Congrès international de zoologie
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- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE ET DES COLONIES. f*
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1889.
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- DIRECTION GÉNÉRALE DE L’EXPLOITATION.
- CONGRÈS INTERNATIONAL DE ZOOLOGIE,
- TEND À PARIS DD 5 AD 10 AOÛT 1889.
- COMPTE RENDU SOMMAIRE
- RÉDIGÉ
- PAR M. LE DOCTEUR R. BLANCHARD,
- SECRÉTAIRE GENERAL.
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- M DCCG XC.
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- MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE ET DES COLONIES.
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1889.
- DIRECTION GÉNÉRALE DE L’EXPLOITATION.
- CONGRÈS INTERNATIONAL DE ZOOLOGIE,
- TENU 1 PARIS DU 5 AU 10 AOUT 1889.
- COMPTE RENDU SOMMAIRE
- RÉDIGÉ
- PAR M. LE DOCTEUR R. BLANCHARD,
- SECRÉTAIRE GÉNÉRAL.
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- M DCCC XC.
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- Le Compte Rendu des séances du Congrès international de Zoologie a été achevé d’imprimer le a5 février 1890. Il forme un volume in-8° de 5i3 pages, avec 5 planches et 38 figures dans le texte. Il contient 39 mémoires ou communications. Il est publié par M. Raphaël Blanchard, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, Secrétaire général de la Société zoologique de France, Secrétaire général du Congrès.
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- COMITÉ D’ORGANISATION1",
- BUREAU DU COMITE.
- M. Milnf. Edwards (A.). M. Perrier (Ed.).
- M. Blanchard (R.).
- d. Filhol.
- Je baron J. de Goerne.
- M. ScHLÜMBËRGER.
- PRESIDENT.
- VICE-PRESIDENTS.
- j M. Vaillant (L.).
- SECRETAIRE.
- VICE-SECRÉTAIRES.
- J M. JULLIBN (J.).
- TRÉSORIER.
- MEMBRES DU COMITÉ.
- MM.
- Balbiani (G.), professeur au Collège de France.
- Barrois (J.), directeur de la Station zoologique de Villefranche.
- Blanchard (Ém.), membre de l’Instilut, professeur au Muséum d’histoire naturelle. Blanchard (R.), professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, secrétaire général de la Société zoologique de France.
- Certes (A.), ancien président de la Société zoologique de France.
- Chaper (M.), ancien président de la Société zoologique de France.
- Chatin (J.), membre de l’Académie de médecine, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Paris.
- Cotteao (G.), correspondant de l’Institut, président de la Société zoologique de France.
- Delage (Y.), professeur à la Faculté des sciences de Paris.
- Deniker (J.), bibliothécaire du Muséum d’histoire naturelle.
- Filhol, sous-directeur h l’École pratique des Hautes Études.
- (1) Le Comité d’organisation a été constitué par arrête ministériel du 17 juillet 1888. 11 a nommé son bureau dans la séance du 35 juillet 1888.
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- MM.
- Fischer (P.), aide-naturaliste au Muséum d’histoire naturelle, ancien président de la Société zoologique de France.
- Gaudry, membre de l’Institut, professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- Giard (A.), professeur à la Faculté des sciences de Paris.
- le baron J. de Güerne , vice-président de la Société zoologique de France.
- Jullien (J.), ancien président de la Société zoologique de France.
- Künckel d’Hercülàis (J.), aide-naturaliste au Muséum d’histoire naturelle, ancien président des Sociétés zoologique et entomologique de France.
- Làcaze-Düthiers (H. de), membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, professeur à la Faculté des sciences.
- Lortet, doyen de la Faculté de médecine de Lyon.
- Marion (A.), correspondant de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences de Marseille.
- M^gnin (P.), ancien président des Sociétés zoologique et entomologique de France.
- Milne-Edwards (A.), membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- Odstalet (E.), aide-naturaliste au Muséum d’histoire naturelle.
- Perrier (Ed.), professeur au Muséum d’histoire naturelle, ancien président de la Société zoologique de France.
- Pouchet (G.), professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- Ranvier, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, professeur au Collège de France.
- Sabatier, professeur à la Faculté des sciences de Montpellier.
- Schlumbbrger, ancien président de la Société géologique de France.
- Simon (E.), ancien président des Sociétés zoologique et entomologique de France.
- Vaillant (L.), professeur au Muséum d’histoire naturelle.
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- COMITÉ DE PATRONAGE.
- ..i,
- Agassiz (AJ.), directeur du Musée de zoologie comparée à Harvard College, à Cambridge, Mass.
- Ameghino (Fl.), yice-directeur du Musée provincial delaPlata.
- Apostolidès (N. Chr.), professeur agrégé à l’Université d’Athènes. van Bambeke (Ch.), professeur à l’Université de Gand.
- Barboza do Bocage (J. V.), directeur du Musée de Lisbonne. van Beneden (Ed.), professeur à l’Université de Liège. van Beneden (P. J.), professeur à l’Université de Louvain.
- Bergh (R.), professeur à l’Université de Copenhague.
- Bogdanov (A.), professeur h l’Université de Moscou.
- Bolivar (I.), professeur à l’Université de Madrid»
- Brosina (S.), professeur à l’Université d’Agram.
- Büller (sir W. L.), à Wellington (Nouvelle-Zélande).
- Bürmeister (H.), directeur du Musée de Buenos-Ayres.
- Bornât (Ed.), à Lisbonne.
- Capellini (G.), professeur à l’Université de Bologne.
- Caros (J.-V.), professeur à l’Université de Leipzig.
- Chün, professeur à l’Université de Kônigsberg.
- Collett (R.), professeur à l’Université de Christiania.
- Cope (Edw.), professeur à l’Université de Pensylvanie, h Philadelphie.
- Cosmovici (L.), professeur à l’Université de Jassy.
- Dall (W. H.), honorary curator of U. S. National Muséum, à Washington.
- Dana (J. D.), professeur à Yale College, à New Haven, Ct.
- Dànielssen (D. C.), directeur du Musée de Bergen.
- Delgado (J. F. M.), directeur de la Commission des travaux géologiques, à Lisbonne. Doria (le marquis G.), directeur du Musée de Gênes.
- DogÈ8 (Alf.), professeur à l’Université de Guanajuato (Mexique).
- Eimer (Th.), professeur a l’Université de Tübingen.
- Entz (Geza), professeur h l’Université de Klausenburg.
- Ernst (A.), professeur à Caracas.
