- Accueil
- > Catalogue général
- > Exposition universelle et internationale. 1889. Paris. - Notices sur les modèles, dessins ...
Notices sur les modèles, dessins et documents divers relatifs aux travaux des ponts et chaussées et des mines
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE À PARIS
- EN 1889 f° OCai 32?
- ----------------
- NOTICES
- SUR
- LES MODÈLES, DESSINS
- ET DOCUMENTS DIVERS
- RELATIFS AUX TRAVAUX
- DES PONTS ET CHAUSSÉES ET DES MINES
- RÉUNIS PAR LES SOINS
- DU MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS
- MINES — DOCUMENTS DIVERS
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
- M DCCC LXXXIX
- Page de titre n.n. - vue 1/482
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/482
-
-
-
- rS; \
- à
- S J
- %
- r OCcu Z2?
- NOTICES
- SUR
- LES MODELES, DESSINS
- ET DOCUMENTS DIVERS
- RELATIFS AUX TRAVAUX
- DES PONTS ET CHAUSSÉES ET DES MINES
- RÉUNIS PAR LES SOINS
- DU MINISTERE DES TRAVAUX PUBLICS
- MINES ~ DOCUMENTS DIVERS
- p.n.n. - vue 3/482
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/482
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE À PARIS
- EN 1889
- ----=P<8=c=--
- NOTICES
- SUR
- LES MODÈLES, DESSINS
- ET DOCUMENTS DIVERS
- RELATIFS AUX TRAVAUX
- DES PONTS ET CHAUSSÉES ET DES MINES
- RÉUNIS PAR LES SOINS
- DU MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS
- MINES — DOCUMENTS DIVERS
- PARIS
- IMPRIMERIE NATIONALE
- M DCCC LXXXIX
- p.n.n. - vue 5/482
-
-
-
- p.n.n. - vue 6/482
-
-
-
- PREMIÈRE SECTION.
- CARTE GÉOLOGIQUE DÉTAILLÉE
- DE LÀ FRANGE.
- I
- GÉNÉRALITÉS.
- Le service de la carte géologique détaillée de la France date du décret du icr octobre 1868; son organisation primitive a*été réglée par un arrêté ministériel du i5 du même mois. Les relevés géologiques devaient être reportés sur la carte du dépôt de la Guerre au 8ir^ô et Ie tirage f^e chaque leuille devait se faire à 200 exemplaires.
- Le personnel alfecté à l’exécution de la carte comprenait, indépendamment du directeur, un sous-directeur et cinq ingénieurs; la haute direction de l’œuvre entreprise était confiée à Élie de Beaumont qui l’a conservée jusqu à son décès
- survenu en septembre 187/1.
- A cette date,l’Administration jugea nécessaire de procéder a une réorganisation du service, et notamment d augmenter dans une large mesure le nombre des géologues appelés à concourir aux explorations sur le terrain. En meme temps
- II.
- 1MPRIMF.RIF. NATIOXALK.
- p.1 - vue 7/482
-
-
-
- 2
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- (arrêté ministériel du 21 janvier 1875), elle plaçait à côté du directeur, seul responsable envers le Ministre, une commission composée de savants éminents et de hauts fonctionnaires, et chargée de donner son avis sur les questions se rattachant à l’exécution de la carte.
- M. Jacquot, inspecteur général des mines, était appelé à la direction du service ainsi réorganisé; il l’a conservée pendant treize ans, jusqu’au 23 novembre 1887, époque à laquelle il a été nommé directeur honoraire du service. De nombreux collaborateurs appartenant notamment à l’Université et à la Société géologique de France lui ont prêté leur concours précieux et désintéressé. Le tirage des feuilles a été porté de 200 à 5oo exemplaires et l’impression en couleurs a été substituée au coloriage à la main.
- Les paragraphes suivants rendent compte de l’état actuel du service, au point de vue du personnel et des publications.
- Personnel. — Au 31 décembre 1888, le service de la carte était composé de la manière suivante :
- MM. Jacquot, inspecteur général des mines en retraite, directeur honoraire.
- Michel Lévy, ingénieur en chef des mines, directeur.
- SERVICE CENTRAL.
- MM. Fuchs, ingénieur en chef des mines.
- Potier, ingénieur en chef des mines.
- Carnot, ingénieur en chef des mines.
- Douvillé, ingénieur en chef des mines.
- Le Verrier, ingénieur en chef des mines.
- Bertrand, ingénieur en chef des mines.
- de Grossouvre, ingénieur ordinaire des mines.
- p.2 - vue 8/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE. 3
- MM. Rolland, ingénieur ordinaire des mines. de Launay, ingénieur ordinaire des mines.
- Thomas, garde-mines, chargé de la direction des travaux graphiques eL de ha bibliothèque.
- Beaumez, régisseur.
- COLLABORATEURS.
- MM. Nivoit, ingénieur en chef des mines.
- Delafond, ingénieur en chef des mines.
- Rigaud, ingénieur en chef des mines.
- Lodin, ingénieur des raines.
- Lecornu, ingénieur ordinaire des raines.
- Termier, ingénieur ordinaire des mines.
- Beaugey, ingénieur ordinaire des mines.
- Rocket, ingénieur ordinaire des mines.
- Nentien, ingénieur ordinaire des mines.
- Pelle, ingénieur ordinaire des mines.
- Fèvre, ingénieur ordinaire des mines.
- Luuyt, ingénieur ordinaire des mines.
- Maître, ingénieur ordinaire des mines.
- Cambré, ingénieur en chef des ponts et ch:.lissées.
- Zurcher, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées.
- Mourut, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées.
- Fabre , inspecteur des forets.
- Fouqué, membre de l’Institut, professeur au Collège de h rance.
- Lory, membre correspondant de l’Institut, professeur doyen de la I acuité des sciences de Grenoble.
- Gosselet, membre correspondant de 1 Institut, prolesseur a la faculté de Lille.
- Bureau (Ed.), professeur au Muséum.
- Munier Ghalmas, maître de conférences à 1 École normale supérieure. Vél ain , maître de conférences à la Sorbonne.
- Barrois, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Lille.
- Collot, professeur à la Faculté des sciences de Dijon.
- Vasseur, professeur à la Faculté des sciences de Marseille.
- Carez, docteur ès sciences naturelles, géologue.
- Depéret, professeur à la Faculté des sciences de Lyon.
- De Lacvivier, proviseur du lycée de Pau.
- p.3 - vue 9/482
-
-
-
- h CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- MM. Hollande, directeur de l’école préparatoire à l’enseignement supérieur, à Chambéry.
- Kilian, professeur à la Faculté des sciences de Clermont.
- Bureau (L.), conservateur du muséum de Nantes.
- Caralp, préparateur de géologie à la Faculté des sciences de Toulouse. Bergeron, préparateur de géologie à la Sorbonne.
- Lacroix, préparateur de géologie au Collège de France.
- Haug, préparateur de géologie à la Sorbonne.
- OEiilert, conservateur du musée de Laval.
- Renevier, professeur à l’Académie de Lausanne.
- Leenhardt, professeur à la Faculté de théologie de Montauban. Maillard , conservateur du musée d’Annecy.
- Cabanne, conservateur du musée d’histoire naturelle de Bordeaux. Arcelin, président de la Société des sciences de Mâcon.
- De Cossigny, ingénieur civil.
- Doumerc, ingénieur civil.
- Pillet, membre de la Société de géologie.
- Dollfds, géologue.
- Boisselier, agent administratif principal de la marine à Rochefort. Busquet, directeur des mines de la Machine (Nièvre).
- Jaccard, Professeur de géologie au Locle (Suisse).
- Bourgeat (l’abbé), professeur à l’Institut catholique de Lille.
- Renault, aide-naturaliste au Muséum.
- Ducrost (l’abbé), curé de Solutré.
- Dagincourt, docteur ès sciences naturelles.
- La Commission spéciale de la carte géologique était ainsi composée :
- MM. Linder, inspecteur général des mines, président.
- Güillain, directeur des routes, de la navigation et des mines.
- Daubrée, inspecteur général des mines (en retraite), membre de l’Institut.
- Bociiet, inspecteur général des mines.
- Castel, inspecteur général des mines.
- Massieu, inspecteur général des mines.
- Béral , sénateur, inspecteur général des mines.
- Hébert, membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences.
- p.4 - vue 10/482
-
-
-
- CARTE GEOLOGIQUE DÉTAILLÉE DE LA FRANCE
- A L’ÉCHELLE DU 80,000® PUBLIÉE PAR LE MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS
- __—*3----
- TABLEAU DASSEMBLAGE
- ^ Ouessant
- CARTE: GEOLOGIQUE
- détaillé»*
- DE LA FRANCE
- au oo.ooo publiée parle
- Ministère des travaux publics.
- Prix de chaque feuille
- accompotf née de sa, notice euepUeative.
- Eiifèiaüe ................61
- CbUée .rue toile etpliée. 10?
- Nota.. Lesjcuifles n/V2,5,6,15,87,88,139, j y. qui sont moins chargées cpie les autres, comptent- comme• demi’/ètiilles et coûtent : enfbuCües, 3* , collées sur toile 7 . . "Ts'Èan *ooi
- Z«/èW/ar«"M0,l8,43,ll5,l5l,2D2.20i,2l3k:s2l41225^
- comptent comme yuarti de feuilles et coûtent'. en feuilles, lÇ 50; collets sur toile, 5^ 50.
- Etat d’avancement à la date du IV JuilleilBSD.
- Feuilles parues.............
- Feuilles épuisées....._....
- 39
- Neubourg]
- 56
- Lauterbaurd
- r
- o '*
- Cambrai
- 1.2
- Amiens
- , «> n . ts]
- S} Valéry
- 231
- liethe!
- 18
- le Havre
- 26 Sierck
- Yvetot
- les Pieux.
- Cherbourg
- 33
- l'Stessons
- 34-
- Reims
- 38
- Wissembourg
- 37
- Sirreguemitiei
- Beauvais
- Rouen
- Lisieux
- Verdun
- Barnnvillc
- 4-5 fa/ai-sé
- 50 Chalons
- Commercéh
- Evréux
- Phuguerneao
- Saverne
- harnebourg
- Granville
- ramrhts
- 69 Nancy
- 4
- 70
- Lu ne vi/M
- 71
- |( Strasbourg
- 86
- Colmar
- Provins
- Chartres
- ftortagnti
- Aiehson
- Morlaix
- S.Brie uc
- Oman
- 75 Rennes
- 74
- Pnniïvy
- ChaleauilM.fotonebleaù\
- 95
- Troyes Chau-mont
- Epmal ;
- Mirecourl
- Mayenne
- Chatebulm
- 98
- Chàtillon
- KM)
- Lure-S
- 89
- Vannes
- -S»
- le Mans i Beaugency
- Tonnerre
- laf.leche
- Langues
- Mulhouse
- Redon W'Sooticr
- Pont l'Abbé
- ...
- 4’vallon
- 105
- Ancenis
- 102
- Belle-lleïb Quibe
- Tours
- . Gray .. VontbehardiFerrctte
- Vrt;/------—.^1- -------
- taire
- 120
- Loches
- .24
- ChVCBin'bn
- 126 Besancon
- 125 Beau ne
- 118
- Chalet.
- 1.6
- /. du Pilier
- Ornons
- Saacnitr
- , >35
- ^°udun[0Pie a*
- : 136 Auiun
- 137
- Chaton s S. I
- 130
- laRoche s-Y^ Bressutre
- fa
- tengyf Niort; 152-1 153
- 128 l.d'Yeu
- HeSaucier
- *45
- anéeFéntlucon
- /es P»
- Poitiers rajgyr
- \Cha Colles
- Maçon
- G: .Claude
- onorn
- M/esdVIonn
- 157
- Cannai:
- 158
- Roanne
- Vallorcine
- Aubusson
- Guéret
- che\\eW‘a"fn'n^^nS 1611 / * r162 ,/16^ Saintes L&wilême Bicheenguar
- N an tua
- Annecy
- 167
- Uermont Wbntbrison
- . I69W Albertville
- 163 Chambéry
- îssi
- Limoges
- .... A75
- Briojid
- >71
- Joniaev Périgueux
- 181 I»2
- Libourne. Bergerac
- 1921 193
- Vitleretl/
- ZÛ5.
- SUean-l* Grenoble écMaunenne
- Mbnistroi
- StEtiènnè
- ffdnncval
- 184
- Aunllac
- I87P Valence
- 188
- Vizille
- Aiguilles
- Briançon
- 198
- TArgenUertI Privas
- Gourdon
- ,'Larché
- 2I3IS S^ffactin \LantosgOe.
- 211
- té. Buis
- CaHors
- Sevèran
- ' 223 IPorcalovje
- 224 Castellima’
- 236É
- ontaeban Albi jŸAFfobdè
- 230
- «ssiedk-i i wyeîg
- faaud'Mt*™1** 253
- . JXreï Bedarneux Montes^ rian
- Calvh^l Bastka
- 24^
- arcassonnd
- *4-5 Marseillan
- Mauléon \ Tàrbes
- Cortc
- x250 / 261
- Urdos''s
- BptJfn*eexL.~
- Bastellca
- l'Hospital
- 266
- Porto Poil
- 'ravectetjéMtrtw. 9 &ourchn..
- 7mp Morércéç-
- BAUDRY ET C-. Éditeurs du Service de la Crf*«**«£«. détaUlêe de ,a France (Ministère des Travaux pubiies,
- PARIS, 15, RUE DES SAINTS- ' , 7, RUE DES DOMINICAINS
- pl.1 - vue 11/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE. 5
- MM. Fouquë, membre de l’Institut, professeur au Collège de France. Mallard, inspecteur général, professeur à l’École des mines.
- Carnot, ingénieur en chef des mines, inspecteur de l’École des mines. Nivoit, ingénieur en chef des mines, professeur à l’Ecole des ponts et chaussées.
- Rolland, ingénieur ordinaire des mines, secrétaire.
- Explorations et publications. — Le tableau d’assemblage ci-joint rend compte de l’état d’avancement du relevé géologique du territoire au 8q-10q-0. Sur les 267 feuilles qu’il comporte, 2q5 sont à l’étude. Ce nombre se répartit de la manière suivante entre les trois catégories figurées sur le tableau par des teintes dégradées :
- i° Les feuilles publiées sont au nombre de 96; elles se trouvent réparties en 3a livraisons qui ont paru aux époques ci-après désignées :
- NUMÉROS des livraisons. DATE de LA PUBLICATION. feuilles PUBLIÉES. NOMBRE.
- 1 Décembre 1875. Rouen, Beauvais, Soissons, Evreux,
- Pa.is, Meaux, Chartres, Melun,
- P; ovins, Châteaudun, Fontainebleau,
- Sens 1 a
- 2 Mars 187/1 Arras, Neufchâtel, Montdidier, Laon. . 4
- 3 Mars 1876 Saint-Omer, Lille, Montreuil 3
- 4 Juin 1876 Boulogne, Amiens, Cambrai 3
- 5 2
- 6 Octobre 1877. . . Dunkerque, Abbeville, Orléans, Gien. 4
- 7 Cnlfljs Le Havre, Yvetot 3
- 8 Septembre 1879. Maubeuge, Nancy, Bourges 3
- 9 Mai 1880 Nogent-le-Rotrou, le Mans 3
- 10 Novembre 1880. Châlons-sur-Marne, Arcis, Gray, Cha-
- lon-sur-Saône 4
- 11 2
- 12 Avril 1881 Saoige, Pont-Saint-Louis, Antibes. . . 3
- A reporter 45
- p.5 - vue 12/482
-
-
-
- 6
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- NUMÉROS (les LIVRAISONS. DATE de I,A PUBLICATION. ' . •>;. 1 FEUILLES PUBLIÉES. NOM 11 UE.
- Report 45
- 13 Décembre 188t. Lisieux, Autun 3
- 14 Février 188a. .. Troyes, Besançon
- 15 T.ect.niire Auch
- 16 Juillet 188a ... . Givet, Bernay, Morlagne 3
- 17 Décembre 188a. Avranches, Bordeaux, la Teslc-de-
- Buch 3
- 18 Juin 1883 Château-Chinon, Brioude, Saint-Fleur. 3
- 19 Décembre 1883. Bar-le-Duc, Vassy, Mirecourt. . . 3
- 90
- 21 Septembre i884. Coutances, Auxerre a
- 22 Décembre 18 8 A . Montréal, Castelnau a
- 23 Février 1885. . Langres, Lons-le-Saulnicr 3
- 24 Avril 1885 Ferrette. Mâcon, Grenoble, Vizille. . . h
- 25 Août 1885 Aurillac (Boulogne, a® édit.) 1
- 26 Janvier 1886. . . Granville, Pont-l’Abbé, Lorient 3
- 27 A vallon Tssondun, Poitiers
- 28 Juillet 1886.... Ghàteaulin, la Tour-de-Ghassiron. . . . a
- 29 Avril 1887 Verdun, Glamecy, Nanlua 3
- 30 Juillet 1887.... Toulon, la Tour-de-Camarat a
- 31 Décembre 1887. Commercy, Ghâtellerault, Pontarlier. . 3
- 32 Mars 1 888 Tours, Clermont, Orange, Avignon.. . 4
- Total 96
- ‘2° Les feuilles sur lesquelles les explorations sont ter-
- minées sont les suivantes :
- 24 Mezières. 189 Briançon.
- 28 Caen. 190 Aiguilles.
- 83 Chaumont. 197 Largentière.
- 133 Châteauroux. 202 Gontis-les-Bains.
- 135 Saint-Pierre. 203 Sore.
- 146 Moulins. 204 Grignols.
- 159 Bourg. 214 Vieux-Boucau.
- 167 Montbrison. 215 Mont-de-Marsan.
- 174 Mauriac. 234-246. Arles et la Couronne.
- 179 179 bis.. Saint-Jean-de-Maurienne. Bonne val. 235.... Aix.
- p.6 - vue 13/482
-
-
-
- 7
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- Elles constituent une réserve précieuse qui permet au service, sans interrompre ses publications, de veiller à la coordination des feuilles entreprises dans les régions difficiles dont l’étude est commencée
- 3° Enfin une troisième série renferme les feuilles sur lesquelles se poursuivent actuellement les explorations géologiques.
- Si l’on compare les résultats obtenus avec ceux qui ont figuré à l’Exposition de 1878, on constatera que le panneau central a sa surface plus que doublée; les panneaux latéraux montrent que l’œuvre entreprise est en bonne voie dans la plupart des régions naturelles de la France : les Pyrénées, le bassin tertiaire du S. O., la partie cristalline à l’Ouest du plateau central appellent seuls de nouveaux et sérieux efforts.
- C’est grâce à cet avancement relatif de l’œuvre entreprise que M. Jacquot a pu terminer en décembre 1887, avec le concours de ses collaborateurs, les minutes de la carte au îToo 000 qui servira désormais de tableau d’assemblage et qui, tout récemment publiée, constitue un des panneaux exposés.
- Les textes publiés par le service comportent :
- Le pays de Bray, par M. A. de Lafparent, publié en 1879 ;
- La Minéralogie micrographique, étude de roches éruptives françaises, par MM. Fouque et Michel Lévy (1879). L’Ardenne, par M. Gosselet (1888).
- v ) Depuis que cette notice a été composée, les feuilles de Mézières, Caen, Châteauroux, Saint-Pierre, Moulins, Mauriac, Largentière, Contis-les-Bains, Soce, Grignols, Vieux-Boucau, Mont-de-Marsan, Paris (ae édition) ont été publiées.
- p.7 - vue 14/482
-
-
-
- 8
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Exécution matérielle. — Les travaux graphiques des panneaux exposés par le service ont été exécutés sous la surveillance de M. Thomas.
- L’impression en chromolithographie s’effectue dans les ateliers de MM. Lemercier et Cl0, rue de Seine, 57.
- r
- M. Wührer , graveur, rue de l’Abbé de l’Epée, h , est chargé des travaux de gravure et de composition chromolithographique.
- L’impression typographique des textes est exécutée dans les ateliers de la maison Quantin, rue Saint-Benoît, 7.
- A la suite de deux adjudications en date des 1 9 janvier et 1er août 1888, MM. Baudry et C1L‘, éditeurs, rue des Saints-Pères, 15, ont été mis en possession exclusive du droit de vente des publications de la carte géologique détaillée de la France et de la carte au millionième.
- I
- p.8 - vue 15/482
-
-
-
- PANNEAU CENTRAL.
- 9
- II
- PANNEAU CENTRAL.
- Le panneau central, exposé par le service de la carte géologique, est formé par la réunion de 9/1 feuilles au 8M00 de ta carte topographique de TEtat-Major. Les noms et les numéros de ces cartes sont consignés dans le tableau ci-après, qui mentionne les collaborateurs du service auxquels sont dus les tracés géologiques.
- NUMÉROS. | NOMS des feuilles.
- 1 Calais
- 2 Dunkerque. . .
- 3 Boulogne. . ..
- 4 Saint-Omer. .
- 5 Lille
- 6 Montreuil. . . .
- 7 Arras
- 8 Douai
- 9 Maubeuge... .
- 10 Saint-Valéry.
- 11 Abbeville
- 12 Amiens
- 13 Cambrai
- 14 Rocroi
- 15 Givet
- 18 Le Havre. . . .
- 19 Yvetot
- J 20 Neufchâtel. . .
- NOMS C/D O NOMS NOMS
- des *2 des des
- AUTEURS. d FEUILLES. AUTEURS.
- MM. MM.
- Potier. 21 Montdidier. . . Fucbs et Clé— rault.
- Douvillé. 22 Laon De Lapparent.
- 23 Relbel Barrois.
- Potier. 24 25 Mézières Longwy Gosselet et Ni-voit. Fucbs et Roi-
- land.
- 30 Lisieux Lodin.
- Gosselet. 31 Rouen De Lapparent. 1re édit. De Lap-
- Fucbs. 32 Beauvais parent. 2e édit. Thomas.
- De Lapparent. Gosselet. 33 Soissons Reims Fucbs et Clé-rault. Nivoit.
- 34
- F uchs. 35 36 Verdun Metz F uchs. Fucbs et Roi-
- De Lapparent. land. ;
- p.9 - vue 16/482
-
-
-
- 10
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- c/7 O JZ D NOMS des FEUILLES.
- 46 Bernay
- 47 Evreux
- 48 Paris
- 49 Meaux
- 50 Châlons - sur-Marne. . . . |
- 51 Bar-le-Duc... I
- 52 Gommercy. ..,
- 53 Sarrebourg. . .
- 63 Mortagne. • .
- 64 Chartres
- 65 Melun j
- 66 Provins
- 67 Arcis. ......)
- 68 Vassy 1
- 69 Nancy |
- 70 Lunéville. . . .)
- 71 Strasbourg. . . )
- 78 Nogent-le-Ro-j trou...... j
- 79 Châteaudun. .
- 80 Fontainebleau.
- 81 Sens
- 82 Troyes )
- 83 Chaumont. . . j
- 84 Mirecourt. . . . |
- 85 Epinal )
- 86 Colmar j
- 93 Le Mans
- 94 Beaugency. . .
- 95 Orléans .....
- NOMS des
- AUTEURS.
- MM.
- Guyerdet.
- Douvillé.
- ir0 édit. Fnchs et de Lappa-parent.
- •j0 édit. Dollfns. Potier.
- Fuclis.
- Fnchs et Rolland.
- Guillier.
- Potier.
- Fuchs et Clé-rault.
- Polier.
- F uchs.
- Douvillé.
- Fnchs et Vêlai».
- Guillier.
- Polier.
- Clérault.
- Polier.
- De Cossigny.
- Rolland.
- Vélain.
- Guillier.
- Dollfus.
- Douvillé..
- NUMÉROS. NOMS des FEUILLES.
- 96 Auxerre
- 97 Tonnerre. . . .
- 98 Châlillon . . . .
- 99 Langres
- 100 Litre
- 101 Mulhouse....
- 107 Tours
- 108 Blois
- 109 Gien
- 110 Clamecy
- 111 A vallon
- 112 Dijon
- 113 Gray
- 114 Montbéliard. . j
- 115 Ferretle
- 120 Loches
- 121 Valencay
- 123 Bourges
- 123 Nevers <
- 124 Château - Chi-' non
- 125 Beaune
- 126 Besançon....
- 127 Ornans
- 132 Châtellerault..
- 133 Châteauroux..
- 134 Issoudun
- 135 Saint-Pierre. . j
- 136 Autun j
- 137 Chàlon - sur -/ Saône . ... 1 i
- NOMS
- des
- AUTEURS.
- MM.
- Potier.
- Rigaud.
- Vélain.
- Guillier et Ki-Kilian.
- Douvillé.
- Potier.
- Michel Lévy et Vélain. Potier.
- Bertrand.
- Kilian.
- Rolland.
- De Grossouvre. Douvillé.
- De Grossouvre, De Launay et Bosquet, Michel Lévy, Delafond et Vélain. Potier.
- Bertrand.
- Kilian.
- Rolland.
- De Grossouvre. De Grossouvre. Dagincourt,
- De Launay et Busquet.
- Michel Lévy et Delafond.
- p.10 - vue 17/482
-
-
-
- PANNEAU CENTRAL.
- 11
- C/D O P NOMS ; des FEUILLES. NOMS des AUTEURS. CO O P Î25 NOMS des FEUILLES. NOMS des AUTEURS.
- 138 Lons-le- San- MM. 145 146 Montluçon. . . Moulins MM. De Launay.
- 139 nier Pontarlier.. . . n 1 , Bertrand. 147 Gharolles. . . . Michel Lévy et
- 143 Poitiers Rolland. 148 Mâcon Delatond.
- 144 Aigurande. . . . De Grosso livre et De Launay. 149 150 Saint-Claude.. Thonon L’abbé Rourgeat. Rénevier.
- Cet. ensemble, presque entièrement publié, comprend environ le tiers de la France. Il représente non seulement le bassin parisien avec sa ceinture jurassique, mais encore l’Ardenne, les Vosges, la Cote-d’Or et les attaches septentrionales du Jura et du plateau central.
- Le panneau principal, exposé en 1878, ne comprenait que 3 9 feuilles de l’État-Major ; les progrès réalisés montrent avec évidence le résultat des efforts du service de la carte géologique durant lapériode décennale qui vient de s écouler.
- Il parait inutile de revenir sur les points scientifiques élucidés ou mis en lumière par le tracé des contours du bassin tertiaire proprement dit; la notice de 1878 a fait ressortir ces résultats acquis, tant au point de vue de la séparation des assises miocènes que des subdivisions introduites dans la craie supérieure, qui ont permis den suivre les nombreuses inflexions et d’étudier en détail les mouvements du sol dans le bassin parisien. La seconde édition de la feuille de Paris a même mis en lumière, par un tracé spécial, les crêtes et les fonds des plis de la craie. Sur la deuxieme édition de la feuille de Beauvais, on remarquera 1 extension
- p.11 - vue 18/482
-
-
-
- 12
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- considérable de la craie à Bélemnitelles qui n’occupait qu’une très faible étendue sur l’édition précédente.
- Le nouveau panneau central aborde et complète plu-, sieurs grandes régions naturelles; nous allons les énumérer en partant du N. E.
- I. L’Ardenne a fait l’objet d’un important travail d’ensemble dû à M. Gosselet et tout récemment publié dans la collection des mémoires du service de la carte géologique.
- Ce mémoire comprend une description détaillée de la partie de la région ardennaise située sur le territoire français (départements des Ardennes, de l’Aisne et du Nord); on y indique avec précision les gisements et l’âge des matériaux utiles: ardoises, marbres, pierres de construction, pierres pour les chemins.
- Une grande partie du volume est consacrée à des considérations de géologie stratigraphique et de géogénie, où i’Ardenne est envisagée dans son ensemble, depuis la France jusqu’en Prusse. L’Ardenne peut être considérée comme le type des montagnes anciennes qui n’ont subi que de faibles modifications depuis les temps géologiques reculés. Les dislocations s’y montrent avec une simplicité qu’on ne retrouve pas dans les régions montagneuses plus récentes. Un chapitre entier est consacré à leur étude. L’auteur les a classées d’après leur amplitude et d’après les effets qui ont été produits. Il a été ainsi amené à expliquer à l’aide de nombreuses coupes les divers accidents du bassin houiller franco-belge.
- Dans toute l’étendue du livre, l’auteur montre le sol de I’Ardenne se formant progressivement dans un bassin dont les rivages sont connus. Il combat la théorie de la dénuda-
- p.12 - vue 19/482
-
-
-
- PANNEAU CENTRAL.
- 13
- tioii générale qui est admise par beaucoup de géologues, surtout à l’étranger. Pour établir sa manière de voir, il a dû explorer toute l’Ardenne belge et prussienne; il en donne une carte qui diffère notablement de celles qui avaient été tracées précédemment. Il explique les irrégularités apparentes par la différence des faciès. C’est la première fois, pour les terrains primaires du moins, que les divers faciès d’une même assise sont comparés aussi complètement et que l’on cherche leur origine dans la configuration géographique du bassin où ils ont pris naissance.
- Les phénomènes de métamorphisme que présente l’Ar-denne ont aussi été l’objet d’une étude détaillée. Ils sont rapportés au dynamométamorphisme.
- IL Les feuilles de Lure et d'Épinal comprenant toute la partie cristalline des Vosges, sont confiées à M. Vélain, dont le travail est en voie d’achèvement.
- Les résultats principaux de ses explorations sont les suivants : délimitation exacte de la part prise dans le massil des Ballons par un certain nombre de roches eruptives dont les cartes préexistantes n’avaient, jusqu à présent, pas tenu compte; ces roches sont, par ordre dimportance:
- i° La granulite, qui devient, dans la région explorée, la formation éruptive dominante ; après avoir formé le soubassement du grès rouge permien et des grès triasiques dans les chaînes secondaires sur la bordure occidentale, on voit cette roche, devenue porphyroïde, constituer de grands massifs dans les parties centrales de la chaîne où de nombreuses veines de pegmatite tourmalinifere sont a noter.
- p.13 - vue 20/482
-
-
-
- 14 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Ses liions minces, souvent parallèles, sont ensuite répandus en grand nombre sous la forme aplitique dans les gneiss qui deviennent granulitiques sur de vastes étendues, ainsi que dans toutes'les roches éruptives du type granitoïde, notamment dans les granités à amphibole qui subissent à leur tour de remarquables actions métamorphiques; c’est dans de pareilles conditions que les calcaires cristallins, bien développés dans la vallée de laMocte (le Chipai, Laveline), se montrent exceptionnellement riches en minéraux accidentels (chondrodite);
- 2° Les granités à amphibole qui se répartissent en deux types : un granité à grands cristaux d’oligoclase violet (an-désine), riche en amphibole et en sphène, qualifié autrefois de syénite feuille-morte, qui constitue, dans leur entier, les ballons de Servance et d’Alsace; un granit micacé rendu porphyroïde par le développement de grands cristaux d’or-those zonés (granité porphyroïde des auteurs), qui forme de grandes traînées N. E. sur le versant occidental du massif des ballons où il apparaît plus récent que le granité franc;
- 3° Les porphyrites (porphyres bruns, mélaphyres de Belfahy, etc.), dontles émissions, si actives au début du carbonifère, dans les Vosges, se sont poursuivies ensuite jusqu’au permien en donnant lieu à des roches d’aspect et de composition variés. La feuille de Lure, en particulier, montre la place prise, dans les assises inférieures du carbonifère par leurs épanchements en masse, aussi bien que par leur cortège puissant de brèches et de tufs à ciment calcédonieux;
- h° Les microgranulites, qui constituent le remplissage d’innombrables fractures et se développent, par places, en puissantes coulées (vallée de la Bresse), en offrant à leur
- p.14 - vue 21/482
-
-
-
- PANNEAU CENTRAL.
- 15
- tour de nombreuses variétés de grain, de couleur et de composition. Leurs filons, le plus souvent très étendus et groupés par faisceaux, accidentent toutes les montées du massif cristallin; leur tracé acquiert par suite, une grande importance, d’autant plus que, dressés en beaucoup de points sous la forme de dykes isolés (rocbe des Ducs, rocher de la Creuse, du pont des Fées, etc.), ou bien encore en interrompant le cours des torrents par une succession de barrages étagés (saut des Cuves, saut du Bouchot, etc.), ils contribuent à donner au paysage vosgien son caractère pittoresque.
- L’importance prise dans les formations permiennes par les porphyres pétrosiliceux avec leurs tufs associés (argilo-lithes) est aussi à noter. La détermination de lâge précis des premières émissions de ces roches qui prennent nettement le caractère de coulées, a pu être fondée sur la présence, dans les argilolithes de Faymont (Val-d’Ajol), de troncs silifiés de lougères arborescentes, de conifères et de cordaites se rapportant à des espèces de la troisième zone des schistes bitumineux de l’Autunois (zone de Millery).
- III. Au point de vue de l’étude stratigraphique des terrains, les résultats les plus intéressants des éludés laites dans le Jura sont ceux qui concernent les lacies du jurassique supérieur : le Jura permet de suivre les intermédiaires entre les lacies du bassin parisien et ceux de la région méditerranéenne. Le faciès corallien, considéré autrelois comme la caractéristique d’une époque déterminée , se montre d autant plus récent qu’on descend vers le S. E. L oolithe corallienne disparaît un peu au Sud de Ghampagnole; 1 oolithe
- p.15 - vue 22/482
-
-
-
- 16 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- aslartienne disparait vers Saint-Claude; Yoolithe ptérocérienne et la virgulienne se développent au contraire au S. E. de Saint-Claude; les limites de ces diverses formations décri-vent des courbes arquées, grossièrement parallèles à celles de la chaîne et par conséquent aux bords des massifs anciens (Plateau central, Vosges et Forêt-Noire); auSalève et à l’Échaillon, comme dans la région provençale, les calcaires coralliens montent jusqu’à la limite supérieure du jurassique. Les calcaires à plaquettes d’Armailles occupent une anse dans les récifs ptérocériens et virguliens, et l’on y voit des ilôts dolomitiques, formés de polypiers oblitérés, faire saillie comme en discordance, au milieu des plaquettes à poissons et à Exogyra virgula.
- Au point de vue de la structure de la chaîne, les études ont confirmé l’importance de la division du Jura septentrional en trois régions : celle des hautes chaînes, plissée et sans faille; celle des plateaux, taillée; et celle de la bordure ou du vignoble, à la fois plissée etfaillée. Deux sortes d’accidents, peu étudiés jusqu’ici, y ont été mis en évidence: i° les failles d’effondrement dans la région de la bordure, formant parfois des courbes complètement fermées, et isolant des terrains plus récents au milieu de la série normale des étages; 2° les failles transversales, dans la région des hautes chaînes. Ces dernières sont le résultat d’une torsion, correspondant à un déplacement inégal, dans le sens horizontal, des couches plissées. Ce sont de véritables failles à déplacement horizontal; elles ont joué un rôle important dans la formation des cluses. Celle de Monthe (Doubs) permet de suivre le détail des phénomènes et montre que la torsion ne s’est pas faite par une cassure unique, mais par une série
- p.16 - vue 23/482
-
-
-
- PANNEAU CENTRAL 17
- damincissements et de glissements, formant une véritable zone de torsion; il y a là tous les mêmes intermédiaires qu entre un pli normal et un pli faille.
- La remarque ancienne, que les plis du Jura sont couchés vers la France, semble plutôt, par l’étude détaillée de la chaîne, perdre de son importance. La plupart des renversements sont peu accentués et se poursuivent sur une faible longueur; ce ne sont en réalité que des oscillations autour de la verticale, se produisant indifféremment dans les deux sens. Là pourtant où le renversement est plus marqué (Besançon, Vosges, Saint-Claude), il estbien tourné vers le N. 0., comme par suite d’un effort venu des Alpes.
- IV. La Côte-d’Or et la Bresse sont en majeure partie terminées. M. Delafoncl a mené à bonne fin l’étude si minutieuse des innombrables failles qui jalonnent les cotes chalonnaise et mâconnaise.
- H a raccordé avec les travaux de Fontannes les tracés afférents au bassin pliocène de la Bresse.
- M. Potier a assumé la tâche de coordonner les explorations ayant pour but de raccorder le Nord de la Côte-d'Or avec la ceinture jurassique du Morvan.
- Les feuilles d’Auxerre, Clamecyet Tonnerre diffèrent des cartes précédemment publiées sur cette région par les points suivants.
- L étage aptien, qui avait été confondu antérieurement avec le gault, en a été séparé; on a également séparé du gault, ^ la partie supérieure, une assise marneuse à Ammonites lnflalus, Ostrea vesiculosa, etc., qui est la base de l’étage
- cénomanien.
- h.
- p.17 - vue 24/482
-
-
-
- 18 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Dans les terrains jurassiques, les couches comprises entre YOstrea virgula enliaut et le bathonien supérieur à Eudesia cardium et Rhynchonella varians ont été 1 objet d’études nouvelles.
- Le callovien, avec Ammonites anceps, Rhynchonella spathica, Pholadomya carinata, a été reconnu dans les environs de Châtillon-sur-Seine et séparé du bathonien auquel il avait été réuni.
- L’oxfordien proprement dit comprend le minerai de fer, les marnes à spongiaires et à Ammonites canaliculatus, les marnes et calcaires à chaux hydrauliques, et enfin, en certains points seulement, les calcaires sableux avec Tere-bratula Galliennei et Ostrea caprina.
- Ces couches sont recouvertes par un groupe de marnes à ciment et de calcaires compacts ou pseudo-lithographiques à la base desquels se rencontrent, aux environs de Gland et de Chanay, des calcaires à Glypticus hieroglyphicus, Peclen subarticulatus, formant des îlots de peu d’étendue.
- Des calcaires compacts avec Leptœna Egena, Ammonites Achilles les séparent des calcaires blancs de Tonnerre ooli-thiques, pisolitiques ou crayeux que surmontent les calcaires à Zeilleria humeralis et Terebratula carinata, dits calcaires à Astartes.
- L’étude détaillée du terrain a permis de compléter et de rectifier les tracés des failles signalées antérieurement par MM. Raulin et Lambert.
- Y. Le Morvan a déjà fait l’objet d’une notice insérée dans le catalogue de 1878. L’étude du cambrien de Saint-Léon (Allier) a permis à M. Michel Lévy de faire paraître un
- p.18 - vue 25/482
-
-
-
- PANNEAU CENTRAL.
- J 9
- mémoire détaillé sur le métamorphisme de contact et d’injection du granité dans les roches schisteuses.
- VI. Prolongeant vers l’Ouest l’étude de la bordure jurassique du bassin de Paris, M. de Grossouvre a terminé les feuilles d’Issoudun, Châteauroux, Aigurande et Va-lençay et abordé en collaboration avec M. Busquet celle de Nevers.
- Les principaux résultats stratigraphiques mis en évidence clans cette région sont :
- i° L’indépendance du trias par rapport au permien ;
- 2° Le recouvrement transgressif de celui-ci par le lias dont les diverses assises viennent se recouvrir en se débordant les unes les autres ;
- 3° L’importante discordance par transgressivité qui a commencé à se produire après le batbonien supérieur et (Iue l’on retrouve bien accusée sur toute la bordure méridionale du bassin de Paris. Elle comprend :
- u. Une première discordance entre le batbonien et le callovien que nous avons signalée dans le Poitou;
- Une discordance entre le callovien et 1 oxtordien déjà indiquée par M. Douvillé;
- c. Le maximum de discordance paraît exister dans la vallée de l’Indre, où les couches à Am. canaliculatus reposent sur les assises à Ter. cardiurn.
- d- L’amaigrissement continu des assises basiques et ooli-tbiques de l’Est à l’Ouest avec changement correspondant de faciès;
- 3° Le caractère littoral des dépôts de 1 Ouest;
- 3° Le développement des lacies oolithique et corallien
- p.19 - vue 26/482
-
-
-
- 20
- CARTE GÉOLOGIQUE DU LA FRANGE.
- des étages bajocien, bathonien, callovien, oxfordien sur le bord méridional du golle poitevin ;
- 7° La transgressivité cénomanienne qui a fait disparaître les couches infracrétacées et une partie des couches du système oolithique supérieur;
- 8° Le rétablissement, par suite de cette transgressivité, de la communication de la mer du bassin de Paris avec celle du bassin de la Gironde par le détroit poitevin; cette communication, qui ne s’est probablement produite que vers la fin de l’époque cénomanienne a dû être très largement établie vers le commencement de l’époque séno-nienne.
- VIL C’est à M. de Launay que l’on doit les contours des attaches rocheuses septentrionales du plateau central proprement dit (Moulins, Montluçon, Aigurande). Les contours compliqués des environs du bassin de Gommentry ont été élucidés, la stratigraphie du bassin permien delà région a lait l’objet d’un mémoire important.
- La source minérale de Bourbon-l’Archambault a fait l’objet d’un autre mémoire.
- Les plissements du terrain primitif ont été tout particulièrement étudiés dans une région assez étendue et ont permis d’établir une relation entre les divers bassins houillers de cette partie de la France.
- M. de Launay a cherché à suivre la schistosité des gneiss et des micaschistes dans ses moindres inflexions. Un mémoire sur les porphyrites micacées de Gommentry permet d’asseoir avec précision leur assimilation aux roches analogues du Morvan, du Beaujolais, du Lyonnais et de la Bretagne.
- p.20 - vue 27/482
-
-
-
- PANNEAU CENTRAL.
- 21
- VIII. M. Rolland a complété l’étude du détroit poitevin en étudiant les feuilles de Poitiers, Châtellerault et Loches.
- Feuille de Poitiers. — Dans le détroit jurassique qui occupe l’emplacement du Poitou et qui sépare les massifs cristallins du Limousin et de la Vendée, ce sont généralement les marnes du lias supérieur qui reposent sur les terrains cristallins anciens, parfois il y a interposition de lambeaux de lias moyen et accidentellement de lias inférieur et infra-lias. Le massif superposé des calcaires dolo-mitiques du bajocien figure un dos d’âne très surbaissé, dont l’axe est dirigé du N. 0. au S. E. et sur les deux versants duquel s’appuient deux séries correspondantes de massifs encore calcaires, le bathonien à faciès oolithique, puis le callovien, puis l’oxfordien, etc.
- Le sidérolithique a recouvert la totalité des terrains jurassiques du Poitou. Des érosions considérables ont précédé le dépôt des marnes et meulières d’eau douce.
- Feuille de Châtellerault. — Une séparation fort nette s observe au-dessus des couches du callovien supérieur, qui sont toujours recouvertes directement par les couches les plus élevées de l’oxfordien supérieur. Cette lacune est le prolongement de celle qui avait déjà été signalée au même niveau depuis l’Yonne jusqu’à l’Indre; elle s’étend donc sur toute la lisière nord du Plateau central et du Morvan.
- Comme faciès, il existe une différence complète entre les couches du callovien, de l’oxfordien et du corallien à l’Ouest et à l’Est de la feuille : faciès vaseux, d’une part, faciès de charriage et coralligène, d’autre part.
- Le fait général de la transgressivité des dépôts crétacés
- p.21 - vue 28/482
-
-
-
- 22 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- apparaît clairement ici : les sables verts du cénomanien chevauchent sur les couches du corallien et de l’astartien inférieur.
- Feuille de Loches. — La craie tujeau comprend de haut en bas : le niveau coquillier de la pierre de Clion ; la craie jaune sableuse de Touraine, qui passe vers le haut à des sables ocres, très développés du côté de Ghinon; la craie micacée et la craie marneuse.
- Des travertins très fossilifères ont été découverts auprès de Monts vers le bas de la formation oligocène d’eau douce, généralement si pauvre en fossiles : ce gisement remarquable se place sur l’horizon des couches à Limnœa strigosa.
- p.22 - vue 29/482
-
-
-
- PANNEAU DE LA BRETAGNE.
- 23
- III
- PANNEAU DE LA BRETAGNE,
- Par M. Barrois, avec la collaboration de M. Bochet.
- La Bretagne, une des rares régions qui n’avaient point figuré à l’Exposition de 1878, est représentée par deux séries de feuilles :
- i° Basse Bretagne. — Un panneau comprenant les treize feuilles de : Ouessant, Plouguerneau, Brest, Quimper, Pont-l’Abbé, Lannion, Morlaix, Châteaulin, Lorient, Pon-tivv, Vannes, Redon, Granville, correspondant pour la majeure partie à la basse Bretagne, à la région où la langue bretonne est encore en usage, à l’Armorique.
- a0 Bade de Brest. — Un panneau représentant la rade de Brest au où sont adoptées des divisions plus
- détaillées.
- 1° BASSE BRETAGNE.
- Cette région est composée de strates appartenant aux terrains primitifs et paléozoïques, traversées et modifiées par des injections de roches granitiques et par des épanchements de roches diabasiques.
- Orographie. — Considérée à grands traits, la structure fie la Bretagne présente une grande simplicité; cette région
- p.23 - vue 30/482
-
-
-
- 24 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- est essentiellement formée par une vaste dépression géosyn-clinale dirigée de l’Est à 1 Ouest et dont les flancs se relèvent du Nord au Sud. Ges deux flancs, toutefois, ne sont pas parallèles entre eux; ils se rapprochent vers l’Ouest, convergeant en un point situe au large dOuessant; ils divergent au contraire et s ouvrent vers ILst, passant 1 un eu
- Normandie, l’autre en Vendée.
- Le bassin géosynclinal compris entre eux est occupé par des strates redressées verticalement et refoulées en un système de plis synclinaux et anticlinaux subordonnés; ces plis, peu nombreux dans la portion occidentale, augmentent en nombre dans la partie orientale, ouverte, qui offre par suite une structure rayée. Cette apparence, qui atteint sa plus grande netteté dans l’Anjou et dans le Maine, est déjà frappante sur la feuille de Redon, la plus orientale
- du panneau.
- C’est à divers plissements du sol, remontant aux périodes primitives et paléozoïques, qu’il convient de rapporter l’origine de la structure du vieux massif breton; rien n’est rare en Bretagne comme des failles à rejets verticaux, ce sont des accidents qui ne jouent aucun rôle dans l’orogénie du pays. La Bretagne est un massif de plissements et non un champ de fractures.
- Les nombreux plis dont on reconnaît l’existence ne sont pas rigoureusement parallèles entre eux; leurs axes prolongés convergent aussi à l’Ouest, paraissant rayonner vers la partie coudée du géosynclinal. Les arêtes de ces plis anticlinaux et synclinaux sont rectilignes en plan, au Sud du massif et dirigées au S. E.; leur plan présente, au contraire, au Nord du massif, un tracé sinueux en zigzags, à
- p.24 - vue 31/482
-
-
-
- 25
- PANNEAU DE LA BRETAGNE, éléments dirigés successivement au N. E. et au S. E.; ces tronçons sont souvent séparés ou compliqués par des décrochements horizontaux.
- Roches éruptives. — L’extension des roches cristallines massives constitue un trait important du sol de l’Armorique, puisque leur affleurement occupe approximativement la moitié de la surface du pays. On reconnaît à différentes époques des venues de roches éruptives variées, microgra-nulites, porphyres pétrosiliceux, porphyrites micacées, ker-santites, diorites, etc.; mais les seules qui jouent un rôle orographique notable sont les granités et les diabases.
- Les granités forment un certain nombre de massifs indépendants, distincts par leur âge, par leur nature minéralogique, par leurs apophyses et par leurs modifications endomorphiques. Ces massifs ont une tendance générale a s aligner suivant les axes des plis anticlinaux, dont ils forment ainsi le noyau : leur affleurement actuel n’est pas originel, mais dû à des dénudations postérieures. Les explorations ont permis de reconnaître les principales venues granitiques suivantes, depuis le carbonifère jusqu’à 1 époque primitive :
- Graiiulite de Pontivy, Quimper, etc.........
- Granité porpnyroïde de Roslrenen............
- Granité à amphibole de Morlaix..............
- Granité de Guingamp.........................
- Granité syénitique rose de Lanildut.........
- Granité gneissique de Belo;i, porphyroïde de Pont-Aven, grenu d’Hennebont...............
- Carbonifère.
- Carbonifère.
- Dévonien.
- Cambrien.
- Cambrien et antérieur au précédent.
- Cambrien ou primitif.
- Les diabases
- ou plutôt les venues basiques (diabases,
- p.25 - vue 32/482
-
-
-
- 26
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- diorites et porphyrites) se présentent en filons, ou sont développées en puissantes coulées, accompagnées parfois de tufs interstratifiés et même de projections volcaniques; Jes roches volcaniques ont fait éruption à plusieurs reprises à des moments que l’étude stratigraphique est parvenue à fixer •
- Diabases, porphyrites, tufs et cinérites de la
- basse Loire............... Carbonifère.
- Diabases, porphyrites et tufs du Huelgoat. . .. j tin du dévonien
- ( avant le carbonifère
- Diabases, porphyrites, tufs et cinérites de l’Aber................... Silurien supérieur.
- Diabases, porphyrites, tufs et cinérites du Tré-
- gorrois.................... Cambrien.
- Les roches précédentes, et notamment les granités, ont
- déterminé sur les formations encaissantes des modifications
- métamorphiques variées, qui ont été représentées sur les cartes par diverses hachures conventionnelles.
- Roches sédimenlaires. — Les formations sédimentaires de la Bretagne se sont déposées dans la grande dépression géo-synclinale primitive : elles remontent, en effet, aux plus anciennes périodes du globe, car les premiers sédiments paléozoïques présentent déjà des différences d’épaisseur et de faciès sur les bords Nord et Sud. Par contre, ces sédiments présentent des caractères remarquablement uniformes, quand on les suit de l’Est à l’Ouest, suivant la direction des couches.
- Au Nord de la Bretagne se trouvent les sédiments les plus grossiers, sédiments littoraux variés, en relation avec des discordances et des transgressions de stratification. Au centre, les sédiments acquièrent leur plus grande épaisseur,
- p.26 - vue 33/482
-
-
-
- PANNEAU DE LA BRETAGNE. 27
- c’est là que la succession est la plus régulière, correspondant à la plus grande profondeur des mers anciennes au centre du géosynclinal. Au Sud de la Bretagne se trouvent des sédiments fins, relativement minces, où les apports détritiques étaient moins abondants : on y observe, comme au au Nord, des transgressions et des discordances de stratification.
- Les sédiments déposés horizontalement et les roches éruptives injectées verticalement ont été dérangés de leur position initiale, plissés et disloqués à diverses époques, mais les traits actuels de l’orographie armoricaine sont dus a une puissante pression latérale ayant agi pendant l’époque carbonifère.
- Le résultat de ce refoulement fut d’onduler le sol de la région en une série de plis anticlinaux et synclinaux subparallèles qui, en se superposant aux dénivellations anterieures, vinrent les dissimuler et les effacer.
- A part le grand ridement qui redressa et plissa toute la région à l’époque carbonifère, les autres mouvements qui affectèrent le sol de la Bretagne doivent être considérés comme des oscillations littorales n’ayant déterminé que des transgressions et des discordances locales. Elles sont en relation avec les limites systématiques des étages que nous allons brièvement passer en revue.
- Terrain primitif. — Le terrain primitif présente les divisions principales suivantes :
- gneiss granitoïde de Quimperlé;
- gneiss et micaschistes de la baie d Audierne;
- £2> schistes à minéraux de 1 île de Groix.
- p.27 - vue 34/482
-
-
-
- 28
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Ces étages présentent des caractères distincts, mais comparables, au Nord et au Sud de la Bretagne.
- Terrain cambrien. — L’étage des phyllades de Saint—Lô ne présente pas non plus les mêmes caractères lithologiques au Sud et au Nord de la Bretagne. Au Sud, dans le Finistère et le Morbihan, cet étage est principalement formé par des schistes et des phyllades noir verdâtre, satinés, très sémitiques, contenant des lits quartziteux et un nombre immense de fdons de quartz; au Nord, dans le Léon et l’Ille-et-Vilaine , les phyllades sont limitées à certains niveaux, les schistes sont plus grossiers et alternent parfois avec des grès et des grauwackes feldspathiques.
- L'étage des schistes et poudingues de Gourin, qui constitue un niveau constant au sommet du système cambrien de Dufrenoy présente également des différences importantes au Sud et au Nord du pays. Les conglomérats très développés à Gourin, à Ploërmel (Morbihan), n’y contiennent que des galets de quartz blanc et quelques fragments de schiste cambrien; ces mêmes conglomérats au Nord du pays (Morlaix, Granville) contiennent au contraire des galets très variés de schistes grossiers et de grauwackes cambriennes, de schistes cornés, de schistes micacés et de granité. Cet étage est caractérisé comme le précédent, dans le Trégorrois, par de puissantes venues de roches éruptives basiques interstratifiées qui lui donnent les caractères duPébidien anglais.
- Terrain silurien. — line importante ondulation du sol se produisit après le cambrien; la discordance des grès et poudingues pourprés sur les phyllades de Saint-Lo, signalée par Dufrénoy et M. Hébert, au Nord de la Bretagne, en
- p.28 - vue 35/482
-
-
-
- PANNEAU DE LA BRETAGNE. 29
- fait foi; nous avons reconnu une discordance analogue au Sud du bassin breton (feuilles de Redon, Saint-Nazaire), mais cette discordance n’a pas aflecté les couches de la partie centrale du bassin, de Douarnenez à Laval.
- Le poudingue de Montfort forme la base de ce système; cet étage présente une épaisseur considérable au centre de la Bretagne, où les conglomérats alternent avec des schistes rouges et des grès verts; son épaisseur diminue progressivement à mesure qu’on avance vers le Sud, où il disparaît complètement.
- La grès armoricain présente des modifications analogues; épais de près de 5oo mètres au centre, il est réduit à fio mètres au Sud, où il disparaît même finalement; il est représenté au Nord de la montagne dArrée par la mince bande de quartzite pisaire de la Roche-Maurice ( 1 o mètres).
- L’étage des schistes d’Angers a atteint sa plus grande épaisseur et sa plus grande extension au Sud de la Bretagne, où d présente trois assises distinctes :
- Schistes à Calymene Tristani;
- Grès à Orthis redux;
- Schistes à Trinucleus ornatus.
- 11 est représenté au Nord de la Bretagne par la mince assise des schistes de Plouguerneau, schistes ardoisiers, loirs, sans fossiles et souvent cristallins.
- Le silurien supérieur est également beaucoup mieux dé— V(doppé au Sud qu’au Nord de la Bretagne, où il manque complètement. 11 a présenté les divisions suivantes :
- Grès etpsammites avec ampélites à graptolites;
- Phtanites de l’Anjou;
- Schistes à nodules à Cardiola interrupta.
- p.29 - vue 36/482
-
-
-
- 30 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Terrain dévonien. — Un troisième mouvement du sol breton se produisit après l’époque silurienne, avant le commencement de l’époque dévonienne. L’extension de l’étage dévonien inférieur est plus vaste que celle du terrain silurien qu’il recouvre et dépasse en stratification transgressive à l’Est et au Nord du Finistère, vers Callac et vers Morlaix. On peut y distinguer plusieurs assises :
- Schistes et quartzites de Plougastel ;
- Grès de Gahard ;
- Calcaire de Nehou;
- Schistes de Porsguen;
- Schistes de Rostellec.
- Terrain carbonifère. — Après la période d’émersion correspondant au dévonien supérieur, les eaux envahirent de nouveau le centre de la Bretagne au début de l’époque carbonifère et recouvrirent en stratification nettement transgressive, les strates antérieures. La disposition du pays en rides parallèles s’accentuait dès l’époque carbonifère; car les dépôts de cet âge ne recouvrent plus uniformément la région : les eaux carbonifères qui occupaient le bras de mer de Châteaulin coulaient librement Est à Ouest jusqu’à Laval; pendant la durée de la période, elles se déplacèrent lentement du Nord au Sud, en envahissant graduellement les terres situées au Sud. Par suite de ce mouvement, les couches carbonifères inférieures affleurent seulement au Nord du bassin (poudingues et tufs porphyritiques); elles sont cachées au Sud par les schistes de Châteaulin qui s’avancent successivement de ce côté sur les divers étages du dévonien. Grâce à ce relèvement continu et progressif du
- p.30 - vue 37/482
-
-
-
- PANNEAU DE LA BRETAGNE. 31
- bord Nord du bassin central, Taire de dépôt se déplaçait vers le Sud; elle se trouva reportée à la latitude de Quiuiper et de la pointe du Raz à T époque houillère moyenne.
- Les divisions reconnues sont les suivantes :
- Poudingues et tufs porphyritiques;
- Tufs porphyritiques et porphyrites;
- Schistes et psammites de Châteaulin, calcaires a (aune de Visé;
- Schistes et poudingues houillers.
- Ln brusque mouvement du sol mit fin à 1 histoire des sédimentations en Bretagne, ce fut le cinquième et grand ri-dement de ce massif, il se produisit après le terrain houillier moyen. Toutes les formations ont conserve son empreinte, d a non seulement fait émerger définitivement la Bretagne, mais lui a donné son relief; il Ta modelee en voilant tous les accidents antérieurs. Il est dû à une puissante pression latérale qui agit à cette époque dans la direction du méridien, en reloulant et plissant simultanément toutes les strates, sur une largeur de plus de 3 degrés de latitude, de la Normandie à la Vendée.
- Depuis T époque houillère, la Bretagne est restee à 1 état de terre ferme; elle ne présente aucune trace des loi mations secondaires et ce n’est qu’à l’époque tertiaire que la mer pénètre de nouveau dans le pays, en suivant les principales vallées de dénudation.
- Les explorations, pour les relevés géologiques, ont été laites de 1876 à i88q par M. Charles Barrois, piofesseui adjoint à la Faculté des sciences de Lille; 1 etude de la feuille de Redon a été faite en collaboration par M. Chai les Barzoïs et M. Léon Bochet, ingénieur des mines.
- p.31 - vue 38/482
-
-
-
- 32
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- 2° RADE DE BREST.
- La carte de la rade de Brest a été obtenue par agrandissement photographique au /l0ôoo‘ dune partie des touilles de Brest, Morlaix, Quimper, Chàteaulin. Les baies et les caps rocheux, les innombrables sinuosités qui découpent d’une façon si capricieuse les côtes de la rade, fournissent des opportunités d’exploration que l’on ne rencontre en aucun autre point de la Bretagne et qui ont décidé à faire de cette région l’objet d’une étude de détails.
- La rade de Brest correspond dans son ensemble à un vaste pli synclinal. Le centre de cette dépression synclinale est rempli par des dépôts dévoniens, ridés et disloqués par de nombreux accidents de détails, et traversés par diverses roches éruptives en filons. Les couches siluriennes redressées limitent la rade au Sud et au Nord; elles sont adossées aux formations les plus anciennes, gneiss et micaschistes primitifs disposés en deux longues bandes, la Cornouaille et le Léon, qui s’avancent au loin en mer.
- Terrains sédimentaires. — Les terrains sédimentaires distingués sont les suivants :
- Les micaschistes, gneiss et ampliiboliles, en lits alternant de la Cornouaille et du Léon, correspondant à la division moyenne du terrain primitif de Bretagne, l’étage inférieur des gneiss granitoïdes faisant ici défaut. Ils présentent leurs caractères normaux au Sud, dans la baie d’Audierne; au Nord de Brest, ils sont modifiés et pénétrés en tous sens par un lacis de filonnets de granulito et de pegmatite.
- p.32 - vue 39/482
-
-
-
- 33
- PANNEAU DE LA BRETAGNE.
- Les schistes à minéraux avec micas, grenat, andalousite, staurotide, présentent leur plus beau développement au Nord, dans les falaises du Conquet; au Sud, dans la Cornouaille, ils sont représentés par des lialleflints et par des gneissites qui doivent leur origine à des phénomènes de pénétrations granuliti ques.
- Les phyllades de Saint-Lô présentent leurs caractères normaux dans la baie de Douarnenez et sur le versant Sud des Montagnes-Noires; rapportés par Dufrénoy au cambrien, il n’y a pas de nécessité à les séparer de ce système. On doit, en effet, les assimiler au longmyndien du Stropsbire, cambrien d’après la définition de Murchison et classé comme cambrien par le gcological Survey d’Angleterre et par nombre de savants anglais.
- Ces phyllades sont métamorphisés et chargés de mica noir, au contact des massifs granulitiques de Locronan et de Quimper.
- Les schistes et poudingues de Gourin reposent sur les couches précédentes au Sud des Montagnes-Noires; les lits interstratifiés de poudingue disparaissent a 1 Ouest de Tre-g°urez, et sont remplacés par des grauwackes, des cornes et des lits minces de tufs amphiboliques intercales, rappelant sur une petite échelle les tufs cambriens du lregorrois.
- Les quarlzo-phyllades de Morlaix constituent un puissant étage de schistes fins, de couleur loncée, noirâtre, alternant en lits de om,ooî à om,i avec des zones gréseuses, claires, verdâtres; l’alternance répétée de ces minces couches donne à cette formation une apparence zébree ou zonee qui caractérise les quartzo-pbyllades de Dumont. Ils longent régulièrement la vallée de l’Élorn, reposant directement
- ii.
- 3
- p.33 - vue 40/482
-
-
-
- 34 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- sur les micaschistes du et présentant dans toute cette région des lits intercalés de quartzites blancs, à gros grains, parfois fossilifères; que nous avons distingués sur la carte.
- De Landivisiau à Brest et au delà, ces quartzo-phyllades sont modifiés, puis pénétrés de telle façon par les éléments du granité de Kersaint (orthose, oligoclase, mica noir, quartz) qu’ils passent à un gneiss gris ou gneiss de Brest, rapporté jusqu’ici d’un avis unanime au gneiss primitif fondamental. Ce passage, observé pas à pas sur le terrain, est confirmé par le fait qu’on peut suivre dans le gneiss les lits de quartzite signalés dans les schistes et qui ont résisté à l’injection feldspatbique.
- Les quartzo-phyllades de Morlaix sont considérés comme représentant un faciès particulier, propre au Léon, des phyllades de Douarnenez de la Cornouaille.
- Les poudingues et schistes rouges du cap de la Chèvre, alternant avec des schistes verts compacts et des grès verdâtres, reposent en stratification concordante sur les schistes et poudingues de Gourin, au Sud du Menez-Hom. Ils ne sont pas reconnaissables au Nord de la rade. M. Hébert les fait rentrer, à juste titre, dans le cambrien d’Angleterre.
- Le grès armoricain blanc, homogène, à fins grains de quartz, épais de 5 o o mètres, offre un type breton bien connu. On le suit, au Sud de la rade, de Camaret au Menez-Hom; il est fossilifère (scolithes, bilobites, lingules, lamellibranches) à Quéméneven. Les falaises de Camaret permettent de reconnaître dans ce grès trois niveaux lithologiques distincts, sans intérêt, puisqu’ils n’ont pas de faune propre et qu’on ne peut les suivre à l’intérieur des terres. Ce sont, de bas en haut :
- p.34 - vue 41/482
-
-
-
- PANNEAU DE LA BRETAGNE.
- 35
- i° Grès blanc du Grand Gouin;
- 3° Schistes de l’anse de Portnaye;
- 3° Grès blanc de Toulinguet.
- Cet étage est représenté au Nord de la rade par les quartzites pisaires de la crête de la Pioche-Maurice, épais de io mètres qui se trouvent au sommet des quartzo-phyl-lades de Morlaix. Ces quartzites pisaires se distinguent toutefois du grès armoricain par leur épaisseur réduite et par leur faune différente (Maclurites, Belleroplion); comme de plus ils sont identiques, par leurs caractères lithologiques et par leur disposition stratigraphique, à d’autres lits de quartzite blanc, déjà cités, interstratifiés dans Jetage des quartzo-phyllades de Morlaix, nous reconnaissons qu’il est très difficile de les séparer de cet étage, dont une partie assez grande pourrait représenter au Nord, les étages du grès armoricain et des poudingues pourprés.
- Les schistes d’Angers noirs, ardoisiers, ont une grande épaisseur, et il est facile d’y distinguer au Sud de la rade fl’ois assises différentes.
- Schistes d’Angers, îoo mètres;
- Grès de Kérarvail, 3o mètres;
- Schistes de Morgat, 100 mètres.
- L assise inférieure, formée des schistes noirs, contient la faune d’Angers proprement dite : Calymene rnstani, Illoenus giganteus, etc.; les grès sont complètement dépourvus de fossiles; les schistes de Morgat, très riches en fossiles, contiennent la faune connue de Bussaco : Pleurotomaria Bussa-wnsis, Ctenodonla Bussacensis, etc.
- Au Nord de la rade il n’y a pas de représentant fossilifère
- cet étage; on lui rapporte cependant l’assise des schistes
- 3.
- p.35 - vue 42/482
-
-
-
- 36
- CARTE GEOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- de PJouigneau, mince assise de schistes noirs, sombres, qui repose sur le quartzite de la Roche-Maurice.
- Le calcaire de Rosan à Orthis Actoniæ, Orthis testudi-naria, Triplesia spiriferoïdes, correspond aux couches de Caradoc; c’est une assise remarquable par les tufs et les coulées diabasiques qu’on y trouve intercalés, au Sud de la rade.
- Le silurien supérieur présente vers sa base, despsammites blancs, alternant avec des schistes et quartzites sans fossiles; ils sont surmontés dans le massif du Menez-Hoin, par des schistes ampéliteux à graptolites : M. cotonus. Les schistes à nodules à cardiola interrupta succèdent immédiatement à l’étage précédent, ils sont très fossilifères dans toute la presqu’île de Crozon, où les nodules sont remplis d’orthocères, de lamellibranches et de crustacés. Ils présentent également dans cette région des coulées de diabase et des tufs basiques interstratifiés. Ces divers niveaux du silurien supérieur manquent complètement au Nord du Finistère; leur extension géographique a été dilférente et moindre que celle du silurien moyen quelles recouvrent en stratification transgressive. On a une preuve indépendante de ce mouvement dans la présence de blocs des formations antérieures (grès armoricain, schistes d’Angers, diabases et tufs) qu’on trouve remaniés dans lespoudingues de la faune troisième à Lesneven.
- En Bretagne, comme en Angleterre, la faune troisième silurienne est ainsi séparée de la faune seconde par une discordance de stratification.
- Les schistes et quartzites de Plougastel forment la base du terrain dévonien et correspondent à une nouvelle invasion
- p.36 - vue 43/482
-
-
-
- PANNEAU DE LA BRETAGNE.
- 37
- transgressive de dépôts marins. Ils constituent une accumulation de plus de 1,000 mètres d’épaisseur, de bancs alternants et généralement assez épais de schistes grossiers, gris verdâtres, foncés et de quartzites vert-sombre, très durs, blanchissant par altération. On peut les assimiler au Gédin-nien des Ardennes. Fossiles peu nombreux.
- Les grès blancs de Gahard sont plus riches en lossiles que les précédents et présentent dans la rade un lit de minerai de ter. Leur faune a des analogies avec le Taunusien des Ardennes.
- Les schistes et calcaires de Néhou en lits alternants, bleuâtres, passant à des grauwackes brunes, contiennent une faune très riche (Coblencien des Ardennes).
- Les schistes à nodules de Porsguen, schistes feuilletés, verdâtres ou noirs, avec nodules silico-calcaires, contiennent la laune eifélienne. On ne devra pas considérer comme rigoureusement exactes les limites assignées à cette assise sur la carte et dont le tracé présente les plus grandes difficultés.
- Les schistes de Rostellec à nodules pyriteux et à lits calca-reux noirs ont fourni Cardium pahnatum, Posidonomya ve~ nnsta et une faune frasnienne bien caractérisée.
- Ces diverses assises dévoniennes n affleurent bien que dans les falaises de la rade; on a cependant pu suivre à 1 intérieur des terres un certain nombre de plis synclinaux ot anticlinaux qui ont affecté ces couches et qui sont traces sur la carte.
- Les schistes ardoisiers de Châteaulin recouvrent en stratification transgessive les formations précédentes a 1 Est de la carte; ils contiennent à Châteaulin des végétaux carboni-
- p.37 - vue 44/482
-
-
-
- 38
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE, fères, et à Saint-Segal des lentilles de calcaire à Pliillipsia et Productus carbonifères.
- Le terrain houiller lorine trois petits bassins distincts : ceux de Quimper, de Vergogne et de la baie des Trépassés. Ils ne paraissent pas appelés à un grand avenir industriel.
- Roches éruptives. — Les roches éruptives de la rade de Brest appartiennent à quatre séries principales : granités, cliabases, microgranites kersantons.
- Le granité forme un massif au Nord de la région vers Kersaint : c’est un granité typique, grenu ou porphyroïde, riche en mica noir; vers Brest, il donne naissance par injection à des roches gneissiques.
- Les granulites acquièrent un développement extrême dans la Cornouaille, an Sud de la rade, formant les massifs de Quimper, Locronan, etc. Ces roches grenues, acides, riches en mica blanc, présentent des variétés aplitiques grenatifères et des variétés pegmatiques tourmalinifères. Elles pénètrent si intimement l’étage des micaschistes de cette région, qu’il est métamorphisé en gneiss granulitiques méconnaissables.
- Les diabases forment un certain nombre de venues, plus distinctes par leur âge que par leurs caractères minéralogiques. La plus ancienne, peu puissante, est en relations avec les tufs des phyllades de Douarnenez. La venue suivante est la plus importante, elle a eu lieu à la fin du silurien moyen et pendant le silurien supérieur, où ses coulées sont associées à des tufs interstratifiés. Une dernière série, celle des diabases ophitiques coupe en filons minces de 3 à
- p.38 - vue 45/482
-
-
-
- PANNEAU DE LA BRETAGNE.
- 39
- 1 o mètres toutes les roches dévoniennes et les granulites de la rade, elle remonte à l’époque carbonifère, ainsi que quelques fdons de porphyrites diabasiques, qu’on peut lui rattacher.
- Les diorites quartzifères sont très répandues en filons minces dans les régions cambriennes du Finistère. Peut-être remontent-elles en partie à cette époque, mais la plupart sont postérieures au dévonien.
- Les microgranites forment de nombreux fdons dont l’épaisseur varie de î à 20 mètres et dont la direction dominante est l’Est un peu Nord. C’est suivant les plis synclinaux des terrains sédimentaires, que se trouvent alignés la plupart de ces fdons dans le Finistère. Les éruptions ont commencé après le dévonien et se sont continuées pendant tout le carbonifère inférieur. Ces roches présentent les caractères des microgranulites et des micropegmatites; certaines d entre elles sont des apophyses de massifs de granulite.
- Le kersanton forme autour de la rade de Brest un grand nombre de petits fdons de 1 à 20 mètres d épaisseur, généralement exploités, orientés de 6o° à ioo°; ils coupent les microgranistes et sont postérieurs aux schistes carbonifères de Châteaulin. Le kersanton est associé et passe insensiblement à des porphyrites micacées.
- Les explorations pour les tracés géologiques ont ete laites de 1876 à 1888 par M. Charles Barrois, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Lille.
- p.39 - vue 46/482
-
-
-
- 40
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- IV
- PANNEAU I)U COTENTIN,
- Par M. Lecorxu, avec la collaboration de M. Lodin.
- neuf feuilles : il comprend le département de la Manche et une partie de ceux du Calvados et de l’Orne.
- Une étendue considérable est occupée par des terrains cristallins ou paléozoïques, faisant suite à ceux de la Bretagne.
- D’importants massifs granitiques ont dessiné les traits dominants de la contrée : dans la région méridionale ils s’allongent de l’Est à l’Ouest principalement entre Vire et Granville; dans la région septentrionale, ils forment plusieurs îlots et arc-boutent les deux protubérances entre lesquelles s’enfonce la rade de Cherbourg. Dans la région centrale la même formation est représentée par la syénite de Goutances; le granité des environs de Cherbourg passe souvent à la syénite.
- La base des terrains sédimentaires est constituée presque partout par de puissantes roches schisteuses, verdâtres et azoïques, les phyllades de Saint-Lô qui, au voisinage du granité de Vire, deviennent plus ou moins mâclifères. A Cherbourg, les phyllades sont en partie remplacés par des roches talcifères qui en dérivent très probablement par simple métamorphisme.
- p.40 - vue 47/482
-
-
-
- PANNEAU DU COTENTIN. 41
- La série silurienne commence par des poudingues souvent pourprés, suivis de schistes de même couleur et de grès d’abord pourprés, puis blanchâtres. Toutes ces roches sont dépourvues de fossiles. Au-dessus viennent les grès armoricains à hilohites et tigiliites, puis les schistes ardoi-siers d’Angers, parfois séparés du grès armoricain par un banc d’hématite rouge (minerai de Saint-Rémy).
- Les schistes sont surmontés par le grès de May, auquel succède le terrain silurien supérieur formé de grès blancs et de schistes ampéliteux.
- A Sottevast, le grès de Mav est recouvert, suivant M. Bigot par des schistes à Trinucleus. La [Stratigraphie du terrain silurien est fort intéressante. Les poudingues et grès pourprés, reposant sur les phyllades en stratification nettement discordante, tracent à la surface du sol de longues ondulations qui sont en relation évidente avec les contours des massifs granitiques. Au milieu de ces plissements apparaissent les affleurements du grès armoricain, celui-ci, bien moins élastique que les poudingues s est presque partout divisé en arêtes rectilignes discontinues. Dans la partie kud-Est du panneau, les poudingues et les grès se massent autour d’une ligne de faîte qui parait avoir, à toutes les époques, servi de charnière dans les mouvements du sol . sous le nom d’axe du Merlerault, la même ligne se continue à travers les terrains jurassique et crétacé en jouant le rôle d’un axe anticlinal.
- Le terrain dévonien est représenté par des schistes, giès ot calcaires très fossilifères, correspondant a la partie inferieure de l’étage (calcaire de Neliou, schistes et gies a Lvdmmysia hamiltonensisy
- p.41 - vue 48/482
-
-
-
- 42 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- La mer carbonifère s’est avancée assez loin au Sud de Coutances et y a laissé un puissant dépôt de marbre avec cyathophyllum longtemps regardé comme cambrien.
- Le terrain houiller, complètement séparé du calcaire carbonifère, n’affleure qu’en deux points : à Littry, dans le Calvados et au Plessis, dans la Manche, où il a été accompagné par des éruptions de porphyrite micacée. Il est ]>os-sible qu’il forme, entre ces deux affleurements, un dépôt continu, à grande profondeur, sous les marais du Cotentin
- Sur le terrain houiller repose une formation de marnes et
- grès rouges, non fossilifères dont l’âge n’est pas encore établi avec certitude. La présence de calcaires à poissons rencontrés vers sa base dans l’un des puits des mines de Littry porte à la regarder comme permienne; jusqu’ici on l’a plutôt rattachée au trias. En tous cas, le muschelkalk fait totalement défaut. Au-dessus des marnes et grès rouges viennent des lits de galets roulés qui forment presque partout la ceinture du bassin jurassique et qui ne paraissent pas avoir un âge constant; on peut les envisager comme résultant du déplacement progressif, et longtemps continué d’une sorte de cordon littoral.
- Le terrain jurassique de la basse Normandie est trop connu pour qu’il soit utile d’en résumer ici la description. Depuis le lias inférieur de Valognes jusqu’aux argiles kimméridiennes de Trouville, le panneau du Cotentin contient la série complète des assises jurassiques faciles à étudier dans les falaises classiques du Calvados.
- La craie se rencontre à la fois dans le Calvados et dans la Manche, de part et d’autre du golfe du Cotentin, mais avec des caractères bien distincts; à l’Est, elle est représentée
- p.42 - vue 49/482
-
-
-
- PANNEAU DU COTENTIN. -àü
- par de vastes plateaux de calcaires marneux reposant, à une assez grande altitude, sur le terrain jurassique, et se reliant sans discontinuité aux terrains crétacés du bassin de Paris. Dans la Manche, au contraire, la même formation ne figure que sous forme de petits bassins (grès vert à orbito-lines et calcaires à baculites) épars au bord des marais presque au niveau de la mer. Dans ces petits bassins, la craie blanche est fréquemment recouverte par le calcaire noduleux éocène, auquel elle se soude d une maniéré intime. D’autres bassins également minuscules et placés dans une situation semblable offrent des témoins des divers niveaux eocènes, oligocènes (argiles à corbules, marnes à bithynies), miocènes (faluns à bryozoaires) et pliocènes (marnes et sables à Nassa).
- D’importants dépôts de sable quartzeux, sans fossiles, paraissent se relier aux marnes à Nassa du Bosq-d Aubigny et appartenir également à l’étage pliocène.
- Les alluvions anciennes sont bien développées sur les coteaux calloviens bordant la rive gauche de la Dives, mais cest surtout dans le département de la Manche, entre Ca-rentan et la côte occidentale, qu elles prennent de 1 importance, recouvrant d’un épais manteau toutes les formations antérieures et ne laissant subsister que quelques pointements de roches siluriennes et dévoniennes; il semble que, de ce c°te, les phénomènes d’érosion aient acquis une amplitude extraordinaire, et ce fait peut être rattache àl existence d un détroit, d’un pas de Calais qui, à une époque géologiquement récente, traversant complètement la péninsule auiait mis la baie de Yeys en communication avec le havre de
- p.43 - vue 50/482
-
-
-
- 44
- CARTE GÉOLOGIQUE 1)E LA FRANCE.
- Les filons sont nombreux, mais rarement très étendus Dans la région méridionale, au contact des granités avec les schistes, abondent les filons de granulite, de pegmatite, de quartz blanc laiteux. Dans la même région, on observe ù la surface du sol de longs alignements de diabases.
- Dans la région centrale dominent les filons de quartz* c’est à l’un d’eux que paraît se rattacher le gisement de cinabre jadis exploité à la Chapelle-en-Juger, près Saint-Lô Au nord, on voit apparaître en abondance les porphyres et les kersantites. Le minerai de fer oligisle et magnétique de Diélette est injecté au contact du granité et des schistes
- Les failles stériles des terrains anciens sont très difficiles à reconnaître à cause du défaut de niveaux bien précis. Dans les terrains secondaires elles sont assez rares, sauf au voisinage de la baie de Veys; il semble donc que les terrains anciens aient fourni aux formations postérieures une charpente suffisamment solide pour résister aux ébranlements de le-corce terrestre.
- Les relevés géologique sont été exécutés, sur la feuille de Caen, par MM. Lecornu etLoDiN, ingénieurs des mines, et sur les autres feuilles, par M. Lecornu.
- p.44 - vue 51/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL.
- V
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL.
- Ce panneau comprend treize feuilles. Le tableau suivant rend compte de la distribution du travail.
- Massif du Cantal. — Mauriac, Aurillac, Brioude et Saint-Flour par M. Fouqué, membre de l’Institut, professeur au Collège de France.
- Mont Dore et chaîne des puys. — Clermont par M. Michel Lévy, ingénieur en chef des mines, Directeur du service.
- Gannat. — Par M. de Launay, ingénieur des mines.
- Forez. — Roanne et Montbrison, par M. Le Verrier, ingénieur en chef des mines,
- Pilât et massif du Puy. — Saint-Étienne, Monistrol et Le Ihiy par M. Termier, ingénieur des mines, avec la collaboration de M. Boule pour les environs du Puy.
- Beaujolais et Lyonnais. — Bourg et Lyon par Al. Michel Lévy.
- La bordure jurassique de l’Est est due a Al. Delafond, ingénieur en chef des mines; le bassin tertiaire de la Saône
- du Rhône à la collaboration de MM. Fontannes, Delafond, ingénieur en chef des mines, Depéret, professeur a la Fa-c,dte des sciences de Lyon, et Lory, membre correspondant de l’Institut, professeur doyen à la faculté des sciences
- de Grenoble.
- p.45 - vue 52/482
-
-
-
- 46
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- MASSIF DU CANTAL.
- La partie volcanique centrale du Cantal repose, soit directement sur le gneiss et le micaschiste, soit sur des assises plus ou moins épaises de terrain tertiaire stratifié.
- Les dépôts sédimentaires tertiaires sont représentés par des conglomérats et des argiles éocènes surmontés de marnes et de calcaires miocènes fossilifères.
- Deux bassins tertiaires principaux sont visibles dans la partie Sud du massif du Cantal : ce sont ceux d’Aurillac et de Mur-de-Barrez.
- D’autres bassins moins importants se voient à Laveis-sière, à Dienne, près de Saint-Flour.
- Le terrain pliocène n’est représenté parmi les terrains purement sédimentaires que par quelques brèches d’étendue insignifiante, mais où l’on a trouvé des ossements de grands mammifères, ce qui a permis de déterminer l’âge des dépôts en question.
- Les produits éruptifs sont bien plus importants. Ils se rattachent à trois catégories de roches : i° aux basaltes (roches volcaniques basiques); 2° aux trachytes et andésites (roches volcaniques acides ou intermédiaires à feldspaths tricliniques) ; 3° aux phonolithes (roches à feldspath mono-clinique, pyroxène et néphéline).
- Les plus anciens trachytes affectent souvent la structure domitique; ils renferment de la sanidine en assez forte proportion, sont presque toujours riches en sphène et surtout en biotite; ils fournissent quelques obsidiennes. On les observe particulièrement au fond du cul-de-sac des vallées de
- p.46 - vue 53/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL. hl
- la Gère, de la Jordane et de l’Allagnon, c’est-à-dire près du cœur des volcans.
- Les andésites d’âge moyen constituent les brèches épaisses visibles dans toutes les vallées qui divergent du Plomb du Cantal. Le labrador s’y montre à peu près seul à 1 état de leldspatb en grands cristaux. Les minéraux qui lui sont associés sont la hornblende, le pyroxène, l’apatite, la néphé-line, le fer oxydulé. Gomme dans les trachytes inférieurs, le feldspath qui domine à l’état de microlithes est 1 oliglocase.
- Dans un grand nombre de ces roches, le pyroxène est très prédominant par rapport à l’amphibole.
- Les andésites les plus récentes constituent les sommités de la plupart des puys les plus élevés du Gantai : Gliava-roche, Puy-Mary, Pierre-Arse, Cantalon, etc. Chacune de ces roches est représentée par des bancs compacts, des coulées bréchiformes et aussi par des produits de projections.
- Les basaltes appartiennent également à trois formations distinctes. Le basalte inférieur s’est épanche immédiatement sur le calcaire miocène. Il est à grains fins, riche en pyi’o-xcne, en olivine, contient des microlithes de labrador et de fer oxydulé. Il possède aussi du labrador et de 1 anoi-thite à l’état de grands cristaux; dans certaines localités les leldspatlis y disparaissant, il passe à des limburgites. On 1 observe principalement près d’Aurillac et dans le haut de lu vallée de l’Allagnon.
- Le basalte moyen est une roche à grands cristaux, visibles tl 1 œil nu; toujours il est riche en leldspath. On 1 observe uu\ environs de Thiézac et deLascelles, entre la vallée de lu Gère et de la Jordane. Il apparaît au milieu des phono-Ütlies au pied du puy Grioux.
- p.47 - vue 54/482
-
-
-
- 48 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- Le basalte supérieur recouvre les hauts plateaux du pays. il est identique comme roche au basalte inférieur.
- Le phonolithe est riche en feldspath monoclinique [\ contient des microlithes de pyroxène, et presque toujours en grands cristaux, de la hornblende, du pyroxène du sphène, de la biotite, de l’haüyne; il est plus ou nioins abondamment pourvu de néphéline et passe à des roches où ce minéral fait complètement défaut. Il constitue les pUys de Grioux, de Griounaux, Roche-Taillade et fournit en outre plusieurs filons.
- Au milieu de la série de ces dépôts divers apparaît une assise de cendres remarquable par les débris végétaux et les empreintes de plantes qu’on y observe. Ces plantes appartiennent à la flore pliocène. Le dépôt qui les renferme sépare nettement les assises basaltiques et andésitiques moyennes des assises supérieures formées par les mômes roches. Les principaux dépôts se voient à Vic-sur-Cère, à la Peyre-del-Cros, à Saint-Vincent, à Gheylade et en deux points dillérenls de la vallée de Fontanges.
- MONT DOUE ET CHAÎNE DES I'UYS.
- Sur la feuille de Clermont, les terrains cambriens sont littéralement bouleversés par le granité, qui constitue plus de la moitié du soubassement sur lequel reposent les formations tertiaires et quaternaires. Les gneiss dominent au Sud-Lst, les micaschistes à l’Ouest, le cambrien au centre delà leuille. La direction de la schistosité est N. V. E., le pion (rement moyen vers l’Ouest.
- Au premier abord, le bassin lacustre pliocène de la Li-
- p.48 - vue 55/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL. A9
- magne paraît encaissé entre le plateau granitique d’une altitude de 800 à 900 mètres (qui supporte le mont Dore et la chaîne des puys) d’une part, et d’autre part les premiers
- contreforts également granitiques du Forez.
- Mais un examen plus attentif permet de reconnaître que les limites de l’oligocène se sont étendues fort loin à l’Est et à l’Ouest. La Limagne constitue le fond d’un vaste pli synclinal dont les deux bords sont limités par une série de failles en échelons. La réapparition, au centre, du granité de Saint-Yvoine, la disposition des failles de Sauxillanges, d’Ambert etc., montre que le fond du pli synclinal a eu quelques-uns de ses voussoirs surélevés, tandis que la crête du pli anticlinal constitué par le Forez a eu une tendance a s effondrer. Cette disposition fréquente rappelle les exemples identiques du Charollais et du Beaujolais.
- La plupart des grandes failles N. S. qui intéressent le bassin tertiaire de la Limagne sont antérieures aux éruptions volcaniques. Cependant quelques-unes ont rejoué entre le pliocène moyen et le pliocène supérieur et meme après les
- éruptions des basaltes inférieurs.
- Fresque tous les produits volcaniques si varies et si puissants du mont Dore ont fait éruption pendant le pliocène
- supérieur (étage inférieur de Perrier).
- Les principaux laits nouveaux mis en évidence dans cette • égion sont : l’existence d’une couche équivalente au calcan e du Brie à la base des arkoses de Champeix, 1 établissement du la série volcanique du mont Dore, comprenant notam-uient des andésites basiques riches en haiiyne et des types varies de basaltes; la présence d un ensemble de gneiss a coi-diérite au N. 0. de Clermont, l’étude d’un faisceau important
- n.
- p.49 - vue 56/482
-
-
-
- 50
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE, de porphyrites micacées et ampliiboliques et de kersantites aux environs de Thiers et de Gunlhat.
- FOREZ.
- Les feuilles de-Roanne et de Montbrison comprennent à leur centre deux plaines tertiaires, séparées par un plateau carbonifère et encadrées entre des chaînes de montagnes de terrains primitifs.
- Tertiaire. — Le tertiaire comprend les étages tongrien et aquitanien; il est affecté par des failles importantes; dans la plaine du Forez, il est relevé vers l’Ouest et vient butter à l’Est par faille contre les terrains anciens; dans celle du Roannais, il offre une disposition inverse.
- Le tertiaire du Forez a été percé par de nombreux cônes basaltiques qui formen t comme une ceinture à l’Ouest de la plaine.
- Secondaire. — Une bande de terrains secondaires coupée par de nombreuses failles apparaît autour de la plaine de Roanne, du côté Est; elle se compose des étages compris entre le bathonien et le liasien. Ce dernier se termine à sa base par des grès mélangés au calcaire à gryphæa cymbium et témoignant de la proximité du rivage à cette époque.
- Carbonifère. — Le carbonifère comprend à sa base un étage marin (schistes et calcaires), puis un étage de grès à anthracite correspondant au Cuim, surmontés par une grande épaisseur de tufs porphyriques avec coulées d’ortlio-phyres.
- p.50 - vue 57/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL.
- 51
- 11 forme une bande plissée, comprimée entre deux massifs primitifs et dirigée E. N. E.; les plis deviennent de plus en plus serrés à mesure qu’on avance vers le Nord; le dernier laisse percer une bande très étroite de terrain primitif, qui paraît en certains points s’intercaler au milieu du carbonifère supérieur.
- r
- Eruptions carbonifères. —Le terrain carbonifère est percé et disloqué par des éruptions très nombreuses de micro-granulite. Les grandes masses de cette roche montrent souvent vers leur base des variétés bréchoïdes chargées -d’éléments étrangers et prenant un aspect granitique; elles sont caractérisées par la structure polysynthétique du mica. Lrès de Boën, où le fond du terrain est en granité, ces variétés passent à des granités plus ou moins injectés de microgranulite.
- Des microgranulites basiques (micacées à Boën, chargées de pyroxène à Saint-Just-en-Chevalet) ont été distinguées sous le nom de Kersantites. Elles forment des masses généralement situées au-dessous de celles de la microgranulite, qui semble postérieure.
- Les trois variétés que nous venons de signaler constituent le porphyre granitoïde de Grimer.
- Le porphyre globulaire (eurite de Grimer) forme des faisceaux de filons ; on en trouve qui coupent la micro-granulite ; quelques-uns (entre Boën et Saint-Germain-baval) sont bréchoïdes et parfois si charges d éléments gra-•dliques que la pâte disparaît presque à lœil nu.
- Les granulites elvaniques sont des roches ou des noyaux dc quartz s’isolent dans un magma granulitique très fin et
- h.
- p.51 - vue 58/482
-
-
-
- 52 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- souvent chargé de mica blanc; elles se présentent sous la forme de filons paraissant antérieurs à la microgranulite, mais se rattachant au même système d’éruptions.
