Union des chambres syndicales ouvrières de France. Délégation nationale ouvrière à l'Exposition universelle internationale d'Amsterdam en 1883. Rapport d'ensemble
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- Jlsk J'MMl.
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- DELEGATION NATIONALE OUVRIERE
- DE FRANCE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE D'AMSTERDAM
- EN 18 8 3
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- MINISTÈRE DU COMMERCE
- MON DES CHAMBRES SYNDICALES
- ' OUVRIÈRES DE FRANGE
- DÉLÉGATION NATIONALE OUVRIÈRE
- A
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE D’AMSTERDAM
- En 1883
- RAPPORT D’ENSEMBLE
- PAR
- MM. Louis CHALAIN et Charles GRUHIER
- DÉLÉGUÉS DE L’UNION DES CHAMBRES SYNDICALES OUVRIÈRES DE FRANCE
- I
- PREMIER VOLUME
- PARIS
- IMPRIMERIE NOUVELLE (ASSOCIATION OUVRIÈRE)
- il, RUE CADET, 11
- I 885
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- MINISTERE EU COMMERCE
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- UNION DES CHAMBRES SYNDICALES
- OUVRIÈRES DE FRANCE
- DÉLÉGATION NATIONALE OUVRIÈRE DE FRANCE
- L EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE D AMS
- r*-r, i
- En 1883
- RAPPORT D’ENSEMBLE
- Aux Membres du Conseil de l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France.
- Citoyens,
- Dans sa réunion du i3 septembre 1883, votre Commission exécutive recevait du Secrétaire de l’Union communication d’une lettre de M. le Ministre du Commerce, par laquelle M. le Ministre demandait à l’Union des Chambres syndicales ouvrières dé France, de vouloir bien lui désigner deux de ses membres, qui seraient chargés par lui d’aller- à Amsterdam rechercher les « éléments nécessaires pour pouvoir réunir et condenser dans un Rapport d’ensemble les observations générales éparses dans les divers Rapports particuliers de la délégation nationale ouvrière
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- de France, envoyée à VExposition d’Amsterdam, grâce aux subsides votés par les Chambres à cet effet, et mis à la disposition de M. le Ministre du Commerce. »
- Le temps matériel manquant pour pouvoir convoquer le Conseil de V Union des Chambres syndicales ouvrières de France, — on croyait, à cette époque, que l’Exposition d’Amsterdam fermerait le 3o septembre, — votre Commission exécutive, après avoir longuement discuté la proposition de M. le Ministre du Commerce, et avoir reconnu, en fin de compte, que son acceptation ne pourrait qu’être utile à l’Union, prit sur elle de désigner les deux délégués chargés de remplir la mission que M. le Ministre du Commerce voulait bien confier à l'Union des Chambres syndicales ouvrières de France.
- Dans votre réunion du mois d’octobre dernier, vous avez, après une discussion approfondie, approuvé la décision prise par votre Commission exécutive, et vous avez ratifié le choix des deux délégués quelle avait désignés, en leur imposant le mandat d’avoir à vous soumettre, pour la prochaine réunion du Conseil, le plan sommaire du travail qu’ils comptaient faire, pour que vous ayez soit à l’approuver ou à le désapprouver, suivant les cas où le plan de ce travail rentrerait ou ne rentrerait pas dans le cadre du programme que l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France s’est tracé, et hors duquel elle n’entend vas sortir..
- Nous vous avons soumis ce plan de notre travail dans la séance du mois de novembre i883 du Conseil de l’Union, et nous avons eu la satisfaction de voir qu’il avait votre entière approbation, et que vous continuiez à nous accorder votre confiance pour sa mise à exécution.
- Au cours de nos travaux, le plan que nous avions primi-tivement adopté s’est successivement, et par la force des choses, agrandi. Il a pris des développements beaucoup
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- plus considérables que nous ne le supposions d'abord. Certains renseignements sur lesquels nous ne comptions pas, et que nous avons pu nous procurer par la suite, ont exigé d autres renseignements complémentaires, à la recherche desquels nous avons dû nous livrer et que, pour la plupart, nous avons été asse\ heureux de trouver, soit dans les ouvrages de quelques publicistes, soit grâce à Vobligeance de particuliers qui s'intéressent d la réussite de notre travail, soit enfin dans les bibliothèques publiques et privées, que nous avons fréquemment consultées, et que nous devrons consulter plus d’une fois encore.
- A tous ceux qîii nous ont aidés ou qui nous aideront dans raccomplissement de notre mission, nous adressons ici nos sincères remerciements.
- Sans être complètement achevée, notre tâche est asse% avancée aujourd’hui pour que nous puissions vous renseigner sur les développements que nous avons cru devoir y donner, et pour que nous en soumettions l’Introduction à votre appréciation.
- Le Rapport d’ensemble de la Délégation nationale ouvrière de France, à l’Exposition universelle d’Amsterdam, comprendra deux volumes d’environ 5oo pages chaque, peut-être davantage. — La nomenclature des matières contenues dans chacun de ces volumes va vous être donnée par l’Introduction que nous allons avoir l’honneur de vous lire.
- A la fin de ce mois, ou dans les premiers jours du mois d’avril (ij au plus tard, le premier volume sera déposé entre les mains de M. le Ministre du commerce, qui, nous croyons le savoir, le donnera immédiatement à imprimer.
- (I) Des Rapports nouveaux oui empêché que celle promesse pût être tenue. Ces Rapports ne sont parvenus aux rapporteurs qu’à la tin <1 avril, et quelques-uns devaient prendre place dans ce volume. D’autres Rapports n’ont été donnés qu’en juillet et août de cette année.
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- Le dépôt du deuxième volume, dont beaucoup de matériaux sont déjà prêts, suivra aussi vite que possible.
- En conséquence, citoyens, nous venons vous demander de vouloir bien nommer une Commission qui sera chargée avec nous de présenter notre travail à M. le Ministre du Commerce, après que vous aure\ donné votre approbation à ce travail.
- Nous vous demandons également de charger la Commission de rédiger une lettre à M. le Ministre du Commerce pour cette présentation. Cette lettre serait imprimée en tête du premier volume et à la suite de celle-ci.
- Il ne faut pas oublier, en effet, — et nous ne l’avons ^amais oublié pour notre part, — que cest à l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France que s’est adressé M. le Ministre du Commerce pour la charger de la rédaction d’un Rapport d’ensemble sur la Délégation nationale ouvrière de France à l’Exposition universelle d’Amsterdam. C’est donc à l’Union, représentée par son Conseil, qu appartient la remise du travail que vous ave\ bien voulu nous confier, et dans l’exécution duquel vous nous ave% constamment soutenus et par votre confiance et par votre sympathie.
- Nous nous sommes appliqués à mériter cette confiance et cette sympathie ; nous espérons y être parvenus dans la mesure de nos forces, et nous nous estimerons amplement récompensés de nos peines, si notre Rapport, ainsi que nous le souhaitons ardemment, peut procurer quelque avantagea l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France, comme à tous nos frères de travail en général.
- La Loi vient de consacrer les Chambres syndicales, en leur accordant l’existence légale ; nous sommes heureux que votre première manifestation, comme corps légalement constitué, puisse avoir lieu à l’occasion de la remise
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- du Rapport d’ensemble de la Délégation nationale ouvrière à l Exposition universelle d’Amsterdam.
- Nous vous prions donc de prendre notre proposition en serieuse considération.
- Vive la République ! Vive l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France !
- Les délégués chargés de la rédaction du Rapport d'ensemble de la Délégation nationale ouvrière de France à l’Exposition universelle d’Amsterdam,, 1883 :
- Louis CHALAIN, GRUHIER.
- Cette lettre fut approuvée par le Conseil de FUnion des Chambres syndicales ouvrières de France dans sa séance du 7 mars 1884. Le Conseil nomma une délégation composée de cinq membres, chargée d'accompagner les deux rapporteurs auprès de M. le Ministre du commerce, pour la remise de la première partie de leur rapport.
- Cette commission présenta à M. le Ministre du commerce la lettre suivante, en lui remettant le travail des deux délégués de FUnion des Chambres syndicales ouvrières de France :
- union Paris, le 28 mai 1884.
- DES
- Chambres syndicales ouvrières
- DE FRANCE
- SIÈGE SOCIAL :
- **. rue de rEntrepôt, io A Monsieur le Ministre du Commerce paris
- Monsieur le Ministre,
- L’Union des Chambres syndicales ouvrières de France a l’honneur de vous remettre le travail de confiance, sur l’Exposition d’Amsterdam, dont vous avez bien voulu la croire digne.
- MM. Chalain et Gruhier, délégués de l’Union, se sont inspirés de la
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- pensée du groupe qu’ils représentent, et leur œuvre a été approuvée par leurs mandants.
- L’Union des Chambres syndicales ouvrières de France profite de cette circonstance pour vous remercier, Monsieur le Ministre, de la preuve d’estime dont vous' avez bien voulu l’honorer.
- Nous espérons, Monsieur le Ministre, qu’après avoir tenu compte des difficultés que comportait un semblable travail, vous voudrez bien, à votre tour, pour l’utilité et la portée de cette étude, lui accorder votre haute approbation.
- Agréez, Monsieur le Ministre, l’assurance de notre haute considération et de notre entier dévouement.
- Les'membres de la Commission :
- (Signé) Bunel, Gallon, Rochereau, Souciiet, Veyssier.
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- INTRODUCTION
- I
- L’organisation de l’Exposition universelle internationale d’Amsterdam n’a pas été chose facile ; ç’a d’abord été une entreprise absolument privée, assez mal reçue comme cela arrive souvent, par ceux-là mêmes auxquels elle devait le plus profiter. Il en fut, du reste, de même pour l’Exposition de Paris en 1878. M. Turgan, le publiciste bien connu, à qui nous devons la publication si utile et si magistrale des Grandes Usines (1), et à qui nous empruntons une partie des renseignements contenus dans cette introduction, fut, on doit s’en souvenir, le promoteur de l’Exposition de 1878, de « cette grande Exposition qui fut pour la France et pour Paris l’occasion déterminante d’un réveil si inattendu ». Mais il eut beaucoup de peine à faire triompher son idée, ce ne fut que grâce au concours puissant de M. Emile de Girardin, et en dernier lieu de Victor Hugo, qu’il y parvint. Cependant, Paris avait déjà eu deux grandes Expositions universelles : 1855 et 1867, — nous ne parlons pas de celles antérieures — dont le succès eût dû en quelque sorte plaider en faveur de la nouvelle qu’on voulait organiser. Il n’est donc pas étonnant d’apprendre que les organisateurs de l’Exposition d’Amsterdam éprouvèrent, au début, quelques diffi-
- (1) Les Grandes Usines, par Turgan. Administration, 3, rue Auber, Paris,
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- cultés à réaliser leur idée. Mais le gouvernement hollandais s’étant enfin décidé à prendre l’œuvre sous sa protection, une première lettre de notre consul général à Amsterdam, alors M. Colleau, le 3 mars 1881, prévint assez timidement le gouvernement français qu’il se préparait une Exposition internationale à Amsterdam, et demandait des instructions. Ce ne fut que le 24 septembre de la même année que le ministre des Pays-Bas à Paris demanda officiellement au gouvernement français d’accepter l’invitation de participer à cette solennité et de nommer un commissaire général. L’acceptation eut lieu le 18 octobre, mais le ministère des affaires étrangères ne se bâta pas de nommer un commissaire général. La demande fut renouvelée à plusieurs reprises, en décembre 1881 et en février 1882. Le gouvernement répondait avec raison que cette Exposition ne pouvait être reconnue et organisée officiellement en France, tandis qu’elle était encore non officielle en Hollande. Enfin, en avril, le roi des Pays-Bas en acceptait le protectorat ; le ministre des colonies, la présidence, et le conseil municipal d’Amsterdam donnait gratuitement un terrain qui. s’étendait devant le llij ks-Museum, vaste construction qui doit abriter les chefs-d’œuvre artistiques de la Hollande, aujourd’hui épars dans de petites galeries.
- Les Chambres hollandaises donnaient à cette entreprise le dernier cachet d’officialité, en lui votant une subvention de 150,000 florins. Cette fois, le gouvernement français n’hésita plus et choisit pour commissaire général de France à Amsterdam M. de Sainte-Foix, notre consul général dans cette ville, qui se fit aider dans sa mission par M. de Cam-beford, que ses connaissances spéciales de l’extrême Orient désignaient pour cette tâche. Enfin le Journal officiel, par arrêté du Ministre du commerce en date du 31 octobre 1882, et complété par un autre arrêté du 9 novembre, institua un comité, sous la présidence du Ministre, pour faciliter la participation de nos nationaux à l’Exposition internationale, coloniale et d’exportation générale d'Amsterdam.
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- Ce Comité était composé de :
- MM. Bozérian,
- Dietz-Monin,
- Hébrard,
- Tfjsserenc de Bort,
- Tolain,
- Cheneau,
- Bureau de Vaulcomte,
- Faure (Félix),
- Giroud,
- Maze,
- Bischoffsheim,
- Proust,
- Ambaud,
- Dislère,
- Tisserand,
- Girard, directeur du commerce intérieur.
- Marie, directeur du commerce extérieur.
- Clavery, directeur des consulats.
- Jourde,
- About,
- Turgan,
- Yarey (Charles),
- Monte il,
- Ulbach,
- Barbedienne.
- G. Berger.
- Bessand, président du tribunal de commerce de la Seine.
- Dépassé, conseiller municipal.
- Girard, professeur au Conservatoire des Arts-et-Métiers.
- Hetzel fils.
- Hiélard, membre de la Chambre de Commerce.
- H May^ | ju^es au trd)Un,‘d de commerce de la Seine.
- Levasseur, membre de l’Institut.
- Marinoni.
- Mourceau, membre de la Commission des valeurs en douane. Peulier, président de la Chambre syndicale de la céramique.
- Roy (Gustave).
- Vever, président de la Chambre syndicale des joailliers et bijoutiers.
- Monthiers, ingénieur des mines.
- Bouilhet, vice-président de l’Union centrale des Arts décoratifs.
- publicistes.
- sénateurs.
- députés.
- conseillers d’État.
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- Ce Comité constitua immédiatement un Comité d’organisation composé de :
- Dietz-Monin. MM. May (H.).
- Faure (Félix). Mourceau.
- Dure au de Yaulcomte. Hetzel.
- Turgan. Peulier.
- Yarey (Ch.) Vever.
- Monteil. Monthiers
- Berger (Georges). Giroud.
- Bessan. Bouilhet.
- Levy (E.).
- Le Comité d’organisation nomma, comme président, M. Dietz-Monin, directeur de la section française en 1878; M. Félix Faure, député du Havre, et M. Bessan, président du tribunal de commerce de Paris, furent nommés vice-présidents. Le bureau se compléta de MM. Monthiers, secrétaire de la Commission plénière, et Hetzel, secrétaire de la Commission d’organisation. Les fonctions de secrétaire général furent remplies par M. Monthiers, aidé par M. Iiauss-mann, secrétaire - adjoint, et par un jeune . ingénieur, M. Halphen.
- Les difficultés commencèrent dès la première heure, car il ne s’agissait pas de répartir, comme dans les autres Expositions, un espace gratuit entre un certain nombre d’exposants. Il fallait en même temps, maintenir les droits nationaux de la France, établir l’autorité indiscutée de la Commission française, adoucir autant que possible les exigences fiscales des constructeurs du palais, examiner et reconnaître les admissions antérieures non officiellement régularisées, et surtout, grosse affaire, obtenir du ministère et des Chambres un budget assez large.
- Les temps n’étaient pas favorables. L’exercice finissait, les ministres ne se sentaient pas solides, et, malgré la bonne volonté générale, aussi bien de la Commission du budget que des membres du Parlement, on crut devoir réduire au pliis strict minimum une première demande de fonds qui, grâce à un reliquat qu'on découvrit sur le crédit voté autre-
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- fois pour l’Exposition de Melbourne, aboutit finalement au vote des 225,000 francs si modestement demandés. Voici, du reste, l’exposé des motifs et le rapport de la Commission du budget aü sujet de la demande et du vote de ce crédit :
- Messieurs, disaient les ministres, dans le courant du mois de mars 1881, le Consul général de France à Amsterdam informait officieusement notre gouvernement qu’une Exposition internationale coloniale et d’exportation générale devait s’ouvrir à Amsterdam le 1er mai 1883. Cette nouvelle, favorablement accueillie dès cette époque par la presse et par le public, fut officiellement confirmée au mois de septembre suivant par le Ministre des Pays-Bas à Paris.
- L’Exposition d’Amsterdam, organisée à l’origfne par une Société privée, fut placée ultérieurement sous le haut patronage de Sa Majesté le roi de Hollande et sous le contrôle du gouvernement néerlandais, qui a assuré sa coopération par une demande de crédit présentée au Parlement.
- Vivement sollicité par le gouvernement néerlandais de prêter un concours officiel à cette solennité internationale, le gouvernement français a dû se préoccuper des moyens propres à montrer les ressources et les richesses de nos colonies, et à assurer 1a. participation des artistes et des industriels français qui se proposent d’envoyer leurs œuvres et leurs produits à Amsterdam.
- Par un arrêté en date du 31 octobre, j’ai chargé une Commission, composée de membres du Parlement, de publicistes et de notabilités industrielles et commerciales, d’étudier les conditions de notre participation, et c’est après avoir été éclairés des avis de cette commissiori que nous vous demandons l’ouverture d’un crédit indispensable pour que la France puisse figurer dignement à côté des autres nations.
- L’Exposition d’Amsterdam offre toutes les garanties qu’on est en droit d’attendre d’une entreprise patronnée par Sa Majesté le roi de Hollande et par le gouvernement néerlandais. Nous pouvons donc être certains que les exposants français trouveront à Amsterdam, en même temps qu’un accueil sympathique, toutes les conditions générales d’ordre et de sécurité.
- Mais, en dehors de ces considérations, nous avons encore puisé le motif de la détermination que nous vous soumettons dans la conviction des avantages que peut amener pour notre commerce et pour notre industrie une participation active à l’Exposition d’Amsterdam.
- Les tableaux du commerce des Pays-Bas accusent pour les importations de France :
- De 1866 à 1870, une moyenne annuelle de 34,100,000 francs.
- De 1871 à 1876 — 37,400,000 —
- De 1876 à 1880 — — 37,900,000 —
- Ces chiffres dénotent un état stationnaire d’autant plus regrettable que,
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- dans d’autres pays, ces mêmes périodes montrent un accroissement notable.
- En présence d’une telle situation, il importe de ne négliger aucune des occasions qui nous seront offertes de présenter sur les marchés étrangers les produits français en face des produits similaires des pays voisins.
- Amsterdam est admirablement située pour mettre nos produits en relief et pour leur donner une expansion nouvelle. En relations constantes avec les colonies néerlandaises, la métropole maritime des Pays-Bas est le grand comptoir d’échange entre l’Europe du Nord et les Indes néerlandaises.
- C’est le port d’embarquement des marchandises à destination de Sumatra, de Java, de la Chine et du Japon. La France a tout intérêt à participer officiellement à une Exposition si voisine de ses frontières et à mettre le gouvernement français et l’industrie nationale en mesure d’occuper à ce grand concours une place digne de leur réputation et de leur incontestable valeur.
- Nous devons ajouter qu’en agissant ainsi, la France ne fera qu’user de réciprocité à l’égard d’une nation amie qui a toujours été dignement représentée aux solennités artistiques et industrielles de notre pays. En 1855, en 1867, en 1878, les Pays-Bas ont concouru à l’éclat de nos Expositions du palais de l’Industrie et du Champ-de-Mars.
- Ces sentiments de réciprocité, nous vous proposons de ne pas les répudier et de les consacrer en contribuant pour notre part au succès de l’Exposition d’Amsterdam.
- Pour ces motifs, nous n’hésitons pas à vous demander, pour faciliter la participation de nos nationaux à l’Exposition d’Amsterdam, l’ouverture d’un crédit de 225,000 francs qui servira à couvrir les dépenses suivantes :
- Valeur de l’emplacement des chemins............Fr. 30.000
- Gardes et employés de la section française à l’Exposition ............................................... 20.000
- Décoration d’ensemble de la section.................. 80.000
- Commissariat général à Amsterdam, frais de représentation, personnel à Paris, frais de bureau et
- d’impression ............................. 35.000
- Imprévu............................................. 10.000
- Section française des colonies....................... 25.000
- Section française des beaux-arts....................... 25.000
- Total....................... Fr. 225.000
- Ces chiffres, que nous vous soumettons, ont été établis sur des données très précises et d’après les expériences faites pour l'organisation de a section française à Philadelphie, à Sydney et à Melbourne.
- Pour l-’Exposition de Philadelphie, le crédit voté par les
- Chambres a été de........................................ Fr. 720.000
- Pour Sydney................................................ 200.000
- Pour Melbourne............................................. 500.000
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- C’est donc un chiffre réduit dans la plus stricte mesure que nous vous présentons.
- Nous devons faire remarquer que le crédit ouvert sur lexeicice 1882 pour les dépenses de l'Exposition de Melbourne laissera un disponible de 80,000 francs au moins.
- Par suite de cette annulation de crédit, qui fait l’objet de 1 article lei du projet de loi ci-après, la charge nouvelle imposée au Trésor ne dépassera pas 145,000 francs.
- En conséquence, nous avons l’honneur de vous demander :
- 1° L’ouverture sur l’exercice 1882, pour l’Exposition dont il s’agit, d un crédit total de 225,000 francs applicables pour 175,000 francs au Ministère du Commerce, pour 25,000 francs au Ministère de la Marine et des Colonies et pour 25,000francs au Ministère de l’Instruction et des Beaux-Arts;
- 2° L’annulation sur le même exercice 1882 d’une sommerde 80,000 francs disponible sur les crédits ouverts pour l’Exposition de Melbourne.
- Nous avons l’espérance, Messieurs, que vous voudrez bien accueillir favorablement le projet de loi ci-après, que nous soumettons à vos délibérations.
- PROJET DE LOI
- Le Président de la République française,
- Décrète :
- Le projet de loi dont la teneur suit sera présenté à la Chambre des députés par le Ministre du Commerce, par le Ministre de la Marine et des Colonies, par le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts et par le Ministre des Finances, qui sont chargés d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion :
- Article premier. — Sur les crédits ouverts au Ministre du Commerce au titre de l’exercice 1882, par la loi du 8 juillet 1882, une somme de quatre-vingt mille francs (80,000 francs) est et demeure définitivement annulée au chapitre 24. — Exposition internationale de Melbourne.
- Art. 2. — Il est ouvert aux ministres, aux titres du budget ordinaire de l’exercice 1882, en addition aux crédits alloués par la loi de finances du 29 juillet 1881, des crédits extraordinaires montant à la somme de deux cent vingt-cinq mille francs (225,000 francs) pour les dépenses de l’Exposition internationale d’Amsterdam.
- Ces crédits demeurent répartis, et par ministère et par chapitre, ains qu’il suit :
- MINISTÈRE DE LA MARINE ET DES COLONIES Première section. — Service Marine.
- Chap. 34 bis. —Exposition internationale d’Amsterdam..... 25.000
- MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS
- Deuxième section. — Service Beaux-Arts.
- Chap. 48. —Exposition internationale d’Amsterdam....... 25.000
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- MINISTÈRE DU COMMERCE
- Chap. 27. — Exposition internationale d’Amsterdam . .... 175.000
- Total égal............... ...... 225.000
- La Commission du budget approuva et commenta en ces termes :
- Messieurs,
- Une Exposition internationale coloniale et d’Exportation générale doit s’ouvrir à Amsterdam le Ier mai 1883. Vivement sollicité par le gouvernement néerlaiïdais sous le patronage duquel elle est placée, d’y prêter son concours officiel, le gouvernement français a chargé une commission spéciale d’étudier les conditions de notre participation, et après s’être éclairé de son avis, il vient nous demander l’ouverture d’un crédit qui permettra à la France de figurer à côté des autres nations.
- Personne, assurément, ne saurait méconnaître l’utilité des expositions internationales. Elle est d’autant plus grande que, chaque jour, la lutte industrielle et commerciale devient plus ardente et plus difficile, et qu’on ne peut espérer la soutenir avec succès, si l’on ne s’attache à perfectionner sans cesse sa fabrication, a chercher sans relâche des débouchés nouveaux. Ces réunions solennelles où affluent les produits de diverses origines, offrent sous ce rapport de nombreux avantages.
- En rapprochant le producteur du consommateur, en mettant en évidence les meilleurs procédés et les meilleurs produits, elles constituent à la fois un moyen d’enseignement et un centre de transactions.
- Ces observations s’appliquent à toutes les expositions en général ; mais il en est de particulières à l’Exposition d’Amsterdam.
- Si l’on jette les yeux sur le tableau de nos exportations dans les Pays-Bas, on voit que la moyenne annuelle s’est élevée :
- De 1860 à 1870 à.................... 34.100.000 »
- De 1871 à 1875 à.................... 34.400.000 »
- De 1876 à 1880 à.................... 37.900.000 »
- En résumé, Messieurs, votre Commission est d’avis qu’il y a lieu d’adopter le projet du gouvernement, et elle vous propose de voter les crédits demandés.
- La Chambre vota sans la moindre opposition.
- Une fois le crédit obtenu, on s’occupa rapidement, par les journaux, les chambres de commerce, les chambres syndicales, d’en prévenir les industriels français qui, à force d’entendre parler contradictoirement depuis deux ans pour
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- ou contre l’Exposition d’Amsterdam, avaient fini par n’y plus croire et ne se décidèrent que difficilement à envoyer leurs demandes d’admission.
- Est-ce à l’incertitude qui régna si longtemps sur 1 organisation de cette Exposition que nous devons de déplorer l’abstention de plusieurs de nos grands établissements industriels, entre autres le Creusot ?
- Est-ce plutôt à la trop grande fréquence de ces solennités qui, trop rapprochées, entraînent naturellement des frais considérables pour les exposants, et qui les aurait fait hésiter dans cette occasion? Nous ne saurions le dire; dans tous les cas, et malgré l’incontestable succès obtenu par la France à l’Exposition d’Amsterdam, nous ne pouvons que déplorer cette abstention. Nous devons reconnaître pourtant que d’autres pays, également, n’étaient pas représentés à Amsterdam aussi brillamment qu’à Paris en 1878; ce qui nous ferait penser qu’en organisant des Expositions universelles à des dates trop rapprochées les unes des autres, on nuit ainsi à leur succès, et que l’on compromet le principe qui préside à ces fêtes du travail et de l’intelligence. Nous soumettons cette remarque à qui de droit, en vue de la future Exposition qu’on propose de tenir à Paris en 1889, pour célébrer le centenaire de la Révolution française et de l’émancipation des hommes !
- L’influence du président de la Commission et le puissant concours du président et du vice-président de l’Union des Arts décoratifs finirent par triompher en partie de l’inertie des industriels français, si bien même que le comité, qui hésitait d’abord à prendre ferme 4,000 mètres de surface, se trouva absolument débordé, et dut négocier avec l’entreprise hollandaise pour arriver, en y comprenant les Beaux-Arts, l’Algérie, la Tunisie et la galerie des machines, à occuper 12,000 mètres et plus. Une délégation de la Commission hollandaise vint à Paris, on rédigea un protocole sur l’interprétation duquel s’élevèrent de nombreuses difficultés de détails ; une délégation de la Commission française se rendit
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- à Amsterdam, où les deux partis élaborèrent un nouveau protocole.
- Après avoir obtenu le plus de concessions possible sur le prix de l’espace, sur les facilités douanières, les transports par chemins de fer, et toutes les autres questions nationales et internationales qui accompagnent toujours ce genre d’entreprise, la Commission nomma architecte de la section française M. Boulanger, qui, avec un dévouement et une activité bien nécessaires, eu égard au peu de temps et au peu d’argent dont il pouvait disposer, composa, fit agréer et exécuter tous les détails d'ornementation dont la France voiflait bien faire les frais. La plus grande partie du travail se fit à Paris, dans les galeries du Trocadéro, et on n’eût qu’à en opérer la pose à Amsterdam.
- Tous ceux qui ont visité l’Exposition de la capitale des Pays-Bas se joindront à nous, nous en sommes persuadés, pour remercier et féliciter M. Boulanger du zèle et du bon goût dont il fit preuve dans la décoration et l’aménagement de la section française. Du reste, les éloges que la presse étrangère fut obligée d’accorder à cette section témoignent assez de la science et du sentiment artistique de son organisateur.
- Une question préoccupait vivement la Commission. Sous l’inspiration du commissaire général et de M. Bouilhet, on avait conçu l’idée ambitieuse de dresser au centre de la section française un pavillon d’honneur composé et orné avec tout ce que la France pouvait offrir de plus beau, pour recevoir dignement les autorités hollandaises, et l’argent manquait complètement pour ce surcroît de dépenses. L’habileté bien connue de M. Bouilhet se surpassa dans cette occasion.
- Mettant en œuvre le zèle et le désintéressement de quelques exposants, s’aidant du puissant concours de l’Union centrale des Arts décoratifs, il éleva et décora un pavillon qui fut, de l’avis de tout le monde, la merveille de l’Exposition néerlandaise.
- Pendant ce temps, il n’y avait ni Chambre, ni ministère,
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- et la Commission voyait chaque jour affluer les demandes d emplacements, et, par conséquent, le maigre crédit accordé devenir de plus en plus insuffisant. Tout s’arrangea encore pour le mieux. Le nouveau ministère une fois constitué, n hésita pas à proposer aux Chambres un second crédit qui reçut de la Commission du budget l’accueil le plus favorable et finit par être porté à plus de 500,000 francs, en y comprenant le Ministère de la marine et des colonies, et le Ministère de l’instruction publique, qui fut accepté sans objections.
- La Ville de Paris, de son côté, préparait son Exposition spéciale.
- Par arrêté préfectoral en date du 21 février 1883, une Commission avait été nommée pour régler la participation de la Ville de Paris à l’Exposition internationale d’Amsterdam.
- Cette Commission était composée ainsi qu’il suit :
- 1\IM. Le Préfet de la Seine, président.
- Le secrétaire général de la Préfecture de la Seine.
- Le secrétaire général de la Préfecture de Police.
- Alphand, Directeur des Travaux de Paris.
- Carriot, Directeur de l’Enseignement primaire.
- Quentin, Directeur de l’Administration de l’Assistance publique.
- Pasquier, Sous-Directeur des ali'aires municipales.
- Houx, Sous-Directeur des affaires départementales.
- Eeillet, Chef du Cabinet du Préfet de la Seine.
- Couche, Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées.
- Hartet, ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées.
- Deville, Chef de Division, Direction des Travaux de Paris.
- Mensat, Chef de Division, Direction des Travaux de Paris.
- Nay, Chef de Division, Direction des Travaux de Paris.
- Kenaud (Armand), Inspecteur en Chef des Beaux-Arts et des Travaux historiques, chargé du Service administratif et du Catalogue.
- Bouvard, Architecte de l’Administration centrale, chargé de l'organisation et de l’installation-matérielles de l’Exposition.
- Brown, Sous-Chef du bureau des Beaux-Arts, secrétaire.
- Cette Commission se mettait immédiatement à l’œuvre, et le pavillon édifié par ses soins dans les jardins de l’Exposition d’Amsterdam pour recevoir les objets exposés par la Ville de
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- Paris, sans avoir ni la grandeur ni l’aspect monumental du pavillon de l’Exposition de Paris en 1878, — pavillon reconstruit depuis aux environs du Palais de l’Industrie (Champs-Elysées), — n’en était pas moins fort coquet, et il a reçu de nombreuses visites. Les cartes, vues et plans des différentes promenades de Paris y étaient surtout très remarquées.
- L’Exposition de la Ville de Paris constituant un chapitre spécial dans notre Rapport, nous nous contentons ici, de donner l’ordre des objets exposés, tel que le catalogue de cette Exposition le mentionnait.
- PRÉFECTURE DE LA SEINE
- î. Bibliothèques populaires municipales et libres.
- II. Statistique municipale.
- III. Mairies, Etat civil.
- IV. Halles et Marchés, Cimetières et Pompes funèbres.
- V. Enseignement primaire.
- VI. Eaux, Canaux et Assainissement.
- VIL Voie publique et Nettoiement.
- VIII. Promenades, Plantations et Éclairage.
- IX. Observatoire météorologique de Montsouris.
- . X. Plan de Paris.
- XL Architecture.
- XII. Beaux-Arts et Travaux historiques.
- PRÉFECTURE DE POLICE
- I. Laboratoire municipal de chimie;
- IL Recherches d’identité;
- III. Hygiène, Salubrité et Secours publics;
- IV. Sapeurs-Pompiers.
- Tous les objets se rapportant aux différentes désignations qu’on vient de lire, étaient classés avec un ordre et une méthode faisant le plus grand honneur à la Commission d’organisation de l’Exposition spéciale de la Ville de Paris.
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- II
- Pendant que la Commission instituée par le gouvernement français organisait la section française de l’Exposition d’Amsterdam, et que la Ville de Paris préparait son exposition particulière, que faisaient les Chambres syndicales ouvrières? Se préparaient-elles, de leur côté, en vue de cette Exposition? Songeaient-elles, comme pour les Expositions précédentes, à envoyer à Amsterdam une délégation particulière pour étudier les progrès survenus dans l’industrie en général, et plus spécialement les progrès réalisés par nos concurrents étrangers ?
- Nous nous empressons de déclarer que oui. Dès que l’Exposition d’Amsterdam fut officiellement reconnue, et que l’on sut que le gouvernement de la République avait accepté d’y participer, la classe ouvrière, aussi bien en province qu’à Paris, se préoccupa de cette Exposition et songea aux mesures à prendre afin de pouvoir envoyer à Amsterdam un certain nombre des siens, chargés de comparer le taux des salaires des ouvriers français avec celui des ouvriers des autres pays, d’examiner les transformations apportées dans l’outillage et le matériel de production de ces pays, de s’enquérir du prix des denrées de consommation, et enfin d’étudier toutes les questions se rattachant d’une façon quelconque au bien-être des travailleurs et à leur émancipation économique.
- L'Union des Chambres syndicales ouvrières de France, notamment, se préoccupait vivement de l’envoi à l’Exposition néerlandaise d’une délégation ouvrière nationale ; elle mettait la question à l’ordre du jour de sa Commission exécutive, et elle l’étudiait également dans les séances mensuelles de son Conseil.
- A propos de la subvention demandée au Conseil muni-
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- cipal de Paris, en vue de l’envoi à Amsterdam d’une délégation spéciale desChambres syndicales ouvrières parisiennes, son organe officiel, le Moniteur des Syndicats ouvriers, publiait, à la date du 18 janvier 1883, l’article suivant, qu’il est bon, croyons-nous, de reproduire ici :
- L’EXPOSITION D'AMSTERDAM
- Plusieurs journaux de Paris ont mis en avant l’idée d’un subside de l’Etat pour faciliter aux ouvriers l’envoi d’une délégation à l’Exposition universelle d’Amsterdam, qui va s’ouvrir au mois de juin prochain.
- D’un autre côté, nous croyons savoir que le Conseil municipal de Paris s'occupe aussi de cette question, et il est probable qu’il votera une subvention pour les ouvriers de la capitale.
- Les collectivistes révolutionnaires, qui n’ont pas l’esprit fait comme celui du commun des mortels, vont sans doute jeter les liauts cris contre les « subventionnés », qu’ils appelleront « vendus », selon leurs procédés habituels de discussion.
- Nous ne devons pas nous arrêter k ces criailleries intempestives. Nous n’avons k voir, dans l’initiative qui sera prise, soit au Palais-Bourbon soit au Pavillon de Flore, que les résultats qui doivent en découler pour le bien-être du prolétariat.
- Ah ! si l’on voulait nous mettre en tutelle, nous imposer une manière de voir quelconque, nous comprendrions les scrupules, mais, du moment que l’État ou le Conseil municipal ne s’ingéreront en rien dans nos opinions, sinon pour contrôler l'emploi honnête des fonds qu’ils nous auront attribués, l’hésitation serait maladroite et inconvenante.
- Plus que jamais les ouvriers doivent s’occuper activement de tout ce qui est relatif k la prospérité nationale, car la leur en dépend, et ils seraient coupables de se désintéresser dans n’importe quelle circonstance où leur action peut être utile k l’intérêt général.
- L’Exposition d’Amsterdam est une de ces circonstances. Us ont besoin d’aller partout où il y a rendez-vous des progrès industriels. L’industrie étrangère fait une guerre acharnée k l’industrie française. Or, chaque coup porté k cette dernière a son contre-coup dans le budget, déjà si maigre, des travailleurs français, de même que ses victoires sont autant de sources de leur sécurité.
- Les ouvriers français ont le devoir d’aller dans la capitale néerlandaise, pour y étudier sur le vif tout ce qui s’est fait de nouveau dans la production générale, pour constater la transformation de l’outillage industriel, pour connaître les tarifs de main-d’ojuvre de tous les pays, pour se rendre compte de ce que coûtent les marchandises de consommation, pour examiner si les traités de commerce et les tarifs de douane qui en sont issus ne lèsent pas notre commerce d’exportation, et pour chercher, entin, tout ce qui peut amener leur occupation constante et avantageuse sans favoriser nos concurrents.
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- Les rapports publiés par les délégations ouvrières aux Impositions do Paris, en 1867; de Vienne, en 1873; de Philadelphie, en 1876, démontrent abondamment l’utilité et même la nécessité de ces études, qui ont été appréciées avec beaucoup d’éloges par toute la presse.
- Pour qu’elles aient lieu, il faut une aide et, en somme, les fonds, soit de l’Etat, soit de la Ville, peuvent être acceptés sans arrière-pensée, car ils proviennent de tout le monde, et leur emploi, dans le cas qui nous occupe, sera utile à tout le monde.
- Pour notre part, nous désirons que l’allocation soit votée, et nous, sommes certains qu’elle sera acceptée avec reconnaissance.
- Les arguments mis en avant par le rédacteur du Moniteur des Syndicats ouvriers, pour l’envoi d'une délégation ouvrière à l’Exposition internationale d’Amsterdam, étaient si vrais, si justes, et reflétaient si bien la pensée de tous ceux qui songent à l’avenir et à la prospérité de nos industries nationales, que, dans la séance de la Chambre des députés du 10 février 1883, M. Waldeck-Rousseau, tant en son nom Cju’en celui de plusieurs de ses collègues, MM. Margue, E, Turquet, Noirot, Bernard (Doubs), Bernot, Lecherbon-nier, Chavoix, Chalamet, Lelièvre, déposait une proposition de loi ayant pour objet d’ouvrir, au ministre des finances, un crédit de 100,000 francs destiné à couvrir les frais de voyage, de séjour et de publication des Rapports d’un certain nombre d’ouvriers français, délégués à l’Exposition d’Amsterdam.
- Les honorables députés motivaient ainsi leur proposition ;
- Messieurs,
- L’Exposition d’Amsterdam, qui va s’ouvrir au mois do juin prochain, servira de champ d’études aux producteurs de toutes les nations.
- Les principaux industriels français iront sans doute à cette Exposition, tant pour y faire montre de leurs produits que pour constater les progrès accomplis dans l’industrie étrangère et les ressources personnelles ou collectives dont ils disposent leur permettront d’effectuer ce voyage sans avoir recours aux subsides de l’Etat.
- Mais il n’en sera pas de même pour nos ouvriers, qui ont, eux aussi, un grand intérêt à comparer le taux de leurs salaires avec celui des ouvriers des autres pays, à examiner également, de leur côté, les transformations apportées partout dans l’outillage et le matériel de production, à prendre note du prix des denrées de consommation, et a étudier les autres questions touchant leur bien-être et la prospérité nationale.
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- Notre proposition est basée sur les intéressants rapports publiés par les délégations ouvrières françaises aux Expositions universelles précédentes, notamment ceux des délégations de 1867, sur l’Exposition de Paris; de 1873, sur l’Exposition de Vienne (Autriche), et de 1876, sur l’Exposition de Philadelphie.
- Tous ces rapports contiennent des aperçus nouveaux et ont été consultés avec fruit par les économistes ; ils ont permis de se rendre un compte plus exact des moyens employés par les industriels étrangers, dans la concurrence de plus en plus redoptahle qu’ils font à l’industrie française.
- Ajoutons qu’à l’occasion de l’Exposition de Philadelphie, une somme de 100,000 francs fut votée par les Chambres pour le même objet; mais les syndicats ouvriers, mus par une susceptibilité exagérée, ne crurent pas devoir en profiter, parce que le choix des délégués avait été attribué au Ministre de l’Agriculture et du Commerce, au lieu de le laisser aux syndicats eux-mêmes.
- Enfin, en 1877, lors de la dernière Exposition de Paris, une subvention de 100,000 francs fut de nouveau accordée par l’État aux ouvriers qui, ne pouvant exposer leurs produits dans l’enceinte du Champ de Mars, organisèrent l’Exposition ouvrière.
- Eu égard à ces précédents, nous avons l’honneur de vous soumettre la proposition de loi suivante :
- PROPOSITION DE LOI
- Article unique. — Un crédit de cent mille francs (100,000 francs) est ouvert au Ministre des finances, pour couvrir les frais de voyage, de séjour et de publication des Rapports d’une délégation ouvrière française à l’Exposition universelle d’Amsterdam.
- La Chambre renvoya la proposition à l’oxamon de sa onzième Commission d’initialivo parlementaire, qui chargea un de ses membres, l’honorable M. Lechevallier, de faire un rapport sur cette proposition. M. Lechevallier déposa son rapport sur le bureau de la Chambre des Députés dans la séance du 1er mars 1883.
- En voici le texte :
- Messieurs,
- Les honorables auteurs de la proposition, ayant pour objet d’ouvrir au ministère des finances un crédit de 100,000 francs, destiné à couvrir les frais de voyage, de séjour et de publication des rapports d’un certain nombre d’ouvriers français à l’Exposition d’Amsterdam, ont eu en vue de permettre aux travailleurs de constater les progrès accomplis dans l’industrie étrangère, et de comparer le taux de leurs salaires avec celui des ouvriers des autres pays.
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- Au moment où l’industrie française traverse une crise occasionnée par 1 énorme importation des produits étrangers, et par la concurrence des plus vives qu’elle rencontre sur toutes les places de commerce, la proposition de nos collègues trouvera certainement un bienveillant accueil sur tous les bancs de la Chambre.
- La réunion, à Amsterdam, de tous les procédés de fabrication et de tous les produits du monde, permettra aux représentants de nos classes laborieuses d’étudier les progrès réalisés dans ces dernières années, et leur donnera les moyens d'apprécier les avantages que ces perfectionnements peuvent présenter pour nos différentes industries.
- Cette étude, nous n’en doutons pas, sera favorable à nos ouvriers, qui conservent toujours*leur supériorité au point de vue du goût, de la légèreté du travail, du fini dans l’exécution. Néanmoins, elle les obligera à reconnaître qu’il y a lieu de tenir compte dans une plus large mesure d’un fait économique qui aune grande importance maintenant. C’est que, pour maintenir notre clientèle à l’intérieur et la développer à l’extérieur, en un mot, pour être en mesure de lutter contre nos adversaires, il est absolument nécessaire que nos fabricants français conservent la bonne réputation d’activité et d’exactitude qu’ils ont acquise.
- Les délégués constateront, en outre, que la situation des ouvriers français, que nous aimerions à voir s’améliorer encore, n’est cependant pas moins bonne que celle des ouvriers étrangers, et dans leurs rapports, ils seront amenés inévitablement à modifier dans l’esprit de leurs camarades certaines théories acceptées trop facilement par eux, dangereuses pour notre industrie nationale, et très préjudiciables aux véritables intérêts des travailleurs.
- En conséquence, votre onzième Commission d’initiative parlementaire vous prie, Messieurs, de vouloir bien prendre on considération la proposition de loi do MM. Waldeck-Rousseau, Margue, Turquet, Noirot, Ber-pard (Doubs), Bernot, Lccherbonnier, Chalamet, Lelièvre, ainsi conçue :
- Article unique. — Un crédit de cent mille francs (100,000 francs) est ouvert au Ministre des finances, pour couvrir les frais do voyage, de séjour et de publication des Rapports d’une délégation ouvrière française à l’Exposition universelle d’Amsterdam.
- Malheureusement, Ja Chambre des Députés, ne crut pas devoir passer à la discussion immédiate de cette proposition de loi qui, nous en sommes convaincus, eût été adoptée dans sa teneur et sans restrictions, si on l’avait discutée, ayant encore, pour ainsi dire, dans l’oreille, les arguments présentés par le rapporteur. Il sembla même un moment qu elle fût oubliée, car pendant plusieurs mois on n’en entendit pins parler.
- Cependant, les Chambres syndicales ouvrières de province
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- ne cessaient d’écrire à TUnion des Chambres syndicales ouvrières de Paris, à Paris, pour demander des renseignements au sujet de délégation ouvrière à Amsterdam, et par la même occasion s’informaient où en était la proposition de loi qui ouvrirait le crédit permettant l’envoi de cette délégation.
- En présence de cette situation, la Commission exécutive du Conseil de l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France décida, dans sa séance du 12 juillet 1883, d’écrire à M. le Président de la Chambre des Députés, pour le prier de bien vouloir user de son influence pour hâter la mise à l’ordre du jour de la proposition de loi en question.
- Voici cette lettre :
- A Monsieur le Président de la Chambre des Députés.
- Monsieur le Président,
- 41 y a quelques mois une proposition de loi tendant à envoyer, aux frais de l’Etat, des délégués ouvriers français à l’Exposition d’Amsterdam, a été renvoyée à la Commission du budget.
- Il y a environ un mois, la Commission du budget s’est prononcée en faveur du crédit demandé pour cet objet.
- Depuis ce temps, nous n’en entendons plus parler. T/ordre du jour de la Chambre des Députés n’en fait pas mention.
- Cependant, Monsieur le Président, l'Exposition d’Amsterdam est ouverte depuis le mois de mai et l’époque de sa fermeture approche. Il n’y a donc pas de temps à perdre pour voter ce crédit, si l’on veuf qu’il soif employé.
- L’Union des Chambres syndicales ouvrières de France reçoit chaque jour des Chambres syndicales ouvrières do province des demandes pressantes de renseignements à cet égard.
- Ces Chambres syndicales nous disent, en outre, qu’un certain nombre de Conseils municipaux attendent, pour allouer des crédits locaux, la résolution de la Chambre des Députés.
- Notre réponse à ces demandes n’est pas possible, tant que la Chambre des Députés ne se sera pas prononcée.
- Nous venons, en conséquence, Monsieur le président, vous prier de vouloir bien mettre en tête de l’ordre du jour des séances de la Chambre des Députés, la discussion des crédits de 100,000 francs à allouer à des délégués ouvriers, nommés par les Chambres syndicales ouvrières, pour visiter l’Exposition d’Amsterdam.
- Veuillez agréer, Monsieur le président, l’assurance de notre haute considération.
- Four le Conseil :
- la commission exécutive.
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- Cette lettre eut un plein succès ; mise à l’ordre du jour de la Chambre, la proposition de loi déposée par M. Waldeck-Rousseau et ses collègues fut votée quelques jours après, presque sans discussion. Malheureusement, la Chambre, sur la proposition de la Commission du budget, réduisit à 50,000 francs seulement le crédit demandé; nous l’avons regretté et nous le regrettons encore vivement, car c’était limiter le nombre des délégués, et par cela même enlever a celte mesure libérale une partie de son efficacité.
- Le Sénat ratifia presque immédiatement le vote de la Chambre, et dès les premiers jours d'août des délégués de Chambres syndicales de province se rendaient à Amsterdam. Tous ces délégués, en passant par Paris, rendirent visite à leurs camarades de l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France. On verra parle résumé des Rapports, combien sont cordiales les relations qui existent entre les syndicats de province et les syndicats parisiens. — Nous ne parlons pas, bien entendu, des groupes dits corporatifs, qui n’ont rien à faire ici.
- Entre temps, la délégation ouvrière de Paris, était allée à Amsterdam, avec les fonds votés par le Conseil municipal ; quelques membres de cette délégation ont leurs Rapports publiés dans ce travail, avec la mention spéciale : Délégation parisienne, aux frais de la Ville de Paris. Nous en sommes heureux, et nous devons remercier ceux qui ont ainsi compris les sentiments d’union et de solidarité qui devraient exclusivement régner parmi les ouvriers; mais en dehors de ces délégués, nous ne nous reconnaissons pas le droit de nous occuper delà délégation parisienne. Nos camarades de Paris ont compris leur mission d’une façon un peu différente de la nôtre; c’était leur droit. Nous espérons que leur visite a Amsterdam sera néanmoins utile au bien de tous, et nous serons les premiers à profiter des justes observations qu ils n’ont pas dû manquer de faire dans leur voyage en Hollande.
- Nous devions faire cette remarque, pour qu’on ne s’étonne pas, dans la suite do ce travail, de ne jamais nous entendre
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- parler de la Délégation parisienne, en dehors de ceux qui ont bien voulu collaborer à notre œuvre en nous apportant leurs Rapports. Rapporteurs généraux de la Délégation nationale ouvrière de France, nous ne nous occupons que de cette Délégation, sans regarder si les délégués sont de Paris ou de la province : nous ne savons qu’une chose, c’est que c’étaient des Français, ayant dans le cœur des sentiments bien français; nous sommes suffisamment fiers de cette constatation pour nous en contenter.
- Nous devons expliquer maintenant comment nous avons accepté notre mission, la façon dont elle nous a été confiée, et enfin comment nous l’avons comprise et accomplie.
- La Commission exécutive du Conseil de l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France, après avoir pendant plusieurs séances discuté l’utilité de l’envoi parle Conseil de l’Union, de délégués spéciaux à l’Exposition d’Amsterdam, avait finalement résolu la question par la négative. On croyait donc cette question bien et dûment enterrée, quand elle reparut tout à coup d’une façon inattendue.
- Dans la séance du 13 septembre 1883, le secrétaire de l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France faisait part à la Commission exécutive du Conseil de la lettre suivante, qu’il avait reçue la veille :
- ministère Paris, le 12 septembre 1883,
- Cabinet du Ministre A M Sinon, secrétaire de l'Union des Chambres
- syndicales ouvrières.
- Monsieur,
- Un certain nombre d’ouvriers ont été délégués par le Gouvernement français pour visiter l’Exposition internationale d’Amsterdam.
- Ils doivent remettre à mon Département un Rapport où seront consignées toutes les observations que leur voyage pourra leur suggérer. A ce propos, mon attention a été appelée sur l’utilité qu’il y aurait à réunir dans un Rapport d’ensemble les considérations générales qui pourraient être éparses dans les divers Rapports particuliers, de façon à co que los
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- lecteurs trouvent plus saisissantes par leur groupement tes idées qui doivent se dégager des travaux de la délégation.
- J ai pensé que cette tâche pourrait être confiée à votre Union et, si son sentiment ne différait pas du mien, je vous prierais de lui demander la désignation de deux de ses membres qui en seraient spécialement chargés.
- Ces deux délégués iraient à Amsterdam rechercher les éléments^ de leur travail et recevraient de mon Département une allocation destinée à couvrir leurs frais de voyage et de séjour dans cette ville.
- Je vous serai obligé, Monsieur, de donner communication de cette lettre à votre Union et de me faire connaître le plus tôt possible son avis sur les points qui y sont touchés.
- Recevez, etc.
- le Ministre du Commerce,
- (,Sif/në) Ch. Hérisson.
- La Commission exécutive du Conseil de FUnion discuta immédiatement la proposition émise dans la lettre de M. le Ministre du Commerce, et le résultat de cette discussion fut (ju’il fallait accepter la proposition, mais la nomination des délégués devait, aux termes des statuts de FUnion, avoir lieu en séance générale du Conseil de FUnion; malheureusement Je temps voulu manquait pour réunir le Conseil afin qu’il pût procéder à cette nomination. La fermeture de l’Exposition d’Amsterdam était annoncée pour le 30 septembre, on était au f3, il ne restait que le temps strictement nécessaire pour que les délégués, en partant de suite, pussent accomplir la mission qui leur serait confiée. La Commission exécutive prit donc le parti de procéder elle-même à la désignation des deux délégués, quitte plus tard à expliquer au Conseil les raisons de force majeure qui l’avaient obligée à enfreindre le règlement dans cette circonstance, et à demander la ratification de sa décision. A la réunion générale du mois d’octobre, après une discussion approfondie, le Conseil de FUnion vota en effet l'ordre du jour sur cette affaire.
- Les deux délégués choisis par la Commission exécutive pour remplir la mission spécifiée dans la lettre de M. le Ministre du Commerce, furent les citoyens L. Chalain et Gruhier.
- Communication de cette décision fut adressée sur le
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- champ à M. le Minisire du Commerce, qui, quelques jours après, adressait individuellement à chacun des deux délégués la lettre suivante :
- MINISTÈRE Paris, le 17 septembre 1883.
- DU COMMERCE
- —'Kpî''—
- Cabinet du Ministre
- Monsieur,
- J’ai l’honneur de vous informer que, par arrêté en-date du 14 de ce mois, je vous ai nommé délégué à l’Exposition d’Amsterdam.
- Vous devrez m’adresser sur les industries représentées à l’Exposition d’Amsterdam un Rapport général résumant et complétant les Rapports partiels des diverses délégations ouvrières envoyées par le Gouvernement.
- Recevez, etc.
- Pour le Ministre du Commerce :
- Le Chef du Cabinet,
- Signé :
- Telle fut la cause et les origines do notre mission. Il était, pensons-nous, utile d’entrer dans ces détails qui prouvent, quoi qu’en disent certains, que le régime démocratique vaut bien la royauté, et que la classe ouvrière, pour n’être pas encore complètement émancipée au point de vue économique, n'en est cependant plus au bon vieux temps, ou on la considérait juste à l’égale d’une bête de somme, et où on lui niait jusqu’à la faculté de sentir!
- Et on voudrait que nous ne fussions pas républicains ! Passez, passez, braves gens! nous vous avons trop donné, le temps des restaurations est bien à jamais Uni, croyez-nous; comme celui des révolutions sanglantes, espéroris-le !
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- II
- Il nous reste à expliquer comment nous avons compris notre mission et le plan que nous avons suivi pour tâcher de la mener à bien.
- Dès notre nomination, nous étions convenus, après avoir envisagé sous toutes ses faces le travail dont nous venions d’accepter la responsabilité, de laisser aux délégués, dont nous aurions à résumer les Rapports, la plus grande responsabilité possible, c’est-à-dire de conserver à leur travail, le ton, la forme et le plan adopté par chacun d’eux, dans la rédaction de leurs Rapports.
- Nous avons scrupuleusement suivi cette méthode.
- A notre avis, elle présentait plusieurs avantages. Une analyse froide, sèche, outre qu’elle donne rarement une idée exacte du travail de l’auteur, a encore d’autres défauts : l’uniformité dans le style et la monotonie qui finissent par fatiguer le lecteur et lui font rejeter le livre avec ennui.
- Dans un travail où le même sujet reviendrait forcément plusieurs fois sous les yeux des lecteurs, puisque certaines professions, comme la mécanique, par exemple, étaient représentées par de nombreux délégués, il fallait éviter, si possible , de tomber dans le défaut que nous venons de signaler. Pour cela il n’y avait qu’un moyen : laisser parler les délégués, ou tout au moins, en les résumant, s’elïorcer de conserver à leur travail le cachet spécial qu’ils y avaient imprimé. Ce n’était pas aussi facile qu’on pourrait le croire, pour quelques-uns tout au moins. D’abord il était impossible de publier les Rapports complets, cela eut donné une extension trop considérable à ce travail, et d’autre part, il fallait nous maintenir dans les limites que M. le Ministre du Commerce nous avait lui-même tracées. Certains Rapports sont
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- considérables, il ne fallait pas, en les résumant, retrancher des appréciations dont le public pouvait profiter. C’est à quoi nous nous sommes appliqués ; et les délégués nous rendront ce témoignage que tout en les écourtant un peu, nous avons conservé d’une façon absolue, et la physionomie de leur Rapport, et le style même de ce Rapport, jusque dans les quelques corrections dont certains de ces mémoires ont eu besoin. La lecture de cette partie du Rapport d’ensemble au lieu d’être ardue, fatigante, sera au contraire, nous l’espérons, des plus attrayantes, grâce à la méthode adoptée et suivie.
- Deux Rapports sur le même sujet, sur la même profession, parlant des mêmes objets, sont néanmoins profondément dissemblables la plupart du temps. D’accord sur les objets exposés, portant le même jugement, les appréciant de la même façon, mais en des termes qui varient suivant le tempérament, la région habitée par l’auteur, et aussi suivant son degré d’instruction, il arrive qu’on lit avec autant de plaisir le rapport de l’ouvrier de Marseille, exhubérant d’enthousiasme quand il parle de la France et rageur malgré lui, en rendant compte de l’Exposition de certains pays, que le rapport froid, concis, méthodique de l’ouvrier de Lille, au jugement sûr et réfléchi.
- Cependant, tous deux sont impartiaux, si impartiaux qu’ils sont d’accord toujours sur les jugements portés, les termes seuls diffèrent. C’est Funanimité de ces jugements, comme l’unanimité des aspirations et des réclamations formulées par l’ensemble des délégués, qui constituent un des principaux mérites de ce travail, et qui feront, nous l’espérons, qu’il ne passera pas inaperçu.
- Nous devions ces explications pour qu’on ne s’étonne pas de la forme un peu vive, de l’expression gauloise qu’on rencontrera plus d’une fois en lisant les rapports de nos camarades de la Délégation des ouvriers de France à Amsterdam. Nous nous sommes bien gardés de supprimer ou de changer quoique ce fût, dans cet ordre d’idées, au travail des délé-
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- gués ; d’abord, parce qu’ils ne sont jamais tombés dans le trivial, que tous les Rapports aü contraire se distinguent par une hauteur de vue peu commune, et qu'ensuite la forme vive et imagée de certains, donne une idée exacte et juste du tempérament et de l’esprit des ouvriers français.
- Les Rapports contenus dans ce premier volume se subdivisent ainsi qu’il suit :
- MÉTALLURGIE
- 3 Rapports sur la Serrurerie ;
- 1 — la Poêlerie ;
- 12 — la Mécanique en général;
- I — la Chaudronnerie en fer;
- I — les Chauffeurs-mécaniciens;
- 1 — les Mouleurs en fer.
- MÉTAUX; AUTRES QUE LE FER, BRONZES, ZINC, PLOMB, etc.
- 1
- )
- 1
- I
- 1
- Rapport sur la Chaudronnerie en cuivre ;
- — la Fonderie de cuivre ;
- — la Ciselure, Monture, Tournure,
- (Bronziers de Paris);
- — les Ornemanistes sur métaux ;
- — les Ferblantiers, Plombiers, Zin-
- gueurs, etc.
- Horlogerie, bijouterie et similaires
- 1 Rapport sur l’industrie des Cadrans ;
- 1 — — de la Taille du Diamant;
- I — — de là Gravure, Bijoux,etc.;
- I — — de la Joaillerie, Serti;
- \ — — de la Bijouterie de deuil,
- cuivre, acier ;
- I — — de la Bijouterie doublé or.
- LUNETTES, OPTIQUE, VERRES ET GLACES I Rapport sur la Verrerie (verre à vitres et glace).
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- AMEUBLEMENT, TAPIS, ÉBÉNISTES, MENUISIERS ET SIÈGES
- 4 Rapports sur l’industrie des Tapis ;
- 7 — — de l’Ebénisterie, Menui-
- serie, et sièges;
- 1 Article du journal le Temps sur l'ameublement. Total.. 43 Rapports sur diverses industries.
- Mais comme certaines professions n’avaient pas.été représentées dans la Délégation ou qu’elles n’avaient été qu’insuf-lisamment représentées, ou que le ou les Rapports des Délégués étaient incomplets, nous avons essayé de remédier à cette insuffisance de renseignements dans la mesure du possible.
- L’enquête extraparlementaire (1) ouverte au Ministère de l'Intérieur par les soins de M. Waldeck-Rousseau, nous a servi à combler, en partie, quelques-unes des lacunes que nous venons de signaler. Nous avons pris dans cette enquête extraparlementaire treize extraits des dépositions des Sociétés coopératives ouvrières. Ces extraits se rapportent principalement aux salaires de la profession à laquelle appartiennent les déposants et aussi à la concurrence étrangère qui leur est faite. De cette façon, il se trouve que cinquante-six corps de métiers, dont quelques-uns se subdivisent en plusieurs branches, sont représentés dans ce premier volume.
- Cependant au point de vue général, et quoique tous les délégués aient donné tous les renseignements qu’ils ont pu se procurer sur leurs professions respectives, tant au point de vue des salaires que de l’outillage, des heures passées à l’atelier, de la concurrence, etc., etc., ces renseignements se bornaient à la Hollande pour la plupart, et les points de comparaison avec les autres puissances faisaient autant dire
- (I) Nous publions plus loin lu composition de cette Commission extraparlementaire ainsi que le questionnaire quelle a adressé aux Sociétés coopératives ouvrières.
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- complètement défaut. Nous avons pu fort heureusement combler cette omission, grâce à un livre des plus intéressants publié il y a bientôt deux ans, par M. René Lavollée, et intitulé « Les Classes ouvrières en Europe (1) ». Nous avons pris dans l’ouvrage de M. René Lavollée des renseignements nombreux sur l’organisation du travail, les salaires, les institutions diverses, la manière de vivre, le logement, les habitudes, l’instruction professionnelle et primaire des peuples dont les noms suivent : Hollandais, Allemands, Autrichiens, Hongrois, Suisses, Belges, Suédois et Norvégiens, Danois, Russes, Italiens, Espagnols et Portugais. Tous ces renseignements constituent la première partie du volume et viennent immédiatement après cette introduction.
- N’ayant pas trouvé dans M. René Lavollée les mêmes renseignements sur l'Angleterre que ceux qu’il donne sur les autres nations, • nous les avons cherchés dans différents auteurs, dont les deux principaux sont M. Elisée Reclus, qui nous a aussi fourni une vue d’ensemble de la Hollande et la description de la ville d’Amsterdam, et M. Leone Levy dont l’ouvrage \\Wa(jes and Earnings of lhe Workimj classes nous a été très gracieusement prêté par l’honorable M. Martin Nadaud, député.
- Nous avons pris dans M. Elisée Reclus tous les renseignements généraux que nous avons jugé utiles pour renseigner le lecteur sur le développement industriel de F Angle terre, et nous avons traduit de l’ouvrage de M. Leone Levy, tout ce qui avait trait au travail dans les manufactures, usines et ateliers de nos voisins d’outre-Manche.
- Une partie de ces renseignements sur les salaires et le temps de travail effectif de la journée et de la semaine, se trouve dans les tableaux qui accompagnent les Rapports de chaque corps de métier. Ces tableaux ont été faits avec le plus grand soin ; nous avons compulsé quantité d’ouvrages de statistiques pour les établir ; nous avons vérifié, contrôlé
- (!) (iuilUiumm et O, libraires-éditeur*, rue de Miebelieu, 14.
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- ces ouvrages les uns par les autres, chaque fois que cela nous a été possible. Nous ne nous sommes pas contentés de cela, nous nous sommes adressés à tous ceux qui pouvaient nous aider dans nos recherches, nous avons mis à contribution la bonne volonté d'industriels qui veulent bien s’intéresser à la réussite de ce travail, nous avons écrit à nos camarades des Chambres syndicales de province, leur demandant de compléter les renseignements contenus dans les Rapports de leurs délégués; nous nous sommes enquis, auprès des publicistes spéciaux, de toutes les sources où nous pouvions trouver des renseignements complémentaires, et ce n’est qu’après avoir vanné, pour ainsi dire, tous ces éléments d’information que nous avons tracé nos tableaux de salaires. Il est bien certain qu’il s’y sera glissé encore quelques erreurs de détail, il ne pourrait guère en être autrement, cependant nous croyons pouvoir affirmer qu'ils sont généralement exacts et que l’on peut, sans crainte de s’égarer beaucoup, y trouver les éléments de comparaison qu’ils comportent, Nous ne saurions trop engager nos camarades de la classe ouvrière à étudier ces tableaux de salaires, ils y trouveront un enseignement sur lequel il est inutile de nous étendre ici; disons seulement qu’ils sont la condamnation absolue de la grève, et nous espérons bien que cette arme de guerre sera laissée désormais par eux dans l’arsenal du passé.
- Aux tableaux des salaires, nous avons joint des tableaux de douanes, sur l’entrée et la sortie des matières premières et des objets fabriqués. Ce n’a pas été chose facile que de dresser ces tableaux! Plus d’une fois nous avons failli abandonner la tâche. Les tableaux officiels, les documents dans lesquels nous devions rechercher les éléments de notre travail, sont tellement embrouillés, ils varient tellement de forme, de classements, de rédaction qu’il serait plus facile de trouver une aiguille dans une botte de foin, qu’un renseignement dans les volumes où sont renfermés nos tarifs de douanes. L’homme dont la patience et l’esprit de méthode seraient assez grands pour mettre de l’ordre dans ce fouillis, et indi-
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- quer le fil d’Ariane capable de guider le chercheur au milieu de ce labyrinthe, rendrait un bien grand service au commerce français en général et aux citoyens qui, pour une cause ou pour une autre, ont besoin de voir clair dans ce méli-mélo. De ce qui précède, il résulte que nous n’avons pas la prétention d’avoir dressé des tableaux irréprochables ; nous avons simplement essayé de rendre compréhensibles pour certaines industries les prix d’entrée et de sortie que ces industries payent à la douane. S’il nous avait fallu généraliser ces tableaux, nous serions loin encore de pouvoir livrer cette première partie de notre Rapport à, la publicité. Espérons que des spécialistes, plus instruits et plus capables, voudront bien compléter cette partie de notre travail, en la généralisant et en comblant ce que la méthode suivie peut avoir laissé de lacunes.
- Tels qu’ils sont, nous espérons que les tableaux qui figurent ici seront étudiés avec profit par les intéressés. Les chiffres sont scrupuleusement exacts, et la correction en a été faite avec tout le soin désirable.
- Résumons nous. Ce volume comprend les matières suivantes :
- PREMIÈRE PARTIE
- 1° La lettre des Rapporteurs généraux au Conseil de l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France ;
- 2° La lettre de la Commission spéciale nommée pour la remise de ce travail à M. le Ministre du commerce ;
- 3° La présente introduction ;
- 4° La Néerlande, par Elisée Reclus. (Nouvelle Géographie universelle);
- 5° Amsterdam, par le meme. (Nouvelle Géographie universelle);
- 6° Renseignements généraux sur les ouvriers et la vie ouvrière dans les pays suivants : Pays-Bas, Allemagne, Autriche-Hongrie, Suisse, Belgique, Suède, Norvège, Dane-
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- mark, Russie, Italie, Espagne, Portugal (Extrait des Classes ouvrières en Europe), par M. René Lavollée.
- 7° La France et l’Angleterre. (Renseignements statistiques divers : populations, productions, commerce, salaires, etc. — Extraits de la Nouvelle Géographie universelle, de M. Elisée Reclus; de Wages and Earnings of the Working classes, de Leone Levy, professeur d’économie politique au Kirnjs Collège, de Londres; et de divers autres documents.)
- DEUXIÈME PARTIE
- 8° A travers l’Exposition d’Amsterdam. Coup d’œil d’en* semble, par les rapporteurs généraux;
- 9° Tableau indiquant le nombre des récompenses obtenues par chacune des puissances exposantes.
- 10° Rapports des délégués et tableaux des salaires et des douanes, avec un tableau indiquant le prix des denrées alimentaires et des logements dans les différentes puissances européennes ainsi qu’aux Etats-Unis (Etat du Massachusets).
- Enfin, à la suite des rapports et des tableaux de salaires concernant la métallurgie, on trouvera deux tableaux spéciaux indiquant :
- Le premier : le poids et la valeur des principales machines importées en France, en 1882, des pays suivants : Allemagne, Belgique, Angleterre, Autriche-Hongrie, Italie, Suisse, Etats-Unis, Turquie (machines à coudre, en transit). Pays divers.
- Le second : le poids et la valeur des principales machines françaises, exportées en 1882, dans les pays suivants : Allemagne, Angleterre, Belgique, Autriche-Hongrie, Italie, Suisse, Etats-Unis, Turquie, Espagne, Nouvelle-Grenade, Brésil, République Argentine, Algérie, Ile de la Réunion, Russie et autres pays.
- Tel est dans son ensemble le premier volume de ce Rapport.
- Le second volume contiendra :
- La suite et la fin du résumé des Rapports individuels des délégués ;
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- Des tableaux de salaires sur chacuue des professions représentées dans les Rapports;
- Des tableaux de douanes, des tableaux do tarifs spéciaux ei d'importation et d’exportation, etc., etc.
- Un chapitre consacré à l’Exposition spéciale de la Ville de Paris ;
- Un chapitre spécial sur l'Exposition des colonies françaises et étrangères;
- Un chapitre consacré à l'instruction professionnelle, écoles d’apprentissage, instruction professionnelle des enfants dans les usines et manufactures, — moralité et immoralité de cette méthode, des conséquences qui en résultent au point de vue social pour l’avenir des ouvriers, etc.
- Enfin, nos conclusions dans lesquelles nous résumerons tous les renseignements contenus dans les deux volumes, et où nous donnerons nos appréciations particulières sur le rôle et l’avenir que nous voudrions voir réserver à la classe ouvrière.
- Un seul but nous a guidés jusqu’ici, un seul but continuera do nous guider : le développement moral, intellectuel et matériel des ouvriers français; la grandeur, la puissance et la richesse de notre pays!
- A nos camarades et au public de nous dire si nous avons pris la bonne route pour atteindre ce but.
- Paris, le 28 mai 1884.
- Les rapporteurs généraux,
- Louis CHA.LAIN, GRUIREH.
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- LA NÉERLANDE
- I
- La Néerlande (Nederland) ou Hollande, comme on l’appelle plus communément h l'étranger, est un des plus petits Etats de l’Europe par la superficie du territoire et le nombre des habitants. Quoique légèrement supérieure en étendue à la Belgique, cette autre moitié des Pays-Bas que la Bévolution de 4830 a constituée en royaume distinct, la Hollande ne peut rivaliser avec sa voisine, ni pour la densité de la popula-tion (1), ni pour l’activité de l’industrie manufacturière, ni même pour la valeur des échanges ; mais à d’autres égards, la Hollande, si petite figure qu’elle fasse sur la carte d’Europe, n’en est pas moins un des premiers pays du monde. Nulle part l’homme n’a dû lutter avec plus de force et de persévérance contre la nature et n’a mieux réussi à la discipliner pour la faire travailler à son service. Nulle part d’effroyables désastres ne seraient plus imminents, si les habitants menacés n’avaient appris à conjurer le péril avec une Science admirable, une étonnante tranquillité d'âme.
- Considéré dans son histoire générale, aucun peuple, à plus juste titre que celui de la Hollande, ne mérite d’être appelé grand. C’est de la destinée même, dirait-on, qu’il a su triompher; jusqu’au sol qui le porte, tout a été conquis par lui
- (1) Superficie en 1875, 32,875 kilom.car.; population en 1875, 3,809,850; population en 1878, 3,850,000; population kilométrique, 117.
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- sur les eaux. En luttant contre d’autres hommes, les Hollandais ont aussi donné souvent des preuves d’héroïsme ; l’on ne peut contempler sans émotion ce petit coin de terre dont les habitants, alors au nombre d’un million seulement, surent se dégager de l’étreinte d’un empire qui comprenait le tiers du monde connu. Après avoir fondé leur indépendance, ils osèrent tenir tête aux plus grands Etats de l’Europe, envoyer leurs vaisseaux sur toutes les mers, gouverner dans les continents lointains un monde de colonies éparses, en comparaison desquelles leur propre patrie n’était qu’un territoire presque imperceptible.
- La Hollande peut revendiquer une gloire plus haute encore : elle fut pendant longtemps le refuge de la pensée libre, et c’est là que les écrivains affranchis de la routine venaient faire imprimer les œuvres qu’ailleurs eût brûlées la main du bourreau!
- De nos jours, la Hollande, qui ne se distingue plus des pays voisins par le privilège d’institutions plus libres, a du moins le mérite d’offrir une singulière originalité, aussi bien dans les coutumes de ses habitants et l’aspect de ses villes que dans ses travaux de défense contre les fleuves et l’Océan. Les Hollandais ne s’empressent pas, comme tant d’autres nations, de se conformer aux lois de la mode; ils sont restés ce qu’ils étaient, gardant les anciennes mœurs et même, en certaines provinces, les costumes d’autrefois.
- Aucun pays de l’Europe n’est plus curieux à étudier que la Hollande, précisément à cause du contraste qu’y présentent ces dehors antiques avec le mouvement des idées modernes.
- .....Considérés, non dans l’infinie variété des individus,
- mais dans cet ensemble que l’on appelle un peuple, les Hollandais doivent être respectés entre tous. Chaque nation a dû conquérir péniblement son existence, à la lois sur la nature et sur ses voisins; mais nulle n’a eu, comme la nation néerlandaise, à faire la terre même qui la portait. Pour accomplir une pareille œuvre, il fallait une volonté puissante
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- et (le tous les instants; l’audace première devait être soutenue par une invincible persévérance.
- Forts à l’entreprise, plus solides encore à la résistance, les Hollandais sont peut-être de tous les Européens ceux qui ont le plus de simplicité naturelle, car ce sont eux aussi qui ont le plus agi. Ne se hâtant point de promettre, ils tiennent leur parole, au delà même de ce qu’elle faisait espérer; ils ne se lancent dans aucune entreprise à la légère ; mais quand leur résolution est prise ils ne s’arrêtent point qu’ils n’aient vaincu le sort; ils réfléchissent longtemps, mais, après s’être décidés, ils se mettent à l’œuvre et sans arrière-pensée.
- Ils sont d’un rare bon sens : ce n’est point par des fantaisies qu’ils auraient pu tenir tête à l’Océan. Leur défaut le plus commun est celui de la routine : lents et méthodiques, accoutumés à un travail persévérant, il leur est difficile de se renouveler, de changer leurs idées, de porter la main sur une coutume antique. Ils ne sont point tristes, comme ils le paraissent souvent : ils sont silencieux et graves ; ils parlent moins que le Belge, rient moins souvent que lui. Mais quel est le plus heureux des deux peuples? Sans aucun doute celui qui le semble le moins. Pourtant quand les Hollandais s’amusent, c’est de tout cœur; ils s’abandonnent entièrement à la joie et au bruit. Au milieu des fêtes populaires, on se rappelle volontiers les tableaux des Van Ostade, des Teniers, des Brouwer, des Steen,etde tant d’autres maîtres hollandais.
- La vertu néerlandaise dont les élrangers sont d’ordinaire le plus frappés est l’exquise propreté des habitants. Les plus pauvres demeures sont tenues en Hollande avec un soin que l’on chercherait vainement dans les somptueux palais du midi de l’Europe; nettoyer, laver, récurer, telle est chaque jour et pendant des heures entières la principale occupation des Hollandaises, d’un bout à l’autre du pays. Sans doute, sous ce climat humide, il est indispensable d’entretenir une extrême propreté dans les maisons et d’en éloigner tout ce qui pourrait accroître l’insalubrité naturelle de la contrée ; mais on a pu dire avec raison que les Hollandais ont
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- exagéré leur vertu nationale jusqu’à en faire un vice. Dans la province de Noord-Holland surtout, l’amour de la propreté peut devenir de la manie; frottées, époussetées comme des écrins précieux, certaines demeures seraient inhabitables pour tous autres que les indigènes, et les chambres d’apparat ne sont abordées par eux qu’avec une sorte de solennité. Les étables sont tenues comme des salons, et les vaches n’ont plus même la libre disposition de leur queue, suspendue au plafond, de peur que les animaux mal appris ne salissent leur robe lustrée. Certains^villages sont disposés en entier avec une régularité si minutieuse qu’on se demande s’ils ne sont pas un joujou prodigieux fait pour l’admiration des sots. L’art véritable est absent de ces demeures, où tout est arrangé suivant une scrupuleuse routine ; la nature même doit s’y conformer au goût méthodique du propriétaire, et dans beaucoup de jardins les arbres sont non seulement taillés,-mais encore peints de diverses couleurs (1). En général, les Hollandais, quoique ayant eu la gloire de voir naître chez eux l’une des grandes écoles do peinture, ne se distinguent point par le sentiment de l’art. Leurs villes sont originales; on aime à voir les bateaux cheminant dans les rues, les ponts qui s’élèvent et s’abaissent au-dessus des canaux, les arbres penchés sur l’eau ; les maisons, dont les façades de briques rouges se montrent à travers la verdure, sont d’un aspect curieux, mais elles sont loin d’être belles, et leurs ornements en font précisément la laideur.
- En maintes parties de la Néerlande, l'originalité nationale se manifeste encore par le maintien des anciens costumes. Aux portes même de la Haye, on est étonné de voir les marins et les pêcheurs, grands et petits, uniformément vêtus de longues houppelandes de drap bleu, chaussés do lourds sabots d’une blancheur parfaite. En Zélande, les paysans les plus élégants dans leur mise ont gardé la culotte courte se rattachant à la ceinture par des boucles d’argent; leur
- (1) Pictet de Sergy. Lettres sur la Hollande.
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- gilet rouge, brodé de fleurs de couleurs différentes suivant les religions, est fermé par vingt gros boutons de filigrane ; la veste de velours noir contraste par sa simplicité avec le reste du costume (1). Ce sont les femmes, gardiennes des mœurs qui, dans la plupart des provinces hollandaises, ont le mieux conservé les habits et les ornements d’autrefois. Récemment encore, les femmes du bourg de Hindeloopen, sur la rive orientale du Zuiderzée, se distinguaient par des vêtements d’une grande richesse et d’une variété singulière, suivant l’âge et l’état social de celles qui les portaient, et l’on croit que ces modes locales étaient l’héritage d’une longue série d’ancêtres. Dans toutes les provinces de la Néerlande se voient ça et là des traces de costumes imposés jadis par la tradition. C’est ainsi que dans les villes la plupart des servantes sont vêtues de robes d’indiennes à fleurs ou à raies violettes.
- C’est à leur mode traditionnelle de coiffure que les Frisonnes et les Hollandaises proprement dites tiennent le plus, Dans les campagnes, un grand nombre de paysannes portent non seulement de riches pendants d’oreilles, mais encore des plaques d’or sur les tempes, ou même des bijoux qui recouvrent le front, des épingles qui s’élèvent menaçantes de chaque côté de la tête, des spirales qui encadrent les joues ; sous la fine dentelle de la coiffe on voit reluire comme un casque d’or. Quelques-unes de ces coiffures sont d’aspect fort bizarre, d’autres sont charmantes et rehaussent la beauté. Les femmes de la Frise, fibres et graves, ont fort bon air sous ce diadème d’or, Il y a longtemps sans doute que les paysannes auraient cessé de porter ces lourdes coiffures si elles n’avaient à leurs yeux l’avantage d’être chères : « y renoncer pourrait sembler plutôt un aveu de pauvreté « qu’une preuve de goût (2); » l’aspect du casque et de ses ornements annonce de loin aux prétendants et aux rivales
- (t) Charles de Coster et Adol. Dillens. Tour du Monde, XXVIII, 1874. (2) Théophile Gauthier, Loin de Paris.
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- combien de « tonnes d’or » possède la jeune héritière qui se montre dans ses atours. Toutefois les filles pauvres peuvent trop facilement imiter les paysannes riches en s’ornant de bijoux faux, pour que la mode locale, cause de calvities précoces, ne perde pas graduellement de son empire au profit de la mode générale, qui permet de laisser croître la chevelure et même d’en exagérer l’ampleur.
- Par divers usages, de même que par le maintien partiel des anciens costumes, le peuple hollandais témoigne de son esprit tenace. Il reste lui-même dans ce mouvement du commerce et de la science qui abaisse les bornes des États. On a constaté que, depuis 1866, le contraste est devenu plus grand de chaque côté de la frontière qui sépare la Hollande et l’Allemagne. Avant cette époque, Ilanovriens et Néerlandais, ayant les habitudes analogues, parlant à peu près la même langue, vivaient côte à côte en bons amis, mais tout à coup les employés allemands sont venus de l’est, près de la frontière hollandaise, se servant d’un autre dialecte, imposant un autre régime : les différences nationales se sont révélées soudain, plus nettes qu’elles ne se montraient autrefois (1). Ce recul défiant des Hollandais n’est point un phénomène nouveau ; souvent, pendant les trois derniers siècles, ils ont dû, pour ainsi dire, se concentrer en eux-mêmes, car le danger les menaçait de toutes parts. Leur individualité nationale s’en est affermie, mais tout n’a pas été gain dans ce long effort. Obligée longtemps de se tenir à l’écart du reste de l’Europe afin de maintenir plus sûrement son indépendance, la Hollande a fini par contracter les défauts que donnent toujours l’isolement. Elle a cessé de vivre de la vie du monde, a perdu la souplesse et l’esprit et s’est attardée dans les idées et les usages du passé. Après avoir été la première parmi les nations, elle s’est laissé distancer à beaucoup d’égards par ses voisines. Quoi qu’en dise le proverbe, la Hollande moderne n’a pas eu assez d’histoire;
- (1) Henri llavard, la Hollande pittoresque, — les- Frontières menacées.
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- elle s’est trop renfermée dans son étroit domaine, qu’elle a su, du reste, admirablement aménager. (Elisée Reclus, Nouvelle Géographie universelle.)
- AMSTERDAM
- Cette ville est trois fois plus peuplée que la capitale effective La Haye, où est situé le siège du gouvernement. Tant que le Zuyderzée fut d’une navigation facile, la position occupée actuellement par la grande ville était des plus heureuses pour le commerce, car cet angle de mer intérieure touche à la région la plus fertile et la plus populeuse de la basse Hollande, et c’est là que vient aboutir la ligne la plus courte tirée des bouches delà Meuse et du Rhin vers le bassin du Zuyderzée ; là, d’ailleurs, les navires qui, sur toute la côte maritime de la Hollande, trouveraient une plage inhospitalière, étaient reçus dans un port naturel, parfaitement à l’abri des vagues et du vent.
- Mais, avant que cette position put être utilisée pour le commerce, il fallait que les vastes marécages dans lesquels se perdait la coulée de l’Amstel, à son confluent avec l’estuaire de l’U, fussent au moins partiellement endigués et qu’une terre solide pût recevoir les premières maisons. C’est au commencement du treizième siècle seulement qu’un château se dressa au milieu des cabanes de pêcheurs sur YAmstel-dam ou « levée de l’Amstel ».
- La forme de l’îlot primitif a décidé de celle que la ville grandissante devait prendre dans les siècles suivants. Cette forme est des plus étranges, quoique d’une régularité singulière. Autour du noyau presque ovale de l’ancienne ville, quatre canaux parallèles ou Grachten se développent en un vaste pourtour, non par courbes, mais par lignes brisées, et sont entourés eux-mêmes par le large canal extérieur ou Buiten Singel, long de plus de 5 kilomètres et presque semi-circulaire ; il baignait autrefois les fortifications, remplacées
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- main ton an t en partie par des pelouses et des arbres. Les canaux concentriques sont coupés à tous leurs angles de fosses transversales rayonnant vers l’extérieur en forme de branches d’éventail, de sorte que la ville se trouve divisée en 90 îlots réunis les uns aux autres par 300 ponts, dont quelques-uns sont mobiles et relèvent leurs tabliers sur d’énormes potences pour laisser passer les bateaux; chaque rue est en même temps un port, chaque maison un entrepôt. L’Amstel qui, par ses deux grands méandres, trouble un peu la régularité géométrique de la ville, s’étale en bassins où mouillent les navires d’un faible tirant d’eau, tandis que les gros bâtiments et les bateaux à vapeur maritimes emplissent les ports extérieurs, découpés dans le détroit de l’LÎ par de hautes levées couvertes de maisons. Au large de la ville, une rangée d’îlots de forme régulière, figurant assez bien la corde dont le canal extérieur d’Amsterdam est l’arc, porte les gares et les entrepôts du chemin de fer. Tous ces îlots sont de création nouvelle; on les a fait surgir en comblant une partie du détroit avec le sable des dunes du littoral.
- bailleurs, tout le sol sur lequel pèse la ville d’Amsterdam a été affermi par le travail de l’homme. Le fond vaseux* composé en grande partie d’animalcules, notamment de poly-thalames, fuirait sous le poids dont il est chargé si là plupart des maisons d’Amsterdam n’étaient bâties sur pilotis, «en sorte que la ville retournée présenterait l’étonnant spectacle d’une forêt dépouillée de branches et de feuilles. » (1). En pensant à Amsterdam, Erasme disait connaître une ville dont les habitants vivaient comme des corbeaux perchés sur la cime des arbres. A lui seul, le palais royal repose sur 13,659 pilotis. Plus d’une fois déjà des constructions trop lourdes se sont englouties dans la vase. Amsterdam est une ville originale qui n’a point eu de modèle. On l’a comparée à Venise, comme si Venise pouvait se comprendre sans la transparence de l’atmosphère, le doux rayonnement du ciel, la splendeur
- (i) Alphonse lisquiros. La Néerlande et lu Vie hollandaise.
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- des palais de marbre. Sous son climat changeant, de brouillards, de pluies et d’éclaircies soudaines, Amsterdam ne ressemble qu’à elle-même. Elle est belle pourtant, malgré la régularité géométrique de ses canaux, quand les rayons du ciel brillent à travers les branches des arbres plantés le long des quais, et que l’on voit les mille cordages des agrès rayer le fond lumineux du ciel. Du haut de la tour qui domine le palais royal, au centre de la ville, on voit Amsterdam tout entière, avec ses canaux, ses bassins, le détroit de l’IJ, encombré de navires, les campagnes verdoyantes qui bordent le Zuyderzée et qui remplacent l’ancienne mer de Harlem. A ses pieds on a la place du Dam, où viennent converger les principales rues de la cité. Le « Dam » est la levée primitive, la digue par excellence qui a servi de point d’appui à tous les travaux entrepris depuis sept siècles pour l’agrandissement d’Amsterdam.
- Ainsi qu’on a le droit de s’y attendre, c’est dans la capitale de la Hollande, qui d’ailleurs est la patrie d’Adrian et de Wilhem Vanden Yelde, de Karel du Jardin, des deux Van der Neer, de Weenix, de Van lluysum, que l’école nationale de peinture montre toute sa gloire. Le palais royal contient quelques toiles ; l’hôtel de ville possède des tableaux précieux de Franz Hais et de Van der Helst, représentant des repas et des fêtes de corporations bourgeoises ; mais les principaux trésors se trouvent dans le Trippenhuis, édifice sombre et peu commode, qui doit être prochainement remplacé par un nouveau musée, destiné à recevoir toutes les œuvres d’art appartenant à la ville (1). Dans le Trippenhuis, deux toiles célèbres se font face : celle de Rembrandt, à laquelle on a donné à tort le nom de Monde de Nuit, et le
- (1) Depuis que M. Elisée Ueelus a écrit ces pages, le nouveau Musée aucpiel il fait allusion a été construit, il se nomme Nicuiuc Ilijks Muséum. Il se trouve placé en avant des terrains où avait été construit le palais de l’Exposition. On avait placé dans ses galeries les produits formant l’Exposition rétrospective ; ce n’était certes pas la partie la moins intéressante de l’Exposition néerlandaise. (Note des rapporteurs généraux.)
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- Banquet des Arquebusiers, de Van der llelst. Le tableau des Syndics des Drapiers, l’un des derniers et des plus vivants qu’ait peints Rembrandt, se voit aussi dans ce musée ; tous les maîtres hollandais y ont une ou plusieurs de leurs peintures, et de nombreux portraits contemporains de personnages célèbres rendent l’étude de cette galerie indispensable pour l’historien de la Hollande. Le musée Van der Hoop est aussi une collection précieuse des tableaux des vieux maîtres néerlandais, tandis que dans le musée Fodor les toiles les plus remarquables sont de peintres modernes. Que d’œuvres précieuses se trouvent aussi dans les collections particulières ! Il en est une dont les possesseurs montrent encore les portraits de leurs ancêtres que Rembrandt peignit de son pinceau le plus lumineux et le plus vrai.
- Cité des arts, Amsterdam est aussi le centre principal de la vie scientifique en Hollande. Elle est le siège de l’une des quatre universités du pays (1), d’une académie des beaux-arts, de l’académie des sciences de la Néerlande et de nombreuses Compagnies savantes, telles que Félix meritis et la Société des archéologues. Une Société de géographie, récemment fondée, y rend à la science des services inappréciables, car elle seule peut mettre en œuvre les documents de toute espèce, hollandais, malais, javanais, relatifs à l’archipel de la Sonde. Le jardin botanique et le jardin zoologique sont d’une grande richesse et se complètent par d’importantes collections où la flore et la faune de l’extrême Orient sont mieux représentées que dans la plupart des musées du même genre, Quelques jardins publics, entre autres celui que domine la coupole vitrée du palais de l’Industrie, et le Vondelspark, consacré à la mémoire du poète VandenVondeJ, interrompent Je labyrinthe des maisons; mais ces espaces verdoyants sont trop rares et trop peu étendus pour une ville aussi peuplée, où les causes d’insalubrité sont si nombreuses. Amsterdam
- fl) Professeurs et lecteurs eu 1877 : 45; étudiants 400, et 235 étudiants à l’Kcolc de médecine militaire.
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- est loin d’être une ville saine (1) ; les canaux qui la traversent dans tous les sens ont en moyenne plus d’un mètre de vase qu’il faut enlever au moyen de bateaux dragueurs et que l’on vend comme engrais aux jardiniers et aux agriculteurs des environs. L’eau de ces canaux resterait presque stagnante et se changerait bientôt en boue infecte, si les écluses de marée ménagées au-dessous de la Bourse et en d’autres endroits n’introduisaient simultanément l’eau del’IJ et del’Amstel dans le réseau hydraulique de la ville. Jusqu’en 1853, les habitants d’Amsterdam manquaient d’eau pure pour les usages domestiques et devaient se contenter de l’eau des citernes; ils reçoivent maintenant, par une conduite souterraine d’environ 30 kilomètres de longueur, l’eau de pluie qui tombe sur le sable des dunes et s’y purifie. Malgré toutes ces améliorations et les progrès de l’hygiène publique et privée, malgré l’exquise propreté de la plupart des habitants, Amsterdam serait une ville condamnée à un dépeuplement rapide sous un soleil plus ardent. Les fièvres intermittentes causent soixante fois plus de décès dans la capitale de la Hollande que dans celle des îles britanniques (2). Toutes les épidémies de choléra qui ont parcouru l’Europe ont fait beaucoup de ravages à Amsterdam (3).
- Malgré le désavantage de l’insalubrité, la capitale de la Hollande ne cesse de croître en population, grâce à la force d’attraction qu’elle exerce comme centre de commerce et d’industrie. Dès le quatorzième siècle, elle était fort importante et devenait l’une des villes les plus fréquentées par les marins de la Hanse; déjà vers cette époque elle servait de refuge à des marchands émigrés des Flandres et du Brabant. La Révolution en fit une cité libre et l’héritière d’Anvers ; devenue l’asile de tous les persécutés, juifs, protestants ou
- (1) Mortalité à Amsterdam : 33 à 34 habitants sur 1,000.
- (2) H.-C. Lombard, Traité de climatologie médicale.
- (3) Excepté la dernière ; aucun cas de choléra, croyons-nous, n’ayant été signalé à Amsterdam. (Note des Rapporteurs généraux, septembre 1884.)
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- libre-penseurs, elle s’éleva pendant le dix-septième siècle au premier rang' parmi toutes les cités commerçantes de l’Eilrope. Elle est bien éloignée d’avoir aujourd’hui la même importance relative, mais c’est une preuve du merveilleux esprit de persévérance des Hollandais qu’ils aient réussi à maintenir dans leur capitale une telle activité des échanges par mer, car l’emploi de plus en plus général des bâtiments d’un fort tirant d’eau pour la navigation transocéanique semblait d’avance interdire toute concurrence aux armateurs d’Amsterdam; non seulement le Zuyderzée n’est pas assez profond pour que les navires calant plus de 4 mètres puissent s’y aventurer sans danger, mais, en outre, une barre périlleuse, le banc duPampus, s’était formée à rentrée de l’IJ, et les bâtiments qui avaient à gagner le port d’Amsterdam ne pouvaient franchir l’obstacle qu’en se faisant soutenir à droite et à gauche par des allèges ou « chameaux ».
- On sait que pour garder son commerce maritime, la ville fut obligée de faire creuser un canal de 84 kilomètres de longueur à travers la péninsule de Noord-Hollande, puis de remplacer ce canal, qui était considéré, il y a cinquante ans, comme une des merveilles de l’industrie française, par celui d’IJmuiden. Mais cela ne suffit point encore. Si Amsterdam, privée désormais de tout monopole commercial, ne veut pas céder son rang à ses rivales mieux placées, si elle ne veut pas se laisser distancer définitivement par Rotterdam, et peut-être plus tard par Flessingue, il faut qu’elle soit toujours en libre communication par eau avec la vallée du Rhin, et qu’un large et profond canal, allant rejoindre le Rhin près de l'origine de son delta, remplace le cours incertain de l’IJssel et les fosses navigables peu profondes, et pourtant très utilisées, qui existent aujourd’hui. La « Venise du Nord » continuera certainement de lutter avec persévérance pour échapper au sort qui a déjà frappé l’ancienne « reine de l’Adriatique ».
- Déjà, depuis l’ouverture du canal d’IJmuiden, le commerce d’Amsterdam s’est légèrement accru, soit à cause des plus
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- grandes facilités d’accès, soit par l’effet des travaux considérables entrepris dans la ville. C’est du port d’IJmuiden qu’est parti récemment (1) le navire Willem Barents qui doit aller continuer rlans les mers boréales les explorations si glorieusement commencées par les Hollandais du dix-septième siècle.
- L’industrie d’Amsterdam, qui se rapporte principalement à la mer, comprend la construction des navires (2), bien amoindrie pendant ces dernières années, et la fabrication des machines hydrauliques de toute, espèce ; mais il est peu de travaux industriels dont elle n’ait sa part. De grandes usines raffinent le sucre; le café importé des colonies, et des brasseries importantes, des distilleries nombreuses préparent les liqueurs fortes. Dans les faubourgs et les villages extérieurs, notamment dans l’ancienne colonie agricole de Nieuwer-Amstel, reconquise sur les eaux, l’industrie est aussi très active. Récemment, Amsterdam était la seule ville du monde où se fit la taille des diamants, importée de Gand au quinzième siècle; elle a maintenant Paris pour rivale (3), niais les ouvriers juifs d’Amsterdam, d’origine portugaise, sont restés les maîtres dans cet art (4), d’ailleurs sans nul mystère et demandant seulement une extrême dextérité de mains. Les juifs d’Amsterdam, qui forment à peu près la neuvième partie de la population urbaine (fi), sont aussi les intermédiaires les plus actifs de ce commerce d’argent qui a pris une si grande importance dans la « ville des millionnaires » et qui a fait de sa Bourse un des principaux régulateurs du marché financier. Quoique bien différents les uns
- (1) 1879.
- (2) Flotte commerciale d’Amsterdam en 1876 : 182 navires à voiles; 46 vapeurs; ensemble 228 navires, jaugeant 156,210 tonnes.
- (3) Ainsi qu’on le verra par la suite, la taille des diamants se fait également dans le Jura français. (Note des Rapporteurs généraux.)
- (4) Cela tient à des conditions que le rapporteur de cette corporation a expliquées dans son Rapport.
- (5) Population d’Amsterdam en 1870 : Protestants, 176,089. Catholiques, 57,705. Juifs allemands, 26,743. Juifs portugais, 3,209.
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- des autres à certains égards, juifs portugais et juifs allemands prennent également part à ce remuement d’affaires. Les premiers, beaucoup moins nombreux, ont vu nailre parmi eux Baruch Spinoza, que nul homme peut-être ne dépassa par l’ampleur de la pensée, la hauteur du caractère et la dignité de la vie. La Haye lui a élevé une statue.
- Zaandam, la ville la plus rapprochée de la capitale et sa dépendance industrielle, s’est fondée à 8 kilomètres au nord-ouest, au delà de terrains maintenant affermis où passe le canal d’IJmuiden : c’est le chef-lieu de toute la région populeuse dite le Zaanstreek.
- Zaandam est une des villes les plus originales de l’Europe, grâce à sa position sur les anciennes digues, au bord de la Zaan. Elle se compose principalement de deux rues de plusieurs kilomètres de longueur, ombragées de tilleuls et d’ormeaux, bordées de petites maisons en bois et de moulins à vent ; on compte encore dans le district près de deux cents de ces moulins, beaucoup moins qu’à l’époque de la période commerciale du Zaanstreek, quand il était l’entrepôt des céréales et des graines oléagineuses pour une partie de l’Europe occidentale. Les meules de Zaandam font en partie le travail industriel nécessité par le voisinage d’Amsterdam. Quelques-uns de ces moulins ont des proportions monumentales, ils s'emploient à des services de toute espèce : les uns écrasent le grain, d’autres scient le bois, pompent l’eau et dessèchent le sol, fabriquent du papier, battent le chanvre, broient des couleurs, préparent le ciment, battent des étoffes, expriment l’huile de colza. Les digues ne leur offrant pas assez de place, ils ont envahi les champs, et de toutes parts on aperçoit leurs bizarres échafaudages. Des ponts élevés rejoignent les deux rives; des jardins ornés de kiosques occupent les berges ; à travers les agrès des embarcations et le feuillage des massifs d’arbres, on voit briller les façades vertes, roses ou bariolées des maisonnettes. C’est du côté du canal que la ville apparaît vivante; l’étroite rue que forme le sommet de la digue est relativement solitaire et déserte ; jadis la grande
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- porte qui donnait sur la rue ne s’ouvrait que pour les cérémonies nuptiales ou funèbres : de là son nom de « porte morte », synonyme de porte où l’on n’entre point. La propreté des demeures n’est pas moindre à Zaandam que dans le fameux village de Broek, situé au milieu des polders, au nord-est d’Amsterdam, et peuplé en partie de négociants retirés des affaires. Les curieux visitent à Zaandam une cabane déjetée où, d’après la tradition, le tsar Pierre Ier aurait passé huit jours en 1697, pour apprendre le métier de la charpente navale. Cette industrie est désormais perdue. Zaandam ne possédait plus en 1875 qu’un brick et deux trois-mâts barques. (Elisée Reclus, Nouvelle Géographie universelle — Hachette et C% éditeurs, Paris.)
- TABLEAU
- INDIQUANT L’IMPORTANCE RELATIVE DES PROVINCES NÉERLANDAISES EN SUPERFICIE ET EN POPULATION
- PROVINCES Superficie POPULATION CAPITALES NOMBRE de COMMUNES
- kil. carrés habitants.
- Groningue (Groningen). 2.293 238.662 Groninguen 57
- Frise (Friesland). .. . 3.275 313.804 Leeuwarden 43
- Drenthe (Drente).... 2.663 112.321 Assen 33
- Overijssel 3.334 265.144 Zwollft 192
- Gueldre (Gelderland). 5.086 448.820 Arnhera 116
- Utrecht 1.384 184.084 TTtrpiP.lït: .... 72
- Nord-Holland 2.716 628.345 TTanrlpm 134
- Zuid-IIolland 3.018 748.162 s’ Gravenhage (La Haye) 61
- Zélande (Zeeland) . . . 1.765 185.628 Middelbnrg 152
- Noord-JBrabant 5.128 451.095 ç* TTprtno’pnhocîf'.li 185
- Limburg 2 204 232.562 lVTflPStrmlif' 125
- 32.866 3.808.627 Amsterdam 1.170
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- II
- L’ouvrier néerlandais.— Son caractère. — Salaires. — Heures de travail. — Budgets ouvriers.'— Alimentation. — Logements. — Législation industrielle. — Associations. — Bon esprit de l’ouvrier néerlandais. — Ses bons rapports ordinaires avec son patron.
- De tous les pays d’Europe, celui qui fait le moins parler de lui, mais en réalité le plus tranquille, et peut-être le plus prospère, c’est le petit royaume de Hollande. Si la Prusse n’était pas sa voisine, le peuple néerlandais pourrait être appelé le peuple heureux par excellence. Nulle part l’artisan et l’ouvrier n’entendent mieux leurs intérêts et ne vivent en meilleure harmonie avec leurs patrons ; nulle part ils n’abusent moins des libertés que la loi leur assure.
- Cette sécurité, cet esprit de concorde et d’union se manifestent au dehors par des signes manifestes, qui de tout temps ont frappé les observateurs attentifs. Dès 1868, M. Nicholls, envoyé en Hollande par le gouvernement anglais pour y étudier la situation des classes industrielles, affirmait dans son rapport du Foreing-Officç que les ouvriers hollandais jouissaient de plus de bien-être individuel que n’en avaient probablement alors leurs pareils dans n’importe quel autre pays de l’Europe. « Rien, n’écrivait-il, rien ne dépasse la décence, la propreté personnelle et la prospérité apparente du peuple hollandais. Je n’ai vu ni une maison ni une clôture qui ne fût en bon état, ni un jardin qui ne fût cultivé avec soin. » M. Nicholls ne s’en tenait pas là; et tout en ne paraissant songer à continuer sa description, il donnait, peut-être sans s’en douter, le secret de ce bonheur si rare. « Le peuple hollandais, poursuivait-il, semble fermement attaché à son gouvernement et peu de pays possèdent une population qui remplissent avec plus d’exactitude ses de-
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- voirs domestiques et sociaux. Üne scrupuleuse économie, une grande prévoyance semblent être les vertus caractéristiques de toutes les classes. »
- ARNHEIM f
- NATURE DES INDUSTRIES r NOMBRE d’iieüres DE TRAVAIL par jour. MODE DE PAYEMENT TAUXmES SALAIRES
- Carrosseries 12 parjour.. . 1.60 à 4.20
- Fonderies de fer 10 à 12 à l’heure. . 0.16 à 0.56
- Manutentions 12 par semaine 15'', 16f, 20f et 24'' 1.80, 2', 2.40 à 2.60
- Usines à gaz 12 par jour.. .
- Fonderies de zinc 11 à l’heure. . 0.18 à 0.40
- Brasseries 11 à 14 par semaine 12f, uq igf et 20''.
- Fabriques de charpentes.. . . . 10 à l’heure. . 0.20 à 0.24
- — de passementerie. . 11 par semaine Contremaître, 35*'
- — de porcelaines 11 à l’heure. . Ouvrier, 14f à 16'' Enfant, 4'. à 5f 0.14 à 0.20
- Imprimeries 11 par semaine 8.00 à 40.00
- Scieries à vapeur 12 à l’heure. . 0.14 à 0.36
- A quarante ans de distance, ce tableau, ces appréciations sont encore exactes aujourd’hui. En effet, si comme autrefois les classes ouvrières des Pays-Bas sont dans une situation heureuse et prospère, on ne saurait guère douter qu’elles ne le doivent à leur activité patiente, à leurs habitudes de prévoyance, à leur bonne humeur naturelle.
- C’est un témoignage que les agents anglais en Hollande, et en particulier M. Lecocq, secrétaire de la légation d’Angleterre à La Haye n’hésitent pas à leur rendre : « Vivant, dit celui-ci, dans un pays qui tient son existence même de l’industrie et du labeur de l’homme, les ouvriers hollandais doivent peu à la nature, beaucoup à eux-mêmes. Ce qu’ils ont acquis avec peine, ils le conservent avec soin. L’ouvrier hollandais, soit urbain, soit rural, réfléchit à la valeur de son salaire : l’énergie qu’un homme d’un sang plus chaud
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- et d’en tempérament pins vif dépenserait en agitations poli-titiques, il l’emploie toute entière à l’amélioration de sa situa-
- deventer
- NATURE DES INDUSTRIES NOMBRE d’heures DE TRAVAIL par jour.
- Ouvriers en savons h
- Boulangers . variable.
- Tapissiers 11
- Imprimeurs 10
- Brossiers 11
- Orfèvres , L2
- Argentiers 11
- Meuniers 10
- Tailleurs 11
- Ouvriers en cuivre et en étain. 11
- Tonneliers 12
- Fondeurs en caractères 12
- Plombiers 10
- Vanniers 11
- Maçons-briquetiers 10
- Aides-macons 10
- Constructeurs de navires 12
- Cordonniers. 10
- Menuisiers 10
- Serruriers 12
- Tailleurs de pierres 10
- Chaisiers 10
- Plâtriers 12
- Ouvriers en tapis 11
- Filateurs de laines 10
- — à la main 12
- Charpentiers 10
- Etameurs 10
- Cordiers 11
- Peintres et vitriers 10
- Carrossiers 10
- Fondeurs en fer, mordeurs. . . 10
- — — forgerons... 10
- — — modeleurs . . 10
- MODE DE PAYEMENT TAUX DES % SALAIRES
- par semaine 10f 20e
- — 10 »
- — 10 80
- — 10 80
- — 8 40
- — 12 »
- — 12 ))
- — 10 y>
- — 10 y>
- — 10 20
- — 10 ))
- — 12 ))
- — 10 80
- — 10 »
- — 11 50
- — 8 40
- — 12 ))
- — 10 y>
- — 10 »
- — 10 ))
- — 13 20
- — 8 40
- — 13 20
- — 13 20
- — 10 20
- — 4 80
- — 10 80
- — 10 ))
- — 10 ))
- — 10 »
- — 10 80
- . — 13 20
- — 13 20
- — 12 ))
- tion matérielle. La question du moment, les nouvelles du jour ont pour lui peu d’intérêt; il préfère sa Bible au journal, son foyer de famille au cabaret, au cabinet de lecture
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- ou aux réunions politiques. Jaloux au dernier point de la liberté qu'il possède, il n’en souhaite pas plus, et aime mieux jouir en paix des franchises qui lui sont dès à présent assurées que de s’agiter pour en obtenir d’autres, dont ses pères ont pu se passer. Dépensant moins pour lui-même, il en a plus de reste pour ses enfants, et ce qu’il économise en bière, il le dépense en pain. «
- no j r id ü i) v m
- NATURE DES INDUSTRIES NOMBRE d’iieüres DE TRAVAIL par jour. MODE DE PAYEMENT TAUX DES SALAIRES PAR SEMAINE
- Boulangers 12 par semaine 18f ,75e à »< »c
- Forgerons 10 à l’heure. . 15 )) à 22 50
- Brasseurs 12 à 15 au mois.. . 37 50 à 38 45
- Maçons - briquetiers 10 à 12 à l’heure. . 20 60 )) »
- Bouchers 10 par semaine 22 90 » ))
- Ebénistes 12 à l’heure. . 22 50 à 30 ))
- Charpentiers 12 à l’heure. . 18 55 à 22 50
- Distillateurs 11 par semaine 12 50 à 20 80
- Ouvriers des docks 10 par jour. . 18 75 à 25 »
- Peintres 10 à l’heure. . 18 75 )) ))
- Plombiers 10 par semaine 16 65 à 18 75
- Imprimeurs 10 par semaine 16 65 à 25 ))
- Gardiens de chemins de fer. . 10 par semaine 18 85 à 28 45
- Ouvriers — —. . 10 par jour.. . 12 50 à 15 ))
- Cordonniers aux pièces. 12 50 à. 18 75
- Maçons 10 à l’heure. . 20 » » ))
- Ouvriers des raffiner, de sucre 10 à 12 par semaine 18 75 à 25 »
- Constructeurs de navires 10 par jour.. . 20 » à 22 50
- Tailleurs à l’heure ou aux pièces.. 25 )) à 29 15
- Tapissiers 10 par jour.. . 18 75 » »
- J^a Hollande n’est pas à proprement parler [une- nation industrielle. Les véritables sources de sa richesse sont l’agriculture, et en particulier l’élevage; le commerce, principalement le commerce maritime, ayant pour auxiliaire une excellente marine marchande ; enfin et surtout, la pêche. L’industrie n’occupe, en comparaison, qu’une situation se-
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- — 58 —
- condaire. Cependant il existe à Amsterdam, à Haarlem, à Breda, d’importantes fabriques de soieries. La fabrication des lainages occupe un grad nombre de bras à Tilburg; celle
- SALAIRES DANS LA* HOLLANDE SEPTENTRIONALE
- LOCALITÉS ET PROFESSIONS
- HELVERSIN
- Filatures à vapeur :
- Tisserands.................
- Füateurs...................
- Garçons de moins de 16 ans.
- Femmes.....................
- Filles de moins de 16 ans . .. Manufactures de tapis :
- Salaire moyen des hommes.. . — des garçons. . . Fabriques de molletons :
- Salaires moyens............
- Fabriques de tapis de crins :
- Tisserands................
- Filateurs....................
- Fabriques de toiles d’emballages
- Hommes...................
- Garçons et fdles.........
- Filatures :
- Salaire à la tâche.
- HKROMMENIE
- Tissage mécanique :
- Tisserands..............
- Tisserands à domicile pour un travail de 4 à 7 jours par semaine.................
- HAARLEM
- Fabriques de rubans, de gaze : Tisserands...............
- SALAIRES PAR SEMAINE HEURES DE TRAVAIL
- fr C. fr. C.
- 16 )) à 20 )>
- 22 » 28 )) 5 journées de 12 h. el
- 3 50 10 )) une journée de 6 h. 1 / 2.
- 10 )) 16 ))
- 3 )) 8 »
- 14 )) )> ï) 8 à 10 h. par jour.
- 50 )) )>
- 25 )) )) ))
- 25 » ï) » 13 h. 1/2 par jour.
- 15 » )) »
- 30 ï) 45 )) 12 à 15 h. par jour.
- 10 )) 15 ))
- 30 c. le 1/2 kilog. 12 1». par jour.
- 15 » )) )) 14 h. par jour.
- 10 )) à 16 )) —
- 8 )) 12 » et à 24 —
- des tissus de lin et de coton est répandue dans tout les pays. Les porcelaines de Delft, les fabriques de spiritueux de Schiedam, les ateliers de juifs d’Amsterdam pour la taille et
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- — 59 —
- SALAIRES DES TISSEURS ET FILATEURS
- DANS LA HOLLANDE MÉRIDIONALE
- NOMBRE
- d’ouvriers SALAIRES MOYENS PAR JOUR
- DISTRICTS <
- W < au-dessus au-dessous
- OU oa W de 16 ans de 16 ans au-dessus de au-dessous de
- O 16 ans 16 ans
- COMMUNES « w ÔH 'B .s £
- ë a » a Sexe Sexe Sexe Sexe
- s * a » masculin féminin masculin féminin
- —
- Tissage. fr. e. fr. c. fr. c. fr. c.
- Alst 19 10 60 16 6 7 1 40 » 80 » 60 » 40
- Aston (laines et
- cotons; 1 10 26 » » 12 2 40 » » » » »> 70
- Bladel 1 10 1 10 » 2 >> )) » » 60 )) »
- Box tel 18 9.10 156 28 64 11 2 10 1 40 » 90 » 70
- Breda (fabriques
- de tapis) ... . 1 11 3 X> 3 )> ? 80 )) )) » 35 )) )>
- Geldrop 15 13 395 95 ‘97 30 2 ». 1 30 1 » >» 80
- Ganerl 8 19 50 )) )) 1 40 » » » )) » »
- Heeze (cordonnets) 2 9 14 » » 13 2 >» » » i » » 70
- Bois-le-Duc (5 fa-
- briques de ru-
- bans, 4 de den-
- telles, une de
- mèche, et une
- do tapis 11 10.11 137 » 43 )) 2 20 » )) » 70 » »
- Helmond 13 10 38:1 115 126 88 3 30 1 30 1 30 .» 80
- Ovisehot 10 7 )) 2 1 1 60 1 60 )) *) » »
- Osterhout i 12 7 3 2 3 1 80 1 » 1 20 »> 70
- Stratum (lai-
- nages.... ... 3 13 105 10 1 4 2 »» 1 50 » 70 ». 60
- Strvp (toiles)... 1 h 90 18 18 12 2 » 1 70 » 80 >» 8'J
- Tilburg 227 10.11 1.600 )) 160 » 2 20 » » 1 30 )> ))
- Tongelie. 1 11 8 » » » 1 60 » )) » » » »
- Udun 2 10 24 10 1 6 1 40 1 20 » 80 1 60
- Veghel 1 10.11 29 9 1 1 2 » » 95 1 >» 1 »
- Waaze 14 10 50 4 12 3 1 35 »» 80 »» 60 »> 40
- Wœnsel........ 2 10 14 » 1 1 70 » » )) » 1 »
- Zœist 9 10 63 11 18 » 1 40 » 80 >» 60 » »
- Leyde 1 11 » » 165A6 60 1 »U50 1 »A135 » 70àl »
- Filatures.
- Breda 1 15 5 4 6 1 25 1 25 » » ». 90
- Borgen 1 12 17 26 5 30 2 70 2 >» 1 »» 1 30
- Eindooven(llls de
- laine) 1 13 22 3 3 1 1 60 1 » »» 80 »» 80
- Geldrop 4 13 44 26 24 13 1 90 1 40 » 80 » 80
- Stratum (fils do
- laino) 2 13 4 „ » 6 5 2 50 1 50 » 70 » 60
- Tilburg 52 10.11 1.252 646 288 177 2 30 1 30 1 10 1 »»
- Wœnsel 1 10 8 )> „ 4 1 70 » )> » » 1 »
- Gonda 31 13.14 » » » 165à5 »» 1 »à2 >» »» 25 ». 50
- Leyde 7 10.12 » » )) » 1 35 en moyenne.
- Nieuwerkork-
- sur-Yssel 3 11 „ » 3 »» —
- Rotterdam (toiles
- h voiles) 1 10 )> » » 3 15 — (ii la lâche.)
- Rotterdam (tissus
- de jute et de
- crin). (Y coin-
- pris los tisse-
- rands h domi-
- cilo 2 10 » 3 35
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-
-
-
- METIERS
- Forgerons...............
- Manutentions ( boulangers, meuniers, maçons de moulins) (a)..
- Brasseurs allemands (b) Brasseurs hollandais (c) Maçons, briquetiers (d).
- Brossiers.............
- Ebénistes.............
- Ouvriers en 1 hommes, chandelles f femmes . Charpentiers de maisons Charpentiers de navires.. Charpentiers de chantiers du gouvernement (e)..
- Carrossiers.............
- Tadleurs et polisseurs de
- diamants............
- Distillateurs (f).....
- Ouvriers des docks (f). Ouvriers des usines à gaz
- Armuriers...........
- Chapeliers..........
- Ouvriers de fabriques d’ouvrages en fer (g) Chargeurs de navires..
- Matelots...............
- Peintres-vitriers......
- Plombiers..............
- Imprimeurs.............
- NOMBRE
- d’heures de travail par jour
- CHEMINS HE FER (h)
- Surveillants.. ......
- Aiguilleurs...........
- Gardiens..............
- Mécaniciens...........
- Ajusteurs de machines. Manou vriers.
- Cigariers (i)...
- Cordonniers.........
- Maçons..............
- Raffineurs de sucre.
- Tailleurs..........
- 10%
- 11
- 12 à 15 11 à 14 12
- 10 à 12 11 12 10 12 10
- 10
- 11
- 12
- 11
- 10
- G à 12 11 % 12
- 11
- 8 à 12 11 10
- 11
- 10
- 15
- 15
- 15
- 15
- 11
- 15
- 10
- 11
- 11
- ........) *
- Tanneurs...............\ \ i v
- Tapissiers...............1 jQ
- MODE
- DE PAYEMENT
- à l’heure. .
- par semaine
- au mois.. . par semaine à l’heure. . à l’heure. . à l’heure. . aux pièces. à l’heure. .
- à la journée
- par semaine à l’heure. . par carats et aux pièces, par semaine à la journée par semaine à la journée aux pièces..
- à la journée
- à l’heure. . à lajournée et à l’heure par semaine aux pièces..
- à la journée
- par semaine à la journée à l’heure. . à la journée
- le mille. . . aux pièces., à l’heure. . par semaine
- à l’heure et aux pièces., par semaine
- à la journée et à l’heure
- TAUX DES SALAIRES par semaine
- fr. c. fr. C.
- 16 45 à 26 25
- 17 70 41 85
- 24 05 72 05
- 18 75 31 25
- 15 » 26 50
- 15 » 25 ))
- 18 75 41 25
- 17 50 25 »
- G 25 12 50
- 18 75 22 50
- 25 )) )) »
- 20 80 )) ))
- 13 75 41 25
- 52 05 175 »
- 12 50 25 »
- 25 » 37 50
- 9 35 37 50
- 18 75 25 »
- 20 80 25 »
- 3 75 25 ))
- 25 » )) »
- 25 )) 31 25
- 21 85 ï) ))
- 12 50 16 65
- 16 65 52 05
- 14 55 20 40
- 16 )) )) »
- 19 75 26 45
- 19 65 36 45
- 28 10 32 05
- 14 55 16 Si
- 18 75 37 50
- 12 50 25 ))
- 25 » )) ))
- 19 75 27 05
- 25 » 29 25
- 12 50 17 95
- 18 75 » »
- OBSERVATIONS
- a) Ces hommes travaillent? jours par semaine. Dans un établissement, ils participent aux béné-iïces dans la proportion d’environ 100 fr. par an, pour les simples ouvriers. b) Les patrons les logent et font cuire leurs aliments.
- c) Le Hollandais ni logé ni nourri. à) Jusqu’il quinze heures de travail en été ; chômage pendant les gelées.
- e) Les ouvriers dos chantiers du gouvernement, ont
- pour la plupart un engagement permanent. Los hommes mariés versent 2 fr. 05 par semaine h la Caissedes veuves
- f) Chômages fréquents.
- Sept jours de travail par semaine.
- g) Do 4 fr. 35 à fr. 90 quand
- ils fonldesheures supplémentaires.
- h) Sept jours do travail par semaine. Les mécaniciens sont employés les deux tiers de la semai no à conduire les machines et tenus en réserve l’autre tiers. Toutes les trois semaines les machines passent à l’inspection, et pendant le temps de cette inspection leurs conducteurs sont pavés comme s’ils faisaient un service actif.
- *) L’ouvrier peut en faire par jour do 5 à 700 ordinaires et do 2 ;'i 500 do qualité supérieure. Il est aillé par un petit garçon qu’il paie de 2 fr. 05 A 0.25 par semaine
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- le polissage des diamants méritent aussi une mention spéciale.
- Quelle est dans ces différentes branches d’industrie la rémunération de l’ouvrier néerlandais? Le salaire normal d’un bon artisan, d’un charpentier, d’un menuisier, d’un plombier ou d’un forgeron, par exemple, peut être évalué dans les plus grandes villes de Hollande à environ 20 francs par semaine ; la femme de l’ouvrier y ajoute peut-être, en blanchissant, de 3 fr. 75 à 5 francs et l’homme lui-même en faisant des heures supplémentaires de travail gagne souvent encore 1 fr. 25 à 2 fr. 50. Une famille laborieuse peut ainsi arriver à un gain total variant de 25 à 28 francs par semaine. Les ouvriers dont le travail demande moins d’adresse sont moins payés, sauf cependant le cas où l’absence d’adresse est compensée par un déploiement exceptionnel de force physique. Ainsi, les chauffeurs des usines à gaz de la Haye reçoivent 21 fr. 85 par semaine ; mais ils travaillent par relais de douze heures sur vingt-quatre, jour et nuit suivant le cas, et sept jours par semaine, avec six heures en plus tous les samedis, pour assurer le roulement hebdomadaire du travail de jour et du travail de nuit.
- Hans les petites villes de l’intérieur du pays, où la vie est à meilleur marché, le prix des terrains et le taux des loyers moins élevés, et le travail d’adresse moins demandé, les salaires sont beaucoup moins forts : un artisan qui pourrait gagner de 18 fr. 75 à 20 francs par semaine dans la capitale doit s’y contenter de 10 ou 13 francs. C’est le salaire que l’on paye généralement aux ouvriers de fabrique.
- Le payement à la tâche est le mode de rémunération le plus usité, même quand l’ouvrier travaille dans l’atelier et sous les yeux du patron. Souvent aussi on paye les ouvriers non à la semaine et à la journée, mais à l’heure. Dans ce cas l’artisan gagne naturellement plus en été qu’en hiver. Le prix de l’heure varie suivant la nature du travail; mais il est rare qu’il dépasse 0 fr. 40, ni qu’il tombe au-dessous de 0 fr. 20.
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- Tout bon ouvrier est tenu de fournir ses outils, à l’exception pourtant de ceux qui sont immeubles par nature, comme les tours, les [presses et les machines de tout genre.
- La durée de la journée de travail est généralement de douze heures, y compris les temps d’arrêt nécessaires pour les deux ou trois repas que fait l’ouvrier hollandais. Ces repas sont : le dîner vers midi, et parfois le thé sur le soir. Une demi-heure est jugée suffisante pour le premier et le dernier ; mais le dîner est une affaire plus sérieuse et occupe, avec le repos et la pipe qui le suivent, une heure ou une heure et demie.
- Le déjeuner se compose de café au lait sucré et d’un sandwich fait d’une grosse tranche d’un porc noir d’une saveur forte mais assez agréable, placée entre deux morceaux de pain bis ou blanc et de beurre. Le dîner commence toujours par des pommes de terre, après lesquelles vient un plat de carottes, de navets, ou d'autres légumes bouillis dans une certaine dose de graisse ; on mange du poisson dans la saison; le tout est suivi d’une tasse de thé. On ne boit pas de bière aux repas, mais de l’eau à discrétion (1); et le cabaret, s’il est à proximité, reçoit certainement une visite avant que l’on retourne au travail. Le repas du soir ressemble à celui du matin. Les ouvriers apportent leur nourriture et la cuisent chez le patron, moyennant une rétribution insignifiante pour le combustible, l’emploi des ustensiles de cuisine, etc. Quand ils ne sont pas trop éloignés, ils retournent chez eux pour dîner ; ils vont aussi dans des cantines spécialement fréquentées par eux et où, pour la modique somme de 20 centimes, ils se procurent leur ration de pommes de terre à la graisse ou d’autres légumes.
- La viande est rarement consommée par les classes ouvrières de Hollande. Elle n’entre, ni dans le régime alimentaire de l’ouvrier ni dans celui des siens; on n’en mange guère
- (1) C’est bien Je moins.
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- qu’au repas du dimanche où toute la famille se trouve réunie, et celle que l’on consomme le plus souvent est la viande de cheval ou le lard. Le fromage, les œufs, la bière, les raisins secs et le sucre sont de même, pour l’ouvrier hollandais, des objets de luxe qu’il ne se permet que le dimanche, et encore avec parcimonie. Le fond de sa nourriture consiste en pommes de terre, riz, pain bis et légumes frais, tels que carottes, navets, oignons et choux as&aisonnés de graisse. Quand il ne peut se procurer à bon marché des légumes frais, il les remplace par des pois secs, des haricots, du riz, de l’orge et de la farine préparée avec du petit lait.
- Voici, au surplus, les prix courants des principales denrées de consommation à La Haye, à Deventer et à Rotterdam, il y a peu d’années.
- UENIIÊES NITÉS LA HAYE DEVANTER ROTTERDAM
- fr. c. fr. C. fr. C. fr. C. fr. C. fr. C.
- Pain blanc le kilogr. )) 36 à )) 44 » )> ù » )) » 42 à » 3)
- — de seigle.. . — )) 33 » )) 3) 19 » 20 p » » »
- Pommes de terre. le muid. 7 » )) » 4 » » )> 3) » )) 3)
- Beurre le kilogr. 3 20 » D 2 20 2 60 4 60 )) ))
- Graisse — 2 40 » » 1 60 3) 2> P )) » »
- Lard — 2 20 )) » 1 80 » » 2 50 3) ))
- Lait le litre. » 14 )) 3> » 32 P 3> 33 )) )) ))
- Petit lait — )) ï) » ï) P 8 » » )) )) » ))
- Rœuf le kilogr. 1 60 î 80 1 50 » 3) 2 » 2 25
- Veau — 2 20 » )) 1 50 )) » » 3) )) 3>
- Porc — » )) » 3) 1 50 » » )) )) 3) 3)
- Mouton — 1 60 » » » 90 1 » » » )) »
- Sucre blanc — 1 60 )) » » )) )) )) 1 75 3) »
- Café — 2 » )) » )) B )) 2* 75 » »
- Thé — 5 )) » )) » )) » )) 4 60 » >>
- Riz — » 60 » )) )) 3) » » )) 36 )) 60
- Sel 30 2) )) » » » 3) 3) 37 P ))
- Savon — 3) 80 » )) » )) )) )) 1 » )) 3)
- Bière légère.... le litre. 33 40 » 3) )) » )) » » » )> 3)
- Il n’est pas douteux, d’après ces tableaux, que la vie ne coûte assez cher en Hollande, et que l’ouvrier, avec les salaires modiques dont le taux a été indiqué plus haut, n’arrive
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- qu’à grand’peine à subsister. Il ne réussit guère que très rarement, en vivant de la façon la plus frugale, à équilibrer ses dépenses avec le produit annuel de son salaire. Une enquête ouverte, il y a quelques années, et conduite avec beaucoup de soin par la Société hollandaise pour l’Encouragement de l’Industrie, n’a laissé subsister à cet égard aucun doute. La commission spéciale qui fut instituée à La Haye par cette Société, pour réunir des renseignements sur les charges et les ressources comparées des ouvriers, se composait de douze membres dont quatre patrons, quatre ouvriers payés à la journée et quatre personnes faisant travailler indirectement. La commission ne porta ses investigations que sur La Haye et les villes voisines, telles que Deventer et Aarnheim ; mais dans ce rayon limité elle poursuivit ses études pendant trois mois avec la plus scrupuleuse minutie : elle prit pour type quatre familles d’artisans d’Aarnheim, qui occupaient dans la classe ouvrière de cette ville des positions très diverses :
- 1° Famille d’un forgeron se composant de lui, de sa femme et d’un enfant;
- 2° Famille d’un maçon, se composant de lui, de sa femme et de deux enfants;
- 3° Famille d’un maçon briquetier, se composant de lui, de sa femme et de quatre enfants ;
- 4° Famille d’un aide-maçon briquetier, se composant de lui, de sa femme et de quatre petits enfants.
- Voir ci-après le relevé des dépenses déclarées nécessaires par semaine pour chacune d’elles.
- Le genre de vie que dénotent les chiifrcs inscrits dans ces tableaux est certainement des plus misérables : la viande ligure à peine dans le régime alimentaire de la famille, et à une seule exception près, les ouvriers du moins en apparence, excluent absolument les spiritueux ou la bière de leur régime. Cependant malgré les étroites limites dans lesquelles sont maintenues les dépenses du ménage, elles dépassent dans tous les cas le salaire nominal du chef de famille. Ce
- <
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-
- fait a été signalé par le comité de La Haye, qui, après avoir examiné et comparé un très grand nombre de budgets ou-
- NATURE DES DÉPENSES lre FAMILLE 2® FAMILLE 3e FAMILLE 4e FAMILLE
- IV. o IV. c, fr. C. fr. C.
- Pain de seigle . . . 2 )) 1 40 2 » 2 80
- — de froment )) 50 )) 80 » 20 3) ))
- Beurre 1 )) 1 60 1 3) 1 12
- Lait » 50 » 56 » 40 )) 42
- Fromage 3) » )) )) )) 10 » ))
- Sucre » » » )) )) 20 33 ))
- Mélasse 33 » 33 )) » 10 P ))
- Café » 60 1 10 )) 80 » 84
- Thé » 50 3> » » 10 )> 3)
- Farine » 50 3) )) » 40 )) »
- Pommes de terre 2 )) 2 50 2 Ù 3 50
- Légumes 1 3) 33 80 » 40 )) ))
- Bœuf )) » ï) » » )) . )) ))
- Mouton » )) » » 3) )) )) ))
- Porc » ï) » )) 1 60 )) »
- Jambon )) )) 1 20 » 60 î) »
- Lard 1 70 y> 90 )) 80 1 40
- Sel » 30 » 30 » 40 )) 56
- Vinaigre, poivre » 20 33 33 )) )) )) ))
- Huile 33 40 J) 80 )) 80 )) 70
- Riz ou Semoule » f) » P » 33 1 96
- Tourbe et bois J) 70 » 33 )) 60 1 10
- Coke ou charbon. P 70 1 50 )) 60 » ))
- Savon )) 40 » 40 3) 40 )) 3)
- Empois )) 20 33 )) » 28 3) »
- Blanchissage et calandrage » 20 )) » )) )) )) ))
- Fil » 50 )) )) )) 30 )) ))
- Eau )) 20 )> )) )) 28 )) ))
- Loyer 0 » 0 40 o )) 2 3)
- Souscription à la caisse de secours
- pour maladies » 50 )) » » » )) ))
- Souscription à la caisse de secours 40
- pour enterrements 33 14 » 42 » 24 )>
- Toilette 2 » O 50 o )) )1 »
- Spiritueux ou bière » )) 33 » » 30 )) ))
- Tabac )> 30 33 30 » 30 » »
- Dépenses de médecin )) H )) 50 » )) » ))
- — imprévues )) p )) 60 » 30 » »
- Ecolage des enfants » » » 50 » )) » ))
- Totaux 19 04 21 08 19 50 17 45 1
- vriers, est arrivé à cette conclusion, que les dépenses de première nécessité d’un ouvrier ordinaire ayant une famille moyenne, représentent 18 francs par semaine, tandis que son
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- salaire moyen ne dépasse pas 13 fr. 20 s’il s’agit d’un ouvrier habile, et 9 fr. 60 s’il s’agit d’un ouvrier médiocre. Il se produit donc un déficit qui est de 4 fr. 80 dans le premier cas, et de 8 fr. 40 dans le second cas, et qui doit être comblé soit par le produit des travaux supplémentaires du chef de la famille, soit par les salaires de la femme'et des enfants.
- L’ouvrier hollandais dépense relativement plus pour sa toilette que pour sa nourriture. Il ne porte pas comme en France et dans quelques autres pays du continent un vêtement spécial à sa classe, il est bien et chaudement vêtu d’un paletot, d’un gilet et d’un pantalon de drap, avec un bonnet de laine, et des vêtements de dessous, en étoffe forte et grossière. Il se sert souvent de sabots ainsi que les femmes; celles-ci ont, dans leur toilette, plus de variété et d’originalité que les hommes, leur costume différant souvent d’une province à l’autre. Elles sont en somme, assez bien habillées.
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- III
- Le Hollandais lient encore plus que l’Anglais à avoir une maison à lui seul, et ce sentiment s’étend jusqu’airpluspauvre artisan. Gela explique l’existence de maisons en miniature que l’on rencontre çà et là dans toutes les vieilles villes, et qui frappent d’étonnement l’étranger. Quelquefois la largeur de toute la maison dépasse à peine celle de la porte d’entrée, et un lit de moyenne taille remplirait certainement l’espace compris d’un mur à l’autre.
- Dans chaque ville on trouve des pâtés ou des files de maisons construites exprès pour les classes ouvrières. Elles sont pour la. plupart bâties sur le môme modèle, leur dimension âe comportant pas une grande variété. Les plus modernes ont été construites par files dans les faubourgs des villes ; les anciennes se rencontrent dans les quartiers les plus popu leux. En suivant une rue on remarque çà et là un étroit passage d’environ un mètre de large qui peut, au premier abord, être pris pour la porte de derrière d’une maison attenante. Mais si l’on entre dans ce passage, on se trouve entre une double rangée de petites et coquettes maisons de briques avec un jardin divisé par des haies ou des palissades peu élevées et une quantité de petites pièces de terre de trois ou quatre pas carrés appartenant chacune à la maison qui lui fait face. Une pompe commune se trouve en général au centre de l’enclos» Le jardinet de chaque maison, bien que très petit, a sa valeur, car il n’est guère de maison de ce genre qui n’en possède un; il sert de séchoir, soit pour les vêlements de la famille, soit pour les ustensiles de cuisine que l’on nettoie sans cesse et qui font l’orgueil de la ménagère hollandaise.
- En entrant dans l’une de ces maisons on se trouve au milieu d’une chambre d'environ cinq mètres carrés, ayant une fenêtre de face ; dans un coin, une cheminée pourvue d’un
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- petit poêle appartenant au locataire et qui suffit au chauffage et à la cuisine. Dans une autre paroi une ou deux armoires servant de huches à beurre, et de paneterie au ménage, tandis qu’une autre excavation plus profonde, renfermant un lit et cachée par un rideau, sert de chambre à coucher aux père et mère de la famille.
- Le sol est généralement parqueté, mais pas toujours ; les murs, de huit à neuf pieds de haut, sont crépis et blanchis, quand le locataire n’y a pas mis de papier. Le mobilier de la pièce est généralement suffisant et bien tenu. Il n’y a ni porte de derrière ni cour. Dans un coin de la chambre, un escalier étroit et raide conduit à la chambre d’en haut, où couchent les plus jeunes membres de la famille. Dans la chambre d’en bas donne un cabinet communiquant avec l’égout. Un air d’ordre et de propreté règne dans toute la demeure et témoigne que le soin et la netteté sont considérés comme les premières des vertus domestiques.
- Pour une maison de ce genre, le loyer est d’environ de 2 fr. 50 à 3 fr. 10 par semaine dans une ville comme La Haye. Dans les petites villes de province, on paye naturellement moins. Ces maisons sont supposées rapporter 10 0/0 à leurs propriétaires, sauf déduction des impôts et des réparations.
- La description qui précède ne s’applique qu’aux meilleures maisons, à celles que l’on trouve dans l’intérieur de la ville, dans ces pâtés ou rangées construits d’après les règlements municipaux, qui exigent qu’un espace libre soit laissé devant chaque maison. Il y a, surtout à Amsterdam et à Rotterdam, de nombreuses habitations de constructions plus anciennes entassées dans les quartiers populeux, et qui sont loin de valoir autant : là on ne trouve ni jardinet, ni cour ; un grand mur de briques s’élève à trois ou quatre pieds des fenêtres ; un égout, à ciel ouvert ou mal fermé, d’où s’échappent des odeurs méphitiques, empiète sur le passage ou le mine; l’œil du visiteur trop attentif surprend des traces de saleté et de désordre.
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- Mais, s’il y a beaucoup de maisons moins bonnes que celles qui ont été décrites plus haut, il y en a aussi d’autres meilleures. Dans les quartiers neufs de beaucoup de grandes villes et dans leur banlieue, on a construit de larges rangées de maisons sur des terrains qui, ayant coûté moins, ont pu être plus libéralement distribués. Ces maisons, bien qu’à peu près de même dimensions que les autres, ont été construites avec plus d’égards pour certains besoins et certaines facilités de la vie : un endroit couvert a été réservé pour la pompe commune et le blanchissage ; le plafond de la chambre du haut est plus élevé, le jardin plus grand; les maisons, au lieu d’être construites dans des cours intérieures forment des rues, ou bien elles sont bâties dos à dos sur des rangs parallèles, avec de jolis jardins séparant les îlots ; elles don-ftent à une extrémité sur quelque large rue ou quelque canal, tandis que l’autre issue s’ouvre sur la campagne. Rien de plus sain qu’une telle disposition. Les loyers de ces maisons sont à peu de choses près les mêmes que ceux qui se payent en ville.
- On ne doit pas omettre les maisons ouvrières modèles qui, depuis une douzaine d’années, ont été construites dans quelques grandes villes par des Sociétés par actions, donnant des dividendes de 5 0/0 par an. Dans quelques-unes de ces maisons, on a,non sans succès, essayé de s’assurer les avantages du système de communauté suivi sur le continent, sans faire violence aux préférences des locataires pour les habitations séparées. Klles sont construites par rangées comme les autres cottages, avec une double face donnant de côtés différents sur des jardins séparés. Une porte d’entrée s’ouvre sur chaque ,]ardin. Le cottage est habité par deux familles : l’une loue le rez-de-chaussée, composé de deux pièces placées dos-à-dos et a la jouissance de Lun des jardins; l’autre famille habite 1 étage supérieur, auquel on arrive directement par un escalier aboutissant à la porte d’entrée du côté opposé, et elle a la jouissance exclusive de l’autre jardin, ainsi que d’une terrasse sur le toit. L idée qui a présidé à cette combinaison est
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- celle-ci : les maisons étant construites par files, et les deux familles qui habitent une maison ayant des portes séparées, et des jardins isolés sur des côtés opposés de la maison, elles ont moins de rapports l’une avec l’autre, qu’avec leurs voisins de file; elles ont donc tous les moyens de rester étrangères l’une à l’autre autant que si elles habitaient la rue voisine, ce qui est en réalité leur cas. L’idée est bonne, bien qu’un tel arrangement ne soit pas sans inconvénients. On peut certainement imaginer des circonstances où il serait préférable de communiquer avec ses voisins de l’étage supérieur ou inférieur, sans être obligé de sortir de la maison, de tourner le coin de la rue, de suivre la rue voisine et de frapper à leur porte. Au point de vue de l’économie de terrain et de frais de construction, l’avantage de ce plan sur celui qui consisterait à construire deux maisons séparées et accouplées dos-à-dos est uniquement d’avoir ainsi un seul escalier au lieu de deux; mais cet avantage même est plus apparent que réel, surtout si l’on tient compte de ce fait que des escaliers ne servant que pour monter à la chambre à coucher n’ont pas besoin d’être aussi larges et aussi soignés que celui qui est pour toute la famille le seul moyen de communication avec la rue. Peut-être l’avantage principal do co système est-il la possibilité pour chaque famille d’établir instantanément UU courant d’air au moyen des fenêtres de la double façade. Les maisons sont neuves ; elles sont construites avec tout le soin et tout le confortable qu’on peut raisonnablement désirer. Néanmoins, les loyers n’en sont pas plus élevés que ceux des autres maisons de dimensions analogues. A La Haye, le rez-de-chaussée se paie 2 fr. 60, et le premier étage, qui a la jouissance de la terrasse, 3 fr. 30 par semaine.
- Bien que le but originaire et principal de ces Sociétés immobilières ait été de construire des cottages pour les ouvriers, elles sont loin d’avoir dans tous les cas atteint ce résultat. A La Haye, notamment, où le besoin de logements est considérable et le nombre de cottages limité, les classes ouvrières sont de plus en plus éliminées de la ville. Un grand nombre
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- de cottages sont, dit-on, habités par d’anciens serviteurs de la cour, ou par d’autres personnes qui, sans appartenir à la classe des artisans, ont eu le crédit de se taire admettre dans ces habitations.
- Des essais analogues ont été faits à Amsterdam. Jusqu’à une époque récente, les ouvriers de cette ville n’avaient que le choix entre ces deux partis : ou vivre dans des caves humides, souvent inondées, quand un vent violent ou toute autre cause venait à faire déborder l’eau des nombreux canaux qui sillonnent la ville, ou habiter dans les combles d’une maison une chambre généralement pourvue d’un ou de deux grands placards servant d’alcôve, dénuée de water-closets et ayant seulement la jouissance d’un plomb ouvert dans le couloir et commun à toutes les familles, généralement au nombre de quatre, cinq et six, qui occupaient les autres chambres des étages supérieurs. Encore ces misérables logements, situés dans des rues étroites et populeuses, étaient-ils difficiles à se procurer ; il y avait souvent plusieurs locataires eu instance pour une seule chambre. Mais, depuis quelques années, des compagnies et des particuliers bienfaisants ont entrepris, dans les faubourgs de la ville, la construction de maisons qui, bien que laissant à désirer au point de vue du drainage et de la ventilation, n’en constituent pas moins un progrès considérable.
- Malheureusement, comme les dépenses de construction de maisons sont assez élevées à Amsterdam, la nature marécageuse du sol obligeant à bâtir sur pilotis, et comme les personnes qui engagent leurs capitaux dans des entreprises de ce genre ne veulent pas un intérêt inférieur à 6, 7 et 8 0/0, te loyer de ces nouveaux logements se trouve trop fort pour tu majorité des ouvriers ; il varie, en effet, de 2 fr. 50 à 4 fr. 25 par semaine pour une simple chambre, et de 3 fr. 75 a 6 fr. 25 pour un appartement de deux pièces.
- Malgré les graves défectuosités que présente dans bien des °us le logement des classes ouvrières de Hollande, surtout uu point de vue de l’écoulement des eaux, l’état sanitaire de
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- la population est satisfaisant. Quoique humide, le climat n’est pas malsain. Les terres sont basses, il est vrai, quelques-unes très basses, et de vastes étendues de prairies restent souvent sous l’eau; les fièvres intermittentes dominent dans certaines localités, et les aménagements des villes et villages sont souvent loin de répondre aux exigences actuelles; néanmoins, si l’on peut craindre en Hollande les maladies de poitrine et de gorge, ainsi que les rhumatismes qu’engendre l’humidité, on est assuré, avec des vêtements chauds et un peu de sobriété de s’v maintenir en bonne santé.
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- 1Y
- Pour apprécier l’état moral et la situation sociale des ouvriers néerlandais, on doit tout d’abord tenir compte de ces trois faits en quelque sorte dominants: 1° L’Etat n’intervient entre le travail et le capital par aucune mesure de protection économique, ni de réglementation industrielle; 2° La loi interdit et frappe de pénalités rigoureuses tout acte de violence propre à jeter la discorde entre les diverses classes de la société, et à modifier do haute lutte les relations réciproques des ouvriers et patrons; 3° Dans la pratique, il y a tendance constante et réciproque des patrons à accueillir les doléances de leurs ouvriers et à améliorer leur situation, et des ouvriers à suivre les conseils et à servir les intérêts des patrons ; le travail et le capital sont, en un mot, non à l’état d’antagonisme, mais à l’état d’alliance et d'entente cordiale.
- Les Pays-Bas, on vient de l’indiquer, se font remarquer par l’absence de toute intervention législative dans les questions qui intéressent le plus les classes ouvrières. Tandis que d autres pays ont étendu sur les artisans et sur leurs patrons tas prohibitions ou la protection de la loi, la Hollande semble avoir pris pour principe de laisser faire et de laisser passer.
- Les engagements d’ouvriers, par exemple, se font en toute liberté, sans limitation, sans restriction quelconque. Les travailleurs s’engagent pour un temps illimité, à des conditions qui varient selon la demande de main-d’œuvre, selon leur degré d’habileté et leur bonne conduite. Aussi, bien qu’il ne s°it pas d’usage de les congédier avant la fin de la semaine, tas patrons ont-ils le droit ou la faculté de le faire quand bon leur semble, et leurs ouvriers de leur côté peuvent changer de maître quand ils veulent, d’un instant à l’autre, sans rien
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- perdre de leur salaire. Mais, sur ce point comme sur beaucoup d’autres, les mœurs, plus fortes que les institutions, corrigent les inconvénients que la loi pourrait présenter. Ainsi, dans presque tous les ateliers on garde constamment un ou deux ouvriers, alors même qu’on n’aurait pas assez de travail pour les occuper : certains patrons ne payent dans ce cas qu’un salaire réduit; d’autres continuent le salaire intégral.
- Le législateur hollandais ne semble pas non plus avoir jugé nécessaire de protéger les enfants contre la cupidité de leurs parents ou contre les exigences de leurs patrons, en limitant la somme de travail quotidien qui peut leur être imposée : il s’est borné à leur interdire, par une loi du 5 mai 1874, l’entrée des ateliers, mines, usines ou fabriques avant l’âge de douze ans révolus ; enfin il n’existe pas en Hollande de système d’apprentissage analogue à celui qui fonctionne en France et dans la plupart des pays du continent. Il n’est pas d’usage dans les Pays-Bas qu’un enfant, quand il veut apprendre un métier, s’engage vis-à-vis du maître soit par contrat, soit par tout autre arrangement analogue. Il se procure simplement des outils et se place comme un autre ouvrier, avec cette seule différence que son salaire reste à pou près nominal, puisque l’enfant gagne souvent à peine 1 franc par semaine. Le patron lui donne un travail facile, lui fournit les matériaux et en tire le meilleur parti possible, sans perdre de vue, il est vrai, que si l’enfant est fatigué par son travail et maltraité, il peut, quand il le voudra, quitter l’atelier et aller chercher partout ailleurs lo même enseignement ou un autre meilleur. Dans la pratique, ce système produit d’assez bons résultats. Co seul fait que l’apprenti se présente avec des outils lui appartenant est, à première vue, la preuve qu’il veut travailler sérieusement; et d’un autre côté le patron entreprend rarement l'instruction d’un enfant complètement ignorant, sans avoir fait une enquête préalable sur son caractère et sans s’être procuré, s’il ne les possède déjà, des renseignements sur ses parents. D’ailleurs, il arrive souvent qu’un enfant acquiert les premières notions de son enseigne-
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- ment technique dans l’atelier de son père ou de quelque autre proche parent.
- Si, comme on vient de le voir, la loi hollandaise s’abstient, en matière industrielle, de toute mesure de protection, et si elle évite le plus possible de réglementer, elle intervient d’un autre côté avec une remarquable énergie pour interdire toute manifestation hostile d’une classe contre l’autre, ou de tout un corps d’ouvriers contre un même patron. C’est ainsi que, conservant un des legs de la domination française., les Hollandais ont, jusqu’à ces derniers temps, maintenu les articles 415 et 416 du Code pénal de 1810, relatifs aux coalitions; ils n’ont été abolis que par une loi du 12 avril 1872, qui se borne à frapper de peines plus ou moins rigoureuses les atteintes à la liberté du travail.
- Si ces atteintes consistent en violences, enlèvements, détérioration ou mise hors d’usage d’instruments ou d'outils, en manœuvres dolosives ou en menaces d’accomplir un acte délictueux, le juge peut prononcer séparément ou cumulativement un emprisonnement d’un mois à deux ans, ou une amende de 25 à 500 florins (50 fr. à 1,000 fr.). L’emprisonne-mont n’est que de six jours à trois mois, et l’amende de 8 à 200 florins (16 à 400 fr.), dans le cas où l’atteinte à la liberté du travail n’a consisté qu’en injures ou en participation à des coalitions. En fait, l’offre et la demande de main-d’œuvre arrivent aisément à se concilier dans les Pays-Bas, sans que l’on ait recours à ces procédés violents qui révolutionnent périodiquement certaines industries, telles que l’industrie anglaise, et qui, souvent, ruinent patrons et ouvriers. Une grève est chose rare en Hollande. Une ou deux fois Fou a essayé d’en faire une ; mais ces tentatives ont rencontré peu de sympathies, Là, en elfet, où une coalition agressive est défendue à l’une des deux parties, l’autre n’a pas d’intérêt à y recourir, et elle éprouve moins de répugnance à accueillir des demandes modérées et raisonnables.
- Un patron d’Amsterdam racontait qu’il y a quelques années ses ouvriers lui firent observer que les prix s’élevaient sans
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- cesse, tandis que leurs salaires restaient stationnaires, et lui demandèrent, en conséquence, de leur accorder une légère augmentation de salaire, soit deux centimes par heure. La requête lui parut raisonnable, et il l’accueillit. Des représentations analogues furent faites, en même temps, par d’autres ouvriers du même corps de métier, elles rencontrèrent dans plusieurs cas le même accueil favorable, et il en est résulté qu’à présent, dans toute la ville, les salaires de cette industrie sont de deux centimes par heure plus élevés qu’aupara-vant. Cet exemple est loin d’être unique. On a même vu, dans plus d’une occasion, les patrons reconnaître d’eux-mêmes la nécessité de mettre le taux des salaires en harmonie avec celui du prix des substances, et accorder des augmentations que les ouvriers n’avaient pas encore réclamées. Ainsi, dans ce pays, sous l’empire du Code pénal de 1810, sans une grève, sans une menace, sans le plus léger froissement d’ouvrier à patron, ni même d’ouvrier à ouvrier, une hausse générale des salaires s’est réalisée. Pas un atelier n’a été fermé, pas un artisan n’a refusé do travailler, pas un patron n’a été ruiné.
- D’après ce qui précède, on comprendra sans peine qu’il n’y ait pas aux Pays-Bas les éléments d'organisation, d’unions de métiers ou de Tr a de s-Unions, analogues à celles qui existent ailleurs. Bien que l’article 10 de la Constitution, complété par la loi du 22 avril 1855, reconnaisse pleinement le droit de réunion et en assure l’exercice, des actes tels que ceux qui forment en Angleterre l’objet principal des Trade’s-Unions placeraient immédiatement en Hollande, une association sous le coup du Code pénal. Les seules associations ouvrières connues dans ce pays sont des cercles d’ouvriers, qui ont pour objet unique de créer, dans chaque corps de métier, un fond de secours destiné à servir des pensions aux ouvriers hors d’état de travailler par suite do maladies ou de vieillesse. La cotisation hebdomadaire des membres est d’environ 1 franc, et le payement régulier de cette somme assure aux souscripteurs une allocation de 1 fr. 25 par jour,
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- eri cas de maladie ou de vieillesse, et, en cas de mort, le versement d’une somme de 20 francs pour les frais de ses funérailles. En droit comme en fait, l’entrée dans les associations de cette nature est absolument facultative pour les ouvriers ; tous n’en font pas moins partie. Les cercles industriels sont répandus dans tout le pays. Chaque état à le sien, et il n’est pas un commerçant, pas un artisan ou un ouvrier qui n’appartienne à l'un ou à l’autre.
- A l’inverse de ce qui s’est produit dans maint autre pays, ces associations n’ont jamais, chez les Hollandais, dégénéré en associations politiques ou en comités d’action et de secours pour le cas d’une grève. La loi permet aux associations de ce genre de discuter librement toutes les questions qui se rattachent aux rapports des ouvriers avec les patrons, et d’employer tous les moyens amiables et légitimes de modifier la nature de ces rapports ; mais elle interdit absolument, comme on l’a vu plus haut, toute manifestation hostile, tout acte de pression ou d’intimidation. Il faut dire du teste, à l’honneur de l’ouvrier néerlandais, qu’il n’en a ni l’intention ni même l’idée, et que les ouvriers étrangers qui pourraient lui en donner l’exemple sont également repoussés par les ouvriers indigènes en leur qualité d’étrangers et par les patrons, à cause de leur tendances novatrices, quelquefois même subversives (1). La sécurité, la bonne harmonie sont les biens que le Hollandais cherche par-dessus tout à s’assurer, et qu’il préfère à tout autre avantage. C’est pour en jouir que l’ouvrier néerlandais évite et redoute les grèves; c’est pour se l’assurer que les patrons préfèrent se contenter o’un travail lent et quelquefois médiocre, plutôt que de s’exposer au risque qu’entraînerait avec elle l’introduction, dans
- (1) Seuls, quelques ouvriers allemands sont, de temps immémorial, employés dans les brasseries, distilleries et raffineries hollandaises; cela tient, d’une part, à ce qu’ils se contentent d’un salaire relativement modéré pour un ouvrage pénible, et, d autre part, à ce que beaucoup de jeunes Allemands cherchent du travail à l’étranger pour se soustraire au service militaire.
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- leurs fabriques d’ouvriers étrangers plus habiles, mais plus exigeants, moins dociles et plus dispendieux à employer.
- La main-d’œuvre indigène est, en effet, peu coûteuse ; mais, de l’aveu même des ouvriers hollandais, elle est en général inférieure à celle que fournissent les artisans anglais, français et allemands. Certains corps d’état font exception; ainsi, les charpentiers de navires, les maçons, les briquetiers hollandais n’ont leurs égaux nulle part ailleurs, ni pour le bon marché du travail, ni pour sa qualité, ni pour la somme de besogne exécutée par jour. Mais, dans les autres branches d’industries, l’ouvrage solide et bon manque de fini et de poli. Ce défaut est surtout sensible chez les ouvriers de fabrique plus encore que chez les ouvriers d’élite ; car, si certains patrons préfèrent un Anglais comme contre-maître ou comme mécanicien, ils se contentent tous, pour la masse de l’atelier, des ouvriers indigènes, qui sont plus réguliers d’habitudes et donnent moins de soucis à tous les points de vue. Ceux-ci mettent de la conscience et de l’amour-propre à ce qu’ils font, mais l’énergie et l’activité leur manquent, et le travail rapide leur est impossible (1).
- On cite des exemples remarquables. Un manufacturier des environs de La Haye, ayant remarqué que dans sa fabrique la navette ne faisait que cent tours par minute alors que dans les fabriques anglaises elle en fait cent quarante au minimum, donna à l’ingénieur anglais qu’il employait six mois pour réaliser une amélioration ; il lui recommanda d’ailleurs de n’augmenter que graduellement la vitesse, do telle sorte qu'il fût impossible aux ouvriers de s’apercevoir du changement. Cette précaution fut inutile, au bout de fort peu de temps, des plaintes commencèrent à se faire entendre sur la trop grande rapidité du mouvement, l’ouvrage se fit mal et il fallut revenir à l’ancienne allure. Ce fait remonte, il est vrai, à plusieurs années, et, depuis lors, on a réalisé dans
- (I) Ne serait-ce pas juslemenl en raison de la mauvaise nourriture et du climat ? (Note des Rapporteurs généraux.)
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- diverses manufactures hollandaises do grands progrès, dont quelques-uns ont acquis à l’industrie des Pays-Bas une réputation méritée ; mais il n’en reste pas moins vrai, en général, que l’ouvrier hollandais ne peut donner, dans le même espace de temps, ni autant de travail, ni un travail d’aussi bonne qualité que ses concurrents de France, d’Angleterre et d’Allemagne.
- C’est là la cause principale de la modicité de son salaire, modicité dont il souffre, du reste, moins que l’on pourrait le supposer. La classe populaire est mal payée en Hollande, et néanmoins la pauvreté y est rare, la misère presque inconnue : contradiction apparente qu’expliquent le caractère national, les habitudes laborieuses des. ouvriers, la frugalité de leurs mœurs, la cordialité de leurs rapports avec les patrons, enfin le bon sens avec lequel ils apprécient leur situation dans l’usine, leur rôle dans la société, les moyens d’améliorer Tune et de grandir l'autre. L’ouvrier hollandais peut n’être, au point de vue du taux des salaires et de l’importance politique, qu’un pauvre homme ; mais il n’est pas, du moins, dans cet état de malaise chronique et de mécontentement permanent dont souffrent les classes ouvrières de tant d’autres pays. On n’en saurait citer de preuve plus concluante que les termes d’un rapport rédigé il y a quelques années Par un comité mixte d’ouvriers et de patrons d'Arnheim, qui avait été chargé d’étudier la question des salaires. Après avoir déterminé, comme nous l’avons indiqué plus haut, les éléments du budget d’un artisan aux différents échelons de la classe ouvrière, les rédacteurs du rapport faisaient ressortir la disproportion existant entre les recettes et les dépenses ; ds en recherchaient les causes, et ils terminaient leur travail Par l’énuméralion des mesures que le comité jugeait les plus Propres à rétablir l’équilibre entre la dépense et le revenu d un artisan, de la manière la plus conforme à la justice et au bon ordre.
- Be comité commença par repousser l’idée de recourir a aucun moyen qui ne fut parfaitement légal ; et faisant allu-
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- sion aux procédés employés si fréquemment dans d’autres pays, il disait :
- « Une grève, même sur une grande échelle, n’a pas pour effet de rendre l’ouvrier plus indépendant, car elle ne tend pas à développer la bonne intelligence entre les patrons et les travailleurs; mais, par-dessus tout, elle manque son but : car le patron ayant des capitaux peut attendre la fin de la grève et même éviter toute suspension de travail en se procurant d’autres travailleurs. Il arrive alors que l’ouvrier irrité de voir ses camarades contrarier le succès de sa campagne a très souvent recours à la violence contre ceux qui l’ont supplanté ou même à la destruction de la propriété de son patron, c’est-à-dire du capital qui sert à la rémunération de son propre travail. Il entre alors en conffit avec l’autorité publique qui réprime tout acte de violence. S’il garde le rôle de spectateur tranquille, il reconnaît au bout de quelque temps l’inefficacité de la grève et, forcé par le besoin, il reprend son travail à des conditions plus ou moins avantageuses qu’au-paravant. Ce retour à l’atelier est ce qu’il y a de plus pénible pour lui, car sa position de dépendance à l’égard du capital de son maître reste la même, et il ressent longtemps dans son ménage les conséquences du chômage qu’il s’est imposé pendant des semaines. »
- Le comité recommandait ensuite de recourir à deux moyens qui, réunis, auraient pour effet d’élever le salaire de l’ouvrier au niveau de ses dépenses : il conseillait un accroissement de salaires direct et indirect. L’accroissement direct devait, d’après le Comité, avoir lieu en vertu d’un arrangement amiable avec les patrons, qui seraient invités à suivre l’exemple de l’un d’eux, à consentir pour commencer, à une augmentation générale de deux centimes par heure, et à notifier cette décision à tous leurs ouvriers par une circulaire ou par un avis à cet ellet. L’accroissement indirect des salaires pouvait, d’après le même Comité, s’accomplir de deux manières : soit en réduisant, par l’établissement de magasins coopératifs, les prix des objets de première néces-
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- sité, soit en développant l’habileté de l’ouvrier. Ils insistaient sur ce dernier point et disaient :
- « La raison pour laquelle tous les salaires ne sont pas égaux est que tout travail n’est pas également productif. L’homme qui travaille mieux que son voisin sera mieux payé. La rétribution du travail est en rapport constant avec son intensité. Plus son intensité est grande, plus la valeur productive du travail augmente, plus l’ouvrier est bien payé. Que l’on donne à l’ouvrier les moyens d’augmenter son instruction ; que le comité scolaire se préoccupe de former les ouvriers de l’avenir ; que des écoles industrielles soient établies pour le rendre plus apte à son travail, enfin, que les ouvriers qui montrent les plus heureuses dispositions soient mis à même d’aller à l’étranger, d’étudier ce qui s’y fait et de ressentir le stimulant d’une noble ambition. Par-dessus tout, que les ouvriers s’excitent les uns et les autres en prenant à leur travail intérêt et plaisir. Le travail ennoblit, même le travail manuel (1). L’ouvrier doit travailler à son propre développement et, par sa conduite et son exemple, agir sur ses camarades ; mais les autres classes de la société doivent l’aider à se procurer les moyens de son développement intellectuel et moral. »
- C’est par cet extrait du rapport d’un comité composé pour les deux tiers de simples ouvriers (charpentiers, peintres, briquetiers et forgerons), que nous terminons ce chapitre. Si l’ouvrier hollandais est inférieur sous quelques rapports à ses concurrrents étrangers, l’expression de semblables opi-oions tend à prouver qu’à d’autres points de vue il est au moins leur égal.
- (1) Pourquoi ce même? Le travail varie de formes, suivant les aptitudes du travailleur; mais nous ne connaissons, nous, qu’une seule sorte de travail, c’est... le travail pris dans son sens générique et conséquemment... noble! (Note des Rapporteurs généraux.)
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- ALLEMAGNE
- OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
- On parle volontiers, en France, de la pauvreté de F Allemagne. On croit généralement que nos redoutables voisins du Nord-Est forment un peuple arriéré, sans ressources, médiocrement industrie], constamment dévoré par la misère, qui doit toute sa puissance au maître d’école et au canon Krupp, et que la faim condamne en quelque sorte à se jeter périodiquement sur les nations plus riches dont il se trouve entouré. Cette opinion n’est, comme tant d’autres, qu’un préjugé que nous avons grand intérêt à dissiper. Il repose sur une confusion persistante entre l’Allemagne et la Prusse, entre la Prusse elle-même et quelques-unes de ses plus anciennes et moins riches provinces. Ce qui n’est exact que pour le Brandebourg et la Poméranie, on l’a cru vrai de la Prusse entière ; ce qui ne pouvait s’appliquer qu’à l’ancienne Prusse, c’est-à-dire à un royaume de 18 ou 20 millions d’habitants, on l’a étendu sans distinction à l’Empire allemand, c’est-à-dire à un État de 43,000,000 d’âmes. Or, si l'on veut bien s’abstenir de ces généralisations précipitées, on ne tarde pas à constater à quel point nous nous méprenons, en France, sur la situation réelle d’un peuple que nous n’aurions cependant que trop de raison de bien connaître.
- L’Allemagne, que nous croyons un pays pauvre, arriéré, sans industrie, est, au contraire, l’une des nations les plus avancées et les plus instruites qui soient en Europe. Elle est aussi industrieuse que la France, sinon plus; enlin elle est
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- plus riche que nous, plus riche non seulement en population, mais encore plus riche par son agriculture, par son industrie, par sa marine marchande, par ses voies de communications, par sa production houillère et métallurgique, par l’ensemble de ses échanges avec l’étranger. Son commerce extérieur représentait, en 1876, 8 milliards et demi de francs, alors que le nôtre dépassait à peine 7 milliards et demi; sa marine marchande comptait, au 1er janvier 1879, 4,804 navires,jaugeant 1,129,000 tonneaux, tandis que nos 5,000 navires ne jaugeaient que 949,000 tonneaux; elle avait 28,000 kilomètres de chemins de fer, et nous 20,000; elle tirait de ses mines 46,000,000 de tonnes de houille et de lignite, tandis que nos mines n’en produisaient que 17,000,000 de tonnes; dès 1871 elle fabriquait 254,000 tonnes d’acier, soit 62,000 de plus que la France en 1874; enfin à nos 37 millions d’habitants, elle opposait une population de 43 millions d’âmes qui doublera en quarante ans.
