Force productive des nations depuis 1800 jusqu'à 1851. Introduction aux rapports de la commission française instituée pour le jury international de l'Exposition universelle à Londres en 1851
-
-
- /
- KX«V>V..-
- • •
- ♦
- A'iV-'V
- /
- p.n.n. - vue 1/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE DES NATIONS,
- DEPUIS 1800 JUSQU'A 1851.
- •>-1
- p.n.n. - vue 2/0
-
-
-
- p.n.n. - vue 3/0
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/0
-
-
-
- p.n.n. - vue 5/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- DES NATIONS,
- *
- DEPUIS 1800 JUSQU’A 1851.
- INTRODUCTION
- AUX
- RAPPORTS DE LA COMMISSION FRANÇAISE
- INSTITUÉE POUR LE JURY INTERNATIONAL
- DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE A LONDRES, EN 1851,
- PAR
- LE BARON CHARLES DUPIN,
- MEMBRE DE L’INSTITUT,
- PRÉSIDENT DE LA COMMISSION FRANÇAISE.
- PARIS. ,
- IMPRIMERIE IMPÉRIALE.
- M DCCC LV1II.
- Page de titre n.n. - vue 6/0
-
-
-
- p.n.n. - vue 7/0
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Situation des travaux de la commission au ier février i858, soumise
- à Sa Majesté l’Empereur Napoléon III....................... i
- Introduction.....................i............... *........... 1
- Objet .et plan de cette introduction..........................Ibid.
- • , PREMIÈRE PARTIE.
- I. La Grande-Bretagne.
- Considérations préliminaires sur le sol et sa culture...... 5
- Terres cultivées par mille habitants en i85i............... 6
- I” section. — Les trois bassins de la Grande-Bretagne.. .*...... 10
- CHAPITRE PREMIER.
- BASSIN ORIENTAL.
- $ 1". — CÔTE ORIENTALE DE L’ANGLETERRE.......................... IO
- Ports d’enregistrement des navires sur la rive droite de la Tamise. 11
- Les trois villes de Londres................................ 15
- Puissance productive de la presse à Londres................ 18
- Travaux de la Société royale de Londres.................... 21
- Succès artistiques et scientifiques de Londres en i85i..... 26
- Récompenses de premier ordre obtenues en i85i..............Ibid.
- Population par récompense de premier ordre.................Ibid.
- Recensements officiels de Londres au xix* siècle........... 27
- Le port de Londres......................................... 28
- Les docks du port de Londres............................... 29
- Superficie des eaux dans les docks du port de Londres...... 36
- Les premiers ports au nord de la Tamise....................Ibid.
- Ports et navires des trois comtés orientaux................ 39
- La baie du Wasb............................................. • Ai
- INTRODUCTION. a
- p.r1 - vue 8/0
-
-
-
- II
- TABLE.
- Pages.
- La baie (lu Humber. .......................................... 43
- Ports et navires enregistrés de ia baie du Humber............. 44
- Population progressive des cités manufacturières du comté d’York. 45 Mouvement d’entrée et de sortie des ports du Humber en i85i. 46
- La côte d’Angleterre au nord du Humber............'....... 48
- Ports et navires enregistrés au nord du Humber................ 4 g
- Entrées et sorties des ports d’Angleterre au nord du Humber en
- i85i........................................................ 5o
- §2. — Ecosse orientale. . .......................................... 53
- La Société royale d’Edimbourg.................................Ibid. -
- Les ports du golfe d’Edimbourg................................ 57
- Navires enregistrés dans les ports de la baie d’Edimbourg. 59
- Ports et navires enregistrés au nord de la baie d’Edimbourg. ... 60
- La population de la haute Ecosse............................. . 64
- La vie d’un ingénieur écossais : Thomas Telford............... 67
- CHAPITRE IL
- BASSIN OCCIDENTAL DE LA GRANDE-BRETAGNE.
- S 1er. — Ecosse occidentale.......................................... 72
- Ports et navires de l’Ecosse occidentale.................. Ibid.
- Glasgow........................................................ 73
- Parallèle de la voile et de la vapeur dans les ports du Clyde. 82
- Progrès généraux de l’agriculture écossaise..................... 84
- S 2. — Côte occidentale de l’Angleterre.............................. 85
- Les ports que baigne la mer d’Irlande : état de la navigation au
- xix* siècle.................................................Ibid.
- Port de Liverpool...................;......................... 86
- Orbe industriel et commercial dont Liverpool est le foyer...... 92
- Population de l’orbe commercial dont Liverpool est le foyer. ... g3
- Accroissement des populations anglaises, de 1801 à 1851......... 94
- Habitants par mille hectares................................ Ibid.
- Tableau des grands centres industriels dans l’orbe de Liverpool. 96
- Birmingham, Leeds............................................... 97
- Bradford, Slielïield, Wolverhampton............................. 98
- Stoke-sur-la-Trente, Preston, Bolton, Nottingham, Stockport,
- Oldham...................................................... 99
- Manchester....................................................Ibid.
- Les chemins de fer dans l’orbe de Liverpool.. . . ............ 100
- Parallèle entre la Belgique et l’orbe de Liverpool............. 101
- L’orbe de Liverpool à l’Exposition universelle................ 1 o3
- Parallèle des récompenses de premier ordre entre les nations et l’orbe de Liverpool, en i85i..................................Ibid.
- p.r2 - vue 9/0
-
-
-
- V
- TABLE. ni
- Pages.
- LES GRANDS PROMOTEURS DES INDUSTRIES QUI RAYONNENT AUTOUR DE LIVERPOOL.
- ï. Le Lancastre, le Derby, le Nottinghani : Arkwright, Hargreaves,
- Grompton............................................... 106
- 2. Birmingham, Warwickshire et Staffordshire : Boulton et Watt. ... 112
- 3. Le comté de Stafford : Joseph Wedgewood.................. 121
- Les ports et les canaux de l’ouest, au midi de Liverpool.. 124
- Chester.................................................. 125
- Les ports de la baie de Bristol.......................... *28
- Bristol et Bath......................................... 1 3o
- CHAPITRE III.
- Côte méridionale de l’Angleterre.......................... 131
- Ports, navires enregistrés et navigation................. *32
- Plymouth................................................ i33
- Portsmouth.............................................. i36
- Un ingénieur français en Angleterre : Marc-Isambart Brunei.... i3y
- Les ports â l’est de.Portsmouth......................... 14o
- Folkstone et Douvres................................... 14 1
- SECONDE PARTIE.
- époques du progrès britannique.
- CHAPITRE PREMIER.
- PREMIÈRE ÉPOQUE.
- S lor. — La transition du xvm* au xixe siècle................... 1^2
- Exportations britanniques à la fin du xvme siècle.......... i45
- Ventes d’une année (1800) par la compagnie des Indes.......... i5o
- Résumé des exportations à la fin du xvm' siècle............Ibid.
- La dette en 1793 et en 1800................................ i5i
- S 2. — Paix transitoire : 1801 à i8o3........................... i52
- Effets importants de la courte paix d’Amiens...............Ibid.
- Valeur comparée des produits britanniques vendus à l’univers.. . Ibid. Exportation des produits britanniques en 1802.......... i53
- \
- * CHAPITRE IL
- SECONDE ÉPOQUE : LA GUERRE DU XIX* SIECLE (l8o3 À l8l5).
- ^ ^ • — Temps où le commerce anglais décline : i8o3 à 1808...... i54
- Exportations comparées pour quatre ans de guerre........... 158
- a.
- p.r3 - vue 10/0
-
-
-
- IV
- TABLE.
- PaB«,
- Diminution progressive de la vente par l’Angleterre de ses produits à l’Europe, comparativement au reste du monde............. i58
- S 2. — Renaissance du commerce britannique : 1808 à i8i5............Ibid.
- Comparaison du commercé avec les Etats-Unis et avec l’univers. 15g Marchandises britanniques importées dans la péninsule Ibérique. 160 Progrès des produits vendus par l’Angleterre à l’Europe, à partir
- de 1808.................................................... 161
- S 3. — Progrès de la population britannique depuis la fin du
- XVIIIe siècle..................................................... i64
- Progrès de la population anglaise en parallèle avec le territoire. . 167
- S 4. — Progrès des facultés productives, de 1800 à 1815............. 168
- Progrès des arts textiles, dei793 ài8i5........................ 171
- Valeur proportionnelle, des produits textiles vendus par l’Angleterre aux autres nations, en prenant le coton pour terme de
- comparaison.................................................Ibid.
- Valeur des produits métallurgiques exportés................... 17 2
- Parallèle des produits textiles et de l'ensemble des autres produits exportés, de 1797 ài8i5................................ 173
- CHAPITRE III.
- TROISIÈME ÉPOQUE.
- S 1er. — Passage de l’état de guerre à l’état de paix...............
- S 2. — Années de crise transitoire..................................
- Prix élevé des céréales.......................................
- S 3. — Effet de la dette publique à partir de la paix...............
- Soulagement progressif des charges publiques..................
- Dépenses publiques, amortissement déduit......................
- Dépenses publiques par habitant de la Grande-Bretagne.........
- Retour du payement en numéraire...............................
- Epoque où l’équilibre s’établit entre les produits britanniques exportés, estimés : i° suivant la valeur officielle immuable, datée de 1696; 2° suivant la valeur courante de l’année, ou ce qu’on
- appelle la valeur réelle....................................
- Mesure des progrès de l’industrie britannique et des industries étrangères, à partir du ier janvier 1820 jusqu’à l’époque de
- l’Exposition universelle de i85i............................
- Produits exportés, produits importés.. .......................
- Parallèle des diminutions des prix opérées sur la vente des produits de l’agriculture et de l’industrie......................
- Tableau comparé des exportations depuis 1802, année de paix
- générale, jusqu’à 1820......................................
- Produits d’industrie exportés par habitant de la Grande-Bretagne. S 4. — Epoque du retour à la prospérité : 1820 à i83o...............
- 174 Ibid.
- 175
- 176 178 Ibid. Ibid.
- ‘79
- 180
- 181
- Ibid.
- 182
- x 85 186 Ibid.
- p.r4 - vue 11/0
-
-
-
- TABLE.
- v
- Pages.
- Administration de Huskisson...........»....................... 186
- Les services de William Huskisson............................. 187
- Mesures législatives sur les industries textiles.............. 191
- Exportations comparées des produits textiles, de 1797 à 1820. . 192 Parallèle des quantités de laine entrées ou sorties en 1813 et.
- 1853....................................................... 193
- Système de réductions......................................... l9^
- Du peu de danger qu’ont eu les réductions de droits en Angleterre..................................................... *9^
- Produits étrangers de coton, de laine, de lin ou de chanvre consommés par le Royaume-Uni en i83o........................Ibid.
- Produits britanniques de coton, de laine et de lin vendus à l’étranger en i83o............................................... »96
- Commerce de France en i83o.................................... J 97
- Mesures relatives aux soieries. ..........*...................Ibid.
- Exportation des soieries britanniques.......................... 2o3
- Mouvement des soieries d’Europe apportées en Angleterre (1851). 20A
- Entrepôts.................................,...................r • 208
- Parallèle des importations et des réexportations, de 1800 à 183o. Ibid.
- Lois coloniales et de navigation.............................. 206
- 5. — Situation nouvelle de l’industrie des fontes, des fers et des
- aciers; création des chemins de fer à grande vitesse............. 212
- Chemin de fer modèle entre Liverpool et Manchester. . ........ 214
- Réaction soudaine des chemins de fer sur les canaux........... 215
- Organisation du service des chemins de fer.................... 216
- CHAPITRE IV.
- QUATRIÈME ÉPOQUE : DE l83o À l84l.
- 1er. — Développements ultérieurs des chemins de fer........... 219
- Étendue des chemins de fer livrés à la circulation......... 2 2 3
- Périodes quinquennales remarquables........................ 226
- Nombre et produits des voyages pour le premier semestre de 1854- 227 Sommes payées suivant les distances pour le transport des personnes.................................................. 228
- Longueur et dépense moyenne des voyages..................... 229
- Comment les chemins de fer du Royaume-Uni se rattachent à la navigation générale, qui continue sur les mers les voyage*à la
- vapeur................................................... 2 3o
- 2. —De la population dans ses rapports avec le travail des manufactures...................................................... 2 31
- Travaux des enfants, des adolescents et des femmes.........Ibid.
- Inspection générale des manufactures....................... 241
- Situation en 1833.......................................... 24 4
- p.r5 - vue 12/0
-
-
-
- VI
- TABLE.
- Pages.
- Forces de la fabrique moyenne du coton, entre i83o et i84o.. . 244
- Etat de l’agriculture d’Angleterre en i85i.................... 245
- Forces moyennes des plus grandes fermes d’Angleterre.......... 245
- §3. — Les ouvriers et les machines.................................. 2 46
- Exportations progressives des machines, métiers, etc.......... 2 5o
- Des machines-ouvriers appelées machines-outils.................Ibid.
- Progrès comparé du travail des manufactures textiles, de 1826 à
- 1839 ...................................................... 253
- Proportion des hommes de 20 ans et plus employés par l’agriculture en i84i........................».................... 254
- Occupations comparées du peuple anglais......................... 255
- S k. — Avancement de l’Angleterre en i84o...........................Ibid.
- Tonnages comparés (1820, i83o, i84o)............................ 256
- Navires à vapeur existants dans les trois royaumes, de 1814 à
- 1840 ..................................................... 257
- Progrès des chemins de fer, 1826 à i84o....................... 2 58
- Progrès de la production du fer, 1820 à i84o.................. 259
- Progrès des exportations de la houille, 1820 à i84o........... 260
- Longévités comparées, classes de l’industrie et de l’agriculture. 261
- S 5. — La ligue contre la protection de l’agriculture............... 262
- Quantités comparées de farine que pouvait acheter un fileur de coton avec ses gains de six jours ouvrables, en i8o4, i8i4 et
- i833.......................................................... 266
- Immenses progrès de l’industrie, et ses plaintes..........•.. . 267
- Sir Robert Peel................................................ 277
- Progrès des exportations, de 1842 à 1845...................... 283
- CHAPITRE V.
- CINQUIÈME ÉPOQUE : DE 1 845 À l853.
- S 1". — Révolution économique de i S46.............................. 284
- Céréales importées pendant le xixe siècle..................... 288
- Entre quelles mains étrangères est le commerce des céréales. . . 290 Avenir comparé de la population agricole avec celui de tout le
- reste delà société britannique................................ 291
- Aperçu comparé des populations du Royaume-Uni en 1801 et
- en 1901...................................................... 295
- Aperçu des populations probables de trois groupes de nations . . . 296 S 2. — Situation alimentaire et industrielle du Royaume-Uni dans la
- dernière année de paix universelle................................. 299
- Produits étrangers alimentaires consommés en 1853..............Ibid.
- Taxation comparée des produits alimentaires consommés en 1853. 3oo Droits d’excise établis sur la préparation des spiritueux britanniques................................................. 3oi
- p.r6 - vue 13/0
-
-
-
- TABLE.
- vu
- Pages.
- S 3. — Ce que l’univers fournissait à l’Angleterre pour ses consommations en i853, dernière année de paix générale............... 3oa
- Système complet des consommations exotiques..................Ibid.
- §4. — Transports maritimes de l’empire britannique................. 3ob
- Navigation opérée, en i853 , entre le Royaume-Uni et le reste de
- l’univers. ................................................ 3oti
- Tonnage par nationalités avant et après la réforme de la navigation ............................................... Ibid.
- § 5. — Progrès commercial de l’Angleterre considéré dans son ensemble............................................................ 3o7
- Tableau comparé des produits britanniques vendus à l’univers,
- de i833 à i853............................................... 3o8
- Progrès décennal par million d’exportation....................Ibid.
- Exportations comparées des produits britanniques. ...........- Ibid.
- Augmentationdécennale par million d’exportations britanniques,
- de i833 à i853............................................. 3oq
- Importation de céréales, et produits britanniques vendus à l’Europe, à l’univers.............................................Ibid.
- Parallèle des mouvements du commerce britannique entre l’Europe et le reste de la terre................................... 3io
- S 6. — Dernière grande invention de la dernière période : les chemins
- de la pensée ; électro-télégraphie terrestre et sous-marine..... 311
- Idée du principe scientifique de la télégraphie électrique... 31 2
- Récompenses données À l’Exposition universelle de i85i.......... 3i8
- ier groupe : matières premières.............................Ibid.
- 2e groupe : arts géométriques et mécaniques................ 3 19
- 3‘ groupe : industries textiles : les tissus, les peaux, les papiers , les impressions, la presse................... 32b
- 4" groupe : mise en œuvre des métaux, verrerie, céramique.». 329
- Autres arts.................................................... 332
- . Résumé général des récompenses obtenues par le Royaume-Uni
- de l’Angleterre, de l’Ecosse et de l’Irlande............... 334
- II. Royaume d’Irlande.
- ^ lei* — Obstacles primitifs au développement productif de l’Irlande. 335
- Commerce extérieur : année moyenne, de 1699 à 1 709.......... 34o
- L’Irlande au xixe siècle....................................... 34a
- Proportion des produits nationaux exportés directement à l’étranger...............’..................................... 343
- Exportations de l’Irlande en 1821.. . .......................Ibid.
- Arts industriels de l’Irlande.................................. 344
- Parallèle du nombre d’ouvriers des fabriques textiles, en 1889.. 345
- p.r7 - vue 14/0
-
-
-
- VIII
- TABLE.
- Pages.
- Parallèle des exposants et des récompenses entre la Grande-Bre-
- tagne et l’Irlande, en 1851.................................-346
- Un simulacre d’exposition universelle à Dublin................. ... 347
- Intercourse de l’Irlande et de la Grande-Bretagne.............Ibid.
- Facultés productives des Irlandais.............................. 349
- Produits nationaux exportés par million d’babitants............. Ibid.
- Agriculture de l’Irlande........................................ 35o
- Territoires cultivés dans les trois royaumes, en 1827.........Ibid.
- Prix moyen des céréales en Irlande, pris pour base par M. Mac-
- Culloch, avant la réforme de sir Robert Peel................ 35i
- Importations de l’Irlande dans la Grande-Bretagne, en i845... . 352
- Consommations alcooliques : le père Mathieu.................. 353
- Alimentation................................................... 355
- Secours venus d’Angleterre lors de la famine d’Irlande........ 357
- Nouvelle période de pénurie : Vabondnnce...................... 364
- L’émigration progressive.......................................Ibid.
- Recensement des cités........................................... 365
- Tableau de l’émigration progressive, i84i à i855................ 366
- L’exode préconisée............................................. 368
- Lettre à M. Daniel O’Connell sur les conditions d’existence du
- peuple irlandais.............................................. 36g
- Avenir de l’Irlande............................................. 376
- DEUXIEME PARTIE.
- L’AMÉRIQUE.
- 1. LA NOUVELLE-BRETAGNE. ............................'....... 379
- 1. Découvertes britanniques au nord du cercle polaire...... 38o
- 2. Compagnie britannique de la baie d’Hudson............... 381
- Fourrures apportées de la Nouvelle-Bretagne en 1851....... 382
- 3. Les colonies britanniques de l’Amérique du Nord.........Ibid.
- Exposition de 1851....................+................... 383
- Topographie générale des colonies britanniques de l’Amérique
- du Nord.................................................Ibid.
- Saint-Pierre et Miquelon (France).......................... 384
- 1. La colonie et la pêcherie de Terre-Neuve....'............ 385
- 2. Ile du Cap-Breton........................................ 388
- 3. Acadie ou Nouvelle-Écosse................................ 389
- Halifax................................................... 392
- 4. Ile du Prince-Édouard................................... 3ç)3
- 5. Nouveau-Brunswick...................................... 394
- Baie du Chaleur. . ........................................ 396
- 6. Les deux Canadas : découverte . ......................... 397
- p.r8 - vue 15/0
-
-
-
- TABLE., ix
- Pages.
- Origine des populations dans les deux Canadas, d’après un recensement de 1851....................................• 4 o 1
- Population française.......................................Ibid.
- Bas Canada : le fleuve et la vallée du Saint-Laurent....... koi
- Rade, port et ville de Québec : Richelieu.................. 4o5
- La rivière et les rapides de Richelieu.........*........... ^°9
- Montréal................................................... ^10
- Canada supérieur............................................ 4u3
- Exploitation des forêts.................................... 416
- Territoire et population de la Nouvelle-Bretagne, d’après le recensement de 1851............... ....................... 4*8
- Émigrations de la mère patrie dans la Nouvelle-Bretagne, comparées aux émigrations totales de i84o à 1854........... 4ig
- Statistique commerciale officielle de la Nouvelle-Bretagne... 420
- Commerce de la Nouvelle-Bretagne en i85i....................Ibid.
- ,Valeur des produits d’industrie fournis à la Nouvelle-Bretagne
- en 1851.................................................. 4 2 1
- Derniers résultats commerciaux obtenus sous lord Elgin..... 42 2
- Tissus de coton importés dans la Nouvelle-Bretagne en i85i. . . . 423
- F ers bruts, ouvrés, etc................................... 424
- Lainages vendus à la Nouvelle-Bretagne en i 85............. 42 5
- Soieries vendues aux colonies de la Nouvelle-Bretagne en 1801. . Ibid. Derniers progrès du Canada : lord Elgin............... 426
- II. ÉTATS-UNIS DE L’AMÉRIQUE DU NORD........................... 429
- Considérations préliminaires. Accroissements de la population. . Ibid. Accroissements de territoire................................. 43 »
- PARTIE Dü NORD.---LA NOUVELLE-ANGLETERRE.
- I. État du Maine................................................ 434
- Forces de plusieurs marines marchaWes comparées à la marine
- du Maine.................................................. 437
- U. État du New-Hampshire......................................... 439
- Création de la Nouvelle-Manchester, et de Nashua........... 442
- III. Etat de Vermont............................................ 444
- IV. État de Massachusetts...................................... 447
- Importance nautique du Massachusetts........................ 45o
- Tonnage des navires affectés à la pêche de la baleine...... 451
- Tonnage et construction par districts, en 1853............. 453
- Produits du Massachusetts à l’Exposition universelle....... 454
- Richesse commerciale de Boston.............................Ibid.
- Richesse morale. Un premier évêque : Mgr de Chévérus....... 455
- L instruction publique et les sciences au Massachusetts :M. Agassi/.. 456
- p.r9 - vue 16/0
-
-
-
- X
- TABLE.
- Pages.
- Révolution industrielle........................................ 46o
- Protection des produits américains, depuis 1790.............. 462
- Valeur des produits annuels du Massachusetts, en 1837........ 464
- Concurrence élevée par les Américains contre les Anglais pour le travail des cotons en grande manufacture. ............ 467
- 1. Établissements formés sur le Merrimack : création de Lowell. . . Ibid.
- Fabriques et cité de Lawrence................................ 474
- Etablissements au-dessous de Lawrence.......................... 476
- 2. Établissements formés sur les bords du Connecticut : Holyoke.. . 477 Poids du coton mis en œuvre par million d’habitants, en i85o. . 479 Tissus de coton fabriqués dans l’année par million d’habitants. . Ibid.
- Considérations générales......................................Ibid.
- Progrès du capital des banques du Massachusetts...............Ibid.
- La banque d’épargne du Massachusetts......................... 48o
- Chemins de fer........»...................................... 4.81
- V. É4at dd Rhode-Island ......................................... 483
- Produits comparés d'agriculture et d’industrie...............Ibid.
- VI. Etat du Connecticut............................................ 485
- Population et ses progrès, de 1790 à i85o.................... 486
- Inventions du Connecticut...................................... 487
- M. Goodyear : le caoutchouc.................................... 488
- Les horloges en bois........................................... 4go
- Ville de Waterbury : métallurgie............................. 492
- Fabrication des révolveurs..................................... 4g3
- Chemins de fer.........................................*.....Ibid.
- %
- ÉTATS DD CENTRE ORIENTAL.
- VIL État de New-York.............................................. 4q4
- ’ Progrès décennaux de la population, de 1790 4 i85o...........Ibid.
- Parti qu’on a tiré des eaux dans l’État de New-York. ........ 497
- Tableau statistique des canaux................................. 5oo
- Influence des canaux sur l’agriculture....................... 5oi
- Chemins de fer du New-York..................................... 802
- De Witt-Clinton.............................................. 5o5
- Progrès des villes favorisées par les canaux et les routes... 5o8
- Tableau de la navigation entre l’Etat de New-York et les lacs... 511
- Albany, capitale ; ses institutions ; son observatoire....... 513
- École militaire de West-Point................................ 51 5
- Le port et la cité de New-York............................... 516
- Industrie de New-York........................................ 518
- Tonnage des navires possédés, en 1853, par l’Étal de New-York. Ibid.
- Parallèle avec les navires anglais et français............... 5 19
- Marine à vapeur : Fulton................................... 520
- p.r10 - vue 17/0
-
-
-
- TABLE. xi
- Pages.
- Commerce des Etats-Unis avec les trois royaumes britanniques,
- en i853.................................................... 521
- Industries de New-York qui figuraient à l’Exposition universelle,
- à Londres.................................................. 522
- Industries comparées de New-York et de l’Europe............... 525
- Progrès décennaux de New-York, montrant l’influence de la paix
- et de la guerre sur la prospérité de cette ville........... 527
- Populations comparées de Paris et de New-York................ 528
- Parallèle des trois ports les plus fréquentés de l’univers.... 529
- Tonnage des navires arrivés de l’étranger, à des époques séparées
- par intervalles de trente ans............................... 53o
- Protection de l’industrie dans l’Etat de New-York............. 531
- Proportion entre les produits agricoles et les produits non agricoles exportés des Etats-Unis et des royaumes britanniques. . . 533
- Animaux domestiques........................................... 535
- Valeur du bétail par million d’hectares des fermes et plantations. Ibid. Valeur comparée d’un million d’hectares, améliorés ou non, compris dans les fermes et plantations......................Ibid.
- VIII. Etat de New-Jersey.......................................... 537
- Progrès de la population depuis le premier recensement décennal........................................................Ibid.
- Origine comparée des populations, en i85o...................... 538
- Progrès de la valeur des terres...............................Ibid.
- Produit des mines et manufactures........................, . . . Ibid.
- Canal Morris................................................... 53g
- Cité de Jersey................................................ 54 o
- Newark : progrès............................................... 541
- Patterson...................................................... 542
- IX. Etat de Pennsylvanie......................................... 543
- Topographie et population...................................... 544
- Progrès de la population depuis 1790......................... Ibid.
- Ville et port de Philadelphie.................................. 545
- Benjamin Franklin : ses travaux................................ 540
- Commerce et navigation......................................... 54g
- Exportations comparées, 1791 à i85o................... 5ig et 55o
- Importations les plus considérables...........................Ibid.
- Industrie : force productive de Philadelphie et d’autres cités.... 551
- L’ingénieur Olivier Evans.....................................Ibid.
- Filatures et tissages.......................................... 553
- Coton mis en œuvre par million d’habitants, en i85o...........Ibid.
- Port et cité de Pittsbourg..................................... 554
- Combustibles minéraux de la Pennsylvanie....................... 555
- Voies de communication en faveur de la houille................ 556
- exploitation de fanthracite.................................... 55y
- p.r11 - vue 18/0
-
-
-
- XII
- TABLE.
- / Pages.
- Canaux entrepris par l'État de Pennsylvanie................... 558
- La faillite.................................................. 56o
- Le révérend Sydney Smith....................................... 561
- Inégalité des succès de la Pennsylvanie et du New-York dans la canalisation..................................................Ibid.
- Etats de nouvelle formation colonisés au nord par les neuf Etats primitifs....................................................... 562
- X. État d’Oiiio................................................. 563
- Territoire et population : progrès............................Ibid,
- Agriculture.................................................... 564
- Industrie...................................................... 567
- La ville de Cincinnati : son développement.................... 568
- L’État d’Ohio à l’Exposition universelle....................... 570
- Richesses minérales.......................................... Ibid.
- Fontes et fers des quatre principaux Etats producteurs........ 571
- Des voies de communication : voies hydrauliques................ 572
- Chemins de fer................................................. 673
- Concurrence des transports par eau et par terre............... 574
- Navigations comparées par la voile et par la vapeur........... 575
- La ville de Cleveland..................................... Ibid.
- Grands résultats de l’Ohio comparés à sa population...........Ibid.
- XI. Etat d’Indiana. — Territoire et population.................... 576
- Les principales villes : leurs progrès......................... 677
- Inégalité d’instruction des Américains et des étrangers........ 579
- XII. État d’Illinoi^..............................................Ibid.
- Population, agriculture, industrie..........*................. 58o
- Les eaux....................................................... 581
- Cité de Chicago l’Exposition universelle : M. Mac-Cormick. . . 582
- Commerce de Chicago............................................ 583
- Mouvement des céréales dans le port de Chicago................ 584
- Chemins de fer................................................. 585
- Chemins de fer par million d’hectares dans trois nouveaux États. 586 Les Mormons dans l’Illinois : Joë Smith..................*Ibid.
- XIII. État du Michigan..................,......................... 587
- Progrès de la population. . .................................. 588
- Instruction publique........................................... 58q
- Chenal, port et cité de Détroit................................ 590
- Tonnage possédé par le port de Détroit........................ 5g 1
- Chemins de fer en activité au ior janvier 1854 ...............Ibid.
- XIV. État de Wisconsin.......................................... Ibid.
- Établissements d’instruction publique......................... 5g2
- XV. État d’Iowa........•........................................ 5g3
- Population des villes de l’Iowa riveraines du Mississipi...... 5g4
- p.r12 - vue 19/0
-
-
-
- TABLE. xm
- Pages.
- Moyens d’enseignement public................................. 595
- Résumé des quinze États septentrionaux......................Ibid.
- Subdivision en trois groupes................................. 596
- Population progressive des trois groupes, de 1800 à i85o..... 597 Etrangers non irlandais émigrés dans les États du nord, en i85o. 5g8
- Irlandais émigrés dans les États du nord (i85o).............Ibid.
- Secours des Irlandais d’Amérique à leurs parents, pour qu’ils
- émigrent.................................................». 5gg
- Production manufacturière en i85o............................ 600
- Valeur comparée des propriétés dans les États septentrionaux. . 601 Puissants effets des lois protectrices de l’industrie... 602
- PARTIE DU MIDI : LES ÉTATS À ESCLAVES............................ 6o3
- Introduction et progrès de la race noire : esclavage........Ibid.
- Les libres et les esclaves du nord..........................Ibid.
- Les libres et les esclaves du midi, en 1790................. 6o5
- Forces productives de l’espèce humaine dans les États méridionaux de la Confédération américaine.......................... 610
- Progrès moyen décennal, de 1810 à i85o, par 100,000 habitants.......................................................Ibid.
- Temps nécessaire au doublement des blancs, des affranchis et
- des esclaves.............................................Ibid.
- X VI. État de la Delaware. . . .................................. 612
- Territoire et population....................................Ibid.
- Produits comparés des manufactures dans les États de la Delaware
- et d’Ohio................................................ 6i4
- XVII. État de Maryland : lord Baltimore..........................Ibid.
- Progrès des trois classes de la population, au xix® siècle.. 615
- Produit des manufactures.................................... 61 (»
- Port et cité de Baltimore.................................... 617
- Parallèle des marines de Marseille et de Baltimore.......... 618
- Canalisation aboutissant à Baltimore.......................... (j 1 q
- Importations et exportations de Baltimore, en 1821, i85o et
- J 85 5.......................'...........................Ibid.
- Avenir du Maryland........................................... 620
- District fédéral de Colombie................................. 622
- Institut de Washington (sciences et arts). . ............... 628
- Cité de Washington..........................................Ibid.
- XVIII. État de Virginie : l’immortel Washington................... 624
- Le culte de Washington......................................Ibid.
- Walter Raleigh et le nom de la Virginie..................... 625
- Progrès des classes de la population......................... 626
- Agriculture.................................................Ibid.
- Industrie manufacturière................................... 628
- p.r13 - vue 20/0
-
-
-
- XIV
- TABLE.
- Pages.
- Voies de communication......................................... 629
- Avenir de la Virginie.......................................... 63o .
- XIX. Etat dü Kentucky, détaché de la Virginie................... 631
- Henri Clay...................................................Ibicl.
- Territoire et population : progrès de celle-ci.............. 633
- Elevage des animaux......................................... 634
- Industrie et cités du Kentucky.............................. Ibid.
- XX. Etat du Tennessee, détaché de la Virginie.................... 636
- Agriculture................................................. 637
- Nashville..................................................... 638
- Memphis....................................................... 63g
- XXI. Etat de la Caroline dü Nord.................................Ibid.
- Classes du peuple de la Caroline du Nord, au xixe siècle : progrès
- numériques.................................................. 64o
- Cultures, industrie........................................... 64i
- Population des villes........................................ 643
- XXII. Etat de la Caroline du Sud.................................. 644
- Progrès des trois classes de la population.................... 645
- Passions violentes............................................ 646
- Agriculture................................................... 647
- Parallèle de la richesse personnelle, pour cinq États principaux. 648
- Charleston : commerce......................................... 649
- Exportations par cent mille habitants, dans les deux Carolines. 65o
- XXIII. Etat de Géorgie............................................. Ibid.
- Progrès des trois classes d’habitants......................... 65i
- Cotons de Géorgie............................................. 65a
- Les villes de la Géorgie................................... Ibid.
- Tonnage des navires possédés par la Géorgie................... 653
- XXIV. Etat de Floride............................................ 654
- Superficie et population...................................... 655
- Progrès des trois classes d’habitants........................Ibid.
- XXV. État d’Alabama............................................. 657
- Superficie et population.....................................Ibid.
- Progrès des trois classes de la population.................... * 658
- Fermes et plantations....................................... Ibid.
- Port de Mobile................................................ 65g
- XXVI. État du Mississipi......................................... 660
- Superficie et population...................................... 661
- Progrès des trois classes de la population...................Ibid.
- Terres améliorées, etc................................... Ibid.
- XXVII. État du Missouri............................................. 662
- Superficie et population................................... Ibid.
- Progrès des trois classes de la population.................... 663
- Occupations du peuple : agriculture.......................... Ibid.
- p.r14 - vue 21/0
-
-
-
- TABLE.
- xv
- Pages.
- Animaux...................................................... 664
- industrie.. v. ........................................ • • • Ibid.
- Ville de Saint-Louis : ses développements.................... 665
- Navigation du Missouri.. .................................... 666
- Montagnes de fer............................................. 667
- XXVIII. État d’Arkansas...........................................Ibid.
- Superficie et population. .................................. 668
- Progrès des trois classes de la population...................Ibid.
- Sort des esclaves............................................Ibid.
- XXIX. État de Louisiane........................................ 670
- Superficie et population.....................................Ibid.
- Progrès des trois classes de la population................... 671
- Animaux........................................................ 672
- Ville de la Nouvelle-Orléans : progrès....................... 673
- Commerce extérieur........................................... 674
- Marine commerçante de la Louisiane...........................Ibid.
- XXX. État de Texas.............................................. 675
- Superficie et population.................................... 676
- Comment s’est opérée l’annexion...............................Ibid.
- XXXI. État de Californie......................................... 679
- Découverte de l’or en Californie. .......................... Ibid.
- Exploitation de l’or........................................... 681
- Parallèle entre l’or monnayé et l’or exporté................. 682
- Commerce des États-Unis depuis l’exploitation de l’or en Californie........................................................ 684
- Exploitation du mercure; New-Almaden..........................Ibid.
- Mouvement du commerce en i855 , l’or excepté................. 685
- Navigation extérieure de la Californie........................Ibul.
- Exportations de France et d’Angleterre en Californie (i 854).. . 686
- Intérêt des capitaux en Californie........................ Ibid.
- Produits des capitaux dans l’industrie californienne........... 687
- Formation et développement de la population...................Ibid.
- Immigration des étrangers...................................... 688
- Parallèle des âges en Californie et dans l’Iowa.............. 689
- Proportion des sexes en i85o : race blanche...................Ibid.
- État moral de la Californie.................................... 690
- Action suprême d’un Comité de vigilance........................ 693
- Considérations finales sur les États-Unis........................... 6g4
- Idée du peuplement des États-Unis au xix® et au xx? siècle. . . . 695
- De la navigation pendant la paix et pendant la guerre........ 699
- lonnages comparés, voile et vapeur, de i8a3 à 1855........... 700
- Parallèle des marines commerçantes, États-Unis et Royaume-
- Uni..........................................................HUI
- La liberté des mers et les corsaires...................... .. . , 701
- p.r15 - vue 22/0
-
-
-
- XVI
- TABLE.
- , Pages.
- Influence du coton des Etats-Unis sur la guerre et sur la paix... 702
- Commerce d’exportation : proportions........‘............... yo3
- Exportations comparées des produits nationaux pendant la guerre
- et la paix. :............................................ 705
- Influence des Etats-Unis sur les autres nations............. 706
- La vertu présente............................................ 7x1
- ÉTATS AMÉRICAINS D’ORIGINE ESPAGNOLE............................. 71A
- Vice-royautés; capitaineries générales....................... . 715
- Confédération des États-Unis mexicains......................... 716
- Population de la vice-royauté d,u Mexique, en 1799............. 718
- Parallèle du territoire et de la population. ............... 719
- Proportion des races humaines au Mexique....................Ibid-
- Situation attestée par un nouveau Las-Casas................. 720
- Territoires comparés du Mexique et des États-Unis........... 728
- Équivalents en territoires égaux à celui de la France.......Ibid-
- Superficie et population............ .......................,. . 72A
- Forces productives comparées des États-Unis et du Mexique... . Ibid.
- Mexico...................................................... 725
- Force publique : personnel de l’armée mexicaine............. 727
- Exploitation des métaux précieux... .........................Ibid.
- xixe siècle : production annuelle de l’or et de l’argent au Mexique. 729
- Industrie et commerce du Mexique.............................Ibid-
- Commerce du Mexique avec trois puissances principales. ...... 730
- Commerce annuel par habitant du Mexique.. ..................Ibid-
- Le Mexique à l’Exposition universelle de i85i............... 731
- Avenir du Mexique.......:...................................Ibid.
- Peuplement des provinces frontières des Etats-Unis............ 733
- AmÉRIQDE CENTRALE............................................... 738
- Superficie et population...................................... 7A0
- Énumération et population des États........................ Ibid-
- État df. Guatemala............................................ 7A1
- États de San-Salvador, de Nicaragua et de Honduras............ 7 As
- État de Costa-Rica. ............................................ 7^3
- Commerce extérieur de l’Amérique centrale.................... Ibid-
- Commerce par million d’habitants ........................... 7AA
- Possessions anglaises et protectorat dans l’Amérique centrale . Ibid-Communication des deux Océans i\ travers l’Amérique centrale.. 7A3 Tableau des plus grandes et des moindres largeurs de la terre
- centrale, entre les deux Amériques ....................... 7A6
- Compagnie interocéanique d’un chemin de fer à travers l’Etat de
- Honduras................................................... 7.30
- Voie de communication à travers l’État de Nicaragua : les flibustiers................................................ 751
- p.r16 - vue 23/0
-
-
-
- TABLE. XVII
- Pages.
- ÉTAT PRIMITIF DE LA COLOMBIE.................................... 7^3
- République de Vénézuéla......................................
- Superficie et population................................... 7^A
- L’Orénoque.............»...................................7^5
- Caracas................................................... 757
- Le soi-disant élrancjérisme.................................Ibid.
- Décadence de la fortune publique............................. 7^9
- Commerce avec les trois principales puissances en i855..... 760
- Commerce par habitant....................................... 761
- République de la Nouvelle-Grenade. ...........................Ibid.
- Population et territoire; races............................ 7^3
- Exploitation des métaux précieux............................. 7^4
- La Nouvelle-Greuade à l’Exposition universelle..............Ibid.
- Obstacles au progrès de la richesse.........................Ibid.
- Commerce avec les principales puissances..'.................. 7^7
- Mouvement comparé des États-Unis par million d’habitants.... Ibid.
- Communications par l’isthme de Panama...................... 768
- République de l’Équateur..................................... 770
- Superficie et population...................................Ibid.
- Quito..................................................... Ibid.
- Guayaquil.................................................. 773
- Commerce avec les trois principales puissances en i855..... 77A
- République du Pérou...........................................Ibid.
- Superficie et population................................... Ibid.
- Cusco........................................................ 776
- Proportion des races qui peuplent le Pérou................... 778
- Le port principal et la capitale moderne..................... 779
- Mines d’or et d’argent du Pérou et de la Bolivie........... 781
- Production de l’or et de l’argent en 1800 et en i848....... 782
- Mines de mercure............................................. j83
- Mines de salpêtre. .......................................... 78A
- Exploitation du guano des îles Chinchas...................... 785
- Progrès des importations du guano péruvien dans la Grande-
- - Bretagne.................................................. -787
- Commerce du Pérou et de la Bolivie........................... 788
- Commerce avec les trois principales puissances, en i855....Ibid.
- Commerce des toisons du lama et de l’alpaga................ 789
- Progrès modernes du Pérou................................... 790
- République de Bolivie.......................................... 793
- Superficie et population.................................. Ibid.
- Tille et mines du Potose..................................... 794
- Communications des républiques péruviennes par les eaux de
- l’Amazone................................................. 7^5
- introduction. b
- p.r17 - vue 24/0
-
-
-
- XVIII
- TABLE.
- Page.
- Chapeaux de paille du haut Pérou............................. 796
- République du Chili............................................ 797
- Superficie et population.................................. Ibid.
- Valparaiso.................................................. 798
- Santiago................................•................... 799
- Araucanie.................................................... 800
- Iles de Juan-Fernandez....................................... 801
- Les mines du Chili........................................... 802
- Exploitations du cuivre.....................................Ibid.
- Voies de communication....................................... 8o5
- Organisation et sagesse du Chili............................ 806
- Commerce extérieur du Chili................................. 808
- Valeur réunie des importations et des exportations, avec les droits
- de douane correspondants................................. 809
- Commerce avec les trois principales puissances en i855......Ibid.
- Patagonie.................................................... 812
- Valeur comparée des guanos américains, par 1,000 kilogrammes. Ibid. Iles Falkland........................................Ibid.
- ÉTATS COMPRIS DANS LE BASSIN DE LA PLATA......................... 8i3
- Superficie et population................................... 8i5
- CONFÉDÉRATION ARGENTINE........................................ 8l6
- Estancias : exploitations destinées à l’élevage du bétail...Ibid.
- Etat de Buénos-Ayres : territoire et population............... 820
- La cité de Buénos-Ayres...................................... 821
- Commerce avec les principales puissances, en x855........... 82/1
- Tableaux relatifs au commerce de la France.................... 825
- État de l’Uruguay.............................................. 826
- La ville de Moinévidéo........................................ 828
- Commerce de l’Uruguay avec les principales puissances, en i855. Ibid.
- État du Paraguay................................................ 829
- Formation de cet État : les jésuites........................Ibid.
- Dictature du Dr Francia....................................... 832
- Gouvernement de Lopez......................................... 833
- Sages leçons que le Paraguay donne aux États hispano-américains. Ibid-
- Résumé des États hispano-américains............................. 837
- Parallèle de tous les États hispano-américains avec celui qui respecte le plus les principes de l’ordre social et les lois. 84<>
- Commerce avec les trois principales puissances, par million d’habitants................................................... 84*
- Empire du Brésil................................................ 844
- Superficie et population....................... *...........Ibid-
- Population par races, en 1816................................ 845
- La découverte et l’appellation du Brésil...................... SU
- p.r18 - vue 25/0
-
-
-
- TABLE.
- XIX Pages.
- Province de Rio-Grande do Sol........................,...... 847
- Province de Sainte-Catherine.. ..........'. . .............. 85o
- Province de Saint-Paul........................................ 85i
- Province de Matto-Grossô...................................... 853
- Province de Goyaz........................................... 855
- Province des Minas-Géraes..................................... 856
- Les mines de diamants....................................... 858
- Province, golfe et cité de Rio-Janeiro...(.................. 860
- Orbe commercial de Rio-Janeiro.............................. 864
- Commerce de Rio-Janeiro en i85i............................. 866
- Exportations approximatives de Rio-Janeiro, vers 1800....... 867
- Les districts de l’Espiritù-Santo et de Porto-Séguro........Ibid.
- Province de Bahia........................................... 869
- Commerce extérieur de Bahia en i85o..................-...... 871
- Provinces d’Aiagoas et de Pernambouc........................Ibid.
- Système de cultures........................................... 874
- Production.................................................. 877
- Le port et la ville de Pernambouc; Olinda...................Ibid.
- Navigation et commerce extérieur de Pernambouc en i845...... 879
- Provinces de Parahyba, de Rio-Grande do Norte, de Ciara et de
- Piauhy....................................................Ibid.
- Province de Maranham........................................ 880
- Province du Para............................................ 88 j
- Le fleuve des Amazones...................................... 882
- Superficie et population du Para............................ 884
- Changements de domination du Brésil depuis le commencement
- du siècle................................................. 885
- Commerce extérieur du Brésil................................ 886
- Mouvement commercial extérieur en i855.......................Ibid.
- Exportations de la France au Brésil. ....................... 887
- Envois du Brésil en France.................................. 888
- Du commerce de l’Angleterre avec le Brésil.................... 889
- Exportations du Brésil aux Etats-Unis en i853................. 890
- Avenir des forces productives du Brésil. . . ...............Ibid.
- Parallèle avec les Etats-Unis................................. goo
- Exportations calculées par million d’esclaves................. 901
- Extinction de la traite au Brésil........».................. 903
- LES GUYANES........................................................ 9o5
- Guyane française................................................ 908
- Historique d’une funeste tentative...........................Ibid.
- Cayenne....................................................... 916
- Mortalité, année moyenne, de i84o à i853.................... 917
- Longueur comparée de la vie, conclue des mortalités..........Ibid.
- b.
- p.r19 - vue 26/0
-
-
-
- XX
- TABLE.
- Comparaison des produits en sucre entre la Guyane et la
- Réunion.................................................... gi8
- Récoltes, année moyenne, de i84g ^ 1853..................... gig
- Exploitation des richesses minérales : gisements aurifères.. 920 1
- Régime intérieur........................................... Ibid.
- Guyane hollandaise.............................................. 922
- Territoire et population.....................................Ibid.
- Productions agricoles....................................... 92/1
- Commerce du royaume des Pays-Bas et des trois principales
- puissances avec la Guyane hollandaise. .................. 926
- Petites îles possédées par les Hollandais....................Ibid.
- Guyane britannique.............................................. 926
- Recensements comparés........................................ 927
- Commerce de la Guyane britannique en i85i et en 1854........ 929
- Droits perçus..................................................g3o
- Exploitation des matières textiles...........................Ibid.
- Bois de la Guyane britannique....................... g3i et g32
- ARCHIPEL COLOMBIEN................................................. 933
- Antilles britanniques......................................... g 34
- Tableau des Antilles britanniques : population................ 937
- Abolition de la traite des noirs............................. g38
- Revenus saccharins en 1820 et en i83o......................... g3g
- Accroissement décennal des quantités de sucre importées dans le
- Royaume-Uni................................................ g4o
- Premières améliorations du sort des esclaves britanniques...Ibid.
- De l’apprentissage imaginé pour compléter l’indemnité des
- maîtres après l’émancipation............................... g43
- Immigration de travailleurs supplémentaires et concurrents. . . . g44
- Absence de moyens moraux..................’................. g4d
- Effet des lois économiques sur les colonies sucrières....... g48
- L’abandon des colonies mis en problème........................ g5o
- Motifs de conservation..................................... Ibid-
- Ce que doit être le régime des colonies britanniques........ g53
- Examen des faits subséquents à l’émancipation, et conséquences
- effectives des mesures économiques........................ g5(>
- Affaiblissement de la force productive depuis l’émancipation.. . . 967 Diminution des produits envoyés annuellement ai^Royaume-Uni
- par les Antilles britanniques.............................. g58
- Importations comparées pour une population des Antilles britanniques supposée la même en x 833 et en 1855.......... g5g
- Effet d’une protection conservée.............................. 960
- Changements arrivés par million produit en 1833..............Ibid.
- Extrême inégalité des importations et des exportations........ 96»
- p.r20 - vue 27/0
-
-
-
- TABLE.
- XXi Pages.
- Valeurs réelles en i854.................................« • • 9^*
- Mouvement britannique des navires, depuis l’origine du siècle,
- pour les Indes occidentales et pour l’univers............ 962
- Avec quelle inégalité les taxes douanières conservées dans le Royaume-Uni frappent les différents groupes de colonies. . . . g63 Taxation des produits dans quatre groupes de possessions britanniques.................................................... 964
- Droits de douane par million de produits importés...........Ibid.
- Étrange système de lord Grey pour taxer les. colonies....... 969
- Produits manufacturés britanniques exportés : i° dans les colonies des Indes occidentales; 20 dans l’univers................ 973
- Exportation de produits britanniques aux colonies tropicales d’Amérique, par cent millions de ces produits exportés dans tout l’univers. . ,.........................................Ibid.
- COLONIES FRANÇAISES DES ANTILLES................................... 974
- Régime intérieur..........*.................................Ibid.
- Beau rôle d’un homme de couleur............................... 979
- Sort commercial de la Martinique et de la Guadeloupe........Ibid.
- Colonie de la Martinique........................................ 981
- Superficie et population....................................Ibid.
- Etendue des cultures de la Martinique....................... 982
- Effets de l’émancipation sur les cultures...................Ibid.
- Progrès sociaux de la classe émancipée...................... g83
- Mesures à prendre...........................................Ibid.
- Idée de l’ensemble du commerce des colonies françaises...... g85
- Commerce général de la Martinique en 1854...................Ibid.
- Musée des colonies françaises; sa richesse et son utilité...Ibid.
- Les vœux de l’auteur pour la Martinique....................... 986
- Colonie de la Guadeloupe........................................ 987
- Superficie et population....................................Ibid.
- Etendue des cultures de la Guadeloupe......................... 988
- Commerce général de la Guadeloupe en 1854..................... 989
- Question générale de l’immigration dans les Antilles françaises...................................................... Ibid.
- Immigration des Indiens....................................... 990
- Humanité, intelligence des mesures françaises...............Ibid.
- Mortalité comparée lors du passage de l’Inde aux Antilles. ..... 991
- lémoignage honorable des créoles anglais....................Ibid.
- Obstacles opposés à l’émigration des coulies pour le service
- français................................................. 99 2
- Immigration chinoise......................................... 99^
- Immigration africaine.......................................Ibid.
- Autorités favorables au sein du Parlement................... 99-l
- p.r21 - vue 28/0
-
-
-
- xxii TABLE.
- Pages.
- COLONIES DANOISES............................................. 996
- Territoire et population................................. Ibid.
- Création du port franc de Saint-Thomas................., . Ibid.
- Commerce avec les principales puissances en i855........ 997
- Tableau de la navigation de Saint-Thomas pour 1852.. ..... . 998
- ILE DE SAINT-DOMINGUE.....................................'... Ibid.
- Superficie et population approximative actuelle......... 999
- Ancienne colonie française................................. Ibid.
- Destructions de Saint-Domingue.......................... 1001
- Agriculture et commerce................................. 1007
- Exportations de Saint-Domingue en 178g.................... 1008
- Exportations évaluées par habitant...................... Ibid.
- Exportations en x 801..................................... 1009
- Exportations de Saint-Domingue en 184g.................... 1010
- Exportation par habitant, à deux époques................ Ibid.
- Commerce des principales puissances avec les deux Etats de
- l’île de Saint-Domingue eni855........................ 1011
- République Dominicaine...................................... Ibid.
- Vœu relatif au commerce de Santo-Domingo................ 1012
- Produits de l’Etat dominicain........ .................. Ibid.
- Le tabac dominicain....................•................ 1010
- Exploitation de l’acajou dominicain...................... Ibid.
- INDES OCCIDENTALES ESPAGNOLES................................. 1015
- Ile de Cuba................................................ 1010
- Recensement de Cuba en i£15o.............................. 1018
- Territoire et population en 1856........................ Ibid.
- Les esclaves.............................................. 1019
- Mouvement de la population esclave, de 1800 à 1820 et de
- 1820 à i85o............................................. 1020
- Accroissement comparé du nombre des esclaves: i° à Cuba;
- 20 aux États-Unis....................................... 1021
- Première période : la traite légalement autorisée....... Ibid.
- Seconde période : la traite légalement interdite......... Ibid-
- Des affranchis............................................ 1024
- Parallèle des affranchis et des esclaves en i85o.......... 1028
- Proportions pour cent mille personnes des races noire et
- mêlées................................................. Ibid.
- Nombre de mulâtres pour cent mille blancs................. 102b
- La race blanche........................................... 1027
- Agriculture............................................... 1029
- Pi •ix proposés pour la culture par les blancs........... Ibid-
- p.r22 - vue 29/0
-
-
-
- TABLE-. xxm
- Pages.
- Encouragement que l’Angleterre donne aux sucres espagnols. . io3o
- Culture du tabac et ses fabrications........................ 1 o3a
- Indigne abus de contrebande des tabacs dans les ports hanséa-
- tiques.................................................... Ibid.
- Les tabacs de la Havane à l’Exposition universelle de 1851.. . . io33
- Forêts...................................................... io34
- Guano de Cuba................................................ Ibid.
- Richesses minérales........................................... io35
- Chemins de fer et télégraphes électriques..................... io36
- Revenus de Pile............................................. 1037
- Port et cité de la Havane...................................... io38
- Industries........................./•....................... 1 o3g
- Institutions.................., ............................ io4o
- Villes et ports secondaires...»............................. 1 o41
- Commerce des principaux ports de Cuba en i854............... io43
- Ile de PoRto-Rico............................................... Ibid.
- Territoire et population de Porto-Rico...................... Ibid.
- Les cultures de Porto-Rico.................................... io44
- Les villes et les ports................................... i o45
- Commerce extérieur des Antilles espagnoles. . ................ jo46
- Commerce de Cuba............................................ 1047
- Valeur des importations et des exportations pour cent mille
- habitants................................................. 10 48
- Progrès du sucre exporté de Cuba depuis 1800................ Ibid.
- Importation du sucre des Antilles dans les royaumes britanniques................................................... io4g
- Effets des lois financières de l’Angleterre sur le commerce des
- Antilles espagnoles....................................... Ibid.
- Droit d’entrée par litre de rhum étranger en 1855............. io5o
- Commerce d’importation du rhum des Antilles espagnoles dans
- le Royaume-Uni, 1855 ; prohibitions réelles................ Ibid.
- Montant des droits prélevés, en 1855, sur les importations de
- spiritueux ultra-taxés...................................... io5i
- Commerce des’tabacs.......................................... Ibid.
- Effet prohibitif des lois d’Angleterre sur le commerce des
- tabacs manufacturés......................................... io5a
- Commerce total des Antilles espagnoles, évalué sur les lieux . . io54 Commerce des trois principales puissances avec les Antilles
- espagnoles en 1855.......................................... io55
- Parallèle entre le commerce des Etats démembrés de l’Amérique espagnole et celui des Antilles restées fidèles à l’Espagne. . . io56
- Commerce par million d’habitants.............................. • Ibid.
- Avenir de Cuba................................................ 1057
- Les sympathiseurs........................................... io58
- p.r23 - vue 30/0
-
-
-
- XXIV
- TABLE.
- Pages./
- Dernier coup d’ueil sur l’Amérique.................................. . io63
- Crise financière, industrielle et commerciale.................. Ibid,
- Situation générale des banques des Etats-Unis, vers le ier janvier 1857........................................................ io64
- Influence des abus du crédit sur l’industrie des Etats-Unis. . . . io65
- Le flibustiérisme flétri par un Président des Etats-Unis...... 1066
- Second message................................................... 1070
- FIN.
- p.r24 - vue 31/0
-
-
-
- COMMISSION FRANÇAISE
- 6
- DE 1851.
- SITUATION DES TRAVAUX
- AU 1er FÉVRIER 1858.
- A SA MAJESTÉ L’EMPEREUR NAPOLÉON III.
- , SIRE,
- Le projet approuvé par Votre Majesté se poursuit avec constance. La Commission instituée pour représenter la France, en i85i, dans un grand Jury international accomplit son dessein : celui d’écrire un demi-siècle du progrès des arts chez les peuples mis en présence par la première Exposition universelle.
- Dans l’année qui vient de s’écouler, les rapports spéciaux de cinq commissaires ont été publiés. Ils Approchent les deux extrêmes du champ que nous Avions à parcourir.
- L’est en premier lieu, suivant l’ordre de publica-
- p.r25 - vue 32/0
-
-
-
- XXVI
- SITUATION DES TRAVAUX
- tion, le tableau des beaux-arts considérés dans leurs œuvres et dans les présents qu’ils font à l’industrie 1. Ce tableau met en parallèle les écoles des peuples qui se sont illustrés à la fois par le goût et par le génie ; on y voit appréciées la suprématie et la direction des arts d’imagination sur les ouvrages si divers où l’élégance et la beauté peuvent ajouter un nouveau prix à l’utilité. La Grèce, l’Italie, la France, ont tour à tour exercé cet empire, et l’auteur étudie les moyens d’assurer la durée des succès obtenus par la dernière des trois contrées régulatrices.
- La seconde catégorie des publications de 18Ô7, qui comprend quatre rapports2, complète l’histoire raisonnée des inventions relatives aux arts mécaniques : inventions dont quelques-unes, créées au milieu du siècle'précédent, n’ont obtenu que de nos jours leurs derniers perfectionnements et les immenses résultats de leurs applications.
- Ici trois nations apparaissent avec le plus d’éclat : ce sont l’Angleterre, la France et les Etats-Unis-Une impartialité constante, un amour sincère de U vérité, président à la recherche des titres de chaque inventeur, à la proclamation des droits de oes hommes
- 1 En suivant la classification de i85i, le rapport qui concerne )es beaux-arts et leurs applications appartenait au xxxc Jury; M. le cornte Léon de Laborde en est l’auteur.
- s Ve Juin . Rapport de M. le général Morin sur les machines à vapeur.
- Même Jury. Rapport de M. Arnoux sur les voitures.
- VI' Jury. Rapport de M. le général Poncelet sur tous les genres àc machines et de machines-outils, i° pour les arts qui s’appliquent à <leS matières non textiles, 2° pour les arts textiles.
- VII' Jury. Rapport de M. Combes sur les arts du génie civil.
- p.r26 - vue 33/0
-
-
-
- DE LA COMMISSION. xxvii
- si modestes, dont ii faut trop souvent arracher les découvertes à la fraude, au charlatanisme des exploitants. D’autres fois, en présence de l’ingratitude et de l’incurie, on est réduit à tirer de l’oubli des bienfaits ignorés ou dissimulés à dessein.
- Un beau succès national a couronné la plus considérable des œuvres que nous signalons. La pieuse justice de Votre Majesté a voulu récompenser du moins la mémoire de l’ingénieur illustre qui répondit à l’appel de Napoléon Ier, appel dont l’objet même était une découverte. Philippe de Girard, dès 1813, avait créé pour la France la filature du lin par la mécanique; mais on méconnut le mérité qui caractérisait son invention, portée bientôt frauduleusement chez nos intelligents émules, appliquée par eux aux fabrications les plus simples, les moins coûteuses, à celles qui satisfont les masses, et qui par là rapportent des trésors ; et Philippe de Girard a terminé sans fortune son existence agitée, toute remplie de découvertes dont l’industrie a profité! Ses titres, merveilleusement remis en lumière par le rapporteur du VIe Jury, furent communiqués en manuscrit aux pouvoirs publics. Cette défense du génie par le génie porta dans les esprits une telle conviction que le Conseil d’État, le Corps législatif et le Sénat donnèrent trois votes unanimes pour une récompense, ^ni s’accrut chemin faisant, afin de mieux honorer et c°nsoler la famille de l’Arkwright français. Tel fut |e succès de la science inspirée par l’amour de la Justice et de l’honneur national.
- p.r27 - vue 34/0
-
-
-
- xxviii SITUATION DES TRAVAUX
- Dans les premiers mois de Tannée i 858 paraîtront les cinq rapports qni compléteront l’œuvre des trente-quatre commissaires et de leurs dignes adjoints ; deux seulement de ces rapports ne sont pas encore imprimés. Leur valeur, je crois pouvoir l’annoncer, justifiera l’impatience de ceux qui les attendent.
- Des nombreux travaux dont nous venons de signaler le complément, plusieurs, osons le dire, par leur étendue, leur éclat et leur profondeur, sont de grands ouvrages.
- On décrit ainsi l’ensemble des arts suivant des catégories spéciales et méthodiques. Un pareil ordre, indispensable à l’étude particulière des diverses industries, disperse forcément les titres de chaque nation et n’en montre pas la valeur collective.
- Afin de compléter l’œuvre commencée, il a paru nécessaire de considérer d’un autre point de vue le concours universel. On s’est proposé d’olfrir par nation le progrès des races concurrentes, progrès étudié dans la réunion des arts dont l’ensemble constitue la force productive. On a pris pour point de départ l’année qui commence le xixc siècle, et remonte au Consulat.
- Tel est l’objet de Y introduction confiée par la Commission à son président. Elle offre deux parties : l’Occident, qui pour nous commence à l’Angleterre; et l’Orient, qui finit à la France. La dernière partie est sous presse, et la première paraît maintenant-Celle-ci comprend :
- p.r28 - vue 35/0
-
-
-
- DE LA COMMISSION.
- XXIX
- Trois royaumes,
- Deux empires,
- Quatre-vingt-trois républiques Et trente-cinq colonies.
- Depuis l’origine du siècle, ces Etats, pris dans leur ensemble, ont triplé le nombre de leurs habitants. A l’exception d’un seul, tous ont accru leur population, mais à des degrés très-différents; nous essayons d’assigner simultanément la mesure et les raisons de ces différences, qui changent les rapports entre la force des nations.
- Nous considérons ensuite les progrès extérieurs et plus ou moins matériels.
- Les dons que le globe nous présente à sa surface et ceux qu’il recèle en ses profondeurs sont répartis entre les diverses régions avec une extrême inégalité. Mais les trésors, les fruits que l’homme exhume °u fait naître par le travail se mesurent bien moins sur cette largesse inégale et primitive que sur une autre largesse, présent supérieur de la Providence : Cest la puissance intellectuelle départie au genre humain ; cette puissance avec laquelle chaque peuple hht sa part,, quelles que soient, dans la région qu’il habite, les générosités ou les parcimonies de la nature.
- Deux exemples, empruntés à l’Occident, montre-r°nt l’énergie suprême de cette action de l’esprit, telle que nous la considérons.
- LAttique du nord, avec ses monts dénudés, ses steppes' glacés et son ciel de fer, l’Ecosse envoie chez les diverses nations plus de produits de son sol
- p.r29 - vue 36/0
-
-
-
- XXX
- SITUATION DES TRAVAUX et de ses arts que le vaste pays du Mexique avec ses mines d’argent creusées par centaines, son printemps éternel, son soleil d’Egypte et sa végétation, devant laquelle s’efface même la terre promise de l’antique et merveilleux Orient. L’Ecosse, avec ses nombreux troupeaux, aide à nourrir Londres, la ville aux 2,5oo,ooo âmes. Par l’œuvre de deux de ses fds, Adam Smith et James Watt, elle a devancé l’Angleterre dans l’étude de la richesse; alliant la pratique à la théorie, elle a tiré de la vapeur d’eau la plus puissante et la plus obéissante des forces motrices, pour l’appliquer à l’infinie variété des arts. Aujourd’hui la Grande-Bretagne construit un plus grand nombre de navires en fer, mus par cette vapeur, que n’en construisent ensemble tous les autres peuples de l’Europe ; et dans la part merveilleuse de la Grande-Bretagne, la petite Ecosse, à force d’industrie, prend plus de la moitié.
- A l’occident de l’Atlantique, le Massachusetts, exigu par son territoire incomparablement moins fertile que les bassins du Mississipi, de la'Plata, de l’Amazone, le Massachusetts grandit par l’agriculture et surtout par l’industrie. Il se place à la tête des sciences et des arts, au milieu des cent vingt Etats du nouveau monde. A sa terre trop limitée il ajoute deux océans; vers les cercles polaires, pour attaquer les grands cétacés, il envoie plus de marins que tous les peuples ensemble. Il va chercher jusqu’en Asie les trésors de l’équateur; et les aromates, les parfums sans prix de la zone torride, il les paye avec la glace
- p.r30 - vue 37/0
-
-
-
- XXXI
- DE LA COMMISSION. de ses lacs! Pour tirer de ses eaux courantes un parti plus étonnant, il transforme ses cataractes, ses rapides, en moteurs réguliers rivaux de la vapeur. II ne suffit pas à cet Etat de créer son Alma Cambridge, afin de reculer les bornes de la science et d’ajouter même des astres à ses conquêtes; il fonde à la fois ses Manchester, ses Glasgow, ses Leeds et ses Halifax. Pour le demi-siècle qui fait suite à celui que nous décrivons, il prépare contre le colosse de l’industrie britannique une lutte de géants : il la commence. La Nouvelle-Angleterre livre la seconde guerre de l’indépendance; et la conquête sera l’indépendance des arts !
- La création, la mise enjeu des forces productives par le savoir et le génie, chez les nations comparées, tel est le sujet de notre étude. C’est suivant l’échelle de l’intelligence que les peuples sont classés, et que sont réparties la gloire et l’efficacité des arts. La domination des races n’est plus assurée, comme au temps des barbares, par la brutalité du nombre, ni par les caprices du hasard et les faveurs d’une Fortune que les anciens faisaient aveugle'. Maintenant la victoire, et dans la guerre1, et dans la paix, suit la v°le lumineuse où vole une Fortune à la vue d’aigle, qui découvre de haut et de loin chaque but précis que la conquête doit atteindre.
- 1 Diu
- magnum inter mortales certamen fuit, vine corporis an virtute atUm* res militaris magis procederet.Tum demum periculo atque ne-
- gotiis compertum est in belio plurimum ingenium possc. (Saliust. Catilina, SS i et 2.)
- p.r31 - vue 38/0
-
-
-
- XXXII SITUATION DES TRAVAUX DE LA COMMISSION.
- Nos travaux ont pour objet de suivre les traces de cette Fortune aux longs regards, qui prévoit et qui calcule, et d’en mesurer les découvertes; nous présentons aujourd’hui son action sur les peuples situés à l’occident de la France.
- Les nations de l’Orient, vers lesquelles depuis quatre ans se fixe l’attention de l’ancien monde, confirmeront les vérités que démontre le spectacle de l’Occident.
- Quelque temps encore, daignez, Sire, continuer à notre Commission, et nous osons dire à ea Vôtre, la bienveillance inspiratrice à laquelle elle doit le courage d’avoir entrepris et poursuivi ses longs et pénibles travaux.
- J’ai l’honneur,
- Sire,
- D’être avec le respect le plus profond, De Votre Majesté
- Le très-humble, très-obéissant et très-fidèle serviteur.
- Baron Charles DUPIN,
- Président de la Commission.
- p.r32 - vue 39/0
-
-
-
- INTRODUCTION
- FORCE PRODUCTIVE
- DES NATIONS CONCURRENTES,
- DE 1800 A 1851.
- OBJET ET PLAN DE CETTE INTRODUCTION.
- Pour la première fois, en i85i, les nations ont mis leurs produits en présence, dans un concours universel.
- Afin d’être plus équitable on s’est efforcé, lors des examens du Jury international, d’oublier la provenance des eeuvres mises en parallèle, par une abstraction qui pourtant n’a pas toujours été possible.
- A travers l’infinie diversité des appréciations relatives à des mérites personnels, nous avons dû rechercher quelle Collection de récompenses était en définitive remportée Par chaque peuple, quel ensemble, quel mérite, quelle Puissance de production étaient représentés par ces mêmes ^compenses.
- j Nous avons été plus loin : nous avons transporté par pensee nos regards sur les nations mêmes ainsi mises en parallèle.
- INTRODUCTION.
- 1
- p.1 - vue 40/0
-
-
-
- 2 FORCE PRODUCTIVE
- Nous nous sommes demandé quels ont été leurs progrès dans l’immense lutte que les peuples industrieux et commerçants ont soutenue, soit en amis, soit en rivaux, depuis le commencement du xrxe siècle.
- Nous offrons ici le résumé de cette étude. On y verra l’indication des services rendus au genre humain, dans une période mémorable, par les peuples qui perfectionnent les sciences et les arts.
- Afin d’éviter la confusion, voici l’ordre que nous croyons devoir adopter dans cette introduction.
- Nous prenons pour point de départ le pays même où s’est accomplie la première Exposition universelle.
- Après avoir étudié la Grande-Bretagne, nous tournons nos regards vers l’Occident. Nous avançons toujours vers cette direction, pour faire le tour du monde.
- Nous passons successivement :
- A l’Irlande,
- A l’Amérique du Nord,
- A l’Amérique du Sud,
- A l’Océan Pacifique;
- A l’Asie du Nord, c’est-à-dire à la Chine;
- A l’Asie du Sud, qui comprend :
- L’archipel Indien,
- L’indouslan,
- La Perse,
- La Turquie asiatique;
- A l’Afrique du Nord, où nous comprenons:
- L’Égypte,
- Les États Barbaresques ;
- A l’Afrique du Sud, dont nous parcourons le littoral;
- A l’Europe orientale, visitée d’orient en occident :
- La Turquie européenne,
- p.2 - vue 41/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 3
- La Russie,
- Les Etats Scandinaves,
- La Germanie et ses annexes,
- La Péninsule italique,
- La Péninsule espagnole ;
- Enfin la France, en y joignant l’Algérie..
- Nous finissons ainsi par notre patrie, après avoir commencé par la grande nation qui partage avec elle ce que j’oserai nommer le patronage des peuples inofï'ensifs et le protectorat de l’équilibre européen.
- Afin de n’offrir au lecteur que des idées précises sur la grandeur comparée des pays habités par les diverses nations, il faut, dire un mot sur la grandeur de la terre.
- Si l’on suppose un homme de haute taille et qui marche à longues enjambées, toutes égales, en quarante millions de pas il aura parcouru l’étendue d’un grand cercle de la terre. Cette enjambée, ce pas que les Français et dix autres peuples ont pris pour unité fondamentale de mesure, c’est le mètre.
- Mille pas d’un mètre composent le kilomètre, qui correspond à notre ancien quart de lieue : tel est l’espace que parcourt en un quart d’heure le piéton qui chemine dune vitesse fort ordinaire.
- Cn carré parfait de cent mètres de long sur cent mètres de large forme l’unité de superficie : c’est l'hectare des français. Voilà l’unité qu’il faut partout comparer au Nombre d’hommes à nourrir si l’on veut avoir une idée de la production agricole. L’hectare est égal à cent ares.
- Le kilogramme est lé poids d’un décimètre cube d’eau distillée, réduite au maximum de densité.
- Le tonneau français égale i ,000 kilogrammes.
- Partout nous réduisons en tonneaux français les ton-
- i.
- p.3 - vue 42/0
-
-
-
- /
- 4 FORCE PRODUCTIVE DES NATIONS,
- neaux étrangers. Celui d’Angleterre, the ton, égale 1 ,o 16 kilogrammes.
- Depuis la remise des payements en espèces à la banque d’Angleterre, il y a trente-six ans, la valeur de la livre sterling n’a différé que de quelques centimes avec 2 5 francs: nous adoptons cetté valeur.
- Lorsque le système des nouveaux poids et mesures fut créé, il y a déjà soixante ans, les représentants politiques de la France, des Pays-Bas, de l’Italie, de la Suisse, etc., concoururent à la fixation des unités. A ces nations d’autres encore sont venues successivement s’ajouter.
- Dans l'intérêt des relations savantes et des communications commerciales entre toutes les nations, on doit vivement dèsi• rer que les mêmes unités métriques soient adoptées par tous les peuples.
- DONNÉES PRIMORDIALES
- SUR L’ÉTENDUE ET L’HABITATION DE LA TERRE.
- Surface totale du globe............ 5o milliards d'hectares.
- Les terres, moins les zones glaciales. 12 milliards d’hectares.
- Population approximative........... 1 milliard d’habitants.
- Terres par habitant............................ 12 hectares.
- p.4 - vue 43/0
-
-
-
- PREMIÈRE PARTIE.
- ROYAUME-UNI.
- I. GRANDE-BRETAGNE.
- CONSIDÉRATIONS PRELIMINAIRES SUR LE SOL ET SA CULTURE.
- Deux nations longtemps distinctes peuplent la Grande-Bretagne : au midi le peuple anglais, au nord le peuple écossais. La nature même avait marqué cette division par un isthme qui n’a que i 1 o kilomètres, ou 2 7 lieues et
- demie de largeur, entre Carlisle et Newcastle.
- LES DEUX NATIONS. HECTARES. POPULATION (1801).
- I Angleterre Superficie de la Grande-Bretagne. < , 15,011,031 8,042,939 8,892,536 1,608,420
- 23,053,970 10,500,956
- La Grande-Bretagne égale en superficie la 52 1® partie des terres, non compris la zone glaciale.
- La Grande-Bretagne égale en population la 96e partie du genre humain.
- Essayons de montrer comment, avec ce deux-millième des terres, avec ce centième des peuples, la nation britannique a pu devenir un État du premier ordre, par sa force productive, par son génie, sa science et ses arts.
- Quelque petit qu’on trouve le territoire dont nous donnons la mesure, on commettrait une grave erreur en
- p.5 - vue 44/0
-
-
-
- 6 FORCE PRODUCTIVE
- supposant que tout y soit cultivable et qu’on ait, même
- aujourd’hui, mis en valeur tout ce qu’on peut cultiver.
- Sur 1,000 hectares de terres, on a calculé dans ces derniers temps qu’il faut compter :
- En Angleterre. En Ecosse,
- IEn valeur......................... 776 271
- Cultivables mais non cultivées... 107 3oo
- Absolument incultivables........ 117 420
- On sera certainement frappé des deux résultats suivants, qui montrent si bien l’inégalité des obstacles opposés par la nature dans les deux royaumes britanniques :
- En Angleterre, les trois quarts da territoire sont en culture;
- En Écosse, un quart seulement du territoire est en culture.
- Avec un ciel moins clément, un soleil plus froid, un sol plus ingrat, il me semble que l’agriculteur écossais, moins riche que l’Anglais, a bien plus de mérite quand il tire aussi bon parti de la terre; il n’est pas le moins avancé dans tous les progrès de l’agriculture moderne, et le résultat qui suit est à son avantage.
- TERRES CULTIVÉES PAR MILLE HABITANTS, EN l85l.
- En Angleterre......... ............... ^9 hectares.
- En Ecosse............................. 761
- Dans la dernière moitié du xviii8 siècle, l’Angleterre avait amélioré tous ses modes de culture, elle avait généralisé les assolements qui n’épuisent pas la terre, en la faisant produire sans cesse; elle avait fait des merveilles dans l’élève des animaux. Ses chevaux de labour étaient puissants; ses chevaux de course réunissaient l’haleine et la vitesse. Elle avait créé, c’est le mot, des races de bêtes
- p.6 - vue 45/0
-
-
-
- DES NATIONS. 7
- à cornes, les plus propres à donner le plus grand poids à la boucherie pour une même quantité d’aliments consacrés à les engraisser; elle avait résolu le même problème, avec la même supériorité, pour les moutons et pour les porcs; elle avait créé des races de bêtes à laine, ayant des toisons perfectionnées, soit à longue laine et propres à la Grande-Bretagne, soit à laine courte et fine, pour suppléer en partie à celle d’Espagne.
- On verra quels secours l’industrie britannique a retirés d’une agriculture si remarquable pour l’abondance et la beauté de ses produits.
- Grâce à la vaste étendue de prairies naturelles, favorisées par un climat humide et doux, grâce aux prairies artificielles multipliées par les assolements, les Anglais °nt pu consommer beaucoup plus de viande que les habitants de toute autre partie de l’Europe et du monde.
- Cette nourriture éminemment substantielle procure au travailleur une grande force musculaire; ce qui lui permet d’accomplir un travail journalier considérable. v
- Sous ce point de vue, l’agriculture britannique a rendu 1 Ouvrier anglais plus capable de produire que ceux des autres dations; il suffit pour cela que sa nourriture favo-rite, la viande, ne vienne pas à lui manquer.
- De 1700 à 1800, la population delà Grande-Bretagne a précisément doublé. Mais, dans le même laps de temps, ^agriculture a fait des progrès correspondants : elle a Secondé beaucoup de terres incultes ; elle a défriché de fastes landes, presque toutes les forêts, et substitué la °uille au bois comme combustible. Par ces moyens, le sol britannique a suffi largement à nourrir un nombre habitants doublé dans l’intervalle d’un siècle.
- ^ C est ce que démontre l’examen attentif du commerce ritannique pendant cette période. On y voit tour à tour
- p.7 - vue 46/0
-
-
-
- 8 FORCE PRODUCTIVE
- la Grande-Bretagne figurer, par l’exportation et par l’importation des céréales, pour des quantités si faibles, qu’on doit les regarder comme de simples oscillations autour d’un équilibre stable.
- Le commerce du bétail est insignifiant au xvm® siècle, et celui des chevaux n’existe pas. Les Anglais prohibent la sortie de leurs races précieuses.
- Vers la fin de cette époque, la Grande-Bretagne présente une autre source de supériorités agricoles : c’est l’amélioration des instruments nécessaires à tous les genres de culture. Ces instruments sont appropriés aux besoins d’un peuple riche. Ils sont dispendieux de première acquisition; mais ils flattent la vue, et, ce qui vaut incomparablement mieux, ils économisent la force de l’homme et des animaux. Ici l’agriculture emprunte aux arts mécaniques une supériorité qui se développe par degrés rapides en Angleterre, en Ecosse, et qui mérite de fixer notre plus sérieuse attention.
- Nous voyons, dans le xix® siècle, de nouveaux progrès agricoles accomplis pour essayer de suffire aux progrès, bien plus accélérés, de la population. Le drainage, rendu systématique, est développé dans ces derniers teihps avec une extrême activité ; l’art des engrais est perfectionné par la science; enfin l’achat des engrais exotiques atteint une grandeur auparavant inconnue : on peut citer pour exemples les tourteaux oléagineux, les os de bétail et le guano.
- Pour mieux apprécier les prospérités de l’industrie britannique, nous devons en expliquer le plus puissant véhicule. Il est offert par la configuration même d’un pays que baignent, de trois côtés, des mers où la navigation favorise à la fois les arts nationaux par# les exportations et les importations.
- En jetant un coup d’œil rapide sur les moyens de
- p.8 - vue 47/0
-
-
-
- DES NATIONS. 9
- production britannique, considérés dans leurs rapports avec la mer, nous suivrons la marche générale que nous nous sommes tracée pour les pays habités par les diverses nations. Nous partirons du point le plus avancé vers l’Orient; nous parcourrons la côte orientale, puis la côte occidentale; nous finirons par la côte méridionale. Nous verrons à quel degré les eaux naturelles, séparées en autant de bassins, apportent à chacune de ces côtes les richesses du sol et celles de l’industrie.
- p.9 - vue 48/0
-
-
-
- JO
- FORCE PRODUCTIVE
- PREMIÈRE SECTION.
- LES TROIS BASSINS DE LA GRANDE-BRETAGNE.
- CHAPITRE PREMIER.
- BASSIN ORIENTAL..
- § 1er. Côte orientale de l’Angleterre.
- Lorsqu’on passe le détroit de la Manche pour arriver au cap qui commence la côte orientale, on est à l’entrée du golfe de la Tamise.
- Sur la rive gauche de ce golfe, on rencontre d’abord Deal, Ranisgate et Margate. Ce sont des ports de relâche ; ils sont au nombre des lieux si multipliés où les Anglais aiment à prendre des bains de mer.
- Depuis Margate jusqu’à la rive opposée, l’ouverture du golfe surpasse l\o kilomètres, ou 10 lieues de largeur. A partir de ce point, il faut compter en ligne droite trois fois la même distance pour arriver au pont de Londres.
- L’immense masse d’eau poussée par la mer qui monte dans la corne d’or de la Tamise, ayant ainsi ko kilomètres de largeur à sa base, n’a pas un kilomètre au sommet. H en résulte une force énorme d’impulsion de l’eau quand la marée s’élève, et les navires sont poussés avec énergie pour remonter la Tamise.
- Si nous suivons la rive droite de ce fleuve, nous passons devant Faversbam, et bientôt nous arrivons à l’em-
- p.10 - vue 49/0
-
-
-
- DES NATIONS. 11
- bouchure de la Medway, rivière principale du fertile comté de Kent.
- Rochester, ville active et riche, est le port où s’arrêtent les navires qui remontent cette rivière.
- PORTS D’ENREGISTREMENT DES NAVIRES SDR LA RIVE DROITE DE LA TAMISE.
- PORTS. ANNÉE NAVIRES. 1800. tonneaux. ANNÉE NAVIRES. 1851. tonneaux. ENTRÉES BT SORTIES en 1851. TONNEAUX.
- Deal. .. . 34 2,117 17 314 5,037
- Ramsgate. 165 6,536 68,857
- 248 4,966
- Eaversham 290 13,215 150,805
- Rochester 392 19,828 392 19,462 236,308
- Totaux y.. 674 26,911 864 39,527 461,007
- —
- Immédiatement au-dessous de Rochester, sur la droite de la Medway, s’élève la ville de Chatham; son arsenal est le plus important de tous après Portsmouth et Plymouth. ^ ne convient guère qu’à des constructions navales, parce ^ne la rivière, à raison de ses bas-fonds, empêche les Vaisseaux d’être armés en face de l’arsenal : c’est plus bas ^uils sont mouillés.
- En 182 i, le célèbre Sir John Rennie, dont nous admirerons les travaux en Angleterre, en Écosse, en Irlande, lr J. Rennie, par un plan remarquable, remédiait à ces ^perfections. En avant de Chatham, à la gorge d’un Sandre de la Medway, il ouvrait un large et profond ^nal éclusé, dont il faisait un dock militaire. Les déblais 1 servaient pour exhausser, assainir les marais adjacents
- p.11 - vue 50/0
-
-
-
- 12 FORCE PRODUCTIVE
- et donner à la marine un terrain précieux. Enfin, les vaisseaux de guerre auraient été constamment à flot dans l’eau tranquille du canal. L’amirauté n’a pas réalisé cet heureux projet.
- Descendons la Medway. En approchant de l’embouchure , nous trouvons une partie de rivière, longue d’une lieue, large, profonde; pendant la guerre, on peut y mouiller une flotte de haut bord.
- Au-dessous de ce havre, à droite, est file de Sheppey, que longe au nord la Tamise. Dès le commencement du Win* siècle, on avait établi sur cette île des ateliers de radoub à l’angle formé par les deux rivières : c’était Sheerness. Les formes de radoub étaient d’anciennes carènes coulées bas; d’autres carènes, aussi coulées bas, servaient de magasins et d’ateliers. On peut juger combien cent ans plus tard, à Sheerness, tout était vieux et décrépit.
- En i8o5, grâce à Nelson, l’Angleterre n’a plus rien à redouter sur les mers. Néanmoins, dès 1806, un comité du Parlement est institué pour la révision des affaires navales. Il cherche partout à perfectionner, à fortifier les établissements de la marine militaire; il réclame la rénovation , l’agrandissement de Sheerness.
- John Rennie et son ami Joseph Whidbey, le compagnon intelligent des voyages de Vancouver, proposent leurs vues. En 1 813, quoique la guerre évidemment touche à sa fin, Rennie reçoit l’ordre d’exécuter son plan définitif. Jamais la nature n’avait présenté de plus grands obstacles. On avait à bâtir sur un fond de vase et de sable mouvant; on allait chercher à d’énormes profondeurs le terrain résistant pour enfoncer des pilotis, il fallait exécuter des batardeaux faisant face à la marée, et dans des proportions gigan' tesques. Sur les pilotis, on bâtissait les quais extérieurs, <?n
- p.12 - vue 51/0
-
-
-
- DES NATIONS. 13
- granité d’Écosse et de Cornouailles. A l’intérieur, on construisait un bassin de flot et trois formes de radoubs, non plus pour de petits navires, mais pour des vaisseaux de *20 canons. On consolidait le sol entier de l’arsenal, ,afin d’ériger en maçonnerie durable l’ensemble des édifices exigés par le service. Dès i83o, les travaux étaient fiuis; ils n’avaient coûté que 26,292,060 francs. Ils sont uu chef-d’œuvre d’architecture hydraulique.
- En admirant l’énergie que met 1 amirauté de 1 Angleterre pour exécuter des entreprises aussi difficiles, avec un tel esprit de hardiesse et d’activité, on se tromperait s* Ion croyait quelle accepte toujours les projets dignes de la grandeur britannique.
- Nous remontons la Tamise et nous doublons le petit P°rt de Gravesend. Une lieue plus haut, le fleuve incline Vers le nord, puis revient au sud en formant une pres-TUle basse et marécageuse d’environ 300 hectares de superficie : c’est Northjleet.
- Lorsqu’en 1806 J. Rennie fut consulté sur tous les etablissements de la marine militaire, il proposa de prime abord d’abandonner les arsenaux insuffisants, incomplets, existants sur les rives de la Medway comme sur celles de *a Tamise; il proposa d’y substituer un grand arsenal qu’il créait à Northfleet. Son plan était simple, régulier, grande, et surpassait à tous égards lès établissements antérieurs h
- Ce plan séduit!.... On achète le terrain nécessaire au Uouvel établissement.
- Le grand ingénieur proposait un bassin couvrant 3o hec-tares et pouvant recevoir des vaisseaux à trois ponts. On
- 1 T
- dej r ? raPport de Rennie est de 1807 î û se trouve reproduit dans te Traité es *t des ports que son fils a publié ( 2 vol. in-folio, 185s).
- p.13 - vue 52/0
-
-
-
- 14 FORCE PRODUCTIVE
- eût débouché de deux côtés par des avant-bassins dans la Tamise; 8 formes de radoub et 8 cales de construction eussent bordé le bassin ; enfin, l’exécution de ces travaux et de l’arsenal tout entier n’aurait pas coûté plus de cent millions. Les Anglais ont reculé devant ce chiffre, qui leur eût épargné de nombreuses et graves dépenses faites plus tard pour obtenir de moindres résultats.
- Passons : remontons toujours la Tamise. Nous trouvons sur la même rive droite Woolwich, avec ses deux arsenaux de la marine et de la guerre. Le premier est médiocre et secondaire. Le second, unique en son genre, est admirable de grandeur et de richesse; il appartient au département de l’Ordonnance, Artillerie et Génie militaire.
- Entre Woolwich et Deptford on voit Greenwich. Le palais des Stuarts est devenu pour les marins l'Hôtel des Invalides; et le pavillon qu’habita la fdle de Henri IV, la magnanime Henriette, immortalisée par Bossuet, ce pavillon sert aujourd’hui pour élever les orphelines des marins morts dans les combats.
- A nos yeux, Greenwich est avant tout remarquable pour son observatoire, où pendant deux siècles, depuis les Flamstead jusqu’aux Airy, d’illustres astronomes ont fait et font encore de si grandes découvertes. C’est à partir du méridien de Greenwich que les Anglais comptent les degrés de longitude, comme nous les comptons à partir du méridien de Paris.
- Au-dessus de Greenwich est Deptford, dont l’arsenal maritime est bien inférieur à celui de Woolwich ; puis le grand établissement des vivres de la marine.
- A peine avons-nous quitté Greenwich et Deptford, nous abordons le plus grand port du monde : nous touchons à Londres.
- p.14 - vue 53/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 15
- Les trois villes de Londres.
- Pour donner aux lecteurs français une juste idée de Londres, au degré de richesse, de grandeur et de lumières °u l’ont portée les prospérités, les découvertes et les conquêtes britanniques, voici ce que je leur dirai : Supposez que la capitale d’un empire immense égale en superficie les deux tiers du département de la Seine. Supposez qu’elle Possède un peuple aussi nombreux que les cinq départements de cette Normandie suffisante, il y a huit siècles, pour conquérir l’Angleterre. Imaginez cette myriade urbaine développée sur les deux rives d’un fleuve qui porte ^es vaisseaux de première grandeur jusqu’aux bassins artificiels de sa partie maritime. Imaginez les navires de toUs pays, mouillés en ordre à partir du dernier pont, disposés, comme une armée de géants, par rangées transversales qui se succèdent, à peu près sans intervalle, dans mae lieue de longueur; imaginez que la vaste largeur du fleuve laisse néanmoins, au milieu de la flotte marchande aiusi coordonnée, un libre espace sillonné par les bâtiments, soit à vapeur, soit à voiles, qui circulent entre l’Angleterre et toutes les parties du monde. Pour suppléer à i insuffisance de ce grand port naturel, concevez cinq groupes de bassins, de docks, qui reçoivent les bâtiments sPeciaux du commerce des Indes orientales, des Indes occidentales et d’autres sources distinctes de navigation.
- epresentez-vous, par ce moyen, une surface d’eaux immuables, soustraite à l’inégalité des marées, et presque ^gale a lu superficie du Champ-de-Mars. Concevez autour
- oes bassins des établissements, des magasins et des ateliers pour la construction, pour le gréement et l’arme-ïïlent des navires du commerce et de la guerre. Enfin, au
- p.15 - vue 54/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 16
- voisinage, imaginez une infinité d’industries qui manquent à Paris et dont Paris n’a pas seulement l’idée. Telle est la ville maritime, que prolongent, comme trois faubourgs contigus, les hospices, les ports, les villes et les arsenaux de Greenwich, de Deptford et de Woolwich.
- Immédiatement au-dessus de cette capitale de la mer, en remontant la Tamise, nous trouvons : d’un côté, le faubourg du Sud, Southwark; de l’autre, la Cité de Londres proprement dite, avec l’infinie variété de ses ateliers urbains ; avec ses brasseries colossales, qui suffisent à 3 millions de consommateurs; avec ses fabriques puissantes, mues par tant de machines à vapeur et chauffées, comme les foyers domestiques, par une telle masse de charbon fossile, que l’atmosphère en est assombrie pendant les trois quarts de l’année. Si l’on voulait obtenir par coupes réglées l’équivalent de cette houille en combustible végétal, il faudrait pour approvisionner Londres seul un royaume aussi grand que le Portugal, et tout couvert de forêts ; la fumée perdue surpasse en chaleur, négligée jusqu’à ces derniers temps, les coupes réglées aussi de 5oo,ooo hectares de bois. Avec les forces réunies du feu, de la vapeur et d’un million de bras, on donne la dernière main-d’œuvre à des quantités immenses de produits, destinés à Londres d’abord, puis à tous les peuples de l’univers : telle est la ville-atelier.
- Tout à fait à l’occident, et nous dirons, en style de marin, au vent de l’atmosphère cyclopéenne, en dehors des ténèbres qui régnent pendant la sombre saison où prédominent les vents pluvieux de l’Atlantique, voici la troisième cité ; c’est la cité des arts luxueux, celle de l’opulence et du plaisir, de l’aristocratie, du gouvernement et de la royauté. Elle étend au loin ses hôtels et ses monuments sur la gauche de la Tamise; elle est traversée, as-
- p.16 - vue 55/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 17
- sainie, embellie par une succession continue de parcs publics immenses, parsemés de rivières, de lacs, de prairies, avec des ombrages formés d’arbres plus que séculaires. Sur le bord du fleuve impérial l’œil est ébloui par ks splendeurs sans exemple d’un nouveau palais du Parement, reconstruit à neuf sur les débris incendiés du palais antique : 70 millions de francs n’auront pas suffi pour ce monument. Il est bâti, décoré, suivant le goût flune architecture empruntée à la conquête des Normands, dans ce pays où le respect des traditions, qui sajoute à celui des lois et des mœurs antiques, prépare et garantit la longévité des mœurs et des lois présentes. Tout à côté, voici la basilique autrefois romaine du Mo-Kastère de l’ouest, laissée debout malgré la réformation; ta sont déposées les cendres des grands hommes des trois !°yaumes, richesse morale et religieuse d’un peuple ^lustre. Elles sont réunies avec orgueil dans ce temple de estminster, pour honorer, pour immortaliser la cité Parlementaire, qui fleurit par les lois et la liberté, par la gloire et par l’éloquence.
- Tel est l’ensemble majestueux de la capitale d’un em-Plre °ù 1 70 millions de sujets ont à peine assez de navires P°ur suffire aux consommations et au commerce crois-Sants d’une accumulation de 2,5oo,ooo habitants.
