuis vingt ans, le commerce parisien.
- Le jury accorde à M. Roper une citation favorable.
- Mention
- honorable.
- Citations
- favorables.
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- Citation
- favorable.
- Rappel
- de
- médaille
- d’or*
- Médaille
- d’or.
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- § 5. FOURRURES.
- M. Dumas, de l'Institut, rapporteur.
- M. KRQPFF, rue Saint-Honoré, n° 253, à Paris (Seine).
- La maison de fourrures de M. Kropff est fort ancienne, et actuellement très-considérable.
- La beauté des fourrures qu’il a exposées a attiré l’attention du jury, qui lui accorde une citation, favorable.
- § 6. TOILES CIRÉES.
- M. J. Persoz, rapporteur.
- MM. BAUDOUIN frères, rue des Récollets, n°
- 3, à Paris.
- MM. Baudouin frères, qui ont mérité en 1844 la médaille d’or, continuent à marcher dans une voie de progrès. Ils exposent cette année des produits qui ne laissent rien à désirer sous le rapport de l’exécution.
- L’établissement de ces messieurs occupe 90 ouvriers, dont le salaire, en moyenne, est de 3 francs par jour. 8 élendages et 6 calorifères sont affectés à la dessiccation des cuirs et des toiles cirées imprimées, dont ils livrent annuellement au commerce pour une valeur d’environ 5oo,ooo francs.
- Le jury donne à MM. Baudouin le rappel de la médaille d’or.
- M. SEIB, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Dans l’établissement de M. Seib, où l’on occupe de 60 à 80 ouvriers, et où l’on fabrique annuellement pour plus de 700,000 fr. de marchandises, on exécute toute espèce de toiles cirées : toiles cirées vernies pour les couvertures de shakos et pour les châssis à fausses couleurs dans l’impression ; toiles cirées imprimées dans tous les genres, non-seulement celles'qui doivent imiter les bois, les marbrures, les granits, etc. mais encore celles qui sont le résultat des impressions à la planche les plus délicates.
- Pendant quarante ans de la plus honorable carrière industrielle, M. Seib n’a cessé de livrer à la consommation des produits d’une qualité irréprochable, et qui se sont toujours fait remarquer par le
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- goût exquis des dessins. Enfin, M. Seib a été le premier à appliquer la lithographie à l’impression sur toiles cirées.
- La médaille d’argent a été accordée à M. Seib en 1839 et en i844. Le jury de celte année lui décerne la médaille d’or.
- M. Michel-Louis LE CROSNIER, rue Bourg-l’Abbé, n°7, à Paris.
- C’est la première fois que M. Le Crosnier présente ses produits ii l’exposition. Il soumet au concours plusieurs pièces de toiles cirées imprimées, et un assortiment de soies et de gazes gommées dont la fabrication ne laisse rien à désirer. Parmi les objets qu’il expose, le jury a particulièrement remarqué de grands tapis pour appartements, de 4 à 5 mètres de côtés, avec rosace, coins en rapport, jeu de fonds et bordure jouant le point de marque en laine; un tissu verni des deux côtés,-et imitant assez bien les cuirs vernis destinés à la fabrication des visières; enfin les beaux lafletas et gazes gommés, dont M. Le Crosnier exporte annuellement pour une valeur de 100,000-francs.
- - Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Martin DELACROIX, me du Roule-Saint-Elonoré, n° 17, à Paris.
- Successeur de M. Larroumets, qui, à l’exposition de i844, avait obtenu une médaille de bronze, M. Martin Delacroix expose celte année des produits qui prouvent qu’il a su donner une heureuse impulsion à son établissement; car non-seulement il imprime des tapis en toile cirée de grande dimension pour l’ameublement des paquebots à vapeur, mais encore il exécute avec un rare succès des ronds de table imitant des bois de toutes espèces, et sur lesquels, à l’aide d’un artiste aussi modeste qu’habile, M. Guillaume, il est parvenu à réaliser des peintures qui ajoutent beaucoup de mérite à ces tapis, et qui cependant n’en augmentent le prix que de la modique somme de 3 à 5 francs, selon le sujet.
- Le jury, prenant en considération les améliorations que M. Martin Delacroix a introduites dans son industrie, lui décerne la médaille de bronze.
- M. RIVOT DE BAZELIL, à La Ferté-sur-Amance (Haute-Marne).
- M. Rivot cle Bazeuil, qui a obtenu une mention honorable à
- Médaille
- d’argent.
- Médaille de bronze.
- Mention
- honorable.
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- i’exposition de i844, continue avec succès la fabrication des toiles cirées. Il exécute surtout avec talent des ronds de table recouverts d’empreintes imitant les bois de palissandre, d’acajou, de noyer, de cbêne, d’orme et de citronnier.
- Le jury, ayant surtout égard au bas prix auquel M. Rivot de Ba-zeuil livre ses produits au commerce, lui accorde une nouvelle mention honorable.
- TROISIÈME SECTION.
- APPAREILS CHIRURGICAUX, BANDAGES, BIBERONS, CLYSOIRS.
- § 1. INSTRUMENTS, APPAREILS DE CHIRURGIE.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Nous avons dit, dans le rapport de i844> que les instruments de chirurgie étaient la partie la plus intéressante de la haute coutellerie, que nulle autre branche d’industrie ne pouvait recevoir une destination plus noble et plus utile, et ne demandait un travail plus rigoureusement soigné, à raison de la grave responsabilité qui pesait sur elle.
- Déjà, à cette époque, nous nous sommes plu à constater que plusieurs fabricants français avaient compris que cette partie de leur exploitation exigeait autre chose quun travail purement manuel, et qu’un des plus sûrs moyens d’exécuter habilement les modèles qu'ils auraient à reproduire et de seconder les vues des opérateurs était de suivre les hôpitaux, d’assister aux diverses opérations qui s’y pratiquent, afin de mieux saisir les indications que le chirurgien est souvent appelé à remplir.
- Le jury de cette année a vu avec une véritable satisfaction les efforts des exposants en général, pour se maintenir dans la voie de progrès tracée par leurs confrères, et qui a amené de si heureux résultats. L’on peut dire, en elfet, que si l’exposition
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- de 18/19 est moins féconde en innovations que quelques-unes des précédentes, cela tient à ce que les découvertes en chirurgie, comme en toute.autre science, ne sauraient être soumises à des époques invariables. Quant aux procédés de fabrication, ils ont acquis un degré de perfectionnement incontestable, et Ton est forcé de reconnaître que presque tous les produits exposés réunissent les conditions suivantes : qualité supérieure dans la matière première, précision de formes, diminution de poids et de volume, sans nuire en rien à la solidité, disposition des plus ingénieuses pour les diverses exigences de l’art de guérir.
- Récompenser comme par le passé des efforts aussi généreusement soutenus était une chose juste et nécessaire, et que le jury a parfaitement comprise. Cet acte d’équité profitera, n’en doutons pas, à la branche d’industrie la plus précieuse, puisqu’elle contribue aux progrès d’un art dont le premier, le principal but est de soulager l’humanité.
- M. CHARRIÈRE, rue de l’École-de-Médecine, n° 6, à Paris (Seine).
- M. Charrière, à cause de l’importance de ses produits, de l’immense extension qu’il a donnée au commerce d’exportation des instruments de chirurgie, a obtenu en 1889 une médaille d’or; en i84/i, le rappel de cette médaille, et, depuis,la croix de la Légion d’honneur.
- Cette annéé, M. Charrière présente encore des améliorations et perfectionnements d’une haute importance, qui prouvent qu’il a suivi dans les hôpitaux nos plus habiles professeurs, et que c’est à leur école qu’il a appris ce qui lui restait à faire pour arriver au degré de supériorité que le jury a remarqué dans tous ses instruments.
- Mais depuis la dernière exposition, M. Charrière a voyagé à l’étranger, afin de se mettre au courant des découvertes qui ont pu y être faites par les plus habiles fabricants. Le placement rapide de ses produits en France et leur exportation toujours croissante l’ont mis à même, malgré les circonstances difficiles des années\ler-nières, de donner le plus grand développement à son établissement
- Nouvelle
- médaille
- d'or.
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- et de maintenir constamment dans ses ateliers le nombre d’ouvriers qu'il occupait précédemment.
- Quant aux heureuses modifications apportées à la fabrication de ses produits, nous devons signaler en général celles qui consistent à réduire le volume de l’instrument qui doit pénétrer dans la profondeur des organes, et lui éviter de marquer les parties sur lesquelles il agit; c’est dans ce but que M. Cbarrière a fabriqué toutes ses pinces, lenetles, ciseaux à branches, croisées, etc. Ces instruments, se décroisant près de leurs anneaux, ont encore l’avantage de pouvoir être tenus et maniés d’une seule main. Une modification analogue a été apportée aux cisailles, cortôtomes, sécateurs, qui sont construits à vis excentrique. Ici l’écartement des lames suffit pour allonger l’une et raccourcir l’autre, et par là procurer une section plus nette et plus facile.
- D’autres instruments ont encore fixé l’attention du jury, ce sont :
- Le mandrin articulé, sans vis ni goupilles, destiné à courber ou redresser l’urètre, l’œsophage; instrument composé de maillons dont le nombre varie suivant la longueur de l’organe auquel il est destiné.
- Un perce-crâne avec gaine, pour protéger les organes et la main de l’opérateur.
- Un nouveau modèle de boîtes-troussOs, d’anatomie, d’autopsie, qui offrent de véritables avantages sous le rapport cle leur utilité et la modicité de leurs prix.
- Des bandages herniaires, ceintures hypogastriques, membres artificiels , et notamment un appareil compresseur destiné à maintenir les fragments des os dans les fractures non consolidées.
- Un fauteuil locomoteur pour les personnes paralysées des membres inférieurs; des appareils fumigaloires d’une simplicité remarquable , etc.
- Au nombre des instruments récemment confectionnés par M. Charrière, le jury a vu et examiné, avec le plus vifintérêt, l’appareil volta-électrique à double courant de l’invention de M. le docteur Duchesne, de Boulogne.
- Cet appareil, qui paraît supérieur à tous ceux employés jusqu’ici, est conçu dans un but essentiellement pratique et permet aujourd’hui à l’auteur de limiter faction galvanique dans presque tous les organes, sans être obligé de recourir à aucune opération chirurgicale, sans piquer, ni inciser la peau, et sa méthode qu’il dé-
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- signe sous le non» de Galvanisation localisée, outre qu’elle' a produit dans les divers services cliniques de Paris les plus heureux résultats thérapeutiques, conduit chaque jour à la découverte de phénomènes physiologiques et pathologiques qui, sans elle, eussent probablement échappé longtemps encore à l’observation. En effet, à l’aide de son appareil, M. Duchesne démontre (qu’on nous permette celle expression) la myologie vivante, en produisant à volonté des mouvements isolés ou d’ensemble, suivant qu’il dirige l’action galvanique sur un muscle ou l’un de ses faisceaux, sur un nerf ou l’un de ses filets.
- Veut-il agir sur un organe ou une région profondément placés hors de toute action directe? il les atteint par les nerfs ou plexus qui l’animent. Est-ce sur la peau seulement qu’il veut se porter? avec une admirable précision, il 3imite la puissance galvanique en cet organe, en promenant sur l’enveloppe cutanée des excitateurs variés, et arrive à produire, selon les indications, depuis la sensation légère et agréable jusqu’à la douleur graduée, qu’il peut aussi rendre insupportable, sans cependant laisser d’autres traces visibles qu’une excitation organique passagère.
- Mais, comme chaque nerf, chaque muscle, chaque organe possède un mode et un degré d’excitabilité dont il faut tenir compte dans l’application du galvanisme, sous peine d’insuccès ou d’accidents très-graves, M. Duchesne a senti toute la nécessité de pouvoir gouverner à son gré l’action électrique dans les organes. Malheureusement, les instruments et appareils les plus répandus dans la pratique médicale répondaient peu à son point de vue; il a donc dû alors se livrer avec ardeur à de nouvelles recherches physiques, devenir lui-même ouvrier et.fabriquer d’abord pour bien faire comprendre sa pensée, et sa persévérance a été couronnée du plus heureux succès.
- L’art de la galvanisation localisée exige un appareil d’une grande puissance, d’une grande précision, dont les coui'ants soient variés et appropriés au mode et au degré d’excitabilité des organes, et dont les intermittences soient tantôt lentes, tantôt rapides.
- Toutes ces conditions paraissent réunies dans les appareils de M. Duchesne.
- A cet appareil ingénieux sont joints divers excitateurs galvaniques dont le choix est de la plus haute importance, et qui, par leur bonne confection, rappellent l’habileté du fabricant, M. Char-
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- Médaille
- d’or.
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- rière. Ces excitateurs sont de trois ordres : 1° excitateurs de la sensibilité cutanée; a0 excitateurs de la motilité ; 3° excitateurs internes.
- Enfin, pour rendre plus complet son travail et scs moyens d’investigation, M. Duchesne a, dans le même but, composé et fait fabriquer par M. Deleuil, l’un de nos premiers et plus habiles fabricants d’instruments de physique, dont le jury central a constaté la haute supériorité, un appareil électro magnétique à double courant, non moins ingénieux et trois ou quatre fois plus puissant que le piemier.
- A la dernière exposition, le jury central avait voté pour M. Char-rière le rappel de la médaille d’or qu’il avait obtenue précédemment. Celte année, le jury lui décerne à l’unanimité une nouvelle médaille d’or en récompense des améliorations et perfectionnements apportés dans son établissement, établissement modèle et vraiment unique dans son genre.
- M. LUËR, rue et place de l’Ecole-de-Médecine, nos 3 et 19, à Paris (Seine).
- M. Luër a exposé pour la première fois, en i844, des instruments de chirurgie d’une parfaite exécution, et qui lui ont valu de la part du jury d’exposition la médaille de bronze.
- Ce fabricant, dont l’exploitation augmente chaque jour, vient de présenter celte année des instruments de tous genres, dont la confection, le poli et la délicatesse, ne le cèdent en rien à ceux des premières fabriques de la capitale.
- Un examen approfondi de la trempe et du tranchant de ces instruments nous a prouvé leur qualité et leur supériorité. Ainsi, nous avons vu les instruments les plus délicats, tels que l’aiguille à cataracte, après avoir incisé et enlevé des parcelles d’ivoire ou de corne, rester intacts et pénétrer le canepin comme s’ils venaient d’être affilés.
- Nous regrettons de ne. pouvoir, sans sortir de justes limites, parler en détail de tous les instruments inventés ou perfectionnés par M. Luër, mais nous citerons avec avantage son mandrin articulé du docteur Blanche, pour l’alimentation des aliénés; son instrument à retirer les corps étrangers de la vessie; son spéculum buccal; une série de pinces pour saisir le col de l’utérus, réduire la luxation des doigts, faciliter la ligature des artères profondes ; le per-
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- fora leur porle-fraise pour remplacer l’archet du dentiste-, son forceps modifié, etc.
- M. Luër, bien convaincu que, pour arriver à un résultat parfait, il devait s’éclairer par lui-même et s’étayer de sa propre expérience, n’a pas négligé la visite des hôpitaux; il y a étudié avec soin les opérations de haute chirurgie. Il a, de plus, fait plusieurs voyages à l’étranger, afin de comparer les fabrications de nos voisins avec les nôtres, et suivre avec impartialité les perfectionnements ou les idées nouvelles pour les appliquer ensuite à la confection de ses instruments.
- Le jury décerne à M. Luër une médaille d’or.
- M. ROISSARD, à Brest (Finistère).
- M. Roissard a exposé des instruments de chirurgie bien confectionnés et qui sont journellement employés par les officiers du service de santé de la marine.
- Ces instruments ont paru au jury d’une exécution parfaite et dignes de rivaliser avantageusement avec ceux provenant des meilleures fabriques de Paris.
- M. Roissard mérite d’autant plus les éloges du jury que, n’ayant point à sa disposition des ouvriers de tous genres, il est obligé de revoir par lui-même ses instruments pour leur donner tout le fini d’une bonne exécution.
- Au nombre des instruments modifiés par M. Roissard se trouvent :
- Une clef de Garangeot, dont le crochet peut aisément être rapproché ou éloigné du levier sans qu’il soit nécessaire de le dévisser, ou être fixé instantanément à l’extrémité de ce même levier dans les cas d’extraction des dernières dents molaires ; une scie à amputation, dont le feuillet deux fois plus large et plus épais au bord tranchant, facilite la marche de l’instrument;
- Une pince à ligature d’artère, qui, en écartant les tissus, permet de saisir sans peine le vaisseau et de porter sur lui un nœud solide sans le secours d’aucun aide.
- Le jury accorde à M. Roissard une médaille d’argent.
- M. BOURDEAUX aîné, à Montpellier (Hérault).
- L’établissement de M. Boui’deaux compte plus d’un siècle d’existence, de père en fils; il légère- pour son compte depuis trente ans et
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- Médaille*
- d’argent.
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- se fait remarquer par la qualité de ses produits en coutellerie et la bonne confection de ses inslruments de chirurgie, qui sont fort appréciés des premiers chirurgiens de Montpellier.
- Ce fabricant vient d’apporter une modification heureuse au forceps, en substituant aux moyens d’union ordinaires un nouveau mode d’articulation qui a pour avantage d’éviter, par la mobilité du pivot, la douleur que produisent souvent, soit à l’utérus, soit à la vulve, les mouvements qu’on est obligé d’imprimer aux branches du forceps ordinaire pour les réunir.
- La série de trous que porte la branche femelle permet l’articulation des deux branches dans le cas même où l’une d’elles est plus profondément engagée ou un peu antérieure à l’autre.
- L’utilité du nouveau forceps de M. Bourdeaux semble déjà sanctionnée par l’expérience, ainsi que le prouve le rapport favorable délivré par la société de médecine pratique de Montpellier.
- M. Bourdeaux a obtenu déjà une médaille de bronze en i844; le jury lui accorde une médaille d’argent.
- M. DARAN, rue Gît-le-Cœur, n° 4, à Paris (Seine).
- M. Daran a exposé pour la première fois en i844. Les produits de sa fabrique ont fixé l’attention du jury et lui ont valu une mention honorable.
- Ceux qu’il expose aujourd’hui ne laissent rien à désirer sous le rapport de l’exécution et la modicité des prix. Ils sont en usage dans plusieurs hôpitaux de province et notamment à Cambrai, Chartres, la Rochelle, Nîmes, etc.
- Au nombre des instruments nouveaux présentés par ce fabricant, nous citerons le couteau-aiguille de M. Badinier, destiné à faciliter l’opération de la cataracte par extraction: les pinces-forceps urétrales de M. Bernard de Villefranche, pour l’extraction des calculs de l’urètre-, la pince pour la section et l’arrachement des nerfs dans les expériences physiologiques; le spéculum-porte-médicament de M. Vernher.
- Le jury accorde à M. Daran une médaille de bronze.
- M. MATHIEU, rue des Poitevins, n° 7, à Paris (Seine).
- M. Mathieu ç exposé divers instruments de chirurgie, dont la
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- bonne confection, l’élégance, la solidité, et, pour plusieurs d’enlre eux, la nouveauté, ont attiré l’attention du jury.
- Ces instruments ont en majeure partie trait à la lithotritie. Heureusement conseillé par des chirurgiens dont l’habileté est bien connue pour cette branche de la science, et particulièrement par M. Leroy d’Etiolles, M. Mathieu a confectionné un instrument pulvérisateur qui, par un mouvement régulier, fait osciller la pierre et la présente successivement à l’action d’une râpe pour la réduire en poudre fine. L’idée de promener des râpes, des limes sur la surface des calculs urinaires, n’est pas nouvelle, mais ces instruments avaient l’inconvénient de se mouvoir à découvert dans la vessie et d’exposer à la blesser. M. Mathieu a obvié à ce danger, en fixant sa râpe sur des branches mobiles, qui les isolent de la vessie.
- Sous la même inspiration, il a imaginé un siège à pivot, pouvant incliner le malade en différents sens, ce qui facilite la saisie des calculs-, divers percuteurs et brise-pierre; un dynamomètre au moyen duquel on mesure le degré de puissance et de force des instruments brise-pierre; divers scarificateurs pour l’urètre, etc. qui prouvent l’habileté de ce fabricant.
- L’établissement de M. Mathieu date à peine de deux ans, et cependant l’extension qu’il a donnée à ses produits est digne d’éloges.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MM. PORTIER et G10, place de l’Ecole-de-Médecine, à Paris (Seine).
- MM. Portier et Ci0 ont succédé à la maison Sir Henry, connue depuis cinquante ans pour sa bonne fabrication d’instruments de chirurgie et ses produits de coutellerie. Sir Henri a obtenu aux diverses expositions de 1819-23-27-34-39 une mention honorable,, une médaille d’argent et un rappel de médaille.
- Aujourd’hui, les perfectionnements apportés aux produits de cet établissement sont le résultat du travail des ouvriers mis en association sous la raison sociale de MM. Portier et compagnie.
- Les instruments exposés sont, généralement bien confectionnés.
- Le jury accorde à cette association une mention honorable.
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- Mention
- honorable
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- Citation
- favorable.
- Médailles d argent.
- M. MIERGUES, à Anduze (Gard).
- Les deux instruments de chirurgie présentés par M. Miergues sont : un trocart à vulves et diverses sondes en étain susceptibles de se prêter à toutes les courbures qui peuvent nécessiter leur application.
- Ces sondes ont été honorablemeut mentionnées dans le Mémorial encyclopédique de i84o.
- Le jury cite favorablement M. Miergues.
- APPAREILS HERNÎAIRÊS ET D’ORTHOPEDIE.
- M. VALÉRIUS, rue du Coq-Saiilt-Honoré, n° 7, à Paris (Seine).
- M. Valérius est avantageusement connu depuis longtemps pour ses bandages herniaires et ses appareils orthopédiques.
- 11 a de nouveau, celte année, fixé l’attention du jury par la production d’appareils à extension continue pour le maintien des fragments de la fracture de la cuisse et la luxation spontanée du fémur.
- A ces divers procédés, ce fabricant a joint d’autres appareils orthopédiques pour le redressement de la colonne vertébrale et un lit pour changer et soulever les blessés. M. Valérius a déjà reçu des témoignages d’intérêt de la part du jury aux expositions antérieures. En 1827, une médaille d’or lui a été décernée, à la suite de l’exposition, parle gouverneur des invalides au sujet d’un bras artificiel de sa composition.
- Le jury rend justice à ses constants efforts et lui accorde la médaille d’argent.
- M. BÉCHARD, rue Richelieu, n° 20, à Paris (Seine).
- M. Béchard a présenté divers appareils orthopédiques bien imaginés et qui peuvent être d’une utile application. Au nombre de ces produits nous citerons la ceinture hypogastrique déjà employée depuis longtemps dans les affections de matrice et qu’il a perfectionnée en substituant au ressort fixe qui l’assujettissait, deux ressortslatéraux avec charnière qui en facilitent l’application, l’empêchent de casser
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- et lui donnent toute la souplesse désirable ; une ceinture pour hernie ombilicale, dans laquelle la pelote peut obéir à tous les mouvements du corps, sans cesser de conserver une pression soutenue; un appareil double pour le redressement simultané des membres et la déviation de la colonne vertébrale; des béquilles à sabots articulés pour assurer la marche et éviter le glissement sur le sol.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. TÊTARD, à Haussonville (Meurthe).
- M. Têtard a exposé un système de bandages pour les chevaux fort remarquable et d’une utilité incontestable. Le jury, pour reconnaître les heureux travaux de M. Têtard déjà constatés par la société centrale d’agriculture, lui décerne une médaille d’argent.
- M. le docteur LEMAUX, rue des Moulins, n° k, à Bati-gnolles (Seine).
- M. Lemaux est auteur de plusieurs procédés chirurgicaux et de divers appareils pour la réduction des luxations et le maintien des fractures. Ceux qu’il expose cette année ont trait particulièrement à la fracture de la rotule, à la réduction de l’épaule et à la fracture de l’avant-bras. Les résultats obtenus par l’emploi de ses procédés militent en faveur de l’auteur, et sont dignes de fixer l’attention des praticiens, qui y trouveront d’heureuses applications.
- Le jury rend justice aux constants efforts de M. le docteur Lemaux et lui accorde la médaille de bronze, qu’il a bien méritée pour ses divers procédés et appareils.
- M. RABIOT, rue Saint-André-des-Arts, n° Co, à Paris (Seine).
- M. Rabiot a exposé divers appareils de son invention dans'le but de procurer du soulagement aux blessés et aux malades. Son lit mécanique appelé Nosophore ou châssis à support, outre qu’il présente tous les avantages du lit mécanique à la Dauzun, est susceptible de s’appliquer à toutes sortes de coucher ; d’aider ainsi à soulever les malades, leur permettre de satisfaire certains besoins, les transporter d’une place à l’autre et les maintenir sans fatigue au bain.
- Médailles de bronze.
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- Rappel
- de
- mention
- honorable.
- Mention
- honorable.
- Citation
- favorable.
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- Le Nosophore de M. Rabiot a été employé dans les hôpitaux, et l’Académie de médecine, consultée sur ses avantages par M. le ministre du commerce, a déclaré que cet appareil était d’une utilité réelle.
- Le jury, après un examen consciencieux, émet la même opinion et, pour rendre hommage à la bonne confection de cet appareil, accorde à M. Rabiot une médaille de bronze.
- M. PER.NET, rue Richelieu, n° 1 4, à Paris (Seine).
- M. Pernet a reproduit cetle année ses bandages herniaires et ora-bilicaires à pelotes mobiles, et susceptibles de suivre les mouvements du corps sans diminuer la pression convenable ; des ceintures hypogastriques pouvant s’appliquer au buse du corset. Ces appareils doivent trouver leur utilité dans beaucoup de circonstances.
- Le jury rappelle à M. Pernet la mention honorable qu’il a obtenue.
- M, CORBIN, à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire).
- M. Corbin a exposé un appareil de délitement propre à soulever les malades et dont le prix très-peu élevé le met à la portée de tous les établissements.
- L’appareil de M. Corbin fonctionne depuis quelque temps à l’hôpital de Tours, où les médecins ont constaté son utilité. Suivant eux, il remplace avec avantage les lits mécaniques, qui sont très-coûteux, tandis que le prix de cet appareil ne dépasse pas 100 francs.
- Le jury regrette que le modèle exposé par M. Corbin ne lui donne qu’une idée imparfaite des heureuses modifications apportées par l’auteur et constatées par les médecins de Tours; néanmoins il espère encore encourager les efforts de M. Corbin et lui accorde une mention honorable.
- M"10 MARTIGNY, rue Saint-Honoré, n° 353, à Paris (Seine).
- Mm° Martigny propose au jury une méthode de son invention qui prévient, dit-elle, et rectifie en fort peu de temps les déviations de la taille et autres difformités osseuses.
- Aux exercices gymnastiques, qui font la base de son traitement,
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- cette dame adjoint une cliaise-tabouret qu’elle a imaginée, pour permettre aux malades de se livrer à leurs travaux d’éducation, tels que peinture, musique, etc.
- Le jury cite favorablement Mmc Martigny.
- CORNETS ACOUSTIQUES, BANDAGES.
- M. GREILING, me Saint-Martin, n° 3o, à Paris.
- M. Greiling expose une série de cornets acoustiques et d’appareils contre la surdité. Ces divers instruments, bien confectionnés en général , ont rendu et sont appelés encore à rendre d’utiles services que le jury se fait un plaisir d’apprécier. M. Greiling avait obtenu en i83q une médaille de bronze pour la fabrication d’instruments de chirurgie. Le jury lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- M. GATEAU, rue de Grenelle-S^Germain, rt0 6,4, à Paris.
- M. Gateau a présenté de nouveau les conques acoustiques dont il est l’inventeur. Ces appareils sont d’un usage commode, en ce que, moulés avec soin sur le conduit de l’oreille, ils transmettent les sons en s’opposant par l’exactitude de leur forme à ce que l’air environnant ne vienne les détruire ou les altérer.
- La petitesse de leur volume permet, en outre, de les tenir appliqués sous un bonnet ou même sous les cheveux.
- M. Gateau a déjà obtenu en i844 une mention honorable; le jury lui accorde une médaille de bronze, pour les perfectionnements de ses appareils.
- M. BIONDETTI, rue Vivienne, n° 48, à Paris (Seine).
- Les appareils de M. Biondetti, qui consistent en bandages herniaires, suspensoirs, pessaires, pompes artificielles, etc. sont remarquables par leur légèreté et la finesse de leur exécution.
- Parmi les bandages de ce fabricant, nous citerons: celui à pression de rotation qui peut à la fois agir à droite et à gauche et comprimer les hernies crurales et inguinales ou même ombilicales; un autre bandage pour les hernies irréductibles dont la pelote concave change de forme à volonté et peut devenir graduellement plane ou tout à fait convexe.
- Le jury félicite M. Biondetti de sa' bonne exécution-et lui décerne une médaille de bronze. C’est la première fois queM. Biondetti, qui
- Nouvelle médaille de bronze'.
- Médailles de bronze.
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- Nouvelle
- mention
- honorable
- Mentions
- honorables.
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- est un de nos meilleurs bandagisles, se présente aux expositions de l’industrie nationale.
- MM. BURAT, rue Mandar, n° 12, à Paris (Seine).
- Les produits de MM. Burat ont fixé l’attention du jury; ils consistent en bandages, ceintures hypogastriques et divers appareils orthopédiques.
- Par un procédé à la fois simple et ingénieux, ils sont arrivés à mettre le malade à même de donner à la pelote de son bandage l’inclinaison et le degré de compression qui conviennent à sa hernie.
- M. Burat a appliqué le même système aux ceintures hypogastriques, qu’on peut incliner à volonté au moyen d’une bélière ou anneau qui, fixé sur une petite plaque ronde, fait agir la pelote en .tous sens.
- MM. Burat ont encore apporté divers perfectionnements aux bandages de rectum, aux appareils contre l’onanisme, etc.
- Le jury décerne à MM. Burat une médaille de bronze.
- M. WICKHAM, rue Saint-Honoré, n° 25 j, à Paris (Seine).
- M. Wickham qui, en 1839 et i844, a exposé des bandages, ceintures, etc. vient cette année d’ajouter à ces divers objets, des appareils dits anti-méphitiques pour l’usage des pierres d’éviers et des cuisines. Le jury applaudit aux efforts tentés par M. Wickham et lui rappelle de nouveau les deux mentions honorables qu’il a déjà obtenues.
- M. ie docteur GIROD, officier de santé, à Écueillé (Indre).
- M. Girod est inventeur d’un nouveau bandage herniaire universel, qui paraît présenter des perfectionnements et avantages.
- Nous regrettons que cet appareil n’ait pas été confectionné par des ouvriers habiles ; l’idée de M. Girod aurait été tout à fait comprise et la commission aurait pu mieux juger cet appareil. Cependant elle accorde à M. Girod une mention honorable..
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- M. MABAUX DE LA FRASSE, bandagiste, rue Fontaine-Molière, n° 18, à Paris (Seine).
- M. Mabaux de la Frasse, bandagiste, fournisseur du magasin central des hôpitaux militaires et de l’bôtel des invalides, a présenté des bandages en pelotes de caoutchouc artificiel approuvé par l’académie de l’industrie et par le conseil de santé des armées.
- La parfaite élasticité des pelotes de M. Mabaux de la Frasse après un service de quinze à dix-huit mois par des ouvriers et des invalides et la conservation de son excellent artifice dans une de ces pelotes ouvertes devant nous, ne peut laisser aucun doute sur les avantages que présentent les bandages de M. Mabaux de la Frasse.
- Les pelotes élastiques de M. Mabaux de la Frasse paraissent réunir de bonnes conditions d’usage, mais jusqu’à ce que l’expérience ait définitivement prononcé sur leur supériorité, le jury croit devoir se borner à en faire une mention honorable, et engager l’inventeur à continuer ses essais et à en faire constater authentiquement le succès.
- M. MONCOURT, boulevart Saint-Martin, n° 3 ter, à Paris (Seine).
- Les ouvrages de M. Moncourt sont bien confectionnés. Le jury lui témoigne sa satisfaction par une citation.
- JE
- Madame AMIS, rue du Regard, n° 3o, à Paris (Seine).
- Mmo Amis a exposé pour la première fois des bandages orthopédiques, tels que corsets, béquilles. Ces objets sont bien confectionnés et le jury accorde une citation favorable à Madame Amis.
- M. BORSARY-GIRARD, à Dijon (Côte-d’Or).
- M. Borsary-Girard vient de perfectionner les bandages herniaires connus primitivement sous le nom de Brager. Son mécanisme est simple, d’une solidité à toute épreuve, et d’une manœuvre facile. L’académie de Dijon lui a déjà accordé son approbation, et le jury de l’exposition cite favorablement M. Borsary.
- Citations
- favorables.
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- SCARIFICATEUR.
- M. SANDOZ, à Lyon (Rhône).
- En i844, M. Sandoz a présenté un scarificateur confectionné par lui, d’après les instructions du docteur Blalin. Cet instrument, plus léger et plus simple que les scarificateurs allemands généralement employés, a valu à son auteur une citation favorable du
- jUI7-
- Aujourd’hui M. Sandoz expose de nouveau ce même instrument revu et perfectionné.
- Les avantages qu’il présente sont de tendre mieux la peau par la disposition convexe de sa surface, de produire des incisions plus longues sans causer plus de douleur et d’extraire ainsi plus de sang. (Dans une expérience comparative, le scarificateur allemand a.produit des incisions dont la longueur, au maximum, était de 4 millimètres; la quantité de sang obtenu de 45 à 48 grammes, tandis que la longueur des incisions faites par le nouveau scarificateur était de 7 millimètres et le sang obtenu de 65 à 70 grammes ; de s’appliquer dans des espaces étroits, tels que l’apophyse masloïde, les espaces intercostaux; d’être moins sujet à s’altérer que les scarificateurs à engrenage, enfin depouvoir se monter, se démonter et se nettoyer avec la plus grande facilité. Les pièces qui le composent ayant été obtenues parle découpage au balançoir, il en résulte une symétrie parfaite entre chaque partie similaire et un accord invariable dans leur ajustement.
- L’expérience ayant prononcé sur la supériorité du scarificateur Sandoz, le jury accorde à ce fabricant une médaille de bronze.
- SANGSUES ARTIFICIELLES.
- Médailles de bronze.
- MM. KUSSMANN et GEORGY, rue Saint-Denis, n°328, à Paris (Seine).
- MM. Kussmann et Georgy ont soumis à l’appréciation du jury un appareil de leur invention auquel ils ont donné le nom de sangsues artificielles.
- Cet appareil se compose ,
- î® D’un scarificateur cylindrique à 2 ou 4 lames, creusé infé-
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- rieurement et surmonté d’un petit corps de pompe en cuivre pour faire le vide.
- 2° D’un autre corps de pompe, en tout semblable au premier, auquel est adapté un cylindre de caoutchouc galvanisé de 3 centimètres de longueur sur î centimètre 1/2 de diamètre.
- 3° D’une série de petits tubes de verre ouverts à une extrémité, et dont l’autre extrémité est fermée par une petite peau de baudruche destinée à faire l'office de soupape et à laquelle on a pratiqué seulement une très-petite ouverture pour le passage de l’air.
- Pour mettre en jeu l’appareil, on arme le scarificateur et on applique sa partie creuse sur l’endroit où l’on veut obtenir du sang, on fait le vide au moyen du piston, la peau monte dans l’intérieur de l’instrument et on l’incise en lâchant la détente.
- Ce premier temps de l’opération terminé, on ôte le scarificateur, et il ne s’agit plus que d’opérer la succion. Pour cela, après avoir plongé dans l’eau tiède les petits tubes de verre, pour rendre plus flexible la baudruche, qui ferme une de leurs extrémités, on introduit cette extrémité dans l’intérieur du tube de caoutchouc qui tient au corps de pompe dont nous avons parlé. L’autre extrémité du tube s’applique ensuite sur les incisions faites par le scarificateur, et le piston est mis enjeu. Le vide opéré, on dégage le tube du cylindre de caoutchouc qui le tenait uni au corps de pompe; la baudruche, faisant office de soupape, maintient le vide, et la succion s’opère. On obtient ainsi la quantité de sang nécessaire, soit en vidant et replaçant plusieurs fois le même tube, soit en faisant d’autres incisions et en y plaçant autant d’autres tubes.
- On voit par ce qui vient d’être dit que l’appareil de MM. Kuss-mann et Georgy est un scarificateur fonctionnant dans le vide. Quant aux tubes ou ventouses (car ces messieurs ont appliqué avec avantage leur système de baudruche aux ventouses ordinaires), ils ont la plus grande analogie avec la ventouse à pompe. Plusieurs expériences répétées devant nous dans les hôpitaux nous ont permis de constater que, comme ces derniers, ils opèrent un vide parfait et une succion prompte. Ils offrent, en outre, l’avantage d’une confection plus simple, d’un prix moins élevé, d’un entretien facile et peu coûteux.
- Le jury, appréciant les efforts de MM. Kussmann et Georgy, leur accorde la médaille de bronze.
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- Mention
- honorable.
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- SANGSUES MÉCANIQUES.
- M. ALEXANDRE, passage de l’Entrepôt-des-Marais, n°6, à Paris (Seine).
- La rarelé toujours croissante des sangsues, et, par suite, ia difficulté de se procurer ces annélides, bonnes et à des prix modérés, ont depuis longtemps occupé les gens de l’art et les industriels, et ils ont senti toute l’importance qu’il y aurait à les remplacer par un procédé chirurgical quelconque.
- C’est dans ce but que M. Alexandre, ingénieur civil, a imaginé un appareil sous le nom de sangsues mécaniques.
- Cet appareil se compose de deux tubes : l’un désigné par l’auteur sous le nom de sangsue à dard ou tube scarificateur, l’autre de sangsue mécanique suceuse. '
- Le tube scarificateur est en cuivre, d’une longueur de 6 centimètres et d’un diamètre proportionné. Le tube d’aspiration est en verre; sa longueur est également de 6 centimètres et d’un diamètre en proportion.
- Tous deux sont taillés en biseau à leur extrémité libre. Leur extrémité opposée reçoit un piston formé d’un certain nombre de rondelles en caoutchouc galvanisé et disposé pour faire le vide. Au tube de cuivre est, en outre, annexé, vers sa partie moyenne, le point d’appui d’un levier de premier genre, et à son extrémité oblique, l’appareil scarificateur proprement dit.
- Cet appareil scarificateur consiste en un petit tube métallique fixé à angle à peu près droit sur le grand tube et communiquant avec lui : une lancette triangulaire, à laquelle il sert de gaine, le parcourt dans toute sa longueur. La chape de celte lancette reçoit l’extrémité du levier de premier genre, dont nous venons de parler, et un petit cylindre en caoutchouc galvanisé, adapté à la manière delà peau dont les droguistes recouvrent leur mortier pour piler certaines substances, unit ensemble la chape de la lancette et le tube qui lui sert de gaine.
- A l’état de repos, la lancette-scarificateur fait saillie dans l’intérieur du tube.
- Quand on veut armer l’instrument, on abaisse l’extrémité libre du levier en la fixant à un arrêt disposé exprès; alors la lancette rentre dans sa gaine en distendant fortement le petit tube de caout-
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- chouc. Veut-on que l'instrument agisse, il suffit de faire échapper l’extrémité du levier de dessous l’arrêt, et le capuchon de caoutchouc, revenant subitement sur lui-meme, force la lancette de redescendre promptement dans le grand tube de cuivre, où elle trouve la peau pour l’inciser.
- Ceci posé, voici comment on emploie l’appareil do M. Alexandre: on arme d’abord le scarificateur et on applique l’extrémité oblique du tube en cuivre sur la partie de la peau préalablement mouillée où l’on veut pratiquer la scarification ; on produit le vide à l’aide du piston, et dès que la peau a fait saillie dans le tube, on dégage l’extrémité du levier de dessous l’arrêt qui le maintenait : le dard alors se trouve lancé hors de sa gaine, atteint la peau qui fait saillie dans le tube, et la ponction donne lieu à une incision triangulaire de 1 à 2 millimètres de profondeur. Aussitôt on remplace le tube de cuivre par le tube de verre, dans lequel on fait le vide comme il vient d’être dit, et le sang s’y accumule.
- Les sangsues mécaniques de M. Alexandre ont déjà obtenu l’approbation de divers corps savants. Les essais tentés par le jury d’exposition n’ont pas également réussi sur tous les sujets, mais il est cependant à présumer que l’expérience sanctionnera les avantages de l’appareil de ce fabricant.
- Le jury accorde à M. Alexandre une mention honorable à raison des efforts qu’il a faits pour obtenir l’effet des sangsues dans le mécanisme de son appareil.
- APPAREILS DE PANSEMENT ET DE SECOURS POUR LES BLESSES ET INFIRMES.
- M. ARRAULT, rue des Petites-Écuries, n° 26, à Paris (Seine).
- Porter un prompt secours aux blessés ; mettre sans cesse sous la main du chirurgien les instruments nécessaires à l’exercice de son art, et les appareils de pansements indispensables sur le champ de bataille, c’est, sans contredit, rendre un service à l’humanité.
- Depuis longtemps le ministère de la guerre a senti l’importance de faire confectionner des sacoches à pansements pour la cavalerie ; des sacs d’ambulance identiquement semblables au havre-sac d’ordonnance, pour être placés facilement sur le dos du soldat ou de l’infirmier.
- Mention
- honorable.
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- M. Arrault, dans le même but, vient de présenter à l’exposition des sacs d’ambulance, des boîtes de secours commodes, bien disposées , des pharmacies portatives qui trouveront avantageusement leur emploi dans plus d’une localité.
- Le jury ne peut qu’applaudir aux efforts de cet exposant, et lui accorde la mention honorable.
- M. Pierre-Louis PERNOT, rue Fontaine-Molière, n° 32, à Paris (Seine).
- M. Pernot a exposé des bas élastiques lacés, en tricot de coton, de son invention, fabriqués à la mécanique, pour laquelle il a obtenu un brevet d’invention.
- Ses bas exercent une compression douce, régulière, sans interrompre la circulation ; ils suivent tous les mouvements, toutes les sinuosités des jambes en se contractant et revenant graduellement à leurs formes et dimensions ordinaires.
- Le jury décerne à M. Pernot une mention honorable.
- M. POIRET, à Clermont (Puy-de-Dôme).
- Bains portatifs de chaleur et fumigation sèches, pouvant remplacer les bains d'eaux thermales, au moyen de fumigations gazeuses.
- Ces bains, suivant le jury départemental, sont propres à la guérison des maladies de la peau, aux douleurs, sueurs rentrées, rhumatismes, lis sont employés avec le plus grand succès contre le choléra. L’appareil est très-simple et d’an bon usage : les ravages du choléra feraient désirer qu’il en fût établi de semblables dans les communes rurales.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Poiret, de Clermont.
- M. POUILLIER, rue Sainte-Avoie, n° 3a, à Paris (Seine).
- M. Pouillier a exposé celle année des ceintures hypogastriques en tissu élastique, avec pelotes à air, susceptibles d’augmenter de volume à volonté, et d’exercer ainsi une pression plus ou moins forte sans produire de la gêne; des pessaires en buis avec tige en métal, articulée ou non articulée, et fixée de même à une ceinture élastique; des bas lacés, en soie très-fine et en caoutchouc.
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- MM. les médecins apprécieront mieux que personne le degré d'utilité dë ces appareils, que le jury regarde comme étant de bonne confection.
- M. Bouillier mérite une mention honorable.
- PROTHÈSE DENTAIRE.
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- M. BILLARD, rue de l’Ancîenne-Comédie, n° 18 , à Médailles
- de bronze»
- Paris (Seine).
- M. Billard, connu depuis longtemps pour ses procédés de fabrication de dents minérales, a exposé cette année divers produits dont la bonne confection et le fini ont été appréciés du jury.
- Au nombre des objets qui figurent dans la montre de M. Billard, on remarquait un alliage composé de platine et d’argent destiné à remplacer les divers alliages employés par les dentistes.
- Le jury témoigne à M. Billard sa satisfaction et lui accorde la médaille de bronze.
- M. SOUPLET, à Troyes (Aube).
- M. Souplet, de Troyes, chirurgien dentiste, s’occupe depuis plusieurs années, et avec succès, du redressement des dents vicieuse-ment implantées.
- Le tableau que ce chirurgien fait figurer à l’exposition a fixé l’attention du jury.
- H comporte une série de mâchoires qui étaient mal conformées et qui, dans un espace de temps très-court, ont été ramenées à une direction normale : c’est i° en extrayant une ou plusieurs dents lorsque la mâchoire est trop étroite; 2° en adaptant, pour un certain temps, aux dents mal rangées un.appareil compresseur, pour les pousser d’arrière en avant, ou en opérant sur elles un degré de tension, d’ayant en arrière, qu’il obtient le résultat proposé.
- Le moulage des mâchoires, avant et après l’opération, témoigne de l’elficacité du procédé et les attestations nombreuses de la part de médecins distingués qui ont suivi les malades garantissent que les dents replacées ne perdent rien de leur solidité primitive.
- Le jury, en exprimant à M. Souplet sa satisfaction, lui accorde une médaille de bronze.
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- M. DIDIER, rue Richelieu, n° 28, à Paris (Seine).
- M. Didier, médecin dentiste, a exposé des dentiers en pâle dure, vitrifiée, à laquelle il a donné le nom de minéro-adamanline.
- Pour juger convenablement des dentiers de M. Didier, il importe que nous disions quelques mots sur les matières généralement employées pour la confection des pièces de prothèse dentaire. Les dents naturelles, celles d’hippopotame et les dents minérales montées sur cuvette métallique sont les seules ressources du dentiste.
- Les premières, les dents naturelles, seraient, sans contredit, les meiîleures, mais comme celles de dents d’hippopotame, elles s’altèrent facilement à la chaleur et à l’humidité de la bouche: les dents minérales imitent mal la nature, se cassent facilement, et le métal sur lequel elles sont montées, blesse continuellement les gencives; il a de plus le désagrément de laisser dans la bouche une saveur métallique souvent insupportable.
- Ce sont cês inconvénients que M. Didier a cherché à corriger en fabriquant sa pâte minéro-adamantine. Nous avons examiné avec soin ses dentiers, et nous avons pu nous convaincre que, non-seulement à la main, mais dans la bouche même des personnes qui en portent, ils simulent parfaitement les dents naturelles ainsi que les gencives dont elles sont surmontées.
- Restait à connaître leur importance dans la prothèse dentaire, et le degré d’inaltérabilité dont elles sont douées. Le temps ne nous a pas permis de suivre l’inventeur dans ses procédés de fabrication, mais nous tenons pour certain de M. le docteur Roquette chargé, avec M. Rayer, d’éclairer l’académie de médecine sur la composition de la pâte de M. Didier, que celte pâte est surtout remarquable :
- i° Par sa dureté qui résiste parfaitement aux chocs et aux frottements; ce qui n’existe pas dans la plupart des autres compositions du même genre;
- 20 Par sa translucidité ;
- 3° Par l’inaltérabilité au four, l’absence de retrait et de tout gauchissement;
- 4° Par la possibilité de construire des dentiers complets sans pièces métalliques apparentes et d’y reproduire des gencives, d’une imitation parfaite.
- Le jury est d’avis que M. Didier a apporté une perfection notable
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- a la prothèse dentaire et lui décerne une médaille de bronze comme exposant pour la première fois.
- M. GONTJER, à Brest (Finistère).
- Mentions
- honorables.
- M. Gontier, de Brest, qui a obtenu une médaille de bronze à l'exposition d’Amiens, a présenté plusieurs dentiers et autres objets concernant la prothèse dentaire, qui paraissent généralement bien -confectionnés.
- Ils sont, d'ailleurs, le produit d’une industrie nouvelle pour le département du Finistère.
- Le jury accorde à M. Gontier une mention honorable.
- M. Paul SIMON , boulevard du Temple, n° 42 , à Paris (Seine).
- Les produits de M. Simon sont de bonne confection, ingénieusement travaillés, pour la prothèse dentaire en dents minérales.
- Le jury d’exposition lui décerne une mention honorable.
- § 2. BIBERONS. „ ,
- M. Héricart de Thury, rapporteur.
- M. THIER, passage Choiseul, n° 4o, à Paris (Seine). Mention
- pour ordre.
- M. Thier est parvenu a surmonter les deux inconvénients d’une aspiration insuffisante de la bouche, et trop énergique de la pompe pneumatique, en substituant tout simplement à cette dernière une ‘ pompe ordinaire, dont les mouvements aspirateurs intermittents imitent parfaitement la succion opérée par l’enfant, et, en effet, il suffit de quelques-uns de ces mouvements d’aspiration, imprimés à la tetlerelle Thier,-pour que le lait découle et jaillisse sur les parois du réservoir.
- Enfin, pour achever de perfectionner son appareil, l’inventeur a annexé au réservoir ordinaire un récipient inférieur de même capacité à peu près, uni au premier par une coulisse circulaire. La communication de ces deux réservoirs s’établit par un diaphragme mobile. Quand le réservoir supérieur contient une certaine quantité de lait, on applique un doigt sur une petite bascule extérieurement placée, le-diaphragme s’abaisse et le lait passe d’un réservoir
- m.
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- à l’autre sans perdre sa chaleur. A ce deuxième récipient, selrouve ajouté un petit siphon, dont l’extrémité inférieure plonge dans le lait, et l’autre extrémité se termine par un mamelon en liège qu’on place dans la bouche de l’enfant.
- Depuis plusieurs années, la tetterelle de M. Thier est employée à la clinique d’accouchement, où elle a rendu de nombreux services, et tels, que les autres appareils y ont été complètement abandonnés.
- Le jury mentionne ici, pour ordre, M. Thier, qui a déjà reçu une récompense'(médaille de bronze), au chapitre des instruments de précision (Appareils à peser).
- Rappel Mme Ve BRETON, femme FAUCHEUX, rue Saint-Sébas-
- médailîe tien » n° ^O, à Paris (Seine),
- de bronze.
- Les appareils de Mmo Breton sont, comme pour les années précédentes, remarquables par leur bonne confection, et le jury lui accorde de nouveau le rappel de la médaille de bronze qu’elle a obtenu en 1839.
- Médaille M. DARBO, passage Ghoiseul, n° 26, à Paris (Seine).
- de bronze;*
- La plupart des produits présentés par M. Darbo pour l’allaitement artificiel sont bien imaginés et susceptibles d’une bonne et ' utile application.
- Le jury lui accorde la médaille de bronze, justement méritée par ses efforts constants.
- Mention
- honorable.
- M. BOR, à Amiens (Somme).
- Les biberons bouts-de-sein en buis, corne et ivoire; la charpie vierge, présentés par M. Bor, sont des produits bien confectionnés et d’une utilité réellè. .
- L’hypo-sulfite de chaux et de soude qu’il est parvenu à extraire de l’épuration du gaz à dés prix de la moitié ou à peu près de leur valeur ancienne lui ont valu diverses récompenses et mentions honorables de plusieurs sociétés savantes ou d’encouragement.
- Lé jury apprécie les efforts de M. Bor, et lui accorde une mention hbnôrablè.
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- S 3. CLYSOÏRS.
- M. Iiéricart de Tliury, rapporteur.
- MM. TOLLAY et MARTIN, rue Cadet, n° 28, à Paris (Seine).
- Le jury a examiné avec intérêt l’appareil irrigateur du docteur Eguisier présenté par MM. Tqllay et Martin.
- Cet appareil, uniquement appliqué à la médecine, fonctionne seul et se monte,comme une pendule. 11 peut servir avec avantage à toute espèce d'irrigation, douches externes, internes, injections simples et à double courant, lavement, etc.
- Sa bonne et ingénieuse confection mérite des éloges; son emploi dans presque tous les hôpitaux depuis huit et neuf ans et les divers comptes rèndus sur la manière dont il fonctionne et la facilité de son entretien témoignent de son utilité.
- Avec ces appareils,-les malades peuvent s’administrer seuls toute espèce d’injection et la modifier suivant les indications qui se présentent.
- Le jury décerne à MM. Tollay et Martin une médaille de bronze pour leur irrigateur, dont ils reconnaissent le docteur Eguisier l’inventeur..
- ; . * * 1
- M. LEPERDRIEL, rue du Faubourg-Montmartre, n° 76, à Paris (Seine).
- Parmi les nombreux produits exposés par M. Leperdriel, le jury a particulièrement remarqué sa toile vésicanle adhérente pour la prompte application des vésicatoires ,• ses taffetas épispastiques, qui remplace avec le plus grand avantage les pommades suppuratives, et dont, il est le premier inventeur. Ses compresses en papier et ses pois élastiques en caoutchouc susceptibles d’être rendus plus ou moins stimulants suivant les indications, ses divers tissus élastiques, tels que serre-bras, bas lacés, etc. Par, ses nombreux produits, M. .Leperdriel a rendu de • véritables services à toutes les classes de la société, et il n’est pas de voyageur qui, obligé de recourir.à ses procédés, n’en ait reconnu la supériorité et les avantages. *
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- 4i.
- Médailles de bronze.
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- Mentions
- honorables.
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- M. NAUDINAT, rue de la Cité, n° 19, à Paris (Seine).
- M. Naudinat a succédé depuis deux ans à M. Petit (Adrien). Depuis son entrée en possession de 3a fabrique de M. Petit, M. Naudinat a continué à fabriquer avec 3e même soin que son prédécesseur, et le jury lui décerne une mention honorable.
- M. CHARBONNIER, rue Saint-Honoré, n° 3/47, à Paris (Seine).
- M. Charbonnier, qui a exposé en i844> vient de présenter de nouveau, cette année, à l’examen du jury, une série de clyso* pompes seringues, anciens et nouveaux modèles, bandages de tous systèmes avec ou sans ressorts, divers appareils orthopédiques, ceintures, suspejnsoirs, etc.
- Ces divers produits, qui ont leur utilité relative, sont confectionnés avec soin. Le jury accorde à M. Charbonnier une mention honorable.
- M. LEHODEY, rue François-Miron, n° i5 bis, à Paris ( Seine).
- En 1844, M. Lebodey a exposé des clysoleïdes et des clyso-po-ches sans aucune garniture, ce qui rend l’instrument moins facile à se déranger et d’un entretien plus simple.
- Les appareils de M. Lebodey lui ont déjà valu une mention honorable; le j[ury d’exposition la lui renouvelle aujourd’hui.
- M. BIBER, rue Hautefeuille, n° 3o, à Paris (Seine).
- M. Biber, tourneur mécanicien qui a succédé à M. Deroghat, vient de présenter des clyso-seringues en étain et en cuivre de différentes grandeurs, remarquables par la simplicité avec laquelle ils fonctionnent seuls.
- Ces appareils, qui ont quelque analogie avec les irrigateurs déjà connus, en diffèrent cependant dans la puissance qui met en jeu le piston. Cette puissance placée extérieurement consiste en deux cordes en caoutchouc vulcanisé, armées d’un crochet en fer; elles sont fixées aux extrémités d’un fléau transversal qui tient au sommet du piston.
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- Lorsque l’instrument est rempli de liquidé, le piston fort élevé, il suffit de tendre les deux cordes en caoutchouc et de les maintenir ainsi en arrêt à deux anneaux placés latéralement en bas et en dehors du cylindre, la pression exercée par leur retrait sur le piston pousse le liquide, qui s’échappe d’un siphon annexé au clyso-se-ringue.
- Le jury accorde à M. Biber une mention honorable.
- M. PESQUET, rue Aumaire, n° k , à Paris (Seine) . favoraSo*.
- Il a présenté à l’examen du jury divers objets de chasse, entre autres des poires à poudre en cuivre, zinc, maillechort et argent; dé plus, des clyso-pompes intermittents et d’autres à jetcontinu.
- Il s’occupe aussi de la fabrication d’une cafetière pour faire le çafé sur table. Le jury regrette de ne pouvoir se prononcer sur cet article, cependant il cite favorablement les produits ci-dessus de M. Pesquet, qui lui ont paru bien confectionnés.
- M. ONFRAY, rue Jean-Robert, n° 15, à Paris (Seine).
- Les produits que M.. Onfray a présentés à l’exposition consistent en divers objets de poterie d’étain, tels que couverts pour le serr vice de table, clyso-pompes, etc.
- Ces produits sont de bonne fabrication et le jury croit devoir citer favorablement M. Onfray.
- M. GUILBAUT, rue Saint-Martin, n° 214, à Paris (Seinej..
- Il a exposé un clyso-pompe à jet continu,; d’un, usage simple e.t. se démontant facilement.
- Le jury le cite favorablement.
- QUATRIÈME SECTION.
- FLEURS ARTIFICIELLES.
- Mi Héricart de Thury, rapporteur. CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Nous n’avons rien
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- que nous avons présentées dans notre rapport de i844, sur l’industrie des fleurs artificielles et l’importauce de leur fabrication, de leur commerce et de leur exportation, importance aussi peu connue qu’appréciée, puisqu’elle s’élève à plus de dix millions de francs, pour le total des diverses spécialités qui sont engagées dans cette fabrication, dont plus d’un cinquième passe à l’étranger d’outre-mer, à raison de la haute supériorité de nos fleurs artificielles, qui leur fait donner la préférence sur celles de tous les autres pays. Nous croyons cependant devoir rappeler, à l’appui de cette supériorité, que personne d’ailleurs ne nous conteste, ce que nous disions en i844, que des botanistes, des jardiniers fleuristes, et même certains professeurs, membres du jury du concours de la soç ciété centrale d’horticulture, ont souvent déclaré qu’ils ne pouvaient, sans les examiner attentivement et même sans les toucher, distinguer les fleurs artificielles de quelques-uns de iios fabricants, des Heurs naturelles qui leur étaient présentées réunies en bouquets. Plusieurs de nos fabricants, tout en se livrant à l’industrie des fleurs artificielles de parure, toilette et ornements, s’attachent depuis quelques années à l’étude cle la botanique et suivent les cours de nos premiers professeurs, pour donner à chacune de leurs compositions, les véritables caractères qui servent à les déterminer, de manière à former des spécimens de la plus grande vérité pourles familles naturelles des plantes, en fleurs artificielles, afm de faciliter en toute saison l’étude de la botanique aux jeunes élèves et aux amateurs.
- Comme en i844» nous diviserons la section des fleurs artificielles en sept articles, savoir :
- i° Les fleurs de botanique artificielles destinées, ainsi que nous venons de le dire, à présenter les caractères paiticuliers. de chaque famille naturelle des plantes, etc.
- 5 v s,
- 20 L’outillage de la fabrication des fleurs et des feuilles artificielles;
- 3° Les matières employées pour les fleurs et les feuilles arti-.
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- ficiellestelles que le velours, le taffetas, les divers tissus végétaux ou animaux, etc.
- k° Les fleurs artificielles pour parure, ornements, bouquets, fleurs de vases, fleurs en plumes;
- 5° Fleurs artificielles de matières autres que les étoffes, tissus, papiers, etc.
- 6° Les fleurs et fruits en cire, verre, etc.
- 7° Application des fleurs artificielles dans diverses industries, telles que les appareils de gaz pour l’éclairage, les illuminations et diverses autres industries.
- 1° FLEURS DE BOTANIQUE ARTIFICIELLES.
- La fabrication des fleurs de botanique artificielles a fait de tels progrès depuis quelques années, que nous ne pouvons les comparer qu’à ceux de l’anatomie artificielle, tellement parfaite qu’elle est généralement adoptée pour l’étude des opérations chirurgicales, dans léS'hôpitaux'des régions tropicales, où l’étude de l’anatomie est impraticable, comme celle de la botanique l’est au contraire en hiver dans nos climats , lorsque nous sommes entièrement privés de fleurs. Celte belle industrie a été tellement appréciée par nos plus célèbres professeurs dé botanique qu’ils l’ont encouragée de tous leurs moyens, en s’appliquant eux-mêmes à faire faire des collections de spécimens des caractères essentiels de chacune des familles naturelles des plantes, afin d’en faciliter, à leurs élèves, l’explication et l’étude dans la saison où la nature ne leur en présentait plus en fleur; mais là ne s’est pas bornée leur bienveillante protection envers leurs élèves, et tels que Berzélius à Stockholm et le docteur Fischer à Saint-Pétersbourg, nos premiers professeurs , les ont engagés à venir suivre leurs cours de botanique, et le jury central, de son côté, a couronné nos fabricants de fleurs artificielles pour leurs progrès et leurs perfectionnements dans une industrie aujourd’hui généralement considérée comme véritablement à l’apôgée de la plus grande et de la plus haute supériorité, tels que M. Constantin, M. de Laëre, M,ue de Furslenhôff, Mme de la Roaue, etc.’ '
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- Médailles d argent.
- M. et Mm® Louis DELAËRE, rue de Richeiieu, n° 18, à Paris (Seine ).
- M. et Mm' Louis Delaëre soutiennent la haute réputation qu’ils se sont acquise par les belles préparations d’études de botanique artificielle qu’ils avaient présentées à l’exposition de i844, pour lesquelles le jury central leur avait décerné une médaille de bronze, en les plaçant en tête de leur belle industrie.
- D’après les admirables perfectionnements qu’ils ont introduits dans leur fabrication, dont ils ont exposé un riche et brillant assortiment, composé des plus belles fleurs des serres "de M. Hardi, au Luxembourg, deM. Paillet, un de nos premiers horticulteurs, etde celles de nos plus belles serres, la commission avait proposé au jury central de leur décerner une médaille d’argent. M. et Mme Delaëre ayant prouvé par leur exposition qu’ils méritaient d’être placés an-même rang pour les fleurs de parure, le jury central, dans sa séance de révision, décida que M. et MmeDelaëre étaient de plus en plus dignes de la médaille d’argent qu’ils avaient obtenue précédemment, confondant celle que leur avait décernée la société centrale d’horticulture, avec celle de l’exposition de 1844. qui n’était que la médaille de bronze. Le rapporteur de la commission, alors absent par suite d’une grave indisposition, n’ayant pu soutenir la propor sition devant le jury central, qui maintenait M. et Mme Delaëre au premier rang en leur accordant le rappel de leur médaille d’argent, croit devoir exposer ici ces diverses circonstances pour réserver à M. et M'“c Delaëre des droits à la médaille d’argent qu’il croyait leur avoir réellement été décernée. (Voir au reste leur article aux fleurs de parure, paragraphe 4-)
- Mmc Emma FURSTENHOFF, née LINDÉGRON, rue de Grammont, n° 8, à Paris (Seine).
- Mme Emrna Furstenhoff, fille de M. Lindégron, poêle, auteur et savant suédois distingué, reçut les premières leçons d’histoire naturelle de MM, les professeurs de Pontin et Wahlberg, sur la recommandation du savant Berzélius, qui l’envoya à Saint-Pélers.-bourg à M. le docteur Fischer, directeur du jardin impérial , pour s’y fortifier dans l’étude de la physique végétale et des caractères botaniques des plantes. Elle s’attacha, sous ses yeux, à les repré-*
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- senler par des préparations qui eurent les plus grands succès et qui lui valurent les plus hautes et puissantes protections, celles (le la reine de Suède et du prince Max, son frère.
- Après quelques années de séjour et d’études, d’abord à Londres et ensuite à Saint-Pétersbourg, les professeurs Fries d’Upsal, Berzélius de Stockholm et Fischer, l’engagèrent à aller se fortifier à Paris dans l’étude de la botanique et la préparation des fleurs artificielles des familles naturelles. Ils l’adressèrent à MM. Bron-gniart, de Caisne, Pépin et Neümann, du Jardin des plantes, qui s’empressèrent tous d’accueillir l’élève des Fries, Berzélius et Fischer, et lui procurèrent les moyens de se perfectionner dans ses travaux. Ces célèbres professeurs des académies d’Upsal, Stockholm et Saint-Pétersbourg, ne l’abandonnèrent point à Paris, ils continuèrent à lui adresser des instructions , que Mme FurslenhofF a communiquées à la commission, qui les a mises sous les yeux du jury central pour lui faire voir et apprécier l’intérêt qu’ils portaient à leur élèvei recommandée d’autre part, de la manière la plus honorable, par M. de Pontin, premier médecin du roi, membre de l’académie des sciences de Stockholm, etM. F. P. Wahlberg, professeur, secrétaire de la même académie, ses premiers protecteurs1.
- D’après les conseils de Fischer, et tout en se livrant, par besoin,
- 1 M“* Furstenhoff a entre les mains, i° une lettre d’un grand intérêt du professeur Fischer, dans laquelle, après lui avoir décrit et dessiné la Calüeya Forbesii, il lui conseille de bien étudier la famille des orchidées', dont il lui dessine en détail tous les caractères piûncipaux, et 20 un certificat du professeur Fries, que nous transcrivons ici : «Le soussigné, professeur de botanique à l’académie d’Upsal, chargé d’examiner les fleurs artificielles copiées d'après nature par M”® FurstenholF, croit devoir citer particulièrement, x° uu Zygopetalum crinitum, et 2°un Cattleya Forbesii présentés à sa majesté la reine de Suède et de Norwége, et il déclare et certifie, avec le plus vif intérêt, que ces fleurs ont dans tous leurs caractères la plus parfaite ressemblance avec les modèles naturels, au point qu’au premier aspect il est difficile de les distinguer, et qu’il faut les examiner et étudier avec la plus grande attention, pour reconnaître qu’ils sont artificiels, mais qu’ils sont d’une telle vérité et d’une telle exactitude, qu’un œil botanise bien exercé peut seul les distinguer et en exécuter de semblables et aussi parfaits. # •
- E. Fries, botaniste, professeur à l'académie d’Upsal et à l’académie des sciences de Stockholm.
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- au travail des fleurs artificielles de parure, qu’elle exécute avec une rare perfection, qui lui a valu la clientèle des premières maisons de fleuristes, Mmo Emma Furstenhoff a continué à se livrer spécialement à l’étude des fleurs artificielles pour l’étude de la botanique. Elle n’a même pas craint de s’attacher à représenter celles dont les caractères sont les plus difficiles à exécuter, et elle est ainsi parvenue à faire une nombreuse collection de fleurs d’une vérité et d’une exactitude telles, que, sur la proposition de Berzélius, de Ponlin et Wahlberg, elle a été nommée membre de la société royale d’horticulture de Stockholm.
- Le jury central, sur le rapport de sa commission, considérant que M“e Furstenhoff, élève des professeurs Wahlberg, Fries et Fischer, obtient le même succès dans la fabrication des études et spécimens de fleurs de botanique artificielles, si rarement représentées avec la vérité et l’exactitude de la nature, que dans la fabrication des fleurs de parure les plus recherchées pour leurs brillantes couleurs et leurs effets admirables, lui décerne une médaille d’argent.
- Médaille Mme Marie-Rose VENY, à Brest (Finistère), et rue Ram-
- buteau, n° 20, à Paris (Seine).
- Elle a présenté à l’exposition des fleurs artificielles pour l’étude de la botanique , pour laquelle les herbiers faits avec le plus de soin laissent toujours beaucoup à désirer, la plupart des plantes desséchées ayant perdu leurs couleurs et souvent leurs principaux caractères. A cet effet, après s’être livrée à l’étude de la physique végétale, elle a cherché les moyens de représenter et reproduire les caractères des plantes et de leurs organes avec l’exactitude la plus rigoureuse que l’on peut obtenir, et elle est, parvenue . à exécuter avec un très-grand succès des spécimens propres à faciliter; en toute saison, l’étude des fleurs. Déjà, elle avait soumis à la société de pharmacie plusieurs cartons renfermant des préparations de plantes artificielles, que cette société fit examiner par une commission composée de MM. Guibourt, Chaiin et Lap, qui fit un rapport favorable sur ses premiers essais. Mmo Vény a depuis continué ses travaux avec plus d’ardeur. Ses compositions sont des reproductions exactes des plantes et de leurs organes, au moyen desquelles la botanique pourra réellement être étudiée en toutes saisons.