- L’Allemagne, il est vrai, traverse en ce moment une crise economique des plus graves (1) ; et, récemment encore, de Silésie comme d’Irlande, nous arrivent des cris de famine et de désespoir ; mais les souffrances de l’Allemagne et surtout celles de ses populations industrielles, tiennent à des causes spéciales faciles à déterminer, et surtout passagères, qui ne sauraient compromettre d’une manière durable, ni sa puissance, ni sa prospérité. L’industrie souffre, en Allemagne comme dans toute l’Europe, par suite des incertitudes do la situation politique, par suite de l’excès de la production et des efforts désespérés de l’Angleterre pour écraser la concurrence étrangère.
- L’ouvrier allemand souffre principalement, et parfois plus cruellement que d’autres, par deux motifs particuliers à sa race : d’abord parce que dans beaucoup de régions de l’empire allemand, il est exploité par ses patrons avec un égoïsme et
- (L Le livre de M. K. Lavallée a paru en 1882. (Au moment od nous corrigeons les épreuves de ce volume, nous apprenons qu’une deuxième édition de cet important travail vient de paraître.)
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- une rudesse heureusement inconnus chez nous ; ensuite, parce que, même en temps ordinaire, sa vie est des plus frugales, des plus rudes, et que, la fortune étant beaucoup moins également distribuée en Allemagne qu’en France, la pauvreté des particuliers y est plus générale, plus profonde, bien que la richesse publique y soit au moins égale, sinon supérieure à la nôtre. Enfin, ne l’oublions jamais, la misère matérielle et le malaise moral de F Allemagne sont, en grande partie, les conséquences de ses triomphes de 1870-1871. N’en déplaise aux économistes enfantins et aux politiques naïfs, qui vont partout répétant que la Prusse s’est engraissée de nos milliards, la guerre de 1870 a, au contraire, accru, développé, aigri le mal intérieur dont nos voisins ressentaient déjà les atteintes avant le conflit. En paralysant pendant près d’une année la vie industrielle et commerciale, la guerre déchaîna sur l’Allemagne une misère épouvantable qui accrut notablement le mécontentement des classes ouvrières ; en habituant les soldats au pillage et à la violence, elle leur enseigna indirectement le mépris de tout ordre social ; en les faisant assister à la sanglante bataille de la Commune, elle mit sous leurs yeux le plus dangereux des exemples (1); enfin, en attirant en Allemagne la colossale rançon des 5 milliards, efle fit naître dans tous les esprits la fièvre de For et alluma, pour ainsi dire, dans le sang du peuple, le feu d’une dévorante convoitise. Loin d’enrichir la nation, la pluie d’or qui couvrit alors la Prusse et Berlin ne lit que l’appauvrir.
- L’invasion des milliards fut presque aussi funeste aux vainqueurs que celle des armées allemandes l’avait été aux vaincus. Cette masse énorme de numéraire, exclusivement absorbée par les dépenses de l’Etat, surtout par ses grands travaux militaires, et débordant en quelque sorte tout d’un coup sur un pays appauvri, y jeta une perturbation com-
- (i) Pour les monarchies, oui, sans aucun doute! (Note des Rapporteurs généraux.)
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- plète dans toutes les relations économiques, surexcita la passion du lucre, le goût des entreprises les plus hasardeuses, l’agiotage le plus éhonté, le luxe le plus effréné. De là, les spéculations insensées qui, dès 1872, dénotèrent le vertige financier de l’Allemagne; de là, cette catastrophe fameuse de 1873, qui couvrit de ruines la fière capitale du victorieux Empire allemand.
- Aujourd’hui la crise est passée, les plaies de la guerre sont cicatrisées, mais la maladie aiguë a dégénéré en un double mal chronique qui s’appelle l’Alsace-Lorraine et le socialisme. En démembrant le territoire français, en nous arrachant tout frémissants, malgré leurs protestations et leurs cris de désespoir, nos riches et patriotiques départements de l'Est, l’Allemagne a pu, sans doute, accroître sa puissance militaire; mais elle a porté à son industrie un coup sensible, que celle-ci prévoyait et qu’elle a vainement cherché à détourner : la concurrence de l’industrie alsacienne, dont les manufacturiers normands se plaignaient si hautement avant 1870, et que l’industrie textile allemande avait peine à soutenir à cette époque, malgré la protection de ses tarifs douaniers, est devenue absolument écrasante, depuis la guerre, pour un grand nombre de commerçants de l’ancienne Allemagne. Contentons-»nous de leur appliquer ce vieux dicton de la sagesse romaine : Paterc leqem quant ipse fecisti.
- Quant au socialisme, dont je me propose d’étudier plus loin et avec détails les tendances, le programme et le développement, il suffira d’en dire ici qu’il est la plaie et en quelque sorte l’ulcère gangreneux du nouvel Empire allemand. Le nihilisme, dont on fait tant de bruit en ce moment, n’est qu’un jeu d’enfant en comparaison du socialisme allemand. Celui-ci a une ancienneté relative, une extension, une cohésion, un corps de doctrines subversives que ne posséderont de longtemps les conspirateurs moscovites.
- Tandis que le nihilisme russe demeure presque exclusivement limité à la classe moyenne, le socialisme allemand a
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- jeté, de longue date, de profondes racines dans les masses populaires; il compte dans les élections ses adeptes par centaines de mille, sinon par millions ; il a ses représentants réguliers au Parlement allemand, et les coups de feu de Hœdel et de Nobiling ont prouvé à quel degré de sauvage intrépidité peut atteindre l’exaltation de ses partisans. Le gouvernement allemand s’est flatté, il est vrai, de réduire cette secte redoutable à l’impuissance en accumulant sur elle toutes les rigueurs pénales que les lois de 1879 l’ont autorisé à déployer; mais on peut se demander si ce n’était pas là une illusion dont le tout puissant* chancelier de l’empire allemand doit être aujourd’hui revenu. Par l’emprisonnement des chefs, par la confiscation des journaux, par la suppression des centres d’action, par un redoublement de surveillance de la part de la police, on pourra sans doute prévenir le renouvellement des attentats qui ont jeté l’épouvante en Allemagne; mais la propagande subversive ne s’en poursuivra pas moins en secret, le virus social continuera do circuler dans tous les membres du grand corps germanique, et longtemps encore on pourra dire, en modifiant le mot d’IIamlet : « Il y a quelque chose de pourri dans l’Empire d’Allemagne. — Somewat is rotten in the German Empire » (1).
- Ainsi, ni la victoire, ni la puissance, ni la science, ni la richesse n’ont réussi à préserver nos redoutables voisins do ce malaise intime et profond dont soull'rent les nations atteintes dans ce qu’on pourrait appeler leur vitalité morale. On va le voir en étudiant la condition des ouvriers germaniques. Tout est en progrès dans le monde industriel allemand, tout se perfectionne, bien qu’il reste encore beaucoup à améliorer; l’agriculture prospère, l’industrie accroît sa production et ses débouchés, les salaires s'élèvent, et un nouveau
- (1) Nous n’avons pas cru devoir supprimer celte partie du travail de M. R. Lavollée, mais il est bien entendu que les rapporteurs généraux ne partagent point ses appréciations sur le socialisme.
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- tarif douanier, beaucoup moins libéral que l’ancien, protège le travail national contre la concurrence étrangère; néanmoins, la maladie morale dont souffre l’Allemagne ne cesse de s’étendre et de grandir, partout où a disparu l’institution traditionnelle et titulaire du patronat, partout où se sont interrompues les relations amicales des patrons avec leurs ouvriers, partout où les progrès du bien-être et le goût du luxe n’ont plus comme correctif les vieilles idées de famille et les anciennes croyances religieuses. Enseignement profond qui semble se dégager, avec une incomparable clarté, de- la situation des classes ouvrières en Allemagne, et qui devait être mis en lumière, au début même de cette étude.
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- DONNÉES STATISTIQUES
- Incertitudes des évaluations statistiques en ce qui concerne l’industrie allemande. — Population industrielle de l’Empire allemand à la fin de 1875. — Répartitions par sexes et par âges. — Statistiques des professions de la Prusse, 1876; — en Saxe, 1867 ; — à Hambourg, 1869 ; — dans le grand-duché de Rade, 1875; — en Wurtemberg, 1868 et 1872.
- — Résumé.
- Esquisser la condition des classes ouvrières en Allemagne serait dans tous les cas et en tout temps une œuvre difficile e! compliquée, en raison de l’esprit particulariste de la race germanique et des dissemblances considérables qui existent entre les divers États de l’Allemagne, au point de vue non seulement de leurs richesses naturelles, des occupations préférées et des aptitudes distinctives de leurs populations, Riais encore de leur constitution politique et de leur organisation sociale. A l’époque actuelle, cette tâche est rendue Plus difficile par l’état de crise que traverse l’Allemagne depuis dix aimées, et dont on ne saurait dire qu'elle soit encore sortie. L’une des conséquences de l’uniücation allemande a été, en effet, dès 1867, la substitution d’un code industriel uniforme aux nombreuses législations particulières
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- qui avaient régi jusqu’alors les diverses principautés indépendantes, et, notamment la suppression des antiques guildes ou corporations fermées, dont le moyen âge avait couvert l’Allemagne et qui avaient subsisté, jusqu’en ces derniers temps, dans un grand nombre d’Etats de l’ancienne Confédération germanique. La disparition de ces restes vénérables des temps passés à eu pour conséquence une transformation radicale, sinon un bouleversement complet de l’industrie allemande et une perturbation économique qui ne permet pas de se rendre compte sûrement et d’une manière définitive de la situation normale des classes ouvrières d’outre-Rhin.
- ... L’unification économique de l’Allemagne du Nord était à peine accomplie qu’un autre fait, beaucoup plus grave encore, venait modifier les conditions de la production en Allemagne, en changeant brusquement la valeur de l’argent et en déterminant une crise intense dont les effets n’ont pas encore cessé. Ce double fait qu’il est, hélas! à peine besoin de rappeler à des lecteurs français, est la guerre de 1870-4871, et le paiement de la rançon de 5 milliards imposée à la France, comme le disait avec infiniment de raison, dès 1872, le secrétaire de la légation d’Angleterre à Darmstadt, M. Cope.
- Ces sommes énormes payées par la France à la Prusse ont eu pour effet de déprécier l’argent en Allemagne. Les prix qui, avant la guerre, avaient déjà subi une hausse considérable dans la période comprise entre 1859 et 1869, se sont encore beaucoup élevés depuis la campagne contre la France. Cette espèce de cauchemar, dans lequel la crainte toujours présente d’une invasion française tenait le Sud et l’Ouest de l’Allemagne, a disparu depuis la défaite des armées françaises et l’extension des frontières... Le sentiment de la sécurité qui en est résulté a eu pour conséquence une notable hausse des terrains, surtout des maisons, et par suite des loyers; cette hausse, jointe à l’augmentation d’impôts qu’a nécessitée la réorganisation de l’armée depuis la proclamation de l’Empire, cause un renchérissement général et pèse
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- très lourdement sur les petits capitalistes ayant un revenu faible et invariable ; mais les autres, tels que les propriétaires de maisons, les marchands, les manufacturiers, les producteurs de denrées alimentaires, etc., se récupèrent en faisant payer plus cher ce qu’ils vendent. Naturellement l’ouvrier demande plus de façon, si c'est un artisan travaillant à son compte; il exige un salaire plus élevé, s'il travaille pour un patron. C’est ainsi que les prix ont suivi un mouvement ascensionnel, constant, mais non pas régulier... Le renchérissement ne pèse peut-être pas aussi lourdement sur les ouvriers que sur les employés à salaires fixes, sur les rentiers, sur les petits commerçants retirés des affaires, etc. Or, il faut se rappeler qu’en Allemagne le^ petits rentiers sont, en gé-uéral, beaucoup moins riches que leurs pareils d’Angleterre, et que parmi les nobles (chaque fils porte le titre de son père), qui ne prennent d’emplois que dans les.fonctions pudiques et qui n’augmentent pas leurs ressources en entrant dans le clergé, dans le barreau ou dans le commerce, la classe qui vit de faibles revenus est relativement très nombreuse. »
- Le tableau tracé en 1872 par M. Cope est encore vrai aujourd’hui. Ni la hausse des prix, ni celle des salaires ne semblent près de cesser en Allemagne. La crise qu’elles ont fait naître, après avoir causé de graves sinistres et paru ensuite s apaiser, a été ravivée en dernier lieu par les événements d’Orient et les inquiétudes qu’ils ont semées en Europe. L’état de l’industrie allemande ne saurait être considéré comme normal, et il convient d’en tenir grand compte dans l’appréciation des renseignements que nous possédons sur s°n état actuel ; mais il est probable que la hausse survenue depuis la guerre ne sera suivie d’aucune réaction et que les Pfix actuels se maintiendront longtemps encore (1).
- (ff L’appréciation de M. Lavoliée a été mieux que continuée par les evénements. Les grèves pour la hausse des salaires ont recommencé en 1884 et menacent de prendre des proportions assez considérables. (Note des Happortcurs généraux.)
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- Une dernière difficulté, la plus imprévue mais non la moins grave de toutes, s’offre à quiconque veut étudier dans ses détails la'situation des ouvriers allemands : c’est l’absence de documents statistiques complets et bien coordonnés. Si étrange que la chose puisse paraître dans un pays qui a passé à juste titre pour le berceau et pour la terre promise de la statistique, il est certain que l’Allemagne est, à cet égard, très insuffisamment pourvue. L’importance de toutes les questions qui se rattachent à la situation économique et sociale des classes ouvrières n’y est cependant pas méconnue, surtout en Prusse. S’il en fallait une preuve, on la trouverait dans le grand nombre d’ouvrages de tout genre sur les problèmes sociaux publiés depuis une quinzaine d’années à Berlin, à Dresde, à Liepzig, à Bonn, à Gœttingue, à Heidelberg, à Gotha et dans les principaux centres intellectuels de TAlle-magne. Néanmoins malgré les vœux fréquemment émis dans ce sens, soit par les congrès d’économistes allemands, soit par les congrès internationaux de statistiques, il n’existe en Allemagne aucune publication officielle présentant un aperçu d’ensemble du taux des salaires et du prix des denrées dans les diverses parties de l’Empire. On en est donc réduit à des renseignements recueillis d’un côté et d’autre, à des notes empruntées soit à des publications officielles locales, soit à des ouvrages spéciaux et ne donnant que des résultats partiels.
- Nous allons étudier successivement trois grandes classes d’ouvriers : les ouvriers agricoles, les artisans, les ouvriers de la grande industrie.
- On évaluait en 1862, à 2,450,000, sur une population totale de 30 millions, le nombre des ouvriers industriels dans toute l’étendue du Zollverein ; la proportion était donc d’environ 1 sur 12. Elle n’a pas, depuis lors, notablement varié. En effet, au 1er décembre 1875, date du dernier recensement, sur une population totale de près de 43 millions d’habitants (1), l'empire d’Allemagne en comptait 3,626,000
- (1) CliiüYe exact : 42,727,300 habitants.
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- appartenant à la classe industrielle, 2,247,000 à la petite industrie, 1,379,000 à la grande. Dans la petite industrie, il y avait, pour 1,630,000 patrons, gérants ou artisans isolés, 616,000 ouvriers dont 550,000 hommes et 66,000 femmes ; dans la grande industrie, pour 50,000 patrons, 69,000 employés et 1,260,000 ouvriers, dont 1,069,000 du sexe masculin et 191,000 du sexe féminin. [Parmi les ouvriers, 1,007,000 avaient plus, et 62,000 moins de seize ans; parmi les ouvrières, 168,000 étaient majeures de seize ans et 23,000 mineures.
- Voici, d’ailleurs, quelle était, dans les principales branches de la grande et de la petite industrie, la répartition des ouvriers par âge et par sexe :
- OUVRIERS OUVRIÈRES
- INDUSTRIES
- AU-DESSUS MOINS AU-DESSUS MOINS
- de IG ans de IG ans de IG ans. de IG ans
- Minière 324.000 11.000 335.000 9.000 1.000 10.000
- Métallurgie 131.000 7.000 138.000 5.000 1.000 6.000
- Dos machines et
- outils 118.000 4.000 122.000 1.000 )) 1.000
- Textile 129.000 8.000 137.000 92.000 9.000 101.000
- De l’alimentation 291.000 17.000 308.000 40.000 5.000 45.000
- De l’habillement. 112.000 2.000 114.000 30.000 1.000 31.000
- Du bâtiment.. .. 117.000 5.000 122.000 641 34 675
- Totaux..... 1.222.000 54.000 1.276.000 177.641 17.034 194.675
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- On doit remarquer que ces chiffres embrassent l’industrie do l’Empire allemand tout entier, sauf quelques corps de mé-tl°rs, mais que, d’un autre côté, ils ne se rapportent qu’aux ouvriers salariés, soit de la grande, soit de la petite induG-^rie, exclusion faite des arlisaus qui travaillent à leur propre c°rnpte, ainsi que des familles de ces ouvriers. Si, au contraire, l’on examine l’ensemble de la population industrielle, ktat par État, on arrive à des résultats en apparence tout différents. Ainsi, en 4867, la population de 24 millions que
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- comprenait le royaume de Prusse, se décomposait, par professions et par sexes, de la manière suivante :
- La classe agricole était représentée par...... 11.709.000 personnes
- Tandis que l’on comptait dans l’industrie..... 6.067.000 —
- Dans le commerce et dans le service des transports.............................................. 1.664.000 —
- En service...................................... 2.097.000 —
- Dans la marine marchande et les pêcheries... 214.000 —
- Dans les fonctions publiques, les professions •
- libérales, le clerg-é, l’armée et la marine de
- l’Etat............................................ 1.160.000 —
- Enfin.......................;................. 803.000 —
- étaient sans professions.
- Ou............................................. 326.000 —
- exerçaient une profession inconnue. _____________________
- Total............ 24.040.000 personnes.
- La statistique ne s’en était naturellement pas tenue à cette classification sommaire. Décomposant ces chiffres généraux, elle avait distingué, dans chaque profession, entre les patrons et les ouvriers, puis entre les chefs de famille et les individus gagnant eux-mêmes leur vie, et les familles à la charge de leurs chefs ; enfin dans chacune de ses subdivisions, elle avait fait la part de chaque sexe.
- Ce mode de calcul avait donné les résultats ci-contre :
- D’après ce tableau, la population industrielle de la Prusse représentait, comme on voit, un quart de la population totale de cet Etat, soit 6,067,000 personnes, dont 3,309,000 du sexe masculin, et 2,738,000 du sexe féminin, c’est-à-dire 34 0/0 d’une part et 46 0/0 de l’autre. Sur ces six millions, 2,192,000 seulement, dont 204,000 femmes, formaient l’élément actif et producteur; le reste, soit 3,873,000, comprenait 1,321,000 hommes et 2,554,000 femmes incapables de gagner leur vie, et restant à la charge des chefs de famille. Chacun de ces derniers avaient donc à subvenir en moyenne à la subsistance d’à peu près trois personnes, lui compris. Enfin ces deux millions de producteurs pouvaient eux-mêmes se subdiviser de la manière suivante : environ 20,000 hommes
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- PROFESSIONS CHEFS DE ET INI) gagnant eux-ir Hommes. FAMILLES IVIDUS êmes leur vie. Femmes. FAMILLES et à la c des chefs Hommes. INDIVIDUS large e familles. Femmes.
- 1° Agriculture, élevage, viticulture , jardinage : a) Propriétaires, locataires de vignes et de jardins, fermiers, régisseurs, intendants, agents de même ordre 1.163.289 203.848 1.682.601 2.773.233
- b) Aides , apprentis, ouvriers agricoles 1.618.597 1.111.628 1.147.147 1.880.632
- Forêts et chasses : a) Agents forestiers et agents de tout grade employés à la garde de la chasse 19.009 62 18.604 38.447
- b) Ouvriers employés dans les forêts 15.035 992 12.379 24.337
- 3o Pêche 13.350 1.161 13.626 25.106
- 4° Mines et métallurgie : a) Propriétaires, locataires, commis 7.443 48’4 7.914 14.300
- b) Mineurs et ouvriers. . . 188.232 5.320 140.555 264.036
- 3° V. Manufactures et petite industrie : a) Propriétaires, locatai- res , employés, commis, etc b) Contre-maître,ouvriers, apprentis, aides 765.909 55.979 782.645 1.522.675
- 1.026.544 141.771 389.951 753.059
- 6° Commerce : a) Patrons 161.858 26.727 161.857 334.835
- b) Employés , apprentis, commis , emballeurs, porteurs 92.Oi3 10.152 14 .432 28.620
- Transports. P Transports terrestres: a) Propriétaires , agents, employés 76.722 1.911 70.334 140.072
- b) Conducteurs, postillons, ouvriers de chemins de for 52.494 1.174 30.198 60.930
- 2. Transports par eau : a) Armateurs, affréteurs, officiers, agents 14.484 940 14.390 28.096
- b) Equipages et bateliers. 33.086 903 23.873 45.044
- A reporter 5.248.065 1.563.052 4.510.506 7.933.422
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- ) PROFESSIONS CHEFS DE ET INI gagnant eux-n Hommes. FAMILLES HVIDUS lêmes leur vie. Femmes. FAMILLES e à la c des chefs c Hommes. INDIVIDUS harge e familles. Femmes.
- Report 5.248.065 1.563.052 4.510.506 7.933.422
- 3. Auberges et restaurateurs, ou restaurants: a) Propriétaires, locataires et régisseurs 70.475 13.052 94.961 176.755
- 6) Garçons, guides etpor-teurs 22.583 7.126 4.688 9.611
- 8° Domestiques : a) Maîtres d’hôtel, valets de pied, premiers domestiques , écuyers, sommeliers , propriétaires de compagnies, de commissionnaires. 9.880 14.329 5.565 11.484
- b) Domestiques ordinaires et commissionnaires 430.424 627.771 346.172 651.567
- 9° Service médical, gardes malades et diacon-nesses, . . 19.874 16.942 16.763 33.807
- 10° Education et instruction. 57.755 14.649 53.410 100.657
- 11° Arts, littérature, presse. 21.837 2.667 12.090 24.064
- 12° Cultes 28.844 1.. 489 18.670 46.441
- 13° Maison du roi 1.287 244 700 1.943
- 14° Fonctionnaires 38.223 144 29.097 67.393
- 15° Justice et barreau 29.023 19 19.106 43.996
- 16° Armée 247.153 17 13.034 31.512
- 17° Marine de l’Etat 2.940 2 287 703
- 18° Administration municipale et communale.. . 37.673 333 36.322 73.112
- 19° Sans professions : a) Vivant de leurs revenus 115.862 119.413 78.094 190.294
- b) Assistés 113.902 118.405 26.344 40.354
- 20° Incertains 33.891 88.988 75.683 127.976
- Totaux 6.529.691 2.588.642 5.341.492 9.565.091
- 24.024.916
- et un millier de femmes composaient la classe des proprié-taires et des petits patrons; 750,000 hommes et 55,000 femmes celle des artisans travaillant eux-mêmes sans concours salarié; entin 1,215,000 hommes et 147,000 femmes,
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- soit 1,362,000 personnes étaient comprises dans la classe industrielle proprement dite, en d’autres termes, fournissaient la main-d’œuvre de la grande industrie ; les mines en employaient 194,000, dont 5,000 femmes ; le surplus, c’est-à-dire 1,027,000 hommes et 142,000 femmes, travaillaient dans les usines et manufactures.
- Cette statistique ne s’applique, comme on sait, qu’au royaume de Prusse, tel qu’il était constitué en 1867, c’est-à-dire accru de la Hesse électorale, du Hanovre, du Sleswig-Holstein et de Francfort ; il convient donc de la compléter par celles des autres Etats compris dans l’ancienne confédé-ration de l’Allemagne du Nord ou situés au sud du Mein.
- Ce royaume de Saxe occupait dès lors et occupe encore, au point de vue industriel, une situation exceptionnelle en Allemagne. La fertilité de son sol, l’esprit industrieux, Patient et ingénieux de ses habitants, le niveau très élevé l’instruction populaire y a atteint, enfin l’abondance de Ses capitaux ont depuis plusieurs siècles imprimé à son mdustrie un remarquable essor. C’esl, en grande partie, grâce à elle que ce petit royaume a pu prendre dans l’ancien Cmpire d’Allemagne une place si considérable.
- G’est encore aujourd’hui par elle que subsiste et prospère, rïans les étroites limites de son territoire, l’une des popula-li°ns les plus denses qui soient en Europe. Sur 2,761,000 habitants (chiffre de 1872), et sur 780,000 personnes vivant de leur travail, on ne comptait en Saxe que 235,000 ouvriers agricoles et 22,000 commerçants, tandis que l’industrie employait à elle seule plus de 487,000 personnes ainsi réparties:
- Mines......................... 41.813
- Préparation des aliments...... 16.571
- Industrie du vêtement............ 86.522
- — de l’ameublement... 13.615
- — textile............... 164.963
- — métallurgique....... 22.669
- — du bâtiment............ 44.492
- — diverses............... 96.640
- Total
- 487.285
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- Dans les autres pays rattachés à la Confédération de l’Allemagne du Nord on est loin de constater un développement industriel comparable à celui de la Saxe. Seule, l’ancienne ville libre d’Hambourg peut soutenir la comparaison grâce aux capitaux immenses que le commerce maritime y accumule depuis des siècles. Bien que son territoire n’ait pas plus de 47 kilomètres carrés de superficie, la ville compte parmi les principaux centres commerciaux du continent, et elle est le siège de nombreuses manufactures. Depuis le commencement du siècle, plusieurs branches nouvelles d’industrie s’y sont développées : la carrosserie, la construction des machines et des navires, l’ébénisterie, la préparation des conserves alimentaires, la raffinerie du sucre, la distillerie, la brasserie y font aujourd’hui l’objet d’importantes opérations. D’après le recensement de 1872, la population de la ville de Hambourg et de sa banlieue est de 389,000 âmes, et cette population est répartie, par industries et professions, de la manière suivante :
- Industries y compris les familles.... 105.386
- Commerce de gros et de détail (id.)... 60.764
- Agriculture (id.)....................... 9.788
- Fonctionnaires, professions libérales1, rentiers (id.)........................ 130.589
- Dans l’industrie manufacturière, la proportion des artisans qui ne travaillent pas à leur compte est évaluée à moitié; mais les statistiques officielles ne donnent pas le chiffre exact. Dans l’industrie et le commerce, le nombre des travailleurs employés comme porteurs, portefaix maritimes non compris les commis et les teneurs de livres, peut être fixé au tiers du nombre total. On ne mentionnera que pour mémoire l’Etat libre de Brème, qui compte 21,000 ouvriers industriels sur 142,000 habitants, et les duchés saxons de Cobourg et de Gotha dont la population industrielle ne dépassait pas 20,000 personnes sur 183,000 âmes.
- Comme on l’a déjà dit, on ne possède pas de statistiques officielles contenant des renseignements précis sur la situation
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- des classes ouvrières en Bavière ; mais ce qu’on sait de la constitution politique et sociale de ce royaume suffit à démontrer l’importance prépondérante de son agriculture et l’insignifiance à peu près absolue de son industrie.
- Toute différente est la situation dans les autres pays allemands situés au sud du Mein, c’est-à-dire dans le Grand-Buché de Bade et dans le Wurtemberg* où l’industrie tient une place considérable et fait de jour en jour de remarquables progrès.
- Au 34 décembre 1875, la population du grand-duché de Bade était d’environ 1,500,000 âmes; or, sur ce chiffre, on estimait qu’en dehors de la classe des agriculteurs et de celle des artisans de la petite industrie, 33,000 ouvriers badois travaillaient dans des manufactures employant plus de 20,200 personnes. Dans ce chiffre, les ouvriers adultes, c’est-à-dire %és de plus de seize ans, et libres de toute obligation scolaire, comptaient pour 18,000, les ouvrières pour 13,000 et les enfants des deux sexes pour 2,000, dont 164 au-dessous de dix ans, 695 de 10 à 12 ans, et 1,141 de douze à seize ans. Bes principaux établissements manufacturiers qui employaient cette population industrielle étaient, sans parler des centres industriels de Mannheim et de Carlsruhe, la fabrique de joaillerie de Pforzheim, les manufactures de tissus de Wiesenthal, et la fabrique d'horlogerie de la Forêt-Noire. Beaucoup d’autres manufactures pourraient, d’ailleurs, s a-jouter à celles que l’on vient de mentionner, s’il y avait, dans le pays de Bade, assez de capitaux et d’esprit d’en-freprise pour en développer les ressources naturelles. Le grand-duché possède, en ellet, en abondance, la force hydrau-lique, mais les cours d’eau traversent, en général des districts °h la population est très dense, la terre très divisée, le peuple extrêmement pauvre, et par suite, les précieuses ressources ils offrent à l’industrie demeurent souvent sans emploi.
- Le Wurtemberg olfre un spectacle tout différent : voisin de la Suisse, à laquelle il ressemble par ses mœurs et par sa
- configuration physique, comme par son organisation indus-
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- trielle, il peut passer pour l’un des pays les plus industrieux et les plus prospères de l’Allemagne. Son développement a été d’une rapidité remarquable. En 1850 on comptait à peine dans ce pays quelques fabriques ; seulement une douzaine de manufactures un peu considérables de tissus de lin, de coton et de toile, vingt filatures de coton et de laine, deux fabriques de cuirs, quatre d’orfèvrerie, une d’argenterie, une d’étain verni, trois poteries et deux carrosseries. Beaucoup de branches d’industries, par exemple les fabriques de machines aujourd’hui très nombreuses, les fabriques de cigares, les filatures de lin n’existaient même pas. Cette situation 11e se modifie guère que dans les années postérieures à 1850, sous la double influence de l’ouverture des chemins de fer allemands et de l’application de la politique de [liberté commerciale inaugurée par la Prusse ; mais pour avoir été tardifs , les progrès n’en furent que .plus remarquables. Dès 1862, ce pays, jusqu’alors arriéré, était devenu un des premiers centres industriels de l’Allemagne ; tandis que dans l’ensemble du Zollverein, 2,450,000 personnes sur 30 millions, se livraient à l’industrie, la proportion, en Wurtemberg, était d’environ 250,000 sur 1,700,000, c’est-à-dire d’un sur sept. Ni la suppression des guildes en 1862, ni la crise industrielle que la crainte de la guerre fit subir à l’Allemagne de 1865 à 1868 ne ralentirent ce développement industriel, déjà si remarquable. Au contraire, en 1868, malgré tant de causes de troubles et de langueur, l’industrie wurtembergeoiso avait encore pris un nouvel accroissement, comme le prouve le relevé suivant emprunté au recensement de 1868, où se trouve indiquée la répartition de la population par profession.
- 1. Population masculine : 914,000 personnes comprenant :
- 1« Enfants au-dessous de quatorze ans........................ 240.000
- 2° Hommes employés à l’agriculture, et quelquefois aussi
- à l’industrie.......................................... 142.000
- 3° Fils de fermiers les aidant à la culture.................. 127.000
- -t reporter,
- 307.000
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- 307.000 50.000
- Report
- 4° Journaliers..............................*...........
- o° Marchands, manufacturiers, artisans, voituriers, aubergistes .................................................
- 6° Ouvriers de manufactures.............................
- ~° Fonctionnaires.......................................
- 8° Domestiques...................................... • • •
- Soldats...............................................
- 10° Savants, avocats, professions libérales..............
- 11° Élèves des Écoles supérieures............... • ...*
- 12° Population des hôpitaux, des asiles d’aliénés, indigents.
- *3° Rentiers.............................................
- Total...........
- 108.200
- 125.800
- 4.600
- 5.600 9.000 1.900 3.500 8.000 84.000
- 914.600
- IR Population féminine : 930,000 personnes
- 1° Enfants au-dessous de quatorze ans.....
- 2° — fréquentant les écoles publiques
- 3° Femmes mariées.........................
- Veuves et femmes divorcées.............
- 3° Filles : a, employées dans l’agriculture 6, Servantes...........................
- c, Ouvrières en chambre........
- d, — de manufactures..
- e, Vivant dans leurs familles...
- réparties comme suit :
- . 127.000 l
- 149.000 )
- 276.000
- 273.000
- 68.000
- 73.400
- 6.000
- 20.600
- 14.200
- 198.800
- 930.000 (1)
- En 1872, le rapport des différentes professions entre elles avait pas notablement changé. On estimait que l’agricul-ture employait la moitié de la population, et l’on fixait à 269,077 le contingent de ^industrie, ainsi réparti *
- I EMPLOYÉS dans les manufactures et les arts et métiers, EMPLOYÉS <iat) s le commerce et l'industrie des transports. TOTAUX
- Patrons et contre-maîtres..... Ouvriers. 111.330 111.144 13.741 21.719 9.023 2.120 133.049 120.067 15.861
- Ouvrières
- 236.215 32.802 368.977
- d) Population totale en 1868, 1,779,000 habitants; au 31 décembre 1,882,000 habitants.
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- Sur ces 269,000 personnes, 44,344 étaient employées à la préparation des aliments dans les établissements suivants : 2,084 moulins, 18,000 distilleries, 2,367 brasseries, 4 fabriques de chicorée et 3 fabriques de sucre.
- Quatre établissements employant 325 ouvriers et 5,200 broches se livraient à la filature du chanvre. Le lin se filait principalement à la main : cette industrie occupait 19,507 ouvriers et 19,379 métiers. Le nombre des métiers à vapeur en activité était de 27. On filait la laine dans 75 établissements, employant ensemble 2,200 ouvriers et faisant mouvoir 60,000 broches; 3 manufactures pour le cardage de la laine comptaient 1,350 ouvriers; 74 manufactures avec 527 métiers à la main, 31 métiers à vapeur et 1,114 ouvriers travaillaient à la fabrication des tissus de laine ; 22 manufactures, avec 444 métiers à la main, 45 métiers à vapeur et 836 ouvriers fabriquaient des llanelles et des tissus mélangés.
- Les filatures de colon, qui n’avaient que 170,000 broches en 1862, comptaient, en 1872, 269,000 broches et occupaient 3,850 ouvriers ; le nombre des métiers à vapeur employés au tissage des .étoffes de coton, qui ne dépassait pas en 1861 2,250, était en 1872 de 3,250; celui des métiers à la main de 12,500. La fabrique d’impressions de Heidenheim produisait à elle seule, chaque année, 150,000 pièces de calicot pour l’exportation, et, dès 1861, on estimait à plus de 25 millions par an la valeur de la production de cette branche d’industrie.
- Il y avait, en Wurtemberg, plus de 60 fabriques travaillant à la construction des machines, dont 6 s’occupant de la construction des locomotives; 34 mettaient en œuvre les métaux précieux. En outre, beaucoup de grandes manufactures fabriquaient toutes les variétés d’objets en fer, en bronze, en zinc et employaient une notable fraction de la population industrielle qui n’était pas indiquée dans les statistiques officielles.
- Sous la rubrique : Industrie du bois, on remarquait 1,000 scieries, 8 grands ateliers de carrosseries employant 420 ou-
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- vriers, 10 établissements moindres et 1,700 tourneurs. On estimait à 2,600 le nombre des ouvriers tanneurs, et à 21,000 celui des cordonniers. Il existait en Wurtemberg1 26 fabriques de cuirs, 20 papeteries, et l’on évaluait à 7,500,000 fr. les produits annuels de la librairie de Stuttgard.
- Il est nécessaire d’indiquer, dès à présent et d’un seul îïiot, les deux causes particulières qui ont fait la fortune des manufactures du Wurtemberg, et puissamment contribué au bien-être de la population de ce pays. La première, c’est le caractère mixte des classes industrielles ; celles-ci comptent, en effet, dans leurs rangs un grand nombre d’agriculteurs qui partagent leur temps entre le travail de l’usine et celui des champs, selon la saison, ou qui travaillent à domicile, et qui, se trouvant par là même à l’abri du chômage et en possession d’un double élément de gain, peuvent se contenter, Pour leur travail industriel, d’un salaire très inférieur. Le second élément de succès de l’industrie wurtembergeoise, celui qui a le plus efficacement servi à la préserver des crises, est l’esprit de conciliation et de bon vouloir mutuel qui n a cessé de présider aux relations des ouvriers avec leurs payons, et surtout la sollicitude éclairée dont ces derniers se sont montré constamment animés vis-à-vis de leurs collaborateurs. Avec une bienveillance et une cordialité rares en tout pays, mais surtout en Allemagne, ils se sont, comme leurs voisins de Suisse, constamment attachés à multiplier les œuvres instituées dans l'intérêt des ouvriers, à vivre avec ceux-ci, à leur témoigner un intérêt sincère, à les relever à leurs propres yeux par la cordialité de leur attitude ; enfin dans les moments de crise, ils ont mieux aimé fabriquer à perte que d’interrompre le travail et de laisser sans ressources les ouvriers placés sous leurs ordres. Cette conduite, •aussi sage qu’humaine, a préservé presque complètement le Wurtemberg de la contagion des doctrines socialistes qui désolent l’Allemagne, et qui menacent de jeter dans son indus-b’ie et dans son commerce une si grave perturbation.
- Il est temps de résumer l’aperçu statistique qui précède.
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- TABLE A V comparatif des salaires et des dépenses par semaine,
- NATURE DES DÉPENSES
- NOURRITURE
- Farine et pain..................
- Viande..........................
- Lard............................
- Beurre'.........................
- Fromage.........................
- Sucre et mélasse................
- Sirops..........................
- Lait..............
- café..........;......! 1 ! ! ! ! ! ! ! ]
- Poissons (frais et salés)........
- Savon, suif, épices..............
- Œufs.............................
- Pommes de terre et autres légumes.
- Fruits.................
- Spiritueux, bière, tabac.........
- Totaux pour l’alimentation.........
- Combustible.........
- Huile éclairage......
- Loyer...............
- Habillement..........
- Impôt................
- Éducation, cuite, etc. Divers..............
- Salaires ,
- lro FAMILLE 28 FAMILLE
- B arm en Barmen
- (Prusse Prusse
- rhénane) rhénane)
- 2 adultes 2 adultes
- et et
- 2 enfants 4 enfants.
- 38 FAMILLE 4e KaMU1
- Essen Essen
- (Prusse rhénane) (Prusse rhétinw
- 3 adultes 2 adulte*
- et et
- 2 enfants 3 enfaD‘s
- lr. c. fr. e. fr. c.
- 3 60 4 30 4 »
- • 3 » 4 80 4 20
- i » 1 20 » 95
- » 65 1 80 2 20
- » 80 » » « 35
- » 50 » 60 » 40
- » 90 » » » 35
- » 70 1 65 » 75
- 1 60 1 90 » 60
- » 50 » » » 15
- » 70 » 95 » 85
- » » » 95 » 45
- 6 70 4 20 3 »
- » » » » » 45
- 2 40 » 60 1 70
- 23 05 22 95 20 40
- » 95 1 40 » 95
- » 50 » 35 » 85
- 2 40 2 40 2 55
- 1 40 6 25 1 4 85
- » 20 » 15 » 55
- 1 70 » 60 » 45
- » » » » 1 10
- 30 20 34 10 31 70
- 32 40 36 » 33 »
- Gaiu Gain
- dn mari du mari
- 21 15 24 75
- de la de la
- femme femme
- U 25 11 25
- fr. c•
- >3 50
- 35
- 30 60
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- ^,es familles d'ouvriers dans quelques villes d'Allemagne.
- 5e FAMILLE
- 3 10 3 35
- *5 30
- 22 35
- 23 40
- 6e FAMILLE Aix-la-Cha- pelle (Prusse rhénane) 2 adultes et 3 enfants. 78 FAMILLE Dusseldorf (Prusse rhénane) 2 adultes et 2 enfants. 8a FAMILLE Berlin 2 adultes et 3 enfants. 9° FAMILLE Dresde 2 adultes et 4 enfants. 10e FAMILLE Dresde 2 adultes et 3 enfants. Il8 FAMILLE Stuttgardt 2 adultes et 2 enfants. 12e FAMILLE Munich 2 adultes et 5 enfants. 13e FAMILLE Francfort (sr-l.-MeinJ 2 adultes et 2 )enfants.
- fr. c. fr. c. fr. c. fr. c. fr. c. fr. c. fr. c. fr. c.
- 3 60 5 50 3 90 3 60 5 75 5 30 2 40 3 80
- 4 60 2 35 5 65 2 40 3 » 3 75 4 » 4 »
- » 2 40 1 20 )) x. 40 1 30 1 » »
- 2 25 2 90 1 80 ( 4 » » 75 1 » 1 60
- » 40 » 25 » 50 2 40 » 25 1 » )) » 40
- » 15 » » 60 » 30 1 05 1 40 »
- » )) » 10 )) » 10 )) )) ))
- » 90 » 80 » 60 ï) 1 25 2 » 3 80 1 20
- )> 3 20 » 70 )) » 75 » 70 1 50 1 60
- » 25 » 10 » )) » 40 )) » ))
- » 70 » 45 » 65 » 10 » 45 1 » 1 » » 40
- )) » 70 » 70 » » 40 » 90 » 60 » 40
- 1 50 1 75 1 95 2 40 3 20 1 40 3 » 1 60
- » » » 50 » » 10 » 40 » )>
- 1 80 3 » 2 75 1 20 1 75 1 25 6 » » 60
- 16 15 23 40 21 60 12 10 22 10 20 80 25 70 15 60
- » 85 1 15 2 40 1 20 1 75 2 30 2 80 « 40
- e 45 » 55 » 60 » 40 » 50 1 » » 40
- 4 20 4 70 5 40 2 40 1 90 8 75 2 » 4 40
- 1 05 1 85 2 80 2 80 3 85 3 35 1 55 2 »
- » 10 » » 70 » 05 » 20 » 15 » » 05
- » 50 )) » » 75 1 10 2 » » »
- » )) » 35 » 1 25 » 30 2 » »
- 23 30 31 65 33 85 19 30 32 55 38 15 35 05 22 85
- 25 20 48 30 (Gain du père et d’un (Ils.) 32 40 36 » (Gain du père et d’une tille.) Inconnu. 40 » 40 » 28 »
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- Ainsi qu’on l’a vu, d’après les divers recensements effectués de 1867 à 1872, la population ouvrière de l’Allemagne se trouvait répartie comme suit :
- Prusse.........
- Saxe...............
- Hambourg..........
- Brême.............
- Cobourg et Gotha.... Grand-Duché de Bade Wurtemberg........
- 0.067.000 personnes. 487.000 105.000 21.000 20.000 33.000 270.000
- 7.003.000 personnes.
- Si l’on ajoute à ce chiffre celui des classes industrielles de la Bavière, et du grand-duché de Hesse, si l’on quadruple ceux qui représentent les contingents de Brême du grand-duché de Bade, des duchés saxons qui ne comprennent que les ouvriers seuls sans leurs familles; enfin si l’on tient compte d’une part de l’accroissement de la population survenu depuis la date des divers recensements et, d’autre part, de l’annexion de l’Alsace-Lorraine, on reconnaîtra que les arts et métiers, les usines et les manufactures ne doivent pas occuper ou alimenter moins de 10 millions d’habitants, sur 43 millions, dans toute l’étendue de l’Empire germanique.
- Nous considérons comme indispensable de faire suivre les explications précédentes, sur la situation respective des différentes provinces composant l’Empire germanique, par un tableau statistique sur la situation des classes ouvrières, au point de vue économique, en mettant en parallèle la moyenne des salaires, comparée aux frais généraux (l).Voir le tableau pages 102 et 103.
- En ce qui concerne spécialement les ouvriers agricoles, adultes et du sexe masculin, un relevé des salaires moyens payés dans les diverses provinces et les différents districts de
- (1) En ce qui concerne les salaires, nous renvoyons le lecteur aux tableaux statistiques des salaires classés par industrie et par puissance, et qui se trouvent placés à la suite des Rapports concernant chaque industrie.
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- l’empire allemand, a été adressé, en 1874, par le professeur van der Goltz, de Kœnigsberg, et publié peu de temps après dans le journal La Concordia. On trouve dans ce relevé des indications très complètes et très dignes de foi (1), qu’il semble utile de mettre, au moins en résumé, sous les yeux du lecteur.
- ÉTATS ET PROVINCES EN SALAin ÉTfe ES QUOTÏDI EN HIVER ENS (2) MOYENNE
- ROYAUME DE PRUSSE fr. e, fr. C. fr, c.
- Prusse 1 60 1 » i 30
- Poméranie 2 20 1 30 i 75
- Posen 1 65 1 )) i 3o
- brandebourg t 90 1 30 i 60
- Silésie 1 15 )) 90 i ))
- Saxe 1 75 1 35 i 55
- Hanovre 2 05 1 60 i 85
- Slesvig-llolstein 2 40 1 60 o »
- Westphalie 0 05 1 65 1 85
- Rhin.... 2 15 1 65 i 90
- Hesse-Nassau t 95 1 55 i 75
- Grand-duché d’Oldenbourg o 50 1 80 2 15
- — de Mecklembourg J) » • )) 1 90
- — de Saxe-Weimar. t 65 1 20 1 70
- Ruché de Saxe-Gobourg-Gotha . . 1 75 1 35 1 55
- de Saxe-Altembourg 1 80 1 35 1 55
- de Saxe-Meiningen 1 35 1 10 1 25
- Royaume de Saxe 1 90 1 45 1 70
- — de Ravière. 1 35 1 40 1 65
- '— de Wurtemberg 2 25 1 05 1 9.)
- Grand-duché de Bade O 20 1 75 ï)
- — de 1 lesse-1 >armstad 1 80 1 95 1 6.)
- Alsace-Lorraine 2 50 2 » o 25
- U) Ces chiffres représentent la substance de 1,400 «apports a^r°^ au professeur Von der Goltz à la suite de la résolution prise par grès des agriculteurs allemands de procéder a une enque e sur « -dit ion des ouvriers ruraux eu Allemagne. Chaque e\ a ua ion pou simple district représente en moyenne vingt «apports individue s.
- (2) Sans aucune rémunération accessoire. Nous aïons e _’oni,C sons pour considérer ces salaires comme faisant uujour un ^
- partie do la bonne moyenne. La marche progressée des sa airP® ^ Allemagne après la guerre de 1870 s’est sensiblement ra en ie plutôt rétrogradé. (Note dos «apporteurs generaux.)
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- AUTRICHE-HONGRIE
- OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
- L’industrie autrichienne a depuis quelques années fait beaucoup parler d’elle. Les Expositions do Vienne, de Philadelphie et de Paris ont révélé ses progrès. Les longues négociations qui ont eu lieu entre les cabinets de Vienne et de Berlin pour le renouvellement du traité de commerce austro-prussien ont dénoté les tendances protectionnistes et les exigences souvent exorbitantes des industriels des deux pays, mais surtout celle dos industriels autrichiens. Il ne peut donc pas être sans intérêt d’étudier de près l’organisation d une industrie dont les visées sont si hautes et à. laquelle l’avenir réserve sans nul doute de brillantes destinées. Elle dispose 6ii effet des ressources de l’un des pays les mieux dotés qui soient en Europe. On se tromperait si l’on prétendait juger de la richesse de l’Autriche par celle de son gouvernement, ki pauvre qu’ait longtemps été la cour de Vienne, quelque élevé que soit le chiffre de sa dette, quelques embarras hnanciers qu’elle éprouve, la monarchie des Ilapsbourg n’en est pas moins l'une des régions de notre continent auxquelles la Providence a le plus libéralement départi ses dons. Elle produit en abondance le blé, le vin, le bétail, ces trois éléments essentiels de la prospérité agricole ; elle renferme d’immenses et magnifiques forêts; ses montagnes recèlent dans leurs flancs les gisements de minerais les plus variés, les plus abondants et les plus riches; enfin, si le littoral de l’Empire est restreint, il comprend du moins un admirable
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- port de commerce et il fournit ces matelots istriotes et dal-mates auxquels nuis autres ne sont supérieurs. Au point de vue du personnel industriel, l’Autriche n’est pas moins bien partagée qu’au point de vue des ressources matérielles. Elle a d’excellents ingénieurs, des Allemands pour directeurs d’usines, et des juifs pour banquiers. Quant à la masse populaire, dans laquelle se recrute les ouvriers, elle reflète naturellement les physionomies si diverses des huit ou dix nationalités rivales entre lesquelles se partage l’Empire austro-Iïongrois.
- Néanmoins, pris dans son ensemble, cet amalgame hétérogène de populations si différentes se distingue par un caractère spécial, sauf dans la partie purement germanique de la monarchie. Les Autrichiens réunissent en général, aux qualités solides des races européennes, les dons plus brillants et plus légers de l’Orient. Mélange singulier de Magyars et d’Allemands, de Slaves et de Latins, l’ouvrier autrichien joint le plus souvent à la patience et à la force qui distinguent son camarade tudesque, la promptitude d’esprit, la vivacité d’imagination, l’originalité qui caractérisent le slave, fréquemment aussi la pureté du goût et l’instinctive justesse de coup d'œil auxquels se reconnaissent l’ouvrier français et l’ouvrier italien, surtout l’ouvrier parisien.
- Comment avec de telles ressources un empire do 37 millions d’âmes n’occupe-t-il encore qu’un rang si modeste dans le monde industriel européen? L’explication est facile à donner, elle est toute d’ordre politique. Tant que l’Autriche est restée ce que l’avait faite Maximilien et ses successeurs, c’est-à-dire un Etal d’ancien régime gouverné par un autocrate, elle a dû se garder avec un soin jaloux du contact des peuples libres et la douane des idées a eu pour auxiliaire, pour complément, la douane des marchandises et la prohibition à peu près absolue des produits étrangers. Une sorte de muraille de Chine a pendant des siècles entouré l’Empire des Ilapbsbourg, et l’industrie née dans cette atmosphère de serre chaude n’a pu acquérir la vitalité, l’esprit d’entreprise et la
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- force d'expansion que donne seul l’usage réel de la liberté ; elle était d’ailleurs, comme tout en Autriche, soumise au régime du bon plaisir et aux réglements minutieux de la bureaucratie la plus formaliste qui fût sur le continent. Qu’en advint-il? A force de protection ses tuteurs l’arrêtèrent dans son développement ; toujours tenue en lisières, elle n’apprit pas à marcher. Peut-être au surplus l’événement ne faisait-il en cela que servir les secrets desseins de la Cour de Vienne, peu jalouse disait-on, de développer la turbulente plèbe des grandes villes et des usines au détriment de la docile population des campagnes. Pour modifier sous ce rapport sinon les vues, du moins la conduite du gouvernement autrichien, il fallut la réunion de bien des circonstances» d’abord les cruels enseignements du malheur, la guerre d’Italie, Sadowa, l’affaiblissement de l’idée d’autorité et les réformes libérales qui en furent la conséquence, puis l'avènement des ministres allemands appartenant à l’Ecole économique de Berlin, enfin dans une certaine mesure le désir de complaire à la France, placée alors à la tête du mouvement libre échangiste. Ce fut en 1866 seulement, sous l’action de ces causes multiples, que les barrières commencèrent à tomber, et que l’industrie autrichienne vit s’ouvrir devant die le marché européen.
- C’est donc depuis dix-huit ans à peine qu’elle peut s’outiller, se fournir librement de matières premières, s’initier aux eonditions et aux nécessités de la concurrence internationale. Elle a beaucoup fait en un si court espace de temps; mais il lui reste énormément à faire et elle n’est encore à vrai dire qu’une industrie naissante, pleine de promesses et Par là même d’autant plus intéressante à étudier. Elle mérite également l’attention à un autre titre : elle sort à peine du système corporatif et de la tutelle administrative pour commencer sous un régime (le liberté relative, une existence nouvelle; elle offre ainsi à l’heure présente l’exemple sans doute unique en Europe, d’une industrie en pleine transformation traversant celte crise difficile qui a partout marqué
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- le passage de la réglementation à l’indépendance, de la vie collective à la vie individuelle.
- En ce temps où l’on se reprend à discuter avec une ardeur croissante le système des corporations, celui des syndicats et toutes les autres questions qui se rattachent au principe des associations industrielles, il ne saurait être sans utilité de recueillir les enseignements d’une expérience qu’accomplit à nos portes et sous nos yeux l’une des plus vastes monarchies de l’Europe.
- I
- LÉGISLATION INDUSTRIELLE
- L’industrie austro-hongroise sort à peine de tutelle. — Caractère général et traits principaux de l’ancienne organisation industrielle.
- L’application du système féodal au sol et au travail s’est prolongée en Autriche jusqu’en 1848. A cette époque la législation révolutionnaire l’abolit. Avant cette suppression l’industrie ne pouvait s’exercer qu’en vertu de concessions impériales, les capitaux étaient condamnés à l’inactivité par les lois sur l’usure et par l’absence des banques ; la production était protégée contre la concurrence soit extérieure, soit intérieure, par des droits prohibitifs et par de lourds impôts. Faute de moyens de transport, les marchés de l’intérieur demeuraient isolés. La classe agricole se partageait très nettement en deux catégories : les propriétaires du sol et les cultivateurs. Les relations de ces derniers avec les premiers étaient celles de sujets. Le travail agricole était obligatoire. Les seigneurs tenaient des cours baroniales et rendaient la justice tant au civil qu’au criminel. Il est vrai que des obligations spéciales correspondaient à ces privilèges : les propriétaires fonciers étaient tenus non seulement de pourvoir à la distribution de l’enseignement laïque et religieux, mais encore de veiller à la santé publique et au bien-être des populations.
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- Aussi longtemps que ce régime demeura en harmonie avec l’esprit et les mœurs de l’époque, il subsista sans être dans la pratique aussi oppressif qu’il peut le paraître en théorie. L’application en fut tempérée, du moins dans toutes les provinces allemandes de l’empire, par un sentiment général de bienveillance et d’humanité, par la prédominance de l’idée de protection d’où il découlait, enfin par l’intérêt général qu’avaient les seigneurs féodaux à ce que leurs serfs fussent en état de leur rendre volontiers d’utiles services. Il est vrai que ce système en rétrécissant l’horizon de l’industrie autrichienne et en dispensant l’ouvrier de prévoir, étouffait l’es-Prit d’initiative et retardait le développement de la richesse nationale. L’organisation industrielle comme l’organisation du travail agricole, comme toute chose en Autriche, reposait donc alors sur le principe d’une protection presque patriarcale ; tutelle des patrons sur leurs ouvriers, tutelle de lEtat sur tous. Par malheur, quand le tuteur se trouvait être infidèle à sa mission, le mineur passait de la condition de protégé à celle de sujet, et de sujet opprimé. Lorsque le patriarche couronné s’appelait Joseph II, Léopold ou même Marie-Thérèse, son protectorat dégénérait en absolutisme, et les progrès de l’industrie se trouvaient singulièrement entrais par les mille liens d’une réglementation souvent bizarre, toujours minutieuse. La tutelle bureaucratique de l’Etat avait du moins cet avantage de servir d’utile correctif à l’àpreté de l’égoïsme individuel et de maintenir par des moyens plus °u moins discutables une sorte d’équilibre artificiel entre les intérêts rivaux des différentes classes et des nationalités si nombreuses de l’Empire.
- Plusieurs circonstances particulières contribuèrent, d’ail— lours, pendant des siècles à favoriser le développement de ^idée patriarcale en Autriche, notamment en matière industrielle. D’une part, l’État trouvait dans le personnel conscieu-oieux et formaliste de sa bureaucratie des agents précieux pour l’exercice d’une surveillance constante, et, par une réaction inévitable, l’exercice même de cette surveillance
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- formait à son tour toute une légion de fonctionnaires spéciaux qui, sans perdre leur rang officiel dans la hiérarchie administrative, remplissaient les fonctions d’inspecteurs ou d’administrateurs de musées ou de fabriques, et apportaient dans les ateliers les principes qu’on leur avait inculqués dans les «bureaux. Les grands propriétaires fonciers étaient, d’autre part, dans beaucoup de provinces, les seuls grands manufacturiers fabriquant sur une large échelle; il en résultait qu’ils appliquaient à l’organisation de l’industrie manufacturière les traditions acquises dans l’administration de leurs propriétés foncières; ils tinrent à assurer le bien-être de leurs ouvriers autant que celui de leurs paysans, et, en revanche, à pouvoir disposer des uns aussi absolument que des autres. Enfin, il ne faut pas oublier qu’en Autriche, jusqu'à ces derniers temps, l’Etat se trouvait être non seulement un des plus grands propriétaires fonciers, mais encore l’un des principaux manufacturiers de l’empire. Outre les monopoles du sel, du tabac et de la poudre, il possédait plusieurs autres industries importantes : il était le premier fabricant de porcelaines, de papiers et de produits chimiques ; il était propriétaire des mines les plus considérables de chaque province; par conséquent, il se trouvait naturellement amené à étendre aux classes ouvrières employées dans ses ateliers le système paternel qu’il appliquait déjà dans toutes les branches de l’administration.
- Sous de telles influences, la forme corporative était la seule que put revêtir l’organisation intérieure des corps d’état indmtrifds.
- La corporation, la (/enosse?isc/)<//l, à la fois obligatoire et fermée, est en quelque sorte le moule dans lequel s’est formé l’Autriche manufacturière. Vieille de huit cents ans, elle remplit tout le passé de l’industrie autrichienne; elle n’a perdu que récemment son caractère quasi féodal, et son empreinte se retrouve encore visible et puissante dans toutes les branches de l’industrie austro-hongroise. Il importe donc d’en examiner de près le principe et les rouages.
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- En Autriche comme dans tous les pays de l’Europe, les corporations avaient été fondées au moyen âge non seulement dans un but de protection et d’assistance mutuelles, mais encore dans un esprit de protection et de privilège. Chacune d’elles avait sa spécialité industrielle et sa circonscription territoriale dont elle ne pouvait sortir, mais où elle était maîtresse exclusive et souveraine absolue. Comme nos anciennes maîtrises, les corporations ou yenossenschaften autrichiennes ne pouvaient fabriquer qu’une espèce limitée de produits, en se conformant pour les conditions de fabrication aux règlements spéciaux à chaque branche d industrie. Les corporations d’un même corps de métier ne devaient jamais se faire concurrence les unes aux autres ; chaque "ville avait la sienne chargée en quelque sorte de l’approvisionnement exclusif de la cité et de celui des campagnes voisines ; les artisans ruraux relevaient de la corporation urbaine, ne pouvaient s’établir qu’avec son autorisation, 11e fabriquaient que dans les limites lixées par elle et ne pouvaient vendre leurs produits en ville.
- Le régime corporatif, tel qu’on vient de l’esquisser, se maintint sans altération en Autriche jusqu’au milieu de ce siècle, il y a vingt ans seulement qu’il fut sinon supprimé, du moins profondément modifié par la patente impériale du ^0 décembre 1859, véritable code industriel dont les disposions sont encore pour la plupart en vigueur. Cet acte décréta la liberté de l’industrie, supprima les privilèges des corporations et reconnut en principe, à tout sujet autrichien uyant la jouissance de ses droits civils, la faculté d’exercer dans toute localité une industrie quelconque, et d’en débiter partout les produits. Même liberté fut reconuue aux étrangers, â moins de stipulations contraires insérées dans une ooiivention internationale ; il suffit donc, en général, pour pouvoir se livrer a une industrie, d’en faire la déclaration aux autorités politiques du district : telles sont les industries msalubros ou incommodes pour le voisinage; celles qui emploient des foyers, des machines à vapeur, des machines
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- hydrauliques, enfin celles qui font usage de moteurs dangereux.
- Les corporations sont expressément maintenues et reconnues comme Sociétés de secours mutuels et, en quelque sorte, comme cadre hiérarchique du personnel ouvrier. Elles sont obligatoires en ce sens que tous ceux qui exercent une industrie ou des industries analogues dans une commune ou des communes voisines, font de droit ipso facto partie de’la corporation instituée pour cette industrie, soit comme membres de la corporation s’ils sont patrons, soit comme affiliés s’ils sont compagnons ou apprentis. Les corporations tiennent delà loi une triple mission de conciliation, d’assistance et d’information. Gomme autorités tutélaires et conciliatrices, elles sont tenues de veiller au maintien de relations régulières entre les membres de la corporation et ceux qui en dépendent, notamment au point de vue des rapports de maîtres à ouvriers et de patrons à apprentis ; elles ont en outre à régler les contestations qui peuvent survenir entre les uns et les autres. Enfin leur tâche principale consiste à assurer h leurs membres l’instruction technique et l’assistance en cas d’infirmités, de maladies ou autres accidents. Fonder ou entretenir des écoles professionnelles et en surveiller le fonctionnement , établir et diriger des institutions de secours mutuels, telles que caisses de maladies ou caisses funéraires, telle est leur œuvre essentielle, normale et particulièrement bienfaisante. Pour les aider à s’en acquitter, la loi leur a reconnu des droits considérables : elle les autorise d’une part à fixer dans de certaines limites le taux de la cotisation que les membres de la corporation doivent verser à la caisse de secours ; elle leur permet, d’autre part, de voter des règlements spéciaux et d’en assurer l’exécution au moyeu de pénalités légères (la censure et l’amende de cinq florins au plus), que prononce le bureau de la corporation.
- Les membres de la corporation restent, en effet, comme au moyen âge, répartis de fait et de droit en trois classes :
- La classe supérieure, celle des maîtres;
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- La classe moyenne, celle des ouvriers ou compagnons;
- La classe inférieure, celles des apprentis.
- L’organisation corporative a pour complément plusieurs Autres dispositions législatives d’une importance moindie, utais où se retrouve également l’influence des idees de protection patriarcale et de tutelle administrative qui dominent encore en grande partie la législation industrielle de 1 Autriche. Ainsi non seulement les ouvriers sont privés de tous droits de suffrage, même pour lès élections des membres industriels, non seulement ils sont exclus du jury, mais encore ils ne sont pas libres de changer d’atelier sans le consentement de leur patron. Les grèves sont prohibées comme les lock-out (1). A défaut de stipulations contraires, les salaires se pavent par semaine et les congés doivent être donnés quatorze jours à l’avance.
- Si la législation autrichienne n’a pas lixé de maximum peur la durée de la journée de travail des adultes, elle a, au contraire, réglementé minutieusement la situation des enfants et des mineurs, au point de vue tant de leur éducation que de leur emploi dans l’industrie.
- Aucune industrie, dans aucune fabrique l’on ne peut employer d’enfants de moins de dix ans. De dix à douze les enfants ne peuvent être admis que sur la présentation d’un permis délivré à la requête du père ou du tuteur, par l’au-f°nté municipale de la commune qu’il habite. Pour qu’un permis de ce genre puisse être donné, il faut qu’il existe dans le canton une école industrielle spéciale, ou que le travail industriel de l’enfant soit reconnu compatible avec la fréquentation de l’école communale. Les enfants requs dans fes ateliers ne peuvent y être chargés que de travaux jugés
- U) Cependant, en 187:?, un des deux rapporteurs de ce travail d’ensemble, travaillant a Vienne * i orfèvre, fut témoin d’une grève dans cette labnque. -es o enlrtV
- tèrent le travail, parce que le Français gagnait plus queturf.). •> eut rent, d’ailleurs, huit purs après, et le patron les paya comme ait leur semaine ordinaire.
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- par les autorités exempts de tout inconvénient pour leur santé et même pour leur développement. Ils ne doivent pas travailler plus de dix heures par jour; de dix à quatorze ans et de quatorze à seize plus de douze heures par jour, avec repos à des intervalles convenables. La loi interdit l’emploi d’enfants au-dessous de seize ans pour tout travail de nuit (de neuf heures du soir à cinq heures du matin), sauf dans les industries où le travail ne peut être interrompu ou dans toute industrie en cas d’urgence. Dans ces industries, les enfants de quatorze à seize ans peuvent être autorisés à travailler de nuit, mais à condition qu’ils se relayent très souvent et que le travail de nuit alterne régulièrement pour eux avec le travail de jour. En cas d’urgence, les industriels peuvent également être autorisés à prolonger de deux heures pendant quatre semaines au plus la journée des enfants au-dessous de seize ans. Les autorités locales sont chargées de veiller à l’exacte observation de ces règles.
- La législation autrichienne est beaucoup plus sobre de prescriptions tutélaires en ce qui concerne le travail des femmes.
- Elle se borne ù recommander de tenir compte avec le plus grand soin, dans la distribution des tâches aux ouvrières, de l’infériorité de leurs forces physiques et de la délicatesse particulière de leur organisation ; mais cette intervention toute platonique de la loi en faveur des femmes paraît complètement dénuée d'efficacité, car il est peu de pays où l’on emploie à des travaux de force plus de femmes qu’en Autriche.
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- II
- Confusion de l’élément industriel avec l’élément agricole en Autriche.— Classification de la population par professions. — Principaux cen res industriels. — Industrie minière et métallurgique. — Céramique. — Produits chimiques. —Produits alimentaires.
- S’il est relativement facile de préciser le régime légal des ouvriers autrichiens, il est beaucoup moins facile de se rendie compte de leur situation défait. Un motif spécial enlève une partie de leur autorité aux indications de la statistique autrichienne en ce qui concerne surtout la classification par professions. L’Autriche est l’un des pays où s’est le mieux et le plus généralement conservé l’antique alternance des travaux induç-triels avec les travaux agricoles; il en résulte que beaucoup de paysans appartiennent en même temps à la classe industrielle et apportent un contingent important à la production manufacturière; ils ne figurent neanmoins dans les tableaux d® recensement que sous la rubrique de la population agri-Cole, et la statistique induslrielle.se trouve par suite notablement faussée. Dans les villages des environs de Vienne, par exemple, un grand nombre de tisserands sont en même temps ouvriers agricoles; dans les forêts montagneuses du Warl-^iertel, depuis Krems jusqu’à la frontière de Bohême, vers le fiord, jusqu’à la haute Autriche, dans l’ouest, le paysan, quand le travail des champs se ralentit, gagne de 60 à 70 kreutzers (de 1 fp 5Q .q | fq. 75) par jour en tissant. Ces tisserands Parviennent, grâce à la faiblesse de leurs salaires et à la qua-lité grossière des tissus qu’ils fabriquent, à soutenir la concurrence des métiers à vapeur,et des quantités considérables de toiles sorties de leurs mains entrent dans la consomma-tion de l’Autriche ; une partie est même exportée à vil prix eu Roumanie et en Turquie. Cette alliance de l’agriculture avec l’industrie, qui est presque la règle dans l’archiduché.
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- TABLEAU des Professions diverses
- PROFESSIONS
- Agriculture, forêts, chasse, pêche, mine et haut3-fourneaux.............................
- Bâtiment............................
- Métaux, pierres et bois.............
- Produits chimiques, aliments, tabac.
- Textiles............................
- Cuirs, papier.......................
- Divers.
- Improductives..................................
- Commerce, banque, moyens de transports.. ..
- Professions libérales et fonctionnaires........
- Rentiers et propriétaires de maisons.. . .'....
- Domestiques. . ................................
- Sans professions au-dessus de quatorze ans... Sans professions au-dessous de quatorze ans..^
- Armée.
- Cisleithanio......
- Hongrie...........
- Cisleithanie......
- Hongrie...........
- Cisleithanie......
- Hongrie...........
- Cisleithanie......
- Hongrie...........
- Cisleithanie......
- Hongrie...........
- Cisleithanie......
- Hongrie...........
- Cisleithanie......
- Hongrie...........
- Cisleithanie......
- Hongrie...........
- Cisleithanie......
- Hongrie......... . .
- Cisleithanio......
- Hongrie............
- Cisleithanie.......
- Ilongrio...........
- Cisleithanie.......
- Hongrie...........
- Cisleithanio.......
- Hongrie............
- Cisleithanie.......
- Hongrie............
- Cisleithanie.......
- Hongrie............
- Totaux.
- .785 .975.7; 17.68J 16.737 118J 75.2-
- oc.^j
- 32.1°)
- 95.02
- 47.630
- (J9.860
- 85.072
- 73.03;
- 34.26J
- 158.»J
- 05.50
- i
- en Autriche-Hongrie.
- nombre
- TOTAUX
- e Commis, d’Ouvriers et Journaliers. PABTÏETjS par pays.
- 33.150 5.723.701 » 7.601.842 J
- ? 3.088.346 » 5.064.062 '
- 4.172 213.650 235.510
- 1.625 44.241 62.603
- 4.102 382.984 505.772
- 2.348 94.340 171.968
- 5.840 175.704 248.000 J Cisleithanie \
- 2.218 47.960 82.285 ( 2.272.816 1
- 4.103 696.471 796.498 Hongrie 1
- 1.011 44.912 93.553 l 647.064 )
- 1.714 206.611 308.194 1
- 1.998 83.840 170.910
- 2.533 103.272 178.842
- 1.540 29.940 65.745
- 79.646 195.924 )) 433.644
- 66.790 )) 132.373
- )) )> » 271.040
- )) )) )) 176.461 !
- )) )) » 435.285 ]'
- » » )) 80.858
- )) 1) » 817.835 1
- )) D )) 1.141.184 \
- )) )) » 2.199.117 {
- )) » » 2.946.354 }
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- )> » )) 5.361.556 <
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- » )> ))
- pr l’Autr.-Hong.
- 2.919.880
- 566.017
- 447.501
- 516.143
- 1.959.019
- Cisleithanie
- 5.145.471
- Iiongrio
- 11.566.502
- 292.399
- 36.078.836
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- se rencontre aussi communément dans d’autres provinces de la Cisleithanie, en Bohême, en Moravie, en Silésie. Un grand nombre de paysans de ces régions tissent à la main et appartiennent ainsi en même temps à la classe agricole et à la classe industrielle, bien qu’au point de vue social tout les sépare de cette dernière : idées, mœurs, aspirations.
- Voici, sous cette réserve, les résultats fournis par le recensement général de 1870. En Cisleithanie, sur 20,395,000 habitants, 2,272,000 se livraient au travail industriel. En Hongrie, 647,000 seulement sur 15,600,000. Le tableau ci-dessus fait d’ailleurs connaître plus exactement l’importance numérique des diverses professions.
- L’industrie est, comme on le voit, presque exclusivement concentrée dans la Cisleithanie ; Vienne et la Bohême avec la Moravie, la Silésie autrichienne et la Styrie en sont les foyers principaux. La Bohême pour les grandes industries, principalement celles de la céramique, de la verrerie, des tissus et des produits chimiques, pour l’industrie sucrière, pour la brasserie et la distillerie ; Vienne pour l’industrie mécanique et les industries de luxe (fabriques de soieries employant 4,000 ouvriers, fabriques de rubans, de gants, de galons d’or et d’argent, de quincaillerie, d’instruments de musique et de précision, de carrosserie, de papeterie; de porcelaines employant 150 peintres et environ 1,506 ouvriers de joaillerie, d’horlogerie, de produits chimiques et surtout de pipes en écume de mer).
- Le recensement n’indique pas quelle est dans chaque profession la proportion des ouvriers majeurs et mineurs, non plus que celle des deux sexes. Cette lacune est comblée, en partie du moins, parle Mémorial des mines et usines autrichiennes, et par une série de rapports du ministère du commerce cisleithan, qui ont été publiés de 1872 à 1876 et oii se trouve exposée en détail d’après les renseignements fourni* par les Chambre de commerce la situation des quatre grandes branches d’industries : la métallurgie et les mines, les produits alimentaires et les produits chimiques, l’industrie de la
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- Pierre et de la terre. D’après les chiffres, d’ailleurs incomplets, fiue fournissent ces relevés, on arrive aux résultats suivants ;
- Établissements
- Nombre b ouvriers (1)
- Hommes Femmes Enfants Total
- Industrie minière et i ^nes Métallurgique. 13.980 ]
- 73.004 14.942 2.772 j
- 13.118 307 304 [111.032 *
- 4.033 120 152 ]
- (Travaillant de 10 à 14 heures et de 230 à 330 jours, en moyenne 300 j°urs par an.)
- Nombre d’ouvriers (1)
- Établissements Hommes Femmes Enfants Totaux
- Industrie de la pierre et
- de la terre...................... 0.887 22.411 019 78 29.993
- Céramique et verrerie... 8.530 21.830 4.105 1.053 30.120
- Produits chimiques......... 4.180 4.755 2.315 000 11.916
- Alimentaires................. 187.358 53.394 61.762 2.811 307.325
- (Travaillant de 9 à 13 heures et de 200 à 233 jours.)
- Le taux des salaires et la durée de la journée de tiavail sont en tout pays, et particulièrement en Autriche, presque ^possible à déterminer d’une manière précise. L’industrie viennoise a pu seule faire connaître, au moins approximativement, le chiffre des salaires qu’elle paye à ses ouvriers, et 1a durée de la journée de travail dans chaque métier. Ainsi, eu 1870, un bon cordonnier viennois travaillant aux pièces, Rognait jusqu’à M francs par jour, il est vrai que la fréquence des jours fériés diminuait sensiblement la somme de son §oin annuel : pour lui comme pour ses camarades de la plu-part des autres corps d’état, l’usage consacrait jusqu a soixante-seize jours de repos par an.
- ^ l’autre extrémité de l'échelle des salaires, parmi les ouvriers les moins bien rétribués se trouvent, comme presque Partout, les tisserands, dont le salaire moyen dépasse rarement 12 fr. ffO par semaine. Enfin entre ce maximum et ce minimum s’échelonnent les salaires des diverses industries
- (ri Chiffres partiels.
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- qui emploient ta majeure partie de la population ouvrière de Vienne.
- L’industrie viennoise du bâtiment mérite, surtout au point de vue des salaires, une mention spéciale. Il en est peu de plus importantes et de plus prospères. La transformation qu’a subie la capitale, par suite du démantèlement des anciennes fortifications, l’accroissement rapide do la population qui dépasse 1 million d’habitants, la construction hâtive de maisons princières sur le Ring, la spéculation fiévreuse à laquelle la hausse des terrains a donné naissance, tout contribue à rendre la demande de main-d’œuvre très supérieure à l’offre, non seulement dans l’industrie du bâtiment proprement dite, mais encore dans les industries annexes qui en dérivent. La fabrication des matériaux elle-même n’est pas assez prompte pour répondre à tous les besoins. Les briques, par exemple, peuvent à peine être fournies en quantités suffisantes, bien que de nombreuses briqueteries soient en constante activité et que l’une d’elle produise à elle seule jusqu’à un million de briques par jour. Aussi le prix des briques a-t-il atteint le taux excessif de 57 fr. 50 le mille.
- Les salaires des ouvriers ont augmenté en proportion • un maître maçon reçoit en moyenne, pour douze heures de travail, environ 3 fr. 50, un aide 2 fr. 50, une ouvrière 2 fr. 05 par jour.
- Les salaires des scieurs de long varient de 17 fr. 50 à 20 francs par semaine ; celui des forgerons et ouvriers en fer atteint 5, fi et 7 fr. 50 par jour; les menuisiers et ébénistes sont payés à peu près do même, entre fi fr. 25 et 7 fr. 50 par jour. On compte à Vienne environ 2,000 maîtres tailleurs employant à peu près 6,000 ouvriers et apprentis; de 3,500 à 4,000 hommes, de 400 à 500 femmes, de 800 à 1,000 apprentis, de 200 à 300 apprenties. Los cinq sixièmes de cette population ouvrière se composent de célibataires; un millier d’ouvriers seulement travaillent à la journée, Jes au très aux pièces. Les salaires varient, suivant l’babilelé de l’ouvrier, de I2fr. 50 à 37 fr. 50 par semaine sans nourriture m
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- logement, pour six journées de 12,13, 14, et même 15 heures de travail. La plupart des ouvriers sont, il est vrai, logés et nourris chez leur patron ; ils reçoivent, dans ce cas, un salaire qui oscille entre 2 fr. 50, 3 fr. 75 et 6francs et exceptionnellement 10 francs par semaine. Les coupeurs sont généralement payés au mois entre 100 et 250 fr. avec la nourriture, le logement et quelquefois l’habillement aux frais du patron. Les ouvrières au-dessus de quatorze ans travaillant à la journée, gagnent 1 fr. 25 à 2 francs par jour. Une centaine d’entre elles logées et nourries par les établissements qui les emploient ne reçoivent que 15 à 30 francs de salaires mensuels. Ces chiffres, il est vrai, ne représentent que le salaire normal et moyen. En fait, l’activité et la rémunération du tra? vail subissent dans l’industrie du vêtement, plus que dans l°ute autre, de longues et considérables variations suivant ies saisons. Les commandes affluent du commencement de mars au milieu de juillet, et de septembre à la fin de 1 année ; à- °e moment les travaux supplémentaires sont fréquents, et °n les paye à l’heure et en proportion du prix habituel de la journée de chaque ouvrier. Dans la morte-saison, au contraire, les salaires baissent, le travail aux pièces est plus généralement accepté, et beaucoup d’ouvriers quittent\ienne Pour aller chercher du travail en province.
- Si en dehors de Vienne l’on veut se rendre compte de la rémunération des salaires des industries diverses, l’on peut estimer que, où la population manque de densité, là où les affaires deviennent plus rares, en raison des difficultés, ou des transports ou de celles causées par l’éloignement des oentres commerciaux, les salaires vont en décroissant de ^5 à 35 0/0. Les mêmes exemples se produisent en V rance et dans la majeure partie des nations.
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- SUISSE
- Envisagée au point cle vue industriel, la Suisse ollrc un spectacle unique en Europe. Avec son sol ingrat, une popu-tion clairsemée et des capitaux relativement minimes, elle occupe un rang éminent parmi les puissances manufactures de rAncien-Monde. Elle n’a pas les débouchés mariâmes qui contribuent si puissamment au développement du commerce britannique ; elle ne possède pas davantage ces impenses gisements houillers, qui ont fait en grande partie la fortune industrielle de l’Angleterre et de la Belgique. Néanmoins elle soutient la concurrence de ses redoutables rivales, foon plus, elle envoie ses produits sur les marches les plus lointains, et ces produits luttent avantageusement avec les sfoiilaires anglais, allemands, français ou belges. Avec une population de moins de trois millions d’habitants (1), avec un territoire qui représente au plus le douzième de la P rance et dont un quart au moins est stérile, elle exporte annuellement pour 60 millions de marchandises à destination des Etats-Unis (2), pour environ 100 millions en France (3) et proba-
- (t) 2,845,102 àmes, chilïre du recensement fédéral du 1 deeemb 1880. ^ .... —,
- (2) 70 millions de francs en 1872; 00 en 18/3; 01 en 18/-*, au e„ .
- S(ùt 06 millions en moyenne de 1864 à 1872, d après les i onnees
- par les consulats américains de Zurich, de Bâle et de (icnève. 1809 •
- (3) Commerce spécial : 140 millions de Irancs en 18(*8 , 1' - ei P2 en 1870; 103 eu 1871 ; 07 en 1872; 02 en 1873; 00 en 18/a; i87o; HO en 1870; 00 en 1877; 110 en 1878, et 103 eu 1870.
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- blement 800 millions à 1 milliard dans le monde entier (1).
- Ce résultat si remarquable en lui-même devient plus surprenant encore lorsqu’on songe aux conditions dans lesquelles il a pu être atteint, aux efforts qu’il suppose, au peu de souffrances matérielles et morales qu’il a coûtées. La Suisse a, en effet, le privilège d’être, malgré l’exiguïté de ses ressources matérielles, l’une des nations les plus prospères de l’Europe, et malgré l’extrême modicité des salaires de ses classes ouvrières, l’un des pays qui sentent le mieux leur bonheur et où le malaise moral dont l’Europe est atteinte a fait encore le moins de progrès. On y voit réuni ce que partout ailleurs on est tenté de déclarer inconciliable : j la vie de famille et le travail industriel, le bien-être de l’ouvrier et la faiblesse des salaires, le développement de l’industrie et le travail à domicile. On y trouve surtout — fait plus remarquable encore — des patrons en bonne harmonie et en rapports presque intimes avec leurs ouvriers.
- A quelles causes attribuer ce phénomène industriel ? On ne saurait évidemment se l’expliquer par les avantages particuliers dont la nature aurait dotés les cantons suisses. On doit reconnaître sans doute que, grâce aux nombreux cours d’eau qui sillonnent le solde la Confédération, les industriels suisses peuvent le plus souvent se procurer à peu de frais de puissants moteurs hydrauliques; mais ils ont en revanche à lutter contre de graves et nombreuses causes d’infériorité. La position continentale de leur pays, situé au centre de l’Europe et loin de tout débouché maritime, leur impose un surcroît de frais de transport qui grève lourdement la production ; le sol, peu fertile, ne recèle pas dans ses entrailles les richesses minérales dont l'industrie nationale a besoin et qu’elle est obliJ gée de tirer à grands frais des pays environnants ; enlin le*
- (I) Le caractère dubitatif de ces évaluations tient à ce que le relevé du commerce de la Confédération helvétique, publié par la direction des douanes suisses, n indique ni les pays de provenance ou de destination, üi les valeurs des marchandises importées ou exportées : il se borne ô constater les quantités entrées ou sorties.
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- rigueurs du climat interrompent souvent les transports ou entravent pendant de longs mois le travail industriel. Les manufacturiers suisses trouvent-ils du moins une compensation ^ ces désavantages naturels dans les aptitudes particulier e-^ent favorables de leurs ouvriers? L’.ouvrier suisse a sans doute de précieuses qualités : l’activité, l’intelligence, la persévérance, la sobriété, la probité, la conscience, on pourrait Presque dire la solidité ', mais il est lourd, assez lent et routi-nier ; H est difficile à manier, il répugne à toute contrainte, il est capable de refuser de l’ouvrage plutôt que de l’accepter à des conditions autres que celles qu’il a posées lui-même, ou de négliger de l’exécuter en dehors du moment qui lui convient, fi ne recule devant aucune tâche, mais il a une aversion prononcée pour tout ce qui peut l’obliger, soit à un travail pré-°ipité, soit à quelque effort inusité des muscles ou d’attem tlon. Il aime mieux gagner peu, vivre sobrement, économiser en conservant son mode de travail lent et méthodique, que de gagner beaucoup en changeant ses antiques usages; car 011 peut dire du Suisse, pris en masse ou isolément, quil semble presque plus jaloux d’épargner que de gagner. Enfin i ouvrier helvétique manque, le plus souvent, de goût naturel, n arrive presque jamais à donner à ses produits de l’élégance ou du fini.
- En somme, ses défauts compensent assez complètement ses Qualités pour qu’on ne puisse trouver dans une supériorité de main-d’œuvre l’explication du développement si remar-ffüable de l’industrie suisse.
- E est ailleurs qu’on doit la chercher. L est ailleurs que dés observateurs impartiaux et sagaces, les agents diplomaties et consulaires de la Grande-Bretagne, l’ont découverte ^ fa suite de leurs récentes investigations. Dans leur opinion, cette prospérité si complète et si constante doit être attribuée en premier lieu à l'excellente organisation dont la Suisse est dotée, organisation iinancière, industrielle et pédagogique, ^dfc tient encore aux habitudes économes de la population, ^ son instinct pratique, à son ferme bon sens, à l’association
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- du travail agricole avec le travail industriel, enfin aux bonnes et cordiales relations qui se sont maintenues en ce pays plus qu’en aucun autre entre les patrons et les ouvriers.
- I
- DONNÉES STATISTIQUES
- Population industrielle de la Suisse. — Industrie du coton, de la soie, des machines. — Horlogerie. — Petite industrie.
- D’après le recensement de 1880, la population totale de la-Suisse n’était que de 2,846,102 habitants; elle se répartis-sait, entre les différentes professions, de la façon suivante :
- Agriculture................................. 44.4 0/0
- Industrie.............. ................. 34.5 —
- Commerce..................................... 7.0 —
- Professions libérales et emplois publics.... 3.9 —
- Domestiques................................. 0.3 —
- Sans professions et divers................... 3.9 —
- 1.00.0 0/0
- Cette statistique comprend la population tout entière, sans distinction entre l’élément productif et l’élément improductif; c’est-à-dire entre les ouvriers et leurs familles, ni entre la grande et la petite industrie. Si l’on n’envisage que la partie active de la population, et qu’on s’occupe exclusivement de la grande industrie, 011 reconnaîtra que les fabriques suisses emploient (1) :
- 92.000 hommes, soit 4.14 0/0 de la population totale.
- 62.000 femmes, soit 2.02 — — __
- 10.000 enfants, soit 0.40 — — __
- Total. 164.000 personnes soit 7.16 — — _
- De toutes les industries, la plus importante est l'industrie textile, et dans cette industrie même les deux branches du
- (l) Cbilfres de 1875.
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- coton et de la soie. L’industrie linièrc, autrefois très développée, n’est plus représentée que par une dizaine de fabriques et par 3,500 à 4,000 tisserands. L’industrie cotonnière, au contraire, répandue dans toute la Suisse orientale et septentrionale, occupe près de 80,000 personnes (1):
- 31,000 à la filature et au tissage,
- 7,700 à la teinture, au blanchiment, à l’apprêtage, etc., 33,500 à la broderie.
- Elle faisait mouvoir 1,854,000 broches (chiffre de 1876) cl 22,500 métiers mécaniques à tisser. Les principaux centres 3c l’industrie cotonnière sont :
- Oour la filature, les cantons de :
- Zurich...................... 623.000 broches.
- Argovie.................... 309.000 —
- Saint-Galt................... 275.000 —
- Glaris....................... 260.000 —
- Zug ....................... 116.000 —
- Pour le tissage, les cantons de :
- Zurich......... 7.528 métiers mécaniques et 2.800 à la main.
- Saint-Gall_____ 4.346 — — 19.000 —
- Glaris......... 4.078 — — «
- Turgovie....... 2.611 — — 3.000 —
- Argovie........ 1.760 — — 10.800 —
- Appenzell..... 125 — — 7.000 —
- Pour la broderie, les cantons de :
- Saint-Gall.. 2.000 broches à la main et 18.000 a la mécanique.
- Appenzell.. 3.000 — — a.500 —
- Turgovie .. 125 — — 7.000 —
- On peut en outre estimer à 12,000 ou 14,000 le nombie 3cs ouvriers qui travaillent en Allemagne et en Autriche Pour le compte des fabricants suisses de broderies.
- E industrie de la soie a pris également, a peu près daus la Ptême région une extension très considérable; elle se divise en trois branches :
- E La filature do la soie tloret qui occupe de 4,000 a 5,000
- ^ (1) Voir Schiücizcrisehc Fabrikstalislick, 1882, et Statistick and Oslschwci-“Mischen Sticherei-lnchistrie ira Jahre 1880.
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- ouvriers répartis entre les cantons de Zurich, de Bâle, de Lucerne, de Schwitz, d’Uri et d’Unterwalden ;
- 2° La fabrication des soieries, qui a pour sièges principaux les cantons de Zurich, de Zug, d’Uri, de Schwitz, d’Unterwalden, d’Argovie, de Saint-Gall, de Schaffhouse et de Berne et qui comptait, au 31 décembre 1881, 31,000 ouvriers dans le canton de Zurich, et 11,000 dans le reste de la Suisse, soit en tout 42,000, dont 30,000 tisseurs et tisseuses à la main ;
- 3° Le retordage de la soie, 5,131 ouvriers dans le seul canton de Zurich, à la fin de 1881 ;
- 4° Larubannerie, industrie bâloise qui fait vivre 7,417 personnes, dont 2,075 hommes et 4,763 femmes. Le personnel total de l’industrie de la soie dépasse donc 50,000 ouvriers.
- L’industrie lainière mérite à peine une mention ; quant aux industries auxiliaires des industries texiles, telles, par exemple, que la blanchisserie, la teinturerie, l’impression et l’apprêtage, elles employaient dès 1868 près de 20,000 personnes, (9,000 pour l'impression sur tissus de coton seulement).
- La construction des machines en Suisse est presque exclusivement concentrée dans le canton de Zurich. On y comptait, en 1882, 34 usines occupant 4,600 ouvriers, notamment le grand établissement de MM. Escher, Wyss et G6, à Zurich (1,363 ouvriers en 1873), avec succursales auprès de Vienne, dans le Wurtemberg et à Milan; une autre est celle de MM. Keiter et Ce, à Winterthur, avec 1,300 ouvriers en 1882 ;
- Parmi les principales branches de la grande industrie suisse, il faut citer encore : la fabrication en gros de chaussures et d’élastiques (la fabrique Bally à Schœncnwerd, canton de Soleure, emploie à elle seule 1,000 ouvriers), la distillerie, la brasserie, la verrerie, la porcelainerie, la papeterie, la minoterie, les fabriques de savons, de produits chimiques et de cigares.
- Des nombreux métiers que comprend, en Suisse, la petite industrie, les plus importants sont : La sculpture sur bois?
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- 2,000 ouvriers rien que dans la vallée de Hasli; la fabrication des ouvrages en paille, concentrée dans les cantons d’Argovie (25,000 ouvriers), de Fribourg (15 à 20,000 ouvriers en hiver). Enfin et surtout, l’horlogerie et la fabrication des Montres et boîtes à musique, qui se font surtout à domicile, luette industrie, la troisième de la Suisse est, comme on sait, 1 apanage des cantons occidentaux où domine la race romane °u française. Elle y a pris un développement des plus remarquables ; en 1876, la valeur de ses produits principalement destinés à l’exportation a été? d’environ 88 millions de francs, alors que la fabrication des mêmes articles ne dépassait pas ^ millions de francs en France, 16 millions de francs en -Angleterre, et 7,500,000 francs aux États-Unis. Quant au nombre des ouvriers employés par cette industrie, il atteignait presque, dans les quatre cantons réunis, le chilïre de ^6,000 personnes ainsi réparties : dans le canton de Neu-ehatel, 16,500 dont 5,500 du sexe féminin ; dans le canton de Genève, 3,600 dont 1,300 ouvrières ; dans le canton de Vaud, 3,700 dont 1,300 femmes; dans celui de Berne (Val-Saint-Imier, Porrentruy), 14,000 dont près de 5,000 femmes. SI l’on évalue à 40,000 environ le nombre des individus imposant les familles de ces 40,000 ouvriers, on constate •pi’en Suisse, l’industrie hoylogère fait vivre 80,000 per-8°nnes au moins (1).
- d) Journal des Statistiques
- suisses, 4e trimestre 1874, page 212.
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- BELGIQUE
- APERÇU GÉNÉRAL ET DONNÉES STATISTIQUES
- L’un des pays les plus intéressants à étudier an point de vue de l’industrie et surtout pour nous, est assurément la Belgique. Elle est à nos portes, elle a fait partie de la Irance, ses mœurs sont en grande partie les nôtres, et de plus elle occupe dans l’ordre industriel et manufacturier un rang éminent parmi les nations européennes. A ce titre seul, elle mériterait notre plus sérieuse attention, car nous ne devons pas nous dissimuler que nous trouvons en elle une des plus sérieuses concurrentes, sinon la plus redoutable. Pour la puissance de la production, pour l’importance de la population ouvrière, pour l’abondance des capitaux et l étendue des débouchés, elle ne saurait être comparée, toutes proportions gardées, qu’à l’Angleterre. Avec une population de
- millions d’âmes, nous avons un mouvement commercial annuel de 9 milliards; l’Angleterre peuplée de 28 millions d habitants arrive au chiffre de 16 ou 17 milliards. La Belgique qui ne compte pas S millions d’habitants atteint celui de 2 milliards et demi.
- h*e résultat est d’autant plus remarquable que la Belgique u est pas uniquement une nation industrielle obligée de tirer sa subsistance des territoires voisins ; elle est, au contraire, avant tout agricole ; à la différence de l’Angleterre, elle suffit el au delà à sa propre consommation. Mais grâce à la densité do la population, à la richesse du sol, à l’excellence de ses
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- procédés et de ses engins agricoles, cette culture si produc-* tive n’emploie pas une quantité exagérée d’ouvriers, elle laisse une masse considérable de bras disponibles pour les travaux des manufactures, des usines et des houillères. Sous ce rapport encore, c’est à rAngleterre seule que la Belgique peut être comparée. Tandis que l’industrie française n’emploie que 3,837,000 personnes sur 37 millions d’habitants, soit environ 11 0/0, et l’industrie allemande 3,626,000 sur 42 millions d’habitants, soit un peu plus de 8 1/2 0/0, l’industrie belge en occupe 1 million sur 5,400,000, c’est-à-dire 20 0/0. En Angleterre, la proportion n’est pas beaucoup plus forte, elle ne dépasse pas 23 0/0 (6,500,000 ouvriers et ouvrières sur 28 millions d’habitants).
- Si nous entrons dans le détail, nous constatons, malgré l’insuffisance des documents statistiques, qu’en Belgique la population industrielle est presque égale à la population agricole, et supérieure à celle de toute autre classe. Ainsi en 4869, d’après le recensement officiel, les 4,800,000 habitants de la Belgique se répartissaient, d’après leurs professions et d’après leur sexe, de la manière suivante ;
- Hommes. Femmes, Totaux.
- Agriculture............ 532.000 241.000 773.000
- Manufactures............... 280.000 169.000 449.000
- Arts et métiers............ 312.000 121.000 433.000
- Commerce............... 51.000 32.000 83.000
- Autres professions....... 81.000 142.000 223.000
- Sans profession.......... 1.187.000 1.720.000 2.907.000
- Totaux.... 2.443.000 2.425.000 4.808.000
- Sur la masse de la population belge on comptait donc environ 1,655,000 ouvriers, dont 531,000 femmes; 532,000 hommes et 241,000 femmes représentaient la partie du travail agricole. Quant aux 882,000 personnes dont se composait l’armée de l’industrie, elles se partageaient comme suit, dans les différentes branches:
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- Industrie de l’alimentation................... 90.000
- — du vêtement,....................... 155.000
- — du bâtiment........................ 121.000
- — de l’ameublement................. 22.000
- — textile........................... 283.000
- — minière et métallurgique........... 194.000
- diverses............................ 17.000
- 882.000
- La main-d’œuvre féminine représente, comme on l’a vu plus haut, les deux cinquièmes de ce chiffre ; mais sa parti-ripation aux divers travaux industriels varie naturellement dans les proportions les plus considérables. Dans l’industrie du bâtiment, on ne compte, pour ainsi dire, aucune ouvrière; 11 en est à peu près de même dans l’industrie minière et métallurgique, qui n’emploie que 14,000 femmes contre près de 80,000 hommes; de même encore dans l’industrie des transports, où les ouvrières sont, vis-à-vis des ouvriers, dans la proportion de 1 à 25. En revanche, les femmes prennent la plus large part au travail de l’industrie textile, où leur 8exe n’est pas représenté par moins de 150,000 ouvrières ; à l’industrie de l’alimentation, qui en emploie environ 40,000; enfin, aux industries du vêtement et de l’ameublement, qui font vivre près de 105,000 ouvrières. C’est, d’ailleurs, en Algique comme dans tout autre pays, l’industrie textile qui compose en quelque sorte le principal domaine du travail féminin. Ainsi en 18G7 :
- Hommes Femmes
- L’industrie du lin occupait 93.000 119.000
- Celle du coton 18.000 21.000
- Enfin, celle de la laine 20.000 12.000
- Prise en masse, l’industrie textile employait plus de femmes que d’hommes : 152,000 contre 131,000, et son per-s°nnel ouvrier des deux sexes représentait plus de la moitié la population manufacturière, 283,000 sur 449,000. Envisagée au point de vue de sa répartition géographique,
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- la population ouvrière belge apparaît très inégalement divisée, comme le prouve le tableau ci-après :
- PROVINCES Alimen- tation. Vêtement. Bâtiment. Mobilier et tapisserie Mines et métallur- gie. Manufac- tures. Diverses.
- Anvers 6.000 15.000 11.000 1.000 1.000 20.000 1.000
- Brabant Flandre orien- 6.000 30.000 25.000 4.000 5.000 21.000 6.000
- taie Flandre occi- 7.000 23.000 14.000 1.000 2.000 170.000 3.000
- dentale. . .. 7.0C0 29.000 19.000 2.000 4.000 162.000 4.000
- Hainaut..... 5.000 32.000 38.000 3.000 87.000 36.000 5.000
- Limbourg.... 2.000 2.000 3.000 » 1.000 3.000 »
- Luxembourg . 1.000 5.000 2.000 )) 2.000 4.000 »
- Liège 4.000 20.000 29.000 2.000 55.000 31.000 3.000
- Namur 5.000 8.000 13.000 1.000 16.000 2.000 1.000
- Totaux... 43.000 164.000 154.000 14.000 173.000 449.000 23.000
- Quelques professions méritent d’ailleurs, au point de vue statistique, une mention spéciale ; les ouvriers agricoles, par exemple, se subdivisent en quatre catégories. La première classe représente exclusivement la grande culture, celle des céréales et des prairies; elle se compose des journaliers, ouvriers de ferme, bergers, porchers, domestiques et valets employés au travail agricole proprement dit ; elle com-
- prend................................... 393.000 hommes
- Et.................................... 229.000 femmes
- En tout............................... 622.000 individus
- Dans la'seconde classe, celle de la sylviculture, se groupent sous les dénominations variées de bûcherons, charretiers, faiseurs de balais, sabotiers et ouvriers
- divers................................ 6.700 hommes
- Et.................................. 300 femmes
- En tout
- 7.000 personnes
- Les agriculteurs, compris dans la troisième classe, maraî-
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- chers, horticulteurs, vignerons et sériciculteurs, sont au
- Nombre de.................................... 9.000 hommes
- Et de...................................... 1.000 femmes
- Enfin on ne compte pas moins de 600,000 petits cultivateurs.
- On a essayé de déterminer le gain moyen de chacune de ces classes d’ouvriers. D’après le président de la Commission Pour la réglementation des associations amicales de secours, et d’après le président du Conseil des prud’hommes, la classe inférieure pouvait recevoir, il y a quelques années, de 1 fr. 25 à 3 fr. 12 par jour, et la classe supérieure de ^ fr- 37 à 10 francs par jour, suivant le degré d’habileté, de danger ou de responsabilité que comportait le travail dont ohaque ouvrier était chargé. Ces chiffres répondent aujour-dhui encore, dans la plupart des cas, à la réalité ; sur quel-
- Inès points, il est vrai, une hausse s’est produite, mais elle a été au moins compensée par un renchérissement proportionnel des objets de première nécessité. On peut donc, en s°îïime, accepter comme base du calcul les salaires compris entre les limites indiquées plus haut. Or, il suffît de les c°niparer au maximum des dépenses d’une famille ouvrière Moyenne pour se convaincre qu’une très grande partie des °Nvriers belges est hors d’état de se suffire. Si, par exemple,
- °n raisonne sur la moyenne déjà fort élevée de 3 fr. 50 de Claire quotidien, on reconnaît qu’un ouvrier travaillant tous s jours, sauf les dimanches et fêtes, c’est-à-dire trois cents !°urs par an, gagneraitl,050 francs par an. Encore ne doit-on Pas se dissimuler qu’un tel revenu est purement fictif, il n’est bUere d’ouvriers qui fournissent trois cents journées de ^avail par an. L’ouvrier belge a une indépendance de carac-frre ]e yCnd difficile et querelleur : la conséquence en
- Qçf VI 1 1
- fin u change souvent d’atelier.
- . ^ l’on déduit à ce titre, et du chef de la maladie, sept Jours de travail par an, si l’on admet, en outre, une moyenne ^Nnuelle de quatorze jours de chômage par an, on voit immé-latement le nombre des journées de travail tomber à 279
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- par année. Mais ce n’est pas tout encore : il reste à tenir compte de l’ennemi le plus terrible des familles ouvrières, de ce fléau qui s’appelle le lundi. Les Commissions d’enquête instituées en Belgique estiment qu’il enlève annuellement à l’ouvrier 40 journées de travail, sans parler d'un accroissement de dépenses annuelles qu'on ne saurait évaluer à moins de 200 ou 250 francs par an. Ilne reste en définitive qu’environ 240 journées de travail, qui donnent, à raison de 3 fr. 50, un revenu total et annuel de 840 à 850 fr. Or, en adoptant pour type une famille ouvrière composée du père, de la mère et de quatre enfants, âgés respectivement de seize, douze, six et deux ans, les statisticiens belges ont reconnu, dès 4853, qu’une famille gagnant moins de 1,000 fr. par an à la ville et de 900 fr. à la campagne, vit plus ou moins de la charité publique, et qu’elle ne devient entièrement indépendante qu’autant que son gain annuel varie entre 1,500 et 2,000 fr. Si l’on prenait ce calcul à la lettre, il n’y aurait presque pas une seule famille d’ouvriers qui ne fût condamnée à la mendicité. Des deux classes dont nous avons parlé plus haut, la dernière et la plus nombreuse, celle des simples manouvriers, y serait réduite tout entière ; et dans la classe supérieure, parmi les ouvriers d’adresse, il n’y aurait d’immunité que pour une faible minorité, composée des artisans d’une habileté exceptionnelle, des hommes peu chargés de famille et de célibataires. Il est vrai que le plus souvent les femmes et quelques-uns des enfants travaillent comme le chef de la famille, et que le ménage trouve dans le produit de leur labeur des ressources additionnelles qui lui permettent, ou à peu près, d’égaler ses recettes à ses dépenses ; mais» outre que cette hypothèse ne se réalise pas toujours, il suffit d’une maladie, d’un chômage prolongé, pour rompre l’équilibre si péniblement établi.
- Le même calcul, fait en 1875, dans un ouvrage spécial» par un écrivain belge, M. J. Damby, a donné sinon des résultats, du moins des conclusions analogues. D’après cet auteur, le salaire journalier moyen d’un ouvrier ordinaire, ne
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- dépassant pas 2 fr., et le nombre de ses journées de travail étant de 250 par an, le gain moyen annuel d’un artisan serait de 500 fr,, soit de 42 fr. par mois et de 11 fr. par semaine, En y ajoutant pour un ouvrier marié et père de trois enfants Une somme de 1 fr, par jour gagnée par quelques membres de sa famille, on arrive à une ressource hebdomadaire de fr. 50 pour cinq personnes. Or, les dépenses d’une telle ^naille, calculées au taux le plus bas possible, seraient les
- vivantes :
- ARTICLES SAISONS ordinaires. SAISONS chères
- Pain ; 2 kil, 1 /2 par jour pour 5 personnes, à 30 ou 50 c. Pommes de terre: 3 kil. par jour, à 10 ou 15 c Café r\hir*.m,'éA VïAÏssnn . fr. c. 5 25 2 10 2 » 2 » 1 » 2 » 1 » 2 » fr. c. 8 75 3 15 2 50 2 50 1 50 2 » 1 » 2 »
- Légumes
- Beurra on crrnîiasA. . - , t t
- BlanohîssfigA «ayon
- Loyer . . .
- . ... 17 35 23 40
- II n’est question dans ce budget ni de bière, ni de viande, de sucre, ni de rien qui dépasse le plus strict nécessaire ; famille n’est pas excessivement nombreuse et la résidence n est pas des plus chères. Si l’on prend pour type une famille de six personnes (le père, la mère et les quatre en-f;*nts), et si l’on calcule un peu moins les dépenses on arrive à un chiffre plus que double. Ainsi, d’après les calculs de Young, en 1876, à Jumet, la famille d’un artisan ainsi imposée aurait dépensé 25 à 30 francs par semaine et la f^miffe d’un bon ouvrier de 40 à 50 francs. A Charleroi, v°ici quelles auraient été les dépenses de la même famille :
- Nourriture. Farine et pain
- — Viande.......
- — Lard.........
- — Beurre.......
- — Sucre........
- 10 50 par semaine.
- 11 » —
- 2 » —
- 3 50 —
- » 90 —
- A reporter...
- 27 90 par semaine.
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- Report... 27 90 par semaine.
- Nourriture. Lait. ............................. » 80 —
- — Café................................... 1 40 —
- — Savon, amidon,'sel, poivre, vinaigre, etc......................... 2 » —
- — CE ufs............................ 2 40 —
- — Pommes de terre et autres légumes 3 » =37 KO
- Chauffage.................................... 2 50 par semaine.
- Eclairage en hiver............................... 1 » —
- Spiritueux, bière, tabac.......................... 2 » —
- Loyer.......................................... 10 » —
- Education, culte, dons............................ » 25 —
- Habillement, 200 fr. par an....................... 4 » —
- Impôts, 40 fr. par an............................. 1 » = 20 75
- Total...... 58 25 par semain0
- Que l’on diminue la famille d'un enfant, que l’on augmente même d’un tiers le gain de l’ouvrier, il reste encore dans l’impossibilité presque absolue de payer ses dépenses. On ne doit donc pas s’étonner qu’en 1853 le gouvernement belge ait eu l’idée, qui ne serait peut-être venue à aucun autre gouvernement européen, de prendre comme base d’une statistique ouvrière la classification suivante :
- 1. Ouvriers assistés.
- 2. Ouvriers à la limite de l’assistance et n’y échappant que grâce à la charité privée ou à l’excès des privations ;
- 3. Ouvriers se suffisant complètement.
- On doit encore moins s’étonner de ce que le nombre des assistés ait été évalué à 900,000, c’est-à-dire presque au cinquième de la population.
- Cette catégorie d’ouvriers assistés se compose presque exclusivement d’ouvriers salariés soit agricoles, soit urbains, et il est à remarquer que dans beaucoup de corps de métiers s’exerçant à domicile, par exemple dans ceux des charpentiers* des tailleurs et des cordonniers, etc., la population des ouvriers à la journée vis-à-vis des patrons est très faible, et que les artisans travaillent en grande majorité pour eux-mêmes, avec l’assistance permanente ou passagère d’un apprenti. Ainsi dans l’industrie de l’alimentation : pour
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- 95,000 patrons on ne comptait que 27,000 ouvriers ; dans celle du vêtement, il y avait 164,000 ouvriers pour 90,000 patrons ; dans celle du bâtiment, 154,000 pour 112,000; dans celle de l’ameublement, 14,000 pour 27,000; dans les industries diverses, 23,000 pour 20,000; soit ensemble, pour ces différents groupes, 382,000 contre 344,000. Dans la grande industrie la proportion était naturellement toute différente : ^insi l’industrie minière et métallurgique employait 173,000 ouvriers sous les ordres de 45,000 patrons, et l’industrie manufacturière 449,000 ouvriers dirigés par 11,400 patrons. A ces différences dans la proportion du nombre des patrons vis-à-vis de celui des ouvriers, correspondent des dis-seinblances non moins marquées [dans la situation de ces derniers.
- Dans la petite industrie, un bien-être relatif; dans la grande, une misère générale, et comme conséquence un c°ntraste absolu au point de vue des relations existant de part et d’autre entre l’ouvrier et le patron. On a consisté que ]qs différends et les grèves ne prennent nais-Sance que dans les grandes manufactures ou dans les grands ^le-blissements ; dans les petits ateliers ou dans les profes-sions où le travail est plus régulier, l’offre étant mieux proportionnée à la demande, les ouvriers ont en général une potion plus stable. Leurs salaires sont peut-être moins élevés, Iïlais un salaire constant leur est assuré ; leur dépense est ^oindre, et ne perdant de temps ni en chômages ni en §rcves, ils peuvent nourrir légitimement l’espoir d’arriver à Uïle situation indépendante et prospère.
- Ainsi, à Bruxelles, un bon charpentier travaillant à son Coiïipte et ayant une centaine de francs de capital ou de cré-dit pour l’achat des bois, gagne de 5 à 6 fr. 25 par jour et leQoit autant de commandes qu’il en peut faire. Dès que ses ressources le lui permettent, il loue une maisonnette, où sa feinrue ouvre une petite boutique et sous-loue les chambres de l’étage supérieur à d’autres ouvriers. Enlin il peut deve-maître charpentier et faire entreprendre et construire
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- pour son propre compte, ce qui est d’ordinaire le rêve du petit bourgeois.
- Tout autre est la situation des ouvriers, généralement jeunes et imprévoyants, dont se compose en grande partie et surtout dans la petite industrie, la classe des journaliers. Ceux des villes sont fort mal nourris : peu ou point de viande, du pain de qualité inférieure avec de la graisse, des pommes de terre, des soupes aux légumes et des flots d’un café faible et de chicorée mélangé d’un mauvais lait : voilà la base de leur alimentation. A la campagne, elle laisse un peu mgins à désirer, grâce à la pureté plus grande de la farine et du lait et au bon marché des légumes ; mais elle est encore très défectueuse. Quant à leurs logements, ils sont purement et simplement déplorables. La population ouvrière de cet ordre s’entasse dans les rues les plus malsaines des grandes villes, ou dans les faubourgs humides qui entourent les villes de province, et elle y habite des masures qui sont autant de foyers d’épidémie. Il est rare que les ouvriers puissent occuper plus d’une pièce; encore y reçoivent-ils souvent un locataire. xVussi l’encombrement, avec toutes les plaies morales et physiques qu’il engendre, y est-il vraiment effrayant. Dans un des faubourgs les plus prospères de Bruxelles, M. Pakenhan, secrétaire de la légation d’Angleterre, avait visité, il y a quelques années, « une chambre d’environ quatorze pieds sur dix, » contenant le père, la mère, un enfant mort, un garçon de six ans, un bébé à la mamelle et deux pris en nourrice. Ce fait, ajoutait-il, n’est remarquable qu’en raison du quartier où il se produisait, caf dans la basse-ville et dans les vieux pâtés de maisons cachés par des rues élégantes, il constituerait peut-être la règle plutôt que l’exception.
- Cette affirmation pessimiste comporterait sans doute quelques restrictions. Peut-être aussi conviendrait-il de ne paâ adopter sans réserves, comme élément de classification des populations ouvrières de la Belgique, une division absolu6 et tranchée entre les ouvriers établis et les journaliers.
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- plus dans l'industrie que dans la nature il n’y a de ligne de démarcation brusque et tranchée; tout change, tout se modifie par nuances délicates, par dégradations insensibles. On peut donc supposer que, parmi les ouvriers établis, dont les apports des agents britanniques présentent la situation sous un jour relativement très favorable, on rencontre plus d’un temple de souffrance et de misère, tandis que, parmi les Journaliers, nombre de travailleurs plus heureux, plus habiles plus économes, doivent faire exception à cet état de dé-fresse profonde, qui paraît être, d’après les documents anglais, le partage habituel de cette classe. Quelques-uns même s°nt probablement parvenus à un degré de bien-être et de lranquillité qui feraient envie à plus d’un artisan établi, ^ussi, tout en admettant qu’en principe la classification des ouvriers, d’après le chiffre de leur gain, correspond à la divi-S10n générale du travail en grande et petite industrie, doit-on reconnaître que ce mode de répartition n’a qu’une valeur friable et purement relative. Pour arriver à la vérité on ne jurait se contenter d’envisager soas un aspect aussi général Situation des classes ouvrières; il faut l’étudier de près en détail, dans les divers éléments qui la constituent et ^ us les différents corps d’état que comprend l'industrie.
- Cette investigation minutieuse et patiente, de cette
- 0l^e d examen à la loupe peut seulement se dégager la écrite.
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- ÉTATS SCANDINAVES
- OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
- Lorsque de 1845 à 1855, M. Le Play visita les pays du Nord 1 Europe, en y recueillant les éléments de cette intéres-Sante monographie d’ouvriers, l’une des régions qui attirent le plus son attention et qui lui parurent le plus digne e^re citées en exemple, fut le littoral de la mer du Nord, et particulier le groupe des États qui occupent les deux pé-niftsules Scandinaves : le Danemarck, la Suède, la Norvège.
- Nulle part il n’avait rencontré plus heureusement alliés le resPect des anciennes mœurs et le progrès moderne, dans la ^illeure acception du mot ; nulle part l’ouvrier et le patron j16 vivaient en plus complète harmonie, nulle part le déve-Ppement de l’instruction populaire et celui de l’industrie Avaient moins ébranlé les croyances des traditions de res-Pect et de sentiments de bienveillance mutuelle, qui sont les éditions essentielles de toute félicité sociale et de toute
- Pr°spérité.
- T
- , e lemps a-t-il notablement changé une situation si en-i^ble? Cette question comporte plusieurs réponses. Sans
- d°ute la
- le
- Oce,
- Norvège est demeurée le pays pastoral par excel-une sorte de Suisse polaire et maritime peu adonnée ailx Savaux industriels, el par là même très ouverte aux Produits étrangers; sans doute encore, la Suède, plus indus-Lieuse et plus protectionniste, a conservé en grande partie, ^Igré le développement de ses manufactures, la forte orga-^rsation sociale qui l’a jusqu’à ce jour préservée des convul-
- 10
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- sions intérieures. Dans ces pays, où le climat exerce une influence si prépondérante sur la vie des habitants, où la nature, puissamment accentuée, imprime en quelque sorte sa vigoureuse empreinte à l’homme lui-même, rien 11e se modifie par brusques révolutions, rien ne s’altère rapidement; mais cette observation, vraie pour la Suède et la Norvège septentrionale, l’est beaucoup moins à mesure que l’on descend vers le Sud, et perd toute sa valeur quand il s’agit du Danemarck : là, le climat est plus tempéré, le territoire moins étendu, la race moins pure de mélanges, l’influence étran> gère plus proche et plus envahissante. Dans le vieux royaume d’Hamlet, on est comme aux confins de l’Allemagne, de l’Angleterre et de la Scandinavie. A côté des souvenirs de celle-ci, on trouve les goûts maritimes de l’une, et l’organisation industrielle, les idées scientifiques et le système pédagogique de l’autre. Pour ne pas sortir du sujet spécial qui nous occupe, tandis que l’ouvrier norvégien est un pâtre, un pêcheur ou un bûcheron, l’ouvrier suédois est un mineur, un forgeron à demi agriculteur, l’ouvrier danois est le cousin germain de l’ouvrier allemand, il le déteste et il en a ce-pendant la solidité, l’invincible patience, le goût médiocre, il en a aussi, il faut bien le dire, la vie misérable, sans en partager pourtant les idées subversives et les dangereuses utopies (1).
- (1) Nous ne nous reconnaissons pas le droit de retrancher ou de sup' primer quoi que ce soit à la rédaction de M. René Lavollée dans ce que nous lui empruntons ; mais, ainsi que nous l’avons déjà dit, nous sonuncS loin de partager certaines de ses appréciations sur les aspirations °u vrières.
- (Noie des Rapporteurs généraux-)
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- SUÈDE
- I
- OUVRIERS SUÉDOIS
- Le royaume de Gustave-Adolphe et de Charles XII est, avant ^ pays agricole et forestier ; l’industrie n’y occupe
- ^une position très secondaire. Ainsi, en 1873, sur une Population totale de 4,298,000 habitants, on estimait que la l^SSe agricole comprenait à elle seule plus de 3,000,000 Citants, dont 664,000 individus producteurs, subvenant seulement à leurs besoins, mais encore à ceux de leurs es î quant au personnel actif de l’industrie, il ne raissait pas dépasser de beaucoup le chiffre de 150,000 °unes. Les relevés partiels que l’on possédait, et qui ne Prenaient pas la petite industrie domestique, ne don-en effet, à eux tous qu’un total de 115,000 ouvriers. °*c* d ailleurs les chiffres exacts :
- Possesseurs de fabriques, les associations non
- comprises................................. 2.024
- Ouvriers de fabriques......................... 46.556
- — de métiers (patrons)................. 16.334
- — (compagnons)................... 23.051
- — carriers et mineurs.................. 26.951
- Total,
- 114.916
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- Les 46,000 ouvriers de la grande industrie se répartissent
- par sexes et par âge de la manière suivante :
- Ouvriers au-dessus de 18 ans... 26.181 )
- „ . .rv ï 36.186
- Ouvrières — — ..... 10.005 )
- Ouvriers au-dessous de 18 ans.. 5.615 J
- Ouvrières — — ..... 3.678 \ y,2VW
- Total......... 45.479
- ou ensemble 31,796 hommes et 13,683 femmes, non compr^ 1,077 patrons travaillant de leurs mains.
- Il faut remarquer que, dans ce relevé, l’on n’a pas fal* figurer parmi les ouvriers patrons, ceux qui exercent un métier à domicile avec leurs femmes et leurs enfants ; s’ils y étaient compris, le chiffre de la population industrielle serait notablement plus élevé.
- Le nombre des fabriques était, en 1872, de 2,356 dans toute la Suède. On évaluait à 173,000,000 de francs la valeur de leurs produits annuels. Quant aux ouvriers, étaient ainsi répartis entre les principales industries :
- Industrie minière et métallurgique.
- Extraction du minerai de fer :
- Ouvriers à demeure.................. 4.514 J
- — à la journée................. 824 [ 5.741
- Femmes et enfants................. 403 J
- Hauts fourneaux................................. 4.090
- Usines de fer en barre........................ 5.799
- Usines et fonderies............................ 5.627
- Construction de machines....................... 10.100
- Non classés ....................................... 491
- 31.848
- Mines d’argent, de cuivre........................ 5.103
- 36.951
- Industries textiles.
- Fabrication du drap............................ 4.520
- Filatures de coton............................... 3.800
- Corderies..................................... 700
- Fabriques de tissus de coton.................... 2.160
- Fabriques de tissus de soie...................... 600
- 11.770
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- — 149 —
- Agriculture.
- Chefs
- de famille.
- Propriétaires fonc. (Bon
- de)-........................ 96.000
- 'Miniers et colons.......... 17.000
- p!jtters-.................... 60.000
- 1 s 4e famille et parents ^ales des propriétaires fonciers et aides fermiers...................... 53.000
- des cotters............. 16.000
- avriers des fermes..... 15.000
- chenrs et chasseurs... 27.060
- 1Vers................... 2.000
- Membres des familles. Domestiques. Totaux.
- 313.000 93.000 502.000
- 56.000 14.000 87.000
- 176.000 7.000 243.000
- 8.000 )) 61.000
- 4.000 » 20.000
- 21.000 y> 36.000
- 48.000 4.000 79.000
- 4.000 1.000 7.000
- J®nes et carrières......
- J^orgie............
- pr°duits chimiques.
- reparation des aliments
- lextiieg..
- y déments..
- Mlse en ..............
- duits
- ei1 œuvre des bois
- fiàCenfreS Végéta,0S-
- y^eublement......
- nstructj°ns navales, divers.
- œuvre des animaux.... en œuvre des
- Totaux.
- Commerce.
- ^•ine marchande. .' ÎL^de services....;
- Guîtety10118 Jib",'lles-
- ^mée.
- pnseignement..... 6ntlers> indigents...
- Totaux.
- . 286.000 630.000 119.000 1.035.000
- Industrie.
- 2.000 4.000 » 6.000
- 12.000 23.000 2.000 37.000
- 700 1.300 300 2.380
- 6.000 12.000 2.000 20.000
- 6.000 4.000 » 10.000
- 24.000 28,000 1.000 53.000
- 1.600 2.900 500 5.000
- S 18.000 32.000 1.000 51.000
- 8.000 17.000 )) 25.000
- 2.300 3.800 300 6.400
- 5.000 10.000 )> 15.000
- 3.600 5.000 2.100 10.700
- 89.200 143.000 9.200 241.400
- 18.000 34.000 12.000 64.000
- 33.000 47.000 4.000 84.000
- 47.000 54.000 1.000 102 000
- 1.800 2.600 1.200 5.600
- 1.400 5.000 2.900 9.300
- 3.000 4.000 1.000 8.000
- 4.100 4.800 1.300 10.200
- 74.000 46.000 4.000 124.000
- 182.300 197.400
- 27.400
- 407 100
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- — 150 —
- Récapitulation.
- Agriculture............. 1 . 035.000
- Industrie............... 241.400
- Professions diverses.... 407.100
- 1.683.500
- Au point de vue spécialement industriel, voici quels résül-tats donnait, en 1870, la statistique de la Norvège :
- I. — Grande Industrie.
- Établissements. Ouvriers'
- Briqueteries........................................ 205
- Poteries et fabriques de faïence...................... 9
- Verreries...................................... • • S
- * Fabriques de clous, de fils de fer, laminoirs.... 10
- Usines et fonderies de fer...................... . 32
- Chantiers de construction de navires................. 127
- Fabriques de voitures.................................. 5
- — d’instruments de musique.................... 0
- — d’allumettes chimiques..................... 13
- — de guano de poisson ........................ 4
- — de poudre................................... 5
- — de nitro-glycérine......................... 1
- — d’huile de foie de morue. ........... 57
- — de parafine.............................. 1
- Moulins à huile................................... 3
- Fabriques d’huiles résineuses.......................... 7
- — de savons et de bougies................ 16
- Filatures et ateliers de tissage...................... 31
- Corderies........................................... 47
- Fabriques de pâte de bois.............................. 6
- — de papier................................... 6
- — de tapis.................................... 3
- Tanneries....................................... 161
- Scieries et raboteries à vapeur...................... 770
- Fabriques de meubles................................... 3
- — de bouchons................................. 6
- Moulins............................................. 401
- Brasseries............................................ 50
- Distilleries d’eau-de-vie..................... . 25
- Manufactures de tabac................................. 54
- 2.430
- 225
- 449
- 190
- 2.688
- 4.880
- 69
- 72
- 480
- 62
- 45
- 13
- 64 45 71 60 3.120 693 61 290 62 510 10.432 83 82 1.515 955 503 986
- Totaux..... 2.069
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- II, _ Petite Industrie.
- Ouvriers.
- Poterie.................. ...............................
- Industrie des métaux ........ ..........* ...............
- Produits chimiques........................................
- Préparation des aliments.................................
- Filature.................................... ............
- Confections de vêtements et de chaussures.............
- Préparation des matières animales......... ..............
- Industrie du bois.................................
- — du bâtiment.........................................
- Construction de machines, voitures, instruments, etc.....
- Fabrication de toiles à voiles... .. *...................
- Industries se rattachant à la littérature et aux sciences.... — diverses...............................................
- Total.... •
- 39
- 2.896
- 204
- 2.022
- 6
- 6.257
- 20
- 3.964
- 3.404
- 384
- 363
- 738
- 487
- 19.784
- Industrie du vêtement.
- Tailleurs
- Cordonniers
- Couturières.
- 13.765
- 14.910
- 4.315
- 32.990
- Industrie des cuirs et peaux
- Tannerie. Fabriques.............................. 4.850 | 2.675
- — Ateliers isolés..........................• • ^ '
- Sellerie................................................. * -450
- 4.125
- Industrie du bois.
- Menuiserie
- 9.000
- Industries diverses.
- Orfèvrerie (200 fabricants et 400 ouvriers, dont 25 femmes)
- Verrerie..................................................
- Imprimerie...........................................
- 600 1.460 1.235
- 3.295
- e recensement de 4860, plus arriéré, mais plus complet, donné des résultats peu différents de ceux que M. Elis enblah a constatés plus récemment. D’après ce dénombre-
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-
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- ment, la population de la Suède étant de 3,860,000 habitants, 1,087,000 personnes (soit un peu moins de 27 0/0) vivaient du produit de leur travail; sur ces 1,087,000 personnes, 664,000 exerçaient la profession agricole, 174,000 seulement étaient comprises sous la rubrique : mines et manufactures. Ainsi, tandis que les deux tiers de la population active travaillent à la culture de l’immense territoire suédois, c’est à peine si un sixième de cette population est employé dans les usines et les manufactures. Encore les industries florissantes et vraiment nationales, l’exploitation des mines et la métallurgie, ne sont-elles en quelque sorte que des annexes et des dépendances de l’agriculture ; souvent elles lui sont associées, comme on le voit dans les remarquables monographies publiées par M. Le Play.
- Des districts forestiers déterminés sont presque toujours assignés à l’alimentation des hauts fourneaux les plus voisins; les uns et les autres ont le plus souvent un propriétaire commun, et il n’est pas rare que les ouvriers qui travaillent une partie de l’année à l’usine ou à la mine soient le reste du temps occupés soit à l’abatage ou au transport du bois, soit à la culture des terres environnantes. Cette organisation industrielle diffère notablement, on le voit, de celle qui prévaut dans le reste de l’Europe, et ne permet guère d’établir, à ce point de vue, de comparaison utile entre la Suède et les pays occidentaiix.
- Le contraste n’est pas moins marqué en ce qui concerne la hiérarchie sociale et la nature du lien de patronage qui unit l’ouvrier suédois, surtout l’ouvrier agricole, au propriétaire ou à l’industriel qui l’emploie. Le système qui régit leurs rapports et qu’une tradition séculaire a consacré, repose sur une idée fort juste, autrefois en honneur dans toute l’Europe, mais tombée aujourd’hui dans un singulier discrédit : celle de la stabilité de l’établissement agricole et industriel, ayant pour corollaire une sorte de pérennité du lien qui unit l’ouvrier à son patron.
- Ainsi se sont formées ces familles si bien désignées par
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- Le Play sous le nom de familles souches ; ainsi s’est perpétué ce régime enviable de l’atelier domestique et du foyer Permanent, qui constitue l’un des principaux éléments de la prospérité industrielle et de la part sociale dans les pays Scandinaves.
- Classe I. Agriculture........... 664.000personnes.
- — IL Mines et manufactures... 174.000 —
- — III. Commerce et banque.... 21.000 —
- — IV. Industrie des transports. 21.000 —
- — V. Services à gages........ 93.000 —
- — VI. Service médical..... 2.400 —
- — VII. Instruction publique .... 7.400 ' —
- — VIII. Culte............... 5.800 —
- — IX et X. Fonctions publiques, ar-
- mée et marine..... 48.400 —
- 1.037.000 personnes.
- Les exploitations agricoles, minières et métallurgiques s°nt celles où. ces antiques usages se sont le mieux conser-où l’atelier est le plus universellement considéré comme L dépendance et le complément du foyer, où l’ouvrier est le ^Us constamment traité en membre de la famille. On remarque, à ce point de vue, une certaine analogie entre Formalisation agricole des vieilles provinces de l'Allemagne du ^°rd et celle qui s’est maintenue jusqu’à nos jours en Suède. torpare et le statflock suédois, par exemple, ressemblent üs une certaine mesure aux Innstleute et aux Deputaten e la Prusse orientale.
- ^ La législation suédoise sur les terrains imposés n'admet morcellement qu’autant que chaque fraction peut subvenir entretien el & la subsistance d’une famille composée d’au ^ins trois personnes capables de travailler. De plus petites ^celles de terre peuvent aussi, à certaines condilions, être achées du fonds imposé, soit pour un temps limité, soit pl .r^0llj°urs- Ainsi se sont formées les métairies (torp), ex-ees par le torp are. Celui-ci est une sorte de fermier pri-. V tient en même temps du pionner, du squatter amé-ain. Il exploite, dans les régions» de terre non cultivées,
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- un lot de terre en friche, dont la propriété në lui appartient pas, mais dont l’usufruit lui est assuré par le propriétaire. Ce terrain en friche est ce qu’on appelle en Suède un torp-Le propriétaire y fait construire à l’avance une maison pour le torpare et sa famille, avec les dépendances nécessaires à l’exploitation. Il doit, en outre, tenir la maison en bon état de réparations, approvisionner l’occupant de fourrages pour le bétail et de combustible, enfin permettre l’usage des animaux de trait au torpare, quand celui-ci n’en possède pas-En retour de cette concession, le torpare s’oblige à fournir gratuitement à son patron un nombre de journées de travail qui est naturellement proportionné à l’importance du torp et qui, en général, est de une sur trois; il doit souvent aussi exécuter d’autres travaux pour le compte du propriétaire du sol; par exemple, construire des chariots, faire filer une quantité de lin, polir du bois, enfin remplir certaines autres conditions qui varient suivant l’usage du district. Le torpare passe généralement toute sa vie dans le même torp; il n’est pas rare que, quand il est atteint par l’âge ou par les infir' mités, son fils soit autorisé à lui succéder comme métayer-La position de torpares est incontestablement avantageuse pour eux-mêmes, comme pour les propriétaires qui les emploient, et les meilleures relations existent partout entre leS uns et les autres.
- Le statflok forme l’autre grande classe des ouvriers agr1" coles suédois. Il est engagé à l’année pour mettre en cultur6 le» terres appartenant à son patron ; pour ce travail, il reçod partie en argent, partie en nature, un salaire variant entre 350 et 700 francs pour un homme et s’élevant à environ ^ francs pour une femme. Le propriétaire donne au statflok Ie logement, le bois de chauffage et une quantité fixe de denrée* alimentaires (céréales, drèchcs, lard, harengs salé*, etc'^ qui suffisent à ses besoins et à ceux de sa famille. Enfiu u11 petit coin de terre est habituellement mis à la disposition chaque ouvrier pour y cultiver des pommes de terre, et s est marié, sa femme et ses enfants peuvent souvent ara&10'
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- rer la situation du ménage par les salaires élevés qu’ils ga -gnent à l’époque de la moisson et à celle des semailles.
- On ne trouve naturellement parmi les ouvriers de la grande industrie suédoise aucune situation tout à fait analogue à celle des torpare et des statflok. Mais les mœurs favorisent dans l’industrie, aussi bien que dans l'agriculture, le maintien des relations amicales entre les patrons et leur personnel, et les chefs d’ateliers se considèrent en général comme chargés d’une mission de protection paternelle et presque patriarcale sur les auxiliaires qui les entourent. L’opinion les encourage à- l’exercer; parfois même la législation leur en fait un devoir. Ainsi l’ordonnance royale du 18 juin 1864, en même temps qu’elle a proclamé la liberté du commerce et de l’industrie, a reproduit et développé les dispositions de la loi du 2 décembre 1846 et celles de l’ordonnance du 22 mai 1852, qui définissaient rigoureusement les obligations des patrons à l’égard de leurs subordonnés et assimilaient, dans une certaine mesure, leur rôle vis-à-vis de leurs auxiliaires à celui du père vis-à-vis des membres de sa famille. Les textes qu’on va lire se passent de commentaires :
- Ordonnance du i 8 juin 1864. — § 16. — Section 1. — Tout entrepreneur qui désire engager une personne pour l’aider dans son entreprise, tout manufacturier, homme de métier, artisan ou autre personne exerçant One profession industrielle qui désire engager un ouvrier, doit conclure, en présence de témoins convoqués à cet effet, un contrat relatif à cet eogagement et déterminant d’une façon précise les conditions de l’enga-&ement et sa durée, qui ne peut excéder trois ans. Les contrats de ce Sonre, quand ils sont faits pour un mineur, doivent être passés avec les tuteurs et cessent d’être valables à la majorité du mineur.
- Section 2. — Toute personne exerçant un métier ou une industrie, qui Pr®nd à son service ou emploie uu enfant pauvre sans parents ni tuteurs, exeree sur cet enfant l’autorité paternelle jusqu’à ce qu’il ait atteint sa Majorité.
- Section 3. — Toute personne exerçant un métier ou une profession ffiffustrielle aura sur ses aides et ouvriers, sauf convention contraire, autorité d’un maître telle que la loi la déffnit- Aucun aide, aucun ouvrier Ue pourra néanmoins, et malgré toute stipulation contraire,être employé malgré lui à une tâche ou à un travail étranger au métier ou à l’indus-rie en question.
- Section 4. — Nul enfant ne sera ôngagé comme aide d’un commerçant,
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- ni appelé à travailler dans aucune manufacture, ni dans aucun atelier, avant l’âge de douze ans accomplis. (Sanction pénale : de 5 à 50 rixdalers (6 fr. 90 à 69 francs d’amende.)
- § t6. — Dans les fabriques et ateliers, nul ouvrier âgé de moins de dix-huit ans ne travaillera la nuit, c’est-à-dire de neuf heures à cinq heures du matin. (Sanction pénale : de 5 à 50 rixdalers (6 fr. 90 à 69 francs d’amende.) •
- § 17. — Les patrons veilleront avec un soin paternel à ce que les ouvriers et aides à leur solde (surtout les mineurs logés et nourris chez eux) soient encouragés dans les habitudes de piété, de régularité et de moralité, et à ce que ceux qui ne possèdent pas encore le minimum de connaissances exigées par les règlements sur les écoles nationales, soient instruits aux jours et heures qu’ils fixeront, et en outre à ce que leurs ouvriers ou auxiliaires suivent assidûment soit les cours techniques du dimanche, là où il en existe, soit les autres cours destinés aux classes industrielles. (Sanction pénale : de 10 à 200 rixdalers (15 fr. 25 à 277 fr. 76 d’amende.)
- Tout fabricant employant des enfants de douze à quinze ans devra leur laisser chaque semaine un nombre d’heures suffisant pour suivre les cours de l’école, ou entretenir pour ces enfants une école industrielle spéciale.
- Sf.ction 2. — Les patrons de la grande industrie ou d’arts et métiers devront de même, dans l’emploi et le traitement de leurs aides et ouvriers, avoir tel égard que de raison à l’état de santé et à l’aptitude de ceux qu’ils emploient. (Sanction pénale : de 10 à 200 rixdalers (15 fr. 25 à 277 fr.' 75 d’amende.)
- Le patron est tenu de fournir à son apprenti un logement convenable et des vivres sains. Dans le cas où l’apprenti tombe malade, le patron le fait soigner; mais il a le droit de déduire du salaire de l’apprenti les frais de maladie.
- Skction 3. — Les commis, garçons de magasin et ouvriers employés daus les manufactures, ateliers et autres établissements industriels, devront témoigner aux marchands et manufacturiers, artisans ou autres au service desquels ils se trouvent, tout le respect auquel ils ont droit; ils devront obéir aux ordres donnés par leur patron pour tous les travaux et services dépendant de leur métier et de leur industrie; entin, en £e' néral, s’acquitter de leur service diligemment et avec soin. Ils ne devront pas, par négligence ou irrégularité, perdre ou dégrader le bien de le|llS patrons. (Sanction pénale : de 5 à 20 rixdalers (de 6 fr. 90 à 27 h*. ^ d’amende, sans préjudice des peines plus sévères qui peuvent être de droit commun.) Donnent lieu à l'application de ces peines : tout manqu0 de respect soit en paroles, soit en actes de l’apprenti à l’égard de son patron; la négligence dans l’exécution du travail; la destruction des outils ou de la matière première; l’absence pendant les jours de travail» le séjour hors de la maison pendant la nuit; enfin la fréquentation des cabarets.
- C’est surtout, on je voit, en faveur de l’enfance et de la jeU
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- nesse ouvrière que s’exercent en Suède la sollicitude du législateur, et l’action tutélaire des patrons. Si la vigueur de la race se maintient, si le niveau moral se relève, on ne le doit pas seulement aux règlements restrictifs de la vente et de l’usage des liqueurs spiritueuses, mais encore à l’ordon-Hance de 1864, dont les principales dispositions sont rapportées plus haut, et surtout à l’excellente organisation de l’instruction publique. D’après la loi du 18 juin 1842, qui est en Suède comme la charte de l’enseignement populaire, il doit y avoir dans chaque paroisse, dans les villes comme à la cam-Pagne, au moins une école sédentaire avec un instituteur s°rti d’une école normale primaire. Deux communes peu Populeuses peuvent cependant être autorisées à n’avoir qu’une Se,de école; en outre, « si le manque de ressources ou tout autre motif s’oppose à l’établissement d’écoles sédentaires, t enseignement peut être donné exclusivement jusqu’à nouvel 01 dre dans des écoles ambulantes par des instituteurs sortis des écoles normales. De ces deux sortes d’écoles primaires, ^es écoles sédentaires et les écoles ambulantes, les premières Se trouvent surtout dans les villes et les villages, de même ^Ue dans les parties les plus populeuses du pays, et les der-ttIeres dans les endroits où la population est faible par rapport à l’étendue du territoire, et où la difficulté des commu-ûlcations rend pénible, souvent même impossible pour les Riants, la fréquentation de l’étfole (1) ». Il existe en outre s écoles primaires de petits enfants ou salles d’asiles ^ïïl(ibar7isskoler)i dont la fondation ne date que de 1853, et s écoles primaires supérieures, organisées depuis 1858.
- Los écoles sont placées sous la direction locale d’un con-Sed scolaire institué dans chaque district scolaire, et se comptant du pasteur, qui en est le président, et d’au moins ^Hatre membres élus pour quatre ans par la commune. C’est ^ conseil qui rédige les règlements relatifs aux méthodes enseignement, à la discipline et à la durée des classes, etc.,
- (1) La Suède,
- par M. Sidenblah, p. 404-405.
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- sous réserve de l’approbation des membres du consistoire du diocèse, qui, de concert avec l’évêque, sont d’ailleurs investis d’un droit supérieur de contrôle et d’administration sur l’ensemble des écoles du diocèse.
- Leurs observations doivent être adressées au ministre des cultes et de l’instruction publique qui, au nom du roi, est chargé de là haute surveillance de l’instruction primaire et l’exerce par l’intermédiaire d’un corps spécial d’inspecteurs comprenant quarante-neuf membres. Chaque commune, d’accord avec le conseil scolaire, fixe l’âge à partir duquel les enfants doivent fréquenter l’école, et la loi se borne à indiquer que le commencement de l’instruction ne peut pas être reculé au delà de la neuvième année de l’enfant. Ce n’est pourtant que dans les contrées où les difficultés locales, et surtout les rigueurs du climat la rendent pénible, que la fréquentation de l’école est retardée jusqu’à cet âge ; ordinairement l’enfant entre à l’école à partir de sept ans, et il y reste jusqu’à quatorze. L’instruction est obligatoire pour les enfants qui se trouvent en âge de fréquenter les écoles, en sorte que, à l’exception de ceux qui ne sont pas dans les établissements privés ou qui, avec la permission du conseil scolaire, reçoivent l’instruction à domicile, tous doivent se rendre dans des écoles publiques.
- Ceux qui reçoivent l’instruction à domicile passent chaque semestre un examen devant le conseil scolaire, et ce dernier décide ensuite s’ils peuvent être soustraits à l’obligation de fréquenter l’école. Tant que durent les années d’écoles, l’aS' sistance publique subvient aux besoins des enfants, à l’entretien et à la nourriture desquels leurs familles sont hors d’état de pourvoir. Si les parents se refusent obstinément à envoyer leurs enfants à l’école, ils peuvent y être contraint après sommation préalable de charger d’autres personnes de l’éducation de leurs enfants moyennant rétribution (!)•
- A la fin de 1874, époque à laquelle la population dé la
- (i) La Suède, par M. Sidenblah, p. 404-405.
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- Suède était de 4,804,000 âmes, on comptait dans ce pays ^>S28 établissements d’instruction primaire, 3,883 salles d asile, 3,685 écoles primaires, dont 2,540 sédentaires et 1,145 aiïibulantes, et 10 écoles primaires supérieures. Sur 713,000 ei*fants soumis à l’obligation scolaire et représentant 17 0/0 de toute la population, 577,000 avaient reçu l’instruction dans les écoles primaires, 9,000 dans les collèges, écoles techniques, et 26,000 dans les écoles primaires privées;
- à domicile ; près de 19,000 étaient, pour des causes ^verses, demeurés privés d’instruction.'
- Les matières de l’enseignement sont : la religion, la lan-&Ue suédoise, l’histoire et la géographie, l’histoire naturelle, ^ géométrie et le dessin linéaire, le calcul, l’écriture, l’hor-hculture, le chant et la gymnastique. Dans les salles d’asile, on J1 enseigne que les premières notions de la religion ; puis, dans s écoles primaires, à des exercices de lecture, d’écriture et de Calcul mental, on ajoute des exercices de mémoire, de démonstration et de chant. Les matières de l’enseignement dans les écoles primaires supérieures sont les mêmes que dans les écoles primaires proprement dites ; mais elles y sont jmitées avec plus de développement. On y enseigne, de plus, e dessin à main libre et la tenue des livres. Il existe en beau-^°UP d’endroits des écoles industrielles pour garçons, sur-^ dans les villes; et dans la plupart des écoles de filles, peut s’exercer aux travaux manuels de la femme. Dans p S1eurs villes plus considérables, les jeunes filles ont aussi °ccasion de s’exercer aux travaux de ménage, tels que la CUlSs°n du pain, le blanchissage, le repassage, etc., dans les c°tes de travaux domestiques établies à cet effet. Les enfants ^pêchés par le dénuement de suivre l’école pendant tout ^ temps prescrit, ou ceux dont les aptitudes sont trop fai-pour leur permettre d’acquérir toute la somme de con-j SanCes que l’enseignement leur offre, doivent au moins, iiïT ^Ur sorLe de l’école, avoir suivi le cours minimum P sé par les lois scolaires; en un mot, pouvoir lire avec 1 posséder les notions religieuses nécessaires pour
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- suivre l’instruction donnée aux catéchumènes, écrire avec facilité, savoir les quatre règles des nombres entiers sans application; ils doivent en outre être exercés aux chants religieux, à moins qu’ils ne soient complètement dépourvus de dispositions musicales (1).
- (1) La Suède, par M. Sidenblah, p. 413-414.
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- NORVÈGE
- Statistique. — Salaires ouvriers, agricoles, forestiers, marins, pêcheurs, ouvriers de l’industrie. — Nourriture. — Mesures contre l’alcoolisme. Vêtements. — Logements ouvriers. — Sociétés coopératives. — Associations diverses. — Ecoles. — Liberté industrielle.
- La Norvège n’est pas un pays industriel. Ses habitants Se livrent à la pêche, à l’élève du bétail, à l’exploitation des ^°rêts, souvent à toutes ces opérations à la fois ; souvent aUssi ils s’embarquent comme matelots, soit sur les bâtiments l’État, soit sur les nombreux navires marchands qui por-fent le pavillon norvégien ; mais il est très rare qu’ils travaillent dans une manufacture, et la petite industrie elle-^erne ne fabrique que ce qui est strictement nécessaire aux besoins très limités du pays. Il suffit, du reste, pour se con-^Mncre du peu d’importance de l’industrie norvégienne, de Jeter les yeux sur la statistique de la population du royaume. ^es 1,700,000 habitants (chiffre de 1865; en 1877, 1,925,000 Citants), dont les quatre cinquièmes vivent à la campagne, s°ht répartis par profession de la manière suivante.
- Ln 1875, le nombre des ouvriers de la grande industrie ^teignait 44,100; en y ajoutant les 14,000 ouvriers mineurs Métallurgistes et les 20,000 artisans des villes, on arrivait au chiffre de 78,000, ce qui ne laissait pour la petite indus-Ie des campagnes qu’environ 10 à 12,000 personnes, j ^°Ur certains travaux dans les fabriques, on emploie des ^Mmes et des enfants en assez grand nombre. En 1870, les Mmes occupées dans ces fabriques représentaient 9,2 0/0 enfants au-dessous de 15 ans 6,2 0/0 du nombre total
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- des ouvriers de la grande industrie. Les fabricants sont tenus simplement de veiller à ce que les enfants ne soient pas empêchés de fréquenter les écoles. En dehors des lois hygiéniques générales, il n’y a, du reste, aucune loi particulière réglementant le travail des ouvriers dans les fabriques.
- Comme on a pu s’en convaincre par les indications statistiques qui précèdent, l’industrie norvégienne ne fait pour ainsi dire que de naître, et elle n’a, quant à présent, que des proportions insignifiantes ; mais ses progrès ont été rapides. Il y a trente ans les fours à chaux, les scieries, les moulins, les distilleries d’eau-de-vie, les brasseries et les chantiers de construction de navires étaient les seuls établissements industriels existant dans ce pays. Les éléments d’une grande prospérité industrielle n’y manquaient cependant pas ; les innombrables chutes d’eau de la Norvège lui donnent la force motrice à profusion ; la marine norvégienne, qui est excellente, transporte à bas prix les matières premières de tous les pays, et les ouvriers norvégiens ont eu de tout temps une remarquable aptitude pour les arts industriels, surtout pour la mécanique. Mais la disette de directeurs habiles, et d’ouvriers instruits, le défaut d’établissements d’instruction technique, la rareté des capitaux, et l’insuffisance des moyens de communications, forçaient l’industrie à ne fabriquer que <hîS objets de première nécessité, qui ne pouvaient supporter un long transport, ou des objets grossiers pour la consomma' tion populaire du pays. Depuis lors, de grands progrès ont été accomplis; un grand’nombre d’excellents ingénieurs se sont formés à l’étranger, les capitaux se sont accrus, les chemins de fer ont permis d’amener les matières premières a portée des chutes d’eau destinées à les utiliser, les anciens privilèges ont été à peu près retirés ou rachetés, les droits d’entrée pour les matières premières successivement abolis? les barrières douanières entre la Norvège et la Suède ont disparu, et la conclusion de nombreux traités de commet a imprimé aux transactions internationales une remarquai» impulsion. Aussi les importations annuelles de la Norvège
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- qui ne dépassaient pas 145 millions de francs en 1866, atteignaient-elles 246 millions en 1875 ; ses exportations dans le même espace de dix années s’élevaient de 96 millions à 144 millions de francs ; la petite industrie urbaine, qui n’employait en 1850 que 12,000 artisans, en faisait vivre plus de 20,000 en 1875; le nombre des ouvriers de fabriques, inférieur à 7,000 (6,717) en 1850, était en 1875 de 44,100. Tout Présage donc un développement rapide de l’industrie norvégienne ; mais cette extension est plus encore un fait à venir qu’un fait actuel, et la Norvège n’en reste pas moins encore aujourd’hui un pays principalement agricole et maritime plu-qu’un pays industriel.
- Il n’entre pas dans notre plan d'étudier à fond la situation de la classe agricole de la Norvège ; il n’est pas possible Cependant de n’en pas dire quelques mots, ne fût-ce qu’en raison de la réunion très fréquente du travail agricole et du Iravail industriel dans les mêmes mains. La population nor-v®gienne est en effet trop clairsemée, les bons ouvriers sont eUcore trop rares dans les petites localités, pour que le fermer et le petit cultivateur ne soient pas fréquemment obligés d exécuter eux-mêmes les travaux les plus simples ou les Pius pressants de la petite industrie rurale, et d’un autre cdfé, les hivers sont trop rigoureux et trop prolongés pour (lüe les habitants les plus éloignés des centres manufacturiers 116 cherchent pas à s’assurer, par l’exercice d’un métier, un uhle complément de ressources pendant la mauvaise saison. ^es deux professions se confondent donc fréquemment en de telle sorte que décrire la situation des paysans de la 0rvège, c’est aussi dans une certaine mesure, étudier une action assez considérable de la classe industrielle du pays
- fr,
- I^cs trois principales catégories de la classe agricole en °Cvège sont, comme on l’a vu : les paysans propriétaires 11 sol bonde (et lield bonde), les huismoend ou cotters, qui °ccupent une situation analogue à celle des stakfolk suédois ^1 forment en quelque sorte un échelon intermédiaire entre
- N
- du
- le
- Premiers et les ouvriers des fermes; enfin, la classe
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- assez nombreuse et spécialement norvégienne des paysans matelots.
- Le bonde, ou paysan propriétaire, est le type le plus répandu en Norvège. Il est rare en effet que dans ce pays la terre n’appartienne pas à celui qui la cultive. La propriété personnelle du bonde n'est sans doute pas assez considérable pour Je dispenser de tout travail salarié, mais elle suffit pour lui donner une assiette territoriale et pour assurer un foyer permanent à sa famille. Dans la plupart des cas il afferme en même temps d’autres terres, moins pour cultiver en vue de la vente que pour se procurer sa subsistance et la matière première de ses vêtements; s’il se trouve dans le voisinage d’une ville, il a à sa disposition des voies de communication faciles et un débouché pour l’excédent de ses produits. Les paysans de cette classe construisent en général leurs maisons eux-mêmes et fabriquent leurs outils, harnais, etc.
- Les field bonde, ou paysans montagnards, ont une situation analogue, mais moins stable et moins fortement assise. On désigne sous ce nom de petits propriétaires habitant l0 long des chemins de montagne ou dans les hautes vallées situées au-dessus de la limite de la culture du blé. Ils vivent surtout de l’élevage du bétail, de l’abatage et du flottage des bois destinés aux scieries, enfin de la vente du gibier pendant les mois d’hiver.
- Une ferme norvégienne se compose de l’indmark, ou ferme domestique, comprenant la terre cultivée autour de l’habita' tion principale et au centre de la famille; de l’iidinark» terres cultivées en dehors de l’indmark et pâturages, eidi° du soeter, chalet situé dans la montagne ou dans les marais où le bétail pâture en été. Le travail de la ferme est exécute en général par le huismoend ou cotter, paysan qui habite une chaumière, un cottage entouré d’un petit coin de terre just0 suffisant pour nourrir deux vaches et quelques moutons °ü chèvres, c’est-à-dire pour faire subsister deux personnes : le cotter et sa femme. Les cotters sont tenus de fournir au V1'0' priétaire de leur maison un certain nombre de journées d0
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- travail, moyennant la nourriture et un salaire déterminé d’avance, qui est en moyenne 1 fr. 70 par jour en été et I fr. 28 en hiver. Ils ne payent pas d’impôts et sont en revanche privés de tout droit de suffrage, soit paroissial, s°ff administratif. Un grand nombre de ces cultivateurs, Mécontents de leur sort, ont, dans ces dernières années, émigré aux États-Unis.
- Il reste enfin quelques mots à dire des paysans matelots Mablis dans les îles du Nordland et de Finmark, ainsi que Sur les côtes ; des fiords, qui pénètrent parfois jusqu’à trente et quarante lieues dans les terres. Le long de leurs rives, on voit Se dresser pittoresquement de petites fermes, partout où il y a assez de sol pour nourrir une ou deux vaches et quelques ehèvres ou brebis, partout où peuvent pousser quelques pommes de terre, et dans des conditions favorables quelques de blé. La subsistance de ces pauvres paysans, les der-niers de la hiérarchie agricole, dépend principalement du Produit de leur pêche. Il est presque impossible d’évaluer la ^numération des paysans des diverses classes que l’on vient
- onumérer. Ils sont principalement payés en nature. Pour ^es ouvriers agricoles, voici quel est le taux des salaires Moyens par semaine :
- Ouvriers proprement dits.................
- Laboureurs...............................'
- Jardiniers chefs......................
- Sarcleuses............................
- Charretiers avec leur charrette cl leur cheval bûcherons.............................. ‘ '
- bour constructions navales............
- Fr. c. Fr. c.
- 6 55 à 10 »
- 10 05 11 »
- 13 05 19 35
- 0 55 8 30
- 26 55 30 »
- U » 13 20
- 20 » 22 15
- ^ Hans l’industrie, surtout dans la grande industrie, la main-ep011^6 S° Paye naturellement pins cher, mais en somme,
- n’est
- En
- guère coûteuse.
- la ' rïl0^tvilne> pour dix heures de travail, durée normale de Journée, les salaires payés par les divers fabricants sont les vivants •
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- Fabriques de tissus de laine.
- Fr. c. Fr. t.
- Hommes................................. H w a 33 30
- Femmes................................. H » » »
- Enfants................................ H » » »
- Contre-maîtres anglais............... 75 » » «
- Fabriques de tissus de coton.
- Hommes................................. 8 85 à 33 30
- Femmes................................. 11 » » »
- Enfants................................ 7 70 » »
- Papeteries.
- Hommes................................. 13 30 à 27 75
- Femmes.................................. 6 65 11 >'
- Enfants................................. 8 30 » »
- Fabrique de toiles à voiles.
- Hommes......................................... 20 »
- Femmes........................................... 7 90
- Mines et carrières.
- Fr. C. Fr. C.
- Mineurs à la journée................... 10 » à 11.10
- — à forfait ou par contrat.......... 11 10 16 65
- Journaliers............................. 6 60 7 »
- Carriers payés au pied de pierre...‘.. 1110 16 65
- Fondeurs de minerai.................... 12 50 16 65
- Ouvriers chimistes..................... 12 50 19 70
- Fonderies de fer et fabriques de machines.
- Hommes................................ 11 25 à 90 »
- Garçons................................ 6 25 H 25
- Industries du bâtiment et industries accessoires............................... 10 » à 41 65
- Usines à gaz.
- Hommes................................ 11 » à 26 55
- Garçons............................... 8 30 10 »
- Chapeliers............................ 13 85 38 35
- Imprimerie, reliure, fonderie de caractères.
- Hommes................................. u » à 33 30
- Garçons................................. 2 80 H »
- Filles.................................. 5 50 12 15
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- t
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- Constructions de navires.
- Hommes 13 10 à 64 65
- Garçons ... 6 65 9 35
- Industries diverses.
- Tailleurs et cordonniers 11 10 à 26 20
- Peintres et vitriers. 12 90 26 20
- Boulangers 19 80 26 20
- Couturières 3 » 6 »
- Commissionnaires 5 40 7 50
- Garçons de boutiques 10 70 53 40
- En résumé les salaires de la classe ouvrière en Norvège étaient évalués par M. Broch aux taux suivants pour la période 1871-75.
- Domestiques, à la campagne..................
- — dans les villes.................... •
- Servantes, à la campagne...................
- — dans les villes.......................
- Savcc la nourriture, à la campagne.........................
- sans nourriture, à la campagne .......................
- sans nourriture, dans les villes .......................
- Ouvriers employés à la construction des routes.
- ^Ouvriers employés à la construction des chemins
- 240 fr. par an.
- 300 —
- 100 —
- 107 —
- Fr. c.
- I l’été............ 1 72
- \ l’hiver........ 1 20
- \ l’été........... 2 96
- f l’hiver....... 2 20
- 1 l’été........... 3 47
- ( l’hiver....... 2 80
- \ l’été........... 2 40
- | l’hiver....... 2 13
- | l’été........... 2 72
- i l’hiver....... 2 55
- ^ est trois industries toutes norvégiennes, la marine mar-chande, l’exploitation des bois et de la pêche, qui méritent, point de vue des salaires et de la situation de leur per-^niiel, une étude particulièrement attentive. Nous dirons a ord quelques mots de la marine marchande.
- ^ Ea Norvège, en raison de sa position géographique et de Rendue de son littoral, est par essence un pays maritime et 0lïirnerçant plus encore qu’un pays agricole ou manufactu-r- Elle a, eu égard à sa population, développé ses res-Drces, surtout ses ressources navales plus qu’aucune aDtre contrée.
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- A la fin de l’année 1875, la flotte marchande norvégienne se composait, en effet, de 7,814 navires jaugeant ensemble 1,419,300 tonneaux et ayant plus de 60,000 hommes d’équipage ; c’est-à-dire que l’on comptait en Norvège 781 tonneaux par 1,000 habitants, alors que la proportion n’était en Angleterre que de 210, aux États-Unis de 90, et en France de 28.
- Tous les habitants mâles des villes et districts maritimes, qui vivent, soit du pilotage, soit du service à bord de navires, de yachts, de bateaux, ou qui sont employés au flottage des bois de charpentes, les constructeurs de navires et les pêcheurs, sont tenus de s’inscrire sur les registres des marins et soumis à l’appel pour le service naval en cas de besoin. Les marins inscrits sur ces registres peuvent seuls être employés au pilotage, aux voyages au long cours et dans les pêcheries maritimes. Avant de prendre du service à bord d’un bâtiment en partance pour l’étranger, tout marin doit retirer au bureau de l’inscription maritime un billet qui lui est délivré gratis. Ce billet doit être remis au capitaine au moment de l’embarquement.
- Pour montrer avec qu’elle rapidité la marine marchande s’est développée et quelle importance elle a acquise, il suffi! de se reporter aux relevés officiels. On a cru généralement que les matelots norvégiens étaient mal payés et mal nourris; mais aucune de ces assertions n’est confirmée par les tableaux ci-dessous, qui indiquent le taux des salaires mensuels des maîtres, seconds et matelots à bord de navires jaugeant en moyenne de 2 à 600 tonneaux.
- Minimum. Mnximum.
- Maîtres avec 5 0/0 sur le fret Fr. c. •. . lit 25 Fr. c. 100 25
- Seconds de lr« classe 83 75 111 25 77 50 77 50
- Seconds de 2e classe t;r, Of;
- Charpentiers 00 25
- Cuisiniers fjr, ‘)'i 00 25 00 25
- Matelots A II lft classe . 50 25
- Matelots ordinaires 38 75 50 » 33 75
- (•arçons ou apprentis 27 50
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- Les bâtiments norvégiens sont en général mieux montés ^ue les bâtiments anglais. Là où ces derniers emploient douze hommes, les Norvégiens en ont quinze. Il paraît aussi eXister, entre un patron norvégien et son équipage, plus d harmonie qu’entre le capitaine et les matelots d’un navire anglais.
- Les rations hebdomadaires suivantes sont distribuées à Wd des navires marchands norvégiens pour les courtes
- traversées :
- Beurre......................................... Ok. 625
- Biscuits ...................................... 3 300
- Trois jours par semaine bœuf salé avec une soupe
- aux pois..................................... 0 62a
- Quatre jours par semaine poisson frais, ou morue et potage.
- Thé ou café â déjeuner et souvent petite bière à discrétion.
- Lour les longues traversées, les rations sont les suivantes :
- Beurre..............................................
- Biscuit.........................................
- Bœuf salé..............................................
- Porc salé.................................... .....
- Vinaigre............................................ • .
- Thé ou café pour déjeuner, et dans le port, viande et légumes frais.
- En cas de gros travail ou de mauvais temps, un ou deux verres de grog par jour.
- Ok.500 3 300 2 » 2 300 1/2 litre.
- bâtiments
- à vapeur. Salaires mensuels :
- Minimum. Maximum.
- Maîtres, y compris le tant 0/0 222 fr. . 30 à 278 fr. 7»
- Seconds de 1 r« classe, nourris à bord. 111 23 138 73
- Seconds de 2e classe, nourris à bord. 88 73 113 73
- Mécaniciens en premier 138 7 o IGG 23
- Mécaniciens en second 88 73 113 7;>
- Ebarpentiers ... 72 30 7 G 80
- Eàaulfeurs 72 30 7G 7;i
- Matelots 6G 23 7 G 73
- Le
- contrôleur de l’inscription des gens de mer en
- Norvège
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- est chargé de contrôler les engagements des marins sur les navires en partance pour l’étranger. Aucun navire ne peut être expédié en douane si les contrats d’engagements n’ont été au préalables signés en présence du contrôleur.
- On fixe le chiffre de la retenue que doit payer chaque matelot, et qui, à la fin de son voyage, doit être versée par le capitaine entre les mains du contrôleur et par celui-ci au caissier de l’institution de prévoyance à laquelle appartient le marin.
- Autrefois il n’existait qu’une seule caisse de matelots pour tout le pays, mais on en trouve maintenant une dans chaque district d'inscription; on cherche ainsi à attacher les mariné à leurs foyers.
- L'industrie forestière n’a pas, en Norvège, une moindre importance que celles de la pêche ou des transports mari' times. Le travail de la terre n’étant possible que durant si# mois, par suite de la rigueur du climat, c’est dans ses forêts que le paysan norvégien trouve à s’occuper pendant le resta de l’année.
- Voici comment est organisée cette branche d’industrie :
- Une personne dont la position et la tâche impliquent une grande responsabilité et une confiance absolue, est choisi0 par le marchand do bois pour marquer et acheter les bois-Le vendeur obtient d’ordinaire, par l’intermédiaire do cet agent, une avance qui lui permet de payer le travail de Yak*' tage. L’agent est directement responsable de cette avance vis-à-vis de son mandant; mais il se couvre aussitôt que p°8' sible en marquant avec une hache faite exprès les arbre8 abattus; c’est en effet par cette marque que s’établit et 8e fixe son droit de propriété.
- Pour ce service, le marqueur stipule généralement du chand une remise de 80 centimes à 1 fr. 25 par douzaine de troncs achetés.
- Le travail en foret se fait surtout à l’entreprise. L abata^ et 1 élagage sont les premières opérations. Les petits arbre8 sont quelquefois abattus pour un prix variant de 60 à 80 cen-
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- hmesla douzaine. Le bois de sciage coûte de 1 fr. 25 à 3 fr. 75 Vivant les dimensions; pour le gros bois, cependant, on Paye plus. Après l’abatage, les chevaux tirent les troncs sur frs hauteurs, où ils attendent sans inconvénients la' tombée la neige avant d’être conduits plus loin. Quand les trai-aeaux commencent à glisser et que les troncs peuvent être hrés sur la glace, on les transporte jusqu’aux glissoires.
- Le transport comme l’abatage se fait presque toujours à 1 entreprise, et une douzaine de troncs peut dès lors naturelle-^nt coûter des prix très différents selon 1a- distance et les
- dimensions.
- Le propriétaire d'un cheval est, en général, disposé à le |°Uer à des conditions qui lui assurent 3 fr. 75 à 4 fr. 35 par Carnée d’homme et de cheval. Le flottage est entrepris par Ulle compagnie qui s’intitule la Direction des bois. Une jpande partie du travail de la Direction des bois se fait à for-les salaires des journaliers s’élèvent de 1 fr. 65 à fr' 05 par jour. Le bois revient au marchand, livré dans son magasin, sur le cours d’eau, à 5 fr. 60 ou 6 fr. 25 la dou-*aiIle> pour les troncs de 8 mètres et au-dessous, et de .fr- 15 à 8 fr. 10 par douzaine pour les troncs d’une dimen-Sl0ïl supérieure.