- Fatio (V.), à Genève.
- Filippi (R.-A.), directeur du Musée de Santiago (Chili).
- Flower (W. H.), F. R. S., directeur de la section zoologique, au Brilish Muséum. Forel (F. A.), professeur à l’Université de Lausanne.
- Fritch (A.), professeur à l’Université tchèque de Prague.
- Galeb (Osman bey), directeur de l’École de médecine du Caire.
- Giglioli (H.), professeur à l’Université de Florence.
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- MM.
- Graëlls (M.), professeur k l’Université de Madrid.
- Greeff (R.), professeur à l’Université de Marbourg.
- Günther (A.), directeur de la section zoologique, au British Muséum.
- Hector (sir J.), directeur de la «Geological Survey» de la Nouvelle-Zélande, à Wel lington.
- Hoek (P. P. G.), directeur des pêcheries, à Leyde.
- Hubrecht (A. A. W.), professeur à l’Université d’Utrecht.
- Hutton (Fr. W.), professeur k Canterbury College, à Ghristchurcb, Ganterbury (Nouvelle-Zélande).
- Huxley (Th. H.), F. R. S., à Londres.
- Jentink (F. A.), directeur du Musée de Leyde.
- Jordan (D. S.), professeur à l’Indiana University, à Bloomington, Indiana.
- Kôlliker (A.), professeur h l’Université de Wurzbourg.
- Kovalevsky, professeur à l’Université d’Odessa.
- Leidy (J.), professeur à l’Université de Pensylvanie, à Philadelphie.
- Leuckart (R.), professeur à l’Université de Leipzig.
- Lilljeborg (W.), professeur émérite à l’Université d’Upsal.
- Lovén, professeur à l'Université de Stockholm.
- Lubbock (sir John), membre du Parlement, à Londres.
- Lütken (Ghr.), professeur à l’Université de Copenhague.
- Lyman (rIh.), à Brookline, Mass.
- Mac Gillivray (P.-H.), à Sandhurst, Victoria (Australie).
- Mac Intosh (W. C.), F. R. S., à Saint-Andrews (Écosse).
- Maggi (L.), doyen de la Faculté des sciences de Pavie.
- Marsh (O.-G.), professeur k Yale College, k New Haven, Ct.
- Metchnikoff (E.), professeur k l’Université d’Odessa.
- Meyer (A.-B.), directeur du Musée de Dresde.
- Môbius (K.), directeur du Musée d’histoire naturelle, k Berlin.
- S. A. le prince héréditaire de Monaco.
- Moreno (F. P.), directeur du Musée provincial de la Plata.
- Murray (John), directeur de la publication du Challenger, k Édimbourg.
- Newton (A.), professeur k l’Université de Cambridge (Angleterre).
- Owen (sir R.), F. R. S., ancien directeur du British Muséum, à Londres.
- Paulino d’Oliveira (M.), professeur k l’Université de Coimbre.
- Perroncito (E.), professeur k l’Université de Turin.
- Plateau (F.), professeur k l’Université de Gand.
- Pomel (A.), directeur de l’École supérieure des sciences, k Alger.
- Ray Lankester, k Londres.
- Rosenberg (Em.), professeur k l’Université de Dorpat.
- Rütimeyer (L.), professeur k l’Université de Bâle.
- Sanchez (J.), professeur à l’Université de Mexico.
- Saussure (A. de), k Genève.
- Schultze (Fr. E.), professeur à l’Université de Berlin.
- SciATBR (Ph. L.), F. R. S., k Londres.
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- MM.
- Selys-Longchamps (le baron Edm. de), à Liège.
- Semper (G.), professeur à l’Université de Wurzbourg.
- Seoane (Victor-Lopez), à la Corogne (Espagne).
- Sharpe (R. B.), au Britisli Muséum.
- Steenstrüp (J.), professeur émérite à l’Université de Copenhague.
- Thompson, à Dunedin (Nouvelle-Zélande).
- Trimen (Roland), directeur du South African Muséum, à Cape-Town (Cap de Bonne-Espérance).
- Trinchese (S.), recteur de l’Université de Naples.
- Turner (sir W.), F. R. S., professeur à l’Université d’Édimbourg.
- Vejdovsky (F.), professeur à l’Université tchèque de Prague.
- Viguier, professeur à l’École supérieure des sciences, à Alger.
- Vitzou (Al. N.), professeur à l’Université de Bucbarest.
- Vogt (Cari), professeur à l'Universilé de Genève.
- Westerman (G. F.), directeur de la Société zoologique «Nalum artis magistra», à Amsterdam.
- Wachsmuth (Ch.), à Burlington, Iowa.
- Weismann (A.), professeur h l’Université de Fribourg-en-Brisgau.
- Wiedersheim (R.), professeur h l’Université de Fribourg-en-Brisgau.
- Woodward (A. S.), au British Muséum.
- s.
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- CONGRÈS INTERNATIONAL DE ZOOLOGIE,
- TENU À. PARIS DU 5 AU 10 AOÛT 1889.
- COMPTE RENDU SOMMAIRE.
- Séance du lundi 5 août 1889.
- Présidence de M. A. MILNE EDWARDS.
- La séance d’inauguration du Congrès est ouverte à a heures de l’après-midi, dans l’une des salles du palais du Trocadéro.
- M. le professeur A. Milne Edwards, membre de l’Institut, occupe le fauteuil de la présidence. A ses côtés prennent place les membres du Bureau de la Commission d’organisation.
- Ce Bureau était constitué comme suit :
- M. A. Milne Edwards.
- M. Edm. Perrier.
- M. R. Blanchard.
- MM. H. Filhol.
- le baron J. de Gderne.
- M. C. Schldmberger.
- Président.
- Vice-présidents.
- | M. L. Vaillant.
- Secrétaire général.
- Secrétaires.
- | M. J. Jullien.
- Trésorier.
- M. le Président souhaite la bienvenue aux membres du Congrès, les remercie de l’empressement avec lequel ils ont répondu à l’invitation de la Société zoologique de France, et déclare le Congrès ouvert.
- M. le docteur R. Blanchard, Secrétaire général de la Commission d’organisation , expose les travaux de la Commission d’organisation du Congrès. Grâce
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- à la propagande individuelle et à la propagande faite par bon nombre de journaux scientifiques français et étrangers, 23o naturalistes, appartenant à 3i nationalités, ont répondu à l’appel fait par la Société zoologique de France. M. le Secrétaire général, au nom de la Société zoologique de France, leur adresse les meilleurs compliments de bienvenue, ainsi qu’aux savants délégués au Congrès par plusieurs Gouvernements et Sociétés savantes.