- Le jury décerne cà Mmc Vény une médaille de bronze.
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- M"* Charlotte de BEAULINCOURT, à Glomenghem (Pas-de-Calais). '
- * «
- En exprimant à M. le préfet du département du Pas-de-Calais son désir d’être admise à l’exposition pour des fleurs artificielles, elle a déclaré que son intention n’était pas de se présenter comme fabricanle de fleurs, de modes et parures, mais pour des fleurs artificielles de botanique, propres à remplacer celles des herbiers, qui donnent des idées si imparfaites de la manière d’être et des caractères de la plupart des plantes.
- Le jury, adoptant les conclusions de sa comipission, décerne à Mlio de Beaulincourt une mention honorable.
- é
- 2° OUTILLAGE DE LA FABRICATION DES FLEURS ET DES FEUILLES
- ' ARTIFICIELLES.
- M. Antoine-Victor CROUSSE, rue Saint-Denis, n° 16, Rappel
- de
- à Paris (Seine). médaille
- de bronze.
- Les produits exposés par M. Crousse sont particulièrement les différentes pièces de l’outillage des fleurs artificielles ; ainsi des découpoirs, des emporte-pièces, des gaufroirs, etc. etc. exécutés et gravés avec tout le soin et la perfection qu’exige la représentation du- tissu organique des surfaces des feuilles des plantes.
- M. Crousse est parvenu à le rendre avec tant de vérité, qu’on a souvent vu prendre pour naturelles les feuilles produites en étoffe ou en papier avec ses instruments.
- Il avait obtenu en i844 une médaille de bronze; le jury, prenant en considération tous les développements qu’il a donnés à son industrie et les perfections qu’il y a introduites, lui rappelle la médaille de bronze à lui décernée en i844> . r
- M. Cypnen-HulDert REDÉLïX,rue S.aint-Dems, n 3d7, Médailles
- Jr . . , . 1 de bronze.
- eme).
- M. Redélix, graveur sur acier, a exposé un outillage très-varié, composé de divers découpoirs, emporle-pièces , gaufroirs, etc. pour les feuilles des fleurs artificielles. Il est'difficile d’établir une différence entre son outillage et celui.de M. Crousse; on y trouve.
- à Paris (S
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- la même perfection, le même soin et toutes les bonnes conditions d’exécution et de vérité.
- A cet outillage, M. Redélix a ajouté divers instruments, haches et marteaux forestiers et autres outils pour impression de marques en tous genres et d’une bonne confection.
- Lejury lui décerne une médaille de bronze.
- 3° FABRIQUE DES MATIÈRES EMPLOYÉES POUR LES FLEURS ET FEUILLES ARTIFICIELLES, SOIES, VELOURS, TAFFETAS, TISSUS DIVERS, TOILES, BATISTES, ÉCORCES VÉGÉTALES ET SUBSTANCES ANIMALES, PAPIERS, APPRÊTS, COULEURS, ETC. ETC.
- OBSERVATIONS.
- La préparation des matières empl pyées pour la fabrication des fleurs artificielles est une industrie particulière, comme celle de l’outillage, et la plupart des fleuristes ont recours aux fabricants des matières premières pour confectionner leurs fleurs. Quelques-uns, cependant, réunissent ces deux industries et méritent d’être signalés au jury central pour les succès qu’ils obtiennent et ceux qu’ils ont fait faire, en général, à toute la fabricaliou des fleurs artificielles. La commission à cet égard a particulièrement distingué et recommande, entre autres, les fabricants suivants au jury.
- Médaille M. CHAGOT aîné, rue de Richelieu, n° 81, à Paris dVg“1' (Seine).
- La maison de M. Chagot, une des premières de Paris, s’était présentée sous la raison de MM. Chagot frères aux expositions de i83g et i844, où elle obtint deux médailles de bronze.
- Elle se représente aujourd’hui sous le nom de M. Chagot aîné, qui a beaucoup contribué à étendre la haute réputation des fleurs artificielles de Paris dans toutes les parties du monde.
- Les matières premières qu’il emploie sont très-variées , bien préparées et de la plus grande beauté; ses ateliers, sagement administrés, bien divisés et remarquables par l’ordre qui y règne dans toutes les parties du travail. La commission le signale sous ce rapport comme pour la perfection et la beauté de ses fleurs et
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- de ses parures variées du meilleur goût, qui sont bien recherchées et obtiennent le plus grand succès dans les pays étrangers.
- Le jury décerne à M. Chagot aîné, qui figurera dans les premiers rangs de nos fleuristes du paragraphe suivant, une médaille d’argent, pour tous les progrès que lui doit l’induslrie des fleurs artificielles.
- M. PRÉVOST-WENZEL, rue Saint-Denis, n” 290, à Paris (Seine).
- Il a obtenu, en i844, une médaille de bronze pour la fabrication des matières premières de l’art des fleurs artificielles et pour leur emploi dans ses ateliers, depuis longtemps connus pour la beauté et la vérité de ses fleurs, et qui jouissent d’une réputation justement méritée qui lui avait valu, dès 1784, un brevet des plus honorables de la reine Marie-Antoinette, au nom de Wenzel, le fondateur de cette importante maison.
- La commission, considérant que M. Prévosl-Wenzel, déjà si recommandable à ses yeux par la préparation de ses matières premières et par les fleurs qu’il en confectionne, l’est encore par les instruments et machines qu’il emploie dans ses ateliers et par les apprêts qu’il prépare lui-même, avait demandé pour lui la médaille d’argent, mais le nombre trop limité de médailles n’ayant pas permis de le comprendre dans la proposition , le jury central a été forcé de se réduire au rappel de la médaille de bronze accordée en 1844, dont M. Prévost-Wenzel se montre de plus en plus digne.
- M PAROISSIEN, rue Sainte-Appoline, n° 12, à Paris (Seine).
- Il a établi une fabrique dans laquelle il prépare avec succès les matières premières pour les feuilles des fleurs artificielles. L’assortiment qu’il en a présenté prouve de sa part autant de connaissance des moyens que d’habileté dans leur emploi.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M™ LOUBON- GAUDET-DUFRESNE, rue de Richelieu, n° 4i, à Paris (Seine).
- Mœe Gaudet-Dufresne, artiste peintre, s’est spécialement attachée à la fabrication des feuilles des fleurs artificielles qu’elle fournit aux
- Rappel
- de
- médaille de bronze.
- Mention
- honorable*
- Citations
- hononfblcs.
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- Citation
- favorable.
- Mentions pour ordre.
- Rappel de médaille de bronze.
- Médaille de bronze.
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- premières maisons de fleuristes ; ainsi, en accordant une mention honorable à M™ Loubon, le jury croit devoir la mettre également sous le nom du fenillagiste et la porter aux noms Loubon-Gaudet-Dufresne.
- M. H. BRIARD, rue du Cloître-Saint-Jacques, n° 2, à Paris (Seine).
- C’est un habile chimiste qui prépare les apprêts et couleurs fines pour les fleurs, les feuillages, les plumes, etc. etc.
- Sur le rapport de la commission, le jury central accorde à M. Briard une citation favorable.
- 4» FLEURS ARTIFICIELLES POUR PARURES, ORNEMENTS, BOUQUETS,
- VASES,' ETC.
- La commission rappellera d’abord, pour ordre, entête des fabricants fleuristes en fleurs artificielles de parures et au même rang :
- M.- et Mme Louis Delaëre, auxquels le jury central a décerné une médaille d’argent pour leurs études de plantes rares de serre chaude et leurs fleurs de parure;
- Mme Emma Furslenboff, qui a également obtenu une médaille d’argent pour sa belle collection de fleurs, ses spécimens de botanique artificielle et ses belles fleurs de parure,
- Et M. Chagotaîné, qui par les matières employées dans la fabrication de ses fleurs artificielles a mérité du jury central une médaille d’argent.
- • ?
- M. Jean-Baptiste-Félix JULIEN, rue Montmartre, n° 157, à Paris (Seine).
- Il s’était fait distinguer à l’exposition de i844 par les fleurs qu’il avait exposées et pour lesquelles il obtint une médaille de bronze; celles qu’il a présentéês cette année prouvent qu’il s’attache de plus en plus à faire .des progrès, ce que le jury central constate par le rappel de la médaille de bronze.
- . ‘ i
- Mme DUCHESNE-BETTINGER, à Nantes (LoireTnfé-rieure).
- Madame Duchesne-Bettinger, suivant le jury départemental de
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- la Loire-Inférieure, tout en se livrant à l'industrie des Heurs de parure et d’ornement, fait également, avec une admirable vérité, les fleurs de pacotille pour l’exportation, en fines fleurs au plus bas prix.
- Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- M. Frédéric-Hippolyte MAYER, rue Richelieu, n° 2/1, Mentions
- < -r\ • /o * \ Itoiiorsblcs*
- à Paris (oeinej.
- Il s’est fait distinguer dans les expositions d’horticulture par les fleurs artificielles qu’il y a présentées et qui lui ont mérité plusieurs médailles d’argent. Celles qu’il a soumises à l’examen du jury central sont d’une grande perfection, que le jury constate par une mention honorable.
- M. François-Louis GHAGOT, pour la maison GHAGOT-MARIN, rue Neuve-Saint-Augustin, n° 5, à /Paris (Seine).
- Anciennement associé de M. Cbagot aîné, M. François-Louis Chagot-Marin se présente pour la première fois en son nom, et les plumes et les fleurs qu’il a soumises à l’examen de la commission attestent qu’il se distinguera dans tous les genres auxquels il se livre avec le même succès que la maison de M. Chagot aîné, dont il sera un digne rival, et qu’il méritera les mêmes récompenses; mais, comme il se présente pour la première fois aux expositions, le jury central, en attendant, lui décerne une mention honorable.
- MM. LOUVEL et CABANIS, rue du Caire, n° 5, à Paris (Seine).
- Ils se présentent pour la première fois à l’èxposition. La commission a examiné avec un vif intérêt les plumes et les fleurs qu’ils confectionnent par des moyens qui leur sont particuliers et qui ont exigé des études et des travaux en mécanique comme en apprêts chimiques. Ils sont parvenus à fabriquer des fleurs d’une beauté et d’une vérité admirables. ; .
- Le jury leur décerne une mention honorable. > ? . •;
- Mme Natalie TILMAN, rue Ménars, n° 2 Và Paris (Seine).
- La maison de Mmc Natalie Tilman se distingue dans le nombre
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- Citations
- favorables.
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- des fabriques de Paris pour les soins, l’ordre et la division du travail, comme par la perfection et la supériorité de ses fleurs et de ses gracieuses compositions, qui lui ont promptement mérité une nombreuse clientèle dans les premières maisons de France, d’Angleterre , d’Espagne et d’Amérique.
- Le jury central reconnaît à tous égards Mm‘ Tilman, qui expose pour la première fois, comme méritant une mention honorable.
- • <
- Sur le rapport de la commission, qui a fait une mention particulière des produits exposés par les quatre fabricants suivants, en considérant qu’ils se présentent pour la première fois, le jury central leur décerne à chacun une citation favorable qu’ils méritent également, savoir :
- M. Charles Breleau, rue Notre-Dame-des-Victoires, n° 34, fabrique de plumes et fleurs ;
- M. Louis Leroux,rué Saint-Honoré, n° 342, fabrique de plumes et fleurs ;
- 9
- M. Edouard Harand, rue deChoiseul, n° i5, fabrique de fleurs artificielles;
- r
- M. Isaac Marcand, rue des Petites-Ecuries, n° 42, fabrique de fleurs artificielles.
- 5» FLEURS ARTIFICIELLES ET" MATIÈRES AUTRES QUE LES ÉTOFFES, LES TISSUS, LES MATIÈRES VÉGÉTALES OU ANIMALES, LE PAPIER, ETC.
- Plusieurs fabricants ont présenté des fleurs artificielles en matières autres que les tissus de soie, de toile, mousseline, batiste, substances végétales et animales, papiers, écorces, etc. ainsi que des fleurs en acier, en verre filé, en perles de verre, en laine, etc. etc. Mais le jury, considérant, d’après le rapport de sa commission, que les produits présentés ne sont que des essais, et qu’ils ne sont point réellement des produits de fabrique et qu’ainsi ils ne peuvent être classés parmi ceux, de l’industrie manufacturière, seuls appelés à figurer à l’exposition , a jugé devoir se borner à citer.favorableinent M. Bruno-Théodore Gosselin, rue Sainte-Appoline, n" n, pour ses fleurs de deuil, spécialité à laquelle il se livre avec succès.
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- 6° FLEURS ET FRUITS EN PLASTIQUE, CIRE, ETC,
- Les belles collections de fruits modelés placés dans le jardin de l’exposition ayant été comprises dans les attributions de la commission d’agriculture et d'horticulture, sur le rapport de laquelle le jury central s’est prononcé à leur égard, la commission des arts divers a dû se borner à examiner les fleurs et les fruits en plastique de diverse nature qui ont fait partie de la sixième division, savoir:
- Mme BOURGERY, rue Hautefeuille, n° 22, à Paris (Seine).
- Déjà citée pour ses pièces et tableaux d’anatomie artificielle de plastiques pour lesquels le jury lui a décerné une médaille d’argent, qui est, ici rappelée pour ordre.
- M. BRUYÈRE aîné , rue du Faubourg-du-Temple, n° 5o, à Paris (Seine).
- Cet habile sculpteur et bon modeleur a présenté plusieurs cadres de spécimens de fruits d’une grande vérité.
- Le jury central lui décerne une citation favorable.
- M. FOUQUET et Mmc MAX, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 13, à Paris (Seine).
- Les vases et corbeilles de fleurs et fruits de M. Fouquet et de Mmc Max sont d’une bonne confection et prouvent une élude suivie du développement des différentes phases- de la maturité et de sa décroissance.
- Le jury central décerne à M. Fouquet et à M'ro Max une citation favorable pour leurs vases et corbeilles de fruits artificiels.
- 7° FLEURS ARTIFICIELLES , LEUR EMPLOI DANS LES ARTS ET APPLICATIONS DIVERSES.
- Quelques fabricants de fleurs artificielles en leur donnant les dimensions gigantesques des plus grandes fleurs connues dans la nature ont jugé pouvoir en faire un emploi avantageux dans les appareils d’illumination pour les fêles publiques et les cérémonies nocturnes. -
- 42
- Citations
- favorables.
- III.
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- La commission s’esl bornée à signaler à cel égard, i° les fleurs artificielles employées dans les appareils d’illumination au gaz par MM. Loubon-Gaudet-Dufresne, déjà cités favorablement;
- Et 2° celles de M. G. Bied , rue du Faubourg-du-Temple, pour ses vases et paniers de fleurs artificielles éclairées intérieurement et d’un bel effet dans les illuminations.
- Le jury leur accorde à chacun une citation favorable.
- CINQUIÈME SECTION.
- SELLERIE, EOURRELERIE, CHAUSSURES EN CUIR.
- S 1. SELLERIE ET BOURRELERIE.
- M. Geoffroy de Villeneuve, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Comme toutes les industries de luxe, la sellerie a eu aussi de mauvais jours à traverser; cependant, il faut encore se féliciter des progrès et des améliorations qu’offre cette industrie depuis l’exposition de 1844. Si en 1849 nous ne ren-controns pas en aussi grand nombre des produits remarquables par la richesse et l’élégance, nous trouvons une heureuse compensation dans la bonne confection et dans la réduction des prix.
- En outre, nous ne sommes plus tributaires de l’étranger pour les matières qui entrent dans la confection des équipements; nous avons remarqué, dans les galeries de l’exposition, des cuirs parfaitement tannés, et nous devons signaler spécialement à l’attention du jury une peau de cochon admirablement préparée par M. Fortier-Beaulieu; elle surpasse, par sa souplesse et sa force, les peaux de cochon que nous étions obligés de tirer d’Angleterre.
- Plusieurs inventions soumises à l’appréciation du jury n’apparaissent pas pour la première fois ; on les a vues à l’exposition de 1844 ; elles sont surtout spéciales à l’équiper
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- ment du cheval de selle; il ne faut pas nous étonner de les retrouver au même point où elles étaient à cette époque.
- Le peu d’usage que l’on fait du cheval de selle explique facilement cet état stationnaire : malheureusement, de nos jours, l’équitation est presque abandonnée. L’attention et les efforts du producteur se sont portés de préférence sur l’équipement du cheval d’attelage; de toutes parts l’on s’est appliqué à rendre plus facile et plus énergique l’action du cheval attelé en modifiant les moyens de traction.
- On s’est aussi efforcé de rendre plus sûre et plus facile la direction du cheval ; on a voulu, à l’aide de moyens mécaniques, dompter son naturel parfois intraitable; mais il est un moyen plus sûr et plus puissant que tous les autres, dont on devrait faire un plus fréquent usage : je veux parler de la main expérimentée du véritable homme de cheval.
- M. L1ÉGARD, rue du Val-Ste-Gatherine, n° 19, à Paris.
- M. Liégard n’a pas de nouvelles inventions à vous offrir, mais il n’en est pas moins digne de fixer votre attention. A la tête d’un établissement d’une grande importance, il paraît le diriger avec un soin tout spécial; il emploie habituellement environ i5o ouvriers, dont le salaire varie de 3 à 5 francs. Le chiffre habituel de ses affaires est de 5oo,ooo francs, mais les événements politiques l’ont réduit à 100,000 francs. M. Liégard a établi des relations commerciales , surtout avec les pays étrangers. La,pièce la plus importante qu’il a exposée est une magnifique paire de harnais garnis en argent ciselé et destinés à la Russie. On ne peut faire qu’un reproche à ces harnais : c’est d’être un peu trop chargés d’ornements. Au reste, ils ont dû suhir la loi de la mode du pays auquel ils sont destinés. Après la bonne confection, ce qui nous a frappés le plus dans la multiplicité d’objets exposés par M. Liégard, c’est la modicité des prix; ainsi, il nous a déclaré que ses prix étaient réduits d’environ 2 5 p. 0/0 et que cependant il pouvait encore faire des bénéfices convenables; nous avons vu des harnais de limonière de i5o à 35o francs; de cabriolet, à boucles plaquées ou enveloppées, de 100 à 2 5o francs; de cabriolet, à boucles vernies, de 100 à 60 francs; des harnais doubles, de 4oo à 200 francs. Tous ses cuirs nous ont paru de bonne qualité, et la différence de prix
- 42.
- Fia p pci de
- médaille d’argent. '
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- semble dépendre plulôtdes ornements que de la qualité. M. Liégarcl nous a montré des colliers doublés en peau de daim et en peau maroquinée; il a aussi de faux colliers de même genre qui sont plus doux que les autres pour les épaules des chevaux. Sa collection de selles est aussi fort nombreuse et offre les mêmes avantages pour la confection et la réduction des prix; ainsi, nous avons remarqué des selles dites américaines} complètement équipées pour 3o francs; des selles anglaises matelassées, couvertes en peau de cochon, au prix de 5o francs -, des selles piquées de 90 à 110 francs. Les prix des couvertures de laine, de coutil, des licous, des brides sont en rapport avec ceux des autres articles, tous avantageux, et M. Liégard paraît avoir résolu le problème de donner du bon à bas prix. En i83g, il a reçu une médaille d’argent, et nous sommes bien convaincus qu’il n’est pas homme à s’arrêter dans la voie qu’il a suivie jusqu’ici. Le jury lui accorde le rappel delà médaille d’argent.
- Médailles M. BENCRAFT, nie Neuve-de-Berry, n° 1 bis, à Paris.
- de bronze.
- M. Bencraft a exposé des colliers qui modifient le mode de traction; il a remarqué que la bricole, dont l’usage est encore adopté par un grand nombre d’établissements de voitures publiques, et le collier ordinaire, portaient spécialement sur l’articulation (scapulo-humérale) et gênaient d’une manière notable les mouvements de celle articulation ; il a pensé avec raison que le collier ordinaire comprime la Iracliée-arlère et gêne par conséquent la respiration: appuyé sur l’articulation de l’épaule, à chaque mouvement il produit sur la peau un frottement qui souvent est accompagné de blessures profondes et a le double inconvénient d’user et de fatiguer la peau, en même temps qu’il amaigrit les muscles sous-jacents.
- Pour obvier aux divers inconvénients que je viens de signaler, M. Bencraft a eu l’heureuse idée de changer le mode de traction ; il a voulu relever le point auquel viennent se fixer les traits, de manière à ce que l’épaule soit parfaitement libre. Au lieu de placer l’anneau des attelles au tiers inférieur, comme cela se fait ordinairement, il l’a placé au tiers supérieur. Dès lors la traction s’exerce sur la partie supérieure de l’épaule, quelques pouces au-dessous du garrot, qui est complètement à l’abri de toute lésion au moyen d’une chambrure pratiquée à la partie supérieure du collier. Les
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- avantages du collier de M. Bencraft sont incontestables; ii est entièrement évidé vers la partie inférieure, par conséquent ne comprime point la trachée et laisse la respiration libre; il permet aussi aux épaules d’exécuter, sans aucune gêne, tous les mouvements de progression; enfin, appliqué sur un point où l’articulation est beaucoup moins mobile, le frottement de la peau est moins sensible et les blessures presque impossibles.
- Cependant, nous pensons que si le point d’altaclie de ses traits se rapprochait un peu plus de la partie moyenne du collier, la traction serait plus sûre et le collier appuierait plus régulièrement sur la partie moyenne de l’épaule, ce qui l’empêcherait de se relever; il pourrait aussi, comme on le pratique en Belgique, adapter aux traits une légère sous-ventrière, qui aurait l’avantage de les maintenir dans une position toujours égale.
- L’usage des colliers cle M. Bencraft est venu confirmer les heureux résultats qu’il en attendait. Employés dans plusieurs grands établissements de voitures publiques en France et en Angleterre, ils y sont tellement appréciés que les directeurs cle ces établissements les ont adoptés.
- Si les avantages des colliers de M. Bencraft nous paraissent incontestables quand ils servent à des chevaux qui doivent marcher à des allures légères, nous pensons qu’il faut s’appuyer de l’expérience avant de les appliquer aux chevaux qui, tirant de lourds fardeaux, sont obligés de marcher au pas; nous croyons que, dans le cas où le poids de l’animal entre pour beaucoup dans les moyens de traction, il est plus convenable de fixer les anneaux d’attelles à la partie inférieure du collier.
- Quoi qu’il en soit, reconnaissant toute l’utilité de l’invention de M. Bencraft, le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. IIERMET, ù la Petite-Villette (Seine).
- Le collier de M. Iiermet diffère des autres en ce qu’il renferme dans l’intérieur un arçon ovale qui soutient la garniture et l’empêche de se déformer; il est plus léger, d’un entretien facile,, et peut s’adapter à toutes les encolures, attendu qu’il s’ouvre par le haut et peut s’élargir ou se rétrécir à l’aide d’une courroie qui écarte ou rapproche les branches dç. l’arçon. Ce collier n’a point d’attelles ; les crochets après lesquels s’attachent les traits sont solidement fixés après les arçons, ce qui augmente encore sa résis-
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- tance. Les prix des colliers de M. Ilermet sont, pour les colliers destinés au gros trait et à l’agriculture, de i5 francs, et, pour ceux de carrosse, de 18 à 20 francs.
- Le jury juge l’invention de M. Ilermet digne d’une médaille de bronze.
- M. AMIARD, rue Geofi'roy-S‘-Hilaire, n° 19, à Paris.
- Il s’occupe spécialement des harnais destinés au gros trait. Il a exposé divers modèles tous remarquables par leur bonne confection et par leur légèreté. On ne trouve pas chez lui ces équipements pesants qui trop souvent accablent le cheval avant qu’on lui ait demandé aucun travail; il emploie, dans ses ateliers,et au dehors, environ une quarantaine d’ouvriers, dont le salaire varie de 3 à 5 francs par jour. La valeur des matières qu’il met en œuvre s’élève annuellement à la somme de 20,000 francs, et celle des produits qu’il livre au commerce dépasse le chiffre de 5o,ooo francs.
- Ce qui a surtout fixé l’attention de votre commission, c’est la réduction du poids des colliers qui, pour tous les services, a été abaissé de près de moitié; cette diminution de poids a été le but constant des efforts de M. Âmiard. Aussi est-il arrivé à remplacer, par des colliers de 1 o à 15 kilogrammes, ceux qui, il y a quelques années encore, pesaient 3o et 4o kilogrammes; cette réduction n’a pas été obtenue au détriment de la solidité; il a pensé qu’il pouvait entourer, en avant et sur les côtés, le faux collier d’une plaque de métal qui empêche toute déformation et permet, en le maintenant, de le rembourrer plus mollement. Pour les colliers de luxe, les plaques de métal sont polies; pour les colliers de travail, elles sont peintes, vernies ou étamées ; du reste, les uns comme les autres sont d’une solidité irrécusable.
- M. Amiard s’occupe sans cesse de perfectionner ses produits, et certes il a fait faire des progrès rapides et intelligents à l’industrie qu’il exerce; déjà le jury central lui accorda une mention honorable en 1839; le jury de 1849 lui décerne une médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
- M. VUILLEMOT, rue du Faub.-Sl-Denis, n° 148, à Paris.
- II a exposé ce qu’il appelle une muselière mécanique, mais ce que nous croyons plus convenable de désigner sous le nom de mmeroJe mécanique. Cet appareil a pour but de dompter les chevaux les plus
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- difficiles, de les empêcher de s’emporter et de les arrêter subitement à volonté. 11 se compose d’une espèce de caveçon doublé en cuir qui remplace la museroie et qui, à sa partie interne, est armé de deux leviers qui se meuvent à volonté à l’aide de rênes adaptées sur ses parties latérales, rênes qui remplacent celles du filet et qui agissent isolément, suivant que l’on tire celle de droite ou de gauche, et simultanément quand l’action a lieu sur les deux rênes réunies. Du reste, la puissance de ces leviers s’exerce sur la cloison du nez et modère l’énergie du cheval en mettant obstacle à la respiration. Au moment où on lâche les rênes, on voit cesser tout à coup la pression exercée par les ressorts, et le cheval peut librement respirer de nouveau. Nous pensons que l’emploi de l’appareil de M. Vuillemot peut être d’une utilité réelle en même temps que l’usage en est facile. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. ALLIER, rue Saint-André-des-Arts, n° 35, à Paris.
- Il a exposé un mors dont le ,but est le même que celui de M. Vuillemot. Ce mors est armé, à la partie supérieure de ses branches et de chaque côté, d’une tige circulaire qui vient à volonté appuyer sur la cloison du nez et empêcher la respiration. L’animal, pour ainsi dire asphyxié, devient complètement immobile; cependant le cavalier peut lui rendre la faculté de respirer avec la même facilité qu’il la lui a enlevée. Voici comment fonctionne cet appareil : les rênes, fixées à la partie moyenne des branches du mors, ont pour but de faire développer de dehors en dedans des leviers qui s’appliquent sur la cloison du nez, tandis que les rênes, fixées à l’anneau inférieur, les ramènent en dehors et font cesser leur action. Ce mécanisme marche avec une grande facilité. Le plus léger mouvement de la main exercée sur l’une des deux rênes suffit pour le faire agir dans un sens ou dans l’autre.
- M. Allier a voulu que son appareil fût soumis à toutes les épreuves ; il a été essayé avec le plus grand succès en présence du professeur de clinique de l’école vétérinaire d’Alfort sur des chevaux indociles et rétifs.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Allier.
- M. FOLLET, rue Olivier-Saint-Georges, n° 16, à Paris.
- Il a exposé, i° une espèce de caveçon qui a pour but d'arrêter les chevaux qui s’emportent. Ce pince-nez (c’est ainsi que l’auteur
- Cilalion.
- favorable
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- désigne cel appareil) se compose d’une lame de fer qui agit par compression sur le nez du cheval; cette compression s’opère à l’aide de deux taquets de bois qui viennent s’appuyer sur la cloison du nez; ces ressorts se meuvent à volonté ; le mouvement leur est communiqué par la rêne de chaque côté ou par les deux rênes réunies. Dans ce cas, le cheval s’arrête instantanément, privé qu’il est de toute fonction respiratoire; M. Follet nous a dit avoir fait plusieurs fois, avec le plus grand succès, l’application de son système sur des chevaux qui essayaient de s’emporter.
- 2° Auprès du pince-nez ci-dessus, un autre appareil monté, dit-il, pour ne pas échauffer la bouche des chevaux : ce sont de doubles rênes; l’une, de tissu élastique, s’attache à l’anneau du milieu des branches du mors et sert à conduire habituellement ; l’autre, de cuir, se fixe à l’anneau le plus bas. Ces deux rênes, de substance différente, se réunissent à environ 80 centimètres du point d’attache; celle de cuir est plus longue que celle cle tissu élastique , de manière à rester flo ttante tant que l’allure du cheval n’a pas besoin d’être modérée, mais aussitôt que le cheval s’anime davantage , la rêne de tissu élastique s’allonge, celle de cuir se tend et reprend toute son action. Cet appareil nous paraît fort ingénieux, peu dispendieux et d’une application facile ; le jury accorde une citation honorable'à M. Follet.
- § 2. CHAUSSURES EN CUIR.
- M. Gaussen, rapporteur.
- -CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La chaussure a toujours occupé une place assez modeste dans l’histoire de nos industries; cependant il y aurait un grand intérêt à voir se développer une fabrication aussi utile, et, on peut le dire, aussi nécessaire. Être bien chaussé, économiquement, solidement, est un besoin impérieux pour tous. Aussi est-ce avec une vive sollicitude que le jury a examiné, cette année, les différents produits de l’art de nos cordonniers, et surtout les nouveaux et ingénieux systèmes apportés dans la confection de la chaussure non cousue. Aujourd’hui nous avons la chaussure à vis, à clous dentelés, à clous en forme de V, à chevilles en bois, etc. etc. Ces différents
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- genres de chaussure se distinguent tous de la fabrication ordinaire, non-seulement par l’absence de couture, mais aussi par la suppression de la trépoinle. Il nous paraît presque certain, que, pour la chaussure dite de confection, les procédés qui n’emploient pas la couture sont appelés à prendre un grand développement, en raison des économies qu’ils peuvent réaliser sur la main-d’œuvre.
- Le jury central a constaté néanmoins, avec plaisir, que ces nouveaux procédés de fabrication , tout en procurant aux ouvriers qu’ils emploient, un salaire plus avantageux, leur évite une grande partie de la fatigue que nécessite le procédé ordinaire cle coulure. Il y a tout lieu d’espérer que ce genre de chaussure étendra nos débouchés à l’étranger; surtout, si nos industriels comprennent qu’il faut impérieusement, pour fonder notre réputation dans ce genre d’article, n’exporter que des chaussures irréprochables sous le point de vue de la solidité. La maison Lefébure, en particulier, a déjà établi des dépôts à Londres et à Manchester; elle se propose d’étendre encore ses relations.
- Nous croyons devoir dire, en terminant, un mot sur les belles machines qui confectionnent la chaussure à vis de cette maison. Ces appareils remarquables sont dus à M. Durnéry, un de nos ingénieurs civils les plus distingués. Le problème de la chaussure à la mécanique présentait de grandes difficultés : en Angleterre, le savant Brunei s’en était occupé sans succès; la solution en est due à la persévérance de M. Lefébure et au talent de M. Duméry.
- MM. LEFÉBURE et DUMÉRY, rue de Paradis-Poisson-nière, n° 1 4, à Paris.
- MM. Lefébure et Duméry exposent des chaussures à vis d’un travail irréprochable. L’empeigne de ces chaussures, confectionnée par les procédés ordinaires, est soumise à une série de machines mues par la vapeur, et que dirigent des femmes. La première machine à l’aide de laquelle s’effectue l’opération du montage, opération regardée cependant comme très-difficile, se fait par les ou-.
- Médaille
- d’or.
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- vrières au bout d’un apprentissage très-court. Lorsque l’empeigne est montée sur la forme et liée à la semelle intérieure par une rangée de petits clous, on fixe, sur la partie inférieure de cette même forme, la semelle qui doit terminer la construction de la chaussure. Cette dernière, comme la précédente, est préparée et découpée à l’avance, de façon à éviter, après l’opération du montage, le tranchet et le fer chaud dont on se sert dans le travail ordinaire, pour en biseauter et en cornifier les bords. C’est au moyen cl’un autre appareil que le tour de la semelle est garni de vis, ou plutôt de tiges héliçoïdes en cuivre, introduites pendant que les cuirs sont réunis par une pression de 80 à îoo kilog. On enlève ensuite, au moyen d’une cisaille mécanique, tous les bouts de vis qui débordent, La rapidité de celte opération est telle que 700 paires de chaussure par jour peuvent être débarrassées de ces bouts de vis par une seule personne. La bavure que laisse la cisaille est usée au moyen d’une meule de grès. Le talon de la chaussure à vis est l’objet d’une fabrication toute spéciale; les cuirs qui le composent sont soumis à une pression qui en opère, pour " ainsi dire, la réunion intime, et, au moyen d’un emporte-picce, il est découpé selon la forme indiquée, appliqué à la chaussure, vissé par le même procédé que la semelle, puis gratté, poli, noirci et ciré à la main.
- L’outillage de l’établissement de M. Lefébure est mis en mouvement par une machine à vapeur de la force de quatre chevaux.
- Celle maison, mentionnée honorablement en i844, a pris aujourd’hui un développement considérable ; ses ventes atteindront, celte année, le chiffre de 5oo mille francs. Elle a quatre dépôts à Paris et deux en Angleterre.
- Il a fallu à M. Lefébure une grande persévérance pour arriver à son but. Tous les essais tentés jusqu’à présent, même en Angleterre, pour fabriquer les chaussures à la mécanique, étaient décourageants ; mais rien n’a arrêté cet industriel d’une trempe peu commune, et on peut dire que le succès a couronné ses efforts. Nous pouvons ajouter maintenant que les belles machines qui confectionnent la chaussure à vis sont dues au talent de M. Duméry, ingénieur civil Irès-distingué. Le jury, qui a examiné avec le plus' grand intérêt ces ingénieux appareils, a pensé qu’il devait réunir le nom de M. Duméry à celui de M. Lefébure dans la récompense qu’il croit devoir décerner aux fondateurs de la chaussure à vis;
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- en conséquence, il accorde une médaille d’or à MM. Lefébure et Duméry.
- MM. PÉNOT et Cie, rue Bergère, n° 3o, à Paris.
- MM. Pénot et C!° soumettent au jury différents genres de chaussures sans coulures parfaitement conditionnées.
- L’empeigne de ces chaussures est attachée à la semelle par des pointes dentelées en cuivre, que l’on fait entrer dans le cuir à coups de marteau. Les produits de MM. Pénot et C18 se confectionnent et se vendent à meilleur marché que leurs similaires dans le système ordinaire. Voici le détail sommaire des opérations que nécessite celte fabrication : L’empeigne, toute préparée, est posée sur une forme ferrée dans la partie qui représente la plante du pied, et fixée à la semelle intérieure par une ligne de petits clous. La semelle extérieure est attachée, à son tour, à l’empeigne et à la première semelle par une rangée de pointes dentelées. Si l’on veut ajouter un patin à la chaussure, on l’applique, par le même procédé, au moyen d’une nouvelle ligne de pointes placées plus près du bord que la précédente. Les talons viennent ensuite compléter l’œuvre, mais ils sont simplement cloués par des pointes en fer dont la longueur est calculée.
- MM. Pénot et C18 ont obtenu une mention honorable en a 344-Le jury, considérant aujourd’hui l’importance de leur établissement et les progrès de leur fabrication , leur décerne une médaille de bronze.
- Médailles de bron/x
- M. Clovis BERNIER , rue Saint-Martin, n° 3o, à Paris.
- La maison Bernier exploite, depuis 1846, un brevet pour confectionner des chaussures sans couture, sous le nom de chaussures corrioclaves. Elle expose, cette année, des chaussures de toute espèce; mais elle se livre plus spécialement à la confection de li chaussure pour femmes. Les moyens employés par M. Bernier sont les mêmes que ceux que nous avons décrits dans le rapport relatif à MM. Pénot et C10. La forme des clous qui servent à fixer la semelle à l’empeigne est différente; les clous de M. Bernier sont également en cuivre, mais ils ont la forme d’un V, et présentent un angle intérieur et extérieur. Celle maison fait i5o,ooo francs d’affaires et ne peut suffire aux nombreuses demandes qui lui sont adressées. Jusqu’à présent M. Bernier n’exporte pas ses produits.
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- Mentions
- Lonorables.
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- Il vend la bolle vernie, pour homme, 26 francs, la bolle ordinaire 18 francs, et les brodequins de femmes, en cuir vernis, 72 francs la douzaine.
- L’établissement de M. Bernier a beaucoup d’avenir. Le jury décerne à cet industriel une médaille de bronze.
- M. DUFOSSE, rue S^Dominique-S^Geraiain, n° i3, à Paris.
- M. Dufossé s’occupe spécialement, et avec une supériorité incontestable , de la chaussure dite de chasse.
- Le jury a admiré, sans réserve, la magnifique exposition de cet habile cordonnier. Il est impossible de voir des chaussures mieux finies, conditionnées plus fortement, et d’une manière plus flatteuse pour l’œil. On y remarquait particulièrement de forts souliers de chasse, avec une feuille d’étain entre les deux semelles, et dont un ruban de caoutchouc suit les coulures. Les grandes bottes de marais de M. Dufossé, celles dites à Técayère, ses souliers-guêtres, napolitains , à la Molière ^ ne laissent rien à désirer. On peut dire que la vue de son exposition faisait naître l’envie d’acheter ses produits.
- Le jury décerne à M. Dufossé une médaille cle bronze.
- M. Jérôme RAGEOT, rue Richelieu, n° 24, à Paris.
- M. Rageot a soumis au jury des souliers et des bottes vernis irréprochables sous tous les rapports. Les bottes, qu’il vend jusqu’à 33 francs, sont ce qu’on peut voir de mieux et de plus élégant.
- M. Rageot est à la tête d’une maison importante pour son genre d’industrie: il fait pour 70,000 francs d’affaires, dont une bonne partie avec l’exportation.
- Les produits decet industriel consciencieux nous paraissent devoir soutenir à l’étranger la réputation de notre cordonnerie.
- Le jury décerne à M. Rageot une médaille de bronze.
- M. SIGUY, rue de la Bourse, n° 9, à Paris.
- M. Siguy a obtenu une citation favorable en 1839. Il est l’inventeur des brodequins élastiques, sans lacet ni boutons. M. Siguy expose aujourd’hui des brodequins de femmes bien conditionnés, dans lesquels les élastiques en laiton sont remplacés par du caoutchouc. Celte modification apportée au système primitif de M. Siguy nous paraît avantageuse; elle évite l’oxydation. Toutes les
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- chaussures soumises au jury par cet industriel sont d’une confec-tion parfaite.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- MM. BRÉDIF frères, à Tours (Indre-et-Loire).
- MM. Brédif exposent, pour la première fois, de magnifiques chaussures et des souliers-guêtres en peau de chagrin, à 18 francs, d’une bonne confection. Nous remarquons, dans l’étalage de ces messieurs, deux paires débottés à l’écuyère, dont le travail est d’un fini remarquable. La maison de MM. Brédif frères fait des affaires assez importantes.
- Le jury accorde à ces exposants une mention honorable.
- M. FROMANTAULT, à Nantes (Loire-Inférieure).
- M. Fromantault dirige un établissement cl’une certaine importance.
- M. Fromantault présente au jury une nouvelle chaussure, à laquelle il donne le nom de diplostenanique (ou botte double imperméable). Le semelage de ces bottes se compose de quatre semelles superposées; l’empeigne est double dans la partie adhérente à la semelle, et un morceau de vessie, ou baudruche, se trouve placé entre les deux empeignes. Le tout est confectionné avec beaucoup de solidité, au moyen de vis, pointes et coulures. Ces chaussures sont légères; l’épaisseur des semelles est artistement dissimulée.
- Le jury accorde une mention honorable àM. Fromentault.
- MM. REVILLON, JACOB et BERGER, à Lyon (Rhône).
- MM. Revillon, Jacob et Berger soumettent au jury des chaussures imperméables sans coutures: ces chaussures sont clouées. Ces industriels, au moyen d’un hydrofuge qui donne de la. souplesse au cuir, prétendent obtenir une complète imperméabilité, sans avoir besoin de recourir au liège et à la double semelle, moyens qui rendent toujours les chaussures lourdes et dispendieuses.
- Le jury accorde à MM. Revillon, Jacob et Berger, une mention honorable.
- M. CALLEROT, rue Bailleul, n° 6, à Paris.
- M. Callerot soumet au jui'y, au noxn d’une association ouvrière
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- fondée en i84o, dans un but philanthropique ,"et constituée en association laborieuse et fraternelle des ouvriers cordonniers, en i848, des produits variés et d’une bonne confection.
- Cette société, très-intéressante aux yeux du jury, mérite d’être encouragée. Son double but est de donner de l’ouvrage aux ouvriers valides, et de secourir ceux que l’âge ou des infirmités empêchent de travailler. Les différents produits de cette association sont d’un prix très-modeste, eu égard à leur qualité.
- Le jury accorde à M. Callerotune mention honorable.
- M. Jean-Auguste JEUNESSE, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° i36, h Paris.
- M. Jeunesse soumet au jury des chaussures^ dites à coutures métalliques. Son procédé est applicable aux tuyaux de pompes.
- M* Jeunesse fait également les souliers ordinaires et ceux dits de fatigue. Ses produits sont bien confectionnés. M. Jeunesse est arrivé à faire un chiffre d’affaires assez considérable pour son genre de production.
- Le jury le mentionne honorablement.
- M.Gérard KLAMMER, boulevard des Capucines, n° 19, à Paris.
- M. Klammer expose des chaussures dites bottines à élastique, et des pantoufles confectionnées dans le même système.
- Ses bottines sont du prix de 28 francs, et les pantoufles de i5 francs.
- Les chaussures de M. Klammer sont très-soignées et d’une confection irréprochable. Sa maison a une certaine importance.
- Le jury accorde à M. Klammer une mention honorable.
- M. LaurentVELLEAUX, rue de l’Arbre-Sec, n° 33, à Paris.
- M. Velleaux expose pour la première fois et soumet au jury un talon mobile très-ingénieux, qui'se pose et se retire à volonté. On peut donc remplacer facilement celui qui est en partie usé. M. Velleaux présente également un dessous de pied à ressort qui s’ouvre avec la plus grande facilité, lorsque l’on veut quitter sa chaussure sans se déshabiller.
- Le jury mentionne honorablement cet ingénieux industriel.
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- M. LEBRUN, rue Neuve-Saint-Martin, n° 12, à Paris.
- M. Lebrun expose une paire de boites vernies, illustrées d’un dessin que M. Lebrun a tracé lui-même au tranchet et exécuté par un effet de piqûre. Ce dessin est parfaitement rendu.
- M. Lebrun a soumis au jury un tissu de coton verni qui peut remplacer le cuir et qui coûte beaucoup moins cher. Ce tissu peut être impunément soumis à toute espèce de frottement.
- Le jury accorde à cet industriel une mention honorable.
- M. Réné-Christophe LE BRETON, à Meaux (Seine-et-Marne).
- M. Lebreton a déjà obtenu une citation favorable en i844; il expose cette année des chaussures imperméables, variées, et d’une bonne confection.
- Le jury le cite encore favorablement.
- M. Jean-NicolasPOUÀRD, place des Vosges, n° 24, à Paris.
- - M. Pouard expose des chaussures ordinaires, bien conditionnées, à 6 francs. Ses bottes vernies sont d’un prix très-modeste, 20 et 22 francs.
- Le jury le cite favorablement.
- M. Sébastien JURISGH, rue de Suresnes, n° 23 ,à Paris.
- M. Jurisch soumet au jury de fortes chaussures, sans coulures, dont l’empeigne est jointe aux semelles par des chevilles en bois.
- M. Jurisch ne fait pas des affaires importantes, mais tout prouve que son système est excellent, et que ses chaussures sont solides. Le jui'y le cite favorablement.
- M. BRAQUEHAYS, à Bolbec (Seine-Inférieure).
- M. Braquehays expose deux paires de chaussures, en cuir Yerni, qui sont remarquables par leur excellente confection et par la modicité de leur prix.
- Les chaussures de M. Braquehays sont rendues à peu près imperméables par un moyen particulier.
- - Le jury le cite favorablement.
- Citations
- favorables.
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- M. Jean-Baptiste GAGNET, aux Thèmes (Seine).
- M. Gagnet soumet au jury une paire de chaussures imperméables, qui est restée sur l’eau pendant toute la durée de l’exposition , sans que l’humidi té paraisse avoir pénétré dans l’intérieur.
- M. Gagnet est un producteur intelligent. Le jury le cite favorablement. '
- M. Eugène-Nicolas CRUCIFIX, à Grèvecœur (Oise).
- M. Crucifix expose une paire de bottes et un soulier dits imperméables. Les semelles de ces chaussures sont composées de plusieurs feuilles superposées de cuir, de bois et de liège; le tout est très-flexible. Ces chaussures sont d’un prix modéré.
- Le jury cite favorablement M. Crucifix.
- M. Casimir GAUTIER, à Villeneuve-de-Berg (Ardèche).
- M. Gautier soumet au jury deux paires de guêtres, sans couture, d’une très-bonne confection, à 2 fr. 5o cent, la paire. Ces chaussures sont très-convenables pour les habitants des campagnes. Elles ne laissent rien à désirer sous le rapport cle la solidité.
- Le jury cite favorablement M. Gautier.
- M. VERGNIAUD, à Bordeaux (Gironde).
- M. Vergniaud expose des brodequins vernis, formant le bottillon, pour chaussure de ville.
- Le jury le cite favorablement.
- M. GODEFROY, rue Vivienne, n° 16, à Paris (Seine).
- M. Godefroy fabrique des tiges de chaussure vernies, prêtes à être montées.
- Il expose, pour la première fois, des produits faits avec beaucoup de soin ; son industrie peut devenir intéressante.
- Le jury le cite favorablement.
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- SIXIÈME SECTION.
- INDUSTRIES DIVERSES ET INDUSTRIE PARISIENNE.
- § 1. FEUTRES ET FLOTRES.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- Nous en exportions, en 1837, 4,911 kilogrammes, en 18/12, 7,325 kilogrammes, en 1847, 19,126 kilogrammes; en dix ans, l’exportation a quadruplé. Les feutres pour pianos et les flôtres sont confondus sur les états de commerce avec les feutres vernis et peints pour tapis, visière, etc. les galettes de chapeau, les filtres, etc. dans la catégorie des ouvrages en feutre non dénommés. Le kilogramme, au lieu d’être calculé à raison de 3 francs, valeur officielle (de 1826), peut être estimé à 10 francs, taux qui en représente la valeur moyenne actuelle.
- FLOTTES.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Les premiers essais de fabrication des flôtres datent de 1822 ; ils furent assez heureux, mais, malgré les efforts et l’habileté de nos manufacturiers, l’Angleterre importa des flôtres jusqu’en i838. Depuis cette époque, on les fait en France en bonne qualité et à des prix modérés;un fait atteste, d’ailleurs, nos progrès sous ces deux rapports, c’est notre exportation, d’année en année plus importante, de ces feutres en Suisse, en Allemagne, en Belgique et en Italie.
- M. BARTHÉLEMY, à Metz (Moselle).
- Il a exposé :
- Un flôtre sécheur, de iora,20 sur im,76, du poids de 44 kilogrammes ;
- Un llôlre coucheur fin, de 5m,20 sur im,65, pesant 4\5oo;
- (Tous deux sont du prix de 8 francs à 8 fr. 5o cent, le kilogramme);
- m. 43
- Nouvelle
- mention
- honorable.
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- ' Un manchon fin ou boyau, de i4 mètres de long sur 69 centimètres de circonférence, de 8fr. 5o cent, à 9 francs le kilogramme. Ces échantillons paraissent réunir toutes les qualités désirables. La courroie en laine hydrofuge, de 12 centimètres, à 6 francs le kilogramme, a été éprouvée pendant quatre années dans une ferme des environs de Metz; le jury de la Moselle certifie le résultat favorable de l’expérience. Cette courroie peut être encore perfectionnée.
- M. Barthélemy a été déjà distingué en i844 ; le jury central lui accorde une nouvelle mention honorable.
- FEUTRES POUR PIANO.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Les premiers feutres de laiue, pour élouffoir et marteau de piano, ont été importés d’Angleterre, en i838, par la maison Erard, dans le but de remplacer le feutre de poil et la peau dont on s’était servi jusqu’à cette époque. Vers décembre i84o, M. Billion vint proposer à M. Erard de lui fournir des feutres aussi bons, et, en effet, après plusieurs essais, il est parvenu à obtenir des qualités satisfaisantes. Le prix, quoique assez élevé, est moindre, à finesse égale, que le prix de revient à Paris, tous frais compris, des similaires anglais, découpés en lanières, qui, admis par exception, sont grevés d’un droit d’entrée de 4 francs le kilogramme.
- Les premiers feutres ont été faits en feuilles de différentes épaisseurs. — Les marteaux du piano devant être garnis d’une étoffe plus épaisse dans la basse que dans le médium et les dessus, pour obtenir la gradation mesurée du son, M. Érard remit, vers i843, à M. Billion des modèles en forme de cônes d’après lesquels devait être établi le feutre nécessaire à la garniture des 80 ou 82 marteaux du piano. M. Billion réussit dans ce nouvel essai, et la fabrication du feutre pour piano est aujourd’hui chez nous en progrès et en voie de perfectionnement. Les produits sont exportés en Allemagne, en Belgique , etc.
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- M. BILLION, rue Ménilmontant, n° 5, passage Crussol, à Paris (Seine).
- Ainsi qu’on l’a vu plus haut, il a introduit en France la fabrication du feutre pour piano; encouragé et guidé par M. Pierre Erard, il a perfectionné le travail, la forme, la densité de ses feutres. Ceux qui sont exposés sont en très-belle qualité, et M. Erard, qui en est le meilleur juge, en atteste l’excellent usage. De 72à8o centimètres de large sur 1 m,2oà im,6o delong, ils coûtent, pour marteau, première garniture, 2 5 francs le kilogramme; pour étouffoir et dernière garniture de marteau, 4 o francs. Presque tous ces feutres sont coniques, c’est-à-dire que la feuille, épaisse à la tête de 7 ou 15 millimètres, est réduite, par gradation insensible, à la minceur de i ou 2 millimètres quelle présente à l’extrémité.
- M. Billion a fait preuve d’intelligence et d’habileté dans ses essais ; le pays lui doit une fabrication nouvelle dont les produits sont déjà exportés. Le jury central accorde à cet industriel une médaille de bronze.
- § 2. LAYETERIE, EMBALLAGES, ARTICLES DE VOYAGE,
- DE CHASSE ET DE CAMPEMENT.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. Alexis GODILLOT, fils aîné, boulevard Poissonnière, n° 14 , et rue Rochechouart, n° 61, à Paris (Seine).
- La maison Godillot est fondée depuis trente ans, mais elle n’a commencé à acquérir son importance et sa réputation que vers la fin de i844, dès quelle fut dirigée exclusivement par M. Alexis Godillot. C’était encore à celte époque une simple fabrique de layeterie, conduite avec activité, mais noccupant que 10 ou 12 ouvriers, et ne faisant que 100,000 francs d’affaires. La bonne exécution de ses produits appela sur elle l’attention du jury; et la médaille de bronze fut la récompense d’efforts et d’essais intelligents.
- Durant ces cinq dernières années, cette fabrique s’est entière-rement transformée ; sa production s’est quintuplée et le nombre de ses ouvriers est devenu quinze fois plus grand. Articles de chasse, de voyage, de campement et de couchage, appareils de gymnastique, équipement militaire, serrurerie d’art, sellerie de cuir, de
- 43.
- Médaillé de bronze.
- Médaille d argent.
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- bois et de métal, tentes, bannières, mâts, lanternes, transparents et l’immense matériel pour la décoration et l’illumination des fêles publiques; tout, à quelques exceptions près, est exécuté dans les dix ateliers de M. Godillot. Ces dix-huit à vingt fabrications différentes, mais qui se relient par des points communs, il les a entreprises presque simultanément et les a concentrées dans deux vastes établissements. 11 a su tirer un habile parti des aptitudes diverses de ses ouvriers, les a appliquées, dans une mesure souvent, infiniment petite, mais toujours utile, à des ouvrages d’une variété et d’une dissemblance extrêmes. Il a rendu chez lui le travail plus rapide en le confiant à des mains spéciales, et plus économique par de sévères comptabilités de matière et de main-d’œuvre; il a, en un mot, donné la preuve d’une entente parfaite de la grande industrie.
- M. Godillot a vingt fois modifié sa fabrication; on la retrouve à chaque événement réappropriée aux exigences du jour, et une activité singulière préside aux installations, aux outillages et à la production. Bien des faits en témoignent : les tentes, cantines et campements pour les expéditions en Algérie, les lanternes chinoises au retour de la mission de M. de Lagréné, les lanternes tricolores à la révolution de Février; en avril, l’équipement de la garde nationale, les décorations des grandes fêtes du Gouvernement provisoire; bientôt après, les portoirs de blessés, les sacs de l’armée piémontaise, les maisons mobiles pour les colons algériens et les cantonniers des chemins de fer, les sacoches et les boîtes de service de l’administration des postes, les pouponnières de M. Delbruck, les hamacs des prisons cellulaires , etc.
- L’exposition de M. Godillot se divise naturellement en quatre parties : i° la layeterie, l’équipement de chasse; 2° l’article de campement; 3° la décoration et la lanterne; 4° la gymnastique. Nous nous sommes occupé ailleurs de celte dernière spécialité.
- La maison Godillot fait depuis trente ans avec supériorité la layeterie; elle a créé la plupart des modèles, elle en a perfectionné la forme et réduit le prix. La malle jumelle ou à cave, en vache, est bien exécutée ; il y a progrès dans sa fabrication. Comme solidité, le rapporteur peut citer une malle, encore excellente, qui a résisté aux accidents de toute nature inséparables d’un voyage et d’un sé« jour de près de trois années dans l’Inde, la Chine et la Malaisie. Le bois remplacé par le carton de Lyon, la peau de mouton par une
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- toile à voile imperméable , telles sont deux bonnes idées de M. Godillot qui lui ont permis de livrer à bas prix une malleterie qui ne laisse rien à désirer. Nous citerons, pour leur disposition, les boîtes à robes et à chapeaux pour dame, les caisses-commodes pour linge et vêtements; il n’est pas jusqu’aux champignons et au mode de fermeture qui n’aient été simplifiés.
- L’arlicle de voyage comprend encore le sac, le carnet pliant et la lanterne d’artiste, les nécessaires de naturaliste, les boîtes-bancs pour la pêche, les hamacs d’enfant pour voyage, etc. Ces divers objets, nous les avons examinés, ainsi que les malles, coffrets, caisses, étuis, poches à argent, sacs de nuit avec ou sans cave; presque tout est solide, utilement combiné, et a le mérite d’être d’une vente aussi facile à l’étranger qu’en France.
- Les tentes, cabanes et maisonnettes, les lits de camp, les cantines et bidons, composent principalement ce que l’on appelle article de campement. C’est une industrie qui doit son origine et son développement à nos guerres d’Afrique. Encore ici, nous devons rendre justice à l’intelligence de M. Godillot : il y. a dans les systèmes, le montage, la façon, le mobilier de ses tentes, de très-ingénieuses applications, une simplicité d’ensemble, une rapidité de construction qui méritent d’être signalées. Nous ajouterons que pour 210 francs on a une tente en coutil, avec colonne et fenêtres, de 2 mètr. 5o cent, de diamètre, et du poids de 20 kilogrammes. Les fauteuils et lits en fer à brisures articulées, les pliants, tables ployantes, hamacs, malles-lits, qui sont pour ainsi dire inséparables de ces tentes, sont commodes, du volume et du poids le moindres possible. Un des lits, qui tiendrait dans un fourreau de parapluie et qui se monte avec deux pliants et deux piquets, ne coûte que t 9 francs.
- Le chef-d’œuvre de M. Godillot est un bât de campagne, qui se compose de deux cantines, l’une pour la batterie de cuisine, l’autre pour le service de table et les vins, d’une tente, de deux lits de camp, d’une sacoche, d’une pioche et d’une hache; le tout pèse 52 kilogrammes. Ce bât est depuis plusieurs années adopté dans l’armée d’Afrique; l’expérience en a constaté la solidité et le bon aménagement.
- Nous noterons enfin un petit bidon de 3o francs, dans lequel on trouve 54 pièces en fer battu de Japy, depuis la poêle à frire et la marmite jusqu’aux couverts et aux tasses à café.
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- Portoirs de blessés, guêtres et cerniers, balançoires, échelles a renlrure, lanternes, bannières, décors de circonstance, sacoches de poste, boîtes de facteur, ceinturonnerie et équipement militaires, M. Godillot les fabrique dans ses ateliers, et, en général, en bonne
- Nous avons voulu nous assurer par nous-même de l’importance de son établissement, et nous ne pouvons mieux la faire connaître qu’en publiant les chiffres de l’inventaire et du livre de paye
- M. Godillot a fait, en i848, 527,226 francs d’affaires. Au 4 mai 1849, il occupait 6o3 ouvriers, et, le 4 août, nous avons trouvé dans ses ateliers *39 ouvriers; ils étaient, aux deux époques, ainsi répartis :
- 4 mai. 4 août.
- Malletiers.......................................... 7 28
- Cordiers.............................................. 4 6
- Menuisiers........................................... 18 16
- Layetiers............................................. 4 4
- Serruriers............................................ 7 6
- Tourneurs............................................ i4 7
- Tapissiers-décorateurs............................... 33 39
- Selliers.............................................. 5 9
- Ouvriers pour le travail de l’illumination......... 510 3o
- Graveurs............................................ 1 1
- Matériel............................................ o 3
- Ouvriers en pliant (au dehors)........................ o 3
- Ouvriers en lanternes, ballons, etc. (au dehors)... o 9
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- L’intelligence et l’activité avec lesquelles M. Alexis Godillot dirige cette fabrication si variée, et y a introduit tant d’applications • et d’idées nouvelles, ont déterminé le jury central à décerner à ce laborieux industriel une médaille d’argent.
- Médaille M. COTEL, place du Louvre, n° 8, à Paris.
- e bronze.
- L’expérience a constaté depuis longtemps les avantages des systèmes d’emballage de M. Cotel; ils diffèrent selon la nature elles dimensions des objets : nous avons remarqué environ quinze modèles, dont quelques-uns sont très-ingénieux. Les tableaux, statues, bronzes, porcelaines, glaces, pianos, pendules, etc. emballés par
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- ces moyens, arrivent à leur destination dans un parfait état d’intégrité et de fraîcheur ; dans presque tous ses systèmes, l’emballage et le déballage ont lieu avec une égale rapidité. Année moyenne, M. Cotel fait travailler 20 ouvriers.
- Le comité centrai des artistes, la société libre des beaux-arts, MM. Horace Vernet, Pradier, Taylor, Paul Gayrard, Mène, Barre, les exportateurs, les fabricants de bronzes, etc. attestent l’excellence de l’invention de M. Cotel ; la société d’encouragement lui a décerné, en 1846, une médaille de bronze et, cette année, une médaille d’argent.
- Le jury central accorde à M. Cotel une médaille de bronze.
- M. ÉTARD, rue du Petit-Reposoir, n° 6, à Paris.
- M. Élard a constamment amélioré l’article de voyage pour dame 1 il imagina, en 1828, les .champignons mécaniques pour l’emballage des chapeaux; en i834 et i83g, il perfectionna l’assemblage, la disposition et les compartiments des caisses à robes et à linge. Il a acquis dans cette spécialité une certaine réputation.
- M. Etard a exposé, en outre, des pièges pour la destruction des animaux nuisibles, des crochets articulés pour le transport des fardeaux, et un livre de comptes-faits à l’usage des layeliers.
- L’ensemble de ces ouvrages a un caractère d’utilité que le jury a apprécié, et il récompense M. Etard par une mention honorable.
- M. MORAND, rue du Renard-Saint-Sauveur, n° 6, à Paris.
- Il fabrique principalement le sac de nuit, la chancelière et la petite malle à main; le soin avec lequel il fait établir ces articles de voyage rend M. Morand digne cl’une citation favorable.
- M. DUNET, rue Thiroux, n° 4, à'Paris.
- Le jury cite favorablement M. Dunet pour la mallelerie de voilure. La vache et le coffre exposés ont une membrure solide et sont d’un bon travail.
- Mention
- honorable.
- Citations
- favorables,
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- S 3. SABOTS, GALOCHES, SOCQUES.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- On fabrique des sabots dans les principales forêts de France. Celte industrie a une activité très-grande dans les forêts de Belhem (Orne), de Persaigne et de Jupille (Sarthe), de Darnay (Vosges), de Fougères (Ille-et-Vilaine), et dans celles du Cantal et du Puy-de-Dôme.
- À certaines époques de l’année, l’Etat fait la vente par adjudication de coupes de bois dans les forêts que nous venons d’indiquer; c’est alors que les maîtres sabotiers se rendent adjudicataires des parties de ces bois propres à la fabrication du sabot, laquelle a lieu dans la forêt même. A cet effet, des huttes en terre et en branchages sont élevées sur les points exploités, les familles s’y installent, car les sabotiers mariés travaillent avec leurs femmes et ceux de leurs enfants en âçe de pouvoir leur être utiles. La paye a lieu le samedi de chaque semaine; le tailleur, c’est-à-dire l’ouvrier qui donne à la bûche la forme du sabot, le creuseur, celui cpii creuse le sabot qui vient d’être dégrossi, le pareur, l’ouvrier qui le termine, gagnent 2 francs par jour; les femmes et les enfants sont considérés comme apprentis et payés 5o centimes.
- La coupe vidée, c’est-à-dire entièrement nette du bois servant à la confection du sabot, est aussitôt abandonnée par les ouvriers nomades, qui vont élever de nouvelles huttes dans une autre coupe. Les villages voisins de ces parties de bois sont généralement déserts; le voyageur n’y trouve qu’avec peine un gîte et des vivres, tandis que la forêt est vivante et que la nourriture y est abondante et variée.
- Au mois de février de chaque année, les maîtres sabotiers se rendent à Paris; chacun y a, non pas une clientèle, mais des patrons. Ils s’entendent avec ceux-ci sur la façon du sabot, sur l’essence de bois à employer; tantôt un peu plus de hêtre que de bouleau est nécessaire; quelquefois le noyer convient,
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- et par hasard un peu de tremble. Le prix est ensuite fixé pour la fabrication de l’année commerciale, qui court de mars en mars. Les livraisons commencent toujours en mai et sont ordinairement terminées dans le mois de mars de l’année suivante. Elles ont lieu par pentes de 20 paires assorties.
- Le sabot expédié est fabriqué au premier degré; cette désignation s’applique à l’état des sabots sortant des mains du pa-reur; ils n’ont alors que la forme commune, tandis que, pour la vente, ils doivent être diversement façonnés. Les uns sont
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- couverts en cuir, ils s’appellent sabots garnis; les autres sont, selon leur forme, des sabots-bottes, des sabots-souliers, des sabots-guêtres. Il y en a de sculptés, de plissés, et quelques-uns ont, à l’endroit de l’orteil, une petite saillie qui leur donne l’apparence d’un pied chaussé. Avant de subir ces modifications , les sabots sont noircis, puis lissés à la baïonnette. Ces dernières façons sont données à Paris, à Lyon, à Nantes , et dans les villes voisines des forêts où a lieu la fabrication du sabot.
- Chaque maître sabotier occupe, en moyenne, de 5o à 60 ouvriers.
- On ne fait à Paris que le sabot de fantaisie, c’est-à:dire le sabot-soulier fin, garni de cuir ou de drap.
- Presque tous les sabots sont vendus pour la consommation intérieure; cependant il s’en exporte toujours un peu pour la Belgique, l’Angleterre et l’Algérie. Ces expéditions ont été en progressant jusqu’en 18 A4 ; depuis cette époque, elles ont diminué; en voici la preuve : en i84of 22,000 fr.; en i843, 34,6oo fr.; en i844, 34,ooo fr.; en i846, 29,200 fr.; en 1847, 17,600 fr.
- M. FROMENT-CLOLUS, à Paris, me Neuve-Saint-Méry, n° i5.
- M. Froment-Clolus emploie, dans les forêts de la Sarllie, de l’Orne, des-Vosges, du Cantal, 2 5 maîtres sabotiers, lesquels font travailler un millier de paysans; il reçoit, année moyenne, 600,000 paires de sabots parés; il les fait finir, sculpter s’il y a
- Médaille de bronza
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- Mentions
- honorables.
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- lieu, et noircir à Paris. Il occupe pour cela, dans ses ateliers, 8 ouvriers de mars à août, et 18 d’août à mars; les uns gagnent 65 francs, les autres 8o francs par mois.
- Le sabot noir sans bride, pour homme, se vend i3 francs; pour femme, îo francs; pour écolier et fillette, 8 francs les 20 paires. Les brides coûtent de 4 à 6 francs les 20 paires. Quant aux sabots de fantaisie garnis, le prix varie de i3 à 20 francs la pente, brides non comprises; ils sont légers et d’un assez bon travail.
- M. Froment-Clolus, même dans les plus mauvais jours de 1848, a conservé ses ouvriers sans diminuer leur salaire, et a assuré de l’ouvrage à tous les sabotiers de forêt.
- Le jury central, prenant en considération l’importance des affaires de M. Froment-Clolus, lui décerne la médaille de bronze.
- M. DEVAUX, à Paris (Seine), passage des Panoramas, galerie des Variétés, n° i5.
- Les socques articulés paraissent avoir été inventés par M. Duport, car il prit le premier brevet en 1821 ; M. Devaux, en imaginant en 1824 le socque à plusieurs brisures, assura la vogue de ce genre de chaussure, et, de 1824 à 1848, il a été délivré 35 brevets, dont 25 d’invention, pour les modifications apportées au socque. M. Devaux, qui en est aujourd’hui le plus ancien fabricant, est sans contredit le plus habile; il a beaucoup perfectionné et simplifié. L’exécution soignée et le prix modique de ses socques lui ont acquis une clientèle dont la confiance lui fait honneur.
- Le jury central confirme à M. Devaux la mention honorable qu’il a déjà reçue en i834 et en i83g.
- M. DESROCIIES, à Grenoble (Isère).
- Ses sabots, de 2 francs à'2 francs 75 centimes la paire, plissés ou sculptés, garnis et vernis , se recommandent par une confection soignée. La cambrure cependant paraît négligée.
- Le jury accorde à M. Desroches une mention honorable. 5
- MM. Charles LOUVEL et Benoît CHAMPONNIÈRE, à Paris (Seine), rue des Petits-Champs-Saint-Martin , n° 2 1.
