Force productive des nations depuis 1800 jusqu'à 1851. Introduction aux rapports de la commission française instituée pour le jury international de l'Exposition universelle à Londres en 1851
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- FORCE PRODUCTIVE DES NATIONS,
- DEPUIS 1800 JUSQU’A 1851.
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- FORCE PRODUCTIVE
- DES NATIONS,
- DEPUIS 1800 JUSQU’A 1851.
- INTRODUCTION
- ACX
- rapports de la commission française
- INSTITUEE POUR LE JURY INTERNATIONAL
- DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE A LONDRES, EN 1851,
- f PAR
- LE RARON CHARLES DUPIN,
- MEMBRE DE L’INSTITBT,
- PRÉSIDENT DE LA COMMISSION FRANÇAISE.
- PARIS.
- IMPRIMERIE IMPÉRIALE.
- M DCCC LIX.
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- AVANT-PROPOS.
- Nous décrivons ici l’Océanie et ses forces productives. Ce monde nouveau s’est approprié nos arts et notre civilisation, dans l’intervalle de temps que nous embrassons : le dix-neuvième siècle.
- Dans le même laps de temps, l’archipel des îles Sandwich n’a pas seulement acquis les industries européennes, mais un ordre social et des lois empruntés à l’Occident : un homme supérieur, un indigène , a produit cette civilisation digne de fixer nos
- regards.
- Au milieu des îles de la Société, Tahiti prospère sous le protectorat de la France. Nos îles Marquises n’ont point d’avenir; et, dans la Nouvelle-Calédonie, nous en sommes encore à des essais.
- Dans ces possessions, notre patrie protège et la liberté d’un commerce offert à toutes les nations, et la liberté des croyances : cette dernière protection nous a presque valu la guerre avec nos voisins d outre-mer. Dans la Polynésie, il a fallu nos efforts pour défendre un culte opprimé : celui que professe la majorité des Français. La liberté de ce culte,
- nous l’avons fait triompher depuis Tahiti, lesSand-
- INTRODUCTION. — II.
- a
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- II
- AVANT-PROPOS.
- wich et les îles Gambier, jusqu’à la Chine et jusqu’à la Cochinchine, où nos marins, en ce moment, versent leur sang pour la défendre.
- Au point de vue du progrès colonial, désire-t-on connaître tout ce que peuvent obtenir les bras laborieux des Occidentaux? Il faut contempler un magnifique spectacle : c’est celui qu’offrent à notre étude approfondie les créations britanniques, sous le climat tempéré de Y Australie.
- Si l’on veut admirer à bon droit la race anglo-saxonne, il faut la voir travaillant pour elle et chez elle, sans vaincus à dominer, n’ayant à pressurer que la nature. 11 faut la voir construisant à la fois ses maisons, ses ateliers, ses lois et ses droits.
- Alors elle est incomparable.
- Vers la fin du siècle dernier, lorsque commençait notre première révolution, les Anglais débarquaient à peine mille forçats, déportés à Botany-Bay : triste et faible noyau! Aujourd’hui six vastes colonies comptent douze cent mille Anglo-Saxons, et vingt millions d’animaux, qu’ils ont rendus productifs. Là les cités, les champs n’offrent plus que des hommes libérés ou libres ; là les Anglais ont créé la plus grande industrie pastorale que les Occidentaux aient jamais développée dans les deux mondes. Tout récemment ils ont trouvé, dans cette contrée, le plus précieux des métaux; en cinq années, ils ont tiré du sol pour un milliard six cents millions d’or: c’est leur commencement.
- Aux antipodes ils ont bâti deux cités de cent
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- mille âmes, avec des voies publiques à macadam, à trottoirs, à gaz. Pour le seul objet de la conduite des eaux, ils achèvent aux abords de Melbourne une œuvre presque comparable à celle de Marseille, hère à juste titre de son aqueduc de Roquefavour.
- A présent l’agriculture australienne s’évertue à nourrir ces enrichis d’un nouveau monde; elle fait des progrès dignes d’étude.
- Pour donner une idée de la puissance de production et de consommation que les Anglo-Saxons déploient en Australie, je les ai comparés aux citoyens des États-Unis, ainsi qu’aux naturels des Grandes-Indes. Voici ce que j’ai trouvé, pour les cinq ans écoulés de 1851 à 1856 :
- La même valeur totale de productions des trois royaumes britanniques est consommée,...
- Par ido Anglo-Saxons de la colonie australienne de Victoria;
- Par 2,438 habitants des Etats-Unis;
- Par 2 3,868 naturels de l’Hindoustan.
- Voilà quelle est, du côté des arts et du commerce, la puissance du sang britannique, soumis ou non soumis aux lois britanniques. J’ai cru devoir n épargner ni fatigues ni recherches pour suivre, dans les phases diverses de son développement, le résultat sans exemple de l’activité, de l’intelligence et de l’énergie déployées par les Anglais en Australie. Il est beau de voir les colons appelant au secours, avec un tel succès, le commerce, les arts et la navigation de leur métropole.
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- IV AVANT-PROPOS.
- Un spectacle tout différent est offert par les colonies de la Hollande en Océanie. Là, sous la zone torride , seize millions d’indiens malais sont mis en valeur, c’est le mot, par quelques milliers de Bataves. Les Anglais avaient envahi ces îles, quand nous avions confisqué la mère patrie, vers la fin du premier Empire. Malgré leur puissance de succion, les Anglo-Saxons n’en tiraient pas assez d’argent pour solder les frais de gouvernement et d’occupation armée. Pour ce motif, ils les ont rendues sans résistance, lors de la paix générale qui suivit 1814-
- Alors les Néerlandais ont entrepris une œuvre que leurs prédécesseurs n’avaient pas même soupçonnée. Un roi des Pays-Bas, Guillaume IeF, s’est fait marchand; il est devenu le premier partenaire d’une association qu’il a constamment tenue dans sa main. Cette association a dit aux îles de la Sonde : « Produisez! Produisez sans bornes. J’achèterai tout, et toujours, et plus cher que vous n’avez jamais vendu; mais je serai l’acheteur privilégié, et le commerce étranger recevra mes conditions. » Dans l’Océanie, la Néerlande a dit aux princes, aux sultans indigènes : « Vos délégués seront mes inspecteurs, les stimulants de mes ateliers agricoles, et vous aurez part au profit. Je vous garantis vos trônes utiles; l’annexion, cette plaie de l’Inde anglaise, je ne la ferai jamais saigner. Vous aurez pour vous l’hérédité, l’opulence et la sécurité. Secondez-moi : le voulez-vous? » Ils l’ont voulu.
- Une révolution de labeur a suivi, comme par miracle r cette forte combinaison.
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- En dix ans, à Java, à Sumatra, les productions exportables ont été décuplées. Dans la métropole, les manufactures, le commerce et la navigation, régénérés, ont pris un développement supérieur aux plus amples espérances. L’association qu’un roi dirigeait a fait une fortune sans pareille. Elle a nagé dans lor, à l’époque où la grande compagnie des Indes britanniques n’égalait pas même ses recettes à ses dépenses, quoique celle-ci confisquât des principautés et des royaumes annexés à son empire gigantesque.
- Aujourd’hui, tous frais payés en Océanie, et tous bénéfices prélevés en Europe par la Société néerlandaise, le Trésor public reçoit chaque année plus de ô5 millions de francs 1 Ce revenu, créé par un admirable génie colonial, sert à payer les dettes métropolitaines.
- J’ai soin d’offrir les développements nécessaires à l’intelligence de l’action pleine d’habileté que les Néerlandais exercent sur les insulaires océaniques. Je le fais afin que l’on comprenne à fond une force productive sans exemple jusqu’à ce jour, et qui s’est développée depuis un tiers de siècle.
- Les Anglais, du haut de leur grandeur et du sommet de leurs milliards, ont eu la faiblesse de porter envie à cette prospérité ; ils ont déplore, dans 1 Ocea-nie néerlandaise, les importations qu’ils ne font plus qu’aux trois cinquièmes, et qu’ils avaient compté faire en presque totalité. Les Hollandais, avec la ténacité qui caractérise leur courage impassible, ont mis leur
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- sang-froid vivace à défendre chez eux leur propre part* Ils ont fait plus. Alarmés, mais sans épouvante, ils ont créé dans Java, dans Sumatra, des ouvrages défensifs ayant pour but d’obliger un assaillant, quel qu’il soit, à les combattre ailleurs que sur les eaux. Ces travaux audacieux sont dignes d’un peuple qui, pendant trois siècles, a défendu son indépendance contre les plus fortes puissances de terre et de mer. Son système hardi, profond, m’a paru mériter d’être décrit.
- Les belles possessions des Espagnols, en Océanie, n offrent pas des succès ni des combinaisons aussi dignes d’étude : ici l’activité fait surtout défaut. Cependant, depuis la paix de 1814, les Philippines ont obtenu des progrès marqués, dont je mesure la nature et l’étendue. Elles pourraient aller plus vite et plus loin; elles pourraient produire bien davantage, sans que leur population, toute conquise à la civilisation chrétienne, fût trop fatiguée. De ce côté; j’ai cherché ce que peut désirer, ce que peut espérer l’ami d’une race pour laquelle nous éprouvons une sympathie naturelle.
- Un dernier contraste termine le tableau de l’Océanie; il est offert par le Japon. Le désir de prendre part aux trésors de ce beau pays, il y aura bientôt quatre cents ans, a s,uffi pour faire trouver l’Amérique à Christophe Colomb. Quand il l’a découverte, son navire gouvernait à l’occident sur le Japon.
- J’ai tâché de montrer ce que sont l’organisation et l’industrie d’un peuple qui, depuis deux cents ans,
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- s’est bien plus séparé du inonde cpie n’ont jamais voulu.ni pu l’entreprendre les insulaires1 qui mettent aujourd’hui la main dans tous les intérêts du globe.
- J’ai décrit lè commerce exclusif et restreint des Néerlandais et des Chinois avec le Japon, jusqu’à ces derniers temps. Je passe ensuite aux tentatives efficaces des États-Unis, afin d’obtenir dans cet empire deux premiers ports de refuge : en i 854 et i855. Enfin j’expose les derniers résultats dus à la victoire indivise des Français et des Anglais sur les Chinois : c est l’ouverture en grand des portes du Japon. J essaye de prévoir ce que peut devenir, en faveur de la France, le commerce à créer dans cette contrée.
- L’Océanie occupe et termine ce volume. Nous aborderons, immédiatement après, la Chine et l’Inde.
- Tolo clivisos orbe Britannos. »
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- INTRODUCTION.
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- DES NATIONS CONCURRENTES,
- DE 1800 À 1851.
- TROISIÈME PARTIE.
- L’ORIENT.
- PREMIÈRE SECTION.
- L’OCÉANIE.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L’ÉTENDUE DE L’OCEANIE.
- Après avoir achevé la revue des nations occidentales qui peuplent Tune et l’autre Amérique, transportons-nous ^ 1 ouest de ce vaste continent ; considérons les terres habitables que les Européens ont successivement trouvées au sein de la mer qui sépare les deux Indes.
- Presque le tiers de la surface du globe est envahi
- introduction. — n.
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- par cette mer qu’on a très-justement appelée le Grand Océan. En la parcourant depuis moins d’un siècle, les navigateurs anglais, français et russes ont découvert des contrées si nombreuses, et quelques-unes si vastes, que les géographes ont cru devoir en composer une cinquième partie du monde : ils l’ont nommée VOcéanie.
- La mer de l’Océanie affecte la forme d’un immense triangle ayant deux sommets très-éloignés dans l’autre hémisphère : i° le cap Horn, à la pointe australe de l’Amérique; 2° le cap de Bqnne-Espérance, à la pointe australe de l’Afrique. Pour arriver au troisième sommet du triangle, il faut aller jusqu’au détroit de Behring, vers les régions glacées de notre pôle horéal.
- Afin que le lecteur se forme une juste idée des espaces prodigieux qu’occupe l’Océanie, il nous suffira d’offrir la mesure des distances qui séparent ces trois sommets.
- DISTANCES DES TROIS POINTS CAPITAUX QUI LIMITENT L’OCÉANIE.
- KILOMÈTRES. LIEUES.
- Du cap Horn au détroit de Behring 15,789 3,947 1/4
- Du cap de Bonne-Espérance au détroit de Behring.... 18,115 4,528 3/4
- Du cap de Bonne-Espérance au cap Horn 19,120 4,781 1/2
- La Chine, l’Hindostan , l’Arabie et l’Afrique du sud bornent à l’occident l’Océanie, et les deux Amériques la bornent à l’orient; des glaces éternelles limitent, du côté du pôle austral, ses espaces navigables.
- A l’égard des îles entourées par le Grand Océan, quoique l’une d’elles ait presque l’étendue de l’Europe * et d’autres celle de la France, ces îles n’occupent pas la vingtième partie de la mer qui les entoure.
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- Avant de parcourir l’Océanie suivant notre méthode, en cheminant.de l’orient à l’occident, nous devons dire quelques mots d’une partie de l’Amérique dont nous n’avons pas encore parlé.
- CÔTES EXTRÊMES Dû NORD DE L’AMERIQUE, À L’OUEST DE L’OCEANIE.
- Les États-Unis finissent au détroit de Juan-de-Fuca, qui sépare*leiir continent et file de Vancouver, par le 34e degré de latitude boréale.
- Dernières limites des possessions anglaises : Colombie britannique.
- Les Anglais ont conservé l’empire sur la cote occidentale de l’Amérique du,Nord, depuis le détroit de «Juan-de-Fuca jusqu’au méridien qui passe par le mont Hélie, au i43c degré à l’ouest du méridien de Paris.
- O
- Us donnent le nom de Colombie à la partie oçcidentale quils ont commencé de coloniser.
- Dans- l’immense contrée qui s’étend au nord, à 1 ouest des Canadas, la puissance britannique est représentée par la Compagnie d’Hudson; elle règne depuis 1 Atlantique jusqu à l’océan Pacifique. Là les Indiens et quelques Européens vivent des chasses qui donnent les fourrures.
- Dans la Colombie britannique un nouvel élément de prospérité s’est révélé tout à coup. En i858, dans le Fassin de la rivière Frazer qui débouche en face de Ide de Vancouver, on a trouvé des terrains aurifères. L espérance et la spéculation osent les comparer a ceux de la Californie; aussitôt les aventuriers se précipitent en foule vers le nouvel Eldorado. Combien de souffrances et de déceptions les attendent!
- ïci le Gouvernement britannique entend régulariser
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- les exploitations du plus précieux des métaux, comme nous verrons qui! a su les régulariser en Australie. Il ne veut pas laisser l’anarchie et le hasard présider à de telles -entreprises, ni suivre l’exemple des exploitations commencées avec un si grand désordre en Californie.
- Premières possessions océaniques de la Russie.
- L’empire de Russie commence à l’extrémité occidentale de l’Amérique du Nord, séparé de l’empire britannique par la ligne idéale du 143e degré de longitude occidentale. Depuis cette ligne, la Russie règne au nord de l’Amérique, de l’Asie, et de l’Europe, sans interposition d’aucun peuple étranger. Au nord, elle n’a pour confins que la mer Glaciale, dans une étendue de 200 degrés en longitude. D’orient en occident, à la hauteur du 60e degré de latitude, son territoire offre une longueur continue de 11,111 kilomètres ou 2,7 y 8 lieues. Nous étudierons sans interruption les parties indivises de ce grand empire quand nous arriverons au centre de sa puissance, c’est-à-dire en Europe.
- Bornons-nous à dire en ce moment que l’Amérique russe possède, au nord-ouest de l’Océanie, plus de 800 lieues de côtes, et que ces côtes limitent un territoire qui surpasse cent millions d’hectares; c’est le double de la France. A peine un si vaste pays renferme-t-il 80,000 habitants. Ce n’est pas même un individu par douze cents hectares : les déserts sont aussi peuplés.
- L’Amérique russe ne fait qu’un genre de négoce avec le reste du monde; c’est le commerce des fourrures enlevées aux quadrupèdes sauvages dans les immenses solitudes. Le froid du cercle polaire, par un bienfait de la nature, donne à ces animaux un pelage plus abondant,
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- plus chaud et plus fin. Ils ont ainsi, pour conserver leur propre chaleur, des moyens d’autant plus puissants que le climat devient plus rigoureux. A futilité la nature ajoute aussi la beauté; le luxe de l’homme en profite.
- Grande vallée orientale de l’océan Pacifique. <
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- Le Grand Océan présente, à partir de l’Amérique russe, jusqu’au delà du cap Horn, une vallée qui surpasse trois mille lieues en longueur, sur une largeur qui, mesurée de l’occident à l’orient, surpasse mille lieues.
- Elle s’élargit à mesure qu’on s’éloigne de notre pôle.
- Elle porte plus spécialement le nam d’océan Pacifique, uom mérité pendant les mois de la plus belle saison, mais Tm ne l’est guère pendant le reste de l’annee.
- CHAPITRE PREMIER.
- POLYNÉSIE.
- A 1 orient de l’immense vallée les montagnes sous-ma-rmes commencent à montrer leurs sommités; elles forment des îles si nombreuses qu’on a donné le nom de °fynésie, -nokwricrîa, à l’archipel qui les embrasse.
- Eçs montagnes sont groupées suivant un système comparable à celui de certaines grandes chaînes que nous remarquons sur les continents. Elles forment des lignes transversales sensiblement parallèles. Ces lignes montagneuses sont séparées par des vallées secondaires dont la rgeur se compte pourtant par centaines de lieues. Diri-8^es de l’orient à l’occident, elles inclinent sensiblement Vefs le nord, à mesure quelles s’éloignent de la vallée Prjncipale, que couvrent les eaux de l’océan Pacifique.
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- SI. Archipel des îles Sandwich.
- En 1778, à mille lieues de l’Amérique, et vers les confins de la zone torride, le célèbre capitaine Cook découvrit un archipel, le plus important de toute la Polynésie; il lui donna le nom de son protecteur, de son ami Sandwich, alors premier lord de l’amirauté d’Angleterre. Immédiatement après cette belle découverte, il s’éloigna pour explorer le grand arc rentrant que forme, vers le nord, la côte occidentale d’Amérique;, il poursuivit ses investigations jusqu’au cap le plus avancé vers l’occident, en face de l’Asie, dans le détroit de Behring.
- Après avoir fait cette savante et belle campagne, il revint aux îles Sandwich, et découvrit Hawaï.’ C’est la plus grande de ces îles, la plus grande aussi de toute la Polynésie; elle a plus d’un million d’hectares.
- Rien ne peut égaler les marques de confiance et de vénération que le roi d’Hawaï, le corps des prêtres et le peuple donnèrent à Cook, à ses officiers, aux simples marins de son équipage. Émerveillés à l’aspect d’une race puissante par elle-même et par ses armes, à l’aspect de leur commandant, dont la voix maîtrisait les vents et faisait à son gré mouvoir des vaisseaux si supérieurs aux humbles pirogues, ces hommes simples crurent voir en lui le dieu qu’ils attendaient; le dieu qui devait, d’après une antique prophétie, revenir miraculeusement porté sur une île flottante ! Ils conduisirent le capitaine Cook dans leur temple principal, et, sans qu’il les comprît, ils l’adorèrent.
- L’illustre navigateur avait une autre ambition que celle de recevoir ces vains^hommages. Il ne s’arrête pas même à parcourir l’archipel dont il a fait la découverte; il met àla voile, afin accomplir la dernière partie d’une mission
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- dont le bonheur, hélas! allait cesser. A peine a-t-il perdu la terre de vue, un coup de vent irrésistible avarie sa mâture et rend urgent le retour dans un port. Il reparaît aux côtes d’Hawaï, non plus comme un être surnaturel porté sur file flottante qui marchait à sa voix, mais comme un faible mortel vaincu par la mer. La plage est déserte; seulement quelques indigènes, du fond des bois et der-fieredes rochers, épient le navire à qui ses marins mêmes eulèvent un dernier prestige, en le dépouillant de ses voiles et de tous ses agrès pour le réparer. Chez les Peuples dans l’enfance, l’instinct sans pitié des riverains de la mer est de vouer les naufragés à la spoliation. Les pillards d’Hawaï, nageurs intrépides, dérobent de nuit une grande chaloupe amarrée tout près du navire en radoub. Cook exaspéré la réclame avec emportement; il vole à terre. Pour garantie, pour otage, il s’efforce dentraîner à son bord le roi même. Le peuple résiste : un combat inégal s’engage, et le grand navigateur périt bar-parement, lâchement assassiné. L’instant d’apres la rive est déserte, et la vengeance devient impossible aux marins.
- Lorsque la découverte des merveilles d’un nouveau monde océanique éprouvait cette perte immense, perte fluon apprit tard en Europe, la guerre avait éclaté, sur toutes les mers connues, entre les Anglais et les Français, sauveurs des Américains. Louis XVI, cet illustre ami de la 8eographie et de l’humanité, honora son régné en ordonnant à ses vaisseaux qu’on respectât partout les navires capitaine Cook, et, loin de les capturer, quon leur Prêtât assistance. Le célèbre Franklin, qui pouvait parler haut en attestant les services immortels de la science, Lranklin, ambassadeur des Etats-Unis à Paris, supplia son gouvernement d’imiter l’acte généreux dont il était specta-teur; mais il échoua dans sa tentative. La France méritait
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- que la fatalité des événements ne la frustrât pas d’une si belle occasion de tendre la main au génie, et de montrer aux nations son généreux amour de la vraie gloire.
- Un grand roi : Taméaméah le Civilisateur.
- Douze ans après la perte de Cook, le plus renommé de ses compagnons, Vancouver, visita de nouveau les îles Sandwich, auxquelles il apporta des présents et des lumières. Son amitié fut appréciée, comme elle méritait de l’être, par un nouveau monarque indigène, qui grandissait chaque jour : c’était Taméaméah Ier, qui fondait à la fois une dynastie, un empire, une civilisation.
- Le rusé Vancouver eut l’art de faire considérer comme un honneur à ce prince de se déclarer, lui, le plus indépendant des hommes, sujet nominal de Georges III, roi d’Angleterre. Cette suzeraineté sans conséquence fut à juste titre, dit un savant historien britannique, considérée comme un titre honorifique, dont il était impossible d’obtenir par la force l’interprétation littérale1.
- Les Anglais se sont contentés d’exercer, par leurs voyageurs et leurs commerçants, une influence active et bienfaisante; ils ont été merveilleusement compris par un prince régénérateur de son peuple.
- Le roi de l’archipel Sandwich, qui rendait un hommage si complaisant et si nul au souverain de l’empire britannique, ne croyait certes pas abdiquer par un tel acte. Ce sauvage fut un des monarques les plus éminents qu’ait produits le nouveau monde. Quoique d’une famille prin-cière, il n’était pas né sur le trône. Lorsqu’il eut atteint l’âge viril, les jeunes gens de son île natale, Oahou, le choisirent pour les diriger; il leur apprit à perfectionner
- 1 D. Lardner s Cyclopedia ; History oj maritime and Inland discovery.
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- DES NATIONS, les cultures, en attendant qu’il leur enseignât à perfectionner l’art de la guerre. Les dissensions civiles et la victoire eurent pour résultat de le rendre roi d’Oahou. Attaqué par les chefs des autres îles, il les vainquit tour à tour, et devint bientôt maître de tout l’Archipel.
- Taméaméah fit servir à consolider son autorité les croyances religieuses consacrées par les traditions ; mais, à mesure qu’il devint plus puissant, il attaqua les coutumes funestes en sapant par degrés les superstitions les plus révoltantes. C’est ainsi qu’il agit à l’égard du tabou, dont l’autorité redoutable s’étendait dans toute la Polynésie, et qui reposait sur les traditions de l’idolâtrie.
- Le tabou frappait d’interdit ou couvrait du manteau de l’inviolabilité, suivant qu’il était anathème on protection. Protecteur, il rendait sacrés les personnes, les biens, le pouvoir des prêtres et du souverain -, toute infraction à ce tabou religieux était mise au rang des sacrilèges. Un tel crime était puni par le sacrifice de la vie : sacrifice accompli par les pontifes, au milieu de leurs cérémonies superstitieuses.
- L’autre tabou, portant anathème, pouvait frapper pour un certain temps la personne de tout insulaire, ou s’appliquer à ses biens. Quand un individu s’en trouvait atteint, il subissait une véritable excommunication : aucun habitant ne pouvait l’abriter sous son toit, ni le nourrir, ni conserver avec lui la moindre relation. Ce dernier tabou ne pouvait durer qu’un temps limité; dans les cas ordinaires, sa plus grande étendue était de quarante jours. Dès que Taméaméah se sentit assez puissant, il réduisit la durée du tabou qui frappait ainsi ses sujets, d’abord à vingt jours, puis à dix jours, et, dans les derniers temps de son règne, à cinq jours seulement.
- A l’égard du tabou religieux ou politique, avant d’oser
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- le faire disparaître, le roi commença par se déclarer le chef de la religion nationale, à la manière de Pierre le Grand. C’est à ce titre qu’il put attaquer la terrible sanction des sacrifices humains, accomplis par des prêtres, en expiation de prétendus sacrilèges : il osa les abolir. Il abolit aussi la coutume impie qui réservait les prisonniers de guerre pour être immolés dans les solennités de l’idolâtrie. On se ferait l’idée du mérite de pareils actes, si l’on supposait qu’en Espagne Philippe II, changeant de nature et cessant de se complaire dans l’immolation de ses sujets, eût interdit, au nom de Dieu même, les supplices ordonnés par l’inquisition, et qu’il eût pour jamais éteint la flamme des auto-da-fé.
- Supérieur aux préjugés de sa terre natale, quoiqu’il soit resté jusqu’à sa mort le protecteur du culte informe de ses pères, il accueillit avec une faveur constante les missionnaires protestants : les seuls qui de son temps aient pénétré dans ses Etats. Il leur permit d’ouvrir des écoles et d’établir une imprimerie pour multiplier leurs bibles. Cependant il leur opposa la force d’inertie lorsqu’ils voulurent, non-seulement le convertir, mais s’emparer de lui, comme plus tard ils s’emparèrent de sa race.
- L’idolâtrie même, au nom de laquelle il commandait, lui servait pour en corriger les excès et les abus opposés à l’intérêt général. Il employa la suprématie de son autorité religieuse à détruire par degrés les pratiques contraires à l’humanité; en même temps, il eût craint de perdre son prestige aux yeux de ses propres sujets, s’il avait abjuré le culte traditionnel sur lequel était fondée l’obéissance à son pouvoir. Il semblait ignorer combien était grand le progrès qu’il avait fait faire à la raison de son peuple, et combien sa puissance était profondément enracinée dans tous les cœurs. Ce fut peut-être la seule
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- erreur de son règne, et'la seule gloire qui manque à sa vie. Il se contenta d’avoir tout préparé pour que son fds pût accomplir une régénération religieuse dont il pressentait l’importance. Revenons aux progrès d’ordre civil.
- Pour nous former une juste idée de l’œuvre civilisatrice accomplie par le roi Taméaméah, il faut nous les figurer, lui et son peuple, tels que Vancouver apprit à les connaître dans son premier voyage avec le capitaine Cook. Ses guerriers n’avaient pour armes que la lance, l’arc et les flèches,, ou la fronde et les pierres; ils ne connaissaient pas les armes à feu; ils ne connaissaient pas même Y existence du, fer : du fer, sans lequel tant d’arts sont impossibles et tant d’autres imparfaits. Sous le climat de la zone torride, les vêtements ne sont guère un objet de nécessité; les chefs portaient, plutôt comme un costume d’apparat que pour cacher leur nudité, une espèce de pallium, couvert de plumes brillantes, et qui leur tenait lieu de tissus recherchés, dont ils ignoraient l’opulence. Le commun peuple vivait mal abrité sous des huttes grossières. L’usage ignoré des lits et des tentures, l’absence complète des tables et des sièges, réduisaient à peu de chose un mobilier presque sans objet. On mangeait sans vaisselle, sans couteaux, sans fourchettes, sans cuillers et sans même employer les petits bâtons imaginés par les Chinois : les doigts servaient à tout, en exceptant la propreté.
- Les insulaires, on le voit, atteignaient la perfection physique imaginée par Diogène. Pour compléter la renaissance de son école du cynisme, les mères s abstenaient d’expliquer à leurs filles la pudeur, et parfois la chasteté; l’ignorance de ces vertus, qui sont le plus bel ornement d’un bel ordre social, tenait lieu de l’innocence. La famille était sans lois saintes. Le mariage, aussi facile arompre qu a
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- libre-échanger, qu’on me passe ce mot barbare, ie mariage ne s’élevait pas même au rang d’un acte civil; car la cité n’avait point d’actes. Quoique tant de choses utiles ou vénérables fussent inconnues au peuple polynésien, il n’en était pas moins éloigné de l’âge d’or pur et charmant, si rêvé des premiers poètes. L’insulaire s’éloignait également de ces qualités morales prêtées à la vie sauvage par les modernes philosophes, quand ils voulaient nous apprendre à mépriser, à détester nos sciences, nos arts, nos lois et notre civilisation. Qu’on imagine réunis l’abus infini de la force, la violence, le meurtre, la spoliation effrontée, le larcin sous toutes les formes; l’incontinence affichée, même par le sexe dont elle est l’opprobre; l’inceste sans flétrissure; l’alliance permise entre frère et sœur, et le mal intestin qui s’ensuit dans la santé, la force et les mœurs des familles; enfin l’avortement systématique, et l’infanticide sans remords. Voilà la liste incomplète des vices accoutumés, ou des usages tolérés au sein d’une société tombée dans l’imperfection, mais non pas restée dans l’enfance; d’une société vieillie, caduque par le mal, et jeune seulement par l’ignorance du bien, du bon et du beau.
- Tel était l’état des îles Sandwich lorsque Taméaméah résolut d’introduire parmi son peuple la civilisation des Occidentaux, œuvre à laquelle il consacra trente années.
- En 1795, un capitaine américain, indigne d’être citoyen du noble pays qu’a présidé Washington, vint aux îles Sandwich avec deux navires destinés au commerce des fourrures. Des voleurs insulaires enlevèrent un de ses canots, comme ils avaient volé le capitaine Cook, et n’accomplirent ce larcin qu’en tuant un matelot. L’Américain, au lieu de réclamer justice, attend froidement que des pirogues chargées d’insulaires, innocents du délit, s’approchent sans méfiance pour commercer avec lui. Il
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- les laisse venir; puis, à bout portant, il tire sur elles tous ses canons chargés à mitraille, et fuit vers une autre île. Bientôt son fils périt par représailles : un sauvage l’engloutit avec lui dans la mer. Quant au père, impuni, il s’éloigne avec la lâcheté commune à la cruauté.
- Les maîtres d’équipage des deux navires américains, Young et Davis, étaient tombés entre les mains de Ta-méaméah, qui, non-seulement leur sauva la vie, mais résolut d’en faire f instrument de ses desseins. Il se servit d’eux pour construire à l’européenne de bons navires â voiles, et pour former des équipages habiles à la manœuvre. Le roi voulut qu’ils enseignassent à ses sujets tout ce qu’ils pouvaient avoir appris dans la pratique des arts utiles. Ils ne furent pas seulement ses chefs de travaux. Aussitôt qu’il eut apprécié leur bon sens, leur prudence et leurs lumières naturelles, il en fit ses conseillers et ses ministres; ils devinrent ses diplomates, chaque fois qu’il fallut traiter avec les Européens. Tous deux furent pour lui ce qu’avait été Lefort pour Pierre le Grand.
- Le réformateur polynésien a fini par vaincre ses passions avec plus d’empire sur lui-même que le législateur immortel de la Russie1. Comme les premiers Moscovites et les peuples imparfaitement civilisés, tenté par les liqueurs qu’apportaient les Européens, il en usait avec intempérance. Alors il n’était plus maître de lui-même, et commettait des acles de violence, dont il rougissait ensuite , mais sans pour cela se corriger. Avant qu’il arrivât au dernier terme de la dégradation, ses deux ministres, Young et Davis, lui déclarèrent que, s’il vouait conti-
- 1 «Dans un de ces repas trop à la mode alors, Pierre tira l’épée contre Lefort.... il demanda pardon à Lefort. II disait qu il voulait réformer sa nation, et qu’il ne pouvait pas encore se réformer lui-même. » (Volt. Hist. de Pierre le Grand, cliap. xx, Voyages.)
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- nuer de tels excès, l’un et l’autre l’allaient quitter, pour ne pas bientôt périr sous ses coups. Loin de s’irriter contre eux, il leur jura de revenir à la sobriété, régla lui-même la dose de rhum dont il pourrait user chaque jour, et ne la dépassa jamais !.... Cela n’est-il pas plus magnanime que d’assassiner Clytus, sauf à le pleurer, comme Alexandre? ou de verser le sang de Lefort, comme Pierre Ier, au milieu d’orgies indignes de si grands hommes?
- Aussitôt qu’il eut complété la conquête des îles, Ta-méaméah comprit le seul moyen d’assurer l’indépendance de ses États : c’était d’en organiser la force militaire en se conformant aux principes européens. Il se procura des instructeurs pour enseigner à ses soldats les manœuvres des Occidentaux. Il ne négligea rien pour s’approvisionner de poudre, de fusils et de bouches à feu.
- Dès 180k Taméaméah comptait vingt et un navires armés et gréés à l’européenne; il possédait un arsenal rempli d’armes, les meilleures qu’il eût pu se procurer; il attirait des ingénieurs et s’en servait pour bâtir des forts hastionnés, pour ériger des batteries respectables. Il voulait à tout prix pouvoir défendre l’entrée de ses ports, dont l’excellence pouvait tenter les peuples maritimes, qui d’ordinaire sont si désireux des îles d’autrui!
- Afin de payer le matériel militaire accumulé par sa prévoyance, il avait mis en coupe réglée le bois précieux de sandal, dont abondaient ses forêts. Il tirait parti de tous les étrangers pouvant enseigner quelque chose ; finies - priait de communiquer à son peuple leurs arts et tous les moyens de multiplier les objets d’échange. Il avait encore un autre secret pour favoriser le commerce; il combattait par des peines sévères le penchant de ses sujets au larcin. En même temps, à la justice il joignait la bonté; ce qui le faisait à la fois chérir et révérer de ses sujets.
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- Aussi dès qu’on apprit qu’il approchait du terme de sa vie, ce fut une douleur universelle dans toutes les îles. Lorsqu’il mourut, la plupart de ses sujets, alliant la tradition du tatouage à l’art des Occidentaux, gravèrent sur leurs bras, avec nos lettres et nos chiffres, ce souvenir, plus profondément gravé dans leurs cœurs : Taméaméah, notre roi grand et bon, est mort le 8 mai 1819.
- Nous avons déjà parcouru la moitié du globe, et nous parcourrons l’autre moitié sans trouver, dans un demi-siècle, aucun autre peuple qui, par les efforts d’un seul homme, ait passé de l’état sauvage à la civilisation moderne, en s’organisant à la fois pour la guerre et pour la paix. Il importe peu que les îles Sandwich ne cons- » tituent pas un vaste empire; leur archipel surpasse en étendue, et même en population, des Etats à jamais illustres : l’Attique, la Laconie et l’État Romain sous Numa. Soyons heureux de rendre hommage à l’une des gloires les plus rares et les plus pures du xixe siècle : c’est celle d’un demi-sauvage !
- Trois mois, jour, pour jour, après la mort de ce roi digne de mémoire, et sous le règne de son fils Taméaméah II, arrivait aux îles Sandwich le premier bâtiment de guerre que la France eût montré dans cet archipel. C’était la corvette l’Uranie, commandée par M. de Freycinet, qui depuis fut membre de l’Institut, académie des sciences. Le commandant de Freycinet remplit une œuvre de pacification entre le nouveau prince et des chefs ambitieux : ceux que ne contenait plus la présence du souverain civilisateur. Il réussit dans ce dessein'.
- Telle fut la confiance inspirée par les visiteurs français, que le premier ministre, qu’on surnommait Pitt, apparemment pour sa capacité gouvernementale, Pitt se fit baptiser, à bord de T Uranie, par le cousin de Mgr de
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- > Quélen, le célèbre archevêque de Paris. La cérémonie s’accomplit sur la corvette, en présence du roi, des princesses et de toute la cour. Peu de jours plus tard, le frère du ministre, gouverneur d’Hawaï, se fit pareillement administrer le baptême.
- Le nouveau roi ne se montra pas indigne de son grand prédécesseur; il commença par supprimer les cinq jours de tabou, qui subsistaient encore. Gomme il avait eu pour précepteur un ministre protestant, il se fit chrétien de la même secte; et, comme il arrive aux peuples dans l’enfance, en peu de temps son peuple l’imita.
- Les missionnaires venus des Etats-Unis d’Amérique acquirent alors une très-grande influence sur les habitants, sur le prince et sur son gouvernement. Ces convertisseurs, pleins de zèle, manifestèrent un esprit de domination plus profondément calculé que celui des prêtres idolâtres.
- Les apôtres américains imitèrent peu la simplicité, la pauvreté des premiers disciples du Sauveur'. Sans effacer, à l’exemple du divin maître, leur ambition d’ici-bas, ils voulaient essentiellement que leur royaume fût avant tout de ce monde. Ils se sont fait bâtir des demeures somptueuses, qu’ils ont, aux frais des fidèles, meublées avec un luxe étudié. S’il faut en croire le savant docteur Meyen, témoin* oculaire, les dames des missionnaires se promenaient en voitures découvertes, traînées par les naturels du pays; ce qui remédiait, par la multiplicité des néophytes, à la rareté des bêtes de trait.
- Peu de temps après le passage aux Sandwich du savant de Freycinet, des missionnaires catholiques entreprirent de continuer l’œuvre commencée par l’abbé de Quélen. On va voir comment la tentative finit par l’expulsion de ces Pères et par la persécution de leurs néophytes.
- Nous sommes heureux de pouvoir citer à ce sujet un
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- voyageur considérable, aujourd’hui vice-amiral, M. Laplace, commandant de la frégate VArtémise. Il venait d’obtenir, en 183g, en traitant avec S. M. Pomaré, malgré les missionnaires anglais, que la foi catholique ne serait plus persécutée dans les États de cette reine; puis, sans retard, il s’était dirigé vers les îles Sandwich. « Je venais, dit-il, pour mettre également un terme aux persécutions dont les missionnaires méthodistes américains, établis en maîtres dans ces îles, accablaient nos prêtres et leurs néophytes. J’allais me trouver aux prises avec des antagonistes bien autrement fougueux, bien autrement intolérants et amoureux du pouvoir temporel que ceux contre lesquels je venais de lutter. Ceux-ci, y compris même le révérend Prit-chard, étaient des modèles de douceur et de charité chrétienne auprès du chef des méthodistes américains et des nombreux collègues qui l’entouraient aux Sandwich. Ils persécutaient les prêtres catholiques, dont ils soumettaient les néophytes aux châtiments corporels, à la persécution, afin de leur faire abandonner leur foi. Leur ifttraitable pûritanisme était odieux même à leurs concitoyens, navigateurs ou commerçants des États-Unis, que la pêche ou le négoce attiraient dans ces parages. » Dès 181 g, les Français avaient commencé de convertir au catholicisme quelques habitants des îles Sandwich. Bientôt après étaient arrivés les méthodistes de la grande confédération américaine, et les luttes avec leurs devanciers avaient aussitôt commencé : huit ans plus tard, la rivalité finissait par la persécution du plus faible.
- Attirés dans les îles Sandwich, deux commandants français, Vaillant, capitaine de la Bonite, en 1836, etDuPetit-Thouars, capitaine de la Vénus, en 1837, avaient stipulé la protection des catholiques auprès du gouvernement insulaire ; mais ces stipulations, solennellement consenties,
- INTRODUCTION.
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- étaient violées aussitôt que s’éloignait le pavillon défenseur de la liberté des consciences.
- Par un traité de réparation, le capitaine Laplace obtint du gouvernement des îles Sandwich cent mille francs d’indemnité, pour compenser les dommages qu’avaient éprouvés ses coreligionnaires. Dans ce traité, la tolérance était noblement stipulée, avec l’exercice libre et public de tout culte chrétien.
- Les Américains protestants, mais non missionnaires, applaudirent à ce succès. Us assistèrent avec l’état-major et la garnison de la frégate à l’office solennel que nos marins firent célébrer sur le rivage. Nous inaugurions ainsi, dans les vastes mers de l’océan Pacifique, cette liberté des cultes, l’une des gloires de la France au xixe siècle.
- J’ai cru devoir présenter l’historique de ces progrès moraux, si remarquables, accomplis depuis la dernière moitié du xvme siècle jusqu’au milieu du xixe. Faisons connaître maintenant la situation matérielle et commerciale d’une contrée vraiment digne de notre intérêt. ,
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- Les principales îles Sandwich.
- Dans l’île d’Ëawaï, la plus grande des Sandwich, s’est incroyablement multiplié lebétail qu’en i yg3 avait apporté Vancouver. Aujourd’hui ce bétail est une ressource précieuse pour approvisionner les navires baleiniers.
- L’île d’Hawaï est la plus fertile de toutes; on y cultive la canne, et le sucre qu’on en retire est excellent. Le café s’y faisait aussi remarquer pour sa qualité. Des missionnaires excessifs auraient, à ce qu’on prétend, fait arracher les cafiers, pour ôter aux indigènes le luxe, blâmable à leurs yeux, d’une boisson qui fait les délices de l’Orient : ce fait me paraît incroyable.
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- L’île d’Oahou, moins grande que Hawaï, possède l’excellent port d’Onoloulou, principal centre du commerce. C’est là que touchent les navires qui fréquentent l’océan Pacifique, avant de faire la pêche sur les côtes du Japon, ou lorsqu’ils reviennent vers le midi; c’est là qu’au besoin ils se radoubent et prennent des vivres frais.
- ( Population.
- Nous possédons un recensement officiel propre à constater, quant au nombre des habitants, l’importance relative des diverses îles.
- RECENSEMENT DE LA POPULATION, FAIT EN DECEMBRE l853.
- ILES KÉCENSÉES. SEXE MASCULIN. SEXE FÉMININ. TOTAUX. ÉTRANGERS.
- Hawaï 12,443 11,750 24,193 259
- Mani 8,995 8,425 17,420 244
- Molokai 1,799 1,766 3,565 42
- Laiiai 317 282 599
- Oahou. 9,551 8,264 17,815 1,311
- Kanai 3,672 3,054 6,726 »
- Oniihao 392 398 790 264
- Totaux... 37,168 33,939 71,108 2,140
- Outre les sept îles habitées, dont nous venons de donner la population, il y a cinq îlots et des rochers isolés qu’il faut plutôt considérer comme des ecueils et des dangers que comme des possessions utiles.
- En réunissant les étrangers aux indigènes et suppléant à quelques omissions, on obtient un total de 73,588 habitants.
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- Décroissement de la population.
- En 1778 le capitaine Cook estimait, peut-être avec exagération, que les îles Sandwich présentaient un total de 300,000 habitants.
- A la fin de 1829, on n’y comptait plus que r3o,3i5 âmes; à la fin de i853, on descendait à 73,588.
- Avant de taxer, comme on l’a fait, d’exagération le nombre approximatif donné par le capitaine Cook en 1778, supposons qu’il soit exact, ainsi que les dénombrements postérieurs; supposons que, entre l’jjSet i83o, la diminution se soit opérée tous les ans dans une même proportion; supposons aussi que, entre i83o et 1853, il y ait eu la même constance dans la diminution d’une année à la suivante,
- Nous calculons alors que la perte annuelle de la population s’est élevée :
- Entre 1778 et i83o, à.......... 17 1/2 pour mille.
- Entre i83o et i853, à....... ...... 25 pour mille.
- On ne doit pas trouver exagérée l’évaluation de Cook, d’après laquelle en un demi-siècle la diminution annuelle est seulement de 1 7 1/2 pour mille habitants, lorsque, dans le quart de siècle qui suit, la diminution annuelle s’élève à la proportion déplorable de 2 5 pour mille !
- Ce devrait être pour le gouvernement des îles Sandwich le sujet d’étude le plus sérieux, que cette diminution , qui paraît devenir de plus en plus rapide au lieu de sc ralentir. Elle n’est pas particulière à ces îles; des faits du même ordre sont constatés dans les autres groupes de la Polynésie.
- On a cité des causes nombreuses ; l’abus des liqueurs
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- fortes apportées par les navigateurs occidentaux; le recrutement trop considérable des navires baleiniers au moyen de jeunes insulaires, qui souvent périssent dans ces pêches dangereuses; la petite vérole, apportée d’Europe et d’Amérique; certaines maladies épidémiques très-destructives, etc.
- Je suis convaincu qu’en étudiant chacune de ces causes et les remèdes qu’on y peut apporter, non-seulement on mettrait un terme à la dépopulation; mais on replacerait un peuple vraiment digne d’intérêt dans la situation d’accroissement naturelle à l’espèce humaine.
- Aujourd’hui les îles Sandwich, dont le territoire sur-passe 1,200,000 hectares, n’o'nt qu’un habitant par 16 hectares : dix fois moins qu’en France. Le climat est superbe et la terre féconde; mais de vastes territoires, cultivés il n’y a qu’un demi-siècle, sont abandonnés faute de bras. Tout invite à la multiplication de l’espèce humaine, tout semble la rendre facile en dépit de la triste réalité.
- La nature a placé les îles Sandwich dans une situation qui leur assure un commerce admirable.
- Heureuse situation des îles habitées.
- Hémisphère boréal. Latitudes :..de 190 à 2 2°3o'
- A l’occident de Paris. Longitudes •.. . de 167° à i62°5o'
- Sous les mêmes latitudes qu’occupent les îles habitées, nous trouvons : à l’est, le Mexique et l’extrémité de la presqu’île de la Californie; à l’ouest, la mer de Canton, Macao, Hong-Kong, Formose et le golfe de Tonquin. Ces mêmes îles sont un intermédiaire précieux entre l’Ame-rique d’une part, et de l’autre le Japon, la Corée, les Philippines et les îles de la Sonde.
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- Elles ont acquis une importance nouvelle depuis la découverte de l’or en Californie; cette importance va s’accroître par la découverte du même genre faite, à l’orient de l’île Vancouver, sur le continent de l’Amérique britannique. Enfin, à mesure que les Russes aideront à la fertilité de la nature, dans la vaste contrée qu’ils possèdent et que le fleuve Amour arrose, au nord de la Chine, à l’est du Japon, à mesure aussi que se peuplera la presqu’île du Kamtchatka , les navigateurs trouveront dans les îles Sandwich de précieux ports de relâche, quand ils voudront communiquer avec l’Amérique occidentale et la mer Atlantique.
- Ces îles sont également un point commun de ravitaillement et de refuge, soit pour l’aller, soit pour le retour des navires baleiniers qui fréquentent les trois gîtes principaux de la pêche du Grand Océan, sur notre hémisphère : i° dans la zone torride; 2° dans les mers du Japon; 3° dans la mer de Behring et, par delà le détroit de ce nom, jusqu’aux glaces perpétuelles.
- Mais le nombre incroyable des baleiniers, surtout fournis par les Etats-Unis, dépasse à tel point les justes bornes, que la fécondité de la nature est vaincue par l’avidité des hommes. Chaque année, des pêcheurs plus nombreux obtiennent des produits moins abondants.
- Deux ports seulement sont consacrés à l’entrée des marchandises étrangères : ce sont les ports d’Onoloulou et de Lahaina. Les navires baleiniers ont de plus accès dans les ports de Hilo, Kealakeakua et Hanalay, pour se ravitailler et recruter des pêcheurs.
- Le commerce des îles Sandwich est déjà considérable, surtout à l’égard des importations.
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- TABLEAU DU COMMERCE TOTAL DES ÎLgS SANDWICH.
- EXPORTATIONS.
- IMPORTATIONS
- ANNEES.
- PRODUITS INDIGÈNES.
- RÉEXPORTATIONS.
- francs.
- ' 9,739,200
- 2,036,790
- 4,057,647
- 1,373,724
- 2,035,117
- 1,470,500
- 6,845,620
- Les habitants eux-mêmes reconnaissent l’infériorité de leurs exportations.
- Il est juste d’ajouter que les consommations faites dans les ports par les nombreux navires baleiniers, ou autres, ne font point partie des exportations; elles remboursent néanmoins une portion considérable des importations.
- Voici comment, pour l’année i853, se décomposaient
- les importations :
- Objets étrangers admis francs de droits. . .. Zp4,oi î fr.
- Objets étrangers imposés................ 6,196,260
- Objets admis en entrepôt................ 86,9/4$
- Objets retirés de la consommation....... 138,354
- 6,845,563
- Gouvernement représentatif et ses rapports avec le commerce.
- Ce 11’est pas un des résultats les moins étonnants de la civilisation, dans les îles Sandwich, que l’institution récente d’un gouvernement représentatif, composé d’un roi, d’une chambre des nobles et d’une chambre des communes. Loin de regarder comme un jeu puéril cette imitation suggérée par l’Angleterre, cherchons plutôt ce qu’elle offre de sérieux et; de fécond.
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- Partout où s établit un tel ordre de gouvernement, on peut être certain que les intérêts commerciaux seront entendus avec habileté et défendus avec énergie.
- Aujourd’hui les îles Sandwich comprennent combien il importe de ne pas se lier les mains par des traités qui fixent à jamais la limite des droits d’entrée sur les produits de l’étranger. A cet égard nous les trouvons infiniment plus avancées que la Turquie et beaucoup d’autres Etats qui sont plus puissants, mais moins éclairés.
- L’objet de la loi douanière de 1855 est de créer un tarif raisonné, suivant la nature des produits, chose que l’Angleterre fait si bien chez elle; et de remplacer ainsi le droit aveugle de 5 p. o/o sur toutes les marchandises. Le tarif établit quatre classes facultatives, qui payeront : '
- zéro.
- 2°
- 5
- 3e
- io
- 4e
- 15 pour cent.
- Ces insulaires, on le voit, sont bien plus modérés dans leur taxation que les grands promoteurs du libre échange britannique,.dont les taxations les plus élevées dépassent îoo p. o/o. Citons un noble langage :
- «La présente loi, qu’ont votée les deux chambres des nobles et des représentants, et que le roi a sanctionnée; la présente loi, dit le ministre des finances, a pour objet de faciliter la négociation de nouveaux traités, qui rendront notre législation affranchie et nationale. Jusqu’au moment où nous aurons obtenu ce résultat, nous ne serons pas
- une nation indépendante et libre....»
- Il est douteux que le grand souverain du Céleste Empire, malgré ses 4oo millions de sujets et ses 3,ooo ans d’expérience, dans les traités qu’on va lui dicter, marche d’après d’aussi savants et d’aussi nobles principes que le très-petit, très-faible et très-nouvel État des Sandwich.
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- § 2. Les îles Dangereuses et les îles de la Société.
- TAHITI.
- Vers le milieu du siècle dernier, le jeune de Bougainville attirait l’attention de l’Europe savante. A vingt-trois ans, dans la même quinzaine, il entrait aux mousquetaires du roi, et publiait un traité complet sur la partie la plus difficile des nouveaux calculs de Leibnitz et de Newton. Pour un esprit qui suffisait à d’aussi profondes études, les applications élémentaires de la géométrie à la tactique, à la stratégie, ne devaient plus sembler qu’un jeu. Bientôt il faisait en Allemagne son premier apprentissage militaire. Cependant la diplomatie l’empruntait à la guerre -, Bougainville, secrétaire d’ambassade, allait en Angleterre, et la Société Royale de Londres, la grande institution scientifique, le plaçait au rang si peu prodigué de ses associés étrangers. Malgré ces honneurs pacifiques, Bougainville se sent ramené par un penchant irrésistible vers la carrière des armes. La guerre, enflammée dans les deux mondes, le conduit au Canada. Son instruction et sa vaillance font de lui le major général de l’héroïque Montcalm, dont la mort seule put entraîner la perte d’une admirable colonie, lâchement oubliée. Bougainville, en dirigeant un corps isolé, avait obtenu sur un ennemi double en force une victoire éclatante; il secondait son général dans la bataille où celui-ci perdit la vie, mais non la gloire.
- Après la paix de 1763, il conçoit l’ambition de procurer à sa patrie quelque colonie nouvelle qui puisse un jour la consoler d’une perte, hélas! irréparable. Il s’adresse aux armateurs de Saint-Malo, qui jadis confiaient leurs navires à Duguay-Trouin. Il les décide à former, sous sa conduite, un établissement dans une autre zone temperee de 1 Amérique; là le climat ne combattrait pas plus quau Canada
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- l’énergie des Européens et leur puissance de travail. Il aborde à des îles fertiles qu’il appelle les Malouines, du nom des généreux Bretons, ses armateurs. Il découvre la belle rade qui sera la Baie des Français; il y pose le fondement de sa colonie. Mais l’Espagne, au bruit du succès, revendique la possession des îles où nous allions créer la prospérité. Toujours facile à prononcer contre elle-même, la France accueillit cette réclamation : il fallut renoncer à l’espérance qui surgissait de ce côté.