- depuis trois siècles, les sciences, les lettres et les arts prissent dans la cité qu’ont illustrée tour à tour les ^owton et les Davy, les Shakspeare et les Milton; un istophe Wren, qui conçut, qui bâtit Saint-Paul de Ies; un John Rennie, qui, de nos jours, a construit
- S\|T» j _ rp , AJ
- Aamise des ponts en granité1, en fer2, dignes du
- s faterloo bridge. Southwark bridge.
- introduction.
- p.17 - vue 56/0
-
-
-
- 18 FORCE PRODUCTIVE
- monument religieux d’arcliitecture classique le plus
- grand, le plus beau de tous après Saint-Pierre de Rome.
- Puissance productive de la presse, à Londres.
- Londres est la ville du monde où la presse a la plus grande puissance productive pour les sciences, pour les lettres et pour les arts. De simples associations, par exemple, la Société biblique, étonnent par le nombre des volumes qu’elles publient.
- La presse est pour l’industrie un grand élérnent de succès; elle sert prodigieusement le commerce, au moyen d’annonces qu’on varie sous mille formes et qu’on répète chaque jour.
- Un peuple trafiquant par excellence doit être le plus avide d’informations régulières et de publicité quotidienne. La progression de ses journaux dans les deux demi-siècles qui viennent de s’écouler frappera tout observateur; leur publication double dans le premier et quintuple dans le second. Citons les nombres effectifs :
- JOURNAUX PUBLIÉS. NOMBRES TOTAUX. PAR MILLION D'HABITANTS.
- En 1751 7,412,575 16,085,085 95,000,000 1,000,000 1,600,000 4,520,000
- En 1801
- En 1851
- Faisons connaître les résultats de la plus grande force productive que la mécanique, ait encore obtenue pour l’impression typographique.
- Le problème était de suffire aux besoins du journal Ie
- p.18 - vue 57/0
-
-
-
- DES NATIONS. 19
- ♦
- plus considérable et le plus répandu de tous : son débit actuel n’est pas moindre de 60,000 doubles feuilles chaque J°ur, et chaque numéro contient plus de 5oo,ooo caractères, c’est-à-dire autant que hoo pages de ce volume.
- Il a fallu que les progrès de l’invention mécanique Marchassent de pair avec la fortune accélérée du Times.
- Par un premier perfectionnement, avec une même forme de caractères, au lieu de 2 5o feuilles imprimées dans une heure, on en obtient 1,800. Ce résultat inaugure ta paix : il est de 181 à. Treize ans après, devient nécessaire uu nouveau progrès; on l’obtient : on imprime avec une Seule forme à,000 feuilles par heure. Dix-huit ans plus tard, il n'est pas moins urgent d’obtenir un troisième propos. On y parvient : on place les caractères sur le contour don énorme cylindre vertical, que la vapeur fait tourner sans cesse; la même puissance entraîne huit cylindres Compresseurs qui conduisent à la fois huit feuilles de pa-Pler: cela suffît pour imprimer, au minimum, 10,000 feuilles alheure. On tire ainsi quarante fois, par la force automa-hque, ce qu’en 181 h on tirait à la main d’une forme de caractères. Un tiers de siècle suffit à ce grand résultat.
- Telle était la difficulté des conditions mises à décer-ner les médailles du premier ordre au concours uni-Versel, que M. Applegaih, l’auteur de ces merveilleux PoUectionnements, n’a vu ses machines les plus par-aUes récompensées que par une médaille de seconde
- Non-seulement l’entreprise commerciale du Times par-Vl,ent a suffire aux demandes du public; elle ne veut rien *je§liger pour les accroître : il lui faut avant tout le crédit, afs plus noble sens du terme. La condition de succès est Dsucun trésor, aucune puissance ne la puisse intimider ni archander ; c’est elle qui rétribue, et qui fait trembler. Elle
- /
- p.19 - vue 58/0
-
-
-
- 20 FORCE PRODUCTIVE
- est la plus rude expression de la force, des lumières, des préjugés et de la passion chez la nation qui prend le taureau, le Bail, pour emblème. Il avance, il recule, il se détourne dans l’arène, selon le vœu du gros des Anglais; ceux-ci, le voyant changer comme eux, aussi souvent qu’eux, toujours avec eux, l’admirent pour sa constance et le suivraient au bout du monde : c’est du Times que je parle. En quelque lieu de la terre où les grands événements se préparent, un envoyé du puissant journal accourt, afin d’en être le témoin et le premier narrateur. Voyez la Crimée! Les autorités d’Angleterre, de France et de Russie n’ont eu ni la palme ni la primeur des récits : le vainqueur, c’est le Times. C’est lui qui peint avec une incroyable énergie l’Alma, bataille toute moderne ; Inkermann, bataille de l’antiquité pour le mélange des masses et pour le heurt à l’arme blanche; et Baiaclava! ce combat du moyen âge, où les cavaliers, disons mieux, les chevaliers d’Angleterre marchent à la mort certaine, comme si leur Richard Cœur de Lion était le juge du camp! On voit les lieux, on suit les chefs, on lutte avec les soldats. C’est tour à tour du Jomini, du Polybe et du Froissart. Mais voici qu’après la victoire des héros vient la victoire du climat. Notre XXIIIe bulletin, dans l’hiver de 181 2, n’était pas plus sombre ni plus vrai que le tableau de cette armée britannique qui périt sur ses lauriers, de faim, de froid, de nudité, et d’insuffisance administrative, à trois lieues de ses ressources! Ici reparaît le commerçant observateur : il voudrait mettre au rabais l’approvisionnement sur place, et presque le commandement; il voudrait que les plus fr' meux industriels entretinssent à prix fixe l’armée, pour prendre à jour fixe Sébastopol. Le Provéditeur de presse et du populaire remplace, au xixc siècle, ces Pr°* véditeurs de l’aristocratie vénitienne qui jugeaient tout
- p.20 - vue 59/0
-
-
-
- 21
- DES NATIONS.
- bas sur le champ de bataille, en ajournant au Pont des Soupirs les Condottieri soupçonnés. C’est, au contraire, à la classe gouvernante et privilégiée que s’attaque le Times avec exaspération , je dirais presque avec furie. G est le pouvoir qu’il bat en brèche; ce sont les grands, les riches, les dominateurs, qu’il traîne aux gémonies, sans s inquiéter si sa voix n’encourage pas la nation ennemie et n’ébranle pas l’édifice de l’Etat. Voilà la force agitante, passionnée, immense, que je tenais à mesurer et ^ni ressort d’une entreprise de commerce typographique, dans la cité du commerce par excellence.
- Après ce coup d’œil dirigé Afers l’industrie de la presse périodique, vers sa force productive, ses combats et ses tempêtes, reposons nos regards sur un spectacle paisible sublime : le spectacle de la science, ambitieuse seulement de reculer ses limites dans l’intérêt du genre humain. L’un de ses plus nobles sanctuaires se présente à mure culte.
- Travaux de la Société Royale de Londres.
- La Société Royale de Londres, protégée mais libre, C°mpte dans son sein tous les Anglais qui cultivent avec Quelque distinction les sciences exactes, les sciences natu-^edes et leurs applications utiles aux arts. Depuis la prési-ence de Newton, c’est-à-dire depuis la mort de cet mmortel géomètre, les sciences mathématiques n’ont " s ®té représentées en Angleterre par des génies du Pr.emier ordre; mais les sciences d’observation, les pences naturelles et leurs applications n’ont pas cessé ^ etre cultivées par des hommes illustres, qui conservent c grande institution son rang parmi les académies le Us justement célèbres du monde civilisé. Disons quel-
- p.21 - vue 60/0
-
-
-
- 22 FORCE PRODUCTIVE
- ques mots de ses travaux modernes; ils nous donneront
- la mesure du génie de l’Angleterre.
- A l’aurore du xix® siècle, brillait encore dans toute la force du talent William Herschell, naturalisé sur le sol britannique par l’amitié de Georges III et placé près du souverain dans l’observatoire de Windsor. Là, ce grand astronome a découvert la première planète que les hommes n’eussent pas connue dès l’antiquité. Avec les instruments qu’il a construits, et dont la puissance est sans égale, Herschell interroge le ciel à des profondeurs dont les savants n’avaient avant lui nulle idée. Il échelonne, il étage, pour ainsi dire, ces myriades de mondes solaires, si variés dans leurs aspects, dans leurs groupes, dans leur éloignement certain de la terre. Il recule ainsi les bornes de l’univers bien au delà des limites qu’avaient rêvées les imaginations les plus hardies.
- Le fils d’Herscliell, exilé volontaire, ira passer plusieurs années du xixe siècle auprès du cap des Tempêtes, dans un autre hémisphère, pour observer un autre ciel. De l’observatoire ultra-marin qu’il a fondé sortira la mesure de la distance entre la terre et l’étoile la plus voisine; il ne faut pas moins de trois ans et six mois à la lumière pour venir d’elle jusqu’à nous, et la distance parcourue s’élève à 225,916 fois les trente-quatre millions de lieues qui nous séparent du soleil.
- A côté des plus sublimes recherches sur la grandeur et le peuplement stellaire de la sphère céleste, ne craignons point de placer un simple bienfait de l’iitimanité.
- Avec une admirable sagacité le docteur Jenner découvre et fait adopter à ses concitoyens un mode nouveau de con' jurer l’épidémie si souvent mortelle de la petite vérole, et l’opération qu’il enseigne est simple, facile et sans danger. La vaccine a pris date parmi les plus rares bienfaits de H
- p.22 - vue 61/0
-
-
-
- DES NATIONS. 23
- science dans l’année qui précède le xix® siècle. En moins d une génération, la pratique s’en est répandue chez tous les peuples éclairés; les peuples qui ne sont pas en état de comprendre nos idées ont compris notre puissance, en recevant de nous un moyen qui sauve la vie de leurs enfants.
- Pour payer la dette des nations, le Parlement d’Angleterre décerne près d’un million de francs à Jenner, comme d l’aurait voté pour des généraux, des amiraux victorieux : la victoire, ici, marque sa grandeur par les existences
- sauvées.
- La chimie pneumatique semblait avoir épuisé les merveilles de la science moderne, lorsqu’un digne successeur Gavendish et des Priestley, des Lavoisier et des Ber-tliollet, Sir Humphrey Davy fait servir la pile de Volta pour décomposer des corps que l’on croyait indécom-P°sables : ce sont, en premierlieu, les alcalis fixes etbientôt apres les terres pures. Avec le secours de l’électricité vol-taïque, il en dégage l’oxygène; aussitôt la base de ces corps prend place au nombre des métaux. Le sodium, le P°tassium, le calcium, offrent à la science des substances caractérisent des propriétés remarquables, et dont , ^dque jour s’emparera l’industrie.
- L est au milieu d’une guerre implacable que paraît la decouverte de Davy ; Napoléon, préjugeant l’avenir, avait °ffert un prix vraiment digne de lui pour récompenser toute grande invention conséquente à celle de Volta. L’Ins-tltm de France était juge; écartant l’idée de la haine issue ^es combats, il couronne l’Anglais Humphrey Davy, comme -1 durait couronné dans le calme de la paix et dans l’har-^cnie d’une concorde universelle.
- ^ La Société Royale de Londres ne reste pas en arrière e cette équité magnanime. Aussitôt que Malus a décou-
- p.23 - vue 62/0
-
-
-
- 24 FORCE PRODUCTIVE
- vert une loi de la lumière que Newton n’a pas soupçonnée, la médaille d’or de la Société traverse le détroit pour honorer à la fois le savant français et les donateurs britanniques.
- Un autre succès, un de ceux que nous citons de préférence, ajoute un reflet plus cher et plus doux à la renommée de Davy. Le savant a découvert qu’un léger tissu métallique, en permettant que la lumière passe à travers les interstices, arrête au passage le plus subtil et le plus inflammable des gaz. Il enferme la lumière dans cette enveloppe à deux fins opposées : c’est la lampe de sûreté. Elle garantit les travailleurs contre des explosions ordinairement mortelles. De telles explosions portaient l’incendie dans les mines de combustible et produisaient des dommages trop souvent irréparables; ces dommages n’auront plus lieu. Lorsque Sir Humpbrey Davy fut nommé président perpétuel de la Société Royale, les propriétaires des mines du comté Rouiller de Durham et les citoyens de Newcastle se réunirent, afin de lui présenter un magnifique service d’orfèvrerie; ils y joignirent un plus beau tribut, les remercîments de tout le peuple des mines pour la vie des hommes déjà sauvés et des hommes qui seront sauvés dans l’avenir.
- Les autres découvertes dues à des membres illustres de la Société Royale, importantes au point de vue de la science et de l’industrie, en physique, en chimie, en optique et dans toutes les sciences naturelles, ces découvertes obtiendront à leur tour des conséquences, des applications précieuses pour l’humanité.
- Au sujet des arts qui sont l'objet plus particulier de nos études, la Société Royale a compté, elle compte encore parmi ses membres les savants et les artistes éminents à qui sont dues les applications merveilleuses de
- p.24 - vue 63/0
-
-
-
- 25
- DES NATIONS.
- ta mécanique aux ponts suspendus, aux ponts-tubes, aux chemins de fer, aux locomotives, à la télégraphie électrique, etc.
- L’Écosse a fini par revendiquer James Watt; mais 1 Angleterre a commencé par l’adopter, et la Société Royale par le compter entre ses plus illustres membres.
- C’est un élève de Watt, c’est Murdoch qui, le premier, a consigné dans les Transactions philosophiques de la Société Royale de Londres les procédés et l’économie du Nouvel éclairage essayé dans Manchester et fourni par ta gaz extrait de la houille. Le xix® siècle a vu cette appii-Catl°n, si précieuse pour les cités, les grandes manufac-tures et jusqu’aux simples ménages, propagée dans les moindres villes des trois royaumes, et de là sur le contient européen, d’où la découverte était partie.
- Un membre de la Société Royale, sir William Snow arris, complétant pour la marine le bienfait de Franklin, a conçu le seul système, à la fois sûr et parfait, propre à conduire la foudre, depuis la sommité des mâts jusqu’à la mer, à travers les ponts et la carène, dans tous les cas e* Par tous les temps.
- Les Thomas Young, les Brewster, les Faraday, les neatstone, ont rivalisé, par leurs découvertes sur les Pr°priétés et sur les applications de la lumière et de la rce électro-magnétique, avec les Malus, les Fresnel, les csted et les Arago.
- ^ Ualton, célèbre physicien de Manchester, est l’émule e Cay-Lussac dans ses recherches et dans ses inventions m1 tas gaz et la loi de leurs tensions.
- Cm arrête : je ne fais qu’indiquer ici quelques soin-j s des découvertes atteintes, durant le xix* siècle, par s . membres les plus éminents de la Société Royale. Des rjces nouvelles, des arts auparavant inconnus, ont étc
- p.25 - vue 64/0
-
-
-
- 26 FORCE PRODUCTIVE ,
- le fruit de ces travaux, et nous aurons à signaler partout les progrès et le bienfait des mêmes arts.
- Succès artistiques et scientifiques de Londres, en 1851.
- Apprécions, pour Londres même, les résultats de l’alliance que nous venons de signaler entre les hautes conceptions du génie et les services quelles rendent aux populations.
- Animés par un esprit libéral et généreux, les Jurés internationaux empruntés pour l’Angleterre à la Société Royale et pour notre patrie à l’Institut de France ont réuni leurs efforts afin qu’on rendît justice aux industries artistiques ou scientifiques de Londres. Voyez à quelle place magnifique la capitale de l’empire britannique est élevée dans le Concours universel ! Elle reçoit, l’aurait-on pu croire d’avance, en récompenses de premier ordre, une part égale à celle de toutes les nations, la France et l’Angleterre exceptées !
- Récompenses de premier ordre obtenues en 1851.
- Par les exposants de Londres................. 33
- Par ceux de l’univers, autres que les Français et
- les Anglais..................................... 33
- De là nous tirons cette conséquence propre à montrer l’éminence artistique et scientifique de Londres :
- Population par récompense de premier ordre.
- Dans Londres. Dans l’Univers, moins la Franco et l’Angleterre-
- 71,564 habitants. 28,678,000 habitants.
- Rapports : 1 399
- Telle est l’inégalité que présentent les mérites supe-
- p.26 - vue 65/0
-
-
-
- DES NATIONS. 27
- Heurs. Je demande à présent si les marchands de la Grande-Bretagne montraient quelque prévoyance et quelque perspicacité dans leurs efforts incroyables pour s’opposer aux jugements, aux récompenses classées d’un com cours universel qui produit de tels résultats, et quand ils regardaient comme un bonheur d’empêcher toute mesure d’inégalité qui devait être à ce point glorieuse pour , leur patrie ?
- Cette population de Londres, qui surpasse de si loin Un si grand nombre de nations par ses succès dans les sciences et les arts appliqués au commerce, à 1 industrie, Sa croissance numérique pendant le demi-siècle objet de Uotreétude, est d’une constance vraiment digne d etre observée et méditée. Une constance pareille montre la puis-sance et la régularité des causes auxquelles il faut rapporter un tel progrès.
- ' RECENSEMENTS OFFICIELS DE LONDRES , AU XIX® SIÈCLE,
- ANNÉES. POPULATION ACCROISSEMENT
- DE LONDRES. ANNUEL par million d’habitants.
- 1801.. 958,863 18,090
- 1811... 1,138,815 19,359
- 1821.. 1,378,497
- 1831. 1,654,994 18,415
- 1841.. 1,948,360 16,453
- 1851. 2,361,640 19,422
- 1901? 5,816,608 18,191
- Si vous supposez, ce qui paraît naturel, que 1 accroisse-
- p.27 - vue 66/0
-
-
-
- 28 FORCE PRODUCTIVE
- ment de Londres suive la même loi progressive dans la dernière moitié du siècle que dans la première, vous trouverez que, dans Tannée 1901, Londres comptera 5 millions 816,000 habitants; elle égalera Pékin, la capitale d’un peuple de 360 millions d’habitants. Qui peut dire ce qu’alors sera la puissance industrielle et maritime d’une aussi grande cité?
- Le port de Londres. •
- Revenons au port de Londres. Le croira-t-on? jusqu’à la fin du xviiT siècle, les Anglais n’avaient encore rien accompli pour ajouter les œuvres de l'art au présent inappréciable que leur avait fait la Providence en leur donnant la Tamise.
- Us avaient laissé la nature régler elle-même le cours du fleuve et ses vastes méandres. Nulle part une police intelligente n’avait réglé la voie publique le long de ses bords. Chaque particulier avait plus ou moins empiété sur le rivage, soit par des débarcadères, soit par maisons érigées sur pilotis. Des alluvions de vase et d’immondices malsaines et nauséabondes étaient découvertes, sur de larges espaces, à chaque basse marée.
- Les navires mouillés par rangées, des deux côtés du fleuve, étaient sujets à des déprédations incroyables. Les abus, les crimes, étaient au comble à la fin du siècle dernier. C’est à de semblables excès qu’on a dû l’entreprise des travaux dont nous donnerons une idée ; ils ont changé l’aspect du port de Londres.
- On a douté, dans ces derniers temps, de la faculté d’organisation des forces britanniques enrégimentées; on n’eU douterait pas si Ton reportait sa pensée sur ce qu’ont pu* vers la fin du siècle dernier, d’obscurs malfaiteurs.
- p.28 - vue 67/0
-
-
-
- DES NATIONS. 29
- Paient appliqué la division du travail et l’embrigadement a la spoliation systématique des richesses que la naviga-hon accumulait dans le port de Londres. Une première classe était chargée de receler les objets dérobés. Elle n’é-tait pas apparente; elle était censée ne rien recevoir que P9!1 voie d’achat, et ses livres de comptes étaient parfaitement réguliers. Une autre classe de travailleurs, servant a terre, était chargée de faire disparaître les objets sous-tiaits à bord des navires et débarqués par des bateliers appropriés aux mouvements sur le fleuve. Des catégories ^cciales d’ouvriers, tonneliers, layetiers, serruriers, etc., ctaient destinées, en nombres déterminés, pour exploiter navires, invisiblement visités et désignés par les spo-lateurs en chef. A des heures assignées pour chaque Huit, 1 œuvre s’accomplissait avec un ordre incroyable, SOUs la protection des ténèbres, et le succès couronnait Plesque toujours cette savante stratégie de la spolia-
- ^,n quon ne croie pas à l’exagération de ces faits, cons-j.l*es ^ans l’ouvrage important d’un magistrat de la po-^Ce de Londres1, je me contenterai de citer le résultat Urie enquête sérieuse. On a trouvé qu’en trois ans, de 799 à 1 801, les déprédations opérées sur la Tamise n’a-Vaient pas été moindres de 1,21 à,600 livres sterlings, |.^niIîlc flui vaudrait aujourd’hui plus de 3o millions de tra^08 ^ a C^C te^ es Pertes Pour qu’on entreprit les aux dont nous allons donner l’idée.
- Les docks du port de Londres.
- Ou a formé presque en même temps trois associations C°iquhoun, sur la police de la métropole (Londres), in-4 .
- p.29 - vue 68/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 30
- financières, afin de construire trois systèmes de docks destinés à trois commerces spéciaux, et qui souffraient le plus des déprédations dont nous venons d’offrir la mesure.
- Le 20 juin 1800, un acte du Parlement autorisait la construction des Lonclon-docks, les plus voisins de la Cite qu’on ait construits à cette époque. Us offrent un port complet, où des bassins, à niveau presque constant, tiennent à Ilot des navires et sont bordés d’immenses magasins : le tout clos de murs infranchissables. Ces docks jouissent du droit d’entrepôt réel : ils recevaient, par privilège, des produits européens, tels que les vins, les tabacs, les riz, etc. Le capital primitif de l’association créatrice de ce monument était de 3o millions de francs, avec faculté de f'élever à 3 5. En moins d’un demi-siècle, ce capital a fini par atteindre à la somme de cent millions.
- Le dock et son avant-bassin présentent 11 hectares de superficie aquatique; les magasins, les hangars et les quais occupent 33 autres hectares.
- C’est au célèbre ingénieur J. Rennie qu’on doit les plans et l’exécution des travaux.
- Dès l’année 1799, une autre association s’était formée pour établir, un peu plus bas que l’établissement dont nous venons d’offrir une idée, les docks consacrés aux produits coloniaux de l’Amérique : ce sont les docks des Indes occidentales. Ici l’on n’était plus gêné par les édifices urbains de Londres. On se plaçait sur un terrain libre, à la gorge d’une presqu’île dont le sommet se trouve en face de Deptford et de Greenwich.
- Pour donner aux personnes du continent qui n’ont pas visité Londres, et qui connaissent notre capitale, une idée sensible de la grandeur des docks des Indes occidentales, je prendrai l’objet de mes comparaisons dans le quartier de Paris le plus brillant et le plus admiré. Imaginons
- p.30 - vue 69/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 31
- Une compagnie de négociants qui soit propriétaire d’un terrain aussi vaste que le jardin des Tuileries et la place de la Concorde. Concevons que les hôtels latéraux de la rue de Rivoli, du ministère de la marine et de l’ancien garde-meuble de la couronne ne forment qu’un seul Magasin, et que la moitié du palais soit ajoutée comme appendice à cet entrepôt. Creusons un premier bassin depuis le pavillon Marsan jusqu’aux Champs-Elysées et depuis la rue de Rivoli, transformée en large quai, jusqu’à la grande allée des Tuileries, dans une largeur de mètres et demi. Ensuite, parallèlement à la terrasse du Bord de l’eau, creusons ifn second bassin, aussi long Uiais moins large d’un cinquième que le premier. Entre Ces deux bassins, remplis de vaisseaux dont le port moyen s°it de 3oo tonneaux, élevons encore d’immenses maga-sins et des hangars, les uns en bois, les autres en fer, P°ur le service de ce double port artificiel. Enfin, regardons la Seine comme un canal également artificiel, qui Joigne au-dessus du pont des Arts, au-dessous du pont Louis XVI, un fleuve trois fois plus large communiquant Par les avant-bassins avec les deux extrémités des docks, traversant dans toute la longueur une capitale de
- 4oo,ooo âmes.....Alors nous aurons l’idée d’un seul
- des établissements maritimes accessoires au port de Lon-dres. Or, il y en a cinq du même genre.
- Les plans et la construction des docks des Indes occidentales sont l’œuvre de William Jessop; un tel monument perpétuera sa mémoire.
- Le troisième établissement, celui des docks des Indes Mentales n’a reçu qu’en juillet 1800 l’autorisation lé-blslative. Il est la propriété d’une association qu’il faut se gicler de confondre avec la compagnie dominatrice des Mes orientales, quoique les actionnaires des deux asso-
- p.31 - vue 70/0
-
-
-
- 32
- FORCE PRODUCTIVE
- dations aient été généralement les mêmes dans le prin-dpe.
- C’étaient surtout les produits si précieux des Grandes Indes, les soieries, les mousselines, les élégants tissus de coton, les cachemires, les aromates, qu’il fallait mettre à l’abri des déprédations dont nous avons signalé la hideuse étendue. La richesse même des cargaisons permet d’effectuer le commerce des Indes orientales avec beaucoup moins de navires qu’on n’en affecte au commerce des Indes occidentales; ils n’exigent pas des bassins aussi spacieux , et 1 2 hectares suffisent à la totalité de l’établissement. Les navires ayant un très-fort tonnage, il a fallu plus de profondeur d’eau et des portes d’écluse de plus grandes dimensions. Ces portes, en fer, comme celles des deux autres docks, étaient un progrès dans l’art de couler, de forger et d’assembler ce métal, d’après des proportions jusqu’alors sans exemple.
- Je n’ai jusqu’ici donné l’idée que de la grandeur d’établissements si vastes que, transportés dans l’antiquité, Tyr, Syracuse ou Carthage auraient pu les prendre pour leur port tout entier. Il faut maintenant les montrer peuplés, animés, fécondés par l’activité calme, impassible, incessante, des travailleurs britanniques, secondés, par les forces de l’art et de- la nature. La mer monte; elle est presque étale, et déjà sont manœuvrées, à des issues differentes , les portes d’écluse pour la sortie et pour l’entrée des navires : des portes monstres qui, pour les docks des Indes orientales, suffiront au passage de ces bâtiments de i,5oo tonneaux que les Anglais, par la métaphore la plus hardie, appellent leurs hommes des Indes, leurs Indiamen; ces Briarées de la mer, qui manœuvrent avee des bras et des mains composés de mâts et de voiles, avec un timon qui transmet l’intelligence. Les grandes
- p.32 - vue 71/0
-
-
-
- DES NATIONS. 33
- et doubles portes de nos basiliques ne peuvent pas se comparer aux portes tour â tour immergées, émergées, des d°cks. Leurs battants en fer tournent sur des arbres de fonte, dans le creux desquels un travailleur peut descendre; l’extrémité mobile roule ou plutôt glisse sur des 1 ouleaux qui parcourent des voies de fer circulaires, sous ta profondeur des eaux. Ces grands mouvements s’opèrent Par la traction de chaînes invisibles.
- Le bâtiment marchand introduit dans le dock des débarquements vient prendre place au lieu vacant, parmi tas rangées parallèles de navires qui bordent les immenses rpiais, et qui, leurs cargaisons enlevées, passeront à leur ^ur dans le bassin des chargements. A l’équipage appar-hent dextraire de la cale les marchandises, puis d’attacher soallots et les tonneaux à la chaîne d’une grue : cette grue Va tas poser sur des chariots que roulent, avec une in ^oyable vitesse, les hommes de peine, les forts des docks. e transport s’opère sur des plaques de fer et sur des *es de granité poli, sans beaucoup plus de résistance ^Ue SUr des chemins de fer. Les chargements arrivent ainsi Par ta ligne la plus courte au pied des vastes magasins, ta, des cordages munis de grappins les saisissent et les eVent avec une rapidité qui n’est surpassée que par les Mouvements contraires, quand il faut redescendre les mar-ndises ; alors on lâche absolument la corde, et le fardeau précipité avec l’impulsion accélérée de sa pesanteur. Dès jPte la masse est au moment de toucher le sol et près de se tif^T ^ar f°rcc acquise, la main d’un observateur atten-Pcse sur un frein inaperçu; elle paralyse la puissance ^ cumulée du corps grave ainsi précipité, qui tout à coup cef1611* tanmobile. L’instant d’après on lâche en douceur ein si puissant, et de lui-mcme le chargement se pose a plate-forme d’un nouveau chariot, pour être con-intuoduction. . 3
- p.33 - vue 72/0
-
-
-
- 34 FORCE PRODUCTIVE
- duit à la destination ultérieure qu’assignera le commerce. Des manœuvres particulières font descendre et remonter les tonneaux pleins de liquides précieux dans des caves où l’on peut arrimer avec ordre jusqu’à quarante mille tonnes de rhum ou de vin de Madère : c’est la halle aux vins de Paris posée sous le magasin des Indes.
- Dans les docks des Indes occidentales, on décharge d’énormes arbres d’acajou qui pourraient suffire à l’ébénisterie de l’Europe entière. Ces masses sont manœuvrées avec un art que, trente ans plus tard, ont adopté nos chemins de fer pour charger et décharger des diligences entières portant tous leurs voyageurs. Qu’on imagine un immense hangar, avec des voies de fer qui mènent du quai jusqu’à l’alignement des piles auxquelles il sert d’abri. Qu’on imagine, à i5 ou 20 mètres de hauteur, une voie de fer aérienne posée sur des poutres longitudinales, et perpen-diculaire à la direction des mêmes piles, sur l’aplomb de leur milieu. Avec un treuil que terminent des chaînes armées de crampons, on saisit l’énorme masse d’acajou sur le chariot inférieur qui l’apporte du navire. On T élève à la hauteur d’une pile en formation ; puis on fait voyager le chariot supérieur, qui tient la masse d’acajou suspendue et qui la conduit à l’aplomb de la pile, pour la laisser descendre doucement à la position quelle devra garder. DeS opérations inverses et non moins faciles servent à l’enle' vement "des blocs d’acajou dont le commerce réclamera la sortie. C’est au célèbre J. Rennie qu’on doit l’innova' tion de ce système et la construction du beau hangar dans lequel on en fait usage.
- Tel est, en définitive, le caractère des grands établisse" ments dont nous offrons l’idée : la force partout soumis® à l’intelligence; les résistances réduites à leur moindre e*' pression; chaque résultat assigné pour le travail atteignait
- p.34 - vue 73/0
-
-
-
- DES NATIONS. * 35
- le maximum de son effet; une multitude d’ouvriers, les gardiens, les commis d’emmagasinage, tous à leur mission active ou passive, sans distraction, sans cris, sans une parole perdue. Voilà le spectacle d’un dock complet et clos de toutes parts, tel que la Grande-Bretagne n’en avait pas même eu l’idée avant l’année 1800.
- Ce système combiné de la discipline, de l’activité, du silence et de l’ordre, pareil à celui qu’un supérieur de chartreux obtiendrait s’il transformait en ateliers ses plus Vastes cloîtres, ce système, que nous verrons introduit par Arkwright dans les grandes manufactures dont il a créé le modèle, je l’ai retrouvé partout propagé, dans les fabriques des genres les plus divers, dans les principaux établissements publics, dans les arsenaux de terre et de mer, Sllr les bâtiments de guerre et jusque sur ceux du commerce. Ce bel ordre règne à la douane, à la banque, à ^hôtel des Grandes Indes. L’organisation nationale s’y prê-pour le sangfroid et pour l’absence des paroles inu-^es; il s’y refusait par l’indépendance obstinée d’un peuple 1Vre d’orgueil d’être libre. Une volonté de fer l’a soumis 1 1& règle du travail systématique ; et lui, pareil au plus er coursier dompté par l’art, il semble ramasser sa force, P°Ur n’en rien perdre quand il veut charger à fond sur es obstacles à vaincre.
- ^°ilà donc quel était le cachet, le type d’efficacité crois-^aote, qUj s’imposait de toutes parts à la force productive j e Grande-Bretagne, et qui conduisait à la perfection ,6S §randes créations nue nous venons de signaler, de 1800 a »8o5. 4 .
- oti^eS priviléSes ^es anciens docks expiraient en 1828;
- en a profité pour construire immédiatement les nou-^ docks do Sainte-Catherine, tout près de la Tour ondres. Au point de vue de l’art, ils offraient à vaincre
- p.35 - vue 74/0
-
-
-
- 36
- FORCE PRODUCTIVE
- les plus grandes difficultés ; elles ont été très-habilement surmontées par le célèbre Telford. Je me contente de citer les docks de la rive droite, assez nombreux, mais beaucoup moins importants que ceux de la rive gauche.
- Quelle que soit la grandeur des établissements que nous venons d’énumérer, on les trouve insuffisants. Un acte du Parlement autorise la construction de nouveaux docks ; ils seront si vastes, qu’ils surpasseront la superficie de tous ceux qu’on a créés depuis un demi-siècle. Us occuperont la gorge de la presqu’île entre Deptford et Woolwich. Trois bassins consécutifs et rectangulaires offriront, perpendiculairement aux longs côtés, trente-six embarcadères avancés dans l’eau, abordables par leurs deux faces, pour qu’un plus grand nombre de navires puissent, sans perdi’e un moment,être chargés ou déchargés : cette disposition» vraiment nouvelle, sera pleine de grandeur et d’utilité.
- Superficie des eaux dans les docks du port de Londres.
- i° Docks de Sainte-Catherine. . ................... 4 hect, -f»
- 2° ------de Londres (London-docks).................. n
- 3° ------des Jndcs occidentales.................... 26
- 4° ------supplémentaires des Indes occidentales. i3
- 5° ------des Indes orientales....................... g
- 6° ------commerciaux (rive droite)................. 26
- 7° ------Victoria, votés par le Parlement........ 111
- Superficie artificielle ajoutée à la Tamise. . . 200 hect. 7»
- Les premiers ports au nord de la Tamise.
- Au nord de la Tamise se projette dans la mer un vas{e pays bas qui comprend les comtés d’Essex, de Sulfolk ct de Norfolk.
- p.36 - vue 75/0
-
-
-
- DES NATIONS. - 37
- Le voisinage de Londres ne permet pas que les 80 iïeues de côtes qui bordent ces trois comtés présentent aucun grand port de commerce, et surtout de commerce extérieur. Le cabotage prédomine..
- La population si nombreuse et surtout si riche de Londres est pour les côtes britanniques l’objet d’un lr*tercours incessant, afin de l’approvisionner en céréales, eri produits alimentaires de diverses natures, et surtout en c°mbustible. Londres, à son tour, expédie par mer, tout long du littoral, les produits de son industrie et les Produits coloniaux, et ceux de l’Orient, dont cette ville est le grand marché central.
- Le comté d’Essex rappelle le nom d’un des sept r°yaumes qui composèrent l’heptarchie saxonne : c’était royaume des Saxons de l’est, des Est-Saxons.
- Le pays n’a pas de grandes manufactures. Sous le règne Elisabeth, lorsque Philippe II régnait en Espagne et le duc d’Albe mettait à mort les protestants des Pays-as» beaucoup d’entre eux, adonnés à la filature, au tissage e îa laine, franchirent le détroit; ils se réfugièrent dans ^ autre Pays-bas, enEssex. Leur industrie, pratiquée par ^ïiers de famille, s’était encore assez bien conservée vers a Lu du xviii8 siècle; mais elle n’a pu résister à la concur-rence formidable des grandes manufactures érigées plus tard dans le nord et l’ouest du royaume L
- Signalons, de 1801 à 1851, f accroissement de la po*
- dation dans la péninsule que nous commençons à par-courir ; 4
- Essex............................. 15 \
- Suffolk.............................. 57 f
- Norfdk...............................60 p-io°-
- Toute VAngleterre................... 102J
- l J! .
- ai consulté le recensement de i85i, et j’ai trouvé que l’industrie de
- p.37 - vue 76/0
-
-
-
- 38 FORCE PRODUCTIVE
- Ce qu’il y a de très-remarquable, c’est que le comté dont la population s’est le moins accrue est un de ceux qui produisent les plus beaux froments et les orges exclusivement préférées dans les brasseries de Londres. Ce n’est pas pour ses habitants, mais pour la capitale, que l’Essex réserve ses meilleures subsistances.
- Les parties basses et voisines de la mer avaient à la fois l’avantage d’olfrir de magnifiques prairies et l’inconvé-nient de rendre les eaux saumâtres ou putrides ; de nombreux puits artésiens, creusés à proximité des habitations, ont fait disparaître beaucoup de fièvres endémiques.
- Les terres plus légères du Sufiolk et surtout du Norfolk ont été l’objet des plus grands progrès agricoles dans le xviif et dans le xixe siècle ; ils nous expliquent l’accroissement de leur population, beaucoup i»oins lent qu’en Essex. Des terrains immenses, auparavant en vaine pâture, ont été graduellement enclos et livrés à la culture; les turneps, introduits dans les assolements, ont fait disparaître les
- jachères et favorisé l’élève du bétail, etc.Le Norfolk,
- par ce moyen, a pu demander à l’Ecosse des bœufs ma1' grès pour les engraisser et les envoyer à Londres; double commerce que favorise éminemment la vapeur appliqué à la navigation.
- Le Suffolk., comme l’Essex, a perdu la majeure partie de son industrie des lainages. Le Norfolk a du moins retend le travail de la soierie pure ou mélangée; Norwich, la cap1' taie du comté, ville importante qui compte 68,195 ha' bitants, reste le centre de cette industrie.
- Il faut encore signaler les grands ateliers modernes cOD' sacrés à la construction des instruments aratoires; ils ont
- la laine occupait seulement, en Essex, 3o ouvriers et 9 ouvrières âgées & vingt ans et plus. En vérité, ce n’est rien.
- p.38 - vue 77/0
-
-
-
- DES NATIONS. 39
- obtenu des récompenses remarquables à l’Exposition universelle. (Voyez le rapport de M. Moll, IXe Jury.) Occupons-nous maintenant de l’industrie maritime.
- PORTS ET NAVIRES DES TROIS COMTÉS ORIENTAUX.
- ÉPOQUES COMPARÉES. ENTRÉES
- PORTS. 1800. 1851. 1851.
- Navires. Tonneaux. Navires. Tonneaux. Tonneaux.
- *
- ^aïdon... . 178 5,498 158 7,800 131,728
- Colchester. .. 156 4,738 257 11,274 65,098
- Harwich'.. 137 7,127 117 6,235 80,461
- tpswie],. . 94 4,855 177 14,608 157,462
- Yarmouth... 375 33,454 667 47,656 394,668
- Clay 24 1,906 97 9,697 64,348
- Totaux 964 57,578 1,473 97,270 893,765
- ^
- Ge matériel naval, assez imposant quant aux chiffres totaux, s’applique principalement à la navigation côtière, ainsi qu’à la pêche K
- ^ Jetons un coup d’œil sur les ports dont nous venons Slgnaler l’importance comparative. Le littoral des trois °iïités orientaux offre trois haies principales.
- Nous en offrirons la preuve par la comparaison suivante . Mille ton ïl6aux de navires possédés par la Grande-Bretagne représentent, pour le ^Wnierce extérieur, un transport annuel de 2,7^8 tonneaux de marchandes. Mille tonneaux de navires possédés par les comtés orientaux d Essex, e Suffolk et de Norfolk ne représentent, pour le commerce extérieur, ^ uo transport annuel de 327 tonneaux.
- p.39 - vue 78/0
-
-
-
- 40 FORCE PRODUCTIVE
- A la baie du Blackwater appartiennent les ports de Maldon et de Colchester, ancienne colonie romaine. Dans cette baie et dans les rivières quelle absorbe, sont de riches huîtrières ; on apporte des îles normandes de Jersey et de Guernesey les jeunes huîtres, qu’on engraisse et qui sont ensuite envoyées à Londres.
- A l’extrémité du cap qui termine au nord les côtes d’Essex est situé le port de Harwich, au confluent de deux rivières, la Stour et l’Orwell. Les bâtiments de mer peuvent remonter l’Orwell jusqu’à la ville d'Ipswich.
- De 1800 à 1815, des travaux hydrauliques sont ac-complis pour améliorer le port d’Ipswich et pour approfondir l’Orwell jusqu’à cette ville. Aussi voyons-nous que le tonnage des bâtiments enregistrés dans ce port est doublé de 1800 à 185 1, et la contenance totale des navires est plus que triplée.
- Harwich est à la fois une ville de bains (watering place) et le point de départ des paquebots destinés pour la Hob lande ; on a désigné cette position pour en faire un port de refuge, d’après les travaux de la Commission instituée par sir Robert Peel en 1845 b
- Yarmouth, à l’embouchure de l’Yare, est le port le plu^ important de tout le littoral depuis la Tamise ; c’est auss1 celui dont les navires offrent la plus grande somme tonnage et qui fait le plus grand commerce extérieur2. ba ville compte aujourd’hui 3 1,000 habitants : chose rai’e en Angleterre, elle est ornée dans toute sa longueur, al1 bord de l’Yare, par un quai large et régulier.
- Au nord d’Yarmouth, nous trouvons le port de CW> destiné principalement au transport des sels que pr°'
- 1 Voyez le rapport sur le VIII* Jury.
- 1 En i85i, le total des entrées et des sorties d’Yarmouth pour l’éU'®11 ger s'élève à 74,49g tonneaux, fournis par la navigation à vapeur.
- p.40 - vue 79/0
-
-
-
- DES NATIONS. '
- disent les salines du voisinage : la presque totalité ne s°rt pas de l’Angleterre. Faisons remarquer que le matériel naval de ce port a quintuplé depuis 1 800 jusqu’à 1 851, progrès dont n’approche aucune autre localité sur la côte (IUe nous avons jusqu’ici parcourue.
- La baie du Wask.
- La baie du Wash ou de Y Égout est le réceptacle des eaux qui n’arrivent à la mer qu’en traversant d’immenses Marécages dans les comtés de Norfolk, de Cambridge, Huntingdon et de Lincoln. Elle a trois ports: à l’est, Lyme; au midi, Wisbeach; à l’ouest, Boston.
- PORTS ET NAVIRES APPARTENANT À LA BAIE DD WASH.
- I>
- ANNÉE 1800. ANNÉE 1851. ENTRÉES ET SORTIES :
- PORTS. 1851.
- _ NAVIRES. TONNEAUX. NAVIRBS» TONNEAUX. TONNEAUX.
- Lymo.. t 110 12,841 164 17,677 15,516
- Wisbeach 22 1,234 112 11,613 135,846
- 122 6,491 176 8,327 68,173
- Totaux.. .. ^ « 263 20,566 452 37,617 219,535
- Li
- Le Lincoln, peu remarquable au point de vue de la navigation, est digne au contraire de l’attention la plus P1 ofonde pour les travaux hydrauliques dont il est devenu e lheatre, pour les progrès de son agriculture et pour teux de sa population, qui brave à la fois les difficultés
- les périls des marais à conquérir et de leur transformation.
- p.41 - vue 80/0
-
-
-
- 42 FORCE PRODUCTIVE
- Afin de rendre sensible le résultat de tels efforts, il nous suffira de dire qu’en 1806 la population du Lincoln ne surpassait pas en densité celle que compte aujourd’hui notre département des Landes; maintenant, elle surpasse de beaucoup celle de la Touraine, un des jardins de la France.
- Les grands efforts ont commencé depuis un siècle pour assécher les marécages des parties basses de tous les comtés dont les eaux se déchargent dans le Wash. Smea-ton, le doyen des grands ingénieurs britanniques, visita d’abord la Hollande avant de proposer les premiers plans qu’on ait exécutés; ensuite, au xixe siècle, J. Rennie et Th. Telford ont accompli les plus belles et les plus fructueuses opérations. Des terrains extrêmement considérables, conquis sur les eaux, ont été donnés à l’agriculture dans les comtés de Norfolk, de Cambridge, de Huntingdon et surtout de Lincoln.
- On a beaucoup assaini les terres de l’intérieur; nous en citerons un exemple. Il existait aux environs de Lincoln une lande marécageuse et très-étendue, où l’on ne trouvait pas une seule chaumière; il devint nécessaire d’allumer un fanal sur la tour élevée de Dunston, afin de guideriez voyageurs qui traversaient pendant la nuit ce dangereux désert. Aujourd’hui les eaux dormantes ont disparu, et H solitude stérile a fait place à des fermes bien peuplées; leur riche culture est comparable à celle des parties les plus avancées de la Grande-Bretagne.
- Dans presque tout le comté de Lincoln, on a poursuivi les améliorations agricoles avec un courage, avec un g^' nie d’entreprise et sur des proportions qu’on n’a surpassés dans aucune autre contrée de l’Angleterre. Pour terres consacrées au' labourage, le perfectionnement a surtout été produit par l’engrais tiré des os, engrais dont
- p.42 - vue 81/0
-
-
-
- DES NATIONS. ' 43
- 011 a fait là plus d’usage qu’en aucun autre comté. On a par ce moyen décuplé certains produits de la terre.
- Les pâturages offrent d’autres merveilles : le Lincoln est le pays qui, proportion gardée avec l’étendue du territoire, élève le plus de bêtes à cornes et de bêtes à laine. Certaines parties de marais asséchés ne nourrissent pas ^oins d’un bœuf ou de quinze moutons par hectare. Grâce à l’excellence des pâturages, les animaux du Lincoln s°nt tous de haute stature, depuis ces puissants chevaux de trait qu’on admire à Londres au service des brasseurs, et T31 sont nourris avec l’avoine du Lincoln, jusqu’au bœuf de boucherie et jusqu’au mouton remarquable par la longueur étonnante de sa laine : aussi les toisons pèsent plus de 4 kilogrammes. Beaucoup d’agriculteurs ont croisé cette espece avec celle du Leicester, en sacrifiant un peu sur les dimensions pour obtenir d’autres qualités précieuses.
- La seule industrie remarquable, pratiquée sur une Rebelle étendue dans le Lincoln, est la fabrication des instruments aratoires et des machines à vapeur appliquées a Agriculture. Aussi voyons-nous qu’à l’Exposition uni-Verselle une des quatre récompenses de premier ordre Iïleritées, à ce sujet, par les trois royaumes britanniques est acquise au Lincoln, par M. Hornsby1.
- La baie du Ilumber.
- j Après le golfe de la Tamise, la baie du Humber est a plus importante sur la côte que nous parcourons; sa natation et son commerce sont d’une admirable activité.
- Geux ports de cette baie, Grimsby et Gainsborough ap-Pattiennent au Lincoln : le premier sur les bords de la
- 1 V
- °yez le rapport du IX* Jury, par M. Moll.
- p.43 - vue 82/0
-
-
-
- 44 FORCE PRODUCTIVE
- baie, le second dans l’intérieur et sur les bords de la Trente: cette rivière remonte jusqu’au cœur du royaume, à proximité de Birmingharfi.
- Deux autres ports appartiennent au comté d’York : Hall et,Goole, au-dessous du confluent des rivières l’Ouse et la Derwent, qui descendent, la première, d’York, et la seconde, de Leeds.
- * PORTS ET NAVIRES ENREGISTRÉS DE LA RAIE DD IIÜMBER.
- ANNÉE 1800. ANNÉE 1851.
- PORTS.
- NAVIRES. TONNEAUX. NAVIRES. TONNEAUX.
- Grimsby - 69 . 2,813
- Gainsborough 19 • 1,103
- 611 69,630
- Goole 524 34,457
- Hall 478 68,075
- Totaux 611 69,630 1,090 106,448
- ... —J
- Des ouvrages considérables, un vaste bassin de flot, oo* été depuis dix ans exécutés à Grimsby pour rattacher ce port au chemin de fer le plus direct de Manchester et de Sheflield à la mer du Nord. La manœuvre des docks, des grues, des magasins, est opérée ingénieusement par une force hydraulique; on doit ces travaux à l’éminent M.Rel1' del.
- Goole, il est vrai, située tout à fait au fond de la baie’ mais en un point qui réunit les eaux de trois rivières cju* sont navigables dans la partie la plus industrieuse du com^ d’York; Goole, au débouché du canal qui vient directe' ment de Manchester, reçoit des produits manufacturé
- p.44 - vue 83/0
-
-
-
- DES NATIONS. 45
- dune valeur infinie, qui de là sont conduits à Hull. Je Qrois devoir insister sur ces faits et sur le tonnage des na-•Vlles de ce port intérieur, lequel tonnage est dix fois plus §ljuid que celui des navires de Grimsby. Cela démontre *lu à 1 égard des marchandises, les transports opérés par es rivières et les canaux sont bien loin d’avoir perdu la
- supériorité.
- Le comté d’York, aussi vaste qu’industrieux, produit f prospérité de Goole, où convergent les eaux de la sec-L°n occidentale (West-Riding). La grande richesse de section est dans la coutellerie, dans la ferronnerie de leuield , et bien plus encore dans la filature et le tissage '-s laines. Les manufacturiers avaient à repousser la redou-table concurrence que les cotons faisaient aux lainages; J ny sont parvenus qu’en appropriant à leur industrie s mécanismes nouveaux et puissants d’Arkwright et de Ses successeurs. Us n’ont pas moins réussi dans la mise en °6llvie du fin et de l’alpaga que dans celle de la laine. On ^Ppréciera le succès de leurs efforts parle progrès admirable e ^eurs villes industrielles, depuis 1801 jusqu’à 1851.
- t0l>lILATXON PROGRESSIVE DES CITÉS MANUFACTURIÈRES DU COMTÉ D’VORK.
- ANNÉE 1801.
- NOMS DES CITÉS.
- ANNEE 1851.
- 103,778
- 12,010
- 30,880
- 45,755
- 22,057
- 497,877
- 142,040
- p.45 - vue 84/0
-
-
-
- 46
- FORCE PRODUCTIVE
- Voilà, par conséquent, un ensemble de villes dont la population, à force d’activité, triple en un demi-siècle.
- A la première des cités que nous venons d’énumérer, à Bradford, appartient, dans la chambre des communes, M. Cobden; c’est le fameux et véhément agitateur de la Ligue dont les efforts ont réduit sir Robert Peel à supprimer tous les droits qui protégeaient l’agriculture nationale.
- Revenons à la baie du Humber, par où s’écoulent vers l’Europe les produits métallurgiques et textiles fournis par l’ouest du comté d’York. Elle est admirablement située, non-seulement pour le commerce de l’intérieur, mais pour celui de l’extérieur. Elle n’est éloignée que de quatre-vingts à cent lieues des embouchures de la Meuse et du Rhin, du Zuyderzée, de l’Elbe et du Weser; elle est favorablement placée pour commercer avec la Baltique; enfin, elle se trouve en rapport facile et rapide avec de vastes pays, riches à la fois par l’agriculture et l’industrie.
- Nous comprendrons maintenant la grandeur des mouvements maritimes dont la baie du Humber est le théâtre.
- MOCVEMENT D’ENTRÉE ET DE SORTIE DES PORTS DD HUMBER, EN l85l*
- PORTS. CABOTAGE ET COMMERCE extérieur. TONNAGE DU COMMERCE extérieur.
- GrimsEy ,. .. 81,550‘ 55,608 345,631 1,285,641 69,875* 7,331 74,642 934,024
- Gainsborough t ,
- Goole
- Hull
- Totaux ,,.
- 1,768,430 1,085,872
- Le port de Hull, ainsi qu’on le voit, domine tous lcS
- p.46 - vue 85/0
-
-
-
- DES NATIONS. 47
- autres. Nous ferons juger de son importance par un S1mple rapprochement : dans la même année 1851, le Havre, notre plus grand port sur l’Océan et le débouché Paris, le Havre présente, pour mouvement de son commerce extérieur, 704,581 tonneaux, c’est-à-dire un quart moins que Hull.
- La rivière de ce nom formait originairement le port où ies navires de Kingston-sur-la-Hull trouvaient un abri. En 177<L le commerce de Hull avait acquis, par les résultats la canalisation intérieure, une importance nouvelle. Il Lllut ajouter un bassin artificiel pour tenir à flot une Quantité de navires égale à celle que pouvait recevoir la rivière : Smeaton a construit ce bassin. Dès i8o3, on Creusaitun second bassin, en même temps qu’on reconstruisait, en les agrandissant, les écluses du premier. En l8‘i5, MM. Telford et Walker en exécutaient un troi-Sl^me. Cet ensemble, avec la Hull et le Humber, formait Uïl polygone qui circonscrivait complètement la ville machine. Cela ne suffisait point encore : aussi, dès 1 836, il lait créer, de l’autre côté' de la rivière, un nouveau systènie de bassins susceptibles de recevoir les plus grands ^vires, soit à voiles, soit à vapeur, et d’une étendue con-Sldérable. La réunion de ces travaux est magnifique, j 'Jlï remonte la Hull, et par un canal on arrive à Bever-^ avec des navires d’assez fort tonnage. Près de cette Cl,? 0n tl'°uvc la belle fabrique d’instruments aratoires eee par M. Croskill; c’est f une de celles qu’on a distin-t^éeSdPar Une r^comPense de premier ordre à l’Exposi-
- Les quatre médailles de cet ordre décernées aux exposants l • 1
- britanniques ont été remportées par les comtés
- d,yntaux et presque contigus de Suflolk, de Lincoln et
- °rk. En même temps, plus de la moitié des médailles
- p.47 - vue 86/0
-
-
-
- 48
- FORCE PRODUCTIVE
- de second ordre sont obtenues par ces comtés et par ceux d’Essex et de Norfolk. Rien ne prouve mieux la supériorité agricole de cette partie de l’Angleterre.
- La côte d’Angleterre aa nord du Humber.
- Quittons le Humber et côtoyons la mer du Nord, en longeant le littoral du comté d’York. Nous passons devant Hornsea, petit port de pêche, et Bridlington, port un peu plus important. Nous trouvons ensuite Scarborough et ff hitby, dont la navigation mérite un peu plus de notre attention : la pêche est surtout la ressource de Scarborough, et le cabotage celui de Wbitby.
- Sur les hauteurs voisines de Whitby, nous voyons ces énormes piles formées par des couches alternatives de combustible et de pierres schisteuses dont on tire l’alun : c’est une industrie considérable.
- Nous arrivons à l’embouchure de la Tces, qui sépare de l’Yorkshire le comté de Durham, pays infiniment remarquable pour ses vastes mines de houille. Elles donnent une activité toujours croissante aux ports de ce comté, qul sont Stockton, sur la Tees; Sundcrland, sur la Wear; Tyne' nemouth, South-Shield et Newcastle, sur la Tyne.
- Au delà de la Tyne commence le grand comté de Northumherland, dont les côtes, sans abris sûrs, ne p1*' sentent que le port de Berwick, sur la Tweed, rivière qul sépare l’Angleterre de l’Écosse.
- Sur ma proposition, le Jury des arts maritimes et md1' taires, le VIIIe, a voté la médaille de premier ordre p0111 honorer les sacrifices éclairés qu’a faits le duc de N<>r' thumberland afin d’établir à scs frais les meilleurs batean* de sauvetage sur les côtes de son duché, bateaux dont 1 avait provoqué l’amélioration par un concours dont Ie5
- p.48 - vue 87/0
-
-
-
- DES NATIONS. 49
- Pri5t étaient de sa fondation. C’est ainsi que l’aristocratie ritannique justifie et rend populaires sa richesse et sa
- Puissance.
- La culture des terres n’est nullement arriérée dans les c°mtés de Durham et de Northumberland; mais il faut surtout y remarquer l’élève des animaux domestiques.
- Les bêtes à courtes cornes des bords de la Tees sont 1 Connues depuis longtemps comme une des meilleures especes pour le laitage et pour l’engrais. En France, les bureaux de cette race, désignés sous le nom de Durham, °nt une haute réputation.
- Les moutons de ce pays avaient une admirable laine n8Ue ; mais on a fini par préférer des toisons moins
- ïo
- tell
- es et des produits plus lucratifs pour la boucherie.
- PORTS ET NAVIRES ENREGISTRES, AD NORD DD HÜMBER.
- ANNÉE 1800.
- ENTREES
- ANNÉE 1851.
- 1851.
- 32,343
- 19,135
- 19,214
- 62,382
- 45,315
- 37,456
- 28,171
- 23,757
- 76,524
- 2,919,539
- 220,101
- 499,122
- 168,263
- 142,296
- 3,990,420
- 182,409
- 57,476
- 9,195,566
- 721,501
- 284,427
- Tlu mérite de fixer notre attention dans ce tableau, Production. 4
- p.49 - vue 88/0
-
-
-
- 50
- FORCE PRODUCTIVE
- ce sont les ports qui servent au débouché de la bouille, dont les mines principales s’étendent du bassin de la Tees au bassin de la Tyne.
- Le tableau suivant nous donnera l’idée du commerce extérieur des quatre ports principaux par lesquels s’exporte la bouille sur la côte orientale d’Angleterre.
- ENTRÉES ET SORTIES DES PORTS D’ANGLETERRE Aü NORD Dü HUMBER, EN 1851*
- , PORTS HOUILLERS. CABOTAGE. COMMERCE EXTÉRIEUR.
- \ Tonneaux. Tonneaux.
- Hartlepool. 811,488 392,722
- Sunderland « 1,450,711 459,159
- South-Shields 223,424 275,698
- Newcastle 1,829,133 1,246,897
- Totaux 4,314,750 2,374,476
- Le port de Hartlepool, amélioré dès i8i3, est devenu l’objet de travaux très-considérables. Depuis 1833 , on l’a mis en communication par un chemin de fer avec leS gîtes houillers de Haswell et de Thornley, éloignés seule' ment de 32 kilomètres. Un vaste bassin de flot comntiU' nique avec un port de marée. Dès qu’un navire en char' gement est à quai dans le bassin, par un nouveau méca' nisme la houille est instantanément déchargée dans s» cale.
- p.50 - vue 89/0
-
-
-
- DES NATIONS. 51
- Sunderland, avec sa banlieue, présentait, lors du recensement de 1851 , une population totale de 6y,3y/i habitants sur une superficie de trois lieues carrées : elle avait ptas que triplé dans l’espace d’un demi-siècle.
- Le pont en fer de Sunderland, érigé dès l’année 1796, était cité pour sa grande ouverture et pour son élévation, 4Ul permet aux navires à la voile de passer sous son arche Unique : il était alors la plus grande construction en fer forgé et la plus hardie qu’on eût' encore exécutée. Les pièces en avaient été fabriquées dans les forges célèbres de R°therham, les mêmes qui plus tard ont fourni Tes pièces Remarquables du pont en fer de Soutliwark, à Londres, Un des chefs-d’œuvre de Sir John Rennie.
- L est seulement en 1838, et sous la direction de M. Bru-^1 le fds, qu’on a construit un premier bassin de flot P°ur Sunderland.
- n 1841 fut exécutée dans ce port une'opération
- gue dêtre citée. Un phare en pierre fut transporté,
- • entier, à 135 mètres de distance et posé sur une
- ase nouvelle. Quoiqu’il pesât 34o,ooo kilogrammes,
- n Lù ht parcourir cet espace en 1 3 heures et demie.
- Les besoins du commerce augmentant toujours, en
- , ’ MM. Robert Stephenson et Murray commencèrent
- Rcution d’un plan qui change la face du port de Sun-
- ^ne Gntr<^e nouvc^e à la mer est créée à 1,000
- j- les de l’embouchure de la Wear, qui seule formait
- c cien mouillage. On entre d’abord dans un avant-bassin uont 1û • u
- on ' |llveau varie suivant la hauteur de la marée; ensuite ^ans un magnifique bassin de flot, long de ji Métrés, et dont la superficie n’est pas moindre de }a y^eC^ares* L)e ce même bassin l’on communique avec sab *Gar ^ai Un secon(l avant-port dont l’eau s’élève ou 1Sse c°name celle de ce fleuve. Toutes ces cons-
- 4.
- p.51 - vue 90/0
-
-
-
- 52
- FORCE PRODUCTIVE
- tructions sont régulières, grandioses et parfaitement entendues.
- Le chemin de fer qui va de Durham à Sunderland longe le grand bassin, dans lequel on charge les navires qui doivent exporter la houille.
- A 9 kilomètres seulement, 2 lieues et quart de la Wear, la Tyne débouche à la mer, en descendant de Newcastle et baignant les rivages des deux Shields, au nord et au sud de son embouchure.
- Au nord de la Tyne est Newcastle; en face et du côte du sud est Gateshead.
- Sur un territoire fjui n’a pas cinq lieues carrées, le* cinq villes de Sunderland, de Tvnemouth, de South' Shields, de Newcastle et de Gateshead, avec leurs banlieues, ne contiennent pas moins de 238,860 habitants; ils n’é' taient pas 91,000 au commencement du siècle; ils ofl* prospéré par une incroyable industrie. Dans ces villes, hors de ces villes, abondent les usines ayant le feu poi11 agent : fonderies métalliques, verreries, poteries, briqué' teries, fours à chaux, fabriques de céruse, ateliers pm5' sants pour la confection des instruments aratoires et dgS machines à vapeur; enfin, chantiers de construction po^ les navires si nombreux destinés principalement au trflilS' port du combustible minéral.
- Newcastle surtout mérite d’être citée pour ses établi sements d’instruction populaire et sa société scientifi<]ue' A l’Exposition universelle, M. Paltinson, habitant.de castle, obtenait une récompense du premier ordre p°uf une très-belle opération métallurgique. En voici l’idée :
- Lorsqu’une masse fondue de plomb argentifère se i’e' froidit par degrés, le plomb passe le premier par la cflS' tal 1 isation à l’état solide. On enlève successivement ^ cristaux de ce métal, et la partie liquide restante a &
- p.52 - vue 91/0
-
-
-
- DES NATIONS. 53
- tenu tout l’argent; on chauffe, on refroidit de nouveau pour retirer encore les cristaux de plomb. Après trois ou quatre opérations, il suffit d’opérer sur le résidu le départ final de l’argent, par la méthode ordinaire de coupella-hon. Avant ce procédé.savant, du plomb qui contenait lln demi-kilogramme d’argent pour mille payait à peine la fiepense du départ; aujourd’hui l’opération est avantageuse 0rs naême que l’argent est dans une proportion six fois Joindre.
- S 2. Écosse orientale.
- a
- dii
- le;
- Ün peuple qui ne compte guère plus d’habitants que notre Bretagne ou notre Normandie, absorbé par TAn-b oterre et privé de son Parlement, le peuple écossais, trouvé dans son énergie d’incroyables ressources. Il a ’§e 1 activité des esprits vers les sciences, les lettres et ?S arts : par ses travaux intellectuels et par ses applica-ns a 1 industrie, il a pris une double position que représentent, à nos yeux, Edimbourg du côté de l’orient et asg°w du côté de l’occident. Bornons-nous maintenant 11 premier aspect.
- L enseignement populaire est en Écosse plus répandu, fa’^ S6r^eux’ plus fructueux qu’en aucun autre pays; il a ro SJlr^lr ^cs fionames les plus éminents que nous au-® a signaler. En même temps les hautes études et les 1 niions transcendantes ont pris, dès le xviii® siècle, un s°r digne d’admiration.
- La Société Royale d'Edimbourg.
- Ën
- *7^3, dans l’année même où finissait la guerre naerique, Georges III instituait la Société Royale d im
- p.53 - vue 92/0
-
-
-
- 54 FORCE PRODUCTIVE
- bourg, organisée sur un plan que l’Institut de France ne devait surpasser que douze ans plus tard. On partageait en d eux sec lions, des sciences et des lettres, l’ensemble d es connaissances humaines : et par quels noms illustres n’étaient-elles pas personnifiées! Pour la philosophie mathématique et naturelle, Mathieu Stewart, l’élève de Maclaurin, le continuateur ingénieux et profond des géomètres grecs; Hut-ton, l’un des créateurs delà géologie savante, le fondateur d’une école géologique, ne créait pas comme Buffon une géogonie empruntée, avant tout, à l’imagination, mais à des observations éclairées au flambeau de la chimie. Sous le titre de théorie de la terre, il inaugurait les Transactions de la Société d’Édimbourg par un de ces mémoires qui font époque dans l’histoire des sciences, en accroissant leur domaine. A côté de Hutton brillait son illustre anal le chimiste Blake, le précurseur de Lavoisier; celui qui* dès 1759, avait constaté dans la pierre calcaire la pré' sence du gaz acide carbonique; celui qui, bientôt après, avait découvert dans les corps la chaleur latente, source des plus grands phénomènes et des applications les pluS fécondes en faveur de l’industrie. La philosophie morale et politique, la littérature, n’étaient pas professées avec moins d’éclat par Reid, par Gregory, par Dugald Stewart, génies courageux qui, relevant le drapeau du spiritna' lisme, l’ont rendu victorieux contre les doctrines désO' lantes du xvme siècle. L’Écosse était fière de compte1, pour représentant de l’histoire David Hume, à pcine descendu dans la tombe ; lui dont la grande composition embrassait trois dynasties d’Angleterre et portait, dans Ie récit des révolutions les plus féroces, l’amour constant de l’humanité, de la raison, avec cette équité, toujours si rare, qui tient la balance entre des partis moins dispa' rus que transformés. Enfin Robertson, à jamais célèbre
- p.54 - vue 93/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 55
- Par ses deux histoires de Charles V et de l’Amérique espagnole , Robertson était alors le Principal révéré de l’Uni-versité d’Édimbourg, comme l’Université de Paris s’hono-rait d’avoir eu Rollin pour Recteur.
- Ces profonds penseurs, ces écrivains éminents, avaient ete les uns les condisciples, les autres les élèves, et tous les aiïils de ce Blair qui fut le Massillon de la chaire écossaise, Surprise, grâce à lui, dè s’attendrir et de charmer les cœurs ay lieu de les consterner. Blair était l’auteur de la rhéto-rique la plus étendue, là plus élevée, la plus sagement liberale qu’eussent possédée les nations du monde occi-^eï)tal, depuis Cicéron etQuintilien. Elles voyaient un aris-^arque britannique , d’un cœur assez large et d’une raison assez haute pour admirer à la fois les beautés si divergentes de Shakespeare, de Dryden et d’Addison, de Cor-lledle, de Racine et de Molière; d’un aristarque qui pla-?ait le Siècle de Louis XIV, œuvre de Voltaire, à côté des els-d’œuvre historiques de l’école écossaise. Pour termi-cette imparfaite énumération, citons Adam Smith, qui eJauta par professer à Glasgow la philosophie morale, ce j|Ul valut à l’Europe une théorie pleine de charme et de ncsse sur la sympathie et les sentiments moraux. C’était Par un bien plus grand ouvrage qu’il devait fixer sa place ans l’admiration toujours croissante des» contemporains de la postérité : la théorie de la richesse des nations, dé-Ve^°Ppée comme une science d’observation, sans préjugés, Jns Idées préconçues, et fondée sur des principes qu’on . Pu fausser qu’en les outrant dans leurs dernières confluences.
- Telle était la pléiade de ces génies impérissables qui ré-alo aient les trésors de l’intelligence dans un pays pauvre rs> et défavorisé par un climat rigoureux; dans un pays » pendant des siècles, n’avait possédé l’autonomie que
- p.55 - vue 94/0
-
-
-
- 56
- FORCE PRODUCTIVE
- pour présenter le spectacle d’un royaume déchiré par les factions, persécuté par ses voisins et déshonoré par des barbaries sans exemple. Quand les vicissitudes humaines eurent entraîné ses rois sur le trône d’Angleterre, pour qu’ils perdissent, un siècle plus tard, et l’Angleterre etl’E-cosse, Édimbourg, abaissée au rang d’une ville subalterne, Edimbourg se relève par le génie de ses enfants; elle prend sa part dans les royautés de l’esprit humain, supérieures à celles de la politique, et le chef-lieu d’une province, capitale de nouveau, reçoit des nations qui l’admirent le beau surnom d'Athènes du Nord!
- Quand un nouveau siècle commence, parmi les admissions de la Société Royale d’Édimbourg je remarque cette simple indication : Année 1800, M. fValter Scott, avocat C’était l’écrivain que la grâce et l’élégance devaient élever seulement au rang des poètes du second ordre, en attendant une autre et plus grande illustration, conquise avec l’appui de l’anonyme, qui du moins nous soustrait a l’envie. En 1813, sous ce titre si mérité, U Écosse il y a soixante ans 1, paraissait la première de ces peintures, bien autrement poétiques, où l’auteur faisait revivre leS mœurs, les habitudes et le génie de l’Ecosse et de l’An* gleterre, à leurs plus grandes époques, depuis la conquête des Normands jusqu’à l’extinction du dernier espoir des Stuarts. Aujourd’hui les sociétés polies du monde entier connaissent mieux les beautés du sol écossais, $eS basses-terres et ses highlands, ses puritains et ses montagnards, qu’ils ne connaissent les beautés de leur propi’e pays et les mœurs des siècles passés chez leurs propf^s ancêtres. Ce qui donne un nouveau prix à cette mugie du grand peintre, c’est quelle n’ajoute jamais les ficti°°s
- 1 Waverley.
- p.56 - vue 95/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 57
- a là vérité que pour mieux flétrir le crime, livrer le VlCe au ridicule, et donner un plus doux charme aux Vejvtus qui sont l’honneur du genre humain. Telle est la Seconde influence de l'esprit écossais, que je tenais à signaler.
- La troisième et dernière influence, également créée s°Us le voile de l’anonyme , est celle de la critique, grave, Savante, profonde, mais incroyablement acerbe et trop sou-Vent passionnée : telle est la Revue d’Edimbourg, qui commence avec le siècle, pour publier un volume par trimestre, qui touche à son deux cent vingtième. En économie,
- _ij O 9
- e délend la doctrine écossaise d’Adam Smith; en po-lIque, elle relève le drapeau, je dirais presque en certains moments, la torche de Junius. Sur la terre où le torysme lacobite avait fait ses dernières armes en i 745, c’est le Parti wliig et novateur qui conduit cette Revue, et qui ait subir au gouvernement de Pitt et de ses successeurs 1 critique redoutable. Les gouvernements étrangers
- Une
- sub
- croit
- issent à leur tour la censure d’Édimbourg. Londres ne s pouvoir en balancer les effets que par la création de a Revue Quartenaire (Qaartcrly Review), égale en talent aUs être plus indulgente; elle est l’organe des tory s, conteurs à la fois des doctrines les plus sages et des plus Çns préjugés sur lesquels s’appuie le gouvernement a^lionnel de la Grande-Bretagne.
- Les ports du golfe d'Edimbourg.
- Le
- éprenons notre visite du littoral maritime, et péné-^°Us pap Ig côté du midi dans le golfe dÉdimbouig.
- Lar 1 agrandissement de cette capitale, Leitifinen est ™ qu’un faubourg; le port de la petite ville devient Ceiüi de la vaste cité, Des docks commencés dès le
- p.57 - vue 96/0
-
-
-
- 58 FORCE PRODUCTIVE
- xviii" siècle sont agrandis dans le xix® pour suffire au*
- progrès de la navigation.
- Borrowstoness est un port très-secondaire, à l’ouest de Leith.
- En avançant sur la côte méridionale de la baie d’EdiiU' bourg que les Anglais appellent le golfe, le frith du Forth, nous arrivons à Grangemoath, où débouche le canal qui conduit à Glasgow pour unir les mers d’Irlande et du Nord. A peu de distance de Grangemouth débouche dans le golfe la rivière de Carron, sur le bord de laquelle sont les magnifiques fonderies et les forges de ce nom : leur prospérité remonte au moment où l’on a perfectionné la fabrication du fer, et les progrès de cette industrie, pendant le xvme siècle, sont en partie datés de ce lieu célèbre Là sont exécutés tous les produits qu’on peut tirer de la fonte et du fer, depuis les canons ordinaires et depuis Ie5 courtes pièces dites carronades, parce qu’on les doit h l’usine de Carron, jusqu’aux simples ustensiles de nage, depuis le fer en barres étiré par des cylindre5 cannelés jusqu’à la tôle de fer que les Anglais ont Ie5 premiers obtenue au laminoir.
- En avançant davantage, nous trouvons l’embouchuù' de la rivière Forth, d’où le golfe a tiré son nom; au nof de la Forth, en contournant toujours le golfe, voici Ie port d'Alloa, sur la rivière d’Alloa. Plus loin est KirhaUf[ justement enorgueillie d’avoir produit Adam Smith, <lu* naquit fds du contrôleur des douanes de cette ville et tf*1 mourut commissaire supérieur de ces mômes douanes» dont les commerçants considèrent les perceptions, naoti vées ou non, avec cette espèce d’horreur qu’a le peup^ pour les gendarmes.
- p.58 - vue 97/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 59
- NAVIRES ENREGISTRÉS DANS LES PORTS DE LA BAIE D’ÉDIMBOURG.
- ANNÉE 1800. ANNÉE 1851. ENTRÉES
- ET SORTIES :
- PORTS. 1851.
- * NAVIRES. TONNEAUX. NAVIRES. TONNEAUX,
- •——
- Leith., 134 14,116 *209 25,429 753,356
- P°rrowstoness. .. 130 8,545 77 5,763 113,135
- Grai>gemouth » 0 102 17,325 127,854
- All0a 100 6,241 62 9,076 65,525
- 97 11,529 54 7,590 167,714
- Totaux 461 40,431 504 65,183 1,227,584
- On le voit, par un progrès doublement remarquable,
- tandis
- bonne
- que le nombre des navires est presque resté sta-
- £ n^ire, le tonnage total a plus que tiercé : changement v°fable aux navigations lointaines, ainsi qu’à l’éco-*°£iet ^s transports.
- (L 1^°n cornParait la navigation du port d’Édimbourg fldl) à celle des grands ports de France, on verrait e e nest inférieure qua celle de Marseille, du Havre Gtde Bordeaux.
- de J Iï^0uvement maritime est l’expression du progrès Sec^a ric^esse et des magnificences d’Édimbourg. Une ej e ville, régulièrement percée, construite en pierre, Pr^sentant une foule de beaux édifices, telle est la le G C1^‘ 0’après les recensements officiels, en 1801, dÉdimbourg ne contenait que 122,597 habi-s» des 1 année 185 x, il en comptait 2 58,52 4.
- p.59 - vue 98/0
-
-
-
- 60 FORCE PRODUCTIVE
- Sortons du golfe d’Édimbourg et continuons notre route vers le nord.
- PORTS ET NAVIRES ENREGISTRES, AD NORD DE LA BAIE D'EDIMBOURG.
- ANNÉE 1800. ANNÉE 1851. ENTRÉES ET SORTIES !
- PORTS. NAVIRES. TONNEAUX. NAVIRES. TONNEAUX. 1851. TONNEAUX-
- Dundee 123 8,881 351 60,522 269,181
- Pcrth 31 2,462 68 5,624 46,150
- Arbroath - » 126 15,495 62,671
- Montrose 112 6,658 108 14,825 71,650
- Aberdeen 281 32,608 327 53,182 450,232
- Petei*liead « ; 42 8,117 59,072
- BanfF * • 142 12,709 76,421
- Inverness 42 2,176 244 11,348 207,733
- Wick * . 41 2,213 127,214
- Kirkwall 15 938 48 3,097 59,307
- Lerwick 17 561 63 2,013 39,747
- Totaux 621 54,284 1,560 189,145 1,469,390
- Nous passons devant Saint-Andrews, ville autref°lS florissante comme métropole de l’Église écossaise. a conservé son université, dirigée par un savant illustre’ Sir David Brewster, qui présidait le Jury des instruments ^ mécanismes de mathématiques et de physique, à XExposé011 universelle de 1851. Le commerce de Saint-Andrews aujourd’hui presque nul et ne figure point parmi leS ports dont le Gouvernement constate la navigation.
- p.60 - vue 99/0
-
-
-
- - DES NATIONS. 61
- Au nord de Saint-Andrews est la baie du Tay, qui nous 3riteresse par les ports de Perth, dans la partie supérieure, et surtout de Dundee, vers la partie inférieure.
- &undeey parmi toutes les villes de la côte, fait le plus grand commerce avec l’étranger; elle n’a pas moins de k°»ooo habitants. Son industrie s’est beaucoup développée ^ans le xixe siècle, par ses manufactures variées de toiles, cotons, etc. Elle est le centre d’une fabrication textile chanvre et de lin dont la valeur annuelle surpasse ^l0 millions de francs.... A l’Exposition universelle de ^i, cette ville remporte une récompense de premier 0rdre pour l’invention des machines : M. Parker a mérité Cet honneur par son métier automatique, métier qui sert ll hsser les toiles à voiles avec une régularité vraiment ^thématique.
- Le port de Dundee, sur la rive d’un large fleuve 1 ^H)èt au mouvement des marées, exigeait des bassins de L h y a près d’un siècle, il en existait un seul, dont la Sl,perficie
- n’était pas égale à 2 hectares, j Ln 181 5, au retour de la paix générale, l’on adopta es plans du célèbre Telford pour un nouvel et plus grand assirri dès i83o, il fallut encore l’agrandir. Enhn, en ^ 0*i on poursuivait les travaux d’un dock auquel on a 0lmé le nom de la Reine Victoria. Ces grands travaux
- ^ydranüqjjçg sont autant de conquêtes sur le lit trop ^ gc du fleuve, dont on améliore en même temps le ^ b'ttie. Lorsqu’ils seront totalement achevés, la surface ^ eaux contenues dans les bassins et dans les avant-î^ssins ne sera pas moindre de vinqt hectares : elle aura caplé dans un siècle!
- 1 La ]
- vis-à • aroeur est d’environ a kilomètres et demi (plus d’une demi-lieue) s a'vi® Je Dundee.
- p.61 - vue 100/0
-
-
-
- 02 FORCE PRODUCTIVE
- Les chemins de fer qui conduisent de Perth à Dufl^ dee et de Dundee à Arbroath passent entre les bassin et la ville, dans la situation la plus avantageuse au coi#' merce. *
- C’est surtout au-dessus de Dundee, dans la partie rap' prochée de Perth, qu’on a perfectionné la navigation du Tay; aujourd’hui des bâtiments de Aoo tonneau* peuvent remonter jusqu’à Perth, qui compte à présefl* 2 3,835 habitants.
- A 20 kilomètres de l’embouchure du Tay, le rocher de Bell-Rock, qui découvre un peu lors des bass^ mers, était un danger permanent; sur ce rocher s’élèv6 un phare magnifique, exécuté de î 809 à 1811, d’après leS plans de Sir John Rcnnie, par R. Stevenson. J’ai décrit les travaux de construction de ce monument : Voyages dafl* la Grande-Bretagne, 3e partie, Force commerciale.
- Le port secondaire d’Arbroath est en face du phare & Bell-Rock : Arbroath s’est signalée en envoyant neufe*' posants de ses toiles à l’Exposition universelle.
- Un peu plus au nord est le port de Montrose, sur ^ rive gauche de l’Esk. Aberdeen a bien plus d’impoJV tance : celte ville, en 1851 , ne comptait pas moins àe 71,9^5 âmes. Depuis le commencement du siècle, e^e a triplé sa population, par les bienfaits réunis de l’indr15 trie et de la navigation. La filature et le tissage du liu ^ de la laine occupent un grand nombre de ses ouvriefS' Les fils à coudre d’Aberdeen, justement estimés, envoyés à Londres, tandis que d’autres qualités de pour le tissage des toiles, sont achetées par les fabrique5 d’Arbroath, de Dundee, etc. Aberdeen s’est encore °c cupée de mettre en œuvre le coton et de cultiver ave° succès d’autres industries fort variées : on a cité, com1*10 une fabrication pratiquée très en grand, la fabrique deS
- p.62 - vue 101/0
-
-
-
- DES NATIONS. ' 63
- Pagnes de corne, avec une division du travail et des pro-^edés perfectionnés. Enfin, pour Aberdeen, une source e Joliesse est dans la fabrication de sa bière, extrême-estimée, et quelle exporte au loin.
- ^ La ville est bâtie sur le littoral de la mer et sur les bords e deux rivières, le Don et la Dee, séparées seulement par Ürie distance de deux kilomètres. Rien n’est plus remar-?lla^le que les travaux hydrauliques au moyen desquels les ^genieurs Smeaton, au xvme siècle, puis Telford et Ren-1116 ’ au xixe, ont lutté contre les difficultés de la nature ^Ur bâtir des jetées et creuser des bassins; il le fallait ln de suffire à la navigation toujours croissante de ce P°rt- Depuis i843, on a formé de nouveaux et grands esseins d’amélioration.
- Aberdeen occupe un rang honorable par son collège ^ tuique, où professa le premier Grégory, l’inventeur ^ n télescope qui finit par être trouvé préférable même ill 6 Ul deson contemporain Newton. D’autres professeurs Q^Stres °nthonoré la même institution; et la famille des fou 8°ry’ d°nt viens de citer l’ancêtre illustre, n’a pas a^rn* ^oins de vingt professeurs, en deux siècles, à l’Écosse f fAngleterre : honneur à cette noblesse scienti-
- ^ doit tout au mérite personnel! aVg^ns n°us arrêter à des lieux de peu d’importance, p *°ns vers le nord. Doublons le port secondaire de va * tourrions brusquement à l’ouest, passons de-M an^’ ^evant Elgin, et pénétrons au fond du golfe s’élèvUri|ay’ Là débouche la Ness, sur les bords de laquelle 8oit^e ^a vdle d'Inverness, la dernière vers le nord qui ïcM^120^116 lmportance: die a 1 1,000 habitants.
- Hair a natnre nous présente un spectacle extraordi-vast ^es Montagnes de l’Ecosse se séparent en deux es groupes.
- p.63 - vue 102/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- m
- Du côté de l’orient, sont les montagnes qui dominent les nombreux bassins dont les eaux arrivent aux ports que nous venons de parcourir; elles se continuent du nord au sud, à travers toute l’Angleterre. Du côté de l’occident) une chaîne parallèle s’abaisse vers le nord jusqu’à la dernière des îles Shetland, au delà des Orcades et presque au 60e degré de latitude; cette chaîne, vers le midi, se prolonge jusqu’à l’île de Mull, au 56e degré.
- Les deux chaînes de montagnes sont séparées par ufle continuité de lacs très-allongés et de bras de mer, dans une direction remarquablement rectiligne. Ce long défile» qui se déploie dans les proportions les plus grandioses» a plus de âo lieues d’étendue. La nature elle-même invi' tait à compléter une communication aquatique si bie*1 indiquée entre les deux mers qui baignent, l’une à l’est et l’autre à l’ouest, l’Écosse septentrionale.
- Dès le xviii6 siècle, on avait eu cette pensée. On avad chargé l’illustre J. Watt, alors modeste ingénieur ^ Glasgow, de dresser le plan de la grande vallée caléd0' nienne où l’on pouvait établir une navigation continu6'
- La population de la haute Ecosse.
- Dès les premières années du xixe siècle, la situât!0*1 nouvelle et critique où se trouvaient les habitants de ^ haute Écosse accéléra l’exécution de ce projet.
- Dans les pays montagneux dont nous venons d’esqu*5 ser la topographie, pays aussi grands que la Suisse c11^ tière, habite un peuple de race celtique, ayant conserv la langue qu’on reconnaît encore dans le pays de GaU6 et dans la Bretagne française, avec des costumes» mœurs, un état social qui, jusqu’au milieu du siècle && nier, avaient gardé les formes du moyen âge; divisé p
- p.64 - vue 103/0
-
-
-
- DES NATIONS. 65
- ctans ou tribus, sous l’autorité mi-féodale et mi-patriarcale ses chefs; en armes pendant la paix, avec le droit 011 plutôt avec la coutume de guerroyer entre tribus; Portant, la terreur dans les basses terres par ses déprédations, et surtout par ses vols de bestiaux, vols qu’on évitait en payant la rançon périodique appelée black-mail. ^el était le peuple des Highlands, c’est-à-dire des hautes
- terres.
- Lorsque les Stuarts eurent été dépossédés par Guil WirnelII, les montagnards écossais restèrent parmi leurs PL*s fidèles partisans; deux fois ils prirent les armes et ^tterent contre les forces anglaises. En 17 4 5 , à la suite Une victoire remportée près d’Édimbourg, ils avaient Porté la terreur jusqu’au centre de l’Angleterre. Après eur défaite finale, le Gouvernement chercha tous les M°yens de briser un état social qui l’exposait à de pareils angers. Il coijimença par exécuter un système de routes Militaires qui permissent de porter la force répressive le cœur des Highlands, et qui plus tard servirent eMinemment aux relations paisibles du commerce. On dé-QlIïla les clans; on anéantit le pouvoir féodal des chefs/ rendit insupportable aux seigneurs l’ancienne'vie qu’ils j Essaient, lorsqu’ils employaient tout ie produit de ^ Uls terres et de leurs lacs à la nourriture, à l’armerpent }e 'Mssaux dont le nombre et le courage étaient à la fois lei^ipe et l’honneur de leur puissance. Par degrés dans g esprit d’autres pensées prédominèrent : la terre et l’ar-cKJ Pru’6nt à fcurs yeux la valeur qu’auparavant ils atta-idég611* aU Peilple même. Ils se formèrent à leur tour une li,„ Moderne de la richesse des nations; les hommes ne \‘ P Us ^ leurs yeux que des instruments de labeur, f0rtlieU ^^tre des compagnons de gloire, de cœur et de ne* On s’occupa de calculer des produits nets, et pour IÏJTnODCCTlON. 5
- p.65 - vue 104/0
-
-
-
- 66 ' . . FORCE PRODUCTIVE
- les accroître, on voulut aussi résoudre le problème que les fermiers d’Angleterre attaquaient avec âpreté : tirer du sol le plus grand bénéfice monétaire, en ne l’exploitant qu’avec le plus petit nombre de bras, pour se débarrasser du reste. Aux laboureurs dépossédés par de tels calculs l’Angleterre offrait ses ateliers toujours croissants; atf contraire, dans les montagnes d’Ëcosse, dès que le soi faisait défaut, tout manquait à l’habitant, et l’expatriation restait comme une ressource dernière, détestée, mais ine' vitable.
- L’émigration s’accroissant tout à coup, dans les pre' mières années du xix® siècle, le Parlement, qui ne s’était paS encore fait des idées complètement commerciales sur cet$ exportation économique de la race humaine, le ParlemeO1 s’inquiéta. Il chercha quelque moyen d’olfrir du travad aux Highlanders congédiés par la moderne agriculture^ ne trouva pas de projet plus grandiose et plus favorable que l’ouverture du canal Calédonien. Ce canal, penda^ vingt-cinq années qu’a duré son exécution, a fourni le tl’a vail le plus fructueux aux montagnards. La navigad011 intérieure qui s’est établie d’une mer à l’autre est deven1*6 pour eux une ressource permanente.
- De grands navires de commerce et des bâtiments
- èe
- guerre jusqu’au rang de frégates peuvent suivre le caIia Calédonien, en évitant une voie de mer bien plus long
- 1 Al pg
- et plus périlleuse : celle qui tourne à l’ouest toutes les i Hébrides pour communiquer entre le nord de l’Eur°P et l’occident de la Grande-Bretagne.
- or**
- à?
- La noble sollicitude du Parlement britannique a p ses fruits.
- En définitive, la population highlandaise, au üeU s’amoindrir sans cesse, a repris, quoique lentement, marche ascendante.
- p.66 - vue 105/0
-
-
-
- DES NATIONS. 67
- De 1801 à 1851, dans le vaste comté d’Inverness, traversé suivant toute sa longueur par le canal Calédonien, la population s’est accrue de SI p. 0/0.
- Dans les hautes terres, la population s’est encore accrue, inais seulement de 21 p. 0/0.
- Durant le même laps de temps, la basse Ecosse, éclairée, fécondée par le progrès des sciences et des arts, rivalise avec l’Angleterre pour les plus grandes industries, et sa Population s’accroît de 99 p. 0/0.
- Présentons à la juste estime des hommes l’indication ^ien sommaire des travaux du grand ingénieur que l’An-§feterre a chargé de construire le canal Calédonien.
- La vie d'un ingénieur écossais : Thomas Telford.
- Dans le comté de Dumfries, en 175*7, Thomas Telford jiaquit de parents sans fortune; il apprit ce qu’un adorent pouvait apprendre dans une école de village. j^0ulons-nous connaître la fécondité de cet enseignement 3 ^ooaarquons, aux bords de l’Esk, un coin de la basse ,c°sse qui voit sortir presque en même temps de pareille ^°ole : l’illustre Telford, dont on va juger la carrière; as%, qui partira sapeur et deviendra général du génie; ^lri quatre Malcoms, qui seront à leur tour généraux, ^oainistrateurs ou gouverneurs dans les Indes! Telford, sortir de l’école, devint apprenti maçon. Le bon duc e^y de Bucclcugh, le digne et premier président qu’ait 1 aSociété Royale d’Edimbourg, possédait presque tout ^iè^8* 01^ végétaient peu de familles, habitant des chaudes feS ^tles en terre : il mit ses paysans en état d’élever 111315005 en pierre, à la fois saines et commodes; il
- 'JUVWf 1 1
- Hé . s routes et fit les frais des nombreux ponceaux essaires pour traverser les cours d’eau. Telford débu-
- 5.
- p.67 - vue 106/0
-
-
-
- 68 FORCE PRODUCTIVE
- tait quand la maçonnerie s’introduisait ainsi sur sa terre natale. La division du travail n’existant pas dans ces travaux un peu primitifs, il eut besoin de mettre en œuvre ’de sa main la pierre, le bois, le fer; ce qui lui donna l’esprit de ressource. A vingt-trois ans, formé de la sorte sur le plus modeste théâtre, il va travailler aux constructions de la Nouvelle-Édimbourg, qui devait parvenir à tant de splendeur. En pratiquant son métier, il trouve le temps d’apprendre à dessiner l’architecture, et son génie s’ouvre au sentiment du beau. Toujours fidèle à l’étud.e, il ap' précie, ses outils à la main, la résistance, les qualités et les défauts des pierres, des ciments, des mortiers, des bois et des métaux. A vingt-cinq ans, il a complété seul son éducation technique ; il sent sa force et part pour Londres : là, deux architectes célèbres, Robert Adam et Sir William Chambers l’apprécient. Enfin le Gouvernement lui confié l’érection d’un vaste hôtel pour le commissaire en chef de l’arsenal de Portsmoutb : cet hôtel porte un cachet de mouvement, d’élégance et de simplicité gracieuse qul rappelle l’école italienne. A Portsmoutb, Telford étudié l’architecture hydraulique d’après la vue des fondations a la mer, des bassins, des portes d’écluse, etc. : il pressent qu’un jour il exécutera de tels travaux pour le commerce* On sait combien, chez les Ecossais, est puissant l’amonf du compatriote. Le député de Shrewsbury pour la Chambr6 des communes descend d’une famille née, comme 1e ford, dans la vallée de l’Esk. Pour lui Telford est an paJs^ cela suffit pour qu’il lui confie la restauration de son cha teau de Shrewsbury. L’architecte du député devient celü de la ville et l’ingénieur du comté. Le voilà charge de bâtlf sur la Severne un premier pont : il est en pierre, ü ia^ pelle l’élégance et les formes de notre illustre Peyronn puis un second, qu’il entreprend d’exécuter en 10
- p.68 - vue 107/0
-
-
-
- DES NATIONS. 69
- fer, genre où l’on n’avait encore qu’un seul modèle : c-etait celui de Colebrookdale, dont l’arche en plein cintre ^vait seulement 3o mètres d’ouverture; celui de Telford eu aura 4o, avec moitié moins de flèche et des combinaisons métalliques nouvelles, ingénieuses, où la solidité n’ex-cWa pas l’élégance. Quarante ponts moins considérables succèdent à ces entreprises. Alors le créateur de la canalisation britannique, l’illustre duc de Bridgewater, veut Ci'eer un canal qui joindra trois fleuves : la Mersey, la Dee, laSeverne, en traversant trois cités, Ellesmère, Nantwich Chester. Telford est choisi pour ingénieur; il se montre dateur par le travail, aussi neuf que hardi, d’aqueducs on fer qu’on n’avait pas vus encore, et qui portaient des ateaux en passant au-dessus de vallées larges et profondes. ai visité ces chefs-d’œuvre, et je n’ai pu les décrire avec autre sentiment que celui de l’admiration. Lorsqu’ils ÜI>ent achevés, un certificat attestant la perfection et l’é-c°Oomie des travaux portait avec lui la gloire par cette Slrïlple signature du célèbre président : Bridgewater.