- M. Charles Louvel reçoit, des forêts deBelhem et de Persaigne,
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- le sabot brut; il le noircit, le plisse, le sculpte et le garnit. Il s’occupe aussi de la fabrication sur commande du sabot de fantaisie; les échantillons en noyer, en érable, en orme qu’il a exposés, sont faits et évidés avec un soin extrême, et la cambrure en est bonne. Les genres guêtre et soulier sont légers, solides et élégants.
- M. Charles Louvel est activement secondé dans son travail par un habile ouvrier sabotier, M. Benoit Champonnière; le jury accorde à tous les deux une mention honorable.
- M. François LAUSSER, à Aurillac (Cantal).
- M. François Lausser est un habile fabricant; les sabots en noyer qu’il a exposés en sont la preuve.
- Le jury le mentionne honorablement.
- M. BATHIER, à la Souterraine (Creuse).
- M. Bathier a imaginé le sabot façon guêtre et a perfectionné le soulier à semelle en noyer, doublé de cuir. La cambrure est assez bien étudiée pour ne pas fatiguer le pied pendant une longue marche.
- La correspondance de ce fabricant nous a prouvé que ses chaussures-sabots sont recherchées, et que le prix en est modéré ; elles coûtent, pour homme, de 3o à 36 francs; pour femme, de 27 à 3o francs la douzaine; les-bottes cirées reviennent à i3 francs la paire.
- Le jury accorde à M. Bathier une mention honorable.
- M. François GUILLAT, à Limoges (Haute-Vienne).
- M. Guillat fait le sabot garni avec recouvrement, ciré, plissé, brodé, en cuir verni ou ciré, en velours ou en drap; c’est un soulier dont la semelle est en noyer pour préserver le pied de l’humi-Slité. Le cuir est fixé au bois par une couture faite avec des maillons en gros fil de fer de carde; ce perfectionnement n’est pas sans intérêt. Nous désirons, sans l’espérer, que l’expérience constate la solidité de celle couture.
- M. Guillat est un sabotier plein de zèle qui produit, année moyenne, 20,000 paires de sabôls et de socques; le jury récompense ses efforts par une mention honorable.
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- Citations
- favorables.
- M. Alexandre LOUVEL, à Paris (Seine), rue d’Aboukir, n° 63.
- M. Alexandre Louvel fait finir les sabols des forêls et les vend de 4o à 70 centimes la paire. 11 occupe à Paris quelques ouvriers au sabot fin, de 2 à 5 francs pour homme et de 1 franc 5o centimes à 4 francs pour femme. Le pli, le parage, la sculpture au fer chaud et la garniture de ses sabots-souliers, faits avec soin, méritent à ce fabricant la mention honorable que le jury lui accorde.
- M. Pierre LAUSSER, à Aurillac (Cantal).
- La façon et la cambrure des sabots en noyer de M. Laüsser jeune dénotent du soin et de l’adresse; les recouvrements en cuir sont bien ajustés. -
- Le jury cite favorablement M. Pierre Lausser, déjà distingué en i844-
- M. Pierre BONN Y, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- Il fabrique convenablement le sabot couvert en cuir ciré, en velours, en drap ou en lasting; quelques échantillons ne sont pas sans élégance.
- Le jury cite favorablement M. Bonny.
- M. GAGNANT, à Batignolles, rue des Dames, n° 66.
- M. Gagnant est un bon ouvrier sabotier qui a exposé des sabots-claques, semelle en noyer, cirés ou vernis, genre bottine, guêtre ou soulier.
- Le jury le cite favorablement.
- M. MUZARD, à Paris (Seine), passage Molière, n” 12.
- Il a exposé des galoches-souliers à 10 francs pour homme et 7 francs pour femme ; des bottes cuir et bois à 20 francs; des galoches communes articulées à 3 francs et des chaussures de prisonnier à 3 francs 2 5 centimes.
- Pour ces divers produits, solidement établis et cl’un bon usage, le jury cite favorablement M. Muzard.
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- S 4. BRIDES ET GARNITURES DE SABOT.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. JAMAIN-CERISIER, à Amboise (Indre-et-Loire). Mentions
- ' honorables.
- La collection de sabots garnis et de brides présentée par M. Ja-main atteste l’intelligence avec laquelle il s’occupe de cette fabrication. Matière, forme, gaufrure, broderie, tout est varié; le choix et l’exécution sont satisfaisants.
- M. Jamain produit par an 120,000 garnitures de sabots de 2 fr.
- 5o cent, à 7 fr. la douzaine de paires, selon la grandeur.
- Le jury central le mentionne honorablement.
- M. MASSENOT, à Paris (Seine), me Popincourt, n° 60.
- M. Massenot fait la bride de sabot depuis 3 fr. jusqu’à 24 fr. la douzaine de paires. Ses modèles et ses dessins sont, en général, assez jolis; la gaufrure a trop peu de relief, le cuir est bien choisi.
- Des crêtes en passementerie de soie et des rubans concourent à l’enjolivure des bords. Pour le sabot léger de dame, un ou deux genres d’une coupe nouvelle offrent l’avantage d’un peu plus d’élégance avec une tension et une surface suffisantes. 11 est à désirer que l’on fasse des broderies d’un meilleur goût.
- M. Massenot est un fabricant entreprenant et habile; le jury lui accorde une mention honorable.
- M. MIÎNÉTREL-DROUIN, à Joinville (Haute-Marne).
- Il fabrique et a exposé des brides de sabot et des bourses en peau plissée. Il occupe 35 ouvriers en atelier et 160 en chambre; il produit de 4o à 5o,ooo douzaines de paires de brides et 100 grosses de bourses en peau. Les moyens mécaniques dont il dispose lui assurent un travail économique et régulier. Les brides, coussins, pa-noufles normandes dé 1 fr. 3o cent, à 7 fr. la douzaine, sont, en toute grandeur, d’une coupe et d’une gaufrure assez nettes; les bourses en peau plissée, de i5 à 42 francs la grosse, méritent également une citation.
- M. Ménélrel-Drouin, déjà distingué en i844» est digne, pour l’ensemble de sa fabrication, de la mention honorable que le jury lui accorde.
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- Nouvelle médaille de bronze.
- Médaille de bronze.
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- § 5. CHAUSSONS DE TRESSE ET DE TrSSU.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- MM. COLLARD et BELZACQ, rue des Lavandières-Sainte-Opportune, n°22, à Paris (Sein^).
- Ils ont exposé des chaussons de tissu et de lacet, ainsi que les tissus et les lacets employés à cette confection. Le bas prix de leurs produits en rend la vente très-facile; il varie de i4 à 3o francs la douzaine de paires. La qualité est de nature à assurer une assez longue durée à ces chaussons.
- MM. Collard etJBelzacq emploient à Liancourt, à Oudainville et à Saint-Félix, 2i5 métiers à tisser, mus par une roue hydraulique, et 176 ouvriers. A Paris, ils font travailler 200 ouvriers en chambre, tant tisseurs que chaussonniers et claqueurs, et occupent près de 1,200 détenus dans les départements de Seine-et-Oise et d’Eure-et-Loir. En i844» ils produisaient 11,600 pelotes de lacet et i3o,ooo paires de chaussons; en 1849 > ils firent 210,000 pelotes et 265,000 paires; le tiers est exporté.
- Ils font fabriquer également différentes pièces de bonneterie commune.
- En considération du développement de leur industrie, le jury central décerne à MM. Collard et Beîzacq une nouvelle médaille de bronze.
- M. Charles BESLAY, rue Neuve-Popincourt, n° 17, à Paris (Seine).
- Dans les chaussons ordinaires, la garniture en cuir est appliquée et cousue sur le chausson tressé ; dans ceux de M. Beslay, le claquage est d’abord établi, percé avec symétrie, le bord supérieur reçoit les lacets, e*t le tressage est alors exécuté à la main. Cet im« plantage de la tresse dans le cuir peut être appliqué au semelage; plus propre que la couture, il rend d’ailleurs le chausson plus solide et mieux cambré. Il y a en outre économie de matière, de temps et de main-d’œuvre. En voici la preuve : dans le chausson ordinaire, il entre pour 1 fr. 25 cent, de tresse, 1 franc de cuir, 1 franc de façon, soit 3 fr. 25 cent. Dans le nouveau chausson, on compte 60 centimes de tresse ( 1 pelote fait 3 paires), 1 franc de
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- cuir et 5o centimes de façon; le prix de revient est de 2 fr. 10 c., et le chausson se vend 2 fr. 37 cent. 1/2, net.
- M. Charles Beslay a exposé des chaussons claqués, semelés et cloués, forte semelle sans talon, à 36 francs la douzaine pour homme et 3o francs pour femme; fourrés en molleton, à 45 francs pour homme; des chaussons-souliers en tresse et maroquin, pour homme, à 60 francs; pour femme, à 4o francs; enfin, des chaussons dits de Strasbourg à 52 francs. En résumé, la différence de prix à l’avantage de ces chaussons, établis tous en bonne marchandise, est en moyenne de 2 5 p. 0/0.
- Commencé, il y a un an à peine, cet article est encore peu connu: cependant les demandes augmentent, des expéditions ont été faites en Angleterre et au Brésil, la fabrication prend plus d’extension, et maintenant 160 ouvriers y sont employés ; à l’atelier 21 ouvriers, en chambre, 71 tresseuses, 3o jeunes garçons à l’établissement de M. de la Rochefoucauld, et de 4o à 5o détenus dans la prison de Beaulieu. Les femmes gagnent de 5o cent, à 2 fr. par jour, selon leur habileté et le temps qu’elles consacrént au travail.
- M. Durand a inventé ce système de tressage-claquage et l’ingénieuse machine à fendre le cuir, ce qui permet d’obtenir des tuyaux, des bidons, des fourreaux sans coulure.
- Après avoir signalé l’utile et l’intelfigenle coopération deM. Durand , le jury central décerne à M. Charles Beslay une médaille de bronze.
- MM. PLANTARD et G“, rue des Bourdonnais, n° 21, à Paris (Seine).
- Us fabriquent la pantoufle et le chausson.
- Leurs pantoufles sont montées en pantoufline reps, chaîne laine à broder, trame coton; la laize est de 60 à 65-centimètres, et le prix de 3 fr. 25 cent, le mètre. Cette étoffe se fait en toutes couleurs, en uni, en rayé, en ombré. On l’imprime également, et, dans ce cas, afin d’obtenir la disposition de dessin convenable, on n’imprime sur le tissu que la surface à peu près en fer à cheval nécessaire pour la façon de la pantoufle. La pantoufline, impression lapis, se vend 1 franc la paire. La fourrure qui garnit la pantoufle se fait en nappes et en écouaille de mérinos fin; elle s’applique sur semelle de liège; ainsi établie, la douzaine coûte 3 fr. 75 cent, pour fillette, 4 fr. 5o cent, pour femme et £^fr. 5o cent.
- Mention
- honorable.
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- Mention pour ordre.
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- pour homme. La peluche de chausson revient, toule posée, à 6 francs la douzaine.
- La pantoufle claquée et semelée coûte, non fourrée, en tissu uni ou rayé, 24 francs la douzaine; en tissu imprimé, 3o francs; fourrée, en uni, 2 5 fr. £0 cent., imprimée, 33 francs. Les pardessus unis et fourrés se vendent 32 francs, et les chaussons de tresse, de 16 à 27 francs.
- Le mérite de ces articles consiste dans leur exécution soignée et leur excellente qualité; nous avons indiqué les prix, ils témoignent du bon marché.
- MM. Plantard et C“ font fabriquer à Paris, aux environs de Chartres et de Mouy ; leurs produits sont estimés dans le commerce et leur affaires considérables.
- Le jury leur accorde une mention honorable.
- S 6. FORMES.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Nous avons réuni les formiers pour cambreurs et pour cor-royeurs. La fabrication des formes est, à Paris même, une industrie de peu d’importance; elle ne compte pas plus de 3o patrons, de i3o ouvriers, et le chiffre de sa production ne dépasse guère 3oo,ooo francs. Les formiers parisiens ont une réputation méritée ; ils travaillent le bois avec une grande habileté de rnain, et plusieurs des produits exposés étaient d’une correction remarquable. %
- M. Frédéric LUTZ, rue Mauconseil, n° 33, à Paris (Seine).
- M. Lutz a exposé des bois à cambrer les bottes et les guêtres; ces formes sont d’une bonne exécution et leur prix est modéré. M. Lutz a inventé une ingénieuse machine pour canneler avec régularité les marguerites et les paumelles ; il fabrique tous les outils pour le travail des cuirs, et la formerie paraît n’être chez lui qu’une industrie accessoire. Aussi l’appréciation de l’ensemble de la fabrication de cet exposant a été renvoyée à la commission des machines.
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- M. DEHAULE, barrière Pigale. chemin de ronde, n° 11 à Paris (Seine).
- Les formes faites par les formiers ne sont jamais et. ne peuvent guère être la reproduction fidèle du pied ; il en résulte une moindre perfection dans la confection de la chaussure. M. Dehaule est cordonnier; il sait par expiérience combien est essentielle l’exactitude de la forme, et il s’est atlaché à la rendre semblable en tout point au pied, dont elle doit tenir.la place. Plusieurs formes ainsi façonnées présentent des cambrures, des reliefs ou des déviations dont la reproduction n’était pas sans difficulté. Les embouchoirs sont également faits d’après les mêmes idées.
- M. Dehaule a imaginé une pince à pied en bois destinée à rendre plus facile et plus régulière la couture des bottes. Il a fait preuve, dans tous les objets exposés, d’une assez grande intelligence du travail de la cordonnerie. Le jury récompense ses efforts en lui accordant une mention honorable.
- M. DAUTEUILLE, me SamtrGermain-rAuxerrois, n° i4 à Paris (Seine). /
- La collection de bois à cambrer des bottes, les bottines et les guêtres exposée, atteste l’habileté deM. Dauteuille et le soin qu’il apporte à sa fabrication. Il vend de 3 à 4 francs la paire de formes à bottes en hêtre ou en charme; c’est un prix très-modéré qui n’ex--dut ni la régularité des courbes, ni le fini du travail. Les étires, râpes et lisses de ce fermier sont des outils a bon marché et qui feront bon usage. • ' •
- Le jury accorde à M. Dauteuille une citation favorable.
- § 7. POSTICHES ET OUVP^GES EN CHEVEUX.
- M. Natalis Piondot, rapporteur. /
- J
- M. CROISAT, rue Richelieu, n° 76, à Paris (Seine).
- M. Croisât est toujours le coiffeur le plus habile et le posticheur le plus intelligent. : • .. <
- Le jury de i844 a récompensé de la mention honorable les perfectionnements que'ce fabricant a apportés dans l’implantation des
- 44
- Mention
- honorable.
- Citation
- favorable.
- Médailles de bronze.
- III.
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- cheveux, perfectionnemenls tels, qu’une ouvrière faisait par jour,, au lieu de 24 centimèlres, jusqu’à 4o centimètres d’implanté.
- M. Croisât expose cette année une machine à implanter qui a été soumise à l’exàmen de la commission des machines.
- La commission des arts divers n’a à se prononcer que sur les produits obtenus au moyen de cette machine; elle déclare qu’ils ne laissent rien à désirer sous le rapport de la régularité et de la solidité.
- Ce que les ouvrières ne faisaient que lentement et en sautillant leur vue, la machine l’exécute avec rapidité, avec précision, et elle livre des ouvrages irréprochables.
- Prenant en considération l’avis favorable de la commission des machines, et appréciant à leur valeur les efforts intelligents faits par M. Croisât pour améliorer les procédés de son industrie, le jury décerne à cet habile coiffeur-posticheur la médaille de bronze.
- M. Louis NORMANDIN, rue Neuve-des-Petils-Champs, n° 5, à Paris (Seine).
- Les perruques, les faux toupets et les tours exposés par M. Nor-mandin témoignent des soins qui sont apportés à leur exécution.
- '4 Ces ouvrages se distinguent par un choix de cheveux intelligent, une forme bien entendue et naturelle, la substitution au tulle d’un, filet, dans la maille duquel le cheveu est inséré avant qu’elle soit, arrêtée.
- Divers perfectionnements recommandent, en outre, M. Louis Normandin, qui a été mentionné honorablement en i834 et en 1844 ; le jury central lui décerne la médaille de bronze.
- »
- Mentions jyj. LEMONNIER, rue du Goq-Saint-Honoré, n° i3, à
- lonorabies. _ 1
- Paris (Seine).
- Les cheveux sont le seul souvenir matériel qui puisse rester des personnes aimées; les familles, les amis regardent comme un pieux devoir de conserver, et souvent de porter ce souvenir des absents ou des morts, et cet usage a donné naissance à une petite industrie.
- Les cheveux ont été tressés pour en former des bagues, des bracelets, des colliers, des cordons, des bourses; on en a fait des gerbes, des palmes, des boucles, des chiffres ,> etc. ; on a été jusqu’à les transformer en fleurs, en arbres, en bouquets, en corbeilles, et-
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- enfin on s’en est servi, dissous ou réduits en poudre, pour peindre des tableaux.
- On a trop oublié que ces ouvrages n’ont de mérite que par la présence des cheveux, et qu’ils seront toujours d’autant plus estimés que, tout en conservant le caractère d’un souvenir, ils seront à la fois plus simples, plus élégants et plus corrects.
- M. Lemonnier satisfait, en général, à ces exigences du bon goût et de la convenance; il a présenté des ouvrages dont l’exécution corr#te et sévère est appropriée à leur origine et à leur destination.
- Il est entré, nous le regrettons et nous espérons que c’est par exception, dans la voie des compositions et des grands tableaux, auxquels il est impossible d’attacher aucune valeur artistique.
- Le jury central accorde une mention honorable à M. Lemonnier, qui a été cité favorablement en i844-
- M. THIBIERGE, rue Vide-Gousset, n° 4, à Paris (Seine).
- Parmi les échantillons présentés par ce fabricant, nous avons distingué un'toupet implanté sur gaze de soie, et une perruque en filet desoie, qui offre une implantation solide, une grande'légèreté, et qui, grâce à un ruban de caoutchouc est maintenue sur la tête sans1 ressorts ni élastiques.
- Les postiches de M. Thibierge implantés sur taffetas, tulle ou gaze, sont établis avec soin, dans des condition^ de travail1 et de prix variées; le jury mentionne honorablement ce fabricant.
- M. PARTS, passage Choiseul, n° 25, à Paris (Seine).
- Des perruques, des toupets et des tours d’une exécution soignée ont déterminé le jury à citer favorablement M. Paris. , ;
- ' . ' ' ' *
- M. Ernest CAMUS, rue du Faubourg-Monlmarlre, nQ 36,
- à Paris (Seine).
- Il a exposé un choix d’objets de souvenir faits en cheveux: cette collection les comprend tous depuis les tableaux destinés à l’exportation jusqu’aux bracelets-, bagues et cordons-exécutés principale? ment pour la France. La finesse du travail et la préparation habile des cheveux recommandent les ouvrages de M. Ernest Camus, auquel le jury central accorde une citation favorable.
- Citations
- favorables.
- 44.
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- G92 —
- M. Daniel DUMAS, rue Vivienne, n° 2 1, à Paris (Seine).
- t
- Dans les toupets et perruques produits par M. Dumas, les carcasses et les rubans sont remplacés par de la gaze de soie légère, transparente et doublée de baudruche; on obtient la fixité convenable par l’emploi de crochets-couteaux ou de colle à bouche. Ainsi établi, le toupet ou la perruque est très-léger, et s’ajuste bien; la solution dé continuité n’est pas apparente, et il n’y a, avec l’ancien système, qu’une différence de prix de 5 à 6 francs. •
- Le jury cite favorablement M. Dumas.
- M. LABPiUGUIÈRE, rue Saint Martin, n° 149, à Paris (Seine).
- Il a imaginé, pour prendre" la mesure de la tête, une lame de cuivre qu’une crémaillère, faite avec un ressort de montre, permet de serrer à volonté; cette lame est la base dii travail; c’est sur elle qu’est monté un réseau tressé en cheveux. Le cheveu est, comme d’usage, fixé sur trois soies; la solidité ne laisse rien à désirer, la fabrication est économique et le prix très-modéré.
- M. Labruguière a exposé également des demi-cache-folie perfectionnés et des pinces pour fixer les toupets; celles-ci sont destinées à remplacer le crochet, qui coupe quelquefois le cheveu.
- Le jury central accorde à M. Labruguière une citation favorable.
- M. CHAMPEAUX, place de l’École, n° 6, à Paris (Seine).
- Il noue le cheveu au lieu de le doubler, mais ce travail ne peut guère être appliqué qu’à la raie et au cache-folie.
- M. Champeaux établit les postiches avec soin et solidité; les ou-' vrages qu’il a présentés sont très-satisfaisants, et il mérite la cita-_ tion favorable qué lui accorde le jury. 1 -
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- -, l r •
- M. CROQUART, rue Montmartre, n° i32, à Paris ’ (Seine). " '
- Le jury cite favorablement M. Croquai t pour les perruques, toupets et frisettes, établis sur tresse et sur tulle, qu’il a exposés ; ces divers ouvrages de M. Croquai t témoignent en faveur ,des son habileté. ,yU< y ! .
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- M. FICHOT, passage de l’Opéra, n° 2 1, à Paris (Seine).
- La légèrelé et la minceur de ses postiches lui ont fai^ reconnaître la nécessité de s’attacher, afin d’assurer leur adhérence par un ajustement parfait, à reproduire exactement la forme de la télé; c’est dans ce but que M. Fichot a imaginé une mesure articulée, et a pris le parti d’établir un moule particulier pour chaque client. 11 marie le tulle à la baudruche, et obtient ainsi de bons résultats. Ses ouvrages se distinguent parleur naturel et leur qualité.
- Le jury cite favorablement M. Fichot.
- § 8. CASQUES.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Les casques en cuivre, en laiton, en fer et en plaqué sont fabriqués en France mieux et à meilleur marché qu’en Angleterre et én Allemagne; une preuve décisive en est fournie par les commandes qui ont été faites dans ces derniers temps par plusieurs gouvernements étrangers. C’est, en général, à Paris que l’on sait le mieux établir un modèle, c’est-à-dire, un dessin étant donné, exécuter un casque aussi solide, léger et gracieux que possible. Il y a néanmoins, encore de grandes améliorations à introduire dans cette partie de l’équipement de nos troupes. - ; .
- M. PESTILLAT, me du Faubourg-Saint-Denis, n° 162, à Paris (Seine). \ _ J
- , ,11 ne fabrique pas les casques de notre cavalerie et des sapeurs-pompiers de Paris, mais il en fournit aux officiers de nos régiments de dragons et de cuirassiers, et a été chargé de l’équipement entier des sapeurs-pompiers de plusieurs villes-et communes. C’est lui qui a exécuté les casques en cuir verni, avec crinière, de la garde civique romaine.
- Le3 casques de M‘. Peslillat sont bien établis ; plusieurs de] ceux pour officier, qu’il a exposés, se distinguent par la correction du
- Mention
- honorable.
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- travail, des ornements et des ajustements. Les prix sont avantageux, deux exemples en témoigneront: casque d’officier de cuirassiers, bombe en plaqué d’argent au 20e, garniture dorée mate et turban de clioix, g5 francs au comptant; casque de sapeur-pompier, bombe polie, visiere mouvante, chenille en crin noir, plaque estampée, 9 francs.
- Le jury accorde à M. Pestillat une mention honorable.
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- S 9. CHAPELLERIE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
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- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La chapellerie est une de nos anciennes industries; elle a une assez grande importance, puisque sa production annuelle est évaluée à environ 35 millions de francs, mais, quels qu’aient été son développement et ses progrès, elle n’a pas acquis’ïa vitalité et la supériorité que l’on était fondé à espérer en songeant combien elle est favorisée par la beauté et le-bon marché des peluches dé soie, par l’intelligence des ouvriers, lé goût des fabricants, l’initiative cle Paris pour les modes. Sans doute, la main-d’œuvre et la matière sont en France plus chères qu’en Allemagne; l’Angleterre a conservé d’excellentes traditions de travail, les États-Unis ont les poils à plus bas prix; ces avantagés, si précieux qu’ils soient, mais qu’il iie faut pas exagérer, n’auraient pas suffi à nos rivaux pour fonder une industrie aussi active, sans celte indifférence pour le commerce extérieur, conséquence de la rareté chez -nous de grandes manufactures, à peu près seules capables de travailler pour l’exportation. Notre timidité commerciale nous a empêchés de tirer un parti'réellement utile de nos efforts industriels, cle ces cent5 quarante brevets qui témoignent de l’activitéJ d’esprit de nos fabricants durant ces huit dernières années de ces inventions qui ont rendu populaires les noms de plusieurs de nos chapeliers.Mais tout en n’étant pas encore ce qu’elle peut devenir, la chapellerie n’en est pas moins en France une industrie de jour en jour,plus considérable, et
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- ses produits se présentent jusqu’à présent sur tous les marchés du monde en concurrence avec ceux de l’Angleterre et de l’Allemagne, souvent même malgré des droits differenciels.
- La chapellerie se divise en deux branches distinctes : la chapellerie de feutre, celle de soie et de tissu. Nous parlerons plus loin des chapeaux mécaniques et des chapeaux de paille.
- Le chapeau de soie a été imaginé vers 1760 à Florence; on en faisait déjà quelques-uns en France avant 1770, car Y Almanach des marchands de cette année cite à Paris « deux nouvelles fabriques de chapeaux de soie des Indes et de Provence très-beaux. » Roland de la Platière disait, en 1785, que le chapeau de soie était « une œuvre de charlatanerie. » On ne paraît s’en être occupé sérieusement qu’il y a vingt ans; cependant, le premier brevet qui en fait mention porte la date de i8o3; il est vrai que, jusqu’en 1828, époque où la mode le mit en faveur, quatre brevets seulement furent demandés. Dans l’origine, la peluche était appliquée sur espadrille; vers i835, on perfectionna les carcasses de toile, bientôt après les, galettes de feutre,les façons, les apprêts. Dès 1839, la fabrication des peluches de soie grandit avec une merveilleuse rapidité, se signala chaque année par un progrès et un essor nou^ veaux, et parvint à égaler celle de Berlin et du pays rhénan. La vogue de la chapellerie de soie est désormais assurée ; pourquoi faut-il qu’après avoir constaté qu’elle a reçu en France toutes ses améliorations, nous devions signaler la crainte de voir l’Angleterre nous enlever une partie de notre vente extérieure. Londres a commencé depuis trois ou quatre ans à faire, avec nos peluches de' belle qualité, des chapeaux dont la concurrence se fait déjà sentir. Un tournurier bordelais, établi à Madrid, a importé en Espagne cette fabrication, ainsi que celle du chapeau dit à retaper, et toutes deux y prospèrent.
- Les chapeaux de soie ne figurent plus depuis i836 sur les états de commerce. En i832, l’exportation a été de îo.ooocha-peaux, elle s’élevait, en i836, à 90,000.
- La chapellerie de bourre de soie a remplacé dans les campagnes la grosse chapellerie de feutre. Elle n’oflre d’autre in-
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- térêt que l’importance et l’extrême division de sa production.
- Londres est toujours renommé pour les castors et les feutres lins; Hambourg, Altona et quelques autres villes des Etats, de l’association allemande et de l’Autriche fabriquent les feutres à meilleur marché que nous; l’Italie, la Belgique et les Etats* Unis font de bonnes qualités; la France excelle dans le poil ras, le flamand, l’ourson et le feutre de fantaisie. Nos chapeliers ont fait de grands progrès dans le secrétage, la foule, la dorure et l’apprêt; ils dégagent, comme les Anglais, le poil avec la laine de Saxe; ils savent mieux employer les poils indigènes, ils atteignent à la perfection du travail de Londres et sont devenus de très-habiles tournuriers : aussi, nos feutres, même les castors et les flamands, font-ils à ceux des Anglais et des Allemands, dans les genres fins et courants, une rude concurrence en Suisse, dans l’Amérique du Sud, et même aux Etats-Unis, en Allemagne, en Angleterre et à l’île Maurice. En 1839, nous en exportions pour 520,000 francs; en 1847» notre exportation s’est élevée à 2,611,000francs, dont 1,060,000 francs pour les Amériques, 670,000 francs pour la Suisse ét l’Italie, 190,000 francs pour l’Angleterre et ses colonies, i3o,000 francs pour l’Allemagne, etc.
- Paris avait, en îyÔo, cent trente maîtres chapeliers dont les produits étaient estimés ; ils vendaient les chapeaux au- poids : ainsi, un castor de 6 onces se payait 15 livres, un demi-castor de 9 onces, 12 livres; un dauphin de 8 onces, 10' livres 10. sols,.etc. Aujourd’hui, Paris fabrique principalement Ijecastor gris ét le chapeau flamand, Lyon fait ce dernier en moins beile * qualité, Bordeaux1, Toulouse et d’autres villes du Midi ont acquis une certaine réputation pour les poils ras. Nous avons assez de confiance dans l’activité de plusieurs de ’ nos chapeliers en feutre pour espérer qu’ils soutiendront toujours avec honneur la concurrence avec Londres, Hambourg , ... :* .
- 1 11 y a dans le département de là'Gironde de 800 à 900 ouvriers chapeliers; les deux tiersHravaillcnl chez eux, aidés par leurs femmes et leurs enfants; . * ’ , .. -, f- -
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- et Altona,*qu’ils 11e se laisseront pas devancer par New-York, qui, entré le dernier en lutte, restreint déjà sensiblement nos exportations aux Etats-Unis. En Belgique, en Hollande, en Russie, au Brésil, dans la Plata, à la Nouvelle-Orléans, dans tous ces Etats producteurs de chapellerie, malgré la présence de chapeliers français et des droits d’entrée, en moyenne 3o p. o/o, et en certains points presque prohibitifs, l’élégance et la légèreté de nos produits maintiennent leur vogue, et le bon marché relatif leur assure une vente avantageuse.
- Il nous reste à parler des chapeaux mécaniques, pour lesquels ont été pris 44 brevets, c’est-à-dire le cinquième sur les 210 délivrés pour les inventions et les perfectionnements de la chapellerie, de 1791 à i848.
- Quoique l’on ait contesté la priorité de l’idée à M, Antoine Gibus, il n’en est pas moins positif qu’il a pris le premier brevet, le 23 juillet i834» trois ans avant qu’aucune autre invention eût été produite; qu’il a exposé en cétte même année i834 son chapeau mécanique, pour lequel le jury central le mentionna honorablement. A la bague destinée à empêcher la flexion des montants, cet intelligent fabricant substitua, en 1837, le ressort à lame de couteau, et, en i84o, le ressort à paillette.
- De i834 à i843, en dix ans, i4 brevets, dont 8 d’invention; de i844 à i848, en cinq ans, 3o, dont 16 d’invention. Ces chifires donnent la mesure de l’activité de cette fabrication annexe de la chapellerie parisienne, qui est devenue proportionnellement considérable. Dans certaines années, l’exportation des Gibus a présenté assez d’importance. Aujourd’hui, sans les continuels perfectionnements qui maintiennent à Paris sa supériorité dans cette spécialité, Paris serait battu avec ses propres armes, car les étrangers emploient ses plus habiles ouvriers, ses procédés, ses systèmes.
- Il n’a pas convenu à la commission de se prononcer sur les questions d’antériorité et de contrefaçon, qui n’ont été que trop souvent portées devant les tribunaux; nous nous sommes bornés, dans l’examen des. produits exposés, à l’appréciation
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- Mention pour ordre.
- Rappel
- de
- médaille
- d’argent.
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- du mérite industriel, et si nous avons rappelé plus haut le nom de Gibus, c’est qu’il est inséparable de l’histoire des cha-peaux mécaniques, et de l’application ingénieuse du ressort à la carcasse articulée du chapeau à bague.
- En résumé, l’exposition a prouvé une fois de plus, que nos chapeliers fabriquent avec habileté, avec goût et à bon marché ; ils doivent sentir assez leur force pour se présenter avec hardiesse sur les marchés étrangers, pour rendre inutiles ces ateliers fondés en Espagne, en Russie, au Brésil, aux. Etats-Unis , à Montevideo, avec nos ouvriers et notre outillage, pour aviser enfin à réduire, par un travail destiné à l’exportation, ces longs chômages dont ils souffrent autant que leurs ouvriers.
- M. MICOUD, rue de Meaux, n° i4, à Belleville (Seine).
- On connaît les inconvénients qu’offre le cuir pour la garniture des chapeaux, il se graisse promptementet il est perméable à l’huile et à la sueur, qui pénétrent et tachent bientôt le feutre ou la peluche. On a été amené, pour y remédier, à se servir du cuir verni, mais son prix élevé en restreint l’emploi, et sa qualité laisse quelquefois à désirer. M. Micoud a exposé une toile fine et serrée, vernie , qui est plus mince, plus souple, des 4/5 moins chère que le cuir verni, et qui paraît avoir plus de fixité. Cette nouvelle application des tissus vernis de M. Micoud paraît appelée à prendre une certaine extension.
- On a mis en doute, non sans raison, la convenance des garnitures imperméables ; l’expérience est trop récente pour qu’il soit possible de se prononcer à cet égard.
- (Voir, pour la récompense accordée à M. Micoud, le rapport sur les cuirs vernis.)
- M. A. JAY, rue Neuve-Vivienne, n° 53, à Paris (Seine).
- M. Jay père était un de nos plus habiles chapeliers; la médaille d’argent que lui décerna le jury central, en i834, et qu’il lui rappela en 1889, fut la récompense méritée de ses' essais intelligents et de la belle exécution de ses produits.
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- L’invention qui a le plus contribué à sa réputation, remonte à i84i ; elle n’a pas encore été soumise au jury, nous allons en dire quelques mots: jusqu’à cette année;, i84i, on faisait les chapeaux comme on a fait bien longtemps et les chaussures et les chemises, sur quatre ou cinq formes banales; on ne tenait aucun compte de la conformation particulière de la tête, et il en résultait que les chapeaux blessaient pendant quelque temps et souvent allaient fort mal. M. Jay imagina d’abord le Jayotype moulé, c’est-à-dire le moyen de prendre , avec un bandeau de plomb très-mince, la forme de la tête avec ses sinuosités, ses protubérances, et de conserver celte forme par le moulage. L’expérience aidant, les essais se multipliant, il le remplaça par le Jayotype métrique, dont la circonférence s’étend, se resserre à volonté et permet de noter exactement avec deux ou trois chiffres la mesure de toutes les têtes.
- Le jury n’a pas oublié que M. Jay père a, le premier en i83i, appliqué le caoutchouc à la chapellerie et, en i844, perfectionné celte application en utilisant le procédé de dissolution de MM. Ca-briol et Blanchard.
- Les chapeaux présentés par M. Jay fils sont d’une fabrication excellente et très-soignée; il soutient dignement la réputation delà maison à la tête de laquelle il se trouve depuis trois ans.
- Le jury, prenant en considération la participation queM. Adolphe Jay a prise aux expériences et aux inventions de son père, lui rappelle la médaille d’argent accordée à son père.
- MM. BESSON frères, à Bordeaux (Gironde). '
- MM. Besson occupent dans leurs ateliers ,100 ouvriers, hommes et femmes ; ils y ont monté une machine à vapeur pour mettre en mouvement les tours et tournurières et chauffer les chaudières de foule, etc. Leur fabrique, fondée en 1779 par leur oncle, produit pour une valeur de 4oo,ooo francs de chapeaux de feutre et de soie, dont les deux tiers sont exportés et rivalisent sur les marchés de l’Amérique du Sud et de l’Inde avec les produits anglais.
- Les chapeaux de feutre ras et souples, exposés par MM. Besson, se distinguent moins par leur légèreté, leur cohésion et leur régularité, que par la beauté de la teinture,; la réussite des nuances ten-di’es de fantaisie est parfaite. Les prix, de 4 à g francs, assurent à
- Médaille
- d’argent»
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- Médailles de bronze.
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- ces chapeaux une grande vogue et en augmentent chaque été la consommation.
- Les chapeaux de peluche de soie, montée sur feutre ou sur carton verni à la gomme laque, offrent un moindre intérêt ; l’exécution et la qualité laissent un peu à désirer.
- L’extension des affaires d’exportation de MM. Besson, leur expérience et leur habileté en fabrication, les résultats favorables de l’examen de leurs produits, ont déterminé le jury central à leur décerner une médaille d’argent.
- M. VINCENDON fils, à Bordeaux (Gironde).
- M. Vincendon a exposé des chapeaux de feutre ras doubles et sans couture, pour lesquels il a été breveté celle année. Un des inconvénients des feutres est, comme on le sait, l’apparition de l’apprêt sur la face extérieure du chapeau. Pour la rendre impossible, M. Vincendon a imaginé un feutre double, aussi léger que tout autre, grâce à la minceur des deux couches, et dont le prix n’est que de 5o centimes à 1 franc plus élevé. La coiffe seule est apprêtée, et le feutre conserve à l’extérieur toutes ses qualités. Les bords doubles jusqu’à 3 centimètres au dessus du lien, offrant plus de fermeté, rendront plus agréable l’usage du chapeau de feutre souple. Enfin, les façons et l’apprêt imperméable que M. Vincendon donne au feutre destiné à la teinture, nous ont paru bien entendus.
- Cet habile industriel se recommandé par d’autres titres à l’estime du jury central. Son établissement, où marche une machine à vapeur, où sont occupés, toute l’année, avec un salaire de 3 francs à 4 fr. 5o cent, pour les hommes, et de î. fr. 5o cent, à 2 fr. 25 cent, pour les femmes, 3o fouleurs, 29 ‘ approprieurs, 3o. garnisseüses et éjarreuses',’ 6 apprentis, pour lequel, en outre, travaillent en chambre 45 ouvriers, est dirigé avec intelligence et a acquis i pour
- l’ensemble de ses produits, un certain renom. Il en sort chaque année; d’après le témoignage du jury départemental de la Gironde, 18,060 chapeaux de soiè^ 4,000 de bourre de soie et 32,000 feutres de poil dé lièvre ou de lapin; le tiers environ est exporté.’ Les affaires atteignent le chiffre de 4oo,ooo francs.
- Lé jury central, appréciant l’invention et l’activité de M. Vinçon-don, lui décerné la médaillé de bronze. , .
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- M. DUCHÊNE aînc, rue Geoffrov.-l’Angevin, n° 7, et boulevard Saint-Denis, 9 bis, à Paris (Seine).
- La commission a décidé qu’elle n’entrerait pas, en.ce cas spécial , dans l’appréciation des titres de priorité d’invention ou de perfectionnement, qui a été portée tant de fois devant les tribunaux; elle n’a ouvert aucune discussion contradictoire, et n’à £\d-mis aucun des intéressés à donner la preuve de ses assertions ; en conséquence, le jury s’abstient entièrement.
- Ceci posé, abstraction faite de toute question d’antériorité, nous avons examiné avec attention les chapeaux exposés par M. Du-chêne aîné. >
- Le systèmé à ressort qu’il a le droit d’exploiter offre l’avantage, d’une élasticité en quelque sorte à double effet, tant pour ouvrir .le chapeau que pour le maintenir ployé. La vivacité de l’impulsion, dans le premier cas, la force de résistance, dans le second, toutes deux faciles à régler en variant la distance de l’axe au point d’altachë du ressort, ont rendu le chapeau mécanique commode et suffisamment solide. Le prix de 10 à i3 francs est modéré. Le travail de chapellerie est soigné ; l’exécution des branches, boucles et ressorts pourrait être plus finie; le système est assez bon. M. Duchêne l’a appliqué avec succès aux képys et aux toques d’avocat. La plupart de ces articles sont couverts en mérinos double.
- Le jury central décerne à M. Duchêne aîné une médaille de bronze. '
- M. CHAUVEL, rue des Rosiers, n° 20, à Paris.
- 1 Jr V
- M. Chauvel se recommande beaucoup moins par sa chapellerie de soie de8 à 11 francs, de feutre de 6 à 10 francs, et de castor de 12 à 22,francs, que par ses feutres absorbants et ses feutres de nouveauté. ; ;i • .
- Son feutre spongieux, destiné à faire des doubles coussins pour enfants, et à garnir les lits des vieillards et des enfants pour absorber les urines, est signalé pour ses avantages par les docteurs Guersent, Blache, Blandin, Bàudelocque, etc. Le feutre nouveauté offre des nuances, des rayures, des dispositions variées ; il peut
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- honorables
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- être employé dans la confection des gilets, des guêtres, des casquettes, des chapeaux d’homme et de femme.
- La fabrication de M. Chauvel est prospère et intelligente; il a introduit dans le travail du feutre, des moyens mécaniques qui donnent de bons résultats. Il exporte le tiers de ses produits.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- MM. LAMBERT et fils frères, à Toulouse (Haute-Garonne) .
- L’élégance de la forme, la finesse et la légèreté du feutre, la pureté et la fixité des couleurs de fantaisie, nankin, thisbé, giseîle, etc., si difficiles à réussir : tels sont les mérites qui signalent à l’attention les chapeaux poil ras ou long de MM. Lambert. Ils ont apporté dans le travail une économie intelligente qui leur permet de livrer à 7 et 8 francs de beaux et bons articles.
- Le jury mentionne honorablement MM. Lambert et fils frères.
- MM. Gabriel GIBUS et fils, rue Beaubourg, n° 5o, à Paris (Seine).
- La moitié des produits de MM. G. Gibus et fils sont exportés au Brésil, dans l’Amérique du Sud, en Russie, etc. Leur bon marché et leur qualité les font rechercher.
- M. Gabriel Gibus exploite les brevets de M. Antoine Gibus; il s’est attaché à perfectionner le système de son frère; le chapeau mécanique qu’il expose est solide et bien établi. Ses chapeaux à cornes ployants sont également perfectionnés avec beaucoup de soin.
- En i8a3, MM. Achard aîné et Audet de Lyon furent brevetés pour une carcasse en toile imperméable ou non. En i834, M. Wransbrough; en i83g, M. Guiguet d’Arles; en i84o, MM.Boucher etDanvers, tentèrent aussi de remplacer la galette de feutre par un corps en toile : ces essais, MM. Gibus père et fils les continuent; il est douteux qu’ils soient suivis de succès, le chapeau perd en solidité ce qu’il gagne en légèreté, en élégance, coûte moins en matière, plus en façon.
- Le prix des chapeaux de MM. G. Gibus doit être cité, il fait connaître les progrès de la fabrication. Ils vendent 9, 10 et 11 francs le chapeau de soie; 7 fr. 5o cent., 8 fr. 5o cent., 9 fr. 5o cent.
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- et 10 fr. 5o cent, le chapeau mécanique, et voici comment ils décomposent ces prix :
- CHAPEAU DE SOIE.
- Peluche de soie..................
- Bord...............................
- Garniture..........................
- Galette en feutre.. ..,..........
- Façon et apprêt.............. ..
- Frais, bénéfice, etc.............
- CHAPEAU MÉCANIQUE.
- Mérinos double..................
- Bord............................
- Ressort.........................
- Garniture, façon, bénéfice , etc.. ,.
- .. 3f oo#
- .. 1 00
- .. 1 25
- i 00
- .. 0 90
- .. 2 85
- 10 00
- .. ri 5 oe
- 1.. 1 00
- 1 25
- ... 3 75
- 7 5o
- La fabrication de MM. Gibus père et fils est considérable, florissante, et conduite avec activité et intelligence. Ils se présentent pour la première fois à l’exposition; le jury central les récompense par une mention honorable.
- M. DIDA, rue Vivienne, n° 20, à Paris (Seine).
- M. Dida, successeur de M. Antoine Gibus, s’occupe particulièrement du chapeau mécanique; il en a amélioré le montage et l’exécution, et est arrivé à lui donner une forme aussi évidée en ,1e recouvrant en velours, en peluche, en drap ou en feutre.
- Les chapeaux mécaniques en mérinos double qui, en i844» valaient en gros a4 francs, M. Dida les vend aujourd’hui, mieux finis, de 8 francs à 10 fr. 5o cent.; ils sont dignes, par leur bonne qualité et leur distinction, de la marque de Gibus, qu’ils portent, et qui n’est pas étrangère à leur succès. ,
- Le jury accorde à M. Dida une mention honorable,
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- M. ALLAIN-TARBOURIÈCH, gérant de l’association des ouvriers chapeliers de Paris réunis, rue des Trois-Pavillons, n° 5, à Paris (Seine).
- Les ouvriers chapeliers de Paris ont formé depuis vingt ans une société de secours mutuels; elle se divisait en grande et petite bourse. Chaque sociétaire versait, au jour de son admission, 80 francs, s’il voulait puiser plus tard à la première, ou 4o francs à la seconde, et s’engageait à payer 1 fr. 5o cent, par semaine. Lorsqu’il était sans ouvrage ou malade, il recevait 9 francs ou 7 francs par semaine, selon que l’une ou l’autre bourse lui venait en aide. Celte société disposait, à la révolution de février, de i4o,ooo francs environ; elle songea, à celte époque où les idées d’association agitaient tous les esprits, à se transformer en un établissement de confection et de vente. Dans ces circonstances, M. Allain-Tarbourièch, fabricant chapelier, lui proposa de gérer l’association, de fournir les fonds, d’abandonner la moitié du bénéfice net, et de ne pas détourner la bourse de sa destination. En échange de ces conditions, M. Âllain devait payer les ouvriers au prix qu’eux-mêmes voulaient établir, pour s’assurer, par un extrême bon marché, la faveur publique. C’est ainsi qu’il paye, pour la façon du chapeau, 3 francs de moins que ses confrères.
- La crise qui a suivi la révolution a épuisé les ressources de la masse commune; ses recettes augmentent maintenant, car chaque ouvrier verse à la fin de la semaine le dixième de sa paye.
- Les 1,200 ou i,5oo sociétaires de celte bourse ont adhéré aux statuts de l’association que dirige M. Allain-Tabourièch; ils travaillent plus ou moins pour elle, selon l’activité commerciale, et elle est arrivée au chiffre de 15o,ooo francs d’affaires.
- Si nous en jugeons par les chapeaux de soie, de castor et de feutre qu’elle a exposés, cette association fabrique surtout les qualités fines. Telle qu’elle est organisée, elle peut offrir des résultats satisfaisants, et c’est dans cette espérance que le jury accorde à M. Allain-Tarbourièch et aux ouvriers de l’association fraternelle une mention honorable.
- M. LEJEUNE, rue Saint-Honoré, n° 251, à Paris (Seine).
- Il a exposé des chapeaux de soie établis avec des perfectionnements qui lui sont dus. Il remplace la galette de feutre par une
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- carcasse en crin plus élastique et aussi légère ; le vernis qui sert à poser la soie, est soutenu par un peu de colle de peau, elle se détrempe à la pluie et fait décoller la peluclie; M. Lejeune imperméabilise celle-ci et assure ainsi sa fixité. En découpant à jour le cuir et le doublant d’une flanelle, il a voulu prévenir les inconvénients de la sueur en facilitant son absortion. Enfin, désireux de rendre impossible la remise à neuf des vieux chapeaux, réitérée jusqu’à trois fois, il altère, par la chaux et l’acide sulfurique, l’envers de la peluche; il est dès lors impossible de la décoller sans la déchirer. Sans doute la fabrication de la peluche et des chapeaux acquerra plus d’activité, mais on peut craindre que celte altération ne nuise à la beauté et à la durée des chapeaux, et ne soit alors plus funeste qu’utile à la chapellerie de soie. L’expérience en décidera.
- M. Lejeune s’est occupé du perfectionnement du chapeau mécanique : c’est un fait que nous constatons, sans vouloir entrer dans la discussion des procédés d’invention.
- Le jury, satisfait de la qualité des chapeaux de M. Lejeune, confirme à ce fabricant la mention honorable qu’il a déjà obtenue en i844.
- M. ERNOUX, passage Sainte-Avoye, n° 9, à Paris (Seine).
- Il ne s’occupe que de la chapellerie de fantaisie en feutre ; il prépare, foule, teint et apprête chez lui. Sa fabrication est conduite avec une assez grande économie, on en a la preuve dans l’analyse du prix de sa qualité à 36 francs la douzaine :
- 100 grammes de poil de lapin, 10 grammes de coton. . of 75e
- Ejarrage.......................................... o o5
- Foule............................................... o 75
- Appropriage.......................................... o 35
- Garnissage........................................... o 10
- Cuir, coiffe, bourdaloue......................... o 2 5
- 2 25
- Les chapeaux de M. Ernoux sont, eu égard au prix, assez bien confectionnés, toutefois ils laissent à désirer sous le rapport de la cohésion.
- m.
- 45
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- Citations
- favorables.
- Médailles de bronze.
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- Le jury central, prenant en considération les essais de M. Er-noux avec les cotons d’Algérie, accorde à ce fabricant une mention honorable.
- M. SABLON, rue du Faubourg-Montmartre, n° 23, à Paris (Seine).
- Il fait en belle qualité le castor poil ras ou long. Le péruvien ras à 25 francs, le superfin long poil à 3o francs, et le genre velours, tous légers (de45 à îoo grammes) et solides, témoignent du soin qu’il apporte à son travail.
- Le jury cite favorablement M. Sablon.
- M. DUCLOS, gérant d’une association d’ouvriers chapeliers, passage Jouffroy, n01 21 et 23, à Paris (Seine).
- M. Duclos et les ouvriers qui le secondent ont une expérience de la fabrication dont les chapeaux de soie exposés offrent la preuve. Ces chapeaux sont tous de même qualité et du prix de 12 francs. Vingt ouvriers payés proportionnellement à leur capacité partagent entreeux, au prorata de leur travail, 10 p. 0/0 du bénéfice net.
- Cette association a été fondée en août 1848 ; elle a donc peu produit jusqu’à présent, et tout en lui rendant justice, le jury central ne peut la récompenser que par une citation favorable.
- M. FEUILLET, à Nîmes (Gard).
- Il a exposé un chapeau en soie imitation de castor, coté à 8 francs ; le bon marché en est le principal mérite.
- Le jury accorde à M. Feuillet, déjà distingué en i844, une citation favorable.
- § 10. CASQUETTES.
- M. Natalis Kondot, rapporteur.
- M. Marc KLOTZ , rue Rambuteau, n° 75, à Paris ( Seine).
- Il fait confectionner par des ouvrières en chambre et des
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- entrepreneurs, la calotte de velours et la casquette ; il donne ainsi du travail à plus de 200 ouvriers et ouvrières. Le tiers de sa fabrication est exporté en Italie, en Espagne, en Suisse et dans l’Amérique du Sud.
- Le prix de la calotte en tissu de coton de fantaisie varie de 2 fr. 5o cent, à 6 fr., et en velours de coton imprimé, de 5 à 6 francs, la douzaine. Le genre riche se fait depuis 3o francs jusqu’à 60 francs la douzaine. Le goût et la richesse des impressions sur velours de M. Kîotz lui permettent de soutenir sur les marchés étrangers la concurrence avec les calottes anglaises, faites avec un velours plus beau et à meilleur marché. Dans la calotte commune, il y a 20 p. 0/0 de façon et 60 p. 0/0 d’étoffe.
- La casquette se fait depuis 2 fr. 2 5 eent. la douzaine. Dans ces 2 fr. 2 5 cent., l'étoffe entre pour 85 centimes, la doublure pour 3o centimes, la garniture pour 35 centimes, la façon et le bénéfice pour 75 centimes. La casquette de drap est établie dans les prix de 12 à 42 francs la douzaine. Dans la qualité de 12 francs, le drap figure pour 37 p. 0/0, la façon pour 17 p. 0/0, la visière pour 8 p. 0/0. Dans le prix de 42 francs, il entre pour 35 p. 0/0 de drap et i4 p. 0/0 de façon.
- M. Rlotz dirige avec économie et intelligence toute cette confection. Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M"16 SOUDAN, rue Rambuteau, n° 55, à Paris (Seine).
- Elle a exposé des casquettes de fantaisie pour enfant, des bonnets de velours, des coiffures espagnoles et anglaises. Ces différents articles sont destinés à l’exportation. Mme Soudan apporte dans leur exécution assez d’élégance et de soin. Le jury la cite favorablement.
- S 11. PAILLES ET TRESSES POUR CHAPEAUX; CHAPEAUX DE PAILLE.
- M. Nalalis Rondot, rapporteur.
- M. GRELLEY.
- Il cultive aux environs d’Elbeuf du blé de Toscane, et en obtient une paille assez fine. Les tresses faites avec celte paille ont paru à la commission des arts divers d’une qualité et d’une blancheur satisfaisantes.
- Citation
- favorable.
- Mention pour ordre.
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- Médaille
- d’argent.
- MM. Jean DUCRUY et fils, et ROSSIGNOL aîné, à Grenoble (Isère).
- MM. Ducruy et fils ont exposé sept numéros de chapeaux pédale et dix numéros de chapeaux nostrali, des gerbettes de paille, cultivées en France, à tous les états du travail, des échantillons des différentes finesses de paille indigène et des tresses faites avec chacune d’elles. Cet ensemble de produits nous a permis d’apprécier les résultats acquis et les espérances que l’on peut former.
- Les essais de culture de froment dans l’Isère pour obtenir des pailles fines ne sont pas nouveaux; ils remontent à 1820, et furent infructueux. Ils furent repris et dirigés avec intelligence par MM. Rossignol et Dutour, mais des circonstances diverses firent renoncer à cette exploitation.
- En 1847, MM. Ducruy se sont décidés à recommencer ces essais , et ont placé M. Rossignol à la tête de cette entreprise nouvelle. Des grains furent tirés de Florence et distribués à plusieurs cultivateurs des environs de Grenoble; grâce à l’expérience personnelle de M Rossignol, à des renseignements exacts, recueillis en Italie sur l’époque la plus favorable pour les récoltes, sur les meilleurs procédés de préparation et de blanchiment, la culture et le travail ont réussi, à en juger par les échantillons exposés. Les pailles sont, en effet, nous nous empressons de le reconnaître, d’une assez bonne nature, d’une blancheur et d’une finesse moyenne satisfaisantes.
- Les tresses laissent un peu â désirer : i° faute d’attention dans le triage, des brins de grosseur différente figurent dans la même tresse ; 20 si certaines tresses annoncent par leur correction des ouvrières habiles, d’autres paraissent sorties des mains d’apprenties; 3° le grain du tressé est, en général, un peu allongé, il faut le faire plus carré afin d’arriver à une régularité plus grande en même temps qu’à un effet plus agréable.
- Quant aux chapeaux, ils sont assez bien cousus et apprêtés, et principalement dans les qualités moyennes, offrent la preuve d’une fabrication intelligente. Le prix est modéré, on va en juger: ^
- Chapeaux pédale pour bambin, n° 11...... 24 fr. la douzaine.
- ----------------------------- n° 16.....39'
- -------------- pour homme, n° 11........ ik
- ---------------------------- n° 1G...... 1x2
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- Chapeaux nostrali pour bambin, n° i4..... 33 fr. la douzaine»
- ----------------------------- n° 18...... 45
- ----------------pour homme, n° 17........ 42
- ------ ————pour fillette, n° 43.......... 43
- Après nous être occupés des produits, il nous reste à examiner l’intérêt que peut avoir pour le pays l’entreprise de MM. Ducruy.
- Pouvoir utiliser pour l’obtention de la paille fine des terrains que leur mauvaise nature rend à peu près improductifs, avoir une récolte hâtive et rendre ainsi le sol, amélioré, favorable pour une seconde culture, est un premier avantage que l’on ne saurait contester. Sans doute le ciel de l’Isère n’a pas la sérénité, de celui de la Toscane, et la fréquence des pluies au printemps peut être, en certaines années, fatale à la récolte ; mais, si nous sommes bien informés, les probabilités de cette chance malheureuse ont été trop exagérées. Sans doute le travail agricole exige de l’expérience, et la préparation, de grands soins : ces exigences, qui se retrouvent dans nombre d’industries, ajoutent à la valeur du produit et reçoivent ainsi une avantageuse compensation. En admettant même-que la production de la paille fine doive rester sans importance, le peu qui sera produit sera toujours un service rendu au pays, une augmentation de richesse ; nous le répétons, des terrains infertiles seront utilisés, un travail facile et pouvant se marier aux occupations rurales, accroîtra les ressources de la population, la consommation gagnera à cette concurrence nouvelle, car, et c’est ce qui a influé sur la décision du jury, MM. Ducruy ont déclaré ne réclamer aucune élévation des droits protecteurs qui les favorisent d’ailleurs largement, et ils ont même assuré ne pas craindre une réduction de ces droits.
- Toutefois, nous ne nous faisons pas illusion sur le résultat final de ces essais; la force des choses triomphera peut-être de ces efforts laborieux, mais ils auront donné à l’Isère une culture spéciale habilement conduite, des méthodes éprouvées. Si, ce que d’ailleurs nous ne pensons pas, la paille fine devait faire intégralement place à la paille demi-fine, MM. Ducruy, appliquant à celle-ci leur activité , leurs améliorations diverses, feraient progresser la fabrication des chapeaux ordinaires. Nous avons supposé ce cas extrême pour faire ressortir l’utilité qu’ont ces expériences, faites dans des conditions presque normales et un peu sous le coup delà concurrence
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- Rappel
- de
- médaille de bronze.
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- étrangère; c’est sous le régime de la liberté que l’industrie se fortifie le plus.
- MM. Ducruy déclarent qu’ils payent la paille fine 60 pour cent meilleur marché qu’on ne l’achète en Italie, et que la tresse treize bouts de Florence se vend 19 pour cent plus cher que la leur. Ils annoncent avoir créé des ateliers de tressage dans plusieurs communes de l’Isère, et, des certificats en font foi, avoir employé 6,000 hommes, femmes et enfants; ils espèrent enfin pouvoir toujours donner aux populations des montagnes un travail qui sera pour elles une bien précieuse ressource.
- Nous avons pesé toutes les considérations qui ont été invoquées pour et contre MM. Ducruy; nous constatons que leurs produits en paille fine, s’ils ne sont pas irréprochables, sont supérieurs à ce que l’on pouvait espérer, que leurs tresses et leurs chapeaux sont d’une bonne qualité marchande, d’un prix avantageux; nous ne pouvons toutefois les encourager dans la voie où ils entrent, qu’en leur conseillant de ne pas s’attacher exclusivement à la paille fine, et d’améliorer nos pailles ordinaires, qu’en les engageant à fonder une industrie assez vivace pour ne pas redouter, même sous le régime de la franchise, la concurrence de l’Italie.
- Sous le bénéfice de ces observations, la commission d’agriculture et la commission des arts divers reconnaissent que les essais et les produits de MM. Ducruy et fils sont dignes d’une récompense élevée, et que M. Rossignol aîné, gérant de leur fabrique, mérite de la partager.
- Le jury central, appréciant les titres qui les recommandent, décerne la médaille d’argent à MM. Jean Ducruy et fils, etRossignol aîné.
- M. Henry ABT, me du Caire, n° 5 , à Paris (Seine).
- Des bordures, des agréments, des tresses de fantaisie, très-variés et bien exécutés; des chapeaux, de toute forme, en tout genre, ont été exposés par M. Abt. Nous n’avons que des éloges à donner à ces divers articles, qui unissent la modicité du prix à l’élégance et à la correction du travail. Pour confectionner ses chapeaux, M. Abt emploie des pailles et des tresses d’Italie, de Belgique, de Suifcse; il choisit ses matières avec grand soin et les fait ouvrer avec beaucoup de goût.
- Sa maison jouit toujours d’une excellente réputation; elle est
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- toujours digne de la distinction quelle a obtenue en i844, et le jury rappelle à M. Henry Abt la médaille de bronze.
- M. Jean DURST, rue du Caire, n° 2 3, à Paris (Seine).
- Chef de la maison Wild et compagnie, fondée en 1819, M. J§an Dürst est à la tête du commerce et de la fabrication des chapeaux de paille à Paris. Un personnel de 220 ouvrières et une vente de 80,000 chapeaux donnent la mesure de l’activité et de l’importance des façons de coulure, de confection et d’apprêt qui se font chez lui.
- Tous les échantillons présentés par M. Dürst sont exécutés avec soin, montés avec goût, variés de modèle; iis ne laissent rien à désirer, et les dessins, comme les formes, sont nouveaux et élégants.
- Le jury central décerne la médaille de bronze à M. Jean Dürst, et il espère qu’à l’exposition prochaine, cet industriel distingué aura encore ajouté à la réputation de sa maison et méritera une récompense plus élevée.
- MM. LEBORGNE et DUTOUR, à Grenoble (Isère).
- La collection exposée par MM. Leborgne et Dutour offrait un grand intérêt; elle présentait les résulats des trois ordres de travaux qui sont exécutés et qui peuvent considérablement se développer dans l’Isère.
- Tout en nous rappelant les divers essais de culture faits, dès 1826, aux environs de Voiron, par M. Dutour, nous n’avons dû porter notre attention que sur les tresses et les travaux.
- Le choix des pailles est intelligent, elles sont bien blanchies et convenablement assorties. Nous n’avons également que des éloges à donner au remmaillage, bien qu’il y ait sur.quelques échantillons des traces du passage de mains d’apprenties. Les prix sont avantageux ; ainsi :
- Fait en paille d’Italie tressée et remmaillée dans les ateliers de MM. Leborgne et Dutour,
- ** Le chapeau pour homme n° i4 coûte 28 francs la douzaine.
- ---------------------- n° 19 ---- 44
- ----------- pour fillette n° i3 - 24
- • ——............ - n° 20 ----- 48
- Médailles de bronze.
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- Mention
- hoirorabîe.
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- Fait en paille.du pays non cultivée,
- Le chapeau pour homme, n° 5, vaut 8 fr. 5o cent, la douzaine. ----------pour femme, n° î a,----15 oo
- Nous manquons de renseignements sur l’importance de la fabrication, sur le nombre et le salaire des ouvriers, sur les conditions économiques du travail. Celte absence d’informations complémentaires est regrettable, mais elle n’a pas empêché le jury central de s’édifier sur la valeur des produits et des entreprises de MM. Le-borgne et Dutour, auxquels il accorde la médaille de bronze.
- M. Jean-Baptiste SAZERAT, à Limoges (Haute-Vienne), et rue Sainte-Avoye, n° 57 , à Paris (Seine).
- Il a succédé à M. Poinsot, qui a obtenu la médaille d’argent aux expositions de 1839 et i844-
- Le jury, en attribuant à M. Poinsot cette haute distinction, avait voulu récompenser l’application de la feuille delatanier à la confection des chapeaux, l’organisation de leur fabrication dans les maisons centrales de détention de Fontevrault, de Riom et d’Eysses. Il était difficile de perfectionner un travail qui depuis longtemps est très-satisfaisant, et de produire à meilleur marché ces chapeaux légers , fins et solides, M. Sazerat n’a pu que continuer les soins et les bonnes traditions de son prédécesseur.
- Le jury est forcé de prendre en considération et les circonstances exceptionnelles à la faveur desquelles M. Sazerat produit à des conditions avantageuses, et la position particulière où la suspension du travail dans les prisons a placé ce fabricant. Le jury central réserve les titres de M. Sazerat pour l’exposition prochaine, et se borne à lui accorder cette année une mention honorable.
- § 12. CHAPEAUX DE FEMME.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les chapeaux de femme sont un des articles principaux de ce groupe de marchandises de nouveauté que l’on inscrit sur les états de commerce sous le titre de modes, et qui figurent
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- dans notre exportation de 1847 pour plus de cinq millions de francs.
- Les modistes sont, àParis, desfabricantes très-intelligentes et très-habiles, qui occupent de nombreuses ouvrières, et dont la production générale, tant en chapeaux, qu’en bonnets montés, était estimée, il y a dix ans, à près de 8 millions de francs. Les chapeaux parisiens sont recherchés des'dames de toutes les parties du monde pour leur bon goût, leur légèreté, leur élégance, et il est à regretter qu’une industrie depuis longtemps si renommée et si active, qui a donné tant de preuves d’originalité et de supériorité, n’ait pas paru à l’exposition avec plus d’éclat.
- Mracs BRIE et JEOFRIN, rue Richelieu, n° 81, à Paris ( Seine ).
- Si les chapeaux présentés par Mraes Brie et Jeofrin laissent à désirer sous le rapport de l’élégance et de la distinction , ils se recommandent parleur nouveauté et les soins apportés à leur confection; les garnitures sont chiffonnées et posées avec goût et coquetterie. La mode n’a pas encore sanctionné la guipure de peau et la broderie de paille sur tulle appliquées par Mme5 Brie et Jeofrin aux chapeaux, mais la dernière idée n’en doit pas moins être signalée pour son heureux effet et l’habileté d’exécution.
- Le jury central confirme à Mmes Brie et Jeofrin la mention honorable qu’elles ont déjà méritée en i844.
- Mme Marie SÉGUIN, rue Neuve-des-Gapucincs, n° 7, à Citation
- . ' favorable.
- Paris ( Seine ).
- Elle a soumis au jury de i844 son chapeau mécanique, pour lequel elle a été mentionnée favorablement. Elle l’a perfectionné depuis celle époque, et elle est aujourd’hui arrivée à monter, avec son système de carcasse à brisure, les chapeaux les plus ornés. L’invention de Mmo Séguin est utile pour les expéditions lointaines ; elle diminue des trois quarts le volume des caisses et les frais d’emballage, empêche le froissement des chapeaux. Depuis i844> Mme Séguin a fait pour l’exportation un grand nombre de scs chapeaux, qui con-
- Ilappcl
- mention
- honorable.
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- Nouvelle médaille de bronze,
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- servent, même après avoir été déployés plusieurs fois, leur fraîcheur et leur forme premières.
- Le jury accorde à Mm3 Séguin une citation favorable.
- § 13. LINGERIE.
- » M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La lingerie confectionnée n’a jamais figuré aux expositions dans la proportion de son importance ; cette industrie a pris de nos’jour une extension considérable, et nos exportations augmentent chaque année. Notre exportation était, d’après les états officiels du commerce extérieur, en 1837,de 43y,36o fr. ; en 1842, de 1,261,760 francs; en i846, de 2,309,720 fr.; et en 1847, de 2,900,200 francs. Nos débouchés principaux sont l’Algérie, le Chili, les États-Unis, le Pérou, le Brésil, etc.
- La nécessité de produire pour l’Amérique au prix le plus bas possible a amené une grande baisse dans le taux des façons. Le prix pour la chemise fine à col et poignets brisés, était en 1838, de 2 fr. 5o cent, à 3 francs; il était encore de 1 fr. 50 cent, à 1 fr. 75 cent, en 1847, et il a été réduit, après la révolution, à 1 fr. 25 cent, et 1 franc. La chemise brodée n’est plus payée que 1 fr. 5o cent., au lieu de 2 fr. 5o cent., prix de 1847. A ces conditions, une lingère laborieuse ne pouvait gagner en moyenne que 75 centimes par jour, car il lui faut un jour ou un jour un quart pour faire une chemise fine. Ces prix se sont relevés depuis plusieurs mois, et il y a lieu d’espérer que le taux des façons augmentera encore.
- MM. Charles LAMOTTE et C,c, me Saint-Denis, n° 3o3, à Paris (Seine).
- Ils fabriquent spécialement le faux col de chemise de 1 fr. 5o cent, à 21 francs la douzaine. Avant eux, on les coupait au ciseau, d’après une dizaine de modèles différents; MM. Lamotle et compagnie coupent à la mécanique, avec précision et netteté, 48 épaisseurs
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- de la loile ou du calicol employé à la confection de leurs cols ; ceux ci sont classés selon la forme, la hauteur et les dimensions, par noms, numéros et lettres. Ils ont, en ce moment, près de 4oo modèles différents, et rien n’est plus facile que d’y choisir, pour le premier cou venu, un col d’une convenance parfaite.