- Terrains anciens. — Les terrains rapportés au cambrien se composent principalement de schistes micacés surmontés par des schistes amphiboliques et des cornes vertes; ils sont très redressés et disloqués par le granité. L’étage amphi-holique est intimement mélangé à de vraies roches éruptives (porphyrites amphiboliques et diorites compactes). Des diorites cristallines forment quelques filons nets dans les étages sous-jacents des schistes micacés et des gneiss.
- Parfois le cambrien semble se relier à la base du carbonifère par des schistes de moins en moins cristallins, mais le plus souvent il y a discordance, et l’on rencontre sur le cambrien des lambeaux de quartzites dont on trouve des galets dans les poudingues carbonifères.
- Terrains crislallophylliens. — Le terrain primitif est représenté par des schistes ebloriteux très mélangés d’amphi-bolites à actinote, et par des gneiss avec quelques lentilles d’amphibolite à hornblende verte. Les gneiss granitiques du Forez qui représentent la base du système contiennent, près de Saint-Bonnet-le-Gourreau, une belle lentille de pyroxé-nite mêlée d’amphibolite à hornblende noire.
- Granulite. — La granulite forme des masses qui se rencontrent surtout sur le granité ou au milieu des gneiss, et des filons ou des clykes perçant tous les terrains antérieurs au carbonifère; dans les micaschistes et surtout dans le cambrien, ces dykes prennent une structure aplitique (à grain
- p.52 - vue 59/482
-
-
-
- P ANN EAU DU PLATEAU CENTRAL.
- 53
- fin et presque sans mica). Au contraire, les grandes masses qui recouvrent le granité, dans la chaîne du Forez, sont à gros grains et passent au granité par transitions insensibles; elles sont nettement percées par des filons de granulite plus fine.
- Granité. — Le granité forme des massils importants limités par des failles; il apparaît aussi sous les gneiss ou sous le cambrien qu’il injecte irrégulièrement; dans ce cas, sa structure se modifie : les plages de quartz se fractionnent en grains ; les cristaux de feldspath se rapetissent ou se segmentent; la roche ressemble alors à de la granulite ou même à de la microgranulite, et elle se charge de mica polysynthétique ou d’amphibole, au voisinage des schistes amphiboliques.
- Failles et filons. — Les fractures se rattachent à trois directions principales :
- i° N.E ou E.N.E., c’est la direction affectionnée par les dykes de granulite, les filons plombo-barytiques ou an-timonieux ;
- 2° N. i5°ü., c’est celle des filons de microgranulite et des filons de quartz avec mispikel;
- 3° N. /i5° O., suivie par les grands filons de quartz tria-sique, qu’accompagne souvent la pyrite ou la galène avec fiuorine.
- Ces (raclures anciennes paraissent s’être réouvertes après le dépôt du miocène, et ce mouvement a déterminé lereliel actuel du pavs. Les principales sources minérales ( aint Galmier, Sail-sous-Couzan, etc.) se rencontrent sur les grandes l’ailles N. O. et de préférence à leur croisement avec
- p.53 - vue 60/482
-
-
-
- 54 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- les failles N. E. Les basaltes se groupent aussi en faisceaux dirigés N. 0.
- Les faits résumés dans cette note ont été développés dans des études sur la géologie du Forez publiées dans le Bulletin de l'industrie minérale, à Saint-Étienne, par M. Le Verrier, ingénieur en chef des mines.
- PILAT.
- Terrain primitif. — Le terrain qui forme le substratum des dépôts houillers de Saint-Étienne constitue la phis grande partie du massif du mont Pilât.
- Le mont Pilât est un très ancien massif de gneiss grani-toïde, autour duquel se sont affaissées les couches plus récentes du terrain primitif. C’est un excellent type de ces piliers de l’écorce terrestre auxquels M. Suess a donné le nom de Horst.
- On aurait donc une coupe complète du terrain primitif de la région en faisant d’un point quelconque l’ascension du massif si les failles résultant de l’affaissement des terrains extérieurs au Horst n’avaient fait disparaître, en profondeur, une partie considérable de ces terrains et si les éruptions postérieures du granité et de la granulite n’étaient venues bouleverser l’ensemble.
- Le gneiss granitoïde est incontestablement le terme le plus ancien du terrain primitif dans la région. C’est le cr granité schisteux r> de Grüner. Il est généralement caractérisé par l’abondance de la cordiérite. Souvent il renferme des lits interstratifiés d’amphibolites. A sa base il devient très semblable au granité, qui le pénètre de plus en plus. Les
- p.54 - vue 61/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL. 55
- gorges de la Déome entre Bourg-Argental et Annonay sont creusées dans une sorte de mélange des deux roches.
- Les gneiss et micaschistes sont peu développés dans le massif du Pilât. La faille qui s’est produite tout autour du Horst n’en laisse apparaître que les couches supérieures. Ils ont, au contraire, un très grand développement au Nord du bassin houiller. On peut les étudier dans l’angle N. 0. de la feuille, entre Saint-Étienne et Fontanès. Ils contiennent de très nombreux lits d’amphibolites formant une zone dirigée N.E., qui se prolonge très avant sur la feuille de Lyon.
- L’étage des quartzites a une très grande importance dans le massif même du Pilât. 11 est essentiellement constitue par des schistes à mica noir et à chlorites servant de passage entre les véritables gneiss et les schistes chloriteux proprement dits. La séricite commence à apparaître. Ces schistes alternent avec des quartzites à grain fin passant souvent à des roches compactes semblables aux halleflints. Des lits de mica noir, de séricite, de chloritc ou de grenats donnent a ces quartzites une apparence rubanée. C est aux environs de la Valla, au Sud de Saint-Chamond, que ces roches sont le plus développées.
- Au voisinage du granité, le lacies quartzeuxenvahit tout 1 etage : toute schistosité disparaît, parfois meme toute stratification. La roche examinée au microscope montre parfois de l’andalousite (vallon des Haies, près Condrieu), partois aussi de la staurotide (La Séterie,au Nord de Saint-Ltienne).
- Graduellement, sans transition brusque, cet étage de schistes et de quartzites passe à l’étage des schistes à chlorite
- p.55 - vue 62/482
-
-
-
- 56
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- et à séricite. C’est sur ces derniers schistes et surtout à leurs dépens que s’est formé le terrain houilier de Saint-Étienne La roche est généralement assez dure, riche en quartz. Ce n’est qu’exceptionnellement quelle passe à l’état de véritables phyllades ou schistes argileux friables. Les schistes de la partie supérieure de l’étage renferment des minéraux de deuxième consolidation remarquables : mica noir, tourmaline, grenat, cordiérite, staurotide, disthène (Farnay La Tour-en-Jarret).
- Des roches analogues aux cornes cambriennes du Beaujolais constituent, sur la rive gauche du Rhône, une ligne de falaises abruptes entre Vienne et Vaugris.
- Partout la granulite a donné lieu à de remarquables phénomènes d’injection et d’imprégnation qui ont produit les gneiss granulitiques. La région de Doizieu en offre de beaux exemples. On peut, d’ailleurs, distinguer plusieurs stades dans ce métamorphisme. Ici, le schiste est injecté lit par lit, de granulite ou de pegmatite et transformé par suite en une sorte de gneiss. Ailleurs, le métamorphisme ne se manifeste que par le développement, entre les feuillets du schiste, de noyaux feldspathiques isolés les uns des autres. Plus loin, la transformation est complète, le schiste a été dissous en entier par la roche éruptive, et le mélange s est pris en une roche intermédiaire, sorte de granité à gros noyaux feldspathiques et à longues traînées orientées de mica noir et blanc.
- Terrain houilier. — Le terrain houilier de Saint-Étienne est connu de tous les géologues depuis les remarquables travaux de Grimer et de M. Grand’Eury. Afin de faciliter la
- p.56 - vue 63/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL. 57
- lecture de la carte, on n’y a représenté que les affleurements des couches de houille les plus puissantes, celles portant les numéros 3, 8, 13,15 et la grande couche de
- Rive-de-Gier.
- Terrain permien. — On a rapporté au terrain permien, conformément à l’opinion de M. Grand Eury, les assises de grès ou de poudingues plus ou moins rubéfiés qui forment, à l’Est de Saint-Étienne, la colline du Jardin des Plantes.
- Ges assises reposent en parfaite concordance de stratification sur les assises houillères, mais la flore qu elles renferment a incontestablement des affinités permiennes.
- Roches éruptives. Granité. — Le granité tonne une partie considérable du massif du Pilât. Il y apparaît comme un dyke énorme dirigé N. 20 à 3o°E., dont la plus grande largeur, sur la feuille, 11’est guère inférieure à 20 kilomètres. Ce dyke va d’ailleurs en se rétrécissant du cote du Nord. Gn grand nombre d’autres dykes moins considérables percent le terrain primitif entre Annonay et \ienne. Ils sont généralement orientés comme le dyke principal. Ce n est ([uaux environs de Saint-Vallier, sur la rive gauche du Rhône, que la direction N. 25°O. commence a devenu pie-
- pondérante.
- Outre ces dykes nets, le granité forme en beaucoup de points, avec le gneiss, surtout avec le gneiss granitoïde des 'oches de mélange, difficiles à séparer, tantôt du gneiss, hmtôt du granité et que l’on a désignées sur la carte comme tc gneiss injecté de granité. » La petite chaîne de Brossai n, hs collines des environs d’Andance, le massif de Saint-
- p.57 - vue 64/482
-
-
-
- 58
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Yallier offrent les plus beaux exemples de ces curieux mé* langes.
- Granulite. — La granulite du Pilât est un granité à mica blanc souvent tourmalinifère et contenant quelquefois du mica lépidolite. Elle est nettement postérieure au granité.
- Cette roche est extrêmement abondante aux environs de Saint-Étienne et dans la région de Doizieu. Elle métamor-phise de la façon la plus variée toutes les couches du terrain
- Péridotites et serpentines. — Outre les amphibolites dont nous avons parlé, le gneiss granitoïde du Pilât renferme, près d’Éteize, une lentille de serpentine déjà signalée et décrite par Grüner.
- Mais d’autres serpentines apparaissent en plein granité à Roisey et à Marlhes. Ce sont des péridotites plus ou moins altérées. Au microscope, la roche de Roisey se montre remplie d’olivine encore franche. Quant à celle de Marlhes, elle renferme souvent de l’olivine reconnaissable à l’œil nu.
- Porphyres pétrosiliceux. — On observe dans le terrain houiller de Saint-Étienne plusieurs niveaux de roches compactes, de dureté variable, de couleur généralement claire. Les mineurs leur ont donné le nom de ce gores blancs n.
- Le plus connu est le gore blanc de la Péronnière, près Grand-Croix, appelé Talourine par quelques auteurs. Cette roche affleure en deux points. On l’a recoupée en profondeur.
- Une roche très analogue forme un banc continu entre la onzième et la douzième couche de houille du terrain de
- p.58 - vue 65/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL. i)9
- Saint-Étienne. Son affleurement est visible dans la tranchée de l’Eparre.
- Ce sont des porphyres pétrosiliceux. Au microscope, dans une pâte généralement amorphe, contenant çà et là quelques sphéroïdes à croix noire et quelques microlites lelds-pathiques, on voit nager de nombreux cristaux de quartz bipyramidé et des débris kaolinisés de cristaux dorthose et doligoclase. La tourmaline, le zircon, le mica noir ne sont pas rares. La calcite secondaire abonde.
- Un puits de recherches foncé dans les assises permiennes de Patroa a recoupé un lit d’une roche grise dont 1 erup-tivité n’est pas douteuse. La pâte est riche en microlites dorthose. Par là cette roche se rapproche des orthophyres beaucoup plus que des porphyres pétrosiliceux.
- Quartz. — Les liions de quartz abondent dans la région de Saint-Étienne, principalement aux environs de la lour-en-Jarret et de la Terrasse-en-Doizieu.
- Les filons de la Tour se sont prolongés a travers le terrain houiller à Mont-Raynaud et à Saint-Priest. A leur voisinage, tas dépôts houillers sont plus ou moins silicilies. Gomme des galets de schistes et de grès silicifiés se retrouvent dans les poudingues supérieurs, on est en droit de conclure que la venue des sources silicieuses est contemporaine du dépôt du houiller de Saint-Étienne.
- 11 est probable que cette venue s est produite en meme temps cpie celle des porphyres pétrosiliceux.
- Le filon de Mont-Raynaud contient, outre le quartz, de l’urthose concrétionné. Lé quartz et forthose forment des vailles alternatives, parallèles aux épontes.
- p.59 - vue 66/482
-
-
-
- 60
- CARTE GÉOLOGIQUE UE LA FRANGE.
- BEAUJOLAIS ET LYONNAIS.
- Succession slratigraphique des étages dans le pli synclinal formé par les terrains de transition du Méconnais et du Beaujolais. — Si l’on fait une coupe de Belleville (Rhône) à Matour (Saône-et-Loire), on trouve la succession suivante, que nous rendons, à dessein, aussi complète que possible.
- En partant, au S. E., de la vallée de la Saône (166 mètres), on rencontre d’abord son remplissage pliocène, cpù ne laisse pointer que quelques lambeaux clairsemés de terrains jurassiques.
- Puis 011 atteint la grande faille terminale N. N. E. du Beaujolais et l’on gravit une première ride montagneuse (Saint-Lager 545 mètres, Morgon) composée de schistes micacés, maclifères, parfois feldspathisés, percés par des diabases, des cliorites et des porphyrites amphiboliques; ce lambeau de terrains cambriens plonge en moyenne vers le S. E. Il constitue l’amorce d’un pli synclinal interrompu par la faille et formant sans doute le fond de la Bresse.
- On traverse ensuite les ondulations adoucies de la région vinicole du Beaujolais; son sol est composé de granité percé par de nombreux dykes de granulite et par d’innombrables filons minces de porphyrite micacée. Le contact du granité avec les roches cambriennes (versant Ouest de Saint-Lager, de Morgon) indique qu’il a bouleversé ces dernières; il en englobe des fragments souvent volumineux, semblant avoir pénétré par intrusion entre leurs strates et les gneiss dont 011 retrouve plus au Nord ou plus au Sud (mont Saint-
- p.60 - vue 67/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL. 61
- Vincent, Pilât) de vastes régions également antérieures au granité et cependant rarement en contact immédiat avec les roches précambriennes.
- Puis les montagnes s’élèvent brusquement à une altitude de plus de 800 mètres par un versant abrupt, principalement composé de schistes micacés, de quartzites, de cornes vertes et enfin, à la partie supérieure, de diabases éruptives; ici, le prolongement moyen se lait vers le N.-O. Lorsqu’on a gravi la montagne d’Avenas (85o mètres) ou celle de l’ancien télégraphe de Marchampt, on voit nettement que le nouveau pli synclinal des terrains de transition dont on a atteint le bord oriental, se rattachait au bord occidental du précédent par une voûte anticlinale dont la ciel a été balayée par les érosions; il est même probable que le granité qui forme une ellipse allongée entre Fleury et Vaux nest pas venu au jour au moment de son éruption; il s est injecté souterrainement et se cache d ailleurs encore aujourd’hui, et au Sud de Vaud vers Montmelas et Rivolet, S°us le prolongement intact de la voûte cambrienne.
- Nous venons de toucher au bord oriental du pli synclinal ic mieux conservé de la région, de celui dont ou peut suivre le prolongement au Nord, dans le Maçonnais jusqu a Sainte-Cécile, près Cluny, et au Sud, dans la Loire jusqu a N or onde, sur une étendue de 80 kilométrés environ. Le contact du granité avec les roches cambriennes présente ici les memes apparences qu’à Saint-Lager; sur la route neuve de B eau je u à Avenas, ou encore dans la cote montagneuse au-•iossus de Quincié, on voit le granité pénétrer par intiu-Sl0|i dans toutes les roches cambriennes; il en englobe en 01'ire des fragments souvent volumineux et parfois il les
- p.61 - vue 68/482
-
-
-
- 62 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- injecte si intimement quelles sont entièrement transfor mées en schistes feldspathisés.
- Si l’on continue à s’avancer vers le N.-O. on pénètre dans les terrains moins bouleversés du carbonifère, acconi pagnés de coulées éruptives (orthophyres ou porphyres noirs, microgranulites) qui occupent souvent le centre du pli. On atteint ensuite son bord septentrional, où reparaissent, dans l’ordre inverse, les roches cambriennes dont la série éruptive basique prend un vaste développement an Saint-Rigaud, à Matour en s’appuyant sur le granité du Charollais.
- Si nous résumons dans une coupe théorique ces diverses formations en les rangeant par ordre d’âge, nous trouvons la série suivante en commençant par les plus anciennes :
- i° Schistes feldspathisés analogues aux gneiss granitiques en lambeaux irréguliers, dus à l’action du granité sur les schistes cambriens;
- 2° Schistes sériciteux, micacés, maclifères, également en lambeaux discontinus, mais plus étendus que les précédents-
- 3° Schistes verts compacts et quartzites blanchâtres fréquemment accompagnés de cornes vertes et de schistes amphibo-liques;
- h° Vastes intrusions et dykes de diabases, de diorites et deporphyrites amphiboliqiies éruptives;
- 5° Granité à mica noir et parfois à amphibole, généralement à grands cristaux d’orthose, en masses intrusives ne formant pas de liions minces ;
- 6° Granulite à mica blanc, à grain assez fin, en dvkes et en filons minces;
- 7° Schistes ternes et quartzites foncés du carbonifère ma-
- p.62 - vue 69/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL. 03
- l’in, en lits alternants, présentant à leur partie supérieure des lentilles calcaires avec la faune de Regny et des pou-dingues contenant des galets de granité de granulite;
- 8° Tufs orthophyriques et porphyritiques, contenant des traînées discontinues de poudingues très roulés avec schistes à Sagenaria, Stigmaria, Sphenopteris dissecta (Culm). Ces tufs ressemblent par leurs allures à de véritables cinerites anciennes et présentent en intercalation des coulées d or-thopliyres à mica noir et de porphyrites à pyroxène. Ce sont les porphyres noirs ou bruns, les grès métamorphiques anthracifères des auteurs;
- 9" Nombreux filons et vastes coulées de microgranulite occupant souvent le centre du pli synclinal, mais ayant aussi débordé sur ses lianes granitiques, et par conséquent postérieurs à un plissement violent et à une érosion considérable;
- io° Coulées de porphyres pélrosihceuoc au centre des mas-sds de microgranulite;
- 11° Lambeaux de terrain houiller supérieur englobes par failles dans la microgranulite et dans le porphyre petrosili— c,'u* (LaChapelle-sous-Dun, Sainte-Paule, Saint-Nizier-sm-Ltoux, etc.);
- 12° Filons minces de porphyrites micacées, de porphyrites arriphiboliques (rares), de mélaphyres, de melaphyrites surtout abondants dans le granité de Fleurie mais perçant aussi en Lions isolés toutes les formations précédentes et a paralle-Lser avec les roches similaires de la base du permien L Nutun.
- p.63 - vue 70/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- 6 h
- SOULÈVEMENTS ET FRACTURES SUBIS PAR LES FORMATIONS PRECEDENTES.
- I. Nous avons vu que 1 éruption du granité s’est laite postérieurement au dépôt du cambrien; elle a dû être accompagnée d’une émersion partielle, car le silurien n’a pas encore été signalé avec certitude dans le Morvan, le Cha-rollais et le Beaujolais, et les lambeaux dévoniens authentiques que nous avons découverts aux environs de Gilly-sur-Loire semblent fort inégalement répartis entre les terrains plus anciens et le carbonifère marin.
- Le fait stratigraplnque le plus marquant qui se rapporte à ce premier mouvement du sol de la contrée est celui que nous avons déjà fait ressortir : il semble que le plus souvent, le granité se soit injecté à l’état pâteux et par intrusion entre les gneiss et les strates cambriennes. Quant à la direction des rides résultantes, elle reste douteuse et se trouve masquée par le soulèvement carbonifère N.-E. dont nous allons parler.
- IL La disposition zonaire N.-E. alîectée par les formations diverses du Morvan se retrouve au Sud de la grande dépression formée par le bassin de Blanzy; on rencontre successivement : une bande gneissique, celle du mont Saint-Vincent; puis les collines formant l’arête granitique du Charollais; puis le grand pli synclinal de terrains de transition que nous avons décrit dans les paragraphes précédents, et ensuite les régions granitiques et gneissiques qui encaissent le bassin de Saint-Etienne. L’âge de ce plis-
- p.64 - vue 71/482
-
-
-
- 65
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL.
- senient s’intercale entre le culm et le houiller de Rive-de-Gier, comme celui de meme direction qui a affecte le Morvan. Il correspond, donc à la phase d’émersion, contemporaine du Culm dans le plateau central et paraît couper en deux la longue période éruptive dont les produits se sont accumulés sur les rivages de l’époque. Nous avons vu, en effet, que les orthophyres sont certainement intéressés par le soulèvement en question, tandis que la microgra-nulite lui paraît postérieure, car elle a coulé, tantôt au centre des plis synclinaux, tantôt sur leurs flancs redressés, reposant indistinctement sur le carbonifère, le cambrien ou le granité. La disposition des coulees de micro-gcanulite et de porphyre pétrosiliceux entre la Mure et hhauffailles indique même que de puissantes érosions avaient déjà entamé les clefs des voûtes anticlinales après le soulèvement carbonifère, avant 1 éruption de ces roches.
- III. De grandes failles N.-O. se sont ensuite ouvertes après le dépôt des bassins houillers et permiens, avant celui des arkoses triasiques; elles sont de meme âge que laiaille deBlanzy, c’est-à-dire comprises entre le grès rouge a Malchia et les grès bigarrés; elles correspondent donc a la lacune que présente ici le permien supérieur.
- L influence de ces failles est très caractéristique dans une partie du Beaujolais; on peut en distinguer quatre faisceaux dont les fentes ont été en partie remplies par des sources geysériennes; cette action intense s est prolongée durant le trias et une partie du lias. Ainsi, du N.-E. au S.-O., on houve le faiseau de fractures correspondant aux filons fiuartzeux, fluorés et manganésifères de Romanèche; puis
- h.
- 5
- p.65 - vue 72/482
-
-
-
- 66
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- celui des Ardillats, galénifère et cuprifère; puis celui de la Croix-Rozier, principalement quartzeux et barytifère; celui des environs de Sainte-Paule, surtout quartzeux et le long duquel est enfoui un lambeau houiller.
- Lorsqu’on s’astreint à tracer en détail les contours des terrains cambrien et carbonifère, l’influence de ces grandes failles ressort d’une façon évidente; on voit alors que le pli synclinal ancien du Beaujolais est composé de tronçons N.-E. régulièrement rejetés vers l’Est, à chaque échelon de failles, lorsqu’on descend du N.-E. vers le S.-O. Ainsi se trouve expliqué le fait que, sur toutes les cartes géologiques actuellement existantes, les terrains de transition du Beaujolais paraissent en longues bandes N.-S., tandis qu’en réalité leur direction dominante et leurs plissements caractéristiques sont N.-E. et doivent être rapportés au soulèvement intercalé entre le Culm et le houiller supérieur.
- De plus, si l’on juxtapose les cartes de Bourg, de Cha-rolles et de Mâcon, on voit que ces fractures transversales N.-O. correspondent à celles de la même direction qui bouleversent la côte charollaise aux environs de la Clayette. Ainsi, le faisceau de la Groix-Rozier se prolonge par la faille contre laquelle disparaît le terrain houiller de la Chapelle-sous-Dun; celui des Ardillats se prolonge par la faille de Dyo, etc.
- En résumé, les fractures N.-O. percent la côte granitique du Charollais et les montagnes microgranulitiques de Chauflailles et de Dun. Elles viennent s’appuyer sur les tailles N.-E. faisant partie du faisceau de Blanzy, et, notamment sur celles de Mont-Saint-Vincent à Ghamplecy, à laquelle elles servent de traverses; de plus, les dénivella-
- p.66 - vue 73/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL, lions qu’elles font subir aux lambeaux jurassiques de la côte cbarollaise prouvent qu elles ont subi une importante réouverture à l’époque tertiaire, lors du dernier mouvement
- dont il nous reste à parler.
- IV. Tandis que les failles permo-triasiques se produisaient, la région a continué à subir l’elïet des érosions qui ont commencé leur action aussitôt après le soulèvement carbonifère, fournissant les matériaux propres au comblement des bassins houillers et permiens. Le Beaujolais devait être déjà singulièrement nivelé lors du dépôt du grès bigarré, dont on trouve des lambeaux au sommet de la montagne cl’Avenas, à 89Ô mètres d’altitude, lorsque le Saint-Rigaud, point culminant de la contrée, ne dépasse pas i^oio mètres et qu’on ne rencontre jamais une discordance de stratification brusque entre le trias et les depots successif du jurassique.
- Les phénomènes de rivage sont des plus marques durant tout le dépôt du trias, du rhétien, de l’infra-lias, du lias moyen. Dans le vallon du Briant, à 1 Ouest de Saint-Lhristofle-en-Brionnais, nous avons vu la base du lias moyen à gryphées géantes reposer directement sur le
- granité.
- Des plissements très surbaissés et de grandes failles N.-N.-E., probablement comprises entre le commencement et la fin du miocène, ont préparé le relief definitif des montages du Beaujolais et en général de la lisière orientale du plateau central que des érosions pliocènes et quaternaires
- °ut achevé de modeler.
- Ainsi, par exemple, l’arête granitique du Cliarollais
- 5.
- p.67 - vue 74/482
-
-
-
- G8 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- constitue la clef d’une voûte très surbaissée flanquée à l’Ouest par les côtes triasiques et jurassiques du Chalon-nais et du Charollais, à l’Est par la cote mâconnaise prolongée par les lambeaux jurassiques de Romanèche, de Charentay et du Bois-d’Oingt; les coupes mettent en évidence que cette clef de voûte granitique s’est enfoncée en donnant ainsi naissance aux tailles multiples dont la direction générale est vers le N.-N.-E.
- En résumé, les terrains cambriens devaient primitivement reposer sur les gneiss (étage supérieur des gneiss et micaschistes avec intercalation d’ampbibolites et de serpentines) dont les traînées du mont Saint-Vincent et de Mar-magne sont encore des témoins.
- Le granité a pénétré par intrusion entre les gneiss et le cambrien, qu’il a du bouleverser une première fois.
- Après le dépôt du Culm, la région a subi, dans la direction N.-E., le plissement le plus énergique dont elle porte encore actuellement la marque et a dû se transformer en un pays très montagneux. Ce soulèvement , effaçant la trace du bouleversement précédent, a établi une sorte de concordance grossière entre les lambeaux cambriens et les terrains de transition postérieurs qui leur paraissent souvent régulièrement superposés dans les plis synclinaux conservés.
- Ue grandes failles transversales N.-O. ont, après le dépôt du permien à Walchia, rejeté et disloqué les débris de ces plis synclinaux que lerosion avait respectés.
- Enfin des plis très surbaissés et de grandes fractures N.-N.-E. d’âge tertiaire ont donné à ces lambeaux anciens leur altitude actuelle et ont clos l’ère des soulèvements, dans le Beaujolais.
- p.68 - vue 75/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL.
- 69
- On voit combien cet ensemble stratigraphique se rapproche de celui qne nous a donné le Morvan.
- Ce régime complexe des terrains éruptifs et anciens se simplifie subitement quand on descend vers le Sud, en passant de la feuille de Bourg sur celle de Lyon. La direction N.-E. des plissements se conserve, mais les lailles transversales N.-O.-S.-E. disparaissent et, dès lors, on descend rapidement la série des formations sédimentaires et schisteuses.
- On peut distinguer trois régions principales dans les montagnes lyonnaises, correspondant à deux synclinaux qui sont séparés entre eux par un vaste pli anticlinal.
- De Tarare à la rive droite de la Brévenne, le premier synclinal est composé de micaschiste sériciteux et chlori-teux, de schistes argileux et de quartzites cambriens alternant avec les cornes vertes, enfin de quelques lambeaux de carbomiôre inférieur, apparaissant seulement aux environs de Tarare.
- De la vallée de la Brévenne à celle du Gier, les gneiss apparaissent sous les micaschistes et constituent une vaste voûte anticlinale dont l’arête culminante se dirigerait de Larajasse vers Lyon et serait composée de gneiss a cor-diérite.
- Les deux bords du Gier sont formés par un second synclinal aigu de micaschistes sériciteux qui constituent la majeure partie du versant septentrional du Pilât.
- Les trois principaux cours d’eau de la région, le Tor-lanchain, la Brévenne et le Gier coulent dans la direction S.-O.-N.-E. parallèlement à l’axe de ces plissements. Leur vive droite (méridionale) est de beaucoup la plus escarpee; tas contours géologiques indiquent nettement que ce sont
- p.69 - vue 76/482
-
-
-
- 70
- CARTE GEOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- des vallées de fracture, et pour deux d’entre eux, l’existence en leur fond de bassins houillers exploités a permis de relever des coupes transversales confirmant ces données; à Rive-de-Gier et à Sainte-Foy-l’Argentière, les couches houillères reposent régulièrement, le long du bord septentrional des bassins, sur les micaschistes d’ailleurs discordants; le bord méridional est brusquement relevé et percé de failles qui paraissent la réouverture de fractures anciennes beaucoup plus considérables. Cette disposition si régulière autorise à supposer que les pressions latérales sont venues du N.-O., ou tout au moins que le Pilât a servi de point d’appui aux efforts de plissements.
- Ainsi, le trait caractéristique du Lyonnais consiste dans le fait que la région a pour ainsi dire été modelée exclusivement par le système de montagnes carbonifères auxquelles M. Marcel Bertrand a proposé d’attribuer le nom de système hercinien. Nous avons vu plus haut que les plus grandes pressions latérales se sont produites entre le Rouiller inférieur et le supérieur, mais les coupes des bassins de Sainte-Foy-l’Argentière et de Rive-de-Gier montrent quelles ont encore continué après le dépôt du houiller supérieur.
- Cette simplicité stratigraphique contraste avec la complexité apparente des montagnes du Beaujolais et des collines du Charollais, dont l’orographie a été profondément modifiée par le contre-coup du système des Alpes et par les failles N.-S. et les plissements à grand rayon de courbure qui doivent lui être rapportés. Le dernier retentissement de ces faisceaux de fractures récentes se manifeste dans le Mont-d’Or lyonnais; il n’entame pas la région de
- p.70 - vue 77/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL. 71
- terrains anciens que nous étudions et son prolongement suit le voisinage immédiat de la vallée du Rhône,
- Les dykes de granité qui percent les gneiss et les micaschistes des montagnes du Lyonnais, donnent naissance à une série de roches du plus haut intérêt pétrographique : granités à amphiboles (Vaugnérite), granités de contact,
- gneiss granitiques.
- NOTE SUR LES FORMATIONS JURASSIQUES, TERTIAIRES
- ET QUATERNAIRES DES FEUILLES DE ROURG ET DE LYON.
- Failles des terrains jurassiques. — Les accidents multiples qui affectent les terrains jurassiques des feuilles de Bourg et de Lyon peuvent se grouper suivant trois directions différentes :
- i° N. 10 à 2o° E. Les accidents présentant cette orientation (faille de Lancié, faille de Pommiers, etc.) sont le prolongement de ceux qui affectent le Ghalonnais et le Méconnais. Ils jouent d’ailleurs, sur les feuilles de Bourg et de Lyon, un rôle moindre que les suivants;
- 2° ]\. 4o à 5o° E. Cette direction, qui est celle des grandes dépressions houillères (bassin de la Loire, bassins de Blanzy et du Creusot, etc.) se retrouve dans la faille de Bordure des terrains jurassiques de Blace à Sainte-Paule (feuille de Bourg) et dans divers autres accidents, notamment celui de Limonest (feuille de Lyon) ;
- 3° N. i3o à i4o° E. Cette direction, qui est sensiblement perpendiculaire à la précédente, correspond a la direction de l’affleurement jurassique entre Bois-d Oingt (feuille de Bourg) et Dardilly (feuille de Lyon), en laissant
- p.71 - vue 78/482
-
-
-
- 72 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- toutefois de côté la rentrée anormale de cette formation du côté de l’Arbresfoû). On la retrouve dans diverses failles (Bois-d’Oingt, etc.).
- Il est intéressant de remarquer que ces deux dernières directions d’accidents sont celles qu’on observe principalement dans le massif jurassique du Gliarollais.
- Les récurrences des mêmes terrains par l’effet de faille aux environs de Bois-d’Oingt et dans le Mont-d’Or lyonnais semblent devoir s’expliquer par la formation d’un pli anticlinal orienté N. i3o à i/io° E. dont la voûte se serait effondrée; les massifs du Bois-d’Oingt et du Mont d’Or lyonnais correspondraient au versant Nord-Est du pli.
- On aurait là un phénomène analogue à celui qui est observé d’une part dans le Maçonnais, d’autre part dans le Sud du Chalonnais et le Nord du Gliarollais; dans cette région, un grand pli anticlinal, orienté environ N. 1 o à 9o°E. aurait eu sa voûte effondrée en plusieurs grands lambeaux orientés suivant l’axe du pli.
- Le Chalonnais Sud et le Charollais Nord correspondraient au versant Ouest du pli, et le Méconnais, au versant Est.
- La grande dépression de la Bresse résulterait des plis synclinaux qui accompagnaient les deux plis anticlinaux précités.
- Terrains tertiaires et quaternaires. — Pour les terrains tertiaires et quaternaires, il a été largement tenu compte des
- (1) Le lambeau triangulaire de l’Arbresle s’explique par un effondrement du terrain jurassique entre des accidents orientés les uns N. 10 à 20° E. et les autres N. 4o à 5o° E.
- p.72 - vue 79/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL. 73
- travaux de Fontannes. C’est notamment à la suite des découvertes de notre savant et regretté collaborateur que les limites de l’invasion de la mer pliocène dans la vallée du Rhône ont été bien précisées et que les marnes à lignite d’Hauterive (Drôme) et celles synchroniques de la Bresse et de la Dombes ont été détachées du miocène et attribuées au pliocène moyen. Enfin, c’est encore à Fontannes quest due la classification certaine, dans le quaternaire, des cail-loutis des plateaux élevés de la Croix-Rousse et de Caluire.
- L’historique des formations tertiaires et quaternaires observées sur les feuilles de Bourg et de Lyon serait, dans 1 état actuel de nos connaissances, le suivant :
- La mollasse helvétienne et le tortonien qui occupent de si grands espaces au Sud de Lyon, ont à peine dépassé cette ville au Nord sur la rive Ouest de la Bresse; le dernier lambeau de mollasse observé est au pont de Collonges, un peu au Nord de Lyon.
- Après le dépôt du tortonien, dislocations importantes qui °nt grandement affecté les terrains miocènes.
- La mer pliocène envahit alors la vallee du Rhône et arrive jusqu’à la Loire, près Givors, où se déposent des marnes îl laune saumâtre (syndosmies). Au régime marin succède ensuite un régime d’eau douce, qui donne lieu aux formations des marnes bleues de la Bresse avec sables subordonnés.
- Ces marnes ont été profondément ravinées et dans les vallees creusées se sont déposés les sables ferrugineux de Trévoux et de Montmerle à Mcistodou arvevueusis et les tuis de Meximieux.
- Les dépôts, qui deviennent essentiellement caillouteux a
- p.73 - vue 80/482
-
-
-
- 74 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- leur partie supérieure (Trévoux, Sathonay, etc.), s’élèvent clans les vallées principales juscpià la cote d altitude d’environ 280 à 300 mètres. Ils ont été eux-mêmes très fortement ravinés avant l’arrivée des glaciers dans le Doubs, mais les cours d’eau qui ont détermine ces érosions n’ont pas creusé leurs lits d’une manière continue ; il y a eu des périodes d’arrêt pendant lesquelles il se formait des dépôts de cailloutis généralement peu épais qui constituent une série de plateaux étagés en forme de terrasses depuis la cote 280 mètres jusqu’à une cote voisine de celle des cours d’eau actuels, et qui lui est peut-être même inférieure; ces cailloutis sont ainsi d’autant plus anciens que leur altitude au-dessus du fond des vallées est plus grande. Cette formation paraît être contemporaine de YEleplias meridionalis.
- Au moment où les glaciers arrivèrent dans la région, les torrents qu’ils engendraient déposèrent, dans la vallée du Rhône et dans la partie inférieure de la vallée de la Saône, des cailloutis s’élevant, près de Beliquent, à la cote de 280 mètres, et àCaluire, àcellede 260 mètres.
- Ces cailloutis, qui n’occupèrent cl’abord qu’une étendue assez restreinte sur la feuille de Lyon, furent recouverts par le terrain glaciaire qui couvrit presque toute la Dombes et toute la partie Est de la feuille de Lyon.
- Les alluvions anté-glaciaires étaient déjà en partie démantelées et ravinées lorsque les glaciers occupaient les environs de Lyon; elles le furent largement encore plus tard, ainsi que la boue glaciaire qui les surmontait, pendant la période de retrait des glaciers; les grandes plaines de cailloutis de Vénissieux, de Meyzieu et de la Valbonne furent le produit de dépôt des torrents qui s’échappaient de la vaste
- p.74 - vue 81/482
-
-
-
- PANNEAU DU PLATEAU CENTRAL. 75
- moraine de Saint-Jean-de-Niort, Anthou, Chavanoz, Sato-ias, Grenay et Saint-Quentin. Les plaines de cailloutis de la Verpillière, Jameyzières, etc., qui ne se raccordent plus avec les précédentes ont été formées un peu plus tard ; elles sont dues à des torrents fournis par des moraines situées à l’Est delà moraine précitée. Tels sont les phénomènes fort complexes qui se sont accomplis dans la région.
- Les notations adoptées pour les divers terrains que nous venons de passer en revue ont été imposées par celles qui ont été antérieurement admises dans d’autres contrées.
- p.75 - vue 82/482
-
-
-
- 76
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- VI
- PANNEAU DES ALPES FRANÇAISES.
- L’ensemble des six feuilles de Grenoble, VizilleW, Saint-Jean-de-Maurienne, Briançon, Bonne val et Aiguilles comprend un spécimen à peu près complet de la constitution géologique des Alpes françaises. La surface représentée par ces six feuilles se partage en trois régions naturelles : i°la région des plaines et plateaux du bas Dauphiné ; la région des chaînes subalpines; 3° la région des chaînes alpines.
- I. La région des plaines et plateaux du bas Dauphiné, dont un quart environ se trouve compris dons la partie N. 0. de la feuille de Grenoble, est très uniforme dans sa constitution. Elle est formée principalement par les assises moyennes et supérieures de la mollasse marine, à l’état de grès tendre, à ciment calcaire ou de poudingues à cailloux parfaitement arrondis; leurs couches sont ondulées en grand avec des inclinaisons généralement insensibles à l’œil. A la partie supérieure de ce groupe, se trouve intercalé un dépôt d’eau douce, celui des argiles à lignites de la Tour-du-Pin, formant un horizon straligraphique assez bien caractérisé sur un grand nombre de points; puis reviennent des sables et des poudingues identiques à ceux de dessous et al-
- (1) La mort de notre éminent et regretté collaborateur Lory nous a empêchés de terminer le panneau, auquel collaborent activement MM. Hollande, Jaccard et Maillard.
- p.76 - vue 83/482
-
-
-
- 77
- PANNEAU DES ALPES FRANÇAISES.
- tcrnaiit avec des marnes d’eau douce. Ces alternances de dépôts variés, succédant à la mollasse marine, correspondent à une période d’exhaussement progressif, à un régime de lagunes et d’étangs littoraux qui a été suivi d une émersion générale. Les dépôts marins à fossiles pliocènes ne paraissent pas avoir pénétré dans les limites de la leuille de Grenoble, bien qu’ils soient aujourd’hui reconnus sur quelques points qui en sont peu distants du côté de 1 Ouest. Gette région du bas Dauphiné est aussi remarquable par le développement des alluvions anciennes (vallées de la Cote-Saint-André et de Saint-Marcellin) et par celui des dépôts glaciaires qui ont couvert toute la région basse du departement de l’Isère, à l’exception des plateaux de Bonnevaux et de Chambaran situés au Nord et au Sud de la grande vallée de la Côte-Saint-André.
- IL La région des chaînes subalpines comprend, dans les leuilles de Grenoble et de Yizille, les massifs calcaires de la Chartreuse, de Lans, du Rovans, du Vercors, etc., limités a 1 Est par le cours de l iséré et celui du Drac, en amont de leur confluent à Grenoble. Ces massifs sont formés principalement par un grand développement des elages inferieurs du terrain crétacé, l’étage urgonien, représente par une grande masse de calcaire compact qui constitue tous les traits orograpbiques les plus saillants; 1 elage néocomien [néocomien proprement dit et valangmien) ; et un otage inferieur, non moins puissant, qu’on pourrait appeler infra-neo-tfnnien, comprenant les marnes à Beleinnites laïus et les couches à ciment de la Porte de France de Grenoble qui correspondent aux couches de Berrias (Ardèche). Len-
- p.77 - vue 84/482
-
-
-
- 78 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- semble de ces trois étages présente, en général, une épais-seur de 1,000 à 1,200 mètres. Le reste de la sérié crétacée est moins complètement développé : les marnes aptiennes n’apparaissent que sur quelques points de l’extrême Sud de la feuille de Vizille, mais deviennent plus importantes un peu plus au midi, dans la leuille de Die, où elles semblent prendre la place du calcaire urgonien. Le gault est un horizon assez constant , mais toujours très mince. Les étages inférieurs et moyens de la craie sont irrégulièrement développés et manquent souvent, de sorte que la craie blanche, représentée par des calcaires sableux (lauzes) et des calcaires à rognons de silex, repose souvent directement sur le gault.
- En dessous de la série crétacée ainsi constituée, le terrain jurassique offre aussi des caractères particuliers.
- Dans les chaînons les plus occidentaux du massif de la Chartreuse, qui sont en réalité la continuation des dernières chaînes du Jura, on voit encore affleurer quelques indices des étages jurassiques supérieurs, tels qu’ils sont dans le Jura, et la dernière trace de cet état de choses est représentée par l’affleurement corallien de l’Echaillon au coude de l’Isère, à 16 kilomètres N. O. de Grenoble. Mais partout ailleurs, dans les vraies chaînes subalpines, l’assise incontestablement jurassique la plus élevée que l’on puisse reconnaître consiste en une grande masse de calcaires compacts, d’un brun noir, à filets spathiques, désignés souvent sous le nom de calcaires de la Porte de France de Grenoble et dont la constance de caractères est bien connue sur toute la longueur des Alpes et dans les contrées méditerranéennes; par leurs fossiles ces calcaires correspondent à la zone à Ammonites tenuilobalus du Jura oriental et méridional.
- p.78 - vue 85/482
-
-
-
- 79
- PANNEAU DES ALPES FRANÇAISES.
- Entre ces calcaires et les assises crétacées les plus intérieures, les couches de Berrias ou à ciment de la Porte de de France, il existe encore une zone de calcaires que leurs caractères pétrographiques ne distingueraient pas de la masse inférieure, mais qui contiennent un ensemble de fossiles propres (Terebratula janitor, Ammonitesptychoïcus, A. Liebigi, etc.). La place qu’ils occupent conduit ainsi à les synchroniser avec les étages supérieurs (virgulien et port-landien) du jurassique du Nord, et leur faune est généralement considérée comme la faune méditerranéenne de cette
- période.
- En dessous des escarpements formés par les calcaires jurassiques de la Porte de France, on trouve les calcaires argileux et les marnes de l’étage oxfordien bien caractérises et une assise de schistes noirs qui représente le sous-etage kel-lovien. Il est assez rare, dans la région des chaînes subalpines, que l’on puisse apercevoir des assises plus basses; dans les deux feuilles de Grenoble et de Vizille, letage bathonien uest représenté que sur la limite orientale de la région, par des calcaires noirs très pauvres en fossiles et de caractères douteux. Dans les calcaires marneux de tous les étages subalpins, M. Lory a récemment constaté 1 existence de cristaux microscopiques d’ortbon et d’albite.
- La vallée de l’Isère, de Grenoble à Moirans, coupe transversalement la région des chaînes subalpines. Sur la rive droite, le massif de la Chartreuse doit principalement son relief à de grandes failles, toutes orientées de meme, déterminant autant de gradins de plus en plus eleves de 1 Ouest à l’Est : entre ces failles très rapprochées, les plissements u ont pu s’opérer qu’incomplètement et sont toujours regu-
- p.79 - vue 86/482
-
-
-
- 80 CARTE GÉOLOGIQUE I)E LA FRANGE.
- liera. Sur la rive gauche, l'ensemble des massifs de Lans, du Royans et du Vercors montre la continuation d’une partie des mêmes failles, mais moins nombreuses et plus distantes , entre lesquelles se développent largement des voûtes régulières et des vallées de plissement, des formes orographiques analogues à celles des chaînes du haut Jura.
- Des lambeaux de mollasse marine, partageant toutes les dislocations des terrains crétacée, se retrouvent dans les replis des divers massifs, jusqu’à des altitudes de i ,5oo mètres et témoignent que les failles et les plissements qui ont façonné ces chaînes subalpines datent de la période même du dépôt de la mollasse.
- III. Région des chaînes alpines. — Les parties des feuilles de Grenoble et de Vizille situées sur la rive gauche de l’Isère et la rive droite du Drac appartiennent à la région des chaînes alpines, ainsi que toute l’étendue des feuilles de Saint-Jean-de-Maurienne et de Briançon.
- Cette région se distingue de la précédente par l’absence complète de la mollasse et des terrains crétacés, et même, dans les limites de nos six feuilles, le terrain jurassique n’est représenté que par des étages inférieurs à ceux que nous avons énumérés dans la région des chaînes subalpines. L’existence de l’étage bajocien n’y est même attestée que par un très petit nombre de gisements fossilifères, tandis que le lias y est très développé, et les fossiles, bien que rares et souvent mal conservés, tendent à y indiquer l’existence de tous les divers étages de ce groupe. Le trias, rudimentaire sur sa lisière occidentale, y devient ailleurs très puissant, en revêtant des caractères spéciaux. Le grès houiller y
- p.80 - vue 87/482
-
-
-
- 81
- PANNEAU DES ALPES FRANÇAISES.
- est représenté par l’important étage des grès à anthracite. Enfin les terrains cristallins azoïques y constituent des massifs considérables qui forment les traits les plus continus et les plus saillants du relief.
- Cette région peut être divisée longitudinalement en quatre zones, de largeur et d’importance inégales, délimitées par de grandes lignes de fracture avec lesquelles la distribution et les variations des divers terrains sont en rapport intime.
- Pc zone alpine. — Cette zone, la plus importante sur le versant français, comprend les divers massifs cristallins de ce versant : la chaîne de Belledonne ou des Alpes occidentales, s’étendant depuis Valbonnais (feuille de Vizille) jus-clu’à Beaufort (feuille d’Albertville) suivant la direction N. 26° E.; la chaîne des Grandes-Rousses, en Oisans, sur le prolongement de laquelle apparaît le petit massif de Ro-cheray, près de Saint-Jean-de-Maurienne, et enfin le grand massif du Pelvoux (feuille de Briançon). C’est à cette même Z0lle alpine qu’appartiennent, plus au Nord, le mont Blanc et les Aiguilles-Rouges, les Alpes bernoises et le Saint-Go-tliard.
- Le caractère général de tous ces massifs est d’être formés de schistes cristallins, de gneiss et de roches granitoïdes offrant toujours un délit bien prononcé, parallèlement à la strati-Gcation des gneiss, avec lesquels elles alternent régulièrement et se lient par transitions insensibles. Les roches granitoïdes en filons y sont rares et très peu étendues. La Gratification de ces roches anciennes de la première zone olpine est toujours très fortement inclinée : elles peuvent
- <>
- h.
- p.81 - vue 88/482
-
-
-
- 82 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- être considérées comme formant, dans leur ensemble, deux grands plis en forme d’A, rompus à leurs sommets et occupant chacun une largeur d environ 2 5 kilomètres. La chaîne de Belledonne représente la pente Ouest du premier pli, à la pente Est duquel appartiendraient les Grandes-Rousses, le Rocheray et probablement aussi le mont Blanc. Le deuxième pli serait visible seulement dans le bassin du Pelvoux.
- Dans l’axe de chacun de ces massifs, on voit affleurer comme roches fondamentales, des gneiss granitoïdes à feldspath orthose blanc et à mica noir brillant, passant à des gneiss feuilletés, puis à des micaschistes, avec couches de calcaires saccharoïdes, tandis que les pentes extérieures sont formées par un grand système de schistes chloriteux qui renferme, comme roches subordonnées plus ou moins développées, des schistes et gneiss amphibo tiques et desprotogines granitoïdes alternant avec les gneiss chloriteux. Les protogines du Pelvoux, aussi bien que celles du mont Blanc, sont en dehors de l’axe du massil.
- Les grès à anthracite, représentant le terrain houiller, sont quelquefois en discordance bien sensible avec les schistes cristallins; mais le plus souvent leurs couches partagent exactement l’inclinaison de ces schistes et les dislocations qui les ont placés dans leur situation verticale ou très inclinée. Des bandes de grès à anthracite se trouvent ainsi pincées dans les replis des schistes cristallins, en alternance apparente avec eux. Ainsi les dislocations qui ont redressé les schistes cristallins des massifs de la première zone alpine sont généralement postérieures au terrain houiller.
- Au contraire, les terrains secondaires se montrent sou-
- p.82 - vue 89/482
-
-
-
- 83
- PANNEAU DES ALPES-FRANÇAISES.
- vent en couches horizontales, posées sur les tranches du grès houiller ou des schistes cristallins. Le trias est rudimentaire et manque souvent , par exemple, dans la plus grande partie de l’Oisans; quand il existe, il comprend des grès durs, blancs ou bigarrés (dits quarlzites), des dolomies et des amas d'anhydrile et de gypse. Le lias est très puissant et principalement à l’état de schistes argilo-calcaires devenant souvent de véritables ardoises.
- Les dépôts du trias et du lias ont eu lieu en couches horizontales, sur les tranches des schistes cristallins et du grès houiller, déjà redressées à peu près comme nous les voyons aujourd’hui. Les mouvements ultérieurs ont consiste dans
- mi exhaussement général et une dislocation du sol ancien par des fractures suivant lesquelles les couches du lias et du trias, flexibles, se sont affaissées et se sont adaptées, en se plissant, aux nouvelles formes de leur base disloquée : de telle sorte que ce n’est que sur quelques sommets et sur les plateaux étagés que l’on trouve encore ces terrains secondaires en couches horizontales, tandis que, sur les flancs des vallées, ils sont toujours extrêmement plissés et bouleversés.
- 2e zone alpine. — Une faille parfaitement continue sur plus de i 5 o kilomètres de longueur, passant par Saint-Jean-de-Maurienne et par les cols de la Madeleine, au Nord et du Lautaret au Sud, montre les couches du lias de la première zone butant en général contre un affleurement de trias qui appartient à notre deuxième zone. Celle-ci, qui qu une faible largeur de 5 à î 2 kilométrés, est formée Principalement de trias et de lias très bouleversés, sousles-
- 6.
- p.83 - vue 90/482
-
-
-
- 8A
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- quels n’apparaissent que de rares lambeaux de grès houiller ou de schistes cristallins. Vers la limite Nord de la ieuille de Saint-Jean-de-Maurienne, aux environs de Moutiers, on commence à voir apparaître dans letage supérieur du trias le type des schistes gris lustrés qui se développe énormément dans la continuation de cette zone à travers la Tarentaise, la vallée d’Aoste et le Valais. Le lias tend à passer à l’état de calcaire compacte plus ou moins magnésien; la transition se montre nettement dans le massif des Encombres, entre Saint-Jean et Saint-Michel, et la transformation est complète dans son prolongement au Sud, par Valloires et le col du Galibier. Enfin, c’est encore à la deuxième zone qu’appartient la terminaison du terrain nummulitique qui s’avance depuis le littoral méditerranéen jusqu’au versant S. E. du massif du Pelvoux et continue encore en une bande étroite finissant entre Saint-Jean-de-Maurienne et Moutiers, au pic du Cheval-Noir.
- Ces divers terrains de la deuxième zone alpine ont été très bouleversés et sont généralement repliés et renversés sur eux-mêmes au bord d’une autre grande faille qui les sépare de la troisième zone en passant par Saint-Martin-de-Belleville, Saint-Michel et le Monestier-de-Briançon.
- 3e zone alpine. — Cette zone est formée principalement par les à anthracite; c’est la grande bande de grès qui s’étend à travers le Briançonnais, la Maurienne, la Tarentaise, le haut de la vallée d’Aoste, et finit, en se rétrécissant dans le Valais, aux environs de Sion. Sa plus grande largeur est de 18 kilomètres entre Saint-Michel et Modane.
- Le terrain houiller y atteint un épaisseur de plus de
- p.84 - vue 91/482
-
-
-
- 85
- PANNEAU DES ALPES FRANÇAISES.
- 2,000 mètres; il supporte des lambeaux plus ou moins étendus de trias et de lias, et l’on peut le voir sur quelques points, particulièrement à Modane, reposer sur des schistes cristallins. Contrairement à ce que nous avons constaté dans la première zone alpine, tout cet ensemble de terrains se montre en stratification sensiblement parallèle. Il en est ainsi déjà dans les rares affleurements de grès houiller ou de schistes cristallins de la deuzième zone; de même aussi dans la quatrième zone, les terrains secondaires reposent toujours en stratification sensiblement parallèle sur les schistes anciens.
- A Modane et sur plusieurs autres points, les grès à anthracite sont nettement limités à l’Est par une faille contre laquelle butent les couches du trias et du lias de la quatrième zone. Celle-ci est donc affaissée par rapport à la troisième zone, comme la seconde l’est elle-même a 1 Ouest. Ainsi la zone des grès à anthracite représente réellement la clef de voûte de l’ensemble de nos Alpes, de part et d’autre de laquelle les autres zones sont placées par degrés descendants, vers l’Italie comme du côté de la b rance.
- âe zone alpine. — Cette zone est la plus large de toutes, elle a environ 6o kilomètres de largeur moyenne. Sa limite occidentale passe par Briançon, Modane et Bozel. Elle ne paraît jusqu’à présent contenir aucun gisement bien caractérisé de grès àanthacite appartenant au terrain houiller. Les schistes cristallins y sont recouverts directement et parallèlement par le trias, énormément développe avec le faciès de schistes gris lustres qu’il présente dans la deuxième zone, en 1 arentaise ; tels sont les schistes lustres du Queyras, de Bar-
- p.85 - vue 92/482
-
-
-
- 86
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- donnèche, de la haute Maurienne à partir de Modane, etc., renfermant de nombreux amas de gypse et superposés à des dolomies et à des qiiartzites comme ceux du trias des autres zones. Le lias est représenté par une grande masse de calcaires compacts, continuation de ceux des Encombres et du Galibier (calcaires du Briançonnais). Des massifs de schistes cristallins percent dans les déchirures de ces terrains, à la manière des voûtes centrales dans la chaîne du Jura ; tels sont par exemple, le massif du mont Yiso, certaines parties du massif de la Vanoise, le mont Pourri, etc. La majeure partie du versant italien est formée par une large bande de schistes cristallins, sur la pente Ouest desquels le trias repose en stratification parallèle et qui, d’autre part, bordent immédiatement la plaine, depuis Saluces jusqu’au lac Majeur.
- Les relevés géologiques sur les feuilles de Grenoble, Saint-Jean-de Maurienne, Vizille, Briançon, Bonneval et Aiguilles, qui comprennent les Alpes du Dauphiné et de la Savoie, ont été exécutés par M. Lory, professeur de géologie, doyen de la Faculté des sciences de Grenoble, membre correspondant de l’Institut et attaché au service de la Carte géologique de la France.
- p.86 - vue 93/482
-
-
-
- bassin tertiaire sous-pyrenéen.
- 87
- YII
- PANNEAU
- DU BASSIN TERTIAIRE SOUS-PYRÉNÉEN.
- Les feuilles de la carte au appartenant au bassin tertiaire du S. 0. qui figurent dans l’exposition du service géologique sont au nombre de six, savoir : n° 202, Contis-les-Bains; n° 2o3, Sore; n° 20A, Grignols; n° 21 A, Vieux-Boucau; n° 215, Mont-de-Marsan; n° 216, Montréal. Elles comprennent la partie occidentale de ce bassin et renferment un certain nombre de régions naturelles parmi lesquelles il convient de signaler le bas Armagnac, le Bazadais, le Marsan, les landes et les dunes de Gascogne, enfin la partie septentrionale de la Gbalosse entre Saint-Sever et Dax. A l’exception de celle de Grignols, ces feuilles
- sont publiées.
- Une légende spéciale lait connaître d une manière de-taillée les divisions introduites dans les terrains qui lorment Ig sol de cette partie de la plaine du S. 0. et leur assimilation aux assises qui entrent dans la composition du bassin de ï ai is.
- Il suffit donc de rappeler les traits les plus saillants de la constitution géologique de la contrée. Ils peuvent etre ît-
- sumés de la manière suivante :
- Les assises crétacées et nummulitiqües forment dans le S. 0. une série de grandes rides manifestement parafées à l’axe de la chaîne des Pyrénées et présentant d’une manière uniforme un versant peu incliné en regard de cette
- p.87 - vue 94/482
-
-
-
- 88 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE,
- dernière, un revers abrupt au contraire dans la direction opposée.
- Deux de ces grandes rides figurent chacune par quelques-uns de leurs jalons sur les feuilles exposées; ce sont, en partant du sud :
- (a) Le pointement crétacé et numniulitique qui s’étend au S. E. de Saint-Sever entre Hauriet et Fargues et qui se rattache dans cette direction par les gisements de Gensac et de Monléon aux massifs d’Aurihnac et d’Ausseing vulgairement connus sous le nom de petites Pyrénées de la Haute-Garonne. Les étages cénomanien, turonien, sénonien et danien du terrain crétacé y sont représentés et plongent dans toutes les directions à partir d’un point central très voisin de l’église d’Audignon. Ils affectent en conséquence la forme de cuvettes renversées.
- (b) La protubérance développée autour du bourg de Roquefort et qui se rattache à celle de la métairie de Bor-tlères, commune de Lavardens (feuille de Lectoure) par les gîtes de laPouchette, du Gentilhomme, de la Hiouère, de Créon, de Biérenx et de Tussac. Le terrain crétacé se montre seul dans cette protubérance; il y est représenté par deux de ses étages, le cénomanien et le danien.
- 2° Les protubérances crétacées et nummulitiques de la plaine sous-pyrénéenne ont servi de matrices au dépôt du terrain tertiaire qui a rempli leurs anfractuosités. Ce terrain s’v présente avec un grand développement et des caractères divers suivant la région que l’on envisage. Ainsi, les assises lacustres dominent de beaucoup dans le Nord et vers l’Est, tandis que les couches marines sont au contraire prépondérantes du côté de l’Ouest.
- p.88 - vue 95/482
-
-
-
- 89
- BASSIN TERTIAIRE SO US-PYRÉNÉEN.
- 3° Ces dernières s’interposent en général sous forme de coins au milieu des premières. En plan, elles affectent la forme d’un triangle dont un des côtés s’appuie sur le littoral du goltè de Gascogne et dont le sommet est situé dans l’intérieur des terres à une distance d’autant plus considérable qu elles sont plus récentes.
- 4° 11 n’y a d’exception à cette règle que pour les sables fauves et les assises à Ostrea crassissima et Cardita Jouanneti qui lui sont associées. Ces couches se sont déposées posterieurement au grand massif lacustre qui recouvre lAgenais et le haut Armagnac; elles l’ont profondément raviné en y déterminant des falaises encore actuellement très accusées dans le relief du sol. Quelques îlots de terrain lacustre pointent au milieu des sables fauves, comme autant de témoins de l’inégalité de la dénudation a laquelle il a été soumis.
- Après le soulèvement des Pyrénées qui a suivi la formation du terrain éocène, le démantèlement partiel des assises lacustres par la mer à Ostrea crassissima est le fait le plus considérable observé dans la structure du bassin tertiaue du S* Ch 11 correspond à une division bien tranchée dans le terrain tertiaire miocène.
- 3° Le sable des Landes est l’assise tertiaire la plus récente de la région du S. 0. G est aussi celle qui occupe 1 espace le plus considérable sur les six feuilles exposées. 1-fes bords du golfe de Gascogne, elle seleve, en passant S0Us les dunes, par une pente faible jusqu à 1 altitude de 17° mètres quelle atteint sur le plateau au N. 0. de Montreal. Elle est presque exclusivement composée de sable * t de petit gravier quartzeux. On y trouve quelques depots
- p.89 - vue 96/482
-
-
-
- 90 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- d’argile sous forme de lentilles. Le sable des Landes est peu épais, il atteint bien rarement vingt mètres.
- Dans la plus grande étendue de 1 espace qu elle recouvre, cette assise est superposée aux glaises bigarrées qui se montrent au-dessus des sables fauves dans les plateaux du bas Armagnac et de la Chalosse orientale. Ce sont les glaises qui forment notamment le substratrum du sable dans la plupart des vallées des grandes Landes. Mais, vers l’Est, on retrouve l’assise reposant tantôt sur les sables fauves, tantôt sur les marnes lacustres de l’Armagnac et même sur le falun de Saint-Avit et le terrain crétacé. Elle allecte, en réalité, une véritable indépendance par rapport à ces divers terrains. C’est pourquoi on l’a rapportée à l’époque pliocène.
- Bien qu’elles soient plus anciennes que le sable, les glaises bigarrées forment des buttes en saillie d’une trentaine de mètres à la surface de la plaine des Landes, comme on le voit dans le coteau de la Bastide, au Sud d’Arengosse et sur quelques autres points de la région. Les buttes argileuses sont autant d’oasis qui se différencient nettement du reste de la plaine par leurs cultures variées.
- La disposition singulière signalée à Arengosse est le trait caractéristique essentiel du bassin tertiaire du S.O. Assez fréquente dans les grandes Landes, elle se reproduit dans le Marsan, où il y a des coteaux de mollasse marine en saillie à la surface du sable landais. Dans le bas Armagnac, rien n’est plus commun que de voir des pointements de marnes à la surface des plateaux recouverts de glaises bigarrées. Enfin, à la limite de cette dernière région et du haut Armagnac, il y a une ligne continue de falaises formées par des calcaires et des marnes de l’âge de Sansan, très appa-
- p.90 - vue 97/482
-
-
-
- 91
- BASSIN TERTIAIRE SOUS-PYRÉNÉEN.
- rentes dans le relief du sol et qui dominent la mollasse marine étendue à leurs pieds. Il en résulte qu’un observateur se dirigeant des bords du golfe de Gascogne vers le centre du bassin tertiaire, constate à maintes reprises une sorte de renversement de la stratification qui n’est que la conséquence de la disposition signalée plus haut.
- En dehors des assises tertiaires et crétacées qui constituent la presque totalité du sol de la partie du bassin du S. 0. figurée sur les six feuilles, il convient de signaler le petit pointeraient ophitique et keupérien du Pouy d’Euze que 1 on aperçoit à une petite distance à 1 ouest de Dax. C est an spécimen d’une association dont on constate 1 existence sur de nombreux points des Pyrénées et de la plaine etendue sur leur versant septentrional. La presence des marnes irisées à Dax est le résultat d une faille dirigée a peu près E. 0. et qui met ce terrain en contact avec l’étage sénonien. Les sources thermales de cette localité, et notamment la fameuse fontaine chaude, sont en rapport manifeste avec cette faille. Mais la conséquence la plus importante à tirer de l’existence du trias a Dax, cest-à-dire a 7fi kilomètres de l’axe de la chaîne, est qu il constitue poui ta région du S. 0. un terrain de premier ordre. On sait d ailleurs que, comme en Lorraine, il renferme les nominaux gîtes de sel gemme exploités dans la région.
- Les relevés géologiques sur les cinq feuilles publiées ont (‘te exécutés par M. Jacquot, inspecteur general des mines 0,1 retraite, directeur honoraire de la carte géologique. On a ublisé, pour ces relevés, la carte géologique et agronomique du Gers, par M. Jacquot, et celle des Landes, par
- ^L Jacquot et Raulin.
- p.91 - vue 98/482
-
-
-
- 92
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Y111
- PANNEAU DE LA PROVENCE ' ET DES ALPES MARITIMES.
- Le panneau de le Provence embrasse une des régions de la France qui étaient le moins connues avant les recherches de ces dernières années. Les contours ont été tracés :
- Pour les feuilles d’Antibes, Nice et Saint-Martin de Lan-tosque, par M. Potier, ingénieur en chef des mines;
- Pour les feuilles de Digne, le Buis et Forcalquier, par MM. KiliatvO), Haug ® et Leenhardt
- Pour les feuilles de Castellane et Draguignan, par M. Zür-chek, ingénieur des ponts et chaussées;
- Pour la feuille d’Aix, par M. Collot, professeur de géologie à la Faculté des sciences de Dijon;
- Pour les feuilles de Toulon et Marseille, par M. Bertrand M (et-M. Depéret® pour le bassin tertiaire de Marseille) ;
- Pour les feuilles d’Orange, Avignon et Arles, par MM. Ca-rez, docteur es sciences naturelles (terrains secondaires), et Fontannes (terrains tertiaires).
- (1) Chef des Travaux pratiques à la Sorbonne.
- (2) Préparateur de géologie à la Sorbonne.
- (3) Professeur à la Faculté de théologie de Monlauban. Ingénieur en chef des mines.
- (r,) Professeur de géologie à la Faculté des sciences de Marseille.
- p.92 - vue 99/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES MARITIMES. 93
- Le travail de coordination a été fait par MM. Potier pour les Alpes-Maritimes, et Bertrand pour la Provence et les Basses-Alpes. La notice a été rédigée par M. Bertrand.
- DESCRIPTION ET EXTENSION DES DIFFERENTS ETAGES.
- Quaternaire. On trouve des dépôts quaternaires marins, véritables faluns, uniquement composés de coquilles actuelles de la Méditerranée, près d’Antibes et à Monaco, au niveau de la mer, et dans des fentes du mont Boron, près de Nice, à 100 mètres d’altitude. Les mouvements du sol dont ils témoignent ont du être locaux, car la mer quaternaire ne semble pas avoir pénétré dans la vallee du Blione.
- Les dépôts alluviaux sont surtout importants dans la vallée du Rhône et de la Durance; les terrasses de la haute vallée de la Durance, près de Sisteron, dominent de 80 mètres le niveau actuel de la rivière. Près de la cote, on ne trouve que des alluvions torrentielles, mélees dans le fond des vallées aux débris d’éboulements sur les pentes, et
- souvent recimentées en une brèche très dure.
- Pliocène. La mer du pliocène ancien a pénétré proion-dément dans la vallée du Rhône, dans celles de l’Argens, du ^ar et de la Roja; celle du pliocène moyen a abandonné progressivement l’espace précédemment submerge et n a laissé que quelques sables marins (sables jaunes de Montpellier, mollasse de Biot) suivis par des dépôts saumâtres et lacustres; enfin, le pliocène supérieur correspond à une époque de transports violents dans les valiees, avec foi malien de tufs dans les parties continentales.
- Les tuls forment, auprès de Marseille et a 1 Ouest de Dia
- p.93 - vue 100/482
-
-
-
- 94 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- guignai!, des entablements puissants, au sommet de coteaux qui dominent de 5o et même de 100 métrés les vallées actuelles; la flore en est voisine de la flore actuelle, niais, dans des conglomérats qui en lorment la base, on a trouvé bElephas meridionalis.
- Les alluvions pliocènes lorment dans la vallee du Rhône une vaste nappe qui vient aboutir à la Grau et s élève progressivement vers le Nord; elles ont laissé au sommet des coteaux des amas puissants de cailloux roulés, souvent de grande dimension et toujours de provenance alpine. En amont de la vallée du Rhône, près de Lyon, ces cailloux atteignent la cote ôoo; dans les vallees aflluentes, ils remontent encore plus haut, mais là, les depots de deltas ont naturellement commencé plus tôt; ainsi les poudingues du Var semblent embrasser toute la période pliocène et ceux de la Durance, qui, en lace de Manosque lorment avec 3oo mètres de puissance le plateau de Valensole et de Riez, datent du miocène supérieur (intercalations lacustres à Pkmorbis Mantelli (solidus auctorum).
- Le pliocène moyen comprend, dans la vallée du Rhône (Saint-Geniès), des sables jaunes surmontant des marnes grises lignitifères à Potamides Basteroti et Limnœ Bouilleii; il succède, tantôt assez brusquement, tantôt par transitions insensibles, aux marnes bleues de Saint-Ariès (couches à Nassa semistriata et Turritella subangulataj, dont l’épaisseur dépasse 200 mètres, mais dont les affleurements sont presque toujours restreints et masqués par les alluvions quaternaires. Les d épôts marins pliocènes se trou vent toujours au pied des formations plus anciennes, dans le fond des vallées, dont le réseau était déjà par conséquent tracé à cette époque.
- p.94 - vue 101/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES MARITIMES. 95
- Miocène. — L’époque miocène est marquée, comme l’époque pliocène : au début, par une grande transgression de la mer méditerranéenne, qui est allée embrasser tout le pourtour des Alpes; puis par un retrait des eaux marines. La transgression correspond au dépôt de la mollasse marine; la seconde période aux marnes d’eau douce de Yisan et aux limons rouges de Gucuron.
- Miocène supérieur. — Les limons rouges à Hippnrion gracile sont une formation continentale qui surmonte au mont Luberon des marnes et des calcaires à Hélix Christoli. Dans le bassin d’Aix, on trouve à ce niveau un calcaire traverti-neux; dans la vallée de la Durance, on y trouve les pou-dingues de Valensole. On ne connaît pas de termes analogues sur le littoral.
- Miocène moyen. — La mollasse marine présente partout des caractères minéralogiques très constants et elle est surtout composée de sables et grès micacés. On peut y distinguer de haut en bas :
- Les marnes et calcaires marneux à Cardita Jouanneli;
- Les sables et grès à Pecten Gentoni, passant vers le Sud a des argiles bleues;
- Les grès et sables marneux à Ostreci cràssissima;
- Lt enfin, la mollasse à Pecten prœscabriuscutus.
- Lv Miocène inférieur n’est représente, dans linterieui des chaînes, que par quelques petits bassins discordants à Mas-todon angustidens.
- Le miocène s’est déposé dans les synclinaux préexistants Plutôt que dans des vallées d’érosion. Il en résulte souvent "ne concordance grossière avec les terrains anterieurs ; sui
- p.95 - vue 102/482
-
-
-
- 90 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- le bord de la vallée du Rhône, il a été plissé avec ces ter. rains, mais il a aussi empiété plus ou .moins profondément sur les bords des synclinaux et pénétré par des vallées an. ciennes dans l’intérieur de la région montagneuse; il est alors nettement discordant et recouvre les failles des terrains secondaires sans en être affecté.
- Oligocène. — 11 existe peu de régions où ce groupe se trouve délimité d’une manière aussi naturelle que dans la Provence, pourvu qu’on y adjoigne l’étage du gyp8e parisien. La mer oligocène n’a d’ailleurs, en dehors du point de Carry, pénétré sur le littoral et dans la vallée du Rhône que par ses prolongements lagunaires. Par contre, elle est peut-être entrée par une autre voie dans la haute chaîne, où l’on retrouve ses dépôts à Barrême.
- Il y a eu deux bassins de sédimentation distincts : celui de Manosque et d’Aix, d’une part; de l’autre, celui de Mai* seille et de Saint-Zacharie; leur communication avec la mer ouverte se faisait certainement du côté de la Méditerranée. Dans le premier hassin, la série des couches atteint au Nord, à Manosque et à Voix, où elle est composée de schistes et marnes lignitifères, une puissance de 700 mètres; au Sud, du côté d’Aix, elle devient plus calcaire et beaucoup moins puissante, mais également avec Y Hélix Ramondi au sommet et le Polamides margaritaccus vers la base. A Aix et à Apt, l’étage débute par des marnes et des calcaires gypseux, avec poissons et insectes, par des lignites (lignites de Gargas) avec la faune de Pakeotherium et de Xïpkodon des gypses de Paris, et par des sables et argiles réfractaires, avec quelques bancs de calcaires a Limnées.
- p.96 - vue 103/482
-
-
-
- 97
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES.
- Dans le bassin de Marseille, la série inférieure est ana-ogue, mais la partie supérieure est occupée par des pou-dingues de plus en plus développés à mesure qu’on s’éloigne Je la mer et qu’on remonte vers Saint-Zacharie.
- Plus nettement encore que la mollasse, l’oligocène, quoique discordant avec les formations antérieures, s’est borné à remplir le fond des synclinaux, en empiétant légèrement sur leurs bords. Les synclinaux se sont plus tard accentués et les couches oligocènes, quoique postérieures aux grands mouvements de la région, ont été, en plusieurs
- points relevées jusqu’à la verticale.
- Dans la haute vallée de l’Argens, entre Barjols et Saint-Maximin, des calcaires concordants avec l’éocène et le crétacé, ont été, d’après une étude provisoire des fossiles, classés comme aquitaniens. Ce lait, s il était prouve, entraînerait, comme on le verra plus loin, de trop graves conséquences relativement à l’histoire des plissements, pour (Iu’on puisse l’admettre sans plus ample examen.
- Dans les Basses-Alpes, à Barrèrne, le tongrien marin a Aatica crassatiua et à Cerithium cf. plicalum, ainsi que 1 Aqui-taiiien à Hélix Ramonât, se montre a létat de lambeaux isolés concordants avec la série nummulitique. De plus, il kut signaler, à Tanaron, au Nord de Digne, des argilolithes et grès rouges avec galets alpins qui sont intercales en concordance entre le miocène moyen et le nummulitique.
- Locene. — Avec l’éocène, on arrive au premiei tenue Gauchement antérieur aux grands mouvements de plissements. La mer éocène n’a pénétré dans la région que pai VRst des Maures et de l’Esterel, et de là elle s’est étendue
- II.
- irRiMKï
- IN4LB.
- p.97 - vue 104/482
-
-
-
- 98 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- sur tout remplacement actuel des Alpes centrales; mais elle n’a pas pénétré dans la vallée du Rhône. De ce cote et dans toute la Provence à l’Ouest d’Antibes, leocène n’est représenté que par des sables et argiles bigarrés, par un lambeau de calcaire à Planorbis pseudo-ammonius (Nyons) et par les derniers termes du remplissage du lac de Fuveau (voir plus bas).
- A Nice et dans les Basses-Alpes, la série nummulitique s’étend transgressivement sur les dépôts plus anciens. La transgressivité va en s’accentuant au Nord et au Sud de la ligne qui rejoint Digne à Menton : le long de cette ligne médiane (Annot, Entrevaux), c’est le crétacé supérieur qui forme le substratum, mais au Nord, les mêmes couches éo-cènes reposent d’abord sur le cénomanien, puis sur l’Aptien (haut Var); de même, au Sud, elles recouvrent directement les grès à Ostrea columba à Escragnolles, et le jurassique à Antibes.
- Dans toute la région alpine, on peut distinguer trois termes principaux : le flysch, contemporain en partie de la base de la série d’Aix ou de Marseille, composé de pou-dingues, de schistes et grès à fucoïdes, augmentant d’épaisseur vers l’Est et le Nord-Est et contenant des bancs de lignite à l’Est du Var et en Italie; les marnes argileuses brunes et bleues à Rolulina spirulæa et Operculina ammonea; les calcaires, à nummulites, où il n’est pas toujours facile de distinguer les deux niveaux de la Nummulites Brongniarti en haut, et de la Nummulites complanata, vers le bas.
- Enfin, dans quelques localités isolées, près de Barrême, on trouve, à la base, des couches marneuses sans nunnnu-lites (Branchai, Allons), parfois lignitifères, contenant des
- p.98 - vue 105/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES.
- 99
- cithérées et des cérites (couches à Cerilhium Diaboli). C’est le même niveau que représentent probablement les marnes rouges avec cérites de la vallée de la Roja et les couches saumâtres à lignites (.Melania hordacea) de Briançonnet et de Mons.
- La base du nummulitique est souvent formée par des conglomérats puissants.
- Crétacé. — La mer crétacée a couvert probablement imite la région de la carte (sauf les Maures et l’Esterel), avec des alternatives d’avancée et de recul du côté du rivage formé par cette chaîne et le plateau central. Peut-être y avait-il aussi un massif émergé au Word de Saint-Martin-de-Lantosque. De plus, un large promontoire semble, dès l’époque du gault, avoir réuni le Pelvoux avec les Maures; ce promontoire est sans doute resté longtemps à l’état de plateau sous-marin, car il 11e semble, jusqu’au crétacé supérieur, avoir joué aucun rôle dans l’apport sédimentaire des terrains. Mais, en tout cas, il n’a pas reçu de dépôts et d a établi pendant toute la période une séparation très uette entre deux régions distinctes : celle de l’Est ou région alpine et celle de l’Ouest ou région rhodanienne. C est donc a ce moment qu’on voit se dessiner pour la première fois la vallee du Rhône; aux époques suivantes, la barrière orien-'ale s’élève et la vallée s’accentue en se rétrécissant et en subissant l’alternative d’émersions et de submersions répé-lees> Mais la direction première reste la même.
- Province rhodanienne. — La dénomination de bas-Sllîs (bassins de Dieulefit, d’Uchaux, du Beausset) appliquée
- 7-
- p.99 - vue 106/482
-
-
-
- 100
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- aux différents groupes d’affleurements de cette région n’est évidemment qu’une fiction. Tous ces bassins communiquaient largement ensemble; ils faisaient partie, pendant le crétacé inférieur, d’un même bras de mer qui reliait la Méditerranée au Jura et aux Alpes suisses, et, pendant le crétacé supérieur, d’un même golle qui allait se fermer vers Grenoble ou même dans le Jura. Les séd iments dans ce golfe sont naturellement beaucoup plus différenciés qu’à l’Est; le peu de profondeur des eaux s’v traduit par l’abondance des dépôts réciformes (urgonien, calcaire à caprines, calcaire à hippurites) absents dans la région alpine. La tendance à l’émersion s’accuse, dès le cénomanien et le turonien, par l’existence de dépôts saumâtres. Enfin, l’émersion devient définitive à l’époque danienne, où le grand bassin de Fuveaii est comblé lentement jusqu’à la fin de l’éocène par des dépôts lacustres, puis franchement terrestres.
- Il faut remarquer l’analogie complète de cette histoire avec celle delà période miocène; c’est aux deux époques, dans le bassin du Rhône, la même succession de faits : bras de ruer entre la Méditerrannée et la plaine suisse, golfe, lac ou lagunes et émersion.
- Bassin de Fuveau. — La partie supérieure du remplissage du bassin (Vitrolles, le Cengle) est formée par 200 mètres de marnes rouges, parfois entremêlées de grès et de poudingues où s’intercalent et que surmontent plusieurs bancs de calcaires fossilifères. Cet ensemble de couches est à rapporter à l’éocène inférieur et à l’éocène moyen (Planorbis Leymeriï).
- Au-dessous et sans discontinuité de stratification viennent
- p.100 - vue 107/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 101
- es calcaires de Rognac (Lychnus et Melania armataj, dont la base détritique se compose de grès grossiers, rosés et verdâtres, et de marnes rouges avec ossements de reptiles ( Hypselosaurus priscus}. Puisse développe la grande masse des calcaires marneux, bien lités, puissants de 5 à 600 mètres, où l’on peut distinguer deux groupes : celui des couches à physes (Physa Michaudi, Anostoma rotellaris) et celui des couches à cyrènes (Corbicula galloprovincialis) avec couches importantes de lignite exploitées. Enfin des bancs marneux avec calcaires jaunâtres (couches de Valdonne) forment la hase de la série lacustre et contiennent en abondance le Melanopsis galloprovincialis. Ils reposent sur des couches saumâtres àturritelles ( Cassiope Coquandi), qui surmontent elles-mêmes des bancs marins à Ostrea acutirostris.
- Toute cette série est concordante, et toujours concordante avec les termes plus anciens sur lesquels elle repose, mais elle présente deux transgressions étendues, lune correspondant aux couches à cyrènes, 1 autre aux couches de Rognac. La seconde s’est étendue au N. 0. jusqu aux Alpines, à lEst jusqu’auprès de Draguignan, elle fait reposer les couches à Lychnus d’un côté sur lurgonien, de 1 autre sur tas dolomies jurassiques, mais maigre 1 immense lacune, toujours en concordance. Les bords du bassin sont donc cestés, pendant toute sa formation, une région plate et Tasse; seule la chaîne de la Nerthe, au Nord de Marseille, montre un poudingue discordant, que des intercalations lacustres rattachent au calcaire de Rognac ; le chaînon semble donc dès cette époque avoir commence a s élever et
- a dessiner sa courbure anticlinale.
- Au grand bassin lacustre de Fuveau se rattache indiiec-
- p.101 - vue 108/482
-
-
-
- 102
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- tement la formation de la bauxite, dont 1 origine est encore problématique. La bauxite se présente en véritables couches, associée parfois à des sables grossiers et ravinant les étages inférieurs. Elle ne dépasse pas 1 emplacement du bassin lacustre, elle n’existe qu aux points ou il y a lacune, et cette lacune plus ou moins considérable comprend toujours l’aptien et le gault. L’âge de la bauxite (aptien ou albien) semble en résulter avec d’autant plus de certitude quelle a été intéressée par tous les mouvements du sol et qu’on en trouve des grains remaniés à la base des calcaires lacustres.
- Sénonien. — Lesénonien est composé au Sud (bassin du Beausset) :
- i° De bancs à Ostrea acutirostris;
- 2° Des calcaires noduleux à Lima ovata;
- 3° De grandes masses de marnes et de grés calcarifères (Micrasler brevis et Micraster Matlieroniy
- Dans ces derniers s’intercalent des bancs de calcaires à hippurites (H. dilatata), lenticulaires au Beausset, mais se développant au Nord et arrivant à occuper presque tout l’étage (Mazaugues, Plan-d’Aups, AHauch). Plus près des bords d’où venait l’apport sédimentaire, c’est à dire à l’Ouest dans le bassin d’Uchaux, les grès deviennent plus abondants et plus grossiers (grès de Montas); des bancs d’hippurites s’y intercalent également et atteignent jusqu’à 100 mètres d’épaisseur. A l’Est, vers le centre du bassin, les hippurites ne se sont pas avancées jusqu’à Nyons, où lesénonien est formé de calcaires blancs crayeux, quelquefois glauconieux, avec Micraster cortestudinarium et Ananchytes gibba.
- Dans cette région septentrionale, comme au Beausset,
- p.102 - vue 109/482
-
-
-
- 103
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES, l’assèchement progressif du golfe a donné lieu à des dépôts saumâtres et lignitifères (Piolenc, Nyons, Vagnas).
- Turonien. — Les dépôts côtiers ont été plus conservés et la variation des faciès est plus grande. Au centre du bassin du Beausset,près de Cassis, l’étage se compose d’une grande masse (aoo mètres) de calcaires compacts à hippurites (Hipp. organisant, Radiolites cornu-pastoris) surmontant les marnes à Periaster Verneuilli (100 mètres). Au Sud du bassin, c’est-à-dire du côté des Maures, on voit successivement s’intercaler les sables quartzeux de Sainte-Anne, les grès grossiers du Caoumé et du cap Canaille (près la Ciotat), qui divisent en deux la masse des calcaires a rudistes, et enfin les conglomérats de la Ciotat qui la remplacent complètement, Au Nord, au contraire, l’épaisseur décroît et les calcaires à rudistes occupent tout l’étage; au Plan-dAups et à Mazaugues, ces calcaires arrivent à se souder à ceux du sénonien, et la séparation, difficile à faire, nen a pas encore été suffisamment étudiée.
- Pans le bassin d’Uchaux, l’étage est a letat de gies calcarifères (grès d’Uchaux, i5o mètres) avec Ammonites peraniplus, Amm. Woolgari, etc.
- La tendance à l’émersion s’accuse déjà par les bancs saumâtres d’Allauch et des Martigues, ainsi que par les bancs d Ostrea Mailleteana (sablesréfractaires et ligniles) de Courac.
- Renom amen. — Le promontoire qui reliait le Pelvoux aux Maures se prolongeait à l’Ouest du cote de Tarascon pai Ulle large avancée dont le rôle, peu marqué pour les étages supérieurs, se traduit d’une manière intéressante à l’époque
- p.103 - vue 110/482
-
-
-
- 10/1 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- cénomanienne; cette avancée, dirigée de lEst à iOuest, sépare une province où se sont développes les calcaires à caprines, d’une autre ou ces calcaires font defaut. Les bancs de caprines s’étendaient entre Marseille et Signes; ils ont formé là des masses de près de 1 o o mètres de puissance et surmontent des bancs grumeleux à oursins (.Heterodiadema hjbicum) ou des grès à Ammonites varians. Au Sud de cette bande, le cénomanien se montre sous des aspects très variables: calcaires à silex, avec Oslrea Jlabella, Terebrirostra Bargesi, gros bancs gréseux peu fossilifères, marnes à os-tracées (O. jlabella, O. biauriculata). Il faut signaler aussi près de Toulon un niveau saumâtre (gardonien).
- Dans le bassin d’Uchaux et dans la vallée de la Durance, le cénomanien se compose :
- Au sommet, de calcaires gréseux, avec Orbitolina concava et Oslrea columba (les grès de Mondragon en sont un faciès local) ;
- A la base, des calcaires grumeleux plus ou moins glau-conieux, marneux ou sableux, ayant de 20 à 100 mètres de puissance et contenant Ammonites varians et Amm. rotho-magensis.
- Albien. — La partie supérieure de l’albien sous forme de grès ou de calcaires sableux b Ammonites injlatus est bien caractérisée dans le Gard, dans la vallée de la Durance et dans le haut Comtat.
- Le gault proprement dit, qui vient au-dessous marque une époque de curieuse uniformisation des faciès et des faunes dans toute la région et même jusqu’aux Alpes-Maritimes ; c’est aussi une époque de déplacements importants
- p.104 - vue 111/482
-
-
-
- 105
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES, dans les rivages, comme le montrent les transgressions observées sur plusieurs points de la vallée du Rhône (Clan-sayes, les Martigues). A Fondouilles (extrémité du tunnel delaNerlhe), le gault présente une épaisseur inusitée, avec calcaires marneux (Inoceramus concentrions, Ammonites Mayo-rianus) et grès cliloriteux (Amm. lalidorsatus^j à la base ; il faut peut-être voir là un prélude du développement que prend le même étage dans l’Ariège. Partout ailleurs le gault, toujours peu épais et souvent transgressif, est forme de grès verts ou de marnes chloritées avec rognons de phosphate de chaux et nombreux fossiles à apparence roulee.
- Aptien. — Le type de l’étage est aux environs d’Apt (Gargas); ce sont des marnes à Ammonites pyrite uses avec AmmonitesNisus, Amm. Dujrenoyi, Belemmites semicanoUculotus, surmontant les calcaires marneux à Ancyloceras Matheroni et a Am. Desliayesi; ces calcaires, à peine représentés dans la vallée de la Durance, croissent d’épaisseur vers le Nord et atteignent 200 mètres de puissance. La meme succession se retrouve dans l’Ouest du bassin du Beausset (la Bedoule), niais à la riche faune des environs d Apt 11e correspondent plus, pour la division supérieure, que des marnes ou des calcaires à silex très puissants avec rares belemmites.
- Dans le Gard 011 peut distinguer dans le sous-étage supérieur :
- Des sables verts à Belemmites semicanalicul a tus (60 mètres) ; des calcaires à Discoïclea decorata (i5 a 20 mètres); des marnes bleues à Bel. semicanaliculatus (60 métrés); tandis 4u un calcaire marneux à Ostrea aquiln continue a repié-senter 1 aptien inférieur.
- p.105 - vue 112/482
-
-
-
- 106 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Urgonien. — L’urgonien n est pas a proprement parler un étage, mais un faciès réciforme, formé de calcaires blancs compacts à Requienia ammonia, qui représente tantôt l’aptien inférieur ou même 1 aptien tout entier, tantôt la partie supérieure du néocomien. Il atteint, sur la rive droite du Rhône, 7 à 80.0 mètres de puissance et forme, de Toulon à Grenoble et à la Suisse, une large ceinture, véritable récif côtier, autour du demi-cercle de la chaîne alpine.
- Néocomien. — Le néocomien se développe progressivement de l’Est (environs de Toulon) vers le N. 0. et vers le Nord. A Toulon il ne comprend qu’une cinquantaine de mètres de calcaires marneux et feuilletés, avec moules de bivalves et rares Terebratulaprœlonga. A Guges, Aubagne et Marseille, les Ostrea Couloni, les Echinospatangus cordiformis commencent à abonder dans ces couches, tandis qu’au-dessous se développe une grande masse de calcaires sans fossiles, ayant à son sommet la faune d’Allauch.