- ^ Pans les scieries, où l’on envoie la plus grande partie du ^ls> les salaires varient sensiblement selon la situation, l’a-^esse et la force déployées par l’ouvrier; si l’on emploie moteurs hydrauliques, les salaires journaliers, à la cam-oscillent entre 1 fr. 55 et 2fr. 80, et si le travail se fait ^ pièces, par douzaine de troncs moyens sciés, ils varient les ^ ^ ^ ^ ^ fr' ^ Par jour- l^ans les scieries à vapeur, salaires sont plus élevés. Un mécanicien payé à la journée
- les^^ ^ ^r* ‘l fr* ^ ’ ^es a‘(frs ^ fr' a ^ fr' ^ ’
- 1 scieurs, de 3 fr. 10 à 3 fr. 75; les journaliers, de
- ^ • 55 à 2 fr. 15. Aux pièces, le mécanicien ou le maître pouGUr Peu! prétendre à 2 fr. 80 ou 3 fr. 40 par douzaine, et ^GS ar^res g™do8 dimensions en proportion, depuis ir°n 5 fr. 75 jusqu’à 6 fr. 25. Le propriétaire d’une
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- scierie à vapeur entreprendrait généralement le sciage du bois de 6 pouces à 4 fr. 05 et jusqu’à 10 pouces pouf 5 fr. 60 la douzaine ; enfin le bois de plus grande dimension en proportion.
- Le genre de vie de l’ouvrier et du paysan norvégien di£" fère peu de celui de l’ouvrier suédois. L'un comme l’autr6 mène une rude existence et se contente de peu. La nourri' ture à la campagne se compose surtout d’aliments farineux préparés tantôt comme bouillie (velling) ou gruau (grod)» tantôt comme pain; de pommes de terre, de harengs salés» dans une moindre proportion, de viande et de lard salés e<ù fumés; enfin, pour une grande partie, de laitage. Le pain se fait soit de la manière ordinaire avec de la pâte ferme11' tée, généralement de farine de seigle et cuite au four, soit a la norvégienne, c’est à dire de pâte non fermentée de farm6 d’orge et d’avoine souvent mélangée avec de la farine d0 pois.
- Le gruau est le principal aliment journalier du poupl0 norvégien, surtout à la campagne ; il se fait tantôt avec de la farine d’orge, tantôt avec de la farine d’avoine, et quelque fois dans les villes avec de la farine de seigle. On évalue a 80 kilog. par an la consommation moyenne et individuel!0 de farine de gruau. La bouillie ou velling, faite de lait, dc farine d’orge et de farine d’avoine, rarement d’orge mondé» est la soupe la plus ordinaire ; on la mange avec du pain seigle plat (lladborg) et avec des pommes de terre. La cou sommation des pommes de terre est considérable et va ton jours croissant. Les ouvriers et les petits propriétaires de ^ campagne mangent rarement la viande et le lard à Ie frais. La viande salée et fumée n’est, elle, qu’un plat de luxe’ dans les petites villes, la consommation de la viande et ^ lard à l’état frais est plus importante ; elle est génen dans les grandes villes. Le beurre, le lait et le poisson sa^ sont, au contraire, d’un usage universel et constant dan-toutes les parties du pays.
- Voici un aperçu des denrées ou matières les plus usuc
- Il es
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- Servant aux besoins quotidiens des travailleurs norvégiens :
- Mouton et bœuf ..... » fr. .50 à )) fr. 60 la livre.
- Veau )) 60 )) 70 —
- Porc » 60 )) 80 —
- Café 1 20 i 40 —
- Thé •. • . 4 35 5 60 —
- Sagou -. » 50 60 —
- Riz ... » 45 » 60 —
- Cassonnade )> 65 » 75 —
- Sucre en pains )> 90 1 )) . —
- Savon vert » 50 )) 60 —
- — jaune » 50 )) 80 —
- Pain de seigle ... » 25 )) » —
- Beurre 1 25 1 55 —
- Chandelles » 90 1 20 —
- Bois de hêtre • .. . . 11 25 16 85 les 6 m. c
- — sapin 9 )) il )) —
- L’introduction des sociétés coopératives de consommation ei1 Norvège est de date relativement récente, l’essai a du r6ste fort bien réussi, et ce genre d’association est en voie e se répandre dans tout le pays. Les cinq principales d’entre eÜes ont publié leurs comptes. Elles ont ensemble 21,385 Membres, tous chefs de famille. Elles réalisent un bénéfice ^t de 9 1/2 0/0 et un bénéfice net de 5 0/0 qui est employé Partie en constitution d’un fonds de réserve, partie en distri-utl°n de dividendes aux sociétaires ; ceux-ci ont d’ailleurs, outre, l’avantage de se procurer à des prix modérés des enrées non falsifiées.
- Les grèves sont à peine connues, même de nom, en Nor-^ §e> et l’on ne cite aucun exemple de coalition d’ouvriers.
- Ls Associations ouvrières sont uniquement des associations ^icalesde secours mutuels, ayant pour seul objet d’assurer yurs membres l’assistance en cas de maladie, et des obsè -^es c°nvenables en cas de mort ; d’améliorer l’éducation, et ^Lide relever la position sociale de l’ouvrier; enfin dans ^jains cas de lui distribuer des secours en argent.
- Aia' ^ a Gn L0UL ^ associations de ce genre dans le pays;
- ^US(Ill a présent on ira pu se procurer les comptes que ^ Centre elles, dont 32 donnant des secours en cas de
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- maladie ou de mort, et ayant par conséquent rigoureusement le caractère d’associations amicales. Elles comptent 4,816 membres.
- Six donnent des secours en argent et en même temps s’occupent de compléter l’éducation et d’améliorer la position de l’ouvrier. Elles comptent 2,986 membres.
- Six autres se consacrent exclusivement au développement de l’instruction. Elles ont 1,685 membres.
- En dehors de ces Sociétés, une loi oblige les entreprises des mines à secourir leurs ouvriers pauvres et à entretenir des écoles pour l’éducation des enfants et des ouvriers. Une déduction mensuelle de 2 ou de 3 0/0 est en général effectuée dans ce but sur les salaires des ouvriers.
- Les grandes manufactures et les grands établissements m' dustriels ont presque tous leurs associations particulières? leurs ouvriers y souscrivent volontairement et reçoivent en retour des secours en cas de maladie. Ces associations sont soutenues par 2,092 membres.
- Dans les quarante-deux unions dont les comptes ont été dressés, 59 0/0 des membres étaient de la classe ouvrière? 14 0/0 de celle des petits commerçants, et 10 0/0 de celle des employés.
- Les 47 0/0 restants ne rentraient dans aucune de ceS classes; ils paraissaient être surtout des domestiques, ou &eê individus sans professions fixes, gagnant leur vie par u11 travail accidentel. La contribution hebdomadaire varie de 20 à 30 centimes. Les secours alloués en cas de maladie oscü lent entre 6 fr. 25 et 12 fr. 50 par semaine.
- Dans quelques cas, l’assistance médi'cale, si elle est nece» saire, s’ajoute au secours pécuniaire.
- Le moyen de développer l’intruction et d’entretenir lcS relations entre les membres respectifs de ces unions sont de5 conférences périodiques suivies de discussions, ainsi que &eS prêts gratuits de livres, de recueils périodiques et d’ouvrag littéraires appropriés .à leur degré de culture intellectuelle' Ues conférences sont en général faites gratuitement par des pef
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- s°nnes ayant un caractère public, par des ingénieurs ou par Autres hommes expérimentés. Des bibliothèques sont en voie de formation ; elles sont soutenues en partie par les c°lisations des sociétaires et surtout, jusqu’ici du moins, par ^es dons. Elles ont pour la plupart de 500 à 1,500 volumes.
- La facilité avec laquelle on peut se procurer ces livres et L fréquence des réunions d’associés, contribuent notablement à relever la situation de l’ouvrier, et à le préserver de L dégradation à laquelle son état ne l’exposerait que trop s°Uvent; mais l’élément principal de progrès, de bien-être ri de ^moralité pour les ouvriers norvégiens est incontestablement la diffusion universelle de l’instruction primaire. Elle eri obligatoire en Norvège depuis plus d’un siècle, et ce prin-riPe a été développé en 1860 par une loi spéciale, d’après Quelle tout enfant est tenu de fréquenter l’école au minimum m°is mois par an, de huit à quinze ans, à moins que ses P^ents ne puissent fournir la preuve qu’ils sont en mesure e Lu donner à domicile l’éducation nécessaire.
- Les amués-schools, ou écoles populaires, sont primaires 011 Secondaires.
- Lans les écoles primaires, les enfants apprennent les élé-rieuts des diverses sciences qui font partie du programme, les écoles secondaires, on les initie aux parties supé-
- , res de
- ces sciences. La fréquentation de ces dernières ^c°les n’est pas obligatoire ; mais elles sont ouvertes à toutes
- Plét
- nier
- 5 personnes âgées de plus de douze ans qui désirent com-er leur éducation. L’instruction est gratuite dans ce der-^ ,Cas, quand les parents no peuvent payer la légère rétri-^L°n imposée par la municipalité, et que l’instituteur reçoit ^SUs Le ses appointements fixes, nns les écoles primaires, l’enseignement comprend les ^ res suivantes : lecture, écriture, arithmétique, religion prjC^anL Les livres choisis pour enseigner la lecture sont lcipalement la Bible et les livres de géographie, d’histoire ^ fe L* élémentaire et d’histoire; dans quelques cas on rend la gymnastique et l’exercice militaire.
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- Les maîtres d’école doivent sortir des écoles normales du gouvernement, où ils ont à subir un examen rigoureux avant d’être admis à enseigner. Les écoles ont pour ressources une taxe levée sur le matrient (estimation officielle des biens-fonds), des contributions volontaires, des legs, des rentes & les subventions de l’Etat.
- D’après les relevés officiels, il existait en 1876 6,396 écoles fixes ou ambulantes, que 270,280 enfants étaient tenus de fréquenter. Sur ce nombre, 4,769 seulement étaient absents pour diverses causes. Il y avait, en outre, 40 écoles industrielles de filles et 11 asiles. Les dépenses de ces établisse-ments pendant la même période s’étaient élevées à 3 nud lions 987,250 francs; sur cette somme, la part contributive de l'Etat était de 652,050 francs.
- L’industrie est absolument libre en Norvège; les guildeS> qui formaient autrefois dans chaque ville des corporation fermées, ont été abolies il y a peu d’années ; cette transf01' mation paraît avoir amené sur quelques points une dim1IlU tion d’habileté et de bonne foi chez les ouvriers, ainsi qn u certain affaiblissement des sentiments de sollicitude puiel nelle, et un relâchement des liens de solidarité qui unissait les travailleurs aux patrons ; néanmoins, les ouvriers noi’ve giens ont eu, comme on l’a vu, la sagesse de conserver leUrS anciennes associations de secours mutuels.
- In
- Ils ont pu passer du régime des maîtrises à celui de
- liberté industrielle sans tomber dans cet état d’isoleù1
- en!
- social, de malaise et de révolte, où la rupture des ancien8 liens corpoiatifs a trop souvent jeté les ouvriers de 1 dent. Ils sont redevables de cette immunité à la solide h15' truction qui leur est distribuée et dont on ne se sépa1’6 jamais en Norvège.
- En Suède et en Norvège, mieux que dans bien d’autreS pays, les ouvriers se sont pénétrés de cette vérité, qllC ^ bien-être était plus encore attaché à la frugalité des m®üîS qu à une élévation de salaire correspondant à une evagG ration des dépenses; en Suède et en Norvvège,
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- qu’ailleurs, les patrons ont compris que leurs intérêts sont identiques à ceux des ouvriers, et que le plus sûr moyen de prospérer comme d’accomplir leur devoir est de s’assurer, P&r les témoignages d’une paternelle bienveillance, la gratitude de leurs collaborateurs. C’est à ce dévouement en haut, à cette modération en bas, que doit être principalement attribuée la situation enviable de ces petits État» Scandinaves, si modestes, si peu en vue, mais si tranquilles et si réellement heureux.
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- DANEMARK
- Stati
- lstique. — Liberté industrielle.— Abolition des corporations.—Travail infantile. — Salaires. — Nourriture.— Logements.
- classa industrielle a proportionnellement plus d’impor-tadce numérique en Danemark que dans les autres pays Scandinaves.
- Ainsi, d’après le recensement de 1860, sur une population ale de 1,800^000 habitants, un tiers au moins appartenait a ^a classe industrielle et à celle des domestiques. Les arti-
- Sri h ' ^
- s et ouvriers de manufactures, à eux seuls, composaient Vec ieurs familles une masse d’au moins 400,000 personnes. 11 comptait par exemple :
- Charpentiers ......................... • 48.500
- Forgerons........................... ••••• 34.000
- Tisserands.................................... 30.000
- Cordonniers.......................... • 25.700
- Tailleurs..................................... 24.900
- Maçons..................................... 20.000
- Meuniers................................... 17.000
- Ces
- ind COrPs d’état appartenant plus spécialement à la petite gra (J ^ 8°nt disséminés dans tout le royaume ; mais la e industrie a concentré sur quelques points, surtout
- les
- d’
- établi
- lies de Seeland et de Fionie, un certain nombre
- fab • 1Ssernents assez importants. On cite notamment la <}ui rnac^nes Burminster et Wain, de Copenhague,
- ^00 ouvriers ; une vingtaine de fonderies ré-es entre Copenhague, Odensee, Veile; à peu près autant
- de
- fab
- de
- - ^uriques de drap à Copenhague, Viborg, ^ .
- rede, etc.; dix verreries à Elseneur, Aa org e A
- CAnonhaffue et Silkesborg. ou trois papeteries a Copenhague
- ux
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- Copenhague, il existe deux fabriques de porcelaine, quatre raffineries, vingt-huit brasseries, trente-deux imprimeries, six fabriques de drap, quatre de tapis, deux papeteries et une fabrique de tissus de coton. La plupart de ces fabriques n’emploient, il est vrai, qu’un personnel très restreint; les ateliers ne comptent guère en moyenne que cinq ou six ouvriers ; vingt-cinq ou trente ouvriers composent un atelier très considérable dans le pays.
- Dans la petite industrie, la proportion entre le nombre des ouvriers et celui des patrons est naturellement plus faible encore. Ainsi à Copenhague, les statistiques officielles don-naient les chiffres suivants :
- Cordonniers........... 948 patrons et \ .616 ouvriers.
- Tailleurs.............. 618 — 988 —
- Forgerons............. “202 — 1.221 —
- Charpentiers........... 375 — 1.663 —
- Il y avait en moyenne, pour 10 patrons, 13 ouvriers à Copenhague, et 2 seulement dans le royaume de Danemark tout entier.
- La liberté industrielle a été officiellement établie en Da' nemark par la loi de 1857, qui a enlevé aux corporations ou langs leur caractère obligatoire. Jusqu’à cette époque, leS langs danoises étaient aussi fortement organisées que guildes allemandes. Chaque ouvrier devait en faire partie soh^ peine d’amende, et les admissions étaient subordonnées a toute une série d’épreuves plus ou moins difficiles : exanaeu» chef-d’œuvre, voyages à la suite desquels le candidat devait invariablement financer et régaler ses juges. Les divers corp d’état étaient rigoureusement enfermés dans d’étroites JimiteS’ que nul ne pouvait franchir sans encourir de sévères pénalité’ enfin, une réglementation minutieuse protégeait les artisa*j^ des villes contre la concurrence de l’industrie rurale. Lalo1 1857 a presque complètement maintenu ces dernières disp0 sitions, mais elle a abaissé les barrières de profession àpr°^ sion, rendu libre l’exercice de tous les arts mécanique5» transformé les anciennes langs obligatoires en simples asS°
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- étions amicales et volontaires de secours mutuels, contre la Maladie et les accidents.
- Ce dernier point mérite explication. D’après l’ancienne organisation des langs, chaque corps de métier avait sa caisse, a ^quelle les ouvriers associés étaient tenus de verser une c°tisation variant de 20 à 40 centimes par semaine. Ces caisses donnaient des secours, des pensions et des logements gra-hdts à leurs membres nécessiteux ou malades ; mais les frais Administration étaient énormes et absorbaient quelquefois 6 quart des recettes. Quand les langs furent supprimées, piques sociétés de prévoyance indépendantes s’étaient déjà établies à côté des associations officielles, et il suffit d’en beneraliser l’institution pour conserver sous une forme plus jàoderne, à la classe ouvrière, une partie des avantages que 1 avaient assurés jusqu’alors le système corporatif. En s°Uime, aujourd’hui toutes les conditions de travail, salaires, j^odes d’engagement et de payement, fixation de la durée de Journée, contribution aux caisses de secours, sont déterminées en pleine indépendance par le libre et mutuel accord es travailleurs et des patrons. Une seule restriction a été aPportée, dans l’intérêt des enfants, à ce régime de complète erté industrielle, par la loi du 23 mai 1873. Aux termes de ette loi, nul enfant no peut être reçu avant l’âge de dix ans, 0l^ dans les fabriques, soit dans les ateliers et lieux où le
- au s exécute d’après les procédés usités dans ces fabriques r* i. r 1
- • ne dix à quatorze ans, les enfants employés dans ces
- ^ lssements ne peuvent travailler plus de six heures et
- ils11116 *0ur’ avec une (^emi-heure de repos au moins;
- ^ne Ahmnl £tre employés à aucun travail, de neuf heures
- s°ir à six heures du matin, ni de onze heures du matin
- d Uxjq u
- fteure du soir. De quatorze à dix-huit ans, les enfants peuvent travailler plus de douze heures par jour.
- 1 ^ravail est interdit aux enfants les dimanches et jours s°Um' ainS^ dll auv heures d’école pour ceux qui sont encore Ce S -1 * °bhgation scolaire. Les travaux insalubres, ou 9^1 exigent un grand déploiement de force physique,
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- peuvent être défendus aux enfants par décision du ministre de l’intérieur. Les enfants ne doivent prendre leurs repas dans aucun local de la fabrique ou de l’atelier au moment où l’on y travaille ; dans le cas où, par suite de la nature du travail, l’atelier se remplit de poussière ou d’autres matières nuisibles à la santé, la police peut exiger qu’un local spécial soit réservé aux ouvriers pour s’y reposer ou pour y manger. Des précautions peuvent être prises pour séparer autant que possible les enfants des ouvriers adultes du sexe masculin» pour mettre les enfants et les travailleurs en général à l’abri des accidents de machines, pour assurer le renouvellement de l’air et prévenir l’encombrement dans les fabriques. DeS inspecteurs spéciaux sont chargés d’assurer l’observation des diverses prescriptions de la loi, qui ont pour sanction pénale des amendes variant de 5 à 100 rigdalers.
- On ne possède pas de statistique complète des salaires des ouvriers danois ; il faut donc se contenter de quelques indicé' tions sommaires. A Copenhague, en 1870, voici quelle était en moyenne la rémunération de la main-d’œuvre :
- Pur semaine
- fr. e. fr. c-
- Maçons, charpentiers, paveurs................ 19 35 à 21 85
- Forgerons, relieurs, fabricants d’instruments... 25 » » ”
- Tisserands et autres ouvriers de manufactures. 19 35 27 50
- Peintres..................................... 21 85 » ”
- Tailleurs.................................... 19 35 » ”
- Cordonniers.................................. 16 25 » ”
- Etameurs..................................... 10 25 19 35
- Tourneurs.................................... 15 » 21 85
- Aides, journaliers,.......................... 10 00 13 lù
- Pour les ouvriers d’élite, surtout dans la saison des longue^ journées, ces moyennes sont largement dépassées. Amsb Copenhague, il n’est pas rare de voir un très bon charpente1 gagner en été 32 fr. 50 et un maçon jusqu’à 37 fr. b0 Pa semaine; les tailleurs touchent quelquefois, dans la mê*ùa saison, 27 fr. 50; les cordonniers, 21 fr. 85; les forger01^ jusqu’à 32 fr. 50; mais ces chiffres ne s’appliquent qlia
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- Meilleurs ouvriers, travaillant aux pièces, et seulement à Copenhague. En province, les salaires sont un peu plus faibles et l’ouvrier s’y trouve en somme encore moins à
- Il •
- laise que dans la capitale. Il vit assez souvent avec son
- Patron, qui, à la ville comme à la campagne, remplit presque
- toujours lui-même l’office de contremaître ; dans ce cas un
- Carpentier, par exemple, reçoit 11 fr. 25 par semaine, avec
- fa nourriture et le logement. Beaucoup d’artisans des cam-
- Pagnes, qui ne sont pas logés chez leurs patrons, surtout les
- Carpentiers, forgerons, tonneliers, vanniers, mènent de
- fr°nt, avec l’exercice de leur métier, la culture de trois ou
- quatre arpents de terre dont ils sont propriétaires ou ’loca-
- frfres; ils forment la classe très intéressante des « ména-
- §nrs » qui est spéciale aux pays Scandinaves.
- Lo payement aux pièces est devenu à peu près général,
- surtout à Copenhague, où les tailleurs, les cordonniers et
- . autres ouvriers du même genre travaillent habituellement à
- domicile. Les ouvriers payés aux pièces reçoivent chaque
- Seniaine un acompte équivalant à environ la moitié de leur
- Claire moyen; on règle au bout du mois. La journée de
- travail dure généralement douze ou treize heures, et dans
- <ïUelques cas exceptionnels quatorze ou quinze, par exemple
- P°ur les maçons, dans les longs jours d’été.
- estime que, depuis un quart de siècle, les salaires des
- °uvriers danois n'ont subi qu’une hausse très peu sensible,
- ais que les prix des subsistances et des loyers ont
- ^gmenté dans le même laps de temps de 30 à 40 0/0, de
- ^ e sorte que l’amélioration de la condition de l’artisan est
- Iïleurée très inférieure aux progrès réalisés par le pays tout entier.
- ^ y a en général surabondance de bras, et cela tient Partie, sans doute, à la constante immigration des ouvriers leu °1S ^ a^0Inancfs en Danemark. L’ouvrier ou le cultiva-enft811^0^ n a 0U nn bras <1® mer & traverser pour passer plu a?6Iïlarfr’ ff peut faire le voyage pour 3 ou 4 francs au S’ fr gagne plus que dans son pays et se fait immédiate-
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- ment aux mœurs locales qui sont, comme la langue, presque identiques aux siennes.
- Quant aux ouvriers allemands, on connaît leurs habitudes d’extrême frugalité et leur remarquable aptitude à se plier aux usages et aux idées des pays qu’ils habitent; ils pourraient donc très aisément émigrer par masses en Danemark, et un grand nombre d’entre eux sont'efîectivement établis dans les campagnes danoises; mais ils sont tenus à l’écart des villes par l’âpreté du patriotisme Scandinave, qui est beaucoup plus développé que dans les districts ruraux et qui y rendrait leur séjour intolérable, peut-être même périlleux-
- En somme, les ressources de l’ouvrier danois sont plus que modiques. On a essayé d’en fixer le chiffre moyen ; voici les résultats auxquels on est arrivé. Un ouvrier d’élite, faisant un travail d’adresse de première qualité, peut gagner environ 1,300 francs par an; pour un travail d’adresse de moindre valeur, le salaire tombe à 850 francs; enfin pour le travail des champs ou pour un travail purement musculaire, n’exigeant ni adresse, ni instruction technique, il descend jusqu à 625 francs par an.
- Voilà le chiffre moyen du gain : quel en sera l’empl0^ Le premier et le plus fort chapitre du budget des dépenses de l’ouvrier sera naturellement celui de l’alimentation. Il ne paraît pas que de ce chef il puisse dépenser à Copenhague moins de 1 fr. 85 par jour, y compris la bière, l’eau-de-vie de grain du pays, l’éclairage et quelques autres menus frais. Cette dépense quotidienne représente 675 francs par an, c’cst-à' dire une somme supérieure au gain de la catégorie d’ouvrier8 la moins rétribuée, ce qui supposerait, ou que la moyenne est fautive, ou que cette classe d’ouvriers n’existe paS ^ Copenhague, ou qu’elle y vit en partie de la charité publ1' que. Cette dernière explication est vraie, au moins en ce qul concerne les familles des ouvriers le moins bien payés ; nnalS elle ne saurait s’appliquer aux ouvriers célibataires de cette catégorie. Ceux-là, ou retranchent sur la nourriture moyenne» ou reçoivent un salaire plus élevé que le salaire moyen ;CB ’
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- en effet, ce qui a lieu dans la plupart des cas pour les ouvriers de Copenhague, qui ont à supporter des charges exception -belles ; ceux des campagnes reçoivent et dépensent moins.
- peut dire cependant, en thèse générale, que la nourriture ^es classes ouvrières coûte cher en Danemark; encore est-e^e médiocre. On ne mange que du pain de seigle, très savoureux, il est vrai ; la viande est de qualité inférieure et ^es mets sont mal accommodés. La cuisine danoise est mauvaise et peu économique. Les femmes des ouvriers ne sont Pas bonnes ménagères : elles font d’ordinaire leurs provisions aux plus mauvaises boutiques et achètent par très petites Quantités, par conséquent fort cher. Quant aux ouvriers c^ibataires, ils sont en général plus ou moins rançonnés dans les cantines, et ils ne peuvent trouver, dans les four-aeaux économiques qui existent en [Danemark, une alimentation à beaucoup près aussi saine que celle que distribuent s etablissemonts analogues des autres pays, de la France de l’Angleterre notamment.
- ^es logements occupés par les ouvriers dans les villes, et SUrtout à Copenhague, sont purement et simplement déplo-rables. Les ouvriers habitent, dans la partie postérieure d’une Raison à plusieurs étages, ce qu’on appelle le cellier, c’est-dire un sous-sol donnant sur des cours étroites et fétides,
- (Tui i .
- u ont pas plus de neuf ou dix pieds carrés, et sur lesquelles débouchent les égouts. Les logements si mal situés, tit'1^ ^us’ en général, beaucoup trop resserrés : la quan-resplraLle qui est, en moyenne, de 75 mètres cubes rtête, y tombe souvent à 15 mètres7 cubes par individu et '“«ne au-dessous.
- s i*1 es^ Pas raro que deux ouvriers célibataires louent en-Par 6 Uïle c^lam^re garnie ; elle leur coûte environ 12 fr. 50 8 ’ Ulle cLa.m.bre séparée pour un homme seul se loue
- ïtle^I1Cs’ quant aux ménages, ils louent un des petits loge-s décrits plus haut, qui comprennent en général deux 16 ^res et une cuisine, et qui, non meublés, coûtent ancs Par mois. Les meubles et les ustensiles de ménage
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- se louent très souvent; tous sont d’espèce fort commune.
- Les chefs des divers établissements industriels se sont émus de cette situation et ont bâti, pour leur personnel, des cités ouvrières. C’est ainsi que, de 4851 à 4870, on leur a construit, rien qm’à Copenhague, 71 maisons comprenant 777 logements, et pouvant recevoir environ 3,200 personnes de la classe ouvrière. Le plus considérable de ces établissements a été fondé, en 4867, par MM. Burmeister et Vain» constructeurs de machines, de navires en fer et fabricants d’outils, qui tiennent le premier rang parmi les industriel danois ; au début, la société fondée par M. Vain, d’origi*10 anglaise, était exclusivement composée des ouvriers de la fabrique. Un prêt sur hypothèque fut consenti par la caisse d’épargne de Copenhague, et un terrain donné par un manü' facturier bienfaisant, M. Holmblad. Le mécanisme de cette association est assez simple : chaque membre paye 1 marC (47 centimes) par semaine, plus 1 rixdaler (2fr. 80) à titre ^ dépôt en entrant. Quand une maison est construite ou dcvie^ vacante, on la tire au sort : le membre gagnant paye loyer assez élevé, dont une partie sert à payer l’intérêt à 6 0/0 du prix de revient de la maison ; l’excédent est port^ au crédit de l’occupant qui, en 28 ans, arrive ainsi à ren1' bourser le capital et devient propriétaire de la maison. keS maisons sont à deux étages : quand le locataire préfère n’°c' cuper que le premier étage, il peut se libérer en dix ans. membres auxquels le tirage au sort n’assigne pas de mais011 sont autorisés à réclamer, au bout de dix-huit ans, le re#1' boursement du montant total de leurs versements; peuvent également avant le terme, dans certains cas déter' minés. Enfin, des sursis temporaires de versements peuve11* être accordés pour des motifs particuliers, et les membreS ont le droit de céder leurs droits à leurs coassociés.
- L’association, aujourd’hui ouverte à tous les ouvriers la capitale, compte 7,000 membres et possède un caplta d’environ 60,000 francs. Elle a construit, de 4865 â 36 maisons à deux étages, groupées par files, ayant chacane
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- un jardinet, deux ou trois chambres et une petite cour ; eLes peuvent recevoir 280 personnes. Le loyer d’un étage est d’environ 190 francs par an; celui d’une maison entière Yarie de 350 à 520 francs.
- Parmi les autres établissements du même genre, quatre °nt été créés par des compagnies d’actionnaires, un par les administrateurs d’une fondation charitable ; trois ont pour aunexes des bains et des lavoirs publics. L’une de ces cités, °uverte par la Société ouvrière, et pouvant loger 400 permîmes, est organisée à peu près suivant les mêmes princes que celle de MM. Vain et Burmeister : la Société demande des loyers variant de 87 à 112 francs par an ; elle donne 6 0/0 à ses actionnaires et a de l’excédent.
- La seule association analogue qui existe dans le reste du r°yaume de Danemark est une association récemment formée dans le Jutland, à Aarhus, au capital de 30,000 francs, toutes ces compagnies sont dues à l’esprit philanthropique de capitalistes, de personnes exerçant une profession libé-rale, et d’autres particuliers. Quant aux ouvriers, ils se s°nt en général tenus sur la réserve jusqu’au moment du
- succès.
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- RUSSIE
- OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
- Parler de l’industrie russe et des ouvriers russes peut, au Primer abord, sembler un paradoxe. On connaît le paysan russe, on ignore l’ouvrier, le manufacturier russe; volontiers 011 en révoquerait l’existence en doute. On est en effet habitué, en Occident, à considérer l’empire des Tsars comme Uïl état exclusivement agricole où la vie industrielle n’aurait Pas encore eu le temps de pénétrer. Fondée autrefois, cette °Plnion n’est plus aujourd’hui qu’en partie exacte. L’agri-Clllture reste sans doute la profession normale de la popula-h°n moscovite, et la plupart des industries n’existent encore ei1 Russie qu’à l’état rudimentaire. On risquerait pourtant de faire une idée fausse des forces de cet immense empire, si °R négligeait de tenir compte des éléments de prospérité trouve dès à présent dans le travail des manufactures,
- et j
- aes ressources plus précieuses encore qu’il en peut ^Rendre dans un avenir prochain. Il reçoit assurément, et il reÇevra longtemps, beaucoup plus de produits manufacturés R n’en exporte à l’étranger ; mais, sauf les capitaux qui Ul ^°nt encore défaut, rien ne lui manque pour soutenir la c°ncurrence, sinon pour prendre rang parmi les principales Puissances industrielles de l’Europe. Il a en profusion le sol, espace, les richesses minérales ; ses fleuves immenses, pro-s Qt calmes, sont d’incomparables voies de transport; sa Population nombreuse, intelligente, facile à manier et douée lIle remarquable faculté d’assimilation, peut fournir à bon h'ad’* Une ma*n_c^œuvre ^ Peu Prés illimitée ; enfin par ses Rions, par ses mœurs séculaires, par sa constitution
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- sociale, il est mieux que tout autre à même de concilier le travail agricole avec le travail industriel et de perpétuer ainsi cette union des deux professions, qui est dans tous les pays la meilleure condition de leur prospérité commune et du bien-être des classes laborieuses.
- Cette population surabondante est, à vrai dire, la principale force et la première richesse de la Russie : c’est elle qui fera l’objet de cet essai. Aussi bien le moment semble-t-il particulièrement opportun pour chercher à se rendre compte da son état matériel et moral. On ne s’est jamais autant qu’au-jourd’hui occupé de la Russie ; on n’a jamais surtout autant parlé du peuple russe. Déjà, en 1858, l’émancipation des serfs l’avait fait sortir de l’ombre séculaire où il végétait; la dernière guerre en mettant ses qualités en relief, les complots des nihilistes en découvrant ses plaies secrètes, ont achevé d’appeler sur lui l’attention universelle.
- On n’a pas ici la prétention de satisfaire, fût-ce imparfaitement, cette curiosité, et de tracer un tableau même incompl^ des populations si nombreuses, si diverses d’origine, de race et de mœurs, si étranges dans leurs coutumes, si primitive^ dans leur organisation, que l’empire des Tsars renferme 011 ses vastes limites.
- Ce serait la matière d’un volume, et il faudrait une compe' lence, des études, une connaissance approfondie du pays> une autorité qui nous font défaut. On se contentera de groU' per quelques renseignements recueillis par des agents étrafl' gers sur la situation de l’industrie russe, sur le sort qu’elle fad à ses auxiliaires, sur les caractères distinctifs des ouvrier5 qu’elle emploie et de l’organisation qu’elle s’est donnée °ü que les traditions lui ont imposée.
- 1
- LÉGISLATION ET STATISTIQUE
- Le premier, le plus saillant des caractères du monde indu5 triel russe, est ce qu’on pourrait appeler la diversité dafl9
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- unité. C’est, du reste, le trait distinctif de toutes choses en
- ^U8sie ; c’est, en quelque sorte, la caractéristique de la Russie elle-même. Dans cet immense empire, qui s’étend du aux sources je l’Euphrate, tout se touche sans se donner, tout se tient sans se ressembler. Les races les Plus diverses y habitent sous les climats les plus contraires, ^ 8 pays les plus dissemblables. Les Finois de Finlande, eres par le sang- de la nation magyare et cousins germains es lurcs, se livrent, presque sous le pôle, dans les marais, , 118 tes sables stériles, dans les froids de leur pauvre pays, |jla pêche, à l’industrie, à la navigation. Au centre, au cœur ^ Russie, le moscovite de race pure s’adonne à la culture 8 fertiles vallées du Volga, de la Karna, du Dniéper, et Ptete le concours de ses bras à diverses industries de récente j ^ution. Au midi, sur les bords de la mer Noire, sous une ^ ltede plus méridionale que celle de la France, les Tar-j es’ fidèles à la profession de leurs ancêtres, font paître Urs troupeaux dans la steppe où ils cultivent les cérqales. ' u delà du Don, les tribus kalmoukes errent à peu près ^dépendantes dans leurs déserts.
- ^Ws le Caucase, les Circassiens maintiennent au fond de Urs montagnes une sorte de féodalité territoriale et guer-> analogue aux clans d’Ecosse, aussi lente au travail, ^prompte à la bataille. Sur le littoral de la Baltique, les CQ^Illes allemandes sont en quelque sorte les pépinières du Ver rïlerco’ des corPs savants, de l’administration et du gou-de îîement Partout enlin, le juif fait de la banque, parfois
- U8Ure et thésaurise.
- ^ a Russie cependant ne manque pas d'unité. Elle a celle ^uvemement et à peu d’exception près celle de la relire niais en possède encore une autre qu’on ignore 611 ^cc^en^’ toutes ces populations, si diverses que leur origine et leurs mœurs, toutes, malgré leurs
- ^CCapations, leurs climats différents, leurs rivalités et leuis ^8, se reconnaissent à un caractère commun : le caractèie ^l-asiatique. Hommes, institutions, pays lui-même, tout
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- en porte la trace. Officiellement, l’Asie en commence qu’au delà de l’Oural ; en fait, on la trouve au pont de Korruo, au plus loin à Saint-Pétersbourg-. Quand le voyageur a franclu la frontière polonaise et qu’il s’engage dans les forêts pr°' fondes, dans les steppes désertes, dans les marais sans fin la Lithuanie, de la Courlande et de l’Ingrie, il entre réelle' ment dans un monde nouveau. Ce n’est pas seulement son imagination qui le lui dit, le témoignage de ses yeux ne b*1 permet pas d’en douter. Les coupoles et les minarets des églises, l’aspect à la fois grandiose et délabré des villes, leS solitudes incultes qu’elles renferment, le contraste entre- leS monuments souvent prétentieux qu’on y remarque, et la saleté qui s’y étale, tout, jusqu’à l’abandon presque absolu de la voirie, indique bien que l’on se trouve dans une Byzance nouvelle, héritière des mœurs semi-asiatiques de l’ancienne-Si le noble et le fonctionnaire russes ont adopté extérieure' ment les coutumes européennes, le paysan, l’homme du peuple restent fidèles aux anciennes mœurs qu’ils ont reçueS de l’Asie, et cette fidélité s’atteste jusque dans le coS' tume.
- Bien que Pierre le Grand ait proscrit les caftans et ^ tomber les longues barbes, bien que les yeux bleus et doit*» les cheveux blonds, les fines moustaches de la race slave ue fassent nullement songer à l’Islam ni au désert, il y a néaU' moins dans l’expression, dans les vêtements, dans les nia' nières des hommes du peuple russe, une empreinte orienta^ difficile à analyser, plus difficile à définir et cependant inco11' testable. Tel tableau de mœurs saisi au passage dans teHe ville russe, même des plus grandes, même des plus septeD trionales, vous frappe tout à coup comme le vivant sonvcOlf de la civilisation primitive et vous avertit que vous toucfreZ à la frontière de l’Asie, si même vous ne l’avez déjà franohie' Ici, des hommes enveloppés de leurs longues Louloupes, ment sur une place, sur un quai, au bord d’une rivière, ^ la berge d’un canal à côté d’un cheval paissant en liberté; des croyants fanatiques, dont la dévotion parait consistersUf
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- Mut en démonstrations extérieures, s’arrêtent tout à coup au milieu de la rue, se jettent à plat ventre, baisent la terre, Multiplient les génuflexions et les signes de croix devant les tintes images ; ailleurs les moujicks attablés écoutent avec ^Hces les récits d’un conteur ou le refrain d’une musique Mélancolique et monotone, ou bien encore entonnent ensem-e un vieux chant national plein d’une étrange et sauvage rmonie. L’hiver, sans doute, arrête subitement cette vie extérieure, animée et bruyante, à laquelle se reconnaissent flays orientaux; mais l’aspect insouciant et indolent des £*Ms du peuple, l’apparence impassible sous laquelle ils ca-ent les plus violentes passions, l’harmonie même et la P°Uîpe imagée du langage, le caractère franchement toura-Men de la partie tartare de la population, tout, enfin, trahit
- Ucore et dénote le voisinage de l’Asie, l’influence asia-
- llque.
- ^ ^aus toute ville où il existe une corporation, il est interdit Quiconque n’a pas fait d'apprentissage et ne possède pas de erÜficats réguliers de s’intituler maître de métier, d’avoir des
- Pagnons, sous-maîtres et apprentis et de mettre une
- eUseigne>
- T
- î) maître de métier doit connaître à fond son état et 1 9-Voir
- de i exerc® comme compagnon pendant trois ans; il doit
- utte
- Plus être de bonne vie et mœurs, pouvoir justifier des
- leses^ons des maîtres chez lesquels il a travaillé, et posséder p^°u^s nécessaires pour employer constamment un com-
- maîtres de métier sont de plein droit autorisés,
- non
- Seulement à utiliser leur industrie, mais encore à
- em-
- de j er ^es compagnons, des apprentis, et à tirer profit
- D
- Maît;
- ^eur travail.
- aiis Ms corporations permanentes, où l’on ne passe
- ^ Hu a 1 élection, la maîtrise confère droit de cité.
- Son 011 sous-maitre est un ouvrier qui a appris
- ^nce
- *. -VM
- Métier selon les règles, mais qui, pour arrivera une expé-
- plus complète, est tenu de rester trois ans encore dans
- 13
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- cette situation. Quand un apprenti est reçu compagnon et a passé comme tel son certificat, il doit s’entendre avec Ie maître chez lequel il désire travailler et convenir avec lui des conditions d’embauchage et dé salaire. Pendant la durée de l’engagement, le compagnon ne peut plus quitter son maître, et réciproquement celui-ci ne peut plus renvoyer le compa' gnon.
- Ce dernier peut, avec la permission des autorités, voyager de ville en ville, pour se perfectionner dans sa pr°' fession.
- Il est interdit aux compagnons, dans la petite industrie urbaine, de se réunir sans maître, pour travailler et vendre! parmi les artisans des campagnes, les forgerons, charrons, tonneliers et cercleurs sont seuls organisés en corporations* Enfin, le compagnon de condition libre qui est inscrit sur leS rôles d’une corporation jouit du droit de bourgeoisie. U&' ganisation des fabriques et de leur personnel ouvrier est nn peu différente. Là, pas de maître de métier appartenant à nne corporation : compagnons et apprentis sont directement P^' cés sous l’autorité commune du patron. Tout individu n aP' partenant pas aux classes privilégiées, et ayant reçu un paS' seport et un permis régulier, est autorisé à se louer pour ieS travaux de fabrique, soit pour un temps à déterminer libre" ment, soit pour le délai indiqué sur le passeport. L’ouvner ainsi engagé ne peut quitter la fabrique, avant l’expiration dü terme de son contrat, qu’avec l’assentiment de son patron* « Il ne lui est permis d’exiger, pendant le temps de son c°n' trat, aucune augmentation. »
- Les patrons ne peuvent de leur côté ni réduire arbitré6 nient la paie de leurs ouvriers avant l’expiration des contrat ni les obliger à accepter un paiement en nature. Le r^e ment intérieur de la fabrique, imprimé et signé du patron, toujours être affiché dans les ateliers ou dans le coflip toir.
- Enfin toute coalition d’ouvriers, ayant pour but de le patron à accorder une augmentation de salaire, est pUIîlS
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- sable d’un emprisonnement de trois semaines à trois mois Pour les fauteurs de la grève, et de sept jours à trois semaines P°ur les autres grévistes. Il paraît cependant que les ouvriers Assissent à éluder cette interdiction légale, et que les grèves Ue sont pas inconnues en Russie.
- côté, en dehors de ces cadres officiels, rigides et compli-Çués, l’initiative individuelle et l’esprit d’association si déve-^°Ppés en Russie ont créé de toutes parts, jusque dans les ratl&s les plus infimes des travailleurs, des sociétés ouvrières °u artels, qui sont nombreuses et florissantes. Il n’est pour aînsi dire pas un artisan, pas un manouvrier, pas un aPprenti qui ne fasse partie d’une artel, qui ne lui verse sa c°tisation, ou n’en reçoive des secours ; il n’est pas un jpoupe d’ouvriers qui ne s’associe, à titre temporaire, pour execution d’un travail à l’entreprise, pour une exploitation, P°ur un voyage ? pour une saison à passer dans une ville étrangère. On aura plus loin occasion de donner sur ce point spécial les détails que le sujet comporte ; mais il a paru indis-Pensable de mettre dès le début en relief ce caractère domi-^nt de l’ouvrier moscovite.
- j peut aisément conclure de l’état social et moral dont s traits essentiels viennent d’être indiqués, que l’industrie ÏUsse> Malgré sa supériorité dans quelques branches, ne fait ücore que sortir de l’enfance, et que si l’ouvrier russe est ri(lustrieux, la Russie n’est pas encore une puissance vrai-^ect industrielle. Les points sur lesquels son activité manufacturière paraît s'être concentrée sont la Finlande, Saint-j^tersbourg, l;l région qui entoure Moscou, enfin, pour une tiin^10 SPGC*‘^° d’imélustrie, pour les constructions mari-la 6S? ^essa> Nicolaïeiï et quelques ports secondaires dans a^er Noire. Le nombre des ouvriers employés en Russie industrie manufacturière est d’ailleurs beaucoup plus
- 1(ierable en lui-même qu’on ne serait tenté de le supposer v 1 ...
- » men que comparé à la masse de la population il puisse
- ^ai^re prosqùe insignifiant. Sur les 80 millions d’habitants Enferme la Russie, on estimait en 1871 que les ouvriers
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- de la grande industrie étaient au nombre de 800,000 environ :
- 266.000 dans l’industrie minière et métallurgique;
- 20.000 dans l’industrie du bois ;
- 30.000 dans celle des cuirs et peaux;
- 50.000 dans l’industrie sucrière;
- 15.000 pour la trituration des graines oléagineuses:
- Enfin 390.000 dans les diverses industries textiles.
- Les ouvriers de l’industrie textile étaient eux-mêmes répartis de la manière suivante :
- Industrie du coton.
- Dans l’empire de Russie :
- Filatures...................................... 44.300 ouvriers.
- Tissage..................................... 78.700 —
- Impressions sur calicot, blanchissage, teinturerie ........................................ 34.700 —
- 157.700 —
- Dans le royaume de Pologne....................... 13.300 —•
- Dans le grand duché de Finlande................. 4.000 —
- Total.... 175.000 ouvriers.
- Industrie de la laine.
- Filatures....................................... 4.700 ouvrions
- Fabriques de draps.............................. 80.000 —'
- Fabriques de tissus de laine peignée et de tissus
- mélangés............................................ 34.600
- Fabriques de tapis et de feutres............ 700 -~
- Total..... 120.000 ouvriers.
- Industrie du lin
- Filatures...................................... 8.000 ouvriers-
- Tissage............................................ 12.000
- Préparations diverses.......................•• 30.000
- Total..... 50.000 ouvriers.
- Industrie du chanvre
- Filatures......................................... 4.000 ouvrier-.
- Corderies.......................................... 4.000
- Cordages....................................... 20.000
- Total....... 28.000 ouvriers.
- Industrie de la soie......................... 16.000 ouviiers.
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- Ces indications, d’ailleurs incomplètes, sont en même temps *rcs approximatives et ne doivent être acceptées qu’avec beaucoup de réserve. Tou(e statistique digne de foi en ma-hère industrielle manque à la Russie. Le gouvernement ne Paraît pas s’être soucié d’en dresser, et elle serait d’ailleurs, en ce qui concerne l’industrie, difficile à établir. Les artisans et ouvriers russes ont en effet conservé les traditions nomades leur race, des habitudes de voyages et de déplacements fréquents qui rendraient fort ardue la tâche des recenseurs, ^alle part la ligne de démarcation n’est moins nettement ^arquée entre l’agriculteur et l’artisan ou l’ouvrier; nulle Part l’alternance entre les travaux des champs et ceux de lridustrie urbaine n’est plus admise et plus répandue, j ^dépendamment du nombreux personnel de la batellerie, s charpentiers, les maçons, les briquetiers, les peintres, les jfieïiuisiers et les autres artisans ont l’habitude de venir dans j s Scandes villes à l’été, et de retourner vers l’automne dans Uls villages. Chaque année ils arrivent après la débâcle, jj,l0uPés en artels ou compagnies, sous la direction de l’un eux> qui négocie au nom de tous l’engagement de la troupe entière. En général, ils se louent, soit pour un certain temps, P0lirla saison à unentrepreneur qui moyennant le vivre, le t^UVert et un salaire débattu d’avance, les emploie à quelque vail que bon lui semble. Quelquefois ils traitent directe-^ aV6C ^°S Prol)riéfaires pour l’exécution de travaux à la e> et dès qu’ils les ont achevés, ils reprennent, sous la corn Ul*° ^ *eur chef d’artel, le chemin de leur province. On Prend que la classification de tels ouvriers présenterait de dé>,eS SU;îels d’hésitation, le jour où les autorités russes se Cldeiaient à entreprendre un dénombrement exact de la dation par professions.
- Il
- Il (>
- HUDGET DES OUVRIERS RUSSES
- Claire
- 11 est du genre de vie de l’ouvrier russe comme de son
- ’ Ses dépenses, de ses recettes; dans le môme corps
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- de métier, et pour des ouvriers d’habileté à peu près égale? elles varient sensiblement d’une région de l’Empire à l’autre.
- Prenons d’abord pour exemple la dépense indispensable par excellence, le premier et fondamental chapitre de tout budget ouvrier : la nourriture. Le prix, comme la qualité? comme la nature même de l’alimentation, diffèrent notable-ment suivant que l’on étudie le nord, le centre ou le sud de la Russie.
- Dans les provinces centrales qui avoisinent Moscou? et où la main-d’œuvre est moins bien payée que partout ailleurs, la nourriture des ouvriers n’est cependant pas trop défectueuse ; elle se compose en général de pain de seigle bis ou noir, de poisson frais ou de poisson salé, de soupe au* choux et à la viande, de pommes de terre, de champignon3) de concombres, etc. Pour boissons les Russes ont le thé?
- l’eau-de-vie de grains ou vodka, la bière, qui est en grande faveur auprès des ouvriers de fabriques de Saint-Pétersbourg et de Moscou, mais dont l’usage ne s’est pas encore propagé ailleurs; le qwass, composé acide fait avec de l’eau, do farine de seigle ou du pain desséché et une certaine quanti de drèche qu’on a fait fermenter et laissé ensuite monter’ puis reposer avant de s’en servir.
- On peut admettre d’une manière générale que, dans le v01' sinage des grandes villes, le peuple vit relativement bien ; °n estime qu’en moyenne un ouvrier des districts urbains d^ pense pour sa nourriture environ 25 francs par mois ; mais, dan5 d’autres parties de la Russie, il mène une existence dép1<3' rable, et son alimentation, qui nelui coûte que 6 fr. 25 à 7 par mois, ne se compose guère que de pain noir, d’ean et quelquefois d’un peu d’eau-de-vie. A Odessa, à Taganrog)a Berdeansk, à Kertclo et dans les autres ports de la mer Non"0 et de la mer d’Azof, l’ordinaire des ouvriers se rapproche $efl' siblement de celui du peuple de Moscou : à déjeuner du Pal11 de seigle, un peu d’oignons ou des œufs, du fromage de ^ médiocre qualité et quelquefois du lard; pour dîner 11116
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- espèce de soupe aigre, appelée bore h ou tchi (1), faite de choux, de betteraves ou d’herbes bouillies ensemble, avec un Morceau de viande, de lard ou de poisson, suivant le cas ; eu outre la karska, mélange de farine de millet ou de sarrasin, bouillie avec un peu de gras fondu ou d’huile de chenevis, erifin du pain de seigle à discrétion. Le repas de l’après-midi Se compose habituellement de pain de seigle mangé sec, et souper n’est qu’une répétition un peu moins copieuse du ^uer. L’eau est la boisson ordinaire ; on ne donne de qvass aux ouvriers que par exception, et ils ne reçoivent le petit verre de vodka que pour le travail des champs ; mais il est rare qu'ils se privent de l’aller boire au cabaret et qu’ils ne ^spillent ainsi la plus grande partie de leurs salaires. Il eriste dans le sud une boisson beaucoup plus agréable et
- Plus
- saine que le vodka et même que le qvass, c’est le vin
- r°uge de Crimée, provenant des vignes du Bordelais, ^usplantées par le duc de Richelieu ; mais, bien que d’un Prix assez modéré, il n’est pas abordable pour la classe des
- ai>tisans.
- T » , (
- ^ ^ ouvrier finlandais ou finnois ne consomme pour ainsi A re Pas de viande. Il mange du pain de seigle, des pommes terre, du beurre, du lait et surtout des harengs salés,
- dont
- Ue
- (400
- il est très friand. Il préfère le poisson à la viande, qui
- c°ute cependant que 25 à 30 centimes la livre russe grammes). Il n’a pas moins d’attachement que ses cama-^es du centre et du midi pour la bouteille d’eau-de-vie ou vodka, et souvent il célèbre avec elle, en n’allant pas au VaiJ, ce qu’il appelle le « lundi bleu ». Il y est, du reste, Quelque sorte encouragé par l’extrême bon marché de ette liqueur pernicieuse , véritable eau-forte qui ne se ^ u pas plus de \ fr. 55 le quart (presque un litre), ep ut le bas prjx gSj. p0ur ia Russie entière, un fléau redou-
- Le
- rais
- Md se fait avec de la choucroute, le borch avec des choux
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- Les prix des subsistances ne sont pas, en eux-mêmes, fort élevés; mais diverses circonstances contribuent à leur faire subir périodiquement un renchérissement assez consi' dérable. Ainsi, en hiver, les vivres se vendent de 8 à 10 0/0 plus cher que Tété, les jours où la température permet de tenir un marché : les autres jours on ne peut rien se procurer. Aussi les habitants ont-ils des celliers où ils emmagasi' nent leurs provisions dès le mois d’octobre ; mais cette avance de fonds constitue pour la classe ouvrière une gêne considérable et une lourde charge.
- L’ouvrier russe dépense relativement plus pour le vêtement que pour la nourriture; c’est, en quelque sorte une nécessité du climat sous lequel il vit. Son costume n’est cependant pas des plus luxueux : une simple chemise de coton ou de lin serrée autour des reins et retombant sur un pantalon de même étoffe, un chapeau, un bonnet ou tout autre couvre-chef, souvent sans bottes ni souliers, constituent en été sa toilette habituelle. Il a soin cependant de porter avec lui un grand pardessus en drap fort, ou d’étoffe doublee de peau de mouton : précaution indispensable pour se pre' server des brusques variations de température auxquelles 011 est exposé en toute saison. En hiver, le costume de l’ouvrier se compose de bottes, d’un bonnet de fourrure, d'un passe-montagne, de gants-fourrés, d’un vêtement de dessous en laine et de la touloupe ou skuba, pardessus fourré, garni Ie plus souvent de peaux de mouton. Tous ces vêtements sont fort communs, et les Russes les portent généralement jusqu * ce qu’ils tombent en lambeaux ; mais l’habillement n’en est pas moins une lourde charge pour l’ouvrier, d’abord parce que les étoffes coûtent fort cher et sont de mauvaise quar lité, ensuite parce que, ne les quittant pas de l’hiver et leS gardant même pour dormir, il les use en fort peu de temps'
- A Kertch, par exemple, les chemises de laine valent de ^ à 15 roubles la paire (de 30 à 45francs); une paire débotté que l’on pourrait se procurer dans les pays occidentaux polir 9 et 10 francs, se paye 7 r. 1/2 (22 fr. 50); un caftan de drap’
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- fis
- ^m vaudrait de 35 à 40 francs dans l’Occident, revient à ^ ou 35 roubles (de 90 à 105 francs). Quant à la touloupe garnie de peau de mouton, elle coûte do 90 à 112 francs environ, il est vrai qu’elle dure plus de trois années; encore doit-on regretter, au point de vue hygiénique, qu’elle Puisse être aussi longtemps portée. Les ouvriers finlandais evitent en général cette dépense, malgré la rigueur de leur cWat ; üs préfèrent au caftan doublé de peaux de mouton manteau ou radamal de drap commun que les paysans briquent eux-mêmes.
- Le logement de la classe populaire en Russie n’est pas ^°ms défectueux que son vêtement et sa nourriture, surtout dns les villes. Plus favorisés, les paysans sont presque sans ®Xcepti011 propriétaires des maisons qu’ils occupent, mais ces Rations sont loin d’être confortables. Le type en est suf-^ Samment connu, Elle sont toujours en bois et on les cons-^Ult par un procédé des plus primitifs. On coupe des troncs j Pln rouge, longs de trois, quatre ou cinq brasses, suivant |6S dimensions projetées de la maison; on les place en long s Uns au-dessus des autres en taillant les extrémités en HjReue d’aronde et en les emboîtant les uns dans les autres, manière à former une grossière boîte de troncs. On dé-UPe alof‘s les portes et les fenêtres, et toutes les pièces sont ^êmeusement numérotées au moyen de coches; puis on aie^t1116 ^ °t I’011 commence la construction propre-
- n dite : à cet effet on place la rangée inférieure à plat ' de f eSPlerres meulières ou sur des billots de bois qui servent d nC^i°ns î 011 pose successivement toutes les rangées ssus des autres et l’on bouche les interstices avec de la ou f Se’ cilanvre de l’étoupe. Les murs ainsi construits, 0 ^ *Gs Pêchers et les plafonds en planches de pin blanc
- doülqU^e’ CGS P^fonds cl ces planchers sont généralement par es’ &arnis en dedans d’une couche de terre et soutenus bois. GS P0llires* Le toit est presque toujours en tuiles de |es ’ P°Ul‘tant, dans les provinces méridionales, surtout sur 0r s du Roug, du Dniéper et du Don, on se contente de
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- torchis pour les murs et de roseaux pour le toit. Toutes les maisons possèdent à l’une de leurs extrémités un grand poêle en briques qui monte en général jusqu’au plafond, et dont Je tuyau est fait soit de briques juxtaposées sans mortier, soit même simplement de planches. La maison ne compte le plus souvent qu’une seule chambre pour la famille entière, avec un palier où se trouve généralement la cuve à eau, une cuisine pourvue d’un four sur lequel la famille dort en hiver, un cellier pour les provisions d’hiver et un grenier.
- Quelques paysans aisés ont des maisons à deux ou trois chambres; il en est même qui poussent la recherche jusqu’à se servir de plâtre et de papier peint pour couvrir les murs de leur chaumière. Ces demeures relativement soignées se rencontrent surtout dans les provinces de Tambor, de Pensa, de Voronèj, de Sarantak, de Samara, pays à blé, où les pay' sans sont plus industrieux, mieux nourris, mieux logés et mieux vêtus que dans le Nord.
- Partout, excepté en Finlande, les maisons des pays®115 russes ou des artisans des campagnes sont insalubres à l’excès* Sans parler, en effet, de l’entassement de leurs habitants, hic11 d’autres causes les rendent malsaines. Elles sont général®' ment sales, et leurs propriétaires ont des habitudes de mal' propreté éminemment pernicieuses : les immondices de toutes natures sont jetées devant les maisons ou dans les cours? l’eau potable est souvent saumâtre, les eaux vannes pas d’écoulement; tantôt le vent pénètre de touies parts ^ travers les cloisons disjointes, tantôt les (issures sont eutie rement fermées et l’air ne se renouvelle plus que par 1111 vasistas. En hiver il faut, pour ne pas soutfrir du froid» ca^ feutrer et mastiquer toutes les crevasses, toutes les fent®s> tous les trous de serrure, ce qui, joint à la coutume d° se chauffer et de faire de la cuisine avec des joncs, (Je® tig®s chanvre et de la bouse de vache desséchée, amène bcau00^ de maladies et de morts, surtout parmi les enfant®* habitations si insuffisantes, souvent si pernicieuses, o°u,i même pas le mérite du bon marché, lia ns le Sud, une ma*s°n
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- I
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- d® paysan un peu soignée coûte de 350 à 600 francs par an ; ^es chaumières, ou plus exactement les huttes en torchis et ea roseaux que Ton rencontre dans les environs de Nicolaïeff d Odessa, se payent encore de 50 à 100 francs.
- Les artisans des villes et les ouvriers de la grande indus-ne sont ni mieux ni moins chèrement logés. Quelques-Uris> il est vrai, trouvent un abri chez leurs patrons, dans les dépendances de la fabrique, mais leurs salaires sont réduits ei1 proportion, et l’hospitalité qui leur est donnée est presque toujours déplorable.
- ^ Ln lit de planches autour des murs d’une chambre chauf-ee> ht sur lequel s’étendent en cercle autant d’ouvriers qu’il p. Peut tenir, sans autre couverture que leur caftan : voilà Vstallaticm d’hiver. Pendant la saison chaude, ils dorment C1e] ouvert sur le sol nu, sans apparence d’oreiller, et Vec une simple couverture légère pour se préserver des
- Astiques.
- ^,.^es journaliers des villes habitent généralement, dans Vunenses bâtisses, des chambres situées sous les combles, rez~de-chaussée ou dans le sous-sol, petites, basses, mal filées et encombrées. La même pièce sert de chambre à des 6 6r’ ^ cuisine et de salle à manger. Des planches ou fahl^anCS ^ennenl Leu de lits. Les locataires de ces misé-dit S ^aUC^s ne se oounaissent presque jamais les uns les s 5 ^ros peu sont membres de la même famille, car les s> quand ils travaillent dans le même quartier que leurs sg 11 s’ habitent rarement avec eux. Les chambres à coucher d Hi GS SOn^ PrcS(Iuc inconnues et coûtent fort cher ; ainsi, lln appartement de deux chambres avec une cui-enf ? L°Uvanl recevoir le mari, la femme et deux ou trois seu]^S’ Se Lo 300 à 560 francs, impôts compris. Les °Uvr‘°UVrierS Pu^ssenl- faire une pareille dépense sont des ^aît GrS ^ arr'yés au rang de surveillants, de contrevent S ^GS ouvraers Le cette classe ont souvent des loge-Soeial ^r°f>res Lieu tenus, et les idées de convenances es et de respect de soi-même ne leur paraissent pas
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- étrangères. Quant aux ouvriers de fabriques, ils se groupent, suivant un usage universel et presque immémorial, en associations de logements appelées artels, et qui comptent un nombre de membres proportionnel aux dimensions de la pièce qu'il s’agit d’habiter. Ils forment ainsi de petites sociétés de cinq, dix, vingt membres ou même davantage, qui se logent et se nourrissent à frais communs.
- Chaque artel prend à son service une femme pour faire la cuisine, et nomme un trésorier qui est chargé de recevoir mensuellement la part contributive de chaque membre à la caisse générale d’alimentation et de logement, et aussi depayer les fournisseurs et de tenir les comptes. Cette installation est éminemment économique ; mais elle n’en est pas moin3 déplorable. Un témoin oculaire habitant Saint-Pétersbourg a fait une description lamentable de ces bouges, où s'entasse la partie la plus misérable de la population ouvrière : « Sur « certains points de cette capitale, écrivait-il, dans de3 « chambres froides et humides, vivent sans distinction d® « sexe ni d’âge, hommes, femmes et enfants. Ils dorme11*' « souvent sur le sol, sans couchette, l’un contre l’autre, °u « sur des lits de camp, ou encore dans des lits à deuxétageS « pour quatre personnes. L’atmosphère y est corromp110’ « empestée, humide, et l’humidité ronge non seulement 1° « badigeon, mais encore les briques et jusqu’au ciment- » Les membres des artels, comme on le voit, sont aussi ù1^ partagés, au point de vue du logement, que les paysans et les habitants des villes, aussi ceux-ci ont-ils généralement Ie teint pâle et l’apparence maladive auxquels se reconnais sent les gens habitués à vivre dans une alinosph*310 viciée.
- Les maladies de peau sont très répandues, les épidémie cholériques fréquentes et terribles, le typhus presque p®1 manent ; si la contagion n’est pas plus meurtrière, ou ledob uniquement à la salubrité naturelle de la plus grande paib du pays, à l’espace en général considérable qui sépare IeS maisons les unes des autres, à la largeur des rues et
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- ^ents du nord et d’est, qui balayent fréquemment les mias-me» délétères.
- Le déplorable régime auquel est soumise la majeure partie la population russe et son incurie au point de vue hygié-nique ont naturellement produit les résultats qu’on en devait ^tondre. Il n’y a pas de pays eû Europe où il meure autant j enfants qu’en Russie ; il n’y a pas de pays où la durée de Vle humaine soit aussi faible : dans la région du nord-tsL eHe varie entre 22 à 27 ans ; dans celle du sud-est, elle ^dépasse pas 20 ans; dans les provinces de Viatka, de eiIïl et d’Orembourg, elle tombe à 15 ans. La situation des prières et des paysannes russes est particulièrement Rentable. Comme les femmes de tous les pays primitifs, j es s°nt condamnées aux travaux les plus durs, elles sont j ^ mal traitées, et la maternité môme ne fait pas trêve à Ur éternel labeur. Les paysannes font leurs couches dans 116 grange ou dans une étable ; elles ne reçoivent pas de
- soins
- médicaux et retournent aux champs dans les trois
- J ars de l’accouchement au plus tard. C’est là la cause
- Princi
- C]Pale de l’elfroyable mortalité infantile de la Russie.
- #
- Le
- tout
- ciaux
- régime hospitalier de la Russie n’est encore, comme son système d’assistance publique, qu’à l’état rudi-
- aire. Dans la plupart des villes il n’existe ni asiles spé-^ " Pour les fous, ni maisons de convalescence; les malades
- J 4. ' 7
- pèl Ut 8exe el (^e *'ou*' g6111’6* 80111 confondus
- • Iïî^e (lans les hôpitaux, qui laissent souvent fort à donrer'Voici> par exemple, la description qu’un agent anglais ^0.1 ^ ^ ^hôpital de l’un des ports de la Russie méridio-
- vrslte l’hôpital fréquemment, presque tous les jours, p|^eilVo*e beaucoup d’Anglais, et de tous je reçois les mômes ^ ab^°S ' *,lsu^lsauco (^° uourriture touchant à l’inanition, Serice complète de sympathie ou de compassion pour le de la part des infirmiers.
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- « Une ration de pain de moins d’une livre est donnée pour vingt-quatre heures aux malades, alors que beaucoup d’entre eux en consommeraient volontiers le double à un seul repas-La soupe et la viande sont déclarées non mangeables par tous les hôtes de l’hôpital, bien qu’ils n’appartiennent pas a une classe sociale très raffinée ; si l’on demande un verre d’eaa pendant la journée, il est obstinément et durement refusé) on remet à chaque malade une serviette qui lui sert à enve" lopper son pain, à se débarbouiller, et au besoin à essuyer de temps en temps les plaies qu’il peut avoir; pour matelas» les patients ont une épaisse couche de paille dans un ®aC posé sur les barres de fer qui forment le fond du lit... Il 11 ^ a pas de pharmacie à l’hôpital, l’achat des médicament nécessaires est confié aux infirmiers. »
- Il serait imprudent et peut-être fort injuste de généra" liser cette description lamentable, il se peut que les fa1^
- signalés soient des faits purement accidentels ou locaux
- il
- se peut que les malades anglais soient moins bien soi#
- né®
- que les malades indigènes, mais il n’en reste pas mo évident que le régime hospitalier en Russie est encore
- in®
- trè$
- dre
- défectueux et que la classe ouvrière russe n’a pas à atten de ce côté un soulagement sérieux à ses misères.
- Quelques-uns des principaux établissements industriel® sont émus de cette situation et ont pris des mesures p°ur ^ remédier.
- Ainsi, dans la plupart des fabriques de sucre de la ré^° moscovite, il existe un dispensaire spécial, et plusieurs tiennent une école pour les enfants. Dans un certain nom
- tire
- de grandes fabriques, il y a aussi une caisse de prévoya alimentée au moyen de retenues sur les salaires des ouvrir-*' j en cas de maladie, cette caisse paye les journées d’hôpi de l’ouvrier malade, et s’il n’existe pas d’hôpital à po^6’ elle lui assure les soins médicaux à domicile, les mé<Hca monts et un secours en argent. Kn Pologne, quelques rirl* patrons ont établi des hôpitaux spéciaux pour le persofl*1 de leurs ateliers ; le terrain et les bâtiments sont fourni* P
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- ^es propriétaires, tandis que les ouvriers subviennent, en général, à l’entretien de i’hôpilal au moyen d’une retenue 4 à 1 1/2 0/0 sur leurs salaires. Il existe également dans Plusieurs fabriques des écoles industrielles, les unes gratuites, ^es autres entretenues avec le produit d’une légère retenue SUr les salaires.
- Enfin, dans ces dernières années, quelques fabricants russes ont pris le parti de fournir des logements à leurs 0llVriers, et plusieurs d’entre eux ont bâti de grandes maisons, instruites conformément aux règles de l’hygiène. Les j^vriers y sont divisés en trois classes : les gens mariés, les °uinies célibataires, les femmes célibataires, et à chacune
- ces classes est assignée une maison ou une partie de mai-S0lx distincte. Ces maisons ouvrières sont tenues par des Pisonnes dignes de confiance. L’on est arrivé ainsi à obtenir 6s locataires un degré de propreté et à leur assurer une SOïïlnie de bien -être inconnus partout ailleurs. Les habi-taïlts de ces cités payent uil loyer proportionné au nombre e* dimensions des pièces qu’ils occupent ; ce loyer, qui Se Perçoit sous la forme d’un prélèvement mensuel sur les SaWes, varie de 3 fr. 75 à 7 fr. 50 par mois pour un homme
- eul> de 7 fr. 50 à II fr. 25 par mois pour un homme
- ^rié.
- ces maisons se trouve généralement annexé un magasin ^ Ce sous la surveillance du propriétaire ou du directeur elétablissement, et où les ouvriers peuvent acheter à des raisonnables des denrées de bonne qualité.
- °ur résumer la situation matérielle de l’ouvrier russe ^ C tou!e la précision désirable, il faudrait reconstituer son ^ Set et indiquer de quelle manière il s’équilibre. Les écarts ^UG ^°n cons^a^° (Eune province à l’autre dans le ^ re des salaires ne permettent malheureusement pas ^ectiier un tel travail.
- ^ n ne peut donc que donner un aperçu des dépenses
- u 0uvrier dans les dilférents centres industriels de la néssie4
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- Dans la région de Moscou, par exemple, on évalue les de' penses de nourriture des ouvriers à :
- IG francs par mois pour un homme.
- 12 — — — une femme.
- 10 — — — un enfant.
- Quant aux dépenses de chauffage, on les estime au moins à 75 francs par an et par chambre.
- A Riga, ville maritime et à demi allemande, les dépenses de nourriture représentent un chiffre plus élevé. On pense qu’un ouvrier de fabrique doit dépenser par jour pour sa nourriture environ 1 franc ainsi décomposé :
- 3 livres russes de pain de seigle à 2 1/2 copecks... » fr. 2G
- 1 livre de viande à 10 copecks................. » 36
- Café, sucre et lait.......................... » ^
- Pommes de terre................................. » ,k
- Beurre........................................ » ®
- Poisson..................................... » !k
- Farine d’orge............................... ‘ »
- • Total........... 1 fr. »
- A ce chiffre il faut ajouter le logement, la taxe de capda tion, l’habillement et les frais personnels, qui doublent à peU près la dépense. En Finlande, les appréciations étaient à peU près les mêmes. On évaluait comme suit les dépenses d UI1 ouvrier de manufacture :
- Logement (une chambre)............... 10 fr. » à 12 fr. ”
- Chauffage............................ 2 » 2
- Nourriture......................... 24 » 30 ”
- Habillement.......................... 10 » 12 ^
- Soit de 550 à 680 francs par an pour un homme seul-Dans la Russie méridionale, les ouvriers gagnent plllS ^ dans le nord. Il est vrai que leur budget de dépenses mente en proportion. Ainsi, en 1875, on estimait qu un° ^ mille d’Odessa, se composant du père, de la mère et de ci enfants, et ayant un gain hebdomadaire de 75 francs, ne P°U vait dépenser par semaine moins de 71 à 72 francs.
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- voici le détail :
- Nourriture.
- farine et pain........................... 8 fr. 75
- / Viande fraîche, fumée, salée, conservée .. 8 »
- fard...................................... I 75
- Leurre..................................... 2 »
- Sucre et mélasse............................ 3 »
- Lait.................................... 2 30’
- Thé et café.............................. 2 30
- Poisson frais et salé...................... 1 »
- Savon, amidon, sel, poivre, vinaigre..... 1 73
- ÜËufs...................................... 1 »
- Pommes de terre et autres légumes........ 2 30
- Fruits frais et secs........................ 2 30
- Total pour la nourriture...... 37 fr. 25 37 fr. 25
- Chauffage.......................................... 3 30
- éclairage..........;............................. I 30
- Spiritueux, bière, tabac.......... .............. I 25
- Loyer............................. .............. H »
- Education, culte, etc............................... 7 50
- Habillement 375 fr. par an, soit par semaine..... 7 20
- Impôt 10 fr. par an, soit par semaine............... » 20
- Total.......... 71 fr. 40
- ^°ur un homme seul, la pension ne coûtait pas, à la même p0(lue, plus de 25 francs par semaine, elle était de 15 francs une femme. Enfin, les ouvriers de la localité travaillant instamment dans le pays, dépensaient encore beaucoup surtout à la campagne : ils n’avaient pas, dans ce ^rnier cas, à débourser plus de 25 francs par homme et par ^ s pour la nourriture et pour le logement. 11 leur aurait ! llc nté facile de faire des économies, s’ils avaient voulu dV(dller assidûment et ne pas s’enivrer.
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- ITALIE
- ttien que l’Italie soit notre proche voisine, notre soeur par L race, par la langue, par la religion, on connaît assez mal en France sa situation industrielle. Au dire des uns, elle se-lfdt en voie de devenir l’une des grandes nations manufacturières de l’ancien continent, et nous devrions nous tenir en
- S^rde contre le péril de plus en plus sérieux de sa concur-rence; les autres persistent à ne voir dans la nation italienne ^Tin peuple d’agriculteurs, de pécheurs et de marins, dont industrie ne saurait nous causer une inquiétude sérieuse. ^ vérité, ce semble, est entre ces deux extrêmes. Lltalie nos jours n’est plus l’Italie d il y a vingt ans, ni même y a dix ans; et de plus, l’Italie du nord n est pas celle du filtre, encore moins celle du midi, encore moins celle des lJes- Aussi risquerait-on de commettre de lourdes erreurs, si ^°n voulait tirer d’ohservalions partielles et locales des confions générales applicables à l’ensemble de la péninsule, si l’on prétendait, sur la foi de l’ancien renom agricole de Lalie, dénier à ce piiys toute importance industrielle. 11 reste lui suus doute, aujourd'hui comme autrefois, (pie la culture 11 sol constitue le principal élément de richesse de I Italie,
- ^ surtout de ses provinces méridionales; mais lindustiie, ^lls être encore arrivée à un haut degré de prospérité, ) ^lt d année en année des progrès rapides, et 1 on peut pié-°ii le jour où la vallée du l'iî et la rivière de liênes, en ^"hûculier, compteront parmi les régions manulacturièies
- pllls importantes de l’Kurope.
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- La statistique fournit, à l’appui de cette assertion, des preuves irréfragables. Ainsi, en 1863, au lendemain de U1 constitution du nouveau royaume, ce mouvement du com-merce de l’Italie (commerce spécial, c’est-à-dire non compris le transit, l’entrepôt et la réexportation) était de 1,300 mü' lions de francs, dont 822 à l’importation et 478 à l’exporta' tion. En 1867, après l’annexion de la Vénétie, il atteignait le chiffre de 1,626 millions (886 à l’importation et 740 à l’exportation). Depuis lors, malgré la guerre de 1870-71, maigre la crise industrielle qui sévit dans toute l’Europe, le com' merce italien a suivi une progression rapide et à peu près constante; en dix ans (1867 à 1876), ses opérations ont augmente de plus de moitié, ses importations se sont accrues de pluS de 50 0/0 et ses exportations de plus de 55 0/0. En voici, du reste, le relevé, année par année :
- Importations. Exportations. Totaux.
- 186:{ 822 ni il 1 ions. 478 millions. 1.300 millions.
- ' 1867 886 — 740 — 1.626 —
- 1868 897 — 787 — 1.684
- 1869....... 937 — 792 — 1.729
- 1870 896 — 766 — 1.662 —
- 1871 964 — 1.086 — 2.049 —
- 1872 1.187 — 1.167 — 2.364 —
- 1873 1.287 — 1.133 — 2.420 —
- 1874 1.306 — 986 — 2.290 —
- 1876 1.21 o — 1.034 — 2.249 —
- 1876 1.327 — 1.217 — 2.644 —
- 1877 1.166 — 963 — 2.109 —
- 1878 1.071 — 1.046 — 2.116 —
- 1879.. 1.262 — 1.107 — 2.369 —
- Les échangi es avec la France, dont l’étude nous intéresse
- plus spécialement, n’ont pas suivi une progression aussi rapide comme ensemble; mais il est à remarquer que taod*5 que le chiffre de nos exportations à deslination de tend à diminuer, celui des importations de produits italû‘llb
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- en France a plus que doublé, Il suffit, pour s’en convaincre, jeter les yeux sur le tableau suivant :
- Importations de France. Exportations en France. Totaux.
- 1863. .. . 238 millions. 204 millions. 442 millions.
- 1867.. 180 — 319 — 499 —
- 1868.. 171 — 327 — 498 —
- 1869.. 221 — 318 — 539 —
- 1870. 194 — 232 — 426 —
- 1871...... 153 — 441 — 594 —
- 1872.. . 229 — 375 — 604 —
- 1873 . 230 — 346 — 576 —
- 1874. 204 — 289 — 493 —
- 1875 219 — 322 — 541 —
- 1876 216 — 415 — 631
- 1877 185 — 342 527
- 1878. .'. • 170 — 349 — ' 519 —
- 1879. 186 — 358 — 544
- 1880 181 — 398 — 579 —
- chiffres ne laissent subsister aucun doute sur le déve-°Ppement du commerce italien. L’Italie n’est pas un pays (lUl s’appauvrit ou s'attarde dans l’immobilité ; c’est une ^tion en progrès, et en progrès rapide, avec laquelle il audra compter désormais, non seulement au point de vue jïulitaire, mais encore au point de vue commercial. Les vieux eux communs sur la stérilité houillère de la péninsule, sur
- de
- exiguïté de ses capitaux, sur l’inaptitude manufacturière e ses habitants et sur la paresse des lazzaroni, toutes ces Ues banalités, à l’aide desquelles on berçait notre indo-n°e ou l’on flattait notre amour-propre, ne sont plus de ^1Se désormais. Il est prouvé que si l'Italie n’est pas arrivée 1X6 doit probablement jamais arriver à fabriquer dans des Jg égales à celles de l’industrie anglaise et française,
- hssus de coton, de lin, de chanvre, et même de laine, e peut du moins produire des machines, des armes, des lit'UeS ,lav^res» comparables comme prix et comme qua-ftot a °e^es (lu' sorle,1t des fabriques et des chantiers de e Pays. La savonnerie de (lênes inspire de légitimes
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- inquiétudes à celle de Marseille ; avec les excellentes soies moulinées que donnent les magnaneries du Brescian, du Bergamasque, du pays de Côme, les tisserands du Piémont et du Milanais jettent chaque année dans la circulation une quantité croissante de soieries communes qui, grâce à leur bon marché, font à l’industrie lyonnaise une concurrence assez sensible et qui commencent même à pénétrer jusqu’eu France; les fonderies de fer acquièrent de l’importance; le® machines agricoles et la coutellerie de la Biellaise son! de plus en plus estimées ; enfin, chacun sait que les cristaux et bronzes d’art de Venise et les mosaïques de Florence peuvent à peine être égalés et ne sauraient être surpassés-En résumé, si l’Italie n’est pas encore et n’est vraisemblable' ment pas appelée à devenir une des grandes puissances industrielles qui, comme l’Angleterre, l’Allemagne, la France, couvrent le monde de leurs produits, elle est, du moins dès à présent, en état d’exclure du marché national plusieurs produits importants de l’industrie étrangère, et elle commence même à lui disputer sur certains points le marché de libre concurrence.
- Quels sont les éléments de cette prospérité croissante • Est-ce la richesse naturelle de la péninsule? On l’a dit quelquefois, mais cette assertion irréfléchie ne supporte pas l’examen-La providence a, sans doute, comblé l’agriculture italienne, mais elle n'a pas favorisé au même degré l’industrie de l’Italie.
- Elle lui a, il est vrai, prodigué dans le Nord, des cour®
- d’eau nombreux, quoique irréguliers de volume ; elle a donne
- encore â l ltalie tous les éléments d’une puissante marine;
- un littoral immense, des ports admirables, des matelot
- excellents; mais elle lui a refusé la houille que l’on a jllS^e-
- ment appelé le pain de la grande industrie moderne, ^
- minerai qui en constitue l’un des éléments indispensable®-
- les capitaux qui en sont le nerf. On peut donc affirmer <j,]l
- si l’industrie italienne grandit et prospère, elle n’en est paS
- ||
- redevable aux richesses physiques de la péninsule; elle
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- doit plutôt à ce que Ton pourrait appeler sa richesse morale, ^ l’habileté de ses commerçants, à l’intelligence de ses indus-hiels., enfin, et surtout, à l’excessif bon marché et à la qualité généralement satisfaisante de sa main-d’œuvre. L’ouvrier Malien est docile, intelligent, prompt à comprendre et à exécuter ; il est surtout sobre et facile à contenter. Il vit de rien; n’ayant pour ainsi dire pas de besoins, il demande peu el ne connaît ni les coalitions, ni les grèves (1); s’il n’a pas l°ute l’habileté, toute l’agilité de main qui distingue, entre *°Usj> l’ouvrier français, il a, du moins en général, un goût ^ssez lin, souvent même des idées et des tendances arlis-^gnes. C’est lui, lui surtout, qui fait la force et la vitalité f|e l’industrie italienne; c’est donc cet ouvrier qu'il faut Didier dans son genre de vie, dans ses .mœurs, dans ses ^Sages professionnels, si l’on veut se rendre compte de | état présent et de l’avenir de l'Italie, au point de vue in(hlstrie l.
- [
- STAT1STT0ITK
- °Pulatiou de l’Italie. — Statistiques par professions. — Artisans. — ^griculleurs. — Industrie textile. — Papeterie. — Céramique et \er-rerie. — Industrie métallurgique et construction de machines. — ludus-trie minière. — Répartition de la population ouvrière par provinces.— hart prédominante de l’élément féminin.
- , est un pays agricole, mais il s’en faut de beaucoup,
- ^elle le soit exclusivement. Les statistiques en font foi.
- dl décembre 1871,1a population du royaume d’Italie attei-bliait Presque le chiffre de 27 millions d’habitants (26,801,000);
- (*) U Ins connaît déjà dans le nord de l'Italie; mais laissez croître et ^ndir l'industrie, il les connaîtra et les pratiquera davantage Les lti,Uos phénomènes économiques — a quelques variantes pus | fanons avons passés, se produiront dans tous lus pays ou •;> ^ramie industrie se développera. L’Allemagne a commencé, HUlm 5l''*
- r a’ Nous y rompions bien, pour notre concurrence luturf. U 0 c ‘^PnU ours y ,anx _
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- déduction faite des personnes sans professions qui sont à la charge d’autrui (femmes, enfants, vieillards) et qui repré' sentent 41,773,000 âmes, il reste comme population valide et active 15,000,000 d’hahitants, fort inégalement répartis entre les différentes professions.
- Agriculture........................ 8.701.000 habitants.
- Mines et carrières.. .................... 58.000 —
- Industrie............................. 0.287.000 —
- Commerce et transports.................. 471.000 —
- Diverses............................. 2.511.000 —
- 15.028.000 habitants.
- Telles sont les seules données générales que fournisse la
- statistique officielle et qui méritent créance. Chercher à pre"
- ciser davantage, à faire la part de chaque industrie et
- chaque région, est une tâche ardue en tout pays, et p*uS
- particulièrement en Italie. Comme l’a dit en termes exoel"
- lents un auteur Italien : « Il est difficile de se faire une i^0
- exacte de la situation des classes ouvrières de ce pays.
- il de
- éléments d’une statistique de détail, d’un tableau compte1 leur situation, ne sont pas encore réunis; et quand mêine on les posséderait, il faudrait pour les coordonner beaucoup de temps et de travail sans certitude de succès. Les nuance0 provinciales du caractère national sont si tranchées, la sdua tion matérielle de la population est d’une région à l’autre ^ profondément dissemblable, qu’on ne saurait que très difflCl lement se faire une idée complète de l’état de la classe °u vrière ; car, si dans les cent villes que compte lTtalie, aspirations politiques sont les mêmes, les traditions, mœurs, les besoins, le climat, et les productions diffère11*' Hier encore, le pays était morcelé; et même aujourd'hui s011 gouvernement et son état social sont dans un état de tra11 si tion... »
- Comme la nation elle-même, l’industrie italienne est en moment dans une phase de transformation, qui rend partu5^ lièremont malaisée l’étude approfondie de sa situation-
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- T. î
- 11 est là, il est vrai, qu’un obstacle passager, et destiné à disparaître; mais la diversité des mœurs provinciales est une difficulté permanente et plus sérieuse encore. Il en est une j*utre, non moins durable : c’est l’impossibilité de tracer une £ne de démarcation précise entre les classes agricole et lr|dustrielle, surtout dans les pays dont se compose la vallée L’agriculture et l’industrie y entrent pour ainsi dire llïie dans l’autre, la pauvreté obligeant souvent les paysans ajouter un autre travail à celui de la terre. Ainsi, le dévi-j 5e ^es cocons, le bobinage de la soie, le tissage de la ^ ae et du coton, qui occupent en Piémont et en Lombardie ^ s milliers de bras, ne sont pas concentrés dans les villes. Le Vidage des cocons, et le bobinage de la soie sont des opérons simples, qui s’effectuent presque toujours au foyer Paysan; quant aux manufactures de tissus, elles cherchent |.11 ^0r(d des torrents le moteur hydraulique qui leur tient de vapeur et de charbon; aussi les rencontre-t-on nichées c°iïinie perdues au fond de pittoresques vallées, qui cou-j^vent encore, malgré l’invasion de la grande industrie, le aime de la vie de campagne et des petites communautés
- r,lrales.
- esl notamment la situation dans le nord de l’Italie
- fé es^^atllres et les moulins accaparent toute la population
- s lïle du pays, qui n’a pas d’autre industrie. Les hommes
- l’a aksents de leur pays pendant la plus grande partie de
- 8qu ’ lls se rendent généralement en France, où ils font
- ent le métier de charbonniers, de porteurs d’eau, de terrier». ii . 1
- Vallé ’ us Passent a peine trois ou quatre mois dans leurs reUcl ^ *U*ssant a leurs familles toutes facilités pour se
- se
- «a
- cile; ils
- re dans les moulins; ces populations sont très sobres et °fttentent d’une rétribution minime. Tous les ouvriers s°ieries du pays de Corne travaillent d'ailleurs à domi-°n^ c^ez eux deux ou trois métiers et reçoivent des Cants, comme les ouvriers lyonnais, la soie et la pièce
- Pré
- Parées Hans
- Ie Milanais, la plus grande partie des meubles ordi-
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- naires sont fabriqués en hiver par les paysans. Dans la rivière de Gênes, les femmes des paysans ont presque toutes ufl métier indépendant de la culture du sol; la fabrication la dentelle, la ganterie, l’épluchage du corail ou d’autres travaux analogues. On n’estime pas à moins de 100,000 Ie nombre des ouvriers qui, en Piémont, se livrent alternative' ment au labeur des champs et à celui de l’usine, et l’on su]1' pose qu’il doit s’en trouver autant en Lombardie se livrantîl un travail analogue à celui du Piémont.
- Les exemples qui précèdent prouvent suffisamment à q11^ point les deux professions agricole et industrielle se touche111 et se confondent en Italie, ou, pour mieux dire, comble" l’industrie dans ce pays est demeurée rurale. Ce caractère particulier de la classe ouvrière, dont le développement inte1' lectuel en a peut-être été retardé, mais auquel elle doit . c|1 retour la conservation de ses qualités les plus précieuses, ^ sa frugalité, de sa vigueur physique et de sa moralité, cctte réunion dans les mêmes mains du métier industriel et ^ l’outil agricole, rendent dans la péninsule les recherches s1a' listiques particulièrement diflieiles et hasardeuses. Aussi 'ie
- doit-on attribuer <[ue la valeur de renseignements approximatif aux indications suivantes, recueillies soit à l’occasion expositions universelles de Vienne et de Paris, soit lors la présentation au Parlement italien du* traité de comme'’0' conclu en 1877 entre la France et l’Italie.
- On comptait en Italie, en 1877, 10 filatures de chanvre ^
- de lin réunissant 47,000 broches, produisant annuelle'»10
- 80,000 quintaux de iils, et employant h,000 ouvriers. ^
- fabriques de cordages en faisaient vivre 0,000 et les fabri<lll<
- de tissus, de lin et de chanvre 00,000, en tout 41,000 ()l1
- 0'1
- vriers pour l’industrie mécanique du lin et du chanvre-ne posède aucune donnée sur le nombre des lileusos et tisserands à la main; on sait seulement que la produeô0’ totale des filasses était de 909,000 quintaux pour le cha»1'' et 230,000 pour le lin.
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- Appliquée aux autres industries textiles de l’Italie, la même Méthode donnerait 1 es résultats suivants :
- Matériel. Ouvriers. Production.
- p - ---------- ------------
- ° °n- Filature..... 700.000 broches. 54.000 23.000 tonnes.
- I T~ Tissage................ ? — 80.000 105.000.000 fr.
- aine- Filature........... 300.000 —
- Uine- Tissage! rfca"ir'5 • 1 9n°;f‘rs ! 50.000 140.000.000
- ÇQ. f a la main .. 0.000 )
- ' le-- Dévidage........ » — 70.000 —
- Retordage......... » — 75.000 —
- Filature......... 27.000 broches. 0.000 —
- Tissage........... 12.000 -métiers. 20.000 40.000.000
- ^^dustrie du papier, servie par 14,000 ouvriers dont les l,x tiers étaient des femmes et des enfants, fabriquent I». eaeiïient pour une valeur de 32 millions de francs :
- j_I1dustrje C(iramjqU0 jeta^ dans la circulation pour 9 mil-rge q ^rancs de produits ; celle de la verrerie principale-Pïod Concentrde à Venise et à Murano, représentait une
- 3 qq^C^1011 anriuelle de I I millions de francs, et occupai!
- 4 h °Uvriers- La production de la fonte, alimentée par ^ -fourneaux, dont 21 en Lombardie, s’élevait en 1872 tu», tonnes valant 3,900,000 francs; la fabrication du t0 Ue acier n’avait pas dépassé la même année 30,000 pay ’ c est-à-dire le quart de la consommation annuelle du 4avait procuré du travail à 8,130 ouvriers el ^ch'^ L’a'ics de salaires. Enfin la construction des
- lll6S avcc ses H0 établissements et ses 12,000 ouvriers Cetteg comme production 27 millions de francs; mais la g . ancho d’industrie tombe rapidement en décadence et Persistante des produits de la métallurgie anglaise, e°TcuiSf ^e^6’ lll0Iia,ce de lui rendre prochainement la doio>n,reilCG ^'possible. Le moment n’est sans doute pas Wr i °U a ^^^aut de proleclion douanière, le consommable f l0n (11^ iniporte déjà de l’étranger pour 33 millions ^Tan|lCS ma<ddnftS <0 d’outils divers, trouvera plus b°s a faire venir du dehors des machines tout
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- achevées, qu’à acheter en Italie celles que l’industrie nati°' nale aurait fabriquées, avec des matières premières de pi’0' duction indigène ou de provenance étrangère ; mais à côte de l’industrie privée, les dixrneuf manufactures de rEtat peuvent, grâce aux subventions spéciales inscrites au budge^ continuer leur fabrication, et donner du travail à leUlS 7,000 ouvriers. Ainsi la manufacture d’armes portatives & Gardona, près de Brescia, l’arsenal de Venise et celui & Castellamare emploient un personnel considérable et payeI1 à leurs ouvriers des salaires s’élevant jusqu’à o francs pal jour.
- Une autre industrie, connexe à la métallurgie dont elle e en quelque sorte la sœur, l'industrie minière, continue ég^e ment à jouir en Italie, d’une assez grande prospérité. Répal^e sur toute l’étendue de la péninsule, elle a cependant pour ^ principales branches, des foyers distincts et traditionnel’ pour le fer, l’île d’Ulbe, le Piémont et la Lombardie ; p°u1 cuivre, la Ligurie, la Vénétie, le Piémont et la Toscane» pour les mines de galène, ou cuivre sulfuré, la Vénétie; P°1^ le soufre, les Bomagnes, le district napolitain d’Avelbn0^ la Sicile. Une statistique spéciale, qui remonte à 1872, a ' connaître le nombre des adultes et des enfants employé’ non seulement par cette industrie, mais encore dans les rières, dans les salines, dans les fours à chaux, et dans autres établissements qui mettent la terre en œuvre. B aP1 ce relevé :
- »nvri<ri
- 70 mines de 1er occupaient » adultes et » enfants = 1.700
- ts — cuivre — >) — » —. a.4t2
- ta — galène — 3.417 — 42(1 — —: 3.843
- •20 lignite
- et de tourbe — )> — » — = 4.330
- 170 — soufre — 13.07S — 3.002 7.280
- 27 — diverses — 1.184 — 3a — 1.219
- et leS
- Les carrières en employaient de leur côté *7,000, «l'' fours à chaux, plAlreries, briqueteries, fabriques de p°terl* commune, plus de 30,000. On comptait, en outre, envir»"
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- tWp
- *>000 sauniers, 1,100 ouvriers des usines à gaz et un millier u ouvriers répartis entre les usines à pétrole, à asphalte, des fr'urs à coke, les fonderies de cloches, et les diverses fabri-^Ues de produits chimiques.
- barmi les autres industries de l’Italie, il en est quelques-Ulles qui méritent une mention spéciale. A Rome, les maçons e|jles sculpteurs se montrent les dignes héritiers du peuple ï01; à Florence, les fabricants de meubles et les mosaïstes *°üt honneur au goût artistique qui a longtemps été l’apanage ^Italie; enfin, dans la vallée du Pô, l’industrie séricicole, Ce0es des lainages et de la verrerie appellent particulière-l’attention. La première est concentrée dans la région bne de Bielle, de Novare et de BierceJ., de Milan, de er§ame, de Côme et de Locoo, ainsi que dans le Parmesan ; Ce0e de la laine est surtout florissante à Schio, près de Bres-ClA la verrerie et la verroterie sont depuis des siècles des ^ Vénitiens.
- partie industrielle du royaume d’Italie est, du reste, par Silence, la région nord, notamment la Ligurie, le Pié-ïïl°ut et la Lombardie. Dans ce dernier pays, dont la statisti-industrielle est complète, la proportion de la classe manu-j cturière, vis-à-vis de la classe agricole, est beaucoup plus °lte qUe dans ie restant du royaume. Ainsi, en 1801, sur les ^0^,000 habitants qui peuplaient la Lombardie, on comp-2 t 4S9,000 ouvriers de manufactures ou artisans, dont >°00 hommes, et 227,000 femmes, contre 1,080,000 ou-c a&ric°les et 1,115,000 personnes sans professions. Les ps de métiers les plus nombreux étaient ceux des tailleurs
- \ * . AA ai,.-. . . _
- •40
- •36
- 11/0 de la population industrielle), des charpentiers (n w 9/0), des maçons (5.99 0/0) et des cordonniers
- il
- aUS Province de Gènes, la proportion de l’élément loi iStriel 0S1 beaucoup moins foj'te ; sur une population vq 6 1>50,000 âmes, il n’y avait en 1801 que 79,000 ou-
- el u ^ b°lile et de la grande industrie (45,000 hommes 4’H90 femmes) contre 175,000 agriculteurs et 289,0tN>
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- personnes sans professions; il est vrai que, comme on l’ava plus haut*, la Ligurie est un des pays italiens où la démar' cation entre la profession agricole et la profession indllS' trielle est le plus indécise, et l’un de ceux où l’on rencoidlC le plus de paysans et de paysannes participant dans une pluS ou moins grande proportion, et d’une façon plus ou m°lljS continue au travail industriel. Les seules industries qui néoeS' sitent soit à Gênes, soit dans ses environs, la concentrât!011 permanente du personnel ouvrier, sont : les contructi°nS maritimes, les fonderies de fer, la iilature et le tissage ^ coton, la velouterie, la savonnerie, la tannerie, la papeterje' l’extraction de l’huile et la fabrication des pàte.s et vermiceHeS' Les autres métiers s’exercent à domicile. En Piémont, °11 la confusion des deux professions est moindre, la prédon11 nanee de l’agriculture est cependant beaucoup plus sensi^6 encore : la population totale y étant de 2,704,000 habitant un dixièriie à peine, 209,000 personnes (dont 172,000 houllîiei’ et 87,000 femmes), se livre à une occupation industriel tandis que les 2/0 (990,000) n’exercent aucune professi01^ Parmi les diverses branches de l’industrie piémontaisc, • plus considérable est celle du vêtement (tailleurs, 12.0d^ de la population industrielle totale ; cordonniers et bott»1 (8.42 0/0); celle du bâtiment : maçons (8.00 0/0); charpel1 tiers (0.94 0/0), et celle de la boulangerie (0.09 0/0); leS ^ serands, tailleurs, brodeurs, et blanchisseurs occupe'»! P*tl de femmes que d’hommes; dans les manufactures de de soie et de coton, les femmes sont presque exclu si velllL admises; dans les autres ateliers, au contraire, les'hoi»111 ont une prépondérance marquée. ^
- Ln l'ait général, et pour ainsi dire dominant, que le aura sans doute remarqué de lui-même, est la part oousl ^ rable que la femme italienne prend au travail indusliie^ la proportion inusitée qui existe en Italie entre les deux ^ au point de vue de l’exercice d’une profession. Lotte ptU larité, qu’explique surtout l’indolence de l’homme dans 110111 ^ de ménages italiens, est principalement remarquable dans
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- Provinces manufacturières du nord, où les besoins sont plus §rands, où la vie est plus chère, la race plus forte et l’ins-tfUction plus répandue. Ainsi, tandis qu’en Sicile et en Sar-^%ne on compte à peine une femme sur quatre ayant une Profession (j/iojQ qe femmes sont sans profession à Palerme, ^ 0/0 à Trapini, 86 0/0 à Sassari, 88 0/0 à Cagliari), aux Entours de Naples et dans la région subalpine, la propor-1-1011 est absolument renversée : à Catanzaro, à Salerne, par ^ernple, le nombre des femmes exerçant un métier est de ef 75 0/0 : il s’élève également à ce dernier chilfre à Côme àNovare; à Sandrion il atteint celui de 85 0/0.
- ^aiis le Bergamasque, pays industriel dont la statistique a, ^dï> oxception, pu être faite d’une manière complète, on a ^°iîstaté des résultats plus remarquables encore. Le nombre s ouvriers employés par les différentes branches d’indus-rie y était le suivant :
- Soie......................... 17. oui)
- Laine............................. 695
- Lin et coton................. » 936
- Papier,............................ 318
- Cuir................................ 37
- Diverses......................... 444
- 19.439
- es ouvriers adultes du sexe masculin ne figurent dans ce
- ^ 0ue pour le chiffre insignifiant de 2,536 contre 11,618
- ùrues et 5,295 enfants; l’industrie des soies grèges et niou-aiiéen ... .
- 06 ’ °]l Parlicll^cr? occupait 11,064 femmes, 4,181 filles,
- coi barçons Gt seulément 967 hommes; celles du lin el du
- jj 11 hommes, 39 garçons et 105 lilies pour 456 femmes.
- eiitUS ^es Papeteries il y avait presque égalité comme nombre
- Fe ^es ouvriers de l’un et de l’autre sexe : 163 hommes,
- femmes et 13 enfants.
- cjp^eQles résultats dans le district de Corne; l’industrie prin-'hi r|6 .^e ce Pa.ys» O11* osf celle de la soie, employait en 1867, la «oie, 5,000 femmes et filles el 1,000 hommes; lssage à la main, à la teinture, 3,600 hommes et 2,400
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- femmes, faisant mouvoir ensemble 2,700 métiers. Cette industrie a atteint son apogée en 1870-1871 pendant la gueri’e franco-prussienne : elle comptait alors à Côme environ 9,0^ métiers, aujourd’hui réduits à 5 ou 6,000 tout au plus. L’Ra' lie entière avec Côme, donnerait en ce moment 9,000 '
- tiers. On estime le nombre des ouvriers à.Corne à 4,000.
- Dans le Parmesan, le sexe masculin conserve au coutrau6 une supériorité marquée; on y trouve 1,918 ouvriers manufactures dont 1,328 dans l’industrie de l’alimentation contre 417 ouvrières et 229 enfants. Il en est à peu près même à Brescia. D’après les relevés préparés il y a quelqlieS années par la chambre de commerce de cette ville, si leS industries de la laine, du coton et du lin, y emploient leS hommes et les femmes en nombre à peu près égal hommes et 560 femmes), l’industrie du fer y compta» °11 revanche, 2,000 ouvriers appartenant exclusivement au s^ masculin; en tout 3,500 hommes et un millier de femn1^ seulement composent toute la population ouvrière de °e district.
- A Schio, dans le Vicentin, une seule fabrique de lainag^ dirigée par M. Rossi, sénateur, occupe 1,150 personnes deS deux sexes; cette manufacture est, du reste, sans contredltj l’une des plus considérables et des mieux tenues du royau1*1^
- Le nombre des ouvriers vénitiens n’est pas connu ; on s< seulement que l'industrie de la verrerie, l’une des pins 1111 portantes, en emploie environ 3,300.
- La municipalité de Naples a publié en 1868 une statisti‘lll° ouvrière incomplète, il est vrai, de laquelle il résulta que la population de Naples, évaluée à 600,000 habitants» ,lt comprend que 7,800 artisans dont 6,000 hommes et L° femmes ; les établissements qui occupent le plus grand nonil)lt d’ouvriers sont les fonderies de fer, 2,140 hommes, leS ^
- ^ i yf HP*”
- nufactures de tabac, 587 hommes et .1,237 femmes; nisterie, 387 hommes; la ganterie, 80 hommes et 3l3fennn^’ la confection des vêtements, 243 hommes et 27 feni»1135' typographie, 341 hommes et 18 femmes.
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- ESPAGNE
- ^spagne terre africaine. — Peu d’industrie en Espagne. —La Catalogne, a province de Valence, Alcoy. — Durée de la journée de travail. — budgets ouvriers. — Nourriture, habillement et logement des ouvriers Espagnols. — Leurs qualités et leurs défauts. — Leur frugalité. — Misère générale. — Emigration. — Influence de la politique sur leur
- situation.
- peut dire en un certain sens que l’Afrique commence le versant espagnol des Pyrénées. Cette remarque a été ^|te bien souvent. Elle se justifie par l’aspect du sol de Ja euinsule Ibérique et par la nature de ses produits, par la J^lence de son climat, tour à tour âpre ou torride, enfin par ^ caractère et les mœurs de ses habitants, qui doivent à la ^nation séculaire et au contact prolongé des Maures, une
- marquée, et comme une sorte de parenté avec les Imputations africaines. Nulle part cette analogie morale n'est ç s Seusible que dans le domaine économique et industriel.
- 0lUme les pays musulmans, la catholique Espagne s’est ^idormie ^aris lu contemplation stérile des trésors que l’au-conquistadores avait entassés autrefois ; comme ^rs v°isins d’Afrique, les Espagnols de nos jours vivent rement de l’élevage des moutons et des produits d’une t arriérée, sans capitaux, sans initiative, sans progrès, ^avaifiant peu, consommant peu, en proie à la pauvreté et happant aux atteintes d’une extrême misère qu’à force de gérance et de sobriété.
- ails ces conditions, l’Espagne n’est pas et ne pouvait être
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- une nation industrielle. On l’a mentionnée dans cet ouvragé plutôt pour ne pas paraître l’oublier, que pour trouver dans l’organisation de ses classes ouvrières des sujets d’étude ou d'imitation. C’est à peine, en efl'et, si l’industrie espagnole, s1 florissante au moyen âge et depuis si dégénérée, commence? çà et là, à se relever de sa décadence séculaire. Sur les quinze provinces du royaume, il n’en est que deux ou trois où Ie travail industriel ait repris quelque développement. La pr111' cipale est la Catalogne, dont les doléances, à l’occasion da dernier traité de commerce franco-espagnol, ont récemmeid rempli les séances des Cortès. Les autres sont celles de Valence et d’Alicante; dans le reste de la Péninsule, la popu' lation se livre exclusivement au travail agricole, et ne comp^e pas toujours le nombre d’artisans nécessaire pour fourflù aux besoins de la consommation locale.
- Même en Catalogne, le développement de l’industrie eS* limité, autant qu’on en peut juger en l’absence de toute statiS' tique digne de foi. L’industrie du coton emploie 110,000 Pel' sonnes, hommes , femmes et enfants , et de 15 à lB,0ûd autres ouvriers y travaillent dans les manufactures de 1ÜS e tissus de lin, de laine et de soie. En ajoutant à ces chiflr®s celui que représentent les artisans de la petite industr16 (maçons, charpentiers, boulangers, cordonniers), on arrive un total d’environ 600,000 ouvriers formant à peu preS sixième de la populatiou totale.
- On ne possède aucune indication précise sur rimporlallCe de la classe ouvrière dans l’ancien royaume de Valence.
- La province d’Alicante est presque exclusivement agric0^e' 11 n’existe qu’un seul centre manufacturier, celui d’Alcoy» où, grâce à l’abondance des moteurs hydrauliques, la cation des lainages, ainsi que celle des papiers à cigarett01” avait pris, avant l’insurrection, une remarquable exte^ sion. En 1870, Alcoy comptait 28,000 habitants , pr©9<l tous de la classe industrielle. Il v avait dans celle vl 50 manufactures de tissus de laine, qui produisaient PaI 55,000 pièces d’étoile de 55 mètres chaque et donnai011*1
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- après de 7,000 ouvriers (2,430 hommes, 2,150 fem-iïies et 1,460 enfants de douze à dix-huit ans et 800 Hu~dessous de douze ans). Huit ateliers de teinture, avec 100 ouvriers et douze moulins à foulons, avec 50 ouvriers, c°°péraient à la préparation du drap. Les fabriques de papier, nombre de 32 dans la ville et de 17 dans les villages adja-Cents, avec une production moyenne annuelle de 558,000 ra-^ttes , employaient 1,591 hommes, 2,081 femmes et ^ enfantts. 140 hommes et 350 femmes étaient en outre °CcuPés dans 72 ateliers au coupage et à l’assemblrge des dettes. Enfin, on comptait à Alcoy 11 moulins à farine et ^ usines métallurgiques (fonderies de fer, de cuivre, cotisation de machines, ateliers de charpente, de serrurerie).
- ^es chillres correspondent, il est vrai, à une période de jjr°spérité qui a pris lin depuis la tentative communaliste 0lli Alcoy a été le théâtre : aujourd’hui , la population °uvrière a notablement décru, la ville elle-même a beaucoup Perdu de<son importance.
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- II
- Il faut toute la sobriété de l’ouvrier espagnol pour réussir» avec le salaire qu’il reçoit, à vivre et à faire vivre sa famiU6 généralement assez nombreuse. Rien de plus simple, °n pour mieux dire de plus misérable, que son existence» comme l’écrivait en 1870 un agent anglais : « 8a paye eB d’ordinaire trop faible, sa nourriture insuffisante , son vête' ment des plus communs et des plus grossiers. » Dans la région du nord, les provinces basques et les navarraiseb offrent un spectacle moins affligeant ; le sol y est cultivé, ^
- main-d’œuvre moins mal rétribuée, et bien que le pays
- sob
- exclusivement agricole et maritime, bien qu’on n’y ait étabb pour ainsi dire aucune fabrique, le bien-être relatif‘des pa) sans n’en a pas moins profité , dans une certaine mcsnre
- aux artisans. Ce n’est là, toutefois, qu’une exception.
- le reste de l’Espagne, la misère et le dénuement sont le Pal.
- tage de la classe ouvrière. L’alimentation des ouvriers, atl88
- bien dans les villes que dans les campagnes et dans la PeL
- comme dans la grande industrie, suffit à peine à répare
- leurs forces. Leur ordinaire se compose presque exclut6
- ment de pain, de légumes, de fruits, d’huile et de l)0lSb ^
- salé ; ils ne mangent que raremeut des pommes de tene
- presque jamais de viande : à déjeuner, du thon, de la Iïl0rU^
- ou des sardines, du poivre-long, du pain et des fruits»
- dîner et à souper, un plat de poisson salé et plus
- lement le puchero, soupe épaisse où entrent du ^
- haricots, des panais et des olives, tel est leur régime habit1*
- Les Andalous se nourrissent d’une sorte de soupe fr01
- et
- qu’ils nomment yaspache, mélange indigeste de pain ? ^
- tranches de concombres délavées dans du vinaigre et del °a
- * ° . ..ye»
- Cour boisson, ils consomment exclusivement du viu 1 0
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- *îUl est de bonne qualité et qui ne coûte presque rien. Les ^aditanais ne boivent que de l’eau, mais ils se nourrissent Iïlleux que les Andalous et consomment plus de viande.
- L habillement des ouvriers espagnols est aussi simple que Ur nourriture. Dans les villes, et surtout dans les grands patres industriels, ils ont presque tous abandonné pour le °Urgeron cosmopolite, les riches et brillants costumes qui 0ri^ pendant tant de siècles, contribué à rehausser la grâce
- et pM, °
- 1 eiegance naturelles de la race espagnole. En été, ils s habillent très légèrement, de toile grossière, de lin ou de ^°t°n; mais en hiver ils portent des étoffes de laine généra-^ ^nt fabriquées dans le pays. Ils renouvellent, du reste, s rarement leurs vêtements, sans souci de la saleté qui 11 résulte et des conséquences fâcheuses qu’elle peut avoir P°Ur leur santé.
- . même insouciance des précautions hygiéniques les plus '^impensables se remarque dans les habitations des artisans |jsPagnols. De tous les points de l’Espagne, sauf Cadix, la ®Scription que l'on donne de leurs logements est absolument géante. A Barcelone, ils occupent soit un étage, soit la ^°itié d’un étage, soit même des chambres isolées dans de es maisons désignées sous le nom de baraques et
- grand
- c°nst;
- ruites exprès pour eux par des spéculateurs.
- les
- ^efois,
- Seules
- villages, les familles d’ouvriers possèdent quel-
- ou louent, des petites maisons qu’elles occupent Chambres et maisons sont, du reste, étroites, sales, n'al closes
- al'°n s.
- l’écoulement des eaux y est mal réglé, la venti-
- souvent défectueuse, le mobilier misérable et insuffi-
- ^ant n ,
- • mis la province de Valence, les maisons des ouvriers *>ont hât’ .
- ^ ^ lles en briques; elles comprennent généralement un d6u;-haussée ej (jeux étag-es • chaque étage est divisé en qui aPPai>tements. 11 y a donc, par maison, six logements hf c°mposent chacun d’une antichambre, de deux cham-^ Co,icher e* une cu*m110- Du paye en moyenne un logeâtes ^ °e ^enre (^° û *>0 féaux (10 fr. 40 à 13 fr.) par ’ ^ y a aussi pour les familles ouvrières des maisons
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- de plus grandes dimensions, sous-louées en général par an principal locataire. Tous les ouvriers habitent la ville même) ils se trouvent ainsi à proximité de leur ouvrage, mais leUr entassement dans les rues étroites, tortueuses et sales, pas sans danger au point de vue hygiénique, surtout a Madrid.
- Heureusement la douceur de leur température leur perm^ pendant de longs mois de vivre en plein air, et de laissé portes et fenêtres ouvertes ; grâce à cette circonstance cluua' térique et à leur extrême sobriété, leur santé est en généré’ sinon vigoureuse, du moins satisfaisante. Sur différeu^ points de l’Espagne, notamment à Valence, on avait projete de construire, hors de l’enceinte des villes, des maisons saineS et spécialement réservées aux ouvriers; mais les troublé politiques ont fait ajourner cette entreprise, comme? ^,l reste, tous les autres progrès que l’on tente de réaliser 011 Espagne.
- Malgré sa frugalité, l’ouvrier espagnol arrive avec peUlC ‘ équilibrer ses recettes et ses dépenses. A Alcoy on estimalt qu'il devait dépenser 4 réaux (1 franc) par jour pour &a nourriture.
- Un père de famille ne pouvait payer son logement moinS de 30 réaux (7 fr. 50) par mois, soit environ 95 francs para°' Sa nourriture et celle des siens devaient lui conter par ^ 1,850 réaux, soit 480 francs. S’il gagnait, à raison de 9réaü> par jour, pour 300 journées par an, environ 700 frallcS (2,727 réaux), il lui restait à peine 123 francs pour l’habit0 ment et les dépenses diverses.
- A Valence, un calcul analogue donnait les résu!,al suivants :
- (inin moyen annuel, .1,300 réaux. Kr . soo
- OKPF.NSKS
- Logement. 104
- Nourriture ;i0N *
- Vêlement CIO
- Krnis de maladie 13
- Total Kr 7f>!» j>ar an
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- V
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- Il reste donc environ 100 francs pour les autres dépenses Chauffage, éclairage) et pour l’imprévu.
- En somme, on peut dire de l’ouvrier que, s’il réussit à se suffire? c’est à la faveur du climat, et grâce surtout à une frugalité et une tempérance admirables. On doit ajouter, il est vrai, que le climat porte à la sobriété, et qu’en dehors (frs courses de taureaux et de la loterie, il y a fort peu °ccasions de dissipation et de dépense. Intelligents, mais lort ignorants, illettrés pour la plupart, enclins à la paresse, Un caractère orgueilleux et indépendant, très irritables et Pr°nipts à revenir, les ouvriers espagnols semblent, par leur U^ture même, destinés à vivre pauvrement, dans l’indo-^Ilce, dans la misère, sans efforts énergiques pour amé-°rer leur sort, sans espoir d’y parvenir, sans grands besoins, vifs désirs, sans assiduité ni ardeur au travail. Ils ont grandes et sérieuses qualités comme hommes, mais ils j°ni en général de mauvais travailleurs. Ils ne prennent pour ^ Plupart aucun intérêt à leur ouvrage, et ils ont besoin ^etre constamment surveillés. Tantôt, après quelques heures Activité fiévreuse, ils passent des journées entières dans , 0lsiveté ; tan tôt ils accomplissent lentement leur tâche, avec ^ffention et mollesse, tout occupés de fumer et de causor ^|re eux. Il faut, cependant faire exception pour les Catalans es Valentiens, chez lesquels le penchant à la paresse est s marqué que chez les ouvriers des autres provinces, et
- ^ dam
- Induits <
- s certaines branches d’industrie fabriquent des
- suffisamment perfectionnés.
- vrj eI*llIs de longues années on a beaucoup promis aux ou-ls’ aussi bien qu’aux paysans espagnols; on leur avait diti esp,;ro1' mainte réforme qui devait transformer leur con-Matérielle ; et dans ce pays comme dans beaucoup > gouvernement et partis politiques ont rivalisé, ® leurs programmes électoraux, de promesses séduisantes
- de
- été
- e*act
- solennels engagements. Ni les uns, ni les autres lenus. A la place de la prospérité annoncée sont venus es n4ions, les impôts écrasants et l’appauvrissement gén
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- L’enquête ouverte, l’année dernière, par le gouvernement espagnol, sur les causes du mouvement d’émigration qui *e manifeste avec une énergie croissante dans toutes les partie de la monarchie, a fourni sur ce point des témoignages sign1' ficatifs et tristement concordants. Sauf dans les provinces basques, où l’esprit aventureux des populations, plus encore que l’appauvrissement résultan t des dernières guerres civiles, exp^' que la fréquence des expatriations, c’est la misère, une miser0 profonde, insurmontable qui pousse les populations espa' gnôles au delà des frontières. Mauvaises récoltes, sécheresse^ dénudation des montagnes, absence d’eau et ravages de torrents, mauvais état et insécurité des routes, détestable adm1' nistration municipale, excès des charges : tels sont les faits que signalent de toutes parts les autorités espagnoles et auxquels elles attribuent la tendance de plus en plus marqué0 de leurs concitoyens à chercher dans des pays plus riche* et sous de meilleures lois une existence moins pénible et u*1 travail mieux rémunéré.
- Les causes du mal sont malheureusement plus faciles a indiquer que les remèdes. Tant que l’Espagne restera la 1er*6 classique des guet-apens politiques et des pronunciamiento*» tant que ce noble et beau pays sera en proie aux politici^115 et aux exaltés de toutes nuances, on pourra rédiger les plal1^ les plus complets et les plus séduisants; leur applicatioïJ pratique sera compromise par les convulsions politique* sociales, et les combinaisons les plus habiles continueront* ne produire que misère et stérilité : exemple douloureux mais instructif, qui se recommande aux méditations autres peuples de race latine.
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- PORTUGAL
- Qualité de l’ouvrier portugais. — Son énergie, son ignorance. Pas de Mandes industries en Portugal. — Salaires. — Nourriture. — Logement. — u cité de Pombai, à Lisbonne. — Contentement relatif el mœurs paisibles de l’ouvrier portugais.
- ï 1
- u ouvrier portugais est plus industrieux que l'ouvrier espa-H n’est pas moins ignorant, il a autant de tempérance le frugalité, il a plus d’ardeur à la besogne. Il ne travaille moins de six jours par semaine et de dix heures par ^°Ur’ jamais il ne chôme le lundi, et quoique l’on compte Uc°re -jq jours fériés par an, il n’en fournit pas moins annuellement une somme considérable de travail. Il est en puerai poli? intelligent, actif, et s’il manque d’habileté tech-JlOe, ce n’est pas par défaut d’aptitude ou de désir d'ap-le Üle’ C es^ uniquement parce qu’il n’a pas à sa disposition Moyens de s’instruire et de se perfectionner. L’éducation
- P°pul
- nient
- aire est en effet fort arriérée en Portugal, et l’enseigne-y est encore à l’état embryonnaire. L’industrie elle-
- nième n’ . . -7
- port U ^ exis^e Pour ainsi dire que de nom. La population U^Se es^ Presque exclusivement agricole et les arti-sent dans les divers centres de population suffi-
- ^ auxnécessités de sa consommation quotidienne; quant ta r Ur° G u i t s de jla'grande industrie, ils sont, en dépit des Protecteurs, à peu près exclusivement importés de ll§er. Sur une population totale de 4,300,000 habitants, C°lnI^e Ç110 d80,000 personnes appartenant à la classe êtr encorej,presque tous ces ouvriers doivent-ils
- laUgés dans la catégorie des artisans et des manouvriers.
- ^rifs ^ éb’an ne
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- C’est seulement à Lisbonne, à Porto et dans les environs immédiats de ces deux villes que se rencontrent quelques manufactures d’importance diverse. A Lisbonne même, 7,000 ouvriers travaillent dans les fabriques de lainages et de chaussures : l’une des principales de ces fabriques appartient à un Français et occupe 700 ouvriers et ouvrières.
- Les salaires des ouvriers portugais sont naturellement des plus variables. Ils oscillent à Lisbonne et à Porto entre 200 reis (1 franc) et 1,200 reis (6 fr. 35). Un bon tisserand reçoit 3 fr. 10 par jour.
- A Porto les artisans touchent la paye suivante ;
- Maçons : contre maîtres 1 fr. à 1 fr. 75 parjour'
- — compagnons 1 os il 1 ii;i —
- — aide de 12 à 1 fi ans » 40 à )> 50 —-
- Charpentiers : contremaîtres 1 55 à 2 55 —
- — compagnons 1 25 à 2 05 —
- — aides de 12 à lfi ans )> 40 à » 00
- Maçons-briquetiers : contremaîtres 2 OS à 2 80 —
- — compagnons 1 2S à 1 85
- — aides » 40 à » f>0
- Forgerons : contre maîtres 2 OS à :i 10
- — compagnons 1 2S II 2 55
- — aides » 50 à )) 60
- Menuisiers : contre maîtres 2 30 à 2 00
- — compagnons 1 » à 2 55
- — aides )ï 50 il )) 00
- Scieurs de long 1 55 il 2 05
- Emballeurs 1 85 à )> .')
- Ouvriers des magasins : contre maîtres.... 1 85 à 2 05
- Simples ouvriers 1 25 ;i 1 55 —
- Constructeurs de machines, mécaniciens,
- chautfeurs 1 85 à 2 05
- Constructeurs : frappeurs 1 10 à 1 55 ”
- — manouvriers 1 )) à 1 25
- — aides » 50 à » 70 *
- Peintres en bâtiments : contre maîtres .... 1 55 à 2 70
- — compagnons 1 25 il 2 05 ' *
- — aides )) 40 il » 00
- Les paysans, les ouvriers agricoles gagnent de 80 cent^eè à 1 fr. 10 par jour; une femme ne reçoit que 4.3 à 70 cer limes. Pour les hommes chargés de la surveillance destrr
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- Vaux, les salaires ne tombent jamais an-dessous de 1 fr. 55 ; s’élèvent jusqu’à 3 fr. 10.
- Avec d’aussi faibles salaires, l’ouvrier portugais ne peut dépenser très peu. La nourriture est des plus simples : e^e se compose d’un pain grossier de farine de maïs, de llaorue sèche et salée, et d’une soupe où entrent, avec un peu de Vlaude, de lard ou de jambon, des choux, du riz, des haricots, fl6s courges, des navets et des oignons ; il ne boit que du vin °llge du pays, généralement vert et acide. Il ne fait jamais ÜSage de thé, de café ni d’eau-de-vie. On calcule qu’aux envi-r°ns de Porto une famille agricole de trois personnes peut c°nsornmer, chaque semaine, de six à sept livres de morue ^ che, une livre de lard, une livre de riz, un quart de livre de 'laà>bon, de trente à quarante livres de pain de seigle et de îïla^s> un litre d’huile et des légumes à discrétion.
- Voici l’exposé du prix des principales denrées à Porto 611 1871 ;
- Lard........................
- Jambon.............
- Kiz......
- Morue.,.............
- Sardines, marinées.........
- ' fraîches .............
- Boeuf................
- tain de seigle et de maïs.. Vin.......
- Huile d’olive..
- Fr
- » 00 ;i Fr » 00 a
- » ;>0 :i » “20 »
- » ()() il
- » 10 a
- » .‘>0 il » 08 il
- » 20 à » 00 a
- » 70 la livre » 70 —
- » 70 —
- » 40 —
- %
- 1 » le cent.
- » 20 la douzaine. » 70 la livre.
- » » —
- » 80 le litre.
- I » —
- fwTcoup d ouvriers portugais ont deux logements; pen-
- j ^ k* senoaine ils couchent à la ville dans d’affreux réduits,
- Saïï)edi soir jusqu’au lundi matin, ils vont rejoindre leur Limille - - - -
- ]• fpU aux environs, quelque fois à trois ou qua-
- °hv 01168’ Une Pe*'le ma*son à la campagne. Les logements
- àiauv,
- CePfludar ea 1759
- lers dans les villes sont en général mal construits, en a*s état de réparations, malsains et misérables. U fa11* ù faire exception en faveur d’une cité ouvrière bâtie par ordre du marquis de Pombal, pour les tisseurs en Sériés. Klin est bâtie sur un quartier élevé de Lisbonne,
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- — 236 —
- 237 —
- PRIX DF
- ip$
- CONSOMMÉES DANS LES FAMILLES OUVRIÈRES
- , $
- LEUROPE ET
- gfi
- Tableau dresse V
- Aiment ai res
- ^IX
- DEs éogements dans les divers pays de
- 6 A]VIÉRiq i
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- °rteU:
- rs généraux
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- PAYS ai «Tl <*N ‘cS ** r-P
- PROVINCES — LOCALITÉS j© « O J3 © I JO î~' 'Tl © \ u O © *©
- S, X, X a o —- U ©
- fr fr. n. fr. r. fr. r. fr. e. fr. r. fr. c. fr. r.
- Hollande (Amsterdam).. )> 19 » 17 1 32 » 25 1 12 » 95 » 85 » 77
- Belgique (Anvers) » 20 » 40 1 25 » 15 » 70 « 90 » 85 » 00
- Suède-Norvège » 25 » 45 1 75 » 30 » 40 » 35 » 70 » 75
- Espagne » °0
- mois )> » /•) » G.) » G 5
- Portugal » 08 » 30 » 30 » » « G0 »> G0 9 50 » 70 »
- Suisse (Zurich) » 25 » 70 » 70 9 30 » 85 » 70 » 85 » 95 »
- Allemagne (Berlin) » 22 » 35 1 25 » 15 9 80 » 80 » 80 » 88 »
- France (Paris) » 20 » 48 » G8 » 2G « 82 9 89 1 01 9 90 »
- Angleterre (Londres) . . . » 21 » 3G 1 41 » 30 » 97 » 89 1 28 » 90 »
- Etats-Unis(Massachusset) » 21 » 32 1 GG » 30 « 93 » 80 1 9 73 » 73 »
- fr. c
- ,, c.
- \
- « ‘i
- » 10
- leiir^9'
- Nota. — 11 est inutile (lo faire remarquer que les prix «le certaines ai'‘fC5' transactions commerciales peuvent influer également sur le taux fie eer tous les cas, que de quelques centimes.
- Pommes de terre 1 le décalitre. 1 Sel le 1/2 k». 1 Huile à manger il le litre. I Café le 1/2 k». 1 Sucre le 1/2 k°. 1 5* ©J © '© F Tabac le 1/2 k°. 1 Savon le 1/2 k°. 1 Charbon les 50 kil. 1 pétrole le litre. 1 CP © c £ G © g i I S3 t. .2 gS-1 -S £ S - g o G ri c. 1 e « g 6 5 1
- fr. c. fr. C. fr. c. fr. c. fr. c. fr. c. fr. c. fr. c. fr. e. fr. c. lr. e. fr
- » 65 » 09 i 65 1 10 » G 3 2 75 1 20 » 36 2 25 » 16 20 » 2
- 1 50 )) )) i 50 1 30 » 60 4 » 1 50 « 60 1 70 » 63 15k 17 2
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- 2 1 » U i 71 1 31 » 51 3 5( 5 1 k » 41 1 5 »> 2 -' 28 »
- 20 » 40 »
- 31 »
- 40 »
- S^^var-
- i ^‘^les, suivant les bonues ou mauvaises
- 108 prix moyens, l’écart, soit en plus, soit en moins, n’est, dans
- années de récoltes, et que les
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- autour d’une large pJace plantée de mûriers et ornée d’ufle fontaine dont l’eau est excellente ; cette cité renferme deS habitations commodes et saines.
- Malgré l’extrême modicité de sa paye, malgré les priva' lions auxquelles il est condamné, l'ouvrier portugais est, °u du moins paraît satisfait de son sort, ses rapports entre hu et ses patrons ont toujours été amicaux. Il est sobre et labo' lieux et vit généralement tranquille et heureux ; il fournd ainsi une nouvelle preuve de cette vérité si souvent méconnût que le bonheur de la classe ouvrière ne dépend pas exclu81' vement d’un salaire élevé, mais qu’au contraire on renconh6 plus d’exemples de paix sociale, d’union, de satisfaction mutuelle et d’aisance relative dans les pays dont les gaU18 sont faibles, comme les besoins elles prix(l).
- fai lli r, r n '!“* re|M,ler '« «"«".lues 1|lle ............... avoua mr
- “ ‘ei JU SUJe‘ d0S re"ex,0lls vient de lire. Il serait vraiment dépl»'
- ab e, pour le progrès de l'humanité, ,|ue ,08 0„ général 56
- .(intentassent d un sort semblable celui ,les ouvriers portugais.
- (Note 'tos Happnr/eurs (/ènértMi'i')-
- )
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- DEUXIÈME PARTIE
- A TRAVERS L’EXPOSITION
- D’AMSTERDAM
- VUE D’ENSEMBLE
- , Avaut de laisser la parole aux délégués spéciaux envoyés d îïisterdam par M. le Ministre du Commerce, nous croyons ^evoir donner un aperçu général des galeries de l’Exposition y Promener le lecteur au milieu des merveilles qui s’y paient entassées.
- les lte excursi°u préalable servira de transition entre
- j.v rePSe%nements généraux qu’on vient de lire sur les dif-%i^S ^euP^es l’Europe et les appréciations diverses, pl bes Par les ouvriers français sur les produits de ces peu-^exposés dans la capitale de la Néerlaude. l’ii dïl^ ^ut, I10us devons rendre justice au créateur de 4o^°S^ori D’Amsterdam, à notre compatriote, M. Edouard Pour nous servir des expressions de*M. Tur-jq ^as Un discours, pas un acte officiel n’a rappelé le nom.
- Agostini a du s
- se contenter d’avoir mené à bien son X. Y. Z. de travailler à
- ePrise et d’avoir forcé MM.
- ^xre commune pour y récolter honneur et profit. d S^s le titre de « Une Paye £ histoire », le Guide officiel e ^ ^position publiait le récit imagé des premières heures
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- de l’entreprise dont M. Agostini a été le vrai père. Nous V cueillons les lignes suivantes :
- « Le 47 août 4880, il y avait, à onze heures du matin, dan*5 la salle de VOdéon d’Amsterdam, une grande réunion des notabilités de la capitale des Pays-Bas.
- « L'ancien bourgmestre d’Amsterdam, mort depuis, le 1^' C. J. A. den Tex, présidait; après avoir présenté à l’audt toire le promoteur de la réunion, le Français Edouard Ag°s tini, il le pria de prendre la parole et de développer les ià&Qb émises dans le rapport qu’il venait d’adresser à S. M. le ^°l des Pays-Bas, sur l’utilité d’une Exposition universelle daPè la Néerlande.
- « L’orateur, dans une allocution aussi chaude que préci^? exposa ses idées, seS sentiments, esquissa le projet qu’ilaV. conçu, parla commerce, industrie, beaux-arts et sciences, clVl iisation et progrès, et détailla dans une remarquable P®*° raison ce qu’Amsterdam et les Pays-Bas pouvaient atten d’une Exposition instituée sur les bords de l’AmsteJ.
- « Une commission d’études fut nommée.
- « Le soir du même jour, toutes la presse enregistra conférence, la nomination de la commission, mais de c0Iïl mentaires point! On constatait, voilà tout!
- « MM. D. Cordes, président de la Chambre du Conaiïieï’c|j’ A.-E. Wertheim, membre de la députation de la N°01 ^ Hollande, Schmitz, membre du conseil communal, A- ^ niels, notable industriel, devaient, sous la présidence llir. C. J. A. den Tex, étudier le projet de M. Edouard tini et faire un rapport : ^
- « En moins de quinze jours, le rapport fut dépose; avait été pesé, discuté; les objections soulevées, les cralU^t des rapporteurs, leurs hésitations à l’idée de voir notre ^ pays convier le monde entier sur le territoire européen, les bcultés à vaincre, la pusillanimité de nos nationaux, 1 °P^ sition que l’on pourrait rencontrer, l’exécution, l’eiop ment, tout fut mis en avant; la commission ébranle®’ ^ vaillant Français les avait convaincus, il fut prophète»
- dre
- la
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- apport net el précis qu’ils déposèrent fut approuvé à l’una-
- nimité. »
- Ainsi, c’est à un Français qu’Amsterdam est redevable de in belle Exposition universelle qui a amené l’année dernière lant d’étrangers dans ses murs, ou plutôt autour de ses °anaux. Nous devions signaler le fait ici, sans nous y appe-santir autrement. Mais ne nous arrêtons pas plus longtemps e* entrons dans le palais de l’Exposition.
- Avant de pénétrer dans l’édifice principal qui occupe un enaplacement de 60,000 mètres carrés, il nous faut traverser e Palais, construit par l’architecte Cuypers, et dans lequel Vivent être un jour réunis les trésors épars dans les différents musées de la ville d’Amsterdam. Dans ce bâtiment, lnachevé au moment de l'Exposition, on avait placé les colletions que le prince de Galles a rapportées de l’Inde, lors ^e son voyage dans l’Indoustan.
- ^ La voûte du Ryks Muséum franchie, nous nous trouvons vant l’entrée principale du palais de l’Exposition, dont les arcbitectes sont MM. Fouquiau et de Waldder, et les entre-P^neurs MM. Tasson et Washer, des Français et des Hol-andais.
- Le bâtiment principal est étrange, c'est un vaste rectangle, la façade assez lourde appartient au style indien. te façade bizarre n’est pas sans originalité cependant : j éléphants gigantesques en simili-pierre supportent sans ch lïl0lndre effort apparent le poids d’énormes tours sur-r&ees de sculptures et d’ornements non moins bizarres, j £ros Lons accroupis semblent garder les merveilles el SpX^SOrs renfG1'més dans le paiais.
- avant du palais, une sorte de parc; çà et là, des ^ nés de javanais, des maisonnettes en bambou, une serre Ua'^an^eS ^roP^caL!S5 un pont de bambou, une pagode japo-^ Se’ hangar du Gamalan ; une maison du Tagal, don s Européens de cette résidence. Gravissons les quelques ^ rc as du palais; nous pénétrons dans la galerie centrale SUlan(, mètres de long sur 20 mèlres de large. Nous
- î(i
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- sôrftmes dans l’Exposition des Pays-Bas, occupant un espace de 7,000 mètres carrés. L’ornementation des galeries néer-landàisès appartient à M. Schill.
- Là Hollande possède des spécimens de presque toutes leS industries. Voici la carrosserie, représentée par M. Pierre De Hoo, de Leeuwarden. Nous avons principalement remarqué une chaise à deux roues, exposée par cètte maison-L’orfèvrerie, les bronzes, la bijouterie et les industries de luxe ne nous ont rien montré d’extraordinaire. Le goût des Hollandais est médiocre, autant que nous en avons pu juger-Nous nous arrêtons devant des denrées alimentaires, s°b' difiées, retour de l’Inde ; voici des plans de travaux gig'aIÎ'’ tesqües, créés pour lutter contre les éléments, et exposé par le département des eaux et forêts. Le ministère de guerre exposait les plans topographiques du pays. Puis nOûS voyons les échantillons des cordes de la Frisé, depuis h filin le plus fin, jusqu’au plus gros câble ; très belle expos1' lion pour ün pays de marins.
- Nous voici en Belyique, 9,000 mètres. L’Exposition belge est fort jolie, la décoration en est du meilleur goût et fad honneur à la Commission de cet industrieux petit pays.
- Dans la galerie centrale, signalons les layettes et trous seaux de là maison Meunier-Dubois, les dentelles de D(S Murés de Bruxelles, et celles de Lepaye-Depaèpe, de la mêi»6 ville ; les porcelaines de Boch, la vitrine de la maison TÏô'sC^h et celle du Bon Marché de Bruxelles, qüi exposait une rol>c plus originale que de bon goût, à ornements tête de chnn1^ Le pavillon de la 'Compaynie des Bronzes était reinarqvie * mais nous en parlons avec trop de détails plus loin p°ul nous y arrêter maintenant. ,
- Voici encore une très belle exposition de cristaux du V1 Saint-Lambert.
- A droite, dans une galerie latérale, au groupe IV, J1011* nous arrêtons devant une bibliothèque en érable vert, aV moulure amaranthe; des imitations de gobelins attirent jat lention. Des articles de Voyage très soignés de la ma^01
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- dîné, de Bruxelles ; puis voilà un t rès beau lustre eu
- de Pierre Schryvers, de Saint-GiJies-les-Bruxelles.
- es imitations de porcelaines, en fer émaillé, de la maison
- Théophile Moll; des imitations de reliures anciennes de Cl
- avssens et fils, de Bruxelles, etc,
- A- gauche de la galerie centrale s’étendent les groupes VI, VlI«t VIH.
- ^ l’entrée du groupe VI, une pyramide en tabac et les ^duits de la fabrique de cigarettes, le Globe; les cigares
- maison Stem et C% d’Anvers; le joli kiosque de
- ^ la
- Va,mien lîery et C% d’Anvers, qui fabrique le genièvre Cioc/w.
- ^ flans le groupe suivant, le plan des installations maritimes Envers, exposé par MM. Corwreuæ et Hersent, entrepre-^eOrs; jes lits-'navire de Lebacy, préservant du mal de mer; ^ e courroie de la force de 1,000 chevaux servant à l’usine ^ Mm. Horstmmi frères, à Liège; b*,s appareils de distilleries
- j de Désiré Dubois, constructeur à Bruxelles. Dans
- poupe VIII, les échantillons,de fer des forges de la Pro-let des autres hauts-fourneaux de la Belgique. Les Sués de la métallurgie en parleront en détail.
- <«ié
- fin
- Al
- quittant la Belgiq ue, nous trouvons la Nouvelle-Galle
- V / s-* X '
- U(l qui occupe, à gauche, une partie de la galerie prin-
- Kh| ^ Gl qi” S'étend à droite jusqu’au Dur rua/lais; dans la l’i|^e frarisversale, à gauche, s’étendent les expositions de ^nt-Mauriee, de la Suède, de la Suisse, avec ses mon-
- k ’ U <1© YUriUjuay, de H-ttUi et du Trimsumni. L’est
- IX'emière (ois
- que ce pays prend part à une exposition
- ^patiomaj^
- SUalons dans le Brésil une vitrine renfermant des Heurs S 0ar M"a* M. et E. Natté, de Hio-de-Janeiro.
- ^Xf)OS1^on n’awra pas été suffisamment remarquée, cla-^urée qu’elle était dans une section perdue.
- on
- la
- boi
- galerie centrale, après la Aon\(dJe-Galle du Sud, t^^°Uve Victoria et sa colonne en carton doré, représeu-rèlurne du précieux métal extrait des mines de son
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- territoire. Ça n’est pas beau et ça ne prouve rien. Sur la gauche, Y Inde anglaise et Y Italie; sur la droite, la Chine, 'I111 occupe encore un large espace dans la galerie centrale.
- Après la Chine, F Angleterre.; dont l’exposition est nr pour ainsi dire ; la plupart des maisons importantes de ce pays se sont abstenues.
- Après l’Angleterre, à gauche, se trouve la Russie ; à drode l’Espagne, et à l’extrémité de l’Espagne la galerie dite Travail, vaste bazar moins intéressant et moins bien installe
- T
- que le bazar de l’Hôtel-de-Ville, rue de Rivoli, à Paris.
- iolieS sée* tel1'
- des
- pagne ne comptait guère. Lu Russie avait d’assez 3 choses en malachite, lapis-lazuli, jaspe, etc., etc., exp° par la maison Wœrffel, de Saint-Pétersbourg ; quelques
- tures de la maison Japoznikoff, de la même ville ; traîneaux assez bien faits.
- ii6
- Entrons en Autriche, et traversons vite. L’exposition
- ce pays n'existe pas. La maison Auguste Klein, de Vieu°e^
- Paris a envoyé une vitrine microscopique, et... c’est tout,
- à peu près. ^
- Mais voilà que nous entrons en France; levons tièretfie
- la tête : nous dominons l’Exposition néerlandaise en tout
- pour tout. ,e
- L’emplacement occupé par notre pays est de PJU
- 12,000 mètres, soit le cinquième de l’emplacement total-
- vaste allée de huit mètres de large permet aux visiteurs
- circuler dans la galerie centrale et d’y admirer à !aise
- merveilles qui y sont étalées. j0&
- Ce sont d’abord — à tout seigneur tout honneur
- °
- bronzes de Rarbedienne. Chacune des pièces de cette " sition est un chef-d’œuvre, et l’on n’a que FeinbariÇ^ choix entre Y Arlequin, de Sainl-Marceaux, le Glon0, de Mercié, le saint Vincent-de-Paul de Falguières, J-a ^ ble Charles-Quint du musée de Madrid, etc., etc., ^ mille et un bronze exposés par cette maison sans riv inonde. #
- En face de Rarbedienne, Christofle expose ses mag11
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- Pleces d’orfèvrerie, Vernaz-Vecht, le mari et la femme, Ws chefs-d’œuvre de ciselure, que l’étranger se dispute et lue les pinçais laissent partir; puis voilà, à côté, les Pences artistiques de Gien et de Choisy-le-Roi; les éventails üuvelleroy et Alexandre, et enfin, la merveille de cette ^position, le Pavillon de la Commission française, que nous <l^°nsdécrire un peu plus longuement, car il mérite que nous 110118 y arrêtions.
- petit temple, élevé à la hâte par M. Lorain, archi-^cte âe l’Union centrale des Arts décoratifs, mesure environ °llz® mètres de façade sur une vingtaine de mètres de pro-^ meur : on y accède par quatre larges marches défendues 6 °haque côté par un Lion et une Lionne, de Caïn, de la ^ison Ghristofle, et de l’aspect le plus formidable.
- ^ ^ur les panneaux latéraux de la façade et de chaque côté
- d’
- Porte sont deux grandes faïences de Deck, exécutées
- ^pcès des cartons de M. Ehrman : à gauche, c’est le Com-erce,
- Sure n’est pas sortie au feu, mais le Cœruleum mare qui
- * ' J .
- v> a droite, la Naviyation. La légende de cette dernière ^ure
- ^%Oe ses pieds, l’ancre émergeant des flots et les cheveux °urifïés par le vent disent assez le mot de l’allégorie.
- , 6 Commerce, avec son manteau violet et sa robe bleue,
- ^ 1
- tio ^US sereine fdus agréable. Bien que la Naviga-if , S°1^ Veille comme le monde, dit à ce propos M. Turgan, ctait pas nécessaire de lui donner une figure aussi reniée.
- j ^ tr°isième motif, également de M. Ehrman, remplit le au-dessus de l’entrée. Ce n’est pas une faïence, c’est Pointure qui sera peut-être traduite un jour en céra-scry6 6^e a ^ Pay^e Par l’Union centrale, à laquelle elle ïle lla désormais d’exergue. Sous la présidence d’une Mi-Wf Casquée, l’Art, représenté par le dos, très réussi, d’une d0^e ^erïlIue, explique à un éphèbe de forme élégante qu’il l)ru^Se Préoccuper davantage de l’Industrie, forte femme °cU 6 ^aC(^e a droite du tableau, et qui saura rendre éter-les œuvres d’arl par elles solidifiées eu métaux inalté-
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- râbles (4). — Quand la porte du pavillon est ouverte, le re' gard est absolument ravi par les verrières éclairant le de la rotonde : sur un fond à peine teinté se détachent ave° un vif éclat des fruits rouges et verts attachés à quelqae8 branchages plus calmes. Ces verrières sont l’œuvre de M. Oudinot.
- La tapisserie et l’ameublement du pavillon ont été
- sous la direction de M. Bouilliel : la paroi du salon carre
- est
- couverte d’un velours frappé vert olive foncé, de ta fabrica cation de M. Lheureux, d’Amiens. Quelques parties de ^ rotonde portent de très beaux cuirs repoussés de M. nardel : la grande portière de l’entrée est relevée par ^ embrasses absolument nouvelles en grosses fleurs brodée^ lancées hardiment pour la première fois par M. D’Anthoifte' Cette garniture est accueillie avec des éclats d’admirat10*1 par toutes les femmes qui visitent le Pavillon de la Coin11118 sion française. Une doublure fond vieil or faisait bien cessa1 tir, sans leur nuire, toutes les autres étoiles de l’ameub^ ment. M. Fonrdinois a fourni les rideaux des fenêtres, d ul violet foncé un peu triste, mais très richement brodés.
- Au milieu du salon carré, la vue se repose avec plaisir
- $111
- Ifi
- le groupe en marbre blanc de Hamas : les Enfant* 11 coquille, qui domine un pouf d’étoffe jaunâtre et d’une Pa1 faite distinction de forme et de Ion, bois doré de M. JW710^1 étoile de M. buplan. ^
- Un tapis savonnerie de M. Hraque.nié couvre le sol de laines moelleuses, et le plafond s'éclaire par un vitrail f M. Vantillard., bordé d’un cadre calme en feuilles et de11 ornementales. t
- MM. bamon et Ca, successeurs de M. Kriegcr, ont d° pour la rotonde une table et un bureau. Deux paravent Mmt Hasse-Jiiché entourent deux groupes de meublé Heurdeley et de basson. ^
- Des torchères Louis XVI à ligures de marbre blanc
- (1) Turgan. — Les (/rarulrs ITsivra (Amsterdam),
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- tableau, ainsi que les vases Louis XIY en marbre rouge M. Gagne au. Dans une encoignure, un splendide porte-^°uquet de Christofle, en émail cloisonné.
- Citons encore les sièges de M. Poirier et de M. Duplan, la Scande glace de M. Basson, les chaises de cuir de M. Que-n<Xrdel; le cable et les galons qui encadrent les deux pan-neanx de tapisserie de Beauvais ont été exécutés par M. Weber.
- Enfin une table en émail de Christofle, des fleurs et des Pentes de Marienval, si fraîches qu’elles trompaient tout le lll°nde; deux colonnes de marbre français de Sarancolin, Certes par M. Derville, ainsi que deux gaines de marbre a°ir du môme, portant des yases japonais, complétaient la décoration de ce bijou de luxe et de bon goût qui s’appelait 6 Pavillon de la Commission française à Amsterdam, impossible de rêver un ensemble plus complet.
- Mais il n’est si bqnne compagnie qu’on ne soit obligée, de ‘flntter; reprenons notre course par la galerie centrale; nous ^°dà justement devant l’exposition de la maison Froxnent-^f-urice. Quels artistes ceux qui créent ces délicates et fines P^Oes, d’orfèvrerie, et en dehors de leur valeur intrinsèque C(hUme métal, qu’elles ont de valeur artistique!
- ^°Uà d’autres grands orfèvres français, MM- Bubuf et °ulo?i- il y a dans leur vitrine un bougeoir à deuy branches Parées entre elles par des émaux transparents, qui est Amplement admirable.
- ^Présentez-vous' cet adorable bougeoir, éclairant douce-nierii . D
- U au naturel, la nuit, dans une chambre à couoher de
- -a scélie du Enfin, seuls! que vous connaissez!
- |es / llIle des galeries transversales nous pénétrons chez J°aiHiers. Tout d’abord voici la vitrine de M. Fouguet.
- est
- sPhin;
- un artiste, cela se sent, cela se voit ; examinons ce aux ailes de brillants, portant sur la tête une étoile diamant, ce collier avec brillants et saphir, faisant au es°iu diadème ; cette collection Médicis, etc., etc. derrière la vitrine de M. Fouquet s’élève un élégant pavil-
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- Ion dans lequel on pénètre par deux escaliers. Saluons-C’est l’exposition d’un grand maître dans le grand art de la joaillerie; nous avons nommé M. Boucheron. Dans cette vitrine une pièce d’orfèvrerie, véritable trésor artistique, fa1*-l’admiration de tous. Figurez-vous un jeune enfant tenant dans ses mains levées vers le ciel une coquille d’or fin, avec émaux translucides! Que de difficultés vaincues! Voici encore : un vase à fleurs en acier, un ciboire, une veillé6 japonaise, avec incrustations d’or faites par Tissot, le vieux maître qui ne fait plus d’élèves, une crosse épiscopale, fade d’un feuillage dentelé avec émaux transparents; une double rivière, une collection de rubis extraordinaire par la coule111, deux perles grises d’une beauté et d’une grosseur inouïes , une broche, un papillon, etc., etc. Il y a là de quoi perdre dix fois la plus belle moitié du genre humain tout entière-
- Après Boucheron, c’est M. Gustave Sandoz, qui a fourni a la commission de la loterie d'Amsterdam la pièce qui constituera le gros lot. Tant mieux pour M. G. Sandoz et pour---le gagnant.
- Mais quittons les bijoux, cela finit par donner le vertige-Nous voici devant le lit de M. Jansen-Olivier, ce lit estdes^ tiné au roi de Hollande. Il se meuble bien, le roi de Hollande* A côté du lit, un bahut et une psyché, d’un goût supéi’i6111 au lit, malgré sa richesse.
- Puis une des merveilles de rameublement et du bron?e français, l’exposition de la maison lleurdeley, voici la ^ terne du petit Trianon, la table de Fontanieu., copiée aU Garde-Meuble, des bronzes dont les modèles sont de Go»^ thière, le grand ciseleur du siècle passé. Cette exposition 0> ^ appréciée plus loin, dans le rapport du Bronze, rapport anq11 nous avons quelque peu collaboré; aussi ne nous y arrêtons nous que pour la signaler en passant. Disons cependant <Itf6 M. Beurdeley tient haut et ferme la vieille renommée des beallX meubles français et que son exposition déliait toute critifiu
- La maison Schmit et Piollet expose un lit en chêne scalp*-un peu lourd, peut-être ?
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- Dans une exposition collective dont pas mal de choses Paient guère de valeur, nous avons remarqué une terre Cude signée Graillon et représentant des enfants dans les ’ Ça n’était pas laid, il faut le reconnaître, mais c’est du
- blés
- bons
- verb
- An
- C0lïünerce qui ne s’élève pas au-dessus du bon ordinaire.
- Saluons en passant les tapisseries de la maison Braquenié Je°rs concours). Il y avait un portrait de Rembrandt devant ^Uel s’arrêtaient tous les Hollandais. Les tapisseries de Üuplan et Ha/mot étaient fort belles également ; signa-5 sPécialement une reproduction de tableau représentant scène mythologique, et des chaises et fauteuils à pro-^Gs> imitations de Teniers.
- °lci encore une chambre à coucher de la maison Merlini; ^ trcs beau salon de la maison Damon et Ce; des étoiles Ameublement de la maison Dimiet; les produits de la Com-^ îe du Linoléum, et tout à côté les tapisseries de ballet de Neuillv-sur-Seine.
- ^ °Us voici dans la galerie consacrée aux vêtements et s ess°ires. Voilà d’abord l’exposition collective de la chambre de la confection et de la couture, qui nous montre ^sieurs toilettes plus fraîches les unes que les autres ; puis B* ?eu Plus loin les fourrures de M. Gréber qui donnent
- J? n
- o aller faire une excursion au pôle nord ; dans le même Ur(!re i . .1
- qtjo ’ a V1lrine de la maison Révillon. Vient ensuite l’expo-(bes magasins du Printemps, où une toilette de théâtre, F(3llSs^e’ donnait envie à toutes les visiteuses de ^ ei sur les planches pour se parer de ce costume.
- C’e^ais °llles dames n’avaient pas assez d’yeux pour admirer. f}^^^evanl la vitrine de M,ue L. Alexandre. Quelles magni-^éli ' r°^es (b-e hal î les riches manteaux de cour! voyez la cobe dont la traîne est eu bleu pâle, la jupe en iAim dnC’ ,0ute garnie de dentelles : et cette autre à plumes Voq/ chlouissement !...
- 1^ ^ . contenant de la lingerie pour enfants exposée par ^Aiso S°U ^eus^‘r(‘ ef' ^auHn, des couronnes artistiques de la a Hubert Heurte aux ; des impressions de la maison
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- Legrand, et aussi (les imitations de broderie d’or de la ? maison; les chaussures brodées de. Pinet, et les chapeau*^ la maison Pinaud et Amour.
- Toute la mode et l’élégance parisienne réunies dans coques mètres carrés !
- Pénétrons à présent dans la galerie consacrée à la soierie' L’œil est ébloui à la vue de toutes ces richesses, et s’il no115 fallait donner la nomenclature de tous les exposants de ceU0 grande industrie, nous serions obligés de dépasser mesure les dimensions que nous nous sommes fixée8 ce chapitre.
- Citons en passant, et au courant de la plume : les 80^r^e des Petits-fils de J. Bonnet, celles, de Jaubevt Audra.s et ’ celles de la maison Bernard et Ferrand; de Million $etAie et CA ; de la maison Champagne ; les tentures de la m'aîsC)1 Courquble et Curette; et enfin, au milieu de ces rie^" étoffes, tout au fond de la galerie,'près de là porte de soi1 très mal entourés, des meubles d’art, admirablement seulp^ par AI. Mia.no.
- • h < noüs
- Quand nous étudierons les écoles professionnelles, • ^
- consacrerons aux splendides meubles de Ml. MiatlO»
- article spécial, Mo vis estimons, en elVet,- que l’K.taf oll^
- Ville de Paris, devraient se rendre acquéreurs de mcU
- mUsri’
- pis
- d’une semblable valeur, soit pour les placer dans un soit pour qu’ils servent de modèles à nos jeunes ébénistes et sculpteurs.
- Kevenons à la galerie centrale :
- apprel1
- dc£
- Sur la gauche, nous trouvons les produits élincelanl^ ja cristalleries de Pantin ot de Cljchy, les porcelaines maison Bedon, les figurines eq biscuit de la qiaisou u t ,
- . , l’nl’l,
- les émaux de la maison Paul Soyer, les faïences la maison Clément Massier. Franchissant nue autre »al nous voilà dans la carrosserie, oq brillent au pfeuue1 les Muhlhacher, les Binder et les Millions-Ci nie t-
- Knlin, voici les pianos Pleyel et Wolf, les jnsti uui011 musique en cuivre de Besson et de (iautroC etc-? elp’
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- Mais nous devons nous hâter. En revenant vers la galerie Ce*ffrale, à la hauteur du Pavillon de la Commission, nous Pouvons les coffres-forts de Haffner; un blason en fer ^poussé de Ferdinand Marron, de Rouen ; un artiste, entre Parenthèses. Nous revoilà dans les bronzes, en pleine con-naissance; saluons vite l’exposition de la maison Colin et lïlMinons-nous devant l’exposition très artistique et très Russie de la maison Houdebine. Quittons nos compatriotes , Malgré le plaisir que nous éprouvons à nous promener au milieu des merveilles qu’ils offrent à notre admiration.
- Ln quittant la France, nous laissons à gauche les Etats-à droite le Japon, qui a une exposition splendide, bien étudiée dans le Rapport des bronziers,
- Mrrr ! comme il fait froid! Nous sommes en Allemagne! ^artout dn fer, du fer! encore du fer!
- La section allemande s’est entourée d’une muraille d’acier; e^e semble dire aux autres : Bougez pas, ou sinon ! Nous ne Sav°ns vraiment pas quel plaisir les Allemands peuvent Pendre à vouloir jouer comme cela au croquemitaine avec autres peuples ?
- les
- di
- Mai
- Js arrêtons-nous, ce n’est ni le lieu ni le moment de Scuter de semblables choses. Voyons ce que nous montrent Iïlessieurs nos anciens vainqueurs.
- ^ ans 8‘aleiae contrale allemande, des pianos de la maison Whner, dn Leipzig. Puis...,, du fer : Knw/t «l’Essen, à
- Cm A T
- L*- Poensf/en, de Dusseldorf, un grand fabricant de ^aux de plomb. Des coffres-forts de Karl K astuce, de eipzig | dns feri ements de Lauchammer; des articles de ^ u,ellerio de Fried. Herder Solint/en, la panoplie d'aiguilles Pelle, d’Aix-La-Chapelle, etc., etc. Mais, comme on Us ^parlera de l'Allemagne dans le Rapport des délégués, les S a^ons’ S1 vous le voulez bien, lecteur, quitter ce pays cl §aleries du palais, pour aller prendre l'air et nous ré-f,aiIller au soleil. Cet amoncellement de ferraille n’a rien de Hissant à voir, et l’exposition allemande est tout le con-
- ^9-ipn rp I
- O une chose gaie !
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- Il reste bien encore quelques expositions à voir, mais leS délégués vous y conduiront certainement, comme à la galer10 des machines, où nos amis de la mécanique vous explique" ront par le menu les organes que la vapeur fait mouvoir Nous n’ayons voulu, personnellement, que vous donner un coup d’œil d’ensemble, vous permettant de suivre plus facil0' ment les explications et les jugements portés par les membreS de la Délégation.
- Nous allons maintenant faire un tour dans les jardins. nous y rendant par la porte qui se trouve à l’extrémite u l’Allemagne, nous avons en face de nous l’exposition à'h°} ticulture; à gauche un kiosque où l’on boit du vin du.--*' Rhin, mousseux, et qui n’a rien de commun avec noù’e
- champagne. On vendait aussi du cidre de........Franchi*
- Nous ne vous dirons pas s’il était bon ou mauvais, n’y ayaI^ pas goûté ! Derrière ce kiosque, le restaurant du lion 'ïn(ïï'diè et quelques cafés, une laiterie et la grande galerie des ma chines qui nous ramène à l’entrée principale. Entre la galelie des machines et le bâtiment central, à la hauteur de l’Autù che, se trouve le pavillon de la ville de Paris, auquel 11 chapitre spécial est consacré dans le deuxième volume. N°lj^ arrivons à l’exposition des colonies néerlandaises, dont description figure également dans le deuxième volume
- aie»
- de
- Oagnant la partie du jardin à droite de l’entrée princip nous apercevons fonctionner la grande grue des ateliers ^ P Atlas, d'Amsterdam, que les délégués de Lille vous
- sin”
- queront en détail. Voici le pavillon du Téléphone, le paVl
- du roi Guillaume III, moins beau que celui de la Formulé
- française, et surtout de moins bon goût, le pavillon
- . . .1 f i/c"1'
- Presse, la Taillerie des Diamants, la maisonnette ne
- foi*
- liais, le Pavillon de la Tunisie, le Hâte au chinois, ou ^ buvait du thé; puis enlin des concerts, des brasseries mandes en quantité, où les visiteurs étaient libres prendre de l’intelligence... à rebours, en ingui»lta111 pâteuse et lourde boisson d'outre-Rhin J ull
- Et maintenant que nous avons essayé de vous donne1
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- %er aperçu de ce qu’a été l’Imposition d'Amsterdam, nous cédons la place aux membres de la Délégation nationale ouvrière de France, qui vont, eux, apprécier les produits
- p*posés!
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- RÉCOMPENSES
- Le jury de l’Exposition d’Amsterdam a décerné, eu Jité, 5,223 récompenses, qui se décomposent comme suit •
- La FRANCE, qui était représentée à l’Exposition par 1,587 envoie1 reçu 1,203 récompenses.
- L’ALLEMAGNE, qui était représentée par 1,232 envois, a eu 004 U compenses.
- La HOLLANDE, qui était représentée par 1,231 envois, a eu 842 recoi'1 penses.
- La RELGIQEE, qui était représentée par 1,100 envois, a eu 900 réco*11 penses.
- L'ANGLETERRE, qui était représentée par 315 envois, a eu 195 i,(^cül penses.
- L’ALGERIE, qui était représentée par 225 envois, a eu 192 i’^c0 penses.
- ... . .t cil
- L’AI'TRICIIK-IIONGRIE, qui était représentée par 190 envoie,
- 170 récompenses.
- L'ITALIE, qui était représentée par 81 envois, a eu 70 réconipeusCS’
- La FRANCE et l’ALGÉRIE uni donc obtenu plus du <]uii des récompenses.
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- METALLURGIE
- RAPPORT UE M. L. SIMON
- ^légttë de la chambre syndicale 'des ouvriers serruriers en bâtiment de la ville d’Amiens (Somme).
- SERRURERIE
- fta
- Pport très bref, Ce que nous regrettons.
- *Wlquk. _ Le délégué des ouvriers serruriers de la ville ^ïhiens signale en premier lieu, dans la section belge, la
- ^s°n Viroux-Michote-de-Ciney pour son exposition d’une e en fer forgé se composant d’une porte-cochère, portes
- Vt
- is> d’un très beau dessin et de fort bon goût. Cepen-trouve que l’exécution du travail laisse à désirer
- *0 t'orç a biaise
- rs Petites grilles assez ordinaires.
- ^ 0rge et comme fini dans l’ajustement.
- Sj a ^bison Dekeyser, Scharbeck-lès-Bruxelles, expose plti-
- h
- e1( serrurerie d’art, il mentionne la rampe d’escalier
- M’pr 8'iU‘nie c^e feuillage en tôle, qui a fait obtenir
- ^Position de 1878, à Paris, une médaille d'or au fabri-,av;.^Ua garniture qui a valu cette récompense, car le 1 de forge est très ordinaire, dit le rapporteur.
- Al
- Une L1îûIAg!VK- — (< Bans la section allemande, à signaler ,rr/^e, q^n nomme chez nous jardin d’hiver. Cette c°hi ^ une élégance hors ligne et ne laisse rien à désirer Cq^6 c°nstructioii légère. Je critique seulement les rac-tniiieiides fermes du haut qui, s’ils étaient faits juste au ^ . ’ ^°bneraient encore plus de solidité et rendraient le 1 ldus propre ».
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- Hollandk. — Le délégué a remarqué dans l’Exposition^6 la Hollande, des « bâches » hollandaises, qu’il décrit ainsl ’ « c’est un rocher avec dentures carrées placées sur les tn verses d’écartement avec clanche coudée, ce qui permet ^ le lever à la hauteur nécessaire sans gêner l’ouvrier appe^e à l’intérieur. Les fermetures des châssis sont bien corïl prises. »
- Franck. — C’est avec beaucoup de plaisir que M. L. Si#10^ a rendu visite à l’exposition de la ville de Paris, où étaie exposés les travaux exécutés par les élèves des écoles Pr° fessionnelles. Il a remarqué des outils de forge faits par ^ enfants de treize à dix-sept ans, et fort bien réussis, ainsi Q divers travaux d’ajustage. L’ensemble des travaux oe ^ art, dit-il, nous promet, pour l’avenir de bons contre-ma^ ayant la pratique du travail jointe à la théorie.
- « Tous les Français qui ont visité l’Exposition terdam ont dû en revenir fiers, car notre pays est rep1 *senté dans tous les groupes avec honneur et gloire (sic) ^ En terminant, le rapporteur se plaint de la difficulté <JU ^ éprouvée tous les délégués pour se procurer les informa dont ils avaient besoin. Ils ont ainsi perdu beaucoup temps en démarches, souvent inutiles, malheureusement-
- IMPPOKT DK M. UKNK1 (iOUBLK
- Contre maître chez MM. Maqueunehem et Imbert, à Kscarbolin
- „ïime
- serrurerie
- Ce sont plutôt des considérations générales sur l’art de ^ serrurerie et la situation qui lui est faite actuellement ^ h rance, qu’un rapport proprement dit sur les objets exp°s<^ qu’a envoyé ce délégué. Ces réflexions générales étant notre point de vue fort intéressantes et 1res courtes, n^1 les avons données textuellement :
- .< La serrurerie «le Picardie, proprement dite, ne yef * comparer avec la serrurerie anglaise, allemande, etc. 1"
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- §leterre fabrique et emploie des serrures qui sont propres à S°n pays et qui ne se fabriquent pas en France.
- <( Pour les articles d’exportation, c’est-à-dire pour l’Amé-ri(pie, l’Angleterre livre des produits similaires aux produits ançais, mais la concurrence est moins grande qu’avec Allemagne.
- (< L’Allemagne, la Belgique, la Hollande et la Suisse 6îïlPloient un genre spécial qui, il y a une dizaine d’années Se ^briquait beaucoup en Picardie. Depuis trois ou quatre ailS5 les Allemands ont monté des usines qui leur permettent Maintenant de fabriquer eux-mêmes, non-seulement la ser-jUlerle dont ils ont besoin, mais encore d’en exporter dans s autres pays. La Picardie ne peut plus désormais lutter ^°Ur ces articles, à cause des prix minimes auxquels l’Allège livre ses produits !