- Bougainville, alors, forma le projet d’accomplir un voyage de découvertes dans l’océan Pacifique, dont il s’était si fort approché : on lui donna le rang de capitaine de vaisseau. En 1767, il entreprit sa brillante et savante expédition. Il franchit le long et périlleux détroit de Magellan; puis, remontantvers l’équateur jusqu’au tropique austral, où commence la zone torride, il découvrit et traversa dans toute sa longueur une prodigieuse pléiade de petites îles : c’était la vraie Polynésie. Elles sont environnées à lleur d’eau par des ceintures de coraux que multiplie leur propagation sous-marine, etqui deviennentdes rochers féconds en naufrages. Tel était le groupe innombrable que Bougainville appela si justement les îles Dangereuses; les indigènes les avaient nommées Pornotou, les îles des perles.
- A l’extrémité la plus éloignée de l’Amérique, notre navigateur atteignit une île plus étendue que toutes les autres, plus belle d’aspect, et plus souriante à tous égards : c’était Tahiti, où peu de mois auparavant Wallis avait abordé.
- Les îles Dangereuses étaient peuplées de sauvages, assez souvent cannibales et pirates avec passion. A 3 degrés de distance de ce groupe, il trouva celui des îles de la Société , qui comptait Tahiti pour suzeraine, et se distinguait par des vertus contraires. La terre volcanisée de cette île était revêtue d’une végétation pleine de grandeur et de
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- charmes. Cet endroit de l’Océanie, que les Occidentaux allaient bientôt fréquenter avec délices, rappelait ces gracieux accents du cygne de Cambrai : «Il semblait que ces déserts n’eussent plus rien de sauvage -, tout y était doux et riant; la politesse des habitants semblait adoucir la terre. » Après une traversée laborieuse et pleine de périls, les Français trouvèrent un pays hospitalier, dont les habitants, remarquables à la fois pour l’élégance des formes et la distinction de la figure, accueillirent en frères les visiteurs européens. Les jeunes Tahitiennes, tantôt manœuvrant de frêles pirogues, tantôt nageant au sein des flots sans vêtements importuns, accueillirent plus joyeusement encore le navire de découverte, et montèrent à l’abordage.
- On était alors plein des souvenirs de l’antiquité classique. Bougainville se crut transporté sur les rivages embellis par la mythologie d’Homère et les chants d’Anacréon; il appela Nouvelle-CythèreYïle qui s’offrait à ses yeux comme la Gyclade enchantée qu’aborda Vénus Anadyo-mène, en sortant du sein des eaux. On touchait aux dernières années du règne peu puritain de Louis XV ; on fut tout à coup épris d’une île où le laisser-aller de la nature avait si peu de limites : c’était le temps des abbés. Le plus brillant de tous, l’abbé Delille, pour décorer par un frais épisode son nouveau poème des Jardins, célébra l’île de Tahiti, si riche en jardins naturels, en voluptueux paysages; l’île où la beauté, disait-il avec complaisance,
- Pour être sans pudeur, n’est par sans innocence !
- Or Bougainville et ses compagnons pouvaient révéler ce qu’était cette innocence.
- Tahiti, la perle des îles des perles et l’honneur d’un archipel, en était la métropole; son roi comptait sous son autorité directe le groupe le plus rapproché, qu’on nomme
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- les îles de la Société. Il exerçait, je l’ai déjà dit, une suzeraineté sur les îles Dangereuses.
- L’instinct du prosélytisme, du trafic et de la domination fit, de bonne heure, comprendre aux protestants d’Angleterre qu’il fallait choisir Tahiti pour le centre de leurs missions dans toute la Polynésie. Elles se mirent à l’œuvre trois ans avant la fin du siècle dernier.
- Les succès de l’entreprise furent d’abord insensibles. Ce n’est guère qu’après la fin de la guerre générale, vers 181 5, que les missionnaires purent introduire la conversion dans la famille royale. Aidés du bras séculier, ils firent des progrès marqués chez les grands et chez le peuple.
- Jamais on ne vit plus étonnant phénomène que celui des conquêtes opérées sur les voluptueux Polynésiens par des prédicants impérieux, moroses, ennemis jurés des plaisirs, même innocents. Ils proscrivirent ces costumes légers, ondoyants et gracieux, que réclamait le climat, sous la zone torride : tout était à la fois contrarié, combattu, anathématisé par les modernes puritains. C’eut été trop peu du circonspect et conciliant Poundtext; les révérends Habacuc et Kettledrum, ces redoutables prédi-cants, burinés sur les lieux par Walter Scott, n’étaient pas plus despotiques, ni plus emportés, ni plus violents, lorsqu’ils éprouvaient la contradiction la plus légère.
- Outre les soins d’un autre monde, les missionnaires envoyés d’Albion savaient chercher pour celui-ci les voies du commerce, et des sectateurs pour les produits britanniques. Ils venaient à la fois convertir, trafiquer et surtout gouverner. Us s’appuyaient sur la double influence de la patrie mère et de l’Australie ; de l’Australie, dont les cités grandissantes se considéraient à leur tour comme les métropoles de la propagande religieuse, commerciale et politique, dans toute la Polynésie.
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- Cependant, après 1815 , quelques navires français, attirés sur les côtes du Pérou et du Chili, s’aventuraient dans les îles de l’océan Pacifique. Quand ils abordaient celles où déjà se trouvaient des missionnaires britanniques, les nôtres s’y trouvaient devancés par des préjugés et des calomnies contre les papistes et les Français. Pourquoi cette haine, et l’effroi quelle révélait?
- A l’époque où les Anglais, du sein de leurs mers tranquilles, renversaient l’admirable tableau peint par Lucrèce, et contemplaient avec suavité-1 les tempêtes du continent, ils envoyaient leurs missions au bout du monde. Mais la France, avec ses églises dévastées, ses pretres persécutés et Dieu mis en question par la tyrannie révolutionnaire, la France ne pouvait pas songer à de pareilles entreprises. Le blocus de toutes les mers les rendit impossibles tant que durèrent les combats du premier empire français.
- Ce fut seulement vers 1820 que des missionnaires français tournèrent les yeux vers l’Océanie : ils vinrent d’abord, en très-petit nombre, dans les îles les moins attrayantes/ mais les plus voisines de l’Amérique du Sud. Leur constance avait à lutter contre la barbarie des sauvages et bientôt contre la jalousie de leurs rivaux protestants; cependant ils n’étalaient rien qui pût exciter la haine et l’envie.
- Sans famille, sans serviteurs, ils n’apportaient avec eux que l’humilité, la douceur et la pauvreté. Leur charité, dans 1 indigence, n’avait à donner que les biens de 1 âme ; mais ces biens sont inépuisables. Le protestantisme parle avec dédain des pompes du catholicisme; il accuse didolâtrie la majesté de nos fêtes, au sein des cités somptueuses. Mais, dans les archipels de l’océan Pacifique, ces pompes se com-
- 1 Suave, mari magno, turbantibus æquora ventis,
- E terra magnum aîterius spectare taborem.
- (De nnt. rer. 1U>. II. )
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- posaient des pieds nus des missionnaires et de la croix de bois, cette croix qui recommençait à sauver un monde.
- Il y avait, dans les prêtres qui la portaient en Polynésie, un charme sympathique avec l’esprit simple et naïf des indigènes. Privés des secours et des récompenses qui semblent tout aux yeux du trafiquant et de l’ambitieux, les propagateurs indigents d\i catholicisme l’emportaient sur le luxe de leurs rivaux; ces derniers s’en vengeaient par les mauvais offices, le dénigrement et la persécution.
- Plus tard nos navires revenaient en France; ils redisaient les souffrances dont ils avaient été les témoins, et le gouvernement finissait par être instruit.
- On ne pouvait pas endurer toujours qu’on prodiguât l’outrage à des Français, à des prêtres, non-seulement inoffensifs, mais bienfaisants, et qui s’exposaient à mourir chez les sauvages pour leur apporter la foi et la civilisation.
- Cependant l’amour des sciences géographiques, le désir de conserver à la France sa juste part des découvertes qu’elle avait commencées par les travaux de Bougainville, de Lapeyrousse et de d’Entrecasteaux, quelle avait continuées en 1801 par l’expédition de Baudin; ce noble désir fit envoyer successivement les Freycinet, les Dumont d’Urville, les Duperré, les Vaillant, les Du Petit-Thouars et les Laplace, pour accomplir ce qu’on appelledes voyages autour du monde. En parcourant les archipels de la Polynésie, ces navigateurs éminents montraient notre pavillon flottant sur des corvettes ou sur des frégates admirablement armées et gréées, surtout les plus récentes. Us avaient sous leurs ordres d’excellents équipages et des officiers de choix, prompts quand il le fallait à châtier les insulteurs, et, dans tous les temps, habiles à se faire aimer des populations : c’est le propre des Français. Ces apparitions brillantes^ firent changer en notre faveur les aborigènes. Quand notre
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- pavillon apparaissait, les chefs faisaient droit à nos justes représentations : la persécution cessait. Dans les lieux, mêmes d’où les préventions avaien t d’abord fait repousser nos missionnaires, souvent leur retour était bien accueilli, et leur douce influence acquérait tout son empire.
- Les difficultés furent plus graves à Tahiti, où des événements considérables s’étaient accomplis. Là le succès des missionnaires anglais était complet. Une femme régnait sous leur domination, l’un d eux était son directeur.Us dictaient les lois au nom du culte et des mœurs; ils conduisaient à leur gré le conseil représentatif, qu’ils avaient établi, dans Papéïti, le meilleur port et la capitale de lîle. Tout attestait leur suprématie. Tandis que la reine habitait une grande halle en bois, presque sans meubles, présent. Mesquin de la Société biblique de Londres, le principal missionnaire habitait un hôtel qu’on eût pris plutôt pour le palais de la royauté ; hôtel qu’il s’était fait bâtir par ses néophytes. C’était un vaste bâtiment en pierres, précédé d’une cour d honneur et suivi d’un beau jardin : là résidait le tres-reverendM. Pritchard avec sa famille. Le premier etage offrait de spacieux magasins pour les objets traficables dont Mme Pritchard dirigeait le débit; le rez-de-chaussée était occupé par une -pharmacie qu’exploitait le révérend même. U fallait considérer cet audacieux vendeur du Temple comme un conseiller intime à la cour, un premier ministre dans le gouvernement de Tahiti, et pour la majorité des des polynésiennes comme un primat des Wesleyens : tout cela se conciliait habilement avec une espece d agence au nom du gouvernement britannique.
- En i838, deux prêtres français, isoles et pauvres, arrives stir une chétive goélette, adressèrent leur priere a la reine Pomaré, pour obtenir de résider dans Tahiti. Malgré les ^présentations favorables du consul des États-Unis et de
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- plusieurs grands chefs, l’inexorable Pritchard et les autres prédicants obtinrent qu’on expulserait les humbles suppliants, contre lesquels on ameuta le commun peuple.
- Citons ici mon célèbre confrère à l’Académie des sciences morales et politiques M. Louis Reybaud. Voici comment il s’exprime dans son intéressant ouvrage sur la Polynésie et les îles Marquises : « Le Consul des États-Unis sauva les missionnaires français; mais le chef de la mission anglicane, Pritchard, n’était pas homme à s’arrêter à mi-chemin. Cumulant les fonctions de ministre du culte et celles d’agent commercial, il réunit les hommes dévoués de sa double clientèle, fit entourer la maison dans laquelle se trouvaient les prêtres français, les en arracha après avoir enfoncé la toiture, et les rembarqua de vive force sur la goélette qui les avait amenés. » Ce frêle navire, on le fit partir avec violence, et sur-le-champ, quoiqu’il ne fût pas ravitaillé.
- Depuis plusieurs années un Français résidait à Tahiti; il avait appuyé la demande des deux prêtres de son pay^, il fut sans Retard banni comme eux. Enfin, la même persécution continua contre quiconque, fût-il au nombre des grands chefs, avait montré sa sympathie ou sa simple compassion pour les infortunés catholiques. De tels excès ne pouvaient pas rester impunis.
- En septembre i838, l’un de nos circum-navigateurs, qui portait dignement le nom des Du Petit-Thouars, illustré deux fois, par l’héroïsme naval et les sciences naturelles, le commandant'de la Vénus châtie ces méfaits. U obtient une réparation méritée en faisant signer un traité solennel à la reine Pomaré
- Bientôt après, au mépris de cette convention, M. Pritchard eut le crédit de faire passer une loi qui défendait aux catholiques de s’établir dans le pays, et d’y professer en public leur religion.
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- Telle était la loi que se proposa de faire révoquer un autre éminent navigateur, chemin faisant autour du monde. G’était M. le capitaine de vaisseau Laplace, qui commandait la frégate VArtémise.
- Il a publié l’ouvrage le plus remarquable sur les arts, les mœurs et l’état social des pays qu’il a visités1. Je déclare ici le prendre pour guide, sous sa responsabilité, dans l’exposé des faits dont il fut témoin oculaire.
- En mai 183 9 il arrivait à Tahiti, accablé d’un plus grand malheur que Cook avant son dernier départ des Sandwich ; des récifs invisibles * avaient arraché son gouvernail et treize mètres de sa quille, en ouvrant dénormes voies deau. Par son courage et sa presence desprit, il avait sauvé sa frégate; mais il eut besoin de 1 abattre en carène et de la radouber dans le port de Papeiti, capitale de 1 île. Il eut ainsi le temps de bien etudier les choses et les hommes.
- Au milieu de la baie de Papéïti, le commandant de lArtémise voyait la petite île de Motou-Roa; la se trouvait 1& villa des souverains, où le roi Pomaré II se dérobait naguère aux regards des missionnaires pour s’enivrer,sans contrôle et commettre les excès dont il est mort, tout converti qu’il était au puritanisme.
- La grande île de Tahiti, si célèbre pour la beauté de sa nombreuse population, la richesse de ses cultures, le nombre et la force de ses navires de guerre et de commerce, Tahiti, incroyablement depeuplee, nétait plus
- reconnaissable.
- On a taxé Cook d’exagération lorsqu il avait attribue cent mille habitants à cette île, il y a déjà quatre-vingt-dix ans; Forster, savant scrupuleux, qui 1 accompagnait,
- Campagne de circumnaviqation de la fréqate l’Artémise, de 183t à 18/10.
- Paris, 6 vol. in-8#.
- introduction.
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- avait porté jusqu’à cent quarante-cinq mille âmes cette même population.
- Mais, avant d’aborder l’île principale, le commandant Laplace avait pris connaissance d’une des îles secondaires, Toubouay, que Cook avait vue peuplée d’habitants actifs et nombreux; ils possédaient alors un grand nombre de pirogues, dont l’illustre navigateur avait admiré la perfection. Soixante et dix ans plus tard, le capitaine français n’y trouvait plus ni pirogues, ni même d’habitants; elle était déserte. Faut-il s’étonner qu’à Tahiti la dépopulation fût devenue, non pas totale, mais effrayante?
- Les missionnaires anglais ont fini par ne compter que 7 à 8,000 habitants dans une île si féconde et dont la surface est de i5o,ooo hectares; c’était, proportion gardée, sept fois moins qu’en notre département des Landes, où la nature a prodigué les sables et les marais.
- Oserait-on dire que cette extinction de la race humaine, qui s’accomplissait avec une effrayante rapidité dans Tahiti et dans beaucoup d’autres îles explorées par les missionnaires anglo-saxons, était un résultat du christianisme en lui-même? Mais le fait était démenti par l’admirable spectacle des îles Gambier, dont nous parlerons bientôt avec plus d’étendue.*
- Dans ces îles étaient arrivés, c’était le début de nos modestes missions, deux prêtres, catholiques il est vrai, indigents, sans appui, et n’ayant pour eux que leur désintéressement, leur zèle et leur foi; ils avaient à convertir des hommes féroces, et les femmes les plus dissolues de la Polynésie. Ils souffrirent tous les maux sans murmurer ; malheureux et pauvres, ils consolèrent surtout les malheureux et les pauvres; les instruisant, et, parla voie de l’exemple, leur enseignant l’obéissance & leurs chefs, l’oubli des injures et la résignation. A ce spectacle les chefs se
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- sentirent rassurés d’abord, et puis touchés. Bientôt après ils se rangèrent au nombre des fidèles. Alors cessèrent les guerres civiles-, les coutumes sanguinaires disparurent en même temps que l’idolâtrie. Nos prêtres montrèrent aux naturels du pays à mieux cultiver la terre, ce qui fit cesser les disettes, si fréquentes auparavant-, les matelots étrangers rie trouvèrent plus les familles disposées a favoriser leurs débauches, au risque de gagner des maladies infâmes, chez un sexe qui sut enfin se defendre. Par ces moyens la population des îles Gambier, au lieu de décroître, a pris au contraire un mouvement progressif* symbole du bonheur public.
- Comparons ces progrès avec la decadence de Tahiti, depuis la fin du dernier siècle.
- A Tahiti, le culte idolâtre était beaucoup moins imparfait que dans les autres archipels. Il exerçait une utile influence sur le travail des champs, sur les soins hygiéniques,' sur la propreté même, si nécessaire à la santé sous la zone torride : l’exquise propreté, si peu connue dans 1 Orient, qui restitue à la beauté tout l’attrait de la nature, et qui rendait plus charmantes les Tahitiennes aux yeux de nos piemiers navigateurs. La gaieté, les chants, et les danses et les fêtes joyeuses, en allégeant le fardeau de 1 existence sous un ciel accablant, tendaient à prolonger la vie. Malgré 1 atrocité de quelques rites, détestable erreur dun faux culte, les mœurs étaient remarquables pour leur aménité.
- Bougainville et Cook avaient été dans l’enchantement de voir, comme une ceinture vivante et prospère, une foule de villages maritimes, que rejoignaient des chemins toujours praticables. Dans l’intérieur ils avaient admiré de «ombreuses et vastes cases, érigées au milieu des bois dorangers, de citronniers et de bananiers, entourées pai les cultures dépendantes et par les tenanciers, qui vivaient
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- dans le voisinage du chef, j’ai presque dit du patriarche. Ces ornements de la civilisation primitive, le navigateur de 183g les cherchait en vain : l’île qu’il visitait ne contenait plus que dix mille habitants, qui bientôt devaient descendre à sept ou huit mille. Le même observateur voyait les habitants en proie, ce sont ses termes, à la plus profonde misère, aux plus horribles comme aux plus honteuses maladies, suites de la débauche et de l’oisiveté. Les liens primitifs d’obéissance et d’affection, entre les chefs et leurs vassaux, étaient détruits. Ces derniers avaient abandonné la culture des domaines où, depuis des siècles, leurs pères avaient vécu, pour courir à la côte au-devant des étrangers, et laisser sans secours leurs femmes, leurs enfants et leurs vieux parents. Presque partout, vers i84o, régnait une déplorable solitude en des plaines, en des vallons où, trente années plus tôt, on voyait une multitude d’habitations situées au milieu dévastés champs cultivés; toute industrie avait disparu. Combien étaient dégénérés les neveux des navigateurs insulaires, de ceux qui possédaient la nombreuse et belle flottille dénombrée par Cook avec une si noble complaisance ! Ils ne possédaient plus que quelques rares et misérables pirogues, bonnes seulement au cabotage le plus rétréci, le long des côtes de l’île, et rampant à l’abri des récifs coraliens.
- Suivant le même témoin, « le changement qui s’est opéré dans le caractère des naturels n’est pas moins frappant. Ces gens si gais, si propres autrefois, si généreux avec les étrangers, étaient devenus tristes, sales, abrutis, fripons et menteurs. Tel est, selon lui, l’état où les missionnaires protestants, quoique sans doute animés des intentions les meilleures, ont réduit Tahiti. Il leur reproche de n’avoir pas, comme l’ont fait leurs rivaux catholiques, compris qu’il fallait, au lieu de briser l’état social
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- existant, substituer avec prudence et douceur le nouveau culte à l’ancien, conserver soigneusement la hiérarchie des rangs, seule garantie de l’ordre dans les sociétés voisines de l’enfance. C’est ce qu’ils n’ont pas entrepris. Dès qu’ils en ont eu la force, ils ont anéanti tout ce qui ne leur a pas semblé strictement conforme à leurs règles inflexibles. Envoyés simplement pour prêcher la parole d’un Dieu de paix et de mansuétude, pour donner l’exemple du travail et la connaissance de nos arts productifs, ils se sont érigés en législateurs; ils ont abusé de l’ascendant qu’ils devaient à la religion, à l’influence britannique, afin de peser sur les Polynésiens; ils ont fini par s’en faire les véritables despotes. Louons-les pour leurs écoles, pour leur zèle à propager de saintes croyances; mais leurs néophytes manquent de secours quand ils sont malades, et de consolations quand ils sont malheureux. Les convertis ont déserté les cultures de leurs anciens chefs; ils sont venus se mettre en contact avec les marins de toutes les nations; là, malgré les peines sevères portées par leurs pasteurs contre l’ivrognerie, contre les offenses aux bonnes mœurs, ils se livrent à la débauché la plus effrénée. Leur avilissement arrive a ce point que, pour satisfaire leurs penchants vicieux, ils vendent leurs femmes et leurs filles aux Européens ; et, suivant l’occasion, se montrent voleurs non moins adroits * flu’effrontés. »
- ' La liberté religieuse apportée par les Français.
- Quand on chassait de Tahiti les prêtres catholiques, et ffuand on leur interdisait tout culte ostensible, c’était donc pour conserver la prétendue régénération d’un état social dont nous venons de copier le tableau dessiné d’après Uature ! En juin 1889, reine Pomaré convoqua le con-
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- seil des grands chefs. Elle voulut qu’on délibérât sur la liberté religieuse, réclamée, au nom de la France, par le commandant de VArtémise. La discussion elle-même fut libre, approfondie, et dura deux séances. En un mois de séjour, notre équipage et son état-major avaient conquis la sympathie du peuple et des chefs les plus sages, avaient gagné le bon vouloir des femmes du commun et des dames de la cour. La reine elle-même, rassurée, avait cessé de fuir notre approche. Elle avait accepté l’offre de visiter l’Artémise, où l’urbanité nationale la fit jouir d’une fête aussi respectueuse et cent fois plus enchanteresse quelle en eût jamais reçu à bord d’aucun navire étranger : elle fut dès lors attirée vers une cause défendue par de tels apologistes.
- Quand l’assemblée délibérante eut émis un vote favorable, les prédicants essayèrent de le faire annuler par un conseil privé, réuni sous la présidence de la reine. La judicieuse princesse leur demanda simplement : « A Sydney, en Angleterre, permet-on l’exercice de toutes les religions ? » Il fallut bien répondre, oui. Alors Sa Majesté tahi-tienne déclara quelle imiterait sa puissante sœur Victoria, et qu’elle accepterait pour ses Etats la même liberté.
- Citons maintenant, comme un juste hommage à l’auteur du traité, l’article dont il eut l’honneur d’obtenir la libre signature :
- La reine Pomaré et les grands chefs de Tahiti, voulant donner à la France un témoignage de leur désir d’entretenir avec elle des relations d’amitié et d’alliance, et les assurer aux Français retenus dans leur île par le commerce ou par l’intention d’y résider, ont décidé, à la demande du capitaine Laplace, commandant la frégate française VArtémise, que l’article suivant serait ajouté à ceux du dernier traité conclu, en septembre i838, entre la reine Pomaré et le capitaine de vaisseau Du Petit-Thouors, savoir : Le libre exercice de la religion calholiqne est permis dans Vile Tahiti et dans tontes les autres possessions de la reine Pomaré. Les Français catholiques y jouiront
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- de tous les privilèges accordés aux protestants, sans gue pourtant ils puissent s’immiscer, sous aucun prétexte, dans les affaires religieuses u pays. Fait à Tahiti, le 20 juin 1839.
- Telle a donc été l’influence des Français dans les îles de ta Société : établir par les traités, en faveur des étrangers, a quelque nation qu’ils appartiennent, la protection des cultes opprimés, et la parfaite liberté des consciences.
- Ces conditions, qu’en Europe on n’oserait pas combattre ouvertement sans rougir, parurent insupportables aux missionnaires dirigés par le révérend Pritchard, et bientôt ils tas violèrent.
- Coup sur coup, depuis le traité Du Petit-Thouars, trois üjiVigateurs éminents apparaissent à Tahiti; chacun d’eux ient la réparation de quelque nouvelle injustice.
- Ces grands chefs et le mari même de la reine Pomaré comprirent enfin qu’un pareil état de choses ne pouvait Pas subsister. Dès i84i, ils avaient pris la résolution de c amer le protectorat de la France; ils le choisissaient parce quil jeur semblait le plus rassurant de tous.
- n an plus tard, le commandant de notre station des oaers du Sud, M. Du Petit-Thouars, vient une nouvelle fois amer des garanties contre la violation incessante de son e’ complété par celui du commandant Laplace. Alors reprise et confirmée par la reine la résolution des chefs pour réclamer le protectorat de la France; M. Du Pelit-ouars y consent, sauf l’acceptation de son Gouvernement. Les consuls d’Angleterre et des États-Unis applau-ssent aux conditions qui réservaient à la reine la pléni-lib G SGS ^r°^ts sur ses sujets’ et confirmaient la erté religieuse, conquise par nos efforts.
- Quelque temps après, M. Pritchard revient monté sur Uri bâtiment bien nommé, la Vindicative; il ose prêcher contre les Français la révolte. Sur ces entrefaites, l’accep-
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- tatior* du protectorat par la France est notifiée. Les îles reçoivent pour premier gouverneur l’héroïque Bruat, un de ces guerriers de rare énergie, qui devait montrer sa vaillance à côté des vaisseaux anglais à Sébastopol, et mourir amiral de France. Tel était l’adversaire qu’allait braver le. prédicant passionné, créateur de la sédition. Celui-ci, maîtrisant le faible esprit de la reine Pomaré, la pousse à méconnaître le protectorat dont elle a signé la demande et pris l’engagement solennel ; il la reçoit en transfuge dans son presbytère pharmaceutique et commercial. Il fallut entourer la maison du fauteur de l’anarchie, et déployer d’autorité le pavillon du protectorat sur le foyer même de la révolte.
- Le gouverneur Bruat alla trop loin lorsqu’il déclara déchue de son trône la princesse qui reniait son propre traité. C’était agir, il est vrai, comme un gouverneur anglais dans l’Inde, et le modèle était,grandiose; mais l’Angleterre aime qu’on admire ses exemples, et n’aime pas qu’on les imite.
- Le Gouvernement français, fidèle à l’engagement que violait une princesse égarée, ordonna qu’on maintiendrait purement et simplement le protectorat en sa faveur.
- Au milieu de ces conflits, les vœux du fauteur de désordre étaient satisfaits. La guerre civile éclatait; elle fut étouffée par des faits d’armes qui montrèrent à notre marine ce quelle avait droit d’espérer de vaillance et de capacité dans le gouverneur Bruat. Avant la fin de i844, la paix régnait partout, et le protectorat français exerçait sans obstacle son autorité bienfaisante.
- Depuis quatorze ans, dans tout l’archipel de la Société, les Anglais, les Américains et les étrangers de toute'autre origine, sont protégés à l’égal des Français quant à leurs personnes, leurs biens, leur commerce et leur culte.
- Un effet, autrement grave que d’obscurs combats dans
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- une île qui ne comptait pas un grand nombre d’habitants, se produisait en Angleterre. Pritcliard, l’auteur insidieux de tous les troubles, se présentait à son pays comme une victime innocente ; il affirmait qu’on avait violé dans son individu la foi protestante, dont il était le ministre, et la majesté de l’Angleterre 1 11 invoquait à grands cris la personnalité de cet être supérieur qui doit avoir, quoi qu’il fasse, raison partout, raison toujours, le citoyen des trois royaumes, le nouveau civis romanus.
- 11 nous suffit de rappeler les discussions violentes des réunions protestantes, et celles du parlement britannique et celles des chambres françaises : discussions envenimées, suivant l’usage, par une presse altérée de scandale et de discorde. Une implacable guerre de religion faillit éclater, en plein milieu du xixe siècle, entre les deux peuples les plus éclairés de la terre, pour châtier les Français d’avoir
- établi...quoi? dans l’Océanie, un respect égal pour
- toutes les religions!
- En France, l’opinion publique et la fierté nationale, irritées depuis le traité de juillet i84o, auraient voulu qu’on ne fît aucune concession, même au prix de la guerre. On vit à regret qu’une indemnité serait soldée au turbulent Pritchard, pour des dommages si volontairement, si violemment cherchés. Le Gouvernement crut devoir aller jusque-là par amour de la paix. Ce fut un grave échec à sa popularité-, les passions en profitèrent, et l’ébranlement dun grand trône compta, parmi ses causes misérables, le fanatisme insolent d’un Pritchard, et ses méfaits récompensés au fond de l’Océanie !
- La dépopulation de Tahiti, énormejusqu au dernierjour où les missionnaires étrangers exercèrent le pouvoir religieux et politique, semble aujourd’hui s’être arrêtée. Le dernier recensement montre un accroissement d’un hui-
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- tième pendant les quatorze ans que notre protectorat a répandu ses bienfaits. Espérons que ce mouvement de prospérité continuera; il nous fera trouver légers les sacrifices qu’exige un pays onéreux pour notre trésor. Sous le protectorat désintéressé de la France, montrer à la Polynésie, Tahiti florissante et tolérante, telle doit être notre juste et noble ambition.
- Commerce de Tahiti.
- Nous terminerons cet historique des graves changements éprouvés dans Tahiti depuis l’origine du siècle, par les tableaux instructifs qui suivent :
- Mouvement naval du port de Papéïti en 1856.
- - Entrées. Sorties.
- Bâtiments français 65 65
- Anglais i4
- Suédois et Brémois 3
- Yankies (États-Unis) i5 16
- Nouvelle-Grenade et Chili 7 5
- Iles Polynésiennes 39 37
- Totaux i43 i4o
- A ce mouvement il convient d’ajouter 16 navires baleiniers qui, dans l’année 1856, sont venus se ravitailler à Papéïti.
- Valeur des importations et des exportations en 1856.
- Importations.
- Par navires français.......... i,i5g,334f
- Par navires étrangers............ i,6o8,4i3
- Caboteurs de la Polynésie... 144,585
- Exportations.
- 848,920*
- 678,375
- 199’^9°
- Totaux
- 2,912,332 1,726,885
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- On peut expliquer la supériorité de l’importation comme représentant une partie des dépenses qu’exige le protectorat français. Un fait analogue est manifesté par notre commerce en Algérie.
- § 3. Les îles Marquises.
- Les îles Marquises/devenues possession française en 18A1, n’ont été jugées susceptibles d’aucun avenir au point de vue des cultures et du commerce. On n’a pas même persévéré dans la pensée d’en faire un lieu de déportation : nous n’entrerons à leur sujet dans aucun détail.
- § 4. Iles Basses : groupe des îles Gambier.
- Si l’on part de Gobija, le port extrême de la côte péruvienne, en suivant le cercle 2 3° de latitude australe; si l’on navigue ainsi presque sur le parallèle qui sépare la zone torride australe et la zone tempérée, après avoir parcouru 6,588 kilomètres (1647 lieues), on aborde à Mangaréva, la principale des onze îles Gambier.
- Ici commence un très-nombreux archipel de petites îles, -qui justifient vraiment le nom de Polynésie: c’est le groupe général des îles Pomatoa. On les appelle aussi les îles Basses, à raison du peu de hauteur quelles ont au-dessus de la mer. Ce grand archipel s’avance du sud-est vers le nord-ouest, dans une longueur qui dépasse 500 lieues, et sur une largeur de 200.
- Parmi les îles Basses considérons plus particulièrement le groupe des îles Gamhier. Montrons ce qu’a fait, en cet humble coin de la terre et dans un quart de siècle seulement, le zèle éclairé des missionnaires français.
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- Tandis que les habitants des autres îles Pomatou restent plongés dans une idolâtrie stupide, et qu’ils se détruisent les uns les autres par des guerres acharnées, en immolant leurs prisonniers, dont ils font d’odieux festins, voici les habitants des îles Gambier, convertis au catholicisme , ayant adopté les mœurs chrétiennes, la vie de famille et la loi sacrée de la monogamie. Afin d’instruire le peuple , les missionnaires français ont ouvert des écoles élémentaires, destinées à l’enfance ; pour l’âge plus avancé, deux de ces pères ont créé l’enseignement d’un collège. Déjà les adolescents savent parler, lire, écrire le français; ils possèdent des notions de calcul, de géométrie et de géographie. Les apôtres catholiques les ont par degrés soumis à la régularité d’un travail manuel quotidien.
- Les mêmes précepteurs ont appris aux habitants à construire des maisons en pierre, à mieux cultiver la terre, à détruire les mauvais buissons pour les remplacer par des arbres utiles et surtout par le cacaotier. Ils habituent l’insulaire à protéger ses cultures en les abritant, par des clôtures hautes et vivaces, contre les vents de la mer.
- A Mangaréva prospère un atelier de filature et de tissage où l’on fabrique de bons tissus, formés les uns avec la laine des moutons naturalisés, les autres avec le coton indigène. Les missionnaires dirigent ce travail, accompli par de jeunes insulaires qui vivent en commun et qui préparent les tissus nécessaires aux vêtements de tous : ce sont les hommes faits qui cultivent la terre.
- Les missionnaires catholiques, pauvres e.t désintéressés, suivent l’exemple des premiers apôtres; ils vivent de sacrifices. Leur abnégation et leur dévouement font partie de leur prestige.
- Un roi gouverne les îles Gambier; les missionnaires attendent qu’il réclame leurs conseils sans convoiter son
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- indépendance. Ils ont adouci les mœurs de ses sujets. Ils ont préservé les habitants du vice de l’ivrognerie, vice trop répandu dans les îles de l’océan Pacifique par les grossiers pêcheurs qui viennent d’Europe et des Etats-Unis :.vice funeste entre tous, qui contribue à dépeupler les îles encore idolâtres, comme il a fait disparaître du continent américain tant de tribus aborigènes.
- Dans les divers groupes delà Polynésie, que je ne puis pas énumérer, et qui pour nous n’auraient pas d’importance , l’église anglicane et les méthodistes ont aussi leurs missionnaires, recommandables pour leur zèle et la pureté de leurs mœurs; mais il leur faut une femme, et des enfants presque toujours nombreux. Ils sont habitués’aux aisances de la vie. Quand ils s’établissent dans une île plus ou moins sauvage, c’est pour y transporter les habitudes et l’aisance britanniques avec les conforts du ménage. Leurs habitations sont bâties, meublées au dedans et décorées au dehors, aùtant qu’il se peut, comme pourrait l’être, sur leur terre natale, un cottage orné, an ornamented cottage. Il leur faut des espaliers et des plantes d’ornement qui grimpent le long des murs, et les corbeilles de fleurs et la pelouse veloutée pour reposer la vue en avant du portique et de la véranda; ils profitent avec bonheur de quelque ruisseau rafraîchissant qui leur rappelle, par la verdure qu’il fait naître, la beauté champêtre de leur patrie.
- Aux aborigènes, que les missionnaires anglo-saxons emploient à bâtir pour eux, à planter et cultiver pour eux, iis enseignent de front les principes de leur culte et les maximes du commerce, soit avec la Grande-Bretagne, soit avec les Anglo-Saxons des Etats-Unis.
- Souvent ils se font donner un titre de consul pour pouvoir au besoin s’autoriser d’un pavillon et parler en
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- maîtres; ils apprennent aux néophytes le plaisir de porter les tissus voyants de Manchester, de chasser avec les fusils de Birmingham, de couper, d’ouvrer le bois avec les outils de Sheffield; de faire, en un mot, cet emploi des produits manufacturiers que les commis voyageurs, prédicants ou non, désignent sous le nom métaphorique de civilisation.
- • § 5. Nouvelle-Calédonie et ses dépendances.
- Nous regrettons de ne pouvoir pas traiter avec tout le développement désirable ‘un groupe d’îles qui sont aujourd’hui soumises à la France. L’immense difficulté que nous éprouverons sera d’y propager une population nationale, avec un goût aussi peu prononcé que celui de nos concitoyens pour émigrer en des contrées lointaines.
- Voici dans quelles limites géographiques est enfermé le groupe calédonien.
- Latitude australe. Longitude orientale.
- Du 20°,io' au 22°,26'. Du i6i°,35' au i64°,35'.
- L’île principale a la forme d’une ellipse très-allongée, dont le grand axe est dirigé du nord-est au sud-ouest; son territoire est considérable, il surpasse un million d’hectares.
- La Nouvelle-Calédonie est à 300 lieues de l’Australie; distance qui doit suffire pour qu’en l’occupant les Français n’aient pas semblé s’établir aux portes de la grande possession britannique, et la gêner par leur voisinage.
- C’est depuis 18 5 3 que les Français ont pris possession du groupe calédonien; Cook l’avait exploré le premier. Cinquante ans plus tard les études hydrographiques du même groupe furent entreprises par le capitaine Dumont-Durville. Ce célèbre navigateur, pour rendre hommage à
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- l’un de nos plus sages ministres de la marine, a donné le nom de Chabrol à l’une des îles dont est entourée la Nouvelle-Calédonie.
- En i843 nos missionnaires catholiques, devançant les forces navales, vinrent s’établir au mouillage de la Balade, afin d’essayer la conversion de la race papoue, qui peuple cette grande île. C’est une race sauvage et, qui pis est, cannibale. Les protestants avaient tenté, mais en vain, de les soumettre à leurs croyances : leurs successeurs n’ont obtenu que des succès jusqu’ici très-restreints.
- La Nouvelle-Calédonie est distinguée très-naturellement en deux parties. Celle où les eaux coulent vers l’orient offre de grandes plaines bien arrosées, et contient des terres facilement cultivables ; celle où les eaux coulent vers l’occident présente des pentes abruptes, des torrents moins favorables à l’agriculture; mais elle renferme, assure-t-on, des richesses minérales.
- Cette île, comme la plupart des îles polynésiennes, est entouree de récifs à fleur d’eau produits par l’exhaussement progressif des coraux.
- Parmi les îles secondaires qui forment les dépendances de la Nouvelle-Calédonie, signalons : i° l’archipel d’Entre-casteaux, voisin du Récif-des-Français ; 20 les îles la Loyauté, Halgan, Britannia, et l’île Chabrol, déjà mentionnée.
- Les volcans à l’intérieur et les madrépores à la circonférence sont les créateurs de la Nouvelle-Calédonie.
- Toutes les cultures tropicales doivent réussir en des plaines qu’échauffe le soleil de la zone torride ; les parties les moins basses pourront servir aux cultures de la zone tempérée.
- On évalue la population aborigène du groupe calédonien à 60,000 habitants; c’est à peine un habitant par
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- vingt hectares. U faut tout tenter pour civiliser ces sauvages et leur faire aimer le travail.
- On trouvera dans la plaine un ahondant et riche minerai de fer. On espère y découvrir de l’or : on a trouvé, dit-on, des quartz aurifères aux environs de Balade.
- Un cabotage important et sûr pourra s’établir entre l’île et les récifs longitudinaux qui l’entourent.
- Du récif du sud au récif d’Entrecasteaux il y a 220 lieues; c’est la plus grande longueur qu’offre l’archipel de la Nouvelle-Calédonie. Du côté de l’équateur et de l’occident, on est séparé de la Nouvelle-Guinée et de l’Australie par la mer de Corail.
- Droit en marchant vers l’équateur, on aborde aux îles Salomon, prolongées à l’orient par les Nouvelles-Hébrides, où Bougainville a découvert le détroit qui porte son nom; enfin à 2O0 lieues vers l’est sont les îles Viti, qui terminent les régions peuplées par la race noire.
- Côte orientale. *
- i° Balade. Parcourons rapidement la côte et les ports de la Nouvelle-Calédonie.
- En venant du côté de l’équateur et longeant la côte orientale, le premier port que nous trouvons est celui de la Balade, formé par une enceinte de coraux. C’est le port de refuge ou d’attente pour communiquer de l’est de l’île avec l’Australie, les îles hollandaises, la Chine et les Indes britanniques; mais, pour entrer ou sortir, il faut traverser des défilés entre les récifs madréporiens, qui sont la difficulté générale aux abords de l’île. Le port de Balade est sûr pendant neuf mois de l’année.
- Les montagnes voisines ont offert des échantillons de fer, de plomb, de cuivre. Le chef de la tribu qui peuple ce district est devenu catholique. La tribu qu’il
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- DES NATIONS, commande, la plus sauvage de l’île, est composée d’hommes de haute stature, an teint couleur de chocolat: c’est un croisement de l’Indien et du nègre d’Afrique, dont il conserve la figure et les cheveux crépus. Anthropophage par goût, il est d’ailleurs plein d’intelligence, definesse et même d’astuce, qualités et défauts qu’on retrouve atténués dans les autres parties de l’île. Paresseux avec délices, c’est sa compagne qui fait les travaux latigants, entre autres ceux de culture. A la guerre, elle porte les vivres et rapporte le butin. Par malheur pour les femmes de cette race, elles deviennent hideuses après leur douzième année, dès quelles ont eu des enfants; elles passent alors à l’état complet de bêtes de somme, et leurs maris les tuent sous les plus frivoles prétextes. La polygamie aggrave leur sort; elle oppose un des plus grands obstacles aux conversions religieuses. Malgré le zèle infatigable des missionnaires, ils n ont converti que 600 âmes au milieu d’un peuple de 60,000 personnes.
- Les habitants aiment très-peu le travail; cependant ils peuvent travailler, et travailler à merveille. Ils raisonnent leurs opérations et savent les perfectionner à mesure qu’ils les répètent; mais on doit chercher tous les moyens de tenter leurs désirs pour vaincre leur apathie.
- Chose heureusement rare sur la terre, ces peuples ne professent aucune religion ; ils n’ont pas même de fétiches. A mesure qu’on développera leur intelligence et qu’on les rapprochera de nos mœurs, ils adopteront naturellement la foi catholique.
- Etrange inconséquence! Ces hommes, qui n’ont pas l’idée d’un bienfaiteur de l’univers, croient à des esprits malfaisants. Ils ont des sorciers qui sont médecins empiriques; mais ces charlatans payent souvent de leur vie l’insuccès de leurs prophéties et de leurs médicaments.
- INTRODUCTION.-II. 4-
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- Le tabou, cette interdiction dont les chefs couvrent les objets que le peuplé doit respecter, est purement commandé par le pouvoir mondain des supérieurs. Ces chefs, au sein de leurs cases, sont absolus; au dehors, ils disposent à leur gré des biens et des personnes. Us exercent sans contrôle le pouvoir de vie et de mort. Au moindre geste, leurs ordres les plus cruels sont exécutés sans délai, sans murmure.
- 2° Puébo. En suivant la côte à partir de Balade, on arrive à ce port, dans une vallée où Ton a trouvé de belles pépites d’or. Il ne faut pas s’en étonner, car les terres sont de même nature que dans la Nouvelle-Hollande; les échantillons, examinés à Sydney, ont été trouvés pareils à ceux de la grande possession australienne.
- 3° Le port de Hienguen est médiocre comme le précédent. Son voisinage est habité par une tribu d’hommes superbes et moins sauvages que ceux dont nous avons déjà parlé. Le sol, plus riche et mieux cultivé, est couvert de bananiers, de cocotiêrs et de cannes à sucre. Le tabac y croît comme une plante parasite, ainsi que le cotonnier et le chanvre des Philippines; on doit y joindre l’olivier sauvage.
- /i° Koucihoua, bien abrité contre les vents du nord et du nord-ouast, les plus dangereux lors de la mauvaise saison. De hautes montagnes, riches en minerai de fer, entourent ce port; elles sont couvertes de bois de sandal, qu’on vient chercher d’Australie.
- Entre la côte et les récifs on communique par mer _ jusqu’à Kanala, qui s’en trouve éloigné de quatre lieues-
- 5° Kanala : c’est le plus grand, le plus sûr et le plus beau port de l’île. On ose comparer sa rade avec la rade de Toulon; le meilleur mouillage a reçu le noblè nom de Port-Durville. Ici l’on se trouve au centre de la côte orien-
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- DES NATIONS, taie. Les vallées circonvoisines sont couvertes de la végétation naturelle la plus vigoureuse; on y voit des cannes à sucre gigantesques ; on y trouve l’indigotier 5 l’état sauvage , et des arbres qui portent des fruits précieux.
- Un vaste amphithéâtre de montagnes richement boisées protège ces beaux vallons et verse en abondance des eaux pures et fertilisantes. Dans les eaux marines du voisinage on trouve des tortues dont l’écaille est recherchée en Australie; on y trouve aussi le tripang, la biche de mer, gros ver qui se tient sur le sable au fond de l’eau salée; les Chinois en sont très-friands. C’est en salant le tripang qu on parvient à le conserver.
- Tout à fait à la pointe australe de la Nouvelle-Calédonie , ést file des Pins, environnée d’îlots ombragés comme elle par les beaux arbres auxquels elle doit son nom.
- Côte occidentale.
- Rétrogradons vers l’équateur en longeant la côte occidentale. Nous trouvons d’abord le port Saint-Vincent II est forme par de vraies lagunes que défendent, du côté du large, des récifs madréporiques. Il offre des profondeurs d’eau de 1 o à î 5 mètres, qui peuvent recevoir les plus grands navires ; mais le mouillage est beaucoup trop éloigné de la grande côte. Les naturels des montagnes avoisinantes sont d’une férocité que rien jusqu’ici ne peut adoucir.
- Le port de Non, dans la baie Nouméa, présenie une rade vaste et superbe. On l’a nommé Port-de-France; il est d’un facile accès et bien abrité. L’île de Nou forme le brise-lame naturel de ce port, dans lequel réside aujourd’hui le commandant de l’île. Il y faut amener l’eau potable. Ce port fait face à Sydney, la capitale de la Nouvelle-Galles du Sud.
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- Baie de Moraré. On trouve au contraire l’eau douce en abondance sur le littoral de cette baie, qui deviendra précieuse parce que sa côte n’est qu’une immense mine de fer et de bouille. On compte autour de la baie quinze monticules, hauts de 3o à ho mètres, composés d’un excellent charbon fossile. On voit au milieu de la baie un îlot qui s’élève à 60 mètres de hauteur et qui, de la base au sommet, n’est qu’un massif de houille, bonne encore, mais moins parfaite que celle de la côte. De là le charbon peut êtee conduit très-facilement, par mer ou par eau, jusqu’au Port-de-France.
- Un jour, lorsque l’hydrographie aura fait l’étude complète des récifs de coraux et des passes qu’ils présentent dans tout l’archipel neo-calédonien, nous pourrons établir un cabotage aussi sûr qu’avantageux. Si l’on profite de la houille pour multiplier les navires à vapeur, que les noirs de l’île seront très-propres à chauffer, on aura la navigation la plus commode et la plus active. Les mêmes hâtiments pourront rayonner jusqu’en Australie.
- CHAPITRE II.
- ^AUSTRALIE.
- Nous venons d’offrir un triste abrégé des changements qui s’opèrent au milieu des îles de la Polynésie. Une race où l’individu réunit la force à la beauté, une race intelÜ gente, hospitalière ou sauvage, disparaît au contact de la ci vilisation occidentale, et de ce qu’on appelle ses bienfaits C’est à peine si, dans quelques rares endroits, le protec torat de la France, désintéressé, tolérant, humain, a sus pendu cette effrayante dépopulation. Dans une infini^ d’îles, les Occidentaux ont aidé beaucoup à détruire, jusqu’à ce jour ils n’ont rien édifié.
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- On autre spectacle nous est offert sur le vaste continent de l’Australie et de quelques îles adjacentes : là le peuple anglais commence la troisième de ses grandes créations. Après avoir fondé, puis perdu ses treize belles colonies, noyau des États-Unis*, après avoir développé et, jusqu’à ce jour, conservé les deux Canadas, de concert avec les provinces qui contournent le lac de Saint-Laurent, il est entré dans l’Océanie pour y former un établissement dont les progrès étonnent l’observateur, par la continuité, la rapidité, la sagesse et déjà la grandeur.
- Essayons de suivre ces progrès, en comparant les difficultés à vaincre avec les succès obtenus.
- Dans la première moitié du xvu° siècle, lorsque les Hollandais prédominaient sur les mers de l’Inde, ils découvrirent l’archipel qui depuis a reçu le nom A Australien, parce qu’il est situé dans l’hémisphère austral.
- Lîle principale de cet archipel est la plus vaste du monde. Dans le principe elle a reçu le nom de Nouvelle-Hollande; c’est l'Australie proprement dite. On peut en estimer par aperçu la contenance à six cents millions dhectares, contenance égale à vingt-six fois celle de l’Angleterre et de l’Écosse réunies. Une seconde île, beaucoup moins grande, un peu plus rapprochée du pôle austral, est appelée la Terre de Van-Diémen. Trois autres îles, qui se touchent presque, plus avancées vers l’orient, ont reçu le nom de Nouvelle-Zélande. Des îlots nombreux, peu remarquables d’ailleurs, sont disséminés alentour.
- Dans ce magnifique archipel australien, dont le territoire est plus vaste que trois fois l’Hindostan britannique, les Hollandais n’ont pas fondé le moindre établissement ; leurs conquêtes et leurs travaux de colonisation sont concentrés sur d’autres îles plus rapprochées de l’Orient.
- L’Angleterre , au milieu du xvine siècle , va créer un
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- nouvel empire en ces vastes contrées, que dédaignait la Hollande.
- Nouvelle-Hollande : Botany-Bay.
- En i 769 le célèbre capitaine Cook a visité la côte orientale de la Nouvelle-Hollande; il avait avec lui des botanistes éminents, les Brown, les Forster, et l’opulent, Joseph Banks au milieu d’eux : Joseph Banks, qui devint le digne ami du roi George III, et qui, pendant près d’un demi-siècle, présida la Société royale de Londres. Afin d’hono-rer une science ainsi représentée, le capitaine Cook appela Botany-Bay (la baie botanique) un mouillage qui, vingt ans plus tard, allait fixer l’attention des deux mondes.
- Colonisation, par les déportés, à Botany-Bay.
- Les Anglais se demandèrent comment ils prendraient possession du vaste pays où la nature étalait des richesses végétales dont leurs célèbres voyageurs faisaient des récits merveilleux. Us n’avaient plus, comme au siècle précédent, d’émigrations occasionnées par l’intolérance religieuse et par la fureur des guerres civiles. Les trois royaumes ne comptaient guère que le tiers de la population actuelle, et le sol de la mère patrie suffisait largement à nourrir ses habitants; aussi Y Angle terre , au xvmc siècle, exportait-elle encore le superflu de ses blés au lieu d’en importer, comme aujourd’hui, d’immenses quantités pour suffire à sa subsistance. Pour ces motifs, peu d’Anglais alors émigraient.
- A cette époque, les citoyens de la Grande-Bretagne auraient cru porter atteinte à leur liberté la plus chère s’ils avaient permis l’établissement d’une police, même sans armes, aux ordres du Gouvernement. Les malfaiteurs , enhardis, se faisaient un rempart impudent de cette
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- liberté sansbornes. Tout acte de surveillance officielle étant
- interdit, et l’autorité, n’ayant aucun moyen d etre préventive, n’atteignait les coupables qua la longue, api es a perpétration de délits et de crimes qui méritaient^ es c timents les plus sévères. Les prisons n étaient pas assez bien gardées pour empêcher de nombreuses évasions, enfin les redoutables échappés de la geôle, parer s a no récidivistes, étaient à la fois, pour les novices, es pro fesseurs de perversité, et, pour la société, les plus an
- gereux des criminels. „
- Le gouvernement obtint un acte du parlement a in d’envoyer à Botany-Bay les malfaiteurs auxquels on taisait grâce de la vie, ceux dont les (orfaits étaient ans a métropole un fatal exemple, souvent meme un peu Dans le dessein d’atteindre ces coupables, on institua a peine légale de la déportation. Le premier envoi des condamnés date de l’année 1787, et ce genre de châtiment a duré sans altération jusqu’en 18/to.
- S 1er. Nouvelle-Galles du Sud.
- La colonie pénitentiaire fut appelée la Nouvelle-Galles dn Sud, en l’honneur du prince de Galles, fils aîné de
- George III.
- 11 peut paraître singulier que la Nouvelle-Galles du Sud soit précisément la partie septentrionale de la Nouvelle-Hollande; de même que la mer du Sud est en réalité, par rapport à l’Océan de l’équateur èt des tropiques, une mer du Nord. C’est ici le lieu de répéter les observations que nous avons présentées dans la première partie. Les navigateurs européens, quand ils font voile en selpG gnant du pôle boréal, vont vers le pays du sud. En conséquence, lorsqu’ils abordent un pays, la partie du nord
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- est à leurs yeux la plus voisine de leur propre pôle, et la partie du sud en est la plus éloignée. Ces dénomina tions relatives sont vraies tant qu’on reste sur notre hémisphère; mais dès qu’on franchit l’équateur, elles deviennent inexactes. Ainsi l’Australie dite du Nord, la plus voisine du pôle boréal, et par conséquent la plus éloignée du pôle opposé, se trouve située sous la zone torride, et l’Australie du Sud appartient à la zone tempérée.
- Lorsque les populations de l’hémisphère austral seront assez paissantes pour présider à l’appellation de leurs territoires, elles rectifieront un système qui fait d’elles, au mépris de l'équateur, une espèce de prolongement, d’appendice à l’hémisphère de l’ancien monde.
- Premier gouverneur, le capitaine Phillip.