- qui caractérise le talent de Telford, c’est le génie ri°vateur, hardi souvent jusqu’à l’audace, mais qui s’ap-Pnie sur l’expérience pour n être jamais téméraire. En l8°°, il veut remplacer le pont de Londres, dont les aiches étroites, irrégulières, et les piles obstruantes sont ^ s* grand danger. Il propose un pont en fer forgé seule arche ayant 180 mètres d’ouverture. La struc-e en est savante; le Gouvernement la soumet aux géo-y res ^es plus éminents, entre autres à l’illustre Thomas d,°Ung- Pendant que les savants méditent, Telford passe à d^ties travaux, et son projet n’a pas de suite, lui S.1^0l> ü reçoit du ministère une mission digne de fussion qui va le ramener à sa chère Ecosse, u lui prescrit de parcourir et les côtes et les Highlands
- p.69 - vue 108/0
-
-
-
- 70 . FORCE PRODUCTIVE
- afin de proposer : i° les ponts, les routes nécessaires pour accroître le commerce; 2° les moyens d’exécution d’un canal Calédonien; 3° les moyens de développer les pêcheries de l’est et de l’ouest ; 4° les moyens d’arrêter Yémi-cjration des montagnards et d’en évaluer l’étendue ; 5° de perfectionner les ports et les chemins dans la basse Écosse du sud, pour faciliter les communications avec l’Irlande.
- Voilà donc le même homme, parti maçon de son pays et revenant, vingt ans après, pour proposer le système complet des travaux publics qui peuvent répandre la vie» l’activité, le bien-être, sur sa terre natale. Il jouit du pins grand bonheur qu’un noble cœur puisse éprouver !
- Sa réputation franchit la mer. Sous la latitude du nord de l’Ecosse, on veut ouvrir le canal maritime de Gotha» entre la mer du Nord et la Baltique, afin d’éviter au he* soin le passage du Sund; la Suède demande à Telford de présenter des plans, quelle achèvera d’exécuter en i8i3-
- Il lui faut un tiers de siècle afin d’accomplir tout ce
- 1 À
- qu’il va projeter. Quinze cents kilomètres de routes a créer, sans compter les routes restaurées; onze cent di*' sept ponts bâtis; les pêcheries, les rivières, les ports ame' liorés, et jusqu’aux églises, aux presbytères érigés dans Ie5 montagnes, voilà la partie purement écossaise des travan* de Telford. Bientôt après on le chargera de rectifie1’ e* d’améliorer les routes gouvernementales du pays de Galles, ce qui lui fournira l’occasion d’ériger sur le braS de mer de Menaide plus grand, le plus hardi des pont5 suspendus qu’on ait encore osé construire. Tant de tra vaux ne nuisaient pas à ceux qu’il dirigeait en beaucoup d’autres lieux. Il visitait au moins deux fois par an côtes et l’intérieur, afin d’inspecter, de diriger la total1 ^ des constructions exécutées d’après scs plans et ses c culs en Écosse, en Angleterre, en Irlande. Pend®
- p.70 - vue 109/0
-
-
-
- DES NATIONS. 71
- ta durée des sessions parlementaires, il revenait à Londres pour préparer les projets de l’avenir; pour répondre aux villes, aux comtés, aux associations privées îui lui confiaient leurs desseins; pour comparaître devant tas comités d’enquête chargés d’examiner celles de ses entreprises que devaient autoriser des actes du Parlement ; Peur satisfaire à des interrogatoires sans fin et déjouer les Machinations, les oppositions intéressées. Voilà l’existence Mcroyablement laborieuse que l’ingénieur écossais amenée Pendant son dernier tiers de siècle, et poursuivie jusqu’à s°ixante-dix ans. Tout cela n’empêchait pas qu’il ne réser-chaque jour des moments à l’amitié, moments que •1M partagés, et qui jamais ne sortiront de ma mémoire !.... ta était d’un commerce plein de douceur et d’aménité; ^ne conversation variée, lumineuse, profonde, et non M°ins souvent enjouée; d’une obligeance à toute épreuve.
- Voici quelle était sa générosité : sa fortune, celle du M°ins intéressé des hommes, fortune si bien gagnée dans ^ direction des plus grands travaux de l’Europe, à défaut enfants, il l’a partagée entre des Éoûssais éminents et |jllelques Anglais illustres, dont il avait été l’ami. Il a °ïiné cinquante mille francs pour distribuer des prix Muuels dans la Société des ingénieurs civils, dont il est le ^dateur ; il a donné cinquante autres mille francs à paroisses de son pays, pour fournir chaque année es livres à leurs écoles populaires, bienfaitrices de son ^tancc. C’est d1 un point de vue si magnanime qu’il a sposé de plus de six cent mille francs, qui composaient a glorieuse fortune....
- ^ta! n’ai-je pas raison de présenter en exemple à toutes nations l’incomparable modèle que nous offre l’ingé-leur écossais?
- p.71 - vue 110/0
-
-
-
- 72
- FORCE PRODUCTIVE
- CHAPITRE II.
- BASSIN OCCIDENTAL DE LA GRANDE-BRETAGNE.
- § 1er. Ecosse occidentale.
- Avant de parcourir la côte et les ports de l’Écosse occidentale, je donnerai, pour abréger et pour fixer les idéês du lecteur, le tableau relatif à la navigation de cette côte.
- PORTS, NAVIRES ET NAVIGATION DE L’ÉCOSSE OCCIDENTALE.
- * - -
- ANNÉE 1801. ANNÉE 1851. navigation totale
- PORTS. NAVIRES. TONNEAUX. NAVIRES. TONNEAUX. (ou 1851). TONNEAUX.
- Storuoway 50 1,787 55 2,492 58,730
- Cimpbeltown 75 3,552 23 1,237 116,464
- Greenock 377 35,618 427 77,991 287,445
- Port-Glasgow. 00 10,213 94 15,216 92,070
- Glasgow • - 509 148,025 1,513,681
- Irwine 82 5,875 123 18,688 438,398
- Ayr 44 3,308 53 7,219 159,630
- Stranraer 38 1,715 32 1,594 88,509
- Wigtown 34 1,214 63 3,687 57,122
- Du ni fri et 29 1,209 146 11,828 130,900
- Totaux 810 64,491 1,525 287,977 2,943,009
- Depuis les îles Shetland jusqu’à la pointe la plus mén' dionale du comte d’Argyle, pas une ville industrieuse
- p.72 - vue 111/0
-
-
-
- DES NATIONS. 73
- Pas un port dont le commerce ait quelque activité ne ^ous sont offerts par la côte occidentale de l’Écosse.
- Cette côte est séparée des îles Hébrides par deux dé-tr°its de largeur inégale : le grand et le petit Minsli. La P^ncipale de ces îles, appelée Lewis, a pour port Stor-noway; dans ce port ne sont pas enregistrés 2,5oo tonaux pour l’ensemble de ce district maritime.
- Ces îles, ces mers, si dépourvues de tout intérêt mo-derfie, étaient celles où régnait la race gaélique, au temps des héros d’Ossian. L’illustre Blair, littérateur d’un goût sûr, a regardé comme authentiques les poésies de ce arde, recueillies et plus ou moins altérées, complétées, SüPplééesparMacpherson. L’enthousiasme exagéré qu’elles paient excité dans le siècle dernier s’est refroidi*; mais eürs beautés, quoique incultes et sauvages, les sauveront de l’oubli.
- Lorsqu’on arrive, en avançant vers le sud, à l’extré-de la presqu’île de Cantyre, où finit le comté d’Ar-^e> on franchit un détroit qui n’a pas plus de q3 kilo-^^tres Je ]argeur> qUi sépare 1e midi de l’Écosse du de l’Irlatide; on tourne vers l’orient pour remonter ers le nord dans le golfe du Clydé. l’îl^n ^aisse ^ P»3110!10 le petit port de Campleltown, puis j e d Arran, puis l’île de Bute; on pénètre dans une î>aie desserrée, très - découpée, qui, par ses rameaux, quatre comtés : on arrive à l’embouchure du qui m£ne à Glasgow ; c’est le Clyde. a QjUand les habitants des basses terres se sont établis soi aS^°w> (les Marques légères suffisaient à tous les be-eHes remontaient jusqu’au pont de cette ville, où c°ru ^ n,IVlSaLon maritime. Dès le moyen âge, Glasgow les ^,ait COmme linG ville imj^çrtante, où l’on pratiquait aits alors connus; elle est devenue le marché des mon-
- p.73 - vue 112/0
-
-
-
- 74 FORCE PRODUCTIVE
- r
- tagnards pour le midi de la haute Ecosse occidentale. Dotée d’une université, la culture des sciences a favorisé dans son sein le progrès des industries. Adam Smith y professait; et c’est dans ses murs que Black et James Watt ont fait, au milieu du siècle dernier, leurs plus merveil-leuses découvertes.
- Quand Arkwrigth eut changé la face de l’industrie textile du coton, un citoyen de Glasgow s’empressa d’établir une filature à Lanark, sur le Clyde; elle a suivi tous les progrès de cette fabrication.
- Lorsque l’emploi de la vapeur comme force motrice applicable en tous lieux, en tout temps, eut permis deU faire dans les cités un usage sans bornes, Glasgow se sentit appelée à de nouveaux destins. Elle avait dans son voisinage un gîte inépuisable de houille et d’abondants minerais de fer; elle en fit usage avec une étonnante activité. Elle ne craignit pas d’entrer en rivalité directe avec Manchester, en établissant tour à tour les diverses sortes de fabrications qui prenaient l’essor dans la grande cit du I ^ancastre.
- En même temps, Glasgow devenait, en faveur du pays d’alentour, un centre *pour la filature et le tissage ^ coton, de la laine, du chanvre et du lin.
- Ne demandez pas aux Jurés de l’Exposition de Londres quelles récompenses supérieures ont été décernées Glasgow. Des magistrats de cette ville, fabricants eu* mêmes, figuraient dans le Jury international pour y c0lïl battre, de concert avec les industriels mandataires de Not tingham, de Manchester, etc., toute récompense d’ordU' supérieur, personnelle et du premier ordre. C’était résultat d’une idée systématique contre lequel les JureS français ont en vain lutté.
- Expliquons cette étrange résolution du comincrce
- p.74 - vue 113/0
-
-
-
- 75
- DES NATIONS, britannique. En 1851, dans Tannée même de TExposi-*lQn universelle, l’Angleterre vendait à toutes les nations masses énormes de fils et de tissus de coton à ties b<*s prix fabuleux. La généralité des fabricants compre-parfaitement que la richesse de ses exportations reposait sur le bon marché, qui satisfait chez tous les peu-ples aux besoins sans bornes des masses.
- En réunissant tous les avantages que peuvent fournir la Attire et fart, par la houille et le fer procurés à três-bas Prix, l’Anglais et l’Écossais étaient privilégiés sous ce point vue. Ils produisaient pour l’exportation, dès i85i :
- l° Cotons filés, 65,3oi,73ou1 pour......... 143,966,io6f
- 2 Tissus blancs, 880,907,8oom/° pour........ 293,i38,45o
- — colorés, 53o,o42,46o pour............. 258,166,000
- Valeur totale........... 695,270,556
- ^oilà donc les deux tiers d'an milliard dépassés dans la ^ente annuelle des fils et des tissus en coton, assez com-pour ne coûter :
- Les fils
- , que 2 fr. 54 cent, le kilogramme1;
- ^es tissus blancs, que 33 centimes 28/100 le mètre courant;
- es tissus imprimés ou teints, que 48 centimes 71/100 le mètre
- Urant.
- qu* 11 ^ a^a^ssement pri* démontre que les produits ^ composent la partie la plus opulente des exportations pa|tarîntques sont des produits très-communs, fabriqués des m°yens ^es P^us simples, avec des mécanismes et Procédés vulgarisés chez des milliers de fabricants. Hjourd’hui, loin que la conduite de ces fabrications
- •'ont à
- peu près 1 fr. 5o cent, pour Itf coton.
- p.75 - vue 114/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 76
- communes soit difficile à pratiquer par le propriétaire» elle est au contraire pour lui comme une routine tracée d’avance. Il arrive à sa manufacture vers les neuf heures du matin; il en repart de manière à ce qu’il puisse rega' gner sa maison de campagne avant l’heure du dîner; ses ouvriers ne travaillent que dix heures par jour. La vapeur et les mécanismes opèrent, pour ainsi dire, d’eux-mêmes;
- ' et, pourvu que la fabrique ait des contre-maîtres attentifs» elle prospère.
- C’est entre tous ces fabricants que les Anglais et Ie® Écossais ont voulu l’égalité. Que leur importent ceux qul désirent filer du fin ou tisser du beau ! Qu’ils fassent fo1' tune, s’ils le peuvent, en sortant d’une ornière où les ra^s sont d’or : ce sera leur récompense. Mais quant aux Exp0' sitions, si elles signalaient un (dateur, un tisserand plutot qu’un autre, celui-ci s’en prévaudrait pour vendre plüS que ses concurrents : ce qui désolerait ceux-ci.
- Voilà l’esprit des fabricants de fils et de tissus, auss* bien de Glasgow que de Manchester.
- Glasgow, d’ailleurs, n’avait pas négligé de faire repie senter ses opulentes industries; 33 de ses fabricants éta laient leurs fils et leurs tissus de laine et de coton, chanvre et de lin, dans le Palais de Cristal.
- Les arts savants étaient également représentés; ils son* pratiqués avec un vrai succès dans Glasgow. Cette ville a des fabriques de produits chimiques proprement dits doid la grandeur est étonnante. Cette grandeur permet au P^llS haut degré la division du travail, l’économie des généraux et la vente à bon marché, source elle-même ventes toujours croissantes. ,
- Lorsque j’ai visité Glasgow, j’ai surtout été fr®PP de l’instruction généralement répandue dans la c)àsse ouvrière, et des effets excellents qu’a produits cette
- p.76 - vue 115/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 77
- üïstruction. Je crois devoir citer ici le tableau que j’ai présenté de cette ville en 1818 1 :
- «Glasgow est au nombre de ces villes qui montrent <( tout ce que peuvent produire l’activité, la persévérance (<et l’industrie. Dans l’espace d’un siècle seulement, elle "a rendu dix fois plus considérables sa population, sa richesse, son commerce et ses manufactures.
- «Je puis rendre un témoignage personnel honorable *' Pour Glasgow : il est plus facile de visiter ses établisse-<l toents et ses ateliers que ceux d’aucune autre ville de inspire britannique. On montre là, sans hésitation, ce '^e l’on cache obstinément à Manchester. L’esprit libé-((t>al des habitants est, sous ce point de vue, poussé aussi (< Wn qu’il puisse l’être chez un peuple manufacturier, qui naturellement redouter et tenter de prévenir non-"seulement la perte de sa prépondérance, mais toute con-(< cUrrence étrangère.
- " Les riches habitants de -Glasgow ont fondé Ylnstitu-'*l0n Andersonnienne, où Ton professe, dans les soirées (^e chaque hiver, les éléments de géométrie, de méca-ni(Iue, de physique et de chimie appliquées aux arts.#Ces c°ors sont spécialement destinés pour lés jeunes artisans, n’ont à payer pour cela qu’environ six francs parsai-s°o. Une aussi faible rétribution est exigée, afin de n’avoir ”uc des étudiants mus par l'amour de l’instruction et
- ^lli veuillent fair
- "lice.
- ((La reconnaissance publique doit s'attacher à la mé-^h’e du savant Birbeck, qui le premier fit descendre
- e pour elle au moins un léger sacn-
- i
- <errc
- ^moires sur la marine » etc.
- et les ponts et chaussées de France et d Angle-
- p.77 - vue 116/0
-
-
-
- 78
- FORCE PRODUCTIVE
- «jusqua la classe ouvrière cet enseignement des notion5 «mathématiques appliquées aux arts.
- «L’Institution Andersonnienne a produit des résultat5 ' « étonnants. C’est une chose admirable que de voir an' «jourd’hui, dans beaucoup d’ateliers de Glasgow, «simples ouvriers posséder et développer au besoin leS « principes de leurs opérations, et les moyens théoriqneS «d’arriver aux résultats pratiques les plus parfaits qu011 «puisse désirer.
- «Le principal professeur de l’Institution Anderson' «.nienne, le docteur Ure, connu par sa bienveillan^ «pour les étrangers, et surtout pour les Français, 1113 « conduit lui-même dans toutes les manufactures imp°l «tantes, et dont un grand nombre sont aujourd’hui difl «gées par ses élèves.
- «Si la naïveté des détails, qui peignent l’esprit dn11 «peuple et les lumières des classes inférieures, n’alar1116 «pas trop les auditeurs délicats, pour leur donner ^ « exemple de l’instruction des simples artisans de GlaS «gow, je leur citerai deux frères boulangers qui, dan5 «l’intervalle d’une cuisson à l’autre, s’occupent à falf^ « des machines et des instruments de physique. Ils 0 «coulé, tourné, ajusté toutes les pièces d’une « chine à vapeur, dont la modeste bouilloire fonction11 « à côté du four aux petits pâtés. La machine est du polJ «voir de deux hommes; les mouvements en sont i « nieux : elle sert à faire aller un tour en l’air, à l’aide « quel nos deux artistes tournent les métaux et façonne «des lentilles pour des instruments d’optique. 0 «construit un petit appareil pour éclairer par Ie ® «leur boutique et leur logement. Les tuyaux qui « mettent le gaz ont des genoux flexibles qui periuette «de transporter la lumière aux endroits où elle est &0
- p.78 - vue 117/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 79
- ((iïientanément nécessaire. Ces jeunes gens connaissent "bien les principes mathématiques et physiques des instruments qu’ils construisent. Un jour ils quitteront leur "profession pour cultiver avec bonheur les sciences naturelles; mais leur fortune dépend d’un oncle qui préfère "de beaucoup la boulangerie et la pâtisserie à la géométrie et à l’astronomie, et qui, jaloux du titre héréditaire "de sa famille, veut transmettre à ses arrière-neveux le "pétrin de ses ancêtres. Hélas! combien d’hommes sont " parmi nous, sans s’en douter, oncles des deux pâtissiers1 ! »
- de me suis empressé, dès 1817, de porter devant l’Ins-lltut de France et devant le public ce témoignage en fa-VeUr de l’enseignement des ouvriers, tel qu’il avait commencé dans Glasg ow. Je me suis moi-même empressé de introduire en France. Les ouvrages dans lesquels j’ai Sl§nalé les avantages qu’avaient obtenus les Écossais, dès «s furent traduits en anglais, inspirèrent aux principes cités de la Grande-Bretagne le désir d’arriver par rnemes moyens aux mêmes résultats. Des associations ch ^°rrïî^ren^ sous ce titre d’institutions d’ouvriers, Me-^nics Institutions, où, moyennant des souscriptions mo-^es« on développa l’enseignement des sciences mathématiques et physiques appliquées à l’industrie.
- ^ j ai pu contribuer en quelque chose à cette propa-pr;0.n ^es connaissances utiles, c’est, â mes yeux, la plus écr'CleUSe r<^comPense que j’eusse pu souhaiter pour mes s et mes travaux; je reprends ma narration.
- ‘Un ouvrage qui contribue beaucoup à la prospérité de
- p0'1 dun premier voyage fait en 1816.... présentée, le a 6 janvier
- Académie des srienre* de. iTnstit ni #le Franre.
- lemie des sciences de lTnslitut de France.
- p.79 - vue 118/0
-
-
-
- 80 FORCE PRODUCTIVE
- (i Glasgow, c’est le grand canal des deux mers, qui jointif «Clyde, un peu au-dessus de cette ville, avec la baie du «Forth, un peu au-dessus de Stirling.
- « J’ai été invité à visiter ce canal avec le conseil de lu « compagnie qui en est propriétaire. J’ai eu le plaisir de «faire^cette excursion instructive avec le célèbre J. Watt» « ancien habitant et ingénieur civil de Glasgow. Par une «faveur trop peu méritée, la première classe de l’Institut « de France me nomma son correspondant à la place mêine « de M.Watt, lorsqu’elle l’eut nommé son associé étrange!’-«J’ai dû à cet honneur, et à l’indulgente recommandation « de l’illustre Berthollet, la connaissance et la bienveillance « du grand Écossais. C’est avec un respect mêlé d’admn’a' « tion que j’ai vu ce beau vieillard de quatre-vingts ans» « conservant la vigueur de son esprit aussi bien que sa force «physique, et m’instruisant d’une foule de détails relatif5 «aux progrès de l’industrie anglaise, dont plus qu’aucun « autre inventeur il accéléra la mar cbe. C’est à M. Watt «que l’Angleterre doit, en grande partie, l’immense ac* « croissement de sa richesse depuis un demi-siècle.
- «Je fus invité par Watt à descendre de Glasgow à Gfee^ «nock sur le Clyde, en m’embarquant sur des bateaux «vapeur; il me demanda de lui transmettre mes observa «tions, qui, disait-il, l’intéresseraient particulièrement* «parce que son fils faisait alors en grand des expérience « très-soignées sur le bateau à vapeur la Calcdonia.
- «Naguère le Clyde n’était navigable jusqu’à Glasg°vV « que pour les plus petits bâtiments. Dès 181 7, des navûeS « de 1 5o tonneaux y remontaient avec facilité. D’immenseS « chaussées donnent à l’agriculture de vastes terrains ^ « paravant inondés chaque jour par les marées; le l1*
- « lleuvc, rendu plus étroit, est devenu plus profond, et « machines à curer, mues par la vapeur, ont achevé ce gran
- p.80 - vue 119/0
-
-
-
- DES NATIONS. 81
- “Ouvrage dans les points oùle cours naturel des eaux ne “suffisait pas pour produire cet effet.
- « Je voudrais, disais-je en 1817, que l’exemple du Clyde et (< de Glas g ow conduisît aux mêmes efforts et fit obtenir les mêmes i[résultats pour la Seine et pour Paris. »
- Depuis l’époque où j’émettais ce vœu, beaucoup d’efforts 0tlt été tentés. J’ai dirigé des études pour l’entreprise d’un S^aud canal maritime, parallèle à ce fleuve et partant de ^ capitale; cette entreprise n’a pas été réalisée. D’autres 0tlt fait des travaux considérables et couronnés de succès d’améliorer la Seine meme, et de la rendre navigable Pour des bâtiments de /100 tonneaux, entre Rouen et la Une aussi belle opération n’est pas arrivée, pour la eiUe inférieure, au dernier terme de la perfection : c’est > Français de prendre exemple sur la persévérance ec°ssaise, qui depuis 1817, en continuant les èndigue-j^euts et les dragages du Clyde, fait remonter jusqu’à dsg0W des navires considérables.
- ^ ^0rt'Glasgow est un vaste bassin contenant les grands ^tirnents qui font le commerce des deux Indes, et qui p^ot trop d’eau pour remonter jusqu’à la ville même. üs bas est Greenock, sur la rive gauebe du fleuve. ^reenoc^> Clyde, extrêmement large, entouré de c^s Cofés par de hautes montagnes, offre une rade spa-rCïi&e’ P,0b>nde cl sûre. On améliore, on agrandit, on ^uvelle en quelque sorte les bassins de Greenock. cV 6 ^*reenock à Port-Glasgow la côte abonde en
- ^bers de constructions navales. Dès 1812, M. Bell
- P0llr naviguer sur le Clyde le premier et faible
- j, â vapeur qu’ait possédé l’Angleterre
- 1^1’ Olasgow possédait, non plus un simple niais 80 navires à vapeur, qui jaugeaient 19,281 1SiT(10DüCT10N. 6
- p.81 - vue 120/0
-
-
-
- «2 FORCE PRODUCTIVE
- tonneaux, les plus forts ayant une force motrice de 4oo, de 5oo chevaux et davantage. L’admirable position du Glyde, où la houille et le fer sont à si bas prix, a favorisé surtout les nouvelles constructions navales, quand on a connu l’extrême avantage d’adopter des navires dont la coque et les ponts fussent en fer. Aujourd’hui les rives du Clyde présentent de magnifiques usines pour construire et ces navires et leurs mécanismes à vapeur, non-seule' ment afin de suffire aux besoins croissants de l’Écosse» mais à ceux de l’Angleterre. Plus de la moitié des navireS en fer à vapeur exécutés dans les trois royaumes Ie sont sur les bords du Clyde. C’était avec pleine justice qu’on avait appelé parmi les jurés de l’Exposition univc1’' selle M. Robert Napier, l’un des plus considérables et des plus habiles constructeurs de navires à vapeur qui fassen* honneur à Glasgow.
- En 185A, M> R. Napier préparait pour l’empefelir de Russie les mécanismes de forts navires à vapeur : ^ guerre en a fait naturellement changer la destination»
- Voyons maintenant à quel degré de grandeur esta**1 vée, pour les ports du Clyde, la navigation par la vapeUh comparativement à la navigation à voiles.
- PARALLÈLE DE LA VOILE ET DE LA VAPEUR DANS LES PORTS DU CLYDe#
- —-^1
- ENTRÉES ET SORTIES (1651). NOMBRE D B M AVI Kl s. tonnage tota1"
- A la voile , 4,120 3,034 001,10°*
- A la vapeur. 734,376
- % Il est curieux d’opposer à ce mouvement comparé c
- p.82 - vue 121/0
-
-
-
- DES NATIONS. 83
- que présentent les deux navigations pour l’Angleterre avec des bâtiments britanniques. Il y a pour 100,000 ton-neaux de navires à voiles, entrées et sorties :
- Navires & vapeur. Tonneaux.
- Ports d’Angleterre............. 26,566
- Ports duClyde, en Ecosse. . . . 73,945
- Par conséquent, les ports du Clyde ont poussé trois apssi loin que l’Angleterre la proportion déjà con-^UlSe par la navigation à vapeur.
- même temps que nous signalons cet avantage rem-P0rté par l’Écosse, il est juste de faire mentionner dans jqj! autre sens une grande supériorité de l’Angleterre sur cosse : elle est relative au commerce avec l’étranger et les clonies.
- O •
- . * fious débouclions du Clyde pour avancer vers le et î,1’ I10Us passons devant les ports d'Ardrossan, d'Irvine ^Vr- Ardrossan est vivifié par le canal qui va de la mer ^ ^lyde près de Glasgow; d’Irvine et d’Ayr est envoyée la ï'elf^6 ^cossa*se que l’on destine à l’Irlande. On doit à ^°rd les travaux de ce canal et de ces ports, k . n avançant vers le midi nous trouvons, au fond d’une éeb et profonde, le petit port de Stranracr. Au
- seul°- dune presqu’île est Port-Patrick, à 8 kilomètres de Stranraer : c’est le point le plus rappro-de n 6 ^r^ande. Il est droit en face de la vaste baie ^abp aSt’ Cel*e admirable colonie que les Écossais ont pet^le c°mnie pour montrer ce que la Grande-Bretagne ^ opérer de miracles industriels, même en Irlande, dit ^di de Port-Patrick, nous débouclions du détroit eual du Nord; nous retournons vers l’orient, nous
- w
- '«Or,5 à noue droite ïUe de Man. et noue payons de Vaut la baie de tVigtown.
- 6.
- p.83 - vue 122/0
-
-
-
- 84 FORCE PRODUCTIVE
- Nous pénétrons dans le golfe de Solway ; nous doublons l’embouchure de la With, rivière qui passe à Dumfries.
- Au point le plus enfoncé du golfe est le village de Gretna-Green, célèbre seulement pour le libre échange des mariages entrepris malgré la prohibition des pères et mères. Ici finit l’Écosse occidentale.
- Progrès généraux de l’agriculture écossaise.
- L’Ecosse est aujourd’hui florissante par l’agriculture. Les habitants, dépourvus de capitaux il n’y a pas beaucoup d'an* nées, ont fait des efforts dignes d’admiration; ils se sontreO' d us propres toutes les améliorations de l’agronomie anglaise> avec des perfectionnements dont ils sont les auteurs. Malgre les difficultés extrêmes que les Écossais trouvaient da^ leur sol et dans leur climat, ce qu’ils tirent aujourd’h31 de leur territoire doit nous frapper d’étonnement. L11 voici la preuve :
- État officiel des récoltes écossaises, par hectare, en 1851.
- Froment....................... 26 hectolitres.
- Orge........................ 2 3
- Avoine........................ 32 1/2
- On estime qu’en France la récolte moyenne en fromeI1 est de 13 hectolitres par hectare. Tel est donc le fique problème que notre agriculture doit se proposer :(( «combinant avec autant d’habileté que les Ecossais cX « assolements et la science des engrais, doubler nos récolta « c’est un résultat simple et net. Il nous permettra de non ^ usoixante-douze millions de Français, au lieu de trente-«Cela vaudra mieux que d’aller mendier des blés J tranger. »
- p.84 - vue 123/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 85
- \
- § 2 . Côtes occidentales d’Angleterre.
- LES PORTS QDE BAIGNE LA MER D’IRLANDE. ÉTAT DE LA NAVIGATION Aü XIX* SIÈCLE.
- PORTS.
- Co«>Lerla
- nd.
- Carlitle....
- Mary port,,. Workington, Whitohaven,
- ( Floctwood... nc»elre ,, | Lancaatre...
- Près ton.
- Totach.
- > ANNEE NAVIRES. : 1800. TONNEAUX. ANNÉï NAVIRES. : 1851. TONNEAUX ENTRÉES ET SOBTIBS : 1851.
- 19 1,081 37 2,540 79,083
- * 125 18,956 194,889
- 47 57,169 102 20,029 92,006
- 213 35,985 3*95,192
- 24 1,621 169,683
- 140 19,399
- 88 6,666 281,125
- 83 1,656 122 7,600 74,850
- 289 79,305 711 93,397 1,286,828
- Pes sept ports qui sont énumérés ici, Carlisle, au tu ^ de vue maritime, a le moins d’importance. Sa si-0 est cependant remarquable : elle offre, sur la côte tal enta^e* le point le plus rapproché de la mer orienté ^ ^ai'lislc est seulement à 100 kilomètres du port lec^ewcasde; on peut les franchir en deux heures par ^ erïUn de fer qui joint ces deux ports. teh ^ l)orts (Il'i suivent, Maryport, PVorkington, et Pf hi-do*vent leur importance à l’exportation de la q e ^ue le Cumberland fournit à l’Irlande. n doit être surpris de voir les trois ports du comté de
- p.85 - vue 124/0
-
-
-
- 86 FORCE PRODUCTIVE
- Lancastre, si célèbre pour son commerce et son industrie* ne pas présenter plus de négoce et de mouvement mari' time : la cause en est à la prépondérance de Liverpool*
- Port de Liverpool.
- Après avoir longé, du nord au midi, toute la côte du Lancastre, nous arrivons à l’embouchure de la Merseyî nous y pénétrons, et nous trouvons à gauche Liverpool> qui se développe sur une longue croupe de collines.
- Devant Liverpool, la largeur de la Mersey n’est paS moindre de 1,000 mètres, lorsque la mer est haute* Au-dessus et au-dessous de ce point, le fleuve s’élargd encore; il présente à la navigation intérieure un mago1' fique bassin rattaché par des canaux à tout l’intérieur de l’Angleterre.
- On a calculé la masse des eaux qui sont refoulées daus ce bassin et qui descendent devant Liverpool aux grande5 marées d’équinoxe : elle est de 395,690,000 mètrgS cubes par vingt-quatre heures. La hauteur de ces mar^5 à l’embouchure du fleuve est de 10 mètres, et dans lgS moindres marées elle est encore de 6 mètres.
- On conçoit que des navires, pour opérer leurs charge ments et leurs déchargements, seraient exposés à des vements, à des dangers graves, s’ils devaient rester à l au exposés à toute l’action des vents et de telles marées.
- Des l’année 171 o, le commerce de Liverpool avait a grandi pour que ses habitants entreprissent de constr
- sse1
- uire
- dans leur marais, leur pool, un dock ou bassin dansleffl^ les navires pussent rester à flot et tranquilles. C’est le P mier de ce genre que le commerce britannique ait p sédé; sa superficie, grande pour l’époque, étaitseulenie de 1 hectare 1/2.
- p.86 - vue 125/0
-
-
-
- DES NATIONS. 87
- Ce dock, alors suffisant pour le commerce entier de Liverpool, est couvert maintenant par le vaste édifice de ta douane.
- Qui le croirait? en 1760, à i’avénement de GeorgesIII, Liverpool était, pour l’importance du commerce, au-dessous de Bristol, que maintenant elle dépasse de si tain. Elle n’occupait que 300 navires et n’avait encore deux docks, occupant'3 hectares 1/2.
- Bientôt les progrès s’accélèrent. En 1800, les anciens les nouveaux docks couvrent déjà 14 hectares; en 1 ^51, ils en couvrent 77. Ainsi, dans l’espace d’un demi-stacle, ils ont plus que quintuplé!...
- Mais Liverpool ne s’arrête pas à ce terme : elle pro-Jette, en amont de ses bassins, deux nouveaux docks dont la superficie sera plus grande que la totalité de ceux ^ elle possédait en 181 k, au commencement de la paix
- générale.
- j L est un fait digne de remarque. Tous ces docks, et eUrs quais, et les édifices que leur service réclame, sont Rotant de conquêtes que l’art a faites sur le lit du fleuve.
- évalue maintenant la superficie conquise sur la Mer-% pour les quais, les places, les docks et leurs bassins entrée, à 2Ôo hectares.
- ^ Depuis 1808 jusqu’en 1821, les travaux hydrauliques e Liverpool furent dirigés par le célèbre Sir John Rennie. lres sa mort, on eut recours à Thomas Telford, à qui 0llt succédé MM. Forster, Jesse-IIartley et Rendel.
- Le comité d’administration pour les docks de Livcr-^ 0 a publié, vers la fin de i854, un rapport du plus j^ tatérêt sur la situation de ces établissements. J’en ai üit les faits suivants :
- p.87 - vue 126/0
-
-
-
- 88
- FORCE PRODUCTIVE
- MOUVEMENT ANNUEL DES DOCKS DE LIVERPOOL. REVENUS MOYENS. TONNAGE.
- De 1815 a 1830, lr* période de paix générale 3,527,025' 1,112,162'
- De 1830 à 1845,2* période idem* 4,588,555 2,112,162
- De 1845 à 1854,3* période idem 6,600,715 3,918,385
- Dernière année de paix générale 7,600,000 4,316,583
- A la vue d’un si rapide accroissement, le comité constate que les docks actuels, quelle que soit leur éteri-due, sont insuffisants : il déclare urgent d’y pourvoir, ainsi qu’aux progrès immanquables d’un prochain avenir-En conséquence, il propose au pouvoir municipal l’exécution de nouveaux bassins, assez vastes pour couvrir 56 hectares, et qui, joints aux anciens, présenteront une superficie de 133 hectares. Les navires admis dans ces bassins y trouveront, pour décharger et recharger, des quais revêtus en maçonnerie, dans une longueur de îo kil°' mètres et deux tiers!
- En même temps, on triplera les édifices devant servu de magasins; leurs toits couvriront 100,000 mètres carres-
- A Liverpool et dans les comtés circonvoisins, la coii' sommation des bois étrangers propres à bâtir est devenue si considérable, que leur importation annuelle, opérer par ce port, surpasse aujourd’hui âoo,ooo tonneaux-Pour sulhre à ce commerce, on projette un dock spéci^ ayant en superficie Aoo.ooo mètres cariés, c’est-à-dne ho hectares. Il aura deux grandes annexes : i° îo hectares de quais et de chantiers communiquant avec les canau* de l’intérieur; 2° îo autres hectares pour établir ^eS formes, des cales et des ateliers de constructions navales^
- p.88 - vue 127/0
-
-
-
- DES NATIONS. 89
- On redressera, on élargira les rues qui longent l'ensemble des docks; on n’en fera qu’une seule voie, dont ta largeur sera de 20 mètres.
- Figurons-nous notre rue de Rivoli, conservant toute Sa largeur, bordée d’un côté par ses maisons, par ses bouilles remplies des prémisses d’un commerce de deux milords; de l’autre côté, par les navires des deux mondes, J^ngés à quai, dans une étendue supérieure à deux lieues. iel sera le frontispice de Liverpool du côté d’un fleuve Quatre fois aussi large que la Seine.
- Four terminer de pareils travaux, il faudra 80 millions e francs. Le crédit des citoyens y pourvoira; et les reve-nüs de ces créations de géant payeront, dans un court aPs de temps, intérêt et capital.
- F*ensemble des docks de Liverpool, exécutés sans 9lJcun secours du Gouvernement, a coûté le quart d’un Milliard : a5o millions de francs.
- A l’Exposition universelle figurait, en relief, un vaste n de la ville et du port de Liverpool, avec tout le ^s^nie des bassins. En le contemplant on pouvait se for-^ei Üdée de cette succession continue de vastes docks, sans cesse arrivent de nouveaux navires pour remplacer * qui sortent : ce qui rappelait un spectacle magnifique ! ^ ans ces dernières années, d’après l’ingénieux projet ^ to- Will iam Cubbit, on a construit un embarcadère s’a]ttant’ I)orl(^ sur de ^gers pontons en fer : il s’élève et taliflSSG aVCC man'>e* Fn même temps un vaste et solide ^ ^ ctaarpente en fer fait foflice de plan incliné et SUF ^CS axeS taorizontaux.il forme un chemin interet ,lQlre entre les surfaces horizontales de l’embarcadère quai 1.
- tacs (lime
- însions du tablier sont assez grandes pour permettre une diflVS-
- p.89 - vue 128/0
-
-
-
- 90 FORCE PRODUCTIVE
- En 181 2 , les ingénieurs français avaient établi sur l’Es' caut un système analogue, en face d’Anvers.
- Revenons, avec une attention particulière, sur les prO' grès de la marine commerçante de Liverpool, en faveuf de laquelle on a fait de si beaux et de si vastes travaux.
- ( eni8oo: 796 nav.jaugeant 142,883 too* Liverpool possédait, .j en l85l. ,^4 58.,o49
- Remarquons, avant tout, comme une grande améb0' ration, l’accroissement de capacité des navires. Leur ja*1' geage moyen, en 1800, n’était que de 180 tonneaux; i85 1, il s’élevait à 307 tonneaux : en un demi-siècle» ^ avait presque doublé! Cet accroissement permettait & transporter des quantités beaucoup plus fortes de cbandises, avec un même nombre de marins; par telle économie, l’Angleterre soutient avec avantage la c0$' currence avec les marines étrangères.
- Présentons quelques faits qui nous puissent faire bie3 comprendre la grandeur et la nature de la navigation do#* Liverpool est le port.
- Dans l’année même de l’Exposition universelle, l’entr^e et la sortie des navires chargés, tant nationaux qu’étra11 gers, présente en totalité ce résultat énorme :
- Liverpool.................... 6,608,119 tonneaux;
- Les trois royaumes........... 40,769,331
- On voit par là que, en 185 1, le tonnage total àe ^ navigation de Liverpool est égal au sixième du toflfla^ de la navigation des trois royaumes.
- le
- rence de descente et de montée de 10 mètres lors des grandes xnarécs ^ tablier ou pont mobile présente deux voies séparées, dont l’une est g®r ^ de rails en fer. Cet embarcadère mobile a coûté 1,250,000 francs-projette un second, qui sera long de 300 mètres, et qui coûtera 2
- ,500,000'
- p.90 - vue 129/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 91
- Si nous comparons seulement les navigations accomplies dans les mers extérieures, allers et retours compris, ftous trouvons, en 185 1 :
- Pour Liverpool............... 2,073,216 tonneaux;
- Pour les trois royaumes...... 9,818,876
- Par conséquent, à l’égard de la navigation extérieure, ^ plus opulente des deux et celle qui demande les plus l°ngs voyages, la part de Liverpool est supérieure au cin-ymènie du mouvement accompli par lés trois royaumes.
- demandons-nous quelle est la part de Liverpool dans 1® tonnage de la navigation qui s’opère par la vapeur ?
- Mers intérieures. Mers extérieures.
- Pour Liverpool........... 1,741,336 232,537
- Pour les trois royaumes. . . 9,25i,oo5 1,896,076
- Part de Liverpool........... 19 p. 0/0.
- p. 0/0.
- Ainsi, chose remarquable à l’égard de la navigation Paï“ la vapeur, tandis que Liverpool approche du cin-ÎOièrne pour les mers intérieures ou le cabotage, elle éteint pas le huitième pour le commerce extérieur. A îu°i tient une aussi grande disproportion? Ce n’est certes jjas au défaut d’activité ni d’énergie, ni d’esprit d’entreprise ans 1 application de la vapeur par le commerce de Li-VerP°ol- En voici les vraies causes :
- T?
- est n Prem^er l*eu» ta navigation à vapeur la plus active gé CG^e s’accomplit avec l’Europe; or Liverpool, éri-^ ^sur la côte occidentale qui fait face à l’Amérique, est située pour entrer en concurrence, dans les ports de 1, ens’ avec tas navires appartenant aux deux côtés ugleterre qui regardent l’orient et le midi. n second lieu, la concurrence américaine, la plus
- p.91 - vue 130/0
-
-
-
- 92 FORCE PRODUCTIVE,
- redoutable de toutes, s’accomplit à Liverpool. Les États-Unis subventionnent avec largesse une compagnie pouf envoyer périodiquement dans ce port ses magnifiques paquebots à vapeur : cela diminue la part britannique.
- Afin de parer au désavantage de sa position, Liverpool ne craint pas d’envoyer chercher gratis au Havre les voya-geurs qui veulent passer aux Etats-Unis : pour aller en Amérique, ils ne payent pas plus cher que s’ils partaient directement d’Angleterre. On conçoit facilement qu’un semblable sacrifice ne pourrait pas s’accomplir pour toute espece de voyages, et surtout pour des voyages où l'Etat ne payerait pas une partie de la dépense.
- Résumons en deux mots la grandeur du commerce maritime de Liverpool. Si l’on évaluait seulement à 35o francs le tonneau de produits soit importés soit exportés en douze mois, le total surpasserait deux milliard5 cent millions de francs.
- Le revenu des douanes, sur les produits étrangers entrés à Liverpool en 1851, s’élevait à 88 millions de francs-
- Pour nous former une idée des causes d’un tel deg^ de richesse obtenue par Liverpool, il faut considérer Ie territoire dont ce port est le centre commercial.
- Orbe industriel et commercial dont Liverpool est le foyer.
- Concevons un demi-cercle légèrement aplati, une dein^ ellipse qui passe par Birmingham, par Nottingham Leeds, pour aboutir dans le nord du Lancastre à la d’Irlande. Liverpool se trouve au foyer de cette moùie d’ellipse, dont le grand axe s’étend de Biriyingbam à Ie* trémité du Lancastre. L’espace que je viens de circons crire est ce que j’appellerai l'orée de Liverpool. j
- La superficie totale comprise dans l’orbe de Livcrp0
- p.92 - vue 131/0
-
-
-
- DES NATIONS. 93
- est égale à 2,2 56,ooo hectares. La plus grande dis-fc*nce à parcourir, de Liverpool aux confins de ce ter-î'itoire est de 36 lieues, et la plus courte de 2 4. Par conséquent, avec les chemins de fer, dans l’ellipse com-^rciale dont 1 dverpool est le foyer, nulle part on ne se houve à plus de trois heures de ce grand port, s’il s’agit es voyageurs; nulle part à plus d’un jour de distance, s agit d’un roulage un peu pressé.
- Voilà donc un espace de 2,266,000 hectares qu’on Peot regarder sinon comme un faubourg, au moins comme ^ne banlieue de Liverpool. Montrons à quel point cet es-Pace est habité.
- population de l’orbe commercial dont liverpool est le foyer.
- 1?^—
- RECENSEMENTS. .
- COMTÉS. 1801. 1851.
- Habitent*. ARA 239 Habitante. 2,063 013
- Y°rl{ (divùion de l’ouesl) 576,336 180 Al 1 1,339,962 493 43g
- Cl">»ler.
- OerbVi lAft QOft
- 152,573 9^* a 294,438
- Milord.
- Dl,tflCl d® Birmingham 70,676 232,841
- 2,067,330 5,245,805
- j, 1761, la population des comtés que nous venons laminer n’excédait guère un million dames : par con Se^ent, en cent années elle a quintuplé. . . Aucun autre
- p.93 - vue 132/0
-
-
-
- 94
- FORCE PRODUCTIVE
- pays de l’ancien monde ne présente à beaucoup près un si rapide accroissement. Le parallèle avec les diverses parties de l’Angleterre est également remarquable.
- Accroissement des populations anglaises, de 1801 à 1851.
- Dans l’orbe de Liverpool,...................... i54 p* l0°
- Dans Londres................................... l44
- Dans le reste de l’Angleterre.............. 76
- Par conséquent, les populations urbaines et rurales (te tout l’orbe de Liverpool, sans aucun secours gouverné mental, obtiennent pourtant un accroissement plus rapi^e que la capitale d’un empire de 170 millions d’habitants? qu’une capitale où l’accumulation des habitants est faV°' risée par le séjour du ministère, de la cour et du Parle' ment; par l’action et la richesse de grandes associations» telles que la compagnie des Indes; par des institution privilégiées, comme la banque royale d’Angleterre, etc*
- A l’égard du reste de la Grande-Bretagne, l’accroissC' ment semi séculaire de la population n’est pas même éga* à la moitié de celui que présente l’orbe dont Liverp°° est le foyer. .
- Chose surtout digne de remarque, ce progrès, à t point supérieur dans l’orbe de Liverpool, s’est accomp sur un territoire où la population, déjà très-condensee en 1 80 1 , semblait devoir éprouver plus d’obstacles à conb nuer ce développement rapide pendant le xix8 siècle.
- Habitants par mille hectares.
- Années.... 1801
- Orbe de Liverpool.................................... 916
- Le reste de l’Angleterre, ci) y comprenant Londres.. 53a
- a,3a5
- 989
- Ainsi, pour une même étendue de territoire, la P0!31
- p.94 - vue 133/0
-
-
-
- DES NATIONS. 95
- tatfon de l’orbe de Liverpool était, dès 1801, presque °ubie de celle du reste de l’Angleterre ; cinquante ans P*lls tard, elle approche du triple.
- Pour les personnes qui savent combien est grand le an8er du paupérisme chez les populations trop conden-Sees> et surtout qui le sont devenues trop rapidement, Urie Inquiétude pénible doit s’emparer des esprits. Jus-^0u s’est étendue la lèpre du paupérisme dans l’orbe de ^erpool? N’y a-t-elle pas exercé des ravages plus grands dans le reste de l’Angleterre ? Pour étudier ce paral-j e> ,1e me suis servi d’un document officiel rapporté par ^ gavant Mac-Culloch dans sa belle description de J’empire ritannique> Il fait connaître, au moment où Sir Robert t va commencer ses plus grandes réformes commer-es> le nombre des pauvres, ou perpétuels, comme les Copiés, les infirmes, les incurables, ou secourus tem-
- POfciir1
- ^ rement lorsqu’ils manquent de travail. J’ai trouvé Ur le même laps de temps, sur 1,000 habitants :
- p
- p Uvres secourus dans l’orbe de Liverpool... 58
- auvres secourus dans le reste de l’Angleterre. 1 06 Par
- ^ dr conséquent, bien que le peuplement ait marché ^ücoup plus vite dans l’orbe de Liverpool, l’indigence total^6 moins de personnes, sur un même chiffre
- ^Ue dans le reste de l’opulente Angleterre. autraSSUr<^s ce côté, tournons notre attention vers un l’orb Pomt de vue. Demandons-nous quelles sont, dans con G ^ ^vcrpool > les cités grandes et puissantes où se d0n|e?lrent lcs masses d’ouvriers ? Quelles sont les cités de c acune peut être considérée comme un foyer spécial
- à J’ °. Uc^onet d’activité, tandis que l’ensemble est soumis
- Cotïim°n ^n(^ra^G e* suprcme de Liverpool ? Elles sont 0 les planètes qui retiennent autour d’elles leurs sa-
- p.95 - vue 134/0
-
-
-
- 96 FORCE PRODUCTIVE
- tellites, tandis quelles circulent elles-mêmes autour de Tastre principal.
- TABLEAU DES GRANDS CENTRES INDUSTRIELS, DANS L’OnBE DE L1VERPOOL.
- ( COMTÉS. CENTRES INDUSTRIELS. t POPül 1801. ATION. 1851.
- / Habitants. Habitants.
- Lancastre Liverponl* , , RO OÙ* <n* O.*.*
- Idem., Manchenter 94 876 367 23$
- Warvrick Birmingham. 70,670 *R 1AO 232 841
- Ooeat-York Leeds i i i . j22 9111
- Idem ShefliçJd, » - - WJ) X Uii îqx <11A
- Stafford Wolverliampton (paroisse). 45,735 30,584 119,748
- Oaest-York Bradford. .. T , , , (
- Stafford Stokfl«sttr«la*7'f»pi a 13,264 103,778
- Lancastre Preston 23,278 84,027
- Idem Bolton t - i 12,174 «î ni
- Nottingham Nottingham 17,906 Ol,A/A 57 407
- Chester , .. . StAclpnrt ..... 28,801 53 8-30
- Lancastre T Oltlham, 1 a r - - - , 14,830 52,820
- Totaux.. 21,677 509,312 1,885,931
- C est ici qu il importe de considérer l’action prodigiellse qu’exerce un tel ensemble de cités, au point de Vue de la force productive.
- Manchester est le grand marché des tissus de coton» ^ soie et de ces matières mélangées avec la laine et le plus d un milliard de marchandises y sont centralisées et vendues annuellement. La majeure partie de ces produis
- p.96 - vue 135/0
-
-
-
- DES NATIONS. 97
- sexpédie sur Liverpool. Par un mouvement opposé, le transport des cotons en laine s’opère en partant de Liver-Pool et plus de 200,000 tonneaux de cette matière première s°nt envoyés annuellement à Manchester. Pour l'aller et le Retour, entre ces deux cités, on n’évalue pas la circulation a ïïioins de 800,000 tonneaux. Ce trafic énorme a fait er*treprendre, sur la route qui les sépare, le premier chemin de fer qui dût servir à la fois au transport accéléré cles voyageurs et des marchandises. Ajoutons qu’à son tour ^ rapidité des mouvements par la voie ferrée en a beau-c°Up accru ,1a quantité. Ce résultat n’a pas été produit j*eidement dans une direction; l’art a fait remonter vers points les plus importants de l’horizon industriel, J oserais presque dire hait fleuves de fer sur lesquels la r^hesse arrive et repart augmentée à chaque voyage.
- Rirrninfliam est un centre pour une foule d’industries j^ôtallurgiques et pour les articles si variés dont elle offre Gs Modèles imités par les comtés circonvoisins : depuis les ,uVrages colossaux en fonte, en fer, en cuivre, en acier, ^Oaux produits les plus délicats de l’armurerie, de la M^caillerie, de l’argenterie et de la bijouterie; depuis ^ Parlons vernis imités du Japon jusqu’à la galvano-j. stle la p]us splendide. Un labyrinthe de canaux et sept §0es <Je clîcmins en fer rayonnent dans tous les sens à de Birmingham.
- eeds est pour le comté d’\ork ce qu’est Manchester ^ *e Lancastre : c’est le grand marché des laines demande r 311 ^c^10rs et des lainages apportés de tous les lieux ^ ' ^ncation circonvoisins. Leeds a des bazars unique-1>0 c°nsacrés à ce commerce, remarquables à la fois hesl n°mbre des étalages et pour la police du négoce.
- k\ Canaux, une rivière et six rayons de voies ferrées éta-
- 1SsÇnt 1 , J -
- 1 ‘es communications de Uccds avec l’intérieur de
- ^TitonucTioN. r
- p.97 - vue 136/0
-
-
-
- 98 FORCE PRODUCTIVE
- l’Angleterre, avec Manchester, et surtout avec Liverpool» où les Américains et les Irlandais viennent chercher leS lainages de l’Yorkshire.
- Bradford partage avec Leeds la centralisation des îal' nages du comté d’York : elle a pareillement un bazar pef' pétuel, quoique moins considérable, pour ce genre & commerce ; elle a de plus entrepris avec une extrême éneï' gie la filature et le tissage des cotons ; elle est un centré secondaire pour Manchester et Liverpool. Les voies fer' rées se ramifient en cinq branches à partir de Bradfoi^'
- Sheffield offre un immense atelier sur plusieurs lieueS de superficie; là, toute la population est employée aux brieations si variées de coutellerie, de faucilles et de fallX’ de limes et de râpes, de cheminées en fonte de fer, e*c' Des canaux et quatre rayons de voies ferrées conduis^ aux quatre points cardinaux, y compris Liverpool. kl0
- dustrie de Sheffield1 a ses lois, ses mœurs, ses usages
- cal'
- culés pour le succès héréditaire d’une industrie qui depül5 plusieurs siècles a constamment prospéré. Elle a des titutions d’enseignement et de bienfaisance qui sont P modèles et l’honneur du pays.
- fVolverhampton, dans le comté de" Stafford, est en c(^ munication par des canaux et par des chemins de fera toutes les parties du royaume, surtout avec Birmingl^ Manchester et Liverpool. Ici fleurissent toutes les *n ^ tries de Birmingham. Cette opulente paroisse est couv d’usines à fer et de mines de houille. Elle est au cel1 ^ d’un territoire qui produit aujourd’hui par an pluS 60 millions de kilogrammes de fonte de fer. Wolverha ton est le rendez-vous périodique des grands maîtreS forges, et c’est là que sont fixés les prix régulateur*
- 1 Voyez, Rapport sur le XXI* Jury, ic tableau plein d’intérél 4 tracé M. Le Play.
- p.98 - vue 137/0
-
-
-
- DES NATIONS. 99
- En iy5o, Wolverhampton ne comptait pas plus de 7>°oo âmes; en un siècle elle a multiplié par douze le Nombre de ses habitants.
- Stoke-sar-la-Trente est une grande paroisse couverte bateliers qui fabriquent les poteries et la porcelaine; là Se trouve la magnifique manufacture de porcelaine'de Minton, la seule qu’on ait jugée digne de recevoir, après Sèvres, la récompense du premier ordre à l’Exposi-universelle. Elle communique avec Manchester, avec Liverpool, par le Grand-Tronc et par un chemin de fer.
- Treston et Bolton sont deux centres secondaires pour industrie des cotons, dans l’ouest et le nord du Lancastre : Ces deux villes sont chacune à l’intersection de cinq lignes de chemins de fer, sans compter les canaux; de plus, feston communique par mer avec Liverpool.
- Nottingham est justement célèbre pour la bonneterie et pour la fabrication du tulle. C’est dans cette ville qu’on a commencé d’établir et d’assurer la prospérité des méca-^ques destinées à faire la fortune du Lancastre, gui les
- détr
- Ver
- visait. Nottingham communique directement avec Li-Pool et par un canal et par chemin de fer.
- Stochport est un des marchés précieux pour les cotons
- fil '
- p hissés dans le comté de Chester : son voisinage de et T ?' Soy en communication facile avec Manchester
- ^verpool; Sloekport jouit d’un chemin de fer. sorl ' *n tïès-rapprochée de Manchester, est ab-
- cjt/ee ^ans Ie mouvement commercial de cette grande p ’ Un court chemin de fer parti de Manchester suffit vattacherOldham au réseau complet des voies ferrées, faire 6 ^nurïtaration, bien imparfaite, à coup sûr, doit tCOlT)prendre l’action puissante des cités principales la ] S.1Iïlutaanément reçoivent l’impulsion de Liverpool et
- 111 transmettent.
- p.99 - vue 138/0
-
-
-
- 100
- FORCE PRODUCTIVE
- Les chemins de fer dans l’orbe de Liverpool.
- Je crains que l’impatience ait saisi le lecteur en retrouvant treize fois l’indication fastidieuse des lignes de chemins de fer et de leur rayonnement, à partir des treize centres placés dans l’orbe de Liverpool; j’ai voulu frapper les esprits par la mention répétée d’une supériorité q01 caractérise cet orbe. Aucune autre contrée, égale en superficie, n’est, à beaucoup près, couverte d’un réseau si serré de ccs lignes modernes qui fécondent la production et donnent des ailes au commerce.
- Les 2,2 56,000 hectares de l’orbe de Liverpool sont subdivisés, comme une ruche productive, ensoixante-quatrf alvéoles par les croisements des lignes ferrées. La super' ficie moyenne de chaque alvéole entouré de chemins de fer est égale à celle d’un carré qui n’a pas plus de lx heueS et demie de long sur h lieues et demie de large. Da°s toutes les localités vraiment industrieuses, le village moins favorisé n’a pas trois lieues à parcourir pour aller au chemin de fer; beaucoup d’usines importantes ont falt à leurs frais de petits embranchements qui les rattachent au système général; une foule de bourgades et 3o vil^s du second ordre sont traversées par au moins un chcm,a de fer; enfin, les i3 grands centres de population, je fait voir, sont en même temps des centres de productif et de commerce d’où rayonnent les voies ferrées parti01"’ par quatre, par six et jusqu’à huit directions.
- En résumé, plus de la moitié de la population de 101 ^ de Liverpool a scs maisons, ses ateliers, ses magasins l cés pour le moins sur une voie ferrée. Tout cela s est compli depuis 2 5 ans. Pour obtenir un tel résultat, ol1^ dépensé i ,5oo millions; et Liverpool répond à ce sacn
- p.100 - vue 139/0
-
-
-
- DES NATIONS. 101
- üne fois fait par un commerce qui, chaque année, surpasse deux milliards d’entrées et de sorties. Voilà la grandeur commerciale dont je voulais donner la mesure.
- En présence de pareils faits, c’est un éloge bien vague, ce n’est rien de dire : Aucun lieu du monde, quelques pré-Sents qu’il aitreçus'de la nature, quelque parti qu’il en ait hré par ses arts, aucun ne présente, pour un égal ternaire, un aussi grand nombre de cités aussi populeuses, aUssi renommées par leurs industries respectives. Donnons üt\e idée précise de cette supériorité par un exemple remarquable et qui se trouve à la frontière de la France.
- Parallèle entre la Belgique et l’orbe de Liverpool.
- Choisissons pour terme de comparaison l’un des pays s plus avancés, et le mieux situé de tous; choisissons le r°ydumc de Belgique, au confluent des plus belles rivières, |lche en prairies naturelles admirablement arrosées, ajou-m a la fertilité de la terre une agriculture extrêmement a^ancée, ajoutant à ces sources d’opulence les mines les ^ Us abondantes de bouille et de fer, et tous ces trésors exPÏoités infatigablement par un peuple rempli d’intelli-Ê>er*ce. Commençons par mettre en regard les superficies ^es populations :
- pUPe,ficie : hectares.......
- °pulation totale............. 4*426,
- reconnaissons d’abord qu’avec plus d’étendue la fpque contient un moindre nombre d’habitants. En
- ni
- nombre y sont les cités d’au moins 5o,ooo âmes?
- Belgique. Orbe de Liverpool.
- 2,945,593 2,256,000
- 202 5,245,8o5
- Nombre de ccs villes............
- ^eur population totale..........
- Population moyenne par grande ville...
- Belgique. Orbe de Liverpool.
- 5 i3
- 440,607 1,885,931
- 88,121 145,072
- p.101 - vue 140/0
-
-
-
- 102 FORCE PRODUCTIVE
- Ajoutons que, malgré sa population plus condensée, le nombre proportionnel dés pauvres est plus petit dans l’orbe de Liverpool1.
- Si l’on supposait que'les villes d’au moins 5o,ooo âmes fussent disposées, comme le sont les abeilles, au centre de leurs alvéoles hexagones et d’égale grandeur; si l’on se demandait ensuite quelle serait la distance de ohaque ville aux plus voisines ? La voici :
- Belgique. Orbe do Liverpool*
- 22 } lieues. 12 lieues.
- Enfin l’on compléterait l’intelligence du parallèle par les résultats suivants, où se montrent la puissance et l’étefl' due d’action de chaque grande cité qui répand la prosp^' rité sur le pays d’alentour :
- Résultat* moyeo». Belgique. Orbo de LiverP0<)
- Population de la cité fécondante. 88,121 liab. i45«073 Superficie par cité fécondante.. . 589,118liect. 175,538 heC*'
- Territoire stimulé pur 50,000 habi- ,
- tantsdesgrandescilésfécondantes. 324,267 hect. 5g,81211
- Par conséquent, soit que la population des grandes^ riches cités agisse sur le territoire pour en stimuler, p ^ en rémunérer l'agriculture, soit qu elle agisse sur les a et métiers des moindres villes, des bourgs, des viHao épars dans le pays, voici quelle est l’énorme différence^ 5o,ooo habitants des cités principales, dans l’orbe verpool, concentrent leur action sur un terrain qui ^ égal qu’au sixième de celui sur lequel se dissémine le uic genre d’action dans la Belgique.
- 1 Dans le bel ouvrage officiel intitulé : Statistique générale du par
- Belgique, on voit que, de i84g à i85o, le nombre des indigents scco année est de 97 pour 100.
- p.102 - vue 141/0
-
-
-
- DES NATIONS. 103
- Qu’on juge par là de l’extrême inégalité des conditions 1 Natives à la richesse, à la supériorité de tous les genres ^ans les deux contrées que nous venons de mettre en pa-
- allèle !
- L’orbe de Liverpool à l’Exposition universelle.
- A présent on pourra comprendre, au sujet de l’Exposi-universelle, le parallèle qui va suivre entre l’orbe de 1Verpool et toutes les nations, la France et l’Angleterre CXceptées.
- ^ Consultons les jugements du grand Jury international, ^°nt les trois cents membres ont décerné les récompenses ^ toutes les nations, suivant leurs mérites. respectifs. a France et l’Angleterre mises à part, voyons comment sont réparties les récompenses de premier ordre, celles ^°n donnait surtout au génie inventif. Nous comparons 1111 côté l’ensemble des nations, de l’autre le simple demi* ei,cle dont nous avons tracé les limites à trois heures de arcours sur un chemin de fer.
- des ^compenses de premier ordre* entre les nations
- ET L’ORBE DE LIVERPOOL, EN 1851.
- L’ORBE
- L’UNIVERS,
- territoires
- Mi® n PABALtàLB.
- LITEBFOOL.
- -penacs de premier ordre votiea par le Jury
- ‘"‘«national................................................... ..................-
- >0P«Uu,
- 28,000,000
- populatiooa.
- p.103 - vue 142/0
-
-
-
- 104 FORCE PRODUCTIVE
- Une immense disproportion, celle de 128 à 1, telle est donc l’inégalité que le progrès’ des arts éclairés par la science établit entre les neuf dixièmes du genre bu* main et la peuplade condensée dans l’orbe exigu dont Liverpool est le foyer.
- Nous avons trouvé dans Londres une disproportion plus forte encore; mais, au lieu des 'habitants d’une capitale, nous avons ici jusqu’aux habitants des villageS et des campagnes, y compris les lieux écartés et leS moins favorisés sous tous les rapports. A mon avis» le territoire dont Liverpool est le centre commercial est plus'étonnant que Londres, et sa victoire est pluS grande.
- ® T'V0
- Il faut voir dans les rapports des VI®, VIIe, VIIIe, U*-’ Xe, XIXe, XXIe, XXIIe, XXIIIe, XXVe et XXVIIIe Ws
- l’explication raisonnée des inventions sorties de l’orbe Liverpool et jugées dignes d’obtenir le premier ordre de récompenses. Indiquons-en quelques-unes, à la suite ^ nom des cités qui s’en font honneur.
- L'eeds : les machines de Donistorpe pour le peign ^e de la laine et de Lawson pour la filature du lin. SheJJie l le mécanisme de Spear et Jackson pour tailler les deets des grandes scies circulaires, par le moyen d’instrurnc^ 'à diviser de précision, comme pour fabriquer des instJ\ ments d’horlogerie. Stoke-sur-la-Trente : les porcelaj11^ perfectionnées de Minton. Oldhcim : les outils-machn^ de Ilicks, qui percent des plaques de fer épaisses décimètre avec une presse hydraulique exerçant une p^eS sion de 2,5oo,ooo kilogrammes. PVarrinyton : h* 0 derie dans laquelle on a construit d’autres presses hy^ia^ liques assez puissantes pour soulever le grand pont sur le bras de mer de Menai. Manchester : i° poUl nouvelles machines-outils, pour les grues tubulaires,
- p.104 - vue 143/0
-
-
-
- DES NATIONS. 105
- M. Fairbairn, cet inventeur si fécond à qui les * atures doivent le doublement de leur vitesse et par là e leur produit, et de M. Withworth, récompensé de plus P0l|r sa machine à diviser, ce qui semble à pejne pos-' ^ble, jusqu’à la 4o,oooe partie d’im millimètre; 2° pour aPplication du caoutchouc à l’imperméabilité des tissus, Par M. Mackintosh, et pour la volcanisation de la gutta-P^rcha, dont Goodyear faisait mystère, et qu’a trouvée • Hancock, l’associé de Mackintosh; 3°pour le marteau Pdon de Nasmith : marteau tour à tour si délicat et si Passant, indispensable aux constructions en fer, auquel ^ Vapeur donne autant d’intelligence que l’éléphant à sa °Uipe, avec une force incomparablement plus grande, anchester, qui cultive avec zèle l’application des sciences ^es arts, en a retiré la gloire de toutes ces inventions. ^ 11 arrêtons-nous à Birmingham, qui, pour obtenir les ^c°nipenseS de premier ordre, présentait d’abord les
- ^ la
- es en métal creux, où Winfield réunit l’élégance
- le R s°Hclité, et la magnifique galvanoplastie d’Elkington, °uiton du xixe siècle. Birmingham, pour produit prin-çla de ses industriels, présentait le palais meme de dont la verrerie, coulée par Chance, et le fer, 1 et par Ilenderson, avaient été préparés, trans-Un'e S Gt P0S(^S avec une intelligence, avec une rapidité, Candeur que n’ont pas encore présentées d’usines genre, même les plus considérables.
- Cjv 1 * quelques-uns des titres qu’a produits l’orbe de de i’ Pour conquérir un si haut rang dans l’industrie
- Univers.
- Ne
- sultat tl°US bornons point à des rapprochements de ré-to^tj’ ^em°ntons aux causes; nous les trouverons sur-jj ails ^es hommes, et dans un petit nombre.
- y a cent ans, les plus grandes, les plus riches
- p.105 - vue 144/0
-
-
-
- 106 FORCE PRODUCTIVE
- industries, celles qui donnent une supériorité si surprenante à l’orbe de Liverpool, ces industries n’existaient pas; en même temps la force mécanique de la va' peur, qui décuple celle des hommes, cette force était à développer.
- Essayons de retracer, non pas la description techniq1*6 des inventions, c’est l’objet des savants rapports qui coi*1' posent la présente collection; mais l’esppt des hommes» les difficultés qu’ils avaient à vaincre, et l’impulsion qu’^5 ont donnée à leur pays.
- Les grands promoteurs des industries qui rayonnent autour de Liverpool.
- 1. Le Lancastre, le Derby, le Nottingham. — Arkwright, IJargreaves, Crompton.
- Arkwright. — A la fin de 1782, naquit à Presto*1» dans le comté de Lancastre, Richard Arkwright, le ^ef nier et treizième enfant d’une famille sans fortune. P°uf lui donner un moyen de vivre, on le lit barbier. Ce Hgar° d’Angleterre, actif, courageux, fertile en ressourcescom1*1 le type espagnol, au lieu d’avilir son esprit dans les intrigu ^ de la domesticité, voulut conquérir la fortune parla pul® sance du travail et la liberté du génie. Son talent de sp ^ culateur le fit d’abord réussir dans la teinture et le c0^ merce des cheveux. Ses produits acquirent du renom ^ lui donnèrent quelque aisance; elle était trop bornee pü son ambition. Ignorant, mais amateur de la mécan^l^ il rêva ce que rêvent la plupart des esprits inventifs et s { culture, la possibilité du mouvement perpétuel. A c effet, il fit exécuter quelques roues d’engrenage Par ^5 horloger, Kay, dont il devait bientôt tirer un parti m
- p.106 - vue 145/0
-
-
-
- • DES NATIONS. 107
- |^aginaire. Tl lui fit faire des cylindres accouplés pour tirage des fds de coton ou de lin, afin de remplacer es doigts d’une fileuse par un mouvement automatique j c°ntinu. Cette idée n’était pas nouvelle, et plus tard ^ fut disputée. Ajoutons que l’auteur primitif n’avait °uti qu’à la ruine : il était mort à la peine, et ses essais, depuis longtemps, étaient abandonnés.
- Arkwriglit, pour compléter sa machine telle qu’il la ^Oncevait, se servit de l’horloger Kay, d’un forgeron et Uft faiseur d’outils employés à la confection des mon-
- Ses préparatifs achevés, on lui prêta le parloir du le8e de Preston, dans lequel il monta, puis essaya
- SQd t *
- Mécanisme.
- Alors cette ville et tout le comté de Lancastre étaient stos d’un esprit incroyablement hostile contre une in-Vr 1011 ’ flU(îlle quelle fut, qui pouvait produire plus d’ou-pa ^ 6n ^conom]*sant sur la main-d’œuvre. La jennie du Un ^argreaves avait été brisée dans sa chaumière par ettieute d’ouvriers. Arkwright, frappé de crainte, trans-tro 6 S°n *nvend°n dans le comté de Nottingham. Là se l*Ve Opulente maison Wright, disposée à l’aider de ses cie aUX’ ma^s seulement après qu’un très-habile mécani-^ nx' ^dediah Strutt1, l’inventeur du métier qui produit les i C°teS ’ aura rcconnu et déclaré le mérite du système SlJ ^'gbt. Chose capitale au milieu d’un pays adonné a lu bonneterie! Strutt annonce que les fds pro-sPéc' lu mécanisme proposé auront une supériorité ^lal<‘- pour la fabrique des tissus à mailles. ec°Uru» par conséquent, Artwright établit à Notting-
- ^'aWj^ev'n* lui-mème un tics partenaires d’Arkwright, avait Celui.cj fermier et beau-frère d’un ouvrier tisseur de bas; ce fut de
- hts & c<Hc/ ai>1)ril fIUon avait cherché, mais en vain, à faire au métier des > problème qu’il résolut à force de persévérance.
- p.107 - vue 146/0
-
-
-
- 10S
- FORCE PRODUCTIVE
- ham sa première manufacture; pour force motrice, $ choisit un manège à chevaux. C’était en i 768.
- Il prend sa célèbre patente en 1769, dans l’année même où James Watt prenait la sienne et n’en usait pas encore-
- Deux ans plus tard, Arkwright établit une seconde brique à Cromford, dans le comté de Derby, sur la rivière Derwent, qui lui procure'un puissant moteur naturel* C’est là qu’on verra réunies pour la première fois les ope' rations préparatoires et les opérations définitives, depuP le cardage jusqu’à la complète filature du coton, par UIJ ensemble de mouvements continus b Tel sera le célèbre modèle de ces manufactures puissantes qui vont s’élever successivement dans tout l’ouest de l’Angleterre et l’Europe. Un canal particulier rattachait Cromford au re seau que l’on commençait d’établir, alin de communiquer avec les plus grands ports de ce royaume.
- Les travaux d’Arkwright n’auraient eu qu’une utilité trop
- limitée, s’ils s’étaient bornés à pourvoir des fils les
- convenables la simple fabrication des bas. Le système qul
- avait adopté donnait à la fois aux fds la force et la par
- faite égalité : telles sont les deux qualités indispensable
- aux fils longitudinaux qu’on appelle la chaîne des
- et qui doivent être capables de résister à la battue
- peignes, chaque fois que la navette fait traverser cett
- chaîne par un nouveau fil de trame. Avant Arkwright,aU
- cun fd de coton fabriqué dans la Grande-Bretagne ^
- pouvait servir à la chaîne des tissus; c’était le lin <IU
- employait à cet usage, quand on faisait des tissus ayant
- trame en coton. 4
- * Jb
- Ce fut donc après l’érection de la fabrique d’Arkwng1
- * La patente d’Arkwright, pour carder par mouvements soutenu de 1775.
- * En 1773.
- es1
- p.108 - vue 147/0
-
-
-
- DES NATIONS. 109
- ^Ue l’on commença de tisser la première pièce de vrai Caücot, c’est-à-dire toute en coton. Actuellement l’Angle-^rre en exporte par année deux milliards de mètres cou-Tants; elle vend à l'étranger ce qu’il faut de fils pour en oîiquer près d’un autre demi-milliard, à quoi l’on doit jouter des bas pour une valeur de trente-cinq millions de
- francs.
- ^n 1-785, Arkwrigbt perdit son droit à la patente qu’il avait prise en 1 775.Depuis longtemps c’était à qui s'efforcait de copier ses procédés. Les plus riches capitalistes jugeaient à l’envi de grandes manufactures. Tous imitèrent ^discipline nouvelle et parfaite qu’il avait imaginée, en Unissant des ouvriers d’un caractère aussi peu maniable le sont ceux de l’Angleterre, pour les plier à la règle, a ponctualité, à l’attention incessante : conditions indis-Perisables au succès des grands mécanismes automatiques, Cillés et secondés par l’intelligence humaine.
- es l’instant 011 le succès d’Arkwrigbt avait été complé-
- ta*
- tau
- coa*
- eot établi, le premier soin des industriels du Lancastre
- pareillement été de nier toute invention de leur ^patriote. Aussitôt que la filature à force hvdrau-
- Ve
- eût procuré les meilleurs fils anglais propres à rçoer les bas de coton, à servir de chaîne aux SUs de calicot, les manufacturiers du pays formèrent
- ffrbri
- lis:
- ^ coalition dans le dessein d’en repousser l’emploi. ^Ur j'dousic allait plus loin : ils faisaient détruire par f0erneutc I)reinièrc filature qu Arkwrigbt eût osé fr \ °r ^ans bancastre (à Barkacre, près de Clior-foco .^>0llr compléter son éloge, j’ai déjà dit qu’ils s’ef-^ de voler ses inventions, qu’ils 11e lui reconnais-
- T10 la compagnie Arkwrigbt s’occupât clle-e ^ oieltrc en œuvre ses fils, que les coalisés refu-
- pas.
- p.109 - vue 148/0
-
-
-
- 110
- FORCE PRODUCTIVE
- saient d’employer. Elle les appliqua non-seulement au tri' cot mécanique des bas de coton, mais surtout au tissag6 des calicots, chaîne et trame en coton.
- Une autre difficulté s’éleva lorsqu’on voulut imprimer les tissus appelés indiennes, à l’imitation de l’Orient. L’$*' cise, que nous appellerions en France la direction des Con' tributions indirectes, l’Excise percevait 3 deniers par yaf^» 33 centimes par mètre, de tissu dont la trame était e° coton et la chaîne en fil de lin. Mais, aussitôt qu’Arkwrig^ eut remplacé le lin par le coton, l’Excise, avec sa logi«Fe fiscale, prétendit qu’il fallait que la môme superficie pay^ double droit, parce que le tissu fabriqué de la sorte, deve nant un vrai calicot, était an tissu tout indien. Il l'a^ut recourir au Parlement afin d’obtenir un Acte Georges III) qui repoussât cette incroyable fiscalité.
- A côté d’Arkwrigbt, on doit placer deux hommes le mérite a bien dépassé la fortune.
- Ilargreaves. — Si j’avais suivi l’ordre des dates, j aur^ dû commencer par l’indigent et modeste Ilargreaves. tisserand du Lancastre avait inventé, vers i yQ4, un 1Iietj,e^ auquel il donna le nom de Jennie (Jeanne la fileusc). ^ U pauvre autant que pouvait l'être un simple ouvrier, de sept enfants. Il réussit cependant û force de teiflp d’efforts et de petits sacrifices, à faire mouvoir par un rouet de fileuse 16 broches parallèles qui fabriqu*11^ autant de fils, sous la direction d’une seule personne-voisins ayant fini par surprendre son secret, on le rcgar ^ aussitôt comme un ennemi de la classe ouvrière; on en'a ^ sa maison, et sa mécanique est brisée ! Il se sauve â ham; il y trouve, comme un peu plus tard Arkwrigj11, associé qui lui fournit le moyen de fonder un p<dlt blissement d’après son système. Il finit par prendre pa,e ^ en 1770; mais, poussé par le besoin, il avait déjà ven
- p.110 - vue 149/0
-
-
-
- DES NATIONS. III
- Quelques-unes de ses jennies. Les tribunaux d’Angleterre, c°niiue ceux de quelques autres pays, fidèles à leur instinct, c°nclurent contre le génie et déclarèrent qu’il n’avait pas fo'oit d’inventeur; peu d’années après, il mourut. Pour être ^eureux alors il fallait avoir plus d’audace.
- Crompton. — Crompton était sans fortune, et simple tisserand, comme Hargreaves. Dès 1769, il avait appris à Se servir de la jennie de celui-ci ? il devait être moins infortuné. Il en combina le système avec la machine ^Arkwright, et nomma le fruit de cet accouplement la 171ufe-jennie. 11 ne prit pas de patente, r 1779, un soulèvement général des ouvriers du aricastre eut lieu contre les métiers mécaniques. Cepen-
- les idées avaient marché; les émeutiers décidèrent a^s leur sagesse qu’ils briseraient seulement les jennies jîUl fileraient plus de 20 fils à la fois. En conséquence, d0rsqui|s ne les détruisaient .pas en entier, ils réduisaient tftoms à ce nombre toléré les fuseaux ou broches des ^tiers, selon eux, trop perfectionnés et trop considérées.
- j La première mule-jennie de Crompton commença par 2 fils; l’émeute en eût coupé 1 2 , si l’auteur avait pu pro-sa découverte avant 1779* ans ce désordre général, le père d’un homme d’État ^^fiiistrera dans le xix* siècle, M. Robert Peel, vit démolir tra atUre (l’Allham ; sa vie même fut menacée. Alors il se ^sporta du comté de Lancaslre dans le comté de Staf-
- ord
- eL sur les bords de la Trente, il construisit une autre llufoc^,re. Quelques années plus tard, quand la tolé-prQCe rev*endra dans la première province à l’égard des grès fna nu facturiers qui doivent en faire la contrée la
- Pfos -rite
- H^i^i)ufonte de la terre , M. Robert Peel y reportera son et ses capitaux, pour compléter à lui seul un en-
- p.111 - vue 150/0
-
-
-
- 112
- FORCE PRODUCTIVE
- semble de manufactures qui n’occupera pas moins de cintf mille travailleurs.
- Crompton, en 1812, après quarante années d’efforts et de succès, a constaté que les mule-jennies en activité dans la Grande-Bretagne comptaient déjà plus de (juatrt millions de broches ou fuseaux mécaniques. Le nombre s’en élevait à sept millions dès l’année 1829.
- A force de démarches près du Parlement d’Angleterre) on obtint 125,000 francs,‘récompense bien modeste après d’aussi grands services. Une partie considérable de cette somme fut dévorée par les incroyables frais néceS' saires pour obtenir un acte législatif qui devait être au moins gratuit, à titre de munificence nationale.
- Je présente de tels faits afin que l’on juge mieux coifl' bien les contemporains font payer cher aux inventeurs leS bienfaits qu’ils en reçoivent, même dans la Grande-Br^' tagne.
- En résumé : des barbiers déclassés, de petits fermiers’ filateurs à leurs moments inoccupés, de petits horlogers» des tisserands, des forgerons, voilà les humbles artisans qui préparèrent, malgré leur ignorance première, ilialS à force de persévérance et d’esprit d’invention, l’une révolutions matérielles les plus étendues et les pluS ^e condes.
- 2. Birmingham, Wartvickshire et Stajfordshire. —
- Boulton et Watt.
- i
- Boulton. — Dès le milieu du xviu0 siècle, Boulton» ^ principal fabricant de Birmingham, perfectionne, agrandi* les genres de travail que jusqu’alors cette ville accoflj plissait en des ateliers plus ou moins restreints. A ques kilomètres de ce foyer d’industrie, àSoho, dans
- p.112 - vue 151/0
-
-
-
- DES NATIONS. , 113
- °oiïité de Stafford, il fait servir un vasle réservoir d’eau pour mouvoir une puissante roue hydraulique destinée a mettre en mouvement un très-grand nombre d’outils; ^ s’en sert pour donner les formes les plus variées aux °tyets d’or, d’argent, de cuivre et d’acier, aux objets en ^aux, en écaille, etc., objets qui constituaient dès cette epOque la fabrique de Birmingham. Dans la confection ^oe foule d’articles dorés, argentés, incrustés, émaillés, ^ s’attache à réunir le bon goût et l’élégance. Il atteint haut degré de perfection dans le travail des boucles
- U
- acier que les hommes portaient alors à leurs souliers,
- ^Urs jarretières, puis dans le travail des boutons metal-l5ues, dans celui des chaînes de montre, etc. Il emploie
- six
- Cents ouvriers à des travaux si nombreux et si délicats.
- es produits de Boulton deviennent à la mode dans les trois r'
- royaumes et sur tout le continent européen, j e plus grand service que Boulton ait rendu non-seu-^ei1* ^ l’Angleterre, mais au monde entier, c’est d’avoir e la cause intelligente et dévouée des succès de Watt. 0 arïles Watt. — A Greenock, sur les bords du Clyde, pèi ^ ^ Watt, petit-fils d’un maître d’école et fils d’un p e Sails fortune. Enfant, il acquiert tout ce que l’Ecosse oiet d’acquérir d’instruction élémentaire dans ses p e,1tes écoles populaires. A seize ans, il devient l’ap-^Un l^l31'!0011* d’instruments d’optique, dans Glas-^ dix-huit ans, il entre chez un fabricant d’instru-ret , niatbématiques et de physique, à Londres. De 1 a Glasgow, Watt, qui n’est pas fils d’un bourgeois feSsç^le vMo, n’y peut exercer de maîtrise. Mais les proie ^ ^ l’Université, par un heureux privilège, ont
- de j 0lt ^ affranchir de cette servitude dans l’enceinte fav0r-Ür ^Hége; ils y donnent un atelier à leur jeune
- introduction
- p.113 - vue 152/0
-
-
-
- 114 FORCE PRODUCTIVE
- Dès 1759, le professeur Robison attirait l’attention & Watt sur les propriétés de la vapeur d’eau. En 1764, ^ professeur Anderson, qui fondera l’institution si popu' laire, si bienfaisante, qui porte son nom, Anderson cha1' geait Watt de réparer le modèle d’une pompe à feu ,^e Newcomen, afin quelle pût fonctionner pour l’instructio11 des élèves de l’Université. Cette machine, les découvert^ de Watt l’ont fait à la fin regarder comme appartenanta l’enfance de fart. Elle était pourtant alors l'invention ^ plus merveilleuse que présentât l’industrie des peuples modeffleS' On y voyait la pompe à feu proprement dite, qui mettalt en mouvement une pompe à eau; ce qui servait déjà p°üI l’épuisement des mines et pour l’élévation des eaux néccs saires aux cités. 11 suffisait qu?un chauffeur mît du cofl1 bustible sous une chaudière remplie d’eau pour en déga£ef de la vapeur : «alternativement développée par le feu, pulS absorbée par un jet d’eau froide dans le repos de ^ pompe à feu, cette vapeur opérait d’elle-même, un être intelligent, pour tourner des robinets nécessai^ aux mouvements alternatifs; il n’avait pas fallu moins deux siècles, depuis Cardan jusqu’à Worcester et depu) Papin jusqu’à Newcomen et ses successeurs, afin d’arih^ à de tels résultats.
- En essayant le modèle qu’il avait mission de repare^ Watt fut frappé de la dépense extraordinaire d’eau vaP risée et d’eau de condensation. Il démontra qu’on d^P^ sait six fois autant de vapeur qu’en pouvait c°n*f ^ l’espace à remplir sous le piston de la pompe à feu* c à-dire près de cinq fois plus qu’il n’en eût fallu sans 1 ^ c mité des pertes causées par l’imperfection du méca*115 et des moyens de condensation. Il découvrit qne» P transformer la vapeur d’eau à cent degrés en eau l^l111 ^ également à cent degrés, il fallait six lois autant
- p.114 - vue 153/0
-
-
-
- DES NATIONS. 115
- Z,ero de température. Telle était donc l’immense quantité chaleur sur laquelle la science et l’art devaient chercher porter l’économie ; cette chaleur, la vapeur la cachait ^he ses molécules et la faisait reparaître aussitôt quelle ccssait d’être un gaz pour devenir un liquide : voilà la . eur latente que Watt, né physicien, trouvait par expé-lence. c’était celle dont la belle théorie venait d’être ccouverte, dans l’Université même de Glasgow, par l’il-lust^ Blake.
- est surpris, dans l’histoire des arts et des sciences, ^rsquon voit avec quels humbles moyens le génie déco souvent les plus riches secrets de la nature. Quels Pro • S Watt a-t-il mis en œuvre pour s’élever à cette face^1^ vaPeur’ ^ cette propriété qui changera la Us/ 1 industrie des nations ? c’est le plus commun des ^reta GS ^UG ^GS m^naS^res emploient dans la Grande-^ tl ^lle’ Une simP^e théière. Il soumet à l’observation fl Co errnom^tre la vapeur d’eau qui sort de la bouilloire; t'est' 1^)arc chaleur absorbée à la chaleur que la vapeur fant lG ^Uan^ e^e repassç à son premier état en échauf-
- e 1 Can tl'm/I nt rn .1 AnrtMirnrtn Act foifn
- io
- ’ï’el
- eau froide, et sa découverte est faite.
- tion GSt P°*nt Je départ d’une longue série de perfec-Uue n!Gnts et d’inventions, série que Watt poursuivit avec ^f^nce incroyable. Il n’y consacra pas moins de cin-sUccè a^, sans être jamais arrêté ni ralenti par un ^ehin^*61111’ ^uP^rieur au puéril désir de produire une
- àt0;nek<I- lui fût absolument propre, il examina tour
- le ^ d(IUe partie de la machine connue, et qui portait Partie * G ^ewcomen» pour transformer par degrés cette à la p ^fSC^ CC (iu^ ^a rcnJil vraiment nouvelle, grâce k ïïiac^-eC^0a ^u'ü finissait par obtenir. Ce fut ainsi que S^estirtlne ^evvco,nen» insensiblement métamorpho-0Us ^es points, devint en réalité la machine de \Vatt.
- 8.
- p.115 - vue 154/0
-
-
-
- 116 FORCE PRODUCTIVE
- En évitant de rien perdre de la vapeur qu’il condui' sait en dehors du cylindre de la pompe à feu dans u11 condenseur isolé, en alimentant la chaudière avec l’eaü déjà chauffée par la condensation de la vapeur, en simpb' fiant admirablement le jeu des tiroirs pour introduire ou pour intercepter la vapeur, Watt obtenait une très-grand6 économie de combustible.
- Il avançait ainsi de succès en succès sans rien pr° duire au dehors. Sa patience attendait qu’il se trouvât associé digne de le comprendre, et suffisamment ric^e pour l’aider à réaliser en grand ses inventions.
- Heureusement, non loin de Glasgow, le docteur R0^ buck dirigeait la célèbre usine de Garron, dans laquelle avançait la mise en œuvre du fer vers ce degré de perfeC tion et d’économie qui devenait une des causes les p^llS puissantes de la prospérité britannique. Roebuck, chind^ et physicien distingué, avait tfouvé la source d’une gi’al1, fôrtune par l’établissement d’une fabrique de produits iniques; ensuite il avait tourné sa science vers la m11 tion de la fonderie si renommée que nous venons mentionner et vers l’exploitation des mines
- Roebiick était digne de comprendre Watt. Il lm nit les fonds nécessaires pour la construction dune ^ chine faite en grand ; le succès en fut complet. Le na capitaliste fit les frais d’une patente en commun 3 l’inventeur : c’était en 1769, dix ans après les preI111 essais du plus persévérant des hommes. ^
- Par malheur, les travaux des mines ruinèrent Roebu malgré les succès obtenus à Canon.
- Parmi les débris de sa fortune, sa moitié de p3^,^ pour la machine à vapeur tombe entre les mains riche fabricant de Birmingham, moins savant peut ^ ^ mais autrement calculateur que Roebuck : c’était 13°u
- p.116 - vue 155/0
-
-
-
- DES NATIONS. 117
- Ici commence une admirable alliance entre le génie du ^ornmerce et le génie de la science. Boulton, remuant, ^fatigable; jetant au loin ses regards sur la marche de industrie et du négoce; maniant avec une égale dexté-les hommes et les affaires; bien à la cour et mieux à a ville; ardent à concevoir et froid dans le calcul; hardi, es qu’il avait bien compté; entreprenant à propos, après av°ir su se retenir jusqu’au moment opportun : voilà le Partenaire incomparable que la Providence destinait au Paient, au sage, au circonspect James Watt.
- B est tout près de Birmingham, à Soho, côte à côte avec Ses ateliers de quincaillerie, de joaillerie, de bijouterie, ^lle Boulton établit la grande manufacture de machines ,, VaPeur dont la juste célébrité retentit bientôt dans toute Vope.
- fut un bonheur pour James Watt d’avoir pratiqué j s°nnellement deux professions qui demandaient dans ^JrîlVail une extrême précision : la construction des ins-rïlerits d’optique et celle des instruments de màthéma-vJUes- lorsqu’il entreprit de fabriquer des machines à ^Peur, son ambition fut de porter dans l’exécution de 8rands mécanismes la même rigueur géométrique f * en perfectionner les diverses parties, et la même per-fe ,°n (lans le jeu des pièces en contact, que dans la con-eXa °n (^CS ,nc*^curs instruments à l’usage des sciences , c|es. H jui fa]jllt p0lir cela former des ouvriers spéciaux lln double enseignement fut donné dans la pratique Contans ^a théorie. De cet enseignement sont sortis des e~niaîtros et des chefs d’atelier créateurs d’établis-
- «etn
- s°it sfnomhrcux et remarquables, soit en Angleterre
- CC0S-
- fer 3 avait premier conçu l’avantage de substituer le a°is dans toutes les parties de ses machines à va-
- p.117 - vue 156/0
-
-
-
- 118 FORCE PRODUCTIVE
- peur, pour diminuer les frottements, pour occuper àe
- moindres espaces et pour obtenir une stabilité, une rig1'
- dite, une durée impossibles à moins d’opérer cette sub$'
- titution.
- L’époque était éminemment favorable, puisque c’étart celle où l’on allait développer avec activité le moyen Ie plus économique et le plus puissant de fabriquer le fer-
- Remarquons, en passant, la bizarrerie du destin inventions les plus précieuses. C’est en France, et no° pas en Angleterre, qu’on avait eu la première idée d’ap' pliquer le jeu des paires de cylindres dans l’étirage du fer* Les Anglais et les Écossais,,à Carron surtout, s’était hâtés d’adopter cette heureuse idée, dont ils augmeir taient la valeur en remplaçant par la houille le bois forets, lesquelles disparaissaient avec une effrayante i^P1" dité.
- Le brevet célèbre de Corte pour le puddlage et f^1' rage du fer par des paires de cylindres date de 178A*
- Dès 1786, lors de la paix qui suivit la guerre d’Améri VAngleterre interdisait, par acte da Parlement, l’exportaii°^ des mécanismes et des instruments qui servent à fabriquer fer et la sortie des ouvriers employés à cette industrie.
- Au moment où Watt développait sa fabrique de Sob°’ il reçut pour le travail des métaux le secours le r précieux. Il ne s’en fiait pas à des fondeurs étrange pour les grands cylindres et les pièces capitales néceS saires à ses machines. Il établit de bonne heure, c0lïlI*L succursale, une belle fonderie. Il put imiter une perfectionnée d’aléser les grands cylindres , iruag111^ par John fVilkinson, inventeur des fourneaux qui p°r*e ^ son nom. Tout ce que Watt avait pu faire auparaV3^ était de forer un cylindre ayant un mètre et quart ^ diamètre, avec une erreur qui ne dépassait pas hft
- p.118 - vue 157/0
-
-
-
- DES NATIONS. 119
- millimètre dans la mesure des diamètres. Avec la nou-velle méthode, il parvint à forer des cylindres ayant Presque 2 mètres, en ne commettant pas d’erreur supé-^eure à 6/io de millimètre.
- ^En 1775, lorsque cinq ans à peine avaient permis à
- a^t de commencer à profiter de sa patente, il s’adresse
- au Parlement pour une prolongation. S’il n’avait eu de
- côté que son génie et la sublimité de ses méditations,
- 11 eut guère eu chance de succès. Mais Boulton était là!
- mton, propre à faire tout valoir, à se multiplier dans les
- ^°mités, à jeter sur la raison profonde l’éclat de la super-
- j,.le* E réussit; et le Parlement prolonge le privilège de
- mventeur jusqu’à la dernière année du xvme siècle.
- j ^n(Pquons quelques dates précieuses; elles font époque
- 9l?s industrie des nations.