- La Commission d’organisation et le bureau provisoire ayant achevé leur mission, on passe à l’élection du bureau du Congrès. Sont élus :
- Présidents d’honneur.
- MM. P. J. van Beneden (Louvain).
- An. Bogdanov (Moscou).
- A. S. Packard (Providence, R. I.). R&timeyer (Bâle).
- MM. de Selys-Longchamps (Liège). Ad. Smitt (Stockholm).
- R. Trimen (Cape-Town).
- Président.
- M. A. Milne-Edwards (Paris).
- Vice-présidents.
- MM. Ant. Fritch (Prague). Edm. Perrier (Paris).
- G. Retzids (Stockholm).
- MM. A. Sabatier (Montpellier), R. B. Sharpe (Londres). L. Vaillant (Paris).
- M. R. Blanchard (Paris).
- Secrétaire général.
- MM. S. BRusiNA(Agram). H. Filhol (Paris).
- J. de Güerne (Paris).
- Secrétaires.
- MM. A. A.W. Hübrecht (Utrecht). V. L. Seoane (la Coruua).
- M. C. Schlümberger (Paris).
- Trésorier.
- MM. Certes et Chaper proposent de voter des remerciements à la Commission d’organisation pour le dévouement qu’elle a apporté à la préparation du Congrès.
- Cette proposition est adoptée par acclamation.
- La séance est levée à 3 heures.
- Au sortir de la séance, les membres du Congrès, sous la conduite de MM. Chaper, Adr. Dollfus et de Guerne, visitent successivement l’Aquarium du Trocadéro et le Pavillon de Monaco.
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- S. A. le prince Albert reçoit les congressistes, leur fait les honneurs do son pavillon et leur montre avec la plus exquise complaisance les splendides collections zoologiques qu’il a rapportées de ses diverses explorations à bord du yacht P Hirondelle. Il explique également le mécanisme et le fonctionnement des nasses, filets, dynamomètres à ressort, sondeurs à clef et autres appareils dont il a fait usage au cours de ses campagnes; comme on sait, le prince a fait subir d’importants perfectionnements à l’outillage utilisé pour les pêches sous-marines. Les résultats de ses explorations se trouvent sommairement indiqués dans une très intéressante brochure dont un exemplaire a été offert à chaque visiteur!1). On trouvera signalé plus loin un mémoire de S. A. le prince Albert sur le même sujet.
- Un lunch est finalement servi aux congressistes.
- Ceux-ci se rendent ensuite dans la salie IX du palais des Arts libéraux, consacrée à l’exposition des Missions scientifiques. C’est là que se trouvent les précieuses collections draguées par les naturalistes du Talisman et du Travailleur, les collections rapportées du cap Horn parles naturalistes de la Romanche, d’Assinie et de Grand-Bassam par M. Chaper, sans parler d’importantes séries ethnographiques récoltées, souvent au péril de leur vie, par Crevaux, Chaf-fanjon, Ch. Rabot, etc. MM. les professeurs Milne-Edwards et Vaillant donnent les explications les plus détaillées sur les expéditions du Talisman et du Travailleur.
- Dans la salle XV du même palais, les expositions du laboratoire d’histologie du Collège de France (directeur : M. le professeur Ranvier) et des laboratoires maritimes de Banyuls (directeur : M. le professeur H. de Lacaze-Duthiers) et de Villefranche (directeur : M. J. Barrois) présentent également un grand intérêt.
- L’heure étant avancée, bon nombre de congressistes rentrent en ville, se promettant de continuer un autre jour cette instructive visite. Ils ont du reste un guide fidèle dans une brochure offerte à chacun d’eux par M. Adr. üoll-fus; l’auteur y a dressé le catalogue méthodique des collections ou objets d’histoire naturelle disséminés dans toute l’étendue de l’Exposition.
- Séance du mardi 6 août 1339.
- Présidence de M. A. MILNE-EDWARDS.
- La séance est ouverte à 9 heures, à l’École de pharmacie.
- La séance est consacrée à la discussion des différentes communications relatives à la distribution géographique et aux procédés de recherche des animaux.
- Au début de la séance, M. le docteur Paul Fischer résume le rapport qu’il
- (0 Mosticker, Résultats des campagnes scientifiques du yacht l’Hirondelle. (Paris, au pavillon de Monaco, Exposition universelle, in-8° de 3i pages avec 19 figures, 1889.)
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- a présenté*1) sur la Détermination des régions du globe dont la faune est insuffisamment connue.
- Discussion. — M. le professeur A. de Menzbier, de l’Université de Moscou, attire l’attention sur la distribution des Oiseaux dans le centre de l’Asie.
- M. P. Siepi, préparateur au Muséum de Marseille, donne une liste de Chiroptères observés dans les départements des Bouches-du-Rhone et du Var. Il signale, entre autres espèces intéressantes, Nyctinomus Cestonii Savi, capturée pour la première fois en 1883 ; Vesperugo Leisleri Kühl; Vesperugo abramus Tem. ; Ves-pertilio Capaccinii Blasius.
- M. Valéry Mayet, professeur à l’Ecole d’agriculture de Montpellier, dans un travail sur le Castor du Rhône, constate la disparition prochaine de ce Rongeur de la faune française et demande au Congrès son appui pour empêcher la destruction d’une espèce si intéressante et si peu nuisible à l’Homme.
- MM. de Selys-Longchamps et Milne-Edwards appuient la conclusion du travail de M. Mayet, et le Congrès émet le vœu que la prime accordée aux chasseurs de castors soit abolie, et que des mesures soient prises pour empêcher la destruction de ces animaux.
- M. H.-C. de Varigny, commissaire délégué du Royaume Hawaïen, présente une note sur les Mollusques terrestres, et en particulier sur les Achatinelles des îles Hawaï. 11 signale la variabilité extrême de cette famille dans l’archipel hawaïen, et en indique les espèces dans une faunule particulière de chaque île.
- MM. Adolphe Boucard , le docteur P. Fischer, Preudhomme de Borre prennent part à la discussion de ce travail.
- Sont successivement présentées les notes suivantes :
- M. R. Bowdler Sdarpe, senior assistent in the British Muséum : Sur la relation géographique des Oiseaux des hautes régions de Bornéo avec ceux de Tenasserim, de la presqu’île Malaise et des îles voisines.