- ' Ainsi pour la serrurerie de meuble, l’Allemagne livre
- Maint,
- aiein
- unant, rendu franco de port et de douane en France,
- Ue
- eur marché que les fabricants français. Les Allemands
- le^Se contentent pas de faire les articles qui sont spéciaux à
- j. consommation, ils copient les modèles français et les
- ^lent meilleur marché à l’Amérique; et ils les copient
- sep116 ^0n s* exacte qu’il y aurait tout lieu de croire que les
- c Ures sont de source picarde. Ce bon marché vient de
- p fes matières premières sont moins chères qu’en rarice.
- sar différence qui existe : Sur les fers, 20 à 30 0/0;
- 1e ^m’hon, 40 0/0, et sur la main-d’œuvre, 10 à 20 0/0.
- Claind^e ^ev*en^ donc de plus en plus diflicile, et il est à
- 4U re> même à redouter, étant donnés les moyens de pro-
- 4 p 011 ^es Allemands, que d’ici peu d’années la serrurerie
- (w |Cardie soit restreinte à l’article de luxe, que seuls nos . #
- ^ par aptitude spéciale, peuvent fabriquer. »
- e rapp0Iq se termine ici.
- Al LDiif
- ajout re§rctter que le délégué n’ait pas cru devoir y (la*ïi |er^es flexions que sa visite à l’Exposition d’Amster-Ul a certainement suggérées. Mais, comme il faisait par-
- 17
- 0 t
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- tie de la délégation du département de la Somme, il a sabs doute pensé que ses collègues y suppléeraient et il leur ahra laissé le soin de rendre compte des produits exposés.
- Dans tous les cas, les renseignements qu’il donne, s°nt fort précieux, donnent à réfléchir, et on fera bien d’en te*111 compte. C’est notre espoir, et c’est pourquoi nous avo^5 publié son travail in extenso.
- RAPPORT DE M. A. LEBAïLLY
- Délégué de la chambre syndicale des ouvriers serruriers en baliiae1^ de la ville d’Amiens (Somme).
- SERRURERIE I» ART
- Notre mission, dit en commençant ce délégué, consis
- tait
- dans l’examen des produits de la serrurerie et dans
- leu1’
- comparaison avec les produits français. Mais, à son graI1^ Regret, le délégué a constaté que la section française était peu près nulle ; la Belgique n’avait que deux exposants l’Angleterre un!
- C’est par la section belge qu’il commence :
- Belgique. — M. Viroux-Michotte a exposé une §>iaïl porte gothique, avec imposte lixe et couronnement eIÏ forgé. L’ensemble de cette porte sort du genre habitué la serrurerie belge qui, autrefois, se faisait remarquer par lourdeur. Le dessin est très léger, toutes les lignes un ensemble parfait du plus bel effet, vu à distance, lorsqu’on examine cette porto de près, on constate <lu constructeur n’a pas apporté dans la fabrication ^ soins nécessaires pour produire un travail solide rable. — Les congés ne sont pas assez forts polir 111 j tenir l’équerre dans les assemblages. C’c'st là un 0 défaut.
- Pour qu’une porte soit solide, il no suffit pas de coHcl morceaux de fer les uns contre les autres, il faut aV°u
- mh1
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- les assembler et de les relier entre eux de manière à ne forcer qu’un tout indissoluble.
- Dekeyser, à Scharbeck-près-Bruxelles, a aussi exposé Ulle grande porte et quelques grilles courantes en fer rond, ^mi-rond et forg'é.
- La construction de ces divers objets est supérieure à la ^rication de la maison Viroux-Michotte, sauf une grille en r detni-rond plein, dont l’exécution est médiocre.
- Les prix du tarif de la maison Dekeyser, comparés aux de la fabrication française, sont plus élevés, ce qui 11 est pas compréhensible, puisque la main-d’œuvre et la ^tière première sont moins chères en Belgique qu’en
- ^r&nce.
- Le délégué ajoute avec orgueil : « Tous ces produits ne jouiraient supporter la concurrence des produits similaires ai)çais, dont l’élégance, la solidité et le bon marché n’ont été égalés dans l’Exposition d’Amsterdam ! »
- Angleterre. — MlVl. Foster et Pearson, de Beeslon, Not-j §ham, orq CXp0S£ (ies serres en bois, dont les délégués de Serrurerie du département de la Somme n’ont pu constater lUe la lourdeur et le peu de durée. En voyant ces construc-> on aurait nu se croire reporté à cinquante ans en
- arriè . 1 1 1
- cie- Ee prix de ces serres est plus élevé que celles de furies dimensions, en fer, faites en France.
- r tï '
- 1 resuirié, ce délégué n’a pu que regretter l’absence des j^oduiis de nos principales maisons françaises de construc-de serrurerie d’art.
- ca °U*eS ^0S ^compenses auraient été remportées par elles, j ^°Ut °e flu* exPoso dans cette partie ne pouvait
- ^ or avec les produits français au point de vue de la solidité, 1 élégance et du bon marché.
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- de
- la
- RAPPORT DE M. AUGUSTIN DEBRAY Délégué des ouvriers mécaniciens de la ville du Mans (Sartlie).
- MÉCANIQUE
- L’importance de chaque pays exposant est assez bien repi’e" sentée par la surface du terrain qu’il occupe, dit en entrai en matière le délégué manceau, et, ajoute-t-il, on voit tout d’abord que la France occupe la plus grande place.
- L’exposition de la section mécanique hollandaise présent peu d’intérêt : les produits exposés sont peu nombreux.
- La France présente de beaux appareils pour raffineries sucre ; des machines à vapeur très soignées. Les tuyaux 011 fonte de fer venant de la Sarthe, et les collections de fers 00 barre, venant d’autres départements, sont parfaites. H J a aussi de très beaux appareils de ventilation.
- Comme ordre d’importance, la Belgique vient après France. Elle expose beaucoup de machines à vapeur et de5 moteurs à gaz, des appareils de raffinerie; mais ce qui lingue la Belgique, c’est son admirable serrurerie d’art, <lul dépasse de beaucoup celle de nos pays.
- L’Allemagne arrive ensuite avec ses machines à vap0lll? principalement celles construites pour la marine. Ellemoub*" encore des locomotives, des wagons de luxe, des fontes du1 cies pour cylindre de laminoirs, des pièces de forge p°ul machines marine et matériel roulant, enfin des machineS pour minoteries, le tout très soigné. ^
- L’Angleterre expose, comme toujours, beaucoup machines agricoles, des locomobiles, des métiers à tisseï, un bel outillage pour fabrication de machines et ferronu01,16’ enfin des locomotives et des wagons. ^
- Dans les expositions industrielles, dit le rapporteur? grande affaire étant celle des moyens de production, au d0tl point de vue des produils comme qualité et comme fi01’ J porté mon attention sur l’outillage et les systèmes d’ass0*1^ blage ; sous ce rapport, la France ne me paraît pas
- premier rang; l’Angleterre, et ensuite l’Allemagne, me p
- aralb'
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- Sent plus avancées ; leurs outils sont mieux compris, ils sont
- ^Us solides et presque tous disposés pour éviter autant que
- ^°ssible toute perte de temps. Ainsi les burins de tour n’ont
- Jamais besoin d’ être reforgés, la partie coupante se compose
- Une petite baguette d’acier trempé, qu’il suffit de placer
- ^ns un faux outü pour qu’ils soient prêts à servir (1).
- ^°ici la conclusion du rapport de M. Debray (nous avons
- aütant dire cité son rapport in extenso) :
- ^ Ln général, on remarque à l’Exposition que la tendance
- s constructeurs est de moins en moins morceler les
- Machines. Ils fondent maintenant, d’un seul morceau, tout
- fioi est susceptible de l’être.
- système présente le double avantage d’obtenir des
- ^achines plus solides avec moins de dépense de main-
- (£uvre et d’entretien. L’Angleterre paraît avancer plus vite
- ^Ue n°us dans cette voie.
- F
- 11 résumé, dans toute la partie mécanique, on ne remar-aucune nouvelle invention d’une réelle importance.
- Le délégué a remarqué avec satisfaction les objets fabri-par les élèves de l’Ecole supérieure de Douai.
- «APPORT DK M. BLIN
- Délé
- "l(-£ué des ouvriers serruriers de la ville du Mans (Sartlie).
- SKIUUFUKHIF.
- Rapport des plus sommaires.
- ^aiu
- U
- ^aus 1 exposition française, ce rapporteur signale la jolie scie de lu maison de M. Vaillant, 181, rue Saint-a Paris; et les nouveaux coffres-forts sans clefs, de
- nei\ le fabricant du passage Joullroy, Paris.
- 6St l°in d’ctr
- délégué fait allusion, ici, au porte-outils Smith et f.oventrv, <I»| e aussi facile et aussi utile qu’il veut bien le dire. elV 3® to«t autrement dans d’autres rapports. Du reste, de tous les deit-de ]a métallurgie, celui du Mans, seul, a cette opinion au sujet de a 11 Ce' (êTo£e des Rapporteurs ifénérau-r.)
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- Belgique. — Dans la section belge, il mentionne la per'’ * fection des produits exposés.
- On remarque surtout, dit-il, une rampe d’escalier dans les barreaux de laquelle grimpent des sarments de vig116 entrelacés de rosiers. « L’illusion est si grande qu’on volontiers cueillir fruits et fleurs. » La Belgique expose aussi de nombreux lustres, des girandoles, des vases fleurs, des garnitures de cheminée, le tout en fer forgé, sans ajustage. Tous ces produits sont admirablement réussis, et comme goût et comme facture. L’exposition belge tient la tête dans cette partie et est assurément, au dire du délég116 des serruriers de la ville du Mans, la puissance la mieU* représentée comme travail de serrurerie.
- Allemagne. — L’Allemagne a exposé beaucoup de coffreS" forts, d’une assez belle construction et d’une grande solidité-Ils sont bien compris au point de vue de l’incombustibihie • ils se composent de deux grandes caisses indépendant^ l’une de l’autre. Les fermetures n’ont rien de remarquable» de ce côté rien de nouveau à signaler.
- Cette puissance expose également des girandoles et quaü tité de petits objets en fer forgé, bien soignés, mais n’app10 chant pas, même de loin, de la valeur des produits belges même genre.
- fer
- Italie. — L’Italie a exposé de belles appliques en forgé d’un seul morceau.
- i 0se
- Angletknnk.— Comme serrurerie, l’Angleterre nexp ^ que quelques collres-forts, qui n’ont rien de particulièretne remarquables. Son exposition est plus considérable en ^ chines-outils hors de la compétence du rapporteur ; son c lègue de la mécanique en donnera la description.
- L’exposition des autres puissances est sans importa*10® Cependant, à signaler à l'actif de Ja Hollande, mais en deh0*^ de l’exposition, la grille d’entrée du parc d’Amsterdam, ^ très joli travail avec de belles guirlandes de fleurs en martelé.
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- Revenant à la serrurerie française, le rapporteur dit en
- terïïiinant :
- (< Dans la fabrication de la serrure d’art, la France ne me Paraît pas tenir le premier rang. Cela tient à ce que depuis uri§'temps déjà on néglige chez nous ce genre de travail, P°Ur ne s’occuper que de travaux courants. En outre, ce qui Clnte l’ouvrier étranger, c’est qu’il est en même temps °Uvrier tôlier, avantage sérieux pour l’exécution de certains
- tl>avaux. »
- Dnftn, le délégué des serruriers du Mans a remarqué avec sabisfaction les produits exposés par les élèves de c°le supérieure de la ville de Douai.
- RAPPORT DE M. PÏANTEROSE Délégué de la chambre syndicale des mécaniciens de Rouen (Seine-Inférieure).
- MÉCANIQUE
- ca]^U de son travail, le délégué de la chambre syndi-
- ^ 6 des mécaniciens de Rouen dit : « qu’il ne traitera que des °ses ayant trait à la mécanique, et spécialement celles qui sujettes à un développement plus ou moins considé-
- négligera les produits anciens ou nouveaux qui ne
- sont
- table; ;ï
- Sont n
- . Pas au niveau du progrès, ou ne les citera que comme jDt de comparaison ».
- ar la quantité de produits exposés, la France et la Bel-jj^e sont à peu près égales; l’Allemagne vient ensuite, la L’a 1 Angleterre occupent un espace plus restreint.
- Aîné
- On
- rique s’est abstenue.
- %n eSt ^0Iln^ en vissant la galerie française de ne voir i 1 RUo °inq ou six grandes usines françaises; les régions
- de l’Est.
- du Midi, de l’Ouest et du Centre font défaut, sauf
- ^aes exposants isolés. Le Nord seul et Paris sont con-
- <lue]
- ableiïient représentés. Le Creusol, Terrcnoire et tant a antroc! . .
- s» qui avaient été si admirés à Paris en 1878, cèdent
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- le pas à Amsterdam, à Essen et aux sociétés belges. Le$ constructeurs de Rouen, dont la réputation fut si laborieuse' ment acquise, se laissent oublier en présence des construo' teurs belges. N’y avait-il donc rien à faire? dit le délégu0 rouennais, et il conclut qu’il y a là un oubli regrettable.
- 11 est impossible que la Hollande, pays essentielleiueI1^ maritime et colonial, puisse se suffire à elle-même pour ^ construction des machines que réclament ses chemins de fef et ses travaux hydrauliques ; la Belgique l’a parfaiteiueI compris; aussi, quelle émulation parmi ses constructeur dont tous les produits répondent aux besoins de la conü’ee'
- Quoique peu éloignée de nous, les frais de transport d1111 matériel considérable et encombrant, joints aux frais
- de
- êter
- séjour, d’entretien et de représentation, ont bien pu arr nos constructeurs dans leur désir de se faire représente1, a Amsterdam ; peut-être les Allemands et les Belges les
- TèS
- sur
- ils un peu, car ils ont fait ces dernières années des prog incontestables. Les Belges surtout, qui viennent lutter notre marché et remportent souvent l’avantage.
- La main-d’œuvre étant moins chère, ils peuvent don livrer a meilleur marché. Un moyen de combattre nous reste c’est de s’outiller pour lutter par la supériorité, par l’ihveïl tion : en mécanique le dernier mot n’est jamais dit. If se bien persuader que dans cent ans nos chefs-d’œuvre da^ jourd’hui ne seront plus que de modestes engins dignes figurer dans un musée rétrospectif.
- Il faut aujourd’hui, aller chercher la commande et n°
- ./est on
- au]
- iour'
- i va
- attendre que la commande vienne vous trouver : e tort de trop compter sur une réputation acquise; d’hui, nous sommes les premiers; mais demain? I°|l“ vite maintenant, aussi bien la décadence commerciale q11 al chose.
- ... Une exposition est un moyen de réclame, de P1 gande; comment se fait-il, alors, qu’après avoir fait des ^ d’installation considérables, on néglige de faire une ^Ve' relativement minime? Pourquoi ne pas fai?*e imprmfiei
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- Prospectus, des notices en différentes langues? Les Russes Suédois, qui ont visité l’Exposition néerlandaise, n’ont Hre, dans les galeries des machines, une seule ligne de texte qui leur fut adressée. A. l’exposition de Paris, 1878, Ul1 constructeur d’appareils de sûreté avait des prospectus 011 six langues différentes : aujourd’hui, il exporte dans toute ^ Europe et au delà !
- Iji',
- %>rès ces considérations générales , le délégué de Rouen c°ttinience sa visite des machines par la France.
- France. — Fives-Lille a une installation complète de défri-eurs de cannes à sucres, broyeurs, appareils à triple effet, l)0ïUpes, turbines et machines à vapeur d'un bel aspect et Utl travail soigné. La même maison expose encore : une c^Rudière tubulaire, un appareil à tuber, à galets cônes, et ün appareil à couper les tubes sur place, muni d’un couteau ^°ür lu cuivre et d’une roulette à angle aigu pour le fer. Le système est connu, mais perfectionné et rendu très commode MM. Royer et Lavalette.
- ^ E ancienne maison Lecointe et Villette, aujourd’hui deté anonyme de Saint-Quentin, expose des machines ^°Ur sucreries ; un appareil à cuire en grains dans le vide, Vec serpentins en cuivre pour vaporiser. A l’aide d’une 16 de valves disposées autour de l’appareil on peut, à ^e, employer pour la cuisson la vapeur directe ou Ja gQFUr d’échappement des machines. Ces divers appareils ^ Vendus poui les Antilles anglaises.
- ^ Cle!d des Hauts-Fourneaux de Denain et Anzin. — Très échantillons de tôles de fer et d’acier emboutis dans a rnieS ^es P^us capricieuses. Des tubes d’acier et, entre Fruits, une feuille d’acier laminé de 2 mètres de àfflff ^ ^ ceotimètres de large et ayant un vingtième de ^ ruetre d’épaisseur, juste le double d’une feuille de papier (pp re^es • c’est un vrai tour de force qui n’a pu s’obtenir pVec Un outillage des plus perfectionnés. anc°r^es de la Providence (Haumont). — Bien outillées
- ^USsi. |T11 v
- ues exposent une poutre de fer en I de 20 mètres de
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- 266
- long- sur 0m 50 de haut ; des roues de wagons pleines étafl1' pées au pilon, des tôles de grandes dimensions.
- Société anonyme des anciens Etablissements Cail (Paris)-— Appareils et machines pour sucreries, avec cette dilférence sur les autres que les bâtis des défribreurs, au lieu d’être er fonte et massifs, sont en tôle et relativement légers.
- [Iermann-Lachapelle (Paris). — Présente une série
- de
- ad
- machines à vapeur et de chaudières. Tout le monde conna ses locomobiles, qui rendent de si grands services à Y&Çfi1 culture et dans les chantiers de construction. Les machioeS verticales de 1 à 30 chevaux, de cette maison, sont a bâti isolateur, encadrant une chaudière à bouilleurs croiseS> d’une bonne disposition, faciles d’entretien et surtout tenait très peu de place. Cette maison fait de grands efforts p°ur propager ses produits.
- Leblanc et Ce (Paris). — Expose une machine a frapper (système Vincent) pour forger des boulons ; une machme forger les écrous et plusieurs autres machines d’inte ^ secondaire. Le délégué rouennais s’étend sur les mérites les désavantages des machines à forger les boulons et écrous, qui ne se font plus à la main aujourd’hui. Nousfetl
- cia11’’
- isoo
- c-uideS
- voyons les intéressés à son texte, très explicatif et très mais que nous ne pouvons citer en entier. — La m9 Leblanc était la seule qui avait exposé des machines de
- genre • ur
- M. llurtu (Paris). — Présente, outre un nouveau petd ^ de précision qui n’a rien d’extraordinaire, deux mac fraiser, une verticale et une horizontale avec chariots, g gradués et arrêts de précision ; ce sont d’excellentes ma très à main, bien faites, et faciles à guider.
- AI. Arbey (Paris). — Expose une très jolie série chines à découper le bois.
- La maison Decauville a tout un matériel de chemin ^ fer à voie étroite pour les usages les plus divers, ^ePU 0g transport des voyageurs jusqu’au chariage des pluS ^ arbres sur les courbes les plus prononcées. Perfection?
- de
- de
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- l’été
- et solidité, telle est la caractérisque de cette maison.
- Marinoni. — Il est difficile, en constatant le rendement es machines Marinoni, de ne pas croire que ce soit là le rnier mot de l’imprimerie à grande vitesse.
- Belgique, — La Belgique est le pays le plus représenté rapport à son peu d’étendue ; aussi les Belges parlent-ils ^ec fierté de leur exposition qu’ils proclament la première (i).
- Société Anonyme des ateliers du Brabant. — Expose une s jolie machine à vapeur de 25 chevaux, à détente fiable par le régulateur (.système Ilertay). La même So~ Clété, outre plusieurs autres machines, expose la photogra-^ le d’une pompe centrifuge construite pour le polder royal 6 ^Waluwe, Elle a construit pour le polder de Gharleroi j^e pompe à pistons élevant 2,280 mètres cubes d’eau par 6ure, à 5 mètres d’élévation. Le meilleur moyen de faire PPrécier une machine, c’est de la faire marcher. Ainsi font ^ c°nstructeurs sûrs des qualités de leurs produits et qui craignent pas un surcroît de dépenses.
- 1^ ^e^nc^x (Bruxelles). — Une machine à vapeur de chevaux, qui fournit la force motrice à une partie de la rie des machines. Le cylindre est du système Corliss, le ^ cnseur est actionné directement par un prolongement SQ^a du piston ; les communications avec le cylindre ^ sous le plancher, et la détente variable par le régula-irif •’ ingénieuse, assure à la machine une régularité fle 1 .1^8’ machine était très remarquée, et n'a pas eu ^Pcine à trouver acquéreur.
- deu Cleté C^e ^euS(î (Liège). — Expose une machine pour lie lïlou^Ils h cannes à sucre et des appareils pour sucre-} c°nsfruits pour .lava.
- ^ j j ^
- plus aiséaUra*en^ f)u aîüuter ttu’ei1 qualité de voisins il leur avait été hrtu (Jes lïlüdis coûteux de venir à Amsterdam. Mais la principale hs g ^ S ^e%es est la hâblerie, savez-vous? et ce n'est pas à tort qu’on noi»més les gascons du Nord.
- (Note des Rapporteurs qôntrancr.)
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- Forges de la Providence (Marchicnnes-au-Pont). — ^ des fers de bâtiment de toutes sortes; entre autres dellX poutres de 20 mètres de long sur 0ra 50 de haut, qui donUe une idée de l’outillage de cette usine. Des fers et des rail5» fers nerveux éprouvés.
- MM. Verkairen et de Jager (Bruxelles). —Exposent1111 matériel de chemins de fer à voie étroite. Il est lourd et ae présente pas plus de garantie de solidité que le matériel cauville. (Donc inférieur à ce dernier.)
- M. Beer (Jemeppe). — Expose un régulateur à gran vitesse, muni d’un cylindre à air et d'un piston remplaÇaj^ un ressort. La vitesse se règle en découvrant un très p6 orifice à air à l’aide d’une vis disposée à cet effet. Cet appa reil est d’une simplicité relative : reste à savoir s’il fonction bien.
- Maison Cail llalot (Bruxelles). — A tout un matériel sucrerie. Une machine horizontale à détente variable par régulateur. (Système Zimmerman et Waldman.) La mad#11^ est belle, bien faite, mais beaucoup trop compliquée. Imp0, sible de l’apprécier : elle ne marchait pas. ^
- Société anonyme de Boussu. — Un matériel compl^ sucrerie, vendu cinq fois.
- .i .jg %
- Les usines de Gilly. — Exposent des marteaux à P110 vapeur d’assez mauvaise apparence.
- Société anonyme de Gouillet. — A de très jolies l°c0lïl tives pour exploitations. Ces locomotives sont excessive#16 bien faites et solidement construites. j.
- MM. de.Maeyer et Ce (Willebroeck). — Ont inSta,léJ, font fonctionner une machine à faire du papier avec ses bines.
- oï'
- ,\u.KMAr,Ni:. — lielativement à sa proximité et à son i»P tance, l’Allemagne a assez peu d’exposants; mais leurs f0' dmls sont beaux. Ils sont à redouter car ils peuvent foom,r* des conditions exceptionnelles ; la main d’œuvre est, ehe*<’ à très bon marché et ils possèdent un outillage perfection'16’
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- Les Allemands vont dans tous les pays, fréquentent beau-C°UP les expositions, s’initient au progrès, se rendent compte ^es besoins, ils imitent facilement (1), perfectionnent quel-^efois et, à un moment donné, font une terrible concur-lettce aux pays qui n’usent pas des mêmes moyens ou qui ^ sont pas suffisamment protégés par les tarifs douaniers.
- Ls exposent peu d’outillage ; il semblerait qu’ils gardent ^°Ur eux leur façon de procéder ; ils ont cependant une j^Le de machines pour découper, emboutir, plier, mouler et ^der le fer, le cuivre, le zinc, etc. Avec ces machines, on 1 avec une extrême rapidité toutes sortes de choses, tels lampisterie, ferblanterie, pièces d’ornement, etc.
- ^ Les Allemands ont des machines à vapeur généralement lfâI1 faites, entre autres la maison Schichau (Elbing) qui *pose une belle machine marine qui, dans un espace res-eint> a pu garder une disposition favorable à l’entretien j au démontage. Le graissage est automatique pour tous j °rganes et ne nécessite pas l’engagement des bras dans
- bo
- ruPP a une exposition assez considérable de ses produits,
- Machine en marche. Cette disposition est généralement P négligé surtout pour les machines marines qui mar-des semaines entières sans arrêter. La maison fait des ' ts de 20 nœuds de vitesse et des torpilleurs de 25
- ll*uds.
- Lr eatre
- {^a auL’es, un étambot de navire en fer forgé. C’est une cli ^ril%ue pièce de forge. Il a aussi des foyers intérieurs de ^udières en acier, ondulés dans le sens de la circon-6 f°yers lubulaires, laminés d’une seule pièce et ^ c°uture, résistent à la déformation par les coups de feu Uguientent la surface de cbaulfe. La même maison expose jySl matériel de guerre.
- <ous
- avons trouvé trop importante l’appréciation de
- *f,?P ^acilemeut, si facilement, (pie la plupart du temps, ce a est e 1 bintation, mais de la copie.
- (Sole des Rapporteurs (jém'rau.r.)
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- M. Planterose sur l’exposition allemande, pour ne p&s ^ publier presque in extenso. IJ y a là des renseignement et des avis utiles à méditer.
- Angleterre. — Bien peu de nouveautés dans l’exposih011 anglaise. Petites machines à vapeur pour gouvernails. Pe^s pilons à vapeur fonctionnant bien et dont le mouvement facile. Ils peuvent être d’une grande utilité dans les petite forges. Métiers à tisser la toile de coton, n’ayant rien nouveau, ainsi qu’un métier à fabriquer des boyaux pompes à incendie et qui n’est point une nouveauté.
- MM. Bow-Mac-Lachlan et C° exposent des outils <lu peuvent faire plaisir aux Anglais, mais qui seraient P routés en France.
- ° . . . '
- MM. Smith et Goventry ont des machines-outils qul
- valent guère mieux que les précédents, surtout leurs f°urS Cependant, les machines à percer et à fraiser ne sont P mauvaises.
- Il y a un constructeur qui présente des machines à (système Butler) n’exigeant de rainures ni de diamètre eX< dans les arbres; cela peut être bon, mais le manchon P^ lui-même est très ouvragé, et partant très coûteux, cherche l’avantage de remployer préférablement à un aütr^
- Les Anglais ont encore des pompes d’épuisement, des P foraleurs et plusieurs machines à vapeur.
- Hollande. — La Hollande a peu de constructions, ses r
- cipales sont à liotterdam et à Amsterdam. Sauf <lued
- . • • il letn6'
- rares exceptions, les constructeurs hollandais suivem
- ment le progrès. Chez eux les goûts sont simples, lïialS^
- abusent de la simplicité à leur détriment. L’outillage eXp
- 1 .... , cerVJ1»
- est grossier, un peu primitif; certes, on peut s en » ^
- mais bien moins avantageusement que s’il était perfcctie ^
- Ils ont des machines à vapeur assez bien faites et
- grande simplicité. à
- Un industriel exposait un matériel de chemins de
- voie étroite, locomotive et wagonnets. Ce matériel s
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- lourd et assez mal construit si on le compare à ceux qui ont été cités.
- Cependant la maison Yan Stoom et Andéré Werktuicen a exposé une série de très belles machines pour sucreries, avec ^es appareils de vaporisation à triple effet, qui ne le cèdent en rien aux produits similaires belges et français.
- A- mentionner encore dans la section hollandaise, un petit Modèle de gouvernail à hélice, c’est-à-dire une petite hélice 6ïlclavée dans le gouvernail et recevant son mouvement de Rotation de l’arbre de couche par un mouvement brisé. Cette ^position doit beaucoup seconder l'effet du gouvernail, si n’a pas encore été mise en pratique, elle est dans tous Cas très ingénieuse dans sa simplicité.
- délégué de la chambre syndicale des mécaniciens de °Ueri termine ainsi son très remarquable rapport*:
- ^ (< Je termine en disant que les exposants français ont fait 6^uables efforts; s’ils étaient trop peu nombreux, ils repartaient au moins dignement une partie de la France, et s°uhaite vivement que l’abstention des autres ne ferme j^s à une des principales branches de l’industrie française débouchés dont elle a tant besoin. »
- Cu ne saurait qu’applaudir et s’associer à de si patrioti-<llles paroles !
- *
- KAPPORT UE AL. SÉHAMUN DELCOURT Mécanicien à Saint-Amand-les-Eaux (iNord).
- MECANIQUE
- Ce
- **glai
- mentionne en première ligne : Une machine e Se à balancier, sans volant, montée sur une colonne °nte d’environ 1 mètre de diamètre dans le bas et 0m70
- Ucljjg | i
- e haut du fût. Cette machine est à double condensateur
- “t
- Uiai slIïlPle- Al n’y a pas de parallèle comme aux autres, ch 8 bonnement deux colonnes à coulisse fixées sur °Un ^es cylindres qui servent à guider la tige du piston à
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- vapeur. Il en est de même pour les cylindres de condenseitf qui se trouvent placés, l’un à côté du cylindre à vapeur l’autre du côté de la manivelle. Cette machine est de ^ force de 40 chevaux-vapeur.
- Dans les autres machines exposées, le délégué n’a pas vU de grands changements dans la fabrication.
- Il y a, dit-il, une grande quantité de petites machines a gaz, variant entre 6, 7, 8, 9 et 10 chevaux-vapeur; il ifa Pü les juger, parce qu’elles ne fonctionnaient pas.
- France. — L’exposition des Forges de Denain (Nord), licitait l’attention du visiteur par la variété de ses pièces e)l fer forgé et par la qualité de ses fers. L’établissement Denain a obtenu un diplôme d’honneur.
- A mentionner aussi, l’exposition de M. Devaux, de Vieu>v Coudé (Nord), pour le fini des pièces forgées. (Médaille dm*/
- MM. Dorémeux fils et Ce, pour leurs chaînes et la boulie qualité des fers employés. (Deux médailles d’or). L’étabfisse ment de MM. Dorémeux se trouve à Saint-Amand (Nord)*
- M. Tierbot, d’Anzin, a aussi obtenu une médaille d’or p°lU sa fabrication de chaînes.
- A signaler les fers laminés des Hauts-Fourneaux de Hal1 mont (Nord), qui avaient des pièces ayant 20 mètres de l°n^ gueur sur 508 millimètres de largeur. Le même établisse#*^ exposait également un arbre rond en acier, de 7 mètres langueur sur 200 millimètres de diamètre; une tôle de mètres de longueur, 1 mètre de largeur et 8 1/2 milli*11^08 d'épaisseur. (Diplôme d’honneur.)
- Allemagne. — Dans la section allemande, il y avau 1
- des pièces de machine, réellement effrayantes! Un ar^l6^t
- double manivelle pour navire, de 3 mètres de longue111
- 0m40 de diamètre; poids : 9,000 kilogr. Un autre arbre crcU*.’
- • i • ,, n. «yad
- en acier, pour recevoir celui qui commande 1 belice,
- 6 mètres de longueur, diamètre extérieur : 70 cell,irïie
- et diamètre intérieur : 55 centimètres; poids : 0,700 K
- 1 , de
- grammes. Une ancre de 2,500 kilogr., et un rond en L
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- ^ 890 millimètres de diamètre; épaisseur : 16 millimètres.
- Raidissement Krupp, de Essen, qui exposait ces pièces, a eu u.n diplôme d’honneur.
- Le délégué de Saint-Amand-les-Eaux termine en disant ^ Ü était presque impossible de se procurer les renseignements qu’on désirait. Les notices étaient écrites dans la an8'ue des pays exposants et très peu en langue française.
- ^°ur toutes les autres pièces qu’il a visitées, les détails Paient trop longs à énumérer. Il s’en tient donc à ce qu’on vient de lire.
- RAPPORT ÜE M. DEROUET (SAMUEL) ne ja cjiamjjre syndicale de Roulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
- MÉTALLURGIE (FORGE EN VOITURES)
- Rapport des plus brefs.
- Ien que les plus grands établissements métallurgiques te ^USsenl; abstenus, on pouvait juger à l’Exposition d’Ams-^ am que les hauts-fourneaux ont fait beaucoup de pro-s dans la fabrication des fers, des aciers et des tôles. ‘lant1^6161'1'6 aiT*ve I)remldi,6 avec ses aciers ronds. Cepen-£jr ’ 0n a grand tort de se servir de ces aciers ronds sans teu t0Urn^s’ Pour arbres de transmission. C’est moins coû-9ui aU Pa^ron’ mais c’est très dangereux, et les accidents r resnltent de cetta manière d’employer les fers et aciers p S SOnt nombreux et terribles. t0üt°- les pièces détachées, la France est au-dessus de les puissances; la Belgique vient ensuite. c^io^eiïlagne a réalisé de grands progrès dans la fabri-,11 ^a carrosserie. La faute en incombe à nos fabri-aprè an^aisî ds emploient trop d’ouvriers allemands qui, ^ s ctre perfectionnés chez nous, s’en retournent en ^magne porter les secrets de notre fabrication.
- Lran^r ^ ^bi’ication des essieux, la palme appartient à la e* Les meilleurs essieux, sont les essieux en acier
- îs
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- entre deux fers corroyés; ces essieux sont d’une très grande résistance. Cette fabrication étant brevetée, nous en po&se' dons donc le monopole, mais il serait à désirer cependa^ que nous ouvrions moins facilement nos ateliers aU> ouvriers étrangers. La concurrence qu’ils font aux ouvrit français retombe plus tard, en définitive, sur les patrons voient leur clientèle passer à l’étranger.
- Le délégué de Boulogne-sur-Mer a examiné l’ou servant à l’agriculture : cet outillage varie selon les terrai^ il est plus ou moins solide, mais en somme, il n’a rien vu neuf à signaler.
- A propos de la maréchailerie, il dit que la fabrication grand des fers pour les chevaux fait grand tort aux appfeIltlh
- tillage
- de
- eu
- fer"
- un
- ient
- maréchaux. A l’avenir on pourra avoir de bons ouvriers reurs, mais on n’aura plus de forgerons sachant forger fer de cheval. Il voudrait que les patrons maréchaux soi astreints à faire forger au moins quatre fers par j°lir à leurs apprentis. Pour la fabrication des clous de fer'^ cheval, c’est la Suède qui a la supériorité dans cette part1^'
- Dans l’industrie du fer en général, suivant ce délégu ’ c’est la France qui était le mieux représentée à l’Cxposib011 universelle d’Amsterdam. La Belgique venait ensuite, en fait de nouveautés réellement remarquables, il n’y euaV nulle part.
- Il termine son rapport en félicitant les professeur écoles industrielles françaises : les travaux exposés par diverses écoles, Paris, Douai, Lille, etc., faisaient pla^ir
- s
- les*
- voir.
- Dans les travaux de forge d’une de ces écoles, il a reiuaI<l une chasse à parer dont* le fer est soudé avec une d’acier avec crans. « L’on peut souder l’acier à cn#ll ^ portée, cela soude mieux et est moins sujet à se décoller trempe. »
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- Ùélé
- RAPPORT DE M. TOBO
- S’wé de la chambre syndicale de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
- métallurgie.
- ARTICLES DE POÊLERIES EN TÔLE.
- Ln
- rendant compte des articles exposés à Amsterdam par ? industriels de sa profession, ce délégué entre dans des ms fort intéressants sur les moyens de fabrication et les Iïléli0ra^0ng qu’il a constatées dans la construction des § (^6 c^au^aSe- ^ais ces détails techniques nous feraient trop loin si nous devions les rapporter tex-po 6ïîaen^ nous renvoyons les personnes du métier qui M. T nt s’y intéresser et y trouver prolit au rapport de lio ajoutant que la minutie apportée dans les descrip-c 8 ^es divers appareils signalés donne une juste idée de la Petence du rapporteur.
- lüy
- Ae
- Ces
- Ays-Bas. — ü signale, dans les Pays-Bas, deux foyers de
- ’ rerïlarquables par leur exécution et leur bon système, de Ta^Pareds sont exposés par la maison Degen-Alphonse, maison a obtenu une médaille d’argent à la La U^10n rdcompenses.
- tiiis
- La
- Raison Gorris-Bernard, d’Amsterdam, expose une petite
- ire (!) en tôle, sans dossier, plaque en fonte avec cor-
- raPPortées sur les bords.
- p0 1X13,18011 Noppen, à Harlem, a obtenu une médaille d’or
- i'0llr^SO11 exposition. A signaler d’une faqon spéciale : un
- aU eil(^e’ do ^ mbtres de longueur sur l mètre de
- aliw, r‘ Letourneau contient deux fours pour la cuisson des nierm. i . .
- bi 5 P01des sont montées sur glissières; le travail
- (f11. Pour une partie de la construction : la divins c°urunls d’air, mais il est négligé pour le reste, 011 ures sont mal ajustées, etc., etc.
- '^Magne. — Bans la section allemande qu’il aborde
- (l) .
- Müiète est mis ici pour fourneau de cuisine.
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- immédiatement après, le rapporteur ne signale qu’une se maison, la maison Koloseus, d’Aschaffenburg, qui exp une collection de cuisinières en tôle ou en marbre maçon»
- nie
- aè
- à l’intérieur (système parisien). Les portes sont en fonte ni léable, polie, avec encadrement en fonte guillochée. To»leS ces cuisinières sont à simple courant d’air.
- Détail à noter : « Elles sont très apparentes, mais les p°r^e sont très faibles, mal montées, et l’ensemble du travail dessous de l’ordinaire. »
- Le rapporteur ne signale que deux maisons dans l’exposition française. Une de plus qu’en Allemagne!
- 1° Une maison Boucher, dans le département des
- dennes(?). Le catalogue nous donne l’adresse : E. ®oUC^l
- et Ce, à Fumay. Cette maison, qui a obtenu une méda
- d’argent, est signalée par le délégué pour son exposition
- cuisinières en fonte et tôle à étuves, g-arnitures en mc
- ° t. hrioa'
- Le système de ces appareils est très connu, mais la taD tion en est bonne ; g
- 2° La Société Choubersky, place de l’Opéra, à Paris, eXP^ des calorifères roulants. Enfermés dans des vitrines, calorifères n’ont pu être examinés par le délégué.
- Belgique. — La section belge l’a un peu plus retenu-Il s’arrête d’abord devant un foyer de luxe en cuivre P nouveau système, exposé par M. Berteils (Joseph), d’A»v — Cet industriel a obtenu une mention honorable. ^
- M. Delairesse, de Liège, a obtenu une médaille (^°r^()ir ses deux poêles dits : revolvers. Le rapporteur s’éten guement sur la fabrication de ces appareils. 11 signale le représentant de cette maison comme étant le seul de l’exposition qui ait bien voulu lui donner les renseigue qu’il demandait. Qilfô'
- M. Mouly, fabricant de poêles et fourneaux, à de
- lès-Bruxelles, expose un grand fourneau à double faQa ^ $ 8 mètres 80 centimètres de long sur 1 mètre 20 centk°
- de large et pouvant se diviser en deux pièces
- . idcntiffue
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- pareilles, par le moyen d’un joint boulonné dans le Milieu.
- Après avoir encore signalé la maison Viroux-Michotte, de 1Iley, pour ses fourneaux, poêles, cuisinières et autres ap-^reils de chauffage, le délégué de Boulogne-sur-Mer clôt rilsquement son rapport sans autres explications et sans Ollclusions sur la concurrence que l’étranger peut faire à, ^ustrie française dans sa profession. Comme nous l’avons ta'j S°n raPPor^ très succinct, s’étend surtout sur les dé-Ce s de fabrication des quelques appareils qu’il signale. A
- Point de vue seul, il est utile à lire pour les gens du ^tier.
- k,T.,
- RAPPORT DE M. HENRI LAGACHE iecanîcien au chemin de fer du Nord, Délégué de la ville de Lille
- (Nord). |
- L
- MÉTALLURGIE (MÉCANIQUE)
- • ' apport de M. Henri Lagache est, on ne saurait le e'\ m °hde
- ^ ’ UR travail bien fait à beaucoup de points de vue. Il ^hde 0n détails, les machines qui ont fixé l’attention du SOnt minutieusement décrites ; il en fait ressortir les O et les qualités avec impartialité ; il note les innova-% ?Ul BemLIent heureuses : on sent que le rapporteur
- ^ SOn m^l’er el (IU H en Possède tous les secrets. ti0ll ^Ureilsement, la méthode qu’il a adoptée pour la rédac-SOïl m^mo^re es! un Peu con^use el en rend l’analyse et a e‘ ^ a classé ses observations par numéro d’ordre c0ïktS°UVent n(%ligé de dire à quelle nation appartenait le ° eUr machine qu’il jugeait. Autant qu’il nous ^f°^le, nous avons UVché de suppléer à cette lacune; ^hàt Cata^0^uoj lui aussi, est loin d’être clair ; imprimé à C(w ’ ^ se ressent de la précipitation avec laquelle il a été S ’ ^°rce nous a été de suivre M. 11. Lagache dans
- l°%
- il a cru devoir adopter.
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- Les mécaniciens, les ingénieurs, les industriels quUl^ analyse un peu sèche, forcément, ne satisferait pas, aura avantage et plaisir à lire le rapport de M. H. Lagache; n°ük les engageons vivement à faire cette lecture.
- C’est par la section néerlandaise que le délégué de la vl de Lille a commencé sa promenade dans l’Exposition.
- N° 1, MM. Jonker et fils (Amsterdam) exposent une cbal dière cylindrique, à canal ondulé, placé de côté. Travail bien fait, nul défaut aux tôles, ni aux rivets.
- N° 2, M. Figel (a Harlem). Une machine à piloter. Le ^ teau, muni d’un piston, est double. Sa pesanteur maxii*11111 est de 1,200 kilogr.
- N° 8, M. Dikkers, exposition d’appareils à vapeur et lunetterie. <
- N° 4, M. Peringt Bœgel (Dewinter), presse à cann°s sucre. ^
- N0 5, M. Fgenoord (Rotterdam), cylindre et orifice à11 d’une rapplique de rechange fixée par des vis avec con ^ seur ; le tout est visible. Le même expose aussi pluSie ^ modèles de bâtiments à vapeur on ne peut mieux f]I1lS aussi des obus à mitraille. lo
- i\° 6, M. Prakke (Eibergen), fabrication de courroie»
- . i rf) c0a
- câbles jusqu’à l’épaisseur de 1 pouce et la largeur de
- timètres. c
- N° 7, M. Pegemann (Helmond), machine horizontal6 a
- tiroir sans pression. La pompe alimentaire est conn®9^,^
- par le câble d’excentrique. Le graissage du tiroir se fal^
- suffisamment. ^
- INTo 8, M. Van Reede et fils, une machine horizontal6 1
- • î.jj eta1
- tive. Cet exposant a refusé le diplôme d’honneur qul offert, ne voulant pas fairo connaître son système. ^
- i\° 9, MM. Kaulhausen et fils exposent des courroi0® . sistant à la force de 800 chevaux, des tubes en cuirs N° 10, M. Schichau, une machine Compound jumelle: force de oOO chevaux. Beau travail.
- dWe
- N0 11, M. llerel (Hanovre), fabrication de courroies
- dej
- iute-
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- 12, M. Westorom Van Mœterem, détente de vapeur et Sechoir fonctionnant régulièrement.
- 13, M. A. L. G. Dehne. On a beaucoup remarqué les tres-presses, les osmogènes Dehne, des armatures pour
- c°aduites d’eau et de gaz.
- j 14, M. Jul. Sœding et Ge, machines locomobiles. Le ^ isceau tubulaire est démontable, le cylindre est chauffé rectement par la vapeur de la chaudière, l’échappement 6 ^1 dans deux tubulures qui échauffent l’eau d’alimenta-°n à un haut degré.
- ^ 15, M. Didier (Stetting), terres cuites et briques réfractes.
- ^ 16, M. Gruson (Magdebourg), roues de toutes sortes et J°utes grandeurs, rails, pièces de croisements, etc., etc. as passons sous silence les n" 17, 18, 19, 20, 21, 22,
- de
- No
- 23 Pt O r i .
- 4 G le rapporteur ne faisant guère que citer les noms des
- ^Posants qui correspondent à ces numéros d’ordre de son
- ^Oioire. Nous agirons de mémo chaque fois que l’appareil
- ecrit ne présentera pas une nouveauté ou un intérêt quel-
- ,clUe dans la description. C’est le délégué qui nous sert de
- ^de, là oh h ^arrête avec complaisance nous faisons de même. N° Ov A • 1
- 40, Ateliers de construction de Boussu. Cette société r se un appareil de vaporation à triple effet ; un moteur à
- tarly r aVe° PomPc a a^r Pour service du triple effet; une
- ^ aie centrifuge; une presse continue pour pulpe, système
- jecJe^er’ ane pompe alimentaire à vapeur; une série d’in-
- , Urs> el enfin une machine à débiter la roche.
- le observation sur la bonne ou mauvaise facture.)
- avec ^ dubois, François, de Seraing (Belgique), affût
- et d C^lla^re fûles perforatrices pour le creusement des tunnels
- s &aleries de mine, marchant au moven de l’air comprimé r n •
- ^ • ^etle maison expose encore des appareils destinés
- la ^eusemeat des petites galeries et supprimant l’emploi de Il y avait aussi un affût spécialement destiné au carrières de pierres et de marbre par le
- yen de
- air comprimé et de la vapeur.
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- N° 27, M. Kiévitz (Amsterdam), chaudière tubulaire àfo,yer intérieur; les plaques tubulaires sont garanties contre la pression par des tubes servant de tirants et serrés par ^ vis, une grande plaque tubulaire coupée en deux soutier*' trois tubes de 80 millimètres de diamètre ; les bords en s0llt admirablement enlevés.
- N° 30, Société anonyme de Marcinelle et Couillet, machireS locomotives pouvant traîner environ 45 unités. Toutes leS pièces d’accouplement, les chaînes d’attelage, les crochets de sûreté, les bielles sont très bien faites et bien polies- U11 parapluie protège le mécanicien et le conducteur.
- Cette société expose en outre une collection de fers soum1® à l’épreuve, une de fers à T, une autre de doubles T, aias| que des fers cornières et des fers à doubles équerres. Quantbe de fils de fer ronds, carrés ; divers échantillons de fers rond8’ carrés, ondulés, etc., etc.
- N° 32, M. Demayer et Ce, fabrique de papiers de \V^e brok (Belgique). Le délégué signale les machines à découpeI’ à délayer, à broyer, etc. Fabrication de pâte à papier aV<3 des pelures de bois.
- N° 33, Ateliers de construction de la Meuse (Liège)-société a exposé une machine horizontale où le tiroir commandé par la coulisse Stephenson au moyeu de cames <IU le régulateur fait monter et baisser. ^
- Ce dernier est commandé par le mouvement différentiel y a un contrepoids qui permet l’insensibilité. La mad1111 marche on ne peut plus régulièrement.
- un
- fait
- Le rapporteur, M. II. Lagache, a construit, en 1877, appareil où est appliqué le mouvement différentiel qul ^ monter et baisser le coulisseau de la coulisse StepilCl1 d’où dépend l’admission de la vapeur.
- N° 34, Société des anciens établissements Cail (l ‘lfl Cette société a exposé des machines horizontales qui 011J^ puissant condenseur. Chacune d’elles conduit une pompc r lant la betterave râpée dans les presses continues, etcoum1^ ^ les pompes alimentaires. Elle expose ensuite un appaie
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- distiller, système Saval perfectionné. Une machine à vapeur horizontale commandant par câbles un ventilateur pour ^nes à charbon, dont le débit est de 125,000 mètres d’air Par heure. Différentes autres machines : des turbines sys-
- Hepworth, etc., etc.
- 35, signalons brièvement M. Lemans, fondeur et instructeur de la Sarthe. Des ornements en tous genres, des tuyaux, des articles de ménage.
- , 36, M. Meunier pour ses câbles sous-marins et les
- istrunients nécessaires pour leur pose.
- 37, M. Boutmi (Société des Hauts - Fournaux Mes-Seiâpré-Carignan), tôles minces planées au marteau, recuites etl vase clos pour panneaux de voiture.
- ^ 38, les chaudières de M. Demayère.
- ^39, les gouvernails rapides et silencieux de MM. Stap-ter otDuclos.
- ^ 40, Machines horizontales système Corlis deM.Bollink.
- N°4i
- et n° 42, Société des Forges et Aciéries de Denain et
- Zlrb qui exposent un modèle réduit de haut-fournau et de
- An
- tous tes appareils de transport. Des minerais et des cal-|jaires> etc. En outre, les divers plans représentant l’ensemble etublissements de Denain et d’Anzin sont exposés avec ^^Oues photographies.
- ^ 43, la maison Hermann-Lachapelle a exposé plusieurs
- eaux systèmes de machines que le délégué de Lille décrit par]e menu.
- ]\jo A/
- la Compagnie de Fives-Lille expose : machine à r avec changement de marche, moulins à cannes, appa-PoïU ^^^rour> machines horizontales, condenseurs, trois ^ej^68 accouptées, générateur tubulaire à bouilleurs, type soig- ^ 440ra<1 de surface de chauffe, ouvrage très bien
- > e> te dôme est démontable, les communications sont
- M» A j • 7
- IV» aiarn^tre, les bords bien enlevés et bien soudés.
- ^a ^octété anonyme de Constructions mécaniques ç0 Quentin). Cette maison expose unemachine horizontale
- Codant le condenseur.
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- Diffusion fixe. Cette Société installe dans les fabriques de sucre de betteraves le procédé de diffusion à plusieurs vase9 fixes. Le rapport s’étend longuement sur ces appareils Nous ne pouvons le suivre. Les intéressés devront se rep°r' ter au travail de M. Lagache.
- Nous ne pouvons que signaler au courant de la plume *
- N° 46, les presses Marinoni;
- N° 47, la fabrique de scies, couteaux, outils de verref,e de M. Dugougeon ;
- N° 48, les machines horizontales de M. Fraissinet, de Marseille. Les pompes et outils hydrauliques de M. Moraïie' de Paris, etc., etc.
- N° 57. Arrêtons-nous un peu plus longtemps.
- M. Piat, fondeur, rue Saint-Maur, à Paris, expose divc^
- • Aù
- modèles de roues, de poulies ; plusieurs séries de paliers» u manchons, de chaînes ; divers objets de fonte brute et d° fonte d’acier coulé d’après le procédé de Terre-Noire. des pompes à quatre pistons conjugués, des pompes cenff1 fuges, des romaines, des régulateurs de pression, etc., e^c' . Exposition très complète et bien réussie.
- Le délégué signale encore : la Société anonyme du $ia bant (Bruxelles); M. Beer, de Liège; la Société Cail, Ha et Ce; MM. Ruston, Proctor et Ce. Ce dernier expose nota*11 ment une locomobile pour le chauffage à la paille et auti0’ combustibles légers. Enfin, il consacre un long artid° l’exposition de la maison Krupp, qui a déjà été notée et <111 le sera encore plusieurs fois.
- N° 66, les Forges de la Providence (hors concours) 011 exposé de belles tôles d’acier et de fer, des wagons et L roues de wagons.
- Le délégué lillois termino son Rapport par ces lig'n(V’ prodomosua, que nous transcrivons littéralement :
- N° 67, « M. Henri Lagache, ex-mécanicien au chen»11 Nord, délégué ouvrier mécanicien à l’ Exposition d’Amsterdam
- « Nouveau moteur à vapeur dans lequel on utilise, cou force motrice, la pression et aussi la contre-pression
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- Vapeur. Les ingénieurs savent que tous les pistons des échines perdent considérablement de la vapeur, laquelle ét par contre-pression, nuit par conséquent au bon fonc-^°nnement de la machine, occasionne de grandes répara-tlons et augmente considérablement la consommation du cWbon.
- (( A la suité de nombreux essais^ je suis arrivé à utiliser ce travail de contre-pression, et cela par^une disposition très simple qui n’est pas sujette à détérioration.
- <( Graisseur automatique à entraînement direct par la Vapeur, spécialement pour tiroirs et pistons. L’appareil que je Présente permet de graisser d’une façon automatique et régu-ere les organes les plus délicats des machines à vapeur, les l0lrs et pistons. Il se prête à l’emploi de n’importe quelle étière lubrifiante : suif, huile ou toute autre est entraînée aïls mon appareil, en quantité déterminée par la vapeur, ^ Vlent ainsi se déposer sur les parois à graisser, dans les 0lrs et pistons, qui sont de cette façon recouverts constam-^ent de la quantité nécessaire de corps gras pour le bon Abonnement de la machine. L’appareil s’applique sur le yau qUi amène la vapeur à la machine. On y fixe deux j&ux, l’un conduisant la vapeur dans l'appareil, l’autre tenant la graisse de l’appareil dans la conduite de vapeur P0l|r être entraînée aux tiroirs et aux pistons. Cet appareil
- 0$t 1 x i i
- e perfectionnement d’un premier graisseur breveté. Les
- édifications apportées sont les suivantes :
- ^ <( 1 Suppression de srobinels de commandes remplacés par
- Soupapes reliées chacune par une bielle à un arbre de
- snussion commandé par des manettes. L’appareil, ainsi
- ^Pfifié, fonctionne très facilement ;
- Van(^ ^ Peu^se placer verticalement ou horizontalement, sui-
- n le système de machine. De plus, les tubes mentionnés plus huit •
- lüb • Ul’ eri C0Iltacl; d enveloppés, tiennent la matière
- du 1 i^ide, ce qui permet au mécanicien con-
- leur de choisir la plus convenable aux organes de la écliiue :
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- « 3° Enfin, dans mon nouvel appareil, par une disposition particulière, je suis arrivé à utiliser comme régulateur la compression de la vapeur. » (1)
- Le délégué termine là son travail.
- RAPPORT DR M. J. MONNIER Mécanicien, Délégué de Roubaix (Nord). '
- MÉTALLURGIE (MÉCANIQUE)
- Ce rapport débute ainsi :
- L’exposition française (métallurgie) est dignement représentée par la Société Fives-Lille, anciens Etablissements Caib de Paris, et par la Société anonyme de Saint-Quentin.
- La première de ces sociétés nous montre , ainsi que d’antres établissements, un appareil à triple effet, une machme à broyer des cannes à sucre, des turbines, des chaudière» des machines à vapeur, etc. Le travail est très soigné, amsl que celui présenté par la Société anonyme de Saint-Quentin? qui, sans avoir une exposition aussi considérable par la quantité, en a néanmoins une fort intéressante par la qualité.
- La maison Cail se distingue par un grand fini et ungrai^ soin dans l’ajustement des pièces.
- La galerie des machines occupait avec les annexes nnC superficie d’environ 13,000 mètres carrés ; elle était établi® presque entièrement sur pilotis de 13 mètres de longueur,*^ comprenait plus de 400 installations.
- La force était fournie par un groupe de trois chaudières * 1 vapeur, d’une puissance totale de 400 chevaux. Une condulte de 2G0 mètres de longueur transmettait la vapeur à cll1(l machines motrices qui répandaient le mouvement et la xie dans l’immense galerie.
- Ces trois chaudières appartiennent au genre dit multib11
- * . in lyf Lu-
- (1) Nous n’a vous bien entendu rien changé à la rédaction ne «*•
- gâche. (Note des Happorteurs f/cnérnu-r).
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- We, inexplosible et économique. Elles' ont été fournies par ^ Usine Denæyer et Ce, de Willebrœck (province d’Anvers, Belgique). Cette maison est bien connue pour l’excellence de Ses produits.
- Elle a également exposé une installation complète de ^brique de papier avec tous ses accessoires.
- E installation des machines a rencontré bien des difficultés ^Ul> néanmoins, ont été surmontées. Les plus importantes de Ces machines ont été fournies par la Belgique ; elles sont *°utes, sauf une, montées sur pilotis.
- Ea Hollande a exposé de grandes machines pour bateaux d tapeur. Les plus importantes sortaient de la fabrique l0yale de machines et mécaniques.
- Eette fabrique exposait aussi un moulin à cannes à sucre dvec rouleau de 40 pouces de diamètre, sur 56 pouces de °ng, mis en marche par une transmission commandée par Urie Machine à vapeur horizontale à haute pression. Ce moulin ®ert à casser les cannes à sucre. C’est le plus grand qui ait ^ fait jusqu’à ce jour; il est destiné à l’île de Java.
- Elus loin on remarquait une installation complète à triple ^et> capable de vaporiser 2,400 de jus de 7° à 25° par jour(6zc).
- Machine à vapeur est pourvue d’une pompe à air à double ^el de 600 millimètres de diamètre et de 700 millimètres
- de course.
- Eue collection de photographies de tous les travaux exé-CUtés Se trouve au milieu de tous ces appareils. Nous sommes °n présence de la maison la plus importante de la llol-ae5 c’est celle qui a exécuté la superstructure du grand P0llt de Moerdyck.
- ^Ea société anonyme l’Atlas, d’Amsterdam, a exposé : kii*1116 ckkvre-tripode levant un poids maximum de 100,000 j gammes ; 2° une grue à vapeur à chariot séparé pouvant ^verun poids maximum de 20,000 kilogrammes; 3° une ma-ne à vapeur horizontale à haute pression à deux cylindres changement de marche; force indiquée au maximum : 30
- Revaux.
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- Les locomotives légères pour usines, chantiers, exploita lions diverses, devenant d’un usage général, l’Exposition d’Amsterdam contenait de nombreux spécimens de ces sortes de machines.
- A noter la Société de Marcinelle et douillet, qui en avait une collection très réussie. Deux locomotives, dont imc nommée Java, à voie de 60 centimètres de largeur, était un véritable bijou. *
- A signaler également l’exposition de MM. Garels frères, de Gand, dont les produits possèdent des qualités pratiques tout en restant gracieux et solides. Ils exposent de nom-breuses locomotives pour tramways : le mécanicien est a l’abri de la pluie; un condensateur permet de supprimer le jet de vapeur aux passages où il pourrait présenter des inconvénients.
- La Hollande et l’Allemagne ont aussi montré d’intéressauts spécimens de petites locomotives. A citer spécialement celle8 de la société llohenzollern, de Dusseldorf, qui n’ont pas & foyer. Elles sont tout simplement munies d’un réservoU rempli d’eau et de vapeur sous une pression de 14 atmosphères, qui fournit 1a vapeur aux cylindres. Dans ces conditions elles peuvent faire, sans renouvellement de vapeuD un trajet de 3 à 4 lieues.
- L’usine Beer, à Jemmapes, près de Liège, a exposé une machine de bateau à vapeur complète avec son hélico? ^ mouvement est doux et dénote une grande perfection daIlS l’assemblage des dillérentes pièces du mécanisme.
- L’Angleterre offrait les échantillons les plus variés machines-outils tels que : étaux-limeurs, fraiseuses, nia chines à meuler, machines à percer de diverses applicatiorlS’ tours, etc., etc. Parmi les maisons qui exposaient ce g°lix</ d’articles, à citer spécialement la maison Smith et Goventcy dette maison oilre un beau type de tour universel, destine particulièrement à tourner et à fileter les boulons, les ©°u' jons, vis, etc. H sert également pour tous les ouvrai courants, ce qui le rend d’une utilité incontestable.
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- ^ remarquer aussi plusieurs machines à fraiser pouvant
- piller toutes sortes de pièces droites, rondes, obliques, faire
- es rainures hélicoïdales dans les tarauds, alésoirs, forets, etc. ; elle . ’
- peuvent tailler aussi des engrenages.
- ^es machines à produire la glace, moteurs à vapeur et
- ^h-es, pièces démontées, axes, arbres de couche, transmis-
- Sl0ri de mouvement, appareils et outils d’un usage général
- ls les manufactures, les usines et les fabriques, laminoirs,
- lusses, appareils d’épuisement à aubes, hélices, vis et autres,
- l)0ïUpes centrifuges, turbines, pompes à feu, matériel ser-
- ^1 à l’exploitation des mines et des carrières et au forage
- s Puits, armes et instruments de guerre, horlogerie et
- ^Uomètres étaient également représentés par diverses mai-
- °Us qu’il serait trop long d’énumérer ici (sic).
- ^ UAIM'ORï DE MM. J. DIJFOURNY ET A. EELTIElt e*%ués des chambres syndicales de la région de Fourmies (Mord).
- l'OUK LA MÉTALLU1UTIE (MÉCANIQUE) ET LES TISSUS (iNüUSTHIE LAINIKHe)
- B*
- dél,Ien (îu’aPParUinailt a deux industries ditférentes, les Sues de la région de Fourmies n’ont rédigé qu’un seul leu °rt ^ailS ^e(luel 11s signalent tour à tour ce qui a trait à
- profession respective.
- °ur ne pas sortir du plan «lue nous nous sommes trace,
- Us ne nous occupons à celle place que de la partie concer-a mécanique, de beaucoup la plus importante dans le rUb ‘ ^ (IU1 a lia,ll a Industrie lainière se trouve à la Udl 1(?UG (< Tissus » (!)• Cependant, ce travail contenant des p^Xl0lls et des considérations générales d’une certaine im-uous les avons consignées ici, mentionnant seule-dux Tissus les appréciations purement techniques.
- de tv °^t'z ^ volume à l'article l'issus, rapport des délégués de la région iourmies,
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- Les délégués rappellent, en commençant, une résolu^011 prise par les Chambres syndicales de la région de FourimeS’ dans une assemblée générale tenue le 11 mars 1883, a Fourmies. Dans cette réunion, lesdites chambres se décla raient en contradiction avec la Société industrielle de la ntiêtf16 région (chambre syndicale patronale), au sujet du projet de loi relatif à la diminution des heures de travail, et votait l’envoi d’une lettre à la Chambre des députés, en réponse a une sur le même sujet, déjà envoyée par Messieurs les patr°nS aux Chambres législatives. — Ces deux lettres impri^1^8 sont jointes au rapport. — Dans ces documents, les pati’0,lS disent : « que la concurrence qu’ils soutiennent contre lea produits étrangers est déjà difficile, pénible même, et qlie la réduction des heures de travail était votée, elle devienne impossible » ; les ouvriers de leur côté répondent: « queles a ficultés de la concurrence ne proviennent pas du prix de main-d’œuvre et qu’on peut sans inconvénients de ce c réduire la journée de travail à dix heures. Mais, ajoutent'1 j les machines et le matériel employés par nos industriels s° dans un état de défectuosité tel que, si, par une circonsta quelconque, ils étaient appelés à être vendus, on les taX6> juste au prix de la ferraille. Les ouvriers anglais et américa font moins de dix heures de travail par jour et leur produ tion n’est pas moindre que celle des ouvriers franv seulement ils ont à leur disposition un outillage perfection*1 ^ c’est donc, en conséquence, aux patrons à se mettre a ^ hauteur de leurs concurrents étrangers en améliorant matériel.
- Les syndicats de la région de Fourmies décidèrent da11^ même réunion qu’une délégation, choisie dans tontes
- la de
- branches de l’industrie lainière et de l’industrie des me1 serait envoyée à l’Exposition d’Amsterdam pour étudié1’
- afn1 Lbiîque‘
- giavité du mal et rechercher les remèdes pratiques, les soumettre ensuite au gouvernement de la Képut Aussi, ont-ils accueilli avec joie et reconnaissance le vote ci édit de »>0,000 fiancs que la Chambre a mis à la disposé
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- ^ ^ le ministre du commerce, pour l’envoi à Amsterdam
- . Urie délégation des ouvriers de France. Malheureusement,
- o’ont pu, pendant leur séjour à l’Exposition de la capitale
- irlandaise, se rendre compte des améliorations à apporter
- i Machines et métiers désignés plus haut, attendu qu’ils
- Saient complètement défaut à cette Exposition. Ils ne
- üvent que signaler et joindre à leur rapport une lettre qui leur
- de et
- r a été adressée par une maison anglaise qui exposait s métiers à tisser le velours, les calicots, toiles, mouchoirs °ourroies. — Nous donnons le texte de cette lettre au cha-PUre Tissus (1).
- ûans la mécanique, les délégués ont remarqué, comme ^0llVeauté d’une grande utilité, une poulie universelle (sys-. e Villepigne), exposée par M. Piat, constructeur mécani-> rue Saint-Maur, à Paris. Cette poulie renferme dans mtérieur un mécanisme qui, parle moyen d’un débrayage
- glisser sur son arbre, d’une longueur de 20 centimètres
- sou fait
- ^ r°n, ce qui fait varier sa vitesse de un à quatre tours, ^ qu’on l’avance ou qu'on la recule. Celle exposée à
- subi
- sfrrdam était la première construite, et elle doit encore r des modifications avant que le constructeur ne la livre
- commerce.
- » ^es délégués de Fourmies ont visité un des premiers ate^ UG COllsfruction mécanique de la Hollande qui porte le des ^ a*e^er royal d’Amsterdam. Il possède des bâtiments et chantiers qui couvrent 7 hectares de terrain. tle^eux mille ouvriers forgerons, mouleurs, fondeurs, tour-ÏS’ ajusteurs, chaudronniers en fer et en cuivre, Charpenel ’ e^c,> y sonf occupés. On y construit des navires mar-p0 et des navires de guerre, des appareils hydrauliques SUcrerms, du matériel de guerre, des ponts de tous h* outillage est inférieur à celui du même genre de ‘^action en France. Les tours parallèles à cylindrer les
- (i) y
- ^ " '^SsUs> apport des délégués de la régi
- ion de Foi
- 19
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- arbres de transmission ne sont pas munis de lunettesa suivre, les ouvriers emploient des lunettes à coussinets eI1 bois. Ceci augmente d’environ moitié le prix de main-d’a3uVie de ces travaux. Dans l’atelier d’ajustage, étaux mal entre tenus et de mauvaise construction ; dans celui des chaudro11 niers en fer, un ouvrier pour couper une barre de fer corntère de 12 millimètres d’épaisseur, employait une scie circulé d’environ 30 centimètres de diamètre et de 4 millin1®^68 d’épaisseur. Par ce moyen il coupait un bout en trois minid^ avec une cisaille spéciale il couperait facilement dix bouts la minute.
- Les ouvriers hollandais, au dire des rapporteurs, tra^a
- heureS st
- lent mollement ; leur journée moyenne est de onze et le salaire moyen de 4 fr. 75 par jour. Leur nourriture moins bonne que celle de l’ouvrier français. Les ouvriers Amsterdam payent de 55 à 60 francs de pension pur 111 pour une nourriture médiocre, ils mangent encore beauc de pain noir, boivent de mauvais café ; une chambre & meublée se loue de 18 à 25 francs par mois. Les ouv sont constitués en chambres syndicales mixtes — patroo^ ouvriers — ces derniers payent 5 francs de cotisation Par les patrons 10 francs au minimum.
- Ils ont des cours professionnels trois fois par semalïl ouverts de huit heures à dix heures du soir. Les patrous les ouvriers y assistent ensemble ; cependant les ouvriers eu des réunions séparées où ils ont réclamé le sUl
- universel, le cens existant encore en Hollande. -k
- j 4 fictif
- Les délégués de la région de Fourmies donnent des sur les prix des denrées qui trouveront leur place lableau spécial ; ils disent en concluant: Que l’envoi de galions ouvrières aux expositions est d’une utilité incod ^ table; ils voudraient que chaque délégation fut compose' ^ deux membres par profession et par région, accompli? ^ chacune par un élève des écoles d’arts et métiers, capa ^ faire la description des plans et machines en présence délégués, qui peuvent ne pas comprendre à premier0
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- üaque délégation ferait ainsi un rapport précis de ses études qui rendrait de signalés services, faudrait également ' que les délégations ne fussent pas ^Voyées isolément, sans recommandations préalables, auPrès des commissions d’organisation des expositions et aUssi auprès des exposants qui, pour la plupart, répondent Nativement aux renseignements qui leurs sont demandés ^ar les délégués ouvriers.
- ^a distribution des récompenses aux exposants ne devrait av°ir lieu qu’après le dépôt du rapport des délégués ; le jury Nat ainsi des matériaux pour s’instruire (sic) (1). Le jury très bien accorder des récompenses prématurées à des gisons ayant exposé des machines ou produits inférieurs à autres, au point de vue général de l’industrie. Il se guide ^ généralement trop souvent sur les récompenses accor-^es antérieurement à.certaines maisons influentes; chose ^Sagréable (sic) et décourageante pour les maisons quid ébu-’ et qui font de grands sacrifices pour exposer. Il en fte que notre industrie périclite ; les ouvriers laborieux s°nt ni assez aidés ni suffisamment encouragés : ce sont r£c ^Ue touj°urs les mêmes personnalités qui accaparent les , “Penses, qui priment par les machines et produits de p 6> ^briqués spécialement en vue de l’exposition, et ne Vant jamais, ou presque jamais être vendus aux prix de
- ev*ent.
- aùe n°^rt) P0*11*' de vue, disent encore les délégués de Four-C simplicité, la solidité, doivent être recherchées dans j^.S ^es Produits indistinctement. Ce qui est simple, solide, lu’ 8 ^ ordinaire, qui produit autant et quelquefois plus Machine compliquée et de luxe, doit être considéré 1 e supérieur, en raison du moins d’entretien, qui diminue ais généraux de celui qui s’en sert.
- vi1} V«ilà
- ^(lPpo^S ^uan(l paraissent les rapports : témoin, le nôtre. — (Note des
- K fj.
- en désir qui nous semble peu pratique, malgré l’incontestable ^es réilcxions qui suivent. Souvent l’exposition est close depuis
- iienvraux).
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- Il en est de même des produits de fantaisie que certain^8 maisons ne peuvent fabriquer sans perte, le prix de vente de ces produits étant inférieur au prix qu’ils ont coûté de main' d’œuvre. Quoique étant préférable, la fabrication ordinal1 2 * * *’6 ne peut lutter avec cette fabrication de fantaisie, destinée a la réclame et cachant souvent une autre fabrication défectueuse, et, alors, le bénéfice final est acquis à la concurrent étrangère ! Là est le point capital et en quelque sorte la
- morale de la guerre que se livrent entre eux nos patrons, dont ils voudraient récupérer les frais sur nous !
- Nous croyons devoir citer textuellement les dernièreS lignes du rapport :
- « Nous appelons la bienveillante attention du gouverne ment et des pouvoirs législatifs sur nos conclusions ; demandons la légalisation des syndicats professionnels etletl union (1) ; nous demandons aussi une loi qui oblige les pah’011 à siéger dans les conseils de Prud’hommes et qui étende pouvoirs de cette juridiction (2). ^
- « Nous nous rallions enfin au principe de Y Union
- i , croit'
- Chambres syndicales ouvrières de France et assurons m e vernement de la République de notre entier et cofltp dévouement ».
- i
- RAPPORT DE MM. E. ANDRIEUE ET J. QUIGNON Mécaniciens, délégués par la ville d’Albert (Somme)-
- rta1'
- cette
- Le rapport de MM. E. Andrieue et J. Quignon est ce nement un des principaux et un des mieux faits sui importante branche de l’industrie moderne : la méta et la mécanique. A une grande compétence profession
- (1) Ce désir est heureusement satisfait. g plu'
- (2) Pour comprendre ce vœu, il est bon de rappeler que, ueP gejl-
- sieurs années, les patrons de Lille et de la région du Nord, élus
- lers prud’hommes, ont refusé de siéger avec leurs collègues de,
- ouvrière. (Note des Uappoi'teuvs
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- Ies honorables délégués ont joint une rare clarté d’exposition un style d’une limpidité peu ordinaire. Aussi, les citerons-n°us à peu près textuellement, regrettant de ne pouvoir les citer %n extenso.
- Cependant nous élaguerons le moins possible : des tra-Vaux de cette valeur faisant trop honneur à la classe ou-vnère, pour que nous ne soyons pas personnellement fiers posséder des camarades de ce mérite dans nos rangs ! Après avoir, le lendemain de leur arrivée, consacré Une partie de leur journée à visiter les principaux monu-^cnts d’Amsterdam, les deux délégués de la ville d’Albert 0rd terminé cette journée par la visite des ateliers de la ma-riIle> récemment incendiés. Ils ont remarqué la coque d’un navire tout en fer, dont les différentes parties avaient été tor-^Ues et môme fondues sous l’action de fa chaleur. Les ateliers, ^ ds ont visités en détail, sont bien fournis en machines °citils; la plupart sont encore d’un vieux système. L’espace la lumière manquent dans ces établissements, tout y est eîltassé : raboteuses, machines à percer radiales, poinçon-^Uses doubles, tours parallèles, etc., ne méritent aucune Mention spéciale.
- j ^es délégués commencèrent dès le lendemain leur visite à ^Position. C’est par la galerie des machines qu’ils débutè-rGrd. Nous allons les y suivre pas à pas.
- CHAUDRONNERIE
- J]
- typq S1£>n:,lenL f°ut d’abord une chaudière exposée par • Gouien et Ce (Amsterdam). Cette chaudière est hori-0lltale et se compose de deux tubes intérieurs en tôle ondu-
- léç T «
- le ^eS toy°rs sonl disposés dans ces tubes, lesquels, d’après resultats pratiques obtenus, doivent rendre les explosions *°ins fréquentes.
- Un ^ ^ et Sllyver (Amsterdam) exposent aussi
- ^ G chaudière inachevée, afin de pouvoir la visiter en détail.
- G se compose de : un corps de chaudière de 3 mètres de
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- diamètre intérieur en tôle de 25 millimètres d’épaisseur ; ^ deux tubes en tôle ondulée de 0m800 de diamètre intérieur de communications coniques traversant ces deux tubes maintenant les tôles; de 450 tubes en fer d’un diamètre itde' rieur de 0m060. Les trous sont alésés avec soin, les tôles sont partout en contact, quoique maintenues par 6 boulons se#' lement. Il est évident que cette chaudière a dû être soigné davantage en vue de l’Exposition; cette maison n’en mérde pas moins des éloges pour cette belle construction.
- La maison Jonker et Zoon (Amsterdam) expose égale#1611* une chaudière. Elle se compose du corps de chaudière ^ d’un bouilleur intérieur déporté horizontalement et vertical0
- TlP
- ment par rapport au centre. Elle a bel aspect; mais on peut juger les détails de construction, cette chaudière étatd complètement terminée.
- La maison Pétry Chaudoir (Belgique). Une chaudière, s,y5 tème Barbe, pouvant produire de 1,000 à 1,500 kilogramme de vapeur à l’heure,' à raison de 8 h 10 kilogrammes par kil° gramme de houille brûlée. La surface de chaulfe de ce**e chaudière est de 75m9; sa construction paraît soignée aU^ tant qu’on en peut juger. Les expériences seules pourra16
- donner les quantités de vapeur fournies par kilogramme bouille brûlée.
- FONDERIES, HAUTS-FOURNEAUX ET LAMINOIRS
- (I0 ^
- Les délégués citent sous cette rubrique : Les Forges Providence à Ilaumont (Nord, France), pour les diltei ' profils qu’elles peuvent exécuter et qu’elles ont groupe ^ un mur entier. Voici la nomenclature des spécimens les p remarquables de leur fabrication : ,
- Une tôle d’acier; longueur 7m500, largeur 2m500, épaiss6 16 millimètres.
- Une tôle de fer; longueur 7m500, largeur 2,o500, epa1 16 millimètres ; 2 barres de fer rond de 200 miiliin^*r(^Q diamètre, longueur 7m700. Puis des fers à double 1 ^
- 355, 405 millimètres de hauteur et d’une longueur 1
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- mètres, et enfin une barre de 508 millimètres de hauteur, ^0 millimètres de largeur d'ailes et 20 mètres de longueur. ^ est la plus belle et la plus complète des expositions de ce genre.
- La Société des Forges de la Providence de Marchiennes (Belgique). Exposition à peu près semblable à celle ci-dessus, les tôles.
- Les Usines et Hauts-Fourneaux de Denain (Nord). Des Lrs bruts travaillés, des rails, des tôles d’acier de différentes ePaisseurs dont la plus remarquable est celle dont voici les tensions : longueur : 2 mètres, largeur : 0m660, épais-Seur ; 0m00005 ou 1/20 de millimètre.
- La maison Head Fox et C% de Middlesbrough (Angleterre), ^posait des dômes, des tôles embouties pour la construc-tl011 des chaudières. Toutes ces pièces sont sans rivures, s^udées et embouties. Ces travaux sont soignés, mais ^rent rien de particulier. C’est plutôt une réclame qu’un travaff fait en vue d’une exposition.
- Les usines Kirkstall Forge et C°, de Loeds, (Angleterre), exposent des fers calibrés en barres pour arbres bruts de transmissions, des essieux, etc. Les délégués signalent dans CeLe maison un manchon d'assemblage dont la description ^ été donnée dans un autre rapport. Nous le passons 0llc sous silence.
- d Iïla^son ^ruPP? 'd Lssen sur Kuhr (Allemagne), exposait Rentes pièces de forges, telles que fiasques d’afiuts pour ari°ns en tôle emboutie, ancres de navires, roues pour Vag°ns et locomotives; un étambot de navire en fer forgé le cylindre creux dans lequel tourne l’arbre de l’hélice, s cytindres pour gros laminoirs, etc , etc. C’était la seule ^rande exposition des forges allemandes.
- a Société anonyme des Forges et llauts-Fourneauxde Sar-uck (Alsace-Lorraine), exposait différents profils qu’elle cute. Remarqué un échantillon de fers vu nulle autre • Les profils de ces fers sont formés de façon à être eiïmlés à deux ou quatre ensemble pour former des colonnes
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- rondes ou carrées, des poutres ou des tuyaux de conduit pour les eaux.
- La maison Haniel et Lueg, de Dusseldorf (Allemagne)-Des ancres pour navires, des arbres manivelles de O”1^ de diamètre qui sont parfaitement finis, mais n'ont rie11 d’extraordinaire.
- La maison E. Turbot, à Anzin (Nord, France), exp°salt une série de chaînes de toutes dimensions. Parmi ces chaîné les rapporteurs ont remarqué un maillon en fer forgé :
- Le diamètre du fer employé est de 120 millimètres, hauteur du maillon est de 550 millimètres, sa largeur 380 millimètres et son poids de 152 kilogrammes. Ecdc maison montre ainsi que son outillage est à même de satlS faire à toutes les exigences et lui permet de fabriquer chaînes de dimensions inusitées. C’était la plus belle exp°sl lion de ce genre.
- MM. Dorémieux fils et Ce, à Saint-Amand (Nord), exp° saient aussi des chaînes de tous calibres et de toutes faÇ008’ qui n’avaient rien de bien remarquable.
- MACniNES A VAPEUR
- Nous ne pouvons, à notre grand regret, suivre les délégue de la ville d’Albert dans la description minutieuse de tout0 les machines à vapeur qu’ils ont remarquées. D’autres raP porteurs les ont déjà décrites et d'autres les décriront encore* Cependant, nous signalerons avec eux celles qui lelir paru les plus remarquables. C’est d’abord une machine vapeur horizontale de la force de 25 chevaux, à déte^ variable par le système régulateur, sans ressorts ni (le (système Ilertay), exposée par la Société anonyme des fiers du Brabant (Belgique). Cette machine donne le tTl0llV^e ment aux autres machines de la galerie belge. Elle a marche régulière et silencieuse.
- MM. Merx frères, à Tilburg (Pays-Bas), une machine zontale de la force de 15 chevaux, à détente variable par régulateur.
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- M.Bollinckx (Henry), à Cureghem-lès-Bruxelles (Belgique), exposait une machine de la force de ISO chevaux. Cette échine est à détente variable par le régulateur et à déclic ; e^e est de plus à condensation. C’est la plus jolie vue par ^es apporteurs; sa marche silencieuse et régulière, ainsi que Sori entretien, sont remarquables. Achetée par M.Bal, distil-
- lât,
- eur, à Anvers.
- MM. Langen et Hundhausen, à Grevenbroich (Prusse).
- ^rentes machines, dont l’une est disposée de manière à °Ccuper le plus petit espace possible. Cette machine a deux v°lants, placés dans l’axe du bâti; à gauche se trouve le yündre à vapeur et à droite la pompe d’air, le mouvement st donné de chaque côté par un plateau manivelle.
- MM. Lebrun B... et Ce, à Nymy-les-Mons (Belgique), expo-^a|ent la réduction au 1/10 d’une machine de 50 chevaux à 0llgue détente. C’est un chef-d’œuvre mécanique ; rien ne ^üque à cette machine, si ce n’est la chaudière, qui n’était
- ^ot exposée.
- M- Kerbel, d’Amsterdam, exposait aussi une réduction de
- ^chine à basse pression, avec la chaudière construite en
- TUlVre rouge, d’après toutes les règles de la chaudronnerie.
- minutieux et cependant parfait.
- s . M- Ruston-Proctor et Cc, à Lincoln (Angleterre), expo-
- ^ 1 une locomobileà détente variable, système Chapmann,
- " Machine horizontale avec chaudière verticale de la force de tQ ,
- ^ cnevaux. La course du piston est de 508 millimètres, le de 254 millimètres. Cette machine fait 105 tours les ^es excentriques sont â coulisses, comme dans
- °Xcentriques Sleph enson.
- 111 ? des appareils pour la fabrication du sucre.
- ' anciens établissements CaiI, de Paris. — Appareils ^ Plets servant à la fabrication du sucre de betterave et de canne avec les machines à vapeur ad hoc. a air et tous appareils propres à ce genre d’indus-
- °>es
- Pïf.
- nriac^,*nes outils n’ayant rien d’extraordinaire. Un
- )uliri •
- a cannes dont la construction est digne de remarque.
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- Cette exposition était la plus belle et la plus complète p°ul ce genre d’industrie; le fini des appareils ne laissait rie» a désirer.
- MM. Cail, Ilalot et Ce, de Bruxelles. — Appareils à trip^e effet, appareils pour la cuite en grains, machines à vapeur’ pompes à air, etc. Ces appareils, quoique dans les proportions que ceux cités plus haut, n’offraient pas à 1® le même cachet de fini.
- T Itl
- Société anonyme des ateliers de la Meuse (Belgique)-
- de
- ioalea
- moulin à cannes accompagné de sa transmission et machine lui donnant le mouvement. Voici les princip dimensions de ces appareils :
- Diamètre des cylindres broyeurs, lm000.
- Longueur des cylindres broyeurs, 1m500,
- Nombre de tours par minute, 1 tour 5.
- Angles des axes des trois cylindres 80° 30’.
- Les arbres de ces cylindres ont 0ni450 de diamètr les portées de calage et 0,n380 aux tourillons.
- La crapaudine du chapeau supérieur est retenue par
- e
- ,ti’e
- avec
- fia
- boulons de 0“ 13 de diamètre et 0m5 de longueur,
- écrous en bronze ; deux de ces boulons sont ancrés dauh
- fondation même du moulin.
- Le poids total de cet engin est de 73,000 kilogratniueS'
- machine repose sur un bâti de fonte qui relie tous
- ganes, elle est à détente variable par le régulateur, et à c
- densation par la pompe à air.
- Le diamètre du cylindre est de 0,u700.
- La course du piston est de 0"‘800.
- Le nombre de tours par minute de 45.
- La force nominale de cette machine est de 1.40 cne
- La transmission se compose d’engrenages calculés ue
- à donner au moulin la vitesse de 1 tour 5 par minute»
- 1 , p, foi»-
- est construite pour commander deux moulins a |
- L’arbre de commande a un diamètre de 0m480. Le V°'l^S de la machine et de la transmission est de 85,000 v grammes. On voit d’après cet exposé à quel pouls
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- arrive la construction de cet appareil, qui doit être difficile Manœuvrer et à transporter. De plus, les engrenages, s°it qu’ps n’aient point le même pas à différente endroits, ^ que plusieurs n’aient pas la même épaisseur, produisent f chocs très forts, quoique marchant sans être chargés, et ^ üe peuvent qu’augmenter lors de la fabrication et par C0llséquent devenir nuisibles au bon fonctionnement des ^Pareils.
- j La ^0IïlPa&n^e Fives-Lille (Nord). Appareils propres à ! k^rication du sucre de cannes, appareils à cuire dans le Vl^e et autres.
- ^a Société Lecointe et Villotte, de Saint-Quentin (Aisne), xP°sait aussi des machines pour sucreries. Cette exposition, la précédente, quoique moins complète que celles et fGS ^US LauC n en rivalisait pas moins comme construction des appareils.
- re^0ll^es les proportions des appareils exposés par ces diffé-es maisons sont sensiblement les mêmes et ne diffèrent Ue Par les installations.
- APPAREILS DE MEUNERIE
- Lhuillier, h Dijon (Côte-d’Or), exposait une série d’ap-
- Parei]s n
- ses ProPres à la mouture du blé. L’exposant avait groupé eSp^Pareils de manière à leur faire occuper le plus petit de } 6 Poss^le- C’est ainsi que dans un endroit de 4 mètres avaitn^UeUr’ ^ mklres <1° hauteur et 2 mètres de largeur, il ayec un cribleur émolleur, un aspirateur, un trieur
- avecC^nc^re a roPasser les déchets, une colonne horizontale la ^ asPlrateurs. Ces différents objets ne sont pas nouveaux, (baif ^0s*L°n seule pouvait présenter des avantages qu’il fau-étudier de plus près.
- ieUx L &enre d’appareils, les délégués signalent encore Jes (Bel».,' 6 ïïlGu^es portatifs de M. Gustave Van llecke, à G
- Gand
- Pea^UeL (tldérents modèles de moulins pour substances res ou peu graisseuses, de H. H. Grusou, de Buckau-
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- Magdebourg (Allemagne). Nous reparlerons de ce geIlie d’appareils avec les délégués de la meunerie.
- APPAREILS DE FORAGE
- MM. Lippmann, Edouard et C% à Paris. Un treuil dou^e
- vapeur destiné à la manœuvre des appareils de forage ^
- puits. Ce treuil a été construit pour le gouvernement a
- landais; il est à double mouvement de marche. Au md^
- de cette exposition et sur un bâti reposait le modèle en W
- d’un trépan employé au fonçage d’un puits de 4m400
- diamètre; son poids en fer serait de 25,000 kilogramme-^
- la partie inférieure sont clavetées les lames d’acier destin 1 • belles
- à couper ou broyer les corps les plus résistants 0U r
- peuvent rencontrer. Exposition complète et bien orgamse^
- M. Dru (Léon), à Paris, avait aussi un belle exposé
- d’appareils de forage pour toutes profondeurs, quoiqllC
- fût moins complète que la précédente.
- POMPES ÉLÉVATOIRES — PIÈCES DIVERSES
- • . âe 1^
- M. A. Piat, rue Saint-Maur, à Paris. — L’exposition maison Piat était des plus complètes comme pièces ne nique diverses et pièces de fonderie. ^
- Afin de faire connaître l’importance de la maison, °n exposé l’usine de Paris et la fonderie de Soissons, a’nâl^I1s les photographies des différentes machines construites ces ateliers. Tout était placé avec ordre ; ainsi les ia^|^ tours ont remarqué : cinq séries d’engrenages de paS ^ rents, les roues à chevrons en fonte de fer et d’acier emp^0^^ aujourd’hui dans toutes les machines qui demandent ^ engrenages une plus grande résistance sous un v° ^ moindre. Des roues à dentures droites et héliocoûhd0^ g engrenages coniques à dents échelonnées, des roues tl g perpendiculaires et parallèles. La série complète des Pa ^ graisseurs à mèche métallique; un de ces paliers a 8011 ^
- peau enlevé et porte un arbre mû par une, poulie a g01» ’
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- fa
- Pou^à montrer la surface supérieure toujours onctueuse et conséquent le graissage toujours effectué par ce système
- Par
- palier.
- ^6s manchons à frettes et à plateaux, des poulies à bras
- Paraboliques, une grue pivotante pouvant lever 500 kilo-
- §rattim.es, construite toute en fer ; entin des pompes éléva-
- lres fournissant 400 litres d’eau à 4m500 de hauteur. Ces
- j'^pes sont actionnées par une poulie différentielle brevetée.
- te poulie est composée d’un tambour ou cylindre creux
- ^ fonte reliant deux plafonds pleins à courbure spéciale.
- Ulî de ces plafonds tourne fou sur l’arbre, l’autre est fou sur
- reten
- Une douille en fonte, également folle sur l’arbre, mais ^ aue à l’extérieur par un levier à grilles, permettant de re mouvoir le cylindre creux en fonte, ou la poulie pro-Piement dite, de droite à gauche. A l’intérieur, et faisant °rPs avec la douille, se trouve un plateau à courbure iden-c^Uement semblable à celle des plafonds de la poulie. Entre Pfoteau et le plafond de droite de la poulie se trouve une aPe calée sur l’arbre;, dans cette chape sont deux axes Pouvant s’incliner à droite ou à gauche autour des goujons ^ les lixent à la chape; sur ces axes sont fous deux galets la i^ar^0n dont Ie diamètre est légèrement plus grand que stance entre Je plateau fixe et le plateau de droite. Dans
- son
- s Iïl0uvement, l’arbre entraîne les galets lesquels, portant qui Plateau fixe, acquièrent un mouvement de rotation cont Gn^ra^n0 Plal°nd de droite avec lequel ils sont en
- Et
- aill donné la construction de l’appareil, il est évident Cq es êalets ayant leur axe perpendiculaire à l’arbre de e[ amle, Us sont eux-mêmes perpendiculaires au plateau plafond et par là même dans leur position médiane ; la acquiert une vitesse égale au chemin parcouru par Si Je ''^Ssur 1° plateau fixe, possède alors sa vitesse moyenne. ch Vler de inanomvre incline les galets de façon que leur d6l^ 111 Parcouru sur le plateau iixe soit le double du précé-’ la poulie aura une vitesse double; si au contraire le
- et
- ^ulie
- les galets ;
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- chemin parcouru devient deux fois plus petit, la vitessè la poulie sera deux fois moindre. Les vitesses de cetle poulie pourront donc varier dans le rapport de 1 à 4. courbure spéciale dont on a parlé plus haut a pour but à vier à l’inconvénient de diminution de diamètre des galets’ suivant leur inclinaison.
- MM. Kœrting frères, à Hanovre (Allemagne). — PompeS centrifuges avec pulsomètre, élevant 6,000 litres d’eau Paf minute à 22 mètres de hauteur; des machines à gaz et de appareils de chaulfage, etc., etc.
- MACHINES AGRICOLES
- Les rapporteurs signalent, dans cet ordre, la maison Al^ ret, à Liancourt (Oise), pour ses différentes machines a£rl coles. Cette maison est bien connue par la bonne exécnh011 de ses appareils. *
- Comme maison anglaise fabricant les appareils agric0^eS’ ils notent MM. Marshal, Sons et Ce, à Gainsborough.
- MACHINES A TRAVAILLER LE BOIS
- , i’on
- M. Àrbey, à Paris. — C’était la seule exposition on trouvait une série de machines à travailler le bois. Ces ^ chines fonctionnaient tous les jours, on pouvait ainsi rendre compte de leur bonne marche et du travail (IU e produisent.
- ROMPES HYDRAULIQUES ET PRESSES A VIS
- , M. Moranne (Florentin) jeune, à Paris, exposait ^ rentes presses, ainsi que les appareils propres à la fab*lC
- • ^ ^ T* Ct ^
- tion des bougies, tels que machines à mouler, à rogner lisser.
- Les rapporteurs font également l’éloge d’une presse SP ciale, inventée par M. Moranne et dont nous avons déjà ^ l’occasion de parler avec d’autres délégués; devant y reV encore avec les délégués de Lille, nous nous en absten
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- P°Ur le moment, d’autant plus que l’appréciation est à peu la même.
- A. L. G. Déhne, à Halle-sur-Saale (Saxe), avait une ^position spéciale de presses filtres de toutes dimensions. f°Us les appareils de cette maison sont construits avec soin.
- MACHINES A IMPRIMER
- Phi
- yl- Marinoni, Paris. — Exposition dejnachines typographes et lithographiques. La machine à imprimer les jour-quj fonctionnait à l’exposition, marchait admirablc-^ht bien. Son tirage de 18,000 exemplaires à l’heure, est atteint, s’il n’est pas dépassé, comme l’indique le compteur Ce à cet effet sur le côté de la machine, qui ne s’arrête pour remplacer le rouleau de papier épuisé par un nou-^eah rouleau. C’est assurément la machine la plus perfec-^ hnée de ce genre; on ne peut penser qu’il soit possible e foire mieux sous tous les rapports. C’était la seule expo-^°h de cette industrie; il eut été difficile à d’autres maisons 6 fotter avec M. Marinoni.
- CONSTRUCTIONS DIVERSES
- °hs cette rubrique, les rapporteurs signalent la grue à c Peur destinée à lever des poids de 100,000 kilogrammes, Tt ruite par la maison Maatschappy de Atlas (Amsterdam). Modèle de pont construit sur la Meuse par la Société
- 'hiom
- des travaux Dyle et Bacalan (Paris). Les wagons q,^riCa*ns pour la ligne de Corotyba à Paramagua, cons-phr la même maison.
- lu6 lambe d’escalier en 1er forgé par M. Wauters-Rœck, *^efo , 1^>ec^ ^htiit-.Iean-les-IJruxelles; et enfin l’exposition a tiompagnie des Bronzes de Bruxelles. qe ^ J hidustrie du plomb , ils mentionnent l’exposition ^ °ehsgen, de Dusseldorf (Allemagne), qui avait des ^h.ïisS| ^Iles de remarque, notamment un panneau en bois ec[uel était enchâssée une feuille de plomb de 8 mètres
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- de longueur, 6 mèlres de largeur et 5 millimètres d’épalS' seur.
- MM. E. Andrieue et J. Quignon, à cet endroit de leur rap' port, rendent compte des objets servant à renseignemellt primaire, secondaire et professionnel qui étaient exposé ainsi que des expositions spéciales ayant trait à ces divelS enseignements. On trouvera cette partie de leur rapportllU chapitre de l’enseignement, où nous avons pensé qu’il etad mieux placé.
- Nous continuons donc à les suivre aux machines outils-
- MACHINES OUTILS
- Ils signalent la maison Smith et Coventry, à Paris; ateUelS à Manchester (Angleterre). Ils ont remarqué dans l’expositl0n de cette maison : un tour à chariot revolver, dont ils doa nent la description ; une machine radiale à percer qlU ^ rien de particulier; une raboteuse; une fraiseuse univers pouvant tailler les alésoirs, les forets hélicoïdaux, les tarai* ^ les fraises cylindriques et coniques, avec cannelures pal lèles ou en spirales, etc., etc. Les délégués ont fait longue description des outils exposés par la maison Su11 et Coventry; nous ne pouvons les suivre sur ce terrain.
- M. ilurtu, à Paris et à Albert (Somme), exposait
- des
- CeS
- machines outils spéciales pour petites constructions outils servent à la fabrication des machines à coudre qul ^ la spécialité de la maison. A noter un tour parallèle et machine à tailler les fraises; une machine à percer.
- Ces machines sont parfaites ; elles possèdent des pla permettant de travailler avec une grande perfection. ^ M. Bovv Lachlan, à Paislay (Ecosse), exposait des parallèles qui, d’après les délégués, n’étaient pas digneb figurer dans une exposition. .
- Enfin, MM. Leblanc ( Jules) et Ce, à Paris, exposaient <-e ^ machines à frapper les boulons et rivets, une presse à une machine à fabriquer les écrous. La construction de
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- appareils est soignée ; c’était la seule maison qui eut exposé ^machines de ce genre.
- GALERIE DU TRAVAIL
- , Andrieue et Quignon ont, comme la plupart des jeteurs de l’Exposition d’Amsterdam, été désappointés par ^Ur visite à la galerie dite du Travail: « Nous croyions, Seid-ils> cette galerie un vaste atelier en réunissant un ^rand nombre de petits ! Nous nous sommes crus trans-dans un de ces bazars bien achalandés comme il s’en 0llVe à Paris. »
- Ç’
- est également l’effet que cela nous a produit à nous-f^Iïles- « On y vendait des jouets, des cannes, des pièges à tio ^ A souias’ La poupée nageuse qui figurait à l’Exposi-^ 11 1878! Par contre, dans les galeries qui n’étaient pas
- *ravaü> les délégués ont vu aussi des ouvriers gravant sur , auv, d’autres écrivant le nom de l’acheteur sur des mou-h°irs^ etc., etc. »
- Lu somme, disent les rapporteurs en terminant leurs
- {> eciaÜons sur l’Exposition de la capitale néerlandaise,
- °rdf°S*^0n m^carlWue> à part quelques maisons, était fort
- Per naire ’ on n’y voyait absolument rien de nouveau. Les
- kîx^ qui ont visité l’Exposition de Paris, en 1878, où
- °nnaient les plus gros et les meilleurs outils exposés,
- j Pu trouver un plaisir nouveau à Amsterdam.
- tj0 rance occupait seule, à peu près le tiers de l’Exposi-
- dip. l°tale 5 si elle ne s’était pas fait représenter d’une façon
- K. 6 d’elle
- pC°up perdu, rai
- eail(J — > pour briller au premier rang, l’Exposition eût
- çais Cornparant la partie étrangère avec la section fran-dev^t011.6^ h«™ux d’appartenir à une. nation qui ne recule trie}} 11011 P0llr relever sa fortune et sa puissance indus-^ 6 0t c°mmerciale !
- 80^ |!^e roiltrer chez eux, les délégués de la ville d’Albert es visiter les grands travaux que la ville d’Anvers a
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- fait exécuter sur le port. Us tenaient aussi à voir le pont et la grue hydrauliques qu’on a installés sur l’Escaut. Cede visite étant en quelque sorte l’épilogue de celle qu’ils avaieI)t faite à Amsterdam, nous donnons également cette partie leur rapport.
- Anvers. — « Les nouveaux bassins ne sont pas enc°re
- A nP
- complètement achevés; les travaux y sont poussés avec a grande activité; l’éclairage s’y fait au moyen de l’électricde D’énormes caissons métalliques permettent aux ouvr1 l’établissement des fondations des nouveaux quais.
- En allant jusqu’aux anciens bassins, on passe sur pont hydraulique du poids de 470,000 kilogrammes, pont, dont les dimensions principales sont: 47 mètres ^ longueur, 10 mètres de largeur, a des garde-fous de 2 me ' 100 de hauteur, dont le dessus est formé de larges plats 700 millimètres de largeur et de 18 millimètres d’épalS au nombre de cinq dans l’axe du pont, et de deux aux ex mités. Il possède, sur le côté, deux passerelles pour leB P j tons, de 1 mètre de largeur. La'manœuvre de ce ponb ^ roule d’une rive à l’autre, de façon à laisser libre le PaS^eU£ aux navires, se fait par l’hydraulique, au moyen de pistons verticaux, qui lèvent le pont afin de le faire la cage où il s’emboîte au repos; deux autres pistons zontaux actionnent huit poulies, sur lesquelles paSseI^eU* chaînes destinées à tirer le pont d’une rive à l’autre, contrepoids de 160,000 kilogrammes établissent l’éd^ ^ pendant le mouvement. Un appareil de calage sped
- 1 daIlS
- destiné à empêcher le pont de tomber dans le chenal, ^ cas où la rupture d’une des chaînes aurait lieu pcn ^je manœuvre. La durée totale de la manœuvre pour laPeI ^ retour est de huit minutes. La pression est donnée VL mêmes appareils qui actionnent la grue. gju,
- Tournant ensuite par les cales sèches du grand ^
- les délégués arrivèrent sur le côté opposé, où se ù° ^ grande grue de 120,000 kilogrammes, construite e), ateliers de MM. Cockerill et Ce, de Seraing
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- ^ette grue, tout en tôle de fer, a trois pieds dont deux pivotent autour d’axes fixés dans des supports en fonte profondément ep*foncés dans le sol; le troisième pied est réuni à la tête de» deux premiers par un tourillon, sa base glissant sur un
- bâti
- spécial à coulisse pour la déviation occasionnée par le
- largement ou le transbordement; cette déviation est de mètres entre les deux verticales extrêmes. Deux vis tylindriques, de 180 millimètres de diamètre, donnent le ^Uvement à ce pied. La hauteur de l’axe, du sommet au H est de 25 mètres. Le tambour cannelé sur lequel vient sCrouler la chaîne a lm500 de diamètre et pèse 14,000 kilo-jj^ttirnes ; il porte un engrenage à vis sans lin de 2m200 de aiï*ètre. Trois cylindres hydrauliques, dont les tiges de ‘0lls sont fixées à un arbre coudé, mettent cette grue en jj^fche ; l’arbre coudé commande par embrayage les pignons
- I>ied
- ïrc
- îs à mettre en mouvement les vis qui actionnent le Mobile.
- °ls dispositions de palans peuvent s’adapter à cette j e ' la première, pour lever jusqu’il 20,000 kilogrammes; euxième, jusqu'à 90,000 kilogrammes, et la troisième, 90>000 à 120,000 kilogrammes.
- ^ te grue, ainsi que le pont désigné plus haut, fonctionnent , Pression dJ eau, laquelle est fournie par deux -machines ^ur jumelles, actionnant des pompes placées de chaque ^ édites machines. Ces pompes refoulent l’eau dans lOO Cumulateurs de pression chargés chacun de kilogrammes. Le cylindre des contrepoids a un dia-re de 5 mètres et 6 mètres de hauteur; ils sont fixés
- Pitons de 500 millimètres de diamètre et 8m400 d<
- H
- ils distribuent l’eau sous une forte pression aux
- V0j0^s de la forte grue. La vitesse de cette grue varie à
- l^o ^ Sa manœ,lvre GS1 l'acil(*- Le poids maximum
- r^000 kilogrammes qu’elle peut lever est placé à bord
- r Ilavir° on cinq minutes, oies m* .
- port ueiïles appareils servent aussi à la manœuvre des des bassins, à faire fonctionner les treuils destinés
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- à amener les navires à quai, à soulever les ponts et les rameS de wagons. Dans la salle des accumulateurs il s’en trouve na plus petit, servant à alimenter les bouches d’incendie la ville est pourvue, ce qui permet d’envoyer un plus gra° volume d’eau sur le lieu du sinistre.
- Il serait à désirer de voir tous nos grands ports munlS d’appareils de ce genre : ils simplifient les manœuvres à falF pour l’entrée et la sortie des navires, nécessitent moins main-d’œuvre et font gagner un temps précieux.
- Les rapporteurs auraient bien voulu pouvoir visiter ^ pompes d’épuisement des cales sèches, mais ces pomp étaient en réparation et ils ne purent les voir.
- Voici les dernières lignes du Rapport :
- « Tel est le résumé du voyage que nous avons fait com111^ délégués; nous en remercions sincèrement le gouverne1116 de la République, ainsi que MM. les chefs d’ateliers de notr ville qui, au moyen d’une cotisation versée par chacun à eU*’ ont ainsi permis l’envoi de deux délégués au lieu d’un-
- « Nous espérons n’avoir rien oublié parmi les exposi particulières que nous avons remarquées, nous avons sorte de voir chaque chose en détail où il nous a été P°sSI^g de le faire, nous en avons retiré certains profits que ** . nous empresserons de faire porter leurs fruits. rd ^ malheureusement, nous n’avons pu avoir de détails suffit sur certaines expositions, nous heurtant à cette barrit® diversité des langues !»
- Tel est le très consciencieux rapport des deux délégue .j la ville d’Albert (Somme). Nous l’avons suivi autant ^ nous a été possible, malheureusement nous n’avons P faire autant que nous l’eussions voulu. Nous avons ^ tamment écourter l’appréciation des produits exposés maison Smith et Coventry, que les rapporteurs ont tieusement décrits. Eu somme, cette maison ii’exp059,1^.oflé de bien nouveau, de nouvelles applications d’inv connues, son tour-revolver que nous avons vu (un est tourneur) est loin de valoir le tour Colmans,
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- tours de la maison Ducommun. C’est pourquoi nous ^Vons donné qu’un résumé des rapporteurs. Par contre, ctaque fois que la description reposait sur un appareil nou-Veau> sur une invention nouvelle, comme la poulie présentée Par M. Piat, nous l’avons donnée in extenso.
- Enfin, nous saisissons cette nouvelle occasion pour dire les rapports sur la mécanique étant très nombreux, tel appareil qui n’aura pas été décrit dans un rapport se trou-Vera forcément l’être dans un autre. Il est certain que l’Ex-p^sition d’Amsterdam aura été passée en revue d’une façon s complète dans le cours de ce travail.
- RAPPORT DE M. VROLAND Délégué du canton de Quesnoy-sur-Deûle (Nord).
- MÉTALLURGIE (MÉCANIQUE)
- QU(
- ^ vu°ique appartenant à une branche de la métallurgie, ce
- ^ e£dé ayant été nommé par un canton qui compte de nom-
- ^reUses industries n’ayant pu envoyer de représentants à
- . slerdam, il a cru devoir, dans son rapport, donner son
- jj ession générale sur la totalité des produits exposés.
- ans l’analyse de son travail nous avons suivi la méthode Par K,- , J
- %i 1 acloPf^e> nous réservant seulement de citer plus som-
- erïlent tout ce qui n’avait pas directement trait à la mé-laHurgie.
- colo . P°siff°n universelle d’Amsterdam est essentiellement %oniale> dit en commençant M. Vroland, et il est difficile, ^ 11 lIïlpossible, à un visiteur de quelques jours, étranger de f^noraut la langue employée pour l’inscription
- raPp
- Presque totalité des produits exposés, de rédiger un
- y port *
- ^ circonstancié et conçu dans l’esprit que le gouverne-^ s°uhaiterait (sic).
- les produits exposés par les puissances euro-aes, peuvent en donner une idée ».
- t AYs |i
- "Oas. — Dans la section néerlandaise, par laquelle il
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- commence sa promenade, il cite : la maison Van Gelder pour son exposition de différentes sortes de papiers, nota10 ment les papiers monétaires.
- La maison Ab. Legrand et Belain, de Harlem : — tissai de gazes de soie, à bluteaux — tamis divers pour fabriqueS de farine; — la vitrine de M. Vri'es, d’Amsterdam : bro^e ries en fil d’or et d’argent.
- Dans l’exposition faite par les divers établissements Pü blics et privés de la Hollande, il cite : l’exposition des orp^ linats, asiles d’aveugles, écoles maritimes, entre autres ce de Leyde; il mentionne d’une façon spéciale l’école des ï°6^ caniciens de la ville d’Amsterdam : « Cette école a pour de former des mécaniciens pour la navigation à vapeUl’ pour les chemins de fer, les fabriques, les machines hydraU tiques, etc. Les élèves de cette école, âgés de quinze à ^ sept ans, ont exposés des travaux et des dessins vrai01 remarquables sur la mécanique. »
- Le rapporteur examine, en passant, le créosotage des destinés au pilotage; la fabrique de fourrage à vape°^ Harlem, qui fournit la nourriture aux chevaux de lacava hollandaise. Cette nourriture consiste en pains
- boi*
- d»
- lei’1*3
- fabnq
- Ce$
- à
- avec de la féverolle, du froment et des graines de ii° pains, pesant 1 kilogramme, équivalent, comme nutrU1011 2 kilogrammes d’avoine. ^
- Belgique. — Dans la section belge, à signaler : la ïïiaC,i>jej à fabriquer le papier de la maison Demayer et Ce. Le ma de cette papeterie est, au dire du constructeur, ce qu ^ ^ de plus perfectionné jusqu’à ce jour.
- e°
- Les moteurs à gaz de la maison Otto, de Liège, b-cs teurs sont à marche absolument silencieuse. La mais011 expose depuis 1/2 jusqu’à 12 chevaux, mais en fabriq00 Lj jusqu’à fiO chevaux-vapeur. ^
- Le perforateur Bosseyuise, qui permet la suppr^si00 la poudre dans le percement des mines. ;
- Espagne. — Arrivant à l’Espagno, notre délégua ^ « Bien représentée cette puissance par diverses ind°s
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- eiifre autres les chanvres de Manille de la maison Abacos, Filipinas, qui a obtenu un diplôme d’honneur. La maison ailla, de Nipe (Cuba), expose des bois de toutes nuances rei*iarquables par leurs dimensions et leurs variétés.
- (< Le marquis de Campo a obtenu un diplôme d’honneur ^°Ur s°n exposition de vingt-quatre navires à lui appartenant. e tonnage de tous ces navires réunis est de 47,373 tonnes. » ^-lemagne. — Nous voici en Allemagne.
- ,^e rapport signale l’exposition de la maison Krupp, spécimens de minerais de fer et de fondants. Ses Outillons de différentes espèces de fer brut produit avec Ornerais par le puddlage et le procédé Bessmer.
- ^a même maison expose une série d’arbres coudés et Utres pour navires. Un de ces arbres, construit pour un four transatlantique, en acier fondu au creuset, à deux Nivelles et à manchon de 7m678 de long et de 0m3o6 de k^mètre, a été forgé d’un seul lingot; le poids est de 9,000 °§rammes! C’est une pièce réellement remarquable.-
- d’Lssen éch ces
- Les canons exposés par cette maison méritent également
- ^ pétition, surtout ceux portés à dos de mulet, du calibre
- leur longueur est de 975mm, le poids de 100 kilo-
- mes, fermeture comprise. Le canon, à 24 rayures
- aHèles_, est de 4k3* ; la vitesse initiale de 2.94,u. Les Joutes a .
- ^ ues roues sont faites en courbant des pièces droites, Ht Lois courL aux extrémités. Les harnais du
- Ht/0Ur Canon S01lt disposés de façon à pouvoir atteler la ^ de somme à la limonière. »
- (j^6s aufres branches d’industrie de cette puissance, dit le te de Quesnoy-sur-Deûle, principalement celles appar-d l’art industriel, sont d’un style lourd, manquant de d^’. Surt°ut l’ameublement. Il est incontestable que l’in-^ dominante est celle du fer. Cependant, on doit
- p0(l er’ dans la fabrication des glaces, plusieurs spécimens ïIck Pr°ndre place immédiatement après les produits de Verreries du Nord.
- ^ütebuk. — Les articles exposés dans la section
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- anglaise, tels que meubles, ornements, papiers de tenture coffre-forts, couteaux, huiles, cuirs, couleurs, vernis, étoffé de laine et autres, sont intéressants.
- La galerie des machines n’offre rien à signaler en tant que nouveauté pour l’industrie du département du Nord. A meI1 tionner pourtant une grue à vapeur de la maison Priestmafl11 Brothers,à Hull. Cette grue, manceuvrée par un seul houi#16’ fait mouvoir, au moyen de chaînes, un déchargeur automa tique qui se remplit sans le secours d'aucun autre ageide qui permet un déchargement (terre, charbon ou gravier) 10,000 kilogrammes en 7 minutes.
- A noter également une lessiveuse rotative de la mais011 Thomas Bradefort (Manchester). Le tonneau laveur, sauf s°n mouvement rotatif, n’a rien de particulier avec les machilieb de ce genre construites jusqu’à ce jour. Deux rouleaux sécheurs, placés immédiatement au-dessus du trou de déchal gement, reçoivent le linge au fur et à mesure des rinça£eS’ et leur pression suffit à le sécher presque instantanémellt Ces rouleaux à mouvement rotatif sont en caoutchouc.
- France. — « Comme partout ailleurs où elle s’est m°l
- trée, dit le rapporteur, notre France est arrivée bonne Pr
- mière à Amsterdam. Le département du Nord s’est parhc
- iiSS11*5
- fièrement distingué pour ses produits liniers et ses 11 d’ameublement. »
- A citer :
- La maison Boutemy, à Lannois, pour ses lins bruts ^ paille, provenant de la Hollande. Des fils de ce lin du.11 au n° 500 et des fils china du n° 22 au n° 30, de plusl<3 nuances. M ,
- T . J t Oi^
- La maison Villars et Ce (Armentières) expose des crémées blanchies et teintes ; des toiles ouvrées renna(l blés, pour serviettes.
- MM. Magnier-Duplay et Fleury ont une belle expo»1 de damassés. ,. „
- Jn blet
- Au point de vue mécanique, l’exposition n’a rien ^ nouveau concernant l’industrie de la région du Nord.
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- ^oins le rapport de M. Vroland mentionne la maison Cail, Paris, pour sa remarquable machine à broyer la canne à Sucre. Cette machine est destinée à l’île de Java.
- L y a lieu aussi de signaler la tendance que les construc-^eUrs prennent de communiquer directement le mouvement ailx transmissions au moyen de câbles montés directement SUr la roue motrice de la machine à vapeur. Jusqu’à présent Mouvement avait toujours été communiqué au moyen llfte denture ou d’une courroie, ce qui avait l’inconvénient occasionner du bruit et de l’ébranlement dans tout le mérisme. La transmission par câble a, en outre, l’avantage 6 Permettre de pouvoir s’écarter du parallélisme.
- Le délégué du Quesnoy-sur-Deûle conclut ainsi :
- (< En résumé, l’exposition française à Amsterdam est en-c°re pour cette fois la plus remarquable, mais il ne faut pas e dissimuler, partout ailleurs on travaille et on progresse ’ Pour continuer à tenir notre rang, il est indispensable nous fassions de même. »
- «APPORT DE MM. DENIS DOYEN ET COHEN STUART Délégués de la ville de Lille (Nord).
- ^fin de rendre leur travail plus complet, et pour éviter de rec^es> Messieurs Doyen et Coben Stuart ont jugé bon Rédiger un rapport collectif.
- * près s’être communiqué leurs impressions et les obser-^ ^Ue ^eur a suo8’drd l’étude qu’ils ont faite de l’Kx-l0n d’Amsterdam, ils ont, selon le vœu de l’administra-jU le présent rapport.
- for ' ^ *eur troP courf séjour en Hollande, que limitait diff en^ suLside qui leur avait été alloué ; malgré les eSp^CU^^s occasionnées par la dilférence du langage, ils le ^ être assez heureux pour exposer tel qu’ils l’ont vu ^.nc*;10nilement des diverses institutions ouvrières, l’or-ceilxSall0r> des ateliers et le mode de travail employé dans *10 ils ont pu visiter. Il ne leur est pas possible de
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- joindre des dessins aux descriptions qu’ils auront à feire’ car il était formellement défendu de prendre des croqué des produits mécaniques (1).
- L'industrie mécanique en Hollande. — La Hollande ne peut passer, à proprement parler, pour un pays d’indu^' trie mécanique ; elle est bien plutôt une nation commerça*1^ qui a porté à un très haut degré les échanges avec les cole nies asiatiques. Mais cependant, dans les ateliers de cons truction que les délégués de Lille ont pu visiter, l'outilla#6’ sans être arrivé à posséder les machines les plus perfection nées, est capable de produire dans des conditions assez satis faisantes.
- 1° Fabrique royale de machines à vapeur et autres.
- La fabrique royale de machines à vapeur, fondée en et qui est désignée comme étant le plus grand établisseiu^ de ce genre dans les Pays-Bas, emploie 2,000 ouvriers, cercle de ses travaux est des plus étendus : elle constr toutes sortes de machines fixes et de marine, machines agrl coles et manufacturières; elle fait la chaudronnerie en
- ’ Il 0
- et en cuivre tant pour la marine marchande que pour c de l’Etat.
- La forge a produit des arbres de 14 tonnes; la
- fonder
- possède 4 cubillots et 4 étuves ; la chaudronnerio en
- cuivr»
- x . • forin6
- fournit des appareils de sucrerie dont la construction i
- une des branches spéciales de l’établissement. La chaud1,0
- nerie de fer est à la hauteur des exigences de toutes c°^
- tructions; on peut y élever à la fois cinq navires du P
- fort tonnage et y construire également un grand nombre
- ponts et de chaudières. C’est de ses ateliers qu’est
- grand pont de Mœrdijh, long de 1,460 mètres et pesant P
- de 6,500 tonnes !
- Les ateliers de tours, d’ajustage et de montage cou ^ sent des machines pour la marine de la force de 1,200 vaux-vapeur, ainsi que des canons et des allùts. f°uS
- (1) Cette interdiction était générale. — (Note des Rapporteurs
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- Pr°duits sont généralement destinés aux approvisionnements l’Etat néerlandais, tant pour l’Europe que pour ses colonies.
- Chantiers de VAtlas, — Le deuxième établissement est Celui qu’on nomme l’Atlas. Il emploie trois cents ouvriers Aviron et comporte une chaudronnerie en fer bien agencée la construction des chaudières à vapeur et des navires ; ,llle chaudronnerie en cuivre, fonderie, forges, tours et ajus-On y construit principalement des machines à vapeur Uîl lype qui lui est particulier, jusqu’à 300 chevaux de force. ^es produits sont destinés à l’industrie privée du pays et ^elque s-un s à l’Etat. La construction de matériel pour les Usines de produits chimiques est aussi une branche impor-aïllc de cet établissement.
- Quoique ces ateliers soient montrés avec la croyance qu’ils P°ssèdent un outillage complet et parfait, ils sont loin d’.at-j lclre la situation de nos ateliers moyens de France, à part ^ chaudronnerie de fer de la fabrique royale, qui est très leu disposée et qui possède deux machines à river, dont
- 1 Une
- uinsi
- CeUes
- e peut exercer une pression de 70 tonnes. Les tours, que les machines-outils, sont les mêmes que ceux et
- et
- que nous avions il y a de nombreuses années, et qui
- Qm f • J
- ait place à d’autres plus perfectionnées.
- s outils, machines, tours, sont également mal distribués
- ^Uial entretenus; les étaux sont tous très élevés de la vis
- ^émité des mâchoires, ce qui peut, par le moindre
- ^ F serrage, les fausser : cela a pour conséquence qu'on
- diff^6Ut ^us serrer une pièce horizontalement et rend plus
- ^Clle 1 exécution d’une pièce d’ajustage.
- toi Us,avons été très surpris, disent les rapporteurs, de voir
- Un arhre de 2"loOO de longueur sur 0,u100 de dia- t
- q^t eïl lunette ordinaire et de la façon dont cela se prati-
- à ^ ^ nos ateliers il y a de longues années. Cette manière
- c0 reiïlplacée par la lunette à suivre. Nous croyons avoir
- Uvfi ae 1 absence de cet outil, sans pourtant l’aflirmer posi-
- vyuient.
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- Avec un tel mode d’outillage, la concurrence est bien diffi' cile, sinon impossible, et il n’est pas étonnant de voir si rar6' ment en France et à l’étranger un produit mécanique prr°' venant des Pays-Bas.
- Travail aux pièces. — Le travail aux pièces est répandu dans ces ateliers, mais l’ouvrier arrive rarement a un taux de journée élevé. Avant de commencer le travail aU* pièces, on vous délivre un bon vous indiquant le prix. keS rapporteurs doivent constater que dans le nord de la Fralice plusieurs ateliers n’agissent pas de môme. On vous inîo^e seulement du prix lorsque le travail est terminé; en ua mot, on distribue le bénéfice suivant le bon plaisir de direction !
- Ce procédé est peu encourageant pour les ouvriers et t bien souvent l’objet de vives réclamations.
- Considérations générales sur l'état social des ouvriers en
- Bol-
- éné'
- lies
- lande. — La durée de journée de travail en Hollande est gei râlement de onze heures, ou onze heures et demie, répar ainsi : on commence le matin à six heures jusqu’à huit henie et demie; on a une demi-heure pour déjeuner, et le tra^a reprend de neuf heures à une heure ; on a une heure P dîner, et le travait reprend de deux heures à six heures; s°1,^ vent on fait des heures supplémentaires lorsque le tra^a l’exige. _ . de
- Le prix moyen de la journée dans les parties similaireÊ^e la métallurgie varie de 30 à 43 centimes l’heure ; il faU^ bon ouvrier pour atteindre ce dernier chiffre. Le travail a pièces augmente le salaire de 23 à 30 0/0. Les renseté1 ments des rapporteurs, puisés à source certaine, leur ^ mettent d’établir et de donner comme exacte la moyePlie salaires dans ditférentes professions, ainsi que la (^Pe pour vivre. Voici ces deux tableaux :
- Salaires des ouvriers à Amsterdam.
- Charpentiers............ » 38 à » 40c.l'heUfe' .
- Maçons.................. » 44 à » 40
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- Mécaniciens-conducteurs.. Ajusteurs et tourneurs... . Forgerons................
- 36 à » 36 à » 38 à »
- 38 c. l’heure. 40 —
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- Dépenses des ouvriers à Amsterdam.
- logement composé d’une chambre dans laquelle se trouve Ulle Petite cuisine, 10 francs par mois.
- Nourriture, pension pour un ouvrier célibataire, 55 francs
- mois.
- ^rix de la viande, 2 fr. 30 le kilog.
- ^rix du pain, 36 centimes le kilog. ouvrier, en Hollande, se nourrit très mal et ne mange Prennent de la viande; sa nourriture ordinaire se com-^°Se de poisson et de pommes de terre. Toutefois, le Hollan-8 tient à avoir une mise convenable ; ce doit être au détri-^ent de son estomac qu’il se la procure. On a signalé ce a MM. D. Doyen et Cohen Stuart. Souvent des maçons,
- Codant les heures de repas, continuent à travailler en mandant
- de
- Çue
- un faible morceau de pain, afin de faire plus d’heures travail pour augmenter leur salaire.
- situation des ouvriers du Nord de la France n est pas ^Us brillante, et les salaires, parmi les ouvriers ajusteurs et
- tou
- pièces, également très répandu, augmente le prix de eure de 15 centimes en moyenne.
- rUeurs, varient de 33 à 45 centimes de l’heure. Le travail
- le
- Quant
- à la nourriture dans le Nord, elle n’est pas meil-
- fiu’en Hollande, car la chicorée, remplaçant le café, e Ie Principal rôle dans l’alimentation ; on y ajoute des
- Poru
- viand.
- 11168 de terre et du paiu, quelquefois seulement de la
- v. e- Voilà, eu général, la nourriture des ouvriers du
- ^la France!
- }’ e situation est très regrettable pour ces deux pays, où dur/faVa^e ^eauc0llP el °ù l’on produit peu en raison de la et 6 journée ! Certainement la mauvaise nourriture
- pr ^suffisance sont un empêchement à une plus grande
- uuction.
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- * •là
- On s’expliquera facilement la difficulté qu’il y a pour
- province de faire la concurrence à certains produits fabrl
- qués au centre de Paris, où les frais généraux et les salait
- sont pourtant le double. Les ouvriers, à Paris, bien qu’appal
- tenant à tous les pays, ont un salaire plus rémunérateur >
- ils acquièrent des habitudes de nourriture plus fortifiante,et
- ils produisent une fois et demie de plus que l’ouvrier de pr°
- vince ; s’ils gagnent le double, il y a encore bénéfice pont la
- production î
- Les délégués de Lille n’ont pas vu autant d’activité dans les ateliers de Hollande que dans ceux de France, maisil^ ont remarqué une plus grande liberté : on ne se cache pa^ des chefs pour la moindre chose. Cette discipline sévère Ç111 règne dans nos ateliers et qui sème et entretient la divxsl0tl entre ouvriers et patrons, n’existe pas en Hollande, on
- le
- est
- contre-maître est l’ami de l’ouvrier, comme le patron ^ son conseil même dans la vie intime ! Il y a rapprochent^ entre patrons et ouvriers ; il serait bien désirable que même chose existât dans notre pays, dans l’intérêt de industrie nationale, qui soutire, dans certaines branches, l’antagonisme qui règne entre les deux facteurs du trav< On rencontre peu d’ouvriers étrangers dans les atelieis ^ Hollande. Ceci explique l’absence d’outillage nouveau • ^ ouvriers auraient pu apporter des moyens de travail ou^ ^ systèmes perfectionnés dont ils auraient vu l’empl01 leur pays. On trouve quelques.Allemands, un peu d’Angla rarement des Belges et dés Français.
- et
- le
- oU"
- et
- Les ouvriers hollandais aiment beaucoup leur pays quittent peu. Ils ne reçoivent pas avec satisfaction leS . vriers étrangers. Sur les observations que firent â ce • les deux délégués lillois, en visitant la fabrique royal0» leur raconta le fait suivant, qui s’y était passé environ Qu mois auparavant : , ^
- Un ingénieur anglais est à la tête d’une certaine paltie t l’établissement comprenant la chaudronnerie on f°r» ^ comme cela se pratique généralement entre national
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- étranger, plusieurs ouvriers anglais furent employés par
- avec un salaire plus élevé. La raison en était que le tra-
- était plus vite exécuté et mieux achevé ; il s’ensuivit de-îré
- ce
- Rentes réclamations de la part des ouvriers hollandais, Çui, du reste, n’empêcha pas de conserver les ouvriers ailglais. Une grève en résulta. On demandait le renvoi des 0üvriers anglais, si l’on n’accordait pas de faire l’essai sui-: choisir, parmi les ouvriers hollandais et parmi les °uvriers anglais., un nombre égal d’hommes qui exécuteront un travail semblable, et, lorsqu’il serait terminé, on giflerait la différence qui existerait entre les travaux des eux groupes. Cette convention fut acceptée par l’adminis-
- toati
- l0n, et les ouvriers rentrèrent à l’atelier. On donna la Moitié de la construction d’un navire en fer aux uns et l’autre Moitié aux autres. Lorsqu’il fut achevé, on constata que la eur du travail était égale de part et d’autqe. Les Anglais ’Ofcnt renvoyés !
- , France, on aurait plutôt fait grève pour le contraire,
- C ; i.
- . L~a-dire pour des étrangers qui auraient accepté un salaire erieur à celui des ouvriers nationaux !
- ^es grèves. — Les grèves sont très rares en Hollande, ^ e que les patrons écoutent et prennent en considération sio r^aiïla^ons leurs ouvriers ; il s’ensuit une discus-su ,Iïlu^ue^e cordiale entre les deux parties, de laquelle blt ordinairement une base de conciliation. Ces rappro-ciïients entre patrons et ouvriers sont des plus favorables
- 4‘industrie.
- U
- r rance on est souvent peu disposé à entendre les ob-ll°ns des ouvriers ; on craint de prendre leurs réclama-
- tio
- fa,
- Ils pour des ordres : il en résulte des conflits et les deux }v^Urs de la production en arrivent à se traiter en ennemis; ustrie en souffre et la grève apporte la misère au foyer a ^aiuille ouvrière !
- Cah|eS Syn^cais professionnels. — Il existe plusieurs syndi-difT ^r°^ossi0riï,els a Amsterdam, principalement dans les Rentes professions du bâtiment. Ces syndicats sont loin
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- d’avoir Ja vitalité de ceux de France, malgré la grande liberté de réunion et d’association que possède la Hollande, aussi, disent MM. D. Doyen et Cohen Stuart, nous supp0' sons qu’ils ont bien peu d’influence sur la masse ouvrier6. Des livrets d’ouvriers. — Le livret d’ouvrier, dont on re doute à tort la suppression en France, n’existe pas dansleS Pays-Bas, ce qui n’empêche pas, comme on l’a signale, bonne entente entre patrons et ouvriers. Il en est de me^ de l’institution des prud’hommes, qui n’y a jamais été et& blie; les rares différends entre patrons et ouvriers sont jngeS par les tribunaux ordinaires, ce que les rapporteurs n Y prouvent pas et ce qu’ils sont loin de désirer pour la Fraflce Inventions. — En Hollande, il y a peu d’inventeurs, peüt être, parce qu'il n’y a pas de loi les garantissant contre 16S contrefacteurs, et peut-être aussi parce que le HollandalS s’occupe peu de rechercher les perfectionnements me09, niques (1).
- DESCRIPTION DE CERTAINS PRODUITS MÉCANIQUES DES DIFFÉRÉ1 PUISSANCES A L’EXPOSITION D’AMSTERDAM
- Pays-Bas. — Ce pays expose beaucoup de produits niques, et les délégués de Lille ont remarqué que, gêner ^ ^ ment, le régulateur à force centrifuge, système Buss, e adapté aux machines à vapeur sous dilférentes applica^0^ sans cependant changer le principe. Remarquées pal également, les chaudières à vapeur avec leurs deux ^ papes, dont l'une doit être, suivant une loi, enferinee une boite en tôle.
- très
- (I) MM. Denis Doyen et Cohen Stuart ne s’en tiennent pas à c°^fe intéressants renseignements généraux sur l’existence de la classe o ^ en Hollande; ils ont étudié à fond les établissements d’ensciga^ aU professionnel du pays. Cette autre partie de leur rapport se tr® ^uj.
- proiesbiumici uu pctjra, ucuu uuuc parue u« leur ~ ,
- chapitre Knscvjnement professionnel; nous y renvoyons le *CC|jgaI1tle nous en sommes convaincus, partagera notre satisfaction en travail des deux délégués de la ville de Lille,
- (Note des Rapporteurs yiï
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- Les machines motrices des sections anglaises et allemandes °*d été fournies par E.-II. Begemann, constructeur à Hel-^nd. Les machines sont munies d’une détente variable par ^ régulateur, selon le système Rieder, système qui a été exploité par la maison depuis plusieurs années.
- Appareil à enfoncer les pieux de fondation, des frères Fujée, a Raarlem. — Une méthode de fondation très générale en j °ltende est la fondation sur des pieux (pilotis), partout où terrain ne consiste pas en sable ou en glaise; les pieux 0lVent être complètement au-dessus du niveau de l’eau qui Se trouve dans le sol, et la pointe doit s’enfoncer dans des c<teches dures et sablonneuses qu’on trouve à une profondeur s ou moins grande, ou bien quand on n’en trouve pas,
- ies •
- pieux sont assez longs pour que le frottement sur les (?tés suffise pour porter le pieu avec la charge au-dessus. eùéralement la distance entre les pieux est de 1 mètre et la aige nominale de chacun d’eux est de 6,000 à 7,000 kilo-o^teuies; la longueur dépend du terrain et varie de 6 à Métrés.
- ^ Autrefois on enfonçait les pieux par force d’hommes, mais ePuis une quinzaine d’années on n’emploie plus que des ^ lunes à vapeur. On monte un trépied en bois avec palan ^ Poids en fonte et un treuil à vapeur avec tambour à dé-^ayage conique. On monte le poids et on le fait retomber jus ^ ^eU en ^brayant le tambour, opération qu'on répète ^ ^ ce que le pieu soit enfoncé suffisamment dans le sol.
- bié ^res Figée ont exposé un nouvel appareil qui a déjà eiùployé avec succès par un grand nombre d’entrepre-Urs et d’i
- tepeur
- ingénieurs. Le poids en fonte forme cylindre à
- a action directe. La vapeur d’une chaudière y est ^duite par un tuyau llexible eu caoutchouc, un robinet à tubulures est manœuvré moyennant un système de CeUes, le cylindre est mis en communication simultanément te te conduite de vapeur et avec l’évacuation, et pai suite ^testes et retombe sur b; pieu. Le poids le plus employé du ^tedre esl OOO kilogrammes, la course 2 mètres, le nombre
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- de coups 30 par minute. Cette méthode a l’avantage de n’êhe ni compliquée, ni coûteuse, mais la conduite en caoutchou0 doit être souvent renouvelée.
- Presses hydrauliques de capoc, des frères Stork et C% gels. — La maison Stork et C% constructeurs à Henge^’ expose une grande machine jumelle Compound et plusieu^ locomohiles; la construction en est excellente, mais pasn°ü velle, sauf la détente variable par le régulateur, qui cepeI1 dant paraît un peu lourde. En outre, la maison expose u°e presse hydraulique verticale de capoc, sur laquelle les raP porteurs croient utile d’appeler l’attention, l’appareil éta^ la première presse hydraulique de capoc construite jusqu a° jourd’hui, et les bénéfices provenant de la presse étant tr^s grands. Le capoc est une espèce de coton de peu de valeur mais très volumineux, de sorte que les frais de transp°r^ des Indes en Europe sont relativement très grands; 1 donc important de les réduire autant que possible.
- Voici les calculs fournis par le constructeur aux deux gués de la ville de Lille : ^
- Avec la presse exposée, on peut emballer 65 kil°s capoc dans un paquet de 0“62 de longueur, de larges
- A A . U o/CC
- de hauteur, ce qui correspond à un volume de 0,uc*4 ^ 3 mètres cubes pour 4,000 kilos. Les ballots de cap°c 0,Uc55c<!, faits selon la méthode ancienne, ne confie011® que 32 kilos de capoc, ce qui fait pour 1,000
- il es1
- délé'
- s de ur et
- cc QÜ
- gra°u
- cob®
- Le volume des derniers est donc 13mc5cc pluS que celui des premiers. Or, le transport do 1 mètre de capoc, de Java à Amsterdam, coûte à présent 42 n ce qui {fait, pour 13mc5c0 ou 1,000 kilos de, capo° ' ^ bénélice de 568 francs. Le prix de la presse, aVC<^go pompe alimentaire et tous les accessoires, est lixé û
- francs, y compris l’emballage et le transport jusqu à
- terdam.
- Fabrique royale de machines à vapeur et autres, Aî)l dam. — L’exposition de la fabrique royale d’Amsterda*0
- n*
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- Priait lieu à aucune description spéciale de quelque détail Mécanique.
- L’exposition contenait un triple effet de 2,400 hectolitres avec accessoires. Une pompe à air, un moulin à cannes avec Machine motrice et transmission, une machine Compound de ^ chevaux, etc.
- Société de l’Atlas, d'Amsterdam. — Comme nous n’avons Pas encore décrit la grue de 100 tonnes, exposée par cette ^ison, nous donnons la très complète description qu’en ont faite les délégués de Lille :
- La Société anonyme l’Atlas, d’Amsterdam, expose une chèvre à vapeur pouvant élever des poids de 100 tonnes et g-rue vapeur sur chariot pour poids de 20 tonnes. Le Premier appareil a été construit pour le ministère des colo-mes néerlandaises et est destiné à l’établissement de la ma-flïle à Sa;rabaya (île de Java) ; le deuxième a été construit P°nr le nouveau canal d’Amsterdam à la mer du Nord et est estiné à placer les blocs de béton des jetées du port ^niinder.
- La chèvre de 100 tonnes est formée de trois pieds. L’incli-
- ‘SOn des deux avant-pieds est variable pour pouvoir
- ||Vancer ou reculer les poids à élever; barrière-pied peut
- Songer ou se raccourcir ; il se forme d’une partie creuse
- j tôle portant au bout inférieur un écrou, et d’une vis en
- ^ni, en tournant, entre plus ou moins dans la partie creu a • • 1
- be nu pied. Le bout du pied portant l’écrou est supporté
- ^ nn petit chariot se promenant sur un chevalet à treillis.
- ^ b^stôine est celui qui a été généralement suivi depuis quel -
- ce} • Ulln<^os pour ces sortes d’appareils, entre autre pour
- 1 ^ ^ c^^vre ^ tonnes placée en 188U sur le nou-
- 1^0 commerce à Amsterdam, et pour celle de
- } ^0,lncs construite en 1878 par la maison Cockerill pour
- P°rl d’Anvers (1).
- ^lle^rpA°neZ raPP<n’t de MM. K. Andrieue el J. Guignon, délégués delà
- e d’Albert (Somme).
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- La chèvre de l’Atlas est munie de deux systèmes de palans et de tambours, l’un pour des poids maximum de 100 tonnes, l’autre pour des poids maximum de 20 tonnes. Le moteur est une machine horizontale à changement de marche, sans condensation et à deux cylindres ; elle commande par 1 termédiaire d’engrenages et d’embrayages à pistons, grands et les petits tambours pour l’élevage, la vis et l’arrière pied pour le mouvement horizontal des poids. Un mouvC' ment à main, commandant les petits tambours, est joint a l’appareil pour pouvoir élever des poids de 20 tonnes à bras d’hommes. Le générateur, la machine à vapeur, les transmit sions de mouvement et les manivelles de manœuvres com mandant les débrayages se trouvent dans une maisonnette en bois. La chèvre a été montée sur une fondation pro^1 soire de pieux et de maçonnerie assez solide pour permette à la commission nommée par l’Etat d’en constater le boli fonctionnement. Voici les expériences qui ont été faites Par cette commission dans le courant de l’été :
- Un poids de 100 tonnes se trouvant à 2m75 en dedans ^ points d’appui des avant-pieds a été levé à une hauteur 15 mètres avec une vitesse de 50 centimètres par miuule’ avancé de 13m25 avec une vitesse de 80 centimètres pur 11(11 nute, baissé de 15 mètres, relevé à la hauteur origi*16 ’ reculé de 13,n25 et reposé sur le sol. La même expérience été faite avec un poids de 20 tonnes avec des vitesses 1 mètre par minute pour Fl’élevage et de lu,50 pour le 111011 vement horizontal.
- Les dimensions principales sont les suivantes :
- Longueur des avant-pieds de centre en centre, 29,,ll^’
- Longueur maximum de l’arrière-pied, 38,n600;
- Longueur minimum de l’arrière-pied, 3U"400;
- Distance des points d’appui des avant-pieds de centre centre, 13n,200;
- Distance des tètes des avant-pieds de centre en cent1"
- 1“880 ;
- Distance horizontale de la ligne reliant
- les points
- d’»pp#1
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- — 325
- des avant-pieds, jusqu’au point d'oscillation de l’arrière-. Pied, 18m800.
- Diamètre de la vis faisant partie de l’arrière-pied, 0m315; Pas de la vis faisant partie de l’arrière-pied, 0ra120 ;
- Nombre de filets faisant partie de l’arrière-pied, 2 mètres ; Longueur de la chaîne pour l’élevage de 100 tonnes, ^0 mètres ;
- Longueur de la chaîne pour l’élevage de 20 tonnes, ^5 mètres ;
- Puissance indiquée de la machine motrice, 30 chevaux-
- vapeur ;
- Diamètre des cylindres à vapeur, 0m320 ;
- Lourse des pistons, 0IU540 ;
- Nombre de tours par minute, 50 tours.
- Le générateur est à retour de flammes et muni de tubes laiton :
- Diamètre du générateur, 2 mètres ;
- Longueur du générateur, 2m60 ;
- Nombre de tubes, 60 tubes; '
- Puissance de la vapeur, 4 atmosphères.
- La grue à vapeur pour le port d’Yminden est destinée à lever :
- i Des poids maxima de 20 tonnes à une hauteur de 9m30, ^Vec une vitesse de 2m25 par minute, et dans un cercle de mètres de diamètre.
- ^ JJes poids maxima de 10 tonnes à une hauteur de 7 mè-s et dans un cercle de 20 mètres de diamètre.
- Ti
- ^ Agrandissement des cercles de 14 à 20 mètres, en chan-
- ge.ant l’inclinaison de la flèche de la grue a lieu dans trois
- ^Uiutes. Pour un tour complet, il faut deux minutes et demie.
- . grue consiste eu un générateur vertical à foyer inté-
- ^eUr et cinq tuyaux horizontaux, en un treuil à vapeur et
- flèche mobile; elle est montée sur un chariot à 2 bogies,
- ac'ine de 4 roues. Pour donner assez de stabilité à la STh
- e> suivant l’arbre transversal du chariot, 4 pieds mobiles ^1 attachés aux côtés du chariot.
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- Les dimensions principales sont les suivantes : Diamètre de la chaudière, lm500;
- Diamètre du foyer en cône, !m100 à lm300; Hauteur, 3m250;
- Hauteur du foyer, 3m200 ;
- Pression de la vapeur, 6 atmosphères.
- La machine est verticale et a deux cylindres. Diamètre des cylindres, 0in200 ;
- Course ries pistons, 0m280;
- Nombre de tours, 100 par minute.
- France : Compagnie de Fives-Lille. — La Compagnie Fives-Lille exposait des appareils de sucreries et des photo-graphies de locomotives, de ponts et charpentes en for'? (^e machines d’extraction et d’épuisement des mines, de 11fia' chines marines Compound et d’autres constructions mécaniques exécutées dans les vastes ateliers de la Compagnie Fives-Lille et à Givors. Les principaux appareils de sucrer16 sont : un moulin à cannes à cylindres de 0m760 de diaUiè|ie et l,n520 de longueur; une machine motrice et transmis1011 de mouvement; un délibreur svstème Faure; un triple eft6*^
- 1 Tl P
- à 2,200 hectolitres, avec tous les accessoires complets; u batterie de quatre centrifuges américains, système Hepwou ’ avec transporteur et élévateur ; une turbine, système spécia lement disposé pour opérer le clairçage (sic) du sucre 1 moyen de vapeur surchauffée; et enfin un générateur se#11 tubulaire bouilleurs. .
- |-
- Société des anciens établissement$ Cnil, Paris. —• ,ja ciété des anciens établissements Cail, à Daris, contenait Prl1 cipalement des appareils de sucrerie et des dessins et p tographies de locomotives, de ponts el charpentes en Voici les principaux objets exposés :
- Un moulin à cannes, avec machiue motrice et transi111^ sion de mouvement ; les bi\tis du moulin de la machiue de la transmission sont complètement en fer. (Les déleg croient que ce moyen de construction, quoique pluS
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- Coffre pas autant de rigidité que les forts bâtis en fonte.)
- Un défibreur à cannes, système Lamblet et Ferron;
- Un appareil d’évaporation à triple effet et tous ses accessoires ;
- Une chaudière close à cuire dans le vide ;
- Un filtre-presse, système Trinks;
- Un centrifuge pour le clairçage (sic) des sucres ;
- Une batterie de centrifuges suspendus, système Weston;
- Un diffuseur avec porte-bayonnette ;
- Une locomotive agricole à quatre roues accouplées de ^ÛOOkil., à voie de 0m800;
- Un canon, pièce de montagne, système de 80 La Supériorité de ce canon sur ses concurrents français et Rangers, par rapport à sa légèreté, sa sécurité, grande Vltesse initiale et justesse de tir, a été officiellement constatée l*ar le jury de l’Exposition. Des pièces du système de Bange, ^0tlt 8,000 ont été exécutées jusqu’ici, et constituent l’arme-actuel de l’armée française.
- Uarmi les nombreux dessins et photographies, il y a lieu signaler : l’ascenseur des Fontinettes, en construction do Saint-Omer, destiné à faire franchir en cinq minutes, [ des bateaux de 300 tonnes, une chute de 13 mètres de dateur.
- ^ appareil se compose de deux sas de 40 mètres de lon-j^aeur chacun, monté sur des pistons hydrauliques de
- Mètres de diamètre et 13 mètres de course. Pression dans
- ks n
- Passes hydrauliques : 27 atmosphères; poids de l’appa-• 1,200,000 kilogrammes;
- a coupole de l’Observatoire de Paris, destinée à un équa-lal de l(j mètres de longueur; elle est mobile et peut ^UrUer en cinq mi miles autour de son axe en roulant sur ^ galets. L’observateur peut effectuer seul le mouvement r°tation et tous les mouvements de l’équatorial et des ^c®ssoires, ^en que le poids de la coupole soit de 80,000 ki-^“aiïimes et son diamètre de 20 mètres.
- exposition de Tandon établissement Cail et celle de
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- Fives-Lille étaient, selon l'opinion générale, les plus imp°r' tantes de toutes les expositions de machines, tant français qu’étrangères qui ont concouru à Amsterdam.
- Marinoni, Paris. — La maison Marinoni exposait plusieié de ses presses renommées, typographiques et lithogra phiques. La presse typographique est d’un système perfeC tionné et n’exige qu’un homme pour son service au lieU trois hommes nécessaires pour les anciennes presses. presse rotative, fournissant 18,000 exemplaires à l’heure à un journal imprimé des deux côtés et plié, fonctionnait à l’Lxp0 sition chaque dimanche. Le Petit Journal se sert de presses pareilles, ce qui le met en état d’imprimer en quelqueS heures un demi-million d’exemplaires !
- Dumont et Ce.—Dans le hall des machines se trouvait pompe centrifuge de grand modèle de la maison Dumont et ’ et dans un pavillon spécial une de ces pompes avec locofl10 bile peut être vue en fonctionnement.
- r • ifS
- Le rendement de ces pompes a été prouvé à plus*e reprises être supérieur aux pompes anglaises, cependar)t’ en Hollande, où les grandes pompes centrifuges sont beal1 coup employées depuis une dizaine d’années pour des trava1^ de défrêchement (sic) des polders, les pompes de Du#1 sont peu connues. On se sert des pompes centrifugé aïl glaises de Gwynne et G0, John et Henry Gwynno et brothers, de pompes allemandes de Brodnitz et Seyd®^ Berlin, et de pompes hollandaises et belges. Les rapport attribuent cela en partie à ce qu’on ne connaît pas en lande le rendement supérieur des pompes Dumont, principalement à une différence de prix en faveur despo^P
- est
- anglaises et allemandes.
- Usine de A. Piat, à Paris. — La maison Piat, à Paris? une des rares maisons de constructions qui s’appliquent fabrication spéciale d’organes de transmission : engrena#®^ palieis, chaises, etc... Dès la fondation, la maison a siû^ ^ principe qu’il faut se spécialiser, afin de produire aux leures conditions possibles, comme prix et comme h111
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- travail, et le grand développement de l’usine prouve assez elle a réussi. La maison, fondée en 1831 par M. Piat père, et dirigée depuis 1869 par M. Piat fils, occupe maintenant 4°0 ouvriers; la production a atteint le chiffre de 2,000,000kil. fonte par année :
- Poulies.............. 800.000 kilogrammes.
- Engrenages........... 600.000 —
- Mécaniques diverses... 600.000
- magasin il y a toujours 600,000 kilogrammes de pièces Mdes & livrer^ et ]e catalogue de modèles publié par l’usine patient plus de 9,000 numéros. (Nous ne suivrons pas les legués dans la description des produits exposés, l’ayant 'te avec ie rapp0rt des délégués de la ville d’Albert °ïïime ), nous donnons seulement la conclusion de
- iA- Doyen et Cohen Stuart sur Pexposition de la maison
- Piat) :
- fvant de quitter cette exposition, aussi importante au de vue économique qu'au point de vue industriel, nous ^ Abonnons les institutions suivantes, fondées par M. Piat, ^ r Ses ouvriers, et dont nous avons pris connaissance avec
- e^c°up de plaisîr.
- °ciété de secours mutuels, caisse de retraite, assurance
- fuDt • 7 7
- dei’Ul*e contre 4es accidents, participation dans les bénéfices Usine, bibliothèque, école d’apprentis, etc.
- es délégués de la ville de Lille citent, en Belgique, les ç rateurs de la maison Ch. de Nayer et Ce, de Willebroeck. ^ s°nt ces générateurs qui fournissaient la vapeur aux ma-nGs Motrices de l’Exposition d'Amsterdam; ils ont été H s plusieurs fois déjà par divers délégués ; nous ne »n s y arrêterons donc pas à nouveau. Par contre, nous
- A 7
- donner presque in extenso le compte rendu que s0 Cohen Stuart font de l’exposition de la mai-
- ^ 0rtinz frères, constructeurs à Hanovre (Allemagne), notre pensée, le travail nue nous faisons doit rendre
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- quelques services à nos concitoyens, aussi bien patro^
- qu’ouvriers; notre industrie souffre de la concurrence étrafl
- gère, nous devons donc chercher, partout où elles se troü
- vent, les causes de cette concurrence. Ce ne serait pas falie
- lis
- œuvre de patriotisme que de cacher les progrès accomp1 par nos adversaires. Nous pensons, au contraire, qu’il la les montrer, les signaler à l’attention de tous pour que t°llS nous nous ingénions à trouver les moyens d’en conjurer leS désastreux effets.
- C’est évidemment une pensée analogue qui a guide délégués lillois, quand ils ont examiné les produits de C11 dustrie allemande, et qu’ils en ont signalé les progrès. ne saurions mieux faire que citer textuellement et cornp^e ment cette partie de leur remarquable rapport.
- Allemagne.—MM. Kortinz frères, constructeurs à Han°vl\
- jp la
- — Dans un pavillon spécial se trouvait l’exposition a maison Kortinz, de Hanovre. La maison a introduit, dep sa fondation, en 1883(1), beaucoup d’améliorations, priudP^ lement dans la construction des freins à vide pour c^eIïlüp de fer; elle exposait des injecteurs et des électeurs, des P somètres et des machines à gaz.
- Voici la description du frein à vide continu et auto#1 tique de la maison :
- Chaque wagon est muni d’une conduite princip
- ale
- p;
- d’nn cylindre à vide G, avec piston commandant, Pal ^ moyen d’un système de leviers et de tringles, les sabol ^ serrage contre les bandages des roues ; d’un réserve vide ü; d’une conduite secondaire Z, liant le cyli11^^ réservoir; d’un grand clapet d’air L, sur la conduite P1 ^ pale ; de deux petits clapets d’air C, sur la conduite se daire ; de deux tuyaux d’accouplement K. . . ^
- Sur la locomotive se trouvent, en outre, un grand
- (1) C’est la date fixée par le Rapport des délégués lillois, niais
- pensons qu’il y a erreur. — (Note des Hnppor leurs q&n&rawe.)
- no”
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- ^ à vapeur E, et un petit injecteur C, servant à produire Vlde dans. les appareils.
- cylindre est muni d’un piston avec bande en caout-0yc imprégné de graphite. Le tuyau P du cylindre coin-j^ique avec la conduite principale, le tuyau Z avec le ^ erv°ir. Suivant le crocquis (1), le tuyau P du cylindre se ,°Uve du côté de la tige du piston, mais il peut aussi être
- fecé
- de l’autre côté, et le tuyau Z du côté de la tige quand
- '-J a
- lsPosition du levier de transmission (comme sur les cro-I au wagon avec frein) le nécessite; la disposition de la de caoutchouc, dans ce cas, est aussi en sens in-v^e (2).
- réservoir est en tôle; tous les joints sont soudés. Il 6 ^.kilogrammes, a I mètre de longueur et 350 milli-^res de diamètre.
- i ,jeS. tuyaux d’accouplement sont en caoutchouc à la fois (sic) 4 °de et à gauche, de sorte que chaque wagon peut être ^üpié à un autre wagon.
- <Uis l’état normal, il existe un vide d’à peu près 60 centi-ff 68 de mercure dans tous les appareils; pour serrer les . lll8> on n'a qu’à introduire de l’air dans la conduite prin-
- Vle. 4
- p0
- ^ établir le vide nécessaire dans les appareils, le ^^uicien fait fonctionner le grand éjecteur E, et pour ^tenir le vide, il le remplace par le petit éjecteur e.
- Vlde s’établit non seulement dans la conduite principale
- °ôtés des cylindres portant les tuyaux p, mais aussi
- les ^Hs I
- lesjj GS c^^s portant les tuyaux z, et dans les réservoirs, $^a,ethis en caoutchouc des pislons permettant libre pas-a 1 dans le sens indiqué par les tlèches. Le vide 1 011 n’a qu’à, ouvrir le clapet /, sur la locomotive, ou un pareils qui se trouvent sur chaque wagon pour erle* freins. Pour desserrer les freins quan{J un wagon
- (2) ^0<JU’S ((Uft nous n’avons malheureusement pu publier.
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-
-
- fait
- et 1»
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- doit être détaché du train, on ouvre le petit clapet l qui entrer l’air dans le réservoir.
- Des clapets de retenue sont placés entre les électeurs conduite principale pour pouvoir démonter un de ces appa reils sans introduire de l’air dans la conduite. Un vacû111 mètre sur la locomotive sert à indiquer le vide.
- Les principaux avantages du frein sont les suivants
- 1° Le frein est continuy fonctionnant sur toute la long du train, et il peut être mis en marche sur chaque wag°n train, simplement en ouvrant un clapet pour l’entre^ l'air dans la conduite principale ;
- netf1
- du
- tinW ou"
- ciel1
- mê#
- 2° Une force de serrage trop grande, causant le pu des roues est impossible, la pression entre le piston ne P vant dépasser 1 kilog. par centimètre carré. Le mécani1 peut régler la force de serrage en observant la pression quée par le manomètre ;
- 3° Les freins fonctionnent instantanément et au ^ moment dès qu’on ouvre un des clapets d’entrée de lu duite principale ; ^
- 4° Le vacummètre permet au mécanicien de contr0^^
- bon état du frein et l’étanchité de tous les appareils, Pa
- - i wag°c’
- qu’il n’y a pas de clapet entre le cylindre et le ^ 0 l’étanchité seule du piston y fait exception et ne peut être contrôlée par le mécanicien ; pt
- 5* Le frein est automatique ; un léger endomnaag de la tuyauterie, causé soit par déraillement, soit par rUP , jr du bandage ou relâchement des roues, fait entrer dans les conduites et fait fonctionner le frein;
- 6° Le serrage petit être exercé constamment sur ^eS ^
- 7° Comme le fer entre seul dans la constructioih Ie
- îïfle
- il!
- est solide et simple.
- Un désavantage est qu’à cause de la pression relatif faible dont ©n peut disposer, les appareils sont un PeU et encombrants. j’e^P^
- « Nous faisons suivre ici un extrait d'un rapp°r* ^\e. riences faites avec le frein à vide de la maison Kortio*
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- du chemin de fer de Moscou à Kursk, en Russie, le
- lQ
- mars 4883. Après avoir affirmé la simplicité et l’arrangent pratique des appareils, on donne la description sui-v^ute des expériences faites avec le train en marche :
- train muni du frein à essayer se composait de neuf nres à voyageurs à six roues, un fourgon à bagages à
- noues et une locomotive de Bœrsig dont les roues motrices
- 4Vai
- lent un diamètre de lm530. — Le nombre des essieux ‘lait;
- Essieux de voitures..... 30
- Essieux du tender......... 3
- Essieux de la locomotive.. 3
- Total........ 36
- ^ Quatre voitures à voyageurs étaient munies du frein sur /deux essieux extérieurs. Les essieux actionnés par le ein étaient :
- Aux voitures................ 8
- Au tender................... 3
- A la locomotive............. 2
- Total........ 13
- ^6 o/o du nombre total.
- a °harge totale du train et la répartition de la charge ^es essieux est indiquée par la table suivante :
- Charge sur les essieux munis du frein. 1” Charge sur les essieux non munis «le frein. V" Charges totales. P
- °bures Kilog. Kilog. Kilog.
- 37.400 86.400 123.800
- euder. 27.700 )) 27.700
- émotive.. 23.700 12.500 36.200
- Total .... 88.800 98.900 187.700
- U
- raPport de la charge sur les essieux munis de freins à SUr tous les essieux est de 47.16 0/0.
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- des
- . ^
- ' Le rapport de la charge sur les essieux munis de frelD celle sur les essieux sans frein est de 89.26 0/0.
- Chaque wagon était muni d’un cylindre à vide ; diaiflett du piston : 430 millimètres.
- Diamètre de la tige du piston : 65 millimètres.
- Rapport des bras du levier du côté du cylindre à celui sabots : 1/5. ^
- Le cylindre du tender avait un diamètre de 600 1(11 mètres.
- Diamètre de la tige du piston : 65 millimètres.
- Rapport des leviers : 4/5. ^
- La locomotive était munie de deux cylindres à vide (u^ chaque côté de la machine) de 430 millimètres de dia#1 Diamètre de la tige du piston : 65 millimètres.
- Rapport des leviers : 1/5. jt
- La disposition des cylindres des wagons et du tender telle, que le serrage des sabots s’effectuait par la PreSS ^ sur le piston du côté opposé à celui de la tige du’pist011 ^ conséquent par la sortie de la tige); à la locomotive, P ^ pression sur le piston du côté de la tige (par la rentrée
- tige)' . . A/0 ^
- Le vide dans les appareils s’élevait à environ 66 0/ vide parfait, correspondant à une pression de 36 kilogra par centimètre carré. ^
- Admettons que seulement 90 0/0 de l’effort total agisse les sabots, et étant donné que la pression atniospb^1^^ suivant l’indication du baromètre, était de 744 rnilhtf1
- on obtenait sur les sabots les pressions ci-après, eu entrer librement l’air dans la conduite de manière â
- la^
- gau1
- avclf
- ,lière’
- d’un côté de chaque cylindre une pression d’une atmosp soit :
- oeid>
- Il la pression atmosphérique = 744 mill. = 1 kil. 01 P' h la contre-pression dans les cylindres.. . 0 ^4
- U h la pression effectuée sur les pistons... 0 07
- a le coefficient de rendement.
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- — 335 -
- ^ ta surface du piston égale :
- 1,454 aux wagons et à la locomotive.
- 2,825 au tender.
- * ta section des tiges des pistons égale : 33 cent, carrés. c tas rapports des bras aux leviers égalent : 5 aux wagons, 8-5 au tender.
- 3.42 à la locomotive.
- i
- Je nombre de cylindres à vide égale : 4 pour les wagons, 1 pour le tender, 2 pour, la locomotive.
- ta s’en suit :
- Pression sur les sabots : P = (Yl-h) (S-s) c d ta°ür les wagons :
- P = 0.67 X 0.9 X 1,421 X 5X4 = 17.200 kil. ta°ur le tender :
- P = 0.67 X 0.9 X 2,792 X 8.5x 1 = 14.060 kil. taour la locomotive :
- P = 0.67 X 0.9 X 1,454 x 3.42 X 2 = 5.980 kil. ta** pression sur les sabots était donc :
- Pour les quatre wagons...... 17.200 kil.
- Pour le tender.............. 14.060 —
- Pour la locomotive.......... 5.980 —
- Le
- Apport de la pression des sabots sur les roues aux
- r§es des roues à un frein était
- Wagons............ 45.5 0/0
- Tender............ 51 —
- Locomotive........ 25 —
- ^ta 0US bandages, les sabots de la locomotive et du tender,
- éta; tas rails, étaient en acier; les sabots des wagons ent en fonte.
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- Les essais d’arrêt du train ont donné les résultats
- sur
- vants :
- Numéros Distance CONDITION État Vitesse du train en kilomètres Ss- v<a er-g V3 • g.g. s.S g a g « Ü 3 % S & i o S 2? 0
- des DE MOSCOU de des par heure, au moment de faire C f j P- tfi o $ a tfl‘5n'Cb
- ESSAIS en kilomètres. la ligne. Rails. fonctionner le frein. g* a S g je h
- I. Marche de Moscou 238
- 1 8.5 Droite, passage d’une rampe à la pente de^j » 66 33
- 373 267 384
- 2 14 Droitepente^-^ 2 66 50
- 3 4 25.5 39.5 Ho 7 a lOOU Ho 8 a iouo )) )) 64 62 27 37
- II. Retour à Moscou 213
- 5 20.5 Droite pente 60 33
- fle îûôô )) 75
- 6 Station de Courbe. 2 26.5 10
- Za. Horizontale. 2
- Droite. )) v
- 7 Horizontale. » 45 22
- mOYeïl
- L’arrêt du train pour les essais 3 et 7 fut ellectue au J ^ de l’ouverture d’un clapet à air d’une voiture, et par c°IlS ^ quent, au moment de la mise en action du frein, la ^°c0l^ür tive travaillait, dans ces deux cas, à pleine admission, P les autres essais, les arrêts furent effectués par la l°c0111 tive.
- Le vide, dans les appareils à 66 0/0 de la pression ^ sphérique, se faisait en vingt-sept secondes avec Ie &ra éjecteur; le petit éjecteur est accouplé, durant tout le j pour maintenir le vide; la consommation de vapeur 11011 presque pas sensible, les ouvertures des tuyaux de cet aP
- reil n’ayant pas pins de 3 millimètres de diamètre.
- )érég’
- Après les essais de serrage des freins des voitures op en ouvrant le clapet d’air (essais 3 et 7), il n’y a pluS ^ doute que, dans le cas d’une rupture d’attelage et par c0ll?gS quent de la conduite, ces freins agissent à chacune despa1* séparées du train.
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- La durée du serrage des sabots après la mise en marche ^ frein fut observée dans la gare de Podolsk, où le train essai resta une demi-heure sur la voie sans la locomotive ; aPrès ce temps, les freins étaient encore serrés.
- La maison Kortinz a fourni des freins à vide aux chemins de fer suivants :
- Lu Angleterre : Midland Raihvay, Great Western Rail-^ : 350 locomotives; 1,850 wagons.
- . Suède, chemins de fer de l’État : 20 locomotives; 100 wagons.
- Allemagne : chemin de fer de Rerlin-Hambourg, tous
- frains express; chemins de fer de l’État (Hanovre), trainS-r»
- aut lïlaison K°fLnz construit aussi des freins à vide non qui ne diffèrent que très peu des freins à vide
- Viatiques.
- r
- t es délégués de la ville de Lille signalent encore dans hiaison la fabrication d'mjecteurs pouvant faciliter la j^ib en train de la machine et fonctionnant avec une très p e pression dans les chaudières : 1/4 d’atmosphère; des pour des débits d’eau de 100 à 2,200 litres par en^n> des m°teurs à gaz offrant cette particularité Ptod .ïïlUn^s de deux cylindres : un à air et un à gaz ; pour U Ulre ie môme travail, les cylindres peuvent donc avoir ^ itie de la grandeur de ceux des machines ordinaires à e^^^dre; par contre, le nombre de pièces en mouvement ^ti ^ e’ f°ut l’appareil est plus compliqué, la consom-^cT l’usurc doivent être beaucoup plus
- et c;L^hk. — Gouvernail à vapeur de Bow M. Lachlan §0ll ’ Lhistle-Works Puisley Scotland. — L’essentiel du W. ad de Lachlan et Ce, est la transmission du mouve-
- dl fl 11
- e^tait V°^ai1^ manœuvre au tiroir de distribution. Elle est t0 6 Gri S0rfe que l’angle de rotation du volant du pilote
- les
- a<%
- CeUe
- ^ise
- uj°Urs proportionnel à l’angle parcouru par le gou-
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- — 338 —
- vernail. Suit la description détaillée, que nous ne pouvo1^ malheureusement donner; elle repose sur un croquis <IU0’ peut-être, nous ne pouvons publier. L’arrangement est extrêmement simple et est généralement adopté par la ^ rine anglaise et aussi par celles d’autres nationalités.