- P
- elf n *77^’ Watt met en pratique sa machine à double
- . ^ ainsi nommée parce que la force de la vapeur
- ait non-seulement à la remonte, mais encore à la descend rt
- Qu piston moteur : en 1782, il prend patente pour e double effet.
- \\/. Partlr de 1782 et successivement, les machines de
- ^ ^ double effet sont employées pour la fabrication
- ôi u*’ P0UI *es souffleries des fourneaux, pour servir à
- ç,*er> ^ laminer, à battre, à fendre le fer.
- COiïi^st Qlors que commence la grande prospérité des
- ho *nS Warwick et de Stafford, si riches en mines de
- 0 ainsi qu’en minerais de fer.
- Béià ,
- tirée J ’ P0UI ePulscr les eaux et pour élever les matières leil S ^es rnines, Boulton'et Watt, si l’on veut employer ?tte l n.'ac^“les à vapeur, ne demandent pour récompense Hor €' *lCrs l’économie opérée sur 1$ combustible : éco-l’^bri (iUl sera constatée par un compteur automatique, à G toute fraude. Le Cornouailles et le Devonshire y
- p.119 - vue 158/0
-
-
-
- 120 FORCE PRODUCTIVE
- trouvent un immense avantage pour leurs mines de cuivre
- et d’étain.
- En 1784, patente de Watt pour le mouvement parai' lèle. A cette époque, deux machines de 5o chevaux cha' cune sont appliquées à mouvoir 20 paires de roues pou1 moudre la farine.
- En 1785, première fdature de coton mue par machiue à vapeur, dans le comté de Nottingham, et non pas daus le comté de Lancastre.
- En 1788, équipage complet de machines monétaire établi à Soho, plus tard imité à Londres, et plus tard encore à Saint-Pétersbourg, dans tous les cas avec la va' peur pour force motrice. Citons comme un fait honorable pour la France, qu'en établissant son atelier monétaire Boulton et Watt ont emprunté l’ingénieux mécanisme d11 Français Droz à la monnaie de Paris 1.
- En 1793, la vapeur est appliquée aux filatures & laine.
- En 1797, la vapeur est appliquée, dans Sbeffield, à la coutellerie.
- En 1800, époque où finit la prolongation de la Pa, tente de Watt, on ne trouve encore que le faible emp^°l suivant de la vapeur employée :
- A Londres........................ 65o chevaux;
- A Manchester..................... 45o
- A Leeds.......................... 3oo
- i,400 chevaux-
- Voyet, VI* Jury, le rapport de M. le général Poncelet.
- p.120 - vue 159/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 121
- 3. Le comté de Stafford. — Joseph. Wedgewood.
- ^ Ün potier de peu de fortune trouva dans son plus jeune
- s enfant que la nature av^t favorisé d’une précoce
- lrtteHigence. celui-ci, pour vivre, suivit le métier de son
- j re* Il s’instruisit lui-même; il ne dut qu’à ses efforts
- c°nnaissances étendues qu’il finit par acquérir, et
- **»* parti qu’il sut en tirer pour perfectionner son
- Ustrie et bien servir son pays.
- ^ 1763, dans l’année même qui succède à la guerre
- ^ Sept ans, si fortunée pour l’Angleterre, Wedgewood
- ter’C°nna^re ^eS Prem*ers échantillons de ses belles po-
- ^S: il commença la fortune du comté de Stafford,
- tMric^e à la fois en mines de houille, ainsi qu’en ma-cières n • » . 1
- premières propres aux arts céramiques.
- x procédés grossiers précédemment en usage, il fit
- j .er des méthodes raisonnées, qu’il éclaira par les
- ^ niI^res de la physique et de la chimie. Au lieu d’aban-
- jj nrîer ^ d’imparfaits tâtonnements l’action de la chaleur,
- ^ mesurer Pour les degrés les plus intenses,
- lngénicux instrument qu’il a nommé pyromètre.
- an ?n content de mettre à contribution les sciences, il
- reux a 8°ût et les beaux-arts à son secours, par l’heu-
- no^°ix des formes et des couleurs. Il sut donner un
- par'Gau Prlx à la finesse de ses pâtes, habilement pré-
- s°lid‘ ' Gn ^CS décorant d’un émail qui joignait l’éclat à la
- ehez * ^es travaux obtinrent un succès immense, même
- ses GS natl°ns étrangères; plus des cinq sixièmes de
- Data^0^11^ trouvèrent leur placement hors de son pays
- iw C(^8cwood fut un des premiers à juger de l’extrcme rtance qu’aurait sur l’industrie de l’Angleterre un
- p.121 - vue 160/0
-
-
-
- 122 FORGE PRODUCTIVE
- système de canaux qui conduirait des districts manufacturiers aux principales mers dont ce royaume est en* touré. Il entrevit aussitôt l’influence qu’aurait l’artère prU1' cipale (le Grand-Tronc), qui devait traverser le pays de* poteries pour conduire aux ports de Liverpool, de Hullet de Bristol. Deux hommes secondèrent puissamment c& projet : l’un était le comte de Staflord, par son poids ans' tocratique et par son immense fortune ; l’autre était le d’un petit potier de Burslem, Wedgewood, devenu par son génie l’âme des travaux industriels dans le pays du grand seigneur. Il servit surtout â constituer la compa gnie qui fit à ses frais cette magnifique entreprise.
- Aussitôt que le canal du Grand-Tronc eut assuré la bell0 circulation hydraulique entre l’intérieur et les trois mer5’ à l’est, à l’ouest, au sud-ouest de l’Angleterre, Wedge wood créa près du canal, dans le comté de Staflord, ^ célèbre manufacture à laquelle il donna le nom d'Etrurl(l‘
- Il eut le double avantage d’influer non-seulement sllf le commerce de son pays, mais sur les mœurs d’un peUP entier.
- Les poteries de grès, colorées en nuances de creine de bleu céleste, ces poteries, si flatteuses â la vue, brillantes par l’émail, et d’une forme si commode, reC°^ mandées de plus par leur extrême bon marché, ccS ^ teries remplacèrent en Hollande les produits de De et ceux de la France; elles remplacèrent aussi les p°|^ ries d’étain qu’on employait dans les laiteries et dans^ petits ménages d’Angleterre. Le goût du peuple ang pour un nouveau degré de propreté, de comfort et modeste élégance s’est accru sensiblement par cette u vation. ^
- A l’Exposition universelle de 1851, les enfants ct petits-enfants de l’illustre potier anglais, MM. Tho
- p.122 - vue 161/0
-
-
-
- DES NATIONS. 123
- ^edgewood et ses fils, ont obtenu la médaille de prix.
- °Us croyons devoir traduire ici les expressions du rapporteur du XXVe Jury, le duc d’Argyle :
- ^ «Les produits exposés sont d’un mérite éminent et epuis longtemps reconnu, qui consiste surtout dans la le reproduction des formes qu’adopta le premier ^ edgewood; plusieurs de ces formes sont dues au génie e Flaxman. On n’a jamais surpassé quelques-unes des *erres cuites et des stonewares (les grès). Le vœu le plus
- airé qu’on puisse former est que le peuple d’Angleterre S? ^amiliarise de nouveau avec des produits dont l’ori-&llle est purement nationale et qui sont applicables à bon j^aiché dans presque tous les genres d’usages domestiques. fs Poteries de grès, blanches ou colorées, longtemps ores et spécialement adaptées à l’exportation, main-nent leur réputation ancienne et bien méritée. »
- LAngleterre exportait en poteries, verres et cristaux :
- |Jans les années qui précédèrent immédiatement le x siècle, pour 537,969 liv. st.;
- F
- n l85i, année de l’Exposition universelle,
- V J'168 scules......... 1,1 a 1,006 1. st.
- 'erres
- Le
- cristaux............ 337,617
- i,448,6a3 1. st.
- progrès en un demi-siècle est celui de 100 à 269.
- j Après avoir présenté les développements qu’exigeaient territoire et les hommes dont Liverpool est le centre ^mercial, il faut reprendre notre itinéraire des côtes Mentales.
- p.123 - vue 162/0
-
-
-
- 124
- FORCE PRODUCTIVE
- Les ports et les canaux de Uouest, au midi de Liverpool.
- Nous pénétrons dans le vaste bassin maritime qu’offre la Mersey au-dessus de Liverpool.
- En face de cette ville, sur la rive gauche du fleuve, est le port de Birkenhcad, dont la population, en moins duA tiers de siècle, s’est accrue dans la proportion incroyable de ioo âmes â 2/1,285. Birkenhead est une annexe de Liverpool ; et cette annexe est bien récente, puisque leS travaux hydrauliques n’ont été commencés que posterie11 rcment à 1 843. On a fait un bassin de flot, dont la sup& ficie n’est pas moindre de 60 hectares, qu’il faut ajouté à la surface plus que triple des bassins de Liverpool. Ce5 travaux, aussi vastes qu’habilement conçus et dirigés, son1 l’œuvre de M. Rendel, l’ingénieur actuel de Liverpool.
- Au-dessus de.Birkenhead, â deux kilomètres de distance» est le Port-Ellesmère; c’est le débouché d’un système canaux qui communiquent avec le port de Chester, eIÎ suite avec les célèbres salines de Nantwich, et de là se dirigent sur Ellesmèrc, Shrewsbury et Birmingham-
- Continuons de remonter le grand bassin maritime la Mersey. Nous trouvons sur la rive droite de ce un canal plus célèbre encore, dont nous avons déjà par c’est celui du Grand-Tronc, qui réunit la Mersey Trente, rivière qui, comme nous l’avons vu, verse eaux dans le ïlumber, après avoir vivifié les comtcS Nottingham, de Derby, de Stafford.
- Au canal du Grand-Tronc se rattache le canal da de Bridgewater ; cette entreprise, la première de accomplie de 1759 à 1765, conservera la mémoire noble puissant qui l’a conduite â ses frais avec une perS vérance, une énergie incroyables : il ne fallait pas moi05’
- p.124 - vue 163/0
-
-
-
- 125
- DES NATIONS.
- ^ême avec le secours de Brinkley, génie naturel et le seul lngénieur peut-être qui n’ait pas su même écrire; il n’en a pas moins été plein de ressources par la spontanéité de s°n talent et par la puissance de sa mémoire.
- Grâce au canal du Duc de Bridgewatcr, la houille arriva dans Manchester avec une telle abondance que k prix en fut sur-le-champ réduit de moitié. Un bienfait Sl grand pour les besoins des habitants devint beaucoup Pfos précieux quand Watt eut trouvé le moyen d’em-pl°yer la force de la vapeur à faire travailler des usines au sein des cités, et sans aucune limite. Auparavant c^aque ville ne possédait que la force toujours bornée cours d’eau sur le bord desquels elle était située.
- Le canal du Duc de Bridgewatcr n’est pas moins utile Pour procurer à bas prix le combustible dans Liverpool.
- y voit un bassin réservé tout entier pour les bateaux cle ce canal.
- L ne faut pas croire que les succès si merveilleux des chemins de fer aient anéanti les belles ressources de la
- av^gation intérieure. Les revenus usuraires de plusieurs
- Cân, , *
- aUx ont sans doute été fort abaissés par la nouvelle con-^ rcnce; mais les canaux bien situés donnent encore des evc*ius d’un avantage comparable à celui du plus grancî 0ridjre des chemins de fer.
- ^Après avoir jeté ce coup d’œil rapide sur la prospérité 1. 0lît fait naître les voies hydrauliques rayonnant sur c||VerP°ol, quittons la rivière dont cette ville est la ri-Csse et continuons notre route vers le midi.
- Chester.
- ^ ^°us trouvons immédiatement l'embouchure de la que des navires remontent jusqu’à Chester. C est la
- p.125 - vue 164/0
-
-
-
- 126 FORCE PRODUCTIVE
- capitale cl’un comté qui partage avec celui de Lancastre
- la grande industrie des cotons. •
- A l’ouest du Chestershire, commence le Pays de Gd' les, pays montagneux et bien moins fertile que l’Angle' terre.
- Lorsqu’en 1800 les deux Parlements d’Angleterre et d’Irlande n’en ont plus formé qu’un seul, le Gouverne-ment a senti la nécessité de perfectionner les voies de communication entre les capitales des deux royaumes. B a chargé Thomas Telford d’employer tous les moyens que l’art pourrait lui fournir, afin de créer des routes dont les pentes ne fussent nulle part excessives et qult par d’heureux tracés, ne fussent pas allongées. C’est c& qu’a fait l’habile ingénieur avec un succès complet. VeS routes améliorées, l’une part de Birmingham et passe paf Shrewsbury; l’autre part de Chester et longe la mer • toutes deux se réunissent à Bangor pour franchir le de' troit de Menai, qui sépare le pays de Galles de file d’An* glesey.
- Ce détroit est devenu célèbre par deux travaux gigaD tesques; ils sont l’un et l’autre des monuments de l’indus trie moderne.
- Le premier en date est le pont en chaînes de 1er plus hardi, le plus grand qu’on eût encore construit» est l’œuvre de Telford, qui l’achevait en 1826. Ce p° a 366 mètres entre les points d’attache de ses chaînes ’
- A 1
- son arche principale a 180 mètres d’ouverture, et des vires à la voile passent dessous avec facilité.
- Afin d’assurer le passage de la rivière Conway* faut franchir avant d’arriver au détroit de Menai, "1° ^ avait construit un pont en fer, en partie forgé, en pai coulé, de 60 mètres d’ouverture. ^
- Vingt ans plus tard, on entreprit un chemin de fer P
- p.126 - vue 165/0
-
-
-
- DES NATIONS. 127
- procurer ce nouveau mode de communications accélérées etltre Londres et Dublin.
- La construction du chemin de fer fut confiée à M. Robert Steplienson, ingénieur justement célèbre.
- Pour franchir et la Conway et le détroit de Menai, on Percha des moyens nouveaux ; on adjoignit à M. Robert ^tephenson un ingénieur non moins éminent, M. Fair-Wn, qu’on regardait comme le mécanicien le plus habile l’adaptation du fer aux grandes constructions.
- Le système de structure dune voie creuse et qaa-^(jalaire, mal à propos appelée tube, établie sur des Pdiers en maçonnerie et portant le chemin de fer sur sa Lee horizontale inférieure, ce système fait un grand hon-au génie de M. Fairbairn, ainsi que les moyens essentiels d’exécution qui lui sont dus. .
- Les talents de M. Fairbairn dans tous les genres de Mécanique et de constructions l’ont fait nommer par l’In-stjtm de
- France correspondant pour la. section de mcca-^Ue. Plusieurs de scs machines ont mérité la récompense u Prcrnier ordre à l’Exposition universelle de 1851.
- Afin de en place le pont tube sur le détroit de
- enai, on a fait usage de presses hydrauliques assez Puissantes pour soulever un poids d un million de kilo— j^nemes. Ces presses, déjà citées, ont également obtenu Récompense du premier ordre à l’Exposition univer-
- ^ ^ i85,.
- ^ Le port de ficaumariSt dans l’île d’Anglesey, et celui toa^aernarvon> dans Ie pays de Galles, appartiennent s deux au détroit de Menai.
- ^ i ouest de l’île d’Anglesey est la presqu’île de Iloly-Rd, ou l’on 'a fait de grandes jetées, afin d avoir un ^°rt dans cana^ Saint-Georges. De ce point au lt plus avancé dans la baie de Dublin, la distance
- p.127 - vue 166/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 128
- est seulement'de 8 o kilomètres; des bateaux à vapeui’ peuvent la franchir en 5 heures.
- Au midi de Holyliead, nous trouvons les ports d’A^r" yswyth et.de Cardigan, utiles au cabotage.
- . Les ports de la baie de Bristol.
- Nous contournons le comté de Pembroke, et noaS entrons dans l’importante haie ou havre de Milford. hà> pourrait mouiller, abritée de toutes parts, une grande armée navale. Si l’Angleterre était en guerre avec 1eS
- * O O j
- Etats-Unis, ce serait la position la plus rapprochée e l’ennemi et la plus avantageusement située.
- Dès 1790, on avait établi en avant de Milford ^ arsenal de constructions; le fond de la mer, en ava^ des cales, était à pentes trop douces. On a transporté cet arsenal à Paterford, auprès de Pembroke, où l’eau présent toute la profondeur qu’on peut désirer. Cette transiatto*1 remonte à 181 h , et les travaux, dirigés par M. J. Rcni^e père, ont été terminés en 1813. Us ont coûté huit & lions de francs. ^
- A l’est du havre de Milford, nous trouvons le P secondaire de Caermarthcn et celui de Llanelly, par ^ quels on exporte près de 3oo,ooo tonneaux de bon1 chaque année. ^
- Nous arrivons à Swansea, port bien plus important^ l’entrée du vaste chenal de Bristol. Ici commence une s d’établissements métallurgiques d’une industrie et u ^ richesse incomparables; elle s’annonce par les trois p rapprochés de Swansea, de Cardiff et de Newport.
- En 1800, ces trois ports ne possédaient que 5,^0° ^
- neaux de naviresTen registres; dès i8o5, ils en possédai 30,000 : ils avaient presque sextuplé.
- p.128 - vue 167/0
-
-
-
- DES NATIONS. 129
- Des canaux, des chemins de fer, remontent de ces fr°is ports dans des vallées riches de houille, de pierres ^ chaux et de minerais de fer. Le bas prix du combustible rend avantageux d’envoyer là les minerais de cuivre du Cornouailles et de l’étranger, pour en extraire le métal simplement pour l’affiner: d’où résulte un grand commerce. En 185 î, les trois ports, objet de tant d’activité, Désentaient pour navigation totale 2,àoo,ooo.tonneaux 0 cargaisons, dont les deux tiers au moins comme s°rtie.
- Sur un affiuent de la Séverne sont les grandes forges et °oderies de Coalbrookdale, où l’on érigeait dès i y 7 4 le pre-^er pont en fer qu’ait eu l’Europe. Cet établissement a merité la récompense de 1er ordre pour ses grands objets
- arL coulés les uns en bronze, les autres en fonte de fer;
- Ü f •
- ait vivre plus de quatre mille personnes.
- Nous mentionnerons en passant le petit port de Chep-j 10 • Ici nous sommes en pleine Séverne, un des plus ^°aux fleuves de l’Angleterre. Il est le seul qui remonte j^ls ^ nord; il se rattache par des canaux à Londres, à lrrningham, à Manchester, à Liverpool, à Hull. ail n ^arge canal, latéral à la Séverne, facilite la remonte j Navires les plus forts. Le mouvement de la navigation ^Wester, en 1851, s’élevait à àoo.ooo tonneaux; il ^ *ait une ancienne cité peuplée de 18,000 habitants j^che par son industrie.
- a f. c°mté de Glouccster est un de feux où l'agriculture rait beaucoup de progrès; ses moulons des collines de trje 0hl sont justement estimés. Dans ce comté, l’indus-cpuis plusieurs siècles met en œuvre la laine. Comme a^o^ dans le sud de l’Angleterre, on y cultive en pres ance les arbres fruitiers, et les fruits y parviennent a Maturité : ce pays a meme eu longtemps la pré-"Miodcction. 9
- p.129 - vue 168/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 130
- tention de produire du vin ! Le pays nourrit une énortftf quantité de porcs et de bœufs de boucherie.
- Bristol s’élève sur l’Avon, affluent de la Séverne-Quoique ce port ait perdu la suprématie de la côte occi' dentale, il n’est pas resté stationnaire; mais depuis ufl demi-siècle, tandis que la marine de Liverpool quadruplé la sienne doublait à peine.
- Bristol cultive les sciences et pratique plusieurs indu5' tries importantes ; au confluent de deux rivières, elle eI1 a profité pour se ménager des bassins spacieux, bordés paI de beaux quais. En i836, elle tenait un congrès scientJ fique où les hommes les plus éminents de l’AngleteiT'j s’étaient donné rendez-vous. A cette époque, M. B,line fils perçait le dernier et vaste souterrain du chemin & fer appelé le Grand-Occidental (Great-Western), qui Londres à Bristol. Le môme ingénieur dirigeait, d^5 cette ville, la construction du grand navire à vapeur pare lement appelé le Great-Western, pour essayer la navig3 tion transatlantique. On préparait les piles d’un pont sllS pendu d’une extrême hardiesse; on tendait sa prem^r chaîne sur un vaste et profond vallon. Tel était le 111011 vement progressif qui se faisait remarquer alors 0‘ cette opulente cité.
- Remontons l’Avon jusqu’à Bath. De là, nous pourr
- o$5
- suivre trois lignes de canaux : la première dirigée Gloucestcr, à l’ouest; la seconde vers Oxford, au n°r la troisième vers Londres, à l’est. . g)
- Bath est la plus belle ville de l’Angleterre; sCS^al^e> célèbres dès l’antiquité, sont la source de sa rlC^ol))£, Ici, les classes opulentes sont attirées par un ciel des alentours délicieux, des plaisirs tranquilles, etslU par l’éloignement de la fumée et du fracas des manu turcs.
- p.130 - vue 169/0
-
-
-
- DES NATIONS. 131
- Entre Bristol et Gloucester, dans un vallon ravissant, 0ri trouve Chelienhani. C’est une ville de bains toute rno-^rne; sa population, de 35,ooo âmes, depuis un demi-Slecle a plus que quadruplé. Dès 1817, les voyageurs Avaient de Cheltenham conduits en waggons sur un chemin de fer, mais avec des chevaux vivants, que les Revaux de vapeur n’avaient pas encore vaincus : il s’en aUait de treize ans! Revenons h la mer. üridgewatcr et Barnstaple sont, au midi de Bristol, les ports à noter dans le comté de Sommerset. Le comté if. ^evon n'a sur la côte occidentale que le petit port de l(*-eforl, à l’entrée du chenal de Bristol; le Cornouailles U°Us présente Padstow, puis Saint-Yves.
- , Saint-Yves exporte non pas de l’étain, mais des ardoises : e^t 1 objet d’un tonnage considérable.
- ^eHe est la côte occidentale de l’Angleterre, où nous ta°ïlS s*8na^ ports, centres légaux des douanes bri-(j ^ques, et plusieurs autres ports qui fleurissent par es ^idustrics et des navigations variées.
- CHAPITRE III.
- CÔTE MÉRIDIONALE DE L’ANGLETERRE.
- l>al °US n avons P^US à parcourir que la côte méridio-d ej ^a ^oins étendue des trois. Elle commence au cap * cn(l, en français le cap Finistère (Finis terræ);
- e point le plus avancé vers l’occident.
- *9-
- p.131 - vue 170/0
-
-
-
- 132
- FORCE PRODUCTIVE
- l
- PORTS, NAVIRES ENREGISTRÉS ET NAVIGATION,
- PORTS. ANNÉE NAVIRES. 1801a TONNEAUX. ANNÉE NAVIRES. 1851e TONNEAUX. -J-’ ENTRÉES ET SORTIES- 1851. tonneau*.
- Iles Scilly 10 261 58 6,691 9,306
- Penzance 27 1,418 97 8,905 103,314
- Falmouth 62 5,656 121 7,932 113,296
- Fowey 76 4,610 137 11,100 152,268
- Plymouth 232 14,800 445 42,788 736,565
- Dartinooth 209 11,215 341 34,529 129,816
- Exeter 148 12,372 . 180 18,427 145,874
- Lyme-Regis........... 21 1,733 17 1,368 15,466
- Brideport 0 0 17 1,995 30,367
- Weymouth 105 6,098 86 7,498 33,17*
- Pool» 153 10,735 115 16,283 156,667
- Cowei 1*28 3,278 171 8,845 86,434
- Sonthampton 243 12,888 238 16,271 646,454
- Portamooth 212 7,985 242 13,272 189,72*
- Chicbesler 64 2,679 42 2,244 21,082
- Arnndel 28 1,926 102 5,010 34,5l7
- Shorebam. 30 902 108 10,469 123,63*
- Newhaven. 20 1,187 21 1,865 89,849
- Folkstone . 10 663 192,259
- Douvres. 254 15,800 . 85 4,507 60,541
- Toratx 2.042 115,343 2,633 221,502 3.071.»13
- Les îles Scilly sont sans importance. Le premia P^. que nous rencontrons, en tournant vers l’orient, est c île Pcnzance, port de pêche et de relâche au fond e
- p.132 - vue 171/0
-
-
-
- là
- DES NATIONS. 133
- ^ taie de Mount. Nous en sortons pour doubler le cap Lizard, position la plus avancée de l’Angleterre vers le ^idi : 5o° de latitude.
- Nous doublons ce cap et nous arrivons à Falmouth; peuvent aborder à quai de forts navires, dans un havre Scellent, à l’embouchure de la rivière Fol. Ce port a dû Sa prospérité à l’établissement de paquebots dirigés sur ^sPagne, le Portugal et les Indes occidentales, afin av°ir les plus courts passages de mer; il doit une autre Partie de sa richesse à la pèche du hareng.
- Au fond de la baie de Falmouth est le port de Tru.ro. Gst ici que les mineurs des pays circonvoisins envoient er* fumons l’étain que fournit le comté de Cornouailles, j ^uon embarque pour la Méditerranée, la Baltique et es Lules occidentales. Les ports du Cornouailles reçoivent ^Ssi le cuivre brut du pays, embarqué principalement P°Ur être épuré dans le pays de Galles.
- ^ Les côtes du Cornouailles, comme celles de la Bre-sont éminemment fertilisées par l’usage des sables ^ argés ûes détritus de poissons et de plantes marines. ûUérieur du pays est aride et peu productif.
- L° port de Fowey n’a d’importance que pour la pèche VoSUrt°ut celle du hareng. Nous longeons la côte et nous 1 6 kilomètres au large, le grand phare d’Eddy-e- C’est le chef-d’œuvre de Smeaton, le plus savant
- q I . 1
- G plus célèbre ingénieur anglais du xvm* siècle. Ce ^ 1 e» bâti sur le roc ou pierre d'Eddy, a servi de modèle GW de Bell-Bock, en Ecosse.
- L b • 0riCnt cc phare, on trouve l’Entrée, le Sond de tin 910 (^e Ltymout/i. Ici la nature a tout fait pour la ma-et l'Angleterre n’a rien négligé pour en tirer
- antage<
- a vaste baie de Plymouth fait face au midi; elle es
- p.133 - vue 172/0
-
-
-
- 134 FORCE PRODUCTIVE
- profonde et subdivisée en trois rameaux : vers l’orient,
- le nord et l’occident.
- La branche du nord, formée par le val du Tamar, et qu’on appelle le Hamoaze, contient les grands établisse' ments militaires; la ville marchande de Plymouth est a11 point le plus avancé vers l’entrée de la baie. Devonpoi't> est bâti sur le plateau qui domine l’arsenal de la marine royale.
- Plymouth et Portsmouth sont, pour la force navale de l’Angleterre, les deux positions capitales; la première face à Brest, la seconde à Cherbourg. J’ai décrit leur5 grands arsenaux, leurs bassins, leurs chantiers et leurS ateliers et la jetée, dont il me reste à parler1.
- L’entrée du Sond ou havre de Plymouth est trop large pour qu’avec les vents du midi la mer n’y soit paS très-agitée. Lorsque les Anglais ont vu le succès de n°*re digue de Cherbourg, ils ont eu la pensée d’en construis une pareille en avant de Plymouth. Us ont eu dea* avantages : avec une jetée moitié moins longue, üs 0 pu couvrir, pour les plus grands vaisseaux, un mouillé d’une superficie beaucoup plus considérable. Us n’ont trepris cette jetée que vers la fin de leur guerre cofl l’Empire; mais ils l’ont poursuivie avec tant d’activd® de constance, que dès l’année 1820 les travaux étaie terminés. Le célèbre John Rennie, directeur en che cette construction, secondé par M. Whitbey, s est ^ un grand honneur : i° par l’économie des matériau*» ployés en blocs assez forts pour résister au déplaceIÏ1^ causé par l’action de la mer agitée; a0 par des u1^ ingénieux et nouveaux pour opérer l’extraction et^ transport des matériaux; 3° par la rapidité des tfaV
- 1 Force navale de la Grande-Bretagne , tome II.
- p.134 - vue 173/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 135
- dune entreprise commencée trente ans après la jetée de* Cherbourg et finie trente ans plus tôt.
- Ce n’est pas seulement la marine militaire qui produit ta richesse de Plymouth, au centre d’un pays industrieux, tartile , et d’un commerce étendu. Il faut considérer Cette ville comme ne formant qu’une même population aVec Devonport, et leur réunion n’olfre pas moins de ^°)Ooo habitants. Le mouvement total de la navigation ^°uinierciale de Plymouth s’élevait en 1851 au chiffre ^posant de 734,116 tonneaux; aucun port de la côte ^ridionale ne présente un aussi grand résultat. On va CreUser un vaste bassin à flot, appelé Great-Western, P°Ur suffire à l’affluence des navires marchands.
- taa, nous commençons à voir aboutir sur la côte le feseau méridional des chemins de fer; il sera prolongé JUsC[uà Falmouth. Une ligne secondaire, dirigée vers le tol^ 0UCSt’ ak°ut*t a Barnstaple, dans le chenal de Bris-a 5 la %1C principale remonte à Bristol et se bifurque, ^'d sur Birmingham, à l’est sur Londres.
- , ^ lest de Plymouth sont les ports de Dartmouth, et üshaut, sur le Dart, la ville importante d'Exeter, où les ^ ii'es remontent. Exeter, plus que doublée depuis un j ^l'riecle, surpasse aujourd’hui 4o,ooo habitants; c’est j ^l^ùde du comté de Devon, l’un des plus grands Atlglelcrre. En i85i, les deux marines marchandes *ctcr et de Dartmouth offraient ensemble un mouve-a0rilc°Illl»ercial qui surpassait 300,000 tonneaux. Exeter 4 jgeUll Par l’industrie : elle s’est depuis longtemps adonnée par* C°u^ectaon des tisslis de laine pour l’Angleterre, l’Es-et 1° Portugal, l’Italie et l’Allemagne; elle achetait SUs dans tous les pays circonvoisins, pour les im-Se]je r et ^es teindre. Cependant, 4 l’Exposition univer-’ Pas un exposant ne Rappelait ces industries d’Exeter.
- p.135 - vue 174/0
-
-
-
- 136 FORCE PRODUCTIVE
- Doublons le petit port de Lyme-Regis, puis le cap de Portland, presqu’île où les Anglais font aujourd’hui de grands et remarquables travaux, afin d’ouvrir un port de refuge1 aux navires si nombreux contrariés par des vents irrésistibles entre la France et l’Angleterre.
- Les jetées de ce port sont construites avec de gros blocs de marbre tirés des collines de Portland. C’est le labeu1 de condamnés qu’on ne déporte plus : la discipline de ces hommes et les moyens de moralisation, dignes d’être médités, ont été très-bien observés et décrits par M. $e' renger, éminent magistrat et membre de l’Institut.
- Après Portland nous longeons la côte et nous laissons à notre gauche la fertile et charmante île de Wiglit. Cow^r son principal port, fait face à Portsmouth, dont elle est séparée par l’immense havre de Spithead. C’est le rendefr vous des armées navales d’Angleterre, naturellement abi’lte par le brise-lames que forme l’île de Wight.
- A l’occident de Spithead est la baie de Southampl°n' C’est aujourd’hui le centre d’ou rayonnent les grandes lignes de paquebots à vapeur pour la Péninsule ibérique’ la Méditerranée et la mer Noire, le golfe du Mexiqlie Panama, les Antilles et l’Australie. Ces moyens de pl0S périté, joints au plus vaste cabotage, se traduisent pa* un mouvement de navigation qui, dis 1851. s’élevai' ^ 648,654 tonneaux. La population de Southampton, laV°, risée par de telles circonstances, en un demi-siècle a de 7,800 à 35,3o5 habitants: elle a presque guinlup Portsmouth a l’avantage de présenter un grand lflC térieur, où sont mouillés, dans un calme parfait, les ll01^ hreux bâtiments de guerre â l’état de désarmement-l’orient de ce lac est l’arsenal de la marine, le pluS v
- 1 Voyez le Rapport sur le vin* Jury, par le baron Charles l)up»u*
- p.136 - vue 175/0
-
-
-
- DES NATIONS. 137
- et le plus complet que possède l’Angleterre. A l’occident est l’établissement des vivres de Gosport; il contient une Manutention de biscuits suffisante pour approvisionner les ^°tles les plus nombreuses : les moyens de fabrication et mécanismes modernes réunis à Gosport nous ont paru Mériter d’être pris pour modèle.
- Entre cet établissement et la mer s’élève l’hôpital d’IIas-ar> bâti dans le dernier siècle, imposant par sa gran-'W; il est remarquable par ses belles dispositions, suggé-fees ou du moins approuvées par l’illustre Howard.
- En choisissant pour sa résidence d’été, dans file de ' Wlght, un coteau d’où le regard domine ce grand en-SeMble de mouillages, de ports et d’établissements mari-*M)es, la reine Victoria nous semble avoir bien mieux ^aisi le génie de l’Angleterre que Georges IV, ce dandy ^es rois, qui bâtissait des pavillons orientaux sur la falaise j6 ^rigbton, hors de vue des abords qui sont la gloire et a force de l’Angleterre.
- fo* Anglais, un Français : Bentham et Marc-Isamharl Brunei.
- Avant de quitter les plus grands établissements de la ^ rine militaire britannique, arrêtons-nous aux travaux Uri français, honorables à la fois pour notre patrie et ^l'Angleterre.
- j. J arsenal de Portsmoutb doit de grands travaux bydrau-^Us^S aU Samuel Bentham; les marins lui doivent
- lesSl ^ suksl*hition des caisses en fer aux tonneaux dans le ^Ue^s se corrompait l’eau potable. Il avait imaginé aj^°yen d’exécuter les poulies par des moyens méca-aUc CS ^ranÇa^s» pauvre émigré, qui n’avait encore i^Uïle réputation, lui communique ses inventions sur le
- Mc objet. Bentbam les étudie et, sans hésiter, en re-
- p.137 - vue 176/0
-
-
-
- 138 FORCE PRODUCTIVE
- connaît la supériorité. Loin de faire servir sa puissant
- pour écarter son rival, il met un zèle généreux à fatfe
- préférer l’étranger, l’inconnu; et cet inconnu, c’était
- Brunei.
- L’amirauté d’Angleterre a voulu qu’on exécutât fu1' vention de Brunei avec une grandeur qui caractérise cetfe nation. Le mouvement général de quarante-quatre t*1®' canismes coordonnés est imprimé par une machine a vapeur de 32 chevaux; Watt l’a fournie. Un travail aU tomatique débite et transforme des blocs de bois et de5 pièces de métal suivant les formes et les dimensions riées qu’exige la poulierie des navires, depuis les plu grands jusquraux plus petits; et les ouvriers n’ont, polir ainsi dire, qu’un travail de surveillance. Le travail deS caisses et des rouets, des essieux et des dez qui formeIlt moyeux, tout s’exécute avec une précision mathématic[ue’ et cela par de véritables machines-outils, que les Ang|alS imiteront plus tard dans les industries civiles, pour scier’ tourner, perforer, planer, etc.
- Pendant la guerre, cette perfection doublait de pn* P une rapidité d’exécution si grande que le seul atelier Portsmouth produisait par jour 1,620 poulies dune c(j^ fection parfaite; il suffisait aux besoins de tous les p01 de toutes les flottes britanniques, môme au milieu de plus grande activité d’une lutte gigantesque.
- L’arsenal de Chatham renferme un atelier de pr®c tion qui contient, par duplicata, les machines de Ihul1 ^ on les tient prêtes à travailler, si celles de Portsi*1®^ étaient détruites par un incendie. A Chatham, il a c ^ truit l’ingénieux établissement des scieries et du parC bois débités. Les bois bruts arrivent de la rivière ' par un canal, au fond d’un puits immense; la vapcur élève, les scie, les transporte et les arrime. Ici les 111
- p.138 - vue 177/0
-
-
-
- DES NATIONS. 139
- Utiles de Brunei, combinés en fer, en acier, en cuivre, Sor*t encore à la fois des inventions et des modèles.
- C est aussi Brunei qui, pour l’industrie privée, a fait Ces gigantesques scies circulaires propres à débiter les plus ^0s blocs d’acajou par larges feuilles de placage, d’une j^gularité, d’ une minceur étonnantes : problème dont a difficulté ne peut être appréciée que par des personnes ^ptes à juger la mécanique de précision.
- On doit encore à Brunei d’avoir, le premier, confec-^ Uné des souliers à la mécanique, auxquels il employait es invalides. On conçoit l’importance de pareilles appliquions pour nos besoins usuels.
- ^ ^tc’estle même ingénieur qui, dans la partie du portde °Udrcs qu’on ne pourrait par un pont soustraire aux vais-eaux, a creusé la tonnelle sons-marine, remarquable sur-^ par la nouveauté, par l’audace des moyens. Avec un Relier aussi haut, aussi large que la section souterraine, °llclier percé de portes contiguës qui s’ouvrent et se fer-.j ntpour le travail d’excavation fait par autant d’ouvriers, la^Usse une saPe el bâtit à mesure. Il affronte le poids de j amise, dont l’eau pleut sur sa tête et sur celle de ses Railleurs, en filtrant à travers le lit du fleuve, à chaque sjQ^te niarée. Deux fois ce lit, détrempé, cède à la pres-^ ^es eaux; elles se précipitent dans la galerie déjà à t,USCe’ et ^ingénieur ne trouve de salut qu’en nageant ^ avers l’inondation souterraine. Ces voies d’eau de la d' Se> *1 les bouche comme si c’étaient simplement celles 80 Ilavtre. Il les aveugle; puis il reprend son bouclier et ^attaque avec impassibilité : c’est l’héroïsme du génie. (l°rnier ouvrage, Brunei a formé son fds, l'ingé-binent du chemin de fer à trèsdarge voie, du H0tïi ^estern, constructeur du navire à vapeur de ce e plus grand qu’on eût fait jusqu’à 1838, et du na-
- p.139 - vue 178/0
-
-
-
- 140 FORCE PRODUCTIVE
- vire bien plus hardi dont la capacité doit surpasser
- fois celle^les vaisseaux de premier rang.
- Nous avons loué, dans toute l’effusion de notre cceur’ les grands ingénieurs et d’Écosse et d’Angleterre. No115 sommes heureux et fiers de mettre en parallèle, et sitf leur propre terrain, des ingénieurs issus de la France* Ilonorons-les -, mais honorons avant tout Bentham 1 Bel1' tham , qui se fait Mécène aux dépens de lui-même, et qül sacrifie sa propre invention pour ouvrir la route à qul doit le dépasser. Oh! combien parmi nous, dans leurs é1' verses carrières, ont subi l'étouffement de ces vanite5 égoïstes et médiocres qui, du haut de leurs petites graïl deurs, pesaient sur les pauvres commençants, pour ci*1 pêcher leur essor ! Je serais heureux si mes paroles gra vaient è jamais dans les cœurs le généreux, le noble u0lïl de Bentham.
- Les ports à lest de Portsmouth.
- * *(TÏl^
- Les ports à l’est de Portsmouth sont des ports ms1*? fiants et d’un mouvement médiocre : Chichester, Arun et Shoreham, un peu moins nul; puis llrighton et Newhavûl1^ De ce dernier, une ligne de paquebots conduit les voy geurs à Dieppe et le chemin de fer les amène de Lon Nous ne trouvons rien à signaler jusqu’à Folkstonc, la route la plus directe de Londres à Boulogne, *alî que Douvres est sur la route de Calais. ^
- Sur le littoral voisin de Folkstonc, l’histoire des modernes nous présente une belle et grande apphca des forces réunies de la poudre et de l’électricité» s’en est servi pour jeter à la mer d’énormes masses caires. On a par ce moyen, avec autant d’économie ^ de rapidité, taillé dans de hautes falaises à pic lelTÎP
- p.140 - vue 179/0
-
-
-
- DES NATIONS. 141
- Cettient nécessaire au chemin de fer qui conduit de ia mer à Londres.
- août 1851, lorsque la Commission française, en *j0ïttpagnie du Conseil municipal de Londres, approchait e Folkstone, un tronçon de câble en fil de fer nous fut Preseuté : c’était le câble qu’on devait poser entre Douvres Calais pour la communication télégraphique de Londres ^ du continent européen. Un second câble, posé plus a>, communique entre Ostende et l’Angleterre.
- ^ ^ Douvres, on doit remarquer surtout la grande jetée j a uier, construite sous l’habile direction de M. Walker, bli<f^ne ^eux ^ve de Thomas Telford, dont il a pu-^tl ^GS œuvrcs posthumes, illustrées par un grand et bel
- part** C^te mdIddionale que nous venons de parcourir est do 0U* voisine des hauteurs médiocres, d’où les eaux ^ihî n<^Gnt vers *c n“di. Il en résulte des rivières d’uu c0u t V0^lmo d’eau, et qui ne sont navigables qu’à de *iav' °S (^stanccs » très-peu de canaux s’ajoutent à la itlt,»°n naturelle, et l’on ne voit point de vastes cités côt;iCllr*s dont le débouché naturel s’opère par cette ^UlS ^CS 8railds établissements militaires et ceux Peu COniPa£n*es subventionnées pour la navigation à va-^ C^tG mdridionaIe ne présenterait qu’un commerce ce °cre et qu’une faible navigation; mais elle a, sous de vue, des compensations considérables.
- ^°ndn
- e*i 1838.
- p.141 - vue 180/0
-
-
-
- 142
- FORCE PRODUCTIVE
- DEUXIÈME SECTION.
- LES ÉPOQUES Dü PROGRES BRITANNIQUE.
- Nous distinguerons cinq époques bien distinctes :
- La première offre l’état des forces productives de ^ Grande-Bretagne vers le commencement du xixe siècle et l’état de paix caractérisé par l’année 1802;
- La seconde époque comprend la guerre de i8o3
- ,8l5; .. .. -de
- La troisième est la transition de la guerre à la paix»
- 1815 à 183o; . ,
- . La quatrième est letat de paix continue, de i83o
- i845, entre deux grandes réformes;
- La cinquième comprend la révolution commercial6
- 1846 et les agitations subséquentes.
- » >
- CHAPITRE PREMIER.
- PREMIERE EPOQUE.
- S 1“. LA TRANSITION OU XVIII* AU XIX* SIÈCLE.
- La première partie nous a fait voir quel est le n°lïljeS et quelle est l’importance des villes du littoral» golfes, des fleuves et des ports qui sont pour la Bretagne les éléments matériels de la prospérité 11131 à A la fin du xvin* siècle, on avait déjà beaucoup l’intérieur pour accroître le commerce des villeS slt au bord de la mer.
- p.142 - vue 181/0
-
-
-
- DES NATIONS. 143
- d ^ 1^00’ ^ y avait déjà dix ans que des canaux à point e partage avaient mis en communication les deux mers lest et à l’ouest de la Grande-Bretagne, en Angleterre, Par un système qui prenait pour centre les deux principes cités manufacturières, Birmingham et Manchester, j ln de les unir par des lignes navigables continues avec es quatre ports les plus importants, Londres, Bristol, Li-jerP°ol et Hull, aux quatre sommets d’un trapèze dans ^füel se déploie un génie manufacturier et commercial p 1 univers n’a pas encore eu d’exemple. pr{1 1 ava^ aussi dix années, en î 8oo, que les deux cités j. nciPales de l’Écosse, Edimbourg et Glasgow, l’une à Ccident, l’autre à l’orient, étaient unies par un canal
- aes r] r »
- eux mers, œuvre de l’ingénieur Wilworth, l’un des eesseurs de Brindley.
- ^ui 0lT1Parativcmcnt à sa population, la Grande-Bretagne,
- i ne comptait en 18oo que î o millions et demi d’ha-ltant$
- eeiui
- atteignait un plus grand commerce relatif que a^*.^011* elle a joui sans exception dans toutes les années sril rJeU(res ^ *850, après trente-cinq ans de paix univer-6ïl lu ^ r^su^tat 9ue nous allons essayer de mettre
- A ]a p ,
- étaj lln du siècle dernier, les publications statistiques ^len éloignées d’être aussi méthodiques, aussi la w . Cs en Angleterre quelles le sont devenues depuis ^a,x générale.
- Doits f> trouv°ns, cependant, un document précieux qui sur c°nnaître la valeur des exportations britanniques l?97 Gnse,ïd>le d’observations de trois années, 1796, 03cPort' ^98. Le tiers de chaque genre de produits Pel|e ]* Gn S0lume pendant les trois ans est ce qu’on ap-Pntetn Xl)01 bition de l’année moyenne; elle exprime par* a situation commerciale à la lin du xvm* siècle.
- p.143 - vue 182/0
-
-
-
- 1 hh , FORCE PRODUCTIVE
- On n’oubliera point qu’il s’agit d’un temps de guerre et
- d’une grande guerre contre la France et ses alliés.
- Exportations britanniques à la fin du xviii' siècle.
- Produits agricoles. Jusqu’à l’époque où nous nous p^a' çons, l’agriculture de la Grande-Bretagne ne se trouve qu’indirectement comprise dans les exportations ; on voit figurer pour des valeurs importantes ni céréales,111 foins, ni fruits. Nous distinguons seulement une ind^ trie qui demande au labourage ses matières premier^’ forge et le houblon : c’est la bière, que les Anglais, depülS bien longtemps, fabriquent en perfection, sous les no^ si connus d’ale et de porter. A la fin du xviii6 siècle,
- en exportent pour la somme de............. 5,409,67^
- Pêcheries. Comme supplément à l’agriculture, il ^ compter la pèclie maritime : la plupart de ses prodints’ poissons, huiles, fanons, etc., sont consommés à térieur. Cependant, ses diverses exportations s'élève*11
- la somme de.............................. 6,5A1,8°° ^
- Avant 1800, les Anglais n’ont pas encore achev^ destruction de leurs forets: aussi voit-on figurer un 0^ d’exportation qui disparaîtra de bonne heure au xix 51 ^ pour faire place à l’importation, c’est l’écorce à tan, s’offre dans les sorties pour la somme de.. 8,97®'^° Cuirs. Le cbifTre qui précède est d’autant plus quable que les Anglais ont déjà donné beaucoup tension à leurs tanneries; ils excellent dans la prépaie des cuirs, surtout pour la sellerie. Ils en expo1*'
- pour.................................... 1 °, 3 ° 7 » ^ gCi
- Produits minéraux: sels. L’Angleterre est riche e0 j, gemme. Déjà les machines à vapeur sont employé f rendre plus facile et plus économique l’extraction qlU
- p.144 - vue 183/0
-
-
-
- DES NATIONS. 145
- a Nantwich, à Middlewicli, dans le comté de Ches-déjà des canaux conduisent de ces mines aux ports ® ftîer. L’exportation du sel est représentée par le faible.
- Chiffre de............................. 3,638,85o fr.
- ^ Ges nouvelles machines à vapeur qui, d’après l’offre Watt, ont réduit au tiers la dépense de combustible a^s les mines, ont favorisé beaucoup l’extraction des létaux les plus utiles aux arts; non-seulement l’Angleterre 11 fournit pour les besoins toujours croissants de l’inté-*ei]r» mais elle les exporte soit à l’état brut, soit plus ou llls élaborés, pour les valeurs suivantes :
- plomb................................ 6,758, i5ofr.
- j étai«................................ 7,182,950
- Le rUlv.r,e * ;.............;.......... 14,619,9.75
- er, 1 acier et leurs transformations. 54,176,660
- sera certainement frappé de cette énorme supério-^u°lfre le commerce du fer et de l’acier. C’est le ré-de j, aes inventions que nous avons signalées : application dÇ| act|on continue de cylindres lamineurs; application 11?ac^lne à vapeur; et, surtout, emploi croissant de
- ^ann<^e 1 7^°» ^a production du fer au bois n’était 4Va ans Grande-Bretagne que de i7,35o tonneaux, tif]^ P du siècle, grâce à la substitution du combus-plt; ^Iïlluéral, la production du fer avait plus que quintu-gtteri °s ^nglais faisaient mystère de leurs procédés; la jyCïl ava*1 empêché la connaissance et l’adoption ^bjg - ra,,gcr. Cela nous explique l’exportation considéra |0l,t c^“^re vicnt d’être donné. vicc$ , , qui commence à rendre de si grands ser-
- 1% jÇs a Grande-Bretagne, est de plus en plus demandée Autres nations. Ce commerce prospère, grâce à ^«Oüüctiok. • .O
- p.145 - vue 184/0
-
-
-
- 146 FORCE PRODUCTIVE
- l’économie d’extraction qu’on doit aux machines de Watl; déjà l’exporta^on figure pour la somme de 9,2 1 o,5oo fr* La houille contribue à la prospérité des poteries si de' veloppées dans le Staffordshire, d’après l’impulsion ^ll célèbre Wedgewood. En y comprenant pour quelcp1(j chose la verrerie, le chiffre d’exportation, qui compter1
- surtout les poteries, s’élève à....... 1 3,448,925 fr'
- Les tissus. J’ai réservé pour la fin ce genre de produit» le plus important de tous par l’étendue des résultats obte nus et par l’avenir qu’il annonce dès la fin du xvine siècle Les Anglais exportent des tissus fabriqués avec quatIf filaments de nature différente; la proportion des vente8 l’étranger indique avec fidélité le degré d’avancement &eè diverses industries qui les produisent.
- Les soieries. La moins avancée des quatre est celle t* soieries, fabriquées à Londres, à Macclesfield, à Derby’ à Coventry, etc. Des Français réfugiés en Angleterre apje la révocation de l’édit de Nantes ont bien pu transp01 ^ leurs métiers plus ou moins imparfaits; le goût natio*1 11e les a pas suivis : il s’est bientôt oblitéré sur une étrangère. Aussi, malgré le prix élevé de la matière p mière, les Anglais n’exportent annuellement de ce P
- duit que pour la somme de. . ••••••• ‘5'a63:8riin
- Les toiles. Viennent ensuite les toiles communes
- 1 T ’ \fl£r
- et de chanvre, fabriquées surtout en Irlande. terre les achète ainsi que celles d’Ecosse; elle en & elle-même, mais en moindre quantité. L’ensemble * ,j produits vaut plus du double de celui des soiei1® ^ figure dans les exportations pour..
- Les cotons. Déjà sont commencés les miracles ^ dustrie qui prend le coton pour matière premié1^^,
- 1 797, il y a douze années seulement que le brevet t wright est expiré, et voilà que les tissus de cote*1
- p.146 - vue 185/0
-
-
-
- DES NATIONS. 147
- ^portés pour une valeur qui surpasse cent millions de
- francs, ci............................ io4,380,900 fr.
- En 1800 l’on évaluait seulement à 2 5,4oo,ooo kilo-gammes le poids du coton mis en œuvre dans la Grande-retagne. En 1785, époque où déjà les filateurs du Lan-Castre avaient employé tous les moyens pour éluder la Patente détestée qui finissait, le coton mis en œuvre Excédait pas huit millions de kilogrammes. La vente au e«ors était presque nulle, quoiqu’elle fût encouragée en l7$û et i 78/1 par une prime de sortie (2 3 Georg. III, c. 2 1). En progrès aussi rapide indique une véritable#révolu-11 dans l’usage des tissus par les populations. îab^CS^CS (^ern^res années du xviii* siècle, les classes pieuses et de médiocre fortune ont trouvé tant d’éco-^ le 4 faire usage du coton, les femmes ont été si cliar-tir GS la propreté des parures qu’elles en
- Satu* ^Clirs r°bes, leurs coiffures, leurs bas, leurs p S rntrnes’ qu’c^cs ont f,ni par s’en faire un vêtement exclusif, au moins dans la belle saison. Ce goût ch nai^ eri Angleterre se propage par les mêmes motifs ^Un ^CS PeuI^es Orangers; il nous explique le prodige .C0TTlTncicc triple ses exportations dans les quinze j 1 res années du xviii* siècle.
- ^0,sque nous passerons au xix* siècle, nous verrons ^ ^clle force et quelle constance a continué ce progrès. ées ^ ^ncs- Malgré les succès naissants et déjà si grands | rati0n Us aya,,t 1° coton pour matière première, la fabri-(^Gs fissns de laine est encore l’industrie prépon-^°Ur ^GS I>ro8r^s de l’agriculture britannique ont eu s,dtat d’accroître à la fois le nombre des bêles à
- ave
- * *a (IUantité des toisons, singulièrement estimées. Wu0s y°y°ns-nous qu’à cette époque l’exportation des nffigenes était défendue. L’importation fournissait
- 10.
- p.147 - vue 186/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 148
- environ deux millions de kilogrammes de laines étraO' gères.
- Quels changements infinis depuis cette époque ! B’e*' portation des laines nationales n’est pas moindre aujouf' d’hui de six millions de kilogrammes, et l’importation ^eS laines étrangères surpasse aujourd’hui cinquante miUl°nS de kilogrammes.
- En attendant ces progrès, la fabrication des tissus laine a pris les plus beaux développements, et de 179D ' 1798 elle présente pour exportation annuelle une valelU de....*.............................. 21 o,318,o5o fr*
- Résumons les produits textiles exportés à cette épo<îue par la Grande-Bretagne :
- Soieries . Toiles... Cotons. ! Lainages.
- 15,963,800 f-3i,968,35o io4,38o.goo 2 io,3i8,o5o
- Total.............. 36i,93i,100
- A cette valeur de tissus vendus par l’Angleterre 5 les nations, il est intéressant d’opposer la valeur des 1 tirés de l’Orient par la Grande-Bretagne. ^ ^
- Certainement, Vers la fin du siècle dernier, la Bretagne était bien loin encore de pouvoir affronter, ^ l’Inde même et dans la Chine, l’industrie des Orientai1*^ renommés pour la mise en œuvre du coton et de la s C’était, au contraire, de la Chine et de l’Indoustan <1 taient apportés à l’Occident de tels produits, qllC TCC^0o mandait, pour le bas prix et la beauté, une per acquise depuis des siècles. . aüie
- En examinant les comptes officiels de la Conap 0
- p.148 - vue 187/0
-
-
-
- DES NATIONS. 149
- britannique des Indes orientales pour la dernière année du xVme siècle, je trouve le prix de vente des produits mis aux enchères dans son palais de Londres, savoir:
- Ventes d’une année (1800) par la Compagnie des Indes.
- Tissus de toute sorte envoyés du Bengale. 56,734,800 fr.
- Nankins................................ 18,827,575
- 75,562,375
- conséquent, dès la fin du xviii® siècle, l’Angleterre
- Veridait aux nations étrangères pour cinq fois autant de
- ^eur que l’Orient tout entier importait chez elle de
- , SUs> depuis les plus simples jusqu’aux plus somptueux :
- est un résultat qu’on était loin de soupçonner.
- Ajoutons qu’à cette époque l’Angleterre réexportait la
- s gt’ande partie de ces importations, si minimes, em-
- ], ntées à l’Orient; elle prohibait dans les trois royaumes
- de la plupart des beaux tissus de coton asiatiques.
- . ar ces moyens, elle accoutumait les peuples britannique,, ko. , • 1. »
- ^[ * a ne laire usage que des tissus indigènes. c0iï *)r<"S Ces développements nécessaires pour qu’on puisse ^ Rendre l’état de l'industrie et du commerce à la fin xViii9 siècle, résumons en un seul chilTre toutes les dait latl0ns* cn y joignant les produits de valeur secon-cluc nous n’avons pas énumérés.
- Résumé des exportations à la jin du xviif siècle.
- britanniques exportés dans un an.. .. 781,681,625fr.
- Co:U°n(,797)............................. io.25o.ooo
- ahon par million d'habitants..... 76,261,6306“.
- Toi
- est, en résumé, le magnifique commerce que fait
- p.149 - vue 188/0
-
-
-
- 150 FORCE PRODUCTIVE
- l’Angleterre, avec les produits de son industrie, au miliel1 d’une des plus grandes guerres que les trois royaume5 aient eu jamais à soutenir.
- On commettrait, cependant, une grave erreur si 1011 supposait que la guerre ne fît pas éprouver d’extrême5 souffrances au commerce britannique ; elle avait forcé» précisément en 1797, de suspendre le payement ôbbga' toire en argent des billets de la Banque Royale. La me#16 suspension continuera jusqu’après la fin d’une autre guerre, celle de l’Empire.
- Jetons un coup d’œil rétrospectif sur l’action et Ln fluence de la guerre, poursuivie avec tant d’acharneme^’ de 1793 à 1800. Le commerce maritime de l’Angleterre peut continuer à prospérer; il remplace en entier le c^1*1 merce de la France, parce que la force navale de la prcmiére puissance ne rencontre aucun obstacle. Nos flottes, Pr| vées par l’émigration du beau corps d’ofliciers experJ mentés et savants qu’avait formé la guerre d’Americp16’ nos flottes n’offrent plus qu’une résistance impuissaute parce qu’ici le courage seul 11e peut pas suppléer èÜ11 truction fécondée par la pratique. ^
- Sur terre, au contraire, la Grande-Bretagne ne hasar ^
- que de faibles entreprises, confiées à des comman ‘ médiocres; elle est battue à Dunkerque,, en Hollande» Hanovre, partout où ses régiments apparaissent sur bords du continent européen. l’ho#'
- Mais ces revers, qui ne sont point petits pour ^ neur des armes, le sont pour les pertes matériclleS pour le nombre des soldats tués ou faits prisonniers.
- Les grands efforts de l’Angleterre sur le continent, la première guerre contre la France, sont en rca 1 efforts d’argent. L’Autriche alors n’est pas opulenle’^ petits Etats d’Allemagne 11e le sont guère plus, è i)l0P
- p.150 - vue 189/0
-
-
-
- DES NATIONS. 151
- leurs territoires; et la Russie, avec ses déserts, est
- indigente malgré sa grande population.
- L or britannique est employé pour décider tour à tour
- chaque puissance à prendre, à reprendre les armes. C’est,
- ^ Vrai dire, une entrée en campagne qui leur est donnée,
- avant que les heureux insulaires les abandonnent à la for-
- turie ou plutôt à l’infortune de leurs efforts. Les pertes de
- chaque Etat subventionné surpassent dix fois la subvention
- juchée; le territoire est envahi, la population perd ses
- 0ïOmes les plus robustes : l’agriculture, l’industrie, le
- COromerce des alliés, tout à la fois est frappé.
- Voilà comment l’Angleterre, malgré ses sacrifices d’ar-
- |jeilb souffre moins que ses amis transitoires, quelle aban-
- °nne à leur sort quand la défaite oblige ces derniers à
- , are les armes. Les arts de ceux-ci dépérissent et les
- jl6lls fleurissent; par ces moyens, l’avance quelle a déjà sur
- Autres nations augmente avec leurs malheurs.
- ^ a seule plaie qui lasse souffrir l’Angleterre est la plaie
- aj^ent, et son gouvernement l’élargit sans cesse.
- a.nsla session parlementaire de la première année
- siècle, en 1801, M. Pitt, ministre immuable depuis 1 A ' présente ainsi le bilan de la dette nationale :
- î8oo............................ 393,554.392 1. st.
- u 1 ' février 1-793............... aa9,a8a,8i8
- Cr°issement en -7 années.......... 164,271,574 b st.
- ^°Ulm
- de C,(IUI vaudrait aujourd’hui plus de (juatre milliards ^0s francs !
- Prix COtïlmencernent 180a, lorsqu’on aura ratifié la
- <jUat' I,CUf ans Ae ffuerre auront augmenté la dette de 'miiKar*
- cinq cents millions.
- ais un développement admirable d’activité intérieure;
- p.151 - vue 190/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 152
- l’agriculture perfectionnée, agrandie; les voies de cor*1' munication plus économiques, multipliées entre les pod5 importants, entre les cités manufacturières et les gîtes leS plus riches en métaux, en minéraux productifs; enfin Ie commerce étendu sur toutes les mers, voilà ce qui soula£e l’Angleterre; voilà ce qui lui fait endurer avec moin5 de fatigue et de douleur l’accroissement exorbitant <US charges publiques.
- Cet accroissement si rapide et si pénible à supporter, & la dette et des impôts, expliquera comment, dès 1800, je peuple anglais voulait absolument la paix; chez Un» haine le cédait à la fatigue. Aussi, dans l’automne de 1 8o1’ lorsque le général Andréossy vint à Douvres apporter leS prémices de la pacification, les populations le reçnreJlt avec un enthousiasme impossible à redire.
- S 2. PAIX TRANSITOIRE : l8oi À l8o3.
- Il fallut donc que l’aristocratie britannique sanctionné’ dès les premiers jours de 1802, la paix ou plutôt la tre^’ qu’elle rompit violemment dès le mois de mai i8o3.
- Effets importants de la courte paix d'Amiens. Arrêtons-nous à 1802, la seule année comptè^'
- . gj (TÏ\&
- paix générale dont l’univers eût joui depuis dix ans. » Ions quelle fut alors l’incroyable prospérité duconam britannique.
- v
- erce
- Valeur comparée des produits britanniques vendus à l univers
- i* Dans la dernière année de guerre . gt
- contre la Fronce....................... 89,730,669
- a* Dans l’année de paix universelle (1802)................................... 45,102,23o
- p.152 - vue 191/0
-
-
-
- DES NATIONS. 153
- De la dernière année de guerre à la première année e paix, les Anglais accroissent de 1 3o millions de francs a Vente de leurs produits à l’univers.
- De l’année complète de paix aux années suivantes de §uerre, l’effet contraire se produit avec non moins d’é-
- tendue.
- Par conséquent, le résultat qu’on se proposait d’at-tehidre en recommençant les combats, celui d’enrichir le Cor*imerce britannique par tout le commerce qu’on allait eiïlpêcher les Français et leurs alliés de continuer, ce r^sultat n’est pas atteint; on n’est conduit qu’à l’appauvrissent des commerçants à tout prix, môme au prix de la ^aix du monde !
- laminons le conflit qui va produire des effets si peu Us par le génie de la discorde; mais auparavant indi-
- Prév
- ^on
- s ce que vaudraient maintenant, en monnaie fran-‘aiSe« les exportations de l’année de paix 1802.
- Exportations de produits britanniques, en 1S02.
- Valeur totale..............'........ 1,127*555,475 fr.
- Population en 1802................... • • 10,848,900
- P
- xportalions par million d'habitants... 103,936,700 fr.
- Gr-
- ^ns bien ce résultat dans notre mémoire; il va c(Te|s Servir de terme de comparaison pour apprécier les ^°Uvcaux de la guerre sur l’industrie et le com-
- Ce britanniques.
- p.153 - vue 192/0
-
-
-
- 154
- FORCE PRODUCTIVE
- CHAPITRE IL
- SECONDE ÉPOQUE .' LA GUERRE DU XIX0 SIECLE. - l8û3 À l8l^'
- Je crois important de diviser en deux cette ^période* Dans la première partie, le commerce anglais déchner dans la seconde, il revient vers sa prospérité première*
- S 1". TEMPS OÙ LE COMMERCE
- ANGLAIS DÉCLINE : l8ü3 À. l8o8*
- Ici commence une lutte nouvelle et pour l’esprit, ctp01^ le genre des efforts, et pour les phases si diverses que fortune y fait naître tour à tour. Ce n’est plus une guerI^ contre un peuple et ses idées; c’est une guerre à 111 contre un homme, et contre un homme plus capable lutter par son génie que n’avait été Louis XIV meme plus beau temps de sa jeunesse. ^
- Chacun des antagonistes va commencer par des suc inouïs sur son élément favori. ja
- Sous prétexte que la mer appartenait aux Anglais terre aux Français, on s’est complu, durant tout ce c0ïl à comparer les premiers aux Carthaginois et les c^rnl p aux Domains : rapprochement qu’on aimait à &ire ^ protestant contre le droit des gens foulé pour P^uS ^
- ’ivaux. Le Premier Co^5
- moitié sous les pieds de nos rivaux.
- isart
- de
- pensait de la Grande-Bretagne ce que Scipion pem- ^ la patrie d’Annihal, qu’on n’en triompherait jaIlî moins d’y porter la guerre. jjc,
- C’est ce qu’il voulait faire avec une immense 5
- dont la seule réunion porta la terreur dans tous les britanniques. Nelson! Nelson meme échoua contre
- p.154 - vue 193/0
-
-
-
- DES NATIONS. 155
- SlInple division de canonnières, en vue de Boulogne et camps français, spectateurs de ce prélude.
- Ge que l’Angleterre prodigua de trésors en travaux dé-ensifs, en milices mises sur pied, en escadres d’obser-^ation, en bâtiments garde-côtes, en temps perdu par les Inducteurs de toute classe, surpassait de beaucoup les Soiïîmes que la flottille pouvait coûter aux Français.
- Ce fut alors que W. Pitt imagina la coalition de l’Au-
- biehe et de la Russie, coalition qu’il obtint au prix d’un
- §rand nombre de millions, et seulement deux ans après
- Napoléon avait commencé de lever son épée de Damo-ciè;
- ch,
- s sur la rive de la Manche.
- ^ar une convention secrète du 3o mars i8o5, l’Autri-et la Russie mettront en campagne k 15,ooo hommes, fo ^n8^cterre payera 3i,2 5o,ooo francs pour chaque rce de i 00,000 hommes en action !
- Napoléon déjoua ces conceptions gigantesques. En deux ^Is de marches fabuleuses, deux armées autrichiennes , a grande armée des Russes étaient défaites; l’Autriche réduite à la paix pour sauver son existence, et la ^ssie pour sauver le reste de ses bataillons, qui rétrogra-ai^nl> leur empereur à leur tête.
- ^ ne victoire aussi grande sur la mer que celle-ci sur la avait tranché, d’un autre côté, la seconde part du ^estm : l’Océan restait sans conteste à l’Angleterre, et le ^nent à la France.
- * ^*tt, malgré son rare génie, son intrépidité poli-^GS succ^s sans exemple, se trouvait ainsi, dès les lï*!ersj°urs fl11* suivaient le i décembre i8o5, la jour-» sterlitz, plus éloigné que jamais du but que rêvait 1^ p( es*r Passionné : l’abaissement, le dépouillement de 1^ ,rance» et la suppression d’un gouvernement issu de v°lution, quoiqu’il en fermât les abîmes. La douleur
- p.155 - vue 194/0
-
-
-
- 156 FORCE PRODUCTIVE
- et le désespoir achevèrent d’anéantir une santé depalS longtemps minée par les travaux et les soucis : cinquante jours après la bataille qui renversait ses espérances, ^ mourut.
- La paix aurait dû s’ensuivre, Fox surtout devenant premier ministre. Mais, dans un pays libre, le Gouver nement n’est pas la toute-puissance : des deux côtés de ^ Manche, les passions nationales étaient trop fortes p°ur poser sitôt les armes.
- 1 4 Ja
- Napoléon ne revint plus camper sur les hauteurs u Boulogne et menacer l’Angleterre avec sa flottille. Il v°u lut refaire une flotte de haut bord et ses travaux fureIlt immenses.
- Remarquons ici l’esprit de la Grande-Bretagne : ^ pe reste pas dix vaisseaux de ligne armés dans tous nos p°r^’ et loin de désarmer les siens, loin de rester stationnaire, e augmente ses escadres avec une prévoyance incroyal^' Elle fait tout contre des dangers qui n’existent plus, qui pourraient renaître un jour.
- En 180/1, époque où la France possède encore lin grande armée navale, l’Angleterre ne consacre à la ^ rine que 3oo millions de francs. ^
- En 18o6, cette puissance n’a plus rien à redoutci nous sur les mers: néanmoins elle dépense A52 mu1 pour sa marine. Enfin, dans l’année i8i3, quand * ^ pire français est au bord de sa ruine, l’Angleterre p son budget naval à 5oi millions de francs!... p
- Ce n’était pas assez pour l’Angleterre d’avoir la (* ^ nation des mers, elle en voulait la tyrannie. Elle aSl),r^s surtout à dicter des lois aux puissances neutres, eïï^el obligeant par la violence à ne faire aucun commerce les peuples en guerre avec l’empire britannique. ( ^
- Dès 1781, lors de la guerre d’Amérique, les Etats
- p.156 - vue 195/0
-
-
-
- I
- DES NATIONS. 157
- ^°rd de l’Europe, la Russie, la Suède, le Danemark, et crois aussi la Prusse, avaient posé les justes bases du r°it des neutres.
- Paul Ier, marchant sur les traces de Catherine, avait re-n°uvelé la confédération des neutres peu de temps avant Sa mort. Dans le mois même de son décès, Alexandre, scn successeur, désertait cette illustre cause et passait à Angleterre.
- 1806, les prétentions excessives de cette puissance ^paraissent, et l’on peut s’en étonner sous le ministère cle Fox. 1
- ^est le 1 5 mai de cette année que Napoléon, par son. bre décret de Berlin, répond à l’Ordre en Conseil pu-G à Londres.
- „ e 7 janvier de l’année suivante, l’Angleterre fait pa-rii^ Un sec011^ Ordre en Conseil pour interdire aux ma-r|eutres de transporter quelque objet que ce soit (JU ^CUx Ports des Français ou de leurs alliés chez les-PqG S ^es Anglais ne seraient pas admis; la France re-jSSe de telles prétentions par de justes représailles. u*ju’à 1808, tous les événements sur le continent °péen tournaient contre le gré de l’Angleterre. port 'S^U^ Celte ^I)0(Iue’ malgré le perfectionnement ap-e par les Anglais dans leurs fabrications, à raison y 1108 bas prix auxquels ils peuvent les livrer au con-Jj Gnt’ valeur nominale de leurs ventes diminue; l'avi-k Gnt papier anglais abaisse encore les prix réels; hoC0,1*.re^an(k» quelque active quelle puisse être, se le Ve ^puissante à changer ce triste résultat. Donc, alors ci'oi nirnercc britannique a cessé de porter un secours ét>pe^ant au trésor public, de plus en plus obéré par des les excessives. Le tableau suivant rendra frappantes Minutions que nous venons de signaler :
- p.157 - vue 196/0
-
-
-
- 158
- FORCE PRODUCTIVE
- EXPORTATIONS COMPARÉES POUR QUATRE ANS DE GUERRE.
- ' ANNÉES. VALEUR TOTALE DE L’ANGLETERRE
- A l’edrope. AD RESTE DD MOKD*1
- liv. st. liv. st.
- 1805 13,025,676 22,443,471
- 1806 11,363,635 27,369,095
- 1807 9,002,237 20,410,630
- 1808 9,016,033 25,991,558 I
- Nous rendrons beaucoup plus sensible la décadent dont ces chiffres renferment l’expression, parle calcul ce que la Grande-Bretagne vend à l’Europe, par milliorlS de produits vendus à toutes les autres parties de la terre'
- DIMINUTION PROGRESSIVE DE LA VENTE PAR L’ANGLETERRE DE SES PROPüITÎ À L’EUROPE, COMPARATIVEMENT AU RESTE DU MONDE.
- VENTE TOTALE DE L’ANGLETERRë
- ANNÉES. — — in —-
- 1 L’EDROPE. AD RESTE DO Eoi,d8
- liv. st. liv. »L
- 1805 ; 007,111 1,000,000
- 1806 415,199 1,000,000
- 1807 340,857 1,000,000
- 1808 340,883 1,000,0°° J
- S 2. RENAISSANCE DU COMMERCE BRITANNIQUE : 1808 A 1S1
- Si l’année 1808 semble arrêter le décroissement
- 1 j’Ajr
- portionnel, c’est que déjà les prétentions absolues de 1 gleterre ont irrité les États-Unis : ceux-ci ne peuvent P autant acheter à cette puissance, par la difficulté de r
- p.158 - vue 197/0
-
-
-
- DES NATIONS. 159
- Vendre, et cela sans que la Grande-Bretagne en profite pour ^croître elle-même ses ventes aux Européens1.
- Si l’empereur Napoléon, uniquement antagoniste des biglais, se fût abstenu, comme il l’avait fait jusqu’à de tourner contre lui la fierté nationale et les passons populaires d’aucun pays étranger; s’il eût laissé cha-^Ue Etat maritime se révolter successivement pour l’in-*er^t et la dignité de son propre pavillon, que serait-il arrive? L’univers de proche en proche se fût détaché de ngleterre. Le temps marchait contre elle, et l’aurait ^incue.
- Mais tout change après la paix de Tilsitt. A peine l’An-oeterre, avec la sagacité de sa haine et de son danger,
- . t e^e entrevu que deux peuples européens vont devenir ^conciliables avec la France, aussitôt elle leur pro-^guc ses moyens d’action. Pour prix de son alliance, clés inonde de ses marchandises.
- Yr .ai to,,jours été frappé d’une gravure, satirique il est ^ * mais fondée sur l’observation; elle représente les montant à l’assaut d’une place, dans la péninsule eil(îue. Le commandant tient d’une main le drapeau
- 1 Commerce avec les États-Unis et l'univers.
- YBKTB DBS PRODUITS BRITAXH1QUSS
- amrbis.
- (OI Ét«l»-Dni». 4 l'univm.
- 1807. liv. »t. liv. >1.
- 1808 . 11,840,513 35,412,867
- l8oo 5,241,73» 35,007,591
- I8l0 7,258,500 44,704,452
- 1811 10,020,752 45,761,121
- l8l4i 1,841,253 , 29,803,540
- 8,120 45.404,119
- 13,255,374 51,632,071
- p.159 - vue 198/0
-
-
-
- 160 FORCE PRODUCTIVE
- britannique; à peine arrive-t-il au sommet de la brèche» de l’autre main qui tient l’épée, il fait signal vers les ha' gages, et s’écrie: A présent, faites avancer les cotons / . ..Mo11' trons avec quelle force croissante on les a fait avancer.
- MARCHANDISES BRITANNIQUES IMPORTÉES DANS LA PÉNINSULE IBÉRIQUE-
- ANNÉES. VALEUR.
- 1807 liv. »t. 2,724,691 6,249,103 9,609,509 7,391,787 11,653,565 13,545,859
- 1808
- 1809
- 1810 *.
- 1811
- 1812
- ' igs
- Par conséquent, de 1807 à 1812, en cinq années, produits de la Grande-Bretagne vendus tant à l’Espa#116 qu’au Portugal sont (jaintaplés.
- Dans les conseils qui furent tenus à Bayonne 1808, si quelque ami sincère et prévoyant eut osé paHc^ s’il eût dit à Napoléon : «Au lieu d’affaiblir l’influence ^ le commerce de l’Angleterre au delà des Pyrénées, allez, par degrés rapides, doubler ses ventes en Eui°P ^ vous allez les quintupler dans l’Espagne et le Portug Napoléon l’aurait-il cru? et s’il avait pu le croire, aur tenté l’entreprise qui commença sa ruine? .^5
- Puisse-t-on n’oublier jamais ces grandes et tcl11 leçons que Dieu, suivant la sublime pensée de Boss donne aux rois quand il lui plaît!
- 1 Oraison funèbre de la reine d'Angleterre.
- p.160 - vue 199/0
-
-
-
- DES NATIONS. 161
- Le tableau suivant fait voir combien de produits l’Angleterre vend à l’Europe par millions de produits vendus au reste du monde, dans l’époque de renaissance.
- PROGRÈS DES PRODUITS VENDUS À L’EUROPE, À PARTIR DE 1808.
- 1809.
- 1810. 181], 1814.
- ANNÉES. VENTE DES PRODUITS BRITANNIQUES
- A L'EUROTE. AU RESTE DU MORDE.
- Iiv. st. Iiv. st.
- .. 340,883 1,000,000
- . 540,312 1,000,000
- .. 518,628 1,000,000
- 752,370 1,000,000
- 1,449,699 1,000,000
- F
- | ^ i o i 4, la part de l’Europe est doublement accrue par
- p l,)aix rendue au continent et par la guerre que les États-^ls> poussés à bout, font à l’Angleterre. Ce qu’ils achètent Fruits à cette puissance décroît avec une incroyable
- Sau!rS 1813, il faut voir avec quelle explosion de haine l’A ait°* avec (lucHe exaltation de bonheur inattendu aVaif*eterrc sa^ue son retour à la fortune, retour dont elle co 1^ désespérer dans la première moitié de sa lutte ^nisl^ ^mPi| C Suçais. Écoutons le plus éloquent de ses des .°S’ ^coutons Ceorges Canning : il propose de voter H0s (^10ns grâces pour une victoire en Espagne contre rces réduites et qu’on peut â peine entretenir; on est °ù lu Prusse, la Russie, la Suède et fmale-«L U*llc^le joignent leurs armes contre nous :
- tt^'rne coup qui brise en Espagne le talisman de Production. i i
- p.161 - vue 200/0
-
-
-
- 162 FORCE PRODUCTIVE
- notre ennemi rompt le charme qui paralysait les peuple du Nord. Combien leur avenir est changé! Dans ces Etats, où tout au plus un bref conflit se terminait par un revers accablant pour leurs désirs, s’il ne conduisait pas au der-nier désespoir, les hommes désormais ont à contempla un tout autre aspect de la fortune européenne! La G&' manie ne rampe plus, tremblante aux pieds de la tyrannie elle affronte l’oppresseur,'et soutient une lutte balance^ L’immense déluge par lequel avait été submergé le coO' tinent commence à retirer ses eaux. Déjà les limites des nations redeviennent visibles; et les créneaux et les dômeS des établissements antiques montrent de nouveau lelirS sommités au-dessus de fonde qui s’abaisse1. »
- Quand ces paroles retentirent sous les voûtes de West minster, un long écho d’applaudissements répondit aü sentiment qui les dictait, à la vue de nos désastres.
- L’Angleterre, à son tour, reçoit une impérissable leçorl dans l’année même qui met le comble à ses succès. ^ Etats-Unis, après avoir souffert tout ce que des marcha^ intéressés peuvent souffrir avant de rompre une pal* crative, les États-Unis ne peuvent plus endurer davanta» les vexations dont les accable f Angleterre; car cC^e. Cjg visitant leurs navires, y fait la presse et foule aux le droit des gens. Les Américains sont faibles par Ie P nombre de leurs bâtiments de guerre, mais puissants!
- le courage; ils prennent les armes pour attaquer
- les ào&1'
- lésas*
- crnL
- nateurs de la mer. Us rendent la lutte si rude et si < treusc contre le négoce et la navigation de leur enn qu’ils le contraignent à la paix, sous la condition ^olitï^e$ qu’il n’exercera plus ses visites outrageuscs et vcxat° sur les bâtiments de l’Union.
- 1 Vote oj thanks for the vie tory of tht 17 june 1813, near Vitloi
- Spa'11'
- p.162 - vue 201/0
-
-
-
- DES NATONS. 163
- Meme à l’époque où la fortune se prononçait de plus plus pour l’Angleterre, il ne faut pas supposer que des uttes aussi pleines d’alternatives imprévues, favorables et c°ntraires, se succédaient sans faire éprouver d’énormes Peites à cette puissance. Son crédit s’en ressentait; des aiüites énormes et multipliées en éta ent la conséquence, son papier-monnaie éprouvait sur le continent la déprédation la pl us désastreuse.
- Vivant un usage singulier, mais parlementaire, le chan-^elier de l'Échiquier, M. Vansittart, appelle la Chambre ^es communes à voter la constatation d’une série de faits e^streux, pour expliquer la dépréciation du papier-mon-llle- Je me contenterai de citer un seul de ces votes, ap-
- (-s résolutions, en conservant la barbar e du stvle orignal. J
- et^^C^S01 .UTioN. « Décidé—que, depuis novembre 1 806 surtout depuis l’été de 1807, un système d’exclusion ^ etal)Ji contre le commerce britannique, sous l’injluence re ^ Erreur occasionnée par les Français, système qui s’est Va't °1Ce aVCC Un vi°^ence et de rigueur qui n’a-
- l)as encore été tenté : ce pourquoi, entre la Grande-Bre-Ço^e et^e continent de l’Europe (à peu d’exceptions près, Je aVGC Suède, quelques portions du Portugal et t,sPagne, etc.), toute correspondance et tout com-Ce sont devenus hasardeux, précaires et dispendieux; ^r'c. en outre, s’est trouvé chargé de frais excessifs à , aux Amateurs étrangers, et d’autres dépenses inaccou-0st *jes’ que, de plus, le commerce avec les Etats-Unis t°Us evenu pareillement incertain et interrompu; — que dGs Ces °^stacles ont considérablement affecté le cours tio^s ^?lnen*s cuire la Grande-Bretagne et les autres na-31riS1 (Iue Ui solde de l’année et de la marine à l’é-’ que U» difficulté s’est accrue par le prix des
- p.163 - vue 202/0
-
-
-
- 164
- FORCE PRODUCTIVE
- grains, plus élevé pendant la dernière disette qu’en aucun autre temps, disette qui nécessitait de grandes importa' lions de blés. »
- Les faits ici rapportés suffisent pour qu’on apprécie tout ce que la guerre contre l’Empire français a falt éprouver de souffrances et de pertes à la Grande-Bre' tagne. Ce qu’il y avait de plus déplorable pour cette pulS' sance, c’est que le retour meme de la paix universelle pouvait bien mettre un terme à la cause première de ses maux, mais la laissait en présence de la situation la plllS grave et la plus effrayante.
- La paix en effet n’a pas suffi, malgré ses infaillibles bien faits, pour guérir et cicatriser sur-le-cliamp des blessure5 aussi profondes. Nous allons montrer les souffrances ine^1 tables de la transition, si désirée, des combats à la pacifia tion; mais il faut montrer avant tout le mouvement p1’0' gressif de la population qui devait souffrir de tels mall*‘
- S 3. PROGRÈS DE LA POPULATION BRITANNIQUE DEPUIS LA f,N DU XVIII* SIÈCLE.
- En 1801, la Grande-Bretagne comptait 1 0,567,89^ ^ bitants ; elle en a compté 20,936,468 lors du recensement, celui de i85i, dans l’année même de position universelle. , {
- Par conséquent, on peut poser comme premier res simple et facile <\ retenir que, dans les cinquante ^liIi où s’est décidée pour longtemps l’immense questioij^ la suprématie commerciale en faveur de la Grande' tagne, le nombre de ses habitants a doublé.
- Cet accroissement de population sur un territoire est de beaucoup plus rapide qu’en aucune autre c°n ^ de l’Europe. Il est plus rapide meme qu’en lbiss|^ l’espace est si vaste et la nourriture si facile à produi
- p.164 - vue 203/0
-
-
-
- DES NATIONS. 165
- Chose remarquable, depuis 1801 jusqu a 18-2 1, inter-valle qui comprend 1 3 années de guerre contre 7 années paix, l’accroissement de la population est plus rapide lI,le dans les temps qui précèdent ou qui suivent.
- C’était le moment où la Grande-Bretagne accomplissait Ses plus grands armements, où le sang de ses défenseurs e*ait versé tour k tour sur toutes les mers et sur tous les pntinents, où l’on croyait quelle devait éprouver comme es autres Etats belligérants une disette de défenseurs cha-9Uc année plus grande; c’çtait l'époque, au contraire, où e progrès naturel et prodigieux de sa population suffisait av°c une égale abondance à tous les besoins et d’une SUcrre universelle et d’une industrie qui jamais n’avait l^us occupée.
- f de ces esprits à longue prévoyance, Malthus, pro-®Sseur illustre au collège de la Compagnie des Indes, 9]j ^ eir™yé d’un accroissement de 'population qu’on ait trouver sans exemple en Europe. Près d’un demi-^ cle k l’avance il rêvait l’époque où la Grande-Bretagne t Pourrait plus suffire k nourrir tous ses habitants; dès ^798 il avait publié sa théorie si célèbre, qui fit réfléchir ^lls les sages et qui souleva contre lui tous les instincts °rUag°giqUesf En voici le principe :
- ^ J°rsque la terre est surabondante, les populations toiUb^t aisément en vingt-cinq années, quadruplent ]a S ^es cinquante ans, octuplent tous les cent ans : c’est Pr°gression qu’on appelle géométrique, toi • Csl qu’un territoire étant donné, l’on peut
- ^ assigner un nombre d’années, et fort court, au cl’^l ^ll(iuel une progression si rapide présentera plus aU,S (Il,e ce territoire n’en pourra nourrir. Alors dCs toutes les horreurs de l’indigence et de la faim;
- 0llHrances excessives frapperont un nombre immense
- p.165 - vue 204/0
-
-
-
- 1G6 FORCE PRODUCTIVE
- de familles. Alors surviendront, tristes conséquences, leS épidémies, les mortalilés par masses; moyens terrible par lesquels se rétablit dans les sociétés un lugubre équilibre.
- Pour prévenir de tels malheurs, Malthus aimait penser qu’on pouvait modérer les tendances que classes inférieures, à la fois imprévoyantes et nécessi' teuses, ont à peupler plus rapidement que les classes opu lentes; c’était dans un dessein si bienveillant qu’il assort1' brissait les tableaux de leur misère actuelle, et de ^ misère plus grande qui s’apprêtait pour leur postérité.
- Ces rêves d’humanité n’ont abouti dans la Grand® Bretagne qu’à soulever l’indignation de la foule, . rendre l’objet de la haine populaire un observateur des hommes, un esprit spéculatif dont la théorie, pal’^al tement inappliquée et dès lors innocente a laissé les nati°rts’ comme parle passé, se développer suivant leurs instincts et leurs mœurs. Ces instincts étaient, d’ailleurs, beaucoup moins aveugles que n’aimait à le penser l’orgueil de théorie.
- Une des causes principales de la grandeur britannrtf^ et de l’empire quelle exerce aujourd’hui sur la maJe partie du monde commercial, c’est précisément c hardiesse, cette témérité de multiplication qui form®^ caractère d’une race où, bien plus efficacement qua fois chez les Hébreux, on suit le précepte que recevait1 J
- quatre mille ans le peuple de Dieu : croissez et
- multipW-
- Pour
- avoir une
- idée juste du peuplement ou Pe^)Ut river la race britannique sur un territoire exigui^1 considérer en particulier l’Angleterre; parce que 1 Uc déjà si rapprochée du Nord, avec des rochers pelese ^ chaînes de montagnes extrêmement peu productive permet pas une extrême accumulation des hommes-
- p.166 - vue 205/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 167
- PROGRÈS DE LA POPULATION ANGLAISE.
- SUPERFICIE PROGRÈS
- années. POPULATION. par
- 10,000 HABITANTS. DECENNAL. ANNUEL.
- 1801.. fi eoo Hectares.
- 1815.. O)0V^y00U IA fi AA 13 822 15 8,1 2 a s a 1 000*
- 1851,. 1 *7 ftOO "fftfi 14-Ü2-. 1000* 1 *°1 1000*
- 1 i tOO
- Avec la vitesse de peuplement qui se manifestait en An-o eterre de 1801 à 1815, la population se développait de ^niere à doubler en quarante-six ans.
- £)ans la seconde période de 181 5 à j85i, lorsque la ^ lculté de subsister augmente, la vitesse du peuplement ^îriue et la population se développe de manière à ne olcr qu’cn cinquante-quatre ans.
- qui doit surprendre les esprits observateurs, ce n’est ce léger ralentissement de huit années par demi-, dans le doublement de la population; c’est, au con-^ lre* la constance qu’une aussi légère différence atteste s^ris faculté d’accroissement de la race britannique, Un sol où la population semble aujourd’hui se trou-yr°P è l’étroit.
- ^ n définitive, ne soyons pas étonnés de la supériorité p c^l°issement que nous avons signalée de 18o3 à 1815. ^té 3nt ce^al)S de temps, la Grande-Bretagne a presque jj- e seul Etat de l’Europe qui n’ait pas subi les ravages 6es étrangères. Ses champs, ses ateliers, ses ports, tfté ^US Cessé de prospérer dans la plus complète sécu-^ le commerce extérieur était ralenti dans scs'pro-
- p.167 - vue 206/0
-
-
-
- 168 FORCE PRODUCTIVE
- grès, les dépenses publiques devenaient de plus en pluS grandes ; elles représentaient, pour l'agriculture et pour l’industrie, des demandes de produits qui faisaient travailler un nombre d’ouvriers toujours croissant. Les sa' laires haussaient de plus en plus par l’effet même de cette activité et par les bras occupés dans l’armée, sur la flotte et pour les commandes militaires; l’aisance des famifleS laborieuses en était la conséquence, et le peuplement était par là favorisé.
- S U. PROGRÈS DES FACULTÉS PRODUCTIVES, DE l8oO X l8l5.
- La période écoulée de 1800 à 181 5 ne présente paS de ces innovations capitales qui deviennent la source ^ grands progrès dans l’industrie; mais c’est l’époque °u les découvertes du demi-siècle antérieur reçoivent leUf développement le plus marqué. f
- Quoiqu’on 1 800 l’avantage d’employer dans les eiteS la force de la vapeur soit parfaitement reconnu, 011 lieu d’être surpris de voir combien l’usage en est encor j insignifiant dans les villes qui vont bientôt en faire un
- grand usage. ................
- C’est en 1800 qu’expire le privilège garanti par le vet de Boulton et Watt; aussitôt des ateliers séleveI dans les principales villes pour construire à l’envi des chines à vapeur, qu’on varie de cent manières et flu s'efforce d’approprier à tous les besoins des arts.
- On met à profit l’invention de l’Américain Evans, P employer la vapeur à haute pression.
- Ici la vapeur n’est plus condensée par de l’eau fr01^ ainsi que Watt en a conservé la pratique : on la ^alSS?^0ll, après qu’elle a produit son effet, à chaque coup dc P1 ^ Ces machines, d’un petit volume, légères et peu coûte
- p.168 - vue 207/0
-
-
-
- # DES NATIONS. 169
- proportion gardée avec ieur force, offrent des avantages sPeciaux qui les font employer dans une foule de cas.
- On emploie pareillement les machines à vapeur à , Moyenne pression de 2, 3, à et 5 atmosphères ; on fait ePronvcr à la vapeur une détente calculée pour en con-Sotntner la force vive avec le moins de perte qu’il soit Possible de le faire.
- En i8o3, M. Jonathan Woodhouse construit des che-^lris ayant des ornières en fonte de fer, sur lesquelles Veulent des chariots et des voitures à voyageurs; mais ici véhicules sont traînés par des chevaux. Il faudra près e trente années avant que la vapeur fasse cette con-
- îuôt Lï
- et change la face des transports par terre.
- _ , invention des presses hydrauliques suivant le système , rarnah est antérieure à 1800; mais, de cette année ’o, elle reçoit des applications variées, importantes ] 111 ^ *n(^us*l'*c pour faciliter l’arrimage en comprimant j . Produits élastiques et légers : par exemple, le coton en ^ 6 O’est un service considérable, vu les quantités ^ 0l>rncs et toujours croissantes de cette matière impor-es en Angleterre.
- . °*c* maintenant la plus belle application des arts chi-(llles. Vcrs la fin du siècle dernier, Bon et Dcsarnod c^,Grit inventé leur thermolampc, laquelle nelait autre ^ . tpi un appareil à brûler le gaz hydrogène, plus ou en. *!S c^,argé de carbone. Cette invention était restée sans 0,j>enccs.
- C0nV 1 Frédéric-Albert Winsor prend patente à de j s I)our un appareil en grand avec lequel il extrait de j). 10lufle éj)uréc ou réduite en coke du goudron, hy(]r e minérale, certains acides et surtout du gaz Perf„°^.tne car^oné propre à l’éclairage. En 1807, il ,0nnc encore ses procédés.
- aVa
- p.169 - vue 208/0
-
-
-
- 170 force Productive
- Déjà, dans un mémoire au roi Georges III, F.-A. Wins°r a démontré l’économie et tous les avantages d’employer la lumière du gaz à l’éclairage des rues; il calcule queI1 peu de temps la réduction des dépenses annuelles p°üf les villes du Royaume-Uni ne sera pas moindre de 5o lions de francs.
- • Cette grande innovation n’avait, jusqu’en 1815, 0 tenu d’application étendue que dans la ville de LonéreS’ mais les autres cités du premier ordre s'apprêtait suivre cet exemple. ,
- I/cmploi de la vapeur d’eau se multiplie pour chau les ateliers et les comptoirs, pour sécher des tissus et fils en masse, etc.
- Les Anglais ne se tiennent pas pour satisfaits de la périorité qu’ils ont obtenue sur les autres nations p°u1^ fabrication de la fonte et du fer, dont ils m ultipHt plus en plus les usages aux constructions de toute natu1 Ils en profitent pour perfectionner leurs machines plus variées et leurs instruments aratoires. s
- Us en profitent surtout pour rendre plus économijL^ et d’un jeu plus parfait les métiers qui leur servent a à tisser le coton et la laine.