- M. le docteur Trouessart fait remarquer que des rapports semblables existent aussi entre les faunes mammalogiques de la Malaisie et de l’Hima-laya.
- M. F. Mocquard, aide-naturaliste au Muséum d’histoire naturelle de Paris; Sur une collection de Reptiles et de Batraciens des îles Bornéo et Palawan.
- M. L. Vaillant, professeur au Muséum d’histoire naturelle; Sur les Poissons des eaux douces de Bornéo.
- M. J. Künstler, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Bordeaux : Recherches sur la reproduction du Saumon de la Dordogne. Des conclusions précises sont posées dans ce mémoire.
- M. L. Vaillant fait remarquer que. d’après des documents fournis au mi-uistère des travaux publics, on observe dans la Loire des faits analogues à ceux que signale M. Künstler.
- M. Antoine Fritcb, professeur à l’Université tchèque de Prague, directeur
- (1) Congrès international de zoologie. Paris, t88g. Rapports présentés au Congrès international de zoologie, par MM. R. Blanchard, H. Filfiol, P. Fischer et Edmond Perrier. Lille, in-8° de j 6o pages, juillet 1889. Cette brochure a été envoyée à chaque membre avant l’ouverture du Congrès.
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- du Musée d’histoire naturelle, donne une notice sur la Station zoologique volante du comité pour l’exploration de la Bohême.
- M. le Président fait ressortir tout l’intérêt que présente l’étude rationnelle de la faune des eaux douces, spécialement de la faune des étangs et des lacs.
- Le Congrès émet le vœu que les autorités de la Bohême encouragent d’une façon efficace les explorations dont M. A. Fritch a pris l’initiative.
- M. le docteur Ch. Girard, de Washington, adresse un mémoire sur les Andes, la Cordillière et l’Amazonie. Il fait connaître la faune des Poissons qui peuplent les cours d’eau de ces régions.
- M. le docteur Ch. Girard adresse également un mémoire sur la Faune souterraine des Andes et de la Cordillière.
- MM. L. Vaillant et R. Blanchard ajoutent à cette dernière communication quelques détails relatifs aux faunes souterraines du Sahara.
- M. Armand Sabatier, professeur à la Faculté de Montpellier, directeur de la Station zoologique de Cette, fait un rapport à propos de cette Station, et fait ressortir les nombreux sujets d’études qui peuvent être trouvés dans la faune des environs.
- M. Anatole Bogdanov, professeur à l’Université de Moscou, présente une note sur l’exploration zoologique de la mer Noire et prie le Congrès de vouloir reconnaître et proclamer l’importance exceptionnelle qui s’attache à l’exécution de recherches zoologiques et de dragages dans cette mer. Il propose au Congrès l’adoption des résolutions suivantes :
- i° Le Congrès international de zoologie a appris avec une vive satisfaction les recherches de zoologie que les médecins de la marine russe commencent à faire dans les mers lointaines. Il exprime le vœu que ces recherches soient encouragées et poursuivies activement ;
- 2° Le Congrès constate l’importance exceptionnelle que présente la Station zoologique de Sébastopol, en raison de sa position sur la mer Noire. Il émet le désir que cette Station soit améliorée et pourvue de tous les moyens d’action en vue de dragages à effectuer dans la mer Noire;
- 3° L'exploration de la mer Noire et particulièrement l’élude de la faune des profondeurs présentent un grand intérêt scientifique;
- k° U est très désirable que cette exploration et cette étude soient entreprises sans retard, sous la direction du professeur Alexandre Kovalevsky;
- 5° Le Congrès soumet ces différentes propositions à la haute protection et à la bienveillante attention de S. A. I. le grand-duc Alexis, grand-amiral.
- Les conclusions du rapport de M. Bogdanov sont adoptées à l’unanimité.
- M. A. N. Vitzou est heureux d’apprendre que les zoologistes russes se proposent d’étudier prochainement la faune de la mer Noire. U dit que la Roumanie, qui est baignée aussi par cette même mer, ne peut se désintéresser de ces explorations, et il demande au Congrès d’émettre le vœu que, dans la mesure de ses forces, le Gouvernement roumain suive l’exemple de la Russie. Cette concurrence ne peut avoir que de bons résultats, puisqu’elle tend uniquement au progrès de la science.
- La proposition de M. Vitzou est également votée à l’unanimité.
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- M. G. Pouchet, professeur d’anatomie au Muséum d’histoire naturelle, donne une note sur les conditions de la vie dans les grands fonds.
- S. A. le prince Albert de Monaco expose les procédés de recherche des animaux et les progrès réalisés sur l’Hirondelle dans Foutillage spécial. Un tiers à peine des matériaux obtenus pendant ses campagnes a été étudié, et déjà les savants qui les examinent y ont trouvé cinquante-deux espèces et genres nouveaux.
- Considérées au point de vue général, les explorations zoologiques poursuivies jusqu’à la profondeur de 3,ooo mètres environ, avec un petit bâtiment de 200 tonneaux qui ne possède pas la vapeur, puis aussi la parfaite conservation des matériaux obtenus, prouvent donc que, pour rendre à la science zoologique des services appréciables, il est plus nécessaire à une expédition d’être soigneusement organisée dans son matériel, son personnel et ses plans, que d’être installée sur un navire puissant avec un nombreux équipage. Elles doivent encourager les esprits élevés qui reconnaîtront, en les étudiant, combien il est facile de contribuer à l’extension des connaissances humaines.
- M. Palacky, professeur à l’Université tchèque de Prague, indique par une note sur les relations de la géologie avec la distribution des animaux, que la géologie est un puissant auxiliaire de la chorologie zoologique : à ce titre, son importance ne le cède guère à celle de la biologie.
- M. le docteur Trouessart expose les divers moyens de recherche et de récolte des Acariens.
- Au cours de la séance, M. le Président reçoit d’Âbo un télégramme par lequel M. Spoof exprime l’intérêt qu’il prend aux travaux du Congrès et ses regrets de ne pouvoir se rendre à Paris.
- M. Certes communique un télégramme de M. P. J. van Beneden, qui exprime les mêmes sentiments et les mêmes regrets.
- La séance est levée à midi.
- A 2 heures de l’après-midi, les membres du Congrès se réunissent au Muséum d’histoire naturelle, où MM. Milne-Edwards et Vaillant, assistés de MM. Fischer et Oustalet, les guident à travers les nouvelles galeries de zoologie, récemment ouvertes au public.
- Séance du mercredi 7 août 1889.