- MM. Lamotte et compagnie donnent de l’ouvrage à i4o ouvrières, produisent pour i5o,ooo francs, et exportent les^sept huitièmes de leurs cols en Angleterre, en Allemagne et en Amérique.
- Le jury central, en considération des perfectionnements apportés par MM. Lamotte et compagnie dans cette fabrication, leur décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. LEVILLAYER, rue des Filles-Saint-Thomas, n° 11, à Paris (Seine).
- M. Levillayer s’est attaché à réduire le prix de la lingerie demi-fine et fine, tout en conservant une bonne qualité et une confection soignée. Les chemises qu’il vendait, en 1842, *7, 11, 18, 20 et 3o francs la pièce,il les livre aujourd’hui à 5, g, 11, i3et24 francs. 11 a apporté la même économie dans le travail des devants brodés et des cols-cravates. Il vend principalement pour la consommation intérieure et n'exporte que le cinquième de ses produits.
- Les divers articles de lingerie exposés par M. Levillayer sont, en général, de bon goût et en belle qualité; le jury le mentionne honorablement.
- § 14. CORSETS.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDERATIONS GENERALES.
- Par une fatalité singulière, on ne, saurait parler des corse ts sans faire sourire, et le préjugé qui frappe cette industrie est tel encore qu’il rend fort difficile, non pas seulement l’appréciation des mérites divers du produit, mais l’étude des conditions de sa fabrication.
- Exclu de l’exposilion en 1839, le corset parvint non sans
- Mention
- honorable.
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- peine à y figurer en i844, et i3 exposants furent admis; cette année, 3i fabricants ont concouru.
- Nous dirons tout d’abord que le nombre de ses ouvriers de tout état, le chiffre élevé’et d’année en année plus considérable de ses exportations, les progrès de son travail, donnent à cette industrie une importance très-réelle, et nous ajouterons qu’au point de vue de la santé et de la conformation, elle a acquis une haute utilité depuis l’adoption générale cfe précieux perfectionnements.
- De 1791 à 1828, il ne fut pris que deux brevets; on suivait toujours les anciennes traditions. En 1829, un mécanicien , M. Josselin, imagina le délaçage instantané à l’aide d’une garniture particulière avec ou sans agrafes. Cinq brevets d’addition délivrés eni83o, i83i eti833, constatent que cette ingénieuse invention fut perfectionnée par son auteur. En i832,M. Werly, de Bar-le-Duc, produisit ses étoffes en ronde-bosse et cambrées; nous retrouvons, en i836, 37, 38, 42 et h 5, les brevets de M. Josselin, qui indiquent de nouveaux progrès dans la confection du corset mécanique; la suppression des goussets, due à Mlle Dumoulin, remonte à i838 ; le dos à la paresseuse de M. Nolet est de i844, et c’est en cette même année que fut brevetée, en faveur de MM. Voisin etBaillard, la tenaille horizontale servant au tissage des étoffes cambrées pour corset, etc. — En résumé, de 1791 à 1828, en trente-neuf ans, deux brevets; en dix ans, de 1829 à i838, trente-deux brevets (dont dix-sept d’invention), et de 1839 à i848, dans ces dernières dix années, également trente-deux brevets, dont vingt-quatre d’invention.
- Il y a vingt-cinq ou trente ans, le corset était fait, ou par les couturières, et il pouvait être dangereux par suite d’une coupe et d’une façon souvent vicieuses, ou par les chirurgiens-orthopédistes, et le prix était alors très-élevé. Aussi les médecins condamnèrent longtemps, avec raison, mais sans succès, l’usage du corset; les femmes entraînées par les exigences de la mode tinrent peu compte de ces sages représentations, et cette imprudence coûta à plusieurs la santé, à quelques-unes
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- la vie. Aujourd’hui le corset est accepté, même conseillé par les médecins; l’idée et l’application de la laçure et de la déla-çure instantanées, dues à M. Josselin, les améliorations multipliées et intelligentes dont nous avons parlé plus haut, la précision d’une coupe mieux entendue, ont enlevé au porter du corset tout danger et toute gêne.
- ^ Etabli dans d’excellentes conditions hygiéniques, le corset eût perdu faveur si ces avantages eussent été obtenus aux dépens de l’élégance; tout au contraire, depuis vingt ans, on n’a cessé de le rendre plus gracieux. Pour qu’il puisse se prêter à tous les mouvements, on a combiné la pose, selon le fil du coutil, de nombreuses pièces qui composent le corps et les goussets de hanches et de poitrine; on a conservé le baleinage pour assurer la force et la cambrure du corset, mais on est arrivé à varier, suivant les convenances du travail, la résistance, la hauteur et la quantité des baleines. Enfin, appréciant l’âge, le tempérament, les habitudes de leurs clientes, les corsetières ont su y approprier leur ouvrage.
- C’est principalement dans les corsets exceptionnels que nous avons jugé de l’habileté, et nous osons le dire, de la science de quelques-unes de nos fabricantes. Ainsi, dans le corset pour femme enceinte, la coupe est étudiée de manière à permettre l’application d’élastiques et de laçure réglés suivant la progression de la grossesse. Dans le cas de maladies locales, ce n’est pas sans difficulté que Ton peut faire converger le point d’appui de toutes les compressions sur la partie osseuse des hanches. Enfin, par la combinaison de garnitures légères et de ressorts, on remplace avec succès les rembour-rures anciennes, et en dissimulant les difformités de la taille, on en arrête les progrès.
- En un mot, les fabricantes de corsets, et nous ne parlons que de celles vraiment dignes de ce nom, comme Mm93 Bourgogne, Bertrand, Hippolyte, Clémençon, ont atteint ce but naturel quelles s’étaient proposé, qu’une femme ne sente pas le corset qui donne à sa taille une cambrure grâ-cieuse.
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- On compte à Paris environ 985 fabricants de corsets, que l’on peut diviser dans l’ordre suivant1 :
- 5 maisons produisant pour une valeur de 100 à i5o,ooof
- 24 id. id. ko 60,000
- 20 id. id. 20 3o,ooo
- 4o id. id. 12 15,ooo
- 100 id. id. 8 10,000
- 3oo id. id. 5 7,000
- 3oo ouvrières à leur compte id. 3 4,ooo
- 200 id. id. 1,200 i,5oo
- En y comprenant au moins 5oo,ooo francs pour les corsets orthopédiques, on trouve pour la production totale une valeur de 7 millions de francs; elle se décompose ainsi :
- La vente pour la fabrication des corsets des coutils fins et communs est estimée à 590,000 mètres qui proviennent, savoir :
- 3oo,ooo mètres d’Évreux.
- 100,000 id. du département de la Mayenne.
- 60,000 id. id. de l’Orne.
- 70,000 id. id. de la Seine-Inférieure.
- 5o,ooo id. id. du Nord.
- 10,000 id. id. de l’Aube.
- Le tiers de cette quantité est expédié dans les départements et à l’étranger, et la fabrique de Paris ne consomme qu’envi-ron 3q2,ooo mètres du prix de 1 fr. 2 5 cent., 2 fr. 5o cent., 5 fr., 7 fr., 8 fr. et 9 fr. le mètre, en moyenne 4 fr. 35 cent.,
- soit.......................................... i,275,ooof
- On fait avec un mètre de coutil trois corsets , c’est donc une production annuelle de 1,176,000 corsets, non compris ceux, en petit
- À reporter..... 1,075,000
- 1 Nous devons une partie de nos renseignements àl’obligeance de M. Josselin, dont les perfectionnements utiles ont grandement contribué aux progrès de l’industrie du corset.
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- Report........ 1,075,000*
- nombre, qui sont faits en soierie, en tricot, en tissu de crin, etc.
- La valeur des étoffes de soie employées dans
- ce but, est d’au moins............................ 5o,ooo
- La façon du corset comprend beaucoup d’accessoires, tels que dos et buses mécaniques, buses ordinaires, baleines, ressorts en acier, élastiques, rubans de toute sorte,broderie et dentelle, lacet de soie et de fil, soie, fil à coudre, mercerie ; la valeur de cet ensemble de produits si divers s’élève au moins à................................ 1,000,000
- Il n’est pas inutile d’ajouter que la production des buses acquiert de plus en plus d’importance; une seule fabrique de Paris en vend plus de cent douzainespar jour. L’exportation des dos à délaçure instantanée, à poulies et à aiguilles, ainsi que des buses mécaniques, augmente rapidement , car leur adoption devient générale.
- La main-d’œuvre peut être comptée pour. . . . 3,000,000
- 5,325,ooo
- Les bénéfices et les frais généraux sont d’environ............................................. 1,675,000
- Total................ 7,000,000
- La fabrication des 1,200,000 corsets, dont le sixième est destiné à la consommation parisienne, emploie, à Paris, 6,5oo ouvrières, gagnant de 75 centimes à 2 francs par jour, et plus ordinairement 1 fr. 2 5 cent, et 1 fr. 5o cent. Enfin, le travail des accessoires est distribué entre i,5oo à 1,800 ouvriers mécaniciens, baleiniers, couturières, etc.
- Une industrie qui, dans la seule ville de Paris, vend pour 7 millions de francs, occupe un millier de fabricants et plus de 8,000 ouvriers, mérite, ne fût-ce qu’en raison de cette importance, une attention sérieuse;cette attention est, en outre,
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- Rappel
- de
- médaille de bronze.
- Médailles de bronze.
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- motivée par la réputation et la supériorité clés corsetières parisiennes, par leurs exportations de qualités riches et communes sur tous les points du globe, et par les progrès incontestables de la fabrication.
- M. GOBERT, à Lyon (Rhône).
- Il a présenté un buse composé de deux bandes d’acier , arquées au ba3, minces, étroites et flexibles en haut, qui s’ouvrent et*se ferment en un instant, à l’aide de trois mentonnets-agrafes retenus par un ressort. Simple et solide, ce buse est d’un usage assez répandu dans les départements.
- Afin de donner plus de souplesse au corset, ce fabricant a appliqué aux deux lames d’acier, sur lesquelles porLe la laçure du dos, de huit à onze brisures, qui facilitent les mouvements du corps. Celte laçure articulée est très-flexible et mince, les poulies sont engagées de manière à n’offrir aucune saillie. Le prix des dos et des buses mécaniques est de 5o francs la douzaine de paires.
- Enfin, M. Gobert a exposé un tuteur pour soutenir une taille déviée ; celte petite béquille est à la fois forte, souple et simple ; l’usage en est conseillépar les médecins de Lyon, et la vente en est assez active. Ce tuteur ne coûte que 24 francs la douzaine.
- M. Gobert occupe soixante ouvriers et ouvrières, dont 26 en atelier, et ses affaires s’élèvent à 240,000 francs.
- Le jury central, en considération de l’importance de la fabrication et des inventions de M. Gobert, lui confirme la médaille de bronze.
- Mme GUILLARD, rue Sainte-Anne, n° 42, à Paris (Seine),
- Est une des corsetières les plus habiles et les plus occupées ; elle a déclaré faire 5,000 corsets par an, dont les trois cinquièmes pour l’exportation, et elle a perfectionné la coupe et la laçure.
- Parmi les échantillons exposés, nous citerons un élégant corset d’amazone faisant bien l’éventail, un corset élastique de jeune fille, dont le buse est remplacé par un baleinage très-souple, des corsets de femme enceinte et de nourrice, d’un travail bien entendu et soigné.
- Le jury central décerne à Mmc Guillard une médaille de bronze.
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- Mile Sophie DUMOULIN , rue Basse-du-Rempart, n° 44, à Paris ( Seine),
- A inventé, en i838, le corset sans goussets, dont la forme simple et correcte assuré une pression régulière, l’aisance des mouvements et ne blesse ni ne gène aucune partie du corps. Les avantages de cette disposition sont constatés par l’expérience, et plusieurs des premières corsetières parisiennes ont adopté pour certains genres la coupe sans goussets.
- MUo Dumoulin fait, année moyenne, selon sa déclaration, deux mille cinq cents corsets, dont un peu moins du tiers pour la Russie et l’Allemagne. Elle occupe à cette fabrication trente ouvrières environ. Ses corsets, du prix de 25 à 60 francs, sont établis avec différents systèmes de laçure et sont, en général, confectionnés avec soin.
- L’expérience, ayant prouvé les bons effets du corset sans goussets , le jury décerne à M1Ie Dumoulin une médaille de bronze.
- M. GÉRESME, rue Màuconseil, n° 2 , à Paris (Seine).
- Il emploie, pour la confection des corsets en atelier, trois tail-leuses, cinq embaleineuses et éveniailleuses ; au dehors, cent quarante-quatre couseuses; plus, deux entrepreneuses et un mécanicien occupant environ quatre ouvriers et vingt-six femmes pour le compte de M. Géresme.
- Le chiffre des affaires de cette maison atteint cette année 200,000 francs ; les trois cinquièmes de ses corsets sont expédiés dans les départements; les deux autres cinquièmes., à part quelques milliers de francs de vente à Paris, sont exportés directement en Belgique , en Espagne, en Turquie, aux colonies et un peu en Angleterre.
- M. Géresme a apporté au büsc à poulies et coulisseaux un perfectionnement qui est accueilli avec faveur par sa clientèle.
- Le prix des corsets dépend principalement de la nature de l’étoffe; il commence à 16 francs la douzaine, en toile de coton écrue, et s’étend jusqu’à 156 francs la douzaine, encoutil de fil piqué en soie et bien baleiné. Les qualités courantes valent de 75 à 84 fr. la douzaine (de 6 fr. 25 cent, à 7 fr. la pièce). La façon se paye de 3o cent, à 2 fr. 75 cent, par corset. Les ouvrières, presque toutes
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- Mentions
- honorables
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- mariées et occupées de leur ménage, gagnent, à ces prix, de y5 cent, à 1 fr. 5o cent, par jour.
- Le jury central, en raison de l’importance de cette fabrication et de l’exécution satisfaisante des produits, décerne à M. Géresme une médaille de bronze.
- MM. J. AUQUIER jeune et Clfl, à Lyon (Rhône).
- Exploitent le brevet d’invention de MM. Voisin et Baillard, de i844, elle brevet de perfectionnement de MM. Aucjuier, Voisin et compagnie, de 1846, pour une tenaille servant au tissage des étoffes cambrées. On sait que M. Robert Werly est le premier qui se soit occupé de cette fabrication ; son brevet est daté de i832.
- La fabrique, comprend 4o métiers produisant 480 corsets par semaine, soit environ 2.5,000 corsets par an. Le3 pièces de 120 à 15o mètres sont divisés par coupes de 12 corsets; elles n’offrent que deux qualités , appelées, l’une coaiil, l’autre salin. La façon est payée à l’ouvrier à raison de 1 fr. 35 cent, pour le corset coutil, taille moyenne, et de 1 fr. 60 cent, pour le satin.
- Dans le prix, de revient d’un corset coutil, la façon figure pour 36 p. 0/0, le coton en chaîne et trame pour 20 p. 0/0, les baleines pour 21 p. 0/0, la confection pour i3 p. 0/0, les fournitures pour 5 p. 0/0, le blanchiment et l’apprêt également pour 5 p. o/ô.
- Le prix de vente est, buses non compris et remises non déduites, de 8 francs pour le coutil, de 10 francs pour le satin et de 20 francs pour le broché en soie.
- Les corsets exposés présentent une bonne cambrure; mais, quel que soit le soin apporté à la fabrication, il est douteux qu’on les rende aussi commodes que les corsets cousus. La taille et la poitrine offrent, suivant les personnes, des reliefs et des sinuosités variés, et la coupe à la main peut seule en tenir compte dans la confection.
- Quoi qu’il en soit, le jury central accorde à MM. Auquier jeune et compagnie une mention honorable, en espérant qu’à l’exposition prochaine la consommation de leurs corsets , s’étant plus répandue, aura permis de mieux apprécier leurs qualités.
- Mrae HIPPOLYTE, rue de la Micliodière, n° 21, à Paris (Seine).
- Un eorset dit diane, sans goussets, boutonné et à laçure ordinaire,
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- est, grâce à trois élastiques, d’un usage agréable aux dames qui montent à cheval ou sont souffrantes. Un corset lacé et garni de pattes sur le devant est d’une forme gracieuse et offre l’avantage de pouvoir être desserré graduellement. Tels sont les échantillons exposés par Mra° Hippolyte.
- Elle a acquis dans la confection des corsets une réputation méritée; c’est une des faiseuses parisiennes les plus habiles, et elle est digne de la mention honorable que le jury lui décerne.
- Mme CLÉMENÇON, rue de Port-Malion, n° 8, à Paris (Seine).
- Les corsets de cette exposante offrent une cambrure gracieuse et des formes naturelles; ils sont disposés avec assez d’habileté pour maintenir la poitrine et la taille sans gêner les mouvements et la respiration. Mœ° Clémençon applique à ses corseta tel ou tel système de laçure au gré de ses clientes, et est au nombre dès meilleures faiseuses.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. BAGQUEV1LLE, rue Neuve-des-Pëtils-Gliamps, n° 69, à Paris (Seine).
- 11 â exposé un corset pour femme enceinte, en tricot côte anglaise avec trois fils de caoutchouc, dont la coupe et la laçure sont bien combinées; un buse mécanique simple, solide et mince, dont le prix est de i5 à 18 francs la douzaine, tandis que les buses Gobërt et Legras coûtent 5o et 60 francs* la douzaine.
- La fabrication de M. Bacqueville est assez importante et conduite avec intelligence. Le jury accorde à cet exposant une mention honorable.
- Mrae RISLER., rue Saint-Honoré, n° io5, à Paris (Seine).
- Les corsets mi-déhanchés et à goussets, exposés par Mme Risler, se; distinguent par une coupe gracieuse et bien' étudiée qui assure la liberté dès-mouvements1 sans rien sacrifier à l’élégance.
- Des ceintures hygiéniques et dés1 corsets pour le redressement de la taille témoignent dé l’expérience dé M*”* Risler dans cétt’e fabrication,
- Le jury central mentionne honorablement Mme Risler.
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- Mmo CATLLAUX, passage du Saumon, à Paris (Seine).
- Une forme élégante et une exécution soignée recommadent les corsets lacés ou bouclés de Mra<> Caillaux; leur prix est modéré et leur vente facile.
- Le jury accorde à Mmc Caillaux une mention honorable. ^
- Mmo DE SMEDT, rue de la Ghaussée-d’Antin, n° 2 3, h Paris (Seine),
- Remplace le coutil parla percale pour les hanches, et par le basin pour les pinces, qu’elle substitue aux goussets. Elle a perfectionné le dos à la paresseuse, dont elle revendique l’invention pour sa mère, Mm0 Mollard, par un système de laçure dite à la Russe. Celte laçure est divisée en trois parties indépendantes, de sorte que l’on peut, sans se déshabiller, serrer ou desserrer soi-même le milieu ou Je bas du corset.
- Mm” de Smedt est renommée pour l'élégance de ses ouvrages, et Je corset pour toilette de bal quelle a exposé et qui est Irès-échancré, dénote une fabrication bien étudiée.
- Le jury central mentionne honorablement Mrae de Smedt.
- Citations
- favorables.
- M. POUSSE , boulevard Montmartre , (Seine).
- n° 19»
- à Paris
- Il a exposé des corsets dos-minute et déhanchés, des corsets sans buse ni baleines pour les jeunes filles, des ceintures, des dos se délaçant ou se desserrant à l’aide d’aiguilles, etc. Ces divers ouvrages sont bien établis et avantageux.
- Le jury accorde à M. Pousse une citation favorable.
- M. LEMASSON, rue Grenétat, n° 10, à Paris (Seine).
- Il a exposé des corsets coupés par procédé mécanique destinés à l’exportation et à la vente des départements. Les cambrures, les laçures,les formes sont très-variées, l’économie de la fabrication permet d’offrir les corsets à des prix très-modiques, et leur confection , eu égard au bon marché ! est en général satisfaisante.
- Le jury cite favorablement M. Lemasson.
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- Mme GILBERT, rue des Saints-Pères, n° 12 , à Paris (Seine).
- Son mari est l'inventeur du dos à coulisse, pour lequel il fut breveté en i836. M“° Gilbert a exposé des corsets et des ceintures d’un bon travail et dont le prix moyen est de 15 francs.
- Le jury cite favorablement Mme Gilbert.
- M“* MACÉ, rue Neuve-Saint-Augustin, nG 2 , à Paris (Seine).
- Elle a exposé un choix de corsets avec ou sans goussets, dont le baleinage et la laçure sont en général assez heureusement entendus.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. PELET, boulevard Saint-Denis, n° 22 bis, à Paris (Seine).
- Il déclare avoir inventé le buse à bouton et le dos-minute à double baguette pour se desserrer à volonté. Ce fabricant a exposé des corsets en coutil, en toile de coton et en tissu de crin, tous ordinaires, mais à bon marché et confectionnés avec assez de soin. Le jury cite favorablement M. Pelet.
- S 15. HABILLEMENTS D’HOMME.
- COUPE. -- CONFECTION. -- REPARATION.
- AL Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’industrie de la confection des vêtements d’homme n’a réellement jamais figuré aux expositions nationales; cette industrie a cependant une grande importance, et, à Paris seulement, on compte :
- 224 tailleurs avec magasins d’étoffes;
- 538 — vendant sur échantillon ;
- 156 * — à façon;
- 99 —— marchands d’habits neufs ;
- 2,017 tailleurs, qui occupent environ 10,000 ouvriers et 4,000 ouvrières.
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- 200 patrons ont des ateliers, et les 1,800 autres font travailler chez les appiéceurs et en chambre.
- Les tailleurs parisiens n’ont pas de rivaux pour la coupe et la façon des habillements de ville; ils habillent à peu près le huitième des gens aisés du nord, de l’est, de l’ouest et du centre de la France, et les personnes riches de tous les pays. Les tailleurs et les coupeurs en faveur à l’étranger sont sortis des ateliers parisiens, et suivent dans leur travail les modèles et les perfectionnements imaginés à Paris.
- Lyon, Bordeaux, Toulouse et Marseille ont acquis également dans cette industrie une certaine renommée, et la clientèle des tailleurs de ces villes est répandue dans tout le Midi, en Italie et en Espagne.
- La confection proprement dite a un caractère plus industriel, et occupe, de son côté, une très-nombreuse population ouvrière, surtout en février et mar/s, août et septembre, époques de la morte-saison des tailleurs. Depuis plusieurs années, elle tend à enlever à ceux-ci une partie de leur clientèle. L’extension .des entreprises de confection a amené clans l’industrie du vêtement et dans la condition des ouvriers de graves changements, sur lesquels nous n’avons pas à nous expliquer ici.
- Nous nous bornerons à faire connaître le prix de façon payé à l’appiéceur :
- Pantalon.................................. de ifooc à 3f 5o'
- Gilet....................................... 1 00 2 5o
- Paletot................................. 4 00 14 00
- Redingote......................»........... 10 00 17 00
- Habit d?élé ................................ . 1 25 3 5o
- .“v ; de drap............................... 4 5o 17 00
- Les appiéceurs s’accordent à signaler une dimipufion de 20 à 3o p. 0/0 dans le taux des façons, de i846 à i84g.
- En iy54, il n’y avait pas à Paris moins de 1,800 maîtres tailleurs; en 184S, nous avons vu qu’on en comptait plus de 2,000. En 1847, ur! bailleur, membre du conseil des prud’hommes, M. Larouetle, consulté par le président du
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- tribunal de commerce sur l’importance de cette industrie, estimait à
- i a5 le nombre des établissements faisant en moyenne ioo,ooof d'affaires î
- 3oo - —..........— ----------- 5o,ooo
- 900 ----------------------------------------- 25,000
- 1,325.
- En y ajoutant les petits tailleurs, on retrouve le chiffre indiqué par la commission des tailleurs. Il y avait, en 1847» 20 grandes maisons de confection, et, selon M. Larouette, l’ensemble des affaires représentait une valeur de 55 millions de francs. Cette valeur ne nous paraît pas exagérée.
- En 1837, nous exportions pour 2 millions de francs d’habillements neufs; l’exportation s’est élevée, en i846, à plus de 9 millions de francs.
- Les seules personnes qui, aux diverses expositions, aient représenté cette industrie du vêtement, dont l’importance est incontestable, sont des inventeurs de méthodes de coupe, d’appareils destinés à prendre les mesures, etc. Nous nous étonnons même qu’un si petit nombre se soit présenté, alors que nous voyons que, de 18o4 à i848, sur 46 brevets relatifs aux habillements, la moitié a été prise pour ces diverses inventions. Hâtons-nous de dire que l’usage de tous ces instruments, épaulimètre, dossimètre, pantomètre, fémoraîimèlre, métromètre, automètre, etc., paraît avoir été abandonné même par leurs auteurs, et que, bien que dès 1806 on eût trouvé le moyen de faire des vêtements sans couture, et qu’en i845 on ait fait breveter un moyen de confectionner les habits en quinze minutes, la façon est restée, sauf le perfectionnement de la coupe, à peu près ce qu’elle était au temps où l’a décrite Roland de la Platière.
- Quant à la remise à neuf des vêtements détériorés par l’usage, elle est aussi l’objet d’une industrie qui offre un certain intérêt, et dans laquelle sont employés des procédés chimiques dont déjà soixante ans d’expérience attestent l’efficacité et le mérite.
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- Rappels
- de
- médailles de bronze.
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- Il n’est pas inutile de rappeler que la réparation et le commerce des vieux habits a en France une assez grande importance, et qu’en 1847 leur exportation s’est élevée à 8 millions de francs. La Suisse, l’Algérie, l’Allemagne, l’Angleterre sont, pour ces articles, nos principaux débouchés.
- I. — REMISE A NEUF DES VÊTEMENTS.
- M. DIER, avenue de Clichy , n° 74 , à Batignolles (Seine).
- Une expérience de soixante années a prouvé la bonté des procédés de M. Dier. Il rend au drap porté depuis longtemps sa couleur et son lustre primitifs, sans altérer la qualité. Parmi les cbents de ce tailleur, sont inscrits des personnages très-éminents et très-riches dont le témoignage atteste le mérite des réparations qu’ils ont confiées à M. Dier. Ses procédés paraissent surtout utiles à la petite bourgeoisie qui, pour le prix de 20 francs (4 francs de remise à neuf et 16 francs de façon), prolonge du double le service de ses habits, et réalise ainsi une grande économie.
- M. Dier a été mentionné honorablement en i834, a reçu en 1839 une médaille de bronze, qui lui a été rappelée en i844* et que le jury central lui confirme encore celte année.
- II. — CONFECTION.
- MM. CAVY jeune etC16, à Nevers (Nièvre).
- Le jury de la Nièvre signale les avantages acquis au département par la présence de l’établissement de MM. Cavy, et il juge que leur fabrication s’est notablement perfectionnée.
- Les habillements exposés par MM. Cavy sont surtout remarquables par leur bon marché et leur excellent usage : nous citerons, entre autres, un surtout en peau de chèvre de France, avec collet en lapin lustré, à 22 francs; un paletot en mouflon, garni de renard de Virginie, et doublé en tartanelle, à 55 francs; des chaussons en rognures de peau de chèvre, à 1 franc la paire.
- Cette confection emploie i5,ooo peaux, et donne du travail et un salaire élevé à 4o ouvriers, hommes et femmes.
- MM. Cavy sont toujours dignes de la médaille de bronze, le jury central la leur rappelle.
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- III. — MESURES LINÉAIRES SOUPLES.
- M. THIELLAY, rue Phélipeaux, n° kh, à Paris (Seine).
- La collection exposée par ce fabricant offrait un grand choix de modèles, et des produits exécutés avec soin dans toutes leurs parties. Les mesures souples, libres, sont aujourd’hui l’exception ; presque toutes sont enroulées autour d’un axe, et renfermées dans une boîte circulaire, dont la forme et la matière sont variées à l’infini. La mesure , sur ruban, lacet ou cuir, est divisée avec une régularité suffisante; frappés ou imprimés, les chiffres sont bien lisibles. Les boîtes, étuis ou grotesques sont en cuir, mailleehort, cuivre, buis, ivoire, etc., les uns à manivelle ou à tourniquet, les autres à ressort et a point d’arrêt. Le jeu des rubans à ressort est rapide, et le montage en est bien établi.
- Les prix sont modérés : le ruban seul, long d’un mètre et demi, vaut, en fil, 2 5 centimes, et en cuir, i fr. 5o cent, la douzaine; la douzaine de boîtes en cuir, avec manivelle et lacet de 10 mètres, se vend 7 francs; la douzaine de boîtes à ressort et point d’arrêt (un mètre et demi), i5 francs; enfin le prix le plus élevé est de 3g francs la douzaine, pour les Caricatures à ruban montées sur ressort.
- Le jury accorde à M. Thiellay une mention honorable.
- IV. — COUPES ET BUSTES POUR LE PERFECTIONNEMENT DE LA COUPE ET L’ESSAYAGE DES HABITS.
- M. EAVIGNE, cour des Fontaines, n° h, à Paris (Seine).
- M. Lavigne a écrit un traité de coupe, dans lequel il a exposé les règles que doivent suivre les tailleurs dans la mesure, le tracé, la coupe, la retouche et la couture. Il a imaginé de mouler le buste du client, vêtu du pantalon, du gilet et de la cravate; ce moule en tricot, feutré et durci par un procédé particulier, reproduit les moindres détails delà conformation, et sert de patron au coupeur. Le ruban métrique présenté par M. Lavigne est établi avec soin; il se distingue par l’échelle de rectification qui y est placée, et qui facilite le travail.
- L’ensemble de ces perfectionnements mérite à M. Lavigne la citation favorable que le jury lui accorde. >
- Mention
- honorable.
- Citations
- favorables.
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- V. — APPAREILS DESTINÉS A PRENDRE LA MESURE DU BUSTE.
- M. MAILLIER, place Louvois, n° 8 , à Paris (Seine).
- M. Maillier a pris un brevet, en i83g, pour Vacribomètre, et, en 1849, Pour Ie corporimèlre; ce dernier instrument, le seul exposé, doit servir à obtenir et à noter avec exactitude la cambrure et les formes du buste. Il ne suffisait pas de prendre des mesures exactes, il fallait les appliquer utilement à la coupe; c’est dans ce but que M. Maillier a' calculé une échelle corporimélrique, et écrit un traité de coupe géométrique. L’économie de drap qui résulte de la précision de sa méthode lui permet de diminuer de i5 p. o/o le prix des gilets, habits et redingotes.
- L* expérience n’a pas encore démontré les avantages de l’instrument et du procédé, aussi le jury central ne peut que rappeler, à M. Maillier, la citation favorable que cet exposant a déjà obtenue en i844-
- S 16. BALEINES, CANNES, PARAPLUIES, OMBRELLES, FOUETS ET CRAVACHES.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Le travail de la baleine, de la corne et des cannes, la fabrication des parapluies, des fouets et des cravaches constituent, réunis, une industrie qui a pris, depuis vingt ans, une rapide extension.
- En 1754, on comptait à Paris 2 5o maîtres boursiers, colletiers, pochetiers, caleçonniers, faiseurs de brayes, gibecières et marcarines; tels étaient alors les titres de la corporation qui avait le privilège, non pas seulement de faire le parapluie, mais encore les bourses à cheveux, les culottes de daim, les bas de chamois et tout l’article de chasse. A cette époque, si nous en croyons le Journal du citoyen, édité à la Haye (page 282), le parasol brisé se vendait de i5 à 22 livres la pièce, et le parasol pour la campagne, de 9 à lA livres,
- M. Cazal, à qui l’on doit plusieurs perfectionnements
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- utiles, a publié, dans un petit livre assez curieux1, des renseignements statistiques sur l’importance, en i844, de la fabrication parisienne des parapluies. Voici, selon lui, comment elle est divisée et ce qu’elle produit en moyenne :
- 5o fabricants de manches emploient b,oo ouvriers, et font pour 3,5oo,ooo francs d’affaires;
- 10 fabricants bijoutiers et sculpteurs emploient iop ouvriers, et font pour 700,000 francs d’affaires;
- iô tourneurs en cuivre, fabriquant les coulants et les noix, emploient i5o ouvriers, et font pour 750,000 francs d’affaires ;
- 2 4 fabricants de baleines emploient 100 ouvriers et font pour 3,6oo,poo francs d’affaires;
- 3o fabricants de fourchettes, tenons, petits bouts de cuivre, etc., emploient i4o ouvriers et font pour 900,000 francs d’affaires ;
- 5o fabricants de montures emploient 120 ouvriers et font pour 7.50,000 francs d’affaires;
- 200 fabricants-marchands de parapluies occupent : pour couper, recouvrir, coudre et finir, 2,000 ouvriers; pour les montures et les raccommodages, 1,000 ouvriers et 5oo demoiselles de magasin; et ils font pour 12 millions d’affaires.
- 38o patrons, 5,000 ouvriers et 22 millions cle francs d’affaires, telle aurait été., en i8,44? suivant M. Çazal, la situation de l’industrie du parapluie. Nous avons lieu de penser qu’il y a, dans le dernier chiffre, une exagération d’au moins 4 à 6 millions de francs.
- Dans cet aperçu n’est pas comprise la fabrication de la C.anne, du fouet, de la cravache, fabrication considérable aussi, qui occupe beaucoup d ouvriers, et dont la production est fort active.
- Ceffe industrie, dont l’importance est manifeste, paraît avoir été peu atteinte par la révolution de février : elle a,
- 1 Essai historique, anecdotique, sur le'parapluie, l’ombrelle et la canne, et sur leur jahncpiiqn; Paris, 184 4 •
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- depuis longtemps, éteint sur les marchés étrangers toute concurrence pour fartîclc de luxe et de haute fantaisie ; elle a toujours soutenu la réputation d’élégance, de goût et d’originalité de la fabrique parisienne, et l’exportation a, en i848 et cette année, amorti la violence du coup qui, sans cette heureuse circonstance, l’aurait frappée.
- La faveur dont jouit à l’étranger notre parapluie de soie s’est attachée, depuis plusieurs années, à nos montures et à nos carcasses. Cela tient autant à l’habileté et au fini des ouvrages de nos ouvriers qu’aux perfectionnements ingénieux et variés qu’ils apportent chaque jour. Tout au contraire, la vente du parapluie commun de toile cirée et autre diminue chez nous et augmente, en Angleterre, avec une rapidité inouïe. Quelques chiffres vont établir nettement le mouvement de ce commerce.
- Nous avons exporté, année moyenne, de 1827 à i836, pour 909,000 francs de parapluies de soie; de i83j à i846, pour i,354,3oo francs, et, en 1847, pour 1,752,200 fr. Ainsi, en vingt ans, l’exportation a doublé. Nos principaux débouchés sont tous les Etats de l’Amérique, nos colonies, l’Italie. De 1827 à i836, nous vendions, année moyenne, pour 179,000 francs de montures; de 1837 à i846, pour 229,000 francs, et, en 1847, les expéditions ont atteint le chiffre de 232,000 francs. L’augmentation a été du tiers dans l’intervalle de ces vingt ans. Les destinations habituelles sont toujours pour la Belgique et l’Italie. De 1827 à i836, nos exportations de parapluies de toile cirée et autre s’élevaient à 3i,ooo francs; de 1837 à i846, elles ont été réduites à 24,000 francs; en 1847, elles n’ont plus été que de 12,000 francs. La différence est, on le voit, de plus des trois cinquièmes en moins.
- M. Farge a mis sous les yeux du jury central les parapluies de i645, de 1740 et de 1780. Pour ne parler que des plus modernes et des moins disgracieux, de ceux de 1820, par exemple, on se rappelle leur volume et leur lourdeur, la grossièreté de la monture, l’anneau ou le lacet si incommode,
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- à l’aide duquel on les maintenait roulés. On peut presque apprécier les perfectionnements par la diminution du poids
- du parapluie.
- Parapluies. Longueur des baleines. Poids.
- De l645, 80 centimètres, 1 kiL 600 gr.
- De 1740, 74 idem. 0 820
- De 1780, 73 idem. 0 700
- De i848, 70 idem. 0 38o
- De 1849, 69 idem. 0 25o
- Ainsi le parapluie est sept fois moins lourd qu’il y a deux cents ans. Ce n’est qu’après des essais et des tâtonnements nombreux qu’on est arrivé à lui donner cette légèreté, cette élégance et une gracieuse cambrure. Depuis le bout en ivoire, le tenon, la noix, jusqu’aux brisures des baleines ou du manche, tous les moindres organes ont été perfectionnés et sont aujourd’hui exécutés à des prix extrêmement modiques, avec une grande précision.
- De 1808 à i848, en trente ans, il a été pris 80 brevets d’invention, 3 d’importation et 4i de perfectionnement. On n’a pas seulement inventé des mécanismes nouveaux, modifié avantageusement la forme ou l’ajustement de telle ou telle pièce, simplifié ou compliqué le parapluie, on a encore, et c’est là un grand mérite, appliqué à la fabrication les moyens, les engins, les machines en usage dans d’autres industries. On a abandonné le travail à la main irrégulier, lent, incertain, pour y substituer le balancier, le tour,, le banc à tréfiler, la scie circulaire à pédale, etc., etc. On a utilisé, avec un rare esprit d’à propos, bien de petits tours de main, de petites idées oubliées dans d’autres ateliers. On a enfin été à la fois et si économe et si habile, que l’on a pu réduire des huit ou neuf dixièmes quelquefois le prix de revient de certaines pièces, tout en les faisant mieux.
- Il n’est pas sans intérêt d’indiquer dans quelle proportion les différents organes ou façons entrent dans le prix de revient du parapluie commun, par exemple. On sait que le taux de
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- ces façons a depuis quarante ans considérablement baissé, grâce aux bons effets de la division du travail ; il n’y a pas de parapluie qui ne passe entre les mains de 20 à 2 4 ouvriers spéciaux.
- Manelïe en bois.................... 7 p. o/o.
- Monture en jonc...................... 9
- Fourchettes.......................... 5 1/2
- Façôn................................. 7 1/2
- Noix, coulants, garnitures... ........ 4 1/2
- Lustrine........................... 52 ij 1
- Bouts............................... . 2
- Étui............................... 21/2
- Fermoir en caoutchouc.. ........ ,i. 1
- Frais et béniGce...................... 8 1/2
- 100
- Nous n’avons pas grand’cbose à dire des inventions qui se sont produites à l’exposition de 1849. Celles qui ont le plus attiré l’attention du public sont les parapluies s’ouvrant seuls et les parapluies de poche.
- If y a trente-sept ans que l’on connaît les premiers : un brevet a été pris, en 1812, par M. Langoiroux; en 1822, M. Mercier a également été breveté pour un pareil système. L’idée n’est pas nouvelle, le mécanisme est nouveau. Au lieu dé conIre-fourchettes, il y avait autrefois des cordons, et l’bu-vrant seul était en ce temps-là une machine qui ne fonctionnait pas avec une facilité et une régularité satisfaisantes. En r845, on a imaginé des parapluies se fermant seuls.
- Deux systèmes sont aujourd’hui en présence, nous allions dire en lutte. Dans F un, qui est dans le domaine public, sauf les perfectionnements de M. Blanc, le ressort à boudin est dans l'intérieur' d’un manche en métal. Dans l’autre, imaginé et exploité par M. Gharageat, le ressort est extérieur et se compose dé quatre ressorts à Boudin placés au-dessus de la fourchette et entièrement indépendants' du manche.
- Les parapluies-cannes datent aussi dé 1812; les premiers
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- brevets sont signés des noms dePeix, de Jecker, de Mignard-Blilinge. Il n’est pas de complication que l’on n’ait essayée en ce genre; on y a renfermé encrier, plumes, bougie, lorgnette, pliant, tabatière, etc. Les uns ont songé à transformer en longue-vue la canne veuve de son parapluie; d’autres l’ont rendue assez flexible pour la mettre dans la poche.
- Enfin , le parapluie brisé a le plus exercé l’imagination des fabricants. Quelque perfectionné qu’il soit, il laisse encore à désirer. Dans cette course au clocher, où personne encore n’a atteint le but, il y a eu de curieuses luttes de vitesse; ainsi, en i846 , on prit, en mai, un brevet pour un parapluie pouvant être brisé et mis en poche en une minute; en août, nouveau brevet pour un parapluie se désarticulant et s’empochant cinq fois en une minute; en décembre, autre brevet pour une réduction de volume telle et si rapide , que le parapluie en devenait invisible (dit l’inventeur). Quoi qu’il en soit advenu, il y a, dans les genres proposés par M. Gazai et Farge, preuve de progrès; le premier a, dès i84o, modifié utilement la brisure des baleines et du manche.
- B est très-regrettable que nos fabricants de parapluies d’exportation se soient abstenus d’exposer; plusieurs d’entre eux, pour l’intelligence avec laquelle est établi et réparti chez eux le travail, ainsi que pour la bonne exécution marchandé de leurs produits,, plusieurs , disons-nous, avaient droit aux récompenses du jury central. Nous avons dû!, dans les rapports particuliers qui suivent, appliquer à quelques exposants des mérites que nous eussions, sans aucun doute, constatés à un égal, si ce n’est à un plus haut degré chez leurs confrères; en l’absence de toute rivalité, notre devoir était dé les signaler, en faisant précéder toutefois nos notices dé cette réserve.
- Il y a moins à dire sur les cannes, les cravaches, les fouets, parce que leur travail offre naturellement moins d’intérêt. Nons avons à soutenir pour ces articles la concurrence de l’Angleterre et de l’Allemagne. Londres, Hambourg, Vienne et Berlin ont acquis, dans certains genres, une réputation méritée; ils font, il faut le reconnaître, mieux et à meilleur
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- marché. Aussi, expédions-nous peu dans ces deux pays; ajoutons que nous n’y avons pas fait connaître avantageusement notre fabrication ; à différentes époquës, on y a présenté des pacotilles de cannes et de cravaches à 2 fr. 5o cent, la douzaine , de fouets à 6 francs la douzaine, de ce que l’on appelle de la camelote, et dont la vente n’est possible et convenable que dans les colonies ou l’Amérique du Sud. Malgré cette défaveur, nous exportons partout la fantaisie et la nouveauté en canne, fouet et cravache; nous sommes, pour cette spécialité, sans rivaux, et c’est vraiment chose merveilleuse que cette supériorité que nous donnent pour le moindre objet notre goût, la finesse et la coquetterie de notre travail. Telle canne, seulement dressée et vernie, dont Hambourg, grâce à la franchise de droit, nous enlèverait la vente, sera expédiée par nous-même à Hambourg, si nous y mettons une monture.
- Nous ne terminerons pas sans féliciter ceux de nos fabricants qui ont entrepris de relever en Angleterre et en Allemagne la réputation de nos produits ; depuis quelques années, ils y présentent des fouets et des cravaches en belle qualité, qui commencent à être appréciés et recherchés. Ce fait, qui n’est pas isolé, prouve que la loyauté dans le travail et les affaires peut rendre une industrie aussi florissante et renommée que quand une concurrence irréfléchie l’entraîne à tout sacrifier aux exigences d'un bon marché presque toujours très-coûteux,
- L’industrie de la baleine occupe à Paris 3o patrons, i5o ouvriers, et sa production s’élève à près de 1,900,000 francs; c’est une annexe des deux autres industries dont nous venons de nous occuper. Pour le nettoyage, le refendage et le lotis-sage, Paris l’emporte depuis sept ou huit ans sur Rouen et Limoges; on y a introduit le travail à la vapeur, et l’on est arrivé à refendre avec plus de régularité et moins de déchet qu’en Angleterre, à Anvers et à Hambourg. Le refoulage à la vapeur de la baleine, opération très-simple qui s’exécute dans une espèce de lingot.ière, est aujourd’hui d’autant plus utile, que le prix des fanons augmente de plus en plus. En 1842, ils valaient 3 francs le kilogramme; payés 7 francs en jan-
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- vîer et juillet i844, ils coûtent encore cette année de 5 à 6 francs.
- M. THÉODON fils, rue Saint-Denis, n° 278, à Paris (Seine).
- M. Théodon fils est, sous tous les rapports, le premier fabricant de Paris pour la canne, le fouet et la cravache d’exportation. Il fabrique depuis quelques années pour une valeur de 260 à 3oo,ooo fr. Les neuf dixièmes de ses produits sont expédiés en Angleterre, en Russie, en Hollande, en Espagne, en Italie, dans les deux Amériques et dans l’Inde ; il ne rencontre et ne redoute, pour les genres auxquels il s’est attaché, aucune concurrence étrangère.
- Son établissement, rue Saint-Denis, n° 278, se compose de sept ateliers, et comprend des magasins de matières premières et d’assortiments de cannes, fouets et cravaches, de modèles et de montures. Il est si rare de trouver dans l’industrie parisienne celle concentration, dans un même local et sous une même direction, des branches diverses, si multipliées, de la fabrication ; il y a un intérêt si sérieux à acquérir et donner la preuve du fait, que nous allons faire connaître la population ouvrière qu’occupe chez lui M. Théodon :
- 3 contre-maîtres;
- 3 apprentis;
- 4 tourneurs;
- 2 façonneurs, refouleurs et mouleurs de corne-,
- 6 façonneurs, refouleurs et sculpteurs de baleine ;
- 1 plaqueur et incrusteur d’ivoire, nacre, écaille, etc.;
- 2 fabricants de bouts de canne en fer, cuivre, maillechort, etc.;
- 12 monteurs, garnisseurs, finisseurs de cannes ;
- 2 tresseurs à la mécanique, en boyau, soie et coton ;
- 2 garnisseurs en cuir pour cannes, fouets et cravaches ;
- 1 tresseur au boisseau pour les tresses en fils d’argent ou de fer ;
- 4 brodeuses à l’aiguille, en soie, boyau ou fil, pour garnitures;
- 1 sculpteur en ivoire;
- 7 apprêteurs, monteurs, vernisseurs, finisseurs de fouets et cra-
- vaches ;
- Enfin, dans l’atelier de bijouterie, où se fait aussi un peu d’émail, de plaqué et de dorure, travaillent :
- Médaille
- d’argent.
- 111.
- 47
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- 2 bijoutiers-fondeurs;
- 6 dessinateurs, graveurs, ciseleurs;
- 6 bijoutiers, joailliers-bijoutiers et finisseurs.
- 64
- Tous ces ouvriers, engagés à la journée ou à la tâclie, gagnent de 3 fr. 5o cent, à 6 francs; en moyenne 4 fr. 5o cent. Quelques-uns sont des artistes assez habiles pour devoir être payés 8 francs par jour. Le salaire des femmes, réglé à la pièce, varie de î fr. 5o cent, à 2 fr. 2 5 cent.
- Indépendamment des 64 ouvriers de ses ateliers, M. Théodon occupe au dehors, faute de place, des ouvriers écîisseurs, tresseurs et tresseuses, vernisseurs, mouleurs d’écaille, plaqueurs, des brodeuses, brunisseuses et polisseuses, et différents entrepreneurs pour travailler la baleine et la corne, sculpter l’ivoire, fondre, estamper, émailler, etc.
- Les matières premières entrent brutes dans ses ateliers; toutes elles y sont façonnées, montées, finies, et sorlent converties en cannes, fouets et cravaches. L’activité imprimée au travail en assure l’économie sans nuire à l’exécution.
- Le fouet et la cravache sont fabriqués avec une supériorité bien réelle; ils unissent la solidité à l’élégance et au bon marché. La cravache se fait depuis 2 fr. 5o cent, la douzaine jusqu’à 25 francs la pièce, et le fouet depuis 10 francs la douzaine jusqu’à i5 francs la pièce; mais l’article courant est, en cravache, de 21 à 42 francs et jusqu’à 60 francs; et, en fouet, de 36 à 54 francs la douzaine. A ces différents prix, qui représentent d’excellentes qualités, l’exportation est avantageuse, facile, même en Angleterre.
- Pour la canne d’exportation, M. Théodon fils n’a pas de rival ; il l’établit en jonc, en rotin, en houx et en laurier, comme en ivoire, en baleine et en corne. Il s’est fait surtout une spécialité pour la monture et la pomme en bijouterie. Ses 6 à 700 modèles sont en général d’un bon dessin, appropriés au goût étranger, et, dans ce but, varie! à l’infini. Parmi tant de jolies fantaisies, nous citerons les tressés en fil d’argent, les figurines en fonte, les poignées en cornaline, en corail ou en aventurine rehaussée, d’or et de perles, et tous ces petits sujets gravés, émaillés, ciselés, dans lesquels
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- excelle le bijoutier parisien1. On exporte des cannes à 2 fr. 5o cent, et 6 francs la douzaine ; celles dont s’occupe principalement M. Théodon sont du prix de 24 à 36 francs; il en livre également un bon nombre à io, 15 et 20 francs la pièce pour l’Amérique, et pour compléter les assortiments.
- M. Théodon fils fabrique tous les genres, à tous les prix et pour toutes les parties du monde ; c’est un homme habile que le succès a encouragé, dont l’intelligence a secondé la hardiesse et fait la réputation. Il se présente pour la première fois au concours de l’industrie.
- Le jury central lui décerne une médaille d’argent.
- M. CAZAL, boulevard des Italiens, n° 2 o, à Paris (Seine). Rappel
- La fabrication des parapluies doit à M. Cazal quelques-uns de médaille ses progrès et plusieurs perfectionnements utiles. 11 n’y a guère de debronze' modèle ou d’organe de parapluie qu’il n’ait cherché à simplifier.
- Des brevets pris en i835, 1806, i84o, 1842 et i844 témoignent de ses ingénieux essais. L’idée première de la bague-bascule à crochet appartient à M. Mignard-Billinge ; M. Gazai a le mérite d’être parvenu à rendre le jeu de ce petit mécanisme assez facile pour le faire préférer aux anciens ressorts engagés dans des entailles. Nous nous bornerons à rappeler son invention du godet, ses différents systèmes de brisure du manche et des baleines, et les améliorations qu’il a apportées au parapluie-canne à fourreau pliant et sans couture.
- M. Cazal occupe, tant à l’atelier qu’au dehors, pour le montage et la garniture des parapluies, 12 ouvriers et ouvrières ; 16 petits fabricants indépendants établissent, selon ses idées et ses dessins, les tubes elles coulants, les montures en acier, les tenons, les baleines , les manches, les pommes, la bijouterie, etc.
- Les produits exposés par M. Cazal sont, en général, d’une grande richesse ; ils sont estimés depuis longtemps pour leur élégance et leur bon goût. L’exécution du parapluie s’ouvrant seul,
- 1 M. Théodon fils a mis sous les yeux de la commission une collection de coffrets qui n’a pas pu être exposée-, nous devons mentionner ici ces ouvrages, destinés à l’exportation, qui se recommandent par leur élégance et leur prix modéré. Cette fabrication nouvelle a fait porter à 85 le nombre des ouvriers de l’établissement de M. Théodon.
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- Médaille de bronze.
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- des ombrelles de cheval et de voyage, de la marquise brisée, est irréprochable.
- La médaille de bronze a été décernée à M. Cazal en 1839 et en i844; le jury central le juge toujours digne de cetle distinction et la lui rappelle.
- M. FARGE, passage des Panoramas, galerie Feydeau, n° 6, et passage Saint-Denis, n° 1 5, à Paris (Seine).
- Le chiffre des affaires de M. Farge est de 110,000 francs, le tiers de ses ventes est destiné à l’exportation, et sa fabrication principale est celle des parapluies de 8 à i5 francs. 11 emploie chez lui 32 personnes : 1 contre-maître, trempeur, tireur au banc; 2 tourneurs; 4 apprêteurs; 2 fondeurs; 5 découpeurs, ajusteurs, garnis-seurs, riveurs, etc.; 3 monteurs; 3 ajusteurs et finisseurs; 12 femmes et jeunes filles (dans ses trois magasins) occupées à la coupe, la couture, la vérification et la vente. M. Farge fait travailler, en outre, 10 ouvrières couseuses, et 12 entrepreneurs pour la fabrication et la pose des ressorts des manches en bois, le travail des cannes, des fourchettes et des baleines, les vernissages, les montures des marquises, la sculpture des ivoires, la bijouterie, etc.
- L’attention de M. Farge s’est portée principalement sur les montures en acier; l’acier d’Angleterre ou d’Allemagne entre chez lui en fil, et, après une vingtaine de façons successives, est converti en une monture légère, élégante et solide. Ce dont il faut féliciter cet exposant, c’est d’avoir introduit dans sa fabrication ces petits moyens simples et puissants qui économisent le temps et la matière : aussi la monture qui, en 1842, revenait à 8 ou 10 francs, ne coûte plus que 1 fr. 80 cent, net ; le coulant à bascule est tombé en sept années, de 6 francs à 2 fr. 35 cent, la douzaine; M. Mignard-Billinge vendait, en 1842, le manche en fer creux 125 francs le cent, et, aujourd’hui, M. Farge l’établit à 18 francs. Enfin, appliquant les mêmes procédés au travail des montures en fer pour les parapluies communs, il est arrivé à livrer à 1 fr. 18 cent., ce qui l’an dernier était payé 1 fr. 75 cent.
- En signalant ces résultats, nous n’entendons pas attribuer à M. Farge ces perfectionnements de l’outillage qui les ont amenés ; il a le mérite de les avoir utilisés, et a pris lui-même une part active à ces progrès.
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- Les nouveaux modèles de parapluie présentés par ce fabricant sont établis dans d’excellentes conditions et à des prix modérés (de i4 à 16 francs). Son parapluie-poche mobile, à baleines articulées, et qu’une bague à jeu de baïonnette •permet d’adapter à toutes les cannes, est disposé avec non moins d’intelligence que le parapluie-manchon dont toutes les parties sont brisées, que le parapluie s’ouvrant seul, à ressort intérieur et double fourchette, de Blanc, et que le parapluie-canne, breveté en i84i, mieux établi qu’en i844, mais encore un peu volumineux. Ce dernier se vendait, en 1842,3o francs, en 1844» 20 francs, et son prix n’est plus que de 1 5 francs.
- Nous signalerons enfin, bien que moins bons et un peu plus chers que ceux d’Angleterre, les parapluies en lustrine, à 2 francs, et en taffetas de soie, à 5 fr. 5o cent., les ombrelles en calicot imprimé, à 1 fr. 5o cent., dontM. Farge expédie chaque année à nos colonies pour une vingtaine de mille francs.
- Depuis la dernière exposition, M. Farge a pris quatre brevets, a perfectionné les brisures-, sa fabrication est devenue plus active, et il ne le cède maintenant à personne pour l’élégance, la bonté et le bon marché de ses parapluies, ombrelles et marquises.
- Le jury central récompense les efforts de ce laborieux fabricant en lui décernant une médaille de bronze.
- M. COLLETTE, rue du Temple, n° 1 2, à Paris (Seine).
- Il fabrique les genres courants, c’est-à-dire les cannes de 3 à îo francs la pièce, les cravaches de 12 à 72 francs la douzaine, les fouets de 36 à 72 francs la douzaine. Dans ces limites, M. Collette fait, pour la France, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, des affaires qui atteignent le chiffre de 200,000 francs. Depuis le dressage du jonc jusqu’à la ciselure des garnitures, tout est exécuté par 5o ouvrières, dont 20 travaillent dans son atelier.
- M. Collette a succédé à M. Gallois, qui a été mentionné honorablement en i844; il paraît avoir soutenu l’excellente réputation de son prédécesseur, et mérite que le jury lui accorde une mention honorable.
- M. CHARAGEAT, rue du Caire, n° 7, à Paris (Seine).
- M. Charageat a été un habile ouvrier ; il est aujourd’hui un
- Mentions
- honorables
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- fabricant de montures intelligent. 11 a présenté à l’exposition trois perfectionnements sur lesquels nous désirons appeler l’attention.
- Le premier, pour être très- simple, n’en est pas moins utile : la baleine est ordinairement attachée à la ligature de la noix par un tenon rond à épaulement ; M. Cbarageat fixe sur la double rainure d’une pince conique, la baleine ébauchée, la rabote avec une grêle, et obtient ainsi un tenon qui s’ajuste avec précision et rend la monture plus solide.
- Le parapluie s’ouvrant seul, tel qu’il est établi d’après le système de M. Blanc, laisse un peu à désirer, sous le rapport de la légèreté et de la solidité ; le ressort unique, placé dans l’intérieur d’une tige métallique, a été remplacé par quatre ressorts à boudin, assez courts, et adaptés au-dessus de la fourchette. Cette disposition offre l’avantage de rendre le parapluie et son mécanisme indépendants du manche, de faire celui-ci en bois, si on le veut, de pouvoir donner plus de finesse à l’armature, et de diminuer la résistance lors du jeu de la double fourchette, pendant la fermeture. M. Cbarageat vend 6 fr. 5o cent, la monture s’ouvrant seule, manche non compris.
- Il y avait plus de difficulté à appliquer le ressort à la marquise et à combiner, de manière à obtenir un résultat satisfaisant, le double mouvement de déploiement et de brisure instantané. Ces difficultés ont été assez heureusement surmontées.
- L’outillage du petit atelier de M. Charageat atteste son entente de la fabrication. Plusieurs outils ont été ou imaginés ou modifiés par lui ; ils se recommandent, en général, parleur simplicité et leur précision. Nous citerons, entre autres, la petite cisaille pour couper de longueur les bagues de manche, le tour et le guide pour vriller les ressorts, les percerettes variables pour les trous des axes de la noix, etc. Les matrices pour découper, percer, arrondir et cambrer sous le balancier, les fraises pour brisures et charnières sont établies sur de bons modèles.
- M. Charageat expose pour la première fois; le jury central lui accorde une mention honorable.
- M. BICHERON, rue Saint-Martin, n° 11 5, à Paris (Seine).
- Il prépare, refend et polit la baleine qui entre dans la confection des corsets, des robes et des articles de mode ; il a inventé un procédé et une machine pour la refouler. Il vend toutes
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- ses baleines refoulées aux fabricants de cannes, de fouets et de cravaches, qui les emploient de préférence à celles de Hambourg, un peu plus chères et moins nerveuses.
- Le refoulage de la baleine paraît avoir été imaginé, en i836, par M. Deschamps ; M. Bicheron l’a perfectionné ; ses applications et sa fabrication ont déjà été jugées très-favorablement en i844; depuis cette époque, M. Bicheron s’est occupé de cette industrie nouvelle avec autant de zèle que d’intelligence, aussi le jury lui confirme-t-il la mention honorable.
- MM. RENARD et Gia, rue Neuve-Saint-Laurent, n° 17, à Paris (Seine).
- Il amollit, détord, étire, comprime les cornes de bélier, et en fait de jolies cannes, qui, finies et polies, imitent les cannes en corne de rhinocéros. Les plus chères se payent de 25 à 3o francs la pièce, mais celles dont la vente est courante ne valent que 6 ou 7 francs, et le perfectionnement des moyens de travail en rédui rait encore de beaucoup le prix.
- L’idée est ingénieuse, et il faut espérer que M. Renard développera sa fabrication et tirera un utile parti de la corne 'de bélier, dont la texture fine, translucide, nerveuse et assez souple, se prêle à des applications variées.
- M. Renard fait également les cannes en écaille et les pommes de canne en écaille plaquée sur corne blonde. Il occupe 6 ouvriers.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. LÉAUTAUD, me Chapon, n° 17, à Paris (Seine).
- Les fanons de baleine entrent bruts dans l’atelier de ce fabricant et en sortent façonnés en buses, mesures métriques, baguettes pour parapluies, chapeaux, robes, etc. Il refend à la vapeur, et apporte dans le travail du refendage et du polissage un soin et une régularité qui rendent ses produits très-estimés. Ses prix (de 6 à 9 francs le kilog.) sont modérés.
- Sa fabrication de buses en acier est également conduite avec intelligence ; le plombage prévient leur oxydation.
- Le jury accorde à M. Léautaud une mention favorable.
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- Citations
- favorables.
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- M. PATUREL, rue Saint-Martin, n° 98, à Paris (Seine), et à Linas (Seine-et-Oise).
- Il a pour spécialité la fabrication des fouets et cravaches ; en général, l’àme est en baleine, renforcée par des éclisses de rotin ou de baleine; des lanières de caoutchouc l’entourent, la compriment et sont recouvertes par un tissu tressé en cordes de boyau ou de gutta percha. Ainsi confectionnés, les fouets , monture à l’anglaise en veau tressé, valent en moyenne 72 francs, et les cravaches, de 36 à 48 francs la douzaine. M. Paturel fait aussi le fouet de cabriolet, manche en noyer, monture en cheval, à 6 fr. 5ocent. la douzaine; la cravache, âme en rotin recouverte en fd, à 2 fr. 5o cent, la douzaine, et des imitations, en belle qualité, des cravaches anglaises. Il vend ces articles à l’étranger, en concurrence avec l’Angleterre et l’Allemagne.
- Le jury accorde à M. Paturel une mention honorable. '
- M. MEREL, boulevard Bonne-Nouvelle, n° 9, à Paris (Seine).
- Depuis longtemps les principaux carrossiers de Paris avaient cherché à adapter aux voilures de luxe un parapluie qui garantît de la pluie ou du soleil; aucun n’avait pu trouver le moyen de le rendre assez solide pour résister à la double action du vent et de la vitesse. M. Merel a surmonté cette difficulté, et le système qu’il expose paraît satisfaire à toutes les exigences. L’idée paraît appartenir à M. Laurent, breveté en i846 pour une joliette.
- Dans les voitures à 4 places, la joliette, surmontée d’un parasol ou d’un capuchon ventilateur, peut s’incliner dans tous les sens; dans les voitures à 2 places, un patin fixé entre les coussins soutient une tige en fonte montée sur un genou, dans laquelle est inséré le parapluie, et qui permet aussi de le pencher en avant et en arrière. Lorsque la joliette est inutile, elle se démonte en un instant, se ferme, se brise et se loge dans le coffre. Les petits mécanismes employés par M. Merel sont simples et solides; son parapluie cari'é est bien établi, il y a multiplié les garanties de résistance. Le prix de la joliette varie de 70 à i5o francs.
- Le jury accorde à M. Merel une citation favorable.
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- M. CHAUDRON-BERLAND, à Orléans (Loiret).
- 11 est à la fois hongroyeur et fabricant de fouets ; il ne fait que les lanières de fouets de vente courante, pour rouliers, charretiers de labour, conducteurs de diligence et d’omnibus, etc., et en livre chaque année de 10 à 11,000 douzaines au prix de 2 fr. 75 cent, et 3 fr. 5o cent, la douzaine. 35 ouviers, hommes et femmes, travaillent dans ses ateliers.
- Les fouets en cuir de cheval hongroyé qu’il a présentés sont bien tressés, réguliers, nerveux et solides.
- Le jury central, prenant en considération la recommandation du jury du département du Loiret et les efforts intelligents de M. Chaudron, accorde à cet exposant une citation favorable.
- M. Barthélemi BERGUE, à Sorède ( Pyrénées-Orientales).
- Il fait avec le bois si flexible du micocoulier (Celtis australis), commun dans le Roussillon, des manches de fouet et des cravaches, du prix de 5 à 10 francs la douzaine. La tige est divisée en 5, 7 ou 9 baguettes, tordues autour de l’une d’elles qui sert d’axe. Ces manches de fouet, travaillés avec soin, sont à la fois très-élastiques et très-forts.
- Le jury accorde à M. Bergue une citation favorable.
- MM. LAMBERT, BUREL et O, rue Sainte-Avoie, n°63, à Paris (Seine).
- Ils sont les représentants d’une association d’ouvriers qui a reçu du Gouvernement, à titre de prêt, une somme de i/j,ooo francs. Ces fabricants paraissent s’attacher à l’article d’exportation dans les bas prix. Les produits qu’ils ont exposés sont, les fouets surtout, d’un^assez bonne exécution ; il y a dans quelques-uns la preuve d’un travail soigné et intelligent. Toutefois, MM. Lambert, Burel et compagnie n’ont pas encore marqué leur place dans l’industrie; le jury central ne peut donc récompenser leurs efforts que par une citation favorable.
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- S 17. BOUTONNERIE.
- M. Natalis Ronclot, rapporleui'.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’industrie de la boutonnerie n’existe en France que depuis soixante et dix ans environ ; l’Angleterre s’occupait à peu près seule en Europe de cette fabrication jusqu’à l’époque où Louis XVI, enlevant à nos voisins machines et ouvriers, fonda à grands frais, à Paris, dans le faubourg Saint-Honoré, une manufacture qui tomba à la révolution.
- Bientôt, la guerre ayant interrompu les échanges avec l’Angleterre, des fabriques furent établies. L’absence de concurrence protégea leurs premiers essais, et bientôt elles acquirent une grande importance. A la rentrée des Bourbons , la prohibition des boutons étrangers contribua à assurer le développement de cette industrie ; toutefois, les fabricants ne travaillaient alors que pour la consommation intérieure et n’essayaient pas d’entrer en lutte avec leurs rivaux sur les marchés étrangers.
- En i836, la prohibition fut levée, et les boutons étrangers purent être importés aux droits de la mercerie fine ou commune, selon l’espèce. Cette mesure eût été juste et utile, si elle eût été précédée de l’admission à un droit modéré des matières premières, telles que le cuivre, le fer, etc.; mais, isolée, produite et appliquée brusquement, elle amena la fermeture de la plupart des manufactures et la ruine de quelques-unes; nos fabricants furent réduits à se faire dépositaires de boutons anglais.
- Cependant, bien que la tarification des cuivres et des fers n’ait pas été modifiée, et qu’ils coûtent à nos boutonniers au moins 1Ô p. o/o plus cher qu’à leurs rivaux d’Angleterre et d’Allemagne, on est arrivé en France, à force de persévérance, d’habileté, d’économie dans le travail, et surtout en y appliquant nos habitudes de goût, de soin et de nouveauté, on est arrivé, disons-nous, à relever peu à peu, à perfectionner, à fortifier et à développer cette industrie de la boutonnerie.
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- C’est au point que nous ne recevons plus d’Angleterre que des articles de fantaisie, destinés pour la plupart à satisfaire les caprices de la mode, et que nous vendons à l’Angleterre et à l’Allemagne des quantités d’année en année plus considérables.
- Ainsi c’est en face d’importations incessantes anglaises et allemandes, sans débouchés, sans encouragements, avec des matières premières plus chères, des moyens mécaniques moins puissants, des capitaux souvent insuffisants, c’est accueillis avec défaveur par la mode et avec indifférence par la consommation, que les fabricants déboutons français ont grandi. Ces progrès, les états du commerce extérieur offrent un moyen facile de les mesurer.
- En 1837, la France n’exportait que 1,1 o4 kilogrammes de boutons; en 18/17, l’exportation s’est élevée à 210,066 kilogrammes, et elle avait été en 1845 de 234,392 kilogrammes, qui représentaient une valeur de 2,5oo,ooo francs. Nous n’avons expédié en 1837 que 6 kilogrammes de boutons en Allemagne; en i846, nous lui en avons envoyé 79,944 kilogrammes. L’Angleterre, où il n’en arrivait pas en 1837, nous en a acheté ion kilogrammes en 1845. Enfin, si nous recevons de l’étranger cinq fois plus de boutonnerie fine qu’il y a dix ans, il faut dire qu’ils nous vendent vingt fois moins de boutonnerie commune, et nous devons ajouter que les irm portations de boutons fins ont diminué d’un cinquième.