- On peut dire que, de i8o3 à 1815, le commerce produits textiles éprouve une vraie révolution; leS tl‘ ^ de coton acquièrent une supériorité qui ne devra pluS quitter. i
- Afin de montrer, par des résultats authentique1^^ recueillis, la révolution que nous signalons ici, nous a ^ oflrir le parallèle des produits textiles fournis Paf^t Grande-Bretagne à l'ensemble des nations : première*0 à l’époque où va commencer le xix* siècle; secondent en 1815, année où commencera la paix imiver
- rsellc*
- p.170 - vue 209/0
-
-
-
- I
- DES NATIONS. 171
- PROGRÈS DES ARTS TEXTILES DE 1793 X l8l5.
- NATURE DBS PRODUITS TEXTILES. ANNÉES 1796 A 1798. (Année moyenne.) ANNÉE 1815.
- Tiss»« do laiue 7,771,8081.et. 9,338,1421.at.
- ‘ do coton ..... 4,108,617 20,620,857
- ^ de lin ou de chanvre 1,256,200 1,777,563
- de soie , , 585,561 622,118
- Total pour les quatre matières....... T °Ial oâhbral des exportatioos de la Grande- Bretagne t t 13,722,186 32,358,680
- 29,185,193 49,653.245
- tableau qui précède nous déduirons celui qui suit, ^ui fixera les idées du lecteur sur les proportions dont n°üs voulons faire apprécier l’étendue.
- PROPORTIONNELLE DES PnODÜITS TEXTILES VENDUS PAR L’ANGLETERRE NATIONS, EN PRENANT LE COTON POUR TERME DE COMPARAISON.
- ANNÉES 1797 1 1799.
- NATURE
- ANNEE 1815.
- PRODUITS TIXTILIS BXPOBTis.
- 1,000,0001. si.
- 30,183
- *otr«i que Ut cotons,
- 1,000,000
- 1,000,000
- p.171 - vue 210/0
-
-
-
- 172
- FORCE PRODUCTIVE
- Tels sont les changements immenses produits en faveur des cotons, pendant dix-sept années, par la seule conse' quencc des inventions fécondes, antérieures d’un de#11 siècle.
- Le plus important progrès, après celui des arts textileS’ appartient aux arts métallurgiques; il résulte pareillemeI^ des inventions du xvin® siècle. C’est d’abord la subsü tution du mouvement continu des cylindres lamineu^’ pour la production, le puddlage de la fonte, et l’étiraD du fer; c’est ensuite l’emploi de plus en plus *inteluge des machines «\ vapeur. Par cette application perfection née, le combustible minéral, la bouille, revient à de( prix de moins en moins élevés. Cependant les ventes l’étranger, si nous en exceptons les fers, ne reproduise qu’imparfaitement l’idée de ces progrès.
- VALEUR DES PRODUITS MÉTALLURGIQUES EXPORTÉS.
- -^1
- NATUHE ANNÉES 1796 U 1708. ANNÉE 18!5-
- DBS rRODCITS. —
- (Année moyenne.)
- Houille 212,0771. et. 114.5911>
- Fer et ecier ouvrée ou brute 2,017,902 3,252,500
- Cuivre et ter alliage* ouvrée ou brute 1,010,113 730,902
- Etaio ouvré ou brut 431,188 448,809
- Plomb ouvré ou brut 223,091 304,701
- Sommbi 3,930,371 4,851.0e3
- Sel gemme 109,330 204,590
- Poterie* et verrerie». 402,884 1,380,922
- Tôt* tnt 4,502,591 ^443^^
- p.172 - vue 211/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 173
- En arrêtant notre pensée sur la première ligne de ce l^leau, nous serions tentés de penser que, de 1796 ? 1815, le continent européen a désappris l’usage de la 0llille anglaise, usage qu’il reprendra plus tard avec tant ardeur et d’avantages.
- On sera certainement frappé de voir la houille et les J^taux compter pour plus du huitième dans les exporta-ns 179^ à 1798, et ne plus même compter pour n dixième dans les exportations de 18 1 5.
- I,,Oes observations analogues pourraient être faites à ^ard de beaucoup d’autres produits exportés.
- Nous préférons présenter un fait général qui dominera les autres.
- Al F
- ‘LEI,E Des PRODUITS TEXTILES ET DE L'ENSEMBLE des autres produits EXPORTÉS DE 1 797 À 1 8 1 5.
- NATURE dis rnoDuiTS.
- utal dsi «xportitiom.
- l®*tile» 4 retrinchcr.
- lrod
- T°Ul. ">oin» loi produits tixtils».
- ‘«niiralurgiquo»........................
- «îli
- l0tt» lo.
- ^î'°(lu'S^ a I,rclevé les produits textiles et les
- uiinéralurgiqucs, l’ensemble des autres marchan-
- *ulr** produits rsunis.
- ANNÉES 1700 À 1708. (Annde raoysnns.) 1 ANNÉE 1815.
- 20,185,1031. il. 40,053,2351.it.
- 13,722,180 32,358,082
- 15,403,007 17,204,553
- 4,515,880 0,443,075
- 10,047,118 10,851,478
- p.173 - vue 212/0
-
-
-
- 174 FORCE PRODUCTIVE
- dises britanniques, malgré dix-sept ans d’efforts, cet e*1' semble, loin d’offrir un progrès, n’offre qu’une exportation un peu diminuée. Les industries variées que ces objets i'e' présentent entraient à la première époque pour plus d1111 tiers dans le commerce avec l’étranger, et n’y figure11* plus que pour un cinquième lors de l’année où finit la guetf6 universelle.
- CHAPITRE III.
- TROISIÈME ÉPOQUE.
- S 1". PASSAGE DE L’ETAT DE GUERRE X L’ÉTAT DE PAIX.
- La paix de 1815 produisit, comme celle de 18o i. ^ immense joie et qui semblait mieux motivée; ce ne plus une trêve avec un antagoniste prochain, inévitable .et qui grandissait à vue d’œil. La France était pour 1°^ temps appauvrie autant qu’affaiblie; tandis que des p sessions nouvelles, et capitales, étaient reconnues à glelerre en Amérique, en Afrique, en Asie.
- Voilà le beau côté; voici les inconvénients de c position. La mer, qui pendant la guerre n’était un peU I tagée qu’avec les États-Unis, la mer devenait peuples des deux mondes allaient en disputer le PalSl parcours h la nation qui, depuis un quart de siècle* possédait à peu de chose près le monopole.
- S 2. ANNÉES DE CRISE TRANSITOIRE.
- en
- Les produits de la terre entière allaient se trouver^ présence, et si les autres puissances étaient moins ha
- p.174 - vue 213/0
-
-
-
- à fabri tas
- DES NATIONS.
- 175
- iquer que l’Angleterre, la modicité des impôts, le prix delà main-d’œuvre et souvent celui des matières premières pouvaient compenser ce désavantage.
- Prix élevé des céréales.
- Une première difficulté pour l’Angleterre était dans le PUx élevé des subsistances et surtout des céréales. Pen-* une grande partie de la guerre contre l’Empire fran-‘a,S’ les blés de l’Allemagne, de la Pologne et de la Russie pouvaient pas être régulièrement transportés en Angle-le* L’agriculture britannique, par ses efforts multipliés, ^sait aux besoins de la population croissante, mais en ^ayaut chèrement la main-d’œuvre.
- Le premier besoin, lors du retour de la paix, fut de Vegarder l’intérêt agricole contre la concurrencé, ^possible à soutenir, avec les blés de la Vistule, du ^nieper et du Nil; la législation protectrice qu’on établit °^te époque satisfaisait à cette nécessité.
- CQr US(IU’* l’année 1817, et pendant quelque temps en-r^e’ 1 agriculture occupe sans comparaison le premier estf C^GZ natl0n britannique. La richesse de la terre | la Phs grande des richesses ; elle donne aux propriétaires t0^*i°mé politique. L’aristocratie britannique est avant territoriale, et les maximes séculaires de l’État re-ç, * Sur cette base.
- So 6st cn partant de tels principes que le célèbre Iïuskis-e premier des hommes d’État qui aient fait passer ^0is l’application judicieuse et modérée des prin-,US ^Adam Smith, disait dans la Chambre des
- dire co aujourd’hui, je le crains, on n’oserait plus y
- com
- ((bi
- len n est plus faux que de regarder toujours comme
- p.175 - vue 214/0
-
-
-
- 176 ' FORCE PRODUCTIVE
- «un bénéfice le bas prix des subsislanccs. Je sais, d’apreS «une autorité sûre, que les ouvriers écossais consomruent «aujourd’hui moins de farine qu’ils n’en consommai^
- « lorsque le grain était beaucoup plus cher. Le bon marché «sans demande de travail, est un symptôme de détressé « et le bas prix suit toujours lorsque les entreprises laD' «guissent. Voilà pourquoi en France c’est le bas prix, en « Angleterre c’est le capital qui prévaut. Les deux extrêtf^5 « sont pernicieux pour le travailleur : des salaires exagereS « rendent ses mœurs dissolues, et des salaires incertain «l’exposent à la misère. Le grand objet qu'il faut atteint' « c'est la stabilité des prix et la demande active du travail1 (T. I, p. 3o6 et Soy.)
- Lorsque Iluskisson émettait de telles opinions, R . fendait un projet de loi que réclamait l’agriculture brl tannique : agriculture incapable, vu les charges 1111 menses qui pesaient sur elle, de soutenir la concurrent avec des pays agricoles où le prix de la main-d’œR^ n’égalait pas même le quart du prix de la main-dceuvl anglaise.
- En conséquence, on prenait pour valeur désirable qaarter de froment (2 hectolitres 9 dixièmes) le pllX ^ 80 shillings, qui valaient alors 72 francs : c’était cta ik fr. 88 cent, le prix désirable du froment.
- S 3. EFFET DE LA DETTE PUIU.IQUE X PAUT1II DE LA pAlX’
- ire»
- Lorsqu’on endette un État pour des travaux ou pacifiques, la population qui vit de ces travallX* ^ qu’ils durent, n’en ressent pas le fardeau; c’est P*uSjg Montrons quelle en était la conséquence à la flU guerre générale.
- p.176 - vue 215/0
-
-
-
- DES NATIONS. 177
- De 179/i à 1816, la totalité des emprunts portés en c°înpte de la dette publique s’était élevée A la somme de ^71 >788,967 liv. st., qui vaudraient aujourd’hui onze mil-lards huit cent cinq millions de francs.
- On doit ajouter à Ce capital 65,700,000 liv. st. empruntes en Irlande pour le compte de la Grande-Bretagne, D*is 48,155,585 liv. st. empruntées en 1816 et 1817 P°ur acquitter les dépenses qu’exigeait encore le pied de S'ierre. Alors , on arrive au total de 584,874,556 liv. st., yü vaudraient actuellement quatorze milliards six cent vingt-C°x vrillions de francs.
- Mal
- 1 ''%!
- <T]
- gré l’amortissement, l’intérêt annuel des dettes an-lncs et nouvelles, dans l’année 1817, s’élevait encore 32,oi5,94i liv. st., valeur qui représenterait aujour-llli 800,598,5^5 francs à payer chaque année.
- j, - .............---------------------
- -'Angleterre avait préféré pendant la guerre ces im-
- ,01^ sacrifices d’argent pour multiplier ses alliés. Elle
- h | ai* ^es Im*ssanccs étrangères, afin de les engager dans
- /Ate contre la France: elle pavait des soldats mercenaire* r ,,, . 1 , . „ „
- ’ 1,1,1 dePargncrle sang anglais; elle prodiguait ior
- jatn ?llG Ses ann(^es» même en campagne, n’éprouvassent
- ^ .ais de ces privations auxquelles l’Anglais ne sait pas
- ^ et qui dans ses rangs moissonnent plus de soldats
- le font des batailles acharnées.
- 1SG ?ar sa ^ fahri d’une invasion, tandis que les
- Dtats étaient ravagés tour à tour, son territoire
- (ju’il •«tact, et ses arts se développaient avec la sécurité
- j fraient eue dans la paix la plus profonde.
- Co5jj^Jlailfle‘Drctagne obligée de fournir sans cesse aux
- tajr S (^GS armes’ des munitions, des équipements mili-
- tQ,lrn’(^es vivres même, et surtout de l'argent, le change
- COr,lre cHe ' réduite, dans un moment de pa-
- a suspendre les payements en numéraire, son
- ^thodi'ctiov. 13
- p.177 - vue 216/0
-
-
-
- à
- 178 ’ FORCE PRODUCTIVE
- papier public, celui de sa banque nationale, avait fini par
- perdre sur le continent jusqu’il 2 5 p. o/o de sa valeul
- primitive.
- L’Angleterre voyait le continent tourner contre le génie de la contrebande : on exportait en Fiance l°l de ses guinées, et l’on payait ses marchandises sur le pie de ses livres sterling, de plus en plus dépréciées.
- A l’intérieur, tout était devenu plus cher dans la mê#10 proportion, ce qui n’avait fait éprouver aucune perte a11* travailleurs. Les contributions, le taux nominal restant Ie même, étaient devenues en réalité d’autant plus légèï’eS'
- Ces causes réunies suffisent à peine pour expliquer faire comprendre comment en 1 8 i 4 , dernière annee la guerre, la nation britannique a pu solder un budget i3o,3o5,758 liv. st., qui, même avec la dépréciati0*1 1 valait encore 2 milliards /j 43 millions.
- Telle était la situation extrême d’où le gouverneme et le peuple britannique devaient chercher à sortir, s°llS peine de ruine et de mort.
- Soulagement progressif des charges publiques.
- Commençons par montrer opéré dans les charges publiques
- 1 immense soulagcm^ de 18i 4 à 183o ’•
- Dépenses publiques, amortissement déduit.
- ?Tn ,8‘4................... ioG.83a.26o liv. St.
- 5:" l8>°.................... 54.457,247
- hn l83°..................... 49.078,108
- Dépenses publiques par habitant de la Grande-Bretagne
- En i8i4............................... ,47 fronc9.
- En 1820................................ 97
- En i83o............................ 76
- p.178 - vue 217/0
-
-
-
- DES NATIONS. 179
- Par conséquent, en seize années de paix le Gouvernerait britannique a réduit les dépenses, par tête, à la moir ^ de la dépense accomplie dans la dernière année de guerre; il a produit ce beau résultat par des elforts gra-^ués, intelligents, et qu’il a continués jusqu’à i 853.
- Ces grandes réductions sont opérées, remarquons-le Ien, lorsque la plupart des Etals du continent européen Croissent 1 eurs dépenses gouvernementales.
- Sous ce double point de vue, l’industrie britannique se *r°Uve, chaque année, mieux en état de lutter contre celle eô autres nations européennes.
- Retour du payement en numéraire.
- Pi
- Jne des sages mesures qui ont le plus contribue a ^sseoir sur des bases stables les finances du Royaume-.r c’est le retour au payement en espèces, et la suppres-„lQl> du discrédit de a5 p. o/o qu’un usage excessif et
- *Qp/\ 1
- Oro ' 1 * * * V
- ^ "e des billets de banque avait entraîné. Ce rétablisse-PorL °S^ ^'ail^an^ plus l,onoi'able qu’il s’est opéré sans
- l’^er plus légère atteinte au revenu des rentes sur ’ ri0n plus qu’aux engagements conclus précédcm-^ de citoyens à citoyens.
- 1^1*^ seu^c,nenl lut mise en pratique cette c0tl^e mesure, discutée, préparée depuis i8i5. Ses (IUcnces ont été, pour ainsi dire, escomptées et gra-brit ^ttlent accomplies à mesure que s’est approché l’ins-r(hdisation. Par ce moyen l’on a prévenu les eux d’une brusque transition lors du retour des
- h
- els fàch fou
- juments en espèces. , • mc paraît
- . 11 est un fait qu’on n’a pas remarque <1_ ^ lrouVC
- /^digne d’observation. Entre i » 9 escs britanniques,
- ^omcnt oü les valeur3 des marchandises
- p.179 - vue 218/0
-
-
-
- 180 FORCE PRODUCTIVE
- évaluées dans leur ensemble, présentent le même tau* qu’en 1 696 : cette dernière époque est celle où l’on a les prix normaux qui servent à comparer les progrès^ l’industrie britannique.
- Époque où l’équilibre s’établit entre les produits britanniques eXP°riet[ estimés: 1° suivant la valeur officielle immuable, datée de ’ 2° suivant la valeur courante de l’année, ou ce qu’on appelle /avafeUr réelle.
- Valeurs officielles. Sommes*
- v
- Année 1819............. 32,983,689 lîv. sL. 1 R ~ « liv. ^
- ------ 1820............ 37,820,298 ij 7 ’
- Valeurs réelles.
- Année 181Q............. 34,282,251 liv. st.) „ 0 Q aliv.st'
- —1820.................. 35,589,077 S 69.8=‘•338i"
- Il faut louer l’administration des finances, les douaae et la trésorerie d’avoir, chaque année, donné pour les prlïl cipaux objets d’exportation la valeur officielle et la vale réelle1. Tous les progrès de l’industrie britannique, è Pa^c du 1“ janvier 1820, sont mesurés du côté de J’écon0 par la quantité dont la valeur réelle et variable saea au-dessous de la valeur officielle et constante. p
- On ne saurait trop regretter qu’un aussi bon esp*1 M. Georges Porter, en commençant scs belles tabks tistiques du revenu, de la population et du commerce, pas senti l’importance de la publication simultanée deux valeurs, et qu’il ait supprimé la valeur Ja
- le prétexte un peu futile que cette valeur d-iprud valeur réelle. Sans doute elle en diffère; mais cest P ^ cela quelle est importante et qu’elle donne la rnesef
- ;
- 1 Ces valeurs sont données dans les Finam e Accounts, classe and navigation.
- p.180 - vue 219/0
-
-
-
- DES NATIONS. 181
- *j11 Progrès ou de la décadence des divers genres de pro-°tion. Au moment de livrer cette feuille à l’impression, Je Vois les nouvelles tables, continuées par M. Fonblanque, 9Vec réunion des deux valeurs comparatives : c’est une IFande amélioration qui s’ajoute à des perfectionnements ^ers, et j’en félicite l’auteur.
- T . «
- ^ e Vais à l’instant même oifrîr un exemple remarquable Pai’ti qu’on peut tirer des deux genres d’évaluations.
- e?ttrc des progrès de l’industrie britannique et des industries étrangères Partir du 1tr janvier 1820 jusqu’à l’époque de l’Exposition uni-Ver“Ue de Londres, en 1851.
- Produits britanniques exportés.
- fleurs réelles de 1851................ 74.448,722 liv. steri.
- a eurs oflicielles............... 190,668,314
- Rapport des deux ordres de valeurs.
- Valeurs réelles....................... 39
- Valeurs ollicielies................... 100
- ^-conséquent, de 1820 à 1851, le même ensemble Plu k^bmniques, payé 100 francs en 1820, ne s’est ^ Payé que 39 francs en 1851. le^1 011 admet que les produits étrangers importés dans ex,>0yaU,ne'[Jni équivalent, à peu de différence près, aux le^ons de produits britanniques, nous tirons de là Par p ^PP^cier le progrès vers le bon marché fait ensemble des nations étrangères.
- r°duits étrangers importés dans le Royaume-Uni en 1851.
- ^leur ré n 1 • •
- VaL, "®uc des importations........... 74,448,722 liv. st.
- leur Sicile.... ;................ 1,0.679,125
- Rapport................. 67 à 100.
- p.181 - vue 220/0
-
-
-
- 182 FORCE PRODUCTIVE
- De là nous pouvons tirer cette conclusion : en un tief8 de siècle, l’Angle terre a fait dans la voie du bon mafdie des progrès presque' doubles de l’étranger. C’est, à molî avis, un des motifs principaux des magnifiques succ^5 du commerce britannique dans le laps de temps comprlS entre 1820 et 1851.
- Rapprochons les deux rapports entre ces valeurs réelle et les valeurs officielles auxquelles nous sommes par' venus.
- Parallèle des diminutions de prix opérées sur la vente des produits de l’agriculture et de l’industrie.
- Par l’Angleterre à l’Univers, diminution de.. . 1,000 à 3g6 Par l’Univers à l’Angleterre, diminution de... 1,000 à 699
- se
- Dans l’énorme différence de ces deux diminution8 trouve, selon moi, le secret de l’accroissement prodigie , du commerce de la Grande-Bretagne et de la super*0 de son industrie, depuis l’année 1820 jusqu’à l’époque l’Exposition universelle. , 4
- Il faut expliquer par quels sacrifices, soit publics. ^ privés, et par quels efforts de génie manufacturier ^ gleterre a pu, non-seulement sans ruine, mais en aCC sant sa richesse, atteindre à ce résultat merveilleux.
- Dès 1820, le parti des impatients voulait réfo1lTl loi des céréales, quoique le prix effectif, en raison de récoltes abondantes, fût réduit à l’avilissement. ^
- Le sage lluskisson, dont nous allons dans un Iïl0ïïl te signaler les grandes mesures commerciales, résiste à pétulance. Les raisons qu’il énumère sont digneS méditées par les hommes d’tftat de toutes les nationsejr « Notre pays, dit-il, ne doit pas être rendu trop a ^ dant des pays étrangers. Pour nous tranquilliser*
- p.182 - vue 221/0
-
-
-
- DES NATIONS. 183
- Jecte qu’il y aurait souffrance des deux parts si la contrée récolté du blé pour nous cessait de nous en fournir. ül; mais la lutte serait inégale. La nation étrangère, en Cessant de nous vendre, pourrait subir une diminution de revenu, d’où résulterait quelque pénurie éprouvée par ses *§ricultcurs ; mais pour nous, il en pourrait résulter une révo-l0ri et le renversement de l’Etat. Rappelons-nous qu’en Certains pays où le Gouvernement obéit le plus au senti-populaire, on a décrété pendant la dernière guerre embargo, pour nous nuire, en interceptant notre approvisionnement de céréales. Cet acte, il est vrai, ne con-na*t que les deux puissances belligérantes. Mais le cas D°ürrait arriver où l’une des deux, comme l’a fait Bona-' e» exerçât un pouvoir irrésistible sur les Etats neutres faibles: alors cette puissance pourrait nous nuire, sans |1ouyer elle-même aucun inconvénient b » (Œuvres de ^kisson, tome II, pp. *46, 47.)
- ({u jrillri, ce qui ne permet pas, d’après Iluskisson, d’appli-aux céréales les principes d’un commerce sans restric-^ri,Cest la situation de l'Irlande. « L'Irlande, dit-il, avaitété noiis précédemment encouragée h produire du blé pour ç 0 consommation; si nous avions retiré tout à coup ?riC0uraSeincnt, elle en aurait éprouvé le plus grave tjj Urne,it. Donner une culture supérieure à la terre ferler ^an(le> porter sur ce sol le capital de fAnglé-J ’ ° GSt ;,ccro,tre dans un très-grand degré les ressources e reVenu de l’Empire. Depuis le bill sur les grains de
- PHS
- Mé
- nie
- ^cs Pn)’» de gouvernement absolu pareille mesure peut être ^,1ëlctcrre J.*’ ^ empereur tle Hussic, apprenant la cherté des grains en t0tltr<5eg ’ n,n8' qu’en France, s’est efforcé d’ajouter à la pénurie de ces Pr°bibanl la sortie de ses propres céréales et, de plus, en dise rl‘C des céréales allemandes par les bouches du Danube. *nt ica cosmopolites?
- p.183 - vue 222/0
-
-
-
- 184 FORCE PRODUCTIVE
- 1 81 5 , les importations de blé d’Irlande ont considérable ment augmenté d’année en année. »
- Tels étaient les motifs de Huskisson pour défendre la loi de 18 î 5 , qui lui semblait avoir la première atteint Ie but auquel on s’était proposé de parvenir; il citait les deu* faits suivants :
- ' «De 181 5 à 1820, il y a deux années de disette: clans rune, i,5oo,ooo quarters de blé furent importés; dans l’autre, 1,100,000.
- «Dans les trois autres années, où l’on obtient de f°r^ bonnes récoltes, 181 5, 1816 et 1819, l’Angleterre cX porte 428,000 quarters de froment au delà de la quantité importée dans les deux mauvaises années, où le prix ci resté au-dessous de 80 shillings; nous avions été total® ment indépendants de l’étranger et le bas prix avait de pendu, non pas de la concurrence étrangère, mais deS perfectionnements que l’agriculture britannique avait rcÇllS pendant la guerre, etc. » ^
- Plus tard, afin de concilier les deux intérêts, l’agrlCl ture et le commerce, le bien-être du consommâtes1’’ Huskisson proposera de régler la sortie des grains indig111 par la combinaison d’un droit variable qui, sous le d'échelle mobile, régira pendant près d’un quart de sic la législation des céréales.
- Parlons maintenant des classes ouvrières, quisacci saient d’un huitième tous les dix ans. Pour que le nom des pauvres sans travail n’augmentàt pas plus vite <lu^ population, il fallait que le progrès des industries cl dans un même rapport, de nouveaux ateliers, de ll0ll^tt manufactures. Dès le moment où cette création salic ^ le manque de travail se faisait sentir, et par conseq1^ la misère pesait sur le peuple; elle pesait bien da%a ^ quand le commerce diminuait, et qu’on voyait de 1
- p.184 - vue 223/0
-
-
-
- DES NATIONS. 185
- en plus les ateliers fermés, les usines inoccupées : triste sPectacie que présentaient, après i8i5, les parties les Us actives et les plus industrieuses des trois royaumes. j,,^n comprendra maintenant combien la transition de ek|t de guerre à l’état complet de paix, pour s’accomplir, jV^it fait éprouver d’énormes souffrances à toutes les classes °r*euses. Il fallait du temps avant que les capitaux et les ^Vriers se détournassent des professions que la guerre écrite, et qu’ils trouvassent un emploi dans les arts
- Cliques.
- surabondance des travailleurs ramenés vers les j essions non militaires produisait l’avilissement de ^ain-d’œuvre. Le peuple anglais, étonné, s’indignait P°ur prix de victoires inespérées et d’une fortune j^.^rieure sans exemple, il commençât par trouver la en$-e à 1 intérieur. Des commotions populaires, en î 8 i y, g ^S^ntaient Manchester; la tour de Londres était j le I)ar des conspirateurs : tout paraissait en désordre, rUi °S na^0ns étrangères supposaient que l’heure de la n° avait sonné pour l’Angleterre.
- °s deux tableaux qui vont suivre résument parfaite*
- j
- glïe CS SOu^ranccs du commerce britannique pendant la d,./6 (llu succède 'à la paix de 1802, souffrances qui 'l're'«juSq„-i ,8,0.-
- l'ai lC(lu
- C0l»paré des exportations depuis 1802, année de paix générale, jusqu’à 1820.
- J®02 ....................... 46 902,330 liv. st.
- ^_____^ j8i5 ...................; . 42.87b,996
- I®ao ....................... 35.b69.077
- sej; premier chiffre on retranchait i5 p. 100 et du *oo pour dépréciation du papier-monnaie, calculait la part de chaque habitant, on trouverait :
- ci'0!1'1 i5 p
- 181 l'on 1
- p.185 - vue 224/0
-
-
-
- 186
- FORCE PRODUCTIVE
- Produits d’industrie exportés par habitant de la Grande-Bretagne
- Valeur des prod#'**'
- Année 180a ................................ fr*
- ------ i8i5 ............................... 69
- ------ 1820 ............................... 63
- S 4. ÉPOQUE DE RETOUR X LA PROSPERITE : 1820 X l83û.
- Nous venons de voir, pendant cinq ans après ^ guerre, la nation tout entière lutter avec un coura£e indomptable : les financiers, afin de retrouver l’empl0^ leurs capitaux; les manufacturiers, afin d’obtenir du traval pour leurs machines, et les ouvriers de l’emploi pour leUfS
- ]oite
- bras. Les inventions se multiplient; on tente, on exp des voies nouvelles. On porte partout l’économie P°u arrêter l’appauvrissement, et cet ensemble d’efforts 11 p?r ramener la fortune.
- Dès 1820, l’horizon s’éclaircit autour du Royau1*1^ Uni. La prospérité continue en 1821. Les grains, fi vrai, se vendent à des prix avilis, désastreux p°ur ,
- cultivateurs. Mais c’est l’effet de l’abondance sur
- r le
- une
- national; 1 etranger n’accroît pas cet avilissement par^** intervention factice, et les travailleurs des arts industrie profitent d un bon marché qui résulte des bienfaits nature. La diminution dans la valeur totale des pr exportés a cessé, le chiffre des exportations augmente1^ peu malgré 1 abaissement incessant des prix; ce q1^ montre à la fois plus de travail et de bénéfice final*
- Administration de Iluskisson.
- de vi^®
- C’est au printemps de 1822 que Iluskisson, o ^ président du bureau du commerce, devient près1 c’est-à-dire ministre de ce département.
- p.186 - vue 225/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 187
- Les services de William Huskisson.
- Arrêtons-nous avec un profond intérêt sur les services jjjla rendus à son pays l’un des hommes d’État les plus
- Ustres> un homme nue ses instincts semblent avoir
- Crp ' 1
- e pour les plus hautes questions qu’ollrent les forces
- Pr°ductives et la richesse des nations. A lage de vingt
- 9ns 7 \ * ^ p p
- ’ (>es i 790, il prédisait l’insuccès d’un papier-monnaie
- ^ll1 devait ruiner la France; il en appréciait les défauts ^ ^0s dangers avec autant de prescience et de profon-Veip ^U° ^ur^c aPl)réciant l’avenir d’une politique nou-0 ({uattendaient aussi des ruines. Cinq ans après, au 5u's fort(!e 1 a guerre, Huskisson est nommé sous-secrétaire *?lln,'st*îre ^a guerre et des colonies.ee qui veut dire,
- -, ngleterre, l’administrateur effectif. L’année suivante, lnh’oduit dans la Chambre des communes par cette 0 aristocratie dont les bourgs étaient ouverts aux (s tale nts sans ancêtres ou sans fortune, et que pour je crois, la médiocrité jalouse appelait des bourgs Çou <S de ses forces, il est longtemps à soup*
- F>ar ^ Iar° ^acu^ 4U ^ aura ^entraîner les esprits {> a ^mièrc jetée sur les sujets les moins explorés, tei anl idusicuis années, il se réduit à l’ctat d’observa-fdencieux; il laisse libre la place à tant d’orateurs qui s^hient d’intarissables paroles à la connaissance des
- 1 Le
- tiiajj, ^ctlt cnpitainc d'inf.intcric Pitt I^qui deviendra le Grand lord Chapon,. nonimé par Ohl-Sarum, le bourg pourri par excellence. Burke, [°r ^a,,S ^^an,^rc des communes, reçoit du ministre Buc-^acaule ° l)roPr'^t<5 nécessaire pour être éligible: Shéridan, Macintosh et ^ ar*st0c .Ctc’’ n nrrivcnt au Parlement qu'avec le secours intelligent de ValentllC ^)r‘,nn,1*q<ic. Depuis la réforme de i83i, l'on a remarqué que ^ h (lôn.* ^ I)rcm>er ordre diminuent dans la Chambre des communes, °cratic s’en étonne!....
- p.187 - vue 226/0
-
-
-
- 188 FORCE PRODUCTIVE
- choses. En 1801, lorsque la paix éloigne Pitt du pouvon» Iluskisson aussi quitte l’administration; il y rentre eI1 180/1, ramené par une guerre où l’Angleterre n’a pas trop de ses talents les plus éprouvés. Pitt sera Premier Lor^’ et lui Secrétaire de la Trésorerie. Le voilà sous Pense1' gnement immédiat de celui qui, pendant un quart de siècle, fut à la fois dans la Grande-Bretagne le premiel homme politique et le premier homme d’alfaircs. On confie pour coup d’essai de rendre au commerce un sel vice, annonce lointaine de plus nombreux et plus imp°r tants bienfaits de même nature, et dont un jour il aU|^ l’initiative : on le charge de proposer et de soutenir bill qui crée le système d’entrepôts imaginé pour les cG lèbres docks- de Londres.
- Après la mort du grand ministre britannique, Iluskis^j1 se retire pour rester fidèle à scs amis, et se retire de la ministration lorsqu’il est devenu l’administrateur le l^u capable de son pays pour la gestion des finances. ^
- Libre désormais, il finit par triompher de sa tintf naturelle; il apparaît sur la grande scène delà Chain ^ des communes, sans autre recherche oratoire que la 11 teté des idées, la simplicité du langage, et le savon" comparable donné par le génie, par l’étude et 1C*P ricnce. Pendant les vingt-cinq années qui s'écoul01*0 jusqu’à la fin de sa carrière, aucune grande question revenu national et d’économie publique ne se rets,°^re plus dans le Parlement d’Angleterre, sans qud 1°c ^ de ses vues et souvent la décide par le poids de son J 0
- inCnl: . ' tait*5’
- Suivant l’esprit des gouvernements parlcmen ‘
- l’homme qui s’occupe à servir les choses passe npr^s ^ qui songent avant tout à combattre les personnes. de 1807, Iluskisson, lorsque ses amis deviennent »
- p.188 - vue 227/0
-
-
-
- DES NATIONS. 189
- tres, redevient simplement Secrétaire de la Trésorerie. Il conduit les affaires sous la présidence aristocratique et l0rninale d’un Premier Lord appelé duc de Portland; il est 311'dessous d’un chancelier de l’échiquier qui n’a laissé de °n passage aux affaires d’autres traces que sa mort, arrivée 1 assassinat. On le trouve à ce point indispensable, ^ on le conjure de ne pas accepter un poste plus éminent, lll> par exemple, de ministre en Irlande, parce qu’on ne lrrait point le remplacer aux finances d’Angleterre. ^0rS(Iuc G. Canning quitte le ministère, Iluskisson, Jours fidèle, suit son ami dans la retraite. *
- endant son loisir volontaire, au milieu des embarras ^ saccroisscnt par l’abus du papipr-monnaie, pl fait pa-11,1 écrit mémorable. Une question que vingt ans ^ s tôt il avait abordée d’instinct, maintenant il l’épuise consommé. Il établit des principes dont l’Angle-pr^G Se rapprochera de plus en plus pendant neuf années; iç lG1l)es qu’elle finira par sanctionner en 1819, parla ^ habilement préparée, du payement légal en va-UpS métalliques.
- pas °Ur raPPc^er Iluskisson au gouvernement, il ne fallait u *o,n. que la paix universelle, quand allait s’exercer ailtrc lutte entre les intérêts des nations,lutte ardem-t %q\ S°Utenuc PaP le négoce et l’industrie. On voile en c°ncp° 801 lc entrée de Iluskisson sous les titres se-ç ‘llI(3s de Commissaire des forêts, avec le rang de s0tJ 1 'or privé. Bientôt, comme par magie, les forêts attiélioiV,cs dans leurs plantations et leur régime, d || Gl)^ant qu’il obtenait ce succès pour quelques milliers h.'!yC*dles’ conm,c il l’aurait obtenu pour le plus vaste du ü ne cesse de prêter à l’administration générale
- alin^S ^ ai,torjté de scs lumières et le secours de ses vues ( °pérer la transition, si difficile aux intérêts de 1 Ltat
- p.189 - vue 228/0
-
-
-
- 190
- FORCE PRODUCTIVE
- et des citoyens, d’un pied de guerre générale au pied paix universelle.
- Enfin, en 1822, après vingt-sept ans d’immenses sef' vices, une tardive gratitude ou plutôt le besoin public Ie' lève à la présidence de l’administration collective appela Bureau de commerce (Board of trade). Il est ministre», mais, d’abord, à condition qu’il n’aura pas voix au Conseil» sous prétexte que, lui de plus, le cabinet serait trop nombreux pour l’expédition des affaires; (les affaires, <îue personne ne comprenait, n’élucidait, ne faisait mareb^ comme lui! Qu’il soit ou non du cabinet, qu’impoi’te C’est lui qui va devenir pour le commerce d’Àngleteire tout un conseil de ministres. Le propre du vrai génie est & n’arriver jamais en vain à mettre la main aux affaires et sa vocation l’appelle, quelles que soient pour l’ababsel d’indignes réserves. Il semble qu’à l’instant l’Angleterre aP prenne ce que peut être un ministre du commerce, et de 9° poids il doit peser en faveur de la fortune nationale. bb° rizon de la loi s’agrandit; les intérêts privés et diverge*1*5’ éclairés du sommet de l’intérêt public, sont attirés la conciliation, comme pour se servir eux-mêmes; ^ difficultés s’aplanissent; l'approbation nationale etc11 ^ l’égoïsme des résistances partielles; chaque lutte dcVJ un sujet d’enseignement pour le pays et de trioiup , pour le ministre attaqué. L’opinion, poussée par lcSl^ rance que fait naître l’heureux promoteur, s’élance^ avant; celui qui marche à pas de géant se montre modestie comme s’il était en arrière et cheminant à la51 , du vœu national, dont il est l’inspirateur : voilà son artifice. Il a compris la Crande-Bretagne et son avenu » compris la supériorité de ses arts , de ses capitaux, possessions dans toutes les parties du monde; il ^c°l c$ qu’avec son activité sans bornes elle peut, à tcr
- p.190 - vue 229/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 191
- e8aüx, non pas seulement parlager les succès avec le re^te du monde, mais l’emporter sur le monde parla ^aix> par l’industrie, par le commerce et par la naviga* n* Cette prescience de victoire, sans l’afficher, sans . Parler, il en transmet l’instinct à son pays, auquel il ^ Plre sa suprême confiance. Voilà le grand, le rare mérite e Huskisson, celui qui perpétuera sa mémoire parmi les lenfaiteurs de sa patrie.
- j,j assons à l’indication des mesures proposées par
- d’État à qui nous venons de rendre justice.
- j 1)0 foule de lois avaient été portées, surtout depuis
- ^ révolté des colonies d’Amérique, en partie comman-
- par des alternatives de paix et de guerre; des taxes
- Vçr|le,nt ^ créées pour procurer des revenus, et qui de-
- I a,lent autant d’obstacles au développement ultérieur de
- Dchessc publique; des mesures restrictives avaient été Prises i> - i i . . , . „ „ r
- d regard de certaines industries alm den favoriser
- ^hes. H fallait briser tant d’entraves.
- Mesures législatives sur les industries textiles.
- La • . .
- Partïc principale du commerce britannique est celle
- art - •" * . -
- yVait S les. Dans le premier quart du xix* siècle, elle
- p ^‘l^’ouvé des ebangements immenses.
- çotojlrrn* ^es industries qui mettent en œuvre la laine, le
- ^tie* ^ Ct so*e’ Prcin,^re avait perdu la supré-
- L ’te* L» valeur de ses exportations avait diminué de
- j ClU(piiènies.
- c0n(r ^d,ure et le tissage du coton, par un mouvement les ç r<}’ Paient quadruplé leurs ventes à l’étranger; tance ? r,a,*ons cc genre égalaient presque en importe So^nic des ventes faites au dehors par l’ensemble °s les autres industries.
- p.191 - vue 230/0
-
-
-
- 192 FORCE PRODUCTIVE
- Les toiles de chanvre et de lin présentaient une aug' mentation faible encore, mais qui révélait, pour.l’obser' vatcur attentif aux moyens de produire, une révolu.^011 dont les effets allaient grandir en peu d’années.
- Enfin les tissus de soie restaient toujours au derntf1 rang; leur exportation était réduite de moitié.
- Le tableau suivant donne la valeur réelle des expoi’ta tions pour les quatre industries textiles aux deux époqueS dont nous étudions le parallèle.
- EXPORTATIONS COMPARÉES DES PRODUITS TEXTILES, DE 1 797 À l820<
- ANNÉE MOYENNE 1
- 1790 & 1798.
- FILS ET TISSUS EXPORTÉS.
- Franc*.
- Lainage*, Coton».., Toile*..,
- 104,380,900
- 31,968,350
- Soierie*.
- Totaux
- Lainages.— Il fallait avant tout venir au secours
- à#
- C0P'
- lainages. Que de lois n avait-on pas imaginées pour traindre à seconder cette industrie, non-seulement ^cSjjj vants, mais aussi les morts l Sous le règne dcGuillau#16 ^ un Acte du Parlement obligeait d’employer la laine p°ü linceul des Anglais: consommation la plus incvita > ^
- toutes. En 1788, on avait redoublé les pénalités fendre la sortie des laines britanniques, ces longues ^ si soyeuses, dont la production était regardée COI11.lTÎ jc, des cléments les plus précieux de la richesse na 1 ces laines que l’Europe enviait à la Grande-Brctagne
- p.192 - vue 231/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 193
- D’i
- un autre côté, le besoin d’obtenir des revenus avait c°utraint à frapper de droits les laines étrangères.
- première vue de Huskisson fut d’olfrir à la fois deux Usures qui ne pouvaient plaire à chaque espèce d’intérêt Particulier, mais dont la réunion servirait l’intérêt public, jfaveur de l’agriculture, il demandait la libre sortie des nationales; en faveur des industries textiles, il ^rau de réduire beaucoup les taxes sur les laines étran-^ Gs* Après une négociation longue et difficile, ce com-0fï)is accepté devint, en 1824, un Acte du Parlement.
- temps, il abaissait, sans excès, les droits d’entrée pes lainages étrangers.
- loi ?Urj|,8er k*en c* Ie mal peuvent résulter des j Gc°nomiques, il faut en comparer les résultats h de 8S uitervalles ; nous nous bornerons à cet examen.
- 'LE DF.S QOANTITÉS DE LAINE ENTRÉES OD SORTIES EN l8a3 ET t 851.
- p.193 - vue 232/0
-
-
-
- 194 FORCE PRODUCTIVE
- Il ne faut pas croire que ces magnifiques progrès dan* les quantités de matières employées et dans la vente ^ l’étranger soient en entier dues à la législation plus i°' telligente dont nous indiquons les mesures. La rnajeu1^ partie des accroissements appartient aux améliorations^ l’économie toujours plus grande introduites dans les pr° cédés de filature à la mécanique et dans le tissage par métiers automatiques ayant la vapeur pour agent.
- L’admirable prospérité de l’industrie qui met en le coton rendait moins urgent de supprimer le droit àeil trée sur cette matière; Iluskisson l’a diminué. j
- Dans l’année où ce ministre fit passer en loi le gran. travail de révision et de simplification des douanes ^ tanniques, en 1825, il obtint du Parlement qu on ^ duirait à des proportions moins exorbitantes les droits les produits étrangers qui protégeaient trois genres tissus britanniques.
- SYSTEME DE RÉDUCTIONS.
- TUint de coton Tieaee de laine. Tiaeui de Un...
- DROITS D’ENTRE6
- AXTiniKuns k i8a5.
- 50 i 75 p. 100 50 p. 100 40 à 180 p. 100
- * A dater de 1833.
- Il importe de faire observer que les 25 P*^ àe' quels on réduisait les droits sur les tissus de JIl 111 gj3>
- vaient arriver à ce minimum d’abaissement qn°n après huit années de réductions successives.
- p.194 - vue 233/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 195
- ^u Peu de danger qu’ont eu les réductions de droits en Angleterre.
- En môme temps que je signale la tendance moins restrictive des lois britanniques, depuis la paix générale, il j^porte aussi de faire observer qu’aucun pays, autant que ^•ngle terre, n’a pu sans danger tenir ses portes entr’ou-Vei'tes aux produits des manufactures étrangères.
- ^ On en jugera par les résultats suivants que j’emprunte !83o, l’année môme où finit la carrière de Iluskisson.
- Produits étrangers de coton, de laine, de lin od de chanvre
- CONSOMMÉS PAR LE ROYACME-ÜNI EN 183o.
- genre 08 produits. VALEURS EN FRANCS.
- IMPORTATIONS. RlIXrORTATIOSS. RESTE pour la consommation.
- °* do c°ton européen!. fr. 611,200 fr. . 452,375 fr. 158,825
- Ti,SU, Uino.... 1 ,Odcr J 1,714,725 0 ^AA HA 01,400 GO1,375 1,623,325 2,506 175
- t°tadx.... A *01 *0* 1,541,625 4,070,700
- ftien
- !S*8
- fi,briqué
- n’est plus curieux que de comparer avec ces résultats la vente des mômes genres de tissus s par la Grande-Bretagne et vendus à l’uni vers.
- p.195 - vue 234/0
-
-
-
- 196
- FORCE PRODUCTIVE
- PRODUITS BRITANNIQUES DE COTON, DE LAINE ET DE LIN, VENDUS A L’ÉTRAI»^11
- EN i83o.
- . .. ... VALEURS EN FRANCS.
- GENRE DE PRODUITS. OFFICIELLES.
- fr. 1,026,274,275 138,791,100 77,520,275 fr. 483,399,300 121,183,95° 49,900,^00
- Totaux 1,242,591,050 654,489,050
- Môme en supposant, ce qui n’est pas, que les États étra*1 gers n’eussent rien produit à meilleur marché qne évaluations officielles, au-dessous desquelles l’Angleterr. descendait avec tant d’énergie et de rapidité, on n’en arfl verait pas moins à cette conclusion, que je prie Ie *eC teur de graver dans sa mémoire :
- «Avec le plein effet des concessions de Iluskisse^ lorsque l’Angleterre vendait à l’étranger pour un ^ de ses tissus, coton, laine et lin, elle consommait lement, des memes tissus fabriqués à l’étranger, P 76,207 francs. » En vérité, ce n’est rien. ^
- Voyons l’état où se trouvait le meme commerce cette France accusée de si peu recevoir de l’étranger*
- p.196 - vue 235/0
-
-
-
- DES NATIONS
- 197
- COMMERCE DE FRANCE EN l83o.
- GENRE DE PRODUITS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- do chanvre fr. 7,462,128 fr. 3,058,420
- Toile, , 14,451,511 26,900,410
- Tissa, Je laine "364,989 26,625,210
- Tissu, de coton 2,792.264 55,000,878
- Totaux 25,070,892 V 111,584,918
- ces tableaux nous extrayons le résultat qui suit J!0Ur i83o. Lorsque l’Angleterre et la France vendent à ^tranger pour j million de fds et de tissus, laine, colon ln» la valeur des produits similaires étrangers s’élève:
- Pour VAngleterre, à......... 76,207francsi
- Pour la France, à........... 224,652
- Si
- Pféf' G l)cnsa‘s comrne lcs Anglais, j’aurais l’ingénuité de le résultat qui donne à ce point la prépondérance d * ^rications de mon pays, sans me soucier plus qu’eux
- SIï*ulaires empruntés à l’étranger.
- Mesure* relatives aux soieries.
- J| ^
- d’Uli aut actuellement nous élever à des considérations °tdre dillérent pour le quatrième genre de tissus. Par j| l^ef Rangements les plus considérables apportés Breta Us*lsson dans les lois commerciales de la Grandc-^ ^ne est relatif à l'industrie de la soie.
- rs de la révocation de l’édit de Nantes, un grand
- p.197 - vue 236/0
-
-
-
- 198 FORCE PRODUCTIVE
- nombre d’ouvriers français, filateurs et tisserands, émi' grèrent; ils transportèrent leur précieuse industrie à Sp1' talfields, dans un faubourg de Londres. Ils ne purent paS conserver la supériorité quelle avait acquise en France sous l’^minislration de Colbert.
- Afin de les protéger contre la concurrence du dehors on ne se contentait pas de prohiber les soieries étrangères» on permettait aux magistrats de Londres de fixer un fl11' nimum de salaires, au-dessous duquel on ne pouvait paS faire travailler l’ouvrier en soierie. On agissait dans Ul1 intérêt d’humanité; mais on renchérissait les produits» et, par ce moyen, on diminuait la vente chez les autreS nations. Ce n’est pas tout : hors de Londres, rien ne h1111 tait l’abaissement des salaires. C’était un énorme avantagé oITert aux fabricants de soieries «\ Coventry, à Derby» Manchester. Ainsi la loi déraisonnable qui semblait ^e nir au secours des ouvriers de Londres avait pour rés11 tat de les priver de travail!
- Lorsque, après i8i5, la paix générale eut ouvert, moins sur les marchés du dehors, une libre concurrencé’ les soieries anglaises ne parvenaient pas à s’y placer p plus de onze millions de francs.
- Sur le marché britannique, non-seulement les -françaises et celles de toutes les nations du contij1 européen étaient bannies, mais les soieries de anglaise étaient aussi prohibées. # . ^
- Veut-on juger combien l’infériorité des soieries ^ glaises était grande? Malgré les facilités qu’une sente pour empêcher la contrebande, les soieries ' g gères entraient en quantités prodigieuses. Pour se & ^ à l’abri du danger, on traita les confiscations c0*in^Jai)lit traite les sinistres de naufrage ou d’incendie : °n des maisons d’assurance qui, moyennant i5 P* °'
- oui’
- soierie
- p.198 - vue 237/0
-
-
-
- DES NATIONS. 199
- parfois 10 p. o/o, prenaient à leur charge cette espèce de Périls. Elles déposaient à Londres, dans tel magasin qu’on v°ulût désigner, les soieries de France.
- "p °
- 1<J,appé d’une telle insuffisance des lois, Huskisson Proposa trois mesures connexes : la première, qui faisait ^paraître limitation exceptionnelle des salaires à ^°ndres; la seconde, qui réduisait considérablement les j r°lts d’entrée sur la soie grége et sur la soie moulinée;
- troisième, qui remplaçait par un droit de 3o p. o/o a prohibition des soieries étrangères.
- ^ Ou aimait à supposer qu’à ce taux les étrangers aban-°nneraientun système d’assurances où l’on ne demandait ^uplus que 15 p. o/o de sacrifices. Le Gouvernement se •ttpait peut-être à dessein; mais évidemment, si l’é-^ nger continuait de préférer la contrebande, on restait r^ns statu qao représenté jusqu’alors par la prohibition:
- . n° c^lan8ca^ au détriment du manufacturier anglais, profitait, au contraire, de la remise des droits sur les
- °S Prcmièl’cs*
- ^ **ugré ces raisons palpables, un premier bill, présenté Huskisson en i8q3, adopté d’abord par la Chambre pai C°tlmiuncs> fut à tel point mutilé par la Chambre des ^s» que le ministre préféra l’abandonner, pos ^US ^la^dement en 182/1; il imagina de pro-
- ^ ^ k*or,fait immédiat de la suppression du droit d’en-ttc;e SUr ^CS nîatléres premières, et d’ajourner à deux an-^Emplacement de la prohibition des soieries par ^'°it protecteur de 3o p. 0/0. lUri0Clte so^,**on erdeva tous les suffrages. Les manufac-T* ^Evant contrebande, agrandirent de plus en sUivr -ÎUlS atc^crs» sans s’inquiéter si la consommation de • même progrès. Mais lorsqu’approcba le mois
- et 1826, époque où devait s’exécuter la seconde
- p.199 - vue 238/0
-
-
-
- 200 FORCE PRODUCTIVE
- partie de l’acte bilatéral, ils s’y refusèrent avec violence!
- ils alléguèrent un engorgement qu’ils avaient créé.
- Le ministre, dont le système, en 1824, aVait oblenu l’adhésion universelle, devient, deux années après, l’objct des attaques les plus passionnées, meme au sein du PadÇ' ment.Sa défense est un monument de droiture et de ffl1' son. Il n’avait point à se justifier des maux produits en sup primant une prohibition, puisqu'elle n’avait pas encore supprimée. On jouissait, au contraire, d’un bienfait reahse depuis deux ans par la réduction du droit sur les niatièieS premières. L’auteur de ce bienfait, on l’attaquait coin,Tie
- • * 4 n 6
- un traître envers l’industrie britannique;; on l’accusau la ruine anticipée quelle éprouvait. Un demi-milh0^ d’hommes allait périr de misère; et, pour sauver de mort ce nombre fabuleux de victimes supposées, demandait la conservation de mesures parfaitement me ficaces!....
- *1 3
- Iluskisson fait voir que, loin d’avoir été novateur, 1 simplement suivi l’impulsion donnée par la nation depuis l’année 1820. 11 rappelle une pétition puissarlt présentée dès celte époque par les marchands de b0 dres, la plus grande cité commerciale de l’ancien et nouveau inonde. « Cette pétition, dit-il, embrasse tüU* principes de la politique commerciale d’après lesquC Parlement a depuis rédigé ses lois. e
- «Si je me reportais à bien d’autres pétitions de 1Ilt. ^ nature, ajoute-t-il, je pourrais montrer que 1 impu s t primitive n’a pas été donnée par le Couvernement; c un honneur que nous ne réclamons pas. Les change»1®* opérés jusqu’ici sont le résultat de l’opinion P11} sanctionnée par le.concours d’hommes pratiques et ^ firmée par les enquêtes poursuivies dans les deux Chai» ^ du Parlement. Nous n’avons pas créé cette opinion»
- p.200 - vue 239/0
-
-
-
- DES NATIONS. 201
- l
- 116 lavons pas devancée; nous ne l’avons pas même sui-v|e avant quelle eût été clairement et distinctement ma-jüfestée. Nos actes n’ont jamais outre-passé les bornes de ^ clrconspection, commandée par l’autorité des hommes °nt 1 expérience était la plus compétente pour prononcer Ütl jugement assuré. Mais, lorsqu’une fois ce jugement authentique et déclaré, notre devoir est d’agir en con-9uence. Le pays a droit d’altendre des administrateurs ^ponsables, non pas qu’ils soient lents à se convaincre es Vérités de la science économique, mais qu’ils soient ré-^rves dans leurs délibérations, avant de procéder à l’ap-cation. L’aiguillon qu’on emploie pour accroître la force ^ Pldsive est mieux placé dans d’autres mains. Le soin . gouvernants doit plutôt être de régler la traction, r oe pas ralentir le mouvement, et maintenir une a^c *e ferme et sûre vers l’amélioration.*» jq j^°^e ^range! c’était le même membre du Parlement, c{aé arin^’ (IU*« s*x ans auParavanL avait présenté, expli-tio * Potion de Londres contre les probibi-
- ui qui présentait maintenant la plainte SCS co,nine^ants contre l’introduction des soie-f étrangères : même avec un droit triple de l’assurance
- 'JUl si»np
- ^ ‘lisait à la plus ample contrebande, total U° UUlle côté, Huskisson alïirme qu'en 182 1 la valeur düs soieries fabriquées annuellement en Angleterre a^o millions de francs; il affirme qu’au moment 13 evait la discussion de 1826, cette valeur était de fajjajr|Ud*üns sterling ou 3a5 millions de francs. Qu’en. gûros d, Conclure? Que la prohibition des soieries étran-Pvo,/.*laVaU l>as CInpêcbé pendant cinq années ce grand ^Üs$<'S ^UIS raP‘ôité d’accroissement des produits, en tl étaqUlt ^°S I)r*x* devenait une cause de soulfrance, qui Pas particulière aux soieries.
- p.201 - vue 240/0
-
-
-
- 202 FORCE PRODUCTIVE
- On était au milieu de la crise commerciale de 1826' occasionnée par un excès de production en tout genre $ par une multitude d’entreprises insensées dans cette annee dite des bulles de savon (bubble year).
- Une telle crise avait d’autant plus de gravité qu’elle accompagnée d’un décroissement accidentel dans la quaI1 tité des produits anglais vendus à l’étranger.
- A ce sujet, Iluskisson fait entendre le plus noble laIÎ gage: «Pendant un temps qui sera court, la détresse aC tuellc peut peser lourdement sur les ressorts de n°trC prospérité; mais, si nous poursuivons notre course aVeC modération, nous n’avons rien à craindre pour notre pra crès à venir. Je m’attache avec conviction à cet esp
- ° 'llS'
- qui sourit au courage; et, sans regarder en avant,Ju qu’au terme d’une longue existence, j’ai la confiance 9 je serai témoin de sa réalisation.
- «Que je me trouve alors dans la vie publique ou d la retraite, ma plus grande félicité sera de voir ainsi preuve que la puissance et les ressources de ma Pa^gt auront grandi par les mesures commerciales quü 111 échu pour partage de soumettre au Parlement. » ^
- Après avoir montré dans toute sa grandeur cette no^ défense, présentée avec un art infini par le pluS 5 voyant, le plus instruit et le plus modéré des d’Etat, contentons-nous de montrer le résultat 0 .
- par les mesures qu’il a fait triompher pour régler le c
- merce des soieries.
- Lorsqu’il défendait ainsi les mesures qui lui suscd3
- ien*
- sa vie<
- tant d’ennemis, il ne pouvait pas prévoir que sa fructueuse pour la prospérité de l’Angleterre, serait années plus tard , tranchée par un de ecs accidents q le secret de la Providence, et qu’il périrait au nl^lCU 0oh des triomphes commerciaux que célébrerait Li
- p.202 - vue 241/0
-
-
-
- 203
- DES NATIONS, dont Huskisson était le représentant, triomphes obtenus avant sa mort si prématurée.
- Eh bien ! l’espoir qu’il avait formé s’est réalise. En l’exportation des soieries n’égalait pas même la moi-
- hé de
- ce qu’elle était en 1821; dès i83o, elle s’était rc-et surpassait de moitié l’exportation de 1821.'
- Exportations des soieries britanniques.
- Année 1821......................... 374,473 liv. ster!.
- ’ 1826.......................... 296,736
- ~ i83o............................... 521,010
- D’
- ies 1,10 au*re Huskisson avait affirmé qu’en 1825
- pou°ler,GS ^ranCaises enregistrées 4 la douane de France fr Passer en Angleterre valaient environ 3 millions de Seul S *an^ls (îue lessaisiesde la douane britannique étaient des enie^t ^e *25,000 francs, c’est-à-dire 4-î-pourcent ^Produits imp0rt^s en contrebande, lèv aUrai^on Pas pn répondre : Puisque les saisies ne s’é-tii0 flu‘,u vingtième des objets de contrebande, com-Pouvez-vous espérer que la contrebande ne conti-tré^ ^as f^ex,s*cr* quand vous demanderez un droit d’en-^Scptuple de cette perte volontaire? ,
- H n rcahté, le Gouvernement anglais na pas obtenu, comme la joignait l'espoir, de supprimer à la fois pour les soieries a réé .ltl0n et 1° contrebande. Il ne l’a pas obtenu lorsqu’il ^ U,t ^es droits protecteurs de 3o à i5 pour cent; ni auJ°nrd' hui, qu’il se contente d’un droit de pro-ç.. n ’ SuPposé de 1 o pour cent. pren^St Ce dernier fait que je veux mettre en lumière. Je posif S P0llr terme d’observation 1851, l’année de l’Ex-0r* Universelle de Londres.
- p.203 - vue 242/0
-
-
-
- 204
- FORCE PRODUCTIVE
- Mouvement des soieries d’Europe apportées en Angleterre (1851)’
- %iW’
- Poids des soieries exportées de France en Angleterre.. 908,8^9 Poids des soieries admises à la douane d’Angleterre ^
- comme provenant de Y Europe entière.............. i85,o
- Déficit représentant la réexportation ,1a contrebande, etc. 728,8^ Réexportation officiellement constatée... .._______________
- • 8q
- Déficit final, inconnu à la douane d’Angleterre...... 733’
- On suppose qu’une fraction de cet énorme déficit eS transbordé sur des navires en partance et n’entre paS ^ Angleterre. Je crains beaucoup que ce lransbordetf,e 11e soit pas très-considérable : il montrerait combien aP d’efficacité le système d’entrepôts dont la Grande-Bretag est si fière, et qui ne recevrait pas un centième des p1 duits les plus précieux réexportés. # r
- J’ai cru nécessaire de présenter ces faits pour dissJp^ beaucoup d’illusions au sujet du commerce des soiei ^ Je l’ai fait avec un plus grand développement p°ul ^ soieries, les cotons et les lainages, dans l’Appendice rapports des A/*, XII* et XllV Jurys, tome III. -
- Les Anglais, quels qu’aient été leurs efforts, 11 ^
- tirer leurs soieries d’une immense infériorité par f port à celles du continent européen. Jugeons-en 1 les résultats commerciaux de 1851 :
- F t»9*'
- Soieries britanniques vendues à l’Univers........
- Soieries d’Europe exportées par la France........ ^ 553
- Y compris les soieries françaises, pour..........
- p.204 - vue 243/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 205
- ENTREPÔTS.
- ^ ^arnii les actes remarquables votés pendant l’adminis-l>atl0n de Huskisson, il faut citer la loi pour étendre et ^v°riser l’entrepôt des marchandises étrangères. On se attait que ces marchandises, une fois attirées sur les plus ^raruls marchés du monde, à Londres, à Liverpool, y paient avidement recherchées par navigateurs des lyerses nations; on entrevoyait un avenir sans bornes Ce nouvel élément de prospérité. j expérience, que je me suis fait une règle de consulter j, s cesse pour apprécier la valeur des lois économiques, ex^rience n’a pas en tout justifié ces espérances, tf raPpclant que la loi qui régularise et facilite les enta ^)ots en vue des réexportations date de i8a3, j’oflrirai Parallèle suivant :
- des IMPORTATIONS BT DES RÉEXPORTATIONS DE 1 8ûO À l83o.
- années. IMPORTATIONS. RÉEXPORTATIONS. 1 RÉEXPORTATIONS PA* VtLMO* d« produits importas
- Liv. st. Liv. tt.
- l820< 30,515.222 18,817,726 617,650
- 18J3< 51,762.122 10,602,090 333,066
- 1830i> 29,432,376 9,211,928 312,986
- 44,815,397 8,335,786 190,465
- lCs .°Us verrons, en France, les mêmes illusions égarer lfii 'm:iginaii0T,s et l'.iire espérer (les résultats chimériques v'1!0 1<lgislation pareille, relative aux entrepôts pour rc-"tes * l'étranger.
- p.205 - vue 244/0
-
-
-
- 206
- FORCE PRODUCTIVE
- LOIS COLONIALES ET DE NAVIGATION.
- Quand je parcourrai les possessions extérieures & la Grande-Bretagne, j’aurai soin d’y signaler la proporti°D des commerces accomplis d’un côté par l’empire brita° nique, de l’autre par les nations concurrentes.
- A présent, je me borne à présenter les nouvelles vueS de lluskisson sur la navigation et le commerce des col° nies de son pays. C’est en 1826 qu’il fait adopter u législation améliorée avec un rare discernement.
- Pour déterminer l’Angleterre à se relâcher des 11 sures de protection qui remontaient à Cromwell, et d les effets salutaires étaient depuis longtemps prodults' lluskisson, qui ne nie pas les bienfaits du passé, se bot11 à montrer les exigences du présent. Il demande à s0il pays s’il peut laisser immuables ses lois è l’égard dcl’^tral1 ger, quand le monde étranger se transforme de t°u,j parts1? «Je puis assurer la Chambre des communes, pour premières paroles, qu’en lui demandant des a rations qui différent des anciens sentiments du pays . le régime et le commerce de nos colonies, ceIieS^0$ parce que je regarde comme erronées les vues de ancêtres, ni parce que je prends l’innovation <n même pour la perfection nécessaire. Non; c’est simple**^ parce que les circonstances du globe sont changÇeS ^ leurs rapports avec nos intérêts commerciaux. C est quement sous ce point de vue que je désire être c°nSl^ à comme novateur. Je n’éprouve aucun empresse^0
- 1 Quinze cents loi* sur te commerce accumulée» depuis 1° r o^ oflle douard I*' jusqu’à celui do Georges IV; elles ont été rcmpl«c^e*^ jajj)0s actes spéciaux et corrélatifs pour former un seul cusemble, p®r Deacon Hume, sous la présidence de lluskisson.
- p.206 - vue 245/0
-
-
-
- DES NATIONS. 207
- lettre en pratique des principes nouveaux, aussi long-^iïips que les circonstances n’en imposent pas l’obliga-^0rj. Chaque jour l’expérience me démontre davantage à M degré, dans les intérêts si vastes, si compliqués, de ce Pays, toute théorie générale, incontestable au point de VUe de l’abstraction, a besoin d’être pesée avec sagesse ^ circonspection, pour être appliquée d’une inain dis-Clcte, pour être conciliée avec les rapports préexistants e*ttre Ies parties de la société, et pour être ainsi mise eïl harmonie avec les établissements, avec les institutions ^ sont nés sous les garanties de lois et de relations Rétablies. »
- Ayant signalé de la sorte la prudence de sa marche, il aPpelle sur trois sujets l’attention des Communes: i° le sy,slcrne des lois commerciales à l’égard des colonies; 2° la )ecessité d’alléger beaucoup de taxes, en rendant service ***industries britanniques; 3° les moyens de secourir les dateurs et la navigation.
- <(P était autrefois de droit public européen que le ^mierce avec les colonies appartenait sans réserve à la r°Pole. Mais, depuis les premières années du siècle,
- ^)'n
- tugal
- . es invasions ce principe n’a-t-il pas souffertes! Ici le Is*rc développe un tableau d’une admirable grandeur: *808, la famille de Bragancc abandonne le Por-Corî Ct au Brésil; ce pays dès lors n’a plus son
- ^‘nterce enchaîné par celui de la métropole. Saint-Do-cin ^Ue’ colt(î si vaste et si fertile, voyez depuis vingt-^ssi UnS C01n^‘en son sort est changé : son commerce ^tl.lIlCdei,e,,(I l^us éc l’ancien continent. Voyez quelle ^Am^S-ltUa^°n des nouveaux, immenses, qu’offrent
- dPr(1.ri<lUe éu centre et l’Amérique du Sud! Jusqu’à ces Priv^1? *e,nI)s» colonies de l’Espagne, ils vivaient isolés et c e commerce avec le reste de In terre. Enfin, dans
- p.207 - vue 246/0
-
-
-
- 208 FORCE PRODUCTIVE
- la* meme partie du monde, voyez Cuba, voyez les üeS secondaires restées fidèles à l’Espagne ! aujourd’hui let,rS ports sont ouverts et leur négoce est rendu libre avec leS autres nations.
- «Il faut bien considérer l’influence d’une révolution £l vaste sur le négoce et la navigation des colonies brita*1' niques et des nations rivales. N’esl-ce donc pas assez p°ul nous justifier quand nous cherchons à connaître si ^ changements d’une telle importance, chez les peuples <Jül nous entourent, ne réclament pas aussi quelques changé mcnts chez nous? Nous prétendons prendre notre part dans tous les commerces nouveaux; tour à tour, cette part, nous la sollicitons et nous l’exigeons... Je ne veo* pas dire encore à quel point, en équité, en noblesse conduite, au nom des droits du plus faible vis-à-vis du p^llS puissant, nous nous trouvons dans l’obligation de ren^ des bienfaits pareils à ceux que nous réclamons aupreS de qui ne peut nous résister. »
- fluskisson se demande, enfin, si le vaste changent produit cinquante années plus tôt, du golfe du Mexiqlie golfe du Saint-Laurent, par la création des États-UnlS’ peut ne rien changer à l’administration des possessions^ glaises insulaires et continentales dans cette portion globe? «Voilé des questions que j’ai du me poser, en ma qualité de ministre responsable, et qu’aujour mon devoir m’oblige de soumettre à la considération rieuse du comitcj de la Chambre. » (]e
- Alors il fait le tableau des bienfaits qu'a retirés 1 depuis que tout obstacle a cessé d’exister dans son ^ ^ merre avec l’Angleterre. Il revient aux Etats-Unis., j voir quels avantages mutuels sont résullés des lacild leur ont été données, après leur séparation d’avec ^eS, patrie, pour commercer avec les colonies restées 1
- p.208 - vue 247/0
-
-
-
- DES NATIONS. 209
- De ces grands exemples et des exemples offerts par les félonies étrangères, Huskisson conclut à l’avantage des alités d’échange et d’intercours qu’il va proposer pour es colonies britanniques.
- j ^ demande qu’on accorde aux peuples d’Europe la aculté concédée aux États-Unis de transporter directe-et par leurs propres navires, leurs produits dans les Renies britanniques et les produits de ces colonies dans eur propre pays. Il laissera toutefois subsister, sur les Déduits étrangers, des droits spéciaux d’entrée.
- concession faite aux États-Unis ne les avait point a^sfaits. Us voulaient que leurs produits fussent placés jVec ceux de l’Angleterre sur le pied d’égalité ; l’Angle-^ e sy refusa. Huskisson maintient ce refus. Il main-ses aUss^ Pour D mére patrie la navigation directe avec Propres colonies ; l’étranger n’y participera pas. ^ QUX droits protecteurs sur les produits étrangers jes^0r^s aux colonies, le statu quo sera maintenu pour tp l^rcbandises déjà taxées. A l’égard des produits in-<] lS^US(l11^ cc jour, la prohibition sera remplacée par p S droits qui pourront s’élever depuis 7 1/2 jusqu’à 3o c , de leur valeur réelle. Cette source de revenus est ^e(Jce aux colonies, et leurs législatures en disposeront. tj0li °s entrcpôts ouverts aux produits de toutes les na-prj .Ser°ut établis dans les colonies, suivant le même illanCl^)0 que dans la mère patrie. Us deviendront des c0ri ,lLs commodes pour les Etats indépendants qui se ^lllUent dans toute l’Amérique méridionale. los ^^uistre s’en promet des résultats merveilleux; nous ^Pptecierons en parlant de l’Amérique. dpSot> ïn^Ine temps il désire que le blé du Canada, franc loulc interdiction, puisse être admis sur les s de la métropole, moyennant un droit modéré.
- ,JITi'ODL'CTIO!<.
- li
- p.209 - vue 248/0
-
-
-
- 210 FORCE PRODUCTIVE
- En faisant un tableau séducteur des prospérités qu^ prévoyait et qu’il s’exagérait, je le crois, il s’élevait au* pensées les plus généreuses : « Je promets des progreS vagues et spéculatifs, m’objectera-t-on? Soit. Voyez pouf' tant l’avantage des premières facilités données à notre commerce avec l’Inde orientale, lorsqu’en 1813 nous avon5 renouvelé la charte de la Compagnie! On n’osait pas, °n ne voulait pas concevoir les nouvelles sources de co#1 merce que saurait exploiter l’industrie privée; et pour
- tau*
- déjà des résultats importants sont obtenus. Il en sera
- de
- même à l’égard des Indes occidentales. De semblable
- O jpd
- effets se produiront avec bien plus de fécondité dans possessions anglaises de l’Amérique du Nord, chez &eS populations composées de travailleurs libres et de race ropéenne, avec un sol excellent, avec des côtes vastes poissonneuses, avec des marins et des pécheurs intrepi^s, « Tout ce qu’on pourra faire pour identifier la prospel1^ de ces provinces et de la mère patrie les empêchera contempler avec envie, convoitise et regret l’éclat
- des
- Etats-Unis, et de soupirer après l’indépendance.
- affcc'
- «Pour nous, remplissons les devoirs de parents a tionnés et désintéressés ; remplissons-lcs avec bonté, ^ ^ libéralité : ainsi le veut la véritable prudence. ^eS ^ meilleur moyen pour perpétuer une utile et ferme nexion. Si jamais, ce que Dieu ne permette pas, 1e c ^ des vicissitudes humaines doit amener la dissolution liens que nous aurons rendus doux et profitables * aurons tout fait pour empêcher que la séparation souillée par la haine et par le sang. » fCIÏr
- Dans une séance suivante, Huskisson cxpli<IuC ^.0it$ placement de certaines prohibitions par de forts ^ protecteurs : les gants, par exemple, dont la conti ^ est énorme, payeront 3o pour o/o de droit den c
- p.210 - vue 249/0
-
-
-
- DES NATIONS. 211
- Verres et les glaces, au lieu de 80 pour o/o, en payeront 2°î les porcelaines, au lieu de y5, en payeront i5.
- A l’égard des tissus, ce grand objet du commerce bri-ique, il explique le système des mesures que j’ai pré-
- taiin
- céd
- emment indiquées et que je résume ici. D’anciennes
- es sur les lainages, qui s’élevaient de 67 1/2 à 5o p. 0/0,
- 0r*t remplacées par 15 p. 0/0 de droit d’entrée. Pour les toile* 1 . , r p 1,
- la protection restera plus lorte., alin d assurer une
- |raflde et prochaine victoire; les anciens droits de 4o à
- P* 0/0 sont abaissés seulement à 2 5. Le ministre fait
- ïgm
- ^ arquer qu’un changement capital s’accomplit dans la la ^1Ca^0n (^es toiles : l’emploi des mécaniques en modifie ^ ature et le tissage; il se développe avec rapidité. C’est poUl k*v°riser celte transformation dispendieuse qu’il pro-plu Un (^e P* °/° sur les toiles étrangères. Pour C^G Priulence*on adoptera huit années de réductions p U°1 es avant (le descendre à ce droit de 2 5 p. 0/0.
- ^c°tte niesure, on veut favoriser surtout l’Irlande, is ^ativemenl aux cotons, le ministre considère qu’en tal IGS ^n8lais peuvent déjà prendre dans l’Inde orien-le v 6 coton en laine, l’apporter en Angleterre, le filer, lieu0SSOï ’ rePorlcr en Orient CL malgré huit mille <jUeC® (^c voyages, en vendre les produits à plus bas prix dr(). es I»dous. En conséquence, il fait disparaître les i0 S exagérés, et se contente d’un droit protecteur de °/° SUl' les cotons unis de l’étranger. sn(plt 11 Rendrai pas davantage cette récapitulation; elle ^avent°Ur ^<"montrer T116 llnskisson ne proposait rien pas c* s’entourait de garanties en marchant d’un
- ^nt. Il concevait que pour la vie commerciale,
- llltell
- c>me
- lguée t
- iqUon 0l,t à coup pouvait mener les nations à des con-
- di&Il/ ** P011** la vie sociale, une liberté sans limite et pro-
- Ccs désastreuses, même pour cette liberté.
- >4*
- p.211 - vue 250/0
-
-
-
- 212 FORCE PRODUCTIVE
- Je viens de présenter avec fidélité les mesures capital qu’un grand ministre a proposées, il y a trente années* dans l’intérêt de sa patrie. Je me suis placé, comme d faisait, au point de vue de son pays. Quand je parler31 des Etats-Unis et d’autres contrées, je présenterai de niême> au point.de vue de leur avantage national, des mesuré à plus d’un égard différentes, et qui contribuent à leUl prospérité. Ce sera le moyen d’éviter l’absolutisme certaines théories qui, bonnes en elles-mêmes, ont p°ur tant leurs exceptions de temps, de lieux et de circofl* tances.
- ,1a
- Il faut parler maintenant du progrès de la plus gran industrie britannique après celle des arts textiles, b n’avait nul besoin des lois pour prendre l’essor.
- $ 4- SITOATION NOUVELLE DE L’INDUSTRIE DES FONTES, DES FEllS DES ACIERS; CRÉATION DES CHEMINS DE FER k GRANDE VITESSE
- Le tableau qui va suivre présente : i° la valeur de tous les produits ouvrés ou bruts en fer, exportés; prix de 1,016 kilogrammes, ou tonne britannique» P dant un quart de siècle.
- ANNÉES. t EXPORTATIONS. FRlX de J
- 1797 ' 2,050,2221.1t. 401^
- 1815 1,280,002 20
- 1820 1,131,703 13 ï
- 11 7o
- 1823 1,073,041
- , ja di&1'
- Les producteurs de fer, justement cfirayes uc
- p.212 - vue 251/0
-
-
-
- DES NATIONS. 213
- ^tion incessante du prix et de la baisse totale des produits ^portés, songèrent à des moyens de salut tirés de leur Pr°pre territoire. Ils ne trouvèrent rien de plus propre à Procurer une grande consommation que l’entreprise de Vastes chemins de fer.
- ^es 1823 b le Royaume-Uni possédait en assez grand Nombre de pareils chem ins, mais destinés au transport à Pas lents du produit des mines et des carrières. Les tra-publics s’en servaient aussi pour transporter les ma-lai.lX : c cs^ co clu on faisait, par exemple, dans la cons-^ ction des docks de Liverpool et pour les terrassements u Canal Calédonien. Des chevaux traînaient, au pas, des
- W'irv
- ^ ogons ou tombereaux qui roulaient sur les rails ou barres e posées parallèlement sur le sol : ici tout l’avantage pistait dans l’économie de la force de traction.
- ^ ^ commerce, surtout entre les cités principales, avait
- Par°/n ^ Un° ^*Cn ^US Srande v*tessc (Iue ce^e d’une lieue leurc» dont nous venons d’offrir l’idée.
- G(Illil importe de montrer ici, c’est l’esprit des nou-^ e? Cnl*'epriscs, c’est le concours quelles trouvent dans lndustne préparée à tous les perfectionnements. ne sufïit plus de ces belles diligences d’Angleterre de j^arcouraicnt au moins trois lieues par heure, ni môme ^ur ÏTîade'Postc* qu» parcourait jusqu a quatre lieues par w e‘ Parlement croit à la possibilité de diligences à aVçc r (IU‘ circuleraient même sur les routes ordinaires fait grandes vitesses : il ne croit pas aux obstacles et point une longue enquête en i83o et i83i. n s agite et chacun cherche.
- 1 han
- ^ >8* ?UVraKe G. Porter ( Progrtss oj the nation ), on voit que, de Vltl8l'qüatrc T ^ ^>nr^cmcnt d’Angleterre avait autorisé rétablissement de ^°Ur sotUfJL ^nc* l*c de fer et l’ettcnsion de vingt-cinq lignes
- n,rc n,u besoins de l'ancienne et lente circulation
- p.213 - vue 252/0
-
-
-
- .214 FORCE PRODUCTIVE
- H Dès 181/4, un mécanicien qui va devenir justeme^ célèbre, Georges Stepbenson, avait surpassé tous Ie5 essais de véhicules à vapeur, appelés depuis locomotiv Sa machine était séparée du chariot d’approvisionnement du tender, qui portait le combustible et l’eau nécessaire a la vaporisation. En 1825 on ouvrait à la circulation leS chemins de fer de Stockton et de Darlington, surlesqu^s les locomotives de l’éminent ingénieur obtenaient un suc cès marqué, pour des vitesses portées jusqu’à 12 et i3 ^ lomètres par heure.
- Chemin de fer modèle entre Liverpool et Manchester.
- Dans la même année 1825, une compagnie comp0^. des négociants et des fabricants de Manchester et de verpool forme une grande entreprise de chemin de entre ces deux cités. En 1826, elle obtient du Parlent l’autorisation d’y consacrer ho millions de francs. LcS génicurs de la voie nouvelle seront MM. Georges et llennie, les fils de l’illustre sir John Rennie quc 11 avons cité tant de fois. * . ggeS
- Commençons par signaler les plus grandes hardie^
- qu’imaginait la Compagnie Mancheslcr-ct-LiverpooL croyait qu’il suffirait d’offrir au public deux doubles gées de rails en fer, posées sur un terrain bien nlV ^ l’une servant pour l’aller et l’autre pour le retour* ^ traiterait avec les particuliers qui voudraient, (^vec propres véhicules, circuler sur ces deux voies. ^
- Dans le principe, on hésitait entre la traction Pa^s machines fixes ou par des locomotives; leS
- obtenus à Darlington firent adopter le dernier 1110 o0l Les directeurs de la compagnie Manehestcr-et-L1'^^ proposèrent un prix de ia,5oo francs pour la IIiel
- et-
- p.214 - vue 253/0
-
-
-
- DES NATIONS. 215
- locomotive qui satisferait, comme minimum, aux condi-h°ns suivantes : «le poids du véhicule moteur devait 110 pas excéder 6,000 kilogrammes, pour en traîner
- *8,000, avec une vitesse d’au moins 16 kilomètres par heure.»
- Trois compétiteurs, Georges Stephenson, Ericsson, ackworlh, concoururent; le premier remporta le prix jans 1 année 182 g. La locomotive de Georges Stephenson, e Rocket, parcourut non pas seulement 16 kilomètres, j^ais 20 et jusqu’à 3o par heure. Pour vaporiser l’eau, k lephenson la Taisait circuler dans une multitude de Petits tuyaux autour desquels circulait la flamme. La Vapeur agissait à la pression de 5 atmosphères; en s’échap-après son action produite, elle était lancée par un Je étroit dans la cheminée, pour activer le tirage.
- ^ Stephenson perfectionne encore son invention pour j,ami'es locomotives, telles que la Planète, employée à °üverture du chemin, en septembre i83o.
- ^ Angleterre avait acquis une assez grande expérience tçaris ^ travail des ponts et chaussées pour que les vastes rassenients, les viaducs, les galeries souterraines et difT^°ntS n<^cessa*res ^ la v0*e ferr^e n’offrissent aucune lculté qu’on ne fût en état de vaincre. MM. Rennie r^ussircnt parfaitement.
- t 0ninïo il s’agissait d’obtenir une voie qui n’offrît par-pl fIUe des pentes extrêmement faibles, on ne devait ,recu^er devant des déblais et des remblais énormes, plu 0 Jton,r des parcours moins longs, des courbes d’un fpand rayon pour tourner insensiblement, etc.
- Réaction soudaine des chemins de fer sur les canaux.
- Lè
- is le premier moment où les chemins de fer furent
- p.215 - vue 254/0
-
-
-
- 216 FORCE PRODUCTIVE
- proposés au commerce, les propriétaires des canaux seB'
- tirent qu’une concurrence redoutable allait les atteindre.
- Dans le Sta(Tordsbire, entre Birmingham et Livcrpoob il y avait un labyrinthe de canaux tracés, pour ainsi dire» au hasard, avec des détours incroyables : détours qu°n s’était cru permis quand on n’avait à redouter d’autre J"1' valité que celle d’un roulage imparfait sur des routes etf1 pierrées et très-mauvaises, comme elles l’étaient générale ment jusqu’à la fin du xviii® siècle.
- Le célèbre ingénieur Tclford, consulté par les pr°^ priétaires de ces canaux, leur propose un nouveau trac digne de son talent. La ligne qu’il adopte traversera ^ comtés pleins d’industrie de Warwick, de Stalford et Chester; clic conduira presque en ligne droite de B11 mingham à la rive gauche de la Mersey, en face de J
- vcrpool. Ce magnifique projet reçut une exécution rap1^
- de Ier
- Ainsi la seule annonce des nouveaux chemins
- al
- rendait au commerce le service le plus signalé ; un cafl plus court réduisait considérablement le prix des tranS ports par eau entre deux grandes cités. On va voir a au bienfaits dus à la meme invention.
- Organisation du service des chemins de jer.
- rofa11'
- La compagnie Manchcster-et-Livcrpool, en appr0 ^ dissant scs études, avait reconnu qu’il était impossi ^ d’abandonner à l’inexpérience, à l’incurie, à l’impérltie^s l’imprudence du premier venu, le droit de circuler sUl ^
- suf
- nouvelles voies, où des vitesses supérieures allaient rci
- les accidents et plus fréquents et plus redoutables que les chemins ordinaires.
- Il fallut qu’une même association fût propneta seulement du chemin de fer, mais de tous lès v
- p.216 - vue 255/0
-
-
-
- . d
- DES NATIONS. 217
- jjUl circuleraient sur ses rails. Il fallut organiser, avec 01 dre le plus complet, un personnel très-nombreux et le Materiel le plus varié, le plus délicat, le plus coûteux.
- ^ U fallut construire, soit au point de départ, soit au point ^arrivée, des édifices d' une étendue inaccoutumée, pour ltes Services tout nouveaux; des balles gigantesques, pour arnvée, le départ et le dépôt des véhicules; des apparents d’attente rapprochés, mais distincts, pour les ^ §ageurs de diverses classes; des ateliers, disons mieux, es arsenauxd’une immense étendue, pourla construction, ^°Ur la réparation et l’entretien journalier des locomotives ? des voitures, et des waggons les plus variés, appropriés t0üs les genres de transports; enfin, des magasins qui Sent suffire aux dépôts des marchandises avant la for-j*0n des convois.
- cie d’ordre, de discipline sévère, d’activité silen-
- i e et de travail .intelligent que nous avons signalé ics docks du commerce et de l’Etat, cet esprit'fut ^ aP*e dès le premier jour, avec une entente merveilleuse, lls les travaux, à tous les nouveaux services des clic-*lns de fer.
- y e ^ seulement en septembre i83o qu’eut lieu l’ou-s; Ure du chemin de Liverpool «\ Manchester, dont la h. 1 e annonce tenait dans l’attente le commerce du
- cc cnlier-
- inc ma^n^‘fïuc spectacle, où les chefs du Gouvernerez G^cs Personnages les plus distingués s’étaient donné le ez'v°us, termine dignement la période marquée par *0l|to l)lr U ^ ProsP^r]d® de l’industrie britannique, après ^né GS ,n*s^rcs souffertes en châtiment d’une guerre p 6 l)r°^on8^e pendant un quart de siècle. larqe r^u°i faut-il que nous ayons â rappeler la mort *a le de l’illustre Huskisson, qui, surpris entre le
- p.217 - vue 256/0
-
-
-
- 218 FORCE PRODUCTIVE
- convoi dans lequel il cherchait à remonter et la soudait arrivée d’une locomotive à grande vitesse, tomba sur ^ rail, eut les jambes brisées sous les roues du véhicule» f périt au milieu d’horribles souffrances.
- Ainsi, la même journée a signalé les bienfaits et leS périls du nouveau mode de transport, que bientôt allons voir se propager, avec une incroyable émulati011’ dans tous les Etats civilisés.
- Je ne puis m’empêcher de rendre un dernier homma£ê à l’homme d’État qui fit tant pour le pays dont je decrJ le progrès, au ministre dont le caractère bienvein accueillait les étrangers avec une libéralité dont je -porter témoignage. En 182/1 , je lui montrai le désii^ connaître l’état des relations établies entre l’empire tannique et les Etats étrangers pour faciliter le conn11 de l’univers. Iluskisson ht réunir la correspondance ^ tous les consuls anglais sur cette matière ; il la disP^ dans un cabinet adjacent au sien. «Vous viendrez ici» dit-il, tant que vous le voudrez; nous ne gardons paS ( secrets, et vous ferez tous les extraits que vous voudre^ J’avais été moins heureux dans mon pays, et e
- qui m’avait refusé s’appelait Chateaubriand. Qu°n je s’étonne donc pas si j’ai gardé pour Iluskisson * £
- fond de mon cœur, le culte d’une amitié qui, Parel vje, mon respect pour sa mémoire, 11e finira qu’avec
- p.218 - vue 257/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 219
- CHAPITRE IV.
- QUATRIÈME EPOQUE, DE l83o X l84l.
- S 1-.
- DEVELOPPEMENS ULTERIEURS DES CHEMINS DE FER.
- L Europe et l’Amérique apprirent avec admiration ^uUn nouveau système venait d’être réalisé, qui ne décodait pas même aux voyageurs le prix qu’on payait 9ris malle-poste et dans la diligence, pour transporter s cahots, sans fatigue, avec une vitesse de 7 à 8 lieues des voyageurs de première classe; des voya-s parfaitement à l’aise, dans des voitures spacieuses,
- ^ous dirions presque des salons, boisés avec luxe et üecoré« j» x . 7 .
- Pos • QUn taPls* des voyageurs assis comme sus re-
- SUra-nt dans les fauteuils à bras les plus confortables, ^es coussins élastiques, et recouverts d’étoffes somp-Y0^Ses> dans des voitures éclairées de manière à pou-rain Pen(^ant nu^ et l°rs du Passage des souter-
- p0jJ’ Par le secours d’une lumière astrale qui ne fatigue nt vue; enfin chauffées pendant l’hiver par un sys-efficace.
- Partie de ce confortable, mais avec moins de luxe, d’a ait encore aux voyageurs def seconde classe bien plus ^abl’1116111 et d’aisance que dans les diligences les mieux ^ les» et pourtant à moitié prix, de Corestait à procurer aux classes nécessiteuses leur part Of(j0 S ^^ufaits. Le Parlement y pourvut. Dès i835, il et jj* a ffUe des véhicules de troisième classe, couverts ^ire n ^ta^dis, permettraient à la classe ouvrière de Par ^oins six lieues par heure en payant a5 centimes Uc* ^ ^tait le prix qu’autrefois en France on payait
- p.219 - vue 258/0
-
-
-
- 220 FORCE PRODUCTIVE
- pour voyager en patache, assis sur la paille, en plein ajr’ les pieds enfermés dans un panier peu bourré de paiHe’ et le corps brisé par d’horribles cahots, sur des routes grossièrement empierrées et dans une charrette non sus pendue. Tel fut le progrès en faveur du peuple.
- Il a fallu créer une carrosserie nouvelle ; combiner roues et les essieux, qui devaient supporter les plus grafl poids et résister à d’extrêmes vitesses-, assurer la suspen sion des voitures destinées aux voyageurs; donner aUX caisses de ces voitures la solidité, l’élégance et le cont qu’il était possible de concilier. On ne saurait croire «veC quelle rapidité ces conditions nouvelles ont été chercbee et satisfaites. ^
- Une partie moins délicate, mais,qui méritait égalem d’être étudiée, était la cbarronnerie des voitures ou gons destinés au transport des chevaux, des bêtes à ^ nés, des cochons et des bêtes h laine, au transport ^ effets délicats ou fragiles, des objets encombrants et
- des
- v * J . * g,
- objets très-pesants pour leur volume. Lî\ se trouvai résoudre une foule de problèmes pour réduire le vélu
- au minimum de poids et de volume, en lui conservant
- forme la plus commode et la solidité qui produit la ou Les chevaux sont transportés trois par trois dans
- étables suspendues; ils y sont rangés transversalement'
- direction de la voie. jeS
- Pour les bêtes à laine, les véhicules sont desberge à deux étages, afin de transporter plus d’animaux dans espace donné. ^e.
- De simples plates-formes, montées sur des roucs*^^ çoivent les diligences, les malles-postes, les berlines ^ autres voitures de maître qu’on veut transporter l^g< voie de fer. On les soulève, on les fixe sur ces * formes; puis, à l’arrivée, oo les démarre, on leS
- p.220 - vue 259/0
-
-
-
- DES NATIONS. 221
- end avec une facilité merveilleuse. On imite ici les Pr°cedes employés trente ans plus tôt dans les docks de ondres pour empiler et désempiler les pesantes masses 11 acajou.
- ^ Les moindres questions ont de l’intérêt quand il s’agit e faire voyager avec ensemble et sans accident des Sses énormes telles que les locomotives, les diligences ür les personnes et les chariots pour les bagages, c’est-ki]lrG P01ck de 4, 5, 6, 8 et jusqu a 4o milliers de j °§ranimes, sans que la mise en mouvement ou les ra-ntisserncnts soudains de vitesses occasionnent de chocs testes.
- milieu de la largeur, chaque véhicule est rattaché ^^^Idciile qui le suit par une forte chaîne que tend ^Vls de rappel avec écrou. Des deux côtés, à l’arrière cii'c ja?U° véhicule, sont établis deux trps-gros tampons q aircs> en matière à la fois élastique et résistante. f0r^hampon qui se trouve à l’avant est mobile; il (jdi ie L* tête d’une puissante barre de fer horizontale comme un piston, dans un cylindre sous le an pCu^°> et qui presse contre une spirale d’acier fixée U^' du c,l Jrc.
- la ^Posons qu’un ralentissement quelconque parte de
- G convoi, les chaînes d’attache des véhicules se dé-
- premier véhicule presse pour se rapprocher du
- du trïle’ second du troisième, etc. Les tampons fixes
- LileVà7°r Vdlicu,c d’arrière poussent les tampons mo-
- (1 autà ava,lt du second ; mais ils éprouvent une résistance
- Vaut ^ ^us ^orle que le tampon mobile comprime da-
- 4* S^îlra^cs élastiques en acier. La force vive dont
- de k ° v°Licule antérieur est animé se trouve absorbée sortn i
- séq,JÇnt I)ar degrés; les chocs sont évites, et, par con-’ les ruptures qu'ils eussent occasionnées.
- p.221 - vue 260/0
-
-
-
- 222 FORCE PRODUCTIVE
- . t
- C’est ici le lieu de parler (les dangers si graves qui re* sultent des collisions entre des convois énormes dont leS masses sont animées d’aussi grandes vitesses que celleS' des chemins de fer. Il en résulte des désastres qui fraP' pent par la grandeur, mais qu’une habile police et le b00 choix des employés tendent à rendre de plus en rares.
- Une Commission du Gouvernement britannique falt dresser chaque année, pour chaque voie spéciale et p°uf l’ensemble, l’état des accidents éprouvés par les perso11 nés, afin d’appeler l’attention sur les causes des accideflj*’ qui peuvent être prévenus. C’est le même soin que Gouvernement apporte à constater, pour y porter mède, les meurtres et les blessures qu’occasionnent mécanismes dans les manufactures. Une telle surveillaI)C est l’honneur de l’autorité publique, et caractérise peuple pour qui le mot si souvent prodigué de civil*5® tion veut dire au moins humanité.