- Un Ordre en Conseil, daté du 6 novembre 1786, nomme Arthur Phillip gouverneur du territoire désigné sous le nom de Nouvelle-Galles. Cet Ordre confère à la colonie des limites qui furent longtemps tenues secrètes. Elles comprenaient, dans une profondeur indéfinie, la contrée australe que bordait le Grand Océan, depuis le 10e degré 37' de latitude jusqu’au 43e degré 3g'; c’était une étendue méridienne de presque mille lieues. On adjoignait à la possession un grand nombre d’îles secondaires situées à l’orient de cette frontière maritime.
- L’expédition navale qui transportait les premiers con damnés et tous les moyens de colonisation, commandée parle gouverneur Phillip, partit de Plymouth le i3 mai 1 787. En s’arrêtant un mois seulement au cap de Bonne-Espérance, elle jeta l’ancre, à Botany-Bay, le 18 janvier 1788; la traversée effective avait duré huit mois et six jours. Tels seront les progrès de la navigation, qu’on verra
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- des navires à voiles faire le même voyage en réduisant des deux tiers le temps de la traversée.
- Botany-Bay ne répondit nullement aux promesses brillantes des naturalistes. On trouva qu’elle était obstruée par de vastes bancs de vase; on y cherchait en vain un port naturel où des navires de grand tonnage pourraient accoster la terre. Une rade, à ce point imparfaite, était entourée de marécages ; en cherchant des eaux plus ou moins courantes, qui vinssent jusque dans la baie, on les trouvait saumâtres; enfin le sol circonvoisin, de nature sablonneuse, offrait dans la belle saison ces plantes fleuries et ces arbustes variés qui charmèrent les botanistes, mais qui promettaient peu les riches récoltes nécessaires a des colons agricoles.
- Découverte de Port-Jackson.
- Découragé par cet examen plus attentif et plus sév Arthur Phillip prit sous sa responsabilité de c erciei un autre port, un autre centre de colonisation.
- La nature avait caché, non loin de Botany ay, P tion la plus admirable, et dont le capitaine oo pas connu l’importance. Lorsque 1 illustre navi&a e quitté cette baie pour faire voile en remon ai l’équateur, après quelques lieues de parcours, so Jackson, en vigie dans la ^eh^^^^de, profonde; Cook, sans la visiter, en dete et l’appelle Port-Jackson. S’il avait pu S"PP08^ ^ ‘ ® aste
- ainsi l’entrée d’une rade incomparabl , r ,
- étendue, capable de recevoir des vaisseaux sa et de toutes grandeurs, il ne l'aurait pas destgnee sous le nom d’un obscur matelot. , 1,
- Lorsque le capitaine Phillip, suivant la route de
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- mais pour examiner de près le littoral, arrive à F entrer de Port-Jackson, et qu’il y pénètre, il reconnaît du pre' mier coup d’œil la position propre sous tous les rapport à recevoir le berceau de sa colonie. Un examen plus ap' profondi lui fait admirer une mer intérieure, vaste ( profonde, parfaitement abritée, avec une foule de ports naturels et quelques-uns magnifiques: tout répond à ses vœux. C’est dans la partie la mieux abritée de cette'rade qu’il va fonder sa première ville , métropole future de s# vastes colonies. Il donne à cette ville le nom de Sydney> premier lord de l’amirauté. Plus tard, nous décrirons avec soin Port-Jackson et Sydney.
- La Peyrouse à Botany-Bay.
- Quelles bizarres rencontres la fortune ménageait au* grands navigateurs européens!... La Peyrouse, arrivant du Kamschatka, passait en vue de Port-Jackson, dont d ignorait l’existence, et faisait son entrée dans Botany-Bay> le jour même où Phillip prenait possession du premia et plus beau mouillage. La Peyrouse venait, sur la f°J des récits de Cook, se ravitailler et construire, dans une baie déjà célèbre, deux grandes chaloupes qu’il avait a remplacer. Cette tâche accomplie, il remit à la voile, ei la France ne reçut plus aucune nouvelle des lieux qùallad visiter son illustre et malheureux navigateur.
- La dernière lettre que La Peyrouse ait écrite ], datée de Botany-Bay, contient le jugement le plus sain qu’on ad porté sur les indigènes de la Nouvelle-Hollande; sur ce$ barbares qui l’avaient blessé d’un coup de lance, malgfe son humanité. Il avait sainement jugé les races sauvage5 qui devaient bientôt, l’assassiner.
- 1 A M. de Fleurieu.
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- « J’ai fait à terre une espèce de retranchement palissade, pour y construire en sûreté de nouvelles chaloupes. Cette précaution était nécessaire contre les Indiens de la Nouvelle-Hollande , qui, quoique très-faibles et peu nombreux, sont, comme tous les sauvages, très-méchants, et brûleraient nos embarcations, s’ils avaient les moyens de le faire et s’ils en trouvaient une occasion favorable. Ils nous ont lancé des zagaies, après avoir reçu nos présents et nos caresses. Mon opinion sur les peuples incivilises était fixee depuis longtemps; mon voyage na pu que my affermir.
- J’ai trop, à mes périls, appris a les connaître !
- «Je suis cependant mille fois plus en colere contie les philosophes, qui exaltent tant les sauvages, que contre les sauvages eux-mêmes (7 février 1788).»
- La colonisation de l’Australie par les Anglais a trop venge la mort de La Peyrouse et de Cook sur les races aborigènes de l’Océanie. Les habitants primitifs de la Nouvelle-Hollande sont aujourd’hui presque tous exterminés, on morts de misère et de civilisation, comme on 1 ose dire. Plus tard, nous aborderons ce sombre sujet.
- Revenons au gouverneur Phillip. Pour fonder et faire subsister un premier établissement, il fallait vaincie des difficultés infinies. Il en a dignement triomphé, malgré la négligence incroyable et l’imprévoyance de la métropole.
- A la fin de l’année 1792, Arthur Phillip revenait en Angleterre, après avoir déployé des talents et rendu des services dont l’Australie doit être éternellement reconnaissante.
- Aï. le marquis de Blosseville a fait paraître un ouviage plein d’intérêt et dicté par les plus nobles sentiments, cest Y Histoire de la colonisation pénale et des établissements
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- de l’Angleterre en Australie. Nous y renvoyons le lecteui' qui voudra juger, d’après les faits bien observés, une grande et longue expérience, commencée par Phillip et poursuivi pendant un demi-siècle : elle avait pour but de moralisé les déportés en les appelant à cultiver un pays qui leitf offrait, par l’exploitation du sol, tous les degrés de bien' être et de fortune que peut procurer le travail.
- Le gouverneur King : premiers soins pour l’enseignement populaire.
- Après le fondateur de la colonie, je ne citerai plus que deux gouverneurs. Le premier, Gidley-King, établit une école pensionnée pour 60 orphelines ou jeunes fdles in' digentes, qu’il importait de soustraire aux mauvais exe#1 pies de leurs parents. C’est à Paramatta, ville située à sep1 lieues de Sydney, que ce pensionnat est fondé.
- La dotation de l’établissement consistait en 5,oqo heC' tares de terre, auxquels étaient ajoutés les animaux ne' cessaires pour une grande exploitation. Dans la pensée d11 gouverneur, l’éducation terminée, les jeunes filles de' vaient être mariées, en recevant quelques troupeaux avec un fonds de terre. Voilà certainement une noble création' qui pouvait aider à moraliser une colouie pénale.
- A cette époque, on évaluait presque au quart du re' venu colonial la somme destinée à l’instruction publique-Si l’on avait fait un usage intelligent de semblables $e' cours, il en serait résulté des biens infinis pour la colonie' Mais on était encore loin de l’époque où les création* d’un système raisonné pouvaient être accomplies.
- Le gouverneur Macquarie.
- L’administration du colonel Macquarie est à mes yen*
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- DES NATIONS, une des plus éclairées et des plus bienfaisantes. Commencée dès 1810, elle dura jusqu’en 1822; ce fut à la fois la plus longue et la plus féconde en bons résultats.
- Jusqu’à l’année 1810, la capitale n’était quun grand village en désordre. Macquarie en rectifia les alignements et rendit la voie publique praticable; il établit un marché quotidien, en procurant aux habitants un approvisionnement régulier de comestibles. Il erigea le premiei hôpital considérable qu’ait possède la colonie. En meme temps, lady Macquarie dessinait avec goût les prome-uades publiques de la capitale.
- Sous l’administration que je signale, le huitième des revenus coloniaux, encore bien faibles, était reseive pour 1 instruction populaire. Dans la seule année 1820, le gouverneur instituait une école qui pouvait recevoir 5 00 élèves.
- G est à lui que la Nouvelle-Galles doit 1 introduction de l enseignement mutuel, suivant la méthode lancastrienne.
- D’après ses instances l’administration métropolitaine accordait le passage gratuit aux femmes, aux enfants des déportés qu’on émancipait pour leur bonne conduite. On retenait ainsi dans l’Australie des hommes acclimatés et donnant de sérieuses garanties : la mesure était excellente.
- En 1820 une caisse d’épargne fut ouverte à tous les dépôts supérieurs à 3 francs. Dès que la somme confiée par un déposant s’élevait à 25 francs, on accordait un in térêt de 7 1/2 p. 0/0. Pareille institution, dans une colonie de déportés, était un bienfait immense; elle enseignait à cette classe de colons l’économie fructueuse, et conservait a l’abri de toute spoliation le modeste avoir de leurs lamifiés.
- Sous Macquarie se forme la première banque austi a henne, d’après le plan des banques écossaises. A peine éta-elle met en circulation des billets de 1 2 fr. 5o cent.
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- de 6 fr. 78 cent, et de 3 fr. y5 cent. Ces billets rendent
- à la colonie les services les plus importants.
- Grâce aux améliorations de toute nature appliquées à l’agriculture, aux travaux publics, au commerce, un écrivain, M. Wentworth, pouvait présenter le résumé suivant des revenus, en comparant les deux classes de colons.
- Situation de la Nouvelle-Galles en 1820.
- Classes productives..... les émancipés, les émigrés volontaires.
- Produits annuels (francs).. 28,090,000 fr. i3,i53,4oo fr.
- Macquarie n’accordait pas ses soins aux seuls colons d’origine européenne. Il aurait voulu porter remède aux maux infinis qu’enduraient les aborigènes. Il avait, comme essai, fondé sur un des promontoires de Port-Jackson un village peuplé de familles indigènes; il leur prodiguait ses soins et ses secours. Après lui, ce faible établissement n’â pas été soutenu, et rien n’a ralenti l’extinction des premiers possesseurs de la terre australienne.
- Les Anglais, pendant longtemps, n’ont connu qu’une portion très-minime du grand territoire dont ils s’étaient arrogé l’empire. Le gouverneur Macquarie favorisait les voyages de découvertes qui devaient révéler les contrées favorables à la colonisation.
- Une rivière, un port, à quatre-vingts lieues de Sydney, perpétueront sa mémoire et portent son nom.
- Jusqu’à Macquarie, les montagnes Bleues étaient restées comme un obstacle infranchissable. Elles arrêtaient l’expansion des établissements à trente-deux lieues de Sydney, en remontant vers le nord-ouest. On regarda comme un événement la découverte d’un premier passage à travers ces montagnes, après un quart de siècle de colonisa-
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- tlQn. Deux ans plus tard, par l’action énergique du gouverneur, une route voiturable était exécutée depuis Syd-ney jusqu’au delà de celte chaîne-, elle descendait dans Un immense bassin offrant ses prairies naturelles aux prochaines entreprises. Pour accomplir ces travaux, l’ha-Ce administrateur avait promis la liberté aux condam-nes qui supporteraient jusqu’au bout un si rude labeur. L’entreprise achevée, pour l’inaugurer, il conduisit en voiture lady Macquarie jusqu’aux grandes plaines concises. Là, le 7 mai 181 5, il posa la première pierre de L ville de Bathurst, ainsi nommée pour honorer le mi-n]stre des colonies de cette époque.
- Les efforts du gouverneur venaient tour à tour en aide aux diverses classes de la population, qui provenait de trois sources diverses : la première comprenait les malfaiteurs pour les délits et les crimes communs; la seconde comprenait les condamnés politiques, en très-grand nombre ^landais; la troisième, qui devait finir par l’emporter sur ^es deux autres, comprenait les colons libres, attirés peu ^ peu par le désir de marcher à la fortune en exploitant 3es richesses naturelles d’une contrée qu’on apprenait à Ceux connaître.
- Quoique la colonie obtînt les résultats les plus remarquables, grâce à l’excellente administration dont j’é-miuière les bienfaits , elle n’en était pas moins dépré-c''ee dans la mère patrie. On l’attaquait avec injustice, comme n’atteignant qu’imparfaitement son but, et surtout comme ruineuse.
- Macquarie sut répondre par des faits. D apres des calais officiels, de i 788 à 1821, pour tous les frais des condamnés depuis le départ d’Angleterre et pour le séjour dans L Nouvelle-Galles, la dépense était de i32,525,ooo fr. aPpliqués à 33,i5o déportés. Ces mêmes hommes au-
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- raient coûté 407,7/16,525 francs, s’ils étaient restés dans la métropole. L’épargne pour le trésor s’élevait, par conséquent, à 275,221,525 francs. A cette économie si grande, on devait ajouter la valeur d’une colonie qui déjà faisait entrevoir son incomparable avenir.
- Il ne faut pas croire que tant d’améliorations et d’importants résultats aient été produits par des soins faciles, au sein d’une société paisible, bénévole et reconnaissante. Jamais colonie composée d’éléments plus divers et plus opposés n’avait encore été fondée. Des passions, des cupidités, des haines infinies fermentaient au milieu d’un tel peuple. L’autorité publique, chargée de les contenir en de justes bornes, se trouvait en lutte perpétuelle avec les vanités, les intérêts et les inimitiés.
- L’avidité commerciale, l’esprit de monopole et la soif de la contrebande, irrités qu’on s’opposât à leurs excès, avaient été jusqu’à l’émeute pour renverser et déposer le gouverneur qui précéda Macquarie. Celui-ci, plus respecté, défendu longtemps par ses bienfaits, recommandé par les progrès mêmes qui découlaient de sa sagesse et de ses lumières, avait fini par être dénoncé dans la métropole, et représenté sous des traits odieux.
- Le parlement d’Angleterre ne pouvait manquer de retentir de ces plaintes. L’administrateur, qui méritait d’être récompensé, fut attaqué par des orateurs plus amis du bruit et du scandale que de la froide vérité. Une enquête sur les lieux fut ordonnée parla chambre des Communes, et cet ordre était une flétrissure anticipée. On fit plus: on envoya pour commissaire un parent du plus passionné des déclamateurs; de celui qui, dans la chambre populaire , avait dénoncé Macquarie avec une incroyable violence. Est-il besoin d’ajouter que cette enquête ne pouvait tourner qu’à la confusion de ses instigateurs P Mais,
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- ^enquête finie, l’administration du gouverneur justifié tou-°hait à son terme, et le départ de l’homme éminent con-soîait la haine de ses détracteurs.
- Superficie et peuplement progressif.
- La Nouvelle-Galles du Sud, même après les démembrements que nous ferons plus tard connaître, compte encore aujourd’hui i3o millions d’hectares : deux fois et demie le territoire de la France. Elle s’étend du 26e au 38e degré de l’hémisphère austral. Dans l’intérieur des terres elle est terminée, suivant des directions astronomiques, à la manière des colonies qui devinrent les États-^uis; au nord, par le cercle parallèle du 26e degré; à ioccident, par le cercle méridien qui marque i43° 3o' a lest de Paris. Du côté de l’orient, la colonie n’est limitée que par la mer.
- Premiers progrès de la Nouvelle-Galles du Sud.
- Années..... 1788
- Population. i,o3o
- 1792 1810 1821 1828
- 3,762 8,293 29,783 36,698
- Ainsi qu’on le voit par ce tableau, en quarante ans ^a population s’est accrue dans l’énorme rapport de un ^ trente-six !
- Il faut remarquer ici deux choses : premièrement le faible début de la colonisation ; ensuite une progression si rapide dabord, longtemps croissante et finalement ralentie.
- Progrès décennaux mesurés d’après les nombres qui précèdent.
- kntre 1788 et 1810. Entre 1810 et 1821. Entre 1821 et 1828. i,581 pour mille. 2,197 pour mille. 342 pour mille.
- Lorsqu’on arrivait à ce degré de ralentissement, une autre source de colonisation était sur le point de se déve-
- INTfiODUCTTON. -- II.
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- lopper; bientôt elle allait produire un changement essentiel dans l’état social de la colonie.
- Par degrés, à côté des condamnés, la Nouvelle-Galles du Sud avait commencé à recevoir des colons honnêtes et libres; les uns pour surveiller la population pénitentiaire, les autres pour entreprendre des travaux indépendants ou d’agriculture ou d’industrie urbaine. On avait imaginé, pour les déportés, des positions graduées, depuis le moment qui suit le jugement primitif jusqu’à l’expiration de la peine ou la commutation progressive et la grâce finale. Un premier adoucissement consistait à permettre au condamné de travailler chez un maître particulier, moyennant certains assujettissements. Si la bonne conduite justifiait cette première faveur, on accordait une complète liberté d’emploi, soit à la ville, soit à la campagne, moyennant ce qu’on appelait un congé de confiancel-Ces situations différentes sont indiquées dans le tableau qui va suivre; il mérite une attention particulière.
- DÉNOMBREMENT DE LA NOUVELLE-GALLES DU SUD, l84o À l84l.
- CLASSES. HOMMES. FEMMES. TOTAUX.
- Population libre.
- Arrivés libres dans la colonie 30,745 22,158 52,903
- Nés dans la colonie 14,819 14,622 25,441
- Libérés ou graciés 15,760 3,637 19,397
- 61,324 40,417 101,741
- Condamnés non libérés.
- Condamnés, avec conges de confiance. 5,843 i 316 , 6,159 \
- Condamnés appointés chez les citoyens. 6,658 ? 24,844 979 ( 3,133 7,637 ( 27,977
- Condamnés affectés aux travaux forces.. 11,343 ) 1,838 ) 13,181 )
- • Population complète.. . . 85,168 46,550 128,718
- On remarquera, dans le tableau qui précède, la grande
- 1 C’est le ticket, ofleave, à la lettre, permis d’absence.
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- inégalité des deux sexes ; cette inégalité ne devient considérable qu’à l’âge de 21 ans.
- Entre les années 1828 et i84o, le progrès décennal de la population s’élève à 3j8 pour mille. Nous en avons mdiqué la cause, qui tient à l’influence, déjà sensible, de limmigration volontaire.
- Hommes. Femmes.
- Habitants au-dessous de 21 ans.. 22,6gi 2i,2g4
- —-------- au-dessus de 21 ans.. . 62,477 22,356
- C’est parmi les condamnés et parmi les libérés qu’avait iieu l’extrême inégalité. Les femmes, moins robustes que ^es hommes et moins audacieuses, np commettent guère de crimes à force ouverte; aussi leurs méfaits méritent-ils, pour le plus plus grand nombre d’entre elles, des châtiments correctionnels plutôt que des peines infamantes, et la déportation, que ces peines comportent.
- On explique ainsi comment le nombre des adultes du sexe masculin est, proportion gardée, plus considérable dans la Nouvelle-Galles du Sud que dans les sociétés régulièrement établies. Il en résulte plus de travail accompli pour une même population totale. Mais le nombre dgs femmes nubiles étant beaucoup moindre, l’espèce est plus lente à s’accroître. Elle aurait pu diminuer sans la c°nstance et la grandeur des immigrations.
- On peut connaître à fort peu près, par la diversité des cnltes, les colons envoyés de la Grande-Bretagne et de Irlande. En 1841 l’on avait dénombré 129,425 prolestants et 56,262 catholiques,
- Les citoyens d’origine libre augmentant de plus en plus dans l’Australie, ils firent entendre des réclamations si Puissantes, qu’ils obtinrent finalement, en i84o, que la métropole n’enverrait plus ses déportés dans la Nouvelle-Cafles du Sud.
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- Le premier recensement quinquennal après cette résolution montre déjà les bons effets d’une telle cessation,
- RECENSEMENT DE 1 845-1 846.
- CLASSES. HOMMES. FEMMES. TOTAUX.
- Population libre.
- Arrivés libres dans la colonie 48,899 ' 38,216 87,115
- Nés dans la colonie 31,216 31,220 62,436
- Libérés ou graciés . 22,537 4,487 27,024
- Condamnés non libérés.
- 102,652 73,923 176,575
- Condamnés gratifiés d’un congé de
- confiance 7,116 \ 462 \ 7,578 \
- Condamnés affectés aux travaux publics. 3’074 9,321 238 ! 917 2,3721 ’ >10,838
- Condamnés affectés aux travaux jiarti- I 1 1
- culiers de colons désignés 731 j 217 J 948 J
- Population complète... . 112,573 74,840 187,413
- On reconnaît ici les résultats produits en cinq années, depuis qu’on a cessé d’envoyer de la Grande-Bretagne les criminels condamnés à la déportation.
- Les condamnés des deux dernières classes qui n’ont encore obtenu ni pardon ni congé de confiance sont presque diminués des huit neuvièriïes pour les hommes, et des cinq sixièmes pour les femmes.
- Aujourd’hui le nombre des condamnés dont les degrés de pardon ne sont pas épuisés est devenu tout à fait insignifiant.
- 11 ne reste plus que les stigmates imprimés par le souvenir des peines infamantes. Mais, au sujet de telles peines, on peut dire quelles ne laissent, en Australie, ni ces traces indélébiles ni cette aversion insurmontable qui poursuivent, aux Etats-Unis, les gens de couleur les plus
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- innocents appelés à la liberté. Dans ce dernier pays, une °dieuse infamie, sorte de stigmate physique, est imprimée SUr la face du libéré, et l’est ineffaçablement parla nature sa peau. Sur la terre australienne, une autre infamie, à a fois légale et morale, s’affaiblit avec le temps et par la °nne conduite ; elle disparaît tout à fait dès la seconde §eneration, quand le souvenir n’en est pas ravivé par de n°uveaux méfaits.
- Émigrations volontaires.
- Pendant le premier tiers de siècle qui s’écoula depuis a fondation de la colonie, les Anglais n’éprouvèrent pas e besoin d’activer la colonisation de l’immense contrée 0nt ils n’occupaient qu’un recoin presque imperceptible.
- G est seulement à partir de 18 ^ 5 qu’ils ont dénombré s émigrants volontaires, et l’on en comptait à peine mille Pai année dans les premiers temps. On va voir avec Huelle rapidité toujours croissante cette émigration s’est développée.
- Dations volontaires, par périodes quinquennales, du royaume-uni DANS L’AUSTRALIE ET AUTRES LIEUX, ENTRE 182 5 ET l855.
- ÉPOQUES. EN AUSTRALIE» À L'ÉTRANGER. ÉMIGRATION totale.
- a<! 1825 à 1829 5,175 55,635 103,911
- De 1830 à 1834 13,429 143,360 381,956
- De!835 à 1839 39,845 149,132 287,358
- 1840 à 1844. 02,716 221,506 465,57
- ae 1845 à 1849 64,222 690,914 1,029,209
- De 1850 à 1854 270,088 1,158,646 1,438,947
- •Totaüx.... 455,475 2,419,193 3,706,058
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- Telle est donc la marche de l’émigration : sur le total des personnes parties de la métropole, dans lès dix premières années, i8a5 à 1 835, moins de quatre pour cent arrivent en Australie; dans les dix années suivantes, 1835 à 18A5, il en arrive près de sept pour cent; dans les dix années subséquentes, 1845 à 1855, plus de treize pour cent, et maintenant plus de vingt pour cènt. Nous assignerons la cause de ces derniers et vastes accroissements.
- Ce doit être poiir l'Angleterre le sujet d'un profond regret qu’une si grande partie de ses émigrants, malgré toutes les facilités, tous les secours offerts par le gouvernement métropolitain, soient incomparablement plus nombreux pour passer à l’étranger que pour passer dans les colonies britanniques. Les Etats-Unis reçoivent quatre émigrants du Royaüme-Uni quand l’Australie ri’en reçoit qu’un. Il y a là quatre rivaux héréditaires, et trop souvent quatre ennemis acharnés, au lieu de quatre sujets loyaux et fidèles, qu’ils auraient été, si l’on avait eu l’art de les attirer dans une colonie du Royaume-Uni.
- Les Chinois eii A ustralie.
- Pour avoir une idée complète de la population nouvelle d’Australie, il faudrait connaître les émigrés des pays autres que les trois royaumes. U y a peu d’Européens étrangers; mais les Chinois, dont le nombre nous a frappe dans la Californie, n’ont pas mis moins d’empressement à passer en Australie. La recherche de l’or est pour eux d’un même appât dans les deux contrées : plus tard nous ferons de leur sort l’objet d’un examen approfondi.
- Passons maintenant de l’étude du peuple à la descrip' tion des cités.
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- Ville de Sydney.
- La capitale de la Nouvelle-Galles du Sud est en même temps la cité mère des possessions britanniques dans l’ar-chipel d’Australie : c’est la ville de Sydney, qui possède un P°rt magnifique, et qui joue ce grand rôle.
- Pour arriver à Sydney, lorsqu’on vient de la mer, oh foit voile d’orient en occident. Si l’on est en plein midi, ^ °n trouve d’abord à droite, du côté du soleil, le cap du Nord (Norlh-head); du côté du pôle austral, c’est le cap du Midi. Après avoir franchi la passe, large de trois kilomètres, on trouve, toujours du côté du soleil à midi, le havre du Nord, profond de deux kilomètres. On a devant s°i le havre du Milieu (Middle-harbour), très-sinueux et très-avancé dans les terres. On tourne à gauche et l’on Pénétré dans l’admirable partie intérieureide Port-Jacksoh, Partie dont l’axe, un peu courbé, se déploie dans une éten-Ue d environ trois lieues. Le grandiose est comparable à celui de Constantinople et de sa mer intérieure; mais ici a Corne d’or est l’immense nappe des eaux.
- Vers le milieu du grand arc de Port-Jackson, et sur la cote rentrante, s’avance hardiment la cité de Sydney. Le Dvage de la mer, incroyablement accidenté, contourne * V1he et la pénètre, jusque vers son centre, par quatre aies inégales; elles forment en sa faveur autant de bassins naturels, où viennent mouiller des navires.
- A la capitale s’ajoutent de longs faubourgs, en grande Partie maritimes; tel est celui de Pyrmont, bâti sur une Presquîle qui s’avance à deux kilomètres dans les eaux, comme pour ajouter trois ports de plus à tous ceux que a mer forme dans Sydney. Cette cité, par ses nombreux '1 beaux mouillages, est à mes yelix plus maritime que
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- Venise par ses canaux. Elle ouvre pour ainsi dire ses entrailles , afin de recevoir un nombre illimité de navires, et d’un tirant d’eau beaucoup plus considérable que ceux qui peuvent entrer dans les lagunes, au fond de l’Adriatique.
- Ce n’est pas seulement la périphérie de Sydney qui présente cette figure accidentée avec tant de bonheur. Les deux rives de Port-Jackson, dans leur vaste étendue, offrent une succession'continue de langues de terre très-proéminentes, d’îles protectrices et de bassins propres au refuge : ce sont en quelque sorte des nids destinés à recevoir des couvées de navires. Ces ports, auxquels les Anglais* donnent le nom pittoresque et gracieux de coves, peuvent9 admettre des bâtiments de diverses grandeurs, avec des abris propres au carénage de ces bâtiments, à l’habitation des pêcheurs, des caboteurs, etc.
- En définitive, lorsque, par un beau jour d’été, par un soleil dont l’élévation, la latitude, est celle d’Alexandrie, et sous un ciel aussi resplendissant que celui de l’Égypte, le voyageur parcourt les belles eaux de Port-Jackson dans leur magnifique étendue, en contemplant des deux côtés une telle succession de baies, de coves et de promontoires, il est frappé d’un des spectacles les plus imposants que puissent offrir les grandes scènes maritimes.
- Il y a soixante et dix ans, mille forçats arrivaient dans ces lieux pour y commencer humblement un Botany-Bay transféré. Aujourd’hui cent mille citoyens, heureux et libres, à l’abri de toute guerre et nageant dans l’opulence, ajoutent les grandeurs de la civilisation aux grandeurs de la nature. Leurs monuments montrent â l’autre hémisphère la plus récente capitale des trois empires qu’a fondés la race anglo-normande et saxonne en Europe, en Amérique, en Océanie.
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- Dès l’année i84i, Sydney possédait 4,516 maisons1, Peuplées d’environ 3o,ooo habitants. Cinq ans plus tard, elle comptait 45,190 âmes; elle en compte aujourd’hui Prèsde 100,000. Celte grande cité, siège de deux archevêchés, l’un catholique et l’autre anglican, possède plusieurs ' etablissements qui caractérisent la civilisation avancée des races européennes. Les cathédrales, les églises et les temples lèvent vers le ciel leurs clochers et leurs tours. C’est â Sydney qu’est établie l’université centrale, nommée collège d Australie, où sont entretenus de nombreux professeurs P°ur les sciences et les lettres, avec des droits égaux à ceux d’Oxford et de Cambridge pour conférer des degrés. Les musées sont préparés à côté des amphithéâtres. Afin de suffire à la construction de ces derniers édifices, le parlement de la Nouvelle-Galles a voté 1,2 5o,ooo francs,
- 200,000 francs pour bâtir une école secondaire. Nous citerons aussi l’école des arts et métiers, l’école du commerce, les sociétés des sciences naturelles et d’agriculture.
- Dans le beau jardin des plantes de Sydney, un botaniste eruinent, M. Fraser, a naturalisé la plupart des végétaux utiles de l’Europe : service immense pour une contrée dont les plantes, ainsi que les animaux, diffèrent complètement des animaux et des plantes de l’ancien monde.
- Les travaux entrepris pour fournir d’eau potable la geande ville de Sydney méritent d’être remarqués. A trois Leues de la ville on réunit dans un réservoir les eaux
- 1 Le gouverneur de ta colonie fait remarquer que, de i85o a i856, le ®ombre des maisons construites dans la colonie n’a pas suivi le progrès de la Population; ce qu’il attribue justement à l’extrême cherté des construc-hons, d’où s’ensuit aussi la cherté des loyers. Le peuple est, par conséquent, logé plus à l’étroit, et sa santé, ses habitudes d’ordre et de propreté doivent en souffrir : cela deviendra plus sensible quand nous parlerons de
- Victoria,
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- qui proviennent d’un spacieux terrain qu’on a drainé; l’eau qu’on a recueillie traverse un vaste banc de sable, qui la filtre naturellement. Les eaux rassemblées dans le réservoir général doivent être élevées dans d’autres réservoirs aussi hauts que l’exigeront les plus hautes maisons de Sydney. L’on emploiera pour cela trois puissantes machines à vapeur.
- Sydney n’a pour garnison qu’un régiment d’infanterie," avec une compagnie d’artillerie : probablement en tout moins de mille hommes. La mère patrie fait payer en entier par la colonie ce millier de soldats et les forts et les batteries, et jusqu’aux canons protecteurs.
- Lors de la dernière guerre contre la Russie, la Nouvelle-Galles avait formé, pour sa défense, des corps de volontaires, infanterie, artillerie et cavalerie; après la paix, ils se sont dissous sans consulter la métropole.
- Les Anglais ont construit un arsenal pour la marine militaire dans une belle position de file de Banks.
- Pour le service du même arsenal, ils ont, en ces derniers temps, construit une grande forme de radoub; sa longueur est de 96 mètres et sa largeur est de 18 mè-très 3/i o.
- Villes de Paramatta et du Nouveau-Newcastle.
- A trois lieues de Sydney s’élève la petite ville de Para-matta, près de laquelle le savant général Brisbane a fait construire un observatoire précieux pour l’étude stellaire de l’hémisphère austral. Deux astronomes célèbres, feu Rumker et M. Danlop, ont illustré cet observatoire pat leurs importantes et nombreuses observations.
- Sur la côte orientale qu’occupe la Nouvelle-Galles du Sud, faisons remarquer le Nouveau-Newcastle : c’est un
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- P°ït de mer important par le voisinage de vastes mines houille, voisinage auquel la ville même a dû son nom. H faut remarquer aussi la baie de Moreton, d’où l’on expedie directement en Angleterre les laines du pays cir-convoisin, l’un de ceux où les troupeaux sont les plus Nombreux. On discute en ce moment pour savoir s’il ne convient pas d’ériger en colonie indépendante le district h’es-spacieux de Moreton-Bay.
- Progrès agricole et pastoral.
- U est temps de parler des progrès agricoles et pasto-raux qui pendant longtemps furent pénibles et lents.
- Vers la fin du dernier siècle, la colonie avait perdu le troupeau de race bovine possédé par le gouvernement : ces animaux s’étaient sauvés, et, pendant un certain Nombre d’années, on n’en avait pas eu la moindre nouille. Plus tard on les retrouva, au milieu des bois, dans Nue région fertile; il ÿ en avait près de cent. On préféra ^es laisser libres, afin qu’ils préparassent à la colonie des ressources précieuses et qui ne coûteraient aucun sacrifice.
- Puissante influence du colon Mac-Arthur.
- Il se trouvait alors à la Nouvelle-Galles un officier de rare intelligence, le capitaine Mac-Arthur. Il conçut que Ia contrée où le troupeau du gouvernement avait pu Prospérer de lui-même devait être éminemment propre au pâturage ainsi qu’à l’agriculture, il obtint une concession très-étendue, dans le voisinage de l’endroit où l’on avait retrouvé ces animaux; puis, avec une activité infatigable, il s’occupa d’en tirer parti. Loin de trouver des imitateurs, on le taxait de folie à s’aventurer si loin; et
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- pourtant, il s’agissait seulement de se transporter à seize lieues de la capitale.
- On doit à Mac-Arthur l’initiative d’une mesure à laquelle il faut attribuer la fortune de la colonie. Dès le commencement du siècle, il obtint qu’un navirp irait prendre au cap de Bonne-Espérance vingt mérinos de race pure, tirés de la bergerie du colonel Gordon, un Écossais mort au service de la Hollande. Il eut pour lui le quart de ces animaux, et seul il en tira grand parti. Voilà le premier élément des magnifiques troupeaux de race améliorée dans l’Australie. Pour ajouter à ces moyens de perfectionnement, Mac-Arthur obtint encore des animaux reproducteurs, aussi d’origine espagnole ; ils lui furent donnés par la bergerie royale de George III.
- Enfin la prise d’un navire espagnol, à bord duquel on trouva de beaux moutons mérinos, accéléra la multiplication des troupeaux d’espèce améliorée.
- L’infatigable Mac-Arthur obtint une concession additionnelle de 2,000 hectares, gratuite comme on les avait jusqu’alors accordées : nul ne possédait mieux que lui le moyen de la rendre productive. Le gouvernement métropolitain mettait en outre à sa disposition les bergers dont il avait besoin, et qu’il pouvait choisir parmi lès prisonniers du gouvernement; c’est ainsi que, par ménagement, sont appelés les déportés encore condamnés aux travaux publics.
- Veut-on connaître maintenant avec quelle merveilleuse rapidité l’on a propagé les grands animaux utiles? Nous nous contenterons de citer le parallèle suivant, présenté par M. Wentworth, déjà cité p. 62.
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- adultes producteurs, terres employées, et grands animaux utiles, ' en 1820.
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- Colons adultes 7,755 1,558
- Hectares de terre en culture 11,747 4,345
- Hectares de terre en pâture '. 85,824 80,270
- ANIMAUX POSSÉDÉS.
- ! chevaline. 2,415 1,553
- r, 1 bovine Espece,., v 42,788 28,582
- J ovine 174,179 87,391
- \ porcine 18,563 6,304
- Totaux 238,145 123,830
- Animaux par 1,000 hommes adultes1 30,704 77,480
- Évidemment la Nouvelle-Galles prenait rang parmi les Peuples pasteurs. Dès 1820, elle envoyait en Angleterre ^,098 kilogrammes de laine; dans l’année suivante, elle en envoyait 8k,h00 kilogrammes.
- Mac-Arthur donnait aussi l’impulsion pour varier et pour améliorer les cultures. 11 désirait beaucoup donner ^ ta Nouvelle-Galles du Sud la culture de la vigne. Il ^Qianda qu’on fît venir une colonie de vignerons empruntés à la France ainsi qu’aux bords du Rhin : il réclamait pour son compte vingt hommes maries, qui tassent habiles à l’exploitation des vignobles les plus
- Estimés.
- les
- En ne comptant pas les condamnés non libérés, les fonctionnaires ni garnisons.
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- FORGE PRODUCTIVE
- Progrès ultérieurs du système pastoral.
- Jusqu’à ce jour, les colonies de l’archipel australien n’ont pas même espéré de se créer une industrie manufacturière. Un long temps doit s’écouler avant qu’elles puissent y parvenir, vu l’excessive cherté de la main-d’œuvre. Ce qui caractérise en premier lieu l’Australie, c’est la richesse pastorale, celle qui doit précéder toutes les autres; celle, en effet, qui, pour être développée, demande le moins de bras et de capitaux; celle, enfin, qui doit marcher à pas de géant dans un pays immense, où la terre a cent fois plus d’étendue que ses habitants n’en pourraient labourer, fussent-ils tous agriculteurs.
- Dès 1810, on voit les premiers et faibles développements de l’élevage des animaux domestiques. Un tiers de siècle plus tard, on arrive à la plus grande proportion entre le nombre de ces animaux et la population humaine.
- DÉNOMBREMENT COMPARÉ DES ANIMAUX DOMESTIQUES EN l8lO ET 1 845.
- ANNÉES POPULATION INDIVIDUS DE L’ESPÈCE
- COMPARÉES. HUMAINE. CHEVALINE. BOVINE. OVINE.
- 1810 .. . 8,293 1,114 n,276 34,550
- 1845 187,418 71,169 1,059,432 5,604,644
- Proportions pour mille habitants.
- Années. . Espèce chevaline. Espèce bovine.
- 1810 . . i34 i,359
- 1845... 3 80 5,653
- Espèce ovine.
- 4,i66
- 29,905
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- DES NATIONS.
- 70
- Mise en fermage des terres de la couronne, pour Vélevage des troupeaux.
- Les colons aventureux qui voulaient s’enrichir par l’é-|evage des troupeaux s’étaient emparés de vastes terrains, lnhabités, incultes, mais propres au pâturage. Ils demandaient vivement qu’on les leur concédât à des conditions <ÎU1 leur permissent de les améliorer. En i846, un acte du parlement autorisa la couronne à faire des concessions de pacages pour un temps qui n’excéderait pas quatorze
- années.
- Dans la colonie de la Nouvelle-Galles du Sud, les terres f
- Urent divisées en trois classes, suivant quelles appartement à des districts, i° déjà régularisés, 2° non réguîari-Ses> 3° en voie de régularisation. Dans les districts de la Première catégorie, le fermage fut annuel et réservé pour ^es champs libres encore et contigus aux terres possédées Par des colons. Dans la deuxième classe, la rente des pacages était concédée pour quatorze ans. Si l’État vendait es terres à l’expiration des quatorze ans, il remboursait la Valeur des améliorations. A l’égard de la troisième classe, es concessions de pacage pouvaient varier entre un an e* quatorze ans.
- Plus tard on a pris les mêmes mesures pour les pâtu-la§cs des colonies de Sud-Australie et d’Ouest-Australie.
- L est facile de justifier le système suivi par le gouvernaient à l’égard de terrains vierges encore et d’une si ^aste étendue.
- En affermant d’immenses pâturages, on évite l’incon-Venient de vendre prématurément, à trop vil prix, des trains éloignés encore de toute colonisation.
- Dans l’état primitif des terres, leurs herbages ne peu-vent nourrir qu’un très-petit nombre d’animaux. Si l’on
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- voulait les vendre en cet état, le prix de vente serait presque nul. Il valait mieux se contenter, en premier lieu, d’un fermage extrêmement modéré; l’on n’exigeait qniin schelling, c’est-à-dire 1 fr. 2 5 cent, par hectare.
- L’amélioration première consiste à cultiver une petite portion pour nourrir les pasteurs loin des terres colonisées; à faire quelques clôtures et à construire des huttes pour loger les personnes; à creuser des puits, à préparer des retenues d’eau potable pour les hommes et pour les animaux. Ceux-ci par degrés engraissent la terre.
- Aliénation successive des terres de la couronne.
- Nous venons d’expliquer le système de fermage des terres de la couronne et ses effets favorables à l’élevage des troupeaux, à la fécondité du sol. Nous compléterons ce sujet en expliquant les mesures adoptées pour la vente des mêmes terres que, dans le principe, on donnait gratis.
- En 183 î , pour la première fois, l’autorisation fut donnée de vendre à l’enchère les terres appartenant à la couronne en Australie et dans l’île de Van-Diémen. C’est à dater de ce moment que la colonisation a fait les plus grands progrès.
- Lorsque l’on commença de suivre le système que nous venons d’indiquer, le moindre prix de vente fut seulement de 5 schellings par acre, c’est-à-dire i5 fr. 60 cent, par hectare. On a par degrés élevé ce prix minimum à 3 7 fr. 5o cent, et finalement à 62 francs par hectare : ce qui signifie qu’en un quart de siècle la valeur de la terre non fécondée, mais pouvant l’être, a quadruplé.
- L’acte du parlement de 1842, qui permettait d’élever ainsi par degrés le prix minimum des terres à vendre, offre une disposition pleine de sagesse. Défense est faite à
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- ^ administration de revenir à de moindres prix légaux gae ceux auxquels on s’est une fois élevé. Par là les premiers acquéreurs n’ont jamais à craindre que les nouveaux venus °btiennent sur eux, quant à l’avilissement du prix de la *erre, un avantage qui serait contraire à lequité.
- Sage application du produit de la vente des terres.
- Les Espagnols n’ont semblé fonder leurs colonies que Pour en tirer des millions, prix odieux de la sueur et de la Vle des vaincus. L’Angleterre s’élève à de plus hautes penses dans ses colonies, où les travailleurs sont ses propres enfants. Tout ce quelle pourrait tirer de tels établissements, à titre de revenu public, elle préfère l’employer P°ur les rendre plus peuplés, plus productifs et plus commerçants. C’est un moyen à la fois ingénieux et généreux d accroître la richesse et l’empire de la métropole par la ri-cLesse et le bonheur procurés à ses possessions extérieures.
- En Australie, la moitié du produit des fermages et de
- Vente des terres est employée pour défrayer une grande ^migration; l’autre moitié sert aux travaux d’utilité publique et pour défrayer le cadastre progressif des super-ficies à mettre en valeur.
- A Londres, dès i83i, l’on avait institué la première c°mmission chargée de subventionner et de diriger l’envoi des travailleurs demandés au Royaume-Uni pour les c°lonies australiennes. A cette époque, le passage le moins dispendieux coûtait de 87b à 1,000 francs; ce qui le Codait impossible pour des ouvriers sans capital. Il fallait
- Porter remède à ce grave inconvénient par des secours
- j • .y
- U1stribués avec intelligence.
- On a permis que les acquéreurs de terres désignassent, dans la métropole, les émigrants qu’ils désireraient obte-
- ÎMTRODUCTION.----II.
- G
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- 82 FORCE PRODUCTIVE
- nir pour leurs travaux et dont le passage serait payé sur
- la moitié du prix des terres achetées.
- La révolution de février 1868 avait privé d’occupation un nombre, hélas! trop considérable d’ouvriers français qui travaillaient dans le voisinage de Calais. Avec leurs familles, ils se rendirent en Angleterre, et demandèrent passage pour la Nouvelle-Galles du Sud. Une souscription, généreusement ouverte par les Anglais, fournit à ces infortunés le quantum exigé de tout émigrant; leur courageux travail a payé ce bienfait avec usure.
- De i832 à 1851, en dix-neuf années, le nombre des immigrants de toute origine a dépassé ia3,ooo âmes, et la dépense coloniale pour faciliter l’immigration n’a pas été moindre de 37 1/2 millions de francs.
- Qu’est-il résulté de ces sages mesures? En 1831 la population de la Nouvelle-Galles du Sud n’excédait pas 5o,ooo habitants; dès 185o elle s’élevait à 25o,ooo âmes. Dans le court espace de dix-neuf années, elle avait quintuplé.
- Dernier recensement de la Nouvelle-Galles du Sud, après la séparation de trois nouvelles, colonies.
- Hommes,
- Femmes.
- 147,000 119,000
- 266,000
- En faisant connaître à quelle cause est due la grandeur de l’immigration aux États-Unis, nous avons indiqué les sommes importantes envoyées, par les immigrants qui prospèrent, aux membres de leur famille restés en Europe. Nous avons eu plaisir à citer les Irlandais.
- Le gouvernement britannique autorise les caisses publiques d’Australie à recevoir de semblables remises de fonds pour favoriser l’immigration des parents et des
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- DES NATIONS. 83
- amis qu’ont laissés dans la mère patrie les colons plus ou *noins enrichis.
- Caisses d’épargne, et leurs rapports avec la t'ente des terres.
- Les caisses d’épargne d’Angleterre acco’rdent un petit surplus d’intérêt pour favoriser les émigrants qui s’engagent à n être remboursés gu en terres australiennes. On encourage de la sorte à l’acquisition des terres les ouvriers à la fois rangés, actifs, économes. De plus, la moitié de leurs épargnes devient applicable à payer leur passage en Australie.
- Aussi longtemps que le gouvernement métropolitain continuera d’appliquer la politique, si digne d’éloges, dont oous venons d’énumérer les actes bienfaisants, il sera digne de conserver et conservera le magnifique territoire °ù grandit sous ses auspices la civilisation la plus rapide.
- Constitution représentative en Australie.
- L’année 185o est mémorable dans l’histoire de i’Aus-h’alie-, elle a vu réformer la constitution bizarre et précaire donnée en i84^ à la Nouvelle-Galles. Lord Grey, pendant son ministère agité, avait eu l’idée dangereuse de réunir dans une seule chambre représentative un bers des membres nommés par le pouvoir exécutif et deux tiers choisis parles électeurs censitaires; il est aisé de concevoir quels froissements et quelles résistances devaient résulter d’un mélange aussi discordant. En i85o °n a profité de l’expérience et constitué deux chambres P°ur la Nouvelle-Galles, suivant l’exemple de l’Angleterre et celui des États-Unis. On a donné le même gouvernement représentatif à trois autres provinces, Victoria, ^Australie du Sud et l’Australie de l’Ouest.
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- La Grande-Bretagne procédait à la constitution graduelle de ses colonies australiennes à mesure quelles acquéraient un certain degré d’importance; elle agissait comme la confédération américaine, lorsque celle-ci constitue ses nouveaux États.
- Redisons-le : depuis le commencement du xixe siècle, l’Angleterre a fait preuve d’un esprit éclairé, libéral et conciliant en faveur de ses colonies, et surtont de l’Australie.
- Beau tableau du génie britannique dans ses colonisations, par M. Gladstone.
- L’ancien chancelier de l’échiquier, M. Gladstone, a noblement exprimé le principe moderne des colonisations britanniques. «Nous rassemblons, a-t-il dit au sein de la Chambre des Communes, nous rassemblons un certain nombre d’hommes libres, pour former, dans le nouveau monde, des populations qui jouissent d’institutions libres comme les nôtres. Un État ainsi préparé se développera par le principe d’accroissement qu’il porte en lui ; le pouvoir impérial de la mère patrie le préserve amplement contre toute agression étrangère. Ainsi se propagent avec le temps notre langue, nos mœurs, nos institutions et notre religion , portées par la colonisation jusqu’aux parties les plus lointaines de la terre. Les émigrants anglais emportent avec eux leur liberté, comme ils emportent leurs instruments aratoires et tout autre ustensile nécessaire à l’établissement de leurs demeures : liberté qu’ils transmettront à leur postérité ; Voilà le secret, voilà l’infaillible moyen par lequel nos concitoyens, loin de la mère patrie, triomphent de tous les obstacles dans l’œuvre ardue de la colonisation. »
- Longtemps après, M. Gladstone a beaucoup plus déve-
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- l°ppé, dans un enseignement oral fait à la classe ouvrière, les meilleures idées de son pays sur ce beau sujet de la c°lonisation; il n’a rien dit de plus généreux, de plus pro-f°nd et de plus vrai.
- Découverte de Y or dans la Nouvelle-Galles du Sud.
- Le célèbre Sir Roderick Murchison, président de k s°ciété géologique de Londres, en comparant la structure des monts Oural, riches en mines d’or, avec les monts de ta Nouvelle-Galles du Sud, avait annoncé que ces derniers devaient aussi renfermer des richesses aurifères. Les cupidités étaient excitées par les découvertes récentes et Merveilleuses que les habitants des États-Unis avaient taites en Californie. On opéra des recherches sur les Leux qu’avait signalés le savant géologue, et l’on décou-Vrit> dans la même année, les gisements de la Nouvelle-Galles du Sud, bientôt surpassés en produits par ceux de ta nouvelle colonie de Victoria.
- Au lieu de laisser les chercheurs d’or effleurer à l’aven-*Ure et souvent gaspiller la surface de ces gisements, l’ad-Ministration britannique ne tarda pas à soumettre ces cLercheurs aux règles d’une police financière efficace. On tas obligea, i° de prendre et de payer une licence de 12 fr.
- cent, par mois ou i5o francs par année, pour avoir ta faculté d’extraire l’or en des terrains faisant partie du domaine public; 20 de payer une somme égale s’ils éri-§eaient sur ces terrains des constructions temporaires;
- ne payer seulement moitié des 12 fr. 5o cent, par mois, P°ur qu’on leur permît l’exploitation de l’or sur des champs possédés par des habitants.
- Les travailleurs, attirés par l’appât du métal précieux, Couvèrent exorbitant que l’État en demandât une par-
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- celle, destinée pourtant à concourir au progrès de la colonisation; ils se soulevèrent en refusant de payer ces contributions. Mais, dans les pays qui font partie de l’empire britannique, la force finit toujours par rester à la loi : les rebelles furent soumis, punis, et payèrent.
- J’ai pu calculer, pour l’année 1856, le rapport des droits perçus à celui de l’or produit.
- Parallèle de l’or transporté des gîtes aurifères à Sydney avec les droits perçus.
- Poids total de l’or transporté. .... 4,g43 kilogr.
- Valeur dans la colonie.......... i5,g33,94o francs.
- Dans la même année i 856, orf comptait en moyenne 14,609 patentes renouvelées quatre fois; le produit de ces impôts s’élevait à 7 y5,806 francs.
- Le total des licences représente seulement 48,687 fr. par million d’or effectivement transporté; celui-ci, d’ail leurs, n’est pas tout l’or recueilli.
- Absence d’exploitation des quartz aurifères.
- Il est à remarquer que, dans les états officiels de i856, on trouve une colonne pour les licences relatives à l’exploitation des quartz aurifères; or cette colonne est en blanc. Ainsi, pendant 1856, l’exploitation de ces quartz n’aurait pas encore été commencée dans la Nouvelle-Galles du Sud. Nous verrons cette colonie devancée par le nouvel État de Victoria.
- S’il faut en juger d’après l’or transporté des mines de la Nouvelle-Galles dans la ville de Sydney, la production de ce métal serait peu considérable pour cette colonie.
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- Hôtel des monnaies de Sydney.
- Sydney, qui possède le seul hôtel des monnaies de ^Australie, est un port qui n’est pas sans importance à ^ egard de 1’ or qu’on y fait passer et qu’on réexporte.
- Or
- Monnayé dans Sydney depuis la création de cet hôtel, 18 mai 1855, jusqu à la fin de l’année 1856.
- M
- M
- °nnaies d’or frappées en 7 mois 12 jours de i8d5. . °nnaies d’or frappées en 1856...................
- i2,8io,5oofr.
- 29,050,000
- Ainsi l’or monnayé à Sydney, dans l’armée i856, offre presque une valeur double de l’or transporté des mines e la colonie par la voie officielle de la malle-poste ou des c°nvois. (Voyez page précédente, ligne 1 1.)
- NOUVEAU DISTRICT DE PORT-PHILIPPE.
- Ides l’année 1835, lorsque la Nouvelle-Galles du Sud etait en pleine voie de prospérité, lorsque son industrie pastorale couvrait de troupeaux un vaste territoire ayant P°ur centre civil et commercial Port-Jackson et Sydney, 0ïl conçut la pensée d’étendre la colonisation dans la Partie la plus tempérée, du côté du pôle austral.
- Embarquons-nous avec les nouveaux colonisateurs. En Naviguant sur la direction qui vient d’être indiquée, nous 0llgeons d’abord la côte orientale, dans une étendue de *5° lieues. Nous arrivons au cap Howe, au delà duquel e littoral incline tout à coup vers l’occident. Ici commencera l’établissement nouveau qu’on s’est proposé de former.
- cm continuant notre route au delà du cap llowe, après
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- FORCE PRODUCTIVE
- un parcours de 1 ào lieues, nous atteignons le cap Wilson, le plus avancé de tous vers le pôle austral. Ensuite la côte remonte un peu vers l’équateur.
- Nous suivons pendant 70 lieues cette dernière direction , et nous parvenons au fond d’un vaste golfe.
- ' Description du lac ou golfe nommé Port-Philippe.