- Ces résultats sont considérables, et nous sommes heureux de déclarer que ces progrès rapides et remarquables se pour-? suivent, que cette fabrication doit arriver encore à plus d’importance, d’activité et de perfection. Nous avons bon espoir dans l’avenir de cette industrie, car nous voyons à sa tête des hommes dont l’expérience égale la hardiesse et l’intelligence, car les perfectionnements dans l’outillage et le travail abondent, et chaque jour amène dans les procédés plus d’accélération, d’économie et de précision.
- Pour apprécier comme ils le méritent les efforts de nos industriels, il ne suffit pas de dire ce qu’ils ont fait; il importe
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- de faire connaître en présence de quelle rivalité puissante ils ont travaillé, essayé et réussi.
- En Angleterre, 20,000 ouvriers sont employés à la fabrication des boutons, dont Londres, Birmingham et Shefïield sont les foyers principaux. Paris renferme 170 patrons et 2,5oo ouvriers boutonniers, qui produisent pour près de 5,5oo,ooo francs. C’est un peu plus du cinquième de ce que fabrique une seule maison de Birmingham, celle de MM. Hammond, Turner et fds, qui a magasin de vente à Londres, à Manchester, et fait par an 25 millions de francs d’affaires; c’est à peu près les deux tiers de ce que produit une autre maison, celle de M. Elliott, qui fabrique principalement les boutons de soie à queue flexible. A Londres, à Birmingham et à Manchester, on ne compte pas moins, outre ces manufactures colossales, de soixante et dix à quatre-vingts fabriques, dont dix ou douze occupent chacune de 4oo à 45o ouvriers.
- L’industrie de la boutonnerie est moins avancée et moins importante en Allemagne; son introduction y est de date assez récente, car les procédés de fabrication ont été importés à Barmen par un ouvrier français, il n’y a guère plus de vingt-cinq ans. Aujourd’hui, plus de trente fabriques sont établies dans les provinces rhénanes ; elles emploient environ 6,000 personnes. Leurs produits sont, en général, très-ordinaires, mais à si bas prix, que l’exportation en est devenue très-considérable. La tarification élevée du Zollverein leur assure une partie de la vente pour la consommation intérieure; nous disons une partie, parce que, malgré les droits, la France importe en Allemagne des boutons riches et de haute fantaisie, surtout les boutons dorés unis ou ciselés, et ceux en soie façonnée pour habit et gilet, ainsi que quelques genres pour pantalon. Les manufactures allemandes les plus connues sont, à Barmen, celle de MM. Greffe et fils, et celle de M. Gottfried-Hosterey, qui renferme plus de 300 ouvriers.
- Enfin nous ajouterons que l’importation des boutons est prohibée en Russie et en Autriche, et que les gouvernements
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- de ces deux empires encouragent, par tous les moyens en leur pouvoir, les fabriques qu’ils ont décidé des Français et des Anglais à y monter, mais dont le travail n’offre rien de remarquable.
- MM. TRÉLON, WELDON ET WEIL, rue Grenétat, n° 29, et rue de Bercy-Saint-Antoine, n° 11, à Paris (Seine).
- Nous venons de faire connaître, en quelques mots, l’iiistoire de la boutonnerie française, nous avons rappelé combien lui fut fatal l’acte de i836, qui substitua brusquement à la prohibition une tarification libérale, et nous avons été heureux de dire combien cette industrie s’est brillamment relevée. Aujourd’hui, elle est sortie victorieuse de la lutte de concurrence avec l’Allemagne et l’Angleterre ; plus vivace que jamais, forte, prospère, active, elle progresse et-grandit toujours, malgré des obstacles nombreux. Sans atténuer pour cela le mérite très-réel de plusieurs de nos fabricants, nous n’hésitons pas à déclarer que ces résultats inespérés et ces progrès sont dus en partie à M. Tréîon, qui, depuis vingt années, a poursuivi laborieusement celte tâche difficile et glorieuse.
- M. Trélon succéda à son père, en i83g, avec un capital de 36,ooo francs, dont 20,000 francs en matériel; cette année, l’outillage des vastes ateliers de MM. Trélon, Weldon et Weil comprend 14 moutons, 8 balanciers, 162 découpoirs, i55 presses, y4 tours à brunir, sertir, etc., 5i machines diverses, 8 chaudières de dérochage, 8 fours et fourneaux à vernir, souder, recuire, etc., et 39,407 matrices, goujons, poinçons, etc.
- Après avoir fabriqué, en 1829, pour 200,000 francs; en i844, pour 45o,ooo francs, MM. Trélon, Weldon et Weil sont arrivés à produire, en 1848-49. 4,200,000 douzaines de boutons de tout genre, excellents en qualité et de prix très-modique, qui représentent une valeur de 1,200,000 francs, dont le tiers, c’est-à-dire sixième de notre exportation totale, est expédié à l’étranger.
- Enfin, dans la manufacture de la rue de Bercy-Saint-Antoine, travaillent 35o ouvriers, secondés par 90 ouvriers au dehors. En i83g, 70 et, en i844, 110 ouvriers y étaient employés.
- Pour donner la preuve et la mesure de ce développement indus-
- Médaille
- d’or.
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- iriel, nous avons voulu présenter simplement ces chiffres; ils disent tout avec concision comme avec exactitude.
- Le succès de celle grande entreprise est la conséquence de mérites divers que nous devons signaler.
- MM. Trélon, Weldon et Weil ont perfectionné et simplifié î’ou-tillage ainsi que le travail, ils ont apporté dans l’exécution plus de soin, dans la fabrication plus d’économie, de rapidité et de précision; ils ont recherché en Angleterre et en Allemagne les meilleurs procédés, il les ont appliqués et modifiés avec intelligence.
- Il ne suffisait pas de produire, il fallait vendre; il était urgent de former des relations commerciales actives, importantes, durables ; M. Trélon expédie des boutons dans tous les ports des deux Amériques. Les perles inséparables de ces consignations aventureuses n’ébranlèrent pas sa résolution ; la réussite justifia ses prévisions, récompensa sa hardiesse et sa persévérance. Maintenant, MM. Trélon Weldon et Weil vendent, dans toutes les parties du monde, des boulons de métaL de soie, de velours, de toile, de passementerie; ils ont frappé les monnaies d’Haïti, iis ont fait, pour les armées de Turquie, de Piémont, de Belgique, d’Espagne, du Brésil, des États-Unis et des États de l’Amérique du Sud, plusieurs millions de douzaines de boutons d’uniforme; pour les troupes de l’Uruguay, du Chili, de l’Équateur, etc., des piastres et des cocardes agrafes; pour l’Espagne et ses colonies, pour l’Italie et pour nos campagnes, des millions de médailles de sainteté. Ils ont établi, à un tiers meilleur marché que les Chinois, le bouton grelot ciselé et doré ; ils ont réussi le bouton de chasse bronze anglais, réputé inimitable, et, sont parvenus à vendre cette année à l’Angleterre pour 60,000 fr., à l’Allemagne pour i4o,ooo francs, de boutons de métal et de soie de haute nouveauté.
- Les boutons de MM. Trélon, Weldon et Weil laissent peu à désirer ; la gravure et l’estampage sont, en général, corrects ; les bords, les reliefs, les appliques sont nets; l’ajustage est solide. Quant au prix.il est aussi modique que celui des fabricants d’outre-Manche et d’outre-Rhin : nous rappellerons que le bouton verni noir pour pantalon, dont l’usage est aujourd’hui si répandu, ne coûte que 21 centimes i/4 la grosse (1 centime 3/4 la douzaine), que les boutons de métal façonnés pour habit valent, en qualité ordinaire, 23 centimes la douzaine, et les lastings de 95 centimes à 3 francs la grosse, etc.
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- M. Trélon a obtenu, en i844. une médaile de bronze, alors queM. Langlois-Sauer était encore son associé; c’est donc la première fois qu’il se présente sous la raison sociale Trélon, Weldon et Weil. Le jury central croit, néanmoins, devoir accorder à ces fabricants la plus haute distinction dont il dispose, digne récompense de tant d’essais et d’efforts intelligents. Elle les encouragera à développer, par des économies et des progrès nouveaux, cette industrie qui ne date réellement que de dix années, et qui est déjà assez vivace pour défier et vaincre la concurrence étrangère jusque sur ses propres marchés, qui s’est créé elle-même, par tout le monde, des débouchés assez étendus pour avoir décuplé la production et pu travailler sans relâche , même dans les plus mauvais jours de i848.
- Le jury central décerne à MM. Trélon, Weldon et Weil la médaille d’or.
- MM. GOURDIN et Gie, cloître Saint-Honoré, à Paris (Seine).
- Ils sont les dignes émules de MM. Trélon, Weldon et Weil; eux aussi ont grandement contribué aux progrès de la boutonnerie française, et leurs dernières inventions assurent déjà à nos produits une économie de prix, une supériorité d’exécution et de solidité telles que l’Angleterre et l’Allemagne ont peu d’articles à leur opposer.
- MM. Gourdin et compagnie ont 5 moutons, 5 balanciers, 70 découpoirs et i5 tours, 12,000 matrices et poinçons; ils occupent 4o hommes, 20 femmes, 8 enfants, dans leurs ateliers, et i5 ouvriers au dehors. Ils fabriquent 200,000 dizaines de boutons de métal et 4oo,ooo dizaines de boutons de soie, ce qui représente une production totale de 4oo,ooo francs environ, dont le quart est exporté. *
- MM. Trélon, Weldon et Weil se sont placés sans doute à la tête de cette industrie, tant par une haute intelligence commerciale que par une fabrication considérable et bien entendue, mais MM. Gourdin et compagnie les suivent de près, et nous leur devons cette justice qu’ils ont imaginé des moyens de travail ingénieux, sûrs, économiques. Ils se sont principalement attachés à la boutonnerie fine, et sont dans ce genre sans rivaux. Leurs articles se distinguent par la finesse de la gravure et la correction de l’estampage; la so-
- MédaiUii
- d’argent.
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- lidité en est extrême; le dessin est, en général, de bon goût. Les boutons des livrées du Président de la République, de MM. de Rothschild, Demidoff, de Beauvau, de la Rochefoucauld, Oudi-not, etc., sont presque des bijoux, tant l’exécution est belle, et il serait difficile aux manufactures étrangères d’atteindre à la perfection des boutons or et émail des maisons de la reine d’Espagne et de Mme Aguado. On retrouve même soin et même netteté dans les boutons de marine, d’argent fin pour administration, et de chasse; parmi ces derniers, nous citerons la tête de loup estampée et repercée, ainsi que de charmantes appliques, entre autres la tête de chien renaissance oxydée. Quant au bouton de soie, il est cintré avec précision, bien garni et réussi de tout point.
- Il y avait pour perfectionner la boutonnerie fine, au triple point de vue de l’économie, de l’élégance et de la durée, de grandes difficultés à surmonter. Il fallait créer tout un outillage, graver plusieurs milliers de matrices, poursuivre et multiplier des essais coûteux, en face de l’importation incessante des produits étrangers, qui, tarifés au poids, payent un droit insignifiant. Il fallait aussi, après avoir réussi, non-seulement se faire accepter en France par la consommation et la mode, mais encore chasser les similaires Anglais et Allemands des marchés de l’Europe et de l’Amérique, c’est qu’ont fait, à la faveur des résultats déjà conquis par M. Trélon, MM. Gourdin et compagnie. Ils sont arrivés à acquérir une réputation méritée pour les boutons riches et soignés, pour les boutons de soie, de collège et de chasse; bien qu’ils exportent en Italie, aux Etats-Unis, etc., ils travaillent principalement pour la consommation, et surtout pour les tailleurs.
- Nous dirons plus loin la part qui appartient à M. Bassot dans les titres qui recommandent la maison Gourdin.
- Le jury central décerne à MM. Gourdin et compagnie la médaille d’argent.
- Médailles de bronze.
- M. Victor LETOURNEAU, rue Michel-le-Gomte, n° 33, à Paris (Seine).
- 11 a succédé à M. Chrislofle, et il a continué la fabrication de boutons en corne que celui-ci avait créée et perfectionnée; il y a toutefois cette différence, que ce qui se vendait il y a vingt-cinq ans 20 francs la grosse ne vaut plus aujourd’hui que î fr. 5o cent. En boutons de corne (de 6 à 12 lignes) , M. Letourneau fait de 5o à
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- 6o,ooo grosses de trois qualités; les façonnés ordinaires, de 37 centimes à 1 fr. 4o cent, la grosse; les vernis superfins, de 55 centimes à 2 francs; les brossés extra-fins, de 70 centimes à 2 fr. 5o cent. 11 exporte cet article, pour lequel il soutient la concurrence des Anglais, qui le fabriquent mieux, mais à plus haut prix.
- M. Letourneau a inventé le bouton pour pantalon, dit à dôme, qu’il établit à 1 fr. et 1 fr. 25 cent, la grosse, selon la grandeur, c’est-à-dire à près de 4o pour 100 meilleur marché, épaisseur et qualité égales que tout aulre genre analogue.
- Le bouton à œillet est suffisamment solide, d’une pose assez facile, d’un prix peu élevé (2 fr. 25 cent, la grosse), et néanmoins d’un usage encore peu répandu.
- Nous avons examiné avec intérêt les nombreuses sortes exposées par M. Letourneau, et nous avons, en général, constaté la correction du travail et la modicité du prix. Nous avons particulièrement distingué le bouton doré façon ciselé; il est, si on le compare avec celui qui est fait en Allemagne, plus solide, incontestablement plus joli, et il ne se vend que 1 fr. la grosse, tandis que, tous frais compris, le bouton allemand revient à x fr. 70 cent.
- Le jury central, prenant en considération les efforts et les soins apportés à la fabrication par M Letourneau, lui décerne la médaille de bronze.
- M. LEMESLE, rue des Fontaines-du-Temple, n° 9 , à Paris (Seine).
- M. Lemesle paraît s’occuper principalement des petits boutons or et argent, ciselés ou estampés, pour gilet, et de ceux en papier, en fer, en zinc, vernis pour pantalon.
- Grâce à un outillage perfectionné, à beaucoup d’intelligence, et d’économie, M. Lemesle a en sept années décuplé le nombre de ses ouvriers et le chiffre ele ses affaires, en même temps qu’il a pris rang parmi nos plus habiles boutonniers.
- Il exporte une partie de ses produits en Espagne, en Italie, dans l’Amérique du Sud.
- Au nombre des échantillons, dont l’extrême bon marché est uni à une bonne qualité, nous citerons le bouton en carton verni noir à 3o centimes la grosse, et le bouton en zinc verni, pour pantalon, à 28 centimes la grosse (2 cent. i/3 la douzaine).
- Toute cette fabrication bien entendue et bien dirigée a appelé
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- m.
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- sur M. Lemesle l’attention du jury, qui lui décerne la médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
- M. François MORNIEUX, rue Mondétour, n° 35, à Paris (Seine ).
- Il fabrique le bouton de passementerie et le tissu en soie pour boulon avec une grande supériorité. La variété et l’élégance du dessin, la correction du travail, la modération du prix, recommandent ces produits, qui sont d’une vente facile.
- 18 métiers, 60 ouvriers et ouvrières, donnent la mesure de l’importance de la fabrication.
- Le jury central mentionne honorablement M. Mornieux.
- M. PARENT, rue Fontaine-au-Roi, n° 3g , à Paris ( Seine).
- Il monte les boutons de soie et de toile sur un culot en fil de lin ou de soie, formé par une petite machine dont le travail est rapide et bien exécuté. Cette queue en fil est plus solide, plus légère , plus aisée à coudre que la queue flexible; elle rend le centrage plus exact et plus facile. Les prix sont, pour le bouton cordonnet, de 2 fr. 75 cent, à 3 fr. 60 le cent., et pour le bouton armure, 2 fr. et 2 fr. 5o cent, le cent.
- La fabrication de M. Parent est organisée avec un soin extrême ; tout l’outillage est ingénieusement disposé , l’atelier est bien tenu, les produits sont très-satisfaisants.
- Le jury mentionne honorablement M. Parent.
- M. RÉDELIX, rue Notre-Dame-de-Nazareth, n° 25 , à Paris (Seine).
- Le jury de 1844 a constaté la part que M. Rédelix a prise, comme contre-maître de M. Vasserot, à l’invention et à la fabrication des boutons à vis. M. Rédelix se présente cette fois en son nom et avec un ensemble d’améliorations qui ont fixé notre attention.
- Le bouton est, on le sait, formé de deux parties; dans la tête, qui peut être de toute forme et de toute matière, est taraudé un pas de vis ; la queue est une petite vis à tête plate. On. perce un trou dans l’étoffe, on y passe la queue du bouton sur laquelle on visse la tête. Ce système offre une grande solidité.
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- M. Rédelix a imaginé de canneler en forme de rochet le dessus du bouton à bretelle, afin d’empêcher qu’il ne se dévisse tout seul
- Pour apporter plus d’économie dans la fabrication, il est arrivé à faire à la fois cinq vis au lieu de trois, à adopter une division de travail bien entendue, à modifier utilement l’outillage.
- Le bouton à vis passe entre les mains de 17 ouvriers spéciaux. Grâce à cette séparation des fonctions et à l’amélioration des moyens mécaniques, son prix a pu être réduit ainsi qu’il suit :
- 1 844‘. i84g.
- Boutons à bretelle 3f 00e d 65° la grosse.
- (petits)... 2 25 1 4o idem.
- —ciselés (leculot ayant 10 pas de vis au lieu de 1 ou 2 comme
- autrefois) de jais, bombés au i5 5o 11 00 idem.
- plat 16 00 8 00 idem.
- — satin pour paletot,
- ( 12 lignes 1/2). . . 24 00 18 00 idem.
- Ce genre de bouton, vu sa commodité et son bas prix , a été appliqué aux gants, aux chemises , aux gilets et à tous les vêtements. 11 commence à être connu et peut espéi'er un certain succès.
- Le jury central accorde à M. Rédelix une mention honorable.
- M. LARRIVÉ, rue des Petits-Ghamps-Saint-Martin, n° 2 , à Paris (Seine).
- Les boutons de livrée et d’uniforme sont exécutés avec soin par M. Larrivé ; le prix en est avantageux, mais les reliefs et les dessins laissent un peu à désirer sous le rapport de la correction et du fini.
- Mentionné honorablement en i844i M. Larrivé est digne encore de cette distinction, que le jury lui confirme.
- M. PASSERAT, à Nantua (Ain).
- Il s’occupe uniquement de la fabrication des boutons de nacre. Il en produit 46,000 grosses ,dontles deux tiers pour l’exportation. Les six genres de bouton qu’il a exposés (biseau, creux, téton, uni, gravé et moleté), attestent l’habileté des ouvriers, le choix intelligent
- 48.
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- Citations
- favorables.
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- des nacres , la bonne direction du travail. Les prix varient de 5o cent, à 2 fr. 45 cent, la grosse. Il sont avantageux, surtout si l’on lient compte du fini de ces boutons, qui rivalisent sur les marchés suisses et italiens, avec les similaires anglais et allemands.
- 5o ouvriers sont employés dans cette fabrique, qui est devenue un véritable atelier de charité, et qui, à ce titre , rend un grand service à la ville de Nanlua.
- Le jury central mentionne honorablement M. Passerat.
- M. Pierre LABAT, rue de Saint-Quentin, n° 1-7, à Paris (Seine).
- M. Labat, ouvrier mécanicien, a imaginé un nouveau système de plaque pour ceinturon, dit à excentrique volant; plus légère et plus résistante, cette plaque offre l’avantage de permettre d’allonger et de raccourcir aisément le ceinturon, de l’empêcher de se desserrer, et de s’agrafer avec facilité.
- La boucle ablaplique présente une disposition ingénieuse; elle est très-solide, et peut être utilement montée sur bretelles, jarretières, pattes, ceintures, etc.
- Enfin, M.Labat a exposé une agrafe pour gants, un bouton circulaire pour fourreau de sabre, et des applications à la sellerie de son système de plaque et de boucle.
- Toutes ces idées témoignent d’efforts laborieux et intelligents, et le jury regrette que l’expérience ne les ait pas encore sanctionnées; fidèle àses précédents, il ne peut récompenser M. Labat quepar une citation favorable.
- M. LEGUAY, rue de Richelieu, n° 7, à Paris (Seine).
- Son assortiment de boutons de chasse, de livrée et de fantaisie, tous en métal, a arrêté l’attention du jury, qui, prenant en considération l’importance de l’atelier, où travaillent 10 ouvriers, et les soins apportés à la fabrication , accorde à M. Leguay une citation favorable.
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- S 18. BROSSERIE.
- M. Natalis Romlot, rapporteur.
- MM. VUIGNER et PLANTIER, rue Quincampoix, n° 3, Mentions à Paris (Seine). "J"
- Ils ont monté à fourchette les balais d’appartement, ainsi que les brosses à laver et à frotter. Cette disposition ne paraît pas offrir tous les avantages que les inventeurs en espéraient; la fixité du manche n’est pas sans doute exempte d’inconvénients, mais elle est indispensable pour obtenir un bon nettoyage. Toutefois, dans certains cas, la monture de MM. Vuigner et Plantier peut être utilement employée.
- Le travail de brosserie et l’ensemble de la fabrication sont satisfaisants.
- M. Étienne LAURENÇOT, rue Bourg-l’Abbé, n° 8, à Médailles
- r» • /o • de bronze.
- Fans (berne).
- M. Laurençot fait principalement la brosse à dents pour l’exportation, et il l’exécute dans d’excellentes conditions de prix et de travail. Nous avons examiné, non-seulement les échantillons exposés, mais des pièces prises au hasard dans les assortiments, et nous avons constaté que même la brosse à dents à 4 rangs de 12 fr. la grosse (à peine 8 centimes 1/2 la pièce) est en bonne qualité, et que déjà, à 42 francs (3 fr. 5o cent, la douzaine), on a des choix très-satisfaisants.
- La brosse à ongles, aussi établie avec un grand soin, est faite ordinairement dans les prix de 20 à 5o francs la douzaine.
- M. Laurençot s’est fait une réputation méritée pour ses brosses à tête; comme travail de brosserie, elles ne laissent rien à désirer, et elles sont avantageuses sous le rapport du prix et de la durée.
- Ce qui donne, en outre, à ces différents articles un caractère de supériorité incontestable, c’est la beauté de la monture. Des affaires considérables permettent à M. Laurençot de faire venir directement l’os et l’ivoire des Indes et des Amériques, lui mettent en main, au meilleur marché, les matières le mieux appropriées à sa fabrication, et dont, après une préparation et un débitage intelligents, il sait tirer un habile parti. Nous en avons acquis la preuve; mais,
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- pour en être assurés, il nous eût suffi de l’examen de ces magnifiques brosses à mancbe et dos sculptés, du prix de 5o, 60,8ofr., qui sont destinées à la Russie, à. l’Angleterre, au Brésil.Il n’est pas jusqu’aux brosses à dents communes, dont l’os ne doive être cité pour sa blancheur.
- M. Laurencot emploie à Tracy-le-Mont, près Ribécourt (Oise), plus de i oo ouvriers, qui ne font que la brosse à dents ; il a, dans ses ateliers de Paris, 3o ouvriers, hommes et femmes, lesquels s’occupent du travail de la brosse à tête et de l’ivoire.
- Ainsi, exploitation industrielle importante, commerce et préparation intelligents de l’os et de l’ivoire, utilisation, à des travaux de tabletterie et de brosserie, de paysans qui y gagnent un bon salaire, tout en pouvant ne pas négliger leur labeur des champs, exécution correcte et bien dirigée d’objets d’une vente facile; tels sont les titres qui recommandent M. Laurençot, et nous ajouterons qu’à ces titres il faut joindre le mérite d’avoir lutté longtemps contre la brosserie anglaise, d’avoir triomphé d’elle, et d’expédier aussi en Angleterre ces articles lins de toilette qu’elle nous fournissait il y a peu d’années encore.
- Le jury central décerne à M. Laurençot la médaille de bronze.
- MM. MARIATTE et JACQUEMOT, à Melz (Moselle).
- 128 modèles différents de brosses, de vergettes et de pinceaux nous ont bien fait connaître la fabrication de MM. Mariette et Jacquemot. Nous n’avons que des éloges à leur donner; le choix des crins, des soies, des blaireaux, des poils de chèvre, le travail de brosserie, le montage, la cambrure, etc., sont faits avec soin et avec intelligence. Les prix sont, en général, modérés, surtout eu égard à la solidité que nous paraissent offrir les produits de MM. Marialte et Jacquemot.
- Iis ne fabriquent pas seulement la grosse brosserie domestique cl la brosserie de toilette : ils établissent les diverses sortes de verge lies, la petite brosserie militaire, et toute la brosserie industrielle pour meunier, boulanger, imprimeur, chapelier, tisserand, enfin les brosses et pinceaux à peindre, vernir, blanchir, dorer, décorer, etc,
- La bonne confection de produits si variés a frappé le jury, qui accorde à MM. Marialte et Jacquemot la médaille de bronze.
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- M. CHEVILLE, rue desHospitalières-Saint-Gervais, n° 4, à Paris (Seine).
- Menliot
- honorât»]
- Il fabrique la grosse brosserie, principalement la brosserie pour l’industrie et le balai pour l’exportation.
- La brosserie industrielle demande, pour être bien exécutée, une assez grande expérience : la chapellerie emploie quatorze brosses différentes; le travail des papiers peints, douze brosses; l’impression sur étoffes, dix brosses, etc.; il est essentiel de donner à chacune, en vue de sa destination, sa qualité et sa nature particulières. M. Cheville paraît y avoir réussi ; les échantillons qu’il a exposés sont, au témoignage de fabricants spéciaux, parfaitement appropriés à leur usage.
- Les balais plats, Berg-op-Zoom, hollandais et à tète, sont établis en bonne matière et avec une solidité satisfaisante; l’exportation en est, en raison de leur bon marché, assez facile, surtout dans les prix de i4 à 36 francs la douzaine.
- Le jury central mentionne honorablement M. Cheville.
- M. PAILLETTE, rue du Grenier-Saint-Lazare, n° 12, h Paris (Seine) et à Claye (Seine et-Marne).
- Les brosses de toilette et à habit exposées par ce fabricant se distinguent par leur excellente confection et la modicité de leur prix. Montées à l’anglaise, elles sont établies sur bois chevillé et non sur bois plaqué; on peut, en conséquence, laver les soies. Tout en étant chevillées et faites, en général, en bonne qualité, ces brosses sont offertes à, des prix avantageux, exemple :
- Brosse à tête hérisson, 9 rangs, 12 francs la douzaine, xi 18
- 17 33
- Brosse à favoris... 7 et 9 6 et 7
- Brosse à habit, russe ou anglaise :
- 6 pouces, 9 rangs, soie noire, 12 francs la donzaine.
- 8 11 idem........3o
- 6 9 soie blanche, i5
- 8 11 idem...........3o
- La plupart des produits de M. Paillette sont exportés dans les % Amériques, où ils soutiennent la concurrence de l’Angleterre.
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- Trente ouvriers et ouvrières sont employés à Claye à celte fabrication, qui est bien dirigée.
- Le jury central accorde à M. Paillette uue mention honorable.
- M. Alexandre RENNES, rue de l’Aiguillerie, n° 2 , à Paris (Seine).
- Il fabrique principalement la grosse brosserie et a apporté quelques perfectionnements avantageux dans la monture et la forme. Dans les balais, il a donné au bois plus de légèreté et une meilleure cambrure, aux loquets de sanglier, une inclinaison favorable au nettoyage; il a articulé la brosse à frotter, l’a garnie à l’entour d’un cordon de soies de sanglier, en a doublé la durée, a logé dans des cannelures les ficelles de la monture, et a pratiqué des arêtes transversales pour maintenir le pied du frotteur. M. llennes a remplacé, dans la brosse à friction, les rouleaux de flanelle par une éponge recouverte de flanelle, et a établi un contre-perçage, tant pour l’aération que pour l’introduction des substances qui doivent intervenir dans la friction. Il a imaginé de substituer la corde à boyau et le fil d’argent fin au fil de laiton et à la soie dans la monture de la brosse à dents , afin d’assurer la solidité des soies; et il a préparé une composition qui fixe les loquets beaucoup plus fortement qu’on ne peut le faire avec la poix, et qui n’est pas sensiblement influencée par la chaleur.
- Ces améliorations diverses sont, en général, bien entendues ; elles témoignent d’une grande expérience du travail de la brosserie et d’une activité intelligente. La plupart n’élèvent pas, et quelques-unes réduisent le prix des produits.
- Examinés avec attention, les échantillons exposés par M. Rennes nous ont paru réunir toutes les conditions d’une excellente fabrication, et le jury central, appréciant les efforts de ce laborieux fabricant, lui confirme la mention honorable qui lui a été accordée en
- i844.
- M.BAZERT, à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn).
- 11 a présenté une collection d’échantillons de vergctles, décrottoirs et polissoirs, brosses à fusil et à boulon pour soldats, brosses de toilette et brosses pour le pansage de chevaux.
- Le principal mérite de ces articles est leur solidité et leur bon
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- marché; il serait possible d’y joindre un peu plus d’élégance dans la forme et de correction dans le travail.
- Le jury mentionne honorablement M. Bazert. ,
- M. GUANTÉLIAT, rue de la Paix, n° 70, à Batignolles (Seine).
- Il a proposé, pour remplacer l’étrille et le bouchon de paille, un gant en crin, tissé à nœud plat. On est d’accord sur les bons effets de cette espèce de brosse pour le pansage des chevaux. L’idée paraît empruntée aux Orientaux; elle n’est plus nouvelle ici, car, à l’exposition de i844, elle a valu à M. Guantéliat une mention honorable.
- Celte année, ce fabricant présente des gants, les uns en crin, les autres en tricot de poil de chèvre, pour friction, des brosses de bain, dont le corps en liège est recouvert d’un tissu de crin à nœud plat, enfin des décrottoirs en crin pour vêtement d’homme, en poil de chèvre pour robe de femme.
- Ces applications ne nous ont pas paru offrir une utilité et un intérêt réels, et tout en appréciant le zèle avec lequel M. Guantéliat cherche à apporter des améliorations dans son industrie, le jury ne peut que lui rappeler la mention honorable.
- M. Robert BABON, rue de la Verrerie, n° 99, à Paris (Seine).
- Citations
- favorables.
- Le balai et le passe-partout ont été perfectionnés par M. Babon; il s’est attaché à rendre le nettoyage plus facile et plus complet, tout en rendant les chocs et les accidents impossibles.
- Il fait toute la brosserie d’appartement et de ménage en qualité courante, et la vend principalement dans les départements.
- M. Babon s’est, comme tous ses confrères, occupé de la brosse à friction; il a eu l’idée d’employer la poire de caoutchouc et de la recouvrir de flanelle.
- Le jury accorde à M. Babon une citation favorable.
- M. RI VIER, rue Neuve-des-Capucines, n° 18, à Paris (Seine).
- La brosse à friction, employée le plus généralement jusqu’à présent, est formée de rouleaux de flanelle; elle a plusieurs inconvé-
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- Médaille
- d’argent.
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- nients; elle s’écrase, se crasse, ne peut guère être nettoyée, et sèche très-lentement. Son prix est assez élevé : 18 francs la douzaine, le n° i ; 36 francs, le n° 4.
- M. Rivier recouvre un corps en liège d’une feuille d’étain, et l’entoure de quatre épaisseurs de flanelle; ainsi établie, la brosse-baigneuse peut-être employée pour frictions sèches et humides avec assez d’avantage; elle se sèche rapidement et se nettoie avec facilité.
- Les prix sont de i5 francs la douzaine pour le n" x, et de 27 francs pour le n° 4- Tout en constatant cette grande réduction de prix, nous devons l’appeler que la disposition adoptée par M. Rennes permet de livrer le n° 1 à 10 francs, et le n° 4 à 18 francs,
- Le jury cite favorablement M. Rivier.
- M. DESMAZIERS, me Saint-Martin, n° 210, à Paris (Seine).
- H fait la lavette et le balai de garde-robe, l’écouvillon pour l’artillerie et le goupillon pour marchand de vin, les brosses pour raf-fmeur, boulanger, mouleur, ainsi que les balais elles têtes de loup; ces différents articles sont montés sur une tête en étain, sur un corps en cuivre ou en étain, et quelques-uns peuvent être démontés. Ils sont établis dans les meilleures conditions de durée et de solidité.
- Le jury cite favorablement M. Desmaziers.
- S 19. GAINERIE, PORTE-MONNAIE ET PORTEFEUILLE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. Henry SCHLOSS, rue Chapon, n° 15, à Paris (Seine).
- Il a importé, vers i834, de Francfort à Paris le porte-monnaie; il en a perfectionné la fabrication, la monture et le fermoir; il a créé le porte-cigare en i84o; il a imaginé et établi un outillage complet; a organisé une fabrique importante où travaillent près de 200 ouvriers, et c’est réellement à lui que Paris doit celte nouvelle industrie, qui depuis six ans a pris une si rapide extension.
- Cinq brevets datés de 1842, i843, 1847 et *848, établissent
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- en faveur de ce fabricant la priorité des inventions et des perfectionnements.
- Les produits exposés par M. Henry Scldoss comprennent cinq articles principaux exécutés de toutes pièces dans ses ateliers. Le fer y entre en feuilles et l’acier en barres-, le mouton chagriné, le maroquin et le daim y sont reçus en peaux entières, tantôt brutes, tantôt préparées et teintes. Aucune façon n’est faite au dehors, à l’exception du parage de la peau, d’une partie du polissage et de la dorure sur acier.
- Le modèle de porte-monnaie adopté par M. Schloss se distingue par un double encadrement en acier dans lequel le cuir est solidement fixé, et par un fermoir à bascule d’un jeu facile. Dans un porte-monnaie de 6 centimètres sur 7 centimètres 1/2, on peut renfermer aisément 5o francs en argent, sans que la fermeture soit moins hermétique et sans qu’aucune partie cède ou se fatigue. Dans le modèle russe, les deux petites cloisons sont doubles, closes par des fermoirs, et destinées à renfermer l’or; plusieurs poches, séparées par une grille cl’acier, servent à placer les billets.
- Le porte-cigare, souple ou façon portefeuille, est d’une vente considérable, principalement pour l’exportation; il est comme le porte-monnaie, établi avec un grand soin et en bonne qualité.
- Le, portefeuille est fabriqué et garni avec non moins d’habileté d’outil et de main, et avec une entente parfaite de sa destination. Il y a jusque dans les moindres organes de ces ouvrages divers, luxe de précision et de solidité ; c’est ainsi que pour obtenir d’une seule pièce une gaîne-charnière pour le crayon, M. Schloss a monté deux balanciers et imaginé vingt matrices.
- Enfin, de petits nécessaires de travail, des buvards très-coquets, des carnets anglais avec cahier mobile, des porte-monnaie avec tablettes, des nécessaires de fumeur forme locomotive, complètent la collection des produits de cette maison.
- Les prix sont naturellement variables selon la grandeur, la qualité et la richesse; il nous suffira d’en indiquer les deux termes extrêmes : porte-monnaie, de 2 4 francs à i4o francs la douzaine; portefeuilles, de 3o francs à 200 francs la douzaine ; porte-cigares, de 5 francs la douzaine à 25 francs la pièce; buvards, de 3 francs à 20 francs la pièce.
- Le bon marché de plusieurs de ces articles, qui réunissent l’élégance à la solidité, s’explique par l’intelligence avec laquelle la di-
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- vision du travail a été appliquée à leur exécution. Le porte-monnaie le plus modeste n’est entièrement confectionné qu’après avoir passé entre les mains de 22 ouvriers différents, et sous 12 ou i5 machines spéciales. La garniture d’acier, à elle seule, est soumise, depuis la taroche jusqu’à la dorure, à i4 manutentions diverses; la peau en subit 8 ou 9, non compris les préparations dernières et la teinture. Tout en rendant le travail plus facile et plus rapide, plus habile et plus économique, par cette division, M. Schloss en a relié avec soin toutes les parties, afin d’assurer sa régularité, en même temps que la bonne administration et la surveillance de ses ateliers. Il a réussi en tout point.
- L’exportation des porte-cigares, des portefeuilles, etc. n’est guère possible .surtout dans les colonies, les Amériques et les pays méridionaux, qu’autant que le décor en est varié, riche et éclatant. C’est pour satisfaire à ces fantaisies du consommateur étranger que M. Schloss a fait composer et exécuter plus de 4,000 dessins. Nous avons remarqué dans cette collection des modèles d’un goût original, d’un charmant style, ainsi que des gravures, des impressions des gaufrures, toutes sur peau, correctes et d’un agréable effet. Nous citerons parmi les plus jolis les genres asiatique, arabe, perse, mosaïque, et surtout les imitations manille, dont, en i845 et i846, M. Schloss a fait pour l’exportation environ 3o,ooo douzaines au prix de 10 et 12 francs la douzaine.
- Son établissement comprend 8 ateliers, dans lesquels sont occupés, en tout temps, 4o mécaniciens, horlogers-riveurs, polisseurs, etc.; 16 portefeuillistes, doreurs, imprimeurs, etc.; 56 ouvrières. Payés presque tous à la pièce, les hommes gagnent de 3 à 7 francs, et les femmes de x fr. 5o cent, à 2 francs par jour. Au dehors sont employés 20 polisseurs et 12 portefeuillistes, tous chefs ouvriers façonniers, qui font travailler avec eux de 70 à 80 ouvriers.
- 58 balanciers et découpoirs, 4 presses à dorer, 2 5 machines diverses, fonctionnent dans la fabrique, qui renferme en outre un atelier outillé pour l’impression, le gaufrage, la gravure et la dorure sur peau.
- 15,ooo douzaines de produits et environ 4oo,ooo francs d’affaires, dont les trois quarts pour l’exportation, disent assez quelle est l’importance de la maison Schloss.
- M. Henry Schloss est mort jeune encore, pendant l’exposition ,
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- et ce que nous aurions hésité à dire, lui vivant, il est de noire devoir de le faire connaître aujourd’hui.
- Il n’a pas été seulement un fabricant intelligent et habile, honnête et laborieux, il a été aussi en tout temps l’ami et l’appui de ses ouvriers. Il les aidait, eux et tous les travailleurs découragé qui s’adressaient à lui, de ses conseils et de son argent ; et, grâce à lui, dans la petite fabrique parisienne, plus d’un perfectionnement a été réalisé. Durant les agitations révolutionnaires de i848, et dans les tristes jours où sévissait le choléra, M. Schloss a redoublé de dévouement et de sollicitude pour sa famille d’ouvriers. C’est un exemple qui, à l’honneur des chefs d’industrie, a été donné avec un égal désintéressement en différentes villes.
- Feu Henry Schloss a pour successeurs sa veuve et son frère,
- M. Simon Schloss. Tous deux sont animés des mêmes sentiments que lui -, ils ont partagé ses travaux, contribué à la prospérité de sa fabrique, et le passé nous répond de l’avenir. Le jury a pensé que c’était encore honorer la mémoire de M. Henry Schloss que défaire participer sa famille à la récompense dont il juge digne cet industriel. En considération des perfectionnements divers apportés dans l’outillage, et de l’intelligence avec laquelle cette fabrication a toujours été activement conduite, le jury central décerne la médaille d’argent à feu Henry Schloss.
- M. FENOUX, rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 55, à Rappel
- Paris ( Seine ). médaille
- de brome.
- Ses portefeuilles ministre et de banque, ses trousses de voyage, se font remarquer par le fini de leur exécution, leur élégance et l’ingénieuse distribution de leurs parties.
- M. Fenoux est toujours un de nos premiers et de nos plus habiles portefeuillistes, et mérite toujours la médaille de bronze qui lui a été accordée en i834> confirmée en 1839 et en i844, et que le jury lui rappelle.
- M. BOUILLARD, rue Michel -le-Comte, n° 3o, à Paris (Seine).
- 11 a exposé des bijoutières dont la construction, la garniture et la fermeture sont perfectionnées par lui; ces coffrets, à fonds élastiques et à rainures, sont solides, légers, et du prix, avantageux en
- ^ Rappe? fde
- mention honorable.
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- Mentions
- honorables.
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- raison de la durée, de 20 à 200 francs, suivant qu’ils ont de une à huit coupes d’ouverture.
- La membrure des écrins pour les bijoux, les montres et la petite orfèvrerie a été faite jusqu’à présent en bois taillé, ajusté, collé et cloué ; elle est ainsi l’objet d’un travail long et difficile. En substituant au bois une feuille de métal, en découpant celle-ci à l’emporte-pièce , la cambrant et la façonnant dans une matrice, M. Bouillard obtient une économie de 2 5 p. 0/0, en même temps qu’une exécution plus correcte, plus régulière et plus rapide.
- On doit aussi à ce fabricant intelligent l’application à la carton-nerie d’un carton souple et tenace, formé par le collage successif et la compression de feuilles minces de bois, de carte et de parchemin.
- Le jury central confirme à M. Bouillard la mention honorable qui lui a été accordée en i844, et lui réserve une récompense plus élevée lorsque les avantages de ses nouvelles inventions auront été constatés par l’expérience du travail et l’usage.
- MM. GELLÉE frères, rue Rambuteau, n° 12, à Paris ( Seine ).
- Gaîniers habiles, ils font avec intelligence et succès les coffrets pour orfèvrerie , les boîtes et étuis pour couverts et couteaux, et les écrins pour bijouterie. Ils ont imaginé, pour l’étalage des bijoux et des montres, des tringlettes de bois et velours avec appliques de cristal ou de porcelaine, et ont placé dans les écrins des supports également en cristal.
- Les divers échantillons de gaînerie exposés par MM. Gellée frères, tout en étant d’une exécution soignée et perfectionnée, sont établis à des prix modérés ; ils renden t dignes ces fabricants de la mention honorable que le jury central leur accorde.
- M. GLASSEN, rue Phélipeaux, n° 36 , à Paris ( Seine ).
- Il exporte les neuf-dixièmes de sa fabrication. 11 fait le porte-monnaie et le porte-cigare, le portefeuille et le carnet de poche, le nécessaire et le pupitre-papeterie de fantaisie, l’encrier portatif. Une cinquantaine d’ouvriers, dont trente en atelier, travaillent sans relâche à ces ouvrages variés, exécutés avec soin, établis à bas prix et en bonne qualité courante.
- Le jury mentionne honorablement M. Classen.
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- 767
- S 20. GANTERIE DE PEAU.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La fabrication des gants de peau occupe en France au moins 28,000 ouvriers, hommes et femmes, et représente une valeur de production annuelle de 36 millions de francs environ.
- Il s’en confectionne à Paris seulement pour une valeur
- de....................................... i6,ooo,ooof
- Grenoble en produit pour une valeur de.. . 10,000,000 Milhau, Niort, Chaumont, Lunéville, le Mans, etc. en font pour.................. 10,000,000
- On évaluait cette production, en i84o, à 28 millions de francs.
- L’exportation des gants de peau a pris, dans ces dernières vingt-cinq années, un développement considérable.
- En 1827, l’exportation était de 187,915 kilogrammes; le kilogramme pouvait valoir alors 4o francs. Les 187,915 kilogrammes représentaient donc une valeur'de 5,516,600 francs.
- En i846, 247,800 kilogrammes, et en 1847, 244,718 kilogrammes sont exportés ; mais maintenant le kilogramme a triplé de valeur, et doit être estimé de 110 à 125 francs, soit en moyenne 118 francs. L’exportation s’élève à 29 millions de francs; c’est cinq fois plus qu’en 1827, et chaque année les expéditions augmentent encore d’importance.
- En i848, malgré la crise que les agitations révolutionnaires ont aggravée, plus de 235,000 kilogrammes sont sortis de France.
- Nous ne donnons naturellement ici que les chiffres officiels, ceux qui sont inscrits sur les états de commerce; mais il faut ajouter que 20,000 kilogrammes environ ne passent pas en douane, et cette fraude a pour but, non d’éviter les for-
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- inaîités et l’acquittement d’un droit minime, mais de préparer plus sûrement l’entrée en contrebande en Angleterre ou ailleurs.
- La production française paraît surtout considérable quand on la compare à celle de l’Angleterre; nous n’estimons pas celle-ci à plus de 12 millions de francs, et voici pour quelle part figurent dans ce chiffre les villes où cette fabrication a quelque importance :
- Londres..........
- Worcester.......t
- Ycovil......... . >
- Milbourne-Port. . )
- Woodstock.......}
- Witney.........jj
- Rexham..........
- Holt............
- Ilartvvich......
- 3,900,000* en gants de chevreau-, 6,5oo,ooo--------de chevreau et d’agneau-,
- i,oào,ooo - - de castor et de daim ;
- 260,000 en grosse ganterie de peau.
- Glastonbury......
- Les gants anglais ont les États-Unis pour destination principale; c’est aussi là que nous expédions une grande partie de notre ganterie (95,000 kilogrammes environ en 1847). Les colonies anglaises fournissent ensuite aux fabricants de Worcester, d’Ycoviî, de Londres et de Woodstock un débouché avantageux. Quant à la France, elle vend des gants à tout le monde, et à l’Angleterre plus qu’à aucun autre pays, car, en i848, il y a été importé, contrebande non comprise, 97,2Ôo kilogrammes de gants français. Nos gants fins sont recherchés sous toutes les latitudes, en Russie, en Hollande, en Allemagne, en Turquie, au Brésil, aux Indes.
- Partout le gant français jouit d’une réputation et d’une vogue que justifient sa finesse, l’élégance et la précision de la coupe, la fraîcheur et la pureté des couleurs.
- Il a été pris, de 1806 à i848, 77 brevets d’invention et 36 brevets de perfectionnement, d’addition ou d’importation; mais, de ces inventions diverses, une seule a acquis à son
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- auteur une célébrité méritée, et a donné, depuis quelques années surtout, à cette industrie un essor considérable : c’est la coupe mécanique, soit par l’emporte-pièce, soit par le calibre, dueàM. Jouvin. Nous parlerons plus loin et de ce fabricant intelligent et de son système; un mot suffit ici : la correction introduite ainsi dans le travail, la facilité avec laquelle on peut, à l’aide d’un numérotage ingénieux, faire fabriquer ou trouver des gants qui s’ajustent parfaitement, ces avantages ont donné aux produits de M. Jouvin, loyalement exécutés, un renom qui s’est attaché à l’étranger à toute la ganterie française.
- Constatons en terminant qu’il y a quinze ans la peau était de 4o p. o/o moins chère qu’aujourd’hui, que l’adoption de l’emporte-pièce et du calibre a fait élever le salaire des ouvriers coupeurs, et que celui des ouvrières couseuses a diminué par suite de l’emploi de la petite mécanique, qui rend leur travail plus régulier et plus facile.
- MM. JOUVIN et DOYON, boulevard Bonne-Nouvelle, n° 8, à Paris (Seine).
- Ils sont aujourd’hui si honorablement connus dans l’industrie et le commerce de la ganterie, que, sur plusieurs marchés étrangers, on appelle aujourd’hui les gants français des Jouvins, et ce n’est que, sous les noms et avec la marque de ces fabricants si renommés, que Naples, la Belgique et l’Espagne peuvent vendre le peu de ganterie de chevreau que l’on y fait encore. — Il n’est pas inutile de rappeler que, depuis longtemps déjà, et surtout depuis l’adoption des nouveaux modes de coupe et de couture, Worcester, Woodstock et Ycovil sont distancés par Paris et Grenoble. L’industrie de la ganterie de peau est néanmoins florissante et considérable en Angleterre, mais la consommation nationale lui est enlevée et elle n’a guère de débouchés que dans les colonies.
- 25 années de fabrication intelligente et toujours loyale ne sont pas le seul litre de M. Jouvin à la haute estime et aux récompenses du jury central. Les inventions de l’emporte-pièce et du calibre pour la coupe exacte des gants, et les ingénieuses combinaisons imaginées pour permettre de ganter avec précision toutes les mains,
- à9
- Médaille
- d’or.
- III.
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- onl ru, sur la fabrication des gants en France, ïa plus heureuse influence; elles l’ont amenée à un degré de supériorité remarquable, et, quelques-uns des brevets étant expirés, ces procédés sont adoptés par presque tous les gantiers de Paris, de Grenoble, de Niort, etc.
- MM. Jouvin et Doyon fabriquent par an 44,ooo douzaines de paires de gants de chevreau, et en vendent pour l’exportation plus de 3o,ooo douzaines de paires, c’est-à-dire pour près d’un million de francs; c’est le 20e de l’exportation totale.
- Leurs gants sont d’une excellente qualité et très-recherchés cri Angleterre, en Allemagne, dans les deux Amériques, si recherchés même que l’on y vend avec leur marque cent fois plus de gants qu’ils n’en peuvent livrer. Cette contrefaçon, ce vol de marque, si glorieux pour MM. Jouvin et Doyon, est une honte pour le commerce, un grave délit, qui reste trop longtemps impuni.
- 1,100 ouvriers sont employés par MM. Jouvin et Doyon; ils occupent, en atelier, 92 étavillonneurs et coupeurs, 68 à Grenoble et 24 à Paris; 28 fendeuses, 22 à Grenoble et 6 à Paris; 980 couseuses, dont 2 5o à Grenoble et dans ses environs, 220 à Morlagne (Orne), 180 à Verneuil (Eure), 270 à Ravenel (Oise), et 60 à Mé-> try et à Tremblay (Seine-et-Oise). Les hommes gagnent de 3 fr. 5o cent, à L\ fr. 5o cent., et les femmes de 90 centimes à 1 fr. 25 cent, par jour.
- Nous ne terminerons pas sans revenir sur le système de mesure et de coupe qui a rendu si populaire le nom de M. Jouvin, et qui a assuré à ses produits une vogue méritée. — Les mains d’homme, de femme et d’enfant ont été divisées, pour la longueur, en quatre, et, pour la largeur, en cinq séries; des échelles proportionnelles ont servi de bases à un ingénieux numérotage par lettres et par chiffres, qui est représenté par une collection de 2 24 calibres de main et de pouce, et de 112 calibres de fourchette et d’enlevure. Nous avons suivi avec attention tout le travail des gants, depuis l’é-tavillonnage jusqu’à la broderie, et nous avons été surpris de la précision extrême à laquelle l’ouvrier est forcé d’arriver.
- Cet ensemble de faits et de mérites a vivement excité l’intérêt du jury central, qui décerne une médaille d’or à MM. Jouvin et Doyon, déjà récompensés, en 1839 et en i844, par les médailles de bronze et d’argent.
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- M. Victor ROUQUETTE, rue Saint-Denis, n° 2 44, à Paris (Seine).
- Depuis 3o ans, il s’occupe avec un égal succès de la fabrication des gants de chevreau et d’agneau; il en fait 35,000 douzaines de paires, dont 20,000 douzaines de paires environ pour les Etats-Unis, l’Amérique du Sud, la Turquie, l’Allemagne, la Russie, etc. Il fait travailler 70 étavillonneurs et coupeurs, dont 5o dans ses ateliers, et 800 couseuses et brodeuses, dont 100 en chambre et 700 en Picardie et en Normandie.
- Pour satisfaire aux habitudes de toilette des dames des colonies espagnoles et des Etals de l’Amérique du Sud, M. Rouquette a du orner les gants qui leur sont destinés de fleurs et quelquefois d’armoiries brodées en soie de couleur ou en or. Les poignets sont garnis de bouffantes en salin et en dentelle d’or. Il a su, ce qui n’était pas sans difficulté, ne pas sacrifier le bon goût à la richesse et à l’éclat. Ajoutons que, depuis longtemps, l’exécution et la qualité de ses gants d’uniforme et d’amazone en agneau chamoisé ne laissent rien à désirer.
- M. Rouquette coupe le gant à l’eraporle-pièce, et non pas au calibre; la confiance qu’il a su obtenir et conserver prouve que ce moyen de travail, employé avec habileté, peut donner de bons résultats. Les peaux sont choisies avec soin, elles sont souples et fines; leur teinture, surtout dans les couleurs tendres, est parfaitement réussie.
- Le jury central décerne à M. Victor Rouquette u ie médaille de bronze.
- M. LECOCQ-PRÉVILLE, passage du Saumon, n° 5o, à Paris (Seine).
- Un bon choix de peaux, des^oins intelligents apportés à la coupe et àla coulure, ont acquis en France aux gants de chevreau de M. Le-cocq-Préville une réputation méritée; aussi s’esl-il attaché principalement àla ganterie de luxe et de nouveauté. Ses amadis, ses quart et demi-longs, réunissent l’élégance de la forme à la perfection du travail; dans ceux pour toilette de bal, grâce à des enlevures par estampage, le bord imite, jusqu’à une certaine hauteur, la denlelle
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- Médailles de bronze
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- Mentions
- onorables.
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- ou la guipure ; c’est une heureuse idée qui a déjà été appliquée à une autre industrie.
- M. Lecocq-Préville produit 28,000 douzaines de paires de gants de chevreau, dont le tiers est exporté en Angleterre, en Russie, en Hollande et en Amérique. H occupe 17 ouvriers en atelier, 20 brodeuses et bordeuses en chambre, et 800 couseuses dans les départements de l’Eure, de l’Orne et de l’Oise.
- Mentionné honorablement en i844, pour son excellente fabrication, aujourd’hui plus importante et plus perfectionnée, M. Le-côcq-Préville mérite la médaille de bronze, que le jury lui accorde.
- M. TAMBOUR-LEDOYEN, rue Neuve-Saint-Augustin, n° 49, à Paris (Seine).
- Il soutient la réputation acquise à la ganterie de son prédécesseur, M. Privât, et les échantillons qu’il a soumis au jury central témoignent de l’activité avec laquelle il cherche à améliorer la fabrication.
- Il a adopté définitivement le pouce à languettes, la coupe du gant à la main et celle des fourchettes et des carabins à l’emporte-pièce, jugeant qu’il résultait de cette adoption une meilleure exécution.
- La couture laisse presque toujours à désirer; il y a peu de gants dont le point ne s’échappe en quelque endroit, dès qu’ils ont été portés un jour ou deux. La faiblesse de la soie en est aussi souvent la cause que la négligence de l’ouvrière. M. Tambour pouvant, en raison de la nature de sa clientèle, donner à ses gants une façon un peu plus coûteuse, les fait coudre à double soie, quelquefois au point de feston ou à points croisés, quelquefois aussi avec piqûre simple ou double.
- Le gant de chevreau en belle qualité est l’objet principal de la fabrication de M. Tambour, qui exporte, notamment en Hollande, une certaine quantité de ses produits^
- Le jury, appréciant les essais intelligents de ce fabricant, lui accorde une mention honorable.
- M. Charles PERRUCAT, à Grenoble (Isère).
- Les gants exposés par M. Perrucat sont d’une qualité et d’un
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- travail satisfaisants. Le jury départemental de l’Isère le signale comme un des bons fabricants de Grenoble.
- Les produits de M. Perrucat n’ont pu être, faute de renseignements , appréciés par la commission comme ils méritent probablement de l’être; toutefois, en considération de la recommandation du jury de l’Isère et de la belle apparence des échantillons, le jury central mentionne honorablement M. Charles Perrucat.
- M. Aimé ABRAHAM, à Grenoble (Isère).
- La plupart des coutures rendues inutiles, l’assemblage des diverses pièces du gant devenu en conséquence aussi simple que possible, le gant taillé tout entier dans le cœur de la peau, fels paraissent être les avantages du système de M. Abraham. La suppression des fourchettes ajoute sans doute à la solidité : mais ne nuit-elle pas à l’élégance de la coupe, à l’aisance des mouvements de la main ? permet-elle de satisfaire facilement à toutes les exigences de forme et de travail? L’expérience n’a pas encore prononcé.
- Le jury a tenu compte du fait de l’invention de M. Abraham, de l’habileté avec laquelle il l’applique à la fabrication, mais le mérite et les avantages de la suppression des fourchettes ne lui sont pas assez démontrés pour qu’il puisse accorder à M. Abraham une récompense autre que la citation favorable.
- MM. JULIEN frères, rue Saint-Denis, n° 261, à Paris (Seine).
- Le jury, en citant favorablement MM. Julien frères, récompense plutôt leur travail de ganterie que leur application du caoutchouc vulcanisé à la fermeture du gant. Le bouton laisse à désirer sous le rapport de la solidité,le lacet crémaillère peut être perfectionné, les divers systèmes d’agrafe, d’œillet, de fermoir, offrent des inconvénients; ce que proposent MM. Julien a des avantages particuliers, mais ne présente ni l’élégance, ni la justesse désirables. Nous doutons que cette invention soit acceptée par la consommation.
- Nous répétons que la bonne qualité des produits fabriqués par MM. Julien rendent ces gantiers dignes de la citation favorable.
- Citations
- favorables.
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- M. Isidore HÉER, Palais-National, galerie de Chartres, n° 23, à Paris (Seine).
- Il s’occupe particulièrement du travail des gants d’agneau, les coupe un à un à l’emporte-pièce, et remplace le bouton par un fermoir ceilleté. La peau est bien choisie, la façon convenable et le prix modéré, c’est ce qui a déterminé le jury à citer favorablement M. Héer.
- § 21. GANTERIE DE TISSUS, DE BONNETERIE ET DE FILET.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- Rappel M. MORIZE aîné, rue des Mauvaises-Paroles, n° 12 médaille à Paris (Seine).
- c bronze.
- Le perfectionnement du tissage et du foulage du tricot a déterminé un progrès bien sensible dans l’industrie des gants faits avec ce tissu, et son importance s’est accrue. L’élasticité, la finesse et la régularité sont, surtout en ganterie, de précieuses qualités, et nous en reportons le mérite sur MM. Lombard, de Nîmes, Courvoisier, de Calais, etc., qui ont fait les tricots; nous n’avons à féliciter M. Morize que de l’habileté de ses coupeurs à la main et de ses couseuses et piqueuses, ainsi que de la direction intelligente qu’il a imprimée à sa fabrication. Il est parvenu à vendre ses produits, en concurrence avec ceux de l’Angleterre, sur quelques marchés étrangers, en Belgique, en Allemagne, en Russie et dans les colonies espagnoles entre autres, et il doit ce résultat inespéré à l’économie et à la perfection de son travail de ganterie.
- M. Morize aîné est toujours digne de la médaille de bronze que le jury central lui rappelle.
- ;itâtions M. CHANAL, rue des Mauvaises-Paroles, n° 19, à arables. Paris (Seine).
- Des assortiments complets de gants et de guêtres nous ont permis déjuger, dans toutes les qualités, les produits de M. Chanal.
- Le tricot cachemire et le castor qu’il emploie sortent des fabriques de MM. Courvoisier, Sallet et Thibout.
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- Une coupe bien calculée, assez correcte, et qui n’est pas sans élégance, une coulure solide et soignée, une bonne direction commerciale, recommandent çt la ganterie et la maison de M. Chanal, auquel le jury accorde une citation favorable.
- MM. SAINTON oncle et neveu, à Vocée (Aube).
- MM. LÉONARD et CAMBON jeune, à Sumène (Gard). M. VIE, rue Saint-Jacques, n° 161, à Paris (Seine).
- Le poignet de gant en côte anglaise n’est pas nouveau; le seul perfectionnement qui y ait été appliqué est l’introduction de fils de caoutchouc vulcanisé; ce perfectionnement paraît être dû à M. Vié. Ainsi établi, le bord conserve plus longtemps son élasticité et sa douceur.
- MM. Sainton, Léonard etCambon, reçoivent les bords élastiques et s’en servent, comme de base, pour le tissage du gant; leur travail de bonneterie est satisfaisant, mais n’offre aucun mérite particulier.
- Le jury cite favorablement M. Vié pour son perfectionnement; MM. Sainton, oncle et neveu, Léonard et Cambon jeune, pour leur ganterie tissée.
- S 22. JOUETS D’ENFANT. — BIMBELOTERIE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS générales.
- La bimbeloterie comprend une diversité infinie d’objels : les uns servent à l’amusement des enfants ou à l’ornement des étagères; les autres sont destinés aux modistes, aux couturières et aux confiseurs.
- La bimbeloterie est une industrie très-complexe, elle n’est composée, en grande partie, que des infiniment petits de huit ou dix industries.
- Dans la seule ville de Paris, elle occupe 33o fabricants et i,832 ouvriers, dont561 hommes, 1,168 femmes etio3 en-
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- fanls; le chiffre de la production s’élève à environ 3,660,409 francs.
- Il y a un certain intérêt à analyse* ces chiffres, nous allons les décomposer rapidement :
- PRODUCTION. FABRI- CANTS, OUVRIERS.
- Poupées en peau et en carton, nues et habillées 1,208,950 9° 8o5
- Jouets divers 737,764 65 309
- Jouets militaires (tambours, fusils, sabres, gibernes, canons, arcs, flèches, etc.).. 277,650 22 io5
- (Les tambours y figurent pour 54,700*) Jouets mécaniques bd en O O 1 1 108
- Jouets en fer-blanc et en fer battu (ménages, etc.) 196,000 9 54
- Cartonnages, boîtes, jeux de patience, etc. 192,800 18 75
- Animaux en carton, recouverts ou non de peau, poil, toison 135,775 16 42
- Voilures et chevaux en bois 109,960 15 43
- Raquettes et volants io3,45o 13 89
- Masques 91,95° 7 49
- Fausses montres 60,000 3 39
- Soldats de plomb 55,ooo 2 i5
- Petits meubles 46,5oo i4 i5
- Balles, ballons, mirlitons, têtes pour modiste, cerfs-volants, jouets tournés, etc. 1 196,120 45 84
- Totaux 2,661,409 33o 00 Od bd
- Sur ces 33o fabricants, dont 81 travaillent absolument seuls,
- 11 produisent pour une valeur de 5o,ooofà 200,000*
- 33 ---------------------------- 25,000 à 5o,ooo
- 44 ---------------------------- 10,000 à 25,ooo
- 52 ----------------------------- 5,ooo à 10,000
- i4o --------------------------- 1,000 à 5,ooo
- 5o ----------------------------- moins de 1,000
- La répartition des diverses spécialités dans ce cadre est as-
- 1 Les polichinelles et pantins sont compris dans cette somme pour 18,810 francs, les têtes pour modistes pour 22,600 francs, les bilboquets, les toupies et les quilles pour 39,200 francs.
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- sez carieuse: ainsi, font moins de 5,ooo francs d’affaires, plus des 4/5es des habilleuses de poupée, plus des 3/4 des fabricants de petits meubles, les 3/5cs des fabricants de masques, la moitié des fabricants de poupées, et pas même le cinquième des fabricants de jouets mécaniques.
- Enfin, nous ferons observer que, tandis que l’ouvrier en bimbeloterie de fer-blanc produit en moyenne pour 3,63o francs par an, et l’ouvrier en fausses montres pour 3,ooo francs, la moyenne de la production par ouvrier n’est, en poupées, que de i,5oo francs; en masques, que de i,538 francs; en mirlitons, que de i,445 francs, et en petits ouvrages en perles, que de 1,077 francs.
- Il est très-difficile de se faire une idée de l’intelligence, et même, l’expression est vraie, de l’imagination qu’exige la fabrication du jouet d’enfant. Il ne suffit pas d’atteindre à la limite extrême du bon marché, il faut incessamment varier et les modèles et les façons et les genres. Le bimbelotier étudie toujours; vous rencontrez celui qui fait les animaux devantla ménagerie ou dans les galeries du Muséum d’histoire naturelle ; tel autre note, d’après les relations de voyage, les types de race, les costumes , les allures des peuples étrangers, tel autre s’attache à suivre jour par jour, et à traduire en jouets l’histoire européenne. Au jour où nous écrivons, ici, à Paris, dans bien des petites chambres, on fait par grosse, en étain, des gardes mobiles et des hussards hongrois; en bois, des Kossuth; en poupée , dès reine Victoria, des quakeresses, des chinoises; en imagerie, pour jeu de patience, des prise de Rome, des campagne de Hongrie, et toujours des familles de Napoléon; en marron ou en élastique (masques grotesques), les héros des luttes du parlement et de la presse, etc. Dans la saison dernière notre bimbeloterie a fait connaître l’Amérique, les principaux chefs et les scènes les plus dramatiques de la révolution de i848.
- Les ménages et les bergeries en bois se font peu et chèrement à Paris ; on y réussit mieux la batterie de cuisine en fer-blanc et en fer battu, et la boutique, c’est-à-dire ces réductions si
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- exactes de cuisines, d’ateliers, de nos principaux magasins de confiserie, d’épicerie et de nouveautés, etc. Il y a en ce genre des chefs-d’œuvre. — Le meuble, et dans cette catégorie nous rangeons ces millions de lits, commodes, tables, fauteuils, chaises, en miniature, le meuble, disons-nous, sort aussi des mains d’ébénistes-bimbelotiers des 6e et 8° arrondissements; Paris fait moins bien que l’Allemagne et le Jura le. moulin à vent en bois, et fait mieux le moulin à vent parasol en papier, que l’on trôle dans les rues.
- Le ménage en porcelaine, faïence, terre cuite, étain ou fer, est décoré ou même seulement composé à Paris; les pièces diverses sont tirées de fabriques des départements de Seine-et-Oise, de la Moselle, du Haut-Rhin, etc. A Saint-Claude, à Besançon, à Poligny, à Pont-en-Royans, on taille, on' sculpte et l’on tourne le buis, le hêtre, le charme; une partie de cette bimbeloterie est finie et assortie à Paris. On fait dans cette dernière ville bon nombre de jouets tournés, entre autres les bilboquets, les toupies, les diables, les quilles et leurs boules, etc.; on en fait pour une soixantaine de mille francs. Quant au cartonnage, qui comprend ces milliers de jeux de patience, de boîtes à glace, de porte-montre, de pe-lottes, de coffrets, de petites commodes, etc., dont le prix est si modique, il est presque entièrement fabriqué ici ; et nous dirons même qu’il n’a pas été perfectionné ; l’imagerie en est toujours fort grossière et le carton très-mauvais. II est juste de reconnaître que l’on fait mieux aujourd’hui les surprises à ressort ; on a su obtenir un plus grand développement et varier la forme ainsi que le costume des diables.
- La bimbeloterie de papier mâché et de carton est en progrès. Les animaux, dits veloutés, sont, en général, rendus avec vérité: les chevaux, recouverts^ en veau mort-né, viennent de Bretagne, où la peau et la main-d’œuvre sont moins chères ; le travail en est assez soigné. Les personnages et les grotesques, à partir de 200 grammes et de 2 fr. 5o cent, la douzaine, sont préférés à eeux de Nuremberg, de Neiistadt, de Sonnenberg, etc.; nos grotesques sont, pour la plupart,
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- modelés avec goût et grimés avec esprit ; ils sont très-recherchés à l’étranger et d’une vente avantageuse.
- Le bonhomme commun commence à être établi chez nous avec une extrême économie : la grosse ne revient qu’à 12 francs 20 centimes, et ce prix se décompose ainsi qu’il
- suit :
- i4 kilogrammes de vieux papier à sucre............. i‘ 4o'
- 5 mains de papier gris............................. i 35
- 5 kilogrammes de colle de peau..................... 1 5a
- 2 G pains de blanc d’Espagne......................... o 3o
- Demi-litre vernis et alcool....................... o 90
- Couleur........................................... o 75
- 3 jours à 3 personnes.............................. 6 00
- 12f 2 0°
- On vend 18 francs, c’est-à-dire avec un bénéfice de 3o p. 0/0.