- D’après les états officiels publiés annuellement, J a*t^ constater les résultats suivants : du ier janvier i85o ^ 3o juin 1854, on a compté 3q i ,93/1,71 o personnes ay . voyagé sur les chemins de fer du Royaume-Uni; v quels ont été les accidents :
- Tués paraccidcnt que le voyageur ne pouvait pas éviter........................................
- Tués par l'imprudence ou l’incurie du voyageur..........................................
- Blessés par accident que le voyageur ne pouvait pas éviter....................................
- Blessés par l’imprudence ou l'incurie du voyageur..........................................
- 1 sur 4.999 1 sur 4,39^
- 85
- 48
- 1 sur 3J9’9
- r 634.8
- 1 sur
- On doit certainement être frappé de voir p^s
- deJa
- p.222 - vue 261/0
-
-
-
- DES NATIONS. 223
- ^°itie des cas mortels et le tiers des blessures occa-ionnés par des accidents que le voyageur pouvait éviter. ^ ans son excellent ouvrage sur VÉconomie des chemins ^ (Londres, i85o, 1 vol. in-8°), le docteur Lardner a ^ le sous ce litre : Règles simples pour les voyageurs, un ^ uH)e dans lequel il a réuni les précautions faciles que acUn devrait toujours prendre à l’arrivée, au départ et antle voyage, afin de se mettre en dehors des dangers tér' 1^GS* te^es règles devraient être affichées dans l’in-y a J)11^ c^lacllie waSt>on destiné pour les voyageurs. Il j. eaucoup d’autres parties du même ouvrage qui sont ^ d’attention.
- ter < C^ar^ des dangers que le voyageur ne peut pas évi-({,çj|.Cest aux compagnies de chemins de fer à redoubler Par le choix de leurs agents et par toutes les Urcs rçee peut dicter une prévoyance éclairée. En ^mps, c’est aux tribunaux à sévir si rigoureuse-t°U$ J ^UG ^CS assoclad°ns recourent à tous les moyens, à tj0 ^ Sacr^,ccs* Pour aller au-devant des condamnais
- Vçr Priant des progrès qui caractérisent l’orbe de Li-^eau°d^ ^°l)arl*c> cl)aP- P* 1 oo), j’ai fait connaître le de ^Veloppcment des chemins de fer dans cette partie le ..J n§leterre. Portons nos regards sur le point central, lniportant de tous.
- ils So^ c^erïîins de fer'considérables partent de Londres; ^°naT ^,n^s : l0 vers l’Orient, pour longer la rive méri-franCe ^ la Tamise; 2° vers la mer qui fait face à la l’est ^ p.C^ Pour aboutir, en se bifurquant du côté de trois f, °UVros et Folkestone, plus au midi A Drighton,
- 3° ^lts T1* font face à Calais, à Boulogne, à Dieppe; U(l~Ouest, è Soutbampton, à Portsmoutb, à Piy-’ eri face du Havre, de Caen et de Cherbourg, ce
- p.223 - vue 262/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 224
- qui complète les communicalions les plus directes avec la France ; 4° vers l’Ouest, avec Bristol : c’est le Great-Westero» le grand occidental, chemin de fer remarquable sous t°uS les rapports, et construit de 1834 à 1837 par le fils célèbre Brunei; 5° vers l’Ouest-Nord-Ouest, par Birinicg ham, suivant deux lignes, l’une infléchie par Oxford, lflU tre directe sous le nom de North-W'estern, pour se subd1 viser, à Birmingham, droit à l’Ouest, vers l’Irlande, ensuit auNord-Ouest, puis au Nord, à travers l’orbe de Liverp°°|’ 6° vers le Nord, sur la direction de IIull, de Newca^e et jusqu’en Écosse; 70 vers le Nord, inclinant à l’Est pa Cambridge, à Norwich jusqu’aux ports de Norfolk* eI1 face de la Hollande et de la Belgique; 8° vers le Noi'd-Est’ en passant par Ipswich, pour se rallier à la ville îuïp tante de Norwich, déjà mentionnée.
- Complétons l’indication de ce magnifique systèiu0 disant qu’un vaste chemin de ceinture côtoie la mec 111
- 1 ’ail*
- ridionale depuis l’embouchure de la Tamise jusqu confins du Cornouailles. Le chemin du Nord-Es^^ prolonge jusqu’à Edimbourg, tandis que le réseau cosse unit les ports principaux de celte capital6 Glasgow avec Stirling, Perlli, Dundee, ArbroathctA deen.
- cap1
- De 1831 à 1841 furent construites les lignes
- Je?
- taies du grand réseau dont nous venons de inaiq1101^ centres et les points principaux d'aboutisseme0^^ n’était pourtant pas le tiers des chemins exécutes ^ l’époque subséquente pour subdiviser les espaces, cher aux grandes lignes les villes du second 01 courcir les lignes existantes. On créait ainsi, des concurrences aux lignes les plus prospèicS» que d’innombrables embranchements ajoutaient vile, à la richesse des lignes principales.
- p.224 - vue 263/0
-
-
-
- DES NATIONS. 225
- La Grande-Bretagne avait en chemins de fer, pour transports accélérés ouverts, année moyenne1 :
- kilom. moyenne annuelle.
- En i83i...................... $4 |..... i45
- En i844.................... 1.962
- En 1847.................... 5,007 !....... 2
- Le qu’il importe de faire apprécier, c’est la grandeur d(;S sommes souscrites par les associations privées, et soldes successivement sans le moindre secours du Gouver-ïlement, pour créer des chemins de fer.
- De 1826 à i83o * Milliards. . . . . » Million*. IOO
- ,I)o 1831 à i835 . . . . » 375
- De i836 à i84o . .... .1... . 189
- De i841 à i845 . . . . 2 302
- De i846 à l84 9 .... 4 757
- Total 8 . • 7*3
- Pas sonimc Pr0(hgicusc de 8,723 millions ne sera j toute employée à construire les (12,012 milles) kilomètres autorisés par des actes du Parlement. }0 . n a calculé que, sur ce vaste développement, 3,925 ki-^ 'tres appartiennent à des projets qui ne seront jamais 1 ct qui représentent une évaluation présumée de
- ’7,6° millions. • ••
- Cn résulte que, dans un très-prochain avenir, les trois 1 Bien
- ^o8 j» n c,t plus intéressant que la progression suivie. A partir de i844, cution des chemins de fer du Royaume-Uni.
- Etendue dej chemins de fer lieras à la circulation.
- 3 3 4'
- 5* |;n «846 6* éj* *847.....
- V/1 «848.... ..............................
- Uc,lon ou 1” jauvier 1849, a,160 milles.
- 1Nthodcctio*. i5
- I)
- c *831
- Mille*.
- T1 ^ lfl fin de i843 (anuée moyenne)............ «46
- En ................................................. ‘96
- fc" *J45............•............................... j93
- ..... 595
- .... 78®
- .... * » * 91
- p.225 - vue 264/0
-
-
-
- 226 FORCE PRODUCTIVE
- Royaumes auront employé, pendant un quart de siècle* 6,963,000,000 de francs pour la seule création de che* mins de fer.
- Durant ce laps de temps, deux périodes quinquennal^5 sont surtout remarquables par la grandeur et la mullip^' cité des entreprises ; il faut les signaler ici :
- CHEMINS
- ACCROISSE-
- MENTS.
- ANNÉES.
- Chemins autorisé*.
- seconde Époque ,
- retrndeeeeace de favtar peur l'entrtprite de$ chemine de fer IritannKj^**'
- Total eoneeril et sanctionné en deui période» quinquennale*'
- El ntl Aixiis 1 7 miUierdt 871 millions I
- p.226 - vue 265/0
-
-
-
- DES NATIONS. 227
- Après avoir montré la grandeur des sacrifices risqués Par les habitants des trois Royaumes pour donner à leur ï*ays une supériorité sans exemple dans les voies de communication , il faut indiquer les avantages retirés par suite e ces énormes dépenses.
- Au i'r janvier i854, la circulation accélérée était en activité sur 12,080 kilomètres de chemins de fer. Au ^ juillet, l’étendue des chemins livrés à la circulation était e 12,559 kilomètres, c’est-à-dire égale'à 3,i4o lieues. ^ Le tableau suivant fait connaître, pour les diverses asses de voyageurs, le nombre des voyages et les recettes Par classe :
- E ET PRODOIT DES VOYAGES POUR LE PREMIER SEMESTRE DE 1 854.
- SPÉCIFICATIONS.
- fini"* Parlrm«nt«ir*. #ls Hfiodiq
- Jiquta,
- r°*m afférant* «ai voy*g««r* .. Appoint.
- RECETTES
- NOMBRE in LES TOT ACBOHS p
- DES TOTAOEÜRI. •O «n
- livre* aterling. francs.
- 0,616,458 1,241,201 31,030,025
- 17,580,151 1,463,449 36,586,225
- 10,674,050 435,829 10,895,725
- 15,482,581 850,068 21,476,700
- 13,264 82,245 2,056,125
- 50,307,404 4,081,792 102,044,800
- 10,868 271,725
- TRANSPORT DD MATÉRIEL.
- voiture*, m.llra-posta*, J* »°J*
- 01 1 transportai....................
- i minéraux, martbautliaaa......................
- a
- *c*ttix ,u, la transporté..............
- a,c*TT«» ,ur J, p#n<,Bn.| „ la matinal Uaoiporti*
- AUTRES RECETTES
- livra* atarling.
- 505,110
- 4,820,826
- 5,531,042
- 0,424,603
- franc*.
- 12,627,000
- 120,070,050
- 153,208,350
- 235,015,075
- l5.
- p.227 - vue 266/0
-
-
-
- 228 FORCE PRODUCTIVE
- Comme on le voit par le tableau qui précède, quclque considérable que soit le revenu produit par le transport des personnes, celui des animaux, des voilures et des marchandises est devenu plus productif encore.
- Rien ne serait plus important que de connaître le poi^5 total des objets transportés; mais les comptes parlemeI1' taires sont muets sur ce point.
- En définitive, les produits actuels des chemins de fel du Royaume-Uni dépassent pour un semestre :
- fr-
- i# Pour les voyageurs................... io3,000,000
- 2° Pour les marchandises, animaux, etc... . 267,000^000^
- | ...............................................
- Total du revenu brut........ .870,000,cQO^
- Cette immense perception s’opérant sur une étendu*j de 12,324 kilomètres, elle donne en nombre F^11 3o,000 francs par kilomètre.
- Si le produit n’est pas plus considérable, il faut lfltl11^ huer à la modicité des prix de transport. On en jugera p le tableau suivant :
- SOMMES PÂTÉES SOIVANT LES DISTANCES POUR LE TIlANSrOHT DES PERSO
- jj N 6®'
- CLASSES DE VOYAGEURS. POUR 100 KILOMÈTRES POUR 100
- fr, c. fr. «•
- »" 13 80 55 50
- 2*. 0 81 30 2*
- ! y 5 30 21 M
- | CUn« jMrl«m*aUir« 0 42 25 08
- Le compte officiellement publié fait connaître
- la
- W'
- p.228 - vue 267/0
-
-
-
- DES NATIONS. 229
- gueur des espaces parcourus par les diverses classes de voyageurs; nous en déduisons d’abord 1 étendue moyenne e* la dépense par voyage.
- LONGUEUR ET DEPENSE MOYENNE DES VOYAGES.
- ESPACES PARCOURUS
- DÉPENSE
- CLASSES DE VOYAGEURS,
- FAR VOYAGE.
- 8 TÏS
- ^ 10 0
- y ^ résulte de ce tableau que la très-grande quantité des » excepté ceux de la première classe, est au-dessous MlonleUCS et demie; elle n’égale pas une journée de
- En
- class ^>rcnant pour unité l’ensemble de la troisième , (I, de la classe dite parlementaire, on trouve que la c]ass lse Par v°yage est à peu près double pour la seconde ^ el quadruple pour la première. t°(ai°S Anglais donnent pour les trois Royaumes l’étendue gers. 9Ue parcourent les trains qui portent : »° les passa* r0Spd nîatériel et le nombre des trains. Il en résulte que égaj ^ c ^oycn parcouru par les trains de voyageurs est du ^ ^7 TÔT- Ce résultat nous explique la faible étendue Senter C.°U,S moye» des voyageurs; il nous permet de pré-Coltl Cs résultats suivants, qu’il serait intéressant de r°r à ceux du môme genre chez les autres nations.
- p.229 - vue 268/0
-
-
-
- 230
- FORCE PRODUCTIVE
- Rapport de l'espace que parcourent les voyageurs avec celui que parcourt le train qui. les conduit.
- 1" classe....................................... 71 centième5*
- a*................................................ 45
- 3*................................................ 4o
- Classe parlementaire.............................. 45
- Il est à regretter que les comptes publiés ne donnen* pas, pour chaque classe, le nombre des voyageurs <Iul suivent la ligne entière parcourue par le train.
- Comment les chemins de fer du Royaume-Uni se rattachent à lu nat> galion générale, qui continue sur les mers les voyages à la vapeur-
- Dans le rapport que j’ai rédigé pour le VIII0 Jury » de la guerre et de la marine (voy. t. III), j’ai présenté* torique de la navigation par la vapeur, qui s’est ete,^0 sur les mers lointaines dans la période subséquente a 1 ^ Je ne reproduirai pas ici tous les développement5 lesquels j’ai cru devoir entrer pour faire connaître c grande innovation, où l’Angleterre a donné l’exempt a autres nations. ^
- Afin de montrer à quel point l’Angleterre a déjà ^ l’union de ses communications 4 vapeur de tcrie mer, il me suffira de citer ce fait : :'3i
- Pour i85i, l’année de l’Exposition univcrseHe'^ trouvé que les ports de mer auxquels aboutissaient ^ des chemins de fer percevaient en droits de les importations la somme de 45q,31 4,55o francs t autres ports seulement 59i,35o francs.
- p.230 - vue 269/0
-
-
-
- 231
- DES NATIONS.
- Quand les chemins de fer actuellement en construc-tlQn seront achevés, les ports qui resteront encore isolés représenteront pas en droits de douane une perception egale au millième de la perception totale. Ce résultat est Magnifique.
- S 2.
- DE LA POPULATION DANS SES RAPPORTS AVEC LE TRAVAIL DES MANUFACTURES.
- j, ^,n de ne pas diviser un sujet important, surtout par enchaînement, j’ai réuni, dans l’époque qui commence à ^ ^°* l'exposition des faits qui concerne une législation evenue fructueuse seulement à partir de cette époque.
- Travaux des enfants, des adolescents et des femmes.
- le commencement du siècle, il était nécessaire que ^ egislateur protégeât les enfants, chaque jour plus nom* fip1**’ aIîPe^s au travad des nouvelles manufactures qui aiÇnt à la mécanique et le coton et la laine.
- Angleterre industrielle a commencé, comme on sV tllence en tout pays, par exécuter la loi, mais en Jniant à découvrir les moyens de l’éluder.
- Arlc 6 ^US °Pulent dateur qu’ait eu l’Angleterre après Wllght, le premier sir Robert Peel, a terminé noble-sa carrière en venant au secours des enfants °yés dans les nouvelles fabriques. Membre de la qlJ.ani^re des communes dès 1802, il a fait adopter l’Acte $Ve Clar6ea*t» dans chaque district, un juge de paix, lilat Un CCrélastique, de surveiller gratuitement les j^rfs °n l’on employait des enfants.
- CaMi aiS ^GS 8rands filateurs, disséminés alors dans les iagnes, aux lieux où se trouvaient les eaux motrices.
- p.231 - vue 270/0
-
-
-
- 232 FORCE PRODUCTIVE
- étaient devenus, par leur influence et leur richesse, ^ plupart juges de paix.
- En conséquence, ils couvraient leur habitation, c’est ^
- * i
- dire leur fabrique, par leur caractère de magistrat; e les inspecteurs gratuits, bénévoles, se trouvaient écarte* des lieux qu’ils devaient inspecter. Il a fallu trente année* avant qu’on apportât remède à ce premier abus.
- Pour plus grande sécurité, les manufacturiers anglalS profitèrent de l’esprit judaïque d’après lequel sont inte1 prêtées les lois dans leur patrie.
- Au commencement du siècle, les filatures employait des enfants et des adolescents engagés pour sept année*’ suivant la loi générale de l’apprentissage.
- L’Acte de 1802, au lieu de parler d’adolescents 011 d’enfants, désigne simplement les jeunes travailleurs son* la dénomination d'apprentis.
- Les fllateurs sont partis de là pour ne plus passer contrats d’apprentissage. Au lieu de prendre des ad°^eS cents ou des enfants pour sept années, ils ne les ont P engagés qu’à courts termes.
- Lorsqu’ils employaient des apprentis à longs ils avaient un avantage direct à ne pas les épuiser les premières années, pour en mieux profiter dans dernières. Il 11e fallait pas, de prime abord, les au point de les rendre malades; car on aurait été r ^ à les soigner, à les nourrir longtemps après, sans travaillassent. Là se'trouvait un contre-poids àlnde de les exploiter à outrance. cll„
- Mais aussitôt qu’on eut imaginé de recourir aux f veurs de paroisses (oi'ewcrj) pour louer, acheter, depa) ^
- dan*
- les
- nef
- m°f
- les enfants pauvres; aussitôt qu’on eut trouvé ce de libérer la bienfaisance municipale, autre calcul*^ acerbe, ccs enfants étant transportés au loin, »anS l3
- i ce ni
- p.232 - vue 271/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- j^'e, sans parents ni tuteurs qui les suivissent et qui vei s^ent à leur bien-être, rien n’arrêtait plus l’excès du tr<
- Oll^ In c ]--- :-------• -
- 233
- reil-
- tra-
- U
- Tue les maîtres leur imposaient.
- °e autre révolution industrielle multipliait les victimes u sordide intérêt.
- r *
- ^ machine à vapeur, incessamment perfectionnée, a Jsait chaque jour avec plus de puissance contre les ^ çurs hydrauliques. Le nombre et la force de ces pQ ni°.rs ^,a‘cnl bornés, la vapeur était sans limites. On Vait l’établir dans tous les lieux favorables à la fois ^ le commerce et la production. con PSt ^<lnS *cs V1^es (Iu’on trouvait le plus davantage à centrer le nouveau moteur, et, pour y satisfaire, la
- ^Pulat
- olli
- •on de ces villes devint immense. Sans cesse elle •
- pj fai* 1Q ressource inépuisable de ses enfants pour rem-V|Cer et CPUX (lu' succornlja*ent et ceux qui devenaient ^ <nieS’ vo'^ comment le mal s’accroissait en étendue j1 ^L,en intensité.
- était naturel que le législateur britannique cherchât ^j^Cniede à ces maux excessifs; mais les obstacles se r 'Pliaient à l’cnvi pour paralyser ses ell'orts. étetîjUles les fois qu’une grande force physique ou morale «Hit S°n ernP're au milieu d’un peuple, il s’élève à la é°Uk|^es sophistes qui prêtent, qui prostituent par une l'CriV ^assesso non-seulement le rigorisme, mais l'adula* f°urrla ,/ aisonnement, à la puissance qui triomphe. Il se t|^0* ^0nc une logique industrielle qui, sous le nom de la pt/j économique, justifia, préconisa sans réserve et et p finance des forces inertes sur les forces animées
- H
- °xploit;]
- 'bon immodérée de l’ouvrier par les machines
- la voir en lutte avec la loi.
- b'A
- nt
- ^cte de 1802, pour ainsi dire enlevé pal surpris » (luon ait eu le temps d’en prévoir la poitee
- p.233 - vue 272/0
-
-
-
- 234 FORCE PRODUCTIVE
- le repousser par des sophismes, cet acte qui parlait uni' quement des apprentis, ne s’appliquait qu’à peu d’enfant’ dans une seule classe de manufactures, laquelle n’étalt pas la sixième partie en nombre, en puissance, de ce quelle est aujourd’hui. L’Acte de 1802 fit si peu de se*1 salion, que nous ne trouvons pas dans l’histoire ^ débats parlementaires1 un seul mot qui rappelle la pre sentation du bill, ni ses lectures successives, ni les ^ eussions auxquelles il a pu donner lieu. Mais il n’en * pas de même à l’égard de la lutte qui commence api’tS paix générale, lorsque la guerre industrielle va se declarer entre les grandes nations qui reprennent les unes aVe les autres leur commerce et leurs échanges. Xp
- Le promoteur vénérable de l’Acte de 1802, afibge
- voir la loi dont il se sentait responsable éludée $ l’astuce et la cupidité, frappé des abus renaissants et p déplorables que jamais, le premier sir Robert PeeL^ père du ministre illustre, renouvelle ses efforts. Dès il présente un nouveau bill à la Chambre des Com*111^ pour étendre à tous les jeunes travailleurs la protec réservée aux seuls apprentis par le bill antérie111*
- La Chambre des Communes, malgré l’évidente jllS et l’humanité d’une semblable proposition, veut ^3ien U(1 pas sc trouver sufiisamment informée; elle institue comité d’enquête.
- Les sessions de 1815, de 1816 et de 1817 s00* bées par des recherches dilatoires. eau
- En i 818, on s’occupe avec plus d’ardeur dun n ^ ^ bill sur les enfants des manufactures, dans lequel J ^ proposé que tous les jeunes travailleurs ayant u1 jg seize ans ne fussent pas assujettis, chaque jour, à p
- abs°r
- 1 Ilansard’» Parliamcntary debates.
- p.234 - vue 273/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 235
- heures de travail, y compris le temps des repas et llristruction.
- Un seul homme, c’est Wilberforce, devançant de prime 0rd ses contemporains, fait briller sur celte question un ^y°n de lumière, qui n’éclaire pas alors les esprits, et qui ^entraînera les convictions que quinze ans plus tard. Il Pe«t approuver ni la classification proposée parmi les ^eurs' n* ^affectation d’un égal nombre d’heures posées à toute la classe définie par un bill où la même domination d’enfants est appliquée, sans différence, à
- S les
- travailleurs de neuf à seize ans. Il trouve injuste,
- __________— — J '
- ^ trouve cruel d’imaginer que des enfants de neuf ans soient ^aPables de supporter un travail aussi prolonge que ceux d quatorze à seize ans. Il veut en conséquence proposer dx longueurs de travail, pour deux classes distinctes .
- *teclasse: Enfants de neuf à douze ans; classe : Enfants de douze à seize ans.
- Après trois années de recherches préparatoires et de rdffds habilement prorogés par de sourdes résistances, J! 1818, les débats solennels commencent enfin dans jdibre des Communes.
- i Ue sophisme est sous les armes et s empresse < c com lettre. Dans cet achat, ce louage, cette exploitation e a ^rilde et de l’enfant en qualité de serviteurs des forces Sérielles, en qualité, nous dirons presque de serfs des dlnnes, l’idolâtrie des profits affecte de voir une liberté dte! Elle ose en dresser l’autel sur le lieu du tra ic, °Ur protéger ce qu’elle appelle, en sa langue de tia » i marché du labeur(the market of labour), aussito
- â Sciencc arithmétique industrielle réclame, dans son r Engage et pour ses inflexibles théories, le culte sa rtles de la liberté, sur ce marché du labeur ou se négo
- p.235 - vue 274/0
-
-
-
- i
- 236 FORCÉ PRODUCTIVE
- cient, au jour le jour, le travail, la santé, la vie
- femmes, des adolescents et des enfants.
- La liberté ! mais le vendeur ne Ta pas en Angleterre Dans un pays qui passe en moins d’un demi-siècle 8,000,000 à 16,000,000 d’habitants, malgré des émigra tions immenses; dans un pays où la classe agricole ne peU* pas même occuper avec parcimonie ses femmes et seseI1 fants, réduite qu’elle est au moindre nombre de mains se1, un territoire exigu, tandis que le surplus affamé de toute les classes offre ses bras à l’industrie, qui les rempli’ avec une efficacité toujours croissante, par ses métiers» r ses moteurs; dans un tel pays l’offre du travail csttoujolir incomparablement supérieure è la demande. C’est ào*1 l'acheteur qui dicte les conditions, dures ou non; eest vendeur qui les subit, et qui n’a pas la liberté du re ^ L’ombre de celte liberté, si le vendeur ne l’a paS P. lui-même, le vendu, fils, fille, épouse de l’ouvrier, l3^1^ moins encore, sous la puissance qu’il est du père » tuteur ou du mari. C’est par conséquent du mineur, ^ de la femme qu’on dispose ainsi, sans les consulter, j qu’il s’agit de leur sort... On voit maintenant à 9 point, pour aider l’intérêt industriel, on profanait ce^ . sacré de liberté», qui fait tressaillir tous les coeurs et s’empare même des consciences. *îliers
- Au milieu de ces débats parlementaires, dcs 1111 ^Q d’ouvriers, pères de famille, adressaient à la ^^^p-des Communes d'humbles et pressantes pétitions . pliaient qu’on les protégeât, dans la personne de enfants, contre un travail immodéré dont üs vaient pas exiger la réduction à de justes linuteS* jj. prières et leurs larmes déposaient contre la pretefl berté dont on proclamait pour eux un exercice îaap et dérisoire.
- p.236 - vue 275/0
-
-
-
- DES NATIONS. 237
- kes pauvres pétitionnaires ne réclamaient pas seuîe-fient en faveur de ieurs enfants. L’industrie moderne, jll< donne à ses mécaniques le plus grand degré possible Vitesse, afin de multiplier en proportion son travail et es bénéfices, cette industrie exigeait des ouvriers la plus klande force réunie à la plus grande agilité. Dès que 1 âge ^ 1 homme atteint la plénitude de la maturité se trou-, 1 ^passé, dès que ses mouvements commençaient à Ppesantir, on le jugeait en décadence; on le trouvait ^ lissant à quarante ans, et vieillard à quarante-cinq 1 ! Jssîtôt que les commandes alanguies commençaient à ^uuer le'travail des manufactures, on congédiait Tou-
- ypj. 1 O
- ^ r entre ces deux âges. Lorsque l’activité du com-
- Ce renaissait, et que l’homme expulsé se présentait
- r reprendre le travail, on le repoussait comme un
- ^ouvrier usé et fini....! Tel était le second motif qui P°1't'iif i 1
- tni *les ouvricrs â demander que la loi fixât une cer-
- l°ngueur de journée qui, favorable aux deux extré-
- . s de la vie, convînt plus doucement à l’enfance et
- ^ longtemps à lage mûr.
- ^ 1 instant même, l’intérêt personnel attaque les récla-
- |^ n,s (Iui faisaient entendre ces doléances et ces vœux, la j.P^ilionnaircs, alfirinc-l-on en plein Parlement, c’est 0^ Grehnt des classes qui devraient être laborieuses. conta^eCt° ^cs rc8ai'der comme des fainéants en révolte frQ 1 emploi de leurs bras, contre la sueur de leur cSpoi ^es représente comme aveuglés par le fol ^oin Gn °htenanl pour les jeunes travailleurs de l°ngues et moins pénibles journées, les leurs sc-
- Si des rapports concernant tes fabriques de Manchester
- ^yon^ ^0I^’ 8Ur aa,°9^ ouvriers des filatures, il y en avait seulement JU°ltCint ^cur quaraiite-cinquu me année : ce n'est pas tout à fait sept
- p.237 - vue 276/0
-
-
-
- 238 FORCE PRODUCTIVE
- raient en même temps raccourcies, sans pour cela perdre de leurs salaires. Ces médecins, ces ecclésias*1 ques, ces notables de tout état, dont le témoignage etleS réclamations se joignent à celles des pères de famille ia téressés, on les peint aussitôt comme des personnes va*11 teuses, légères, complaisantes, irréfléchies, de peu poids, et dont les suffrages doivent être comptés p°ul rien.
- Voilà ce qu’on répétait avec une assurance impe^ bable jusqu’au moment où le très-honorable Robert ree ’ défendant le bill présenté par son père, faisait, avec éloquence austère, justice de ces dénégations dans Chambre des Communes; et jusqu’au moment où, ^ la Chambre des Lords, un célèbre évêque de ^ieS^ dont le vaste diocèse 1 comprend les neuf dixièmes
- des
- manufactures soumises à la loi qu’on amendait, jusqu moment, dis-je, où ce prélat faisait entendre ces paJJ les, qu’on ne put pas, comme celles des ouvriers, in
- mer en déversant sur elles le dédain et l’ironie : (l
- - Ae ^
- devoir d’ecclésiastique et de prélat, disait-il, était 0 siter moi-même les nombreuses manufactures de mon .
- gOlli
- cèse, où tant d’êtres faibles, suivant les uns,*ne
- fraient rien, mais, suivant d’autres, souffraient beaue^
- dans leur santé, dans leur moral, par l’eflet dun j.gj qui, prolongé sans mesure, les abrutit et les accable* rempli ce devoir; j’ai vu partout de mes yeux. Je ® que l’excès du labeur est tel, qu’il ne compromet PaS,^j. lement les forces et les facultés des jeunes créatuics 1 sées ainsi, mais leur vie même! » . tet
- La Chambre des Lords, entraînée par ce puis5
- ‘ . cgtcr et ^
- 1 L’éy^ché de Cbestcr comprend en entier les comtes de de»*
- Lancastre, plus une portion des comtes do Cumberland et d 0 chapellenies du Dcrbyshirc cl cinq du Flintsbiro.
- p.238 - vue 277/0
-
-
-
- DES NATIONS. 239
- ^énérable témoignage, accepta le bill déjà voté par la ambre des Communes, et, peu de jours après, la Action royale en fit l’Acte de 1819 : Acte qui protège,
- ails exception, tous les enfants employés dans les manucures qu’il concerne.
- ^ ^lais celte victoire, achetée par quatre ans de luttes et e retards, elle était réduite à ses moindres termes. Le ^Qeu qu avait le premier fait entendre le généreux Wil-er force n’était pas exaucé. La tendre enfance n’obte-pas une plus grande protection que l’adolescence a^ancée, qui touche à la virilité. Douze heures de tra-été e^ecl^ Pour tous les jours de la semaine, tel avait tiv ^ V°*e ^CS ^ommunesî telle était la journée défini-e que devait subir l’enfance, à neuf ans comme à seize dité re^outa^^e minimum aurait dû satisfaire l’avi-^des maîtres les plus exigeants : il n’en fut rien. peçpn ava^ signalé l'insuffisance et l'inefficacité des ins-^ gratuites : on ne les salaria point. On ne prit 0n Mesure pour les rendre vigilantes et fructueuses. assura pas môme aux inspecteurs des manufactures ç 0lt de les visiter sans obstacles. ret^es lacunes de la loi, ménagées par scs ennemis, fu-. exploitécs à plaisir; les limites du temps furent de Cn moins respectées, et l’abus alla jusqu’au point sairelntervcmi0“ législative devint de nouveau néces-
- ° Un successeur de Fox à la représentation de «ent- rnlns^er, M. J. C. Iïobbouse, qui, s’inspirant des les p11'?115 généreux du grand orateur, attaqua dès 1825 fac^rjC S (^e *rava*l qu’exigeaient de nouveau les manu* n,Uncs^ anglais; il déclara, dans la Chambre des Cornet <je ’ (lUe ^es dispositions tutélaires des Actes de 1802 19 étaient indignement foulées aux pieds.
- p.239 - vue 278/0
-
-
-
- 240 FORCE PRODUCTIVE
- Le père de Sir Robert Peel, accablé sous le poids d# ans et satisfait d’avoir été l’heureux auteur des deux pre] miers bills, n’en demandait pas un troisième. Son fils. sl dévoué, si puissant pour faire .adopter le second bill en 1819, était devenu plus lard secrétaire d’Ëtat; il ded®' rait, en 1825, qu’il combattrait toute concession noU velle, tendante à réduire au-dessous de douze heures 1® journée des plus jeunes travailleurs employés aux ma*111 factures.
- Pour unique satisfaction, le jeune ministre donne1® des ordres afin qu’il devienne possible aux indivdllS chargés d’inspecter les manufactures d’en faire au besoin la visite.
- Par l’Acte de 1826 (C. G3), trois heures sont retra11 chécs au labeur de chaque samedi pour les jeunes °ü vriers n’ayant pas plus de seize ans. Ces trois heures ront alTectées aux soins de mise en ordre, de proprC ^ de réparations, qui se faisaient auparavant le matin chaque dimanche.
- La révolution profonde éprouvée non pas dans la lion, mais dans le gouvernement français, en 183°. ®£
- par contre-coup les gouvernements de l’Europe en
- tière-
- ;rn
- Dans la Grandc-Rrctagnc, elle accéléra le change d’un ministère et d’un système. Elle raviva la pensee^^ toutes les réformes : celle de l’électorat polilnfl,e ’ nière du travail dans l’ordre industriel, signalèrent la ^ session du Parlement contemporain de nos trois j°,,rl ^ En i832, un nom jusque-lè sans retentissement. ^ de M. Saddler, s’attache avec honneur à la cause de ^ lance employée par les manufactures. Mais au 11101
- où de tels efforts dans la Chain ‘'r1-Cü."‘"r :,io-blaient toucher à la victoire, le Parlement est f(. Chose rare en Angleterre! l’homme de bien <lul ^
- p.240 - vue 279/0
-
-
-
- DES NATIONS. * 241
- Sülvait d’un zèle intrépide une réforme nationale, chère
- ailx amis de l’humanité, M. Saddler n’est pas réélu.
- Un patricien accepte la mission du plébéien pour aceom-
- jj,11 1 œuvre populaire. C’est lord Ashley qui va s’emparer
- Une arène où, pendant quatorze années, on le voit
- ter avec une imperturbable constance;
- 1 ^Prcs une enquête que nous citerons comme un mo-
- c> et qu’il a présidée, c’est lui qui propose et finit par
- adopter le célèbre bill de 1833, dans la première
- ession du Parlement réformé.
- Ue trait principal et caractéristique de cet acte législatif
- ^ ta réalisation de la pensée mise en avant par Wïlber-
- (j°lCe dès 1818 ; c’est la distinction du travail en deux
- suivant les forces du jeune âge.
- les °US tltle d’adolescents (youny persons) sont compris
- havailleurs de treize à dix-huit ans, et l’on défend d’exi-1)
- Uia* CUX ^US S01xante-neuf heures de travail par se-j0Ile’ ^our tas enfants au-dessous de treize ans, le travail palier sera seulement de huit heures.
- Ue réduction si favorable à l’enfance n’a pas été rcm-tastè ° C°nimc une conquête, après un combat ouïe mi-j) re ait succombé : c’est d'un commun accord entre (jUe^Ur du bill et le ministre de l’intérieur, lord Althorp, votéea 110uvelle classe et sa protection spéciale ont été
- ^‘ist^ autle innovation capitale et presque inouïe dans ^Ir° de l’admiiiistralion britannique, ce fut d’instituer p9r ^l)Cction générale du travail des manufactures, salariée p et fonctionnant au nom du Gouvernement.
- ^°^)tcn*r, il fallait affronter les sentiments britan-^Cs plus fiers et qui s’allient aux idées les plus gé-S^U ^C>S nianutacturierf fût-il très-riche et très-puis-nallait plus être, comme le moindre paysan, roi ,Nt«'odüctiü-». J 6
- p.241 - vue 280/0
-
-
-
- 242 FORCE PRODUCTIVE
- dans sa maison, de par les libertés anglaises! Le manufacturier britannique verrait un fonctionnaire du pouvon exécutif entrer chez lui, de par la loi, pour s’enquérir si la loi régnait là sur le travail, et non l’arbitraire du maître! Mais trente ans d’abus odieux à l’humanité, trente ans d’excès commis contre l’enfance, trente ans d’incurie» de mollesse et d’insuffisance trop démontrées chez les juge® de paix, inspecteurs légaux et primitifs, cette impuni*® sans terme avait fini par révolter le Parlement. Elle aval* fini par le pousser à l’une des mesures qu’on pouvait Ie moins espérer de ces Communes ombrageuses et fières» qui'ne croient jamais trop défendre les libertés contre Ie pouvoir.
- On institua quatre inspecteurs généraux des manm turcs, secondés par des sous-inspecteurs. On en fit deS magistrats considérables; on les traita comme on trai*e en Angleterre les fonctionnaires sur lesquels doit peS<^ une grande responsabilité morale, en lutte avec des u1 rets opulents. On sut les rétribuer avec la générosité in tclligentc d’un peuple riche et digne de Vôtre. ^
- Le Gouvernement justifia la confiance du Parle*11 par l’excellence de scs choix. Les inspecteurs gcnéi3^ dont les rapports périodiques sont adressés au Parle*11 et publiés sans altérations, sans suppressions intercs sont des hommes à la fois éminents par leurs talents leur caractère. ^
- C’est à partir de leur nomination que des lumière0 ^ taincs ont été fournies aux ministres, ainsi quauxleo . teurs, sur la vraie situation des manufactures, durée, sur la nature des travaux et sur l'influence lois qui protègent l’adolescence et l’enfance.
- Nous avons du faire une étude approfondie dc situation qui, seule, a pu conduire au but en Ang c
- p.242 - vue 281/0
-
-
-
- DES NATIONS. 243
- ^°Us l’avons étudiée dans son action,' dans toutes les dif-cultes quelle a rencontrées d’abord et dont elle a fini Par triompher, dans les faits quelle a constatés, et qui S0lU devenus pour nous les résultats précieux d’expériences ^thenliqucs.
- ^ Postérieurement au bill de i853, on a prouvé qu’en lîgleterre, pour les fabriques textiles, l’extrême rapidité 11 Mouvement imprimé par les mécanismes rendait né-essaire de réduire à onze heures par jour le travail hu-On ne croyait pas que la loi pût imposer cette Oljdition au labeur de l’homme, supposé maître de ses £ l°ns* Le législateur se fit le tuteur des filles et des ü^mes, comme il l’était des enfants et des adolescents; p défendu de les faire travailler plus de onze heures J°ur, sans parler des trois heures retranchées chaque eûi. Le travail des manufactures exigeait impérieuse-CQu e concours de tous ces êtres plus faibles, mais beau-^>rn°^15 rétribués; la loi, par le fait, vint également ^coiirs des hommes.
- Pto n ^U^ora f assertion que nous avons faite sur l’énorme
- Slli P°rt*9n des adolescents et des femmes dans le tableau nérVant ^onn^i «lès l’année i833, par les inspecteurs gé-fair^Ux ^cs manufactures. Il a pour nous l’avantage de tGv.., Connnître le de^ré d’avancement des manufactures cotte 6poq„ê.
- fa}j . *^3, on comptait dans les trois Royaumes 1,819 fa])ri *Ucs en activité pour filer et tisser les cotons. Ces l’eau^UpS ava*ent des moteurs mus par la vapeur ou par Vce’d Une force de 59,804 chevaux, équivalente à la çCs e 2^9,a36 hommes adultes.
- ^^oes établissements occupaient la population sui-
- p.243 - vue 282/0
-
-
-
- 244
- FORCE PRODUCTIVE
- • . SEXE
- MASCULIN. FÉMIMl1*-
- Enfants de 13 «ne.. 7,106 5,221
- 1 do 13 i IG «oi 30,522 37,034
- Adolescent*.. •... <
- ( de 16 à 20 ans 20,282 41,457
- Adultes an-deisos de-20 «us 55,031 62,633
- Totaux par sexe 112,941 146,345
- Total des deux sexes 259,286
- Les deux sexes ainsi répartis représentent approxi*118 tivement la force physique de i5o,ioo hommes adulteS Et nous avons trouvé l’équivalent de 239,236 botn^ adultes pour forces motrices d’eau et de vapeur. ^ Ainsi, dès 1833, les forces motrices de l’eau et de ^ vapeur surpassaient de moitié les forces humaines empl°yL dans les fabriques de coton. e
- Tout ce travail était employé pour mettre en ^ 133,2 10,700 kilogrammes de cotons importés p°ul consommation, à très-peu d’exceptions près. . e
- 11 est intéressant de connaître les forces de la de moyenne grandeur, déduite des données que nouS nons de présenter.
- Forces de la fabrique moyenne de coton, entre 1S30 ot i^
- ' Julie5'
- Forces de vapeur et d’eau, 3i chevaux équivalents u
- Adolescents......j .......................
- ( ni&sculius• ^
- Adultes..........i férolni"5......................... 30
- masculins ....................
- ,63
- Total des travailleurs...........««
- p.244 - vue 283/0
-
-
-
- 245
- DES NATIONS.
- Il sera curieux de comparer celte énorme concentra-tl0n 4e travailleurs, sous le pouvoir absolu d’un seul manufacturier, avec la répartition des travailleurs, même dans €ette Angleterre si renommée pour son système de grandes cultures.
- ÉTAT DE L’AGRICCLTDRE D’ANGLETERRE EN 185 1.
- LABOUREURS
- FERMIERS.
- Adultes.
- 0 occupant pat 10 ouvrier* occupant 10 ouvrier* et plt
- moyennes des plus grandes fermes d’Angleterre.
- bailleurs effectifs de la grande ferme moyenne, bailleurs de la fabrique moyenne de coton... -
- 33
- i63
- Ci i.
- *môt lrCqUe ^anstocrat,e textile du coton, qui va faire )anuf ,Jnc âpre guerre à celle de la terre, l’aristocratie çnt actur,^re dans sa fabrique de moyenne importance,
- )tlrtes°US ^ ^0I SOn trava^ c*n<ï ^01S autanl de per-U’Ü • (IU° grande ferme moyenne. C’est un résultat P°rte de graver dans notre mémoire.
- p.245 - vue 284/0
-
-
-
- 246
- FORCE PRODUCTIVE
- S 3. LES OUVRIERS ET LES MACHINES.
- cet^
- Nous venons de considérer, surtout dans leurs rapp°rts avec les êtres faibles, les femmes et les enfants, lin fluence des machines. Il faut considérer actuellemen* dans leur action combinée les ouvriers en général et leS moyens mécaniques.
- Parmi les éléments de sa supériorité productive, 1^° gleterre place avec raison, à côté de ses ouvriers, ^ machines fabriquées par ses ouvriers.
- Dès 1781, sur la demande des manufacturiers en p*° duits textiles, un Acte du Parlement interdisait, souspeirl de confiscation‘et d’amendes considérables, l’export^0 des mécanismes, qui prenaient alors un si grand fe loppement, pour la mise en œuvre du coton, de la ^n. et de la soie ; la pénalité s’étendait à l’équipage, au c3!3 laine et même au navire confiscable qui faisaient contrebande. e
- Après la paix de 1783, on entreprit aussi de &e obstacle à l’embauchage des artisans qui fabriquaient^ métiers et les machines. Quand ils voudront aller ^
- tranger, on leur fera déclarer, sous serment, que ce pas pour y travailler de leur état. S’ils reviennent aP avoir faussé leur serment, ils seront passibles des pe les plus graves. ja
- La guerre, presque incessante, poursuivie cntr France et la Grande-Bretagne de 1798 à 181A obstacle bien plus grand que les prohibitions.
- Mais, à partir de la paix générale, un double ^ produisit : les Européens s’appliquèrent par 0-
- moyens à connaître, à s’approprier, et les mécanis glais et les constructeurs de machines avec lcuis *
- p.246 - vue 285/0
-
-
-
- DES NATIONS. 247
- Dans la crise occasionnée par le passage de l’état de guerre à 1 état de paix, entre 1815 et 1820, un nombre considérable d’ouvriers anglais furent privés de travail Par la suppression presque absolue des commandes miliaires et par les premiers effets d’une concurrence de tous s peuples avec l’Angleterre, qui cessait d’avoir le monocle dcs mers#
- I^e Gouvernement britannique s’effraya de la turbulence des agiiations factieuses imprimées aux masses inoccu-Pees; il ferma les yeux sur l’écoulement temporaire de ce ^P plein de travailleurs exaspérés par le manque de tra-c1d- On estime qu’il en est parti quinze mille, sortis des ^teliers les plus divers, pour aller servir d’initiateurs et e guides aux ateliers du continent européen.
- cessa pareillement de se montrer très-sévère sur la rbe dun grand nombre de machines; l’achat qu’en faiils é C rang°r donnait aux ateliers anglais un emploi dont prouvaient un besoin si pressant et si nouveau, j n essaya toutefois de faire des distinctions. On permit
- sortie des machines qui n’avaient rien d’inconnu et gtl On 1
- un pouvait appeler générales, parce qu’elles pouvaient ^ ^PpliqUer à des industries très-diverses; mais on continua aUx<^1C,IOn ^ des mécaniques spéciales, propres
- et lndustries productrices, et surtout à celles du tissage
- ^es filatures.
- «./-tôt, pour éluder la défense, on décomposa lesmé-cx 0^les (*ont l’ensemble ne pouvait pas sortir, afin d’en gUellltCl P1^3 Pr0Prcs à divers usages, et contre les-es le texte absolu des exclusions ne pouvait pas être Pas r- ^ l’égard des parties essentielles qu’on ne pouvait cçrl .3lre ainsi passer, la contrebande, moyennant une ja,Irîe assurance, surmontait la difficulté.
- °xporiation des machines, gênée de la sorte, aequé-
- p.247 - vue 286/0
-
-
-
- 248 FORCE PRODUCTIVE
- rait cependant par degrés plus d’importance; dès l’année 1822 , sa valeur était assez grande pour commencer d’etr^ écrite sur les tableaux officiels du commerce britanniqiie * on l’y voit portée pour la somme de 2,qo5,5oo francs* En 1823, elle atteint le chiffre de 3,946,1 5o francs.
- Les fabricants de machines et de mécaniques, aya^ redoublé d’efforts, étaient devenus de plus en plus nom breux et riches. Ils firent entendre des réclamations asseZ puissantes pour que la Chambre des Communes instituât» dès 182/1, une enquête où sont révélés les faits les p^llS précieux. On y voit quelle était la concurrence de 1^° gleterre avec les autres nations pendant la première pe riode décennale écoulée depuis la paix générale.
- Cette enquête fut dirigée avec une impartialité, un habileté, une finesse remarquable, par Joseph Hume’ cet ennemi froid, étroit, systématique, des dépenses (j.ue fait l’Etat, eussent-elles pour but l’organisation vitale forces défensives qui sont l’honneur et la sécurité de patrie.
- Déjà des constructeurs anglais du premier ordre, Manby, les Wilson, les Edwards, les Dixon, les Cockei
- les
- rill >
- etc., se sont transportés en'Francc, en Belgique, en sic. Ils ont créé de vastes ateliers pour confectionner, P les procédés anglais, des machines empruntées A terre; ils sont amplement pourvus d’ouvriers anghuS* prohibitions qu’avait imaginées le législateur britan étaient donc de ce coté restées sans efficacité. .
- Les établissements qu’on vient de citer ne fabriqll!î pas toutes leurs pièces; ils demandaient à l’AngletcrI se parties les plus avantageuses à tirer de cette souice
- bornaient à confectionner les autres.
- Les Anglais pouvaient supposer, s’ils avaient pe*1^ ja sortie de leurs mécanismes, qu’ils auraient cmpL
- la
- p.248 - vue 287/0
-
-
-
- DES NATIONS. 2^
- dation d’ateliers sur le continent pour en construire de Semblables;
- cette espérance eût été vaine.
- A l’égard des mécaniques délicates de filature et de tis-Sa§e> on calcule qu’au bout de peu d’années il faut presque ^tant d’ouvriers pour les réparations et 1 entretien de 1 en-
- Sa»v.i i 1
- Se*ble
- que pour la confection des machines neuves. En
- î^emier lieu, des ateliers d’entretien se seraient formés satisfaire à ce besoin; en second lieu, les mêmes ate* ^rs, voulant produire par eux-mêmes, seraient devenus lentôt après des ateliers de création.
- Je ferai voir, Rapport du VIH' Jury, Arts de la marine et e^a guerre, comment cet effet s’est produit dans les arse-lîai1* de la France.
- Naturellement, en Angleterre, les manufacturiers de
- Sres -
- sor-
- be °U tlssa8es s’opposaient avec énergie à la ]ç *Gs mécaniques. Ils y voyaient un grave danger pour c°mmerces respectifs ; ils y trouvaient au moins la JJ*I0n de leurs avantages sur les concurrents étran-9U’, C *eur c^lé, les constructeurs anglais se figuraient dç aVGc ja libre sortie, le monde entier n’accepterait plus ^chines que de la main des Anglais.
- ^P^cnt Iluskisson, si défavorable en principe aux de J,tl0ns. a cependant prié la Commission d’enquête vingt n I)as proposer la levée pour les machines; il a fallu cC(l<î nCU^ ans (^e paix générale avant qu’on ait enfin con-espé Celto mesure. Les effets ont également déçu les
- ances que les uns fondaient sur cette liberté et les
- >»tC5 exagérées de ceux qui U> ^."J^née par cet En premier lieu, Manchester, se vendre
- S n’a pas cessé de prospérer, et ses cotons
- bmvers avec un avantage immense. ^ îo,*n de
- f a second lieu, les constructeurs c nouvelles,
- frjUr»H' au monde entier la totalité desmaclnnes
- p.249 - vue 288/0
-
-
-
- 250 FORCE PRODUCTIVE '
- ne lui fournissent pas le dixième de celles que les natio*15
- confectionnent pour elles-mêmes.
- Mais celte fraction 'offre encore un progrès assez 0,3 gnifique pour consoler un peu l’inépuisable ambition deS constructeurs britanniques.
- Dans le quart de siècle écoulé depuis l’enquête sur sortie complètement libre des machines, les exportât!0*15 annuelles offrent les progrès qui suivent :
- Exportations progressives des machines, métiers, etc.
- En i8a4, à l’époque de l’enquêle...... 3,24i,ia5 fraD
- En 184 a, l’année qui précède la sortie complètement libre.......... ............ i3,86i,375
- Eni85i, l’année de l’Exposition universelle. 29,215,276 En i853, dernière année de paix universelle. 49,638,4oo
- Je reviens aux ouvriers employés soit à la constru°tl011 soit à l’emploi des machines et des métiers.
- Des machines-ouvriers appelées machines-outils-
- in
- Les Anglais avaient sur les autres nations une testable supériorité pour leur confection du fer Par^t3j, de laminage, pour l’art de produire et d’épurer ce u1 pour l’habileté de leurs ouvriers à travailler, sous formes et dans les dimensions les plus colossales, la le fer et l’acier. . ^fl
- Dans les temps réguliers de prospérité commère* . fallait payer à des prix exorbitants ces ouvriers % gnaient une force athlétique 4 la dextérité, 4 . J et
- expérience; quand les commandes étaient sont*1 considérables, on ne pouvait improviser les ms
- animés. .........................M n>3rc!l<î
- Des que la production industrielle eut repris
- p.250 - vue 289/0
-
-
-
- DES NATIONS. 251
- scendantc, la population des mécaniciens travailleurs a des cessa de suffire aux besoins extrêmes des noues manufactures, des, chemins de fer, etc. On y suppléa Pai les machines-outils.
- Vafî ProPre ces inventions, qu’on a perfectionnées, Ices multipliées, est d’accomplir d’elles-mêmes, ^ e une exactitude mathématique, les opérations qui ^"daient auparavant les mains les plus exercées ^ pour rendre planes, ou circulaires, ou spirales, etc., ^ surfaces, soit pour diviser des espaces rectilignes, ou s» c°rcles, ou des cylindres, ou des cônes. Tout cela ^ocompfit sans exiger d’un surveillant d’autre participa-que le soin de mettre le mécanisme en mouvement
- vîl rjp i> A
- °U rt ,,reter a propos : on remplace ici le labeur pénible j elicat des bras et de la main par la simple surveil-de lœil et de l'intelligence.
- ^ j,^es Perfectionnements ont été produits en abondance a f)0r[ue même qui le6 réclamait impérieusement, c’est-d£ * .8,0 A i84o.
- ^ jXposition de 1 85 i présentait les plus beaux modèles a CCs rnachinos-outils inventées ou perfectionnées par des et des Français.
- êtr<}01^ f>r('‘c,s<^ment Je genre de machines qui pouvait b k pjus désirable pour les nations rivales de la nation «"Sue, et celui qui pouvait le mieux suppléer au ü’a *)rC tr°P lî0,lt ces ouvners excellents dont le talent . lve à la maturité qu’nprès une longue expérience. f0 • ^es secours aussi puissants, aussi nombreux, de ls au* nations concurrentes, malgré la possibilité c0t) Pr°curer librement et des machines et des ouvriers et (j|ructeurs anglais, il existe encore des genres nombreux c0q * Prornier ordre pour lesquels la Grande-Bretagne S°rve Unc incontestable supériorité. Elle possède en
- p.251 - vue 290/0
-
-
-
- 252 FORCE PRODUCTIVE
- premier lieu, sur presque toutes ses rivales, la supériorde
- clu plus bas prix à qualités égales.
- Avec du combustible qui coûte un centime par kil°' gramme, avec du fer en gueuse produit à huit centimeS également par kilogramme et rendu dans les ports ; aveC des chemins de fer et des canaux qui conduisent à la mel aussi rapidement quà bon marché ; avec des navires sa115 nombre, qui vont partout et prennent des chargement’ parmi lesquels une foule de machines peuvent entI^ pour ainsi dire par-dessus le chargement ; quel peUP étranger soutiendrait sur les marchés neutres une concnf rence étendue et sérieuse?
- Les Anglais tiennent donc, sans aucune espèce de con testation, le premier rang pour le commerce des machiné les nations les plus avancées, prises ensemble, n’ég»1 pas le tiers des ventes qu’ils opèrent sur cet article lin portant.
- J’ai parlé des ouvriers qui construisent les machiue^ il est une autre classe bien plus nombreuse, et par plus importante: c’est celle des ouvriers qui mettent^ action les machines et les métiers, ouvriers que les Ang 1 par une singulière altération du langage, appelle*11 mécaniques (méchantes). eggj.
- Lorsque les inventions des mécaniciens ont suc vement opéré la conquête de classes entières de à la main, les ouvriers privés d’ouvrage et ceux <lul j. gnaient d’en être privés par des moyens analogueS ^ pris en haine furieuse les machines mêmes qui icUf
- saient cette concurrence fatale.
- ]Sfot'
- A certaines époques, des villes ont été célèbres, ^^ tingham entre autres, comme le foyer des consphatl^r5 des émeutes et des actes destructifs contre les ui mécaniques. C’était après 1809, à l’époque ou 11
- p.252 - vue 291/0
-
-
-
- DES NATIONS. 253
- ^es ^tiers à tulle commençait une série de perfectionnements portés si loin dans cette ville ingénieuse.
- Par degrés, les progrès du commerce, occasionnés par °n marché qui résultait de l’emploi des machines, n’ont Pas seulement compensé pour les travailleurs la diminu-^°n de leur travail relatif; dans un court espace de temps, ^ a fallu plus d’ouvriers, quoique bornés au service intel-gent des machines, lesquelles font à leur tour fonction de ,llïlples manœuvres. Par cette compensation, la bonne ntelhgence est revenue entre les travailleurs et les instruits modernes du travail.
- ^ans l’historique du travail des enfants employés manufactures, on a vu combien la difficulté de se curer des travailleurs avait favorisé l’excessive lon-i*' fU.r ^cs j°urn<^s. On a vu comment par degrés on a j l* U 12 Peures* ^ 1 1 heures, le temps du travail dans af)rjques textiles, les plus riches de toutes en Angle-
- ^es^°S *nsPec*curs généraux des manufactures ont fait §rè rCcenscments précieux qui montrent bien le pro-ci ccs manufactures et des forces motrices appli-Cs ^ seconder le travail des ouvriers.
- COMPARÉ DD TRAVAIL DES MAXCFACTORES TEXTILES DE l8a5 À 1839.
- l'OIlCE MÉCANIQUE («*u 00 T*r*c»),
- CHEVAUX
- OUVRIERS
- 102,077
- 173,046
- 40,117
- p.253 - vue 292/0
-
-
-
- 254 FORCE PRODUCTIVE
- En 1825, 1 cheval de force motrice par 5 ouvrier5»
- En 183g, 1 cheval de force motrice par k ouvriers.
- Accroissement de la force motrice, cj4 p. 0/0;
- Accroissement du nombre des ouvriers, 69 p. 0/0.
- Nous ferons remarquer ici que la majeure partie deS travaux textiles était autrefois exercée dans les campagneS par les adolescents, par les femmes pour la filature, pour le tissage par des laboureurs ou de petits fermier5» dans les moments que l’agriculture n’absorbait pas.
- Par degrés, ces occupations ont été ravies aux vailleurs de la campagne ; en môme temps on s’est eff°rC de perfectionner tous les instruments du labeur agricoie' la mécanique s’est emparée du battage, du criblage, 5°u vent même du semis, et d’une foule d’autres opéraû01^ On a pour ainsi dire chassé les enfants et les femmes l’agriculture anglaise, en meme temps qu’on rédm5 progressivement le nombre des hommes.
- Ces explications feront comprendre le tableau suivant
- PROPORTION DES HOMMES DE VINOT ANS ET PLUS EMPLOYAS PAR L,AGRlcüI'T
- EN l84l. .
- J
- • TOTAL DES ADULTE». classe aoric01'8'
- Angleterre 1,000,000 1,000,000 1,000,000 1,000,000 245,8I7
- Ecoeee 253,647
- Pey» de Gellee 243,8°5
- IrUodt.» - t- t,,,,,,,,, 061,f01
- •i co\e
- Ainsi partout, excepté dans l'Irlande, la classe a8l était tombée dans une enrayante minorité.
- p.254 - vue 293/0
-
-
-
- DES NATIONS. 255
- Nous terminerons par une dernière et grave observa-^ 11 sur i’inégal emploi des deux sexes dans les travaux ^ 1 agriculture anglaise; les jeunes adultes en sont ex-^ Us à moins de à p. o/o près, et les filles au-dessous de ans occupées ne sont pas la deux-centième partie de ^ es qui servent à d’autres professions. Sous ce point foi Vue » le tableau suivant mérite l’attention la plus pro-
- OCCÜPATIONS COMPARÉES DD PEUPLE ANGLAIS.
- POPULATION
- J employée ‘ 1 l'ACBICVLTCBB. 1 de toutes LES PBOrESSIOTIS
- 20 ans et plu }J 1 •••••••••• mm<" an'dea*ou« d« 20 an« 1 j 25,679 100,000
- 23,317 100,000
- Fe‘aB1« d. 20 ani ,t p|M 1 3,422 100,000
- IB(nM au*doa»ou* d« 20 ana.... ) 1,847 100,000
- Qiété Cst ^possible de ne pas déplorer un état de so-ti0i)s ^Ul présente une aussi grande inégalité d’occupa-rGVi ÜIls les ménages qui vivent de l'agriculture. Nous ti0n . rons sur ce sujet lorsque nous décrirons la situa-Cahv lncoiï,parablcment meilleure des ménages dans les Pa8»es de la France.
- $ 4. AVANCEMENT DE L’ANGLETERRE EN l84o.
- Ws
- ‘‘«qu’ils arrivaient à la'fm de ‘839. A"&lal* J"0'11 traversé Tune des périodes les plus difficilesi et
- „h Plu« laborieuses de leur existence nationale; ils attci-
- JiCl't avec un plein succès au terme d’un quart de siecle
- p.255 - vue 294/0
-
-
-
- 256 FORGE PRODUCTIVE
- écoulé depuis la lin de la guerre générale. La lutte été librement soutenue contre toutes les nations, et stff les marchés des trois Royaumes britanniques, et sur^cS marchés extérieurs. Partout l’Angleterre obtenait avantage marqué : elle avait, pour certains genres, cOÏ] quis la prépondérance absolue; pour d’autres, elle ava1* pris rang parmi les concurrents les plus industrieux, leS plus riches et les plus entreprenants.
- Jamais la navigation britannique n’avait’ été pluS tive. En ajoutant l’entrée des cargaisons extérieures et sortie des cargaisons tirées de l’intérieur, les navires b11 tanniques offraient les tonnages qui suivent :
- ANNÉES. NAVIRES
- BIUTASKiyOES. BTIUHO®115,
- 1820 3,087,013 , 4,282,180 5,210,150 780.042
- 1830 1.517-196
- 1810 • 2,28l.°74
- ^ggSS^
- La majeure partie de cette grande navigation était ' core accomplie par des batiments voiles, qu’on essa^ ^ de rendre plus rapides, plus grands et manœuvres Pal _ plus petit nombre d’hommes, relativement a leU1 ^ nage, et, par conséquent, accomplie avec une écon° toujours croissante. ,jj0-
- A côté de l’antique marine à voiles, lentement a^ü<( rée, une autre marine déployait ses progrès incrvci A la fin de la guerre, en 181 5, la navigation $ ^ vapeur était, pour ainsi dire, nulle sur les riviè»eS . canaux d’Angleterre; en 1820 seulement, elle corïl
- p.256 - vue 295/0
-
-
-
- v DES NATIONS. 257 '
- Çait de naître pour les traversées de mer: Voici ses pio-gres gigantesques en seize ans :
- navires à vapedr existants dans les trois royaumes.
- ANNÉES. NOMBRE. TONNEAUX.
- I8I4, 1 17 203 560 69 3,013 30,009 87,539
- 1820.
- 1830-
- GO O
- Peu^e^U^S on traversait l’Atlantique à l’aide delà va-
- , r’ ^es voyages de 5o à 3o jours ont été réduits à 12 , ^ 10 jours.
- ^ n ,* » l’année des folles entreprises, bubble-year1,
- nay.VlVe lmPu|sion était imprimée à la construction des tfe ^ VaPcur> et présentait 8,638 tonneaux d’enregis-nt rnaritime. Ce nombre diminue jusqu’en i83o; il oii une marchc très-ascendante en 183A et 1835, °n se prépare à la navigation transatlantique.
- Ha . ,cl.ques observateurs superficiels imaginèrent que la f0ra^at|°n par la vapeur rendrait l’art nautique inutile et du 1 ^paraître une des grandes sources de supériorité lri0ni » G britannique; le contraire allait arriver. J’cn ai ^es motifs dans le Rapport du VIII* Jury.
- «a ra . an8er ne pouvait suivre la Grande-Bretagne dans des 1 c e*tension de la marine à vapeur pour le service* totlr)e ^ageurs; elle transportait dix passagers et dix
- l>orta.^Ux produits précieux quand l’étranger on trans-un.
- 1
- b’armée des bulles de «von
- introduction.
- p.257 - vue 296/0
-
-
-
- 258
- FORCE PRODUCTIVE Depuis 183o, un moyen nouveau s’était développé pour la rapidité, jointe à l’économie, des communications paf terre. Afin d’exécuter les chemins de fer propres aux transports les plus rapides des voyageurs et des marchandises’ les citoyens demandaient et le Parlement autorisait la concentration des capitaux recueillis sur les bénéfices dul1 peuple qui s’enrichissait de plus en plus.
- NOUVEAUX EXTENSION VALEUR
- CHEMINS. DBS ANCIENS. en rnA»c8,
- D« 1826 k 1830 26 18 81,684,05°
- Do 1831 k 1835 28 34 393.S35.725
- Do 1836 k 1840 49 08 1,186,095.°°°
- Totaux 103 150 1,601,615>975
- Dans les quinze ans qui suivront, le peuple ^l'1^ nique fera plus que tripler cette somme. En trente nées, il aura réalisé pour sept milliards de travaux ^ scs nouveaux chemins de fer; et, loin d’être épuise de semblables sacrifices, il sera prêt à de nouvelles cl1^ prises. Par conséquent, on le voit, un progrès si p1 et si vaste, î o3 chemins nouvellement créés et 15o dis, le tout au prix de 1,662 millions, loin de tain nouvelle, n’en étaient, pour ainsi dire, que l’inaugui3
- a £0
- Tandis qu’on rattachait, avec cette grandeur e 5
- cen1
- rapidité, les centres principaux de population, ceS ^ eux-mêmes accroissent Manchester avec une vitesse respondante à leur population. 0-
- La vapeur donnait aux ateliers des cités une . ue5 trice illimitée. Auparavant, il fallait placer les a
- p.258 - vue 297/0
-
-
-
- DES NATIONS. 259
- Ur des cours d’eau, en des vallons isolés, pour profiter (e leur puissance.
- .j ^our caractériser ce mouvement par un grand exemple, n°us suffira de citer Birmingham, la cite métallurgique. ^ll i 81 4 , à la fin de la guerre, Birmingham n’avait en-t^. e 42 machines à vapeur. Dès 1820, elle en comp-^ plus de 60; en i83o, elle en possédait 120; et dix ^ flUs tard, elle en avait 2 4o. Ainsi, le nombre de ces Ssnnts moteurs avait sçxtuplé dans un quart de siècle. lanchesler, Lecds, Sheffield et dix autres cités manu-^àrcs présentaient le même progrès. Sheffield a fini consommer chaque année, pour scs machines à va-r> ses foyers et scs fourneaux, 5oo,ooo,ooo kilo-* a^es de houille.
- ton '-1 (,it comment la source de tous ces progrès apparia 1 ^ deux matières premières, la houille et le fer: % CX*ril^° et ^au,re fabriquée à des conditions de plus f us économiques.
- ANNÉES. FER FABRIQUÉ d«D( la Grande-Bretagne FER EXPORTÉ de U Grande-Bretagne HARDVVARE5 BirOETBS.
- ^20 Tonneaux. Tonneaux. Tonneaux.
- **50 400,000 83,860 6,697
- l84o 800,000 116,116 13,369
- 1,500,000 268,328 14,925
- I
- -S f 1 •
- *8^ a*)r,cants de fer, qui ne savaient que faire, en ’ Pour sortir de l’avilissement des prix où les avait j L production excessive, avaient réussi. Les che-|glcl G ^>r prenaient un développement immense en e* cn Europe, aux États-Unis d’Amérique.
- 1%
- ^in*
- An
- »7*
- p.259 - vue 298/0
-
-
-
- 260 FORCE PRODUCTIVE
- L’éclairage de toutes les cités britanniques s’était accompli de 1811 à 184o. Les capitalistes anglais, en compagnie avec les maîtres de forges, entreprenaient d’éclairer sur le continent un' nombre toujours croissant de riches cités, auxquelles ils fournissaient le fer nécessaire aux tuyaux de conduite, aux gazomètres, aux appa" reils producteurs; ils inondaient l’Allemagne de leur mC' tal ; ils faisaient reculer la production des Etats-Unis a force d'invasion.
- L’étranger s’empressait d’aller chercher en Angletene la matière brute qui produisait tant de merveilles. AilSS1 voyons-nous qu’il achète à l’Angleterre :
- Tonn. de bouiU«-
- En 1820................................... a/19,1 x9
- En i83o................................... 5oa,A93
- En i84o................................... î.GoG^1^
- Ainsi, dans la première période décennale, avant création des chemins de fer accélérés, l'exportation de houille anglaise s’accroît seulement de 253,370 tonneS Et dans la seconde période décennale, où chacun v créer des chemins de fer et des locomotives consouin^ trices de houille, ce n’est plijs seulement le quart ^ million de tonneaux de ce combustible, c’est d un lion 100,000 tonneaux que l’étranger accroît scs prunts à l’Angletcrro. , ^e.
- Ces prospérités du commerce extérieur sont slD1^jc ment le reflet au dehors de la vitalité progressive ^ l'intérieur : Intas alit spiritus; elle grandit dès sa s0ll^f elle coule à Ilots qui grossissent à mesure qu’ils avanc comme ceux des plus vastes lîeuvcs. ^ c«elu(
- Voilà le moment que vont choisir les plus aa^tVjflù de tous les industriels pour jeter le cri de misère,
- p.260 - vue 299/0
-
-
-
- DES NATIONS. 261
- et de dépopulation dans la Grande-Bretagne, en soulevant des passions qui vont la faire trembler.
- Avant de suivre le mouvement dont l’univers entier s’est ému, disons un mot sur le sort du peuple au milieu des progrès dont nous venons de mesurer la vitesse.
- Cette admirable longévité de l’Angleterre, supérieure à celle de la plupart des autres nations, faut-il 1 attribuer a? Sa grande industrie? Non; car, si nous prenons les sept c°mtés qui constituent l’orbe de Liverpool d un côte, Lon-dies de l’autre et le reste de l’Angleterre, nous trouvons :
- D#n» la capitale....................
- l’orbe manufacturier de Lieerpool.. • • Dana U rMt# d„ l'Angleterre, oit prédon
- 1 agriculture
- NOMBRE D>ia DIV1DUS décédé». AGRICULTEURS par MILLE HABITANTS.
- 1 aur 40 aéro.
- 1 aur 41 104
- 1 aur 52 334
- ne pas faire un crime à l’industrie manufactu-. çj|fe ^ ^Angleterre d’un inconvénient quelle porte avec ^ entraîner une mortalité plus grande que les travaux ^ P em air de l’agriculture, avec ses fatigues et sa pénible ^ ^ortdiante existence.
- de **.U* scu^erncnt exiger que l’industrie rende ses ateliers reum°»ns en moine insalubres, ses travaux moins dange-eSp/ Scs sinistres, ses désastres moins funestes. On peut S^Pér*1 a,nS* (^m'nuer chose à la mortalité
- rjeure q(,j „»a pas CCSS(i de peser sur elle.
- ^0rïUé<n' ^°n ^0,t s^tonner (lue l’Angleterre, dans les S 011 l’industrie prédomine, ne présente pas
- G "*«««* pIus gnin(lc.
- p.261 - vue 300/0
-
-
-
- 262 FORGE PRODUCTIVE
- Le comté de Lancastre, par exemple, celui des pluS grandes cités: Manchester, Liverpool,Bolton, Preston, etc.» présente cet affligeant résultat : 1 décès par an sar 35 vivants ; c’est-à dire un tiers de décès de plus que dans leS comtés agricoles.
- Voilà les faits qui résultent des relevés authentiques ope' rés par le Gouvernement pour constater les mouvements de la population. J’ai voulu les reproduire avant de relater les faits de la guerre suscitée au nom de l’indusU’ie contre les intérêts de l’agriculture britannique.
- S 5. LA LIGUE CONTRE LA PROTECTION DE L’AGRICULTURE.
- Il n’entre pas dans ma pensée de me prononcer sur llf1^ mesure prise par les Anglais: celle de supprimer d’un se coup toute protection à leur agriculture.
- Ce qui me frappe, ce sont les moyens employés p^ur contraindre le législateur par toutes les voies d’agita1101 et d'intimidation. C’est l’établissement d’une ligue conduit avec une étonnante habileté, organisée avec profonde»^ administrée avec talent, et présentant le mélange i°c^ sant de l’audace pour avancer, de la circonspection p ne pas se compromettre. .fît
- La ligue contre la loi des céréales est un digne sUJ d’études, un sujet aujourd’hui plus important que ja ^ Car une ligue nouvelle, formée contre le Gouvernent1 ne changerait plus seulement les lois économiques, pourrait renverser la constitution. # ue
- Lorsqu’une partie du peuple grandit plus vite fl l’autre en nombre, en richesse, en commerce; lorsqu^ forme exclusivement la population des cités, il csl ^ la nature des choses quelle souhaite accroître à ® .
- toutes ses influences et modifier les lois à son n
- our
- p.262 - vue 301/0
-
-
-
- 263
- DES NATIONS.
- ^ finit par ie vouloir, fût-ce au détriment de l’autre portion du peuple, qui croît moins vite et qui perd ses Moyens de défense relative.
- Telle est la situation que discernèrent avec une vive pénétration quelques manufacturiers,secondaires de 1 orbe ^ Liverpool, et surtout ceux du comté de Lancastre. Agriculteur dans cet orbe ne figurait plus que pour un dixième, et dans ce comté que pour un treizième de la Population totale ; on pouvait les compter pour rien.
- En 1838, une récolte mauvaise avait produit une Aisse prononcée dans le prix des céréales ; il fallait en fi1 er parti. L’automne avançait, et bientôt le Parlement allait ouvrir sa session : c’était l’instant doser. Les agita-
- (jeUls» constitués à Manchester en Comité provisoire, s’a- ' °ssent à la Chambre de commerce de cette ville, totnbre qui dirige l’opinion de tout un vaste pays; ils •^|)llr^eut le vœu quelle use du droit de pétition et quelle ci cède contre les lois qui régissent l’importation des £ aies étrangères. Cette demande ne peut pas être re~ ^ne rédigée avec modération par les
- ^ 1Clpaux commerçants, directeurs de la Chambre, se 0lnait à solliciter la révision de ces lois; elle est attaquée
- b.. Gni(Inent comme insu/fisante. Alors apparaît pour la fa, Utre fois un homme que la lutte aura bientôt rendu : Cest Cobden, fils d’un petit fermier du comté (1.u )0ster» et, par son intelligence, devenu possesseur e teinturerie de calicot dans la ville de Stockport. So^,^SCnlc un contre-projet qui tranche hardiment une °n signalée seulement par les directeurs ; comme il Peu- ÜVeC a<^rcssc ics intérêts, les passions et surtout la ï(^u$sfe ECItlce, chez les industriels de son pays, il
- 1 nouvelle pétition commence par établir les motifs qui
- p.263 - vue 302/0
-
-
-
- 264 FORCE PRODUCTIVE
- font trembler pour Vavenir (le l'industrie de Manchester et du Lancastrc tout entier! Elle affirme que l’Angleterre n’a phlS la supériorité sur l’Europe pour les canaux et les route® si nécessaires à la prépondérance de son commerce. l’affirme ! lorsque déjà quatorze cent quarante-cinq lions 1 engagés dans les entreprises de chemins de fer, e* comme un premier appoint, mettent l’Angleterre e° avance d’un siècle sur l’ancien inonde.
- Les pétitionnaires voient avec une grande alarme ^ rapide extension des fabriques étrangères; ils déploreIlt la diminution qui s’est faite d’un commerce lucratif. attestent que la valeur de leurs ventes en Europe»aU lieu d’augmenter, a décru depuis la fin de la guerre! P°ul signaler un des progrès effrayants de l’étranger, la affirment-ils, a devancé l’Angleterre pour le tissage sp^cl‘l, de la bonneterie. Sur cet article, l’hyperbole va jus<Ju dire que les Saxons vendent quatre fois plus que l’A^6 terre, et que leurs envois aux Etats-Unis dépassent de l’Angleterre au monde entier! L’Europe fait des immenses dans l’industrie générale des cotons, et Grande-Bretagne est menacée de perdre la prépondera ^ de sa plus riche industrie. Après ces allégations, S1^£S d’accord avec les faits, le projet fait dire aux nicfli de la Chambre de commerce : ja
- u Nous déclarons ici notre conviction solennelle sU^.p5 situation périlleuse où se trouve noire industrie; à quelle ne soit secourue sans perdre de temps; à ^0\t$ qu’on ne la délivre, sans aucun retard, de tous protecteurs sur le blé et sur tout autre objet de sU tance: sans cela, notre situation aura pour résultat ^ tain de transférer notre industrie chez les nations
- 1 Somme exacte au 3i décembre 1838 : 1,444,71 »,100 fr#ncS’
- p.264 - vue 303/0
-
-
-
- DES NATIONS. 265
- La pétition n’allègue pas seulement des interets et ^es faits plus ou moins inexacts; elle proclame ce quelle aPpelle un principe éternel de justice commerciale. Elle inique un des droits de l’homme :1e droit inaliénable d ecban-librement le fruit de,son propre labeur avec les produits ^tin autre homme. Ici la théorie interprète la liberté la suppression de toute taxe établie sur un objet de hafic ; c’est ja mora{e et la logique du libre échange.
- Si
- nous sortons un moment du point de vue britan-t ^Ue> nous serons frappés d’un fait : c’est que les agita-rs do Manchester se gardent bien de réclamer la mise ^ folique de leur libre échange pour arriver à l’égalité le8 kkneations et des résultats commerciaux entre tous L>euples. Ils réclament une législation qui ne permette ^Europe d’approcher d’une supériorité qu’ils affec-^ cl'oire en péril. Ce qu’ils désirent est d’obtenir Po 1 ^ls^a^on 4uL de plus en plus,* accroisse la pré-Cq Iancc (^cs fabriques d’Angleterre sur celles du per lnen* * ce^e supériorité, n’est-ce pas d’ailleurs le vœu Pètuel et naturel du erand et du petit commerce bri-^niOque? b
- 9fT UlS ^Gs ouvncrs des fabriques anglaises, voyant qu’on g^eCte de craindre la supériorité des manufactures étran-0|-1 ies travailleurs sont payés d’autant moins qu’ils Cn J, ?a*n (l plus bas prix, ils en concluent que l’on veu
- reut
- ^ «nitive porter atteinte à leur salaire; en consé-^l<îe» ils repoussent les prétentions libre-échangistes1. Il „ even°ns à la Chambre de commerce de Manchester. D’ont 11 * P01*nt s’étonner si les principaux directeurs Pétù* ^'1S accepté sans opposition tous les termes d’une n ®i tranchante et si peu d’accord avec les faits.
- ‘ M.
- Ge
- orgcs Porter, un des plus sélés partisans de cette école, a
- p.265 - vue 304/0
-
-
-
- 266 FORCE PRODUCTIVE
- Comment pouvaît-on leur parler de décadence, Iorsque leur industrie, marchant à pas de géant, avait mis en ceuvre les quantités suivantes de colon?
- En 1800............................. 24,000,000 kil°Sr'
- En 1815........................... 41,000,000
- En i83o.......................... 122,000,000
- En i838............................ 206,000,000
- Ce n’étaient pas seulement les quanlités qui s'accrût saient ainsi; malgré la baisse des prix, baisse cormnan^ par les concurrences et du dedans et du dehors, Ie P1 total des exportalions croissait chaque année.
- Aujourd’hui, nous pouvons juger à posteriori cet^. ruine qu’en 1838 on déclarait devoir être immédiat-0» l’on ne faisait sur-le-champ droit à la pétition que nava pas rédigée les directeurs légaux de la Chambre de c0lîl mcrce de Manchester. ^
- En fait, on n’a pas obtenu la suppression instaflta11^ des lois attaquées; pour y parvenir, il â fallu sept a*15
- donné des résultats précieux sur la situation des filcurs de 1° vl Manchester.
- Ile &
- Quantités comparées de Jarine que pouvait acheter un filcur de coton avec
- ses g1
- de six jours ouvrables.
- KIIOOHAMMR»
- gagnée it In filnlure commune. p«gn<S* i 1. f.l«ture
- En 1804 (2* nnndc, guerre g^ndrele) 53 56
- En 1814 (deroiire guerre gdadrete) 70 114
- En 1833 (tonde de p»ii general*).. 05 121
- p.266 - vue 305/0
-
-
-
- DES NATIONS. 267
- ^tte et de retards. Dans cet intervalle, qui devait etre Mortel au dire des agitateurs, montrons quelle mutation Sl,bit la grande industrie 'dont le Lancastre est le foyer.
- ^u moment où s’agitait le projet de pétition, nous Venons de voir que la fabrication des cotons s etendait a millions de kilogrammes; après sept ans, cette fa-tication s’étend à 3 1 5 millions : voilà la ruine.
- Mais il faut v©ir si l’avilissement des prix naura pas elpuit le bienfait de l’accroissement des quantités.
- Ca valeur totale des exportations des cotons selevait :
- i838,n....................... 603,693,i5o francs.
- En i845, à....................... 652,983,025
- ^ °o millions de francs d’accroissement sur les ventes p SGu^ objet de commerce : voilà la ruine. cüiy l ^CS ^lnS’ ^CS s0,es* ^es ia^nes* les fers, les étains, les belliPS ’ ^CS Potencs> toutes les grandes branches essen-Cs du commerce britannique, offraient un progrès ^lG plus marqué.
- lou/ ^ soirime de ces progrès, la valeur des produits de ^ • rJature que l’industrie britannique plaçait sur les c ,(-*s étrangers, va s’élever :
- !in *838, à...................... i,25i,524,25o francs.
- "n *845,à........................ i,5o2,8o2,ooo
- e$slat
- Q
- P* 0/0 d’augmentation pendant les sept années d’une *,0n (IU1 devait produire la ruine immédiate des (pie '**»«. de la Grande-Bretagne, tel était le démenti cOr]{reaCCO!nldlsscment des faits s’apprêtait à prononcer A e,»^es légations audacieuses.
- ^cbes fS ^?S discussions animées et longues, où les plus tietjjç a rica”ts et les plus modérés résistaient à J'entrai-’ Chambre de commerce vote enfin, le uo de-
- p.267 - vue 306/0
-
-
-
- 268
- FORCE PRODUCTIVE
- cembre 1838, la pétition qui déclarait l’agriculture c^u pable envers l’industrie d’une ruine immédiate, à quelle ne cessât sur-le-champ d’être protégée.
- Ce premier succès obtenu par les agitateurs industrie qui faisaient prononcer ainsi le commerce dans sa pr°Pie cause, pas un moment n’est perdu. Les promoteurs de pétition évoquent des émissaires de tous les coins ^
- royaume. Dès janvier 1839, réunis à Manchester,
- sa11' lie' en1
- vont faire un pas en avant. Une simple pétition ne
- rait les satisfaire. Ils veulent être entendus personne ment à la barre des Communes; ils sont 3oo qui sign cette demande, et sont refusés. ^
- Derechef ils se réunissent; M. Cobden, qui vient l’emporter sur l’aristocratie commerciale, prononce co ^ l’autre aristocratie sa déclaration de guerre. «De , grandes cités formons une ligue; quelle soit destin^
- renverser les iniquités de l’aristocratie féodale; et que 1 à
- châteaux démolis de l’Elbe et du Rhin révèlent
- ofa'
- blée;
- adversaires le destin gui les attend, s’ils se posent en tacle aux classes industrielles! » Cette idée saisit fassent Aussitôt la ligue est résolue; elle prend ce titre • corn law leaguc, ligue contre la loi des céréales. ^ Chaque district manufacturier aura son centre à ac ^ c’est-à-dire d'agitation. À Manchester résidera le p ^ central exécutif; ce pouvoir aura son budget frais de propagande et les dépenses de guerre, son journal pour tribun périodique : i5o,ooo *r® . souscription suffiront au commencement des
- l0S uvn °u
- A partir de ce moment, la loi qui protège mal, qui protège trop ou trop peu l’agriculture, le bouc émissaire sur lequel la ligue rejettera n****r» ment tous les maux, toutes les plaies de lindus^
- crises du commerce et les malheurs de la s0C1
- p.268 - vue 307/0
-
-
-
- DES NATIONS. 269
- n nouveau champ de bataille sur lequel il faut s’arrêter °llr en apprécier la stratégie.
- qui facilitait cette lutte, sociale en réalité, c’est Ij^il y avait des détresses vraies et fréquentes, surtout 0cans ^0I'be de Liverpool et de Manchester. Elles étaient U données, non point par l’agriculture, mais par des t h*Ua^ons brusques, profondes, et certainement inévi-l’A ^ ’ ^ans ce* immense mouvement d’affaires entre ^gleterre et l’univers.
- °1Sciue ^es Etats-Unis, avec une audace mercantile gor °^a^0’ disaient des achats immodérés, suivis d’en-jjt §etnents, de dépréciations et de faillites énormes, fail-tçj ’f°n ie sait, sans déshonneur en ce pays; lorsque de tra(je?are,Tients réagissaient sur l’orbe de Liverpool et se Cn souifrance pour le commerce, pour le fa-pour l’ouvrier, qu’y pouvait l’agriculture? lej ^°UI (lllon nc me croie pas sur parole, citons seu-r(,gjçlU quelques chiffres de ces achats sans frein, sans 1\l riS(lués par les Etats-Unis dans leur commerce avec
- ^eterre:
- >834
- >83f>
- >836
- >837
- >838
- >839
- >84o
- 171,134,725 francs.
- 364,211,375 52i,3i5,i35 117,370,6^5 189,630,635 330,980,100 i3o,95o,5oo
- Î)q
- .UVeau je me demande, en présence de ce trafic • ln auss> versatile, aussi peu sage, aussi joueur, Cu)(i1'!*Snit .so,,|ïrir l’industrie anglaise, que pouvait l’agri-L0sC 11 ta» »ique?
- °^sPé ^t''0c,an^s et les armateurs d’Angleterre avaient les Chinois en violant leurs lois, et politiques et
- p.269 - vue 308/0
-
-
-
- 270 FORGE PRODUCTIVE
- morales, pour les inonder d’un produit délétère; les Chi'
- nois avaient confisqué les produits introduits en co»tre'
- 1 .
- bande à main armée. La Grande-Bretagne, aulieu
- de
- désavouer un commerce que réprouvait l’amour de l^111 manilé, envahissait le céleste empire. A travers la llllte’ le commerce de la Grande-Bretagne avec la Chine épr°u vait par contre-coup d’énormes déficit ; évidemuien!’ ici, ce n’était pas la faute des céréales d’Angleterre, °e celle de l'opium, semé, récolté sur le sol indien.
- Et quand le contre-coup des saisies du narcotiçf^ ôtait aux Indiens les moyens de consommer en quant1 toujours croissantes le calicot et les fils de coton du castre, du Chester, etc., encore une fois qu’y pouv les laboureurs et les fermiers d’Angleterre, eussent--ds les fermiers et les laboureurs d’une aristocratie, fe0 ,jg ou non féodale? Les châteaux, même démolis, auraient porté remède aux blessures que le commerce s’était1 de sa propre main, au bout du monde?
- 11 s’agissait bien pour les ligueurs de rcpon/lre ‘ ^ telles objections; jamais les fautes de logique.11 arrêté le succès d’une entreprise fondée sur laglla et propagée par la violence. tajt
- En 18/10, seconde année de la ligue, elle c0lfl^ $ cent villes de la Hanse nouvelle. A Manchester, 011 fl -, construit une salle d’assemblée oii l’on pouvait ^ jusqu'à cinq mille auditeurs, demandés pour c0 ^ ja ment à la classe inférieure. Afin de mieux envcui ^ lutte, lorsqu’on veut bâtir ce nouveau temple* 4 sera pas celui de la concorde, on choisit le sltc vajept, yeomen, les cavaliers formés des classes agricoles, a ^ d’après l’ordre du magistrat, en 1819, fait feu s émeutiers sortis des ateliers de Manchester.
- Les revenus de la ligue s’accroissent par
- tous
- JcS
- p.270 - vue 309/0
-
-
-
- DES NATIONS. 271
- Moyens. Un bazar temporaire, avec scs ventes menagees ^ grand apparat, produit 2 5o,ooo francs, somme qui Sentait peu la ruine.
- En Angleterre, où le sentiment religieux a tant de Puissance, les agitateurs n’hésitent pas un moment à mêlei a Religion dans leurs questions de lucre mercantile. On ^espère rien de l’Église établie, moins jalouse de renver-Ser ^ue de notre pas renversée; les dissidents vaudiont j^uux. Les voilù 700 appelés, réunis à Manchestei. A r6Ur tour ils pétitionnent au Parlement et leur pétition °it par celte sentence : « Les lois sur les céréales \iolent a^Jidu Seigneur et restreignent les bienfaits de la Pio Vldence. »
- ^'usi, depuis quatre siècles, les gouvernements, plus ou ^uiris éclairés, mais animés, ne fût-ce que dans leui
- pl°l)rc intérêt, du désir de favoriser l’agriculture, n’avaient
- sfeulement commis des erreurs d administration . ils aicnt été sacrilèges; ils avaient violé la loi du Seigneur! r°spitt, les Iluskisson, les Canning, les Wellington, les t !ey> les Pccl et les Russell, tant d’amis illustres de la pa-(1 i^annique, qui tous avaient proclamé la piotection J.Agriculture, tant d’hommes vénérés pour leurs vertus publiques, ils étaient condamnés comme ayant se î Aide Dieu et comme ayant sciemment îestieint S, ilcnfaits. Telle était la portée d’un vote insidieusement
- ^reParé.
- (| j ^dant que la ligue sanctifiait de la sorte ses questions ^Cs diarlistes, les radicaux d’Angleterre, allaient . 0lr* dans leur association : ce qu ils voulaient abolir, Pas sculeinent une loi sur le blé, cétait lcn hi<L n dcs lois constitutives; ils voulaient renverser es fUssaicl‘îes sociales et gouvernementales, quelles qu e es Cnt» de députés, d’éligibles, etc. Ils avaient aussi leurs
- p.271 - vue 310/0
-
-
-
- 272 FORCE PRODUCTIVE
- menaces de démolition, non pas adressées seulement^ l’aristocratie féodale, mais à'l’aristocratie commercial6’ mais à. la classe moyenne, en un mot à tout ce qui scie' vait au-dessus du dernier rang, soit de manœuvres, s0)t de fainéants.
- Il faut rendre justice à la ligue commerciale : elle e0
- tendait trop bien la théorie et la pratique de ses interets
- pour accepter d’aussi dangereux alliés. Des désofdiej
- graves, des soulèvements d’ouvriers, avant troublé lend ° . t I " CgS
- du royaume, la ligue anti-céréale suspendit un peu 5 réunions ; elle parut sommeiller ou du moins langlllf jusqu’au milieu de 18/12. ^
- L’année 18/12 était pour l’agitation une époque cxc lente. Les ventes à l’étranger étaient tout à coup tombe65 de 106 millions de francs : c’était une bonne foi’*11116 dont il fallait s’emparer. Ecoutons M. Cobden avec langage tiré de sa profession d’imprimeur sur coton :
- « L’impression sur le coton va mal, et menace
- d’allf
- énd’g*6
- plus mal; mais (depuis peu nous menons avec ^ l’impression sur papier : voici 25,000 kilogrammes publications que nous allons distribuer. Les irnprimeU^ depuis trois semaines, nous ont fourni 38o,ooobrochul le peuple en a soif. Il faut décupler ce moyen nous avons besoin pour cela de 5o,ooo livres stcI^cll, (1,25o,ooo francs). En conséquence, un apostolat P niaire est ouvert dans toutes les grandes cités. » je
- Au lieu d’un pavillon précaire, mais toujours slU terrain oit du sang avait coulé entre l’agriculture et ^ dustrie, un édifice à demeure est bâti : c’est la t*a ^ libre commerce (Eree trade Hall). Dès janvier 18A * ,
- l’inaugurait et l’argent recueilli pour imprimer a laglta
- 1 3Ô tonneaux de ioi5 kilogrammes.
- p.272 - vue 311/0
-
-
-
- DES NATIONS. 273
- ^îon les termes de M. Cobden, plus d’activité et plus aüdace, la souscription passait déjà 1,100,000 francs.
- ^ a gestion d’une telle affaire, avec une corresponde infinie, est presque un gouvernement. Le Conseil ^ UW a ses Comités d’action, entre autres ceux des ^fties et des ouvriers pour agir sur les masses, et par ^gination plutôt que par la raison. n i8à3, la ligue ose enfin transporter à Londres ses ef / k Ges générales : elle passe de la Taverne de l’ancre le c°uronne au grand théâtre de Covent-Garden. C’est (îue^e accuse, en termes exprès, de vol les proprié-‘ res du sol.
- <ïui .Ucst Pas assez : voici les autres méfaits des hommes plu dent de l’agriculture. Écoutons un des agitateurs les toÇl, ,st*ngués, M. Fox; il reprend la lutte contre l’aris-tf0: e tcrr*enne : «La diminution des mariages, l’ac-5*°n ^^CS l,armi les classes pauvres, l’exten-
- viçu ! critne et de la débauche,ce sont là des arguments, ^l'ist ^ CS* Vra*’ contre la législation des céréales. Si S°U$ p|Cratle vcut d’autres arguments, elle les trouvera . leroe épaisse qui couvre les cadavres de ceux dont o ai* honnête eût dû soutenir l’existence. »
- an* ^os coutumes empruntées aux vieilles luttes du Haut* • Sllle Ct (^es autres sectes, empruntées au cove-H. à c<!16l'rc dans les guerres de religion, l’orateur ^Ux S^S accer‘ts passionnés le texte des livres saints.
- Sc rangent du côté des lois agricoles offensent
- ^Jigu^llres‘ Alors il s’écrie : «Nous, les membres de
- rc^! -us nous engageons à elle comme à un cove-
- sièc|çle,Uaî; ot nous jurons, par Celui qui vit dans tous
- n. S, ’ Hue les lois sur les céréales seront radicale-folies.
- n,« stvcula saculoram.
- ï8
- ont
- cr
- p.273 - vue 312/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 27k
- N’était-il pas urgent, alors, qu’on désintéressât la conscience des amis de l’humanité, et qu’on rappelât à sa sphère sacrée le sentiment religieux?