- Ici nous trouvons la plus belle position maritime que l’Australie puisse offrir après Sydney : c’est celle de Port-Philippe. On a consacré par ce nom le souvenir du premier gouverneur qu’ait eu l’Australie; de l’homme de mer dont l’instinct supérieur avait découvert, et je dirais presque inventé Sydney! Port-Philippe est devenu le centre commercial du nouveau district à coloniser.
- Depuis longtemps on avait reconnu fimportance de cette admirable position, mais sans y créer le moindre établissement. Seulement quelque temps avant 1835, un très-petit nombre d’Anglais, colons de Van-Diémen, avaient profité du voisinage ; on leur devait quelques essais isolés de vie pastorale sur la partie du continent australien qui faisait face à leur île.
- Ce qu’on appelle Port-Philippe est un grand lac maritime, ayant en superficie 236,000 hectares, près de quatre fois le lac de Genève. Ce magnifique bassin communique avec la mer par une entrée large seulement d’une demi-lieue; elle est assez resserrée pour empêcher que l’Océan ne propage, dans les eaux intérieures, ses grandes agitations.
- Les explorateurs du nouveau district trouvèrent d’abord, à l’entrée du lac appelé Port-Philippe, une baie spacieuse et bien fermée, qu’on nomma la baie du Cygne, Swan-hay. Bien quelle fût plus vaste que notre rade de Toulon, les
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- mvestigateurs passèrent outre. En tournant à l’ouest, ils côtoyèrent une grande presqu’île, et, poussant toujours ^ers 1 occident, ils entrèrent dans la large baie de Géelong; *js avaient suivi déjà 12 lieues de littoral dans l’intérieur
- e Port-Philippe.
- Fondation de Géelong et de Williamstown.
- Au fond de cette baie ils érigèrent une première hutte, ,ans lieu qui sera la ville de Géelong, ville qui s’élève a Présent entre le port du même nom et la rivière Bar-vv°n* Cette rivière descend en plein Océan, après un parcours de 4 lieues, à pareille distance de l’entrée du lac flippe.
- Géelong fut le premier centre commercial du nouveau stnct, dont la création ne remonte qu’à 1835. Ses Accroissements étaient certains, grâce à Pexcellence de position pour recevoir les produits du territoire occi-ental. Cette ville, qui n’avait pas au delà de 454 habité8 en 184 1, dix ans après en comptait 8,297; elle Vait prendre plus tard des développements beaucoup P us considérables.
- Après avoir indiqué Géelong, les colonisateurs continuèrent d’explorer la côte occidentale du lac Philippe, Gn remontant vers l’équateur. À l’extrémité de cette côte, s trouvèrent un beau port naturel qui peut recevoir les P Us grands navires de commerce ainsi que de guerre; ils J âtirent quelques maisons, qui furent le noyau de Wil-stown. Les Australiens voulaient, par ce nom, rendre °rumage à Guillaume IV, alors souverain des trois
- ïoyaumes.
- 0
- s Fondation de Melbourne, capitale du district.
- Immédiatement au delà de Williamstown, on trouve
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- l’embouchure d’une rivière que les naturels du pays ap-pellent Yarra-Yarra. En la remontan-t à 10 ou 12 kilomètres, on est arrêté par une haute cataracte, comparable aux cataractes qu’on rencontre lorsqu’on remonte, à courte distance, les rivières occidentales de la Nouvelle-Angleterre. Dès j 83y, en aval de cette cataracte, on a commencé de bâtir la ville de Melbourne, nom du premier ministre, peu marquant, de cette époque.
- Melbourne, fondée deux ans plus tard que Géelong, eut des progrès encore plus rapides; elle devint le chef-lieu du district de Port-Philippe, et plus tard la capitale d’une colonie nouvelle, dont l’avenir est magnifique.
- /
- Industrie pastorale du district de Port-Philippe.
- •>
- Tout appelait les colons vers l’industrie pastorale. Ils avaient sous les yeux les progrès déjà si considérables qu’avait faits l’élevage des bêtes à laine dans la partie colonisée de la Nouvelle-Galles. La contrée occidentale du district Philippe leur offrait des plaines immenses, d’un niveau très-remarquable, propres au labour et surtout après le pâturage. Ils ont heureusement secondé la nature. Ils ont perfectionné leurs laines en même temps qu’ils multipliaient leurs troupeaux. Ils ont, à l’exemple des colons de la Nouvelle-Galles, demandé des animaux reproducteurs aux races les plus choisies. Leurs succès sont dignes d’admiration.
- Les colonies qui s’adonnent au labour ne peuvent être fécondées qu’en proportion du nombre des bras; aussi, le cas excepte d’émigrations considérables, l’accroissement des cultures est borné par la lenteur d’accroissement propre à la race humaine.
- Mais quand les habitants s’adonnent à l’élevage du
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- etail, et surtout à celui des bêtes ovines, la multipli-j^tion naturelle des troupeaux peut Très-facilement dou-er tous les deux ou trois ans, et même avec plus de promptitude. Si des immigrations d’animaux viennent au secours, le progrès, déjà si rapide, devient plus rapide en-^°re. On trouve facile, au moyen d’un appel aux habitants j e ta métropole, de faire suivre ce progrès à la population lumaine. Il suffit de se procurer un nombre de pasteurs comparativement très-peu considérable, puisqu’à chacun eux on confie parfois jusqu’à mille moutons.
- Tel est le secret de la multiplication prodigieuse des etes à laine dans les vastes plaines du district de Port-mhppe. On jugera de cette multiplication par l'accroissement de la quantité des laines envoyées de ce district ta métropole.
- Progrès des laines exportées, de 1831 à 1851.
- Années. Kilog ranimes.
- .......................................... 79,378
- ....................................... 1,957,710
- 1851...................................... 7,833,25o
- Si nous calculons l’accroissement, supposé régulier de ^3-7 à i844, nous trouvons que le poids total de la taine, et par conséquent en général le nombre des animaux, a doublé tous les dix-huit mois.
- Mais, si nous opérons le même calcul entre i844 et *^51, nous trouverons que le nombre des animaux na Ptas doublé que tous les deux ans et trois mois.
- Ce ralentissement est d’une facile explication. Aussi tangtemps que le nombre des bêtes à laine, dans le dis-tvtat de Port-Philippe, 11’était qu’une petite portion du Nombre total de ces animaux possédés par l’Australie, peu
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- d’efforts et de capitaux suffisaient pour ajouter beaucoup, par la transmigration, à la production naturelle du district. Mais dans la seconde période de sept ans, lorsque le nombre des bêtes à laine du nouveau district s’approche du nombre des mêmes animaux dans tout le reste de l’Australie, les secours de la transmigration deviennent comparativement moindres; en même temps, Port-Philippe fournit à son tour des troupeaux à des établissements plus nouveaux encore. Ces deux causes expliquent le ralentissement du progrès, mais sans que l’énergie, l’intelligence et l’économie des colons aient pour cela diminué.
- J’ai pensé qu’il y aurait autant d’utilité que d’intérêt à mesurer ce mouvement progressif de la richesse pastorale, lorsqu’elle arrive au plus grand degré d’accélération que l’industrie humaine puisse atteindre.
- Progrès du nombre des habitants; leur esprit d’indépendance.
- Au 3i décembre i85o, avant que la colonie lût séparée de la Nouvelle-Galles du Sud, celle-ci comptait 265,5o3 habitants; deux mois plus tard, le district de Port-Philippe offrait déjà y y, 3 45 habitants. On verra bientôt grossir merveilleusement ce noyau primitif d’une colonie qui va conquérir l’indépendance.
- Les habitants du district, peuplé seulement depuis quinze ans, sans communications par voie de terre, étaient séparés de Sydney par un littoral d’au moins 300 lieues. Ils se plaignaient avec énergie d’une centralisation administrative qui plaçait si loin d’eux le chef-lieu de leurs affaires. Leur impatience exprimait les vœux les plus pressants pour devenir un Etat distinct; en dernière instance, ils refusaient d’envoyer des députés à l’assemblée législative, dont ils voulaient se séparer.
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- Erection du district de Port-Philippe en colonie séparée.
- § 2. Victoria.
- Afin de faire droit à des désirs irrésistibles, dès l’année
- 1 Exposition universelle, et lorsque nous étions à
- Londres, on distrayait de la Nouvelle-Galles du Sud le
- grand district de Port-Philippe, dont nous venons de faire
- c°nnaître les heureux commencements. On le dotait cT
- lune existence autonome, avec son gouverneur spécial, s°n gouvernement représentatif et ses lois particulières. Lorsque la métropole sanctionnait cette mesure impor-tante, elle ignorait la découverte de l’or, faite dans le fec°nd semestre de l’année 18 5 î ; découverte qui devait llïlprimer un incroyable essor à l’État qu’on organisait sur ces nobles bases.
- En donnant à la colonie le nom de Victoria, l’on rendit 0rïiniage à la souveraine, aussi chérie que vénérée, du §rand empire britannique.
- Limites géodèsiques de Victoria.
- Hémisphère austral. Latitude..... 34° à 3g°
- Longitude orientale.............. i38° 4o' à îk’]9 4o'
- Frontières de la colonie.
- p La colonie de Victoria, comme autrefois le district de ort-Philippe} commence au cap Howe. Sa frontière ma-Hfiiïie se développe dans une étendue d’environ 4oo lieues, l^squau cercle méridien marqué par î 38° ko' de lon-j^hide orientale. Ce méridien, prolongé jusqu’à la rivière Uri’ay, sépare les deux colonies de Victoria et de Sud-
- Aüstralie, laquelle est à l’occident.
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- Superficie et population.
- On évalue approximativement la superficie du territoire. a2 5,38i,ooo hectares; elle surpasse en étendue la Grande-Bretagne, aujourd’hui peuplée de a 1 millions d’habitants.
- Superficie................. 25,381,000 hectares.
- Population, en mars i85i ...... 77,345 habitants.
- Territoire pour mille colons. ... 318,100 hectares.
- Evidemment un territoire où la population était à ce point clair-semée ne pouvait avoir quelque importance que par son industrie pastorale, dont nous avons signale les premiers progrès.
- Au commencement de l’année i858, le dénombrement donnait 470,000 habitants.
- Ainsi dans le court intervalle de sept ans, la population de Victoria se trouve plus que sextuplée: Les Etats-Unis ne présentent pas de progressions plus accélérées, dans leurs états naissants, d’une extrême prospérité.
- D’après quatre recensements officiels, j’ai calculé ap' proximativement la population de Victoria: i° pour Ie ier janvier de sept années consécutives; i° la valeur moyenne en chaque année A.
- Dans les recherches qui vont suivre sur les progrès de
- - Années. Au ierjanvier.
- 2 mars i85i 77>3/ii
- ier janvier 1852. . . io4,583
- i853 . 150,210
- i854 2i5,74o
- i855 284,o3o
- i856 34i,578
- i857 410,766
- i858 46o,ooo
- Années. Population moyenne.
- 1/2 i85i q5,534
- i852 127,096
- 1853 182,976
- 1854 249,885
- 1855 V . .
- j 856 376,172
- ï857 435,383
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- ta colonie, pendant ce laps de temps très-court, les changements seront si rapides qu’iï faudra, chaque année, les comparer avec la population croissante elle-même.
- tau beaucoup d’autres contrées, les progrès décennaux s°nt moins rapides et moins importants qu’ici les progrès annuels; quelques nations s’accroissent moins pendant Uri siècle.
- C’est à la découverte de for qu’il faut attribuer ces dé Veloppements pleins de grandeur, et les perturbations profondes qui les ont accompagnés comme des contre-coups loevitables. Nous en tiendrons compte.
- Découverte et production de l’or dans la colonie de Victoria.
- Pour la richesse et la multiplication des gîtes aurifères, ta territoire de Victoria l’emporte incomparablement sur celui de la Nouvelle-Galles.
- Dans une immense étendue de territoire, la difficulté 11 est point de trouver une place, an placer, qui contienne de lor; mais une place qui n’en contienne pas.
- Si la
- nature s’est montrée prodigue envers la colonie de Victoria, l’homme a secondé la nature par des mesures dm sont dignes de la plus sérieuse attention.
- Conditions sociales comparées de Victoria et do la Californie, depuis la découverte de l’or. 1
- Peu d’années avant l’époque où nous arrivons, la Ca-°rnie avait offert un spectacle comparable à celui de lctoria pour l’abondance du métal précieux que la nature y fournit à l’homme; mais la différence est infinie pour la manière dont les travaux ont pris naissance, et pour les Phases traversées par le peuple qui s’organise autour d’un v°lcan dont la lave est l’or.
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- FORCE PRODUCTIVE
- En Californie, la liberté sans borne ouvre les portes aux exploitants attirés de tous les points de la terre. Tous sont égaux, tous sont sans frein : des hommes, enflammés de cupidité, s’accumulent dans une contrée auparavant presque déserte, et dans laquelle on trouvait plus de sauvages que d’hommes civilisés. La force publique est inconnue; les lois sont à naître; chaque individu n’a pour moyen d’attaque et de défense que ses bras, sa vigueur de caractère, et souvent sa perversité. Mais le besoin pressant d’une sûreté commune rapproche les esprits les moins impurs, au milieu de tant d’éléments hétérogènes. Un fantôme d’ordre social se dessine. Bientôt une constitution calquée sur trente autres des États-Unis est proclamée ; elle reste d’abord une lettre morte. Des tribunaux s’organisent dans l’intention avouée de protéger les biens et les capitaux. Des juges amovibles sont nommés, à court terme, par leurs propres justiciables; les malfaiteurs font main basse sur cet ordre d’élections, pour remettre à des complices la justice elle-même et son glaive faussé; puis le crime lève la tête, et si haut, qu’il faut à la fin que des hommes ayant au fond du cœur l’amour et le besoin du droit constituent la terrible dictature du Comité de vigi' lance. Enfin apparaît un pouvoir supérieur à toute violence individuelle, un pouvoir qui fait connaître à l’assassinat sans remords le seul remède efficace ici-bas, le supplice, ordonné par une raison froide, ferme, impassible, élevée, comme un jugement émané du juge des juges.
- En Australie va se déployer à nos yeux un tout autre spectacle. Le pouvoir exécutif, sans rien enlever à la fi' berté, conserve ses conditions d’existence et de respect qu’il tient de la métropole et d’un trône. Les juges reçoivent leur mandat d’une région supérieure et révérée-Malgré la turbulence et l’incroyable mélange des cher-
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- cheurs d’or, les lois s’avancent comme eux de placer en P^cer. Pour se faire obéir, elles chercheront, s’il le faut, ^es instables même au milieu des forçats libérés : ceux-ci, ^endus aux bienfaits, aux égards de l’ordre social, ne souf-lent pas que de nouveaux coupables le deviennent sans enc°urir à leur tour la flétrissure et la punition.
- Ces deux conditions si diverses constatées dans le pa-laÜele de la Californie et de Victoria, portons un regard attentif sur les faits accomplis et sur les résultats obtenus dans la colonie australienne.
- J examinerai successivement la richesse annuelle des Exploitations aurifères ; la nationalité, la condition des jridividus et des familles appelés à cet ordre de travaux; a ^action des trésors produits sur les autres richesses de la colonie, et sur la constitution des diverses classes 0nt la population est composée.
- Si l’on me reprochait de n’être pas assez avare de résul-jats Amériques, je demanderais comment on pourrait
- s supprimer, lorsque la valeur du métal dont je veux ^gualer l’influence sociale ne s’offre au commerce, aux lndividus, à l’État, que sous la forme d’un chiffre moné-*a*re> et n’influe qu’à ce titre sur la société.
- H y aura seulement un avantage avec la race britan-calculatrice au plus haut degré; c’est quelle a fait Setvir l’autorité même des lois et la fixation des impôts les Plus légers, à constater incessamment les progrès de la Pr°duction dans la colonie grandissante. J’ai profité de Ce penchant.
- Je commencerai par donner, d’après les documents P^lementaires, la valeur et la quantité de l’or produit cJtaque année dans la colonie de Victoria.
- INTRODUCTION. — II.
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- QÜANTITÉS ET VALEUR DE L’OR PRODUIT DE l85l À l856.
- ANNÉES. OFFICIELLEMENT certifié. NON ENREGISTRE. TOTAUX. VALEUR A VICTORIA.
- kilogrammes. kilogrammes. kilogrammes. francs.
- 1851 (1/4) 4,512 2/10 » 4,512 2/10 12,702,120
- 1852 98,227 6/10 33,837 5/10 132,065 1/10 371,667,475
- 1853 70,760 6/10 25,376 5/10 ' 96,137 1/10 289,714,550
- 1854 56,941 8/10 11,232 2/10 68,174 219,269,900
- 1855 69,467 9/10 22,693 5/10 92,160 8/10 296,407,300
- 1856 78,673 1/10 31,189 1/10 109,862 2/10 353,359,700
- Totaux. . 378,582 6/10 124,328 8/10 502,911 4/10 1,543,114,045
- Voilà donc une seule des colonies australiennes qui tire de son territoire, en cinq ans et trois mois, la somme prodigieuse de un milliard cinq cent quarante-trois millions d’or. Ce n’est point par degrés quelle arrive an maximum de h production. Après les faibles essais des derniers mois de i 851, elle parvient, dès 185 2, au plus grand résultat quelle ait encore atteint. Elle décline ensuite pendant deux années, quoique le nombre des chercheurs d’or aille toujours en augmentant, mais, en î 852 , on effleurait les gîtes les plus abondants, et la récolte moyenne obtenue par travailleur était énorme. On verra quelle est aujourd’hui beaucoup moins productive pour le mineur employé.
- Première période : or natij obtenu par le lavage ou le remuement des terrains aurifères.
- Dans la première période, on effleure les emplace
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- ments les plus favorables; on obtient les plus grands Produits avec le moins de travail et d’un travail fort ^parfait. Bientôt l’avantage relatif des exploitations diminue, et l’on cherche un nouveau moyen d’y suppléer.
- Seconde période : exploitation récente des quartz aurifères.
- ^ Pour suppléer au déficit effrayant du produit obtenu par ie lavage des sables ou des terrains aurifères on cherche l’or 9Ul se cache dans le rocher sous forme de veines. On a re-COurs au broiement des quartz qui rënferment le métal, <îUon sépare au moyen de l’amalgame. Ce progrès des exploitations est expliqué par le gouverneur de Victoria dans s°n rapport au ministre des colonies, au commencement de 185-7 (27 janvier).
- Dès 1855 a commencé l’introduction des mécanismes Pr°pres à broyer le quartz aurifère. Quelque imparfaits *îUe fussent d’abord de tels mécanismes, cette addition c°ntribuait à relever la production de 2 19 à 296 millions, e^l accroissement annuel était de 35 p. 0/0.
- De i855 à i856, le mouvement ascendant continue,
- la production s’accroît de 16 p. 0/0. Ici laissons parler e gouverneur de Victoria :
- <( La supériorité de production qu’on remarque de 1855 , *856 doit principalement être attribuée à l’usage plus e^eudu des machines à vapeur employées pour broyer les ^artz aurifères. Cette application commença dès 18 5 5 ; mais alors on ignorait les meilleurs procédés mécaniques, et le produit n’était pas considérable. Il n’en a plus été de ^otïie à partir de i856; une année d’expérience et de per-f€ctionnements a suffi pour que la quantité de l’or extrait l)ar voie d’amalgame fût accrue d’un huitième. En même
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- temps les mécanismes broyeurs se multipliaient toujours,
- et le progrès s’étendait à l’année suivante.
- « Lorsqu’on aura presque épuisé l’or qu’on obtient par le lavage des terrains d’alluvion, le broiement des quartz sera la grande ressource. Aujourd’hui même il existe en-core un très-grand nombre de machines fort imparfaites, mais qui ne sont pas hors de service ; elles sont graduelle-ment remplacées par d’autres plus puissantes et plus économiques. On espère, par ces moyens, augmenter encore le rendement de l’or, qui, dans l’année i856, s’élevait à 353 millions de francs.»
- Ressources qu’offrent les gîtes aurifères pour le présent et l’avenir.
- La superficie du territoire où l’on trouve l’or à chaque pas, soit dans Victoria, soit dans la Nouvelle-Galles, surpasse cinq millions d’hectares; c’est la surface réunie de notre Bretagne et de notre Normandie.
- On a calculé le volume et le poids des quartz qui renferment des veines d’or. Ce poids est approximativement de vingt mille six cent cinquante milliards de kilogrammes. Pour exploiter cette énorme masse avec les meilleurs procédés actuels et la force dont on dispose, il faudrait y consacrer cent mille ouvriers pendant trois siècles, dans la seule colonie de Victoria. La courte durée qu’on croit suffisante pour épuiser cette richesse diffère beaucoup de l’évaluation suivante :
- Le total de la richesse aurifère exploitable est évalué, pour l’Australie entière, à 664 i/4 milliards de francs. En prenant comme base le rendement actuel, il faudrait presque dèux mille ans pour épuiser cette immense richesse.
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- Du personnel employé pour lu recherche de l’or.
- On doit distinguer trois classes de chercheurs d’or: i° les faveurs des sables et des terreaux aurifères recueillis à la surface du sol : ces laveurs peuvent obtenir des gages tables, leur travail comprend aussi les creusements peu Profonds ; 2° les mineurs qui creusent profondément ; ils fouillent dans la terre pour y trouver les masses d’or isolées
- on appelle nuggets, et les vendre aux j oailliers, aux bij ou-tiers-, ces mineurs préfèrent des recherches incertaines, c°niparables aux chances des jeux de hasard; ils courent fo risque de travailler longtemps sans rien trouver, pour la chance de saisir la fortune par le succès d’un heureux, mais rare coup de main ; 3° des capitalistes exploitant les quartz aurifères avec le travail simultané des machines et des hommes salariés.
- Dans cette dernière catégorie, les ouvriers employés à Produire P or n’ont plus de chances personnelles; ils cessent dêtre des joueurs. Fussent-ils au nombre des associés, Ulle fois la richesse des quartz déterminée par l’expérience docimastique, tout acquiert la certitude des procédés que fournissent la mécanique et la chimie : le hasard et l’in-Certitude sont expulsés par la science.
- Ainsi la partie aléatoire de l’exploitation du métal pré-CleUx tend à disparaître pour les chercheurs, et cette industrie devient par degrés plus morale.
- Considérons maintenant par âges, par sexe et par étions, la population des six districts aurifères de Victoria.
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- HABITANTS DES DISTRICTS AURIFÈRES, EN DECEMBRE 1 856-
- DISTRICTS. « HOMMES CHJN FEMMES OIS. ENFANTS TOTAUX. AUTRI HOMMES. IS QUE FEMMES. LES Cf ENFANTS IINOIS. TOTAUX. GRANDS totaux.
- Ballarat1.. 4,790 2 3 4,795 26,005 7,000 10,000 45,005 49,800
- Castlemaine 4,500 » * 4,500 16,600 3^950 5,150 25,700 30,200
- Àvoca..... 1,600 * - 1,600 32,934 7,416 9,000 49,350 50,950
- Saudliurst.. 4,364 * * 4,364 11,000 8,000 9,000 28,000 32,364
- Beochworth 2,850 # * 2,850 9,620 1,997 1,969 13,586 16,436
- Càtedonia.. * - ' • 1,080 60 110 1,250 1,250
- Totaux . 18,104 2 3 18,109 97,239 28,423 37,229 162,891 181,000
- Ge tableau ne contient pas seulement les personnes attachées à l’exploitation de l’or; il comprend celles qui continuent, sur les terrains aurifères, la culture du sol; puis celles qui pratiquent les industries secondaires, indispensables à l’existence d’un peuple de mineurs.
- Il est probable, d’après cette considération, que, même en 1856, les adultes employés à l’exploitation de l’or étaient inférieurs à cent mille personnes; tous n’avaient pas le même sort. Commençons par les étrangers.
- Des mineurs chinois.
- La haine et la jalousie ont exagéré le nombre des Chi* nois venus pour prendre leur part aux profits des champs aurifères. On affirmait qu’ils étaient plus de 3o,ooo, et nous voyons qu’en i 856, dans une année où l’on a re-
- 1 C’est auprès du cours d’eau de Ballarat qu’on découvrit pour la pre' mière fois for en Australie, le ier septembre i85i.
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- cueilli tant d’or, ils n’étaient que 18, i 1 k. La plupart sont employés à laver de nouveau les sables imparfaitement épuisés parles mineurs anglais; ils procurent à la colonie Urie richesse qui serait perdue sans eux. Ainsi leur indus-hie vit du rebut des Occidentaux, moins soigneux, moins attentifs qu’eux. La jalousie dont ils sont l’objet les a plus dune fois exposés à des attaques violentes; les lois leur °nt fait plus de mal.
- Obstacles mis à l’immigration des mineurs chinois en Australie.
- Afin de rendre plus difficile et moins nombreux l’arri-Vage des mineurs chinois, on a fini par ne permettre aux Uavires qui viennent du Céleste Empire de les transporter dans la colonie de Victoria qua raison d’une seule per-s°nne par dix tonneaux de chargement.
- Toujours dans l’intention de ralentir l’immigration chi-ri°ise, la législature de Victoria n’a pas craint de frapper dun impôt personnel immédiat, montant à 2Ôo francs, tQut Chinois qui débarque dans la colonie.
- Voici l’un des moyens qu’emploient, pour se soustraire ^ cette odieuse capitation, les adroits habitants du Céleste Empire. Ils abordent sur une côte moins éloignée de la ^hine que celle de Victoria. Ils se font conduire en Sud-Vustralie, dans le port Adélaïde, où , jusqua ce jour, un pareil impôt ne les a pas atteints. Ils prennent ensuite, en traversant des régions presque sans habitants, la direc-tlou qui les conduit jusqu’aux districts aurifères.
- Justice rendue aux mineurs chinois.
- Pour céder aux clameurs intéressées des mineurs britanniques, le Gouvernement défavorise les Chinois.
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- Cependant on n’a point à se plaindre d’eux dans les cir- ^ j; constances habituelles, surtout en présence d’une admi-^ nistration assez vigoureuse pour les contenir. On rend justice à leur conduite, et l’autorité les protège par un ^ magistrat spécial dans chaque centre d’exploitation. Elle a permis qu’en Australie ils érigeassent une pagode pour ^ y pratiquer leur religion : applaudissons à cette juste to- ^ lérance.
- En i856 les Chinois ont érigé dans Victoria, district d’Avoca, un temple bouddhique, dont les innombrables clochettes, libres et mécréantes, résonnent aux oreilles des missionnaires anglicans, presbytériens et méthodistes, qui n’en peuvent pas convertir un seul.
- Un impôt anglais et protectionniste !
- Taxation de Vactivité chinoise.
- Les deux Chambres législatives de Victoria sont allées au delà de toutes les bornes dans leurs mesures fiscales défavorables à cette race d’immigrants. Outre les 2 5o francs de première entrée, par un Acte très-récent, elles frappent l’ouvrier chinois d’une autre taxe périodique, fixée par mois, à 12 fr. 5o cent, ce qui par année produit un total de 15o francs, et dans les premiers douze mois, 4oo francs!
- Le législateur n’a pas voulu qu’on se trompât sur le motif de pareille taxation pour favoriser les mineurs anglo-saxons forcés d’accepter leurs pauvres concurrents. En conséquence, la taxe a reçu le nom de Protection money; argent de protection, argent protectionniste !
- Rivalité singulière des travailleurs anglo-saxons et chinois.
- Pour concevoir sous quelle pression le Gouvernement
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- Vlctorien a pu voter un tel bill, que n’a pas rejeté la capi-*a e> il faut se figurer
- e8appointement, l’exaspération des fiers Anglo-Saxons, T11 regardent de si haut le reste du genre humain. Il faut ^ représenter leur indignation de trouver dans le plus 0lutain Orient, au fond de l’Océanie, une race d’immi-§rants asiatiques, accourant sur leur route, non pas en j^ndiants faméliques et tremblant de lutter d’homme à °uime, mais en rivaux déterminés. Ce sont des émigrés 11 Fo-Kien, le propre pays des pirates intrépides. Hors es combats, loin de reculer devant la mort, supplice ou 11011 > ils savent au besoin la recevoir sans sourciller. Adroits, audacieux, ils se présentent à la lutte de l’industrie et dè société, sachant au physique ainsi qu’au moral tout ^üiter, tout simuler et tout dissimuler*; habiles à former es associations secrètes, qui dégénèrent en complots ^Uand la justice est endormie ou sans puissance ; infati-Bables, endurcis par delà toute croyance, aux privations, a°x intempéries; non moins tenaces, non moins laborieux et plus avisés que l’Anglais; plus sobres sans comparaison ^ plus âpres au gain; poussant l’épargne par delà les °rnes connues de la parcimonie : et cela pour accomplie le dessein de retourner dans leur pays en ne laissant, SÜ se peut, rien derrière eux.
- Tel est le portrait le moins flatté du travailleur chi-11018 > portrait esquissé d’après des incriminations fort exagérées à certains égards, et qui sont, sous d’autres rap-{?0rt8, involontairement élogieuses. Voilà l’adversaire en a°e duquel les colons d’Angleterre, au centre de leurs
- dei’ Porlra^ ces Fo-K.iens semble avoir été tracé par un grand peintre (( ai^tlquité : « Corpus patiens inediæ, vigiliæ, algoris, supra quam cuiquam ^edibjjg est. Animus audax, subdolus, varius, cujuslibet rei simulator ac lssmulalor. . . . ardens in cupiditatibus. » (Sallust. Catilina, S v.)
- quels durent être la surprise, le
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- champs d’or, ne croient pouvoir soutenir la lutte que cuirassés et défendus, horresco referens, par des lois fiscales, entachées d’un nom si détesté dans les trois royaumes : le nom de lois protectionnistes.
- Nous partirons de ce fait d’expérience quand nous aurons à juger les tentatives et le vaste espoir de l’Angleterre pour conquérir les marchés, terrasser les petits ateliers et vaincre l’industrie des familles dans ce grand pays de la Chine; et quand nous verrons les Anglais poursuivre un tel dessein, aussitôt après avoir forcé les portes de cet empire parla puissance de leurs armes et des nôtres.
- Dès à présent jetons un regard sur les événements qui viennent de s’accomplir. N’est-ce pas un spectacle étrange et digne d’être médité ? D’un côté, nous voyons la Grande-Bretagne bombarder, brûler Canton et le prendre d’assaut, afin d’obtenir que tout Anglais y pénètre, y trafique» y travaille, sans aucuns frais; après quoi l’on force l’empereur de la Chine à signer un traité pour que les Occidentaux aillent dans ses Etats faire une concurrence gra-tuite, immense, aux enfants de l’Empire du Milieu. D’ufl autre côté, dans le même temps, nous voyons les Anglais resserrer, par tous les moyens fiscaux, les portes de l’Australie aurifère, afin de mieux repousser des ouvriers chinois, jugés trop redoutables. Cela s’appelle-t-il, en termes de commerce, civiliser industriellement les Orientaux par une égale et libre concurrence ?
- Autre objet de surprise : n’est-il pas singulier de voir» dans une colonie d’Angleterre, avec pleine approbation de la mère patrie, pour moins s’éloigner du monopole dans la recherche de l’or, fouler aux pieds le libre travail et le libre échange, à l’égard de l’homme même et de la sueur de son front ? Eh quoi ! dès l’arrivée du concurrent 'étranger imaginer contre lui la capitation; la renouveler
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- ^°is par mois sur toute une race, pour surajouter ce r«eau périodique à l’énorme droit primitif voté contre lmportation de travailleurs supposés trop habiles, et contre leur travail quotidien? Que dirait la Grande-Bre-*a§ne» si dans un lieu quelconque de la terre, on accumulait de pareils droits d’exception pour frapper nominalement tous les travailleurs natifs des trois royaumes ? j„e crierait-elle pas à l’obscurantisme, à la barbarie, à miquité, au protectionnisme ? Cette fois elle aurait raison.
- Indépendamment de toute taxation, faisons de nouveau cinarquer au lecteur, comme un fait très-considérable, Cette aptitude, manifestée par les Chinois, de soutenir au mdieu de la race anglaise la concurrence du labeur in-strieux, et de la soutenir quoique surchargés par une accumulation de taxes vraiment excessives.
- On aurait tort si l’on croyait qu’au sein même de *ngleterre des voix généreuses n’aient pas osé s’élever c°ntre l’oppression des pauvres Chinois qui, pour gagner Ur vie par le travail, se transportent en Australie. Afin "onorer ces nobles voix, je traduis ici la lettre, composée Par un Anglais au nom d’un enfant du Céleste Empire, publiée dans un journal de la métropole. Plus d’un trait d esprit et de sagacité profonde y rappellera le sel et raison des Lettres persanes. Le Chinois écrit à son père :
- Les doléances d’un Chinois en Australie.
- e^0l|r obéir à vos commandements, très-vénéré père, je me suis 0Tce d’étudier les étrangers de ce pays australien. Je ne suis pas re®té sourd, aux paroles de leurs Lettrés : excellentes sont ces pa-es- S ils pratiquaient seulement un peu ce qu’ils enseignent aux Patres en si beaux termes, je ne trouverais rien à reprendre chez ^ • on grand nombre de leurs préceptes et de leurs maximes sont gnes dêtre recueillis comme un trésor, et nous pourrions les
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- graver dans notre mémoire comme autant d’apophthegmes de notre ^ vertueux et grand Confucius.
- De tous leurs commandements, celui qui m’a touché le plus, celui qui m’a conduit le mieux à deviner le fond de leur doctrine est exprimé par ces mots : «Fais pour autrui ce que tu voudrais qu’on fît pour toi. » Leurs livres sacrés enseignent aussi que tous les hommes sont frères. Enfin la grande recommandation de leur suprême précepteur est exprimée par ces paroles : « Aimez-vous les uns les autres. »
- Cela m’a réjoui! surtout quand on m’a dit que ces étrangers envoyaient leurs bonzes chez les autres nations, afin d’y propager de si beaux préceptes.
- Croyant à leurs professions d’amour universel, dans ma folie j’avais espéré voir ces étrangers accueillir avec grande joie mes compatriotes et moi, qui venons paisibles au milieu d’eux; je supposais qu’ils nous feraient participer aux bienfaits annoncés par les doux préceptes de leurs rites.
- Mais, hélas ! à présent que ce peuple m’est mieux connu, je vois clairement qu’il brûle d’étaler son zèle à prêcher les autres, pour compenser sa négligence et sa froideur à pratiquer ses règles d’or.
- Ses mandarins et ses faiseurs de lois prétendent que chez eux les mœurs sont en danger, parce que beaucoup trop d’émigrants du Céleste Empire viennent travailler en Australie; cependant à leurs yeux le travail sanctifie tout! Hé bien! ils affirment que nous allons tout corrompre ; ils disent que nous dégradons leur race ; et contre nous s’élève un cri formidable.
- Un tel langage plaît beaucoup aux ignorants, aux brutes de leur populace, qui nous qualifient avec toutes sortes de noms injurieux. Le croirez-vous, très-vénéré père ? ils nous maltraitent quand nous leur répondons par ces mots de leur propre livre sacré : a Fais à au-« trui ce que tu voudrais qu’on te fît. » Ils rient alors et redoublent d’outrages; et moi !.... si je me hasarde à mentionner un autre de leurs préceptes, « Tu seras mesuré suivant la mesure dont tu te sers « pour les autres, » ils me répondent par des coups.
- Leurs mandarins et leurs sages, pour plaire à ces fils de la violence , ont décrété que tous mes compatriotes, à leur arrivée, payeraient un énorme tribut de 4o onces d’argent, sans compter 2 onces
- par mois.....C’est à ce prix qu’ils évaluent la sainteté menacée de
- leurs mœurs et la pureté de leur race. En supposant que nous soyons
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- corrupteurs, chacun de nous est libre de les corrompre et nous Pouvons les dégrader à quelque point que ce soit; il suffit que nous eur donnions au début 4o onces d’argent, avec un supplément de 0nces pour chaque nouveau mois de corruption. y de leurs mandarins, qui parlait dans le grand Yamon où ^on élabore leurs lois, s’opposait à notre admission, a parce que, Wait-il, dans nos légères cannes de bambou nom faisons entrer de °pium en contrebande. » J’aurais voulu que ce vertueux mandarin ot rappelé son livre saint à l’endroit qui dit : « Ote d’abord une P°utre de ton œil avant de reprocher une paille à l’oeil de ton voi-n-» Certainement il aurait rougi de penser que, depuis un trop §rand nombre d’années, ses nationaux ont introduit en contre-. e leurs énormes caisses d’opium dans notre pays, non point par PetUes cannes de bambou, mais par grands et pleins navires.
- ^ autre faiseur de lois a dit que, si l’on nous permettait d’af-p er ici, l’Australie deviendrait bientôt une province du grand -“Uipire du Milieu. Cela l’effraye ; mais, chose étonnante ! il y paraît . Consentant, si nous payons pour cela! Tout Chinois que je suis, j® 6 déclare, si nous sommes aussi dangereux, aussi mauvais qu’on Prétend, il vaudrait mieux nous chasser sans condition que nous lettre en prenant notre argent.
- Malgré tous leurs beaux préceptes et les livres de leurs saints je croirais plutôt que leurs professions de foi sont une imposture ; je croirais, en vérité, que l’objet capital de leur adoration le ’ ma*s puissant démon qu’ils ont appelé Mammon,
- anonaon d’iniquité !.....C’est le Diable de l’or, dont ils sont
- esclaves.
- s.^°Ur montrer au grand jour l’arrogance de ces barbares, je dé-étr aUSsi vous apprendre, très-vénéré père, qu’eux-mêmes sont £ti.anSers sur cette terre, dont ils nous font payer l’entrée comme ^aUgers. Une foule d’entre eux n’y sont arrivés que depuis bien peu mois, et les premiers, seulement depuis une ou deux généra-ns- Vous remarquerez combien ils sont peu nombreux.
- d’k^L- ° 60 cornPtePas plus, dans un si grand pays, que ne renferme • oitants une de nos cités de seconde importance, en notre po-euse et fertile terre des fleurs. Leurs mauvais exemples et leur ^hu VaiSe conc^u^e’ el ^eur eau de feu (le wisky, le brandy, le le k*’ etc')’ ^ont enseignent l’usage mortel, ont déjà détruit affilants primitifs de la vaste contrée australienne.
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- 110 FORCE PRODUCTIVE
- Et voilà qu’à présent cette poignée d’étrangers, ces barbares, se font une fêle de percevoir une taxe d’arrivée sur mes compatriotes, les fils du Ciel, qui comptent pour un grand tiers dans le nombre des habitants delà terre. Semblable mesure devient d’autant plus ridicule et moins raisonnable en Australie, que ce pays, encore enfant et presque désert, n’a pas de manufactures. A peine ces gens d’hief commencent les moindres métiers. Ils ne savent ni produire la soie, ni la filer; ils ne tisssent. pas même la laine excellente que les moutons leur donnent en abondance. Ils ne savent récolter ni le sucre, ni le thé, ni le riz; ils n’arrosent aucun champ; ils ne pêchent pas même le poisson qui pullule dans leurs lacs, dans leurs ruisseaux et sur leurs côtes. Ils n’ont pas un seul canal et presque pas une route. Enfin tout ce qu’ils emploient ou portent sur eux leur est apporte des autres parties de la terre. Ils ne savent guère produire qu’une chose, et malfaisante, c’est l'eau de feu, dont je vous ai déjà parlé; beaucoup d’entre eux en boivent jusqu’à mettre un terme par l’abrutissement à leur vie turbulente-; tant est vraie leur belle maxime» qu’ils savent si bien dédaigner : « Quiconque est condamné par Ie Tien-ti, par le Ciel, perd d’abord la raison.»
- Les préceptes, qu’ils étalent pour réglementer leur commerce et colorer leurs pratiques réelles, ces préceptes sont tout à fait dans le même état de contradiction. L’enseignement d’un de leurs plus savants lettrés, d’un vieux mandarin qu’ils appellent Adam Smith» enseignement que les plus éclairés d’entre çux prétendent suivre, peut se renfermer dans ces mois : «La voie là plus efficace pouf accroître la richesse et la puissance d’une nation, c’est que la loi permette à chaque homme d’employer son argent, son talent et son industrie aussi bien qu’il puisse le faire, sans le favoriser d’un côté par voie de protection et sans peser sur lui, d’un autre côté, par des restrictions.» Quand la justice universelle triomphera, disent-ils, ce principe réglera la politique commerciale des deux mondes.
- Oh combien sont différentes leurs balances financières, et leurs lois d’exception, à l’égard de nous autres étrangers! Cependant ils proclament à tue-tête qu’ils sont guidés par des règles universelles et des préceptes immuables.
- Leurs principes politiques *ne sont pas moins contraires à leurs actions. Au nom de leur religion, ils déclarent croire à l’égalité des hommes; et leurs pays est celui d’une inégalité native, inexprimable, et dont par bonheur les Chinois ne peuvent pas avoir l’icîee.
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- Rién ne vérifie leurs paroles. Aujourd’hui ce peuple envoie ses jtetnrçj a feu (les navires à vapeur), avec un grand nombre de ses
- raves,P°ur combattre notre pays et pour brûler nos cités; ils font j " Parce que nous ne désirons pas commercer dans les conditions quil ear $ait de nous imposer... Quand on songe qu’ils se sont emparés, algrelapaix, de notre grande cité de Kouang-Toung (Canton), il Semble que nous avons droit de leur dire : « L’attentat à la justice Coosommé pour taxer l’importation de nos personnes au milieu de °Us esl;aussi pervers que déraisonnable; Confucius, dans sa tombe,
- en est blessé ! »
- Permettez-moi, très-vénéré père, de ne pas perdre davantage ^0tre temps précieux à vous parler des folies et des défauts de ces 0tnmes. Le Ciel, sans aucun doute, et pour quelque dessein de sa Prudence impénétrable, leur permet d’envahir une terre qu’ils ne averit pas cultiver, et dont ils ne veulent pas jouir en amis des utres nations. C’est un peuple à qui son arrogance et sa fatuité Permettent pas qu’il reçoive l’instruction de ceux qui, comme 110118 Chinois, sont capables de l’instruire.
- Certainement l’impôt exorbitant qui frappe mes compatriotes à
- désh
- arrivée sur cette terre de barbares, s’ils voulaient cesser d’êlre
- ^ 0nnêtes, ils devraient l’employer à nous rendre meilleurs ; ils evi'aient du moins le restituer à ceux d’entre nous qui s’en re-
- *°Urnent sans avoir offensé leurs lois ni leurs mœurs. Ûne pareille
- restituti0n
- concevoir l’espérance Uns • r 'Oonn
- serait certainement raisonnable, et j’oserais presque en sachez, en effet, qu’un de leurs mandata dit, en termes d’une politesse presque chinoise, que notre
- naie nous serait restituée en y joignant un hameçon, un crochet, , °*’ Ce que signifie ce dernier mot, je ne le sais pas au juste; est peut-être quelque petit ornement, ou bien quelque récom-Se pour notre bonne conduite pendant notre séjour en Auslra-
- ........Adieu, mon très-vénéré père. Que le Ciel et la Terre,
- savent tout, dit notre sage Meng-tseu, vous conservent pour vos nts respectueux; et puissions-nous, par nos efforts, accroître n°nneur de nos ancêtres !
- Ouvriers mineurs de race européenne.
- Occupons-nous maintenant des travailleurs de race e,lr°péenne employés aux mines de Victoria.
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- FORCE PRODUCTIVE
- Extrême inégalité des deux sexes de race européenne dans les districts aurifères.
- Un lecteur attentif, à la vue du tableau que nous avons donné (p. 102), n’aura pu s’empêcher d’être profondément frappé de l’extrême inégalité que présentent les adultes des deux sexes. Elle surpasse de beaucoup l’inégalité du même ordre dans le reste de la population victorienne.
- En effet, dans les districts aurifères, il y a seulement 458 femmes pour 1,000 hommes de tout âge; tandis que l’autre partie de la population victorienne présente 716 femmes pour 1,000 hommes. C’est donc au premier rang la population des districts aurifères pour lesquels il est urgent d’équilibrer les deux sexes.
- Cependant il paraît exister, sous ce point de vue» une amélioration qu’il importe de signaler. Pour la faire apprécier, comparons deux états de situation dressés a douze mois d’intervalle.
- Situation la plus récente des deux sexes.
- Dernier jour de février. Hommes. Femmes. Enfants. Totaux.
- i856. 89,300 i5,o46 l8,639 122,985
- QO or» >0 91,654 27,064 38,091 1 56,809
- Si l’on pouvait avoir une entière confiance dans les résultats de 1857, tandis que le nombre des hommes ne s’accroît pas de trois pour cent en douze mois, celui des femmes serait presque doublé, et celui des enfants serad augmenté dans un rapport plus favorable encore. Cela suffirait pour montrer que, dans la même année, beaucoup de familles nouvelles, ayant leurs enfants et leurs femmes» ont pris la place de célibataires décédés, ou partis, ou rua-
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- DES NATIONS. 113
- lles- Si ce mouvement heureux continuait, dans Un très-Prochain avenir, les districts aurifères ne présenteraient Pas moins de femmes que d’hommes; la proportion des enfants serait grande, et la population s’accroîtrait éner-IPffueinent, comme aux Etats-Unis, par sa fécondité naturelle. #
- Sans doute avec des familles où les enfants seront 11 ombreux, les ouvriers employés aux mines d’or n’auront P^Us à dépenser un superflu fabuleux; mais, par cela ïtierne, ils seront moins tentés de perdre, dans la dé-fauche ou le jeu, l’excès de leurs salaires. Ils substitue-ront à la dissipation avide l’amour du travail honnête, et le bien-être graduel aux alternatives des gains excessifs
- du dénûment, qui sont toujours des alternatives rui-oouses pour les ouvriers.
- E est à regretter que nous ne connaissions pas la proportion des hommes adonnés, dans les districts aurifères,
- à ri’
- ^autres occupations que la recherche de l’or. Nous pourrons en conclure le produit moyen qui correspond à c^aque journée d’ouvrier; ce produit, dès 1856, ne paraît pas excéder 12 francs.
- Moyens d’assurer l’ordre public parmi la population des districts aurifères.
- En 3 851 et i852 , le produit moyen de la recherche do lor était plus que triple du produit actuellement ob-teüu par travailleur. On explique par là l’excessif empressement des premiers immigrants, qui se précipitaient pour disputer leur part de ces bénéfices fabuleux.
- Oans tous les districts aurifères, le gouvernement coio-nial a pris les soins les plus dignes d’éloge pour exercer une surveillance active au milieu de cet amas d’hommes Venus des 3 ieux les plus differents, avec des précédents
- INTRODUCTION. - II. h
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- FORCE PRODUCTIVE
- trop souvent suspects. Us sont tous enregistrés, et sujets à payer une patente, laquelle est d’ailleurs très-modérée.
- Pour se soustraire aux charges les plus légères, les mineurs australiens n’ont pas craint de s’insurger. Il a fallu demander des renforts à l’Inde et même à la garnison de Hong-Kong, en Chine; on a livré des combats afin d’étouffer la rébellion. La lutte n’a pas coûté moins d’un million de francs; mais à la fin la victoire est restée à la loi, comme elle y reste toujours dans l’empire britannique.
- Aujourd’hui tout est en paix. Au commencement de 185-7, le gouverneur de Victoria transmet à Londres la liste nominative des magistrats, des gardiens et des agents de police qu’exige la colonie. Imbu des idées de son propre pays , au premier moment il s’effraye de leur nombre; mais bientôt la réflexion le rassure. C’est plutôt, dit-il, un sujet d’étonnement et de congratulation, lorsqu’on voit qu’environ 400 hommes de police et 200 soldats, dispersés sur plusieurs millions d’hectares aurifères, peuvent suffire pour maintenir le bon ordre au milieu d’une population trois cents fois plus nombreuse, et poussée par des passions ardentes, y compris avant tout la cupidité.
- Marche de l’or après sa sortie des districts aurifères.
- Après avoir expliqué les faits accomplis dans les districts aurifères, il est d’une haute importance de suivre le précieux métal jusqu’aux ports d’embarquement, ensuite au delà des mers.
- Sur le lieu même des exploitations, une administration spéciale enregistre l’or que l’on doit transporter; mais tout n’est pas déclaré. Ainsi que le démontre le tableau de la page 98, le quart des quantités exploitées n’a pas subi
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- DES NATIONS. cette constatation officielle. Ce quart représente la partie ^uon suppose soustraite par la contrebande.
- Les producteurs les moins scrupuleux s’efforcent de se soustraire à l’impôt récent et très-modéré de 3 1/8 pour CenC que la colonie prélève sur l’or tiré des placers1. Cet Impôt sert à concourir aux travaux publics, à pourvoir aux frais d’ordre et de surveillance active sur les lieux mêmes d extraction ; il sert à protéger en même temps les personnes et les trésors des extracteurs.
- Une contrebande que nous venons de signaler, lucrative et facile avec un objet aussi précieux, aussi peu v°lumineux, échappe à des collecteurs qui sont en petit Oornbre et disséminés sur de vastes superficies2.
- Le gouvernement exige une indemnité modique pour ^’°r qu’il fait transporter jusqu’à la mer, sous l’escorte de L force armée 3.
- C’est ainsi que ce métal arrive dans les ports de Melbourne et de Géelong. Une faible partie passe à Sydney P°ur être monnayée; le reste sort de l’Australie.
- Achat et revente de Vor par les compagnies de banque.
- Les mineurs isolés, sans relations mercantiles, seraient Peu propres à faire avec avantage, avec économie, le commerce de l’or que procure leur travail. L’achat de ce ^etal, sur les lieux de production, est complètement
- 1 2 scheliings 1/2 par once d’or, évaluée 80 schellings : on prélève ce droit ^ la frontière lors de l’exportation.
- 2 On a la preuve qu’une quantité considérable d’or est exportée de la co-l°nie sans avoir été consignée sur les registres officiels. On a saisi d un seul c°up 6 kilogrammes d’or, valant 200,000 francs, qu on faisait passer, sans uéclaration, de Victoria dans la capitale de la Tasmanie : on a trouvé cette Valeur cachée dans des ballots de marchandises embarquées au compte d’une Raison juive de Melbourne et de Hobart-Town.
- 3 Ce droit s’élève à 6 pour 1,000 des valeurs transportées.
- 8.
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- FORGE PRODUCTIVE
- opéré par des maisons de banque. Elles prennent à leui’ charge les soins et les dépenses du transport jusqu’à la mer; elles font ensuite la vente au dehors.
- Le progrès de ces banques a suivi celui de la richesse coloniale. Nous allons en offrir le tableau pour 1851, année où commencent les exploitations, et pour i856.
- DÉVELOPPEMENT PROGRESSIF DES BANQUES DE VICTORIA.
- AU 31 DÉCEMBRE
- NATURE DES VALEURS.
- * 1851. 1856.
- francs. francs.
- ( Billets de banque en circulation ..... 4,501,450 62,622,575
- Actif. F,ff«ts fin circulation.. 262,425 1,376,725
- \ Dépôts et balances 20,592,725 158,118,725
- Totaux 25,356,600 222,118,025
- 1 / Métal en dépôt. 8,045,625 74,158,850
- 1 Monnaie de billon 13,117,125
- Passif < ,
- 1 Sommes dues aux banques 19,340,025 179,479,500
- \ Cautionnements “ 9,072,850
- Totaux 27,385,650 275,828,325
- .
- Introduction et multiplication singulière du papier monnaie, dans un pays gui regorge d’or.
- Il est curieux d’observer que, dans une colonie où l’or surabonde, je dirais presque avec excès, le papier monnaie en prend la place, et gu il se multiplie, sous forme de billets de
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- DES NATIONS. banque, avec une si grande rapidité. Ce papier convient aux colons dispersés dans l’intérieur, par la commodité du transport et la facilité qu’il présente pour être soustrait aux attentats des voleurs. Cette monnaie de convention nappartient pas au gouvernement; elle reste en entier la Propriété des compagnies financières.
- »
- Remarques sur le progrès des banques et de leurs dépôts.
- Ainsi qu’on le voit par le tableau qui précède, depuis instant où l’on commence à transporter l’or jusqu’à la Ho de 1856, en cinq années seulement, le passil des Paniques fait plus que décupler. La richesse réelle de ces établissements finit par surpasser deux cents millions.
- Au 3 i décembre i 85 î, le nombre des déposants dor élans les banques était seulement de six mille, et la valeur Moyenne des dépôts ne dépassait pas i,336 francs. Au décembre i856, on comptait trente-deux mille déposants, et le dépôt moyen était de 2,727 francs; il se trouait plus que doublé. De tels résultats sont d’autant plus roinarquables, que les mineurs tendent à se grouper en associations qui, dans la seconde époque, ne figurent plus ^Ue comme unité; en même temps, plus on avance et plus on trouve des entrepreneurs qui prennent des tra-vailleurs à leurs gages. Ces travailleurs cessent de figurer c°ttinie déposants d’or.
- Le progrès des billets de banque, ce progrès que je signalais il n’y a qu’un moment, surpassait encore 1 accroissement des dépôts que je viens de constater. Dans le meme laps de temps, de 1751 à 1756, leur valeur totale était augmentée dans le rapport de un à quatorze ; mais, comme les besoins du commerce et du travail correspondaient à cette énorme émission, ils n étaient pas dépréciés.