- Enfin, pour les mêmes raisons que nous venons d’éme^re’ nous ne pouvons que signaler l’excavateur des frères Pri^ man, constructeurs à Hull et à Londres, que les déUgue^ de Lille décrivent minutieusement et dont ils louent construction.
- MACHINES POUR LA COUTURE, LE TRICOT ET LA BRODËRië
- fl*
- Les travaux de couture, de tricot et de broderie, c0 tuent une très importante branche de l’industrie daUs ^ nord de la France; il était donc du devoir des délég^ s’enquérir de la fabrication des différentes machines concourent à la production de ce travail. {
- A Lille et dans les environs, on confectionne principal®11^ les vêtements en drap et en toile pour hommes, tels que P^.^ Ions, blouses bleues, etc. On y fait aussi de l’équipement taire. Il n’est pas rare de rencontrer dans cette contrée des sons de confection employant jusqu’à 400 machines à cC' dans leurs ateliers, et en occupant, en outre, 5 à 600 au u soit un total variant entre 600 et 1,200 machines à c° employées par une seule maison. Si l’on considêr®^ Ju plusieurs maisons sont dans ce cas, on se fera une i r personnel considérable employé à la couture, sans $ celui que la préparation et le finissage occupe encore-les villages des environs de Lille, jusqu’à dix llCtl ^e-ronde, travaillent à la couture, au tricot ou à la bf0 ^ Les maisons de confection possèdent des voitures qrd P à domicile le travail de la semaine. ^
- Les jours et les heures d’arrivée sont connus, c°^ ^$6$ râlement dans un estaminet qu’on se réunit. Les oü apportent le travail terminé, qu’on leur paye de en remportent d’autre tout préparé ; le travail est natui
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- fait
- aux pièces. Les ouvrières de la ville livrent leur travail à
- a Raison même.
- Les ouvrières qui travaillent à l’atelier sont également aux Pleees, et en dehors des règlements d’intérieur auxquels elles Scmt soumises, elles ont peut-être une situation préférable à ^es des ouvrières qui travaillent chez elles. Dans plusieurs sons en effet, les machines sont actionnées par un mo-
- tïiai
- feu
- r et il est à espérer que toutes suivront cet exemple éco-^üaique et humain. Les ouvrières du dehors, plus libres il Vrai, se trouvent travailler davantage. Excitées par la ^ fation d’un gain plus élevé, elles travaillent souvent de aze à quatorze heures par jour; cet excès de labeur est très Ptéindiciable à leur santé. Le travail de la machine à coudre plo‘ atl^ant’ et en raison de la grosse confection, elles em-^leut presque toutes de très fortes machines, excessivement ^res a faire marcher. Il en résulte de graves maladies dont Phis commune est la phtisie.
- jn a Hollande possède quelques ateliers de couture pour Mi?Ul^eiïlent miLlaire7maas if Y eu a Peu ou point pour l’ha-^ ement civil. La confection pour hommes, femmes et en-de p Vleill de l’Allemagne et de la Belgique, presque pas dap T<Xnce' H y a pourtant à Amsterdam une maison qui, tant ^elf011 a^e^ei (îu au dehors, peut employer une centaine de lets llleS ^^ieofer (système Lamb) pour la confection des gi-
- He laine pour les marins, les bas et les chaussettes. En a° CGtte LaLrica.tion spéciale, tous ces produits vien-^ 1 Allemagne et de la Belgique*
- o^j GS ^ays~Bas n’ont pas de fabrique de machines à coudre similaires. Celles qu’ils emploient leur sonlfour-l'int ^ar/^ln^rique, l’Allemagne, un peu parla France, avec
- cfùi)e rn^îaîre d’agents belges. En somme, ce sont les ma-esH S a^erriaildes qui sont le plus répandues dans le pays. 11 HollaVa.i°ufer que les Allemands ont des représentants en
- L’a e’ yUI EX1STE ulEN PEU 1>ÜUR LA France !
- ^ olerre, qui possède des fabriques de machines à ’ E avait rien exposé. Les compagnies Singer et iiowe
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- ont, il est vrai, des fabriques en Angleterre, mais elles appar tiennent à l’Amérique; leurs fabriques d’Europe leur servent-a à écouler leurs anciens systèmes, et telle machine qui est ven due comme venant directement d’Amérique a été fabriqué en Angleterre le plus souvent.
- Quant à l’Allemagne, un grand nombre de fabricants avai<^ exposé; les rapporteurs ont constaté au moins une qul11 zaine d’exposants, mais ils n’ont à signaler aucun perfecti0*1 nement parmi les produits allemands. Toute la fabricah011
- allemande est une imitation du système Singer.
- On ne
- saurait certainement appeler perfectionnement, telle mao dont le bord de la table est divisé en centimètres jusqu
- hine
- ’a»
- mètre pour mesurer les tissus ; telle autre dont le pf est également muni d’une petite lame pour couper le fil*
- >'esselir
- Beaucoup d’Allemands avaient des machines système
- Si»'
- ger, qui, machines et bâtis, étaient dorées, ciselées, ni^e et même émaillées, la plupart des tables étaient nacrées/•
- En regardant ces machines de près on constatait brication défectueuse, peu soignée, pour des outils a luxueux.
- En somme, le pavillon couvrait la marchandise, maisr,e
- rendait pas bonne pour cela ! . 5
- La maison Laue etïimeus (Dresde) exposait des ma°
- à tricoter du système primitif Lamb (d’Amérique). je
- chines font le même travail que Jes machines de ce
- changement fait, consiste dans le chariot qui, au hcU ^
- trouver auprès des têtes d’aiguilles se trouve en dessous? V
- des talons d’aiguilles. Cette disposition permet de mieU*
- le travail et d’etfectuer plus vite les diminutions.
- Trois machines à broder (système Bonnaz, français) se y
- vaient dans la section allemande et une dans la sectio» .
- les
- landaise. Elle servaient à broder sur des mouchoirs, tiales des acheteurs. j^jr
- L’invention de la machine à broder est exciusiveme ^of, çaise. Elle a créé en France une branche d’industrie tante que l’on rencontre surtout à Saint-Quentin et a
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- S '
- amt-Gall, en Suisse, fabrique aussi des machines à broder. a première machine à broder est conservée au musée indus-et agricole de Lille, c’est celle qui a figuré à l’exposition
- Paris
- en 1855; elle porte l’inscription suivante : Couso-
- r°deur Magnin, breveté s. g. d. g., exposition universelle
- B
- ^ Paris 1853 ! et plus loin : Chevillard et Ce, Paris. Ces der-aiers étaient les constructeurs. Le système n’était pas pra-^!Ue> mais il a été perfectionné par un autre Français, ‘ Ponnaz, rendu très pratique et d’une grande produc-C’est le système de M. Bonnaz qu’exposaient les Alle-
- ^uds !
- P
- ^ «ange. — La maison Hurtu, de Paris, exposait les ma-, aes a coudre de son type ordinaire, entre autres sa machiné
- 9, ni •
- poissé. A signaler une nouvelle machine à coudre, avec eBe ronde en dessous. Le dessus de la machine ne pré-rien de particulier, c’est le dessous qui fait le sujet de ^ovation. Lorsque l’aiguille a traversé le tissu, elle remonte Sltbt et le fil forme une boucle; à ce moment, un crochet j, . 1 un mouvement circulaire intermittent saisit le fil de ^&uille et le passe autour d’une coquille dans laquelle se ^ Uve une petite bobine,, laquelle tient lieu de canette dans Autres systèmes de machines. C’est par la quantité de fil ^C°n^ent eette canette-bobine, qu’il y a perfectionnera
- îïlai C0(^u^e dans laquelle se trouve cette canette ronde est ParnteilUe d’un côté par le centre du crochet, et de l’autre Une porte mobile se réglant à volonté de façon à laisser se ^rement lo M fi aiguille; l’entraînement du tissu
- L par une griffe en dessous. Cette machine était signalée Uut 6 ^0nctl°uuant à une vitesse de 2,500 points à la mi-Pou 5 Ce^° vfiesso a pu être acquise à titre d’essai, mais non att * Une marcfie régulière. Lorsqu’une machine à coudre ^a vitesse de 1,500 points à la minute, c’est un maxi-(jUe^t^0llvant occasionner une prompte usure et par consé-ahsorber par les réparations les bénéfices que la vi-
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- tesse aurait procurés. La construction des machines Huïtü est soignée, on reconnaît le cachet du mécanicien plutôt qae celui du manufacturier.
- La maison Vigneron, de Paris, exposait des machineS a coudre et des machines à plisser ; ces machines avaient ega lement le système de la navette ronde en dessous. Le port6 aiguille des machines Vigneron est commandé par un me11 vement circulaire et sans came, le mouvement du crochet ^ circulaire continu. Ces machines sont très douces à faire fonctionner. Cette maison et la maison Hurtu étaient Ie6 seules de France exposant ce genre de produit.
- La Belgique était représentée par M. Ilaennens, de GaI1 ’ qui exposait des machines à tricoter du système Larnb-rapporteurs ont vu comme particulier l’application à une ces machines d’un appareil à faire le tricot rayé à qliatl? couleurs dilférentes.
- Amérique. — La Compagnie Singer, de New-York, eSP° sait une collection complète de machines à coudre, daô ses types ordinaires, puis son nouveau modèle avec nav
- ett®
- des
- ronde en dessous. Cette machine no varie pas duprincipe systèmes de ce genre. Remarqué une machine très pu*ssa pour coudre les sacs, les bâches et les voiles de navire. y a de particulier, c’est l’entraînement qui se fait par cylindres, comme si l’on voulait laminer le travail» cylindres sont adaptés à la machine et reçoivent un m ment circulaire intermittent, c’est-à-dire qu’ils tournent® moment donné de la quantité de longueur du point que désire. p
- La Compagnie White, à Cleveland (Ohio), exposa^ ^ type de machines à coudre qui n’a rien de particulier-machines fonctionnent bien, sont douces, mais toutes pièces sont un peu faibles pour résister aux gros travail*
- couture. hine à
- Considérations générales sur l'industrie de la ?naC e-coudre. — Les rapporteurs ont signalé les changement
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- I
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- principales maisons de France et de l’étranger ont fait Sübir à leurs types de machines à coudre. Ces changements Corisistent tous dans le remplacement de la navette ordinaire une nouvelle navette ronde, contenant plus de fil. Ce système, qui tend à se généraliser, n’a été jusqu’à présent appliqué que sur des machines employées pour la petite cou-^re> sur des tissus légers tels que la lingerie, où l’on en est Estait.
- ^our de gros travaux, où il faut de très gros fil, cela a uj°Urs soulevé des difficultés, car, plus la canette bobine
- Aq-j.
- grande, plus elle contient de fil, plus la coquille dans Quelle elle se trouve renfermée augmente de. volume ; par c^séquent il faut un développement du fil de l’aiguille bien ^ Us long pour former une boucle permettant de passer sous
- la
- Yvette.
- donne-fil de ces machines doit donc donner la quantité
- de fq
- doit lo
- égale à deux fois le diamètre de la navette ronde, il
- egalement retirer cette quantité, moins celle qu’exige la ^uenr du point.
- ^i r0n SUpp0se ja navette ronde ayant, un diamètre de il faut employer une longueur de 0ra060 ; cette lon-^Ueur de fil ne varie jamais, et si on fait un point d’une lon-(jUeilr de 0m001, c’est donc 60 fois que ce fil doit se trouver tur^ re^r<^ avan^ fiuü s°it employé pour le point de couplé' Maintenant> s* ^on considère que ce fil, avant son em-Co°l subit un grand nombre de frottements, y
- pris l’œil de l’aiguille, on se fera une idée de son usure avam rP* ® .
- ^ ^ (^r° sur ^ssu- Plusieurs maisons ont
- ^ de remédier à cet inconvénient, en adaptant des galets ^ chaque passage du fil, et sur lesquels il tourne; cela q, ^Pêche pas les 60 mouvements de se produire, ni au fil ^ Gn SllPPor^er la résistance. Cependant, il faut recon-j/e fiue les galets atténuent considérablement l’usure.
- ^ Gs ^libres employées dans la fabrication des machines ^ °udre sont : l’acier, le fer et la fonte malléable. La main-°6UVre coûte bien plus que les matières premières. L’ou
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- tillage joue donc un rôle important dans la fabrication de ce0 machines, et quand on examine la fabrication américaine» on est convaincu que les Américains doivent posséder un outillage des plus perfectionnés. Toutes les pièces d’une uia' chine démontée sont parfaitement achevées, et Ton reooU' naît encore les traces de la machine-outil qui les a fabrique60. Ils arrivent ainsi à éviter la plus grande partie de l’ajustag0’ la plus coûteuse, grâce à la précision avec laquelle manoeuvre leurs machines-outils. Il ne reste plus que le montage a effectuer directement. Il serait bien désirable de voir u°s fabricants imiter l’exemple que leur donnent leurs confréreS américains î
- La plupart des grands travaux en Amérique s’exécutenta l’entreprise, même par contrat à longue échéance; auSS1’ l’ouvrier, certain du lendemain, n’appréhendant pas ulie diminution, peut-il donner toute son intelligence et to son savoir professionnel à l’exécution et à l’amélioration son travail.
- La France ne, possède pas, comme l’Amérique, de vast0 usines pour la fabrication de la machine à coudre; l°u lage y est donc bien moins perfectionné, et il ne faut neI1 moins que l’activité et l’habileté de l’ouvrier français P permettre au patron de pouvoir lutter avec ses puissa concurrents du nouveau monde !
- La machine, à coudre au point de vue du commerce' L’Amérique expédie un nombre considérable de machine0 coudre en Europe; son marché principal est la France, ^ malgré les droits de douane et les énormes frais de transp elle arrive à vendre aussi bon marché que les product ^ ^ nationaux. Les machines américaines sont très prisées
- n0Uf- . ffel-
- L’Allemagne vend principalement en Hollande, en ^
- gique, et, depuis quelques temps, une quantité assez not® ^ dans le nord de la France, où elle dissimule sa fabrica sous le couvert de certains marchands français qui c0l^se' j tent à laisser apposer leur nom sur les machines du fabnc8
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- ^emand. Quand, par ce procédé, ce dernier a réussi à ^pandre un peu ses produits, il s’établit alors ferme dans
- Pays !
- La Belgique possède plusieurs maisons dans ce cas, et es agences spéciales facilitent l’introduction dans le nord 6 France des produits allemands !
- ^ a signalé le fait suivant aux deux délégués de la ville e Lille : Lorsqu’un voyageur de commerce allemand est ^aché à un établissement important de son pays, pour la rication des machines à coudre, il reçoit une subvention e iFtat allemand quand il voyage en France!
- Lela n’a nullement surpris les délégués, car ils ont en-4liûu dire à l’un de ces voyageurs allemands qu’ils (les le ^Iïlan^s^ introduiraient à tout prix leurs produits dans
- ^a%ré les diminutions que les fabricants allemands ont I Subir aux machines à coudre, les fabricants français ont J°Urs maintenu et conservé leurs prix, car il a été j nnu par la pratique que les machines françaises, par construction soignée, avaient une durée supérieure aux ^Wes allemandes.
- 0s fabricants français, dans cette industrie, pourraient
- I Uïle concurrence avantageuse s’ils se soutenaient mu-j eiïlent comme le font les fabricants allemands, qui ont ^ ^aïlS CG UnG appelée la « Concordia »,
- 1 pour but de préconiser et faciliter l’écoulement de
- eUrs Produits.
- Ession
- OF.S DÉLÉGUÉS LILLOIS SUR l'eXPOSITION D'AMSTERDAM
- ^od .e^a^vomen^ & n°lre impression sur l’exposition des ^ *ïui nous concernent, c’est-à-dire sur la mécanique, ^ait ^ aV°ns r^en ^rouv^ comme invention nouvelle, et il y iiité perfectionnements. Cependant il est toujours
- et Ssant de visiter une semblable exhibition industrielle, s devons conclure que l’absence de nouveauté tient
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- très probablement à la multiplicité des expositions unive*1 selles à des distances trop rapprochées.
- « Nous avons constaté surtout l’absence des principe maisons françaises et même étrangères, que nous attribue rons à l’hésitation et au doute sur la réussite de cette gran entreprise ; l’opinion publique ayant même partagé °eS craintes, il a fallu l’énergie et la volonté des organisateur pour vaincre les préjugés et mener les travaux à bonne
- « .... En résumé, par l’Exposition d’Amsterdam, 110115 11e pouvons pas nous prononcer sur la situation des plllë sances les plus avancées dans les produits mécaniqueë’ mais nous avons pu constater que la France et la Belg1*!11 y occupaient une large part.
- de
- « On doit reconnaître que si la France n’occupe pas
- encore de
- la place qu’elle devrait avoir dans ces luttes pacifique9 l’industrie, qui ont pour résultat l’avancement de la civib^ tion et sa vulgarisation, cela tient beaucoup à d’ancie® lois à abroger et à de nouvelles institutions qu’il ^
- créer à la faveur de nouvelles lois devenues absolun16 nécessaires (sic).
- « Ces questions, qu’il ne nous appartient pas de souleVe j sont suffisamment appréciées par tous ceux qui s’intércS96^ à l’avenir de l’industrie nationale, parce que, à côte avantages matériels, il y a à recueillir pour notre P d’autres avantages sociaux capables d’assurer aux g61 g lions futures, avec une prépondérance marquée dans les branches des connaissances humaines, la prospéré la France! »
- H APPORT DK M. RORINKT
- Délégué de la Chambre syndicale des chautreurs-conducteurs-mécanic^
- du departement de la Seine. (Siège social, rue des bWos-da-Cah^ » Pans.)
- MÉTALLURGIE, CHAUFFEURS, CONDUCTEURS, MÉCANICIENS Le délégué des chaufTeurs-conducteurs-mécanicic119
- département de la Seine fait précéder son rapport de
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- ^ettre ci-dessous, adressée à Y Union des Chambres syndcieales Prières de France. Nous le remercions personnellement 1 avoir écrite : il prouve ainsi qu’il s’est rendu un compte ^act du mandat que ses collègues lui avaient confié : aller a Amsterdam, étudier les produits que sa profession y avait ^nis et faire profiter son pays du résultat de ses études. ^ 6sl au moins aussi utile que d’y être allé faire de la poli-internationaliste et révolutionnaire.
- ^°ici la lettre de M. Robinet :
- A VUnion des Chambres syndicales ouvrières de France.
- Citoyens,
- } ^5 de la délégation parisienne, envoyée à Amsterdam, avec
- jjj, °ads votés par le Conseil municipal de Paris, a décidé, dans l’assem-Port ^en^ra^e tenue le 25 octobre dernier, de ne pas mettre {sic) les rap-j0S Pr°fessionnels dans le rapport d’ensemble, irisé Vlens vous Prier> au nom de notre Chambre syndicale, de bien vouloir v rer ie nêtre dans le rapport de la Délégation nationale ouvrière de rance.
- ^°tre demande a pour but de remplir notre devoir envers le Conseil Veïlt1Clpal ^es contrilïualvles de Paris, et de lui dire merci pour la sub-y1011 qu’il nous a votée pour aller à l’Kxposition d’Amsterdam. ei,]Uez agréer, citoyens, mes sincères salutations.
- he délégué de la Chambre syndicale des eonducteurs-chauffeurs-naécanieiens du département de, la Seine à l’Exposition d’Amsterdam,.
- Signé : Robinet,
- fi, ruo Hinhat, Paris.
- C^0y°n ft°btnet débute en disant que, vu le petit nombre Un TmaChinos ^es c^îau(^^res exposées, il ne pourra pas faire cha ^ raPPor*“ Première visite a été pour les trois ^audières mullilubulaires inexplosibles qui fournissaient chVa^°Ur aUX mo^cnrs f^c ^a galerie dite des machines. Ces ètreU^reS aPParl'i°nnenfîlu système de Nayer (il serait peut-CegG ^Us juste de dire : système Belleville); on a assuré que cett C^au(^res faisaient C00 chevaux ; mais pour produire ^orce> P faudrait, dit-il, donner des leçons aux chauffer ^Ul ^GS co,1duisent. Les feux étaient mal unis, il a vu er les portes des foyers quand il aurait encore fallu du
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- combustible pour boucher les trous à droite et à gauche da gueulard, et même sur les côtés des grilles. Enfin, le monte111; et même l’ingénieur chargeaient parfois les feux, ce <îul prouve que les chauffeurs étaient jeunes dans le métier. prouve malheureusement aussi qu’à l’étranger, comme e!1 France, un certain nombre de patrons se soucient peu de sécurité du public. Ils sont ainsi guidés par un intérêt biel1 mal compris.
- Le délégué des chauffeurs avait déjà remarqué des cha11 dières semblables à l’Exposition d’électricité de Paris? elî 4881. Elles sont dans les mêmes conditions qu’à 'cette époque‘ Les tubes ont 3 mètres de long sur 12 centimètres de dia
- . ? . . , gjjf
- mètre, l’épaisseur est de 5 milimètres; ils sont inclines l’arrière : les joints se font sans mastic ni caoutchouc-vaporisation est de 8 à 9 kilogrammes d’eau par kilogi’aIïlïlcl de bonne houille. Deux de ces chaudières ont des réchauffe11’;
- ln
- tubulaires pareils au générateur; ils sont placés entre cheminée et la chaudière.
- La Compagnie de Fives-Lille avait une belle chaudi^ semi-tubulaire de 60 chevaux. On y remarquait une P° amélioration : les tôles sont placées de manière à ne paS a ^ quatre angles au même endroit. La deuxième feuille rn°^e 20 centimètres plus haut que la première, la trois1 20 centimètres plus haut que la deuxième et ainsi de sUl1 On doit, par ce moyen gagner beaucoup en solidité, surt° en cas de réparation. . ^
- A signaler encore deux chaudières ondulées, den 40 chevaux-vapeur. L’ondulation allonge la surfa°e chauffe de 23 centimètres par mètre; mais il faudrait sa
- . 1 'tps PaI
- comment le nettoyage se fera? Les rigoles produis ^ ^ l’ondulation, ayant de 4 à 3 centimètres de profondeur à 12 centimètres de largeur, on se trouve sur une infi111^^ petits sillons, et si on a des difficultés dans une cylindrique, on peut juger de ce que ce sera avec ce sys — Les foyers n’étaient pas montés. ^
- Le délégué des chauffeurs de Paris avait trouvé sur Ie c
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- ^gue une vraie nouveauté : une chaudière sans grille, lriexplosible, inincrustante, fumivore, de M. Bordone, rue de ^ Gondamine, 48, à Paris. Elle devait vaporiser 9 kilog. 1/2 ^eau par kilogramme de houille; mais on ne l’avait pas exPosée. A son retour à Paris il a pu voir cette chaudière, Jh^nue de Versailles, 77, à 1’ usine des eaux de la ville de aris. Vu l’intérêt que présente cette chaudière, si elle rem-les résultats indiqués par son inventeur, Tex-général Ordone, le rapporteur, la décrit ainsi qu’il suit :
- (< Elle présente cette particularité qu’eile n’a pas de grille ^Prennent dite. Le charbon repose directement sur les tôles ^es foyers, et les prises d’air sont fournies par tubes entre-^°ise quj réunissent les deux tôles extérieure et intérieure Sur la moitié inférieure du foyer. La grille est à la place des ^rtes. On peut, de cette façon, mettre beaucoup plus de arbon que dans les autres foyers. La surface de chaulfage ^ plus grande; le mâchefer m'adhère jamais, on le retire acilement par l’ouverture qui existe sous la grille verticale ^ remplace les portes. Le charbon est introduit par en haut, moyen d’une trémie, ce qui empêche l’introduction de l’air f*eadant les charges.
- (c La chaudière est formée de trois compartiments indépendants, mais réunis entre eux en dehors par des tubes de Olïlmunication pour l’eau d’alimentation, qui entre par le c°mpartiment du fond, lequel est muni d’un trou d’homme ^0llr fe nettoyage.
- <( fous les dépôts se font dans ce compartiment, attendu
- ^ean y est stationnaire. Elle n’entre dans celui du milieu et , .
- «us celui du foyer que par regorgement et à une tempé-. re toujours supérieure à 120 degrés. L’elfet rapide de la ^uUtion de l’eau empêche les incrustations; les gaz n’ont ^ ais plus de 160 degrés à la cheminée, ayant deux retours Parc°urir : c’est ce qui explique la grande vaporisation de
- ette chaudière. »
- T
- j e raPporteur signale ensuite : Une chaudière Calovay, à ^er intérieur, avec tubes coniques, ce qui facilite le déga-
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- de
- gement des globules de vapeur. On dit beaucoup de bien ces chaudières.
- Plusieurs chaudières belges et allemandes remarquable8 par l’épaisseur de leur tôle.
- Dans l’exposition anglaise : Un réchauffeur tubulaire ver tical de 3 mètres de haut, composé de 50 tubes de ^ a 12 centimètres de diamètre. Une petite machine d’un quaft de cheval-vapeur faisait monter et descendre des raclette embrassant chaque tube, afin de les tenir propres. Ce re chauffeur ressemble à une chaudière Belleville placée debout On l’applique dans une chambre, entre la cheminée et chaudière.
- La maison Veiller et Richmont, de Pantin (Seine), aV exposé une locomobile de 12 chevaux-vapeur, faisant f011^ tionner une pompe Dumont. Marchait très bien, mais n aV rien de nouveau.
- MM. Hermann et Boulet. Superbe locomobile de 1b c^e vaux-vapeur. Aucune modification nouvelle.
- La maison Cail : Un bâti de machine en tôle rivée de son genre à l’Exposition, mais rien de particulier à y gnaler.
- Une forte machine belge de la force de 140 chevaux peur, système Corlisse perfectionné, mais rien de nouVCa^ C’est cette machine qui donnait le mouvement à la sec belge, aux autres machines exposées, ainsi qu’aux macu électriques. ^
- Une autre machine belge, de la force de 20 chevaux, plétait la force de la section. Nouveau.système à déteu ^ riable par l’action du régulateur, sans ressort, ni déclic-une combinaison du système Farcot avec le système J» j la came est remplacée par un coin vertical commande tige du régulateur, qui se trouve entre les deux tiroirs P à chaque bout du tiroir. Les avantages de cette distri sont de pouvoir faire varier le degré d’admission au depuis zéro jusqu’à l’admission maximum et de n’exigel ^ faible degré de détente à un autre.
- Seu!
- si'
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- Une machine hollandaise, soi-disant verticale, parce que arbre tournait dans la longueur du bâti.
- Uans le parc, deux machines à air chaud, dont l’une faisait 1111 bruit assourdissant. Impossible d’avoir des explications, ^nae avec un interprète.
- Albert, rue Blanche, 56, Paris, avait exposé des porte-bd)es séparateurs de niveaux d’eau. Système très avantageusement connu.
- Le délégué a vu pour la première fois des robinets sans ecr°us. Le petit bout de la clef se loge dans l’orifice borgne boisseau. Il y a une garniture ordinaire du côté de la P°%née.
- Une locomotive de tramway avait sur son impériale une de 24 tubes de 20 millimètres de diamètre, pour conter la vapeur et l’utiliser ensuite. Impossible d’avoir des renseigIlements #
- U amiante, sous toutes espèces de formes, se trouvait à ^position. On commence donc à en faire un grand usage ans les usines. Les courroies en coton prennent également ^extension : on en voyait depuis 20 millimètres jusqu’à 1111 Mètre de largeur.
- p ^ Mentionner encore la maison Piat, rue Saint-Maur, à aris, pour un palier graisseur à mèche métallique. Là ^che frotte sur l’arbre à l’aide d’un léger ressort;
- ^ maison Dusaux et G®, 6, rue de la Voûte, à Paris, b°Ur différents organes de graissage.
- Luis le délégué entre dans quelques détails sur l’organisa-11 des ouvriers de sa profession en Hollande et il termine des considérations générales .Nous allons les résumer le Es largement possible.
- ^Ln Hollande, la loi sur les appareils à vapeur exige que s°upapes de sûreté, leurs leviers et contre poids soient ^formés dans une caisse métallique. Cela rend l’entretien ^ appureff difficile, mais cela évite aussi les brûlures, au
- ^°Ment où les soupapes crachent.
- Uaus une taillerie de diamants, en ville, où il est allé visi-
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- ter la machine d’une force de 50 chevaux-vapeur, le chatd' feur gagne 14 llorins par semaine, soit 29 fr. 10; le conduc' teur a 16 llorins, soit 33 fr. 60 pour 12 heures de marohe par jour. Au dépôt des tramways, où il y a également un6 machine à vapeur, le chauffeur gagne aussi 14 fl°rlIlS par semaine.
- A Amsterdam, il y a beaucoup de locomobiles servant a faire mouvoir les moutons qui enfoncent les pieux serval de pilotis. Les conducteurs-chauffeurs gagnent tous 14 lloi’JI1& par semaine, mais il faut qu’ils allument avant 4 heures du matin. Les ouvriers du bâtiment commencent à 5 heures etl été. Sur les bateaux à vapeur, les chauffeurs ont 55 fl°rlIlS par mois et les mécaniciens 62, soit 115 fr. 50 et 130 fr* non nourris. En Belgique, à Bruxelles, les chaulfeurs-c011 ducteurs gagnent en moyenne 30 francs par semaine.
- Nos collègues hollandais et belges, avec leurs 28 à 30 fra°cS par semaine, sont à peu près dans notre situation, dit le raP porteur; nos 40 à 50 francs pour sept jours ne valent pa® davantage pour nous, mais nous vivons mieux qu’eux, 1 est juste de dire que nous avons aussi des places de * francs par mois et au-dessus !
- Les apprentis se font comme en France, avec des aduheS de tous les métiers, mais principalement avec des ouvrit travaillant le fer. Ils ne sont soumis à aucun examen â terrC’
- • • ûOlt'
- mais sur les bateaux qui naviguent soit sur les canaux, »
- sur les rivières, il n’en est pas de même. Là, il y a davantage
- souci de la vie de l’homme, et il faut prouver ses capa01
- Depuis mon jeune âge, dit en terminant le délégne
- chauffeurs-conducteurs de Paris, j’ai lu et entendu dire s°u
- vent que les machines de toutes sortes diminueraient lapelI|
- • • i Aq i®1
- de l’homme et amélioreraient sa situation ! Au sujet “ peine, cela a été vrai pour quelques-uns : imprimeurs, ®cl® de long, forgerons, tourneurs, etc.; mais pour combien da 1res n’y a-t-il eu aucun changement? ^
- Quant à l’amélioration de la situation : cette situai1011 la même dans tous les pays : un grand nombre d’ouvriers *
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- ^ns travail et ils ne peuvent pas consommer ! Et pourtant, Y a encombrement d'objets fabriqués à grande vitesse, jfr**Ce aux machines ! Si les patrons ne voulaient pas faire rlune si vite; s’ils voulaient comprendre que les machines lvent profiter à tous, la société tout entière en bénéficie-les bénirait et en demanderait l’extension !
- Pourquoi les mots prononcés à Lyon en 4841, par un ingé-Illeurj à des malheureux qui brisaient des machines, ne se So,d-ils pas réalisés? « Laissez, leur disait-il, laissez instal-^er ces hommes de fer, vous aurez moins de fatigue et plus bien-être! » Cet honnête homme avait la conviction lUe 1 organisation du travail se ferait avec justice : faut-il lQire qu’il se soit à jamais trompé? Non! ne désespérons ^s- Les idées sont au progrès et avec la République, si ce ^Gsl nous, ce seront nos enfants qui profiteront des machines. UeUes soient donc les bienvenues !
- KAPHOirr l)K M. HAÜTBÜUT (Arthur).
- °uvria,.
- lei‘ charron-carrossier, contre-maître chez M. Leroux, à Amiens, Délégué de la ville d’Amiens (Somme).
- ^légué a fait un rapport des plus succincts; nous le ^ons intégralement, sauf quelques légères modifications Us la forme.
- — La construction ries voilures, en général. so^d'lé ; les pièces de forge sont un peu nv l’élégance dans l'ensemble laisse à désirer. Les ^lle UlGS lll^érieures sont assez bien comprises, cependant Ve Iïlan(lUen^ de confortable. Les peintures sont à peu près ^ ••• ! Les carrossiers ont négligé, ont hésité peut-être, 4’ Senter quelques voitures en blanc, ce qui aurait permis ^Précier plus facilement rajustement et le fini.
- N0l*ure la, plus remarquable dans cette section était un
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- phaéton type exposé par la maison Spijker frères, voUllie très bien montée dans son ensemble. Elle présente ullB modification utile et pratique qui consiste à en facile l’accès par le derrière.
- La difficulté existant pour monter habituellement entre caisse et la roue se trouve supprimée par le bâti de deri'^1 du cotire qui, avec le siège, est agencé de lagon à ne f°rIIie qu’une portière. La fermeture se fait par un ressort de preS sion formant levier et clavette en ramenant le siège.
- Belgique. — La Belgique a exposé peu de voitures, en général belle et bonne carrosserie, bien traitée dans lel semble et la linition. A citer particulièrement, un coup*3 1 à 7 glaces (système breveté), exposé par M. Serrurier (Jea de Bruxelles.
- b»
- Ce coupé est remarquable comme dessin et montage-caisse, à laquelle est adapté un compartiment sur le deva
- id,
- toid6
- lève
- établi dans la gorge du siège, donne une place aisec> gênant aucunement les autres personnes et laissant facilité pour monter et descendre. Cette addition n a rien à l’élégance de cette voiture, au contraire, elle doa^ la partie du devant un coup d’œil agréable. Cette voitnfe notée comme étant vendue quatre fois lors du Passa° j^, délégué à Amsterdam, c’est-à-dire du 15 au 20 sepfclia
- France.—L’exposition des carrossiers français était supériorité incontestable. Les voitures étaient d’un ^ correct, le montage, le fini, la garniture et la peinluic plétaienl un ensemble bien supérieur aux autres secti°ix ^
- Bien de particulier à noter cependant, si ce n’est leS ^ tures Spyder des maisons Guiet et Hulbaciier, <]u1 0 très remarquées pour leur élégance. qui
- M. J. Buzin, de Valenciennes exposait une serin*6 ^ mérite de lixer l’attention des carrossiers ; die rz», < avantage seneux par son peu d'épaisseur et de laige $ permet de l’appliquer aux voitures de tout genre et aye
- espèce, sans en affaiblir les moulants, inconvénient0
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- ^Ul existe actuellement dans bien des modèles de serrures éployés par la carrosserie.
- fabricants de ferronnerie pour voilure exposaient des arbcles de belle et bonne fabrication, mais déjà connus.
- Les articles draperie, galons et cuirs ayant rapport à l’in-cWrie de la carrosserie étaient appréciés par les construc-^urs visitant l’Exposition.
- Russie. — L*eu de voitures. Montage et ensemble laissant à
- ^sirer.
- Lü Allemagne, il y a lieu de signaler un avant-train pré-S^lé par ja maison Liebsciier Robert, de Dresde, toutes les ^Ces sont en fer forgé, très légères et bien comprises pour 0llserver toute la solidité nécessaire aux pièces prin-ClPales.
- j, 'R termine en remerciant l’administration préfectorale et administration municipale de la ville d’Amiens d’avoir bien °uRi m’accepter comme délégué pour la partie concernant profession, ce qui m’a permis de faire un voyage ins-rUctif, utile et agréable. »
- Sù/né : Arthuk IIautbout.
- AltKÈTt: DE M. w?d une Commission
- l-e Ministre de i l Arrête :
- LE MlMSTltE DE I/ENTÉHIEEU (I)
- oMroparlcmnitaire. dons le Imt indique par le rapport précédent.
- ulérieur,
- . Article imuomikh
- fljg ri .
- ^°airmssion est instituée en vue de rechercher :
- 1° J
- 1,l0yeu de faciliter aux associations ouvrières leur admission aux Sju j^, l0lls et soumissions des travaux de l'Etal;
- tîLuclier dans quelles mesures il serait possible d'obtenir des entre
- 'lui i^0Us «-vous expliqué dans l'introduction (voir page 32) les raison?
- Il0üs font
- publier ce document.
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- preneurs la participation de leurs ouvriers dans les béuéiices de lelir entreprises.
- Aut. 2.
- Cette Commission est composée comme il suit :
- MM. Le Ministre de l’Intérieur, président;
- Le Sous-Secrétaire d’Etat au Ministère de l'intérieur, vicc-pw’5 Gonse, directeur au Ministère de la justice;
- De Laigue, chef de bureau au Ministère de la justice;
- Marcel, chef du Cabinet au Ministère des atfaires étrangères; IIouette, inspecteur des finances, chargé de la division de la ^ labilité au Ministère des affaires étrangères;
- Camille Lyon, directeur du Cabinet au Ministère de l’intérieur.
- J. Barberet, chef du bureau des Sociétés professionnelles au tère de l’intérieur;
- Lanjalley, chef du Cabinet au Ministère des finances;
- Garnier, chef du bureau du Matériel au Ministère des finances) Guille-Desbuttes, sous-intendant militaire de première L attaché au Ministère de la guerre; i<e;
- Henry, chef de bataillon du génie, attaché au Ministère de laglierI u Godron, ingénieur de première classe de la marine, attache .Ministère de la marine ; âiu
- Nègre, coiuinissaire-adjoint délégué des directions près le central, au Ministère de la marine; , Je
- Pitre, contrôleur principal des Bâtiments civils, au Mim^1
- Miuig'
- l’instruction publique et des beaux-arts;
- et
- des
- au
- Mil'
- ishrC
- Gautier, contrôleur des travaux des Monuments historique»
- lycées, au Ministère de l’instruction publique et des beaux ^ Gouzay, directeur du Personnel et du Secrétariat, au Mm*^10 travaux publics; »r ,istère
- Erémaux, inspecteur général des ponts et chaussées des travaux publics;
- Tisserand, conseiller d’Etat, directeur de l'Agriculture, au i'
- de l’agriculture ; , i).,ori
- ° ’ i- . i de *
- Philippe, directeur de l’Hydraulique agricole, au Ministère
- culture;
- Giuson, directeur du Secrétariat et de la Comptabilité, au
- du commerce; . ... a11
- • nlji'ieui)
- Girard, conseiller d’Etat, directeur du Commerce m1
- Ministère du commerce; ^es et
- De Mevl’.x, chef de bureau à l’Administration centrale des p
- télégraphes; . ccr^ifi‘
- M. Barberet remplira auprès delaCommission les fonctions de Fait à Paris, le 20 mars 1883.
- Le Ministre de l'lnlénea} »
- \Y ALDECK-HOUSSEAU.
- Mi°-
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- SÉANCES DE LA SOUS-COMMISSION
- Les membres de la Sous-Commission se sont réunis deux fois, le mardi et le mercredi 2îi avril.
- Lans la première réunion, chaque membre a apporté un canevas de gestionnaire, qui a été remis à M. le Secrétaire, avec mission de les c°°rdonner et d’en faire deux projets, l’un relatif aux associations coopé-raLves et l’autre se rapportant à la participation.
- Lans sa seconde réunion, la Sous-Commission a adopté les projets de j^stionnairos suivants, pour être soumis à la Commission dans sa séance Ul lendemain,* 26 avril.
- PROJETS DE QUESTIONNAIRES
- ASSOCIATIONS COOPKIlATIVF.S OUVRIERES DE PRODUCTION.
- c V ^0us quelle forme êtes-vous constitués? Sous la forme anonyme? A
- P^al variable? En commandite? En nom collectif?
- *
- se VVCz-vous éprouvé des difficultés pour vous constituer? A combien ^til^ 1110n^s I°s frai8 de votre constitution? Votre acte constitutif 24 • .lî0Lirié? Si oui, pourquoi, attendu que l’article 21 de la loi du jailled 1807 dit que les sociétés anonymes peuvent se constituer par 1 Ue Sous
- 3° Vc
- seing privé?
- 'Oyez-vous des modifications à apporter à la loi du 24 juillet 1807? Quelles?
- 4° T
- Ja responsabilité imposée pendant cinq ans aux sociétaires qui se 011 sou^ 0xelus arrête-t-elle (es souscripleurs?
- Quel a'1S quelles mesures pouvez-vous participer aux travaux de l’Etal? votr 0s^ v°lre capital souscrit? Quel est votre capital versé? Quel est Go f°n^s (^e roulement? Quel est le nombre de vos associés? des ,Vez'VOus déjà passé avec des particuliers, des compagnies, avec Lùne min’s^’a!i°Ils publiques, ou avec l'Etal, des marchés d’une cer-L°Hclfs lr^lLopL,noo? Dans ce cas, comment vous êtes-vous procuré les lutin,, n<jCossaires pour faire marcher l'entreprise? Quelles sont les insti-
- obt,
- Ils do crédit qui vous ont fait des avances? Quels résultats avez-vous «Dus? 1
- 7° p
- tirées» Iyunou*' v°s directeurs ou gérants sont-ils nommés? Pour quelle 80 j’ ^0nUils toujours révocables?
- C°l,te J||lS(IUo v°us changez de gérant ou de directeur, combien vous à-^is ^ I)l'°curation ou délégation du nouveau gérant ou directeur vis-J0S créditeurs qui encaissent vos acomptes sur vos travaux
- , Avez-vous des certificats de capacité signés par des ingénieurs ou ^bdoctos? , ,
- Er °°ût de la matière première, dans votre industrie, est-il éley.. ^z-vous un approvisionnement? Quelle est 1 importance de \o îe
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- ou
- ent
- lient
- ce
- matériel et de votre outillage? Possédez-vous des machines? Votre out' lage est-il propriété individuelle ou collective?
- 11° Pouvez-vous supporter une retenue sur les payements, pour sen1*1 de garantie jusqu’à l’achèvement et la réception des travaux adjuges concédés, ou préférez-vous déposer préalablement un cautionner» relatif à l’importance de ces travaux ?
- 12° Quel mode de payement désirez-vous? Mensuel ou par règle» de mémoire?
- 13° Votre association emploie-t-elle des auxiliaires salariés? D»nS cas, les fait-elle participer à ses bénéfices?
- 14° A quelles conditions et formalités sont astreints les candidats1 titre d’associé? Font-ils un stage?
- Ii)° Avez-vous des associés ou des auxiliaires sortant des écoles P1 fessionnelles municipales ou des écoles d’arts et métiers? ^
- 10° Par qui votre travail et vos ateliers sont-ils dirigés? Corn»10" traversez-vous les périodes de chômage?
- 17° Dans quelles proportions se font les rabais, lors des adjudica'h0lK’ par les soumissionnaires et adjudicataires de votre industrie?
- 18° Quelles en sont les conséquences?
- 19° Les droits de douane et d’octroi sont-ils une entrave au dével°P pement de votre industrie? ^
- 20° Les patrons de votre profession font-ils exécuter leurs trav»llX l’étranger? Si oui, quelles sont les causes de ce déplacement de main-d’œuvre? ' ^
- 21° Vos associés sont-ils assurés contre les accidents résultant travail? Possédez-vous une caisse de retraite?
- 22° Quelles sont les conséquences du travail exécuté dans les ma' centrales, les couvents et les ouvroirs?
- ,jsons
- PAKTICIPA.TION
- 1° Sous quelle forme vos ouvriers participent-ils aux bénéfices entreprise?
- 2° Quels résultats avez-vous obtenus, dans votre maison, par
- de v°tre
- tème de la participation?
- coiit''
- a,t
- 3° De quelle manière établissez-vous votre répartition? Par a» tj0ll de louage d’ouvrage spécial? Par l’entrée de l’ouvrier en aSS ^ la avec vous? Par les bénéfices calculés au prorata de la somme valeur de son travail ? . n dcs
- 4° Si l’entreprise donnait des pertes, quelle serait la partiC'Pa ouvriers ?
- 3° Peut-on insérer dans le cahier des charges une clause l'emploi d’ouvriers étrangers ou en limitant le nombre?
- exelan
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- ENQUÊTE de la commission extraparlementaire des ASSOCIATIONS OUVRIÈRES
- %
- ASSOCIATION DES OUVRIERS EN MMES social : 48, rue des Oravilliers. — Reprosenlée par M. Masse.
- Masse est introduil.
- Masse. — Noire association date de 1848 ; elle a été
- o°îlstituée sous la forme collective avec le patronage du
- ^°Uvernement. Notre capital est de 150,000 francs; l’apport
- _e chaque associé est de 10,000 francs. Nous sommes vingt-
- nous ne demandons à nos nouveaux associés le verse-A'*
- u aucune somme.
- M. le Président. — Quel est le coût de la matière première?
- ^ Masse. — Nous n’employons que. de l’acier, qui vaut ^ h 150 francs les 100 kilogrammes. La proportion de la , ler° première à la main-d’œuvre est très variable, et nous av°ns même jamais cherché a l’établir ; elle peut être, en °yenue, de 20 0/0.
- port ^ar')erei- — L’importation est-elle supérieure à l’ex-
- ^aSSP' — ^ll1> *ie cr0^s 0ue hi fabrication ne suffit pas e COnsommation. Suivant nous, notre profession, à Paris, tio estln<^° & disparaître ; elle ne compte pas d'augmenta-^ans beaucoup de métiers, la main-d’œuvre a aug-6’ C^°z 110us> °^e est restée stationnaire depuis 1848 ; v mcants sont obligés de faire travailler en province, pour ^r(vàParis.
- ÿ ^ Président. — Quel est Je taux journalier du salaire ?
- • Masse. — J] varie de 4 à 6 francs ; sur 60 ouvriers, il « .1
- ÿ ueux ou trois qui gagnent 7 francs.
- — Pourquoi vos prix de ventes sont-ils limités
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- par la concurrence étrangère? Cela ne tient-il pas à la diffe' rence d’outillage ?
- M. Masse. — Probablement, les Anglais se servent & machines.
- M. Barberet. — N’auriez-vous pas avantage à employé vous aussi, des machines?
- M. Masse. — Notre fabrication n’est pas assez imporla11^ pour cela, et puis les machines coûtent très cher,
- '20e OlïKSTTON
- M. Barberet. — Y a-t-il en F rance des patrons flul emploient des machines?
- M. Masse. — Oui, mais les grandes fabriques ne sont P1 à Paris ; la maison Lirnet, à Gosne, une des plus conside râbles, a commencé à Paris et s’est transportée en provint Nous mémos, qui sommes très petits relativement, nous prl nons cette voie ; ne trcTuvant pas à Paris assez d’ouvrir ’ nous avons créé, depuis trois ans, en province, un petit blissement où nous formons des apprentis (1).
- M. Philippe. — N’avez-vous pas des auxiliaires 6 votre établissement de province? ,
- M. Masse. — Cet établissement est dirigé par des assu nous n’y avons encore que des apprentis.
- Eu égard à la cherté de la main-d’œuvre à Paris, les fa^ cants achètent en province des produits qu’ils vendent cotf1 avant été fabriqués chez eux.
- (I) .Nous ne croyons pas faire de pessimisme, en manifeste^^ craintes de voir un jour une quantité de nos industries essentie^,^fg) parisiennes subir une décentralisation très préjudiciable et aux ^oU|,e et à notre grande cité de Paris, l/élévation des frais géuerallX nature amènera ces conséquences fatales. \
- (Xotc des Rapporteurs grurr^1
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- ENQUÊTE de la commission extraparlementaire des ASSOCIATIONS OUVRIÈRES
- ASSOCIATION DES OUVRIERS TAILLEURS DE LIMES kiège social : 28, rue de la Mare. — Représentée par M. Rouillier.
- Le capital social est de 50,000 francs, le nombre des asso-Cies est de cinq.
- Bouillier est introduit.
- ^Près un échange d’observations portant sur la constitu-*j0ri de cette société, ainsi que sur l’importance de l’industrie es limes, l’on aborde la vingtième question.
- Rarberet. — Faites-vous l’exportation?
- Rouillier. — Nous avons reçu quelquefois des com-^ndes pour l’étranger; elles sont rares. On ne fait pas exé-CU^er de travaux à l’étranger. La concurrence étrangère ne *QUs aUeint pas, elle n’intéresse que les patrons.
- Pitre. — Les produits anglais sont-ils meilleurs que le® vôtres?
- ^'Rouillier. — Non, Monsieur; ces produits ont eu une ^Putation momentanée, les Anglais, disposant à l’origine de ^ Matière première, ont presque toujours gardé pour eux
- Mai
- aïs,
- s
- ns produits, et ils vendaient les autres chez nous.
- j aüjourd’hui, les aciers fiançais peuvent lutter contre aciers anglais. Il est certain que l’Angleterre produit la j. 6 fails de très bonnes conditions, parce qu’on y divise le d dans des ateliers qui comprennent mille et deux mille font T : ,GS uns font une partie de la lime et les autres da /aU*10 Parlie. C’est à peine si, chez nous, nous avons s les ateliers cent à cent cinquante ouvriers.
- a environ mille à quinze cents ouvriers en limes à ^ e* ailbint en province, mais je n’aflirme pas l’exactitude
- aiai'ch'C^^reS^' ^eS ^n^a‘s Pe,lvenl Pr°duire la lime à bon et .e’.en ralson de la matière première qu’ils ont chez eux, Püls ils ont une autre manière que nous de faire le com-
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- merce. Pour conserver leur réputation, ils envoient les belle8 limes en France, et ils se débarrassent des mauvaises en leS expédient dans les Indes ou dans d’autres pays. Il font tout avec calcul. Leur fabrication est régulière lorsqu’ils ont des capitaux; tandis que, chez nous, un petit fabricant dont leS ressources sont limitées devra acheter de la marchandé moins cher et, par suite, moins bonne; son travail sera lneîl fait, mais la matière première sera inférieure.
- M, Pitre. — N’est-il pas vrai qu’à une certaine épo£(ue on a envoyé en Angleterre une lime anglaise qui avait ^ sciée en deux par une lime française?
- M. Rouillier. — Je connais cette histoire, car j’ai été ap prend de la maison Raoul, qui en est le héros et qui est! U1 venteur de la lime d’acier fondu. Il a fait cette décou^el^c comme beaucoup d’inventeurs, poussé par la [nécessité dc trouver quelque chose. M. Raoul occupait un petit ateber’ dans une cour, où il fabriquait des limes avec de l’acier otdç naire. Dans la même maison demeurait une personne fln était employée à la douane, et qui dit un jour à M. Ra°1^
- « Il est resté en douane des aciers qui pourraient peut'6 ^ faire votre affaire ; venez les voir, vous trouverez sùfeIïie ^ votre affaire, car ils ne seront pas vendus chers. » M- ^a° ^ alla voir ces aciers. C'était de l’acier fondu, et il ne savait p si on pouvait l’employer à faire des limes, parce qu’il 8 sait là d’une matière extrêmement dure, qui devait prcseitF dans le travail beaucoup de difficultés. Il fit des outil8 ciaux pour travailler cet acier fondu, et quand *eS/^ ell furent faites, il constata qu’elles étaient d’une qualité supérieure aux limes d’Angleterre et d’Allemagne tau acier ordinaire. 11 demanda qu'on lui fournît un ticr^'P0^ anglais de qualité supérieure; ou le lui envoya d’Angl° e il le scia avec sa lime d’acier fondu et en expédia 1^ morceaux aux Anglais. C’est à la suite de cette déconV qu’un rapport fut fait sur M. Raoul, et que Napoléon g cora. Le fait est historique. J’en sais quelque chose, P,11k je suis apprenti de la maison de M. Raoul fils.
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- UNE LACUNE DANS LES RAPPORTS
- Piuo
- l’écla
- P°us les délégués de la mécanique ont oublié de signaler 11116 exposition qui, il est vrai, était loin de se faire remar-(ïUei> par la réclame faite par l’exposant, — nous n’y avons ^èiïie jamais rencontré le représentant hollandais; —mais Cehe exposition, cachée pour ainsi dire à l’entrée de la galc-rie des machines, n’en mérite pas moins d’être décrite. Si les °Utils exposés n’avaient ni le brillant ni l’éclat d’objets fahri-dués en vue d’une exposition, ils possédaient la solidité el Valeur d’un outillage prêt à fonctionner dans l’usine. Ce ^érite en vaut bien un autre. Par le temps de réclame et de Platanisme à outrance que nous traversons, il est bon de ^contrer des fabricants qui osent demander seulement à Pdité et à la bonne exécution de leur fabrication, le succès d’autres demandent et doivent le plus souvent aux nces de la quatrième page des journaux, ainsi qu’aux ^es à 11 francs la ligne de la deuxième !
- ^ es rapporteurs généraux ont heureusement pu trouver j, ns leurs notes les matériaux nécessaires pour combler fission des d élégués de la mécanique. Rien que n'étant 1 mécaniciens, ils espèrent néanmoins avoir donné un JH P e~rendu aussi clair qu’impartial de l’exposition de y enis Poulot, à Amsterdam.
- °1 ci leur travail :
- Pmi les nombreuses machines outils de la classe 42, ]0
- 0 groupe 7, deux machines exposées par un de nos p^Pa^rl°les, M. Denis Poulot, manufacturier à Paris, ont icu]jkrenienj 110|rc attention. Ces outils dont l'em-
- fl a S(î généraliser en France, et qui sont employés dp* 1S ^0ngl°mps déjà en Amérique et en Angleterre, sont à meules.
- ^ l’g CréailL scs nombreuses machines qui figuraient déjà s. • °Silion de 1878, M. Denis Poulot s'est proposé de Panier l’emploi de la lime.
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- et
- La meule n’étant autre chose qu’une lime rotative (l grande vitesse, il est évident quelle remplace très avants geusement, dans tous les cas, la lime et la main-d’œuvre qul sont d’un prix assez élevé.
- Dans un outil à meuler deux choses sont toujours à consi dérer, d’un côté la machine elle-même et les accessoires de l’autre côté l’outil proprement dit, c’est-à-dire la meule-Les deux choses nous semblent avoir été établies Pal Al. Denis Poulot dans d’excellentes conditions.
- La composition d’une meule pouvant rendre des services être d’un emploi pratique n’est pas chose facile, ainsi (JU° nous l’a fait comprendre le fabricant, dans la visite que n°nS avons faite à son établissement à notre retour à Paris.
- Le travail produit par la meule étant évidemment fade’11 de la vitesse avec laquelle elle tourne, il fallait trouvei 111 agglomérant pouvant résister à l’action de la force cent11 fuge, développée pendant la rotation, il fallait, en outre,d ^ cet agglomérant ne subisse aucune des influences provefd ^ de l’état amosphérique, qu’il ue s’altère pas à la chalem que la surface de la meule, qui s’échauffe en même te * que le fer s’use, reste toujours la même, enfin qu’il travailler de manière à présenter un mélange intim6 tous les agglomérés, quelle que soit la grossem grain.
- Les agglomérés sont l’émeri, le silex et Je grès.
- c n ntell>x
- L’émeri est l’aggloméré le plus dur, mais le plus c° et le plus lourd, aussi ne l’emploie-t-on que dans te> spéciaux, pour le travail du verre et de l’acier tremp6'^ silex, corps répandu en très grande quantité en beaucoup moins coûteux que l’émeri, le remplace a'a ul. geusement, à cause de son prix relativement peu élcvtbP le travail du fer, de la fonte et du bronze, aussi, sont'0" jes meules en silex qui sont le plus employées; enfin lesIlie ^ en grès et silex servent spécialement pour le polissaj?^^ tous les métaux non trempés, ou pour l’allutage cl h'1 cage des scies circulaires ou à rubans.
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- Les agglomérants chimiques semblaient dès l’origine ^nner de bons résultats, mais on remarqua rapidement (l^ds présentaient les plus grands inconvénients; l’agglomération se faisant pour ainsi dire au moyen d’une vitrifica-bon de la substance, la meule se trouvait ainsi presque tou-•|0Urs très dure et ne produisait que peu ou point de travail ; ^salissait à la surface, et après quelques heures ne mor-d plus ; un inconvénient plus grave vint se joindre à Cejui-là, ces meules subissaient toutes plus ou moins les 6®fts provenant des variations atmosphériques, telle meule jjUl était bonne en hiver ne valait rien en été, telle autre se ris&itau moment de sa mise en marche, tuant autour d’elle exPérimetilateurs et ouvriers, si elle se trouvait placée dans a endroit un peu humide où elle subissait des influences
- y&roniétriques.
- °ur remédier à cet inconvénient, on pensa qu’une résine
- Serait dés
- un agglomérant présentant tous les avantages deman-^ 'Ju d suffisait seulement de la durcir après avoir fabri-e iu meule ; c’est en partant de ce principe qu’on pensa à ^ap^er ^ caoidcLouc vulcanisé, qui, une fois cuit, reste ^ taquable et permet de faire des meules tournant avec Vltesse linéaire de 50 mètres à la circonférence et à la Sec°nde.
- Denis
- sente vitesse
- *euip,
- > (iucls que soient leur diamètre et leur épaisseur.
- is l*oulot, pour <|ue l’emploi de ses meules ne pré-uucun danger, donne comme vitesse pratique une maximum de 2(1 mètres, constante pour toutes
- en
- a Question de la meule se trouvant à peu près résolue, ^preUaTlt COlim,e a8’8’l°ai^l‘aid le caoutchouc, il restait à S0ü/Id- °es précieux outils sur des machines pratiques et Une L est pour atteindre ce but que Al. Denis Voulut créa s°ntSei,e miic^,nes dont nous avons vu les dessins, et qui les ^°llLcs’ a nolre avis, parfaitement établies pour atteindre pour lesquels elles ont été faites; malheu-deux types seulement de ces machines figuraient ^Position, c’étaient :
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- ide
- de
- Une machine à meuler pont' meule de 0“l,90 de diarnèhe el une machine lapidaire verticale pour meule de 1 mètf0 sur 130 millimètres.
- La première de ces machines se compose d’un bâti en f°de portant deux paliers graisseurs, système spécial, et chariot qui s’avance au moyen d’une vis, suivant que la me est plus ou moins usée, ce qui permet de travailler près de sa surface, sans que la pièce à meuler craigo*3 u tomber entre la meule et le plateau, chose qui pourrait dé te riorer soit la meule, soit le bâti. La meule, en saillie dm1 côté, permet de faire dans la serrurerie, la taillanderie et carrosserie, des pièces de toutes formes, sans qu’on soit gefle’ deux hommes peuvent en outre travailler ensemble. Le °éne de cette machine a été établi pour que l’étage supérieur dorme une vitesse de 600 tours par minute quand la meule est neuve» et de 830 tours quand elle a environ 33 centimètres. L1*1^6
- X ’PUC
- porte une embase contre laquelle la meule se trouve sei par une rondelle et un écrou, entre l’embase et une tace la meule, de même qu’entre la rondelle et l’autre face( , trouvent deux rondelles de feutre qui assurent l’iinmobd1 de la meule sur son arbre, point en apparence de importance et qui cependant a son utilité.
- La deuxième de ces machines, dont l’idée toute nom est due à AL Denis Poulot, présente désavantagés tels (ltl^ seront évidents pour toute personne ayant vu fond1® des meules, .lusqu’k ce jour, l’emploi de la meule eu
- lie
- lapi"
- «faire, c’esl-a-dire pour donner aux pièces de petites sions, un • fini comparable a celui de l’étau limeur ou àe raboteuse, était très restreint; l’appareil était en outre eor»-posé d’une meule collée sur le plateau avec un ciment conque et tournant horizontalement, dispositif daugereu* eL mauvais en tout point.
- Le ciment n’est pas un intermédiaire présentant p°llf j* personne qui emploie le lapidaire des garanties suffis*"10* de ténacité : aussi, a-t-on vu souvent les meules fixées l>ar * moyen se détacher et blesser plusieurs ouvriers; ajoutons »
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-
-
-
- — 367 —
- Ce^a que ie mouvement de rotation dans un plan horizontal Mettait toute la surface de l’atelier dans une zone dange-reuse. Outre cela, quand on dresse sur une meule horizontale, 011 a généralement un trait à suivre. Pour voir comment et 011 en est le travail, il faut retourner la pièce sens dessus dessous, opération pénible et dangereuse si l’objet est lourd; eilsuite, l’homme appuyant sur la surface, la meule n’utilise ^ incomplètement sa force et peut, si par malheur il aban-j nne l’objet, blesser un de ses camarades ou être blessé ^mêine. L’arbre moteur de la meule repose sur des collets °u sur une crapaudine, dispositif présentant de graves incon-vénients si la meule est grosse ou si les pièces a travailler 80nL lourdes.
- . lapidaire vertical de M. Denis Poulot parc à tous ces Ilconvénients. La machine esl solide, on voit que l’on a affaire llri instrument tournant à grande vitesse; la meule n’est jj^s collée, elle présente une encoche en forme de queue .ai°nde sur tout son contour et est serrée au moyen de . 011 huit griffes en acier fondu. Une plaque de feutre à j^110 est fixée entre le plateau et la meule de môme qu'entre j 8 §rüles; par ce moyen, mise en place rapide et simple de ^ tèeule et stabilité pendant toute la durée de son emploi. |,üe ^hle qu’on peut approcher ou reculer à volonté suivant ^ Usure est placée devant la meule, c’est sur celle table que ]p0lïlIïle aPPuie la pièce à ouvrer. L’homme qui pousse uti-tr vIïlleUX Sa l°rce (luc celui qui appuie, il peut suivre le ^ail sans avoir besoin de retourner la pièce sens dessus
- s,.jS°us, il voit ce qu’il fait eu la tirant simplement à lui;
- a^aud°nne la pièce, elle reste sur la table et ne blesse j^i SOj"ln°* L’arbre moteur étant horizontal se prête beaucoup Co^lx ;iu graissage que s’il était vertical; il est muni d’une e~P°inte destinée seulement à résister à la poussée de ho * flei’ *anc^s que bi crapaudine, dans le cas d'une meule Pièc 0ll^a*e’ suPporte le poids de l’arbre, de la meule, de la 6 d feuler et résiste à l’ellort de l’iiomme qui travaille. rtsunié, ces deux machines dont l’emploi devient chaque
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-
- — 368
- jour de plus en plus commun sont, à noire avis, les véritable outils de l’avenir, permettant de fabriquer à bon marché ^ de lutter par ce moyen contre la concurrence étrange1 e dont les progrès vont toujours croissant.
- Ainsi que nous l’avons dit bien des fois déjà dans le cou1*5 de ce travail : arriver par les moyens mécaniques à contre' balancer la cherté de la main-d’œuvre pour neutraliser leS effets de cette concurrence étrangère, tel doit être ll0*;ie souci à tous, patrons et ouvriers. Nous estimons que, p°111 sa part, Al. Denis Poulot y a réussi.
- Nota. — Deux rapports sur la mécanique, un sur le nage, un sur la fonderie de fer, nous sont parvenus trop pour qu'il nous fût possible de les faire figurer dans ce prC ^ volume. Notre travail était entre les mains de M. le minisüe commerce. ^ ^xle
- Quand, en corrigeant les épreuves, nous nous aperçûmes ^ ces rapports n'avaient jjas été donnés à l'impression, il etal ^ ^ tard pour réparer cet oubli : la pagination de cette feuiffc ^ suivante étaient faites et il eût fallu tout remanier. Il V donc impossibilité absolue. eitii
- D'ailleurs, étant donnée la spécialité de ces rapports, f lS sur la fonderie excepté, — ils ont une place toute indiqué ^ le deuxième volume ; c’est là que leurs auteurs les Qu'ils veulent bien nous excuser, il n'g a point de notre faU
- L. C. et D.
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- — 369
- MOYENNE DES SALAIRES
- DE LA MÉTALLURGIE ET DE L’INDUSTRIE DU FER (Tableau dressé par les Rapporteurs généraux)
- TRAVAIL A l’hf.ure Prix de l'heure. PRIX de la journée* SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- fr. c. à fr. c. fr. c. à fr. c. fr. c. à fr. c. fr. e.
- 0 16 0 56 »> » » » »» »
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- PAYS CT localités
- PAYS-BAS ^fnheim..
- éventer. ’ '
- iUUerdaui- Amsterdau,
- Revemer ..... Brique
- Aavers,.
- ^NEMAUK
- CoPenhagu0.
- Suède SaQdwik .
- m.k‘Siia...
- ,irict Je wêstl I-friand, ^eboiii'g.
- METIERS
- Fondeurs en 1er (a).
- Id. id..........
- Mouleurs...........
- Forgerons..........
- Mouleurs...........
- Forgerons..........
- Chemins de fer. Mécaniciens (a).... Ajusteurs do machines
- Manouvriers.......
- Serruriers........
- Chauffeurs conducteurs Ouvriers mineurs ....
- Mécaniciens..........
- Constructeurs de ma-
- chines, de chaudières pour navires.......
- Fondeurs de 1>C classe
- (0.................
- Mouleurs id.....
- Forgerons id. ...
- Mécaniciens id.(c)..
- Serruriers id.....
- Ceux de 2° ordre ou ouvriers ordinaires (d)...................
- Mineurs (e)........
- Métallurgie proprement
- dite.............
- Fondeurs l,r* ouvriers
- (f)..........
- forgerons id...,
- Frappeurs id. {</)
- Les ouvriers ordinaires de cos trois catégories ................
- es surnuméraires....
- Id..... ........
- lais bons ouvriers .... Eus ouvriers médiocres Les bons ouvriers (h). Ecs ouvriers médiocres
- Ees lions ouvriers.... Ouvriers médiocres... Apprentis.............
- U^ivanr 0,.lvri,jrs chaull'eur
- NOMBRE
- d'heures de travail par j our.
- 10 à 12
- 10 1/2
- 12
- 12
- 12 à 13
- 12
- 11 à 12
- 12 à 13
- , ,ra --------- pour bateaux à vapeur reçoivent 55 florins .
- b) c^-Ees mécaniciens conducteurs 62 florins, soit 130 fr. 20, nou nourris, ’c) 1 ‘ c«>nn>8 sont pour los ouvriers travaillant aux pièces et à la tdehe.
- \f) ïffiant,1’h“bil°lû do l'ouvrier.
- (g) llsYÎUn6rati0U on toutes saisons. i-.,.
- ('/(.j E()iiÎUVont augmenter leurs salaires eu travaillant a la tache Logés grulis en été et en Intel. ses et recevant l’assistance médicale gratuite.
- -n
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-
-
-
- 370
- PAYS
- NORVÈGE
- SUISSE
- Chaux-de-Fond Zurich......
- Bâle........
- Genève......
- PORTUGAL
- ESPAGNE
- Province de Valence.........
- ITALIE
- Venise........
- Sicile........
- Naples........
- Livourne......
- Naples........
- Turin.........
- RUSSIE
- Environs de Mos cou...........
- Finlande......
- Finlande......
- AUTRICHE-
- HONGRIE
- MÉTIERS
- Fonderies de fer. Fabricants de machines Contre-maîtres ou premiers ouvriers (a)..
- Industrie du fer.....
- Fondeurs ...........
- Forgerons (b)......
- Fondeurs............
- Forgerons...........
- Mécaniciens.........
- Id........... .
- Serruriers..........
- Forgerons...........
- Mécaniciens.........
- Chauffeurs..........
- Frappeurs...........
- Forgerons (c).......
- Serruriers..........
- Mécaniciens.........
- Ouvriers mineurs.... Fondours............
- Modeleurs (rf).......
- Frappeurs...........
- Ajusteurs...........
- Tourneurs...........
- Forgerons...........
- Mécaniciens.........
- Mouleurs............
- Chauffeurs..........
- Forgerons...........
- Mécaniciens.........
- Forgerons...........
- Ouvriers mécaniciens Forgerons...........
- NOMBRE
- d'heures de travail par jour.
- 12
- 10
- 12
- !3
- TRAVAIL
- a l’heure Prix de
- l’heure.
- fr. c. à fr. c.
- rmx de la journée.
- fr. c. à fr. c.
- 3 15 5 »
- 1 25 2 35 1 85 2 05 1 90 2 10 1 10 1 35
- 2 50 3 2 ». 2 GO 1 15 1 <55
- 1 25
- 3 »
- 4 »
- 2 »» 3 50 2 80 2 » 3 50
- 1 00 7 00
- J 00
- 4 G! 4 !
- 3 75 1 75
- 7 50
- l’r. c. à 1Y. c.
- 10 00 11 00 12 00 13 00 » »
- 18 00 40 00
- l 50 21 »
- 17 (c) 29 “
- IV. c.
- f»5 80 58 &
- 61 f,
- 34 25 116 O»
- (a) Seulement pour les ouvriers habiles cl do premior ordre pouvant conduire ateliers.
- (*) Les ouvriers nourris gagnent do 5 à 14 francs par semaine avec le logement*
- (ci Sans nourriture ni logement. id) Ni logés, ni nourris.
- (e) Avec nourriture.
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-
-
-
- — 371
- METIERS NOMBRE 1)’]IEURES de travail par jour. TRAVAIL A L’HEURE Prix de l’heure. PRIX de la journée. SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- Mouleurs Il à 12 IV. c à fr. c. » » fr. c. à l'r. c. fr. c 33 à fr. e. fr. » e.
- Id » » » » » B 33 >3 n
- Id. (a)... » » n » 33 15 » 26 » 33 *
- Id » » » » B 36 .. 13 » >}
- Rondeurs.. » » y) >» » 16 » 32 »
- Id » » )> 7) 12 « 28 » » »
- Id » » » » » 11 « 35 » >» »
- Id » >3 >» » * 10 » 22 » 33 *
- Hauts fourneaux. 54 .» 60 »
- Forgerons maîtres (b). 7) » » » * 33
- Id. aides 33 )> » » B 35 » 3S » * »
- Premier frappeur.... » )) » » B 27 » 30 »
- Frappeur. y> 33 33 » » » 25 » >3 33
- Maîtres pudleurs » 7) » » » 45 » 48 » *
- Pudleurs (c) » )> 3) » 33 25 » 30 » * »
- Rouleur préparateur.. » >5 » » » *8 »» 30 » * *
- Id. finisseur » » 3) » » ;>5 » 60 » W B
- Tireurs étendeurs.... * » y) » B 22 b 2b » J> »
- Amalgameurs » » » 7) 33 62 » 65 » » »
- Martelours 7> » n >» » 43 » 45 » » »
- Id. aides B » » » » 27 » 30 ». * B
- Tourneurs >3 » » 3) B 43 .» 15 » » »
- Mécaniciens y> » » » 33 27 >» 34 >» * 33
- Manouvriers et chauf- 23 » 25 »
- fours y) » 3) * » B *
- Construction de machines.
- Forgerons » » » » 33 18 » *25 » » »
- » » » * * 14 » 24 >> n B
- Forgerons » » 33 3) >3 14 » 26 » » 33
- id j) » 3) B B 36 » 13 » >1 »
- Ajusteurs . • • » 33 * 22 » 30 >» ” 33
- Polisseurs. » » » 3) 3) 18 » 28 » » »
- Ajusteurs » . » 33 B 20 -j 27 »» » »
- Construction de wa-(jons. Ï8
- Ajusteurs n » R » » . 30 » 7> »
- Construction de navi- 19
- ros en fer n n » B 7) b 25 » 7> B
- Fabriques do for blanc. » » » « » 20 » 21 » B » .
- Id. do fer battu. » » » » 33 14 » 16 B 3)
- Id. do limes... * » » * * 12 » 30 >» * B
- Serruriers (d) 10 » » 6 » 7 75 7) „ *
- 10 „ » 3 » 4 00 B B D »
- il » :i r<o 4 50 » 33 » »
- Forgerons pour char- 2 50 3 75
- ronnago (e) 12 » » B 7) B B
- Métallurgistes 10 B 39 3 >. 5 .. B 7) B 33
- PAYS
- Er LOCALITÉS
- Allemagne
- Ssïo
- Beÿnfech'..'
- |axe. ......
- cemniVz'.;;;
- coh!'Royalc- • ^^g-Gotha
- f'C»........
- aUen-Saxe....
- Saxe6r'^cllelraa.
- ....
- fc!»Wc..
- mb°Lirg.. > •
- oSniU...
- Os?0*-.:
- PiUNge
- Jv..
- bS8nan'i:::;
- {«) A la
- (e) q *a JQurnéo.
- t‘?h fe? facilement ffliro la romarquo quo dans les hauts fourneaux pour la fabrica-r‘es seonr,/•10 l’acier, les salaires sont beaucoup plus élovés que daus les petites indus-(d) ltenair-GS (1° 'a métallurgie.
- la -(e) Les1Seifr!cnK'nts '1° 1” chambre syndicale des serruriers en bâtiment.
- ’^llle (i'0l salaires restent stationnaires et les vivres sont chers II est impossible à une Vrier de boire du viu qui vaut 0 fr. 7U le litre.
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-
-
-
- NOMME TRAVAIL PRIX
- d’heures SALAIRE
- A L HEURE
- de travail Prix de la par
- par de journée.
- jour. l’heure. semaine.
- fr. c. i fr. e. fr. c. à fr. c. fr. e à fr. c.
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- » 0 50 0 65 » » »
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- 9 à 9 1/2 9 » » » » »
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- X» 77 9 9 » • 40 50 » 50 n » 05 *
- PAYS
- ET LOCALITES
- FRANCE Lille......
- Montélmiar., Blois .....
- Paris......
- Marseille.....
- ANGLETERRE
- METIERS
- Mécaniciens
- Forgerons *..........
- Ouvriers métallurgistes
- Carrossiers.......
- Ouvriers serruriers ... Maréchaux............
- Métallurgie. Maison Cail et Ce (a)
- Traceurs..............
- Chaudronniers 1er....
- Modeleurs.............
- Forgerons............
- Chaudronniers cuivre. Monteurs de locomotives ................
- Tourneurs.............
- Mouleurs.............
- Ajusteurs (b).........
- Machinistes...........
- Aides................
- Armuriers.............
- Chauffeurs , conducteurs dans les usines (c)...............
- Maisons diverses......
- Ouvriers employés en construction mécanique ..................
- Maréchaux ferrants...
- Aides.................
- Couteliers............
- Ouvriers eu limes....
- Serrurerie.
- Ouvriers (d)..........
- Ouvriers en coffres-
- forts ..............
- Forgerons.............
- Ajusteurs.............
- Ouvriers en limes., Forgerons pour grosses
- limes (e) ..........
- Ouvriers de 2» raug (f; Tailleurs do limes....
- Le nombre des ouvriers mécaniciens à Lille est de 800, celui des forgerons ° tsc soo (o) Hans les ateliers de Douai et do Renaiu, les salaires et la duréo Je J fait atI
- memes qu’à Paris, seulement, dans l’atelier do Paris, la moitié du travail s :es, dans ce cas les salaires sont augmentés do 20 A 50 0/0. , 32,000’ h
- les mêmes , ........._r __________f _____ . „u lu
- pièces, dans ce cas les salaires sont augmentés do 20 A 50 0/0. ,
- (6) Le nombre des ouvriers employés A la construction des machines est de les ouvriers fondeurs de 1,500. |mirs P!
- (c) Pour sept jours de travail. La modicité des salaires dos ehauffours-condu^' lad1' vient de la concurrence faite par des hommes inexpérimentés, qui parviennent
- ftorpffp ftnna loc moiaono An Knison fin I»» i t ! . ..
- r>0.
- ---y -- - —. |.n« «...t ••wiiuuvn iu»:.\|mnnuîuie», ijm t'“*
- agréer dans les maisons en raison de la simplification des machines.
- (d) Les ouvriers serruriers gagnaient en 1870 et 1872 de 5 francs A f
- (e) Pour limes de douze pouces cl au-dessus.
- /; Pour limes au-dessous de douze pouces.
- j fr.
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-
-
-
- PAYS ET localités
- ^gleterre
- Edi
- lIÏ|boui’n
- '°ndres.
- ^Eeffleld .
- 1 “y s-Noirs
- E°ndros.
- JIull.
- Efisto]
- 'Vednosr1fii,ji. Efevood _
- lTAMÉPioni
- '”rLssachllsse(
- MÉTIERS NOMBRE d’heures do travail par jour.
- Construction mécu-
- nique.
- Ajusteurs 9 à C. 1/2
- Tourneurs
- Monteurs »
- Chaudronniers »
- Modeleurs 53
- Manœuvre. »
- Frappeurs >3
- Riveurs W
- Carossiers. Forgerons de l1'" classe
- (g) »
- Forgerons do 2“ classe. »
- Charrons 5)
- Po.inf.ros ... »
- Ouvriers on ressorts.. »
- Ouvriers en voitures..
- Métallurgie. Hauts fourneaux.
- Pndlcurs (ft) »
- Lamineurs (h) »
- Pilonnenrs *
- Mécaniciens
- Forgerons et autres ou-
- Chaudronniers de nn-
- vires (c) 3)
- Ouvriers divers y
- ld. de construction
- navale ”
- Serruriers.
- Ouvriers ordinaires,.. ))
- Premiers ouvriers en
- serrurerie line (d).. 3)
- Fondeurs en for
- ld. en cuivre... »
- Forgerons »
- Machinistes *
- Ajusteurs »
- MorHonr.s »
- Aides „
- TRAVAIL A L’HEURE
- Prix do l’heure. de la journée.
- fr. C. fr. c. à fr. c.
- : : » »
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- 10 05
- » » Il 15
- » » 10 50
- » » 11 15
- a » 9 35
- » » 10 65
- » » 0 50 »
- SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- fr. c. à fr. c. fr. e.
- 15 » 18 » 33 33
- 15 y> 18 » » »
- 16 » 19 » » 33
- 50 » 52 » 33 33
- 48 » 53 » » »
- 25 » 30 >» 33 »
- 24 » 20 » 33 »
- 32 » 10 » 33 33
- 33 » 38 »
- 27 » 34 » 33 >t
- 29 » 35 » »» 33
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- 31 » 36 » » ))
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- 3) •)
- ouvrît ljlV(!rPool, les salaires sont pour les charrons de 37 iï R) francs par semaine; les (r\vn voiu>ros reçoivent 5 francs par semaine de pins ipi a Edimbourg.
- >) A î;
- (n\ £n ’vu,uiros
- (/>) rr 'nil»el H a nn aido fl paver de 3 h 4 francs. , . . ltl.
- à 4 j 1 Ees lamineurs et les pilonnenrs ont chacun un aide »ju ils liaient, le premier di.
- IrW fit le second do 8 à 5 francs. . ...
- lofc.'. n' Ees travaux de construction navale subissent souvent un temps d am t qui entrain faitréîien-1 le chtinmpo pour les ouvriers; leur salaire, quoique eleve, se trouve par « ,/uJl considérablement, est classé dans la moyenne. . , ,
- >%Hf salairos «le» meilleurs ouvriers varient do 30 à 30 francs niais. «ttpMi^ Hioyen1no'1es salaires payés aux bons ouvriers no dopassent pas 40 francs comme
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-
-
-
- POIDS ET VALEUR DES PRINCIPALES MACHINES ÉTRANGÈRES IMPORTÉES EN FRANCE EN 1882 (Tableau, dressé par les Rapporteurs généraux.)
- PAYS Je provenance Jes machines. Machines à vapeur fixes. Machines pour la navigation. Locomotives et loeomobiles. Chaudières à vapeur. Machines pour l’industrie textile. Machines pour l’agriculture. Machines à coudre. Machines et outils divers Répartition par pays.
- kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. kilogr.
- Allemagne 931.149 4.935.068 694.012 2.208.223 316.417 664.309 4.208.135 13.957.313
- Belgique 2.801.980 33.860 844.057 1.098.368 1.517.982 98.151 39.193 5.850.465 12.284.056
- Angleterre 1.053.838 24.056 2.690.901 141.425 6.780.839 1.676.124 1.340.924 5.149.449 18.857.556
- Autriche 20.392 — 4.401.822 — — — 36.452 4.458.666
- Italie 36.673 — — — 7.063 3.941 — 27.573 75.250
- Suisse 46.019 — 285.190 13.376 687.254 269.933 — 514.354 1.816.126
- États-Unis. — — — — — 899.454 32.491 166.501 1.098.446
- Turquie — — — — — — 39.668 — 39.668
- Pays divers 12.819 160 — 7.025 25.279 11.343 20.261 38.810 115.697
- Poids total en kilogrammes.. 4.902.870 58.076 13.157.038 1.954.206 11.226.640 3.275.363 2.136.846 15.991.739 52.702.778
- B Valeur actuelle en francs .... 4.695.123 89.465 18.857.104 , 1.897.537 14.943.973 4.205.341 6.056.080 15.478.849 Francs. 66.233.472
- B Valeur totale pour Y6&2 des articles ci-dessus
- ' H
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-
-
-
- POIDS ET VALEUR DES PRINCIPALES MACHINES FRANÇAISES EXPORTÉES EN 1882 ("Tableau dressé par les Rapporteurs généraux.)
- PAYS où les machines ont été .expédiées. Machines à vapeur fixes. Machines pour la navigation Locomobiles. Chaudières à vapeur. Machines pour l’industrie textile Machines pour l’agriculture. Machines à coudre. Machines-outils et divers.
- Allemagne kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. 77.000 kilogr 82.002 kilogr. 238.183 kilogr. kilogr. 456.855
- Belgique — — 24.374 5,675 279.011 158.179 47.981 986.879
- Angleterre . — 10.195 15.108 — 10.625 134.483 9.730 787.446
- Autriche 8.150 — — — 2.893 107.952 — 52.496
- Italie 8.150 — 28.477 2.873 — 185.150 47.383 677.720
- Suisse — — 10.466 — 46.592 74.709 — 230.811
- États-Unis — — — — — — — 100.046
- Turquie • 14.000 — 44.200 24.450 60.122
- Espagne 41.871 — 25.753 40.425 34.593 143.117 — 442.643
- Nouvelle-Grenade 20.000 — — — — — — 101.659
- 25.000 — — — — 35.652 4.639 126.983
- République Argentine 18.272- — 5.614 — — 45.803 — 135.376
- Algérie 26.688 — 374.895 14.377 — 578.709 91.084 212.440
- Ile de la Réunion 13.340 — 60.000 — — — — —
- Russie — — — 9.790 9.795 103.892 — 149.712
- Autres pays 109.842 15.443 68.000 54.464 52.464 193.335 97.557 939.172
- I’oids total en kilogrammes 271.313 39.638 612.687 248.804 517.975 2.023.614 298.374 5.460.360
- Valeur en francs 271.313 58.187 850.678 246.543 761.388 2.600.000 798.734 9.877.307
- Valeur totale actuelle des huit articles ci-dessus ... 15.698.700 fr.
- 375
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-
-
-
- — 376 — Ü
- nP'l'A#'
- DROITS DE DOUANES PERÇUS A L’IMPOT1'
- 377
- PRODUITS mécaniques
- d’après LES TARIFS COLLECTIFS, LÉG^if NoS 1? 17j 28, 45
- (Tableau dressé P
- eX-
- DESIGNATION DES MARCHANDISES
- Machines et Mécaniques....
- 1. Appareil complet à vapeur...
- 2. Fixes et locomobilos, avec ou
- sans chaudières...........
- 3. Avec ou sans volants......
- Pour la navigation, avec ou sans chaudières.............
- f>. Locomotives.............
- 0. Autres qu’à vapeur.......
- 7. Tenders de machines locomo-
- tives.....................
- 8. Rails pour chemins de 1er....
- ALLEMAGNE FRANCE tarifoonventionnel AUI
- BASES DROITS BASES DROITS RASES
- les lOOkil, fr. c. les lOOkil. fr. c. les lOOkil.
- id. 10 » id. net. 5 à 10 fr. id.
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- IV. c.
- bas*3
- DESIGNATION DES MARCHANDISES
- Machines et Mécaniques..........
- 1. Appareil complet à vapeur..
- Fixes et locomobiles, avec ou sans chaudières..........
- Avec ou sans volants.....
- Pour la navigation, avec ou sans chaudières.............
- Locomotives.................
- Autres qu’à vapeur..........
- 7, Tenders do machines locomotives...........................
- 8. Rails pour chemins de fer.. .
- ITALIE
- IUSKS ItllOITS
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- lOOkil.
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- IV. c.
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- ETATS-UNIS
- RUSSIE
- BASKS DROITS I HASKS
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- L.
- 28 55 28 55
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- *5»/°
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- ^0ï,teurs généraux.)
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- 25 0,0 25 0/0
- 25 0/0 0/0
- 25 0/0 A
- 0/0 25 0/0
- DANEMARK SUÈDE NORVÈGE PAYS-BAS SUISSE
- —— —
- BASES DROITS RASES DROITS RASES DROITS RASES DROITS BASES DROITS
- à la valeur. fr. <;. » fr. les lOOkil fr. o. fr. c. les lOOkil. fr. c.
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- SERBIE ESPAGNE PORTUGAL GRÈCE TURQUIE
- bases DROITS RASES DROITS BASES DROITS RASF.S DROITS BASES DROITS
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-
-
-
- — 378 —
- VALEUR EN MILLIONS DE FRANCS
- DES IMPORTATIONS ET DES EXPORTATIONS DE MACHINES DE 1875 A l^8"
- ANNÉES 1S77 1878 1879 1880 1881 1882
- Importations annuelles. . . 37.7 42.3 37.8 42.1 GG. 1 87.1
- Exportations annuelles. . . 21.8 21.9 23 23.9 26 28
- Nous voyons que la somme des importations de machilieS
- en 1877 était de 37 millions 700,000 francs et en 1882
- • - 3e
- 87 millions 100,000 francs, et la somme des exportation!»
- 21 millions 800,000 francs en 1877 et de 28 millions en 1^' La différence est donc énorme!
- Voici d’après la statistique officielle de la Grande-lli’e^lie
- . . nrtéeS
- la valeur annuelle des machines à vapeur anglaises înip01
- ep France depuis 1677 jusqu’en 1882 (1).
- EXTRAIT DU TARLEAU GÉNÉRAL DU COMMERCE EXTERIEUR DE LA FRANCE EN 1882
- ANNÉES VALEUR EN FRANCS
- 1877 1.050.450
- 1878 1.791.000
- 1879 2.500.400
- 1880 3.24G.975
- 1881 3.G51.825
- 1882 G.823.375
- Ces chilfres se passent de commentaires!
- (t) Huant of Irados returns.
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-
-
-
- — 379
- PAYS AVEC LESQUELS LA FRANCE A DES TRAITÉS OU CONVENTIONS COMMERCIALES
- Les droits d’entrée du tarif conventionnel français sont applicables
- aux provenances des pays d’Europe ci-dessous désignés :
- ^aes/iagne. — Article 11 du traité de Francfort.
- Angleterre (y compris les lies de la Manche). — Convention de commerce du 28 février 1882.
- Autriche-Hongrie. — Arrangement du 28 avril 1883.
- — Traité de commerce du 31 octobre 1881.
- ^Ulgarte. — Traité avec la Turquie du 29 avril 1861.
- SpAc.xF (y compris les îles Baléares et les Canaries). — Traité de commerce du 6 février 1882.
- I,Alte. — Traité de commerce du 3 novembre 1881.
- p
- RiTïc,ae (et îles adjacentes : Açores, Madère et Porlo-Santo). — Traité de commerce du 19 novembre 1881.
- — Traité de commerce avec la Turquie du 29 avril 1881.
- ^bssïE. — Traité de commerce du 1er avril 1874.
- Se
- jfiTnE- — Traité de commerce du 18 janvier 1883.
- et Norvège. — Traité de commerce du 30 décembre 1884.
- ^tllSSE
- R
- Tr
- InoriiK.
- Traité de commerce du 29 avril 1861. - Traité de commerce du 29 avril 1861.
- 'bises
- marchandises dos pays d’Europe ci-après dénommés sont sou-
- aux droits du tarif général français :
- Danemark, Gibraltar, Grèce, Malte, Monténégro, Pays-Bas.
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-
-
-
- CUIVRERÏE ET INDUSTRIES D’ART
- RAPPORT m-; M. PAGUET,
- Delegne do la chambre syndicale des chaudronniers en cuivre de Pa,lf”
- AL Paguet, au début de son rapport, dit que les corp°ra Lions ouvrières ont le droit et le devoir de s’occuper de toid ce qui intéresse l’industrie et le commerce.
- Les travailleurs, facteurs principaux des richesses puu ques, ne sauraient se désintéresser des divers systèmes production, soit nationale, soit internationale. Il est de leUl intérêt de connaître la condition des travailleurs des di$e rentes nations, car leur situation économique n’est, en rb sumé, que le reflet de leur système de production. Rien
- plus utile que de connaître la situation de nos frères de la
- 1 J plie®
- beur, la façon dont ils vivent et quelles sont les mœurs c ^
- lois qui les régissent: tout s’enchaîne dans l’existence
- l’ouvrier.
- Si les salaires sont inférieurs dans les autres nations, en résulte pour nous un malaise général dans la productio’j qui ne peut prendre lin que par l’entente et la solide1 entre tous les travailleurs.
- • • l potl^
- Ces considérations générales établies, M. Pagnei
- -.,a (\e sa
- mence son compte rendu de l’exposition des produit»
- profession.
- Franck. — Dans les galeries métallurgiques, il a
- reniai"
- la Pr°v
- remal'
- qué : la belle et bonne fabrication des forges de dence (llaumont); la maison Turbot, d’Anzin, pour sa
- , rail Oo 1
- quable construction de chaînes avec des maillons de u » ()m,0l0 de diamètre; la compagnie de Fives-Lille, p°u ^ exposition de matériel de sucreries coloniales. Le rapp01 ^ a principalement été frappé par un générateur, senii'*11
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-
-
-
- et à bouilleur ; un appareil à triple elieL de 2,200 hec-*°Jitres en 24 heures ; une chaudière close ou appareil à Cuire dans le vide, de 75 hectolitres de contenance, avec ^üploi de vapeur directe dans chaque serpentin, etc., etc.
- MM. Lecomte et Villette, constructeurs à Saint-Quentin, ^posaient également un appareil à cuire dans le vide, pour sUcrerie. La machine et la pompe nécessaires au fonctionnement de cet appareil étaient bien construites, mais n’offraient rien de nouveau comme système.
- M. Moranne jeune, de Paris, avait une exposition des plus belles, comme matériel propre à la fabrication de la bougie, ^ans les travaux de chaudronnerie, le délégué signale un ^Ppareil à distiller la glycérine.
- M. Jules Holland, à Jeumont (Nord), deux chaudières ther-aïo-syphons, montées sur petit fourneau pour chauffer l’eau 011 pour servir à la cuisine. Le tout en cuivre.
- La maison Hermann-Lachapelle, de Paris, exposition remarquable d’appareils à eau-de-seltz, et de magnifiques loco-
- mobiles.
- M- Fontaine, de Lille (Nord), constructeur de chaudron-üerie, montrait aux visiteurs des appareils à distiller le tafia et rhum, chaudière et colonne superposée, en communication 9'Vec sept récipients dont deux recouverts de globes en verre.
- Tenailler, constructeur à Paris, un évaporateur uni-Ve)sel pour sucreries. Cet appareil est composé d’un arbre leUx ofi sont adaptées une quantilé de lentilles qui m;oi-^Lïlt la vapeur par l’arbre et tournent dans une chaudière mi-ronde. L'arbre est en fonte, le restant de l'appareil est e» cuivre.
- M r ( t * .
- ^ *• Jmcornu, mécanicien à Paris, exposait des bassines à ^agees, des bassines à double fond pour fabrication de con-res. Systèmes connus.
- . /es anciens établissements Cail, à Paris, avaient une expo-^ taon des plus belles comme matériel, complet de sucreries, boulin à cannes à sucre de eetle maison était Je plus beau lo,|te l’exposition. Sou b;ili, en fer cornière et tôle, est
- Le
- 'le
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-
-
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- — 382 —
- des plus solides. Tout le travail de chaudronnerie de cet établissement est irréprochable comme façon.
- >1. Eig rot, constructeur à Paris, avait aussi une très belle exposition d’appareils à distiller. A signaler : une colonne a rectilier, un alambic à double fond, pouvant s’employer pQ111 les marcs de raisin et les fruits ; d’autres petits alafflbics avec colonne et des cuisines à vapeur, dont le travail était aussi fini que possible.
- La France n’avait qu’une locomotive et un train wag011^ de voyageurs (sic) à l’Exposition. La construction en était élégante.
- Enfin, le rapporteur a remarqué dans la section français6? les pompes de toute espèce, de nos constructeurs parisien? ainsi que les petits chemins de fer et wagonnets de DecauviH0 et autres constructeurs.
- Belgique. — Dans l’exposition belge, le délégué des oha6 dronniers en cuivre de Paris, cite :
- La société de la Meuse, Liège; M. Marcelin, de Ijie^ également; MM. Cail, Hallot et Ce, de Bruxelles, pour leU exposition de matériel jde sucreries; les Forges de la Pr° vidence, à Marchienne; [enfin la maison Clahès-Roucque^ dame veuve Verbecque, construction de chaudières, cxp°b un appareil rectilicateur d’alcool, une chaudière ue tronçons, avec plateaux à l’intérieur, surmontée d’une lonne de quatre tronçons et d’un autre tubulaire d’au m011 2m,b0() de haut à côté de la colonne.
- La Belgique avait, en outre, à l’Exposition d’Anisteié'11 une fabrique de papier fonctionnant dans l’Exposition Uiéi^ et aussi des petites locomotives très bien faites.
- Allemagne. — Dans l’exposition allemande, on reniai*!1^ principalement comme constructeurs de chaudières? maisons :
- Leinhaas, Etienne, pour ses appareils à distiller;
- Kriipp, pour la grosse chaudronnerie eu fer par P détachées; presque tout est soudé. La majeure partie
- ièces
- des
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-
-
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- 383 —
- Pièces sont faites à l’estampe. Le rapporteur déclare que ce ^ftvail ne l’a pas surpris : il a vu aussi fort eu France, et ^ênie mieux (sic),
- . Jost-Prégardien, pièces de chaudronnerie de toute espèce, hès difficultueusos. Le tout soudé et très bien fait.
- D’Allemagne avait aussi une locomotive et plusieurs wa-b°iis de voyageurs, beau travail, mais rien d’extraordinaire.
- Hollande. - - Dans l’exposition hollandaise, à citer :
- Da maison Wandermade, constructeur à Amsterdam, pour 1111 appareil à triple effet, avec machine. Pas d’appareils en
- cuivre.
- Plusieurs constructeurs exposaient du matériel de machines Marines, très bien fait. Les Hollandais paraissent assez forts ^ Mécanique et chaudronnerie de fer, leur chaudronnerie cuivre est moins bien et laisse à désirer
- ^uletekke. — L’Angleterre avait une exposition de chau-°Unerie en fer très complète : communication de* toute ^pece de caisses, fonds, tuyaux, avec brides relevées, foyers, audières ; le tout soudé sans rivures. Travail parfait. A ^Pale/r d’une façon spéciale la maison Thomas Bradfort, Ul ^ exposition de sa blanchisserie complète ; tout est admi-^ > surtout les appareils à sécher.
- ^Angleterre, en outre de ses travaux do chaudronnerie, ^ Ulle Délie exposition de mécanique, principalement les machines pour l’agriculture.
- Av ''
- h Kii,pue. — £,e rapporteur llG signale en Amérique que ^tion d’un appareil à convertir l’eau de mer en eau
- 6 e> Del appareil était bien fait. Le nom du constructeur 1 °ruis.
- Russie exposait des appareils pour faire le café et le chaudronnerie était absente. De iclie-llongrie et la Perse, qui des vases la chau-
- la
- ljj£ -'“«aie exposait des app< Dieu faits, mais la ch ^aif6] ^°U1 ^Espagne, l’Au(ri
- to ^ belles pièces de cuivre jaune, à jour, e nature, mais qu’on ne peut classer dans
- 4
- OtlU
- ci'ie.
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-
-
-
- — 384 —
- .....Pour les travaux de. chaudronnerie en cuivre,
- rapporteur, la France est certainement supérieure à tous autres pays. Dans la chaudronnerie de fer, la maison KrÜpP tenait le premier rang- à Amsterdam, mais uniquement palC° que nos grands établissements de France s’étaient abstenu^ Pour s’en convaincre, il n’est besoin que de se rapp l’Exposition de 1878.
- Le pays qui nous suit le plus près dans la fabrication la chaudronnerie de cuivre est la Belgique; il y a heu tenir compte des elforts faits par ce pays et de signale1 progrès accomplis.
- Parlant de la crise industrielle et commerciale, le des chaudronniers en cuivre de Paris dit textuellement •
- « Quant à la crise industrielle et commerciale qui
- eW
- de
- sur notre pays depuis un an, je crois qu’elle n’est paS c librement due à la concurrence étrangère, car il y malaise général en Europe, mais moindre <|ue chez nous-
- sév^
- cm
- un
- i#
- Cependant l’Allemagne peut nous faire du tort dans
- ont i111
- ateliers à Paris. Ce pays fabrique des articles qui
- lih'î
- ce*
- belle apparence, imitant nos produits, mais qui, en 1 sont camelotés (sic) intérieurement, et la matière p10
- \ ... Ips lUal
- en est fort inférieure. L’Allemagne peut ainsi livrer no
- ° A . J»
- chaudises à des prix moindres que les nôtres, car noi vons pas l’usage de fabriquer du trompe-l’œil !
- Cependant le rapporteur ne pense pas que les conséqu^11^ de la crise que nous subissons viennent toutes de cette ^
- cnrrence déloyale <|ui nous est faite. II croirait 1 ,
- qu’elles proviennent delà trop grande production, cause®^^ l’extension du machinisme, qui a permis de fabriqué1 coup plus de produits que la consommation ne peut eu ^ ber. La crise cessera, dit-il, lorsque la consommât!011 vaudra à la production ( I).
- ,oUsü'11'
- (I) ht* rapporteur st* trompe ici quelque peu. De ce <P‘° ^ tfi,e
- malion n'est pas ce qu’elle devrait elle, il ne s'en suit 11,1
- p.384 - vue 385/0
-
-
-
- — 385 —
- Le délégué de la Chambre syndicale dos chaudronniers en ClJivre de Paris donne, en terminant, quelques renseigne-^nts sur l’existence de l’ouvrier hollandais. On a lu ces ren-Seignements dans le chapitre consacré aux Pays-Bas; cepen-comme le rapporteur corrobore ce que nous avons écrit, n°us citerons une partie de son travail : « Le salaire à Amsler-dit-il, peut s’établir en moyenne à 0 fr. 35 centimes
- ha
- eui’e dans les grands ateliers de construction ; les ouvriers
- Aillent douze heures et demie ; dans les petites maisons, ils
- aillent jusqu’à neuf heures du soir. Les loyers sont
- lhesque aussj éievés qu’à Paris et les produits alimentaires
- aUssi chers que chez nous ; il n’y a que les vêtements qui
- j0ld d’un prix plus bas que les nôtres. » M. Paguet attribue
- 1I1(Hllérence de l’ouvrier hollandais pour les groupements
- poratifs à l’infériorité de son salaire et à l’excès de durée
- a journée de travail. Cependant, il constate que les Ira-
- eurs hollandais sont mis convenablement et que leurs
- . sont bien tenus. En Hollande, comme partout, la
- ^ ahon de l’ouvrier est donc très précaire ; le rapporteur se
- eïïiando s’il v a un remède à cette situation et si la condi-
- aes travailleurs est modifiable? Il répond oui, mais pour
- , a *1 faut de Faction, de l’unité pour aborder franchement °àtes i ... 1
- ^t d 10S ^ues^ons (lu* intéressent le prolétariat. C’est par <lép Gconstante que nous arriverons à nous émanciper; le tio^es chaudronniers de Paris espère que sa corpora-0çç^e ^illira pas à cette tâche et qu’elle saisira toutes les Sl°os qui se présenteront pour la mettre en pratique.
- es Cojy^
- 0rrunateurs manquent ou «iu’ils soient repus! Hélas! non. Ils v°ip ^‘llriPleuienl pas le pouvoir de consommer! C'est à étendre ce pou-^dre ,(0nsomi|ier que les institutions économiques d’un pays doivent 11C : ^0utc loi ou tout projet de loi qui a pour conséquence le C0lls0ïu Se,ncn*- ‘les produits, quels qu'ils soient, diminue le pouvoir de SilUle^er 0,1 d'achat, et augmente l’intensité de la crise, au lieu de la ^ Plus | ^0ll.S lle sommes pas de ceux qui pensent,ou plutôt qui disent* L blé sera cher et plus le pain sera bon marché.
- (.Votc des Happortcurs yéneraux).
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-
-
-
- — 386 —
- RAPPORT DE M. A. MERLAT
- Délégué des ouvriers fondeurs en cuivre de la ville de Lyon. r >
- Le lendemain de mon arrivée à Amsterdam, dit en coP1
- mençant son rapport le délégué des fondeurs lyonnais, Je
- me présentai chez le consul général de France, qui se llllf
- gracieusement à ma disposition pour aplanir les difficulfeS
- que la différence de langage pouvait me susciter dans 1aC
- complissement de ma mission, et il me donna tous les ren
- seignements capables de faciliter mon travail.
- Ce fut grâce à lui que je pus visiter la seule fonderie <1
- existe à Amsterdam, celle de l’amirauté, arsenal de niar111
- Les grands bâtiments construits pour recevoit les Pl0
- duits des exposants se trouvent au sud-est de la ville- k eI
- trée de F Exposition est derrière la grande voûte du ^uë
- national. Quand on l’a franchie, on se trouve devant la
- pale entrée des galeries. Le monument, d’aspect imp°sa^
- ressemble assez à un palais oriental avec les bizarreUeS
- 1 . * gup'
- son architecture et les éléphants gigantesques qui le
- portent. jc
- En entrant, on se trouve dans la section hollandais6 »
- . • i -.cessa111
- délégué lyonnais y signale les produits suivants intei
- sa profession.
- Ouehp1^
- Hollande. — Maison Asselbergs Arnold. — y
- ° i iampa&’
- pièces fondues en cuivre, telles que fournitures ue sans importance comme travail de fonte. Ces produ1^.^ reste, proviennent de nos fabriques parisiennes. Ca sp de la maison est le fer forgé. .tureS
- Maison Ilecht et Dyserinck, Amsterdam. — de lampes et petits sujets de cheminées en bronzé ouvrages bien fondus, simple comme moulage, le l°UttoljteS qué à Paris. Cette maison avait plusieurs expositions à peu près analogues.
- M. Kloosterhuis, Amsterdam^ — Fournitures P
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-
-
-
- O
- 387 -
- la
- nipcs et lustres simples, sans importance et fabriqués à 1’aris.
- Keverling. — Quelques gros robinets et coussinets. ^es pièces sont fondues en France et sur 110s modèles. La Raison exposait aussi des petites cloches, très bien faites, Raison Cossa, Amsterdam, fondateur de la Société des r°nzes, une jolie collection de statuettes de 50 à 60 centimètres de haut, assez ouvragées. Un morceau de 1 mètre en-mon représente une femme couchée sur un lit de feuilles. ^°cle ovale, bien fini. Tous ces bronzes ont été fondus à aris5 quelques-uns à la maison Barbedienne. Dans d’au-tres expositions du môme genre, la même maison montrait tiques grands lustres.
- ^ Bergenné. —Quatre cloches avec reliefs bien détachés ; auteur \ mètre à lm 20. Fondues en France ou en Belgique.
- Stelling, Amsterdam.—Detitslustres; lampes, lanternes Slgnaux sans importance. Comme dans les maisons précédés, tous ces produits ont été fondus en France ; quelques-ÜIls en Belgique.
- Stockvis et Zouen, Rotterdam. —Exposition de petits duels de tous genres et de formes bizarres. Us sont plus miïlces qUe ]es nôtres, bien fondus : l’intérieur est grave-eUxi les sables employés doivent être plus grossiers que les u les- Ces produits sont sans doute les seuls fondus en
- Glande.
- p
- uandk-Bhetagnk e t Islande. — Maison Smith. — ( ’ette
- avait
- maison
- Seule exposé : Ses produits se composent de lustres,
- gw A — -----1.........- -------,
- art' es> candélabres, lampes et appareils à gaz. Tous ces (P es s°nt simples et bien huis. L'exposition était belle et
- grand effet. Aucune pièce ouvragée et difficile comme a°alae'P
- Allé
- •magne. —M.Spinn-Sohn,Berlin. — Lustres, candélabres, CS, etc. ; le tout mal fini. Seul le travail de moulage
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-
- est passable sans être ouvragé. Rien (le remarquable. Beau' coup de produits en zinc.
- M. Falbe, Berlin.—Suspensions à pétrole et à gaz, article fondus, simples et sans difficultés ; beaucoup de zinc.
- M. Fritz Max, Berlin. — Candélabres en cuivre et en zwc> même genre que la maison précédente, excepté deux st-a luettes : Rubens et Rembrandt, ouvragées, bien faites deux candélabres à six lumières, hauts de 80 centimètre environ. Tout est bien fondu ; rien de particulier à sigfta^el
- et
- comme moulage.
- M. Ilornemann, Berlin.—Cette maison avait des flambeaux des candélabres, des lustres, de petites statuettes et des peI1 dules avec sujets dp zinc; quelques coupes et des fournit111® de bureau d'un travail simple. Tout cela n’est pas pal^ Les lustres, comme tous ceux des exposants allemands, s trop matériels, rien de gracieux ni de comparable à ce dul fait en France ou en Belgique.
- aohc' et des
- M. Stotz (Paul). — Quelques bustes bien fondus etbien vés ; quelques statuettes simples, bien faites. Des lustres lampes. Ions ces objets n'ont rien de remarquable co moulage. Cette exposition était, sans contredit, la plus de la galerie allemande.
- Les maisons Gruenbaum, flofer, Ivindormann, Rak^ui*1 > Wolf, Schlesinger et Vombach, ont toutes à peu près Ie memes produits que la maison Ilornemann. Tout est fait da les mêmes conditions.
- Fn somme, l’Allemagne est encore loin de pouvoir u°1^ faire concurrence en ce qui concerne les bronzes daC d’ornement.
- nnue
- pellr
- Autiuciik-Uonoiuk. — Cette puissance n’avait expoSL quelques petits articles sans importance.
- 1)6
- Fiianck.— M. Eugène Bagues, Paris. —.lotie exposé ^
- lustres, de pendules, porte-lumières, sujets en ^ ^
- petites statuettes. Quelques groupes ouvragés, faits.
- de
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- M. Bengel, Paris. — Belle exposition d’appareils à gaz. Rien qui offre de la difficulté comme*'moulage.
- M. Bergues, Paris. — Lustres, lanternes, chenets. La spé-Clalité de la maison est le repoussage. Tout le fondu est soigné, ^position sans importance.
- Maison Barbedienne, Paris.— A remarquer dans cette splen" exposition les oeuvres de Barye : Thésée combattant le ^hiotaare et d’autres sujets plus petits : Eléphant monté par "n Indien; Cavalier surpris par an serpent, etc. Tous ces bonzes sont des morceaux oûvragés comme moulage. Le apporteur a remarqué en outre un groupe : Charles Martel, ^uvre de 1564 de Léop.pomp. Farct.La statue a de lm20 à ^ M). Au pied du Maire du Palais est un guerrier vaincu. Parles Martel est debout, il a les jambes nues jusqu’au §enoii; son armure se déboucle sous le bras droit, le corps est 11118 à nu. Cette armure se quittant (sic) est un chef-d’œuvre de Monture, comme ajustage. A Tœil, on croirait que le tout est fondu d’une seule pièce.
- La maison Barbedienne exposait environ 500 sujets, grands Lt Petits, tout bronze; quelques lustres et candélabres. Cette ^Position était presque inabordable à cause de la foule qui Passait continuellement.
- ^ Maison Boyer frères, Paris. — Une jolie collection de l°nzes d’art très bien faits. Statuettes, sujets de pendules, s^es> lustres, candélabres, etc.
- Collectivité du bronze imitation, Paris. — Pendules, sta-^ Gs> statuettes, groupes, lustres, vases, etc., tout zinc, très 1011 faits. Lxposition magnifique et d’un grand effet.
- ^Maison Bredeauf, Paris. — Bronzes d’art, statuettes, lus-8> lampes, vases, etc. Quelques morceaux ouvragés, le °Ul bien fini.
- 1-aison Collin et C°, Paris. — Fabrique de bronzes d’art
- M et a
- ^ ameublement, quelques statuettes, pendules, lustres, etc. ^sieurs morceaux diflicultueux. Belle exposition.
- Raison (irandry, à Nouzon (Ardennes). — Ameublement e sMon ; chenets, galeries et tlambeaux, etc. L'ensemble
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- est bien fait. Travaux peu ouvragés comme moulage, le tout assez bien fondu.
- Maison Houdebine, Paris. — Cette maison avait une j°*ie collection de sujets en bronze fort bien faits, de 80 centiifle' très de hauteur environ. Elle exposait aussi des lustres, deS candélabres, des vases et des pendules, etc., plus quelqueS petits groupes de bronze très ouvragés et bien finis.
- D’autres maisons parisiennes, que le rapporteur ne nom#16 pas, leurs expositions étant à peu près semblables à celleS des maisons déjà citées. Toutes ces maisons, à Texcepb011 de la maison Barbedienne, n’avaient, que des petits bron&eS et de l’ameublement de salon. Le délégué des mouleurs Lyon croit pouvoir affirmer que la France est encore lo111 craindre une concurrence pour ses bronzes. Toutes les pièces exposées par les maisons françaises étaient d’une finesse d’une exécution remarquables. L’exposition française eta*1 parfaite; au point de vue de la profession du rapporteUl’ il n’y manquait que la robinetterie et la pièce mécaniquC^ qui figuraient aussi très peu dnns les galeries des aut^ sections.
- Beliuoue. — Compagnie des Bronzes (société anony11^
- Bruxelles. — Grande et belle exposition d’un grand nofli
- d’objets d’art en bronze. Bustes, médaillons, statuette ’
- bronzes d'ameublement, coupes, jardinières, lampes, &arI^
- tures de bureau, vases, lustres, torchères, candélabres,
- a stata09
- Cette exposition comprenait un grand nombre de s fondues par lo procédé dit « à la cire perdue », fonte, sauf quelques-unes dont les chairs avaient été gra ^ Parmi ces statues, il y en avait qui atteignaient l,ub0 a ^ de haut,'et toutes très bien exécutées. Cette maison llV de richesse et de bon goût avec la maison Barbedienne-Maison Clémençon, Bruxelles. — Exposait un » lustre de 3 mètres de haut environ, un peu confus ^ bien fait, sans difficulté comme pièce de moulage, èe était le plus grand que le rapporteur ait remarqué.
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- — 391
- Une paire de candélabres riches, de 2m 50 à 2m60 de haut, Uun moulage ouvragé. Ces deux objets étaient les [seules Pleces fondues exposées par cette maison.
- M. Bourdon de Bruyne, Gand.—Ornements d’église, bien ^°ndus et bien montés.
- M. Collin, Bruxelles. — Bronzes d’art et d’ameublement bi(* faits.
- M. Dantois, Bruxelles. — Bronzes d’ameublement et petits br°îizes d’art, candélabres, lustres, etc., très bien fondus.
- M. Lelon, Bruxelles. — Ameublement de salon, bien fait, s,lïlple comme moulage.
- Raison Lemoine, Bruxelles. — Jolie exposition d’appareils éclairage, lustres, candélabres, lampes, etc. Un buste de très ouvragé, moulé sur terre cuite, très bien fait. Maison Lempereur et Bernard, Liège. — Lustres, sussions, girandoles, garnitures de cheminée.
- Maison Luppens, Bruxelles. — Exposait des statues, entre patres le, Printemps, 1 mètre de haut, ouvrage bien fait; des stfes, des candélabres; belle exposition.
- . beaucoup d’autres maisons ont exposé des bronzes iden-Maes à ceux des maisons précédentes, statues, statuettes, stres, candélabres, appareils d’éclairage, bien exécutés, aas travail particulier comme moulage.
- Un visitant les bronzes de la galerie belge, dit le rappor-r> -Ie croyais être encore dans la y ale. rie. française, tant il y 'j rapports entre les produits des deux nations. Comme s la galerie française, aucune grosse pièce n’a été e*Posée. '
- ÏîAT
- ue. ___ Maison Carradori et C* (Pistoria). Cette maison 1 sait des lustres, girandoles, candélabres, etc., sans im-
- P^tance.
- bro^^S011 Michielli. — De l’orfèvrerie en argent; peu de
- /es- Ces deux maisons, seulement en Italie, avaient exposés A a. 1 . . .
- ues objets tondus ; d’ailleurs sans rien de remar-
- ^ablo.
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- Russie. — Deux maisons exposantes : La Société Kumberg (Saint-Pétersbourg) et M. Woerffel (Saint-Pétersbourg).
- La première exposait des lustres et des candélabres, etc., bronzes bien faits, mais sans difficulté de travail. La seconde avait une exposition de sujets bronze, représentant des personnages et des scènes russes. Ces petits ouvrages sont ouvragés, achevés et bien faits. La spécialité de la maison réside dans ces sortes de petits bronzes el en pièces de malachite et autres pierres de Sibérie.
- Suisse. — La Suisse avait exposé quelques pendules avec bronzes assez bien faits, sans grande importance au point de vue du travail.
- L’Espagne, la Turquie, la Grèce, la Suède et la Norvège l’Amérique n’ont rien exposé de ce qui concerne la profeS' sion du bronze.
- 1
- Japon. — Le Japon avait exposé quelques statues ne dieux, des vases, lanternes, pagodes. Quelques vases s très bien faits : on dirait qu’ils sortent d’une de nos preininre maisons françaises, et cependant (de môme que pour ln P part des statues de leurs dieux, qui sont très mal tal ils datent d’environ deux cents ans (1).
- Dans la galerie des beaux-arts, on remarquait quelque belles statues : un Lêonidas, hauteur 2"‘5(). Fondu à Cl1 perdue. Cette statue a été fondue à Bruxelles par la ComPa
- 1 i> ig en
- gnie des bronzes. — Poverella (musicienne assise), t°u . cire perdue. I“i0 à d,n50 (Compagnie des bronzes). — ^°l
- comte de Nassau (cavalier armé), fondu par Gruet hauteur l“‘80 (œuvrede Pierre TourguenelV). Comme ^ cultes de travail vaincues, ces statues étaient les iu°lC les plus importants de l’Exposition.
- Le seul pays qui marche sur nos traces, pour les bi°
- (I) Nous ne partageons pas celte opinion. I.e Japon avait do? modernes de toute beauté el qui doivent donner à réfléchir à ll0S
- ,ro»*cs
- jneil'
- leurs fabricants.
- (Note des Rapporteurs ;/'
- ;/i éfuus')’
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- ^art, est la Belgique. Ses travaux sont très bien faits comme fonte, et surtout très bien finis.
- A son retour, le délégué des mouleurs lyonnais a pu visiter fo fonderie de la Société des bronzes, à Bruxelles. Très bien Accueilli par le directeur, qui le conduisit lui-même dans tous fos ateliers. La fonderie est vaste, bien tenue, bien aérée. Les Ouvriers, au nombre de trente environ, y trouvent toutes les c°nunodités nécessaires à leur travail. Trois statues de 3 mè-1 foos à 3in50 étaient en chantier. Outre les statues, on fond fo'aucoup de bustes par la méthode à cire perdue. Le direc-fonr a avoué au rapporteur que presque tous ses ouvriers sont ^(frwie?is ( 1); quelques-uns sont Belges, mais ils ont fait leur QPprentissaf/e à Paris, ou du moins y ont travaillé. Le sable erïlployé pour la fonte est tiré des environs de Bruxelles ; il Cs! très lin, mais il demande à être beaucoup plus aéré pour ^ v6nue des pièces. La fonte brute est bien unie. On se sert j Uïl réverbère pour fondre les grosses pièces, et de six à ud fourneaux ventilateurs pour les autres travaux de la maison.
- La journée de l’ouvrier varie entre 4 fr. et 6 fr. 50, selon lrïlP°rtance du travail fait par chacun.
- A Amsterdam, le rapporteur avait aussi rendu visite à la nderie de bronze de l’arsenal de marine où une lettre du C0ltsul de France lui avait donné accès. Il y est resté près de j^j'l heures. La fonderie n’occape que quelques ouvriers. J G est assez mal tenue; le moulage se fait à terre comun celui de la fonte de fer. Le sable employé est grossier faible, la fonte, assez propre comme moulage, vient grippée ; s coulent beaucoup à vert.
- ^ ^ a vu quelques petites pièces mécaniques pour réparations. 0 fonte était en fusion dans un creuset en plombagine
- 4
- Mais Co,Ur>-uii<ai,,,
- .V ü là une contradiction llagrante avec la brochure publiée pai 'Upuguie et les déclarations faites au délégué parisien, M. Simonny. •ùnsi qu’on le verra plus loin, on n’en est pas a compter a\<r lis is à la Compagnie des bronzes de llruxelles!
- (Note des liai (porteurs (jétu'rau.r).
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- d’une contenance de 50 kilog. environ. Pour fondre on se sert d’un cubilot et de quelques fourneaux à air qui sont i’aS de terre et qui ont paru beaucoup trop profonds et trop 1 aI’geS pour les creusets employés. La journée est de dix heures de travail effectif, et le salaire varie entre 4 et 5 fr. suivant la valeur du travail.
- L’ouvrier à Amsterdam peut vivre largement (sic) moyel1 nant 2 fr. 50 à 3 fr. par jour, location comprise. Il est non chalant et fait très peu de travail dans une journée. ^
- La Belgique seule peut rivaliser avec nous par son U’aVa, bien fait et par ses produits qu’elle livre à meilleur mai^10 que nous; elle peut nous faire, dans l’avenir, une concurrent sérieuse dans l’industrie des bronzes d’art et d’ameublement Il y a lieu de s’en préoccuper.
- RAPPORT dk MM. SIM ON N Y, Paul, mouleur, OZANNK, Chaules, ciselé1’ et ROBIN, Henri, tourneur,
- Délégués de la chambre syndicale l'Union des ouvriers façonniers du bronze.
- QUELQUES LIGNES EN GUISE DE PRÉFACE
- Avant d’entrer dans les détails de ce rapport, quelqlie
- explications sont indispensables. .
- c0|-
- Quand nous sommes partis pour Amsterdam, mon lègue Gruhier et moi, chargés d’une mission spéciale, ^ était de réunir les éléments nécessaires à la rédaction rapport d’ensemble de la délégation nationale ouvrime
- 1 ti otl ^
- France, nous avions l’intention de faire, chacun ne côté, un rapport spécial sur nos deux professions. ^
- Parmi les délégués envoyés à Amsterdam par les som^
- M. le .Ministre du Commerce, il n’existait pas, à notie
- râoe
- naissance du moins, de délégués spéciaux à nos deux tries. Ces industries avaient été représentées dons la<Wu 1,011 ouvri™ parisienne qui était allée à Amsterdam, g aux subsides votés par le Conseil municij.nl de Caris, ni»'s cette délégal ion faisant imprimer ses rapports à part, "°aS
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- c°avînmes de suppléer, chacun en ce qui .nous concernait, aux deux lacunes produites 'dans la délégation nationale, P°ur nos deux industries.
- En arrivant à Amsterdam, nous eûmes le plaisir d’y ren-c°ntrer M. Simonny, délégué do la Chambre syndicale des °üvriers façonniers du bronze de Paris, qui nous apprit qu’il disait, lui aussi, partie de la délégation nationale. Deux antres membres de la même chambre syndicale que Simonny l’avaient accompagné à Amsterdam, mais ces ^enx délégués n’avaient fait qu’un court séjour à l’Ëxpo-Sltl°n, et étaient déjà repartis pour Paris.
- M. Simonny resta encore plusieurs jours à Amsterdam dVec nous; il avait beaucoup travaillé eL fort bien employé s ; je me trouvais ainsi en quelque sorte dégagé de O^.on de rédiger un rapport spécial sur le bronze. Copen-je pris quand même les notes nécessaires à la confection ce rapport, afin de pouvoir le faire, si besoin était. Eruhier, de son côté , étudiait les produits de sa profes-Sl°n> exposés à Amsterdam ; son rapport spécial figurera dans le deuxième volume du rapport d'ensemble.
- Ee retour à Paris, les relations que nous avions nouées à ^sterdam avec M. Simonny, se continuèrent à notre mu-tuede satisfaction.
- Quand son travail fut terminé, il me convoqua chez lui P°ur en entendre la lecture ; ses deux collègues à Amsterdam Pistaient pas à celte lecture et, je crois devoir le dire, je ^jamais eu le plaisir de voir ces deux Messieurs, de sorte me serait fort difficile de pouvoir leur attribuer la part xacte qui leur revient dans ce rapport.
- point de vue de la profession, le travail de M. Simonny kdl fort bien fait et fort complet; il y manquait cependant niques réllexions générales sur certaines maisons expo-amo®> ainsi que sur certaines puissances, et de concert Vcc Simonny, après en avoir discuté ensemble, il fut ^enu entre nous que j’ajouterais, d’après mes notes, ces exi°us et ces appréciations que je venais de lui signaler.
- s°a temp
- 1 oblimvh*
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- Mais pour que la responsabilité m’en incombât bien, il fut éga' lement convenu que je joindrais mon nom à celui des trois délégués des ouvriers façonniers du bronze, — en spécifiant bicfl que ma part personnelle dans ce travail était infinitésimal’ et ne se rapportait qu’à quelques points, à quelques passageS faciles à reconnaître. Il avait été fait ainsi. Mais voilà qual1 dernier moment, à la veille de livrer ce travail à l’impreS' sion, les deux co-délégués à Amsterdam avec M. Simon11) tiennent à ce que leurs noms seuls figurent sur le rapf0) du bronze. C’est leur droit et je n’ai pas la prétention de l°lU retirer ce droit d’auteur qui leur appartient dans une qu’ils auraient peut-être besoin de débattre avec leur tr°l sième collègue, mais à laquelle je n’ai rien à voir ici-Cependanl, comme j’ai, moi aussi, collaboré à ce rapp01 dans une mesure restreinte, très restreinte, je me hâte de déclarer, il est de mon devoir, néanmoins, de revendiqliel ma part spéciale. Si le temps n’avait pas été aussi cour b ^ j’avais été prévenu plutôt, j’aurais fait un rapport personn ’ où j’aurais développé plus longuement les quelques réflexio11 que j’ai émises dans celui-ci, mais le temps matériel 111 ^ manque et, d’autre part, M. Simonny acceptant et partagé entièrement mes idées, n’ayant eu affaire et n’ayant jamais que lui, je laisse ce rapport tel qu’il était il y a deux Au cas on quelques Allemands, certaines maisons belgc trouveraient à redire à quelques-uns des jugements forU*11^ et aux appréciations émises en certains endroits, ils sall1°j)l que c’est à un des rapporteurs généraux qu’ils doivent faire remonter la responsabilité, — responsabilité que, 1)0 . sa part, M. Simonny tient à revendiquer expressément au* m’a-t-il dit. ,
- Voilà, je suppose, qui contentera MM. Ozanne ellîobm* Quand ces Messieurs feront imprimer leur rapport, à ^ ils seront libres d’élaguer ce que j'ai écrit ici, comme ^ ajouter ce que j’ai élagué; ils pourront de même gard<1 tout, s’ils le jugent convenable, sans que moi, j'en sois, moins du monde formalisé. Mais ici. c’était autre clmse?
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- ^ m’appartenait de faire la déclaration qu’on vient de lire P°ur que plus tard, les protestations, si elles se produisent, Client à qui s’adresser.
- Encore un mot. Les conclusions qui terminent ce rapport, accoptées par les trois délégués, et développées d’après leurs ^tes, doivent également m’ètre imputées. Ceci pour les révolutionnaires en chambre qu’elles pourraient vexer et qui tas trouveront naturellement réactionnaires, puisqu’elles sont Sages et pratiques.
- Nota. — Le rapport du bronze, étant le seul sur cette lridusti*ie, nous a permis de le donner avec plus de développerais que certains autres. Malgré cela, nous en avons encore SuPprimé toute la première partie, qui faisait double emploi ^ans le rapport d’ensemble.
- «ris, 20 mai 1884.
- L. Cl [ALAIN,
- PRELIMINAIRES
- de
- 41 nous rendant a Amsterdam pour y étudier les produits notre industrie qui s’y trouvaient rassemblés, nous avions P°Ur mission de :
- ^ Rendre visite aux bronzes français et étrangers, afin
- ebd>hi* les dilférences existant dans la fabrication, les prix
- et p ', 1
- Roulement de cos diverses fabrications;
- Rechercher les moyens possibles et immédiatement pra-Gs d’éviter et de parer à la concurrence considérable que Us fait l’étranger depuis un certain nombre d'années;
- ° m.tormer si l’industrie du bronze existait en Hollande; ^ eHe pouvait être son importance; si elle était appelée à y I 1 1*0 de l’extension ; quel était le nombre des fabriques, goure de fabrication, leur outillage, le nombre d'ouvriers Pmyés, la capacité professionnelle et le salaire, ainsi que
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- la durée journalière des heures de travail des ouvriers, ^ visiter les fabriques, si possible ;
- 4° Savoir si la Hollande achetait les produits de notre fab1’1' cation; quelles étaient les spécialités de notre industrie <]ul s’écoulaient le plus facilement dans ce pays et l’importan06 de cet écoulement;
- 5° Quels étaient nos concurrents en Hollande, les causeS et l’importance de la concurrence ; rechercher les moyens de conjurer cette concurrence dans le pays en étudiant sur place
- les articles qui y trouveraient plus facilement acquéreur.
- Enfin, au point de vue général, étudier tout ce qui a
- trait
- à notre industrie et est susceptible de contribuer à son déve loppement et à sa‘prospérité.
- coin'
- en
- Ce sont ces renseignements que nous donnons aussi plets qu’il nous a été possible de nous les procurer, raison du peu de temps que nous avons séjourné dans pays et de la difficulté qu’il y a à se faire comprendre pa des gens dont on ignore la langue et les usages. .
- Malgré cela, nous avons, en général, été bien reçus et nous n'avons pu pénétrer, ainsi que nous l’aurions voulu,L L tous les ateliers (une seule fabrique en Hollande nous a
- vert ses portes), nous avons néanmoins recueilli un aS
- seü
- grand nombre de renseignements, qui trouveront leur p^a ^ dans la suite de ce rapport, au fur et à mesure que lcS
- la faute
- constances le permettront.
- Nous faisons peu d’alFaires avec la Hollande, en est, disent les Hollandais, à ce que très peu de brari parlent leur langue. Leur grand souci, d’après leur ^lie,^ce justement de ne pouvoir commercer avec nous. La P ^ est envahie par les Allemands, qui se font comprend!6 facilement et qui en profitent naturellement pour s impi # eux et leur fabrication, dans ce pays. Nous pensons qu6 S1 g voyageurs français, parlant le hollandais, ou lout au 1X1 l’allemand, parcouraient le pays, ils arriveraient à pla6t produits en Hollande, car les Hollandais n’aiment pab ^ Allemands el manifestent beaucoup de sympathie P°u
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- France. Du reste, dans leurs écoles, ils font apprendre la foogue française à leurs enfants. Cependant il se pourrait fort bien aussi que le véritable mobile qui les pousse à cette etude, ne soit, en réalité, que le moyen de pouvoir venir en France étudier notre genre de fabrication pour faire progrès • Ser ensuite leur industrie naissante. Quoiqu’il en soit, 011 ferait bien de profiter de leurs bonnes dispositions présentes.
- Dans le cours de ce rapport, nous émettrons une idée nous croyons pratique pour étendre nos relations commerciales à l’étranger. Nous espérons que nos patrons, qui y trouveraient leur intérêt, voudront bien l’adopter ou tout au moins l’étudier.
- Nous allons passer en revue les produits exposés par °haque puissance, en les examinant d'abord au point de vue £eriéral? et, ensuite, en les étudiant les uns après les autres et Par chaque maison exposante dans chacune des puissances dlu avaient des bronzes à Amsterdam.
- Dn peut être assuré que ce (pie nous dirons dans ce Gorïipte rendu sera l’expression impartiale et désintéressée du resultat de notre visite à l’Exposition d’Amsterdam.
- Nous commençons par la Hollande.
- Hollande. — La Hollande était médiocrement représentée a 1 Exposition d’Amsterdam sous le rapport de la quantité : faisons seulement, en comprenant les maisons d’or-
- fovrerie.
- La maison J .-JJ. Hrom, dite Société archéologique de ^aiiU Bernulphe, fabrique l’orfèvrerie et le bronze d’église, ^vaut elle, cette société est exclusivement composée d’ar-0s CO- Tout à l’heure, le lecteur pourra juger si cette peu modeste qualification est méritée !
- Soyons son exposition. Ouvrages en argent doré :
- Lu ostensoir en argept doré, orné de cinq figures de aiots, quinzième siècle; c’est une copie dont l’original se
- °mvé dans l’église de Schalkwiyk. A part la ciselure des
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- — 400 —
- saints qui est mauvaise et sans style, le reste n’est pas mal-Un calice en argent doré repoussé, représentant deg scènes de la vie du Christ, quinzième siècle. La tige et Ie nœud de la tige sont travaillés à jour ; c’est un très beau travail qui appartient à M. Jansen, de Regensbourg.
- Un autre calice, pied repoussé, d’un bon travail.
- Des burettes en cristal, monture argent doré, plateau de môme métal, très richement gravé, bonne exécution.
- Deux insignes de confrérie, en argent doré, ciselure repoussée. L’exécution est inférieure aux objets précédent-Dans les bronzes : un tabernacle du quinzième siècle, haii' teur 3m2o, largeur 0m80, ajustage très mauvais, cependant les parties limées sont bien faites.
- Une collection de chandeliers d’église, style roman ^ gothique, repoussés au marteau. L’exécution est asse2 bonne.
- Deux bas-reliefs représentant la Crue, et la Pluie de nia quatre autres bas-reliefs représentant des scènes de la vie de saint Villibrord, bien repoussés, mais très mal ciselés. "1 °l|> ces articles sont exposés dans une chapelle construite dai>s jardin de l'Exposition.
- Nous pensons qu’il eut fallu autre chose pour mériter
- i' en
- qualificatif que cette société se décerne. Il n’y a ia> somme, rien que de très ordinaire ; quelques pièces assez bieI traitées sans offrir aucune particularité réellement remal quablc et dénotant des mains supérieures.
- .Maison Rect et Dyserinck. Amsterdam. — C’est la -*®11
- île
- fabrique de bronzes que nous ayons trouvée et pu
- visiter
- dont
- dans la ville. Elle occupe une quarantaine d’ouvriers,
- un Français. Cette maison fait tout chez elle, fond le clll\
- fait
- et le zinc, occupe ciseleurs, monteurs, tourneurs, dorure au mercure et à la pile, le vernis et le bronzage-fabrique également la tôlerie et la chaudronnerie. Ses Pr^ duits consistent principalement en appareils d’éclairage gaz, au pétrole et à la bougie. Les suspensions pour la à pétrole sont généralement en foute de fer et très lege
- Elle
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-
-
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- ^ après les renseignements que nous avons pu nous procu-rer> ces articles de fonte de fer proviennent d’Allemagne. ^°m* ce qui concerne la fabrication de cette maison, à Part quelques rares exceptions, les modèles sont lourds mal faits. Malgré ces défauts, les affaires sont considères, et la maison ne peut suffire aux commandes qu’elle reÇoit.
- Son exposition se compose de lampadaires, de suspensions salle à manger en bronze poli, d’autres en fonte de fer r°ftzé. Le tout, comme nous venons de le dire, lourd et ^al fait. Enfin, des creux pour la fonte du zinc.
- Nos fabricants n’ont pas à redouter la concurrence de celte Raison en France. Sa fabrication ne plairait pas à nos goûts.
- moins que le bon marché n’influe cependant, car les ou-j^Iers ne gagnent, au maximum, que 5 francs pour treize emes de travail effectif! L’ ouvrier français occupé, seul, ^agüe 6 francs.
- ^ outillage est mauvais, cependant on se sert du gaz pour
- |j0Uder. Les tours sont à roues en dessous, au pied. La fon-
- erie est la plus mal partagée sous le rapport de l'outillage.
- j Nous avons dit que la maison faisait beaucoup d’affaires.
- ^ a donc lieu de craindre pour nous qu’un industriel ayant
- 8 de goût et s’outillant d’une façon supérieure, avec une
- ^m-d’oeuvre aussi bon marché, ne crée, d’ici quelques
- m^ées, une maison sérieuse à Amsterdam et n’arrive à nous ïaifo
- L une concurrence désastreuse sur notre marché, ainsi 6 le font déjà la Belgique et l’Allemagne.
- ^videmment il y a là, pour notre industrie, un point noir
- Ma
- ^ ‘ lson Cossa. Amsterdam.— Expose, au milieu d’un ameu-i ment tout en bois, des bronzes de fabrication française,
- mrizon !
- tel;
- pendules, candélabres, groupes d’animaux, deux Jes jardinières Louis XIII, supportées par des lions hérul-
- H]
- 1(hies.
- Tous cos bronzes sont d’une bonne exécution commerciale, tous d’origine française.
- 26
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- Maison Bégeer-Altreeht, fournisseur du roi de Hollande-"" Orfèvrerie argent. Un service de table, uni en grande pal tie, un saint Vincent de Paul en galvano, argent, d’apreS un modèle français, et diverses statuettes légèrement reto11 chées. Les pièces fondues ne sont que légèrement répareeS' Nous devons signaler une pièce qui attirait les regards tous les connaisseurs, et qui, à notre avis, n’a pas été app1*3 ciée à sa juste valeur par le jury, qui aurait dû récompeIlëel plus dignement M. Bégeer, car c'est incontestablement qui exposait le travail le plus remarquable parmi les bro»ze et l’orfèvrerie hollandaise; nous voulons parler de la rep*° duction d’une armure en acier repoussé de la fin du seizi®111 siècle; l’original appartient au Belvéder muséum de VieI1,î (Autriche), il a été porté par le duc Maximilien d’Autri^1®’ lors de son entrée triomphale à Bruxelles, le 18 janvier La reproduction exposée à Amsterdam a été portée P^ M. le baron de Hceckeren, à l’occasion d’une fête donnée P les étudiants en 1880, à Bruxelles, et représentant 1 efttl triomphale de 1578. t
- L’exécution de cette reproduction, en acier repousse, ^ magnilique de tous points, l’armure est toute dorée, 111 les figures, qui sont argentées. ^
- Nous avons visité les ateliers de cette maison, ds ^ vastes, bien aérés et bien éclairés, nous sommes convain ^ contrairement à certaines assertions, que ce beau trava bien été exécuté dans ses ateliers. ^
- Les ouvriers de cette maison d’orfèvrerie font treize ,
- O fraflOS e
- de travail effectif par jour, leur salaire varie entre o i 7 francs; ce dernier prix est celui des ciseleurs repous^^ En France, ce même travail coûterait au moins le pour dix heures. e\\e
- Cette maison n’a obtenu qu’une médaille d’arge11^ méritait certainement la médaille d’or. ffretefl
- Maison Bonebakker, à Amsterdam. — Expose un co ^ argent repoussé. Le repoussé est bon, la ciselure es! vaise.
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- freux portraits genre Louis XIII, également bien repoussés, Cl8elurê médiocre. Un grand cadre avec trois oiseaux sur un ^re, très haut relief, presque ronde bosse, mais toujours ^uvaise ciselure.
- Maison Delaunoy, à Amsterdam.—Une paire de candélabres, Ulle pendule, deux vases, le tout en delft, bronzes unis, po-8> monture et tournure assez bien faites. Le prix, fixé à a francs, nous a paru trop élevé.
- Plusieurs lustres, bronze uni, enfilages en delft, assez montés. Deux petites grues, émail cloisonné chinois, Jeîl montées, mais mauvaise dorure. Nous nous sommes ufrs, en voyant ces travaux, qu’ils devaient venir de Paris, ^joiïrd’hui nous en sommes convaincus, et nous pourrions j^mer la maison qui monte les bronzes de ce fabricant (?)
- Glandais.
- Maison j.-B. Ivruls, ciseleur, modeleur, graveur, à Amster-
- uarv, # % m
- jj ‘ Let exposant a dans sa vitrine un portrait du roi de °^ancle en argent repoussé ; un cadre de fleurs ; un autre " tentant une scène pastorale, tous deux en argent re-
- Pou
- Pou
- M
- %u
- sse également. Ces différents objets, d’un très bon re-rSse> laissent beaucoup à désirer comme ciselure.
- M
- Pou
- mson Van Loon, à Rotterdam. — Orfèvrerie, or et argent, vaise fabrication.
- ais°u Louwmaus, à Sneck. — Une balustrade unie, re-^Ssé et tournure bonne.
- Poq6^6 ïïla^S011’ importante, fabrique aussi la cuivreric . Ur Aliments, les étriers, les cafetières et beaucoup d’autres , es de ce genre. Pas un seul objet d’art. Elle a été gran-q ^ ^ar&emellt récompensée par une médaille d’or, ^ ma*son frégeer n’a obtenu qu’une médaille d'arcs a^S011 Van der Qulol, à Amsterdam. — Dans la vitrine de <pj exP°sanfr qui est classé dans les vêtements, et avec quel-
- vat,
- es
- laison, car il expose surtout des chemises et des cra-
- 0Qyx °n roinar(luo U,1C couI)e» un encrier, des llambeaux en t?arnis de bronze. La1 marbrerie est bonne, mais le
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- bronze et l’émail sont des plus mauvais. Une pendule et deS candélabres ne valent pas mieux. La vitrine porte la tion : « Fournisseur de la Cour! » Est-ce pour le bronze' nous en doutons fortement, et nous préférons croire, p°ur goût de la Cour, que c’est pour les cravates!
- Maison Van Sauten, à Amsterdam. — Orfèvrerie argent^’ service de table, uni en grande partie, fabrication très °r<^1 naire. Les pièces avec ornements fondus ou estampés s0
- de mauvais goût et les retouches sont mal faites.
- Cependant, une pièce attirait, avec juste raison, les regal des amateurs de belle ciselure. Cette pièce, un hanap argent fondu, rappelle dans son ornementation le pied coupe de Benvenuto Cellini. Malgré l’assurance que nouseI1^ donnée M. Van Sauten, — à qui nous avons rendu visde> nous doutons encore fortement que cette pièce ait pu faite dans ses ateliers, que, du reste, nous n’avons paS plaisir de pouvoir visiter, car il nous en a très carré#1^ refusé l’entrée. Nous croyons avec quelques raisons hanap, exposé par M. Van Sauten, est l’œuvre d’un ar français. La iinesse d’exécution, la sûreté de main tran trop sur tous les objets exposés dans sa vitrine, com#16 tous ceux qui garnissent son magasin.
- ^ . . frai*
- Dans tous les cas, que ce soit un Hollandais ou un ^ çais qui soit l’auteur de cette belle œuvre, c’est une ce de prix et qui méritait d’être signalée.
- . nneWeé
- Allk.vagnk. — Cette puissance a pris, depuis *1“ années, une assez grande extension dans la fabrica^oï) e bronze. Aussi avons-nous examiné son exposition aV6°^t" attention toute spéciale. A Amsterdam, elle compté r huit exposants, tant pour le bronze proprement dit que l’orfèvrerie.
- i n§ n
- Four rendre hommage à la vérité, nous devons, ^
- impartialité, reconnaître que sa fabrication coura11* ^ bronzes de commerce, sans être supérieure à la ^ïl ^ parisienne, n’est en réalité pas-plus mauvaise. Nous
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- remarqué que le poli, dans nombre de maisons alle-^udes, est moins usé que le poli français. Cela tient à ce <ïUe les Allemands donnent beaucoup de relief, bien en épouille, à leurs modèles, ce qui fait valoir la pièce une fois
- laminée.
- ^ous avons aussi remarqué deux genres de modèles : le ^dèle allemand, lourd, surchargé d’ornements de mauvais laissant peu ou pas de place aux unis ; puis, à côté, de eaux modèles Renaissance, que certains de nos fabricants Si sien, s pourraient bien reconnaître pour leur propriété, S ^8 en passaient la revue en détail !...
- Fes prix de vente des bronzes qui nous ont été donnés Seraient, s'ils sont réels, beaucoup plus élevés que les nôtres, ^0llr la plupart des maisons. Mais nous avons tout lieu de c^°ire qu’il y a là une supercherie allemande dont nous 11 av°ns pas été dupes.
- ^ous avons, en ed'et, visité les magasins d’Amsterdam, ^ Ctrecht, de la Haye, de Delft, de Rotterdam, d’Anvers et e Bruxelles. Partout, dans ces différentes villes, nous avons
- Fpf 7
- r°uvé les mêmes articles que nous avions vus dans l’ex-
- P°sition de la galerie allemande, et partout les prix qu’on
- 110118 a donnés, comme acheteurs, étaient de beaucoup infé-
- l6llrs aux prix prétendus sérieux de l’exposition. D’autre
- quand nous demandions des articles français dans ces
- magasins, surtout en Hollande, on nous répondait
- ariablement : Qu’ils étaient trop cnERs et qu’ils s’éternisant Vv .
- , 1 ÉN magasin!
- ^ est donc plus que probable qu’il y avait dans les ré-f ,Ses qui nous ont été données une tactique commerciale Se à comprendre : nous donner le change sur la concur-Ce Possible qui peut être faite à nos bronzes de vente
- c°Uram • ---- ;---------------
- nie par certains fabricants allemands. (Vest de bonne
- to conxrr,erciaïe, mais il nous appartient de ne pas er dans le piège et de ne point nous endormir dans une
- Securité
- trompeuse. Le réveil pourrait être désagréable et
- judiciable à la fois!
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- Nous ne pouvons résister au désir de donner ici un échan' tillon de la plaisanterie de nos concurrents de Berlin-représentant d’une grande maison de cette ville nous a affirmé avec un sérieux comique qu’il y avait dans sa mal
- ABNfl'
- $0
- son DES OUVRIERS FRANÇAIS QUI TRAVAILLAIENT EN FAISANT CATION (sic) DE LEUR JOURNÉE POUR APPRENDRE LA MANIÈRE DE FAIRE LE BRONZE (resic) !
- Pas mal, n’est-ce pas?
- Est-ce que, par hasard, les citoyens qui vivent sue bords de la Sprée et qui se promènent sous Les Tilleuls, v°11 draient damer le pion aux habitants de la Cannebière?
- On le dirait vraiment.
- les
- Des Français allant à Berlin poiy* apprendre la man
- 1ère
- de bien faire le bronze, c’est déjà bien, mais pousser
- \’(ih0'
- gation, comme dit si bien le représentant de MM. Spin fils, jusqu’à travailler pour rien ; c’est mieux.
- Dans des conditions semblables, ça n’est pas étonn
- et
- la concurrence devient pour ainsi dire impossible pour
- antS1
- • • f 1 (1 eQjjd
- Jamais nous n’aurions supposé que nous avions nés patriotes possédant à un tel point l’esprit de sacrihce poussant l'abnégation à une si pyramidale hauteur !
- C’est le comble des combles!
- Reprenons notre rôle de rapporteurs.
- L’orfèvrerie exposée par la section allemande est, pre pour toutes les maisons, un travail d’estampé plutôt qüe
- d. P0ÏÏ^^
- fondu. Les quelques pièces fondues que nous avons *
- quées sont des anciens modèles français, tels que • t
- d’arbre, ou des rochers servant de base à des candélabre8 ^
- à des pièces de milieu d’un très mauvais travail.. & ’
- travail de réveil dans l'estampé a une certaine fermeté.
- • • f rl0 ^
- Une grande partie de ces modèles d’orfèvrerie est
- grec, genre adopté il y a environ 20 ou 2b ans. - a
- Maison Spinn et Sohn, Berlin. —C’est cette maison <1
- « iravanltl
- la bonne fortune d'occuper des ouvriers français u (/ratispro tudesco ! cjief<
- MM. Spinn et fils occupent trois cents ouvriers
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- ctant à sortir de l’ordinaire. Les modèles sont plus légers* Exécution plus délicate qne dans les autres maisons — ex-Cepté pourtant la maison Stotz, de Stuttgard, qui lui est supérieure, comme on le verra tout à l’heure. — Nous croyons, malheureusement, la maison Spinn et fils, de Berlin, aPpelée à nous faire une concurrence sérieuse, si on n’y prend garde, même en France, car elle peut rivaliser avantageusement avec plusieurs maisons de Paris pour les bronzes ^ éclairage.
- Nous remarquons dans son exposition un grand nombre lustres, girandoles, appliques, avec ou sans glace, d’une 1res bonne exécution,
- Nous avons également remarqué une rampe droite à ba-lustre, uni repoussé, d’un très beau travail; ainsi que des Caudélabres unis ; l’enfilage en repoussé est fait dans les
- bernes conditions que la rampe.
- Maison Falbe-Oscar, Berlin. — Suspensions à gaz et P°ur lampes à pétrole, travail très ordinaire.
- Maison Ilornemann, Berlin. — Pendules, candélabres, Articles de bureau, lampes, baromètres en bronze, mais sur-l°ut en zinc galvanisé poli, très ordinaire.
- Maison Fritzo, Berlin. — Un grand nombre d’articles de ^reau en bronze poli, albums, porte-bouquets, bougeoirs, cadres en bronze et zinc. Mauvaise fabrication, articles de
- bazar !
- j Maison Kinderman, Berlin. — Suspensions, lampes et de murailles en fonte de fer, zinc et cuivre. Modèles lr°p lourds et fort mal compris. Fabrication exécrable!
- ^ Maison Kornor, Berlin. — Suspensions et lampes de table. y ava]l courant, mais assez soigné pour son genre. Il y a 011 de craindre que cette maison n’arrive à faire concur-ïeriCe au bronze d’éclairage français.
- Maison Kramme, Berlin. — Cette maison qui, il y a quel-|jUos années, n’exposait sous le titre de lustres qu’un amas 6 ^'anches informes, nous présente aujourd’hui un grand ^Onnbre de suspensions et de lustres à bougies, au gaz et à
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- l’électricité, très légers et de modèles irréprochables. l^u' sieurs de ces lustres sont en fer forgé. Les prix de cette mal' son sont relativement bon marché, comparés aux nôtre8-Nous avons notamment remarqué un lustre en fer forge, d vingt-cinq lumières, bien exécuté, et qui nous a paru très b011 marché à 750 francs. De même un autre lustre à gaz, ci*1*! branches, bronze poli, bien traité, à 300 fr. Nous estirni°nS son prix plus élevé. D’autres articles dans les mêmes cond1 tions. Pour le bronze d’éclairage, c’est cette maison quh a l’Exposition, tenait la première place. La maison Spinn et fd8> celle qui occupe des Français amateurs, ne venait qu’apreë-— Maison PotthofT, Munster. — Articles d’église en d’une exécution archimauvaise. Nos fabricants d’articles bazars sont incapables de faire aussi mal.
- Maison Rakenius, Berlin. — Lampes et bronzes dive*"8’ Sans importance.
- r i de
- Maison Seyfried, Nuremberg. — Cartels et pendules
- chambres en bois orné de galvano, de bon style Renaissance
- Bonne exécution. On reconnaît des mains habiles et capa
- dans le travail de cette maison.
- Maison Stotz, Stuttgard. — La maison Stotz est c
- ment celle qui tient le haut de la section allemande à 1
- position d’Amterdam, par le goût, le fini et la variété
- modèles. Elle expose une série d’objets d’art, ainsi que
- bas-reliefs, des bustes, des figures, statuettes, que ne dédal
- gneraient pas nos premiers fabricants.
- Le travail de cette maison est très sérieux ; elle a certa
- ble8
- nement dû s’imposer de grands sacrilices pour obtenir
- d’aU8Sl
- beaux résultats. Par exemple, avec les prix éleves qu affiche, nous croyons que les beaux bronzes français p ront encore se placer facilement en Allemagne. g
- A l’entrée du salon de cette exposition, nous remarq11 tout d’abord une rampe à balustres unis, et rinceaux sii^P ^ ment réparés. La monture est négligée, mais la tournui les profils sont parfaits et irréprochables. L’ensemble est satisfaisant.
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- Deux bas-reliefs : Mars et Vénus, 0"T5 de haut sur 0m25 large environ. Très bien ciselés. Prix : 21 florins.
- Un grand vase en marbre griotte, hauteur lin50 : les Arts l’Histoire, deux femmes ailées forment les anses. Sur la P^tise du vase, des têtes de satyre avec guirlandes de fruits dissent à désirer. La monture est bien faite, la tournure est san« défauts et la ciselure large et bien comprise. Prix : ^000 francs.
- Un séchoir-lavabo (porte-serviettes) Louis XIII,bien ciselé. : 300 francs.
- Un écran pare-étincelles, en galvano, légèrement poli, pris SUr un très beau modèle Renaissance.
- ^Ueux fontaines d’intérieur, placées contre le mur, style °uis XIII, polies. Hauteur, 2 mètres. Bonne ciselure, mon-bien faite, beaucoup d’uni dont la lime est très soignée. a cuvette est à gros gaudrons repoussés au marteau. Les ^udrons sont très réguliers. Sur le haut est un vase à fleurs.
- : 2,300 francs l’une.
- Prois statuettes d’environ 0m28 à 0m30. D’abord, une
- pi
- ^ür.yné, bien modelée, très bien ciselée, monture parfaite.
- ,116 Vénus et un Romain, moins bien; ils laissent beaucoup H désirer comme anatomie, contrairement à la Phryné, qui a j ctre fondue sur un modèle français. Ces deux statuettes, 4 ^taïus et le Romain, sentent bien la lourde et massive ctapturç allemande. Elles sont bien ciselées, par exemple, et parfaitement montées que la Phryné.
- ^ ^°us notons encore une loge à clefs en bois, avec de très 6aüx bas-reliefs Louis XIII en galvano. j Une pendule carrée et candélabres appliques en galvano, toUt; poü. Prix : 1,000 fr. C’est excessivement cher, cette biture n’étant plus du tout d’un travail équivalent aux précédents.
- ^ üsieurs autres modèles de petites pendules avec bouts ^ ^eux lumières, également trop chers ; elles sont r ta plus grande partie mauvaises comme modèles et exécution.
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- Cette maison expose encore un grand nombre d’artideS polis; presse-papier, timbres, flambeaux, cadres, encrier8) porte-bouquets, etc., ne valant pas mieux que les p^uS mauvais qui se fabriquent à Paris. Nous avons été étonUeS de rencontrer tous ces articles de bazar au beau milieu de8 pièces que nous venons de citer. Nous en avons conclu <ïue c’étaient là, très probablement, les articles de fabricati°n courante de la maison. Cependant, de sérieux efforts soflt faits pour arriver à fabriquer l’article de luxe et d’art com mercial. M. Stotz a déjà atteint un premier résultat : une eXe cution presque irréprochable ; les prix sont encore trop vés, mais il est à peu près certain qu’ils baisseront et s un1 fieront avec les prix généraux de ce genre de fabrication Cette maison constitue donc un danger pour nous, et. non engageons nos fabricants de bronzes à ne point perdre vue les progrès ultérieurs qu’elle pourra réaliser dans fabrication.
- Maison Lohleicher, Berlin. — Marbrerie ornée de bronze^
- Une coupe en onyx, bien montée ; une paire de Pe
- vases et flambeaux, marbre griotte, bronzes dorés émai bien faits. Une paire de candélabres, mauvais de tous p°
- illé8)
- ints-
- su8'
- en
- Maison Kusterer, Augsbourg. — Vases, jardinières, pensions, seaux à champagne, repoussés tracés matis cuivre jaune et rouge, genre Jenkens,de Paris. Le tout a médiocre.
- Maison Bruckmann, à Ilelbronn. — Orfèvrerie, Pa
- rtir
- cde>
- estampée et coquillée remplie, simplement réveillée co ciselure.
- Maison Gerhardi, Lüdencheid. — Services à thé et refroidisseurs à vin, et autres services de table. Articles p la parfumerie, galvano et métal anglais. Toute la vitrin®^ affreuse, il n’y a pas une seule pièce capable de faire les autres. 0.
- Maison Aufleger, Otto, Munich. — Reproductions © plastiques et articles de bronzes pour usage domcstl(îue^ et
- Maison llaymann, Munich. — Orfèvrerie en repou
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- fondu, or et argent d’une bonne exécution. Travail assez léger et dénotant déjà de bonnes mains.
- Maison Henniger et G% Berlin. — Articles alfénide et ^gent neuf. Estampé et fondu, c’est le môme genre de travail que la maison Bruckmann, d’Heilbronn. Toutes les pièces fondues sont d’une mauvaise fabrication, imitant le genre anglais, en mal.
- Maison Koerner, Berlin. — Mêmes observations que ci-dessus.
- Maison Mayen, Berlin. — Orfèvrerie argent. Candélabres lourds, bobèches beaucoup trop petites, branches estampées, s°ndées en coquilles. Beaucoup trop d’ornements, manque Csolu de style.
- Maison Munchmeycr, Berlin. — Jardinières, corbeilles à frnits et à pain en alfénide et argent neuf. Mêmes observa-k°ns que pour la maison Henniger. Les modèles datent d’un domi-siècle au moins. S’ils étaient beaux, il n’y aurait que demi-mal; mais le malheur, c’est qu’ils sont affreux et Creusement exécutés!
- Maison Osthucs, Munster. — Objets religieux et profanes. ^Productions de pièces d’orfèvrerie ancienne. Ilanaps, c°rnes, pots à boire en argent repoussé et doré. Le travail est bon et imite bien la vieille orfèvrerie. Le travail courant
- ta maison est plus négligé.
- Les autres maisons allemandes ne valent pas la peine ^’tare citées.
- A-Nglktkhre. — L’Angleterre n’avait que deux exposants.
- 11 pour le bronze : lampes et candélabres; l’autre pour
- orfèvrerie : des articles de voyage principalement, avec f^peteries, des plateaux, etc.
- Les bronzes sont très médiocres; quant à l’orfèvrerie, elle 6st de mauvais goût. L’exagération du travail d’outil (dit fil Cgtais) qUq|s accommodent à toutes sauces, fait ressembler
- a(Jue pièce à un objet plein de poils. Avec cela, un travail Ctati à ll0 pas reconnaître le genre.
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- Depuis longtemps les fabricants anglais ne font aucun progrès dans ce genre. Cependant les travaux en repousse que nous avons vus à l’Exposition sont passables, mais la ciselure est médiocre.
- Pourquoi la maison Elkington n’a-t-elle pas exposé?
- Belgique. — Les fabricants belges sont ceux qui se rap' prochent le plus de notre fabrication,, soit comme bronzes d’art, soit comme bronzes d’éclairage. En somme, ils tout ce que nous faisons. La raison en est bien simple : a part un très petit nombre, presque tous les ouvriers belgeS ont fait leur apprentissage à Paris ou y ont travail!6. D’autre part, après 4871, beaucoup de réfugiés de la CoUi' mune se sont établis à Bruxelles, et certainement leur pr<^ sence a dû être utile au progrès de la fabrication du bronz6 dans ce pays.
- * • CP
- Il y a encore une autre cause : nos excellents voisins ne gênent guère pour copier nos meilleurs modèles, savez-vous-Ça peut n’être pas très délicat, pour une fois, tu sais, sieur? mais c’est bon marché et, de plus, très lucratif !
- Et puis, nos bons amis de Belgique, plus madrés et plUk
- lins en cela que nos fabricants français, profitent de tout6
- les ventes de modèles qui ont lieu à Paris, soit après une ceS
- sation de commerce ou pour toute autre cause quelconqu6
- Les fabricants français leur laissent, les trois quarts du temps?
- . . . . t bons
- adjuger à un prix relativement dérisoire, de beaux ei
- modèles, qu’il y aurait intérêt à conserver chez nous. Nous ^
- pouvons pas dire que les fabricants belges ont tort
- sont les Français qui sont fautifs; ils ne devront s’en Pie
- dre qu’à eux-mêmes de la concurrence qu’ils auront
- subir plus tard.
- La plus importante fabrique de bronzes de la Belgid^ nous avons nommé la « Compagnie des Bronzes », de Brux ^ ne laisse pas passer une seule vente de maison sérieuse^ avoir un représentant pour acheter les meilleurs mo ^ Nous tenions à faire cette déclaration, surtout au sujet
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- (< Compagnie des Bronzes », de Bruxelles, parce que, à l’Ex-Position d’Amsterdam, elle faisait distribuer une brochure de ^0 pages, dans laquelle elle déclare, urbi et orbi, qu’elle « a lrhiové et créé tout ce qu’elle présente au public soit à l’Ex-P°sition, soit dans ses magasins de la rue d'Assaut, à Bruxelles, et que tous ses travaux sont exécutés par un per-s°finel exclusivement belge (?) et qu’il en était déjà ainsi lors ^l’Exposition de Paris en 1878 (??) (1) ».
- Ce renvoi que nous mettons ici nous dispense de faire ^ autres observations sur les prétentions émises par la « Com-P^nie des Bronzes », de Bruxelles. Au cas, pourtant, où cela 116 suffirait pas, nous y reviendrions, mais autre part que dans ce rapport.
- Quant à la création des modèles, nous avons lieu de Croire que la « Compagnie des Bronzes » a bien encore, de l^Uips en temps, recours à des artistes français. — Non que a°us dénions aux artistes belges la faculté créatrice, nous c°Uiiaissons trop bien la Belgique pour que nous fassions fi la grande valeur de ses sculpteurs et de ses peintres, c est justement à cause de cela que nous protestons contre ^Urination d’un chauvinisme étroit et mesquin. C’est sur-l°ut en matière d’art que les frontières sont inconnues ; et j*°Us agirions de même, si un fabricant français refusait une efie œuvre, sous prétexte qu’elle serait l’œuvre d’un sculp-teür belge !
- ^ ^n voulant trop prouver, la « Compagnie des Bronzes ». ^ Bruxelles, a dépassé le but, et nous avons le droit
- SOrniais de ne prendre de ses affirmations que ce qui nous c°üviendra.
- ^ ailleurs, lors de notre visite à la «Compagnie des Bronzes», i0Us n’avons pas vu d’atelier de sculpteurs. A la remarque ^Ue nous en fîmes, il nous fut répondu : qu’ils travaillaient
- VlHe! Soit. Il nous importe peu que la chose soit exacte
- 0) Kt les communards <iui, à celte époque, travaillaient chez vous, i ni‘e) étaient-ils Belges aussi?
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- ou pas; ce que nous considérons surtout, ce sont les résultats acquis. On nous a cependant montré un atelier de modeleurs, où deux hommes faisaient en effet des modèles en bois ; il y avait un tourneur et un sculpteur. Cela ne répond pas à l’importance réelle et très sérieuse de la maison : il ne nous coûte nullement de constater cette importance, au contraire.
- Par contre, les autres ateliers sont vastes; la vapeur par' tout où elle est nécessaire; ils sont bien éclairés, bien aérés, et possèdent un nombreux personnel, que nous ne faisons aucune difficulté de croire exclusivement belge, à cette heure-Nous n’y avons, en effet, reconnu aucune ligure française‘ Mais l’amnistie date du 14 juillet 1880, et les réfugiés de I» Commune ont presque tous réintégré la patrie !
- La fonderie est outillée dans la perfection. On peut y ou’' culer facilement, sans nuire ni gêner les travailleurs. Cn ) coule de très grandes pièces ; il y a plusieurs fosses, elître autres une de 9 mètres.
- Au sujet de cet atelier de fonderie, qu’il nous soit periu^ d’appeler l’attention de nos fabricants fondeurs, notammelît de MM. Barbedienne et Thiébault, à propos des ligures de petite et grande dimension fondues par la méthode dite « a cire perdue ».
- La « Compagnie des Bronzes », de Bruxelles, se gl°r^e d être la seule aujourd’hui capable de pratiquer cet art!
- Llle ne s attendait guère, sans doute, quand elle rédigé sa brochure en vue de l’Exposition d’Amsterdam, qu’à cett‘ Exposition même les faits viendraient donner un dénie»*1 a ses prétentions.
- Il y avait, en effet, dans la galerie des beaux-arts, deuX bustes français, celui de notre grand peintre Corot et cel»1 du docteur Auzoux, fondus à cire perdue par M- B’nlëeï)’ fondeur français.
- Sans vouloir émettre des prétentions égales à celle* de « Compagnie dos Bronzes », de Bruxelles, nous croyon* V°ü voir affirmer, sans crainte d’être démentis, que ces
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- Justes, comme fonte, valaient certainement les travaux identiques exécutés par cette Société.
- Ce n’est pas tout.
- Bans la section italienne des beaux-arts, deux autres liguas, l’une représentant un gamin, et portant ce titre : Prima Prova (la première cigarette); l’autre, intitulée : Scamiciato! (s4ns chemise), étaient toutes deux fondues, et très bien fondues, et parfaitement réussies, par le procédé, dit cire Perdue.
- Qu’en dites-vous, ô gascons du Nord!
- Il est pourtant juste de reconnaître que la pièce la plus imitante de l’Exposition, un Léonidas, fondu par ce pro-cédé, sortait des ateliers de la « Compagnie des' Bronzes », de Bruxenes Mais il ne s’en suit pas qu’il faille crier au mi-Üe pour cela et dire : « Après moi il n’y à plus qu’à tirer l’échelle 1 »
- N°us engageons donc nos patrons à exécuter pour la pro-faille exposition, une série de pièces fondues a la cire ^Rdue, pour prouver à la « Compagnie des Bronzes », de Bruxelles, que, contrairement à ce qu’elle affirme, le secret de Ce Procédé n’a pas disparu en France avec les frères Keller!