- En Angleterre, afin d'empêcher que personne ne meure de faim, l’État ne s’en rapporte pas à la générosité des citoyens. Depuis le règne de la grande Élisabeth, ton1 propriétaire est obligé de fournir une part de son revenu» afin de former un fonds de secours : telle est la taxe pauvres. Cette taxe, dans le xix® siècle, n’a jamais ete moindre de cent millions de francs par an. Dans les an nées les plus prospères, la taxe était naturellemcllt modérée; elle augmentait dans les années calamiteus^ D’après la même législation, les secours étaient donn en partie considérable par l’agriculture,.non-seulement ‘ tout infirme incapable de travail, mais â tout ouvrier, à t0 laboureur qui prouvait son manque involontaire d°cC^ pation; il suffisait même qu’il prouvât l'insuffisance de rétribution pour lui, sa femme et ses entants. ^
- Avec de pareilles mesures il était impossible de P tendre que l’homme du peuple mourait, même en ^ temps de disette, pour n’avoir pas de quoi payer son p
- Si nous consultons les résultats qui constatent dans
- 1 rrivom
- différents pays la longévité des populations, nous ai à la preuve mathématique d’un résultat qu’avait rcn certain l’humanité du législateur. cp
- Au temps où l’on accusait les propriétaires agrieo ^ ^ Angleterre, de faire mourir les pauvres de faim, D l’homme du peuple surpassait de huit ans celle des tairts les plus avancés, les plus heureux, dans tout de l’Europe. Comment pouvait-on prétendre (|uC^ cé-la Grande-Bretagne, les lois, même les lois sui réalcs, abrégeaient les jours du peuple et, sUlV expressions de M. Fox, accroissaient les décès?
- ant
- les
- p.274 - vue 313/0
-
-
-
- 275
- DES NATIONS.
- Ces théories de bon marché absolu, qu’on veut, à toute 0rce> mêler à des questions-d'existence et de longévité, supportent- elles le rapprochement entre la Grande-Bre-tegne, où les blés coûtent naturellement deux à trois fois à l’agriculteur, et la Russie, où les blés coûtent de eux à trois fois moins cher? le supportent-elles, lorsque u°us savons que la longueur de la vie est presque de ftioiiié moindre chez les Russes que'chez les Anglais et les bossais?
- Si nous voulions serrer de plus près cette terrible ques-bon du sort des classes pauvres, quelles réalités, quels tsastres variés, infinis, successifs, ne trouverions-nous Pas SOus la splendeur de l’industrie britannique, de cette Industrie qui, par la voix de la ligue, accusait l’agricul-e de tous les méfaits, de tous les maux dont peut § ttnr l’Angleterre !
- , ^ans un pays où le progrès des machines avait réduit ^ormément le prix des travaux à la main, où, par pX°mple, le prix du tissage avait diminué, c’est Sir Robert °el qU]* l’ajnfiriT,e, de 1815 à 184a, dans le rapport de 27 H ^ shillings; à chaque pas de cet immense rabais, il en ^it dû résulter des suppressions soudaines d’emploi les pauvres tisserands; des souffrances infinies, tran-lh>ires à coup sûr, mais qui, dans le moment même nr VUn°Va,io11’ n en ^taIent Pas moins accablantes. Les cres intermittentes par lesquelles la mécanique commit ^ c^aclue ProsP^r^^ nouvelle, devait-on, pou-la \°n en accuscr l’agriculture? Enfin, dans le pays où VlG tnoycnne (les comtés manufacturiers était d’un a c* niême d’un tiers plus courte que celle des comtés poJC°îCs * ^tait-ce l’agriculture et ses propriétaires que 1 on Va*t accuser de bâter la mort des hommes?
- * surtout l’accusation n’aurait jamais dû partir des
- p.275 - vue 314/0
-
-
-
- 276 FORCE PRODUCTIVE
- comtés et des cités où l’industrie faisait payer d’un tel prix ses immenses bénéfices et ses milliards artistement entassés sur des milliards.
- Dans le comté de Lancastre, l’opulent foyer de la ligne, les revenus nets des propriétés réelles sont comme il suit :
- Année i84o à i8411 :
- Revenus tirés de la terre.36,o55,200 francs.
- Autres genres de revenus.. 5i,224,95o
- C’est-à-dire que les revenus des propriétés réelles, no11 terriennes, ont une supériorité de 75 pour cent; et ce sont les plus riches qui débutent dans leurs attaques aU nom de leur prétendue ruine, de leur ruine immédiate* J’ai voulu jeter quelque lumière, et, je l’espère, aVeC une sévère impartialité, sur les faits introduits pour eiive' nimer et fausser un débat qu’on a tout fait pour rendte passionné. Conduire ainsi le pays, la foule, les masses, ce n’est point là ce que les législateurs et les sages ont jarï>alS appelé la démocratie, le peuple conduit par la veitu‘ C’est le peuple entraîné par l’erreur, par les passions, l’emportement, à l’intimidation, à la violence; cest que les Grecs ont appelé démagogie. Depuis Socrate Platon, depuis Périclès et Démosthèncs, ce mot, p^sS dans toutes nos langues modernes, n’a point change da ception.
- Nous arrivons à l’époque où la nouvelle admini5^ tion, l’administration libre encore de Sir Robert 1e ’
- 1 ]j oUC
- repousse, en »84a, les excès et la terreur que ia ^ o
- répandait partout autour d’elle pour mieux attein ministre.
- dre
- des pauvre»-
- 1 D'après le* recensements officiels pour asseoir la taxe
- p.276 - vue 315/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 277
- Sir Robert Peel.
- 2
- en
- Sir Robert Peel, fils d’un fabricant imitateur et contem-Poïain dArkwright, est l’héritier d’une fortune immense ^ tenue dans la iilature et Je tissage des cotons. De 181 ^18, il administre l’Irlande avec habileté, mais Comprimant d’une main de fer la population catholique.
- n 1812, il devient à Londres ministre de l’intérieur, vuoiqujj appartienne au parti tory, si longtemps con-'ad*11*6 3UX r<^ormcs législation criminelle, il les fait °pter lorsqu’il arrive au pouvoir.
- 1-lans le tableau que je présentais, en 182y, des Forces Productives et commerciales de la France *, je caractérisais Irisi le noble exemple donné par Sir Robert Peel :
- ^ w Angleterre offre l’exemple d’une grande mutation ftts les blées et les principes d’un gouvernement l’un des j immuables de l’Europe. . . . Ce changement des vo-na,,onales, exprimé dans l’enceinte du sénat bri-nUjue, plus tard il est vrai qu’au dehors de cette en-j <nic, me paraît marqué surtout dans l’amélioration des j°ls criminelles. La réforme de ces lois, demandée par gér^n<^ratl0n nouvc^e» ^ut repoussée tant que l’ancienne ^ dation se vit en majorité dans le Parlement; l’élo-ri,Ce verlueux Romilly ne put rien contre la mono-stabonnaire des législateurs surannés. Enfin, la 0rnc Angleterre prédomina dans les deux Chambres,
- ^ .s°U(fi>in les lois criminelles furent améliorées sans Un jeune administrateur (Sir Robert Peel), cass^,r P^cieux du torysme, vint remplacer un ministre Par iûge. Mais le jeune tory connaissait, éprouvait
- a vol.in.4*, 1837.
- 1
- p.277 - vue 316/0
-
-
-
- 278 FORCE PRODUCTIVE
- les besoins de son époque ; il donna la loi du jury la plus sage qui soit en Europe, et put un jour faire entendre ces belles paroles dans le Parlement britannique : «Je «puis dire avec assurance que j’ai plus amélioré les lois « de justice en faveur des accusés qu’on ne l’a jamais « fait en Angleterre. » Heureuses les nations où de sem* blables paroles sont accueillies avec enthousiasme par des législateurs qui conçoivent les idées de la génération nouvelle! »
- La seconde innovation du jeune ministre sera d’aider à réduire en loi de l’État l’émancipation des catholiqueS’ à laquelle précédemment il s’était montré si contraire.
- Le contre-coup des événements français de i83o ren-verse à la fois du pouvoir Lord Wellington et Sir Robert Peel. Celui-ci, comme chef du parti conservateur, com' bat la réforme parlementaire, défendue par Lord Russell. Il est vaincu, mais sans désespérer de ressaisi Ie pouvoir. Il y parviendra par son mérite et surtout par
- les
- tac-
- arti
- fautes du parti vainqueur. Voyons-le manœuvrant en
- ticien consommé; pour donner tour à tour à son pa|l,
- . la confiance et la modération, traitant avec supérioid®
- toutes les questions vitales de revenus, de commerce
- 1 . saps
- d’administration ; prenant part à de vives discussions,
- animosité perceptible; ne repoussant de ses ad versa ^ que les opinions nuisibles; appuyant le ministère dans ce que l’autorité peut proposer d’avantageux, et s l^eg< d’améliorer les mesures qui pouvaient être perfection!
- Par ces moyens, il grandissait dans l’estime publique» moins il laissait percer de vulgaire convoitise, P^s, Anglais étaient prêts à ne lui refuser rien que pût la plus noble ambition. u„
- Trois guerres entreprises au milieu d’une époque ^ jours appelée l’époque de la paix universelle, les cXP
- p.278 - vue 317/0
-
-
-
- 279
- DES NATIONS.
- !,°ns c^e Chine, d’Afghanistan et de Syrie, i’armement Une grande flotte en 18/40, tout s’était réuni pour dé-I équilibré du budget. D’un autre côté, sans souffrir autre mal que celui de la surabondance, ie commerce et u ustrie criaient misère pour un moment de stagna-0ni de plus en plus exigeants, ils s’exaspéraient non-eulement à la pensée du moindre accroissement d'impôts, *ais en voyant qu’011 n’ouvrait plus chaque année finan-^ re Par la réduction des droits sur leurs produits ou sur es matières premières, et qu’on osait parler de rehausser Quelques taxes pour suffire aux besoins publics! Enfin, es saints, les saints mêmes d'Albion, s'indignaient qu’un (,get nouveau acilitàt la consommation d’un peu de ^cre produit par des esclaves, eux dont la conscience, ^ argie du côté de l’industrie, souffrait avec indulgence ümvers habillé des mains de l’Angleterre avec un coton 1. c, cueilli par des millions d’autres esclaves. Au mi-00 l°uragan, l’Administration, dont n’était pas Sir e*'t Peel, avait l'ingénuité d'attendre un dernier se-g rs fl° celui qui tant de fois l'avait ménagée lors du temps. Mais l’instant était venu d’achever la chute ^abinet, et le coup fut porté de main de maître. r <lns cette lutte suprême, un grand hommage est ^ ( u des deux parts à la politique commerciale de Hus-écl °n* ^°^ert ^>oe^ réfute à la fois et les ultra-libres Saj^an8lslcs, qui le somment de déclarer que la vraie, la Pos Q' ^0clnnc commerciale est d’acheter au plus bas prix (|UiSl^C’ Sans aucune autre considération, et les ministres ^es '°n* tomber, en protestant qu’ils sont les seuls amis ^,a,es libertés commerciales.
- 4 |>j ,0us vous croyez, dit-il à ceux-ci, des droits exclusifs jo\4,lei,^e l,ar bi sagesse d’IIuskisson. Avant ces
- s de détresse, en avez-vous jamais parié? Le budget
- p.279 - vue 318/0
-
-
-
- 280
- FORCE PRODUCTIVE
- de l’année dernière reposait-il sur ces principes dont au-jourd’hui vous vous dites les champions? Ne confond^ pas avec les vôtres les mesures de ce ministre; rendez-!111 justice! 11 appliquait ses principes avec réserve sans doute» il les appliquait avec prudence, mais avec la puissance et surtout avec l’intention sincère de les faire triomphe1’’v
- Le plus beau moment de Sir Robert Peel est celui de scs premières mesures comme chef du Gouvernement' en 1842. Il est libre; il peut, sans obstacle, suivre s*j pensée et dicter les mesures les plus favorables au gran essor de la prospérité publique.
- Dès 1839, il avait reproduit, presque textuellement’ les raisons données, par Huskisson, pour ne pas laissé sans protection l’agriculture, lorsque tant d’industijCS étaient encore protégées; il voulait, à son tour, assuij1 le salut de l’Irlande. Etait-il prudent, répétait-il» rendre un grand pays, tel que l’Angleterre, de pluS cU plus dépendant de l’étranger pour sa subsistance?
- À l’égard des céréales, Sir Robert Peel maintient, nj^ il adoucit le système de l’échelle mobile, qu’il délen(t en 1828. Il le proclame le seul qui soit applicable t0^ à tour, et sans détriment, aux années d’abondance et détresse, quand les chillres en sont posés avec intcll'o01 ^ et modération. Il réprouve le système qu’épousait pa|
- __1 :v____» 1___1 1.. 1 i> __11 ^1 • .1»_ 7./ïrv»:(l*y
- culièrement Lord John Russell, celui d’un droit exhaussant, avec une indifférence inintelligente et ci’111'
- le prix du pain dans les temps de surabondance et
- >||c.
- d#
- les temps de famine.
- rtati011
- Sir Robert Peel, en 18/12, regardait une imp01 ‘' s qui pourrait aller jusqu’à (juatorze millions dhcc ^ comme un danger formidable : « Que deviendrez-v01^^ il, dans le cas d’une disette générale, lorsque le sen
- de la conservation, qui prévaudra dans les autres L
- pay3'^
- p.280 - vue 319/0
-
-
-
- DES NATIONS. 281
- ^ttra des obstacles à la sortie des grains? » Il ne veut pas énoncer à voir l’Angleterre, dans les années de fécondité j^oycnne, se suffire à elle-même. «Si cet espoir était ^°nipe, si dans les années ordinaires vous étiez obligés, 1 'fi » de demander sans intermittence à l’étranger un com-^ ernent de ressources alimentaires, il y aurait encore une lsfinction profonde à faire entre l’importation bornée nécessite une modique insuffisance et l’importation a fois permanente et sans limites. »
- Qu aurait donc dit Sir Robert Peel, s’il avait pu voir, j^es sa dernière loi, les importations de céréales n’être p aiS moiIK^res de vingt millions d’hectolitres et finir surpasser trente millions dans une année.
- Daj °Ur lamener l’équilibre dans les finances, la combi-ÇslSon du ministre, contestable peut-être en principe, tj,0i^e,'nc (1 habileté. Il propose qu’on établisse, pour (Je ailnoes seulement, un impôt direct sur les revenus fortunocC. nature. Il exempte les petites et les médiocres ^e$ n°S ’ CC ni0yen désintéresse la très-grande majorité ljstç ^{U’iétaires, des employés, et même des capita-hoo ^ Romande aux plus riches 28 francs d’impôt sur Ns ° ^rancs (le revenu ; on ne payera ribn si l’on n’a tcrr^n levenu de 3,^5o francs. Les richesses, en Angle-c°t(] ' S°n^ ^ cc point grandes et nombreuses, qu’en ac-enCQant u,,fî si forte exemption le calcul de l’impôt donne tjUe] ^lls (le y 3 millions de nos francs; si l’on y joint ÀC;cs bibles accessoires, on obtiendra i 00 millions, fi ^‘‘licit sera plus que comblé.
- Su <le cette évaluation, qu’en 18^2 les revenus séleVaP^Cns * k partir de 3,y5o francs par chef de famille, aU moins A 3,3oo,ooo,ooo de francs!... C’était ^Vr0s a °nl de 33o,ooo familles avant chacune dix mille Sde rente. *
- p.281 - vue 320/0
-
-
-
- 282 FORCE PRODUCTIVE
- Avec l’impôt qui frappait sur les fortunes acquises, Ie ministre était en mesure d’offrir aux manufacturiers, aU* commerçants, les plus amples remises des droits auxqurjs ils portaient une haine intéressée et mortelle ; on achevai de lever toutes les prohibitions, excepté sur les machmeS’ ces armes qui procuraient la victoire à l’Angleterre; °n affranchissait des droits d’entrée les matières premier05’ sauf un petit nombre d’articles qui ne payeraient aU maximum que 5 pour 1 oo ; on établissait deux autieS catégories de produits étrangers qui payeront : à àertl1 confectionnés, î a , et tout à fait achevés, 20 pour 100; °° réduisait à peu de chose le droit sur les bois du Cana on abaissait de moitié les droits sur les bois étrangefS Pour les produits britanniques, on supprimait ce qu* tait de droits d’exportation; le bétail vivant, les vian^eS’ les graisses, le poisson, étaient désormais exempts de ta*c à l’entrée; on supprimait beaucoup de droits sur ^aut^n comestibles, y compris la pomme de terre. En un m°1, venait en aide au peuple pour une foule d’objets uece saires à sa subsistance, à son ménage, à scs travaux. ^
- Sir Robert Pcel terminait avec raison la longue méralion des mesures qu’il proposait, en se félicff30^ partager les principes manifestés si brillamment en 1 ,
- par l’illustre auteur des changements commerciaux, r ^ curseurs de ceux qu’en 18 k 2 on étendait si large me affirmait, et c’était vrai, qu’il avait procédé comme 1 son, en évitant autant qu’il était possible de porter atte.^s aux intérêts individuels, sans reculer devant les nécc de l’intérêt général.
- Sir Robert Pcel ne le disait pas, mais le fait dent : bien éloigné qu’il était, au fond de l’âme, de ( mer l'industrie anglaise , les dégrèvements qu ^ 11 ^ pliait, qu’il combinait, qu’il échelonnait si dextie
- p.282 - vue 321/0
-
-
-
- DES NATIONS. 283
- Paient pour objet de remporter plus que jamais la vicaire au dehors.
- t^ans le temps même où l’illustre ministre méritait si îen de l’industrie et du commerce, on le brûlait en ejfigie Manchester, à IIull, à Bradford (Wilts), et dans plu-Sleurs autres cités. ,
- f’allait-il s’en étonner! Incriminé personnellement par %ue à Manchester et dans le parlement par M. Cob-Cn> Sir Robert Peel se plaignit qu’à vingt pas de la Halle ^ Libre Echange, à Manchester, cote a côte avec les Implications du libraire de la ligue, un placard fût resté j,°ngtemps affiché contre lui, avec ce mot pour appel à Mention publique : Marder! qui signifie indifféremment Usinât ou bien Assassine.
- Le succès de Sir Robert Peel çn 18/12 ne fut pas
- c °*ns grand que celui de son devancier et de son modèle
- ^ l8a5 ; les conséquences pour l’industrie britannique ® fil r»^. — .
- ^fü
- M
- rent pas moins heureuses.
- ^ ^lltr°ns, «à présent, comment se releva le commerce 10,111 affaissé passagèrement en 1862.
- ANNÉES. EXPORTATIONS.
- 29,382,900,875 fr. 32.488.782.500 30,449,945,025 37.404.787.500
- 0la, Scu en,er,f en i843, et sur la proposition de 1785 °.ne» qu'on a levé la prohibition qui, depuis
- deç 0Va,t I,cs^ sur la sortie des instruments, des outils
- ^chines.
- p.283 - vue 322/0
-
-
-
- 284 FORCE PRODUCTIVE
- En i845, Sir Robert Peel trouvait des raisons auSS1 spécieuses qu’en i84a pour renouveler la taxe des rev^' nus. 11 oubliait sa promesse de n’en faire qu’une mesure transitoire; mais il fallait complaire à l’industrie.
- CHAPITRE V.
- CINQUIÈME PÉRIODE, DE l845 À. l853.
- S l". RÉVOLUTION ÉCONOMIQUE DE l846.
- *
- Malgré trois années d’abondance, et lorsque le pn* céréales était plus bas qu’on ne l’avait vu depuis bÇaü coup d’années, la ligue ne continuait pas moins dagiter Elle redoublait d’activité; elle ne cessait pas de prése11^ les calculs les plus exagérés, afin de prouver au PcU|^ qu’il était réellement affamé par des lois cruelles, 311 néfice d’une classe privilégiée qui regorgeait de" ricne ^ Enfin l’été de i846 annonce à la ligue une reC^e médiocre, qui peut donner à ses moyens d’agiter ^ puissance fortunée. Au rr janvier de cette auriee^er, froment était descendu jusqu’à 45 sb. 8 d. le équivalant à 19 fr. 63 cent, l’hectolitre. Le prJX s successivement :
- Vhttlol.
- En août, à.............. a3f 97*
- En septembre, à......... 11 83
- En octobre, à. . • En novembre, a*
- l’h«ct0'
- /(
- ,4 lu
- si 55
- la
- Je prends ici les prix d« froment donnas par Ia zette officielle, et résumés, de 18/10 è 185/i, dans I'eslra statistique préparé par le ministère du commerce et P biié d'après l'ordre du Parlement. C'est è la même so“? authentique, et dans des tables plus détaillées. doi>te
- p.284 - vue 323/0
-
-
-
- Les
- DES NATIONS. 285
- le résumé, que j’ai puisé les chiffres officiels relatifs commerce du Royaume-Uni dont je fais usage dans Ce chapitre. J’offre ces explications, afin qu’on ne soit pas *°nic de révoquer en doute des évaluations dues non Pas à moi, mais à l’Administration britannique.
- prix que je viens de citer étaient, pour 1 Angleterre, prix fort ordinaires, puisque la valeur moyenne des années précédentes, dont la moitié très-abondante, de ilx fr. 87 cent, l’hectolitre.
- ^lais les nouvelles que le cabinet recevait de 1 Irlande *aient inquiétantes. De tous les comtes de ce royaume, énonçait que la récolte des pommes de terre parais-^ fort insuffisante. C’était le commencement des cala-qui devaient frapper ce pays infortune. j.j ne semblait plus simple que d ouvrir les ports de 1 ande à l’entrée, franche de droits, des céréales etran-
- geres
- y : on eût ainsi laissé l'Angleterre hors de la ques-JJQn,Sir Robert Peel allait plus loin : ce sont les ports des ^°yaumps qu’il voulait ouvrir, sans dissimuler à ses
- Y ^8ues qu’il n’apercevait pas comment, une fois ou ®rts» on pourrait revenir h la législation actuellement
- v,gueur. Des objections graves furent .présentées Un tc^ I)art* » dans le mois d octobre, et le ca inet Pr,t aucune mesure. . ,
- 8 Ie cours du mois prochain, Lord John Russell, le faJ>bitieux du parti whig, jugeant l’instant favorable,
- V ^ P«*»'aître une lettre dont le retentissement ut lin
- aLandonnait même le système de protection qui dis P^'cooisé, celui qui pesait autant sui les années e i 1 ^ sur les années de surabondance ; il passait de fait r *>Ue et portait un coup décisif au ministère tory. 4ajfelte lehre fait de nouveau réunir le ministère. au Prendre une résolution extrême devant laquelle re-
- p.285 - vue 324/0
-
-
-
- 286 FORCE PRODUCTIVE
- cule encore une partie considérable du cabinet. Sir Robert Peel donne alors sa démission. Lord John Russell est chargé de former un cabinet; mais la difficulté qud a créée est si grande, qu’elle fait reculer son propre parti-il échoue, et la reine revient à Sir Robert Peel.
- En recouvrant le pouvoir, celui-ci comprend qu’il est en mesure de dicter la loi la plus impérieuse à ses an ciens collègues. Il ne sera plus le représentant de l’ancien parti conservateur ou tory; il le délaisse. C’est lui, lhoîfiftie (les idées prêtes à régner, qui se chargera de faire passef en loi l’opinion lancée par Lord John Russell. Il battra son rival avec les armes du tiers parti d’une ligue ao bientôt il célébrera les louanges. Un seul des anciens #n nistres croit devoir conserver ses anciens principes •' c Lord Stanley, qui deviendra le comte de Derby.
- Je ne suivrai pas les phases de celte métamorpb°ae Sir Robert Peel annonce au Parlement qu’il s’ést et converti. Il ne pense plus que l’agriculture britanni^ ait besoin de la moindre protection; il ne pense plus vant quelle en soit dépouillée, il faudrait que l’industrie^ eût donné le complet exemple. L’industrie conserve)a droits protecteurs de i o, de 15, de 20 et de 2 5 p* < sur un nombre de produits considérable; les cereai seront privées. Cependant, afin d’empêcher que la ^ tion soit trop brusque, l’agriculture nationale sera p gée pour trois ans encore. Elle le sera, non pluS droit mobile intelligent, tel que l’établissait la loj de 1 formulée par Sir Robert Peel, mais par un droit P,xe’^^ un droit à la John Russel, qui pèsera sur le conso teur pendant trois mauvaises années pour cesser ^ à coup dans les années de sur abondance écouleeS 1 85o û 1862. efr
- Je m’abstiens déjuger Sir Robert Peel. Jainae
- p.286 - vue 325/0
-
-
-
- DES NATIONS. 287
- ser que des raisons d’État d’un ordre supérieur, et qu’il n’a pas déclarées, auront entraîné sa décision en présence des dangers que courait l’ordre social, après sept ans d’agitation d’une ligue implacable et qui soulevait les passions de la multitude.
- J’ai vu trop de choses dans la vie des hommes politiques pour être étonné qu’après avoir été traîné dans la fange par les ligueurs, non-seulement il ait fait avec eux la paix et leur ait rendu des éloges pour des outrages; mais Je regrette, pour sa renommée, qu’en quittant le pouvoir, d’où le précipitaient en peu de mois wbigs ardents d’ar-river et tories désespérés par l’abandon de leur illustre coryphée, il ait cru devoir flétrir son ancien parti comme coupable de conserver encore les convictions qu’il avait Quittées, lui, depuis moins d’un an.
- Ce que je veux considérer uuiquement, c’est la conséquence de la grande mesure qui concerne l’agriculture britannique. Je ne crains point de le dire, ce n’est pas Seulement une innovation économique considérable en elle-mêmc; ccst une révolution.
- C’est une révolution! Vainement on a tenté d’en dégui-Ser la portée; elle est patente à mes yeux, et j’en dois Slgnaler toute l’étendue.
- Sir Robert Peel, deux années avant sa conversion, déclarait qu’à ses yeux toute législation sur les blés serait Vlcicuse, si le résultat en devait être une importation con-Sldérable dans les années ordinaires; il y voyait un danger P°ur l’indépendance de son pays, et, dans certains cas, lln péril pour l’existence de la population.
- Les partisans les plus renommés du commerce complètement libre d es céréales affirmaient que les importions resteraient insignifiantes; des appréhensions de ce 8eure ne pouvaient être que des paniques insensées.
- p.287 - vue 326/0
-
-
-
- 288
- FORCE PRODUCTIVE
- J’ai sous les yeux l’excellent ouvrage de Georges Porter, un des'principaux administrateurs du ministère du commerce : la dernière édition est datée de i85i. Le titre dii premier chapitre relatif à l’agriculture porte, pour commencer, ces mots remarquables: «Impossibilite d’importer toute portion considérable de nourriture pour la population, » Impossibility of importing any large portion of foodfor the population.
- L’auteur n’a pas de peine à démontrer que polir nourrir tout le peuple britannique avec des céréales étran* gères, il faudrait une marine actuellement impossible. H calcule ensuite la faible quantité des blés importés.
- Céréales importées pendant le xix' siècle (année moyenne
- )•
- De 1801 à 1810. De 1811 à 1820. De 1821 à 183o. De i83i à i84o.‘ De i84i à 1849.
- 600,496 quarterS’ 458,578 531,991 907,638 2,588,705
- Dans cette dernière période, G. Porter fait remarquer avec raison la calamité de 1867, relative 4 l’Irlande. MalS il n’a pas pu voir ce qui s’est passé dans trois années vilissement des prix par suite de récoltes abondantes dan tout le Royaume-Uni; il n’a pas pu voir que, dans ces tr01 années heureuses, l’importation du froment étranger slU passe en moyenne celle de l’année de famine où la»1^ culture avait encore un peu de protection. U n’a paS c<* culé dans leur entier les diverses espèces de céréales leurs farines; s’il l’eut fait, il aurait trouvé les imp01 tions suivantes :
- p.288 - vue 327/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 289
- En 1847, famine d’Irlande el disette d’Angleterre.. . En i85ol En i85i En 1862
- années d’abondance et d’avilissement des prix......................................
- Quarters.
- 6,123,000
- 6,240,000
- 6,124,000
- 6,524,000
- Movenne des trois années d’abondance. .. 6,296,000
- Dans un Etat qui ne compte que 28 millions d’habitants et qui, dans ses meilleures années de récolte, est encore obligé d’importer la nourriture de 6,296,000 hommes, ce pays, je le demande, est-il de ceux dont on peut dire : il n’emprunte de l’étranger que la subsistance d'une faible partie de sa population ?
- Concluons, en premier lieu : l’énormité des importations de blés étrangers, depuis 18/16, a complètement démenti les assertions rassurantes de G. Porter et des théoriciens dont il exprimait la pensée.
- Le lecteur sera frappé d’un plus grand étonnement s’il considère les importations de la dernière année de paix générale. En 1853, avec une récolte médiocre, les importions atteignent le chiffre effrayant de 10,382,1 1 o1 quarts de toute espèce de blés, c’est-à-dire 30,189,000 hec-t°litres; leur embarquement représentait 3 millions de Anneaux d’encombrement.
- En 183 1, lorsque le Royaume-Uni comptait déjà 2 3 mil-l0ns d’habitants, sa marine de commerce ne suffisait *îlià l’importation de 2,36y,31.2 tonneaux! c’est à peine
- Équivalant à 8,iiG,ooo quarters de froment, nourriture d’un pareil ^rc d’habitants.
- j endant la même année 1853, la France, balance faite dos entrées et ' sorties, introduit seulement 2,473,315 hectolitres de grains pour 36
- *°ns d’habitants.
- INTRODUCTION.
- ‘9
- p.289 - vue 328/0
-
-
-
- 290 FORCE PRODUCTIVE
- les trois quarts de ce qu’il a fallu pour le transport des
- céréales tirées de l’étranger vingt-deux ans plus tard.
- En 1853, les céréales introduites dans le Royaume-Uni représentent presque la consommation totale de l’Angleterre telle quelle était peuplée au commencement du siècle1.
- Non-seulement on n’a pas prévu l’immense extensio11 que prendrait l’importation des céréales; on semble rie pas s’être occupé des mains égoïstes ou dangereuses (J111 disposeront de ce redoutable commerce.
- Au nombre des amis peu naturels ou peu dévoués àe l’Angleterre, on doit compter, ce me semble, au premier rang les Russes; au second, les États-Unis; au troisième» ïAllemagne; il faut encore ajouter les Grecs, si prononcé contre l’Angleterre et qui font éclater leur haine bout à l’autre de l’Europe : les Grecs ont dans leurs mai11* le commerce entier des céréales du Levant.
- Céréale* importées en 1853, Qnarters. Quart®**'
- De Russie j du Nord 637,436 | ! 1,456,36e
- du Sud 8l8,93o j
- Prusse 1,176,621 1 172,903
- TVÎecklembourg ' ,.98,.7W
- D’Allemagne... < Hanovre 166,998
- Villes anséatiques ... 356,128 |
- Autriche 109,087 j
- Des États-Unis, j Grains 947,006 ; I i,961,3^
- Farines i,oi4,336 | 1 a,o53,434
- Commerce du Levant, entre les mains des Grecs..
- Total 7,452.879
- Équivalents en hectolitres................. 21 »72°’
- 6o°
- 1801, la population de l'Angleterre s’élève à
- 1 .KÎfflU ts»
- p.290 - vue 329/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 291
- Si la Russie avait bien consulté ses véritables intérêts, elle aurait fait regorger le marché d’Angleterre avec les blés à prix avilis quelle peut produire en quantités illimitées; en même temps, elle aurait pris des mesures pour que les Grecs ne lui ravissent pas le plus clair des profits de cet immense commerce.
- Les États-Unis surpassent déjà la Russie pour la quantité de farines et de grains envoyés dans les trois royaumes. Si leur population entreprenante veut pousser à ses dernières limites ce grand et nouveau commerce, aucun autre pays du monde n’inondera mieux les trois royaumes avec ses produits alimentaires. Voyons ce que pourra demander un avenir qui n’est pas fort éloigné.
- Avenir comparé de la population agricole avec celui de tout le reste de la société britannique.
- Aussi longtemps qu’on s’elforçait par les lois de maintenir l’agriculture britannique en situation de nourrir la presque totalité des habitants, cette condition agissait pour Ralentir le progrès trop accéléré de la population.
- Depuis 1846, deux effets sont produits en sens contraires : le premier sur la population agricole, le second sUr la population industrielle. Tout tend à l’accroissement de la dernière et tout à la diminution de la première : on fait émigrer celle-ci.
- Pour obvier à l’énorme réduction de leurs bénéfices, ^esfermiers, plus que jamais, visent à diminuer le nombre ^es laboureurs.
- Déjà l’industrie urbaine s’est emparée de tous les travaux de filature, de tricot, de tissage, etc., que faisaient surtout les femmes et les filles à la campagne.
- Aussi, dans le dernier recensement de la population
- «
- p.291 - vue 330/0
-
-
-
- 292 FORCE PRODUCTIVE
- britannique, en 1851, l’on est surpris douloureusement en voyant combien est petit le nombre de filles et de femmes dont fait emploi l’agriculture.
- Il faut maintenant attaquer les hommes; on leur a déjà supprimé le battage en grange, le vannage, etc.
- Un certain nombre de pâtres, de porchers et de bom viers s’occupe encore à surveiller dans les champs les animaux conduits au pâturage. On a découvert qu’il est plus profitable de tout élever, traire, engraisser au fond d’une étable. Ainsi les troupeaux cesseront d’embellir IeS campagnes britanniques et d’en orner les prairies; c’est un faible sujet de regrets en présence de changements d’une toute autre gravité.
- 11 suffira désormais que l’ôn salarie peu de garçons d’étable pour les animaux enfermés. Des mécanismes auto' moteurs pourront conduire à l’auge, à la crèche, l’aliment et la boisson des animaux immobilisés.
- A l’Exposition universelle on accordait avec les pluS
- grands éloges la récompense du premier ordre aux meca'
- nismes imaginés par un Américain qui m’a bien l’air de
- descendre de l’Irlande. M. Mac-Cormick supprime les
- moissonneuses et les moissonneurs. Il faut entendre en
- quels termes le commissaire des brevets d’invention aü* ç • fil IV
- Etats-Unis parle de cette découverte : « A l’égard de 1
- agriculture, c’est une conception comparable en imp01(
- tance â la «mule-jennie pour la fdature, au métier
- « vapeur pour le tissage. C’est une de ces grandes inve11
- « tions qui commencent une ère nouvelle de progrès do
- « les bienfaits seront recueillis dans les âges à venir.w
- Certainement, en Amérique, l’immensité des Ier facilement labourables n’aura de longtemps trop de c bourcurs; l’invention préconisée n’y diminuera pas la P pulation des agriculteurs. Mais, en Angleterre, le tel
- p.292 - vue 331/0
-
-
-
- DES NATIONS. 293
- labourable, envahi par les pâturages, diminue au lieu d’augmenter; toute invention de ce genre supprime sans compensation possible des masses d’agriculteurs qui sont expulsés du pays.
- Ce succès superbe enhardit : on expérimente un changement d’une tout autre conséquence. On pousse aux champs la ïocomobile; on l’exerce au travail de la terre, à fendre un sillon, à traîner la herse, à tirer l’extirpateur pour les grands défrichements, etc. Tout ce travail, on espère l’accomplir avec plus d’économie qu’avec des animaux de trait et les bras du laboureur; avec plus d’économie qu’avec l’homme, c’est la condition sacramentelle, Unique et dominatrice. Tout cela reste encore à l’état d’essai, mais non pas d’essai dédaigné.
- Ecoutons le rapporteur anglais du IXe Jury, celui de l’agriculture, lorsqu’il résume ses conclusions générales : ((I1 ne faut pas que les fermiers continuent plus long-(( temps de rester enchaînés aux anciens modes de culture; il faut qu’ils considèrent tout d’un coup comment <(ces modes anciens peuvent être réformés, afin de pousser dernières bimiles les avantages des mécanismes modernes.» Voilà le mot d’ordre.
- Si la mécanique appliquée à l’agriculture réussit dans Sçs efforts, on aura des trains agricoles conduisant des socs plus en plus multipliés, sans autre embarras que celui dün mécanicien, et peut-être d’un servant.
- Les paires, les bouviers, les moissonneurs, les van-neurs, les faucheurs, les faneurs et les laboureurs supprimés, on peut espérer de voir, c’est un espoirindustriel, 011 peut espérer de voir prochainement la population agricole se réduire à si peu de chose qu’on ait à peine besoin e 1 enumérer. Je parle sérieusement : c’est le but que es hommes qui sont les docteurs du progrès moderne
- p.293 - vue 332/0
-
-
-
- 294 FORCE PRODUCTIVE
- proclament comme le nec plus ultra des perfectionnements
- économiques.
- En admettant, non pas un succès aussi complet, mais cependant considérable, un succès qui réduise à trois millions ce qu’on n’aura pas pu supprimer d’agriculteurs dans les trois royaumes, la population purement indus-rielle n’aura plus rien qui lui fasse ombrage ; elle ira demander, dans les deux hémisphères, les grandes masses de blé qu’il lui faut pour vivre, et pour vivre au rabais. Alors rien n’arrêtera son accroissement numérique. ‘
- Afin de ne pas exagérer, je me borne à supposer que la population du Royaume-Uni, de i85i à 1901, doublera simplement, comme a doublé la population britannique de 1801 à 18511.
- A ce compte les trois royaumes auront 55 millions d’habitants lors de la première année du siècle prochain* Sur ce nombre je viens d’indiquer comment la marche des idées et des machines aura réduit probablement au-dessous de trois millions le nombre des agriculteurs; il restera donc au moins 52 millions de personnes applicables à toutes les branches de l’industrie britannique.
- Je prie le lecteur de permettre que je mette sous ses yeux le tableau comparatif de la situation des populations du Royaume-Uni pour les deux extrêmes du siècle aü milieu duquel nous vivons.
- 1 Si quelques personnes contestaient cette rapidité d’accroissement, sl* pour objection, elles disaient que la Grande-Bretagne a ralenti son accrois sement de i84i à i85i, qu’en résulterait-il? que la population du royaun|ie’ au lieu d’atteindre en 1901 le nombre de 55 millions d’habitants, cirait seulement dix ans plus tard. Tai supposé de plus que la populatio11^ l’Irlande, remplacée rapidement par des Anglais et des Écossais* 8U1 désormais le progrès de la Grande-Bretagne.
- p.294 - vue 333/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 295
- APERÇü COMPARÉ DES POPULATIONS DD ROYADME-DNI EN l8oi ET EN igOl.
- ANNÉES. POPULATIONS
- AGRICOLES. INDUSTRIELLES.
- 1801 7,500,000 3,000,000 7,500,000 52,000,000
- 1901 s
- Si les 7,500,000 industriels partis de 1801 ont pu suffire à donner le sceptre de l’industrie à l’Angleterre, s’ils ont pu lui procurer un commerce incomparablement plus riche que celui des nations les plus populeuses, les plus actives, les plus florissantes, j’oserai demander de fluoi ne seront pas capables en prodiges du même genre 52 millions d’industriels britanniques, armés de tous les Moyens nouveaux ou déjà découverts ou qui vont l’être aVant 1901? Je demande ce qu’ils pourront faire en devenant sept fois aussi nombreux qu’en 1801, eux, maîtres capitaux immenses, ayant toujours la houille, le fer, la Vapeur, à plus bas prix que leurs rivaux ; ayant dans leurs Possessions extérieures i5o millions de vassaux, consommateurs de leurs produits et fournisseurs de matières Premières, i5o millions de consommateurs dépendants, près d’un cinquième de l’univers non britannique !... Je le demande?
- Voilà ce que j’appelle une révolution, et certes on ne m accusera pas d’en vouloir rapetisser les conséquences : Je la dépeins aussi grande que je la conçois.
- Cependant cette perspective magnifique n’aura-t-elle Pas> à côté de sa grandeur, des dangers du premier ordre? Quand il faudra, pour nourrir 55 millions dhabitants
- p.295 - vue 334/0
-
-
-
- 296 FORCE PRODUCTIVE
- sur une terre qui ne donnera pas de blé pour plus de 20 à 2 5; quand il faudra demander à l’étranger 35 millions de quarters, c’est-à-dire 102 millions d’hectolitres de froment ; quand il faudra demander des navires pour dix millions de tonneaux employés à transporter ces blés? supposera-t-on encore que ce soit là peu de chose et seulement une faible partie de la subsistance d’un peuple? Si mon regrettable ami G. Porter n’avait pas péri d’une mort prématurée dès 1851, j’en appellerais à sa candeur pour qu’il reconnût combien était peu fondée sa trop confiante assertion.
- Un grand fait rendra la situation dont je signale ici leS développements probables digne surtout d’attirer l’attention des hommes d’Etat britanniques, au commencement du siècle prochain: c’est la moindre population 9ui se puisse évaluer pour les trois nations chez lesquelles la Grande-Bretagne va chercher plus de la moitié des céréales quelle importe.
- APERÇU DES POPULATIONS PROBABLES DES TROIS GROUPES DE NATIONS.
- m ^
- NATIONS. ANNÉE 1851. ANNÉE 1001-
- États-Unis 23,351,207 70,000,000 00,000,000 93,000,00°
- Allemagne.. . . . 100,000,000
- Russie r , 108,000,000
- -
- En i 901, l’Allemagne n’aura-t-elle pas plus de population que son sol, meme amélioré, n’en pourra nourrit-hl aura-t-ejle pas besoin d importer des blés, ou lieu d en exporter P Première source tarissable.
- Resteront alors les États-Unis et la Russie, U’* riva**
- p.296 - vue 335/0
-
-
-
- 297
- DES NATIONS, nés de la Grande-Bretagne et maîtres absolus d’une énorme partie de sa subsistance.
- Peut-être se rappellera-t-on les paroles prudentes de Sir Robert Peel, avant qu’il fût devenu l’exécuteur déférant des injonctions de la ligue. . . sur les craintes qu’il aurait eues si son pays avait besoin d’importations un peu grandes de céréales? Voyez p. 280.
- Dans les considérations précédentes, j’ai parlé seulement des machines supposées préférables à l’homme et l’expulsant de la culture de la terre; je n’ai parlé que d’industriels se coalisant contre le terroir, que de produits confectionnés, que de transports sans limite et de trésors accumulés.
- Je voudrais qu'il entrât aussi dans mon sujet de conférer les changements moraux des nations et la surveillance élevée de leurs plus précieux intérêts. On ne conduit pas les Etats avec les seules règles d’un comptoir; la grandeur des nations rarement s’escompte â tant pour Cent, comme un billet au porteur recouvrable par Shy-^°ck, au prix de la chair humaine. L’argent n’est pas tout pour le bonheur au dedans et pour la puissance au dehors. Si le trafic, si les trésors corrompent une nation, ^°in d’accroître sa force, ils la lui font perdre. Ainsi, Ion a vu des États dater précisément leur décadence du moment où la richesse coulait â pleins bords dans leur sein : Par là s’est dégradée la patrie des Fabricius et des Scipions l’époque de Sylla. On calculerait aujourd’hui si les ^as de Cincinnatus ne seraient pas avantageusement supprimés par la vapeur.
- Dans son dernier siècle, Carthage surpassait en opu-L'oce accumulée tous les peuples de l’ancien inonde; ^vant qu’elle regorgeât d’or, elle avait eu cinq cents ans e lois admirées par le Montesquieu de l’antiquité, par
- p.297 - vue 336/0
-
-
-
- 298 FORCE PRODUCTIVE
- Aristote. A la fin Carthage, assez riche pour soudoyer des mercenaires depuis la Nubie jusqu’aux Espagnes et depuis la Numidie jusqu’à la Gaule, Carthage 1 était trop peu pour enrôler des citoyens qui, du moins, lui seraient restés fidèles, même après la perte de l’argent. Les industriels de cette race punique concevaient un métier plu* lucratif que celui de combattre pour les lois et plus profitable que de mourir pour la patrie. Pendant dix-sept ans qu’Annibal, avec des soldats empruntés à tous les pays, vainquait pour ses concitoyens absents, on calculait dans le sénat de Carthage : on se demandait si la lutte permettait au commerce d’aller aussi vite, aussi loin qne pouvait le désirer une arithmétique insatiable ; on forçait le héros, dénué de tout secours, à repasser la mer, en versant des pleurs de désespoir. Peu de temps après, Carthage ne perdait pas seulement son honneur avec son iU' dépendance; on lui ravissait ses trésors et ses vaisseaux, eu attendant que le vainqueur la renversât de fond en combla Je fais les vœux les plus sincères pour que ce tableau devienne, avec les années, de moins en moins applicable au puissant empire dont je décris la force productive; Je fais des vœux pour que l’école de Manchester et de Car-thage ne triomphe pas à la fois sur le grand caractère anglo-normand, sur ce caractère si constant au milieu des revers, si magnanime au milieu des périls, et qui salt allier à l’amour des biens donnés par la victoire l’cnthou
- siasme pour la gloire qui les prodigue au vainqueur.
- En terminant son magnifique exposé de la ConstitU' tion britannique, l’auteur de l'Esprit des lois ajoute ceS mots : « Ce beau gouvernement a été trouvé dans &s bois. » Fasse le dieu des grandes nations que la perte ce chef-d’œuvre de ses mains ne soit pas trouvée dans comptoir.
- p.298 - vue 337/0
-
-
-
- 299
- DES NATIONS.
- Sans nous arrêter davantage à ces idées d’avenir, considérons l’état de la Grande-Bretagne dans la dernière année de paix universelle, dans celle qui clôt la grande période dont nous écrivons l’histoire au point de vue de la science et des arts appliqués à la vie des nations.
- S 2. SITUATION ALIMENTAIRE ET COMMERCIALE DU ROYAUME-UNI DANS LA DERNIÈRE ANNEE DE PAIX UNIVERSELLE.
- La dernière année de paix universelle est la plus propre de toutes à montrer ce que le peuple britannique peut consommer de produits étrangers, puisque c’est l’année de son plus grand commerce extérieur.
- Les objets d’alimentation m’ont paru pouvoir se subdiviser naturellement en six catégories, à commencer par c^ux de première nécessité, pour finir par ceux qui favo-risent le luxe, la sensualité, l’intempérance.
- Je me suis efforcé de calculer, approximativement, la Valeur des objets de chaque catégorie et de les mettre eïl regard du total des droits perçus à l’entrée. Il en est résulté le tableau suivant :
- PRODUITS ÉTRANGERS ALIMENTAIRES CONSOMMÉS EN l853.
- NATURE DES PRODUITS. VALEUR DES PRODUITS. DROITS D’ENTRÉE.
- Francs. Francs.
- ^®roales et autres furinoux 050,875,000 13,854,525
- ^naents du règne animal 125,008,000 15,516,775
- ruil» alimentaires 41,223,000 10,901,175
- Noürrjtühk 823,700,000 40,272,475
- réduits saccharins 210,300,000 123,272,300
- onics, cpiccs, narcotiques 204,131,000 272,411,825
- °i*son3 spirituousr*. 01,405,000 115,487,175
- Alimentation totale. 1,290,002,000 551,443,775
- p.299 - vue 338/0
-
-
-
- 300 FORCE PRODUCTIVE
- De ce tableau, j’ai déduit la proportion des droits perçus avec les objets à consommer, par million, pour les personnes qui désirent plus de rigueur dans les parallèles. A côté des proportions ainsi calculées, je donne le droit perçu pour 1 oo francs de valeur consommée.
- TAXATION GRADUÉE DES PRODUITS ALIMENTAIRES CONSOMMES EN 1853-
- NATURE DES PRODUITS,
- par MILLION* par CENT franc5.
- Céréales et autres farineux Francs. 21,001 o O P-.
- Aliments animaux* 43,002 4
- Fruits alimentaires 264,444 26
- Produits saccltarins 586,172 50
- Produits aromatiques 1,334,498 133
- Boissons spirilucuses 1 ,S80,745 1881
- Tous les produits alimentaires. ........ 416,623 42 p. 1°°
- 1 Sur les eaux-de-vie le droit passe 200 pour 100.
- DROITS PERÇUS
- On sera certainement frappé d'une échelle de taxation* qui, sans parler des objets ne payant aucun droit» P d’une taxation moyenne de 2 p. 0/0 et finit par droits de 188 p. 0/0. 11 est honorable pour rÀngleteir que le maximum s’applique aux boissons alcoolicllie source de tant d’immoralité, d’appauvrissement, de 11 ladies et de lins prématurées chez les classes inferieur^ Croira-t-on qu’en France il existe des provinces, v ^ coles il est vrai, où les habitants ont l’espfit fm, Pel trant, sagace, et qui croient néanmoins que lAngle ferait aisément passer les spiritueux exotiques du p haut degré de taxation h l'affranchissement absolu? Lorsque l’Angleterre demande à toutes les na
- p.300 - vue 339/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 301
- 1,000 hectolitres de vins, la plupart capiteux et qui se font sentir âprementau gosier, elle n’y comprend que 80 hectolitres de vins français, plus ou moins légers, agréables à des sens délicats. La grande masse du peuple des trois royaumes reste étrangère à cette consommation. Voulût-on partager le vin français pour en donner une portion égale à chaque habitant, celui-ci recevrait, pour l’usage d’une année, les neuf dixièmes d’an litre de vin!...
- Une autre considération s’oppose à ce que le Gouvernement britannique fasse disparaître la taxation des spiritueux étrangers, c’est l’énorme revenu qu’il perçoit sur ^ consommation des spiritueux britanniques.
- b roi fs d‘excise établis sur la préparation des spiritueux britanniques1.
- Livr. sterl.
- Sur le houblon......................... 23i,36o
- Sur la drèclie....................... 5,323,g35
- Sur les spiritueux britanniques.... 6,226,736
- licences aux vendeurs de spiritueux.. i,i83,32j
- Il faut ajouter 4 p. 100 (i853)...........
- Taxation sur les spiritueux étrangers (i853).
- Total..................... 452,542,953
- A la seule vue d’une somme aussi considérable que celle 452 millions, il est évident que l’Angleterre, pour le Pctit intérêt d’un litre de vin français par habitant et par an, 116 peut pas affranchir de droits les spiritueux étrangers.
- Résumons la totalité des sommes que l’Anglais a payées, s°tt à l’étranger soit au Trésor, pour ses aliments de t°ute nature, en 1853 :
- ^ En 1882 : les sommes perçues dans cette année sont au total de 4 pour °° Ultérieures aux perceptions de 1853.
- Livr. sterl.
- 12,965,353
- OU
- Francs.
- 324,133,825
- 12,965,353 l 15,443,775
- p.301 - vue 340/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 302
- 1° A l’étranger...................... 1,299,602,000 fr*
- 2° A la douane......................... 54i,443i77^
- 3° A l’excise.......................... 337,098,17^
- Total................ 2,178,143,953
- Ainsi, dans la seule année 1853, le peuple des trois royaumes a payé, pour ses aliments et autres objets dab-sorption corporelle, la somme énorme de deux milliard5 cent soixante et dix-huit millions de francs. Admettons qu°n puisse réduire quelques-unes de nos évaluations, bi#1 qu’il en soit d’autres que je crois sensiblement trop faibleS> on ne pourrait guère admettre moins de deux milliards' Aux yeux des amis passionnés du commerce, c’est magnifique éloge pour l’empire britannique de pouvo*1" dire que ses peuples s’élèvent à cette énorme conso#1 mation; ils y voient la mesure du bonheur matériel &eS humains, et peu s’en faut qu’ils n’ajoutent la mesure ^ leur vertu. Je dois mentionner ces idées par cela se quelles se sont fait jour; mais je me garderai d’en pr^c0 niser l’exagération et le principe. . ,
- On peut actuellement embrasser les trois grandes cate gories des produits consommés en 1853.
- S 3. CE QUE L’UNIVERS FOURNISSAIT À. L’ANGLETERRE POUR CONSOMMATIONS EN l853, DERNIERE ANNEE DE PAIX GÉNÉRAUË”
- Système complet des consommations exotiques.
- i° Produits alimentaires..................... 1,299,602,00
- 2° Matières premières pour l’industrie britannique ...................................... 871’°13’°oo
- 3° Produits étrangers manufacturés........... 129,600»°^^
- Total................. 2,3oo,2i 4,ooO
- fr.
- p.302 - vue 341/0
-
-
-
- DES NATIONS. 303
- Sur une aussi grande masse d’importations, les produits étrangers manufacturés à l’usage immédiat des habitants sont assez peu de chose : 5 2/3 pour cent. L’Angleterre a raison de ne pas s’en préoccuper.
- La consommation de ces produits manufacturés étrangers est maintenue dans de justes bornes par des droits établis sur certains produits spéciaux; quelques-uns de ces droits s’élèvent encore à plus de 2 5 p. 0/0. C’est un reste d’hommage que l’Angleterre paraît rendre à la protection séculaire jadis consacrée au développement de sa puissante industrie.
- Les marchands appellent libre échange le commerce fait avec des produits sur lesquels l’autorité ne prélève aucun droit, ni d’entrée ni de sortie. C’est comme si l’on appelait exclusivement libres habitations les maisons affranchies d’impôt et maisons esclaves les maisons qui payent une contribution.
- De la part de l’Angleterre il y a naturellement libre echange pour ses produits, quelle exporte sans les taxer, quoiqu’on fait vue, il n’y a pas longtemps encore, prélever un droit sur la sortie de la houille. Relativement aux produits alimentaires importés, nous avons fait voir suivant quelle échelle excessivement inégale ils sont établis, depuis 2 pour cent jusqu’à plusieurs fois 1 00 pour cent.
- Quand on ne perçoit que 2, 3 et h pour cent sur de tels produits, cela s’appelle toujours libre échange.
- Quand on perçoit davantage, cela s’appelle du re-venu: les Anglais en perçoivent pour 500 millions de francs par année. Il paraît que ce n’est plus du libre Change.
- Plusieurs produits exotiques payent encore des droits entrée qui sont inégaux, suivant les provenances. Les ois communs, par exemple, s’ils viennent de 1 étranger,
- p.303 - vue 342/0
-
-
-
- m FORCE PRODUCTIVE
- payent des droits de Uoo à 600 pourcent plus élevés que les
- droits payés par les similaires des colonies britanniques.
- Ces. droits, en 1853, ont produit ià,486,200 francs:
- la théorie n’a pas encore décidé si c’est là du libre
- échange.
- Les Anglais agissent quelquefois d’après des principes assez difficiles à saisir : tandis qu’ils perçoivent de tels droits sur les matériaux qui servent à la construction de leurs habitations et même dé leurs manufactures, i|s affranchissent les bois de teinture; l’exception, très-mot1' vée, favorise les arts textiles. Mais les Anglais affranchis* sent aussi les bois réservés au luxe, l’acajou, l’ébène, Ie cèdre, le palissandre, etc.; ils réservent leur taxation i°^ gale pour les bois avec lesquels ils construisent leurs valS' seaux, leurs maisons et leurs plus humbles chaurnieres* Dans cette dernière catégorie de bois imposés, ils éta* Missent seulement une différence : quand les bois propfeS à construire sont sciés ou refendus, ils payent une surta*6 de 33 pourcent s’ils proviennent des colonies britanniqueS’ ils payent une surtaxe de 100 pour cent s’ils proviennent de l’étranger. C’est apparemment pour protéger en Ang^ terre plus qu’aux colonies la main-d’œuvre du sciage* ne veux ni louer ni blâmer ces anomalies : je les enu mère.
- Ce n’est pas seulement sur les bois que sont établi6^ des surtaxes, à mesure qu’un degré de main-d’œuvre e gne les produits du simple état de matière brute.
- Sur l’ensemble des produits manufacturés propre111 ^ dits qui viennent de l’étranger, nous avons calcule *1 les droits sont encore de 10 p. 0/0 en valeur moyc^* Aucun anathème britannique ne se fait entendre actn lement contre cette exception, que je serais tenté de cr intelligente et calculée.
- p.304 - vue 343/0
-
-
-
- 305
- DES NATIONS.
- Tel est l’esprit le plus récent, telle est la phraséologie la plus moderne des lois économiques et fiscales qui régissent la Grande-Bretagne, et dont elle se félicite.
- Lorsque nous expliquerons la force productive et commerciale des grandes nations qui commercent avec l’Angleterre, nous dirons aussi ce quelles entendent par leur libre échange et par leurs droits de protection ou de devenu. Nous les laisserons parler leur propre langue, sans chercher non plus à la condamner.
- S 4. TRANSPORTS MARITIMES DE L’EMPIRE BRITANNIQUE.
- En 1853, le commerce maritime de l’empire britannique atteint son plus vaste développement.
- Le total des entrées et des sorties dans les ports de la toétropole s’élève à la somme prodigieuse de 18,685,189 tonneaux métriques, chacun de 1,000 kilogrammes.
- Dans cette grande intercourse, voici quelle est la part ^spective de la nation britannique et de l’étranger :
- Tonneaux.
- Transports ^coniplis en 18 53
- par des navires britanniques. . . par des navires étrangers.......
- 10,433,027
- 8,262,162
- Total
- 18,685,189
- Ce grand commerce est divisé naturellement en deux Parties : la première entre les possessions extérieures de Grripire britannique et la métropole, la seconde entre la toétropole et les Etats étrangers.
- INTRODUCTION.
- 20
- p.305 - vue 344/0
-
-
-
- 306 FORCE PRODUCTIVE
- NAVIGATION OPÉRÉE, EN 1 853, ENTRE LE ROYAUME-UNI DE LA GRANDE-BRETAGNE ET DE L’IRLANDE ET LE RESTE DE L’UNIVERS.
- ENTRÉES ET SORTIES. POSSESSIONS DU ROYAUME - UNI. UNIVERS ETRANGER.
- Tonneaux. Tonneaux*
- Navires britanniques 3,503,452 6,929,575
- 594,899 7,657,263
- Totaux 4,098,351 14,586,838
- —
- A la
- Ici nous remarquons un fait extrêmement grave : marine britannique ne présente un tonnage supérieur celui des concurrents étrangers que dans le commerce aveC ses propres colonies.
- C’est, au contraire, l’ensemble des marines étrangèreS qui l’emporte sur la marine britannique dans la navigatl0îl de ces puissances avec le Royaume-Uni.
- Il est juste de dire que l’abandon de toute protecti°n pour la navigation britannique a procuré cet avantage marines étrangères, dont l’Angleterre n’a plus peur. ^ ne redoute pas même le rapprochement qui suit :
- TONNAGE PAR NATIONALITES AVANT ET
- APRÈS LA RÉFORME DE LA NAV!GAT,£>
- RÉSULTATS COMPARATIFS. ANN 1823.
- i* Intercoaru avec lu possessions extériearu. Tonn.
- Par navires britanniques 1,000,000
- Par navires etrangers 2,575
- 2* Intercouru avec l'étranger.
- 1,000,000 -
- 706,182
- 1853.
- Ton»* 1,000,0°° 160,8°4
- 1,000,0°° 1,105.012
- p.306 - vue 345/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 307
- Les étrangers doivent être satisfaits du vaste accroissement que présente leur navigation dans les possessions extérieures de l’empire britannique, dont ils étaient réellement exclus avant la loi de 1824. Ils doivent l’être d’avoir passé de l’infériorité à la supériorité de leurs tonnages comparés à ceux des Anglais pour l’intercourse du Royaume-Uni avec les États non britanniques.
- Cette supériorité toute récente, et peut-être transitoire, n’appartient qu’à quelques nations, aux Etats-Unis, aux peuples Scandinaves, aux Allemands riverains de la Baltique, etc. J’aurai soin de signaler, en parlant de chaque nation, la proportion quelle prend dans son intercourse avec l’empire britannique.
- S 5. PROGRÈS COMMERCIAL DE L’ANGLETERRE, CONSIDERE DANS SON ENSEMBLE.
- Ainsi que déjà nous l’avons fait observer, l’année 1853, la dernière accomplie sous l’heureux régime de la paix Universelle, est celle où l’exportation des produits britanniques s’est élevée au plus haut degré quelle ait jamais atteint. Ce progrès est devenu rapide, surtout dans les dernières années ; on l’a regardé comme la preuve évidente des effets exercés par la législation des céréales. Ici s’offre à nous une importante et belle question qu’il faut juger Par les faits impartialement étudiés.
- Pour examiner l’influence de la grande innovation qui date de 1846 , nous comparons deux périodes décennales :
- La première s’étend de 1833 à 1843 : elle est tout en-^ère soumise à des droits mobiles sur les céréales étrangères ;
- La seconde s’étend de 1843 à 1853, et, sur dix années, e^e en comprend huit de législation nouvelle.
- 20.
- p.307 - vue 346/0
-
-
-
- 308
- FORCE PRODUCTIVE
- Tableau, comparé des produits britanniques vendus à Vunivers.
- Francs-
- Année i833.................................. 983,285,325
- Année i843................................ ir3o5,i6i,725
- Année 1853................................ 2,473,344,525
- Voilà certes un magnifique développement. Nous allons en rendre sensible la marche décennale.
- Augmentation décennale par million d’exportation.
- De l’année i833 à i843............. 327,347 francs-
- De l’année i843 à i853............. 895,o5o
- A la vue d’un progrès qui, dans la seconde période* est presque triple du progrès dans la première, on 611 conclut sans hésiter qu’une augmentation si remarquable est le résultat nécessaire du commerce des céréales alfran*
- chi de toute restriction dans la dernière décade. Si nous
- dévouions à ce sujet nous former une idée juste, consm
- rons d’un côté le commerce de l’Europe avec la Grande
- Bretagne, de l’autre avec le reste de la terre :
- EXPORTATIONS COMPARÉES DES PRODUITS BRITANNIQUES.
- ÉPOQUES. L'EUROPE. le RESTE de la TERRE'
- 1833 Francs. 390,294,725 Franc*- $92,990,600
- 1843 024,286,425 080,874,75°
- 1853 788,024,475 1,684,720,050
- Jgj
- Toujours dans le dessein de rendre plus évidents progrès comparés, nous déduisons de ces grands nona bres le tableau qui suit :
- p.308 - vue 347/0
-
-
-
- DES NATIONS. ' 309
- AUGMENTATION DECENNALE PAR MILLION D’EXPORTATIONS BRITANNIQUES.
- PÉRIODES. VENTES FAITES
- à l’Europe. au reste de la terre.
- Francs. Francs.
- De 1833 à 1843 599,508 148,205
- De 1843 à 1853 263,256 1,474,347
- Déjà nous avons lieu d’être surpris lorsque nous voyons letrange inégalité qu’offrent les progrès dans les deux périodes consécutives : c’est, pour l’Europe, un accroissement décennal qui descend de 60 à 26 p. 0/0; ccst, pour ta reste de la terre, un accroissement décennal qui s'élève <ta i5 à 145 p. 0/0, c’est-à-dire de 1 à 10.
- Notre étonnement doublera quand nous verrons l’Angleterre compensant les ventes dont nous venons de montrer tas mouvements décennaux par des achats de céréales qui s accroissent dans un sens énormément opposé.
- Commençons par comparer ces achats avec les exportions des produits britanniques dans l’année même de Plus grande prospérité commerciale, celle qui termine ta période fortunée de longue paix universelle :
- NATURE DES PRODUITS : 1853. COMMERCE BRITANNIQUE
- avec l'Europe* avec le reste de la terre.
- Céréales acLotcSos Francs, 377,557,600 Francs. 162,838,100
- oduits britanniques vendus. 788,624,475 1,684,720,050
- Rapport de l’achat à la vente.. 49 p. 100 10 p. 100
- p.309 - vue 348/0
-
-
-
- 310 FORCE PRODUCTIVE
- De ces résultats rapprochons ceux qui nous sont donnés par les ventes générales, et méditons sur le contraste.
- PARALLÈLE DES MOUVEMENTS DO COMMERCE BRITANNIQUE ENTRE L’EUROPE ET LE RESTE DE LA TERRE.
- L’EUROPE. LE RESTE
- — DE LA TERRE.
- ÉPOQUES DÉCENNALES COMPARÉES. BALENTISSEM8HT accélération
- du du
- progrès décennal. progrès décennal.
- De 1833-1843 à 1843-53 De 60 à 26 p. 100 De 15 i 144 p. 100
- Terme Cnil :
- Proportion des céréales achetées avec les prodoits
- britanniques vendus (1853) 49 p. 100 1 10 p. 10 s
- 1 En 1843, 11 p. 100 — s En 1843, 3 1/2 p. 100
- Me demandera-t-on si je veux conclure de là qu’à vente énorme des céréales par l’Europe est dû le raid1' tissement comparatif de ses achats en Angleterre, et s1 j’en veux conclure aussi qu’à la vente modique des céreaieS par le Nouveau Monde est dû l’accroissement énorme de ses achats de produits britanniques?
- Je répondrai simplement, non; car cela serait insensé» Mais je crois avoir le droit de conclure que des pr0 grès développés en sens inverse des causes prétendueS ne peuvent permettre qu’à des sophistes la conclusion qu’ils ont formulée chaque année, chaque mois, et presque chaque jour, depuis neuf ans : a c’est à la législation àes céréales, introduite au commencement de i8à5, qnil aU attribuer l’essor prodigieux qu’a pris le commerce brita0 nique jusqu’à la dernière année de la paix universelle» ” Si l’on me demande à quelles causes naturelles et si111 pies il faut attribuer les contrastes si grands, si singulid^’
- p.310 - vue 349/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 311
- que j’ai signalés dans la marche du commerce entre l’ancien monde et le nouveau, je prierai simplement qu’on examine dans cette introduction les faits qui concernent le progrès des principales nations.
- Après cet examen, l’observateur attentif connaîtra, non pas des Systèmes, mais la réalité des événements ac-; eomplis. Il conclura comme il le voudra. J’aurai rempli jma tâche d’historien, et, j’en suis certain, de sincère et |fidèle historien.
- f Avant de quitter la Grande-Bretagne, qu’il me soit pcr-; mis d’oublier avec bonheur des questions trop contro-| Versées, pour reposer un peu le lecteur sur l’invention qui couronne avec tant d’éclat les découvertes du xixe siècle : elle appartient en grande partie à l’Angleterre.
- S 6. DERNIÈRE GRANDE INVENTION DE LA DERNIERE PERIODE : LES CHEMINS DE LA PENSEE.
- Éleclro-télégraphie terrestre et sous-marine.
- L’industrie moderne s’est agrandie et perfectionnée par Application des sciences aux arts. Nulle part cette appli-cation ne s’est présentée sous une forme plus remarquable et plus soudaine que pour créer la télégraphie électrique.
- Aussitôt que les chemins de fer eurent donné le goût communications extrêmement accélérées, on éprouva besoin d’étendre cette accélération même à transmettre pensée. On avait déjà les télégraphes aériens : mais ils 116 servaient que pendant le jour; ils étaient interrompus parles intempéries fréquentes de l’atmosphère; un brouil-ard arrêtait tout, et la nuit tout cessait. Ce fut l’électricité
- p.311 - vue 350/0
-
-
-
- 312 FORCE PRODUCTIVE
- qui fournit un nouveau moyen, incomparablement supé
- rieur, et qui fonctionnât sans cesse.
- Idée du principe scientifique de la télégraphie électrique.
- Un fluide est animé d’une force prodigieuse et d’une vitesse qui, par sa grandeur même, est difficile à mesurer. Ce fluide existe dans tous les corps de la nature ' dans l’air, dont il sort par la foudre et les éclairs; dans les corps électrisés, dans les corps aimantés, qui Ie mettent en action aussi loin que s’étend la sphère de leur puissance; dans les actes de la végétation et dans la plu* part des phénomènes de la vie animale.
- Telle est la force que le génie de l’homme contraint d’obéir à ses directions ; qu’il trouve l’art de faire agir ou de rendre au repos, suivant sa volonté; qu’il fait servir à presser, à frapper, à compter; disons plus, qu’il fait paf' 1er, écrire même, et qu’il sait rendre, à d’énormes dis-tances, l’organe instantané de sa pensée.
- Le premier miracle appartient à Franklin, qui, par un système de pointes et de conducteurs métalliques, s est emparé de la foudre plus ou moins accumulée dans Ie3 nuages, afin de la diriger et de la disperser dans le sein de la terre. Aussitôt on s’en est servi pour préserver des incendies causés par l’électricité atmosphérique les mai'
- sons et les navires.
- Un demi-siècle plus tard, Volta produit le second miracle. Il prend deux plaques métalliques, l’une T11 brûle (qui s oxyde) plus lentement par l’action d’un acide» l’autre plus rapidement; il les sépare au moyen dun carton imprégné de cet acide. Si maintenant un fil me' tallique isolé, d’une longueur et d’une courbure quelconques, touche d’un bout à la première plaque et de lalltl&
- p.312 - vue 351/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 313
- à la seconde, quoique rien ne se montre à la vue, un fait immense est produit.
- Le fluide électrique positif part de la première plaque; il avance en suivant le fil conducteur jusqu’à ce qu’il pénètre dans la seconde plaque, il revient à la première pour sortir de nouveau, parcourir derechef le fil conducteur, atteindre la deuxième plaque, et continuer le circuit aussi longtemps que l’acide agit sur les plaques parallèles.
- Disposons dans le même ordre une seconde paire de semblables plaques, une troisième, une quatrième.... Su-perposons-les en les séparant par des cartons mouillés avec 1acide excitateur, nous allons former une pile : c’est la pile de Volta. Ses phénomènes agrandis se produiront en faisant toucher le fil conducteur d’un bout à la première plaque de la paire inférieure, de l’autre à la dernière plaque de la paire supérieure. Le fluide électrique de toutes paires va prendre à la fois son mouvement circulaire en partant toujours de la première de toutes les plaques pour suivre le fil conducteur, rentrer dans la pile par la dernière des plaques et continuer sans s’arrêter. On multiplie autant de fois que le nombre des paires de plaques
- quantité d’électricité mise en mouvement.
- Ce générateur d’électricité, par des découvertes successives, on l’a prodigieusement varié de forme et de macère, pour 1’approprier à des besoins divers; le principe est resté le même.
- Imaginons que le fil conducteur, au lieu d’être totalement isolé dans l’air, soit à moitié dans l’atmosphère, à moitié caché sous le sol, dans une longueur qui peut être énorme. Plaçons sous terre une masse métallique, assez Près de la pile et traversée d’un bout parle fil conducteur; Ptaçons une semblable masse le plus loin possible de la pde et traversée pareillement par l’autre extrémité du fil
- p.313 - vue 352/0
-
-
-
- 314 FORCE PRODUCTIVE
- conducteur : le mouvement de l'électricité continuera de suivre ce fd.
- Mais voici le phénomène le plus étonnant : supprimons tout à coup la partie souterraine du fd entre les deux masses métalliques, le mouveme'nt sans fin de l’électricité n’en continuera pas moins. L’électricité cherchera sa route d’elle-même à travers la terre; quelle que soit la distance, elle cheminera d’une masse à l’autre, et tout continuera comme si nulle part le fil conducteur n’avait été supprimé.
- Si l’on veut établir un télégraphe électrique entre deux points à cent lieues l’un de l’autre, on posera sous terre les deux masses métalliques à cent lieues aussi l’une de l’autre, et le courant électrique va faire alternativement cent lieues dans l’air, suivant le fd conducteur, et cent lieues sous terre, en allant d’une masse métallique à l’autre, sans aucun fil conducteur.
- Le fil conducteur qui traverse l’air doit être support® de distance en distance par des corps non-conducteurs, qul ne dérobent rien de l’électricité voyageuse.
- Aux Etats-Unis, pour empêcher que l’électricité de la*' mosphère trouble par des accidents la communication » les poteaux qui supportent les conducteurs sont chacun porteurs d’un paratonnerre, qui ne communique pas avec les fils conducteurs : cest Franklin veillant sur Voila.
- La compagnie d’Angleterre dite compagnie du télégraphe électro-magnétique cache dans la terre le fd c°n ducteur, auparavant placé dans l’air; elle isole les fds comme s’il s’agissait d’un câble métallique employé poUI traverser un bras de mer. Elle fait servir de la manière la plus ingénieuse l’aiguille aimantée pour découvrir quel endroit caché sous terre, s’il arrive quelques accidents, le fil conducteur est interrompu. Indiquons actue
- p.314 - vue 353/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 315
- lement le parti qu’on a tiré du courant électrique obtenu par l’action de la pile.
- Si l’on coupe le fil conducteur en deux parties qui cessent d’être en contact, le circuit est rompu; l’électricité s’arrête et semble ne plus exister. Si l’on rejoint les parties séparées au moyen d’un conducteur métallique, à l’instant même le courant reprend avec énergie, et la vitesse est si grande qu’on peut à peine apprécier la fraction de seconde écoulée entre le passage de l’électricité aux extrémités de la ligne télégraphique la plus étendue.
- Dans la suppression et le rétablissement du courant électrique repose tout le secret de la transmission merveilleuse des signaux.
- En Angleterre, chaque station du télégraphe possède Une espèce de clavier dont les touches, comparables à celles d’un piano, peuvent, par un simple et rapide doigté, disjoindre ou rejoindre deux parties du fil conducteur général. Par des dispositions mécaniques intelligentes et simples on sait rendre parfaitement périodiques et constantes les alternatives de jonction et de séparation.
- Expliquons à présent par quelles opérations s’effectuent les signaux entre celui qui les fait sur un point de ta ligne conductrice et celui qui doit les recueillir et les comprendre ensuite sur un autre point de la même ligne.
- Ce dernier, par précaution, met en communication avec ta réservoir souterrain les deux parties de la ligne conductrice, en amont et en aval du point qu’il occupe; il met de plus en communication une sonnette d’amont avec le fil ^arnont, une sonnette d’aval avec le fil d’aval. Alors il attend; il peut même en attendant lire, écrire, et suivre ^Oe occupation quelconque.
- Tout à coup une cloche sonne par l’elfet de l’électricité , celle d’amont par exemple : c’est de là que vont arriver
- p.315 - vue 354/0
-
-
-
- 316 FORCE PRODUCTIVE
- les signaux. A l’instant Tobservateur met son piano de si-gnaux en communication avec le fil d’amont et se tient prêt. Le premier signal qui va suivre indiquera la station à laquelle on veut parler; si c’est à celle de l’auditeur, ü répond qu’il est attentif, et le dialogue commence.
- On sait comment les anciens télégraphes conversaient: c’était avec trois grandes ailes rectilignes diversement inclinées; par la combinaison de positions très-distinctes, on les groupait de manière à représenter, suivant des conventions établies, ou les 2 5 lettres de l’alphabet ou des syl-labes, ou des mots, ou des chiffres. Le répétiteur de signaux disposait les bras de son télégraphe parallèlement à ceux du signaliste, et les signaux étaient répétés.
- Ici les ailettes du télégraphe sont remplacées par autant d’aiguilles aimantées qui prennent des inclinaisons spéciales lorsqu’on fait agir un courant électro-magnétique, et qui reviennent par un ressort à la position primitive, suivant la volonté du signaliste.
- Pour donner plus de puissance à l’électricité sur chaque aiguille, on met à profit les belles découvertes d’OErstedt, on entoure d’une spirale à révolutions pressées et nombreuses une barre de fer droite, qui s’aimante aussitôt que ce fil fait partie du conducteur télégraphique et qui cesse d’être aimanté dès que le fil en spirale est isolé du conducteur télégraphique.
- Ici l’on découvre la perfection du nouveau moyeu scientifique. Au lieu de la manœuvre lente et pénible des grandes ailes d’un télégraphe, un doigt qui pèse sur une touche établit ou supprime la communication avec laP pareil magnétique; cela fait tourner une aiguille légère et petite, par une transmission pour ainsi dire instantanée • le même mouvement est répété par l’aiguille de la station prévenue, et les signaux sont transmis.
- p.316 - vue 355/0
-
-
-
- 317
- DES NATIONS.
- Depuis près de dix ans, les télégraphes électriques se se sont établis presque à la fois en Angleterre, aux États-Unis et bientôt dans toute l’Europe. On les a d’abord dirigés parallèlement aux lignes des chemins de fer. Us ont été d’une utilité remarquable au service même de ces chemins, pour prévenir des accidents, pour appeler des secours en cas de sinistre, etc.
- On établit aussi des lignes télégraphiques sur des directions où ne sont pas encore ouvertes des voies de fer.
- Enfin, dans l’année 185 i, on a posé sous la mer le premier câble métallique au moyen duquel une île communique avec un continent : c’est le câble dirigé de Douvres à Calais. On a posé d’autres câbles entre l’Angleterre et la Belgique, entre l’Angleterre et l’Irlande, entre l’Italie, la Sardaigne et la Corse pour aller jusqu’en Afrique. Cette année même, on a joint la Crimée à la terre-ferme par Un câble qui s’étend de la baie de Kamiesch à Varna.
- On projette une communication de l’Irlande avec l’Amérique du Nord, pour rejoindre la vaste ligne de communication des États-Unis et de la Nouvelle-Bretagne.
- Les récompenses décernées à l’industrie britannique au concours universel de i85i révèlent autant de progrès du nouvel art de communications télégraphiques.
- Les noms d’Ampère pour la conception première, de Wheatstone en Angleterre et de Morse en Amérique, sont glorieusement unis à la belle industrie de l’électro-télé-grapbie. Elle sert maintenant pour une foule d’opérations commerciales, pour des commandes de fabrication, de Ventes, d’armements, de transports, pour l’indication dc-s fonds publics, pour la transmission des nouvelles, malheureusement sans garantie, etc.
- Déjà la science a fait usage de la télégraphie électrique
- p.317 - vue 356/0
-
-
-
- 318 FORCE PRODUCTIVE
- pour comparer et vérifier la longitude entre des lieux
- séparés par la mer, entre Londres, Bruxelles et Paris.
- Avec des fils électriques, on transmet à tous les cadrans publics d’une ville l’heure au moyen d’une horloge ayant elle-même l’électricité pour moteur.
- Certainement les Anglais n’ont pas tout découvert dans l’établissement et le progrès de la télégraphie électrique; mais leur part est magnifique, quoiqu’il soit peut-être difh' cile de faire exactement le partage entre les nations concurrentes. On trouvera cet historique dans le supplément
- au rapport du Xe Jury par le savant M. Moigno.
- *
- «
- RÉCOMPENSES
- OBTENDES PAR LA. GRANDE-BRETAGNE À L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE i85l-
- I" GROUPE. — MATIÈRES PREMIÈRES.
- Ier Jury. — Règne minéral, produits et travaux des mines et des carrières. — Voilà l’une des grandes richesses de l’Angleterre et l’un des objets principaux de son commerce extérieur. — Récompenses du ier ordre données ' i° A M. Brokedon : découverte des moyens de soumettre la poudre de graphite, sans mélange d’aucun corps coagulant, à d’énormes pressions, sous un réservoir pneumatique, afin de retirer l’air d’entre les globules du métal : d’où résulte l’adhérence du métal comme s’il sortait en bloc de la mine.
- 2° A M. Pâtisson, dont nous avons expliqué, page 52» le procédé pour extraire par cristallisations successives l’argent que contient une masse de plomb.
- Résumé des récomp. : i" ordre, 2 ; 2* ordre, 24; ment, lion.» 53* IIe Jury.. — Arts chimiques et préparations pharmacel1 tiques. — Récompense'du premier ordre :
- p.318 - vue 357/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 319
- A M. Longman , pour le procédé par lequel on extrait le cuivre des pyrites, par l’usage du sel commun.
- Résumé des récomp. : 1" ordre, 1 ; 2* ordre, 37 ; ment. hon. ,3a.
- IIIe Jury. — Produits alimentaires. — On décerne la récompense du premier ordre à MM. Lawson père et fds, pour leur magnifique collection des produits végétaux de l’Écosse, disposés dans un ordre scientifique. Résumé des récomp. : 1" ordre, 1; 2' ordre , 34; ment, hon., 23.
- IVe Jury. — Matières animales et végétales employées par Vindustrie. — La Grande-Bretagne obtient une seule récompense du premier ordre, décernée à M. Mercer pour le procédé qui modifie les fibres du coton par un caustique alcalin.
- Lorsque nous parlerons de l’Irlande, nous mentionnerons une récompense du premier ordre, la seule qu’ait reçue ce royaume ; elle est donnée à la société royale formée pour le perfectionnement de la culture et de la préparation du lin.
- Résumé des récomp. : 1" ordre, 2; a*ordre, 29; ment, hon., 48.
- Les nombreuses récompenses du second ordre sont relatives aux amidons faits avec du riz; aux moyens nouveaux de M. Claussen pour préparer le lin et le coton ; à des huiles purifiées; à des expositions de bois, de laines, de coton, de lin, de gommes britanniques, etc. Voyez le rapport de M. Payen, IVe Jury.
- Il* GROUPE. —ARTS GÉOMÉTRIQUES ET MÉCANIQUES.
- Ve Jury. —Machines motrices directes. — Ici commence Une des parties où la Grande-Bretagne brille avec le plus d éclat. Récompenses du premier ordre :
- i° J.-P. Appold : pompe centrifuge avec des vannes
- p.319 - vue 358/0
-
-
-
- 320. FORCE PRODUCTIVE
- courbes, propre à dessécher les marais; elle peut être mise en mouvement par la force de la marée.
- 2° M. Crampton, pour ses puissantes et célèbres loco* motives.
- 3° M. Dünn, pour un mécanisme propre à faire passer les véhicules d’une voie de fer à une autre.
- Une subdivision du Ve Jury concerne les voitures ordinaires de luxe ou de charronnage. Malgré la renommée des Anglais dans cette branche d’industrie, personne n’a reçu de récompense du premier ordre.
- Résumé des récomp. : i" ordre, 3; 2e ordre, 64; ment, bon., o.
- Ici les récompenses du second ordre ont une extrême importance. Elles montrent, parleur nombre et par leu1’ valeur, combien est étendue et perfectionnée la fabrication des machines delà Grande-Bretagne : î 6 récompenses sont données pour les perfectionnements apportés aux machines à vapeur, ou stationnaires ou locomotives; 7 sont données aux améliorations des voies des chemins de fer. Là se trouve aussi la série des modèles imagines par M. F.-P. Smith pour l’application de l’hélice à la marche des navires. (Voyez mon rapport surle VIII8 Jury.)
- VIe Jury. — Mécanismes pour les arts et métiers. —- Re' compenses de premier ordre :
- i° M. E. Barlow : modification du métier Jacquaid pour lever et baisser simultanément les fils de suspension.
- 2° M. Donisthorpe : double machine à peigner la laine*
- 3° M. B. Donkin : mécanisme complet pour fabriqué le papier sans fin. La première application de ce système est venue de France au commencement du siècle.
- 4° M. Fairbairn , pour l’invention de sa machine à rivet les boulons des plaques de fer assemblées et pour beaucoup d’autres perfectionnements ingénieux.
- p.320 - vue 359/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 321
- 5* M. Hibbert Peati et ses fils, pour une série de mécanismes nécessaires à la filature du coton, depuis la première manipulation jusqu’à la dernière.
- 6° M. B. Hicii et son fils, pour une collection de machines-outils variées et perfectionnées.
- 7° M. Lawson et ses fils : collection de mécanismes employés à la préparation ainsi qu’à la filature du lin.
- 8° M. J. Masson : machine à carder la laine, ainsi qu’à la formation des rubans (rowings) : simplification des procédés et par là nouvelle économie.
- q° MM. Maudslay : presse monétaire agissant au moyen d’un excentrique. Les mêmes fils du célèbre collaborateur de Brunei avaient mérité d’autres récompenses pour leurs machines à vapeur et pour d’autres mécanismes.
- io° M. Nasmith, pour l’invention du marteau-pilon mû par la vapeur.
- î i° MM. C. F. et C. Parker : métier mécanique employé pour tisser les toiles à voiles. (Voyez p. 6i.)
- 12° MM. Pontifex et Wood : appareil de cuivre et de laiton faisant le vide, pour le raffinage du sucre.
- 13° M. T. S. Reed : nouveau métier pour tisser des franges sans employer de navettes.
- i 4° MM. Sharp frères : grand tour double, pour les roues des chemins de fer; machines-outils perfectionnées; mécanismes à filer le coton, dits throstlc.
- î 5° M. Withworth : sa belle collection de machines-outils, sa machine qui mesure les étendues à moins d’un millionième de pouce anglais, c’est-à-dire à moins d’un ^9 millième de millimètre.
- Résumé des réooinp. : i" ordre, i 5 ; 2' ordre, Si; ment. lion. o.
- VIIe Jury. — Constructions civiles. — Récompenses du premier ordre :
- *21
- INTRODUCTION.
- p.321 - vue 360/0
-
-
-
- 322 FORCE PRODUCTIVE
- i° S. A. R. le Prince Albert, pour le modèle d’une maison économique, salubre et commode, à l’usage d’une famille d’ouvriers.
- 2° MM. Fox et Henderson : système de structure en fer et construction du Palais cle cristal.
- 3° M. Joseph Paxton : conception et plan de ce palais-Résumé des récomp. : ier ordre, 3; 2° ordre, 17; ment, lion., 2&-
- VIIIe Jury. — Arts de la marine et de la guerre. — Re' compenses du premier ordre :
- i° L’amirauté d’Angleterre, pour les diverses collee' tions des bâtiments de guerre à voiles et à vapeur -, pouf ses cartes hydrographiques.
- 20 JLe département officiel de la carte géologique du Royaume-Uni, pour le levé et la publication de cette carte.
- 3° Le département de l’ordonnance, artillerie et gémc militaire, pour la nouvelle carte géographique’du royaume» exécutée par les officiers de ce département.
- 4° Sir William Snow-Harris, pour son système (Ie conducteurs fixés aux mâts et aux parties de la carène deS navires, afin de garantir en tout temps le navire, quelle5 que soient les manœuvres, contre l’action de la foudre-. Résumé des récomp. : 1" ordre, 4; 2e ordre, 49; ment, hou- 9
- Les récompenses du 2e ordre ont été données à minents constructeurs du commerce, soit pour navires a voiles, soit pour navires à vapeur; à des fabricants dms' truments nautiques; à des armuriers fabricants d’arme-’ perfectionnées pour la guerre, pour le commerce, etc.
- IXe Jury. — Instruments d’agriculture. — L’cxposit»00 britannique était aussi nombreuse que riche. — RécO#1 penses du premier ordre :
- i° W. Busby : charrues, semoirs, chariot.
- p.322 - vue 361/0
-
-
-
- DES NATIONS. 323
- 2° M. W. Croskill : houe norwégienne, moulin à farine , chariot, etc.
- 3° M. Garrett et ses fils : semoirs pour le hlé, etc.
- 4° M. Hornsby et fils : machine à vapeur applicable à l’agriculture, instruments perfectionnés.
- Résumé des récomp. : i" ordre, 4; 2e ordre, 3o; ment, hon., î.
- Les instruments aratoires deviennent pour l’Angleterre un objet d’exportation assez important pour que, dès 1853, on l’ait fait figurer dans les comptes officiels; il s’y trouve compris pour 1,934,475 francs.
- Xe Jdry. —Instruments de mathématiques, de physique, de chirurgie et de musique. — Récompenses du premier ordre :
- 10 M. Bain : télégraphe électrique susceptible de transmettre et de consigner mille lettres et même mille mots par minute; télégraphe électrique pour copier des profils, des autographes, des signes sténographiques, etc.
- 20 M. F. Backewell : télégraphe électrique pour transmettre des fac-similé, autographes, signatures, etc.
- 3° M. J. Brett : télégraphe imprimeur en romain, en italique, etc., à des stations plus ou moins éloignées.
- 4° M. Ch. Brook : invention pour enregistrer les phénomènes naturels au moyen de la photographie.
- 5° M. S. Buckle : photographies tirées sur papier.
- 6° M. Chance : un disque de flint-glass ayant 7 4 centimètres de diamètre.
- 7° M. Claudet: chambre obscure multipliant les aspects dun même objet : un sculpteur recevant sept photographies d’une même personne, à des points de vue diffé-fents, peut en faire le parfait relief sans l’avoir vue; lristruments pour mesurer l’intensité de la radiation photogénique et comparer le pouvoir des verres lenti-
- p.323 - vue 362/0
-
-
-
- 324 FORCE PRODUCTIVE
- culaires dont on fait usage; recherches ingénieuses et belles applications pour représenter les objets par la photographie.
- 8° M. G. Dollond : instrument pour enregistrer automatiquement les variations du baromètre et du thermomètre, la chute de l’eau, la direction du vent, etc., etc.
- 9° Comte Dünin,'Polonais : mécanisme pour agrandi1’ ou diminuer proportionnellement la représentation on relief des formes humaines.
- î o° J. Griffith : un baromètre où le vide peut être complètement rétabli par un air-trap au sommet.
- 11° M. W. T. Henley: application ingénieuse de l'électricité magnétique à la télégraphie.
- 12° Newman : machine pneumatique perfectionnée pour obtenir un vide plus grand que par le passé; jauge automatique des marées.
- 13° L. OEertling : balance d’une rare sensibilité.
- i 4° M. A. Ross : perfectionnements remarquables du microscope et d’un équatorial : les verres travaillés par un mécanisme de l’auteur, qui garantit l’achromatisme.
- 15° Ross et Thompson : belles images photographiques» imitées de Talbot, mais obtenues par l’action négative d’un verre albuminisé.
- 16° MM. Smith et Beck : microscopes de qualités remarquables.
- Résumé des récomp. : î" ordre, 16; 2* ordre, 4s ; ment, bon.,
- Section A. — Instruments de musique. — Récompense du premier ordre:
- i° MM. Gray et Davidson : orgues; le jeu des levieis qui ouvrent ou ferment le passage du vent.
- 2° M. Hill : orgue; invention d’un stop d’une gran puissance, et des moyens de lever les stops avec des clefs.
- p.324 - vue 363/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 325
- 3° M. H. Willis : orgue; perfectionnements à l’emploi du levier pneumatique.
- Résumé des récomp. : 1* ordre, 3; 2* ordre, 20; ment, hon., 12.
- Section B. — Horlogerie. — Une récompense du premier ordre est donnée à M. Dent : moyen d’accroître l’exactitude des horloges pour les grands édifices.
- Résumé des récomp. f 1" ordre, 1 ; 2* ordre, 10; ment. hon., 5.
- Section C. — Instruments de chirurgie. — Ici les Anglais ont cessé de l’emporter sur les Français.
- Résumé des récomp. : 1" ordre, o; 2e ordre, 19; ment, hon., o.
- IIIe GROUPE. — INDUSTRIES TEXTILES : LES PEAUX,
- LES PAPIERS.
- Les Anglais n’ont pas voulu que ces industries reçussent de récompense du premier ordre : cela rendra plus Rapide notre énumération.
- Ils n’avaient nullement pour objet de présenter les plus fins tissus de coton, de laine et de soie ou de lin; peu leur importe que les Indiens, par le tissage à la main, f emportent sur eux par des mousselines d’une beauté fabuleuse, que les Français fabriquent des batistes dont aucun tissu de lin ne puisse approcher : de tels produits s°nt trop coûteux pour n’être pas d’une consommation Astreinte. Au contraire, les Anglais vendent à l’univers buur 1,25o millions de francs de tissus en coton blanc, a 38 centimes le mètre; des tissus imprimés ou teints, 9 55 centimes; des draps communs, à quelques francs je mètre ; des soieries mélangées, et par lé même à 3°u marché. Que leur importent des qualités qu’on ap-PeHe supérieures et qui ne procurent aux industries raffi-nées qui les obtiennent que des commerces exigus ? Les ^nglais seraient plutôt tentés d’appeler produits superfins
- p.325 - vue 364/0
-
-
-
- 326 FORCE PRODUCTIVE
- ou superlatifs les produits inférieurs ou secondaires; au
- point de vue du bénéfice, ils ont raison.
- La vraie récompense, celle qu’ont obtenue les fils et les tissus de l’Angleterre dans leur concurrence avec ceux de l’univers, surpasse déjà 1,200 millions par année: ce commencement lui sourit.
- XIe Jury. — Cotons. —Sur 9,000 exposants anglais, 6 5 seulement représentaient la filature et le tissage du coton.
- Résumé des récomp. : 1" ordre, o; 2e ordre, 16; ment, hon.,5* XIIe Jury. — Lainages drtipés. — Autant les fabricants de coton avaient témoigné d’éloignement pour l’Expos1' tion, autant les fabricants de lainages ont témoigné d empressement à s’y présenter : ils n’étaient pas moins de 5oo-On explique ainsi comment ils ont obtenu quatre f°lS autant de récompenses que la première industrie, m^1' niment plus étendue et plus opulente.
- La laine n’était pas seule à figurer : on remarquait par1111 les produits nouveaux des tissus brillants dont la trame était d'alpaca et la chaîne de lin ou de soie ; on voyalt aussi des tissus d’alpaca ornés de broderies.