- Dans ces calcaires inférieurs, au Nord de Rians et jusqu a Nyons, on trouve quelques ammonites de Rerrias. Dans la vallée de la Durance et dans les Basses-Alpes, toutes les divisions et toutes les zones fossilifères du Nord du Gard et de l’Isère se développent, permettant de distinguer de haut en bas :
- i° Gale, à Ammonites difficiles et Scaphites Yvani (Barre-mien, 5o à 200 mètres) ;
- 20 Gale, marneux à Criocercis Duvali, avec couches à Be-lemnites dilatatus à la base (100 mètres) ;
- 3° Gale, marneux à Ammonites Jouanneti (5o mètres);
- h° Marnes à ammonites pyriteuses, avec Am. neocomiensis et Belemnites Emerici (120 mètres) ;
- p.106 - vue 113/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 107
- 5° Gale, à ciment de Bernas avec Amm. Honnorati, Amvn. Boissieri (3o à 5o mètres).
- Province alpine. — Dans la province alpine, les dépôts présentent des caractères beaucoup moins variés et Ion y constate le caractère général des sédiments alpins : de grandes épaisseurs de couches conservant le même aspect minéralogique. Du côté des Maures, c’est-à-dire au Sud, le voisinage du rivage se traduit par des dépôts glauconieux et très réduits. Au Nord, entre le Pelvoux et le massif de Vinadio, le soulèvement progressif de cette zone alpine se fait sentir, dès le crétacé supérieur, par l’amincissement et la disparition des dépôts correspondants au-dessous du nurnmuhtique.
- Sénonien. — On ne connaît pas, dans la région alpine, de couches qui correspondent avec certitude au danien. Le sénonien n’apparaît pas au Sud de la ligne sinueuse que lornient le val de Barrème, l’Estéron et la basse vallée du ^ar. Dans la vallée de l’Estéron, le sommet en est formé par des grès siliceux à Oslrea plicifera, trigonies et acteo-nelles; ces grès surmontent des calcaires et des marnes bleuâtres avec ananchytes et grands inocérames; a la hase, 'les couches souvent glauconieuses renferment le Micraslei 1 <>r lestudinarium et YEchinoconus subconicus. A lEst et au ^°rd du Var, ces couches glauconieuses disparaissent et 1 ctage se compose de calcaires bleuâtres, bien htes avec ammonites (A. Texanus, tricarinatus, Neubergicus, Paille-tefflius, lnocercimus Cripsi, Micrastev gibbus et Ananchytes. ba partie la plus élevée est notablement plus marneuse et '’che en spongiaires (du haut Var à Menton).
- p.107 - vue 114/482
-
-
-
- 108 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Ces dépôts forment des massifs considérables autour do la vallée du Verdon (Saint-André-de-Méouilles, massif du Cheval-Blanc), mais du côté de Digne, en se rapprochant dupromotoire de séparation avec le bassin du Rhône, l’épaisseur se réduit et l’on ne compte plus que 5o mètres environ de craie à micraster, inocérames et spongiaires.
- Turonien. — L’existence du turonien n’a été démontrée qu’en un petit nombre de points; on peut lui rapporter des calcaires siliceux à spongiaires et des calcaires gréseux à Periaster oblongus (vallée de l’Estéron) et à Inoceramus problematicus (col de Braus).
- Cénomanien. — Le cénomanien est formé en général de calcaires marneux en petits bancs, avec marnes noires intercalées, contenant Ammonites varians, Am.Mantelli, Am.ro-thoniagensis, Orbilolina concava, et Holaster subglobosus ; ces couches sont surmontées, sur la lisière Sud et Ouest du bassin, par des grès à Oslrea columba et à turritelles, qui s’étendent à l’Ouest, vers Castellane et atteignent 200 mètres de puissance à la Foux. L’étage s’amincit clans le haut Var.
- Le cénomanien s’est étendu beaucoup plus au Sud que le crétacé inférieur ; tandis qu’au Nord et à l’Ouest du Var il repose directement sur l’aptien, à Mons, Saint—Vallier, Vence et Monaco on le trouve en contact direct avec le jurassique.
- Albien. — Des argiles noires qui, entre Escragnolles et Briançonnet, contiennent Y Oslrea vesiculosa, forment un horizon constant à la base du cénomanien. Au Nord des Alpes-Maritimes et à l’Est des Basses-Alpes, elles reposent
- p.108 - vue 115/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 109
- directement sur l’aptien et sont difficiles à en distinguer.
- Vers le Sud seulement on trouve, au-dessous de ces argiles, des assises glauconieuscs peu épaisses, avec quelques rognons phosphatés.
- Aptien. — L’aptien n’est pas connu avec certitude au Sud de Castellane et de Montblanc; à l’Est il semble s étendre en formant une mince lisière le long de la branche N.S. du haut Var, pour se développer largement à Thorane et à Col mars sous forme de marnes noires à Belemnites se-mcanaliculatus. A l’Ouest, il atteint de grandes épaisseurs aux environs de Barrème, Saint-André et \ ergons, et comprend des marnes à Ammonites Dufrenoiji avec calcaires à
- Ancylocerus Matheroni à la base.
- Néocomien. — Le néocomien des Basses-Alpes se relie intimement à celui de la province rhodanienne. La limite extrême de ses affleurements du cote de 1 Est se trouve aux environs de Golmars etd’AUos, où le neocomien supeiieui u Ammonites infundibulum, Belemnites grasianus et Liiocèits se présente sous forme de calcaires noirâtres, a veines
- spathiques.
- Dans les Alpes-Maritimes, le néocomien est encoie épais au pied des grandes chaînes : à Levens, dans le bassin du Var en amont du confluent de la rlinee et surtout au S. 0. d’Entrevaux. Plus au Sud, il s’amincit progressivement de 1 Ouest à l’Est, avec des caractères de rivages de plus en plus accentués : à l’Ouest, le.sommet seul est glauconieux avec Belemnitesdilatatus et subfusifonms, Ammonites Asticrianus, dîn. cryptoceras, Am. Lcopoldinus et 7oxastev assez fréquents,
- p.109 - vue 116/482
-
-
-
- HO CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- la base est formée par des marnes grises à ammonites py„ riteuses. A l’Est, cette série se réduit à une bande de calcaire ferrugineux et à la couche glauconieuse entre Nice et Monaco. Le banc calcaire devient noir sur la Roja et est exploité comme marbre.
- Jurassique. —La mer jurassique s’est étendue uniformément sur toute la région ; les deux provinces signalées pour le crétacé supérieur n’existaient pas encore; les Maures et l’Estercl seuls, et peut-être quelques chaînons précurseurs des Alpes, formaient rivage. Les variations de faciès sont donc plus simples et se rattachent à des causes moins complexes. 11 n’y a à distinguer que deux zones ou deux provinces : celle du littoral, celle du moins où l’influence du rivage se luisait directement ou indirectement sentir et qui suivait le bord des Maures et du Plateau central; et la région pélagique, enveloppée par la précédente, et s’étendant, sur l’emplacement des chaînes alpines. La limite de ces deux zones 11e s’est déplacée que faiblement pendant la période jurassique.
- Jurassique supérieur. — (Tithonique, corallien du Midi). La limite de la zone littorale est marquée par la bande des calcaires blancs à Terebralula moravica et Rhynchonella as-tieriana, courant de l’Est à l’Ouest (par bougon), de Menton à Moustiers et Saint-Jurs; de là la continuation s’infléchissait vers le Sud (du côté d’Aups) et allait sans doute, en contournant les Alpines, rejoindre les calcaires blancs de l’Hérault, puis suivait vers le Nord la concavité hercynienne jusqu’à l’Échaillon et au Salève. Il est à remarquer que ces
- p.110 - vue 117/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 111
- récifs jurassiques se sont élevés à peu près sur le même emplacement que ceux cle l’urgonien et qu’ils datent tous du jurassique supérieur; les coraux plus anciens (astartiens, rauraciens), qui du côté du Jura se sont développés en retrait successif du Nord vers le Sud, ne sont pas connus
- dans les dépôts méditerranéens.
- Au Sud de la bande des calcaires blancs, des calcaires analogues, mieux lités mais moins fossilifères, alternent avec une masse puissante de dolomies ou la surmontent ; au Nord des Alpes-Maritimes, on peut citer des calcaires gris à encrines associés à des dolomies et parfois ooli-thiques.
- A l’intérieur de la courbe de récifs, le jurassique supérieur a uniformément le faciès tithonique et comprend de haut en bas :
- i° Des calcaires lithographiques et des brèches a lere-
- bralula janitor et A mm. caiisto ;
- 2° Des calcaires bréchoïdes puissants, avec Amm. geron,
- Amm. plychoïcus et des Aptychm.
- Astartien et oxfordien. — (Oxfordien du Midi). L influence du rivage méridional est restreinte à une bande étroite le l°ng des Maures, et la dénudation na laissé subsistei les depots correspondants que sur une faible etenclue entie Bândol, Toulon et Draguignan. Ce sont des dolomies, inséparables de celles du niveau supérieur. Du coté de Marseille, tl 1 Ouest et d’Escragnolles à l’Est, elles vont se terminei lenticulairement dans l’oxfordien calcaire. Vers le Nord, ces dolomies font place à des calcaires gris compacts, bien ^h's, assez pauvres en fossiles, à la base desquels un niveau
- p.111 - vue 118/482
-
-
-
- 112 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- glauconieux (zone à Ammonites transverscivius) a ete reconnu à Vence et au mont Agel. En remontant plus haut vers le Nord, on voit se différencier, avec des lacies lithologiques distincts, toutes les zones connues de la région méditerranéenne :
- i° Les calcaires à Ammonites polyplocus et Amm. subfasci-cularis, calcaires durs, en plaquettes, atteignant jusqu’à 3oo mètres de puissance et se reliant au tithonique dans la région de Digne par des calcaires massifs et bréchoïdes à Amm. acanthicus (avec Amm. Loryi et Amm. plychoïcus) ;
- 2° Des calcaires gris à structure concrétionnée, à Amm. bimammatus; ce niveau est moins puissant et moins régulièrement fossilifère que les autres ;
- 3° Des calcaires plus ou moins marneux passant à la hase à de véritables marnes argileuses à Rians et auN.E. de Rians, et comprenant les zones à Amm. canaliculatus, à Amm. cordatus et transversarius, et à A mm. Lamberti; au Nord et au N. 0. ces deux dernières zones sont représentées par des marnes très épaisses, de couleur foncée et contenant des géodes à la base.
- Le callovien ne semble représenté par des calcaires marneux fossilifères (Am. macrocephalus) qu a l’Ouest d’une ligne qui irait de Marseille (Vaufrège) à Rians et à Digne. Au Nord (Saint-Geniez), il est tonné de schistes noirs, puissants, à Posidonomya Dalmasi. Dans le Nord des Basses-Alpes, les marnes noires callovieiines contiennent de puissants amas de gypse.
- Bathonien. — La zone littorale est plus étendue à la fin de cet étage et de nouveau plus restreinte à son début, elle
- p.112 - vue 119/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 113
- est marquée pour le bathonien supérieur, par des dolomies qui surmontent, près de Toulon, des calcaires compacts à Polypiers et où s’intercalent, au Nord et à lEst de Draguignan, des calcaires à Nérinées et à Rhynchonella decorata; à l’Est du Var on ne trouve plus de nouveau que des dolomies. Ce faciès s’étend au Nord jusqu’à la vallée de lEsteron et jusqu’à Rians, puis sa limite redescend brusquement vers le Sud et il ne dépasse guère vers l’Ouest la ligne de Rians à Bandol. Le bathonien inférieur au contraire conserve le faciès pélagique de calcaires marneux à ammonites jusqu’à ses derniers affleurements méridionaux, dans toute la région qui est à l’Ouest de Draguignan. A l’Est il se confond dans un même faciès avec le bathonien supérieur.
- Il y a à signaler, comme bancs plus nettement littoraux, les calcaires à oolithes ferrugineuses de Saint-Hubert, au N. E. de Toulon, avec une faune analogue à celle de Rau-ville; les calcaires jaunes à oursins (Leiosoma Jauberti, Acro-salenici pseudodecorata), qui, forment la base des calcaires bathoniens compacts entre Toulon et Brignoles, et surtout les argiles et marnes à lamellibranches (Les environs de brasse et d’Antibes, qui en un point, près de Clausonne, au Nord d’Antibes, renferment un banc de lignites.
- Le faciès pélagique est uniformément forme de calcaues marneux (avec nombreux Cancellophycus) ; ces calcaiies passent progressivement vers le Nord a des schistes noiis (légions de Digne, de Barcelonette et du haut Var) ideu— tiques à ceux du bajocien et de l’oxfordien inferieur et constituant avec eux d’immenses talus schisteux, ou les niveaux Ue peuvent plus se reconnaître que par leurs fossiles. On peut distinguer dans ces schistes bathoniens: des couches a
- 8
- il.
- lATlOSALK.
- p.113 - vue 120/482
-
-
-
- 114 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Amm. contrarias, bien développées près de Chaudon, cl des couches à Amm. tripartitus.
- Dans les environs de Bayons (Basses-Alpes) et au col de Labouret, de grandes masses lenticulaires de gypse sont intercalées dans le bathonien.
- Bajocien et lias. — L’existence de la bande littorale s’accuse ici (comme dans la malière) par un nouveau caractère : l’abondance des silex et des débris de crinoïdes. Comme les précédents, ce faciès forme ceinture autour des Maures, il représente le lias moyen et supérieur, ainsique le bajocien inférieur (Lima heteromorpha) à l’Ouest de Toulon; autour de Draguignan et au Sud de Puget-Théniers, il ne représente plus que le bajocien, et il disparaît àlEst duVar. Au-dessus des calcaires à silex, près de Solliès et de Salernes, on trouve une couche mince à oolites ieiTugineuses, avec ammonites de la zone à Amm. Sowerbyi.
- Le faciès marneux, comme toujours, commence au Nord decette bande; il existe déjà, pour le bajocien etpour les deux étages du lias, au Nord de Marseille; pour le bajocien seul, autour d’Aix; il se développe surtout dans la région de Castellane et de Digne, avec des épaisseurs qui augmentent vers le Nord et atteignent Aoo mètres près de Digne. On y retrouve les différentes zones d’ammonites connues; il faut de plus signaler au sommet un dépôt schisteux à Posidonomya alpina qui établit un lien faunique intéressant entre cette région et celle des Alpes tyroliennes.
- Le lias inférieur, qui manque partout dans la zone de bordure, reparaît dans la région pélagique à partir de Cas-tcllane ; sa limite se dirige vers l’Est en suivant le Var, passe
- p.114 - vue 121/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 115
- au Val de Blore, à Digne, à Barcelonnette et va longer au Nord le massif de Vinadio; mais dans toute cette bande, contrairement aux étages précédents, il présente un faciès
- littoral (bancs de gryphées arquées et silex).
- Au Nord de Digne etsurtout dans les environs de Seyne, les limites entre les différentes assises jurassiques perdent beaucoup de leur netteté. Les calcaires et les marno-calcaires gris qui constituent foute la série du bajocien et du batbo-nien passent insensiblement aux marnes noires calloviennes au sommet, et à un système de marno-calcaires noirs à la base. Ces marno-calcaires, alternant souvent avec des bancs schisteux, correspondent à tout le lias supérieur et à une partie du lias moyen (couches à Amm. margaritatus^j ; ils reposent toujours sur des bancs de calcaires noirs très puissants, dont la partie supérieure est petrie de Bclemnites {Bel. elongatus) et constitue un précieux point de repère. Ces calcaires noirs, représentent la partie inferieure du lias moyen et passent insensiblement aux calcaires a gryphées
- arquées du lias inférieur.
- lnfralias. — Pour cet étage la bande littorale prend une grande extension et se caractérise par une succession de couches très uniforme à ce niveau dans tout le midi de la France (Ouest des Pyrénées et Languedoc). Ce sont, à la hase, des marnes vertes, des petits bancs en plaquettes couvertes d'Avicula contorta et une lumachelle a Plicatula ùtusstriata; puis, plus haut, une série de dolomies blanches, bien litées, parfois silicieuses et ordinairement moins ciis-tallines que celles des étages jurassiques supérieurs. Elles
- Peignent une épaisseur de 60 mètres. Dans le Gard on y
- 8.
- p.115 - vue 122/482
-
-
-
- 116 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- a trouvé Y Ammonites angulatus; il est donc probable qu’elles représentent les deux zones à Amm. planorbis et à Amm. an-gulatus; mais rien n’autorise à croire qu elles représentent nulle part des ternies plus élevés, Et cependant sur ces dolomies, quand on s’avance de Marseille vers les Alpes-Maritimes, on voit successivement reposer le lias moyen, le lias supérieur, le bajocien el les dolomies vraisemblablement bathoniennes de Nice, sans que nulle part il y ait discordance ni ravinement profond. La lacune est incontestable, mais ne semble pas correspondre à une émersion.
- Dans la région septentrionale, la zone à Avicula contorla conserve à peu près les mêmes caractères, mais les zones supérieures sont représentées par des argiles noires et des calcaires compacts fossilifères.
- trias. — Le trias a dans toute la région le faciès continental ou lagunaire de l’Europe septentrionale, avec ses trois termes bien développés: le keuper gypsifôre, le mus-clielkalk calcaire à Terebratula vulgaris et le grès bigarré, sous forme de grès et argiles rouges avec poudingues quartzeuxà la base. Ils supportent partout , en concordance, les assises jurassiques. Il y a à noter l’abondance des car-gneules dans le keuper, les marnes subordonnées étant souvent très réduites. Outre le gypse, le keuper contient quelques lignites au Nord de la Sainte-Beaume ; ces lignites se retrouvent, avec plus de continuité, entre Draguignan et la frontière italienne.
- Dans la vallée de Barles, on voit certains bancs des calcaires dolomitiques qui au Sud ont donné naissance aux cargneules passer latéralement à des schistes verdâtres,
- p.116 - vue 123/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 117
- lustrés et onctueux, identiques à ceux du Queyras qui prennent jusqu’au mont Cenis et jusqu’au Valais une si grande extension. Il y a là une remarquable analogie avec la disposition des deux làcies des étages jurassiques, l’un, littoral ou continental, formant bordure aux Maures, 1 autre, pélagique, se développant en avant de cette bordure et se traduisant par de grandes accumulations de schistes.
- Permien. — Avec le permien, toute trace de faciès pélagique disparaît; la Méditerranée houillère, à peine indiquée, ne s’est encore avancée que jusqu à la Carinthie et la .Sicile et n’a pas envahi la région des Alpes. Le permien se présente, comme toujours sur le bord des massifs hercyniens, sous forme de grès rouges et de poudingues grossiers, avec schistes rouges intercales. Le grès bigarré semble transgressif, mais sans qu’il y ait nulle part discordance entre les deux étages.
- A la base, des grès micacés à grains plus grossiers, avec schistes noirs et poudingues quartzeux, se développent en concordance entre Toulon et Collobrières et contiennent des bancs de houille avec une flore indiquant le peimien inférieur de Saarbrück ou le passage du permien au houillei supérieur (Callipteris conferta, Pecopteris Pluckeneli).
- Le permien forme bordure aux Maures depuis Saint-Nazaire et Toulon jusqu’auprès de Draguignan; de là à Grasse et à Cannes, le grès bigarré s appuie directement Sur les schistes cristallins. Le permien pénétré de plus pio-fondement dans les dépressions de la chaîne ciistalhno (vallee d’Hyères et rade de Toulon, vallee de Collobiieies et surtout basse vallée de l’Argens entre Draguignan et
- p.117 - vue 124/482
-
-
-
- 118 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Cannes ou Esterel proprement dit). C’est clans cette dernière dépression qu’ont eu lieu les grandes éruptions pop-phyriques. Dans toutes, le permien allecte la forme de bassins synclinaux dont le bord méridional est souvent renversé, et il semblerait naturel d’en induire que le permien a dû recouvrir toute la chaîne. Il n’en est rien cependant; sans parler des conglomérats grossiers à roches cristallines, on trouve à la base, près de Pignans, des bancs formés de petits fragments aplatis de phyllades à peine roulés, analogues aux produits des ruissellements quaternaires et témoignant d’un très faible transport. C’est l’indice incontestable d’un rivage immédiat.
- Le permien se retrouve à Saint-Martin-de-Lantosque sur les bords du massif de Vinadio et même plus au Nord, rudimentaire, au N.E. de Larché; dans cette région il occupe encore le centre du pli anticlinal de Guillaumes et se continue dans les Alpes liguriennes, avec les mêmes caractères que dans l’Estérel.
- Terrain houiller. — Le terrain houiller forme deux petits bassins isolés : celui de Plan-de-la-Tour et celui du Reyran, allongés du Nord au Sud parallèlement aux plis des gneiss qui les enclavent et par conséquent dans les conditions de gisement qui indiquent nettement la discordance avec les otages précédents. Les empreintes végétales leur assignent un âge voisin de celui de Rive-de-Gier ou peut-être même des couches supérieures du Nord.
- Dans la cluse de Verdaclies, près de Parles, au Nord de Digne, on rencontre, sous le grès bigarré, un petit affleurement de schistes argileux très riches en empreintes vé-
- p.118 - vue 125/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 119
- gétales (Sphenopteris, Annularia, Nevropteris) bien caractéristiques du terrain houiller supérieur. On a tenté d exploiter les lits d’anchracite contenus dans ces dépôts.
- Schistes cristallins. — La série cristalline, discordante avec tous les étages sédimentaires, comprend :
- Des phyllades ou schistes à séricite, couronnés par des bancs de quartzite; des micaschistes qui dans leur partie supérieure passent insensiblement aux phyllades et montrent clans leur masse énorme (plus de 3ooo mètres) plusieurs accidents minéralogiques intéressants: au sommet, des lentilles d’amphibolite (Gollobrières) ; plus bas une lentille de gneiss compact (plus de 5oo mètres) qui semble s amincir vers le Sud; enfin des bancs à minéraux (grenat, stau-rotide, disthène, andalousite).
- A la base (Gassin, Cavalaire) se développent de nouveau des amphibolites; puis vient l’étage des gneiss (gneiss de Saint-Tropez et de Cannes), surtout développé à 1 Est du massif.
- Pioches éruptives. — Les roches éruptives sont nombreuses et variées tout autour du massif des Mauies, mais contrairement à l’opinion anciennement admise, elles noiit joué aucun rôle dans le soulèvement de la région.
- Basaltes. — Les basaltes forment quelques rares filons (àaint-Tropez et cap Nègre, dans les schistes cristallins; les Sambles à l’Est du Beausset, dans les calcaires à hippurites) ; ^ais ils se présentent surtout sous forme de pitons isoles (Gogolin, Baudufle, Bougiers) ou en large couverture sur ies plateaux (Evenos). La série des affleurements qui ont
- p.119 - vue 126/482
-
-
-
- 120 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- échappé à la dénudation se répartit assez irrégulièrement entre Aix (Beaulieu) et Saint-Tropez. Malgré des différences de composition et de structure très notables, il semble vraisemblable que ces affleurements se rattachent tous à une même période d’éruptions, mais rien n’autorise à les relier, même hypothétiquement, à ceux de l’autre rive du Rhône, ni à la traînée d’Agde et de Lodève, ni, ce qui serait à la rigueur plus plausible , au basalte des Coirons.
- Les basaltes sont accompagnés de pépérites ou de produits de projection à Cogolin, Rougiers et Beaulieu; ils reposent indifféremment sur tous les terrains de la région, depuis les gneiss et le granité dans les Maures jusqu’au tongrien supérieur à Beaulieu et même l’aquitanien à Bandol. Leur âge ne peut pas encore s’établir avec certitude d’après les rapports de gisements: à Beaulieu, il est vrai, des cinérites forment des bancs interstratifiés dans le calcaire lacustre, mais il est possible que ce soit une apparence due à la séparation d’un lambeau ou paquet de calcaires tongriens, qui, sans dérangement sensible de stratification, aurait été englobé à la base des cinérites. Le banc intercalé se termine en effet en pointe dans ces cinérites et se prolonge par des blocs isolés de même nature et de même provenance, avec les mêmes fossiles.
- A Bandol, des filons ou apophyses en chapelets pourraient également faire croire à l’existence de galets de basaltes dans l’aquitanien, mais l’absence des galets de basaltes, dans les conglomérats de cet âge, est au contraire bien établie, et la bonne conservation des masses scoriacées à la surface des coulées tendrait à faire attribuer à ces roches un âge beaucoup plus récent.
- p.120 - vue 127/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 121
- Le poinlement de Rougiers comprend une variété pétrographie intéressante de néphélinite.
- Labradorites d’Antibes. — A l’Ouest des Maures, le long du littoral, entre Antibes et Monaco, on rencontre, en filons et en coulées brécliiformes, une roche verte ou brune, de couleur foncée, qui correspond à la composition des labradorites (labrador et augite engagés dans une pâte amorphe). Elle perce les couches nummulitiques, et ses coulées bré-ehiformes reposent sur les assises tertiaires en stratification concordante ; de plus, on en trouve des galets dans la mollasse marine, près deVence, et dans des poudingues du Nord de 1 Estéron, rapportés à l’éocène supérieur.
- Porphyre bleu des Romains. — Cette belle roche forme un massif isolé prèsd’Agay, à l’Est de Fréjus; les filons qui s en détachent coupent les grès et les mélaphyres permiens ; ses débris n’ont été rencontrés dans aucune roche stratifiée. cest donc seulement la fraîcheur de ses cristaux et son analogie avec les dacites et grünsteintrachytes de Hongrie, cpd permettent de la rapporter à 1 époque tertiaire.
- Porphyrite de la Garde. — Une observation analogue s’applique àl’âge d’une roche porphyritique verdâtre (ophitique par place), qui forme un piton isolé dans le permien au
- E. de Toulon.
- Mélaphyres et porphyres permiens. — Les roches poi ph\ -dques jouent un rôle considérable dans la composition du Permien de l’Estérel; leurs éruptions semblent pourtant 8 être concentrées à peu près dans une dépréssion E. 0. du
- p.121 - vue 128/482
-
-
-
- 122 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- massif cristallin, entre Draguignan et Cannes, correspondant actuellement à la basse vallée de l’Argens.
- Les mélaphyres datent du permien supérieur. Ils se présentent généralement en nappes puissantes, interstratifiées, quelquefois vacuolaires, et Ion en retrouve des blocs dans les grès sédimentaires près de Saint-Rapbael. Leur extension géographique est un peu plus considérable que celle des phorphyres quartzifères. Ils existent, en effet, également en coulées dans le permien de Carqueyrane auprès d’Hyères, et on les rencontre en filons dans les Maures, formant alors une roche verdâtre, très dure, qui se désagrège en grosses boules.
- Les porphyres quartzifères sont surtout, comme en Saxe, développés dans le permien moyen; dans les schistes rouges à nodules calcaires qui terminent en haut cette subdivision, on trouve déjà, en filons et en coulées, des pyromérides, roches acides, toujours rubannées en grand, dont le ruban-nement est produit par l’alignement de globules (grosseur variant de 1 centimètre jusqu’à une fraction très petite de millimètre). Les plus gros globules sont toujours dans le voisinage des pechsteins, qui ne sont qu’un accident delà pyroméride et y forment des veines au col de Grasse, près de Fréjus. Plus bas, la masse des conglomérats porphy-riques et gneissiques (avec schistes à Walchia) alterne avec des coulées épaisses de porphyre quartzifère et avec des argilolites intimement liées aux porphyres.
- Roches houillères. — Ces roches sont beaucoup moins développées que celles du permien ; dans le bassin de Plan-de-la-Tour, une microgranulite, à pâte finement cristalline
- p.122 - vue 129/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 123
- se montre en coulées dans le houiller. On peut rapporter à la même époque, quoique avec moins de certitude, la porphyrite à microlites d’oligoclase et à gros grains de quartz qui traverse et altère les grès et la houille du Reyran, ainsi que les nombreux filons minces de porphyrite micacee ou augitique, ordinairement très décomposés, qui traversent les gneiss des Maures.
- Serpentine. — La serpentine de la Quarrade (près Ca-valaire) semble provenir de la transformation d une roche éruptive péridotique; celles de la Mole et de la Moure sont au contraire en lentilles dans les micaschites et pourraient provenir de la transformation de lits amphiboliques ou py-roxéniques.
- Granulite et granité. —Les roches granitiques affleurent dans les Maures à Bagnols, à Plan-de-la-Tour et à la tour de Cainarat, leur ensemble paraît former une grande traînée N.E., c’est-à-dire à peu près parallèle a la stratification, dont une partie seulement aurait été mise au jour par les dénudations. Les intervalles qui séparent les massifs sont ci ibles de filons de granulite, rares à l’Est et a 1 Ouest; de plus, le bord méridional du granité de Plan-de-la-Tour montie une ^He profusion de filons (ou d’apophyses) granulitiques, qu ils arrivent à faire disparaître et à remplacer coinplete-nient le granité.
- On n’a aucun indice sur l’âge de ces granités et gianu-btes, sinon qu’ils sont postérieurs aux gneiss qu ils travei-s°ni et antérieurs au terrain houiller qui s appuie sur eux eî on contient des fragments.
- p.123 - vue 130/482
-
-
-
- \Hh CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- STRUCTURE GENERALE DE LA REGION. - DISLOCATIONS
- ET PLISSEMENTS.
- Orientation et sinuosité des plis. — La Provence est une région plissée comme les Alpes et cette région se rattache sans interruption aux plissements alpins; tel est le fait im-portant que les nouvelles études ont mis en evidence.
- Le raccordement se fait suivant des lignes profondément sinueuses, de l’allure desquelles la courbure delà grande chaîne autour de la plaine du Pô et des Carpathes autour de la plaine hongroise ne donne même qu’une idée imparfaite. En attendant l’achèvement des études de détail, on peut déjà essayer de suivre vers le Sud les différentes zones de plissement distinguées dans les Alpes bavaroises, suisses et françaises et indiquer au moins la correspondance générale avec les différentes parties de la Provence.
- Les plis subalpins vont d’une part s’atténuer au S.O. en traversant le Rhône à Montélimar; mais de l’autre, ils se recourbent vers l’Est pour former la montagne de Lure et le Léberon, qui se rattachent à des mouvements du même âge, sans que le raccordement continu puisse encore se dégager avec certitude. Il y a là une série de chaînons E. 0. (montagne de Chabre, chaîne Ventoux-Lure, montagnes de Feissal et de Tanaron) qui, au moins en apparence, butent à l’Est contre les plissements plus anciens de la zone suivante.
- Les plis de la première zone alpine (massifs de Belledonne et du mont Blanc) se retrouvent dans les chaînes montagneuses de la région de Digne; là, d’abord orientés vers
- p.124 - vue 131/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 125
- le S. E., ils prennent franchement, à partir de la ligne Seyne-Baides-Thoard, la direction N. S. (bombement néoco-mion de Golmars et d’Allos, crête des Dombes, chaîne de Blayeul). En arrivant vers Castellane, ils se dirigent insensiblement vers le S. E., puis prennent, dans le Cheiron et lEstéron, la direction E.O. Mais ils ne paraissent pas traverser la vallée du Var; il semble que les plis contournent le petit bassin crétacé de Coursegoules, pour aller se raccorder à la bordure septentrionale des Maures, par Saint-
- V allier, Bargemont et Gallas.
- Enfin la zone du Briançonnais va rejoindre les Alpes liguriennes et l’Apennin, mais avec une nouvelle complication: le massif cristallin de Vinadio produit une bifurcation eu en marque au moins la place; une partie de la zone plissée suit le bord S. 0. du massif et va former, à 1 Est du Var, la région complexe des Alpes-Maritimes, dont la prolongation, masquée par la mer, ne peut jusqu ici se présumer avec quelque certitude.
- Ainsi, de même que les Alpes à l’Est, en arrivant à la plaine
- hongroise, s’ouvrent des Garpathes à llllyrie en un vaste éventail de branches divergentes, de même, au S.O. eu arrivant auprès des Maures, elles se ramifient en un système complexe de chaînons qui embrasse la mer Tyrrhénienne.
- La cause du phénomène est facile à concevoir : les Maures s°ut, comme le prouve l’étude des faciès, un ancien continent émergé, un horst hercynien, dont la masse a lait obstacle à la propagation des plissements et les a forcés a
- se diviser en décrivant des replis sinueux.
- Cette sinuosité des plis, qui est une des particularités de la Provence, ne se retrouve pas seulement dans les traits
- p.125 - vue 132/482
-
-
-
- 126 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- généraux qui viennent d’être indiqués, mais dans le détail de chacun d’eux. Ainsi, entre Draguignan et foulon, la bande triasique qui borde les Maures et la plaine permienne pénètre dans la région jurassique par une série d’avancées plus ou moins profondes, dont chacune constitue par elle-même un pli anticlinal très accentué, normal ou très oblique à la bordure. Les deux avancées les plus profondes ont jusqu’à ho kilomètres de long et vont se réunir à la large bande transversale de Saint-Maximin et de Barjois, formée de couches triasiques presque toujours verticales, normales à la direction générale des plis et souvent renversées sur des lambeaux crétacés ou tertiaires. La limite du trias dessine ainsi une véritable dentelure, qu’accompagne fidèlement la ligne discontinue des bassins crétacés. Les plis successifs forment une série de courbes parallèles, qui s’emboîtent les unes dans les autres.
- Les sinuosités semblent s’atténuer vers l’Ouest, c’est-à-dire à mesure qu’on s’éloigne de la zone de torsion. Le pli de la Sainte-Beaume décrit encore une sinuosité brusque, un S complet, en atteignant la vallée de l’Huveaune, puis il se continue presque rectilignement vers l’Ouest. Plus au Sud, le pli d’Ollioules, qui borde le bassin du Beausset, va disparaître sous la mer près de Cassis, sans avoir présenté de déviation notable. Ainsi, quand on arrive à la vallée du Bhone les plis reprennent une direction bien déterminée et vont s’aligner de l’Est à l’Ouest, parallèlement à ceux du Léberon et des Alpines, c’est-à-dire à ceux qui continuent la première zone alpine.
- Plis couchés. Recouvrements. — Par une coïncidence qui
- p.126 - vue 133/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 127
- ne doit pas être un hasard, la région où les plis ont été soumis à ces efforts de torsion, est aussi celle où ils ont atteint leur maximum d’amplitude, celle où l’énergie des lorces horizontales de compression a été la plus grande et a produit les effets les extraordinaires. Tous les grands plis, au moins entre Marseille et Draguignan, sont des plis couchés, c’est-à-dire que chaque pli anticlinal, au lieu de se dresser verticalement, est rabattu et appliqué horizontalement sur le bassin synclinal qui l’accompagne au Nord. 11 y a, sur des largeurs qui dépassent certainement 5 kilomètres, recouvrement du fond des synclinaux, cest-a-dire des terrains les plus récents qui se soient déposés avant ces phénomènes, par une série de terrains plus anciens.
- La série qui forme ainsi recouvrement, conserve souvent son horizontalité sur de grands espaces et n est pas renversée; la succession des couches y est la succession normale. Elle présente seulement un caractère particulier: cest de mon-her souvent des lacunes, sans trace de véritables tailles, ot 5 dans une série de bancs régulièrement superposes, on voit en certains points des étages entiers laire defaut ou se réduire à des épaisseurs inusitées. De plus, à la base de cette rérie on trouve irrégulièrement des lambeaux encoieplus amincis, souvent froissés, des couches renversées; il nest pas rare de rencontrer là, dans quelques mètres ou meme quelques décimètres d’épaisseur, des représentants et des
- lossiles de plusieurs étages jurassiques.
- 1 ous ces phénomènes s’expliquent facilement pai la continuation prolongée des efforts qui ont déterminé le plissement. Les masses qui formaient le partie supérieure du pli, 01lt été poussées en avant ; puisqu’elles ne se sont pas
- p.127 - vue 134/482
-
-
-
- 128 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- morcelées eu fragments, il faut qu il y ait eu allongement, et cet allongement n’a pu se produire que par des glissements successifs des bancs les uns sur les autres, par une sorte de déroulement du pli. La partie inférieure, c’est-à-dire la partie renversée, s’est la première amincie et laminée, et ses lambeaux se sont échelonnes sur la route parcourue; mais des glissements simultanés dans la partie supérieure des bancs ont amené également des disparitions de couches dans la série normale et non renversée.
- Il faut pourtant ajouter que la masse de recouvrement ne semble pas s’être terminée en biseau, comme le ferait supposer cette explication. On peut, à Barjols, observer un point de la ligne suivant laquelle s’est arrêté le glissement ou le charriage, ou autrement dit l’extrémité du pli couché; on constate que le noyau anticlinal y a été en partie conservé ; les couches renversées augmentent d’épaisseur et on les voit se relever de l’horizontale jusqu’à la verticale, comme pour aller rejoindre la partie non renversée du pli.
- Les dénudations ont partiellement fait disparaître ces masses de recouvrement. Il en résulte : ou des trous dans la série jurassique, qui laissent apercevoir par exemple, au milieu de l’infralias, le bajocien (Saint-Barnabé) ou même le crétacé supérieur (oratoire Saint-Jean); ou plus souvent encore, des îlots de recouvrement, c’est-à-dire des paquets de terrains triasiques ou jurassiques, à peu près horizontaux, couronnant des hauteurs au milieu des bassins crétacés. L’ilot triasique du Beausset est particulièrement intéressant à cause de la richesse en fossiles des terrains recouvrants et recouverts; mais les exemples de Saint-
- p.128 - vue 135/482
-
-
-
- 129
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES.
- Zacharie, de Rians, de Bras, de Salernes et d’Aups ne sont ni moins nets ni moins probants.
- Les progrès de la dénudation, surtout quand le substratum est sableux, peuvent réduire ces îlots à de simples blocs, de tout volume, qui s’amoncèlent en descendant verticalement à mesure que les couches sableuses qui les supportent sont entraînées, comme les blocs de grès de Fontainebleau sur le calcaire de Brie. On a alors de véritables blocs erratiques (à comparer probablement aux blocs exotiques de la Suisse) amenés à leur position actuelle, non par des glaciers, mais par l’action combinée, pendant de longues périodes géologiques, des forces orogéniques et des dénudations.
- Discordance possible du plt couché avec les plis secondaires. — En général, les terrains crétacés et tertiaires qui ont été recouverts ne présentent que de larges ondulations ou des plissements à grande courbure; dans son ensemble, le pli synclinal est un pli simple, sur lequel est couché horizontalement le pli anticlinal. Mais il peut arriver, comme cela a lieu à Glaris, qu’une série de petits plis secondaires, restés droits ou peu inclinés, se soit lormee a 1 intérieur et surtout près du noyau synclinal du grand pli. On trouve alors la masse de recouvrement horizontale et formée par exemple d’infra-lias (défilé de la Bouissière au Sud de Sa-lerne) avec des lambeaux tertiaires ou crétacés à la base, reposant sur des couches bajociennes et bathoniennes verticales et plusieurs fois repliées sur elles-memes.
- Il peut arriver aussi que la masse de recouvrement, surtout près du noyau anticlinal, présente, elle aussi, desplisse-
- 9
- il.
- IMPiUMF.Rie HATIOXALE.
- p.129 - vue 136/482
-
-
-
- 130 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE,
- ments secondaires. Ainsi, à la croix de Solliès, au-dessus de Salernes,lebajocien (de recouvrement)forme unV couché, au centre duquel est est le bathonien; il y a là une disposition qui rappelle tout à lait celle du sommet de la dent de Mordes.
- Dislocations 'postérieures de la masse de recouvrement.—Les coupes de la Saint-Beaume montrent à l’évidence que ces masses de recouvrement, primitivement à peu près horizontales, ont pu être disloquées et dénivelées par de véritables failles, failles de tassement, et leurs lambeaux présentent la forme de cuvettes synclinales bien accusées, mais le massif d’Allauch, près de Marseille, qui offre des circonstances particulièrement favorables à l’étude des couches étirées autour du noyau synclinal du pli de la Nerthe, permet de constater qu’il y a eu un véritable plissement (sans doute postérieur) des couches et des surfaces qui formaient le pli couché. Le fait n’a rien d’extraordinaire; en effet, le bassin tertiaire de Marseille, dout le dépôt est, comme on l’a vu, postérieur aux grandes dislocations, puisqu’il repose en discordance sur les terrains secondaires plissés, montre cependant des couches très fortement ondulées et relevées jusqu’à la verticale. Les actions de refoulement qui ont amené ce résultat ont dû aussi se faire sentir sur les parties voisines et plisser plus ou moins les plis couchés. Pour peu qu’en certains points cette seconde phase de plissement ait atteint une grande énergie, on conçoit quelles complications peuvent en résulter, et c’est sans doute à des phénomènes de ce genre qu’il faut attribuer les singularités encore inexpliquées de la région.
- ‘nt.
- p.130 - vue 137/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES. 131
- Physionomie générale de la Provence. — Quoi qu’il en soit, ces complications accessoires ne semblent jusqu’ici se présenter en Provence que comme des faits locaux. Le caractère général de la région, ce qui constitue sa véritable originalité, c’est la grande étendue des terrains restés horizontaux au milieu de ces grands bouleversements.
- Le bassin de Fuveau et celui duBeausset, toute la basse vallée du Gapeau et même une partie des plateaux de recouvrement de Salernes donnent, à première vue, l’impression de couches restées à peu près, comme celles du bassin de Paris, dans leurs conditions et dans leurs relations originaires de dépôt. Tandis que les Alpes suisses étalent aux yeux leurs plissements, la Provence dissimule les siens, et il faut arriver à l’observation de détail pour les constater. Il faut ajouter pourtant que les chaînons et massifs qui bordent ces bassins (Sainte-Beaume, Sainte-Victoire, la Loube), malgré des altitudes relativement laibles, montrent, par la hardiesse des lignes et pari escarpement des cimes déchiquetées, une physionomie qui rappelle celle des chaînes alpines et qui pourrait déjà, aux yeux d’un topographe exercé, trahir en partie le secret de la région.
- Age des mouvements de 'plissement. — Les grands mouvements de plissement sont antérieurs aux couches du bassin de Marseille (à Palœotherium}. Gela est du moins incontes-fable pour les environs de Marseille, mais les actions de compression ont continué à s’exercer, avec une énergie moindre, jusqu’après le dépôt de ces couches, c’est-à-dire jusqu’à la fm deTaquitanien. Au Nord d’Aix, des mouvements
- 9-
- p.131 - vue 138/482
-
-
-
- 132 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- importants ont également relevé la mollasse marine et, à partir du Léberon, ce sont même ces derniers mouvements qui semblent avoir joué le rôle principal (concordance de tous les termes jusqu’à la mollasse). Si, de là, on s’avance vers l’intérieur de la chaîne, on trouve, vers l’Est comme vers le Sud, que la mollasse est de nouveau discordante, c’est-à-dire que les plissements principaux sont plus anciens. D’autres faits sont de nature, en Provence, à jeter quelque jour sur la lenteur et sur la propagation progressive des actions de plissement.
- Les couches de Rognac (crétacé supérieur), qui sont généralement concordantes avec la série inférieure, semblent s’étendre, à la Nerthe, transgressivement et en discordance sur les couches jurassiques. Il faudrait en conclure que le pli de la Nerthe avait commencé à s’accuser et même avait déjà subi des dénudations avant la fin du crétacé supérieur.
- Les poudingues tertiaires qui, à l’Est de la Sainte-Beaume et du côté de Saint-Maximin, sont recouverts par le jurassique et par le trias, sont en certains points presque uniquement formés de gros fragments de terrains voisins. Ces terrains étaient donc émergés, et par conséquent un pli avait déjà commencé à se dessiner, avant que le pli voisin eut commencé son mouvement de charriage ou de transport horizontal. La conclusion, dans les deux cas, serait au fond la même; c’est que la formation d’un pli couché exige une durée très longue, correspondant au dépôt de plusieurs étages géologiques.
- Enfin les poudingues tertiaires sont, entre Saint-Maximin et Barjols, surmontés par des calcaires lacustres qui sont également recouverts, et dont la faune, encore insuffisam-
- p.132 - vue 139/482
-
-
-
- PROVENCE ET ALPES-MARITIMES.
- 133
- ment étudiée, semblerait jusqu’ici indiquer un âge plus récent que la base du bassin de Marseille. Si les déterminations devenaient définitives, elles prouveraient que tous les plis couchés de la région ne seraient pas du même âge, et l’on aurait là un nouvel indice de la propagation graduelle des mouvements du Sud vers le Nord, du centre de la chaîne vers ses bords.
- Il y a là des laits qui demandent de nouvelles études; mais il est certain, dès maintenant, que l’âge moyen des grands mouvements de la Provence se place vers la fin de leocène, qu’on retrouve le même âge (postnummulitique) pour les plissements des Pyrénées qui font face à la Provence de l’autre côté du golfe du Lion, et que c’est aussi celui qu’on doit attribuer au soulèvement de la zone correspondante des Alpes (seconde zone des Alpes dauphinoises, zone du flysch dans les Alpes suisses et bavaroises).
- Râlements plus anciens. — Les Maures sont discordants avec les terrains secondaires et permiens, par suite dun rideinentplus ancien qu’on peut rattacher a celui des bords du Plateau central, c’est-à-dire, à la chaîne hercynienne. Gomme dans le Plateau central, les bassins houillers y sont allongés et plissés parallèlement aux schistes cristallins qui les enclavent; il semblent donc qu’ils devraient également, quoique discordants, y marquer la place des plis synclinaux L étude des affleurements, malgré la présence au voisinage de quelques lambeaux de schistes à séricite, na pas réuss jusqu’ici à mettre le fait en évidence.
- La direction des plis des gneiss est N. S. du cote de lEst et s infléchit vers l’Ouest du côté de Collobrieres et de
- p.133 - vue 140/482
-
-
-
- 134 CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE.
- Toulon. La chaîne ancienne présente donc là une torsion d’ensemble, comparable à celle de la chaîne tertiaire. Les mêmes sinuosités de détail, naturellement moins faciles à étudier, s’y retrouvent dans les contours des différents horizons, et spécialement dans celui de la limite inférieure des phyllades. Ce dernier dessine de véritables dentelures, analogues à celles du trias à l’Ouest de Draguignan, et les phyllades pénètrent ainsi plus ou moins profondément dans les vallées des Maures : dans celle de Collobières, avec le permien; dans la vallée de la Môle; dans la vallée sous-marine des rades d’Hyères et de Toulon, avec le permien et même avec les terrains jurassiques.
- Quoique son rôle dans la seconde période ait surtout été celui de résistance et d’obstacle, le massif des Maures n’en a pas moins subi l’action et conservé la trace des pressions qu’il déviait. Ainsi le long de la bordure entre Pignans et Gonfaron, à Pierrefeu, dans la vallée de Collobrières, les phyllades sont renversées sur le permien, Il est intéressant de rapprocher ce fait du parallélisme frappant entre la chaîne ancienne et la chaîne tertiaire.
- p.134 - vue 141/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- 135
- IX
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE
- À L’ÉCHELLE DE nToo'doO-
- Dans ces derniers temps, le service géologique a été amené à entreprendre T exécution d’une nouvelle carte au millionième de la France. Au moment où cette carte vient de paraître, il semble utile de faire ressortir le but de ce travail et les moyens employés pour le mener à bonne fin.
- Les cartes géologiques à petite échelle présentent un double intérêt bien évident : elles permettent mieux que les cartes détaillées d’embrasser dans leur ensemble les principaux traits de la constitution du sol et, par leur grande diffusion, elles contribuent efficacement à vulgariser la science. Aussi, lorsque Élie de Beaumont et Dufrenoy ont publié en 18/i o leur belle carte géologique au 5001oTrô ^ ont-ils ou le soin d’en faire une réduction au 2 ooïtoôô (Iu* a été 1 objet de nombreuses éditions jusque dans ces dernières années.
- Le service géologique ne pouvait méconnaître que cette carte, remontant à près d’un demi-siècle, ne répondait plus, en dernier lieu, à l’état de la science. Il avait donc formé le projet de la remplacer lorsque, à la fin de 1 année 188 3 , il fut officiellement chargé par le Ministère des Travaux publics de coopérer à la publication de la carte géologique de l’Europe. Dès lors, l’exécution de la carte au millionième a été commencée,
- p.135 - vue 142/482
-
-
-
- 136
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- Pour mener à bonne fin cette tâche importante, le service de la carte géologique détaillée pouvait déjà fournir des documents d’autant plus précieux que les explorations avaient été étendues, à dessein et dans une pensée d’avenir, aux principales régions naturelles de la France. On peut admettre qu’en 1883 un peu plus du tiers du territoire français avait été exploré par les collaborateurs du service et pouvait être immédiatement dessiné sur la carte projetée.
- Le surplus des tracés a été confié à un comité de collaborateurs déjà initiés, par leurs travaux antérieurs, aux principales régions naturelles qui leur ont été attribuées. Ce sont MM. Barrois pour la Bretagne, Bergeron pour la Montagne Noire et le Bouergue, Bertrand pour le Jura et la Provence, Depéret pour le Roussillon, Farre pour les Gévennes, Fontannes pour le bassin tertiaire du Bhône, Fouqué et Michel Levy pour le Plateau central, Gosselet pour l’Ardenne, Jacquot pour les Pyrénées et le bassin tertiaire du S. 0., Lecornu pour le Cotentin, Lory pour les Alpes, Potier pour les Alpes-Maritimes, Ve'lain pour les Vosges.
- On a adopté, pour les terrains sédimentaires, la légende arrêtée par le comité de la carte géologique au j-50^ 0U(J de l’Europe. Les études entreprises depuis quelques années sur les terrains cristallo-phylliens et les roches éruptives ont permis d’en développer la légende, en y introduisant, autant que possible, la notion d’âge.
- Les bases du travail se trouvant ainsi arrêtées, les explorations nécessaires ont été faites sur le terrain dans le cours désarmées i884, 1885 et 1886, sans d’ailleurs porter préjudice à celles que nécessitait la confection des minutes au M-1(jü0. On a également consulté, pour le tracé de la nou-
- p.136 - vue 143/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE. 137
- velle carie, des travaux inédits de MM. Boisselier, Bureau, Collot, Delafond, Genreau, de Grossouvre, Hollande, Ki-lian, de Launay, Le Verrier, Linder, Mouret, Nentien, QEhlert et Zürcher. Il y avait, pour compléter le cadre de la carte, à recourir aux travaux publiés par nos voisins immédiats. En Belgique, en Suisse et dans les provinces rhénanes on s’est servi des cartes de Dumont, de M. von De-clien et des services géologiques. MM. Topley et Giordano ont bien voulu fournir des relevés inédits et récents de la partie méridionale de l’Angleterre et occidentale de l’Italie. On a consulté les études de M. Mallada sur le versant méridional des Pyrénées.
- Les régions naturelles dont les contours ont été modifies delà façon la plus profonde par les nouveaux tracés, sont les Pyrénées, la Bretagne, les Alpes, le Plateau central, le bassin tertiaire du Rhône.
- L’étude plus détaillée et la délimitation des terrains cris-tallins et primaires permet notamment de suivre, de la Bretagne aux Vosges, les plis qui affectent ces terrains, et d étudier dans le Plateau central la jonction des deux principales directions qu’ils suivent en France.
- Dans les Pyrénées, entre autres modifications importantes, on a pu suivre les bandes régulières des diverses formations et notamment les traînées triasiques, jalonnées
- par les lignes d’éruptions ophitiques.
- La grande extension du terrain Rouiller dans le Dauphiné, la disposition dentelée des plis couchés autour du massif ancien des Maures dans la Provence et les Basses-Alpes, la jonction des contours compliqués des Alpes-Maritimes avec ceux qui résultent des derniers relevés italiens
- p.137 - vue 144/482
-
-
-
- 138
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE.
- ressortent nettement sur la nouvelle carte. Elle a bénéficié des remarquables résultats acquis par le regretté Fontannes dans le bassin tertiaire du Rhône.
- En vue de conserver à la carte au millionième son caractère géologique, on y a fait figurer de préférence les localités appartenant aux catégories suivantes : centres de grandes exploitations minérales, principaux établissements thermaux, gisements remarquables de fossiles ou de minéraux.
- Elle a paru à la fin de 1888, devançant ainsi, sur notre territoire, l’exécution de la carte géologique de l’Europe, et laissant au comité que nous avons cité plus haut, avec la responsabilité du travail, l’honneur d’avoir parcouru une nouvelle étape dans le relevé géologique de la France.
- Pour ne pas retarder la publication, on a fait coïncider l’exécution matérielle de la nouvelle carte avec les explorations. Le programme dressé à cette effet consistait essentiellement à employer le procédé économique de l’héliogravure.
- On a jugé à propos de faire dresser une carte spéciale en prenant pour base celle du Dépôt de la Guerre à l’échelle du 32o10ôô, avec l’assurance d’obtenir ainsi la précision indispensable au report des contours géologiques. Exécutée à l’échelle de g3313-^ et divisée en quatre feuilles pour faciliter le tirage, cette carte a été réduite par la photographie au , 000 0ôô, puis gravée et reportée sur pierre.
- Pour les teintes à appliquer aux divisions introduites dans les terrains, 011 s’est rapproché, autant que possible, de la gamme adoptée pour la carte de l’Europe, afin d’arriver, pour les cartes d’ensemble, à une unification qui en facilite la lecture.
- Il n’est que juste de reconnaître les services rendus à
- p.138 - vue 145/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE DE LA FRANGE. 130
- l’œuvre par les divers coopérateurs, en les citant. G est M. Thuillier, désigné par ses travaux antérieurs, qui a exécuté le dessin de la nouvelle carte. La réduction photographique a été faite dans l’atelier de l’École des ponts et chaussées par les soins de M. Huglenin; l’héliogravure a été exécutée par M. Arents, et la carte est tirée en couleurs par M. Erhard. Enfin, M. Thomas, chef des travaux graphiques du service de la carte géologique, a rempli, à la satisfaction générale, la lourde tâche de réduire les feuilles de la carie géologique détaillée et de surveiller toute 1 exécution materielle du travail. La carte géologique de la France au 1 000000 a pour éditeurs MM. Baudry et Cic, qui ont fait l’offre la plus avantageuse dans une adjudication portant sur la réduction du prix de vente au public, fixe à q fr. 5o.
- p.139 - vue 146/482
-
-
-
- 1/|0 TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- X
- GÉNÉRALITÉS.
- Les topographies souterraines des bassins houillers ne sont autre chose qu’une étude géologique détaillée des gîtes de cette nature, avec une représentation graphique spéciale. L’intérêt quelles présentent est incontestable, soit quelles aient pour objet d’évaluer aussi exactement que possible les ressources présumées renfermées dans chaque mine, soit quelles se proposent de résoudre les questions qui se rattachent à l’extension du bassin sous les morts-terrains ou à la conduite des travaux d’exploitation.
- L’utilité de pareilles études ne pouvait être méconnue par l’administration des travaux publics. En i8A5, après avoir pris l’avis du Conseil général des mines, elle a tracé un programme relatif à la confection des topographies souterraines. L’exécution en a été généralement confiée aux ingénieurs des arrondissements minéralogiques dans lesquels les terrains à explorer se trouvaient compris.
- Antérieurement à la réorganisation du service, les topographies souterraines ont donné lieu à un certain nombre de publications laites sous les auspices de l’administration des mines. Ce sont par ordre de dates :
- t° Éludes des giles houillers et métallifères du Bocage vendéen, faites en 183h et 1835 par Henri Fournel (i836);
- p.140 - vue 147/482
-
-
-
- GÉNÉRALITÉS. 141
- 2° Étude du bassin houiller de Graissessac (Hérault), par Garella (lS/,3);
- 3° Mémoire sur les bassins houillers de Saône-et-Loire, par M. Ma-nès (i84A);
- Description historique, géologique et topographique du bassin houiller de Brassac (Puy deDôme et Haute Loire), par Baudin (18A9);
- 5° Description du bassin houiller de Decize (Nievre), par Boulanger
- (iM9)ï
- 6° Notice sur les gîtes de houille et les terrains des environs de Borges et de la Chapelle-sous-Dun et sur les gîtes de manganèse et les terrains des environs de Romanèche, par Drouot (1867);
- 70 Topographie souterraine du bassin houiller de Valenciennes, par M. Dormoy (1867);
- 8° Etudedes bassins houillers de la Creuse, par M. Gruncr (1868).
- Quelques travaux se rattachant aux topographies souterraines étaient restés inédits; parmi ces derniers, il convient de citer, à raison de son importance, 1 etude détaillée du bassin houiller de la Loire dont M. Gruner, inspecteur général, a pris l’initiative il y a plus de trente ans. Il nen avait été donné qu’un résumé où se trouvaient posées les hases de la classification des couches de ce bassin (cai te du bassin houiller de la Loire, avec texte explicatif, Saint-r Ltienne, 18/17; notice complémentaire, 1866).
- Par décision ministérielle du 23 mai 1877, la Direction du service des topographies souterraines a ete confiée au directeur du service de la carte géologique détaillée de la
- France.
- Les publications postérieures à cette date sont les suivantes :
- Bassins houillers de Brioude, Brassac et de Langeac par MM. Dor-Ihac et Amiot (1881);
- p.141 - vue 148/482
-
-
-
- 142 TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- Bassin houiller de la Loire par M. Gruner, impartie (1882) et 2e partie (1883) ;
- Bassin houiller de Roncliamp, par M. Trautmann (1886) ;
- Description de la flore fossile du bassin houiller de Valenciennes par M. Zeiller; atlas (1886), texte (1888);
- Bassin houiller de Valenciennes, par M. Olry (1886).
- Les publications'en cours comprennent :
- i° le bassin houiller d’Autun et d’Epinac, dont l’étude a été confiée à MM. Delafond R), Zeiller ^ et Renault W ;
- 20 le bassin houiller du Pas-de-Calais, confié à M. Soubeiran, ingénieur des mines.
- Les bassins du Creusot, de Blanzy et de Bert sont en cours d’exploration ; les études préliminaires ont été confiées à MM. Delafond, Zeiller, Renault et De Launay.
- Les travaux graphiques des pièces exposées par le Service ont été exécutés sous la surveillance de M. Thomas.
- L’impression en chromolithographie s’effectue dans les ateliers de MM. Lemercier et Cic, rue de Seine, 5^.
- M. Wuhrer, graveur, rue de l’Abbé-de-l’Epée, û, est chargé des travaux de gravure et de composition chromolithographique.
- L’impression typographique des textes est exécutée dans les ateliers de la maison Quantin, rue Saint-Benoît, 7.
- A la suite de l’adjudication en date du icr août 1888, MM Baudry et Cie, éditeurs rue des Saints-Pères, i5, ont été mis en possession exclusive du droit de vente des publications des topographies souterraines.
- (1) Ingénieur en chef des mines.
- (2) Ingénieur en chef des mines.
- (3) Aide-naturaliste au Muséum.
- p.142 - vue 149/482
-
-
-
- BASSIN DE VALENCIENNES.
- ^143
- XI
- BASSIN DE VALENCIENNES.
- Stratigraphie, par M. Olry, ingénieur en chef des mines.
- Le bassin houiller de Valenciennes est une partie de la longue bande carbonifère qui s’étend depuis la Westphalie jusqu’au delà de Béthune, en traversant la Belgique de l’Est à 1 Ouest; il se développe en France dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Mais il n’est connu dans ce dernier que depuis une quarantaine d’années; plus anciennement, on ne l’exploitait que dans le département du Nord, où la bouille a été découverte pour la première lois en 1720.
- Une première description de ce bassin, limitée touteloisà sa partie comprise dans le département du Nord, a ete donnée en 1867 par M. Dormoy, ingénieur des mines. A cette époque, sa production était encore inferieure à h millions de tonnes; depuis lors, elle s est accrue avec une externe rapidité, et elle a dépassé, en 1888, le chiffre de *2 millions de tonnes; en même temps, les travaux se sont étendus, des recherches ont été entreprises dans les légions encore inexplorées, et la structure de la formation houillèie a été étudiée dans les plus grands details, particuhèi ement au voisinage de sa limite méridionale, ou elle plonge sous des terrains d’âge plus ancien.
- Ces diverses circonstances étaient de nature à îendie Necessaire une nouvelle étude du bassin ayant poui tiiple
- p.143 - vue 150/482
-
-
-
- TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- \h h
- objet la détermination de l’allure des accidents qui lui ont donné sa constitution actuelle, celle du trace de ces divers faisceaux et de leur extension en direction et en profondeur; enfin, l’évaluation des richesses disponibles pour alimenter les exploitations futures. Cette étude a été confiée à M. Olry, ingénieur en chef des mines, pour le département du Nord,' et à M. Soubeiran, ingénieur ordinaire, pour celui du Pas-de-Calais.
- La partie relative au département du Nord a été publiée en 1886; elle comprend un atlas de 12 planches et un mémoire explicatif formant un volume in-à° de hilx pages, divisé en 16 chapitres.
- Le bassin houiller de Valenciennes renferme un grand nombre de veines minces, souvent très rapprochées les unes des autres; pour représenter avec une exactitude rigoureuse et en même temps d’une manière suffisamment claire leurs ondulations et leurs plissements, on a extrait des plans des compagnies le tracé de leurs voies de lond, c’est-à-dire de leurs voies de niveau, et on lésa réunis de manière à constituer un certain nombre de coupes horizontales des divers faisceaux. De plus, on a attribué une teinte spéciale à chaque tranche de 100 mètres d’épaisseur comptés à partir du sol et lorsque, dans une tranche de ce genre, 011 a été amené à indiquer plusieurs étages, on les a différenciés en donnant aux traits de même couleur des aspects différents.
- Ce procédé permet de distinguer facilement les diverses coupes et de se rendre compte, à première vue, de la hauteur de chacune d’elles. Les principaux groupes de travaux ont été ainsi représentés, sans liaison apparente, à l’échelle du sur huit feuilles (nos 2 à 9) que
- p.144 - vue 151/482
-
-
-
- CTQ
- BASSIN DE VALENCIENNES. U5
- l’on a complétées en y reportant les limites du bassin, les aleries à travers bancs, les tracés des accidents les plus importants et les affleurements des veines au contact des morts terrains; en fait d’indications superficielles, on s’est borné à y marquer la position des puits et sondages, afin de ne pas compliquer les dessins; leur lecture est du reste facilitée par un grand nombre de coupes verticales.
- Ces huit feuilles se prêtent à toutes les études embrassant une région restreinte du bassin; pour celles d’un caractère plus général, on a préparé une carte d’ensemble à l’échelle du Tnnrïüï (n° 1) qui permet de suivre les divers fais-
- —------Sü 0()0 -, -, jl
- ceaux par leurs affleurements sous le terrain crétacé, de les coordonner et de les relier entre eux; cette carte complétée par quatre coupes verticales, à la même échelle, lait connaître en outre la situation de tous les puits et sondages connus, ainsi que la nature et la prolondeur des terrains qu’on y a rencontrés; elle indique enfin les parties qui sont représentées avec plus de détails sur les leuilles au I 0 000* Les feuilles nos îo et n de l’atlas se rapportent : la première à une série d’accidents qui ont donne au bassin une structure particulière près de la frontière belge; la seconde un îlot de terrain permien que 1 on a rencontre a deux losses de la compagnie d’Aniche. Enfin, la leuille n° i‘J donne un certain nombre de coupes des bancs qui composent le terrain houiller dans les principaux faisceaux exploités.
- Les trois premiers chapitres du mémoire descriptif comprennent une étude générale du bassin. Dans le chapitre i, °n définit ses limites, son relief sous les morts terrains qui le recouvrent et son étendue superficielle qui est de plus
- p.145 - vue 152/482
-
-
-
- 146 TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- de 520 kilomètres carrés rien que dans le département du Nord. On donne l’explication des anomalies que présente sa structure générale, et dont les grands traits peuvent se résumer comme d suit i dissemblance des terrains anciens qui l’encaissent au Nord et au Sud, différence dans la nature des charbons appartenant aux veines les plus septentrionales et les plus méridionales ; dyssymétrie complète du bassin par rapport à son axe; on insiste particulièrement sur sa disposition en forme d’U incliné ayant les deux branches plongeant au Sud, sur l’existence d’une grande faille de refoulement vers sa limite méridionale, qui a amené jusqu’au jour le terrain dévonien inférieur en entraînant parfois des lambeaux renversés du dévonien supérieur, de calcaire carbonifère et de houiller inférieur et sur l’importance, considérable dans le Pas-de-Calais, négligeable dans le Nord, delà partie du bassin recouverte par des formations plus anciennes. On complète cet exposé en donnant la théorie des phénomènes qui, au voisinage de la frontière belge, ont amené jusque vers le milieu du bassin un paquet de terrains anciens renversés, en détachant de lui au Midi, une bande houillère à laquelle on a donné le nom de bassin de Dour et qui pénètre en France près de Quièvre-chain.
- Le chapitre u donne une description sommaire des morts terrains qui recouvrent la formation houillère, du terrain houiller lui-même divisé en deux étages et des terrains de transition qui l’environnent.
- Enfin, le chapitre ni complète cet ensemble de généralités en entrant dans quelques détails sur la constitution intime du bassin houiller, sur la nature et la répartition en
- p.146 - vue 153/482
-
-
-
- BASSIN DE VALENCIENNES. 147
- faisceaux des veines qu’il renferme et sur les principaux accidents qu’il présente. Au nombre de ces derniers, on a étudié d’une manière toute spéciale la grande faille appelée Cran de Retour qui a eu pour effet d’affaisser la partie méridionale du bassin par rapport à sa partie septentrionale et de le diviser ainsi en deux régions dont l’une, située au Nord, est presque exclusivement composée par des plateures et dont l’autre, au Sud, est formée d’une série de plateures et de dressants.
- Les chapitres iv à xv sont consacrés à la description particulière des gisements des diverses concessions. Pour chacune d’elles, on fait connaître les veines exploitées ou même simplement reconnues; avec l’indication de leur composition physique, de leur teneur en matières volatiles et de leur proportion de cendres on donne une description complète de leur allure, des accidents qu elles présentent et des travaux d’exploitation ou de reconnaissance qui y ont été exécutés, et l’on cherche, dans la mesure du possible, à établir la continuité des faisceaux au travers du bassin, ainsi que leur ordre de superposition et leurs relations mutuelles; on s apphque enfin à définir et à délimiter les régions susceptibles d’être avantageusement exploitées et celles qui, en raison de leur situation spéciale et de divers indices, doivent être considérées comme sans valeur industrielle, de manière à permettre d’apprécier les ressources que chaque
- concession possède.
- Le chapitre xvi et dernier est un résume succinct de 1 ensemble de l’ouvrage. Il indique les traces que suivent, au travers du département du Nord, les differents faisceaux de veines de houille et donne une appréciation du nombre de
- 10.
- p.147 - vue 154/482
-
-
-
- 148
- TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- ces veines et de la richesse minérale qu elles renferment. Leur nombre est d’environ 156, dont 11 o au Nord du Grau de Retour et 66 au Sud; leur épaisseur utile est environ de om,6o, et leur écartement, de 36 mètres. 11 résulte de là qu’en tenant largement compte des parties inexploitables par suite d'étranglements, de failles et de brouillages, des bandes stériles qui existent sur les deux bandes du bassin et de sa faible épaisseur au voisinage de sa limite septentrionale, on peut évaluer à plus de 2,600 millions de tonnes la quantité de charbon restant à prendre dans le département du Nord, sur une hauteur de 800 mètres seulement comptée à partir de la base des morts terrains.
- Pour la partie du bassin houiller de Valenciennes comprise dans le département du Pas-de-Calais, M. Soubeirain, ingénieur des mines, poursuit un travail identique à celui qu’a fait paraître en 1886 M. l’ingénieur en chef Olry pour la partie du même bassin comprise dans le département du Nord.
- Ce travail comportera un mémoire descriptif avec un atlas d’environ i5 planches. Dans les premiers chapitres du mémoire se développera une étude générale de la structure du bassin; puis, dans les chapitres suivants, chaque concession sera étudiée en détail. A l’appui de cette étude seront dressées des cartes au j o oôô reproduisant toutes les voies de fond tracées dans les veines déjà exploitées ou encore en exploitation. Elles seront complétées par des coupes à même échelle. Quelques-unes de ces cartes déjà exécutées sont exposées.
- Le bassin houiller du Pas-de-Calais se rattache sans dis-
- p.148 - vue 155/482
-
-
-
- BASSIN DE VALENCIENNES. 149
- continuité au bassin houiller du Nord, et on les englobe généralement sous le nom de bassin houiller de Valenciennes.
- Dans toute son étendue, le bassin houiller du Pas-de-Calais est masqué par des morts terrains mesurant une centaine de mètres d’épaisseur.
- Aussi, le coude brusque, vers le N.-O., que présente le terrain houiller aux environs de Douai, a, malgré d’anciennes et de nombreuses recherches, retardé très longtemps la découverte du prolongement dans le Pas-de-Calais du bassin houiller du Nord. Cette découverte a été due aux constatations faites dans un forage exécuté à Oignies en i8à6 pour la recherche d’eaux jaillissantes, à celles qui furent laites dans les sondages entrepris peu après aux environs de Douai par la Société de la Scarpe, et enfin aux études géologiques de M. du Souich qui, en traçant la direction des affleurements du terrain dévonien à Douai vers le Boulonnais, a marqué la limite méridionale du bassin. Des recherches par puits et forages, poussées tort activement à partir de i85o, amenèrent en quelques années 1 institution des dix-huit concessions suivantes : Dourges, Courtières, Cens, Grenay, Nœux, Bruay, Maries, berlay, Cauchy-à-la-1 our, Auchy-au-Bois, Fléchinelle, Liévin, Vendin, Meur-cbin, Carvin, Ostricourt, Douvrin et Annœullin. A cette époque, on considérait comme absolument négatif tout sondage qui rencontrait des terrains anciens. Les limites méridionales des concessions que nous venons denumerer ont oté tracées dans cette hypothèse, c’est-à-dire en suivant approximativement l’affleurement Sud de la formation houillère sous le tourtia, hase des morts terrains. Mais a la suite
- p.149 - vue 156/482
-
-
-
- 150
- TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- des travaux de Cauchy-à-la-Tour, des soudages faits en 1872 par les compagnies de Liévin et de Courrières au Sud du bassin, du fonçage de la fosse de Gourcelles et de diverses autres recherches heureuses au Midi, il fut nettement démontré que, dans le Pas-de-Calais, le terrain houil-ler plonge par son hord Sud sous les terrains anciens, dont il est séparé par une faille plate dont l’inclinaison varie de i5 à 2 5 degrés. Cette découverte eut pour effet de reporter de a à 3 kilomètres au Midi la limite des terrains concédés, ce qui se fit par l’institution de deux nouvelles concessions, Courcelles et Drocourt, et par l’extension des anciennes.
- L’ensemble des vingt concessions que comporte actuellement le bassin du Pas-de-Calais représente une superficie de 57,836 hectares. La bande houillère a, en effet, dans le Pas-de-Calais, une longueur de 56 kilomètres et une largeur moyenne de 10 kilomètres. Elle atteint sa largeur maximum aux environs de Lens, puis va en se rétrécissant vers le couchant pour disparaître complètement aux environs de Fléchinelle.
- Le bassin houiller du Pas-de-Calais, comme celui du Nord, 11e présente que des couches minces, variant en puissance de om,/i5 à 2 mètres. Ce n’est qu’exceptionnellement qu’on constate des épaisseurs plus grandes. Le bassin fournit toute la série des charbons depuis les maigres à 8 ou 10 p. 100 de matières volatiles jusqu’aux charbons à gaz, demi-secs, atteignant 37 et même ko p. 100 de matières volatiles et se rapprochant beaucoup des flérius belges. Entre ces deux extrêmes, 011 trouve toute la succession des quart-gras, des demi-gras, des gras à coke et des gras à gaz. En
- p.150 - vue 157/482
-
-
-
- BASSIN DE VALENCIENNES.
- 151
- général, dans le Pas-de-Calais, les couches sont enplateures et d’allure régulière; l’ensemble plonge vers le midi. Cependant, au voisinage des terrains anciens de la lisière Sud, on constate des terrains très brouillés et complètement renversés.
- Le bassin houiller du Pas-de-Calais, quoique de découverte récente, a pris rapidement une grande importance dont nous allons donner une idée par quelques chiffres statistiques.
- Le bassin du Pas-de-Calais comporte 54 sièges d’exploitation en activité, comprenant 61 puits d’extraction et 8 puits ne servant qu’à l’aérage ou à l’épuisement; au total, 69 puits. De plus, il y a actuellement dans le bassin 6 puits en fonçage ou en aménagement.
- La production des houillères du Pas-de-Calais a ete,en 1887, de 7,1 19,633 tonnes se répartissant ainsi qu’il suit,
- par concession : COMPAGNIES. CHIFFRES APPROXIMATIFS pour 1887.
- Dourges 327,388 tonnes.
- Courrières 963,233
- Lens et Douvrin 1,295,976
- Bully-Grenay 808,066
- Nœux 970,635
- Bruay 779’^2
- Maries 536,787
- Ferfay 162,221
- Auchy-au-Bois 7,318
- Fléchi ne! le 43,3o6
- Liévin 523,700
- Vendin 60,022
- A reporter, 6,478,134
- p.151 - vue 158/482
-
-
-
- 152
- TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- Report
- Meurchin..............
- Garvin................
- Ostricourt............
- Courcelles-Iez-Lens . . . Drocourt..............
- 6,^78,134 tonnes. 203,870 186,068 42,3io 48,937
- 160,314
- Total
- 7,119,633
- La production était en 1867 de 1,612,197 tonnes, et en 1877 de 4,367,390 tonnes. La production actuelle représente donc quatre lois et demie celle de 1867, et plus de deux fois celle de 1877.
- La production du bassin, après être restée stationnaire pendant les années i884 et 1885, a repris depuis cette époque un nouvel essor; depuis deux ans, elle a augmenté chaque année de 10 p. 100 environ;elle représente actuellement le tiers de la production et le quart de la consommation française. Son marché s’étend jusqu’à la Loire et tend à refouler complètement de l’Est les charbons étrangers.
- Les expéditions par chemin de fer représentent environ 60 p. 100 de la vente totale; les expéditions par bateaux, 37 p. 100, et celles par voitures, 3 p. 100.
- Les compagnies houillères ont occupé en 1887 environ 22,000 ouvriers au fond et 7,000 au jour, auxquels il a été distribué 3i millions de salaires.
- p.152 - vue 159/482
-
-
-
- BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES.
- 153
- BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES.
- Flore fossile, par M. Zeiller, ingénieur en chef des mines.
- Un grand nombre de couches du bassin de Valenciennes l'enferment, dans les schistes de leur toit, d abondantes empreintes végétales qui ont fourni sur la constitution de la flore d’intéressants renseignements. Grâce aux collections réunies dans les différentes concessions du bassin, dune part par M. l’inspecteur général du Souich, d autre part par les exploitants eux-mêmes, il a été possible de se rendre compte des différences que subissait d’un faisceau à 1 autre la constitution de cette flore houillère et d en déduire 1 âge relatif de certains groupes de couches dont le niveau n était
- pas encore exactement connu.
- H a été recueilli dans tout l’ensemble du bassin, en y comprenant les exploitations du bas Boulonnais, a 1 Ouest du Pas-de-Calais, un total de 16 6 espèces se repartissant en : 7A fougères, 18 équisétinées ou calamariées, â spliénophyl-lees, 5â lycopodinées et î k phanérogames gymnospermes.
- Le travail exposé comprend d’abord un atlas de ç)â planches in-A°, dessinées sur pierre par M. Ch. Guisiin, et représentant, pour chacune de ces 166 especes, les specimensles ]oieux conservés et les plus caractéristiques qu il a été possible de recueillir; les détails les plus importants pour la détermination de l’espèce ou pour la connaissance de la sti uc-
- p.153 - vue 160/482
-
-
-
- 154
- TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- ture des parties intéressantes sont représentés grossis de manière à mettre en évidence tous les caractères essentiels.
- Dans le volume de texte sont rappelés d’abord les caractères principaux des grands embranchements du règne végétal, et ceux des classes représentées à l’état fossile dans le terrain houiller, ainsi que des genres dans lesquels elles se subdivisent, avec les interprétations diverses auxquelles ont donné lieu les groupes litigieux et l’indication des motifs qui ont conduit à leur donner, dans ce travail, telle ou telle place plutôt que telle autre. Les diverses espèces de chaque genre sont décrites en détail et pour chacune d’elles la description est suivie de la liste des localités, fosses et veines où la présence en a été constatée.
- Le dernier chapitre contient l’énoncé des conclusions qu’on a pu tirer de l’étude de la flore au point de vue du classement des divers faisceaux, avec une carte d’ensemble du bassin, indiquant par des teintes différentes les âges relatifs de ces faisceaux.
- Au point de vue paléontologique, l’étude des empreintes recueillies a donné quelques résultats nouveaux et intéressants. Parmi les fougères il a été reconnu un certain nombre de types spécifiques qui n’avaient pas encore été décrits, et plusieurs espèces ont été rencontrées à l’état fructifié avec leurs sporanges conservés sous forme de grains charbonneux et montrant encore au microscope les détails de leur structure. Il a été possible, grâce à cette bonne conservation, de déterminer la place que devaient occuper, dans la classification générale adoptée pour les fougères vivantes, plusieurs des fougères du terrain houiller; quelques-unes d’entre elles possédaient des sporanges munis d’un anneau élastique,
- p.154 - vue 161/482
-
-
-
- BASSIN H0U1LLER DE VALENCIENNES. 155
- tels qu’on les observe dans la grande majorité des fougères actuelles; la plupart avaient des sporanges coriaces, sans anneau, ce qui conduit à les ranger dans la famille des Ma-rattiacées, qui est cantonnée aujourd’hui dans les régions tropicales et réduite à un nombre fort restreint de genres et d’espèces, mais qui avait à l’époque houillère une importance infiniment plus grande et comprenait les formes les plus variées.
- Les équisétinées ou calamariées ont lourni aussi quelques échantillons munis de leurs épis de fructification, différents de ceux des Equisetum vivants par l’intercalation de verticilles de bractées stériles entre les verticilles fertiles, ainsi que par le nombre moindre des sporanges de chaque groupe, ces sporanges étant réunis seulement par quatre au sommet de chaque sporangiophore.
- Il a été possible également d’étudier sur quelques échantillons bien conservés la constitution des épis fructificateurs des Sphenophyllwn, qui, tout en présentant certaines ressemblances avec les calamariées et les lycopodinees, diffèrent par d’importants caractères de l’une et de I autre de ces deux classes et forment une famille à part sans analogue dans le monde vivant.
- Parmi les lycopodinées, qui comprennent deux groupes distincts, les lépidodendrées et les sigillariees, le premier de ces deux groupes a pu être l’objet, pour un de ses genres les plus singuliers, le genre Bothvodendron, dobservations nouvelles, grâce aux échantillons récoltés à Anzin et a Car-vbi, qui en ont fait connaître le mode de ramification et le feuillage, sur lesquels on n’avait jusqu alors aucune donnée précise.
- p.155 - vue 162/482
-
-
-
- 156
- TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- Pour les sigillaires, la découverte depis de fructification portant encore sur leurs pédoncules des cicatrices foliaires reconnaissables et géneriquement determinables a permis de trancher une question depuis longtemps pendante, celle de la place à attribuer dans la classification à ces plantes, si différentes de tout ce que nous connaissons aujourd’hui et d’affirmer d’après la nature de leurs organes reproducteurs qu’elles appartenaient à l’embranchement des cryptogames vasculaires.
- Les gymnospermes n’ont guère fourni de renseignements nouveaux, bien qu’il ait été recueilli dans le bassin un certain nombre de graines et d’inflorescences qui doivent leur être rapportées; elles 11e tiennent, du reste, dans l’ensemble de la flore qu’une place assez peu importante.
- Les proportions suivant lesquelles les diverses classes de végétaux qui viennent d’être passées en revue entrent dans la constitution de la flore du bassin de Valenciennes sont celles qu’on observe dans les divers bassins de l’étage houiller moyen; les fougères y occupent la première place, représentées surtout par des Sphenopteris, des Mciriopteris, des Alethopteris et des Nevropteris; les lycopodinées viennent ensuite, et parmi elles ce sont les Sigillaria, représentées presque exclusivement par des sigillaires à écorce cannelée, qui sont au premier rang.
- Par ces caractères généraux, comme d’après la nature des espèces qui constituent sa flore, le bassin de Valenciennes ou d’une façon plus générale le bassin franco-belge, dont il forme la portion la plus occidentale vient se classer de la façon la plus nette dans l’étage houiller moyen, c’est-à-dire au même niveau que plusieurs des bassins les plus pro-
- p.156 - vue 163/482
-
-
-
- BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 157
- ductifs de l’Europe tels, par exemple, que le bassin de Newcastle en Angleterre et le bassin de la Ruhr en West-phalie.
- Outre cette identification générale de niveau, il a été possible par l’étude de la flore de préciser avec exactitude les rapports d’àge du bassin de Valenciennes avec plusieurs autres bassins de l’Europe, intéressants, soit au point de vue économique, soit au point de vue géologique.
- C’est ainsi que tout en étant, en gros, contemporain de la partie inférieure du bassin de la Sarre, de ce qu’on appelle les couches de Saarbrück proprement dites, le bassin de Valenciennes se montre un peu plus ancien qu elles, sa zone la plus profonde n’existant pas à Saarbrück ou n’y étant pas connue, tandis que la zone la plus élevée du système de Saarbrück manque dans le bassin franco-belge, aussi bien que le système dit d’Ottweiler qui lui lait suite. Ce dernier système appartient déjà d ailleurs au terrain houiller supérieur et correspond, du moins en partie, a nos bassins du centre de la France, au bassin de la Loire
- par exemple.
- Les couches de Zwickau et de Lu gau, en Saxe, un peu plus récentes que celles du système de Saarbrück, n ont du, à en juger par leur flore, commencer à se déposer que vois le moment où, dans le nord de la France et en Belgique, les dépôts houillers touchaient à leur fin, cle telle soite qu il } a seulement contemporanéité entre la zone superieuie du bassin lranco-belge et la zone inférieure de la Saxe.
- H y a, en revanche, concordance dage complète entic las couches houillères du Nord et du Pas-de-Calais et celles de Schatzlar du bassin de basse Silésie-Bohème. Dans la
- p.157 - vue 164/482
-
-
-
- 158 TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- Bohême centrale, on retrouve a Radnitz un grand nombre des espèces du bassin franco-belge, a 1 exception peut-être de celles de la région la plus inférieure; par contre les couches de Radnitz paraissent s’élever plus haut que celles du nord de la France, à en juger par la présence de quelques espèces de l’étage houiller supérieur qui n’ont pas été rencontrées dans ces, dernières.
- Si de cette comparaison de la flore du bassin de Valenciennes avec celle des autres bassins houillers on passe à la comparaison des différents faisceaux du bassin même de Valenciennes les uns avec les autres, on reconnaît que la flore n’y est pas partout identique à elle-même et qu’il est possible de déduire des variations quelle subit des conclusions assez précises pour le classement relatif de ces faisceaux.
- Les couches les plus anciennes paraissent être celles d’An-nœullin, dans lesquelles on a observé, à côté d’espèces franchement houillères, le Pecopteris aspera et le Lepidoclen-dron Veltheimi, qui font partie de la flore du Gulm; peut-être cette zone ancienne, qui vers l’Ouest ne dépasse pas la concession d’Annœullin, s’étend-elle vers l’Est le long de la limite septentrionale du bassin et comprend-elle le faisceau anthraciteux exploité autrefois à Braille et à Ghâteau-1’Abbaye; mais on n’a aucun renseignement sur la flore des couches situées dans ces concessions, depuis longtemps abandonnées.
- Ensuite vient le faisceau de houilles maigres du département du Nord, exploité notamment à Vieux-Condé, à Fresnes et à Vicoigne, et dont la flore est encore relativement pauvre, mais comprend, entre autres, comme très li é-
- p.158 - vue 165/482
-
-
-
- BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 159
- quentes les espèces ci-après : Sphenopteris Hœninghausi, Pe-copteris Volkmami, Alethopteris lonchitica, Nevropteris Schle-hani, New. obliqua, Bothrodendron punctatum et Sigillana
- elegans.
- Dans la zone moyenne, la flore est plus riche et bien caractérisée par l’abondance des Sphenopteris trifolioliata, Di-plotmema furcatum, Pecopteris dentata, Alethopteris Davreuxi, Lonchopteris rugosa, Lonch. Bricei, Lepidodendron aculeatum, Sigillana scutellata, Sig. elongala et Sig. rugosa. La région inférieure de cette zone est représentée par le faisceau demi-gras d’Anzin et d’Aniche, tandis que les charbons gras exploités au Sud du Cran de Retour dans les concessions d’Anzin, de Denain et de Douchy en constituent la région supérieure, renfermant déjà quelques espèces telles que Alethopteris Serli et Dictyopteris sub-Brongniarti qui n avaient pas été observées plus bas, et ne possédant plus, au contraire, certaines espèces de la zone inférieure, comme : Sphenopteris Hœninghausi, Sph. Laurenti, Pecopteris Volkmanni
- et Bothrodendron punctatum.
- Le laisceau gras de Douai, exploite dans les concessions dAniche et de l’Escarpelle, paraît, par sa flore, intermediaire comme niveau entre les charbons demi-gras et les charbons gras d’Anzin5 il représenterait donc la légion moyenne de la zone moyenne qui vient d etre définie tout à 1 heure et il n’est sans doute que la réapparition, à 1 Ouest, du laisceau gras exploité par la losse Tbiers, dAnzin, au Nord du Cran de Retour et interrompu dans son prolongement vers le Sud et vers l’Ouest par ce dernier accident.
- Si du département du Nord 011 passe à celui du Pas-de-balais, on est frappé de voir apparaître dans les concessions
- p.159 - vue 166/482
-
-
-
- TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- KiO
- de Courcelles-lez-Lens et (le Dourges, presque eu regard du faisceau gras de Douai, une nombreuse sérié d espèces qui n’ont été rencontrées ni dans ce faisceau gras ni même au Sud du Cran de Retour dans la région supérieure delà zone moyenne, et dont plusieurs font partie delà flore du terrain Rouiller supérieur. Cette discordance ne peut s’expliquer que par un fort'contournement qui, du côté de l’Ouest, aurait reporté vers le Nord les couches du laisceau de Douai, ou, beaucoup plus vraisemblablement, par un grand accident dirigé à peu près du N.-N.-O. au S.-S.-E. et plongeant vers le S.-O. L’existence de cet accident, qui mettrait en regard les unes des autres des couches plus récentes sur son bord occidental et des couches plus anciennes sur son bord oriental, n’a pas été positivement constatée par les travaux d’exploitation, mais elle est rendue au moins probable par les brouillages qui ont été reconnus vers l’Est des concessions de Dourges et de Courcelles-lez-Lens et contre lesquels sont venus buter les travaux de ces deux concessions.
- La constitution du bassin dans le Pas-de-Calais n’est, d’ailleurs, pas tout à fait la même que dans le Nord : la zone inférieure correspondant au faisceau maigre de Vieux-Condé et de Vicoigne paraît y manquer, et les deux régions, inférieure et moyenne, de la zone moyenne y semblent confondues; du moins la flore observée dans le faisceau maigre d’Ostricourt, Carvin, Meurchin, Douvrin et Yendin semble à peu près homogène dans toute l’étendue de ce faisceau et comprend à la fois des espèces de l’une et de l’autre de ces deux régions de la zone movenne. Aussi, sur la carte d’ensemble annexée au dernier chapitre du texte descriptif
- p.160 - vue 167/482
-
-
-
- BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 161
- de la llore, ce faisceau maigre a-t-il été indiqué par une seule et même teinte, intermédiaire entre les deux teintes alfectées aux deux régions, moyenne et inférieure, de la zone moyenne du bassin.
- Il est à noter que, si l’on continue à suivre vers l’Ouest à partir de la concession de Vendin, le bord septentrional du bassin du Pas-de-Calais, on n’observe aucun changement dans la flore; les espèces observées dans les couches maigres de Carvin et de Meurchin se retrouvent sans modification dans leurs proportions relatives et sans mélanges de formes spécifiques nouvelles jusque dans les couches dAuchy-au-Bois et de Fléchinelle qui, en raison de leur teneur élevee en matières volatiles, étaient regardées comme plus récentes que les couches maigres et étaient assimilées aux couches grasses de la bande méridionale du Pas-de-Calais.
- Au-dessus de ces couches du laisceau intérieur, maigres au centre et à l’Est, grasses à l’Ouest, on retrouve la dore de la région supérieure de la zone moyenne, semblable a ce quelle est dans le département du Nord au Sud du Cran de Betour, mais limitée à une bande assez étroite qui comprend les charbons demi-gras ou quart-gras de la losse n° 1 de fourrières, de la fosse n° k de Bully-Grenay, des losses n° 3 et n° 6 de Nœux et de la losse n° 2 de Bruay, ainsi qu une partie des veines grasses des losses n° 2 et n° 3 de Ferfay.
- loutes les autres couches, plus méridionales, du depai-tement du Pas-de-Calais, constituées par des charbons gras ou même flénus, c’est-à-dire renfermant jusqu’à ko p. 100 3e matières volatiles et parfois davantage, présentent une flore bien distincte de celle de la zone moyenne par la pie-
- 1 1
- IMMIMEBir. RATIOKAL*.