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- Economie du transport de Vor au delà des mers.
- Nous ferons remarquer deux faits qui montrent bien l’avancement de la navigation. En premier lieu, dans les temps ordinaires, le prix du transport des métaux précieux, d’Australie en Angleterre, ne surpasse pas 1 32 francs pour 1,016 kilogrammes; secondement le taux de l’assurance maritime s’élève seulement à 1 3jlx pour cent, même quand le transport est fait par le cap de Bonne-Espérance.
- Donnons actuellement les quantités d’or exportées depuis la fin de i85i jusqu’à la fin de i856; la presque totalité de cette exportation est destinée pour la métropole.
- QUANTITÉS ET VALEUR DE L’OR EXPORTÉ DE VICTORIA.
- ANNÉES. QUANTITÉS. VALEUR.
- 1851 kilogrammes. francs.
- 1852 61,404 172,810,325'
- 1853 77,656 7/10 234,161,325
- 1854 66,684 1/10 214,479,700
- 1855 83,158 4/10 267,467,700
- 1856 93,259 3/10 300,380,600
- Totaux 382,162 5/10 1,189,299,650
- Exportations réunies de la Nouvelle-Galles et de Victoria.
- D’après les comptes produits par le gouverneur de la Nouvelle-Galles, depuis le 29 mai 1 851 jusqu’au 3i dé-
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- DES NATIONS, cembre 1856, celte colonie et Victoria ont exporté 44 2,889 kilog. 6/1 o d’ or, qu’il évalue à 1,328,2/19,o36 fr.
- Ce milliard trois cent vingt-hait millions de francs n’a pas seulement été transporté dans la métropole. Afin de me former une idée de ce qu’ont pu recevoir directement fos autres contrées du globe, j’ai choisi comme terme * de comparaison l’année 1S 5 6, qui m’a paru très-régu-Here et la plus récente que je pusse présenter avec un tel
- détail.
- Voici ce crue fai trouvé pour l’or exporté dans cette
- année1 :
- ^ Répartition de Vor exporté entre l’Angleterre et les autres contrées,
- en 1856.
- Kilogrammes.
- 1 Dans le Royaume-Uni............ 88,973 -jy
- a Dans les colonies australiennes... 3,38o
- ^ Dans le reste du monde......... 7,357 yj-
- Francs.
- 269,142,000
- 10,833,155 23,582,6o5
- Totaux......... 94,711 yy
- 303,557,760
- Plus on se rapprocherait du commencement des exploitations , et moins l’étranger aurait eu le temps et les Moyens d’y prendre part.
- Évidemment l’étranger n’a pu venir aussi vite que l’An-glais prendre part à l’exploitation, au commerce de lor en Australie. Néanmoins, si l’on supposait que, des lannee se fût établie la même proportion quen i856, l°n trouverait que la quantité totale de l’or exporte par fos deux colonies aurait été répartie comme il suit :
- I Dans les années précédentes les rapports officiels ne font pas connaître es destinations suivies par l’or exporté.
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- 2° Répartition de l’or exporté entre l’Angleterre et les autres contrées,
- de 1851 à 1856.
- Kilogrammes. Francs.
- i° Dans le Royaume-Uni . 4l2,758 1,177,659,000
- 2° Dans les colonies australiennes.. i6,58i 47,401,094
- 3° Dans le reste du monde 36,og3 103,188,943
- Totaux . 465,432 1,328,249,037
- Faible part qui reste à l’étranger.
- Ce qui paraîtra plus remarquable encore, c’est que la partie de l’or, déjà si peu considérable, qui sort d’Australie pour aller ailleurs que dans le Royaume-Uni, cette partie presque toute est envoyée dans lés possessions extérieures de l’empire britannique.
- En 1856, l’or qu’on fait parvenir à d’autres contrées que le Royaume-Uni s’est réparti comme nous allons l’indiquer :
- Kilogrammes. Francs.
- Pour l’Inde anglaise et Hong-Kong . 35,932 102,729,569
- Pour l’étranger...................' 160 45g,3 7A
- Totaux........... 36,og3 io3,i88,g43
- Par conséquent, sur 1,328,2/19,o3y francs d’or exporté de l’Australie, il n’est pas même passé directement la somme d’im demi-million chez des peuples étrangers à l’empire britannique. S’ils ont tiré d’Australie quelque peu de ce métal, ils l’ont obtenu sous forme de monnaie, pour solder des différences entre les importations et les exportations.
- Remarquons néanmoins que l’or expédié sur Hong-
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- i
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- Kong sert à solder des comptes avec la Chine. On peut dhe également que l’or expédié sur l’Angleterre contribue a payer l’étranger pour ses immenses marchandises livrées
- Royaume-Uni.
- b*amen des influences exercées par la production de l'or
- SUR LA COLONIE DE VICTORIA.
- Nous allons examiner successivement les influences, fa-cables ou contraires, exercées par la production de l’or Sllr les villes et sur les campagnes de la colonie.
- Influence spéciale exercée par l’or sar les deux cités de Géelong et de Melbourne.
- R suffira de montrer les résultats d’une année. En por extrait des mines est transporté pour l’expor-*adon dans les proportions suivantes :
- Kilogrammes. Francs.
- i’ A Port-Fairy............ 27 7 89,200
- 20 A Géelong............ 1,078 7 3,469,700
- 3° A Melbourne......... 92,286 296,821,700
- Totaux...... 93,392 4 3oo,38o,6oo
- P
- r°portion avec
- la population des cités de Géelong
- et de Melbourne.
- Or apporte par mille habitants.
- A Géelong. ........................... 148,672 francs.
- A Melbourne........................... 3,334,215
- Certainement, à Géelong, moins de 1A9 francs par Citant ne peuvent pas exercer une action très-sensible sbr la population. Mais l’influence de 3,334 francs ap-
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- 122 FORCE PRODUCTIVE
- portés dans une année, par habitant de Melbourne, est
- autrement considérable; elle mérite d’être sérieusement
- examinée.
- Influence exercée sur la population.
- Par l’appât extrême que la découverte de l’or présentait à toutes les cupidités, la population des deux cités. Géelong et surtout Melbourne, où l’or est apporté, s’est accrue considérablement, mais cependant avec moins de rapidité que dans le reste de la colonie.
- Parallèle entre le progrès des populations urbaines et celui des populations extérieures.
- Années. Géelong. Melbourne.
- i85i 12,784 23,i43
- 00 23,338 89,023
- Pop. extérieure.
- 3i,4i8 298,400 1
- Afin de réduire ce parallèle à ses termes les plus faciles, nous dirons simplement : en six années,
- La population urbaine de Géelong a doublé;
- La population urbaine de Melbourne a quadruplé;
- La population extérieure a décuplé.
- L’accroissement de cette population extérieure est dû surtout à la partie qui s’est agglomérée dans les districts aurifères. Nous parlerons plus tard des autres populations, qui sont agricoles ou pastorales.
- 1 Voici la décomposition des chiffres pour fa population de 1857 :
- Les deux cités.................................. 112,361 habitants.
- Districts agricoles et pastoraux................... i3i,85o
- Districts aurifères................................ i66,55o
- Totaux
- 410,761
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- DES NATIONS.
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- Influence exercée sur les constructions urbaines.
- La richesse coloniale, en s’accroissant, a favorisé non-Seulement la grandeur, mais la beauté des constructions gaines, surtout dans la capitale. Les premières maisons ® Melbourne étaient bâties en bois; elles sont aujour-^ 1Ul construites avec la brique et la pierre. Il y a déjà de eaux édifices publics : le palais du Gouvernement, le Palais de justice, la cathédrale catholique et la cathédrale ailglicane, la banque appelée YUnion australienne, et l’Ins-btntion de mécaniq ue. Il existe des temples pour tous les Cultes protestants ; il y a pour les juifs une synagogue, j L)es l’année 1856, on plantait un jardin botanique sur ts bords de l’Yarra-Yarra, non loin de la ville.
- 1? '
- XectLtion magnifique de la conduite des eaux pour l’usage des habitants de Melbourne.
- ^Hime emploi le plus louable de la richesse croissante, parmi les entreprises dont la conception et l’acbève-font le pl us d’honneur aux citoyens de Melbourne, ^ faut citer la conduite des eaux nécessaires à tous les esoins de la vie. Dès 1853, pour suffire aux consomma-ns espérées d’une ville encore si près de son berceau,
- 1 Qvv p . 1
- 1 a tait, avec une grandeur incomparable, les premiers vaux hydrauliques : ils portent le nom de Yan-Yean.
- ^ neuf lieues de Melbourne on a commencé par cons-Ulre un barrage imperméable et colossal, à travers l’extré-supérieure d’une haute vallée; là seront recueillies eaux potables, qu’on veut maintenir à cent quatre-vingts ^ftes au-dessus du niveau des plus hautes mers, dont le efbnc se lait sentir jusqu’à Melbourne. Dans le réservoir aiIîsi ménagé, l’on a fait affluer les eaux de la rivière
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- FORCE PRODUCTIVE
- bien nomméePlenty, l’abondance. Par un souterrain creusé de main d’homme et qui traverse une montagne, elle* viennent remplir dans le lac artificiel, si grandement pre' paré, 32 millions de mètres cubes. Ce volume énoriue représente une consommation qui suffirait à sept fois Ü population, déjà considérable, de Melbourne et de ses bourgs. Un développement de 122 kilomètres de tuyau* en fonte sert aux conduites du liquide; et l’eau, par leS propriétés du siphon, remonte d’elle-même au sommet des maisons les plus hautes des quartiers les plus éleves-
- Après six règnes importants, le génie des Tarquins, pre' voyant l’avenir de Rome, y construisait un aqueduc souterrain , grand par excellence : c’était la Cloaca maxima, que cent générations n’ont pu détruire. On bâtissait déjà poür la ville éternelle, comme dit Montesquieu dans son noble style. Osons dire aujourd’hui : deux cents ans après naissance*de Rome, ses rois les plus puissants n’accotf1' plissaient pas une plus grande oeuvre que les colons de Melbourne, quinze ans après la naissance de leur cité.
- Enfin, pour apprécier tout le mérite d’une pareille efl' treprise, n’oublions pas que l’œuvre gigantesque était exécutée malgré l’obstacle d’une main-d’œuvre tour à tour triple et quadruple du prix des mains-d’œuvre eurO' péennes les plus dispendieuses.
- Prix excessifs de la main-d'œuvre.
- Nous venons d’indiquer un obstacle surmonté pén1' blement dans les premières années. Dès i852, quelque mois après la découverte des gîtes aurifères, 011 ne troU' vait ni charpentiers, ni maçons qui voulussent travaillef’ même à 25 francs par jour, et tous les édifices publics efl construction étaient arrêtés ou retardés. Aujourd’hui leS
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- prix doivent être moins élevés; mais, comparés a ceux quon paye en France, en Angleterre, aux artisans de même profession, ils paraîtraient encore*exorbitants.
- J’ai sous les yeux le tarif officiellement publié des prix main-d’œuvre dans Sud-Australie ; il ne peut pas etre plus élevé que celui de Melbourne. Voici, pour l’an-née i85/i , les salaires affectés par journée des professions essentielles aux constructions urbaines :
- °rge et serrure. >7fr. 5o c.
- Charpente. 18 fr. 75 c.
- Pose des briques. 2 2 fr. 5o c.
- Taille des pierres. 26 fr. 25 c.
- les
- Cherté corrélative des loyers.
- Avec de tels prix on ne s’étonnera pas qu’à Melbourne plus modestes, les plus étroits logements, coûtassent la5 francs par semaine, ou 6,5oo francs par année. On Payait dix mille francs le loyer d’une maison médiocre, ayant seulement quatre ou cinq modestes chambres. Il fallait j Certitude d’atteindre à de tels revenus pour oser faire Ce a la dépense qu’exigeait la bâtisse des habitations
- Pavées.
- C
- °mpciraison des prix de main-d’œuvre pour les chercheurs d’or et les professions urbaines. n
- j [ est curieux de comparer la main-d’œuvre des pro-ssions les plus communes affectées aux constructions-aines, avec la journée moyenne des chercheurs d’or, évaluait, vers la fin de 1 853, qu’il ne fallait guère lïl°^ns de cent mille habitants des districts aurifères pour Produire au plus àoo millions de francs dans une année.
- toutefois la population du district partageait, directement ou indirectement, avec les chercheurs d’or, la part moyenne était moindre de 4,000 francs par habitant.
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- A trois cents jours dans une année, ce serait seulement 1 3 fr. 33 c. par jour, c’est-à-dire un peu plus de moitié du gain journalier obtenu parle poseur de briques, le tad' leur de pierre et le charpentier U Mais le travail de ces artisans est dépourvu de chances aléatoires, tandis qne celui du chercheur d’or, sujet aux faveurs du hasard, a pour lui tout l’attrait du jeu qui spécule sur le plus tentai des métaux. En réalité, très-peu de temps après la décoU-verte de l’or en Australie, le métier du chercheur d’or pas celui qui rapporte le plus d’or; c’est le métier du maçon et du charpentier.
- Ainsi lorsque l’Australie, à l’exemple de la Californie» faisait tourner la tête à mille cupidités, le plus sûr moyen» pour les classes honnêtes et laborieuses, de conquérir ne large bien-être, c’était de venir, dans le moderne EldC' rado, tailler la pierre, le fer et le bois.
- Etat des mœurs au sein des cités.
- Les passions les plus désordonnées, les vices, la débauché, le jeu, le vol et le crime, se donnaient dans Melbourne un tout autre rendez-vous, pour y commettre des excès dont Mexico, Lima et San-Francisco nous ont déjà présenté l’image hideuse.
- Usage excessif du port d’armes cachées.
- Un judicieux observateur des faits accomplis dans Mel' bourne depuis i85o ajoute ingénument et sans autre réflexion : «Les pistolets et les révolveurs1 2, devenus indis
- 1 N’oublions pas que ceux-ci possèdent une femme et des enfants, ce qul réduirait beaucoup les gains évalués par habitant.
- 2 Pourquoi les écrivains qui croient écrire en français font-ils un barf*?'
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- Peûsables, no pouvaient être obtenus qu’en les payant des ®0iïimes extravagantes. On peut supposer que d’amples lrïlportations les auront rendus moins coûteux. »
- t^ans les états du commerce entre la Grande-Bretagne Victoria, j’ai cherché le moyen d’apprécier de pareilles 3ssertions. Voici ce que j’ai trouvé (Reports on the past and
- Posent state of Her Majesty’s colonial possessions. London, **58) ;
- Valeur des armes importées annuellement en Victoria, depuis la découverte de l’or.
- Années, Valeur. Pris de la caisse d’armes [package).
- 1851 5,525f 29Of
- 1852 24i,45o 8y3
- i853 ...... 1,418,675 1,819
- i854 567,250 1,733
- Ainsi de 1851 à i 853, dans le court espace de deux aiîs> la valeur des armes apportées aux habitants de Vic-^a s’est accrue dans le rapport énorme de î à 2 57. est que tout le monde éprouvait le besoin d’avoir des les uns pour se défendre et les autres pour attaquer. . terrible besoin, si largement satisfait, diminue la néces-e dun nouvel armement en i854, et pourtant il est encore cent deux fois plus considérable qu’en i85i.
- Situation la plus récente de Melbourne.
- Afin de compléter ce qui concerne la capitale de la c°lonie, qu’il me soit permis de m’appuyer sur la véné-
- eu? C ^ orthographe en écrivant révolter, tandis que tes Anglais prononcent ' b dernière syllabe? Les Anglais écrivent aussi les substantifs commun-
- ller, b
- Ardeur-
- °%er, carder, et nous n’en écrivons pas moins commandeur, boxeur,
- noms que les Anglais prononcent comme nous.
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- rable autorité de l’évêque de Melbourne; elle indique par' faitement la situation physique et morale de cette ville, a l’époque très-récente de 1857. «Depuis douze mois les progrès qui concernent les conforts de la vie vont au delà de toute idée. On a bâti des maisons solides et spacieuses, on a multiplié les beaux magasins. Les voitures de maître et de location sont élégantes et nombreuses. Des dib' gences, de construction américaine, à quatre et même à six chevaux, conduisent de la capitale aux champs d’or, tandis que les petites voitures et les omnibus, pour Ie commun peuple, circulent entre Melbourne et ses long5 faubourgs: Les chemins de fer sont en voie de constrnC' tion. »
- Au voisinage de la ville, l’horticulture est aujourd’hui très-perfec donnée, soit pour les fleurs, soit pour les fruits leur abondance est égale à la beauté des unes, à fexcel' lence des autres.
- Les institutions charitables sont nombreuses. Citons des hospices de bienfaisance, des asiles pour les orphe' lins, entretenus à la fois par des souscriptions privées et par les secours du Gouvernement. Un asile spécial est créé pour les fdles repenties; il sera défrayé complète' ment par la chanté privée.
- La bibliothèque nationale est riche en bons livres; tons les soirs elle est fréquentée par une foule de lecteurs, qul sont occupés ailleurs dans la journée.
- Par malheur, en face de ces progrès, le vice, la bauchè et l’impudence continuent leurs plaisirs sans frein.
- Il y a des théâtres spacieux, très-fréquentés, ainsi que d’autres lieux d’un tout autre scandale, consacrés an* jeux, aux plaisirs publics. «Je crains, dit le sage évêque a qui j’emprunte le tableau de tous ces progrès, je crains
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- ffue ces lieux n’accroissent beaucoup l’ivrognerie et la Prostitution, u La charité l’empêche d’ajouter : «J’en suis
- certain. »
- Influence de la découverte de l’or sur l’instruction publique.
- A travers tous les éléments favorables au mal, tournons avec bonheur nos regards vers un plus noble horizon.
- L’abondance extrême de l’or a fourni des moyens non moins puissants aux bons citoyens pour faire le bien, ffuaux mauvais pour faire le mal; nous en verrons dans Lnstantla preuve au sujet de l’instruction publique.
- Diflusion du savoir le plus élémentaire.
- Commençons par constater l’instruction des adultes, considérée dans sa plus humble limite.
- Le rapprochement qui suit, présenté par le gouverneur
- Victoria au commencement de i85y, est très-digne ^ attention. Sur mille personnes de chaque sexe, on trouve,
- sachant pas même écrire leur nom :
- Sexes. Masculin. Féminin. Totaux,
- Dans la colonie de Victoria.. , ... i35 3o5 44o
- Dans le Royaume-Uni....... ... 3io 460 770
- Ainsi les émigrants et les rejetons de l’Angleterre qui Peuplent aujourd’hui Victoria ont presque deux tiers moins d’hommes d’une ignorance absolue que la popu-Ltion restée dans la grande métropole : population à si Juste titre orgueilleuse de ses lumières et des pas quelle fait faire à l’esprit humain.
- Ce résultat suffit pour nous montrer que la classe moyenne des immigrants est supérieure à la moyenne
- INTRODUCTION. — II. Q
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- des classes restées dans les trois royaumes. Tel est Ie point de-départ, et les citoyens de Victoria ne veulent pas en rester là.
- Nobles sacrifices des colons.
- Admirons les sacrifices des colons pour l’enseignement de la jeune génération.
- Dans l’année i856, en faveur d’une population très-peu supérieure à 300,000 âmes, les pouvoirs législatifs ont voté pour l’instruction générale.. 5,750,000 francs,
- A quoi les contributions privées et volontaires ont ajouté.................. i,25o,ooo
- Total en faveur de l’instruction publique. . ........................... 7,000,000 francs.
- Dépense moyenne pour l’enseignement de chaque enfant ou adolescent, 266 francs.
- Ce qu’il y a d’étonnant au premier abord, c’est qu’avec une dépense aussi grande, et dans une société qui paraît si bien sentir le besoin de l’instruction, le quart de la jeunesse ne fréquente pas les écoles; la moitié seulement les suit avec régularité.
- Si l’on veut être équitable, il faut faire observer combien est défavorable à l’enseignement collectif la dispersion des familles adonnées à l’agriculture et surtout à la vie pastorale, dans une contrée si vaste et jusqu’à ce jour si peu peuplée. Cette dispersion prive de tout enseignement public un certain nombre d’enfants.
- En définitive, sur 1,000 habitants de Victoria, 83 seulement fréquentent les écoles. C’est peu de chose, à coup sûr, si nous comparons une proportion si faible avec les
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- ^sultats* obtenus dans l’Europe civilisée. Mais au moyen
- une impulsion vigoureuse, telle qu’on peut l’attendre à ictoria du Gouvernement et des citoyens, l’on doit es-Perer de meilleurs résultats dans un prompt avenir. Ju-§eons-en par notre propre expérience.
- ^ y a seulement trente-deux années, lorsque j’ai publié ttla carte figurée de Vinstruction publique, la France tout éclairée, toute savante quelle fût dès cette époque, au eude 83, soit enfants, soit adolescents, n’en envoyait pas 0 dans toutes les écoles publiques ou privées ; tandis qu’à Posent elle en envoie plus de 120 par mille habitants. Cardons-nous donc de regarder Victoria comme arriérée P°ur longtemps, même au point de vue de l’enseigne-ïïieilt populaire.
- ^ll Gouvernement dans
- t
- ses rapports fiscaux avec les produits aurifères.
- faisons d’abord observer que tout l’or tiré de la terre Par les colons australiens reste leur propriété. La métro-P°^e, habilement et savamment désintéressée au point e vue pécuniaire, ne réserve pour elle aucune partie du Revenu des mines. C’est.par l’industrie, la navigation et c°mmerce quelle prend sa part légitime dans la richesse CI*éee; et cette part est magnifique.
- Ca colonie elle-même, ainsi que nous l’avons fait voir, j16prélève sur l’or que les droits les plus modérés, et dans e seul but de rembourser ses dépenses de protection.
- Droits d’exploitation des sables aurifères.
- Comme indice d’un progrès tout nouveau, j’ai porté beaucoup d’attention sur les droits coloniaux affectés à ^exploitation des quartz aurifères; exploitation dont ils
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- démontrent ie progrès. Ce genre d’industrie avait, comme nous l’avons vu, commencé dès i855; la taxation date seulement de l’année suivante.
- Droit perçu. .
- Six premiers mois de i856. 36,960 fr. Six derniers mois......... 344,125
- Revenus coloniaux de Victoria.
- Victoria, comme les Etats naissants de la grande répu' blique américaine, s’est procuré de puissants revenus pour suffire à toutes les dépenses d’utilité générale; la progrès-sion en est remarquable.
- ANNÉES. RECETTES. DÉPENSES.
- 1851 francs. 12,476,025 40,887,350 81,792,750 81,887,425 83,315,825 84,231,275 francs. 10,276,200 24,539,125 81,237,275 113,868,375 70.752.800 69.978.800
- 1852
- 1853
- 1854 '.
- 1855 .
- 1856
- Utile emploi d’une partie des revenus en faveur des travaux publics.
- C’est avec ces énormes revenus que les colons ont construit leurs routes macadamisées, leurs chemins de fer et leurs télégraphes électriques. Ce dernier moyen de coin' munication, celui des idées, s’étend déjà depuis Meb bourne et Géelong jusqu’aux districts aurifères. Les lignes ^ télégraphiques en activité n’ont pas moins de 32 0 lieues-
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- Ç est avec les mêmes revenus que les colons ont cons-truit leurs quais et leurs môles, amélioré leurs ports en les creusant, érigé de grands édifices pour le Gouverne-ïïlent> la justice, les douanes, etc.
- En i85i il n’y avait pas un kilomètre de route maca-ttattiisée; cinq ans plus tard il y en avait 56o kilomètres, c est-à-dire 14o lieues-, à ces routes s’ajoutaient 2 5o ponts. Ea dépense accumulée des travaux publics surpassait ^7,5oo ,000 francs.
- Après avoir examiné l’influence de l’or sur les cités, sur la richesse urbaine, sur la richesse gouvernementale et sur les travaux publics, examinons l’effet qu’il a Produit sur l’industrie pastorale et sur l’agriculture.
- Influence de la découverte de Vor sur l’industrie pastorale.
- Nous avons un moyen facile et non sujet à l’erreur d évaluer le progrès des troupeaux : c’est par le produit de leurs laines. Toutes sont exportées en Angleterre, et consolées régulièrement lors de leur entrée dans les ports de E métropole.
- Rapide accroissement des laines exportées du territoire de Victoria avant la découverte de l’or.
- En i844.................... 1.957.710 kilogrammes.
- En i85i.................... 7,810,700
- 11 résulte de ces valeurs que, dans les sept ans qui prépaient immédiatement l’exploitation de l’or, le poids laines exportées quadruplait dans la colonie de Victoria. Le produit s’accroissait de 22 p. 0/0 par année; il doublait en trois ans et demi.
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- Ralentissement ultérieur, et ses causes.
- Les derniers états officiels nous apprennent que la quantité des laines de Victoria envoyées en Angleterre pour i856 s’élève seulement à 8,544,o5y kilogrammes. Les envois de 1 857 ne surpassent pas de trois pour cent ceux que nous venons d’indiquer.
- Si la progression qui précédait immédiatement l’exploitation de l’or s’était conservée sans affaiblissement, la quantité des laines produites aurait dû s’accroître avec une rapidité qui fût incomparablement plus grande. On en jugera par le tableau suivant, dont la première colonne indique théoriquement le poids qu’auraient atteint les toisons, si la découverte de l’or n’en avait pas ralenti le progrès et produit la triste réalité démontrée par la seconde colonne.
- LA THÉORIE, LA REALITE, kilogrammes. kilogrammes.
- En i856, à........... 25,818,690 8,544,067
- En 1867,4............... 3i,470,34o 8,772,118
- On se rend compte aisément de cette grande décadence qu’éprouve le progrès de la force productive, pat les difficultés immenses auxquelles ont dû faire face les producteurs de troupeaux depuis la découverte de l’or.
- Les simples bergers quittaient leurs moutons pont accourir sur les placers, où la renommée grossissait encore des gains énormes dans les premiers temps. Les chercheurs d’or, assurait-on, trouvaient communément une once d’or par jour, ce qui valait 54o francs par semaine et vingt-sept mille francs par année ! Ainsi chantait la renommée.........
- Opposons à cet appât exagéré le sort des bergers et des
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- patres. D’après les prix recueillis officiellement pour la Nouvelle-Galles du Sud :
- En i85o, logés et nourris, on leur payait par année, coinme aux laboureurs, de 4oo à 475 francs;
- En 1852, ils exigeaient de 65o à 75o francs;
- En i854, le maximum du louage annuel s’élevait à Gooo francs dans la Nouvelle-Galles du Sud, et dans Sud-Australie il montait jusqu’à i,2 5o francs.
- * Ce qui doit étonner, c’est qu’avec 3oo, avec 6oo et îïle®e avec i ,2 5o francs d’augmentation sur les gages des bergers, on pût en retenir assez pour que les troupeaux 116 restassent pas complètement privés de gardiens.
- Les producteurs de laine étant obligés, dans les colonies - aUstraliennes, de faire des sacrifices de plus en plus considérables, haussaient nécessairement le prix de leurs laines.
- ce renchérissement avait pour conséquence de ra-Lntir la demande, et par conséquent aussi de ralentir les progrès de la production.
- Telles sont les raisons pour lesquelles a diminué, sui-Vant une si forte proportion, l’accroissement des laines produites par Victoria dans les années subséquentes à la découverte de l’or.
- Ce qui sauvait les propriétaires de troupeaux, c’est que ies populations coloniales, en s’accroissant avec rapidité, Nécessitaient une consommation considérable de bêtes à Line, pour suffire à la boucherie. Cela faisait monter rapidement le prix de la viande.
- Prix croissants du mouton, par kilogramme.
- Années. Prix. .
- i85o. î ir. 54 c.
- i85a. î fr. 'j b c.
- i854.
- 2 fr. 76 c.
- Avec de tels prix, la laine devenait d’un intérêt secon-
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- daire, et cetait ie poids de ranimai qui devenait l’objet important.
- Faveur croissante de l'élevage des chevaux et de la race bovine.
- Tandis que la production des bêtes à laine ralentissait ses progrès, il est juste de remarquer un accroissement considérable dans le nombre des chevaux et dans celui des bêtes à corne nécessaires à l’alimentation des habitants, à l’activité des communications, aux besoins de l’agriculture.
- Progrès de l’agriculture ; extension soudaine des terres de labour.
- Puisque le renchérissement de la main-d’œuvre était égal pour les pâtres et pour les laboureurs, l’agriculture éprouvait, à ce point de vue ; les mêmes difficultés que l’élevage des troupeaux.
- Heureusement pour le labourage, le prix des céréale?, trop bas dans l’origine, s’accroissait plus rapidement encore que celui de la main-d’œuvre agricole. Ainsi l’hectolitre de blé valait :
- i85o. I i85i. i854.
- i3fr. 5oc. j 28 francs. 4o francs.
- Un semblable renchérissement, de beaucoup supérieur à celui des laines et de la viande, est devenu le plus puissant véhicule de l’agriculture.
- Cela nous explique l’extension des terres conquises par le labour dans la colonie de Victoria.
- Années Prix. .
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- Rapide extension des terres mises en culture.
- Àunées.......... i854. I i855. j i856.
- Hectares........ 22,218 | 46,592 J 72,834
- Par conséquent, en deux années, on a plus que triplé a superficie des terres labourées.
- Négligence des méthodes, et perfection des instruments aratoires.
- Comme tous les cultivateurs qui labourent des terrains ^lerges, les colons ne s’occupent nullement d’en varier s cultures. Leur imagination n’admet pas que jamais ils Prissent les épuiser, et souvent c’est à tort. Leur incurie daigne pas recueillir des engrais pour les répandre sur .j s terres qui ne leur ont presque rien coûté. En général s uégügent beaucoup ce qui demande un plus grand em-j 01 la main-d’œuvre; c’est ainsi qu’ils reculent devant teavail qu’exigerait le soin si fructueux du sarclage des féales.
- Mais en revanche, dès qu’un moyen peut épargner ou uPpleer le labeur de l’homme et des animaux, il devient . ftJet d’une extrême attention. Les colons emploient au-teürdhui les meilleures charrues et les autres instruments ^ricoles les plus perfectionnés que leur puissent offrir les n§lais et les Yankies. Ils les reçoivent, de ceux-ci par le CaP Horn, de ceux-là par le cap de Bonne-Espérance.
- Rendement des terres ; avenir de la colonie.
- C11 Victoria l’hectare de bonne terre, dont l’achat ne °ute guère plus de 100 francs, produit, même avec une
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- culture encore très-imparfaite, 21 hectolitres et demi de froment. Cette récolte, aux prix de 185 1, ne vaudrait pas moins de 588 francs.
- Le rendement que nous venons de citer est celui d’une année commune; mais en 1855, où les récoltes furent abondantes, on a vu l’hectare, au voisinage des principal champs aurifères, produire jusqu’à 3o hectolitres.
- Lorsque la colonie de Victoria comptera seulement un million d’hectares cultivés en froment, avec le rende' ment, médiocre pour elle, de 21 hectolitres, et le prix de 3o francs à l’hectare, médiocre aussi pour une colonie si riche, elle produira pour 63o millions de froment. Ce reO' dement sera presque deux fois le produit de ses mines d’or-Le grand avenir de cette vaste colonie nest donc pas dans l °r de ses sables et de ses guartz; il est dans son agriculture.
- Le gouverneur, sir Henry Barkly, en célébrant la rare fertilité des terrains volcaniques de Victoria, cite une récolte de pommes de terre dont le produit par hectare pesait 38 mille kilogrammes.
- L’or devenu véhicule des progrès de l’agriculture.
- Pour résumer en peu de mots les développements que nous avons présentés sur les forces productives de Victoria* nous dirons :
- Cette colonie a reçu tout à coup un immense accrois' sement de richesse par la découverte de l’or.
- Cependant ce métal était découvert en 1851, et, des i852, sa production s’approchait du maximum. Si Vie' toria n’avait pas d’autres ressources, son opulence serai* déjà stationnaire. Mais l’or est devenu le véhicule des progrès de l’agriculture. Ne nous étonnons pas que les colons, imprévoyants et dédaigneux, aient négligé des eO'
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- grais Vulgaires; pendant beaucoup d’années Xengrais par ex-CeUence, le vrai guano des champs victoriens, ce sera l’or.
- Signalons un autre grand bienfait de cette richesse mi-^eiale . q résulte de l’influence quelle exerce sur l’ac-cr°issement de la population.
- Influence exercée par la vente des terres, et conséquences relatives à l’accroissement de la population.
- Le gouvernement de la métropole n’a pas craint de lre à la colonie de Victoria : « Sur votre territoire je pos-sede mjpjons d’hectares, qu’ils soient à vous; je vous es donne. Disposez-en pour votre plus grande et plus rapide prospérité; je m’en rapporte pleinement à votre Prudence. »
- La colonie a justifié cette confiance par l’usage quelle a fait de ce présent inestimable. Elle a su mesurer avec Sagesse et libéralité la vente des terres. Elle a commencé, 6°rnme la Nouvelle-Galles, par les adjuger à très-bas prix, j^and les capitaux étaient rares et rares les acheteurs. ar degrés, leur valeur s’est élevée , grâce au double bien-ait de la richesse et de la concurrence.
- Le tableau suivant fera bien comprendre l’influence de 0r sur la vente des terres qui constituent le domaine National dans toute l’Australie.
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- TABLEAU DU PRODUIT DE LA VENTE DES TERRES APPARTENANT AU DOMAINE PUBLTC.
- ANNÉES. CINQ ANNÉES avant LA DÉCOUVERTE de l’or. ANNÉE de. LA DÉCOUVERTE de For : 1851. CINQ ANNÉES - après LA DÉCOUVERTE de For- années.
- .
- 1846 francs. 479,650 francs. francs. 14,982,750 1852.
- 1847 1,694,500 N * 39,202,835 1853.
- 1848 826,350 34,471,473 1854.
- 1849 1,779,300 2,446,400 19,088,850 18,791,000 1855. 1856.
- 1850
- Totaux. 7,226,200 2,427,188 1 126,536,900
- Année moy. 1,445,240 4,854,375 24,307,380
- Tel est donc l’effet de la découverte de l’or :
- Dans les cinq années qui suivent celle oà Vor est découvert, le prix obtenu des terres vendues est égal à seize fois le pri# obtenu dans les cinq années immédiatement antérieures.
- A 1 egard de letendue des terres aliénées, voici ce cjfe je trouve dans les états officiels publiés en i856.
- Superficie et valeur des terres vendues.
- Années. Hectares. fr. c.
- 1851 ............................ 12,981 186 98
- 1852 ........................... io4,463 i43 42
- 1853 ......................... 122,i33 321 25
- 1854 ......................... 164,i65 209 98
- 1855 ..............................................
- 1856 ........................... 176,841 io5 76
- 1 Ce chiffre est donné pour les six derniers mois de i85i, c’est-à-dire pour les six mois à partir desquels Victoria forme une colonie indépendante'
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- Il est possible que les prix, plus élevés de 1851 à 1854, s°ient dus en partie à des terrains renfermant de l’or, en
- Partie à des terrains situés dans les villes ou dans leur banlieue
- Reproches adressés au sujet de la vente des terres, par
- divisés.
- ** r
- La presse métropolitaine a retenti de plaintes amères c°ntre un prétendu monopole des terres, obtenu par quel-<ïlles grands propriétaires : il faut citer ces doléances énu-iïlerees, en plein Times, avec une extrême amertume.
- ^ (( Les terres sont entre les mains d’un très-petit nombre Propriétaires. A plusieurs reprises, on a, sous différents ^Ottis, assuré la permanence de la tenure des terres aux Prenaiers occupants. Le vaste intérieur du pays est réelle-meiît fermé pour quiconque désire devenir colon. Il en résulte d’abord, chez la population, un mécontentement §raVe et trop bien fondé ; l’excessive inégalité des posses-Sl0ns pousse à la propagation d’une extrême démocratie.
- <(Nous signalons ici, quant aux classes laborieuses, l’im-Possibiüté de faire valoir avec sécurité leurs économies, as Un pays nouveau et sans manufactures, à moins d’acquérir de la terre. Un chercheur d’or qui rapportera dans
- J ~ •* t'-z iiv.» LI VUV/Ul VI VF JL VJU.I 1 Up
- ^ CaPltale de Victoria 25,ooo francs, qu’en A a destination naturelle des épargnes de cet ho
- e*re 1 achat et la culture d’une petite ferme. »
- fera-t-il ? homme doit
- Véritable état des choses.
- Ln consultant les rapports rédigés par les gouverneurs ^es colonies, j’ai trouvé la meilleure des réponses qu’il possible de faire à des accusations si graves.
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- Il n’est pas permis de prétendre aujourd’hui que la pluS grande partie des terres vendues au public aille grossir la propriété des possesseurs de vastes pâturages ; abus qt*1 serait fondé sur un droit de préemption pour les terres qui touchent à ces pâturages.
- On ne peut pas davantage affirmer qu’on veuille absorber les aliénations du domaine public, afin de procurer d’immenses domaines à d’opulents capitalistes.
- Il suffit, pour s’en convaincre, d’examiner les fart5 accomplis pendant 1856 ; c’est la dernière année dont les comptes sont publiés. Dans cette année, 176,841 hectares de terres ont été publiquement aliénés. On a d’abord, en 6,837 ventes séparées, disposé de 55,o85 hectares; ce qui, pour l’étendue moyenne de cette première classe, donne un peu moins de 26. hectares. Cette superficie, a 1 10 francs l’hectare, aura coûté seulement 2,836 francs-
- En présence d’un pareil fait, peut-on dire qu’un cher-cheur d’or, après avoir économisé, 2 5,ooo francs, ne trouverait pas à les placer en terres, tant la propriété foncière serait monopolisée? Au contraire, avec cette somme il a la faculté d’obtenir, non pas seulement un lot, mai5 neuf lots moyens.
- En nous élevant à la deuxième classe, nous trouvons 1 1 5,93o hectares, divisés en 1,294 ventes; ce qui pour lot moyen donne un peu moins de 90 hectares.
- Au taux admis dans les ventes, le prix d’un semblable lot ne revient pas à 10,000 francs. Ici le chercheur d’or, avec ses 2 5,ooo fr. d’épargne, pourrait obtenir deux lots de deuxième classe, et réserver 5,000 francs afin dy joindre encore deux lots de première classe.
- Enfin, pour ce qu’on peut appeler la grande propriété d’après les idées françaises, car ce n’en serait pas une d’a' près les idées pnglaises, on a réservé seulement 13,57.1
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- ectares, c’est-à-dire le treizième des superficies aliénées, ^ns l’intention de composer des lots ayant plus de 200 ectares, et coûtant chacun plus de 20,000 francs.
- L administration coloniale me paraît avoir agi sagement ans 1 intérêt des petites et des moyennes fortunes; elle ^ certainement pas trop favorisé les grands capitalistes, ^ ne faut cependant ni dédaigner, ni même négliger.
- Emploi du produit des ventes pour améliorer l’immigration.
- P ordinaire on a partagé presque également le pro-uû des terres vendues entre la dotation des travaux Péblics indispensables aux progrès de la colonie, et l’en-c°uragement nécessaire aux immigrants attirés des trois ^°yaiimes. Examinons les motifs et les effets de cette erïuère partie des dépenses!
- Un très-grand désavantage, éprouvé par la population e Victoria, prend sa source dans l’inégalité numérique es deux sexes. Les hommes, plus hardis, plus propres à apporter les fatigues d’une traversée de six mille lieues, jUieux pourvus de moyens pécuniaires, émigrent naturel-efr>ent en bien plus grand nombre que les femmes.
- fais observer, par exemple, qu’à la fin de 1854 0ïl trouvait, dans la colonie, 178,02/1 individus du sexe p^sculin contre 95,8/u du sexe féminin ; ce qui suppose Peu près 92,000 célibataires.
- Aux commissâires chargés de répartir les secours entre s dïiigrants de la métropole, on a prescrit de favoriser ailtant qu’il se pourrait l’émigration des femmes. Nous apprécier l’efficacité de leurs efforts pour l’année ^ênie que nous venons de citer.
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- ÉMIGRATION D’ANGLETERRE EN VICTORIA PENDANT L’ANNÉE 1854 ; PARALLÈLE DES ÉMIGRANTS SECOÜRÜS ET NON SECOÜRDS.
- AGES. SEXES. SECOURUS. NON SECOURUE
- 3,876 20,296
- 14 ans et plus.
- 8,536 6,249
- Hommes 1,331 2,475
- Moins de 14 ans. 2,154 2,023
- 249 543
- Moins de 12 mois.
- 371 310
- Nous rendrons beaucoup plus saillants les résultats qul précèdent par le résumé suivant; celui-ci nous paraît me' riter toute l’attention du lecteur.
- RÉSUMÉ DU PARALLÈLE PRÉCÉDENT.
- ÉMIGRANTS. SECOURUS. NON SECOURUS.
- 5,456 11,112 23,314 8,582 ^
- Totaux par sexe J * Féminin.. ,, t f, , #
- Ainsi l’émigration spontanée, et non secourue, nef nit à la colonie qu’une femme contre trois hommes; tan^5 que l’émigration sollicitée, et secourue, fournit deuxfenin1^ contre un homme. La seule indication d’une telle inégalde dispense de tout commentaire.
- Nous compléterons l’important sujet qui nous occupe
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- faisant connaître les sommes réellement dépensées, nombre des émigrants secourus , et ïe secours moyén ont obtenu pendant une période décennale.
- TABLEAÜ de la dépense effective et DES ÉMIGRANTS SECOÜR0S.
- années. SOMMES DÉPENSÉES. ÉMIGRANTS SECOURES* SECOURS MOYEN PAR ADULTE.
- 1847., francs. 517,500 3,981 fr. .c. 372 50
- 1848. 2,930,000 17,752 362 60
- 1849. 5,730,000 29,428 368 10
- 1850. 3,735,000 6,830 317 05
- 1851. 3,042,500 11,693 341 10
- c* CO 8,333,250 , 34,095 421 00
- 1853. ^ 12,867,500 27,723 523 30
- 1854. 16,662,500 41,065 546 65
- 1855. 15,477,500 28,016 448 10
- 1856. 8,252,500 20,653 399 50
- Totaux 77,547,750 221,236 409 99
- Gn remarquera que depuis i852, époque où les com-^îssaires obtiennent des crédits beaucoup plus considères, des secours plus élevés sont payés à chaque péroné engagée. Il le fallait, car les bons choix deviennent Autant moins économiques et moins faciles qu’on doit frôler un plus grand nombre d’émigrants.
- Commerce de Victoria.
- I
- 0rsque nous aurons parcouru séparément chacune des
- INTRODUCTION. -- II.
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- colonies britanniques de l'Australie, nous nous proposons d’embrasser l’ensemble de leur commerce. Mais Victoria présente des faits si remarquables que nous croyons de' voir les exposer dès à présent, pour compléter le tableau des résultats capitaux qui la caractérisent.
- Efforts de la métropole pour aller au-devant des besoins de Victoria-
- Ce que je veux montrer ici, c’est l’extrême empresse-ment et la puissance déployés par la métropole pour seconder les efforts de la colonisation.
- Qu’on songe aux difficultés qu’il faut vaincre, aux dépenses qu’il faut risquer quand il s’agit d’approvisionnei’ une colonie séparée de la métropole par une distance de six mille lieues.
- Secours puissants offerts au commerce par le progrès de la navigation-
- Heureusement, à l’époque où l’on devait surmontée tant d’obstacles, la navigation offrait les progrès les plus remarquables. On avait inventé ces navires clippeurs, au* formes allongées et fines, propres â porter beaucoup de voiles, comparativement à leurs dimensions transversales; ce qui leur donnait une vitesse jusqu’alors inespérée. Eu même temps une étude plus attentive des courants et des vents, soit de l’Atlantique, soit du Grand-Océan, avait permis d’abréger beaucoup la durée, la dépense et le pé' ril des voyages.
- Dans les premiers temps qui suivirent la découverte des grandes Indes, moins éloignées de l’Europe que ne l’est l’Australie, on ne croyait pas pouvoir élever à moins de cent pour cent le renchérissement des produits transportés d’occident en orient et d’orient en occident : sou-
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- Vent même les négociants étaient loin de se contenter dun semblable doublement. De même aussi dans les pre mières années de la colonisation australienne, lorsque les Capitaux étaient rares, les prétentions du commerce étaient Exorbitantes et les prix excessifs. Montrons, à cet égard, cpieîs heureux changements se sont opérés.
- Economie remarquable des frais de transport entre l’Angleterre et l’Australie.
- Commençons par évaluer l’abaissement des prix aux quels peuvent se réduire aujourd’hui le commerce et k Navigation perfectionnés.
- En calculant le poids des divers produits envoyés d’An-gkterre à la colonie de Victoria, pour le comparer avec E valeur déclarée de ces mêmes produits, j’ai trouvé ^Non doit évaluer à 1,338 francs le prix moyen des müle kilogrammes.
- Le prix des transports par mer s’est graduellement baissé. Maintenant les navires anglais, entre l’Angle-terve et l’Australie, transportent ces mille kilogrammes, c est-à-dire un tonneau, pour 80 francs. Cela revient à 6 pour Cent des marchandises transportées, valeur moyenne. De Phis, les compagnies d’assurance maritime exigent î 3/4 Pour cent sur la valeur transportée.
- A ce compte, le fret joint à l’assurance donne un total de i,44i francs pour la valeur nécessaire du promût transporté. Il faut, en outre, tenir compte de cent jours exigés en somme pour le temps de la traver-See, celui du chargement et celui du déchargement; laps temps qu’on représente très-communément par un mtérêt de î 1/2 pour cent sur la cargaison.
- En définitive, on trouve que les habitants de l’Australie doivent payer en sus des prix métropolitains :
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- Proportion des frais du transport des produits d’Angleterre en Australie-
- i° Pour le transport................... 6 p. îoo.
- 2° Pour l’assurance maritime............ . 1,75
- 3° Pour l’intérêt pendant le voyage.... i,5o
- Dépense totale..... 9,25 p. 100.
- Bon marché comparatif des produits importés.
- Loin de s’étonner que le renchérissement nécessairt dans une colonie éloignée de six mille lieues soit de 9 1 jl\ pour cent, il faut au contraire admirer les progrès qui rendent possible un aussi faible exhaussement des prix de revient sur des produits eux-mêmes si fort diminués de prix depuis plus d’un siècle.
- Un très-bon couteau, un très-bon rasoir de Sheffield, qui coûteraient un franc rendus à Londres, ne reviennent en définitive au commerçant australien qu’à 9 centimes i/4 de plus, dans un pays colonial où l’ouvrier gagne 200 à 300 pour cent par delà la journée de l’ouvrier d’Angleterre. Il faut seulement ajouter à ce prix nécessaire les bénéfices variables du négociant en gros et du débitant australien. Une concurrence excessive ne permet pas que ces profits soient jamais exorbitants.
- En définitive, nous arrivons à cette conséquence : comparaison faite avec les revenus du peuple de Victoria, les objets d’industrie qui lui sont envoyés de la Grande-Bretagne sont à beaucoup plus bas prix pour lui qu’ils ne le sont, pour l’Anglais ou l’Ecossais, sur Ie lieu même de la production. Il peut donc consommer pour ses besoins bien au delà du nécessaire; que s’il s’agit de ses plaisirs, il est libre d’aller aussi loin que peut
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- ta rêver une imagination affolée par l’excès des prospérités.
- Lutte entre les progrès de Victoria et l’audace des importateurs d’Angleterre.
- Ce qui passe toute croyance, c’est que le commerce dAngleterre ait trouvé le moyen d’aller au delà, non-seulement des besoins, mais des souhaits que peut former ta Peaple-Crésus qui s’appelle Victorien. '
- Premiers efforts de 1851 à 1852.
- En 1851, époque mémorable où ce peuple obtient Autonomie coloniale, l’or n’est découvert qu’au ier septembre; à peine cette grande nouvelle arrive en Angleterre avant la fin de l’année. Les envois de marchandises britanniques ne peuvent donc pas encore être effectués R après l’excitation que produira le bruit d’une pareille ^couverte. Voyons ce qui se passait immédiatement avant l’Angleterre en fût informée.
- Envois de 1851 à la colonie de Victoria.
- ta’od. britann. envoyés par l'Angleterre... i5,110,075 francs.
- Population moyenne...................... gi,83A habitants.
- bnvoi par mille habitants............... 157,669 francs.
- Voilà certes un approvisionnement considérable; tel il R°it être pour un peuple moitié pasteur et moitié citadin, sans agriculture et sans manufactures ; mais riche en troupeaux, en toisons précieuses, et qui peut payer largement taiis les produits dont il éprouve le besoin. On va voir
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- jusques à quel point la découverte de l’or a fait dépasser un terme primitif déjà si grand.
- Commerce de 1852. Première excitation de l’or.
- Dès i852, à la simple annonce qu’on a découvert dans l’intérieur de Victoria le plus précieux des métaux, l’impatience britannique n’attend pas la moindre appréciation du changement qui s’ensuivra dans la colonie. Aussitôt le commerce anglais, au lieu d’envoyer pour i5 millions de produits, en envoie pour.......... 40,378,375 fr.
- L’immigration, moins hâtive que le négoce, réussit cependant à porter la population moyenne des Victoriens,
- en i8Ô2 , à .. . .................. 127,395 hab.
- Envoi par mille habitants. ..... 317,697 fr.
- Par conséquent l’offre d’objets de toute nature nécessaires à la subsistance, au vêtement, aux besoins ruraux, aux constructions urbaines, aux plaisirs des Victoriens, la voilà doublée dans le bref espace d’un an.
- En réalité, que signifie ce doublement? Le commerce anglais aventure, sur les marchés du nouvel Eldorado, pour 2 5 millions en plus de marchandises. Mais dans l’année 1852, le Peuple-Grésus a tiré du sol une quantité de métal qui vaut 372 millions : c’est quatorze fois plus qu’il ne faut pour solder cet accroissement.
- Seconde excitation, de 1852 à 1853.
- Vaincu dans sa témérité, qui par bonheur n’a pas trop excédé les bornes, le commerce anglais redouble d’audace ; il veut voir si l’on pourra l’empêcher de franchit’
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- toutes les limites et montrer jusqu’où peut aller son esprit ^aventure. Quarante millions de produits n’avaient pas eto trop considérables pour 1852 ; il veut à tout prix, pour ne pas rester au-dessous du progrès, quel qu’il soit, la richesse et de la prodigalité des colons.
- C’était trop peu d’avoir doublé dans une année! Dès ^année suivante, il quadruple ce doublement, et fait partir ses produits, en 1853, pour 175,559,675 francs. D'un autre côté la popula-ù°n, continuant d’augmenter,
- s’élève, dès le milieu de 1853, à 182,975 habitants. Envoi par mille habitants.. . 959,473 francs.
- Ainsi, quoique la population ait doublé dans l’espace e deux années, l’offre d’approvisionnement par personne es* plus que sextuplée.
- Sans doute si l’or tiré de la terre en douze mois avait eto réparti entre tous les habitants, ils auraient pu compléter à l’envi la consommation énorme qu’on offrait à ei*rs convoitises. Mais, tandis que certains chercheurs ^0I\ favorisés du hasard , gagnaient jusqu’à 5o à 60 francs Par jour, les pasteurs, les laboureurs, les manouvriers, Malgré le renchérissement de leur main-d’œuvre, ne pou-^aient pas sextupler leurs dépenses. Aussi les magasins toïssaient-ils par regorger de produits non vendus.
- Crise commerciale, en Victoria, de 1853 à 185U.
- On voit comment a pris naissance une crise commerce qui, devenue sensible à la fin de 1853, exerce ses laVages sur le commerce intérieur de Victoria. Elle réagit, ^es les premiers jours de 1 854 , sur les téméraires métro-P°litains. La peur saisit alors ces derniers, et cette peur
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- est manifestée par leurs expéditions. En i 853 les envois avaient valu 176 millions; dans l’année suivante, ils to®' bent à......................, . 148,532,875 francs.
- La population s’accroît toujours, comme pour soulager, pour sauver les imprudences du commerce anglais. Au milieu
- de 185A, elle s’élève à........ 2/19,885 habitants.
- Envoi de 1854, par mille habitants, 59/1,429 francs.
- Les banqueroutes de 185U.
- Si 1853 n’avait pas offert d’excédant, à la rigueur l’abaissement de l’offre à 594 francs par personne aurait pu n’être pas trop exagérée; mais il n’en était pas ainsi. Ce fut donc en 1854 que les banqueroutes éclatèrent à Victoria; elles firent éprouver leur contre-coup» trois ou quatre mois plus tard, dans la Grande-Bretagne-
- Effet de la peur chez les négociants anglais, en 1855.
- Les Anglais ainsi châtiés, avertis à leurs dépens de l’encombrement énorme sous lequel gémissait Victoria, to®' bent avec rapidité dans l’excès du découragement.
- En conséquence pour 1 855, au lieu des 1 4q millions de l’année précédente, ils n’envoient plus de leurs produits que pour une valeur de.. . 69,744,400 francs.
- La population croît toujours; au milieu de 1855 elle est de.... 31 2,8o4 habitants.
- Envoi par mille habitants.. . . 222,961 francs.