- Présidence de M. A. MILNE-EDWARDS.
- La séance est ouverte à 9 heures, à l’Ecole supérieure de pharmacie.
- M. Edmond Perrier, professeur au Muséum d’histoire naturelle de Paris, résume, au début de la séance, son mémoire sur les services que VEmbryogénie peut rendre à la Classification. Il montre combien, dans cette voie, les recherches ont été nombreuses et variées ; il signale les tendances diverses qu’elles évoquent parmi les zoologistes.
- M. le docteur Ch. Girard fait remarquer que L. Agassiz a été des premiers à
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- faire intervenir l’Embryogénie dans la classification zoologique. Sa classification des Insectes d’après leur développement date, en effet, de i85o.
- M. Bouvier indique l’intérêt de l’étude, au point de vue de l’embryologie, des organes des Troques et des Pourpres, étude qui permettrait de traiter plus exactement les affinités des Mollusques avec les Annélides.
- M. Dareste, directeur du laboratoire de tératologie de l’École des Hautes Etudes, rend le compte des recherches qu’il a faites sur certaines conditions physiques de l’évolution dans les couveuses artificielles. Il croit que l’on pourra atténuer considérablement les causes d’erreur, dans les expériences tératologiques, en diminuant le nombre des œufs et en augmentant la capacité des couveuses.
- M. le Président croit répondre au sentiment unanime des membres du Congrès en leur proposant d’adresser un témoignage de leur respectueuse admiration aux deux doyens actuels de la zoologie, sir Richard Owen et M. le professeur Sven Lovén.
- Cette proposition est votée par acclamation.
- En conséquence, le télégramme suivant est adressé à sir Richard Owen et à M. Lovén :
- k Le Congrès international de Zoologie exprime son admiration de vos beaux travaux et ses vœux d’une santé si utile à la science.
- «Le Président>
- ffMlLNE-EDWARDS. »
- La séance est levée à midi.
- A 2 heures, les membres du Congrès se réunissent au Muséum d’histoire naturelle, où ils visitent les galeries de Paléontologie et d’Anatomie comparée, sous la direction de MM. Gaudry, Poucbet et Fischer.
- Le soir, ils se rendent à la soirée donnée en l’honneur du Congrès par M. le prince Roland Bonaparte.
- Séance du jeudi 8 août 1889.
- Présidence de M. A. MILNE-EDWARDS.
- La séance est ouverte, à 9 heures, à l’Ecole supérieure de pharmacie.
- Cette séance est principalement réservée aux rapports et aux discussions touchant les questions paléontologiques.
- M. le docteur Henri Filhol, sous-directeur au laboratoire de zoologie de l’École pratique des Hautes Études, présente un mémoire sur les liens qui rattachent la zoologie à la paléontologie, où il indique une série nombreuse de questions qui ne peuvent être discutées qu’avec profit pour la science.
- M. d’Arcy W. Thompson , professeur de zoologie à YUniversity College, à Dundee (Écosse), expose dans son travail les doutes qu’il a sur la possibilité de faire dériver les Cétacés d’un ordre existant de Mammifères terrestres. Selon lui, les caractères des vertèbres, des dents, ceux de la placentation et divers autres
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- rendent impossible d’allier les Cétacés soit aux Ongulés, soit aux Pinnipèdes, comme on le fait presque toujours.
- M. Bouvier dit que, pour lui, l’adaptation à la vie aquatique, moins déve-veloppée chez les Mysticètes que chez les Cétodontes, observation qui repose sur des faits précis, est contraire aux opinions de M. d’Arcy W. Thompson.
- M. le docteur Victor Lemoine présente un mémoire de considérations générales sur les Vertébrés fossiles des environs de Reims, et spécialement sur les Mammifères de la faune Cernaysienne.
- M. G. Cotteau, correspondant de l’Institut, président de la Société zoologique de France, donne la description de trois Échinides vivants recueillis par le Dr Jullien sur les côtes de Guinée (Libéria): ce sont les Rhabdobrissus Jullieni, Schizaster Edwardsi et Echinolampas Blanchardi.
- M. A. A. W. Hubrecht s’excuse de ne pouvoir assister à la séance, retenu qu’il est auprès de M. Ray Lankester, venu à Paris dans l’intention de prendre part au Congrès et tombé malade au Grand-Hôtel.
- Le Congrès exprime à M. Ray Lankester tout le regret qu’il éprouve d’être privé de sa présence'et tous ses vœux pour son prompt retour à la santé.
- La séance est levée à midi.
- A a heures, les membres du Congrès se réunissent à l’École des mines, pour visiter les riches collections de paléontologie dont M. Chaper leur fait les honneurs.
- Le soir, ils se rendent à la réception que M. Milne Edwards donne en l’honneur du Congrès.
- Plus tard, on se retrouve encore à l’hôtel de Ville, où la Municipalité de Paris donne une grande fête en l’honneur des Congrès scientifiques qui tiennent en ce moment leur session.
- Séance du vendredi 9 août 1889.
- Présidence de M. A. MILNE EDWARDS.
- La séance est ouverte à 9 heures, à l’École supérieure de pharmacie.
- M. le docteur Paul Topinard, dans une note sur les rapports de Vanthropologie avec la zoologie, exprime le désir de voir l’anthropologie nettement séparée de tout ce qui ne rentre pas uniquement dans l’histoire de l’Homme considéré en tant qu’animal.
- Différentes notes sont ensuite communiquées :
- M. Bouvier, professeur agrégé à l’École supérieure de pharmacie : Observations anatomiques sur les Cétacés.
- M. G. Roché : Appareil aérifere des Oiseaux.
- M. le docteur Ch. Maurice : Deux cas nouveaux de digestion intracellulaire.
- M. le docteur Amans : Sur un appareil destiné à mesurer la force propulsive de différentes palettes.
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- M. Schiller-Tietz, professeur à l’Ecole supérieure des sciences naturelles, à Berlin : Nouvelles lois biologiques du parasitisme.
- M. E. Perceval Wright, secrétaire de l’Académie royale Irlandaise : Sur les progrès de la zoologie en Irlande de i863 à 188g.
- M. J. Sparre Schneider, directeur du Muséum de Tromsœ : Catalogue des travaux zoologiques sur la faune des régions arctiques de Norvège, publiés depuis Vannée îSja.
- M. G. Gulia, professeur à l’Université de la Valette (Malte) : Sur un Diptère nuisible à V Oranger.
- M. le docteur Paolo Magretti : Demande d’Hyménoptères pour Vétude.