- p.161 - vue 168/482
-
-
-
- 162
- TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- sence de plusieurs espèces du terrain liouiller supérieur, telles que les Sphenopteris chœrophijlloïdes, Pecopteris integra, Alethopteris Grandini, Calamites cruciatus, Annularia spheno-phylloïdes et An. stellata, qui ne s étaient pas montrées plus Las. Cette zone supérieure est caractérisée en outre par l'abondance des espèces suivantes : Sphenopteris obtusiloba, Sph. nevropteroïdes, Pecopteris abbreviata, Alethopteris Serli} Nevropteris rarinervis, Dictyopteris sub-Brongniarti, Asterophyl-lites equisetiformis, Sigillaria lœvigata, Sig. lessellata, Sig. camptotœnia et Conduites borassifolius; elle setend de la concession de Courcelles-lez-Lens à l’Est, sur les concessions ou du moins sur la majeure partie des concessions de Dourges, de Courrières, de Lens, de Liévin, de Bully-Grenay, de Nœux, de Bruay, de Maries et sur une petite portion de celle de Ferfay.
- Elle ne paraît pas représentée dans le Nord, du moins dans les portions du bassin sur lesquelles ont jusqu’à présent porté les travaux.
- Il est à remarquer que l’étude de la flore ne paraît nullement confirmer l’idée qu’on s’était souvent laite du bassin du Nord et du Pas-de-Calais, en admettant qu’au Sud d’une ligne idéale orientée à peu près de l’Ouest à l’Est et représentant l’axe du bassin, on devait voir réapparaître successivement, à l’affleurement au tourtia, les différentes veines observées au Nord de cette ligne, mais en ordre inverse naturellement. Au contraire, il semble que, sur une section transversale du bassin, quel que soit le point considéré, on rencontre toujours, en allant du Nord au Sud, des couches de plus en plus récentes, comme si ces couches, au lieu d’affecter une allure en fond de bateau, avaient été simple-
- p.162 - vue 169/482
-
-
-
- BASSIN HOUILLER DE VALENCIENNES. 163
- i
- nient disposées parallèlement les unes aux autres ou légèrement divergentes en éventail, mais en stratification transgressive , chaque couche s’étendant plus loin vers le Sud que celles qui l’ont précédée. Tout au moins ne semble-t-il pas qu’on ait encore rencontré, en allant du Nord au Sud, 1 al-fleurement au tourtia d’aucune des couches ou d’aucun des faisceaux déjà observés au Nord; s’il y a réellement relèvement de la portion méridionale des couches, ce qui semble douteux, il est probable que c’est seulement beaucoup plus loin vers le Sud, c’est-à-dire le long de la faille-limite ou meme de la grande faille du Midi, qu.’on pourra voir reparaître les couches connues plus au Nord, en supposant du moins qu’elles se prolongent jusque-là avec une épaisseur de charbon suffisante pour qu’on puisse reconnaître leur existence.
- h .
- p.163 - vue 170/482
-
-
-
- T 0 P 0 G11A P H1E S S 0 U T E R R AIN E S.
- 16/i
- BASSIN HOUILLER D’AUTUN.
- La topographie souterraine du bassin houiller d’Autun comprend :
- i° Une carte géologique d’ensemble à l’échelle de .
- 2° Un mémoire explicatif, consacré partie à l’étude strali-graphique du bassin par M. Delafond, ingénieur en chef des mines, partie à l’étude paléontologique des végétaux fossiles qui y ont été rencontrés, par MM. Zeiller, ingénieur en chef des mines, et Renault, aide naturaliste au Muséum.
- 3° Un atlas de planches relatif à la flore fossile.
- Le bassin d’Autun affecte la forme d’une ellipse irrégulière, dont le grand axe, orienté sensiblement de l’Est à l’Ouest, mesure environ trente-sept kilomètres, et le petit axe, dans la direction N. S. treize à quatorze kilomètres. Il est sillonné par de nombreuses failles et l’on y observe d’importants épanchements de roches éruptives qui souvent en recouvrent les bords. Actuellement il est limité ou recouvert partiellement, au N. 0. par des roches porphy* riques, au Nord et au N. E. par des tufs orthophyriques, à l’Est et au S. E. par des arkoses secondaires, au Sud, au S. 0. et à l’Ouest par des granulites à un ou deux micas.
- Il comprend :
- i° Des lambeaux de terrain anthracifère appartenant au Culm;
- > 'v
- p.164 - vue 171/482
-
-
-
- BASSIN HOUILLER D’A UT UN. 165
- 9° Différentes assises du terrain houiller supérieur;
- 3° De puissantes couches permiennes, reconnues sur presque toute l’étendue du bassin, mais souvent recouvertes par des alluvions anciennes.
- I. Terrain anthracifère. — Ce terrain a été rencontre seulement au Nord-Ouest du bassin, caractérisé par de l’anthracite et par des empreintes végétales appartenant au
- Culm.
- On a recueilli un certain nombre de ces empreintes à la Vèvre, au Bois Saint-Romain, à Collonge et surtout à Esnost, où l’on a trouvé notamment le Cardiopteris polymor-pha, le Lepidodendron Veltheimiamm et des tiges de Bornia; on a rencontré en outre, disséminés dans les tufs orthophy-riques d’assez nombreux magmas silicifiés contenant des végétaux de la même époque à structure conservée.
- Ee terrain houiller moyen n’a été reconnu sur aucun
- point.
- H. Terrain houiller. — Les couches houillères du bassin appartiennent toutes au terrain houiller supérieur : on peut y distinguer trois étages :
- 10 Etage inférieur (puissance de 5o a 100 mettes) constitué par une alternance de grès et schistes avec couches do houille subordonnées. Ces dernières sont exploitées •lans la concession d’Épinac, elles ont une allure iuégu-^'ere; tantôt elles sont distinctes, tantôt elles sont îeunies en un seul faisceau de 6 à 8 mètres d épaisseur.
- On y rencontre des formes végétales relativement «anciennes, notamment des sigillaires cannelees;
- p.165 - vue 172/482
-
-
-
- 166 TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- 2° Étage moyen (puissance approximative de 800 à 1000 mètres) constitué par une alternance de grès et de poudingues avec quelques rares bancs de schiste. Le houil-ler n’est représenté que par des veinules sans importance.
- 3° Étage supérieur (puissance approximative i5o mètres) constitué par une alternance de grès et de schistes avec deux eu trois petites couches de houille exploitées jadis dans les concessions de Molloy, de Sully, de Pau-vray et explorées à Drousson, Fillouse Autun, Ornez, Vauteau, Polroy.
- La flore, plus riche que celle d’Épinac, est caractérisée par des espèces plus récentes et comprend notamment un grand nombre de fougères, des cordaïtes, des Dolerophyl-lum et des Dicranophyllum.
- L’étage inférieur et l’étage moyen n’affleurent que dans la partie Est du bassin; l’étage supérieur forme au contraire une ceinture presque continue autour du terrain permien; il n’y a d’interruption que dans les environs de Reclesne et d’Igornay.
- III. Terrain permien. — Là où le terrain permien n’a pas été recouvert par des éruptions de roches porphyriques, il repose presque toujours avec une inclinaison de plus en plus faible sur les couches houillères supérieures; il occupe toute la plaine autunoise, mais dissimulé la plupart du temps sous des ailuvions tertiaires.
- Il peut se diviser en trois horizons principaux :
- a. L’étage inférieur, puissant de i5o à 200 mètres,renferme des schistes bitumineux fournissant une huile légère; il est surtout développé à Igornay, Saint-Léger-du-Bois,
- p.166 - vue 173/482
-
-
-
- BASSIN HOUILLE* D’AUTUN. 167
- mais il s’étend jusqu’au Poisot (couches inférieures de l’exploitation).
- La flore en est caractérisée par un grand nombre d espèces houillères, encore prédominantes, mais auxquelles sont associés des Walchia en abondance et quelques rares Callipteris. Comme fossiles animaux, on y a recueilli des poissons et des sauriens, et quelques crustacés.
- Au-dessus des schistes bitumineux se trouvent des bancs de calcaire magnésien, caverneux, peu épais. Au Maugun, près d’igornay, à Lovernay, à Millou se rencontrent d assez nombreux échantillons de bois silicifiés de cordaïtes dépendant vraisemblablement de cet horizon.
- b. L’étage moyen comprend une série, épaisse d environ 3oo mètres, de couches de schistes bitumineux exploitées à Lally, Muse, Gordesse, Dracy-Saint-Loup, Ravelon, la Cornaille, le Ruet, et dans lesquelles les types végétaux permiens, tels que les Callipteris, les lœniopteris, les Walclna
- deviennent plus abondants et plus variés.
- L huile fournie par la distillation des schistes est plus lourde que celle qui provient du traitement des schistes bitumineux de l’étage précédent.
- Dans certaines régions dépendant de cet horizon, comme a ^ergoncey, le Cerveau, la partie basse de Chambois, la Comaille, etc., on rencontre de nombreux végétaux silicifiés, tels que : Cordaïtes, Psaronius, Arthropitus. G est poui 1 exploitation des schistes bitumineux contenus dans cet étage flue s’étaient fondées le plus grand nombre des usines à
- schistes de la contrée.
- On a exploité jadis à Chambois deux petites couches de Louille appartenant à cet étage.
- p.167 - vue 174/482
-
-
-
- 168
- TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- c. L’étage supérieur, le moins étendu, en y comprenant les schistes qui surmontent le Boghead et les grès rouges du sommet de la formation permienne, peut atteindre 3oo à hoo mètres de puissance. La couche de Boghead qui caractérise cet étage a été ou est exploitée à Millery, Margennes, l’Orme, les Thél-ots.
- Les principales empreintes végétales rencontrées sont des Callipteris variés, des Odontopteris, de nombreux Wal-chia, quelques similaires, des feuilles et des inflorescences de cycadées.
- Les huiles qui proviennent du Boghead sont plus lourdes que celles des deux étages qui précèdent.
- Le nombre de végétaux silicifîés dépendant de cet horizon est considérable : ils se rencontrent aux champs des Espar-geolles, de la Justice, à Millery, Margennes, etc. Les genres les plus fréquents, représentés par de nombreuses espèces, sont des Psaronius, des Pecopteris fructifiés, des sigillaires, des calamodendrées, des cycadées, des conifères offrant parfois une merveilleuse conservation.
- On a recueilli dans cet horizon de nombreux poissons et sauriens, notamment des Actinodon, et des batraciens, comme les Protriton.
- Quant aux grès rouges, ils n’ont jusqu’à présent fourni aucun fossile.
- Formations plus récentes. — Les terrains houiller et permien du bassin d’Autun sont le plus généralement recouverts et masqués, soit par les terrains secondaires (trias et lias du plateau de Curgy), soit par des alluvions anciennes ou modernes.
- p.168 - vue 175/482
-
-
-
- BASSIN HOUILLER D’AUTUN. 169
- Les alluvions anciennes se rattachent, par leur mode de gisement et leur degré d’altération, aux cailloutis des vallées de la Loire et de la Saône considérés comme pliocènes.
- Mouvements du sol et dislocations. — Les mouvements qui ont affecté le bassin d’Autun sont de deux sortes :
- D’une part, il y a eu après et probablement aussi pendant le dépôt du terrain houiller des mouvements du sol qui ont fait que les couches les plus basses n’affleurent qu’à Épinac sur la lisière Est, tandis que les plus élevées affleurent sur les lisières Ouest, Sud et en partie sur la lisière Nord. Ces mouvements ont continué après la fin des dépôts houillers, attendu qualgornay le permien inférieur repose directement sur les roches porphyriques.
- D’autre part, le bassin d’Autun a été affecté par des dislocations importantes, à un certain nombre desquelles a dû correspondre l’apparition de sources minérales, dont les eaux, chargées de silice, ont exercé sur les végétaux contemporains l’action pétrifiante à laquelle est due leur admirable conservation.
- Des failles se sont produites après le dépôt des terrains permiens et avant celui du trias (car le trias et le lias îe-posent horizontalement sur les couches disloquées du houil— 1er ou du permien); d’autres après le depot des terrains jurassiques (le trias et le bas de Curgv et de Queunan étant abaissés par rapport aux terrains similaires du plateau d’Auxy).
- Autres formations houillères. — A 1 Est du bassin dAutun existe, à Aubigny-la-Ronce, un bassin houiller indépendant
- p.169 - vue 176/482
-
-
-
- 170 4 TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- recouvert presque complètement par le terrain jurassique et dont les limites ne sont pas encore bien connues. Cette formation appartient probablement au houiller supérieur.
- Les explorations sur le terrain ont été faites par M. Michel Lévy, ingénieur en chef des mines, pour les roches éruptives, par M. Delafond, ingénieur en chef des mines, pour les terrains stratifiés, et par M. B. Renault, docteur ès sciences, aide-naturaliste au Muséum pour la récolte des
- nation des niveaux dans lesquels on les rencontre.
- L’étude détaillée delà flore a été entreprise par M. Zeil-lek, ingénieur en chef des mines, pour les lougères, et par M. B. Renault, pour les autres groupes de plantes fossiles.
- fum-
- p.170 - vue 177/482
-
-
-
- DEUXIÈME SECTION.
- STATISTIQUE.
- ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE.
- DIXIÈME ANNEE.
- Statistique graphique. — 11 n’est presque pas aujourdliui de branche de l’activité humaine qui ne recoure à la statistique graphique. Elle répond, en effet, de la manière la plus heureuse à un double besoin de notre époque, qui veut à la lois des renseignements rapides et précis : or les procédés graphiques remplissent à merveille ces deux conditions. Ils nous permettent non seulement dembiasseï d un seul coup d’œil la série des phénomènes, mais encoie d en signaler les rapports ou les anomalies, den tiouvei les causes, d’en dégager la loi; ils remplacent avantageusement les longs tableaux de chiffres, de sorte que, sans nuiie a le précision de la statistique, ils en etendent et en vulga-
- ’dsent les bienfaits.
- Le Corps des ponts et chaussées de France peut à bon droit revendiquer une part importante dans 1 emploi et la vulgarisation de ces procédés. M. Minard a ete lun des pie-miers à les appliquer, et il en a montre, par ses beaux tia-
- p.171 - vue 178/482
-
-
-
- 172 ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE.
- vaux, la fécondité et la souplesse. M. Inspecteur général Lalanne, membre de l’Institut, en a, de son côté, élevé la portée scientifique et a fait faire de remarquables progrès au calcul par le trait.
- Cette méthode n’a pas seulement l’avantage de parler aux sens en même temps qu’à l’esprit, et de peindre aux yeux des faits et des lois qu’il serait difficile de découvrir dans de longs tableaux numériques. Elle a, de plus, le privilège d’échapper aux obstacles qui restreignent la facile diffusion des travaux scientifiques et qui tiennent à la diversité offerte par les différentes nations sous le rapport de leurs idiomes et de leurs systèmes de poids et mesures : ces obstacles sont inconnus au dessin. Un diagramme n’est pas allemand, anglais ou italien; tout le monde saisit immédiatement ses rapports de mesure, de surface ou de coloration.
- La statistique graphique est ainsi une sorte de langue universelle, qui permet aux savants de tous les pays d’échanger librement leurs idées et leurs travaux au grand profit de la science elle-même.
- Fondation de l’album de statistique graphique. — Aussi, le Ministère des Travaux publics, comprenant toute l’importance de ce mode de représentation, a-t-il, par un arrêté du 12 mars 1878, décidé la publication annuelle d’un album de statistique graphique, consacré aux faits économiques, techniques ou financiers qui intéressent les travaux publics, soit directement, soit par voie de répercussion.
- L’album de 1879 a été la première application de cette mesure. Depuis lors, huit autres albums ont paru; le
- p.172 - vue 179/482
-
-
-
- ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE. 173
- dixième sera prochainement distribué, et la plupart de scs planches figurent à l’Exposition.
- Fondée sous la direction de M. E. Cheysson, ingénieur en chef des ponts et chaussées, qui a été de 1877 à 1885 directeur des cartes, plans et archives et de la statistique graphique, la publication de l’album a été, depuis la suppression de cette direction en 1885, rattachée au 3e bureau de la irc division du personnel, du secrétariat et de la comptabilité par l’arrêté du 28 mars 1 88 5, tout en restant confiée, jusqu’à nouvel ordre, à M. Cheysson.
- Planches de fondation. — Les planches de ces albums peuvent se ranger en deux catégories distinctes : celle cr des planches de fondation», qui reparaissent tous les ans et permettent ainsi de suivre les variations annuelles d’un même fait; celle des a planches spéciales», se rapportant a des laits dimportance plus faible ou d’allure plus lente, dont il suffit dès lors de constater les variations à de plus longs intervalles.
- Les planches de fondation sont les suivantes :
- CHEMINS DE EER.
- Recettes brutes kilométriques ;
- Recettes nettes kilome'triques;
- Tonnage moyen de petite vitesse;
- Mouvement moyen des voyageurs;
- Recettes brutes des stations;
- Tonnage et mouvement des voyageurs par station*
- jUViGAÎlON.
- Tonnage des voies navigables et des ports;
- p.173 - vue 180/482
-
-
-
- 174
- ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE.
- Décomposition de ce tonnage :
- a. Par courant de transport PI;
- b. Par nature des marchandises; Chômage des voies navigables.
- Planches spéciales. — Quant aux planches spéciales, elles ont touché aux sujets les plus variés, en conservant toujours une place d’honneur aux chemins de fer, à raison de leur importance considérable dans l’économie générale du pays.
- On ne s’est pas d’ailleurs borné à la France, on a cru bon de franchir souvent nos frontières pour procéder à des comparaisons internationales qui éclairent d’un jour très vif les faits locaux. On voit bien mieux chez soi, après ces excursions à l’étranger.
- Il a de même semblé utile de ne pas s’enfermer exclusivement dans les faits actuels et de jeter parfois un coup d’œil en arrière, en vue de rapprocher dans des relevés synoptiques le présent du passé.
- Pour donner une idée de la variété des sujets traités dans les planches spéciales, on se contentera de mentionner les suivants :
- CHEMINS DE FER.
- Date de l’album.
- Conditions techniques de premier établissement......................................... 1880
- Dépenses kilométriques de premier établissement......................................... 1880 et 1882
- Tonnages en 1861 et 1879..................... 1881
- (1) La statistique distingue les quatre courants de transport ci-après : le trafic intérieur, le transit, Y arrivage, Y expédition.
- Cette décomposition et celle du tonnage par nature de marchandises, l'une et l’autre d’un très grand intérêt, sont encore à l’état de desideratum pour les
- r
- p.174 - vue 181/482
-
-
-
- 175
- ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE.
- Garanties d’intérêt............................... 1882
- Trafic par tête ( Réseau de Lyon........... 1882
- d’habitant, j Réseau d’Orléans........... 1883
- Nouveaux tarifs de la compagnie de l’Est
- (6. planches)............................ 1884
- Profits particuliers réalisés par l’Etat sur l’exploitation des chemins de fer............ 188 h
- Développement des chemins de fer du monde. 1885 Frais de premier établissement des chemins
- de fer du monde.......................... 18 8 5
- Fréquentation des chemins de fer du monde. i885
- Résultats d’exploitation des chemins de fer
- du inonde....................................... i885
- Rapports des transports des voyageurs et des
- marchandises PI................................. 1880
- Tonnages sur les principales voies de communication depuis i85A.................... 1886
- Colis postaux et petits paquets............ 188-7
- NAVIGATION INTERIEURE.
- Frais de premier établissement des voies navigables...................................... 1880 et 1888
- chemins de fer et n’ont pu être réalisées pour les voies navigables que depuis la loi du iq février 1880, qui, en supprimant les droits de na\igation intérieure, a eu pour conséquence d’enlever cette statistique aux Contributions indirectes, puisqu’elle n’avait plus un but fiscal, et de la transférer à l’Administration des ponts et chaussées.
- (1) Cette étude a mis en évidence les faits suivants : presque partout au début,les voyageurs sont beaucoup plus nombreux que les tonnes, et leur tians-port représente la plus grosse part des recettes. Ces rapports décroissent progressivement et, dans presque tous les pays industriels, les maichandises donnent aujourd’hui la recette la plus forte. Il semble donc qu’au premier moment où elle a pénétré dans un bassin ferme, la voie lerree y ait deteimine le déplacement des populations. Celui des marchandises n’a pas tardé à suivre et à devenir prépondérant (au point de vue des recettes), quand les courants
- p.175 - vue 182/482
-
-
-
- 176 ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE.
- Tonnages annuels depuis 1855.............. 1881
- Bateaux-omnibus........................... 1880 à 1884
- Mouvement du port de Paris.............. 1885
- Effectif et capacité' de transport de la batellerie fluviale.............................. 1888
- Conditions de navigabilité'1)............. 1888
- ROUTES NATIONALES.
- Principaux éléments de l’entretien des routes
- nationales...................................... 1880
- Recensement de la circulation sur les routes nationales en 1882 (série de 8 planches, figurant les principaux résultats de cette opération, avec une grande carte à l’échelle de 1,260,ooo°, qui représente par section de route les postes de comptage et la fréquentation)................................ 1880
- CIRCULATION PARISIENNE.
- Recettes des omnibus, tramways, bateaux-omnibus, chemin de fer de ceinture (série de planches spécialement destinées à illustrer les études pour le « métropolitaine). 1880 à 188/1
- Influence de la transformation des omnibus
- sur la circulation...................... 1888
- La circulation des voyageurs dans Paris. . . . 1888
- NAVIGATION MARITIME.
- .Mouvement des principaux ports de la France et du monde............................... 1881 à 188/1
- Commerciaux ont été suffisamment établis par la mise en communication des marchés.
- (1) Les deux planches consacrées aux conditions de navigabilité figurent pour chaque canal : son tirant d’eau, son retirant d’air » (hauteur libre au-dessous des ponts et tunnels), les dimensions et le nombre de ses écluses...
- p.176 - vue 183/482
-
-
-
- V V*-
- ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE. 177
- Mouvement du cabotage................ . . . 1881
- Résultats d’exploitation du canal de Suez. . . 1882
- Marine marchande et mouvement maritime
- des principaux pays.................. 1885
- Mouvements maritimes dans les principaux
- ports français, de 1837 a 1886....... 1887
- Effectif de le marine marchande......... 1882 et 1887
- On ne s’en est pas tenu à ces questions qu’on peut appeler «rprofessionnelles» pour le Ministère des travaux publics; mais on a également abordé celles qui peuvent réagir sur les transports et sur les différentes manifestion^de l’activité économique pour les ralentir ou les exciter.
- Planches agricoles. — Parmi ces influences, l’une des plus décisives est celle des récoltes. Quand 1 agriculture est prospère, elle donne des produits à transporter; elle répand l’aisance dans la population et développe de proche en proche, avec le mouvement des affaires, le déplacement des voyageurs et des marchandises. Un fléau, qui sévit sur une de nos cultures nationales comme la vigne, atteint de la façon la plus grave les recettes de la compagnie qui dessort la région ainsi frappée.
- Le transport n’est pas seulement influence par 1 abondance ou la rareté des récoltes, mais encore par leur natuie. 11 n est pas indifférent pour une compagnie que la contiée desservie produise du vin ou du ble, du sucre ou de la viande. Chacune de ces cultures correspond, pour les transports agricoles, à des courants différents et d inégalé intenté : ainsi le vigneron, qui exporte ses produits et împoite aliments, sera pour une ligne de chemin de fei un meilleur client que le laboureur qui consomme son blé.
- 12
- I
- fi
- SI
- 11.
- p.177 - vue 184/482
-
-
-
- 178
- ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE.
- La relation entre l’agriculture et les transports est si étroite, que les albums sont souvent revenus sur les questions agricoles; que celui de 1881, par exemple, a figuré les ravages du phylloxéra; et que celui de 1886 a consacré vingt planches à la statistique agricole décennale de 1882.
- Enfin, 11e pouvant reproduire ici la table des matières de tous les albums, on se bornera à mentionner encore : le mouvement du commerce extérieur de la France de 1716a 1881 (album de 188/1), celui de la population française au cours de ce siècle (album de 188/1), l’étude sur le personnel des compagnies de chemins de fer et les salaires des ouvriers du bâtiment (album de 1887); l’état d’avancement des cartes à grande échelle en Europe (album de 1882).
- Procédés graphiques. —• Les procédés mis en œuvre appartiennent aux deux grandes catégories des diagrammes et des cartogrammes, les diagrammes convenant surtout pour exprimer les variations d’un fait dans le temps; les cartogrammes, pour exprimer ses variations dans l’espace.
- Diagrammes. — Les diagrammes, généralement de forme rectangulaire 6), ont pour abcisse l’année et pour ordonnée le fait correspondant. On réunit par un trait continu ou par des gradins horizontaux les sommets de ces ordonnées, et la
- {1) On se sert aussi avec succès des diagrammes polaires, dont les ordonnées convergent à un centre. Ils conviennent principalement aux phénomènes à périodicité régulière, pour lesquels il est bon de rapprocher les extrémités des périodes contiguës, par exemple à ceux qui ont pour base le jour, la semaine , le mois, ou les points cardinaux...
- p.178 - vue 185/482
-
-
-
- 179
- ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE, figure ainsi obtenue représente l’allure chronologique du fait dont il s’agit.
- Cartogrammes. — Le cartogramme associe la géographie à la statistique et peint le fait à remplacement même où il s est produit. L’album emploie de préférence trois formes de cartogrammes distincts :
- i° Le cartogramme à bandes, où le tait est exprimé par une bande de largeur proportionnelle à son intensité le long du tracé de la voie qui lui sert de théâtre. Ainsi ce cartogramme rend de grands services pour les tonnages des diverses voies de communication. La largeur des bandes de chemins de fer, de canaux, de routes nationales figure aux yeux les débits d’un réseau fluvial qui, au lieu de rouler des mètres cubes d’eau, servirait à l’écoulement de tonnes de marchandises ù);
- 2° Le cartogramme à teintes dégradées, le plus connu, le plus populaire de tous. Il consiste en une carte géographique, dont les divisions régionales sont recouvertes de teintes nuancées suivant l’intensité du fait statistique à ex-
- (1> Soient t, t', t"... les tonnages parcourant respectivement les distances é>à',d"... sur une section de longueur totale D. Les différentes expressions du tonnage peuvent se représenter par les formules suivantes :
- Tonnage ramené à la distance entière ou ^ 1' d' -j-1" d". . .
- tonnage moyen...................... Tm= -
- n ^ td -f-1 d -)- ( d . . .
- Parcours moyen d’une tonne............ P = t _j_ t' _|_ t" . .
- Tonnage effectif...................... T =zt + *' +*''••••••
- tonnage ramené au parcours d’un kilomètre. Tfc =td-\-1, d -\-t d
- C’est le tonnage moyen Tm qui est exprimé par les bandes figuratives du cartogramme.
- p.179 - vue 186/482
-
-
-
- 180
- ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE.
- primer. Ces cartes peuvent d’ailleurs être à une ou plusieurs couleurs, la couleur unique ou les couleurs multiples étant elles-mêmes subdivisées en nuances de manière à augmenter les ressources dont dispose le dessin. C est dans ce système qu’ont été établies la plupart des planches du recensement de la circulation sur les routes nationales, et celles delà statistique agricole (albums de 1883 et de 1886), dont les résultats apparaissent ainsi par départements;
- 3° Le cartogramme à foyers diagraphiques. Il combine le diagramme et le cartogramme et comprend une série de diagrammes construits au chef-lieu de la circonscription qu’embrasse le fait considéré. Ce chef-lieu est une sorte de cr foyer n pour le diagramme local. De là le nom du procédé. Il convient au cas où l’on veut représenter sur la carte, non plus un seul renseignement, comme dans le cartogramme à teintes dégradées, mais plusieurs renseignements juxtaposés. C’est ainsi qu’on l’a appliqué à figurer des phénomènes où intervient la notion du temps, généralement inaccessible au cartogramme, tels que les progrès successifs des chemins de fer du monde, ceux de la population française, etc., et des faits simultanés, contemporains, qui concourent à former un ensemble W.
- La statistique graphique dispose ainsi de ressources va-
- (1) Par exemple, dans la statistique agricole (album 1886. pl. 34), pour représenter par département les modes d’exploitation, on a tracé sur le centre de chaque département, comme foyer, un demi-cercle partagé en trois secteurs, respectivement proportionnels au nombre des exploitations sous le régime du faire valoir, du métayage et du fermage. La somme des trois secteurs, ou le demi-cercle, a une surface égale au nombre total des exploitations. Ils sont d’ailleurs différenciés par des teintes conventionnelles, ce qui donne aux diagrammes départementaux l’aspect d’éventails coloriés.
- p.180 - vue 187/482
-
-
-
- ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE. 181
- riées qu’eile met en œuvre suivant les cas, de manière à trouver, pour le fait à peindre, l’expression qui lui donne le plus de relief, tout en présentant l’aspect le plus décoratif. Il faut surtout se garder de vouloir trop dire de choses à la fois, et de devenir obscur à force d’être complet. Le principal mérite, on pourrait dire, la véritable raison d’être de la statistique graphique, c’est la clarté. Si un diagramme est touffu au point de n’êlre plus clair, mieux vaut le tableau de chiffres dont il est la traduction.
- Comparabilité des planches. — On s’est attaché, non seulement dans la série des planches d’un même album, mais encore dans celle des albums successifs, à rendre comparables les dessins qui se rapportent à des faits homogènes, par exemple, aux tonnages. Tous les cartogrammes de tonnage sur les diverses voies de communication sont à une échelle identique, aussi bien pour les artères de l’ancien reseau des chemins de fer à grande fréquentation, que pour les bandes filiformes des routes nationales. Si cette condition entraîne quelques complications pour le dessin, elle le rend beaucoup plus instructif et facilite les rapprochements entre les phénomènes voisins auxquels on ne son-
- . r „ fii
- geait pas d’ordinaire à appliquer une commune inesui e .
- (1) On avait autrefois l’habitude d’exprimer uniquement la fréquentation des routes en colliers. Cette unité, qui a une valeur technique pour l’entre-den, n’en a pas pour la statistique comparée. Aussi, dans les albums, lui a-t-on substitué la tonne (après due transformation) pour rapprocher les 1011 tes nationales des voies ferrées et fluviales. On a opéré de meme a I < gard du cabotage, dont on a ramené par de laborieux calculs les mouve-Kienls de port à port à un courant unique longeant tout le littoral, et d intensité équivalente à ces mouvements partiels.
- >5S
- 1
- - A:
- | : &
- p.181 - vue 188/482
-
-
-
- 182 ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE.
- C’est en vue de ce même résultat qu a été imaginé, pour la statistique agricole, un nouveau procédé de cartogranunes à teintes dégradées, fondé sur les écarts proportionnels. Ce système h) permet les comparaisons entre les divers aspects d’un même lait; il rattache par un lieu étroit toutes les planches d’une même série qui s’éclairent l’une l’autre, au lieu quelles soient une simple juxtaposition de feuilles volantes, dont chacune aurait son échelle et sa langue et que le lecteur doit bien se garder d’interroger à la fois, pai-crainte des pièges où cette discordance pourrait le faire tomber.
- Tableaux et légendes. — La plupart des planches sont accompagnées de tableaux qui résument les principales données numériques traduites graphiquement; en outre, on a inscrit sur la figure elle-même celles de ces données qui ne nuisent pas à sa clarté, de manière à joindre la précision du chiffre au relief suggestif du dessin. Elles contiennent toutes une légende détaillée, qui définit les signes conventionnels adoptés, les sources où l’on a puisé les renseignements mis en œuvre, en s’attachant à celles qui les fournissent à la fois les plus authentiques et les plus récents (2). Ces légendes signalent sans réticence les hypothèses que comporte le dessin, avec leur plus ou moins grand degré de
- (1) Voir la description de ce système dans la notice de l’album de 1886, pages 8 à 11.
- (2) Par suite du retard dans la production de la plupart des relevés officiels, les renseignements publiés par l’album se rapportent généralement à une année de deux ans inférieure à son millésime. Toutefois on est parvenu à gagner un an pour certains relevés et même deux ans pour ceux de la navigation qui ont la même date que l’album.
- p.182 - vue 189/482
-
-
-
- 183
- ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE, vraisemblance, les lacunes, les incertitudes et les desiderata des ressources dont on disposait, pour qu’on ne se méprenne pas sur la valeur des affirmations du dessin. Il importe beaucoup qu’on sache et qu’on dise ce qui est certain, ce qui est probable, ce qui est douteux: à ce prix seulement, la statistique mérite confiance et crédit.
- Notices. — En tête de chaque album, une notice donne des explications sommaires sur les planches nouvelles qu il contient, sur leurs procédés de rédaction et sur leurs particularités techniques; mais elle s’abstient de commentaires sur leur portée économique et sur les enseignements à en déduire. L’Administration n’a d’autre objet, en publiant ses albums annuels, que de préparer des matériaux d’étude, et de les lournir de bon aloi; mais elle 11e se croit pas tenue de conclure. C’est là l’œuvre de tous les hommes de travail auxquels est destiné cette publication : à eux d en dégager les conclusions à leurs risques et périls.
- Format. — Le format de l’album est de dimensions assez l'eduites pour qu’il soit commode de le classer dans une bibliothèque et de le consulter. Cette exiguïté créé, il est V|,ai, au dessinateur certaines difficultés que lui épargnaient les grands formats, jadis seuls en usage; mais il a semble quon ne saurait acheter trop cher 1 avantage de rendic le document très maniable. On a donc accepte ces difficultés ef Ion espère les avoir résolues par la finesse de la giavilie et 1 emploi des couleurs, qui concilient la clarté du oessin
- avec la réduction du format.
- Depuis la création de l’album du Ministère des travaux
- p.183 - vue 190/482
-
-
-
- 184 ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE.
- publics, cet exemple a été suivi par plusieurs administrations qui se sont inspirées de ce précédent, tant en France qu’à l’étranger. L’Académie des sciences a décerné à cette publication, conjointement avec le Bulletin du ministère, le prix Montyon de statistique en 1883.
- Dessins exposés. — Les vingt planches exposées sur le panneau mural ont été extraites des divers albums, et en particulier de celui de 1888. Ce panneau a été surmonté de deux planches murales à grande échelle, dont l’une représente l’accélération des voyages en France depuis un siècle et l’autre le développement des chemins de fer dans les principaux pays depuis un demi-siècle.
- Ces deux planches, qui sont une sorte de contribution au centenaire de 1789, montrent d’une part les progrès accomplis dans l’extension des voies ferrées et de l’autre les transformations réalisées dans les moyens de communication. L’accélération des voyages équivaut à une réduction de l’échelle de la carte. L’homme actuel a chaussé les bottes de sept lieues et se déplace vingt fois plus vite que ses pères. Si l’on admet que son cercle d’action se soit accru proportionnellement, ce cercle couvre aujourd’hui une surface quatre cents fois plus étendue qu’il y a un siècle. C’est ce que met en évidence la carte n° 1, où l’on voit, à chaque nouveau progrès dans la vitesse des transports, les principales villes de notre pays se rapprocher du centre, comme si la carte était rétractile et finissait par se réduire aux limites du département de la Seine.
- Quant à la carte n° 2, elle retrace les phases par lesquelles est passée l’œuvre des chemins de fer dans les prin-
- p.184 - vue 191/482
-
-
-
- ALBUM DE STATISTIQUE GRAPHIQUE. 185
- cipaux pays du globe, les uns abordant résolument la tâche dès les premiers jours, puis ralentissant leur allure, comme l’Angleterre; les autres hésitant d’abord, puis, dans ces dernières années, marchant à pas de géant, comme les États-Unis.
- Service de l’album de statistique graphique. — M. Sébillot, chef de cabinet du personnel et du secrétariat; M. Cheysson, ingénieur en chef des ponts et chaussées; M. Nobécourt, chef de division; M. Raimond-Hulin, chef de bureau; M. Courjon, chef des dessinateurs de l’album; MM. Arelle et Gourdault, dessinateurs.
- L’exécution de la gravure des planches est répartie entre 1 Imprimerie Nationale, MM. Régnier, Clerc et Catineau, Simon et Monrocq; celle de la reliure est confiée à M. Engel.
- p.185 - vue 192/482
-
-
-
- 186 PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE EN 1887.
- DIRECTION DES ROUTES, DE LA NAVIGATION ET DES MINES.
- DIVISION DES MINES.
- Les cartes exposées par la division des mines sont au nombre de cinq. Ces cartes et les notices qui les accompagnent ont été préparées sous la direction de la commission de statistique de l’industrie minérale et des appareils à vapeur
- Il en est de même en ce qui concerne le stéréogramme également exposé par cette division, et qui représente la production houillère de la France depuis 1789.
- II
- CARTE
- DE LA PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE EN 1887.
- Cette carte comprend les mines, minières, salines et les principaux groupes de carrières qui ont été en activité
- (1) Cette commission est compose'e comme suit : MM. Lorieüx, inspecteur général des mines, président; De ou et , chef de la division des mines; Keller, ingénieur en chef des mines, secrétaire; Zeiller, ingénieur en chef des mines; Odent, secrétaire adjoint.
- p.186 - vue 193/482
-
-
-
- PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE EN 1887. 187
- pendant l’année 1887; elle donne la situation géographique de ces diverses exploitations et représente le poids et la nature des substances minérales qu’on en a extraites durant la dite année.
- Elle est établie à l’échelle de âsôijôô et mesure h mètres de hauteur sur /tm,io de largeur, non compris la bordure.
- La carte comprend £52 concessions de mines, savoir : 291 de charbon, 2 3 d’asphalte et de bitume, 61 de 1er, ^ 1 de minerais métallifères autres que le fer (plomb, cuivre, zinc, etc.), 8 de pyrites de fer ou de soufre et 28 de sel gemme, y compris les sources salées, et, en outre, h 1 groupes de minières, renfermant 90 centres d’exploitation. Les noms des mines et des minières ont été inscrits sur la carte, ainsi que ceux des principaux groupes de carrières. La dimension des lettres est en rapport avec le chiffre de 1 extraction. Des teintes de différentes couleurs permettent de distinguer la nature des substances extraites. Ces substances ont été classées en sept catégories. On a ajoute un article pour le sel de mer, bien que l’extraction de cette substance ne rentre pas, à proprement parler, dans la catégorie des exploitations minérales.
- En 1887, 011 a produit :
- Houille et anthracite................. ao,bi 0,000 tonnes.
- Lignite............................... 678,000
- Asphalte et bitume........................ 176,000
- Ar . ' ( des mines............. 9,071,000
- Minerai de 1er n p,na ono
- f des minières............. 000,000
- Minerai de plomb et d’argenl............... 17,600
- Minerai de zinc............................ i3,3oo
- A reporter............... 96,079,700
- p.187 - vue 194/482
-
-
-
- 188 PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE EN 1887.
- Report................. 2/1,072,700tonnes.
- Minerai de manganèse....................... 12,000
- Minerai d’antimoine........................... 3oo
- Pyrites de fer et soufre natif........ 21 A,000
- Sel gemme................................. 3o8,ooo
- Sel de mer................................ 3o5,ooo
- Production totale des mines, minières,
- salines et marais salants...... 2/1,912,000
- D’autre part, la production des principaux groupes de carrières se résume comme il suit :
- Produits
- des
- carrières.
- I Pierre à bâtir, moellons, tuffeau , grès, marbre, granité,
- quartz, etc...............
- Pierre à chaux, ciment hydraulique, marne, gypse........
- / Sable, argile, cendre noire, castine, kaolin, ocre, cailloux (mate'riaux d’empierrement).........................
- Phosphates de chaux..........
- 1 Ardoises(278,^00 milliers).. .
- 5,697,000 tonnes. 5,5Ao,ooo
- 5,662,000
- 280,000
- 17/1,000
- A cet égard, il importe de renvoyer le lecteur à la carte beaucoup plus détaillée qui est exposée sous le titre de Production des carrières de la France, en 1887.
- La représentation graphique des poids des diverses substances extraites des mines consiste dans l’emploi de disques circulaires en bois, de h millimètres d’épaisseur, dont le diamètre variable est gradué en partant de U millimètres de diamètre pour figurer une production de 5,000 tonnes. Chacun de ces disques est fixé par son centre au point de
- p.188 - vue 195/482
-
-
-
- PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE EN 1887. 189
- la carte où la mine correspondante est située topographiquement.
- Afin de faciliter l’exécution matérielle, on a réduit les disques à neuf types qui s’échelonnent de la manière suivante pour figurer les quantités extraites :
- Jusqu’à 5,ooo tonnes De 5,ooi à 20,000 8
- De 20.001 à 5o,ooo 12,6
- De 5o,ooi à 100,000 *7>9
- De 100,001 à 2 5o,ooo 28,2
- De 25o,ooi à 5oo,ooo 4o
- De 5oo,ooi à 750,000 48,9
- De 750,001 à 1,000,000.. . . 56,A
- Toutefois, pour les mines de la compagnie d’Anzin et de Lens, dont la production est plus considérable et s’élève respectivement à a,6*27,000 et 1,267,000 tonnes, on a donné aux disques le diamètre qui correspond exactement à la production, savoir: 88 millimètres pour la première et 63mm, 6 pour la seconde.
- Pour les minerais de fer et pour les autres minerais métalliques, le diagramme indique la production du minerai, brut ou préparé, propre au traitement métallurgique.
- La production des minières , ainsi que celle des marais salants, a été représentée par des carrés équivalents aux cercles décrits pour les mines.
- Quant à la production des principaux groupes de carrières, ou fa figurée par des triangles équilatéraux inscrits dans les mêmes cercles.
- Afin de laisser la prédominance à la production des mines, on a simplement colorié ces triangles, sans leur
- p.189 - vue 196/482
-
-
-
- 190 PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE EN 1887.
- donner de relief. Ils sont fréquemment divisés en secteurs, pour permettre de distinguer les matériaux appartenant à des catégories différentes fournis par un seul groupe de carrières.
- On s’est borné en général à faire figurer les principaux groupes d’extraction, c’est-à-dire ceux dont le produit annuel a dépassé 50,000 tonnes (environ a5,ooo mètres cubes); parfois cependant on a indiqué des groupes ou carrières dont l’extraction a été moindre, comme présentant un intérêt particulier.
- Il est bon de remarquer que si le cercle dans lequel un triangle équilatéral est inscrit représente un certain nombre de tonnes, la surface du triangle figure assez bien le nombre correspondant de mètres cubes.
- En résumé, les diagrammes affectent une forme circulaire, carrée ou triangulaire, suivant qu’il s’agit de concessions de mines, de minières ou de marais salants, ou bien encore de carrières. Leur couleur caractérise la nature des substances minérales comme il suit :
- J\oiv. Houille et anthracite.
- Sépia. Lignite.
- Rouge a. \ Minerais de fer propres à la fusion (bruts ou f préparés ) i a. tirés des mines.
- Rome b. 1 à* tirés des minières.
- p.190 - vue 197/482
-
-
-
- PRODUCTION MINERALE DE LA FRANCE EN 1887. 191
- Or et rouge. Minerai de cuivre
- Argent et bleu. Minerai de plomb argentifère
- Vert. Minerai de zinc
- Jaune et rouge. Minerai d’antimoine.
- Jaune. Pyrites de fer et minerai de soufre
- Violet. Manganèse.
- Marron. Bitume et asphalte.
- Bleu. Sel gemme.
- Bleu. Sel de mer.
- ! Terre de Sienne et noir. Pierre a bâtir, marbre, etc
- p.191 - vue 198/482
-
-
-
- 192 PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE EN 1887.
- Terre de Sienne unie. Pierre à chaux et à ciment.
- \ Pointillé terre de Sienne. Sable, argile, matériaux d’em-
- I ,
- y' . pierrement.
- Violet. Ardoise.
- Phosphate de chaux.
- En outre, des carrés roses figurent la valeur des produits des mines de chaque département, à raison de 5 centimètres de côté pour î million de francs.
- On peut se rendre compte, à la simple inspection de la carte, de l’emplacement et de la configuration et en général de la variété et de l’importance des produits minéraux tirés d’une région quelconque de la France.
- Ainsi, on voit, par le nombre et la dimension des cercles noirs, que les combustibles minéraux sont fournis principalement par les départements du Pas-de-Calais et du Nord, dont la production, en 1887, a été de 7,120,000 tonnes pour le premier de ces départements et de 0,198,000 pour le second, soit ensemble 11,318,000 tonnes, représentant plus de la moitié de l’extraction totale de la France. Cette quantité considérable de bouille a été tirée de trente et une mines en activité, avec un personnel d’environ Ô6,ooo mi-
- neurs.
- p.192 - vue 199/482
-
-
-
- PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE EN 1887. 198
- Parmi les mines exploitées dans cette région, on a déjà cité les plus importantes, celles qui appartiennent aux compagnies d’Anzin et de Lens. La première de ces compagnies a occupé, dans les cinq concessions quelle exploite, près de 10,000 ouvriers, dont 8,ooo travaillant souterrainement.
- Après celle de Lens, à qui appartiennent les mines de Dou-vrin, et dont l’extraction a atteint i,3oo,ooo tonnes, viennent les mines de Vicoigne etNœux (î, 100,000 tonnes), Cour-rières (963,000 tonnes), Bully-Grenay (808,000 tonnes); Bruay (780,000 tonnes) et plusieurs autres que la place réservée à cette Notice empêche seule de mentionner.
- Le bassin le plus important après celui du Nord et du Pas-de-Calais est celui de Saint-Etienne : des quarante-six mines qui y sont en activité, on a extrait près de 3 millions de tonnes. Les concessions de cette région sont exploitées moins activement que celles du bassin de Valenciennes. La plus productive est celle de Boche-la-Molière et Firminy, dont on a tiré <673,000 tonnes en 1887.
- Puis viennent les bassins houillers du Gard, de la Bourgogne et du Nivernais, du Bourbonnais, avec des productions moins considérables et qui ont varié entre 1,800,000 et 1 >000,0 00 de tonnes. Les principales compagnies sont : celle de Blanzy (Saône-et-Loire),.qui a produit, avec cinq mines en activité, 930,000 tonnes, et celle de la Grand-Combe (Gard), qui a fourni 710,000 tonnes, avec le meme nombre d’exploitations.
- Le lignite se tire principalement du département des Pouches-du-Bbône, qui en afourni a lui seul ^07,0 00 tonnes, soit plus des quatre cinquièmes du total.
- Les minerais bitumineux et le calcaire asphaltique ont 11. 13
- IMPRIMERIE MATIO.NA
- p.193 - vue 200/482
-
-
-
- 194 PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE EN 1887.
- été fournis par vingt-trois mines en activité. Les premiers se rencontrent principalement dans Saône-et-Loire et dans l’Ailier, où ils servent à la fabrication de l’huile minérale. Quant au calcaire asphaltique, il provient principalement des départements de l’Ain et du Gard ; il est utilisé surtout pour le revêtement des trottoirs et des terrasses.
- Les minerais de fer se distinguent en cinq classes, d’après leur nature minéralogique:
- Minerai hydroxyde' oolitliique.................. 2,189,802 tonnes.
- Autres minerais hydroxyde's.................. 106,846
- He'matite brune................................... 162,093
- Hématite rouge et feroligiste...................... 85,893
- Fer carbonate spathiqne............................ 61,829
- Le minerai oolitliique, le moins riche, mais aussi le meilleur marché, forme environ 85 p. 100 de la production totale.
- Le département de Meurthe-et-Moselle a fourni à lui seul 1,953,000 tonnes, soit les neuf dixièmes de cette sorte de minerai. Vingt-huit concessions de mines en activité et quinze centres d’exploitation de minières ont concouru à cette production; elles sont groupées dans les environs de Nancy et de Longwy»
- Les autres minerais métallifères se rencontrent principalement, savoir : le plomb, dans les départements d’Jlle-et-Vilaine,du Puy-de-Dôme et de l’Aveyron; le zinc, dans les départements du Var et du Gard; le manganèse, dans Saône-et-Loire. La production de l’antimoine et du cuivre a été à peu près insignifiante.
- Les mines où s’exploitent les pyrites de fer, parfois légè-
- p.194 - vue 201/482
-
-
-
- PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE EN 1887. 195
- renient cuivreuses, pour la fabrication de l’acide sulfurique, forment dans la vallée du Rhône deux groupes distincts, situés, le principal dans le département de ce nom et l’autre dans celui du Gard. Deux petites exploitations de marne imprégnées de soufre ont été en activité dans Vaucluse.
- Les exploitations de sel gemme, situées aux deux extrémités de la France, constituent deux groupes naturels, l’un au N. E. et l’autre au S. 0. Le premier renferme les concessions de mines ou de sources salées où l’on exploite le puissant gisement triasique de Meurthe-et-Moselle; 1 autre, beaucoup moins important, comprend les salines qui se trouvent dans les départements des Landes, des Basses-Pyrénées et de la Haute-Garonne.
- La production se répartit comme il suit ;
- Sel brut............................. 91,000 tonnes.
- Sel raffiné............................ 917,000
- Sel en dissolution pour la fabrication du carbonate de soude........................ 211,000
- Les marais salants en activité présentent une superficie totale d’environ 16,000 hectares. On les a exploités dans treize départements, dont six sur les côtes de 1 Atlantique et 7 sur le littoral méditerranéen. La production des premiers a été évaluée à 107,000 tonnes et celle des seconds, a 198,000 tonnes.
- Les matériaux extraits des carrières ont été distingués, comme on l’a vu précédemment, en cinq catégories.
- La carte spéciale relative à ces exploitations renferme treize classes et fournit la production totale de la h rance,
- i3.
- p.195 - vue 202/482
-
-
-
- 196 PRODUCTION MINÉRALE DE LA FRANCE EN 1887.
- montant à 35 millions de tonnes, soit environ 17 millions et demi de mètres cubes.
- La production totale des mines, minières, salines et marais salants s’est élevée, cemme on a vu précédemment, à près de 2 5 millions de tonnes. Une bande horizontale de 2 in. 46 de longueur sur 2 5 millimètres de largeur, divisée en douze parties, de couleurs appropriées, règne au bas de la carte et figure, à une échelle égale à celle des diagrammes, la quantité des différentes substances minérales dont ce total est composé, avec inscription du nombre correspondant de tonnes extraites. Il est aisé, au moyen de cette image, de se rendre compte de l’importance relative delà production de la houille, du sel, des minerais de fer et des autres minerais. Un coup d’œil suffit pour constater que les combustibles minéraux forment la majeure partie de l’extraction. Le charbon (bouille, anthracite et lignite) a constitué en effet 85 p. 100 de la production de nos mines, en 1887.
- p.196 - vue 203/482
-
-
-
- PRODUCTION MINÉRALE DE L’ALGÉRIE EN 1887.
- 197
- III
- CARTE
- DE LA PRODUCTION MINÉRALE DE L’ALGÉRIE EN 1887.
- Cette carte, à lechelle de SÏÏSîffjnî, mesure in\6o de largeur et om,85 de hauteur. Elle a été dressée d’après les bases adoptées pour la carte de la production minérale de la France, dont elle forme le complément. Elle comprend les mines, minières et salines en exploitation, auxquelles viennent s’ajouter les principaux groupes de carrières.
- Les cercles destinés à figurer la production des mines ont été calculés, comme pour la carte qui se rapporte à hi France, à raison de h millimètres de diamètre pour h,ooo tonnes extraites.
- Celle des minières et des salines est représentée par des carrés équivalents en surlace aux cercles; celle des carrières par des triangles équilatéraux inscrits dans les cercles types.
- Cette carte ne renferme que dix concessions de mines, savoir : trois de minerais de 1er et sept d autres minerais (plomb, zinc, cuivre et mercure), un groupe de minières composé de trois centres d’extraction et dix-huit exploitations de sel (sources et lacs salés).
- La production de l’Algérie a été la suivante, en 1887
- p.197 - vue 204/482
-
-
-
- 198
- PRODUCTION MINÉRALE DE L’ALGÉRIE EN 1887.
- } UC Ulllil^l es,
- des mines.
- 165 o o o toi mes 273 000
- Minerais métallifères, propres au traitement métallurgique.....................................
- 91 600 3A 000 776 000 22 000
- Sel tiré des lacs salés, des sources
- Matériaux extraits des princi-j pierre à bâtir. . pales carrières. .'............j argile............
- Les 21 600 tonnes de minerais métallifères se décomposent ainsi :
- de cuivre.........
- de zinc...........
- de plomb et argent de mercure........
- to 89h tonnes
- îo 48i
- Minerais
- Les diagrammes sont différemment coloriés suivant la nature des substances auxquelles ils se rapportent et ils permettent de se rendre compte, à la simple inspection de la
- carte, de la variété et de l’importance des produits minéraux extraits. Lorsque les produits d’une exploitation appartien-
- nent à plusieurs catégories, la réunion des différentes couleurs indicatrices spécifie cette particularité.
- Les minerais de fer ont été exploités dans les départements d’Oran et de Gonstantine. Dans ce dernier, se trouve la concession importante d’Aïn-Mokra appartenant à la Compagnie de Mokta-el-Hadid, qui a produit i5/i,ooo tonnes de fer oxydulé en 1887. La même compagnie est propriétaire de la minière non moins importante de Beni-Saf (Oran), dont elle a tiré 27,8,000 tonnes d’hématite rouge manganésifère.
- Parmi les concessions d’autres minerais, il convient de signaler Kef-oum-Theboul (département de Gonstantine),
- p.198 - vue 205/482
-
-
-
- PRODUCTION MINÉRALE DE L’ALGÉRIE EN 1887. 199
- dont on a extrait près de 11,000 tonnes de minerais complexes renfermant du plomb, du zinc et du cuivre, puis celles de Sakamody et de Guerrouma qui ont produit respectivement 8,000 et 2,000 tonnes de minerais de zinc.
- H n’y a aucune concession de mines de sel en Algérie. La plus grande partie du sel a été extraite du lac d’Arzew, qui en a fourni 28,000 tonnes.
- Le principal groupe de carrières de pierre à bâtir se trouve dans les environs de Bougie; il a produit près de ^00,000 tonnes, soit environ 200,000 mètres cubes, en 1887; d’autres carrières de même nature, mais moins importantes, sont groupées autour d’Alger et d’Oran. Une carrière d’argile pour briques est située à Saint-André, département d’Oran.
- Gomme on le voit, d’après les chiffres qui précèdent, la majeure partie de la production minérale de l’Algérie est formée par des minerais de fer.
- p.199 - vue 206/482
-
-
-
- 200 PRODUCTION MINÉRALE DU GLOBE EN 1887.
- IV
- CARTE STATISTIQUE DE LA PRODUCTION MINÉRALE ET MÉTALLURGIQUE DES PRINCIPAUX PAYS DU GLOBE, EN 1887.
- Presque tous les pays civilisés s’occupent aujourd’hui de dresser une statistique, aussi complète que possible, de la production des mines et des usines métallurgiques. Les documents les plus récents que le bureau de la statistique de l’industrie minérale a pu se procurer à cet égard lui ont servi à dresser la présente carte sur laquelle figurent : d’une part, la production minière; d’autre part, la production métallurgique des principaux pays du globe.
- Cette carte mesure 3m,8o de largeur et 2m,85 de hauteur. Elle comprend les parties des deux mondes pour lesquelles des renseignements statistiques ont été recueillis. Il convient de faire remarquer que la carte de l’Amérique, de même que les cartes partielles relatives à l’Asie, a été établie à une échelle plus grande que celle qui a servi pour l’Europe.
- La carte traduit graphiquement les chiffres de production de manière à présenter aux yeux une image aussi nette que possible de l’importance relative des substances minérales exploitées dans ces contrées.
- On a construit, à cet effet, un diagramme particulier à chaque pays, comprenant une série de cercles et de carrés régu I ière rn ent distrib ués.
- p.200 - vue 207/482
-
-
-
- PRODUCTION MINÉRALE DU GLOBE EN 1887. 201
- Les cercles représentent la production des combustibles minéraux (houille, anthracite, lignite), des minerais de fer, des autres minerais de tout genre, du pétrole et des bitumes, du sel (gemme ou marin) et des substances diverses tirées des mines.
- Les carrés figurent la production des métaux.
- La carte permet de voir, dans les deux cas, l’importance du poids et celle de la valeur des produits sur place, grâce à la superposition de deux cercles ou de deux carrés, ayant leur centre commun. De ces deux figures semblables, la plus foncée correspond au poids, tandis que l’autre, faiblement teintée et dont les dimensions sont presque toujours plus grandes, correspond à la valeur. Elles sont dressées à l’échelle suivante :
- Un millimètre carré représente un poids de 2,000 tonnes et une valeur de 10,000 francs. Par suite, pour toute substance dont la tonne vaut plus de 5 Irancs, ce qui est le cas général, la surface correspondant à la valeur est supérieure à celle qui se rapporte au poids. L’inverse 11 a lieu que pour les minerais de fer de la France, du Luxembourg et de l’Espagne.
- Les chiffres inscrits sur la carte à l’encre noire représentent des tonnes, et les chiffres à l’encre rouge des francs Exceptionnellement, le poids de l’or et de 1 argent est indiqué en kilogrammes.
- C’est aux combustibles qu’est réservée la partie centrale de chaque diagramme. Les autres produits gravitent tout autour dans un ordre uniforme. La fonte, les métaux précieux et les métaux usuels occupent la région supérieure; le sel gemme et le sel marin, le pétrole, les schistes bitumi-
- p.201 - vue 208/482
-
-
-
- 202 PRODUCTION MINÉRALE DU GLOBE EN 1887.
- neux et les calcaires asphaltiques, le soufre, les pyrites de fer, le manganèse, le nickel et le cobalt, en un mot les substances diverses sont figurées, par groupes, dans la région inférieure.
- La production des métaux et celle des minerais indigènes de chaque sorte sont placées côte à côte, avec la même
- rorites
- 1 508
- 220.572
- 8.654 8.690-
- 5,4.814
- 008
- Plomb
- 3.595W17
- . , - , 3,540
- Pyrite We 1er
- Soaft'e
- 4JlO
- 12.006
- 2.579 ')
- s2.064 \
- IjCuivn.
- '* 'x—,0.0^5
- I /
- , 34S/ÿckel .
- . ta Antimoine 4'»0® Manganèse
- 06&''
- Bitume v 824 ^
- couleur. On sait qui! n’y a, le plus souvent, aucune corrélation entre ces deux éléments; grâce au bas prix des transports, d’importantes quantités de minerais de fer, de cuivre, d’argent, etc., sont expédiées de certains pays de production dans d’autres pays, mieux approvisionnés en combustibles ou mieux outillés, pour y être soumis à la fusion. Une élude attentive de Ja carte permet à l’observateur de
- p.202 - vue 209/482
-
-
-
- PRODUCTION MINERALE DU GLOBE EN 1887. 203
- reconnaître ces particularités, qui font simplement ici l’objet d’une observation générale.
- Dans certaines contrées, par exemple aux Etats-Unis, la statistique ne relève pas toujours la production des minerais métallifères, mais seulement celle des métaux; c’est pourquoi les cercles manquent à côté des carrés.
- On reproduit ci-dessus, réduits au cinquième, à titre de spécimens, les cercles et les carrés qui ont été figurés sur la carte murale en ce qui concerne la France. Ces diagrammes donnent une idée de l’agencement de ces sortes d’images.
- Pour les pays dont la production est la plus importante, la statistique se rapporte à l’année 1887. Du reste, le relevé ci-après indique , en regard du nom de chacun d’eux, l’année à laquelle s’appliquent les chiffres inscrits sur la carte.
- PAYS. ANNÉES.
- Algérie.................................. 1887
- Allemagne.................................. 1887
- Autriche................................... 1887
- Belgique.............................. 1887
- CaP (Le)..............................
- Espagne............................... t8
- France..................................... ‘887
- Grèce................................. 1883-1887
- Hollande................................... 1887
- TT • .l886
- Hongrie...............................
- Iles Britanniques.......................... 1887
- Italie..... .......................... 1886
- Luxembourg................................. 1887
- Norwège............................... 1885
- Portugal et les Açores................
- Russie................................ 188 G
- p.203 - vue 210/482
-
-
-
- 204 PRODUCTION MINÉRALE DU GLOBE EN 1887.
- Sud-Africaine (République).................... 1888
- Suède......................................... 1886
- Suisse........................................ 1881
- Amérique centrale (Costa-Rica, Honduras,
- Salvador)................................... 1887
- Argentine (République)........................ 1887
- Australie..................................... 1886
- Bolivie.................................... 1883-1887
- Brésil........................................ 1886
- Calédonie (Nouvelle-)......................... 1886
- Cauada........................................ 1887
- Chili...................................... 1882-1886
- Chine......................................... 1887
- Colombie...................................... 1886
- Cuba (Ile de)................................. 188G
- Détroits (Les)............................. 1882-1887
- États-Unis.................................... 1887
- Guyane française.............................. 1886
- Indes et possessions anglaises en Asie.. i885-i886
- Japon...................................... 1885-1887
- Mexique....................................... 1887
- Pérou................................... 1887
- Tasmanie...................................... 1886
- Terre-Neuve................................... 1886
- Trinité (La).................................. 1886
- Vénézuéla.................................. 1886-1887
- Zélande (Nouvelle-)........................... 1886
- Si l’on élimine les minerais qui feraient double emploi avec les métaux, la production du globe se totalise comme l’indique le tableau page 207, où l’on aperçoit, en regard de chaque sorte de produit, le mode de figuration adopté.
- Parmi les substances qui viennent d’être énumérées, le
- p.204 - vue 211/482
-
-
-
- PRODUCTION MINÉRALE DU GLOBE EN 1887. 205
- charbon arrive en première ligne. Le pays producteur de beaucoup le plus important est l’Angleterre, qui a fourni en 1887 près de 165 millions de tonnes; puis viennent les Etats-Unis avec 118 millions de tonnes. L’Allemagne a produit 76 millions de tonnes; la France vient en quatrième ligne avec 21 millions de tonnes, suivie de près par l’Autriche et la Belgique.
- C’est aux Etats-Unis, principalement dans l’Etat de Pen-sylvanie, que l’on trouve les exploitations de pétrole les plus importantes. La production s’y est élevée à plus de 3 millions et demi de tonnes, valant sur place près de 100 millions. Une substance analogue, le naphte, est exploitée en Russie dans le Gouvernement du Caucase; sa production s’est élevée à près de 2 millions de tonnes en 1886.
- Les trois quarts des minerais bitumineux proviennent de la Grande-Bretagne; on peut citer encore l’île de la Trinité qui a fourni, en 1886, plus de 300,000 tonnes; puis la France, 175,000 tonnes.
- C’est la Sicile qui fournit la presque totalité du soufre (374,000 tonnes sur un ensemble de 435,000 tonnes); la valeur sur place de ces 374,000 tonnes est évaluée à 32 millions de francs.
- Les pyrites sont exploitées principalement en France, à Sain-Bel (Rhône); la quantité extraite en 1887 a de-passé 200,000 tonnes; puis viennent la Prusse avec 100,000 tonnes; l’Espagne, avec 65,000; les Etats-Unis, avec 53,ooo, etc.. . .
- Le manganèse provient du Caucase (60,000 tonnes), de 1 Allemagne (37,000), des États-Unis (35,ooo), etc.....
- p.205 - vue 212/482
-
-
-
- 206 PRODUCTION MINERALE DU GLOBE EN 1887.
- 1 RODtJCTlQN
- DIAGRAMMES.
- M IN ER AI S.
- METALX.
- Vermillon clair
- Vermillon foncé Or brillant,
- Or mat
- Argent mat
- Argent brillant
- Stries rouges surlond or mat
- Stries rouges sur fond or brillant
- Stries bleues sur fond ar R
- Stries bleues sur fond argent brillant
- trent mat.
- Stries noires sur fond vert.. . Stries noires sur fond bleu.. .
- Rouge clair. Gris bleu claii
- Rouge lonce Gris bleu foncé........
- Les carrés représentant les métaux ont des teintes identiques à celles des cercles correspon dants
- O Pour certains pays, la Russie, ta Suède, le Chili, par exemple, les statistiques n indiquent pas la valcui figurées sur la carte, n’y sont point inscrites ; elles sont toutefois comprises dans les totaux du tableau ci- '
- p.206 - vue 213/482
-
-
-
- PRODUCTION MINÉRALE DU GLOBE EN 1887. 207
- NU GLOBE.
- QUANTITÉS. VALEURS «.
- tonnes. francs.
- 92,731,000 1,555,297,000
- 158 52 9,600,000
- 3,383 700,500,000
- 201,000 394,908,000
- 4 7/1,000 180,785,000
- 33o,ooo 129,795,000
- 35,ooo g5,i 33,000
- <É79/l 19,780,000
- 3,906 9,372,000
- 23,863,541 3,545,i6o,ooo
- PRODUITS.
- 1° MÉTALLIQUES.
- Ponte........
- (10Mi7 kilogrammes)...............
- Argent (3,383,4 09 kilog rammes).....
- Cuivre.......
- Plomb........
- Zinc......
- Plain.....
- Mercure......
- l'M, cobalt, platine, antimoiue, etc.
- E.nsumblk (à reporter).
- '^es produits.
- 0n y a supplée par voie d’estimation. Dans ces cas, d’ailleurs peu nombreux, les valeurs, bien que
- p.207 - vue 214/482
-
-
-
- 208 PRODUCTION MINÉRALE DU GLORE EN 1887.
- •5
- DIAGRAMMES.
- MINERAIS.
- métaux.
- Marron clair.
- Marron foncé
- Bleu clair.
- Bleu foncé
- Jaune clair
- Jaune foncé
- Stries noires sur fond jaune clair
- Quadrillé noir sur fond jaune
- Stries rouges sur fond violet
- Violet.
- Gris bleu clair.
- Gris bleu foncé.
- La production du sel gemme ou marin s’est élevée, dans le monde entier, à plus de 8 millions de tonnes; la plus grande partie (2,200,000 tonnes) a été fournie par la Grande-Bretagne; quelques autres pays contribuent aussi pour des quantités assez importantes : les Indes anglaises et la Russie, chacune pour environ 1,200,000 tonnes, de
- p.208 - vue 215/482
-
-
-
- PRODUCTION MINÉRALE DU GLOBE EN 1887. 209
- PRODUITS. QUANTITÉS. VALEURS.
- Report tonnes. a3,863,54i francs. 3,545,160,000
- 2° NON MÉTALLIQUES.
- Charbon.. . . 435,024,000 3,000,652,000
- Pétrole... . 5,8oo,ooo 173,321,000
- Schistes bitumineux, asphaltes 2,009,000 14,997,000
- Sel gemme ou marin 8,5o8,ooo 1 23,85o,ooo
- Soufre... 465,ooo 31,964,000
- 1 ycites de fer... 564,ooo 9,990,000
- Manganèse.... 908,000 7,775,000
- 0 ] ( Aluminium, fer chromé, 11 )S ances diverses.. . j graphite, plomba-
- 80,000 8,962,000
- ( gine, etc. î
- Ensemble 459,658,ooo 3,369,971,000
- Total général — 476,591,541 6,9i5,i3i,ooo
- même les États-Unis et l’Allemagne pour 1,000,000 à peu près; la France, pour plus de 800,000.
- Un ce qui concerne les principaux pays producteurs de ionte, l’ordre d’importance est le même que pour le charbon. La Grande-Bretagne arrive en tête avec une production d’environ 7,700,000 tonnes, valant LUiS millions de francs.
- lUl'IUMKRtr. NATIONAL*.
- p.209 - vue 216/482
-
-
-
- 210 PRODUCTION MINÉRALE DU GLOBE EN 1887.
- A peu de distance viennent les États-Unis (6,5oo,ooo tonnes et 6 2 8 millions de francs), puis l’Allemagne (3,8 o o, o o o tonnes et iqk millions de francs), la France (1,600,000 tonnes et 90 millions de francs).
- Beaucoup de pays considèrent le fer et l’acier comme étant des dérivés de la fonte et n’en font pas, par suite, figurer la production dans leurs statistiques. On sait toutefois que les États-Unis et l’Angleterre fournissent les deux tiers environ de la production totale de ces métaux.
- L’or est surtout tiré de l’Amérique : des Etats-Unis, du Vénézuéla, de la Colombie, du Brésil, etc.; ces différents pays en ont produit ensemble pour près de 2 1 o millions de francs; d’autre part, l’Australie en fournit, de même que la Russie, pour environ 110 millions. Depuis quelques années, des mines d’or qui paraissent assez riches ont été découvertes dans l’Afrique centrale; la République Sud-africaine en a produit à elle seule, en 1888, pour plus de 19 millions de francs.
- Les États-Unis et l’Amérique du Sud se partagent à peu près par moitié les six septièmes de la production de l’argent dans le monde, dont la valeur s’est élevée à plus de 700 millions de francs.
- La fabrication du cuivre en 1887 a eu lieu principalement aux États-Unis (83,ooo tonnes) et dans la Grande-Bretagne ( 5 8,0 0 0 ) ; puis viennent l’Espagne et le Chili, etc.
- La plus grande production de plomb se trouve également aux États-Unis ( 146,0 0 0 tonnes) ; l’Espagne vient ensuite avec 106,000 tonnes; puis l’Allemagne avec environ 100,000, la Grande-Bretagne avec 53,ooo.
- C’est l’Allemagne qui fournit la plus grande partie du
- p.210 - vue 217/482
-
-
-
- PRODUCTION MINÉRALE DU GLOBE EN 1887. 211
- zinc (i3o,ooo tonnes); ensuite arrivent la Belgique avec 80,000 tonnes, les Etats-Unis avec 46,000 tonnes, etc. . .
- L’étain est fabriqué principalement dans les possessions hollandaises et dans la Grande-Bretagne; le mercure, en Espagne et aux Etats-Unis; l’antimoine, en Autriche-Hongrie, en Italie, en France, etc.; le platine, en Bussie; le nickel et le cobalt, en Allemagne et en Norwège.
- On peut observer à cette occasion que les pays producteurs de minerais ne sont pas toujours les pays producteurs des métaux de même nature. Ainsi la Nouvelle-Calédonie produit des minerais de nickel et de cobalt et 11e fond pas elle-même ces minerais.
- La première carte de ce genre, construite exactement sur le même plan, d’après les indications de M. Octave Keller, ingénieur en chef des mines, a été publiée en couleur dans la Statistique de Findustrie minérale et des appareils à vapeur en France et en Algérie, pour l’année i884. A cette époque, la production totale du globe présentait les chiffres suivants :
- POIDS. VALEUR.
- Produits métalliques............ 31 109 ooo1 3 260 269 6001
- Produits non métalliques.. . 628 686 700 3 510 012 600
- Ensemble. 669 595 700 6 760 271 800
- On constate, depuis lors, une augmentation denviron a7 millions de tonnes sur le poids des substances tirées du sein de la terre, et de près de 165 millions de francs quant à la valeur. Les accroissements portent principalement sur la houille (22 millions de tonnes), sur la fonte (2,700,000 tonnes) et sur l’argent (environ 500 tonnes, représentant une valeur de 86 millions de francs).
- ik.
- p.211 - vue 218/482
-
-
-
- 212
- EXPLOITATION DES PHOSPHATES DE CHAUX.
- V
- CARTE STATISTIQUE DE L’EXPLOITATION DES PHOSPHATES DE CHAUX.
- En raison des avantages considérables que présente pour l’agriculture l’emploi des amendements à base de phosphate de chaux, le département des travaux publics a fait procéder par le service des mines, en 1887, à une enquête détaillée sur les gisements naturels de phosphate de chaux dont notre pays est abondamment pourvu.
- Les résultats de cette enquête sont consignés sur un des tableaux qui figurent, en appendice, dans le volume de la statistique de l'industrie minérale et des appareils à vapeur en France et en Algérie, pour l’année 1886.
- Ce tableau fait connaître la situation géologique des gisements de phosphate, leur étendue approximative, le nombre et l’épaisseur des couches reconnues, les quantités présumées de phosphate existant dans les gisements, le nombre et le mode d’exploitation des carrières, ainsi que le nombre des ouvriers employés soit à l’intérieur, soit à l’extérieur des exploitations. Il donne, en outre, l’état physique des produits, la composition chimique de la substance desséchée, la production et la valeur, d’une part, des phosphates bruts, expédiés tels qu’ils sortent de la carrière ou qui sont restés invendus et, d’autre part, des produits pré-
- p.212 - vue 219/482
-
-
-
- EXPLOITATION DES PHOSPHATES DE CHAUX. 213
- parés, avec l’indication des principaux lieux de destination.
- A la suite de ce tableau sont reproduits, à titre d’annexes, les rapports fournis par les ingénieurs des services locaux des mines, rapports qui donnent l’historique sommaire de la découverte des gisements de phosphate de chaux et indiquent les particularités techniques les plus intéressantes de ces gisements et de leur mise en exploitation.
- Gomme complément du travail dont il s’agit, l’emplacement des carrières de phosphate de chaux et les affleurements des couches ou amas exploités ont été figurés, pour chaque région, sur des cartes partielles.
- Cartes géologiques. — Les carrières de phosphate de chaux exploitées en 1886 sont indiquées par de gros points rouges sur les cartes de détail qui reproduisent par fragments, mais à échelle double (sôôW)» carte géologique de la France à petite échelle (rôôTôôô) dressée par le service de la carte géologique détaillée de la France. Les lignes sinueuses rouges figurent les affleurements connus jusqu’à présent des couches ou amas en exploitation.
- Les noms des communes qui ont fourni les phosphates, en 1886, sont écrits en caractères romains. On y a ajouté en italiques, dans certains départements, les noms des principales localités où l’existence de ces amendements a été constatée par l’ouverture de carrières plus ou moins anciennes, laissées en chômage pendant la même année. Ces dernières sont figurées par de petites circonférences à 1 encre rouge.
- p.213 - vue 220/482
-
-
-
- 214 EXPLOITATION DES PHOSPHATES DE CHAUX.
- INDICATION DES SIGNES CONVENTIONNELS.
- (Les couleurs sont celles de la carte géologique détaillée de la France.)
- 0
- 0
- 0
- I l,w'1
- 1 Quaternaire, alluvions, dunes, limon de Picardie.
- Pliocène, des graviers à Elephas meridionalis aux couches à Con-geries du bassin du Rhône.
- Miocène, des depots ossifères à Hipparion gracile aux sables de l'Orléanais.
- Oligocène, des calcaires à Hélix Ramoncli aux marnes vertes.
- Eocène, des couches à Palœotherium crassam, aux sables de Bra-cheux.
- Crétacé supérieur, du Danien au Cénomanien. (Les parties hachurées indiquent le Turonien et le Cénomanien réunis). Crétacé inférieur de la zone des Ammonites injlatus aux couches de Berrias (Purbeckien).
- | 8 | Jurassique supérieur, Portlandien et Virgulien (Tithonique).
- Jurassique moyen, de TAslartien (zone à Ammonites tenuilobatus) au Callovien.
- Jurassique inférieur, Bathonien et Bajocien.
- Lias et rhétien, y compris la zone à Trigonia navis.
- Marnes irisées (schistes lustrés).
- Muschelkalk.
- Grès bigarré et grès des Vosges.
- Permien.
- Carbonifère supérieur et moyen. Bassins houillers du centre et du Nord.
- Carbonifère inférieur (Culm et calcaire carbonifère).
- 10
- 11
- 12
- 13
- 14
- 15
- 16
- 17
- p.214 - vue 221/482
-
-
-
- 18
- 21
- 22"
- \2L
- [25
- _26
- "27
- "28
- IF
- 34
- 35
- 17
- 38
- EXPLOITATION DES PHOSPHATES DE CHAUX. Dévonien.
- Schistes et micaschites.
- Pyroxénites, amphibolites, serpentines.
- Gneiss, leptynites.
- Granités (granitites), syénites.
- Granulites (granités).
- Microgranulites (porphyres quartzifères).
- Porphyres pétrosiliceux, pyromérides, retinites.
- Orthophyres et porphyrites du Cuhn.
- Kersantites, porphyrites micacées, du houiller supérieur. Diorites, diabases, gabbros, serpentines.
- Porphyrites, mélaphyres, serpentines permiens.
- Labradorites, basaltes miocènes.
- Labradorites, basaltes pliocènes.
- 215
- Les cartes de détail, réunies dans un même cadre qui mesure 63 centimètres de largeur sur 5i centimètres de hauteur, sont au nombre de treize, sans compter la carte statistique dont il est question ci-après. Ces cartes comprennent une partie des départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l’Oise, des Ardennes, de la Marne et de ia Meuse, des Vosges et de la Haute-Saône, de l’Indre, du Cher, du Lot, de l’Aveyron, du Tarn et du Tarn-et-Garonne
- p.215 - vue 222/482
-
-
-
- 216 EXPLOITATION DES PHOSPHATES DE CHAUX.
- de l’Yonne, de la Côte-d’Or, de l’Ardèche, de la Drôme et du Gard, enfin de Vaucluse.
- Carte statistique. — Sur une carte de la France à petite échelle, sont indiqués les noms des départements qui contiennent les gisements de phosphate marqués sur les cartes géologiques de détail. Le montant de la production de chacun d’eux y est représenté en rouge par un diagramme formé de deux cercles concentriques. Le cercle intérieur teinté a une surface proportionnelle au nombre de tonnes extraites, et le cercle extérieur, à la valeur des produits. A côté, les nombres correspondants arrondis sont inscrits en rouge pour les poids exprimés en tonnes et en noir pour les valeurs. La production des carrières de phosphate de chaux, en 1886, forme un total de 186,900 tonnes, valant r],orj^,3oo jr.
- En France, des gisements naturels de phosphate de chaux ont été reconnus dans vingt et un départements. Leur étendue présumée embrasse une superficie de 3o,ooo hectares représentant environ 3 2 millions et demi de tonnes de phosphate de chaux, d’une valeur de plus d’un million, suivant les cours pratiqués en 1886.
- D’après les explorations exécutées, les gisements les plus étendus se rencontrent dans les quatre départements sui vants :
- DÉPARTEMENTS. QUANTITÉS DE PHOSPHATES reconnues. TENEUR ES ACIDE phosphorique.
- Meuse tonnes. 2Ô,1 96,000 P 100. 16 à â9
- Pas-de-Calais 1,638,000 20 à 3o eu général.
- Côte-d’Or i,5oo,ooo 39.00
- Lot 1,900.000 90.61
- p.216 - vue 223/482
-
-
-
- EXPLOITATION DES PHOSPHATES DE CHAUX. 217
- D’autre part, des gisements très riches, contenant jusqu’à 38.5 p. 100 d’acide phosphorique, sont exploités dans la Somme (à Beauval), dans le Cher et dans le département d’Oran. Dans le Pas-de-Calais, les phosphates d’Orville dépassent les moyennes du département et contiennent jusqu’à 37 p. 100 d’acide phosphorique.
- Les minerais se présentent sous quatre aspects différents : nodules, roches, filons ou sable.
- La richesse en acide phosphorique varie d’un département à un autre; elle influe nécessairement sur le prix de la tonne de minerai préparé, que les ingénieurs ont estimé en moyenne à i5 francs dans l’Yonne, 3i fr. 3i dans la Meuse, ho fr. 33 dans le Pas-de-Calais et 70 francs dans la Somme, etc.
- Comme on l’a vu plus haut la production totale a été d’environ 1 8à.ooo tonnes W en 1886, dont 18,000 de produits bruts et 166,000 de produits réduits en poudre.
- La valeur des premiers a atteint 332,700 francs et celle des seconds 6,7/16,600 francs. Le prix moyen général ressort à 18 fr. 82 pour les phosphates expédiés bruts ou restés invendus et à ho fr. 5 h pour les phosphates préparés.
- L’exploitation des phosphates a eu lieu, en 1886, dans dix-huit départements, parmi lesquels il convient de citer : la Meuse, le Pas-de-Calais, et le Lot, qui ont fourni à eux seuls les trois cinquièmes de la production totale de la f rance. Voici d’ailleurs l’extraction afîerente a chacun d’eux :
- l > La production de la France en phosphate a été notablement plus forte, en 1887, Par suite du développement considérable quont reçu les exploitations d’Orville et de Beauval; elle s’est élevée a environ 368,000 tonnes.
- ! :
- p.217 - vue 224/482
-
-
-
- 218 EXPLOITATION DES PHOSPHATES DE CHAUX.
- Tonnes. Pour 100 du total général.
- Meuse 67,600 3?
- Pas-de-Calais 9C),600 l6
- Lot 95,qOO 1 h
- Le nombre des carrières en activité a été d’environ 800, et celui des ouvriers occupés dans les exploitations, tant à l’intérieur qu’à la surface, de 3,200.
- En Algérie, les gisements de phosphate ont été signalés seulement dans le département d’Oran, et leur production a été insignifiante, malgré leur richesse.
- p.218 - vue 225/482
-
-
-
- PRODUCTION DES CARRIÈRES DE LA FRANCE EN 1887. 219
- VI
- CARTE
- DE LA PRODUCTION DES CARRIÈRES DE LA FRANCE,
- EN 1887.
- Des renseignements très détaillés recueillis par les ingénieurs des mines en 18 88 ont permis de représenter, pour la première fois, la production des carrières de chaque departement pendant l’année 1887. O11 s est servi à cet elïet d’une carte de la France, à l’échelle de 2 0()J Ooo> et 1 on y a tracé des triangles équilatéraux, d’une surface proportionnelle au nombre de tonnes à représenter, en prenant un triangle de i5 millimètres de côté pour figurer 100,000 tonnes ou 5o,ooo mètres cubes. La carte indique par leur nom les principaux centres d’extraction, c’est-à-dire ceux dont le produit annuel dépasse 5o,000 tonnes (soit environ 26,000 mètres cubes) ou bien ceux qui présentent un intérêt particulier; un triangle spécial est affecte à chacun deux. Le reste de la production du département consistant en matériaux tirés de carrières peu importantes ou trop disséminées pour former des groupes intéressants, est représenté par un triangle unique, sans autre indication géographique que le •*om du département.
- Les chiffres placés au-dessous des triangles expriment, en milliers de tonnes : i° la production de chaque gioupe, 2° celle de l’ensemble des autres carrières du departement.
- p.219 - vue 226/482
-
-
-
- 220 PRODUCTION DES CARRIÈRES DE LA FRANCE EN 1887.
- Les carrières réunies en un groupe sont fréquemment réparties dans diverses communes, plus ou moins voisines. Le nom inscrit sur la carte est en général celui d’une commune située vers le centre des localités groupées.
- Les triangles sont divisés, lorsqu’il y a lieu, proportionnellement à l’ext'raction des différentes substances classées comme il suit :
- Pierre à bâtir. (Stries noires sur teinte en terre de Sienne.)
- Pierre à chaux. (Teinte en terre de Sienne.)........
- Marne. (Stries en terre de Sienne sur fond blanc.)..
- Argile. (Quadrille' en terre de Sienne sur fond blanc.)
- VA%7
- iV/tVi
- • ♦YmVéV
- Sable. (Pointillé en terre de Sienne sur fond blanc.)
- Pierre à plâtre. (Stries noires sur teinte verte.)..........
- Phosphate de chaux. (Teinte verte.)...................
- Granité, roches feldspathiques. (Stries noires sur teinte violette.)
- Ardoise. (Teinte violette.)...........................
- Pierre meulière. (Traits et points violets.)
- p.220 - vue 227/482
-
-
-
- PRODUCTION DES CARRIÈRES DE LA FRANCE EN 1887. 221
- Grès, silex, roches quartzifères. (Stries violettes sur fond blanc.)
- Mate'riaux d’empierrement, ballast et remblais. (Noir sur fond blanc. )
- Substances diverses. (Stries noires sur fond blanc.)..
- Ces dernières substances sont caractérisées par des lettres, savoir :
- R. Sables et argiles réfractaires (Allier, Alpes-Maritimes, Ardennes, Drôme, Eure, Gard, Isère, Lot-et-Garonne, Oise, Saône-et-Loire, Savoie, Seine-Inférieure, Seine-et-Marne, Vaucluse).
- K. Kaolin, amblygonite (Allier, Côtes-du-Nord, Drôme,
- Nièvre, Haute-Vienne).
- O. Ocres (Vaucluse, Yonne).
- M. Marbres (à polir) (Aude, Haute-Garonne, Hérault, Jura, Nord, Pas-de-Calais, Basses-Pyrénées, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Saône-et-Loire, Sarlhe).
- AL. Bauxite (minerai d’aluminium) (Hérault, Var).
- L. Lignite pyriteux (Aisne).
- B. Sulfate de baryte (Haute-Loire).
- FL. Spatli-tluor (Haute-Garonne, Haute-Loire).
- T. Talc (Isère, Pyrénées-Orientales, Savoie).
- PL. Pierre lithographique (Isère).
- Les carrières de 'pierre à bâtir fournissent des pierres de faille et des moellons. Elles s’exploitent dans tous les départements. Ceux dans lesquels la production a été la plus élevée sont les suivants, par ordre d’importance : la Gironde (618,ooomètres cubes), Seine-et-Marne (a35,ooo), l’Oise (i65,ooo), la Seine (i55,ooo), la Meuse (i53,ooo), la Mayenne (i5o,ooo). Puis viennent les départements de
- /«\ />» >\ Ar<.< <<\
- />>>>»\ A<<«<<\ /> > > > > >>>>
- p.221 - vue 228/482
-
-
-
- 222 PRODUCTION DES CARRIÈRES DE LA FRANCE EN 1887.
- l’Isère, de Meurthe-et-Moselle, de la Corse, de la Haute-Savoie, de la Haute-Marne et de la Charente, dont la production a varié entre i5o,ooo et 100,000 mètres cubes; enfin vingt et un départements ont fourni plus de 50,000 mètres cubes.
- L’extraction de la pierre à bâtir a été évaluée à près de 4,500,000 mètres cubes, d’une valeur d’environ 58 millions de francs.
- Les pierres à chaux comprennent accessoirement la pierre à ciment et les calcaires servant soit à l’agriculture, soit à des usages industriels, par exemple dans les hauts fourneaux (castine), dans les sucreries, dans les fabriques de soude. Ces sortes de pierres sont tirées principalement des départements de l’Ardèche et du Pas-de-Calais, qui ont produit respectivement 268,000 et 251,000 mètres cubes. A leur suite viennent l’Isère (1/17,000), Maine-et-Loire (110,000), les Bouches-du-Rhône (109,000), l’Yonne (102,000), la Mayenne (100,000), Meurthe-et-Moselle et le Nord (chacun q5,ooo).
- La production totale a été estimée à 2,700,000 mètres cubes, valant un peu moins de 13 millions et demi de francs.
- Les marnes sont employées à l’amendement des terres. Les principaux centres d’extraction se trouvent dans l’Eure et dans la Seine-Inférieure, départements dont les productions respectives ont été de 110,000 et de 100,000 mètres cubes; le Nord a produit 82,000 mètres cubes, la Mayenne et l’Aisne, chacun 65,ooo. Le montant de l’extraction a été approximativement de 65o,ooo mètres cubes, d’une valeur de 2,4oo,ooo francs.
- Les argiles donnent des briques, des tuiles ou des po-
- p.222 - vue 229/482
-
-
-
- PRODUCTION DES CARRIÈRES DE LA FRANCE EN 1887. 223
- teries. Elles s’exploitent dans un grand nombre de dépar-temeinents parmi lesquels on doit citer les Bouches-du-Rhône, qui ont fourni 122,000 mètres cubes, Seine-et-Marne 90,000, le Nord 85,000, la Charente et Saône-et-Loire, chacun 70,000 et la Seine 50,000. La production s’est élevée à plus de 1 million de mètres cubes, valant environ l\ millions et demi.
- En général, ces chiffres et les suivants ne comprennent pas les substances réfractaires (argiles et sables) qui ont été classées à part, chaque fois que les renseignements ont permis de le faire, et dont il sera question plus loin.
- Les principales carrières de sables et graviers sont situées dans le Nord, d’où il a été extrait (ùoo,ooo mètres cubes). Trois autres départements ont aussi fourni des quantités assez considérables de cette substance, savoir : la Seine (278,000 mètres cubes), Seine-et-Oise (162,000) et l’Oise (90,000). L’ensemble des exploitations de cette nature a rendu plus de i,3oo,ooo mètres cubes, d’une valeur approchant h millions de francs.
- Le plâtre se rencontre en grandes quantités dans les departements de Seine-et-Oise, de la Seine et de Seiue-et-Marne, dont on a tiré respectivement 558,000,209,000 et 96,000 mètres cubes. Le total de l’extraction de la pierre a plâtre a dépassé 1,150,000 mètres cubes estimes à près de 7^600,000 fr.
- Le phosphate de chaux, si utile à 1 agriculture, est exploite dans dix-huit départements, mais principalement dans ceux du Pas-de-Calais, de la Somme, de la Meuse et du Lot, qui sont signalés comme ayant donné des productions respectives de 7Ô,000, ô0,000, 28,000 et 13,o00 métrés cubes.
- p.223 - vue 230/482
-
-
-
- 224 PRODUCTION DES CARRIÈRES DE LA FRANCE EN 1887.
- La production totale a atteint 182,000 mètres cubes, d’une valeur de près de i3 millions et demi.
- L’Administration avait demandé aux ingénieurs des mines, pour 1886, des renseignements très détaillés au sujet de l’extraction des gisements de cette substance minérale, en raison des avantages considérables que présente pour l’agriculture l’emploi des amendements à base de phosphate de chaux. Les résultats de l’enquête ont été publiés, comme appendice, dans le volume de statistique relatif à l’année 1886 qui renferme les rapports fournis par les ingénieurs des mines. Ces rapports donnent l’historique de la découverte des gisements de phosphate de chaux et indiquent les particularités techniques les plus intéressantes de ces gisements et de leur exploitation.