- Voilà donc, en deux années seulement, l’envoi des marchandises britanniques réduit des trois quarts par habitant, malgré le progrès si rapide de la population.
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- Pour cette fois, les expéditions ne deviennent suffi-Saotes que complétées par le superflu restant des années aoterieures. On arrive au minimum d’approvisionnement Nécessaire, et la ruine des pourvoyeurs, si largement ac-COrnplie, ne vient plus frapper de nouvelles victimes.
- Recrudescence d’audace métropolitaine en Î856.
- Enfin les faillites se sont arrêtées ; restent debout les disons les plus solides. Sur-le-cbamp, avec une audace Ressuscitée, les Anglais pour 1856 doublent les envois ae i855; envois qu’ils avaient modérés avec tant de îegrets!
- ^r°d. britanniques envoyés en i856..... 157,394,100 francs.
- °pulation moyenne de i856.............. 376,172 habitants.
- nv°i par mille habitants............... 4i8,4o8 francs.
- Équilibre Jinal.
- Telle paraît être la proportion régulière des produits arjglais consommés par les habitants de Victoria dans leur Slhiation prospère, après six années seulement d’or exploité. En reprenant un niveau modéré, les produits ab-s°rbés par chaque habitant sont presque le triple de ce T* il consommait avant cette magnifique exploitation.
- Au moment d’apposer le bon à tirer de cette feuille, je reǰis les tableaux statistiques du commerce anglais pour JE confirment ma prévision sur l’état voisin de l’é-^uilibre auquel on est arrivé. Les importations venues ^Angleterre s’élèvent à 166,287,i5o francs; et ce léger ^croissement des envois est facilement absorbé par racornissement de la population.
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- FORCE PRODUCTIVE
- Laissons de côté ces joueurs effrénés qui lançaient sans prudence les produits de l’Angleterre, afin d’encombrer infatigablement les marchés de Victoria. S’ils se ruinent, ils font voulu; nul ne les pleure. L’exemple de ceux^qn1 tombent ne rend pas plus circonspects leurs successeurs, et ceux-ci montent à l’assaut de la fortune en passant sur le corps des blessés et des tués du premier rang.
- Ce qui doit nous intéresser pour les colons de Victoria, c’est qu’ils ont eu tout à gagner aux folies de leur métropole. Quand le commerce d’outre-mer, aux abois par sa faute, leur vendait à perte avec surabondance, il ajoutait sans le vouloir à leur bien-être.
- Les besoins de la colonie, malgré leur développement extraordinaire, pour l’étendue et pour la rapidité, ees besoins ont par conséquent été toujours promptement, économiquement et plus largement satisfaits qriil ri était nécessaire. A ce point de vue, la colonisation ne pouvait rien souhaiter de plus propice.
- Dans les calculs qui précèdent j’ai pris le commerce en masse et j’ai calculé sur l’ensemble des valeurs. On aurait trouvé des inégalités plus étranges et des excès plus ine*' plicables encore, si l’on avait montré séparément chaqne nature de produits. Mais ce long examen aurait fatigué le lecteur et dépassé les justes bornes.
- Approvivionnement spécial et progressif des tissus de coton.
- Je me contenterai d’examiner un seul article en parti* culier, à raison de sa grande importance, et parce qnH est le triomphe de l’industrie britannique: je veux parler des tissus de coton.
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- DES NATIQNS.
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- mètres de coton envoyés de la MÉTROPOLE POUR VICTORIA.
- années. TOTAUX. PAR MILLE HABITANTS. POPULATION MOYENNE.
- 1851. t mètres. 1 fiio CCI mètres. 1 k eon habitants.
- 1852 I,01^,001 0 QQA lOyOzy i a a7Q V4,o34
- 1853. At00 JjOÜU 11 AftQ AOA Al QQQ 14 /,oy0
- 1854 i n "\ nn OijOOO 43 01*> Loa9v *0 940 Rfip*
- OO 0 m q a/> ri 9 3^9 Rt9 Rn/i
- 1856. lOyUAàU n /iQi nos an aoa 179
- 1857.. 1 h 97A *fin q9 7f*ft
- Totaux 54,826,191 30,784» 1,780,939
- j le voit, l’instinct commercial, un peu tardif chez es vendeurs de tissus britanniques, les a fait atteindre ^ls ans trop tard, en 1856 et 1857, après de cruelles ecÇptions, la quantité moyenne qui paraît être la consom-Iiîation régulière des habitants de Victoria. Cette confrmation, qui s’étend aux femmes, aux petits enfants, lrisi qu’aux hommes, opulents ou pauvres, est vraiment Il0riïle* Elle surpasse de beaucoup la vente du même 8enre de produits aux autres colonies britanniques; mais es dernières colonies ne trouvent pas chaque année, en Battant un peu la terre, de cinquante à cent millions 0r Par cent mille consommateurs.
- s 1 Pour obtenir ce chiffre on a divisé le total des mètres de tissus par la S°mïïie des populations moyennes.
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- FORCE PRODUCTIVE
- Commerce des effets à usage et de la mercerie.
- Je désire appeler l’attention des Français sur un gefl*’e de commerce qu’ils pourraient exploiter en Australie, et spécialement à Victoria, avec un grand avantage.
- En considérant l’énorme quantité de tissus en piece expédiés pour cette colonie par l’Angleterre, on pourrai croire qu’il n’est plus nécessaire d’envoyer aucun linge tout ouvré : c’est celui qui compose la majeure partie des art*' clés désignés sous le nom d'effets à usage. On tombera*1 dans une grande erreur, et la preuve en est fournie par ^ tableau suivant.
- Valeur des effets à usage et des merceries envoyés par VAngleterre-
- Années. Francs.
- 1851 ......................... 3,022,475
- 1852 ......................... 9,162,325
- 1853 ........................ 4o,i93,i5o
- 1854 ..................... 27,524,275
- 1855 ......................... 7,612,500
- 1856 ........................ 19,827,125
- 1857 ...................... 25,756,000
- Total.......... 133,097,850
- Indications adressées à l’industrie française.
- C’est ici qu’aurait pu triompher l’industrie parisienne avec son art merveilleux qui réunit, dans la coupe et l’°r' nement de tous les objets de lingerie et de parure, àeS conditions si diverses, tantôt de simplicité^et de bo*1 marché, tantôt d’élégance et de somptuosité. Elle surtoU* aurait su trouver les mille moyens ingénieux et variés,sl
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- DES NATIONS.
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- Propres à satisfaire les gens qui découvrent l’or, et qui ent de le dépenser en toute sorte de luxe. J’aurais 11 que l’industrie française se plaçât au premier rang P°Ur offrir à Victoria les diverses espèces de vêtements ^Usage; j’aurais voulu quelle disputât la palme de tous vestiaires dès 185 i, et qu’elle prît sa large part des Millions dépensés en sept ans pour ce seul objet, Je °uhaite au moins quelle entreprenne, dès à présent, un 0rïuuerce qui semble lui promettre les succès les plus lu-ts> non-seulement dans la colonie de Victoria, mais
- fin
- ® tout un monde nouveau.
- "°ur la seule année 1857, la valeur des effets à usage ^de mercerie, expédiés d’Angleterre en Australie, s’élève °>636,py5 francs. C’est à partager de si riches envois je convie, non-seulement l’industrie de Paris, mais de toute la France.
- Signalons une autre industrie à l’égard de laquelle l’An-
- erre ne redoute aucune concurrence.
- Commerce des instruments producteurs et des machines.
- Il faut
- yois d’ Père
- arrêter l’attention du lecteur sur un genre d’en-
- une importance capitale dans une colonie qui pros-lu‘ ^ar *ravaH des mines et de l’agriculture : c’est ce-^ 1 des instruments et des machines indispensables à ces j,^Ux Industries. Pour ces machines et ces instruments, ^gieterre peut avoir par exception quelques rivaux; ls elle n’en redoute aucun.
- /
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- FORGE PRODUCTIVE
- VALEUR DES MACHINES ET DES INSTRUMENTS PRODUCTEURS APPORTES À VICTOR1*’
- de i85i À 1857.
- ANNÉES. MACHINES À VÀPEDR. AUTRES MACHINES. TOTAL par MILLE HABITANTS'
- francs. francs. francs.
- 1851 37,075 130,825 1,758
- 1852 80,575 220,350 2,368
- 1853 194,950 512,925 3,869
- 1854 636,475 1,480,150 8,470
- 1855 569,425 1,196,325 5,645
- 1856 701,800 919,700 4,311
- 1857 1,502,200 1,504,275 6,909
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- 7 ans. 3,722,500 5,964,550 5,437
- Remarquons avec un vrai plaisir le progrès moins irrég11' lier et bien plus satisfaisant qu’offre la valeur des machiné à vapeur ainsi que celle des instruments agricoles et & tous les autres mécanismes nécessaires à l’industrie col0-niale. Dans le tableau qui précède, un œil exercé peU| suivre et mesurer la prospérité réelle d’un peuple marche à grands pas dans la voie des arts perfectionnes-Si l’érudition du lecteur cherchait à se rendre compte de la lenteur avec laquelle se sont introduites les machineS à vapeur non-seulement en France, mais en Angleterre» elle apprécierait à sa haute valeur le même ordre de pr°' grès dans la colonie australienne de Victoria.
- En admettant la continuation d’une marche intelh' gente et régulière, comme il est désirable et naturel de l’espérer, dans dix années cette belle et florissante coD'
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- ^6 de Victoria possédera pour oo millions de machines à Vapeur. Ces machines représenteront le travail de cent jttdle chevaux ordinaires qui, sans se fatiguer, pourraient Actionner a 4 heures par jour, qui conserveraient tou-J°urs la force de leur meilleur âge, et qui ne seraient Jaiüais ni malades ni fatigués. De telles machines équivaudront à la force physique d’ un peuple de a millions d âmes.
- Dans la même hypothèse, la valeur de tous les autres j^canismes importés atteindrait le double de la valeur où 0ïl aura fait monter l’ensemble des machines à vapeur.
- Force productive industrielle de Victoria dès 1855.
- A présent nous pouvons nous former une idée du ma-^riel dynamique appliqué dans les diverses industries de lctoria. Je prie toujours le lecteur de remarquer qu’il s’a-d une colonie dans laquelle pas un atelier, pas un ar-lsan n’existait avant l’année 1835. Voici ce qu’ont produit ans d’efforts.
- Pn a fait prendre un grand développement à l’exploi-lQn des mines de fer; on a construit des routes pour les j^ttacher aux ports de Melbourne et de Géelong. Dès la n de 1855, Victoria possédait 1507 paires de cylindres Puddler, pour produire le fer par étirement et compres-|l0rï; elle avait, en outre, trois usines pour le moulage de ^ f°nte. Elle avait déjà, pour extraire un métal de plus aute valeur monétaire, mais non pas plus précieux, 159 ^chines à briser les quartz aurifères; des millions d’or espondaient à leur travail. Elle avait 3 g moulins à fa-^emus parla vapeur, 8 par l’eau ou le vent et 4 par des ^ evaux. Elle possédait 3 o scieries mécaniques, 2 machines planer les bois, etc. etc.
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- A ces grands moyens d’action, qu’on ajoute le matériel que supposent 32 brasseries; qu’on y joigne 2k fabriques de savon et de chandelle, qui peuvent travailler pour l’exportation avec les immenses ressources en graisse animale que présentent les troupeaux de la colonie.
- En mettant à profit la houille indigène, une usine produit le gaz nécessaire à l’éclairage de Melbourne, ville de 100 mille âmes. On a tiré d’Angleterre les ap'. pareils et tous les tuyaux de conduite; mais l’entretien n’en peut être fait que par les artisans victoriens.
- Dès 1855 on comptait quatre ateliers pour confectionner de grandes chaudières, et déjà la colonie construit des machines à vapeur applicables aux genres de travaux que nous venons d’indiquer.
- Cette énumération, très-incomplète, donnera pourtant quelque idée de la force productive industrielle de Victoria, cinq ans seulement après qu’on a commence l’exploitation de l’or. Une telle force est étrangère au* arts de luxe ainsi qu’aux fabrications d’une grande main-d’œuvre ; mais pour les industries où la principale dépense est dans les matières étrangères à l’homme et tirées de U nature, Victoria peut en faire un aussi puissant usage qoe le nord des Etats-Unis.
- Commencement d’exploitation des mines de cuivre.
- Il faut ajouter aux industries minérales l’exploitation des mines de cuivre, trop négligées peut-être devant la recherche d’un métal incomparablement plus productif; la puissance des machines, merveilleusement appliquée par les Anglais, pourra donner un grand essor au travail des mines de cuivre.
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- CUIVRES DES MINES DE VICTORIA ENVOYES EN ANGLETERRE.
- ANNÉES RÉUNIES. QUANTITÉS. VALEURS.
- MINERAI DE CUIVRE. l854 et 1855. tonn. kilogr. 346 436 francs. 193,575
- 1S56 et 1857 10,415 415 6,605,775
- CUIVRE BRUT. ^54 et 1855 100 384 285,200
- 1856 et 1857.. 1,279 114 3,293,975
- ^
- Il résulte de ce tableau que la seule exploitation des livres, qui, pour 1854 et 1855 réunis, ne produisait ^le 478,-7-75 francs, a produit, pour 1 856 et 1857 pris ensemble, 9,899,750 francs; un accroissement aussi ra-^ e annonce un avenir magnifique, j Get avenir est digne du progrès général dont nous al-118 donner la mesure.
- Progrès général du commerce extérieur de Victoria.
- , Ministère du commerce britannique a donné des ^esnltats précieux sur le commerce des colonies austra-6ïiHes, pour les quatre ans écoulés de 1851 à i854. ^l^Mmençons par présenter la mesure des importations, . es que l’administration les évalue dans les ports de
- Irtoria.
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- INTRODUCTION. — lf.
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- TABLEAU DES IMPORTATIONS PROGRESSIVES DE 1 85 1 À l85/i.
- ORIGINES, 1851. lé52. 1853. 1854.
- francs. francs. francs. francs.
- La métropole 18,724,600 43,805,400 207,205,650 273,559,375
- Colonies britanniques. . . 5,983,260 53,199,900 126,608,600 111,688,725
- Etats-Unis 3,050 1,509,075 41,715,150 25,689,950
- Autres nations 1,699,675 3,234,175 20,524,025 30,538,225
- Totaux 26,410,585 101,748,550 396,053,425 342,476,275
- Enorme supériorité des importations britanniques.
- A la vue du tableau qui précède, les observations se présentent en foule. En premier lieu, ce qu’il faut renia1' quer, c’est l’écrasante supériorité des valeurs mercantile importées de l’empire britannique, lorsqu’on met ces v9 leurs en parallèle avec les importations de l’univers. Les six septièmes appartiennent à des origines anglaises, et le de?' nier septième reste pour l’ensemble des nations étrangères.
- Cette excessive inégalité ne devrait-elle pas empêche1 l’Angleterre de se plaindre comme d’un bien volé, toutes les fois qu’en pays étranger elle ne fera que le quart, ou Ie tiers ou même la moitié du commerce que fait l’étrangel dans son propre pays ? Ce pauvre étranger, qui cherche 9 se défendre, fût-ce, au besoin, par des droits justement protecteurs, doit-on essayer de le faire rougir en appe' lant la science au secours, et lui répétant avec dédain qu’il ignore les plus grossiers rudiments de la vraie, de grande économie commerciale ?
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- ^ea«, développement du commerce des Américains Yankies.
- j seconde observation servira pour signaler le développement prodigieux du commerce des Etats-Unis avec ^lctoria. Les Yankies n’iinportaient en 1851 que pour >°5o francs de produits; trois ans plus tard, ils en im-P0ltent pour 25 -f- millions, quoique Tannée précédente tussent excédé les bornes de l’utile en poussant leurs er*vois imprudents jusqu’à quarante et un millions. N’en °y°ns pas étonnés; clés qu’il s’agit de témérités commer-Clalçs> les Yankies surpassent même les Anglais.
- Les États-Unis sont destinés par la nature, par la forme ^eme du globe, à rester la puissance prépondérante Cntre tous les étrangers qui viendront commercer sur le ^rché de Victoria. Us conserveront ce premier rang, p1* tju’on perce ou qu’on ne perce pas les détroits de j ariajHa et de Suez, soit qu’il faille ou ne faille pas faire S^nd détour du cap Horn ou du cap de Bonne-Espé-Dans tous les cas, la Californie, New-York et j 0st0ïl n’en opéreront pas moins, avec Melbourne et Gée-0ïl§ et Sydney, un commerce du premier ordre.
- Exportations de Victoria.
- Gâtons-nous de passer aux exportations. Les comptes ^ les concernent, donnés par la colonie, ont cela de l^âcieux, qu’ils comprennent for ex'porté, tandis que les tats de commerce du Royaume-Uni n’en font aucune ^ntion : lacune à la fois inexplicable1 et très-regrettable.
- I
- «U
- ^°n honorable ami M. Fonblanque, le directeur de la statistique ^oistère du commerce britannique, a bien voulu m’éclairer sur ce
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- TABLEAU DES EXPORTATIONS DE VICTORIA, DE 1 85 1 À 1 854, Y COMPRIS L’OR NON MONNAYÉ.
- DESTINATIONS. 1851. 1852. 1853. 1854.
- francs. francs. francs. francs. .
- La métropole 29,972,350 154,960,825 241,890,600 256,905,325
- Colonies britanniques.. . . 5,560,950 30,852,775 23,568,550 34,302,675
- Etats-Unis 39,425 " 491,150 1,273,325
- Autres nations " 477,625 5,588,300 1,898,775
- Totaux 35,572,725 186,291,225 271,537,600 294,380,100
- Ici l’infériorité des étrangers, mise en regard des sujets de l’empire britannique, est incomparablement pluS grande que pour les importations. Cela tient peut-être a ce que ces nations, la France par exemple, et d’autres Etats européens, achètent en Angleterre des quantités assez notables de laines arrivées d’Australie; en même temps-elles reçoivent au sein de la métropole l’or qui leur est dû dans la colonie pour solde de leurs comptes1.
- «
- L’or moral en Australie.
- Je crains que le lecteur ne soit fatigué par tant de details et de faits qu’il a fallu présenter sur les influences»
- point. Jusques à i858, une mesure sans raison ne permettait pas de pu' blier ce genre de documents; mais, depuis quelques mois, cette incroya^6 défense est levée. Fia science économique y trouvera de nouvelles lumièreS' 1 Ainsi, dans l’année i855, les états de commerce français portent pour importations provenant d’Angleterre 10,596,212 kilogrammes de laioe’ et seulement 4o§,3oo kilogrammes apportés de l’Australie tout entière et des contrées d’Asie au nord de l’Inde.
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- *r°p souvent tristes et basses, de l’or qu’on arrache de la teire. Élevons nos regards vers l’or qui descend du ciel, P°ur réparer les maux de la richesse purement humaine, j ne femme est venue le répandre sur l’Australie. Depuis j naissance du siècle, dans cette immense contrée, c’est seul grand caractère qui mérite les sou venirs et la tendre venération de tout un peuple.
- UNE BIENFAITRICE DU PEUPLE.
- En Angleterre, la fille d’un mince fermier du Northamp-^°n croissait pour des vertus, plus rares qu’on ne pense, ans la vje ^es champS. elle est épousée par un officier ^tanterie au service de la grande Compagnie des Indes. e Capitaine Chisholm, avec sa compagne, fait voile P°Ur Madras, où se trouve son régiment. Comme tous ^s corps de troupes anglaises, ce régiment abonde en sol -^ats mariés. Le relâchement des mœurs, trop commun ails les campements, s’accroît de la dépravation qu’on f^P*re avec l’air de l’Inde, surtout dans la contrée tor-j e* Les enfants de troupe sont élevés sans principes;
- Jeunes filles grandissent pour passer de la misère à la j°rruption. A l’égard des orphelines militaires, qui sont
- /Uoms surveillées, le péril est plus grand encore.
- . * e Chisholm imagine d’accueillir dans sa maison ces
- j nes filles; elle veuf leur apprendre ce qu’il faut, sans . S’ pour être des ménagères et rester honnêtes. Le ^ cule, ce gnmacement du mal et du vice, assaillé d’a-°rd cette tentative; mais le succès du bien, lorsqu’il
- vi$t
- Accompli, commande le respect. Un noble gouverne Frédéric Adams, souscrit le premier pour hono-§ran(Lr l’œuvre à la fois admirable et simple de Lhisholm. Douée d’un bon sens admirable, cette
- Ueilr
- fer
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- femme n’a pas même conçu qu’on pût élever, suivant l’usage' de l’Europe, les filles des militaires sans fortune, comïfte la Sempronie de Rome dégénérée, en leur enseignant des arts séducteurs, le jeu d’instruments frivoles, et des danses plus recherchées qu’il ne convient à la femme honnête • Elle a préféré les accoutumer à l’économie, à la parc1' monie des moindres foyers, aux soins obscurs de la maiso# modeste, au labeur caché, mais si beau , de l’épouse et de la mère. Les élèves ainsi formées ne croiront pas descendre même en acceptant l’union la moins luxueuse; car elle* n’auront pas appris à rougir de leur mari, de leur cond1' tion et de leur honneur.
- Quand on eut connu dans l’armée de l’Inde cette édü' cation du. sens commun, ce fut à qui demanderait la ma111 des vierges sages, non-seulement pour des soldats et d^ sous-officiers, mais quelquefois pour un rang plus relevc-
- En présence d’un succès si simple, si naturel et pou1' tant sublime, lâ Présidence de Madras finit par élève1 l’école des ménages militaires au rang des institutions son armée : elle y mit la condition flatteuse queMme Cbi®' holm en resterait la directrice.
- Dans l’Hindoustan le climat va vite et détruit plus fllie le fer; il brise la santé des militaires. Le capitaine ChlS' holm est obligé d’aller, à neuf cents lieues par delà Ie quateur, respirer l’air moins brûlant de l’Australie, soüS le beau ciel de Sydney. Il emmène avec lui ses trois c° fants et sa femme , quidoitavant tout à ses élèves l’exempt des devoirs remplis au sein de la famille.
- On était en 1838, au moment où la Nouvelle-GadeS repoussait avec énergie sa pépinière avilissante de forçats métropolitains, pour y substituer un recrutement moi111
- 1 « Psatlcrc, saltare, degantius quam necesse est probæ. » (Saitustiu8 )
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- jtfunoral, et qui fût affranchi d’entraves. Mais combien autorité se pénétrait peu des devoirs qu’impose l’iinmi-§lation de familles libres, et par là même abandonnées ^üand elles sont pauvres !
- En arrivant à Sydney, la bienfaisante dame avait trouvé SUrle pavé, c’est le mot, tout un clan d’Écossais. On les dVait expédiés pour le nouveau monde, probablement Parce que les grands propriétaires de la vieille Calédonie buvaient que leurs hautes terres, leurs highlands, contaient trop de guérets et pas assez de prés, c’est-à-dire tr°p de peuple et pas assez de bétail. Mme Ghisholm leur d°nne un secours d’argent pour apaiser la faim. Dans Sydney, le bois était cher; elle entend que ses obligés de-Vlennent bûcherons, et leur procure des haches. Us sont Clives et la bénissent.
- Ee capitaine Chisholm, sa convalescence finie, retourne
- a Cadras, mais exige que sa femme et.ses enfants restent
- S°Us le ciel auquel il doit son retour à la santé. La bienfai-
- ^Ice des enfants de troupe a sous les yeux un spectacle
- PlUs déchirant et plus cruel que dans l’Inde. Ce ne sont pas
- Sttdement, comme les montagnards quelle vient d’ac-
- CUeillif\ des hommes faits et robustes qui, pour com-
- tncer, en abordant le sol aux espérances fabuleuses,
- lencontrent d’abord le délaissement et la faim. Une foule de
- déb
- 5 jeunes filles, attirées par l’espoir d’un avenir honnête, aï,quées à Sydney, tombent tout à coup dans l’isole-
- tnt, la détresse et la séduction, empressée de remplacer
- Par l’infamie le travail en vain cherché. Mme Ghisholm se dé
- uevoUe p0ur [es secourir.
- Douée d’une âme énergique et d’un cœur infatigable, eHe frappe à la porte de tous les lieux où devrait résider au moins la pitié. Elle s’adresse au pouvoir civil, dont treille reste sourde; à l’église officielle, dotée par l’État
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- avec tant de magnificence; aux grandes dames delà veille» accablées des soins qu’impose leur luxe de parvenues; au comité de placement, qui semble n’exister que pour ope-rer son propre placement dans la vanité du public : rien ne répond à ses démarches. De quoi vient se mêler cette passagère arrivée de l’Inde? On rit des efforts tentés par la femme d’un mince officier, qui n’appartient pas même . aux troupes de la reine.
- Bien loin de se laisser abattre aux insolences de salon, Anglaise et fière, elle sait le pouvoir de la presse et s’en empare. Sa voix retentit avec la puissance du cœur, et son sein renferme la flamme sacrée qui passe dans les idées et fait l’éloquence. Veut-on savoir quels obstacles l’esprd sectaire opposait à ses prières, à ses demandes de secours en faveur des plus touchantes infortunes? En la voyant toujours occupée d’être charitable, sans s’occuper avant tout de quelle foi sont les malheureux, on assure qu’elle est papiste. Non contente d’accueillir les infortunés, qu’ils soient natifs ou d’Angleterre ou d’Ecosse, elle traite du même cœur les malheureux du troisième Royaume-Uni 1 On l’accuse à l’instant d’affiliation avec l’Irlande catho-lique; ce qui veut dire avec la race conspiratrice, esclave de Rome, de la Babylone maudite et corrompue: ainsi parle l’intolérance. A six mille lieues de Jérusalem, à dix* huit siècles de Bethléem et de sa crèche, on renouvelle la parabole du Pharisien égoïste et du bon Samaritain.
- Cependant tout n’est pas obstacle infranchissable pour la courageuse bienfaitrice. Un petit nombre de femmes véritablement compatissantes forme en sa faveur un comité de patronnesses. Animée d’une magnanime espérance, elle déclare qu’elle n’entend recevoir de l’Etat aucun argent : cela lui rend le gouverneur favorable. Sa froide Excellence lui fait prêter un étroit et vieux magasin vide-
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- A l”
- filllnStant e^e en ^ re^uge de soixante-quatre jeunes j es’’ celles-ci mettent en sa main tout leur avoir, et ^eilr pauvreté, réunie s’élève à 1 7 fr. 80 c. ! D’autres in-rtunees accourent; en peu de jours, les voilà cent! Ce ^ est pas tout. Il est autour du magasin une cour enclose murs ; des femmes sans place, éloignées de leurs maris, PDent la bienfaitrice qu’on les y couche en plein air, abri-s du moins contre le déshonneur : elles entrent toutes. Jci commence un admirable mouvement. Les jeunes Personnes sans tutelle et sans avoir, elle veut les placer ln des corruptions de la capitale où se pressent les pas-|,l°ns- Elle s’adresse partout où l’on peut déterrer des errUes honnêtes; afin d’atteindre ces toits propices, elle ’ sil le faut, jusqu’à cent cinquante lieues. De préféré. die s’adresse aux familles les plus nombreuses et ^dns isolées, dans les lieux où plus de regards proté-beutmieux l’innocence. Elle voudrait qu’en chaque'district . a§glomérât le peuple par villages, où les familles s’aide-sc surveilleraient et s’amélioreraient en exerçant , e influence mutuelle. Au moyen d’une correspondance atlgable, elle règle, pour chacune de ses protégées, les ^nditions d’engagement; ce 11’est point assez. Il ne faut ^as Jes abandonner à la merci d’un dernier voyage, à tra-^ tant de lieux mal habités. Son zèle veut sauvegarder conduire aux lieux de placement ses néophytes ; sa pré-Jance escorte en personne le trésor de leur honneur, me aujourd’hui la force publique, pour un moins Eifl 6 rnot^’ escorte l’or depuis la mine jusqu’au port. es ou mères de famille, elle les amène à chaque district 1 PdotQns, par caravanes; on la voit qui franchit à cheval çj torrents, les marais, portant au besoin deux enfants Ses bras; sa vie, sa personne et jusqu’à son cheval; annonce de loin, deviennent populaires. En peu de
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- mois l’Australie la connaît. A son approche on s’écrie • « La voilà ! C’est elle ! C’est la mère des émigrantes! » Les cœurs s’ouvrent à son passage; sa bienfaisance est syr*1' pathique, et porte avec soi la contagion de la charité.
- En moins d’une première année, elle a placé sept cert trente-cinq jeunes filles des trois royaumes, dont quatre cents irlandaises et catholiques : méritant ainsi les sarcasmes des exclusifs. Voilà ses commencements.
- Franklin n’était pas plus désireux , plus empressé d’m5' truire ses concitoyens. Elle écrit des feuilles légères; Ie' gères par cela seul qu’elles sont courtes; mais simple5’ claires, naturelles, marquées au coin de la raison la plllS solide, et, quand il le faut, animées d’une chaleur qui vient de l’âme. Cette femme, qui touche à tant de préjugé’ à tant de vérités, à tant de cœurs bons et mauvais, elle décrit les plaies de la colonie et les remèdes qu elle ve11* apporter; elle passe en revue les hommes, les-femme5’ les adolescents; elle descend jusqu’à l’enfance.
- Elle a le courage et la patience de recueillir ou de co#1' poser six cents notices biographiques. On y voit commet parviennent à vivre, à prospérer, ou comment se perde1^ les nouveaux et les anciens colons de tout sexe et de toüte classe, depuis le moindre travailleur jusqu’à l’opulent p°s' sesseur de terres et de troupeaux. Dans ses Portraits à migrants en Australie, et surtout dans son A B C des colon5’ elle rivalise de bon sens avec l’illustre auteur du Bonhom Richard écrivant en faveur de Philadelphie et de la Noü' velle-Anglelerre.
- Après huit ans, elle quitte pour un temps l’Austrah®1 elle va plaider la cause des émigrants et de leurs soi* frances à la source du pouvoir.
- Avant de quitter Sydney, elle remet entre les mai115 d’une association, dont elle est lame, Y Asile des arrivaideSl
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- 11011 plus entassées dans une halle étroite et nue, mais convenablement abritées, nourries et dirigées.
- A Londres, dans des réunions nombreuses et bienfai* Santes, e^e prend soin d’expliquer ses vues d’émigration Par groupes de familles issues d’une même localité, rapprochées par l’identité des mœurs et des habitudes, propres e la sorte à s’aider les unes les autres. Ces familles doi-^er*t composer un noyau communal partout où la Provi-en ce, leur assignera la terre promise, qu’il faut féconder a la fois par le travail et la vertu. En persuadant ces bien-j lls à l’Angleterre, elle et son mari comptent pour rien s paroles que n’accompagnent point les œuvres; ils ten-eilt leur main secourable aux Irlandaises indigentes qui Veulent mettre la mer entre elles et la pauvreté. Elle mé-°a8e pour elles des moyens de voyage ; tandis que son mari, oeré du service, est parti pour les recevoir en Australie. le arrache au malheur les femmes, les enfants des con-aïïinés déjà déportés, en leur procurant les moyens de ^former une famille à qui l’aisance devra rendre la pro-lle ^ l’honneur suivra.
- ^0n incroyable activité lui dictait par semaine plus de eux cent cinquante lettres, quelle affranchissait sur son Jîl°deste avoir. C’étaient deux cent cinquante fils du réseau ^ sauvait de l’abîme des personnes infortunées, pour es attirer vers un avenir d’aisance et de moralisation.
- ministre des colonies veut la connaître. Le comte rey la consulte; il apprécie son expérience et ses vues. Us d’une idée, d’un sentiment, d’une suggestion de la Iïltïie bienfaisante et supérieure, passent dans les actes executifs. J’ai plaisir à le dire pour honorer le caractère de Cet homme d’état, peut-être irascible; en querelle avec les c°lonies des deux hémisphères, il était adouci par cette BUee charitable.
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- A Londres elle fait créer des Associations de prêt en faveur de la colonisation par familles indigentes. Elle y met des conditions de probité qui, trop souvent, manquent aux institutions couvertes d’un manteau trompeur et vénéré.
- Ces services rendus, elle repart pour l’Australie. EHe se jette au milieu du grand flot de l’immigration, en i854, et ce flot la pousse à Victoria. Elle semblait conduire, avec son sceptre moral, tout un peuple tiré de l’infortune, et dirigé vers des destins meilleurs par son génie du bien. C’est dans la grande productrice de 1 °r matériel quelle accomplit ses derniers et plus nombreux services. Persévérante au dévouement jusqu a son dernier soupir, c’est là qu’elle vient finir ses jours, en i 858, bénie par tant de jeurles filles dont elle avait sauvé-l’honneur* pleurée par les milliers de familles dont elle avait prépare le bonheur, et révérée par tout un peuple.
- Voilà le récit bien incomplet, bien imparfait, et qlU voudrait un tout autre burin pour graver en traits ineffa-çables cette existence d’une femme qui s’était fait tour a tour le consul, le tribun d’un peuple d’indigents, et Ie censeur des mœurs en danger. Pendant vingt ans d’infati' gable labeur, elle a défendu, sauvé, gouverné la bienfaisance en Australie.
- La Providence réservait ce miracle à la terre où le peuplement et les mœurs avaient commencé par les forçats de Botany-Bay, en finissant par les saturnales aurifères.
- Si nous voulons apprécier les mérites de la femme forte et secourable dont nous venons de voir les bienfaits sans trêve et les jours sans repos, remarquons dans le monde quelle foule vulgaire, et qui se pose comme élite, se fart l’objet de l’éloge et de la considération lorsqu’elle pratique, de temps à autre, le moindre acte de bienfaisance. Aux uns il suffit de quêter la sinécure de quelque indolent patro-
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- j?a§e plus ou moins honorifique ; à d’autres, de ne pas erfner toujours leur bourse aux pressants besoins du ^Iheur; à d’autres, de faire souscrire, en prenant ce soin P0l|r quote-part. Mais ici la souscription, c’est sa vie, sa tout entière, que la femme immortelle apporte à la ^ arite. C’est sa main, sa voix, sa pensée quelle donne à cause de l’infortune, et cela jusqu’au moment de sa poursuit, elle sert la même cause à la ville, au esert, à travers les mers et dans deux hémisphères. Par-*0l|t le succès répond à ses efforts, et tout reconnaît l’au-jorité de sa vertu. A Madras, à Sydney, à Londres, à Melbourne, et dans les moindres villages de l’immense astralie, elle devient, par le suffrage universel des obli-§es, par l’entraînement et l’obéissance de tous, un pouvoir P^Mic, et je dirais presque un magistrat supérieur, inspi-lailt et réglant la bienfaisance. '
- Deux monuments réclamés pour l’honneur de l’humanité.
- . ^ln d’honorer la mémoire d’une vertu si complète et y.rare, les corps législatifs de la Nouvelle-Galles et de lch)ria devraient voter deux nobles monuments, qui se-aient érigés sur la plus belle place de Melbourne et de
- %dn
- ey. Il suffirait d’y graver ces mots :
- A L’OR MORAL RÉPANDU
- DANS L’AUSTRALIE,
- DE
- MDCCCXXXVIII X MDCCCLVIII, PAR
- CAROLINE CHISIIOLM, LA BIENFAITRICE DU PEUPLE.
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- FORCE PRODUCTIVE
- J’ose espérer que le lecteur me pardonnera le tableau que je viens de présenter pour conserver la mémoire d’une vie qui fait honneur au cœur humain.
- Action gouvernementale en Victoria.
- Nous terminerons ce qui concerne fimportantp colonie de Victoria en donnant une idée du gouvernement inauguré depuis si peu de temps, et. qui marche à grand5 pas dans la voie du bien public.
- La nouvelle constitution, qui crée deux Chambres législatives, est inaugurée au commencement de ,856. Le gouverneur de Victoria, dans son discours d’ouver-ture, développe un programme, adopté complètement par ces Chambres, et dont je vais offrir la rapide analyse-Ce programme nous fait connaître la marche progressive la plus récente des institutions et des travaux publics.
- Le gouverneur félicite la colonie d’avoir, après une lutte opiniâtre soutenue plusieurs années, obtenu le droit de se gouverner elle-même (self-goverriment). Il espère par là voir disparaître Vapathie trop générale des colotis pour les affaires publiques. ,
- Il proposera d’admettre de jeunes candidats pour les services civils, après un examen de capacité, suivant leur ordre de mérite. Tous les citoyens seront admissibles-
- On divisera les services par classes ; le passage à ^ classe supérieure dépendra seulement d’une capacité constatée pour toutes les espèces de services, et no^ pas pour un département particulier.
- On facilitera, on accélérera la vénte officielle des terre5 du domaine public, afin d’en approprier les produits atL* grands intérêts de la colonisation.
- On demande à la législature de voter un large crédit
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- DES NATIONS. 175
- P°Ur i immigration, et d’adopter des mesures qui permettent un meilleur recrutement de colons laborieux. Il ^viendra de renoncer au service actuel des commissai-res généraux de la métropole ; on les remplacera par une |§euce distincte, qui choisira les émigrants du Royaume-111 les plus convenables à la colonie.
- ^ a commencé des opérations préparatoires afin e^eudre les lig nés de télégraphie électrique jusqu’aux 0ïltieres du nord et de l’ouest; lignes qui mettront en ^ouirnunieation les villes principales et les champs auri-eres avec la cité de Melbourne.
- . ^es législateurs des diverses colonies ont formé des pro-fts Pour joindre, par le télégraphe électrique, Sydney, e|hourne, Adélaïde, Hobart-Town. Avec la participation de la Nouvelle-Galles, on complétera les commutations des quatre principales colonies australiennes. ^ 1858 , malgré la grandeur des distances, les trois pre-rtres capitales ont été mises en communication télégraphique.)
- On a des projets de routes qui coûteront de grandes tunes, mais il ne faudra reculer devant aucun sacrifice. On va soumettre à la législature un plan d’éclairage s cotes, en pourvoyant à l’érection ainsi qu’à l’entretien es phares.
- On s’occupera d’un système général de subventions Pü^liques pour développer l’instruction élémentaire. Elles aPpliqueront à tous les sujets de la reine, dont les Jfeceptes religieux ne sont subversifs ni de la moralité ni *°nt bon gouvernement.
- ^ On demandera le vote de fonds nécessaires pour l’é-cation des enfants abandonnés et des jeunes criminels, j v'n simplifiera les procédures ; on perfectionnera les
- sur les banqueroutes, etc. etc.
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- FORCE PRODUCTIVE
- Les deux Chambres de Victoria ont accepté, dans son entier, ce remarquable programme.
- § 3. Etat de Sud-Australie.
- Au commencement du siècle, lorsque naissait avec tant d’humilité la Nouvelle-Galles du Sud, et que des for' çats composaient le gros de sa population, le territotfe où fleurit aujourd’hui l’heureuse province de Sud-Austra' lie n’était qu’un désert. On y trouvait seulement disse' minées quelques tribus sauvages.
- En 1835, le même acte législatif qui posa les limite5 du district de Port-Philippe, appelé depuis Victoria, h' mita le district de Sud-Australie, qui confine àTocciden* la nouvelle colonie.
- Une compagnie, formée sous le titre de Sud-Austra tienne, fut chargée de coloniser un vaste territoire, à l°c' cident de la Nouvelle-Galles. ,
- Ville et port d’Adélaïde.
- En i83y, la Compagnie de colonisation fonda, sur leS bords de la Torrens, la ville d'Adélaïde. L’emplacemeo1 de cette ville est à dix kilomètres de l’embouchure & cette rivière, dans le golfe de Saint-Vin cent.
- Port-Adélaïde est voisin de l’embouchure de la Torrens' On l’a déclaré port franc dans l’espoir d’en faire le centf6 d’un grand commerce. Mais il est loin, jusqu’à ce jouf» d’avoir obtenu la brillante fortune de Singapore.
- On est obligé, par un draguage à vapeur, d'approfondi l’entrée de la Torrens : déjà des navires tirant quatfe mètres d’eau peuvent la franchir.
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- DES NATIONS.
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- Progrès de la population.
- V
- ^es l’année i84o, la colonie comptait iA,6io habi-!ants> la profession pastorale et l’agriculture étaient leurs lrjdustries principales, auxquelles s’ajouta plus tard l’ex-i dation des mines de cuivre.
- ^ Les progrès de la colonisation furent si rapides que, es i85o, la ville d’Adélaïde comptait autant d’habitants la colonie tout entière en possédait il y avait seulement dix années. Cinq ans plus tard, la même ville attei-£dait le chiffre de 20,000 citoyens.
- i85o Sud-Australie dénombrait 63,700 habitants; *îUatre ans après, par un progrès admirable, la race eu-^péenne s’élevait à 92,545 âmes.
- È En ,85, le même Acte du parlement constituait en ats indépendants les deux districts de Victoria et de ^-Australie.
- calcule qu’aujourd’hui cette dernière colonie ne \ 0ssede pas moins de 80 millions d’hectares. Mais, de cette ^mttense étendue, la moindre partie est connue, et la es'Petite partie est cadastrée. Quelques voyageurs ont ^ssaye parcourir Ig payS non colonisé; dans l’intérieur 0lit trouvé des déserts de sable et de rochers siliceux, aï)s la moindre parcelle de végétation. ' -g ne sait pas encore ce qu’il faudra déduire des millions d’hectares comme à jamais infertiles; mais les jolies susceptibles de culture, et qui sont déjà connues, lieront toujours un très-grand territoire.
- Richesses minérales.
- ^ud-Australie n’a pas eu la fortune, bonne ou mauvaise,
- UHTRODOCTION. - II. 1 2
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- 178 FORCE PRODUCTIVE,
- d’offrir à ses possesseurs les opulentes mines d’or de la NoU'
- velle-Galles, et surtout de Victoria; elle a trouvé d’auReS
- trésors.
- Mines de cuivre.
- On a découvert de nombreuses mines de cuivre. De* l’année 1856 on en comptait cinquante-huit, dont douze seulement étaient exploitées. Dans cette année elles h' vraient à l’exploitation pour 10,421,000 francs de fl*1' nerai, de régule et de cuivre plus ou moins épuré. Ou espère un grand accroissement de produits, qui seront donnés par des gîtes fort riches, découverts auprès de mont Serle.
- La plus profitable de toutes ces exploitations est, san* contredit, celle de Burra-Burra, dont les actions prii*11' tives, bornées à 12 5 francs, ont fini par être vendue* 6,2 5o francs; cinquante fois le premier placement!... Cette mine fournit la majeure partie des exportations.
- Si la colonie n’avait pas possédé d’autres ressources qlie ses mines , elle n’aurait guère augmenté le nombre de ses habitants. En 1 855, lorsque la population atteignalt le chiffre de 85,189 âmes, on ne comptait que 84.0 fl11' neurs.
- La principale occupation du peuple, hors des cité*» consiste dans l’élevage des troupeaux et l’agriculture.
- Ralentissement du progiès de la population sud-australienne, par V effet de Y or découvert en Victoria.
- Sud-Australie avait le double désavantage de ne paS posséder des mines d’or, et d’être voisine de la colouje dont l’extrême richesse en ce genre attirait des chef' cheurs, des exploitants de ce métal. Ce mouvement teP'
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- DES NATIONS.
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- j.a^ Puissamment à diminuer la population des colonies uiitroplies. Aussi voyons-nous un ralentissement consi-j, ame dans le progrès de la population, à partir de année où l’or fut découvert à Victoria et dans la Nou-Velle-Gailes.
- Population anglo-saxonne de Sud-Australie.
- Wes
- Hab
- itants,
- °§r6s annuel.
- 6 00 i85o.
- i4,6io 63,700
- i59 p. 1,000 | 5i p.
- i856.
- 104,708
- 1,000
- . ar conséquent, dans le passage de lune à l’autre pé-^l0de, l’accroissement annuel est devenu tout à coup trois °ls moins rapide par l’influence de l’or découvert aux r°9tieres de la colonie.
- Immigration provenant de la métropole : secours efficaces.
- / raieutissement que je viens de signaler avait lieu
- ore les secours intelligents qui favorisaient l’immigra-
- n ^es hommes et surtout celle des femmes. Suivant
- ^ernple des deux colonies principales, Sud-Australie
- (j1Sait servir à cet emploi la moitié du produit des terres
- 0lïlaniales vendues aux colons. t
- C
- raît ^ en<^oura8ements salutaires ont presque fait dispa-p e en Sud-Australie, beaucoup mieux qu’en Victoria, ^^galité des deux sexes; c’est un immense avantage ^ la prospérité future et pour les mœurs. s e tableau suivant fait ressortir, à ce point de vue, la Priorité de Sud-Australie sur les trois autres Etats les 1,8 ^portants.
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- FORGE PRODUCTIVE
- PROPORTION COMPARÉE DES SEXES, DANS QUATRE ÉTATS PRINCIPAUX, À LA FIN DE l856.
- Sexe masculin.. . . Sexe féminin .... Femmes pour mille Rnmmes. ÉTATS COMPARÉS.
- NOUVELLE-GALLES VICTORIA. TASMANIE. SUD-ATJSTBA^®'
- 161,882 124,991 260,910 145,577 45,916 34,886 53,086 51,622
- 613 558 760 973 j
- Immigration chinoise opérée en traversant S ad-Australie.
- Lorsque nous avons parlé des immigrants chinois <llU veulent arriver aux champs aurifères de Victoria, n°llS avons dit qu’afin d’éviter un accablant impôt personnel débarquaient en Sud-Australie.
- Nous pouvons citer le fait suivant, qui montre aveC quelle étendue s’opèrent les, immigrations que nous Ve' nons de rappeler ; nous l’empruntons aux rapports annuel des gouverneurs :
- Du 17 janvier au h mai i856, le port Robe a reÇ11 io,2 36 Chinois partis de Hong-Kong. A peine débarqueS ils se sont dirigés, en traversant des pays presque iflha bités, vers les champs aurifères de Victoria. En suiv®^ cette route détournée, ils ont évité l’énorme droit d’enRee dont cette colonie les frappe lorsqu’ils débarquent ses ports. Afin de ralentir la contrebande que ces im*01 grants font ainsi de leur personne, l’état de Sud-Austral a dû voter plus tard la même capitation.
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- DES NATIONS.
- T 81
- Beau témoignage officiel en faveur des Chinois.
- j ^°ici le témoignage favorable que le gouverneur de a colonie, dans un de ses plus récents rapports au mi-^stere britannique, croit devoir porter au sujet des im-^grants chinois, a Je suis ohliqé de dire, en faveur de e race hardie et jalousée, qu’en ayant égard aux extor-
- SlONs
- aux provocations que les Chinois ont subies en
- arDvani, ils ont iusqu’ici manifesté par leur conduite une RranrI J 1 1
- , *ae patience et beaucoup de respect des lois; ils se sont
- §enéralenient conduits avec convenance et
- .e su*s heureux de citer ce témoignage, aussi noble que ^intéressé, porté par un gouverneur de Sud-Australie;
- °nne une force nouvelle aux doléances des Chinois, produites en décrivant la colonie de Victoria.
- Industrie pastorale.
- C’(
- I est l’industrie pastorale qui la première fut déve-°Ppée dans Sud-Australie. Le tableau suivant, le plus ent qu’on ait publié, donne le dénombrement des |jlaïids animaux domestiques, tel qu’il existait en i856 aiîs ^es principales colonies australiennes.
- IVIl!RE comparé des grands animaux domestiques dans les principales
- COLONIES AUSTRALIENNES.
- ESPÈCES
- C°L0NIES COMPARÉES.
- 7,736,323
- 2,023,418
- 168,929
- 666,613
- 4,641,548
- 47,832
- 88,608
- 1,674,987
- 18,019
- 272,746
- 1,962,460
- 22,260
- Totaux.
- 3,051,385
- 16,015,318
- 257,040
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- FORCE PRODUCTIVE
- Pour se former une idée précise de la proportion sur vant laquelle chacune de ces colonies s’adonne à la vie pastorale, il faut prendre le rapport du nombre des_an1' maux avec le nombre des personnes du sexe qui s’adonfle aux travaux de l’agriculture et des arts.
- NOMBRE DES GRANDS ANIMAUX DOMESTIQUES PAR MILLE PERSONNES DU SEXE MASCULIN. '
- COLONIES COMPARÉES. CHEVALINE. ESPÈCES BOVINE. OVINE.
- Nouvelle-Galles 1,044 12,499 47,790
- Victoria 183 2,555 17,789
- Tasmanie ‘ ' 392 1,930 36,480
- Sud-Australie. 420 5,142 36,995
- Les quatre colonies ensemble. , 493 5,848 30,952
- (
- Ainsi qu’on le voit dans le parallèle que nous veno^ de présenter, l’état de Sud-Australie occupe une place fe' marquable dans la création de la richesse pastorale. ^ seule colonie de la Nouvelle-Galles, la plus ancienne toutes, présente une plus grande quantité d’animaux mestiques, proportion gardée avec le nombre des homtf165'
- Les cultures.
- Dans la partie colonisée de cet État, l’agriculture a falt les plus rapides progrès. Toutes les céréales y réussisse11^ à souhait, ainsi que le maïs et la pomme de terre. ^ commence à cultiver la vigne, pour laquelle on a fait Ve nir des vignerons de France et des bords du Rhin. Si ^
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- DES NATIONS.*
- Pr*x de la main-d’œuvre s’abaisse, on pourra recueillir en Quantité considérable des vins et des blés, qui lutteront avec les produits étrangers.
- les arbres fruitiers et les légumes les plus estimés en ^Ur°pe ont été naturalisés. Les jardins et les vergers donnent des produits excellents.
- ^a culture essentielle est surtout celle des céréales. Sous ^ point de vue, le tableau qui suit fait un grand honneur a l’État de Sud-Australie; il montre quelle place éminente Cet Etat occupe malgré le petit nombre de ses habitants, et 1 époque si récente encore de sa naissance.
- A.
- hectares de terre cultivés par les quatre colonies: l856.
- p!—
- TE!iRES CULTIVÉES. NOUVELLE-GALLES VICTORIA. TASMANIE. SUD-AUSTRALIE.
- Ea froment. . hectares. 42,945 31,925 hectares. 32,437 40,397 hectares. 26*599 48,490 hectares. 65,560 16,758
- Cotres cultures...
- Totaux.... 74,870 72,834 75,089 ' 82,318
- j Afin qu’on apprécie parfaitement le„ degré vers lequel es colonies, mises en parallèle, se sont avancées dans la toiture des terres, nous déduirons le tableau qui suit du
- Précédent.
- B. hectares de terre cultivés par mille habitants.
- ^^cumivées. NOUVELLE-GALLES VICTORIA. TASMANIE. SUD-AUSTRALIE.
- hectares. hectares. hectares. hectares*
- froment... 150 80 326 626
- Autres cultures. . . 111 99 595 160
- . . . 261 179 921 786
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- 184 FORCE PRODUCTIVE
- La première des colonies pour la culture du froment est Sud-Australife ; elle et la Tasmanie sont les seules qui produisent au delà de leur consommation, et les seules, par conséquent, qui puissent aider à nourrir les autres Etats australiens.
- On évalue modérément à 1 5 hectolitres ~ par hectare la récolte en froment des terres australiennes.
- Pour les quatre colonies mises en parallèle dans Ie tableau A, la superficie des terres consacrées à ce genre de céréales était de 1 6y,5A î hectares; la récolte moyenne devait donc s’élever à 2,555,ooo hectolitres de froment-En prélevant la semence, il ne resterait pas 2 hectolitres par habitant, quantité trop faible pour suffire à la consommation. L’insuffisance, il est vrai, n’existait qlie -pour deux colonies; mais ce sont les plus peuplées.
- PROPORTION DE FROMENT RÉCOLTÉE PAR MILLE HABITANTS, D’APRÈS L’ENSEMENCEMENT DE 1 856.
- PRINCIPALES COLONIES. HECTOLITRES. consommation MOÏENHE.
- Nouvelle-Galles 2,287 3,000
- Victoria 1,220 3,000
- Tasmanie 4,950 3,000
- Sud-Australie 9,556 3,000
- Ce tableau suffit pour montrer, i° que la Nouvelle Galles et Victoria ne peuvent vivre qu’avec une forte importation de céréales; 2° que la Tasmanie et surtout Sud-Australie, dès i856, récoltaient beaucoup plus que leur propre consommation.
- Le gouverneur de Sud-Australie s’efforce de prouver
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- DES NATIONS. 185
- ^Ue les cultivateurs de cet État pourront exporter leurs fs ou du moins leurs farines en Angleterre; il ne sau-rait en être ainsi dans l’état actuel des choses. Aussi long-temPs que la journée du laboureur sera de 5 à 6 francs Par jour, il nous paraît impossible, dans les circonstances °rdinaires, que l’Australie puisse vendre ses blés sur les Marchés de la Grande-Bretagne, où le laboureur ne gagne §L1ere que 2 francs par jour.
- ^ais, lorsque la récolte sera très-mauvaise en Angle-|erre et très-bonne en Australie, les exportations de ce 61 nier pays pourront devenir profitables; c’est alors pelles seront précieuses pour la mère patrie.
- De la division des terres en Sad-Australie.
- j, É agriculture de Sud-Australie est remarquable par exeinple quelle présente d’une exploitation du sol au ^oyen de petites fermes, occupant chacune deux, trois °u quatre laboureurs, les maîtres compris.