- La « Compagnie » rappelle que la dernière œuvre de ces cé-foWs fondeurs fut une grande statue équestre de Louis XIV, ^Ul lut brisée sous la Révolution, et dont un unique frag-ïïleut est conservé au musée du Louvre.
- nous ne nous trompons, d’autres fragments de cette
- 8fatüi
- lid
- e équestre sont également conservés à l’hôteJ des Inva-
- es.
- Mais
- ls> comme nous ne voudrions pas qu’on crut qu’en nous ^fondant ainsi sur la « Compagnie des Bronzes », nous cé-j ns ù un parti pris quelconque, nous allons donner textuel-^cut quelques lignes copiées dans sa brochure. Le lecteur . era du restant des prétentions émises, et de l’espèce de ^le que la docte et infaillible Société veut bien faire
- uve à notre égard pour notre inf ériorité dans la fonte du r°nze.
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- C’est toujours à propos de la « cire perdue », dontlepr0' cédé « a disparu pour nous avec les frères Relier ».
- Voici ce que publie la « Compagnie des Bronzes», de Bruxelles * « Les essais, toutefois, recommencèrent en France dans les premières années du dix-neuvième siècle, mais pour etre bientôt après abandonnés de nouveau.
- « Plus récemment, des fondeurs de Paris ont renouvele ces tentatives, mais sans succès apparent, car on ne i'en contre en France, ni parmi les bronzes qui décorent les plflCeS publiques, les rues et les parcs, ni dans les musées, ni daIlS les collections des fabricants de bronzes, des fontes moderneS obtenues par le système de la cire perdue.
- « Cependant ce système est en pratique encore de a°s jours en Italie, donnant, selon le degré d’habileté des l°n deurs, des résultats médiocres ou des produits estimés ; il faut croire que là aussi les procédés employés const1 tuent un secret, puisque les fondeurs d’en deçà les AlpeS sont pas parvenus à les imiter.
- « Il y a quatre ans à peine, de jeunes et brillants
- scidp*
- ' ' XL J Ui VJUUVL V ULikJ U> V* V/ ^ VVVIKVU 1/1/ VV -
- teurs belges (!), revenant d’Italie, prônèrent hautement fonte du bronze par une méthode que la France ne pratH1j plus et que la Belgique n’a pas connue dans le PaSS Presque en même temps les plus éminents statuaires de c émettaient avec ensemble le désir formel de voir renaître
- 7*1 $011
- système de fonte qui, bien pratiqué, donne, sans qun ^ besoin de les retoucher ni de les ciseler, des bronzes d11 fidélité de reproduction et d’une délicatesse de détails méthode par le moulage en terre ne peut réaliser au
- degré.
- Coi*1'
- « C’est sous l'influence de ce double courant que la <(
- î eXpy
- pagnie des Bronzes » a entrepris des recherches et ne rimentations. ^
- « Déjà elle a pu fournir à la galerie du musée nation Bruxelles une collection de grands bustes fondus à la perdue. Mais elle ne s’est pas arrêtée là. Elle a voulu ^ quer à la fonte d’œuvres de plus grandes dimensions un
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- cédé qu’elle est « parvenue à reconstituer, en grande partie, ses seules inspirations, et qu’elle peut légitimement c°nsidérer comme lui étant propre!... »
- Et un peu plus loin : « Celle-ci (la « Compagnie des bonzes ») croit avoir réussi dans sa tentative de renaissance art qui fut partout en grand honneur autrefois. »
- Nous croyons inutile de poursuivre plus loin la citation.
- Eh bien ! qu’en pensent nos bons fabricants fondeurs?
- C’est à eux, croyons-nous, qu’il appartient de relever le et de montrer ce que valent les prétentions de la « Compagnie des Bronzes », de Bruxelles.
- C nous faudra bientôt aussi, peut-être, aller à Bruxelles Pour apprendre notre métier. Nous préférerions encore cela. ^aiis tous les cas, que d’aller l’apprendre à Berlin.
- Parceurs de Belges, va !
- Ceci dit, commençons notre promenade dans la galerie . e%e ; nos voisins verront que nous savons leur rendre Justice et que nous 11e ménageons point les compliments l^nd ils sont mérités :
- Raison Bourdon de Bruyne, à Gand.— Ostensoirs, calices, 0lres,encensoirs, reliquaires, chandeliers, croix d’autel, etc. tournure rarement aussi bien faite dans cette partie. Peu Monture, mais bien faite. Comme ciselure, tracé ferme et
- cib
- lei1 feib Très bonne fabrication pour la partie d’église. Raison Clémançon, à Bruxelles. — Un grand lustre et ^Ppliques de théâtre, style Louis XIV, très (soigné pour ce be,lle de travail. Une grande lanterne, même modèle que
- C(dle 4
- (IU1 est à l’Uden-Théâtre de 'Paris. Peu de ciselure et
- ^°ïuie monture. iVI. Clémançon possède aussi une maison à il est donc assez difficile de savoir au juste où les tra-exposés ont été exécutés. Cela 11 a, au reste, qu une ^Portance secondaire : les deux ateliers pouvant tout aussi ieri les faire l’un que l’autre,
- ^ Maison Colin, Bruxelles. — Bronzes polis, articles de Uleau, jardinières, glaces. 'Iravaux lourds, exécution tiès
- °rdi
- Uaire.
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- «Compagnie des Bronzes ».— Aie ! Voilà que nous soumit encore obligés de citer un extrait de la littérature de la Compagnie, avant d’entrer dans l’examen de son exp0' sition. En tête du catalogue qu’elle distribuait aux visiteurs? la « Compagnie » avait fait imprimer la note suivante, note reproduite à la lin de la brochure que nous avons déjà citee plus haut :
- La Compagnie des Bronzes n’a voulu créer, en vue de l’Kxposit1011 d’Amsterdam, aucun modèle qui sortit du cadre de ses travaux de labrl cation courante.
- Bile a préféré donner de sa fabrication ordinaire une idée juste et ne^e’ afin de faire connaître au public le genre de produits que l’on est t°a jours sûr de rencontrer dans ses magasins à Bruxelles.
- Le directeur général, président du conseil d’administration-
- Dans la pensée du directeur général et de la « CompagIlie>>’ cette note était destinée à faire ressortir le caractère de sin cérité que la Société a expressément entendu imprimer à s°l exposition.
- Eh bien ! à notre grand regret, nous sommes obligé même dans l’intérêt des autres fabricants belges, de protêt contre le caractère de sincérité de cette note.
- A Amsterdam, elle nousa paru logique, nous avions a^111 cette sincérité d’une façon absolue, car, en somme? 0 l’exposition de la « Compagnie », il n’y avait rien de partie rement extraordinaire! u
- * d£> i**
- Mais après que nous eûmes visité les magasins «Compagnie» à Bruxelles, nos sentiments changèrent au tout. , à
- A Amsterdam, les pièces négligées étaient 1’excepta^ Bruxelles, elles constituent la généralité et en quelqlie
- la règle ' . ,, . . C'cst I*
- Ce qui, dans la maison, laisse le plus à désirei, ^
- monture. La majeure partie des bronzes exposés à Amste ont été faits en vue de cette Exposition, et sortent de sa cation courante, pour la plupart.
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- Voici, maintenant les objets sur lesquels notre attention a appelée.
- Une paire de lampadaires à cinq lampes — 1 mètre de haut. — Ciselure sans importance ; monture et tournure
- Négligées.
- Une jardinière et deux lampes, genre chinois ; bas-reliefs rePoussés, patins têtes d’éléphant, parfaitement ajustés sur des tores à baguettes, bien tournés. La ciselure du repoussé c°muie celle des parties fondues est bien.
- Uetle garniture nous a fait plaisir à voir. Prix : 1,600 francs. Une grande pendule Renaissance avec candélabres à sept hunières. Ciselure assez bonne ; la monture pourrait être ac-CePtée, sauf la lime qui est très mal faite. Prix : le tout en ^r°nze poli : 1,700 francs, en bronze et en marbre : 2,200 francs. ^es prix sont raisonnables, pas trop élevés..
- Une garniture, pendule à glace, avec candélabres, bien ^ités en ciselure, monture et tournure.
- Une coupe, de bonne exécution commerciale. Prix : ^ francs argentée et 350 francs dorée.
- Une paire de candélabres, vases Clodion (hauteur 1 mètre), ^uf lumières. Bons modèles, mais exécution médiocre en général.
- Une suspension en fer, ornements en feuilles repoussées ; lampes à gaz, d’un bon ellet et ne laissant rien à désirer C°mme façon.
- . U ensemble de la lustrerie nous a paru très bien. Il était ^possible de pouvoir juger des détails, vu la hauteur où les
- Plèces étaient accrochées et aussi leur nombre qui avait forcé d«les
- s serrer les unes contre les autres.
- Ues ü
- stat
- gures. — La Ptuivrella, de M. Paul de Vigne,
- ^ lUe assise; un beau choix de statues et de statuettes et ^^0s’(^°nt la sculpture est excellente et la ciselure bien soi-, e- Uelles qui ont nécessité des Ira vaux de monture, sont
- egal
- U
- enient bien traitées de ce côté.
- ,0*^ pièces dites « fonte à cire perdue », nous •einarqué une tête de Triboulet (fou) grandeur nature,
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- très belle comme fonte et parfaitement réussie. Prix : 500 francs.
- Un autre Triboulet, en pied, demi-nature, avec la marotte en main et en l’air, ce qui constituait de sérieuses difficultés de fonte ; a été coulé d’un seul jet et exposé sans être retou-ché — du moins, on nous l’a affirmé. — Ce travail est réel' lement remarquable. Prix : 4,000 francs. Nous a semblé et nous semble encore bon marché.
- Au sujet des pièces dites « à cire perdue », nous dévoré encore déclarer, et nous affirmons sur l’honneur, que u°uS avons vu à Bruxelles, daus les mag asins de la « Compagnie » ? des pièces non bronzées, sur lesquelles on voyait les retoucha faites par le ciseleur !
- A propos du Léonidas de la galerie des beaux-a* 1
- belges, statue de M. Georges de Geefs, mesurant 2 m hauteur, et dont la fonte est très belle, on a cru
- 65 àe devoir far1 de
- mettre une feuille de vigne où vous savez, comme si pouvait jamais être indécent. La monture de cette feuillo vigne est tellement mal faite, qu’au lieu de cacher ce <lü a voulu dissimuler, elle le fait remarquer davantage-cette façon on est arrivé à commettre une véritable 1Ji cence, en mutilant une belle œuvre :
- ’ofl
- J)e
- Par de pareils objets les âmes sont blessées,
- Et cela fait venir de coupables pensées !
- Allons! Messieurs les faux dévots, si la nature vous o^ ^ que, restez au fond de vos confessionnaux, mais sur venez pas dans nos galeries d’art pour abîmer et m
- les créations dues au génie de nos artistes!
- de*
- Comme conclusion sur l’exposition de la « Compag111
- Bronzes » de Bruxelles, nous ferons cette réflexion •
- ’ ., cm
- Le directeur ne vérifie probablement pas les travau^^ bien il n’est pas diflicile à contenter en fait de montuie* en thèse générale ! ^
- Maison Fondu, Bruxelles. — Articles pour bâtimeo
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- i'uverie artistique de styles anciens et modernes. Travaux aussi bien faits qu’en France. Très bonne fabrication.
- Maison Lecherf, Bruxelles. — Meme genre de fabrication ^ue la maison Fondu, mais inférieure, sans cependant être Mauvaise pour ce genre de travail.
- Maison Lemoine, Bruxelles. — Lustres et suspensions Louis XIII, Louis XIV et Flamand, qui laissent beaucoup à désirer comme façon de ciselure, monture et tournure.
- Maison Perseau, Schaerbeek-les-Bruxelles. — Une jardine bronze Louis XVI, une paire de porte-bouquets, une c°upe et une paire de vases.
- Ciselure, monture et tournure bonnes. Modèles gracieux.
- Maison Rœtener, Bruxelles. — Lampes, pendules et vases Louis XIII, Louis XIV et Louis XVI, en bronze poli. Ensemble trés mauvais.
- Maison Vandevelle, Bruxelles. — Exposition collective.— L" lustre à douze lumières à gaz, genre flamand,^branches dimères. Très lourd et 1res mal fait.
- Maison Wauters- Ivoeckx, Molenbeck, Saint-Jean-les-Bruxel-Ls. __ Lustres, suspensions, lanternes, lampadaires, girandoles. Celle maison fabrique aussi la pendule et autres bonzes, mais elle n’exposait que des appareils d’éclairage
- très grand nombre et de modèles variés. Nous avons Principalement remarqué un très beau lustre, une suspension
- salle à manger, des appliques en bronze poli, style renais-SaOce flamande, que possède seule celte maison, et imitant ri serrurerie de l’époque de Hubeus.
- Comme bronze d’éclairage, c’est incontestablement ce qu’il ^ avait de mieux, sous tous les rapports, dans toute 1 Lxpo-
- rition.
- Maison Arens, Anvers. — Objets d'art en acier et «mi cuivre lePoussé. Un grand panneau dans lequel sont «mcadres six as~reliefs en acier repoussé d’un travail très lin. On pourries croire faits par de très bonnes mains françaises.
- La colfret en vieux chêne avec portraits en acier re-
- riHissé.
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- Deux plateaux et un seau à glace. Ces différents article8 sont d’une exécution parfaite.
- Le second compartiment de cette exposition contient un grand nombre d’articles en cuivre repoussé poli : grands plats avec portraits ou scènes flamandes, cadres, porte-bouquets, d’une fabrication commerciale satisfaisante.
- Enfin, dans le pavillon royal, un grand panneau en cuivi’e repoussé, représen tant une scène d’intérieur et très bien fad’ sortait des ateliers de M. A rens.
- Très bonne exposition.
- Maison Schaeffèrs, Anvers. — Foyers et appareils de chauffage. Trois cheminées dont une très grande, assez bieu faite comme ciselure, étant donné le genre de travail, mais monture était très mauvaise.
- Maison Lupens, Bruxelles. — Bronzes d’art et de fantais10 pour ameublement.
- Ce que nous avons pu voir de la fabrication de cette son nous a paru passable. La maison Lupens est plutôt mal chande que fabricante.
- Maison L. de Goene et Bruniaux, marbriers, à Bruxelles Exposent une cheminée monumentale d’unmauvaisLouis La ciselure n’en vaut [pas grand chose, et la monture en mauvaise. L’ensemble est déplorable. Nous réservons 11,1 groupe en bronze, placé trop haut, pour que nous ayons pu le juger : il était à près de trois mètres de la hauteur de cheminée.
- .Maison Schrijvers (Prosper), Bruxelles. — Cette mais01 exposait des objets d’art en fer forgé : branchages et *el lages d’une exécution parfaite et d’un goût exquis. ^°u
- t hüJ ,
- avons remarqué un bouquet de Ileurs parfaitement reu Les pétales des Ileurs, bien détachées, ont bien la comb11^ et la forme qui leur convient. 11 y a là un réel sentimc d’observation et de goût dans l’exécution.
- Mais ce qui dominait celle exposition et arrêtait toi,s ^ connaisseurs, c’était une rampe d’escalier en fer forgé, d 11 travail parfait à tous les points de vue. L’intérieur
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- rampe est formé par un entrelacement de feuillage en vigne M vigne vierge du meilleur effet et d’une exécution irréprochable, à quelque point de vue qu’on se place. C’est là de la belle et grande serrurerie artistique; nous adressons tous n°s compliments à M. Schrijvers et à ses ouvriers. Il y a Mddemment beaucoup de goût dans la direction de cette Maison et une grande intelligence jointe à une réelle capa-Clté dans l’exécution.
- Nous nous arrêtons ici, sur l’exposition des bronzes et °bjets divers en métal, exposés par la Belgique. On voit que cette puissance fait preuve d’efforts constants vers le beau et souvent ses efforts sont couronnés de succès. Nos voi-sMs ont le goût et la main qui exécute, ils sont très certainement appelés à progresser encore, et nos fabricants parions feront bien de ne pas perdre de vue leurs concurrents des bords de la Senne, s’ils ne veulent être désagréablement Sui'pris à une prochaine Exposition.
- Un mol encore. Nous avons peut-être paru sévères dans ^nelques-unes de nos appréciations, sur certaines maisons belges.
- Nous ne voudrions pas que nos excellents voisins crussent Uri seul instant que nous avons cédé à un sentiment d’ani-^osilé quelconque en portant nos jugements. Nous n’avons ei1 fiu’un désir : être justes et vrais, et nous pensons que n°us l’avons été. Nous pouvons affirmer que là où il y avait a louer, nous l’avons fait avec plaisir; mais il était de notre devoir, et nous croyons avoir quelque compétence en la Matière, de réduire à leurs justes valeurs, certaines préten-hons et certaines affirmations, beaucoup plus fantaisistes réelles. Si l’expression a dépassé notre pensée, nous esPérons qu’on nous excusera, car nous l’affirmons une der-More fois; nous avons salué avec joie les belles choses ^Ue no,is avons rencontrées dans un grand nombre de VlUines belges : la sincère modestie de quelques-unes valait Mieux., à notre avis, que l'ori/upilleme humilité de certaines autres !
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- Autriche-Hongrie. — Malgré toutes nos recherches à travers l’exposition de cette puissance, il nous a été impossible d’y rencontrer un exposant dans le bronze. Seule, la maison Wahloss, de Vienne, fabricant la porcelaine, avait quelques bronzes mal exécutés et mauvais, en tant que modèles.
- Les porcelaines garnies de bronzes se composaient d’une paire de grandes jardinières ovales, avec des femmes ailées pour anse. La ciselure était mauvaise et la monture nulle.
- Deux jardinières rondes dans les memes conditions. Une
- paire de petits vases en porcelaine, surmontés d’une paire de bouquets presque unis. Travail et modèles lourds.
- Telle était l’exposition des bronzes autrichiens! Pourquoi une telle abstention? ^
- Nous connaissons cependant la fabrique viennoise. Un de nous a travaillé à Vienne pendant quatorze mois, en 1872 1873, et nous savons que les fabricants viennois sont supé' rieurs aux fabricants allemands, tant pour l’exécution eI1
- général que pour la composition et les modèles. Nous aurions revu avec plaisir les coffres et les petits bronzes des fabriques de la «Joseph strasse » ; les lustres, suspensions et girandoles de Mariahilf. Nous déplorons surtout l’abstention de M. Klinkosch, le grand orfèvre d’Afrikaner gasse, dans LeO poldstad.
- Nous savons qu’un des meilleurs ciseleurs franÇalS’ M. Aristide Barré, travaillait encore pour M. Klinkosch ü Y a quelques années, et c’est avec grand plaisir que nous au rions admiré les dernières productions d’une des mcilleUie mains de la ciselure française. Nous aurions également p constater si le long séjour do M. Aristide Barré, a Vienne avait exercé une influence sérieuse sur les ciseleurs vienne1,
- i l’art ^
- Nous parlons, bien entendu, des ciseleurs qui font ne i non du métier. Déjà, en 1873, un ciseleur vienno1^ M. Waschmann, tentait, non sans succès, d’imiter 1 al français, et le Surtout de tabie exposé à Vienne par un cant, dont nous :ie nous rappelons plus le nom, Surtout ayi
- *' *i ilU^
- pour pièce de milieu des groupes dont le sujet étau
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- c°ïïte de la Belle au bois dormant, avait une réelle valeur Astique. Il eût été intéressant de voir rapprochées, et côte a °ôte, les œuvres du maître et de l’élève. Nous ne pensons Pas que M. Waschmann nous sache mauvais gré du dernier Qualificatif, quoique, à proprement parler, A. Barré ne lui ait point donné de leçons, il a cependant su largement profiter
- sa manière de faire. Ce dont nous ne pouvons que le féliciter.
- Espérons qu’à notre prochaine grande Exposition cente-lilale, en .1889, les Viennois prendront la revanche de leur ,l0n explicable abstention à Amsterdam. Nous les connaissons Suffisamment pour penser qu’ils s’y préparent déjà. Nous huerons, d’ailleurs, leurs succès avec joie, car, autant nous av°ns peu de sympathie pour les Allemands, autant nous avons gardé bon souvenir de la franche et cordiale hospitalité ^àils nous ont accordée jadis. On aurait tort, vraiment, de °^fondre les Autrichiens avec les Allemands. Ce peuple, gai, |Plrituel, gouailleur, artiste, n’a rien de commun avec les ^ Urdauds prétentieux qui se sont carrément fichus dans la 1 e fiu’ils étaient appelés à régenter le monde et à lui dicter deMois!
- ^°us avons saisi avec empressement cette occasion de
- Payer
- Un
- que
- une partie de la dette, que nous avons contractée dans
- uutre temps, avec nos amis de Vienne, et c’est avec joie n°us leur donnons rendez-vous à Paris en 1889. Nous
- à se
- ^er°us notre possible pour qu’ils n aient pas plus Plaindre de notre hospitalité que nous n avons eu à nous Peindre de la leur.
- E’ElA,S"^N1S '* ^MÉIUU,UE- — Aucun exposant pour le bronze, ah XP°S^011 de Boston n’a peut-être pas été étrangère à cette Mention.
- ufileurs, les fabricants américains tiennent peu à laisser
- \oir j 1
- ^ eurs modèles qui, pour la plupart, sont des surmoulages Modèles français.
- u seule maison Lortz-Ahhott et C°, expose de l’orfèvrerie
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- en métal blanc argenté, genre anglais. Les divers servie®0 de table que nous avons examinés sont d’un travail lourd ^ médiocre. Ce n’est point dans cette partie que brillent leS Américains.
- Amérique du Sud.—Haiti. — Seul pays exposant dans l’Am6 rique du Sud. —Nous devons signaler une collection dejohs bronzes qui, malheureusement, n’aura pas été siiffisancitfierd remarquée, cachée qu’elle était au milieu des produits natu rels du pays. L’un de ces bronzes, un médaillon, portrait du consul d’TIaïti; l’autre une statue, la Rêverie’, travail geïire Barbedienne, étaient fort beaux. La Rêverie est l’œuvre d un sculpteur français, M. Laforesterie, médaillé au Salon 187o. Le ciseleur a eu le bon esprit et le bon goût de reë peefer l’œuvre du sculpteur. Nous reviendrons sur 1 eXP° sition haïtienne en traitant l’exposition française.
- Chine. — La Chine n’exposait que des bronzes ancien8 quelques vases avec chimères et dragons, pièces que tout monde connaît.
- i m
- Nous avons également vu des cloisonnés, vases ou pld que nous avions déjà rencontrés aux Expositions précédente^
- La seule chose nouvelle pour nous, chez les Chinois, ® un service de table, avec cuillers, en étain bordé de ouW jaune, avec des ornements au tracé. Le cuivre non éta**1 était là pour donner de la solidité. .
- La dominante de l’exposition collective chinoise, eta1^ porcelaine. Nous nous déclarons incompétents de ce c^c laissons à d’autres le soin d’apprécier cette partie.
- ,K frû'
- Nous ne pouvons que citer en courant : Le Danemark mages et beurre conservé.— Egypte, aucun bronze. ^
- VELLE-Gai.LK DU Sl D, Heil. — NoUVEULE-l I OIXANDE, 1Jetî ^
- Brésil, rien. — Uruguay, rien. Enfin, la <inùu'.i:, l’anti‘11
- artistique Grèce, exposait... des parfums et des vins*
- s u,ie
- Espagne. — Presque rien en fait d'objets d’art. Ha1,s ^ vitrine, quelques petits articles de toilette. D‘*s petits
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- frets, cadres et divers bijoux, tous incrustés d’or. Impossible ^reconnaître le métal de fond; nous supposons que c’était l’argent oxydé. Toutes ces petites pièces avaient bonne frçon, le dessin en était correct.
- Et voilà l’exposition espagnole, pour les bronzes!
- Euerto-Rico (province de Manoli). — Nous remarquons aris une vitrine trois appliques en argent repoussé de style fr°uis XV, des épingles, peignes pour dames. Des boucles ^ oreilles en or, d'un travail un peu naïf, mais ayant, malgré touD bonne façon, étant donné le pays d’origine.
- Italie. — L’Italie n’était représentée que par un seul ex-P°sant : la maison Michieli, de Venise, notée au catalogue c°miïie bran zes de luxe. Si les Italiens se contentent de Ce bronze de luxe là, ils ne sont vraiment pas difficiles !
- Eotte exposition se compose d’articles de bureau en cuivre P°b> très inférieurs aux mêmes articles ordinaires français.
- es flambeaux, des lampes et des lustres qui ne valent pas ^eux que les articles de bureau.
- ^ Différentes pièces en repoussé ; de grands plats avec °od noir crasseux du plus mauvais effet.
- ^ Dans toute l’exposition néerlandaise, il n’y avait rien aussi mauvais, comme modèles et exécution. Ajoutons que
- Jço "n *
- prix sont trop élevés; ce n’est pas de là que nous viendra a c°ncurrence !
- E faut reconnaître nue parmi cette fabrication mauvaise aide, quelques lustres en fer forgé repoussé avaient assez 0,11>e façon.
- lio
- aai
- ans la galerie des beaux-arts, section italienne, M. Emi-
- Marsili, de Venise, exposait deux bustes de grandeur
- 111 e> Dos beaux et très réussis comme fonte, f11 /), •
- rinia Prova (première cigarette), prix 1,000 francs. ^-wniciato (sans chemise), prix 1,000 francs. c doux bustes sont fondus à la « cire perdue », par dit SWfucnl sont des pièces uniques et diffèrent des pièces « a cire perdue » de la « Compagnie des Bronzes », de
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- la
- Bruxelles, qui doit couler de la cire dans des creuxpoiu terre cuite, et mouler dessus ensuite, ce qui lui permet reproduire le même modèle à l’infini, et ainsi tromper rache' teur peu initié à ce genre de travail. La « Compagnie des Bronzes » n’a vraiment pas de chance dans ses prétentions, et il est dit que nous devons les contrecarrer jusqu’au bout.
- Le PoimioAL n’a que des vins et des eaux minérales.
- La Suède et Norvège expose, par une maison qui ne figuie pas au catalogue, la maison P.-A. Lie, des bijoux en fî^1 grane or et argent très bien faits; nous avons surtout remarqué une paire de flambeaux en filigrane, bien exécuté et de très bon goût. C’est la seule maison qui représentait travail artistique de ces pays.
- Russie. — La Russie n’avait que quatre représentants deux pour le bronze et deux pour l’orfèvrerie.
- Société J.-A. Kumberg, Saint-Pétersbourg. -
- Douze paireS
- de lampes, style grec. Ciselure, monture et tournure b‘e faites. Rien de mieux dans ce genre de fabrication dans ° l’Exposition d’Amsterdam. Malgré cela, nous croyons ne P avoir à craindre la concurrence de la Russie, en raison l’élévation des prix qu’on nous a donnés.
- Maison Wœrffel, Saint-Pétersbourg. —Vases, tables, »u^el dons, dessus en malachite, labrador, lapis et porphyre, Pie et monture en bronze. Mauvais modèles, mal ciseles et montés. , .
- Kilt eeh
- Un grand nombre de groupes en bronze represem** scènes du pays : hommes attaqués par des ours, des traîneaux attelés de chevaux et de rennes, etc. ^
- Ces différents groupes d’attelages et de paysans ^anS^eS pris sur le vif, sont bien réussis ; Imirs poses sont natm ^ Il est fâcheux que ces bronzes soient aussi mal bronze*9 y point de vue, ils sont épouvantables, ils ressemble11! ' ,
- vieux fonds do casseroles qui n’auraient jamais été md!0^ Cela leur ûte une partie de leur valeur.
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- Dans une vitrine sont des articles de bureau : encriers, Corbeaux, petites pendules en marbre ornées de bronzes a'Sez mauvais. Le bronze, pour ces articles, comme pour les guéridons, n’est qu’un accessoire pour présenter les Arbres qui, eux, ont de la valeur.
- Maison Klébnikoff et fils, Moscou. — Orfèvrerie ciselée, gra-Vee, émaillée et niellée. Production annuelle : 800,000 r°ubles ; 200 ouvriers et employés.
- Dette maison expose dans une vitrine une grosse et très l°lie théière, avec tasses à trois pieds et poignée; le tout baillé.
- Deux jolies garnitures de chopes à jour ; un service à thé ' ornements liligranés, parties émaillées, fonds dorés, très J°li travail et très original.
- Dn tableau religieux, Jésus et Marie, en repoussé. La place des figures et des extrémités sont à jour et peintes sur le ^0rifi> suivant le rite de la religion grecque. Ce tableau est beau.
- ^ côté, un Joueur daccordéon, un gavroche russe très ïeUssi comme composition et d’une exécution parfaite.
- Maison Smirnolî, Saint-Pétersbourg. — Deux enfants supportant une coupe, une paire de flambeaux, un très grand ei)crier supportant un traîneau à deux chevaux.
- ciselure de ces ditîérents articles est assez bonne, la future passable, mais les modèles sont très mauvais.
- 1 chse. •— Uieu eu pièces fondues; mais des lanternes, des des plateaux inscrustés et travaillés à jour. Des armes
- fies armures anciennes et modernes avec inscrustations, toutes pièces trop connues de tous pour que nous nous ^ Arrêtions davantage. Rien en fait de modèles nouveaux.
- ^ ^r>Es anglaises. — Exposition collective. — Une collection ^figurines fondues, peu retouchées, mais très bien fondues;
- S1curs vases et plateaux cuivre jaune tracé màti, genre Pe*san, moins les à-jours.
- Maison Walsou, Rombay. — Cafetière avec plateau en
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- argent repoussé; pas trop mal, si on considère le lieu dori' gine.
- Japon. — Le Japon qui, à l’Exposition de Paris en 1878? avait fait sensation et obtenu un grand et légitime succès? s’est encore surpassé à l’Exposition d’Amsterdam tl accompli de nouveaux et sensibles progrès. C’est, à n°^e avis, les meilleures louanges que nous puissions lui de cerner.
- Les pièces les plus remarquables de la section japonais sont des yardes de sabres et des boîtes incrustées d or d’argent en relief, avec d’autres métaux alliés avec ces deüx premiers. D’autres vases ou boites incrustées de fleurs, fad^ avec ces divers métaux; véritable travail de patience d sont seuls capables les orientaux.
- Nous croyons devoir signaler une remarque que uo111’ avons faite en parcourant la section japonaise et en aduura-ses produits.
- Les Japonais abandonnent graduellement le genre fan tique pour la reproduction de la nature, tleurs, fruits?
- an1'
- très
- sa
- maux ou figures.
- Un travail que nous n’avions pas encore vu aux au
- Expositions et qui nous a surpris par sa perfection, Pal ^
- forme et par le fini de son exécution, ce sont des vases
- 1 ’ • îAo-er^
- fer fondu, tellement beaux de fonte et relativement si1 o
- vaincre
- qu’il nous a fallu les mettre en main pour nous coin qu’ils n’étaient pas martelés ou repoussés. Ces vases sorlt plus enrichis d’ornements incrustés en or, argent ou 1 ^
- D’autres vases, également en fer fondu, ont des pal émaillées cloisonnées. ,
- Ue
- Bien que la main-d’œuvre soit encore bon mai ^ Japon, tous ces articles, ainsi que vous le supposé reviennent fort cher. On pourra du reste en jugci Par . prix que nous donnerons en étudiant le détail ues ^ lions particulières. Il va de soi que les produits flue ^ e
- signalons sont d’un écoulement diflicile. Nous supp
- osons <P
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- ^es exposants japonais n’en auront g uère vendu à Amsterdam. ^était le cas à l’époque où nous avons visité l’Exposition, SePtembre 1883.
- En résumé, la France doit se préparer à Ja lutte commerce avec le Japon pour les objets d’art. Sur ce terrain, c’est °ette puissance de l’Extrême-Orient qui est notre adversaire leplus redoutable, et elle fait des progrès si rapides et si nom_ ^reux qu’elle ne laisse pas que de nous inquiéter pour l’avenir.
- Passons aux détails des expositions particulières.
- Raison Koshio-Kaishia, Paris et Suka-Takuso. — Dans Ce vitrine, cinq paires de lampes en bronze de toute beauté COlïirne incrustations. Dans une autre vitrine, de très beaux vCes, dont l’un imite l’ancien à s’y méprendre; un autre vCe, avec incrustations d’or et d’argent, d’un travail exquis.
- Un autre vase en bronze orné d’une grosse pivoine, imi-Cit bien la nature, d’un haut relief, coloré au feu de tons ^v«rs, plus ou moins vifs en raison de l’alliage, est tout simplement hors de pair.
- A-ii sujet de leur alliage, — et les Japonais excellent dans Pliage des métaux, — nous avons questionné plusieurs expo-s. Tous parlent admirablement le français sans compter
- sam
- les
- dis
- Autres langues européennes. Nous avons questionné,
- s°Us-nous, plusieurs exposants : tous nous ont répondu Ce leurs procédés d’alliage étaient des secrets de famille, avons dû renoncer à en apprendre davantage.
- ^°us avons encore remarqué chez cet exposant, un brûle-IC'huns, Kanko-Tori, — ce qui veut dire signe de paix, —
- s°Pe de tambour plat suspendu qui, d’après la légende, était
- b;
- Uèc
- dPpé pour faire appel à la justice de l’empereur. Cette e a été fondue par le procédé « à la cire perdue » ! Jusqu’au Japon, û « Compagnie des Bronzes», de Bruxelles! ^ pièce n’a pas été retouchée, elle mesure 0m,90 de hau-^ Ur> 1° socle compris. Sur le socle sont quatre danseurs fon-8 <( û la cire perdue ». — Encore, toujours, chère « Com-
- H'nie »!
- travail est richement modelé.
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- Une paire de potiches entourés de dragons hérissés; ce travail est moderne, mais d’un genre ancien. Très réussi comme fonte. Prix : 500 francs.
- Exposition collective : Maison Kaishia, à Kiotofu. — ^nC paire de vases à tleurs avec des appliques en argent, forifle cône renversé. Exécution supérieure à ce que nous avioos vu en 1878; patine magnifique. ^
- Un service à thé, trois pièces et un plateau d’un trava parfait; un panier tressé, en cuivre, reposant sur des ÜeUf& de Lotus, à l’usage de jardinière. Parfaitement fait.
- Sur une grande table surmontée d’étagères, un grand noïïl bre de vases et potiches de différents modèles, faits dan8 c^e bonnes conditions commerciales. Beaucoup de ces vases soid montés en lampes.
- Fabrique de Kaga. — Dans une vitrine, un très beau v<*se
- carré méplat, hauteur: un mètre. Incrustations du haut efl
- bas et sur les quatre faces, en or, argent et métal Shibu-^s
- (métal gris), alliage de bronze et d’argent, au dire d’un
- ployé. — Le sait-il réellement? — Dessins très riches,
- compris, admirablement exécutés.
- Ce vase est tout simplement merveilleux, et comme
- regrette, en l’admirant, de nôtre pas né millionnaire !
- Prix : 75,000 francs. ^
- Tout à côté, deux vases de 0m,35 de hauteur; or, ar&
- et métal Shaku-do (métal noir), alliage d’or et de bronz ' ' ° ' c en
- Anses s(/utere/les, entièrement ornées de feuilles, tre
- relief et d’après nature. Très remarquable comme cisehJ
- et arrangements. Prix : 3,000 francs la paire.
- Deux paniers imitant le tressé et ornés de sauterelle8?
- mouches et de papillons. Très joli. ^
- Toutes les parties tournées de ces vases sont admna
- ment faites, ce qui n'était nas le cas, les autres fois.
- Dans la môme vitrine, deux troncs d’arbre très acci
- avec des bouts de branches, fondus d’anrès nature, n<*
- 1 , saill®11 eS’
- 0m,90, 0m,30 de diamètre, non compris les parties à la naissance des bouts de branches. Sur l'un de ces
- trou05
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- Wbre : un corbeau; sur l’autre : un essaim d’abeilles, et ^°ut autour des troncs des plantes grimpantes, d’après nature. W pièces sont remarquables comme fonte si, comme on l’a assuré, il n’y a pas de parties rapportées. La cise-We eil es^ ]jjen faite.
- Une paire de vases, forme grelots, méplats, en fer fondu, 'We finesse et d’une légèreté remarquables. Ainsi que nous Wons dit en commençant, nous n’avions pas encore vu ce £>enre de travail. Ces vases sont incrustés d’or et d’argent et ^Posent sur une sorte de tuile de faîtage usitée au Japon. Wvail sans précédent ! ïJrix : 2,400 francs la paire.
- Une autre paire de vases, également en fer fondu, aussi e^üx que ceux ci-dessus, mais sans incrustations.
- Raison Shitchi Ho Kaischia, à Aiïtchi-Ken. — Une vitrine W^nant 74 vases et plats en émail cloisonné, bien supé-ïleürs à ce que nous avions vu à Paris en 1878.
- H
- aison Zenlei-Saïto. — Une très belle et nombreuse collec-
- de gardes de sabres en fer, avec incrustation en relief ’ argent et cuivre, d’une délicatesse d’ornementation éton-^1° et irréprochable comme ciselure.
- propos de ces gardes de sabres en fer qui, aujourd’hui, a0i^ destinées à trouver place dans les collections des riches
- ayant
- eurs d’objets d’art, nous ferons remarquer que la loi
- supprimé le port du sabre au Japon, la vente de ces es s’est ralentie du coup, et les fabricants ont dû chercher ^ttioyen d’employer leurs, ouvriers et leur matériel; c’est ^ rfiuoi nous voyons des vases en fer comme nous venons ^ décrire au lieu des gardes de sabre, qui deviendront de ei) S ei1 Plus rares. Conséquence de l’inlluence des mœurs Wéennes au Japon !
- Qtt, ans lu même vitrine, un admirable coll’ret, long de U el large de 0"‘,08, sur le couvercle duquel on voit ass*s eu lenaI1l 1111 autre (singe) dans sa main ou sa ^ c°uime on voudra. Celui qui est assis regarde à travers lu°cle le petit, qui lui fait des grimaces !
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- Ce coffret est en ahibu-itsi (métal gris)], les singes efl argent, le vêtement du grand singe est en bronze avec deS incrustations d’or, le petit est nu.
- Ce travail d’incrustations et de ciselure représentait très grandes difficultés d’exécution, étant donnée la fineS&e du travail; elles ont été heureusement et habilement vai° eues.
- Enfin, pour terminer, une très belle collection de vases e11 fer fondu, très légers, avec des incrustations d’or, d’argellt et parties d’émaux cloisonnés.
- La tournure de ces vases est admirablement faite et do1 être très difficile, les divers métaux qui les composent contrariant et n’offrant point la même résistance au traIi chant de l’outil.
- On vient de le voir, l’exposition du Japon était splen(^e
- France (Considérations générales). — Les exposants fral çais pour l’industrie du bronze n’étaient pas très nombreU^ à Amsterdam. Nous en avons compté 40 pour le bronze, bronze imitation, les meubles d’art, l’orfèvrerie et 1 h° gerie accompagnée de bronzes. ,
- I jl 0 ^ ^
- Les bronzes d’art et d’ameublement dominent, et pouvons le dire avec orgueil, ils relèguent bien loin dei ^ eux tous les bronzes exposés par les autres pays- ^ .lapon et la maison Stotz, de Stutlgard, exceptés qui, c0 nous l’avons dit plus haut, nous imitent dans quelqneS de leurs travaux.
- Est-il bien nécessaire de dire avec quel goût l’exp0^^ française était agencée? l’as d’encombrement, toutes à leur place. Donc nous étendre plus longuement s ^ superflu. Les étrangers nous ont rendu justice en visd foule nos galeries et en s’extasiant sur la beauté chesse de nos productions. Cela nous suffit ample1*1*31 ge autre chose nous a autant satisfait : c’est l’envie et la jalousie que nous avons constatées chez certains ^ inutile de désigner plus clairement. Cette constatai!01^ ^ une «le nos plus grandes joies : ça été une pre
- _ en
- la & l]ne
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- friche... en attendant celle qui sera délinitivc et complète !... A Amsterdam, comme dans les autres Expositions, la France a montré qu’elle était encore le pays où se fabrique le plus beau bronze, où existe la plus grande variété de modèles de tous genres et de tous styles qui font de nos magasins de Wnzes autant de musées où l’admiration du visiteur n’a qu’un embarras ; se fixer sur une pièce parmi toutes celles <îm l’entourent.
- Far exemple, il est pénible pour des connaisseurs quand °u vient de contempler les expositions do MM. Barbedienne, ^tourdeley, tloudebine, Guéret, Lombard, Sormani, David, toc., etc., où le goût et le fini se disputent la première place,
- la pièce la moins bien faite est encore belle, de tomber au toilieu de cuivrerie polie, exposée sous la rubrique « d’objets ^’art » !
- Si, quelquefois, l’on n’apercevait encore sous l’usure faite Par la brosse, un peu de travail du sculpteur, on pourrait se Croire au beau milieu d’un amas de chaudronnerie bosselée, toais bien nettoyée.
- Pauvres sculpteurs, dont on assassine ainsi les travaux s°us le prétexte de les rendre brillants, comme vous devez s°ull'rir !
- La conséquence de ce polissage à outrance est de faire res-Sembler ces travaux aux plus mauvais bronzes étrangers !
- Qu’il nous soit permis de donner en passant un conseil à les fabricants français au sujet de l’exportation.
- Nous nous sommes demandé s’il y avait un moyen de c°mbattre la concurrence étrangère, et, surtout, si l’on pou-VaU éviter la remise de 10 à 15 0/0 que l’on fait aux commis-Sl°niiaires intermédiaires.
- Lien u’empècherait qu’un ou plusieurs fabricants ne pris-Se,0 l’initiative de convoquer tous leurs confrères, petits et ^Iauds, et ne leur lissent remarquer quel les sommes considères ils payent tous les ans aux commissionnaires. Avec tole somme moindre et de l’entente, ils pourraient établir tois toutes les grandes villes de l'étranger, principalement
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- dans celles où l’on fabrique le bronze, des comptoirs au nom de la Société des Fabricants de bronzes de Paris, ou même de France !
- Rien n’empêcherait encore, moyennant une somme relativement minime, d’obtenir la garantie des modèles, garantie qu’il serait facile de rendre efficace et certaine, par la pre' sence continuelle d’un représentant de la Société dans chacune des villes où serait établi un comptoir.
- Du jour où les fabricants étrangers devront, pour fabriquer du bronze, créer des modèles, bon nombre aujourd'hui, se contentant de surmouler sur les nôtres; de ce jour, disons-nous, la concurrence étrangère sera vaincue, et la France aura prouvé une fois de plus qu’elle est sans rivale pour la fabrication des œuvres d’art.
- Nous engageons encore MM. les fabricants de bronze a faire des démarches sérieuses afin d’obtenir que dans la discussion des futurs traités de commerce, le bronze soit un peU moins abandonné. Dans beaucoup de pays étrangers nos bronzes sont frappés de droits exorbitants, tandis qu’aucon traire les bronzes étrangers entrent en France en payant un droit dérisoire.
- Avec l’établissement des comptoirs dont nous venons parler et la réciprocité dans les droits d’entrée, nous somm01’ convaincus que le bronze français reprendrait son osso1 d’autrefois.
- L’orfèvrerie n’avait pas beaucoup de représentants, ma la qualité compensait amplement la quantité.
- Nous avons été heureux d’admirer les expositions MM. F roment-Meurice, Christophe, Boin et Vernaz-Veci Ces deux derniers, le mari et la femme, célèbres ciset produisant et vendant eux-mêmes leurs œuvres, œuvres ([ malheureusement, passent presque toutes à l’étrangel>
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- lançais d’aujourd'hui ne payant pas le talent aussi bien que frs autres peuples.
- Ce ne sont pourtant pas les millionnaires qui font défaut ea France !
- Hans toutes ces maisons nous avons remarqué des tra-vaux de premier ordre, et comme dans toutes les expositions,
- 1 orfèvrerie française tient la première place.
- Hans l’ameublement, les bronzes étaient représentés par SePt maisons, parmi lesquelles nous devons citer spéciale-Iilent les maisons Beurdeley fils, Guéret frères et Sormani, l11* ont tenu à honneur de représenter dignement fameusement français.
- Horlogerie. — Dans cette partie, le bronze n’est générale-^ent qu’un accessoire, cependant, nous avons vu dans la Raison Brocot (Paul), la maison Diette fils et Hours sœurs, (frs bronzes comme n’en présentent pas la majorité des Autres maisons de Paris.
- Hes autres maisons d’horlogerie montraient du bronze, du ZlI)c, de la fonte de fer, peu ou pas faits, comme accessoires.
- Hans la porcelaine montée quatre maisons avaient exposé ^es porcelaines ou cristaux garnis de bronzes. — Nous réser-v°Us notre manufacture nationale de Sèvres qui exposait ^ails la galerie des beaux-arts, et à laquelle nous consacre-^ns un article spécial.
- Harmi les quatre maisons exposantes, nous signalons tout
- frbord la maison Lévy et Chartrain, qui ne nous avait pas ^ oi tués. à. des travaux aussi soignés. Nous lui souhaitons . Prospérer dans ce genre et l’engageons vivement à colistier.
- ^es autres maisons ne présentent qu’un travail très ordi-
- j^fre, comme on en voit trop dans la monture en porce-lafrie.
- Nous allons maintenant examiner chaque exposition en ail et l’une après l'autre, comme nous avons fait pour les ^Positions des puissances étrangères. Il va sans dire que
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- nous n’épargnerons pas plus les critiques à nos compatriotes que nous ne leur marchanderons les louanges quand ils les mériterons. Nous ferons preuve envers eux de la même 1®' partialité dont nous avons fait preuve envers les autres, c’est le meilleur moyen d’être justes, tant pis pour ceux qul ne seront pas contents !
- Maison Bagues, Paris, médaille d’argent. — Une jardi nière, monture assez bien, bonne tournure. — Un groupe Amour, de Moreau. La ciselure est bonne, mais la monture (le clavetage) est mal faite.
- Un grand assortiment d’articles de bureau et petites nières, bronze poli. La ciselure de ces articles est très n®u vaise, ou pour dire plus vrai, n’existe pas. Nous avoi^ remarqué plusieurs pièces dont les coutures de la i°n^e paraissaient sous le poli. Cela nous a d’autant plus sui'pllS que cette maison fait et peut faire mieux. Son exposit®11 n’honorait pas la France à Amsterdam.
- Maison Barbedienne, Paris, diplôme d’honneur. ^ll& horloge de près de trois mètres de hauteur, style Renaissant Cette horloge est supportée par quatre colonnes accoupteeS> en marbre rouge antique, sur les colonnes des guirlandes s admirablement ajustées. Du reste, tout le travail de monter de cette pièce est admirablement fait. La ciselure, un r ’ est d’une exécution parfaile.
- Deux torchères, hauteur trois mètres environ, style Reïial sauce, vingt lumières au gaz, tout en bronze doré. ^ise unie ritlée; monture et tournure très bonne.
- Une pendule, une paire de candélabres, une Paire
- flambeaux de style Louis XIV. Très belle cisebne a
- •7 . . adm1"
- ritlée; bonne monture, les parties limées surtout son
- rablement traitées.
- haU^
- Un cadre de glace, d’un très beau style Renaissance, tour et largeur P"20, faisait l'admiration des amateurs^ beaux bronzes. Cependant nous avons remarqué, à ce p1 r que rares étaient les Hollandais qui s’arrêtaient devant les objets d’art de valeur. Par contre, tous les aiticlc
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- Peche attiraient leurs regards et retenaient leur attention. Ce Peuple est encore, en grande partie du moins, indifférent aux Ouvres artistiques ; mais l’enseignement du dessin, très repandu maintenant dans leurs écoles, changera avant peu,
- ^eyons-nous, cette indifférence en une très sérieuse attention.
- ^uns la splendide exposition de la maison Barbedienne, un ^r°upe, entre tous, a captivé notre attention; c’est un Charles-Quint terrassant un révolté, hauteur 2 mètres. Gharles-Quint est debout, un pied sur le révolté. La ciselure de ce groupe 6s^ très remarquable; cependant, suivant nous, la monture 611 est mieux encore. La cuirasse de Charles-Quint se dégrafe S°Us les bras et s’enlève, en deux coquilles, très facile-: on aperçoit alors le torse à nu. Nous le répétons, la j^enture l’emporte de beaucoup comme difficultés sur la cise-re. On nous a dit que l’ouvrier, —on pourrait tout aussi bien ^le l’artiste, — qui a fait la monture de ce groupe, était ^ ' Bailly, contremaître des monteurs de la maison Barbe-eiine. Nous lui adressons nos sincères félicitations.
- L original de ce groupe appartient actuellement au musée J°.yal du Prado, à Madrid. Le gouvernement espagnol, par ^ffermédiaire de M. le général Fernandez-San-Roman, ' ^dressa successivement aux fabricants italiens, anglais et
- Qelo-û . °
- bes> pour en obtenir deux épreuves en bronze. Aucun
- °aVr- A 1
- % • ( e Ces ï)ays 116 r^uss^l a exécuter un moulage ; il ne
- ^ Pas déplacer l’original. La maison Barbedienne, elle, ePta et promit de mener à bien cette délicate opération.
- ^ cet effet, elle envoya à Madrid un de ses mouleurs, un
- ^itabl
- o artiste, M. Cajani. Après quatre mois de travail,
- i. r • . .
- ^ ^a,iam rapporta une reproduction en plâtre, à laquelle
- Plàtre
- Cl111 des détails de l’original ne manque. Le moule, en
- Parti ce
- POU;
- était composé de 4,390 pièces, dont la plus grande le a moins de un centimètre carré. Cela donne à penser d a fallu déployer d’intelligence et dépenser de talent
- r nierier à bien ce qu’aucun autre mouleur n’avait pu 61111 • Grâce à M. Cajani, la maison Barbedienne a pu
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- donner deux reproductions fidèles de l’original. L’une p°ur le roi d’Espagne, la deuxième pour l’Alcazar de Tolède, reS1' dence de l’Académie d’infanterie. Le général Fernandez-Sa*1' Roman, directeur général des armes, à qui l’on doit la res' tauration de ce beau monument, a eu le désir de voir ter miner les principaux ouvrages de ce magnifique édifice' C’est alors que l’idée lui vint de faire placer au centre de la place la reproduction du groupe Charles-Quint, qul trouvait au Prado de Madrid. Ce groupe a été fondu à ^ cire perdue, et est l’œuvre de Léon Léoni, artiste itaben du seizième siècle. La cuirasse de l’original se dégrafe ega lement, contrairement à ce que [nous avions pensé totlt d’abord.
- _ |0
- Nous ne croyons pas qu’il soit nécessaire de signaler détail de toutes les reproductions de la statuaire ancie*111 et moderne, exposées par la maison Barbedienne, et <îue tout le monde connaît.
- lais11’
- aüeS
- Parmi les œuvres modernes, nous avons revu avec p le Chanteur floretin, de Paul Dubois ; le Gloria Victis,
- déployées, de Mercié. U Arlequin, de Saint-Marceaux »
- Saint-Vincent de Paul, de Faiguière, etc., etc.
- ’ D 7 iajs-
- Dans toutes ces œuvres, la ciselure et la monture ne
- sent rien à désirer. Nous croyons que, pour bien longte
- encore, la maison Barbedienne est et restera la première
- son de bronze du monde.
- KXPOSITl ( >N COLLKCTIVK
- • cise'
- Maison Gauhy, Paris. —Lampes, bronze Louis XVC lure, monture et tournure bonne. .
- Maison Tassai, Paris. — Bronzes d’art. Un Arid)(> v^s ^ ses armes. Bonne ciselure; le chaire est bien comp1 ^ Fiancée; la Romance; un Buste de jeune fille; également
- faits. / l(,e^e
- Maison Godeau, Paris.—Bronzes d’art. Une d’une très bonne exécution.
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- Maison Prédeaut, Paris. — Une pendule gothique ; une jardinière marbre onyx, portée par trois enfants dorés au mat. Assez bien fait. Bon commerce.
- Maison Maës, Paris. —Lampes Louis XIV. Bonne exécution.
- Maison Turin, Paris. — Bronzes d’art. Une grande jardinière bronze poli. Mauvaise de tous points.
- Maison Boyer fils frères, Paris. — Une pendule et une paire de candélabres avec guirlandes de fleurs et de fruits. Ciselure passable, monture et tournure proprement faites.
- Le reste des objets exposés dans cette exposition collective ne mérite pas d’être mentionné.
- Bronze imitation (exposition collective). — Insignifiante comme modèles et exécution. A part un groupe : l'Huître et les Plaideurs, qui est très bien, le reste ne mérite pas d’être mentionné.
- Maison Colin et Ce, successeurs de G.-J. Lévy, Paris. — bonzes d’art et d’ameublement : Le Baiser dépasse la Moyenne du travail ordinaire. Sujet très gracieux.
- les Chiens, de Pautrot, sont très beaux, mais mal réparés.
- Orphée, bien ciselé et bien modelé.
- Une très belle torchère, style Renaissance, bouquet de seize lumières; au milieu un vaste Clodion avec lampe pour couinement, porté par un buste de femme en marbre blanc, rePosant sur une gaine en marbre vert. Très jolie pièce, ciselure douce, lavée, très bien faite. Monture excellente.
- A côté, deux autres torchères'à douze lumières. Ciselure dun bon ordinaire, bonne monture et tournure; profils et eUclavages bien faits. Le reste de cette exposition est dans du bonnes conditions commerciales.
- Maison David, Paris. Bronzes d’art et d’ameublement :
- Une Esméralda. Prix : 2,000 francs ;
- Une Salomé. Prix : 1,300 francs;
- Plusieurs chiens, un Joueur de dés en marbre blanc, fort Wu. Prix : 3,000 francs.
- Uelte exposition est une des plus remarquables, non par le
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- nombre des pièces exposées, mais bien par le travail le mieux fait comme ciselure, monture, choix des modèles, ligures ou animaux.
- Nous avons, pour notre part, été surpris que cette maison n'ait obtenu qu’une médaille d’argent.
- Maison Domange-Rollin, Paris. — Pendules et candélabres, bronzes polis, bien faits ;
- Pendules et candélabres ciselés, bon commerce;
- Plusieurs statuettes d’un bon travail commercial ordinaire• Maison Iloudebine, Paris.— Diplôme d’honneur et décora" lion de la Légion d’honneur.Bronzes d’art et d’ameublement-Une des plus belles expositions de bronzes de la galerie française à Amsterdam.
- Nous nous contenterons de citer quelques pièces et nous avouons être très embarrassés pour le faire, car il nous faudrait et nous voudrions pouvoir tout citer.
- Une pendule, une paire de candélabres et une paire d0 flambeaux Louis XIV régence, admirablement faits comme ciselure, monture et tournure.
- Deux grandes torchères à corbeille, renaissance italienne sur socles en marbre, façon irréprochable.
- La pendule buste Chloé est d’une exécution parfaite, auss bien en ciselure, monture que tournure. Le buste, ciselé Pal M. Muller, ne laisse rien à désirer; le chaire en est sup rieurement fait. t
- Une jardinière et deux lampes Louis XIV, cuivre jaune rouge légèrement polis. Bonne monture et tournure ordinal1*0 Un lampadaire de style Renaissance. Mêmes observati01 que ci-dessus. TT
- Une pendule, candélabres et flambeaux style Louis nikel et or. Ensemble de travail assez bien. ^
- Une garniture, Printemps Louis XVI, doré mat, très exécutée en monture, ciselure et tournure.
- Deux gaines en ébène, vases argentés dessus avec quels à douze lumières ; les ornements en bronze (tes 0 et les bouquets, dorés. Bonne monture et bonne ciselui’0*
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- Une paire d’appliques à deux lumières, branches à têtes de chèvres, de l’époque Louis XYI. Cicelure dans le genre de époque, très réussie.
- Une autre paire d’appliques à cariatides ailées, de la même epoque et tout aussi bien traitées.
- Une petite pendule, dite pendule Maintenon. — Trois ^râces, reproduction du Garde-Meuble, également bien
- l^uitée.
- fcson Lombard, successeur de Normant, Paris. — Bronzes u a?t et d’ameublement.
- Une paire de girandoles Louis XIV. Très bien.
- Une pendule, Le Jour et la Nuit, n° 1. Très bonne exécu-h°n en ciselure, monture et tournure.
- Une pendule à glace, Les Enfants aux roses, candélabres Ulodion, réduits. Egalement très bien.
- Une paire de chenets aussi bien traités que les pendules.
- Un grand nombre de groupes et de statuettes de nos prin-ClPaux artistes, exécutés dans les mêmes conditions de cise-^re et de monture.
- Uans le genre ancien, nous signalerons une paire d’ap-U]iquos du Garde-Meuble, style Louis XVI, traitées suivant époque.
- p Une autre paire d’appliques à cornet; (l’original est dans aPpartement du pape, à Fontainebleau) faites dans les dénies conditions.
- Une reproduction de la petite pendule Trois GrJces, ligures br°nzées.
- Ues dilférentes pièces, appliques et pendules, sont parfai-tement traitées; le style est, bien conservé, la monture faite ayec soin , sauf le vase de la petite pendule Trois Grâces qui est pas d’aplomb.
- Un somme, la maison Lombard a soutenu avec honneur la Ubrication française à Amsterdam. Le jury lui a décerné une Médaille d’or. G’est, à notre avis, la moindre récompense a Quelle elle avait droit.
- fo'onze, Ameublement. — L’ameublemcnl de grand luxe
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- n’avait que sept représentants à Amsterdam. Sur les sept, trois ont mis sous les yeux éblouis des visiteurs de véritable8 merveilles, qu’aucun autre pays n’a pu rêver ni fabriquel jusqu’à ce jour. Ces trois maisons étaient la maison SormaI11’ la maison Guéret, mais et surtout la maison Beurdeley fd5. Toutes les trois de Paris.
- L’exposition de la maison Beurdeley fils, seule, aurab suffi pour placer la France hors de pair à Amsterdam. N°llS avons admiré, dans son exposition, la reproduction fidèle de8
- chefs-d’œuvre de nos musées nationaux. Cette maison
- est
- rOpgt
- la plus importante et la plus ancienne dans ce genre. u à elle que nous devons en partie le goût, si prononcé aujo111 d’hui, pour les ameublements anciens qu’elle reproduit a^eC une scrupuleuse exactitude. Nous applaudissons à la deCl sion du jury qui a décerné à la maison Beurdeley un dipl^1*10 d’honneur, ainsi qu’à celle de M. le ministre du commelCC’ qui a justement récompensé les efforts de M. Beurdeley en lui décernant la croix de chevalier de la Légion d
- neur.
- Voici les pièces les plus remarquables de l’exposition la maison Beurdeley : une paire de candélabres Louis femmes accouplées, d’un très bel ensemble ; unejjar
- de
- clinièi’6
- bon-
- tou*
- porphyre, ornée de chaque côté d’une sirène portant un. quet à trois lumières, style Louis XVI, parfait dans l’ensemble. ^
- Un grand régulateur attribué à Carlin, célèbre ébéniste
- ° 7 . tin
- dix-huitième siècle, l’original est au musée du Louvr ? groupe d’amours reposant sur des nuages, entoure le cadia ciselure excellente, bonne monture, à l’exception
- de
- mour du bas mat.
- dont l’ajustage est mauvais.
- Dorure
- an
- mIne
- Une paire de chenets, Sphinx à cassolettes, traités c le sont bien rarement des chenets. .
- La reproduction de la table dite de Fontanieu, régulier, du petit Trianon, offerte à la reine en 17B-- ^
- ginal de cette table est actuellement au Garde-lVe
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- R^is; elle a été exécutée sous la direction de M. de Fonta-
- nieu (1).
- La reproduction de la table Fontanieu, exposée par Beurdely, est identique à l’original, ce qui n’avait pas eQcore eu lieu dans les précédentes reproductions de ce ^uble. Ainsi, chaque tête de pied diffère, tout en étant de style, ce qu’aucun reproducteur n’avait encore observé ^squ’à ce jour. Il a été fait tout ce qu’il était possible de We pour obtenir un objet d’art irréprochable dans la repro-•Wtion de cette table. Le but a été atteint, à part la tour-aUre des anneaux qui ornent les pieds, et qui laisse un peu
- h désirer.
- Beux grandes torchères, femmes bronzées, reposant sur ^es colonnes en bleu turquin. Ces torchères sont très bien de ^0lll point, mais les bronzes qui ornent les colonnes laissent a désirer comme monture.
- Le bureau dit « Finances », Louis XV régulier; l’original ^ au Garde-Meuble, la reproduction de ce meuble est parité.
- Reproduction exacte de la grande lanterne du petit Tria-Il0ri, dont l’original est de Gouthière (2). Cette reproduction
- l’oulanieu (Oaspard-Moïse), né en 1093. Historien, maître des
- „.5UÊtes, intendant de Crenoble, conseiller d'Etat ordinaire, contrôleur *eUéril i
- de 7 11 Ües meuèles de èi Couronne, mourut le 20 septembre 1767, âgé 8o ans- H laissa un lils (de Kontanieu Pierre-Elisabeth) qui, comme ,;outrôleur des meubles de la Couronne et faisait partie de s^^éniie des Sciences et de l’Académie d’Architecture de Stockholm, tl
- *4o lllla 'l cd* *mie t;l P'iblia à Paris, en 1778, un in-8° indiquant le ^^‘'él'ier des cristaux colorés imitant les pierres précieuses.— S a laissé en manuscrit un ouvrage plus utile sur les couleurs en [v,,1 ’ dont la composition a beaucoup d’analogie avec celle des pierres (^CeS ^0n^u|deu mourut le 30 mai 1784.
- J GoixQq^^e célèbre bronzier du dix-huitième siècle. On le croit né dans tous les cas, il vivait encore en 1800. Tombé dans la I| re’ d sollicite à celte époque son admission dans un hospice de Paris. ^ Olourut quelques temps après.
- avai't SCS anc6,res> Couthière (Jacques), avocat au Parlement de Paris, vi ^ ,Ul ^è'ibre antiquaire. Né en 1088, Oouthière{Jacques) partagea fj outre l’étude des antiquités et le travail du cabinet. Parvenu a un
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- nous a semblé très bien, malheureusement elle était plao^ un peu haut pour pouvoir juger le travail à fond. Ceux qlU ont vu cette magnifique lanterne savent que c’est un ver1 Il' table chef-d’œuvre.
- Un cartel, les- Enfanta voltigeants, Louis XVI, repr°' duction d’une autre œuvre de Gouthière. Tels sont les objeis anciens dont la reproduction est sans défauts et peut allel de pair avec les originaux.
- Parmi les œuvres dont la création appartient à iVJ . Beurde ley, nous citerons : un magnifique thermomètre, sculpture s111 bois, style Louis XVL Ce travail est d’une telle finesse d’exe cution qu’il est presque impossible de croire que l’on pulSâe arriver à une pareille perfection. Ce thermomètre, repr0(^u^ en bronze, est digne de nos plus grands éloges, et n°llb adressons tous nos compliments à ceux qui ont collabore l’exécution de cette belle œuvre.
- âge avancé, il abandonna le barreau après 40 ans d’exercice cl sei’ch1’ la campagne, où il mourut en 10ü8, âgé de 70 ans. Il fut très pr0üt ment le bisaïeul du célèbre ciseleur du dix-huitième siècle. ,:i
- (ioutbière s’intitulait sculpteur, ciseleur et doreur du roi, n !,b . £
- aussi l’inventeur de la dorure au mat, il est possible qu’il ait pertecb0 ce procédé de dorure, mais il n’en est pas l’inventeur, car on v° ^ pièces dorées au mat qui sont antérieures à (ioutbière. Il dcnieun Paris, quai Pelletier, et avait pour enseigne : « A la Poule d’Or »
- On admet généralement que (ioutbière soit né en 1740, cepcndun ^ date n’a rien de précis. M. le baron Clh. Davilliers, auteur d’un cet artiste, accepte cette date pour cette raison, que (ioutbière uyu Jl( dès (771, de madame du Karry, la somme de 30,000 livres poul gil exécutés par lui, et prenant déjà le litre de ciseleur et doreur du 1 réputation devait être considérable, ce qui fait supposer qu’il dev< au moins 30 ans. pisieLllS
- Il y a des trous dans la vie de (ioutbière :il disparait pendant p- ^ ^ années sans qu’on sache ce qu'il est devenu, peut-être que cou ^ écrivains du dix-huitième siècle, il est allé en llussie travail I01 1
- grande Catherine.
- ru’on Pe
- at
- Quand on l’a perdu, c’est par les comptes de la du barry L(lutc tlü plus particulièrement le retrouver, c’est ainsi qu’a partir do \ ’ ,jaut
- vase exécuté d’après les dessins de le barbier, nous perdons0(i quelques années sa trace. Nous le retrouvons en 1771, au sait 4uelleS • ommencent les travaux du pavillon de l.ouvecicnnes. 6|1
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- Trois meubles à hauteur d’appui, acajou et ébène, chargés de bronzes, style Louis XYI. Un grand secrétaire, cariatides en ébène et bronze. Deux autres meubles à hauteur d’appui, ébène et vieux laque, dont un d’invention moderne et l’autre copié au Louvre.
- Différentes garnitures de cheminées, un très beau vase vieux chine avec monture enfants. Bois sculptés et dorés ; dras de lumières, cartels, candélabres, etc., etc.
- Une exposition comme celle de la maison Beurdeley fils, né présente au public que des œuvres de premier ordre, et comme style et comme exécution, iinira peut-être par c°uvaincre nos contemporains que les bronzes d’aujourd’hui Valent autant, pour le moins, que ceux des meilleures époques aTfférieures. B suffit seulement de vouloir payer les œuvres Modernes le prix qu’elles valent pour qu’elles soient exécutées comme les œuvres anciennes. Que nos amateurs de
- ‘intenses dépenses Ja du Barry lit dans ce pavillon, ainsi qu’à Versailles, c élaiL, paraît-il, un véritable sanctuaire de volupté.
- " C’est moins dans les chefs-d'œuvre du grand genre, disent les mémoires du temps, que l’art semble s'être surpassé, que dans les ornements de détails les plus minutieux, tels que: les chambranles de cliemi-llees, les feux, les bras, les chandeliers, les corniches, les morceaux de dorure ou d’orfèvrerie, les serrures, les espagnolettes, etc. Pas une de ces Productions qui ne soit achevée, fouillée, Unie, et qu’on ne puisse niiiu-^or comme un modèle de ce que l'industrie peut enfanter de plus beau m rio plus exquis. »
- Co ne pouvait rien voir de plus précieux ni de plus fini que ces bronzes (jUe (iouthière avait pour ainsi dire pétris de ses mains, cependant, il ot avoir des collaborateurs pour les bronzes du pavillon de Louveciennes, ^dl‘> en 177B, il n’avait pas touché moins de 124,000 livres pour les divers uya.ux exécutés pour la du Barry, somme considérable pour le temps.
- Couthière ne travailla pas seulement pour la du Barry, il exécuta un ‘ornbre considérable de bronzes pour la reine de K rance, la reine d Ks-«q p0ur jcs g[.JUids amateurs de l’époque. Parmi ces derniers, Us citerons le duc d’Aumont, pour lequel il travailla au moins pendant
- 10
- ans.
- ^ U même époque, il existait à Dijon un autre (iouthière qui labri-^Uait egalement des bronzes, mais le (iouthière de la capitale bourgui. “omie était de beaucoup inférieur au (iouthière de Paris. Mous n’avons l)l1 savoir s'ils étaient parents.
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- bibelots vieillis veuillent bien se persuader de cette vérité et demander aux artistes de leur époque de leur fournir des objets à leur goût, ils n’auront que l’embarras du choix pouf faire exécuter leurs commandes, nous le leur prédisons.
- Avant de quitter l’exposition Beurdeley, signalons encore une petite pendule Trois Grâces, dont l’original est à Fontainebleau. Cette pendule a attiré notre attention par le hnl de son exécution. Nous l’avons retrouvée chez d'autres fabricants, mais bien moins soignée et moins réussie.
- Maison Damon, ancienne maison Kriéger. — Dans cette exposition, un seul meuble orné de bronzes. Il faisait tort an reste.
- Maison Guéret frères, Guéret jeune successeur, Pans. Cette maison avait exposé peu de chose h Amsterdam, ruais ce peu était parfait. On sent que la maison est dirigée par 1111 artiste de grand mérite.
- ° f
- Un ameublement de chambre à coucher, composé de neU
- pièces en acajou, style Louis NVL Les bronzes qui ornef^ cet ameublement sont sobres, de bon goût et fort bien txai tés. Une grande horloge, bois et bronze, style Louis ai ’ très bien faite. Prix : 6,000 francs.
- Le jury a décerné à la maison Guéret jeune un dipl^u1 d’honneur; cette récompense était bien méritée.
- Maison Jansen-Olivier, Paris. — Expose une charnbie ^ coucher Louis XIV. Le bois de lit est entièrement garni peluche; les bronzes étant appliqués sur la peluche, lajuS. tage en est nul ou à peu près ; seules les moulures unies 0U contournent les frises en bois sur lesquelles elles sont P°s6^| sont assez bien ; les onglets sont proprements faits. F est de même des deux vases et de l’applique qui sont a tête du lit.
- Un petit meuble, lin Louis XIV, mal monté ; ln clSt ne vaut guère mieux.
- Maison Mayorelle, Nancy. — Quelques meubles de ^afP ^ Pendule verni Martin. Peu de bronzes, pas de ciselure., a V réparés et mal moulés.
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- Maison Sormani (veuve), Paul Sormani et fils, Paris. — bonzes et meubles d’art. Un vase en marbre rouge antique, Monture style Louis XIV, bonne ciselure, bien monté et ^6n tourné. Prix : 2,600 francs. Une petite commode de style Louis XVI, ciselure et monture bien faites. Une grande c°îïimode de style Louis XIV, ciselure et bonne monture. Un &rand bureau plat, en bois de violette, de style Louis XIV, sauf les encadrements, d’un travail dur, n’est pas mal exé-Cldé comme ciselure ; la monture de ce bureau est bien ^ins soignée que les autres pièces, surtout les agrafes qui Ornent la moulure des dessus. Prix : 2,900 francs. Une Ondule de style Louis XIV très bien traitée. Un vase en Marbre blanc, monture de style Louis XVI, avec bouquets à Clnq lumières ; branches de fleurs : roses, pavots, œillets ; a ciselure, imitant le genre de l’époque, est bien faite. Il est ^grettable que les revers des feuilles de pavots aient été |(ls,dés avec un mat quadrillé; c’est une hérésie; cela dépare j erisemble de ce travail. Les guirlandes de fleurs sont 1Qurdes, mais la monture de ce vase est très bonne. Prix : ^>§00 francs.
- Maison Amédée Thibout et Ce, Paris. — Manufacture de
- ^lanos. Grâce à cette maison, la France avait un piano mar-
- l^eterie, orné de bronze Louis XIV. A l’inverse de l’Alle-
- qui en exposait également un dont les bronzes étaient
- eux, celui de la maison Thibout avait des bronzes assez
- lGl* ciselés; malheureusement la monture en était négligée.
- ^ Orfèvrerie. — Maison Boin, Paris. — Plateaux, bouilloires,
- 'Ssesà thé, à café, d’un très beau travail de ciselure, sur le f°îidu
- Du
- Me
- comme sur le tracé mali.
- reste, tout le travail de cette exposition est bien soigné. lftison Froment-Meurice, Paris. — Nommer cette maison, ^ Iaiï‘e son éloge. Elle expose des candélabres, des pièces ^ milieu de table, des coupes; plusieurs de ces pièces ont e données comme prix dans les concours agricoles ou aux °urses.
- Un
- grand nombre d’autres pièces à différents usages,
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- toutes étudiées et exécutées comme on sait le faire dans cette maison, c’est-à-dire très bien.
- Nous citerons notamment : Un « vidrecome », grand verte usité dans les fêtes bachiques allemandes : il suffit de Ie vider deux ou trois fois pour être ivre et... très intelligent* On se le passe à chaque toast, et chacun doit le vider entièrement à tour de rôle. C’est excessivement intéressant-Hélas! que nos caves de Reims en ont empli de verres-là, en 1870 !
- Comme rentrant plus spécialement dans notre compétence» nous signalerons une pendule monumentale, dont les orne ments sont en bronze doré et les figures — des femmes en ivoire fossile; admirablement traités dans tous les détails-
- M. et M‘ue Vernaz-Vechte, à Dieppe. — Deux grands ciS6 leurs français dont, malhenreusement, ainsi que nous favong déjà dit, la France ne garde pas les œuvres ! Nous dcvriollS au moins posséder dans nos musées quelques-unes des pièceS hors ligne qui sortent de leurs mains. Cela serait utile tous : nos ciseleurs pourraient aller étudier ces chefs-d’œuV1 et s’en inspirer. Avis à notre conseil municipal P°ur ^ prochaine [école professionnelle d’arts industriels <lu fondera.
- Toute la vitrine attirait et retenait les connaisseurs et mê#1 les non-connaisseurs : le beau a une attraction particule
- Signalons : une tabatière dont le dessus est en fer repeuSS ' un grand nombre de ligures ; une paire de coupes en arg un très beau vase en argent et un bouclier en argent* A ^ ces pièces sont repoussées et d’une exécution sans Nous ne pouvons que répéter ce que nous venons de il est vraiment regrettable que ce soit l’étranger <lul
- presque le monopole de posséder ces merveilles.
- Scan*
- Maison Christophle et C% Paris. — Nous déclarons , ^
- crainte d’être démentis, que la maison Christophle a pas de rivale à l’Imposition d’Amsterdam dans l'orfèvre* ^ Nous signalons tout d’abord une nouvelle productif ^ cette maison : des imitations de bronzes japonais-
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- avons dit, en parlant de l’exposition japonaise, que le Japon avait eu jusqu’à présent le monopole de l’alliage des métaux. Voilà que la maison Christophle s’apprête à lui disputer ce Monopole. Ce n’est pas encore la perfection, mais cependant ^imitation est déjà assez parfaite pour avoir surpris les. spoliais eux-mêmes et les avoir rendus songeurs!
- C’est en soumettant à l’analyse des bronzes du Japon que fo maison Christophle est parvenue à découvrir, en partie,
- Ie principe de ces alliages, tels que : cuivre, fer, argent et °r- Ces différents métaux sont amalgamés ensemble, puis forgés et laminés; ensuite, on les repousse pour en faire des Vases ou des coupes. Par suite de cet amalgame, chacun de Ces métaux garde le caractère qui lui est propre, aussi, après î^e les objets fabriqués ont été polis et oxydés, ils arrivent a donner des effets de tons inconnus jusqu’à ce jour!
- Nous avions déjà remarqué quelques pièces de ce genre à Exposition des Arts décoratifs, au palais de l’Industrie, en 1880; mais alors, la maison débutait seulement et en était a ses premiers essais. Aujourd’hui, les progrès accomplis s°nt réellement surprenants.
- Ifor ce procédé, on obtient des tons tels que : veines du b°*s> la marque tachetée de la peau du tigre, du léopard, etc.
- somme, la maison Christophle est la seule, jusqu’à ce ^°Ur) qui ait tenté des essais semblables, et qui soit parvenue a Une reproduction presque parfaite du bronze dit monkoumé
- ^ Japon.
- Une autre innovation de la même maison est l’application , fo nature sur le métal. Elle reproduit en creux des feuil-bes sur des plateaux, sans le secours de la galvanoplastie ; nioins, cela nous a été affirmé par le représentant de la foison. Ce travail se faisant secrètement, nous n’en pouvons t^nrler plus longuement. Quoi qu'il en soit, les effets obtenus s°Ut merveilleux.
- U est désirable, — et nous espérons qu’il en sera ainsi, — ^Ue le public comprenne et soutienne les elforts que la foison Christophle fait pour rehausser le niveau de fart
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- français et le maintenir haut et puissant en face de l’étranger-Nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire de donner parle menu la nomenclature de cette admirable exposition ; Ie nombre des pièces en est trop grand. Le service de table . argenté y domine. A côté, sont des objets d’art, des émau^ cloisonnés. Tous ces articles répondent à la réputation de la maison et ont flatté notre amour-propre national. NoHs sommes heureux de le constater ici.
- Horlogerie avec bronzes. — Maison Paul Brocot, Parlg' Très peu de monture ; ciselure et tounure assez bien faite5' Maison Cohen, Paris. — Cette maison expose un certai*1 nombre de pendules — en marbre noir principalement garnies de bronzes. La façon est presque nulle ; on que la maison n’attache pas une grande importance à cette partie. C’est tant pis pour elle !
- Maison Diette et Hours sœurs, Paris. — Plusieurs rég11^ teurs et pendules de voyage, style Renaissance. Parmi 1^ horlogers, c’est cette maison qui exposait le travail mieux traité, et très satisfaisant au point de vue c0lïl mercial.
- Maison Japy frères, à Beaucourt (territoire de Belfort)* ^ Pendules et réveils-matin en zinc bronzé, galvanise, P Très mauvais modèles et mal exécutés comme façon. u exposition ne faisait pas honneur à l’industrie françalS ^
- . . t nOaS
- — Toutefois l’horlogerie n’étant pas de notre ressort, n’insistons pas.
- Morcelâmes et enstaux montés. — Maison Lévy e1, ^ .
- yVÏ a
- train, Paris. — Une paire de vases bleu ciel, Louis a ’
- guirlandes de lauriers en porcelaine dorée. La monture^
- bronze doré mat, Louis XVI, de la bonne manière, est
- • vVl* ***
- ciselée et bien montée. — Un grand vase Louis A* ’ monture est bien faite, la ciselure est moins soignée. ^ Plusieurs autres pièces d’un travail plus ordinaire, sortant de la fabrication usuelle de la maison. — ^
- d’or.
- Cristallerie de Clichy, maison Macs frères. — ^lie ^
- aire
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- *fo grands vases, monture en bronze doré. Il n’y a pas ^ajustage : les anses, isolées de la panse du vase, sont fixées sur le col à la naissance du piédouche. Une autre paire, de forme chinoise, monture bambou en bronze, très bien mon-fos* Ajustage parfait.
- Cristallerie de Pantin, maison Monot père et Stumpf. — ^foux coupes rondes et une ovale. Monture renaissance, en vieil argent. Ciselure et monture proprement faites.
- Deux amphores, portées par des pieds à tête d’homme. Monture et ciselure négligées. — Quatre coupes rondes, arie plus grande ovale pour service de table, cette dernière est supportée par des enfants; les rondes sont montées sur isoles, tous les bronzes dorés mat. Ciselure et monture Safisfaisantes. Il nous a semblé avoir déjà vu ces pièces à Exposition de 1878.
- Heux très grandes lampes en cristal, avec bouquets à neuf Vigies, genre Louis XVI, trépied en bronze. Bonne cise-Ee, monture moins satisfaisante. — Une coupe, style Euis XVI, portée par trois enfants. Ciselure et monture Mauvaise. — Une grande jardinière, monture genre chinois, avec chimè res. Très bien montée. — Diplôme d’honneur.
- Raison Sazerat, L. Blondeau et G*, à Limoges. — Cette Raison a obtenu une médaille d’or. Nous doutons que ce pour ses porcelaines montées ; il y en avait peu, heu-ïeUsernent, car on ne saurait faire plus mal.
- Nous avons signalé, tant en Belgique qu’en Hollande, des j^jets repoussés au marteau; il nous est agréable, à nous
- ranÇais, d’avoir à parler d’un de nos compatriotes, véritable anfote dans ce genre : nous avons nommé M. Marou, Ferdi-de Rouen.
- Ÿoici quelques-unes des pièces qu’il exposait : un bouquet
- ^ Pavots, en plomb, admirablement fait. D’autres motifs i °rnementation architecturale, également en plomb, aussi lea exécutés.
- ^es chenets, des pelles, pincettes en fer forgé et repoussé Marteau. Un pare-étincelles, fer forgé et repoussé au
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- marteau. Différentes autres pièces, qui sont de véritables œuvres d’art.
- Enfin, une pièce monumentale en cuivre rouge, destmee à la flèche de la cathédrale de Rouen, très beau travail par‘' failement réussi.
- M. Marrou a obtenu un diplôme d’honneur, bien mérité & notre avis.
- Galerie des beaux-arts. — Manufacture nationale Sèvres. — Parmi les magnifiques produits en porcelame dure, biscuit et porcelaine, pâte tendre, tant prisés du mo^e entier, qu’exposait notre manufacture nationale de Sèvres nous n’avons que quelques pièces à signaler, car, malheU reusement, le bronze n’étant ici qu'un accessoire, le nond^6 des pièces qui en sont ornées est restreint. Mais, par exempt nous nous plaisons à le reconnaître, il y est traité coin1*16 nulle autre part.
- La ciselure et la tournure sont supérieurement faüeS' quant à la monture, c’est tout simplement idéal ! On jamais pu rêver une exécution plus parfaite. Dans ce cas, bronze ne fait pas tort à la porcelaine, comme c’est. souvent le cas, la plupart du temps, dans les travaux commerce.
- Quatre numéros seulement ont des bronzes. ^
- Le numéro \ — catalogue de Sèvres — est un très ër*n
- . -A
- vase (Alexandre Brongniartl fond bleu, paon jaspe-anses sont formées par deux enfants qui, sur le naui panse du vase, se tiennent après des cordages en n ^
- partant du culot et entourant le vase. Les bronzes so11^ P
- faits- AeB
- Ce vase est destiné à compléter la décoration n u
- salles du musée du Louvre où existent déjà quatre analogues. r>
- Numéro 22. — Deux vases Saigon, deuxième £ran^en, sur un cercle uni avec quatre patins ciselés. — Ciselure tournure bien el monture très bien.
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- Numéro 41. — Deux vases de Cordoue, modèle de Larrier-Belleuse, fond bleu. Anses en bronze par MM. Roger et Sevestre.
- Ces anses sont des sirènes ailées posées sur le haut de la Panse du vase, d’où s'échappent des guirlandes de perles Par moitié. La monture de ces anses est tellement parfaite, ?ue nous avons dû nous approcher très près pour constater les perles n’étaient pas en porcelaine dorée ; on nous a alors mis les vases en main, et notre religion a été éclairée. ^°iume travail de monture, nous n’avions jamais rien vu d’aussi parfait. La ciselure est aussi très bien, mais d’après Ce que nous avons vu à Amsterdam, les monteurs de la Manufacture de Sèvres, sont beaucoup plus forts que les Mseleurs, professionnellement parlant.
- Numéros 55 et 56. Vases de la Vendange. Comme aux Précédents : la ciselure, quoique bien est encore de beau-c°up inférieure à la monture.
- Algérie. — P;is de bronzes ni de cuivrerie ; seulement cMq lanternes en fer blanc, avec verres de couleur.
- Los produits du sol, par contre, sont largement repré-
- sentés.
- Uociunchine. — Ministère de la Marine et des Colonies exposant.
- Un brûle-parfums en cuivre jaune fondu. Ce brûle-par-et son couvercle ajourés sont bien fondus.
- Un porte-braise, sur socle, orné de feuillages et de fleurs aj°urées, très bien aussi, surtout comme fonte légère.
- Uri autre brûle-parfums, dont le couvercle est surmonté Uon chimérique ; le couvercle est également ajouré et a fonte en est aussi très remarquable.
- Un plat creux, en cuivre, fait au marteau. Très bien fait.
- Une paire de flambeaux en cuivre jaune; les tiges sont °Miues et tournées grossièrement ; les pieds, très hauts, s°nt repoussés au marteau et ensuite tournés à la perche.
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- Les profils bien accusés de ces pieds indiquent que l’ouvrier qui a fait ce travail connaît bien son métier.
- Plusieurs plateaux creux à bétel, dans une autre vitrine-Le bétel est. la feuille que les indigènes mâchent pour p^r" fumer (?) leur haleine !
- Ces plateaux, en bois, sont incrustés de nacre en relief-Les angles sont garnis d’appliques en argent avec fleurs et ornements en repoussé. Le dessin et le travail sont très bien-
- Tunisie. (Exposition collective). — Des étriers en cuWre jaune : des ustensiles de cuisine en cuivre rouge ; de la sei' rurerie grossière.
- Quelques ornements en argent repoussé d’assez bonne façon; quelques pièces d’orfèvrerie en argent, et des bijeu> en or et en argent, pas trop mal faits si l’on tient compte <fn lieu d’origine.
- CONCLUSIONS
- Nous sommes arrivés à la lin de notre tâche. L’avonS'00^ remplie à la satisfaction de ceux qui nous en ont charges Nous l’espérons. Nous pouvons, dans tous les cas, n°11 rendre ce témoignage que nous avons fait tout ce qui depel dait de nous pour atteindre ce résultat et que nous u av0ll> rien négligé pour renseigner nos commettants sur les pr®
- * i _ Ae \.B>
- duits de notre belle industrie, exposés dans la capitale Hollande. g
- Nous devons remercier ici M. le consul général de r à Amsterdam, ainsi que M. le chancelier du consulat ^ nous ont facilité grandement l’accomplissement de n mission.
- Ils se sont très gracieusement mis à notre dispositif11 tous les renseignements dont nous avons eu besoin; üs n ont fait entrer à l’Exposition avec des prix notablement^ duits, 50 0/0, et enfin, se sont montrés h notre égard
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- bienveillance et d’nne cordialité charmantes. D’ailleurs, MM. les consuls de la Haye, Rotterdam, Anvers et Bruxelles ont agi envers nous avec la même urbanité et la même bienveillance.
- Il était de notre devoir de leur en témoigner publiquement notre reconnaissance ; c’est avec grand plaisir que nous Ie faisons.
- Dans les jugements #que nous avons portés sur quelques exposants, nous avons quelquefois été sévères ; nous avons Cru que nous devions l'être, dans l’intérêt même de l’expo-Sant, mais surtout dans l’intérêt plus grand encore de la vérité ! Nous n’avons été guidés par aucune considération mesquine, nous n’avons cédé à aucun entraînement, et nous avons la ferme conviction d’avoir toujours fait preuve d'une ^partialité absolue.
- Nous avions non seulement le droit, mais nous avions er>core le devoir de parler ainsi que nous l’avons fait.
- Nous n’avons pas regardé les drapeaux qui abritaient les Produits exposés quand il s’est agi de juger ces produits; mais n°us nous sommes souvenus que nous étions Français et que nous avions des cœurs français chaque fois que, par des Moyens détournés et peu délicats, en somme, on essayait de mv&ler la Fr ance et de lui contester ce qui lui a appartenu
- tout temps et lui appartient encore incontestablement : la Acuité créatrice, le goût dans la création, l’habileté et la Sureté de main dans l’exécution.
- Longtemps victorieuse sur les champs de batailles, elle a à une époque sombre, mais déjà loin de nous, plier sous Nombre; elle a été pillée, mutilée, saccagée; elle a été ^aMue, mais non vaincue; si la plaie est toujours saignante, ebe commence cependant à se cicatriser, et confiante dans sa °rc°, assurée de Famour de ses enfants, la France regarde calme et sérénité vers l’avenir, certaine qu’elle accom-^)1>a jusqu’au bout sa destinée : la marche en avant vers le ^r°§rès et la justice.
- Mîiis sur le terrain plus fécond de la lutte industrielle, la
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- France n’a pas encore essuyé de pertes bien sensibles, et, pour bien des industries, elle tient toujours le premier rang-Pour notre industrie du bronze, en particulier, industrie nationale pourrions-nous dire, elle est encore bien certainement en avant et de beaucoup sur les autres nations, tout en reconnaissant avec franchise que quelques-unes ont accompl1 de réels progrès dans la fabrication. Nous soulignons avec intention, car nous avons trop reponnu de nos modèles» marr/ottés, à toutes sauces, pour craindre la création de n°s concurrents étrangers, d’ici longtemps.
- Si nos fabricants prennent les mesures que nous leur avons indiquées au cours de ce rapport, les étrangers seront moins redoutables encore. Ils~ pourront créer des modèles» certes, mais leurs frais s’en augmenteront d’autant et la ka' lance reviendra à son poids mort; ce qui ne sera que juste» s’ils veulent bien le reconnaître.
- C’est surtout à ce point de vue que nous avons relc''6 certaines prétentions émises et nullement justifiées, tout e11 rendant justice aux efforts sincères qui ont été faits et sou vent couronnés de succès.
- Maintenant nous dirons à nos camarades du bronze : ^lll? c’est encore la France qui s’est le plus distinguée dans notie industrie; oui, c’est elle qui tenait la première place a \ position universelle d’Asterdam.
- Ce premier rang, cette place qu’elle occupe depuis des siècles, elle la doit à la quantité innombrable d’artistes <fl sortent de son sein et qu’elle renouvelle sans cesse, cependant il serait dangereux de se fier à cette fécondité^ de s’en rapporter exclusivement aux succès passés et U1 ^ présents. Qui ne marche pas en avant, risque de se faire jj joindre et même dépasser; qui ne progresse pas, décroît-^ nous appartient donc de faire des elforts constants P
- atteindre une perfection plus grande encore ; il 110 ^aut que nous nous déclarions jamais satisfaits: notre .
- s’élever à mesure que nous nous en approcherons davanta» dans l’art le beau n’a pas de limites !
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- Qui sait même si cette grande abondance d’artistes n’a pas cause, en partie, du ralentissement de notre industrie en France? Ne trouvant pas tous à s’employer chez nous, ils s°nt allés demander à l’étranger un travail plus rémunérateur et plus en rapport avec leur talent. Ils ont ainsi porté Çuelques-uns de nos secrets professionnels au dehors; ils 0nt fait des élèves qui aujourd’hui nous font concurrence.
- Pour remédier autant que possible aux effets de cette c°ncurrence, nous devons vivre dans l’accord le plus parfait fes uns et les autres, ouvriers et patrons.
- Camarades, l’étranger produit meilleur marché que nous; Ce meilleur marché provient, non d’une plus grande somme de travail produite dans le même laps de temps, mais bien d’un temps plus long passé au travail, avec un salaire moindre lue le nôtre. Oh! rassurez-vous : nous ne demandons pas lu’on diminue nos salaires, trop restreints déjà, pour satis-^ire à nos besoins, pas plus que nous ne demandons qu’on prolonge le temps passé au travail. Seulement, nous croyons îu’il y aurait péril pour notre industrie, si nous demandions, eu ce moment, à ce que nos salaires soient élevés et que le teiàps de travail de la journée soit diminué. Ces réformes Pourront venir plus tard, dans un moment plus propice, îuand le chômage n’atteindra plus un tiers de la corporation etque la crise industrielle ne tiendra plus fermée une partie de» ateliers.
- ^ïais en ce moment, réclamer l’abaissement de la journée a Fuit heures, comme on en a manifesté l’intention en cer-lfùns milieux et l’élévation du prix de cette journée, serait Clamer une véritable prime en faveur de la concurrence ingère ! — Nous sommes convaincus que tous ceux qui 0rd à cœur l’avenir de notre industrie et le développement la^Ustriel et commercial de notre pays, repousseront des me-S,lros qui ne tendraient à rien moins qu’à la ruine de 1 une
- ù l’abaissement de l’autre.
- j ^ autre côté, nous nous adressons aux patrons et nous disons : Ne pourriez-vous mieux vous entendre entre
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- vous d’abord, et ne pourriez-vous pas vous tenir moins éloignés de nous ensuite? Ne pensez-vous pas que si nous vivions plus rapprochés les uns des autres et que nous recherchions ensemble les moyens de parer à la crise que nous subissons tous, nous n’arriverions pas, sinon à la conjurer, du moins à en atténuer les effets les plus désastreux.
- Nous vous avons soumis des propositions, nous avons énus des idées qui, nous en avons la conviction, si elles étaient mises à exécution, empêcheraient, dans une large mesure, la concurrence étrangère de s’étendre et agrandiraient même les débouchés de notre industrie à l’étranger. Nous espérons que vous les étudierez et que vous les appliquerez dans la mesure du possible.
- Ne pourriez-vous encore, au moins momentanément, res treindre un peu vos bénéfices, pour pouvoir lutter plus effi cacement avec vos concurrents étrangers? En diminuant vos frais généraux par la suppression des commissionnaires vous rétabliriez ainsi l’équilibre, et la lutte serait non seule ment possible mais facile.
- Enfin, aux pouvoirs publics , nous demandons la crea tion d’écoles de dessin et de modelage, d’écoles professi0^ nelles et d’apprentissage, la protection des marques ^ fabrique et la garantie des modèles, la réciprocité des tarde douane pour notre industrie. ^
- Nous demandons qu’on étudie sérieusement et qu 011 solve le plus vite possible les questions de vie, de toyer ^ de transports à bon marché, qui, en améliorant le sort l’ouvrier, l’empêcheront de demander à la grève une aUf^ mentation factice de salaire qui, tout en grévant consi blement l’industrie, et en portant préjudice à son exten n’améliore la situation des travailleurs que momentaneü1 et d’une façon illusoire.
- Enfin, nous souhaitons fraternité et concorde eI1^e all Irons et ouvriers et les engageons à travailler enseï» succès et à la prospérité de notre belle industrie : Ie français !
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- RAPPORT SPÉCIAL DE M. JOVIDOUX,
- Secrétaire de la Chambre syndicale des ornemanistes sur métaux et les parties similaires t: chaudronnerie, couverture, plombiers-zingueurs, ferblantiers, etc. '
- La Chambre syndicale des ornemanistes sur métaux ayant décidé que, bien que son délégué à Amsterdam fit partie de la délégation parisienne, son rapport figurerait dans le Rapport d’ensemble de la délégation nationale, ce citoyen n°us envoya son travail.
- Mais, prenant peut-être un peu trop à la lettre le programme politico-anarchico-socialiste élaboré par la direction de la délégation parisienne, le délégué des ornemanistes sur létaux nous apprenait bien que la Hollande était une monarchie constitutionnelle et qu’elle possédait deux Chambres, niais il négligeait de nous donner des renseignements profes-sionnels sur sa corporation et les très importantes parties SlIuilaires qui s’y rattachent.
- Nous fîmes part de ces observations au secrétaire de la Chambre syndicale des ornemanistes sur métaux, qui les transmit à ses collègues. La Chambre syndicale chargea al°i’s son secrétaire et quelques-uns de ses membres de rédi-&er un rapport supplémentaire sur la corporation en général et de nous le transmettre pour que nous l'insérions dans le Rapport d’ensemble. C’est cet intéressant travail, rempli de Enseignements et d’appréciations judicieuses, que nous soumettons au lecteur. Nous le faisons suivre des quelques ^formations professionnelles sur l’Exposition d’Amsterdam, Ecueilbes dans le rapport du délégué de la corporation.
- Noici le travail de M. Jovidoux, avec la division des chapitres adoptée par lui :
- Chambre syndicale des ornemanistes sur métaux. — °tre but, en créant notre chambre syndicale, n’a pas été e RWiser la corporation de la ferblanterie, mais, au con-R^ire, de lui donner une force nouvelle en faisant défendre
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- chacune cle ses spécialités pat* des membres compétents, en nouant avec les autres chambres syndicales similaires de cordiales relations, nous permettant, à un moment donne? de pouvoir défendre nos intérêts généraux avec plus d’eth' cacité.
- Nous avons du agir seuls, parce que les programmes pol1' tiques qu’on nous proposait auraient infailliblement amené Ja perte de notre syndicat, et qu’au Heu de posséder 80 0/d des ouvriers de notre corporation, adhérents sérieux de nohe
- • • 1 a
- programme économique, nous serions arrivés, comme Chambre syndicale des ferblantiers, à ne plus compter que 10/0 des ouvriers de la partie, soit à être comme elle, non une chambre syndicale ouvrière sérieuse, mais bien 1111 cercle d'étude plus ou moins utile. Au lieu d’un tel résulté
- 1 , ia
- nous pouvons affirmer que notre Chambre syndicale est mieux organisée de toutes celles qui existent dans les divers^ parties composant notre corporation.
- Enfin, nous avons adhéré à l'Union des Chambres sy>1^1 cales ouvrières de France, pour être mieux appuyés et P^ forts, dans les revendications que nous pouvons être appe^eè à soutenir. Jusqu’à présent, nous sommes loin de nous ie
- pentir d’avoir pris cette décision.
- dan*
- Oriyines de notre profession. — L’emploi des métaux, l’ornementation des édilices et dans l’ameublement, rem0l| ^ a la plus haute antiquité. Dans les vieux meubles, sur plus vieux monuments, on trouve du plomb et du martelé. Cependant, dans beaucoup de travaux aucicns,
- qu’on prend pour du plomb martelé n’est que du P^^
- enco^
- fondu dans du sable. La raison en est simple d’une époque où le laminage des métaux était inconnu. . e
- Dans les musées, les travaux anciens qui sont du do de notre corporation sont : sujets divers, plateaux vases, jardinières, travaux de grosse orfèvrerie, complètes, etc., etc. # ur
- La supériorité du travail martelé appartient à 1 Italie P
- policé’ arniure6
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- les seizième, dix-septième et dix-huitième siècles. Au commencement de ce siècle, cette supériorité passe à la Belgique, °u plutôt aux pays flamands et wallons. Aujourd’hui, c’est la France, qui, non seulement tient le premier rang dans cette Partie des arts industriels, mais on peut affirmer qu’elle est la Seule, actuellement, qui exécute et peut exécuter des travaux ae martelage artistique sur les divers métaux.
- •Depuis une quarantaine d’années, c’est-à-dire depuis le laminage du zinc, l’ornementation sur métaux a pris des proportions considérables, et son emploi s’est généralisé dans la instruction des bâtiments publics et privés. Cependant, il n’v a guère que depuis vingt-cinq ans qu’on a compris tout le parti lu’on pouvait tirer de ce métal pour la construction ; aupara-Vaut, la qualité de la matière première et la compétence pour L travailler faisaient défaut.
- Aujourd’hui, par sa malléabilité, sa légèreté, sa solidité, s°n bas prix et la facilité de son emploi, le zinc est devenu üu des métaux les plus employés et les plus usuels. Il prend toutes les formes et sert à tous les usages : bains, articles ^ ménage, travaux deluxe, couverture, etc.; on le rencontre Pm tout et sur tout. A l’extérieur, il remplace le bois, la pierre,
- 1er, etc.
- A l’intérieur, le carton, et aussi presque tous les autres létaux.
- Le zinc n’a commencé à être travaillé sérieusement qu’au Cominenccment de ce siècle. C’est la Belgique qui, la première, a eu le monopole de cette industrie. L’usine de la , a pendant longtemps joui d’une supériorité ^contestable, et les bénélices qu’elle a dû réaliser ont cer-toinemont été considérables. Il n’eu est plus de même aujour-^Lui. Plusieurs compagnies françaises surpassent l’usine de
- Ÿieillc-Monla(/ne dans la fabrication du zinc, leurs profits sont supérieurs comme qualité et d’un prix moindre; il ^ peu probable que l’ancienne splendeur de la vieille usine °%e retrouve jamais l’éclat dont elle a brillé jadis.
- Maintenant, nous croyons devoir mettre le public en garde
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- contre certaines prétentions, affichées dans toutes les expositions, par les fabriques de zinc. Ces fabriques exposent généralement des travaux d’art comme étant fabriqués par elles-C’est là une erreur complète. Ces travaux sont exécutés poW elles, par les maisons spéciales de Paris qui font l’ornement sur métaux, mais jamais, au grand jamais, une fabrique de zinc n’a fabriqué personnellement un travail artistique quel' conque. A bon entendeur, salut!
- Du travail. — Le travail se subdivise en deux catégories -
- 1° Le travail à la main;
- 2° Le travail mécanique.
- La première catégorie se compose de tous les bons ouvrier5 ferblantiers, zingueurs et chaudronniers.
- Tous les métaux laminés, l’or et l’argent exceptés, sont tra vaillés par ces ouvriers : c’est l’ancien métier de ferblanhel et de chaudronnier, ainsi qu’on le comprenait jadis, et t que les écoles professionnelles et d’apprentissage le remettre0* en vigueur, il faut l’espérer, pour le plus grand bien de industries et le bénéfice de notre pays.
- Cependant, il est certains travaux que notre corporation c plus spécialement centralisés. Ce sont les travaux de bâti ments, tels que : lucarnes, crêtes, balustrades, épis, vase5? motifs, campaniles, écussons, cuvettes, etc., etc. A part Ie5 chêneaux simples et la couverture plate, exécutés directe ment par les couvreurs, tous nos travaux sortent de l’ateher préparés et prêts à être mis en place.
- Dans la première catégorie doivent aussi prendre placeto*^ les travaux exécutés sans l’aide de la mécanique et fiul
- composent principalement des encadrements, chimères,
- tues, lustres de théâtre et modèles, enseignes et msig de toutes sortes.
- Le travail le plus considérable exécuté par notre co p , tion sera, dans ce siècle, la statue monumentale de la ^ ^ éclairant le monde, que la France a offerte, par souscrip
- . 1 îVatr^
- aux Etats-Unis d’Amérique, et qui doit être placée a de la rade de New-York.
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- Certains journaux ont prétendu que ce travail colossal 11 avait pu être exécuté que par la maison qui en a été charge. Il y a là une erreur contre laquelle nous devons protes-ter en passant. La maison en question est loin de posséder üri semblable monopole : il y a dans Paris d’autres industriels *lUl ont fait leurs preuves, et dont le personnel, l’organisa-tlQn et le matériel sont supérieurs à ceux de ladite maison, qui, certes, se seraient acquittés avec honneur d’une sem-klable mission si elle leur avait été confiée. Cela dit, sans vouloir ravaler en quoi que ce soit ceux de nos camarades talent qui ont exécuté la statue de la Liberté et qui composent la minorité de la maison dont il est question.
- Sont encore compris dans nos travaux : les feuillages et e°Ussons en tôle martelée, employés par la serrurerie artis-*lclue, ainsi que les jardinières en cuivre martelé, les pla-*eaux, etc. Beaucoup de ces derniers objets servent aux Alle-^uds de modèles pour la galvanoplastie. Ils en tirent de ^Oftibreuses épreuves, revendues au public pour du martelé autbentique. Certains industriels parisiens ne craignent pas ^ùïiiter ce genre de fraude; c’est peu honnête, mais c’est lucratif ! Avis aux acheteurs.
- ^exportation de nos produits se fait principalement en borique. La Belgique fabrique un peu d’ornement; mais ^°urles articles d’estampage dont elle a besoin, elle se four-^1 à Paris. Il en est de même de tous les ouvriers qui, %ès avoir travaillé à Paris, s'établissent en province. Chaque ls qu’une de ces petites maisons a besoin d’une pièce ^Iconque, soit pour une exposition, soit pour tout autre ^ > °est à Paris qu’elle la demande. Il s’ensuit que la fa-ri(JUe parisienne progresse tous les jours, bien que les luits ainsi placés semblent devoir lui faire concurrence,
- P .
- 18 ne portent jamais la marque de fabrique de la maison jles a réellement exécutés.
- s ^Utr^cLe fabrique également du zinc d’ornement, mais f produits sont fondus et ressemblent trop à la fonte de Pour être vendus en France.
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- La deuxième catégorie comprend les travaux mécaniques tels que : travaux de tours, estampage et découpage, ployag6 à la machine, etc., qui, en abrégeant les travaux de la pre' mière catégorie, facilitent la concurrence sans nuire an* travailleurs.
- Les pièces les plus usuelles sont des marquises, des tête*5 d’animaux, des panneaux de séparation en zinc découpé,etc' Beaucoup de marchands de métaux vendent des marohan dises ouvrées telles que : gouttières, tuyaux, membrons, e^c’’ presque au même prix que le zinc laminé. Tous ces travail d’une exécution facile, sont fabriqués par des Auvergnat dont le prix de journée varie entre 5 et 6 francs.
- Le métal le plus employé dans la grande construction eSt le plomb martelé. Ce genre de fabrication a pris une sion considérable depuis quelques années. Nous attribue^ ce fait au luxe et au bon goût qui ne cessent de se dével°P per dans les grandes constructions architecturales. ^
- Le cuivre aussi y trouve sa place, mais, naturellement faut des constructions d’une richesse extraordinaire pourq ce métal, d’un prix élevé et d’une façon plus coûteuse, PU1 être employé. Il est plus riche et plus léger que le pl° ^ son prix seul empêche qu’il soit employé aussi souvent. qu’à présent il n’a servi que pour des travaux artisM d’une valeur exceptionnelle. . ^
- De l’outillage. — Dans la ferblanterie en général et ^ l’ornement en particulier, l’outillage joue un très grand C’est à lui que revient la part la plus large et la pins dans le partage des bénéfices. ^
- Les outils les plus employés sont, pour la premiei0 ^ gorie, les outils dits à main. L’Allemagne a le monop0 la fourniture de ces outils. La faute en est à nos coi çants français et à leur propension à prélever de trop » bénéfices en employant des moyens que la plu*’ v1^ bonne foi commerciale réprouve. Ils nous vendent des ^ prétendus en acier pur qui, en réalité, ne sont que enfouie malléable ! Le résultat est que, chaque fois qu
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- c°ïïimencer un travail nouveau, on est obligé de renouveler SOîl outillage, les outils étant cassés ou détériorés et n’offrant Plus le poli ni les arêtes nécessaires. Le prix de ces mauvais °utils est néanmoins de 50 0/0 plus élevé que le prix des °utils allemands, en acier inférieur, il est vrai, mais enfin en acier, et non en fonte malléable !
- Le mercantilisme et la mauvaise foi de certains de nos commerçants de la quincaillerie a ainsi fait passer en Alle-^ugne et en Angleterre une industrie considérable et exclu-sivement française autrefois. IJ est pénible d’être obligé de revéler de pareils faits, mais la vérité nous y contraint, dans 1 espoir que, comprenant mieux leurs véritables intérêts, ^Ui sont liés à l’intérêt du pays, les commerçants en ques-tlQu apporteront plus de sincérité commerciale dans leurs ^Usactions à venir.
- L’outillage pour les travaux mécaniques se compose de : Chines à vapeur, machines à ployer, tours, découpoirs, Mutons, scies à rubans, cylindres, etc.
- Let outillage, nécessaire pour une bonne fabrication, est P considérable et demande trop de capitaux pour que des ^tttatives d’associations coopératives soient actuellement Possibles dans notre spécialité.
- ^espatrons. — Dans l’ornement, les relations entre patrons ^ ouvriers sont généralement cordiales. En dépit du vieux clon qui dit : « Que le parvenu est plus mauvais au pauvre ]e j-jçpg naissailce », nous devons dire que tous ceux 6 patrons qui ont débuté comme ouvriers sont les plus ^pathiques aux travailleurs. Il résulte de ce fait que J’ou-er étant plus encouragé, notre situation est plus douce et travail est mieux exécuté.
- ÿei] y a bien quelques petits patrons qui se font une concur-j^tCe désastreuse entre eux. Ils comprennent mal leurs vrais ^ orets : ils font tort à la corporation sans prolit pour eux-Nous leur conseillons de se souvenir du temps peu ^0ï8ué ou ils étaient nos camarades d’atelier et où leur con-l*'° était tout autre.
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- Les patrons qui n’ont pas commencé par le métier et qul ne sont, en réalité, que des financiers ayant placé des cap1' taux dans une industrie quelconque, comme ils les aurait placés dans toute autre entreprise, manquent généraient des qualités requises pour la bonne direction d’un ateher' Ils fréquentent peu ou pas les ouvriers, ignorent leurs besoin3» et sont trop portés à exagérer leurs défauts. Intéressés à fa1I>e rendre à leurs capitaux le plus d’intérêt possible, ils édicté souvent des règlements vexatoires qui mécontentent leS ouvriers et nuisent aux bonnes relations qui ne devrai jamais cesser d’exister entre l’employeur et l’employé-travail en souffre, au détriment des deux facteurs indispeI1 sables à la production : le capital et le travail. Nous émet tons le vœu que nos grands industriels, à l’exemple ^ Anglais, habituent dès la jeunesse leurs enfants à la vie l’atelier.
- de
- Que ceux qui doivent leur succéder dans la direction leur entreprise passent quelques années dans l’usine côte côte avec les ouvriers. Ils apprendront les secrets professi01 nels du métier, en connaîtront les misères et les difficU^e '
- 1 c COU'
- et ayant vécu à côté de leurs futurs collaborateurs, les naissant et les appréciant mieux, ils seront moins sévères plus justes envers eux. Tout le monde y gagnera, y c0l3tt^ eg l’industrie, qui ne pourra que profiter et progresser par bonnes relations !
- Du chômage. —
- fixe. Il se produit du mois de décembre au mois d’a &
- borne à une réduction d’heures de travail ; au lieu àc ^ la journée complète de dix heures, on ne fait que même sept heures, mais il est rare qu’on renvoie vriers sans motifs graves. Quand cela arrive, 1 al1 mentané du travail pourra servir de prétexte au patron- ^
- Dans les maisons qui travaillent spécialement pour la sommation parisienne, le chômage est moins dur à supp ^ que dans les maisons qui travaillent pour la comm l’exportation.
- Le chômage est généralement à ép0<î
- vril- H $e
- huit des aU"
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- Ceci démontre que notre industrie est surtout parisienne, ef que c’est Paris qui est notre plus grand acheteur.
- De rembauchage. — L’embauchage dans l’ornement est difficile pour les vieux ouvriers, soit parti pris de la part ^es patrons ou des contremaîtres, soit crainte de payer trop cher des ouvriers qui rendent cependant des services au delà leurs salaires, soit enfin à cause de leur participation à la Cambre syndicale ouvrière, qui cependant ne poursuit îà’un but avouable et aussi utile aux patrons qu’aux ou-^lers, puisqu’elle ne cherche qu’à centraliser notre industrie. Il en résulte que beaucoup de ces travailleurs sont obligés s’adresser aux entrepreneurs de couvertures, désireux de fabriquer chez eux. Le travail alors est forcément dégueux parce que ces industriels ne possèdent pas l’outillage ^cessaire à la fabrication. Les travaux ne répondent pas à Usage voulu et il s’en suit très souvent que les architectes,
- ^enant l’effet pour la cause, rejettent tout le mal sur J’indus-et proscrivent l’emploi des métaux, ou du moins ne le lièrent que là où il est absolument indispensable. Dans ^tre impartialité, nous devons reconnaître aussi que cer-fabricants spécialistes se chargent, comme le premier c°Uvreur venu, $ assommer le travail aussi largement que ^°ssibl.e. Nous parlerons des remèdes à apporter à cet état de C,î°ses dans nos conclusions.
- ÛES PARTIES SÏMÏLATRES ET DES SALAIRES PAR SPÉCIALITÉS.
- ^ornrne il arrive parfois que nos collègues sont forcés de j ^’cher du travail dans toutes les spécialités de la ferblan-rie> nous croyons utile d’en donner un aperçu général, d’abord, le devoir nous y oblige : il avait été convenu, en par une convention faite entre notre chambre syndicale chambres syndicales des parties similaires, qui n’ont ^ °tre représentées à Amsterdam, que le délégué de notre a*nbre traiterait la question professionnelle au point de e général. Ensuite, il arrive que chaque fois qu’un conflit
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- surgit, soit dans la ferblanterie proprement dite, soit dansia petite tôlerie — et cela a lieu presque journellement —- c est toujours sur nos ateliers qu’on se rejette. Nous en compre' lions parfaitement la raison. Ne trouvant pas à s’embauche1 et la vie pour eux étant plus facile dans nos ateliers, qu01 qu’ils y travaillent au rabais et n’y fassent que des travaux & camelote — les seuls qu’ils puissent aborder — ces ouvrit ne sont qu’en partie blâmables. Il en résulte néanmoins ulî préjudice réel pour nous et notre corporation, car les faussé mains-d’œuvre nuisent à sa bonne réputation.
- Ceci dit, nous commençons :
- if de
- 1° Ornemanistes. — Nous avons suffisamment parle cette spécialité, qui est la nôtre; donnons-en seulement salaires :
- de 18
- Pour un ferblantier qui y débute, le prix moyen
- ,vrier
- journée est de 7 francs poux dix heures. Pour un ou au courant, la moyenne est de 9 à 10 francs. Dans les trav^ aux pièces, le salaire peut varier entre 0 fr. 90 centime®
- 1 fr. 25 de l’heure. Les marchandages qui se pratiqua^ dans presque toutes les maisons de Paris depuis une di d’années commencent à disparaître. La généralité patrons préfèrent le travail à la journée parce qu’il est p-soigné. Le travail aux pièces, dans le court passage ^ ^ fait dans nos ateliers, a néanmoins eu un avantage. Ce ^ des salaires s’est élevé d’environ 25 0/0. Nous buons cette hausse à celle qui s’est produite dans tous travaux de bâtiments. Quelques maisons essayent de et tentent la réduction des salaires, surtout dans le aux pièces. étro-
- Nous ne savons au juste à quoi attribuer ce mouvemen
- grade, car les résultats obtenus parles maisons d’ornem généralement été satisfaisants. Certaines maisons, il e^, ont un si grand nombre d’employés que leurs frais dépassent ce qu’ils devraient être normalement, h a ^ tration n’en vaut pas mieux, bien au contraire. H Y chapitre d'économies à creuser!
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- 2° Les couvreurs-zingueurs. — La couverture ou la plomberie est encore la partie où nos collègues peuvent trouver, en attendant de rentrer dans nos ateliers d’ornement, le plus de ressources. La journée moyenne y est de 0 fr. 80 c. l’heure.
- •1° Lanternes de chemins de fer. — Cette partie était une des plus avantageuses de la ferblanterie; mais, comme nous l’avons dit à l’article Patrons, beaucoup ne possédant plus ancune notion du métier, les maisons deviennent de plus en plus mauvaises. A rpart deux maisons , où la journée Moyenne, aux pièces, est de 0 fr. 80 c. l’heure, elle varie dans toutes les autres entre 0 fr. 60 c. et 0 fr. 70 c. au plus.
- 4° Lanternes à gaz et réflecteurs. — Cette partie, à 1 exemple de l’ornement et des lanternes de chemins de fer, demande des aptitudes sérieuses. Le taux de la journée s’y esl donc maintenu. Le prix moyen est de 0 fr. 80 c. 1 heure pour les travaux de luxe ; pour les gros travaux de vHle et d'administration, il est en moyenne de 50 francs par Seniaine. On ne peut noter le chômage ; il dépend des adjudications et varie avec elles.
- Nous venons de signaler les parties principales, nous clas-s°us toutes les autres sous le titre de :
- 6° Ferblanterie en général. — Si l’on en excepte les parles dont nous venons de parler, la ferblanterie est un des Plus mauvais métiers que l’on connaisse. Chaque fois que dftns une des autres spécialités les salaires haussaient, un edet contraire se produisait dans la petite ferblanterie : on ^°s diminuait. Il ne se passe pas de semaine sans que, dans 1111 atelier ou dans un autre, un conllit n’éclate. Inutile de dire qu’il tourne toujours au détriment de l’ouvrier. Il suffit a un patron de voir quatre ouvriers venir lui demander du h’avail dans une journée, pour qu’immédiatement il songe à dindnucr ses salaires. Ses ouvriers alors le quittent; d’autres *es remplacent. Ne parvenant pas à gagner leur vie, ils par-tei*t à leur tour, mais comme ils ont remplacé les premiers, de nouveaux prennent leurs places également, et ainsi, cahin-
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- caha, de bric et de broc, ayant passé par trente-six mains, le travail finit par être achevé tant bien que mal. Il ne vaut certes pas ce qu’il aurait valu si ceux qui l’avaient commence l’eussent terminé, mais il. se vend tout de même. Les ouvriers ont tous été malheureux, mais le patron a réalisé des bénéfices supplémentaires ! Dans trois mois il recommencera Ie même procédé, sans s’inquiéter le moins du monde si, en avilissant ainsi les prix de façon, il ne porte pas du mêm0 coup préjudice à son industrie.
- Il nous est impossible d’établir un prix moyen de journe0 dans une spécialité aussi exploitée.
- Pour qu’on s’en fasse une idée exacte, nous allons donner quelques exemples, sans, bien entendu, nommer les mal' sons. Mais il n’est personne de la partie qui ;ne les reconnaisse immédiatement et qui ne les nomme pour nous.
- Dans la rue de Charonne, un industriel avait soumission110 une entreprise de bidons pour l’armée. Jusqu’alors, ce travail avait été payé à raison de 1 franc de façon par bidon-Par le procédé indiqué plus haut, il réussit à ne les payer £fue 35 centimes seulement, de sorte que les meilleurs ouvrier5 de la profession arrivaient à gagner 2 fr. 25 par jour! Aj°u tons que ce patron est le plus mal outillé de tous ceux ^ font habituellement ce genre de travaux. Naturellement façon a forcément dû être inférieure à ce qu’elle aurait e si le travail avait été fait dans les conditions ordinaires. beS bidons dureront moins longtemps, nécessiteront des répnr^ lions plus nombreuses à la charge de l’Etat, c’est-à-dire nous tous, mais le patron peu scrupuleux aura réalis bénéfice considérable ! (1). ^
- Dans la rue Basfroi, une des principales maisons de rie a diminué récemment (avril 1884) ses meilleurs tia ^ de 25 à 30 0/0, et tous les jours les mêmes faits se produis*
- M <!»•« pense d* (i »• le ministre <to 1»
- C est tout Simplement hontes
- abominable à la fois!
- (Note des
- /{apporteurs généra^ )
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- dans quantité de maisons du même genre. D’autres font travailler à la Roquette et à Mazas,, et ne veulent pas payer chez eux plus cher que dans ces prisons, c’est-à-dire 1 fr. 50 a 2 francs par jour !
- La concurrence entre toutes ces maisons a atteint les derrières limites. Il y a quelques années, deux des principales ^étaient déclaré une guerre acharnée. C’est à coup d’escompte qu’elles se battaient ! Elles arrivèrent ainsi à faire jusqu’à 70 0/0 d’escompte sur certains produits! !
- Une de ces deux maisons a disparu (1).
- H est bon de donner quelques détails sur les directeurs de ccs deux établissements. L’un, le chef de celle qui n’existe Plus, après avoir fait faillite plusieurs fois et s’être remonté (^'c) par tous les moyens possibles, en faisant chaque fois de rouvelles dupes, et en contribuant avec son concurrent à rUiner un des plus vieux métiers qui existent, a fini par aller Courir, il y a trois ans environ, dans un hôpital de Paris ! H avait occupé une situation commerciale parmi les plus éle-
- v®es de la capitale !
- Le second, dont il est question dans chacun des rapports la Chambre syndicale des ferblantiers, était à la tête de la Plus grande usine de ferblanterie de Paris. Il est mort depuis, ^ais son successeur continue ses errements. Il réussit à se Cliver de la faillite en s’associant avec un commerçant qui Gageait ses principes (!). La maison existe encore, mais Plus elle va et plus elle devient mauvaise. Cette maison oc-^Upe environ 450 ouvriers, répartis ainsi qu’il suit : 30 fer-entiers, indispensables pour les travaux en zinc et de grosse Grhlanterie. Journée moyenne, 7 francs pour dix heures. Le ^6ste se compose de 1/3 d’Italiens à 0 fr. 22 et 0 fr. 25 c. .e l’heure; 1/3 de femmes italiennes, raccolées parmi les pUoUses d’orgues (!) au prix de 0 fr. 07 à 0 fr. 15 c. de l*eure. Le reste est composé de jeunes gens au même prix,
- Parbleu! Que n’ont-elles disparu toutes deuxl
- (Note des Rappor leurs jjénéraux.)
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- et qui font là un singulier et triste apprentissage. On ne fai* jamais moins de douze heures de travail dans la maison, et, dans certains cas, on opère des retenues sur les salaires, qu’on trouve sans doute encore trop élevés !
- Nous pensons en avoir dit assez; nous nous arrêterons là-Cependant, il faut pourtant ajouter que ce modèle a trouve des imitateurs et que la généralité des maisons de Par15 cherchent à le copier. Aussi, la ferblanterie est-elle complet0' ment perdue, et cela par la faute des patrons.
- Ils n’avaient aucune concurrence à redouter de la part, de l’étranger ; mais il se la sont faite entre eux d’une faç°n acharnée et impitoyable ; désastreuse pour les travailleurs et le commerce français. Les patrons ferblantiers ne se f°ia^ aucun scrupule de faire travailler un homme toute une joul née pour 1 fr. 50 à 2 francs par jour, jusqu’à ce <lue
- • * An
- l’ouvrier, n’en pouvant plus, soit obligé d’abandonner guerre lasse un métier qui le fait lentement mourir de fait»'
- Tous les travaux de la petite ferblanterie ordinaire se f°nt aux pièces; les bons salaires moyens n’excèdent pas 4 frafl°s par jour.
- Nous ne sommes nullement guidés par la passion, 111910 simplement par l’esprit de justice et de vérité. Nous reco11 naissons loyalement qu’il existe quelques maisons sériens05’ où le travail est bien fait et où les ouvriers sérieux ga»Iie leur vie; malheureusement elles sont rares.
- L’industrie de la ferblanterie, en général, compte cnvir° 8,000 ouvriers dans Paris.
- CONCLUSIONS
- • i p inàtë
- La chose la plus essentielle pour améliorer notre trie serait la suppression des façonniers qui avilissent ^ prix et font un tort considérable à la corporation, ^ seulement à ce point de vue, mais encore en faisant ^ ser le niveau de la bien-facture de la main-deenvr^ cJ1 est vrai qu’ils font réaliser des bénéfices aux pal
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- leur supprimant des frais généraux d’outillage. Autrefois, les façonniers étaient des ouvriers intelligents, émettant chaque jours des idées nouvelles, créant des modèles nouveaux, qui faisaient de Paris la première ville du monde pour ce genre d’industrie. Aujourd’hui, le façonnier n’est plus qu’une machine parlante. Elevé dans un truc il est incapable d’en sortir, et tous nos petits articles de nouveauté nous viennent maintenant en partie de l’Angleterre.
- Cependant, nous exportons encore dix fois plus en Angleterre que les Anglais n’importent chez nous. Seulement, nous le répétons, ce n’est plus nous qui avons le monopole de la nouveauté. Cette décadence, nous la devons au façonnier actuel qui, en perdant ses aptitudes de jadis, n’a su conserver que les défauts inhérents à son genre de travail. Les trois quarts des travaux qu’ils exécutent à un prix impossible sont faits par des apprentis. Chaque façonnier en a trois ou quatre. Et quels apprentis!
- Nous ne voyons de remèdes à cette situation, pour notre industrie, que dans la création d’écoles d’apprentissage qui feront des ouvriers et non des machines à spécialités déterminées.
- Il serait désirable aussi que nos patrons s’adressassent do Préférence aux ouvriers français plutôt qu’aux ouvriers ^rangers. Ces derniers travaillent à meilleur marché, c’est vrai, mais on oublie qu’une fois au courant de notre fabri-cation, ils emportent les procédés de cette fabrication dans fenrs pays, qui nous renvoient ensuite des produits tout fabriqués destinés à nous faire concurrence sur notre marché. Nous n’en sommes pas encore là avec l’Allemagne, mais U°us ne lui vendons plus, déjà elle se suffit à elle-même et, bientôt peut-être, elle commencera à aborder notre marché.
- Si nos patrons le comprennent, ils ont intérêt à n’occupc»r ni dos Allemands, ni des Italiens, ni des Anglais. Le com-Pcendront-ils?
- Nous avons parlé des patrons qui exploitaient à outrance, ^ nous reste à parlar d’un autre exploiteur plus terrible
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- encore, car celui-là exploite le patron, le façonnier et partant l’ouvrier : nous avons nommé le commissionnaire en marchandises !
- Autrefois, il servait le commerce, il en était le perroquet! Aujourd’hui il en est devenu l’aigle !
- Où l’industriel gagne 5 ou 10 0/0, le commissionnaire gagne 40 0/0, chiffre qui est la moyenne que les industriels ferblantiers sont obligés de faire, comme escompte, à ces représentants de l’industrie parisienne.
- Chaque fois qu’un façonnier trouve quelque chose de nouveau — la chose devient de plus en plus rare, ainsique nous l’avons dit — il cherche un commissionnaire pour pouvoir l’exploiter. Comme le commissionnaire est toujours en quête de ces malheureux, parce qu’il a tout pour presque rien, Ie façonnier n’a pas à chercher longtemps. Il vend à n’importe quel prix, ayant toujours, d’autre part, l’article spécial qu’il fabrique pour une grande maison. Le malheureux est oblige de travailler de seize à dix-huit heures par jour, en faisant travailler avec lui sa femme et ses enfants. C’est ce quü appelle être indépendant!
- Le façonnier et le commissionnaire sont donc nuisibles a l’industrie. Pourquoi nos industriels ne se grouperaient-ils PaS en chambre syndicale et en chambre de commerce ? Ils pour raient ainsi entrer en relations directes avec le consona-' mateur, dans les spécialités où la chose est possible ; dans celles où elle ne l’est pas, avec le commerçant qui vend a l’acheteur. Il y aurait encore un intermédiaire, et le plllS coûteux, de supprimé.
- Nous nous récapitulons.
- Les ouvriers de notre industrie, qui travaillent dans spécialité de l’ornement, n’ont rien à envier aux ouvriers
- f ],6$
- parties les plus favorisées. Les couvreurs-zingueurs e lanterniers sont dans une moyenne relativement satisb^ santé, mais dans toutes les autres spécialités, à part qu ^ ques exceptions individuelles, les ouvriers sont indigneIïl exploités et très malheureux !
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- Dans la fabrication courante, la spéculation à outrance a fait baisser la capacité ouvrière, surtout à Paris. Dans la province, les ouvriers, obligés de faire un peu de tout ont, en général, une meilleure main-d’œuvre, et atteignent plus facilement aux spécialités difficiles et bien payées de la partie.
- Création d’écoles professionnelles et d'écoles d’apprentissage pour remédier à cet état de choses.
- Suppression du travail à façon, qui porte préjudice à toute la corporation sans être utile à celui qui l’exerce.
- Suppression de l’entremise du commissionnaire qui prélève le plus clair des bénéfices de l’industrie et exploite l’ouvrier, le patron et l’acheteur, tous ensemble et tous à la fois.
- Réunion des patrons en chambre syndicale et chambre de commerce, pour qu’en discutant leurs intérêts entre eux, ils cessent de se faire une concurrence nuisible à eux-mêmes et a l'industrie ; enfin, possibilité pour eux d’entrer en relations directes ou presque directes avec le consommateur.
- En terminant, nous souhaitons succès et prospérité aux sociétés coopératives fondées dans l’industrie de la ferblanterie. Celle des Compteurs à gaz et celle des Boîtiers qui ont, l’une et l’autre, obtenus les meilleurs résultats jusqu’ici, et fiui, nous l’espérons bien, ne feront que progresser encore, aiusi que la Société amicale de secours mutuels des ferblantiers.
- Paris, 25 avril 1884.
- Le secrétaire de la Chambre syndicale des ornemanistes sur métaux,
- JOVIDOUX.
- Voici maintenant les quelques renseignements que nous avOns trouvés dans le rapport de M. Chantereau, délégué de corporation à Amsterdam. Ces renseignements ont trait 8°ulement à sa visite à l’Exposition, et aux objets qu’il a
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- remarqués. Nous négligeons tous les autres détails qui, ainsi que nous l’avons dit, ont surtout trait à la politique et à l’économie sociale. Le très substantiel travail de M. Jovidoux sur la partie professionnelle, nous dispense d’ajouter d’autres réflexions.
- Le délégué parisien dit ceci à propos de l’Exposition :
- La Hollande, la Belgique et la France sont les seules puissances qui aient exposé.
- Hollande. — M. Van F.-W. Braat d’Arnheim a exposé un campanile grande exécution d’un beau modèle. Il est composé de quatre colonnes d’ordre ionique reliées par des lustres. L’ornementation des colonnes est en zinc fondu ; la corniche est tirée au banc ; le fronton est brisé, donnant place à un vase. Les moulures du fronton sont faites à In main; les pièces en sont assez bien ajustées et bien soudées, les lignes sont correctes. La coupole, en ardoise et en zlïlC estampé, est surmontée d’une statuette en zinc fondu représentant Mercure.
- La combinaison semble vouloir imiter notre construction? mais l’ensemble de l’exécution n’a pas le cachet ni le fini de nos fabricants parisiens.
- Mme veuve Doormans et fils, à Rotterdam, ont expose entablement en zinc, étiré au banc, qui n’offre aucune culté dans l’exécution. Ils ont aussi des lions en zinc fondu*
- >dèleS’
- Belgique. — Usine de la Vieille-Montagne. — Cette société a exposé les différentes parties qui composent la décoratm1 en zinc : lucarnes, membrons, arêtes, faîtages, mil8' bœuf, fenêtres gothiques, lions et vases de divers mod' d’une remarquable exécution. Mais, la Société de la Montagne ayant recours à l’industrie privée pour 1 oxéc1 lion des objets d’ornementation, on ne saurait lui atlribu le mérite de l’exécution de ces pièces. Mallieureusemenf
- n’ai pu apprendre le nom du fabricant qui les avait a
- quees.
- M. Duoier, à Liège, a exposé une lucarne avec ranipc
- aid ’
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- composition très ordinaire. L’ajustage des moulures est mauvais. Un vase à côtes de melon, sans valeur.
- France. — Maison Monduit, Paris. — L’ornement est représenté dans cette maison par de la plomberie d’art et des statues en cuivre martelé, un phénix et des héros d’armes en cuivre. Travail remarquable exécuté au marteau ; modèle des travaux de l’hôtel de ville de Paris.
- Puis, des guirlandes, des têtes de lion, des flammes en cuivre rouge au marteau, parfaitement exécutées. Modèles pour le palais de Justice de Bruxelles.
- Plomberie. — Plusieurs épis d’une belle compôsition ; une corbeille de fruits, travail en plomb d’une remarquable exécution. Cette dernière pièce a été achetée par la commission de la loterie.
- Maison Perrin-Grados, Paris. — Un cartouche d’angle, d’une belle composition, fait avec soin et d’un très bel effet. Ces pièces sont des modèles exécutés pour le palais de Justice d’Anvers.
- Des lucarnes, épis, faîtages d’une exécution soignée. La Pureté des lignes, les angles soigneusement ajustés et la richesse des formes en font des travaux qui ne laissent rien a désirer.
- Résumé. — Pour l’industrie de l’ornement en métaux, la
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- rrance occupe incontestablement le premier rang pour la beauté du travail, pour la composition et le iini dans l’exécution.
- Le déléyué de la Chambre syndicale . des ornemanistes sur métaux.
- Voilà les seuls renseignements professionnels que nous ayons trouvés dans le rapport de ce délégué. Le reste roule des considérations sociales et politiques, intéressantes t^Ur la corporation peut-être, mais nous n'avons pas cru dée leur place fut utile dans ce rapport.
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- RAPPORT DE M. BONNY,
- Délégué de la corporation des ouvriers ferblantiers, plombiers et zingueurs de Marseille.
- Ce délégué a rédigé un rapport fort étendu, mais qm> étant donné son caractère général, ne peut qu’être très brièvement résumé. Nous ne pouvons ici nous occuper que de la partie purement technique et professionnelle, en négh' géant, à notre grand regret, les aperçus généraux dévelop' pés fort longuement par M. Bonny. Cependant, nous allô*15 donner la nomenclature des chapitres pour que le lecteur se fasse une idée du travail. Il pourra, s’il le juge utile» recourir au rapport complet que la Chambre syndicale des ferblantiers de Marseille à certainement dû faire imprimer.
- Dans un préliminaire, le délégué rend compte de l’histoire de la délégation. Il regrette, à la lin de ce chapitre, que travail n’ait pas une langue internationale comme la dipl°' matie, pour pouvoir établir des relations plus suivies entre les ouvriers des diverses nationalités.
- Dans un très long chapitre consacré à la Hollande, il etu die ce pays aux points de vue historique, géographique, p0^1 tique et social. Dans un autre chapitre, consacré à lu yî^c d’Amsterdam, il rend compte des diverses institutions que possède cette ville, tant au point de vue de l’enseignemeIlt qu’au point de vue purement administratif et municipal- O11 comprend que nous ne suivions pas le délégué sur ce terrain» d’autant que ces renseignements ont déjà été en Paftl donnés.
- En suivant sa classification et la méthode qu’il a adopte®’ nous trouvons un chapitre intitulé: Rapports entre ouvilÇ\ et patrons, Nous y relevons, dans ce qui a directement la profession du délégué, les renseignements suivants •
- Les salaires aux pièces des travaux de ferblanterie;
- sont
- Amsterdam, inférieurs à ceux qui sont payés à Marseille ^ ouvriers travaillant aux pièces arrivent cependant à rémunération supérieure à celle de la journée oi 1
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- Quelques-uns, dit le délégué, font depuis vingt ans le même article ; ils ont acquis ainsi une habileté plus grande, de là kl plus-value de leur journée.
- La journée de l’ouvrier varie entre 0 fr. 35 c. et 0 fr. 45 c. l’heure ; la durée de la journée est de douze heures.
- Rendant compte de sa visite à l’arsenal d’Amsterdam, le rapporteur dit qu’il a trouvé l’outillage défectueux et mal entretenu. Tous les délégués sont unanimes sur ce point.
- Le délégué s’occupe ensuite du genre de construction des faisons; des établissements de bienfaisance et des sociétés ae secours mutuels; du régime et du tarif des eaux de la vÜle ; puis, enfin, il étudie l’Exposition dans son ensemble, Gn s’occupant de toutes les professions représentées. L’expo-sUion spéciale de la ville de Paris a longuement arrêté le rapporteur; il passe, d’après le catalogue de la ville, tous les °hjets, plans, photographies, réductions, en revue. Fort intéressants dans son rapport, ces détails feraient double emploi ici.
- Le u’est qu’à la page 87 de son mémoire que M. Bonny aWde enfin la partie professionnelle intéressant son industrie
- Proprement dite.
- Parlant de la section des Pays-Bas, il signale la remar-1llable exposition de la maison Van J.-G. Stelling, d’Amster-^am, pour ses lanternes à signaux en cuivre rouge pour la Marine, très bien faites et très solides. Les réchauds à Parole, cafetières en fer blanc et en maillecbort, bouilloires
- casseroles sont des articles très bien faits.
- La maison Jau Kliton (Amsterdam), ne mérite pas les bernes compliments. Les baignoires qu’elle exposait, ainsi fPle ses appareils de chauffage, laissaient fort à désirer.
- La maison Van (feldcren (Arnheim), exposait deux aignoires en zinc, à gorges; une à deux tètes, l'autre à une. a première a la forme rectangulaire, les angles arrondis de ClIlct centimètres; toutes deux sont polies à l'intérieur et Pentes extérieurement. Celle de ses baignoires qui est rec-^Cgulaire est d’un usage incommode, eu égard à la position
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- des épaules. Les articles exposés par cette maison sont généralement réussis comme exécution. Le délégué remarque icl que l’outillage français est bien supérieur à routillage employé par les ouvriers hollandais.
- Le rapporteur mentionne la maison Enthoven M.-J. et fds> pour ses ustensiles de ménage étamés et émaillés de diverses couleurs ; les appareils de chauffage de la maison Becht et Dysserinck, d’Amsterdam ; les plombs laminés en planche et en tuyaux étamés de la maison Hamburger, d’Utrecht. maison Dooremans veuve et fils, de Rotterdam, avait dispesb ses produits exposés en manière de trophée, enclavé dans une sorte d’arc triomphal. Au milieu se trouvaient divers modèles de couverture, à droite et à gauche des tuyaux eîl plomb, étain et cuivre, figurant des colonnes, aux bases desquelles se trouvaient des lions en zinc; au-dessus des gont tières formaient le couronnement. Le tout irréprochahl0 comme fabrication.
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- La maison Braat F.-W. (Delft) avait exposé un monuiue en zinc affectant la forme de kiosque, disposé en croiv> ayant quatre portiques, dont deux cintrés et surmontes frontons enchâssant une urne ; le tout ayant douze ouvei tures séparées par des colonnettes est surmonté d’une con pôle servant de base à une statue de Mercure. A chacune deS ouvertures est suspendue une corbeille en zinc contenu11* différentes plantes faites de même métal.
- Le bas du monument consiste en une balustrade à pilasti repoussés. Au-dessus des colonnettes, entre leurs chap teaux, court une corniche fort élégamment ornée, dont un partie est travaillée à la main; les colonnettes aussi sont marquables par leur ornementation.
- En somme, cette construction artistique, dont la P grande partie est en zinc movlpré, est une jolie œuvre, ^ travail, d’une assez grande complication, est excessive^ bien fait, les onglets sont bien soignés; le profil des coi
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- chfos, cintres d’honneur.
- et ouvertures est assez ouvragé.
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- Avant de quitter la section néerlandaise, le rapporteur donne les renseignements suivants sur les métaux employés en Hollande par les ouvriers de sa profession.
- Les feuilles de zinc généralement employées en Hollande ont 2m,25 de longueur sur 1 mètre de large.
- Le prix des métaux était à l’époque de l’Exposition : plomb laminé et tuyaux, 34 fr. 50 les 100 kilos; tuyaux de plomb étamés à l’intérieur et à l’extérieur, 37 fr. les 100 kilos; zinc laminé, 43 fr. 50 les 100 kilos.
- On emploie généralement le plomb en planches. Au dire des fabricants du pays, l’exportation des métaux est nulle de Hollande en France; cela tient à la proximité des mines de Belgique du territoire français, et aussi aux mines que nous Possédons en France. L’exportation française en Hollande est supérieure à celle de la Hollande en France d’environ huit millions. Le rapport ne dit pas si c’est huit millions de kilogrammes, ou huit millions de francs, ce qui est probable.
- SECTION BELGE
- Hans la section belge, il faut citer la maison Wauters-Koerkx, à Molembeeck-Saint-Jean-les-Bruxelles, qui a exposé ^eux lustres en fer forgé d’un grand mérite.
- La maison Edmond Sacré, pour ses paratonnerres à tiges Multiples formant bouquet, système dont plusieurs églises
- autres édifices sont pourvus.
- La Société anonyme de la Vieille-Montagne, mines et fon-^eiies de zinc, dont les travaux de couverture en zinc ondulé, CaUnelé et à écailles, de plaie-formes à rigoles, sont des Plus ingénieux et réunissent toutes les conditions qui peu-VeUt assurer la solidité et la bonne entente d’une construc-tlQn. A mentionner, en outre, la partie de toiture d’une habi-khiori de ville, dont la charpente est disposée pour former 1111 brisis ; un fragment de couverture d’une halle ou marché, charpente en fer; d’un côté du mur, la couverture est 611 zinc ondulé, et de l’autre elle est cannelée sans che-
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- vrons ni voliges. Ce dernier système, par une disposition spéciale de recouvrement, obvie complètement aux inconvénients de la condensation des vapeurs contre la paroi intérieure de la couverture.
- Un fragment de la toiture d’une église, avec un nouveau système de tasseaux, également sans chevrons ni voliges.
- Un modèle d’une partie de classe d'une salle d’école.
- Un modèle de hangar pour abriter les récoltes, pouvant être démonté suivant les besoins d’une grande exploitation agricole, pouvant servir aussi à abriter des marchandises 1° long des quais, dans les ports et les docks. Tous ces modèle sont réduits au dixième de leur grandeur réelle et d’une exécution parfaite.
- Un grand nombre de revêtements imitant la maçonnerie en briques étaient installés le long des parois du comparé' ment ; ils étaient disposés de telle façon que leur assembla» s’accordait en tous sens avec les joints des briques, au moyeTl de la peinture au silicate.
- SKCT10N FRANÇAIS!'.
- Il faut nommer tout d’abord la maison Alphonse Tl al l°* * 11, rue Chapon, Paris. — Cette maison avait une belle trine, où étaient exposés tous genres d’ustensiles de ménag et autres.
- * f (jO
- Dans un assortiment de lanternes de tous genres et
- tous modèles, le délégué en signale deux plus spécial ment :
- Une lanterne de camion en tôle rivée, à bougie, a ^°UP et à huile, et une lanterne carrée que l’on désigne génen ment à Marseille sous le nom de lanterne de remise ou cale. Ces lanternes sont toutes rivées, sans aucune soudùr
- le dôme, le fond, ainsi que les montants à coulisses, h
- , , ce fl111
- les verres, sont estampes et disposés pour être rives, *
- permet le montage sans soudure. Modèles brevetés et
- posés...
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- L’industrie de la ferblanterie et de la zinguerie était dignement représentée à Amsterdam par la maison Hallot.
- Maison Grados-Perrin, boulevard Richard-Leno’ir, Paris. Exposait des ornements en zinc, cuivre et plomb, tels que : crêtes, poinçons, vases ; tous ces travaux étaient excessivement bien exécutés. Cette maison est connue honorablement dans la spécialité d’ornement.
- Maison Ève, rue des Vinaigriers, 36, Paris. — Maison spéciale pour la fabrication de robinets en métal blanc hygiénique. La vitrine où étaient exposés ces robinets ressemblait à une vitrine d’orfèvrerie, tellement les pièces étaient bien disposées et bien finies.'
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- Maison Mesureur et Monduit fils, rue de la Boétie, Paris. Ornements en plomb et en cuivre martelés. Statues, mêtes, poinçons et lucarnes en zinc, en plomb et en cuivre. Installations de plomberie pour salles de bains ou lavabos, d'ès bien faites.
- Marrou (Ferdinand), à Rouen. — Cadres de glaces, chenets, pelles et pincettes, écrans, armoiries, écussons, le tout en fer repoussé au marteau. Le sommet d’un clocheton ®n cuivre rouge repoussé au marteau, destiné à la cathédrale de Rouen. T ous ces travaux sont excessivement bien foits. Qn m> pouvait passer cette maison sous silence.
- M. Dumont, rue Sedaine, Paris, et rue Notre-Dame, à Inlle, avait installé dans le parc une pompe centrifuge dont
- débit était de 350 mètres cubes environ par heure. Cette P°mpe fonctionnait à la vapeur quatre, heures par jour, mais est trop connue pour qu’on la détaille autrement.
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- Idans la section britannique, on remarquait les nombreux °üvrages en fer galvanisé de la maison Frédéric Braly and ^ j de Londres, Liverpool et Glascow, tels que citernes et ré-S(!rvoirs galvanisés après la fabrication.
- ^ uoter aussi les feuilles de fer galvanisé pour toitures,
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- le zinc percé, les feuilles perforées, les frises et frettes en zinc perforés, etc., de la même maison, dont une heureuse innovation est la gouttière demi-ronde eu fer battu galvanise ou zinc. Les jointures moulées de cette gouttière passent l’une dans l’autre, de sorte qu’il n’y a pas de soudure pour la mise en place.
- La maison Joseph Evan et lils, de Londres, exposait une grande variété de pompes assez originales par leur forme et leur mécanisme.
- — La maison E. P. et W. Baldwin, Stourport, avait expose dans sa vitrine, des feuilles de fer blanc d’un beau brillant et des feuilles ternes de diverses dimensions, ainsi qu’un grand nombre d’échantillons de fer laminé, plusieurs f°l5 replié sur lui-même, d’une douceur égale à celle du plomb-On ne nous expédie guère de fer de cette qualité-là!
- SECTION ALLEMANDE
- Le rapporteur signale la maison Hermann Braudes, ^
- Hambourg, pour ses appareils balnéaires; — puis différente
- l’in-
- maisons, dont les produits n’ont rien de commun avec dustrie de la ferblanterie, entre autres la maison Pottoff? a Munster, dont il est parlé dans le rapport du bronze.
- Au sujet de la lampisterie, le délégué de Marseille dit :
- «Plusieurs maisons de différentes nationalités avaient esp° sé des lampes de tous systèmes, soit à modérateur, solt c huiles minérales, ainsi que des appareils à gaz. N’ayant que de petites modifications, sans aucun système nouv j’ai cru inutile de signaler les noms de ces maisons.
- Du reste, la plupart des articles exposés étaient des °3J d’art, tels que suspensions pour salles à manger, cal1 labres, lustres et toutes espèces d’articles de bronze et m ciselé. »
- Le délégué donne ensuite, dans un tableau, 1° n° ^ des exposants par puissance, la quantité de mètres °a ^ occupés par chacune de ces puissances, ainsi que le n0
- a vu eau?
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- de récompenses obtenues. Ce tableau ligure dans la première partie de ce volume.
- A propos des récompenses, le rapporteur se livre à des réflexions générales que nous partageons entièrement; c’est pourquoi nous ne croyons mieux faire que de reproduire intégralement cette partie de son travail :
- « Un mot à propos des récompenses.
- « Je croirais manquer à un devoir d’équité si je ne réclamais, à propos de la répartition des récompenses aux Expositions, la part des oubliés. J’appelle ainsi les collaborateurs restés obscurs, aux œuvres ayant obtenu des prix, dont les exposants, ingénieurs, chefs de fabriques, commerçants, industriels, etc., bénéficient seuls!
- « Quand donc comprendra-t-on que celui qui met à exécution, avec zèle et intelligence, la pensée d’un autre, a uussi son mérite particulier et qu’il a évidemment droit à une récompense dans un concours où le travail doit recevoir son prix. Au reste, ce serait là pour le travailleur un encouragement qui ne manquerait pas de tourner au profit de l’industrie.
- « Si cette idée venait à être mise à exécution, on pourrait ù l’avenir faire entrer dans la composition du jury, dans la Proportion d’un quart, des ouvriers ayant obtenu des récompenses. Au point de vue technique, le travail du jury ne Pourrait qu’en être facilité. »
- Lnsuite le rapporteur signale spécialement les exposants Marseillais qui ont obtenu des récompenses. Ce chapitre, ^M‘l à sa place dans son travail, n’a plus la même raison ^ être ici ; nous le supprimons.
- Le délégué, après avoir remercié, comme tous ses collègues de la délégation, le consul de France, à Amsterdam, aMsi que les employés du consulat, termine son rapport par Ce chapitre, que nous donnons en entier.
- Quelques mots à mes colloques :
- (( A mon retour d’Amsterdam, j’ai fait de courts séjours à ^téecbl, Anvers, Bruxelles et Paris.
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- « visité, à Utrechl, l’usine de M. Hamburger; à Anvers, les ports; à Bruxelles, les magasins et les ateliers de la Compagnie des Bronzes.
- « Il serait trop long- et hors de mon mandat de parler en détails de ces visites.
- « A Paris, je me suis mis en relations avec diverses chambres syndicales et les associations de notre industrie, ainsi que d autres industries, dont j’ai voulu connaître le fonctionnement. Partout j’ai reçu un fraternel et sympa' thique accueil; je remercie donc sincèrement nos confrères de Paris, au nom de la corporation.
- « Je dois également des félicitations à nos collègues parisiens pour l’empressement qu’ils ont mis à me montrer leurs magasins et leurs ateliers; à m’indiquer la marche qu’üs suivaient dans les affaires, enlin à me communiquer tous le** renseignements qui pouvaient me mettre à môme de vous faire connaître les moyens par lesquels ils procèdent à Ie111 émancipation économique.
- « Il es-t inutile de vous dire que ces associations sont toutes fondées, à capital personnel (sic) et variable; je p°s' sède, du reste, leurs statuts qui, si vous jugez à propos de les examiner, sont entièrement à votre disposition.
- « Il existe à Paris, dans notre industrie, ainsi que dans les autres, plusieurs chambres syndicales; leur noiubi° varie suivant l’importance de l’industrie ; ce mode de groupement est aujourd’hui le plus pratiqué.
- « Des citoyens plus autorisés que moi, ont su, dans diverses circonstances, démontrer les avantages qu’oJlrenl 1^ chambres syndicales. Je n’insisterai pas sur la nécessité de leur existence ; je désire que nous suivions l’exemple douUe par nos collègues de Paris.
- « Posséder dans nos corporations une chambre syndical ayanl pour but la conciliation, en réglant d’un counuuu accord les intérêts entre patrons et ouvriers et en mal11 nant la bonne intelligence, serait une façon de procéue^ bien préférable an système des grèves, qui sont toujo'11
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- fatales à l'industrie et désastreuses pour nous et nos familles.
- « Quand il s'agit d’augmentation de salaire ou de diminution de temps pour la journée, de la création de lieux d’offres et de demandes, proprement dits lieux d’embauchage, de l'enseignement professionnel, ou de quelque autre Question qui nous intéresse, la chambre syndicale est l’unique et légitime ressource à laquelle on doive avoir recours.
- « Groupons-nous, unissons nos intelligences; ce n’est qu’en nous groupant que nous arriverons à nous connaître; oublions toutes nos rancunes, qui ne tendent qu’à nous diviser. C’est par l’union, citoyens, que nous assurerons la prospérité de notre pays et que nous parviendrons à obtenir un J°ur les justes réformes que nous réclamons en vain aujourd’hui.
- « Nous verrons alors s’aplanir tous les obstacles qui s’op-sent encore au triomphe de la vraie République : celle des Reformes démocratiques et sociales !
- « Citoyens, j'ai accompli mon mandat dans la mesure de Otes moyens. En pareille circonstance, je laisserai le champ libre à d’autres qui, sans doute, feront mieux que je n’ai Pu faire moi-même. »
- Nous regrettons d’avoir été obligés d’élaguer beaucoup de Ce très remarquable travail; mais, ainsi que nous l’avons nombre de renseignements étaient d’ordre général et auraient fait double emploi. Ensuite, ce rapport ne nous est Parvenu qu’à la lin d'avril, alors que le travail de classement elait à peu près terminé et que ce volume avait déjà les développements nécessaires. Cette circonstance nous a encore c°utraints à résumer plus brièvement le rapport de AI. Bonny. ^°Us espérons qu’il l’a fait ou le fera publier, et que cette bublieaiiou remédiera aux lacunes forcées de son travail (l'll,s la publication d'ensemble.
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- ENQUÊTE DE LA COMMISSION EXTRAPARLEMENTAIRE DES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES
- ASSOCIATION DES OUVRIERS FERBLANTIERS'
- En compteurs et lanternes à gaz; siège social, 15, rue des Trois-Bornes,
- représentée par MM. Méneveau et Berthauld, capital social, 50,000 R
- 10e QUESTION
- M. Le Président. —Le coût de votre matière première est-il élevé?
- M. Méneveau. — Nous employons des métaux à bon marche et des métaux chers; la tôle vaut 65 francs les 400 kil°" grammes, le cuivre rouge 200 francs; l’étain de 270 à 280 h-En moyenne, la matière première représente 30 0/0 du pr°" duit fabriqué. Nous avons toujours pour 80,000 francs, envi' ron, de marchandises en magasin.
- M. le Président. — Quelle est l’importance de votre mate riel et de votre outillage?
- M. Méneveau. — Il est évalué actuellement à 40,000 franchi en tenant compte de l'amortissement. Nous n’avons pas machines à vapeur.
- M. Harberet. —Auriez-vous besoin d’en avoir?
- M. Méneveau. — Cela économiserait la main-d’œuvre 0 nous permettrait de faire des travaux plus forts.
- M. Tisserand. — Quel est le salaire moyen quotidien <1 vous donnez à vos associés ?
- M. Méneveau. — 80 centimes de l’heure.
- M. Harberet. — Que gagnent ceux qui travaillent al" pièces?
- M. Méneveau. — Plus ou moins, suivant leur habileté.
- M. David. — Un ouvrier travaillant au même objet 0 son camarade peut gagner moitié plus. 4
- M. Méneveau. — Nous avons, en effet, des ouvriers
- * 7 In-ClOQ
- qui ne peuvent travailler comme un homme de tien
- à quarante ans.
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- M. le Président. — Par qui vos ateliers sont-ils dirigés?
- M. Méneveau.—L’atelier est dirigé par un contremaître qui surveille tous les travailleurs. Dans les périodes de chômages, on réduit le nombre des heures de travail, mais depuis 1878, nous n’avons pas eu de chômage.
- 20e QUESTION
- M. le Président. — Les patrons de votre profession font-ils exécuter leurs travaux à l’étranger ?
- M. Méneveau. —Je n’ên connais pas, jusqu’à présent, qui Procèdent de celte façon.
- M. Barberet. — Les produits étrangers de votre industrie viennent-ils en France?
- M. Méneveau. — Nous exportons un peu à l’étranger, mais, depuis cinq à six ans, nous ne pouvons plus fournir le Nord de la France par suite de la concurrence que nous fait la Belgique : les articles belges y sont vendus au prix de revient de notre maison.
- M. Barberet. — Est-ce que cela tient à la cherté de la ^ain-d’œuvre en France.
- M. Méneveau. — Oui, et peut-être aussi aux frais généraux ; üous avons ici un loyer de 5,000 francs qu’en Belgique on 116 payerait pas plus de 500 francs.
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- — 492
- MOYENNE DES SALAIRES
- DE L’INDUSTRIE DES MÉTAUX, BRONZE, ZINC, ÉTAIN ET PLOMB
- PAYS
- ET LOCALITÉS
- PAYS-BAS Deventer. .
- Rotterdam....
- Amsterdam....
- BKLGIOUE
- DANEMARK.
- SUEDE
- SUISSE Genève.......
- PORTUGAL
- ESPAGNE
- ITALIE Turin.........
- Naples.......
- RUSSIE Pologne........
- AUTB1CI1E
- HONGRIE
- ALLEMAGNE
- Dresde.......
- Chemuiiz.....
- Dresde... ...
- Goboiu'g-Gotha..
- Dresde ......
- Wurtembourg...
- Chemuitz.....
- (Tableau dressé par les Rapporteurs généraux.)
- MÉTIERS NOMBRE d’heures de travail par jour. TRAVAIL A L’HEURE Prix de l’heure. PRIX de la journée. SALAIRE par semaine.
- Fondeurs en caractère. 12 lr. c. à fr. c. fr. c. à fr. c. fr. c. ù fr. c.
- Fondeurs en zinc..... 11 0 18 0 40 )) » n » El »
- Plombiers zingueurs.. 10 » 0 )> » 9 » Il »
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- Id. (1)........ ” ” » » » 10 » 52 »
- Mouleurs » » .. „ 15 » 20 »
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- Divers du cuivre » > » » .) 10 »> 15 »
- Mouleurs ,, .. » 4NS OC O en „
- F’ondeurs )) » » 2 90 4 « »
- Ouvriers divers ,2;... » » » 1 80 2 50 »
- Chaudronniers 10 „ » » » 15 » 20 »>
- Ouvriers du bronze... » » » 7> » 25 >» 32 »>
- Mouleurs. » » „ >, »,
- Fondeurs )> » » 1 85 2 25 »
- Monteurs. » .) » 2 „ ;; „ 7>
- Mouleurs » » » » » ».
- F’ondeurs 12 B » 2 » 4 » »
- Monteurs » » » » » »
- Ouvriers en cuivre... 12 » >, 1 50 1 80 ».
- Chaudronniers )) » » ;i » i » »
- Fondeurs de cloches.. » » 1 25 2 95 »
- Mouleurs (3) 10 » » 2 00 4 15 >,
- Fondeurs (4) » » 2 70 4 50 »
- Fondeurs en cuivre (51 >, M * » »
- F’ondeurs de cloches (5; » >• » » ) ) »
- Frappeurs , forgerons
- sur cuivre (5) M « » 5 > »
- Fondeurs premiers ouvriers 11 à 1-2 „ : >0 » 38 •'
- Seconds ouvriers .... )> » » )) » 20 „ 25 »
- F’orgerons » n » » 17 » 22 »
- Id » » .) 20 », 21 »
- Chaudronniers » » » » 20 »> 30 >
- Airain et bronze.
- Fondeurs de cloches.. )) ») JJ .> 0 10 » l2.» 4
- Id » » » » 15 »
- Bronziers » c » J) )> 8 ,» 30 >'
- Id » » P .. )> 6 > 24 «
- Id. (5) » .. » » r, », 10 »
- Polisseurs (fi) ** » » » » 15 »
- S Aux pièces.
- Logés gratis.
- ÇA) Aux pièces. 5 fr 10 à fi lï. 75.
- (9 fr- 70 '* 7 rr- aux pièces jc
- Nous u’avous pas les salaires de U industrie du cuivre des autres provinces de la ix 5) Nourris et logés.
- O!) Sans nonrrilure.
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- TïOMRJÏE d’heurk de trava par jour. TRAVAIL s A L’HEURE 1 Prix de l’heure. PRIX de la journée SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- IV. ( . à fi*, c fr. o ti fr. c fr. c à fr e fr. c.
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- PAYS
- OU LOCALITÉS
- ALLEMAGNE
- Dresde......
- Ploan.......
- SAXE Francfort...
- FRANCE Paris...
- METIERS
- Etain. Fondeurs......
- Plombiers........
- Mouleurs,
- dre.
- bronze.
- Rouen
- Parb
- pièces
- Ferblantiers (2). Lampistes........
- Couvreurs.....
- Plombiers zingueurs.
- Couvreurs.....
- Plombiers (4).. Zingueurs.....
- Aides ........
- angleterre
- '°ndres-Birmingham..
- taux, travail d’art.. Bons ouvriers (5),... Pour le Mtiment.... Ferblantiers zingueurs Peintres rern
- teaux divers.
- Bronze. Appareils è gaz
- ld. (6)... Bronze d’art (7) Ferblantiers, bottiers, chaudr (8).,ouvr. en ustensiles de ménage:
- Hommes.............
- Jeunos garçons ....
- Femmes............
- Filles (8).........
- P 9) L’on oompto actuellement dans cette industrie beaucoup d’<
- ®s ouvriers étrangers ont lait baisser les salaires (tarée qu’ils travaillent au-dessous des prix
- binaires.
- Cette industrie toute parisienne comprend 5.000 ouvriers.
- Les ouvriers gaziers sont 2,500 environ.
- ]0 9) Les salaires sont augmentés de 25 0/0, mais ils n’ont pas suivi l’élévation du prix des rr\ *4 l’alimentation en générale.
- W Ces salaires comprennent le bon ordinaire.
- (b) Dans les petites provinces.
- V ^fis l,r(!miers ouvriers ciseleurs, monteurs, peuvent gagner de 45 à 00 francs par semaine. (”) Il y a des spécialités dans la chaudronnerie qui gagnent de 50 à fît) francs par semaine.
- l’ouvrier.s belges et allemands.
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-
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- 494
- INDUSTRIES DU BRONZE D’ART, D’ORNEMENTS SUR MÉTAUX, ^ ik
- D’ApHÈS
- DROITS DE DOUANE PERÇUS A ^IMPORTATION,
- FRANCE
- DÉSIGNATION ALLEMAGNE tarif conventionnel AUTRICHE
- DES MARCHANDISES -—*
- BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS
- fr. c. fr. c. fr C.
- les les les
- Bronzes d’art 100 kil. 75 » 100 kil. 20 >. 100 kil. 75 »
- Emaux cloisonnés id. 75 » id. 20 » id. 75 »
- Ouvrages en zinc de toutes espèces id. 30 » id. 8 » id. 7 50
- Chaudronnerie en cuivre id. 22 50 id. 20 » id. 25 »»
- Cuivre laminé id 14 80 id. 10 » id. H SO lil
- Plaqué argent id. 29 60 id. 100 » id. 37 03
- Zinc laminé id. 3 70 id. 4 >. id. 3 69
- Étain en lingots id. 3 70 id. Exempt. id. 9 87
- Plomb. id. 3 70 id. Exempt. id. 2 46
- Fer blanc id. 6 17 id. 12 ». id. 19 75
- Fer noir (tôle mince) id. 3 75 id. 9 » id. 12 50
- DÉSIGNATION ITALIE ÉTATS-UNIS RUSSIE
- DES MARCHANDISES
- BASES DROITS BASES DROITS BASES pnons
- fr. c.
- fr. c. fr. t;.
- les poli doré. à la les
- Bronzes d’art. 100 kil. 25 t\ 120 valeur. 45 0/0 100 kil. 537 >>
- Emaux cloisonnés id. 25 h 120 id. 45 0/0 id. 537 »
- (vernis n.Iini tint
- Ouvrages en zinc de toutos espèces id. 12 à 58 id 45 0/0 id. fi» 2.»
- dore).
- Chaudronnerie en cuivre id. 10 » id. 35 0/0 id. SO 5S
- Cuivre laminé id. 10 » id. 35 0/0 id. 21. *2
- Plaqué argent id. 100 » id. 25 0/0 id. 24 42
- Zinc laminé id. 4 » 100 kil. 28 55 id. 17 90
- Étain en lingots id. 4 7) valeur. 20 0/0 id. 9 75
- Plomb id. 3 100 kil. 22 85 id. 2 -14
- Fer blanc id. 10 75 valeur. 30 0/0 id. 34 18
- Fer noir (tôle mince) id. 8 » id. 30 0/0 id. 31 18
- ANGLE
- bases
- tEBRË
- droits
- Exe®Pts'
- id.
- C0^
- bases
- à la
- yalouT-
- id,
- .hOITS
- fr. "• 30 0/°
- 30 Ofi
- 25 °/° 30 0/0
- 10 O/0
- 30 O/0
- 10
- 0/0
- 0/0
- . 495 _
- ^ÜDRONNERIlI CUIVRE, DE LA FERBLANTERIE, DU PLOMB & DU ZINC
- ^ tarifs collectifs n° 1, législation nos 15, 28, 41
- NORVÈGE
- SUÈDE
- SUISSE
- PAYS-BAS
- DANEMARK
- droits
- fr. c.