- Comme complément du travail dont il s’agit, les carrières de phosphate de chaux et les affleurements des couches ou amas exploités ont été marqués sur des cartes géologiques partielles. Une carte générale de la France, annexée à ces cartes détaillées, indique, pour chaque région, le diagramme de la production des carrières.
- Il n’est pas sans intérêt de rappeler que, d’après la statistique de 1886,la production avait été de 92,000 mètres cubes, c’est-à-dire à peu près moitié moindre que celle de 1887. L’accroissement réalisé tient à la mise en exploitation de gisements très riches découverts récemment dans le Pas-de-Calais et dans la Somme, notamment à Orville et à Beauval.
- Le groupe des roches feldspathiques, cristallines et éruptives comprend les granités, granulites, gneiss, syénites, diorites, kersanton, mélaphyres, ophites phonolithes, tra-chytes, ainsi que les basaltes et les laves (exploitées
- p.224 - vue 231/482
-
-
-
- PRODUCTION DES CARRIÈRES DE LA FRANCE EN 1887. 225
- principalement à Volvic), débitées en pierres de taille et en moellons. Peu de départements fournissent ces substances, qui sont exploitées principalement dans la Loire-Inférieure, le Puy-de-Dôme et la Corse. Les productions respectives de ces départements ont été de 85,ooo, 76,000 et 52,ooo mètres cubes. Le poids total de l’extraction des granités et des roches feldspathiques a été de 500,000 met. cubes, et leur valeur de 10 millions environ.
- Les ardoises se rencontrent dans une vingtaine de départements, principalement dans ceux de Maine-et-Loire, de la Mayenne et des Ardennes, dont on a tiré respectivement 1^7,200,86,000 et78,ôoo milliers d’ardoises. L’ensemble de ces exploitations a fourni environ A8A,8oo milliers d’ardoises, représentant i5o,ooo mètres cubes, dune valeur de i3 millions et demi.
- Les principales exploitations de pierre meulière se trouvent dans les départements de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne, dont l’un a produit iq3,ooo et l’autre 150,000 mètres cubes, sur une extraction totale-évaluée à âoo,ooo mètres cubes valant bien près d’un million et demi.
- Les grès, plus ou moins siliceux, les silex, caillasses, les roches quartzifères dures donnent principalement des pavés; cette classe renferme aussi toutefois des matériaux employés connue pierre à bâtir. Leur extraction a lieu principalement dans le Var (110,000 mètres cubes), les Ardennes (62,000), l’Eure-et-Loir (53,000).Le poids total a été de 650,000 mèt. cubes, valant approximativement i3 millions et demi de francs.
- Aux matériaux d'empierrement, de natures diverses, sont annexées les pierres utilisées pour le ballastage des voies
- U. 1 r)
- IM FRIMERIR RATION ALI.
- p.225 - vue 232/482
-
-
-
- 226 PRODUCTION DES CARRIÈRES DE LA FRANCE EN 1887.
- ferrées, l’endiguement des cours d’eau et les matériaux (schistes, grès houiller, etc.) qui sont employés à remblayer les mines et dont le cube est considérable dans certains départements. Sous cette rubrique sont parfois englobés des graviers et des sables servant non seulement à l’empierrement et au pavage, mais même à la construction, parfois aussi de la pierre à bâtir.
- Ces différentes sortes de matériaux sont exploitées dans tous les départements, et notamment dans ceux qui suivent: la Loire (333,ooo mètres cubes), la Seine-Inférieure et l’Eure (25o,ooo mètres cubes chacun), l’Aube(230,000), Seine-et-Marne (201,000), le Pas-de-Calais (17/1,000), La Mayenne (i5o,ooo), etc. La production totale de ces matériaux a dépassé A millions de mètres cubes, et leur valeur s’est élevée à près de 1A millions de francs.
- O11 a donné plus haut les noms des départements qui renferment les substances diverses.
- L’ensemble de leur production est évalué comme il suit
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. VOLUME. VALEUR.
- Sables et argiles réfractaires mètres cubes. 1 5.5,5 00 francs. 1,953,000
- Kaolin 93,000 1,078,000
- Ocres 5o,ooo 597,000
- Marbres (à polir) 34,5oo 4,4 54,ooo
- Bauxite (minerai d’aluminium) 10,000 159,000
- Lignite pyriteux 9,000 O O O O
- Sulfate de baryte 9,000 70,000
- Spath-fluor 9,500 io5,ooo
- Talc LO en "ci 0 c 0 0 98,000 90,000
- Pierre lithographique
- Totaux 989,500 8,i3/i,ooo
- p.226 - vue 233/482
-
-
-
- PRODUCTION DES CARRIÈRES DS- LA FRANCE EN 1887. ±27
- En résumé, la production totale des carrières de la France en 188y, année où les travaux ont été moins actifs que pendant la période antérieure, s’élève approximativement à 35 millions de tonnes, soit à 17 millions et demi de mètres cubes environ, et la valeur correspondante des produits, sur place, est estimée à 16Ù millions de francs, savoir:
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. VOLUME. VALEUR.
- mètres cubes. francs.
- Pierre à bâtir 4,^70,500 57,916,000
- Pierre à chaux.. . 2,6g5,5oo i3,336,000
- Marne 63o,5oo 2,4o8,ooo
- Argile i,oi5,ooo 4,46i,ooo
- Sable 1,322,500 3,954,000
- Pierre à plâtre 1,167,500 7,562,000
- Phosphate de chaux 181,5oo 13,448,ooo
- Granité, roches feldspathiques 5o5,ooo io,368,ooo
- Ardoise i5i,5oo i3,5o3,ooo
- Pierre meulière 4o6,ooo 1,489,000
- 664,5oo 13,481,000/
- Matériaux d’empierrement, ballast et remblais. 4,o48,ooo i3,848,000
- Substances diverses 289,500 8,434,ooo
- Totaux 17,547,500 164,208,000
- i5.
- p.227 - vue 234/482
-
-
-
- I; *
- *
- 11I
- 228 PRODUCTION HOUILLÈRE DE LA FRANCE.
- VII
- STÉRÉOGRAMME
- REPRÉSENTANT LA PRODUCTION HOUILLERE DE LA FRANCE DEPUIS 1789.
- Le bureau de la statistique de l’industrie minérale possède des renseignements officiels qui permettent de se rendre compte, année par année, des progrès de l’extraction houillère en France depuis un siècle. Sur la proposition de la commission de statistique, l’Administration a fait établir, en vue de l’Exposition universelle de 1889, d’après ces documents, un sléréogramme représentant la quantité de charbon tirée de nos mines depuis 1789. Il a une forme approchant de celle d’une pyramide quadran-gulaire renversée, comme le montre le dessin ci-contre, réduit au vingtième de la grandeur d’exécution. La hauteur est de 3m,3o, y compris le socle.
- La production houillère est figurée matériellement, année par année, par une série de prismes en bois, à base carrée, ayant une superficie variable, en rapport avec le nombre de tonnes extraites, et une épaisseur uniforme de
- Fig. 2.
- p.228 - vue 235/482
-
-
-
- PRODUCTION HOUILLÈRE DE LA FRANCE. 229
- 2 centimètres. Ces prismes sont superposés, enfilés par leur centre dans une tige en fer verticale, et disposés de façon que leurs arêtes horizontales soient parallèles.
- Le stéréogramme dont il s’agit est peint en noir; il a une hauteur totale de deux mètres pour la période séculaire de 1789 à 1888 inclusivement. Le côté de chaque carré a été calculé, en millimètres, en prenant le quart de la racine carrée du nombre de tonnes de charbon correspondant.
- Le tableau ci-après fait connaître la production annuelle; pour la commodité de la lecture, il est reproduit à la partie supérieure du socle du stéréogramme.
- Les années (de cinq en cinq, en général) sont inscrites en blanc, d’une façon bien apparente, sur les quatre faces latérales des prismes auxquels ces années se rapportent.
- Un second tableau, disposé sur une autre face du socle, fournit le nombre annuel des mines exploitées à partir de l’année 1835.
- PRODUCTION HOUILLÈRE DE LA FRANCE DEPUIS 1789.
- années. TONNES. ANNÉES. TONNES. ANNÉES. TONNES.
- 1888.... 22,952,000 CO GO 16,961,000 1868.... 13,254,000
- 1887.... 21,288,000 1877.... 16,805,000 18G7.... 12,739,000
- 1886.... 19,910,000 1876.... 17,101,000 1866.... 12,260,000
- i885.... 19,511,000 XQ D'- GO 16,957,000 i865.... 11,600,000
- 1884.... 20,024,000 1874.... 16,908,000 i864.... 11,243,000
- i883.... 21,334,000 1873.... 17,479,000 1863.... 10,710,000
- 1883.... 20,004,000 1879.... 15,803,000 1869.... 10,290,o00
- 1881.... 19,770,000 1871.... 13,259,000 1861.... 9,423,000
- ce cc 0 19,362.000 1870.... 13,330,000 1860.... 8,304,000
- 1879• • • • 17,111,000 1869•••• 13,464,000 1859.... 7,483,0C0
- p.229 - vue 236/482
-
-
-
- 230 PRODUCTION HOUILLÈRE DE LA FRANCE.
- ANNÉES. TONNES. ANNÉES. TONNES. ANNÉES. TONNES.
- 1858.... 7,353,000 18/10.... 3,003,000 1822.... 1,194,000
- 1857.... 7,902,000 1839. . . . 2,995,000 1821.... 1,135,000
- i856.— 7,926,000 1838.... 3,113,000 1820.... 1,094,000
- 1855.... 7,453,000 i837.... 2,981,000 1819.... 964,000
- i85/i.... 6,827,000 1836. .. 2,842,000 1818. . . . 898,000
- 1853.... 5,938,000 1835. . .. 2,506,000 1817.... 1,003,000
- 18 5 a . . .. 4,904,000 i834. ... 2,490,000 1816.... 942,000
- 1851.... 4,485,000 1833. ... 2,058,000 1815. ... 882,000
- 185o.... 4,434,000 i832.... 1,963,000 1814 .... 788,000
- 18/19.... 4,049,000 1831.... 1,760,000 i8i3.... 772,000
- 18/18.... 4,000,000 i83o.... 1,863,000 1812.... 836,000
- 18/17.... 5,153,000 1829.... 1,742,000 1811.... 774,000
- 18/16. ... 4,469,000 1828.... 1,774,000
- 1845.... 4,202,000 1827.... 1,691,000 1802.... 844,000
- 18/1/1. . . . 3,783,000 1826.... 1,541,000
- i843.... 3,693,000 i8a5.... 1,491,000 i795.... 644,000
- 18/12.... 3,592,000 182/1. . . . 1,326,000
- 18/11.... — 3,410,000 i8a3.... 1,195,000 1789.... 675,000
- NOMBRE DES MINES DE HOUILLE EXPLOITEES EN FRANCE DEPUIS 1 835.
- MINES
- ANNÉES. en ACTIVITÉ.
- 1888 290
- QO OO 291
- 1886 297
- 1 885 298
- 1884 307
- 1 883 315
- 1882 308
- 1881 321
- 1880 336
- l879 342
- 1878 357
- MINES
- ANNÉES. en ACTIVITÉ.
- l877 358
- 1876 349
- OO 328
- OO 320
- 1873 322
- 1872 310
- 1871 307
- 1870 315
- 1869 323
- 1868 324
- 1867 328
- ANNÉES. MINES en ACTIVITÉ.
- 1866 324
- 1865 329
- 186 A 327
- 1863 322
- 1862 314
- 1861 325
- 1860 319
- i85q 305
- i858 292
- 1867 306
- 1856 303
- p.230 - vue 237/482
-
-
-
- PRODUCTION HOUILLÈRE DE LA FRANCE.
- 231
- ANNÉES. MINES en ACTIVITÉ. ANNÉES. MINES en ACTIVITÉ. ANNÉES. MINES en ACTIVITÉ.
- 1855 290 i848 256 256
- 185^i 281 258 18 4 0 247
- 1853 277 !846 268 246
- i85a 286 ! 8A5 255 1838 239
- 1851 270 1844 252 i837 235
- 185o 273 1843 261 i836 258
- i84o 270 258 i835 223
- On remarquera que la statistique présente des lacunes quant au montant de l’extraction pendant la période de 17 89 à 1811. Les chiffres n’étant connus que pour les quatre années 1789, 1796, 1802, 1811, on a considéré la production comme stationnaire pendant les années intermédiaires.
- La production houillère a passé, dans l’espace d’un siècle, de 675,000 tonnes après de 23 millions Elle est donc trente-quatre fois plus élevée aujourd’hui qu’en 1789.
- p.231 - vue 238/482
-
-
-
- 232
- STATISTIQUE DE L’INDUSTRIE MINÉRALE.
- VIII
- STATISTIQUE DE L’INDUSTRIE MINÉRALE ET DES APPAREILS À VAPEUR
- EN FRANCE ET EN ALGERIE, POUR L’ANNEE 1 88y.
- L’Administration des mines est naturellement appelée à recueillir les documents sur lesquels repose la solution des questions de douane et d’économie appliquées aux substances minérales. A toutes les époques, elle a senti l’importance de cette partie de ses attributions. Ainsi s’exprimait, il y a cinquante ans, le directeur général des ponts et chaussées et des mines, en donnant aux ingénieurs des instructions dans le but d’organiser régulièrement et de développer la statistique de l’industrie minérale.
- On se trouvait déjà loin de l’époque où l’Agence des mines de la première République était réduite à s’adresser directement aux exploitants auxquels elle écrivait, en leur demandant de lui envoyer le chiffre de leur production en minerais et en métaux: cr La Convention nationale a senti combien il serait avantageux pour la République de donner
- à l’exploitation de ses mines la plus grande activité........
- Nous comptons sur ton zèle et ton patriotisme pour nous mettre promptement à même de bien connaître l’état de ton exploitation.......n
- p.232 - vue 239/482
-
-
-
- STATISTIQUE DE L’INDUSTRIE MINÉRALE. 233
- Dans l’intervalle, le Corps des ingénieurs des mines avait été organisé par le décret impérial du 18 novembre 1810. Par la loi du 21 avril de la même année les mines avaient été assujetties à une double redevance annuelle. L’une d’elles étant proport ionnée au produit de l’extraction en traînait la déclaration du revenu net des exploitations. Le décret organique du 6 mai 1811 réglait d’ailleurs la manière dont les déclarations seraient contrôlées et la laçon dont il y serait suppléé, au besoin, pour l’assiette de l’impôt. C’est sur ces bases solides que s’édifia la statistique minérale.
- Toutefois les renseignements ne furent publiés, du moins d’une façon systématique, qu’après le vote de la loi du 2 3 avril i833 portant fixation du budget des dépenses de 1 exercice, loi dont l’article 5 est ainsi conçu : ce II sera publié annuellement un Compte rendu des travaux métallurgiques, minéralogiques et géologiques que les ingénieurs des mines auront exécutés, dirigés ou surveillés. A 1 ouverture de chaque session ces comptes seront distribués aux membres fies fieux Chambres. r> L’Administration, estimant avec raison que les documents à présenter concernaient surtout la statistique (suivant les propres termes de la circulaire du 3i août 1833), chargea une Commission d’ingénieurs de délimiter cette nouvelle branche de leurs attributions. U11 homme éminent, Le Play, le futur économiste, alors ingénieur ordinaire, remplit auprès d’elle les fonctions de secrétaire, puis fut chargé et s’acquitta, jusqu’en 18Ô7, de la tache laborieuse consistant à coordonner et à disposer pour la publication annuelle les renseignements, principalement numériques, que les ingénieurs avaient mission de recueillir touchant la consistance, le personnel, la lorce motrice, la production et
- p.233 - vue 240/482
-
-
-
- 234 STATISTIQUE DE L’INDUSTRIE MINÉRALE.
- les procédés techniques des exploitations minérales et des usines minéralurgiques.
- Plus tard, les accidents dont sont victimes les ouvriers des mines, des minières, des tourbières et des carrières, et qui motivent l’intervention légale des ingénieurs des mines au point de vue des mesures à prendre dans l’intérêt de la sécurité publique, vinrent prendre dans la statistique minérale une place qui s’y trouvait naturellement indiquée. Ils sont analysés pour la première fois dans le volume relatif à la période 1847-1852.
- A la même époque, la statistique des appareils à vapeur fut organisée et vint s’annexer à la précédente. Depuis plusieurs années les renseignements destinés à faire connaître le nombre de ces appareils, leur espèce, leur usage, la force des machines, les épreuves réglementaires auxquelles ils ont été soumis, etc., sont condensés dans une série de tableaux et donnent lieu à une analyse assez étendue, justifiée par le développement incessant de l’emploi industriel de la vapeur.
- E11 abrogeant la partie de la loi de 1810 relative à l’établissement des forges, fourneaux et usines, la loi du 9 mai 1866 a rendu plus difficile l’obtention des renseignements concernant la fabrication des métaux et a nécessité en conséquence, au bout de quelques années, la réduction du cadre de cette partie importante de la statistique. Il a fallu renoncer notamment à la connaissance des prix de revient des opérations métallurgiques.
- Par contre, d’autres sujets non moins intéressants ont été introduits dans ce Recueil. On peut citer, à cet égard, la détermination du montant de la consommation annuelle non
- p.234 - vue 241/482
-
-
-
- STATISTIQUE DE L’INDUSTRIE MINÉRALE. 235
- plus seulement des combustibles, comme au début, mais encore des minerais, des fontes, des fers et des aciers, l’examen des importations et des exportations correspondantes, celui des résultats financiers de l’exploitation des mines, la nomenclature des recherches exécutées pour la découverte de nouveaux gisements concessibles, etc. Aux informations concernant la France en ont été jointes d’analogues pour l’Algérie, à partir de l’année 1873, et, plus récemment, pour les colonies et pays de protectorat. Des tableaux synoptiques permettent aujourd’hui d’embrasser d’un coup d’œil la production respective des principaux pays en combustibles, en minerais et en métaux.
- Les publications ont eu lieu annuellement dans l’origine; puis elles ont paru à des intervalles inégaux de 18/17 à 1869. Elles ont été faites par périodes de 3 ans, de 1870 à 1878 et sont redevenues annuelles à partir de 1879.
- La dernière de ses publications est relative à l’année 1887. Les principaux faits économiques qu’elle relate sont résumés dans les trois tableaux ci-après. L’un lait connaître la production des exploitations minérales, à l’exception des carrières; le second concerne la labrication des métaux de toute sorte et des huiles minérales; le troisième se rapporte aux appareils à vapeur en activité dans le courant de 1887 dans les usines, dans l’enceinte des chemins de 1er et sur les bateaux employés sur mer et sur les fleuves.
- p.235 - vue 242/482
-
-
-
- 236
- STATISTIQUE DE L’INDUSTRIE MINERALE.
- 1° RÉSUMÉ GÉNÉRAL DE LA STATISTIQUE DES MINES ET DES AUTRES EXPLOITATIONS MINERALES.
- FRANCE. ALGÉRIE.
- DÉSIGNATION DES SUBSTANCES. PRODUCTION. VALEUR des produits sur les lieux d’extraction. PRODUCTION. VALEUR des produits sur les lieux d’extraction.
- SUBSTANCES CONCÉDÉES. tonnes. francs. tonnes. francs.
- Combustibles minéraux 21,287,589 226,373,029 » „
- Minerais de fer 3,071,068 7,006,622 165,289 1,243,55i
- de plomb et d’argent 17,436 3,589,899 212 36,565
- Pyrite de fer 209,271 3,272,526 • »
- de cuivre 11 3,66o 10,894 367,499
- de zinc i3,32i 696,293 10,481 618,087
- Minerais < de manganèse 12,124 606,674 »
- d’antimoine 341 43,728 » «
- de mercure « « i5 3,ooo
- Substances bitumineuses 174,933 i,o65,842 « „
- Calcaire imprégné de soufre 4,274 70,629 « .
- Sel gemme SUBSTANCES NON CONCEDEES. 619,060 7,384,o46
- Tourbe. . 904,798 9,491,553 »
- Minerais de fer (des minières) 608,397 1,647,686 272,354 9,3i5,oog
- Sel marin sel gemme d’Algérie 3o4,85o 4,621,546 33,65g 677,572
- Totaux. ( Substances concédées.... 94,309,428 249,909,848 186,891 2,268,652
- ( Substances non concédées. i,oi8,o45 8,760,785 3o6,oi3 a,999,58i
- Totaux généraux 26,327,473 268,670,633 492,go4 6,261,233
- La France est loin de produire les quantités de charbon nécessaires à sa consommation ; en effet, celle-ci s’est élevée à 81,191,000 tonnes, dont 10,565,000 ont été tirées de l’étranger.
- En ce qui concerne l’Algérie, la consommation du combustible minéral a été de 131,600 tonnes, qui ont été fournies en grande partie par l’Angleterre, et le reste par les bassins d’Alais et de Valenciennes.
- p.236 - vue 243/482
-
-
-
- STATISTIQUE DE L’INDUSTRIE MINÉRALE.
- 237
- 2° PRODUCTION DES USINES METALLURGIQUES.
- DÉSIGNATION DES PRODUITS. POIDS. VALEUR.
- Fonte (l’affinage, de moulage et moulée en première fusion.. .. Fers marchands, rails, tôles tonnes. francs.
- 1,567,632 89,682,943
- 771,610 117,808,184
- Aciers de toute sorte... 493,294 ii7,865,658
- Autres métaux (argent, plomb, cuivre, zinc, nickel, alumi-minium, antimoine) 25,072 ‘9i‘93i499
- Totaux CO !>• OO 344,550,284
- 11 a été produit, d’autre part, 6,200 tonnes d’huile minérale et 9,300 tonnes de bitume et d’asphalte.
- 3° RELEVÉ DES APPAREILS À VAPEUR EN ACTIVITE.
- AFFECTATION DES APPAREILS. CHAU- DIÈRES. MACHINES. FORCE en chevaux- vapeur. RÉCIPIENTS soumis & la déclaration.
- Etablissements industriels et divers Chemins de fer ( Locomotives et tramways. ( Autres appareils (nonatcompris j ApP^eib moteurs... la marine militaire). ) Appareils auxiliaires. Totaux 60,673 9-378 3,2l4 2,607 54g 54,o34 9'378 i,946 2,081 2,9Sl 748,456 3,364,8i7 18,312 566,24o 26,010 23,806 18 86 35
- 80,421 70,390 4,733,835 33,945 |
- Pour faciliter l’intelligence des faits, de nombreux diagrammes, se rapportant en général à la période des dix er-nières aimées, sont intercalés dans le texte. En voici l éiiu mération, qui donnera une idee sommaiie des matièies traitées dans le volume :
- p.237 - vue 244/482
-
-
-
- 238 STATISTIQUE DE L’INDUSTRIE MINÉRALE.
- OBJET DES DIAGRAMMES.
- i° Diagramme figurant les variations de la production houillère par groupes géographiques de bassins en 1886 et en 1887;
- 20 Diagramme figurant les variations de la production houillère par groupes géographiques de bassins en 1883 et en 1887;
- 3° Détail de l’importation des combustibles minéraux;
- h° Prix moyen de la tonne des combustibles minéraux des principaux groupes de bassins et de l’ensemble de la production de la France;
- 5° Production, consommation, commerce extérieur et prix moyen des combustibles minéraux;
- 6° Stéréogramme représentant la production houillère de la France depuis 1789 ;
- 70 Production et prix moyen des minerais de fer en France;
- 8° Production et prix moyen des minerais de fer dans le département de Meurthe-et-Moselle;
- 90 Production et prix moyen des minerais de fer en Algérie;
- io° Importation et exportation des minerais de fer;
- ii° Valeur des minerais métallifères concédés, produits en France;
- 12° Production et prix moyen des minerais bitumineux;
- 13° Production et prix moyen du sel gemme et du sel marin en France ;
- 1 Revenu net imposable des mines en France;
- i5° Accidents : proportion annuelle des ouvriers tués dans les mines et dans les carrières;
- 16° Nombre de tonnes de charbon extraites correspondant à un ouvrier tué ;
- 170 Production et prix moyen des fontes ;
- 180 Production et prix moyen des fers;
- 190 Production des aciers et prix moyen des rails;
- 2o° Importations et exportations des fontes, fers et aciers;
- 2i° Consommation des fontes, fers et aciers;
- p.238 - vue 245/482
-
-
-
- ' I l'i-W ‘ TiT^friry-TWBBgag
- STATISTIQUE DE L’INDUSTRIE MINÉRALE. 239
- 2 2° Nombre et force motrice des usines à vapeur;
- 2 3° Nombre et force motrice des locomotives;
- 2 4° Nombre et force motrice des bateaux à vapeur de transport ou remorqueurs;
- 2 5° Nombre des épreuves reglementaires d’appareils à vapeur;
- 26° Nombre annuel des accidents cause's par la vapeur, et des victimes.
- Outre ces diagrammes, le volume contient une carte de la production des carrières, qui est d’ailleurs exposée séparément et fait l’objet d’une notice spéciale.
- Des renseignements statistiques transmis par les services locaux des mines pour la confection de cette carte, il résulte que la production totale des carrières de la France, en 1887, année où les travaux ont été moins actifs que pendant la période antérieure, s’élève approximativement à 35 millions de tonnes, soit à 17 millions et demi de mètres cubes environ, et la valeur correspondante des produits, sur place, est estimée à 16Ù millions de Irancs, savoir :
- ^
- DÉSIGNATION DES PRODUITS. VOLUMES. VALEURS.
- mètres cubes. francs.
- Pierre h bâtir... 4,470,600 57,916,000
- Pierre à chaux ... M 2,6g5,5oo i3,336,000
- Marne . 63o,5oo b 0
- Argile .... i.oi5.ooo 4,46i,ooo
- Sable.. 03 *j br 1 c 0 1 3,954,000
- Pierre à plâtre 1,167,500 7,662,000
- Phosphate de chaux 181,5oo i3,448,000
- I Granité, roches feldspathiques 5o5,ooo io,368,ooo
- Ardoise .. i5i,6oo i3,5o3,ooo
- Pierre meulière 4o6,ooo 1/189,000
- 664,5oo 13,48i,ooo
- 4,o48,ooo i3.848,000
- Substances diverses. 289,500 8,434,ooo
- 17,547,500 164,208,000
- p.239 - vue 246/482
-
-
-
- 240 STATISTIQUE DÉTAILLÉE DES SOURCES MINÉRALES.
- IX
- STATISTIQUE DÉTAILLÉE DES SOURCES MINÉRALES
- EXPLOITÉES OU AUTORISEES AU 1er JUILLET 1882.
- Au point de vue de leurs propriétés curatives et de leur application aux malades, les eaux minérales font partie intégrante du domaine médical. Mais l’étude de leur origine souterraine, les travaux de captage souvent indispensables pour empêcher leur mélange avec les eaux superficielles, les mesures administratives destinées à leur protection à laquelle s’attache un intérêt public, rentrent dans le cercle des connaissances spéciales et dans les attributions des ingénieurs des mines.
- Bien que l’intervention des ingénieurs des mines n’ait pris un caractère légal qu’à dater de la loi du ih juillet i856, l’Administration des mines a compris les renseignements concernant les sources minérales dans le cadre de la statistique de l’industrie minérale dès i83/i, et a publié en 18/12, dans le compterendu des travaux des ingénieurs des mines, un Tableau général des sources minérales connues en France en 18ho. Elle a fait paraître trois ans après, dans le même recueil, un tableau analogue beaucoup plus complet et plus détaillé pour l’année 18/1/1, sous le titre de: Description physique des sources minérales connues en France.
- Mais ce travail 11e fut plus renouvelé.
- p.240 - vue 247/482
-
-
-
- STATISTIQUE DÉTAILLÉE DES SOURCES MINÉRALES. 241
- Les publications oflicieiles relatives au même sujet sont très peu nombreuses. On peut citer, à ce titre, comme une des plus anciennes, le Catalogue raisonné, accompagné d’une Notice de toutes les eaux minérales du royaume publiée par Carrère, en 1785, d’après le vœu de l’Académie de médecine; de même, XAnnuaire des eaux de la France pour 185i-i85â, rédigé par une commission spéciale suivant l'ordre du Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, annuaire dont le deuxième volume est consacré aux sources minérales, à leur description et à leur analyse; enfin, les Rapports généraux au Ministre de Vagriculture et du commerce sur le service médical des eaux minérales de la France, faits chaque année au nom de la Commission permanente des eaux minérales de l’Académie de médecine, après réception des rapports des médecins inspecteurs des établissements thermaux.
- 11 existe de nombreuses monographies, des guides et d autres ouvrages se rapportant aux sources minérales.
- L’application thérapeutique des eaux fait 1 objet de toutes ces publications; aucune d’elles, à l’exception des tableaux dressés parles ingénieurs des mines en 18/10 et en 18/1/1, ne constitue une statistique proprement dite, et ne renferme dans un cadre uniforme et pour une annee determinee un ensemble de données numériques concernant 1 exploitation
- des établissements thermaux.
- Depuis lors, l’usage des eaux s est singulièrement vulgarise. Grâce aux facilités de locomotion dues à la construction des chemins de fer, ces établissements ont reçu presque partout de plus nombreux baigneurs et se sont agrandis. Des sources, autrefois ignorées, ont été aménagées et li-
- u.
- IMPBlMRRin NATIONALE»
- p.241 - vue 248/482
-
-
-
- 242 STATISTIQUE DÉTAILLÉE DES SOURCES MINÉRALES.
- vrées à l usage public, tandis que les malades ont délaissé un certain nombre de thermes autrefois en faveur.
- Les changements survenus dans cet intervalle de trente-huit années ont paru motiver amplement un nouveau recensement de nos sources minérales. M. le Ministre des travaux publics a chargé de cette tâche les ingénieurs des mines, en confiant au service de la statistique de l’industrie minérale le soin de préparer le cadre du travail, de coordonner les renseignements recueillis et de les publier sous la forme la plus convenable.
- Les noms des sources, ceux des départements et des communes où elles sont situées, la situation géologique des orifices qui leur livrent passage, leur nature au point de vue chimique, leur température, leur débit, leur mode d’administration, les noms des établissements thermaux, le nombre de baignoires et de piscines que chacun d’eux renferme, leur fréquentation parles malades, les localités auxquelles sont attachés des médecins inspecteurs : telles sont les principales indications de cette statistique.
- Des recherches exécutées dans les archives du ministère des travaux publics, de celui du commerce et des préfectures, sans parler du Bulletin des lois, ont permis d’y faire figurer accessoirement les dates des actes administratifs concernant chaque source, telles que l’autorisation ministérielle, le décret de déclaration d’intérêt public ou de fixation d’un périmètre de protection, avec l’étendue de ce périmètre.
- Toutes les sources autorisées (sauf omission) y trouvent place. Dans ce nombre, celles qui ont cessé d’être exploitées et qui ne montent d’ailleurs pas à plus de 69, se distin-
- p.242 - vue 249/482
-
-
-
- STATISTIQUE DÉTAILLÉE DES SOURCES MINÉRALES. 243
- guérit des autres en ce que leur nom est en italiques; elles ne sont pas comprises dans les totaux, et ne figurent pas dans le tableau final qui résume par département la statistique des sources minérales exploitées au ier juillet 1882.
- Ce résumé fournit les totaux suivants :
- En France, le recensement a indiqué 1,057 scmrces exploitées, réparties dans soixante-trois départements.
- Au point de vue chimique elles se divisent ainsi :
- Sources. .
- / sulfureuses.......................... 319
- ) alcalines................................ 354
- J ferrugineuses........................ 13 5
- [ salines.................................. 219
- Total,
- 1,027
- Sous le rapport de leur température, dont le minimum est de 6 degrés centigrades et le maximum de 81 degrés, on en compte 386 froides ou tempérées, c’est-à-dire dont la température n’excède pas i5 degrés, et 6hi thermales, ayant une température supérieure à 15 degrés.
- Le débit cumulé des sources dont le jaugeage a pu être effectué atteint A6,A 15 litres par minute, soit 65,000 met. cubes par vingt-quatre heures.
- Sur les 1,057 sources exploitées, 388 sont administrées exclusivement en boissons et 2h?) sous forme de bains, tandis que 396 servent à la fois à l’usage interne et à 1 usage externe.
- Les établissements dont elles font partie sont au nombre de 3g 1, parmi lesquels 226 établissements balnéaires. Ces derniers comprennent 5,3/i6 baignoires et 328 piscines.
- p.243 - vue 250/482
-
-
-
- 244 STATISTIQUE DÉTAILLÉE DES SOURCES MINÉRALES.
- Le nombre des malades qui les ont fréquentés a été d’environ 220,000; et il y a lieu de remarquer qu’on laisse en dehors tous ceux qui consomment des eaux minérales en bouteilles, sans se rendre auprès des sources: leur nombre doit-être lui-même considérable, mais il 11’est pas possible de le déterminer. D’autre part, il y a nue foule de personnes qui se rendent aux eaux, soit pour accompagner les malades, soit pour leur agrément, et que l’on a eu soin de 11e pas compter dans le relevé susmentionné.
- En Algérie, la statistique fournit des renseignements analogues aux précédents pour k7 sources exploitées dans vingt-six établissements, dont vingt-trois comprennent des installations balnéaires, à savoir : 55 piscines plus ou moins rudimentaires et 32 baignoires.
- Le volume dont il s’agit a été publié en 1883 ; depuis lors, l’Administration a continué à relever les autorisations accordées par M. le Ministre du commerce pour l’exploitation et la vente des eaux minérales soit des sources figurant déjà dans la statistique arrêtée au 3i juillet 1882, soit de celles qui n’y avaient pas été inscrites. Ces dernières forment, jusqu’au icr janvier 1889, un total de 1 56 sources, pour lesquelles des renseignements circonstanciés sont donnés annuellement dans la statistique de l’industrie minérale.
- p.244 - vue 251/482
-
-
-
- STATISTIQUE DES PHOSPHATES DE CHAUX. 245
- X
- STATISTIQUE DES PHOSPHATES DE CHAUX.
- En raison des avantages considérables que présente pour l’agriculture l’emploi des amendements à base de phosphate de chaux, le département des travaux publics a fait procéder par le service des mines, en 1887, à une enquête détaillée sur les gisements naturels de phosphate de chaux dont notre pays est abondamment pourvu et sur la production des scories de déphosphoration de la fonte dans nos usines sidérurgiques.
- Les résultats de cette enquête sont consignés dans deux tableaux qui concernent 1886 et qui figurent dans cette statistique.
- Le premier fait connaître, par département et autant que possible par commune, la situation géologique des gisements de phosphate, leur étendue approximative, le nombre et l’épaisseur des couches reconnues, les quantités présumées de phosphate existant dans les gisements, le nombre et le mode d’exploitation des carrières, ainsi que le nombre des ouvriers employés soit à l’intérieur, soit à 1 extérieur des exploitations. Il donne, en outre, 1 état physique des produits, la composition chimique de la substance desséchée, îa production et la valeur, d’une part, des phosphates bruts, expédiés tels qu’ils sortent de la carrière ou qui sont restes invendus et, d’autre part, des produits préparés, avec 1 indication des principaux lieux de destination.
- p.245 - vue 252/482
-
-
-
- 246 STATISTIQUE DES PHOSPHATES DE CHAUX.
- Le deuxième tableau a trait aux phosphates obtenus dans les usines sidérurgiques sous la forme de scories de déphosphoration de la fonte. Il indique le chiffre de production, le nom des communes où sont situées les usines, et les quantités vendues soit à l’état brut, soit en poudre, ainsi que les principaux lieux de destination.
- A la suite de ces tableaux sont reproduits, à titre d’annexes, les rapports fournis par les ingénieurs des services locaux des mines, rapports qui donnent l’historique sommaire de la découverte des gisements de phosphate de chaux et indiquent les particularités techniques les plus intéressantes de ces gisements et de leur mise en exploitation.
- Gomme complément du travail dont il s’agit, l’emplacement des carrières de phosphate de chaux et les affleurements des couches ou amas exploités ont été figurés, pour chaque région, sur des cartes géologiques partielles à l’échelle de 5001000 établies à cet effet par le service central de la carte géologique détaillée de la France, d’après la carte au ï qô'o oïïïï dressée par ce service.
- Lue carte générale de la France, annexée à ces cartes détaillées, indique pour chaque région le diagramme de la production et l’emplacement des principaux gisements marqués par leurs affleurements.
- En France, des gisements naturels de phosphate de chaux ont été reconnus dans 21 départements. L’étendue présumée de ces gisements embrasse une superficie de 3o,ooo hectares, représentant environ 32,5oo,ooo tonnes de phosphate de chaux d’une valeur de plus de 1 milliard, suivant les cours d’alors.
- D’après les explorations exécutées, les gisements les plus
- p.246 - vue 253/482
-
-
-
- STATISTIQUE DES PHOSPHATES DE CHAUX. 247
- étendus se rencontrent dans les quatre départements suivants :
- DEPARTEMENTS
- Meuse.......
- Pas-de-Calais Côte-d’Or... Lot.........
- QUANTITÉS DE PHOSPHATES reconnues. TENEUR EN ACIDE phosphorique.
- tonnes. 2/1,196,000 1,638,000 1,600,000 1,2/10,000 pour cent. 16 à 22 20 à 3o en général. 99 20.61
- D’autre part, des gisements très riches, contenant jusqu’à 38.5 p. 100 d’acide phosphorique, sont exploités dans la Somme (à Beauval), dans le Cher et dans le departement d’Oran. Dans le Pas-de-Calais, les phosphates d’Or-ville dépassent les moyennes du departement et contiennent jusqu’à 37 p. 100 d’acide phosphorique.
- Les minerais se présentent sous quatre aspects differents : nodules, roches, filons ou sahle.
- La richesse en acide phosphorique varie dun departement à un autre et même d’un gisement à un autre; elle influe nécessairement sur le prix de la tonne de minerai préparé, que les ingénieurs ont estime en moyenne à i5 francs dans l’Yonne, 3i fr. 3i danslaMeuse, 4o fr. 33 dans le Pas-de-Calais, et 70 francs dans la Somme.
- La production totale a été de 184,000 tonnesW, dont 18,000 de minerais hruts et 166,000 de minerais piepa-
- ('; La production de la France en phosphate a été. notablement plus forte en 1887, par suite du développement considérable qu’ont reçu les exploitations d’Orville et de Beauval; elle s’est élevée à environ 363,000 tonnes.
- : iMIl!
- 1II1M
- p.247 - vue 254/482
-
-
-
- V • >
- \
- 248 STATISTIQUE DES PHOSPHATES DE CHAUX.
- rés. La valeur des premiers a atteint 382,700 francs, et celle des seconds, 6,746,600 francs, soit ensemble 7,079,300 fr. Le prix moyen général ressort à 18 fr. 82 pour les phosphates expédiés bruts ou restés invendus, et à 4o fr. 54 pour les phosphates préparés, c’est-à-dire réduits en poudre.
- L’exploitation des phosphates a eu lieu, en 1886, dans 58 départements, parmi lesquels il convient de citer la Meuse, le Pas-de-Calais et le Lot, qui ont fourni à eux seuls les trois cinquièmes de la production de la France. Voici d’ailleurs l’extraction afférente à chacun d’eux :
- tonnes. p. 100 du total général.
- Meuse 67,600 37
- Pas-de-Calais 29,600 16
- Lot 25,900 là
- Le nombre des carrières en activité a été d’environ 800 et celui des ouvriers occupés dans les exploitations, tant à l’intérieur qu’à la surface, de 3,200.
- En Algérie, des gisements de phosphate ont été signalés seulement dans le département d’Oran, et leur production a été insignifiante, malgré leur richesse.
- Scories de déphosphoration. — Les scories de déphosphoration obtenues dans les usines sidérurgiques en 1886 se sont élevées à 49,000 tonnes. Elles ont été produites dans sept usines comprises dans Meurthe-et-Moselle, Saône-et Loire, le Nord et la Meuse; le premier de ces départements a fourni 3o,ooo tonnes, et le second i5,ooo.
- Toutefois il n’en a été vendu, soit à l’état brut, soit
- p.248 - vue 255/482
-
-
-
- STATISTIQUE DES PHOSPHATES DE CHAUX. 249
- en poudre, qu’environ i3,ooo tonnes, valant sur place 162,000 francs.
- A l’exception de 2,000 tonnes produites par la Société de Denain, qui ont été employées dans l’usine même, ces scories ont été utilisées pour les besoins agricoles comme les phosphates naturels.
- Les cartes, le stéréogramme et les publications dont on vient de donner un aperçu ont été composés, en ce qui concerne la France et l’Algérie, au moyen de renseignements que les ingénieurs des mines ont recueillis et transmis au Ministre des travaux publics. Ces cartes ont été exécutées et ces publications préparées à l’Administration centrale par le service chargé de la statistique de l’industrie minérale et des appareils à vapeur. Ce service relève de M. Guillain, conseiller d’État, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur des routes, de la navigation, et des mines. Il est dirigé par M. Dequet, chef de la division des mines; M. Odent, chef de bureau; M. Sol, sous-chef; MM. Le Toux et Limanton, dessinateurs.
- p.249 - vue 256/482
-
-
-
- 250 CIRCULATION SUR LES ROUTES NATIONALES.
- XI
- RECENSEMENT DE LA CIRCULATION
- SUR LES ROUTES NATIONALES DE LA FRANCE EN 1882.
- Le volume de texte comprend, avec le rapport de la Commission sur les résultats du recensement opéré en 1882, des tableaux indiquant, pour l’ensemble des routes d’un même département et pour chaque route de chaque département :
- i° La circulation brute et réduite;
- 20 Le tonnage brut et utile;
- 3° La comparaison des recensements de 1876 et de 1882 ;
- h° La répartition de la circulation entre les chaussées de diverses natures.
- L’atlas renferme 10 cartes exprimant au moyen de procédés graphiques les principaux résultats du recensement, de manière à les rendre plus faciles à saisir dans leur ensemble comme dans leurs détails.
- Ce service relève de M. Guillain, conseiller d’Etat, ingénieur en chef, directeur; MM. Rouget, chef de division; Beschereele et Delaplane, chefs de bureau.
- p.250 - vue 257/482
-
-
-
- TROISIÈME SECTION.
- NOTICE SUR LE NIVELLEMENT GÉNÉRAL
- DE LA FRANCE.
- PROGRAMME.
- I. Avant-propos. — La connaissance exacte du relief du sol est indispensable pour l’étude des voies de communication, pour l’aménagement des eaux et la défense du territoire. Des nivellements spéciaux doivent être exécutés, dans ce but, sur les zones où s’étendent les projets. Le nivellement général a pour objet de faciliter ces études, en leur
- donnant une base certaine.
- C’est en France qu’a été exécuté, pour la première fois, le nivellement d’ensemble d’un grand territoire. Ce travail a été confié à l’ingénieur Bourdalouë, qui a effectué avec une précision inconnue avant lui, de 1857 à 186A, sous la direction du Ministère des travaux publics, un réseau de près de i5,ooo kilomètres.
- Depuis lors, la plupart des nations européennes ont entrepris des opérations analogues, destinées à servir dappui a des opérations de détail, qui permettront de définir correctement la configuration du relief de 1 Europe.
- p.251 - vue 258/482
-
-
-
- 252
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- Les résultats obtenus par Bourdalouë avaient besoin d’être complétés, et les progrès réalisés dans l’art du nivellement permettaient d’aspirer à une précision plus grande. Une Commission fut instituée, en 18 7 8, pour arrêter les bases d’un nivellement général de la France plus en rapport avec les besoins des services publics et avec l’état actuel de la science!1).
- (1) Cette Commission est actuellement composée de :
- MM. le Ministre des travaux publics, président;
- le Directeur de l’administration départementale et communale au Ministère de l’intérieur, vice-président;
- Marx (Léopold), inspecteur général des ponts et chaussées, en retraite , vice-présiden t ;
- le Directeur des chemins de fer de l’Etat;
- le Directeur du Service géographique de l’armée ;
- l’Ingénieur en chef des ponts et chaussées, chargé du service ordinaire du département de la Seine ;
- Antiioine, ingénieur civil, chef du service de la Carte de France et de la statistique graphique au Ministère de l’intérieur;
- Rouquet de la Grye, ingénieur hydrographe en chef de la marine membre de l’Institut;
- Bouteron, ancien sous-directeur au Ministère de l’intérieur;
- Delanney, agent voyer en chef du département de la Sarthe;
- Durois, agent voyer en chef, en retraite;
- Durand-Claye , ingénieur en chef, professeur à l’École des ponts et chaussées ;
- Goülier, colonel du génie, en retraite;
- Lagrange, inspecteur général, directeur de l’École nationale des ponts et chaussées;
- Lévy (Maurice), ingénieur en chef des ponts et chaussées, membre de l’Institut, professeur au Collège de France;
- Moquet , inspecteur général honoraire des ponts et chaussées ;
- Prompt, inspecteur général des ponts et chaussées;
- Prudent, commandant du génie, attaché au Service géographique de l’armée;
- Ciieysson, ingénieur en chef des ponts et chaussées, secrétaire;
- Lallemand, ingénieur des mines, secrétaire adjoint.
- p.252 - vue 259/482
-
-
-
- PROGRAMME.
- 253
- II. Programme. — Cette Commission a arrêté le programme général des opérations à effectuer. Elle a décidé que le nivellement s’étendrait à tout le territoire, de manière à fournir pour chaque commune 12 à i5 points de repère parfaitement définis, et à permettre l’établissement de cartes à grande échelle, où le relief du sol serait indiqué dans tous ses détails.
- A cet effet, les opérations à effectuer ont été réparties en trois ordres comportant chacun une précision différente, savoir :
- i° Un réseau de premier ordre, ou réseau fondamental, ayant un développement total d’environ 12,000 kilomètres, et composé de lignes se recoupant de façon à former des mailles ou 'polygones de chacun h à 500 kilomètres de contour. Ce réseau doit être nivelé avec la précision la plus grande qu’il soit possible d’atteindre ;
- a0 Un réseau de deuxième ordre, ou réseau intercalaire, de do0,000 kilomètres environ, embrassant les cours deau et les voies de communication du pays. Ce réseau sera forme de lignes transversales s’appuyant sur le réseau fondamental et comportant une exactitude moins rigoureuse;
- 3° Une série de courbes de niveau rattachées aux réseaux précédents et assez rapprochées pour définir correctement la configuration du sol.
- III. Exécution du programme. — Les études necessaires _ à la réalisation du programme arrête par la Commission °nt été confiées à un Comité émané de son sein O.
- (1) Ce comité se compose de MM. Marx, president> Clievsson, Gôuliei^ hurand-Claye, Prompt; Lallemand, secrétaire*
- p.253 - vue 260/482
-
-
-
- 254 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- Après line discussion approfondie de toutes les questions se rattachant aux nivellements de différents ordres, le comité a pensé qu’il fallait commencer par le nivellement de premier ordre et achever le réseau fondamental tout entier avant de s’occuper des lignes intercalaires.
- C’est à cet objet qu’ont été affectés les crédits successifs de 50,0oo francs annuellement inscrits à un chapitre spécial du budget, depuis l’exercice i884, pour le nivellement général. Un service spécial, confié à un ingénieur, est chargé de l’exécution W.
- La carte ci-après (fig. î) indique les mailles du réseau fondamental. La France y est divisée en 43 polygones désignés chacun par une lettre : 8 de ces polygones s’appuient à la frontière ou au littoral; les 35 autres sont contigus entre eux. Chacun des côtés communs à deux polygones forme une section du réseau fondamental; chaque section est désignée par les deux lettres représentant les deux polygones adjacents : ainsi, la ligne de Sens à Troyes, appartenant à la fois aux polygones L et Z, s’appelle la section LZ.
- 1Y. Marche générale du nivellement. — i° Opérations sur le terrain. — Les opérations sur le terrain sont effectuées par des brigades composées chacune d’un opérateur, d’un opérateur adjoint, ou lecteur, et de deux porte-mires. L’opérateur est chef de la brigade (2b
- {1) Ce service est confié à M. l’ingénieur des mines Lallemand, sous la direction de M. l’inspecteur général en retraite Maux; M. l’ingénieur en chef Durand-Claye est chargé de la comptabilité.
- (2) Ces brigades, au nombre de deux, ont respectivement pour chefs MM. Laurent, conducteur, et Leroy, commis des ponts et chaussées.
- p.254 - vue 261/482
-
-
-
- PROGRAMME. 255
- Avant d’exécuter le nivellement d’une section, l’opérateur et le lecteur en font la reconnaissance et marquent à la
- CARTE MONTRANT L’AVANCEMENT DU RESEAU FONDAMENTAL DU NIVELLEMENT DE LA FRANCE.
- ANGLETERRE
- ©BRitttuts
- MEZlEF
- l.d* Gurrnoitydf
- emtyms
- ROUE*
- tifMu45
- fnTerT ^ -L"-------fl
- onarmeau ^
- ", R
- JdUIMPE* n 1
- ' - RENNES*
- BAR-tf DUC
- AlENÇON
- m8ma H' / A •
- ’Courialaüi
- I T.’.. M
- E MANS OKLEAH
- Qui*l Brlh.hlt
- ANGERS
- •Mtfnwth*
- * ^S^nantes c
- 7;u ,
- ! CHATEAU ROUX
- /.*’»«« Q
- rj ôaUtadü/on
- j.cum ^
- ROCHEUi Sr
- 6‘Cïaud.
- Annr/rKVJf
- l-d'Olùvn. ^*S \jbchtfbrt
- CLERMONT-FERRAND S! ETIENNE
- LYON R’ Içhambery\
- P' PERIOUEUJ
- VALENCE /
- £R Arcacfion
- V*
- 1 *
- irdetit X'i-.A-ik ^01 ONE
- larmancfe -ÆJ
- /fue DRACUIONAN
- MAR5EIL
- CARCASSOn.,,. .
- » / “--- Varùonn
- £ 'ÀSo'npvrt i ^ E oF°"
- ’ "TV"-
- ^ fî
- ^ ^ uD / T’ E fi H ^
- Thrt Vendre*
- SIGNES CONVENTIONNELS.
- Lignes nivelées depuis i884 •.. 6,4o5k”
- Lignes k niveler en 1889....... 1,Ag5
- Lignes k niveler ultérieurement. 4,4oo
- Total................ ia,3oo
- -• Marégraphes et médimarémètres.
- —®— Rattachements avec les nivellements étrangers.
- Fig- i-
- couleur l’emplacement des repères fixes qui doivent être
- p.255 - vue 262/482
-
-
-
- 256 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE, établis sur la ligne. Les porte-mires scellent les repères aux endroits désignés.
- Ces repères servent directement de supports aux mires dans les opérations du nivellement; comme
- PIQUET EN BOIS. I
- Longueur:35ào-,3o. ils sont éloignés de 5oo à 1,000 mètres pD en moyenne les uns des autres, on inter-
- cale des supports provisoires formés de piquets solidement enfoncés dans le sol et || I surmontés d’un clou à tête hémisphérique
- y (%• 2);
- Le nivellement de chaque section est fait Flt>' 3‘ deux fois, en sens inverses, aller et retour, sur les mêmes repères et les mêmes piquets.
- Les opérations d’une même journée sont limitées à deux repères fixes; les deux cheminements en sens inverses s’effectuent le même jour.
- Chaque soir, le carnet de nivellement contenant les résultats des opérations de la journée est envoyé, par la poste, à l’ingénieur.
- Au début ou à la fin d’une section aboutissant à d’autres sections antérieurement nivelées, ou bien encore à la rencontre d’une ligne appartenant au réseau de Bourdalouë, on rattache les nouvelles opérations aux anciennes, en recommençant le nivellement entre deux ou plusieurs des repères anciens les plus proches, de manière à obtenir un contrôle de leur invariabilité depuis l’époque de leur scellement primitif.
- û° Travail de burêau. — Les carnets sont soumis, dans le bureau de l’ingénieur, à des calculs permettant de
- p.256 - vue 263/482
-
-
-
- PROGRAMME. -
- 257
- s’assurer de l’exactitude des opérationsW. Si les différences partielles de niveau trouvées, à l’aller et au retour, entre deux repères consécutifs, ne concordent pas suffisamment, ordre est envoyé à l’opérateur de recommencer le nivellement entre ces deux repères.
- Le bureau de l’ingénieur calcule les diff érences de niveau, détermine l’exactitude probable des opérations, recherche les erreurs systématiques quelles peuvent renfermer, enfin calcule les corrections qu’il y a lieu d’apporter aux résultats bruts, ainsi qu’il est expliqué plus loin (cliap. III, S'a), soit pour tenir compte de l’aplatissement du globe terrestre, soit pour obtenir, par la compensation, la concordance nécessaire entre les différences de niveau de deux points, trouvées en suivant des itinéraires différents.
- (1) Ces calculs et le Répertoire graphique des repères (voir ci-après, IV) sont exécutés sous la surveillance de M. Prévôt, commis des ponts et chaussées, chef du bureau de l’ingénieur.
- ii.
- VMl'lllMKAIK
- LT10.NALF..
- p.257 - vue 264/482
-
-
-
- 258
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE.
- Il
- INSTRUMENTS.
- I. Repères. — Les repères diffèrent, quant à leur forme, des repères habituellement en usage, et notamment des repères de Bourdalouë.
- Ceux-ci avaient la forme d’un cylindre à génératrices horizontales (fig. 3) faisant une légère saillie sur le plan des murs où ils étaient scellés.
- REPÈRE UE BOURDALOUË REPERE PRINCIPAL
- (en fonte peinte). (en bronzé ou en fonte oxydée).
- Fig. 3.
- Echelle de £.
- NIVELLEMENT général [j9G^Üjl
- G , Console avec pastille en forme de calotte sphérique. T, Tige de scellement du repère. Q' R' i5, Matricule du repère. 196"',5i8, Altitude du sommet de la pastille
- Fig. U. — Echelle de {.
- Les nouveaux repères se composent d’une console C (fig. ù),en fonte ou en bronze, faisant une forte saillie sur le nu des murs, et portant une pastille en forme de calotte sphérique, sur laquelle se pose la mire. La pastille est assez éloignée de la paroi pour que la mire puisse être tenue
- p.258 - vue 265/482
-
-
-
- INSTRUMENTS.
- 259
- verticalement, le milieu du talon correspondant au sommet de la pastille. Deux cavités ménagées, l’une sur la face antérieure de la console, l’autre sur la tablette verticale appuyée contre la construction, sont destinées à recevoir des plaques en porcelaine où seront inscrits : d’une part, le matricule du repère, c’est-à-dire l’ensemble des lettres et des chiffres définissant la section à laquelle appartient le repère et la position qu’il occupe dans cette section; d’autre part, Y altitude du sommet de la pastille.
- Outre ces repères principaux, dont la tige T est scellée au ciment dans les parois verticales de constructions solides, on place, sur les seuils de certains bâtiments et sur les plinthes des ouvrages d’art, des repères secondaires formés de simples rivets en bronze, dont la tige est engagée à lrotte-ment dur dans des trous forés au diamètre de cette tige (fig. 5).
- kepjjre secondaire (Rivet en bronze).
- Hauteur de la tète : 7”"".
- Fig. 5.-Échelle de f.
- II. Niveau. — Les niveaux employés aux opérations (%• 6) sont du type connu sous le nom de niveaux à fiole indépendante. Ils sont disposés pour donner une grande précision, tout en restant dans les dimensions usuelles et en étant lacilement transportables; cela résulte des données suivantes :
- Rayon de courbure de la fiole................ i)0 111 cires.
- Grossissement de la lunette.................. 9,r) f°ls*
- Ouverture efficace de l’objectif............. 36 millimétrés.
- Distance focale de l’objectif. . • • ........ 36 centimètres.
- Poids total de l’instrument (support compris), i 2 kilogrammes.
- ] 7 •
- p.259 - vue 266/482
-
-
-
- 260
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- Ces niveaux présentent sur les dispositions ordinairement employées plusieurs perfectionnements ayant pour but, soit
- NIVEAU À FIOLE INDEPENDANTE ET À PRISMES REFLECTEURS,
- üi
- a, Plateau mobile sur la calotte sphérique h. n, Nivelle sphérique servant It contrôler la verticalité du pivot.
- P, Q , R , S, Prismes réflecteurs renvoyant à l’œîl-leton q les images des extrémités de la bulle.
- Fig. 6. — Echelle (le ~.
- d’accélérer les opérations sans nuire à leur exactitude, soit d’augmenter la précision en écartant les causes d’erreur.
- Sans parler des modifications de détail, qui sont nombreuses, on va expliquer en quelques mots les améliorations essentielles apportées :
- p.260 - vue 267/482
-
-
-
- INSTRUMENTS,, 261
- i° au support ou pied de l’instrument;
- 2° à la lunette;
- 3° à la nivelle ou niveau à bulle d’air.
- SUPPORT À CALOTTE SPHERIQUE.
- A. Support. — Le trépied métallique de l’instrument, repose par ses trois vis calantes sur un plateau circulaire
- en bois a (fig. 6 et 7) dont la face inférieure est creusée en forme de calotte sphérique et s’applique exactement sur un champignon b, en cuivre, de même rayon, qui est fixé à la tête s (fig. 6) du support à doubles branches. Le plateau en bois est fortement appuyé contre le champignon par un ressort à boudin disposé comme dans la plupart des supports en usage; mais, en glissant sur le champignon, le plateau peut être rendu horizontal, même lorsque la tête du sup-
- Fig.
- Echelle de -
- port est inclinée. Une lois ce résultat obtenu, il suffit de faire tourner d’un quart de tour l’écrou g (fig. 6 et 7) pour serrer fortementle plateau contre le champignon et assurer oinsi la stabilité du support^.
- Une petite nivelle sphérique 11 (fig. 6) est adaptée à la eolonne même du niveau et surmontée d’un prisme à ré-
- Cette disposition de support est due à M. le colonel Goulier,
- p.261 - vue 268/482
-
-
-
- 262 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE.
- flexion totale o qui renvoie l’image de la bulle à l’œil de l’observateur placé près de l’oculaire de la lunette. L’opérateur peut ainsi apprécier si le pivot a été amené à une verticalité suffisante; avec un peu d’exercice on parvient très rapidement à ce résultat. Grâce à cette combinaison de la calotte sphérique et de la nivelle, on évite la perte de temps considérable à laquelle donnent lieu, avec les supports ordinaires, les tâtonnements nécessaires pour rendre le pivot sensiblement vertical en agissant, soit sur les jambes du support, soit sur les vis calantes.
- B. Lunette. — L’oculaire (fig. 8) est un oculaire négatif, où le réticule, pourvu de trois fils horizontaux, est
- COUPE DE L'OCULAIRE.
- DISPOSITIF DE MISE AU POINT DE L'OCULAIRE SUCCESSIVEMENT POUR DEUX OPERATEURS.
- éhmmyyj
- WW 1
- a, Verre de champ.
- b, Verre porte-réticule.
- c, Verre d’œil.
- Fig. 8. — Grandeur naturelle.
- c, Goupille mobile dans une rainure hélicoïdale. dil', Vis à carrés fixant les verrous mobiles qui limitent la course de la goupille e.
- Fig. 9. — Grandeur naturelle.
- placé entre les deux lentilles dans un espace fermé, et par conséquent se trouve à l’abri des poussières et des accidents.
- Qrâce à une disposition spéciale (fig. 9), deux opérateurs
- p.262 - vue 269/482
-
-
-
- INSTRUMENTS.
- 263
- ayant des vues de portées différentes peuvent viser alternativement, sans perdre chaque fois un temps considérable à mettre l’oculaire au point qui convient à la vue de chacun d’eux. En tournant le moleté de l’oculaire G, on imprime à celui-ci un mouvement hélicoïdal qui le fait avancer ou reculer. Quand l'opérateur a mis l’oculaire exactement au point pour sa vue, il fixe un verrou d’arrêt qui limite la course de cet oculaire dans un sens; chaque fois qu’il veut faire usage de la lunette, il retrouve exactement son point en tournant le moleté dans le sens convenable jusqu’à ce que le mouvement soit arrêté par le verrou h).
- G. Nivelle. — Le perfectionnement de la nivelle, ou niveau à bulle d’air, consiste dans l’addition de prismes à réflexion totale, servant de miroirs, qui renvoient à l’œil de l’observateur placé près de l’oculaire l’image de la bulle dair, ou, pour mieux dire, l’image des parties utilisées de cette bulle, savoir : ses extrémités et les divisions correspondantes de la fiole. L’observateur vérifie ainsi lui-même et sans se déplacer l’exactitude du calage de la fiole. Ge dispositif écarte les erreurs provenant du tassement qui se produit dans le sol quand on circule autour du pied d un instrument, et il dispense d’employer un auxiliaire pour surveiller la bulle pendant les lectures.
- Ges résultats sont obtenus au moyen de deux prismes isocèles rectangles en crown-glass P, Q (fig. to), qui sont placés au-dessus des extrémités de la bulle et qui en renvoient les images dans une direction parallèle a 1 axe de la
- Les dispositions optiques et mécaniques de cet oculaire sqnt de M. le
- colonel Goulier.
- p.263 - vue 270/482
-
-
-
- 264 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE.
- lunette. Deux autres prismes R, S, placés clans une boîte oblique w (fig. 6), ramènent ces images au niveau même
- CROQUIS SCHÉMATIQUE MONTRANT Ll MARCHE DES RAYONS LUMINEUX À TRAVERS LES PRISMES.
- I
- I
- VUE DANS L’OEILLETON DES PRISMES.
- de l’oculaire. On les regarde par un œilleton spécial^, où elles apparaissent comme le montre la figure 11.
- Les quatre prismes P, Q, R, S (fig. t o) ne sont pas exacte-i ai a ge de la eulle entre ses repères, ment semblables. 1 andis que le
- prisme antérieur Q et le prisme inférieur S sont des prismes à faces planes, le prisme postérieur P et le prisme supérieur R présentent une face légèrement sphérique, dont le bombement est calculé de façon que les F,fï- il- —Grandeur naturelle. images des deux extrémités de
- la bulle aient la même grandeur apparente, et soient vues
- p.264 - vue 271/482
-
-
-
- INSTRUMENTS.
- 265
- comme des objets placés à om,3o de l’œil, distance moyenne correspondant à la vision distincte. Sans cette addition, les deux images représentant des objets placés à des distances inégales de l’œil, les divisions de la fiole vues dans le prisme antérieur paraîtraient plus larges que celles qui sont vues dans le prisme le plus éloigné; et, sauf le cas où les extrémités de la bulle touchent deux traits correspondants de division, la bulle ne serait pas entre ses repères alors que ses extrémités sembleraient distantes de quantités égales des traits les plus voisins b).
- D’autre part, en limitant le champ de l’observation aux seules extrémités de la bulle, et à un ou deux couples de traits des divisions de la fiole, ce système assure une appréciation plus certaine de la position de la bulle et rend presque impossibles les erreurs sur la lecture des traits.
- III. Mires. — Les mires dont il est fait usage sont du système dit à compensation, parce qu’il permet de connaître à tout moment la longueur réelle de la mire et, par suite, la valeur rigoureusement exacte des lectures faites
- A. Système compensateur. — Deux règles métalliques r (fig. 12), l’une en fer, l’autre en laiton, sont logées dans l’âme de la mire et fixées à son talon par une de leurs extrémités. Ces deux règles glissent 1 une contre 1 autre, par
- (1) Los prismes mobiles ont été imaginés par M. Klein, chef du dépôt des instruments de l’École des ponts et chaussées. — M. l’ingénieur Lallemand a imaginé la boîte de renvoi ramenant les images au niveau de 1 oculaire.
- Ce système a été imaginé par M. le colonel Goulier. Les mires ont (“té conslruites d’après ses dessins,
- p.265 - vue 272/482
-
-
-
- Élévation do la lace antérieure.
- Coupe verticale suivant IJ.
- r, Rèjjln métallique.—», Nivelle sphérique servant à contrôler la verticalité do la mire, l, Loupe servant ii faire les lectures sur les échelles do compensation.
- 1%. la, — Kcliolje de j,
- p.266 - vue 273/482
-
-
-
- INSTRUMENTS.
- 267
- suite de leur inégale dilatabilité, lorsque la température varie; elles constituent un thermomètre de Borda. Les extrémités libres de ces règles portent des plaquettes (fig. i3) avec des traits de repère que l’on peut observer en soulevant, au sommet de la mire, un petit couvercle à charnière c. (fig. 12) Au bois de la mire est adaptée une autre plaquette également pourvue d’un trait de repère. Les distances relatives des traits de repère sont mesurées au moyen d’échelles micrométriques qui sont tracées sur les plaquettes (fig. i3) et que l’on observe à la loupe. Ces échelles sont graduées de telle sorte que la somme des deux lectures indique immédiatement la différence entre le mètre légal et la longueur de cent des divisions de la mire, quelles que
- soient les causes de cette différence.
- Ce dispositif permet de tenir compte, à chaque instant, des variations que subit la longueur des mires suivant que la bois dont elles sont faites est plus ou moins anciennement abattu, et suivant les changements qui se produisent dans la température et dans l’humidité de 1 atmosphère.
- Ces variations, négligées dans les nivellements anciens comme celui de Bourdalouë, sont assez importantes, comme 1 ont montré les observations que les opérateurs du nivellement général font trois fois chaque jour sur les échelles de
- DISPOSITION DES PLAQUETTES PORTANT LES ÉCHELLES DE COMPENSATION.
- Fig. i3. — Echelle de
- p.267 - vue 274/482
-
-
-
- 268 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE.
- compensation des mires. On a pu constater ainsi qu’en général, dans une journée, la longueur de la mire subit une variation périodique de plusieurs centimillimètrespar mètre, liée à la marche diurne de la température. Le maximum de longueur a lieu dans l’après-midi.
- La longueur de la mire est soumise, en outre, à des variations lentes, liées aux changements de température et d’humidité qui 'se produisent dans le cours des saisons.
- Les deux diagrammes ci-après rendent compte de ces variations. Le premier (fig. îk) fait voir les variations jour-
- DIAGRAMME MONTRANT LES VARIATIONS JOURNALIERES DE LONGUEUR D’UNE MIRE EN COURS D’OPÉRATIONS.
- Mois de juin 1887.
- çmm
- Fig- ifi.
- nalières, constatées pendant le mois de juin 1887 sur la longueur de l’une des mires en service. Le second (fig. 15 ) indique la variation, aux divers mois de l’année, de la longueur d’une des mires qui ont été employées pendant la campagne de 1887.
- B. Divisions de la mire. — Les divisions de la mire sont formées de traits noirs sur fond blanc, ayant une lar-
- p.268 - vue 275/482
-
-
-
- INSTRUMENTS.
- 269
- geur égale à 1/6 de celle des divisions (fig. 12). Les graduations sont au nombre de 3 : la première en centimètres, utilisable jusqu’à 170 mètres de portée; la seconde en
- DIAGRAMME MONTRANT LES VARIATIONS DE LONGUEUR D’UNE MIRE DANS LE COURS DE LA CAMPAGNE DE 1887.
- cmm cmm
- Juillet
- demi-centimètres, pour les portées moindres que 85 mètres; enfin, la troisième en doubles millimétrés, pour les portées inférieures à 3.5 mètres.
- Dans la construction, on ne s assujettit pas à obtenir des divisions rigoureusement égales ; au contraire, on les piefeie systématiquement erronées, suivant des lois connues seulement de l’ingénieur. On évite ainsi d offrir aux opeiateuis la tentation de faire des corrections arbitraires poui mettic en accord deux opérations insuffisamment concoidantes^ \
- G. Étalonnage des mires. — Avant d entrer en ser-(l) Ce système de contrôle a été introduit par M. Lallemand.
- p.269 - vue 276/482
-
-
-
- - 'V ; >.
- •. .- ••- •
- ETALON DES MIRES.
- VI. Echelle de compensation de la règle principale (2 fois la grandeur naturelle)
- l. Coupe suivant Er.
- II. Elévation (extrémité de gauche). iA 'C
- 111. IV.
- Coupe AB. Coupe CD.
- Wa
- V. Elévation (extrémité de droite).
- KYMÆK
- j- r~ • 1 UuT•^Jr.ry^./Y^'xv ¥vi./V W
- n 1 ":pssgjgaa^i
- ||i ia|a|g{dyE;l;;fcft inli
- 0 0 1
- è © r i 1 1
- 0 Q) - 1 1 1 1 *
- Ti \
- m 1 1 ! 101 1 1r’ 1 1 rl
- U, Règle en sapin formant le support de l’étalon.
- , Règle principale en laiton constituant l’étalon pour les mires de précision. Règle en fer formant, avec la précédente, un thermomètre bi-métalliquc. Règle secondaire en laiton servant d’étalon pour les mires ordinaires.
- c, (V et VI). Échelle de compensation de la règle principale. (La lecture faite sur cette échelle exprime en centimillimètres l’excès sur un mètre de 100 divisions centimétriques de la règle principale r .) eë, Tambours divisés agissant sur des vis micrométriques pour faire glisser les étalons correspondants le long de la règle de sapin.
- Fig. 16. — Echelle de
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- p.270 - vue 277/482
-
-
-
- Ouvert
- INSTRUMENTS. 271
- vice et au moment de leur rentrée en magasin, les mires sont soumises à un étalonnage qui donne exactement la position de chaque division par rapport au talon; à cet effet, les divisions de la mire sont comparées avec celles d’un étalon dont la longueur, rapportée au mètre légal, est rigoureusement connue.
- L’étalon (fig. 16) est constitué par une règle rx en laiton, divisée en parties égales représentant des centimètres, et maintenue, avec liberté de dilatation, sur une règle R en sapin. Les variations de longueur de cette règle sont données à chaque instant par un dispositif formé, comme dans la mire à compensation, par une règle r2 en fer associée à la règle de laiton.
- Sur une échelle c, on lit la correction par mètre
- p.271 - vue 278/482
-
-
-
- 272 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- qu’il faut ajouter aux lectures laites sur 1 étalon. Un écrou e à tambour divisé, agissant sur une vis micrométrique t,
- permet de faire glisser l’ensemble des deux règles métalliques le long de la règle en sapin.
- Pour effectuer l’étalonnage, on couche la mire à pial sur un banc (fig. 17) disposé à cet effet; 011 pose sur la
- p.272 - vue 279/482
-
-
-
- MICROSCOPE COUDÉ DISPOSÉ POUR L’ÉTALONNAGE.
- INSTRUMENTS. 273
- lace divisée 1 étalon, en ayant soin d’amener le zéro en regard du talon de la mire. Puis, ayant réuni la mire et l’étalon par deux colliers à coins e\ on agit sur le tambour e pour amener successivement les divisions de l’étalon en regard des divisions correspondantes de la mire. La coïncidence s’observe au moyen d’un microscope coudé (fig. 18 et 19) qui permet à l’opérateur de se tenir derrière l’étalon, sans l’inlluencer par le rayonnement de son corps et sans être gêné par l’ombre portée de celui-ci On lit sur l’échelle i et sur le tambour e l’erreur relative de chaque division. L’erreur absolue s’obtient en ajoutant l’erreur propre de l’étalon. E11 cours de nivellement, il s’y greffe une nouvelle erreur tenant au changement de longueur de la mire, accusé par le dis-positil de compensation.
- Mire. R, htalon. — P, Microscop
- ^ ifr 19’—Échelle de
- 1). Abaques de correction des erreurs de division des mires. — Après chaque étalonnage des deux mires appelées à servir ensemble sur le terrain, on établit un abaque, dont la figure 20 montre un spécimen, au moyen duquel, par une opération très rapide, on trouve, pour une différence brute de niveau entre deux points con-
- ( 1 Les appareils d’étalonnage ci-dessus décrits sont dus a M. le colouel Loulier et ont été exécutés d’après ses dessins.
- 11. 18
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- p.273 - vue 280/482
-
-
-
- 274 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- SPECIMEN D’ABAQUE DONNANT LES CORRECTIONS NECESSITEES PAR UES ERREURS DE DIVISION ET PAR UES CHANGEMENTS DE LONGUEUR DES MIRES.
- U-70U
- Fig. 90.
- Manière de se servir de l’abaque. — Les échelles mobiles 0' i! et 0" i" représentent les erreurs de division répondant à la plus grande dilatation possible de chacune des deux mires noi i et s employées ensemble. Les secteurs gradués servent à donnera ces échelles une inclinaison déterminée par les variations de longueur des mires, c’est-à-dire par leurs indices de compensation. Pour obtenir la correction e à apporter à une différence de niveau, on place sur l’abaque un indicateur transparent (figuré en pointillé sur le modèle) divisé en bandes horizontales cotées; on amène l’axe de la bande zéro à toucher langen-tiellement, sur la plus petite des deux échelles, l’arc qui répond à la lecture de mire n" i.
- Dans cette position , le sommet de l’arc qui répond, sur l’autre échelle, à la lecture de la mire n° a , tombe dans une bande de l’indicateur, dont la cote exprime la correction e cherchée.
- p.274 - vue 281/482
-
-
-
- INSTRUMENTS.
- 275
- sécutifs, obtenue à l’aide de ces deux mires, la correction à ajouter pour tenir compte à la lois des irrégularités de division constatées par l’étalonnage et de la variation de longueur accusée par les lectures des échelles de compensation.
- p.275 - vue 282/482
-
-
-
- 276 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- III
- MÉTHODES D’OPÉRATION ET DE CALCULS.
- I. Opérations sur le terrain. — Chaque brigade est munie d’un niveau et de deux mires. Les agents reçoivent, en outre, des instructions imprimées qui leur indiquent dans les moindres détails la manière de procéder dans toutes les circonstances de la pratique W.
- La longueur des nivelées ne dépasse pas i4o à i5o mètres. Elle est diminuée si la pente du terrain, le brouillard ou la mobilité des images l’exigent.
- Pour chaque nivelée, le niveau est installé à i mètre près à égales distances des deux mires. Ces distances sont mesurées en comptant les rails de longueur connue, si l’on opère sur un chemin de fer; le nombre de doubles pas, quand on travaille sur une route. On vérifie l’égalité des portées en s’assurant que les nombres de centimètres interceptés sur les deux mires entre les deux lils extrêmes du réticule sont égaux à une unité près.
- Dans chaque station, le niveau est placé de façon à satisfaire aux deux conditions suivantes :
- i° Deux des pointes du support se trouvent sur une ligne parallèle à la direction du cheminement, et cela pour égaliser les effets du tassement du sol dans les deux coups d’arrière et d’avant ;
- (1) Voir les Instructions préparées par le Comité du nivellement pour les opérations sur le terrain. (Paris, Baudry et Cie, 1889.)
- p.276 - vue 283/482
-
-
-
- 277
- méthodes d’opération et de calculs.
- 2° On peut tou jours faire sur chaque mire la lecture du lil extrême le plus rapproché du talon. Cette précaution a pour objet de tenir éloignée du sol, afin de la soustraire autant que possible à finfluence des réfractions et des ondulations atmosphériques, la visée correspondant au fil moyen, la seule qui serve pour le calcul de la différence de niveau.
- On amène la bulle exactement entre ses repères avant fie faire les lectures sur les deux mires d’arrière et d’avant. Ces lectures sont faites une première fois, par le lecteur, sur les trois fils du réticule; une seconde fois, en sens inverses par l’opérateur chef de brigade, sur le fil du milieu seulement. Ces lectures sont inscrites au fur et à mesure sur le carnet par l’opérateur, qui calcule aussitôt:
- i° Les différences respectives entre les trois lectures faites sur chaque mire par le lecteur : l’égalité de ces différences montre, d’une part, l’égalité des portées et prouve, d autre part, l’absence de fautes dans ces lectures ;
- 2° Les différences entre les lectures du fil moyen laites par le lecteur et par lui-même sur chacune des mires :
- 1 égalité de ces différences indique l’absence d erreurs de calage et celle de fautes dans les lectures de 1 opérateur.
- L’ordre des mires est interverti d’une nivelée à la suivante : en d’autres termes, la mire d’avant, pour une ni-velée, devient, sans changer de place, mire d arrière pour ta station suivante.
- A titre de contrôle, une seconde opération est laite en sens inverse, sur les mêmes piquets et dans la meme jour-Née, en intervertissant l’ordre des mires.
- Quand on opère dans les tunnels, on éclairé les mires
- p.277 - vue 284/482
-
-
-
- 278
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE.
- et la nivelle à l’aide de lanternes à réflecteurs. Les portées sont mesurées, au besoin, à l’aide d’une corde ayant la longueur voulue.
- IL Travail de bureau : Calculs, vérifications et corrections. — Les carnets de nivellement sont envoyés chaque soir par les chefs de brigade à l’ingénieur; ils sont soumis, dans le bureau, à un dépouillement et à des vérifications multiples destinées à contrôler l’exactitude des opérations et la sincérité des écritures.
- On calcule sur un registre spécial (Reg. D) :
- i° Les différences brutes de niveau entre les points consécutifs, déduites des cotes inscrites sur le carnet dans les deux opérations d'aller et de retour;
- 2° Les corrections à faire subir à ces différences brutes pour tenir compte de l’étalonnage et des changements de longueur des mires;
- 3° La discordance brute entre l’opération d’aller et celle de retour;
- h° La discordance réelle, eu égard aux corrections.
- Si cette discordance dépasse une certaine limite (3mm à 3mm,5), ou si elle affecte une allure systématique, on fait recommencer aux opérateurs, jusqu’à satisfaction, la partie correspondante du nivellement.
- Les opérations présentant le degré voulu de concordance, on fait sur le registre D la somme des différences partielles de niveau entre deux repères consécutifs, puis sur les carnets eux-mêmes, à titre de contrôle, la somme algébrique des hauteurs correspondantes de mires.
- Ces différences de repère à repère, transportées dans un
- p.278 - vue 285/482
-
-
-
- MÉTHODES D’OPÉRATION ET DE CALCULS. 279
- deuxième registre (Reg. A), sont cumulées à leur tour depuis l’origine de la section jusqu’à la fin, sur le registre A lui-même et, comme vérification, sur de petits tableaux récapitulatifs placés à la fin des carnets.
- Les différences de niveau par sections, ainsi obtenues, sont enfin groupées par polygones dans un dernier registre (Reg. F) pour le calcul des écarts de fermeture.
- En même temps, ces différences reçoivent une correction destinée à tenir compte du défaut de parallélisme qui existe, par suite de la forme ellipsoïdale de la terre, entre les surfaces de niveau situées à différentes altitudes.
- Il résulte, en effet, de ce défaut, que la différence brute de niveau de deux points varie avec l’itinéraire suivi pour l’obtenir, et cette anomalie dépasse souvent les erreurs propres des opérations. Ainsi, de Dunkerque à Marseille par exemple, il y aurait un écart de om,2 6 suivant que Ion aurait suivi les bords de la mer, ou traverse le territoire en franchissant, par Briançon, les contreforts des Alpes. L’erreur probable correspondante du nivellement, dans l’un ou l’autre cas, serait seulement de om,oà en
- moyenne.
- On fait disparaître ces anomalies en apportant une cor-cection aux résultats des opérations. Cette correction se calcule suivant deux méthodes. Dans la première, on exprime 1 altitude d’un point par sa distance, mesurée sur la verticale, a une surface de niveau choisie comme surface de comparai-s°u, par exemple, à celle de ces surfaces qui se rapproche le plus du niveau moyen des mers : c’est, ce qu on a désigné sous le uom'à'altitude orthomélrique. Dans la seconde méthode, on exprirne la position d’un point sur une verticale par un
- p.279 - vue 286/482
-
-
-
- 280 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- nombre proportionnel au travail nécessaire pour y élever la masse de l’unité de poids depuis la surface de comparaison : c’est ce qu’on a appelé la cote dynamique. Ces deux cotes diffèrent peu l’une de l’autre, saut dans les régions de hautes montagnes h).
- Une dernière correction reste à faire : celle résultant de la compensation des écarts corrigés de fermeture, c’est-à-dire de leur répartition rationnelle entre les différentes sections constitutives de chacun des polygones. 11 est en effet nécessaire d’attribuer une valeur rigoureusement identique, dans tous les cas, à la différence de niveau entre deux points reliés par différents itinéraires de nivellements.
- Cette opération faite, on calcule, en partant du repère fondamental, les altitudes des différents nœuds du réseau. Les petites corrections orthométrique et de compensation sont ensuite réparties méthodiquement, dans l’étendue de chaque section, sur les différences partielles de niveau ; après quoi l’on calcule, par voie de totalisation progressive, les altitudes orthométriques des repères consécutifs. On y ajoute l’appoint nécessaire, donné par un abaque, pour obtenir les cotes dynamiques correspondantes.
- III. Procédés de calcul. Mesure de la précision. — Les vérifications et corrections donnent lieu à des calculs nombreux et compliqués, qui doivent être faits correctement et dans un temps très court. Pour les effectuer dans ces conditions,
- (1) Voir, pour la théorie complète de ces corrections, le Traité de nivellement de haute précision de M. Ch. Lallemand (Paris, Baudry et Cie, 1889) et l’étude de M. le colonel Goulier sur les corrections nécessitées par les variations de la gravité (Imprimerie nationale).
- p.280 - vue 287/482
-
-
-
- 281
- MÉTHODES D'OPÉRATION ET DE CALCULS.
- on a recours à des machines à calcul W, à des méthodes graphiques et surtout à des tables graphiques dites abaques hexagonaux®. Chacun de ces abaques est étudié d’après la formule à laquelle il s’applique, de façon à donner, par une simple lecture et avec l’approximation nécessaire etsuffisante, le résultat cherché, quelle que soit la complication de la formule.
- Toutes les lois qu’il est possible, les résultats sont calculés deux fois, par deux méthodes distinctes, de manière à obtenir
- un contrôle de leur exactitude.
- La précision du nivellement se détermine par des procédés graphiques très simples :
- i° Pour l’erreur accidentelle, on compare, nivelée à nivelée, les résultats obtenus pour une section, à 1 aller et au retour, et l’on classe les discordances d’après leur grandeur et d’après leur nombre pour chaque grandeur. Ce nombre étant ensuite ramené à ce qu’il serait pour un chifïre total de 1,000 nivelées, on traduit les résultats en un diagramme canipaniforme (fig. 3t), qui est d’autant plus élancé que le nivellement est plus précis.
- L erreur accidentelle probable par nivelée se lit ensuite directement en appliquant sur ce diagramme un indicaleui transparent sur lequel sont figurées les cc cloches1» exprimant ^ répartition théorique des discordances quand 1 erreur probable par nivelée atteint respectivement îîo, 3o, ho . . . centimillimètres (méthode par diagrammes-types).
- Un autre procédé plus simple encore consiste a trans-
- ( ’ Voir notamment l’arithmomètre dit Totalisateur, imagine pai MM. Napoli
- r't Lallemand.
- (2) Voir la note annexe N°-2 de M. Lallemand, sur les abaques hexagonaux.
- p.281 - vue 288/482
-
-
-
- 282 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- porter sur un canevas anarnorphosé (fig. 22), préparé à l’avance une fois pour toutes, les données du précédent diagramme, qui présente alors une (orme sensiblement rectiligne. La droite moyenne, tracée au sentiment, indique sur une échelle graduée faisant partie du canevas, l’erreur
- DÉTERMINATION GRAPHIQUE DE L'Ell H EU H ACCIDENTELLE rilOBAULE D’UNE NIVELÉE,
- POUR LA SECTION L q' DU RESEAU FONDAMENTAL.
- (Méthode par diagrammes-types.)
- Nombres pour 1,000 des discordances.
- Grandeurs des discordances.
- (mm —30
- lin m
- Longueur de la section..................................... 8olm
- Nombre de nivelées dans la section......................... 558
- Longueur moyenne d’une nivelée............................. 144m
- Erreur accidentelle probable d’une nivelée................. +a‘1m"’,7
- Erreur accidentelle probable par kilomètre................. +7d""",9
- Nota. Les lignes figurées eu pointillé (.) sur ce modèle représentent les courbes tracées sur l'in-
- dicateur mobile transparent. Les cotes s, 3, 4, 5, inscrites sur ces courbes, expriment, en déeimilli-mètres, les erreurs probables correspondantes par nivelée.
- Fig. ai.
- probable par nivelée (méthode par diagrammes anamor-phosés)
- (,) Ges deux procédés de calcul graphique ont été imaginés par M. Lallemand.
- p.282 - vue 289/482
-
-
-
- METHODES D’OPERATION ET DE CALCULS. 283
- DETERMINATION DE D’ERREUR ACCIDENTELLE PROBABLE D’UNE NIVELEE, POUR LA SECTION / o' DU RESEAU FONDAMENTAL.
- (Méthode par diagrammes anamorphosés.
- 0 5 10
- 15 _ 20
- Grandeurs des discordances
- p.283 - vue 290/482
-
-
-
- m NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- Dans l’un ou l’autre cas, on multiplie le résultat par la racine carrée du nombre moyen de nivelees au kilomètre pour avoir l’erreur accidentelle probable kilométrique du nivellement.
- 2° L’erreur systématique moyenne se détermine, d’autre part, en cumulant algébriquement, depuis l’origine de la
- DISCORDANCES CUMULEES ENTRE LES DEUX OPÉRATIONS D’ALLER ET DE RETOUR. Numéros des repères.
- G’J'Q’ •
- LÉGENDE.
- Opérations de l’opérateur..................................... ........
- Opérations du lecteur..................................................
- Moyenne....................................................... ........
- Discordance systématique moyenne par kilomètre................. — Q'lmm
- Fig. 23.
- section, les discordances par nivelée entre les deux opérations; puis traduisant en un diagramme (fig. 23), avec les distances depuis l’origine pour abscisses, ces discordances cumulées et prenant l’inclinaison moyenne de la courbe obtenue par rapport à l’axe des abscisses.
- p.284 - vue 291/482
-
-
-
- RÉSULTATS.
- 285
- IV
- RÉSULTATS.
- I. Répertoire graphique. — Les altitudes de tous les repères principaux et secondaires sont consignées sur un répertoire graphique. Ce répertoire a la lorme d un plan itinéraire du nivellement, où chaque repère est figure, à sa place, par un point accompagné du matricule du repère. Des croquis représentent l’élévation des bâtiments portant les repères, et la position qu’y occupent ces derniers(1).
- IL Longueur nivelée chaque année. — Précision obtenue. Prix de revient. — La longueur totale des lignes du reseau londamental nivelées au icr janvier 1889 est de 6,Ao5 kilo—
- mètres, se répartissant comme il suit :
- 1884 51 okm \
- 1885. .... 1 3âo 1
- 1886 . 1 5Go \ 6 /io5kui
- 1887 .... 1 A70 1
- 1888 .... 1 5a5 J
- 5 8 9 5
- pour terminer le réseau dont la longueur totale
- ... 12 3ookm
- La préparation du Répertoire graphique est spécialement confiée a Porivot, commis des ponts et chaussées.
- p.285 - vue 292/482
-
-
-
- 286 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE.
- La précision obtenue est à peu près triple de celle des opérations de Bourdalouë. L’erreur accidentelle probable est de 1 millimètre par kilomètre en moyenne, pour l’ensemble des opérations. L’erreur systématique probable ne dépasse nulle part omm,3 par kilomètre.
- D’autre part, tandis que le réseau Bourdalouë a coûté 5o francs par kilomètre, le prix de revient des nouvelles opérations est descendu à 32 francs se répartissant comme suit:
- Opérations sur le terrain (traitements et indemnités des opérateurs et porte-mires).......... 185o
- Contrôle et calculs (traitements et indemnités de
- l'ingénieur et des calculateurs)............ 6 ,io
- Matériel, repères, carnets, registres, fournitures
- générales de papeterie, entretien des instruments. 3 ,6o Publication des résultats (préparation et impression
- du répertoire graphique).......................... 3 ,0o
- Tôt ai........... 3i r,8o
- Ce résultat est dû, sans doute, aux perfectionnements apportés dans les instruments et les méthodes d’opération et de calcul; mais il est aussi attribuable au système de rémunération du personnel des brigades. En dehors du salaire journalier, les agents perçoivent, en effet, une prime importante qui croît avec la longueur nivelée par eux. Cette prime diminue quand les opérations ne sont pas suffisamment correctes: le travail devant être recommencé sans que, la seconde fois, il en soit tenu compte dans la longueur nivelée. Les opérateurs sont donc également intéressés à faire bien et à faire vite.
- p.286 - vue 293/482
-
-
-
- 287
- RÉSULTATS.
- Des abaques spéciaux permettent de calculer immédiatement, chaque quinzaine, l’importance de la prime. La figure représente, à titre d’exemple, l’abaque de calcul de la prime des porte-mires. On peut, en outre, y lire sur des échelles spéciales les résultats moyens pour la quinzaine :
- abaque servant à calculer, pour une quinzaine, le salaire des porte-mires
- DU NIVELLEMENT général
- (y compris l’indemnité fisc de déplacement de 5 francs par jour).
- Nombre total de tuvelieo
- IWs WA YiA UKA.
- iVomirt-
- journalier/
- ÿ ts U J3 l.i/5
- mire Je 1er,classe t ^ j .