- Situation des fermes en 1855.
- Hectares mis en culture.
- 46,592
- Nombre des fermiers.
- 5,321
- en résulte que la grandeur moyenne utilisée par le abour, dans les fermes ou possessions de terre, est un peu Joindre de 9 hectares. Si l’on ajoute aux maîtres et fer-^iers les simples laboureurs à gages, on trouve en tout l0>ta6 cultivateurs, et la terre arable qui correspond a acnn d’eux n’est pas tout à fait 4 \ hectares.
- cli
- 1856, il y avait 82,320 hectares ainsi cultivés, l°n évalue la superficie actuelle à 93,000 hectares.
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- Mais on ne donne pas le nombre des fermiers et des laboureurs qui correspondent à ces nouvelles contenances.
- Les blés produits par Sud-Australie, exposés en i831 dans le Palais de cristal, ont été justement admirés poul leur beauté; ils ont obtenu la récompense la plus élevee qu’aient reçue les producteurs de céréales ; les farines qn oo en tire sont éminemment propres à l’exportation. Lâ colonie, qui ne comptait alors que 65,700 habitants, a reçu deux médailles d’honneur pour ses céréales.
- La beauté donnée par l’agriculture à Sud-Australie, devenue l’Australie heureuse.
- Dans Sud-Australie, ce beau pays aux vastes horizons-aux plaines ondulées, que dominent de loin les hauteS montagnes, l’homme a pu joindre la grâce de son œuvi6 à la grandeur de la nature. Il a transformé l’aspect de ^ terre plus que ne font fait ses rivaux des autres colomeS australiennes. Il était privé de champs aurifères, il s’en est créé d’inépuisables; chaque année ses moissons versent leur or sous la faux du chercheur agricole. Non-seulement son labeur suffit à sa nourriture; il crée déjà le superflu j qu’il envoie pour alimenter le peuple des mineurs. A c°ie des guérets, qui ne s’épuisent pas comme les placers & laveur de sable , sont déployés les tapis de cette veU dure, qui, plus que toute autre parure, annonce les soin5 du cultivateur anglais; de ce savant cultivateur dont Ja main métamorphose les prairies non moins que les an* maux. Cçs prés, ces champs sont assez limités pour des clôtures nombreuses et vivaces les décorent comme un réseau gracieusement enlacé. Vers le milieu de c&> cultures, égayées, embellies par l’aspect des habitation5, les fermes sont ornées de vergers, où déjà mûrissent
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- Ailleurs fruits qu’offrent l’Europe et l’Asie; plus près du ^lan°,r est le jardinet, où nos fleurs ont naturalisé leurs ,0ux parfums et la grâce de leurs couleurs. La modeste etenclue des biens rapproche et multiplie les cottages, Ces jolies maisons, aux formes simples, que l’aisance et le §0llt du cultivateur embellissent, pour tout décor, d’une Roture de vigne, de lierre ou de rosier, fresque naturelle et armante. L’Anglais se croit ramené vers les sites délicieux e ce comté de Kent, où la terre, plus divisée, est coquet-j^Oient embellie par un plus grand nombre de mains. Voilà ^ spectacle enchanteur par lequel les plus laborieux des 0ïïimes, émigrés successivement depuis vingt ans, depuis x ans et quelques-uns à peine depuis une année, en lutte aVec le désert, remplacent par tant de beautés simples charmantes la désolation des steppes, ces lugubres savanes peuplées naguère d’animaux sauvages, où poussaient es herbes, sauvages aussi, qui s’étouffaient les unes les au-se flétrissaient à la fois et pourrissaient presque sans j llh pour la nature vivante. A l’aspect de Sud-Australie, e Voyageur, frappé d’une métamorphose qu’il chercherait ei1 vain si complète et si belle dans les colonies limitrophes, rec°nnaît une contrée où la culture de la terre est la pre-ytlere passion et la capitale industrie. Sur le territoire de lct°ria et dans la Nouvelle-Galles, d’autres goûts prédomi-parce que d’autres trésors et d’autres cupidités détour-lleot 1 homme de se plaire avant tout à vêtir la terre, et d’ai-rïier à l’embellir comme l’unique maîtresse de son cœur.
- DES AUSTRALIENS ABORIGÈNES.
- ^ns le tableau des champs de Sud-Australie, que nous VeOons de tracer d’après les visiteurs anglais, nous aurions CotOme eux craint d’y répandre une sombre couleur par
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- 188 FORCE PRODUCTIVE
- de tristes souvenirs. Nous avons, à leur exemple, fa*t abstraction d’une race humaine qui vivait en paix et maîtresse du pays avant l’arrivée des usurpateurs anglo-saxons. Dans une contrée aussi grande qu’une fois et demi6 la France, il n’en reste pas 3,5oo.
- Ddsolante opinion d’an gouverneur de Sud-Australie.
- Pour réparer notre oubli, nous rapporterons les observations du gouverneur de Sud-Australie, administrateur remarquable et doué du talent de bien observer.
- «Les aborigènes, dit-il, non compris dans la popula-tion recensée en 1856, sont plus rares qu’ils ne l’étaient en 185o. J’ai parcouru les bords du long fleuve Murray les districts rapprochés de la mer; partout j’ai trouvé que les naturels disparaissent avec rapidité. Il n’existe plus un seul individu de la tribu, précédemment si nombreuse» qui vivait sur le territoire où s’élève Adélaïde. » Adélaïde fut fondée seulement en 18 3 y !......
- «Il est évident à mes yeux, poursuit le gouverneur» que la race aborigène est destinée à seteindre complètement. Tous les essais conçus pour la civiliser semblent échouer. Réussit-on dans quelques individus? Quand on les a civilisés, ils meurent. On ne saurait trouver une personne plus capable de réformer et d’instruire les n^' tifs que l’archidiacre Hull, évêque aujourd’hui. Pendant plusieurs années il a dirigé, près du port de Lincoln, ^ mission de Poonindie, à laquelle il a prodigué ses soins» son zèle et ses lumières. J’ai visité cette mission; elle ma charmé par la conduite paisible et rangée des natifs que renfermait son institut d’éducation. Quelques-uns pouvaient lire et quelques uns écrire ; mais je n’ai conçu qu’un6 pauvre idée de leur intelligence, comparée même à celle
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- des negres : ceux-ci leur sont supérieurs au physique ainsi moral. Dans le court intervalle de quinze mois, sur fixante natifs élevés ainsi, vingt étaient morts en passant Par lecole de la civilisation. Si je joins ce fait à ce qui se passe au milieu des natifs épars dans toute la contrée, J eu tire la preuve parfaitement satisfaisante pour mon exprit, quite satisfactory to my MiND, que cette race n’a Pas pour destin de survivre à l’arrivée de la race blanche.
- andis que le nègre vit et multiplie à côté de l’Euro-Peen, le natif de l’Australie disparaît à mesure que la £ne de la civilisation s’avance. Cela s’accomplit absolu-rïlent de la même manière que pour le gibier (the game) et les bêtes sauvages de la forêt; ils deviennent rares sans Personne puisse expliquer comment, et finissent par ^Paraître du voisinage des districts colonisés. C’est ce ^on observe, soit en Amérique, soit en Australie, et Par toute la terre. Quant à nous, qui remplaçons les natifs ans 1 occupation de leur bel héritage, il nous reste seule-^nt à veiller pour que dans leur déclin ils n’éprouvent ta besoin, ni les mauvais traitements. Je crois qu’à cet j*ard les justes sujets de plainte sont rares aujourd’hui. e puis attester la bienveillance générale que cette race *r°Uve chez les colons, dont l’égoïsme d’ailleurs est parlement éveillé sur le dommage que leur occasionne le froissement numérique des aborigènes. »
- 9e
- tout
- Où se trouvent la vérité et l'humanité.
- Que d’observations douloureuses pareilles assertions Suggèrent-elles pas à l’ami véritable du genre humain entier, et non pas seulement ami des races conqué-
- antes et destructives ! Comment? On accepte passivement ^lleta civilisation, l’art d’apprivoiser les hommes aux bien-
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- 190 FORCE PRODUCTIVE
- faits, aux lumières de la cité, tue les individus de la race expropriée. Ils disparaissent, nous dit-on, comme les oiseaux à manger (the game),et les animaux sauvages; mais ceux-ci disparaissent sous le plomb meurtrier des armes modernes. Les lions aussi disparaissaient de la Grèce et de l’Italie antiques; mais terrassés, mais immolés par la massue des Hercule et des Thésée. Ou vous errez sans V réfléchir, ou vous n’êtes pas véridique en affirmant que les aborigènes, bêtes et gens, disparaissent sans qu’on sache comment, et cela de la même manière que de simple5 animaux. Lorsqu’on envahit les champs et les bois où des sauvages subsistaient, la faim ne leur laisse que deux issues : la mort par défaut d’aliments, ou la fuite vers des déserts qu’on ne leur a pas encore volés.
- Je n’accepte pas davantage cette preuve, parfaitement satisfaisante pour l’esprit de l’observateur impassible, que le destin, la fatalité de certaines races exhérédées, soit de ne pa& survivre au contact de la race blanche.
- Supposons que les moutons de l’Australie viennent tout d’un coup à périr, comme les naturels du pays, maigre les soins bons ou mauvais des bergers, l’Angleterre n’accep-terait pas la preuve, complètement satisfaisante, que Ie destin fatal des troupeaux qui lui donnent la laine est de n6 pas survivre à l’arrivée des pasteurs. L’Angleterre mettrait sur pied ses plus savants vétérinaires, ses éleveurs consommés, ses physiologistes observateurs, ses grands pr°' fesseurs d’anatomie comparée, qui peuvent conclure d’un6 race à l’autre , et jusqu’à ses médecins de l’espèce humain6-A tous ces hommes, si riches et si divers d’expérience et de talent, elle demanderait d’étudier la source et la marche d’une mortalité désastreuse pour le commère6 britannique et pour ses fabriques de draps. L’esprit mer' cantile, aidé par la science, aviserait de mille manières 11
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- 1"
- lïlVention des remèdes et des soins préventifs ; et nul ne v°udrait quitter l’entreprise avant d’avoir fait cesser la Mortalité, pécuniairement affligeante et ruineuse.
- Qu on fasse donc la même chose pour une partie de la ^ace humaine , qui périt victime de l’usurpation des blancs.
- a trouvât-on moins intelligente encore, n’oublions pas ^ ehe surpasse le chien, même celui du berger, en fidélité, eu dévouement pour le pasteur, en habileté, en flair, en §euie d’investigation, quand on la charge de découvrir es Européens voleurs de bétail, et d’en suivre la piste à havers l’immensité des plaines et des forêts.
- r 1
- Je ne m’étonne pas du fléau qui frappe une race habi-^fiea vivre nue par tous les temps, avec un épiderme et es poumons faits à cette habitude depuis des générations, pourrie de certains aliments, accoutumée à de certains j,ris> et ne s’adonnant qu’aux occupations courtes et e§eres, inventées et modérées par le sauvage libre et ^aître de lui-même. Aussitôt que vous l’amenez â se cou-yrirde vêtements inaccoutumés; quand vous changez tout , c°Op ses moyens de subsistance et sa subsistance; quand j V°s côtés la nécessité l’étreint; quand votre travail le ^asse et l’épuise; quand à votre école de labeur intellectuel . Vle sédentaire et les fatigues de tête pèsent sur une ^eUïle et tendre existence, ne soyez pas étonnés que la ^Osequence de tant de changements trop brusques, °P imprudents et trop complets, soit la mort.
- Beau problème à résoudre.
- fl11 il faut étudier profondément en faveur de l’abo-g^eïle> c’est la transition graduelle et tutélaire de son p^entati°n, de son vêtement, de son abri, de ses occu-», 0ïls> c’est l’hygiène de la transition (jii’il faut chercher et >rir.
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- Voilà le noble problème dont l’humanité réclame h solution pour les peuplades sauvages encore, ou qui ne sont qu’à demi civilisées, c’est-à-dire, de votre aveu même» à moitié conduites vers la mort. U faut qu’on leur rende la vitalité, la fécondité, le bien-être, que n’excluait pa^ autrefois leur faible nature. Voilà l’étude réparatrice peut absoudre en partie la rapacité, l’injustice et la cruauté des Européens dans les deux Amériques et dans les deS innombrables de la Polynésie, depuis le groupe des Sand' wicb jusqu’à la Nouvelle-Zélande, et sur l’immense cou11' nent de l’Australie.
- Le gouvernement et les lois de Sud-Australie.
- Revenons à la race conquérante, et signalons sa ra' pide organisation. Je ne puis m’empêcher d’aimer ces paS' teurs, ces jardiniers et ces laboureurs qui, par leurs tra' vaux, embellissent la nouvelle patrie, dont ils prépare*1* la grandeur. Ils doivent tout à leur courage, à leurs vertus» ceux qui savent résister à la convoitise pour un or do*1* la recherche les appelle vers d’autres colonies, Victoria e* la Nouvelle-Galles du Sud.
- Ces agriculteurs élèvent leur âme, et semblent do*1' bler de facultés à la pensée qu’ils deviennent, dès leülS premiers pas, leurs propres législateurs. Pour régler destinées, ils montrent la prud’homie d’un peuple chez <jü* le sentiment de l’ordre et le vrai patriotisme s’allient sl bien avec l’amour d’une honnête et sage liberté.
- Chez toute société d’Anglo-Saxons, pas d’impôt n*1*1 voté par le citoyen qui le payera. Les institutions prenne*1* naissance avec les contributions ; l’amour du gouverne ment personnel leur en donne l’instinct. Un peu d’usage’ et cet instinct devient talent.
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- DES NATIONS, 193
- ^ Quand Sud-Australie n’avait pas plus d’habitants qu’une I10s petites sous-préfectures, elle devenait un état à gou-^inement représentatif, et le Parlement britannique la garait autonome. Elle commençait avec une Chambre gisiative; mais, quatre sessions plus tard, elle en avait aC(phs deux, et tous les pouvoirs étaient pondérés.
- ^soigneusement les titres de tous les Actes déli-eres dans la session commencée le ier novembre 185 5, TU1 n’a fini que le 19 juin 1856. Pendant ce laps de , les travaux législatifs m’ont surpris à la fois par leur *endue et leur importance. '
- ^ me suis senti pénétré d’admiration pour un ensemble Mesures qui feraient honneur à la nation la plus avan-’ c est pourtant l’œuvre qu’une poignée d’émigrés, relé-au bout du monde, improvisent afin d’organiser et Perfectionner leur société naissante. On trouverait au er*tre, au nord, au midi de l’Europe, bien des peuples ^gueifieux de leur civilisation, plutôt vieillie qu’amélio-e> devancés par ce petit peuple, dont la première villé ®e ne comptait que dix-huit ans d’âge, quand il s’éle-à cette hauteur.
- 6 laisserai dans l’esprit du lecteur une impression plus
- • ; °fl^e en plaçant sous ses yeux la pure indication des
- **» abordés et servis, dans la belle session de i855 à 1856. • - - -
- È;
- par les législateurs de Sud-Australie.
- n(lrtieration des lois votées par VÊtat naissant de Sud-Australie, dans la session de 1855 à 1856.
- 1° Tj A
- rég}e Un Acte Pour établir lft Constitution de Sud-Australie, et pour liste civile de cette colonie.
- n Pour améliorer la tenue des registres de l’état civil : ***», décès et mariages.
- pPe •' n ^cte Pour régler les prêts à faire sur le bétail : objet de ^erc importance pour une colonie pastorale.
- introduction. — II. 1 3
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- 4° Un Acte pour mieux organiser la corporation municipale la cité d’Adélaïde : c’est la capitale de la colonie.
- 5° Un Acte pour régler la collection et la répartition des droits établis sur les importations provenant des deux colonies de la No"' velle-Galles et de Victoria, importations conduites en navigué sur par la rivière Murray.
- 6° Un Acte pour consolider et pour améliorer les lois sur la tranS' mission des biens hypothéqués ou confiés à des tuteurs.
- 7° Un Acte pour améliorer la législation sur les étrangers : intérêt considérable, parce que beaucoup d’étrangers, de Chinois surtout s’introduisaient, par la Sud-Australie, dans la grande colonie Victoria.
- 8" Un Acte pour donner aux créanciers de nouveaux moye"s d’action contre les personnes qui passent dans une autre colon'6
- australienne.
- 9° Un Acte ayant pour objet de pourvoir à l’élection des membre du Parlement de Sud-Australie;
- io° Un Acte pour faciliter l’action des commissaires de la cour des insolvables.
- ii° Un Acte pour améliorer la classification des principal5 routes de Sud-Australie.
- Le seul titre de cet Acle n’est-il pas un éloge admirable des tr3 vaux d’une colonie qui n’était qu’un désert il y a vingt et un ans?-'
- 12° Un Acte qui pourvoit à l’établissement d’une communie3' tion postale mensuelle entre Sud:Auslralie et la Grande-Bretag"e' Voilà le problème que résolvent moins de cent m ilîe habita"15 séparés de leur métropole par une distance de six mille lieues.
- i3° Un Acte pour améliorer l’ordonnance administrative sur ^ vente des liqueurs, et sur le droit de licence des vendeurs dans Ie' lieux publics.
- i4° Un Acte ayant pour objet une protection plus efficace ^e5 chemins de fer et des télégraphes électriques. Les trois quarts deS républiques espagnoles, colonisées depuis trois siècles, n’ont enc"re ni chemins de fer ni télégraphes électriques; et voici que Sud-A"" traîie, au bout de vingt ans, perfectionne ses moyens de protéger c6S deux grandes découvertes transplantées sur son territoire. ,
- i5° Un Acte pour établir et donner des droits de corporation l’institution qui portera, pour titre scientifique, Y Institut d‘ A usir^ie
- 6° Un Acle pour régler la garde, l’emploi et la correction
- Je5
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- DES NATIONS.
- 196
- prison
- i —tiers condamnés aux travaux forcés, et tout ce qui regarde l6service pénal.
- la 1^1 nouve^ Acte pour amender les lois sur la corporation de
- Cl*e d Adélaïde, et la police des abattoirs.
- ^ un Acte pour la vérification définitive des revenus publics l8^ et de 1855, et la vérification relative à i856.
- Un nouvel Acte pour approprier l’ordonnance qui règle les nc!pales routes de Sud-Australie.
- S(j^° Un Acte contre les dangers des incendies en général, et °nt de l’incendie des buissons dans les pâturages. to } Un Acte pour régler la légalisation définitive des concessions rifi>riales faites à des personnes antérieurement décédées.
- ^ Acte pour améliorer les lois qui concernent l’enregistre-
- Uai^ ^6S COncesst°ns territoriales, et pour régler le payement des ls (,/ees) d’enregistrement.
- „ a Un Acte pour améliorer les procédures devant la cour su-Ppetne de justice!
- coll • n ^cl,e Pour améliorer l’enregistrement des compagnies j ecfives (joint-stock), et pour limiter la responsabilité de chacun
- s Partenaires.
- ten
- 25°
- Tes;
- Un Acte pour amender celui qui règle la possession des Un Acte pour créer le Commissariat des chemins de fer de Sud-
- n**lrali, nature : tovvn
- e et pour le charger de construire des chemins de cette de la ville au port d’Adélaïde; 2° d’Adélaïde à Gawler-
- ^ ’ aV6C Pouvo*r de ^ever somme indispensable à l’achève-
- du premier chemin de fer.
- r:., ^ Un Acte pour amener les eaux et construire les égouts de la “^'Adélaïde.
- 2 ^ Tt
- un Acte pour garantir les troupeaux contre une épizootie, P°Ur faire détruire les animaux infectés de cette maladie.
- 9 Un Acte ayant pour objet de faciliter les poursuites contre
- Us
- sUiv
- Personnes absentes de la colonie, et contre les individus pour-
- 3o'
- c°unne contractants collectifs.
- cern Un Acte pour consolider les diverses ordonnances qui con-1 établissement d’une cour suprême dans Sud-Australie.
- p » 1 ,
- îïlemb Un ^Cte P0ur comP^ter ^es mesures concernant l’élection des res qui devront composer le parlement de Sud-Australie.
- i3.
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- Ne voit-on pas ici passer en revue tous les grands intérêts d’une société qui s’organise avec une infatigable activité ? L’industrie pastorale, et ses troupeaux et ses par' cours, régularisés; les diverses voies de communication» classées, exécutées et protégées, depuis les plus humble chemins macadamisés jusqu’aux chemins de fer, soit a chevaux, soit à vapeur, et jusqu’aux voies télégraphique; la communication postale océanique, étudiée d’un misphère à l’autre, entre l’Angleterre et Sud-Australie ; la tenue des actes de l’é,tat civil, mieux assurée ; les lois délicates des sociétés d’industrie et de finance, approprie^ à l’état du pays; les finances de l’Etat, réglées pour trois exercices, comme comptes et comme budget ; l’organisa' tion municipale de la capitale, assise sur des bases défini' tives; les travaux nécessaires pour construire les égou# et les aqueducs des cités, ordonnés et dotés. Tous ce® intérêts matériels ou sociaux, dont le vivant panorama nous réjouit comme le spectacle des travaux d’une grand6 cité naissante, lorsqu’aucun d’eux n’est encore interrompe par le malheur, nous les voyons préparés et réglés pal autant d’Actes législatifs.
- Des trente et un Actes transmis à Londres, afin d etf6 soumis à la sanction royale, trente ont été jugés digneS d’être approuvés. Un seul, le premier, a paru susceptib^ d’amendements, et c’est le seul ajourné.
- Enfin, pour dernier miracle, cette œuvre si vaste duu6 session accomplie dans l’autre hémisphère, la vapeur» a travers deux mers et l’isthme de Suez, a pu la transport à Londres en quarante jours, et la rapporter aussi vde’ revêtue de la sanction süprême. Ce double voyage saC complit en moins de temps que les navigateurs de antique n’en mettaient pour aller en Albion et pour revenir, sans quitter les mers d’Europe.
- en
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- DES NATIONS. 197
- P • •
- ^Uissiez-vous, clignes citoyens de l’Australie, éclairés Par tant d’exemples funestes à la paix sociale, en Europe dans ^Amérique, continuer une marche noblement e*e aux grands et vrais intérêts de votre patrie naissante, Cette marche, qui dès votre premier âge offre déjà tant de j^aturité! Puissiez-vous ne jamais vous laisser écarter du en public par le triste esprit de faction et de discorde, ^Ul nenfante que l’anarchie et ne conduit qu’à la ruine! j L0s Sud-Australiens ne se contentent pas de bien faire es lois; ils poursuivent avec autant d’activité que de c°nstance les travaux qu’elles ordonnent. *
- Beau système de communications électro-télégraphiques.
- 1856 la législature de Sud-Australie vote 5i2,5oo ancs pour sa quote-part d’une ligne électro-télégra-P alque entre Adélaïde et Melbourne.
- ^a longueur totale entre les deux capitales est de l,263 kilomètres {281 lieues). Cette ligne pour les deux fouies n’a pas dû coûter moins de 1,100,000 francs.
- ans Ie même temps on poursuivait une pareille ligne e9tre Melbourne et Sydney.
- préparait un câble sous*marin pour unir le cap
- Ot\Va
- Hob
- y au cap Grim, et joindre ainsi Launcèstown avec
- art-Town, la capitale de Van-Diémen.
- Grâce à ces moyens, les capitales des quatre grandes °oies australiennes doivent être aujourd’hui réunies Pai> des voies électriques.
- Une compagnie britannique a formé le projet d’étendre ^tte communication télégraphique entre l’Australie et ûde, qu’elle rattacherait à l’Europe et à l’Angleterre. La §ne de l’Inde finirait au détroit de Malacca, franchirait
- li;
- la
- tïler à Singapore, gagnerait file de Java, passerait à Ba-
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- tavia, unirait les îles de Balo, Sombock, Sumbauva* Flores et Timor; par un long câble sous-marin elle aboi’' derait en Australie, dans le voisinage de Port-Ellington ; elle gagnerait la côte, et la suivrait jusqu’à Sydney pour compléter en ce point le réseau de l’Australie.
- Sud-Australie aurait à payer 100,000 francs par an pour la part d’entretien annuel qui lui reviendrait dans cette grande communication.
- Ce vaste projet est expliqué dans un excellent rapport de M. Charles Todd, inspecteur des télégraphes de l’État de Sud-Australie.
- Voilà par quels travaux la naissante colonie se rattacha rait par la plus rapide des communications avec les grandes nations commerçantes. Elle pourrait en deu* jours, y compris les retards pour passer de ligne en ligne* recevoir des nouvelles envoyées de 4,000 lieues on 16,000 kilomètres.
- Les communications postales les plus accélérées demandent encore quatre vingt-dix-huit jours en passant par le cap de Bonne* Espérance.
- On réduira la durée du parcours à moins de moitié lorsqu’on passera par l’isthme de Suez. Ce sera, pourles colonies anglaises d’Australie, un immense avantage ; et pourtant, ce sont, ou du moins naguère c’étaient les R11' nistres anglais qui, par des préjugés injustifiables, s’op' posaient à ce grand bienfait! Quittons, quoique à regret* Sud-Australie.
- ÉTABLISSEMENTS DIVERS DANS L’OUEST DE L’AUSTRALIE.
- ’il
- Nous devons mentionner un premier essai, bien q111 11’ait pas eu de succès.
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- Essai d’établissement dans la laie de Melville.
- *E°ut à fait à I’ ouest du grand continent australien, Vers ^a partie la plus rapprochée de l’équateur et des pos* Usions hollandaises, on trouve l’île de Melville, qui Couvre le golfe de Van-Diémen.
- , ^ans cette île on a fait, en i85à, l’inauguration d’un elaMissement colonial, à titre de port de refuge; on l’a ^ommé Port-Ellington.
- En fondant le bourg de Dundas, dans l’île Melville, les ^lais avaient conçu de grandes espérances. On était Sür le littoral auprès duquel arrivent chaque année un fres-granCl nombre de pros malais, pour la pêche du tri-^n9’ ver recherché des Chinois, et qu’on trouve sur-*°ut près des côtes de l’Australie. On croyait pouvoir ^blir en ce p0S|e avancé un entrepôt général, un port ^ On voulait y former un centre d’où le commerce j rayonné jusqu’à l’Inde, jusqu’à la Chine, à travers es eaux qui baignent les possessions hollandaises. On ^ °yait voir une position qui pût attirer la navigation
- tout l’archipel malais, et commencer à l’orient ce jhle devait quelques années plus tard, à l’occident, réaliser Creation de Singapore : ce projet n’était qu’une illusion. Eu définitive l’établissement de Melville a complètement échoué. Il a fallu soutenir des luttes mortelles contre s aborigènes. et les Anglais n’ont pas colonisé l’île.
- Établissement de Port-Victoria.
- Eu 1826, on s’est transporté de l’île Melville sur le j0ïûinent australien, dans la baie de Rallies. On a placé Ceutre du nouvel établissement près d’un port appelé
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- Port-Victoria, port qui n’a rien de commun avec la grande et florissante colonie de Victoria. Chose étrange ! cet eta' blissement, qui de tous est le plus éloigné de la Nouvelle' Galles, en est une dépendance au point de vue administra' tif. C’est ainsi qu’en Asie le grand pays des cinq fleuves» y compris l’Indus, est une annexe de la présidence don* le siège est à six cents lieues, dans Calcutta.
- Il nous reste à porter nos regards sur une véritable colonie, douée d’un certain avenir, à l’ouest des trois créations prospères dont nous avons précédemment e*a' miné les forces productives.
- §4, Colonie de l’Ouest-Australie.
- Isolé des trois Etats que nous avons décrits, Ouest' Australie, ainsi que l’indique son nom, occupe la pu*1' tion la plus avancée du côté de l’occident.
- Elle est heureusement située, dans la plus belle pal' tie de la zone tempérée, entre le 3oe et le 35e degré de latitude.
- La frontière maritime commence à cent lieues de la frontière occidentale de Sud-Australie. En partant de C?J point, si l’on marche vers l’occident, la côte qu’on suit se rapproche du pôle austral, puis remonte vers l’équateur» en formant un grand axe convexe qui présente, au caP Lewin, sa pointe la plus avancée vers l’occident, en faC0 de l’Asie. Elle remonte, au delà, vers l’équateur; mais ea inclinant un peu vers l’orient.
- Lorsqu’on a parcouru cinq cents lieues de côtes, orl arrive à l’embouchure de la rivière des Cygnes, river. Sur la rive gauche de cette rivière, à trois lieues eiï remontant, on a fondé Perth, la capitale; plus haut esi la ville d’York.
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- Malheureusement jusqu’ici Perth et York ne sont guère des bourgs. On a pompeusement divisé la colonie en j^gt-six comtés ; mais, d’après le dernier compte connu, a population européenne était au-dessous de 13,ooo habi-ta*its. Chacun de ces comtés ne renfermait pas, nombre *?°yen, 4oo habitants; il ne représentait pas même une e nos médiocres paroisses de campagne.
- Voilà, tout l’accroissement qu’a pris une colonie fondée e° 1828, huit ans avant Sud-Australie; et cette dernière 1 maintenant neuf fois plus peuplée.
- , Les colons ont été moins attirés par un territoire qui 11 es* pas aussi fertile que les trois États australiens dont n°us avons fait l’étude. Il faut aussi tenir compte de l’en-5°l des déportés, que ne reçoivent plus la Nouvelle-Galles, ictoua et Sud-Australie.
- H est pourtant juste de reconnaître un fait : depuis le Ü^heu du siècle présent, les progrès ont été fort accélérés ans Ouest-Australie par la vente des terres et par les Secours intelligents donnés à l’immigration.
- » Années...... i85o.
- Population.. 5,886
- i85i. j 855.
- 7,097 12,838
- A-. ces nombres il faut ajouter, dans les parties occupées Parles Européens, 1,5oo aborigènes. Loin que les colons eui> soient hostiles, ils les emploient avec plaisir pour ai(ler à la garde des troupeaux.
- Situation matérielle de la colonie.
- Ln 1848 on comptait 116,570 bêtes à laine; mais COïnnieles pâturages ne sont pas très-plantureux, il fallait, P0llr nourrir les mêmes troupeaux, une étendue de pa-
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- cages naturels plus considérable que dans les autres colO' nies. Ouest-Australie exporte du bétail vivant, bœufs ^ moutons, à Singapore, à Maurice.
- Ce fut la première fois en i85y que l’Ouest-Australtf produisit assez de céréales pour alimenter ses habitants* On doit redoubler d’efforts pour la placer au rang de® colonies qui portent des blés au dehors : Maurice et Bour-bon seront ses marchés naturels.
- Le climat permet de récolter les fruits de la vigne, dû figuier et de l’olivier, dont l’origine appartient à l’Europ6 et que les colons cultivent avec succès.
- Jusqu’ici le territoire n’a pas offert de métaux précieux On n’a découvert que du cuivre et du plomb; mais on a trouvé de la bouille en quantité considérable et de bonne qualité.
- Cette ressource en combustible sera d’un avantage inestimable lorsque l’Ouest-Australie aura développé ses res-sources naturelles. Alors elle pourra faire un commerce actif et considérable en profitant de sa position, infiniment plus rapprochée que les autres ports australiens, soit qu’on se dirige vers le cap de Bonne-Espérance ou la toet Rouge, soit qu’on fasse voile vers l’Hindoustan, les deS hollandaises ou les côtes de la Chine.
- Commerce général de Î85â, d’après les évaluations coloniales.
- Importations. Exportations.
- Valeurs coloniales..... 3,2o6,5oo* go6,i25‘
- Par 1,000 habitants.... 267,744 75,661
- On explique la grande supériorité des importations par les valeurs, en produits de toute nature, qu’apportent chaque année les nouveaux colons qui viennent s’établ11’*
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- DES NATIONS.
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- COMMERCE GÉNÉRAL DE L’OUEST-AUSTRALIE POUR L’ANNEE 1855.
- CONTRÉES. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- Royausne-Um.. francs. 1,663,375 889,525 80,100 francs. 629,975 531,760 16,050
- États-Unis ..
- 2,633,000 1,177,775
- Trois articles principaux représentent les quatre cin-^ernes du prix des produits exportés.
- Laines.
- 618,10c/
- Bois.
- 3oi,925f
- Plomb.
- 73,i25f
- Total.
- 992,200*
- Tes bois peuvent devenir l’objet d’un commerce impor-ta0t-, mais il faudrait perfectionner les communications eritre les forêts et les ports. Singapore et la Chine de-^ndent le bois précieux de sandal. Il est un arbre d’autre jjsPece d’autant plus important, qu’on le trouve en abon-aBce auprès de la mer. Comptable à l’acajou, il acquiert de même les plus grandes dimensions. Son tissu ^tteux n’est point attaqué par les vers; il n’est pas sujet Se fendre, à se déjeter, et peut être travaillé plus aisé-Iïient que tout autre bois d’Australie.
- Tes valeurs d’entrées et de sorties, que nous avons pré-SeUtées plus haut, comprenaient le commerce avec la ^hopdg ? les autres colonies et l’étranger : valeurs sup-?ütées dans les ports de l’Ouest-Australic.
- Tes états de commerce publiés par la Grande-Bretagne,
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- 204 FORCE PRODUCTIVE
- pour 1856, offrent des chiffres un peu supérieurs à ceux
- du commerce de 185y. 1
- Commerce de la Grande-Bretagne avec l’Etat d‘Ouest-Australie, en 1856.
- Produits britanniques , envoyés.
- i,5o6,o5or
- Produits étrangers envoyés.
- 452,8oof
- Produits reçus
- de l’Ouest-Australie-
- i,i49,3oof
- Dans les envois de la colonie, les laines surpassent e° valeur les exportations des années précédentes : quantite’ 21 1,027 kilogrammes ; prix en Angl eterrô, 1, o 17,7 2 5 fr' A ce compte, le kilogramme de laine ouest-australienue revient, dans les ports de cette métropole, à 4 fr. 82 ceid' le kilogramme.
- Etablissement catholique en Australie, et spécialement en Ouest-Australie.
- En Australie, ce fut seulement trente-deux années apr^ le premier établissement d’une colonisation qui comptalt tant d’Irlandais catholiques, ce fut seulement en 1820 que la métropole envoya pour la première fois deux prêtre® de ce culte, salariés un peu par l’État. Douze ans s’écoU' lèrent encore avant que Sydney vît s’élever une église de Saint-Patrice, le patron des Irlandais dans les deu* mondes.
- A cette dernière époque, et sans s’arrêter aux retards àe l’apathie gouvernementale, le saint-père confiait à l’ordre de Saint-Benoît les missions de l’Australie, c’est-à-dire da tout un monde. Jamais choix ne fut mieux inspiré, ^ dans un moment plus opportun. On comptait déjà preS de 5o,ôoo Irlandais, réduits encore à deux pasteurs re' connus officiellement; on bâtissait leur troisième église, ^ dix écoles seulement instruisaient leurs enfants. 1
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- DES NATIONS.
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- En 1835 un premier évêque australien était sacré; c’é-,ait monseigneur Polding, de l’ordre des Bénédictins.
- Cinq ans à peine étaient écoulés, et déjà, non loin de ynney, dans Paramatta, l’on confiait aux religieuses de la ercta qui sont des sœurs de charité, un dépôt de 1,200 erntnes; elles acceptaient cette charge d’âmes, pour les fnnener aux bonnes mœurs ainsi qua la foi, dans une co-nie naissante, où les femmes rangées dans la voie du bien s°ut la première des richesses.
- En 184 1, le saint-père érigeait Sydney en archevêché. a province, dont le centre était ainsi fixé, comprenait î^atre évêques suffragants, pour quatre diocèses ayant leurs s^gesà Hobart-Town, Adélaïde, Perth et Port-Victoria.
- ki l’on veut assister au plus beau triomphe de ces Creations nouvelles, il faut se transporter dans la moins aïicienne et la moins peuplée des colonies, dans celle de ^est-Australie.
- , M. l'abbé Falcimagne a traduit en français une relation ^alienne, publiée par monseigneur Rudesindo, Espagnol ® 1 ordre des Bénédictins, et premier évêque de Port-ictoria; elle nous servira de guide.
- E décrit l’arrivée à Perth de l’évêque et de son clergé, aPres cent treize jours de longue traversée : c’était le 0 Janvier i846. Monseigneur Brady conduisait avec lui prêtres bénédictins, huit catéchistes et six sœurs de a Merci, empruntés à Rome, à l’Espagne, à l’Irlande, a ta France. Il ne trouvait qu’une église nue, sans battants ailx portes, sans vitraux aux fenêtres; et c’était dans la Capitale! Le reste du diocèse présentait un désert, au fond Ult(îuel vivaient dispersés les aborigènes, encore à l’état
- sauv
- âge.
- fies
- On se divise en trois missions pour tenter la conquête âmes dans une région bien plus étendue que les trois
- 1
- k
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- 206 FORCE PRODUCTIVE
- royaumes britanniques. Les missions extérieures du sud et du nord, envoyées des deux côtés du littoral, échouent à force de fatigue et de misère.
- COUVENT AGRICOLE DE SAINT-BENOIT : NOUVELLE-NURSIE.
- Reste la mission du centre, pour l’intérieur du pa)'5. Elle se propose- d’entrer en contact avec les tribus leS plus isolées de l’Australie, avec des hommes que les pre' jugés des colons représentaient comme dépourvus de toit' tes facultés intellectuelles. C’étaient, disait-on, des êtres bien inférieurs aux nègres d’Afrique, et n’ayant pas la moindre idée de la propriété. En approchant des abofl' gènes avec confiance, en les traitant avec bienveillance) avec charité, l’on entra par degrés avec eux en échange d’idées, de sentiments et de sympathies. On appréci3 bientôt leurs germes d’intelligence, leurs notions sociale5 et leur bon sens naturel-, on reconnut les idées qu’ils con-cevaient de la justice entre individus et même du droit des gens.
- Au centre de la mission, les apôtres fondèrent un naO' nastère agricole, qu’ils appelèrent la Nouvelle-Nursie. C’était en souvenir de Nursia, la ville à jamais illustrée où na' quît saint Benoît, au milieu des Apennins, quand l’Italie) dépeuplée depuis Constantin, devenait la proie des bar-bares. Ils commencèrent à défricher une terre fertile dan5 les parties boisées, au milieu desquelles ils venaient de planter leur croix amie.
- Les bienfaits qu’ils répandirent attiraient les indigène5 et les fixaient autour d’eux. Ils enseignaient aux adultes à tirer de la terre des récoltes que ces prévoyants cénobite5 faisaient naître pour en gratifier, au jour du besoin> les familles aborigènes. Les enfants étaient accueillis al1
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- Seiri dune école primaire, ouverte dans le monastère; les mescents et les jeunes adultes étaient admis dans un Geignement supérieur. Par degrés, chaque famille eut part fructueuse assignée dans les champs défrichés, °flt les néophytes comprenaient tour à tour la posses-S1°n comme fait, la propriété comme droit. On apprenait ailx hommes à construire la demeure de la famille; aux ^mes, à filer, à tisser les vêtements. Les fidèles de la Goniunauté chrétienne furent encore employés à con-Gionner la route qui conduit de la Nouvelle-Nursie à rm, la capitale et le marché principal; c’est là qu’ils aPp°rtentle superflu de leur industrie naissante, et qu’ils eu obtiennent le prix.
- t)ans la Nouvelle-Nursie, les bénédictins établissent une c^lssed épargne. Cette caisse est toujours ouverte aux besoins j esnéophytes; par son usage ils n’ont plus à redouter les arcins et les meurtres, qui trop souvent, au milieu de la ,
- vie
- ob
- ' sauvage, suivent la possession personnelle du moindre *Jet ayant quelque valeur.
- Pe temps à autre on envoyait en Europe les indigènes ^ montraient les dispositions les plus heureuses, pour c°ntinuer l’œuvre catholique et civilisatrice ; ils partaient Catechumèncs, ils revenaient pasteurs des âmes.
- bout de trois ans, vingt-huit nouveaux bénédictins Mutaient l’Espagne. Ils faisaient voile pour l’Australie, ftVec des novices et des ouvriers. Ils débarquaient comme olomphe auprès de Perth, et rejoignaient leur couvent ^ désert. Au-devant d’eux accouraient, des rameaux verts ^a main, les familles aborigènes agglomérées par la foi Catholique autour de la Nouvelle-Nursie. j, . même instant, dit l’écrivain auquel j’emprunte ces ,l*S’ la statistique officielle constatait que les tribus voi-ldes de Sydney se trouvaient réduites, par une effrayante
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- dépopulation, à ne compter qu’un homme et trois femmes;
- sur bien d’autres points, tout était mort.
- La France ne pouvait pas rester étrangère au généreux mouvement que nous venons de signaler. L’association quelle a fondée à Paris, 'a Lyon, pour propager la foi, toU' jours libérale envers le monde océanique, a fait passer dans la Nouvelle-Nursie plus de 60,000 francs. Elle 3 secouru tous les diocèses d’Australie.
- En 1855 , lorsque la cupidité précipitait les émigrant européens vers les champs aurifères de Victoria, l’évêque de Perth ramenait des sœurs charitables empruntées 3 Marseille, et douze nouveaux missionnaires pour fécofl' der les champs d’or de la foi chez les tribus indigènes.
- Il est admirable de voir, à douze siècles de distance, leS confraternités chrétiennes renouveler aux extrémités de l’Orient les merveilles qui succédèrent à l’invasion deS barbares en Occident.
- Quand aujourd’hui les Ouest-Australiens deviennent des pasteurs et des agriculteurs groupés en village, à b manière européenne, autour d’un couvent de la Nouvelle' Nursie, alors les bienfaisants bénédictins ne s’aperçoivent nullement que les familles des natifs, civilisés à la foJ§ de l’âme et du corps, disparaissent par l'effet d’une mort fatale. Ils ne disparaissent pas plus que les Huns, les Gotbs-les Vandales, au moyen âge, ne disparaissaient quand leS travailleurs de saint Benoît, les accueillaient à l'ombr6 de leurs monastères, les civilisaient en les convertissant» et leur apprenaient les cultures à l’aide desquelles la f01 catholique a repeuplé l’Occident dévasté.
- En repoussant la preuve si singulièrement satisfaisant alléguée par un gouverneur de l’Ouest-Australie, quiju' geait impossible d’empêcher les aborigènes de disparaît6 de la terre, je m’efforçais de chercher les voies bumaineS
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- Par lesquelles On pourrait empêcher l’accomplissement de Cfihe sentence fatale. Oh ! combien je suis heureux de voir aiilsi devancés les moyens purement humains que j’en-^tevoyais, et d e proclamer le triomphe éclatant, immortel, Ces humbles missionnaires qui ne vont pas quêter de P°tnpeux secours aux' portes de la science ! Leur exemple Sa9s art enseigne à cultiver la terre; il montre comment ^ la féconde avec la sueur des fronts humiliés devant la 0rUe du Dieu qui nourrit les hommes.
- La Révolution française a privé les Bénédictins de leurs ° rieux monastères; elle leur a ravi des bibliothèques Savantes, dans lesquelles ils avaient recueilli tant de tré- ’ SOî?s pour l’histoire, trésors mis en lumière avec une
- patience devenue proverbiale. Ils n ont pas meme au-JCurdhui le revenu modeste qu’il faudrait posséder pour Rendre et continuer cette grande œuvre.
- Un artiste bénédictin de Solesme en Australie.
- Quelques-uns d’entre eux ont parfois des talents d’un ^re °rdre. Ainsi l’on a vu te Père Jean, de Solesme, ^P^0yer à décorer les monuments religieux de i’Aus-le une habileté d’artiste qu’avait fait naître chez lui la ^tetïlplation des sculptures si touchantes conservées à esuie, sur les rivages de la Sarthe.
- § 5. Ile ou Terre de Van-Diémen : Tasmanie.
- F
- tl,’ 16/12 , un excellent navigateur hollandais, Tasman,v ja°UVa |e premier, à l’extrémité de la Nouvelle-Hollande, contrée qu’il nomma la Terre de Van-Diémen : il ne ^ pas qu’elle fut une île. Satisfait de l’avoir signalée °n pays, il poursuivit dans l’Océanie ses autres décou-inutoduction. — 11. 1 i
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- vertes, sans s’occuper de la configuration ni de l’étend°e de cette contrée, que les Anglais ont fini par appe^1 Tasmanie : ce fut un juste hommage envers le navigate°r qui l’a découverte.
- Bass et Flinders explorent le contoar de Vile.
- Depuis dix ans qu’existait la colonie de la Nouvelle Galles, l’exploration de la côte ne s’était pas avancée p^llS loin que le port Stephen, en remontant vers l’équateaf» et que Botany-Bay, en descendant vers le pôle austral» cela comprenait un espace d’environ deux degrés en lat1' tude. Tout le reste de la côte occidentale, dans une été*1' due de 1,200 lieues, n’avait pas été visité.
- Deux jeunes gens au service de la marine royale, truits, actifs, intrépides, se trouvaient alors à Sydney-chirurgien Bass et le midshipman Flinders étaient animeS d’un ardent désir d’illustrer leur nom par des découvert qui seraient précieuses pour la colonie. Tout ce qu’on vo11' lut accorder à leurs sollicitations fut une embarcatt011 qui n’avait pas trois mètres de longueur, avec un sii#P^ mousse pour les accompagner! Ils se rendirent d’aboi dans la Baie-Botanique, qu’ils explorèrent, en fixant ^ position favorable pour un petit établissement, auquel011 donna le nom de Banks-l 1own, la ville de Banks. leur frêle et petit canot,, tel était leur premier essai.
- Bientôt après Flinders se rendait en mission dans de Norfolk. Alors Bass essayait, mais sans succès, la cile entreprise de franchir à pied les montagnes Bl°u^j Ensuite il revint à la mer, et, sur un bateau non ponté explora vingt degrés du littoral.-Du côté du pôle austral remarqua qu’au delà du cap Howe la côte ne suivait p la direction méridienne, et qu’elle inclinait brusquerfle
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- Veis 1 orient. Cette conformation du littoral lui lit penser là se trouvait l’entrée d’un immense golfe. Son ima-dation en faisait une mer ouverte, laquelle aurait sé-la terre de la Nouvelle-Hollande et celle de Van-
- Uiémen.
- Pour entreprendre d’explorer cette mer, il fallait des m°yens moins impuissants. De retour à Sydney, Bass est rej°int par Flinders, qui partage ses espérances; ils renou-j^lent leurs sollicitations. Alors on leur confie une cha-^ uPe baleinière de vingt-cinq tonneaux seulement, avec bons matelots. Ils s’en servent pour pénétrer dans mer intérieure, qui commence au cap Hovve; ils Rivent au cap Wilson, le point le plus avancé vers le austral, et voient la côte, non-seulement continuer Veis ^orient, mais se relever du côté de l’équateur. Us tiennent alors du côté du pôle austral, et pour hono-^ ^ gouverneur Hunter, qui les avait commissionnés, aPpellent de son nom la petite île qui prolonge le pro-
- ^ontoire le plus avancé vers l’est sur la Terre de Van-^lemen. Conformément à leurs instructions, ils font le de cette terre, qu’on appelle aujourd’hui l’île de asiïlan, ou.la Tasmanie.
- j ta noble demande de Flinders, le gouverneur donna ttom de Bass au double détroit oui sépare les deux
- 1 A TL 1
- c fies îles australiennes. On a conservé dans le port de ney la chaloupe baleinière sur laquelle les deux investigateurs avaient fait leur découverte. A cet humble esquif, j a donné le nom de Petit-Poucet, Tom-Thamb : nom lleux pour les deux amis intrépides, mais avilissant j 111 ^ autorité qui n’avait pas plus généreusement secondé 1 dévouement et leur courage.
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- Superficie et figure de l’île.
- Si l’on joint ensemble la superficie de la Corse, d6 la Sardaigne et de la Sicile, les trois grandes îles de b Méditerranée, on n’a pas encore un total qui soit comp3' rable à l’étendue territoriale de la Tasmanie, étende6 qui n’est pas moindre de 6,5oo,ooo hectares.
- Cette contrée, qui prendrait au milieu de nos metf d’Europe une si grande position, n’a guère en superficie que la centième partie de la Nouvelle-Hollande, dont etie est comme un appendice. Elle a la forme de l’écu tria11' gulaire porté par les anciens chevaliers; écu dont le coF supérieur était concave, et les deux autres, convexes. k6 côté concave est celui qui fait face au vaste continent ad5' tralien.
- Voici quelle est la position des trois promontoires d6 cette Trinacrie océanique :
- Les trois sommets de l’île de Tasman.
- Occident. Cap Grim.
- Latitude. • 4o°,33'
- Longitude. i42°,3o'
- Orient. Nord-Australie
- Cap Barren. Cap Sud.
- 4o°,3o' 43°, 3o'
- i45°,4o' 13g0,5o'
- Le cercle méridien qui passe par le sommet occiden^ de l’île traverse par le milieu la colonie de Victoria-passe aussi par l’entrée de Port-Philippe, à soixante fielie5 de la Tasmanie.
- Mer intérieure de Bass, gui sépare la Tasmanie de VAustrale• Une mer intérieure, qui deviendra célèbre avant p6'
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- d* '
- ar*nees, est circonscrite : i° par deux côtés du golfe sPacieux au fond duquel est Port-Philippe; 20 par le côté rentrant de la Tasmanie; 3° et tx° parles petites îles jetées avant des promontoires d’occident et d’orient de la Aasîïianie.
- Un jour cette mer intérieure sera sillonnée par d’innom-oles navires; les uns communiqueront entre la grande p, re> 1 île principale et les deux îles secondaires, King et 0urneaux. D’autres navirês s’adonneront à la pêche la " s active, afin de suffire aux consommations de deux ^ °nies, chaque année plus populeuses et plus riches. aulres enfin voudront éviter un détour de cent lieues;
- ils
- ne doubleront plus le cap Sud, à l’extremite de la asnianie, extrémité plus avancée de 1 1 degres vers la le§i°n des tempêtes que le cap de Bonne-Espérance. Ils Passeront tranquillement par les deux détroits de Bass.
- La Terre de Van-Diémen, reconnue pour etre une île, Setlîhla prendre par cela seul une importance nouvelle aux ^eUx des Anglais. Ils renvoyèrent le docteur Bass avec son Compagnon, son admirable ami Elinders, afin d’en explo-er les trois côtes : chacune leur offrit un port principal.
- face de l’Australie, ce fut le port de Launcestown, Pl^cieux pour communiquer par la ligne la plus courte aVec la grande colonie de Victoria.
- Uu côté de l’occident, ce fut le grand havre de Mac-
- e> qui fait face à l’Asie.
- Canal d’Entrecasteauœ.
- t
- côté de l’orient, riche en abris naturels, il en est T11 parut à juste titre l’emporter sur tous les autres:
- Di
- c<! fut la
- A
- partie inférieure du fleuve Derwent.
- cette partie aboutit le riiagnifiquo chenal encore
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- honoré par le nom d’un de nos plus illustres navigateurs-Le canal à'Entrecasteaax, sur une largeur qui varie de 3 a 12 kilomètres, dans une longueur de 5o kilomètres, se-pare la Terre de Van-Diémen et la longue île de Brunn comme un prolongement occidental du fleuve Derweflt-
- Les bords, fortement accidentés, de ce canal otfre11^ une loule de havres, de refuges, de coves, précieux p9llf la navigation côtière ; une végétation magnifique embelli les deux rives de ce bosphore.
- Description, des abords de Hobart-Town.
- Un navire qui, de l’orient, fait voile vers la Tasma*116 par la latitude de 43° i5', entre dans Storm-Bay, la baie des Tempêtes. Il vire au nord, et laisse à bâbord Tîle de Brünl> à tribord, il longe une presqu’île triangulaire, qui for#16 la rive gauche du fleuve Derwent. On remonte ce fleuve’ qui coule du midi vers le pôle austral. Après avoir loflge pendant six lieues la presqu’île, on passe devant l’ouveT ture de la double baie, magnifique havre intérieur, poll! lequel la longue presqu’île est comme un môle gigaD' tesque. On remonte encore environ six lieues, et l’on $e trouve à la hauteur de Hobart-Town, sur la rive droite fleuve. En amont s’olfre le port de cette ville; c’est Ie cove de Sullivan. Dans ce nid, vaste et parfait, des naviteS d’un fort tonnage peuvent mouiller près de terre.
- Il y a peu de temps on a construit, au^fond du p°jt de Sullivan, deux cales à plans inclinés patentés; sur °eS cales on remonte de grands navires, jaugeant jusqu’à i ,5°° tonneaux, lorsqu’ils ont besoin d’être radoubés.
- De tous côtés, les eaux intérieures que nous venons parcourir sont embellies dans leur grandeur par de ricbeS cultures et des ombrages imposants. Sur les rivages se
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- event des villas charmantes, presque comparables à celles voit aux abords de Gênes; elles appartiennent aux llches marchands de la capitale.
- , L y a quinze ans la cité d’Hobart-Town et le district . nt ehe est le chef-lieu comptaient 3,700 habitants; au-^°Urdhui ce nombre est plus que tiercé.
- Les intérêts de la navigation sont placés au premier lang dans une île que colonisent les Anglo-Saxons.