- 4 la valeur.
- polis doré
- ÎOO kil
- 49 h 97
- lOO kil
- 19 à 98
- lOO kil
- 100 kil
- 93 00
- argenté
- 49 à 97 doré
- 10 à 98
- bronzé 46 80
- Exempte.
- Exempt.
- id.
- Exempt
- id.
- 46 80
- ou doré.
- Exempt.
- id.
- TURQUIE
- GRECE
- PORTUGAL
- ESPAGNE
- SERBIE
- A la valeur
- à la valeur.
- 105 47
- 100 kil
- 1(H) kil
- 80 à 216
- 100 kil
- 105 47
- 86 il 216
- 23 69
- 56 25
- 112
- Exempt. 11 »
- 80 fini.
- 35 16
- 12 50
- 140 60
- Exempt.
- id.
- Exempt.
- 19 60
- lu val'
- p.dbl.494 - vue 495/0
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- BIJOUTERIE, HORLOGERIE ET PROFESSIONS SIMILAIRES
- RAPPORT DES DÉLÉGUÉS
- be la Chambre syndicale des ouvriers en cadrans de la ville de Besançon (Doubs). — Le délégué : Vaillandet. — Le délégué suppléant : Morel, Félix. — Le président de la Chambre syndicale : Th. Barreaux.
- Ce rapport étant le seul de cette profession, nous croyons devoir le publier presque in extenso, ne retranchant que certaines considérations générales faisant longueur. Le travail de la Chambre syndicale des ouvriers en cadrans de Besancon est, du reste, fort intéressant et fort bien fait ; il soulève des questions à la solution desquelles tout le monde s’inté-resse aujourd’hui et qui sont d’une actualité malheureusement trop palpitante.
- Au point de vue purement technique, nous sommes cer-mins, d’autre part, que les personnes de l’art le liront avec plaisir et profit :
- <( De toutes les nations que nous croyions qui seraient représentées à l’Exposition d’Amsterdam et qui ont la répulsion de fabriquer la partie de l’horlogerie qui se rattache Sm cadrans, telles que l’Angleterre, l’Autriche, l’Allemagne, 1 Amérique, la Belgique, la Hollande, la Suisse et la France, Shis nous sommes trouvés en présence d’une seule nation c°Rcurrente, la Suisse, qui ait fait une exposition assez complète des travaux que nous étions chargés d’étudier.
- (( fous les genres de cadrans de montre et tous les tra-v&ux qui s’y rattachent étaient faits d’une façon irrépro-clmble ; car les pièces préparées pour une exposition sont
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- toujours ou presque toujours fabriquées avec des soins particuliers. Nous pouvons dire sans vanité déplacée et avec un sentiment de réelle justice, que la fabrique de Besançon peut faire et livrer dans d’aussi bonnes conditions, tous les spécimens que nous avons vus exposés.
- « La fabrique bisontine n’a pas cru devoir envoyer des échantillons de son genre de travail. Nous le regrettons sincèrement, car, aujourd’hui, tout le monde se plaignant du manque de débouchés ouverts à nos produits, cette Exposition était une belle occasion de les faire connaître et appr6' cier à leur juste valeur ; et par là même d’entrer en relations d’affaires avec la Hollande et les autres pays venus pour visiter et connaître les travaux de toutes les industries-
- « Nous avons vu avec plaisir, dans la section française, la maison Japy, de Beaucourt (territoire de Belfort), qui a exposé ses produits de fabrication habituelle ; cette maison n’ayant pas voulu faire fabriquer des pièces spéciales p°ur exposition, comme cela se fait ordinairement, a, neanmoins, obtenu la plus haute récompense : le diplôme d’honneur ! Toutes les maisons de Paris qui ont pris part an concours et qui avaient toutes exposé de beaux spécimens d’horlogerie soignée, qui pouvaient sans désavantage sup porter la concurrence avec les autres produits étrangerS> ont obtenu de très belles récompenses. L’Amérique et l^n gleterre n’ont rien exposé en horlogerie. L’Allemagne na envoyé que des pendules.
- « Nous avons dit, et nous le répétons, que nous pouvons faire tous les genres exposés dans la section suisse. Il est notre devoir de faire remarquer une chose tout à fait anoi male et que nous devons faire connaître : c’est la préféi*ellC irréfléchie d’un certain nombre de fabricants de BesanÇ0*1 pour les cadrans venant de Genève.
- « Se basant sur la renommée de cette ville, ils en accep tent sans difficulté tout le travail ; mais lorsqu’il s’agit p un fabricant de cadrans de Besançon d’entrer en rela i avec ces mêmes fabricants d’horlogerie, et ayant entre
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- mains des cadrans aussi soignés, il n’est sortes de recherches auxquelles ils se livrent pour trouver une infériorité quelconque.
- « Nous allons faire connaître tous les détails de la fabrication des cadrans, qui se compose de trois parties séparées :
- 1° La plaque de cuivre rouge ;
- 2° L’émail qui recouvre cette plaque ;
- 3° Les couleurs servant à peindre l’émail.
- « La fabrication des plaques de cadrans se faisait autrefois à Besançon dans des conditions [qui permettaient à l’ouvrier qui se livrait à ce genre de travail, de vivre d’une façon aisée. Il n’en est plus de môme aujourd’hui, car la concurrence, nous venant de la Suisse, a fait baisser ce travail dans des proportions telles que, depuis plusieurs années déjà, aucun industriel français ne peut se charger de ce genre de fabrication, les prix étant tellement diminués qu’il n’y a plus aucun bénéfice à réaliser sur cette partie, ce qui nous oblige, Par le fait, à nous servir en Suisse.
- « Si un impôt assez fort frappait les plaques de cadrans à leur entrée en France, nous pourrions de nouveau nous livrer a ce genre de travail, qui nous permettrait de nous passer de 1 etranger.
- « Nous faisons un chaleureux appel à nos industriels français, qui s’occupent de traiter le minerai de cuivre propre à fa fabrication des plaques de cadrans, de bien vouloir se livrer à des études qui puissent nous procurer ce produit, ce qui éviterait des droits d’entrée en France et qui nous permettrait de lutter avec avantage contre la concurrence étrangère.
- DE L’ÉMAIL
- (( Les fabriques françaises d’émail suffisent largement, et ^ans de bonnes conditions, à la fabrication des cadrans, et aussi aux travaux de bijouterie et d’un grand nombre de Savaux émaillés. Elles fournissent presque exclusivement les bays étrangers qui se servent de ce produit.
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- « Nous avions à Besançon, et nous avons encore actuel' lement de très bons ouvriers émailleurs, capables de faire les travaux les plus difficiles qui peuvent être demandés. Les émaux qu’ils livraient aux horlogers étaient de qualité supé' rieure et sans défauts. Eh bien! soit par indifférence, soit par mauvaise volonté, ces ouvriers-artistes se sont vus délaissés et ont été, en fin de compte, forcés d’accepter les propO' sitions, très belles , du reste, que les Américains leur ont faites et auxquels ils vont, bien malgré eux, peut-être» apprendre les secrets d’une fabrication qu’ils auraient aime garder pour la France et qu’ils sont obligés de livrer à ces pays qui nous font une si grande concurrence.
- « Si nos fabricants d’horlogerie aimaient mieux leur pays> et s’ils comprenaient mieux leurs intérêts, ils auraient fait lenr possible pour retenir au milieu de nous des ouvriers qui leur sont si nécessaires et qui leur permettaient de faire la conçu?' rence dans de très bonnes conditions. Les émailleurs <ïue nous avons, sont aptes, autant que les émailleurs étrangcrS? à faire et à livrer les plus beaux travaux d’émaillage qu011 puisse demander.
- « Les émaux blancs et les cadrans entièrement finis ne payent, à leur entrée en France, qu'un impôt dérisoire, e* qu’il faudrait relever d’une façon assez sérieuse afin d em pêcher l'introduction de ces produits, qui ne payent qu’ulie redevance uniforme à tant par kilogramme, au lieu de payef suivant la valeur et l’importance du travail.
- « Jusqu’à présent un esprit routinier ou un manque abs° de connaissances sur la valeur de nos fabriques de cou minérales françaises, a fait qu'on s’est servi presque exdu vement des couleurs de la Suisse ou de l’Allemagne.
- « Nous profitons avec plaisir de l’occasion qui nous est o pour faire connaître à leur juste valeur les produits de ce industrie française, qui sont bien au-dessus de tous le* 1
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- duits similaires venant de l’étranger, et que nous avons eu à traiter.
- « Les couleurs françaises nous ont toujours donné des résultats très satisfaisants, tandis que les couleurs étrangères nous ont fait subir bien des fois des pertes de travail qui nous ont été très préjudiciables, préjudiciables surtout à cause de l'incertitude où elles nous laissaient sur le résultat final et malgré de nombreux essais.
- « Nous espérons que ces avis amèneront le plus grand nombre d’ouvriers à se servir presque exclusivement des produits français. Les peintres sur émail pourront s’adresser :ivec toute sécurité aux maisons de Paris, qui se feront un Plaisir et un devoir de leur fournir les meilleurs produits de leur industrie.
- « Les mômes observations que nous avons formulées pour les émailleurs s’appliquent également aux ouvriers peintres en cadrans.
- « Un certain nombre d’ouvriers de Besançon, ne trouvant Plus dans la rétribution de leur travail, une compensation avec le fini de l’ouvrage livré, se sont vus dans l’obligation d’aller à Genève, où leur réputation les avait fait connaître
- où ils ont trouvé un salaire proportionné à la bienfacture de leur ouvrage. Et on a vu ceci d’incompréhensible : le ^èrne travail, fait par le même ouvrier, qui se trouvait être de qualité inférieure étant fait à Besançon, devenait d’une Qualité supérieure étant fait à Genève, quoique ayant subi aOe augmentation sensible sur le prix de revient!
- (< Cette manière d’agir amènera dans un temps plus ou moins ^°igné, et si on n’y prend garde, le délaissement complet de ce genre de travail soigné, ce qui nous mettrait entière-^ont à la merci des concurrents étrangers.
- <( Nous espérons bientôt faire cesser cette illusion de nos fabricants d’horlogerie, qui se figurent, cà tort, qu’il n’y a que Genève pour leur fournir de beaux travaux de cadrans, bien Ms paient notoirement plus cher les cadrans pris à Genève les cadrans pris à Besançon. Nous comptons sur le pa-
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- triotisme de nos fabricants pour nous éviter une perte, qui est très sensible à la fabrique de cadrans de Besançon.
- « Nous devons appeler l’attention des autorités compétentes sur le contrôle de Pontarlier, qui permet aux fabricants suisses de faire apposer sur leurs produits le poinçon de la garantie française. Nous croyons que c’est comprendre à rebours les intérêts de notre industrie. Les professeurs de l'Observatoire de Genève répondraient de la belle façon à ceux qui leur pr°' poseraient de rapprocher leur Observatoire de la frontière française, ou de le transporter jusqu’à Yallorbes, afin d’éviter aux fabricants français les frais de transport jusqu’à Genève-«Nous pensons que si on veut la garantie française, ôn doit venir la chercher où elle est, au bureau de Besançon, et q110 nous ne devons pas aider les autres nations à nous fait6 concurrence. Si nous avions eu voix consul tative, nous aurions déconseillé la division de l’industrie horlogère qu’on amènera par l’établissement du nouveau bureau de la garantie, à Mont' béliard : c’est bien assez de la concurrence étrangère sans avon encore celle entre compatriotes.
- « Nous profitons de l’occasion de ce rapport, pour faire part à qui de droit des vœux que toutes les chambres syndical^ ont émis à différentes reprises, relativement à l’immigrât1011 étrangère des ouvriers en France et contre laquelle no°s essayons de réagir de toutes nos forces.
- « Nous demanderions d’abord qu’aucun étranger ne pulS^j obtenir la location d’un logement quelconque, à moins qu ne soit porteur d’un permis de séjour délivré par la ruuftlCl palité et moyennant finances, ainsi que cela se pratique p°u^ nous à l’étranger. Ce serait une loi de réciprocité, et p autre chose.
- « Pour assurer à cette loi toutes les garanties d’cxécutio^ les propriétaires seraient rendus passibles d’une amende p la non-observance de cette formalité. ,
- « Nous demandons que le permis de séjour ci-dessus indiq^ ne soit délivré que sur la présentation de papiers par
- C * i ndmP
- ment en règle, et que ces mêmes étrangers, une i°lb
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- en France, soient frappés d’une taxe équivalente à l’impôt du sang1, que chaque citoyen français paye à sa patrie !
- « Qu’une loi décide que tout étranger voulant s’établir en France, dans une industrie quelconque, soit frappé également d’un impôt assez fort, de manière à protéger les citoyens français contre la concurrence que ces étrangers pourraient leur faire.
- « Dans un autre ordre d’idées, nous verrions avec plaisir le maintien du livret ouvrier, qui seul permet aux patrons de savoir quels ouvriers ils emploient, et qui est un gage de sécurité pour les ouvriers travaillant dans le même atelier.
- « Il serait d’une grande utilité que l’on recherchât les voies et moyens pour faire diminuer, le plus promptement possible et dans les plus fortes proportions, le prix des loyers, qui sont une charge écrasante pour la classe ouvrière ; et, si l’on Veut que la France puisse supporter la concurrence avec les dations étrangères, il faut la mettre par tous les moyens possibles à même de soutenir cette concurrence. Cette question des loyers est une des plus palpitantes, car il faut avant tout fJUe l’ouvrier soit logé, et à un prix qui ne lui prenne pas fout ce qu’il peut gagner; si on n’y prend garde et si on 116 met une barrière devant les exigences et la rapacité des Propriétaires, on ne peut prévoir où cela finira.
- ......« En conséquence, nous demandons pour les villes
- do guerre, la désaffectation de la zone de servitude militaire dans tout ce qu’il y a de possible actuellement, eu égard au progrès de l’artillerie actuelle, afin qu’on puisse bâtir sur cette zone des maisons à loyers bon marché. »
- hnfin, les rapporteurs demandent encore l’établissement dune taxe maximum sur le prix des loyers, comme il y en a Une sur le pain ; le logement étant indispensable comme le ^uiu. Sans partager toutes les théories économiques émises ï*ar les délégués — et il s’en faut — nous n’avons pas cru devoir les atténuer, pensant qu’il est bon qu’on sache et qu’on aPprenne la pensée tout entière des ouvriers de nos diffé-reuts centres.
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- Les rapporteurs terminent leur travail par les lignes suivantes :
- « Toutes les demandes et les vœux que nous formulons nous sont suggérés par notre ardent patriotisme, car nous aimerions voir la France être la plus grande, la plus belle et la plus prospère de toutes les nations, par le travail, le commerce, les arts, et nar la République/»
- RAPPORT DE M. JULES BESSON, ouvrier diamantaire, délégué par la ville de Saint-Claude (Jura).
- M. Jules Besson commence par rendre un juste et public hommage à l’urbanité et à la bienveillance que le consul général de France, à Amsterdam, a montrées envers leS délégués ouvriers, à la disposition desquels il s’est mis avec le plus grand empressement.
- Ce point une fois établi, le rapporteur entre dans le vif de l’examen des travaux pour lesquels il a été délégué, et qu consistaient en deux points principaux : 1° la visite à l’Exposition pour l’appréciation des produits exposés ; 2° la visde aux ateliers pour l’étude et l’examen de la question pratique et économique inhérentes à cette industrie.
- La première partie de sa tâche était simple et a été remplie, n’ayant eu à apprécier que les produits exposés pal la Hollande, le seul pays qui, jusqu’à présent, ait gardé monopole de cette industrie; la France y étant encore trop nouvelle, avait jugé inutile d’essayer d’entamer la lutte aVeC cette rivale.
- Dans la section française, on rencontrait des maison9 bijouterie de Paris, où, dans les parures exposées par elles? trouvaient des diamants en quantité; ces parures étaient sur^ tout dignes de remarques par leur travail de bijouterie et ^ joaillerie plutôt que par la beauté et la grosseur des diam dont elles étaient ornées.
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- Dans tous ces articles de joaillerie se trouvaient des pierres de taille française et étrangère, et leur parfaite similitude fait dire au rapporteur que les français travaillent aussi bien le diamant que les hollandais, et il n’hésite pas à conclure, toute question de chauvinisme mise de côté, que nous sommes parfaitement en mesure de pouvoir lutter avec nos rivaux de Hollande pour le bien fini et la belle taille des diamants et des roses. La France peut même revendiquer un produit destiné à jouer un rôle important dans le commerce de la pierreric : le simili-diamant, qui se fabrique à Paris avec une rare perfection.
- Les diamants hollandais exposés, très nombreux et très gros, sont excessivement dignes de remarque sous tous les rapports. Les produits de Rio et du Cap s’y étalent dans toute leur grosseur, leur beauté et leur bon goût. Quelques spécialistes, fabricants de diamants de fantaisie, méritent d’être signalés : variété dans la forme, originalité dans la taille, tel semble être le mot d’ordre adopté par la majorité des fabricants hollandais.
- En résumé, l’impression qui reste au visiteur qui vient de Parcourir le pavillon des diamants hollandais est, comme l’a déjà fait remarquer le rapporteur, que la Hollande a gardé
- monopole de cette industrie, en achetant tous, ou presque tous les diamants extraits au Cap, aux Indes, ou au Brésil. La France est encore sa tributaire puisqu’elle ne taille, surtout dans les ateliers de province, de beaucoup les plus nombreux, dm des pierres de qualité inférieure, qui ont déjà fait l’objet dun choix de la part des négociants hollandais ou anversois dm les revendent aux négociants français.
- En se rendant à Amsterdam. M. Jules Besson, avait le Pressentiment, partagé d’ailleurs par ses camarades d’atelier, d11 il ne devrait pas seulement s’attacher au travail manuel,le Métier n’ayant pas, à proprement parler, de secret profession-et la taille étant complètement uniforme, en ce sens que ^0tl taille à brillants et à roses, en Hollande comme en müce ; mais qu’il devrait surtout étudier la question écono-
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- mique sous les différents [aspects qu’il avait signalés dans sa demande de faire partie de la délégation nationale ouvrière de France à l’Exposition néerlandaise, soit : agencement des ateliers et de l’outillage, étude de la théorie, aperçu du fini du travail; unification du tarif et, comme conséquence,possibilité, en la connaissant mieux, de lutter contre la concur; rence étrangère.
- A propos de ces différents points, il résulte de la visite faite par le délégué aux grands ateliers hollandais, les renseignements suivants :
- Les ateliers d’Amsterdam, divisés par cabinets de quinze à vingt moulins, n’offrent pas les conditions de salubrité et d’hygiène de nos grandes salles françaises où l’air pur circule plus abondamment.
- La disposition hollandaise n’a qu’un avantage : facihtei l’isolement des ouvriers qui, travaillant presque tous — leS trois quarts au moins — à leur compte, c’est-à-dire prenant du travail chez les marchands de diamants, sont obligés de louer des cabinets de quelques places clans des usines à forcC motrice, où ils occupent à leur tour quelques ouvriers en sous ordre, ce qu’on appelle en France, à Paris surtout, Ie travail au marchandage.
- Dans l’agencement des ateliers, rien de saillant à noter> si ce n’est dans la marche des moulins, encore serait-il ài$ cile de se prononcer entre les transmissions horizontales» comme celles employées en France et les transmissions vel ticales avec une poulie pour six cordons, usitées dans u11 certain nombre d’ateliers hollandais.
- Mais où l’on doit reconnaître la supériorité de nos rivau*» c’est dans l’outillage, c’est dans la nature meme de la f°n^ des meules qui leur servent à tailler ou à polir les dia mants.
- Malgré tous les essais faits jusqu’à ce jour dans les f°n^ ries françaises, on n’a pas encore pu lité, le mémo grain poreux qui, en se ment de poudre, donne tout avantage
- obtenir la meme 4— chargcanl plus facile' l’ouvnVr hollande
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- en lui permettant de faire us^r sa matière plus rapidement que l’ouvrier français qui n’a, lui, que des meules toujours trop dures. Où nous les distançons, par contre, c’est dans le montage de ces mêmes meules, montage bien plus soigné et qui prouve une fois de plus la supériorité de goût du travail français sur tous les genres similaires. En résumé, nous avons des avantages et des infériorités sur eux, comme ils en ont sur nous.
- L’étude de la théorie ne m’a rien révélé de neuf, continue le rapporteur, j’y ai retrouvé les mêmes principes qu’en France ; rien d’étonnant à cela : les premiers ouvriers français ayant été formés par des hollandais et ayant appris d’eux la marche suivie. Si, par hasard, cette théorie de la Marche de la pierre a plus souvent sa juste application dans les diamants hollandais, cela tient seulement à la prépara-hon, c’est-à-dire au hrutage, passe dans laquelle je me plais a reconnaître la supériorité de nos rivaux.
- Quant au fini du travail, le délégué s’est déjà prononcé dans la première partie de son rapport, cependant, il n’hésite pas à dire que, d’une manière générale, l’ouvrier français travaillant la même matière ferait aussi bien que l’ouvrier hol-tandais et pourrait soutenir notre vieille réputation. De ce côté il n’y a rien à craindre. Cependant M. Jules Besson, Cr°it devoir appuyer sur ces mots : travaillant la même ma-tlèrp., car là, réside la seule et véritable infériorité de l’ouvrier français : n’avoir à travailler que des pierres ayant subi un triage et ne faisant point partie du premier choix.
- Mais où la différence est plus sensible, et tout à fait à I’ 1
- Avantage de l'ouvrier hollandais, c’est dans la question du tarif.
- depuis longtemps les ouvriers tailleurs de diamants fran-^ais entendaient dire (et, cela par les gens intéressés à le leur faire croire), que la Hollande leur faisait une concurrence a°Farnée et dangereuse; aussi, résolu à savoir la vérité, le délégU(i des diamantaires de Saint-Claude prit-il des informa-fions à ce sujet,. Il apprit bientôt que la moyenne de gain par
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- semaine, d’un ouvrier hollandais, était de 50 à 60 florins, soit : 105 à 126 francs, chiffre inconnu en France ! Plusieurs ouvriers même possèdent de petites fortunes variant entre 50 et 200,000 florins. Intrigué et voulant savoir d’où pouvait provenir ce gain si supérieur au salaire français, il chercha à connaître le prix des façons ; le tarif qu’on lui fil voir, et qui est le tarif officiel imprimé et adopté par la presque généralité des marchands de diamants d’Amsterdam) accusait une différence de 50 0/0 en faveur de l’ouvrier hollandais sur les salaires payés en France aux ouvriers français !
- Cependant la vie est loin d’être plus chère en Hollande qu’à Paris ou dans villes de province !
- Ainsi donc, d’un côté, en Hollande : qualité supérieure de la marchandise à travailler; prix de façon moitié plus éleve, frais généraux moindres par la facilité qu’ont les ouvriers de prendre du travail chez les patrons et de louer des cabinets à raison de 7 à 9 francs par semaine au lieu de 2 francs par jour et par moulin, comme cela a lieu en France.
- De l’autre côté, en France : brut de qualité inférieure, de bon y étant très rare ; tarif de 50 0/0 en dessous du tarif bol landais; frais généraux énormes; impossibilité presque abso lue pour un ouvrier de pouvoir se créer un petit atelier, des tentatives de ce genre ayant pour résultat la ruine de leurs auteurs; tel est le résultat des observations de M. J. Besson et le bilan de la situation comparée des ouvriers diamantaiies en Hollande et en France.
- Mais alors, si l’ouvrier français travaille à meilleur marcb^ s’il fait aussi bien que l’ouvrier hollandais, la concurrence donc facile pour la France?
- A cela, le rapporteur répond que la concurrence n’est p°s sible qu’à la condition d’être alimentée, d’être importante pa
- • /“v ^ /"I a S
- le nombre d'ouvriers travaillant dans une industrie. Dr, ^ l’état actuel, la taille des diamants n’offre pas assez d'avanta»^ pour engager les ouvriers à déserter les industries qui sont familières pour en embrasser une où un apprentis
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- coûteux et incertain dans ses résultats est nécessaire. Le recrutement du personnel en hommes mûrs se fera donc difficilement, il est même presque impossible, suivant M. Jules Besson.
- Reste le recrutement au moyen de jeunes gens faisant l’apprentissage de cette profession à l’âge où on apprend un métier quelconque. De ce côté encore, les désillusions produites chez les premiers ouvriers qui ont embrassé cette carrière ; les facilités que l’on rencontre dans les industries locales de gagner de l’argent presque tout de suite et après un apprentissage presque nul, ont étouffé, pour quelque temps, les idées qui auraient pu naître dans certains esprits de faire de leurs enfants des ouvriers diamantaires.
- Quels seraient donc les remèdes à apporter à un semblable état de choses? Comment, dans ces conditions, supporterons-Uous la concurrence étrangère? Quelles améliorations pourrait-on essayer?
- Il serait difficile au rapporteur de préconiser un système quelconque. A la vérité il n’en voit aucun, si ce n’est d’offrir des avantages sérieux à l’ouvrier; faute de le faire, les Patrons verront de plus en plus qu’on se détournera de cette Industrie, et ils perdront de ce fait les bénéfices énormes qu’elle leur procure.
- D’autre part, tant qu’en France on 11e s’affranchira pas de la tutelle de la Hollande pour l'achat de la matière première, et surtout tant que l’on n’aura pas supprimé, ou tout au moins atténué pour une forte part, l’impôt inique de 2 francs par jour, impôt nullement en rapport avec le travail et avec les salaires payés, tant que cette prime que les patrons s’attribuent existera, l’ouvrier se détournera et se retirera d’une Pl’ofession qui 11e lui procure pas les avantages qu’il espérait y trouver.
- Telles sont, d'après M. Jules Besson, les deux causes principales qui entravent le développement de l'industrie diaman-l^ire dans les montagnes du Jura et qui, même, mettent son existence en péril.
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- A ces deux causes principales on doit en ajouter une troisième : le pouvoir qu’ont les patrons d’imposer seuls et quand il leur plaît telle réduction qui leur convient dans le tarif en usage. A cette cause il n’y aurait qu’un remède à apporter : l'association ; mais ce remède est-il possible? Pour que les ouvriers pussent s’associer, il faudrait qu’ils fissent des sacrifices énormes pour la constitution d’un fonds social; ces sacrifices dépassent leur pouvoir actuel, car ils ne sont pas en rapport avec leurs salaires; il leur faudrait un laps de temps trop long pour pouvoir lutter avec chances de succès contre les empiétements des patrons dans le domaine des travailleurs?
- Le rapporteur conclut, au sujet de sa profession : « D’un côté, l’exploitation du commerce pour le bénéfice qu’il peut procurer aux patrons; de l’autre, l’exploitation du métier pour le tribut qu’ils retirent de la location des moulins. »
- Enfin, en terminant, il constate la supériorité et la splendeur de l’Exposition française à Amsterdam ; il demande la création d’écoles professionnelles et d’écoles d’apprentissage» pour que nos futurs ouvriers puissent y puiser de bonne heure les notions qui leur permettront de conserver à la France sa suprématie dans l’art et dans l’industrie.
- RAPPORT DE M. T. CAiNU
- Délégué de la Chambre syndicale des graveurs de Paris.
- Après avoir remercié M. le ministre du commerce de laVOir agréé comme délégué de sa profession à l’Exposition d’An^ terdam, M. T. Cauu dit que pour être plus clair eL plus concis et en même temps pour être compris de tous ses colleg110^ il emploiera le langage technique de l’atelier. De cette façoï^ il pourra entrer dans certains détails do fabrication qu’il es très important de connaître. Il passera successivement revue : l’orfèvrerie, le couvert, la vaisselle, la bijouterie»
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- papier gaufré, les fers à dorer, le cuir, les matières plastiques, etc., etc., toutes fabrications dans lesquelles nous sommes les premiers, puisque c’est nous qui en composons et exécutons les modèles.
- Le rapporteur a recherché dans chaque nationalité tout ce qui pouvait intéresser nos spécialistes. Il espère que chacun pourra profiter des observations qu’il a faites, et se livrera à de nouveaux efforts pour maintenir très haut notre vieille réputation de bon goût et de savoir-faire.
- Ce préambule établi, le rapporteur commence par la section HOLLANDAISE.
- Il s’était figuré cette section beaucoup plus importante, sans cependant s’attendre à des choses surprenantes. La fabrication des objets usuels l’emporte de beaucoup sur celle des objets d’art industriel.
- L’orfèvrerie était peu représentée ; le secours de l’estampé d’entre presque pour rien : quelques pièces du vieux genre allemand, assez mal gravées et dont les matrices devaient faire partie, très probablement, d’un vieux matériel. Le reste est de l’orfèvrerie massive et ciselée.
- La gravure à l’échoppe, un peu lourde de composition, était coupée d’une façon très ordinaire, sans style propre, ^’est une espèce de Louis XV bâtard, copié le plus souvent sUr l’orfèvrerie française.
- Le nombre des graveurs en Hollande est restreint, et pour etre constamment entretenus de travail, ils sont obligés de f^ire le creux, le relief, le monogramme, voire même la médaille. Dans des conditions aussi désavantageuses, ils sont ^°in de pouvoir acquérir la même habileté que les graveurs lançais.
- La bijouterie est copiée, quant à la forme et à la décora-flQn, sur la bijouterie parisienne datant de plusieurs années. fres dames de la province font, on le sait, une grande profu-Sl°u de bijoux dans leurs coiffures, mais il n’y a pas là 6T1core d’estampé proprement dit.
- La fabrication de l’équipement militaire est plus défectueuse
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- encore que chez nous. D’une part, on affirma au rapporteur que la fabrication locale de cette branche d’industrie était suffisante ; d’autre part, on l'assura qu’il fallait avoir recours à l’étranger. Il n’a pu se renseigner exactement.
- Les autres fabrications qui,.à Paris, ont recours à la matrice, n’existent pas en Hollande.
- Belgique. — Quoique l’orfèvrerie soit plus importante que dans la Hollande, elle est encore bien insuffisante pour des gens qui sont si près de la France et qui nous copient si facilement. Cette orfèvrerie est, en général, bien soignée, mais n’a presque pas d’estampé. La gravure sur les pièces importantes est d’une composition et d’une exécution très ordinaires. Le rapporteur dit qu’il a été très surpris de voir que les fabricants belges ne se soient pas procuré des mains plus exercées pour exécuter leurs pièces d’exposition-
- La bijouterie courante est très ordinaire. Les bijoux de luxe sont copiés sur la fabrication française; l’estampé u y entre que pour une faible partie.
- L’équipement militaire suit sa tradition ordinaire. Il neS* guère brillant.
- J p
- Dans les vitrines, quelques fabrications importantes boutons métalliques, les matrices étaient bien gravées» c’était la seule chose' estampée réellement remarquable dans l’exposition belge.
- Espagne.— Dans l’exposition espagnole, aucune fabrication permettant de juger la valeur de cette puissance dans les aHs industriels.
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- Russie. — L’exposition russe était renouvelée de ce ^ de 1878. Il faudrait être dans le pays pour juger des prlX des modes de fabrication.
- Grande-Bretagne. — L’exposition de la Grande-Brctag^ était une des plus faibles, relativement au dévelopf>eIïl industriel de cette nation.
- L’orfèvrerie qui, à l’Exposition de 1878, avait une g*an
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- importance, n’était représentée que par une seule maison d’estampé, encore se faisait-elle remarquer par sa nullité.
- Il y avait cle très beaux monogrammes, très bien gravés.
- Nous connaissons parfaitement tout ce qui se fait en Angleterre, aussi avons-nous peine à nous expliquer l’abstention de cette puissance dans les arts industriels, surtout dans l’estampé, où l’outillage est en général très développé.
- Autriche-IIomgme. —PeuL-êlre à cause de son éloignement, cette nation a-t-elle dédaigné de montrer ce qu’elle était capable de faire? Son exposition n’avait rien de remarquable ; an peu de cuir estampé, que tout le monde connaît, avec quelques albums ornés de fers à dorer, et c’était... tout !
- L’orfèvrerie et la bijouterie étaient absentes. Cependant, iors de l’Exposition de Vienne en 1873, il avait été donné au rapporteur de visiter des maisons d’une très grande importance comme gravure, surtout dans l’orfèvrerie.
- Italie. — Cette puissance, qui avait une très belle section à Vienne en 1873, n’avait absolument à Amsterdam en 1883, que sa fabrication locale : corail, mosaïque, lave avec monture en liligramme, etc., etc.
- Franck. — La France était Ja nation qui comptait le plus ^exposants, mais cert aines industries étaient mal représentées.
- La bijouterie était dans ce cas, relativement au développement colossal qu’elle a pris dans la seule ville de Paris. Les Plus grandes maisons s’étaient abstenues, et les autres buvaient apporté que leur fabrication courante; aucun Irais 11 avait été fait, aucun modèle nouveau n'avait été envoyé. ^ Ue faut pas les blâmer ! C’est déjà bien suflisant que ces ^bricants soient journellement pillés parles Allemands, sans ^ils leur offrissent à Amsterdam des modèles nouveaux I111 eussent été perdus pour la saison prochaine! Malgré ces ^tentions, nous tenons néanmoins toujours la première ^U(;e, sous le rapport de l'imagination, du goût, de 1 élé-^Uce et du savoir-faire.
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- L'orfèvrerie était représentée par les maisons Christofle, alfénide, etc., dont la fabrication est de premier ordre; elle est trop connue de tous pour qu’il soit utile d’entrer dans les détails'.
- En dehors de l’estampé, M. T. Canu signale les magnifiques pièces sortant des maisons Froment-Meurice, Vernaz-Vechte; ces travaux sont bien français par le goût et l’exécution. Il est impossible de mieux faire.
- Le couvert français est, sans parti pris de nationalité, bien supérieur à celui de toutes les autres nations. Nos graveur5 sont incontestablement les plus forts, et nous sommes heureux de savoir qu’ils ont, en France, suffisamment d’ouvrage pour ne pas avoir besoin d’aller porter leurs talents a l’étranger.
- Un autre genre de gravure brillait dans l’exposition française : c’est le fer à dorer. Les étrangers ont bien quelques objets, tels qu’albums, livres, porte-monnaies, mais sans aucune valeur artistique. Seules les maisons françaises ont de belles choses, surtout dans les couvertures de livres-A noter spécialement des albums recouvorts de métal reperc6» doré ou nickelé et très bien gravés. La librairie avait donc apporté ce qu’elle avait de mieux à Paris. Le rapporte111^ voudrait s’nbstenir de faire de la personnalité, pour éviter Ie reproche ou l’accusation de faire de la réclame ; il ne p011*' cependant s’empêcher de citer les maisons lletzel, Auge^ et lils, Lenègre, e^c., etc.
- Quant aux matières plastiques qui, comme la coine> l’écaille, jouent un grand rôle dans la profession du grg veur, il n’a rien vu à Amsterdam qui lui permette d’en ju»e* Dans plusieurs vitrines, cependant, il a remarqué du b01 durci, très bien appliqué comme décoration.
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- Allemagne. — L’Allemagne s’est offerte la dernier^ investigations de M. T. Canu. Nous avions halo, dit-iL ^ connaître ses progrès, ses nouveautés! Combien nus cSl rances furent déçues.
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- L’orfèvrerie en fondu nous intéressait peu ; mais les articles où l’estampé joue un plus grand rôle sont de mauvais goût, vieux de formes : de grosses feuilles, lourdes, mal gravées, accompagnées de l’éternel pointillé, tel est leur aspect général. A Vienne, en 1873, nous avions déjà remarqué cette façon de faire qui détruit tout le modelé de la gravure sans rien ajouter à son effet. Dans deux vitrines seulement l’estampé était remarquable. Cette orfèvrerie, avec ses différentes couleurs d’or, faisait assez bel effet; le travail d’ensemble était assez bien réussi et les matrices étaient certainement bien gravées.
- Dans une vitrine de Berlin, nous avons remarqué du couvert d’un vieux genre. Le matériel devait en remonter au moins au premier empire (!) Mais les vraies maisons qui font ce genre n’étaient pas représentées. Nous savons qu’elles cherchent à nous imiter, qu’elles ont fait quelques progrès ; mais nous doutons qu’elles puissent se mesurer avec nous ; elles semblent meme avoir conscience de leur faiblesse en s’abstenant.
- A notre grand étonnement, continue M. T. Canu, la bijouterie n’était représentée que par quelques vitrines sans importance. La ville de Pforzheim, par exemple, la plus importante de l’Allemagne comme fabrication, n’avait qu’une maison d’apprêt pour bijoutiers et des bibelots sans valeur comme gravure. Berlin, la Saxe, la Bavière, le Wurtemberg, etc., où l’on fabrique beaucoup de bijouterie, n’étaieni pas représentés. En raison de ces abstentions, nous n’avons Pu juger de la bijouterie allemande.
- Bien entendu, nous ne parlons pas des pièces embouties, sur lesquelles on ajoute des perles ou d’autres petites pièces (iui n’ont aucune valeur, et qui se fabriquent presque partout.
- Le rapporteur ayant demandé à plusieurs fabricants d’Amsterdam la raison pour laquelle ils se fournissaient plutôt en Allemagne qu’en Franco, puisqu'on général nous étions
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- — C’est J’habitude, lui ful-ii répondu; puis la facilité de correspondre. Cependant, nos préférences sont pour la France.
- M. T. Canu pense que nos fabricants français pourraient profiter des dispositions bienveillantes des hollandais à notre égard. Nous le pensons comme lui ; il suffirait pour cela que nos fabricants se dérangeassent un peu plus, et attendissent moins chez eux que le client vint y chercher leurs produits. Suivront-ils le conseil que nous nous permettons de leur donner, de concert avec le délégué des graveurs de Paris? Nous voulons l’espérer, et pour eux et pour nous.
- CONCLUSION r
- Voici les conclusions du rapport technique de M. T. Canu :
- « Je regrette de ne pas venir apporter plus de documents sur les industries que j’avais mission d’examiner. Malheureusement, les éléments, malgré mes recherches, sont restés peu abondants. Il faut avouer aussi que cette Exposition» quoique suflisante pour un petit pays comme les Pays-Bas, n était nullement comparable à nos grandes expositions. Ce peu d’importance a été la cause de l’abstention de certaines nations qui,*d’ordinaire, font dos sacrifices et ne craignent pas de se déranger.
- « Cependant, je ne saurais trop insister sur les grands avantages que nous pouvons retirer de la visite à ces grandes manifestations du travail. Elles nous édifient sur les productions locales, créent des rapports internationaux d’une utdBe immédiate aux intérêts corporatifs.
- « C’est pour ces différentes raisons que nous faisons des ellorls pour envoyer une délégation à Boston. »
- Sous le titre de Considérations générales, xM. T. Canu joint à son rapport technique une deuxième partie, dan laquelle il examine notre main-d’tr.iwre, nos traités de c°77
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- merce, la garantie à donner à nos marques de fabrique, la création d’écoles et de musées industriels, etc. Cette partie de son travail, très étudiée et très intéressante, sera publiée dans le deuxieme volume, avec nos conclusions générales personnelles. Ici, elle aurait fait longueur.
- RAPPORT DK M. HACHE-TRESEL
- Membre de la Délégation parisienne, délégué de la bijouterie, joaillerie
- et serti de Paris.
- M. Hache-Tresel a fait partie de la délégation ouvrière parisienne envoyée à Amsterdam grâce aux subsides votés par le Conseil municipal de Paris. Son rapport a été publié, Riais il a tenu, comme plusieurs de ses collègues de Paris, à ce que son travail figurât dans le rapport d’ensemble de la Délégation-nationale ouvrière de France, afin de prouver que, contrairement aux assertions de certains politiciens de profession, il y a union complète et unanimité de sentiments entre les ouvriers de la province et la grande majorité des travailleurs parisiens. Nous ne pouvions qu’accepter avec plaisir le travail de M. Hache-Tresel, d’autant qu’il est fort intéressant, et que, pour notre part, nous n’avons jamais kdt que d’exhorter à la concorde toutes les fractions du prolétariat de France.
- Nous savions, du reste, à quoi nous en tenir depuis long-l°Uips sur ceux qui, à tout propos et hors de propos, s'arrogent Je droit de parler au nom des travailleurs parisiens, sans en avoir reçu la mission, la plupart du temps.
- Ceci dit, voici l’analyse du rapport de M. Hache-Tresel :
- Après avoir remercié ses collègues de la joaillerie de Paris ^ l’avoir choisi pour leur délégué à Amsterdam, le rappor-l°Ur commence son travail sur l’Exposition néerlandaise.
- Hollande. — La maison Van Prague avait à l’Exposition, f,ntre autres pièces, deux colliers avec de très gros brillants.
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- Le travail, quoique bien fini de détail, était un peu lourd dans son ensemble. M. Van Prague a très gracieusement accordé au délégué parisien l’autorisation de visiter son atelier. Cet atelier ne diffère en rien de ceux de Paris. Le chef d’atelier, M. Vanderffichel, est un ancien ouvrier de la maison Fontenay à l’époque de sa grande vogue. Il a montré au visiteur les pièces en mains. Il y avait un bracelet damier que faisait le sertisseur, dont on peut que faire l’éloge ; son travail était très bien fait. Cependant, il est bon de dire que l’on facilite le travail en ne montant pas les pièces avant le serti, ce qui permet une main-d’œuvre plus facile.
- Aucune pièce importante n’était en cours d’exécution, à part une feuille de vigne vierge, finie de monture, mais m polie ni sertie. Ce travail, très réussi dans le dessin, d’un embouti souple, la mise à jour très régulière et très vive, n’aurait pas été reniée par une bonne maison de Paris.
- Continuant sa visite à l’Exposition, le rapporteur signale la maison Joe Vos, qui ne montrait que dos pièces en blanc et en grande quantité. Travail lourd comme dessin et lourd comme exécution. Du reste, si le délégué avait du entre1 dans le détail des pièces des autres exposants hollandais, ^ aurait été forcé de répéter à chacun d’eux : lourd, lourd. qu’il a spécialement remarqué, c’est, la richesse au point de vue des pierres, des brillants énormes et d’une grande beauté, des émeraudes plus grandes encore et aussi par' faites, des saphirs, des rubis, des opales de toutes nuances* A cet égard, il n’y avait qu’à admirer!
- Mais au point de vue du travail, ce n’est pas en Holland0 que le délégué de lajoailleric parisienne a trouvé des enseign0 ments et des points de comparaison. S’il avait vu chez n°5 concurrents quelques supériorités, il était parti avec la 0011 viclion de les signaler et de dire à ses collègues de redoubla d’efforts afin de reprendre le rang perdu ; cette recominan dation n’est pas encore utile.
- Dans la bijouterie, M. Jïache-Tresel a visité l’atelier de maison Citroen. C’est plutôt un atelier de bijoutières fi11 llt
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- atelier de bijoutiers, car il n’y a que des demoiselles pour fabriquer le bijou : Chaînes, clefs et mousquetons !
- Sauf les gros travaux, c’est-à-dire la fonte, le laminé et l'estampé, tout : ciselure, bijouterie, poli, est exécuté par ces demoiselles, qui s’en acquittent fort joliment. Leur travail est presque aussi bien que celui qui sort de nos maisons de Paris. Mais il y a toujours la différence que l’or français est plus estimé. Cependant, au premier coup d’œil on peut être surpris et trompé par l’aspect de la couleur. Eu voici la raison : les pièces sont dorées après le poli !
- Dans cette maison on fait aussi l’émaillage et l’affinage. L’outillage dont on se sert à Amsterdam est, pour la plus grande partie, œuvre de fabrique parisienne et aussi de fabrique allemande.
- Le rapporteur signale encore deux petits navires en argent, d’un fini et d’une délicatesse rappelant le travail canetille. Les proportions, d’une grande exactitude, reproduisent deux navires de l’État, à l’échelle de imm,650 par mètre, et mesurent l’un 23, et l’autre 25 centimètres de long.
- Les mâts, les agrès, les œuvres mortes sont traités, comme
- tout cela devait se démonter. Les chaloupes suspendues à leurs palans, se balancent au moindre mouvement qui se fait dans la galerie. Enfin, ce sont des petits chefs-d’œuvre de Srâce et d’exécution.
- Dans le Luxembourg et dans la Grande-Bretagne et Irlande en bijouterie et joaillerie.
- Én Allemagne, sept bijoutiers et un joaillier.
- La maison Schuermann, de Francfort. Quelques pièces du &enre seizième siècle, intéressantes par leur ciselure; mais c° n’est pas, à proprement parler, de la joaillerie; c’est le &enre Ifolbein, mêlé de pierres de couleur.
- Dans la chaîne et le bijou estampé, il y a des pièces qu s°nt d’une bonne réussite. Pour l’estampé, on sait que leur °ulillage est très bon ; mais, en somme, rien que d’ordinaire c°miue ouivre de bijouterie. Quant à la mise on œuvre, on
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- ne cherche pas par là à tromper son client : c’est de l’imitation... de très loin!
- L’Autriche ne possédait pas un joaillier, cependant on travaille bien dans ce pays ; la mise en œuvfe ici est bien, ce qui fait d’autant plus regretter l’abstention des maisons de vraie joaillerie.
- Les pièces en grenat sont jolies comme pavé.
- France. — — Cinquante-cinq exposants : cinq joailliers, vingt et un bijoutiers, neuf bijoutiers-imitation.
- M. Hache-Tresel commence sa visite de la section française par la maison Boucheron ; nous citerons textuellement cette partie de son rapport :
- « Nous avons examiné chaque pièce en détail; notre attention était sincère, non plus pour admirer à la fin, mais pont trouver matière à critique. Eh bien ! nous le disons haute' ment, pour notre première visite, nous avions rencontré la maison à laquelle nous avons donné notre préférence; car a toutes les façons nous disons achevées, monture, poli, serin ciselure, gravure, émail, tout est parfaitement soigné. Quaid au dessin, tous les joailliers savent à quel hauteur ont sn atteindre, dans cette maison, ceux qui en sont chargés. E11 ajoutant à tout cela que les pierres sont de premier choix? nous aurons complété notre élude en disant : c’est une exp0' sition artistique.
- « Nous étions attendu à la maison Fouquet, représentée pal M. Fouquet fils, qui nous reçut très poliment.
- « Nous devons dire que c’est du bon et beau travail que le tra vail exposé par celle maison, intelligemment conçu et exéouh3,
- « C'est seulement-là que nous avons trouvé une intenti011 de nouveauté par l’union de motifs d’or et d’argent. ^ armatures présentent une grande ingéniosité et un einpl0 facile et pratique. Exposition très riche.
- « Nous remercions M. Fouquet pour la délicate attentif qu’il a eue de se munir de deux agents (en civil, il ' pendant notre visite !
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- « Jamais nous n’avions eu l’honneur d’être pris en aussi haute considération !
- « Mais passons.
- « M. Sandoz, Gustave, sans la parure achetée par le comité de la loterie, n’a rien qui attire, sauf une pintadine garnie de feuilles d’eau dont l’ensemble intéresse; mais qu’il ne faut pas examiner de trop près, d’après ce que nous avons vu.
- « M. Bourdier. — Ici aussi, nous voyons des pièces dignes de notre Paris, qui nous semble si loin et que nous retrouvons dans ses œuvres.
- « C’est encore du beau travail; mais, à notre grand regret, nous ne pouvons pas dire qu’il vaut le travail de la maison Boucheron. »
- Enfin, le rapporteur place les maisons Sampère, Dubut et Coulon, successeurs, avec la maison Bourdier, immédiatement à la suite de la maison Boucheron. Les travaux exposés par ces maisons sont beaux; mais ils n’ont pas le fini des travaux de la maison Boucheron.
- La maison Taburet, Boin successeur, exposait des pièces Louis XY, très réussies comme style et comme exécution. Le serti est très soigné sur certaines pièces, sur d'autres il laisse il désirer.
- Pour la mise en œuvre et la petite fantaisie il n’y avait rien de marquant : cette partie avait fait peu de frais pour aUer à Amsterdam.
- La Belgique était représentée par une seule maison pour ‘îi bijouterie-joaillerie ; la maison lleremans ; mais cette exposi.tion était digne d’attention. Sans atteindre complètement la hauteur des exposants français, les pièces exposées pur cette maison sont d’un grand intérêt. Le genre est Presque le même, mais moins léger que le bijou français.
- La bijouterie or et argent n’avait rien de remarquable.
- En Italie, Danemark, Uussie, Esi»\u.ne, Turquie, Suède, ^eRvf:(ifc; e( Suisse, pas d’expositions de joaillerie* à signaler!
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- « Ce désintéressement de tant de nations, dit M. Hache-Tresel, nous a donné une facile victoire. Il ne faut pas nous leurrer et croire que notre supériorité présente, nous dispense de recherches et d’efforts. Qui pourrait affirmer qu’il n’y a pas là une tactique ayant pour but de nous faire appesantir, pour reprendre sur nous une revanche, à un prochain concours?
- Ni la Hollande, ni la Belgique ne possèdent de chambres syndicales ouvrières dans la joaillerie. Le travail se fait, à la journée, et la moyenne des salaires bruts est de 6 fr. 50. Mais la vie est meilleur marché dans-" ces deux pays qu’à Paris.
- Quant à la situation commerciale, le malaise qui nous étreint se fait aussi sentir dans ces deux pays, sans que, d’une part comme de l’autre, l’on en puisse donner une explication rationnelle.
- Après avoir signalé les gravures sur pierres fines de b1 maison française Bissinger et les émaux de la maison Soyer> le délégué des joailliers de Paris, donne de très intéressantes explications sur la façon dont on taille le diamant en Hollande. Nous croyons devoir reproduire ces explications que le délégué des diamantaires de Saint-Claude (Jura), a oublié de consigner dans son rapport.
- Voici comment s’exprime M. Hache-Tresel :
- « Ln entrant (dans la taillerie de diamants) une machine de quatre-vingts chevaux met en mouvement de quatre-vingt' dix à cent meules. On entre ensuite dans l’atelier des fcl1' deurs-ébruteurs ou tailleurs. Ici commence à paraître 1° diamant. L’on nous a montré deux cent vingt-sept futui^ brillants, qui provenaient de six boules do brut, pesant ensemble 121 carats. Nous ne parlons pas des morceaux <1111 deviendront des roses, le nombre en est plus grand.
- « La première façon et la mieux rétribuée est celle de fendeur.
- « 11 doit prendre la pierre brute, l’examiner et déterminé les grosseurs qui sortiront de son travail, qui consiste
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- séparer les morceaux en ne laissant pas exister de défauts, si on fait du premier choix, ou en les plaçant de telle sorte qu’ils ne soient pas apparents, si c’est du second choix.
- « Ce travail d’appréciation terminé, il met son morceau de brut en ciment sur une poignée pareille à celles des joailliers; puis sur une autre, il met aussi en ciment un éclat dont la forme peut être expliquée, en prenant pour comparaison une rose ronde.
- « Son bord tranchant étant en dehors, il commence alors à graver par un mouvement de droite à gauche, une encoche de la profondeur d’un dixième de millimètre, dans son morceau de brut; cela fait, — il faut dire que pour obtenir ce résultat, il doit opérer pendant un quart d’heure au moins, plus si le morceau est gros ; que le morceau qui lui sert d’échoppe, s’use très vite et que, par conséquent, il doit le retourner en ciment, afin de lui faire présenter une autre arête, — cela fait, dis-je, il met la pointe de sa poignée dans un trou qu’il a devant sa place, trou dans le genre de celui de nos chevilles, puis il place dans l’encoche gravée dans sa pierre une lame qui, au lieu d’un tranchant a un méplat iurge d’un demi-millimètre.
- « Cette lame étant placée dans le sens où il veut, faire filer iu casse, il frappe dessus avec une tige d’acier, et d’un seul c°np il sépare un diamant de la grosseur d’une noix.
- « Cela fait, il retourne son morceau en ciment et recommence jusqu’à ce qu’il ait atteint la grosseur voulue, et toujours en sorte que ses cassures arrivent à lui donner celle ieenie doublement pyramidale que vous connaissez.
- (( Ensuite, ces pierres sont remises à Xéhruteur ou tailleur fiui, en frottant deux de ces morceaux l’un contre l’autre, ai*ri've à leur donner l’aspect d’un strass dépoli ; le diamant a Acquis sa forme, mais il lui manque le poli.
- <( Il passe alors dans les mains du polisseur. Tout le monde Sîùt que |e diamant ne se (aille et ne se polit qu’avec du diamant. Or, c’est de la poudre et des éclats produits par l’ébru-^e,ir et le tailleur ainsi que du brut défectueux — qui ne
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- pourrait être taillé avec profit, — que provient la boue avec laquelle il sera poli. Le polisseur pile dans un mortier cette poudre ou ce brui, auquel il ajoute une certaine quantité d’huile d’olive. Il recueille cette houe qu’il met dans un godet, et en prend avec une plume pour la déposer sur sa meule. Cette meule est en fer doux, et fournit une vitesse de 3,500 à 4,000 tours à la minute.
- « Ayant assujetti son diamant dans de l’étain, il le place par le moyen d’une potence à pinces sur sa meule, en le chargeant, suivant sa grosseur et la surface de la facette, d’un poids plus ou moins lourd. Dix ou quinze minutes suffisent pour faire une facette ordinaire.
- « La facette une fois faite, on retourne le brillant ou la rose dans l’étain, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il soit entièrement terminé, c’est-à-dire poli.
- « 11 y a des polisseurs qui conduisent jusqu’à six brillant* ensemble sur leur meule. Toutes ces pierres leur sont données en poids; ils doivent les rendre avec nue certaine dupe1’' dition, qui est calculée en moyenne à 15/32* par carats? c’est-à-dire, 5/32 pour Yéhruteur et 10/32* pour le poli. »
- Le rapporteur, a vu des polisseurs qui avaient jusqn ,l trois et même quatre aides ou valets, ainsi qu’on les appnHe à Amsterdam.
- KNOrÜTE l)K I.A COMMISSION EX'I H A PA H f.KM ENTA II! K DES ASSOCIATIONS O l ] V H11 •; » I •: S.
- BIJOITIKHS K N OU KT JOAILUKHS •Kl. nie Chariot. — Hepn'senlée par M. (irosvallol, directeur.
- Le capital social est de 30,000 francs. Le nombre de associés est de 25.
- M. fii’osvallet est introduit.
- M. /e Président. — Veuillez répondre, Monsieur, au 0lie tionnaire dont vous avez eu connaissance.
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- M. Barberet. — Pourquoi, à différentes époques, les ouvriers de votre partie ont-ils repoussé la liberté du titre.
- M. Grosvallet. — Pour moi ils ne comprenaient pas leur intérêt; la liberté du titre ne leur procurerait que plus de travaux.
- M. Barberet. — On a prétendu que la liberté du titre tuerait l’industrie du doublé.
- M. Grosvallet. — L’industrie du doublé n’est pas en majorité dans la fabrication parisienne.
- M. Barberet. — Elle occupe 400 ouvriers.
- M. Grosvallet. — Les ouvriers bijoutiers et joailliers en °r sont plus nombreux.
- M. Barberet. — Les ouvriers de la partie or disent : nous sommes solidaires; l’abaissement du titre tuerait l’industrie du doublé. Nous avons entendu une association du doublé loi a prétendu le contraire. Je crois que ce n’est pas l’abaissement du titre qui empêcherait les acheteurs de s’adresser a la belle fabrication du Palais-RoyaJ et de la rue de la ï*aix.
- M. Grosvallet. — D’ailleurs, puisque l’on serait contrôlé, celui qui voudrait moins dépenser achèterait de l’or à 12 ou U carrats.
- M. Barberet. — Ce ne serait pas, je crois, au point de vue de la consommation française que la mesure aurait beaucoup d importance.
- M. Grosvallet. — Je suis entièrement de votre avis. C’est SUl“tout pour l’exportation qu’il faudrait pouvoir fabriquer de l’or a bas titre, pour relever notre chiffre d’affaires ; les disons qui occupaient il y a dix ans 20 ou 2b ouvriers, n’en °ccupent plus maintenant que 7 à 8.
- dL Harberet. — Où se sont reportés ces ouvriers?
- U. Grosvallet. — Reaucoup ne travaillent plus dans la bijouterie ; on en rencontre qui sont peintres, par exemple. ^ concurrence que nous fait l’Allemagne est désastreuse. ^a semaine dernière je demandais à un commissionnaire s’il U° pouvait pas nous donner de commandes ; il m’en lit voir
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- une, entre autres, d’environ 500 bagues, chaînes, bracc-lets, etc., et il me dit : Les chaînes et les colliers sont pour Paris, mais le reste est pour l’Allemagne. 11 achète à Pfors-hcim, à IJanau, où. Ton fabrique beaucoup ; les ouvriers gagnent de 4 à 5 francs ; ici, le plus bas prix de la journée est de 6 francs.
- M. Barberet. — Selon vous, la liberté du titre ne pourrai! qu’être favorable qu’à la fabrication parisienne ?
- M, Grosvallet. — Absolument. Le chiffre de nos exportations augmenterait, et nous pourrions employer les ouvrier^ parisiens qui ont toujours fait primer cette industrie pal le goût.
- Les Allemands sont toujours venus chercher nos modèle pour les reproduire, cela est indiscutable. 11 y a des coiu-missionnaires qui traitent directement avec l’Allemagne ; 011 nous demande une douzaine d’échantillons de douze modèle différents, au prix le plus bas, en nous promettant d^ retours très forts; en un mot, on nous dore la piluhb ^ jamais nous n’avons de retours. Les modèles vont en AHe magne et ne reviennent pas.
- M. Barberet. — On vient pour plagier vos modèles ?
- M. Grosvallet. — Ni plus ni moins. Le fabricant se laisse aller, et c’est tout naturel.
- M. Barberet. — Je trouve, au contraire, que c’est bieI imprudent.
- M. Grosvallet. —On a toujours soif d’affaires, surtout el ce moment. Un commissionnaire vient échantillonner, lTial il ne dit pas que c’est pour l’étranger ; on se dit : si ll0U avions des retours sérieux, cela nous ferait de l’ouviafP nous gagnerions de l'argent, c’est un piège auquel ou laisse prendre assez facilement. (I).
- . luStrias
- (1) Nous n’insistons pas, pour l'instant, sur le mal causé à nos m ^ en général par ces commerçants cosmopolites, que l’on nomui0 lt missionnaires; là nuit la pluie du malaise qui frappe période!• gj„
- notre industrie. Nous nous réservons de traiter ce sujet dans a°s dérations générales. (Noie des Rapporteurs <iènéiuux
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- M. Barberet. — La chambre syndicale patronale de la bijouterie a discuté cette question des échantillons, on s’était bien promis de ne plus les donner aussi facilement, mais on procède toujours de la même façon, c’est ce qui fait que l’exportation de la bijouterie or a baissé des deux tiers.
- M. Nègre. — Il serait urgent de créer des titres inférieurs à ceux qui existent,
- M. Grosvallet. — Nous pourrions exporter comme auparavant, et nous montrer un peu plus raides à l’égard de ces exploiteurs qui viennent nous demander des échantillons pour les faire reproduire en pays étrangers. Si l’exportation diminue et que la loi ne vienne pas à notre secours, je crois que d’ici à quelque temps la bijouterie sera en danger ; la production de la France est beaucoup trop considérable pour le marché intérieur. Autrefois, le Brésil faisait de très fortes commandes, quinze, vingt douzaines des mêmes articles à la fois à chaque courrier, l’on avait des retours ; aujourd’hui, c’est bien changé : Quand, par hasard, l’on reçoit une commande, c’est une douzaine au plus d’articles du même Modèle.
- M. Le président. — La mode change beaucoup.
- M. Grosvallet. — On veut avoir nos nouveaux modèles pour arriver à les faire reproduire; on avoue que les articles d’Allemagne ne sont pas faits avec le même goût que les ûotres, mais ils se vendont tout de même.
- Un commissionnaire de Buenos-Ayres me disait dernièrement que I’oji vend au Brésil des articles à un titre tellement küs, qu’à force de les essuyer dans les vitrines on voit appa-mitre le vert de gris (1).
- M. Henry. — On ne devrait pas être satisfait de marchandises de qualité si médiocre.
- (t) INous ferons remarquer aux lecteurs que ces dépositions sont unlé-^cures aux voles par Jes deux Chambres, de la loi nouvelle sur le titre couccrnunl les bijoux or et argent.
- (Notr. des Rapporteurs qènà'nw-.)
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- M. Barberet. — La valeur du bijou consiste beaucoup dans la forme, dans le goût.
- M. Henry. — Le goût et la forme restent le privilège de l’industrie parisienne.
- M. Grosvallet. — On nous copie.
- M. Pitre. — Est-ce que la loi sur les modèles ne vous garantit pas, dans une certaine mesure, contre ces contrefaçons?
- M. Grosvallet. — Il faudrait déposer chaque modèle nouveau, ce qui est impossible.
- M. Houette. — Pourquoi cela?
- M. Grosvallet. — Il y a un si grand nombre de modèles, qu’on finirait par ne plus s’y reconnaître : il suffit de mettre une feuille en travers sur un objet, au lieu de la mettre en long, pour avoir un modèle dilféront.
- M. le président. — La commission vous remercie, Monsieur, des renseignements que vous avez bien voulu Iul fournir.
- BIJOUTERIE EN 1)01 BLÉ
- Siège social : 6, rue du Parc-Royal. — MM. Bargeron, gérant; Canal» membre du conseil d’administration.
- M. Baryeron. — Le capital est de 25,000 francs. Le nombre des associés est de 160.
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- M. le président. — Avez-vous des associés sortant des écoles professionnelles?
- M. Haryeron. — Non. La chambre syndicale des patron*5 a, je crois, institué un cours professionnel, mais nous oral gnons que ce cours ne réponde pas à tous les besoins- Non*5 voudrions créer quelque chose de plus pratique, un cours l’on enseignerait toutes les parties du métier, et en niêmJ
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- temps une école où nos sociétaires se façonneraient, pour ainsi dire, au commerce et seraient initiés au besoins d’une grande association. Voilà ce qui, jusqu’à présent, manque à l’ouvrier.
- 16'' QUESTION
- M. le président. — Comment traversez-vous les périodes fie chômage?
- M. Barqeron. — Nous n’avons aucune organisation pour les combattre.
- M. le président. — Les patrons de votre profession font-ils exécuter des travaux à l’étranger?
- M. Barqeron. — Il n’est pas très facile de savoir dans Quelle mesure les achats se font à l’étranger. Nous avons vu paraître dernièrement le nickel, un métal qui n’est pas français et qui a fait du tort à notre bijou en doublé; nous n’avons jamais vu qu’il fût fabriqué dans nos ateliers; il doit donc y en avoir une certaine importation.
- M. Barheret. — D’où vient-il ?
- M. Barqeron. — Il vient tout façonné d’Amérique et un Peu d’Autriche à l’état brut.
- M. Pitre. — On peut faire du nickel à Paris.
- M. Barqeron. — Oui ; il y a des sociétés métallurgiques qui tiennent tous ces métaux-là.
- M. Barheret. — En dehors du nickel, y a-t-il d’autres tra-Vaux faits à l’étranger? x
- M. Barqeron. — La fabrication du doublé est spéciale à France; c’est le fait que l’or a en France une valeur c°ntrôlée qui nous a permis de créer cet article, lequel a bien moins de raison d’èfre dans le pays où l’alliage de l’cr est libre.
- M. Barheret. — Il est question, dans la bijouterie-or, de ^°uner la liberté du titre. Jusqu’à présent, les ouvriers bi-l°Utiers-or s’y sont opposés ; les patrons ont varié. Il y a eu,
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- je crois, une délibération des patrons, qui se sont prononcés — M. Tirard lui-même — pour la liberté du titre. Vous savez qu’il y a une proposition de loi qui tend à la création d’un quatrième titre, notamment pour la bijouterie de Montbéliard et de Besançon, destinée à l’exportation; est-ce que l’industrie du doublé en souffrirait?
- M. Bargeron. —La question demanderait à être étudiée; nous n’avons jamais pu nous rendre compte du tort qui pour-rait nous être fait par rabaissement du titre de l’or. Si, par suite de la liberté donnée au titre, on arrivait à supprimer la fabrication du doublé ou du moins à y porter une grave atteinte, nous trouverions peut-être un débouché dans la grande fabrication qui résulterait précisément de cette liberté du titre, et il n’y aurait pas de raisons pour que nous ne transformions pas notre outillage en conséquence.
- M. Barheret. — Combien y a-t-il d’ouvriers dans la fabrication du doublé à Paris ?
- M. Bargeron. — Il peut y avoir, dans notre partie, environ 400 travailleurs exclusivement bijoutiers en double? c’est-à-dire qui ont pu s’y maintenir après un apprentissage spécial.
- RAPPORT SPÉCIAL
- sur la bijouterie de deuil, doré et acier, présenté par M. Marty, délér11 à l’Union des Chambres syndicales ouvrières de France.
- M. Marly n’a pas été délégué à Amsterdam ; nous devons donc donner quelques explications au sujet de la publicah011 de son travail dans le Rapport d’ensemble de la Pélégah0 nationale.
- La bijouterie-imitation, qui comprend le doré, Ie ( e ^ l’acier, etc., constitue, on le sait, une des plus imp°r^a ^ branches de l’industrie parisienne. Cette industrie est eg
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- ment exercée dans quelques grandes villes de province, et le montant de ses exportations s’est pendant longtemps chiffré par un total considérable. Malheureusement depuis quelques années ce total a notablement diminué, et cette industrie est une de celles qui ont le plus à souffrir de la concurrence étrangère, notamment de la concurrence allemande et de la concurrence Anglaise. L’Exposition d’Amsterdam offrait les moyens de nous renseigner sur cette concurrence en étudiant les procédés mis en œuvre par nos voisins, il n'est donc pas étonnant que les ouvriers bijoutiers en faux aient cherché à envoyer un des leurs à l’Exposition néerlandaise. La délégation de Paris compta un ouvrier bijoutier en imitation parmi ses membres, mais la Délégation nationale ouvrière, repré-Sentantplus spécialement la province, n’en compta point. Gela nnportait peu, puisque la corporation était représentée et loe ses intérêts seraient défendus par le rapporteur parisien.
- Mais voilà qu’au retour d’Amsterdam, le délégué de la Cambre syndicale de la bijouterie en deuil, doré et acier, refuse de livrer son rapport à la publicité pour des raisons Çüe nous n’avons pas à apprécier ici, mais que nous déployas. Ce délégué réussit même à faire partager ses idées par majorité de sa chambre syndicale, et, sous le prétexte que s°a rapport pourrait renseigner les patrons sur les progrès apportés dans leur industrie par leurs concurrents étrangers, v°ilà toute une corporation privée des renseignements Welle était en droit d’attendre et sur lesquels elle comptait.
- Nous n’insisterons pas sur la déplorable erreur économique W a pu dicter une semblable résolution; mais comme les ^séquences en étaient préjudiciables aux intérêts du pays, J etait d’autant plus de notre devoir de chercher à y remé-que ceux qui nous avaient renseignés sur la décision I^ise, n’approuvaient pas les raisons données pour justifier Cette décision.
- Le délégué de la bijouterie imitation, appartenant à la *%ation parisienne, n’avait, en fait, aucun rapport à nous
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- donner, et, si son travail avait été publié, comme ceux de la plupart de ses collègues parisiens, nous ne l’aurions inséré qu’au cas où il nous eût demandé cette insertion^ nous contentant de renvoyer les intéressés à la lecture de ce rapport; si nous avions été consultés à ce sujet. Mais depuis qu’on sait que ce rapportue sera pas publié, on nous a demandé d’y suppléer si cela nous était possible. Telle est la raison qul a fait que nous nous sommes adressés à notre ami Marty p°111 lui demander des renseignements généraux sur la bijouterie imitation et la concurrence que l’étranger fait subir à cette industrie, depuis longtemps déjà. Marty exerce la profession depuis de longues années ; il a travaillé en Angleterre pr®s de dix ans ; il connait, la fabrication et les débouchés de cette puissance ; par ses relations il est à même d’avoir des renseignements précis sur la fabrication allemande ; on comprend donc que nous nous soyons adressés à lui. Nous Ie remercions ici de la complaisance qu’il a mise à nous satisfaire ainsi qu’à combler, dans la mesure du possible, u°e lacune déplorable dans les renseignements fournis sur n°s industries par les rapports des deux délégations : la Déleg3 tion nationale ouvrière de France, et la Délégation ouvrite parisienne.
- Il était de notre devoir de donner ces explications ; nu1111 tenant, voici le travail du citoyen Marty.
- LA ItlJOrTKRIK-I.MlTATION KT LUS PARTÏKS SIMILAIRES
- Les Expositions universelles, en excitant l’émulation fabricants et des ouvriers, ont pour conséquence ramc^°ia tion des produits et le perfectionnement de la fabricati0^ Pour que perfectionnements et améliorations soient pro|d‘ blés à tous, il est nécessaire de connaître les condi1 sociales des travailleurs qui, dans les autres pays, e%el ' les professions similaires et fabriquent les mêmes plu que vous fabrique/ vous-mêmes. je
- En France, la bijouterie-imitation a progressé s0,lS
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- l’apport de la plus-value des fonds de commerce ; l'augmentation des salaires a suivi cette progression, mais dans une proportion moindre. Le taux actuel de la journée, tout en étant plus élevé que par le passé, est encore loin de correspondre et de pouvoir satisfaire aux besoins de la vie. Ce tauxÿ; du reste, est loin d’être aussi élevé en réalité qu’il le parait : les nombreux et longs chômages auxquels sont astreints les ouvriers, diminuent de beaucoup leur salaire apparent.
- L’ouvrier français possède au plus haut degré le goût inventif ; c’est de nos ateliers que sortent tous les modèles ; Modèles pillés plus tard par nos concurrents étrangers et qu’ils retournent contre nous, au grand préjudice de notre industrie. H y a donc lieu d’examiner quel est le mode de fabrication, en France et à l’étranger, ainsi que l’organisa-lion du travail, dans les différents pays, fabricant la bijouterie-imitation.
- Les ateliers français sont loin d’avoir l’importance des ateliers anglais. En France, une maison occupant trente °uvriers est déjà une maison de premier ordre ; chez nos voisins, c’est un établissement très ordinaire et relativement Peu important.
- La journée moyenne en France est de dix heures de tra-vail pour un salaire de 6 francs. Quelques maisons font tra-vailler aux pièces à des prix réellement dérisoires. Un certain Nombre d’ouvriers façonniers sont cause de la baisse des Prix de main-d’œuvre. Travaillant chez eux et se faisant aider par leur femme, ils arrivent, avec une journée plus ^°ngue, à ne pas gagner davantage qu'à l’atelier.
- il existe peu d’ouvriers étrangers dans la corporation ; 11Ulis beaucoup de provinciaux avant fait apprendre ce métier d leurs enfants, il en est résulté une trop grande abondance ^(ï bras; la demande ne répondant pas aux ollres a eu pour c°iiséquence la baisse des prix et l'augmentation des chômages.
- La substitution de l'estampage et du découpage au balan-
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- cier, au façonnage et au reperçage à la main, a encore accru le malaise des ouvriers bijoutiers en faux. Cependant, sans les progrès constants de la concurrence étrangère, la situation serait encore supportable. Voyons donc d’où provient cette concurrence et ce qu'il est possible de faire pour en atténuer les effets.
- Hollande. — La fabrication hollandaise est peu importante. Quelques maisons seulement, fabricant simultanément l’or, l’argent et le cuivre, à l'inverse de notre système, où chaque maison a sa spécialité bien définie. La H°l' lande ne se suffit pas à elle-même ; elle importe beaucoup d’Angleterre et d’Allemagne pour ses besoins et ceux de ses colonies.
- La France vend peu en Hollande, parce que le fabricant français ne se dérange pas et se contente du commissionnaire qui, lui, prend n’importe où. Il y a tout un apprentissage à faire pour nos fabricants. Il est nécessaire qu’ils se mettent à voyager et à aller chercher le client chez lui, aU lieu de l’attendre chez eux !
- Angleterre. — En Angleterre, deux genres de fabrication : l’une à Londres, l’autre à Birmingham.
- La fabrication de Londres se subdivise également en deux branches : le West-End et Clerkenwell. Dans le West-End, la joaillerie et la bijouterie riche, fabriquée en majorité par des ouvriers étrangers, composés principalement de L,aI) çais et de Belges, puis des Allemands et des Italiens. EeS prix de journées sont élevés ; quelques-uns dépassent 10 shillings par jour (12 fr. 50). Mais depuis les événenm11^ de 4871, qui ont amené un assez grand nombre de bijoutie^ parisiens à Londres, ces prix ont une forte tendance a baisse. Les ouvriers anglais constituent la minorité dans maisons fabriquant la bijouterie de luxe dans le quartier West-End. ^
- 11 n’en est pas de même dans le quartier de Clerkenwe ^ où les ouvriers anglais dominent. Le prix des journées
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- moins élevé. L’ouvrier anglais n’a pas le faire, la sûreté de main de l’ouvrier français. Il se fabrique peu de bijoux imitation à Londres, mais, en revanche, beaucoup de bijoux en or à différents titres. Il existe un contrôle en Angleterre comme en France, mais on peut fabriquer à tous titres; les bijoux de 1er, 2e et 3e titre seuls y sont soumis ; pour tous les autres, liberté complète.
- La journée varie entre 0 fr. 60 et 70 c. de l’heure, et est de neuf heures par jour. Le genre de vie de l’ouvrier anglais diffère de beaucoup du genre de vie de l’ouvrier français. L’Anglais mange de la viande le dimanche, et le lundi quand il en reste ; du thé le restant de la semaine. Ils font quatre repas par jour : à 8 heures le matin, à 11 heures, à 1 heure et à 4 heures. Le repas de 4 heure à 2 est seul à peu près sérieux; les autres ne sont que des goûters arrosés de thé ou d’une pinte de bière coûtant un penny. Ils logent aux environs de Londres, assez loin de leur travail, mais le chemin de fer métropolitain les transporte à très bon compte, ce qui leur permet d’être mieux logés en général que l’ouvrier français.
- Birmingham. — A Birmingham, le genre de fabrication diffère peu de celui de Londres, mais les maisons sont beaucoup plus importantes. Certaines fabriques occupent jusqu’à mille ouvriers. Les matières premières entrent brutes et les bijoux sortent complètement terminés. Ces fabriques réalisent pour elles seules, tous les bénéfices qui, en France, se diviseraient sur une infinité de maisons spécialistes. C’est la centralisation en fabrication, poussée à son extrême limite; césuitats : possibilité de baisser les prix à un taux de beau-c°up inférieur à celui de nos fabricants. A cela, rien à trouver b redire. Mais où la déloyauté commence, c’est quand les biglais, viennent à Paris — comme les Allemands — chercher des échantillons en trompant les fabricants français sur b* nature des transactions que ceux-ci croient accomplir. Le bibricant français, dans l’espérance de recevoir des commandes qui l'indemniseront des frais qu’il a faits pour créer des modèles nouveaux, livre sans déliance les échantillons
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- de ces modèles, ceux les plus nouveaux principalement, au négociant anglais. Une fois en possession des nouveautés françaises, le manufacturier de Birmingham les fait exécuter dans son usine par milliers, par des femmes, dont le salaire dérisoire lui permet de nous faire ensuite une concurrence impossible à soutenir.
- Les meilleures ouvrières gagnent 10 shillings, 12 fr. 50 par semaine, mais les meilleures seulement ; le plus grand nombre ne gagne que cinq shillings (6 fr. 25) et beaucoup ne gagnent que deux shillings six pence (3 fr. 10) seulement.
- Mais à Birmingham, comme à Londres, l’ouvrier peut se loger dans de petites maisons, dont il peut devenir principal locataire, presque propriétaire. La famille, presque toujours nombreuse, peut habiter toute ensemble pour un prix inférieur à celui qu’il faudrait payer en France.
- Cependant, au point de vue moral, la famille ouvrière française est bien supérieure en général à la famille ouvrière anglaise. A Londres, à Birmingham, à Manchester et dans toutes les grandes villes, les femmes et les filles s’enivrent autant au moins, , si ce n’est plus, que les hommes. Les publics-houses comptent un aussi grand nombre de clientes que de clients, et le gin possède des fidèles aussi nombreux dans un sexe que dans l’autre! Nous n’en sommes, heureusement, pas encore là!
- La vie à Birmingham est relativement meilleur marche qu'à Londres. L’ouvrier gagne de 25 francs à 37 fr. 50 pal semaine. La plaie de l’ouvrier anglais est le marchand à l(l semaine Wecklv payment (genre Crépi») et les Lu an Ofltce' sociétés de prêts usuraires que l’on rembourse à tant Ia semaine.
- Les effets sont meilleurs marché qu’en France; niais Ie drap anglais est inférieur au drap français. Les étoilés p°ul femmes sont bien meilleur marché qu’en France, et Tcrn ^olt reconnaître que bien des choses usuelles à la vie sont ègale ment à un prix inférieur aux produits similaires françal& la chaussure et la chapellerie, par exemple.
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- Allemagne. — Les procédés employés par les Anglais pour se procurer des échantillons bon marché, au grand détriment de la fabrique française, peuvent également s’appliquer aux Allemands. Eux aussi, nous pillent sans vergogne et sans pudeur !
- Les Allemands emploient aussi quantité de femmes et enfants dans leurs fabriques. Ils leur payent aux pièces par centimes ce que nous payons par francs! Et comme ils font des spécialités, leurs ouvriers et ouvrières, acquièrent, on doit le reconnaître, une certaine habileté. Néanmoins, les ouvriers allemands sont assez malheureux pour être obligés de s’expatrier par milliers. C’est pourquoi ils viennent dans nos ateliers nous faire un autre genre de concurrence en acceptant des salaires inférieurs aux nôtres.
- En Allemagne comme en Angleterre, la bijouterie est libre et n’est soumise qu’à un contrôle spécial et facultatif, ce qui donne à ces deux pays un avantage considérable sur nous.
- La Bohême fournit les pièces fausses à un prix bien inférieur à celui de Paris; de grandes fabriques ayant été montées dans ce pays, il faut nous attendre non à une diminution, mais à un accroissement de la concurrence étrangère !
- CONCLUSION
- Les fabrications anglaise et allemande, surtout cette dernière, nous faisant une concurrence déloyale, il est nécessaire de frapper leurs produits de droits protecteurs à notre frontière !
- Pour la bijouterie d’or, nous accorder Ja liberté du titre, et alors nous ne craindrons point la concurrence étrangère, Cur nos rivaux nous battent surtout par le bas prix de la matière employée. Du jour où nous pourrons, comme nos v°isins, fabriquer des bijoux en or à un titre égal à celui de ' °r qu’ils emploient, ayant pour nous une main-d’œuvre Sul»érieure, il est certain que nous reconquérrons les mar-
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- chés que nous avons perdus. Enfin, la consommation sera plus grande et demandera, pour être satisfaite, un plus grand nombre de bras.
- Créer, autant qu’on le pourra, le plus grand nombre possible d’écoles professionnelles, d’écoles d’apprentissage, et multiplier les cours de dessin industriel, afin que le goût de nos enfants, en s’épurant, leur donne la possibilité de maintenir dans le monde notre vieille réputation artistique.
- Enfin, faciliter l’indépendance de l’ouvrier par tous les moyens possibles, et surtout diminuer ses charges par l’abaissement des loyers et des choses nécessaires à la vie, pour qu’il ne soit pas obligé de demander des augmentations de salaires qui concourent à ruiner nos industries nationales !
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- MOYENNE DES SALAIRES
- INDUSTRIE DE LA BIJOUTERIE, JOAILLERIE ET SIMILAIRES (Tableaux dressés par les Rapporteurs généraux)
- PAYS ET LOCALITÉS MÉTIERS NOMBRE d’heures de travail par jour.
- PAYS-BAS Horlogers
- »
- Deventer Orfèvres »
- Id 10
- Rotterdam Id
- Bijoutiers. .. »
- Amsterdam (é).. Tailleurs et polisseurs de diamants (A)....
- Orfèvres »
- Horlogers »
- Bijoutiers ))
- Graveurs »
- BELGIQUE
- Danemark (C) Ouvriers en bijoux faux et bijoutiers en or et argent »
- Horlogers 10 à 12
- Copenhague . .. Orfèvres »
- Bijoutiers »
- Graveurs »
- Joailliers »
- SUÈDE
- Stockholm. Horlogers. . • »
- Orfèvres »
- Bijoutiers »
- Graveurs «
- Joailliers »
- SUISSE
- Moyenno dos di- Horlogers (i) »
- vers cantons.. Bijoutiers (e) U
- Joailliers »
- PORTUGAL
- Porto (f) n
- Lisbonne Joailliers
- ESPAGNE
- Valence Bijoutiers (q) »
- Joailliers ))
- Dos Baléares ... id * »
- ITALIE
- Naples. Ouvriers en métaux
- Briudisi précieux (h) »
- Milan »
- TRAVAIL A L’HEURE Prix de l’heure. PRIX de la journée SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- fr. c. à l'r. c. fr. c. à fr. c. fr. c. à fr. e. fr. e.
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- 3 » 5 » n *
- n » 3 » 4 » » » » »
- » » 1 50 3 50 » » » *
- (a) Payés par carrais et aux pièces. , .
- (li) A Amsterdam, les salaires sont plus élevés en raisou et des loyers cl do la encrlu ues vivres.
- (c) Ces industries sont très pou répandues on Danemark.
- (a) Do lions ouvriers horlogers gagnent jusqu'A 20 francs par jour.
- (<’) La bonno moyenne pour les similaires, hijouteric et divers, est de 4 à 5 francs par jour (/’) Ce pays no possùdo pour ainsi dire pas d'industries.
- (//) Celte moyenne est eello de la majeure parlio des artisans de l’industrie dos métaux (h) Coite désignation spécialo nous autorise A croire que les bijoutiers, les joailliers, tes horloger» et le* orfèvres peuvent être classés dans cette moyenne
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- PAYS NÔMBRE d'heures TRAVAIL A L’HEURE PRIX SALAIRE SALAIRE
- MÉTIERS de travail Prix de la par par
- ET LOCALITÉS par jour. de l’heure. journée. semaine. mois.
- RUSSIE fr. c. à fr. c. fr. c.àfr. c. fr. c. à fr. c. fr. c.
- Pologne ttijnnl.mrs... >» >3 2 60 4 » » » » ))
- Provinces de la mer Noire (a). Horlogers » » 6 » 8 » » )) » »
- AUTRICHE- Bijoutiers 33 » » » )) 33
- HONGRIE Horlogers 10 » )) 3 50 4 » » » >3 33
- ALLEMAGNE Dresde Horlogerie et joaillerie. Id. Id.... » » 15 » 10 » » »
- Cobourg-Gotha.. Cheuuitz 33 y> » » » 30 » 45 » 15 » 28 53 33 »
- Francfort. ...... Id. Id.... » » 21 » 30 » » »
- Drosdo Id. Id.... » » » » » 10 55 30 » » »
- Schemnitz Id » » » 33 » 18 » 22 » 20 » 21 » )) >3
- Francfort Id » » 3> » 33
- Plauen-Saxe.... Fabrique d’horlogerie et de montres.
- Conducteurs de grande horlogerie r> » » 7> 7> 9 » 10 53 11 55 15 » 12 » 15 » » »
- Fabricants d’horloges et de montres 30 » » » » » »
- Apprentis (6) h 7) » » 33 5 » 06 53 Il 33
- Ouvriers on boîtiers.. Peintres, émailleurs .. Ouvriers en chaînes.. Autres ouvriers . ... » 7) 7> y> t> » 33 12 55 13 55 11 53 15 » 7 » 9 33 9 » 12 55 » 33
- FRANCE
- Bijouterie or, doublé et imitation (c).
- Ouvriers 10 . 00 » 90 » » 33 M
- Kriiniaseuses 33 7) 2 25 » » »
- Monteuses Monteuses en bijoux de deuil ” 7Ï )> 3 » » 3 50 » 30 » >3 » 33 33
- Deuil acier et petit bronze.
- Bous ouvriers y » 70 » 75 y » » »
- Ouvriers ordinaires... Orfèvres Doreurs argenteurs (c/j. Ouvrières 10 10 » 15 » 55 » » 6 » 8 5 » 7 2 50 3 » 30 » 33
- _
- (a) Dans celle contrée, les salaires sont beaucoup plus élevés. . oS (b) Les salaires les moins élevés do celle nomenclature sont pour les femmes et les JcU gens. (e) Pour Paris, 5 à 0,000 ouvriers travaillent dans In hijoiitorio en doré : en v llJoU ' ceux nui travaillent dans le doublé et la fantaisie, on arrive au chiffre do 25,000. 'a) Cette industrie, eu partie localisée à Paris, comprend 400 ouvriers et iiUOIonunes.
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- PAYS
- ET LOCALITES
- FRANCE Paris....
- Besançon (6) ...
- ANGLETERRE
- Birmingham
- Grandes villes (moyenne)
- MÉTIERS
- Horlogerie de précision. Premiers ouvriers.... Bons repasseurs (a).. Ouvriers horlogers... Bijouterie, joaillerie. Monteurs de boîtes d’or. Ouvriers tinisseurs en
- boîtes d’or........
- Monteurs de boîtes d’argent.................
- Ouvrière polisseuse-
- finisseuse ........
- Ouvriers graveurs. ... Ouvriers guilloeheurs. Ouvriers en cadrans (travail à la journéel
- Emailleurs...........
- Peintres en romaines.
- Id. Femmes.. Peintres de paysages
- et d’ornements.....
- Rapporteurs de secondes .............
- Repasseurs et rémouleurs................
- Echappements.........
- Autres ouvriers......
- Finisseurs, doreurs, adoucisseurs.........
- Horlogerie.
- Horlogers pr pendule.. Id. 1er ordre, pour les montres. Id. 2' ordre, pour les montres. Bijouterie imitation...
- Joaillerie or..........
- Argentorie et pierres
- précieuses..........
- Ouvriers ordinaires (c).
- Bons ouvriers.........
- Emailleurs. ........
- Orfèvres..............
- NOMBRE
- d’iikures de 'travail par jour.
- TRAVAIL A L’HEURE Prix de l’heure. PRIX de la journée. SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- fr. c à fr. c. fr. c. à fr. c. fr. c. à fr. c. fr. n.
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- 9 » S O MO » 100 » 9 9
- 7) » 35 » 45 ,, 9 »
- (a) Selon la valeur de l’objet (h) L’indusirie des ouvriers en boîtes de montres a Besancon comprend <>00 ouvriers et 200 ouvrières travaillant aux pièces. . . „ . . 0 niu.
- Le nombre des ouvriers travaillant dans l'horlogerie, a Besançon, est d environ 8,000, 05,000 pour le département du Doubs et 5.000 dans la llaute-Sadne.
- Il n’existe pas de fabriques à Besançon comme en Amérique, ou en Angleterre, ou t on fabrique la montre en entier. Les éiablissenrs de montres de cette ville n ont ni agencement ni outillage Ils reçoivent les mouvements à l’état brut des fabriques des montagnes du Don b. et de la Suisse, et ensuite se font livrer les pièces principales nécessaires è compléter la montre, telles que les boîtes, la gravure, les cadrans, les aiguilles: lorsque toutes les pièces son réunies, on les envoie è des ouvriers chargés de la linilion. En ce qui conecrno leur hP® -j " lité 05 ou l!0 parties différentes sont faites par des ouvriers travaillant chez eux et fournis leur outillage, lin logement d’un certain confortable est absolument nécessaire à ces ouvrieis. Il coûte généralement de 1100 à 550 francs par an, ce qui est une charge très jourde, en raison du maigre salaire de l’horlogerie et du chémage progressil qui sévit sur cette imlit. > malmenée par la concurrence étrangère. ccmnine
- (c) Les apprentis commencent généralement il 14 ans, et gagnent o frams | . - ’
- ei qo ^ ]5 fr, dans les dernières années. La durée de l’apprentissago est environ > <-
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- ORFÈVRERIE, BIJOUTERIE JOAILLERIE
- DROITS DE DOUANES PERÇUS A L’IMPORTATION SUR LES PRODUITS CI'D
- DÉSIGNATION ANGLETERRE ALLEMAGNE FRANCE
- ‘ •
- DES MARCHANDISES
- BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS
- fr. c. fr. c. fr. c.
- Ouvrages en or, argent, alumi-
- nium, platine et autres métaux argent. hs los
- précieux I’hect. ti 03 lOOkil. 756 >» lOOkil. 500 »»
- Avec pierres précieuses I’hect. 08 55 Id. 750 » Id. 500 »
- Ouvrages dorés, argentés, soit au en or.
- 1 moven de placage, soit au mer-
- cure, par procédés électro-chi-
- miques exempts. Id. 250 » Id. 500 »
- Bijouterie fausse Id. Id. 250 .. Id. 500 »
- Autres Id. Id. 75 » Id. 100 >»
- Horlogerie et ouvrages montés :
- Montres exemptes la
- — h boites d’or . Id. Id. 750 » pièce. 3 50
- — à boîtes d’argent Id. Id. 750 » Id. 1 »
- — h boites de métal Id hl. 255 » Id. » 50
- Boîtes seules en or I’hect. 08 55 Id. 750 » Id. 1 20
- — en argent ou métal commun. Id. 0 03 Id. 750 ». Id. »» 50
- Mouvements sans boîtes, dorés,
- nikelés ou finis exempts Id. 250 » Id. 2 50
- AUTRICH®
- droits
- les
- lOOkil.
- Id.
- 75O
- 750
- 750
- 750
- 75
- RUSSIE SERBIE TURQUIE
- DESIGNATION
- ^ m > ^ —»»»
- DES MARCHANDISES
- BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS
- fr. c. fr. c*. fr. 0.
- Ouvrages en or, argent, alumi-
- nium, platino et autres métaux >\ la h la
- précioux le kil. .322 34 valeur. 8 0/0 valeur. 8 0/0
- Avec pierres précieuses Id. 322 34 Id. s 0/0 Id. 8 0/0
- Ouvrages dorés, argentés, soit au platine.
- moven de placage, soit au mer- 177 33
- cure, par procédés électro-chi- les
- miques lOOkil. 537 » Id. 8 0/0 Id. 8 0/0
- Bijoulerio fausse le kil. 31 49 Id. 8 0/0 Id. 8 0/1)
- Autres Id. 31 49 Id. 8 0/0 Id. 8 0/0
- Horlogerie et ouvrages montés :
- Montros
- à boites d’or nièce. 5 80 Id. 8 0/0 Id. 8 0/0
- à boltos d’argent id. 3 . Id. 8 0/0 Id. 8 0/0
- à boites de métal id. 3 » Id. 8 0/0 !d. 8 O/ü
- Boltos seules en or le kil. 322 34 Id. 8 ü/ü Id. 8 0/0
- en argontou métal commun. Id. 31 49 Id. 8 0/0 Id. 8 0/0
- Mouvements sans boîtes, dorés,
- nikelés ou llnis Id. » 98 Id. 8 0/0 Id. 8 0/0
- l’hoet
- Id.
- les
- 100 kil.
- l’hoet
- Id.
- la
- pièce.
- Id.
- Id.
- l’hoet.
- Id.
- les
- 10!) kil-
- I U
- r. 40 1 80 80 8 ^ l 4l
- — 543 —
- Bijouterie imitation et horlogerie
- ^PRÈS LES TARIFS COLLECTIFS N° 1, LÉGISLATION N» 15, 28 ET 41.
- SUISSE
- PAYS-BAS
- BELGIQUE
- DANEMARK
- NORVÈGE
- SUÈDE
- fr. c.
- t.r. c.
- lr. c.
- lr. c.
- à la valeur. Id.
- à la valeur. Id.
- les
- lOOkil.
- Id.
- argent. 9 72 16 25
- le kil.
- les
- lOOkil.
- le kil
- Exempte.
- Exempte.
- à la valeur
- lOOkil.
- 16 25
- I'hect.
- Exempt.
- ESPAGNE
- PORTUGAL
- CANADA
- AUSTRALIE
- unons
- DROITS
- fr. c.
- fr. e.
- arfÇ-, or.
- il la valeur. Id.
- y et 14
- l’hoet.
- lo kil.
- valeur.
- 15 O/O
- 8.03 32.1
- los
- lOOkil.
- l’hoet.
- I’hect.
- valeur.
- 25 0/0
- 45 0/0
- 25 0/0
- pièce.
- 25 0/0
- 15 0/0
- 15 0/0
- I’hect.
- 25 0 0
- 32 12
- I’hect.
- 25 0 0
- valeur.
- 15 0/0
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- LUNETTERIE - VERRERIE
- ENQUÊTE DE LA COMMISSION EXTRAPARLEMENTAIRE DES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES.
- SOCIÉTÉ DES LUNETIERS
- Cette Association est une des rares survivantes de 1848. La prospérité de cette Société est telle, que le capital de chaque associé est fixé à 30,000 francs. Le nombre des sociétaires est actuellement de 118.
- Nous ne soumettrons à nos lecteurs que la partie de cette intéressante déposition touchant les effets produits par la concurrence étrangère :
- 47e QUESTION.
- Des patrons, ou réputés tels, font établir certains produits à l’étranger qu’ils vendent néanmoins comme français. La partie de l’or, principalement, où le contrôle de l’Etat devient presque le complice en donnant une garantie à l’acheteur, qui, lui, ne connaît pas les divers Poinçons de contrôle, devient ainsi de plus en plus mauvaise Par cette facilité qu’ont encore les étrangers de fabriquer 1 or à tous les titres, et surtout étant donné que cette consommation a une grande importance pour certains pays. L’Allemagne et l’Autriche ont des représentants sur la place de Paris, avec des échantillons, ce qui leur permet de vendre sans notre concurrence, car nous ne pouvons nous-mème fabriquer ces articles pour l’étranger, dont le commerce s étale ainsi dans toutes les contrées, et cela au détriment de la France.
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- Nous ne croyons pas nous tromper en disant que, si cet état de choses est maintenu, sous peu cette industrie sera perdue pour nous et notre pays, au profit des puissances précitées. Depuis longtemps, pourtant, une loi demandant l’abrogation du titre est pendante devant les Chambres, et nous avions l’espoir d’une plus prompte solution. Avec la liberté du titre, nous nous ferions fort, malgié le prix de notre main-d’œuvre bien plus élevé, de pouvoir rivaliser avantageusement avec nos concurrents, qui sont généralement peu inventifs, mais simples plagiaires de nos modèles, et faire revivre ainsi une partie qui s*en va mourant. Nous appelons sur ce point fi1 plus vive sollicitude de qui de droit (1).
- ENQUÊTE DE LA COMMISSION EXTRAPARLEMENTAIRE DES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES
- ASSOCIATION GÉNÉRALE DES OUVRIERS OPTICIENS
- Siège social, 9, rue Pierre-Levée, représentée par MM. Ileauchamp Fisehesser. Le capital social est de 120,000 francs. Le nombre des associés est de 10.
- 10e ET 20° QUESTION
- M. le Président. — Le coût de la matière première est-il élevé dans votre industrie?
- M. Beauchamp. — Nous employons le cuivre, qui ne coûte pas cher, l’aluminium qui coûte 20 fois plus, et un peu doi-En moyenne, la matière première représente 30 à 40 0/0 du prix de l’objet fabriqué.
- (1) Nous ne pouvons apprécier pour l’instant les améliorations décoil lant des votes émis parle Parlement au sujet du titre des métaux précieux* mais, cependant, nous avons tout lieu d’espérer (pie les elfcts s’en mi sentir d’une manière satisfaisante pour les industries qui empteielû c métaux.
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- M. le Président. — Les patrons de votre profession font-ils exécuter leurs travaux à l’étranger?
- M. Fischesser. — Nous n’en avons pas connaissance, mais il paraît que les fabriques étrangères auraient déjà fait quelques fournitures à nos commissionnaires.
- M. Barberet. — Les commissionnaires approvisionneraient alors de produits étrangers les boutiques des marchands, car je crois que généralement les fabricants n’ont pas de boutiques?
- M. Beauchamp. — Le commissionnaire s’en va en province prendre chez les marchands des commandes, et, comme il est toujours à la recherche du bon marché, il s’est tourné du côté de l’Allemagne, où l’on commence à fabriquer la jumelle, et vous savez que, généralement, en Allemagne, la main-d’œuvre n’est pas chère. C’est ce qui nous a elfrayés lorsque nous avons vu les prétentions des ouvriers ; en dehors de la diminution des bénéfices, nous avons craint de voir passer à l’étranger notre industrie, et nous avons signalé aux ouvriers le danger de la concurrence étrangère.
- M. le Président. — Les fabricants peuvent-ils aussi vendre directement au public?
- M. Beauchamp. — Oui, mais les plus grosses affaires se font par l’entremise des commissionnaires qui vont chercher les commandes en province, en Amérique, partout.
- 22e question
- M. le Président. — Quelles sont, pour l’exercice de votre aiduslrie, les conséquences du travail exécuté dans les maisons centrales, les couvents et les ouvroirs?
- M. Fischesser. —L’établissement de Saint-Nicolas fabrique aes articles très défectueux, qui sont vendus à un bon marché e*cessif; ce sont ces objets que l’on achète aux magasins du Louvre, du Printemps, et qui ne laissent pas que de faire du ^°rl au placement des bons produits.
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- RAPPORT de MM. BAR (François) et ZELLER (Charles), délégués des ouviers verriers de la ville d’Amche (Nord).
- Aniche, le 28 novembre 1883.
- A MM. Chalain et Grukier, rapporteurs généraux de la Délégation nationale ouvrière à l’Exposition universelle internationale d’Amsterdam, 1883.
- Messieurs,
- Vous me pardonnerez d’avoir tardé à vous envoyer mon rapport; ce n'est pas tout à fait ma faute, car j’étais en voyage lors de la réception de votre estimé questionnaire.
- Vous trouverez ci-joint mon rapport ; le citoyen Zeller n’étant pas en France ces jours derniers, il n’a pu faire de rapport; je lui ai montré le mien qu’il a adopté et signé.
- Veuillez, je vous prie, le considérer et l’accepter pour nous deux.
- Veuillez, etc.
- Signé: Bar (François).
- La lettre ci-dessus explique la forme du rapport des citoyens Bar et Zeller; ils répondent question par question au questionnaire que nous leur avions adressé, ainsi qua tous les autres délégués.
- Nous croyons utile, nécessaire même, de publier leurs réponses intégralement ; leur industrie se trouve menacée, si menacée même par la concurrence étrangère, qu’elle serait à la veille de disparaître peut-être, si des mesures énergiqlieS n’étaient prises en sa faveur.
- Pour faciliter l’intelligence des réponses, nous les faisons précéder des demandes du questionnaire ; cela aidera à la lecture de ce travail.
- D’autre part, dans deux autres rapports, adressés à M-préfet du Nord, et qui nous ont été ultérieurement transmis par le ministère du commerce, les deux délégués des verriers d’Aniche ont donné les dimensions des verres et glaces
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- qu’ils ont remarqués à Amsterdam. Nous donnons ces tableaux à la suite du rapport spécial qu’ils nous ont envoyé. De celte façon, les intéressés seront parfaitement renseignés sur l’industrie de la verrerie (verres à vitre et glaces).
- Voici le travail de MM. Bar et Zeller :
- QUESTIONNAIRE
- PREMIÈRE PARTIE
- 1. — Travaillez-vous dans de grandes manufactures ou usines, ou bien dans de petits ateliers?
- R. — Dans une grande verrerie.
- 2. — Quelle est la moyenne des salaires aux pièces ou à la journée?
- R. — Depuis 100 francs jusqu’à 600 francs par mois environ.
- 3. — Emploie-t-on des femmes dans votre profession?
- Quel est leur salaire?
- Pas de réponse. —En général, les femmes sont employées dans les cristalleries au triage du verre cassé. — Dans les verreries, du genre de celle qui nous occupe, nous ne sàvons s’il en est de môme.
- 4. — Quelle est la durée du temps d’apprentissage et à ^uel âge commence-t-il en moyenne?
- R. — L’apprentissage dure un an environ, et on le commence entre 14 et 15 ans.
- 3. — La loi sur la surveillance des enfants employés dans ^es manufactures est-elle bien appliquée dans votre contrée ?
- R. — La loi sur les enfants est assez respectée; on tolère P°ur les nécessiteux, mais on les force à suivre les cours de ^ établissement.
- 3- — Quelle est la durée moyenne de la journée?
- R. — La journée a une durée de neuf heures environ.
- — Supportez-vous des chômages d’une façon pério-
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- dique? — A quoi en attribuez-vous les causes? — Quels remèdes pourrait-on y apporter?
- Il est répondu incidemment au deuxième paragraphe de cette question dans la deuxième partie du questionnaire. Le premier paragraphe est resté sans réponse.
- 8, — Yos ateliers sont-ils salubres? — L’air y est-il suffisant? — Les matières premières employées sont-elles dangereuses? — Dans ce cas, quelles précautions sont prises pour en neutraliser les mauvais effets?
- R. — Nos ateliers sont salubres, l’air y est suffisant. On emploie l’arsenic, mais avec précaution ; c’est la seule matière dangereuse.
- DEUXIÈME PARTIE
- 1. — Quelle a été votre impression générale sur l’Exp0' sition universelle d’Amsterdam?
- R. — Notre impression sur l’Exposition d’Amsterdam a été qu’on n’avait pas fait beaucoup de progrès depuis 1878? mais que la France était toujours supérieure pour la majeu1’6 partie des produits exposés.
- 2. — Quelle a été cette impression sur les produits de votre industrie exposés par la France et sur ceux exposés par leS autres nations?
- R. — Notre impression sur les produits des verreneS françaises a été bonne; très bonne qualité de verre, tres bonne fabrication; mais nous avons été forcés de reconnaît16 que, pour les grandes dimensions, la Belgique était de bea11 coup supérieure à nous. Quant à l’Allemagne, elle vie11^ beaucoup après nous.
- .‘L — Etes-vous supérieurs, égaux ou inférieurs, dam votre profession, à vos concurrents étrangers?
- R. — La Belgique nous est supérieure pour les grande dimensions, mais pour la fabrication courante la France plus forte, surtout pour la teinte.
- 1 1 . -la ou
- 4. — D’où proviennent les causes de cette supérioru de cette infériorité?
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- R. — Nous trouvons les verres belges aussi bien travaillés que les nôtres; leurs épaisseurs sont aussi bien réparties, mais ils obtiennent, grâce à la bonne qualité de leurs charbons de verrerie, des verres mieux étendus que les nôtres, en un mot, plus finis.
- o. — Avez-vous remarqué si l'outillage des étrangers exposants est supérieur au vôtre?
- R. — Ils sont mieux outillés que nous (les Belges).
- 6. — Quels seraient les effets de cette supériorité dans les prix de revient?
- R.—Retirant de leur fabrication beaucoup de choix supérieurs, qu’ils vendent à des prix élevés, leur prix de revient se trouve diminué par ce fait.
- 7. — Etablissez la nature des progrès réalisés par les étrangers, soit sur l'ensemble de votre industrie, soit sur quelques points spéciaux de cette industrie.
- R. — Il n’y a pas eu de progrès réalisés en France depuis 1878; il y en a eu quelque peu en Belgique, dans les grandes dimensions.
- 8. — Quels sont, dans votrè profession, parmi les pays qui ont exposé, ceux qui vous ont paru les mieux outillés?
- R. — Quoique n’ayant pas exposé leur (outillage, nous connaissons les verreries belges et françaises, et nous savons que ce sont les belges qui sont les mieux outillées.
- 9. — Y a-t-il différence dans les prix de la main-d’œuvre? Indiquez la nature de cette différence.
- R. — Les prix de la main-d’œuvre sont les mêmes pour tes dimensions courantes. Si les Belges gagnent davantage, c’est qu’ils travaillent plus; mais, pour les grandes dimensions, ils sont payés plus cher qu’en France.
- 10. — Y a-til. également différence dans le prix des matières Premières? — Indiquez aussi cette différence.
- R. — Les Belges ont l’avantage d’avoir chez eux du très bon sable â gros grain, qu’ils paient 5 francs la tonne, rendue a l’usine.
- Le sable de Creil nous coûte 9 francs la tonne rendu en gare.
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- Les Belges ont les sulfates anglais à 6 francs les 100 kilos, rendus àl’usine; nouslesavons à 7 francs, également rendus à l’usine. Les sulfates anglais ne paient pas de droits en Belgique, en France, nous payons 1 fr. 80 les 100 kilos. Les Belges ont également les terres réfractaires chez eux ; pour les faire venir chez nous, nous les payons 9 fr. 40 la tonne. Le port d’Anvers leur fournit des bois pour emballage à des prix très modérés; mais ce qui fait surtout leur force, c’est le charbon; ils font un mélange qui leur revient à 10 francs la tonne ; en France, nous le payons 15 francs, rendu en gare ; ils ont encore les transports par chemins de fer et le port d’Anvers à des prix excessivements réduits, à tel point que, quand nous expédions en Angleterre, nous avons plus d’économie à envoyer nos verres à Anvers qu’à Dunkerque ou à Calais, qui pourtant sont à nos portes, en quelque sorte.
- 11. — Les matières premières employées dans votre profession, proviennent-elles du sol national, ou bien sont-elles importées?
- Sans réponse.
- 12. — Dans ce dernier cas, quel est, ou quels sont les pays d’importation ?
- Sans réponse.
- 13. — Les traités de commerce, tarifs douaniers, influent" ils d’une manière sérieuse sur le prix des matières premières que vous employez dans votre fabrication, et sur l’exportation de vos produits manufacturés?
- R. — Les traités de commerce n’intluent pas d’une maniéré sérieuse sur le prix des matières premières que nous em ployons, ni sur l’exportation de nos produits qui est insigïl1 faute, et que nous ne pouvotis faire lorsque la Heltp(Jnfi ne peut suffire (\) !
- 14. — Quels seraient suivant vous, les modification^
- adjonctions ou restrictions à apporter à ces traités ou
- tarifa
- (1) C’est nous qui soulignons lu dernière ligne de celte repon~e-
- (Note des Rapporteurs généraux)-
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- R. — Si le gouvernement n’augmente pas aussitôt qu’il le pourra, les droits sur les verres belges à leur entrée en France, la verrerie française est à la veille de disparaître ; en voici les raisons : L’Amérique, depuis quelques années, construit des fours en quantité, et avant peu pourra accaparer à elle seule tout le marché d’exportation; la Belgique alors n’aura plus qu’une seule ressource, laquelle sera de s’abattre sur la France, que sa situation a placée sur un pied d’infériorité, et qui succombera dans la lutte si des droits protecteurs ne viennent pas la soutenir.
- En résumé, nous devons chercher à obtenir pour le bien de notre industrie, des droits protecteurs, des transports à prix réduits et l’entrée en franchise des sulfates anglais (1).
- 45. — Le commerce avec la Hollande, dans votre profession, est-il considérable? — Est-il susceptible d’augmentation ?
- R. — Le commerce de verrerie avec la Hollande est minime, et il n’est pas susceptible d’augmentation, car nous ne saurions fournir à aussi bas prix que la Belgique.
- Ig, — Quelles sont les puissances qui font concurrence à vos produits dans ce pays? Faites connaître, si possible, les causes de cette concurrence et les mesures qu’il y aurait lieu de prendre pour en conjurer les effets.
- R. — La Belgique et l’Allemagne. Il n’y a pas grand chose à faire sur ce point.
- 47. — La Hollande fait-elle concurrence à vos produits sur notre marché et sur les marchés étrangers?
- R. — Non.
- 18. Quelles sont les puissances exposantes qui, hors la Hollande, font concurrence aux produits de votre industrie, sur le marché européen, et, en général, sur le marché universel?
- (I) l,;i conclusion est illogique : Protection d'une part, libre-échange de l’autre, il faut savoir opter : ou tout l'un ou tout l’autre, mais on ne saurait vraiment demander la protection comme ‘producteur, si on la refuse comme consommateur; c’est pourtant généralement ce qui a lieu.
- (Note des Rapporteurs généraux).
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- R. — Il n’y a que la Belgique.
- 19. — Indiquez les causes de cette concurrence : — Résis-tent-t-elles dans le bas prix de la main-d’œuvre ou dans sa supériorité; dans le bas prix des matières premières employées ou dans leur qualité?
- 20. — Le prix de vente est-il inférieur ou supérieur?
- 21. — Que pourrait-on faire pour remédier à ces causes, tant au point de vue industriel qu’au point de vue économique?
- 22. — Les moyens de communication, en Hollande, sont-ils plus expéditifs que les nôtres? Les tarifs pour l’expédition et le transport des marchandises, objets manufacturés, etc., sont-ils plus élevés ou plus bas que les nôtres?
- 23. — Quelle différence avez-vous remarquée, en dehors de la production, entre l’ouvrier hollandais et l’ouvrier français, relativement à l’instruction générale et technique?
- 24. — Etablissez un parallèle entre les deux travailleurs : salaires, nourriture, logement, vêtement, menues dépenses, etc., etc.
- 25. — L’ouvrier français produit-il plus et mieux dans Ie même espace de temps que l’ouvrier étranger? — Si oui, quelle est, à votre avis, la différence dans la somme de pro-duction d’une journée?
- Les réponses aux questions, 19, 20, 21, 22, 23, 24, ollt été faites en répondant aux questions précédentes. Sur la question 23, les délégués répondent :
- Il n’y a pas de différence entre les ouvriers belges et leS ouvriers français pour la façon, attendu qu’on travaille de la même manière dans les deux pays, et qu’il y a des ouvriers belges en France et des ouvriers français en Belgique.
- 2G. — Quels sont les principaux débouchés de votre u1" dustrie? — Croyez-vous qu’il soit possible d’en créer de nouveaux? Indiquez, suivant vous, les pays suscepti^eS d’acheter vos produits?
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- CONCLUSION
- Donnez enfin, en concluant, tous les renseignements, tous les détails que vous pourrez sur votre industrie et sur les améliorations à y apporter pour le bien-être des travailleurs, de façon que votre rapport ait tout l’attrait désirable et qu’il laisse une impression salutaire dans l’esprit de ceux qui vous liront.
- Les délégués ont également répondu déjà à la 26e question; quant à leur conclusion, elle n’est qu’une réédition de leur réponse à la question 14, nous la supprimons donc (1).
- Voici maintenant les tableaux contenus dans le rapport adressé à M. le ministre du commerce, par MM. Bar et Zeller.
- Section fhaxçatse.
- Société anonyme des verreries et manufactures de glaces d’Anichest (Nord).
- Canons: 230 X 90; 250 x 90 et plusieurs un peu plus petits.
- Feuilles : 290 X 57, 246 x 84, 228 X 87, 201 X 96, 180 X 105, 177 X 114, et plusieurs feuilles en dessous.
- Beau verre, bonne façon, diplôme d’honneur.
- Verre cannelé : 280 X 66, très bien fait.
- Exposition très remarquée.
- M. Renard, père |et fds, à Fresnes (Nord).
- Canons : 200 x 102, 205 X 90; plusieurs canons plus petits; beau verre.
- Feuilles : 200 X 72, et plus petites ; bonne façon.
- (1) Nous iivons donné en son entier le questionnaire que nous avons envoyé aux délégués dés notre retour d’Amsterdam, pour qn’on puisse y recourir dans la suite si besoin est. Hédigé trop hâtivement, nous devons reconnaître qu’il est quelque peu diffus. (Note des R. g.)
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- M. Wagret et Ce à Escaupont (Nord).
- Canons : 210 X 90.
- Feuilles : 200 x 93, et plus petites.
- Section belge,
- Hivort et Ce.
- Canons : 400 x 66 ; 180 X 150.
- Très beau verre.
- Verre étendu : 276 x 106 et très bien fait.
- Feuilles : 220 x 125; diplôme, d’honneur. <
- Lambert et Ce.
- Canons : 170 X 150, 272 X 122, 295 X 119; très bien fait, bean verre.
- Feuilles: 294 X 114, et plusieurs plus petites ; médaille d’or.
- Vourcauld et Frison.
- Canons : 331 x 90; très bonne façon.
- Feuilles : 320 X 72 ; admirable ; médaille d’or.
- Société anonyme de Charleroy.
- Canons : 180 X 140 ; 250 X 100, et plus petits ; très bonne façon.
- Feuilles : 200 X 120, et plus petites. (Médaille d’or.)
- Verreries anonymes de Jemmapes et Mons.
- Beaux produits exposés, mais moins grands. (Médaille d’argent.)
- Section allemande.
- Charles Winlder et Sohn. — Furth (seuls exposants;.
- Canons : 220 X 90 ; laissant beaucoup à désirer.
- Verre étendu : 125 X 87 ; qualité assez belle.
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- — 557
- MOYENNE DES SALAIRES
- DE L’INDUSTRIE DES VERRES, GLACES ET VERROTERIES (Tableau dressé par les Rapporteurs généraux).
- PAYS ET LOCALITÉS MÉTIERS NOMBRE d’heures de travail par jour. TRAVAIL A L’îIEÜRE Prix de l’heure. PRIX de la journée. SALAIRE par \ semaine. SALAIRE par mois.
- PAYS-BAS BELGIQUE Ouvriers verriers (a).. Fabrication de verres à vitres. » fr. c. à fr. c. fr. c. à fr. c. IV. c à fr. c. fr. c.
- Souffleurs ordinaires il à 12 » » » » 7 50 » „ » »
- Très bons souffleurs (b) » » » M » 24 » » » )> 33
- Assembleurs ' » 3) » 5 » 8 » » 33 33 33
- Mouleurs » » » 4 » 6 » » J) » »
- Garnisseurs » » » fi » 8 » 33 >3 '•
- Etendeurs...... . . » » » f» » 8 » » >3 » »
- Coupeurs » » » 3 » 6 » » » 33 33
- Trieurs » » B 2 » 0 » » » )> »
- Potiers » M » 3 » 8 » » » 33 »
- Coupeurs de cylindre. » 3) » 3 » 4 » » » » 33
- Manouvriers » » 2 * 4 » » » 1» »
- DANEMARK Ouvriers verriers » „ . * » 14 * 22 » H
- SUÈDE
- Stockhom Ouvriers verriers (cl.. 10 à 1/2 » » 2 70 5 » » » » »
- NORVÈGE PORTUGAL (t/) Espagne (</) ITALIE Ouvriers verriers . . Ouvriers en verrerie T> 16 » 2(> » » 7)
- ordinaire (et X> » » 1 » » » » » fl O
- ld. (f) 2 80 » » » » 33 7)
- Aide-souffleur . 2 50 7) » » » » 7i
- Souffleur ordinaire ... U » • 1 20 » y » » )> 33
- Venise Maître souffleur )) D » 5 » 6 » 7) n » 7)
- A Me snnffieur .... . H » 6 » 33 >• U » n a
- Souf'lleursordinaires(v) „ )) » 12 50 » .. » » » »
- Maîtro souffleur ' ’ 16 50 >3 33 »
- Ut) Aucun renseignement.
- (b) Sur ce salaire, ils out à payer leur assembleur qui leur coûte de 130 à 200 francs par mois.
- \c) Engagement h la quinzaine.
- (a) Aucun renseignement sur cette industrie.
- (e) Un bon ouvrier.
- (fi Un ouvrier ordinaire.
- (g) Cette différence provient de la fabrication de verrerie d'art et de luxe pour laquelle s,lrgissent mille difficultés.
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- WOMRRE TRAVAIL PRIY SALAIRE SALAUiK
- PAYS d’heures A L’HEURE
- MÉTIERS de travail Prix de la par par
- ET LOCALITÉS par de
- jour. l’heure. journée. semaine. mois.
- RUSSIE , fr. c. fr. c. à fr. c. fr. c à fr. c. fr. c . à fr. c.
- Environs de Mos-
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- Polisseurs » » 33 » 33 » 33 33 » 60 »
- Tailleurs sur verre... » » » » » » » 13 »» 85 »
- Dessinateurs sur verre. w » » » 33 » 33 36 »> 50 »
- Doreuses sur verre... » » 3> » y> » 33 » » 18 »
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- Plauen-Saxe.... Verrerie ordinaire.... „ » » » 20 » » »
- Dresde Peintres et doreurs sur 10 >» 19 » »
- Chaunitz-Saxe. . verre 3) » 33 » » 10 « 30 » » »
- Bayreuth-Bavière Ouvriers en verroterie. 11 3) » » » 0 >» 10 (e) » M
- FRANCE Verrerie.
- Pantin (Seine). . Chefs de place >) >» 33 „ „ 33 „ 300 » 3'î? *
- Premiers souffleurs... )) » » 9 „ b » 210 33 2^0 ”
- Seconds souffleurs ... 7) 9 » 33 B » » 130 33 140 M
- Gamin 33 » 33 ), » » 33 10 » 60 »
- Aisne Fabrique de bouteille,
- à champagne.
- Premier souffleur (f). » b n 10 » 20 » )> 33 33 0
- Premier sorvant M » M f) U î) 33 33 B »
- Second servant 9 » >3 :i 50 •1 . 33 » »
- Paris .. Miroitiers ... ..... 11 8 T> 33 »
- Verrerie de luxe.
- Peintres 9 » » 9 »
- Graveurs . » Ü75 095 „
- Metteurs en plomb .. 33 » »
- ANGLETERRE
- Verriers ordinaires. 9 3) 9 „ ))
- Hommes n 33 33 » B 35 ,» 10 » »
- Femmes (g) J> U » » » 10 » 12 >> »
- Garçons et" filles B a » 9 V 7 » 8 » »
- Cristallerie, verres
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- Premiers ouvriers finis-
- seurs » » » » U 150 200 » »
- Ouvriers ordinaires... * « » » » » .» 80 » 1-
- (a) Ces salaires soûl absolument dérisoires en raison des dangers où sont exposes 10!5
- ouvriers de cette profession. ,
- (b) Nos renseignements no nous permettent pas d'apprécior s’il s’agit de fabriques u Bohême.
- (cl A la journée.
- (a) Nourri et logé, de G ù 10 francs.
- - (e) A la journée. .
- (f) Ces ouvriers sont logés et chaulfés à l’usine, ils fout 10 heures avoc trois intervalles repos d'une demi-heuro chaque.
- (g) Trieuses do verres.
- (h) La majeure partie des verriers et eristalliers sont à Birmingham et aux environs,
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- INDUSTRIE DE L’AMEUBLEMENT MENUISERIE, ÉBÉNISTER1E, TAPIS, ETC-
- RAPPORT DE M. ALPHONSE LAVOLLÉE
- Ouvrier menuisier à la préfecture de la Sartlxe, délégué de la ville du
- Mans.
- Ce rapport n’a ni entrée en matière ni conclusion ; il est aussi très court, c’est pourquoi nous l’avons donné tel quel.
- Pays-Bas (Amsterdam).— M. Bleesing expose une chambre himbrissée et cheminée vieux chêne, lambris de hauteur avec frise supérieure ; l’ensemble est fait avec beaucoup de goût.
- Je remarque, en outre, une porte de salon Utrecht, vieux chêne, moulure embrevée dans les plate-bandes, lesquelles possèdent une petite moulure faisant très bon effet.
- Allemagne. — M. Bembé a exposé un parquet de salon, composé de divers modèles ou types, très digne de remarque Par le fini du travail, mais ne pourrait probablement pas ctre employé avec succès en France, par rapport à la différence reconnue du prix de main-d’œuvre.
- Un travail qui nous a frappé aussi quoique n’étant pas plus Pratique chez eux qu’ici (le Mans, probablement), est un hmon d’escalier en spirale, hauteur 2m 500, mais, ce qui est U plus curieux, c’est qu’il est d’un seul morceau de bois, et ^cmmarchement (sic) est de 0"' 600, marche et contre-marche ^taillée dans le limon.
- Encore une curiosité que je remarque : c’est une pièce
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- de bois, chêne, avant 12 mètres de longueur, 11U200 de largeur sur 0m800 d’épaisseur, et dans laquelle il a été taillé un bateau d’une seule pièce, dent les parois n’ont que 2 centimètres d’épaisseur; je ne relate ceci que pour indiquer le temps et la patience qu’il a fallu pour obtenir un tel travail.
- Paris (France). — Collection de bois des îles exposée par M. Girardot. Très remarquable par les variétés.
- M. Voillereau. — Une bibliothèque en deux corps, en chêne ciré, avec casier à trappe, travail de menuiserie très bien conditionné ; seulement, il est regrettable que tout en admirant le travail l’on ne puisse établir une comparaison instantanée de la valeur de l’objet exposé, avec le même travail que journellement nous sommes appelés à faire en province.
- Belgique. — M. Beaufais expose une porte et lambris de salle à manger en noyer, style Renaissance, qui ne laisse rien à désirer comme goût et fini de travail.
- M. Delbruyère, divers échantillons de bois utilisés dans un parquet, et en usage dans la menuiserie, tels que chêne, sapin du Nord, noyer, palissandre, acajou, etc., le tout très bien conditionné.
- M. Legoyer, de Bruxelles, expose une magnilique chaire a prêcher avec son escalier, d’un travail supérieurement bien fait. Il est vraiment rare de trouver réunis dans un seul objet le travail de menuiserie, sculpture et découpure, sans qu’aucun d’eux laisse quelque chose à désirer (le tout en chêne).
- M. Iluts expose une cheminée, genre Renaissance, en bois sculpté, représentant les Arts réunis ; objet qui, quoique n’étant pas de notre partie, a droit à toute notre aduU ration.
- La Société anonyme belge nous oll're aussi un échan Ion de son savoir-faire : c’est un panneau en bois divers, en nous représente, à mon point de vue, que le temps
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- la patience qu’un bon ouvrier (patient), a pu mettre à le faire.
- Norvège. — Habitation menuisée en sapin du Nord (nécessairement) ; découpures et échantillons de corniches, ainsi que les moulures faites à la mécanique, très bien faites. Ici, comme ailleurs, le délégué étranger au pays de l’exposant ne peut malheureusement pas toujours obtenir les renseignements qui lui seraient nécessaires pour établir une comparaison entre les produits étrangers et les nôtres.
- Russie. — Nous ne remarquons rien de bien attrayant comme travaux de menuiserie, si ce n’est un chalet parfaitement bien fait, il est vrai ; mais il ne nous paraît pas utile d’en faire une description détaillée, vu qu’il ressemblait à peu de chose près à celui de Norvège (1).
- Nous avons transcrit ce rapport textuellement. Il est un peu court.
- «APPORT DE M. ACHILLE DLPACNY Menuisier, délégué de la ville d'Anzin (Nord).
- Ce rapport, comme le précédent, est très bref. Pour cette raison nous le donnons intégralement, bien que le rapporteur y parle beaucoup plus de l’outillage que de la menuiserie proprement dite.
- Voici le rapport de M. üupagny :
- « Monsieur le ministre,
- « J’ai l’honneur de vous adresser quelques détails sur l’ou-lillage et les travaux de menuiserie qui se trouvaient installés
- Amsterdam.
- « Dans la série des scies à rubans, j’ai remarqué une scie
- (1) Comme le délégué a oublié de nous décrire le chalet norvégien,
- u°Rs voilà Lien renseignés !
- (Noie des rapporteurs généraux.)
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- dont le cercle des volants était tout plat, sans épaulement pour retenir la scie pendant le travail, l’épaulement est remplacé par des guides d’un nouveau système, lesquels sont placés verticalement au lieu de l’être horizonalement, ; de cette façon, la scie se tord beaucoup moins facilement et casse moins vite.
- « Une autre scie , montée sur trois volants au lieu de deux, permet de découper des panneaux plus larges qu’avec des scies ordinaires ; donne au scieur la facilité de travailler sans le secours d’un servant et aussi d’exécuter son travail avec une plus grande précision, attendu que sa pièce se trouvant placée sur la table, y est bien ferme, et que par suite il est possible à l’ouvrier de la gouverner d’une façon plus complète .et plus régulière.
- « Quant aux scies circulaires, une seule méritait l’attention à cause des quelques modifications suivantes : la table possède un guide mobile, placé d’équerre sur le devant de lu scie, lequel guide sert à raccourcir les pièces avec une parfaite précision. De plus, la table est montée sur quatre colonnes à vis, ce qui permet de la relever ou de la baisseï avec plus de rapidité, pour faire les feuillures aux dimensions voulues, et sans être obligé de toucher à la scie.
- « Pour le reste de l’outillage, aucune nouveauté saillante ne se faisait remarquer dans tous les objets exposés — seuls les produits de la maison Tiersot, de Paris, pouvaient attirer l’attention par leur élégance, leurs proportions parfaites et le fini de leur exécution.
- « Parmi les travaux de menuiserie, rien d’absolument neuf dans la manière d’assembler et d’exécuter les différentes pièces-J’en citerai pourtant quelques-uns, d’un goût parfait et d un rendu irréprochable.
- « D’abord, une cheminée avec lambris sortie des ateliers de la maison A. Damon, de Paris. Puis, deux échantillons ^ parquets, l’un fait par M. Schmidt, d’Altona (Prusse), l’autre exposé par la construction industrielle, Société nno nyme de Bruxelles. En troisième lieu, une chaire d’église
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- chêne sculpté, ayant la forme d’un clocher, et dont le soubassement est garni de douze statues représentant les douze apôtres et dont l’abat-voix supporte les quatre évangélistes : cette chaire est pour moi un chef-d’œuvre.
- « Dans les objets d’ameublement, j’ai remarqué la belle exposition de la maison Guéret frères, de Paris, et notamment une magnifique chambre à coucher en acajou, avec lit à colonnes et moulures dorées.
- « M. Christiaens, de Bruxelles, a produit une bibliothèque admirable, et M. Huts, également de Bruxelles, une cheminée Benaissance, en bois sculpté, représentant les Arts réunis. Ce travail dénote une merveilleuse habileté de main mise au service d’un goût exquis.
- « Dans la section tunisienne, j’ai vu une armoire à glace avec panneaux découpés et sculptés, d’une facture tout à fait admirable ; malheureusement, la fermeture donne à penser que la serrurerie dans ce pays ne suit pas le progrès : les portes de ladite armoire sont en effet suspendues avec des paumelles, ce qui est d’un très vilain effet. Des pivots remplaçant les paumelles feraient de ce meuble un bijou.
- « Je termine en constatant que les meubles allemands, qui frappent l’œil à première vue, sont d’un travail très peu soigné, et par là, bien inférieurs aux meubles des ateliers français, toujours faits avec goût et parfaitement exécutés.
- « Veuillez, etc.
- « Achille Du paon y. »
- Anzin, le 11 octobre 1883.
- RAPPORT DE M. HENRI DUPRÉ
- Menuisier, délégué par la Chambre syndicale des diverses corporations de Niort (Deux-Sèvres).
- La première partie du rapport de AI. ü. Dupré est consacrée aux habitudes, mœurs el institutions de la Hollande,
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- Ces renseignements ayant trouvé leur place dans des chapitres spéciaux, nous ne suivrons pas le rapporteur dans cette partie de son travail.
- Parlant de la menuiserie qu’il a remarquée en ville, M. Du-pré dit que ce n’est point à Amsterdam que les menuisiers français devront aller pour se perfectionner dans leur art. Tout est fait à la légère et mal conditionné. Les châssis des fenêtres sont à guillotine, ce qui fait qu’avec de grandes ouvertures il y a en réalité peu d’air. La séparation des appartements est faite par des douelles de sapin, disjointes en bien des endroits.
- Les escaliers sont en bois et très mal commodes; les marches n’ont pas plus de 15 centimètres de pas; ce sont de véritables échelles de meunier, mais beaucoup plus dangereuses. Les essences de bois employées sont les mêmes qu'en France.
- Le salaire de l’ouvrier menuisier hollandais est plus faible que celui du menuisier français à Paris, c’est vrai, mais il produit aussi beaucoup moins dans le même espace de temps; ce salaire est le même entre Amsterdam et Niort, soit 30 centimes l’heure; la production de l’ouvrier niortais est supérieure, il gagne donc moins en réalité que l’ouvrier menuisier d’Amsterdam.
- La nourriture de l’ouvrier hollandais se compose de pommes de terre et de beurre, nourriture peu confortable; aussi, pour se réchauffer le tempérament se verse-t-il du genièvre, liqueur pernicieuse qui le rend débile avant l’âge. Nous, Français, il nous faut pour notre tempérament une nourriture plus confortable : il nous serait impossible de suivre Ie régime hollandais, quoique nous soyions loin de pouvoir nous offrir le nécessaire, étant donnée la pénurie de nos ressources et la cherté croissante des vivres et des loyers. B-serait bien nécessaire de mettre un terme à cette augmentation constante des loyers, car l’ouvrier ne pouvant arriver a payer ce loyer avec son salaire actuel, demande de l’augmentation à son patron, qui ne peut pas le satisfaire souvent.
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- Alors, il se met en grève, et c’est une chose bien malheureuse quand il faut en arriver là !
- Parlant de l’Exposition, M. H. Dupré dit que l’ensemble en était fort beau et qu’il lui serait impossible d’en détailler toutes les merveilles.
- La Hollande étaitpassablement représentée comme meubles. Les mieux réussis, à son avis, étaient deux appartements complets avec meubles style antique (sic), dont l’un en noyer avec lambris sculptés, l’autre en bois mélangés, avec lambris également, sortant de la maison Van Houtem d’Amsterdam.
- La maison Kamphuis, d’Amsterdam, exposait de beaux meubles en bois de rose laqué. Un buffet de salle à manger en chêne, style Renaissance hollandaise, très beau et bien coupé, exposé par la maison Voogel frères, d’Amsterdam, étaient à peu près les plus belles pièces d’ébénisterie exposées par les Pays-Bas.
- Anoleteiuu: et Irlande. — Le rapporteur a vu peu de choses à signaler dans l’exposition des meubles de cette nation. Un billard dont la combinaison en fait aussi une table de salle à manger l’a seul frappé; mais, en réalité, ça n’est pas là du meuble proprement dit, et encore le délégué de Niort n’a-t-il pu voir fonctionner ce billard à mécanique.
- Allemagne. — Cette puissance ne brille guère par ses meubles artistiques. Il y avait une table en chêne à coulises, dont le système devait être très ingénieux, si ingénieux même qu’il était impossible d’en voir le fonctionnement.
- Les pianos, en grande quantité, sont beaux à première vue, mais ils ne sont pas fixés et nullement comparables aux pianos français.
- Les produits allemands à première vue attirent l’œil, mais quand on se rapproche, on constate qu’on est loin d’être devant un travail fini et de valeur; en un mot, de la pacotille, à moins que ce ne soit incompétence des travailleurs allemands.
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- Belgique. — La Belgique est sans contredit la puissance qui nous suit de plus près à cette Exposition. Ses meubles sont de bon goût et bien faits; notamment une chaire à prêcher en chêne, d’une dimension monumentale. Les coupes et les sculptures sont d’un fini sans retouche (sic). Ce beau travail sort des ateliers de la maison Loyers frères, à Louvain.
- Une bibliothèque demi-circulaire, en érable et acajou, avec compartiment intérieur à secret, véritable travail d’art et de patience, exposé par la maison Van Laethem, de Bruxelles.
- Meubles de salon en noyer, style antique (sic), sculpture et ébénisterie parfaites, do la maison Arens, Arnould, à Anvers.
- M. Bartels (Louis), d’Anvers, exposait un meuble artistique où étaient sculptées des épisodes de l’histoire de la Belgique. D’après l’avis du rapporteur, ce meuble est un chef-d’œuvre. i
- Il est certain que la Belgique marche derrière nous pour les travaux d’ébénisterie et de menuiserie.
- Très peu de choses à signaler en Italie : quelques petits meubles en bois sculpté, de Venise; table marquetée et dorée, de Florence, bien exécutée, mais rien d’extraordinaire.
- L’Espagne, la Turquie, la Grèce, la Suisse et l’Amérique» n’avaient rien exposé comme meubles ou menuiserie,
- Fkaxck. — La France est sans contredit de toutes les puissances exposantes celle qui marche en tête pour l’ameublement. Les mobiliers exposés par les maisons de Paris sont d’une élégance et d’un fini que l’on ne trouve nulle autre part.
- Le lit de milieu, fabriqué spécialement pour le roi de Hollande, est une merveille d’élégance et de beauté.— Les pianos et les billards français sont sans égaux : aussi, au milieu <1° l’exposition française, se senlait-on fier et heureux d’appa1’" tenir à ce noble et cher pays.
- Du reste, 1 exposition des galeries françaises étaittoujoui s
- bondée de visiteurs.
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- Musée rétrospectif de Port hollandais. — Dans le palais qui sert de musée rétrospectif aux œuvres d’art de la Hollande , sont entassés les chefs-d’œuvre des temps anciens. On est vivement impressionné après avoir contemplé toutes ces merveilles, et il est permis de se demander s’il nous est possible de faire mieux que nos pères ont fait?
- Après avoir passé en revue la galerie des machines, que nous supprimons ici pour les raisons que l’on sait, le rapporteur aborde la conclusion de son rapport. Cette conclusion est très originale, et comme forme et, comme fond. Nous avons pensé qu’on la lirait avec plaisir; nous la donnons donc textuellement, sauf quelques légères corrections :
- « L’industrie de la menuiserie laisse beaucoup à désirer dans notre localité, au point de vue du salaire. Si le salaire des ouvriers menuisiers n’est pas ce qu’il doit être, nous ne devons nous en prendre qu’à nous-mêmes : c’est faute de s’entendre et de s’unir. Il faut se former en syndicats corporatifs. Une fois en syndicats, nous fomenterons l’association, et je suis certain que les travailleurs qui désirent s’affranchir du patronat ne manqueront pas d'apporter leur obole pour recouvrer leurs droits et leur liberté! Il est un fait certain, c’est que l’hésitation et l’insouciance sont nos défauts principaux. Il y en a qui prétendent que l’association est impossible, du moins pour certaines corporations : d’accord sur cette thèse jusqu’à un certain point; mais qu’il me soit permis de dire : laissez tenter ce qui est possible, notre devoir est même d’encourager ceux qui font ces tentatives.
- « Je suis persuadé que les impossibilités d’aujourd’hui deviendront les possibilités de demain!
- « Je termine en désirant que les travailleurs de tout corps d’état s’unissent pour avoir leurs coudées plus franches. Car, enfin, par une union corporative, nous arriverons ostensiblement (sic) à raiïrancbissement du prolétariat.
- « Une délégation de deux ou trois membres par syndicat corporatif serait choisie parmi les plus intelligents pour former l’union des syndicats. Cette union de travailleurs pourrait
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- prendre le nom de : Comité corporatif de l’Union des chambres syndicales ouvrières de France, dont le siège central serait à Paris, avec un comité représentant tous les syndicats de province, à seule fin de porter à qui de droit les réformes discutées et émises par chaque union syndiquée (1).
- « En résumé, je conclus en demandant aux détenteurs des pouvoirs publics de prendre en considération les réformes que je signale, comme étant seules capables de faire disparaître le chancre (sic) qui nous ronge !
- C’est donc avec confiance , soucieux de l’avenir de la France et de la prospérité de notre industrie nationale, que je demande les réformes ci-dessous :
- » 1° Impôt sur le revenu; — 2° la liberté des frontières, en un mot le libre-échange; — 3° suppression pleine et entière des octrois; — 4° droit d’association, ce qui nous permettra de faire face à la concurrence étrangère; — 5° suppression du travail dans les couvents et les prisons.
- « Je termine en remerciant nos représentants des corps élus pour les subsides qu’ils ont bien voulu accorder aux chambres syndicales.
- « Et mes remercîments les plus sincères aux membres de ma chambre syndicale, qui ont bien voulu me confier la mission de les représenter à l’Exposition universelle d’Amsterdam.
- Henri Dupré,
- « Hue de la Hurgoncc, à Niort. »
- (1) Le citoyen Dupré, qui fait partie de VUnion des Chambres sy ouvrières de France, n’a pas l’air de s’en douter! Il demande très sérieusement l’organisation d’un groupement qui existe, et dont il est, certes, un des membres les plus actifs et les plus sympathiques.
- (Note des Rapporteurs généraux)-
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- RAPPORT DE M. VICTOR DUMAS Menuisier, délégué de la ville de Marseille (Rouches-du-Rliône).
- Ce délégué, dont le travail a été imprimé, a fait un rapport général où il passe en revue tous les produits exposés. Il dorme également des renseignements sur l’existence de l’ouvrier en Hollande. Nous ne prendrons de son rapport que la partie purement corporative et quelques renseignements généraux, corroborant ou complétant ceux que nous avons déjà donnés.
- Galerie hollandaise. — La maison Van Malsen (de la Haye) exposait un salon en noyer avec lambris d’appuis posés autour et à pilastres saillants, à grand cadre, avec grecque et filets incrustés sur les panneaux et les bâtis en ébène.
- Une porte à deux ventaux à chambranle, avec attique au-dessus, et aussi une bibliothèque. Ces travaux, style Renais-ssance, ne laissaient rien à désirer comme fini et coupe de bois. Cette maison a eu le bon esprit d’indiquer sur des règles, les plans, parterre et hauteur, avec tous les morceaux embrevés, depuis la plinthe, la stragale et la cimaise. Presque pas de colle,, ce qui dénote une bonne construction.
- Maison Schep (d’Amsterdam). — Un buffet eu palissandre, Louir XVI, moulures en noyer et table du meme style. Sculpture et fini de ces meubles ne laissent rien à désirer.
- Maison Jansen et Zonen (d’Amsterdam). — Un salon en Royer, Renaissance, lambris de hauteur, dont les panneaux du haut sont garnis en tenture, ainsi qu’une porte ayant sur les côtés deux colonnes avec chapiteaux supportant une cor-Riche avec fronton garni de sculptures. Un peu lourd comme composition, très bien fait et bien coupé.
- Le rapporteur signale encore dans la galerie hollandaise les maisons Van Houtem, Blasing et fils, d’Amsterdam, et A-Uon et Ce, de Rotterdam. La première exposait une salle à Ranger en noyer, d’une bonne exécution comme travail ; la
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- seconde, une salle à manger en chêne, ainsi qu’une cheminée, une crédence et deux portes à grand cadre avec panneaux sculptés, d’une exécution passable. La maison Allon exposait aussi une salle à manger Louis XV, en noyer; l’exécution était irréprochable et la beauté du bois remarquable.
- Galerie belge. — Le délégué marseillais signale dans la galerie belge, la maison Demeuler, de Bruxelles, pour son exposition d’une chambre à coucher complète. Le travail est bien compris et bien fait comme main-d’œuvre, en raison des difficultés que présente le bois blanc pour les coupes qui ont toujours des tendances à noircir. Il faut une grande propreté et de grands soins pour arriver à un résultat pareil. Cela prouve beaucoup en faveur des ouvriers de cette maison-
- La maison Demeuter avait une collection de meubles d’une valeur notable, aussi riches par leurs sculptures que par la pureté de leurs profils de moulures. C’était l'exposition la plus belle de la galerie belge.
- Maison Anyers-llang et C% de Bruxelles. — Une salle à manger, Louis XVI, en vieux chêne, composée rde cheminée, bulfet, crédence, avec lambris d’appui posé autour. Ces travaux ne laissaient rien à désirer, mais je dois faire remarquer que Je vieux chêne laisse une certaine latitude comme exécution, sous bien des rapports, ce qui sort tout le caractère artistique: il va de soi qu’on ne peut prendre ces travaux pour des chefs-d’œuvre.
- Maison Franck (François), d’Anvers. — Une salle a manger et fumoir-Renaissance.
- M. Christiaens, de Bruxelles. — Une énorme bibliothèque en érable, teint cendre, moulures en amarantho, vernie au tampon, et ne mesurant pas moins de 5 mètres de large s111 5 mètres de hauteur et 1 mètre de profondeur.
- Les deux côtés do la façade forment avant-corps à la part10 du milieu, qui forme un arrière-corps cintré à anse de paniei? avec fronton au milieu qui, forcément, se trouvait cintré eu plan et en élévation. Dans les côtés de face, deux niches ou
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- arrières-voussures unies, dans lesquelles étaient les bustes du roi et de la reine des Belges. Ce travail était gigantesque à l’œil, lourd, matériel. Les ouvriers qui ont fabriqué ce meuble ont dû avoir beaucoup de peine en raison de sa dimension et de la force des moulures.
- Une maison de Louvain, Goyers frères, exposait une chaire à prêcher, en chêne naturel, octogone, style gothique, flanquée de douze apôtres à la coupole ; au-dessus de l’ahat-voix se trouve une quantité de petits clochetons, accompagnant graduellement la flèche centrale. Ce travail ne laissait rien à désirer comme main-d’œuvre, bien coupé et bien fini, du très joli bois, bien assorti. Néanmoins, il est regrettable que cette œuvre ne fut pas complète, car il y manquait l’escalier. fl nous a paru assez étonnant, dit le rapporteur, que le jury ait admis ce travail, le principal y manquant; nous aurions vu avec plaisir l’escalier, précisément parce que c’est la pièce qui résume la difficulté dans ce genre de travail.
- Italie. — L’Italie occupait un très petit espace et n’avait que quelques meubles sans importance. M. Bancinelli, de Florence, exposait une série de petits cadres en ébène et en mosaïque, très bien faits. Les petits détails de coupe et de moulures, ainsi que la sculpture, dénotent une grande dextérité de main de la part des ouvriers qui ont fait ces petits travaux.
- Angleterre. — Nos voisins d’outre-Manche s’étaient abstenus d’exposer des meubles et des menuiseries, ce qui nous a paru étonnant, car dans toutes les expositions la menuiserie en meubles artistiques joue ordinairement un grand rdle, nous dirions même que c’est la partie qui attire le plus ï’eeil du visiteur. Nous savons que les Anglais ne sont pas en Retard dans cette partie, mais nous aurions aimé pouvoir les comparer avec nos meubles de Paris. A part cela, leur galope était bien belle, nous y avons remarqué de beaux draps, coffres-forts, mais peu d’objets d’art.
- L’Autriche-Hongrie, dit le rapporteur, n’avait que des
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- meubles en bois courbé qui n’ont rien de commun avec nos meubles d’art, si recherchés et si appréciés. Quelques échantillons de parquet en panneaux sans importance.
- La Russie, n’avait rien non plus comme meubles; elle n’occupait du reste qu’un très petit espace. Remarqué des échantillons de cuir, dont la réputation n’est plus à faire, ainsi que des fourrures de toute beauté.
- 'France. — C’est avec la plus grande satisfaction que nous avons vula galerie française, la plus grande,la plus luxueuse et la mieux décorée. En effet, M. Boulanger, l’habile architecte, n’avait rien négligé pour qu’il en fut ainsi, car tout respirait l’art et le bon goût.
- Le rapporteur a ressenti un immense plaisir en parcourant la partie de la galerie renfermant les boiseries et meubles de Paris, car il n’y avait que les maisons de Paris qui eussent exposé des meubles et boiseries. Pour la partie de l’ameublement qui y était soigneusement représentée, il suffit de citer la maison Damon et C% successeurs de M. Kriegor, pouf confondre meubles et boiseries des autres nations.
- Du reste, on ne sera pas étonné de la supériorité de la galerie française, quand on saura que les récompenses obtenues par les exposants, sont de 170 diplômes d’honneur et 380 médailles d’or, tandis que les Allemands n’ont obtenu que 55 diplômes d’honneur et 154 médailles d'or. Les autres récompenses suivent dans les mêmes proportions.
- Passant à la description des meubles, le rapporteur signale-la maison Damon et Ce, de Paris, qui avait exposé une riche crédence et un bureau en noyer, ainsi qu’une toilette enp01" rier naturel, avec psyché. Il est impossible do décrire tout ce que ces meubles avaient d’art et de délicatesse pour la finesse des profils de moulures et des petits réseaux, coupés avec une précision inouïe ; la sculpture, surtout, y était traitée il nnG façon admirable, par la grâce et la souplesse de scs ornenaen talions. Ces meubles étaient bien de nature à lutter avec t°uh les objets d’art que pouvait contenir cette vaste exposit-1011
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- Cela fait certainement honneur à M. Damon, ainsi qu’aux ouvriers qui ont coopéré à l’exécution de ces artistiques travaux.
- MM. Guéret, frères, de Paris, avaient exposé une chambre à coucher, Louis XVI, en acajou, composée d’un lit, d’une commode et d’une armoire à glace à trois corps, garnie par des moulures et ornements en bronze ciselé, ce qui donnait un éclat on ne peut mieux réussi à ces meubles. Mais, dit le rapporteur, il serait trop long de citer toutes les maisons, car toutes le méritent; nommons seulement au courant de la plume : M. Allard, MM. Schmit et Piollet, M. Drouard et M. Jansen-Olivier. Toutes ces maisons parisiennes avaient exposé tout ce que l’on peut voir de beau et de riche, de .véritables chefs-d’œuvre. Toutes ont été dignement récompensées.
- Suède et Noryèce. — Il n’y a guère que la Suède et la Norvège qui aient exposé de la menuiserie de bâtisse. Nous avons remarqué un kiosque en bois blanc passé à l’huile, orné de moulures appliquées sur cloison et ayant deux portes à grand cadre, à deux ventaux, avec un chambranle et corniche sur la façade. L’intérieur du kiosque était pourvu de gauche à droite, de portes se fermant les unes sur les autres et de différents modèles, à grands cadres et à petits cadres, à montants et sans montants. Celles à petits cadres, et que les moulures le permettaient, étaient sans onglets, c’est-à-dire la moulurecontre-prolilée en travers. Toutes ces portes étaient coincées, laissant à désirer comme assemblage, les profils de moulures lourds, sans grâce, à côté de larges plates-bandes ne laissant pas que d’ètre disgracieuses à l’œil. Les moulures Paraissaient avoir été poussées à la toupie, car il leur manquait la coupe de l’outil qu’on ne peut remplacer. Les bois étaient tous en bois du Nord, bons et très beaux.
- Allemagne. — Avant de rendre compte des produits de sa Profession exposés par cette puissance, M. Victor Dumas se livre à quelques appréciations politiques à propos de l’orga-
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- irisation de la galerie allemande. Il est impossible aux rapporteurs généraux de suivre le délégué des menuisiers de Marseille sur ce terrain. Les critiques et les observations de M. Dumas ont pu être imprimées et publiées dans son rapport, sans offrir le moindre danger et sans blesser les susceptibilités ; il n’en serait plus de même dans notre publication.
- Le rapport d’ensemble a un caractère officiel qui nous oblige à observer certaines mesures, certaines convenances dont ont pu se départir les délégués dans leurs rapports individuels, sans que leurs appréciations engageassent qui que ce fut autre qu’eux-mêmes.
- Il n’en est pas de même pour nous, nous ne sommes point seuls responsables, et conséquemment nous sommes tenus à une grande réserve.
- C’est ce qui fait que nous avons dû déjà élaguer, couper ou arrondir certains passages dans différents rapports des membres de la délégation.
- Nous saisissons cette occasion pour en expliquer, une fo*s pour toutes, le motif.
- Cela dit, continuons le rapport de M. V. Dumas.
- Nous n’avons vu d’autre menuiserie exposée que quelque*5 meubles de commerce, notamment des tables à coulisses et à tirettes, ainsi que quelques échantillons de parquets sans importance.
- Ou remarquait une salle de modèles de géométrie descriptive, de menuiserie, de charpenterie et de maçonnerie. 1e1, notre impartialité nous commande de reconnaître que ces U10 dèles étaient d’un réel mérite, et malgré toutes les difficulté qu’on se plaît à accumuler, n'en étaient pas moins bie° ajustés. La plupart de ces pièces étaient en poirier natiu6^ Uni et coupé avec une précision inouïe. Nous avons pu 'eS comparer avec quelques spécimens de nos écoles profession nelles de Paris, ainsi que des autres nations, mais ces iu° dèles sont loin d’atteindre la valeur des modèles alleiuauds’ nous le constatons avec regret. Cela prouve que nous avon
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- besoin de réagir contre l’indifférence marquée qui existe aujourd’hui. Nous n’avons pas assez d’exemples sous les yeux et cela nous porte généralement à ne pas vouloir les connaître [$ic).
- La menuiserie a Amsterdam. — La menuiserie, à Amsterdam, est très médiocre. Généralement, les maisons n’ont pas de fermeture extérieure ni intérieure, c’est-à-dire ni per-siennes ni volets. Les croisées sont à guillotine, à glace et sans petits bois, presque pas de devanture. La plupart des magasins ne sont fermés que par une grande glace fixée autour d’un dormant scellé dans le mur, ou bien avec des vitrages à guillotine, ayant leur porte d’entrée sur les côtés, à glace ou pleine indifféremment. Les maisons bourgeoises mêmes, ne sont fermées aux rez-de-chaussée, aux croisées, que par une simple glace. Profitons de l'occasion pour dire que cela prouve beaucoup en faveur des Hollandais.
- De ce qui précède, il ressort que la menuiserie d’une maison se borne à quelques portes intérieures et à quelques croisées sans luxe. Les planchers et la plupart des cloisons sont en bois, et encore cela est fait par des ouvriers spéciaux qui ne font que ce genre de travail. La menuiserie est donc de peu d’importance et mal finie. Ils ont l'habitude de pousser de larges plates-bandes sur leurs portes, qui sont disgracieuses à l’œil. Ils emploient les bois du Nord pour les bâtis et du peuplier pour les panneaux.
- Les portes d’entrée sont presque toutes en bois du Nord, peintes en chêne ou en noyer. Cependant, quelques maisons bourgeoises nouvellement construites, ont des portes d’entrée en chêne et en noyer naturel, très bien faites et d’une certaine valeur. Nous avons pu constater que les llçllandais ont des tendances à embellir leur menuiserie.
- Le rapporteur consacre un chapitre aux renseignements sociaux et que nous n’insérons pas pour les raisons que nous avons déjà formulées; puis il rend compte de sa visite aux ateliers de l’Arsenal qu’il a pu voir, grâce au consul, M. de
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- Sainte-Foix. Ces ateliers étaient un peu en désarroi, un grand incendie en ayant détruit une partie quelque temps auparavant. Néanmoins, les chefs d’atelier ont fait fonctionner devant lui les perceuses, mortaiseuses, et ont fait pousser des plates-bandes. Ces divers travaux ont été loin de lui donner satisfaction ; ils laissaient à désirer comme mise en chantier, comme coupe et linition du bois. Avec leur outillage, ils doivent avoir beaucoup de peine pour faire un travail perfectionné.
- Parlant de sa visite aux ateliers privés, le délégué de Marseille dit que cette visite n’a pas été des plus faciles. Bien des maisons prétextaient des affaires urgentes pour ne pas recevoir les délégués français. Aussi n’insista-t-il pas, dans la plupart des cas. Du reste, les ateliers de menuiserie ne sont pas d’une grande importance, car une partie des travaux se fait sur les chantiers mêmes, étant donné le genre de construction : la menuiserie va de pair avec la maçonnerie.
- Cependant M. Blessing, fabricant de meubles et menui-sérié artistique, a donné au délégué tous les renseignements qu’il désirait; il est vrai que ce patron, ainsi que son contremaître, qui a travaillé à Marseille, parlent parfaitement le français.
- Comme outillage, les menuisiers hollandais travaillent a l’anglaise, c’est-à-dire qu’ils ne se servent pas de scies semblables aux nôtres, mais de coutequx-scies (égoïnes) ; ils ne se servent généralement pas non plus de valets, ce qui, au pohff de vue du rapporteur, rend le travail beaucoup plus long; étant reconnu l’avantage qu’il y a à se servir de cet outil. Bes bois employés sont les mêmes qu’en France pour les meubles et boiseries intérieures. Les bois de noyer viennent en grande partie d’Italie, et les bois de chêne de Russie. Le prix des bois est à peu près le même qu’en France.
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- Bien que les ouvriers gagnent un tiers de moins qu France, le prix des façons est aussi cher en Hollande que dans notre pays, et même plus cher, et cela de l’aveu des
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- ouvriers qui ont travaillé à Paris. Cela tient, disent-ils, à la nourriture qu’ils ont et à ce qu’ils boivent de l’eau.
- Le rapporteur se plaint ensuite de ce qu’à Amsterdam, comme dans toutes les Expositions passées et futures, craint-il, les coopérateurs aient été complètement oubliés par le jury des récompenses.
- Cependant, ceux qui façonnent, qui créent quelquefois les merveilles qui font l’admiration de tous, ne devraient pas être relégués au même plan que les machines, et il serait de toute justice qu’ils participassent aux récompenses qu’on accorde aux chefs-d’œuvre qu’ils ont aidé à produire.
- C’est là un vœu auquel nous ne pouvons que nous associer pour notre part.
- Parlant de la crise qui sévit d’une façon spéciale sur l’industrie de l’ameublement, le délégué de Marseille dit :
- Le marasme que traverse l’ameublement est dû, à notre point de vue, au goût du public pour les vieux meubles et les vieilleries de toutes sortes. Il y a comme une fièvre du vermoulu qui s’est emparée du public, qui lui fait préférer de vieux rogatons au lieu et place de meubles neufs et bien confectionnés : tant que cette lièvre durera, il y aura crise.
- Partout, en Italie, en Suisse, en Espagne, en Allemagne, on est à la recherche des bahuts. Plus ils sont vieux et mauvais et plus on les paye cher; peut-être 10 0/0 au plus ont de la valeur, le reste ne vaut absolument rien, ni comme sculpture, ni comme architecture.
- Nous espérons, avec le délégué de Marseille, que ce goût du bibelot dit antique passera, et que nos ouvriers d’art retrouveront l’emploi des facultés créatrices qu’ils ont si merveilleusement montrées à l’Exposition d’Amsterdam.
- Après avoir remercié le consul de France, qui lui a facilité l’entrée de l’Exposition avec une réduction de 50 0/0, le rapporteur conclut ainsi :
- C’est avec grande satisfaction que nous avons vu la France tenir un rang digne d’elle. Par la splendeur de ses
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- produits elle rivalisait avantageusement avec les autres nations; principalement pour les meubles et menuiseries artistiques, dont Paris a le secret par ses compositions si bien comprises et ses sculptures si délicates. Aussi avons-nous vu arvec plaisir tous les visiteurs nous payer ieur£ tribut d’admiration et d’enthousiasme.
- Après la France vient la Belgique, qui nous suit de près daus la lutte de l’art, de la science et du progrès. C’est la nation qui respire le mieux les goûts de la France, nous n’hésitons pas à le reconnaître et à lui en faire nos sincères compliments.
- Ces Expositions, auxquelles l’Europe s’accoutume, ne peuvent que contribuer à la prospérité des peuples, ainsi qu’à leurs bonnes relations; elles sont, en outre, un puissant stimulant pour les ouvriers qui, soucieux de leurs intérêts et de leur art, veulent parvenir à perfectionner leurs œuvres et leurs méthodes.
- Nous remercions donc tous les corps élus qui votent les fonds nécessaires pour l’envoi de délégués ouvriers aux Expositions, car il convient que l’ouvrier sache, chacun dans sa spécialité, s’il est au-dessus ou au-dessous des autres nations, alin d’en tirer le plus grand profit, et ce, dans l’intérêt de la prospérité commerciale et industrielle de la France et de la République.
- Dumas (Victor).
- EXTRAIT DU RAPPORT COLLECTIF DES DÉLÉGUÉS De l’Union des Syndicats ouvriers de la ville de Rordeaux.
- Les délégués des Syndicats ouvriers de la ville de Bor-deaux, au nombre de sept, représentant chacun une industrie différente, ont fait un rapport collectif liés complet, lreS bien écrit et fort intéressant. Mais, par cela même que ce rapport est collectif, il nous est impossible d’en donner un résumé suivi, certains des délégués bordelais représentant
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- des professions dont les rapports ont leur place dans le deuxième volume du Rapport d’ensemble seulement.
- Nous extrayons donc, pour ce premier volume, ce qui a trait aux professions qui y sont classées d’après la méthode que nous avons adoptée.
- Les considérations générales, les appréciations diverses, formulées par les délégués bordelais, seront publiées, avec le restant de leur rapport, dans le deuxième volume du Rapport d’ensemble.
- Les délégués bordelais dont les professions sont classées dans ce premier volume, et qui figurent dans l’extrait que nous publions, sont :
- MM Joseph Pagand-, scieur de long;
- Louis Jofîre, charpentier en bâtiments ;
- Alexandre Labouigne, menuisier en sièges ;
- J. Antoine Maurin , ébéniste, conseiller prud’homme.
- Les délégués bordelais, dont les professions figureront dans le deuxième volume, sont :
- MM. Eugène Perrin, coupeur tailleur ;
- Pierre Roussel, typographe (conseiller municipal de Rordeaux) ;
- François Darmis, pâtissier-glacier.
- EXTRAIT DU RAPPORT DES DÉLÉGUÉS BORDELAIS
- Hronzes. — Les bronzes d’art et d’ameublement sont grandement représentés à l’Exposition d’Amsterdam, les premiers fabricants de Paris y ont envoyé des objets tels que statues, groupes divers, lustres, candélabres, vases, etc., dont la supériorité sur les objets similaires exposés par les autres nations est incontestable. Nous devons pourtant dire que la Belgique ne nous le cède qu’à grand’peine, et que ses bronzes ont certainement une grande valeur. Nous n’en dirons pas autant de l’Allemagne, qui en a été réduite, le plus
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- souvent, à faire des imitations des œuvres de nos artistes, procédé assez peu délicat, mais qui lui permet d’offrir, même en France, ses produits à des prix inférieurs à ceux auxquels les maisons françaises peuvent établir leurs créations.
- Meubles. — L’industrie de l’ameublement, une de celles dont l’avenir, en France, préoccupe le plus, offre une exposition des plus complètes.
- Plus de vingt maisons hollandaises, presque toutes d’Amsterdam, ont exposé des meubles et boiseries , la plupart en bois de noyer ou de chêne, auxquels on a conservé la couleur naturelle.
- Nous citerons, entre autres, la maison Van Houtem, d’Amsterdam, qui a exposé une salle à manger, style Henri II, dont la principale pièce, un buffet-vaissellier à quatre portes, et les boiseries l’accompagnant sont d’une exécution parfaite et d’une conception de bon goût.
- Les divers meubles de chambre et de salon exposés par MM. H.-F.-J. Jansen et Zom sont d’un style Renaissance parfaitement observé et d’un fini qui ne laisse pour ainsi dire rien à désirer.
- La maison Schep a exposé, entre autres articles,-une cre-dence et une table en palissandre ciré, avec moulures noyer, style Henri II, qui offre un attrait tout particulier, autant par la pureté du style que par l’effet de la combinaison des bois assortis.
- Un bulfet à grands coins ronds, style Louis XVI, de la maison Cossa, d’Amsterdam, et un bahut et une cheminee avec boiseries, style Renaissance, exposés par MM. Blessmg et lils, sont d’une exécution des mieux réussie.
- Les meubles exposés par les autres maisons, tout en étant d’un bon choix, 11e sont pas d’un travail qui ait retenu notre attention.
- Nous avons pu visiter une des plus importantes fabriqué de meubles d’Amsterdam, la maison Jansen, qui occupe environ deux cents ouvriers. Les ateliers sont parfaitement agencés et l’outillage nous a paru excellent; une machme
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- très bien installée, et fonctionnant continuellement, sert à débiter le bois, à découper, à faire les moulures, les mortaises, les tenons et les rainures.
- La maison Van Houtem et la maison Siem et Tromp, occupent également un grand nombre d’ouvriers.
- Bi slgique. — Parmi les maisons belges, au nombre de trente environ, la maison Briot se distingue par un ameublement de salon.
- La maison Christiaens, de Bruxelles, a une exposition complète : chambre Louis XVI, chambre acajou et noyer, meubles en pitchpin verni et en érable peint; tout cela, quoique d’une valeur marchande, est de très bon goût et bien exécuté.
- MM. Loyers frères, de Louvain, ont exposé une chaire à prêcher en chêne sculpté, d’un effet superbe. La flèche en pyramide qui la surmonte, s’élance gracieusement à une hauteur de 6 à 7 mètres.
- Si la conception est parfaite, on peut dire que l’exécution est sans reproche et a été conduite de main de maître.
- La maison Maens-Rentier, de Bruxelles, a mis sous les yeux des visiteurs divers meubles en noyer, style Louis XVI, dont la création et l’exécution sont très remarquables.
- Deux billards, dont l’un en thuya et en bois noir, d’un style Louis XVI, et l’autre en chêne ciré au naturel, ont été exposés par la maison Taulet, de Bruxelles. Ces billards sont très riches, et d’une exécution de travail parfaite.
- Les autres maisons belges ont également exposé des meubles qui, sans être d’une richesse de style et d’une exécution égale à celles des meubles des maisons que nous avons citées, n’en sont pas moins d’un travail et d’un bon goût qui dénotent que la Belgique a fait d’énormes sacrifices pour être représentée dignement à l’Exposition, et y tenir le rang qu’elle y occupe.
- L’exposition italienne, dans la section de l'ameublement, tdollre que des objets de marqueterie, de mosaïque et dé
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- sculpture, d’un goût parfait, il est vrai, mais plutôt destinés à orner un appartement qu’à le meubler, dans la véritable acception du mot.