- M. F. B. de Montessus fait une communication sur la coloration des plumes chez des Oiseaux de divers âges. Il présente une série d’aquarelles relatives à cette question.
- M. le Président communique au Congrès la lettre suivante qu’il a reçue de sir R. Owen.
- «Sheen Lodge, Richmond Park, near London.
- 7th August 1889.
- crDear professor Milne Edwards, confrère de l’Institut, Académie des sciences,
- r Be pleased to convey to the r Congrès zoologique » this expression of my deep sense of the Honour conferred upon me by the distinguished Members of that Scientific Body over which you so worthily présidé, and my deep interest in the success and persistence of that Association for the advancement of our favorite science; and,
- ttBelieve me, with sincere esleem,
- «Your faithful Friend and Fellow-labourer,
- rRichard Owen.»
- M. le Président a également reçu de M. Lovén le télégramme suivant :
- «De Stockholm, g août.
- «Congrès zoologique Paris. — M. le président Milne Edwards.
- « Veuillez exprimer au Congrès ma profonde reconnaissance pour la dépêche d’avant-hier et lui témoigner d’avance mes chaleureuses félicitations pour les résultats excellents de ses travaux.
- r Votre très dévoué,
- r Sven Lovén. »
- La séance est levée à 11 heures et demie.
- A 2 heures, les membres du Congrès se réunissent au Jardin zoologique d’acclimatation. Le directeur, M. A. Geoffroy Saint-Hilaire, les guide à travers ce bel établissement scientifique.
- La visite achevée, une collation est offerte. Au champagne, divers toasts sont portés : par M. Milne Edwards à M. Geoffroy Saint-Hilaire et à la prospérité du Jardin d’acclimatation ; par M. le baron de Selys-Longchamps aux organisateurs du Congrès; par M. R. Blanchard aux savants étrangers présents
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- au Con^ ir i,l. P. Fischer aux dames assistant au Congrès; par M. A. Fritch, au President et au Secrétaire général.
- En rentrant à Paris, un bon nombre de membres vont visiter les bureaux de la Feuille des jeunes naturalistes, où M. A. Dollfus leur fait le plus cordial accueil.
- Le soir, on se retrouve dans les salons du Ministère des travaux publics, où M. et Mme Yves Guyot donnent une fête en l’honneur des Congrès et des délégations d’étudiants étrangers venues pour assister, le 5 août, à l’inauguration de la nouvelle Sorbonne.
- Séances du samedi 10 août 1889.
- Présidence de M. A. MILNE-EDWARDS.
- En raison de la longueur et de l’importance du rapport sur la nomenclature, pour la discussion duquel un grand nombre d’orateurs étaient inscrits, deux séances ont eu lieu le îo août, la première de 9 heures à midi, la seconde de 2 heures à 5 heures et demie.
- Ces deux séances sont entièrement occupées par la discussion du rapport de M. R. Blanchard sur la nomenclature des êtres organisés.
- M. R. Blanchard expose succinctement les questions traitées dans les divers chapitres de son rapport. L’exposé d’un chapitre étant achevé, on procède à l’examen et à la discussion des différents articles du corps de règles par lequel se termine le rapport.
- MM. L. Bedel, R. Blanchard, Chaper, Dautzenberg, P. Fischer, Girard, J. de Guerne, Kraatz, Mac Lachlan, A. Milne-Edwards , Preudhomme de Borre, C. V. Riley, de Selys-Longchamps, Simon, Trimen, Trouessart, L. Vaillant prennent part à la discussion.
- M. le Président. La discussion présente, à laquelle ont pris part un si grand nombre de Membres du Congrès, témoigne du haut intérêt qu’offrent la question de la nomenclature en elle-même et le rapport de notre Secrétaire général. Cependant l’heure est trop avancée pour que nous puissions songer à achever aujourd’hui la discussion de ce rapport. Vous le savez, cette séance doit être la dernière du Congrès; je me vois donc contraint de vous proposer la clôture de la discussion. Les onze derniers articles, sur lesquels nous ne nous serons pas prononcés, faute de temps, pourront être discutés à une date ultérieure, dans une nouvelle réunion internationale.
- En effet, je suis certain de répondre à votre désir à tous, en vous proposant de décider que le Congrès international de zoologie, désormais constitué, se réunira périodiquement, par exemple tous les trois ans, dans différents pays.
- A l’unanimité, la clôture de la discussion sur la nomenclature est prononcée et l’établissement de Congrès périodiques est adopté. Le prochain Congrès, auquel la suite de la discussion est renvoyée, se réunira en 1892.
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- Il est décidé en outre, à l’unanimité, que la Commission d’organisation du Congrès actuel conservera pleins pouvoirs pour susciter et centraliser les propositions et pour décider en quelle ville aura lieu la prochaine réunion, comme aussi pour prendre telles mesures qui lui sembleraient de nature à assurer l’exécution des décisions prises.
- M. le Président prononce la clôture du Congrès international de Zoologie de 1889.
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- RÈGLES
- DE LA NOMENCLATURE DES ÊTRES ORGANISÉS
- ADOPTÉES
- PAR LE CONGRÈS INTERNATIONAL DE ZOOLOGIE.
- I. — De la nomenclature des êtres organisés.
- 1. La nomenclature adoptée pour les êtres organisés est binaire et bi-nominale. Elle est essentiellement latine. Chaque être y est distingué par un nom de genre suivi d’un nom d’espèce. Ex. : Corvus corax.
- 2. Dans les cas spéciaux où il est utile de distinguer des variétés, l’adjonction d’un troisième nom à ceux du genre et de l’espèce est permise. Ex. : Corvus corax kamtschaticus.
- 3. Ce serait une faute de dire Corvus kamtschaticus. Dès lors, l’interposition du mot varietas ou de son diminutif var. entre le nom de l’espèce et celui de la variété n’est pas nécessaire I1).
- A. Quant le mot varietas est interposé, le nom de la variété s’accorde avec lui. Ex. : Cornus corax var. kamtschatica. Dans le cas contraire, le nom de la variété s’accorde avec le nom générique. Ex. : Corvus corax kamtschaticus.
- n. — Du nom générique.
- 5. Les noms génériques doivent consister en un mot simple ou composé, mais toujours unique, soit latin, soit latinisé, soit considéré et traité comme tel, s’il ne vient pas du latin.
- 6. On peut prendre comme noms génériques :
- a. Des substantifs grecs, pour lesquels les règles de la transcription latine devront être fidèlement suivies. Ex. : Àncylus, Amphibola, Aplysia, Pompholyx, Physa, Cylichna.