- Résumé des récomp.: i*r ordre, o; 2e ordre, 69; ment.hon., ia‘ XIIIe Jury. — Soieries. — La fabrication des soierie-anglaises, depuis peu d’années, devient considérable; malS elle laisse beaucoup à désirer pour l’beureux assortisse ment des dessins et des couleurs.
- Résumé des récomp.: 1" ordre, o; 2* ordre, 26» ment.lion.. 7 XIVe Jury. — Tissas de lin et de chanvre. — Comm^ nous l’avons expliqué précédemment, si les tissus de et de chanvre ont, du côté des Anglais, la super101
- O |
- commerciale, ce n’est point par la beauté, c’est parte prix. Ce bas prix résulte des moyens que la mécaniq fournit pour la filature et le tissage du lin.
- Résumé des récomp.: 1" ordre, o ; 2* ordre, 21; ment, bon.» 2 9
- p.326 - vue 365/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 327
- XVe Jury. — Tissas ras, mérinos, popelines, châles, etc. — Dans ces genres d’industrie, qui la plupart datent de ce siècle, les Anglais ont trouvé sur le Continent des rivaux redoutables. C’est ce qu’on verra complètement expliqué dans les rapports de M. Bernoville sur les XIIe et XVe Jurys et de M. de Gaussen sur les châles.
- Résumé des récomp. : 1" ordre, o; 2* ordre, 42; ment, lion., o.
- XVIe Jury.— Peaux, fourrures, plumes, etc.— Les Anglais avaient autrefois la plus grande réputation pour la préparation et pour la mise en œuvre des cuirs; leur sellerie était célèbre. Actuellement ils vont chercher en France des quantités considérables de peaux apprêtées et de peaux mises en œuvre, surtout sous forme de gants; ils nous empruntent une énorme quantité de tiges de bottes et de souliers confectionnés pour femmes.
- Ce qu’on doit admirer chez les Anglais, c’est leur incomparable richesse de fourrures empruntées au nord de l’Europe et de l’Amérique. Ils les apprêtent parfaitement.
- Résumé des récomp. : 1" ordre,o; 2° ordre, 39; ment, lion., o.
- XVIIe Jury. — Papeterie, typographie, reliure, etc.— Le concours universel de 1851 n’a pas présenté ces chefs-d’œuvre de typographie tels qu’en ont fait paraître, dans nos premières expositions, les Didot frères, tels qu’en avaient édité les Baskerville et les Bodoni.
- Au lieu de la belle simplicité de l’art typographique, on a cherché, par tous les genres d’accessoires, à piquer la curiosité publique.Rien n’est plus brillant que les moyens imaginés depuis peu d’années pour embellir les ouvrages ïmprimés, par des illustrations, par l’application des couleurs, de l’argent et de l’or.
- On a pareillement varié, perfectionné la reliure, pour 1 approprier à toutes les fortunes, depuis les couverturse
- p.327 - vue 366/0
-
-
-
- 328 FORCE PRODUCTIVE
- en tissus de coton gaufré, colorié, simple ou décoré, jusqu’aux magnifiques produits ornés des dessins les plus recherchés, et même incrustés de pierres précieuses.
- Les Anglais (i853) n’entendent pas que les étrangers fassent concurrence à leurs imprimeurs, à leurs libraires; ils protègent ceux-ci par des droits longtemps exorbitants, et même aujourd’hui très-élevés. Un kilogramme de livres imprimés depuis moins de cinquante-quatre ans, que la Belgique pourra vendre 5 francs, qui donnera 2ÙO francs pour valeur d’un quintal anglais, payera 3y fr. 5o cent.: c’est un droit protecteur de î 4 p. o/o. Avec une précaution pareille, l’Angleterre réduit les importations de cette catégorie à 99,075 fr. En revanche, elle vend à l’étranger, et presque en entier aux pays de sa domination ou de race anglaisé, pour 1 1,3oo, 13o fr. de livres imprimés.
- Résumé des récomp. : 1" ordre, o; 2*ordre, 33; ment, lion., 19.
- XVIIIe Jury. — Teinture et impression des tissus. — Par les applications réunies de la chimie et de la mécanique, les Anglais ont obtenu les succès les plus remarquables pour la teinture et l’impression des tissus.
- En 1853, l’Angleterre en exportait plus de 600 mil' lions de mètres au prix de 289 millions de francs; ce cpU ne portait le prix moyen du mètre courant qu’à 48 centimes. (Voyez le rapport de M. Persoz.)
- Résumé des récomp.: 1" ordre, o; 2* ordre, 18; ment, hon.,0-
- XIXe Jury.— Tapis, dentelles, broderies.— Les Anglais n’ont pas l’ambition de l’emporter pour les tapis de haute lisse, où le génie des beaux-arts montre toute sa puissance; mais ils excellent à produire des tapis confortables qui descendent à des prix que peuvent atteindre les for* tunes les plus modestes.
- Leurs dentelles, sous le nom de point d'Angleterre, ont acquis une juste célébrité.
- p.328 - vue 367/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 329
- Un objet peu brillant, mais de grand commerce, c’est la dentelle en coton faite avec la mécanique. Ici l’Angleterre trouve la richesse dans le bon marché.
- Le rapport de M. Aubry fait connaître, pour l’Angleterre comme pour la France et les autres nations, les progrès des divers genres de dentelles et de broderies.
- Par exception, une récompense du premier ordre est accordée à MM. Ball et Duncliffe, pour leurs dentelles de velours et pour d’autres inventions.
- Résumé des récomp. : 1" ordre, 1 ; 2* ordre, 55; ment.hon., 39.
- XXe Jury. — Produits vestiaires confectionnés. — Les Anglais n’espèrent pas l’emporter sur les Français pour l’invention des modes, ni pour l’élégance dans les objets de parure; mais ils confectionnent en masses prodigieuses des vêtements communs qu’ils expédient surtout aux nations dont le goût et la civilisation sont encore dans l’enfance. En i853, la Grande-Bretagne exportait, sous le titre de vêtements et chaussures, appareh and slop, pour 47,436,65o francs, et des vêtements de nègres pour 2 1,705,75o francs.
- Les Anglais imposent des droits, dont quelques-uns sont fort élevés, sur les produits vestiaires confectionnés. Le droit sur les gants de peau me semble le plus énorme: il va jusqu’à /jo p. 0/0; malgré cette exagération, l’importation surpasse trois millions de paires par an. Avec des droits plus élevés, la contrebande frustrerait le fisc.
- Résumé des récomp.: i*r ordre,o; 2* ordre, 46; ment, lion., 46.
- tV* GROUPE. — MISE EN OEUVRE DES MÉTAUX, VERRERIE, CÉRAMIQUE.
- XXIe Jury.— Coutellerie, outils tranchants, ciseaux, limes, etc. — L’Angleterre doit surtout la supériorité de sa
- p.329 - vue 368/0
-
-
-
- 330 FORCE PRODUCTIVE
- coutellerie, de ses scies et de ses limes à l’excellence de ses aciers, fabriqués généralement avec des fers tirés de Suède. C’est ce que démontre très-bien M. Le Play dans son rapport.
- Une seule récompense du premier ordre est donnée à MM. Spëar et Jackson, de Sheffield, pour la perfection de leurs scies circulaires. L’une d’elles avait un mètre et demi de diamètre; ses dents étaient taillées avec le secours géométrique d’une machine à diviser les circonférences, afin d’obtenir une complète égalité.
- Résumé des récomp. : ier ordre, 1 ; 2' ordre, 58; ment, bon., 49-
- XXIIe Jury. — Travail des métaux communs : le frr> Vacier, le cuivre, le zinc.— L’Angleterre obtient les plus grands succès commerciaux pour les travaux dont le fer et l’acier sont la base. En y comprenant la coutellerie* elle vendait de ses produits sous le nom de hardware (produits durs) pour 91,626,275 fr. dans l’année 1853*
- Rien n’était plus brillant à l’Exposition universelle que les produits de ce genre, pour lesquels les Anglais ont obtenu cinq récompenses de premier ordre données à :
- i° La fonderie de Coal-Brooke-Dale, pour la perfection de ses fontes, soit artistiques, soit industrielles.
- 20 MM. IIardman, de Birmingham, pour leurs produits combinés de fer et de bronze.
- 3° MM. Hoole et Robson , de Sheffield, pour leUf cheminées soit en acier, soit en fonte de fer, à foyelS mobiles.
- 4° MM. Stuart et Smith, de Sheffield, pour des foyelS perfectionnés.
- 5° M. R. W. Winfield, de Birmingham, pour les objets d’ornement fabriqués avec des métaux creux cylindriques ou coniques, obtenus par étirage.
- Résumé des récomp.: i" ordre, 5; 2* ordre, 192; ment, lion., i°7*
- p.330 - vue 369/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 331
- Malgré le mérite général des Anglais, il est difficile d’admettre que, sur 810 exposants, 3o4 aient mérité des récompenses.
- XXIIIe Jury. — Travail des métaux précieux. — Avec la richesse générale, avec les énormes fortunes accumulées que présente la Grande-Bretagne, le travail des métaux précieux est puissamment encouragé. On doit à M. le duc de Luynes un rapport si développé, d’un goût si sûr et d’une équité si parfaite, qu’il ne nous reste rien à dire, sinon de mentionner son estime pour les qualités qui caractérisent l’orfèvrerie et la bijouterie britanniques : la solidité, la parfaite intelligence du travail manuel ou mécanique, sont les premiers caractères de ces arts, de l’autre côté du détroit. Ils font des efforts infinis, mais moins heureux, pour y joindre la beauté des formes et la pureté du goût. Cependant, lorsqu’ils obtiennent de prendre à leur solde des artistes français, M. Vetche par exemple, ils semblent alors ne rien laisser à désirer. Des récompenses du premier ordre ont été données à :
- i° M. Ellington, de Birmingham, pour sa grande et belle fabrique de galvanoplastie.
- 20 MM. R. et S. Garrard, orfèvres de la reine, pour leur orfèvrerie artistique et leur magnifique joaillerie.
- 3° M. C. F. Hancock, à qui l’on doit le beau groupe en argent de la reine Élisabeth à cheval, entre son page et son écuyer, d’après un modèle du célèbre Marocbetti.
- 4° MM. W. M. Hunt et Roskell , pour un vase au repoussé, l’œuvre de Vetche.
- 5° M. Morel (Français), pour la beauté de ses émaux.
- On a placé sous le nom des Trois-Royaumes un bouclier en argent avec des figures au repoussé dessinées par le célèbre Cornélius : ce travail appartient à la Prusse, Quoique la récompense soit censée revenir à S. A. R. le
- p.331 - vue 370/0
-
-
-
- 332 FORCE PRODUCTIVE
- prince de Galles. Le bouclier est un présent de son parrain
- le roi de Prusse.
- Résumé des récomp.: i*r ordre, 5; 2e ordre, 15; ment, hon., 29.
- Tandis que l’Angleterre exporte pour plus de 69 millions d’objets fabriqués en fer, acier, etc., elle n’exporte en orfèvrerie et argenterie que pour 2,5oo,ooo francs, et pour 300,000 francs de plaqué.
- XXIVe Jury. — Verrerie. — La verrerie anglaise est bien éloignée de la perfection ; les verres employés pour construire le Palais de cristal étaient du genre le pins commun. Le grand mérite était dans la quantité fournie et la promptitude de la confection. Après l’Exposition, pour une masse considérable de flint-glass, on a laissé le Jury de Londres maître d’attribuer une récompense du premier ordre à M. Chance.
- Résumé des récomp.: i*rordre, 1 ; 2*ordre, 2; ment.lionor., i5-
- XXVe Jury. — Arts céramiques. — Les arts céramiques, pour les ouvrages communs, ont pris un grand essor en Angleterre depuis le célèbre Wedgwood. Aussi les expor-tâtions sont-elles considérables : elles s’élevaient, en 1853* à 33,259,25o francs.
- On a justement accordé les récompenses du premier ordre aux beaux produits de M. Minton , de Stoke-sur-la-Trente, dans le comté de Stafford. Ses riches porcelaines sont décorées avec goût, et la beauté des couleurs est remarquable ; il fabrique aussi des poteries dont le publie apprécie la bonté et l’élégance. Il ne faut pas qu’on s’imagine que même M. Minton peut donner des produits qui réunissent de telles perfections et qui restent à bas prix-de tels miracles sont impossibles, même en Angleterre.
- Résumé des récomp.: 1“ ordre, 1 ; a* ordre, 12 ; ment, lion.,
- XXVIe Jury. — Meubles et décorations des édifices, '
- p.332 - vue 371/0
-
-
-
- DES NATIONS. 333
- Ici l’Angleterre laisse à la France les récompenses du premier ordre. •
- Résumé des récomp. : 1" ordre,o; 2e ordre, 23 ; ment, hon., 29.
- Les exportations, sous le titre cabinet and upholstery wa-res, s’élèvent à 3,7/19,875 francs, payées presque en entier par le Canada et les autres colonies de la Grande-Bretagne; l’Europe en achète à peine pour un vingtième.
- Résumé des récomp. : 1" ordre, o; 2e ordre, 22; ment, lion., 3g.
- XXVIIe Jury. — Travail architectural de produits minéraux. — Ici nous trouvons encore, pour ses teintes à l’encaustique, le célèbre M. Minton. Il reçoit la récompense du premier ordre, avec la Société formée pour améliorer le sort de la classe laborieuse, qui s’est occupée de leurs logements.
- Résumé des récomp.: 1" ordre, 2; 2' ordre, 46; ment, bon., 42.
- XXVIIIe Jury. — Emplois industriels des produits animaux ou végétaux. — Le Jury décerne deux récompenses du premier ordre: à M. Goodyear, pour ses transformations du caoutchouc par la volcanisation et ses applications; à M. Mackintosii, pour les vêtements imperméables préparés avec cette substance.
- Résumé des récomp. : 1" ordre, 2 ; 2* ordre, 25 ; ment, bon., 6.
- L’application du caoutchouc, si nouvelle encore, est déjà l’objet d’une exportation de i,55o,3oo francs.
- Nos savants collègues, MM. Balard etPayen, ont traité le caoutchouc etïindia rubber ou gutta-percha en chimistes consommés, dans leurs rapports du XXVIPet du IV* Jury.
- XXIXe Jury.— Fleurs artificielles, ombrelles, éventails, °bjeis de fantaisie, parfumerie, savons, bougie, chandelles.— Pas de récompense du premier ordre à l’Angleterre pour ces objets, où la palme appartient à la France.
- hésumé des récomp.: 1" ordre, o; 2* ordre, 45; ment, bon., 27.
- p.333 - vue 372/0
-
-
-
- 334 FORCE PRODUCTIVE
- Mais si l’Angleterre cède à d’autres le pas pour les joujoux, qui sont charmants, voici ce quelle vend à la fois de commun et de lucratif :
- Savons communs........................... 7,25o,6oof
- Chandelles de suif ou stéariques......... 84,565,800
- J’aime à présenter ces contrastes : ils lont connaître le génie particulier du commerce anglais.
- XXXe Jury. — Arts plastiques. — L’Angleterre a désire passionnément deux choses : ne pas avoir de récompense du premier ordre pour le lin, la laine et le coton, qui sont sa richesse; en avoir à tout prix pour la musique et la sculpture. On a donné la récompense du premier ordre à M. Richard Wyat, pour sa gracieuse statue de Glycere, 2° à M. le baron Marochetti, Piémontais naturalisé Fraïi' çais, et résidant à Londres, pour la statue équestre de R1' chard Cœur-de-Lion.
- Résumé des récomp. : 1® ordre, 2; 2* ordre, 27;ment, hon., ^9*
- Résumé général des récompenses obtenues par le royaume-uni de l’Angleterre, de l’Ecosse et de l’Irlande.
- 1" ordre............. 75 proportions 8 pour 1,000.
- 2* ordre............. 1,066 ------------ 117
- Mentions honorables.. 678 ----------- 75
- 1,819
- Exposants
- 9,094
- p.334 - vue 373/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 335
- II. ROYAUME D’IRLANDE.
- $ Ier. OBSTACLES PRIMITIFS OPPOSES AU DEVELOPPEMENT PRODUCTIF DE L’IRLANDE.
- Lorsqu’on part d’Angleterre pour avancer vers l’occident, le premier pays qu’on rencontre est une île encore plus différente, encore plus séparée de la Grande-Bretagne, que la Grande-Bretagne elle-même ne l’est de l’univers entier : c’est l’Irlande. Sa population, par l’origine, par la langue, par les mœurs et par la foi, profondément opposée à la nation dominatrice, n’a jamais pu ni briser son joug ni le subir avec une résignation qui désarmât la tyrannie.
- Après avoir été traitée pendant sept siècles comme un pays de conquête récente, l’Irlande a conservé d’une longue oppression des stigmates ineffaçables. La communauté des lois, introduite depuis le commencement du xixe siècle, loin d’identifier cette terre avec la Grande-Bretagne, a produit sur des intérêts essentiels des conséquences diamétralement opposées. Le dernier progrès pour ses enfants est aujourd’hui l’expatriation, célébrée comme le perfectionnement suprême.
- Avant d’expliquer et de mettre en présence les hommes et les arts, disons quelques mots sur la nature du pays.
- Après la Grande-Bretagne, l’Irlande est de beaucoup 1 de la plus spacieuse qui soit dans les mers d’Europe : su superficie, 8,/i20,o5o hectares, est plus considérable (lue celle de la Sicile, de la Sardaigne, de la Corse et de Chypre prises ensemble. Son terroir est fertile et favorable R la production des céréales. Son climat est doux, égale-
- p.335 - vue 374/0
-
-
-
- 336 FORGE PRODUCTIVE
- ment garanti contre les froids excessifs et contre les chaleurs extrêmes par le bienfait de l’Océan. Les vents qui prédominent et qui traversent l’Atlantique versent sur ses plaines des brouillards et des pluies qui fécondent ses vastes prairies-, à ces prairies elle a dû le nom gracieux de la verte Érin.
- L’île est divisée par une chaîne de montagnes en deux bassins principaux. Le bassin oriental verse ses eaux dans la mer intérieure qu’on appelle proprement la mer d Irlande, et qui fait face à l’Angleterre ainsi qu’à l’Écosse du sud; le bassin occidental verse ses eaux du côté de l'Ame-riquc. Dans l’un et l’autre bassin, les côtes sont découpées par des baies profondes et des golfes spacieux; elles pre' sentent aux marins des ports nombreux et des mouillageS sûrs, avec un développement de côtes plus étendu que celui du littoral de la France depuis la Belgique jusqu à l’Espagne.
- Ainsi, l’Irlande a reçu de la nature tout ce qui pellt rendre une contrée heureuse et riche par l’agriculture, par la navigation, et par les arts que le commerce appelé à son secours.
- Après la conquête de l’Angleterre, les Normands domptent les Celtes du pays welche. L’envahissement leS conduit en face de l’Irlande, alors partagée en cinq faibleS royaumes; cette division sert l’Angleterre normande p°ul conquérir l’un par l’autre ces petits États. Le dernier des rois anglais d’origine française, Henri VIII, réunit leS cinq provinces irlandaises, qu’il constitue en royaume unique. Il octroie aux asservis un parlement, comme au trefois les Romains donnaient à des conquis un roi, a 1 d’avoir un instrument de servitude. Cet instrument e néanmoins sans efficacité pour changer la foi du peuP irlandais, comme allait être changée la foi du peuple an
- p.336 - vue 375/0
-
-
-
- DES NATIONS. 337
- glais, servile alors. La haine et l’oppression s’accroissent contre celui qui restait fidèle à la religion de ses ancêtres.
- Cette résistance des âmes occasionna des luttes sanglantes et tous les malheurs de l’Irlande. Lorsque les Sluarts eurent réuni sous leur sceptre les deux royaumes de la Grande-Bretagne, ils persécutèrent en Angleterre, en Ecosse, les puritains et les indépendants, qui s’expatrièrent, les uns dans le nord de l’Amérique, les autres dans le nord de l’Irlande. Ces exilés, victimes de l’intolérance, en auraient dû porter la haine et le mépris avec eux; leurs cœurs ne gardèrent qu’un ardent besoin de persécuter le culte d’autrui, comme on persécutait le leur.
- Là barbarie n’existait pas d’un seul côté. Elle dictait parfois des représailles qui dépassent toute idée; et les Irlandais ont eu leurs vêpres siciliennes. Lorsque commença la querelle de Charles Ier avec le Parlement d’Angleterre, les Irlandais massacrèrent plus de 5o,ôoo protestants établis dans leur île. On voulut que le châtiment des coupables fût surtout rendu productif. Après avoir décimé leurs vies on fit plus que décimer leurs propriétés : on confisqua près de 1,000,000 d’hectares de terres, le huitième du pays. Des protestants, la plupart appelés d’Ecosse et d’Angleterre, obtinrent à vil prix ces biens extorqués. Le territoire oriental, le plus rapproché de la Grande-Bretagne, était surtout celui qu’on s’elforçait de faire passer entre les mains de possesseurs britanniques.
- Quand les dissidents d’Écosse et d’Angleterre eurent commencé la rébellion contre les Stuarts, ils eurent pour alliés naturels les victimes de ces princes, réfugiées sur la côte orientale d’Irlande. Cromwell eut ceux-ci pour auxiliaires, quand il passa la mer afin d’abattre l’étendard inséparable du catholicisme et de la royauté. Ce fut alors qu’il
- INTIIODÜCTIOX.
- aa
- p.337 - vue 376/0
-
-
-
- 338 FORCE PRODUCTIVE
- réalisa la pensée sauvage de pousser aux limites extrêmes de l’ouest la population primitive pour en purger l’Irlande orientale, la remplacer par les sectaires de sa faction, et, le fer à la main, crier au paysan dépossédé : «Va dans Connaught ou dans l’enfer : yo to Connaaght or to hell ! »
- A travers ces cruautés, que devenait la fortune de l’Irlande? La nature avait tout fait pour donner à cette contrée un grand commerce maritime; mais jusqu’à la fin du xvii8 siècle, au lieu d’être pratiqué par des navii'eS nationaux, ce commerce était usurpé par ceux de la Hollande. Cromwell, si jaloux d’enlever à de tels rivaux Ie transport des produits anglais, Cromwell ne comprit paS le pays dont il se faisait le fléau dans la protection quil accordait à la marine anglaise par son Acte de navigati°n• L’injustice ira plus loin, et bientôt cet acte sera dinge contre l’Irlande.
- Le climat favorisait la production de la laine. Les Irlandais en faisaient des tissus communs, à très-bas^prix, re' cherchés même des Anglais. Des Actes du Parlement i°" terdisent l’entrée de ces tissus en Angleterre, et l’elfet en devient si désastreux, que des tisserands irlandais, prives d’occupation, s’expatrient; ils arrivent jusqu’en France.
- Les Anglais et les Écossais établis sur les terres dh' lande confisquées au temps de Cromwell étaient en gran nombre habiles dans l’art d’élever le bétail et d aIïie liorer les prairies; leurs soins prospérèrent à tel poi11* qu’ au bout de quelques années les cultivateurs de H jalouse Angleterre s'effrayèrent des produits que l’lHarl^e’ même protestante, pouvait mettre en concurrence aveC les leurs.
- En 1663, trois ans après le retour de Charles IL ce modèle des rois ingrats, défense est faite, sous peine d’amende et de confiscation, d’introduire en Angldeire
- p.338 - vue 377/0
-
-
-
- 339
- DES NATIONS.
- aucun bétail élevé dans les prés d’Irlande. Trois ans plus tard, le Parlement anglais va plus loin : il interdit l’entrée des salaisons irlandaises dans les ports de la mère, disons mieux, de la marâtre patrie.
- Ce qu’on défend pour les produits d’agriculture, on le défend pour d’autres sources de travail : ainsi, dès 1 663, année funeste, on interdit aux navires irlandais le trans-' port direct des produits de l’Europe dans les colonies britanniques et des produits de ces colonies en Europe.
- L’Irlande avait une industrie dans laquelle elle excellait: c’était la fdature du lin, dont les modestes profits, obtenus par la main des femmes, concouraient à soulager la misère des campagnes ; on faisait ainsi beaucoup de toiles que recherchaient les autres nations.
- Dès le commencement du xvne siècle, Manchester convoitait ce commerce ; elle achetait les fils que produisaient les Irlandaises et les transformait en tissus. Son habileté trouvait le moyen de renvoyer ces toiles en Irlande et les y vendait avec avantage. On voit par là quelle était déjà la supériorité de cette étonnante cité. Elle s’essayait à faire sur un moindre théâtre, avec l’Irlande et le tissage du lin, ce quelle accomplira deux cents ans plus tard avec l’Inde entière et le tissage du coton.
- De leur côté, les Écossais, dès l’époque de Charles II, commencent à faire une rude concurrence aux toiles irlandaises. Us transportent leur industrie jusque dans le pays de leurs rivaux, où les lins les plus estimés croissent en abondance.
- Us s’établissent de préférence au nord-est, en face de leur côte occidentale; ils font de Belfast1, la ville au
- 1 Bcll-fast, la cloche et le jeune.
- p.339 - vue 378/0
-
-
-
- 340 FORCE PRODUCTIVE
- nom britannique et puritain , un centre d’activité pour les
- toiles fabriquées avec les fils des pays circonvoisins.
- Malgré d’aussi redoutables rivalités, tant que les métiers mécaniques n’eurent pas changé la face des arts textiles, la race irlandaise put encore se défendre; ses exportations ne cessèrent pas d’être considérables.
- En même temps que la Grande-Bretagne poussait la rivalité jusque sur le sol de l’Irlande contre les industries de celle-ci, en même temps quelle empêchait sur le sol britannique les produits irlandais de lui faire concurrence, elle exigeait que les marchandises anglaises fussent introduites sans obstacle, sans droit d’enlrée et sans réciprocité, dans l’île asservie quelle osait pourtant appeler sa sœur-royaume (sister-kinydom).
- Dès la fin du siècle précédent, nous trouvons la juste mesure de tant de soins combinés pour atrophier le commerce d’une vassale.
- ANNÉE MOYENNE, DE 1699 k 17°9-
- COMMERCE EXTÉRIEUR
- de de
- LA GRÀKDE-BRBTÀGUE. L'IRLANDE-
- Francs. Francs.
- Exportations 116,478,150 8,510,350
- Importation*. 130,056,175 8,562,875
- Totaux 247,134,325 17,073,225
- Ainsi, déjà le commerce extérieur de l’Irlande était réduit à y pour cent du commerce britannique.
- p.340 - vue 379/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 341
- A cette époque, l’île entière ne comptait guère que 2 millions d’habitants; il fallut une loi pour enjoindre au cultivateur de la verte Erin de labourer au moins le vingtième de la terre envahie par les pâturages.
- Les grands événements qui se pressent, à partir du milieu d’un siècle qui commençait si pauvrement pour l’Irlande, semblent promettre à cette île une fortune moins adverse. De 1756 a 1*763, la guerre de Sept ans renchérit sur le marché d’Angleterre les provisions de bouche ; alors le Parlement anglais, moyennant la surcharge dun droit d'entrée, admet les salaisons irlandaises dans les ports de la Grande-Bretagne.
- Jusqu’en 1775, l’Angleterre interdisait aux Irlandais la pêcherie si féconde des côtes du nord de l’Amérique ; à cette époque, on leur en permet l’accès, dans l’espoir d’augmenter par là le nombre des matelots métropolitains, insuffisant pour lutter avec les colonies révoltées.
- Dans la même année on accorde comme une faveur aux Irlandais d’habiller, avec leurs propres lainages, les régiments irlandais soldés par l’argent d’Irlande!
- Lorsqu’une politique oppressive autant qu’imprévoyante eut produit la révolte des colonies dans la Nouvelle-Angleterre, si voisine de l’Irlande, le peuple de cette île, sans distinction alors de catholiques et de protestants, imita les patriotes de Boston. Il résolut, en 1779, de n’importer, de ne consommer aucun produit britannique, jusqu’à l’instant où l’Angleterre abolirait ses prohibitions dirigées contre l’Irlande ; en même temps il prit les armes par Mesure comminatoire. Pour ne pas perdre un aussi beau royaume, le Gouvernement britannique se vit forcé de faire droit à des réclamations élevées par ce peuple, deux fois aussi nombreux que celui qui venait de s’affranchir par la force des armes. Pour concession dernière, dans
- p.341 - vue 380/0
-
-
-
- 342 FORCE PRODUCTIVE
- Tannée même où fut reconnue l’indépendance absolue des États-Unis, on reconnut, sauf la suzeraineté de l’Angleterre, l’autonomie du peuple et du parlement de l’Irlande.
- Cette étrange position d’une île à demi soumise, à demi menaçante, ne pouvait pas subsister. L’Angleterre continua son despotisme exécutif. L’Irlande aveuglée tendit la main à l’anarchie, qui venait de France; alors elle fut en proie aux guerres civiles, aux exécutions sans ternie et sans exemple. Ses déchirements ne cessèrent que par la perte de sa nationalité, qui fut vendue, à beaux deniers comptants, au sein d’une législature corrompue.
- La première année du xixe siècle est inaugurée par lu suicide du parlement irlandais, cent ans après le suicide du parlement écossais. Les trois royaumes, alors, prennent le titre de Boyaume-Uni; et le pavillon impérial de Vunion allie les couleurs des trois pavillons nationaux.
- L’IRLANDE Aü XIX* SIECLE.
- Suivons maintenant les progrès de l’Irlande dans la période de temps dont nous écrivons l’histoire indus' trie lie.
- A partir du moment où les trois royaumes ne formaient plus qu’un État indivis, les Actes législatifs ne purent pluS conserver de différences oppressives à l’égard des produits de la terre et de l’industrie chez aucun des trois Ltats-Le commerce de la Grande-Bretagne avec l’Irlande prl* un essor que favorisa la guerre contre Napoléon et que a paix générale fut impuissante à ralentir; mais le commerce extérieur préféra de plus en plus la Grande-Bretagne a
- l’Irlande.
- p.342 - vue 381/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 343
- PROPORTION DES PRODUITS NATIONAUX EXPORTÉS DIRECTEMENT X L’ETRANGER.
- ÉPOQUES. PRODUITS EXPORTÉS
- de LA GRANDE-BRETAGNE. de L’IRLANDE.
- 1891 Francs. 1,000,000 1,000,000 1,000,000 Francs. 23,781 10,992 8,576
- 1831.
- 1841
- Le dernier chiffre fait voir à quel degré d’anéantissement est tombé le commerce direct de l’Irlande avec les nations étrangères.
- Celte décadence rendra d’autant plus remarquable la grandeur à laquelle, au contraire, s’était élevé le commerce direct entre l’Irlande et la Grande-Bretagne. L’année 1821 est la dernière pour laquelle on a donné séparément la valeur réelle des produits irlandais envoyés dans la Grande-Bretagne.
- Exportations de l'Irlande en 1821.
- Afétranger.............................. 20,8o3,35o fr.
- Dans la Grande-Bretagne. ............... 224,362,725
- Total............. 245,166,075 fr.
- Si r on suppute la valeur comparée des produits d’agriculture et des produits manufacturés compris dans ce total, on jette une vive lumière sur l’état économique de l’Irlande à cette époque de 1821.
- p.343 - vue 382/0
-
-
-
- 344 FORCE PRODUCTIVE
- Céréales exportées d’Irlande.................. 98,000,000 fr.
- Grains distillés........................... 3,000,000
- Animaux vivants............................ 36,000,000
- Salaisons.................................. 4o,000,000
- Total des produits d’agriculture, au moins.. 177,000,000 Tissus et autres produits manufacturés.. .. 68,000,000
- Total................... 245,ooo,ooo
- C’était peu qu’une exportation de produits d’industrie qui surpassait à peine le quart de l’exportation totale : 271/4 pour cent.
- Arts industriels de l’Irlande.
- Malheureusement, cette proportion des produits de l’industrie irlandaise a tendu sans cesse à diminuer.
- En 1821, la filature mécanique du lin était encore à sa naissance; dès lors, néanmoins, elle portait atteinte à la filature, que pratiquaient à la main les femmes irlandaises, renommées à juste titre pour cette élégante industrie. L’exportation des fils de lin se changeait en impoi' tation1 !. . .
- L’exportation des toiles irlandaises atteignait son maximum en 1817; bientôt après, les quantités vendues an dehors diminuaient dans une progression rapide.
- Les inspecteurs généraux des manufactures constataient, dès 1835, les nombres suivants de métiers pour tisser, moteurs mécaniques, employés dans les manufactures:
- 1 Aujourd’hui le Yorkshire envoie des quantités considérables de fils lin pour être lissées par les Irlandais. (G. Porter, i85i.)
- p.344 - vue 383/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 345
- NOMBRE DE MÉTIERS
- de LA GRANDE-BRETAGNE. de L'IRLANDE.
- Pour le r.ntnn. .......... . . 108,010 5,127 1,714 209 1,416
- Pnnr la laine
- Pour la soie.
- Pour le lin. • •. • 100
- Totaux 115,000 1,516
- En i844, le recensement des métiers à tricoter présente une disproportion encore plus frappante.
- Nombre de métiers à tricoter : Grande-Bretagne, 48,227; Irlande, 2 05.
- Toujours d’après les états officiels des inspecteurs généraux des manufactures, nous pouvons faire apprécier une excessive disproportion des ouvriers employés dans les fabriques textiles.
- PARALLÈLE DD NOMBRE D’OUVRIERS DES FABRIQUES TEXTILES, EN l83g.
- GRANDE-BRETAGNE IRLANDE.
- Fabriques de lin 34,480 9,011
- de laine 85,181 1,230
- 254,714 4,622
- 34,318 0
- Totaüx 408,093 14,863
- p.345 - vue 384/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 346
- Les innombrables industries pour fabriquer les mécaniques, pour transporter les métiers et beaucoup de matières premières, enfin pour vivifier une foule d’arts auxiliaires, suivent dans les deux contrées la même proportion que le nombre des travailleurs. Mais il y a pour la pauvre Irlande un désavantage de plus.
- La majeure partie des mécanismes nécessaires aux fda' tures ainsi qu’aux métiers à force inanimée provient àe la Grande-Bretagne : Birmingham et Manchester les fa-briquent; Liverpool les expédie. Les outils tranchants, la coutellerie, viennent de Sheffield et de Birmingham.
- Ainsi le peu de manufactures dont l’Irlande n’a paS encore été privée contribue à faire vivre les Anglais en place des Irlandais pour la plupart des industries secon-daires quelles mettent en action.
- Les résultats que nous venons d’exposer feront comprendre un fait qui nous a nous-même surpris: c’est Ie petit nombre d’exposants irlandais au concours universel de 18 51.
- PARALLÈLE DES EXPOSANTS ET DES RECOMPENSES, ENTRE LA GRANDE-BRETAGNE ET L’IRLANDE, À L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE J 85 1.
- —
- GRANDE-BRETAGNE IRLANDE.
- Nombre des exposants 9,734 135
- Récompenses do premier ordre 75 1
- Récompenses du second ordre 1,265 28
- La récompense du premier ordre est accordée à la Société royale de Belfast, instituée pour propager et pour
- p.346 - vue 385/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 347
- améliorer la culture et la préparation du lin. Le tiers des récompenses du deuxième ordre est accordé à la filature, au tissage du lin, et Belfast en obtient plus qu’aucune autre ville d’Irlande. Le Jury international s’est montré plein de justice et de bienveillance en accordant aux exposants de ce pays une médaille pour cinq exposants, tandis que les Anglais n’en obtenaient pas une sur sept, Mais, abstraction faite de ce rapprochement, l’infériorité d’ensemble n’en est pas moins accablante pour l’industrie de la verte Erin.
- Un simulacre d’exposition universelle à Dublin.
- Les Irlandais, qui joignent aux plus brillantes qualités la tache légère de ne jamais douter de rien, les Irlandais s’imaginèrent que, immédiatement après Londres, c’était eux qui devaient être le centre d’un grand concours industriel, eux qui n’avaient figuré qu’au dixième rang parmi les nations concurrentes. Celles-ci, détournées de longue main par le commerce absorbant de l’Angleterre, n’ont pas jugé quelles dussent apprendre les voies qui conduisent à l’Irlande. Vainement, en i853, Dublin a présenté, comme Londres en 1 851, son élégant Palais de cristal ; vainement l’hospitalité proverbiale des habitants a redoublé de zèle et de grâces. A l’Exposition universelle de Dublin, il a manqué... l’univers.
- Intercourse de l’Irlande et de la Grande-Bretagne.
- L’industrie, insuffisante, incomplète, de l’Irlande exige d’énormes envois de produits manufacturés, que l’Angleterre fournit et qui sont payés par de grands envois en produits d’agriculture.
- p.347 - vue 386/0
-
-
-
- 348 FORCE PRODUCTIVE
- Le défaut même d’équilibre entre ces deux genres de< production explique la grandeur du commerce que nous avons signalé comme exemple pour l’année 1821.
- A la vue d’un trafic où les envois, par l'Irlande, de bétail vivant, de salaisons, de beurre, de fromage et d’autres produits animaux occupent une si grande place, on conçoit l’énergique influence de ces peuplades britanniques dont les essaims, depuis trois siècles, ont par degrés envahi le littoral irlandais qui fait face à l’Angleterre. Ce sont elles qui propagent les méthodes les plus avancées de l’agriculture moderne et fournissent les capitaux, ce grand désidératum d’un pays épuisé par ï absentéisme. Depuis longtemps la verte Érin leur doit la perfection même de ses prés naturels et l’amélioration de ses animaux domestiques.
- Elle leur doit aussi l’activité, le progrès et la magnificence de ses villes maritimes, telles que Belfast, Cork, et surtout Dublin, qui pourrait avec plus de raison peut-être que la fière Philadelphie s’appeler la cité des monuments; Dublin, cette capitale qui fleurit sans trône, deux fois aussi peuplée que ne le fut jamais Athènes, et qui s’élève la plus avancée des grandes cités européennes du côté de l’Amérique.
- En contemplant la mer d’Irlande que sillonnent a l’envi d’innombrables navires entre celte île et la côte britannique, en parcourant ces immenses baies qui rivalisent avec celles de Naples et de Constantinople pour la grandeur et la beauté, on se rappelle involontairement une éloquente et gracieuse imagination de l’orateur romain. Dans le littoral embelli, peuplé, fécondé, de l’IIellespont oriental, Cicéron croyait voir une ceinture que la fortune avait détachée de la Grèce, et qui, flottante au milieu des mers était allée décorer les rivages enchantés de l’Asm
- p.348 - vue 387/0
-
-
-
- DES NATIONS. 349
- Mineure et des Cycîades helléniques. Ainsi la rive orientale de l’Irlande, avec ses cités pour joyaux, semble s’être détachée de la terre où resplendissent Bristol, Batli et Liverpool, Manchester, Gloucester et Glasgow.
- Sans nous laisser éblouir par la magie d’un semblable spectacle, pénétrons dans les entrailles du pays, afin d’en connaître la vie et les calamités.
- Facultés productives des Irlandais.
- On a beaucoup répété que l’Irlandais était un peuple paresseux, qu’il présentait dans les cités, à côté d’artisans infatigables, des masses oisives et couvertes de haillons comme des lazzaroni ; on a pareillement accusé d’apathie ses paysans. Il faut examiner une telle accusation.
- J’ai déjà rapporté la valeur réelle des exportations de l’Irlande en 1821, dernière année pour laquelle on l’eût officiellement constatée. En comparant ces exportations avec celles de France, nous avons été surpris de les trouver supérieures, proportion gardée avec la population.
- Produits nationaux exportés par million d’habitants.
- En 1821, d’Irlande.. 3G,o4o,827f I De France.... i3,358,ooof En i85i............. I •••• 32,224,700
- Comment se fait-il que la nation française soit une de cellesoùle peuple a leplus de bien-être et d’aisance, tandis que le paysan de l’Irlande, poussé par le désespoir, fuit aujourd’hui sa patrie? il fuit par masses dont s’effrayent les amis d’un peuple recommandable pour tant de qualités solides et brillantes.
- Afin de répondre à cette question, on doit comparer létat de l’agriculture avec les progrès de la population.
- p.349 - vue 388/0
-
-
-
- 350
- FORCE PRODUCTIVE
- Agriculture de l’Irlande.
- Relativement à l’étendue des territoires, il faut considérer les territoires cultivés et compter le reste pour presque rien. G. Porter (Progress of the nation) cite un travail plein d’intérêt d’où j’ai déduit les rapprochements qui suivent :
- TERRITOIRES CULTIVÉS DANS LES TROIS ROYAUMES, EN 1827.
- ANGLETERRE. ÉCOSSE. IRLANDE.
- Superficie totale cultivée : hectares. • • 11,633,883 2,130,704 4,906,749
- Superficie cultivée pour nourrir chaque 73"" -LL 100 84*rM -LL 100
- 60"« -L- J 00
- Voilà certainement des résultats faits pour surprendre les esprits observateurs : c’est l’Irlande qui, depuis la fm du siècle dernier, nourrissait la population la plus nombreuse, pour une même étendue de territoire cultivé.
- L’Angleterre, malgré la perfection si vantée de son agriculture et l’abondance préconisée de ses récoltes de tout genre; l’Angleterre en i84i, et même en i845, ne nourrissait pas autant d’hommes que l’Irlande, proportion gardée avec la superficie de ses cultures.
- Pour arriver à ce résultat, l’Irlande doit nécessairement beaucoup tirer de la terre. Le savant M. Macculloch, par des calculs qui n’ont rien que de modéré, évaluait, de 184 1 à 1845, le revenu brut de l’Irlande à 48,2 00,834 bv* sterling : c’est plus de i,2o5,02 1,000 francs.
- Cela donnait par hectare 1 43 fr. 10 cent., y comprl>
- p.350 - vue 389/0
-
-
-
- DES NATIONS. 351
- les terres incultes. Au même compte, le sol français aurait produit 7,551,700,000 francs; or, personne, même aujourd’hui, n’oserait porter si haut notre produit territorial. Ainsi, proportion gardée avec l’étendue du territoire, de 18A1 à i845, l’Irlande offrait un produit agricole annuel supérieur en valeur totale à celui de la France.
- Une autre étude importante est celle du revenu net, celui qui passe de l’exploitant ou fermier au propriétaire.
- M. Macculloch l’évalue à 13,562,646 liv. sterl. ou 339,066,i5o francs. Cela donne 69 francs par hectare cultivé ; c’est plus que n’obtiennent nos propriétaires.
- Il était important de savoir si les prix moyens attribués aux céréales ainsi qu’aux autres produits de l’Irlande n’étaient pas calculés sur une base beaucoup plus chère que les mêmes produits en France : le tableau suivant répond à cette question.
- Prix moyens des céréales en Irlande, pris pour base par M. Macculloch, avant la réforme de Sir Robert Peel.
- Par hectolitre : froment, 19 fr. 77 c.; orge, 11 fr. 18c.; avoine, 8 fr. 60 cent.
- Quant au prix du bétail, il suffit de faire observer qu’en Angleterre la viande de boucherie est d’un prix moins élevé qu’en France, et que l’Irlande envoie d’énormes quantités de bétail sur pied ou salé pour les marchés d’x\ngleterre ; ce quelle ne pourrait faire si, dans le lieu de la production, son bétail n’était pas à plus bas prix qu’en Angleterre.
- Par conséquent, cette Irlande, que nous avons crue si fort arriérée et que nous savons si malheureuse, son agriculture était pourtant plus productive que celle de la France dans les années qui précédaient la réforme de Sir
- p.351 - vue 390/0
-
-
-
- 352 FORCE PRODUCTIVE
- Robert Peel, et cela sans que les prix eussent rien d’exagéré.
- En comparant les territoires avec les populations, je trouve que l’Irlande avant 1846 nourrissait 1,000 habitants par 1,000 hectares, lorsque la France n’en nourrissait que 649.
- Non-seulement l’Irlande suffisait à cette immense nutrition; mais ce quelle exportait en produits de la terre est prodigieux. Voici pour, l’année i845, qui précédait immédiatement la réforme des lois sur les céréales, quels ont été les envois de l’Irlande dans la Grande-Bretagne :
- IMPORTATIONS DE L’IRLANDE DANS LA GRANDE-BRETAGNE, EN 1845.
- DENRÉES. QUARTERS. HECTOLITRES.
- F roment 779,113 93,095 2,353,985 14,389 11,154 1,925,290 230,050 5,817,300 35,557 27,570
- Or je.
- Avoine
- Pois, fcves y etc. »
- Malt
- Tot^iti ...
- 3,251,736 8,035,767
- Ainsi, dans le cours de l’année qui précédait la réforme de SirRobert Peel, l’Irlande envoyait en Angleterre l’équivalent de 4 ~ millions d’hectolitres de froment assez pour nourrir i,5oo,ooo habitants. Donc, le sol de l’Irlande produisait en réalité ce qu’il fallait pour nourrir près de 10 millions d’hommes.
- Est-il vrai maintenant que l’agriculteur irlandais, quJ> dans les petites exploitations, faisait tout par la force de
- p.352 - vue 391/0
-
-
-
- DES NATIONS. 353
- ses bras, sans le secours de la charrue? est-il vrai que ce fût un agriculteur paresseux et peu travailleur, lorsqu’avec cinq personnes il en nourrissait dix? Le paysan russe, le paysan polonais, le paysan maggyare, et dans une portion de la Germanie, le paysan allemand, sont loin d’olfrir les résultats obtenus par le paysan irlandais. Qu’on cesse donc, sous ce point de vue, d’outrager son infortune.
- Le malheur du cultivateur irlandais, c’est qu’il n’avait pas la ressource, à mesure que ses enfants croissaient en nombre, de trouver dans les arts industriels l’emploi des bras surabondants; il y avait donc une oisiveté forcée et toujours croissante, qui se traduisait en misère au milieu des exportations les plus copieuses. Ces exportations servaient surtout à payer en fermage d’opulents propriétaires qui vivaient hors du pays et n’y répandaient pas l’aisance.
- Consommations alcooliques : le père Mathieu.
- Le peuple irlandais, si pauvre, ajoutait à sa misère par un usage de l’eau-de-vie qui s’était accru rapidement, de 183 i à 1838. En ne comptant comme consommateurs que les adultes mâles, un quart de la population, voici quelle était par homme la quantité de boissons alcooliques -consommées dans les Trois Royaumes en 1838 :
- En Angleterre
- En Écosse.. ..
- En Irlande . . .
- On sera certainement effrayé de la consommation de liqueurs spiritueuses faite par les Écossais, ces puritains 51 fiers de leurs mœurs h
- 1 On concevra peut-être quelque cloute au sujet de l’Écosse. Voici, d’après
- 23
- 14 litres ~
- 45 *
- 27 TT
- INTRODUCTION.
- p.353 - vue 392/0
-
-
-
- 354
- FORCE PRODUCTIVE
- Leur consommation mise de côté, celle des Irlandais doit encore paraître excessive : elle ne représente pas moins d’un litre d’eau-de-vie tous les treize jours. Certainement, pareille dose de liqueur, si l’on pouvait la supposer partagée en vingt-six portions égales pour deux repas en chacun de ces treize jours, ne paraîtrait pas susceptible d’altérer la santé d’un homme de constitution ordinaire. Mais ce n’est pas ainsi que les consommations s’organisent. Une foule de travailleurs s’abstiennent de l’usage régulier, constant, et par là même modéré, de la boisson. Ils la réservent pour les dimanches, pour les fêtes, pour les jours de foire et de marché; ils accumulent les petites quantités, qui pouvaient suffire au maintien de la force, jusqu’à l’excès, qui produit la pire des ivresses.
- En présence de l’abus croissant des spiritueux, au milieu de la misère irlandaise, voici ce qu’a fait un pauvre et simple prêtre catholique, un membre de ce clergé sans dotation, regardé de si haut par les sectes protestantes qui l’accusent de préjugés et d’ignorance. Le révérend M.Théo-hald Mathieu s’est mis à prêcher le peuple, de ville en ville et de village en village, comme un apôtre des premiers jours. Il a montré sans exagération, sans emphase, leS maux qu’entraîne l’ivresse, et surtout l’ivresse produite par les liqueurs fortes; celle qui paralyse si vite la force
- tes états officiels de l’excise et de la douane, les quantités de spiritueux c°n' sommés dans ce royaume en i838 :
- Eau-de-vie de grain indigène................ 6,389,711 gallo118'
- Eau-de-vie de vin importée..................... 38,o8A
- Rlium.......................................... 86,46o
- Total.......................... 6,384,255 gall°°s’
- ou 11 litres — par tête, la population de l’Écosse étant de 2,548,670 îja bitants en 1838.
- p.354 - vue 393/0
-
-
-
- DES NATIONS. 355
- des hommes, qui les rend incapables de gagner leur vie et la vie de leur famille, qui les fait vieillir prématurément et mourir longtemps avant le terme ordinaire. Chez un peuple fervent, énergique et sincère dans sa foi, le prêtre a pensé qu’il pouvait beaucoup obtenir en demandant à ses coreligionnaires de lui promettre sous serment, au nom de Dieu, qu’ils s’interdiraient complètement l’usage de l’eau-de-vie. Il n’a point réclamé cet engagement comme un vœu perpétuel, mais pour le temps limité pendant lequel ils sentiraient pouvoir persévérer, et jusqu’au jour où chacun d’eux viendrait déclarer à lui, l’apôtre, qu’il renonce à cette abstinence.
- A mesure que l’homme de Dieu a parcouru les diverses parties de l’Irlande, la consommation de la liqueur pernicieuse a diminué dans une étonnante progression :
- En i838, elle était de............... 12,296,342 litres.
- En i84i, elle n’était plus que de.... 6,485,443
- N’est-ce pas un exemple admirable de ce que peut l’influence religieuse auprès du peuple irlandais? Que ne * devrait-on pas espérer de sa régénération, si les ministres de sa foi, suivant l’exemple de l’infatigable père Mathieu, se proposaient chacun de lui rendre quelque vertu, et de le relever jusqu’au premier rang dans l’échelle des nations. Voilà les vrais tribuns du peuple, les tribuns salutaires, qui ne l’excitent pas à détester lès gouvernements pour en finir, par des insurrections, avec l’autorité des lois.
- A limentation.
- Après avoir expliqué les changements apportés dans la boisson du peuple irlandais, tournons nos regards vers son Cimentation. En considérant ce que l’Irlande exportait de
- p.355 - vue 394/0
-
-
-
- 356
- FORCE PRODUCTIVE
- céréales, on reste convaincu quelle n’en consommait pas, à beaucoup près, pour la nourriture de 2 millions d’hommes. Environ 6,800,000 habitants vivaient d’un autre aliment : c’était la pomme de terre. Lors du recensement qui précéda la réforme de la loi des céréales, l’Irlande cultivait 810,000 hectares en pommes de terre; chaque hectare suffisait à la nourriture de plus de 8 individus, et 100 hectares en nourrissaient 84o.
- Jusqu’à ce jour, on n’a pas fait remarquer une différence infinie entre les blés et la pomme de terre. Les blés ont suffi sans impossibilité depuis au moins cinq mille ans à la nourriture des nations occidentales; tandis que la pomme de terre, comme nourriture d’un peuple, ne compte encore qu’un siècle et demi d’expérience. On ne peut donc pas s’étonner qu’au bout d’un aussi court laps de temps, ce tubercule ait été frappé par une maladie jusqu’alors inobservée ou du moins assez peu répandue pour n’avoir pas été plus tôt signalée. C’est une espèce de pourriture sèche qui flétrit d’abord les feuilles, la tige, et gagne enfin le tubercule. Ce fléau surprenant a fait éprouver au consommateur des calamités qui surpassent toute imagination.
- Quoique la récolte des céréales ne fût pas atteinte, l’Irlande vit manquer sa récolte de pommes de terre, sensiblement en i845, extrêmement en 1846, et trop encore en 1847 : toujours par suite d’une épidémie insolite répandue sur ce tubercule. On va voir quels malheurs s’en sont suivis pour la race irlandaise.
- En attendant, la culture des céréales par les Angl°' Saxons continuait dans la verte Érin. Les envois à l’Angle' terre, considérables en 1845 et i846, ne cessaient paS meme en 1847 et croissaient en 1848. Le croira-t-on. Quand une énorme partie des aborigènes mourait de fann »
- p.356 - vue 395/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 357
- on exportait de leur sol, en quatre années consécutives, 23,195,000 hectolitres de grains de toute nature : quantité plus que double de l’importation de blés étrangers qui suffit, lors de notre famine de 18/17, Pour écarter tout danger de mortalité parmi 35 millions de Français!
- Secours venus d’Angleterre lors de la famine d’Irlande.
- Nous avons suivi dans leurs diverses phases les moyens employés pour secourir un peuple mourant de faim, et pour chercher du remède à des souffrances, à des désordres sans exemple. Nous ne craignons pas de le dire, c’est la plus imposante, la plus fructueuse étude que les temps modernes aient pu présenter aux méditations des amis de l’humanité; elle offre des leçons à tout le monde, aux populations, aux gouvernants, aux législateurs.
- L’Irlande est un pays où la population, au commencement des mauvaises années, c’est-à-dire vers la fin de 18A5, se trouvait d’un tiers plus condensée que la population française. Le seul aliment des petits cultivateurs, nous l’avons dit, était la pomme de terre; ils vivaient couverts de haillons, sous une chaumière de paille et de boue, sans linge et sans mobilier. Tel était leur sort, même au temps de l’abondance! Ils se vengeaient de leur malheur par la haine du peuple dominateur, qu’on leur faisait nommer le Saxon. Quand l’occasion s’en offrait, ils se livraient à des attentats barbares, sans réfléchir à la punition qui s’ensuivait inévitablement. v
- La disette arrivait au moment où les harangues les plus hardies, les plus inflammatoires, de l’orateur populaire, appelé par excellence le grand agitateur, achevaient l’œuvre de détestation dont il avait fait le programme de sa vie. On pouvait, on devait craindre les plus grandes commotions
- p.357 - vue 396/0
-
-
-
- 358 FORCE PRODUCTIVE
- sur un sol où les passions étaient chauffées jusqu’à l’incandescence.
- Dès l’automne de 1845 le premier ministre, Sir Robert Peel, avait fait acheter aux États-Unis pour 2,5oo,ooo fr. de maïs ; c’était un essai qu’il destinait aux Irlandais. Il fallut des efforts infinis pour leur faire accepter cet aliment aux grains dorés; ils en repoussaient la farine avec une malveillance haineuse qui les portait à la surnommer odieusement le soufre de Peel. Force leur fut à la fin d’accepter ce prétendu soufre, d’origine abhorrée, pour ne pas mourir de faim en repoussant la main secourable du Saxon.
- Le Gouvernement anglais ne prétendait pas nourrir gratis les Irlandais : il leur offrit de l’emploi sur des travaux publics suffisamment rétribués, une moitié payée par le Trésor, l’autre par les Baronnies. Dans le premier semestre de 1846, on fit travailler à la fois jusqu’à 100,000 hommes, qui pouvaient soutenir 100,000 fa~ milles. Sous toutes les formes de travaux ou de charités officielles, l’Angleterre dépensa 36 millions de francs» moitié comme avance et moitié comme don bénévole.
- La récolte de 1846 fut incomparablement plus mauvaise que celle de 1845, déjà médiocre. Ce qu’il y eut de déplorable pour l’Irlande, le manque absolu de pommes de terre fut accompagné d’une récolte faible pour le fr°' ment et plus faible pour les autres céréales dans toute l’Europe occidentale et centrale. Néanmoins l’Irlande, pendant 1 année 1847, env°ya plus de 2,600,000 hecto litres de grains en Angleterre.
- Alors il fallut de bien plus grands efforts et de tout autres sacrifices pour faire face aux besoins publics.
- On reprit, surune échelle incomparablement plusvaste, le système des travaux publics destinés à faire subsister
- p.358 - vue 397/0
-
-
-
- DES NATIONS. 359
- une partie considérable de la population irlandaise. La dépense cette fois ne fut faite par la Irésorerie d’Angleterre qu’à titre d’avances remboursables en entier par les contribuables. Sur 5,ooo points des comtés occidentaux les plus malheureux, on institua 5,ooo entreprises de travaux publics, dans lesquelles on occupajusqu’à 7/10,000 ouvriers. Cette opération colossale fut dirigée par une administration spéciale, improvisée avec autant de zèle que de supériorité. On avait besoin d’une activité dont on donnera l’idée en disant que cette administration a dû chercher, installer et diriger 1 2,000 agents secondaires, conducteurs ou piqueurs de travaux, et tenir au courant une correspondance dont le maximum a Uni par surpasser 6,000 lettres par jour. Tel est le système qu’il fallait conduire à travers l’ignorance, les passions violentes, la paresse, l’apathie et par intervalles le soulèvement des travailleurs; ils se révoltaient contre tout travail à la lâche, et n eussent rien fait s’ils avaient été payés à la journée, comme l’ont été les ouvriers de nos déplorables Ateliers Nationaux, improvisés dans l’année qui suivit 18/17.
- Voilà le beau côté de ce grand déploiement de secours destinés à répandre sur 5,000 cantons de l’Irlande les distributions d’argent et de vivres qui devaient empccher un peuple de mourir; voici le côté funeste et hideux.
- La régularité, la ponctualité du payement des journées sur les travaux publics, faisaient abandonner successivement tout autre genre d’occupations; les pêcheurs quittaient leurs filets, les paysans leurs charrues, les artisans leurs ateliers. Tous accouraient aux entreprises.
- La tâche qu’on imposait aux travailleurs, ils finissaient par ne plus l’accomplir; par humanité, les surveillants connivaient avec les malheureux journaliers. En premier lieu, la souffrance servait à ceux-ci de prétexte à lin-
- p.359 - vue 398/0
-
-
-
- FORCE PRODUCTIVE
- 360
- dolence; elle devint promptement une justification trop véritable. «Quand je vois le dépérissement de mes ouvriers, disait un des directeurs de travaux, j’ai beau rougir, comme ingénieur, de ne leur imposer qu’une tâche presque nulle; je rougis encore plus, comme homme, d’exiger d’eux un faible ouvrage que leurs forces anéanties ne permettent plus d’accomplir. »
- On était au mois de mars 1847, et déjà 734,000 ouvriers n’accomplissaient plus qu’un labeur insignifiant sür les travaux publics; les paysans, détournés de la culture, ne reprenaient ni les labours ni les semailles du printemps. Il fallut restreindre inexorablement le nombre des travailleurs payés par l’Etat, et les refouler, c’est le mot, vers l’agriculture.
- Telle est, dans son effrayante étendue, avec ses avantages primitifs et ses inconvénients définitifs, la plus grande expérience tentée par le gouvernement d’un empire opulent pour secourir un peuple qui mourait d’inanition.
- De son côté, le commerce a rempli sa mission lucrative avec une infatigable activité. Suivantsa prévoyance accoutumée , il avait calculé d’avance tout ce qu’on trouverait à gagner par l’importation des subsistances en Irlande. On y lit môme baisser les prix au-dessous du taux des ports d’Angleterre : ce qui ne les empêchait pas d’être encore excessifs. Il suffit de dire que, dans les six premiers mois de 1847, totalité des grains importés pour un peuple de 8,3oo,ooo âmes surpassa nos importations d’une année de grande disette pour 36 millions d’habitants.
- Malgré cette excessive activité du commerce britannique, le Gouvernement agissait comme s’il eût été seul à secourir le peuple irlandais. Il acquérait au dehors, pour ses propres dépôts, près d’un million d’hectolitres de grains. Les immenses réserves de biscuits et de sala1'
- p.360 - vue 399/0
-
-
-
- 361
- DES NATIONS, sons qu’il avait emmagasinés dans ses centres de défense, lorsque l’agitation da rappel marchait vers la guerre civile, ces réserves devinrent tout à coup disponibles pour une œuvre de bienfaisance et de concorde : minoteries et moulins de la guerre et de la marine, bâtiments de transport et bâtiments de guerre, soit à voiles, soit à vapeur, tout fut mis en œuvre pour préparer et pour amener en Irlande les approvisionnements que l’Etat prenait à son compte, afin de subvenir à des besoins sans exemple.
- Voilà comment l’autorité supérieure a fait arriver en temps utile, dans les localités les plus misérables, les approvisionnements qui ne pouvaient être donnés qu’aux individus incapables de travailler et ne possédant aucun moyen de subsistance. Même en faveur de ces individus, les secours n’étaient pas toujours suffisants pour sauver la vie. Le moindre nombre, j’aime à le croire, est mort de faim; le plus grand a péri par les maladies contagieuses qui suivent les grandes disettes. Le typhus a décimé le peuple nécessiteux, et ce mot doit être redoublé pour approcher des proportions de la mort.
- En i8â6, l’Irlande surpassait 8,3oo,ooo habitants: en 1851, elle n’en avait plus que 6,5i5,jgâ : près de 2 millions avaient disparu. L’émigration ne comptait pas pour la moitié de cette perte.
- Dans l’opération que je viens de rappeler, et qui fait tant d’honneur au Gouvernement britannique, on a sagement combiné les secours gratuits de l’autorité centrale avec les contributions locales fondées sur une loi des pauvres améliorée depuis quelque temps. Les comités de secours, obligés de dépenser par portions égales l’argent de l’Etat et celui de leur localité, se voyaient forcés de nen pas être prodigues; il leur fallait raisonner, modérer leur bienfaisance, et n’accorder qu’aux vrais nécessiteux
- p.361 - vue 400/0
-
-
-
- 362 FORCE PRODUCTIVE
- ces distributions d’aliments, qu’on délivrait tout apprêtés,
- pour en empêcher la revente et le trafic.
- Rien n’est plus digne d’étude que l’organisation donnée, dès les premiers jours de 18/17, ^ l’administration spéciale de ce genre de secours destinés surtout à sauver la vie des indigents; elle offre une distinction judicieuse entre les comités d’action et les comités de contrôle ou d’inspection. C’est un modèle que nous pourrions imiter si jamais nous avions à conjurer d’aussi grandes calamités.
- En 18/17, l’admihistration des secours, telle que nous venons de la caractériser, est parvenue à distribuer, avec ordre, des rations journalières pour 2,265,531\ adultes et 755,178 enfants, c’est-à-dire pour les deux cinquièmes de la population totale de l’Irlande. Elle atteignait ce maximum au mois de juillet, lorsqu’on touchait à la récolte heureusement meilleure de 18/17.
- En présence des grands résultats obtenus pour soulager une misère sans exemple chez un peuple réduit à changer à la fois, au milieu de la famine, et de culture et d’aliments ; à la vue de ces prodiges d’ordre et d’activité chez les administrateurs; en contemplant la véritable économie dans les bienfaits répandus, celle qui double, au moyen du bon ordre, les ressources les plus amples, et dont chaque progrès épargne la vie de plusieurs milliers d’êtres humains, ne craignons pas de le dire, notre admi' ration est profonde.
- Il n’a pas fallu moins de 80 millions de francs pour accomplir les secours officiels distribués à l’Irlande en 1847. La commission chargée de cette distribution, avec ses dix-huit cents comités locaux et ses dix-huit cents comités d’inspection, a pu secourir jour par jour et pourvoir d’aliments tout préparés, répétons-le, plus de trois millions de personnes, c’est-à-dire bien au delà du nombre
- p.362 - vue 401/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 363
- que jamais aucun gouvernement ait pu secourir avec une telle grandeur.
- Il y a trois hommes dont l’Europe doit apprendre et conserver, avec la mémoire du cœur, le nom révéré : Sir R. Roath, le chef du commissariat qui dirigea tous les mouvements de transports et la distribution des aliments et des vêtements donnés par l’État; le colonel James, qui régla, qui disciplina, et, chose plus difficile, qui fit rentrer sans trouble dans le sein de la société sa grande armée de 7/10,000 travailleurs; enfin Sir J. Bargoyne, le président de la commission des secours, l’organisateur du service le plus efficace et le plus étendu.
- Lors des expositions universelles de Londres et de Paris, en 1851 et 1855, nous avons été fiers à double titre de présider le Jury de la guerre et de la marine, où l’on comptait pour vice-président un homme tel que le général Sir J. Burgoyne, illustre dans les deux carrières de la guerre et de la paix.
- Ce que nous voulons surtout faire observer à nos lecteurs, c’est la situation des esprits en Irlande pendant deux années de souffrances incomparables et de secours inespérés. Qu’il y a loin du premier cri d’ingratitude et d’exécration qui flétrissait du nom de soafre de Peel le maïs envoyé par la bienfaisante prévision de cet homme d’État, aux sentiments dont à la fin la multitude était saisie à l’égard de ses bienfaiteurs, quand le pavillon de l'Union, celui de la marine impériale, apportait la vie aux malheureux dans les nombreux navires de l’État, et quand les administrateurs répartissaient sous forme de subsistances les millions votés par le parlement du Royaume-Uni!
- Lorsque les prêtres catholiques et les ministres protestants suspendaient leurs discords pour siéger dans les mêmes comités, prendre part à la même œuvre, et
- p.363 - vue 402/0
-
-
-
- 364 FORCE PRODUCTIVE
- sauver la vie des enfants, des femmes et des vieillards, sans exception de croyances, c’était la trêve de Dieu dans sa plus vraie et sa plus sublime acception.
- Nouvelle période de pénurie : l’abondance.
- La disette finie, une autre impossibilité de vivre allait commencer au sein de l’abondance; la cause en était le bas prix des produits de l’agriculture irlandaise, mise en concurrence avec les agricultures de toute l’Europe et de toute l’Amérique.
- L’émigration progressive.
- C’est alors que l’émigration s’est propagée comme une épidémie, avec une intensité toujours croissante.
- En 18/17, ^es Anglais, les Ecossais, les Irlandais réunis, ne présentaient que 2 58,ooo émigrés. En 18/19, le nombre s’en élève à 299,000; en i85o, le chiffre total semble s’abaisser, mais celui de l’Irlande augmente toujours. En 1 851, cette île, qui n’avait plus que le quart d’habitants du Royaume-Uni, fournissait les six septièmes de l’émigration.....et le fléau continuait.
- Aussi longtemps qu’a duré la disette en Irlande, les lois sur les céréales étaient sans aucune influence à l’égard de cette île; elles se trouvaient supprimées, sans qu’on pût en apercevoir l’action sur les classes agricoles.
- Mais la disette ayant cessé, mais l’épidémie qui s’en est suivie ayant accompli ses ravages, il 11’y avait plus en Irlande surabondance d’êtres humains. Les agriculteurs se trouvaient plus au large. La diminution effrayante de la population s’était toute accomplie aux dépens des campagnes. Par un contraste étonnant, la population avait
- p.364 - vue 403/0
-
-
-
- DES NATIONS. 365
- au contraire augmenté dans les villes, où s’étaient réfugiés beaucoup d’habitants des villages et des hameaux1.
- Une irrécusable et triste lumière fut répandue sur ces misères, dans l’année même de l’Exposition universelle, par le recensement décennal de i85i.
- Celui de 18A1 avait constaté quen Irlande existaient 8,1 75,i 2 4 âmes; le mouvement naturel de la population l’avait portée, à la fin de î 845, à plus de 8,3oo,ooo; or le recensement fait au printemps de 185 î n’a plus donné de vivants que 6,515,794. La diminution en cinq années, dont seulement deux et demie de disette, s’est élevée à 1,800,000 habitants.
- Ce n’était pas uniquement la mort qui produisait cette effrayante diminution, c’était par-dessus tout l’émigration.
- Fait bien digne de remarque, l’émigration s’est trouvée plus faible en i 846, en 18A7, années des plus grandes souffrances, qu’en 18/19, en i85o, en 1851, années où le prix des blés s’est abaissé de plus en plus.
- L’émigration a surtout augmenté parmi les agriculteurs, non-seulement de l’Irlande, mais des deux autres
- 1 Recensements.
- VILLES. ANNÉE l84I. ANNÉE l85l.
- 232,726 254,850
- Cork 80,728 86,485 20,283
- 19,071
- Limerick 48,391 55.260
- 23,216 26,667
- Belfast 75,308 99,960
- Progrès total de six villes 479,440 543,505
- Dccadonce du reste de l’Irlande 7,695,692 5,972,281
- p.365 - vue 404/0
-
-
-
- 366
- FORCE PRODUCTIVE
- royaumes-unis : ces deux derniers y sont compris à peu près pour un sixième.
- ÉMIGRATION PROGRESSIVE.
- AVANT LA RÉFORME. APRÈS LA RÉFORME DE SIR ROBERT PEEL.
- ANNÉES. ÉMIGRANTS. ANNÉES. ÉMIGRANTS. ANNÉES. ÉMIGRANTS.
- 1841 118,592 128,344 57,212 70,686 93,501 1846 129,851 258,270 248,189 299,498 280,849 1851 335,966 368,764 329,937 323,429 176,807
- 1842 1847 1852
- 1843 1848 1853
- 1844 1849 1854
- 1845 1850 1855
- Totaux. ..
- 468,335 1,216,657 1,534,903
- Chose inexplicable pour nous : lorsque nous étions a Londres, en i85i, c’était en présence de cette immense émigration qu’une acclamation générale sur la prospérité de toutes les classes retentissait par la voix des chefs de tous les partis. Les anciens torys attendaient seulement, pour avoir un avis définitif sur la souffrance ou la non-souffrance des agriculteurs, que les élections nouvelles du parlement eussent constaté, sur ce point, la vérité dite légale : celle qui donne le pouvoir !
- Pour nous former, au sujet de l’émigration, une opinion qui ne change pas du jour au lendemain, c’est au principal agitateur de la ligue, à M. Cobden, qu’il faudra nous adresser. Voici ce qu’il disait avec son âpre énergie, lorsqu’il frappait de sa réprobation tribuniticnne les auteurs de pétitions réclamant pour faciliter l’émigration des individus sans moyens d’existence :
- p.366 - vue 405/0
-
-
-
- DES NATIONS. 367
- « L’homme est de tous les êtres créés le plus difficile à déplacer du lieu de sa naissance. L’arracher à son pays est une tâche plus pénible que celle de déraciner un chêne ! Oh! les signataires de la pétition (pour favoriser l’émigration) se sont-ils jamais trouvés aux docks de Sainte-Catherine, alors qu’un des navires de l’émigration s’apprêtait à entreprendre son funèbre voyage ? Ont-ils vu les pauvres émigrants s’asseoir pour la dernière fois sur les dalles du quai, comme pour s’attacher jusqu’au moment suprême à cette terre où ils ont reçu le jour? Avez-vous considéré leurs traits ? Les avez-vous vus prendre congé de leurs amis? Pour moi, j’ai bien des fois été témoin de ces scènes déchirantes : j’ai vu la mère et l’aïeule se disputer la dernière étreinte de leur fils ! J’ai vu ces navires de l’émigration abandonner la Mersey pour les Etats-Unis; les yeux de tous les proscrits se tourner du tillac vers le rivage aimé, et perdu pour toujours ! Les derniers objets qui frappaient leurs avides regards, lorsque leur terre natale disparaissait à jamais, c’étaient les vastes greniers, orgueilleux entrepôts où, sous la garde, j’allais dire de notre reine, mais non, sous la garde de l’aristocratie, étaient entassées comme des montagnes de subsistances venues d’Amérique : seuls objets que ces tristes exilés allassent chercher aa delà des mers. »
- Par quel renversement d’idées, à partir de 18A6, l’émigration par masses, triple de ce quelle était quand le tribun prononçait ces paroles véhémentes, comment cette émigration, au lieu de représenter trois fois plus d’angoisses et de souffrances, est-elle ensuite célébrée comme une espèce de marche triomphale, où le cosmopolite, ami du commerce universel, ne saurait voir qu’un mouvement fortuné ?
- p.367 - vue 406/0
-
-
-
- 368
- FORCE PRODUCTIVE
- L’exode préconisée.
- En décernant le nom d’exode à cette expatriation désespérée, dispersion sans honneur des vaincus delà famine, on l’ose assimiler avec la sortie nationale et sublime, avec l’exitas du peuple d’Israël, marchant à travers une mer complice de sa gloire et sur un sol qui bondissait d’enthousiasme. Ah! lorsque les enfants d’Israël, pour se soustraire à l’esclavage et recouvrer l’indépendance de leur race, ont traversé les flots ayant à leur tête Moïse, le premier des héros législateurs, c’était par tribus, c’était en corps de nation qu’ils marchaient; c’était les armes à la main qu’ils franchissaient la mer, qu’ils s’en allaient à la terre promise, et recevaient chemin faisant les lois, les Commandements donnés par la voix de Dieu, du haut du Sinaï.
- Mais une émigration par cargaisons de fugitifs, passagers plus ou moins misérables sur des navires marchands qui les emportent par pitié, non, ce n’est pas là l’exode et cette gloire immortelle qu’après cinq mille ans chantent chaque dimanche les peuples chrétiens de toute la terre; c’est la malédiction, c’est la fuite de peuplades désagrégées. Les deux tiers de ces peuplades ne vont pas même fonder par delà les mers une province, un district qui perpétue la mémoire de la terre natale, un faible Con-naught, un petit Munster, une Irlande microscopique; elles disparaissent, pulvérisées, confondues avec le caput mortuum des émigrés européens , et perdues à jamais dans l’immensité des trente Etats de l’Union américaine. Là, je le répète, comme peuple, les Irlandais disparaissent plus complètement que n’ont disparu, dans leur infortune finale, les Juifs dispersés chez les Gentils par le châtiment sans limites du maître irrité des cieux. C’est l’éloignement, c’est l’aversion que les nouveaux venus inspirent aux des-
- p.368 - vue 407/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 369
- cendants des premiers émigrés, de ceux qu’avait conduits le triple génie de l’indépendance et morale, et civile, et religieuse. Aux Etats-Unis, un triste parti politique se constitue. Il entend retirer tout droit public à chacun des nouveaux venus; il ne veut rien connaître d’eux, et prend pour devise expressive : ne connais rien, «know-nothing. »
- Aucun Anglais, en 1846, pas même sir Robert Peel, n’aurait pu prévoir cet enchaînement de conséquences; et nous, habitants du continent européen, nous le pouvions moins encore. Il me semblait seulement que quelque chose de grave et de calamiteux se préparait en ce qui concernait le peuple de cette Irlande où j’avais reçu l’hospitalité quelques années auparavant. Un intérêt dont je n’ai pas pu me défendre m’a dicté la lettre suivante, où je 11e trouve, aujourd’hui même, pas une idée que je voulusse retrancher. C’est la dette que j’ai payée à d’anciens et malheureux amis.
- Lettre à M. Daniel O’Connell sur les conditions d’existence du peuple irlandais.
- a Paris ,1e 1 *r février 18 4 6.
- « Monsieur, permettez-moi d’invoquer les lumières du «citoyen le plus illustre et le plus éclairé de l’Irlande, sur «un projet qui tient l’Europe attentive, et qiïontfait naître, «dit-on, les souffrances da peuple irlandais.
- « Ce n’est pas l’Angleterre qui souffre en ce moment du « côté des subsistances, dont les prix, attestés par la Gazette «de Londres, n’ont rien d’extraordinaire ; c’est l’Irlande. « La maladie des pommes de terre est le fléau de la contt trée dont vous êtes le célèbre représentant.
- «Je voudrais savoir si le projet de loi sur la liberté «commerciale vient au secours de votre patrie; s’il sera «pour elle un bienfait certain, évident, immédiat.
- INTRODUCTION.
- 24
- p.369 - vue 408/0
-
-
-
- 370
- FORCE PRODUCTIVE
- « Les apparences, trop souvent trompeuses, ne me «semblent pas précisément répondre par l’affirmative à «ces conditions d’équité : le peu de faits positifs, officiel-« lement constatés, dont j’ai pu me saisir, laisse dans mon «esprit à ce sujet les plus grands doutes.
- «C’est à vous, Monsieur, l’ami le plus sincère.de l’Ir-«lande et de la vérité, que je prends la liberté de m’a-« dresser pour m’apprendre si je me trompe ou si j’en-« trevois la réalité de vos intérêts nationaux.
- «Je m’occupe de poursuivre mes travaux sur les forces « de Vempire britannicfae; il me reste à traiter du commerce « extérieur. Animé comme je le suis par l’amour de la «justice, je désire tenir une balance équitable entre toutes «les nations; je le désire surtout entre l’Angleterre etl’ïr-«lande. Apprenez-moi si je possède, sur cette immense «question, les éléments d’un jugement impartial.
- « Ne pacaît-il pas que l’Angleterre ne suffit plus et qu’elle « veut de moins en moins suffire à sa propre subsistance ?
- «Jusqu’à ce jour, n’est-ce pas l’Irlande qui, parmi «toutesles nations, supplée pour la plus grande part a «ce déficit ? Je vois que l’Irlande exporte, terme moyen, « d’après les Tables de Porter, i ,800,000 quarters de ce-«réalcs, 5,300,000 hectolitres: est-ce vrai?...
- « Je crois savoir aussi qu’il se fait d’Irlande en Angle-« terre d’immenses envois de légumes, de bétail, de salai-«sons, de beurre, tous produits de l'agriculture : vos sa-« laisons sont célèbres.
- « Enfin je crois évaluer trop bas ces grands envois an-« miels de l’Irlande lorsque je les porte seulement a «200,000,000 de francs : suis-je exagéré ?
- « L’Irlande me paraît un pays principalement agricole « et très-peu manufacturier.
- « D’après les rapports de vos inspecteurs des manniac
- p.370 - vue 409/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 371
- « tures, le nombre total d’ouvriers employés dans les fa-« briques textiles de toute nature est celui-ci :
- « Grande-Bretagne....................... 388,608
- «Irlande................................ 14,863
- « Cela donne par million d’habitants :
- « Grande-Bretagne....................... 19,43o
- «Irlande................................ 1,651
- «Ainsi vous avez onze fois moins d’industrie que le «peuple anglais. Ne semble-t-il pas, d’après cela, que l’Ir-« lande aurait onze fois moins d’intérêt à sacrifier l’agricul-«ture à l’industrie que n’en a la Grande-Bretagne?
- « Au sujet du commerce extérieur, voici ce que je trouve « dans vos Finance accoants for 18ÙU :
- « Valeur officielle des exportations finissant le 5 janvier Î8U5.
- «Grande-Bretagne.................... 73,547,788 liv. st.
- «Irlande............................ 267,977
- «Des valeurs si disproportionnées ne semblent-elles « pas indiquer que l’Irlande est incomparablement moins «intéressée au commerce avec les autres nations qu’à son « commerce direct avec la Grande-Bretagne, qui de longue « main s’estménagé le monopole du commerce à l’étranger?
- « Dans la Grande-Bretagne, il y a 5 millions d’agricul-« teurs et 15 millions d’autres personnes.
- «En Irlande n’y a-t-il pas beaucoup plus de 5 millions « d’agriculteurs et moins de 3 millions d’autres personnes?
- «Si les chiffres et les faits que je viens de rapporter «sont vrais, et je les croirais tels si vous pensiez qu’ils le «sont, quelle opinion devrai-je me former sur les grandes « mesures qui viennent d’être proposées par le très-célèbre « sir Robert Pcel ?
- «Je trouve extrêmement louable d’admettre en fran-
- p.371 - vue 410/0
-
-
-
- 372
- FORCE PRODUCTIVE
- «chise de droits le beurre, le fromage, les œufs et toutes « les salaisons, tous les animaux vivants importés en Angleterre ; celle-ci les recevra, pour ainsi dire, de la main à la « main, de France, de Belgique, de Hollande, du Hanovre, «de Danemark, d’Espagne, ainsi que du Portugal.
- «Je voudrais savoir si d’agriculture irlandaise, si le « paysan irlandais, si le fermier irlandais, si le propriétaire « irlandais vont éprouver un soulagement immédiat par « l'effet de ces mesures ?
- «Les Anglais pourraient-ils, par la loi nouvelle, payer «moins cher les salaisons de Hambourg ou d’Amérique, « et plus cher celles de Cork ? Si le prix des envois en An-« gleterre s’abaisse à la fois, quant aux produits de l’étranger « et quant aux produits de l’Irlande, où sera le soulagement «pour l’Irlande à ses souffrances passées, présentes et fu-« tures ? J’ai besoin de le savoir. «
- «On annonce au Royaume-Uni, comme une rare dé-« couverte, que l’on pourra faire venir franc de droits le «maïs des pays méridionaux pour engraisser le bétail.
- «J’ai consulté d’habiles agriculteurs; ils m’ont affirrne « qu’avec les frais de transport du maïs, ce moyen serait « impossible. Si l’on voulait engraisser à boa marché le «bétail, selon ces personnes expertes, au lieu d’importer « 5 ù 6 quintaux de maïs comme équivalent producteur « d’un quintal de viande , il vaudrait beaucoup mieux en-« graisser le bétail sur place en Amérique, ensuite le « saler et l’envoyer en Angleterre. Cela réduirait dans b1 « même proportion le prix des transports.
- «Si l’Angleterre, avec ses immenses capitaux, est en « état d’acheter à prix d’or d’énormes quantités de mais « pour engraisser son bétail, pourrait-on proposer au paysan « irlandais, au petit middleman irlandais , d’avancer îï grands « frais des capitaux qu’ils n’ont pas; de les avancer afin de
- p.372 - vue 411/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 373
- « se procurer, par une navigation que fait l’Angleterre, du «maïs américain, dans le dessein d’engraisser à perte leur «bœuf, leur vache ou leur porc?.........
- « Ne,vaudrait-ilpas un peu mieux dire : Envoyons d'abord, « franc de droits et sans conditions, an paysan irlandais autant a de mais quil en a besoin pour lai-même, afin qu'il ne meure « pas de faim par défaut de pommes de terre ! sacr fions, s’il le « faut, des millions à cette œuvre sacrée. Mais quand V Irlandais « na pas, lui, de quoi manger, ne lui parlons pas d’un moyen « dispendieux, illusoire, d’ajouter au manger de son pauvre « bétail, dont on avilit le prix. Je voudrais sur ce point con-« naître l’avis de votre sagesse et de votre patriotisme.
- «J’aborde la question des céréales, C’est surtout avec «ses grains que l’Irlande paye les bonnes marchandises « anglaises pour ses classes aisées, et quelle paye pour ses «pauvres gens les haillons, les rags envoyés de Londres; «ils arrivent à pleins navires, afin d’habiller en nombre « immense les indigents de votre pays.
- «Quelle sera la transition de l’agriculture irlandaise «lorsqu’au lieu d’un prix moyen de 5o à 56 schellings le « quarter, prix quelle obtient habituellement sur les mar-«chés d’Angleterre, elle va se trouver en présence d’un «blé qu’on achète : en Crimée, en Égypte, en Barbarie, «20 schellings le quarter; en Prusse, en Pologne, 22 à «2/1 schellings; en Amérique, il\. à 3o schellings?
- «En principe, je suis partisan d’une grande modéra-«tion dans les droits protecteurs; je veux que la nécessité «les commande avant que je les accepte. Cependant, je « n’aime pas les sophismes, meme appliqués â l’agriculture « et pour repousser toute idée de protection. Pareille idée, <! j’aimerais mieux qu’on la repoussât par des vérités. Cela «me semblerait plus clair et peut-être plus convaincant.
- «L'agriculture d’Angleterre et celle d’Irlande, alïirmc-
- p.373 - vue 412/0
-
-
-
- 374
- FORCE PRODUCTIVE
- «t-on, n’ont pas besoin d’être protégées; la concurrence « avec l’univers ne saurait les appauvrir, et moins encore ules ruiner. Mais, en même temps, on proclame que l’a-«griculture des Antilles et de Maurice doit indispensa-« blement être protégée, pour ne pas périr !
- «Le sucre colonial de la Jamaïque, de la Trinité, de « la Dominique, ne peut pas, dit-on, soutenir la libre con-«currence avec le sucre de Cuba, du Brésil, de la Loui-« siane et de la Virginie; on veut l’emploi respectable d’une « protection énorme. Soit encore.
- « Quelle est donc ici la différence? Le cultivateur de la « Jamaïque est noir, celui de l’Irlande est blanc. Il faut que « le premier soit protégé pour qu’il ne tombe pas dans la « misère. A l’égard de l’Irlandais, il ne peut pas y tomber; « il y est.... un peu plus, un peu moins, qu’importe !.. • •
- « Si c’est là ce qu’on pense, il faudrait le dire.
- « Voilà, Monsieur, quelques-uns de mes doutes à l’égard « des destinées qui semblent se préparer pour votre pays.
- « Le projet de sir Robert Peel fait un appel magnifique «au commerce des autres nations; il les défie dans une « lutte à conditions égales. Ajoutez seulement qu’aucun « peuple ne fabrique à plus bas prix que l’Anglais les « tissus et les fils communs de coton, de chanvre, de laine « et de lin.. . Où sera la concurrence réelle? J’en juge par « l’immense supériorité qu’a l’Angleterre sur les marches «neutres, pour ces fils et ces tissus, dans toutes les con-« trées du monde.
- «Les soieries belges, prussiennes et françaises, compa-«rées aux soieries anglaises, sont à moins bon marche « comparativement que les blés deDantzick , de Riga, d’Ar-V khangel et d’Odessa ne le sont en présence des blés «d’Irlande et d’Angleterre. Néanmoins quelle différence 1 « Déclare l-on la suppression universelle des droits den-
- p.374 - vue 413/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 375
- « trée dans le Royaume-Uni..... Pour les blés? oui.....
- uPour les soieries? non.
- «Et quelle limite est imposée pour les soieries?....
- u celle que prescrit impérieusement la contrebande, con-« seillère du Trésor.
- « Découvre-t-on là les principes généraux, immuables, « éternels, d’une économie politique, éclairée, dit-on, «comme la Providence, équitable comme la sagesse su-«prême? Je n’ose en être certain.
- «Je crains infiniment, Monsieur, de vous avoir impor-« tuné trop longtemps par mes observations et mes doutes. «Je me garde bien d’aborder aucune question qui ne « soit pas strictement relative à l’économie politique, res-«treinte au point de vue des intérêts matériels.
- «Je vous prie, cependant, de croire que mon cœur « n’est pas insensible à toutes les considérations d’un ordre «supérieur, sur le droit que possède une grande classe de «citoyens, propriétaires, fermiers ou simples laboureurs, « à tenir leur place dans la prospérité d’un empire fioris-«sant; et sur l’influence salutaire de ces classes hono-« râbles, paisibles, laborieuses, pour la conservation de « l’équilibre social dans un puissant Etat constitutionnel.
- «Ici la question s’agrandit; car il s’agit d’opérer avec «égalité, non pas seulement sur deux classes d’un même «peuple, mais sur deux peuples nombreux : l’un presque «tout agricole et l’autre avant tout manufacturier. Je ne «voudrais dans aucun cas qu’on sacrifiât l’un à l’autre, et «surtoutle plus faible au plus fort.
- «Ce n’est pas à vous, placé par l’Europe au rang des « hommes d’Étal éminents, ce n’est pas à vous que j’au-« rais besoin d’oflrir fastidieusement des considérations « morales et politiques aussi lainilières à votre cœur gêné «roux qu’à votre esprit supérieur.
- p.375 - vue 414/0
-
-
-
- 376
- FORCE PRODUCTIVE
- «Veuillez accueillir avec bienveillance quelques vues, « quelques doutes inspirés par le besoin de connaître la «vérité, et par l’intérêt qu’inspire à tous les catholiques «la prospérité de votre belle patrie. »
- M. Daniel O’Connell n’a pas eu la complaisance de m’éclairer sur mes doutes; cependant il ne semble pas qu’il les ait partagés. Peu de jours après la réception de ma lettre, il votait avec sir Robert Peel, et la dépopulation de son pays s’établissait avec la rapidité fatale dont nous avons rapporté les résultats officiels.
- Avenir de l’Irlande.
- Au milieu des calamités sans exemple qui depuis dix années ont accablé le peuple irlandais, l’ami de l’humanité se demande avec inquiétude quel sera l’avenir des débris de cette nation sur sa terre natale.
- Obligée, par la loi du Royaume-Uni, de soutenir la concurrence soit avec les agriculteurs les plus expérimentés, tels que ceux d’Angleterre ou des États-Unis, soit avec les moins rétribués et les plus nécessiteux , tels que les serfs de Prusse, de Pologne et de Russie, et les viaïas des bords du Danube, l’agriculteur irlandais diminuera-t-il de nombre jusqu’à ce qu’il arrive à la proportion d’Angleterre, où l’on ne trouve pas un cultivateur de tout âge et de tout sexe par trois hectares?
- A ce compte, la classe agricole irlandaise descendrait jusqu’à 2,600,000 âmes. Combien d’individus d’autres professions pourront-ils en même temps subsister sur le sol irlandais?
- Au loin, le commerce avec l’étranger est absorbé par b1 (Îrande-Rretagne. Dans la mer d’Irlande, lout cède à D prépondérance infinie de Livcrpool ; Bristol même, nuire"
- p.376 - vue 415/0
-
-
-
- DES NATIONS.
- 377
- fois si florissante, ne peut pas soutenir cette concur nce, et son importance relative s’affaisse de plus en plus.
- La construction des navires est à tel point envahie par l’Angleterre et par l’Ecosse, que les Irlandais ne mettent pas même à l’eau le quart des navires nécessaires à l’entretien de leur flotte de cabotage.
- La population que n’occuperont pas l’agriculture, le commerce et la navigation, pourrait-elle trouver à vivre dans le travail des manufactures? Mais, nous le savons, pour les fabriques les plus importantes, lorsque celles de la GrandetBretagne emploient 100,000 individus, celles de l’Irlande n’en occupent pas 2,870 !
- Au lieu de fabriquer elle-même les lainages qui.conviennent à son climat, l’Irlande continuera d’importer pour les classes les plus heureuses les draps substantiels de l’Yorkshire, filés à la vapeur et tissés à la mécanique. Pour ses classes les plus misérables, on continuera d'expédier de Londres ces cargaisons de vieux habits dont les immenses ramas sont vendus à la verte Érin , et sont portés, même les jours fériés, sans que la main du consommateur daigne, par la moindre couture, en raccommoder les lambeaux.
- Quant à la construction des machines de toute nature, quant aux forts ustensiles métalliques [hardivares), aux outils tranchants, aux instruments aratoires, l’Irlande, nous l’avons fait connaître, est pareillement inférieure; elle se pourvoit en Angleterre. A l’Exposition universelle de 1 85 1, au milieu de l’inlinie variété des machines britanniques, l’Irlande ne présentait pas une seule invention, pas un seul perfectionnement de premier ordre.
- L’industrie du lin exceptée, toute autre profession que l’agriculture sera , par la suprématie de la concurrence britannique, privée des occupations les plus nombreuses et
- p.377 - vue 416/0
-
-
-
- 378 FORCE PRODUCTIVE DES NATIONS.
- les plus productives; il ne lui restera de choix qu’entre l’abjection, la misère et l’émigration.
- Il faut déjà qu’une nation soit très-avancée dans les arts et très-protégée contre l’invasion des produits industriels des pays placés au premier rang, pour faire subsister un peuple dont la classe agricole ne forme que les deux tiers.
- C’est tout ce que la France pouvait faire au xvin* siècle, lorsqu’elle brillait déjà par tant d’industries remarquables; c’est tout ce que peut faire aujourd’hui l’Espagne, et ce que ne peuvent faire encore avec distinction ni les Portugais, ni les Polonais, ni les Russes, et bien d’autres peuples européens.
- En définitive, tandis que les cultivateurs irlandais tendront à diminuer jusqu’à se trouver au-dessous de 2,600,000 âmes, les autres classes tendront à se réduire au-dessous de la moitié de ce chiffre; le pays qui nourrissait en 1841 plus de 8,100,000 individus ne fera plus même vivre 3,800,000 Irlandais aborigènes, et d’une existence qui, pour le plus grand nombre, n’aura rien de commun avec l’aisance. Telle est, suivant moi, la conséquence nécessaire de l’égalité des lois entre la supériorité de la Grande-Bretagne et l’infériorité de l’Irlande.
- Tandis que la race irlandaise disparaîtra de plus en plus du pays de ses pères, peut-être des colonies d’Anglais et d’Écossais, à l’exemple de Belfast, établiront en Irlande de grands centres d’industrie et des manufactures essentiellement britanniques? Alors se peuplera d’une race différente cette île où la nature est si prodigue de ses dons. Quand le moment sera venu, l’Angleterre y poussera sa propre colonisation avec autant d’énergie qu’elle en déploie maintenant en Australie et dans le Canada supérieur.
- p.378 - vue 417/0
-
-
-
- p.379 - vue 418/0
-
-