- lY, , St*?, W M, lÏÏv&rr,
- 120e 130e 1o(r 160e 170e 13:
- sfi
- Sommes
- .♦AVAV. WAWVV. vVAVi
- ' ’
- A' AV.W l\V4%* .y 4\V \v.
- • ' '
- wmm
- 'A'A»'A’A»A% 4*V«V'Af iV.% T.V.WàMAV .l’.W*'\\VWW*.'
- ^^^^^^^^n^AV-wV»V4\T!wIvI-'rivVv4\t.4V»\v?ivlvA\\\vAriyAy4yAy.\\ÿyAy\\v.
- ^^y^TVAVitWAVAViWmvAvr.’AVAVAitXVArmvAxviVtVÆimViVAW^
- KSSS^K^IÆUiw^^:4V4\\VA^4V4\\\VA\\%A\WAyA>\VA>».MM
- K^®^vmv*WAVAU^viVAXw»\v*vAv;\\\mviVAViViVArA\ViV4U\vvi
- m£r/iTVA%W4Æ a%wa»awav rtwAv.wànvA AVAunvtvvAU^AVW / y \
- ?4--rAV^%V4\tAVAVA4\VAVAViyAyA'.04y.y..\iV*y.
- «w wAVi* :a>\\uviVAy.\WAV»\3’^
- 1\rv'%,4W*%'AV4*\V4\V4VAV>''.vv,4y.cyA*A'»Ay»yA\Vi
- HumÊmmmÊmmm mmÈÊÊmsmmJm
- rmÊêmÊmmeMimm
- données.
- Nombre de journées avec prime......... i5
- Rgucur nivelée pendant lu quinzaine... 4iknl,5
- - ombre de nivelées doubles (aller et re-
- RÉSULTATS.
- Longueur moyenne nivelée par jour.... 3k,",G
- Nombre moyen de nivelées par jour... . 22
- Longueur moyenne d’une nivelée...... 1 [>8,n
- Salaire
- journalier pour un porte-mire de iro classe
- total pour un porte-mire de irc classe.....
- total pour un porte-mire de 2e classe......
- 9* 7°
- 1 /15 00 i3o 00
- Fig. a4.
- fugueur nivelée et nombre des nivelées par jour, longueur Moyenne d’une nivelée.
- p.287 - vue 294/482
-
-
-
- 288 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE.
- Les diagrammes ci-après (fig. 2 5 et 26) donnent, de-
- RESULTATS MOYENS OBTENUS PAli LE SERVICE BU NIVELLEMENT GENERAL DE LA FRANCE PENDANT LES CAMPAGNES SUCCESSIVES DE 1 884 À 1888.
- I. Longueur nivelée par jour. — Longueur et durée moyennes d’une nivelée.
- Echelles.
- -ni vêlép
- ivvelee »
- mètres 2 r‘200
- h 100
- min
- 15
- 10
- 5
- L0
- 1884 1885 1886 1887 1888 Campagnes.
- nâ? J
- OUT
- Fig. 2.5.
- mm.
- leseau 1884 1885 1886 1887 1888
- ^rations sur Je terrain
- Jjour-\—-
- da]ouë\Mouveau réseau fondamental Fig. 26.
- 11. Diagramme montrant la décroissance du prix de revient kilométrique et la progression simultanée de la prime moyenne des porte-mires.
- Prix de revient.
- 50^
- Prime.
- puis 188/1 et
- pour chaque campagne,
- le nombre moyen
- p.288 - vue 295/482
-
-
-
- 289
- RÉSULTATS.
- de kilomètres nivelés par jour (non compris les journées consacrées au repos du personnel et à la reconnaissance ou au scellement des repères), la durée et la longueur moyennes d’une nivelée, le prix moyen du kilomètre de nivellement, et le taux moyen des primes des porte-mires.
- On voit que le taux des primes a triplé, alors que le prix moyen du kilomètre de nivellement a diminué.
- III. Raccordements avec les nivellements étrangers. — Le nouveau réseau fondamental est dès à présent relié avec le nivellement suisse à Annemasse, avec le réseau italien à Vintimille, et avec le nivellement espagnol, à Hendaye et au col du Perthus, aux deux extrémités de la chaîne des Pyrénées. Au Nord de la France, des rattachements avec la Belgique sont également préparés à Baisieux et à Blanc-Misseron.
- IV. Comparaison avec les résultats du nivellement de bour-dalouè. — Le réseau fondamental croise le reseau Bourdalouë
- en un grand nombre de points.
- La comparaison, faite par M. le colonel Goulier pour la
- partie du nouveau réseau terminée au icl janvier 18 8 b, des altitudes anciennes et nouvelles des repères communs aux deux réseaux, a mis en relief (Fig. 27) une discordance qui, avec quelques alternatives, va en croissant du Sud au Noid, depuis Marseille, où elle est simplement égale à la différence (°m,07) des niveaux de comparaison des deux reseaux,
- jusqu’à Lille, où elle atteint environ om,8o.
- Cette discordance avait d’abord été attribue, au moins en partie, à des mouvements du sol dans 1 intervalle d eu—
- 11.
- 1 v)
- turMURMK BATIOSALlî.
- p.289 - vue 296/482
-
-
-
- 290 NIVELLEMENT GENERAL DE LA FRANGE, viron vingt-cinq ans, qui s est écoule entre les deux nivelle
- mentsW.
- CARTE MONTRANT LES DISCORDANCES SYSTEMATIQUES ENTRE LES ALTITUDES DE BOURDALOUË ET LES ALTITUDES NOUVELLES DES MEMES POINTS
- Echelle de
- COURBES D’ECALE DISCORDANCE
- Légende
- . Bfims
- 2-0
- Position des repères communs aux deux
- reseaux
- Lignes d’égale discordance positive ...
- Lignes d’égale discordance négative. .. —
- Cluiulten
- 13 ?'• Tiïïf
- Les cotes inscrites sur les courbes expriment, en centimètres, la différence entre les altitudes inscrites dans le Catalogue de Bourdalouc et les nouvelles altitudes orthométriques des repères communs aux deux réseaux
- IU le (ranch
- OE-MAROAN
- OrtJieKs
- 'MEDITER R AN U K
- Fig. 27.
- ( ' Voir la noie de M. le colonel Goulier sur les Lois provisoires de l’ajfais-
- p.290 - vue 297/482
-
-
-
- RÉSULTATS. 291
- On a reconnu depuis que cet écart résulte surtout d'erreurs systématiques, de cause encore inconnue, qui affectent les opérations de Bourdalouë.
- Y. Conservation des repères. — La conservation des repères est le complément indispensable de leur établissement. Faute de mesures spéciales prises dans ce but, un réseau de nivel- » lement ne tarde pas à subir de profondes altérations par 1 atteinte du temps et des hommes. C’est la rouille qui ronge les repères, surtout dans les endroits exposés à des émanations acides; c’est la malveillance qui les casse, qui en arrache les plaques altitudinales; c’est la démolition des ouvrages d’art et des édifices, ou le déplacement des bornes de route, qui détruisent ou modifient les supports. Ainsi entamé de tous les cotés, chaque jour et en detail, ce reseau, s’il n’était pas l’objet d’une surveillance et de réparations incessantes, serait vite compromis, comme le prouve
- 1 expérience de certains pays^b
- Aussi, en 1877, l’Administration des travaux publics
- a-t-elle institué un service de conservation des repères des lignes de base du nivellement général de la France. Llle 1 a confié aux ingénieurs des ponts et chaussées pour leurs cii-conscriptions respectives, et l’a centralisé, dabord dans les
- orient du sol de la France. (Comptes rendus de l’Académie des sciences,
- T- CVII, p. 439.)
- ' Il résulte du rapport présenté en 1887 a 1 association géodesique internationale par M. Hirsch, le savant directeur de l’observatoire de Neuchâtel, cIUe, sur les repères placés depuis 1860, en Suisse, on nen a retiouve complètement intacts que 98 p. 100 pour le premier ordre et 59 p. 100 poui le second ordre, a La perte est due en grande partie, dit le rapport, au vanda-lisme des conducteurs de route et à l’incurie des ingénieurs des petites villes
- et des autorités des villages.?)
- 19-
- p.291 - vue 298/482
-
-
-
- 292
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE.
- mains du directeur des cartes et plans, et, depuis la suppression de cette direction, dans celles de la commission du nivellement général ('h
- Cette commission reçoit les procès-verbaux de la visite générale des repères que doivent faire les ingénieurs tous les ans, du icr mai au ier septembre; elle relève les observations auxquelles cette visite donne lieu et provoque les mesures nécessaires pour remédier à toutes les altérations du réseau, dès qu’elles se produisent.
- Depuis 1877, c’est à dire en dix ans, ce service a fait remplacer ou reposer 900 repères, avec toutes les garanties désirables de précision; il a presque partout fait disparaître les différences que présentaient çà et là certains types de repères et supprimé les plans locaux de comparaison; enfin il a publié deux éditions des rectifications au catalogue des repères Bourdalouë, l’une en 1881, l’autre en 1888, pour tenir compte des changements survenus dans la définition des repères, dans leur nombre ou dans leur altitude.
- (1) M. Cheysson, ingénieur en chef des ponts et chaussées, a géré ce service, en qualité de directeur des cartes et plans depuis 1878 jusqu’en 1885, et, à partir de cette date, en qualité de secrétaire de la commission du nivellement.
- p.292 - vue 299/482
-
-
-
- RÉSULTATS.
- 293
- DÉTERMINATION DU NIVEAU MOYEN DE LA MER.
- I. Choix d’une surface de comparaison. — Les altitudes sont rapportées au niveau moyen de la Méditerranée à Marseille.
- D’après les observations laites depuis vingt-cinq ans sur l’échelle de marée du fort Saint-Jean et d’après les résultats fournis par le marégraphe totalisateur installé en 188 5 à Marseille, le niveau moyen, fixé un peu arbitrairement par Bourdalouë à la cote Ao centimètres de 1 échelle Saint-Jean, répondrait à peu près à la cote 33 centimètres de cette échelle. C’est à ce niveau de comparaison que sont l’apportées les altitudes provisoires du répertoire graphique.
- II. Marégraphe de Marseille. — Le marégraphe de Marseille est installé, à l’anse du port Calvo, dans un batiment
- construit exprès pour le recevoir (fig. 28 et 29).
- L’appareil est un marégraphe totalisateur du système Beitz, faisant automatiquement le planimétrage des courbes (le marée au fur et à mesure de leur inscription. Un flotteur cylindrique F (fig. 3o), en cuivre, de 90 centimètres de diamètre et 10 centimètres de hauteur, actionne, par lintei-raediaire d’un fdde 5 décimillimètres de diamètre en bronze siliceux, une poulie P portant un pignon concentrique p qui met en mouvement une tige à crémaillère P. Cette tige
- p.293 - vue 300/482
-
-
-
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE
- ü^§§§
- WÊWA
- mg3Ê&
- ||53)|i} pp]
- IMi
- «a
- WM
- ÉÉiuP
- Üsf7<l
- ÆaMêi
- If"; • ••• >
- •
- :• rH::!
- iüiii
- ____i____
- p.294 - vue 301/482
-
-
-
- IV. Coupe transversale suivant CD.
- «H
- ifiSEË
- Corniche.
- Utarégraplu
- II. Plan du bâtiment.
- I. Situation topographique de l’observatoire.
- III. Coupe longitudinale suivant AB.
- 0, Bureau. — M, Chambre du maregraphe. — P, Puits communiquant avec la mer par une galerie G. F, Chambre souterraine renfermant le repère fondamental r.
- Fig. 29.
- H , Habitation du gardien. —
- DÉTERMINATION DU NIVEAU MOYEN DE LA MER.
- p.295 - vue 302/482
-
-
-
- 296
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- parcourt un chemin égal au dixième de la quantité dont le niveau de la mer s’élève ou s’abaisse; elle porte un stylet s qui grave en blanc (fig. 01) la courbe des marées, sur un papier sans fin recouvert d’une mince couche de vernis noir.
- L’appareil totalisateur, analogue au totalisateur de travail employé par le général Morin dans ses dynamomètres, se
- CROQUIS SCHÉMATIQUE DU MAIlÉGIUPHE TOTALISATEUR.
- F, Flollour.
- P, Poulie motrice.
- T, Tige porle-slylc.
- S, Style enregistreur.
- Fiff-
- C, Cylindre d’enregistrement.
- D, Disque tournant, en verre dépoli, r,, r2 , Roulettes totalisât! ices, portées par
- le chariot V.
- compose d’un chariot V conduit par la tige à crémaillère et portant une petite roulette r^l\ en agate, qui s’appuie contre un disque de verre D tournant avec le cylindre enregistreur; cette roulette tourne sur elle-même d’autant plus vite que son point de contact avec le plateau se trouve plus éloigné du centre. Le mouvement de rotation de la roulette actionne
- (1) En réalité, le chariot porte une seconde roulette r2, dont les indications servent à contrôler celles de la première.
- p.296 - vue 303/482
-
-
-
- DÉTERMINATION DU NIVEAU MOYEN DE LA MER.
- 297
- un compteur de tours. L’angle de rotation de cette roulette, pendant un intervalle très petit de temps, est proportionnel à l’aire élémentaire comprise entre les deux ordonnées correspondantes de la courbe des marées. Le niveau moyen est indiqué par le quotient de la division du nombre de tours de la roulette par le nombre de tours du disque.
- III. Marégraphes pneumatiques et médimaré-mèlres.—L’installation d’un ma régraphe fondamental, comme celui de Marseille, est fort dispendieuse. Pour connaître le niveau moyen de la mer dans les autres ports, on emploie des appareils plus simples.
- On a d’abord con-
- p.297 - vue 304/482
-
-
-
- 298 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE, stitué un marégraphe pneumatique compose d une cloche pleine d’air immergée au-dessous du niveau des plus basses mers et mise en communication, par un tuyau de quelques millimètres de diamètre, avec un manomètre enregistreur. La pression de l’air dans la cloche étant à chaque instant proportionnelle à la hauteur de l’eau au-dessus du niveau de cette cloche, la courbe des pressions représente, à une échelle réduite, la courbe des marées, dont la hauteur moyenne se détermine ensuite à l’aide du planimètre.
- M. l’ingénieur Lallemand a depuis imaginé un appareil, appelé médimarémètre, qui donne encore plus simplement le niveau moyen de la mer en un point donné. L’instrument est basé sur ce fait qu’une onde liquide se transmettant par un canal capillaire, ou mieux à travers une paroi poreuse, diminue d’amplitude et se trouve retardée dans ses phases, sans que le niveau moyen du liquide éprouve de changement W.
- (l) Ces laits, que la théorie expliqu
- APPAIIEIL DEMONSTRATIF DU PRINCIPE FONDAMENTAL DU MKDIMARÉMKTRE.
- Ollde A
- normale
- C, Canal capillaire.
- moyen, avec un retard de près de
- , se trouvent expérimentalement démontrés dans un appareil qui a été établi par M. Avril, conducteur des ponts et chaussées, d’après les indications de M. Lallemand.
- Cet appareil se compose de deux tubes A et B (lig. 3a) communiquant ensemble par un tuyau capillaire C.
- Parun mécanisme spécial, le niveau du liquide dans le tube de gauche est animé d’une oscillation régulière de 3o centimètres d’amplitude; dans l’autre tube, on voit l’eau se déplacer de îo à i5 millimètres seulement de part et d’autre du niveau quart de période dans les phases,
- p.298 - vue 305/482
-
-
-
- MliDIMAIUiMETBE.
- DETERMINATION DU NIVEAU MOYEN DE LA MER. 299
- L’appareil se compose cl’un tube étanche S (fig. 33) que , , l’on fixe verticalement au
- moyen de colliers à griffes P, P, P', dans un puits communiquant avec la mer, ou contre un mur du quai. Ce tube est en relation, par un tuyau B, avec un plongeur Q, immergé au-dessous du niveau des plus basses mers. Ce plongeur est divisé en deux parties par une cloison poreuse V en porcelaine dégourdie. Le compartiment inférieur est rempli de sable, et son enveloppe percée latéralement de trous pour l’accès de l’eau. La surface poreuse est réglée de manière que la marée journalière soit réduite dans le tnbe à une oscillation insignifiante.
- Une observation par jour suffit dès lors pour déterminer la variation temps.
- LÉGENDE.
- e servant à empêcher la chute d’eau de piui< corps étrangers dans le tube S.
- hragme.
- u de communication.
- gou ir contenant la cloison poreuse V.
- Fig. 33. — Echelle de j.
- lente du niveau intérieur avec
- p.299 - vue 306/482
-
-
-
- 300
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- L’observation se fait au moyen d’une sonde divisée (fig. 34) sur laquelle on fixe latéralement, au moyen de bagues mobiles B, B' munies de languettes-ressorts l, 1! une bande de papier sensibilisé au sulfate de fer et à la noix de galle. On descend cette sonde à fond dans le tube jusqu’à ce qu’elle vienne buter contre le diaphragme D (fig. 33) et on la remonte une ou deux secondes après. La partie mouillée du papier devient noire, ce qui permet de lire facilement la cote de l’eau.
- En rapprochant les bandes et alignant, comme le montre la figure 35, les points de repère marqués par le poinçon c (fig. 34), on constitue un diagramme qu’il suffit de planimétrer pour en déduire le niveau moyen mensuel.
- Des médimarémêtres fonctionnent aujourd’hui à INice, Marseille, Cette et Port-Ven--dres, dans la Méditerranée, et à Saint-Jean-de-Luz, dans le golfe de Gascogne. Dix autres de ces appareils vont être installés sur les cotes de l’Océan et sur le littoral de l’Algérie et de la Tunisie.
- Le diagramme ci-après (fig. 36), relatif à une période de trois ans et demi, montre que, à Marseille, le niveau moyen depuis l’origine (moyenne de toutes les hauteurs relevées depuis la mise en fonction de l’appareil), calculé à la fin de chaque mois d’après les
- SONDE.
- d
- , Bagues servant à fixer le papier sensible. — c, Poinçon do repérage.
- Fitf. 34. — Échelle de
- p.300 - vue 307/482
-
-
-
- 301
- DÉTERMINATION DU NIVEAU MOYEN DE LA MER.
- indications du médimarémètre, concorde parfaitement avec celui donné par le marégraphe totalisateur établi dans le même poste.
- Le niveau moyen annuel, dans ce port, depuis le ier fé-
- MÉDIMARÉmÈTRE DE MARSEILLE. Variation du niveau moyen diurne.
- Zéro du médimarémètre... o ___________________________
- Zéro Bourdalouë.
- .iilllll..
- nmimmmimiL
- Ligne des repère
- irrhuhiuuiiiiiiiiiz:
- luiiiiiiinniiiiiiiiiiii
- nimiiiiHiiimiiiia
- I’rofondeurs en centimètres.. 50
- Janvier 1887.
- Diagramme obtenu par la juxtaposition des bandes impressionnées et réduction du tout à l’échelle de —.
- Nota. — Dans le médimarémètre de Marseille, le premier qui ait été construit, le zéro de l’échelle so trouve h l’extrémité supérieure de la sonde.
- Fig. 35.
- vrier 1885, rapporté au plan de comparaison du nivellement de Bourdalouë, a présenté, d’une année à l aulre, les variations suivantes:
- AnnL‘es................ 1885 1886 1887 1888
- Cotes du niveau moyen... — om,o6o — on‘,o63 — om,073 — om,o()o
- Moyenne générale..................... — o,o64
- Les niveaux moyens de la mer à Nice, Marseille, Cette et Port-Vendres, calculés d’après les données fournies parles Miedimarémètres installés dans ces ports, présentent (fig. 36)
- p.301 - vue 308/482
-
-
-
- » i.aasj^y.>L-sini/T,r. >* ~
- mgmÊÊMS&Èmmmi
- X-a
- RESULTATS DONNES PAR LES MEDIMAREMETRES INSTALLES DANS LA MEDITERRANEE
- MARSEILLE.
- PORT-VEN DRES
- y
- âSS
- lÿRjô i n gp-
- »MJxÜJjd
- »
- IFMANJIJIA1S
- JlAlSlOlNlDj JiFlMlAlMl JUlAlSlOlNlDlJlF IMÂSÆJplAjSldlNlp
- Mois solaires
- Trait plein. — Variation du niveau moyen calcule depuis 1 origine. Trait discontinu (pour Marseille seulement). — Variation du niveau moyen calculé depuis l’origine, d’après les résultats fournis pai le marégraphe totalisateur.
- Teinte noire en échelons. — Variations, par mois lunaires, du niveau moyen rapporté au plan provisoire de comparaison du nivellement général de la France (om,orj au-dessous du zéro de Bourdalouè').
- Fig. 36.
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- p.302 - vue 309/482
-
-
-
- 303
- DÉTERMINATION DU NIVEAU MOYEN DE LA MER.
- les relations de hauteur ci-après, par rapport au niveau moyen de Marseille, coté zéro :
- Nice. Marseille. Celte. Porl-Vendres.
- — omjoA o -j- om,o6 -J- o"\o8
- Les opérations en cours permettront de déterminer exactement, d’ici à la fin de cette année, la différence de niveau entre l’Océan, à Brest, et la Méditerranée, à Marseille.
- p.303 - vue 310/482
-
-
-
- 304
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE.
- VI
- ANNEXES.
- Annexe I.
- SUR UN NIVEAU D’EAU À LONGUE PORTÉE,
- Par M. Cl). Lallemand.
- L’idée de mettre à profit, pour les nivellements, la propriété connue des vases communiquants, est très ancienne. Les Romains, et plus tard les Italiens du xvnc siècle, employèrent de grands niveaux d’eau. 11 y a cinquante ans, M. l’ingénieur en chef Blondat a luit un nouvel essai de niveau d’eau à tube flexible Id. D’autres appareils du même genre ont été construits ultérieurement, en vue de nivellements souterrains.
- A la suite d’une expérience faite en 1879 i)ar M. l’ingénieur en chef hydrographe Bouquet de la Gryc, avec un tube de 3oo mètres de long, la commission du nivellement général a décidé la construction d’un grand niveau d’eau de précision. Après de nombreux tâtonnements, 011 s’est arrêté au type décrit ci-après :
- L’appareil se compose essentiellement d’un tuyau flexible en cuivre, de 5o mètres de longueur et de 8 millimètres
- (1) Voir, aux Annales des ponts et chaussées de 18 A 0, le mémoire de M. Blondat sur cet appareil.
- p.304 - vue 311/482
-
-
-
- 305
- NIVEAU D’EAU À LONGUE PORTÉE.
- de diamètre intérieur d), reliant deux tubes verticaux (fig. 37) en verre, de tm,8o de hauteur utile® et de 18 millimètres de diamètre intérieur, entourés d’une enveloppe isolante en liège et renfermés dans une gaine protectrice en cuivre nickelé. Une double lente est ménagée sur toute la hauteur du tube pour faire la visée du ménisque.
- Cette visée s’effectue à l’aide d’un dispositif formé d’un manchon mobile, divisé en deux parties C, D. Le manchon inférieur se fixe sur la gaine par la pression d’une vis de serrage w. Dans le manchon supérieur sont ménagées deux fenêtres dont les bords inférieurs déterminent le plan de visée. La fenêtre postérieure est fermée par un verre dépoli sur lequel un prisme à réflexion totale p (fig. 07, 111) renvoie la lumière du ciel. Sur le lond blanc de cet écran, le ménisque liquide apparaît comme un croissant noir; on amène son bord inférieur à être en contact avec le bas des fenêtres. Ce procédé permet d’atteindre une très grande précision dans le pointé.
- La hauteur de l’eau au-dessus du repère se lit sur une échelle en millimètres tracée sur la gaine.
- Une petite nivelle sphérique, de 20 centimètres de rayon de courbure, fixée à la base du tube, sert à contrôler la verticalité de celui-ci au moment de la lecture.
- Deux thermomètres placés l’un 1 à la base du tube, l’autre t (fig, 37, 111) sur le manchon mobile, donnent
- (l) L’idée d’employer un tuyau métallique de petit diamètre a été suggérée
- par M. Le Cliatelier, ingénieur des mines.
- * Sur les chemins de fer, où la pente ne dépassé jamais 3o millimétrés l)ar raelre, cette hauteur suffit pour que l’on puisse toujours operer en lais-sant au tuyau flexible tout son développement.
- l'RIMF.lUE NATIONALE.
- p.305 - vue 312/482
-
-
-
- 306 NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE, à chaque instant les températures respectives de l’eau et
- NIVEAU D’EAU À LONGUE PORTÉE.
- I. Elévation d’un tube. H* Coupe verticale d’un tube.
- III. Manchon de visée, vu de profil.
- T T, Thermomètres donnant la température de l’eau.
- I, Thermomètre donnant la température de l’enveloppe métallique portant l’échelle des lectures.
- C, D, Manchon de visée divisé en deux parties.
- jj, Prisme réflecteur.
- rr, Robinets de remplissage de l’appareil. e, Events pour l’accès de l’air.
- Fig. Srj. — Échelle de
- du tube métallique, températures dont ou tient compte pour corriger les lectures.
- p.306 - vue 313/482
-
-
-
- NIVEAUX D’EAU À LONGUE PORTÉE 307
- On opère de la manière suivante : l’appareil étant rempli d’eau préalablement privée d’air par ébullition, on rapproche les deux tubes pour vérifier si les ménisques se tiennent bien au même niveau. Gela fait, on pose le talon des deux tubes sur les deux repères ou piquets dont on veut mesurer la différence de niveau; puis on ouvre légèrement les robinets R de communication placés à la base des tubes. Dès que les ménisques paraissent en repos, on fait simultanément, à un signal convenu, et plusieurs fois de suite à titre de contrôle, les lectures sur les deux échelles. La différence de ces deux lectures, corrigées de l’influence de la température, exprime la dénivellation cherchée.
- ao.
- p.307 - vue 314/482
-
-
-
- 308
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- Annexe II.
- SUR EN NOUVEAU SYSTÈME DE TABLES GRAPHIQUES,
- DITES ABAQUES HEXAGONAUX,
- Par M. Ch. Lallemand.
- La construction des abaques hexagonaux repose sur l’application de deux principes, dits de Y addition graphique et de la multiplication graphique.
- La nouvelle méthode s’applique à toutes les formules décomposâmes, directement ou par anamorphose, en une somme de produits de fonctions dépendant chacune de deux variables au plus. En d’autres termes, on peut traduire graphiquement toutes les équations de la forme :
- F (x.y) <t> (p.q) ¥ (u.v). . . ±f(r.t) (z.s). . . =^(a/3) ÿ(yS). . .
- Chacun des groupes de facteurs est représenté par une échelle dite linéaire, binaire, ternaire, etc. . ., selon que le groupe renferme 1, 2, 3. . . variables.
- L’échelle linéaire est une simple droite, divisée d’après le principe de la graduation des coordonnées de M. Lalanne.
- L’échelle binaire présente directement, ou après anamorphose, deux cours de lignes, le plus souvent droites, qui sont graduées suivant les valeurs des deux variables dont l’échelle dépend.
- E11 combinant, par voie de multiplication graphique,
- p.308 - vue 315/482
-
-
-
- ABAQUES HEXAGONAUX. 309
- ABAQUE DONNANT L’EKREUB DE HUIT,ACTION DANS LE NIVELLEMENT GEOMETRIQUE (le niveau étant supposé à égales distances des deux mires).
- Formule.
- s - — om"',oo 1 o S
- 1, — l.
- 76 (i+a*5)3
- V
- Ti
- fx - - Log {1-S1)
- W,
- 1 —J— ^
- MàXJicC de niveau
- r/stitzé
- wBim,
- Modèle d’indicateur. 1
- Fig. 38.
- p.309 - vue 316/482
-
-
-
- 310
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- LÉGENDE.
- B, Pression barométrique.
- /, t , Températures de l’air aux points où la ligne de visée rencontre les deux mires d’arrière et d’avant. t3, Température de l’air à la hauteur de la lunette.
- 6, Température moyenne de l’air :
- et, Coefficient de dilatation de l’air: a = o,oo36G.
- L, Longueur de la nivelée, en mètres. D, Différence brute de niveau, en mètres.
- jj., Module des logarithmes népériens : p = log e — o,à343.
- e, Correction de rétraction à ajouter à D.
- §, Variable auxiliaire définie par la relation :
- h - '> = "H).
- t,~h Log ( 1 — S)’
- MANIÈRE DE SE SERVIR DE L’ABAQUE.
- Appliquer sur le dessin un indicateur hexagonal transparent portant gravés ses trois diamètres (1, 2, 3).
- Le diamètre 3 étant disposé parallèlement aux lignes guides obliques tracées sur l’abaque :
- i° Faire passer les diamètres 1 et 2, respectivement sur les échelles I et II, aux points de rencontre des droites définies par les données correspondantes, B et D, d’une part, L et 0, d’autre part;
- 20 Faire glisser l’indicateur parallèlement au diamètre 3 jusqu’à ce que le diamètre 1 vienne passer, dans l’échelle III, au point de rencontre de la droite et de la courbe qui répondent respectivement aux deux dernières données, t2 — tl et 4 — 4.
- Lire alors, sur l’échelle IV, à sa rencontre avec le diamètre 2, la valeur cherchée de la correction s.
- p.310 - vue 317/482
-
-
-
- 311
- ABAQUES HEXAGONAUX.
- mie échelle linéaire avec une échelle binaire, on obtient une échelle ternaire. En associant ensemble deux échelles binaires, on a une échelle quaternaire, etc.
- Toutes ces échelles sont disposées parallèlement aux diamètres d’un hexagone régulier, d’où le nom d'abaques hexagonaux; elles sont placées de manière à donner au dessin la forme la plus condensée et la plus commode en même temps.
- Parfois on remplace une échelle binaire fixe par une échelle linéaire graduée suivant l’une des variables; on donne alors à cette échelle des positions différentes suivant les valeurs de la seconde variable.
- Pour consulter ces abaques, on se sert d’un indicateur hexagonal transparent, portant gravés ses trois diamètres ou index, que l’on dispose perpendiculairement aux échelles de l’abaque. L’indicateur restant ainsi orienté, on le fait glisser sur l’abaque, de manière à amener successivement toutes les données du problème sous les index correspondants. On lit le résultat sur la dernière échelle, à sa rencontre avec l’index qui lui est perpendiculaire.
- Certaines formules, comme celles qui sont employées pour le calcul des terrassements, s’accroissent dun terme supplémentaire dans certains cas. On représente ce terme par une échelle additionnelle composée de bandes courbes; ta cote de la bande où tombe le centre de 1 indicateur exprime, le cas échéant, la valeur de 1 appoint.
- L emploi de ces abaques permet enfin d éliminer, par voie graphique, certaines variables auxiliaires, impossibles a faire disparaître algébriquement des formules; témoin f exemple représenté ci-dessus (fig. 38).
- J
- p.311 - vue 318/482
-
-
-
- NIVELLEMENT GENERAL DE LA FRANCE.
- Les abaques hexagonaux présentent sur les machines à calculer et sur les tables numériques, l’avantage d’indiquer immédiatement le degré de précision exigible des données pour obtenir le résultat avec l’exactitude voulue. Dans d’autres cas, ils fournissent un contrôle rapide des grosses erreurs commises dans les calculs. Enfin, grâce à leur chiffraison spéciale, ils peuvent être employés, après quelques minutes d’apprentissage, par des personnes qui se serviraient difficilement de la règle logarithmique ordinaire.
- Depuis 1883, les abaques hexagonaux sont employés couramment pour les calculs de corrections du nivellement général.
- On trouvera, à la fin du volume, la liste des objets exposés par le Service du nivellement général de la France.
- p.312 - vue 319/482
-
-
-
- QUATRIÈME SECTION.
- MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS.
- ÉCOLES NATIONALES DES PONTS ET CHAUSSÉES ET DES MINES.
- I
- bulletin du ministère des travaux purlics.
- STATISTIQUE ET LÉGISLATION COMPARÉE.
- NOTICE.
- Le Bulletin du Ministère des Travaux publics, autorisé par décision ministérielle du 1A janvier 1880, a pour objet de fournir, sous un format restreint, aux hommes dE-tat, aux économistes, publicistes, etc., les renseignements statistiques les plus actuels se rattachant aux questions de travaux publics.
- fondé sous la direction de M.E. Cheysson, ingénieur en chef des ponts et chaussées, alors directeur des cartes, plans et archives et de la statistique graphique, le Bulletin a Été rattaché, en 1 885, au service du Personnel. U paraît
- p.313 - vue 320/482
-
-
-
- 314 BULLETIN DU MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS.
- chaque mois, et les fascicules publiés à 1 heure actuelle forment une collection de 1 g volumes.
- Le Bulletin comprend deux parties distinctes : la première concerne la France et ses colonies; la seconde, l’étranger. Chacune de ces parties se subdivise elle-même en deux chapitres : l’un se rattachant aux faits législatifs, l’autre aux faits-statistiques.
- Entête de chaque fascicule mensuel se trouve un résumé chronologique de l’instruction parlementaire des lois de travaux publics votées pendant le mois. Cette analyse est accompagnée du texte des lois. Un répertoire chronologique fournit également pour chaque trimestre la nomenclature des décrets intéressant les divers services du ministère des Travaux publics.
- La partie statistisque met sous les yeux du lecteur les renseignements concernant toutes les branches de l’Administration. Présentés d’abord sous une forme provisoire et au fur et à mesure qu’ils sont établis, par mois, trimestre, ou semestre suivant leur nature, ils sont ensuite donnés pour l’année entière, avec les chiffres définitifs. Des études rétrospectives permettent enfin d’embrasser d’un coup d’œil l’ensemble des mêmes faits pendant une longue période d’années.
- Les sujets principaux traités dans le Bulletin peuvent se résumer comme il suit pour la France et ses colonies :
- RENSEIGNEMENTS PROVISOIRES.
- Mouvement mensuel de la circulation à Tinte'rieur de Paris.
- Mouvement mensuel des voyageurs et des marchandises dans les gares de Paris.
- 0
- p.314 - vue 321/482
-
-
-
- BULLETIN DU MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS. 315
- Mouvement mensuel de la navigation sur la Seine et les canaux, à Paris.
- Mouvement mensuel de la navigation fluviale en France.
- Importations et exportations trimestrielles de combustibles minéraux, métaux et matériel de chemins de fer.
- Recettes mensuelles des chemins de 1er français et algériens d’intérêt général.
- Longueurs des lignes des chemins de fer français et algériens ouvertes mensuellement à l’exploitation.
- Tarifs de chemins de fer français et algériens homologués mensuellement.
- Résultats trimestriels de l’exploitation des tramways français.
- Mouvement trimestriel de la navigation maritime dans les ports français.
- Recettes trimestrielles de l’exploitation des chemins de fer français et algériens d’intérêt général.
- Résultats trimestriels de l’exploitation des chemins de fer français d’intérêt local.
- Production semestrielle de l’industrie minérale et métallurgique en France.
- 2° DOCUMENTS DEFINITIFS ANNUELS.
- Longueurs des routes nationales, par département, en f rance et en Algérie.
- Etat de viabilité et dépenses d’entretien des routes nationales en f rance et en Algérie.
- État des plantations sur les routes nationales en France.
- Résultats de l’exploitation des tramways Irançais par departement.
- Mouvement et tonnage de la navigation fluviale en France.
- Mouvement et tonnage de la navigation maritime dans les ports français et algériens.
- Mouvement et tonnage de la navigation du port de Paris.
- Chômages des voies navigables en France.
- Statistique de l’industrie minérale et métallurgique et des appa-reils à vapeur en France et en Algérie.
- p.315 - vue 322/482
-
-
-
- 316 BULLETIN DU MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS.
- Situation de l’industrie minérale aux colonies françaises.
- Situation des chemins de fer français, algériens et coloniaux, par département et par compagnie.
- Ouvertures et concessions de chemins de 1er français, algériens et coloniaux.
- Documents statistiques concernant les chemins de fer français d’intérêt général et d’intérêt local et les chemins de fer algériens.
- Résultats de l’exploitation des petits paquets et des colis postaux Iransportés par les chemins de fer français et algériens.
- Documents statistiques concernant la circulation et les travaux publics dans la ville de Paris.
- PARTIE ÉTRANGÈRE.
- Tout ce qui vient d etre dit pour la France s’applique d’une façon générale à la partie étrangère du Bulletin.
- Chaque numéro renferme un certain nombre de lois, de décrets ou de règlements édictés à l’étranger sur la matière des travaux publics. Des renseignements statistiques, extraits des publications de chaque gouvernement, permettent de suivre le mouvement de la navigation fluviale ou maritime, des tramways, des chemins de fer, de l’industrie minérale et métallurgique dans les différents pays du globe. On s’efforce, autant que la forme des publications étrangères s’y prête, de présenter ces divers éléments dans le cadre adopté pour la partie française, de manière à faciliter toutes les comparaisons.
- L’importance des services rendus par la publication du Bulletin a été reconnue par l’Académie des sciences, qui lui a décerné le prix Monthyon de statistique pour l’année 1882, dans sa séance du 2 avril j 88 3.
- Le service du Bulletin est assuré, sous la direction de
- p.316 - vue 323/482
-
-
-
- BULLETIN DU MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS. 317
- MM. Sebillot, chef du cabinet, du personnel et du secrétariat, et Nobécourt, chef de la division du personnel, par M. Michelot, chef de bureau, et par MM. Willaume, rédacteur, pour la partie législative et administrative française; Martin pour la partie statistique et économique française; etMEYSENHEYM pour la partie législative et statistique étrangère.
- p.317 - vue 324/482
-
-
-
- 318 RECUEIL DE LOIS, ORDONNANCES, DÉCRETS.
- II
- RECUEIL DE LOIS, ORDONNANCES, DÉCRETS, RÈGLEMENTS ET CIRCULAIRES
- CONCERNANT LES SERVICES DÉPENDANT DU MINISTERE DES TRAVAUX PUBLICS.
- Le recueil de lois, ordonnances, décrets, règlements et circulaires concernant les services dépendant du Ministère des Travaux publics, est dressé par les soins de l’Adminis-tration centrale.
- Il fait suite à l’ancien recueil commencé en i85/i par feu M. A. Potiquet.
- Le recueil ne renfermait autrefois que les documents relatifs au service des Ponts et Chaussées.
- Le cadre de cette publication, largement étendu depuis 1881, forme, sous la rubrique de 2e série, trois volumes contenant les actes intéressant toutes les branches des services des travaux publics : administration centrale, personnel des ingénieurs des Ponts et Chaussées et des Mines, comptabilité, routes, ponts, ports maritimes, rivières, canaux, hydraulique agricole, mines, carrières, statistique de l’industrie minérale, appareils à vapeur, chemins de fer, tramways (construction et exploitation).
- Les cinq premiers volumes de l’ancien recueil, refondus et mis en harmonie avec la nouvelle publication, paraîtront
- p.318 - vue 325/482
-
-
-
- RECUEIL DE LOIS, ORDONNANCES, DÉCRETS. 319
- prochainement chez l’éditeur : MM. G. Jousset et Aube, rue cle Furstenberg, 8 : ils comprendront environ huit volumes qui formeront, sous le titre de première série, un véritable compendium de toutes les matières intéressant les différents services dépendant du Ministère des travaux publics.
- Le service est placé sous la direction de M. Sébillot, chef du cabinet, du personnel et du secrétariat; M. Nobé-court, chef de la division du personnel; M. Raimond Hulin, cliel de bureau; M. Cordier, sous-chef.
- p.319 - vue 326/482
-
-
-
- 320
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- IIT
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- COURS IMPRIMÉS ET LITHOGRAPHIÉS,
- ET COLLECTION DE DOCUMENTS.
- L’Ecole des ponts et chaussées est appelée à former les ingénieurs destinés au service de l’Etat et composant le Corps national des Ponts et Chaussées
- Elèves-ingénieurs. — Les élèves-ingénieurs sont pris exclusivement parmi les élèves sortant de l’Ecole polytechnique
- L’enseignement comprend : la construction et l’entretien des routes; les procédés généraux de construction, la construction des ponts, des chemins de fer, des canaux, des ports maritimes; l’amélioration des rivières; l’architecture civile; la mécanique appliquée (résistance des matériaux et hydraulique), les machines à vapeur; l’hydraulique agricole ; les connaissances chimiques, géologiques et minéralogiques nécessaires aux ingénieurs; le droit administratif; l’économie politique et la fortification ®.
- A ces cours normaux s’ajoutent un certain nombre de
- (1) Voir, au nombre des documents exposés, la Notice sur VEcole des Ponts et Chaussées.
- (2) Décret organique du i3 novembre 1851, articles 1 et 3.
- (J) Ce dernier cours est spécial aux élèves français.
- p.320 - vue 327/482
-
-
-
- 321
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- conférences, qui portent sur les connaissances suivantes : exploitation des chemins de fer; télégraphie électrique; photographie ; pisciculture ; service vicinal ; assainissement des villes, etc.
- r
- Les travaux intérieurs de l’Ecole ont pour but d’exercer les élèves sur les objets suivants:
- i° Travaux graphiques, rédaction de mémoires et concours sur des projets de travaux cl’art et de construction ;
- 2° Manipulation et essais de matériaux de construction ;
- 3° Nivellement et levé de plans ;
- Levé de machines et de bâtiments ;
- 5° Visite d’ateliers.
- L’enseignement dure trois années.
- Les cours commencent dans les premiers jours de novembre.
- Pendant l’été, les élèves sont envoyés en mission dans les départements pour s’exercer, sous la direction des chefs de service, à la pratique de Part de l’ingénieur. La mission dure jusqu’au mois d’octobre h).
- r . .
- Elèves externes. — Indépendamment des élèves-ingénieurs de l’État, l’École des Ponts et Chaussées reçoit des élèves externes, soit français, soit étrangers, admis, après examen, à suivre les cours et à participer aux travaux intérieurs de l’École (2).
- 11 Décret organique du i3 octobre 1851, article 02.
- l_) Voir, au nombre des documents exposés, les conditions pour 1 admission des élèves externes et les conditions pour l’admission aux cours préparatoires.
- p.321 - vue 328/482
-
-
-
- 322
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- Auditeurs libres. — Outre les eleves externes, des auditeurs libres peuvent être admis, sur l’autorisation du directeur de l’École, à suivre les cours.
- Élèves des cours préparatoires. — Enfin, et pour faciliter aux candidats français ou étrangers les épreuves de l’examen préalable, on a institué, dans l’Ecole même, des cours préparatoires destinés aux jeunes gens qui voudraient être admis en qualité d’élèves externes db
- L’enseignement des cours préparatoires dure une année; il comprend:
- i° Le calcul différentiel, le calcul intégral et la mécanique ;
- 2° La physique et la chimie;
- 3° La géométrie descriptive, la stéréotomie et les éléments d’architecture ;
- Le dessin linéaire, le dessin d’imitation et le lavis.
- Les épreuves d’un examen préalable sont obligatoires pour tous les candidats qui désirent être admis, soit aux cours préparatoires, soit directement à titre d’élèves externes, lors même que ces candidats sont pourvus de diplômes ou de brevets de capacité.
- 11 n’est fait d’exception, à titre de dispense d’examen, qu’ en laveur des élèves de l’École polytechnique ayant satisfait à toutes les conditions des examens de sortie.
- L’enseignement est entièrement gratuit pour les élèves externes et pour les élèves des cours préparatoires.
- (1) Voir, au nombre des documents expose's, les conditions pour l’admission des e'ièves externes et les conditions pour l’admission aux cours préparatoires.
- p.322 - vue 329/482
-
-
-
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES. 323
- Services annexes rattachés ci l’Ecole. — A côté d une mission d’enseignement, qui est sa première destination, l’Ecole des Ponts et Chaussées a encore pour attributions de venir en aide aux ingénieurs, et même au public, dans toutes les questions qui touchent à sa compétence scienti-lique. De là un certain nombre de services annexes qu’il paraît utile de passer succinctement en revue.
- Bibliothèque. — L’École possède l’une des plus riches collections d’ouvrages se rapportant à la science de l’ingénieur; sa bibliothèque ne compte pas moins de 5o,ooo volumes. Un catalogue imprimé et un double répertoire manuscrit dressé par les soins du bibliothécaire, iVI. Sciivvebele, rendent les recherches aussi promptes (pie faciles.
- Les ingénieurs sont admis, en tout temps et à toute heure, à consulter les ouvrages et les manuscrits qui les intéressent. Pour les ingénieurs qui résident hors de Paris, on autorise même, sous certaines conditions, le déplacement et le prêt des livres dont ils font la demande.
- Galeries des modèles. — Les galeries de 1 École renferment plus de douze cents modèles ou dessins, répartis en onze catégories, qui répondent aux divers cours de construction. Beaucoup de ces modèles, par la finesse et par la perfection de leur exécution, sont d’un grand prix et d un haut intérêt.
- Un catalogue général donne, dans une notice spéciale, la description sommaire de chaque modèle; s il s agit de la reproduction d’un ouvrage d’art, il en fait connaître les principales dimensions, la date, la dépense et les noms
- 21 .
- p.323 - vue 330/482
-
-
-
- 324 ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- des ingénieurs et des constructeurs qui ont coopéré au travail.
- M. Klein, chef du dépôt de l’Ecole, est chargé de la conservation des galeries, sous la direction de M. 1 ingénieur en chef Durand-Claïe.
- Bureau des dessms et atelier de photographie. — Le bureau des dessinateurs, dont l’origine est contemporaine de la création même de l’Ecole, a pour premier objet la confection de tous les dessins nécessaires soit aux démonstrations à l’amphithéâtre, soit à la publication des cours lithographiés.
- Avec l’aide de l’atelier de photographie, son nouvel et puissant auxiliaire, ce bureau s’occupe simultanément de préparer la publication périodique connue sous le nom de cc Portefeuille ou Collection de dessins distribués aux élèves r, et d’exécuter la collection de l’Atlas des ports de France, dont les six premiers volumes figurent dans l’exposition du Ministère des travaux publics.
- Enfin, le même bureau répond accidentellement au surcroît de besogne qu’apporte chacune des Expositions universelles. C’est en effet à l’Ecole qu’a toujours été dévolu le soin d’organiser l’exposition du ministère.
- M. l’ingénieur en chef de Dartein, secondé par M. l’ingénieur en chef Ciioisy, a dans ses attributions la direction de cet important service, auquel sont attachés M. Boulard, comme chef des dessinateurs, etM. ie conducteur Huguentn, comme chef de l’atelier de photographie.
- Dépôt des instruments de précision et des machines. — Cette
- p.324 - vue 331/482
-
-
-
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES. 325
- branche des services de l’École embrasse la commande, la réception et la réparation de tous les instruments, appareils ou machines accordés par décision ministérielle aux ingénieurs de France et des colonies qui en font la demande.
- D’autre part, le dépôt reçoit en magasin les objets dont les ingénieurs n’ont plus l’emploi. Il les fait remettre à neuf et les réexpédie aux services qui en sont dépourvus.
- M. l’ingénieur en chef Durand-Claye, aidé de M. Klein, chef du dépôt, préside à ces achats, à ces réparations et à ces envois.
- Atelier expérimental du Trocadéro. — L’enseignement scientifique des cours oraux se complète, chaque année, pour les élèves, par une série d’expériences faites à l’atelier expérimental du Trocadéro.
- Cet établissement offre, en outre, aux professeurs de 1 École et aux autres ingénieurs qui en font la demande des moyens d’étude et d’expériences qu’il serait difficile de se procurer autrement sans beaucoup de frais.
- L’atelier expérimental du Trocadéro renierme:
- i° Deux salles pourvues de tous les appareils destinés à 1 essai de la résistance des matériaux de construction ;
- 2° Lue salle et des caves pour la préparation et la conservation des éprouvettes destinées à l’essai et à 1 étude des ciments ;
- 3° Une salle pour les essais relatifs aux métaux.
- L’établissement du Trocadéro est sous la direction de M. l’ingénieur en chef Durand-Claye, assisté de M. 1 ingénieur ordinaire Debray, avec le concours de M. le chef de
- p.325 - vue 332/482
-
-
-
- 326 ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES, dépôt Klein. M. l’ingénieur en chef Flamant dirige les essais sur les métaux.
- Laboratoire. — Les élèves sont familiarisés avec les procédés de l’analyse chimique appliquée aux matériaux, dans un laboratoire annexé à l’Ecole.
- En dehors des exercices pratiques des élèves, le laboratoire s’occupe, pendant tout le cours de l’année, des analyses chimiques nécessaires pour compléter les études faites à l’atelier expérimental du Trocadéro, ou de celles qui sont demandées par les ingénieurs ou les administrations publiques sur les matériaux de construction ou sur les eaux destinées à l’alimentation des villes.
- Les procès-verbaux des analyses laites au laboratoire sont réunis sur des registres qui figurent au nombre de 26 dans l’exposition du Ministère des travaux publics.
- Le laboratoire a pour directeur M. l’ingénieur en chef Durand-Claye et pour directeur adjoint M. l’ingénieur ordinaire Debray.
- p.326 - vue 333/482
-
-
-
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- 327
- NOMENCLATURE DES DOCUMENTS
- RELATIFS À L’ORGANISATION ET À L’ENSEIGNEMENT
- DE L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSEES.
- I. DOCUMENTS ADMINISTRATIFS.
- (documents RÉUNIS EN 1 VOL. in-8°.)
- Notice sur l’Ecole des Ponts et Chaussées. Paris, 1873, 1 brochure in-8°.
- Décret du i3 octobre 1851, portant organisation du Corps des Ponts et Chaussées. Paris, 1867, 1 brochure in-8°.
- Décret du i3 octobre 1851, portant organisation de l’École des Ponts et Chaussées. Paris, 1867, 1 brochure in-8°.
- llèglement intérieur de l’École des Ponts et Chaussées. Paris, 1880, i brochure in-8°.
- Ecole des Ponts et Chaussées. Admission des élèves externes aux cours de l’École. Décrets, arrêtés, décisions. Programme des connaissances exigées pour l’admission. Paris, 1887, 1 brochure in-8°.
- Cours préparatoires pour l’admission des élèves externes a 1 Ecole des Ponts et Chaussées. Arrêté. Programme des connaissances exigées pour l’admission. Paris, 1886, 1 brochure in-8°.
- Aucoc. — Des autorités administratives. Paris, Dunod, 1886, 1 brochure in-8°.
- Malézieox. — Notice sur les externes. 1886, 1 brochure in-8°.
- Notice sur les laboratoires de l’Ecole, 1871, 1 brochure in—8°,
- p.327 - vue 334/482
-
-
-
- 328
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- II. ENSEIGNEMENT.
- 1» COURS.
- Programmes de l’enseignement intérieur de l’École des Ponts et Cliausse'es, arrêtés par le conseil de l’École et approuvés par le Ministre des Travaux publics. Paris, 1888, 1 vol. in-8°.
- Collignon (Édouard). — Cours de mécanique appliquée aux constructions : ir0 partie. Résistance des matériaux. 3e édition. Paris, Dunod, 1885, 1 vol. in-8°. 2e partie. Hydraulique. Paris. Dunod. 2e édition, 1880, 1 vol. in-8°.
- Flamant (A.). — Stabilité des constructions. Résistance des matériaux. Collection Lechalas. Paris, Raudry, 1886, 1 vol. in-8°.
- Nivoit (E.). — Géologie appliquée à l’art de l’ingénieur. Collection Lechalas. Paris, Raudry, 1887-1889, 2 vol. in-8°.
- Garnier (Joseph). — Traité d’économie politique, sociale ou industrielle; exposé didactique des principes et des applications de cette science. 90 édition. Paris, Guillaumin, 1889, 1 vol. in-12.
- Raudrillart (H.). — Manuel d’économie politique, Paris, Guillaumin, 1883, 1 vol. in-12.
- Durand-Claye (Alf.). — Cours d’hydraulique agricole et de génie rural. Notes prises par les élèves. Paris 1885—1886, 2 vol. in-A°, lithographié.
- Durand-Claye (L.). — Notes prises par les élèves au cours de construction des routes. Instructions sur les ponceaux. Paris, i883-188A, 1 vol. in-^°, lithographié.
- Durand-Claye (L.). — Routes. Rédaction des projets. Construction. Entretien. — Marx (L.). — Chemins vicinaux. Collection Lechalas. Paris, Raudry, 1885, 1 vol. in-8°.
- Guillemain. — Notes prises aux cours de procédés généraux de construction. Paris, 1880, 1 vol. in-A°, lithographié.
- Morandière. — Traité de la construction des ponts et viaducs en
- p.328 - vue 335/482
-
-
-
- 329
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- pierre, en charpente et en métal pour routes, canaux et chemins de fer. Paris, Dunod, 1875 à 1888, texte grand in-4°, atlas in-folio.
- Croizette-Desnoyers (Ph.). — Cours de construction des ponts. Paris, Dunod, 1885, texte 2 vol. in-4°, atlas 1 vol. in-folio.
- Guillem ain. — Notes prises par les elèves au cours de navigation intérieure. i883-i884, texte in-4°, lithographie', et atlas in-folio, avec appendice sur la distribution des eaux.
- Cuiller Ain. — Navigation intérieure. Rivières et canaux. Collcc-lion Lechalas. Paris, Baudrv, 1880, 2 vol. in-8°.
- Hirscii. — Résumé du cours de machines à vapeur et locomotives. Paris, 1877-1878, 1 vol. in-4°, lithographié.
- Hirsch et Debize. — Leçons sur les machines à vapeur. Paris, Dunod, 1885 à 1889, fascicules 1 et 2. 2 vol. in-8° et atlas.
- Sevène. — Notes prises au cours de chemins de fer. Paris, 1876-1877, 2 vol. in-4°, lithographiés, texte et planches.
- Voisin-Bey. — Cours de travaux maritimes professé à l’Ecole des •Ponts et Chaussées. Paris, 1875, 1 vol. in-4°, lithographié, comprenant les chapitres 1 et vin.
- Reynaud (Léonce). — Traité d’architecture : ire partie. Art de bâtir. — Études sur les matériaux de construction et les éléments des édifices.
- 2e partie. Composition des édifices. — Etude sur 1 esthétique,
- 1 histoire et les conditions actuelles des édifices. 4e édition. Paris, Dunod, 1878; texte, 2 vol. in-4°; atlas, 2 vol. in-folio.
- Aucoc (Léon). — Conférences sur l’administration et le droit administratif, faites à l’École des Ponts et Chaussées. Paris, Dunod,
- 1885, 3 vol. in-8°. (Le tome IV est sous presse.)
- Durand-Claye (Léon). — Chimie appliquée à l’art de l’ingénieur. Gollection Lechalas. Paris, Baudry, 1885, 1 vol. in-8°.
- 2° CONFÉRENCES.
- Amiot. — Résumé des conférences sur la télégraphie électrique. Paris, 1886, 1 vol. in-4°, lithographié.
- p.329 - vue 336/482
-
-
-
- 330
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- Bordet. — Résumé des conférences sur la photographie. Paris, 1888, 1 vol. in-4°, lithographié.
- Coumes. — Résumé des conférences sur la pisciculture. Paris, 187A, 1 vol. in-4°, lithographié.
- Tronquoy. — Instructions sur l’exécution des levés de machines et la mise au net des dessins. Paris, 1868, 1 vol. in-/t°, lithographié.
- Marchal. — Conférences sur le service vicinal, faites à l’Ecole des Ponts et Chaussées. Paris, 187/1, 1 vol. in-4°, lithographié.
- 3° DOCUMENTS DIVERS.
- Saint-Yves. —Conférences sur les tramways, faites à l’École des Ponts et Chaussées. Paris, 1878, 1 vol. in-/i°, lithographie'.
- Collection de dessins distribués aux élèves de l’École des Ponts et Chaussées. Paris, 1857 à 1888; texte, 3 vol. in-8°; atlas, 3 vol. in-folio. (Livraisons 1 à 22.)
- Catalogue des livres formant la bibliothèque de l’École des Ponts et Chaussées. Paris, Imprimerie Nationale, 1872, 1 vol. in-8°.
- Catalogue supplémentaire de la bibliothèque de l’Ecole des Ponts et Chaussées. Paris, Imprimerie Nationale, 1881, 1 vol. in-8°.
- Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de l’École des Ponts et Chaussées. Paris, Imprimerie Nationale, 1886, 1 vol. in-8°.
- Catalogue des modèles composant les galeries de l’École des Ponts et Chaussées. Paris, Imprimerie Nationale, 1873, 1 vol. in-8°.
- Catalogue des matériaux de construction. Paris, Dunod, 1878, 1 vol. in-8°.
- 4° RAPPORTS PUBLIÉS PAR LES INGÉNIEURS OU FONCTIONNAIRES ENVOYÉS EN MISSION HORS DE FRANCE, ET DOCUMENTS DIVERS.
- Malézieux. — Travaux publics aux Etats-Unis d’Amérique en 1870. Rapport de mission, publié par ordre de M. le Ministre des Travaux publics. Paris, Dunod, 1873, texte et atlas, 2 vol. in-4°.
- Malézieux. — Les chemins de fer anglais en 1873. Rapport de mission. Paris, Dunod, 187/1, 1 vol. in-4°.
- p.330 - vue 337/482
-
-
-
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES. 331
- Dartein (De). — Etude sur l’architecture lombarde et sur les origines de l’architecture romano-byzantine. Paris, Dunod, 1865-1878, texte, 1 vol. in-A°; atlas, 1 vol. in-folio.
- Choisy (A.). — L’art de bâtir chez les Romains. Paris, Ducher, 1873, 1 vol. petit in-folio.
- Choisy (A.). — L’art de bâtir chez les Byzantins. Paris, Imprimerie de la Société des publications périodiques, 1883, 1 vol. in-lolio.
- Choisy (Aug.). —Études épigraphiques sur l’architecture grecque :
- i° L’Arsenal du Pirée;
- 20 Les murs d’Athènes;
- 3° L’Érechthéion ;
- â° Un devis de travaux publics à Livadic. Paris, Société anonyme des publications périodiques, 1883 à 1884, 1 vol. in-A°.
- Croizette-Desnoyers. — Notice sur les travaux publics en Hollande. Paris, Dunod, 1873, texte et atlas, 2 vol. in-4°.
- Lavoinne et Pontzen. — Les chemins de fer en Amérique. Paris, Dunod, 1879-1881; texte, 2 vol. in-8°; allas, 1 vol. in-4°.
- Chemin. — Les tramways. Paris,Dunod, 1879; texte, 1 vol. in-8°; planches, 1 vol. in-â°.
- Lalanne. — Exposé de deux méthodes pour abroger les calculs des terrassements. Paris, Dunod, 1879, 1 vol. in-8°.
- Lalanne. — Collection de tableaux et procédés graphiques. 1879,
- 1 vol. in-/t°.
- 5° COURS PRÉPARATOIRES.
- Collignon (Édouard). — Cours d’analyse de l’École préparatoire à l’externat de l’École des Ponts et Chaussées, avec appendice. Paris, Dunod, 1877-1880, 2 vol. in-8°.
- Collignon (Édouard). — Cours de mécanique professé a 1 Ecole des Ponts et Chaussées. Paris, Hachette, 1886—1889, 3e édition,
- 5 vol. in-8°.
- Collignon (Edouard). — Cours d’analyse et de mécanique professe às l’École des Ponts et Chaussées. Notes prises par les élèves. Paris, 1876-1 877, 2 vol. in-â°, lithographiés.
- p.331 - vue 338/482
-
-
-
- 332
- ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- Haag. — Notes prises par les élèves au cours d’analyse. Paris 1884, î vol. in-4°, lithographié.
- Haag. — Notes prises par les élèves au cours de mécanique rationnelle. Paris, 1884, î vol. in-4°, lithographié.
- Gariel. — Cours de physique professé à l’Ecole des Ponts et Chaussées. Paris, Baudry, 1888,2 vol. in-8°.
- Durand-Claye. — Cours de chimie professé à l’Ecole des Ponts et Chaussées. Notes prises par les élèves. Paris, 1878, 1 vol. in-4°, lithographié.
- Pillet.— Cours de géométrie descriptive, de perspective et de stéorotomie professé à l’Ecole des Ponts et Chaussées. Paris, Dola-grave, 1886-1887, 2 vol. in-/i°.
- p.332 - vue 339/482
-
-
-
- OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES. 333
- IV
- NOTICES SUR LES OBJETS EXPOSÉS
- PAR L’ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DES MINES.
- L’ensemble présenté par l’École nationale supérieure (les mines à l’Exposition universelle de 1889 comprend les objets qui sont décrits dans les six notes suivantes :
- i° Collection des œuvres des professeurs de l’École, des mines depuis sa fondation. (Note rédigée par M. Haton de la Goupillière, directeur de l’École.)
- 2° Collection des programmes actuels de 1 enseignement. (Note rédigée par M. Adolphe Carnot, inspecteur de l’École.)
- 3° Notice historique sur l’École des mines depuis sa fondation. (Note rédigée par M. Aguillon, professeur de législation à l’École.)
- 4° Tableaux graphiques relatils au fonctionnement de 1 Lcole des mines et du Bureau cl essai annexe a 1 Ecole. (Note rédigée par M. Cheysson, professeur d économie politique à l’École.)
- o° Relevé des analyses du Bureau d essai de l École des mines. (Note rédigée par M. Adolphe Carnot, directeur du bureau d’essai.)
- 6° Carte des gîtes minéraux de la P rance. (Note rédigée par M. Kuchs, professeur de géologie appliquée.)
- p.333 - vue 340/482
-
-
-
- 334 OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES.
- 1° COLLECTION DES OEUVRES
- DES PROFESSEURS DE L’ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DES MliNES.
- On a formé, à l’occasion de l’Exposition internationale de 1889, une collection spéciale des œuvres des professeurs de l’École nationale supérieure des mines. Cette bibliothèque est destinée, après la clôture de l’Exposition, à faire retour à l’École, en y restant dans l’avenir perpétuellement ouverte aux productions futures de son Corps enseignant. Un meuble d’un beau caractère a été construit pour renfermer ces volumes. 11 sera installé ultérieurement dans l’une des salles de la bibliothèque de l’Ecole des mines, entre les plaques de marbre noir qui portent, gravés en lettres d’or, les noms des ingénieurs des mines tués en service, soit à la guerre, soit dans les travaux. 11 a semblé que ce rapprochement du courage et de la science, qui doivent être les deux qualités maîtresses de l’ingénieur, ne pouvait qu’être propre à élever le moral des élèves. Une telle nomenclature scientifique sera également dé naturé à leur donner (en même temps qu’aux savants étrangers qui visitent parfois l’Ecole) une juste idée des hommes appelés à les initier à leur difficile métier.
- Un type uniforme de reliure a été adopté pour tous les volumes qui composent cette collection. Leur seule inspection présente un historique sommaire de l’Ecole des mines. Le nom de l’auteur est suivi de l’indication du cours qu’il a professé. Deux dates font connaître la durée de ses fonctions. Pour ceux des professeurs qui ont été en même temps directeurs ou inspecteurs de l’Ecole, cette désignation se trouve jointe à la précédente. Lorsqu’un ouvrage a été rédigé en
- p.334 - vue 341/482
-
-
-
- OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES. 335
- collaboration avec des personnes étrangères, le nom du collaborateur se trouve mentionné; et si le volume a été préparé par les soins de l’un des services qui relèvent du Ministère des travaux publics, cette indication se trouve inscrite au bas de la reliure.
- Dès le ier mars 1889, et bien qu’un certain nombre d’envois soient encore attendus, cette collection renferme déjà environ trois cents volumes ou atlas, qui seront logés dans la vitrine et le buffet de la bibliothèque, à savoir : 22 in-lolio, 63 in-quarto, 176 in-octavo et 2 1 in-i 2. Si 1 on tient compte d’autre part des brochures multiples qui sont reliées ensemble pour chaque professeur sous le litre : Mémoires divers, en 11e comptant en sens inverse que pour une unité les ouvrages qui comprennent plusieurs volumes, cet ensemble correspond à 816 œuvres distinctes; chiffre qui atteindra, au moment de l’Exposition, environ neuf cents, et qui ne représentera cependant, malgré les elïorts laits pour cette réunion, en raison de l’épuisement des éditions, qu une traction de l’œuvre scientifique accomplie par le Corps enseignant de l’École des mines depuis son origine.
- Cette collection a été formée par les soins personnels de M. Haton de la Goupillière, directeur de 1 École.
- PROGRAMMES DES COURS DE L’ECOLE SUPERIEURE DES MINES.
- r
- Les programmes de l’enseignement de 1 Ecole des mines °nt été récemment l’objet d’une révision générale entreprise par le Conseil d’instruction de l’École et sanctionnée par le Ministre des travaux publics.
- Plusieurs cours nouveaux ont été créés, dautres ont ete
- p.335 - vue 342/482
-
-
-
- 336 OBJETS'EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES.
- développés, quelques-uns oui été réduits; tous les programmes de ces cours ont été coordonnés avec soin, de manière à éviter les omissions et les redites.
- La série de ces programmes, publiée dans les Annales des mines et présenlée à l’Exposition sous la forme d’un volume spécial, est précédée d’une introduction, dans laquelle M. l’ingénieur en chef Ad. Carnot, inspecteur de l’Ecole des mines, a exposé brièvement l’organisation de l’enseignement de l’École.
- On se bornera ici à donner une idée générale des principaux changements qui ont été apportés aux programmes des cours pendant les onze dernières années, c’est-à-dire depuis l’Exposition universelle de 1878.
- Le cours à’exploitation des mines et le cours de machines qui étaient précédemment faits par un seul et même professeur, alternativement en première et en deuxième année, ont été disjoints d’une manière définitive et confiés à des professeurs différents; on a obtenu ainsi que l’exploitation des mines fût toujours enseignée dès la première année d’études, afin que les élèves puissent en profiter pour la visite des exploitations souterraines pendant leur premier voyage d’instruction. Le cours de machines s’est trouvé eu conséquence reporté à la seconde année.
- Un cours de chimie industrielle a été créé pour faire connaître aux élèves les principales brandies d’industrie fondées sur l’emploi des matières minérales : fabrication du gaz, du verre, des produits céramiques, des chaux et ciments, etc.
- Il a été institué des conférences sur les applications de h électricité, afin de tenir les élèves au courant d’une industrie
- p.336 - vue 343/482
-
-
-
- 337
- OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES, qui progresse très vite et à laquelle on demande constamment de nouveaux services.
- Le cours de construction, tout en conservant son caractère théorique essentiel, notamment en ce qui concerne la résistance des matériaux, a été récemment développé du côté de la construction des machines et de l’organisation des ateliers.
- Le cours de chemins de fer a pris une place beaucoup plus importante, et le nombre des leçons qui y sont consacrées a été plus que doublé.
- Le cours de législation des mines et le cours d’économie industrielle, autrefois réunis entre les mains du même professeur, avec 2 5 leçons, forment aujourd’hui deux chaires
- différentes, avec 69 leçons.
- Le cours de fortification militaire a été remplacé par un cours d’artillerie, bien mieux approprié à la situation que les élèves et anciens élèves de l’École des mines occupent dans la réserve de l’armée active et dans l’armée territoriale.
- Le cours de géologie générale, qui occupait autrelois deux années, a été condensé en une seule année; mais, en dehors des leçons régulières, qui sont publiques, le professeur dispose d’une dizaine de conférences et d’un certain nombre d exercices pratiques pour l’enseignement de la pétrographie. Une pareille réduction du nombre des leçons de géologie n a été possible, qu’en reportant cet enseignement à la seconde année d’études et en le faisant précéder par les cours de minéralogie et de paléontologie, qui sont professes dans la pie-mière année et facilitent singulièrement 1 etude ulterieuie de la géologie. La minéralogie est restee aussi développée que par le passé. Quant à la paléontologie, a laquelle ont ete annexées des leçons de paléontologie végétale, elle occupe
- II.
- nirniMERir. ha
- p.337 - vue 344/482
-
-
-
- 338 OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES.
- aujourd’hui uu nombre de leçons double de ce qu’il était en 1878. Il en est de même de la géologie appliquée, c’est-à-dire de l’étude des gisements des diverses matières premières utilisées pour l’industrie ou pour l’agriculture.
- Les cours préparatoires de l’École des mines ont également reçu d’importantes modifications. La mécanique notamment et la physique ont été largement développées; car elles ont reçu un nombre de leçons presque double de celui dont elles disposaient en 1878. Vanalyse, la géométrie descriptive et ses applications, et la chimie générale ont été maintenues à peu près dans les mêmes limites que précédemment; mais on a organisé des manipulations de chimie, qui sont une première préparation aux analyses chimiques, auxquelles les élèves seront exercés pendant les trois années des cours spéciaux.
- L’ensemble des modifications introduites pendant les dix dernières années peut être résumé dans le tableau suivant :
- COURS PROFESSÉS en 1878.
- Exploitation des mines Machines...............
- Métallurgie............
- Chimie analytique. . . .
- Minéralogie . Paléontologie
- NOMBRE de LEÇONS. COURS PROFESSÉS en 1889. nombiie de LEÇONS.
- COURS SPÉCIAUX.
- hl
- ( 46 \ 45 4a 4a
- 43
- Exploitation des mines.........
- Machines..................
- Métallurgie....................
- Chimie analytique..............
- Chimie industrielle............
- Minéralogie....................
- Paléontologie animale et végétale .....................
- 4? 35 4a 4a 4o 4o a5 4 a
- 4a
- p.338 - vue 345/482
-
-
-
- OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES. 339
- COURS PROFESSÉS en 1878. NOMBRE de LEÇONS. COURS PROFESSÉS en 1889. NOMBRE de LEÇONS.
- COURS SPÉCIAUX. (Suite.)
- I Géologie générale............
- Géologie technique et agriculture ..................* • • •
- Topographie.................
- Chemins de fer..............
- Construction................
- Législation et économie industrielle.........................
- Fortification.... Langues vivantes
- COURS PRÉPARATOIRES.
- Analyse et mécanique 53 5o
- Géométrie descriptive, stéréo- Analyse, géométrie descriptive et 45
- 0 U 45
- 5o
- HT* : —
- 3° NOTICE HISTORIQUE SUR L’ECOLE DES MINES.
- Le Conseil de l’École des mines a pensé qu il serait intéressant et utile, à l’occasion de l’Exposition universelle, de faire connaître la série des translormations diverses a la suite desquelles l’École supérieure des mines établie à Paris est arrivée à sa situation actuelle : tel est 1 objet dune notice dont la rédaction a été confiée à M. l’ingénieur en chef L* Aguillon, professeur de législation à 1 Ecole, et qui va
- 42 Géologie générale 42
- 4n Pétrographie 10
- Géologie appliquée 42
- 32 12 Topographie 12
- 19 Chemins de fer 42
- 25 Construction et ateliers 42
- Applications de l’électricité... • 7
- Législation des mines 42
- 25 Économie industrielle. 27
- 20
- 20 Langues vivantes
- 22 .
- p.339 - vue 346/482
-
-
-
- 340 OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES.
- être publiée dans les Annales des mines, pour figurer à l’Exposition dans la collection des œuvres des professeurs.
- Établie à Paris, à l’hôtel des Monnaies, sur un plan relativement très modeste, la première école des mines créée en France disparut plutôt qu’elle ne fut légalement supprimée au milieu de la réorganisation de toutes nos institutions entreprise par l’Assemblée constituante.
- En 179Ô, la Convention rétablissait à Paris, sur des bases nouvelles, une École des mines, d’où l’École actuelle peut être considérée comme descendant directement, encore que de 1802 à 181Ù elle ait été transportée à Moutiers en Savoie. Réinstallée à Paris, à la suite des événements de 181 lx, l’École fut organisée à l’hôtel Vendôme, rue d’Enfer, d’où elle n’a plus bougé.
- Mais dans les trois quarts de siècle écoulés depuis lors, l’École s’est successivement modifiée et transformée, dans tous ses services, comme dans son enseignement, de façon à pouvoir toujours remplir le rôle, en vue duquel elle avait été fondée.
- Ses bâtiments se sont successivement accrus pour pouvoir abriter les élèves toujours plus nombreux qui venaient y conquérir leur diplôme, ainsi que les collections de minéralogie, de géologie, de paléontologie, de minéralurgie et d’exploitation des mines, qui sont le complément indispensable d’un enseignement comme celui de l’Ecole des mines, collections dont le développement et la richesse, non moins que l’heureux classement, ont réalisé un musée d’une importance exceptionnelle.
- L’enseignement a dû successivement se modifier et surtout se compléter pour tenir les élèves au niveau de toutes
- p.340 - vue 347/482
-
-
-
- OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES. 341
- les connaissances théoriques et pratiques nécessaires à des ingénieurs appelés plus tard à s’occuper non pas seulement d’exploitation de mines et de métallurgie proprement dites, mais encore des industries qui s’y rattachent, telles notamment que l’exploitation des chemins de fer et le traitement des substances minérales non métalliques; cet enseignement de théorie appliquée à l’industrie doit d’ailleurs se combiner avec un développement spécial de l’enseignement des diverses sciences naturelles, qui apprennent à connaître les substances minérales, leur mode de gisement et de formation.
- La notice historique s’attache à montrer, en la suivant dans tous les détails de sa vie, les étapes successives par lesquelles, depuis son origine, à travers bien des vicissitudes parfois, l’École a passé pour arriver à remplir son programme actuel; elle s’attache à faire connaître quand, par qui, comment et sous l’empire de quelles nécessités elle a ainsi successivement accru ses bâtiments, développé ses riches collections, modifié et augmenté un enseignement que des élèves toujours plus nombreux venaient lui réclamer.
- 4° TABLEAUX GRAPHIQUES RELATIFS AU FONCTIONNEMENT DE L’ECOLE DES MINES.
- r
- A titre de commentaire mural de sa notice, 1 Ecole des mines expose trois tableaux graphiques consacres au mouvement des élèves, aux cours prolessés à 1 Ecole depuis sa fondation, aux analyses du bureau d’essai.
- Ces trois tableaux ont les mêmes échelles pour les années et figurent par les mêmes teintes de lond les diverses pe-
- p.341 - vue 348/482
-
-
-
- 342 OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES.
- riodes qui correspondent aux séjours successifs de l’École dans ses diverses installations : à l’hôtel des Monnaies (1785-1790);.à l’hôtel de Mouchy (179/1-1802); à Mou-tiers en Savoie (1802-1814); enfin à 1 hôtel Vendôme où elle est installée depuis 1815.
- I. — Tableau du mouvement des élèves.
- Le premier tableau comprend cinq courbes distinctes, savoir : trois courbes pour les élèves des cours spéciaux (élèves français, élèves étrangers, total) et à partir de 1 845 deux nouvelles courbes, une pour les élèves des cours préparatoires, et une cinquième pour l’effectif total.
- Les nombres figurés se rapportent aux élèves ayant subi les examens à la fin de chaque année scolaire; ils sont donc un peu inférieurs à l’effectif moyen, puisqu’ils ne comprennent pas les élèves qui, pour un motif quelconque, 11’ont pas subi cette épreuve.
- Ces relevés font en outre abstraction des élèves libres, qui sont fort nombreux pour certains cours, mais dont il n’a pas semblé possible d’obtenir le dénombrement avec des garanties suffisantes d’exactitude.
- Les années scolaires chevauchant sur deux années, on a pris, pour désigner chacune d’elles, le millésime de l’année qui les termine.
- Pour les périodes où les éléments précis n’ont pu être fournis avec assez de précision par les archives, les courbes, au lieu d’être tracées en traits pleins, l’ont été en traits pointillés.
- Les courbes des cours spéciaux sont en rouge; celle des
- p.342 - vue 349/482
-
-
-
- OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES. 343
- cours préparatoires, en vert, ia courbe récapitulative, en noir.
- IL — Tableau des cours.
- Le deuxième tableau a pour objet de résumer l’histoire des cours professés à l’Ecole depuis sa fondation, au point de vue de leur création et de leurs transformations successives, lesquelles reflètent les progrès de la science et ont pour but d’adapter l’enseignement aux exigences sans cesse croissantes de la carrière de l’ingénieur.
- Les cours sont indiqués par une bande rouge, dont la largeur est proportionnelle au nombre des leçons attribuées à chacun d’eux. Quand un cours vient à se segmenter, la bande originaire se dédouble en autant de bandes qu’il y a de nouvelles branches remplaçant la branche mère.
- L’ordre de classement des cours s’est fait, non d’après leur hiérarchie, mais d’après leurs affinités et leur filiation historique.
- Les conférences sont désignées par la teinte jaune, la teinte rouge étant réservée aux cours proprement dits. Quant aux interruptions des cours, elles sont représentées par une teinte noire.
- Sur la gauche se trouvent inscrits les cours qu on professait à l’origine ; sur la droite, ceux qui le sont aujourd hui 6t les figures comprises sur le tableau entre ces deux désignations traduisent aux yeux les étapes successives qui ont fait passer l’enseignement de son état initial à letat actuel.
- On n’a compris dans ce tableau ni les cours de langues vivantes, ni les exercices pratiques du laboratoire, ni ceux du dessin et du lever des plans.
- p.343 - vue 350/482
-
-
-
- 3M OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES.
- III. — Tablea U DES OPÉRATIONS DU BUREAU D’ESSAI.
- Le dernier tableau figure, depuis 1846, les opérations du bureau d’essai annexé à l’Ecole supérieure des mines, en décomposant les analyses annuelles en neuf séries, figurées par autant de courbes distinctes de diverses couleurs, qui se superposent et se totalisent en une dixième courbe en trait noir.
- 5° RELEVÉ DES ANALYSES DU BUREAU D’ESSAI.
- Le bureau d’essai de l’École des mines, créé en i 845, par arrêté du Ministre des travaux publics, a pour objet spécial fessai ou l’analyse des substances minérales.
- Tous les travaux du bureau d’essai sont gratuits. Ils se font dans l’intérêt de l’industrie nationale, de l’agriculture et de l’hygiène publique.
- On peut citer, parmi les matières qui sont le plus fréquemment présentées à l’analyse, les divers minerais métalliques (fer, manganèse, cuivre, plomb, argent, or, etc.); les métaux et produits métallurgiques (fontes, aciers, bronzes, laitons, alliages divers, laitiers, scories, etc.); les combustibles minéraux (anthracites, houilles, etc.); les argiles, kaolins, sables, pour la verrerie ou la fabrication de la porcelaine, de la poterie, des briques, des produits réfractaires, etc.; les calcaires, les chaux grasses ou hydrauliques, les ciments; les amendements pour l’agriculture, phosphates, sels de potasse, marnes, etc.; les eaux minérales, les eaux potables et celles qui sont destinées à l’alimentation des chaudières.
- p.344 - vue 351/482
-
-
-
- OBJETS EXPOSÉS PAH L’ÉCOLE DES MINES. 345
- Le bureau d’essai est représenté à l’Exposition universelle de 1889 Par deux fascicules contenant le relevé des analyses qui ont été exécutées sur les minerais de fer et sur les
- eaux minérales d’origine française.
- Cette publication a été faite par les soins de M. l’ingénieur en chef des mines Adolphe Carnot, professeur à l’Ecole des mines et directeur du bureau d’essai.
- Les Analyses des eaux minérales françaises ont paru dans les Annales des mines en 1885. On trouve dans ce volume les résultats directs de toutes les analyses faites depuis i845 jusqu’en 1884, et, de plus, les compositions calculées des eaux analysées pendant la dernière période, de 1879 à 188/1.
- Les Analyses des minerais de fer de la France et de l Algérie viennent de paraître en 1889 dans le même recueil. Ce volume comprend environ deux mille analyses exécutées depuis 1845 jusqu’en 1888; aux renseignements sur la composition on a ajouté des indications géologiques sur la nature des gisements, partout du moins où il a été possible de le faire avec le bienveillant concours du service de la carte géologique de France.
- 6° CARTE DES GITES MINERAUX DE LA FRANCE.
- Les cartes indiquant la position des differentes substances minérales susceptibles d’être exploitées par 1 homme sont le complément naturel et en quelque sorte le pendant des cartes géologiques. A l’origine même, les premières cartes géologiques étaient surtout des répertoires graphiques de substances minérales classées d après leur utilité et leurs applications industrielles ou agricoles.
- p.345 - vue 352/482
-
-
-
- 346 OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES.
- L’évolution scientifique de la géologie, qui a fait prédominer l’étude scientifique du sol à son triple point de vue historique, minéralogique et lithologique, au détriment de l’application utilitaire des substances contenues dans le sol, a fait disparaître de la presque totalité des cartes géologiques générales les indications relatives aux gîtes minéraux.
- Seules, quelques cartes géologiques détaillées à grande échelle ont reçu, en même temps que le coloriage résumant les investigations scientifiques, les indications techniques relatives aux substances minérales utiles. C’est ainsi que la carte géologique détaillée de l’Angleterre et surtout les feuilles relatives aux districts miniers qui sont établies à l’échelle de 6 pouces par mille géographique, soit au lT^ environ, reproduisent l’emplacement des filons métallifères et celui des gîtes interstratifiés.
- De même, le programme primitif de la carte géologique détaillée de la France au gô^ôô embrassait une série complète d’indications techniques, réalisées à l’aide d’un système complexe de notations et permettant de représenter les richesses minérales du sol au double point de vue de leur nature et de leur mode d’utilisation industrielle. Mais, alors même que ce programme eût été réalisé, il conduirait à des documents qui ne sont pas susceptibles d’être embrassés d’un seul coup d’œil et qui ne se prêtent, ni aux généralisations, ni aux études d’ensemble.
- Aussi a-t-on essayé à plusieurs reprises de reporter les renseignements techniques sur des cartes spéciales à petite échelle.
- Nous citerons, dans cet ordre d’idées, la carte au 5-0-01000 des gîtes de fer de l’Est de la France par M. de Chancourtois,
- p.346 - vue 353/482
-
-
-
- OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES. 347
- la carte d’ensemble des gîtes d’Europe, établie également par M. de Chancourtois et présentée à l’Exposition de 1867, les documents reportés par M. Cailleaux sur le tableau d’assemblage delà carte géologique de France au 200V00 (exposé en 1878); nous signalerons de même, en dehors de la France, les cartes minières sans cesse perfectionnées de la Russie, des États-Unis, celles des bassins houillers et des gîtes de fer de l’Autriche, et celle, si complète, de la province de Weilburg.
- Nous avons essayé à notre tour de compléter les tentatives précédemment faites pour la France, en les généralisant et en les étendant, non plus seulement aux substances métalliques, mais à l’ensemble de toutes celles qui sont susceptibles d’une utilisation industrielle ou agricole.
- Ces indications ont été reportées sur une carte géologique sommaire, c’est-à-dire ne délimitant que les masses correspondant aux grandes époques géologiques. Au lieu R être figurés par époque, les terrains n’ont été même que partiellement subdivisés par périodes. Ainsi, il na été lait aucune subdivision dans les terrains des ères primitives, tertiaire et quaternaire; et deux groupes, seulement, ont été formés dans les terrains de l’ère primaire. Le premier groupe a été constitué avec les terrains des périodes cambrienne, silurienne et dévonienne; le second, avec ceux de la période carbonifère ; quant aux terrains permiens, ils ont été intentionnellement réunis à ceux du trias, a cause de la continuité et de l’importance des venues metalliferes pendant la période permo-triasique. Ce groupe est le premier qui ait été colorié dans l’ère secondaire, où il n’a été lait que deux autres subdivisions, comprenant 1 une les
- p.347 - vue 354/482
-
-
-
- 348 OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES.
- séries liasique et jurassique, l’autre la série crétacée tout entière.
- Cet ensemble a été complété par l’indication des roches éruptives partout où elles se présentaient en assez grand nombre pour pouvoir être signalées utilement.
- Par suite, huit teintes et le blanc de la carte ont suffi à l’exécution de cette partie du travail. Ces teintes ont été prises sur le tableau conventionnel adopté par la carte géologique générale de l’Europe à l’échelle du millionième.
- Quant au tracé des contours, il a été fait, d’après la carte
- r
- au sôfôïïô de MM. Dufrenoy et Elie de Beaumont, complétée et rectifiée par la carte à la même échelle et encore inachevée de MM. Carez et Vasseur, enfin par celle au rôôfôôô du service de la carte géologique détaillée de la France.
- Les gîtes minéraux ont été indiqués sur notre carte par un signe répondant à l’élément le plus directement utile renfermé dans chacun d’eux.
- Pour fixer ces signes, les différents éléments de cet ordre qui se rencontrent dans la nature ont été répartis dans les huit groupes suivants :
- Premier groupe. — Métalloïdes, comprenant : l'hydrogène et ses dérivés, les eaux minérales, etc.; le fluor et ses dérivés (spath fluor, etc.); le soufre et ses dérivés (pyrites de fer, etc.); le phosphore et ses dérivés (phosphates de chaux, etc.); le silicium et ses dérivés (grès, ardoises, silex, etc.); le carbone et ses variétés (graphite, anthracites, houilles, hydrocarbures, lignites et tourbes).
- Deuxième groupe. — Métaux alcalins, comprenant: \e potassium, le sodium et le lithium.
- Troisième groupe. — Métaux alcalino-terreux, comprenant : le barium, le strontium, le calcium et le magnésium.
- p.348 - vue 355/482
-
-
-
- OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES. 349
- Quatrième groupe. —- Métaux terreux, comprenant : l'aluminium, le chrome et le manganèse.
- Cinquième groupe. — Métal vulgaire avec le fer seul.
- Sixième groupe. —Petits métaux, comprenant: ïétain, Y antimoine,
- Y arsenic, le bismuth, le niclcel et le cobalt.
- Septième groupe. —Métaux usuels, comprenant : le zinc, le cuivre et 1 e plomb, avec la variété plomb argentifère.
- Huitième groupe. — Métaux précieux, comprenant : le mercure,
- Y argent et Yor.
- A chacun de ces groupes a été affectée une couleur et à chacun des corps contenus dans le groupe, un signe particulier.
- Gomme variétés de signes, on a adopté un semis de points ou une croix en blanc, en noir ou en couleur.
- Pour les couleurs on a fait choix de celles du spectre, auxquelles on a joint le noir et le blanc. On a pensé qu’étant simples, ces couleurs pourraient être universellement adoptées.
- On a cru les attribuer rationnellement en les distribuant de la manière suivante :
- Le blanc avec croix de différentes couleurs a été affecté aux métalloïdes des quatre premières familles, et le noir 1 a été exclusivement à la famille du carbone.
- Aux métaux alcalins on a consacré le violet, aux métaux alcalino-terreux l’indigo, aux métaux terreux le bleu, au métal vulgaire le vert, aux petits métaux le jaune, aux létaux usuels l’orangé, enfin on a attribué le rouge aux Métaux précieux, suivant ainsi l’ordre décroissant de 1 activité chimique des rayons lumineux et des corps simples.
- p.349 - vue 356/482
-
-
-
- 350 OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES.
- En combinant ces couleurs et ces signes, on a constitué deux modes d’indication des gîtes minéraux : un timbre et une épingle à tête émaillée.
- A l’aide des timbres, les gîtes minéraux ont été marqués d’une manière définitive sur la carte et par le moyen des épingles, piquées sur les marques indélébiles et rivées derrière la carte, ils ont été rendus discernables à distance.
- Dans l’état actuel des choses, les gîtes minéraux de la France n’ont pu être indiqués qu’en signalant, au moyen des timbres et épingles ci-dessus définis, les points du territoire où l’existence de ces gîtes a été reconnue.
- Ces indications ont été faites sans qne l’on se soit préoccupé de l’importance industrielle des gîtes et de son exploitabilité ; on a même signalé quelques gîtes dont lepui-sement est aujourd’hui un fait accompli, de manière à constituer un répertoire aussi complet que possible des ressources minérales du sol de la France.
- Un service de topographie souterraine, fonctionnant à côté de celui de la carte géologique détaillée de la France, pourrait seul recueillir les éléments qui permettraient de représenter ces gîtes avec leur allure, leur développement, leur constitution, etc.
- Telle quelle, la carte fait nettement ressortir la concentration des gîtes métallifères sur le bord des massifs anciens, celle des matériaux de construction dans les terrains de l’ère secondaire et enfin la pauvreté relative des terrains tertiaires, plus propices à l’agriculture qu’aux industries extractives.
- La nomenclature des gîtes minéraux indiqués a été
- p.350 - vue 357/482
-
-
-
- OBJETS EXPOSÉS PAR L’ÉCOLE DES MINES. 351
- prise dans les statistiques de l’industrie minérale, dans la légende des cartes détaillées, etc.
- On a adopté l’échelle du gêrôôô pour que fa carte puisse être placée dans les salles de cours des écoles des mines et comme l’administration des travaux publics possédait des exemplaires en noir de la carte géologique d’Elie de Beaumont et de Dufrenoy à cette échelle, c’est sur l’un de ces exemplaires que le pointage des gîtes a été définitivement exécuté, la minute du travail ayant été faite sur la carte au 320V00, qui contient les noms de la presque totalité des communes de France. Il est à remarquer, d’ailleurs, que, grâce aux soins avec lesquels a été exécutée et à l’esprit dans lequel a été conçue la carte de MM. Elie de Beaumont et Dufrenoy, ceux de ces noms qui présentaient un intérêt quelconque au point de vue des substances utiles étaient à peu près tous mentionnés sur cette carte.