- C’est dans la poupée et le jouet mécanique que Paris excelle; il a acquis dans ces deux fabrications une supériorité incontestable. Citer le nom deThéroude, c’est rappeler ces béliers, ces chèvres, ces moulons, d’une imitation si vraie, et dont les bêlements, presque naturels, attestaient l’habileté avec laquelle étaient réglés la course du barillet et le jeu des soufflets et des soupapes. Quant à tous ces personnages automatiques, qui réunissent les mérites d’une exécution correcte et d’une mobilité souvent très-prolongée, on sait que, depuis longtemps, nous les expédions partout; les Chinois seuls, bimbelotiers fort ingénieux, font le jouet automatique commun aussi bien et à meilleur marché que nous. Les danseurs de corde sont plutôt des pièces d’horlogerie que de bimbeloterie ; ils sont, d’ailleurs, déjà connus.
- La poupée est, à Paris, l’objet d’une fabrication active, variée, intelligente. L’extension des affaires a déterminé l’introduction, dans cette industrie, de la division du Iravail ; et,
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- en peu d’années, grâce à ses heureux effets, les prix ont baissé, la confection a été améliorée, et la vente s’est accrue. Tout le monde sait qu’une poupée se compose, i° d’un buste en cire ou en pâte; 2° d’un corps, tantôt en carton, tantôt bourré de sciure de bois, etc., dans ce cas, recouvert d’une peau d’agneau, blanche ou rose; 3° d’une denture en paille ou en émail; 4° d’yeux peints, en verre ou en émail; 5° de mains en bois, en pâte, ou en peau jaune, simulant les gants; 6° d’une chevelure frisée et coiffée; j° de bas et de linge de corps ; 8° d’uDe toilette complète ; 90 d’un chapeau avec fleurs ; io° de souliers. — Chacun de ces détails est confié à des mains spéciales. Le buste en cire a été pendant longtemps tiré d’Angleterre ; celui que l’on fait aujourd’hui à Paris a moins de mignardise, mais plus de vérité dans le modelé. Le corps en carton est établi par milliers de grosses à un prix bien modique (23 centimes la douzaine), mais encore un peu plus élevé, dit-on, qu’en Saxe ; par jour, une femme en moule une grosse ; un ouvrier finit et colorie 4 grosses. Les pieds et les mains en bois, les bas et les souliers, le linge et la layette, les robes, les corsets, les sacs, les bonnets, les chapeaux, etc., sont le produit de fabrications distinctes; il y a des modistes, des perruquiers, des fleuristes pour poupée.
- Les poupées se vendent depuis 4 fr. 80 cent, la grosse, nues, à 5o francs la pièce, habillées. De ces dernières (les poupées habillées), il existe des modèles de 35 centimètres, dont la toilette se compose de 5 pièces, et qui coûtent 1 fr. 5o cent, la douzaine (12 centimes 1/2 la pièce). Le même modèle, bras en papier, avec robe et chapeau, ne vaut que 83 centimes la douzaine (7 centimes la pièce) : nous donnons plus loin l’analyse des prix de 16 centimes pour la poupée nue, et de 95 centimes pour la poupée habillée; comme cette analyse n’est applicable qu’à des modèles déterminés, elle ne pouvait figurer que dans le rapport consacré àM. Jumeau. Nous nous bornons ici à citer deux comptes de revient de poupée nue :
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- POürÉE PEM DROITE , de 75 centimètres, yeux peints, sans denture, à 111 35e la douzaine, prix net ( 94 cent. 1/2 la pièce). J ROSE, NUE. l’LOYASTE , de 65 centimètres, yeux en émail, dents en paille, à 5Gr 40° la douzaine, prix net (4f 70' la pièce).
- Peau 37 p. 0/0. 26 l/2 p, O/O.
- Buste i5 1/2 26 1/2 '
- Bourrage et couture i5 1/2 8 1/2
- Pieds et mains (doigts détachés). 4 9
- Cheveux -, 9 16
- Montage, frais, bénéfice..... 161/2 i3 1/2
- Les ouvrières parisiennes n’ont pas de rivales pour l’habillement de la poupée: elles savent, avec une prestesse et une habileté merveilleuses, tirer parti des moindres morceaux d’étofFes pour créer une toilette élégante. Le mantelet, le ca-sarecka, et la robe d’une poupée de 1 franc sont la reproduction fidèle et correcte des modes nouvelles, et dans ces costumes chiffonnés avec tant de coquetterie, l’habilleuse ne se montre pas seulement excellente lingère, couturière ou modiste; elle fait preuve, en même temps, de goût dans le choix des tissus et le contraste des couleurs. Aussi, la poupée est-elle expédiée dans les départements, et souvent à l’étranger, comme patron des modes; elle est même devenue un accessoire indispensable de toute exportation de nouveautés confectionnées; et il est arrivé que, faute d’une poupée, des négociants ont compromis le placement de leurs envois. Les premiers mantelets vendus dans l’Inde furent d’abord portés sur la tête, en mantille, par les dames de Calcutta ; le modèle
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- arriva enfin, l’erreur fut reconnue, le rnaulelel ridiculisé, et le reste de l’assortiment dut être cédé à perte.
- Les trousseaux et les layettes sont faits autant pour servir de guide aux lingères et aux couturières étrangères que pour l’amusement des petites filles : il y en a de tous prix, de 1 franc à i5o francs la boîte. Le trousseau se compose de 16 pièces, dont 3 robes, et souliers, bas, chapeau, sac, gants, compris. La layette comprend dix pièces: tabayole, bavoir, béguin, brassière, crème, camisole, couche, lange, serviette et bourrelet. En belle confection, et avec une poupée de 24 centimètres* les 26 pièces coûtent 4 fr. 5o cent.
- Disons en terminant qu’à un certain point de vue, les expéditions de poupées habillées ne sont pas sans intérêt. C’est un peu par les poupées et les images que la plupart des peuples des deux mondes connaissent la France et se familiarisent avec ses usages, ses idées, ses costumes; ouvrez une caisse destinée à Valparaiso, à Mexico, à Batavia, à Smyrne, et vous y trouverez, dans ce que l’on appelle un assortiment, grisettes, paysannes, cantinières, mobiles, grandes dames en toilette de mariage, de ville ou de bal, reines et marquises du dernier siècle, etc.
- Nous n’avons pas parlé des polichinelles, des pantins et des rigolos, des rouleurs et des branle-tête, des moutons et des lapins, des animaux sur soufflet, des mirlitons, des tambours et des crécerelles, des oiseaux emplumés à 5 et 10 centimes, des harmonicas, des poupées de tir en plâtre à 20 centimes la douzaine, etc.; la fabrication de tous ces articles est importante, tant à Paris, dans le 6e arrondissement, que dans le Jura et l’Isère.
- Un dernier mot : c’est au Japon que le jouet est fait avec le plus de vérité, de finesse et de soin; en Chine, on ne trouve guère que des poupées automatiques, des statuettes peintes ou habillées, des poussahs en stéatite ou en pâte, et des joujoux grossiers de toute sorte en carton, en bambou, en papier, qui se vendent par caisses assorties. L’Allemagne lutte victorieusement avec nous pour la bimbeloterie de bois
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- commune; les ménages, fermes, bergeries, villages, bons hommes et animaux taillés, peints et vernis, peuvent y être établis à beaucoup meilleur marché qu’à Saint-Claude. Manheim a conservé sa réputation pour les figurines; Nuremberg, Rodach, Sonnenberg, Neustadt, Hildburghausen, font avec le plus de succès le jouet en carton. Les grands bimbelotiers saxons ont des ouvriers vassaux qui, de père en fils, font le même article et sont payés en nature. Le Tyrol nous envoie toujours d’énormes quantités de poupées à ressort, d’animaux, de voitures, sculptés en bois blanc, parfois avec assez d’originalité. Dans la seule vallée de Groeden, 2,5oo découpeurs et tourneurs ne font pas autre chose. Londres, Birmingham, etc., ont pour certains articles, pour la poupée en cire, entre autres, une supériorité bien connue.
- Toutes les fois qu’il s’agit d’objets grâcieux, jolis, finis, nouveaux, Paris l’emporte sur tous ses rivaux, qui suivent son impulsion et travaillent d’après ses idées, ses dessins, ses modèles. Il est rare que l’on exporte des assortiments de bimbeloterie d’Angleterre ou d’Allemagne, sans les compléter par nos jouets fins. Au reste, nos exportations vont toujours en progressant; en 1827, nous expédiions pour 336,000 francs; en i832, pour3i3,ooo francs;en 1837,pour 693,000 francs; les sorties se sont élevées, en 1842, à 684,000 francs; en 1847, à 1,217,440 francs; elles ont àpeu près doublé dans chacune des deux périodes décennales. Nous avons vendu aux États-Unis pour 75,000 francs de bimbeloterie, en 1837, et pour 325,ooo francs, en 1847; à l’Angleterre, pour 75,000 francs, en 1837, et pour i85,ooo francs, en 1847; au Brésil, pour 10,000 francs, en 1837, pour 37,000 francs, en 1847.
- La bimbeloterie parisienne n’a pas échappé à la crise fatale qui a suivi la révolution de Février. La différence en moins entre 1847 et 1848 a été de près de 60 p. 0/0, et, sur 1,832 ouvriers, i,o48, c’est-à-dire 67 sur 100, n’ont pas pu être conservés par leurs patrons durant les mois de mars, avril, mai et juin i848. La diminution de la production eût
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- Médailles de bronze.
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- été plus grande encore, si ia vente des jouets militaires ne s’était pas assez bien soutenue; il n’y a eu, en cette spécialité, qu’une différence en moins de 9 1/2 p. 0/0 entre 1847 et i848.
- M. THÉROUDE, rue Montmorency, n° i4, à Paris (Seine).
- M. Théroude est un de nos premiers fabricants de jouets mécaniques ; il travaille pour Paris et pour l’exportation, et ne trouve pas de rivaux sur les marchés étrangers. Sa fabrication courante comprend les jouets mécaniques de 3 à 2 5 francs, particulièrement de 10 à 12 francs; et c’est presque toujours lui qui exécute ces jouets de 25 fr. à 1,200 fr., dont plusieurs sont des curiosités. Il a perfectionné les organes et les rouages du barillet, qu’il a pris pour moteur direct, le jeu des soupapes, la composition des chairs de poupée. Les produits exposés par M. Théroude témoignent de son habileté; et dans la visite de son atelier, nous avons constaté l’importance de la production, l’intelligence et la simplicité du travail.
- Le jury décerne à M. Théroude une médaille de bronze.
- M. JUMEAU, rue Mauconseil, n° 18, à Paris (Seine).
- La poupée de peau est établie à Paris avec une telle supériorité de travail, de goût et de bon marché, quelle est expédiée dans toutes les parties du monde; elle ne trouve ni ne craint aucune concurrence. Ce fait donne à l’exposition de M. Jumeau un intérêt tout particulier; son chiffre d’affaires est de 120,000 francs, la plupart de ses produits sont exportés, et ils sont connus jusqu’en Chine.
- Il fait la poupée de peau rose de toutes grandeurs et qualités, depuis 24 francs la grosse, en nu, jusqu’à 5o francs la pièce habillée; mais il s’attache principalement au genre demi-fin, du prix de 36 à 48 francs en nu, de 60 francs la douzaine habillé.
- Composer avec quelques chiffons un habillement coquet, est un jeu pour les ouvrières parisiennes, aussi insisterons-nous moins sur l’exactitude et l’élégance des toilettes que sur le montage et l’économie de la fabrication. Nous n’en saurions donner une meilleure preuve qu’en citant deux comptes de revient.
- La poupée nue, dite voltigeur, haute de 33 centimètres, se vend
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- 22 fr. 55 cent, la grosse, prix net, c’est-à-dire i5 cent. 6/io pièce. Elle revient à 16 centimes 3/îo, qui se décomposent ainsi :
- Buste en carlon, de Paris.................. ofo.34m
- Peau de mouton teinte.......... ........... o 080
- Bourrage de la peau en sciure de bois...... o 012
- Couture de la peau......................... o 016
- Cheveux.................................... o 007
- Montage et frais divers.................... o 014
- o 163
- L’analyse du prix des jolies poupées habillées de 3a centimètres à 11 fr. 3o cent, net la douzaine (g4 centimes pièce) est non moins curieux :
- Buste en papier mâché d’Allemagne.
- Corps en carton...................
- Bras en peau, mains en bois.......
- Jambes en peau, bourrées de sciure.
- Cheveux et coiffure...............
- Montage...........................
- Robe, tissu.......................
- ------coupe et couture............
- Bas et souliers...................
- Bonnet ou chapeau.................
- Frais divers et bénéfices.........
- o o5 o 06 o 1 o o 1 o o 02 o 25 o 1 o o o5 o oA o 02
- o 94
- M. Jumeau a, on le voit, à peu près atteint l’extrême limite du bon marché; il est en même temps un de ceux qui réussissent le mieux les reines, les marquises et les poupées de caractère. Ce fabricant artiste occupe, en temps ordinaire, 65 ouvrières couseuses, empeausseuses, habilleuses et apprêteuses, tant chez lui qu’en chambre; payées à la tâche, elles gagnent de x fr. 2 5 cent, à 2 fr. 25 cent, par jour. Il tire d’Allemagne une partie de ses têtes,-d’Angleterre les bustes en cire ; les têtes de caractère et les corps de carton se font à Paris, et la division du travail est déjà devenue telle dans celte industrie, que les petits bas, souliers, chapeaux, pieds, mains, perruques, fleurs, etc., destinés aux poupées, sont l’objet de fabrications distinctes.
- M. Jumeau confectionne les layettes et les trousseaux de poupée,
- 5o
- iii.
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- Mentions
- honorables.
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- depuis 12 francs la douzaine jusqu’à i5o francs la pièce. Les trousseaux de 12 francs la douzaine sont pour poupée de 19 centimètres ; ils se composent de 9 pièces et de la poupée : mais l’article courant est le trousseau-layette de 4 fr. 5o cent, la boîte : il comprend une poupée de 2 4 centimètres et 26 pièces différentes. Leur confection est réellement remarquable.
- La poupée habillée n’est pas seulement un jouet, elle sert bien souvent à l’étranger de modèle et de patron de nos modes, et elle est devenue, dans ces dernières années, l’accessoire indispensable de toute expédition, dans les Amériques et les Indes, de nos nouveautés confectionnées.
- M. Jumeau était, en i844> associé de M. Bellon; cette maison a reçu, à cette époque, une mention honorable. Le jury central, appréciant l’intérêt de la fabrication de M. Jumeau, lui accorde une médaille de bronze.
- M. Pierre RINGEL, rue des Trois-Pavillons, n° 18, à Paris (Seine).
- La concurrence de l’Allemagne est la seule qu’aient jamais redoutée les bimbelotiers français; mais, depuis plusieurs années, ils sont parvenus, par une fabrication mieux entendue et plus économique, à faire préférer à l’étranger une grande partie de leurs produits. Sonnenberg, Rodacli, Hildburghausen, Neustadt et Nuremberg sont encore maintenant sans rivaux pour les jouets en pâle petits et communs, dont le poids est au-dessous de 200 grammes et le prix de 5o centimes à 2 francs la douzaine. Celte supériorité, l’Allemagne la doit au bas prix de la main-d’œuvre (i5 kreutzers = 55 centimes); mais, dès qu’un ressort ou un mouvement, un costume, quelques ornements ou même seulement des dimensions un peu plus grandes ajoutent à la valeur de l’article, M. Ringel lutte avec succès, et d’autant plus facilement, qu’employant pour le moulage du carton de papier, et non de la pâte de farine et de papier mâché, il évite cette casse de i5 à 20 p. 0/0 qui augmente naturellement la valeur de la bimbeloterie allemande. Il expédie aujourd’hui des jouets à ressort en Allemagne, et fabrique principalement l’article de 48 francs la douzaine.
- Le jury central lui accorde une mention honorable.
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- M«« TESTARD, rue Saint-Denis, n° 278 , à Paris.
- Elle établit et habille la poupée de peau rose ou blanche, depuis 5 francs la douzaine jusqu’à 3o francs et plus, la pièce, principalement pour l’Amérique. Elle s’occupe surtout de ce que l’on appelle la poupée clouée. Si l’exécution laisse un peu à désirer, le costume ne mérite que des éloges ; les toilettes sont chiffonnées avec beaucoup de goût et d’élégance.
- MUe Testard est à la tête d’une maison déjà ancienne; elle fait travailler une trentaine d’ouvrières, et mérite la mention honorable que lui accorde le jury.
- M. Julien JAN, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
- M. Jan est un ancien militaire qui a fait les campagnes de 1807 à i8i3, et que recommande le jury du département d’IUe-et-Vi-laine en ces termes : « La visite de l’atelier et l’examen des procédés de fabrication ont prouvé que tout se fait avec grand soin; ce ne peut être qu’à force c!e travail assidu, et grâce à beaucoup d’ordre et d’économie, que les produits peuvent être livrés à des prix aussi modérés. Borné à une spécialité qu’il semble affectionner, M. Jan est parvenu à fabriquer avec élégance et solidité quelque articles de bimbeloterie qu’on peut regarder comme objets de luxe dans la partie. » M. Jan fait à bon marché et convenablement le cheval en peau de veau mort-né. Les animaux qu’il a exposés sont d’une exécution assez satisfaisante et d’un prix assez modique pour mériter à M. Jan une citation favorable.
- § 23. OEILLETS MÉTALLIQUES.
- M. Natalîs Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’œillet métallique a été inventé parM. Rogers, qui fut breveté pour cinq ans à la fin de 1823; c’est, en 1828 que M. Daudé a pris son premier brevet, et lui seul a pris date six fois pour des perfectionnements. Son invention des agrafes œilletées remonte à 18/11.
- Citation
- favorable.
- 00.
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- De 1823 à i848, dix brevets seulement ont été délivrés pour la fabrication des œillets.
- L’Angleterre fabrique peu cet article ; elle en a exagéré la solidité au point de rendre l’œillet lourd, disgracieux et très-cher. L’Allemagne commence à le réussir, mais, si elle est arrivée à produire à meilleur marché, elle n’a pas encore atteint à la perfection de la fabrication parisienne.
- La France jusqu’à présent fournit à peu près seule les œillets métalliques et les petites mécaniques pour les river, à tous les pays où il y a des corsetières, des couturières et des tailleurs. En i845, les délégués commerciaux français ont fait connaître l’œillet aux Chinois, et il.y a été accueilli avec faveur.
- L’œillet est en cuivre jaune blanchi ; il s’applique aux corsets, aux vêtements d’homme et de femme, aux chaussures, aux guêtres, aux blutoirs, aux voiles et aux bâches, et à nombre d’objets divers. L’usage en est de plus en plus répandu. La machine pour la pose de l’œillet est d’une vente relativement peu importante, car les fabricants livrent des œillets dont la tête est déjà un peu renversée, et il suffît d’un coup de marteau pour que le consommateur puisse les appliquer sur l’étoffe. On les appelle les colibris; les œillets droits sont désignés sous le nom de renforcés.
- Les agrafes œilletées sur ruban pour corsages de robe sont, en raison de leur solidité et de la conservation de l’étoffe, préférées aux agrafes et aux portes cousues. L’Angleterre fabrique cet article, mais avec moins de correction que nous, et tire de France une grande partie des agrafes destinées à sa consommation.
- Médaille M. DAIJDÉ, rue des Arcis, n° 22, à Paris (Seine).
- de bronze.
- Il a pris, en 1828, i83g, \84i, i845 et 1846 six brevets pour la fabrication des œillels et des agrafes œilletées; il en a amélioré la forme, la pose, le travail, et réduit le prix.
- Il vend le mille d’œillets de 5o centimes à 1 fr. 2 5 cent., les agrafes œilletées 60 centimes le mètre sur lacet, 90 centimes sur
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- ruban de soie, et les petites machines à river de 10 à i5 francs la douzaine.
- M. Daudé occupe, en temps ordinaire, 12 ouvriers, exporte les 2/7 de sa production, qui est d’environ 100,000 milliers d’œillets et d’agrafes œilletées.
- Le jury central décerne une médaille de bronze à M. Daudé, mentionné honorablement en i844-
- M. CHAMBELLAN, rue Rambuteau, n° 5y, à Paris (Seine), et à Argenteuil (Séine-et-Oise).
- Il fait travailler dans sa fabrique d’Argenteuil 24 ouvriers et 18 découpoirs ; son chiffre d’affaires est considérable, surtout pour cette industrie, et ses exportations en tous pays, égales aux 2/3 de sa production, sont très-actives.
- Il a exposé des œillets dits renforcée et colibris de toute grandeur, depuis 53 centimes jusqu’à 1 franc 26 cent, le mille. La marque CZ, adoptée par M. Chambellan, et qu’il inscrit sur ses bonnes qualités, est connue et recherchée sur les marchés étrangers. Un assortiment varié d’œillets pour bretelles* bas lacés, bâches, fonds sanglés, voiles, etc., d’œillets avec rondelles, genre anglais, d’agrafes œilletées , système Daudé, etc., témoigne d’une fabrication bien entendue. Les machines pour river les œillets sont de 4 fr. 4o cent, la douzaine à 18 francs la pièce, selon la grandeur, la solidité et la précision; elles sont faites dans l’atelier de la rue Rambuteau, ainsi que les machines à ferrer les lacets dont le prix est de 5o fr. la pièce.
- M. Chambellan expose pour la première fois; il .a succédé à M. Coullier et à M. Julien, mentionnés honorablement, le premier en 183g et le second en i844- Le jury accorde à M. Chambellan une* mention honorable; il espère retrouver dans cinq ans son établissement toujours prospère et ses relations étendues.
- § 24. PEIGNES.
- M. Natalis Rondot" rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES»
- Le travail du peigne est compris dans cet ensemble de petites fabrications que l’on désigne sous le nom de tabletterie;
- Mention
- honorable.
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- il forme une des spécialités les plus importantes de cette industrie si complexe.
- La tabletterie comprend tous les petits articles d’utilité ou de fantaisie qui sont faits en ivoire, en écaille, en nacre, en corne, en os, en bois exotiques, et garnis ou non en or, en argent, en acier. L’exposition de cette année était assez riche en échantillons de tout genre pour indiquer la variété infinie des produits, des modèles, des moyens de travail et des systèmes d’assemblage.
- La tabletterie touche, on a pu le remarquer, à l’ébénisterie, à la marqueterie, à la gaînerie, et l’une de ses spécialités les plus importantes, celle des nécessaires, ne se compose même bien souvent que d’un travail d’assortiment de pièces diverses exécutées sur des modèles donnés par des fabricants indépendants.
- Paris, Dieppe, onze communes du département de l’Oise, Beaumont (Seine-et-Oise), Ivry-la-Bataille (Eure), sont à peu près les seules localités où l’on fasse de la tabletterie demi-fine et fine.
- La grosse tabletterie (c’est-à-dire les tabatières en buis et en carton, les peignes en corne et en buis) est façonnée à Saint-Claude (Jura), à Oyonnax et à Nantua (Ain), à Bourgogne (Marne), à Bois-le-Roi (Eure), à Sarreguemines (Moselle), à Rouen et à Oléron.
- On compte à Paris 4,ooo 1 ouvriers occupés par 700 fabricants et façonniers tabletiers; ils produisent annuellement pour 13 millions de francs environ. Dieppe a 3oo ouvriers et vend pour 600,000 francs. Dans les cantons de Méru et de Noailles, à Beaumont et à Ivry, il n’y a pas moins de 3,000 ou-
- 1 Nous lisons dans une lettre adressée par la chambre de commerce de Paris au ministre de l’intérieur, le 28 mars 1807 : «Les productions de la «tabletterie se subdivisent à l’infini; les tabatières de carton, d’écaille, «d’ivoire, de buis, de bois des îles, les garnitures de toilette, de table de «jeu, les jouets d’enfant, les cannes, les peignes et mille autres petits ar-« ticles sont du ressort de la tabletterie. Plus de 6,000 individus sont oc-«cupés dans Paris à ce genre de travail.»
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- vriers, dont le travail représente une valeur supérieure à 6 millions de francs.
- Nous n’estimons pas à moins de 20 millions de francs la production de la tabletterie mi-fine et fine, et ce chiffre, très-approximatif, ne saurait être exagéré.
- L’exportation constatée par les états de commerce s’élève pour 1847, en valeurs actuelles, à g millions de francs, dont 4 millions de francs en tabletterie proprement dite; et 5 millions représentant le cinquième des exportations de mercerie (la douane comprenant sous celte désignation toute la petite coffreterie, les tabatières et la petite tabletterie de carton, de peau maroquinée, etc.).
- L’exportation de la tabletterie proprement dite a quadruplé depuis 1828; l’importation des ivoires, des nacres et des écailles a seulement doublé.
- Nous insisterons peu sur le travail et les diverses spécialités de la tabletterie ; nous dirons seulement qu’en moyenne le prix de la façon est égal à celui de la matière première. 11 y a cependant, surtout en ivoire, de nombreux articles, dans la valeur desquels la main-d’œuvre figure pour une proportion plus considérable. Nous citerons, en sculpture dite commerciale, les Christs du poids de 16 à 34 grammes et de 5 fr. 5o cent, à 36 francs, qui coûtent de 290 à i,o5o francs le kilogramme; les souvenirs de 43 et 65 grammes et de 12 à 36 francs, c’est-à-dire de 280 à 54o francs le kilogramme. Pour les objets façonnés ou guillochés, les porte-bouquet, les couverts à salade, les manches de couteau pesant de 20 à 3o grammes, valent de 2 fr. 25 cent, à 10 francs, c’est-à-dire de 110 à 36o francs le kilogramme. Enfin les objets unis, sciés ou tournés reviennent de 5o à 100 francs le kilogramme.
- Après avoir indiqué l’importance de l’industrie de la tablet terie, nous devons dire un mot de la fabrication du peigne.
- L’exportation des peignes d’ivoire et d’écaille, après avoir été en décroissance pendant plusieurs années, s’est relevée en 1847. De 4i4,ooo francs en 1837, elle était tombée à 78,400 francs en i845 ; elle a été en 18/17 de 290,000 francs.
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- Presque tous les peignes fins d’ivoire, d’éeaille et de buffle sont faits à Paris ; le peigne de corne est façonné principalement à Ezy (Eure), celui de buis au Labit et à Bois-le-I\oi (Eure) ; cest dans le Jura, l’Ain et l’Oise que se font les peignes de buis, d’os et de corne en qualité ordinaire.
- Trente et un brevets, dont vingt et un d’invention, ont été pris, de 1791 à i848, pour l’exécution ou la disposition du peigne. Le premier de ces brevets, daté de 1807, fut délivré à M. Tissot, pour la fabrication mécanique du peigne à décrasser. Jusqu’alors le débitage de l’ivoire, la denture et le finissage étaient faits à la main. C’était un travail difficile et long, et les échantillons que l’on a conservés de la fabrication antérieure à la machine de M. Tissot attestent sans doute l’habileté de l’ouvrier, mais offrent des imperfections inséparables du travail à la main. L’ouvrier ne faisait que d’une à trois douzaines par jour, selon la grandeur et la finesse, et le peigne le plus fin n’avait que 90 dents au 5 centimètres. La fabrication à la mécanique fut améliorée en France, et surtout en Angleterre, sans que ces perfectionnements donnassent lieu à des prises de brevet. Le peigne était sans doute mieux fait, plus fin et plus régulier, livré à plus bas prix; la denture ne faisait plus l’éventail; mais il restait une condition à remplir, c’était Vévidage. M. Noël est parvenu à surmonter cette difficulté. Le 3 juillet i845, il fut breveté, tant pour cet évidage que pour un ensemble de fabrication à la mécanique dont nous allons indiquer sommairement les principales machines-outils :
- Machine à rogner et à écouanner les plaques, façonnant par jour 100 douzaines;
- -------- à arrondir et à enrichir les bouts de 300 douzaines
- par jour;
- -------- à cintrer les peignes dans le sens de la longueur
- (3oo douzaines par jour);
- -------- à denter, à glissières horizontales ;
- Molettes, fraises et outils dentés pour pointer, évider et adoucir les dents (de 6 à 10 douzaines par jour).
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- La bonne combinaison et ia précision de ces machines rendent aussi parfaite que possible l’exécution du peigne, qui se fait aussi facilement en 15o dents (aux 5 centimètres) qu’en 80 dents, comme autrefois.
- Nous exportons nos peignes en Espagne, en Belgique, en Hollande, dans l’Amérique du Sud. L’Angleterre est notre seule rivale; elle fait, moins bien et plus chèrement que nous, les peignes moyens et fins. Nous soutenons sans désavantage sa concurrence sur tous les marchés de l’Amérique et de l’Europe.
- Les peignes dits à retaper et à chignon sont toujours faits à la main, à l’exception, dans certaines sortes, de la denture. Tous ceux qui sont en belle qualité et d’un travail soigné se vendent sans rivalité dans tous les pays étrangers.
- Le peigne est fait ordinairement en ivoire d’Asie.
- M. NOËL fils aîné, rue de Lancry, n° 33, à Paris (Seine).
- Il a inventé deux machines pour ébaucher et arrondir les billes de billard; la disposition en est simple, et leur marche est assez précise et rapide pour que l’on fasse mieux en trois fois moins de temps qu’à la main. La production de la bille n’est pas sans intérêt, et l’exportation de ce seul article s’élève à près de 60,000 francs.
- Nous avons indiqué plus haut les perfectionnements apportés par M. Noël dans la fabrication à la mécanique du peigne à décrasser. Nous ajouterons que les diverses machines dont nous avons suivi le travail dans son atelier, ont été pour la plupart heureusement modifiées, entre autres la scierie à bascule, la scie-denteuse horizontale, etc. Une machine expéditive et très-simple remplace avec avantage le polissage et le grattage à la main. Le pointage et l’évi-dage, faits celui-là au moyen de fraises, et celui-ci avec des outils dentés, sont réussis sur les peignes de toute finesse.
- M. Noël est également inventeur d’une machine à 4 fraises, armée de 96 ailes et garnie de 192 peignes, à l’aide de laquelle on peut denier plus de 100 douzaines par jour. Un ouvrier conduit trois de ces machines, dont la construction est ingénieuse, et sur lesquelles nous aurions insisté si, dans les limites actuelles de la vente du peigne, l’emploi en eût été avantageux.
- Médaille
- d’argent.
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- Médailles de bronze.
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- 26 machines diverses, mues par une pompe à vapeur de 5 chevaux, fonctionnent dans l’atelier de M. Noël.
- Ce fabricant établit, outre le peigne à décrasser, le peigne à démêler, et a présenté différents échantillons de peigne en trois parties montées sur rainure droite, et de peigne avec dents engagées une à une dans une alvéole.
- L’éche’îe de ses prix nets commence à 80 centimes et finit à 22 francs.
- M. Noël a été encouragé par une mention honorable en i83g, par une médaille de bronze en i844; depuis l’exposition dernière, l’industrie du peigne lui doit de nouveaux progrès, et le jury central récompense M. Noël de ses efforts en lui décernant la médaille d’argent.
- M. FAUVELLE-DÉLEBARRE, boulevard Bonne-Nouvelle, n° 10, à Paris (Seine).
- Ce fabricant soutient dignement la réputation de son prédécesseur, M. Cauvard; les peignes en corne, en buffle et en écaille, qu’il a exposés, étaient irréprochables, et quelques modèles riches faits en écaille de choix, se distinguaient par une sculpture élégante et très-finie. Ces derniers peignes, d’un prix élevé (3o et 4o francs la pièce), sont d’une vente facile pour Rio et pour les colonies anglaises et espagnoles. Les imitations d’écaille et de buffle sont également réussies et habilement façonnées par M. Fauvelle-Délebarre, et il a présenté en ce genre des peignes à chignon et à retaper, de 8 à i5 francs la douzaine, dont l’exécution ne laisse rien à désirer.
- En écaille, les peignes se vendent au poids, à raison de 3o à 4o centimes le gramme; le peigne à chignon pèse de 20 à 3o gr. ; et le peigne à démêler de 20 à 25 grammes.
- M. Fauvelle-Délebarre fabrique principalement les belles qualités, il occupe de 70 à 80 ouvriers, dont 10 en atelier. Son chiffre d’affaires est assez considérable.
- Le jury central décerne à ce fabricant renommé la médaille de bronze.
- M. POISSON, rue de Vendôme, n° 17, à Paris (Seine).
- Connu depuis longtemps comme un de nos plus habiles et plus intelligents tabletiers, il fait en ivoire tout l’article de fantaisie,
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- depuis le bouton de chemise et le cure-dents à 6 et 8 francs la grosse, jusqu’au porte-cartes, à la corbeille, et jusqu’à la sculpture artistique. Il s’occupe plus spécialement de la bille et de la feuille à peindre; il vend la première î fr. 6o cent, les 3i grammes , et la deuxième de i5 à 6o francs la douzaine, selon la grandeur. Celle-ci varie de i5 lignes sur 34 à 6o lignes sur i35, c’est-à-dire de 33 m/m sur 76 à 125 m/m sur 3o4-
- Jusqu’à présent, on a fait le peigne à démêler de trois manières:
- i° D’une seule pièce; et il est alors façonné en droit fil ou à contre-fil : dans le premier cas, la longueur, limitée à la grosseur de la dent, atteint rarement à 17 centimètres, et le dos est fragile; dans le second cas, les dents sont très-cassantes.
- 20 En deux ou trois parties : les inconvénients que nous venons de signaler ont fait renoncer au peigne d’un seul morceau; aux Etats-Unis, en Allemagne et en France, on a fait différents essais, et l’on est arrivé à adopter une rainure droite dans laquelle sont engagés et réunis les coulisseaux surmontés des dents grosses et petites.
- Ces coulisseaux sont fixés à l’aide de rivures et de chevilles, rarement avec la colle, qui a peu de prise sur l’ivoire.
- 3° Aux Etats-Unis, les grosses dents sont souvent rapportées et rivées, une à une, dans des trous pratiqués dans la baguette du dos.
- Tels sont, en négligeant plusieurs modifications de détail, les principaux modes de fabrication; les deux derniers ne donnent au peigne la solidité nécessaire qu’au prix d’un travail coûteux.
- M. Poisson avait, dès i844, remplacé, dans l’ajustement des joints des pièces de tabletterie d’ivoire, l’enchevêtrement de tenons en forme de trapèze employé par les Chinois, ainsi que le collage ou le chevillage bout à bout, par la queue d’aronde. Cette année, il a appliqué celle-ci au peigne, et il a pu ainsi prendre le contre-fil pour le dos et le droit fil pour les dents, obtenir sans rivet, ni cheville, ni-colle, une attache solide, apporter une grande économie dans la fabrication, et établir, suivant qu’on le désire, des dents en ivoire ou en écaille, sur des dos en corne, en bois, ou en ivoire.
- Pour couper et planer l’ivoire et pour en faire des queues d’aronde mâles et femelles, M. Poisson a imaginé une petite machine
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- assez simple, qui n’est pas encore en activité, mais sur laquelle ont été faits les échantillons exposés.
- L’application de la queue d’aronde au peigne à démêler est trop récente encore pour que l’on puisse affirmer ses avantages; en attendant les résultats de l’expérience, nous ne pouvons que signaler, comme intelligente et utile, l’idée de M. Poisson, et, comme méritoires, ses essais.
- Prenant ceux-ci en considération , ainsi que l’ensemble de la fabrication de tabletterie d’ivoire de M. Poisson, le jury décerne à ce fabricant la médaille de bronze.
- M. MASSUE, passage Barrois, rue Aumaire, n03 3 et 5 , à Paris (Seine).
- La fabrication du peigne à décrasser se fait, cbez M. Massue, entièrement à la mécanique, depuis le débitage de l’ivoire jusqu’au pointage des dents (onze travaux différents). Les trois dernières façons, qui ont pour but de planeter, gratter et polir, sont données à la main. Une pompe à vapeur de six chevaux met en mouvement les vingt machines de l’atelier.
- Les peignes en ivoire et en buis de M. Massue sont d’une exécution correcte et soignée; ils ont ordinairement une finesse de go à i3o dents aux 5 centimètres; ceux de 200 dents, également aux 5 centimètres, sont des chefs-d’œuvre de tabletterie.
- Sur tous sont gravés la marque de fabrique et le numéro du modèle; cette dernière indication n’est pas inutile, car elle permet au destinataire de vérifier si la livraison est conforme au tarif et à la facture.
- Les fabricants de peignes ont adopté, pour la largeur de 44 millimètres, i3 grandeurs de o à 12, pour la largeur de 48 millimètres 1/2, et pour le peigne à dos, 5 tailles (a, b, c, d, 0); ainsi, len° 7 représente un peigne de 44 millimètres de large et de 76 millimètres de long, qui, façon dite demi-anglais, se vend 5 fr. 75 cent, la douzaine, escompte 12 p. 0/0 au comptant.
- Nous citerons, en raison de leur bon marché, des peignes en ivoire, de 45 millimètres de côté, pour l’exportation, à 9 francs la grosse.
- M. Massue fait le peigne à démêler en trois parties, les peignes pour les fabricants de papiers peints et pour les ouvriers en tapis-
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- série des Gobelins; il vend, année moyenne, 35,ooo domaines de peignes, dont les quatre septièmes pour l’exportation. •
- Mentionné honorablement en i83g et en i844, M. Massue mérite la médaille de bronze que le jury central lui accorde.
- M. Joseph CLAUDÉ, rue Beaubourg, n° 51, à Paris (Seine).
- Une fabrication de peignes à chignon unis et façonnés, assez importante et bien entendue, surtout une imitation réussie de l’écaille et de la corne, tels sont les titres qui recommandent M. Claudé à l’attention du jury.
- Il a exposé un assortiment de peignes de toutes qualités, dont le prix varie de 5 à 1 o francs la douzaine -, ces articles, principalement destinés pour l’exportation, sont estimés dans le commerce et sont d’un bon travail.
- M. Claudé a obtenu en i844 une mention honorable; le jury central la lui rappelle.
- Rappel
- mention
- honorable.
- M. Jules BAILIANT, rue Quincampoix, n°y7, à Paris Mention
- / o • \ honorable
- (Seine).
- Il fait le peigne d’ivoire dans le prix de 18 francs la douzaine, et travaille beaucoup pour l’exportation.
- Les échantillons que M. Bailiant a présentés laissent peu à désirer; leur vente paraît être assez facile.
- Fabricant habile, M. Bailiant mérite la mention honorable ; le jury la lui accorde.
- M. François-Xavier MONOD, à Marchou, commune citation d’Arbent (Ain). f"or“blc
- Six genres de peigne à chignon en imitation de buffle ont été exposés par M. Monod. Leur souplesse est suffisante, leur prix est assez modique; il est de 13 francs la grosse pour le peigne à nœuds, de 2 5 francs la grosse pour les peignes marquise et couronne, de 52 francs la grosse pour le peigne à jour. Mais les modèles, en tant que dessin et de forme, sont de mauvais goût, la taille est irrégulière, et les peignes paraissent sujets à se déjeter.
- M. Monod doit améliorer cette fabrication qui, nouvelle pour le
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- département de l'Ain, peut, à la faveur du taux peu élevé des salaires, y acquérir quelque importance et devenir utile à la population rurale. C’est en raison de cel intérêt que le jury accorde à M. Monod une citation favorable.
- § 25. PLUMEAUX.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les plumeaux sont faits en plumes de coq ou de vautour. On appelle vautour la plume de l'autruche bâtarde d’Amérique.
- Les plumes nous arrivent brutes, principalement de l’Amérique du Sud. Hautes de 16 à 66 centimètres, elles sont triées et divisées en 4o longueurs différentes. M. Hénoc a appliqué la vapeur au nettoyage des plumes ; M. Loddé le premier les a assorties par qualités.
- Le plumeau se compose d’une tige de bois à la tête de laquelle sont fixés trois rangs de plumes de différentes grandeurs; ils sont garnis au pied par de petites plumes d’oie. On a compris les inconvénients de cette disposition, et l’on a imaginé de monter sur baleine, sur liège, sur caoutchouc; l’expérience n’a pas encore prononcé définitivement sur le mérite de ces innovations, qui sont les unes et les autres assez bien entendues.
- En 1826, il n’y avait guère à Paris plus de 12 ou 15 ouvriers en plumeaux; aujourd’hui les trois fabricants qui ont exposé occupent à eux seuls, en atelier, 86 hommes et 7 femmes, au dehors, 2 5 hommes et i5 femmes; dix fois plus qu’il y a vingt ans.
- Nous exportons des plumeaux dans toute l’Europe et l’Amérique sans rencontrer aucune rivalité. Le Brésil a essayé de fabriquer le plumeau, et bien qu’il eût le vautour à plus bas prix que nous, il ne peut soutenir notre concurrence, même avec quelques droits protecteurs.
- Nos débouchés les plus importants sont, pour les plumeaux
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- en vautour blanc, mi-teint et teint, les colonies espagnoles, les Etats-Unis,et l’Amérique du Sud; pour les plumeaux en vautour gris, l’Angleterre et toute l’Europe; pour le plumeau de coq, la Hollande, la Belgique, la Prusse. Enfin nous expédions partout le plumeau de fantaisie en collet de coq ou en vautour plat ou frisé, monté sur un joli manche en ivoire sculpté ou doré.
- M. LODDÉ, rue Bourg-l’Abbé, n° 52, à Paris (Seine).
- Il a perfectionné la monture du plumeau, de façon à donner au même prix un article plus fourni, plus long et fouettant mieux. Cette amélioration lui a valu en i844 une mention honorable.
- 11 a exposé cette année tous les produits de sa fabrication courante, en ayant soin de les classer suivant les destinations. C’est ainsi que, d’un côté, étaient les plumeaux de vautour de couleur, de 4o à 6o centimètres de long, pour les colonies espagnoles, et de 17 centimètres et 1/2 à 55 centimètres, pour les Etats-Unis; de l’autre, se trouvaient les plumeaux de coq, pour la Hollande et la Prusse; les vautours gris de 17 centimètres 1/2 à 5o centimètres de long, pour l’Europe et l’Angleterre.
- Le prix moyen de la douzaine de plumeaux peut être estimé à 21 francs, en vautour gris; à 33 francs, en vautour de couleur; à 24 francs, en coq. Le petit plumeau de colporteur se fait, en vautour, à 20 francs la grosse (i4 centimes la pièce), et en coq, à 48 francs (33 centimes).
- M. Loddé monte, sur manche en composition ou en ivoire sculpté, le plumeau de fantaisie, en vautour blanc ou teint; il en expédie beaucoup en Angleterre, en Allemagne, à la Havane, aux États-Unis, dans les prix de 12 à 84 francs la douzaine. Nous citerons en outre un nouveau modèle de plumeau plat, dont l'usage offre quelques avantages.
- M. Loddé occupe à l’atelier 42 ouvriers et 20 au dehors ; il exporte les deux tiers de sa fabrication. Cité favorablement en i834 et en i83g, mentionné en i844, il mérite la médaille de bronze, que le jury contrai lui décerne.
- M. LHUILLIER, rue Saint-Martin, n°86, à Paris (Seine).
- Il exporte le tiers de sa production clc plumeaux en Angleterre
- Médaille de bronze.
- Mentions
- honorable»,
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- en Allemagne, en Amérique. Il ne rencontre aucune concurrence sérieuse.
- Ses plumeaux de voiture sont d’une excellente exécution, et en hauteur de 4o à 60 centimètres; le prix de 36 à 60 francs la douzaine est avantageux. M. Lhuillier établit de 18 à 72 francs la douzaine, en longueur de 3o à 5o centimètres, le plumeau de coq, qu’il expédie en petite quantité en Belgique, aux Pays-Pas et en Allemagne. Il a rendu le plumeau d’appartement d’un usage plus commode, en le montant sur caoutchouc; la flexibilité de la tête peut prévenir quelques accidents en époussetant les verrines, les porcelaines et les meubles.
- A côté du plumeau de i5 centimètres à 18 et 24 francs la grosse , nous avons remarqué le plumeau fin en vautour frisé, monté avec goût, l’écran en paon et les divers plumeaux de fantaisie.
- Toute cette fabrication est soignée; elle occupe 35 ouvriers à l’atelier, i5 au dehors, et a une assez grande importance.
- Le jury central décerne à M. Lhuillier la mention honorable.
- M. HÉNOC, rue Saint-Sauveur, n° 1, à Paris (Seine).
- Le plumeau dit américain, monté sur liège, offre l’avantage de supprimer et la ficelle et la garniture en petites plumes d’oie placées à la base du coeur, qui est formé de plumes à peu près égales en longueur; il est flexible, léger, solide et d’un emballage facile.
- M. Hénoc s’occupe également de plumeaux de coq et de vautour pour la voiture, l’appartement et l’exportation; des écrans à pied et à main, en paon et en autruche, des parasols, etc. Ses produits sont estimés dans le commerce, et l’ensemble de son exposition mérite des éloges.
- Le jury mentionne honorablement M Hénoc.
- S 26. TABATIÈRES EN CARTON, BOITES EN FER-BLANC.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- La tabatière de carton verni est en France, comme en Hanovre, en Bavière et en Oldenbourg, l’objet d’une fabrica-
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- lion très-active, qui l’emporte de beaucoup en importance sur celle des tabatières de buis de Saint-Claude.
- Sarreguemines (Moselle) est le centre de cette industrie, qui fut introduite à Sarralbe en 1775, par un meunier de Nassau, et qui s’étendit, principalement dans ces dernières quarante années, dans les communes de Sarreguemines, Blies-brueken, Gros - Bliederstroff, Neufgrange, Sarralbe, Velfor-deng,Hornbach, Bliesgueswiller etBlieshoveigen. La première fabrique en ce genre fut établie à Sarreguemines en 1809.
- On est tenté de supposer, en jetant les yeux sur ces petites tabatièrès vernies, dont le prix moyen est de 1 fr. 20 cent, à 2 fr. 4o cent, la douzaine, c’est-à-dire de 10 à 20 centimes la pièce, que cette fabrication et ce commerce, vu la valeur minime et la consommation naturellement très-restreinte de l’objet, sont limités à un chiffre d’affaires si modique qu’il leur ôte tout intérêt. Il n’en est rien : l’industrie de la tabatière de carton est une de ces mille petites industries inconnues qui alimentent en tout temps notre exportation, et, autant qu’aucune autre, elle est précieuse pour le pays, car elle est exercée dans les campagnes de la Moselle, dans le sein de familles pauvres, et en alternance avec les travaux agricoles.
- Nous n’estimons pas à moins de 2 millions de tabatières la production de l’arrondissement de Sarreguemines; le tiers environ est exporté.
- Ici, nous avons encore à signaler ce fait si curieux de la supériorité dans toute fabrication où il faut de l’originalité et du goût, non plus seulement de Paris, la ville des fabricants et des ouvriers artistes, mais de la France.
- Brunswick, Oberstein, Ensheim, Stuttgard, Offenbach, Nuremberg, étaient depuis longtemps renommés pour cet article. La patience et le soin des artisans allemands, leur aptitude pour le travail du cartonnage, l’habileté de pinceau des peintres de Brunswick, le bas prix de la main-d’œuvre, partant le bon marché des produits, une clientèle assurée en divers marchés, enfin la mode même, tout paraissait se
- ni.
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- réunir pour maintenir à l’Allemagne la production exclusive de la tabatière de carton. Malgré tant d'avantages, les paysans de la Moselle, bien dirigés, sont arrivés à faire mieux et à aussi bas prix, et la meilleure preuve de leur succès se trouve dans l’exportation facile et avantageuse de leurs tabatières.
- L’exposition des tabatières de carton de Sarreguemines atteste l’intelligence, l’habileté et le goût des fabricants. Composée de plus de 3oo modèles, elle nous a permis d’apprécier la correction du travail, la précision de l’ajustement des charnières en cuivre ou en carton ; la délicatesse et l’élégance des incrustations en nacre, en étain ou en argenton, la netteté du vernis.
- Quant au bon marché, il est extraordinaire, et nous ne pouvons nous dispenser de citer les tabatières noir-uni de 73 millimètres de long, 25 millimètres de large, 22 millim. de haut, à 45 centimes la douzaine (3 centimes 3/4 la pièce); celles de 65 millimètres de long, 4o millimètres de large, 20 millimètres de haut, à 70 centimes la douzaine ( 5 centimes 3/4 la pièce) ; et celles de 90 millimètres de long, 48 millimètres de large, 23 millimètres de haut, à 1 fr. 25 cent, la douzaine (10 centimes 1/2 la pièce).
- Ce bas prix est atteint à l’Aigle (Orne) par un petit fabricant, qui est arrivé à faire des étuis en fer-blanc pour allumettes à 32 et 35 centimes la douzaine (un peu plus de 2 centimes 1/2 la pièce), des tabatières en fer-blanc garnies en carton, à 56 centimes la douzaine (4 centimes 2/3 la pièce), et ces boîtes vernies, qui sont entre les mains des fumeurs, à 58 centimes la douzaine (moins de 5 centimes la pièce).
- On n’apprendra pas sans surprise que les i4,ooo francs de vente, faite en 1847 par ce fabricant (M. Bohin), représentaient une fabrication de 470,000 boîtes, étuis et tabatières (à 3 centimes pièce, prix moyen).
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- MM. BARTH, ADT et JOSEPH, à Sarreguemines f;dailies
- ° cle bronze.
- (Moselle), et rue du Temple, n° 29, à Paris (Seine).
- Fondée à Sarreguemines en 1809, celle maison occupe *00 ouvriers dans ses ateliers et i5o ouvriers dans la campagne; elle produit 72,000 douzaines de tabatières dont le tiers est exporté.
- Toutes les tabatières exposées par MM. Barlli, Adt et Joseph se distinguent autant parla précision de l’assemblage et de l’ajustement, que par le fini du vernissage et de l’incrustation.
- Une collection d’échantillons, qui comprend 200 modèles depuis 45 centimes jusqu’à 4o francs la douzaine, prouve que tous les genres sont produits avec un égal succès.
- En noir uni, depuis 45 centimes jusqu’à 1 fr. 25 cent, la douzaine; en noir, avec décor en peinture ou en impression de fantaisie, de 70 centimes à 8 francs la douzaine.
- En noir, avec peinture de Brunswick, de 3o à 36 francs la douzaine.
- En noir, avec incrustation nacre et maillechort, de 6 fr. 5o cent, à 60 francs la douzaine.
- En noir, avec portrait et guilloché or, charnière carton, de 36 à 48 francs la douzaine.
- Tels sont les prix des principaux articles qui sortent des ateliers de Sarreguemines.
- MM. Barlh, Adt et Joseph savent exécuter en Garton les ouvrages de coffreterie de fantaisie les plus élégants et les mieux finis. Les boîtes à gants (22 cent., 9 cent. 1/2 et 5 cent. 1/2), ornées d’un guilloché or et couleur, à 20 et 2 5 francs la pièce; les nécessaires (i5 cent., io cent, et 3 cent. 1/2), à i5 et 20 francs, en guilloché or ou en incrustation de nacre et de maillechort, sont remarquables par la finesse du grain, la pureté du vernis, la précision de la charnière à vis et du montage.
- L’ensemble de cette fabrication est digne d’éloges.
- Le jury central décerne à MM. Barth, Adt et Joseph une médaille de bronze, et il espère que cette maison prendra d’ici à l’exposition prochaine un plus grand développement, en même temps quelle fera de nouveaux progrès , afin de mériter une récompense plus élevée.
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- Mentions
- honorables.
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- MM. ACKERMANN et MARX, à Sarreguemines (Moselle)»
- Celle fabrique a été créée vers 1775, à Sarralbe; c’est la plus ancienne de la Moselle. Elle a été exploitée jusqu’en 1825 par MM. Roth et Pierron, et de 1826 à i843, par MM. Bichelberger et Imhoff, qui furent mentionnés honorablement en i834- L’établis-sement a été transféré, en i843, à Sarreguemines, et est dirigé depuis cette époque par MM. Ackermann et Marx.
- En atelier 21 ouvriers et 60 au-dehors, 16,000 douzaines de tabatières dont le tiers est exporté, indiquent l’importance de cette manufacture, qui renferme trois fours.
- La collection présentée par MM. Ackermann et Marx comprend 96 modèles, dont le prix varie de 60 centimes à i5 francs la douzaine, selon les soins apportés à l’exécution et la richesse des ornements. Nous n’avons que des éloges à donner à cette fabrication, qui paraît conduite avec intelligence et habileté.
- Le jury central n’a pas été suffisamment renseigné sur la nature et la valeur des perfectionnements que l’on dit avoir été introduils dans le travail; il le regrette, et en mentionnant honorablement MM. Ackermann et Marx, il espère être mis à même en 1854 de leur assigner un plus haut rang.
- M. Benjamin BOHIN, à l’Aigle (Orne).
- On connaît ces petites boîtes en bois à fond de copeau ; ces boîtes en fer-blanc peint en noir et verni, pour allumettes ou amadou; ces étuis de lunettes et ces tabatières également en fer-blanc verni; en un mot, cette ferblanterie à vil prix qui est colportée dans les campagnes ou criée dans les rues; une partie est faite à l’Aigle, et M. Boliin est un des fabricants qui ont su atteindre à celte extrême limite du bon marché. Il vend 3 fr. 85 cent, la grosse (32 centimes la douzaine) les étuis ronds pour allumettes, 6 fr. 75 cent, la grosse (56 cent. i/4 la douzaine) les tabatières en fer-blanc garnies en carton, et 16 francs le mille les boîtes en bois.
- M. Boliin a donné un peu plus d’extension à sa petite industrie ; il ne produisait, en i844, que 120,000 boîtes en bois; en i84y , il a vendu n5,ooo boîtes en bois et 35o,ooo boîtes en fer-blanc. Cette masse d’articles représente à peine une valeur de i4,ooo fr.
- Nous félicitons ce laborieux fabricant de ses efforts et de ses pro-
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- duils; cité en 1839, mentionné en i844, il mérite toujours la mention honorable que le jury central lui accorde de nouveau.
- § 27. VANNERIE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les rameaux flexibles de l’osier franc servent àpeu près seuls à la confection de toute notre vannerie; les plantations de cet arbrisseau s’étendent surtout dans les vallées de Vervins, cl’Aubenton, d’Hirson et de la Capelle, et deux bourgs du département de l’Aisne, Origny-en-Thiérache et Landouzy-la-Viile, sont les principaux centres de la fabrication de notre vannerie en osier fendu. Elle a une réputation et une importance moindres dans les autres départements, où la population rurale fait alterner cette occupation avec les travaux agricoles.
- La vannerie bronzée est d’invention parisienne; on appelle ainsi les corbeilles de fantaisie en osier peint et verni, doré ou bronzé, et orné ou non de rameaux de feuilles et de fleurs en pâte ou en porcelaine. Cette vannerie ne se fait qu’à Paris; elle est remarquable par la gracieuseté et l’originalité des modèles, par le bon goût des décors et l’éclat du vernis. On n’en fait encore que de petites quantités pour corbeilles à ouvrage, boîtes à bonbons, coffrets d’étagère ou de table de salon, et l’on en exporte partout sans rencontrer aucune concurrence.
- La grosse vannerie se compose surtout d’articles de ménage et d’économie domestique, d’un poids élevé, dont le transport au loin élèverait trop la valeur; la plus grande partie est faite en osier pelé. 11 faut y rattacher l’article de théâtre : on sait que les exigences dramatiques réclament la présence d’un grand nombre d’accessoires exposés à tant d’accidents, qu’on a fini parles commander en osier; c’est donc en. vannerie peinte que sont faits la plupart des chevaux et oiseaux pour les féeries, des pendules, cors de chasse, pains, etc.
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- Notre vannerie fine est à peu près aussi bien faite, mais beaucoup plus chère que celle d’Allemagne, où la main-d’œuvre est moins rétribuée. Si nous en croyons même plusieurs vanniers, la différence pour les petits paniers, par exemple, ne serait pas moindre de 5o p. 100. Ajoutons qu’en d’autres objets, les clisses de flacons entre autres , Ori-gny travaille mieux et aux mêmes prix.
- Notre exportation était de 375,000 francs en 1827, de 4i6,5oo francs en i83i, de 752,000 francs en i836, de 694,000 francs en i84i; elle a atteint 806,000 francs en 1847 et est revenue en 1847 au chiffre de i836 et 1837. L’Angleterre et les Etats-Unis sont nos principaux débouchés.
- La vannerie de paille, de jonc, de bois autre que l’osier, a pris peu d’extension; elle n’était représentée à l’exposition que par trois ou quatre échantillons.
- Des essais variés ont été entrepris pour utiliser différentes matières et perfectionner le tressage; ils n’ont pas encore amené, en France, la vannerie au degré de supériorité de celle de Chine en rotin et en bambou; de celle de Malaisie, en nito, en sabotann et en maranta, toutes deux légères, durables et à bas prix.
- Mentions
- honorables.
- M. Constant DEBRAY, rue Rambuteau, n° (Seine).
- 7, à Paris
- M. Debray fait faire dans le département de l’Aisne sa vannerie iine et demi-fine; il ne s’occupe, à Paris, que du travail de la vannerie bronzée. Il a exposé en ce genre des pièces charmantes et très-élégantes : nous citerons une jardinière, deux ou trois corbeilles d’un prix un peu élevé, de 18 à 25 francs la pièce, dont la composition et la peinture ne laissent rien à désirer.
- Le jury central mentionne honorablement M. Debray.
- M. DESVIGNES, rue Sainte-Foy, n° 24, à Paris (Seine).
- M. Desvignes fait la grosse vannerie, entre autres les berceaux avec armature en fd de fer dans le fond, des vannettes à crottin adoptées parle ministère de la guerre, et du prix de 2 fr. 2 5 cent,
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- la douzaine, etc. Il s’occupe plus spécialement de l’article de théâtre-, plusieurs des accessoires sortis de ses mains sont d’une grande vérité. L’aigle qu’il a exposé est d’un bon travail.
- M. Desvignes est un de nos plus anciens vanniers; il a été cité favorablement en i844. Le jury lui accorde, celte année, une mention honorable.
- Mm0 BADIN, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 116, à Paris (Seine).
- On a cherché souvent à rendre la vannerie élastique et solide en conservant sa légèreté et sa finesse; c’est dans cette intention qu’à l’acier fendu on a substitué, tantôt différents bois découpés en filets, tantôt le rotin ou le jonc; on a songé enfin à la haleine, avec laquelle on a fait de jolis ouvrages. Elle offrait cependant quelques inconvénients, et son prix était trop élevé; Mmo Badin l’a remplacée par la plume d’oie, qu’elle découpe à la mécanique en brins souples et tenaces; elle en fait une vannerie charmante qui n’est pas plus chère que celle d’osier. Parmi les objets exposés par Mme Badin, nous avons remarqué des corbeilles à ouvrage brodées en chenille ou en passementerie et doublées en soie, des bourrelets et des chapeaux de dame; non garnis, ceux-ci valent 10 francs pièce; les paniers et les bourrelets coûtent 18 francs la douzaine.
- Celte petite industrie paraît appelée à prendre une certaine extension; elle est exploitée par une femqje active et intelligente, qui a prouvé son habileté de main par un délicieux bouquet de fleurs en plumes.'Le jury'cenlral accorde à M™ Badin une mention honorable.
- M. LAMBERT, rue Transnonain, n° 18, à Paris (Seine).
- M. Lambert travaille l’osier avec beaucoup de goût et d’adresse; sa vannerie, peinte, bronzée et dorée, mérite des éloges pour sa belle exécution. Plusieurs modèles sont gracieux, entre autres les glaneuses, les petits paniers rubans, dentelles et nattés. Le travail des corbeilles en paille de maïs est soigné.
- M. Lambert fait clisser en osier, à Origny, les flacons et les bouteilles de chasse et de voyage; cette vannerie revient de 8 à 18 fr. la douzaine; elle rivalise, pour le prix et la qualité, avec celle d’Allemagne.
- Le jury central accorde à M. Lambert une mention honorable.
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- Citations
- favorables.
- Nouvelle médaille de bronze.
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- M. PIERSON, rue Saint-Denis, n° 217, à Paris (Seine).
- M. Pierson est un ouvrier vannier qui s’est attaché à offrir dans ses ouvrages des imitations de corail rouge; il a tiré de cette idée un ingénieux parti. Sa jardinière, et surtout quelques corbeilles-glaneuses de 18 francs, peintes, vernies et dorées, ont un cachet d’originalité qui ne peut manquer de mettre cette nouveauté en faveur.
- Le jury accorde à M. Pierson une citation favorable.
- M. RENAUDIN, rue d’Ormesson, n° 17, à Paris (Seine).
- Il a exposé un cheval de grandeur naturelle dont le corps est en osier, la tête et les jambes sont en carton, et qui est recouvert en peau. M. Renaudin fabrique lui-même cet article, destiné aux ateliers de sellerie et aux gymnases; il y apporte un soin qui en assure la solidité sans en élever le prix.
- Le jury cite favorablement M. Renaudin.
- § 28. PAPETERIE DE LUXE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. MARION, cite Bergère, n° i4, à Paris, et à Courbevoie (Seine).
- Il fait travailler, dans sa fabrique de Courbevoie, i4 presses, balanciers et machines à glacer, mues par une pompe à vapeur de 8 chevaux, et 5o ouvriers, dont le salaire est de 2 à 4 francs, pour les hommes, de x à 3 francs pour les femmes. Il occupe, à Paris, 6 ouvriers, et 10 coloristes au compte d’une entrepreneuse; à Condé-lès-Autry (Ardennes), un bordeur employant 5 ou 6 ouvriers, et à Issoudun (Indre), un autre façonnier donnant de l’ouvrage à plusieurs ouvriers.
- L’importance de cette maison étant bien constatée, nous appellerons l’attention sur les soins apportés au travail des enveloppes et et de la papeterie de fantaisie. Un grand choix de dessins, une exécution assez correcte, un goût qui sait allier la distinction avec la simplicité, ont assuré la vogue, en France et à l’étranger, des produits de M. Marion. Leur prix élevé tient à la nature de la clien-
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- tèle et non à la cherté des moyens de production. Les affaires de celte maison sont étendues, actives et considérables.
- Le jury central décerne à M. Marion une nouvelle médaille de brome.
- MM. FOURNIER et DUPUY, me du Cadran, n° i A. à Paris (Seine).
- Ils ont exposé la collection de leurs nombreux modèles de papier de fantaisie; ils s’occupent surtout de la gravure, de l’impression, du gaufrage, et ont appelé l’attention de la commission sur un papier de luxe dit glyphique, imprimé et gaufré en même temps.
- L’exécution de la papeterie présentée par ces fabricants dénote du soin et de l’habileté ; la modici té du prix rend facile la vente à l’intérieur et à l’exportation.
- 4 presses et 3 balanciers, i5 ouvriers et 16 façonniers, indiquent quel rang occupe l’atelier de MM. Fournier et Dupuy, auxquels le jury accorde une mention honorable.
- M. BJERTOU, me du Faubourg-Saint-Martin, n° 13, à Paris (Seine).
- Les sept-huitièmes des produits fabriqués par M. Bertou sont exportés. Sa papeterie de fantaisie et ses enveloppes, ses cartonnages fins, ses caries perforées pour la broderie, imitées de celles d’Angleterre, tous ces articles sont établis, grâce à un bon outillage et à l’économie du travail, à des prix avantageux et en belle qualité; ils sont ornés , pour la plupart, de gaufrures et de décors élégants.
- L’établissement et la production de M. Bertou sont assez considérables ; le jury central récompense cet exposant par une mention honorable.
- M. VALANT, rue de Seine'Saint-Germain, n° 2 3, à Paris (Seine).
- Les papiers à leltre ornés de filets, lisérés et rubans d’or, d’argent et de couleur, de M. Valant, sont aussi estimés que ses enveloppes découpées à la mécanique. En outre de ces articles, faits
- Mentions
- honorables»
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- avec toute la correction désirable, il a exposé un joli choix (le papeterie de luxe et des études d’aquarelle d’après son Manuel du coloris.
- Le jury mentionne honorablement M. Valant.
- Rappel M. LEFÈVRE, rue Beaubourg, n° 21, à Paris (Seine).
- citation II a exposé un assortiment varié de papiers à lettre illustrés (à tavoiabte. paqUare|iej ^ du prix de 12 à 80 francs la rame, et de pains à cacheter deluxe de 4 à 20 francs le mille.
- Le soin et le goût apportés par M. Lefèvre dans ce travail le rendent toujours digne de la citation favorable qui lui a été accordée en i844, et que le jury lui confirme.
- S 29. PAPIERS DE FANTAISIE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Nous appelons papiers de fantaisie, i° les papiers dorés et argentés, mats ou brunis, unis, gravés, gaufrés, découpés à jour; 2° les papiers-porcelaine ou stuc lisses, gaufrés, imprimés, peints et dorés; en un mot toute la papeterie destinée à la reliure, à l’encadrement, à l’éventail, au décor des cartonnages , des sachets, des bonbons; des boîtes à gants, à choi colat, etc.
- Dans le dernier siècle, on ne connaissait aucun de ces papiers ; on ne savait faire et l’on n’employait que l’uni et le marbré, dans la fabrication desquels excellèrent longtemps l’Angleterre et la Bavière.
- Vers 1810, M. Pierre-François Angrand commença ses premiers essais; il réussit, et, grâce à lui, la papeterie de fantaisie est devenue pour Paris une industrie importante, en tout temps active, et dans laquelle la France est parvenue à dislancer les étrangers.
- On a vu à l’exposilion les échantillons de MM. Jean An-grand, Vandendorpel fils, Dufour, Salleron, etc.; et l’on s’explique, au premier coup d’œil, la vitalité, la supériorité et
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- les progrès de cette fabrication. Peu importent le prix et la qualité du papier, la force, la marche, le perfectionnement du balancier ou de la presse; le goût du fabricant, fidèle, malgré quelques écarts , aux bons modèles, son idée toujours ingénieuse et originale, sa vivacité de création de dessins qui devance la mode et l’entraîne ; ces mérites de l’ouvrier-artiste palisien suffiraient à eux seuls pour rendre florissante une industrie où la matière n’est rien , où la nouveauté est tout.
- C’est merveille de voir la sûreté de pinceau des peintres porcelainiers, ainsi que l’habileté de main et d’outil de ces ouvrières parisiennes que l’on trouve dans le sixième arrondissement, travaillant activement dans des cliambrettes situées le plus souvent sous le toit. Et ce qui n’étonne pas moins, c’est la fraîcheur, la blancheur extrême de tous ces ouvrages de fantaisie, après avoir passé sur la matrice, sous le balancier et la presse lithographique, et entre les mains de 8 ou îo ouvriers différents.
- Nos papiers de fantaisie sont exportés en Allemagne , en Angleterre, en Russie, dans les Amérique, et ne craignent aucune concurrence étrangère.
- M. RENAULT fils aîné, rue de la Harpe, n° 45, à Paris (Seine).
- Mentions pour ordre.
- Il a exposé des papiers dits caméléons, peint9 et gravés, dont le dessin est, en général, bien choisi et correct (8o francs la rame, grand raisin), des papiers vernis, de toutes couleurs, pour affiche, étiquette et reliure, souples et brillants (6o francs la rame, grand raisin), et des papiers satinés et glacés non moins estimés.