- b. Des mots grecs composés, dans lesquels l’attribut devra toujours être placé avant le mot principal. Ex. : Stenogyra, Pleurobranchus, Tylodina, Cy-clostoma, Sarcocysiis, Pelodytes, Hydrophilus, Rhizobius.
- A titre d’exception, on peut admettre des mots formés sur le modèle du mot Hippopotamus, c’est-à-dire dans lesquels l’attribut est après le mot principal. Ex. : Philydrus, Biorhiza. Toutefois les noms ainsi formés sont vicieux et ne doivent pas être imités.
- c. Des substantifs latins. Ex. : Andlla, Auricula, Cassis, Conus, Dolium,
- G) Le Congrès n’a pas cru devoir se prononcer par un vote pour ou contre les articles a et 3, voulant laisser à chaque auteur sa pleine liberté d’action. Nous les publions néanmoins, l’adoption de l’article h impliquant les articles a et 3, ainsi que M. le Rapporteur l’a fait ressortir au cours de la discussion.
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- Melula, Oliva. Les adjectifs (Prasina) et les participes passés (Productus) ne sont pas recommandables.
- d. Des mots latins composés. Ex. : Stiliger, Ddlabrifer, Semifusus.
- e. Des dérivés des mots grecs ou latins exprimant la diminution, la comparaison, la ressemblance, la possession. Ex. : Lingularius, Lingulina, Lingu-linopsis, Lingulella, Lingulepis, Lingulops, tous dérivés de Lingula.
- f. Des noms mythologiques ou héroïques. Ex. : Osiris, Venus, Brisinga, Velleda, Crimora. Ces noms prennent une désinence latine, quand ils ne l’ont pas déjà (Ægirus, Gondulia).
- g. Des noms ou des prénoms en usage dans l’antiquité. Ex. : Cleopatra, Be-lisarius, Melania.
- h. Des noms patronymiques modernes. On leur adjoint alors une désinence qui leur donne la signification d’une dédicace.
- Les noms patronymiques empruntés aux langues latines et germaniques conserveront leur orthographe intégrale, y compris les signes diacritiques dont certaines lettres peuvent être surchargées.
- Tout nom terminé par une consonne prendra la désinence ius, ia, ium. Ex. : Selysius, Lamarclcia, Kollikeria, Mülleria, Stâlia, Krôyeria, Ibanezia.
- Tout nom terminé par l’une des voyelles e, i, o, y, prendra simplement la désinence us, a, um. Ex. : Blainvillea, Wyvillea, Cavolinia, Fatioa, Bernaya, Quoya.
- Tout nom terminé par a prend la désinence ia. Ex. : Danaia.
- Tout nom terminé par u ou par eau rentre dans le cas précédent, mais prend un t euphonique. Ex. : Payraudeautia.
- i. Des noms de navires, qui doivent être traités exactement de la même manière que les noms mythologiques (Vega) ou que les noms patronymiques modernes. Ex. : Blakea, Hirondellea, Challengeria.
- j. Des noms barbares, c’est-à-dire empruntés à des langues parlées dans des pays où n’existe aucun mouvement scientifique. Ex. : Vanikoro.
- Ces noms doivent recevoir une désinence latine. Ex. : Yetus.
- k. Des noms formés par un assemblage quelconque de lettres. Ex. : Fossa-rus, TSeda, Clanculus,
- l. Des noms formés par anagramme. Ex. : Verlusia, Linospa.
- 7. Pour les noms patronymiques à double vocable, un seul des noms composants doit être pris comme nom spécifique. Ex. : Selysius, Targimia, Moquinia, Edvoardsia, Duthiersia.
- 8. Les particules sont exclues des noms génériques empruntés à des noms d’Homme, mais les articles sont incorporés à ces noms. Ex. : Selysius, Blain-villea, Lacazea, Lacepedea, Benedenia, Chiajea.
- Il va sans dire que cette règle n’est pas applicable aux cas où la particule est englobée dans le nom patronymique. Ex. : Dumenlia.
- 9. Les noms spécifiés à l’article 6, aux paragraphes f, g, h et i, ne doivent pas entrer dans la formation de mots composés. Des noms génériques tels que Eugrimmia, Buchiceras, Heromorpha, Môbiusispongia ne sont pas recommandables.
- 10. On doit éviter d’employer en zoologie des noms génériques existant déjà en botanique, et réciproquement. On connaît néanmoins un certain
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- nombre de noms communs aux deux Règnes, et leur emploi n’a pas d’inconvénients sérieux. Ex. : Balanus, Myrrha, Hagenia, Mirbelia.
- III. — Du nom spécifique.
- 11. Les noms spécifiques, qu’ils «oient substantifs ou adjectifs, devront également être univoques. Cependant, par exception, seront admises des dénominations spécifiques à vocable double, qui auraient pour but de dédier à une personne dont le nom est double, ou d’établir une comparaison avec un objet simple. Ex. : Sanctœ-Catarinæ, Jan-Mayeni, comurpastoris, cor-angui-num, etc. Dans ce cas, les deux mots qui composent le nom spécifique seront toujours réunis par un trait d’union.
- 12. Les noms spécifiques peuvent être rangés sous trois catégories :
- a. Substantifs ou adjectifs rappelant une caractéristique de l’espèce (forme, couleur, origine, habitat, usages, habitudes, etc.) : cor, cordiformis, gigas, giganteus, Jluviorum, fontinalis, edulîs, piscivorus, Jlavopunctatus, albipennîs.
- b. Noms de personnes auxquelles on dédie l’espèce.
- Ces noms seront toujours mis au génitif. Ce génitif sera toujours formé par l’addition d’un simple i au nom exact et complet de la personne à laquelle on dédie. Ex. : Cuvieri, Linnei, Cotteaui, Mülleri, Sebai, Rissoi, Pierrei (nom de famille).
- Dans le cas où le nom dont il s’agit serait un nom ou prénom ayant été employé et décliné dans la langue latine, il suivrait les règles de la déclinaison. Ex. : Plinii, Aristotelis, Victoris, Antonii, Elisabethæ, Pétri (prénom).
- c. Noms accolés au nom du genre par voie d’apposition et constituant une sorte de prénom. Ex. : leo, coret, Hebe, Napoleo, arctos, calcar.