- La carte des gîtes minéraux de la France a été exécutee à l’Ecole nationale supérieure des mines en 1889, sous la direction de M. Edmond Fucus, ingénieur en chef des mines, professeur de géologie appliquée par M. Leon Dura-joier , ingénieur breveté de l'École nationale supérieure des mines, préparateur; M. Haton de la Goupilliere, inspecteur général des mines, membre de 1 Institut, étant directeur de l’École, et M. Adolphe Carnot, ingénieur en chef des mines, étant inspecteur de l’École.
- p.351 - vue 358/482
-
-
-
- 352
- LES ÉLÈVES EXTERNES
- V
- LES ÉLÈVES EXTERNES DE L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- On ne sait peut-être pas assez généralement, disait M. l’inspecteur général Malézieux^, que l’Ecole des ponts et chaussées n’est pas exclusivement ouverte aux élèves-ingénieurs sortant de l’Ecole polytechnique, et quelle reçoit, gratuitement, deux autres catégories d’élèves : des élèves externes et des auditeurs libres.
- Un décret, rendu le i3 octobre 1851, fixe, en effet, qu’en dehors des élèves destinés aux services publics, l’École peut recevoir, par décision ministérielle, des élèves externes français ou étrangers, autorisés à suivre gratuitement les cours et à participer aux travaux intérieurs de l’Ecole.
- Avant ce décret les personnes désireuses de s’instruire à l’Ecole des ponts et chaussées n’étaient admises que comme auditeurs libres.
- Ces auditeurs n’étaient pas astreints, comme le sont les élèves externes, à l’observation des règlements qui régissent les élèves-ingénieurs, ni admis, comme ceux-ci, aux travaux intérieurs. Aussi, sur 186 auditeurs admis de i8‘i5 à i8 5o, il n’y en eut que 120 ayant pu passer avec succès les examens.
- (l) Annales des ponts et chaussées, janvier 1876, mémoire n° 1.
- p.352 - vue 359/482
-
-
-
- DE L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES. 353 Depuis 1851 jusqu’en i8y5, le nombre des élèves externes admis par an a varié entre 3 et 17, soit ensemble 195, correspondant à une moyenne annuelle de 8,68.
- La moyenne annuelle des auditeurs admis de i8a5 à
- i85o avait été de 7,AA.
- Parmi les élèves externes admis jusqu’en 187b, il n’v avait que 36 Français; venaient ensuite : Polonais, Suisses, Portugais, Roumains, Autrichiens et Hongrois, Italiens, Américains du Nord, Russes, Serbes, Brésiliens, Grecs, Turcs, Espagnols, Péruviens, Anglais, Badois, Colombiens,
- Hessois et Mexicains.
- L’année 1875 marque par l’arrêté ministériel en date du sA mai, qui règle l’admission à des cours préparatoires faits à l’École des Ponts et Chaussées en vue du recrutement des élèves externes.
- Le nombre des élèves admis annuellement à cette ecole
- préparatoire a varié de 1 A à 3g.
- Le nombre total des élèves admis à l’école préparatoire
- de 1875 à 1888 a été 29A, soit de 21 en moyenne par an. Dans la même période, le nombre des élèves externes admis par an a varié de 10 à 28 présentant un total de
- 260, soit en moyenne par an, 18,57.
- L école préparatoire avait fourni 65,93 p. 0/0 des élèves
- externes admis depuis 1876 jusqu’à 1887.
- 8ous le rapport de la nationalité des eleves externes, la période de 1875 à 1888 a apporté un changement notable, tandis que l’élément français ne représentait avant 1875 qu’environ 19 p. 0/0 de la totalité, il y eut de 1875 a *888, sur 260 élèves externes admis, 1 iA élèves français, ce qui correspond à A3,8A p. 0/0
- 23
- IMPRIMERIE ÏUTIUSALR.
- p.353 - vue 360/482
-
-
-
- 35/1 LES ÉLÈVES EXTERNES
- Dans sa notice publiée en 1875, M. Malézieux citait des positions occupées et des travaux exécutés par un certain nombre d’anciens élèves externes de nationalité étrangère, pour démontrer les résultats de 1 enseignement donné aux élèves externes.
- Cette énumération pourrait être sensiblement augmentée aujourd’hui, et il est permis d’affirmer que les élèves venus de l’étranger acquièrent, en général, une fois rentrés dans leur pays, des positions élevées.
- L’expérience a de plus prouvé qu’ils y conservent toujours et y propagent des sentiments de sympathie pour le pays, l’école et les maîtres auxquels ils doivent leur instruction.
- Quant aux élèves externes de nationalité française, ils 11’ont pas, comme leurs camarades étrangers, l’avantage de se trouver, la plupart du temps, en concurrence avec des ingénieurs moins bien préparés qu’eux pour la carrière à suivre.
- Malgré cette lutte plus dure dès les débuts, on pourrait en citer plusieurs qui sont déjà arrivés à de belles situations, soit en France, soit à l’étranger.
- En somme, l’externat de l’École des Ponts et Chaussées a déjà créé un grand nombre d’ingénieurs disséminés dans tous les pays.
- Aussi, dès 1860, les élèves externes ont pris l’initiative de fonder une association amicale pour lutter contre l’effet de cette dispersion.
- Par décret du 17 juin 1885, l’association a été reconnue d’utilité publique, sous le titre d'Association amicale des ingénieurs anciens élèves de l’Ecole des Ponts et Chaussées de France,
- p.354 - vue 361/482
-
-
-
- 355
- DE L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- ei elle poursuit avec persévérance son but d entretenir les rapports de bonne camaraderie entre les anciens élèves externes de tous les pays.
- Des ingénieurs français ont eu à se louer, lors de leurs voyages à l’étranger, de l’accueil qu’ils ont trouvé auprès des membres de cette association bb
- Les statuts de ladite Association fixent son siège à Paris. Elle est dirigée par un comité dont le président et 1 un des vice-présidents doivent avoir leur résidence à Paris.
- Le comité actuel est composé comme suit :
- PRESIDENT.
- M. Ernest Pontzen, membre du comité de 1 exploitation technique des chemins de fer, à Paris.
- VICE-PRÉSIDENTS.
- MM. A. W. DE Serres, directeur de la société autrichienne-hongroise des chemins de fer de l’État, a Vienne (Autriche).
- Jules Pillet, professeur à l’Ecole des Ponts et Chaussées el a l’Ecole des beaux-arts, etc., à Paris.
- MEMBRES.
- MM. G. Chaumelin, chef de l’exploitation de la compagnie universelle du canal de Suez, à Paris;
- Cl. Chiesa, ingénieur civil, à Pans;
- E. Dubois, sous-directeur du chemin de 1er de ceintuic, à Paris ;
- H. Frontaült, ingénieur-arbitre près le tribunal de commerce de la Seine, à Paris H. Gentilini, ingénieur civil, a Pans;
- “> Lettres adressées par M. l’inspecteur général Voisin-Bey el par M. l'ingénieur en chef Hirsch au directeur de l’École; par M. l’ingénieur en chef
- a3.
- p.355 - vue 362/482
-
-
-
- 356 LES ÉLÈVES EXTERNES
- MM. Th. de Goldschmidt, ancien président de Tassocialion, ingénieur civil, membre du conseil municipal deVienne (Autriche). Mendès Guerreiro , ingénieur en chef du gouvernement portugais, à Lisbonne;
- Émile Vignes, ingénieur, adjoint à l’ingénieur en chef du service de l’entretien des chemins de fer de l’Ouest, à Paris.
- Secrétaire général : M. G. Blum, ingénieur de la compagnie du chemin de fer du Nord, à Paris.
- Secrétaire adjoint : M. Le Metais, eleve a 1 École.
- Trésorier : M. E. Schvvebelé.
- L’Exposition universelle de 1889 a paru à ce comité une occasion de mettre en évidence les travaux produits par les anciens élèves externes, et il a profité de l’hospitalité accordée par l’administration de l’École pour faire, dans le pavillon du Ministère des travaux publics une exposition des œuvres et ouvrages dus aux anciens élèves externes.
- La grande dispersion des membres de l’association n’a pas permis de rendre complète cette exhibition des œuvres qui sont dues à des anciens élèves externes, mais l’examen des monographies, mémoires et publications exposés montre que les ingénieurs, anciens élèves externes, ont déjà marqué dans toutes les branches de l’art de l’ingénieur.
- Alf. Durand-Claye au président de l’Association. (Voir Bulletinn0 5 de l’Association , 1887.)
- Rapport sur le congrès de navigation par M. Fleury (Bulletin de la Société des ingénieurs civils, juillet 1886.)
- Mentions analogues de M. l’inspecteur général Lalanne (Annales des ponts et chaussées, 1880, t. I, p- 52) et de M. l’ingénieur en chef Gollignon (Annales desponts cl chaussées, 1883, t. II, p. 465.)
- p.356 - vue 363/482
-
-
-
- 357
- DE L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- L’administration peut donc se dire qu’en ouvrant les portes de son Ecole aux élèves externes, elle a déjà formé des ingénieurs qui lui font honneur et par leurs œuvres et par l’attachement et la reconnaissance qu’ils témoignent en toute circonstance pour la France.
- CATALOGUE DES OBJETS EXPOSÉS
- PAR L’ASSOCIATION DES ANCIENS ELEVES EXTERNES
- DE L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSEES.
- Arrigunaga (Manuel de), ingénieur du gouvernement mexicain, à Mérida de Yucatan.
- i brochure : Nouvelle méthode de perspective conique.
- Bazaine (Achille), ingénieur de la Compagnie des chemins de 1er du Sud de la France, à Hyères.
- i brochure : Mouvement des eaux à travers le sol perméable. i brochure : Jaugeage des cours d’eau. i brochure : Influence de l’irrigation du sol. i brochure : Nouveau matériel d’armement. i brochure : Travaux à la pointe de Grave. i brochure : Le contrôle de'l’exploitation sur les chemins de fer anglais.
- i brochure : Monopole et concurrence sur les chemins de fer anglais.
- Bjxby (William, Herbert), ingénieur-capitaine de 1 armée américaine, a Wihnington (S. Car) (États-Unis).
- Blum (Gustave), ingénieur du chemin de fer du Nord a Paris, i brochure : Calcul rapide des terrassements.
- p.357 - vue 364/482
-
-
-
- 358
- LES ÉLÈVES EXTERNES
- Boemches (Frédéric), ingénieur, ancien directeur des travaux du port de Trieste, à Vienne (Autriche).
- 1 album : Les travaux du port de Trieste.
- 6 brochures : Les travaux du port de Trieste, î brochure : Les ports du Levant, î brochure : L’alimentation d’eau de la ville de Vienne, î brochure : Fondation du pont de Stadlau près de Vienne.
- Braun (Antoine), ingénieur de la Société austro-hongroise des chemins de fer de l’État, à Prague (Bohême).
- î brochure : Statistique du mouvement sur les chemins de fer.
- Carvaliio (A. L. S. de), directeur de la construction des chemins de fer du Minho et du Duro, à Porto (Portugal).
- h photographies : Ponts internationaux sur le Minho et sur l’Aguada.
- 2 albums : Photographies des travaux d’art des chemins de fer du Minho et du Duro.
- î volume : Mémoire sur le pont international du Minho.
- Chiesa (Claudio), ingénieur en chef de la construction du chemin de fer de Salamanca à la frontière portugaise, à Paris.
- î album : Photographies des travaux du chemin de fer de Salamanca à la frontière portugaise.
- Cordeiro (Xavier), ingénieur en chef de la construction de la Compagnie royale des chemins de fer portugais, à Lisbonne (Portugal). 5 photographies : Viaduc à Duraes; pont sur le Lima et pont sur le Mondego.
- î volume : Etude sur les chemins de fer à voie étroite.
- Cornaglia (P. A.), inspecteur général du génie civil au Ministère des travaux publics à Borne (Italie), î brochure : Murs de soutènement, î brochure : Propagation des ondes dans les liquides, î brochure : Flot de fond dans les liquides, î brochure : Des plages, î brochure : L’exploitation des chemins de fer.
- p.358 - vue 365/482
-
-
-
- 359
- DE L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- Dayiot (Hugues), ingénieur civil à Gueugnon (Saône-et-Loire).
- 1 brochure : Etude élémentaire de la locomotive.
- Dawson (William), ingénieur-architecte à Montréal (Canada).
- 1 brochure : Le réservoir de Paroy.
- Frontault (Henry), ingénieur-arbitre à Paris, î brochure : Les mines de Beni-Aquil. î brochure : Four à puddler rotatif, î brochure : Le transport des minerais, î brochure : Sur la transformation de la métallurgie au bois.
- Gazis (Nicolas), ingénieur en chef du gouvernement grec à Athènes.
- 2 dessins : Travaux d’art exécutés près d’Athènes.
- Gentilini (Raphaël), ingénieur civil à Paris.
- î brochure: "Voies de communication en Cochinchine. i brochure : La traversée des Alpes (Simplon). î brochure : Étude du chemin de fer à voie étroite d’Isona (Espagne).
- i brochure : Reconnaissance de la concession d’Adana (Asie-Mineure).
- Gentilli (Amadeo), ingénieur civil à Gênes (Italie), î brochure: Le tachéomètre (Géodésie).
- î brochure : Le glossographe (appareil pour transcrire le son de la voix humaine).
- Géorgiadès (Athanase), ingénieur du gouvernement grec à Pylos. i album : Le port de Kalamata et d’autres travaux publics.
- Goldschmidt (Théodore de), ingénieur civil à Vienne (Autriche).
- 1 brochure : Rapport sur la voie et Je materiel des chemins de
- fer en 1867 (en collaboration avec M. Eugène Hachai).
- Guerreiro de Castanheiriniio (J. V. Mendes), ingénieur en chel du gouvernement portugais à Lisbonne (Portugal).
- 2 dessins (cadres) : L’école agricole de réforme à Villa Fernando.
- 1 dessin (cadre) : Plan du nouveau port de Lisbonne.
- 2 albums : Détails de l’école agricole de réforme à Villa Fernando.
- p.359 - vue 366/482
-
-
-
- 360
- LES ÉLÈVES EXTERNES
- 1 brochure : Mémoire sur l’école agricole de réforme à Villa Fernando.
- 1 brochure : Conférence sur le nouveau port de Lisbonne, î volume : Enquête sur le nouveau port de Lisbonne, î volume : Rapport sur les travaux publics en Hollande, î album : Chemins de fer en Portugal.
- î volume : Revue des travaux publics et des mines du Portugal.
- Habich (E. J.), membre du conseil des travaux publics du Pérou à Lima.
- 6 volumes : Annales des constructions civiles et des mines.
- 4 volumes : Rulletin des mines, î volume : Etudes géométriques et cinématiques.
- Howyan (Grégoire), ingénieur civil à Paris.
- î brochure : Projet d’assainissement de la ville de Pelotas (Rrésil).
- Hulewicz (J. M.), ingénieur attaché à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, à Paris.
- i brochure : Expression analytique des moments d’inertie et des moments des sections à double T. i brochure : Calcul de résistance des poutres droites à plusieurs travées.
- Kramer (Arnold), ingénieur civil à Rudapest (Hongrie).
- i brochure : L’exploitation des chemins de fer par l’Etat, i brochure : Une nouvelle locomotive.
- Lazarus (Joseph), ingénieur de la Société austro-hongroise des chemins de fer de l’État à Vienne (Autriche).
- i album : Rlock-system à courants alternatifs pour chemins de fer.
- i album : Signal d’intercommunication à l’usage des trains de chemin de fer.
- Leber (Maximilien de), inspecteur du contrôle des chemins de fer à Vienne (Autriche).
- i volume : Les chemins de fer français, 1880.
- p.360 - vue 367/482
-
-
-
- 361
- DE L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- 2 volumes : Le calcul des ponts métalliques.
- 1 volume : L’exposition des appareils fumivores à Londres.
- Lévy-Salvador (Paul), ingénieur attaché au service hydraulique du Ministère de l’agriculture à Paris.
- î notice : Sur la submersion des vignes.
- Pillet (Jules), professeur à l’école des beaux-arts, à l’École des Ponts et Chaussées et à l’école spéciale d’architecture à Paris.
- Une pile électrique de son invention.
- k volumes : Cours de géométrie appliquée, de lavis théorique et de stabilité des constructions.
- 3 volumes : Traités de perspective linéaire, de géométrie descriptive et de stéréotomie.
- 2 brochures : Tracé des volutes et théorie du cerf-volant.
- 9 cahiers : Enseignement du dessin (en collaboration avec M. Charvet et avec M. Bécourt).
- Pontzen (Ernest), ingénieur civil, membre du comité d’exploitation technique des chemins de fer, à Paris.
- 1 album et brochure : Projet du canal du Danube à l’Oder.
- 2 volumes et atlas : Les chemins de fer en Amérique (en collaboration avec M. E. Lavoinne).
- 2 brochures : Port de Trieste (marché et organisation de la comptabilité).
- 2 brochures : Le chemin de fer de l’Arlberg.—Etude du passage en tunnel comparé au passage par le col.
- 2 brochures : Chemins de fer économiques. — Application de la voie étroite aux chemins de fer en Algérie.
- 2 brochures : L’assainissement système Waring (application à Paris; projet pour la ville du Havre).
- 1 brochure : Chemin de fer métropolitain sous arcades de New-York.
- Sacuto (César), ingénieur civil à Livourne (Italie).
- 2 dessins et mémoire : Huileries exécutées a Brindisi et a Catania.
- h dessins et mémoire : Théâtres économiques exécutés par lui.
- p.361 - vue 368/482
-
-
-
- 362
- LES ÉLÈVES EXTERNES
- i dessin et 3 photographies : Villa construite à Livourne.
- 1 dessin : Grande toiture du théâtre royal Goldoni. i photographie : Etablissement de la grande promenade à Livourne.
- Serbes (Auguste W. de), directeur de la Société austro-hongroise des chemins de fer de l’État à Vienne (Autriche).
- i modèle : Voie métallique système de Serres et Battig.
- i volume : Voie métallique système de Serres et Battig.
- 3 photographies (cadres) : Ponts près de Vienne, de Presbourg. et de Toroncz.
- 6 albums : Types des ouvrages d’art et du matériel fixe des lignes de la Société austro-hongroise des chemins de fer de
- l’État (de ier et 2e rang et lignes économiques).
- i album : Nouveau bâtiment de la gare de Budapest.
- 7 volumes : Mémoires descriptifs de diverses lignes de chemin de fer et calculs de ponts.
- Soulis (A. de), inspecteur des travaux publics au Ministère de l’intérieur et professeur à l’École polytechnique à Athènes (Grèce), i album : Travaux de port et ponts exécutés en Grèce. Souza-Gomes (J.-P. de), membre du conseil général des travaux publics à Lisbonne (Portugal).
- 1 album : Photographies des travaux du canal d’Alviella pour l’alimentation en eau de la ville de Lisbonne.
- 3 photographies : Pont Siphon de Sacavem et établissement des machines élévatoires pour l’alimentation de Lisbonne.
- 1 album : Chemins de fer exécutés au Portugal.
- Switkowski (M. C.), ingénieur civil à Sniatyn (Autriche).
- 1 brochure: Détermination des surfaces, emprises et talus des profils de terrassements.
- Timonoff (V. de), ingénieur du port de Libau (Russie).
- 1 brochure : Le port de Cette. •
- 1 brochure : Le port d’Odessa.
- Vianna (M. da Terra Pereira’), professeur à l’école des arts et manufactures à Porto (Portugal).
- p.362 - vue 369/482
-
-
-
- 363
- DE L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- 1 brochure : De l’influence des charges en mouvement sur les poutres droites.
- Vignes (E. A.), ingénieur adjoint à l'ingénieur en chef de l’entretien du chemin de fer de l’Ouest à Paris.
- 1 volume et î atlas : Etude sur les chemins de fer à voie étroite en Angleterre.
- Woycieciiowski (L. P.), inge'nieur civil à Paris.
- î brochure : Calcul exact des aires de déblai et de remblai.
- Zaleski (C.), inspecteur général à la Société austro-hongroise des chemins de fer de l’État à Vienne (Autriche), î notice : Calcul des inflexions des poutres.
- p.363 - vue 370/482
-
-
-
- CINQUIÈME SECTION.
- DOCUMENTS DIVERS.
- I
- CARTE DE FRANCE AU îôÂôô
- PUBLIÉE PAR LE MINISTERE DES TRAVAUX PUBLICS.
- Un panneau de feuilles assemblées.
- Album des feuilles parues.
- Cette carte, qui devait à l’origine être assemblée par département et constituer l’atlas statistique des irrigations, a été transformée, pour quelle soit d’un intérêt plus général, en une carte nationale au 200,000e, disposée en feuilles pleines de petit format.
- r
- Elle a été établie d’après la carte de l’Etat-major au 80,000e, dont la projection a été adoptée, ainsi que la coupure en feuilles rectangulaires par deux systèmes de lignes droites, les unes parallèles, les autres perpendiculaires au méridien de Paris. On a également mis à profit la carte au 100,000e du Ministère de l’intérieur, les atlas cantonaux à grande échelle publiés par un certain nombre de départements, le dictionnaire des postes, celui de Joanne, etc.; les
- p.364 - vue 371/482
-
-
-
- CARTE DE FRANCE.
- 365
- épreuves sont d’ailleurs soumises à la révision directe des ingénieurs des ponts et chaussées et des mines.
- La carte se compose de 1A1 feuilles (y compris la Corse) dont le cadre est de om,43 sur om,3o; les feuilles sont gravées en taille douce; elles sont à 3 couleurs : le noir est réservé aux écritures, aux chemins, routes et voies ferrées, aux bois, aux limites territoriales; le bleu, au réseau hydrographique, aux lacs, aux usines hydrauliques, au débit des cours d’eau et hauteurs de pluie ; le bistre aux données topographiques (cotes d’altitude, lignes de faîte, courbes de niveau). Les phares avec leur portée, les sources d’eaux minérales, les bois d’une étendue supérieure à hoo hectares, y sont également figurés, ainsi que les usines métallurgiques et les exploitations minières et houillères. Les exploitations minières sont désignées par un signe conventionnel qui en précise la nature (fer, cuivre, plomb, etc.). Quant aux exploitations houillères, elles ont été exprimées ^ la fois par leur périmètre de concession et par celui du terrain houiller reconnu. La surtace de la concession est indiquée par une teinte claire; celle du terrain houiller, par une teinte foncée, parsemée de points noirs qui représentent les puits d’extraction.
- Le relief du sol est indiqué par des lignes de faîte, par des cotes d’altitude et par des courbes de niveau. Afin de ue pas surcharger la carte, on s’est borné à tracer les lignes de faîte séparant les bassins des grands fleuves, et ceux de leurs affluents de premier ordre. Quant aux cotes d altitude au-dessus du niveau moyen de la mer à Marseille, comme on ne pouvait conserver toutes celles de la carte de l’État-major au 8o,oooc, on a choisi d’abord
- p.365 - vue 372/482
-
-
-
- 366
- DOCUMENTS DIVERS.
- celles s’appliquant à des points géodésiques précis, puis celles qui sont situées le long des vallées, des crêtes, des chemins ou des cours d’eau, ou qui caractérisent quelques particularités du terrain (butte, col, changement de pente).
- Les courbes de niveau sont espacées de 1 o o mètres en 100 mètres. Celles de 5oo, 1,000, i,5oo mètres et ainsi de suite de 5oo en 5oo mètres, sont distinguées par un trait pointillé.
- La population est indiquée sous le nom de chaque commune, mais, pour éviter la confusion, lorsqu’il y a plus de 5oo habitants seulement. Toutes les villes au-dessus de 5,ooo âmes sont figurées par des massifs de maisons et les détails des quartiers.
- La 11e livraison de la carte vient de paraître, ce qui porte à 84 le nombre des feuilles publiées.
- La carte a été créée en 1879 par M. l’ingénieur en chef Cheysson, directeur des cartes et plans. Depuis 1885, les travaux sont continués sous la direction de M. l’ingénieur en chef Choisy; M. Morel, chef de bureau; M. Rose, sous-chef; M. Bardoux, conducteur principal; M. Hellé, graveur.
- p.366 - vue 373/482
-
-
-
- CARTE DES ROUTES NATIONALES.
- 367
- II
- CARTE DES ROUTES NATIONALES.
- La carte représente le réseau des routes nationales de la France. La légende placée à droite donne la désignation et la longueur de chaque route.
- A gauche se trouvent représentés, d’une part, l’ensemble des routes nationales qui partent de Paris, dautre part, le réseau des routes nationales de l’Algérie.
- U # r
- Le service relève deM. Guillain, conseiller d’Etat, directeur; MM. Rouget, chef de division, Bescherelle et Dela-plane, chefs de bureau.
- p.367 - vue 374/482
-
-
-
- 368
- DOCUMENTS DIVERS.
- III
- NOTICE SUR LES CARTES ET LES PUBLICATIONS
- CONCERNANT LES CHEMINS DE FER
- MISES A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
- Les cartes et les volumes exposés par la Direction des chemins de fer sont les suivants :
- 1° CARTE DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS D’INTERET GENERAL A 1 250 0 0(T
- Cette carte en chromo-lithographie et à neuf couleurs distingue : i° par des traits pleins, des trémas ou des pointillés, les lignes en exploitation, en construction ou classées; 9° le réseau de chacune des six grandes compagnies et le réseau de l’État ; les lignes concédées à des compagnies diverses et enclavées dans les grands réseaux; les lignes non concédées. Les chemins à voie étroite sont indiqués par un trait plus fin que celui qui se rapporte aux chemins à voie normale; la carte dont il s’agit donne également les chemins de fer d’intérêt local, qui sont tracés en noir. Enfin, des cartouches à l’échelle de —500 oo'o contiennent des détails sur les bifurcations et le tracé des lignes qui aboutissent aux villes de Paris, de Lille, de Lyon, de Rouen et de Marseille.
- p.368 - vue 375/482
-
-
-
- PUBLICATIONS CONCERNANT LES CHEMINS DE FER. 369
- 2° CARTE DES CHEMINS DE FER D’INTERET LOCAL À ^ 25(]q0q.
- Cette carte, à la même échelle que la carte générale des chemins de fer d’intérêt général, a pour but de faire connaître la situation des lignes d’intérêt local en exploitation ou en construction; elle distingue par des couleurs spéciales les lignes concédées aux principales compagnies concessionnaires de chemins de fer d’intérêt local, les lignes concédées à des compagnies d’intérêt général ou exploitées par celles-ci, les lignes ne rentrant pas dans les catégories précédentes. La carte comprend, en outre, au moyen de traits noirs, le tracé des chemins d’intérêt général et l’indication des tramways à vapeur actuellement en exploitation.
- 3° CARTE DES CHEMINS DE FER DE L’ALGERIE A JYôoTÏÏÔ’
- La carte des chemins de fer de l’Algérie indique les chemins de fer en exploitation, en construction ou classés; les compagnies concessionnaires sont distinguées par des couleurs différentes; une couleur a été réservée aux chemins industriels. Cette carte présente, en outre, le tracé des routes nationales, le système, la position et la portée des phares.
- DOCUMENTS.
- 1° SITUATION DES CHEMINS DE FER AU 31 DECEMBRE DE CHACUNE DES ANNEES 1877 À 1886 (FRANCE ET ALGERIE).
- (5 volumes in-/i°.)
- Cette publication fait connaître la longueur des réseaux, leur formation chronologique; elle comprend, non seule-
- 11.
- I.VrlONALE»
- p.369 - vue 376/482
-
-
-
- 370
- DOCUMENTS DIVERS.
- ment les lignes d’intérêt général, mais encore celles d’intérêt local et les chemins industriels. Chaque volume comprend deux cartes à l’échelle de 3 00(j 0-0o se rapportant, l’une aux chemins de fer de la métropole, l’autre aux chemins de fer algériens.
- 2° DOCUMENTS STATISTIQUES SUR LES CHEMINS DE FER FRANÇAIS D’INTÉRÊT GÉNÉRAL ET D’INTÉRÊT LOCAL (1878 À 188 5 ).
- (5 volumes in-folio.)
- Les documents statistiques comprennent une série de tableaux présentant les principaux renseignements relatifs à 1’établissement des chemins de fer de la métropole et de l’Algérie.
- A partir de 1880, la publication dont il s’agit comprend deux parties, l’une se rapportant aux chemins de fer d’intérêt général, la seconde aux chemins de fer d’intérêt local.
- 3° DOCUMENTS PRINCIPAUX
- (STATISTIQUE DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS AU 3l DÉCEMBRE 1887 ).
- (1 volume in-4°.)
- Ce volume, publié à titre d’essai, renferme les plus importants des renseignements contenus précédemment dans la Situation des chemins de fer et dans les Documents statistiques pour les lignes d’intérêt général, les chemins de fer d’intérêt local et industriels, et ceux de l’Algérie. Il donne notamment la situation détaillée des lignes concédées et des lignes non concédées, avec l’indication, en regard de chaque ligne exploitée, de l’année de l’ouverture au service public;
- La situation financière des compagnies : capital-actions, obligations, etc. ;
- p.370 - vue 377/482
-
-
-
- PUBLICATIONS CONCERNANT LES CHEMINS DE FER. 371
- Le résumé par ligne des dépenses de premier établissement et des résultats de l’exploitation;
- Les comptes courants de la garantie;
- Les résultats généraux de l’exploitation ;
- L’état du matériel roulant, etc.
- Enfin, ce volume comprend la situation des chemins de 1er des colonies et des pays placés sous le protectorat de la France; une table alphabétique indicative des lignes et, en outre, deux cartes à 3 00o ooô’ ulle Pour ^es chemins de fer de la métropole et une pour les chemins de fer de l’Algérie.
- k° RÉPERTOIRE DE LA LEGISLATION DES CHEMINS DE PER (ANNEE 1 879 ) AVEC SUPPLÉMENT POUR L’ANNEE 1882.
- Cette publication présente à la date du ier août 1882 une énumération complète des textes, lois, décrets et arrêtés concernant les chemins de fer.
- RECUEILS DE FORMULES ET DE TYPES POUR L’ETUDE ET LA CONSTRUCTION DES CHEMINS DE FER.
- (3 volumes.)
- Au moment où a commencé 1 execution des chemins de 1er compris dans le programme de 1879, 1 Administration des Travaux publics s’est efforcée de faciliter la tache des ingénieurs et agents qui devaient faire les études, dresser les projets, acheter les terrains, diriger et surveiller les travaux.
- Dans ce but, elle a rédigé une série de formules indiquant dans quel ordre et sous quelles formes devaient etre produites les diverses pièces relatives aux operations a entre-
- 2&.
- p.371 - vue 378/482
-
-
-
- 372
- DOCUMENTS DIVERS.
- prendre et aux formalités à remplir; elle a en même temps choisi, parmi les types en usage, pour les plans, profils, ouvrages et bâtiments, ceux qui offraient les meilleures conditions, et en a formé une collection qui a été mise à la disposition des ingénieurs.
- Ces formules et types sont groupés en trois volumes, savoir :
- 1. Recueil de formules;
- 2. Recueil de types (plans, profils, ouvrages d’art) et de tableaux et procéde's graphiques;
- 3. Recueil de types (maisons de garde, stations, dispositions ge'-neTales et bâtiments).
- /
- Ce service relève de M. Gai, conseiller d’Etat, inspecteur général, directeur; MM. Systermans, Schelle, Mayer, chefs de division; Ciiahuet, Moreau, Cochin, Gaillard, Condamin, Dumay, Guichard, Moulue, chefs de bureau.
- p.372 - vue 379/482
-
-
-
- STATISTIQUE DE LA NAVIGATION INTERIEURE.
- 373
- IV
- STATISTIQUE DE LA NAVIGATION INTÉRIEURE.
- i° Relevé général du tonnage des marchandises transportées sur les fleuves, rivières et canaux. — Ce volume forme le vu0 de la série commencée en 1881 par l’Administration des Travaux publics. Cette série fait suite aux relevés du tonnage des cours cl’eau administrés par l’Etat , que publiait antérieurement la Direction générale des Contributions indirectes.
- L’abondance des matières à insérer dans la statistique afférente à Tannée 1887, pendant laquelle il a été procédé, pour la première fois, au recensement de la batellerie, a nécessité le remaniement de cette publication. Elle a été divisée en trois parties savoir :
- Première partie. — Nomenclature et conditions de navigabilité des fleuves, rivières et canaux.
- Deuxième partie. "— Relevé général du tonnage des marchandises.
- Troisième partie. — Recensement de la batellerie.
- Chacune de ces parties est précédée d’une notice comportant des observations générales ou un résumé analytique.
- 20 Dépenses de premier établissement et d’entretien concernant les fleuves, rivières et canaux. — Documents historiques et statistiques. — Publié en 1887, ce volume renferme un exposé historique des moyens financiers employés à la constitution et à l’entretien du réseau de navigation intérieure, la situation
- p.373 - vue 380/482
-
-
-
- 374 DOCUMENTS DIVERS.
- de ce réseau à diverses époques, la nomenclature des actes législatifs concernant l’établissement et l’amélioration dudit réseau, et une série de tableaux relatifs aux dépenses faites depuis 1814 jusqu’à 1887 inclusivement.
- Enfin des chapitres spéciaux ont été consacrés aux dépenses d’entretien de ce réseau et aux produits que l’État a tirés de son exploitation.
- 3° Guide officiel de la navigation intérieure. — Ce livre a remplacé le Manuel des distances que l’Administration avait fait imprimer en vue des besoins de ses agents.
- Ce premier travail a été remanié et augmenté de façon à pouvoir renseigner le public sur l’état du réseau de navigation intérieure et sur les conditions de son utilisation.
- Le Guide contient la réglementation des cours d’eau navigables, des notices et des itinéraires pour chacun d’eux. Le volume est accompagné d’une carte itinéraire du réseau.
- L’impression et la vente du Guide ont été adjugées en 1887 à MM. Baudry et Cie, éditeurs à Paris. Les trois premières éditions ont été épuisées en moins de deux années. La quatrième édition est sous presse. Ce succès donne la mesure de l’utilité de cette publication.
- Canaux de navigation. — Recueil de types d’ouvrages d’art. — La loi du 5 août 1879 relative au classement des voies de navigation intérieure a déterminé les conditions de navigabilité que doivent remplir les voies principales, savoir : tirant d’eau du chenal navigable, profil en travers des canaux, longueur et largeur des écluses, tirant d’air ou hauteur disponible sous les ponts au-dessus du plan d’eau normal,
- p.374 - vue 381/482
-
-
-
- 375
- STATISTIQUE DE LA NAVIGATION INTÉRIEURE.
- Eu vue de faciliter l’étude des projets de construction de canaux ou de transformation des voies anciennes, l’Administration a fait dresser un recueil de types d’ouvrages d’art remplissant les conditions qui viennent d’être rappelées.
- Ce recueil a été distribué, comme document à consulter, aux ingénieurs chargés d’un service de navigation.
- Le service relève deM. Guillain, conseiller d’Etat, ingénieur en chef, directeur; MM. Beaurin-Gressier, chef de division; Pélissier, d’Hénouville, Lereaü, chefs de bureau; Godebski, sous-chef.
- SERVICE HYDROMÉTRIQUE DU BASSIN DE LA SEINE.
- Fondé par M. Belgrand en 1854.
- M. G. Lemoine, ingénieur en chef, chargé de ce service depuis 1866 avec la collaboration de MM. les ingénieurs de Préaudeau, Heude, Goupil, Harlé, Gérardin, Lallemand, Barinet, et sous la direction de MM. les inspecteurs généraux Belgrand, Lalanne, Lefébure de Fourcy, Em. Allard et Lerlanc.
- Le service hydrométrique du bassin de la Seine a été fondé par M. Belgrand en i85/t, à la suite de nombreuses études coordonnées par lui dans son ouvrage intitulé La Seine, éludes hydrologique*. (Paris, Dunod, 1872.)
- Le but pratique de ce service est l’annonce numérique des crues de la Seine et de ses principaux affluents, la Marne, l’Aisne et l’Oise: pour Paris, la hauteur probable peut être indiquée trois jours à l’avance.
- Le service hydrométrique s’est trouvé ainsi nécessairement amené à concentrer et à coordonner tous les documents relatifs au régime naturel des eaux dans le bassin de la Seine.
- p.375 - vue 382/482
-
-
-
- 376
- DOCUMENTS DIVERS.
- Les publications faites par le service hydrométrique depuis la dernière Exposition universelle à Paris en 1878 sont les suivantes :
- 10 Résumés annuels des observations sur les cours d’eau et la pluie dans le bassin de la Seine. — Ces publications, laites chaque année sur le même modèle, comprennent un mémoire présentant la discussion des phénomènes constatés et les tableaux graphiques des observations qui en sont aujourd’hui à leur 35e année d’existence.
- 20 Manuel hydrologique du bassin de la Seine (Paris, Imprimerie nationale, 1886). — On y a réuni toutes les données numériques recueillies sur le régime des eaux, notamment pour les grandes crues, les sécheresses, les débits, la pluie, les relations entre les pluies et les crues quelles produisent.
- 3° Collection des règlements et instructions concernant l’annonce des crues (Paris, Imprimerie nationale, 1885). —-Ce volume contient toutes les instructions données sur la proposition du service hydrométrique aux fonctionnaires de tout grade appelés à concourir d’une manière quelconque à l’annonce des crues.
- p.376 - vue 383/482
-
-
-
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION.
- 377
- V
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION
- DU DÉPARTEMENT DE L’AUDE.
- La culture de la vigne procure à l’agriculture française un revenu comparable à celui des céréales mêmes.
- Sur les 5 o millions d’hectares qui forment la contenance imposable de la propriété non bâtie, les emblavures embrassent chaque année 7 millions d hectares qui produisent moyennement 100 millions d’hectolitres de blé dune valeur approximative de 2 milliards de francs.
- En l’année 1875, qui lut celle de sa plus grande prospérité, la vigne occupait une étendue de 2,A5o,ooo hectares. Elle produisit 83 millions d hectolitres de vins ne valant pas moins, en moyenne, de 2 5 francs chez le vigneron et de 5o francs chez le débitant. Une telle récolté valut donc 2 milliards de francs pour le paysan, autant que le blé lui-même; et elle laissa entre les mains du fisc, de 1 industrie des transports ou du commerce une somme égalé.
- Cette richesse viticole, dont les flots débordaient chaque année sur le pays tout entier, menace de tarir dans sa source. Un puceron presque invisible, mais aux légions innombrables, est venu depuis vingt ans s’attaquer aux racines du précieux arbuste et détruire pas à pas, dans sa marche irrésistible, le beau vignoble de France qui faisait
- p.377 - vue 384/482
-
-
-
- 378
- DOCUMENTS DIVERS.
- l’orgueil et l’aisance, et souvent même la fortune de nos paysans.
- En 1888, le tiers déjà de la superficie totale, environ 800,000 hectares, était détruit par le phylloxéra.
- La production moyenne du pays, qui fut annuellement de 56,3oa,ooo hectolitres pendant la période décennale de 1869 à 1878, n’a plus été que de 29,982,000 hectolitres de 1879 à 1888. C’est, pour ces dix dernières années, par rapport aux dix précédentes, un déficit de 6,5oo,ooo,ooo francs, au détriment de la seule population rurale.
- Il n’est peut-être pas besoin de chercher ailleurs que dans les faits mis en lumière par le rapprochement de ces chiffres, la raison économique du relèvement de nos finances après la guerre de 1870, aussi bien que celle de la crise qu’elles traversent en ce moment. Quand la richesse agricole d’un pays est si cruellement entamée, l’ébranlement se répercute sur toutes les branches de l’activité nationale.
- Les rentrées du Trésor sont du reste directement atteintes par l’amoindrissement de la production du vin, car sur chaque hectolitre qui sort du chai du vigneron, le fisc frappe un droit de 5 francs. La consommation en France ayant, depuis la crise, baissé de 10 millions d’hectolitres malgré l’apport des vins étrangers, le fisc perd donc directement de ce chef 5o millions par an.
- Ces quelques chiffres, en même temps qu’ils résument et font bien connaître la situation, démontrent aussi l’intérêt puissant qui s’attache, au double point de vue économique et fiscal, à la lutte si vaillamment entreprise en France contre le phylloxéra.
- p.378 - vue 385/482
-
-
-
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION.
- 379
- Ils expliquent et justifient amplement l’initiative prise par les pouvoirs publics lorsque,. sortant de leur réserve ordinaire en matière de canaux agricoles, ils se sont engagés par la loi spéciale du 3 avril 1880, dans la voie de l’exécution directe, aux frais du Trésor, de canaux destinés à combattre le fléau de la viticulture.
- L’Etat avait, en effet, un double intérêt dans une telle opération, car en même temps qu’il préservait une partie de la fortune publique, il s’assurait pour lui-même la conservation d’une précieuse matière imposable.
- Submersion hivernale des vignes. — On sait que la submersion hivernale, prolongée pendant ho à h5 jours, entre le commencement de novembre et la fin d’avril, est le premier et le plus efficace des remèdes qui ait été appliqué pour débarrasser les racines de la vigne des atteintes du phylloxéra. Imaginé et mis en pratique dès 1879 Par M. Faucon, sur son domaine que longe le canal des Alpines, à deux lieues de Tarascon, ce procédé est d’une efficacité certaine partout où la terre se trouve dans des conditions moyennes de perméabilité W.
- Dès que l’expérience l’eut nettement affirmé, la Compagnie du canal du Midi, se préoccupant à juste titre de l’avenir de ses recettes, alimentées en majeure partie par le
- (1) Ce moyen de préservation n’est d’ailleurs applicable qu’aux vignobles des plaines à faibles pentes. Dès que la pente générale du terrain atteint 3 à 4 centimètres par mètre, les bourrelets, nécessaires à la retenue des eaux Pour que le sol soit complètement noyé, sont tellement rapprochés que la culture devient difficile et la dépense d’appropriation excessive. Le volume d’eau nécessaire varie de 12,000 à 20,000 mètres cubes par hectare; s’il atteint 3o,ooo mètres cubes, la terre s’épuise rapidement.
- p.379 - vue 386/482
-
-
-
- 380
- DOCUMENTS DIVERS.
- trafic des vins et déjà sérieusement atteintes par le nouveau fléau, s’empressa d’offrir à l’Administration des Travaux publics de se servir du canal de navigation pour véhiculer les eaux des rivières qu’il franchit ou côtoie. Gela devait permettre à l’Etat de les distribuer aux vignobles échelonnés sur le parcours du canal, au moyen d’un réseau de rigoles à créer, soit par le Trésor, soit par les intéressés eux-mêmes constitués en syndicats agricoles.
- Ces propositions, développées dans une note du directeur du canal du Midi(1) 2 dressée le 22 janvier 1878, furent soumises, par la dépêche du Ministre des Travaux publics du a3 octobre de la même année, à l’instruction des ingénieurs du département de l’Aude.
- Ceux-ci, dans leur rapport longuement motivé des 6 et 12 novembre 1879®, proposèrent d’accepter les offres de la compagnie et conclurent à l’exécution immédiate des travaux au moyen des avances et des agents de l’Etat, sauf à remettre plus tard aux intéressés, réunis en association syndicale, l’administration des nouveaux canaux et la perception des taxes destinées au remboursement, partiel tout au moins, des avances faites. Ils faisaient valoir la gravité de la situation au point de vue tant de la fortune publique que des revenus du Trésor; la nécessité d’agir d’urgence pour ne pas être devancé par le fléau ; l’impuissance des viticulteurs livrés à eux-mêmes pour résister à sa marche aussi capricieuse que foudroyante; enfin la facilité toute particulière de l’opération proposée, qui pouvait être tentée sans
- r
- engager l’Etat dans une bien grande dépense, facile, du
- (1) M. Moflre Firmin, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- (2) M. Vidalot, ingénieur en chef; M, Bouffet, ingénieur en chef ordinaire.
- p.380 - vue 387/482
-
-
-
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION.
- 381
- reste, à fractionner, et à suspendre par suite aussitôt qu’on le jugerait convenable. Ils terminaient en faisant remarquer que leurs conclusions permettaient la rapidité d’exécution indispensable dans l’espèce afin de ne pas rendre les dépenses inutiles, comme il arriverait si l’eau n’était amenée aux propriétés qu’après la disparition du vignoble ; que cependant elles ne tendaient pas à faire sortir l’Etat de son rôle ordinaire, qui est de construire et de faire au besoin des avances quand il s’agit de travaux d’intérêt public, mais non de se charger d’une sorte d’exploitation qui 11e serait peut-être pas plus dans ses convenances que dans ses aptitudes.
- Ces vues furent pleinement adoptées par l’Administration supérieure des travaux publics. Elles le furent même avec un tel empressement que, dès le a9 janvier 1880, une dépêche ministérielle, contresignée par M. A. Rousseau, directeur des routes et de la navigation, faisait connaître aux ingénieurs, que sur les propositions de la Commission des irrigations instituée au Ministère sous la présidence de M. l’inspecteur général Lefébure de Fourcy, un projet de loi venait d’être préparé et soumis aux Chambres, pour 1 exécution immédiate des travaux par les soins et aux frais de l’État. Nous détacherons le passage suivant de cette dépêche :
- « L’opération projetée a paru à la Commission être facilement praticable, en même temps quelle présente un très grand intérêt et quelle répond à des besoins urgents.
- « Mais la Commission a dû reconnaître que cette urgence même rendait indispensable, sous peine de manquer en grande partie le but poursuivi, l’exécution immédiate des
- p.381 - vue 388/482
-
-
-
- 382
- DOCUMENTS DIVERS.
- travaux, afin que les submersions puissent avoir lieu dès le ier novembre prochain.
- c Le meilleur et presque le seul moyen d’arriver à un résultat aussi rapide serait de faire exécuter les travaux directement par les soins et aux frais de l’Etat. C’est la solution que la Commission a proposée et à laquelle j’ai cru devoir m’arrêter.
- cc Mais il ne conviendrait pas que toute la dépense d’une opération, dont la propriété privée retirera de si grands et de si immédiats avantages, restât à la seule charge de l’État. Les propriétaires intéressés doivent donc être appelés à y contribuer au moyen d’une taxe annuelle d’un chiffre fixe et des plus modérés, dont le payement pendant dix ans viendra atténuer dans une juste mesure les sacrifices de l’Etat, et ce n’est qu’à la condition expresse que cette taxe soit consentie préalablement par les propriétaires du tiers au moins de la surface comprise dans chaque zone, que les travaux de distribution des eaux dans cette zone seront entrepris, n
- Le projet de loi ainsi préparé fut accueilli avec la plus grande faveur par les Chambres, et la nouvelle loi était promulguée dès le 3 avril 1880. Fait à noter, c’était la première fois que l’Etat français mettait les canaux agricoles, instruments de production, au même rang d’utilité générale que les canaux de navigation et autres travaux publics, qui sont surtout des instruments de commerce et d’échange. L’accord unanime que rencontrèrent ces propositions toutes nouvelles était dû, on le comprend sans peine, au pressentiment que chacun éprouvait du désastre imminent, dont le terrible fléau de la viticulture allait frapper le pays : c’é-
- p.382 - vue 389/482
-
-
-
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION.
- 383
- tait une simple mesure de prévoyance, que justifiaient amplement ces circonstances exceptionnelles.
- Economie de la loi du 3 avril 1880. — Précisons tout d’abord l’économie de la loi :
- L’Etat prend à sa charge, en premier lieu, la dépense des travaux de dérivation aux écluses et tous autres nécessaires pour que le canal du Midi puisse véhiculer, depuis Carcassonne jusqu a l’étang de Thau, les eaux supplémentaires destinées à la submersion que le canal empruntera aux rivières du territoire desservi.
- En second lieu, l’État fait exécuter, par ses propres agents et aux frais du Trésor, les réseaux des rigoles de distribution. Ces réseaux échelonnés sur le parcours du canal de navigation distribueront les eaux, de telle sorte quelles arrivent en tête de chaque propriété, sans que les souscripteurs aient à faire eux-mêmes des travaux d’amenéeW.
- Restent à la charge exclusive des usagers, les prises d eau particulières, les rigoles ou canaux de versure et de cola-ture et tous autres travaux n’intéressant que leurs propriétés.
- Mais, d’autre part, les travaux de chaque réseau correspondant à une même prise sur le canal du Midi ne seront entrepris que lorsque le tiers au moins de la superficie totale du périmètre desservi par ce réseau aura été souscrit.
- Les engagements individuels sont valables pour une durée
- (1) Toutefois le morcellement des parcelles est tel, que chacune déliés na pas été en l'ait directement desservie; les eaux se déversent, en realite, de lune a l’autre et d’un bassin à l’autre jusqu’à des distances de 200 a 3°o mètres. L’espacement des rigoles descend rarement au-dessous de 200 mètres et varie d’ordinaire entre 3oo et 500 mètres.
- p.383 - vue 390/482
-
-
-
- 384
- DOCUMENTS DIVERS.
- de dix ans, la redevance à payer au Trésor étant de 5 o francs par hectare; ils désignent chacune des parcelles engagées, lesquelles restent affectées, en quelques mains qu’elles passent, au payement de la redevance.
- Ainsi qu’il est spécifié dans les formules d’engagement, les souscripteurs de chaque réseau s’engagent en outre à faire partie d’un syndicat, qui sera organisé d’office, après l’exécution des travaux, selon les formes déterminées par un règlement d’administration publique.
- Le syndicat, après sa constitution, sera chargé de l’administration de l’association, de l’entretien des travaux et de la perception des taxes, sur lesquelles il sera abandonné au syndicat une somme de 15 francs par hectare, le surplus (soit 35 francs) devant être versé dans la caisse du Trésor public pour que l’Etat rentre partiellement, du moins, dans ses avances.
- r
- On voit que dans cette combinaison, l’Etat s’engage simplement à construire à ses frais et risques les canaux et rigoles d’amenée. Mais il laisse aux intéressés, constitués en syndicats, selon la loi du 21 juin 1865, le soin d’utiliser l’œuvre au mieux de leurs intérêts et la charge de répondre des conséquences de cette utilisation ; que si l’Etat fait l’avance des fonds, il en est du moins remboursé par une redevance nette de 3 5 francs par hectare souscrit.
- Chacun reste bien ainsi dans son rôle.
- r
- L’Etat est mieux à même de construire vite et bien que les syndicats, en supposant même qu’ils parvinssent à réaliser les emprunts nécessaires aux travaux, en l’absence de toute loi sur le crédit agricole.
- A leur tour, les syndicats sont mieux placés et plus aptes
- p.384 - vue 391/482
-
-
-
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION. 385
- qu’une administration d’État à faire l’utilisation agricole des travaux ;
- Et, d’autre part, le Trésor est garanti contre certains entraînements ou certaines pressions, parla condition, qu’impose la loi elle-même, que le tiers au moins du périmètre desservi soit souscrit avant tout commencement d’exécution d);
- Enfin, l’obligation pour les souscripteurs de faire partie d’un syndicat, organisé d’office aussitôt les travaux achevés, donne la certitude que l’œuvre ne restera pas stérile, faute d’organisation ou de pouvoirs efficaces pour en assurer la marche régulière.
- Applications. — Les termes mêmes des instructions ministérielles, la promptitude du rendu de la loi du 3 avril 1880 témoignaient du vif intérêt que l’Administration supérieure des travaux publics attachait à sa rapide application; et cet intérêt bienveillant ne se démentit pas une seule lois, jusqu’au jour où, vers la fin de l’année 1881, la direction des travaux fut rattachée au Ministère de l’agriculture, par la création d’un service spécial de l’hydraulique agricole.
- L autre part, si l’on songe au temps qu exigent les mesures préparatoires à la mise en marche des travaux, le lever du terrain, la préparation des projets, leur approbation, ladjudication, l’achat des terrains, la cueillette des souscriptions, sans compter les enquêtes de toutes sortes, on
- ' Celle proportion (lu tiers, exigée au préalable, paraîtra une garantie des plus serieuses, si I on songe que pour l’ensemble des canaux d irrigation existants en France, cette proportion n’atteint pas le cinquième, et que pour
- canaux les plus anciens elle dépasse rarement le tiers et n atteint presque jamais la moitié.
- u.
- I.UIUUMERIE SATIOMALE •
- p.385 - vue 392/482
-
-
-
- 386
- DOCUMENTS DIVERS.
- reconnaîtra sans peine que le programme tracé par la dépêche du 29 janvier 1880 n’était pas facilement réalisable, car le rendu de la loi avait précédé toutes les opérations préparatoires ci-dessus rappelées.
- Quoi qu’il en soit, les ingénieurs se mirent résolument à l’œuvre.
- Deux mois après le rendu de la loi, le 10 juin 1880, les ingénieurs du département de l’Aude présentaient à l’approbation ministérielle un premier projet, celui du canal du Sommai!. Il fut bientôt suivi, le 10 juillet, du projet du canal d’Argeliers, et, le 25 octobre, de celui de Saint-Marcel.
- Les adjudications suivirent de près: 21 août et 11 septembre 1880, 26 février 1881.
- Dès le 1e1' mars 1881, onze mois après le rendu de la loi, le canal du Sommait était mis en eau. Les deux autres le furent au commencement de la période suivante des submersions, en novembre 1881.
- D’autres projets étaient successivement présentés, à mesure que les souscriptions des in téressés atteignaient la proportion du tiers exigée parla loi, et ils furent exécutés avec la même promptitude, tant qu’il ne s’éleva pas, de la part de l’administration du canal du Midi, des objections au sujet du volume d’eau que le canal pouvait véhiculer sans nuire à la facilité de la navigation.
- r
- Néanmoins l’Etat ne négligeait pas cette autre face de la question, car entre Carcassonne et Narbonne, où se trouvaient les obstacles au passage de ces eaux véhiculées, il a déjà dépensé, sur le canal du Midi, une somme de 882,000 francs; il y a construit douze dérivations accolées
- p.386 - vue 393/482
-
-
-
- 387
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION.
- aux écluses pour livrer passage à un volume de 6 mètres cubes à la seconde, approfondi la cuvette du canal sous seize ponts par-dessus, reconstruit l’un d’eux, élargi un pont aqueduc et établi cinq guide-eaux au débouché des dérivations dans les biefs inférieurs, afin que les barques ne soient pas gênées par les tourbillons au moment où elles s’engagent dans les écluses.
- Afin d’abréger cette notice, nous allons présenter sous forme de tableaux les résultats obtenus dans le département de l’Aude par l’application de la loi du 3 avril 1880.
- Voici d’abord l’énumération des réseaux desservis ou étudiés, avec l’indication des dates concernant la mise en œuvre des projets et les divers actes administratifs intervenus, enfin le rappel des dépenses prévues pour chacun d’eux.
- Le manque d’eau disponible dans le canal du Midi a seul entravé l’opération et empêché la réalisation immédiate des projets étudiés qui figurent à la deuxième partie du tableau précédent. Tel qu’il est, ce tableau montre que rien il a été négligé pour atteindre le but qu’on s’était proposé: on voulait devancer le phylloxéra, afin que le remède put être offert aux viticulteurs avant le dépérissement de leurs vignes; une seule récolte perdue, en effet, représentait une valeur supérieure à la dépense totale des travaux eux-mêmes. Grâce au concours et au bon vouloir de tous, les ingénieurs purent réaliser le programme qu on s était tracé, et que nulle autre combinaison n’aurait sûrement pas permis d approcher même de loin.
- Un deuxième tableau fera connaître le point de vue technique, c’est-à-dire le prix de revient et les conditions principales d’établissement des canaux exécutés.
- a 5.
- p.387 - vue 394/482
-
-
-
- 388
- DOCUMENTS DIVERS.
- Taüleau
- DÉSIGNATION DES CANAUX DF. LA LOI DU 3 AVRIL 1880. PRÉSENTATION DES PROJETS. APPRORATION MINISTÉRIELLE. ADJUDICATION. I
- 1 0 CANAUX EXÉCUTÉS.
- îo juin 1880 38 juillet 1880.... 21 août 1880
- 1 d’Argeliers îo juillet 1880.... 16 août 1880 11 septembre 1880.
- de Saint-Marcel s5 octobre 1880... 33 janvier 1881 ... 26 février 1881...
- 11 juillet 1 881 ... • 3o août 1881 17 septembre 1881.
- Canal (
- / impartie. 7 mai 1881 11 juillet 1881.... 6 août 1881
- de Raounel |
- ( ae partie.. 18 décembre 1883 . (“A £ t oc 00 7 juin 188/1 ..
- de Puichéric-Lai edorle. 39 janvier 1883... 11 août 188s 2 septembre 188a..
- 0 mai 1883 6 août 1883 3 seDtembrp issu. I
- 2° CANAUX NON EXÉCUTÉS.
- 1 du Viguier 3G mai i883. // //
- 26 mai 1 883 8 août 1883. //
- ] de Yentenac 17 avril 1883. // //
- Canal J
- j de Roubia-Paraza . . . . 16 avril 1883. // II
- 1 de Jouarres-Olonzac. . 10 juillet 1883. // II
- SSÜ \ de Renchin 3 mars 1883. // II
- p.388 - vue 395/482
-
-
-
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION
- dépenses prevues
- SUPERFICIE
- SOUSCRITE
- h la présentation tics
- projets
- DECHET
- DÉCLARATIF
- d’utilité publique.
- MISE EN EAU
- SUPERFICIE
- dominée
- par
- HECTAnE
- dominé.
- TOTALES.
- DES CANAUX
- Ira nos.
- Ira ne
- hectares.
- hectares
- 1 00,000
- i" mars i88i Novembre 1881.. Novembre 1881. •
- 20 aoul 1880 aa seplembre 1880 3 mars 1881
- 80,000
- 1 ' décembre 1881.. >7 août 1881 7 novembre 1883 .. *2 aoul 188 3 novembre 1882
- Fin 1881 Fin 188
- 1885........
- Fin 1883 Fin 1 888
- 820,000
- 1,200,000
- 2.100
- 8(i,qo(>
- 1/11,800
- 3,1 78,010
- Totaux
- 280,000
- 238,000
- o 2 O
- l()0,000
- 180,000
- 1 ()0,000
- 1 b5,ooo
- i,t 33,000
- Totaux
- p.389 - vue 396/482
-
-
-
- 390
- DOCUMENTS DIVERS.
- DÉSIGNATION DES CANAUX.
- Périmètre desservi
- Entreprise
- Dépenses de construction.
- Total des travaux,
- Terrains.
- Dépense totale.
- /' Travaux. J Terrains.
- Dépense faite par hectare desservi.
- Dépense totale,
- Tronc principal.......
- Branches secondaires,
- Longueur des canaux.
- Tronc principal.......
- Branches secondaires,
- Longueur )
- par hectare desservi. )
- Ensemble
- ( Travaux Terrains.
- Dépenses par mètre courant de canal.
- Dépense totale.
- Superficie acquise...........
- Prix moyen de l’hectare. . . Largeur moyenne d’emprise
- Terrains
- p.390 - vue 397/482
-
-
-
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION.
- 391
- SOMMA IL
- a8oh
- 56,36or
- 97,350
- 81,710 3a,080
- 113,790
- 9,890"
- 85,566f
- 10,976
- 95,84a
- 59,001
- 1 47,843
- 5,i93n 11,637
- 16,690
- 5f,77 3 ,i3
- 8 ,90
- 1 i4,ooir 10,000
- 19/1,001 91,606
- 1/15,607
- 36,1 g6r 13,877
- 50,071
- 33,337
- 83,/io8
- 773,899r
- 163,0/17
- 936,876 556,161
- 1/193,037
- /i,i 33" 3,553
- 7,686
- 3,900"
- 9,681
- 13,581
- 19,786 67,06/1
- 79,85o
- 16f, 13 9 ,80
- 18,93
- 3f.69 9 ,45
- 6,14
- 11f, 7 3 6 ,90
- 18,63
- SAINT-MARCEL. ROMPS. PÜICHÉRIC. 1UOUNEL. ENSEMBLE ET MOYENNES.
- 385h 29°h 9'9°h 9,61 o1' 4,170''
- i,i6i,3o9r
- 953,939
- 1/114,541 743,116
- 9,157,657
- 99/ a4gf 498f 179f a59f 339f
- 115 135 rjh 115 9l3 178
- 4o6 384 509 987 572 5i 7
- 33,097" 110,733
- 143,760
- 13m,4g i4"’,2 5 i3m,o4 4m,9° 7m>9/|
- 99 ,68 1 9 ,59 33 ,38 a5 ,69 26 ,56
- 43 ,17 26 ,84 46 ,42 3o ,59 34 ,5o
- 9f, 8 4 5,i6
- i5 ,00
- p.391 - vue 398/482
-
-
-
- 392
- DOCUMENTS DIVERS.
- Enfin le tableau suivant met en lumière le résultat finan-
- r
- cier de l’opération entreprise par l’Etat.
- TABLEAU N° 3.
- DÉSIGNATION DES CANAUX. ARGELIEIIS. PÉZÉTIS. SOMMAIL. J w 0 < cb HOMPS. PUICHÉHIC. w te 0 < ENSEMBLE ET MOYENNES. 1
- Superficie submergée en '
- CO 00 oc 8ih 1 101' 307'' a93h a43h a5o'' 1,657'' a ,841 '
- Utilisation du canal 77 P- °l° 5 a p. 0/0 74 p. 0/0 76 p. 0/0 O O cL 00 86 p. 0/0 63 p. 0/0 68 p. o/o
- Montant des redevances
- perçues en 1888 au
- profit du Trésor a,86Gr 3,go6r 7,a46f io,a4ar 8,5oof 8,735f 57>995f 99i4gor
- Intérêt que le Trésor re-
- tire de ses avances. . . 3 p. 0/0 5 p. 0/0 6.4 p. 0/0 6.9 p. 0/0 5.8 p. 0/0 io.5 p. 0/0 3.9 p. 0/0 4-61 p. o/o
- En résumé, la loi du 3 avril 1880 a permis d’ouvrir en quelques années, dans le département de l’Aude, sept réseaux de distribution, qui embrassent un périmètre de 6,170 hectares, desservi par 163,760 mètres de canaux. La dépense faite s’est élevée à 2,167,657 francs, soit 517 francs par hectare dominé; elle s’applique pour les deux tiers aux travaux d’ouverture et pour un tiers aux achats des terrains d’entreprise. Les propriétaires se sont fait généralement un devoir de seconder l’administration, car partout la prise de possession a été consentie avant les formalités de l’expropriation. Le jury lui-même a su prendre les intérêts de l’Etat, en tenant compte de la plus-value immédiate que les vignobles desservis acquièrent du fait même de l’ouverture des canaux. Aussi les terrains n’ont coûté en moyenne, tous frais compris, que 8,930 francs l’hectare, alors qu’ils se vendent couramment, par-devant notaire, de 10,000 à 20,000 francs.
- p.392 - vue 399/482
-
-
-
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION.
- 393
- Enfin, dès les premières années de l’exploitation, les canaux ont atteint un coefficient d’utilisation dont il n’est guère d’exemple ailleurs, car il a atteint 68 p. o/o, et le Trésor retire de ses avances un revenu net de Af,6i p. o/o, qui s’accroîtra encore sans nul cloute.
- Il n’est pas à croire que de pareils résultats eussent pu être atteints en dehors de l’initiative puissante et résolue de l’État.
- Dès que les populations viticoles du département purent constater les premiers effets de l’initiative prise par l’Etat, et virent couler l’eau, mise si promptement ainsi à la disposition des premiers souscripteurs, les demandes de nouveaux canaux ne se firent pas attendre. Les promesses fermes de souscriptions affluèrent pour ces nouvelles entreprises, que les ingénieurs s’empressèrent d’étudier, après en avoir obtenu l’autorisation de l’Administration supérieure.
- Canal de Canet. — La première en ligne fut celle du canal de Canet, lequel est directement dérivé de la rivière d’Aude.
- La loi qui l’autorise est du 3o juillet 1881. Elle est à peu près identique à celle du 3 avril 1880, sauf que la redevance est élevée à 55 francs par hectare, dont ho francs pour le Trésor afin de tenir compte de la dépense par hectare, qui est plus forte que dans l’opération précédente.
- Le projet d’exécution, présenté par les ingénieurs le 18 juin 1881, était approuvé le 2 5 juillet et adjugé le 20 août. Le canal fut mis en eau en décembre 1882.
- La dépense prévue par la loi était de.... 86o,ooof
- La dépense réellement faite s’est élevée à. . . . 1,027,330
- L’augmentation de 167,3 3o francs se répartit pour 31,0 0 0
- p.393 - vue 400/482
-
-
-
- 394
- DOCUMENTS DIVERS.
- sur les terrains d’emprise, et pour 136,33o sur les travaux, la tranchée de l’avant-canal, de 7m,5o de profondeur au départ, ayant atteint sur les deux premiers kilomètres une couche profonde de roc dur, qui motiva l’allocation d’une indemnité de io5,ooo francs à l’entrepreneur.
- Voici, pour ce canal, les principales données techniques et les résultats économiques réalisés :
- Périmètre desservi par le
- Dépenses faites........
- Dépense faite par hectare desservi...............
- Longueur des canaux...
- Longueur des canaux par hectare desservi.......
- Dépense par mètre courant de canal...............
- Terrains...............
- Engagements en 1888. .
- Perceptions au profit du Trésor en 1888.........
- 8o6,o38r
- canal de Canet................
- ( Entreprise...... 761,230e
- l Somme à valoir. 66,798
- ( Terrains (3g\90)............... 291,807
- ( Travaux............................ 663
- ( Terrains........................... 127
- ( Tronc principal.............. 1 5,538"
- ( Branches secondaires......... 65,281
- Tronc principal.................. 8,n,95
- Branches secondaires........... 96 ,o5
- Travaux......................... i3f,9 5
- Terrains........................ 3 ,65
- Superficie acquise.......................
- Prix moyen de l’hectare..................
- Largeur moyenne d’emprise................
- Nombre d’hectares engagés................
- Pour cent du périmètre dominé............
- Totales..................................
- Pour cent de la dépense faite............
- . 1,76 o1,eef t,027,33or
- 590
- 60,819"
- 35
- i6f,9o
- 39h.9° 5,55of 6m,6o 1,57 71,ect 91 p. 0/0 63,092e 6,16 p. 0/0
- Ces derniers chiffres accusent pour le canal de Ganet une utilisation tout à fait remarquable, et un résultat économique dont le Trésor n’a qu’à se louer; car en dehors des impôts directs ou indirects qu’il recueille d’autre part, ses avances reçoi vent une rémunération peu habituelle dans les opéra tions agricoles.
- Canal de Cuxac-Lespignan. — Une troisième loi, promul-
- p.394 - vue 401/482
-
-
-
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION. 395
- guée le 27 juillet 1886, a également autorisé dans des conditions toutes pareilles l’exécution par l’Etat du canal de Cuxac-Lespignan. Il est dérivé de la rivière d’Aude, en utilisant une ancienne prise d’eau et un canal de colmatage exécutés par les anciens états du Languedoc pour l’atterrissement de l’étang de Capestang. Les travaux se parachèvent en ce moment; mais déjà dans le cours de l’hiver 1888-1889 il a pu être utilisé pour les submersions sur l’entier périmètre.
- La superficie dominée est de fi,600 hectares.
- Le nombre d’hectares engagés, au moment de la présentation du projet, atteignait un total de 2,230 hectares.
- Le projet d’exécution, dressé le 22 septembre 1886, fut approuvé par M. le Ministre de l’agriculture le 3 décembre 1886; il a été adjugé le 8 janvier 1887 avec 3fi p. 100 de rabais.
- La dépense portée par la loi au chiffre de 1,900,000 fr. n’atteindra probablement pas celui de 1,700,000 francs ce qui correspond, par hectare dominé, à 370 francs et par hectare déjà souscrit à 760 francs.
- Canaux de VOrbieu. — Le canal précédent est le dernier pour lequel les Chambres aient accepté l’exécution directe aux frais et risques du Trésor. Les canaux de Fabrezan et de Luc, qui doivent être dérivés de l’Orbieu, affluent de l’Aude, leur avaient tout d’abord été présentés pas le Ministère de l’agriculture, dans les conditions de la loi du 3 avril 1880, sauf que la redevance totale portée sur les engagements était élevée à 80 francs par hectare, dont 60 irancs pour le Trésor, à cause des dépenses proportionnellement plus élevées,
- p.395 - vue 402/482
-
-
-
- 396
- DOCUMENTS DIVERS.
- par suite de la nécessité de construire un réservoir de 3,5oo,ooo mètres cubes de capacité, destiné à régulariser le débit de la rivière.
- Adopté par la Chambre des députés le 2 avril 1887, le projet de loi fut repoussé le i 2 juillet suivant par le Sénat, qui décida qu’il fallait s’en remettre aux intéressés eux-mêmes du soin et des risques de l’opération. Ceux-ci se constituèrent alors en associations syndicales par application de la loi du 21 juin 1865, et demandèrent aussitôt la concession des travaux. Elle leur a été accordée par la loi du 31 juillet 1888, avec une subvention du Trésor, qui sera égale au tiers de la dépense faite, sans qu’elle puisse dépasser le tiers de l’estimation, qui s’élève, frais généraux compris, à la somme de 3,2A5,ooo francs, savoir :
- Canal de Fabrezan.......................... i,54o,ooof
- Canal de Luc-sur-Orbieu.................... 880,000
- Réservoir de Durfort....................... 82.5,000
- Munis de ces pouvoirs légaux, les syndicats ont cherché à se procurer les fonds d’emprunt nécessaires au payement des travaux. C’est là que la difficulté a été grande, en l’absence d’une loi sur le crédit agricole. Le Crédit foncier a tout d’abord indiqué qu’il prêterait au taux de 5,Ao p. 0/0 amortissement non compris; puis il a refusé catégoriquement. Comment trouver prêteur dans le pays lui-même, déjà ruiné par le phylloxéra ? Car déjà les vignes ont disparu ou à peu près dans ces périmètres, trop tard desservis par suite des atermoiements successifs essuyés par les projets présentés.
- Pour le canal de Fabrezan, dont la dépense totale est la plus élevée, l’obstacle a jusqu’ici été insurmontable.
- p.396 - vue 403/482
-
-
-
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION. 397
- Pour le canal de Luc, ou a trouvé des prêteurs jusqu’à concurrence de la somme de 302,660 francs. Le surplus sera couvert par des libérations anticipées, qu’un certain nombre cle syndiqués ont consenties.
- Les travaux viennent d’être adjugés avec un rabais de 36 p. 100 et l’on va mettre aussitôt la main à l’œuvre.
- La situation est actuellement la suivante pour ces canaux de l’Orbieu :
- CANAL de FABREZAN. CANAL de LUC- SUB-OIIBIEN. RÉSERVOIR de DURFORT. ENSEMBLE.
- Superficie dominée 1,91 o'1 1 ,o6oh // 9>970'‘
- Superficie engagée dans i’asso- 1,1 oo1' 715'‘
- cialion // 1,815h
- Dépense prévue totale i,54o,ooof 88o,ooof 89.5,000' 3,9/»5,ooo‘
- Dépense prévue par hectare dominé 0 CO GO bS *^J OO i,og6f
- O O 00
- Dépense à la charge des inté-
- ressés par hectare engagé.. y33f 8201 3o3f h'91'
- Canal projeté d’Alaric. — En terminant cette notice, nous rappellerons, pour mémoire, que le service hydraulique du département de l’Aude avait encore prépare les projets du canal d’Alaric, dérivé de la rivière dAude, qui embrasse une superficie de 7,600 hectares. U se développerait sur la rive droite de la rivière, au pied de la montagne dAlaric, depuis Trèbes près de Carcassonne, jusqu au confluent de l’Orbieu au delà de Lézignan.
- Récapitulation. — Ainsi eût ete complété le reseau de distribution des eaux de submersion sur la presque totalité des
- p.397 - vue 404/482
-
-
-
- 398
- DOCUMENTS DIVERS.
- vignes de plaine, du département de l’Aude. L’étendue de ce réseau aurait embrassé un vignoble de 2 à,o00 hectares, produisant au temps de sa prospérité plus de i,5oo,ooo hectolitres de vin W. Cette récolte valait au moins, pour le paysan, une somme de trente millions par an, qu’on eût pu lui conserver moyennant une avance totale remboursable de 20 millions, si l’application du principe posé par la loi du 3 avril 1880 eût été poursuivie sans arrêts.
- Les nécessités budgétaires ne l’ont pas permis; et malgré l’intérêt qu’y ont porté à l’envi tous les ministres qui se sont succédé au département de l’agriculture, malgré le concours aussi actif que bienveillant du directeur de l’hydraulique agricole, M. Léon Philippe, à qui revient une grande part du succès partiel de cette tentative, l’opération se trouve aujourd’hui remise à l’initiative de syndicats, qui ne jouissent pas d’un crédit assez large pour la réalisation de grosses entreprises; aussi elle ne peut que subir un temps d’arrêt indéfini. Au surplus, la submersion a surtout sa raison d’être pour sauver les vignes indigènes tant qu’elles sont encore debout. Mais aujourd’hui le mal causé dans la région par le fléau de la viticulture est déjà tellement grave, que les efforts individuels doivent forcément se rabattre vers la reconstitution des vignobles à l’aide de cépages à racines résistantes. Ces essais seront-ils couronnés d’un plein succès? L’avenir l’apprendra.
- (1) Soit à peu près la moitié de la production du département qui dans ces dix dernières années a récolté en moyenne 3,600,000 hectolitres de vin sur 110,000 hectares plantés. Il esL à considérer que si la submersion n’est pas un remède général, eu revanche ce remède s’applique aux vignes de plaine qui sont les plus productives, dans le Midi du moins.
- p.398 - vue 405/482
-
-
-
- CARTE DES CANAUX DE SUBMERSION.
- 399
- Quoi qu’il en soit, l’opération des canaux de submersion, qu’on a exécutés ou tenté d’exécuter dans le département de l’Aude, 11e manque pas d’un certain intérêt soit comme résultats acquis, soit comme démonstration des difficultés pratiques auxquelles se heurte l’initiative privée, quand elle s’attaque à des travaux de canaux agricoles d’une certaine importance. 11 a paru utile, à ce double titre de la faire connaître.
- En récapitulant, on voit que les canaux déjà exécutés dans le département desservent une superficie de 1 o,510 hectares pour lesquels l’Etat aura avancé aux viticulteurs une somme de 4,885,000 francs.
- La dépense n’atteint donc que 665 Irancs par hectare desservi.La superficie déjà engagée est de 6,600 hectares, ce qui correspond à une utilisation de 63 p. 100 La dépense par hectare engagé actuellement est de yfio francs Quant au revenu net du capital avancé par le Trésor, il atteint déjà à,90 p. 0/0, bien que les plus grosses entreprises ne soient encore qu’à leurs débuts d’utilisation.
- L’exécution du canal de Luc va porter à 1 i,5yo hectares l’étendue totale des périmètres des canaux de submersion ouverts dans le département de l’Aude.
- Les travaux, dont il vient d’être rendu compte, ont été exécutés et les projets préparés sous la direction de M. Bouffit, comme ingénieur en chef, par les ingénieurs ordinaires MM. HenriMoFFRE, Gabriel de Volontat, conducteur principal taisant fonctions d’ingénieur, et Rebuffel, dans 1 arrondissement de Narbonne, et MM. Cornac, Sentilhes et Maillebiau, conducteur faisant fonctions d’ingénieur, dans l’arrondissement de Carcassonne. Nous ne saurions nommer tous les
- p.399 - vue 406/482
-
-
-
- 400 DOCUMENTS DIVERS.
- conducteurs qui y ont pris part avec un zèle qui ne s’est jamais démenti; mais il est dû une mention particulière à MiM. Azam et Gleizes, conducteurs principaux; Bautes, Axé, Pech, Constans, Bichambis, Fournie et Planton, conducteurs, et surtout à M. Poter, chef de section qui a étudié et surveillé les canaux les plus importants. La carte exposée a été exécutée par M. Evrot, conducteur, chef de bureau de l’ingénieur en chef.
- p.400 - vue 407/482
-
-
-
- ATLAS DES PORTS DE FRANCE.
- AGI
- VI
- ATLAS DES PORTS DE FRANCE.
- Un cadre de dessins.
- Deux portefeuilles de cartes et de plans.
- Six volumes de notices.
- Une décision ministérielle dn 2 A octobre 1868 a or donné la publication d’un atlas des ports maritimes de la France et a chargé une commission d’arrêter les bases et de diriger l’exécution de ce travail.
- L’ouvrage comprend :
- i° Les plans de tous les ports de la France continentale, de la Corse et de l’Algérie, à lechelle de om,ooo2 par mètre Les plus petits sont groupés en nombre variable sur une même planche du format demi-aigle, les autres occupent, suivant leur étendue, des planches demi-aigle ou des planches grand-aigle, quelques-uns même des planches plus grandes;
- a0 Des cartes à la fois hydrographiques et territoriales, destinées à représenter les atterrages de nos principaux établissements maritimes, ainsi que leurs moyens de communication avec l’intérieur du pays. La plupart de ces cartes forment des planches séparées, tantôt simples, tantôt doubles, et sont réduites à l’échelle de om,oo75 par kilomètre (^ri, à l’exception de celles de la Corse et de l’Algérie qui sont à l’échelle de 0,002 par kilomètre (-1—0).
- 26
- II.
- p.401 - vue 408/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- 402
- O il a complété par des cartes plus petites les plans de certains ports, lorsque l’ensemble des travaux extérieurs qui servent à les abriter ou à en fixer l’entrée occupe trop d étendue pour être contenu dans le cadre. La dimension et l’échelle de ces dernières cartes varient selon l’espace dont on dispose et la longueur de la côte à représenter.
- O11 a adopté pour les cartes hydrographiques la projection de Mercator;
- 3° Des notices donnant les renseignements les plus essentiels sur l’histoire, les conditions nautiques, le développement successif, l’état actuel et la statistique de chacun des ports.
- Indépendamment de leur publication dans le corps de l’ouvrage, les notices des principaux ports sont tirées à part.
- L’ouvrage se composera de huit volumes in-octavo et de cent soixante-six planches gravées sur cuivre en deux couleurs.
- La partie actuellement publiée comprend les six premiers volumes de texte, les plans de ports depuis Dunkerque jusqu’à la frontière d’Espagne, et les notices isolées des ports de Boulogne, Dieppe, le Havre, Rouen, Hon-lleur, Cherbourg, Granville, Saint-Malo, Morlaix, Brest, Lorient, Saint-Nazaire, Nantes, la Rochelle, Rochefort, Bordeaux et Rayonne.
- La gravure des plans des autres ports de la France continentale, de la Corse et de l’Algérie est dès à présent très avancée.
- On peut se procurer les cartes, plans et notices de l’atlas chez Challamel aîné, éditeur de la marine, qui, soit
- p.402 - vue 409/482
-
-
-
- ATLAS DES PORTS DE FRANCE. /i03
- à Paris, soit dans les principaux ports, tient ces documents à la disposition du public moyennant des prix fixés par l’Administration.
- La Commission de l’atlas a été présidée jusqu’en 1880 par M. l’inspecteur général Léonce Reynaud. Elle a été présidée depuis par MM. les inspecteurs généraux Léon Lalanne, Tarbé de Saint-Hardouin, Planchât et Lagrange, directeurs de l’École des ponts et chaussées.
- Elle a pour secrétaires M. l’ingénieur en chef de Dar-tein, chargé de la préparation des gravures; et M. l’ingénieur en chef Ciioisy, chargé de l’impression des notices.
- Les autres membres de la Commission sont MM. Voisin, Bernard Émile, Stoecklin, inspecteurs généraux des ponts et chaussées; Collignon, ingénieur en chef, inspecteur de l’École des ponts et chaussées, et Beaurin-Gressier, chef de division de la navigation au Ministère des travaux publics.
- Chef du bureau : M. le conducteur principal Huguenin; dessinateur : M. Cordieii , conducteur.
- Graveurs des planches : MM. Perot, Hellé et Lamrlin.
- p.403 - vue 410/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- A 0/i
- VII
- NOTICE SUR L’ATLAS DES PORTS ÉTRANGERS.
- Un cadre de dessins.
- Quatre livraisons.
- A raison des développements donnés en France aux travaux maritimes et de l’importance toujours croissante des échanges internationaux, l’administration, préoccupée de l’insuffisance des renseignements qu elle possédait sur les ports étrangers, décida en 1882 la publication d’un atlas de ces ports.
- Pour recueillir les matériaux nécessaires à cette publication, une circulaire fut adressée à nos agents consulaires à l’étranger par le département des affaires étrangères, sur la demande du Ministère des travaux publics, et les consuls s’empressèrent de répondre à cet appel.
- Les documents (sauf ceux de la irc livraison, publiée en 1884 par l’ancienne direction des cartes et plans) ont été centralisés et dépouillés à l’Ecole des ponts et chaussées sous la direction de M. l’ingénieur en chef Laroche.
- A l’aide de renseignements provenant de diverses sources, les plans ont été rendus conformes à l’état actuel et complétés par l’indication des projets en cours d’exécution; ils sont reproduits à la même échelle, de façon à être facilement comparables.
- Dans la pensée de l’Administration, l’allas des ports
- p.404 - vue 411/482
-
-
-
- m
- ATLAS DES PORTS ÉTRANGERS.
- étrangers devait constituer une publication d’actualité, rapide, sans prétention artistique, et qui ne saurait être comparée au grand atlas des ports de France, dont les planches, gravées en taille-douce, exigent beaucoup plus de temps et de soin.
- C’est pour se conformer à cette pensée que les dessins du nouvel atlas ont été simplement reproduits en deux couleurs par la lithographie, qui assure dans une mesure suffisante leur clarté et leur netteté.
- Quatre livraisons de cet ouvrage ont déjà paru; la cinquième et dernière sera publiée prochainement.
- )
- p.405 - vue 412/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- .'iOG
- VIII
- CARTE AU n;hr.
- D’UNE PARTIE DE L’AFRIQUE SEPTENTRIONALE,
- PUBLIÉE PAR LE MINISTERE DES TRAVAUX PUBLICS.
- Une carie.
- Cette carte résume l’ensemble des documents que l’on possédait en 1883 sur les régions de l’Afrique centrale qui pourraient être traversées par un chemin de fer transsaharien.
- Elle indique en noir les faits topographiques directement constatés par des explorateurs européens, et en rouge tout ce qui résulte d’informations recueillies auprès des indigènes.
- Elle a été dressée sous la direction de iVI. l’Ingénieur en chef V. Fournie par M. L. Pech, à l’aide des travaux des missions dirigées en 1879 et 1881 par :
- Le colonel Flatters; MM. Pouyanne, ingénieur en chef des mines; Ghoisy, ingénieur en chef des ponts et chaussées; et complétée à l’aide des cartes de M. Bartsch, de M. IL Duveyrier et de M. G. Rohlfs.
- Elle a été gravée par M. E. Hellé et tirée par M. Eudes.
- p.406 - vue 413/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE DU SAHARA.
- 407
- IX
- CARTE GÉOLOGIQUE DU SAHARA,
- DE L’ATLAS AU AHAGGAR ET DU MAROC À LA TRIPOLITAINE, par M. G. Rolland, ingénieur au corps des mines.
- Une carie.
- Cette carte géologique d’ensemble du Sahara, à l’échelle de non est une nouvelle édition, revue et complétée, de la carte que M. Rolland avait dressée au retour de la mission transsaharienne d’El Goléa, dirigée par M. l’ingénieur en chef Choisy (1879-1880), et dont des éditions successives ont été publiées par la Société géologique de France en 1881W, par la Société de géographie de Paris en 1886 (1 2 3 4) 5 par l’Association française pour l’avancement des sciences en 1888^, etc. Elle s’étend de l’Atlas au Ahaggar et du Maroc à la Tripolitaine, allant, d’une part, du 35e au 2/1° degré de latitude, et, de l’autre, du 6e degré de longitude Ouest au i3° degré de longitude Est^.
- (1) G. Rolland. — Les terrains crétacés du Sahara septentrional ( Bulletin de la Société géologique de France, 1881).
- (2) G. Rolland. — Hydrographie et orographie du Sahara algérien {Bulletin de la Société de géographie, 2e trimestre 1886).
- (3) G. Rolland. — Les atterrissements anciens du Sahara, leur âge pliocène et leur synchronisme avec les formations pliocènes d’eau douce de l’Atlas {Association française pour l’avancement des sciences, congrès d Oran, 1888).
- (4) Cette carte n’ayant en vue que le Sahara, l’Atlas a été laissé en blanc, seul le long de sa lisière méridionale.
- p.407 - vue 414/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- 408
- Cette carte géologique est la première qui ait paru pour cette partie du globe (lb
- C’est en même temps une carte de géographie physique; car les diverses formations géologiques quelle indique correspondent, en grand, à différentes sortes de régions naturelles, caractérisées par leur sol, leur relief, etc.
- DIVERS TY'PES DE REGIONS NATURELLES DU SAHARA.
- Le Sahara est, contrairement aux idées reçues, le plus souvent rocheux et parfois accidenté.
- Le Sahara algérien présente trois types principaux de régions naturelles : les plateaux calcaires en relief, les dépressions sableuses ou argileuses, les dunes de sable.
- Les plateaux ou hamada calcaires, qui sont formés par les terrains d’âge crétacé, plateaux rocheux, sans terre végétale, sans eau, offrent, entre tous, un aspect stérile et désolé. Ils s’étendent sur des espaces immenses dans le Sahara septentrional. Ils semblent horizontaux à l’œil, et peu s’en faut qu’ils ne soient parallèles à la stratification des couches qui les constituent. De fait, ils ont des pentes, mais très faibles; ils figurent, en grand, de larges ondulations et, en détail, une série de bossellements, sans loi apparente.
- (1) D’autre part, M. le professeur K. Zittel, membre de l’expédition de M. Rohlfs dans le désert libyque (187,3-1874), a publié en 1880 une carte géologique des déserts libyque et arabique à l’échelle de ,-jôtôôô et M. le docteur Lenz,à la suite de son voyage du Maroc au Sénégal par Tombouctou (1879-1881), a publié en 188a une carte géologique de l’Afrique occidentale, à l’échelle de 12 rJ0 000
- p.408 - vue 415/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE DU SAHARA. 409
- Certaines autres hamada crétacées du Sahara septentrional présentent aussi des grès, par exemple, en Tripo-litaine.
- Par place, les hamada crétacées sont entaillées par des oueds ou vallées, souvent larges et profondes; celles-ci peuvent s’entre-croiser et former des réseaux enchevêtrés : elles donnent lieu alors à des régions désignées sous le nom caractéristique de chebka.
- Au milieu des vallées se dressent, çà et là, des mehasser, témoins, à tête plate, de la formation encaissante, et sur le plateau, des gour, témoins, également à tête plate, de l’étage superposé et enlevé par les érosions. Enfin les plateaux crétacés se terminent par de grandes lignes de ialaises, au profil accentué, couronnées par des kef ou rochers abrupts, souvent assez importants pour recevoir le nom de chaîne de montagne, djebel.
- Les grands bassins que figurent les ondulations des plateaux crétacés, sont occupés par des terrains de nature toute différente et dage beaucoup plus récent, appartenant à ce qu’on appelle la formation des atterrissements sahariens.
- On peut dire que les terrains crétacés forment l’ossature du Sahara algérien ; non seulement ils constituent les parties en relief de son orographie générale, mais encore ils régnent avec continuité en profondeur sous les atterrissements, qui, dans certaines régions, les recouvrent comme d’un manteau, sur des épaisseurs très considérables, et qui garnissent les pentes et les parties basses des grandes dépressions.
- Les régions d’atterrissement présentent surtout des grès
- p.409 - vue 416/482
-
-
-
- MO
- DOCUMENTS DIVERS.
- et des sables quartzeux : cependant leur surface est souvent masquée par une croûte calcaire ou gypso-calcaire, sorte de carapace, laquelle donne lieu à une autre catégorie de hamada rocailleuses.
- Le manteau des atterrissements sahariens est lui-même entaillé par des oueds, et il présente des zones d’érosion qui sont parsemées de gour en saillie ou sont accompagnées de terrasses étagées de graviers de sable. Sur les pentes se trouvent parfois de vastes plaines, tapissées de limon. Dans les régions basses, on remarque généralement des sebkha ou bas-fonds humides, recouverts en été d’efflorescences salines, et des chotts ou étangs d’eau salée ou saumâtre, dont certains, fort importants, au fond de grandes cuvettes fermées.
- Si l’on jette les yeux sur la carte géologique de M. Rolland, on voit qu’au milieu du Sahara algérien les plateaux crétacés occupent une bande Nord-Sud, qui est large d’un degré et demi en longitude et qui se poursuit au Sud, en s’élargissant, jusqu’au Tidikelt. Ou voit, en outre, que cette bande calcaire, en relief sur les régions latérales, sépare deux grands bassins d’atterrissements sableux, à l’Est le bassin du chott Melrir, à l’Ouest le bassin du Gou-rara, lesquels correspondent à deux grands bassins hydrographiques.
- La même carte montre comment les plateaux crétacés forment., dans les régions sahariennes qui s’étendent entre les massifs montagneux de l’Atlas et du Ahaggar, une ceinture large et continue, autour du grand bassin d’atterrissement du chott Melrir. Tout autour, ces plateaux sont en pente vers l’intérieur du bassin, de sorte qu’ils figurent une
- p.410 - vue 417/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE DU SAHARA. 411
- cuvette immense, occupant à elle seule une étendue aussi vaste c[ue la France entière : cuvette ayant donné lieu, d’abord, au bassin d’atterrissement, puis au bassin hydrographique actuel.