- La carte à jouer entrant pour les trois cinquièmes dans la production de M. Renault, nous renvoyons pour la récompense au rapport spécial, page 828.
- Mrae Ve T. MAYER, rue de la Vieille-Monnaie, n° 22 , à Paris (Seine).
- Madame veuve Mayer fait peindre, satiner et vernir, gaufrer, incruster, imprimer et découper, dans ses ateliers, les papiers né-
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- Médaille
- d’argent.
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- cessaires à la fabrication de cartonnages fins et d’enveloppes de bonbons.
- Les papiers lapis, agate, écaille, bois de rose, à 2 francs la feuille grand raisin, qu’elle a exposés, sont réussis et d’un charmant effet.
- Ses feuilles d’éventail, lithographiées et coloriées, ou simplement gaufrées et incruslées, en moyenne de 18 à 24 francs la douzaine, laissent peu à désirer sous le rapport du goût et de la correction.
- Son papier dentelle n’est pas moins estimé que ses papiers de fantaisie. Il est blanc ou colorié, doré ou argenté, et en toute grandeur; une feuille de 1 mètre sur 75 centimètres, exposée par Mmc Mayer, est une dentelle admirable de finesse et d’élégance. Le prix varie de 1 fr. 5o cent, à 4o francs le cent; en abat-jour, la douzaine vaut 6 ou 9 francs en blanc, 10 ou 12 francs en couleur.
- Nous mentionnerons enfin les incrustations en plusieurs ors, et les gaufrures si variées qui décorent les enveloppes et les cartonnages de Mma veuve Mayer.
- (Voir, pour la récompense, le rapport spécial, page 824.)
- M. J. F. ANGRAND, rue Mesîay, n05 5g et 61, à Paris (Seine).
- M. Angrand père est, nous l’avons dit plus haut, le créateur de la papeterie de fantaisie, et son fils, M. Jean-François Angrand, a amené cette industrie, par des perfectionnements successifs, au point où nous la voyons aujourd’hui. Il faut avoir feuilleté souvent les carnets de M. Angrand, qui sont de véritables albums, les avoir comparés avec ceux des meilleurs fabricants, anglais et allemands, pour se faire une idée de la supériorité du goût et du travail. Au reste, la meilleure preuve du fait ressort de la faveur avec laquelle sont accueillis tous ces papiers, même en Angleterre, en Allemagne, et jusqu’en Russie, en Suède, en Amérique. Cette exportation est d’autant plus singulière que la destination naturelle de cet article est le décor cle nos cartonnages fins et de nos éventails ; c’est plus ordinairement sous ces diverses formes qu’il se montre à l’étranger.
- Plusieurs des échantillons exposés par M. Angrand doivent être mentionnés, parce qu’ils sont réellement cl’une exécution remar-
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- quable.Nous citeronsle glacé damassé, pourlapureté de l'empreinte,
- (les porcelaines écossais) or et pompadour— dorées, émaillées et ciselées, pour la fraîcheur; — le boule, les damasquinures or et argent, pour la fidélité de l’imitation; — l’émail oriental, pour l’originalité;— enfin, cette variété infinie de bandes-porcelaines peintes et. dorées, d’ornements et de bordures or et argent, gaufrées ou découpées à jour, presque tous d’un dessin élégant.
- Parmi ces milliers de modèles de tout genre et de toute richesse, pour reliure, boîte à gants ou à bonbons, coffret, décor d’étoffes, nous avons reconnu, avec surprise, les aigles en papier d’argent gravé qui décorent les chefs des Mèzéritskys russes de la fabrique de Maïkoff. Ces draps, expédiés de Moscou à Nijni, de INijni à Kiakhta sur la frontière Mongole, arrivent parKalgan,
- Pé-king et Sou-tchou , jusqu’à Chang-hai et Ning-po ; c’est non loin de cette dernière ville, à Ting-liaï ( île Tchou-sann), que nous avons trouvé les aigles à 10 francs le mille, sortis des balanciers de M. Angrand.
- Nous ne terminerons pas sans rendre justice au bon goût et à la belle qualité des papiers de fantaisie de M. Angrand ; il a obtenu la médaille de bronze en 1823, 1827, i834» 183g et 1844 ; le jury central lui décerne la médaille d’argent.
- M. SALLERON, rue du Chaume, n° 6, à Paris (Seine). R“£Pel
- Il a exposé ; médaille
- i° Des papiers - dentelle pour confiseurs, d’un joli dessin et ^ronze* d’une découpure correcte;
- 2° Des papiers dorés en fin ou en faux, unis ou gaufrés, pour bordure de cartonnages et décor d’étoffes apprêtées ;
- 3° Des papiers de fantaisie produits à 4o p. 0/0 meilleur marché qu’en Allemagne, d’un effet et d’une exécution très-satisfaisants. Il y a, pour enveloppe de bonbon et enjolivure de boîte, de charmantes dispositions.
- La production de M. Salleron est toujours considérable. Ce fabricant a obtenu, en i844, une médaille de bronze dont il est encore digne, et que le jury central lui rappelle.
- M. VANDENDORPEL fils, rue Chapon, n° 3, à Paris Médailles (Seine). del'0""'
- Nous avons jugé la fabrication de M. Vandendorpel fils d’après
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- une collection de 3,5oo échantillons et la note de leurs prix. L’examen de tous ces modèles était nécessaire pour apprécier une production qui, année moyenne, comprend près de 11 millions de pièces, d’une valeur totale de 225,ooo francs environ.
- Le matériel de M. Vandendorpel se compose de 3 balanciers, de 2 presses lithographiques, de 215 rouleaux gravés, de 3oo matrices, de 270 pierres lithographiques, etc.
- Le papier coquille (de 44 sur 56 cent.), or ou argent, est établi à 25 p. 0/0 au-dessous du prix de i844- Les bordures, coins et ornements pleins ou à jour, sont, en général, d’une bonne force et. réussis; quelques reliefs ont jusqu’à 2 millimètres de repoussé. Les dimensions s’échelonnent depuis 2 millimètres de large pour boîte, jusqu’à 11 centimètres pour glace. Le prix varie de 20 centimes à 12 francs la douzaine de bandes pleines en or fin. Elles ont 5o centimètres de long et, en faux, se vendent le quart du prix du fin; ainsi l’on a, pour 80 centimes, 100 mètres de bordure de 2 millimètres.
- Nous passerons sous silence les cadres en or fin ou faux, les papiers-porcelaine peints, émaillés, dorés, damassés, pour nous arrêter sur les coins, les ornements et les tablettes pour sachets, cartonnages de confiseur, de parfumeur et de gantier. En général, le dessin est gracieux, le coloris brillant; le glacis se prête aux imitations de damasquinure, et le relief à des effets de ciselure et d’émail. Toutefois, le mérite principal de ces papiers est leur bon marché; de 8 à 25 francs le mille, on a un choix très-varié de feuilles (de 1 à 6 décimètres carrés) à 2 ou 3 tirages.
- M. Vandendorpel fils fait surtout l’article de vente courante, et nous avons moins à signaler, nous le répétons, la correction et la finesse de ses papiers de fantaisie, que leur bas prix, leur éclat et leur diversité.
- Le jury central décerne à ce fabricant une médaille de bronze.
- M. DUFOUR, quai Valmy, n° 3, à Paris (Seine).
- Les papiers or ou argent, fin ou faux, mat ou bruni, de M. Dufour, sont irréprochables comme force, éclat, gravure et dessin. Il en fabrique 115,000 feuilles. Les échantillons d’assiette à la plombagine pour doreur qu’il a exposés, et dont plusieurs cadres, en cours de travail, montrent le bon emploi, ont arrêté l’attention du
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- jury, il n’est pas douteux que le bas prix de cette assiette ne fasse renoncer, pour certaines doi'ures, au bol d’Arménie.
- M. Dufour taille l’agate, la cornaline et le silex, et les monte en brunissoirs; il en vend par an vingt grosses environ.
- Le jury central, en rappelant les progrès que l’industrie du papier doré doit à M. Hulin., prédécesseur de l’exposant, décerne à M. Dufour une médaille de bronze.
- M. DEBERGUE, me Montmorency, n° 3, à Paris (Seine). Mention
- honorable.
- Il fabrique le papier métallique pour lithographie et cartonnage fin, au prix de 34o francs la rame de coquille, ainsi que tous les papiers gaufrés, moirés et lissés. Le papier est régulier et assez résistant; les glacis teintés et les reliefs sont bien venus.
- Le jury mentionne honorablement M. Debergue.
- M. DEVRANGE, rue Saint-Denis, n° 207, à Paris (Seine), citation
- ' v ' favorable.
- M. Devrange a exposé du papier dentelle blanc et colorié pour boîtes de bonbons, assiettes de dessert, boîtes à gants, cartonnages et abat-jour. Il a imaginé un voile de lampe, dont la coupe est convenable et le prix assez modique (4 fr. 20 cent, en blanc, et 9 francs en couleur, la douzaine). Enfin, il a présenté des nappes d’autel d’un joli travail destinées à l’Espagne; elles se vendent, en blanc,
- 3 francs le mètre carré.
- Le jury accorde à M. Devrange une citation favorable.
- § 30. PAPIER - PORCELAINE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- La fabrication des papiers et cartes porcelaine a été importée en France, en 1827, par M. Lorget, de Francfort-sur-le-Mein. A l’expiration du brevet, vers la fin de i832 , plusieurs imprimeurs s’occupèren t accessoirement de cette petite industrie, et ne se servirent du papier porcelaine que pour carte de visite. Toutefois, cette fabrication avait alors si peu d’importance qu’elle employait à peine cinquante rames de papier par an.
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- Médaille de bronze.
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- En i833 , M. Bondon l’entreprit, et fonda à Paris un petit -etablissement; il perfectionna, en i834 , le glaçage ; en i835, la coloration; en 1842, l’encollage. Grâce à ces progrès, et aux améliorations dues à quelques autres fabricants, le papier porcelaine était devenu plus pur, plus brillant, plus nerveux et en même temps moins cher; le cartonnage fin, en l’adoptant, en excita la production. En peu d’années, vingt-six fabricants s’établirent à Paris. Il est regrettable d’avoir à constater que quatorze ont renoncé, et qu’il n’en reste aujourd’hui que douze: quatre sont imprimeurs, trois sont ouvriers à façon, et cinq sont à la tête d’ateliers spéciaux. Us emploient par an environ mille rames de papier. MM. Jundt et compagnie, de la Robertsau, près Strasbourg, déclarent glacer par an deux mille rames.
- En 1882, l’Allemagne et l’Angleterre fabriquaient, pour la France, les papiers et les cartons porcelaine; depuis plusieurs années, nous n’en recevons plus de ces pays, et nous exportons nos produits en ce genre en Espagne, en Italie, aux Etats-Unis, et même en Allemagne.
- M. Louis BONDON, rue Grange-aux-Belles, n° i5, impasse Sainte-Opportune, n° 5, à Paris (Seine).
- C’est à M. Bondon, ainsi qu’on l’a vu plus haut, que l’industrie du papier-porcelaine doit en partie ses perfectionnements et son extension. Il est non-seulement parvenu à rendre le papier propre au gaufrage, à l’impression et à la dorure par mordançage lithographique, il a su aussi le fabriquer sans nuire à la santé de ses ouvriers. Ses ateliers sont isolés, très-aérés; les eaux saturées de sels de plomb n’y séjournent jamais; la céruse est concassée dans l’eau et broyée à la mécanique. Chaque fois que l’on sort de l’atelier , on se lave les mains avec de l’eau de potasse. Depuis seize ans, grâce à ces précautions si simples, pas un seul ouvrier n’a été atteint de la colique de plomb.
- M. Bondon glace toujours à la céruse; ses essais avec le blanc de zinc n’ont pas réussi; suivant ce fabricant, l’oxyde de zinc couvre peu, ne se couche pas régulièrement, est moins blanc et moins brillant. L’application du blanc de zinc au glaçage des papiers et cartes peut ne pas être encore résolue, mais elle estpos-
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- sible, probable, et les avantages de l’emploi de cette substance nous font désirer le succès prochain des essais entrepris dans ce but.
- Le prix du papier-porcelaine, en blanc ou en couleur, est en moyenne de 5o francs les 100 feuilles grand-raisin.
- Le papier stuc, imaginé en 1847 Pour enveloppe de bonbon, éventail et intérieur de cartonnage, présente une surface fine, douce et mate; le prix est de 20 francs les 100 feuilles glacées d’un côté, et de 35 francs glacées sur les deux faces.
- M. Bondon a découvert cette année le moyen d’imperméabiliser la surface des feuilles de gélatine; si l’expérience constate la persistance de cette indissolubilité extérieure, celte invention est appelée h multiplier les usages de la gélatine.
- Toute réserve étant faite à cet égard, le jury central décerne à M. Bondon une médaille de bronze.
- MM. J. JUNDT et Cla, à la Robertsau, près Strasbourg (Bas-Rhin).
- Mention
- honorable-
- Leurs papiers et cartons-porcelaine, pour la lithographie et la gravure, laissent à désirer sous le rapport de la blancheur; plusieurs feuilles, néanmoins, se distinguent par leur émail, leur pureté et leur belle qualité. Nous nous sommes assuré qu’elles conviennent également aux impressions en taille-douce et lithographiques. Le prix varie de 3o à 65 francs les 100 feuilles de carte grand-raisin; le papier se vend, au poids, de 5 à 6^ fr. 5o cent, le hilo.
- MM. Jundt et compagnie illustrent et impriment, avec assez de goût, les calendriers sur carte porcelaine. Nous avons examiné leur collection pour i85o; elle commence à l’almanach de 6 fr. 5o cent, le cent et se termine à celui de 54 francs la douzaine prix fort. Les encadrements, les arabesques, les sujets, qu’il faut changer chaque année, sont, en général, élégants et originaux. Le dessin et l’impression lilho-chrômique manquent souvent de netteté et de correction ; le bon marché fait excuser ces défauts. Nous citerons, parmi ces calendriers, le n° 69, l’arrivée de Christophe Colomb à Barcelone, la pagode de Ma-tsou-pou à Macao, le palais de Tsiaou-chann, la vue du Bosphore, etc.
- MM. Jundt et compagnie sont de nos plus anciens fabricants de cx-ule et papier-porcelaine; ils glacent environ 2,000 rames et ex-
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- Mention
- honorable.
- Mention
- honorable.
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- portent une partie de leurs produits en Belgique, en Italie et en Espagne.
- Le jury accorde à MM. Jundt et compagnie une mention honorable.
- § 31. MOULES ET PAPIERS A CIGARETTES.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. LEMAÏRE-DAIMÉ, à Andrésy (Seine-et-Oise).
- M. Lemaire-Daimé a exposé des cigarillolypes, des papiers-tubes et des embouchures pour former le cigarille-cigarette perfectionné.
- Le moule dans lequel il se fait est simple et d’un usage facile. Le tube conique, fait en papier mince et choisi, est garni à l’une des extrémités d’un tuyau en X. Ces objets sont fabriqués à l’aide cle petits moyens mécaniques qui en ont réduit le prix. L’entonnoir, autrefois repoussé sur le tour, aujourd’hui découpé et estampé, revient à 2 fr. 70 cent., au lieu de 8 fr. 85 cent, le cent. Le cigarillotype en bois ordinaire se vend, pour l’exportation, 5o ou 60 centimes; le papier tube, après avoir passé par les mains et les outils de quinze jeunes filles, est livré à 16 francs les cinq mille; l’embouchure spliirale, faite également à l’aide d’une machine, ne coûte que 16 centimes le cent.
- M. Lemaire-Daimé occupe en moyenne, à cette fabrication, 15 ouvriers à Andrésy, de 4o à 5o ouvriers à Warloy-Baillon (Somme), et 20 à Conflans-Sainte-Honorine.
- Les ingénieuses inventions de M. Lemaire-Daimé le rendent digne de la mention honorable que le jury lui accorde.
- S 32. PAPIER dit GIPSY.
- Mmo veuve LEPRINCE DE BEAUFORT.
- Mm0 veuve Leprince de Beaufort est inventeur d’un papier de fantaisie, qu’elle a surnommé Gipsy. Ce papier, dont l’emploi n’est pas encore généralisé, offre pourtant d’assez grands avantages; aussi, le jury central, en attendant que l’usage ait sanctionné son
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- mérite, croit-il devoir décerner à Mmo veuve Leprince de Beau fort une mention honorable.
- § 33. ENCADREMENTS EN CARTE REPOUSSÉE, PAPIERS ET CARTONS GAUFRÉS, OBJETS DE FANTAISIE EN PAPIER, ETC.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- I. — CARTES EN RELIEF, PAPIERS ET CARTONS GAUFRÉS.
- MM. BAUERKELLER et G'8, rue Saint-Denis, n° 280, Mentions
- T . > TV • / c • \ Pour ordre»
- passage Lemoine, a Pans (Seine ).
- L’importance de la géographie physique, mieux comprise vers la fin du siècle dernier, a fait entreprendre des études sérieuses pour reproduire les accidents divers du relief du sol. Les cartes de Lartigue, ingénieur de la marine, et quelques sphères exécutées sous la direction de Louis XVI, sont des essais intéressants, mais qui n’ont aujourd’hui qu’une valeur historique. Les ouvrages de Kum-mer ont toujours une réputation méritée, et l’on peut les regarder comme les premiers modèles qui ont guidé nos fabricants de cartes en relief, ainsi que leurs émules allemands, MM. Schuster et Cari Ralh, Erbe, Ravenstein, etc.
- M. Georges Bauerkeller a fondé, en 1836, son atelier; il a pris en i84o, i844, i848 et 1847, sePt brevets, dont quatre d’invention ; il a été récompensé, pour l’ensemble de ces travaux, par une médaille de bronze en 1839, et par un rappel de celle médaille en 1844-
- M. Bauerkeller a exposé celte année: 1° des cartes en relief;
- 2° des plans, dessins, affiches, abat-jour et globes gaufrés et imprimés; 3° des lanternes et des ballons plissés.
- Les procédés de gaufrage, d’impression en noir et en couleur, de mise en relief des cartes géographiques ont été, non pas inventés, mais combinés ensemble par l’exposant, c’est un mérite très-réel; les modèles ont été exécutés également par lui. Il y a peu d’années encore, le prix des cartes en ce genre n’était pas moindre de quelques centaines de francs; M. Bauerkeller livre les siennes au commerce, cartonnées, encadrées et vernies, au prix de dix francs. Elles ont 78 centimètres de haut sur 72 centimètres de large, et l’échelle est de 2,000,000 à 7,000,000.
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- Ces cartes sont estimées et très-utiles; elles ne sont établies qu’après une élude allenlive des ouvrages spéciaux d’orographie et de géodésie, qu’après un travail de détermination et de réduction proportionnelle sur des modèles de détail, des altitudes, des niveaux, des inclinaisons, des contours des bassins. Le gaufrage altère un peu la précision topographique, mais il conserve la finesse des profils et la pureté du relief. Quant aux plateaux et aux montagnes, on sait que pour la rendre suffisamment sensible, leur hauteur est exagérée dans une proportion convenue et fidèlement observée.
- C’est ainsi que dans la carte de France, l’échelle horizontale est de a o ootôt et l'échelle verticale de TooV,'y
- Dix-sept cartes en relief ont été exécutées par MM. Bauerkeller et compagnie : elles sont toutes d’une égale correction; cependant nous devons citer celles de France et de Belgique, d’Allemagne et de Suisse, du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l’Irlande, comme étant le mieux réussies. La carte du cours du Rhin, depuis Mayence jusqu’à Cologne, établie à l’échelle de „ 010 0-^ et modelée par M. Rayenstein, mérite aussi d’être citée.
- La commission ne doute pas que M. Bauerkeller n’imagine, pour maintenir précise la fixation d’un point géographique, un système de correction proportionnelle au relief, cette correction peut être utile en certains cas.
- Les plans demi-relief de douze grandes villes (Paris, Londres, Vienne, New-York, Hambourg, Mexico, etc.) se recommandent par une grande netteté de tracé et de gaufrage. Le prix (de î fr. 5o cent, à 5 francs) est modique.
- M. Bauerkeller fabrique en outre, par assortiments variés, des abat-jour de toute façon , depuis 5o centimes la douzaine jusqu’à 5 francs la pièce. Nous en signalerons particulièrement qui présentent de charmants effets lithophaniques, d’autres dont l’impression en relief et couleur est à peu près irréprochable, d’autres encore qui sont de jolies imitations de verre, de porcelaine et de dentelle.
- Les lanternes et les ballons, tuyautés par un ingénieux procédé mécanique, et vendus de i5 centimes à îo francs la pièce, témoignent également de l’habileté de travail de MM. Bauerkeller et compagnie.
- Ils occupent, année moyenne, 45 ouvriers, dont 7 graveurs, modeleur, ajusteur, etc., 16 imprimeurs et gaufreurs, 12 peintres,
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- vemisseurs , elc., 9 cartonniers, etc. Les quatre cinquièmes de leur production sont exportés.
- Le jury central a pris en considération l’ulilité des cartes en relief pour l’instruction générale et les perfectionnements nombreux apportés dans l’industrie du gaufrage, et mentionne ici pour ordre MM. Bauerkeller et compagnie : une médaille d’argent leur a été accordée pour l’ensemble de leurs produits. (Voir le rapport de M. Mathieu, Instruments de précision. )
- Iï. — ENCADREMENTS EN CARTE REPOUSSÉE, ETC.
- M. Eugène BRÉAUTÉ, rue de la Monnaie, n° 1 1 , à Paris (Seine).
- Médaille de bronze.
- La réputation des produits de M. Bréauté est faite : ses papiers et ses cartes sont adoptés par nos dessinateurs et nos peintres d’aquarelle et de pastel; ses encadrements ont été accueillis avec faveur et se trouvent partout.
- La fabrication se compose de deux parties bien distinctes, et toutes deux sont traitées avec une égale supériorité.
- La carte bristol offre une belle pâte, un grain fin et doux, une blancheur et un glacis très-satisfaisants; elle nous paraît toutefois être un peu moins nerveuse, moins dense que le bristol anglais. Celui-ci coûte i5 francs la douzaine (1 fr. 2 5 cent, la feuille), et celui de M- Bréauté 5 francs (4o centimes la feuille).
- Nous devons citer les bristols teintes assorties, pour la copie des études Julien, les papiers et cartons dichrômes, les papiers pour pastel, tous d’une bonne qualité et d’un prix modéré.
- Les cartons prostypes pour le dessin, l’acquarelle, etc., et pour passe-partout étaient représentés à l’exposition par un grand nombre de modèles.
- La composition des dessins de ces modèles n’est pas, en général; irréprochable; on pourrait désirer plus de véritable élégance, des combinaisons de lignes, d’arabesques, de rinceaux et de méandres plus heureux et de meilleur goût. Toutefois, quelques modèles se distinguent par des dispositions gracieuses.
- La gaufrure est correcte, et les reliefs, même très-saillants, sont détachés avec netteté, sans écrasures, sans brisures. Les détails les plus légers sont accusés également avec une grande pureté. Nous
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- Citations
- favorables.
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- signalerons entre autres , comme échantillon d’un joli travail de gravure et de gaufrage, l’encadrement n° 528.
- Ces articles n’ont aucune rivalité étrangère à redouter et M. Bréaulé les expédie en Allemagne et en Angleterre. Cette prééminence est due autant au prix qu’au goût : les modèles anglais, les seuls qui pourraient être opposés aux nôtres, sont lourds, surchargés d’ornements et incorrects; la présence des encadrements, style Louis XV, dans la collection de M. Bréaulé, rend moins tranchée la différence qui existe en faveur de notre ornementation, mais elle est en réalité considérable. La douzaine, que l’on paye en Angleterre 100 fr., vaut à Paris 34 francs, plus 20 p. 0/0 de remise, et nous avons eu sous les yeux un modèle vendu 2 fr. 5o cent, à Londres, et chez M. Bréauté 72 centimes net.
- En résumé, les produits exposés par M. Bréauté attestent que la France a acquis définitivement une fabrication nouvelle, que cette petite industrie commence à prendre un certain développement, qu’elle est vivace et qu’elle est sortie victorieuse de la lutte engagée en Angleterre avec les similaires anglais. Nous ne saurions trop engager M. Bréauté, qui a fait preuve de persévérance et d’activité, à donner à ses ouvrages cette distinction et cette originalité de dessin qui sont devenus le cachet du travail parisien. Il lui reste aussi à améliorer quelque peu la ténacité de son bristol.
- Sa fabrication offre néanmoins, dans l’état présent, un grand intérêt, elle lui fait honneur, et le jury central le reconnaît en accordant à M. Bréauté la médaille de bronze.
- III. — FIGURINES EN RELIEF.
- M. BOISSON, rue de l’Arbre-Sec, n° 15, à Paris (Seine).
- Il a exposé :
- i° Des encadrements en carte lisse : ils sont faits avec une correction digne d’éloge; les joints sont biseautés et à arêtes vives. Un encadrement, de 22 centimètres sur i4, coûte 3 fr. 5o cent.; en 60 centimètres sur 48, il vaut 12 francs,
- 20 Des figurines en relief appliquées sur papier; elles sont faites en papier de riz, ou pour mieux dire avec la moelle de l'œschyno-mene paladosa, plante légumineuse qui croît dans les marais du Sse-tchouènne, du Kouang-si et du Fo-kiènn, en Chine. Le prix de ces ouvrages est de 7 fr. 5o cent, la douzaine, s’il n’y a qu’un personnage, et de 10 ou 12 francs, quand il y en a deux;
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- 3° Des figurines repoussées. Ce sont des sujets lithographiés qui sont découpés, coloriés et repoussés en ronde-bosse. La douzaine de petits animaux se vend 3 fr. 5o cent.; de personnages, 5 fr. 5o cent., et de chevaux, cavaliers, etc, îo francs.
- Celte petite industrie est entreprise et conduite avec autant d’activité que d’intelligence ; elle mérite une récompense du jury, qui accorde à M. Boisson une citation favorable.
- IV. — OBJETS DE FANTAISIE EN PAPIER.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Nous avons réuni dans cette catégorie un certain nombre d’objets de fantaisie faits en papier de couleur , tels que bobèches, porte-montre, écrans, allumettes, corbeilles, etc. Ces articles ne peuvent pas être considérés , en général, comme le produit d’une fabrication spéciale : la plus grande partie est faite par les jeunes filles dans les loisirs du pensionnat ou de la vie de famille; plusieurs sont exécutés à temps perdu par des ouvrières fleuristes, et ce n’est, nous le répétons , qu’exceptionnellement que ce travail est l’objet d’une exploitation industrielle.
- Mme PASQUIEPi, rue de Crussol, n° 2, à Paris (Seine).
- La fabrication, en atelier, des articles de fantaisie en papier de couleur ne remonte guère qu’à 1847, et cesî; Mme Pasqmer flui imagina d’appliquer le travail de la fleur artificielle à la confection de toutes ces bagatelles parisiennes, si inutiles, mais si jolies qu’on les trouve partout. Elle fait, en papier anglais et en papier végétal de couleur, frisé et découpé à la main, les bobèches, porte-montre, porte-cigares, écrans, dessous de flambeau et de lampe, ba-guiers, etc. Tout est de bon goût, élégant et à bon marché ; le prix des bobèches-fleurs est de 3 fr. 5o cent, à 6 francs les douze paires, des porte-montre, de i5 francs la douzaine, etc. Plusieurs pièces, entre autres la touffe d’iris porte-cigares, sont habilement faites.
- Le jury central cite favorablement l’ensemble des produits de Mm0 Pasquier.
- Citation
- favorable.
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- S 34. ENVELOPPES ET CARTONNAGES POUR BONBON.
- M. Natalis Rondct, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Les enveloppes de bonbon ont été depuis dix ans tellement perfectionnées, que la plupart peuvent être considérées comme des curiosités, et plusieurs, en effet, méritent ce nom. Il suffit, pour le prouver, de citer le filoir en ivoire, le métier à broder, la lampe carcel, le houka, l’orgue, la cave à liqueurs, la goélette, les meubles, l’attelage de chèvres, etc., modèles créés par Mme Mayer, et que l’on trouve sur bien des étagères.
- Paris est sans rival pour l’enveloppe de bonbon, et il l’expédie, même seule, en quantité considérable dans les états producteurs de confiserie : nos bonbons fins doivent à leurs enveloppes une grande partie de la faveur avec laquelle ils sont accueillis à l’étranger.
- L’enveloppe de bonbon est à Paris l’objet d’une fabrication active et importante ; quiconque a vu les collections de modèles nouveaux qui sont produits chaque année , et s’est rendu compte du prix, a pu apprécier ce qu’il faut de goût et d’imagination , d’intelligence, de soin et d’économie „ pour exciter la consommation, appeler l’attention, et rendre la vente facile et constante par le bon marché, l’attrait et la diversité des nouveautés.
- Médaille
- d’argent.
- Mnie veuve T. MAYER, rue de la Vieille-Monnaie, n" 22, à Paris (Seine).
- L’exposition de Mme veuve Mayer est une des plus curieuses de l’industrie parisienne; elle comprend un ensemble d’articles de fantaisie, tels que cartonnages fins, enveloppes de bonbon, papier-dentelle, évenlails, etc., d’une variété infinie, presque tous d'un bon dessin, d’une exécution habile, et d’un prix très-modique.
- Mme Mayer occupe 76 ouvriers (à l’atelier 55, 19 hommes et 06 femmes ; en chambre, 20 femmes) ; elle fait travailler 4 presses lithographiques, 80 découpoirs, 3 balanciers à vapeur, 5 balanciers à froid, 4 presses et mécaniques diverses. Son matériel se compose
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- de 900 matrices en acier et 33o en cuivre, de 200 emporte-pièce en acier, de 45o fleurons en cuivre, de 575 pierres lithographiques, Enfin elle produit pour 4oo,ooo francs environ, dont la moitié est exportée directement en Russie, en Angleterre, en Italie, en Espagne, etc. Il faut, pour comprendre combien est considérable, dans l’industrie du pastillage, ce chiffre d’affaires, songer que la moitié seule, 200,000 francs, représente près de i,4oo,ooo pièces. Nous ajouterons que, chez Mmo Mayer, les ouvriers gagnent, en moyenne, 4 fr. 5o cent, par jour; les femmes employées aux enveloppes 1 fr. 3o cent., et celles qui travaillent au cartonnage, 2 fr. 5o cent.
- L’enveloppe de bonbons comprend les surprises, la fantaisie, les cornes et le décor. Chaque année, Mme Mayer crée i5o modèles. Nous devons constater que ces modèles, dessinés avec beaucoup de goût, se distinguent par leur fraîcheur, leur élégance, leur originalité et la délicatesse du travail. La reproduction des objets pour surprise est d’une fidélité singulière ; la vérité d’imitation de la poire à poudre, de la pelotte de ficelle, de la livre de chocolat, du filtre à café, etc., est telle que les méprises sont fréquentes. L’imagerie et le décor qui enjolivent les enveloppes et les sacs sont choisis ou composés avec intelligence; quelques feuilles sont signées par Traviès, Fra-gonard et Sorrieu. Les rébus et les scènes de La propriété, c’est le vol, en noir, ne coûtent que 7 centimes le cent. O11 fait, par an, 5o devises nouvelles, en vers ou en prose : elles sont souvent extraites d’anciens auteurs ; composées, elles sont payées 1 franc les 4 ou 6 vers, selon la qualité. Les devises-journaux, professions de foi, séances de club, etc , ont eu assez de succès. 11 n’est pas inutile d’ajouter qu’aucun des papiers employés n’est glacé à la céruse, ou teint avec des couleurs métalliques dangereuses.
- Les surprises se vendent g et 12 francs la douzaine, les enveloppes-fantaisie, de 35 à 4o francs le cent; les cornes , 12 francs le cent; le décor, de 10 à 12 francs le cent; les sacs, i5 francs la douzaine ; les rouleaux de sucre de pomme , de 60 à 80 francs le cent.
- Le papier entre dans l’atelier en rames blanches ; il y est peint; imprimé, gaufré ou incrusté, doré, verni (l), découpé, façonné, et il en sort prêt à renfermer ou à recouvrir le bonbon.
- Nous ne saurions trop insister sur l’intérêt qu’offre cette fabrica-
- (’) Voir la Mention pour ordre, page 8 n.
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- Médaille de bronze.
- Mentions
- honorables.
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- lion, où la division du travail est poussée au point qu’il faille treize mains-d’œuvre pour faire un sac à bonbon de 1 fr. 2 5 cent., dans lequel il entre pour 5o centimes de papier ; sur l’intelligence, l’activité, la vivacité d’esprit, avec lesquelles doit être conduite une fabrication aussi complexe, où le cartonnage fin, le papier de fantaisie, l’éventail, sont, comme nous l’avons dit autre part, produits avec supériorité.
- Le jury central, prenant en considération l’ensemble de produits si divers, exécutés avec tant de goût et de correction par Mmo Mayer, qui expose pour la première fois, lui décerne une médaille d’argent.
- CARTONNAGES DIVERS.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. LÂINÉ, rue du Maure-Saint-Martin, n° 6, à Paris ( Seine ).
- Il est un de nos plus habiles cartonniers. Etabli depuis 2 5 ans, il a utilement perfectionné le travail de son état. On lui doit l’invention de la machine à tracer et à couper le carton, l’application du bois comprimé à la cartonnerie, la création de divers modèles aujourd’hui d’un usage général; le perfectionnement, par l’emploi de toiles sans fin, du calendrier perpétuel de bureau, etc.
- M. Laîné a apporté une solidité et une précision remarquables dans la confection des cartons ; légers et durables, ceux-ci sont, en même temps, d’un prix avantageux.
- M. Laîné occupe, tant en atelier qu’en chambre, environ 4o ouvriers; il compte dans sa clientèle les Archives nationales, l’Imprimerie nationale, les bureaux de la Préfecture de la Seine, de la plupart des mairies, des chemins de fer d’Orléans, de Strasbourg, etc.
- Le jury central décerne une médaille de bronze à cet actif fabricant, cité en 1839 et mentionné en i844.
- M. SALLERON , rue Saint-Martin, n° 2 53, à Paris (Seine).
- Il occupe près de 4o ouvriers à la fabrication, pour Paris et l’exportation, de tout le cartonnage fin et de fantaisie. Il expédie far-
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- ticle de 75 centimes la douzaine à 5 francs la pièce en Angleterre; de 2 à 5o francs la pièce aux colonies espagnoles et au Brésil; de 1 à 35 francs la pièce aux États-Unis; de 2 à 6 francs la douzaine en Allemagne; de 5o centimes à i5 francs la pièce en Italie, etc. On a vu à l’exposition, et l’on s’explique par cette simple indication, combien grande est la diversité des modèles.
- M. Salleron apporte dans le travail de ses cartonnages, quelle qu’en soit la simplicité ou la richesse, une égale correction. Toutest laminé, gaufré, monté, cousu et décoré chez lui; il ne fait faire au dehors que le coloriage et la broderie.
- Cette fabrication offre d’autant plus d’intérêt quelle soutient la concurrence de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Angleterre; M. Salleron l’emporte sur ses rivaux étrangers pour tout modèle qui exige du goût, de l’élégance et de l’habileté.
- Il expose pour la première fois; le jury central lui accorde une mention honorable.
- M. BÉGUIN, rue du Marché - Saint-Honoré , n° 6, à Paris ( Seine ).
- Il s’occupe particulièrement du cartonnage fin pour bijouterie, en carte lisse avec filets verts, de 6 à 15 fr. la grosse, en carton-porcelaine avec filets d’or fin, à 60 francs la grosse.
- Il fabrique également les cartons de bureau en bois et carton, et a présenté, comme échantillon de la bonne qualité et du bon marché de sa production en ce genre, un carton de A 9 centimètres de long, 32 centimètres de profondeur et 2 t centimètres de hauteur, pesant 1 kilog. 610 gram., à 3o fr. la douzaine.
- La fabrication soignée de M. Béguin a fixé l’attention du jury, qui lui accorde une mention honorable.
- S 35. ARTICLES DE FANTAISIE EN CARTON, BOIS ET PEAU. M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. GRANDCHER, rue de Vendôme, n° 9, à Paris (Seine).
- Il a exposé des paniers à ouvrage en carton, en maroquin et en paille, ainsi que des plombs pour le travail du filet, des coffrets et
- Cilationj
- favorable.
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- Mention
- lionorable.
- Citations
- favorables.
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- des essuie-plume, qui se distinguent par leur élégance et par leur exécution soignée.
- Le jury cite favorablement M. Grandcher.
- § 36. CARTES A JOUER.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. RENAULT fils aîné, rue de la Harpe, n° 45, à Paris (Seine).
- 11 a exposé des cartes à jouer satinées et imprimées en or sur le dos. Il vend en ce genre 5 francs le sixain de piquet, et 6 francs le sixain de jeu entier.
- Il peint, grave, gaufre, vernit et imprime chez lui le papier (voir la mention pour ordre, page 811 ); sa fabrication est en progrès et témoigne d’efforts intelligents.
- Le jury accorde à M. Renault une mention honorable.
- MM. BOURRU et MARTINEAU, rue de Bondy, n° 66, à Paris (Seine).
- La transparence des cartes gêne et inquiète quelquefois les joueurs; MM. Bourru et Martineau évitent cet inconvénient en rendant la carte opaque sans augmenter son épaisseur ni son prix. Le sixain de piquet coûLe 2 fr. 2 5 cent., 2 fr. 6o cent., 3 fr., et le sixain de jeu entier, 3 fr. 25 cent, et 3 fr. 75 cent., suivant la finesse. Le papier est fabriqué et imprimé par MM. Jean Zuber et compagnie.
- Le jury accorde à MM. Bourru etMartineauunecitation favorable.
- M. BLAQUIÈRE, rue Richelieu, n° 102, à Paris (Seine).
- Aux types traditionnels conservés sur les cartes à jouer, M. Bla-quière a substitué les toilettes nouvelles de chaque saison. Il a transformé le jeu de cartes en journal de modes. L’idée est originale; elle peut produire à l’étranger quelques bons résultats pour l’industrie parisienne. Les dessins sont de Janet-Lange, et le prix est de 8 fr. 90 centimes, 10 fr. 5o cent., i3 fr. 5o cent, et 18 fr. le sixain selon la qualité.
- Le jury cite favorablement M. Blaquière.
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- § 37, REGISTRES.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Depuis l’introduction en France, en 1807, des registres à dos élastique et brisé, due à M. Delaville, qui céda son brevet à M. Cabany, la confection des registres a acquis une certaine extension, et s’est tranformée peu à peu , à Paris, en une véritable industrie, que l’on retrouve à peu près partout annexée au commerce de la papeterie ou à la préparation des encres, des cires et des pains à cacheter, etc. Elle ne comporte guère de perfectionnements, ce qui explique le petit nombre de brevets délivrés de 1807 à i848, vingt. L’application du caoutchouc, combinée avec la couture des feuilles sur ruban, date de 1839.
- La division du travail peut donner dans cette fabrication d’excellents résultats; MM. Gaymard et Gérault en ont eu la preuve. Les registres passent chez eux par les mains de neuf ouvriers : régleur caoutchouqueur, couseuse, endosseur, briseur et rogneur, folioteur, monteur, couvreur, garnisseur. L’exécution est ainsi plus soignée, plus rapide et d’un cinquième plus économique.
- Nos papetiers exportent des registres, en général, en qualité commune, depuis plusieurs années en Angleterre, en Espagne, aux Etats-Unis, au Brésil, dans l’Amérique du Sud et dans les Indes orientales. Ces affaires, d’abord assez limitées, tendent à devenir considérables.
- Mm0 SAINT-MAURICE-CABANY, rue Sainte-Avoye, Rappel n° 57, à Paris (Seine). médaille
- de bronze.
- Fondée vers 17/io, une des plus anciennes et des plus honorables maisons de papeterie de Paris, cette fabrique a été mentionnée en i834 et en i83g, et a obtenu en i844 une médaille de bronze. Elle en est toujours digne par la belle confection de ses registres à dos élastique, que la première elle a fait connaître et a fa-
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- Médailles de bronze.
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- briqués. La fidélité et la confiance de sa clientèle témoignent des soins et de la perfection apportés au travail.
- Le jury central rappelle à Mm° Saint-Maurice-Cabany la médaille de bronze.
- MM. GAYMARD et GÉRAULT, rue Montmorency, n° io, à Paris (Seine).
- Ils ont succédé en i846 à M. Victor Roumestant, dont le jury central a récompensé en i83g et en i844, par une médaille de bronze, la fabrication des cires à cacheter et des registres. Sous sa direction nouvelle, cet établissement a conservé et son importance et sa réputation. 3o ouvriers, dont i5 dans les ateliers, et un chiffre d’affaires de près de 200,000 francs, témoignent d’une activité qui s’est soutenue même en i848.
- Le système de confection adopté par MM. Gaymard et Gérault, offre une garantie réelle de solidité. Les feuilles sont d’abord collées ensemble au caoutchouc, réunies par cahiers de quatre, et ce cahier, renforcé au dos et en dedans par des rubans également collés, est cousu avant que le caoutchouc se soit séché. La pose du dos métallique n’a lieu qu’après un bon travail d’endossure en papier et peau, et de reliure en parchemin d’Espagne et carton.
- Les registres exposés s’ouvrent bien à fond, la brisure est franche et la gouttière nette. Les grands livres de 2,000 pages grand-aigle et colombier Canson, nous paraissent devoir être cités pour leur parfait conditionnement. Des certificats nous ont été présentés qui attestent le long et excellent service de plusieurs de ces registres-monstres. Au reste, sur les 3,700 clients de celte maison, 2,000 environ renouvellent constamment chez elle leurs livres, et parmi eux, nous pourrions citer les noms de nos principales maisons de banque, d’assurances, de commerce, de roulage, de plusieurs de nos maîtres de forge et de nos premiers fabricants.
- Le jury central décerne à MM. Gaymard et Gérault une médaille de bronze.
- M. NERAUDAU, rue des Fossés - Montmartre, n°® 16 et 18, à Paris (Seine).
- 11 établit les registres sur dos en carton, les cahiers étant cousus sur ruban; l’assemblage et la reliure en sont très-satisfaisants. Fournisseur des comptoirs de la banque de France, des compa-
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- gnies des chemins de fer de Lyon, de Saint-Etienne, d’Orléans, de grandes maisons de commerce, M. Néraudau à présenté à l’exposition des grands livres de 800 à 1,000 pages destinés à remplacer chez ces divers clients, pour la deuxième et la troisième fois, des registres de 3, 4 ou 5 ans d’usage, également livrés par lui et dont la solidité est attestée par des lettres flatteuses. M. Néraudau travaille aussi pour l’exportation, principalement pour les Antilles, le Mexique et l’Espagne.
- Il fait faire à Houdan (Seine-et-Oise) de nouveaux, canifs-porte-crayon et plume, du prix de 24 francs la douzaine.
- Le jury accorde à M. Néraudau une médaille de bronze.
- M. Victor DUGROQUET, rue Cléry, n° 42, à Paris (Seine).
- Il a succède' à M. Robert, qui a mérité en i844 une médaille de bronze. Il continue la fabrication des livres de comptabilité et les établit en papier de choix, avec une réglure, une coulure et une endossure soignées. 10,000 registres sortent chaque année de son atelier, et sont estimés, à juste titre, des négociants qu’il fournit.
- Le jury, en accordant à M. Ducroquet une mention honorable, espère que, dans cinq ans, il reti’ouvera cet exposant au premier rang.
- M. A. DUBRAY, rue Sainte-Barbe, n° 3, à Paris (Seine).
- Il n’est pas besoin de coulure pour lier les cahiers des registres de M. Dubray, chaque feuillet étant composé du verso et du recto d’une feuille de papier mince collés ensemble. On comprend l’avantage de ce système; il rend solidaires les unes des autres toutes les parties du registre, conserve la trace de l’enlèvement d’un ou de plusieurs feuillets et assure ainsi l’inviolabilité des écritures, offre une surface d’ouverture unie et dont le milieu est naturellement intact, sans jonction, ni coulure, ni solution de continuité. Ce système peut être employé utilement pour la reliure sans onglet des ouvrages imprimés d’un seul côté, tels que les atlas, les plans, les dessins, les albums de modèles. — Un ruban fixé entre une double couche de caoutchouc, une basane, des clefs en peau, et des ban-
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- deleltes se prolongeant sous les gardes, donnent à i’endossure toute la solidité désirable.
- M. Dubray expose pour la première fois; c’est un ouvrier laborieux , établi depuis peu de temps et encore peu connu, qui fait bien et à bon marché; il est digne d’une récompense, le jury central lui accorde une mention honorable.
- M. LEFEBVRE, rue Saint-Denis, n° 86, à Paris (Seine).
- Les registres sont cousus ordinairement avec un fil continu; si ce fil vient à être coupé ou brisé, les feuilles peuvent s’échapper. M. Lefebvre remplace le fil par la soie, emploie double ruban, arrête par un nœud chaque liage, de sorte que, dans un grand livre colombier, par exemple, les feuilles de chaque cahier sont fixées par cinq coutures ou liages indépendants les uns des autres. Que l’un des nœuds ou des fils soit rompu, et trois ou quatre autres attaches maintiennent parfaitement adhérent le cahier où l’accident est arrivé. Ce perfectionnement donne la facilité de rogner les registres, s’il en est besoin, sans toucher à la reliure et n’en augmente pas le prix; il permet d’occuper beaucoup de jeunes filles et de femmes qui, n’arrivant pas à soutenir la tension du fil sur toute la longueur, ne pouvaient travailler à la couture des registres.
- M. Lefebvre a réussi également à diminuer l’épaisseur du dos, tout en assemblant et collant plus fortement les cahiers; l’emploi du chanvre, dont les filaments sont si tenaces, contribue à assurer la solidité de I’endossure.
- Le jury accorde à M. Lefebvre une mention honorable.
- M. Auguste DESSAIGNE , rue Cléry, n° 19, à Paris (Seine).
- Successeur de M. Chavant, M. Dessaigne fabrique, avec la même intelligence, le papier de réduction pour la mise en carte des dessins d’étoffes façonnées; il n’a pas moins de i5o modèles différents gravés sur cuivre ou acier; le prix net de la feuille varie de 20 à 35 centimes.
- Les papiers vernis, végétaux, dioptiques, de cet exposant sont estimés, ajuste titre, ainsi que ses registres cousus et collés.
- Editeurs d’ouvrages pour les dessinateurs de fabrique et les fabricants, son prédécesseur et lui ont publié une trentaine de vo-
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- lûmes signés des noms de Chenavard, Clerget, Redouté, Braun, Couder, etc., où se trouve réunie une précieuse collection d’études applicables aux papiers peints, à la broderie, aux châles, aux soieries, aux nouveautés de tout genre.
- Le jury central accorde à M. Dessaigne, pour l’ensemble de ses produits, une mention honorable.
- m
- M. Auguste SUPOT, rue Lamartine, n° 27, à Paris (Seine).
- M. Supot fait exécuter chez lui l’impression lithographique, la réglure, l’assemblage et la reliure de ses registres; les garnitures seules sont faites au dehors. 11 conduit ce travail avec une attention soutenue : dans les modèles exposés, on trouve des preuves de bonne confection. Le tracé des lignes grises est fin et régulier.
- Le jury accorde à M. Supot une citation favorable.
- M.BOUCHÉ, rue Mandar, n° 1, à Paris (Seine).
- 11 a exposé des registres à dos en fer ou en carton double, réglés, imprimés, montés, reliés et garnis dans son atelier; ils sont bien conditionnés et d’un prix modéré.
- Le jury accorde à M. Bouché une citation favorable.
- M. DORVILLE, rue des Fossés-Montmartre, n° 6, à Paris (Seine).
- M. Dorville est un fabricant très-actif qui a succédé à Weynen et qui a adopté la spécialité des livres, journaux, papiers et agenda de notaire. Il a tracé pour celte comptabilité particulière huit modèles bien entendus.
- Son registre-comptable permet de résumer chaque jour, dans un tableau synoptique, toutes les opérations d’une maison de commerce; il rend la tenue des livres plus prompte, plus facile et plus claire. •
- Le copigraphe et le classeur étaient déjà connus; M. Dorville a abaissé le prix du premier à 10 francs, et a donné au second une disposition plus simple et plus commode.
- Ses registres sont convenablement traités , établis à bon marché et appréciés depuis longtemps.
- Le jury cite favorablement M. Dorville.
- Citations
- favorables.
- III.
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- M. LONGUET, rue des Coquilles, n° 2, à Paris (Seine).
- Son registre à dos métallique, en papier d’Annonay, est bien monté et d’un prix modéré.
- Le jury cite favorablement ce fabricant.
- M. ALEXANDRE, rue Neuve-Saint-Eustache, n° 3, à Paris (Seine).
- Le registre à dos métallique, collé au caoutchouc et cousu sur ruban, est traité avec soin par M. Alexandre; la réglure, dessinée avec goût, est, tantôt tracée avec un carmin et un bleu outremer d’un ton vif, tantôt mordancée et dorée.
- Le jury cite favorablement M. Alexandre.
- M. Jules SERRE, rue Saint-Denis, n° 81, à Paris (Seine).
- Le mode d’assemblage adopté par M. Serre donne à ses registres une garantie de solidité. La dernière feuille de chaque cahier, plus mince de moitié que les autres feuillets, est collée à la première feuille du cahier suivant, laquelle est dans les mêmes conditions d’épaisseur, de sorte que tous les cahiers sont intimement unis. Les feuillets placés dans l’intérieur de chacun d’eux sont cousus sur ruban. Il est à désirer que les points d’attache soient plus rapprochés; si les sautriaux de fd étaient moins longs, le cahier serait moins exposé à glisser. L’endossure est bonne, la réglure ordinaire, et le prix assez modique.
- Le jury accorde à M. Serre une citation favorable.
- MM. DREYFUS et Gie, rue de Vendôme, n° i3, à Paris (Seine).
- L’exécution des registres à dos en fer de MM. Dreyfus et compagnie est assez satisfaisante pour motiver les commandes considérables qu’il reçoivent de diverses maisons de banque, de commerce, et de pensionnats. Ils ont eu l’idée de rendre, à volonté, la serrure indépendante du livre; c’est un petit perfectionnement qui n’est pas sans utilité. La correction de leur impression lithographique mérite des éloges.
- Le jury accorde à MM. Dreyfus et compagnie une citation favorable.
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- M. L. GIRARD, rue Fontaine-au-Roi, n° 52, à Paris (Seine).
- On a imaginé, pour réunir, au fur el à mesure de leur réception, les lettres, les papiers et Miels de commerce, les factures, les livraisons, etc., différents systèmes de reliure mobile que l’on a successivement éprouvés et abandonnés. M. Girard n’a pas été découragé par le sort des essais antérieurs; il a produit, sous le nom de bihliorhapte, un livre-portefeuille dont l’usage est suffisant-ment commode. Son système laisse, toutefois, à désirer sous le rapport du prix et de l’exécution : les broches qui servent^ fixer les papiers pourraient être, faites en acier, plus minces et aussi résistantes. La reliure est ordinaire, et, vu le prix, le carton et le papier devraient être en meilleure qualité. L’idée de M. Girard est assez bonne; son livre-classeur, déjà employé dans quelques bureaux, serait, nous n’en douions pas, adopté par un plus grand nombre de maisons de commerce, s’il avait au moins reçu les perfectionnements que nous avons signalés.
- Le jury central cite favorablement M. L. Girard.
- S 38. ARTICLES DE BUREAU.
- M. Natabs Rondot, rapporteur.
- MM. BLANZYj POURE et G10, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
- Birmingham est, en Angleterre, la seule ville où l’on fasse les plumes d’acier; Sheffield, où cependant est produit tout l’acier employé à cette fabrication, a fait des essais nombreux et infructueux; il a été obligé de renoncer à celte industrie. L’insuccès a toujours été la conséquence dès efforts tentés, soit en France, soit en Allemagne, même par des Anglais. Les obstacles doivent être attribués, non pas seulement à l’ignorance des procédés et des tours de main, mais à la difficulté de s’attacher d’habiles ouvriers (tools makers) pour la confection des outils. Le nombre de ces artisans est très-restreint, et leur salaire n’est pas moindre de 2 îiv. sterl. à 2 liv. 10 shil. par semaine, c’est-à-dire de 8 fr. 35 cent, à 10 fr. 5o cent, par jour.
- M «taille d’argent.
- 53.
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- Il y a à Birmingham trois maisons de premier ordre faisant par an de 520 à 780,000 grosses, pour la plupart en articles fins et demi-fins, et sur les sept ou huit fabriques secondaires que l’on comptait en 18.46, six ont été ou sont encore inactives par suite de faillite.
- Il est singulier que le prix des plumes anglaises fines et mi-fines soit, en général, plus élevé en Angleterre qu’en France. Cette différence peut être attribuée à la préférence qui est accordée aux qualités de choix chez nos voisins, et aux effets de la concurrence que se font les importeurs pour s’assurer le privilège d’alimenter notre consommation, qui peut être estimée à 120,000 grosses par mois.
- MM. Blanzy, Poure et compagnie ont fondé, en 1847, ^eur êla-blissement de Boulogne; ils n’ont reculé devant aucun sacrifice pour s’adjoindre des tools makers de Birmingham, et pour établir un outillage aussi perfectionné que possible. Leur matériel se compose d’une machine à vapeur de 5 chevaux, de deux mouilles à recuire l’acier, de 106 presses et machines à couper, à percer, etc., de 2 5 moulons pour marquer et estamper, de 4o roues à polir, et de l’outillage d’un atelier pour la construction et la réparation de leurs machines.
- Ils occupent 190 ouvriers, dont 3o hommes et 160 filles de i5 à 20 ans. Le salaire journalier des premiers est de 2 fr. 5o cent, à 5 francs, celui des secondes est de 1 fr. à 1 fr. 2 5 cent.
- MM. Blanzy, Poure et compagnie fabriquaient par semaine, en juin et juillet 1847, 2,000 grosses; en février 1848, 6,000 grosses. Les événements révolutionnaires les forcèrent de suspendre le travail pendant quelque temps, mais dans les trois derniers mois de i848, ils firent près de 80,000 grosses. Leur production actuelle (octobre i84g) est de i3,200 grosses par semaine, c’est-à-dire de près de 690,000 grosses par an. Elle influe sensiblement sur les importations étrangères de plumes métalliques. En 1842, la France recevait 355,000 grosses, en 1845 et 1846,1,15o et 1,14o,ooo grosses; en 1847, 992,5oo grosses, en i848, 410,000 grosses. Il y a lieu de penser que les 80,000 grosses faites à Boulogne dans les six derniers mois de 1847 n’ont pas été étrangères à cette diminution de l’importation anglaise.
- Nous avons fait éprouver, par vingt-cinq employés de l’enquête industrielle de Paris, dix grosses de cent modèles et numéros différents, des prix de 2 5 centimes à 80 centimes la grosse. Cet essai a
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- été entièrement favorable aux produits de MM. Blanzy, Poure et compagnie. Cependant, pour les sortes fines, on a donné la préférence aux plumes anglaises; à qualité égale, toutefois, celles-ci ne sont pas supérieures à la plupart des numéros des séries à 45, 55 et 57 centimes la grosse.
- En présence de ces résultats satisfaisants, et en considération de l’introduction, en France, d’une industrie nouvelle qui prospère sans avoir réclamé de protection , le jury central décerne la médaille d’argent à MM. Blanzy, Poure et compagnie.
- M. MALLÀT, rue Neuve-Saint-François, n° 5, à Paris Médaille*
- . ce bronze.
- (berne).
- Il a exposé les plumes en or et en platine, à pointe de rubis ou d’osmiure d’iridium, qu’il a inventées en 1842 et perfectionnées..
- Le prix était, pour les plumes à pointe en rubis, de 18 francs 1 en i843, il est aujourd’hui de 11 francs; pour celles dont la pointe est en osmiure d’iridium, il a été réduit de 12 à 6 francs, et cependant l’iridium , qui valait 1 00 francs le kilogramme en i843, coûte maintenant 3 francs le gramme; cette hausse provient de la moindre richesse en iridium des minerais de platine exploités aujourd’hui. •
- Nous avons essayé bon nombre de ces plumes, et nous nous sommes assurés de leur bonne qualité. Les témoignages de MM. A. Séguier,
- Stanislas Julien, Charles Schlumberger, ceux des employés de la banque de France et des teneurs de livres de plusieurs maisons de commerce, ne laissent aucun doute sur l’excellence de l’usage, surtout depuis que le bec est soutenu par un tuteur en platine.
- La meilleure preuve de la bonté de ces plumes, c’est l’augmentation delà vente; en i843, M. Mallat en faisait de 2 à 3,000 et n’occupait que 2 ouvriers. Celle année, il emploie chez lui 10 ou-, vriers et 4 au dehors, et produit près de 20,000 plumes, dont le quart est à pointe de rubis.
- Il a été mentionné en i83g pour ses ouvrages d’horlogerie, et. cité en i844 pour ses plumes. L’expérience ayant constaté leur, utilité, leur durée et leurs avantages, le jury central décerne à,
- M. Mallat une médaille de bronze.
- 1 Ce prix et le suivant s’appliquent aux plumes entièrement maniées.
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- Citations
- favorables
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- M. BERTIER, àPoissy (Seine-et-Oise).
- Il a exposé des crayons et des porte-plume. Ceux-ci, de quatre genres différents, sont, en outre, extrêmement variés de système, de couleur, de dimensions, et l’exposition deM. Bertier ne comprenait pas moins de 46 modèles. Le prix de ces articles varie principalement de 1 fr. 75 cent, à 8 fr. g5 cent, la grosse, soit i4 cent. 1/2 à 74 cent. 1/2 la douzaine. Les porte-mine, un peu plus compliqués , valent de i5 à 18 francs la grosse (de 1 fr. 25 cent, à 1 fr. 5ocent. la douzaine). Des prix aussi bas ont rendu possible la lutte de concurrence avec l’Allemagne, et, depuis quelques années, M. Bertier exporte la moitié de sa production en Espagne, en Italie, etc.
- Ce fabricant a fait travailler et occupe de nouveau les prisonniers de la maison de détention de Poissy ; il a néanmoins des ateliers tout à fait indépendants de cette exploitation exceptionnelle, et dans lesquels une machine à vapeur de 8 chevaux fait marcher 10 mécaniques diverses et où sont employés 5o ouvriers, pour la plupart femmes et enfants.
- L’importance de cette fabrique, créée, outillée et conduite avec intelligence par M. Berlier a été appréciée par le jury, qui décerne à M. Bertier une médaille de bronze.
- M. DUVOCHEL, rue Dupetit-Thouars, n° 23, à Paris (Seine).
- Les porte-plume encriers ont l’inconvénient de fournir ordinairement l’encre par un suintement continu, de sorte qu’en écrivant lentement ou en cessant d’écrire, l’encre s’échappe si l’on néglige de fermer le porte-plume.
- Dans le système de M. Duvochel, le pouce, en appuyant sur une petite clef, fait remonter la tige qui pèse sur l’orifice; dès que le doigt cesse de presser, le trou se bouche. La sortie de l’encre est réglée, suivant le genre d’écriture, au moyen d’une bague qui facilite plus ou moins l’ascension de la lige.
- Ce système est d’invention trop récente pour que l’on puisse l’apprécier sûrement; le jury central, fidèle à ses précédents, accorde à M. Duvochel une citation favorable.
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- Mm® veuve DELABROSSE, rue Montmartre, n° 147, et rue du Rocher, n° 5g, à Paris (Seine).
- Elle a exposé des porte-plume dits siphoïdes, 'd’une construction simple, d’un usage facile, et dont le prix, selon le travail et la nature du métal employé, descend jusqu’à 6 francs la grosse.
- L’expérience n’ayant pas encore sanctionné ce perfectionnement, le jury ne peut que citer favorablement Mme veuve Deîabrosse.
- M. HALLEY, rue de l’Écharpe, n° 1, à Paris (Seine).
- Il a exposé un porte-plume dit siphoïde, dont la disposition la plus ingénieuse est un système de piston assez bien combiné.
- En attendant que l’expérience confirme les prévisions de l’inventeur, le jury lui accorde une citation favorable.
- S 39 ENCRIERS.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. Adolphe BOQUET, rue Richelieu, n° 9, à Paris (Seine).
- H a été breveté le 1“ août i83i pour un encrier mécanique à compression, auquel il a donné depuis le nom d’encrier à pompe. L’expérience a depuis longtemps constaté ies avantages de ce système, et le jury a accordé à l’exposant une citation favorable en i83g et une mention honorable en i844-
- M. Boquet a augmenté le chiffre de ses affaires et le nombre de ses ouvriers; il a occupé, en 1848-1849, 10 ouvriers, et il fait travailler en atelier 4 tourneurs, 4 monteurs, 2 ciseleurs, 1 ébéniste et 1 marbrier. Il fait chez lui, comme on le voit, non-seulement le mécanisme, mais aussi le bronze, l’ébénisterie et la marbrerie nécessaires pour la garniture et l’ornement de l’encrier.
- Ses modèles, en général d’un bon dessin, sont exécutés avec habileté et avec économie; aussi livre-t-il des encriers depuis 10 fr. 80 cent, la douzaine. Le prix moyen est, pour l’encrier à colonne, de 17 francs, et, pour l’encrier plat, de 24 francs la douzaine, avec un escompte de 10 p. 0/0.
- M. Boquet exporte la moitié de sa production; le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- Médaille de bronze.
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- Mentions
- honorables.
- M. CHAULIN, rue Saint-Honoré, n°2i8, à Paris (Seine).
- L’usage de l’encrier siphoïde de M. Chaulin est aujourd’hui très-répandu; il a reçu quelques perfectionnements qui ont peu d’intérêt. La forme en est très-variée, et des modèles riches et élégants en porcelaine et bronze doré figuraient à l’exposition, ainsi qu’une collection de papiers de luxe illustrés.
- Pour l’ensemble de ces produits, dont l’exécution est toujours soignée et dont la fabrication n’est pas sans importance, le jury accorde à M. Chaulin une nouvelle mention honorable.
- M. BRIFAUT, rue Neuve-Ménilmontant, n° 6, impasse Bretagne, n° 7, à Paris (Seine).
- Il a exposé des encriers portatifs en fer-blanc, garnis pour la plupart d’une petite brosse qui sert d’essuie-plume. Les encriers qu’il fait en plus grande quantité sont cotés à 3 fr., 3 fr. 75 cent, et 5 fr. 75 cent, la douzaine, c’est-à-dire de 25 à 48 centimes la pièce; malgré la modicité du prix, ces encriers sont bien établis. M. Brifaut en fait environ 80,000 par an; il occupe 10 ouvriers chez lui et quelques ferblantiers et repousseurs au dehors.
- Ancien contre-maître de la fabrique Merckel, M. Brifaut expose pour la première fois; le jury lui accorde une mention honorable.
- S 40. PLUMES ET PORTE-PLUMES.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Depuis plusieurs années, on a importé d’Angleterre un assez grand nombre d’articles de bureau, destinés à des usages divers, et dont la plupart, délaissés depuis longtemps chez nos voisins, ont été oubliés aussitôt que produits. De tous les petis appareils qui se sont succédé aux expositions et sur les rayons de nos papetiers, les prompts-copistes sont à peu près les seuls qui aient été adoptés; ce sont ceux aussi qui ont reçu le plus de perfectionnements. Des régloirs, des rouleaux-buvards, un prompt-copiste, et quelques essais sans intérêt ont
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- été présentés cette année. Plusieurs fabricants de registres ont aussi exposé des presses à copier, mais aucun d’eux ne nous a soumis un modèle ou un procédé nouveau; toutes ces presses sont d’ailleurs faites par des mécaniciens indépendants, auxquels doit revenir, s’il y a lieu , le mérite du travail. Il est regrettable qu’aucune récompense ne soit accordée à cette fabrication des presses à copier, qui est conduite avec intelligence et qui a progressé depuis i844, et nous espérons qu’à l’exposition prochaine nous serons en présence des véritables auteurs de ces petites machines. Rappelons, dès maintenant, que la presse en fer forgé, qui se vendait 75 francs en i844, est livrée aujourd’hui pour 45 francs, et que le prix des copies de lettres de 5oo feuilles in-4° coquille a baissé de 5o p. 0/0 durant ces cinq années.
- M. LEFEBVRE, rue Saint-Denis, n° 86, à Paris (Seine).
- Il a imaginé un bouchon mécanique qu’il applique principalement aux bouteilles d’encre. Ce petit obturateur est assez ingénieux, il peut être utilement employé pour d’autres liquides, surtout lorsque son prix sera moindre et sa disposition plus simple.
- ( Voir le rapport sur les Registres, page 832.)
- Mme BEAU, rue Montmartre, n° i48, à Paris (Seine).
- Elle a exposé un prompt-copiste, breveté en 1842, qui permet de tirer une ou deux épreuves d’une lettre, sans se servir d’un papier particulier et d’une presse. On écrit avec une encre dite électro-chimique, et l’écriture est transportée rapidement et avec netteté sur un papier sans colle.
- L’expérience ayant prouvé la bonté de ce procédé, le jury cite favorablement Mme Beau.
- M. VERNIER, à Beaumont-sur-Oise (Seine-et-Oise).
- Régler une feuille de papier sans carrelet ni crayon, d’une seule course de rouleau, et avec une rectitude parfaite, était un petit problème qui a été résolu avec bonheur par M. Vernier. R est à craindre que le prix élevé de ses prompts-régloirs n’en restreigne
- Citation pour ordre.
- Citations
- favorables.
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- Médaille
- d’argent.
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- la consommation. Un rouleau, le tampon et l’encre, ne coûtent pas moins de 3 fr. 5o cent.
- Le jury accorde à M. Vernier une citation favorable.
- M. JOLY, rue des Francs-Bourgeois, n° i, au Marais (Seine).
- En Angleterre, on a remplacé depuis longtemps le papier buvard par un rouleau, que M. Joly a importé en France. Il a eu l’idée de le garnir, tantôt d’une monture et d’un manche, tantôt d’un couvercle-poignée, qui le rendent d’un usage plus commode. M. Joly fait des prompts-buvards en tout genre, mais fabrique particulièrement ceux de 33 francs la grosse, a3 centimes la pièce. Tout, même l’incrustation, est fait chez lui avec assez de soin.
- Le jury central cite favorablement M. Joly.
- § 41. BOUCHONS DE LIEGE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- MM. A. DUPRAT et G18, à Castres (Tarn).
- Ils sont parvenus à fabriquer à la mécanique des bouchons de liège. Ceux qu’ils ont exposés offrent un grain fin, une coupe régulière et correcte; et compacts, légers, sains, adroitement retouchés , ils sont irréprochables.
- Ce n’est pas sans difficultés et sans nombreux essais, que MM. Du-prat et compagnie ont pu arriver à cette supériorité. Leurs ingénieux moyens de travail sont trop bien entendus pour n’être pas le résultat de persévérants et intelligents efforts.
- Après avoir été soumis à une ébullition, à une compression et à un séchage prolongés, le liège en planche est livré successivement à trois machines. La première de coupe en bandes plus ou moins épaisses; la deuxième (perceuse) découpe la bande en bouchons cylindriques; la troisième, dite tourneuse, rend ceux-ci plus brillants en leur enlevant une mince pellicule, et leur donne la forme conique. Cette machine, dont les i4 mouvements différents sont combinés avec une précision parfaite, façonne un bouchon par seconde; c’est un produit journalier de ao.ooo bouchons, tandis que l’ouvrier le plus habile ne peut en tourner que 1,000 en un jour. La tourneuse est aussi employée à faire la retouche du bou-
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- chon, c’est-à-dire a enlever les défauts sur des points déterminés; elle retouche 20,000 bouchons par jour.