- 13. Le meilleur nom spécifique est un adjectif latin, court, d’une conson-nance agréable et d’une prononciation facile. On peut admettre cependant des mots grecs latinisés ou des mots barbares indéclinables. Ex. : hipposideros, echi-nococcus, zigzag.
- I h. On doit éviter les dénominations dans lesquelles le nom spécifique est la répétition du nom générique. Ex. : Trotta trutta.
- II en est de même pour les noms triples, dans lesquels le nom de la variété est la répétition de celui de l’espèce. Ex. : Amblystoma jejjersonianum jefferso-nianum.
- 15. Les préfixes sub et pseudo ne peuvent entrer en composition qu’avec des substantifs ou des adjectifs latins pour la première, grecs pour la seconde. Ex. : subterraneus, subviridis, Pseudacanthm, Pseudopkis, Pseudomys.
- Elles ne peuvent entrer en composition avec des noms propres. Des dénominations telles que sub- Wilsoni et pseudo-Grateloupana sont très vicieuses.
- 16. La désinence slSos ou sa forme latine oïdes ne peuvent entrer en composition qu’avec un substantif grec ou latin. On ne peut les combiner à un nom propre.
- 17. Si le nom spécifique exige l’emploi d’un nom géographique, celui-ci devra être mis au génitif ou employé sous sa forme adjective, s’il était connu' des Romains, ou s’il a été latinisé par les écrivains du moyen âge. Sous forme adjective, il sera toujours écrit avec une première lettre minuscule. Ex. : An—
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- lïllarum, lybicus, œgyptiacus, grœcus, burdigalensis, iconmsis, petrocoriensis, parisiénsis.
- 18. Tout nom géographique qui ne rentre pas dans la catégorie précédente sera transformé en adjectif, suivant les règles de la dérivation latine, tout en conservant l’orthographe exacte du radical, si celui-ci n’a pas été employé en latin. Ex. : neo-batams, islandicus, brasiliensis, canadensis.
- 19. Si le radical du nom géographique donnait lieu en latin à deux dérivés adjectifs (Ex. : hispanus et hispanicus), ils ne pourraient être employés concurremment dans le même genre.
- 20. De même pour les noms communs. Ex. : seront considérés comme doubles emplois des noms tels que jluviorum, Jluvialis, Jluviatilis.
- 21. On adoptera l’orthographe locale pour transformer en adjectifs latins les noms empruntés à des pays faisant usage de l’alphabet latin (langues néo-latines et germaniques). Pour la commodité de la transcription, on adoptera les lettres marquées de signes diacritiques. Ex. : spitzbergensis, islandicus, paraguayensis, patagonicus, barbadensis, fâroensis.
- 22. Les noms géographiques empruntés à des noms d’Hommes seront transformés en adjectifs latins conformément aux articles 18 et 19. Ex. : ed-wardienisis, diemenensis, magellanicus.
- Par exception, les noms d’île tels que Saint-Paul, Saint-Thomas, Sainte-Hélène pourront conserver la forme substantive, mais seront alors mis au génitif. Ex. : Sandi-Pauli, Sanctæ-Helenæ.
- TV. — De la manière d’écrire les noms de genre et d’espèce.
- 23. Le nom de genre devra être écrit avec une première lettre majuscule.
- 2à. Le nom spécifique prendra la majuscule ou la minuscule suivant la règle ordinairement en usage dans l’écriture. Ex. : viridis, magnus, Cuvieri, Cæsar.
- 25. Doit être considéré comme l’auteur légitime d’une espèce :
- a. Celui qui le premier la décrit et la dénomme conformément à l’article i.
- b. Celui qui, conformément à ce même article, donne un nom à une espèce déjà décrite, mais non encore dénommée.
- c. Celui qui substitue à une dénomination contraire à l’article susdit un nom conforme à ce même article.
- d. Celui qui supprime un nom spécifique faisant double emploi et lui substitue un nom nouveau.
- Le nom de l’auteur de l’espèce sera écrit à la suite du nom spécifique, dans le même caractère que le texte courant; on suppose que le nom de l’espèce est en italique dans un texte romain, en romain dans un texte italique. Ex. : La Rana esculenta Linné vit en France.
- 26. Lorsque le nom de l’auteur d’une espèce ou d’une sous-espèce sera cité en abrégé, on devra se conformer à la liste d’abréviations proposée par le Musée zoologique de Berlin.
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- V. — Subdivision et réunion des genres et des espèces.
- 27. Quand un genre est subdivisé, le nom ancien doit être maintenu à l’une de ses subdivisions et à celle qui renferme le type originaire du genre.
- 28. Quand le type originaire n’est pas clairement indiqué, l’auteur qui, le premier, subdivise le genre, peut appliquer le nom ancien à telle subdivision qu’il juge convenable, et cette attribution ne pourra être modifiée ultérieurement.
- 29. Le dédoublement des espèces est soumis aux deux règles précédentes.
- 30. Dans les cas où, par suite du dédoublement d’un genre, une espèce se trouve transportée dans l’une des divisions du genre primitif, le nom de l’auteur de l’espèce doit être écrit à la suite du nom spécifique. On peut alors choisir entre plusieurs notations, que nous indiquons ci-dessous par ordre de mérite, et en prenant pour exemple l’ancienneHirudomuricata Linné, 1761, transportée par Leach, en i8i5, dans le nouveau genre Pontobdella :
- i° Pontobdella muricata Linné,
- 2° P. muricata (Linné).
- 3° P. muricata Linné (sub Hirudo).
- 4° P. muricata (Linné) Lamarck.
- 5° P. muricata Lamarck ex Linné.
- 31. Un genre formé par la réunion de plusieurs autres doit prendre le nom du plus ancien des composants.
- 32. Cette même règle est applicable quand plusieurs espèces sont réunies en une seule.
- 33. Quand, par suite de la réunion de deux genres, deux êtres ayant le même nom spécifique se trouvent rapprochés, le plus récent perd son nom spécifique et reçoit un nom nouveau.
- VI. — Du nom de famille.
- 34. Les noms de famille seront formés en ajoutant la désinence idœ au radical du genre servant de type. On dénommera les subdivisions de la famille en ajoutant la désinence inœ au nom du genre servant de type.
- VH. — Loi de priorité.
- 35. Le nom attribué à chaque genre et à chaque espèce ne peut être que celui sous lequel ils ont été le plus anciennement désignés, à la condition :
- a. Que ce nom ait été divulgué dans une publication où il aura été clairement et suffisamment défini.
- b. Que l’auteur ait effectivement entendu appliquer les règles de la nomenclature binaire.
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