- Rien de réellement remarquable dans la section de l’ébé-nisterie allemande. La plupart des meubles exposés sont d’un travail ordinaire et ne révèlent en rien un goût vraiment artistique et un esprit créateur. Aussi, nous bornerons-nous à dire que l’Allemagne est encore loin de faire aussi bien que les pays qu’elle cherche à imiter. *
- Nous croyons inutile d’entrer dans de plus amples détails au sujet d’une exposition que nous avons trouvée moins intéressante que nous ne le supposions.
- France. — Dans les meubles français, nous voyons l’art se révéler dans tous les détails, ils sont à la fois gracieux et imposants, ils flattent dans leur ensemble et par leur forme régulière et leur délicatesse, aussi bien que par la richesse de leur ornementation.
- Voici les noms des principales maisons françaises qui ont exposé, et l’indication des meubles qui ont le plus attiré notre attention.
- M. Allard, de Paris, un fauteuil, un cabinet ébène et une crédence genre italien, un fauteuil et un cabinet Ileuri IL
- M. Damon et C% un assortiment de meubles de style d’une régularité parfaite, et une cheminée Renaissance.
- MAL Guéret frères, un lit et une armoire Louis XVI, on acajou garni de cuivre, ce genre de meubles, qui ne se fait pas à Bordeaux, est d’un très bel effet et d’une grande richesse.
- AI. Jansen (Olivier), de Paris, un lit royal Louis XV, °n bois recouvert, d’une grande beauté, et divers autres meubles très bien exécutés.
- M. Drouard, de Paris, une cheminée d’un très bel aspect et des meubles de différents styles, d’un très beau travail-
- MAL Sçhmit et Piollet, de Paris, des meubles de stylo et un lit Louis XVI d’un grand offet et de toute boauté.
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- Mrae veuve Sormani et fils, meubles d’art et bronzes d’une grande délicatesse et d’une remarquable légèreté de style.
- M. Y. Jovideley, de Paris, travaux de sculptures et meubles d’une exécution irréprochable.
- M. Merlini, de Paris, objets d’art, de marqueterie et d’ivoire, mosaïque, etc.
- M. Miano, de Paris, meubles d’art et beaux motifs de sculpture.
- Nous citerons encore la collectivité du boulevard Voltaire (Joveneau); la maison Laterrière et la maison Majorelles, de Nancy, dont les meubles d’art, vernis et style japonais sont des plus coquets.
- Nous ne devons pas oublier de parler de M. Voillerau fils, qui a exposé différents modèles de bancs, pupitres, tableaux, etc., à l’usage des écoles.
- Mentionnons aussi l’exposition des meubles chinois, qui, par l’originalité de leur confection, sinon par leur perfection, savent attirer l’attention non seulement des visiteurs, mais celle des personnes que leur profession met à même d’en apprécier les mérites.
- Sièges. — Les sièges en tous genres, depuis les articles les plus courants jusqu’aux modèles les plus riches, sont assez largement représentés, et les principales maisons de Paris ont exposé des articles dont l’élégance et le confort attestent la supériorité de la fabrication française ; aussi croyons-nous que l’Allemagne, la Belgique et la Hollande feront leurs efibrts pour rivaliser avec nous. Nous n’aurions rien à craindre de leur concurrence, si l’on dégrevait les matières premières qui entrent dans la fabrication du siège des droits auxquels elles sont soumises, et si la création et le développement de sociétés coopératives ouvrières donnait aux travailleurs, par leur participation aux bénéfices de l’entreprise, un salaire suffisant saus augmenter le coût des objets fabriqués.
- La visite des plus grands ateliers d’Amsterdam, pourvus d’une machine n découper et û préparer le bois, nous a
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- convaincus que, dans cette partie, le fait que le prix d’une journée de travail soit moins élevé qu’en France ne peut être considéré comme un élément de sérieuse concurrence, car si l’ouvrier hollandais est moins payé il produit bien moins; son outillage à la main est loin de valoir les outils employés en France; il n’a pas l’activité de l’ouvrier français, ni le goût qui pousse celui-ci à améliorer et à varier les types de fabrication afin de conserver la supériorité qui nous est acquise. Somme toute, on peut dire que le prix de revient d’un travail identique ne diffère pas sensiblement, qu’il soit exécuté en Hollande ou en France.
- RAPPORT DE MM. JULIEN GODY
- Fabricant de meubles d’art et de menuiserie, à Amiens, rue Grasset, 25, * délégué par la ville d’Amiens (Somme).
- M. J. Gody commence son rapport par un exposé de la question dans lequel il constate que l’industrie du meuble a fait depuis quelques années de sensibles progrès. Il suffi! d’avoir vu, en 1882, l’Exposition des arts décoratifs au palais de l’Industrie, à Paris, pour en être convaincu. Là se trouvaient réunies les productionsde nos meilleurs artisans et de nos meilleurs artistes, et il était facile de constater que depuis 1878 le goût s’était développé dans toutes les productions françaises. Sans doute nous avons à lutter avec nos voisins, surtout avec les Allemands, qui nous font une concurrence redoutable au point de vue du prix; mais nous pouvons dire hautement que l’art, c’est-à-dire le dessin, Ie style, est et sera longtemps encore notre partage et nob° gloire.
- Franck. — Les produits français exposés à Amsterdam relèvent du style Renaissance dans toute sa pureté. A sig|)a' 1er, par exemple, la substitution de figures vivantes (st.c) allN cariatides, et surtout la tendance à emprunter à la nature
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- même les sujets d’ornementation. C’est le propre des fabricants français d’avoir su créer des dispositions nouvelles dérivant des modèles que nous ont laissé les Italiens. L’inspiration puisée aux sources de l’art, dans nos musées historiques, dans nos châteaux nationaux, à Fontainebleau entre autres, plein des chefs-d’œuvre qu’y a entassé François Ier, les a préservés d’une copie servile. Ils ont su choisir et corriger quand ils ont emprunté des dessins appartenant à d’autres époques, et ainsi, au lieu d’une contrefaçon plus ou moins exacte, qui témoigne seulement d’une habileté matérielle, ils ont su créer d’admirables modèles, que des élèves dignes d’eux augmenteront et transmettront à leur tour aux nouvelles générations.
- Dans l’art, tout est là : quand on aspire à ressembler à un maître, ce sont les vérités seules qu’il faut tâcher d’imiter!
- ... Le rapporteur ne saurait, à moins de dépasser les limites restreintes d’un rapport technique, détailler toutes les merveilles de l’industrie du meuble exposées à Amsterdam. Il en signalera seulement les plus importantes, entre autres une chambre à coucher complète, commandée par le roi de Hollande.
- Cette chambre à coucher consiste en un lit pur style Louis XIV, garni de peluche lie de vin. La même peluche recouvre également les moulures et les champs qui encadrent un panneau en soie café au lait sur lequel se trouve appliqué un bouquet de fleurs genre Baptiste Monayer, Louis XIV. Ces fleurs sont en velours et drap, sertis par un point de chaînette en fil d’or ; de plus, les ornements qui font cros-selte et culot sont en bronze ciselé et doré, et sont traités comme les ciselures du fameux Couthière qui vivait sous Louis XVL Le haut, c’esl-à-dire la tête du lit, qui a environ 1"‘5() de hauteur, se trouve terminé par deux volutes qui forment support pour recevoir les armes royales. Ces armes sont surmontées de la couronne portant plusieurs pierres Unes incrustées dans des griffes en or. Ce lit est encadré dans de grands rideaux en peluche, soutenus par un baldaquin en
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- forme de couronne. A droite se trouve une psyché d’une forme tout à fait nouvelle. La sculpture en est finement faite et bien galbée. A gauche se trouve une console, avec bronze sur fond laqué de chine, représentant Collin-Maillard, d’après Watteau.
- Le tout forme un ensemble vraiment digne de la correction et de l’inspiration française.
- Salle à manger en noyer : une œuvre remarquable également et d’un goût original. Point de lambris ; ils sont remplacés par des pilastres supportant à la partie supérieure un cintre en forme d’ellipse. La pièce a 8 mètres de longueur sur 7 mètres de largeur ; l'artiste a placé la cheminée dans l’axe du long côté. La corniche de la cheminée arrive à hauteur de la naissance de l'ellipse. A droite et à gauche, deux meubles dans des panneaux de forme elliptique. Ces meubles laissent environ 2 mètres de vide jusqu’au plafond, dans ce vide se trouvent trois petites niches plein-cintré, placées de front dans l’épaisseur du mur ; on peut y mettre différents petits objets : potiches, statuettes, buires, etc.
- Les sièges sont d’une forme à la fois bizarre et gracieuse. Ainsi le dossier est carré, sur les deux pieds du dossier se trouvent placés deux anneaux dans lesquels passe un gros câble vert et or qui supporte le coussin du dossier, ou du moins paraît le supporter. Pour le siège, le coussin est soutenu de la même façon, seulement le câble passe autour des pieds de devant et se trouve retenu par une tête en cuivre tourné.
- Le bois qui a servi à la confection des meubles et de la salle à manger est en noyer, d’une seule espèce. La couverture des sièges et la tenture sont en vieux vert avec quelques filets d’or; l’intérieur des petites niches est rouge grenat. Le tout est d’un ton très agréable û l’œil et très chaud.
- Plusieurs autres grands fabricants ont exposé des intérieurs de cabinets tout meublés qui sont dignes d’être remarqués.
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- Une importante maison de Paris, qui copie les meubles du musée de Cluny et autres, ainsi que le genre ancien (sic), a été très remarquée. La commission delà loterie d’Amsterdam lui a acheté au moins quinze lots d’une valeur moyenne de 1,200 francs, ce qui prouve que la production française est goûtée à l’étranger.
- D’autres maisons avaient exposé des étoffes de tapisserie au petit point, imitation des Gobelins, de Beauvais, ainsi que des draps avec applications. Toutes ces étoffes sont pour sièges ou tentures, et produiraient des effets magnifiques, si elles étaient appliquées sur des sièges de l’époque Louis XIII ou Louis XVL
- Belgique. — La Belgique a aussi son cachet particulier. Elle a copié nos lignes françaises, et si nous lui avons emprunté le Louis XIII flamand, dont le musée rétrospectif d’Amsterdam conserve encore les types, elle s’est assimilée nos productions récentes, et nous ne pouvons que l’en féliciter. Elle brille surtout par sa marqueterie et son choix de bois de couleurs pour planchers.
- La sculpture du bois est soignée et habile ; les meubles, sobres de décorations, sont d’un goût peu commun.
- A propos des bois de couleur, le rapporteur signale une grande bibliothèque qui a été fort remarquée. Au milieu, une porte ; à droite et à gauche de petites parties formant pavillon. Au centre de ces pavillons, de petites niches hémisphériques, contenant les bustes en palissandre massif du roi et de la reine des Belges. Le tout est en érable gris moucheté, avec moulures en bois d’amaranthe, qui produit un effet de couleur remarquable
- Le môme fabricant exposait un lit tout en sapin blanc, d’après les dessins du dessinateur français Verchère. Ge lit reçoit une petite teinte bleutée pale, avec quelques ornements dorés et gravés dans les grandes frises et plates-Wides. Le tout est d’un effet ravissaut. La chambre est complétée par une armoire à glace, une petite table de toi-
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- lette genre Duchesse, des fauteuils; le cadre de la glace a un baldaquin.
- Une autre maison avait exposé un intérieur de salle à manger tout en noyer.
- Le rapporteur passe ensuite en revue les marbres et les métaux d’ameublemeiït exposés par la Belgique. Ces différents genres figurant dans les rapports spéciaux à ces professions, nous passons de suite à sa description des meubles de la Hollande. — La Hollande n’avait exposé que des meubles peu remarquables; l’inspiration en est médiocre et l’exécution peu soignée.
- Il y avait cependant quelques grands ameublements, mais pas assez intéressants pour qu’on pût s’y arrêter.
- Allemagne. — L’Allemagne n’a fait aucun progrès sérieux depuis 1855. Le meuble est lourd, massif, et, comme le disait M. Karmath, directeur de l’école polytechnique de Hanovre : « Il faudrait deux hommes pour soulever une chaise ! »
- Presque toutes les lignes sont droites et ont l’aspect d’une monotonie désespérante. Cependant, une maison d’Allemagne a exposé quelques meubles à truc, imitant en cela l’Angleterre. A citer, par exemple, une table à coulisses, dont le système pourrait être applicable à nos tables françaises, qui joindraient à leur élégance actuelle le confortable nécessite par nos petits appartements modernes, principalement dans Paris.
- Cette table renferme dans l’épaisseur de la ceinture la quantité de volets déterminée par le grand côté de la table, ces volets s’ouvrent comme une lèvre, et viennent se placer automatiquement au moyen d’un pivot lixé sur une triugl° en fer traversant la table. Avec quelques perfectionnements, cette table a chance de succès en France.
- Le rapporteur se propose d’en présenter un nouveau modèle, perfectionné naturellement.
- L’Allemagne exposait aussi plusieurs échantillons de par-
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- quels, qui sont loin de pouvoir rivaliser avec ceux de Belgique, surtout comme dessin et comme mariage de couleurs dans les bois de différentes essences.
- En somme, exposition peu intéressante. D’ailleurs, les produits présentés par cetle nation ne sont qu’un impur plagiat (sic) des œuvres des autres nations, des œuvres françaises surtout!
- Autriche-Hongrie. — L’Autriche n’a pas donné dans le meuble d’art la mesure des progrès qu’elle a réalisés dans les autres branches de l’industrie. La partie principale de son exposition consistait en une grande collection de sièges, tables, etc., en bois recourbé. Ce genre d’industrie a beaucoup de succès; mais ce n’est plus de l’art, c'est de la mécanique. On conçoit que les progrès de cette puissance dans la confection du meuble d’art ne soient pas plus sensibles: elle emploie pour ces travaux les mêmes architectes que l’Allemagne !
- Italie. — Rien en fait de meubles, si ce n’est une énorme importation de petits guéridons en bois doré qui ne manquent pas d’élégance. Le dessous reçoit une plaque en* marbre noir avec un simple petit bouquet de fleurs encastré dans ladite plaque.
- Une maison italienne exposait encore des supports de potiche, faits d’une espèce de sapin bruni, imitation de palissandre. Ces supports sont très déchiquetés, mais n'ont rien de remarquable.
- Tunisie. — On remarquait un arc de lit en noyer sculpté à jour, où l'ornementation n’était obtenue qu’à l’aide de figures géométriques; pas d’autres lignes. Les collres, les meubles, les tables conservent toujours le même style qu’ils avaient il y a bien des siècles. Beaucoup de richesses dans les tentures et les costumes; ce sont des tissus de flanelle avec application de ronds métalliques superposés comme des écailles de poissons. Des couleurs très décoratives et d’un harmonieux effet.
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- Angleterre. —Le meuble anglais n’est pas riche, mais bien soigné. Cette nation pratiqué toujours le vieil adage : Utile dulci! Ainsi, on voyait une armoire de lm 50 de large sur 2 mètres de haut, en noyer massif, renfermant armoire à glace, commode, toilette et garde-robe !
- Dans le même ordre d’idée, un billard servant de table pour salle à manger. Au moyen de charnières, on enlève le dessus de la table, immédiatement on trouve billes, billard et queues!
- Chine et Japon. — Ces deux nations ont exposé les mêmes produits.
- Beaucoup d’applications de nacre sur leurs meubles. Ils ont adopté les portes à charnières ; dans les précédentes expositions, ils ne connaissaient que les portes à coulisses. Leurs écrans sont avec applications de tissus sous verre.
- Un lit fabriqué à Canton a été très remarqué. Il a tout à fait les lignes de nos lits à baldaquin , c’esl-à-dire quatre colonnes supportant une corniche formant baldaquin. Com®6 fond sanglé, ils emploient le tissu de nattes, ce qui est bien préférable au point de vue de la solidité et de l’élasticité.
- A côté de ce lit s’en trouvait un autre très grand, qui pourrait être appelé : chambre et cabinet portatif, car l’intérieur est divisé en deux compartiments : dans le premier, celui qui se trouve à l’entrée, on remarque deux fauteuils, une petite commode-toilette et une chaise; dans le deuxième» formant une alcôve qui se ferme à volonté au moyen de deux portes à coulisses, se trouve un fond en tissu de nattes suspendu par quatre grosses nattes lixées dans les angles” Ce lit a été fabriqué à Ning-Po, Chine. Cette ville est très bien représentée pour le meuble.
- Indes anglaises. — Les meubles des Indes anglaises sont d’une forme très contournée, et pas une ligne ne reste sans sculpture à jour simulant branchages et feuillages. Lems sièges sont cannelés comme les sièges Louis XIV français*
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- Leurs vases sont de formes élégantes et très réussis comme piqué et cloisonné.
- Ils avaient exposé des petits coffrets en application d’ivoire et piqués d’étain avec écaille et nacre. Le dessin ne 3ort jamais des figures géométriques. A signaler des damiers dont les blancs sont en ivoire, comme chez nous, mais dont les noirs sont faits en piqué, toujours avec écaille et nacre. Ce piqué renferme une certaine quantité d’argent oxydé destiné à produire le noir. Pour donner une idée du travail d’incrustation, il suffit de dire qu’il existe dans un carré de trois centimètres de côté environ, 1,500 petits triangles, qui produisent, en certains endroits de ce carré, des octogones et des étoiles à cinq branches.
- .... Les puissances qui ne sont pas mentionnées dans le
- présent rapport le doivent à l’exposition tout à fait insignifiante de leurs meubles d’art.
- .... Le délégué de la ville d’Amiens regrette que le
- musée rétrospectif de la ville d’Amsterdam soit situé si loin de la France, car c’est une mine précieuse où pourraient aller puiser les patrons et les artisans qui s’occupent du meuble d’art. Ce musée renferme des types d’ameublement sans pareils, tels que le style Louis XIII flamand ; avec cela une collection de ferronnerie d’art, fin quinzième siècle, tels que serrures, lanternes, landiers, chenets, crémaillères, heurtoirs, penturcs de grandes portes, clefs ; des tapisseries, soieries, dentelles, émaux, crosses, encensoirs et vitraux peints.
- Le rapporteur termine son travail parles lignes suivantes :
- « O11 ne saurait nier que, dans tous les genres de meubles, sans exception, la France n’ait fourni ce qu'il y avait de plus remarquable et de mieux fini. Les gens experts en la matière ont été unanimes à reconnaître que, dans ce tournoi artistique, la victoire appartient à la France. La pureté du style, l’harmonie de la construction et de l’ornementation, le choix des matériaux, toujours déterminé par les exigences du dessin et de la couleur, une habileté incomparable dans
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- le travail de menuiserie et d’ébénisterie ; en sculpture, une heureuse distribution de l’ornement : telles sont les qualités saillantes, incontestables et incontestées, des meubles d’art français.
- « L’Exposition d’Amsterdam a montré cette vérité comme s’imposant aux exposants de toutes les nations.
- « Cette place que nous avons conquise, nous avons le droit d’en être fiers, parce que ce n’est pas une victoire d’un jour, assurée par une force brutale ou par un hasard heureux : elle est le résultat de l’œuvre civilisatrice de plusieurs siècles de lumière et d’efforts constants ; elle est due au génie, et le génie est immortel ! »
- RAPPORT DR M. J. MAILLARD Contre maître de l’usine Van Veerssen, à Somedieue (Meuse).
- « Après avoir vu sommairement toute l’Exposition, nous nous sommes appliqué à l’étude de l’ameublement et de ses dérivés (classes 24, 25 et 42).
- « Nous avons bien étudié l’ameublement artistique de chaque pays, mais sans nous y attacher d’une façon spéciale ; aussi, dans ce rapport, nous ne donnerons qu’un résumé sommaire des œuvres d’art industriel exposées par les principaux fabricants, laissant à d’autres, plus autorisés que nous, le soin de juger en dernier ressort.
- « Nous nous proposons un but plus modeste, l’étude de l’ameublement considéré au point de vue industriel et corn-mercial, en ce qu’elle se rattache à l’industrie que nous dirigeons, c’est-à-dire à la fabrication des sièges et canapés, a l’outillage et aux matériaux nécessaires à cette fabrication» enfin aux débouchés commerciaux de cette industrie. »
- Tel est le début du travail de M. J Maillard, un des rapports les plus complets et les plus intéressants de 11111 portante industrie de l’ameublement. Nous le donnerons
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- textuellement, autant qu’il nous sera possible, n’éliminant que les parties qui pourraient faire double emploi avec d’autres rapports. Mais toute la partie commerciale, si importante pour nous, à l’heure actuelle, sera donnée in extenso; M. J. Maillard a des appréciations trop justes pour que nous en retranchions un seul mot.
- Pays-Bas. — Les Pays-Bas figurent avec honneur à l’Exposition pour l’ameublement artistique. Pas d’innovations, mais une bonne application des styles Renaissance, dans lesquels le bon goût, l’harmonie des lignes et le fini de l’exécution ont acquis un haut degré de perfectionnement.
- Principaux exposants : M. Schep, à Amsterdam. — Ameublement en bois de palissandre : buffet, table et chaises ; style Henri II, très bien réussi.
- M. Blessing et fils, à Amsterdam. — Très bonne exécution d’une chambre vieux chêne avec lambris, cheminée, bureau, table et chaises du style de la Renaissance allemande.
- M. J.-B. Hillen, à Amsterdam. — Chambre noyer d’Italie: buffet, coffre-fort, deux bureaux, table et fauteuil, style Renaissance. Cet ameublement, très bien conditionné, fait pour les Indes, est en bois massif sans collage.
- M. Allan et C% à Amsterdam. — Délicieuse chambre noyer, style Renaissance.
- M. Voogel frères, à Amsterdam. — Buffet de salle à manger en chêne avec étagère, d’une exécution très correcte, style de la Renaissance hollandaise.
- M. W.-F. Frylinck, à Amsterdam. — Bonheur du jour, bureau et buffet en bois des îles, d’une beauté parfaite.
- Comme on peut en juger par la nomenclature ci-dessus, dans les Pays-Bas, le style Renaissance est le plus recherché Pour l’ameublement riche. Quant aux sièges et meubles ordinaire en bois courbé, ils passent de mode et sont remplacés par d’autres modèles dans le genre du style Louis XV, soit en acajou ou en bois teint imitation acajou ; ces derniers sont en partie fournis par l'Allemagne.
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- La fabrication des autres meubles se fait principalement à la Haye, où il y a les deux grandes maisons Horix et Mutlers, et à Rotterdam, où il y a la maison Allan et Ce, déjà citée, qui fabrique aussi les chaises.
- Le commerce d’exportation des sièges en Hollande n’est pas important ; il se fait seulement pour ses colonies et sur une petite échelle, vu le nombre restreint des Européens qui les habitent (60,000 environ) et la presque totalité des sièges exportés sont des chaises fines, dorées ou décorées qui viennent de France. L’usage des sièges n’est pas adopté dans les colonies hollandaises par les indigènes qui s’assoient tout simplement par terre ou sur des nattes de roseaux, dans la fabrication desquelles l’industrie européenne n’a que faire.
- Belgique. — L’exposition belge est remarquable par sa richesse ; mais, comme en Hollande, aucune idée neuve. Ce ne sont que des styles anciens, parmi lesquels domine ceux de la Renaissance. A côté des imitations des grands maîtres anciens, on se serait complu à remarquer des œuvres de conception nouvelle, démontrant un acheminement vers un progrès réel, mais le rapporteur n'a vu aucune tentative de ce genre.
- Les principaux exposants belges étaient : MM. Procureur et fils, de Bruxelles. — Salon Louis XV : commode, table vieux chêne et fauteuils garnis et dorés, d’un lini parfait.
- M. F. Franck (en collectivité avec M. Verbuecken, à Anvers). Une salle à manger et fumoir d’un très bon goût, style François Ier.
- M. Beaufays van ileeschbeke à Garni. — Crédence en bois de noyer, style Renaissance flamande, très bien exécutée.
- On ne saurait passer sans mentionner la chaire à prêche* en chêne de MM. Goyers frères, à Louvain; véritable chef-d’œuvre, où en tout point on reconnaît la main hardie he l’artiste habile.
- Ge que M. J. Maillard a principalement étudié dans l’exp0
- sition belge, au point de vue industriel et commercial, ce
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- sont les sièges de MM. Herman frères et Carton et de MM. Cambier frères, fabricants à Ath, qui exposaient différents modèles de sièges auxquels MM. Cambier frères donnent la désignation articles d’exportation. Dans le nombre des modèles de ces fabricants, le rapporteur a remarqué trois spécimens de chaises pour tavernes. Ces chaises, dont le dossier et le siège sont d’une seule pièce en placages américains courbés n’ont rien de gracieux, mais vu l’emploi auquel ils sont destinés, leur aspect s’harmonise avec la clientèle qui doit en faire usage.
- Au point de vue commercial c’est là une application qui promet d’avoir un certain débouché. En dehors de ces chaises pour tavernes, les mêmes exposants n’avaient que des sièges massifs, assez bien faits, il est vrai, mais n’étant réellement que des copies mal réussies des modèles français analogues dans lesquels, pour arriver air bon marché, on a supprimé le fini qui caractérise un travail soigné. Le semblant d’éclat qu’ont ces expositions ne doit rien à la bonne exécution des produits exposés, il n’est emprunté qu’à la décoration et au bon agencement des salons qui renferment les sièges ainsi qu’à l’harmonie de couleurs des étoffes dont une partie des chaises sont garnies. Décor, bon agencement, harmonie des couleurs, toutes ces choses sont dues à des ouvriers étrangers à la fabrication de la chaise proprement dite, et s’il y a à louer un industriel, c’est bien plutôt le tapissier.
- Autrichk-Hongiue. — Toute l’industrie du siège dans ce pays est représentée par trois fabriques dont la principale est la maison Tliomet frères de Vienne. L’exposition de cette maison est très complète : fauteuils, chaises, encadrements, etc., tout y est en bois courbé sous toutes les formes.
- Il est fâcheux que l’on ne puisse obtenir ce résultat qu’avec des bois qui, par leur passage à la chaleur pour se façonner aux diverses courbures demandées prennent une teinte rousse de très mauvais ton; aussi, pour dissimuler ce grave inconvénient, les meubles sont généralement recouverts d’un vornis noir,
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- Pour ce genre de travail il ne faut pas que les fibres soient tranchées ; on ne peut donc faire ni moulures ni sculptures si petites qu’elles soient, ce qui fait ressortir dans les meubles un certain cachet de nudité qui ne satisfait pas l’œil. Les sièges eil bois recourbé sont assemblés par des boulons et des rivets, dissimulés autant que possible, mais qui sont encore trop visibles et font tache sur l’ensemble.
- A leur apparition ils ont eu une grande vogue en raison de leur semblant de solidité, étant fabriqués sans tenon ni mortaises et n’ayant aucune de leur partie en bois tranché. L’usage a démontré que dans ce genre de fabrication les bois se gauchissent et se matent aux boulons et aux rivures, ce qui amène une prompte dislocation que l’on ne rencontre pas dans les chaises ordinaires à assemblages bien faits.
- Malgré leur prix relativement élevé, les sièges en bois recourbé ont fait une concurrence énorme, en France aussi bien qu’à l’étranger, aux chaises ordinaires de fabrication française. La majeure partie des cafés et autres établissements publics en sont pourvus.
- En France des essais ont été tentés sans succès pour la fabrication des meubles en bois recourbé; cela tient en grande partie à la nature des bois employés et au mode d’exploitation des forêts qui, en Autriche, est plus favorable à cette industrie que le régime forestier français. Tandis qne l’administration forestière française exige que les arbres vendus à la fin de l’automne, soient abattus à la fin de l’hiver, le système autrichien permet d’extraire les arbres en toute saison, suivant les besoins de la consommation, ce qui permet d’employer le bois aussitôt l’abattage et encore plein de toute sa sève, condition essentielle pour la fabrication des sièges en bois recourbé.
- Les fabricants autrichiens ont donné beaucoup d’extension aux chaises dont les sièges sont faits en placages dits américains.^ s placages remplacent dans certains cas, avantageusement le cannage, surtout quand on vise exclusivement la solidité sans se préoccuper de l’élégance. Ils se composent
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- de trois feuilles minces collées ensemble en entrecroisant le sens des fibres du bois. Ils sont découpés à jour, suivant des dessins variés.
- Tout récemment des fabricants français ont adopté ce système concurremment avec le cannage, notamment la maison B. Van Veerssen et Ce, à Sommedieue (Meuse), qui l’exploite mainlenant d’une façon courante ; elle applique surtout cette fabrication aux chaises de brasseries et de casernes, etc., où la solidité doit primer le bon go lit.
- Allemagne. — L’exposition allemande est variée ; dans les meubles riches, c’est le style allemand (moyen âge), qui domine.
- L’Allemagne expose des sièges en bois recourbé dont le prix est inférieur à celui des sièges fabriqués en Autriche, mais dont l’exécution est aussi bien inférieure.
- Les principaux exposants sont : MM. Ferd. Wogts et Ce, de Berlin : salon noir et or, style allemand ; une chaise en noyer, style Luther (?). A. Bembé, à Mayence, salon en noyer, style allemand.
- Hess et Bom, à Berlin, salle à manger et chambre à coucher en noyer. •
- Saechsische Ilolz-Industrie Gesellschaft, à Babenau (Saxe), exposent des chaises enbois recourbé, couleur noire et blanche. Le rapporteur a remarqué un fauteuil noir, joli et assez bien fait. Cette maison fait beaucoup d’alfaires en Hollande ; elle vend meilleur marché que la maisonThomet de Vienne; il est vrai que ses articles sont moins bien faits, ainsi qu’il est dit plus haut.
- La maison F. Kohnte et Ce, à Stuttgard, expose des fauteuils et des canapés à garnir. Elle a deux garnitures de deux fauteuils et d’un canapé, l’une en noyer, l’autre en bois peint en noir; deux chaises et un fauteuil noir fantaisie. Ces derniers meubles sont dits « chaises françaises ». Tous ces objets sont d’une assez bonne fabrication, mais portent toujours le
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- cachet de la main-d’œuvre allemande : lourde et sans pureté de lignes.
- Paul Koppel, à Dresde. Le fauteuil vieux chêne exposé par cette maison, communément nommé dans ces pays « fauteuil de paresseux », est très pratique. Le fonctionnement du mécanisme est parfait, mais ce fauteuil, d’un « prix excessif », est loin d’égaler ce qui se produit en ce genre en France, à bien meilleur marché.
- Dans le résumé de son rapport, M. J. Maillard établit une comparaison entre les divers échantillons allemands exposés et les produits similaires français. Le lecteur verra que le bon marché allemand ne réside que dans les articles de qualité inférieure. Sitôt qu’ils cherchent h faire soigné, les Allemands sont beaucoup plus chers que nous, sans atteindre, même de loin, notre fini et la pureté de nos styles.
- Franck. — C’est avec fierté, dft M. J. Maillard, que nous pénétrons dans le pavillon français, aux proportions savantes et hardies, et que nous traversons les riches galeries de cette belle exposition, heureux d’être Français.
- Décor, ameublement, ébénisterie, menuiserie, tout y est beau.
- Pour nous convaincre, jetons un coup d’œil sur les remarquables expositions parisiennes d’ameublement artistique, d’une perfection raffinée, et nous rendrons hommage en général à tous les exposants français, et en particulier à ceux dont les œuvres nous obligent à citer les noms.
- Les principaux exposants sont :
- M. ,1. Allard, à Paris. — Un fauteuil en or Louis XV, une chaise Louis XVI, une crédence genre italien, un cabinet ébène et un cabinet Henri II.
- Cette exposition, très réussie, est admirable de tous points-
- M. J.-M. Drouart, à Paris. — Une cheminée Louis XW eI1 vieux chêne; des meubles et une chaise gothique en vieux chêne; une bibliothèque à vitrine en noyer et poirier; 1111 bureau palissandre Louis XVI ; une table de salle à mangel
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- en vieux chêne, style Henri II; un coffre portugais; des meubles de salle à manger Henri II, Louis XIII et LouisXIY, en vieux chêne.
- Celte exposition, .l’une des plus complètes en son genre, est remarquable par la pureté du style, l’harmonie des formes et le fini délicat des sculptures.
- M. Jansen-Olivier, à Paris, a exposé une chambre à coucher, avec lit monumental, styles Renaissance et Louis XVI. En présence de ce beau meuble, on se demande à qui doit revenir la palme : au tapissier ou bien à l’ébéniste ? Ce qu’il y a de certain, c’est que l’alliance des deux arts produit un effet admirable.
- Guéret jeune, à Paris. — Magnifique exposition de meubles de tous styles, sièges et tapisseries.
- Schmit et Piollet, à Paris. — Un joli salon fantaisie, style orientai, avec un lit, deux chaises Louis XIV, noyer et or, ainsi qu’un fauteuil en or Louis XVI.
- Rentrant dans l’ordre d’idées qui préoccupe particulièrement le rapporteur, il passe aux spécialistes de l’industrie du siège dans la partie française de l'Exposition d’Amsterdam.
- C’est d’abord M. Fleury (Jean-Simon), à Paris, qui a exposé un salon très simplement décoré, indiquant bien que ce fabricant n’a pas voulu recourir aux subterfuges pour opérer une confusion dans les idées des visiteurs afin de tromper sur la valeur des objets exposés.
- Les chaises de cet exposant, rappelant les plus beaux modèles Renaissance de nos musées, sont toutes garnies en cuir repoussé, formant de jolis dessins, et les bois, quoique sculptés et moulurés très sobrement, sont une imitation parfaite des plus beaux spécimens de l’époque, ce qui démontre qu’en alliant avec talent le bon goût à la simplicité, on peut arriver à produire des effets remarquables. Ces chaises d’un prix relativement modéré, ne dépareraient pas les salles à manger Renaissance les plus riches et les plus pures de style.
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- C’est ensuite M. B. Van Veerssen, à Sommedieue (Meuse). Ici ce n'est plus un salon comme dans la plupart des expositions qu’on vient de décrire, mais simplement trois gradins sur lesquels sont échelonnés une quarantaine de chaises de différents genres. Ces chaises ne sont plus des copies plus ou moins réussies du style Renaissance, mais une série de modèles modernes pouvant compléter tous les ameublements, depuis le plus riche, jusqu’au plus humble. En effet, à côté de chaises tout simplement vernies, sont de mignonnes chaises dorées, d’autres laquées et décorées de magnifiques bouquets de fleurs nacrées, aux teintes vives, au frais coloris.
- Ces articles, essentiellement français, rappellent la gaieté du sol gaulois. En outre de la coquetterie, ces sièges possèdent encore la bonne exécution jointe à l’harmonie des formes. Ce sont les seuls articles de ce genre que M. J. Maillard ait rencontrés dans toute l’Exposition d’Amsterdam.
- Le rapporteur consacre quelques pages de son remarquable travail à l’étude des outils destinés à travailler le bois. La description de ces outils a été faite dans la partie mécanique par des rapporteurs spéciaux; nous y renvoyons le lecteur.
- Par contre, nous donnons in extenso les conclusions du rapporteur :
- ... « En résumé, notre visite à Amsterdam nous fax! ressortir d’une façon évidente que l’art de l’ameublement reste stationnaire ; il n’y a aucune de ces grandes œuvres magistrales qui passent à la postérité classant une époque.
- « Nous comprenons parfaitement qu’après tant de beaux modèles parus jusqu’à ce jour, il est bien difficile au génie de créer une œuvre assez originale et assez belle pour marquer son temps.
- « En revanche, nous y trouvons une grande quantité àe jolies copies des modèles Renaissance, style qui y règne d’une façon presque exclusive.
- « En comparant l’ensemble des produits exposés par chacune des nations en présence, on reconnaît que la France
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- tient toujours le premier rang d’une façon incontestée, puis viennent la Belgique et la Hollande, qui ont des meubles remarquables au point de vue de l’exécution, et en dernier rang, l’Allemagne, qui nous montre des produits secondaires, péchant par le dessin autant que par le fini.
- « Cette branche de l’industrie du meuble ne s’adressant qu’à une clientèle riche, est forcément restreinte, ce qui fait que le beau succès remporté par la France à Amsterdam rapportera à notre pays plus de gloire que d’argent.
- *« Il n’en serait pas de même si les fabricants du meuble ordinaire, destiné aux classes aisées et bourgeoises, qui sont la plus grande majorité, ne s’étaient abstenus d’exposer.
- « En effet, cette catégorie de meubles, où le concours de l’artiste proprement dit n’est plus nécessaire, représente à elle seule au moins les trois quarts de l’importance de l’ameublement.
- « Le but à atteindre est de produire rapidement et à bon marché des meubles solides, de bon goût et imitant au mieux possible les véritables meubles d’art. Ce résultat est à peu près obtenu aujourd’hui à l’aide de machines perfectionnées, par l’emploi de procédés de teintures et de vernissages donnant à des bois communs l’aspect de bois plus riches, et enfin par la division du travail poussée dans ses dernières limites.
- « Dans cette voie, tous les pays ont lutté avec activité et chacun se montre avec un goût et des procédés qui lui sont particuliers.
- « C’est ainsi que la Hollande se présente avec ses sièges genre Louis XV en imitation acajou et en acajou véritable. Dans ce dernier genre, on doit lui reconnaître une certaine supériorité. A la Haye, à Rotterdam et aux environs, un bon nombre de petits fabricants occupant plusieurs ouvriers et s’aidant d’un outillage quoique assez primitif, arrivent à livrer cet article avec succès et dans de bonnes conditions.
- « L’Autriche avec ses meubles en bois courbé, dans la fabri cation desquels elle est jusqu'à ce jour sans rivale.
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- « L’Allemagne avec ses meubles en bois courbé, imités, de l’Autriche, mais d’un fini et d’une exécution moins parfaite ; ses imitations des sièges hollandais, genre Louis XV, teints en rouge, enfin ses copies grossières et mal réussies de nos chaises gracieuses et légères qu’ils intitulent pompeusement : chaises françaises, comme s’il y avait quelque lien de parenté entre elles!
- « La Belgique avec ses copies de tous les pays, mais exécutées avec plus de soin cependant que celles de l’Allemagne.
- « Enfin, la France avec ses chaises de bon goût, élégantes et légères, décorées ou dorées, toutes de modèles fantaisistes et variés, accusant biennie cachet national.
- « Continuant notre comparaison sur ces divers pays, il nous faut déclarer que si la France tient le haut rang pour la bonne fabrication, le goût et l’élégance, elle a aussi de rudes concurrents qui lui disputent la clientèle étrangère par un bon marché acquis au détriment do la fabrication.
- « Nous n’en concluons pas que la position qui nous est faite par la production étrangère soit désespérée. Grâce à l’habileté plus grande de l’ouvrier français et aux perfectionnements apportés à l'outillage, s’il se produisait une amélioration économique quelconque, résultant soit d’un dégrèvement d’impôts ou d’une réduction des prix de transports, la France pourrait soutenir la lutte avec avantage.
- « Nous pouvons donner des preuves à l’appui de cette assertion.
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- « Dans l’exposition allemande nous avons noté huit spécimens de chaises qui font l’objet d’une exportation assez considérable dans les Pays-Bas ; renseignements pris, elles sont livrées franco, en Hollande, à .‘16 florins la douzaine, soi 76 francs. Le modèle analogue, mais mieux soigné, oxposo par la maison française, qui seule possédait ce modèle, coté à 66 francs la douzaine, franco en gare frontière française. Il reste à payer les frais de douane, qui sont de b d/6 environ de la valeur de la marchandise, plus le transport jusqu’à destination.
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- « Les chaises belges de même modèle sont aussi cotées à 72 francs la douzaine, prises en gare la plus proche de l’usine, mais avec remise variable de 50 à 20 0/0, suivant l'affaire. Cette dernière condition empêche d’établir une base de comparaison.
- « La question des prix de transport mérite d’être portée à l’attention de l’administration compétente pour amener les compagnies à une révision plus équitable de leurs tarifs.
- a Ainsi les chaises montées sont taxées comme marchandises encombrantes, à la première série, augmentée de 50 0/0, sans avoir égard à la valeur minime de l’objet transporté, soit 24 centimes par tonne et par kilomètre, non compris les autres frais accessoires.
- « Etablissons un exemple pour montrer dans quelles conditions se trouve le fabricant français qui veut exporter ses produits. On peut admettre qu’il y ait un parcours moyen de 3C0 kilomètres pour gagner un point de la frontière au delà duquel le régime redevient commun à tous les concurrents,
- « La douzaine de chaises des modèles précités, du coût de 60 francs, pèse environ 60 kilos, ce qui produit un prix de transport de 4 fr. 32 ; ajoutons-y les frais accessoires de camionnage, chargement, frais de gare, timbre, etc., et nous aurons à payer six francs (6 fr.), soit 1/10 de la valeur de la marchandise pour n’arriver qu’à la frontière. Continuons notre exemple. A Civet (frontière), les entrepreneurs de transports prennent à forfait pour livrer à domicile, à Amsterdam, 6 fr. 25 par 100 kilos, soit, pour notre douzaine de chaises, 3 fr. 75, et cependant le parcours est de 356 kilomètres au lieu de 300 que nous avons pris pour base en France. Cela constitue une sorte de prime à l’exportation étrangère au détriment de la France.
- « Nous ne pouvons nous empêcher de faire remaquer que les chiffres qui précèdent prouvent que les tarifs de chemins de fer français, ainsi qu'ils en ont la prétention, ne sont pas proportionnels à la valeur des marchandises transportées, car
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- un ballot de draperie ou de soierie de même poids pour un même parcours, et dont la valeur serait de 1,000 à 1,200 francs, ne payerait qu’au tarif de la première série simple, soit les 2/3 de ce que payent les meubles, et tandis que le transport des meubles absorbe 10 0/0 de la valeur intrinsèque, celui des articles que nous venons de citer n’absorbe que dans la faible proportion de 0.33 0/0 de la valeur. Malheureusement, les nouveaux projets de tarifs ne portent aucun remède à cette situation si désastreuse pour l’industrie du meuble.
- « Nous ne voulons pas toucher à la question des droits d’impôts et d’octroi de toute nature qui pèsent sur les industriels français plus que sur ceux des pays concurrents.
- « Nous nous permettrons d’émettre une idée, laquelle, mise en pratique, serait appelée à rendre de grands services à notre industrie en lui créant des relations moins restreintes et en lui facilitant des débouchés: c’est celle des renseignements. Il serait à souhaiter que notre corps Consulaire soit entouré d’hommes spéciaux et compétents sur les trafics de chacun des pays où ils résident, tant au point de vue de l’importation que de l’exportation ; que des rapports établis par eux donnent des renseignements sur le trafic de chaque pays, les adresses des maisons et le genre d’aü'aires traitées par chacune d’elles.
- « Ces renseignements, mis à la disposition des chambres de commerce et des chambres syndicales, serviraient à éclairer la religion de chaque industriel intéressé qui en prendrait connaissance. Nous croyons fermement que cela faciliterait et développerait notre commerce extérieur.
- « Enfin, nous espérons que l’impulsion donnée à t’instritc-tion par le gouvernement républicain portera ses fruits ; les établissements d’écoles professionnelles, d’écoles d’appren-tissage et de dessin nous donneront des ouvriers habiles et éclairés et les écoles de commerce nous formeront de jeunes commerçants et industriels qui, par leur instruction solide et la connaissance de plusieurs langues, pourront ouvrir
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- au loin de nombreux et nouveaux débouchés à la mère-patrie! »
- En réponse au questionnaire que nous lui avons adressé comme à tous les délégués ouvriers à Amsterdam, M. J. Maillard nous a envoyé les renseignements suivants :
- RENSEIGNEMENTS SUR LA PREMIÈRE PARTIE DU QUESTIONNAIRE
- lre question. — R. Le petit village de Sommedieue (Meuse) a deux usines assez importantes qui s'occupent du travail du bois, chaises, fauteuils, canapés, etc. L’une occupe environ deux cent cinquante ouvriers et l’autre une cinquantaine. Il y a encore une dizaine de petits patrons occupant de deux à dix ouvriers qui travaillent en chambre et sans moteur. On peut dire que presque toute la population est employée à cette spécialité, dans laquelle elle est parvenue à un haut degré d’habileté.
- Chacun y a sa spécialité, la division du travail est poussée à l’extrême, ainsi certaines pièces passent par les mains de plus de trente ouvriers avant d’être prêles à livrer.
- La principale usine peut passer pour un modèle dans ce genre. Son matériel et son outillage sont à la hauteur des derniers perfectionnements. Les ateliers, les magasins, les étuves et les hangars pour le séchage des bois sont très vastes, ce qui diminue notablement les manutentions.
- Il faut dire aussi que ce qui fait la prospérité de cette industrie dans ces pays, c’est sa proximité des forêts qui fournissent des bois de bonne qualité et à un prix relativement modique (environ 40 à 50 0/0 moins cher que sur la place de Paris). Les salaires sont aussi bien moins élevés; les ouvriers ordinaires à la journée gagnent, en moyenne, de 25 à 35 centimes par heure, et ceux employés aux pièces de 30 à 45 centimes.
- Dans ces localités, la presque totalité du travail est faite aux pièces, tout y est tarifé et, de cette façon, le travail y revient à 10 ou 15 0/0 moins cher qu’à la journée.
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- Il y a encore un autre élément qui a bien sa valeur, c’est la force hydraulique à bon marché, le ruisseau la Dieue, sur un parcours de quatre kilomètres, alimente dix chutes, qui fournissent de quinze à trente chevaux de force, suivant la saison.
- On comprendra facilement, d’après ces données, que le prix de revient des articles soit meilleur marché qu’à Paris, et soit à peu près le même que celui des usines étrangères concurrentes, placées dans les meilleures conditions, ce dont, du reste, nous nous sommes assuré par les visites que nous avons faites dans plusieurs grands ateliers de la Belgique et de la Hollande, lors de notre voyage à Amsterdam. Si, dans certains endroits, les salaires sont un peu moins élevés et le prix du bois meilleur marché, en revanche on trouve moins d’habileté chez l’ouvrier, plus de mal façons et un moins bon emploi des matières premières, ce qui ramène la balance à peu près à l’égalité.
- 3e question. — II. Généralement toutes les femmes des ouvriers sont employées, dans cette industrie, soit à canner, vernir, cirer, emballer, etc., leur travail, qui est payé aux pièces, est fait à la maison, tout en vaquant aux soins du ménage; la moyenne de leur salaire est de 1 fr. 23 à I fr. 50 par jour.
- 4me Question. — U. Pour les ouvriers de cette partie, l’apprentissage proprement dit n’existe pas, l’enfant entre aux ateliers vers l’àge de douze à treize ans, lorsqu’il est muni ch; son certilicat d’études élémentaires, et il est employé san aucun engagement, avec rémunération de 0 fr. 30 c. à 0 fr. GO c* par jour en entrant. On le fait passer successivement pai’ plusieurs spécialités en attendant qu’il sc; lixe définitivement suivant ses aptitudes ; son salaire augmente; proportionnellement aux services qu’il rend.
- 31"* Question. — II. Les inspecteurs font régulièrement cinq ou six tournées par an, et font respecter la loi dans toute son intégrité.
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- 6me Question. — R. La journée est de douze heures de travail effectif.
- 7me Question. — R. Il 11'y a pas de chômages, il y a quelquefois ralentissements passagers dans la vente, principalement dus aux inventaires, mais qui n’arrêtent en aucune façon la production qui a pris un grand essor en province, surtout depuis les grèves des ouvriers parisiens.
- 8üie Question. — R. Dans cette partie de la Meuse où F on s’occupe du travail du bois, les ateliers sont très sains. Le n’est pas l’air qui manque, une partie sont plutôt insuffisamment abrités.
- Si cette profession offre des dangers, ce n’est que pour les ouvriers employés au débit du bois (scies circulaires et autres outils). Les accidents sont même assez fréquents, occasionnés quelquefois par la mauvaise disposition de l’outillage, mais le plus souvent par l’imprudence de l’ouvrier. Presque toutes les usines ont leur personnel assuré à de grandes compagnies qui se mettent au lieu et place des patrons en cas d’accidents ou de maladie, la prime est généralement payée moitié par le patron, et l’autre moitié par une retenue faite sur le salaire de l’ouvrier. Cette retenue varie de 1 à 2 francs par mois, suivant les ateliers et les conditions de l’assurance.
- En cas de maladie, les assurés reçoivent, en dehors des soins médicaux, une allocation de I fr. ;>0 à 2 francs par jour, et en cas d’accident, eu outre des avantages ci-dessus, ils ont droit à une indemnité variable et tarifée de 100 à '>,000 francs, suivant la gravité de l’accident.
- Les renseignements ci-dessus sont applicables à la presque totalité des usines de la Meuse, où l'on travaille le bois sous toutes ses formes, et elles sont nombreuses.
- A Verdun, il y a une grande fabrique de chaises (environ cent cinquante ouvriers) et plusieurs scieries et fabriques de parquets; de même à Etain, où il y a une scierie et plusieurs fabricants de meubles; à Rar-le-Duc, une usine importante
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- fabricant la menuiserie pour bâtiment par procédés mécaniques, ainsi que plusieurs grandes scieries pour le débit des bois et la fabrication du parquet. On rencont/e aussi des tourneries mécaniques occupant de dix à cinquante ouvriers faisant les petits articles d’ameublement et les chaises par pièces séparées, notamment à Ligny, à Réçicourt, Vignot, Ramblu-zin, Aucemont, etc., qui, toutes, envoient leurs articles à Paris, où ils sont montés et reçoivent la dernière main.
- Il serait trop long d’énumérer toutes les usines qui travaillent le bois dans le département de la Meuse, cependant on pourrait citer les usines hydrauliques et à vapéur de Rupt-en-Vœvre, Genicourt, Dieue qui fabriquent spécialement les bois de brosses.
- Enfin, nous pouvons afiirmer que toutes ces industries s’accroissent et progressent tous les jours, il se trouve des industriels éclairés qui créent de nouvelles usines pour profiter des avantages qu’ils trouvent dans les localités qu’ils habitent.
- Pour citer un exemple, nous pouvons présenter M. Coyen-Carmouche, à Ligny, qui vient d’adjoindre depuis quelques années à son importante fabrication de compas et d’instruments de mathématiques, une annexe pour la fabrication d’articles de bureau, des jouets en bois et des jeux de société (environ deux cents ouvriers y sont employés). Dans les conditions où cette industrie est montée, avec de grands capitaux, un outillage et un matériel hors ligne, une direction habile, et une population ouvrière laborieuse et intelligente, on comprendra qu’elle produit facilement à 50 0/0 meilleur marché qu’autrefois à Paris, où ces articles étaient faits par des ouvriers en chambre et sans outillage.
- Paris est la ville des jouissances, elle doit être la résidence des artistes et des industries qui en dépendent, mais elle ne peut être aisément la ville ouvrière par la raison que l’exis-tence y est plus chère que dans la province et par conséquent la main-d’œuvre plus élevée ; que la matière première y est plus coûteuse, par les transports, octrois, etc., ce qui force
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- l’industriel à livrer ses produits à des prix plus élevés, situation désastreuse pour le pays, en ce sens qu’elle favorise la concurrence étrangère, qui peut livrer des produits similaires à bien meilleur marché.
- A notre avis, le remède à cet état de choses serait de décentraliser le plus possible le travail, c’est à dire de le reporter dans la province- sur les lieux de provenance des matières premières et de créer des associations ouvrières pour profiter des avantages que donne une grande fabrication bien entendue.
- S’il y avait perte pour l’industrie parisienne, l’industrie nationale y gagnerait et, tout en améliorant le [sort de l’ouvrier, la France pourrait lutter avec avantage sur les marchés étrangers.
- J. Maillard.
- Sommedieue, 10 novembre 1883.
- Si, comme M. J. Maillard, tous les délégués ouvriers à Amsterdam avaient répondu au questionnaire que nous leur avons adressé, notre travail eût été beaucoup plus complet et bien plus intéressant. Ce n’eût pas été simplement un rapport d’ensemble des travaux de la Délégation, c’eût encore été une enquête partielle de la situation industrielle et commerciale de la France.
- Sans entrer dans tous les détails et toutes les considérations qu’a abordes M. J. Maillard, ce dont nous le remercions chaleureusement d’avoir fait, la plupart des délégués, dans la mesure du possible, pouvaient répondre au questionnaire. Nous regrettons qu’ils n’aient pas cru devoir le faire. C’est pourtant aux ouvriers qu’il appartient de rechercher les moyens propres à améliorer leur situation ; ils devraient donc saisir avec empressement toutes les occasions qui s’ollïent à eux pour renseigner le pays et les pouvoirs publics sur les causes
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- qui les rendent plus ou moins libres ou plus ou moins asservis au point de vue économique et social.
- Nous exprimons ici toute notre gratitude à M. J. Maillard pour les intéressants renseignements qu’il nous a donnés sur la situation économique et industrielle du département de la Meuse.
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- INDUSTRIE DES TAPIS
- «APPORT UK M. FÉLIX HAUSSÉ
- Délégué à l'Exposition d’Amsterdam par les ouvriers de la ville de Felletin (Creuse).
- Le délégué de la ville de Felletin pour l’industrie des tapis, dits tapis d’Aubusson, a principalement été frappé par deux choses à l’Exposition d’Amsterdam : 1° le petit nombre d’exposants des deux principaux centres de production de ces tapisseries : Aubusson et Felletin; 2° l’absence complète du tapis de pied , autrement dit tapis ras d’Aubusson. La période d’accalmie, dans laquelle la vente de ce genre d’industrie est entrée depuis quelques années, et qui menace de se prolonger, est un grand malheur pour une partie très intéressante de la population ouvrière des villes d’Aubusson et de Felletin. Ce genre de travail était, en effet, un refuge pour tous ceux dont la vue, affaiblie par un travail trop prolongé, ne leur permettait plus d’exécuter les peintures à l’huile dont l’industrie fait aujourd’hui un usage si commun.
- Un grand nombre d’autres ouvriers, confiants dans l’avenir de leur profession ou manquant d’initiative, ont négligé de suivre le mouvement imprimé à toutes les industries par la force du progrès; mouvement qui a complètement déplacé le siège de la tapisserie, qui résidait autrefois dans le tapis de pied et les meubles à Heurs et se qui trouve maintenant transporté dans les grands panneaux décoratifs et les meubles à paysages et à personnages. Ces ouvriers s’étaient endormis pleins de sécurité dans l’avenir de leur état : le réveil a oté cruel pour eux ! La plupart sont obligés, à cette heure, de
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- chercher dans un autre métier — et cela quelquefois au déclin de la vie ou des forces physiques — une ressource pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.
- Pour les tapisseries antiques, deux maisons d’Aubusson seulement avaient exposé : MM. Braquenié et Ce et MM. Du-plan et Hamot. En présence de ce petit nombre d’exposants, on est appelé à se demander quelles causes ont pu empêcher les autres fabricants d’Aubusson et de Felletin de prendre part à cette Exposition. Mais le nombre des expositions se multipliant, on comprend que les manufacturiers millionnaires seuls peuvent supporter les frais qu’entraînent ces expositions lointaines, et cela au grand détriment des fabricants moins favorisés de la fortune, qui n’en contribuent pas moins pourtant à la prospérité de l’industrie. En se renouvelant trop fréquemment les expositions, au lieu d’être utiles au commerce et à l’industrie, finissent par 11’être plus qu’une réclame en grand format au prolit des industriels millionnaires.
- L’exposition de MM. Braquenié et Ce consistait en un lot de tapisseries pour décorations et ameublements, parmi lesquelles on distinguait deux panneaux décoratifs à sujets mythologiques. De plus, cette maison avait exposé dans la galerie belge d’autres tapisseries dont un grand panneau historique et décoratif, commandé par le Sénat de Hollande, et représentant Philippe le Bon recevant les présents d’Orient.
- MM. Duplan et Hamot avaient exposé également une série de tapisseries d’ameublement et décorations, parmi lesquelles on remarquait un grand panneau dont le sujet a été pris dans la mythologie.
- Il est difficile à un simple ouvrier, dit le rapporteur, ne connaissant ni 11e possédant aucune notion de la peinture, de juger et d’apprécier la reproduction et l’exécution d un tableau qu’il 11e connaît pas ; l’ouvrier, dans ce cas, se trouve placé dans la même situation qu’un homme qui serait appe^e à se prononcer sur la traduction de l’ouvrage d’un auteui
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- quelconque dont il ne connaîtrait ni la langue ni l’œuvre. Ces sortes de reproductions ou de traductions diffèrent toujours les unes des autres suivant l’intelligence, le savoir ou le talent des traducteurs ou reproducteurs. Il faut à ceux qui sont appelés à juger ces sortes de travaux, pour pouvoir le faire avec impartialité, la connaissance du texte primitif ou du tableau qui ont servi de base â ces diverses traductions ou reproductions.
- Dans cet ordre d’idées, l’ouvrier placé devant un travail de tapisserie dont il ne connaît pas le modèle, ne peut rendre compte, à moins d’un excès de pédanterie et d’outrecuidance de sa part, du degré de vraisemblance et de ressemblance que présente ce travail. Qui lui démontrera que tel ton de chair ou de paysage est bien celui réclamé par le dessin, s’il n’a pas ce dessin sous les yeux? Son jugement, dans ce cas, ne peut porter exclusivement'que sur les points professionnels suivants: régularité et qualité du tissu, rectitude des lignes dans les traits, ou dans tout ce qui touche au dessin linéaire ; gradation régulière des plans et ensemble du coloris.
- Ces qualités professionnelles se trouvent, il faut le reconnaître, à un égal degré dans tous les panneaux exposés ; le tissu ne laisse rien à désirer comme régularité et qualité, les contours des lignes sont très nets et démontrent une application soutenue de la part des ouvriers qui ont exécuté ces travaux; la gradation des plans et l’ensemble du coloris présentent un heureux assemblage sur lequel la vue se repose avec plaisir, et où on sent circuler l’air, la fraîcheur et la vie !
- Les tapisseries pour meubles, fauteuils, chaises ou canapés sont à la hauteur de leur réputation, et ce n'est pas encore de longtemps que les nombreux imitateurs des tapisseries d’Aubusson trouveront le moyen de les remplacer.
- Quant au jugement à porter sur la plus ou moins exacte reproduction des personnages historiques ou mythologiques représentés, il n’appartient pas à un ouvrier, ne possédant aucune instruction technique, de le faire.
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- Il faut pour cela être un artiste peintre, ou un de ces hommes compétents habitués à juger chaque jour les travaux artistiques. Faire une belle figure en peinture et en tapisserie n’est pas toujours difficile, les estampes coloriées de toutes sortes en sont la preuve ; mais donner à cette figure l’expression qui fait qu’un personnage est lui, et ne peut pas être un autre, n’est pas toujours facile, surtout pour l’ouvrier en tapisserie industrielle, à qui l’instruction technique fait le plus souvent défaut, et qui est obligé, en outre, par la nécessité de subvenir aux besoins de sa famille, de produire le plus d’ouvrage possible. Aussi, suivant l’axiome bien connu, qui s’applique aussi bien à l’art qu’à la mécanique : « Ce qu’on gagne en vitesse on le perd en force. » L’ouvrier en tapisserie n’est pas placé dans des conditions de salaire qui lui permettent de faire de l’art pour de l’art ; au lieu de travailler à la journée, comme le font en général tous les corps d’état, il travaille aux pièces et à prix fixe pour le morceau à exécuter. Cette situation le force à négliger la qualité pour la quantité. Il serait désirable pour l’exécution des tapisseries artistiques, de voir les patrons revenir au système de l’emploi des ouvriers à h' journée, système qui, seul, leur permettrait de porter toute leur attention sur le travail, n’étant plus distraits par aucune considération pécuniaire.
- Il existe aussi une cause professionnelle qui nuit à la bonne reproduction, par la tapisserie artistique, des tableaux qu’elle a à représenter. C’est l’obligation pour l’ouvrier (faut0 de savoir) de placer le dessin sous la chaîne; dans cette ma' nière de procéder, l’ouvrier perd complètement de vue l’eu' semble du tableau qu'il reproduit, il ne voit et ne peut voir que la partie qu’il exécute momentanément, il lui est imp0*' sible, quels que soient son habileté, son talent et son intelligence, de se rendre un compte exact de l’inllucnce de tefie partie du tableau sur telle autre et sur l’ensemble général de la composition.
- Le rapporteur réclame la création, à Aubusson et à Fel
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- ietin, d’écoles professionnelles où l’enseignement technique marcherait de pair avec l’enseignement primaire et artistique, de façon à pouvoir former des ouvriers tapissiers capables d’exécuter eux-mêmes, d’après le tableau, un calque incolore qui servirait à le remplacer sous la chaîne et leur permettrait de conserver devant eux ce tableau, qu’ils consulteraient alors avec beaucoup plus de fruit pour l’ensemble du coloris et le jeu des physionomies. Il est indispensable que ce calque soit fait par l’ouvrier même qui doit s’en servir, car on ne comprend bien, en fait d’imitation, que ce qu’on a reproduit soit-même. Puissent les essais tentés par la ville d’Aubusson, afin de fonder une école professionnelle dans ce sens, aboutir à un résultat heureux, pour que toutes les villes industrielles comprennent que, sans instruction, il n’y a pas de progrès possible et se décident à imiter l’exemple.
- Un autre commerçant français, M. Walmez, manufacturier à Neuilly-sur-Seine, exposait un lot d’imitation en neuf de vieilles tapisseries. Ce genre de travail, qui doit sa grande vogue à la vanité et à la bêtise (sic) des gens de notre siècle, où tout homme un peu fortuné renie son origine et veut remonter aux croisades (sic), n’est pas favorable à la perfection de la tapisserie. Tant qu’il restera le monopole de quelques maisons situées à Paris où dans les communes suburbaines, il n’y aura pas péril en la demeure ; mais si notre dix-neuvième siècle ne pouvait remonter le courant inintelligent et vaniteux (1), qui le pousse à n’être, en matière d’art, que le copiste des œuvres du temps passé, et que ce goût d’imitation continuasse à être imposé par les maisons de commerce aux fabriques d’Aubusson et de Felletin, ce serait sûrement une décadence pour la tapisserie moderne. L’ouvrier perdrait dans ce genre de travail la meilleure de
- (1) Il est grand temps qu’il s’y prenne, s'il ne veut pas arriver trop tard !
- (Note des rapporteurs yénrrattx.)
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- ses qualités professionnelles, celle qui consiste à savoir bien maintenir la fraîcheur et là douceur dans le coloris.
- En effet, pour contrefaire ce coloris terne que le temps a imprimé aux vieilles tapisseries, on est dans l’oblig'ation de n’employer que des couleurs sans aucune- fraîcheur, heurtées entre elles par l’absence des intermédiaires qui, dans tout travail artistique, servent de trait d’union entre les ombres et les lumières, et empêchent l’œil d’être choqué par des passages trop rapides des clairs aux bruns ou par le changement trop subit des différents tons coloriés. Ces intermédiaires qu'on est obligé d’employer en minime quantité, sont par ce seul fait, appelés à disparaître dans tout travail exposé à l’action de l’air pendant un certain laps de temps. Cette disposition donne aux vieilles tapisseries cette crudité de nuances qu’on y remarque généralement. De plus, certaines couleurs, par la nature de leur origine, disparaissent totalement ou en partie, et produisent cette bizarrerie dans le même tableau, d’une partie qu’on dirait exécutée depuis peu de temps, à côté d’une autre où tout coloris a disparu. Par un trop long stage à imiter ces antiquités, l’ouvrier perdrait le sens du coloris, sans lequel la reproduction des chairs n’est qu’un maquillage.
- Sans nier en aucune façon la valeur artistique des temps qu’on cherche à faire revivre par ces imitations, on peut affirmer que notre époque n’a rien à leur envier, au contraire. Alors, les ouvriers n’avaient pas à leur disposition.ee grand nombre de nuances dont la chimie moderne a doté l’industrie du tissage. La grossièreté des lainages et des chaînes dont ils étaient obligés de se servir avant les découvertes du coton et du métier à filer, ne leur permettaient pas de pouvoir exécuter les minuties de dessin qui sont aujourd’hui un jeu pour l’ouvrier en tapisserie. Il est donc regrettable de von’ nos industriels s’engager dans cette voie avec les ressources en peinture et en teinture qui sont à la disposition du tapissier moderne. Avec une instruction professionnelle et artistique plus développée, l’ouvrier en tapisserie peut produire
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- des ouvrages qui ne le céderont en rien aux meilleures et aux plus belles tapisseries antiques.
- Le rapporteur a constaté, à Amsterdam, une grande quantité d’essais d’imitation des tapisseries d’Aubusson : On n’emprunte qu’aux riches, dit-il, avec la sagesse des nations; mais il est impossible de remplacer Y Aubusson autrement que par... Y Aubusson perfectionné et non contrefait. Le métier et l’outillage ne limitant l’ouvrier ni dans le coloris ni dans les formes à imprimer aux morceaux de tapisserie, lui donnent une supériorité incontestable sur toutes les imitations quelles qu’elles soient.
- Un seul mode, qui n'est pas, à proprement parler de l’imitation, mais une branche très importante des différents genres de tapisserie, la tapisserie à haute laine ou moquette, a pu supplanter avec succès le tapis ras d’Aubusson, dont le délégué de Feîletin a parlé en commençant. Le succès de la tapisserie de haute laine doit être attribué, en grande partie, aux mœurs par trop sybarites (sic) de notre époque, et à l’égoïsme commercial qui l’emporte toujours sur les questions d’art. On doit reconnaître impartialement, cependant, que ce genre de tapisserie remplit au mieux son rôle de tapis de pied : doux, moelleux, par son épaisseur interceptant tout bruit, il convient de plus en plus par ses qualités non conductrices, aussi bien aux pays chauds qu’aux pays froids.
- Le développement qu’a pris cette branche d’industrie a été un véritable désastre pour les ouvriers employés à Aubusson fct à Feîletin à la confection du tapis de pied. Il est à souhaiter qu’un revirement ait lieu en faveur du tapis ras, dans les goûts aussi eü'éminés que peu artistiques du commerce uctuel; cela permettrait de donner de l’ouvrage et du pain à des ouvriers qui sont actuellement dans la misère et le démirent le plus complet (1).
- (1) (le n’est pas le commerce <jni crée le froût; il le subit et est s°n humble esclave. D’autre part, le rapporteur en demandant que le changement de mode ramène du travail aux ouvriers tapissiers qui font lft lapis ras, semble oublier que les ouvriers qui font le tapis moquette
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- Les autres ouvrages en tapisserie tels que : meubles, tentures et panneaux n’ont rien à craindre des imitations, plus fantaisistes que dangereuses, tentées contre eux. Dans l’ameublement surtout, par sa solidité et la diversité des nuances et des formes, Y Aubusson ne permet guère aux imitations de se produire avantageusement pour le revêtement des meubles ; excepté toutefois pour les velours, dont la réputation en matière d’ameublement n’est plus à établir.
- Dans les tentures et les panneaux décoratifs, la difficulté n’est pas moindre pour les imitateurs. Pour imiter une chose, il faut faire une chose qui ne soit pas elle, mais qui lui ressemble assez pour que l’œil le plus clairvoyant puisse s’y tromper. Or, on a beau peindre des panneaux sur des tissus en soies ou autres textiles, sur des tôles vernies et cuites au four, imprimer des toiles pour rideaux et tentures, tout cela ne ressemblera jamais, ni de près ni de loin à de la tapisserie et ne la remplacera dans aucun de ses usages.
- Il en est de même des imitations à la navette faites à l’aide d’une machine Jacquard. Cette fabrication est forcément limitée à un certain nombre de couleurs qu’il est mécaniquement impossible de dépasser, et les multiples opérations préparatoires que nécessite la mise en œuvre du dessin, telle8 que : lisage, piquage et assemblage des cartons, occasionnent des dépenses supérieures à, la main-d’œuvre et qui ne peuvent être couvertes que par le tirage d’un grand nombre d’exemplaires; or, la grande quantité d’exemplaires d’un même sujet en rend l’écoulement difficile. Le nombre relativement restreint de couleurs auquel est borné ce genre fabrication ne lui permet guère d’aborder que les meubles a fleurs, qui commencent aujourd’hui à être délaissés par 1° commerce, les meubles à paysages prenant chaque joui) grâce à l’habileté et au talenl des ouvriers actuels, plusdiui'
- auraient lieu à leur tour de lui retourner son argument : il finit l)|0,U^r son parti de ces déplacements forcés d’industries et chercher a y t,a. par des institutions économiques nouvelles, en rapport avec les hes que l’industrie moderne à créés. (Note des rapporteurs généraux-)
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- portance, et ils finiront par s’emparêr totalement du marché en matière d’ameublement.
- Dans les paysages, les couleurs et les lignes n’ayant rien d’arrêté ni de fixe, rendent par cela même impossible l’opération du lissage, qui ne peut avoir lieu que sur des dessins aux lignes et couleurs nettement exprimées.
- Dans les meubles à fleurs même, le nombre restreint de couleurs auquel ce procédé de fabrication les réduit, ne permet pas d’établir de comparaison au point de vue du coloris, avec les tapisseries d’Aubusson les plus ordinaires. Cependant il est juste de reconnaître à ce genre de travail une qualité qui lui est essentielle, c’est la beauté et la régularité du tissu. On [ne peut en dire autant du contour des lignes qui offre à l’œil, dans certaines parties, l’aspect du point d’une tapisserie au canevas.
- En résumé, l’Exposition d’Amsterdam, malgré le petit nombre d’exposants de tapisseries d’Aubusson, a montré une fois de plus la supériorité incontestable de ce genre de fabrication et de cette industrie en matière d’ameublements et de décorations. Le grand nombre d’imitations qui s’y sont produites et les essais tentés dans tous les sens pour y suppléer ou la supplanter n’ont fait qu’en montrer davantage la valeur artistique et industrielle. Ces tentatives contre V Aubmson n’ont rien d’effrayant pour son avenir, qui serait certainement assuré si la crise interminable qui pèse sur cette industrie depuis de longues années prenait fin. Cette crise, qui se produit par intermittence depuis une dizaine d’années, a provoqué un abaissement sensible dans les salaires parle fait des difficultés toujours croissantes des dessins à reproduire, pendant que les prix, au lieu de suivre la même progession, restaient stationnaires. Il en résulte que I ouvrier qui, autrefois, pouvait exécuter un travail dans un mois, est obligé d’y consacrer aujourd’hui un mois et demi, et cela pour la même somme. Cette diminution dans le rapport des journées au moment où les frais de la vie matérielle ne font qu augmenter dans la contrée, a eu le déplorable résultat d’éloigner
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- du métier de tapissier lés jeunes intelligences qui auraient pu, dans un avenir prochain, ayant reçu une instruction primaire et professionnelle supérieure à celle des ouvriers actuels, porter à ses dernières limites la perfection et la réputation des tapisseries d’Aubusson. Malheureusement les jeunes gens intelligents d’aujourd’hui sont obligés de chercher dans une autre profession, moins ingrate et plus lucrative, des ressources que la tapisserie ne peut plus leur offrir momentanément.
- RAPPORT DE MM. RORY-PÉCOT ET J. JABIN, AÎNÉ
- Délégués de la Chambre syndicale des ouvriers tapissiers d’Aubusson (Creuse).
- La ville d’Aubusson était dignement représentée à Amsterdam, disent en commençant les deux délégués, par les maisons Braquenié, Duplan et Walmez. Le public s’arrêtait émerveillé et charmé devant les magnifiques tapisseries qui sont l’honneur et la gloire de la vieille cité aubussonnaise !
- Les expositions de MM. Braquenié et Duplan ont valu à chacun de ces deux honorables industriels le diplôme d’honneur : cette récompense fait honneur à l’impartialité du jury et justifie les sacrifices importants consentis par l’Etat pour relever et maintenir au plus haut rang cette industrie nationale, en lui permettant de figurer avantageusement auprès des produits exécutés dans les manufactures nationales des Gobelins et de Beauvais.
- Voici l’ordre dans lequel ces maisons ont exposé :
- La maison Braquenié, comme pièce principale, montrait un superbe panneau représentant Psyché au temple [de 1° Danse;
- Une Vue de ftruyes ;
- Un tableau représentant Sainte Geneviève ;
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- Un superbe jPortrait de Rubens ; Mélusine et Atalante ;
- Plusieurs tableaux, fleurs et paysages, d’une exécution irréprochable.
- La maison Duplan exposait :
- Un magnifique panneau, dont le sujet tiré de la mythologie représentait :
- Neptune et Amphitrite;
- V Hiver (scène de patinage);
- Une Partie de pêche, et quelques tableaux représentant les Chasses de Guise;
- Un ameublement composé de fauteuils et canapés, avec bouture lilas, d’un effet magnifique ;
- Plusieurs meubles, fleurs et paysages, et quelques morceaux de broderies dont l’exécution ne laissait rien à désirer.
- Presque toutes ces tapisseries, sauf les deux pièces principales, ont été achetées par la commission de la loterie d’Amsterdam.
- La maison\Valmez} de Neuilly-sur-Seine, exposait plusieurs panneaux, une grande collection de meubles, fauteuils, chaises, imitation de tapisseries anciennes, dont l’exécution ne le cède en rien aux maisons précédemment citées.
- On ne saurait trop louer la parfaite exécution de ces différents morceaux qui, par la fraîcheur des tons, la richesse et la variété du coloris, la finesse du tissu, ne laissent absolument rien à désirer et les rendent dignes de figurer au premier rang parmi les travaux artistiques exécutés par l’industrie privée.
- Cette industrie laisse bien loin derrière elle les différents genres de tapisseries ou articles similaires qui tentent de lui ravir, sur le marché européen, la place incontestable qui lui revient de droit par les réels proprès accomplis depuis ces dernières années, et cela malgré une crise persistante dont les ouvriers sont les premiers à ressentir les funestes conséquences.
- La tapisserie d’Aubusson est une industrie considérée à
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- juste titre comme une industrie de luxe et travail d’art, subissant de ce fait tous les contre-coups de la politique, tant intérieure qu’extérieure, et forçant ainsi l’ouvrier à travailler pour un trop modique salaire, l'exposant à un chômage malheureusement trop fréquent, lui rendant la vie extrêmement difficile et l'entraînant à un état voisin de la misère.
- C’est ainsi que l’expatriation d’un certain nombre de familles se trouve justifiée, malheureusement. Ces familles n’ont pas dû hésiter, dans ces conditions, d’aller chercher à l’étranger, et notamment en Angleterre où le gouvernement anglais favorise la création de fabriques de tapisseries, un remède à une situation qui devenait trop pénible pour elles dans leur propre pays!
- En réponse au questionnaire que nous leur avions fait parvenir, les délégués des tapissiers d’Aubusson ont fait les réponses suivantes, que nous publions en les résumant et en leur enlevant leur forme de réponses qui les rendait un peu sèches :
- Le plus grand nombre des ouvriers de cette industrie travaillent dans des manufactures; quelques-uns ont des méLiers chez eux. La moyenne des salaires, tant aux pièces qu’à la journée, est de 2 fr. 50 c. Un grand nombre de femmes sont occupées dans cette profession; la moyenne de leur salaire peut s’évaluer à I fr. 50 c. par jour. La durée de l’apprentissage est ordinairement de six ans; il commence à l’àge de douze à treize ans.
- La loi sur la surveillance des enfants employés dans les manufactures est assez bien observée dans la contrée. La durée de la journée est de dix heures en hiver et de douze heures en été. Les ateliers sont dans de bonnes conditions hygiéniques : hieu aérés et bien éclairés; les matières premières employées sont sans danger.
- Les chômages reviennent à peu près à des époques pério-
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- diques. Les délégués les attribuent en grande partie aux fluctuations politiques : changements de ministères, complications extérieures, et aussi aux fluctuations du marché financier.
- Relativement à leur impression sur l’Exposition d’Amsterdam, les rapporteurs disent que : sans être aussi importante que l'Exposition de Paris 1878, cette exposition valait cependant la peine d’être visitée, et qu’elle offrait à l’observateur un puissant intérêt en lui permettant d’apprécier chaque chose à sa juste valeur.
- L’industrie des tapis est une industrie nationale ; elle est presque localisée à Aubusson et dans les environs et ne craint pas la concurrence étrangère pour le moment.
- Les matières premières employées sont la laine, le coton et la soie, et pour la plus grande partie proviennent de l’étranger, principalement de l’Angleterre et de l’Amérique. Les traités de commerce et les tarifs douaniers n’influent que médiocrement sur le prix des travaux, en ce sens que les matières nécessaires à la fabrication n’entrent dans le prix de revient que dans la proportion de 25 0/0.
- La Hollande n’achète pas de tapisserie d’Aubusson; les principaux débouchés de cette industrie sont en Europe : l’Angleterre, l’Allemagne, la Russie et la Belgique. La France est encore la seule puissance qui possède Lcette industrie ; cependant l’Angleterre tente de l’introduire chez elle. Il y a un atelier modèle créé à Windsor, dirigé par des français, anciens réfugiés de la Commune de Paris.
- Les délégués des tapissiers d’Aubusson terminaient leur rapport en exprimant le vœu que la loi sur les syndicats professionnels fût définitivement votée , attendant beaucoup, au point de vue économique, pour la situation de l’ouvrier de cette loi. Leur vœu est accompli à l’heure actuelle, espérons que la loi sur les syndicats professionnels sera, en efîet, poui •la classe ouvrière une loi de progrès et d émancipation !
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- RAPPORT DE M. MICHEL (ISIDORE)
- Dessinateur, délégué de la ville d’Abbeville (Somme).
- Ce rapporteur a commencé l’examen des produits de sa profession exposés à Amsterdam, par la Hollande.
- Des deux côtés de la galerie principale, dit-il, sont les tapis de haute-lisse de Deventer, dont la fabrication est très nette. Un grand progrès a été fait dans cette industrie. Sa fabrication, plus régulière qu’autrefois, doit aussi se vendre moins cher. La chaîne, qui était en laine, est aujourd’hui en coton, et la grosse trame est en jute et peu retorse, ce qui lui conserve plus de souplesse. Ces tapis doivent lutter avantageusement avec les tapis de Silésie. Les derniers sont plus corrects et leur coloris les rapproche mieux qu’autrefois des tapis orientaux; du reste, les tapis dits de Silésie ont fait leur temps en Hollande, de môme qu’en Belgique.
- Ce genre de tapis a un concurrent redoutable dans XAx-minster, article américain à palette libre, qui s’implante en Hollande et se vend meilleur marché que les tapis haute-lisse hollandais ; mais le consommateur ne sera pas longtemps à reconnaître que ce genre, fabriqué mécaniquement, laisse à désirer sous le rapport de l’usage.
- Le rapporteur se souvient d’avoir vu les premiers essais de cette fabrication à l’Exposition de Londres en 1862. Un Américain du Nord en était l'exposant. Le métier est venu échouer en Belgique, où il a été relégué à la ferraille. Le procédé a été modifié et un peu perfectionné, et c’est le pro-duit de ce nouveau métier qui porte lej nom de velouté (XAxminster. Cet article est plus flatteur comme velouté que la haute-lisse et môme que la moquette de qualité moyenne, mais il a besoin d’ètre perfectionné, car il n’est pas solide.
- Deux ou trois maisons de France en ont acheté le brevet, mais, jusqu’à ce qu’il ait un liage plus solide, ainsi que Ie point plus fin, la moquette lui sera toujours préférée.
- Daus la section hollandaise, un seul fabricant de moquette
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- à grils : MM. G. de Wit et Ce, à Hilversum. Ces messieurs exposaient des tapis sous le nom de Nouveau-Brussels (tapis à verges rondes); le compte en chaîne de ces brussels est un peu plus gros que les mêmes, genre anglais. Le rapporteur n'a pu en connaître la valeur au mètre. Les qualités sont de trois à cinq grils.
- Les Anglais ont le monopole du tapis en Hollande; ils y viennent avec des collections de trois à quatre cents échantillons, dessins et coloris divers. La majeure partie est en brussels, très peu veloutés, en moquette à Jacquard.
- L'exposition française à Amsterdam n’aura pas été stérile en résultats, sous aucun rapport; nos coloris dans l'ameublement et nos genres Louis XIII sont très appréciés. II en a été parlé au délégué d’une façon qui ne laissait aucun doute à cet égard. Si nous faisions quelques efforts pour nous rapprocher des prix anglais, si nos coloris étaient un peu modifiés dans le sens du goût hollandais, une place nous serait encore certainement acquise sur le marché des Pays-Bas.
- Les Allemands commencent à faire concurrence aux Anglais, assez difficilement cependant; le rapporteur a vu quelques-uns de leurs brussels; jusqu’à présent, ils sont peu goûtés, quant à leurs meubles et étoffes pour ameublement, c’est différent (le délégué en parle plus loin).
- Le rapporteur a vu à Amsterdam, pour la première fois, des moquettes à Jacquard de fabrication russe; mais elles étaient placées si haut qu’il lui a été impossible d’en juger ta qualité. Six types étaient exposés par M. Peskoff, de Moscou, tous veloutés depuis trois jusqu’à six grils. Deux dessins se rapprochant de nos coloris, un genre fantaisie, l’autre Louis XIII; les autres en coloris criards où le rouge et le vert russe dominent, donnant un ensemble peu harmonieux.
- L’impression sur étoffes a fait beaucoup de progrès en Russie, plusieurs fabricants de Moscou ont exposé des tissus en ce genre qui ne le cèdent eu rien aux Allemands.
- L’Angleterre exposait beaucoup de tapis, surtout en brus-selSj la majeure partie encadrés de bordures bien assorties
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- aux fonds; elle est arrivée & une grande perfection dans ce genre, et elle livre ses marchandises à un prix tel que le monopole de cette fabrication lui est acquis sur tous les marchés, même en France, où il n’existe pas un magasin de nouveautés qui ne possède les brussels anglais. Il faut reconnaître que les Anglais, en fabricants pratiques — à part leur basses qualités en impression, qui sont toujours les mêmes comme dessins et coloris — ont bien compris qu’ils ne devaient envoyer que des types bien appliqués, comme dessin et coloris, aux différents marchés européens. Ceux que le rapporteur a vus en Hollande ne sont pas les mêmes que ceux qu’il a vus en Belgique et que ceux que nous voyons en France. Il est de toute justice de reconnaître cependant, et c’est un devoir de le faire remarquer, que les trois quarts des dessins des belles qualités en velouté imprimés sur chaînes et à grils, sont exactement la copie des nôtres et que, dans ces belles qualités, nous avons en France des maisons qui leur tiennent tête.
- Le rapporteur signale avec plaisir l’exposition des tapis chenilles, de la maison Templeton, de Glasgow; c’est et ce sera toujours le bon tapis riche de l’Ecosse. C’est cette fabrication, introduite en France par le propriétaire de l’ancienne manufacture royale d’Abbeville (?), qui a donné naissance aux articles de Nîmes et d’Aubusson, connus sous les noms de tapis à palette libre.
- L’Allemagne n’avait point d’exposition de tapis; en revanche, beaucoup de meubles en chêne ou imitation, sculptés, qui avaient une origine parisienne facile à reconnaître dans la composition, mais le sculpteur y avait mis son cachet propre : la lourdeur.
- Grâce à l’obligeance d’un représentant de plusieurs maisons allemandes et françaises, le rapporteur a pu compare! les prix des unes et des autres. Pour les deux tiers des acheteurs, la différence artistique n’est pas assez sensible pouf ce que les Allemands vendent 60 ou 70 francs ne soit préféré a ce que nous ne pouvons donner à moins de 100 francs* Le
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- rapporteur a remarqué un meuble de bureau où la différence était encore plus grande, car elle était de 80 0/0. Voilc^ le résultat des pièges tendus à nos ouvriers et dans lesquels ils sont tombés à pieds joints !
- Mêmes observations pour les étoiles d’ameublements imprimées ou à Jacquard. De ce côté aussi, les Allemands nous font une grande concurrence, quoique l’écart des prix soit moins grand que pour les meubles. II y a le goût national sous le rapport du coloris dont nous ne tenons pas assez compte. Les exposants allemands les plus remarqués dans ce genre étaient MM. Schlumberger, de Mulhouse ; Gebauer et Albrecht, de Berlin; Schottle, de Francfort, et Gartner, de Vienne (Autriche).
- ....L’exposition des galeries françaises était la partie la
- plus visitée. C’est avec une patriotique satisfaction que le délégué d’Abbeville a entendu bien des fois les étrangers témoigner bien haut le plaisir et l’intérêt qu’ils avaient à en parcourir les riches galeries si belles et si variées.
- Rien ne surpassait les maisons de Paris, Lyon, Roubaix et Reims pour les meubles et étoffes d’ameublement.
- RAPPORT DE M. ROI'L AND
- Délégué des ouvriers tapissiers de la ville de Rouen (Seine-Inférieure).
- Après avoir remercié M. le ministre du commerce au nom de sa corporation, pour l’allocation qui a permis qu’elle se fasse représenter à l’Exposition d’Amsterdam, et avoir exprimé sa gratitude au Consul général de France à Amsterdam, qui, par les renseignements et les avis bienveillants qu’il n’a cessé de donner aux délégués qui lui ont rendu visite, a grandement facilité leur mission, le délégué des tapissiers rouennais commence son rapport par le compte rendu des produits de la Hollande concernant sa profession.
- Il a remarqué dans cette section une salle à manger style
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- Henri II, très jolie comme meubles et tentures, mais la garniture laissait beaucoup à désirer. Il y avait des sièges qu’il qualifie d'inexposables. Il ne comprend pas qu’ôn ose montrer une si vilaine garniture.
- M. Yan Houtem, d’Amsterdam, avait une très jolie salle à manger Louis XIII; un petit salon très coquet , dans lequel étaient deux fauteuils jarretière de bien bon goût. Les fonds et dossiers sont tressons avec rampe capitonnée. La tenture des fenêtres et des portières, d’un fort bel effet, était composée de peluche et velours de Gênes entrelacés. Un grand salon, Louis XVI, très joli comme étoffe, mais garniture défectueuse. Deux sièges de fantaisie, dits Cialdini, qui sont bien conditionnés.
- La maison Schep avait des meubles très ordinaires. Sa literie n’est pas propice au repos : les matelas sont capitonnés en très petits capitons ; ils sont bourrelés haut et bas, ce qui réduit le matelas à environ 10 centimètres d’épaisseur et le rend, par conséquent, très dur. Cette maison exposait une salle à manger horrible comme sièges. Toutes les chaises sont couvertes en maroquin, mais pas une seule qui n’ait des défauts dans la garniture, et toutes ont des plis.
- Belgique. — Maison de Meuter fils, Bruxelles. — Une chambre à coucher de toute beauté, vendue au grand-hôtel central de Berlin. Comme garniture, elle se compose de deux fauteuils Rothschild, bien garnis, mais très ordinaires. Une salle à manger, style Henri II, bien soignée.
- La maison Aberlé, de Bruxelles, n’exposait qu’un seul meuble en bois noir sculpté. Bon marché, mais mauvais.
- La maison Sneyers-Rang et Ce, de Bruxelles, avait la meilleure exposition comme sièges et tentures dans la section belge. Cette maison a obtenu de belles récompenses aux expositions précédentes. Tous ses meubles sont des objets d’art, et on 11e peut pas désirer mieux comme garniture.
- Le rapporteur dit que l’Allemagne 11’a rien exposé qul
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- ressemble à de la tapisserie, du moins il n’a rien vu qui vaille la peine d’être signalé.
- La Chine, en fait de garnitures, montre des coussins qu’on prendrait plutôt pour des carrés d’oreiller.
- France. — Selon le rapporteur, la maison Jansen-Olivier, de Paris, marche en tête de la liste pour la tapisserie garnie, dans la section française. Cette maison a exposé un lit destiné au roi de Hollande, qui est de toute beauté. Ce lit vaut à lui seul 42,000 francs. Il est garni de peluche avec des étoffes brodées et des massifs dorés. Le baldaquin a un dôme surmonté d’un panache Louis XVI avec des draperies intercalées les unes dans les autres ; les rideaux, tout en peluche de soie cramoisie, doublés de satin orange, relevés, forment éventail à la hauteur du porte-embrasse ; le couvre-lit est tout brodé de côté par des draperies. Les sièges sont garnis en bouillonné et peluche application.
- Maison Schmit et Piollet, de Paris, et la maison Drouard, exposaient également de beaux travaux de tapisserie.
- Le rapporteur termine là son rapport technique.
- Il donne ensuite quelques détails sur la nourriture et le logement des ouvriers hollandais; décrit certains monuments d’Amsterdam ; donne des renseignements sur les habitudes, les mœurs et les institutions de la Hollande ; le lecteur trouvera tous ces détails aux chapitres spéciaux qui leur sont consacrés.
- UN MEUBLE EN FRANCE ET A L’ÉTRANGER
- Sous ce titre, nous avons trouvé dans le journal le Temps, de Paris, du 15 avril 1884, le très remarquable article qu’on va lire. Cet article corrobore en quelque sorte les appréciations des dilférents rapports qu’on vient de parcourir; à
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- ce titre, il avait sa place marquée dans ce travail, et nous espérons qu’on nous saura gré de l’avoir reproduit.
- Voici, in extenso, l’article du Temps :
- Parmi les nombreuses transformations qui s'accomplissent dans le monde industriel et commercial, il en est une capitale pour l’avenir de l’industrie parisienne. Certains produits qu’elle seule fabriquait il n’y a pas longtemps encore, le sont maintenant par l’étranger. C’est fort désagréable pour les Parisiens, mais fort agréable pour les populations du Pérou, du Brésil, de l’Egypte, de l’Espagne, du Portugal et de la Turquie, pour tous les peuples enfin qui étaient nos clients accoutumés, et qui s’approvisionnent maintenant à meilleur marché auprès de nos concurrents. L’étranger s'est outillé, a fondé des ateliers, ouvert des musées, formé des ouvriers, établi des relations commerciales avec le monde entier; il cherche à substituer ses produits aux nôtres, ce dont on ne peut le blâmer. Il a échoué jusqu’ici dans la fabrication purement artistique, faute d’artistes pour créer des modèles et d’ouvriers habiles pour les exécuter. Mais, dans toutes les industries ne demandant que de la science, de l’application, de l’attention, il a accompli d’immenses progrès, dont rien ne fait prévoir l’arrêt.
- Pour le bronze d’art et l’ameublement de luxe, par exemple, Paris n’a pas encore ressenti les atteintes de la concurrence étrangère; il n’en est pas de même pour le bronze cl l’ameublement ordinaires; non seulement des marchés étrangers commencent à lui fermer leurs portes, mais ses propres magasins regorgent de produits ayant vu le jour ailleurs qu’au Marais ou au faubourg Saint-Antoine.
- C’est là un phénomène qu’on s’est contenté de signaler sans l’analyser autant qu’il pouvait l’être. On savait d’une façon générale que la main-d’œuvre chez nos voisins valait moins cher que chez nous, tout en ignorant dans quelles proportions elle pouvait réduire le prix total des objets.
- Les estimations exactes, les cloîtres précis faisaient défaut pour appré cier sainement la situation respective des industries d’art dans différentes nations. Nous avons essayé de combler cette lacune, non pour toutes les industries, le cadre d'un simple article de journal ne le comporte pas» mais pour une seule, celle de l’ameublement, qui peut en quelque sorte servir de type, puisqu’elle est une de celles qui soull'rent le plus vivement de la concurrence étrangère.
- Afin d’obtenir le résultat que nous nous proposions, l’opération la phlS simple nous a paru de négocier l’achat d’un meuble comme le ferait un acheteur de l’Amérique du Sud, dans les dilférenles villes où il pouvait être fabriqué. Nous avons eu déjà l’occasion d'expliquer comment le commerce des meubles s’exerce. A Paris, l’acheteur se rend chez un fabricant pour choisir le mobilier qui lui convient ou le dessin de celui qu’il désire faire exécuter. S’il s’adresse à l’étranger, il va frapper à la porte des représentants belges ou allemands simplement porteurs
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- collections de photographies. Faisons ainsi, et, avant de choisir, examinons les dessins et les collections. II nous faut un meuble suffisamment artistique pour contenter le goût d’une famille simplement aisée. Les ébénistes du faubourg Saint-Antoine possèdent dans leurs cartons de majestueux salons Louis XIV, des salles à manger en bois de chêne sculpté du même style; des boudoirs Louis XV et des chambres à coucher Louis XVI, inspirés par les tableaux de Baudouin et de Fragonard. Des meubles aussi du style Renaissance. Quant à l’Allemagne et la Belgique, leurs collections forment une véritable apothéose de la Renaissance; ces pays en vivent exclusivement; leur fabrication s’arrête au seuil d’un grand siècle. Nous voilà contraints à nous meubler en style Henri 11 ou Louis XIII qui n’exigent, en effet, pour être exécutés que la science, l’attention dont je parlais en commençant et nullement le goût, l’habileté de main, la distinction nécessaire, pour interpréter les meubles français du dix-huitième siècle. Inutile, pour un travail précis du genre de celui auquel nous nous livrons, de nous meubler au complet. Un simple buffet de salle à manger que nous trouvons parmi la collection d’un représentant d’une maison de Land suffira pour nous fournir les renseignements que nous cherchons. Nous l’avons déjà vu, ce buffet, aux étalages de .certains marchands de meubles parisiens; il se trouve un peu dans toutes les familles dont le chef gagne de 500 à 1,000 francs par mois, de même que chez les fermiers et Jes planteurs de la Louisiane, que les Français s’étaient malheureusement accoutumés à pourvoir de meubles dont la facture laissait beaucoup à désirer. — Combien vaut-il? demandons-nous au représentant?— 700 francs, rendu à Paris; on peut vous faire des réductions considérables si vous en prenez plusieurs. C’est le prix que nos marchands parisiens vous le vendront. — Kl, combien vous FachèLent-ils? — Je ne puis vous le dire.
- Après avoir soumis la photographie du buffet à d’autres commerçants, j’acquis bientôt la certitude que le prix de vente ne nous fournirait matière qu’à une appréciation fort insuffisante; il variait dans des proportions excessives, selon l’importance des commandes. Les prix de revient seuls dans les différents pays pouvaient donner lieu à d’intéressantes comparaisons. Nous nous les sommes procurés pour Paris, Toulouse, Stuttgard, Gand, New-York, Chicago, quoique, dans les villes de l’Amérique du Nord, on s’en tienne toujours au genre gothique anglais pour Jes meubles de commerce ordinaires. Néanmoins, on y construit des meubles Renaissance aussi bien qu’à Paris.
- Le buffet en question est. un travail d’ébénisterie en noyer plaqué sur chêne. Il mesure 1 m. 40 de largeur sur 0 m. 00 de profondeur ; les côtés en bois plaqué de noyer; les portes du bas en chêne et décorées chacune d’une tête de lion, avec une guirlande de fruits suspendue à la mâchoire. Quatre colonelles cannelées supportent un deuxième corps de buffet fermé par deux portes à glace et de chaque côté duquel s’élèvent deux autres colonnettes supportant le fronton. Celui-ci est cintré et découpé au milieu pour former l'assise d'un vase sculpte aux anses duquel se rattachent des guirlandes de feuillage.
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- Voici J’analyse des prix de revient de ce meuble pour les villes ci-dessus désignées :
- PARIS TOULOUSE STUTTGARD Q 25 < NEW-YORK CHICAGO j
- Façon, ouvriers, ébénistes.. 280 205 175 140 615 525
- Bois de chêne 40 28 25 18 35 30
- Peuplier 15 12 11 11 )) ))
- Sapin )) » )) )> 9 5
- Noyer ; Façon de moulures à la ma- 70 55 50 40 40 38
- chine Fournitures de papier de verre, colle, clous, vis, 35 » 25 25 75 60
- encaustique. Ferrures avec pendentifs 23 18 18 16 35 35
- pour tiroirs 29 27 25 22 47 45
- Tournure 18 15 12 12 25 20
- Cannelure Glaces pour les portes du 8 8 4 4 20 25
- haut 8 8 8 8 12 12
- Façon de la sculpture 260 182 120 108 420 360
- Frais généraux à raison de 10 0/0 pour Paris, 80/0 pour Toulouse, Stuttgard, Gand, 20 0/0 pour New- 786 558 473 404 1.333 1.155
- York et Chicago 79 4 45 38 33 267 231
- Totaux 865 603 511 437 1.600 l. 386
- Les prix de façon ont été évalués d’après les salaires suivants, payés aux ouvriers ébénistes et sculpteurs par heure de travail : Paris : ébénistes, 80 cent,; sculpteurs, 1 fr.—Toulouse : ébénistes, 50 cent.; sculpteurs, 70 cent. — Stuttgard : les ébénistes et les sculpteurs sont payés au prix uniforme de 50 cent. — Gand : ébénistes, 40 cent. ; sculpteurs, 45 cent. — New-York : ébénistes et sculpteurs, 1 fr. 75. — Chicago : ébénistes et sculpteurs, i fr. 50.
- Pour bien saisir l’enseignement qui se dégage de ce tableau, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un meuble qu’on fait également bien dans toutes les villes dont nous nous occupons, et que les industriel8
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- parisiens, auxquels nous nous sommes adressés pour obtenir une estimation de leur prix de revient, sont pourvus, comme leurs concurrents, d’un outillage mécanique. 11 faut prendre son parti du fait accompli et ne pas invoquer l’habileté légendaire de l’ouvrier parisien, qui n’a plus rien à voir dans un travail de cette nature. C’est dans un sens différent, et que nous indiquerons tout à l’heure, que cette habileté peut et doit désormais s’exercer si elle ne veut pas se courber sous le niveau économique de ses concurrents. Le fait brutal accusé par ces différentes estimations est celui-ci : un meuble Renaissance d’ébénisterie, fabriqué au faubourg Saint-Antoine, revient au fabricant 43 0/0 plus cher que s’il était exécuté à Toulouse ; 70 0/0 plus cher qu’à Stuttgard, 98 0/0 plus cher qu’à Gand. A New-York, il revient à 83 0/0, et à Chicago à 70 0/0 plus cher qu’à Paris. Mettez-vous à la place d’un acheteur de meubles de Constantinople, d’Alexandrie ou de Lima, auquel des représentants français, belges, allemands et américains, offrent des meubles du style Renaissance, vous ferez ce qu’il fait, vous vous fournirez auprès des marchands de Gand ou de Stuttgard.
- Quant à tenter l’écoulement de nos meubles Renaissance vers New-York et Chicago, impossible pour deux raisons : 1° parce que nous vendons plus cher que les Belges et les Allemands : 2° parce que les compagnies françaises de transports maritimes perçoivent 45 fr. par mètre cube, -tandis que les compagnies hambourgeoises et anversoises ne perçoivent que 14 fr. 50 pour porter les meubles en Amérique. Le Rhin est en outre pourvu d’un service de batellerie dont le tarif est peu élevé et dont les villes riveraines profitent, tandis que la Seine ne peut rendre aucun service aux industriels parisiens. Les villes de province comme Toulouse et Tours, par exemple, pourraient, en s’outillant, aborder la concurrence en admettant qu’elles, conserveraient les prix que nous venons «l’indiquer malgré l’abondance des demandes.
- Paris, mis ainsi face à face avec ses concurrents, ne peut hésiter. Reprenant conscience de ce fait que la seule raison d’être de sa fabrication est sa supériorité sur celle des autres villes, il doit tourner court à la direction qu’il a si fâcheusement prise en s’engageant dans un système qui consiste à produire ce qui peut être produit plus avantageusement ailleurs. Paris n’est point une ville de fabrication à bon marché ; c est une anomalie que de vouloir l’y exercer ; c’est de l’aveuglement que de ne pas comprendre «ju’un milieu de luxe, de richesse, de supériorités de toutes sortes, où la vie est fatalement plus chère qu’ailleurs en vertu môme de la supériorité et de la diversité des éléments qui y sont rassemblés, ne peut convenir à une industrie dont le succès est etroitement lié au taux des salaires, des matières premières et des frais généraux 6e sont ces éléments essentiellement variables selon les milieux qui constituent les facteurs mêmes de la prospérité ou de la décadence d’une industrie ordinaire. Seules les industries mises à l’abri de la concurrence étrangère par leur supériorité peuvent prétendre à s’exercer avec succès dans Paris et donner à leurs ouvriers les salaires élevés qui leur sont nécessaires pour y vivre. Quant aux autres, elles ne peuvent que languir
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- et disparaître si elles se refusent à chercher un milieu et des conditions plus favorables d’existence.
- En ce qui concerne l’ameublement, nous avons heureusement un moyen débattre nos concurrents. Il y faudra de l’énergie, de la méthode, de l’activité et surtout la mise en œuvre constante d’une qualité bien parisienne : la persuasion, il faut, en effet, que les industriels, reprenant les traditions de notre mobilier national commencent par battre en brèche le goût public qui s’est porté avec fureur sur cette sorte de Renaissance flamande-allemande ; je ne veux point médire de ce style qui fait fort bonne figure dans les tableaux des Hollandais, mais qui n’est certainement pas en harmonie avec nos goûts et nos mœurs.
- S’il vous plaît d’en acquérir la preuve, examinez une Parisienne dans son ameublement Renaissance; rien autour d’elle ne porte l’empreinte de son caractère et de sa grâce. Elle est emprisonnée dans des draperies aux plis droits et raides; elle s’assied dans des fauteuils sévères comme on en voit dans les archevêchés; elle dort dans un lit triste et carré comme une figure de géométrie. Elle, la femme éprise des formes bizarres, des draperies soyeuses et chiffonnées, des meubles aux contours élégants, va et vient à travers une série de lignes droites et de draperies lourdes, convenant aux plantureuses bourgeoises hollandaises, peintes par de Vries, mais peu faites à coup sûr pour la créature délicate et nerveuse qu’elle est. Elle aussi peut* beaucoup pour l’industrie de l'ameublement si elle veut épurer son goût et demander aux ouvriers parisiens ce qu’eux seuls peuvent lui donner : des meubles inspirés des époques de Louis XIV, Louis XV et XVI. D’autre part, les industriels feront leurs efforts auprès des étrangers pour remettre le mobilier fonçais en faveur, et les commandes afflueront à Paris comme par le pasé. Ce sera, toujours une m* dustrie de sauvée, car les Belges et les Allemands, redoutables tant qu i! s’agit d’un style dont l’exécution n’exige que de la science et de l’appb-cation, ne produiront que meubles imparfaits dès qu’ils entreprendront la fabrication de nos élégants mobiliers du siècle dernier. L’expérience en est faite. Les essais qu’ils ont tentés dans cette voie feraient absolument fuir les acheteurs. On n’a pas idée de ce que devient la courbe d’un pied de chaise ou de fauteuil, les ornements ou les draperies pomponnées d’un lit Louis XV, en passant par leurs mains.
- Il vaudrait mieux encore que ce siècle, qui menace de figurer sous h‘ nom de siècle des copies dans les annales de notre art industriel, pm’" vint à se créer un style propre, qui lut l’expression de ses tendances et de ses mœurs. La modernité lui manque a peu près complètement, !lU moins en ce qui concerne l’art du meuble. Il faut espérer que les prochaines expositions trahiront un véritable etfoi t en ce sens; que les industriels n’hésiteront point à suivre l'exemple de ceux des siècles ante rieurs qui faisaient appel aux artistes illustres pour dessiner ou modclei
- la décoration d’un ameublement. Si les maîtres de l’nrt moderne, peintre-
- et sculpteurs, prêtaient leur concours à nos industries d'art, il est pl0 bable qu’elles s’en ressentiraient favorablement; la puissance de création.
- exercent,
- l’originalité de conception dont il font preuvt
- 'art qu ils
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- s’affirmeraient dans leurs autres travaux. Si Paris, du reste, conserve son rayonnement artistique, c’est à eux qu’il le doit; leur influence serait certainement considérable sur notre industrie; elle restituerait une originalité qu’elle n’a plus, et la rendrait difficilement accessible à la fabrication étrangère.
- Malheureusement, ce qui est possible pour l’ameublement ne l’est pas pour beaucoup d'autres industries ordinaires qui s’étaient toujours exercées à Paris et que le développement d’industries similaires à l’étranger forcera à disparaître ou à émigrer en province, où la main-d’œuvre, les matières premières et les frais généraux sont moins élevés que dans la capitale. Pl usieurs industriels ont pris du reste ce dernier parti et installé leur établissement dans le voisinage de Paris; je pourrais citer des fabricants de plumes, de bijouterie de deuil, de passementerie, de tabletterie, de jouets, de chapellerie, etc., qui ont sauvé ainsi la prospérité de leurs affaires un instant menacées par la concurrence étrangère.
- L’émigration prendrait certainement plus d’importance encore si les moyens de communication avec la capitale étaient plus faciles qu'ils ne le sont. Encore une forme sous laquelle nous payons l’énervement moral que nous devons à la politique pure ; pour elle, nous délaissons l’étude et l’application d’un outillage commercial et industriel d’intérêt commun, de l’usage duquel notre prospérité matérielle dépend. On ne penl plus voyager que difficilement dans Paris et en perdant un temps précieux. Les tramways, les omnibus, sont encombrés. Toutes les stations de chemin de fer sont éloignées du centre. Et aucun projet d'amélioration u’aboutif; personne ne semble se soucier de la pressante urgence qu’il y a d’outiller Paris pour qu’il puisse lutter avec quelque chance de succès contre ses concurrents. La parole semble n’être qu’à ces insuffisants dont Pascal disait qu’ils troublent le monde et jugent plus mal de tout (pie les autres.
- (Le Temps, la avril 1884).
- Il est à remarquer que les appréciations et les conseils du rédacteur du Temps sont de même nature et portent sur les mêmes points que les appréciations dam des délégués de l’industrie de l'ameublement, M. J. Maillard, de Sommedieue (Meuse). Cette parfaite concordance de vue partant de points opposés pour aboutir au même but, ou plutôt aux mêmes conseils, méritait d’être signalée. Ajoutons, pour holre part, que nous sommes absolument du même avis que M. ;1. Maillard et que le rédacteur du Temps : oui, il est indispensable que certaines industries se décentralisent et quittent Paris, si elles veulent ne pas disparaître de notre pays. Le comprendront-elles?
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- ENQUÊTE DE LA COMMISSION EXTRA PARLEMENTAIRE DES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES
- ASSOCIATION COOPÉRATIVE DES OUVRIERS CHARPENTIERS DE LA VILLETTE
- Siège social : rue Saint-Rlaise, 47-49. — Représentée par MM. Labarbe, Favaron et Castel.
- Celte société est fondée au capital de 80,000 francs divisé en 800 actions de 100 francs. Le nombre des associés est de 192.
- M. Barberet. — Pourquoi ne vous êtes-vous pas constitué par acte sous seing-privé?
- M. Labarbe. — C’est au moment de la grève que nous nous sommes constitués. Nous n’étions pas au nombre des charpentiers que l’on voyait alors dans les réunions; nous gagnions presque tous 1 franc de l’heure. Nous étions forcés de faire grève par amour-propre. Nous ne savions pas où l’on voulait nous mener; nous étions d’avis d’accepter le tarif de 90 centimes et d’accorder du temps aux entrepreneurs, mais ils n’ont pas voulu consentir à une entrevue. Nous nous sommes dit : il faut tout de même travailler. On a parlé d’une association, et aussitôt nous avons cherché à nous constituer; nous avons pensé qu’il fallait faire cela le plus tôt possible ; en huit jours de temps nous étions constitués, sans bien comprendre ce que nous entreprenions, et notre capital de 30,000 francs était versé.
- En ce qui touche les salaires, voici une explication donnée par un des déposants :
- M. Castel.—Même sans qu’il y ait grève nous payons 1 franc, alors que les entrepreneurs ne donnent que 80 centimes, c’est ce qui fait notre force. Nous sommes en grève permU" nente; nous maintenons ce prix de 1 franc, qui est un encouragement, et nous gagnons d’ailleurs assez d’argent. Nous
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- n’avons pas besoin de faire de gros bénéfices; nous ne cher chons qu’à travailler, à avoir beaucoup d’affaires.
- Touchant la dixième question, voici la réponse de M. Castel :
- Le coût des matières premières est élevé dans notre industrie ; pour les escaliers, la matière première représente 50 0/0, et pour la charpente, 70 0/0 de la valeur du travail.
- Sur la question de concurrence étrangère, M. Castel s’exprime ainsi :
- On commence à faire exécuter à l’étranger, en Allemagne surtout, les travaux en bois de sciage pour les hangars, les surfaces carrées; la main-d’œuvre est très bon marché là-bas, le travail n’est pas très bien fait, mais cela tient tout de même. Il y a là un danger très sérieux non seulement pour l’ouvrier, mais pour la production du bois. Les bois sont pour rien en Allemagne. Quand nous avons fait nos travaux pour la Ville, nous avons été obligés de faire venir d’Allemagne nos bois de sciage, autrement nous n’aurions pas pu soutenir la concurrence. Permettez-moi de vous citer un exemple :
- Le bois de sapin équarri pour prendre des sciages nous coûte, vendu dans Paris, octroi compris, 70 francs le stère; nous l’achetons à l’équerre et toutes les Haches constituent pour nous une perte; le sciage et les déchets représentent environ une valeur de 40 francs par mètre cube, ce qui fait un total de 140 francs.
- Eh bien, en Allemagne, on peut acheter du bois tout scié, rendu sur wagon, en gare à Paris, au prix de 60 à 62 francs le mètre cube; l’octroi est de 8 à 10 francs, et en comptant un supplément de transport, on arrive à un total de 75 à 80 francs au plus. La différence est donc énorme. Si cela continue, à un moment donné, ce seront les Allemands qui viendront faire les travaux à Paris.
- M. le président. — La main-d’œuvre est aussi meilleur marché à l’étranger?
- M. Castel. — Oui, mais les Allemands ne sont pas très habiles;, seulement, voilà le malheur : les patrons envoient
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- de Paris un ouvrier qu’ils paient 15 francs par jour et qui va tracer la besogne aux autres.
- M. Labarbe. — Qui font mal.
- M. Castel. — Ils feront bien plus tard ; c’est une question de temps.
- L’ASSOCIATION VAVENIR
- Société générale de l’ameublement, coopérative anonyme, à personnel et
- capital variables. — Siège social : 9, rue Saint-Ambroise. — Représentée par MM. J. Kindts et K. Gontier.
- Cette société est formée au capital de 32,000 francs, Je nombre des associés est de soixante-quatre.
- MM. Kindts et Gontier sont introduits.
- M. le président. — Veuillez, Messieurs, nous renseigner sur votre association?
- Abordant la question de concurrence étrangère, M. J. Kindts s’exprime ainsi :
- 17e QUESTION
- Les patrons de notre industrie font exécuter des travaux à l’étranger. Nous pourrions citer des noms. Les causes sont le bon marché des productions de notre industrie par les moyens mécaniques et l’outillage supérieurs employés à l’étranger.
- 18* QUESTION
- Nous avons, dans nos différents comptes, un crédit relatif à l’assurance, mais les accidents causés par le travail sont rares dans notre fabrication. Nous avons également une caisse de retraite.
- 19e question
- Au sujet du travail exécuté dans les prisons, nous signalerons la chaise, fabriquée à la Roquette, le cannage des sièges aux Quinze-Vingts.
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- M. Barberet.— Est-ce dans des proportions considérables ?
- M. Kindts. — Nous pourrions difficilement l’indiquer. Nous savons, toutefois, qu'à la Roquette la production est élevée.
- M. Caël. — Vous venez de parler de la perfection des instruments de production à l'étranger, pourquoi n’employez-vous pas les mêmes instruments?
- M. Kindts. — Parce que notre capital est insuffisant.
- M. Philippe. — A F étranger, l’ouvrier vit plus modestement?
- M. Kindts. —'Dans notre industrie, l’ouvrier étranger est employé plus difficilement, parce que nos travaux ont un caractère artistique et de recherches que l’ouvrier étranger ne connaît pas ; il ne sait faire que le travail manuel purement mécanique. Pour tout ce qui demande de l’intelligence, de la recherche, du soin, de la combinaison, l’ouvrier français a la supériorité ; mais dans les travaux pour lesquels on emploie des moyens mécaniques, nous sommes inférieurs à l’étranger.
- M. Philippe. — Mais le fabricant français qui emploie des machines peut vous faire concurrence?
- M. Kindts. — Parfaitement, si nous avions des machines nous lutterions avec l’étranger. Actuellement, nous luttons par le goût, par la composition, par la forme des produits. Si nous avions des ressources, nous exposerions nos produits, même fabriqués mécaniquement. Ce sont les capitaux qui nous manquent pour exporter nos produits à l’étranger avec avantage. Je le répète, ce sont les moyens d’exécution qni nous font défaut. Nous avons parmi nous des hommes qui ont voyagé et qui nous ont rapporté des données exactes sur la fabrication des concurrents étrangers ; nous connaissons leurs moyens de production, et, avec des ressources, nous lutterions avec eux.
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- ASSOCIATION D’ÉBÉNISTES
- Société en nom collectif. — Sièg^ social : 117, rue de Montreuil (Paris).
- Représentée par M. Girard.
- M. Girard est introduit.
- M. Girard donne diverses explications sur la formation de sa société; ensuite il est interrogé sur la seizième question.
- M. le “président. — Dans les périodes de chômage comment faites-vous?
- M. Girard. — Nous diminuons la paye de la semaine ; au lieu de prendre 40 francs, nous prenons le moins possible ; mais il faut vivre à Paris, et la vie coûte cher. A Strasbourg il y a des ouvriers qui travaillent à raison de 3 francs, 3 fr. 25 par jour; ici, il faut compter de 6 francs à 6 fr. 50.
- M. Philippe. — D’où vient cette différence dans le prix de la journée de travail?
- M. Girard. — C’est parce qu’à Strasbourg la vie est à meilleur marché ainsi que le logement. On peut s’y loger pour 60 à 65 francs par an, aussi bien qu’ici pour 300 francs; et puis les vivres sont beaucoup moins chers.
- M. Henry. — Vous payez les ouvriers au moins 6 francs par jours ici?
- M. Girard. — Il n’y a pas d’ouvriers à moins de 6 francs, et pour un ouvrier fait, c’est 8 francs, c’est-à-dire 80 centimes de l’heure pour dix heures; c’est donc 8 francs au lieu de 3 fr. 50.
- A l’étranger les bois sont aussi meilleur marché qu’ici. Dn Alsace, en Allemagne le décistère de hêtre vaut 3 francs à Paris, il vaut de 13 à 14 francs. Pour les bois de chêne et les sapins, la différence est la même. Voilà une des causes de la concurrence. De plus, les Allemands ne payent pas cher pour faire entrer en France des meubles finis. Si nos matières premières ne payaient pas si cher, et si les produits
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- fabriqués à l’étranger payaient plus de droits d’entrée tout irait mieux (1).
- M. Philippe. — Comment l’élévation des salaires peut-elle vous gêner, puisque entre associés vous ne vous salariez pas?
- M. Girard. — Nous avons à lutter contre la concurrence des autres maisons. Il y a, à Paris, des maisons qui nourrissent leurs ouvriers à bas prix. Elles font venir des apprentis d’Allemagne et de Belgique ; elles les gardent pendant trois ans à travailler, n’ayant pour toutes dépenses que leur nourriture et une pièce de 50 centimes par semaine, qu’on donne à ces apprentis. Dans ces conditions, elles peuvent faire du travail à bien meilleur marché que nous.
- M. le président. — Nous vous remercions, Monsieur, des renseignements que vous venez de nous donner.
- ASSOCIATION L’UNION DÇS FACTEURS DE PIANOS Siège social : 22 bis, rue Bellefond. Représentée par M. Valéry, gérant.
- Cette société est formée au capital de 20,000 fr. ; le nombre de ses sociétaires est de 7.
- 10e question
- M. le président. — Quelle est la proportion entre le prix des mains-d’œuvre et celui des matières premières?
- M. Valéry. — La matière première représente bien 70 à 80 0/0. La façon d’un piano coûte 200 francs, à peine ; un petit piano ordinaire revient toujours à 550 francs. Il faut remarquer que notre matière première est déjà une matière travaillée. Il nous faut des bois très secs, beaucoup de fer et de cuivre et des cordes.
- (I) Les réllexions et les arguments développés par le rédacteur du Temps, et qu’on a lus plus haut, peuvent encore s’appliquer ici.
- (Note des Rapporteurs généraux.)
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- M. Valéry, répondant à la dix-septième question. — Je ne crois pas que des patrons de notre profession fassent exécuter des travaux à l’étranger; ou, s’il y en a, le nombre en est très restreint. Seulement, il& occupent beaucoup d’Allemands et d’Italiens. Il se fabrique beaucoup de pianos à l’étranger, en Allemagne surtout, et ils entrent dans le Nord de la France. Les maisons françaises ne font plus rien dans cette contrée ; mais, cette fabrication étrangère n’est plus en rapport avec la fabrication parisienne, qui est plus finie, mieux travaillée (1).
- Quant à nos produits, nous ne pouvons pas les expédier à la frontière, en Allemagne, par ce que les frais de transport sont trop élevés, et il y a des droits d’entrée.
- M. Caël. — Il n’y a donc pas de réciprocité ?
- M. Barberet. — Non, parce qu’il y a le traité de Francfort.
- M. Valéry.. — Il y a aussi la cherté des loyers, des vivres, de tout en général, et qui nous cause beaucoup de difficultés pour vendre.
- ASSOCIATION DES OUVRIERS FACTEURS DE PIANOS
- Siège social, 54, rue Poissonnière, Paris. — Représentée par MM. Belhache et Flaceiière.
- MM. Belhache et Flaceiière sont introduits.
- M. Lanjalley. — Comment se compose votre clientèle?
- M. Belhache. — Nous avons des clients un peu partout, mais nous travaillons principalement pour les marchands de pianos, en province et à l’étranger. Nous ne travaillons pas beaucoup pour la clientèle bourgeoise, parce que le mot d’association est peu développé dans le grand monde.
- M. Philippe. — Les marchands qui achètent chez vous mettent votre plaque sur vos produits?
- M. Belhache. — Non, la moitié des marchands mettent
- (1) En ce qui touche lu concurrence étrangère, les dépositions de MM. Belhache et Flacellière, représentant une autre société de Facteurs de pianos, concluent à l’égard de l’Allemagne dans le même sens.
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- leur nom. Si nous indiquions le nôtre, nous perdrions notre clientèle.
- M. Flacelière. — La concurrence étrangère nous fait beaucoup de tort. L’Allemagne livre des pianos à meilleur marché que nous, tout rentrés. La main-d’œuvre allemande coûte moins que chez nous. Hier, l’on est venu nous proposer de la part d’une maison allemande de donner nos modèles de moulures, qu’on nous fabriquerait à 20 0/0 meilleur marché que chez nous.
- M. Barberet. — A quoi attribuez-vous ce bas prix de la fabrication allemande ?
- M. Flacelière. — Au prix peu élevé des salaires et aussi de la matière première. Vous avez vu dernièrement les ouvriers de Berlin se mettre en grève pour obtenir 5 francs par jour. Ils avaient donc moins de 5 francs. Or, ici, il faut compter sur le double pour la journée de l’ouvrier.
- Le marchand français fait venir des pianos d’Allemagne, il met son nom dessus, et comme pour beaucoup de choses, il n’y a pas beaucoup de connaisseurs, les acheteurs croient que ce sont des pianos de France ( I).
- ASSOCIATION GÉNÉRALE DES OUVRIERS FACTEURS D’INSTRUMENTS
- DE MUSIQUE
- Siège social, 81, rue Saint-Maur.— Représentée par M. François, gérant.
- Le capital social est de 70,000 francs. Le nombre des associés, de 42.
- M. François, gérant, est introduit.
- Après plusieurs explications sur la marche de la Société, l’on aborde la 20e question.
- (I) Il est évident que si les salaires des ouvriers facteurs de pianos sont en Allemagne de 50 0/0 au-dessous des salaires français, en y ajoutant le meilleur marehé des frais généraux, tels que patentes, loyers, transports et matières premières, la lutte pour la France reste seulement possible pour la seule fabrication de luxe, que nos concurrents ne peuvent encore aborder.
- (Note des Rapporteurs généraux*)
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- :, M. le président. — Les patrons de votre profession font-ils exécuter leurs travaux à l’étranger?
- M. François. — Non seulement certaines maisons font fabriquer à l’étranger, mais elles livrent encore ces produits à notre armée, au détriment de l’industrie nationale.
- M. Barberet. — Pourriez-vous nous citer des exemples?
- M. François. — C’est un peu délicat. Il y a, à Paris, une maison qui fournit à certains entrepreneurs d’équipements militaires des clairons e>t des trompettes venant d’Italie. Ce qui nous coûte 8fr. 25, on le livre ici, droits de douane et d’entrée payés, à 6 fr. 25.
- M. Tisserand. — A quoi attribuez-vous cet écart de prix?
- M. François. — A la main-d’œuvre, qui est tellement élevée à Paris que nous, ne pouvons pas faire concurrence aux Italiens. J’ai dit tout à l’heure que la matière première n’entrait que pour un septième dans la valeur du produit.
- M. le président. — La qualité des instruments est-elle inférieure à l’étranger?
- M. François. — On copie nos proportions; cela ne peut pas être mauvais.
- M. Barberet. — Vous parlez seulement des fournitures pour les régiments ; les produits étrangers ne pénètrent-ils pas dans l'industrie privée?
- M. François. — Cela commence. Nous avons une machine, nous perfectionnons notre outillage pour tâcher d’établir la concurrence; mais c’est très difficile. Ce n’est que par le fini et la beauté du travail que nous pouvons arriver à vendre nos produits plus cher. Aujourd’hui, l’industrie des pianos est très malheureuse ; la concurrence étrangère est épouvantable (1).
- M. Barberet. — Exportez-vous?
- (1) Cette déposition corrobore absolument celle de MM. Belhache et Flacelière. Il est bien évident que la Belgique, en raison de sa situation économique, vient nous faire, en parallèle avec l’Allemagne, une concurrence des plus redoutables.
- (Note des Rapporteurs généraux.)
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- M. François. — Beaucoup ; en Amérique, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, partout. Aujourd’hui la Belgique peut se suffire-à elle-même et commence même à exporter, parce que la main-d’œuvre y est meilleur marché que chez nous; ce que nous payons 8 francs, on le paye 4 en Belgique.
- M. Barberet. — Quelle est la proportion de votre exportation sur votre fabrication?
- M. François. — Un tiers environ. Quand les étrangers veulent des produits ordinaires, ils les achètent chez eux; mais ils prennent chez nous les produits supérieurs. Nous vendons des instruments en Allemagne, alors que l’Allemagne en fournit en France à un quart meilleur marché.
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- MOYENNE DES SALAIRES
- DE L’INDUSTRIE DU BOIS POUR AMEUBLEMENT ET TAPISSERIE (Tableaux dressés par les Rapporteur généraux)
- PAYS ET LOCALITÉS MÉTIERS NOMBRE d’heures de travail par jour. TRAVAIL A L’HEURE Prix de l'heure. PRIX de la journée. SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- PAYS-BAS fr. c. il l'r. c. fr. c. àfr.c. fr. c. à fr. c. fr. c.
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- BELGIQUE
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- DANEMARK
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- Stockholm Rhénistes 3 15 4 50
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- NORVÈGE Ebénistes ;) »» » » 10 » 26 >» » »
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- SUISSE
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- PORTUGAL
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- ESPAGNE Ebénistes » » 2 » 3 » » », »,
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- ITALIE Ebénistes (d) >> 2 » 4 » » *
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- RUSSIE
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- (a) Les loyers et les vivres étant boaucoup plus élevés.
- (i) Si l’on tient compte de la cherté des vivres dans cetto ville, on conviendra quo les ouvriers, avec ces salaires, sont dans dos conditions bion inférieures aux ouvriors français.
- (c) Aux pièces.
- (d) Voici la progression des salaires par provinces : Piémont, 100 0/0 ; Lombardie, 85 0/0; Toscane, 80 0/0; Calabre, 70 0/0; Sicile, 35 0/0. Les salaires dos dernières sont dérisoires.
- (e) Recevant une mauvaise nourriture d'une valeur do 0 lï. 40 à 0 IV. 00 c. par jour.
- (/) Sans nourriture. — La vio dans ces contrées est de 40 0/0 plus chère.
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- NOMERB d’heures de travail par jour. TRAVAIL A L’HEURE Prix de l’heure. PRIX delà journée. SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- fr. c. à fr. c. fr. c. àfr. c_ fr. C. à fr. e. fr. C.
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- Ebénistes..
- Tapissiers.
- Tapissiers. Id. . Id. . . Id. .. Id. ..
- Fabriques de tapis.
- Filateurs............
- Teinturiers (c)......
- Tisseurs à la main ..
- — à la vapeur. Rattacheuses.........
- Ameublement (d).
- Mouleurs en plâtre... Ouvriers auxiliaires...
- Meubles de style------
- Ouvriers en meubles de do luxo et de fantaisie. Ouvriers en meubles ordinaires .......
- Tapissiers décorateurs.
- Garnisseurs_____
- Décorateurs..... Menuisiers en cadres..
- Tapissiers (e).......
- Doreurs sur bois....
- Apprétours...........
- Doreurs du bâtiment.
- Batteurs d’or........
- F’emmes..............
- (a) 30 0/0 on moins dans les pays éloignés de la capitale. . ...
- (b) Los salaires do l’ameublement sont payés en raison de 1 importance du trava, p. de vue de l’art, et ensuite selon la localité du pays où la profession se trouve exercée. Les salaires sont supérieurs dans les centres où la population est très dense.
- jd) T/industrie S<lu meuble comprend, pour Paris, 2,000 patrons et Sô.OOO ouvriei’s^msteS-scnlpleurs, tourneurs, menuisiers en sièges. Cette industrie aouffix hS® ] ™ nrûvjace où ies ronco étrangère ot ensuite do ce que beaucoup de fabriques ont étc creees en prov , salaires sont beaucoup plus bas qu’à Paris. . .
- (e) Celle industrie comprend 1,800 ouvriers et 200 patrons tapissiers.
- p.647 - vue 646/0
-
-
-
- — 648 —
- PAYS ET LOCALITÉS MÉTIERS NOMRRE d’heures le travail par jour. TRAVAIL a l’heure Prix de l’heure. PRIX de la journée. SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- FRANCE ’r. c à fr. c. ’r. c. à fr. c. fr. c. à fr. c. fr. c.
- Tours (a) Paris Ebénistes Tourneurs sur bois. . 12 4 » 5 50 4 » 6 50 » » » »
- Tablettiers 12 » » 5 » 6 » » » » ».
- Ebénistes 10 )) )> 1 » 5 50 () «
- Montélimar Id « 4 »» 4 50 »» » ,» »
- Blois Id. 12 » » n )) »
- Avignon Bons ouvriers Ouvriers ordinaires... » ", ô » 8 >» 4 » 6 » » » » »
- Paris Scieurs à la mécanique (ô).. 10 » 70 » )) » »
- Layetiers emballeurs.. » ». 55 » 75 » » » » »
- Sculpteurs sur ivoire (c) 10 » )> 10 » 15 » ” ” » »
- Aubusson (Creuse) Industrie des tapis. Ouvriers {d.) 12 » » 2 » 3 » » »
- Ouvrières./ 7) » 1 25 1 50 ,, » >» »
- Partie artistique » » » » » » » » »
- Bons ouvriers » » » 5 » 7 >» ” » »
- ANGLETERRE Londres Sculpteurs sur bois (Hommes) 9 •) » 43 » 50 »
- Garçons au-dessous de 20 ans 7) » » 1) » 12 >. 15 ». » »
- Femmes » » » » » 15 » 18 » » »
- Filles « » » » » 7 » 9 »
- Ebénistes, tapissiers (e) 9 » » » » 40 » 45 . )> »
- Ouvrières » » ») » » 10 » 12 « » 7)
- Filles de 13 à 16 ans. » » » Ji 7) 6 » 7 50 »> »
- Chaisiers >> » ï» » )) » » 7> »
- Menuisiers entfauteuilx >ï » » » >i 10 .» 46 » » »
- Garçons au-dessous de 20 ans (/) » » 7) » 10 » 12 » » 7)
- AMÉRIQUE Massachusset., Ameublement. Ebénistes 9 65
- Tapissiers Tourneurs sur bois.. » » » >> » 10 » 10 30 » -- » »
- Chaisiers » » 9 60 » )) 7>
- Peintres en décors... T> 7) 21 » * » »
- (a) Le nombre moyen des journées par mois est de vingt-cinq. Le budget des ouvriers pères de familles, se solde généralement en déficit. En faisant travailler la mère au dehors, ils n’arriveraient encore que très difficilement.
- (b) Cette corporation compte ‘1,000 membres pour Paris et la Seine ; l’entréo des bois ouvrés en franchise leur cause un grand préjudice.
- (c) Ces ouvriers sont à Paris au nombre de 150, les plus habiles peuvent gagner jusqu’à 20 francs par jour.
- (d) La durée moyenno de l’apprentissage est de six années et l’on commence à l’âge do 12 à 1U ans.
- (e) A la journée. Aux pièces, quelques ouvriers d’une habileté et capacité supérieures arrivent à gagner de 60 à 75 francs par semaine.
- (f) Ces ouvriers fournissent leurs outils.
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-
-
-
- 649 —
- MOYENNE DES SALAIRES
- DE L’INDUSTRIE DU BOIS POUR CONSTRUCTION (Tableaux dressés par les Rapporteurs généraux.)
- PAYS ET LOCALITÉS MÉTIERS NOMBRE b’iieüres de travail par jour. TRAVAIL A L’HEURE Prix de l’heure. PRIX de la journée. SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- fr. c. à fr. c. fr. c. à fr. c. fr. c. à fr. c. fr. c.
- PAYS-BAS Scieries à vapeur 0 14 0 16 » » .. ,»
- Arnheim Fabriq. de charpentes. 10 à 12 0 16 0 24 „ 10 » 12 ». » »
- Deventer. . .... Charpentiers 10 » » » )) 12 >» » ))
- Construct. de navires. )) » „ )) 19 »> 23 » » ))
- Rotterdam Charpentiers » » » »
- Charpentiers de mai-
- Amsterdam sons (a) )) » 18 75 9M 50 » TI
- Id. de navires » )) n 25 » » »
- Id. des chantiers du
- gouvernement (b)... » » )> „ „ 20 80 » »
- Menuisiers 11 à 12 ” » 15 »> 25 »» » »
- BELGIQUE
- Charpentiers 11 » )) 3 75 5 »
- Scieurs à la mécanique
- ou à la main )) )) )> 3 50 4 25 )) »
- Menuisiers » » » 3 >. 4 » »» »»
- DANEMARK
- Christiania Charpentiers 1“ classe. » 20 » 22 » » ))
- Menuisiers id >> H » >, 18 »> 20 »> » lï
- Charpentiers id. (c).. 12 )) )) „ „ 28 » 33 »» » »
- Menuisiers id » » » 25 » 30 » )) »
- Charpentiers id. ... » )) ), „ 11 » 12 > » »
- Menuisiers id. (d).. » » » » » 10 >» 11 »> »» »>
- SUÈDE Construction navale.
- Charpentiers (e) 11 h. été. 0 30 0 40 „ » » „
- Stockholm Menuisiers 0 32 0 50 »
- NORVÈGE Industrie du bâtiment.
- Charpentiers D» cl. (f\. « » „ » 25 >» 42 .» » V
- Menuisiers id. . )l » » 20 » 30 »» » 9
- Aides charpentiers... » •> » » 15 » 25 »» », »
- Id. menuisiers... . 12 » 20 »
- (a) Aux pièces, à la journée.
- (b) Les hommes mariés versent 2 fr. 15 par semaine à la caisse des veuves.
- (e) Dans les grands jours, de quinze à seize heures.
- (d) Avec nourriture. La plupart de ces ouvriers mènent de front la culture et le travail dans l’industrie. Ils sont propriétaires d’une parcelle de terre qu’ils cultivent pour leur compte, dans le cas contraire, ils louent 3 ou 4 arpents de terre pour les besoins de leur famille.
- (e) Onze heures en été et sept heures en hiver.
- (f) A la tâche en été; dans les grands jours ils travaillent jusqu’à quinze et seize heures, l’hiver le nombre d’heures do travail tombe de quinze à huit heures, de sorte que le salaire est considérablement réduit.
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-
-
-
- 650
- PAYS OU LOCALITÉS MÉTIERS NOMBRE d’heures de travail par jour. TRAVAIL A L’HEURE Prix de l’heure. PRIX de la journée. SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- SUISSE l’r. c. A fr. c. fr. c. A fr. c. fr. c. A fr, c. fr. c.
- Chaux-de-Fond.. Zurich Charpentiers (a) h » )> 4 50 5 » » » »
- Bâle Menuisiers » )) » )) )> 4 » 4 50 )) » l »
- PORTUGAL
- Porto Charpentiers........ 15 » » 1 05 1 75 )> » » »
- Aides de 12 à 16 ans. » )) )) » 50 » 60 )) » » »
- Scieurs de long » » » 1 55 2 05 ï» » )) »
- Menuisiers » „ » )) » » )) » »
- Premiers ouvriers w )> » 2 30 2 90 » )> )) »
- Ouvriers ordinaires... » » « 1 » 2 35 » » » »
- ESPAGNE
- Valence (b) Charpentiers 11 » ï) 2 25 3 » )) » » »
- Scieurs » » » 2 05 2 60 » )) )) )>
- Menuisiers » » 2 » 2 50 » » »
- ITALIE
- Charpentiers 12 » » 2 25 4 >, » » « ))
- Menuisiers » » » 2 »» 3 50 » » » »
- RUSSIE
- Pologne (c) Charpentiers 12 A 13 © » 2 05 4 15 „ „ )) »
- Provinces de la Charpentiers » » » 7 » 8 » )) )) » B
- mer Noire (d). Menuisiers B )) » 6 » 7 » » )> )) ))
- Scieurs » » 1 » 5 50 7> » »
- AUTRICHE
- Brunn Charpentiers (e) Scieurs de long ou à » ,, » 17 » 25 » » »
- la mécanique » » » » » 17 50 20 » » »
- Menuisiers » » » » « 17 » 20 » )) »
- ALLEMAGNE
- Dusseldorf Charpentiers maîtres.. 11 A 12 » „ 35 » 3g » » »
- Berlin Id. ouvriers... » » .» » ' » 20 >» 28 > » »
- Dresde Id. maîtres.... » » 3Î • 35 » 45 » )) »
- Francfort Id. ouvriers (f) » « » 27 >» 33 )> »
- Stuttgardt >, » » » » 25 » 28 » » » (
- Liepzig Menuisiers (y) », » » 1, 2B » 28 » » »
- Dresde Stuttgardt Cobourg-Gotha.. Brème Francfort » » ?) )> 9 » 20 » » >» 20 » 16 » 18 » 25 » 28 » 30 » 36 » » »
- (a) Les ouvriers de cette industrie peuvent aux pièces gagnor do 0 h 7 francs.
- (6) Dans l’Andalousio et les provinces basques, les salaires sont do 15 A 20 0/0 plus
- élevés.
- (c) Aux pièces 2 fr, 00 à 5 fr. 10. (d) Le prix des denrées étant très élevé dans ces contréos. (e) A Vienne les salaires sont en moyenne de 30 0/0 plus élevés. (f) A la journée.
- (o) Dans l'empire allemand les salaires peuvent varier de 12 A 30 0/0, cela dépend de w
- oealité où vous travaillez : ces solaires s'élèvent A mesure nue vous vous rapprochez des centre*
- industriels. .
- p.650 - vue 649/0
-
-
-
- — 051
- PAYS Er LOCALITÉS MÉTIERS NOMBRE d’heures de travail par jour. TRAVAIL A L’HEURE Prix de l’heure. PRIX de la journée. SALAIRE par semaine. SALAIRE par mois.
- ALLEMAGNE Cruinistch au- Construction de machines. Charpentiers maîtres.. » fr. c. à fr. c. fr. c. à fr. c. fr. c. à fr. c. 38 » 55 » fr. c. » »
- Saxe Id. ouvriers ... » » » » » 18 »> 20 » . »
- Plauen (Saxe)... Construction de machines. Menuisiers-mécanic... 18 » 25 » 16 » 28 » » 7> » »
- Chemmitz (Saxe). Scieurs à la mécanique. » » » " 18 » 27 » » «
- FRANCE Paris Charpentiers (a) Scieurs de long (b)... 10 à 12 » 0 80 » 0 60 0 70 » » » )> »
- Parqueteurs » » » » » » » » »
- Ouvriers ordinaires (c). )) » » » » » » 180
- Tonneliers » » » 4 50 5 50 H <> » 0
- Vanniers » » » 4 50 5 » )) » » »
- Menuisiers en bâtiment (d) (e) 10 » » 7 » 7 50 >1 » a »
- Charpentiers 12 » »> 4 80 3-50 0 » )>
- Menuisiers i) 7) 4 80 » » » »
- Bourg 10 » » 3 75 5 » » » »
- Nancy (fl 12 ” 3 75 4 50 » » ” »
- AMÉRIQUE Massachussel... Charpentiers et menuisiers » » 9 70
- Peintres et vitriers... » » » 12 05 » 1) » » » »)
- Plâtriers » » » 10 70 » » » » » »
- Maçons » » » 10 70 » » >, )> » ')
- Aides charpentiers.... Id. maçons » o » 7 25 » » )) » » »
- (a) Le nombre do charpentiers à Paris est de 5,000
- (b) Prix officiel de la ville de Paris, I fr. 15.
- (c) Ils travaillent généralement aux pièces.
- (a) Paris compte 700 entrepreneurs et 20,000 ouvriers. En 1841, les salaires étaient de 3 fr. 50 pour onze heures, ils sont aujourd’hui de 7 francs pour dix heures.
- (e) La concurrence étrangère est funeste à cette industrie.
- (fl Par la rapidité de production, conséquence de l’emploi des machines, les ouvriers ne sont occupés que de huit è neuf heures par jour, ce qui diminue notablement le salaire, vu qu’il est basé sur douze heures de travail.
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-
-
-
- — 652
- INDUSTRIE
- CHARPENTIERS, CHARRONS, MENUISIERS EN BATIMENTS, MENUISIERS
- Droits perçus à l’importation sur les produits ci-dessous, d’après les tarifs
- FRANCE
- DÉSIGNATION ANGLETERRE ALLEMAGNE tarif conventionnel AUTRICHE
- DES MARCHANDISES —
- BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS
- Bois à construire pour l’industrie. fr. c. fr. c. fr. c. fr. c.
- Bruts ou équarris » exempts. 100 kil. » 12,5 100 kil. exempts. 100 kil. exempts-
- Pièces de charpentes ou de cha-
- ronnage :
- Brutes, équarries ou sciées.... R id. id, » 31.2 id. exemptes » id.
- Façonnées » id. id. >» 31.2 id. id. » id.
- Planches,frises ou lames de parquet
- rabotées, rainées ou bouve-
- tées, ouvrages en menuiserie :
- En bois tendre „ id. id. 3 75 id. br. » 50 » id.
- En bois dur » id. id. 3 75 id. br. 1 50 » id.
- Meubles.
- Sièges en bois commun sans
- sculpture ni marqueterie » id. id. 3 75 id. br. 7 » » id.
- En bois d’ébénisterie » id. id. 12 50 id. br. 10 » 100 kil. 7 50
- Sculptés,marquetés ou ornés de cui-
- vre, de toutes espèces de bois :
- Non rembourrés )) id. id. 12 50 id. 15 » id. 7 50
- Rembourrés, non recouverts... )> id. ’ id. 30 » id. 15 0/0 id. 30 »
- Recouverts » id. id. &0 >> id. en plus. id. 50 »
- Autres que sièges :
- De l’espèce la plus commune.. » id. id. exempts. id. br. 5 » id. exempts.
- Fins en bois d’ébénisterie » id. id. 7 50 id. net. 10 » id. 7 50
- Sculptés, marquetés ou ornés de
- cuivre » id. id. 30 » id. net 25 » id. 30 «
- Tissus de laine.
- Tapis de pieds ” id. id. 125 » id. 80 » id. 100 »
- DÉSIGNATION RUSSIE SERBIE TURQUIE GRÈCE
- DES MARCHANDISES
- BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS BASES droits
- Bois à construire pour l’industrie. fr. c. fr. c. fr. c. tr. C.
- Bruts ou équarris » exempts. » exempts. valeur. 8 0/0 » exempts,
- Pièces de charpentes ou de cha-
- ronnage : Brutes, équarries ou sciées.... id. à la valeur 8 0/0 id. 8 0/0 pièce 0 09 A Qrt
- Façonnées » id. id- S 0/0 id. 8 0/0 id. U fyy)
- Planches,frises ou lames de parquet
- rabotées, rainées ou bouve-
- tées, ouvrages en menuiserie : les n r-S).
- En bois tendre. lOOkil. 7 32 id. 10 0/0 id. 8 0/0 100 kil. o J* o p.9
- En bois dur id. 7 32 id. 10 0/0 id. 8 0/0 le kil. o O*
- Meubles.
- Sièges en bois commun sans les ii la
- sculpture ni marqueterie id. 7 32 100 kil. 3 » id. 8 0/0 valeur. lu u/,x i k n/0
- En bois d’ébénisterie id. 29 30 la Valr. 10 r/o id. 8 0/0 id. IJ '7
- Sculptés,marquetés ou ornés de cui-
- vre de toutes espèces de bois : i * 0 /O
- Non rembourrés id. 110 r.i id„ 10 0/0 id 8 0/0 id. /tr, 0/d
- Rembourrés, non recouverts... » 116 51 id. 10 0/0 id. S 0/0 id. 1 Pv O/0
- Recouverts » 25 0/0 id. 10 0/0 id. 8 0/0 id. 11) v/
- Autres que sièges : en sus. 15 0/0
- De l’espèce là plus commune.. >» 7 32 id. io o/o id. 8 0/0 id. 15 o/o
- Fins en bois d’ébénisterie » 20 30 id. 10 0/0 i(i. 8 0/0 id.
- Sculptés, marquetés ou ornés de 15 0/0
- cuivre » HO 51 id. 10 0/0 id 8 0/0 id.
- Tissus de laine. (9 19
- Tapis de pieds le kil. 3 42 id. 8 0/0 id. 8 0/0 lOOkil.
- — 653 —
- DES BOIS
- EN MEUBLES, EN SIÈGES, ÉBÉNISTES; INDUSTRIE DES TAPIS, TAPISSIERS collectifs, législation nos 1, 15, 28,41 (Tableau dressé par les Rapporteurs généraux.)
- SUISSE BELGIQUE PAYS-BAS DANEMARK SUÈDE NORVÈGE
- —
- BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS
- fr. C. fr c. fr. c. fr. c. fr. c. fr. c.
- lOOkil. » 60 exempts. exempts. exempts. " exempts. » exempts.
- id, » 60 exemptes exemptes m.cube » 56.7 id. » id.
- id. » 60 id. id. id. » 56.7 le kil. 0 03 id.
- à la les
- id. 4 » valeur. 10 0/0 valeur. 5 0/0 lOOkil. 17 50 id. 0 06 le kil. 0 03
- id. 4 » id. 10 0/0 id. 5 0/0 id. 17 50 id. 0 06 id. 0 03
- id. 4 » id. 10 0/0 id. £ 0/0 id. 17 50 id. 0 03 id. 0 03
- id. 7 » id. 10 0/0 id. 5 0/0 id. 41 » id. 0 21 id. 0 18
- id. 16 » id. 10 0/0 id. 5 0/0 valeur. 10 0/0 id. 0 21 id. 0 18
- id. 16 » id. 10 0/0 id. 5 0/0 id. 10 0/0 id. 0 11 id. 0 18
- id. 30 » id. 10 0/0 id. 5 0/0 id. 10 0/0 valeur. 20 0/0 id. 10 0/0
- en plus. en sus.
- id. 4 » id. 10 0/0 id. 5 0/0 id. 10 0/0 le kil. 0 06 id. 0 18
- id. 7 » id. 10 0/0 id. 5 0/0 id. 10 0/0 id. 0 21 id. 0 18
- id. 16 y> id. 10 0/0 id. 5 0/0 . id. 10 0/0 id. 0 21 id. 0 18
- id. 30 » id. 10 0/0 id. 5 0/0 lOOkil. 70 » id. 0 83 id. 0 65
- ITALIE ESPAGNE PORTUGAL CANADA ÉTATS-UNIS AUSTRALIE VICTORIA
- ^ — . —_ -——
- BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS BASES DROITS
- fr. c. fr. c. fr. c. fr. C fr. c. fr. c.
- » exempt. m. cube 2 » m. cube 0 12 valeur. 20 O/O ” 20 0/0 100 met 13 45
- exemptes id. 2 » id 0 62 id. 20 0/0 ton met 1 70 id. 13 45
- » id id. 2 .. id. 0 62 id. 20 0/0 id. 1 70 id. 20 32
- à la à la 25 0>0
- lOOkil. 4 » id. 2 » valeur. 1/2 0/0 id. 25 0/0 id. 2 55 valeur.
- id. 4 » id. 2 » id. 1/2 0/0 id. 25 0/0 id. 2 55 id. 25 0/0
- les à la
- id, 13 » lOOkil. 18 75 id. 25 0/0 id. 35 0/0 valeur. 30 0/0 id. 25 0/0
- id. 10 id. 37 75 id. 25 O/O id. 35 0/0 id. 35 0/0 id. 25 0/0
- id. 60 id. 102 65 id. 25 0/0 id. 35 0/0 id. 35 0/0 id. 25 0/0
- id. 60 » id. 102 65 id. 25 0/0 id. 35 0/0 id. 35 0/0 id. 25 0/0
- id. 60 » id. 102 65 id. 25 0/0 id. 35 0/0 id. 35 0/0 id. 25 0/0
- 13 w id. 18 75 id. 25 0/0 id, 35 0/0 id. 30 0/0 id. 25 0/0
- id. 40 y> id. 37 75 id. 25 0/0 id. 35 0/0 id. 35 0/0 id. 25 0/0
- id. 60 » id. 102 65 id. 25 0/0 id. 35 0/0 id. 35 0/0 id. 25 0/0
- id. 110 » id. 102 93 lOOkil. 140 »» id. 20 0/0 id. 30 0/0 id. 20 0/0
- p.dbl.652 - vue 651/0
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- — 655 —
- OBSERVATIONS ET ERRATA
- Dans notre introduction, à la page 33, nous disons que, n’ayant pas trouvé dans le livre de M. René Lavollée, les mêmes renseignements sur l’Angleterre que ceux qu’il nous a fournis sur les autres puissances de l'Europe., nous les avons cherchés dans différents auteurs, dont les deux principaux sont MM. Elysée Reclus et Leone Levy, l’auteur de Wages and Earnings of the Working classes. Ce passage aurait dû être supprimé à la correction des épreuves; un oubli que nous regrettons l’a seul maintenu.
- Nous n’avons pas trouvé dans le magistral ouvrage de M. Elysée Reclus, la Nouvelle Géographie universelle, les documents que nous espérions sur les salaires des ouvriers anglais ; quant à M. Léone Levy, son livre nous a été très utile pour l’établissement de nos tableaux, mais la rédaction en remontant à 1867, les renseignements généraux qu’il contient ne nous ont pas paru assez actuels pour être publiés. Ils ont déjà servi à M. le comte de Paris pour la confection de son travail sur les Trade’s Unions et nous ne voulions, autant que possible, que des renseignements à peu près inédits en France, au moins pour la classe ouvrière.
- Force nous a été de remettre au deuxième volume de notre rapport l'exposé de la situation actuelle des ouvriers anglais.
- Nous établirons à cette occasion un parallèle entre ces ouvriers et les ouvriers français.
- L’ouvrage de M. Fawcett, le savant économiste anglais que la science vient de perdre, nous sera d’un puissant secours; ajoutons que nous possédons déjà, d’autre part, des renseignements d’un très grand intérêt sur l’Angleterre ; nous pourrons donner ainsi, une idée exacte de la vie ouvrière en Angleterre.
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- — 656 —
- Les tableaux qui se trouvent aux pages 56, 57, 58, 59 et 60, devraient être placés à la suite de celui qui se trouve à la page 63, et on ne devrait reprendre la lecture du texte : « Il n’est pas douteux, d’après ces tableaux, etc. » qu'après avoir parcouru les renseignements qui y sont contenus.
- Le tableau placé à la page 65, devrait venir immédiatement à la suite de ces deux lignes de la page 64, avant-dernier alinéa : « Voir ci-après le relevé des dépenses nécessaires pour chacune d’elles. »
- Il en est de même du tableau concernant le prix des denrées alimentaires dans les divers pays de l’Europe et de l’Amérique, placé aux pages 236 et 237, qui devrait se trouver aux pages 238 et 239 ; par suite de cette interposition, pour suivre le texte de M. René Lavollée, sur le Portugal, le lecteur doit passer de la page 235 à la page 238.
- Nous déclarons n’être point responsables de ces erreurs de mise en page, que nous déplorons profondément, et nous assurons le lecteur que semblables faits ne se reproduiront pas lors de la publication prochaine du deuxième volume du Rapport d’ensemble. Nous prendrons nos mesures en conséquence.
- L. Chalain, Ch. Gruhiek.
- FIN DU PREMIER VOLUME
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- TABLE DES MATIÈRES
- PREMIÈRE PARTIE
- Pages.
- Lettre des rapporteurs généraux au Conseil de l’Union des chambres
- syndicales ouvrières de France....................................... 1
- Lettre de la Délégation de l’Union des chambres syndicales ouvrières
- de France à M. le ministre du commerce............................. . 5
- Introduction........................................................... 7
- La Néerlande (Extrait de la Nouvelle Géographie universelle, par
- M. E. Reclus).................................................... 39
- Amsterdam (Extrait de la Nouvelle Géographie universelle, par M. E. Reclus)......................................................... 43
- EXTRAITS DU LIVRE DE M. RENÉ LAVOLLÉE SUR LES CLASSES OUVRIÈRES
- EN EUROPE
- Allemagne..................................................... 82
- Autriche-Hongrie............................................... 107
- Suisse...................................................... 123
- Relgique....................................................... 133
- Etats Scandinaves : Suède...................................... 147
- — Norvège...................................... 161
- — Danemark..................................... 179
- Russie......................................................... 189
- Italie........................................................... 211
- Espagne............... ........................................ 223
- Portugal.............. ........................................ 233
- Prix des denrées alimentaires consommées dans les familles ouvrières, et aperçu du prix des logements dans les divers pays de l’Europe et de l’Amérique. (Tableau dressé par les rapporteurs
- généraux)............................................. 236 237
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- DEUXIÈME PARTIE
- Pages.
- A Travers l’Exposition d’Amsterdam. — Vue d’ensemble.............. ^39
- Tableau des récompenses........................... .•............. 253
- RAPPORTS DES DÉLÉGUÉS
- MÉTALLURGIE
- Rapport de M. Simon (L.), délégué de la chambre syndicale des ouvriers serruriers en bâtiment de la ville d’Amiens (Somme)... 255
- Rapport de M. Gourlé (Henri), contremaître chez MM. Maquennehem.
- et Imbert, à Escarbotin (Somme)............................ 256
- Rapport de M. Lebailly (A.), délégué de la chambre syndicale des ouvriers serruriers en bâtiment de la ville d’Amiens (Somme)... 258
- Rapport de M. Debrav (Auguste), délégué des ouvriers mécaniciens
- de la ville du Mans (Sarthe)................................... 260
- Rapport de M. Blin, délégué des ouvriers serruriers de la ville du
- Mans (Sarthe)............................................... 261
- Rapport de M. Planterose, délégué de la chambre syndicale des
- mécaniciens de Rouen (Seine-Inférienre)......................... 263
- Rapport de M. Delcourt (Séraphin), mécanicien à Saint-Amand-les-
- Eaux (Nord)................................................... 277
- Rapport de M. Derouet (Samuel), délégué de la chambre syndicale
- de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais)............................. 273
- Rapport de M. Tobo, délégué de la chambre syndicale de Boulogne
- sur-Mer (Pas-de-Calais)........................................ 275
- Rapport de M. Lagache (Henri), ex-mécanicien au chemin de fer du
- Nord, délégué de la ville de Lille (Nord)...................... 277
- Rapport de M. J. Monnier, mécanicien, délégué de Roubaix (Nord). 284 Rapport de MM. J. Dufourny et A. Peltier, délégués des chambres
- syndicales de la région de Fourmies (Nord)..................... 287
- Rapport de MM. E. Andrieux et .1. Quignon, mécaniciens, délégués
- de la ville d’Albert (Somme)................................... 292
- Rapport de M. Vroland, délégué du canton de Quesnoy-sur-Deûle
- (Nord).......................................................... 309
- Rapport de MM. Denis-Doyen et Coiien-Stuart, délégués de la ville
- de Lille (Nord)................................................. 313
- Rapport de M. Robinet, délégué de la chambre syndicale des chauffeurs-conducteurs-mécaniciens du département de la Seine
- (Siège social, rue des Filles-du-Calvaire, 7, Paris)........... 346
- Rapport de M. Hautbout (Arthur), ouvrier charron-carrossier,
- contremaître chez M. Leroux, à Amiens (Somme).................. 353
- Enquête de la commission extraparlementaire des associations ouvrières. — Arrêté de M. le ministre de l’intérieur............... 355
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- — 659
- Pages.
- Déposition de l’association des ouvriers en limes.................. 359
- Déposition des ouvriers tailleurs de limes......................... 361
- Une lacune dans les Rapports de la métallurgie. Exposition de
- M. Denis Poulot, par les rapporteurs généraux................... 363
- Note .............................................................. 368
- Moyenne des salaires de la métallurgie et de l’industrie du fer
- (tableaux dressés par les rapporteurs généraux)............ 369 à 373
- Poids et valeur des principales machines étrangères importées en France en 1882. (Tableau dressé par les rapporteurs généraux) 374 Poids et valeur des principales machines françaises exportées en 1882.
- (Tableau dressé par les rapporteurs généraux)................... 375
- Droits de douane perçus à l’importation sur les produits mécaniques d’après les tarifs collectifs, législation commerciale nos 1, 17, 28,
- 45. (Tableau dressé par les rapporteurs généraux).......... 376, 377
- Valeur en millions de francs des importations et des exportations
- de machines, de 1875 à 1882................................... 378
- Extrait du tableau général du commerce extérieur de la France
- en 1882......................................................... 378
- Pays avec lesquels la France a des traités de commerce ou conventions commerciales............................................... 379
- CU1VRKR1E ET INDUSTRIES d’aRÏ
- Rapport de M. Pagukt, délégué de la chambre syndicale des chaudronniers en cuivre de Paris ..................................... 380
- Rapport de M. A. Merlat, délégué des ouvriers fondeurs en cuivre
- de la ville de Lyon............................................ 386
- Rapport de MM. Simonny (Paul), monteur, Ozanne (Charles),ciseleur,
- Robin (Henri), tourneur, délégués de la chambre syndicale Y Union
- des ouvriers façonniers du bronze................................. 394
- Quelques lignes en guise de préface par M. L. Chalain.............. 394
- Rapport spécial de M. Jovidoux, secrétaire de la chambre syndicale des ornemanistes sur métaux, sur l’ornement sur métaux et les les parties similaires : chaudronnerie, couverture, plombiers-
- zingueurs, ferblantiers, etc...................................... 461
- Rapport de M. Ronny, délégué de la corporation des ouvriers ferblantiers, plombiers et zingueurs de Marseille.................... 480
- EnquôLe de la commission extraparlementaire des associations ouvrières : Déposition de l’associasion des ouvriers ferblantiers.. 490 Moyenne des salaires de l’industrie des métaux, bronze, zinc, étain et plomb (Tableaux dressés par les rapporteurs généraux) .. 492, 493
- Industries du bronze d’art, d’ornements sur métaux, de la chaudronnerie cuivre, de la ferblanterie, du plomb et du zinc. Droits de douane perçus à l’importation, d’après les tarifs collectifs n° 1, législation nos15, 28, 41 (Tableau dressé par les rapporteurs généraux). ... ....................•..............................'. 494, 495
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- BIJOUTERIE, HORLOGERIE ET PROFESSIONS SIMILAIRES
- Pag
- Rapport des délégués de la chambre syndicale des ouvriers en cadrans de la ville de Besancon (Doubs).— Le délégué, Vaillantet ; le délégué suppléant, Morel (Félix); le président de la chambre
- syndicale, Barreaux (Th.) .......................................... 497
- Rapport de M. Besson (Jules), ouvrier diamantaire, délégué par la
- ville de Saint-Claude (Jura)....................................... 504
- Rapport de M. T. Canu, délégué de la chambre syndicale des graveurs de Paris...................................................... 510
- Rapport de M. Hache-Trésel, membre de la délégation parisienne,
- délégué de la bijouterie, joaillerie et serti de Paris............ 517
- Enquête de la commission extraparlementaire des associations ouvrières : Déposition de l’association des bijoutiers en or et joaillerie 524
- Déposition de l’association des bijoutiers en doublé................ 528
- Rapport spécial de M. Marty, sur la bijouterie de deuil, doré et acier, délégué à l’Union des chambres syndicales ouvrières de France.. 530 Moyenne des salaires, industrie de la bijouterie joaillerie et similaires (Tableaux dressés par les rapporteurs généraux)....... 539 à 541
- Orfèvrerie, bijouterie, joaillerie, bijouterie imitation et horlogerie.
- Droits de douanes perçus à l’importation sur les produits ci-dessus d’après les tarifs collectils n° 1, législation nos 15, 28 et 41. (Tableau dressé par les rapporteurs généraux)................ 542 543
- lunetterie-verrerie
- Enquête de la commission extraparlementaire. Déposition de la
- société des lunettiers........................................... 545
- Déposition de l’association générale des ouvriers opticiens......... 540
- Rapport de MM. Bar (François) et Zkller (Charles), délégués des
- ouvriers verriers d’Aniche (Nord)................................... 548
- Moyenne des salaires de l’industrie des verres, glaces et verroterie. (Tableaux dressés par les rapporteurs généraux).................. 557 558
- INDUSTRIE DE L’AMEUBLEMENT
- MENUISERIE, ÉDÉNISTER1E, TAPIS, ETC.
- Rapport de M. Lavollée (Alphonse), ouvrier menuisier à la préfecture de la Savthe, délégué de la ville du Mans..................... 559
- Rapport de M. Dupagny (Achille), menuisier, délégué de la ville
- d’Anzin (Nord).............................................. 561
- Rapport de M. Du pré (Henri), menuisier, délégué par la chambre syndicale des diverses corporations de Niort (Deux-Sèvres)...... 503
- Rapport de M. Dumas (Victor), menuisier, délégué de la ville de Marseille (Bouches-du-Rhône)....................................... 509
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- — 661
- Pages.
- Extrait du rapport collectif des délégués de l’Union des syndicats ouvriers de la ville de Bordeaux : MM. Pagaud (Joseph), scieur de long; Joffre (Louis), menuisier; Labouigne (Alexandre), menuisier en sièges; Maurin (Antoine-J.), ébéniste........................... 1179
- Rapport de M* Gody (Julien), fabricant de meubles d’art et menuisier, délégué par la ville d’Amiens (Somme)............................ 584
- Rapport de M. Maillard (Jules), contremaître de l’usine Van Veers-sen, à Sommedieue (Meuse), délégué de Sommedieue....................... 592
- INDUSTRIE DES TAPIS
- Rapport de M. Rausse (Félix), délégué par les ouvriers delà ville de
- Felletin (Creuse).................................................. 611
- Rapport de MM. Roby-Pécot et Jabin (J.) aîné, délégués de la chambre syndicale des ouvriers tapissiers de la ville d’Aubusson (Creuse). 620 Rapport de M. Michel (Isidore), dessinateur, délégué de la ville
- d’Amiens (Somme)..................................................... 624
- Rapport de M. Bouland, délégué des ouvriers tapissiers de la ville
- de Rouen (Seine-Inférieure)......................................... 627
- Un meuble en France et a l’étranger (article du journal Le Temps, du 15 avril 1884)..................................................... 629
- enquête de la commission extraparlementaire
- DES ASSOCIATIONS OUVRIÈRES
- Déposition de l'association coopérative des ouvriers charpentiers de
- la ViJlette. ...................................................... 636
- Déposition de l’association VAvenir................................... 638
- Déposition de l’association des ébénistes............................. 640
- Déposition de l’association VUnion des facteurs de pianos............. 641
- Déposition de l’association des ouvriers facteurs de pianos........... 642
- Déposition de l’association générale des ouvriers facteurs d’instruments de musique...................................................... 643
- Moyenne des salaires de l’industrie du bois pour ameublement et tapisserie (tableaux dressés par les rapporteurs généraux). 646 à 648 Moyenne des salaires pour l’industrie du bois pour construction (tableaux dressés par les rapporteurs généraux).................. 649 à 651
- INDUSTRIES DES ROIS
- Droits de douane perçus à l’importation sur les bois de charpente, charronnage, menuiserie en bâtiment, menuiserie en meubles, en sièges, l’ébénistorie, industrie des tapis, etc., d’après les tarifs collectifs, législation nos 1, 15, 28, 41. (Tableau dressé par les rap-
- porteurs généraux)......................................... 052 653
- Observations et errata............................................. 655
- Paris. — Imprimerie Nouvelle (associalion ouvrière), 11, rue Cadet. — 1720‘J.
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