- Fondée en i844 à Salvages, incendiée en 1847, et reconstruite près Saïx en i848-4g, la fabrique de MM. Duprat et compagnie est aujourd’hui en pleine activité; elle occupe 5o ouvriers, et dispose d’un moteur hydraulique de 4o chevaux, qui met en mouvement 25 machines. La production annuelle est d’environ 3o,ooo milliers de bouchons, dont le prix varie, selon la qualité et la grosseur, de 3 à 80 francs le mille.
- Le jury central décerne à MM. Duprat et compagnie une médaille d’argent.
- § 42. BUSTES ET TÊTES POUR COIFFEURS, COUTURIÈRES, MODISTES, ETC.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. ALLIX, rue Montmartre, n° 41 * à Paris (Seine).
- Le modelage en cire a fait quelques progrès, et M. Allix est, sans contredit, un de ceux qui y ont le plus contribué. Il est parvenu à une exécution satisfaisante, et Ton remarque des efforts pour apporter, dans le modèle, une certaine correction de dessin et de forme.
- M. Allix a exposé une vierge et un enfant Jésus d’un bon travail, des bustes pour coiffeurs à 60 francs, quelques têtes de poupée à 20 francs (sans implanté), des mannequins pour tailleurs, avec tête et bras articulés à 100 francs. Il fabrique principalement les bustes mi-corps pour montres de corsetières et de coiffeurs; c’est cet article qu’il devrait s’attacher à perfectionner.
- Le jury mentionne honorablement M. Allix, déjà distingué en
- i83g.
- M. LETORT, rue Rocliechouart, n° 21, à Paris (Seine).
- Il a exposé des têtes de poupée mobiles pour modistes, lingères et coiffeurs, du prix de 8 francs, tête non comprise. L’axe porte sur une genouillère tournante, et deux arcs de cercle permettent, en outre, l’inclinaison à 45 degrés. Ce petit appareil est ingénieux, bien établi, et rendra aux ouvrières le travail plus facile et moins fatigant.
- Le jury central accorde à M. Lelort une citation favorable.
- Mention
- honorable.
- Citation
- favorable.
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- Mention
- honorable.
- Mention
- ionorable.
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- S 43. CERCLES DE TAMIS.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. PEYRON, à Rumengol (Finistère).
- Il a exposé des cercles de tamis sciés, d’une bonne fabrication et d’un prix très-modique.
- M. Peyron occupe, dans ses scieries de Rumengol, trois cents ouvriers, qui font, en outre , des barils pour la marée, des bois de brosse et divers autres autres ouvrages de boissellerie et de tonnellerie. Le jury accorde à M. Peyron une mention honorable.
- § 44. CRINS ET SOIES DE PORC PRÉPARÉS.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. PICHQN, à Metz (Moselle).
- Il a exposé trois qualités de crin frisé et de soie de porc échaudée, préparés par un procédé particulier.
- Par ce procédé, inventé par M. Camus, le poil est parfaitement dégraissé et épuré; il conserve sa souplesse, et a perdu celle odeur infecte qui se manifeste surtout dans les chaleurs de l’été.
- Les crins frisés sont bien préparés ; les soies de porc ne laissent rien à désirer; l’établissement est considérable, et le travail paraît bien dirigé. Le jury signale les services que rend le procédé de M. Camus, et accorde à M. Pichon une mention honorable.
- § 45. FILETS. — CORDE RIE FINE POUR PASSEMENTERIE. — ARTICLES DE PÊCHE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- CONSIDERATIONS GÉNÉRALES.
- Il y a vingt-cinq ans, l’article de pêche n’offrait aucun intérêt commercial; deux fabricants travaillaient en chambre, et leurs produits étaient étalés et vendus sur les quais ou sur la berge de la Seine. Les quincailliers tiraient d’Angleterre les cannes et les lignes montées. M. Kresz aîné transporta, vers 1825, son petit atelier de la rue Grenétat au quai de la Mégisserie, et fonda la première maison spéciale de vente de tout l’article de pêche ; il était arrivé à faire quelques articles à un
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- tiers meilleur marché que les Anglais : c’est du moins ce qui est annoncé dans le rapport du jury de 1827 > page 43g.
- Encore en i83o, malgré ces premiers efforts, on ne fabriquait en France que la ligne en crin, la canne et le filet; on ne connaissait dans le commerce que quatorze modèles de lignes, et le travail en était fort grossier. La flotte était en liège taillé en olive au couteau, arrondi à la lime , et garni à chaque extrémité de cire à cacheter rouge.
- Le prix de revient de ces lignes était de 75 centimes à 4 francs, et le prix de vente de 1 à 6 francs la douzaine.
- Les lignes anglaises étaient les seules que l’on trouvât entre les mains des amateurs, mais bientôt M. Montignac, perfectionnant le retordage de la soie, produisit des bannières à la fois fines, régulières et nerveuses, et fit la queue-de-rat mieux et à i5 p. 0/0 meilleur marché que les Anglais. Il apporta en même temps dans la fabrication le soin minutieux auquel il doit la réputation de ses articles.
- Il ne suffisait pas d’établir la ligne d’amateur avec supériorité, il fallait aussi rendre meilleure la ligne du petit pêcheur, la ligne à deux sous. Mme Savouré apporta dans l’exécution de la plume et du bouchon de liège, dans le montage, une amélioration notable et une économie qui permit de réduire les prix. Ses modèles, imités de ceux d?Angleterre, furent bientôt préférés à ceux-ci, qui depuis six ou huit ans sont abandonnés.
- Avant i83o, la fabrication de l’article de pêche, à Paris, atteignait à peine 3o,ooo francs ; aujourd’hui elle s’élève, dans les années favorables, à 3oo,ooo francs environ, et occupe huit ou dix petits ateliers. Il est bien entendu que nous ne comprenons pas dans le chiffre précédent la valeur de tous les engins faits par les pêcheurs dans leurs*moments perdus, et variés selon la nature des eaux et des poissons.
- Pour faire apprécier la différence entre les prix de revient et de vente anciens et actuels, nous donnons ci-après l’analyse du prix de trois genres de ligne montée 1 :
- Nous devons ce renseignement à Mrac Savouré.
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- Ligne en trois crins tressés au doigt, avec deux hameçons et plume, montée sur plioir en bois teint.
- Plioir.............................
- Teinture du plioir.................
- Plume..............................
- Hameçons...........................
- Montage des hameçons...............
- Crin...............................
- Tressage et nouage du crin.........
- Montage de la ligne................
- Plombs et coulants.................
- Total du revient. ..
- PRIX DE REVIENT.
- ANCIEN. ACTUEL,
- par grosse. if a5c f c 0 90e
- idem 0 3o 0 20
- idem...... n 5o n 3n
- idem 1 2o 0 90
- idem 1 20 0 75
- idem 1 25 1 00
- idem 2 OO 1 3o
- idem 1 5o 0 70
- idem 0 20 0 10
- idem...... 9 ho 6 20
- Ainsi la ligne revenait autrefois à 6 centimes 1/2 et se vendait 8 centimes i/4; elle ne coûte maintenant que 4 centimes i/3 et se vend 5 centimes 1/2.
- La ligne à un hameçon revient à 3 centimes et se livre à 4 centimes.
- Ligne à quatre crins tressés au rouet, avec deux hameçons et bouchon en liège peint en rouge à chaque extrémité, plioir en roseau.
- PRIX DE REVIENT.
- ANCIEN, ACTUEL.
- Plioir par grosse. 2f 00C if 5o°
- Bouchon idem...... 6 00 /| hfv
- Hameçons idem. 1 20 0 on
- Montage des hameçons idem 1 20 0 75
- Crin idem. 2 OO 1 5o
- Tressage et nouage du crin idem 3 00 2 2 5
- Montage de la ligne. idem 1 5o 0 75
- Plombs et coulants . idem...... 0 3o 0 20
- Total du revient,. idem 17 20 IX 85
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- La ligne de 8 centimes i/4, vendue 11 centimes, est donc de 3o p. o/o meilleur marché qu’il y a quinze ans.
- Dans la ligne crin en six et gros bouchon, la différence est plus grande encore; on vendait 42 francs la grosse, qui revenait à 20 francs 45 centimes, tandis qu’aujourd’hui ce qui coûte i5 francs 55 centimes est livré à 24 francs.
- Ligne crin en six et gros bouchon.
- PRIX DE REVIENT.
- ÀNCIEÎL ACTUEL,
- Plioir *. . par grosse. 2f 2 5e 2f 6o°
- Bouchon idem...... 8 00 5 5o
- Hameçons idem 20 O QO
- Montage des hameçons idem 1 20 0 76
- Crin. idem 3 OO 2 60
- Tressage et nouage du crin idem 3 00 2 25
- Montage de la ligne. idem 2 5o 0 75
- Plombs et coulants idem 0 3o 0 20
- Total du revient.. . idem 20 45 i5 55
- On n’est pas encore arrivé à faire en France les hameçons ; la plupart de ceux qui sont employés sont tirés d’Irlande, au prix de 3 à 18 francs le mille. L’Allemagne nous en fournit aussi dont la qualité est inférieure , et qui ne coûtent que de 2 à 8 francs le mille.
- Le travail des cannes à pêche est inséparable de la fabrication des lignes; les cannes sont faites en bambou, en roseau, en hicory, en frêne: l’ajustement et les garnitures en sont très-variés.
- M. DELAGE-MONTIGNAC, rue Saint-Honoré, n° 4i4, à Paris (Seine).
- Jusque dans ces dernières années, on employait pour la pêche des bannières en soie tirées d’Angleterre; M. Montignac est arrivé, en perfectionnant le moulin à retordre, à obtenir une soie d’une régularité et d’une force telles que ses bannières sont estimées de
- Médailles de bronze.
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- Mentions
- honorables.
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- tous îes amateurs, et recherchées même en Angleterre. Cette soie, quelles que soient sa finesse et sa torsion, ne vrille ni ne se détord, et un apprêt la rend imperméable; elle se vend de 5 à -y5 cent, le mètre. Les queues-de-rat pour la pêche de la truite et du saumon à la mouche artificielle sont bien réussies.
- M. Montignac fabrique l’article de pêche plutôt en amateur qu’en industriel; il s’attache à ne livrer que des lignes et des moulinets, des cannes et des filets, d’une exécution parfaite; il vérifie la bonté des moindres pièces. Ces soins constants ont fait sa réputation.
- L’épervier à mailles voulues pour le gros poisson et surtout l’é-pervier goujonnier, exposés par M. Montignac, sont deux filets tout à fait exceptionnels ; l’assortiment de lignes, de 9 à 60 francs la douzaine, offre plus d’intérêt.
- Le jury central accorde une médaille de bronze à M. Delage-Montignac, cité en 1839 et mentionné en i844, pour l’ensemble de sa fabrication.
- M. LEBATARD, rue Coquillière, n° 3y, à Paris (Seine).
- La maison Lebâtard, fondée en 1612, fabrique depuis cette époque, de père en fils et dans le même atelier, les filets pour la chasse, la pêche, la sellerie et le délitement des vers à soie. Elle a exposé un assortiment de carniers depuis 2 fr. 5o cent, jusqu’à 5o francs. Les filets de plusieurs de ces carniers sont des chefs-d’œuvre de tressage ; le sac de chasse russe est d’un modèle original, et le havresac d’ouvrier d’une disposition simple et convenable.
- Nous citerons encore les caparaçons en filet de fil de lin ou de soie, réguliers, solides et élégants, les filets à déliter les vers à soie du prix de 1 fr. 76 cent, le mètre carré pour le premier âge, et de 80 centimes pour le deuxième âge et au delà, enfin les licols de poche à 10 francs la douzaine.
- La perfection du retordage et du tressage ont assuré à la maison Lebâtard une clientèle fidèle et une vente facile.
- Le jury central décerne à M, François-Antoine Lebâtard une médaille de bronze.
- M. PROSPER-JEAN dit BRUNOT, rue Rambuteau, n° 79, à Paris (Seine).
- Il a exposé des fils de chanvre et de lin simples et retors, fins,
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- tenaces, réguliers. Ces fils servent à faire des bourses , de^ glands, des boutons-grelots, et des ouvrages de fantaisie au filet et au crochet.
- Le jury mentionne honorablement M. Brunot.
- M“ Émile SAVOURÉ, rue Saint-Martin, n° 297, à Paris (Seine).
- Mm0 Savouré est une des plus anciennes fabricantes d’articles de pêche ; elle a apporté dans ce travail des améliorations et une économie qui n’ont pas été sans influence sur l’extension de celte pelite industrie. Elle a remplacé la cire à cacheter par la peinture à l’huile, a poli le liège à la mécanique, a réussi dans l’imitation des lignes et des bouchons anglais. La collection d’échantillons exposée par Mm0 Savouré atteste les soins qu’elle donne à sa fabrication, qui s’étend depuis la qualité de 8 francs la grosse jusqu’à celle de 24 francs la douzaine.
- Le jury central rappelle à Mme Savouré la mention honorable qui lui a été accordée en i844.
- M. BLANCHARD, quai de la Mégisserie, n° 5o, à Paris (Seine).
- 11 a exposé des lignes de 80 centimes à i5 francs la douzaine; des cannes à pêche avec moulinet, de 21 à 60 francs la pièce; des cannes à pêche simples de 4 à 60 francs la douzaine; des filets éperviers et échiquiers. Ces divers objets sont bien appropriés au genre de pêche auquel ils sont destinés, leur prix est modéré..
- Successeur de M. Kresz aîné, qui s’est occupé dès 1810 avec un grand zèle de la fabrication de l’article de pêche, M. Blanchard est cité favorablement par le jury central.
- MM. ESTUBLIÉ et GARTAU, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Ils ont exposé des filets faits au métier, à mailles de 2 centimètres, pour la pêche de la petite sardine, et de 15 millimètres, pour celle de l’anchois. Ces filets se distinguent des filets à la main par l’alternance à la lisière d’un nœud rond et d’un nœud à fil coupé ; la nappe est régulière et sans défauts.
- Le jury cite favorablement MM. Eslublié et Cartau.
- m.
- Citations
- favorables.
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- M. VINCENT, à Lyon (Rhône).
- Le jury central cite favorablement M. Vincent pour un lilel d’une belle exécution fait au métier.
- S 46. — APPAREILS DE GYMNASTIQUE.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- Le colonel Ainoros s’est acquis une réputation méritée par l’application de la gymnastique à l’instruction militaire et à l’éducation des jeunes gens. Il a fait, de cet ensemble d’exercices, un véritable corps d’études, et a rendu, par plusieurs inventions, des services réels.
- La gymnastique est devenue aujourd’hui, non plus seulement un enseignement, mais aussi une industrie; et nous avons à juger cette année le mérite des perfectionnements et des appareils, au double point de vue de la science et de la fabrication.
- Il n’y a pas longtemps encore que, pour établir un gymnase, il fallait s’adresser au charpentier, au menuisier, au cordier, au serrurier; le plan et les installations étaient, en général, assez mal ordonnés, et un portique, même très-simple, revenait à un prix élevé. Il existe maintenant des ateliers où l’on exécute toutes les parties des constructions et des appareils, et cette réunion, dans un même établissement, de travaux si divers, toujours confiés à des ouvriers'spéciaux, a rendu les gymnases moins chers et mieux disposés.
- Mention pour ordre.
- M. Alexis GODILLOT, boulevard Poissonnière, n° Paris (Seine).
- i 4, à
- C’est à M. Godillot que Von doit la fabrication en grand et dans un même établissement de toutes les parties des gymnastiques; il est'arrivé à préparer des assortiments complets, et à les établir à des prix fixes, proportionnels, suivant les dimensions, de sorte que l’on peut, avec le tarif illustré, choisir, pour une somme déterminée, des appareils, échelles, cordages, etc., d’une grandeur et d’une force également connues.
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- M. GodiJlot a réuni, sous le portique de gymnase avec plaie-forme et hunier qu’il a exposé, presque toutes les dispositions d’échelles, de mâts, de haubans, de cordes, de trapèzes, de poutres, etc ; il a aussi présenté des balançoires, des anneaux et bâtons à lutter, des haltères et des mils. L’exécution de ces divers ouvrages île charpenle, de menuiserie, de tour, de forge ou de corderie est soignée, et les ajustements, ainsi que la solidité, laissent peu à désirer. Les appareils sont établis d’après les modèles consacrés par l’expérience des professeurs, et l’ensemble de cette fabrication mérite des éloges.
- Nous ne terminerons pas sans signaler la corde de sauvetage, imaginée par M Edouard Billot, l’un des contre-maîtres de M. Godillot; le mécanisme est assez simple, et l’usage en est assez facile pour que celte échelle devienne populaire et rende des services.
- ( Voir, pour la récompense accordée à M. Godillot, le rappor t sur la Layetlerie et les articles de Voyage et de Campement.)
- M. E. TAMPIED, rue Saint Denis, n° 361, à Paris, et au Petit-Montrouge, route de Châlillon, n° 26.
- M. Tampied est un cordier renommé ajuste titre pour la bonté de ses cordages; il s’occupe également de la confection des échelles de corde et de toute la corderie de gymnase. Les produits en ce genre qu’il a exposés sont bien faits et d’une grande résistance; nous citerons surtout une corde à nœuds d’un très-beau travail, dont le tressé et le nouage sont d’une correction remarquable.
- M. Napoléon LAISNÉ, rue de Vaugirard, n° 9, à Paris (Seine).
- M. Laisné, ancien sous-olïicier au 1" régiment d u génie, directeur des gymnases de l’école polytechnique et des lycées nationaux, a exposé les modèles des appareils de gymnastique qu’il a perfectionnés.
- Il a donné une forme plus convenable aux mils, ou massues persanes, importés en France en i834par le colonel anglais Harriot, et qu’avait fait connaître le voyage de Drouville, publié en 1825. Ces mils sont en charme ou en hêtre, et leur poids varie, comme celui des haltères, de 5oo grammes à 25 kilogrammes.
- L’échelle à étrier fixe, connue sous le nom de Bois-Rosé, qui
- 54.
- Médaille de bronze.
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- Citation
- iavorable.
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- l’employa, dit-on, pour s’emparer de Fécamp, a donné à M. Laisné l’idée d’une échelle à étrier mobile assez ingénieuse.
- Mais ce qui recommande surtout ce professeur, c’est l’application intelligente qu’il a faite des exercices gymnastiques au traitement des enfants atteints de maladies nerveuses, scrofuleux, teigneux, etc. «Parmi les résultats déjà obtenus, disent, le 4 février i84g, MM. Blache, Guersant, Trousseau, etc., médecins de l’hôpilal des Enfants, nous croyons devoir particulièrement mentionner la guérison d’un certain nombre de cliorées (danse de Saint-Guy), due à l’emploi exclusif de ces exercices, parfaitement combinés. . . Nous avons pu constater aussi leurs bons effets sur la santé et l’état général de nos pauvres enfants atteints de maladies chroniques. »
- M. Laisné dirige, depuis 1847, ces exercices sij intéressants avec un dévouement et un zèle qu’attestent de nombreux témoignages; c’est pour fortifier les muscles de ces enfants qu’il a perfectionné plusieurs appareils, entre autres la balançoire brachiale, les barres à sphères de M. Triât, etc.
- Enfin, il est l’inventeur d’une perche à escalade qui a été éprouvée au fort de Vanvres par une commission du génie. Le rapport, du 15 juin 1848, déclare que cette échelle , du poids total de 44 kilogrammes 1/2 , est assez solide pour supporter sans danger quatre et même huit hommes, que son montage ne dure pas plus d’une minute, que l’ascension est facile, rapide, puisqu’elle est effectuée en une minute par trois soldats avec armes et bagages.
- M. Laisné a publié un excellent traité de gymnastique pratique; il a coopéré à la préparation de l’instruction ministérielle pour l’enseignement de la gymnastique dans les corps de troupes : pour tous ces services, le jury central décerne à M. Napoléon Laisné une médaille de bronze.
- M. CHANTRAI-REMY, à la Chapelle-Saint-Denis, n° 181 (Seine).
- Dans l’échelle de corde exposée par M. Chantrai-Remy, toutes les difficultés de tressage et d’ajustement ont été multipliées à plaisir et surmontées avec habileté. C’est un chef-d’œuvre de corderie exécuté avec toute la perfection désirable.
- Le jury accorde à M. Chantrai-Remy une citation favorable.
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- S 47. — SYSTÈMES DE COUCHAGE. — LITERIE. — SOMMIERS ÉLASTIQUES.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- L’examen des sommiers élastiques, des matelas, des appareils et des systèmes de couchage nous a été confié; cette section comprenait 21 exposants, dont les 3/5 appartenaient à d’autres catégories, comme ébénistes, tapissiers, fabricants de lits en fer, etc. Nous les avons classés en trois groupes, et nous avons rangé dans le premier les exposants de sommiers élastiques et de matelas; dans le deuxième, les exposants de meubles-lits; dans le troisième, les exposants de lits portatifs.
- I. — SOMMIERS ÉLASTIQUES ET MATELAS.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Les fabricants de sommiers s’accordent à attribuer l’invention des ressorts (en 1802) à un charron des environs de Francfort , nommé Kaiser. Les ressorts étaient d’abord guindés avec des fils de fer et des bandes de tôle, et ce fut un tapissier de Francfort qui songea à remplacer par des sangles cette mauvaise armature. Celui qui le premier a introduit et fabriqué le sommier élastique en France paraît être M. Thierry. M. Nuel-lens s’occupa presque en même temps de ce travail. L’importation remonte à 1816; le premier brevet est daté de 1818, et ce sont MM. Thierry, Dupont et Laude jeune qui ont donné à la vente du sommier élastique une extension d’année en année plus importante. Son usage est loin d’être devenu général ; cependant il est rare que l’on fasse établir maintenant un bon coucher autrement qu’avec un sommier élastique.
- Les premiers ressorts étaient cylindriques, on imagina ensuite les ressorts dits isographiqaes ; mais quelles qu’aient été les modifications, tous les ressorts droits faisaient perdre 10 centimètres d’élasticité. M. Thierry inventa le ressort à cônes, généralement adopté et amélioré par divers fabricants.
- L’exposition de cette année ne présente que deux perfec-
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- fionnements notables ; le ressort à double cône de M. Thierry, breveté en 1845, et le sommier double de M. Mary.
- Les fabricants regrettent les fils de fer de la fabrique Grandvillars , que leur prix élevé ne permet plus d’employer ; ils se servent de ceux des tréfderies de l’Aigle et de Fourcham-bault, du n° 16 aun° 22. Les bons ressorts ont ordinairement une hauteur de 25, 27 et 35 centimètres, et pèsent 270, 385 et 48o grammes. Il en entre 7,9, 12,16 et jusqu’à 56 dans un sommier, selon sa valeur et la conscience du fabricant. Les caisses sont en sapin de Lorraine ; la rembourrure est en étoupe ou en crin, et l’on emploie les coutils d’Evreux et de Fiers.
- Un ouvrier fait, dans certains ateliers, un sommier en deux jours; dans d’autres, cinq et six sommiers par jour. Dans les uns, il produit par an pour 4,000 francs environ, et dans les autres, pour 20,000 francs. Enfin, la façon est, dans le premier cas, de 4 et 5 francs; dans le second, de 1 franc à 1 fr. 5o cent, par sommier. En général, cet arlicle n’est bien fait que chez les fabricants spéciaux.
- Indépendamment de ses avantages bien connus, on doit tenir compte de l’économie que présente son emploi; un sommier en ressorts doubles ou simples, de 47 centimètres de haut, peut former avec un seul matelas un excellent coucher.
- cii.ai.ioüs M. Louis MORIN, me Rambuteau, n05 22, 24 et 27, et ,<nn °raIX rue Beaubourg, nos 34 et 36, à Paris (Seine).
- Il a exposé, entre autres articles, un canapé-lit, une bercelon-nette et des sommiers.
- Le canapé-lit est en fer; le dossier, qui contient le matelas, se rabat sur le siège qui forme le sommier; le système est simple; mais doit être perfectionné.
- La bercelonnette, assez élégante, renferme un coussin à coulisse garni de zoslère et est munie en dessous d’un petit urinoir.
- Dans le sommier articulé, les ressorts sont cousus sur des bandes de treillis qui servent au guindage, les brisures sont tamponnées en étoupe eL la rembourrure est en crin. Le prix est de 3o francs
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- poux' un lit de 97 centimètres sur g5 centimètres. Pour les sommiers ordinaires, M. Morin a également adopté, peut-être à tort, le système d'attache des ressorts sur sangle.
- La fabrication de cet exposant se distingue surtout par le bon marché des produits.
- Renvoi aux rapports Meubles en métaux. (Métaux. Tome II.)
- MM. BRAG frères, rue Rambuteau, nos 63 et 65, et rue Quincampoix, n° 49, à Paris (Seine).
- Ils ont exposé un sommier très-flexible à soufflet, dont les ressorts ont un double guindage et dont le prix varie de 5o à i3o fr. selon la grandeur et la garniture. Les matelas sont en bonne qualité et bien confectionnés.
- La fabrication du sommier élastique ne l’eprésenle chez MM. Brag que le quart de leur chiffre d’affaires.
- Renvoi aux rapports Meubles en métaux. (Métaux. Tome II.)
- M, Charles LÉONARD, boulevard Saint-Martin, n° 55, et rue Meslay , n° 5o, à Paris ( Seine ).
- 11 a expose des sommiers élastiques dont un est à soufflet. Les ressorts sont établis sur un treillage en fvl de fer. Le prix de ces divers sommiers est de 20 à 28 francs en 80 centimètres sur i85 centimètres-, ce bon marché explique la facilité de leur vente dans les départements.
- M. Léonai'd s’occupe principalement de 3a fabrication des lits en fer.
- Renvoi aux rapports Meubles en métaux. (Métaux. Tome II.)
- M. LAUDE jeune, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n° 11, Rappel à Paris (Seine). wdaiüe
- , de bronze
- Il a expose un sommier sans garniture de toile m rembourrure , dont les ressorts sont fixés sur une armature en fer, et guindés en quatre à l’aide de doubles agrafes. Solide et élastique, il se vend à raison de 1 fr. 2Ô le kilogramme. Les autres sommiers sont bien conditionnés et d’un prix avantageux.
- M. Laude jeune a toujours confectionné avec soin et avec succès les sommiers élastiques : la perfection du travail et la modicité du
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- Médailles de bronze.
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- prix en ont rendu la vente facile et étendue ( 3,ooo sommiers par an ).
- M. Laude a joint à cette fabrication celle des lits en fer , pour laquelle il commence à acquérir une certaine réputation.
- Il est toujours digne de la médaille de bronze qui lui a été accordée en i844 et que le jury central lui rappelle.
- M. THIERRY, rue Montmartre, n° j2 3, à Paris (Seine).
- Il a exposé un sommier élastique à soufflet, avec ressorts à double cône fixés sur feuillard; le guindage est fait en quatre au milieu et en huit à la partie supérieure avec des cordes de soie végétale. L’é-lasticité; la solidité et la confection, ne laissent rien à désirer. Le prix de ce sommier est de 3o francs en 98 centimètres sur 195 centimètres.
- M. Thierry paraît être le premier qui ait introduit en France la fabrication du sommier élastique, il a contribué à son perfectionnement et a inventé le ressort double cône.
- Le jury décerne à M. Thierry une médaille de bronze.
- M. Auguste DUPONT, rue Neuve-Saint-Augustin , n05 1 3 et 5, à Paris (Seine).
- Il a exposé un sommier avec armature en fer et sans garniture de toile; les ressorts en n° 21 sont fixés sur des feuillards consolidés par des bandelettes. Le guindage est fait en huit avec du fil de laiton. Le châssis est élastique, et une vis permet de hausser le sommier à l’une ou à l’autre extrémité. Un coussin, garni en laine ou en crin et piqué, préserve le matelas du frottement sur le fer. Solide et d’un nettoyage facile, ce sommier est souvent expédié aux colonies.
- Les autres sommiers, tant ordinaires qu’à soufflet, sont bien conditionnés et solidement établis.
- M. Dupont vend ses sommiers tout en fer 55 centimes le kilogramme; un sommier de i3o centimètres sur 195 centimètres pèse en moyenne 55 kilogrammes, et l’on peut en avoir un excellent pour 4o francs, en comptant le prix du coussin.
- M. Dupont fait environ pour 180,000 francs de sommiers élastiques et d’articles de literie, et nous ne comprenons pas, dans ce chiffre, sa fabrication de lits et de meubles en fer plein laminé, qui est également importante.
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- Le jury central décerne à M. Auguste Dupont, une médaille de bronze.
- M. MARY, rue Favart, à Paris (Seine).
- Son sommier double est parfaitement approprié à un lit à deux personnes d’un poids différent-, ce sont, en quelque sorte, deux sommiers réunis dont les ressorts, montés sur treillage en fer, ont de chaque côté une élasticité et un guindage différents.
- Un conditionnement non moins soigné recommande les sommiers mécaniques à brisure de M. Mary ; ils sont établis pour une ou deux personnes, unis ou séparés; un mécanisme fort simple, mu par une manivelle, permet de relever une partie du sommier qui sert alors de dossier.
- La bonne fabrication de M. Mary est digne d’éloges, et le jury encourage cet exposant en lui accordant une mention honorable.
- M. COUTANT, rue de la Paix, n° 19, à Paris (Seine).
- Il a exposé comme fabricant de sommiers élastiques plutôt que comme tapissier.
- Son sommier, composé de deux grands coussins indépendants, est très-moelleux et confectionné avec soin. Les ressorts, montés et guindés sur toile , sont serrés les uns contre les autres et maintenus par des baleines. Des oreillers et des coussins, établis dans le même genre avec des ressorts plus souples, se font remarquer par leur élasticité. Le prix en est modéré.
- Le jury accorde M. Contant une citation favorable.
- M. Eugène DUFAU, rue Montorgueii, n° 46 , à Paris (Seine).
- M. Dufau a exposé : i° un sommier à soufflet, avec ressorts guindés en 8 et portant sur un châssis en bois; ce sommier est solide, bien conditionné et confortable ; 20 des lits en fer dont les modèles lui appartiennent, mais qui sont fabriqués par M. Mousset.
- Le jury cite favorablement M. Dufau pour ses sommiers et ses matelas.
- Mention
- honorable.
- Citations
- favorables.
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- Mentions |joiu- ordre.
- II. MEUBLES-LITS.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Les divans et les canapés-lits figuraient en grand nombre à l’exposition; presque tous présentaient, à quelques modifications près, la même disposition et le même jeu. Dans ces dernières cinq années, ce genre de meubles a été beaucoup perfectionné; les systèmes sont plus simples et plus ingénieux, la fabrication est plus soignée et les prix sont beaucoup réduits. Cette nouvelle industrie, dont s’occupent les tapissiers et les ébénistes, attend cependant encore de grandes améliorations; ce ne sera pas sans des essais multipliés que l’on arrivera, en conservant au canapé son élégance et sa commodité, à le transformer rapidement en un lit solide, moelleux, d’une aération facile pendant le jour, et dont les diverses parties ne soient pas en contact avec la garniture du meuble.
- Dans les constructions actuelles, on donne aux appartements une étendue si petite; les habitudes de luxe et les nécessités d’affaires restreignent encore tellement les aménagements de famille, que l’espace est presque toujours insuffisant, et l’on est amené à adopter les meubles à double usage. Cela explique l’activité actuelle des tapissiers-ébénistes qui se sont adonnés à cette nouvelle spécialité, et la vente facile, à des prix même élevés, de tant de modèles différents.
- M. BAL DRY père, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 62, et avenue de Saint-Cloud, n° 1 h, à Paris (Seine).
- Son lit double, en i3o centimètres de large, contient dans sa caisse un lit de 81 centimètres garai et tous les accessoires pour la toilette. Les divans-lits donnent des couchers de 81 centimètres ou de 97 centimètres; le lit garai se trouve dans le soubassement. Il sulïit, pour le monter, de lever et retourner le siège qui, dans l’un des systèmes de M. Baudry, sert de sommier. Ces différents meubles son! établis dans des conditions de solidité, de commodité et de prix qui en ont.'répandu l’usage.
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- M. DESCARTES, rue du Vingt-Neuf Juillet, à Paris (Seine).
- Les divans et les cânapés-lits, simples et doubles, de M. Descartes sont combinés avec une entente parfaite des exigences du couchage et des convenances de l’ameublement. Les systèmes sont simples et la manœuvre des bascules est rapide; les couchers sont moelleux, et l’on a tout à la fois un beau meuble, un bon et large lit. La chaise longue à bascule, pour lit d’enfant, est jolie et commode.
- M. BÀUDRY fils, avenue de Saint-Cloud, n° î/t, à citation
- pour ordre.
- eine),
- Il a présenté un divan-lit destiné aux installations de bord. Le lit n’est autre chose qu’un cadre suspendu à deux montants en fer et glissant le long de deux cordes; il a donc un double balancement qui atténue les effets du roulis et du tangage. L’idée est ingénieuse, mais le meuble occupe déjà beaucoup d’espace et le jeu du lit en réclame plus encore; il attend des perfectionnements que M. Bau-dry fils ne saurait tarder d’apporter à sa disposition.
- M. VERGÉ, boulevard de la Madeleine, n° i5, â Paris Citations
- favorables.
- Un siège profond et élastique tournant au moyen de deux roues excentriques, un système de ferrure simple et solide, un dossier retourné et rabattu pour élargir le coucher, enfin une aération constante des matelas, durant le jour, grâce à des filets, aune toile métallique et à des appels d’air; ces divers avantages, réunis à un prix modéré, ont fixé l’attention du jury sur le canapé-lit de M. Vergé.
- M. BRICÀRD, rue Gaillon, n° 9, à Paris (Seine).
- Il a présenté un canapé-lit dont le jeu est facile et la confection très-soignée. La caisse renferme le sommier élastique, le matelas, le traversin et l’oreiller ; le dossier reçoit la flèche et les rideaux.
- Le jury cite favorablement M. Bricard.
- Paris (S
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- Citation pour ordre.
- Citations
- favorables.
- M. VUACHEUX, rue de Choiseul, n° 2 3 , à Paris (Seine).
- Il a exposé deux systèmes de canapé-lit: l’un, établi pour deux personnes , offre une couche moelleuse, qui aurait besoin d’être plus solide; l’autre simple, forme un lit mieux établi, peu gracieux, toutefois, mais ayant l’avantage de laisser au canapé une bonne profondeur de siège.
- Le jury cite favorablement M. Vuacheux.
- M. MAILLARD, rue Notre-Dame-de-Lorette, n° 21 , h Paris (Seine).
- Ses divans-lits sont aussi simples que possible; le siège sert de sommier, il est recouvert par un matelas contenu dans le coffre, deux dossiers s’adaptent aux extrémités. Le divan peut être transformé en lit à deux personnes, soit en se dédoublant, soit à l'aide de volets garnis de pieds ou d’un tiroir du soubassement.
- Ces meubles se recommandent principalement par leur bon marché.
- Le jury central accorde à M. Maillard une citation favorable.
- III. — LITS PORTATIFS.
- M. FAVEERS, rue Pétrelle, n° 23, à Paris (Seine).
- Il a réduit le lit à sa plus simple expression, au sommier et à deux dossiers. Le sommier forme le fond du lit en s’agrafant aux dossiers en fer, qui le maintiennent à l’aide de quatre bras. Une mâchoire plate aide à border la couverture. Tout compris, ce lit, simple et solide, ne coûte que ik francs en 73 centimètres sur 180 centimètres. Les sommiers sont faits par M. Thierry.
- Renvoi aux rapports Meubles en métaux. (Métaux. Tome II.)
- M. ARONDEL, rue Neuve-Saint-Merry, n° klt, à Paris (Seine).
- Il a inventé et a exposé un lit portatif pour campement et voyage; c’est un simple fond de 70 centimètres sur 180 centimètres en treillis matelassé, monté sur deux pliants à brisure. Roulé, il forme un cylindre de un mètre de long et de 28 centimètres de, diamètre; il pèse 10 kilogrammes, savoir: 3 kilogrammes 1/2, laine
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- et crin , 6 kilogrammes 1/2, toile et bois. Ce lit se monte et se dé monte avec facilité et en peu d’instants,il offre un coucher doux, sain et solide.
- Le jury central cite favorablement M. Arondel.
- M. FOYE-DAVENNE , rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 63, à Paris (Seine).
- Il a exposé un meuble en fer à double brisure pouvant servir de lit, de chaise longue et de fauteuil-, ce meuble pèse 25kilogrammes coûte 70 francs, est garni en laine et crin, et sÊfhs offrir de grands avantages, est d’un usage commode.
- Les sommiers élastiques présentés par M. Foye-Davenne sont bien conditionnés.
- Le jury cite favorablement M. Foye-Davenne.
- $ 48. POUPONNIÈRE ET BERCELONNETTE.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. Jules DELBRÜCK, rue Neuve-des-Petits-Champs , n° 97, à Paris (Seine).
- On a cherché des moyens divers pour faciliter à l’enfant l’essai sans danger de ses premiers pas, pour prévenir les chocs et les chutes, et toujours on est revenu à la lisière et au chariot. Celle-là comprime la poitrine et gêne les mouvements, celui-ci peut produire des déformations, lorsque les jambes de l’enfant, trop faibles ou fatiguées, n’ont pas la force de le soutenir ; dans les deux cas, le poids du corps porte sous les aisselles, et c’est au détriment de la santé et de la conformation. La pouponnière de M. Delbrück prévient ces graves inconvénients.
- La pouponnière, telle qu’elle est installée dans les crèches de Saint-Gervais et de Sainte-Geneviève, est une corbeille elliptique entièrement close. Soutenues par des colonnettes, garnies d’un filet tendu et espacées de 4o centimètres, deux rampes forment une galerie de promenade; une ouverture donne accès dans le petit salon central; des banquettes à stalles sont adossées au treillage de la rampe. Les enfants, en s’y asseyant, ont devant eux une tablette mobile dont la forme est celle d’un croissant à pointes arrondies,
- Médaille de bronze
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- Médaillu
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- et reçoivent gaiement la becquée de deux berceuses placées dos à dos sur une chaise double, à peu près aux foyers de l’ellipse. L’heure du repas ne se passait jamais dans les crèches sans cris et sans larmes; grâce à la becquée dans le salon de la pouponnière, la bonne humeur des enfants n’est pas altérée. La galerie a plus d’importance : les mailles du filet aident aux premiers pas, les rampes facilitent ensuite la promenade, et, sans danger comme sans ennui, l’enfant peut essayer et développer ses forces.
- La pouponnière est la réalisation ingénieuse et utile d’une idée dont la simplicité ji’exclut pas le mérite.
- Ce meuble de crèche, ainsi que les bercelonnet!es, présentés par M. Jules Delbrück et fabriqués par M. Alexis Godillot, ne pouvaient attirer l’attention du jury sous le double rapport de l’invention et de l’exécution industrielles; néanmoins, prenant en considération les bons effets obtenus par leur emploi dans les crèches, et voulant encourager les essais entrepris dans un esprit de bienfaisance, le jury central décerne à M. Delbrück une médaille de bronze.
- S 49. PRODUITS DU TRAVAIL DES AVEUGLES.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- INSTITUTION NATIONALE DES JEUNES AVEUGLES (M. Dufau, directeur, et M. Guadet, instituteur), boulevard des Invalides, o° 02, à Paris (Seine).
- Cette institution, fondée en 1784, par Valentin Haüy, donne aux jeunes aveugles une instruction intellectuelle, musicale et professionnelle, dont l’ensemble comprend huit années d’étucles. Ce n’est que dans les quatre dernières années que l’inslruclion industrielle devient réellement sérieuse, surtout pour les élèves qui ont montré peu d’aptitude pour la musique. C’est un apprentissage intelligent qui les prépare à exercer la profession qui les aidera à vivre, ou les rendra utiles dans le sein de leur famille.
- Des ateliers de brosserie, d’ébénislerie, de tour, de vannerie, de lissage et de tressage du filet, sont ouverts aux garçons. Les filles apprennent à filer au rouet le chanvre et le lin, à tricoter, à broder au crochet et au métier, à faire des tresses en paille, des ouvrages
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- divers en sparterie, des chaussons à l’aide du métier Fouché, enfin à pailler les chaises.
- Ce sont les produits de ces ateliers d’étude, dirigés par d'habiles contre-maîtres, qui ont figuré à l’exposition.
- Les objets tournés, les filets de pêche, les brosses communes, quelques tricots, les paniers en vannerie et en sparterie, les chaussons de tresse et les deux pièces de toile, nous ont paru d’un bon travail et d’une régularité qui font honneur à l’habileté et à l’attention de ces pauvres jeunes gens. Ces beaux résultats ont vivement intéressé la commission, qui félicite l’instituteur et les chefs d’atelier de leur direction intelligente, et les élèves-apprentis de leurs laborieux efforts.
- L’imprimerie de l’institution a présenté une collection de livres, de partitions, de cartes géographiques imprimées en relief; une expérience journalière a constaté la netteté de ces impressions, et le mérite des systèmes d’écriture, ainsi que de notation musicale, adoptés et dus à M. Louis Braille.
- Le jury central décerne une médaille d’argent à l'institution nationale des jeunes aveugles.
- M. BARROCHIN, aveugle, aux Quinze-Vingts, à Paris (Seine).
- Il a inventé et exposé un pupitre qui permet aux aveugles d’écrire avec assez de rapidité et de régularité; le mécanisme et la disposition sont ingénieux, et l’usage en est commode. Le guide-main portatif est également bien établi.
- MM. Jacques Arago, Augustin Thierry, de Tracy père, le président Boyer, etc , se servent des appareils de M. Barrochin; c’est signaler leur succès.
- Le jury central décerne une médaille de bronze à M. Barrochin.
- M. Philippe LA VAUX, aveugle, rue de Charenton, n° 38, à Paris ( Seine).
- Aveugle et fabricant de rateaux, d’échelles et de petite menuiserie, il a établi un outillage composé de quatorze machines-outils diverses. Il cherche à améliorer par le travail la condition des aveugles et des voyants âgés. Ses rateaux, de 2 fr. 5o cent, à 3 fr. 5o cent, les cent dents, sont bien exécutés.
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- Médailles de bronze.
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- M. Lavaux est un homme industrieux et méritant, que lejury récompense de la médaille de bronze et qu’il recommande à la bienveillance de M. le ministre de l’intérieur.
- § 50. CONTRE-MAITRES ET OUVRIERS NON-EXPOSANTS.
- M. Natalis Rondot, rapporteur.
- M. Émile BASSOT, place de l’Oratoire-du-Louvre, à Paris (Seine).
- D’abord ouvrier, bientôt petit fabricant, M. Bassot est devenu contre-maître de la manufacture de boutons de MM. Gourdin et compagnie. C’est à lui, nous n’hésitons pas à le dire, que cette maison doit sa réputation et son succès.
- Plusieurs voyages en Angleterre ont ajouté à l’expérience de M. Bassot, et son intelligence de la fabrication lui a permis d’apporter aux différentes parties du travail de boutonnerie des perfectionnements ingénieux et utiles; nous nous bornerons à signaler ceux qui ont appelé sur lui l’attention du jury.
- Il y a peu de temps encore, il fallait graver une matrice pour chaque combinaison de lettres et d’ornements; M. Bassot a imaginé de faire un alphabet en relief sur des goujons demi-cylindriques, qui permettent toutes les combinaisons possibles. Les deux tranches' nécessaires étant accolées et serties, servent à estamper la matrice. Le bouton devant porter souvent une couronne ou des ornements, il y avait lieu d’aviser, pour ce cas, à une autre disposition : M. Bassot fit graver sept paires de matrices à couronne et deux paires à ornements; elles sont percées de deux trous ovales destinés à recevoir des goujons mobiles, sur lesquels est gravé en creux un alphabet en lettres gothiques, de sorte que, avec neuf modèles de fond et une cinquante de goujons, on peut faire près de 6,000 combinaisons. Il n’a pas fallu moins d’une année de travail opiniâtre pour réussir à surmonter les difficultés de la trempe et à obtenir pour le sertissage une grande précision.
- Enfin, la fabrication débouclés dont l’ardillon fût solide et d’un mouvement facile, a occupé activement M. Bassot, et il est parvenu à les produire dans d’excellentes conditions.
- Cet ensemble de mérites et d’efforts a paru à la commission digne
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- d’être récompensé, et le jury, appréciant comme elle l’intelligence et le zèle de M. Bassot, lui décerne une médaille de bronze.
- M. GUILLAUME,
- Artiste dessinateur employé cbez M. Martin Delacroix, fabricant de toiles cirées, qui reconnaît devoir, à cet habile artiste, le mérite et l’importance de sa fabrication.
- Le jury central décerne à M. Guillaume une médaille de bronze.
- M. Joseph SCHMIDT, ouvrier corroyeur chez MM. Gil-lard frères, à Sierck (Moselle).
- Comme il a été dit au rapport de MM. Gillard frères, au chapitre Cuirs et peaux (arts divers) , le contre-maître J. Schmidt a puissamment contribué à la prospérité de leur établissement, par une suite de service actif et non inten'ompu, qui, aujourd’hui, n’est pas moindre de 35 ans.
- Le jury central décerne, à M. Joseph Schmidt, une médaille de bronze.
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- TABLE DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LE TOME III.
- HUITIÈME COMMISSION.
- TISSUS.
- Membres du jury composant la Commission............... Page i
- Considérations générales..................................... j
- PREMIÈRE PARTIE.
- Section I”. — Laines peignées et filées................... 6
- Fil peigné, mixte et cardé........................... 12
- Filé laine peignée, Thibet de soie................... 16
- Filé de cachemire...................................... 18
- Filé à la main....................................... 18
- Défilage de laine...................................... 19
- Poil de lapin filé..................................... 19
- Section II. — Tissus du laine............................. 20
- § ier Draperie fine.................................. 22
- § 2. Draperie moyenne et commune, molletons, cadis, droguets,
- limogiennes....................................
- $ 1. Couvertures....................................... 55
- S 2. Tissus de laine légers........................... 62
- § 3. Fils et tissus de laine non foulés, de Roubaix et de Lille... 66
- S 4. Étoffes pour ameublement.......................... 84
- § 5. Nouveautés pour robes, cliâles, écharpes........ 86
- §6. Étoffes pour gilets....,......................... 89
- Section III. — Châles de cachemire et leurs imitations.... 92
- DEUXIÈME PARTIE.
- Soies et Soieries.......................................... 11S
- Section I”. — Soies ouvrées...............................* » 13
- Section II. — Tissus de soie............................... 117
- Peluches de soie pour chapeaux d’hommes.............. i3o
- 55.
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- Tissus de crin...................................... Page 135
- Rubans.................................................... i/io
- Section Ilf. — Bonneterie................................... 149
- Passementerie........................................... 161
- TROISIÈME PARTIE.
- Industrie du coton. — Considérations générales................ 178
- Section I". — Cotons filés.................................... 176
- Cotons retors.............................................. 192
- Section II. — Tissus de coton en blanc et écru................ 193
- Futaine.................................................. 200
- Devants de chemises..................*................... 200
- Etoffes indéplissables pour lingerie...................... 200
- Tissus de coton en couleur............................... 202
- § ier Fabrication d’Alsace.......................... 202
- S 2. Fabrication de Rouen........................... 206
- Tissus divers............................................ 211
- § ier Tissus de fil et coton........................ 211
- S 2. Tissus de coton imprimés....................... 212
- §3. Couvertures de coton............................ 2 23
- Articles de Saint-Quentin et broderies de Tarare...... 223
- Considérations générales................................. 223
- Ouates, mèches de coton.................................. 2.3o
- QUATRIÈME PARTIE.
- Industrie LiNiÈRE. —Considérations générales.................. 231
- Section Fe. — Fil de lin et de chanvre........................ 237
- Section II. — Toiles de lin et de chanvre..................... 2 48
- § ier Linge de table uni et damassé...................... 253
- § 2. Batistes et linons.................................. 2 56
- § 3. Coutils de fil...................................... 259
- §4. Toiles à voiles...................................... 260
- § 5. Toiles à bâches et seau Jt incendie................. 2 54
- § 6. Tuyaux et sacs sans couture......................... 265
- CINQUIÈME PARTIE.
- Etoffes imprimées.............................................. 266
- SIXIÈME PARTIE.
- Section Ire. — Tapis.......................................... 27G
- Section II. — Tapisserie au métier et sur le doigt, filet, broderie
- au crochet et à l’aiguille, chasublerie. . .... 28a
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- Section III. — Dentelles........................................ Page 288
- § iet Dentelles, blondes, tulles et broderies.............*... 288
- § 2. Dentelles à la mécanique................................... 298
- § 3. Filet dentelle............................................. 299
- Section IV. — Broderies, dites de Paris.............................. 3oo
- Section V. — Gazes pour bluteries....................................... 3o l
- Fabrication des tissus. Industriels, contre-maîtres et ouvriers non exposants.............................. 3o3
- NEUVIÈME COMMISSION.
- BEAUX-ARTS.
- Membres du jury composant la Commission........................... 3o8
- Section Ir0. — Orfèvrerie, plaqué, maillechort.................... 308
- § 1e1’Orfèvrerie............................................ 3oS
- S 2. Plaqué et orfèvrerie légère............................ 328
- S 3. Plaqué.............................................. 331
- § 4. Orfèvrerie de maillechort et de cuivre. — Dorure et argenture.................. ..................................... 333
- Section II. — § ier. Bronze, ornements moulés, dorés, etc......... 34s
- i° Fonderie, bronze d’art................................. 346
- 20 Bronze d’art et d’ameublement.......................... 34$
- 3° Bronze pour l’éclairage................................ 363
- S 2. Sculptures en carton pierre.......................... 366
- S 3. Plastique par moulage à la gélatine..................... 3^3
- § 4. Cuivre estampé et verni.............................. 381
- S 5. Tôles vernies.......................................... 385
- S 6. Stores................................................. 386
- § 7. Eventails et écrans à main........................ • . 389
- § 8. Imitation des bois et marbres par la peinture......... 3g8
- S 9. Dorure sur bois et sur étoffe.......................... 4oo
- § 10. Machinerie de théâtre................................... 4o2
- S11. Constructions et modèles, plan en relief............... 402
- SectionIII. — Ebénisterie, tabletterie, emploi dubois................ 4o4
- Considérations générales................................ 4o4
- § ier Ebénisterie d’art................................... 4o8
- § 2. Meubles d’utilité et système, objets d’ameublement... 4i4
- § 3. Meubles de fantaisie...........................4i6
- § 4- Marqueterie.......................................... 417
- S 5. Ebénisterie de siège.................................... 4i8
- § 6. Tabletterie.......................................... 419
- § 7. Meubles et tabletterie en bois ou carton laqué.. . ^.... 423
- Considérations générales................................ 423
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- S 8. Ouvrages en ivoire.................................. Page 4a&
- S 9. Marqueterie d'inscrustation d’ivoire.................... 432
- S 10. Billards................................................. • 432
- Su. Parquets.............................................. 442
- S 12. Collection de bois pour rébénisterie et les arts........ 443
- S x 3. Emploi du bois appliqué au bâtiment.................... 443
- S 14. Moulures et cadres................................... 446
- S i5. Miroiterie............................................ 45o
- S 16. Boissellerie, Tonnellerie............................... 453
- Section IV. — § 1".Bijouterie, stucs, pierres factices. — Bijouterie
- de corail, etc ......................................... 454
- i° Bijouterie de joaillerie de diamants, pierres fines. 454
- 20 Bijouterie de pierres fines, agatiers, jaspiers, pierristes
- et lapidaires........................................... 458
- 3° Bijouterie dorée, bronze doré, chaînes dorées, etc.... 46o
- 4° Bijouterie de deuil.................................... 464
- 5° Bijouterie d’acier..................................... 465
- 6° Bijouterie des strass, adamantoïdes, brillants ou diamants artificiels.......................................... 466
- 70 Fabrication des perles artificielles................... 467
- 8° Bijouterie de corail................................... 470
- 90 Revivification des dorures, réparation de la bijouterie
- et des bronzes dorés................................... 471
- S 2. Industries des mosaïques............................... 472
- Considérations générales................................ 472
- i° Mosaïques antiques et bysantines en dés ou cube de
- marbre, pâte, verre .................................... 474
- 20 Mosaïques de renaissance ou florentines, en échantillons
- de marbre et autres pierres............................. 474
- Section V. — § ier. Gravure et fonte de caractères, d’imprimerie.. 476
- Considérations générales................................. 476
- S 2. Imprimerie............................................... 488
- S 3. Imprimerie en taille douce et cartes..................... 5oo
- § 4. Typochromie.......................................... 502
- § 5. Lithographie......................................... 5o4
- S 6. Chromo-Lithographie.................................... 5og
- § 7. Imagerie............................................... 5io
- § 8. Gravure pour impression, clichage, outils de graveurs.... 511
- § 9. Modèles gravés de billets de banque................... 516
- S 10. Reliure............................................ 517
- Section VI. — Papiers peints...................................... 523
- Considérations générales............................... 523
- Section VIL — Héliographie..................... ..................... 529
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- ’ Considérations générales-. ..........................Page 529
- S 1". Héliographie sur plaques de métal.................... 535
- S 2. Héliographie sur papier.............................. 538
- S 3. Héliographie coloriée.........,........................ 54o
- § 4. Menuiserie appliquée à l’héliographie.................. 541
- Section VIII. — Modèles anatomiques et taxidermies............... 542
- Section IX. —Mannequins pour peintres, toiles, brosses, pinceaux, etc. 547
- S Ier. Mannequins........................................... 547
- S 2. Toiles pour peintres, restauration de tableaux, chevalets. 55o
- § 3. Brosses et pinceaux............................... 452
- Section X. — S ier. Desssins de fabrique et dessins de métiers à
- tapisserie................................ 554
- § 2. Dessins et métiers pour la broderie ; tapisserie....... 564
- Artistes, contre-maîtres et ouvriers non exposants....... 568
- DIXIÈME COMMISSION.
- ARTS DIVERS.
- Membres du jury composant ea Commission............................. 576
- Section I”. — Papeterie. Considérations générales................... 576
- Section II8. — § ier, Cuirs et peaux................................ 5g3
- §2. Cuirs vernis.............................................. 610
- S 3. Maroquins, cuirs hongroyés et mégissés................... 614
- § 4. Cuirs repoussés, cuirs forés, courroies................... 616
- § 5. Fourrures................................... 618
- S 6. Toiles cirées....,............................... 6x8
- Section III, —5 1er. Instruments, appareils de chirurgie. Considérations générales..................................................... 620
- Appareils herniaires et d’orthopédie....................... 628
- Cornets acoustiques, bandages,,............................ 63i
- Scarificateurs............................................. 634
- ' Sangsues artificielles..................................... 634
- Sangsues mécaniques........................................ 636
- Appareils de pansement et de secours pour les blessés et
- infirmes............................................... 637
- Prothèse dentaire ........................................ 639
- § 2. Biberons.............. '............................... 64x
- § 3. Clysoirs ................................. 643
- Section IV. — Fleurs artificielles. Considérations générales........ 645
- i° Fleurs de botanique artificielles....................... 647
- 2° Outillage de la fabrication des fleurs et des feuilles artificielles................................... 651
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- 3° Fabrique des matières employées pour les fleurs artificielles et fleurs, soies , velours , etc., etc... Page 65ï
- 4° Fleurs artificielles pour parures, ornements, etc., etc. 654 5° Fleurs artificielles en matières autres que les étoffes, les
- tissus, les matières végétales....................... 656
- 6° Fleurs et fruits en plastique, cire, etc., etc...... 607
- 70 Fleurs artificielles, leur emploi dans les arts et applications diverses........................................... 657
- Section V. — S ier. Sellerie et bourrelerie. Considérations générales. 658
- § 2. Chaussures en cuir...................................... 664
- Section VI. — Industries diverses et industrie parisienne........ 678
- S icr. Feutres et flotres. .................................. 673
- § 2. Layeterie, emballages, articles de voyage, de chasse et
- de campement........................................... 678
- S 3. Sabots, galoches, socques............................... 680
- S 4. Brides et garnitures de sabot........................... 685
- S 5. Chaussons de tresse et de tissu.......... -,............ 686
- S 6. Formes................................................ 688
- § 7. Postiches et ouvrages en cheveux........................ 689
- S 8. Casques..............i.................................. 693
- S 9. Chapellerie.........................;................... 694
- S 10. Casquettes............................................. 706
- § 11. Pailles et tresses pour chapeaux, chapeaux de paille. .. 707
- § 12. Chapeaux de femme.................................... 712
- § 13. Lingerie........................................... 714
- § 14. Corsets.............................................. 715
- § 15. Habillement d’homme.................................... 726
- i° Remise à neuf des vêtements............................ 728
- 20 Confection............................................. 728
- 3° Mesures linéaires souples.............................. 729
- 4° Coupes et bustes pour le perfectionnement de la coupe
- et l’essayage des habits.............................. 729
- 5° Appareils destinés à prendre la mesure du buste..... ’jZo
- § 16. Baleines, cannes, parapluies, ombrelles, fouets et cravaches. Considérations générales................................ 73o
- § 17. Boutonnerie........................................ 746
- § 18. Brosserie............................................... 757
- § 19. Gaîrierie, porte-monnaie et portefeuille................ 762
- S 20. Ganterie de peau........................................ 767
- § 21. Ganterie de tissus, de bonneterie et de filet........... 774
- § 22. Jouets d’enfant, bimbeloterie........................... 778
- § 23. Œillets métalliques................................... 7S7
- S 24. Peignes............................................. 789
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- S 2 5. Plumeaux.........................................Page 798
- § 26. Tabatières en carton, boîtes en fer-blanc.............. 800
- S 27. Vannerie ............................. • ............. 8o5
- § 28. Papeterie de luxe...................................... 808
- §29. Papiers de fantaisie.................................... 810
- § 3o. Papier-porcelaine. Considérations générales............ 8i5
- § 31. Moules et papiers à cigarettes......................... 818
- § 3'2. Papier dit gypsy..................................... 818
- § 33. Encadrements en carte repoussée, papiers et cartons gaufrés, objets de fantaisie en papier................... 819
- i° Cartes en relief, papiers et cartons gaufrés .......... 819-
- 20 Encadrements en carte repoussée..................... 821
- 8° Figurines en relief.... . „......................... 822
- 4° Objets de fantaisie en papier....................... 823
- § 34e. Enveloppes et cartonnages pour bonbon................. 824
- Cartonnages divers............................t........ 826
- § 35. Articles de fantaisie en carton, bois et peau........ 827
- § 36. Cartes à jouer....................................... 828
- § 37. Registres............................................ 829
- § 38. Articles de bureau................................... 835
- § 39. Encriers............................................. 889
- § 4o. Plumes et porte-plumes............................... 84o
- § 4i. Bouclions de liège................................... 842
- § 42. Bustes et têtes pour coiffeurs, couturières, modistes, etc. 843
- § 43. Cercles de tamis................................... 844
- § 44. Crins et soies de porc préparés....................... 844
- § 45. Filets.—Corderie fine pour passementerie. — Articles
- de pêche............................................ 844
- §46. Appareils de gymnastique................................ 85o
- § 47. Système de couchage. — Literie. — Sommiers élastiques. 853
- i° Sommiers élastiques et matelas........................ 853
- 2° Meubles. Lits......................................... 858
- 3° Lits portatifs........................................ 860
- § 48. Pouponnière et barcelonnette............................. 861
- § 4g. Produits du travail des aveugles......................... 862
- § 5o. Contre-maîtres et ouvriers non exposants................. 864
- FIN DE LA TABLE DU TROISIÈME VOLUME.
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- — 875 — CORRECTIONS
- ET ADDITIONS AU TROISIÈME VOLUME.
- Pages. Lignes.
- 57, 5. MM. Poupinel Jne et Ern0,t Guyon, à Paris, ajoutez: rue Galaude, n° 57.
- 57, 27. MM. Buffault et Truchon, à Paris, ajoutez: rue Thibauit-aux-Dés,
- n° 16.
- 58, 9. M. Albinet, à Paris, ajoutez: rue de la Vieille-Estrapade, n° 19.
- 58, 29. M. Beudon, à Paris, ajoutez: rue Saint-Victor, n° 61.
- 61, 4. M. Rocher, à Paris, ajoutez: rue Saint-Victor, n® 111.
- 61. 32. Mmo Dormoy, à Paris, ajoutez: rue Saint-Denis, n° 16.
- 84, 10. MM. Mourceau et C10, à Paris, ajoutez: rue du Mail, n° 2 5.
- 84, 30. M. Eug. Poirrier, à Paris, ajoutez: rue du Faubourg-Saint-Denis,
- n° i5i.
- 85, 19. MM. Mallard et C10, à Paris, ajoutez : rue Beauvau-Saint-An-
- toine, n° 17.
- 86, 1. MM. J. Millot et fils, à Paris, ajoutez : chemin de Ronde, à Mont-
- martre.
- 86, II. M. Th. Georges Morin, à Paris, ajoutez : rue Notre-Dame-des-
- Victoires, n° 32.
- 87, 1. MM. V. Sabran et Jessé, à Paris, ajoutez : rue Saint-Joseph, n° 3.
- 87, 37. MM. Lambert, Blanchard et C16, à Paris, ajoutez : rue Neuve-
- Saint-Eustache, n° 36.
- 88, 20. M. Henri Coignet, à Paris, ajoutez : rue des Fossés-Mont-
- martre , n° 6.
- 89, 3. M. Frédéric Dreyfous, à Paris, ajoutez : rue du Sentier, n° 18.
- 89, 20. M. Pagès-Baligot, à Paris, ajoutez : rue Martel, n° 5 bis.
- 90, 9. M. François Croco, à Paris, ajoutez : rue de Charonne, n° x65.
- 90, 23. M. Dauphinot-Baligot, à Paris, ajoutez : rue des Vinaigriers,
- n° 28.
- 91, 14. M. Alexandre Cocu, à Paris, ajoutez : rue du Faubourg-du-
- Temple, n° 56.
- 91, 21. M. Aubeux, à Paris, ajoutez : rue et impasse de l’Orillon, n° 6.
- 91, 29. M. Gustave Hess, à Paris, ajoutez : rue du Faubourg-Saint-Martin , n® 61.
- 97, 8. M. Frédéric Hébert, à Paris, ajoutez : rue du Mail, n° i3.
- 97, 22. M. Gaussen jeune, Fargeton et C‘% à Paris, ajoutez : rue Vide-
- Gousset, n° 2.
- 98, 14. M. Arnould, à Paris, ajoutez ; rue des Fossés-Montmartre, n® 7. ,
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- 876 —
- Pages. Lignes.
- 98, 29. M. P. Th. Pascal-Fortier, à Paris, ajoutez: rue Neuve Saint-
- Eustache, n° 36.
- 99, 10. MM. Duché aîné et C10, à Paris, ajoutez : rue des Petits-Pères,
- n° i.
- 101, 6. MM. Boas frères et Cie, à Paris, ajoutez : rue Vide-Gousset, n° 4.
- 101, 26. MM. G. Chambellan et C1C, à Paris, ajoutez: rue des Fossés-Montmartre, n° 8.
- 101, 35. M. Joseph Debras, àParis, ajoutez : rue des Fossés-Montmartre,
- n° 19.
- 102, 11. M. Fouquet aîné, à Paris, ajoutez : rue des Fossés-Montmartre,
- n° 10.
- 102, 21, MM. Lion frères, àParis, ajoutez: place des Petits-Pères, n° 9.
- 102, 32. MM. Boutard, Vignon et Cie, à Paris, ajoutez: rue des Fossés-
- Montmartre, n° 31.
- 103, 11. M. Junot, à Paris, ajoutez : rue Neuve-Saint-Eustache, n° 6.
- 103, 26. MM. Dachès et Duvergcr , à Paris, ajoutez: rue Neuve-Saint-
- Eustache, n° 7.
- 104, 1. M. Charles Cliinard fils, à Paris, ajoutez : rue de Cléry, n° 9.
- 104, 9. MM. Bonfils, Michel, Souvraz et Cie, à Paris, ajoutez : rue des
- Fossés-Montmartre, 3.
- 104, 26. MM. Nourtier et C'e, àParis, ajoutez rue des Fossés-Montmartre,^ 2.
- 104, 32. MM. Fabart et C‘°, à Paris, ajoutez: rue des Fossés-Mont-
- martre, n° 2 3.
- 105, 4. MM. Rosset et Normand, à Paris, ajoutez : rue Feydeau, n° 32.
- 105, 11. MM. Bouteille frères, à Paris, ajoutez : rue de la Feuillade, n° 4. 105, 15. MM. Geoffroy et Chanel, à Paris, ajoutez: rue Neuve-Saint-Eustache, n° 44.
- 156, 7. M. Savouré, à Paris, ajoutez: rue de Béthisy, n° 11.
- 157, 23. M. Braconnier, à Paris, ajoutez : rue Chanoinesse, n° 16.
- 200, 19. M. Duranton, à Paris, ajoutez : rue de la Banque, n° 18.
- 230, 8. MM. Sircdey et Billebault, à Paris, ajoutez : rue Saint-Ambroise,
- n8 3 ter.
- 230, 16. M. P. L. Candlot, à Paris, ajoutez : rue Saint-Pierre-Popincourt,
- n° 6.
- 231, 1. M. J.-E. Thouvenin, à Paris, ajoutez : rue d’Argenteuil, n° 42.
- 231, 9. M. Charles Vincourt, à Paris, ajoutez : rue Piambuteau, n° 27.
- 270, 23. MM. Delamorinière, Gonin et Michelet, à Paris, ajoutez: quai
- de Béthune, n° 2.
- 276, 17. MM. Cordier et ICaindler, à Paris, ajoutez : rue d’Engliien, n° i3. 282, 6. MM. Demy-Doisneau et Braquenie’, à Paris, ajoutez : rue Viviennc,
- n° 16.
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- — 877 —
- Pegcs. Lignes,
- 282, 15, M. Sallandrouze, à Paris, ajoutez : rueTaitbout, n° ai.
- 283, 4. M“* Dennebecq, à Paris, ajoutez : rue des Récollels, n° 8.
- 299, 26. MUe Foulquier et C‘% à Paris, ajoutez : rue Hautefeuillc, n® ao.
- 300, 29. M. A. Person, à Paris, ajoutez: rue Montmartre, n° q5.
- 301, 6. M. A. G. Pramondon, à Paris, ajoutez : rue du Faubourg-Poisson-
- nière, n° 29.
- 301, 29. M. J. TIennecart, à Paris, ajoutez: rue de l'Echiquier, n° 3o. 408, 27. M. Meyard, lisez: M. Meynard.
- 440, 32. M. Beleugey, Usez : M. Beleurgey.
- 582, 15. La réputation de leur fabrique, Usez à la suite : leur confirme la médaille.
- 688, 20. Et pour corroyeurs, lisez : et pour cordonniers.
- 699, 18. MM. Cabriol et Blanchard, lisez: MM. Cabirol et Blanchard. 718, 31. A reporter, 1,075,000, lisez: 1,275,000.
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