- Les terrains sableux et marneux qui constituent le bassin d’atterrissement lui-même s’étendent, au Sud du département de Constantine et de la régence de Tunis, sur une longueur de près de 700 kilomètres du Nord au Sud et sur une largeur d’environ moitié de l’Est à l’Ouest. Ils sont également en pente, tout autour, vers l’intérieur du bassin.
- On sait que toute la partie septentrionale de ce bassin fermé se trouve à des altitudes fort peu élevées : Ouargla est déjà à moins de 200 mètres; l’oued Pdr, et le Souf sont à moins de 100 mètres; le chott Melrir est au-dessous du niveau de la mer; plus au Nord, la plaine qui s’élève en pente douce vers la lisière méridionale des montagnes de l’Atlas n’atteint que des altitudes de 120 mètres à 2 5o mètres le long de cette lisière au pied des monts du Zab, du grand massif Djebel Aurès et du massif annexe des Nemencha. C’est pourquoi la partie du Sahara septentrional qui s’étend dans le Sud de la province de Constantine et de la Tunisie, a pu être appelée le bas Sahara.
- Par opposition, la désignation de haut Sahara peut s’appliquer à la partie du Sahara algérien qui s’étend dans le Sud des provinces d’Alger et d’Oran. Mais ici, il y a lieu de distinguer deux catégories distinctes de régions naturelles. A 1 Est, ce sont les plateaux calcaires du Mzab à El Goléa, constituant les reliefs rocheux que nous venons de signaler nu milieu du Sahara algérien , plateaux qui sont en pente générale vers le Sud-Est, et dont les points culminants sont
- p.411 - vue 418/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- à des altitudes de à5o à 750 mètres. A l’Ouest, ce sont des plaines avec terrains de sables ou de limons; ces plaines s’élèvent doucement vers le Nord-Ouest, depuis la lisière occidentale des reliefs précédents, au travers du Sahara orano-marocain, jusqu’à la lisière méridionale de cette partie de l’Atlas, laquelle présente des altitudes de 800 à q5o mètres, au pied du massif de Djebel Amour et de son prolongement vers la région dite des Ksour. En outre, le haut Sahara comprend, au Nord du Mzab, la région dite des daya, qui figure une sorte de détroit d’atterrissement, reliant les deux bassins d’atterrissement de l’Est et de l’Ouest, et dont les altitudes atteignent 980 mètres : il faut enfin y mentionner, au Nord-Est de la région du daya, le plateau d’El Djouf, en calcaires crétacés.
- En autre type de région naturelle est représenté au Sahara par Y Erg ou les Areg, c’est-à-dire par les grandes dunes de sable, dont la carte géologique indique les principaux groupes entre l’Atlas et le Ahaggar.
- Les dunes de sable, loin de constituer le vrai désert, comme on l’a cru longtemps, ne sont, en réalité, qu’en sous-ordre du Sahara, dans la zone septentrionale duquel cependant elles forment des accumulations considérables.
- Ce sont alors, dans les régions de dunes, de véritables massifs de montagnes, tout en sables, massifs fort accidentés et pouvant atteindre, paraît-il, des hauteurs de 5oo mètres.
- Dans le Sahara algérien, on rencontre un des principaux groupes de grandes dunes, c’est celui qu’on appelle spécialement l’Erg, et qui se divise en Erg oriental et en Erg occidental.
- L’Erg oriental et l’Erg occidental sont respectivement en
- p.412 - vue 419/482
-
-
-
- CARTE GEOLOGIQUE DU SAHARA. 413
- relation avec les bassins d’atterrissement du chott Melrir, à l’Est, et du Gourara, à l’Ouest, et se trouvent situés, dans chacun de ces bassins, en amont des bas-fonds eux-mêmes. Ces deux massifs de dunes sont distincts; la zone intermédiaire offre seulement quelques chaînes isolées, et cette interruption coïncide avec l’interposition de la bande saillante et Nord-Sud de plateaux crétacés qui sépare les deux bassins, au milieu du Sahara algérien.
- Ajoutons maintenant quelques mots sur les diverses sortes de régions naturelles que l’on rencontre au Sud du Sahara algérien et tripolitain, dans le Sahara central. (Voir la carte géologique.)
- Quand on quitte les plateaux calcaires crétacés du Sahara septentrional et que, se dirigeant au Sud, on remonte le versant qui s’élève doucement vers le massif montagneux des Touareg, on trouve des reliefs orographiques de nature différente.
- On rencontre d’abord des terrains de grès noirs, généralement très durs, appartenant à une formation géologique d’âge dévonien. Ces grès, disposés en couches très épaisses, offrent une pente générale, d’ailleurs très faible, vers le Nord, et donnent lieu à un nouveau système de plateaux, dont les altitudes croissent lentement vers le Sud. Us se trouvent fréquemment découpés en massifs distincts, couronnés par des plates-formes et limités par des flancs abrupts; dans certaines régions, ce ne sont que des îlots cpars, émergeant au milieu des plaines, et parfois ces îlots figurent des chaînes, semblables à des squelettes décharnés.
- A l’Ouest, la même formation de grès dévoniens con-
- p.413 - vue 420/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- Al 4
- tourne ie Sahara algérien, remonte l’Oued Messaoura, vers le Nord-Ouest, et règne au delà, dans le Sahara marocain.
- Les plateaux de grès dévoniens sont presque aussi nus que les plateaux de calcaires crétacés; ils reçoivent tantôt le nom arahe de hamacla, tantôt le nom berbère de tas-sili.
- Poursuivant plus au Sud, sur le même versant du Sahara central, on trouve ensuite des roches de granité, de gneiss, de micaschistes, etc., et ces terrains cristallins anciens constituent les derniers contreforts avant le Ahaggar et tout le pâté montagneux du Ahaggar lui-même. Ce sont alors de véritables massifs de montagnes, avec chaînes et pics, crêtes auxprofds dentelés, etc.
- Quant aux terrains sableux d’atterrissement, ils sont également fort développés dans le Sahara central, et l’on voit sur la carte géologique qu’ils occupent des plaines basses, des zones allongées, mais souvent très larges, séparant les reliefs orographiques, ceux-ci en terrains crétacés, dévoniens et cristallins.
- On peut dire que les dépôts des atterrissements sahariens et des alluvions plus récentes sont distribués, en grand, conformément aux divisions hydrographiques actuelles.
- Il reste enfin à signaler les formations volcaniques et les volcans récemment éteints que le Sahara présente en plusieurs régions. Citons, par exemple dans le Sahara septentrional, les volcans à cratères, encore parfaitement conservés, des environs de Tripoli, et dans le Sahara central, les volcans qui forment les cimes du massif montagneux du
- p.414 - vue 421/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE DU SAHARA. M5
- Ahaggar, ainsi que les coulées de basaltes, qui se rencontrent au fond des vallées des montagnes de l’Eguéré.
- Les volcans du Sahara étaient en activité pendant les temps quaternaires, à l’époque géologique qui a précédé immédiatement l’époque actuelle.
- Tels sont les divers types de régions naturelles que représentent les parties du Sahara traduites en carte géologique par M. Rolland.
- Les mêmes sortes de régions se reproduisent, avec des variantes, dans tout le Sahara, c’est-à-dire dans toute la grande zone de déserts qui traverse l’Afrique septentrionale de l’Ouest à l’Est, depuis l’océan Atlantique jusqu’à la mer Rouge, entre l’Atlas et la Méditerranée, au Nord, et les régions tropicales du Soudan au Sud.
- Dans le Sahara occidental, les terrains paléozoïques prédominent à la surface et constituent des vastes hamada rocheuses.
- Dans le Sahara oriental, les déserts libyque et arabique ont des hamada en calcaires nummulitiques, analogues à nos hamada crétacées.
- Dans le Sahara central, le massif montagneux des Ahaggar forme une énorme protubérance, dont les cîrnes atteignent des altitudes de i,5oo à 2,000 mètres; vis-à-vis, au Sud-Est, se dressent les montagnes encore plus hautes du Tibesti, avec des altitudes de 2,5 00 à 3,000 mètres : ce sont les deux grands reliefs du Sahara. II ne s’agit pas là, d’ailleurs, de systèmes de montagne proprement dits, comparables à l’Atlas, par exemple, et dus à de grands phénomènes de plissements et de soulèvements, avec plis synclinaux et anticlinaux, etc. Ce sont simplement des
- p.415 - vue 422/482
-
-
-
- 416
- DOCUMENTS DIVERS.
- pâtés montagneux, formés par le groupement de terrasses étagées, les terrasses latérales étant découpées par des vallées abruptes et les terrasses centrales étant surmontées elles-mêmes de montagnes coniques, qui ne sont autres que des volcans récents.
- Par contre, le Sahara central présente de grandes dépressions, où nos cliotts du Sahara algérien sont remplacés par des lacs salés, dont on vante la pureté.
- En résumé les quatre types les plus caractéristiques des régions naturelles du Sahara sont, par ordre d’importance en superficie :
- Les hamada rocheuses, avec ou sans chebka;
- Les dépressions humides et salées, avec cliotts ou lacs salés;
- Les grandes dunes de sable;
- Les pâtés montagneux, avec volcans.
- FORMATIONS GEOLOGIQUES DU SAHARA ALGERIEN.
- Le Sahara algérien présente, au point de vue géologique, trois sortes principales de formations, savoir :
- Les terrains crétacés;
- Les terrains récents d’atterrissement ou atterrissements sahariens;
- Les grandes dunes de sable de l’époque actuelle,
- Formations qui diffèrent par leur nature, comme par leur âge, et qui sont respectivement d’origines marine, diluvienne et aérienne.
- Terrains crétacés. — D’aprèsM. Rolland, la coupe géné-
- p.416 - vue 423/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE DU SAHARA. AIT
- raie des terrains crétacés du centre et du Sud du Sahara algérien, comprend , de bas en haut : un massif très puissant de marnes avec gypse interstratifié, calcaires et grès subordonnés (200 mètres au moins, et sans doute bien davantage, surtout vers le Nord); un massif continu de calcaires (environ 100 mètres); de nouveau, des marnes gypseuses (5o mètres); et un massif calcaire (évalué à 100 mètres), surmonté lui-même de calcaires avec silex (plus de 3o mètres): d’où deux plateaux calcaires étagés, couronnant deux séries d’escarpements marneux.
- Le groupe inférieur s’est montré très fossilifère dans la région d’El Goléa. Il appartient à la Craie moyenne, dont la laune présente une correspondance frappante dans l’Atlas et au Sud du Sahara algérien, à 500 kilomètres de distance. L’étage marneux représente le Cénomanien, 1 étage calcaire le Turonien.
- Le groupe supérieur n’a pas offert à M. Holland de fossile caractéristique. Toutefois, il peut être suivi vers 1 Est jusqu’en Tripolitaine, où, d’après ses fossiles, il appartient à la Craie supérieure (étage Sénonien). D’autre part, les calcaires a silex du haut de cet étage présentent uue similitude incontestable de faciès minéralogique avec les calcaires a silex du Nord et du Nord-Est du Sahara algérien, lesquels sont uuminulitiques et correspondent au Suessonien, bien que se rattachant plutôt, par leur lacies général, aux terrains secondaires qu’aux terrains tertiaires.
- Au Nord du Sahara algérien, la présence du Suessonien est certaine dans la région orientale des daya et an Djouf; mais cette région, malgré sa proximité relative, est encore assez, mal connue.
- 11. 37
- p.417 - vue 424/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- /1I8
- Au centre du Sahara algérien, le plateau de la Craie moyenne règne seul, dans la chebka du Mzab et de Metlili, et il se termine à l’Ouest par la grande falaise d’El Loua.
- Enfin , dans le Sud du Sahara algérien, on voit nettement les deux étages de la Craie moyenne et de la Craie supérieure; leurs limites, d’abord ébréchées ou masquées par des dunes, donnent lieu dans les régions d’El Goléa à deux grandes falaises concentriques.
- Les deux mêmes étages géologiques et orographiques peuvent être suivis d’El Goléa à In Salah, d’In Salah à Hassi el Messeggue, à ïimassinin et à Ohanet, et se retrouvent en Tripolitaine, ainsi que l’a montré M. Rolland, en coordonnant les renseignements fournis par les divers explorateurs de ces régions, Roche, Rholfs, Duveyrier, Over-weg, etc. ^
- D’une manière générale, on peut dire que les terrains crétacés forment dans le Sahara septentrional une grande zone continue, allongée de l’Ouest à l’Est et de largeur variable, s’étendant depuis le Sahara occidental jusqu’à la mer Rouge, soit sur près de ho degrés en longitude. Cette zone règne d’abord le long de l’Atlas algérien et tunisien, au Sud elle atteint une largeur de 8 degrés de latitude. Elle se prolonge ensuite le long du littoral méditerranéen, en Tripolitaine, où elle se rétrécit et n’a plus que 3 degrés de largeur en latitude. Elle poursuit en Egypte; mais ici elle est recouverte, au Nord, par une zone de terrains numrnulitiques, laquelle est recouverte elle-même par une zone de terrains miocènes, le long du littoral méditerranéen : néanmoins, la partie visible de la zone crétacée aurait encore, dans le Sahara oriental, si on y comprenait, au Sud, toute la grande
- p.418 - vue 425/482
-
-
-
- X
- CARTE GEOLOGIQUE DU SAHARA.
- Zi 10
- lormation des grès de Nubie, plus de 13 degrés de largeur en latitude.
- Atterrissements sahariens. — Ou englobe généralement sous la désignation atterrissements du Sahara ou d’atterrissements sahariens la série des grandes formations d’eau douce, d’âge géologique récent, qui offrent un si grand développement en maintes régions du Sahara, en particulier, dans les régions qui s’étendent entre l’Atlas et le Ahaggar.
- Les atterrissements sahariens sont d’origine diluvienne et continentale, et l’hypothèse longtemps accréditée d’une mer quaternaire au Sahara doit être définitivement écartée.
- Ces atterrissements renferment des terrains de transport et des terrains lacustres.
- H y a lieu d’y faire deux divisions principales: d’abord, la grande formation des atterrissements anciens, que M. Rolland considère comme d’âge pliocène d) et qu’il a proposé de désigner sous le nom de terrain Saharien, et ensuite la série des alluvions quaternaires et modernes.
- Le terrain Saharien comprend lui-même plusieurs étages, que M. Rolland a distingués dans le bassin du bas Sahara (régions du chott Melrir, de l’oued Rir’ et de Ouargla), et dont il a indiqué la synchronisme avec les formations pliocènes d’eau douce de l’Atlas de Constantine au moyen du tableau de la page suivante.
- Grandes dunes de sable 1 (2) 3. — La question des dunes de sable a beaucoup divisé les voyageurs au Sahara. Les obser-
- 1 Et non pas d’âge quaternaire, comme on l’avait cru jusqu’ici.
- (2j G. Rolland. — Les grandes dunes de sable du Sahara. (La Nature,
- 3 juin et 8 juillet 1882.)
- Si
- a7 •
- p.419 - vue 426/482
-
-
-
- TABLEAU DU SYNCHRONISME
- DES FORMATIONS QUATERNAIRES ET PLIOCENES D’EAU DOUCE DE L’ATLAS DE LA PROVINCE DE CONSTAN'TIN'E
- ET DU BAS SAHARA ALGERIEN.
- Sud de l’Atlas et Nord du Sahara.
- Quaternaire récent............
- Alluvions des vallées du Tell et des chotts des Hauts-Plateaux, avec coquilles d’espèces actuelles.
- Alluvions des vallées du Sud de l’Atlas et limon de la plaine du Zab oriental , avec coquilles actuelles.
- Alluvions des vallées du Sahara et limons gypseux et salifères des chotts, sebkha et daya , avec Gar-dium edule et coquilles actuelles.
- Quaternaire ancien...........
- FIN DU CREUSEMENT DES VALLEES PRINCIPALES ET DES GRANDES CUVETTES DE CHOTTS.
- Diluvium des Hautes-Steppes (limon rouge et cailloux roulés, croûte gypso-calcaire) et travertins, avec coquilles actuelles.
- Poudingues, sables et croûte gypso-calcaire de la lisière Nord du Sahara (? = 5m)-
- Couches à C. edule du chott Melrir.
- Poudingues, sables et croûte gvpso-calcaire, avec coquilles actuelles , des plateaux sahariens.
- Pliocène rieur..
- supe-
- Pliocène
- rieur.
- FAILLES ET DENIVELLATIONS.
- Conglomérats, sables jaunes et limons ferrugineux à Bulimus Bavouxi, à Hipparion, Equus Stcnonis et nombreux verlébrés, d’Aïn-el-Bey, du Mansourah, du Coudiat Ati (environs de Constantine ), de Bizot, des environs de Sélif, de Guclma et de la vallée de la Scybouse, etc.
- Travertins et marnes à But. Bavouxi, Ilelix sempe-riana, var., Si Hipparion et Equus, d’Aïn-el-Bey et d’Aïn-el-fladj-Baba (environs de Constantine, ioom).
- Marnes sableuses Si lignite et argiles gypsi-I ères Si Unio Duboequi, Melanopsts Thomasi, etc. du bassin de Smendou (5om). — Poudingues ii la base.
- Marnes gypsifères et conglomérats Si H. sempe-riana et nombreuses hélices dentées, du Polygone d’arlillerie, du] Hammam (environs de Conslantine), de Bizot, de Guelma . etc. ,
- SOULEVEMENT DE L’EST DE BISKRA.
- Poudingues, grès et sables gypseux, jaunes ou rouille, du Hodna et de la lisière Nord du Sahara
- (t2 c = i aom, près Biskra ).
- Marnes gypsiuses, travertins, grès et 1 poudingues à Hélix Tissoti du Hodna J et de la lisière nord du Sahara /
- (*.)•
- Poudingues à la base.
- SOULEVEMENT DU KEF-EL-DOHR.
- Poudingues, sables et grès gypseux, jaunes \ ou rouille, des falaises de l’Ôued llir’
- (l26 = aom)
- et de Ouargla
- (l2« = ioom).
- Argiles, marnes et intercalations sableuses, avec gypse et calcaire concrélionné, du chott Melrir ( plus de 15om ), de l’Oued Rir’ (1 = 65m)
- et de Ouargla
- (l' = 8"),
- avec H. semperiana, var.
- Poudingues, sables quartzeux et cailloux roulés des nappes artésiennes de l’Oued | Rir’ et de Ouargla.
- (/', plus de 7om).
- DOCUMENTS DIVERS.
- p.420 - vue 427/482
-
-
-
- CARTE GÉOLOGIQUE 1)U SAHARA. 421
- valions de M. Rolland confirment l’opinion de Vatonne, que les dunes sont de formation contemporaine et que leurs éléments proviennent de la désagrégation des roches sous les influences atmosphériques; elles démontrent que l’amon-cellement des sables est dû, dans les déserts de l’Afrique comme sur certains rivages de l’Europe, entièrement au vent, dont le rôle prédominant, signalé par M. Marès, M. Duveyrier et M. Largeau, était contesté par la plupart des géologues s’étant occupés du Sahara; elles mettent en lumière la relation qui existe entre les chaînes de dunes et le relief du sol; enfin elles permettent d’affirmer que les grandes dunes ne sont pas, à proprement parler, mobiles, mais présentent une progression lente, qui, dans le Sahara algérien, se dirige vers le Sud-Est.
- p.421 - vue 428/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- m
- X
- NOTICE SUR LES DOCUMENTS
- RECUEILLIS
- A LA SUITE DE LA MISSION DANS L’AMERIQUE DU NORD,
- EN 1886,
- Exposas par M. L. Le Roxd, ingénieur des ponts et chaussées.
- Les documents exposés sont des dessins et des photographies relatifs aux travaux publics de l’Amérique en général et principalement aux ponts et aux chemins de fer, et des rapports d’ensemble et de détail.
- Un petit nombre des documents ont été recueillis en Amérique pendant la mission commune de MM. Combarnous et Le Rond, ingénieurs des ponts et chaussées, en 1886; les autres ont été obtenus depuis par M. Le Rond, de la bienveillance des ingénieurs américains.
- La collection comprend 5i 6 planches et feuilles de dessins, dont :
- 908 aux ponts.
- i85 aux chemins de fer.
- 65 à la navigation intérieure.
- 16 aux ports de mer.
- U 2 aux travaux sanitaires des villes.
- 32 photographies relatives aux ponts et aux chemins de fer.
- p.422 - vue 429/482
-
-
-
- MISSION D’AMÉRIQUE. ' 423
- Les rapports sont :
- i° Un rapport d’ensemble de MM. Le Rond et Com-barnous, sur la mission (Annales des ponts et chaussées, 1887);
- a0 Une note de M. Le Rond sur la voie des chemins de 1er (Annales des ponts et chaussées, 1888);
- 3° Une note de M. Le Rond sur la construction des ponts métalliques en Amérique (Annales des ponts et chaussées,
- l889);
- 4° Une partie (texte et planches) de l’ouvrage, actuellement en cours de publication, de M. Le Rond, sur les travaux publics de l’Amérique du Nord, avec une introduction de M. G. Rouscaren, ingénieur-conseil à Cincinnati, Ohio (Etats-Unis d’Amérique).
- PREMIÈRE PARTIE.
- POINTS.
- I. — Ponts en charpente (10 planches).
- 8 planches représentant les divers types de ponts en charpente usités sur les chemins de fer, depuis le pile bridge formé de simples poutres sur pilotis, et les pony trusses ou petites travées, jusqu’aux poutres Howe, qu’011 emploie jusqu’à 60 mètres de portée;
- a planches représentant une arche en bois et 1er à triple articulation de io3m,37 de portée, à fermes du système Pettit, construite en janvier 1889 sur le Frazer, Colombie britannique, par la San Francisco bridge Co.
- p.423 - vue 430/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- m
- II. - UoNTS MÉTALLIQUES (208 PLANCHES).
- i° Ponts de faible portée, rivés, en tôle pleine et treillis (4 planches).
- 20 Système Pratt : 2 planches représentant les ponts de Sault Saint-Marie et d’Omaha; les albums des ponts de Bismarck et de Randolph Bluffs (voir 4°) et de Lachine (voir 6°) contiennent des dessins de petites travées de ce genre.
- 3° Système triangulaire : le pont en acier de Henderson, sur l’Ohio, construit en 1885, par la Kevstone bridge Go sur les dessins de M. F. W. Vaughan, comprenant une travée de 2 3m, 1 8, quatre de 36n\6 o, six de 7 5m,9 5, deux de 7 6m, 2 5 et une grande travée marinière de 16om,i 25, plus un viaduc d’accès de 126“,57 (1 planche). L’album du pont de Pough-kecpsie (voir ponts cantilevers) contient les dessins de petites et de moyennes travées de ce genre, variant de 16 mètres à plus de 53 mètres.
- 4° Système Linville (109 planches) :
- Pont en fer du chemin de fer Cincinnati Southern construit par M. Shaler Smith, sous la direction de M. G. Bousca-rcn, à Cincinnati, sur l’Ohio, travée de 15 8m,3o (4 planches).
- Nouveau pont en acier d’Omaha (1886) sur le Missouri, construit par l’Union bridge Co, sur les dessins de M. G. Mo-rison (1 planche).
- Pont de Blair-Crossing (acier), sur le Missouri (M. G. Mo-rison), trois travées de ioim,56, deux de 33 et 20 mètres (1 planche).
- Pont de Bismarck (acier), construit en 1882, sur le Mis-
- p.424 - vue 431/482
-
-
-
- 425
- MISSION D’AMÉRIQUE.
- souri par M. G. Morison et la Detroit bridge Co pour le Northern Pacific. RR., trois travées Linville de 122 mètres (W) et deux Pratt de 34m,46 (113') en forme de Bow String renversé (atlas de 26 planches).
- Pont d’acier de Randolphe Bluffs, près Kansas City, construit en 1886-1887 sur le Missouri pour le Chicago, Mil-vvankee & Saint-Paul Raihvay, par M. C. L. Strobel, et la Keystone bridge Co, sous la direction deM. D. J. Whittemore, ingénieur en chef du C. M. & S. P. R. Trois travées de 122 mètres (4oo'), une de 48m,8o. Viaduc d’accès en métal de /171 mètres de longueur. Collection complète des dessins d’exécution (78 planches) due à l’obligeance de M. D. J. Whittemore.
- Le pont de Lachine (voir 6°) comprend huit travées Lin-ville à voie supérieure de 73m,2 0 de portée, indépendamment du système Cantilever.
- 5° Système Pettit. 6 planches représentant le grand pont d’acier construit en 1888 sur l’Ohio, entre Cincinnati, 0. et Covington, Ky, parla Phœnix bridge Co. (M. A. Bonzano, ingénieur en chef et vice-président). Une travée centrale de 167™,75, deux latérales de 1/19™,45; viaducs d’accès en métal.
- 6° Ponts Cantilevers h). (45 planches.)
- Pont de Niagara falls ( 1883) sur la rivière de Niagara, construit par M. C. C. Schneider et les Central bridge Works, maintenant Union bridge Co(2). Une travée centrale de
- lj Tous ces ponts sont à peu près exclusivement en acier.
- 2 Tous les dessins et photographies d'ouvrages de l’Union Bridge Co sont dus à l’obligeance de MM. Charles Macdonald et George S. Field, directeurs de cette compagnie.
- p.425 - vue 432/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- 426
- 15 on\ 8 7, deux latérales de 63m,3o, viaducs d’accès eu métal, 6 planches de dessins d’ensemble et de détails.
- Pont de Kentucky et Indiana, construit en t88G sur l’Ohio, à Louisville, par l’Union bridge Go, M. G. Mac Leod, ingénieur en chef, deux travées de 79™,3o et quatre de i/i6m,Ao, 109“ 80, i/i7m,3i et 73m,2o, travée tournante de 1 i2m,85. i o planches de dessins de détails du système Gantilever.
- Pont de Cincinnati et Covington : deux dessins du projet de M. G. Bouscaren remplacé dans l’exécution par le pont à travées séparées de la Phoenix bridge Go (voir 5°).
- Pont construit en 1886 sur le Licking River, entre Go-vington et Newport, par M. G. Bouscaren (1 planche).
- Pont de Lacliine, construit en 1886-1887 sur le Saint-Laurent pour le Canadian Pacific Railway, par la Dominion bridge Co. M. G. Shaler Smith, auteur de ce bel ouvrage, est mort avant l’achèvement des travaux. Huit travées libres Linville de 73™,20. Système Gantilever : deux travées de 82“,35, deux de i2/im,/io, plus quatre travées rivées et Pratt. (9 planches.)
- Pont de Poughkeepsie, sur l’Hudson, achevé fin 1888, l’un des ouvrages qui font le plus d’honneur aux habiles ingénieurs de l’Union bridge Co. Longueur totale de l’ouvrage : 2,06/1 mètres. Système Gantilever de 9Z13m,5q de longueur comprenant deux travées de i6om, 126, deux de 167111,1 Zi, une de i66m,53, deux de 6im,2 7, plus deux viaducs d’accès en métal de 3i5m,2o et 8o5m,20 de longueur. 8 planches de diagrammes; 9 planches de dessins d’ensemble et de détails.
- p.426 - vue 433/482
-
-
-
- MISSION D’AMÉRIQUE.
- 427
- III. — Viaducs. i° Viaducs en bois, ou trestles.
- Grand viaduc de 3o mètres de hauteur de Sucker Cove (Ganadian Pacific Railway). 1 planche.
- Trestles de TUnion Pacific Railway. (1 planche.)
- D’autres trestles figurent parmi les collections de dessins relatives aux ouvrages déjà décrits (ponts de Bismarck, de Randolph Bluffs , etc.).
- 2° Viaducs en métal.
- Viaduc d’Apple Free Branch, en courbe, à supports articulés, construit pour le Cincinnati Southern Ry par M. G. Bouscaren, alors ingénieur en chef de cette ligne (7 leuilles de dessins).
- Viaducs du Manhattan Elevated Railway (métropolitain de New-York). Cahier complet de 22 planches, du à l’obligeance de M. R. J. Sloan, ingénieur en chef.
- De nombreux dessins de viaducs figurent en outre dans les planches déjà énumérées (ponts de Randolph Blufls, Cincinnati et Covington, Niagara, Poughkeepsie, Hender-son).
- DEUXIÈME PARTIE.
- CHEMINS DE FER (l 85 PLANCHES).
- Les documents relatifs aux chemins de fer sont répartis en 7 classes se rapportant :
- i° à la voie, 20 au bâtiment, 3° au matériel, 4° à la trac-
- p.427 - vue 434/482
-
-
-
- m
- DOCUMENTS DIVERS.
- lion, 5° à l’exploitation des chemins cle fer proprement dits; 6° au chemin de fer métropolitain de New-York; 70 aux chemins de fer funiculaires.
- I. — Voie (26 planches).
- Les dessins relatifs à la construction des chemins de fer et à la voie comprennent :
- Le profil du Canadian Pacific Ry (1 planche);
- Divers plans et profils des chemins de 1er, à voie étroite de om,gi, du Colorado (Denver et Rio Grande Railway) : sur certaines de ces lignes de montagne le rayon des courbes s’abaisse à 58m,8o et les rampes atteignent om,o45 par mètre (4 planches);
- Des dessins de tunnels du Canadian Pacific Railway à la traversée des Montagnes Rocheuses et des collines granitiques du nord du Lac Supérieur (3 dessins);
- ;2 planches représentant les travaux du tunnel de Stam-pede, dans les Montagnes Rocheuses, sur le Northern Pacific RR. et la voie à rebroussements établie avant la construction du tunnel;
- 4 planches de profils de rails et de dessins d’ouvrages complémentaires de la voie, tels qu’abris et défenses contre la neige, obstacles au cheminement des bestiaux sur les voies, etc. (snow-sheds, snow-fences, cattle-guards), du chemin de fer Union Pacific;
- 6 planches de dessins de rails et d’éclisses des lignes suivantes : Missouri Pacific Railway, Chicago Milwarikee & Saint-Paul Ry, Canadian Pacific Ry, Denver & Rio grande Ry (voie étroite).
- p.428 - vue 435/482
-
-
-
- MISSION D’AMÉRIQUE. 429
- 6 planches représentant des changements et croisements de voie, aiguilles de sûreté et traversée jonction.
- La note sur les chemins de fer contient 2 planches de dessins, dont certains ne sont pas contenus dans les planches ci-dessus.
- II. — Bâtiment (38 planches).
- Les dessins relatifs au bâtiment représentent des réservoirs d’eau (Union Pacific Railway, â planches, et Denver et Rio grande Railway, 4 planches).
- Des stations (Denver et Rio grande Railway, 9 planches).
- Des appareils à charger rapidement le charbon sur les locomotives (coal-pockets ou coal-chutes) : type du Chicago Milwankee & Saint-Paul Ry, 1 planche; type de l’Union Pacific Ry, 2 planches, type du Chicago, Burlington & Quincy 11 y, 1 planche.
- L’ensemble des installations destinées à charger rapidement le minerai sur les navires, connu sous le nom de dock à minerai (ore-dock) d’Ashland, sur le lac Supérieur (Wisconsin Central Ry (iû feuilles).
- III. — Matériel roulant (17 planches).
- Les dessins relatifs au matériel roulant représentent :
- Des wagons restaurants du Chicago Milwankee & Saint-Paul Ry (2 planches);
- Des wagons de passagers, wagons-salons, wagons a marchandises du Pennsylvania Railroad, 1 un de ces derniers, d’une capacité de 30,000 kilogrammes (4 planches);
- Des wagons à voyageurs, sleeping-cars et sleepers cl émigrants du Canadian Pacific Ry (3 planches);
- p.429 - vue 436/482
-
-
-
- 430 DOCUMENTS DIVERS.
- Le truc des voitures sur l’Illinois central Railroad (i planche);
- Le matériel à voie étroite, pouvant circuler sur la voie normale, du Denver & Rio grande Rv : wagons à marchandises ordinaires, à fruits, à voyageurs, attelage, truc, roues en fonte, en tôle ou en papier (7 planches).
- IV. — Traction (üg planches).
- Les dessins relatifs au matériel de traction représentent :
- Les locomotives du Pennsylvania Rail-Road (4 planches) :
- Classe P, locomotives à voyageurs, brûlant de l’anthracite, à deux essieux couplés, pesant vide 4i tonnes, en charge 46 tonnes, dont 3i tonnes de poids adhérent;
- Classe N (voyageurs), brûlant de la houille, à deux essieux couplés, pesant vide 07 tonnes, en charge 4i tonnes, dont 26 tonnes de poids adhérent;
- Classe K (voyageurs express), brûlant de l’anthracite, à deux essieux couplés, pesant vide ko tonnes, en charge kk tonnes, dont 29*,5 de poids adhérent.
- Classe R (marchandises), brûlant de la houille, à quatre essieux couplés, pesant vide 46l,5, en charge 52 tonnes, dont 46 tonnes de poids adhérent.
- Les locomotives à deux et trois essieux couplés (types American et Mogul) du Chicago Milwankee et Saint-Paul Railway.
- Les locomotives du Southern Pacific System (Central Paci-lic Railw ay et Southern Pacific Railway), à deux, trois, quatre et cinq essieux couplés, et la distribution Stevens de ces machines (5 planches). Ces locomotives sont des machines
- p.430 - vue 437/482
-
-
-
- MISSION D’AMÉRIQUE. 431
- de montagne; la dernière pèse 77 tonnes, dont 65 tonnes de poids adhérent; elle s’inscrit dans des courbes de 146 mètres de rayon et remorque des trains de plus de 900 tonnes sur des rampes de om,oa5.
- La locomotive Mohul du Missouri Pacific Railway, et son tender (3 planches) avec 17 planches de détails.
- Les dispositions spéciales des machines de l’Illinois central, laveur de dépôts, dôme à ferrailles destiné à localiser 1 incrustation, avant rallongé, etc. (5 planches).
- Les diagrammes des machines du Chicago Burlington et Quincy Ry (1 planche).
- Les diagrammes des machines à voyageurs et à marchandises du Canadian Pacific Railway (A feuilles).
- La locomotive à quatre essieux couplés du Denver & Rio Grande Ry (chemin de fer à voie étroite du Colorado, rampes de om,oô5, courbes de 58m,8o de rayon).
- Les ferries ou bacs de vapeurs, qui transportent les trains sur les grands fleuves de l’Amérique :
- Le ferry le Tacoma à trois voies de ioom,Ao de longueur, sur lequel les trains du Northern Pacific RR. traversent la Colombie, à Kalama, et ses approches (1 planche).
- Le ferry le Solano (quatre voies de 1 *2 3‘",5o de longueur) qui franchit à Port Costa le détroit de Carquinez, sur la rivière de Sacramento, et ses approches (5 planches) (Central Pacific RR.).
- Le ber roulant ou cradle de Cairo, sorte de viaduc mobile sur des rails inclinés, servant à 1 embarquement des trains en ferry, qui permet de racheter les brusques variations du niveau de l’Ohio, auprès de son confluent avec le Mississipi.
- p.431 - vue 438/482
-
-
-
- 432
- DOCUMENTS DIVERS.
- V. — Exploitation (22 planches).
- Les planches se rapportant à l’entretien de la voie et du matériel ou à l’exploitation comprennent :
- Le brûleur d’herbes employé sur le Missouri Pacific Ry, pour éviter les incendies de prairies ou de forêts allumés par les escarbilles, si fréquents sur les lignes de l’Ouest
- (* p1-);
- Les charrues à neige du Chicago, Milwankee & Saint-Paul Ry (1 pi.) et du Denver & Rio Grande Ry (2 pl.);
- Le chariot roulant à vapeur des ateliers du Chicago & Saint-Paul, près Milwankee;
- Les indications et signaux de l’Union Pacific Ry, qui représentent le type général adopté sur la plupart des chemins de 1er d’Amérique, excepté les grandes lignes de l’Est qui possèdent les systèmes de signaux à enclenchement les plus perfectionnés;
- 7 planches représentent des installations de ce genre établies à Chicago et dans diverses autres villes par l’Union Switch et Signal Co, de Pittsburg.
- VI. — Chemin de fer métropolitain de New-York (4 planches).
- Plan général (1 pl.), machine, ensemble et détails
- (3pi.).
- VIL — Chemins de fer funiculaires (29 planches).
- 5 planches représentant le grip et la machinerie de Chi-
- cago;
- p.432 - vue 439/482
-
-
-
- MISSION B’AMÉRIQUE. 433
- Le grip du pont de Brooklyn;
- La voie de Philadelphie (système Bonzano);
- Un album de 2 h planches représentant tous les détails d’installation de la voie, aiguilles, plaques tournantes, courbes avec câble auxiliaire, etc., et du matériel, voitures Milwaukee à voyageurs, grips divers, etc. des lignes luni-culaires de San-Francisco.
- TROISIÈME PARTIE.
- NAVIGATION INTERIEURE (65 FLANCHES).
- Les dessins relatifs à cette partie comprennent :
- L’Atlas du Mississipi entre Cairo et la mer, dressé par les soins des commissaires du Gouvernement (32 pl.);
- L’Album des dessins des écluses de Sault-Sainte-Marie, construites par les ingénieurs de l’État, pour Iranchir les rapides qui séparent le lac Supérieur du lac Huron;
- Les dessins de travaux exécutés par le colonel Wm. F. Merrill , sur l’Ohio, consistant en digues et épis submersibles, barrages fixes (barrage de Marietta), barrages mobiles du système Lavoinne (barrage de Davis-Island), avec la machinerie pour tendre ou abaisser le barrage (8 planches);
- Sur le Muskirigum : dessins divers décluses, de vannes et de barrages (5 pl.) ;
- Sur la Monongahela : une écluse (î pl.);
- Sur l’Alleghany : digues et barrages (2 feuilles).
- 38
- nirniMi
- p.433 - vue 440/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- hZU
- QUATRIÈME PARTIE.
- PORTS MARITIMES (l6 PLANCHES).
- Les dessins représentent :
- Le mode de construction des quais de 1 Hudson, à New-York, en blocs de béton de 70 tonnes posés sur des pieux de 26 mètres de longueur et surmontés de maçonnerie de granité (1 pl.), et la grue flottante de 100 tonnes qui sert à poser les blocs (1 pL);
- Un pier en charpente du port de New-York (pier 37 N. R.) qui peut être considéré comme un modèle du genre de construction de ces traverses, normales aux quais, qui constituent le caractère original de tous les ports de l’Amérique du Nord (5 pl.);
- Un pier en maçonnerie, formé par des voûtes portées par des poutres en métal reposant sur des piles en maçonnerie. C’est sur ce pier (pier A. N. R.) qu’est construit le bâtiment des docks de New-York;
- Une drague à godets du port de Montréal, qui a servi à creuser dans le rocher calcaire le chenal du lac Saint-Clair, sur le Saint-Laurent.
- CINQUIÈME PARTIE.
- VILLES (38 planches).
- Ces planches sont relatives :
- Au nouveau système d’égouts de Boston, grâce auquel les
- p.434 - vue 441/482
-
-
-
- MISSION D’AMÉRIQUE. 435
- eaux, au lieu de se déverser comme autrefois le long des quais du port, sont envoyées, en siphon, dans des réservoirs situés dans l’île de la Lune et lâchées au large de nie ou le courant les entraîne vers la haute mer. Les planches, au nombre de 15, représentent toutes les parties de l’installation, construction des égouts, regards, égout de dépôt, siphon, vannes de garde, bateau-vanne servant au nettoyage ;
- A la nouvelle distribution d’eau de New-York : plan et dessins du nouveau réservoir de Quaker bridge, de la prise deau, de l’aqueduc, du siphon sous le Harlem River, etc. (16 feuilles);
- A. la nouvelle distribution d’eau de Covington (M. G. Bous-caren) : prise d’eau dans l’Ohio, plan et dessins des réservoirs étagés et des prises d’eau à niveau variable (6 feuilles).
- Enfin, k planches représentent divers détails de la distribution du gaz naturel à Pittsburg (Philadelphia Com-pany).
- SIXIÈME PARTIE.
- PHOTOGRAPHIES.
- Les photographies exposées sont au nombre de 3a, dont 2 7 relatives aux ponts et viaducs et 5 au matériel de chemins de fer.
- Les photographies de ponts représentent :
- 10 Un pont rivé de Troy (Union Bridge Go), 1 photographie;
- 38.
- p.435 - vue 442/482
-
-
-
- 436
- DOCUMENTS DIVERS.
- a° Le pont de Van Buren, sur l’Arkansas (Union Bridge Company), 1 photographie;
- 3° Le pont de Bandolph Blulïs, sur le Missouri (Chicago Milwankee de Saint-Paul Ry, Keystone Bridge Co), 1 photographie;
- t\° Le viaduç deRandolph Bluffs, faisant partie du même ouvrage;
- 5° Un pont Linville sur le Genesee River (Union Bridge Company), 2 photographies;
- (>° Le pont Cantilever de Niagara falls, î photogravure du pont achevé, 5 photographies montrant le procédé de montage (Central Bridge Works, maintenant Union Bridge Co);
- 7° Le pont Cantilever de Saint-John, 4 photogravures, dont l’une représente le pont achevé et 3 le montage (Dominion Bridge Co);
- 8° Le pont Cantilever de Kentucky et Indiana, sur l’Ohio à Louisville (Union Bridge Co), 5 photographies, dont 2 représentent l’ouvrage achevé et 3 le montage;
- 9° Le pont Cantilever de Poughkeepsie, 2 photographies, l’une représentant le pont en construction, l’autre l’ouvrage terminé (Union Bridge Co);
- io° Le pont Cantilever de Lachine, 4 photogravures du pont en construction et achevé.
- Les photographies de matériel de chemin de fer représentent :
- Un dining-car extérieur et intérieur, 2 photographies;
- Un intérieur de wagon à voyageurs (classe ordinaire), 1 photographie;
- Un intérieur de wagon-salon, 1 photographie;
- p.436 - vue 443/482
-
-
-
- 437
- MISSION D’AMÉRIQUE.
- Un intérieur de sleeping-car du Ganadian Pacific Rail-way, i photographie.
- Nola. La collection exposée ne comporte qu’une partie des documents recueillis à la suite de la mission en Amérique. On a dû en écarter systématiquement tous les documents écrits ou publications officielles et privées, ainsi qu’un grand nombre de dessins et de photographies, entre autres une très belle collection de photographies des points les plus intéressants du Ganadian Pacific Railway, due à l’obligeance de M. W. G. Van Horne, président de la Compagnie.
- p.437 - vue 444/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- /i38
- XI
- MISSION DE M. DIEULAFOY EN PERSE.
- FOUILLES DE SUSE. Quatre cadres de dessins.
- PLAN DES TUMULUS
- dressé à l’échelle de o'“,ooi par mètre.
- Le plan coté de l’Acropole de Suse a été dressé par M. G. Babin, ingénieur ordinaire, membre de la mission de Susiane^.
- Les tumulus ont été levés partie au niveau et à la planchette, partie au théodolite. La chaleur excessive (5o° centigrades en moyenne), la réfraction considérable des rayons lumineux dans le voisinage du sol, ont rendu les opérations du nivellement longues, délicates, laborieuses. L’exactitude des résultats n’en a pas souffert, ainsi qu’on a pu le reconnaître en réunissant les extrémités des tumulus par de grands profils rectilignes exécutés le matin et dans de bonnes conditions thermométriques.
- (1) La mission était composée de M. Diisülafoy, ingénieur en chef des ponts et chaussées; M,n° Dieulafoy; M. Babin, ingénieur des ponts et chaussées; M. IIoüssAY, agrégé de l’Université, docteur ès sciences.
- p.438 - vue 445/482
-
-
-
- MISSION DE PERSE.
- 439
- L’ensemble des ruines couvre l‘ik hectares répartis en trois tumulus distincts.
- Au Nord-Ouest se dressait, sur une plate-forme haute de 18 mètres environ, la salle du trône, ïapadâna des souverains achéménides.
- Au Sud, portée sur un soubassement hémisphérique, la citadelle dont les tours atteignaient de 55 à 60 mètres au-dessus de la plaine.
- A l’Est le harem, le palais particulier du roi et un donjon. Cet ouvrage était relié à la double enceinte de 1 Acropole.
- La ville s’étendait au Nord du palais. Son diamètre moyen semble dépasser i5 kilomètres.
- PORTIQUE SUD DE L’APADANA.
- Modèle au ~ (o"',o5 par mètre).
- L’apadâna était, de tous les édifices royaux, le plus vaste et le plus somptueux. On peut le comparer assez exactement à un temple grec, le Parthénon par exemple, avec cette différence que les portiques régnaient sur trois laces seulement. La salle du trône était ouverte comme les vieilles mosquées hypostyles du Caire et de Cordoue. Au-devant de la salle, un vaste périboleplanté d’arbres, clôturé de murs et précédé d’un pylône de forme égyptienne. La salle du troue était carrée et avait 58111,81 de cote. Le plalond de bois supporté par 36 colonnes équidistantes régnait à
- p.439 - vue 446/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS
- ïim
- :
- SjHÉ&ifiil&ji
- «fl
- * 'teïî
- [mm h
- E«
- t if
- mm
- Wÿmà
- WmmM
- mmm
- y^™pw
- '
- iîilSlüiliüüillil
- îlt.œ'i
- mm
- . 'a s
- r 1
- ‘Sfe'?
- ëU'uê!
- lilli^li Uir :.-
- ras
- iUl-Iïl
- j....
- sS
- MmW
- wr\
- 4UHp!pHm|.
- i'J^ÏÏÎDÏÏÏÏi^tlïÏÏBuÏÏÎÏÏn
- Portique Sud de l’Apadàua.
- p.440 - vue 447/482
-
-
-
- MISSION DE PERSE.
- 441
- 21 mètres au-dessus du dallage. Les trois portiques, un peu moins élevés que la cella, comprenaient chacun 1 2 colonnes réparties sur deux rangs.
- L’ordre extérieur se compose d’une hase en lorme de campanule, d’un fût conique, cannelé terminé par un double tore et d’un chapiteau formé par les taureaux accouplés. Entre le cou des animaux passe un lien qui s’oppose au déversement des supports très grêles pour leur hauteur. Les sablières de la terrasse portent ou semblent porter sur le cou des monstres.
- A l’intérieur les fûts sont séparés des chapiteaux bicéphales par un chapiteau compliqué. Une campanule renversée, une campanule droite, puis un dé cannelé terminé haut et bas par quatre volutes s’intercalent entre le sommet du lût et les taureaux.
- Les archers étaient appliqués contre la lace extérieure des murs de la cella. Us se développaient en longues théories, sous le plafond des portiques comme la procession des Panathénées sous les solïites du Parthénon.
- Les guerriers sont modelés et émaillés sur la tranche de grandes briques de faïence ayant o,o85 d épaisseur et o,35 (un pied) de coté. Les lits de brique avaient tour à tour o,35 et 0,17.5 de profondeur.
- Le bas-relief complet comprend dans sa hauteur 5i briques. Les guerriers étaient groupés par escouades de dix. Une large et profonde rainure, ornée sur ses faces d agrafes triangulaires bleues et vertes, séparait chaque escouade. Les soldats marchaient les uns vers les autres et se dirigeaient des extrémités vers le centre occupé par une inscription cunéiforme trilingue (persan, susien, assyrien).
- p.441 - vue 448/482
-
-
-
- m
- DOCUMENTS DIVERS.
- Les lions formaient au haut des murs l’ornement central d’une frise d’émail crénelée. Ils alternaient avec l’image du grand dieu de la Perse antique Aouramazda et avec des fleurons.
- MATERIAUX.
- Les murs sont bâtis en briques de terre revêtues de moellons factices de un pied de large et un demi-pied de haut. Les archers, les lions et en général tous les émaux sont posés sur une faïence grossière très résistante. La faïence affecte la forme de brique ou de moellon. La tranche seule est émaillée. La charpente est taillée dans des cèdres apportés du Liban.
- Les marbres gris très durs et très denses proviennent des monts Zagros.
- L’aspect et les dimensions des mortaises où venaient s’incruster les cornes et les oreilles des taureaux montrent que ces appendices étaient coulés en bronze. Les yeux paraissent dorés. Sur toutes les autres parties du corps il n’a pas été possible de découvrir des traces de peintures ou d’enduits anciens.
- Les murs de la salle sont couverts d’un stuc rouge, ceux du portique d’un stuc gris.
- RESTAURATION.
- Les fouilles ont fourni le plan, les colonnes, la charpente, les frises émaillées des archers et des lions, les stucs, les moellons artificiels, l’encadrement des baies. Le couronnement des portes a été restitué d’après les édifices de Persé-
- p.442 - vue 449/482
-
-
-
- MISSION DE PERSE.
- 443
- polis, les ornements cannelés des murs d’après les façades de Firouzabâd de l’époque achéménide.
- DIMENSIONS GÉNÉRALES.
- Hauteur des colonnes intérieures. 6o pieds = 2 l‘“ ,00
- Hauteur des colonnes extérieures. 55 i9m ,25
- Hauteur des murailles 75 261" ,2 5
- Longueur totale de l’édifice.. . 3 o o = 1 o5m ,00
- Profondeur a5o = 87m ,5o
- Surface ( ), 13 5 = c ), 18 7m<I,5o
- DATE DU MONUMENT.
- L’inscription fort incomplète donne les noms de Darius et d’Otanès, le chef de la conspiration dirigée contre les mages et le faux Smerdis. Ce double nom date le bas-relief des archers. Contemporain de Darius Ier, il lut modelé vers 1 an 51 o av. J.-C.
- Le palais de Darius brûla sous le règne d’Artaxerxès Ier. Artaxerxès Mnémon le rebâtit au commencement du cinquième siècle.
- Les chapiteaux exposés au Louvre proviennent de ce second palais, ainsi qu’en témoignent les inscriptions gravées autour des colonnes centrales des deux dernières files.
- p.443 - vue 450/482
-
-
-
- hhh
- DOCUMENTS DIVERS.
- XII
- MÉTHODE GRAPHIQUE DE QUADRATURE,
- par M. Ed. Collignon, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Un panneau de dessins.
- La quadrature d’une aire plane peut se ramener à la recherche de la somme de trapèzes juxtaposés, I, II, III,. . . dont les bases sont situées en ligne droite. Cette sommation s’opère facilement au moyen de la méthode suivante :
- Prenons les milieux 1, 2, 3,. . . des côtés supérieurs des trapèzes successifs.
- Menons la droite 1 2 ; elle coupe en a l’ordonnée séparative des trapèzes I et II. Retournons cette droite 12 bout
- 1 Z'"' 'to OJ v 4 -n
- a 9.
- I II •s 1— 1 1 •i 111 1 1 1 . 1 IV
- A B CH D B
- Fi g- !•
- pour bout. Le point a, entraîné dans ce retournement, viendra se placer au point (12), défini par sa distance
- p.444 - vue 451/482
-
-
-
- MÉTHODE GRAPHIQUE DE QUADRATURE. 445
- 2 (12), égale 1 a. Il est facile de reconnaître que le produit de l’ordonnée du point (12) par la somme AC des bases est la mesure de la somme des aires des deux figures I et 11.
- On joindra ensuite (12) et 3, ce qui donne une droite qui coupe en (S l’ordonnée séparative des surlaces II et III. On retournera bout pour bout la droite (1 2) 3, en prenant le segment (1 2) (123) = 3 (3; le produit de l’ordonnée du point (1 2.3) par la somme AD des trois bases, sera égal à la somme des surfaces I, II, III.
- Joignant enfin (iq3) h, et prenant (12 3) (i23h)=Uy, on obtient un point (i23A), situé à l’aplomb du milieu H de la base totale AE, et tel que le produit
- H (1234) x AE.
- est la somme des surfaces des quatre trapèzes donnés.
- La méthode est générale. Elle se prête à 1 addition algébrique des aires positives ou négatives, à 1 évaluation des aires fermées, etc.
- La considération d'aires miles est utile pour ajouter des trapèzes non contigus, et pour réduire un rectangle à une base déterminée.
- Fig. 9.
- 0 Supposons qu’on ait à ajouter les deux figures I et III
- 1
- p.445 - vue 452/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- séparées par un intervalle libre BG; elles aboutissent à une même droite AD. On considérera l’intervalle BG comme un rectangle II de hauteur nulle, qui fera le trait d’union entre les surfaces I et III. Appliquant la méthode aux trois trapèzes I, II et III, on arrive au point final (128), et le produit
- (123) H x AD
- est faire cherchée.
- 2° Pour changer un rectangle ABGD en un rectangle
- D
- Fig. 3.
- équivalent qui ait pour base une longueur donnée AE, on regardera le rectangle cherché comme la somme du rectangle ABCDetd’un rectangle nul, ayant zéro pour hauteur et BE pour base. On prendra donc les milieux î et 2, des côtés supérieurs de ces rectangles; on joindra 12; la droite 12 coupe en a l’ordonnée qui sépare les deux surfaces, et prenant 1 (12) = 2 a, on aura au point (12) le milieu du côté supérieur du rectangle AEFG, qui a pour base AE et qui est équivalent au rectangle donné. La construction sert à éviter la dernière multiplication qui serait nécessaire pour évaluer faire lotale. On peut prendre la base AE de manière à rendre cette dernière opération très rapide. Il suffit de
- p.446 - vue 453/482
-
-
-
- MÉTHODE GRAPHIQUE DE QUADRATURE. kkl
- laire, par exemple, AE = 1 mètre, ou égal à 10 mètres, à 100 mètres, etc.
- La méthode s’applique à l’évaluation des surfaces des profils en travers, au tracé sur le profil en long d’une ligne de compensation des remblais et des déblais, à la détermination de la moyenne des nombres donnés sans en chercher préalablement le total. Elle s’applique enfin à la quadrature des courbes, au degré d’approximation que comporte la règle de Thomas Simpson.
- Fig. 4.
- Partageons la base AB de l’aire à évaluer en un nombre pair de parties égales, en huit parties, par exemple, aux points 1, 2,... 7. Élevons les ordonnées aux points de division, puis menons les cordes A'm, 11m, np, pB', en joignant fos points successifs de la courbe situés sur les ordonnées de rang pair. Prenons les points a, b, c, d, sur les flèches des segments compris entre la courbe et les cordes, aux f de ces flèches à partir de la corde. U ne restera plus qu’à joindre ab, ce qui donne le point (ctb) sur 1 ordonnée (2); a joindre (ab) c, ce qui donne le point (abc) sur l’ordonnée
- p.447 - vue 454/482
-
-
-
- M8
- DOCUMENTS DIVERS.
- (3); à joindre enfin (abc) d, ce qui donne le point (abcd) sur l’ordonnée centrale de la courbe. L’aire cherchée est le produit
- AB X A [abcd).
- L’équidistance des ordonnées nous a évité l’obligation de retourner bout pour bout les droites de jonction successives : la construction en reçoit une notable simplification.
- Pour les démonstrations, les détails et les diverses applications de la méthode, voir l’article inséré dans le cahier du mois de janvier 18 8 y des Annales des ponts et chaussées.
- p.448 - vue 455/482
-
-
-
- INSTRUMENTS ET APPAREILS HYDROTÏMÉTRIQUES. 449
- XIII
- INSTRUMENTS, APPAREILS
- ET ATLAS HYDROMÉTRIQUES,
- [>ar iM. Ch. Ritter, ingénieur en chef des ponts et chaussées en retraite.
- I. Mesure des vitesses des eaux courantes.
- En j jusqu’à 2 mètres de profondeur..
- toutes eaux ( à toutes profondeurs..........
- En eaux propres, à toutes profondeurs.......
- Pitot............. A.
- Hydrotachyjiètres. B. Moulinets......... G.
- A. Pitot.
- Dispositions particulières :
- Manomètre qui, grâce à l’emploi des tubes flexibles 1, i , reste toujours, quelle que soit la profondeur d’immersion des ajutages A,A, Sous les yeux de Vopérateur (fig. 1).
- Ajutage statique A, qui rend tout tarage inutile ; la vitesse est V = \/ü. g h, h étant la différence de niveau des deux colonnes d eau M, M elevées, Par aspiration préalable, jusque dans les deux tubes du manomètre............ ................................... Type de 1885.
- B. Hydrotachymètres.
- Dispositions particulières :
- Les ajutages A, A' pénètrent chacun dans une chambre à air a, a , (lui nest jamais envahie complètement par leau (fig. 2). De ces chambres parlent des tubes T, T'également remplis d’air et par I in-
- p.449 - vue 456/482
-
-
-
- 450
- DOCUMENTS DIVERS.
- termédiaire desquels les pressions sur les ajutages se transmettent aux colonnes du manomètre.
- Ce mode de transmission à distance par l’air comprimé permet à Vopérateur de se tenir a une grande hauteur au-dessus des ajutages ou de la surface de Veau.
- En outre, avec le manomètre qui est à U, on n’a plus à observer quune seule des deux colonnes.
- L’appareil complet, comprenant l’instrument proprement dit, avec ses supports et ses autres organes accessoires, est représenté par quatre types, selon la position de l’opérateur et suivant la profondeur du courant à explorer.
- i° Pour profondeurs n’excédant pas 2 mètres.
- Hydrotachymètre plongeur, à tige rigide........... Type de 1888.
- 20 Pour rigoles et buses de petite section.
- Hydrotachymètre de poche, à tige rigide........... Type de 1888.
- p.450 - vue 457/482
-
-
-
- INSTRUMENTS ET APPAREILS HYDROTIMÉTRIQUES. 451
- 3° Pour mesurer, d’une grande hauteur, les vitesses à la surface seulement.
- Hydrotachijm'etre flotteur....................... Type de 1886.
- 4° Pour mesurer à la fois, de tou le hauteur et à toute profondeur, les vitesses et les profondeurs successives d’immersion des ajutages et connaître l’instant du contact de l’instrument avec le fond : air comprimé, tubes de transmission blindés dans leur partie immergée
- (fig. 3).
- Hydrotachy mètre sondeur......................... Type de 1889.
- C. Moulinets.
- Dispositions particulières :
- Une sonnerie électrique signale chaque cinquantaine de tours.
- Un manchon préserve les ailettes des courants obliques et abrite le mécanisme contre les chocs.
- Le tarage s’eflflectue immédiatement et partout par l’emploi d un Pitot (Type de 1885).
- L appareil complet est représenté par trois types :
- i° Pour profondeurs n’excédant pas 2 mètres.
- Moulinet à tige rigide........................... fype de 1b8b.
- 20 Pour mesurer, d’une grande hauteur ou à de grandes profondeurs , les vitesses ordinaires.
- Moulinet à câble directeur vertical, le long duquel 1 instrument est maintenu par un chariot............................. Type de 1885.
- 3° Pour mesurer, à la fois, de toute hauteur ou a toute profondeur les vitesses et les profondeurs et constater le contact avec le lond.
- Moulinet sondeur à tige articulée (fig. 4)....... Type de 1889.
- II. Mesure des profondeurs en eaux courantes.
- D. Bathymètres.
- Le bathymètre, pour la mesure des prolondeurs en eaux courantes
- 2(|.
- p.451 - vue 458/482
-
-
-
- 452
- DOCUMENTS DIVERS.
- où les sondes ne descendent pas verticalement, consiste en une chambre à air, à ajutage statique, que Ton immerge et dont la pression intérieure est mesurée par un baromètre métallique.
- L’appareil, adapté aux instruments de jaugeage, pour donner leurs profondeurs successives d’immersion, est de deux types, selon que le manomètre, hors de l’eau ou sous l’eau, est à lecture directe ou à transmission électrique :
- i° Le bathijmètre à lecture directe, pour hydrotachymètres, est réalisé par la simple addition au manomètre en U d’un manomètre métallique m, mis en communication avec le tube venu de l’ajutage statique (fîg. 5).................................... Type de 1887.
- 20 Le bathymètre pour moulinet est à transmission électrique.
- Au moulinet est adaptée une chambre à air a avec manomètre m, dont le cadran est superposé parallèlement et concentriquement au cadran du récepteur n d’un télégraphe électrique (fig. 4).
- p.452 - vue 459/482
-
-
-
- INSTRUMENTS ET APPAREILS HYDROTIMÉTRIQUES. 453
- Une sonnerie signale l’instant du contact entre Taiguille du manomètre et l’aiguille du récepteur]; la situation commune de ces deux aiguilles est connue par celle occupée, au même instant sur le cadran du manipulateur par la manivelle que l’opérateur y fait tourner à la main........................................... Type de 1889.
- E. Bïthoscope.
- Bouton S à ressort qui, par une sonnerie électrique, signale le contact des instruments du type sondeur avec le fond.
- III. Mesure des variations de niveau des eaux courantes.
- F. Plongeurs hydrostatiques.
- Dispositions particulières :
- Chambre à air, de forme et d’orifice choisis pour que la pression intérieure soit due à la simple profondeur d’immersion, sans être influencée par la vitesse ou la direction des courants extérieurs.
- Le plongeur peut, dès lors, être installé en eau courante; la transmission par l’air comprimé permet, en outre, de placer à grande distance le manomètre enregistreur d’un fluviographe ou d’un maregraphe.
- Les plongeurs sont de deux types :
- Plongeur à chambre (fig. 6)...................... Type de 1886.
- Plongeur à tube horizontal aéro-capillaire....... TyPe 188G.
- Fig. 6.
- IV. Atlas hydrométrique.
- Cartes destinées à la conservation et à la coordination des observa-
- p.453 - vue 460/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- ho h
- tions et documents hydrométriques recueillis dans un réseau de stations et sur lesquelles on distingue, par un tracé et une couleur semblables, toutes les portions de cours d’eau qui, à une même heure, ont présente' ou qui, durant une même période de temps, ont atteint un état semblable et un degré comparable soit de croissance ou de décroissance, soit de hauteur ou de débit (1880).
- Les cartes forment plusieurs se'ries selon leur destination et d’après les cotes, directement observe'es ou calculées, que Ton y inscrit.
- Série O. — Cartes hijdrométriques indiquant, pour chaque jour, la cote hydrométrique observée, la cote pluviométrique ou hauteur d’eau tombée, ainsi que le sens des variations de ces cotes depuis la veille et jusqu’au lendemain (7 cartes).
- Série A.— Cartes hydrogrades, indiquant, pour chaque cime, la cote hydrograde, ou le rapport entre la hauteur maxima atteinte par la crue étudiée et la hauteur de la crue la plus forte adoptée pour terme de comparaison et représentée par la cote 100.
- La classification adoptée pour les crues est la suivante :
- Faible, de 20 à ho hydrogrades, avec Irait............ bleu.
- Moyenne, de ho à 60 hydrogrades, avec trait........... vert.
- Forte, de 60 à 80 hydrogrades, avec trait............. bistre.
- Très forte, de 80 à 100 hydrogrades, avec trait....... rouge.
- Exceptionnelle, au delà de 100 hydrogrades avec trait.. . violet.
- Série B. — Cartes auxigrades, indiquant, pour chaque jour, la cote auxigrade, ou le rapport entre la montée actuelle de la crue et la montée maxima de cette même crue, représentée par 100.
- Série C. — Cartes hydrogrades journalières, indiquant, pour chaque jour, la cote hydrograde et le sens des variations depuis la veille et jusqu’au lendemain.
- Série D. — Cartes rhéométriques, indiquant le débit par seconde correspondant, pour les divers cours d’eau, à une même cote hydrograde.
- p.454 - vue 461/482
-
-
-
- FLUVIOGRAPHE ÉLECTRIQUE AVERTISSEUR. 455
- XIV
- FLUVIOGRAPHE ÉLECTRIQUE AVERTISSEUR
- ET ENREGISTREUR À DISTANCE.
- SYSTÈME CAMÉRÉ.
- Le contrôle des manœuvres faites par les barragistes a toujours préoccupé les ingénieurs de la basse Seine (de Paris à Rouen), tant au point de vue du maintien régulier du niveau des biefs, indispensable à une bonne navigation, que pour prévenir les lâchures faites par les barragistes et même les mariniers, afin de favoriser le passage de certains bateaux trop chargés ou échoués en dehors du chenal, lâchures qui peuvent apporter de sérieuses perturbations dans la tenue de l’ensemble des biefs et peuvent compromettre la sécurité de la batellerie.
- On a eu recours, dans ce but, à l’emploi de registres et de tableaux graphiques des manœuvres tenus par les barragistes et vérifiés par les conducteurs; au relevé, chaque jour, le matin, à midi et le soir, des hauteurs des retenues en amont et en aval des écluses; à l’enregistrement, sur place, de ces hauteurs, au moyen du fluviographe a marche de durée plus ou moins longue, à des dépêches envoyées, chaque jour, aux ingénieurs et donnant les hauteurs observées aux écluses à 8 heures du matin, etc.
- Toutes ces mesures ont, peu à peu, améliore le con-
- p.455 - vue 462/482
-
-
-
- 456
- DOCUMENTS DIVERS.
- trôle des manœuvres des barrages, mais elles laissent à désirer en ce sens que ce n’est qu’après que les faits se sont passés et en ayant recours à des dépouillements plus ou moins longs que les ingénieurs peuvent se rendre compte des barrages où les manœuvres ont été mal exécutées.
- Actuellement, que la basse Seine a été canalisée au moyen de barrages mobiles présentant des chutes effectives considérables et pouvant, notamment au barrage de Poses, atteindre A mètres, il est facile de comprendre que les manœuvres doivent être exécutées avec la plus grande précision; des ouvertures, même peu considérables conduisant avec ces chutes à des débits de nature à produire des rabais intempestifs.
- Mettre les ingénieurs à même, soit au moyen du poste télégraphique de leur bureau, soit au moyen d’un poste télégraphique central, de contrôler, à tout moment et sans avoir recours aux agents intéressés, la hauteur des retenues, tel est le but du fluviographe avertisseur et enregistreur à distance dont il va être question (1).
- En laissant de côté l’installation du flotteur plongeant dans la retenue à surveiller et destiné à mettre en mouvement le fluviographe transmettant les dépêches automatiquement, installation à approprier aux localités, cet appareil se compose d’un cylindre à axe horizontal mis en mouvement par un système d’horlogerie au-dessus duquel peut se déplacer, sous l’action du flotteur, un chariot portant un style s’appuyant constamment sur le cylindre.
- Ce cylindre, en matière isolante, porte des lames métal-
- (1) Cet appareil peut également être utilisé pour l'enregistrement à distance de tous les mouvements alternatifs rectilignes ou circulaires.
- p.456 - vue 463/482
-
-
-
- FLUVIOGRAPHE ÉLECTRIQUE AVERTISSEUR. 457
- liques disposées suivant les génératrices, de manière à correspondre chacune à 10 centimètres de variation d’altitude du flotteur, et, par les biseaux qui les terminent, à des variations comprises entre o centimètre et 10 centimètres (voir fig. 1 dormant le développement du cylindre).
- ° ? ? ? £ * | Z l £
- i' ï o ” Ô o
- Fig. 1.
- r
- Etant donné que cet appareil est destiné à être employé au contrôle d’une retenue, les lames en question forment deux groupes correspondant, l’un aux altitudes au-dessous de la retenue, et l’autre, aux altitudes au-dessus, dans des limites de om,5o de chaque côté, et comprenant par là même un champ de î mètre d’observation sulïisant pour la Seine W.
- En dehors de ces lames, distinctes les unes des autres, le cylindre en porte une régnant dans toute sa longueur et
- (1' L’appareil peut être construit pour correspondre à toute autre limite, et s’il ne s’agissait que d’enregistrer des hauteurs à partir d’un zéro déter-
- p.457 - vue 464/482
-
-
-
- 458
- DOCUMENTS DIVERS.
- d’une largeur moindre pour la distinguer des premières, c’est celle indiquée en haut de la figure.
- Les organes principaux de l’appareil étant ainsi connus, voici de quelle manière a lieu son fonctionnement :
- Le bureau télégraphique local auquel le fluviographe est rattaché ayant mis cet appareil en communication, au moyen d’un corpmutateur spécial, avec la ligne télégraphique aboutissant au bureau demandant cette communication, ce dernier, par l’envoi d’un courant, déclanche le mouvement d’horlogerie, et le cylindre se met à tourner avec une vitesse de cinq tours par minute.
- Chaque fois que le style du chariot rencontre une des lames du cylindre, le courant de la ligne passe et aboutit à l’appareil récepteur qui sera décrit plus loin.
- Quant au nombre et à la durée des courants qui passent par la ligne pendant une révolution du cylindre, ils dépendent évidemment de la position du style, et, par suite, de celle du flotteur; ce qui permet de comprendre dès à présent que ces courants sont de nature à indiquer au bureau récepteur la situation du flotteur, c’est-à-dire l’altitude de la retenue au-dessous ou au-dessus du niveau réglementaire.
- Afin de distinguer les signaux des altitudes correspondant, soit au-dessous, soit au-dessus du niveau réglementaire de la retenue, les courants de la ligne changent de signe par l’intermédiaire de contacts obtenus par l’emploi d’une fourche montée sur le prolongement de la tige du chariot et qui agissent sur un commutateur annexé à l’ap-
- miné, un seul groupe de lames suffirait. De plus, en supprimant les bandes isolantes entre les lames, les signaux transmis an récepteur donneraient des traits uniques proportionnels aux hauteurs à enregistrer,
- p.458 - vue 465/482
-
-
-
- FLUVIOGRAPHE ÉLECTRIQUE AVERTISSEUR. 459
- pareil et commandé par une pile auxiliaire. De plus, afin d’éviter toute confusion entre chaque dépêche constituée par un tour complet du cylindre, la lame spéciale régnant sur toute sa longueur envoie, à chaque fin de révolution, un courant de signe contraire à celui transmis parles autres lames.
- Ce changement de sens du courant est provoqué par deux cames montées sur les faces planes du cylindre et agissant sur des contacts fixés sur le bâti, lesquels commandent le commutateur électrique dont il vient d’être question.
- La même dépêche pouvant être répétée tant que le cylindre reste en mouvement, on conçoit que nulle ambiguïté ne puisse se produire dans sa lecture. Toutefois, pour éviter que cette répétition ne dépasse les limites des besoins pratiques, le mouvement d’horlogerie s’arrête de lui-même au bout d’une minute, soit après l’envoi, au maximum, de cinq fois la dépêche si la communication de la ligne n’a pas été interrompue avaiflé1).
- Enfin, le fluviographe porte, en outre, entre les rails du chariot, deux réglettes mobiles que l’on peut amener par glissement à des positions convenables pour établir des contacts à des hauteurs déterminées tant au-dessus qu’au-des-sous de la retenue, lesquels avertissent, au moyen d’une sonnerie placée chez le barragiste, du moment où le niveau de la retenue ne se trouve plus dans les limites fixées par le règlement.
- L’appareil récepteur comprend, comme dans le récepteur Morse, un mouvement d’horlogerie faisant dérouler
- (l) La suppression de cet arrêt automatique permet d’obtenir des enregis-trements continus ne dépendant que de la durée de marche de l’horloge.
- p.459 - vue 466/482
-
-
-
- DOCUMENTS DIVERS.
- 460
- une bande recevant l’inscription des signaux envoyés par l’appareil transmetteur.
- Ges signaux sont inscrits par deux plumes alimentées par des godets contenant, l’un de l’encre rouge, l’autre de l’encre bleue, de manière à distinguer leurs inscriptions.
- Ges plumes sont commandées par des leviers actionnés par des électro-aimants à armatures polarisées, de façon à ce que l’un d’eux ne fonctionne que sous l’influence du passage du courant positif, et l’autre sousfl’influence du passage du courant négatif. Elles tracent chacune un trait continu interrompu par des crochets chaque fois que leur électro-aimant respectif agit sur leur levier.
- Enfin, le déroulement de la bande de papier a lieu avec une vitesse telle que le signal envoyé par l’appareil transmetteur au moment du passage du style sur une des lames métalliques est de 10 millimètres.
- Dans ces conditions, les signaux reçus sont de la forme ci-dessous :
- Pour des niveaux au-dessous de la retenue réglementaire :
- -jo
- 1 Q-gt
- S'iaÂfc (slt
- Pour des niveaux au-dessus de la retenue réglementaire :
- Ütocwt* Vt«*V
- Fig. 3.
- p.460 - vue 467/482
-
-
-
- FLUVIOGRAPHE ÉLECTRIQUE AVERTISSEUR. 461
- Chaque crochet long de om,oto comptant pour om, 10 de l’échelle de la retenue, et le crochet court, pour autant de centimètres qu’il a de millimètres; on voit que, dans le premier cas, le télégramme reçu indique que le plan d’eau esta om,2Ô au-dessus de la retenue, et, dans le second cas, quelle esta om,38 au-dessous.
- Rien n’est donc, comme on le voit, plus facile que de faire la lecture du télégramme transmis directement par le fluviographe dont il s’agit, et qui a surtout été combiné en vue de se servir des lignes télégraphiques existantes.
- Si maintenant, l’on disposait d’une ligne spéciale reliant les fluviographes de chaque retenue au récepteur placé à un poste central, on comprend aisément qu’en commandant les communications électriques de chacun de ces fluviographes par une horloge, il soit possible de recevoir automatiquement à ce poste central toutes les heures ou plus souvent, si on le désire, les altitudes de chaque retenue, et d’exercer ainsi un contrôle continu sur la tenue des biefs.
- Si ce contrôle continu ne saurait être réalisé pendant le jour sans un fil spécial, il convient de remarquer que les lignes desservant les postes télégraphiques des voies navigables n’étant ouvertes au public que le jour, rien n’ein-pêche de les utiliser pendant la nuit comme fil spécial.
- En agissant ainsi, on aurait alors le moyen d exercer un contrôle, même pendant la nuit, sur la hauteur des differents biefs, ce qui aurait une grande importance pour assurer leur bonne tenue et couperait court à une pratique habituelle aux barragistes et consistant, pour ne pas se déranger pendant leur sommeil, à exagérer, chaque soir, la fer-
- p.461 - vue 468/482
-
-
-
- m
- DOCUMENTS DIVERS.
- meture de leur barrage pour ne pas laisser fléchir leur bief, et, le lendemain matin, à laire une lâchure pour se débarrasser du trop plein des eaux ainsi retenues, pratiques présentant de grands inconvénients pour le bon aménagement des eaux et la navigation.
- En résumé, le fluviograplie électrique avertisseur et enregistreur à distance peut permettre aux ingénieurs de recevoir, par les voies télégraphiques ordinaires et sans le secours des barragistes, des dépêches donnant les hauteurs des retenues autant de fois que l’on veut dans la journée, et, pendant la nuit, d’inscrire ces dépêches à des heures fixes sur une bande de papier que l’on peut dépouiller rapidement le matin, et qui donne exactement ce qui s’est passé pendant la nuit. Cet appareil est donc de nature à permettre un contrôle sérieux et immédiat des retenues.
- Le projet du fluviographe électrique avertisseur et enregistreur a distance a été conçu et dressé par M. Caméré, ingénieur en chef des ponts et chaussées, et les appareils ont été exécutés par la maison Bréguet, à Paris.
- p.462 - vue 469/482
-
-
-
- XV
- LISTE DES OBJETS EXPOSÉS
- PAR LE SERVICE DU NIVELLEMENT GENERAL DE LA FRANCE.
- I. — Instruments.
- i° Niveau à fiole indépendante et à prismes réflecteurs de MM. Klein et Lallemand, avec support à calotte sphérique du colonel Goulier. (Berthélemy, constructeur.)
- 2° Niveau à visées réciproques du colonel Goulier A), modèle inachevé. (Tavernier-Gravet, constructeur.)
- 3° Mire à compensation du colonel Goulier. (Portier, constructeur.)
- 4° Banc d’étalonnage, étalon des mires et microscope coudé, du colonel Goulier, disposés pour l’étalonnage d’une mire. (Portier et Tavernier-Gravet, constructeurs. )
- 5° Niveau d’eau à longue portée, de M. Lallemand, comprenant deux tubes verticaux avec échelles divisées et un tuyau de communication. (Duboscq, constructeur).
- 6° Repère tête de section (en bronze).
- 7° Repère principal (en fonte oxydée).
- 8° Repère secondaire (rivet en bronze).
- 9° Piquet servant de repère provisoire.
- io° Médimarémètre de M. Lallemand , avec sonde et clef pour ouvrir le couvercle. (Berthélemy, constructeur).
- ii° Appareil démonstratif du principe du médimarémètre, de MM. Lallemand et Avril.
- 12° Arithmomètre dit totalisateur!2), de MM. Napoli et Lallemand. (Berthélemy, constructeur).
- ^ La colonne de cet instrument est douée d’un mouvement vertical qui permet de mesurer sur les mires les millimètres et les dixièmes de millimètre, au lieu de les estimer, comme on le fait habituellement.
- Machine spécialement destinée à faire les additions et les soustractions.
- p.463 - vue 470/482
-
-
-
- m NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANGE.
- IL — Cartes et Dessins.
- i° Carte de France au —montrant l’avancement du re'seau fondamental.
- 2° Tableau de diagrammes relatifs au nivellement :
- A. Diagramme montrant les résultats obtenus par une brigade
- pendant une, campagne de nivellement :
- a. Courbe des discordances cumule'es entre les deux nivelle-
- ments d’aller et de retour, comparés nivelée à nivelée.
- b. Répartition proportionnelle (p. 1 ooo) des discordances
- classées par section du cheminement, d’après leur nombre et leur grandeur. Erreurs accidentelles probables correspondantes par kilomètre.
- c. Profil du cheminement.
- d. Répartition proportionnelle (p. 1 ooo) des nivelées, d’après
- leur longueur.
- e. Variations de la température accusées par le système com-
- pensateur des mires en service.
- /. Variations métriques de longueur accusées par le système compensateur de l’une des mires.
- B. Diagramme exprimant, pour une section, la répartition (p.i ooo)
- des inégalités entre la portée d’arrière et celle d’avant dans les nivelées successives.
- C. Diagramme traduisant les variations journalières de longueur
- accusées par le système compensateur d’une mire en service.
- D. Abaque servant à calculer le salaire des porte-mires.
- E. Diagrammes montrant les résultats moyens obtenus par le service
- du nivellement général de la France pendant les campagnes successives de 1886. à 1889, savoir : i° longueur nivelée par jour, longueur et durée moyennes d’une nivelée; 20 décroissance du prix kilométrique de revient et progression simultanée de la prime moyenne des porte-mires.
- p.464 - vue 471/482
-
-
-
- LISTE DES OBJETS EXPOSÉS.
- 465
- F. Cartes figurant les résultats de la comparaison des altitudes
- ancienne et nouvelle des repères communs au réseau de Bour-dalouë et au nouveau réseau fondamental.
- G. Planche spécimen du répertoire graphique des repères de nivel-
- lement.
- 3° Tableau de diagrammes et de dessins relatifs au marégraphe totalisateur et aux médimarémètres.
- A. Marégraphe totalisateur.
- a. Carte montrant la position de l’observatoire marégraphique
- de Marseille.
- b. Vue photographique du bâtiment et coupe montrant l’in-
- stallation du marégraphe totalisateur.
- c. Vue photographique de l’appareil enregistreur totalisateur. cl. Fac-similé des courbes fournies par l’appareil.
- B. Médimarémètres.
- a. Dessins montrant l’installation d’un appareil et la sonde
- servant] aux observations.
- b. Spécimen des diagrammes obtenus par juxtaposition des
- bandes de papier sensible impressionnées par l’eau.
- c. Spécimen des diagrammes exprimant les variations journa-
- lières du niveau moyen accusées par les médimarémètres de Nice, Marseille, Cette et Port-Vendres (Méditerranée).
- cl. Diagrammes montrant la variation du niveau moyen à Nice, Marseille et Port-Vendres, calculé, cl’une part, à la fin de chaque mois et, d’autre part, depuis la mise en fonction de chacun des appareils.
- III. — C ARNETS ET REGISTRES DE CALCULS
- i° Carnet cle reconnaissance de l’emplacement des repères.
- 2° Carnet de nivellement.
- 3° Registre des discordances entre le nivellement d’aller et celui de retour, comparés nivelée à nivelée.
- 4° Registre pour le calcul des altitudes des repères.
- ii. 3o
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- p.465 - vue 472/482
-
-
-
- 466
- NIVELLEMENT GÉNÉRAL DE LA FRANCE.
- 5° Registre pour le calcul des écarts de fermeture des polygones du réseau.
- 6° Registre d’étalonnage des mires.
- 7° Registre pour la recherche des discordances systématiques entre les résultats du nivellement de Bourdalouë et ceux des nouvelles opérations.
- IV. — Publications.
- i° Procès-verbaux des séances de la Commission centrale du nivellement général de la France (iro session 1878-1879).
- 20 Note sur les travaux effectués par le service du nivellement général de la France, en 1886, par MM. Marx et Ch. Lallemand, suivie d’une annexe sur le Principe fondamental de la théorie du nivellement par M. Ch. Lallemand. (Extrait des comptes rendus de la conférence générale tenue à Berlin, en 1886, par l’Association géodésique internationale.)
- 3° Note sur les corrections des nivellements de précision par M. le colonel Goulier. (Extrait des comptes rendus de l’Académie des sciences. Séances des ior et 8 août 1887.)
- 4° Note sur les travaux effectués par le service du nivellement général de la France en 1887, par MM. Marx et Ch. Lallemand, suivie de deux annexes sur la Théorie du nivellement et sur le Médimarémetre par M. Ch. Lallemand. (Extrait des comptes rendus de la conférence tenue à Nice, en 1887, par la Commission permanente de l’Association géodésique internationale.)
- 5° Note sur les lois provisoires de l’affaissement du sol de la France, par M. le colonel Goulier. (Extrait des comptes rendus de l’Académie des sciences, t. CVII, 1888.)
- 6° Tableau des rectifications du catalogue des repères de Bourdalouë, publié par la commission du nivellement. (Paris, Imprimerie nationale, 1888.)
- 70 Note sur les travaux exécutés par le service du nivellement général de la France en 1888, par MM. Marx et Ch. Lallemand. (Extrait des comptes rendus de la conférence tenue à Salzbourg, en
- p.466 - vue 473/482
-
-
-
- LISTE DES OBJETS EXPOSÉS. 467
- 1888, par la commission permanente de l’Association géodésique internationale.)
- 8° Instructions préparées par le comité du nivellement générai pour les opérations sur le terrain. (Paris, Baudry et Cie, 1889.)
- 90 Traité de nivellement de haute précision, par M. Ch. Lallemand. (Paris, Baudry et C'e, 1889.)
- io° Bépertoire graphique des repères du nouveau réseau fondamental. (ire livraison, Paris, imprimerie Marchadier, 1889.)
- 11° Les abaques hexagonaux, nouvelle méthode générale de calcul graphique, par M. Ch. Lallemand. (Paris, imprimerie Marchadier, 1886-1889.)
- 120 Instruction donnant la manière d’employer la sonde et le papier sensible dans les observations du médimarémètre (1889).
- i3° Instruction donnant les règles à suivre pour l’installation d’un médimarémètre (1889).
- p.467 - vue 474/482
-
-
-
- 468 COOPÉRATION INDUSTRIELLE.
- XVI
- COOPÉRATION INDUSTRIELLE
- À L’EXPOSITION DU MINISTERE DES TRAVAUX PURLICS.
- Moisant, Laurent, Savey et Cie, à Paris, boulevard de Vaugirard, 20.
- — Charpente métallique. — Consoles. — Rives de chéneau. — Balustrades. — Marquises.
- Manoury, Grouselle et Cie, à Paris, rue Roussin, 54. — Fondations et soubassement en maçonnerie. — Briquetage.
- E. Muller et Cie, à Ivry-Paris, rue Nationale, 6. — Briques émaillées. Briqueterie de Bel-Air, Jovenet, directeur, à Suresnes, près Paris.
- — Briques brun foncé et rouge vif.
- Gauthier, à Dunkerque, rue du Four-à-Chaux. —Briques jaunes. Poirier et Neveu, à Paris, boulevard de Vaugirard, 42 à 46. — Charpente en bois.
- Gaget, Gauthier et Cie, à Paris, rue de Chazelles, 2 5. — Couverture.
- — Couronnement en cuivre martelé de la lanterne.
- Bonhomme,à Paris,rue Notre-Dame-des-Champs, 121. — Menuiserie.
- — Installation.
- Le Travail, société ouvrière, Buisson, directeur, rue de Madrid, 6.
- — Peinture et dorure.
- Colin Muller, à Auneuil (Oise). — Tuiles à emboîtement brun foncé. Regnard, à Paris, 59, rue Bayen. — Tôles découpées.
- Kaepplin, à Paris, rue de Buci, i5. — Vitrerie. — Verres de couleur et culs de bouteille.
- Valentin, à Paris, rue Cassette, 19. — Serrurerie. — Rideaux. Alexandre, à Paris, rue Caumartin, 67. — Tentures. —Vélums. — Sièges.
- p.468 - vue 475/482
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- PREMIÈRE SECTION.
- CARTE GEOLOGIQUE De'tAILLe'e DE LA ERANCE.
- Pages.
- I. Généralités.................................................. 1
- II. Panneau central.............................................. 9
- III. Panneau de la Bretagne.......................................... 2 3
- IV. Panneau du Cotentin......................................... ho
- V. Panneau du Plateau central.................................. 45
- VI. Panneau des Alpes françaises................................ 76
- Vil. Panneau du bassin tertiaire Sous-Pyrénéen................... 87
- VIII. Panneau de la Provence et des Alpes-Maritimes............... 92
- TOPOGRAPHIES SOUTERRAINES.
- IX. Carte géologique de la France, à l’échelle de 1,000,000' • • • . 135
- X. Généralités................................................ i4o
- XI. Bassin houiller de Valenciennes. — Stratigraphie................ 143
- Bassin houiller de Valenciennes. — Flore fossile................ 153
- XII. Bassin houiller d’Autun.................................... i64
- DEUXIÈME SECTION.
- STATISTIQUE.
- I. Album de statistique graphique............................. 171
- II. Carte de la production minérale de la France en 1887....... 186
- p.469 - vue 476/482
-
-
-
- 470 table des matières.
- Pages.
- III. Carte de la production minérale de l’Algérie en 1887...... 197
- IV. Carte de la production minérale et métallurgique des principaux
- pays du globe en 1887.................................... 900
- V. Carte statistique de l’exploitation des phosphates de chaux. 91 y
- VI. Carte de la production des carrières de la France en 1887... 91 q
- VIL Sléréogramme représentant la production houillère de la France
- depuis 1789.............................................. 998
- VIII. Statistique de l’industrie minérale et des appareils à vapeur. .. . 9,89
- IX. Statistique détaijlée des sources minérales.............. 9/10
- X. Statistique des phosphates de chaux......................... 9 45
- XL Recensement de la circulation sur les routes nationales... 980
- TROISIÈME SECTION.
- NOTICE SUlt LE NIVELLEMENT GENERAL DE LA FRANCE.
- I. Tl •ogramme................................................. 2 51
- II. Instruments............................................... 258
- III. Méthodes d’opération et de calcul......................... 976
- IV. Résultats................................................. 985
- V. Détermination du niveau moyen de la mer................... 994
- VI. Annexes................................................... 3o5
- QUATRIÈME SECTION.
- MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS. — ÉCOLES NATIONALES DES PONTS ET CHAUSSEES ET DES MINES.
- I. Bulletin du Ministère des travaux publics................. 3i4
- II. Recueil de lois, ordonnances, décrets, règlements et circulaires
- concernant les services dépendant du Ministère des travaux publics................................................... 3i 9
- III. Ecole des ponts et chaussées................................ 391
- IV. Ecole des mines........................................... 333
- V. Les élèves externes de l’Ecole des ponts et chaussées..... 352
- p.470 - vue 477/482
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- A71
- CINQUIÈME SECTION.
- DOCUMENTS DIVERS.
- I.
- IL
- III.
- IV.
- V.
- VI. VIL
- VIII.
- IX.
- X. XL
- XII.
- XIII.
- XIV.
- XV.
- XVI.
- Pag«*s.
- Carte de France au -2UU)000 publiée par le Ministère des travaux
- publics.....................................................
- Carte des routes nationales....................................
- Cartes et publications concernant les chemins de 1er...........
- Cartes et publications concernant la navigation intérieure.....
- Carte des canaux de submersion du département de l’Aude........
- Allas des ports de France......................................
- Atlas des ports étrangers......................................
- Carte d’une partie de l’Afrique septentrionale au .............
- Carte géologique du Sahara.....................................
- Mission d’Amérique.............................................
- Mission de Perse...............................................
- Méthode graphique de quadrature................................
- Instruments, appareils et atlas hydrométriques.................
- Fluviographe...................................................
- Liste des objets exposés par le service du nivellement général
- de la France................................................
- Coopération industrielle à l’Exposition du Ministère des travaux publics........................................................
- 364
- 367
- 368
- A o) AoA A06 A 07 A22 A38 AA A AAq A55
- A 63
- 468
- p.471 - vue 478/482
-
-
-
- p.n.n. - vue 479/482
-
-
-
- p.n.n. - vue 480/482
-
-
-
- p.n.n. - vue 481/482
-
-
-
- p.n.n. - vue 482/482
-
-