- Les points essentiels de la côte sont éclairés par six ares; et pour ce service, à la fois d’utilité et d’huma-la colonie ne recule pas devant une dépense an-^Delle de i5o,ooo francs.
- Colonisation de la Tasmanie.
- Ln i8o3, un petit détachement de soldats, conduisant essaim de condamnés, fut envoyé sur les bords du fleuve ei'Went, au lieu qui devint Hobart-Town. On commen-
- Câif 1 ^
- c *a colonisation en imitant la Nouvelle-Galles du Sud jjf1, second Botany-Bay. Il fallut un certain nombre a*înees avant que des colons libres essayassent de s éta-lr à côté des déportés.
- Triste destinée des aborigènes.
- F
- ' étendant qu’une population non flétrie par les lois ^ développât, les échappés du bagne, disséminés dans les 0ls» poursuivaient une guerre d’extermination contre les Ufels du pays. Pour prévenir un complet anéantissent» on recueillit ce qui restait de cette race infortunée; ^ *es transporta successivement dans les îles de Flin-et de Marie. Au commencement de 18âg , il n’y avait s cIUe 12 hommes et 23 femmes, avec 1 enfant mâle.
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- On fit plus : on les recueillit dans un édifice spécial, coi»' fortablement établi près de Hobart-Tovvn. Sept ans pluS tard, ils étaient réduits à i5, et l’on supposait qu’ava»1* vingt ans tous seraient morts... Rappelons ici les obsef' vations que nous avons présentées au sujet des aborigène de Sud-Australie, et passons à la race européenne.
- PROGRÈS DE LA POPDLATION DE RACE EUROPÉENNE DEPUIS L’ORIGINE.
- HOMMES FEMMES
- ANNÉES M .
- SUCCESSIVES. LIBRES CONDAMNÉS LIBRES CONDAMNÉES
- et libères. non libères. et libérées. et non libérées-
- 1804 68 380 10 40
- 1822 2,209 4,548 1,407 348
- 1830 8,351 8,877 4,623 1,318
- 1840 14,047 15,524 11,517 2,239
- 1848 25,376 16,948 18,354 3,501
- 1855 30,782 7,669 29,440 2,983
- —
- Par un mouvement heureux, la majeure partie des cofl' damnés est entrée déjà dans les classes intermédiaire qui les assimilent presque aux parties honnêtes de la p0' pulation. A la fin de 1855, il n’existait plus comme dépor' tés, ou condamnés soumis encore à la-plénitude de leUl sentence, que 864 hommes et 2 5o femmes.
- En 1848, parmi 7/1,761 habitants, 28,459 condamne formaient un mélange malheureusement trop consi<Je râble; mais depuis i85o la transportation a cessé d’avo»1 lieu dans la colonie.
- Au point de vue matériel, on a tiré le parti le p^LlS avantageux du grand nombre de condamnés soumis an*
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- *layaux publics. Ils ont construit la belle et grande route ||ui conduit, de la capitale à Launcestown et qui traverse j1 e nord au sud, dans une longueur de soixante lieues.
- s °nt exécuté beaucoup d’autres travaux publics d’une hau*e utilité.
- depuis 185o la Tasmanie était dirigée par un gouver-lleui\ avec un conseil législatif, dont le tiers était nommé j^la couronne et le reste par voie de l’élection. En même ^ps que Victoria et Sud-Australie, l’État de Tasmanie P°ssède aujourd’hui deux chambres législatives, consti-a n apres un meme système.
- '. Eaux intérieures de navigation et d’irrigation.
- Avant d’expliquer les travaux delà colonisation, jetons c°np d’œil sur le territoire. L’île a de très-hautes mon-
- Un
- ta
- §lles et de vastes forêts. Par une conséquence néces-
- Saire> elle a des cours d’eau magnifiques et nombreux. Le Plus b H
- Peur
- s considérable est la Derwent, que les bateaux à va-
- ^ remontent bien au-dessus de Hobart-Town.
- ^Ur la côte qui fait face à l’Australie, deux rivières,
- ^ppeiees Esk, en se réunissant forment le fleuve Tamar,
- °rd duquel s’élève Launcestown : le Tamar débouche dans i , .
- j le port Dalrymple, véritable mouillage extérieur de
- auncestown.
- j e pourrais citer beaucoup d’autres cours d’eau, et les c^ot ils sont dérivés. Un pays si bien arrosé présente de Pâturages naturels, éminemment propres à l’élevage . ' troupeaux; il offre des ressources inépuisables aux Rations agricoles.
- Les cultures de la Tasmanie.
- Lor
- 0rsque nous avons expliqué les prospérités de Sud-Aus-
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- tralie, nous avons donné, sur les cultures et les pâturages» les tableaux comparatifs dans lesquels se trouve aussi f1 Tasmanie. Nous n’avons pas besoin de revenir sur ces données statistiques.
- Le climat est très-salubre, et la terre tasmanienne est plus féconde que celle de l’Australie. Dans les très-bons vallons on regarde comme un produit commun ko heC' tolitres par hectare !...
- Aussi la Tasmanie est-elle la colonie australienne on l’agriculture, proportion gardée avec la population, a p*’18 le plus grand développement. Les blés sont d’une qualde supérieure; ceux qu’on a présentés dans le Palais de cristal* en 1851, ont remporté la récompense la plus élevee qu’aient reçue le§ produits d’agriculture.
- Favorisés comme ils le sont par la nature, on doit peU s’étonner que les colons de la Tasmanie se soient placés au premier rang pour l’étendue de leurs labours, pr°' portion gardée avec la population : c’est ce que déjà non® avons fait observer p. i84. Nous ne reproduirons pas icl le même ordre d’explications sur la vente des terres du domaine public, et sur le parti qu’on en retire pour fa®1' liter l’émigration par des secours judicieusement accord®8 dans la métropole.
- Industries maritimes de la Tasmanie.
- Les intérêts maritimes occupent d’ordinaire un raflj? _ distingué dans une île colonisée par les Anglo-Saxons. Pre sentons quelques faits sur cette partie.
- Pêche de la baleine.
- L’île est avantageusement située, dans l’océan Pacific^’ pour la pêche de la baleine. Il y a dix ans, cette pêcbe
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- 0Ccupait 51 navires appartenant à la colonie et jaugeant ensemble plus de 8,ooo tonneaux.
- Les habitants ne me semblent pas tirer de la fécondité des toers qui les entourent tout le parti désirable pour ^es autres genres de pêche, surtout dans la mer intérieure ^ui forme le détroit de Bass.
- Construction des navires.
- On construit des navires pour la pêche et pour le captage. Dans les trois années comprises de i852 à i854, 0n a construit 3 4 bâtiments qui jaugeaient ensemble 18/17 tonneaux. A peine suffit-on, par ce moyen, aux besoins de L colonie. Aussi voyons-nous que le nombre des navires ï>0l'tes sur les registres officiels s’élève, pour les trois Renies années, â 26,109 tonneaux.
- Navires à vapeur appartenant aux ports de la Tasmanie,
- évites. | En bois. | Enfer. ) Tonnage, j Force en chevaux. 1854..
- Ln !855..
- En bois. En fer. Tonnage.
- 2 9 1,786*
- 1 i3 2,o43
- 744
- 85i
- ^ous donnerons une idée de l’activité de la navigation les côtes de la Tasmanie en rapportant un seul fait, de entretient six phares, dont quatre sont à feux tour-^ots; la seule perception des droits d’éclairage sur les ^vires qui fréquentent les ports de l’île a produit, en l854, la somme de 126,260 francs; les mêmes droits 0tlt produit, en i85^, la somme de 1 51,000 francs.
- John Franklin, gouverneur de Tasmanie, et Lady Franklin.
- LAngleterre a témoigné tout l’intérêt quelle prenait
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- aux progrès maritimes de la Tasmanie lorsqu’elle a choisi' pour la gouverner, un de ses navigateurs les plus célèbres et les plus dignes de leur renommée.
- Dans l’été de 1836 j’eus l’honneur d’assister à la reu-nion annuelle de la Société royale de Londres, où l’°D fêtait un membre illustre, sir John Franklin. Il s’apprêtait â partir pour la Tasrrtanie, dont il venait d’être nomme gouverneur. Nous chérissions la bienveillance et la siiü' plicité franche de ce hardi navigateur; hélas! nous étions loin de penser que, douze ans plus tard, il dût ajouter, pal l’infortune de son sort, à l’éclat de ses découvertes.
- Il a fait servir son intelligence et son activité, malgré leS difficultés qu’opposaient les habitants de toutes les categ0' ries, à développer la colonisation d’une île doublement intéressante pour un savant et pour un marin.
- A l’égard des œuvres de bienfaisance et des soins d-ictes par l’humanité dans les hôpitaux, dans les écoles populaire et surtout dans les écoles consacrées aux filles des coO' damnés, lady Franklin secondait admirablement le g°u' verneur. Elle montrait, sous les couleurs les plus g1’3' cieuses, l’âme fidèle, forte et dévouée dont elle a fait dans le malheur une si noble preuve. Depuis dix ans, au prl* de tous les sacrifices, elle fait chercher, à ses frais, dans les mers glacées du Nord, l’intrépide navigateur, victim6 peut-être, comme La Peyrouse et Cook, de son dévoue' ment aux progrès de la navigation et des sciences.
- Du traitement des condamnés à la déportation.
- Nous croyons devoir placer ici l’exposition du système qu’a suivi le Gouvernement britannique afin d’opérer moralisation graduelle des condamnés. Nous terminerons
- O rf,
- en décrivant deux établissements pénitentiaires de laS
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- ^anie : le premier, remarquable pour ses défauts, et le Second, qui partout peut être offert comme un modèle.
- , Ln Australie le Gouvernement a compris qu’il fallait evUer aux déportés toute flétrissure inutile et par cela ^enie nuisible. On ne les désigne jamais par l’épithète jnfamante et légale qui les caractérise en Angleterre. Au eu de les appeler des convicts, des condamnés, ce qu’ils ^garderaient comme une injure, on les appelle les hommes 11 Gouvernement, les serviteurs de la couronne, ou simplement les prisonniers.
- tlans la colonie, le Gouvernement garde un secret in-Golable sur les crimes qu’au sein de la mère patrie a pu c°mmettfe chaque déporté. Le stigmate particulier de son Garnie ne doit pas, loin de l’Angleterre, s’attacher à son 110111 » ni flétrir son individu comme la marque d’un fer ^°uge. L’autorité dit à tous les coupables : « C’est assez de sombre égalité que la loi qui vous déporte fait peser SUl votre passé, pour ouvrir sans partialité les voies à l’ex-Plation. Qui que vous soyez, quoi que vous ayez fait pour ^oriter la déportation, je veux donner même facilité, ^oae chance à votre repentir; pour chacun de vous, une bonne conduite sera d’un même bénéfice. Désor-’^ais vous ne serez distingués en mal que par de nouvelles ^nses contre la société, en bien que par votre bonne C0llduite. » Il y a là générosité, prudence et connaissance aPprofondie du cœur humain.
- Lorsqu’un colon veut obtenir, pour l’employer à ses *laVaux, un ou plusieurs condamnés, il doit s’adresser au B°uverneur, en indiquant le nombre d’hommes qu’il demande. g* colon ne s’est pas acquis la mauvaise répu-tatlon de maltraiter les gens à gages qu’il emploie, et s’il est pas lui-même un ancien condamné, le gouverneur ac-C°eîhe sa demande. Alors le colon visite dans leur ca-
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- serne les prisonniers dont l’Etat n’a pas encore dispose; il s’adresse à ceux qu’on juge par leur conduite dignes d’u*1 sort amélioré. Il examine, il interroge les sujets dont fas' pect lui convient sur leur profession, leurs goûts et leur5 aptitudes; ensuite il fait son choix.
- Tant que le condamné reste, véritable forçat, sousla garde du Gouvernement, il est réservé pour les travail* publics et maintenu par la verge d’une discipline inflexible autant que vigilante. Dans cette situation, il porte le boD' net jaune, la veste jaune et le pantalon jaune. A son seul aspect, chacun sait qu’il a commis d’assez grands crimeS pour avoir mérité la déportation.
- Mais lorsque le Gouvernement juge qu’un prisonnier par sa bonne conduite, est digne de passer du service de l’État au service d’un colon, le forçat remplace aussitôt son costume infamant par un habillement de couleut commune et qui doit être à la fois décent et conîof' table; le condamné cesse aussi de porter un anneau de feJ en guise de chaîne. La liberté revient vers lui.
- Par ce seul changement, le prisonnier rentre d’un pi’e' mier degré dans le sein de la société. Il n’est pas encoïe complètement libéré ; car il ne pourrait pas changer à soO gré de maître, ni le quitter pour s’abstenir de travail- A reste sous le coup de cette menace qu’il reprendrait leS fers, et l’habit jaune, et l’infamie rendue visible, sisa mauvaise conduite et ses méfaits le méritaient. La simple sentence d’un juge dë paix suffirait pour ce changement
- La même autorité qui châtierait le coupable reWs protège le déporté déjà rendu meilleur, l’homme du Goav^r' ncrnent quelle met au service d’un citoyen; elle stipole avec intérêt pour sa nourriture et son vêtement.
- En faveur du prisonnier quelle transfère au service obb gatoire d’un colon, elle établit qu’il recevra par semait '
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- )0 * >
- Sl cest un homme, 5 kilogrammes de farine, 5 kilo-Bénîmes de viande, 2Ôo grammes de sucre et 6o grammes
- de sel;
- 4kil
- 2° si c’est une femme, 4 kilogrammes de farine, jj autogrammes de viande, 6o grammes de thé, 2 5o grammes sucre et 45 grammes de sel.
- Le colon doit donner : i° à chaque domestique mâle, ^ habillements de laine complets, un bonnet ou un ^napeau, qUaj-re chemises et trois paires de bottes; il doit e pourvoir d’un matelas en laine, de deux couvertures aun tapis de pied; 2° à la femme admise au service ^articulier, une robe de coton, deux jupons de flanelle, Uxde grosse étoffe, trois bonnets de calicot, trois paires
- de bas
- » trois tabliers, un mouchoir de cou, un chapeau et
- *l0ls paires de souliers. Les conditions de literie sont les rïleiïles pour les deux sexes.
- L faut empêcher, sous quelque prétexte que ce soit, (îtle le vêtement des condamnés ne dégénère en somptuosité; car cela ferait disparaître jusqu’à la dernière idée Un temps d’épreuve pénale. Défense est faite, en recom-tïlaodant la bonne et solide qualité des vêtements, que le total de leur valeur annuelle surpasse 175 francs.
- de regrette qu’on n’ait pas cru devoir ajouter une lé-§eie somme, n’eût-elle été que d’un franc par mois, pour etre versée par le colon dans une caisse d’épargne, jus-^au moment où le condamné deviendra tout à fait ^tre de lui-même.
- ^ Aux personnes qui trouveraient que le traitement légal . s Condamnés leur assure un trop grand bien-être, il est Jl|ste de faire observer que ce bien-être est une première ec°inpense aux hommes qui subissent deux peines : l’exil énoncé par la justice, puis les travaux forcés subis déjà Pédant un temps d’épreuve, et d’épreuve satisfaisante. Le condamné, rendu matériellement heureux, n’est
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- qu’imparfaitement réhabilité; il est le serviteur forcé d’u11 maître. Il faut que son travail et la régularité prolongé de sa conduite offrent à la société de nouvelles garanties» pour qu’il obtienne du Gouvernement un certificat de liïre départ (the ticket of leave), dont nous avons déjà parte* Il peut alors quitter le maître qui l’avait choisi, poUl choisir à son tour, s’il le veut, un maître plus à son gre'
- Lorsque, dans cette position nouvelle, il aura co plétement satisfait l’œil vigilant de l’autorité publklue’ le gouverneur prononcera sa libération définitive. Rien dès cet instant ne le distinguera plus des citoyens qul n’ont jamais subi les sévérités de la justice.
- Le système de colonisation par des transportés souifllS à ces épreuves graduelles a produit des résultats consiste' râbles. On lui doit l’essor rapide des travaux publics, Ie’ moyens puissants donnés aux colons d’exécuter les enR’e' prises de défrichement les plus pénibles, et la garde coït' rageuse des troupeaux en présence de tribus indigène trop souvent agressives et cruelles.
- La Tasmanie devenue pour les condamnés une succursale de la Nouvelle-Galles du Sud.
- Dans le principe la Nouvelle-Galles n’offrait pour hæ bitants que des condamnés. Plus tard on fit de la Tas manie une succursale de cette déportation; et la Tasmanie' comme la Nouvelle-Galles, n’eut d’abord que des damnés.
- Quand les prisonniers eurent ouvert les premtere5 voies de communication, bâti les édifices communau*’ amélioré les ports de commerce, d’honnêtes colons an1 vèrent. Ils regardèrent comme un grand bienfait quU leur concédât des travailleurs fournis par la déportât!^’
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- ^Ul c°ntribuèrent à les enrichir; le bruit de cette richesse aNecha de plus en plus les colons libres.
- Aussitôt que ceux-ci furent en grand nombre et que s premiers condamnés, par la bonne conduite, eurent ^a8ne la liberté, ils attaquèrent de concert le Gouverne-Ils l’accusèrent d’injustice et presque d’immoralité, s°Us prétexte qu’il ajoutait des malfaiteurs à la partie inno-j^nte ou du moins innocentée des colonies australiennes. Paient, au contraire, les nouveaux venus qui, de leur ,111 gré, venaient se mêler sciemment à la population Pénitentiaire fixée sur le sol colonial par des lois anté-rieures à l’arrivée des réclamants.
- ^ la métropole a cédé devant les plaintes amères et Passionnées des colons australiens, ce n’est pas quelle ait aPerçu la non réussite d’une grande expérience qui por-1 tant de fruits précieux; ce n’est pas non plus quelle ait reconnu son tort et la raison des nouveaux colons qui c°ndamnaient; mais elle a compris que l’autorité lui ^nquerait pour résister contre des volontés à ce point pufiâtres, exprimées par des citoyens qui sentaient leur Puissance à six mille lieues de la mère patrie. Avertie par Separation funeste des treize colonies fondatrices des ats-Unis, elle a sagement cédé, comme nous l’avons >%ué déjà.
- bagne de Tasmanie pour châtier les condamnés parmi les déportés coupables de nouveaux méfaits.
- T
- e fiagne établi pour recevoir, parmi les déportés, les °rrigibles et les déportés coupables de nouveaux é/u168’ érigé dans la grande baie de Macquarie. Cet nssement, très-imparfait, n’a pas rempli le but de son Uution. Les moyens d’évasion trouvaient trop peu Introduction. — ii. 15
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- FORCE PRODUCTIVE dé difficulté; les forçais échappés remplirent les bois, et de là portèrent la terreur et la désolation dans le reste de file, par des pillages, des incendies et des assassin^'
- Voici le jugement qu’un observateur très-sagace-M. Ch. Howcroft, a prononcé sur cet établissement : « C’est un horrible séjour, un véritable enfer sur terre; mie0* vaut mourir que d’y vivre. On cite plusieurs exemple des prisonniers de Macquarie ayant commis un meurt1’6 pour sortir de cette affreuse prison afin d’être pend°s' Les prisonniers n’y vivent pas longtemps; il serait piuS humain de les mettre à mort que de les envoyer dans u° semblable séjour. »
- '* I
- De telles assertions peuvent être extrêmement exage' rées, quoique l’établissement fût à la fois insuffisant, lir supportable et dangereux. Il était urgent d’y porter remèd6.
- Le pénitencier de Port-Arthur organisé par le eupitaineOcHara Bo°^'
- Le prédécesseur immédiat de Sir John Franklin, ^e gouverneur George Arthur, avait le double mérite de voir apprécier les hommes et, chose plus rare encoi’e’ de préférer les talents supérieurs qu’il avait su discerné' Il jeta les yeux sur un simple capitaine d’infanterie el1 garnison dans Hobart-Town. Il lui proposa d’être le s°r' intendant d’un grand pénitencier nouveau, en confiai’ sans réserve, à son intelligence l’organisation, la d*s cipline et le traitement des détenus. Le capitaine OcHaI^ Booth, séduit par cette confiance et par des offres gnifiques, entreprit la plus dangereuse et la plus péni^fi réformation.
- Aucun choix ne pouvait être préférable à celui militaire actif, expérimenté, perspicace, et qui possed au plus haut degré le ton du commandement. La natl,J
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- avait doué d’un caractère à la fois très-énergique et ^s-bienveillant. Il possédait cette raison calme et réfié-, le (îui s’allie si bien à la prudence au milieu des hommes, a tordre au milieu des choses, c’est-à-dire, en d’autres |eiHîes, à tout l’art d’administrer. Nous allons décrire ^Uvre qu’il a créée, telle quelle existait en 1807, lors de s°n complet développement.
- concert avec le gouverneur il fit choix d’un nouvel npiaceiqent , qui réunissait tous les avantages. À quelque Istance de Hobart-Town, par delà la baie des Tempêtes, pistait, assez loin des quartiers déjà colonisés, une pres-^üile de grande étendue, couverte de bois séculaires, qui jJ°Uronnaient de nombreuses collines, avec des vallons utiles qui n’attendaient que la main du laboureur pour Pr°curer d’amples récoltes.
- très-bon port, qui reçut à juste titre le nom du gou-jp’Heur, Port-Arthur, devint le centre et la clef de l’éta-^issement. La presqu’île n’était réunie au continent de asnaanie que par une langue de sable, étroite et basse, j. . a fermer hermétiquement. Dans le territoire ainsi ^ite, pas d’habitants étrangers à l’institution ; défense ^ tout navire, à tout canot d’aborder ailleurs qu’au arcadère de Port-Arthur, sans cesse gardé; aux di-s points abordables, des postes de gardiens toujours surveillance; sur le sommet des collines prédomines, des guetteurs avec des signaux pour communiât au télégraphe central tout mouvement opéré* soit à e soit en mer, qui pourrait paraître suspect. Tant de Cautions rendaient les évasions impossibles; aussi les Natives, si bien découragées, devinrent presque sans Utopie.
- 0cD°*C* T^le discipline établie par le surintendant ara. Les sept cents condamnés couchaient dans des
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- stalles séparées mais ouvertes, au nombre de douze pal
- chambrée, et d’une inspection facile.
- Pendant le jour, les condamnés n’étaient enchaînés a1 séparément,ni par paires, comme on accouplait autref°l5 les forçats dans nos arsenaux. Leur vêtement unifor#16 (jaune) annonçait leur état et rappelait leur dépendant’ ce vêtement, d’ailleurs, était décent, confortable, et pal' faitement entretenu.
- En tout temps, en tous lieux, la surveillance était sl complète qu’aucune faute ne pouvait être inaperçue. justice distributive ne laissait passer aucun délit sans un6 répression, toujours prononcée d’après une même mesure‘ On recourait aux peines corporelles; mais aucun coF damné n’était frappé que sur la sentence de fadministi’3' teur suprême, en des cas très-graves, et toujours àregfet' La peine, ainsi sanctionnée, acquérait toute garantie & justice, et la plus grande autorité. Elle était fort rare, etpa? là fort efficace. Jamais d’emportement, jamais de cris, Ja' mais d’injures qui, de la part des surveillants et des che&' pussent outrager ou seulement froisser les condamUeS' Ceux-ci, d’ailleurs, étaient toujours admis à réclamer.a porter plainte, s’ils croyaient en avoir sujet; toujours étaient satisfaits quand le droit était de leur côté.
- L’emprisonnement était prononcé, par le gouverne^’ pour certains délits spécifiés et des plus graves. Cet e#1 prisonnement était cellulaire, et l’isolement absolu. Com^ il était temporaire, le condamné qui l’avait subi rentra nécessairement au milieu de ses pairs, mais avec la salutaire d’encourir de nouveau ce redoutable châtimeï)t’ Peut-être l’individu châtié n’était pas rendu pour loïl|? temps meilleur, mais il se conduisait mieux et n avait p
- été perverti par un grave châtiment. C’était beaucoup* A ces moyens répressifs, on était plus heureux
- a*
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- j0lndre l’amélioration graduée du sort des criminels, rsque leur conduite et leur travail acquéraient plus de §ularité, d’activité, d’intelligence. La religion ajoutait, 9Ux rïl°yens humains d’amélioration, les consolations et les esPerances qui rendent plus doux ses austères conseils.
- Avec des hommes si bien dirigés, le surintendant avait ^ enu des résultats étonnants par des travaux diversifiés défrichement et de culture, d’exploitation des bois, e terrassement et de bâtisse. Le premier ordre de tra-Vaux suffisait à produire les grains et le jardinage néces-a|res 4 l’alimentation. Les besoins du pénitencier satis-^ s ’ 1 excédant des produits de tous les ateliers concourait s°lder les dépenses de l’établissement. Hobart-Town, |)ar préférence, achetait ces produits, que recommandait eilr excellente qualité. '
- G est uniquement avec les condamnés qu’on a fait . tes les constructions de Port-Arthur : lés quais, les basâtes, 1 esplanade, les nombreux logements pour coucher c°ndamnés, pour la petite garnison, pour l’état-major, * ^es Magasins qui contiennent tous les approvisionne-et les divers genres d’ateliers. C’est avec eux qu’on ^Préparé la chaux, la tuile et les briques, la charpente, Menuiserie et la serrurerie. C’est avec eux qu’on a fait er à la mine les rochers de la colline qui descendait
- SUr Port-Arthur.
- ^ s 0nt préparé les larges terrasses, sur lesquelles les édi-^Ces s élèvent en amphithéâtre jusqu’à la tour centrale ^ signaux, au point culminant.
- $ ont bâti l’hôpital dans toutes les conditions de com-°ffité, d’aérage et de confort. s ont construit une église assez spacieuse pour les gai aU nom^ie de sePt cents, avec l’état-major et la teson. Dans cette église, trois groupes de gradins sont
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- préparés pour trois catégories de prisonniers, que partout on maintient distinctes : au dernier rang, ies malfaiteur5 incorrigibles; au second, ies détenus dont la conduite» sans mériter d’éloge exprès, n’a rien de répréhensible; aU premier, les meilleurs, en voie d’épreuve finale, de pr°' bation. Cette classe comprend les sujets de choix, qui à&' viennent les surveillants de tous ies autres. On en fait une véritable espèce de moniteurs dans ce perpétuel enseigne' -ment mutuel, où chacun, s’il se conduit mieux et apprend aux autres à se mieux conduire, est certain d? rendre moins dure sa condition et de hâter sa délivrant'
- C’est ainsi qu’on a porté remède à l’impossibilité de trouver, dans la colonie, des agents inférieurs qui fusseid assez respectables pour vivre sans danger au milieu de tant de coupables, et qui voulussent y vivre.
- Les jours ordinaires, dans les lieux consacrés au R’a' vail, le silence est la loi, comme au sein d’un ordre de chartreux. On espérait par là prévenir ces communie3' tions du vice et de la corruption, qui sont Je fléau prisons et des bagnes; on y gagna du moins la facilite de l’ordre et la perfection du travail. Ajoutons qu’un silence ne doit pas sembler extraordinaire chez la Wce britannique. Nous l’avons vu merveilleusement obs.erVe dans quelques grands ateliers libres, en Angleterre; ei nous en avons cité des exemples remarquables.
- Le jour du dimanche est consacré, comme pour W corps militaire, à tous les soins de propreté pour la pel' sonne, les effets, le couchage et les logements. A ^ heures, le surintendant passe la revue des condamnés. leurs vêtements, des dortoirs, des cuisines et de l’hôpi^'
- La revue terminée, le repas du matin fini, les condau1 nés sont conduits au temple dans le plus grand oi'dr6' et rangés par trois divisions, suivant la règle que j’ai de
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- j'Dte. Un silence que j’oserais presque appeler redoublé, a decence des attitudes et des physionomies se maintien-neftt sans altération pendant un prêche considérablement Plongé, suivant l’usage anglican. Un sentiment d’expan-Sl°o rayonne sur les visages aussitôt que commence le ant des cantiques. L’unisson de ces chants harmonieux Braves, cet unisson des voix d’un si grand nombre °mmes, exerce sur eux un effet puissant; il anime, il elJure leurs regards, et sans doute il adoucit une douleur Réparable de leurs âmes.
- Dans l'établissement que nous venons de décrire, les 13Ces> les batteries, les vols sont inconnus; l’état-major est servi par des condamnés pour qui rien n’est sous clef, rien n’est dérobé. Des esprits chagrins supposent ^après des années où le vice et le crime se sont éloi-bïles par l’heureux effet d’une admirable discipline, le Pochant au mal reviendra dès la sortie du coupable, en apparence corrigé. Chez le plus grand nombre, espérons-le moins, ce funeste penchant ne reparaîtra qu’affaibli; chez les meilleurs, il ne reparaîtra jamais.
- } finissant cette description de Port-Arthur, je me j ais à citer les propres paroles d’un éminent officier de j4 ^rine française, passant la revue du dimanche avec e ^intendant OcHara, et résumant le jugement moral à P°rter sur ce merveilleux établissement : «Je m’attendais v°m des êtres affreux au physique comme au moral, daies, ou n’offrant que cette propreté officielle qui laisse eViner le désordre caché, répandant l’odeur infecte et ^üséabonde que les hôtes de nos galères portent toujours aVec eux; je m’attendais, dis-je, à voir des scélérats â l’air assenient craintif, ou bien à la physionomie cynique, t iontée; je ne vis rien de tout cela ; je trouvai, au con-ail'e> des prisonniers convenablement- vêtus de hardes
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- de laine en bon état, de chemises blanches, de soulie1’5 soigneusement noircis, ayant l’air décent, soumis, baissant les yeux dès que nous lés approchions, répondait d’une manière convenable aux questions de leur chef* lequel, en parlant de préférence aux criminels les redoutables par leur audace ou leur férocité, attirait amsl d’une manière particulière mon attention sur eux. San5 doute que leurs regards avaient quelque chose de sombré de sinistre; que leur prestance, leur tournure, étaient empreintes d’une sorte de détermination; mais jamais, sous ces figures britanniques blanches et roses, ornées, pourla plupart, de cheveux blonds, je n’aurais deviné d'abominables scélérats; en sorte que ce fut sans presque auctm sentiment d’inquiétude, qu’en regardant autour de m01 je m’aperçus de notre complet isolement, que partageaient deux employés supérieurs seulement. Partout où jve touv nais les yeux, je ne voyais que convicts, même parmi hs gardiens, etc. » [Voyage de l’Artémise.)
- Lorsque nous décrirons les grands États de l’Indoustan gouvernés par l’Angleterre, nous aurons plus d’une fois a signaler le rare mérite des officiers empruntés à l’arme6 pour les missions et les emplois les plus délicats. Nous n’en trouverons pas qui, par la vigueur du caractère et l’élévation des qualités morales, surpassent le capitame OcHara Booth.
- § 6. Nouvelle-Zélande.
- Première tentative de colonisation par la France.
- Avant i83o, le bienfaisant Larochefoucault-Liancotff* et le comte de Barbé-Marbois avaient conçu le desse]l1
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- d” *
- l*niter, dans l'hémisphère austral, ces colonies péniten-res des Anglais, déjà couronnées par de si grands Ucces> et qui devaient obtenir des succès encore plus ^culeux. Ces deux amis de leur pays et de l’humanité liaient, en purgeant la France de ses malfaiteurs, créer etablissement lointain qui s’ajoutât à la richesse, à la ^ rce de la mère patrie. La mort du premier de ces deux °^rnes excellents interrompit leur projet.
- 1835 , un des officiers les plus éclairés de la marine
- anÇaise, le capitaine de vaisseau Cécile, aujourd'hui vice-an^] . . . i , J .
- j . ai> avait eu pour mission de protéger nos navires ba-
- la^1618 ^ans ^ oc®an Pacffique. En parcourant les mers de
- fe .°*yn^sie, il avait été frappé du beau climat et de la
- |hlite de l’archipel connu sous le nom de la Nouvelle-
- aïl(le, archipel où les Européens ne faisaient flotter en-
- e aucun pavillon souverain. Il revint en France avec
- pr /°CUnaentS ^GS P^us Pr^€UX’ Suivant l’usage, on ne
- ^ Jta ni de ses observations ni de ses lumières, qui pou-
- ^ être si fécondes. On s’en occupa davantage au retour
- Prît Seconc^e Cl'°isière, en 183g. Il proposait alors qu’on
- c . Possession de la Nouvelle-Zélande, où déjà notre
- Uie aine Langlois, flu’il avait protégé sur les lieux, com-
- siij Un mo<^este établissement : c’était dans la pénin-
- tei'G ^an^s’ sur bile aujourd’hui nommée Nouveau-Muns-
- de'(jVne COmPa8n^e nanto-bordelaise fut constituée afin
- evelopper le premier établissement.
- Occupation par les Anglais.
- ^el^n^e*erre est toujours aux aguets quand la France a son ^UeProjet auquel le Gouvernement prépare en secret a dPpui. A peine a-t-elle vent de cette disposition, que ses navires de guerre prennen t les devants, planten l,
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- sur l’île où nous commencions à coloniser, le pavillon b1’1' tannique, y débarquent un gouverneur, en attendant gouvernés; parcourent dans chaque île les côtes de toutes les baies où l’on peut s’établir, et plantent des poteaux sur lesquels ils inscrivent leur prise générale de possession.
- En vain la compagnie nanto-bordelaise essaya de faUe valoir l’antériorité d’occupation par le capitaine LanglolS' Cependant on reconnut le fondement de sa déclaration’ car on lui concéda 12,000 hectares de terre dans ^ presqu’île où les Français s’étaient établis les premiers; ^ se borna la justice rendue.
- Voilà comment l’irrésolution, les lenteurs et le secret singulièrement surpris au ministère français, empêchèrent que la France arrivât à temps pour ranger sous ses l°lS le magnifique archipel de la Nouvelle-Zélande.
- Limites géographiques.
- Longitude......... i64° à 176°, hémisphère oriental.
- Latitude.......... 46° à 52°, hémisphère austral.
- La Nouvelle-Zélande offre deux îles principales et d un territoire presque égal, avec une troisième île incompa' rabiement moins étendue. Les Anglais leur ont donné noms irlandais.
- Si nous avançons dans la direction de l’équateur vers le pôle austral, nous trouvons successivement : 10 l’île que les aborigènes appellent lha-na-mam; c’est aujoufd’huJ la Nouvelle-Ulster; 20 l’île appelée par les aborigèfleS Tawaï Pounamou; c’est la Nouvelle-Munster; 3° l’île S#' wart, plus communément appelée la Nouvelle-Leinster.
- Le détroit de Cook, qui sépare les deux premières îleS’ n’a que onze lieues et demie de largeur; le détroit àe
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- Poveaux, qui sépare la seconde et la troisième île, na six lieues et demie.
- Superficie de la Nouvelle-Ulster. . . . 12,950,000 hectares. Superficie de la Nouvelle-Munster.. 12,485,900 Superficie de la Nouvelle-Leinster.. 363,000
- t -----------------:
- Superficie totale...... 25,740,900
- Ce territoire, qui surpasse en étendue la Grande-Bre-tagne, ne contient pas i5o,ooo habitants, y compris les Morigènes ; sa colonisation en est encore aux premiers dé-VeL>ppements.
- Ln très-grand nombre d’îlots entourent les trois îles Principales. On doit rattacher à la Nouvelle-Zélande les bois groupes de petites îles plus éloignées qui portent les n°uis de Chatham, d'Aukland et de Macquarie.
- Du climat et du territoire.
- Le climat de la Nouvelle-Zélande appartient tout en-tlei’ à la zone tempérée ; il est remarquable pour la faible différence qu’il présente entre ses froids d’hiver et ses chaleurs d’été; il est en cela comparable au climat de la
- Lrande-Bretag ne.
- La quantité moyenne des eaux de pluie qui tombent dans une année atteint la hauteur considérable de 55 centimètres.
- Des cultures.
- La Nouvelle-Zélande a des forêts dont 1 exploitation tiendra de plus en plus précieuse; l’élevage des trou-Peaux y prospère dès à présent; enfin son territoire offre (^es ressources infinies à l’agriculture.
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- Une plante textile, aujourd’hui célèbre en Europe, est le phormium tenax. Elle croît partout; dans les marécages humides, sur les monts les plus secs et sur le bord de la mer : ses tiges s’élèvent jusqu’à six mètres. Un lin, dont la beauté ne laisse rien à désirer, est obtenu par la cul* ture d’une variété de ce précieux végétal.
- On remarque avec étonnement des plaines couvertes de fougères : ces plantes s’élèvent, en certains lieux fa' vorables, jusqu’à la hauteur étonnante de neuf mètres. La racine de la fougère nutritive (filix esculenta) sert, comme son nom l’indique, à l’alimentation des indigènes. Les porcs introduits dans la Nouvelle-Zélande se sont montres avides de cette nourriture; ils l’ont devinée comme leur instinct découvre la pomme de terre et les truffes cachées sous le sol. Grâce à cet aliment, ils se sont extrêmement multipliés et vivent à l’état sauvage.
- Jetons maintenant un coup d’œil sur les trois îles priU' cipales.
- ÎLE NOUVELLE-ULSTER.
- Il faut remarquer dans cette île le mont Edgecombe» qui s’élève au moins à 3,ooo mètres de hauteur, et qui do-mine la baie de l’Abondance, of Plenty; puis la montagne d’Egmont, dont la hauteur est de 3,542 mètres. Beaucoup d’autres montagnes, dont les plus élevées ont leurs som' mets couverts de glaces éternelles, multiplient les torrents et les rivières, si favorables à la fécondité de la terre» pourvu que l’industrie de l’homme en distribue les eaux> Les flancs de ces montagnes sont couverts de magnifiques forêts, qui contribuent à l’accumulation, à la conserva' tion souterraine des eaux pluviales.
- La capitale de la Nouvelle-Ulster est la ville d'Aukland-Elle s’élève sur la côte occidentale, à la hauteur de l’isthme
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- sépare la grande partie de File et la longue péninsule s avance du côté de lequateur. Aukland est au fond une vaste baie qui fait face à l’Australie; elle se trouve e lu sorte dans la situation la plus favorable pour com-^uniquer avec les ports australiens de Melbourne et de Sydney.
- La ville d’Aukland est remarquable par ses nombreux Petits magasins, et par ses cabarets, plus nombreux en-c°re. Un capitaine de la marine britannique déclarait, en que jamais dans une cité d’égale étendue il n’avait vu reunis un si grapd nombre d’hommes ivres. Son port est Vaste et profond.' Sa population s’accroît rapidement
- c°nime sa richesse. En 1847 elle avait déjà 5,217 habitants.
- La ville de Wellington s’élève au voisinage du détroit eCook, sur la rive occidentale de Port-Nicholson. Cette V^e > si bien placée, possède déjà la plupart des institu-L°Us qui caractérisent nos cités avancées; elle a des églises ^féciales pour le culte des catholiques, des anglicans,
- des
- d’
- presbytériens et des méthodistes; elle a sa banque épargne et son institution des ouvriers (Mechanics ins-Ütute}. C’est, après Hobart-Town , le poste le plus avancé la civilisation britannique, en s’approchant du pôle Astral, au sein de l’Océanie.
- ÎLE NOUVELLE-MÜNSTER.
- ^ Cette île est traversée dans sa longueur par une chaîne eMontagnes d’une élévation moyenne de 2,àoo mètres; ^érs son extrémité occidentale, la montagne de Cook leve à 3,658 mètres au-dessus de la mer.
- Nous ne répéterons pas nos observations précédentes Sllr ^ effet que produisent les montagnes de cette chaîne
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- et les forêts qui les ombragent, pour procurer l’abondance des eaux utiles à la végétation. Nous ferons seulement re' marquer l’étendue et la puissance productive des belleS et vastes plaines que l’île présente : à l’ouest, du côté l’équateur; à l’est, du côté du pôle austral.
- Les villes de la Nouvelle-Munster portent les noms <^e Nelson, de Cantorbery et d'Utayo; elles n’ont rien d’n*1' portant. ^
- Essais d’exploitation de l’or.
- Dans la Nouvelle-Munster on a découvert des gîteS aurifères. A Nelson, une compagnie s’est formée pourleS exploiter. Voici dans quels termes elle rend compte de ses opérations. « En 15 jours le produit du cbamp d oi> goldjield, appelé ïAorere, est évalué à i5o onces; et deja le tiers est conduit au port de Nelson. Il y avait envir0*1 i5o mineurs; ce qui fait une once d’or par travailla1 en un demi-mois; les produits sont recueillis en quantité régulières. D’autres quartiers que celui d’Aorere contiefl' nent de l’or; on cite ceux de Takaka et de Motuera. 0° signale des symptômes aurifères des deux côtés de & chaîne de montagnes qui divise l’île, etc. On signale etr core une exploitation où 3oo ouvriers ont recueilli 3°° onces d’or en une semaine. »
- Malgré ces récits fastueux, il ne paraît pas qn^e grande et sérieuse exploitation en ait été la conséquence-
- ÎLE STEWART OU NOUVELLE-LEINSTER.
- Cette île, dont la grandeur est inférieure à nos petds départements, n’olfre encore aucun commencement de colonisation qui mérite d’êfre cité. Nous n’entrerons à s£)I1 égard dans aucun détail.
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- Populations de la Nouvelle-Zélande.
- Nous devons appeler toute l’attention du lecteur, en Premier lieu sur les aborigènes, puis sur la population c°niposée de colons européens.
- On les évaluait assez récemment :
- Les natifs, à.................... 120,000
- Les Européens, à. . . ........... 3o,ooo
- 1
- i5o,ooo
- Peuple primitif de la Nouvelle-Zélande : Mélanésie.
- On distingue deux races humaines dans le vaste archipel ® la Polynésie : l’une est appelée papouenne ou race austral 0-j^re, l’autre polynésienne. Cette dernière offre l’affinité ^ plus évidente avec les races de l’Asie, depuis les côtes e Malacca jusqu’à l’Inde britannique. La première a des apports non moins frappants avec les nègres africains; ^ Oifte des plus grandes îles habitées par cette race a le nom de Nouvelle-Guinée.
- de la plus avancée des îles Sandwich, du côté de ïl°b'e pôle, on tire une ligne directe jusqu’à l’île la plus j^cidentale de la Nouvelle-Zélande, la race papouenne se
- uve à l’ouest, et la race polynésienne à l’est de cette llgne.
- j Les habitants des innombrables îles polynésiennes par-des dialectes, assez peu différents, d’une même langue, ns Une région qui n’a pas moins de 70 degrés en latitude, 5o degrés en longitude; c’est-à-dire près de 1 g5o lieues Uord au midi, sur 980 mesurées d’orient en occident, j Oans les îles de la Nouvelle-Zélande, la race, généra-^Gnt polynésienne, offre cependant les traces physio-
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- logiques assez marquées de son voisinage avec la i'ace
- papouenne; mais la langue est celle de la Polynésie.
- Diminution progressive de la population aborigène.
- Au sein des îles de la Nouvelle-Zélande nous rem31' quons la même disparition graduelle de la population que dans les autres groupes de la Polynésie!
- Cependant les habitants sont adonnés à l'agriculture-Us ne pourraient pas subsister avec les seuls produits la grande chasse; parce que leurs îles, en cela comparable à l’Australie, sont presque dépourvues de grands animait mammifères. Enfin la pêche est pour eux une occupation secondaire; elle ne pouvait pas créer de rivalité sérieux entre eux et les Européens.
- Dans la Nouvelle-Zélande le gouvernement anglais ses1 efforcé de faire sentir son influence en faveur des indigène5. Il a donné ses instructions dans le même esprit bie*1' veillant à ses navigateurs, à ses agents, à ses consul dans les autres îles de la Polynésie.
- Les colons, graduellement et irrégulièrement introduit dans les îles néo-zélandaises, ont montré de la patient et même de la sympathie pour la race indigène.
- Il faut examiner par quelles causes naturelles s est manifestée et continue d’avoir lieu la diminution de cette race, même en des lieux où la persécution des Européen n’a jamais pesé sur elle. Nous serons guidé dans cet ex3 men par un observateur attentif et bienveillant, qui parlé qu’après avoir longtemps résidé dans la Nouvel Zélande, et tiré beaucoup de lumières des missionnaire envoyés dans les autres îles de la Polynésie.
- On a signalé sept causes de dépopulation : i° la guerr6 que se font entre eux les natifs; 20 l’oisiveté qui lespnusse
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- 4Ux quelles ; 3° la superstition, qui défend qu’on donne Ciments aux malades alités, et les fait périr de famine ; la sorcellerie et ses préceptes idsensés; 5° l’état abject es femmes et la polygamie;*6° le suicide; 7°les maladies ou point traitées.
- La race polynésienne appelée maori est celle de la °ovelle-Zélande.
- L administration britannique essaye d’améliorer le sort cette race en l’attirant par degrés vers nos usages, nos arts et nos institutions; on s’efforce de l’arracher à des c°utumes barbares.
- Malgré des soins si dignes d’éloge, tout démontre la di-^lnution rapide des maoris dans la Nouvelle-Zélande. 0lci les évaluations approximatives de lehr population.
- Vers i838............................. 120,000
- En 1840................................ 114,800
- Vers i85o. .. .. '...................... 100,000
- A cette dernière époque l’évêque de la Nouvelle-lande faisait faire un recensement très-soigné des in-^enes. Je n’en connais pas le chiffre précis ; mais il 0lt peu différer du nombre approximatif que je viens de raPporter.
- Lntre i838 et i85o la diminution serait d’à peu près llri et demi pour cent par année.
- acquiert autrement la preuve de cette diminution ^ Parcourant les lieux d’habitation abandonnés, et qui s°nt sans «addition équivalente de nouveaux groupes e chaumières.
- . ^armi les causes de décadence, il faut compter l’infé-^ite déplorable du nombre des femmes et des enfants ativement au nombre des hommes.
- ÏNTJRODDCTION. — II.
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- Entre les ports Nicholson et New-Plymouth, les mission naires ont compté, pour l’année 1843, dans cinq districts•
- Hommes......... 3,i38 Femmes........ 2,448
- Jeunes garçons.. . 861 Jeunes filles.... 689
- On sera certainement frappé de la proportionnait presque absolue qui s’offre ici, lorsque l’on compare leS adultes et les enfants de chaque sexe. La population abf' rigène présente :
- Pour cent hommes................ 27 garçons.
- Pour cent femmes............... 26 filles.
- Dès l’époque où le capitaine Cook fit ses découvert^ dans les îles de la Polynésie, il signala l’extrême inégalé6 dans le nombre des garçons et dans celui des filles com1*16 un des faits les plus constants et les plus déplorable Faut-il l’expliquer par l’infanticide, multipliant de pre^e rence ses victimes chez le sexe le plus faible ?
- Le dénombrement que nous venons de citer confir1*1^ cette affligeante observation. Elle présente un autre 're sultat désastreux.
- Femmes.........' 2,448 | Garçons et filles.. . i,55o
- *
- L’infériorité si considérable du nombre des garçons des filles, comparativement à celui des femmes, mon^ la cause nécessaire de(la dépopulation.
- Dans une société qui contient beaucoup plus que de femmes, il existe un grand nombre de célibataire ’ par une triste conséquence, un certain nômbre de nubiles sont détournées du mariage. Cette perverslte diminue doublement le nombre des unions, qui ne peU
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- phis suffire, je ne dis pas à l'accroissement, mais ^nie à l’état stationnaire de la population.
- Malthus a traité des obstacles au peuplement dans les es de la mer du Sud. Il croyait que ces obstacles main-aient simplement cet état stationnaire ; le mal était im aiment plus grave.
- I^ans la Nouvelle-Zélande, moins de la moitié des indi-?enes s°nt devenus chrétiens. Cette fraction est ramenée ^ ^es mœurs moins impures, qui permettront peut-être ^ J°ur de rendre croissante la population de cette partie es ^milles; l’autre; partie, par son immoralité même, 0ïitinuera de décroître.
- La polygamie n’est pas encore extirpée de la Nouvelle-ande. Il faut la compter parmi les causes pour les-jl^Hes les principaux chefs, jaloux de conserver toutes Urs femmes, n’ont pas voulu se convertir au christia-,rïle- Ils ne sont pas seulement bigames; on en voit
- 111 comptent 4,5,6 et jusqu’à 8 esclaves, à titre de-P°üses.
- ^ est un usage extraordinaire. Un chef, outre ses gaines effectives, peut faire déclarer taboues, consacrées, jj j Cei’lain nombre de filles; elles deviendront, quand ^cidera, ses femmes ou celles de son fils, si ce der-est encore trop jeune pour le mariage. Lorsque la i e Provisoire éprouve quelque faiblesse, elle est mise ^ rt, comme étant coupable de sacrilège. fe 6 ^s~sagace observateur auquel j’emprunte les faits ^4s^US *mportants ^ue je yiens d’énumérer rapproche 9l^SlJe Nombre des hommes des femmes et des enfants tats-Unis, en Irlande et dans la Nouvelle-Zélande :
- 16.
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- FORCE. PRODUCTIVE
- PROPORTION DES POPULATIONS MASCULINE ET FEMININE.
- ZÉlANDAIS ABORIGÈNE3'
- CLASSES. ÉTATS-UNIS. IRLANDE. Campagnes. Villes-
- 100 100 100 100
- Adultes femmes pour 100 hom- 98 108 77 - 70
- Enfants pour 100 hommes .... 161 141 48 50
- A quoi j’ajoute : Enfanta pour 164 130 62 71
- ^
- A la seule inspection de ce tableau, le lecteur co#1 prend la tendance au rapide accroissement de l’espèce ^ maine dans les États-Unis ainsi qu’en Irlande, et la teil dance contraire chez la race aborigène de la Nouvel^ Zélande.
- Après avoir constaté ce fait déplorable, montrons-6*1 de nouveau les causes principales.
- Evidemment les sociétés australiennes, telles que ^ Européens les ont trouvées dans l’autre hémisphère, étaie des sociétés non pas dans l’enfance, ni dans la virilité, 11331 vieillies et déjà descendant vers la décrépitude.
- Avant l’époque où leur population diminuait par , causes intestines, elle avait été stationnaire; or cet étaU1^ trograde avait été précédé par l’accroissement, le progreS
- tous les autres bienfaits d’une civilisation naturelle etiibf
- Continuons d’examiner la décadence telle que leS ropéens l’ont trouvée, et l’ont tour à tour favorisé combattue.
- Sous un climat correspondant, pour la latitude, a bonne, à Naples, à Smyrne, mais beaucoup plus rud6
- efl
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- Wer, les hommes se réservent les occupations légères et j^uchalantes. Ils laissent à leurs femmes les plus pénibles eursi le portage des fardeaux, qui s’ajoute à celui des eï*fants; les fatigues du ménage, et presque en entier la Ctllture de la terre. Elles sont soumises à des châtiments toujours brutaux, souvent cruels.
- , vie sauvage commence à porter ses tristes fruits dès
- itement. Les femmes nourrissent longtemps avec un
- 1 alla
- ^ que leur nourriture, si souvent irrégulière et non suffi-Sai^e, rend pauvre et de peu d’abondance. A ce lait sans Puissance, onsuppiée par des aliments qui ne sont guère appropriés aux organes délicats de la première enfance.
- ar 1 absence de soins vraiment médicaux, et trop souvent Par la réalité de pratiques insensées, on rend mortels des a^°ldents et des maladies dont l’art européen sait triom-^ er pour conserver nos femmes et nos enfants.
- ^ême en Europe* il suffit de quelques imprudences j^ür que des fausses couches rendent les mères incapables e donner le jour à des enfants viables, et finissent trop j Vent par une triste stérilité. Combien ce cas doit être Us frequent chez les femmes polynésiennes !
- Au milieu d’une vie pleine de misères et maintes fois ^ ffile par le désespoir de suffire à la simple subsistance, °P souvent l’infanticide frappe de son fléau les unions ^veles insulaires. Ce crime d’infanticide, le libertinage y^esien le commet dans une proportion plus grande i^ore que la débauche ne le fait dans les raffinements
- Qg __
- °°s sociétés européennes b
- S°ci/*°US Pouvons citer comme exemple les trop célèbres Aéroïs. Leur Saà d’ ^ *rouv^e ^ Tahiti par nos premiers navigateurs. Elle se compo-jw . Utle classe supérieure, élégante et raffinée dans son incroyable cor-i)e|j n* Ees Aéroïs pouvaient se procurer autant de femmes, et des plus ’ qu ils pouvaient en conserver pour leurs odieux plaisirs. Grâce à la
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- 246 FORCE PRODUCTIVE
- Aussitôt que l’aborigène s’est dégoûté de sa femme, Je devrais dire aussitôt que le mâle est fatigué de sa femelle’ il lâchasse. Dès ce moment, toute union sociale est fmie’ sans autre formalité. N’est-ce pas alors que se multiplié les infanticides commis par des mères sans protecteur, menacées de mourir de faim?
- Dans la Polynésie païenne, où rien de sacré ne sauf' tifie l’union des deux sexes, aucun déshonneur ne sap' plique au rapprochement illicite d’une fille indigène avec l’Européen, dont tout atteste la puissance et la supe riorité. Cette alliance, même passagère , est un motif dof gueil pour la fille et pour les parents. La concubine & l’immigrant occidental est plus doucement traitée cjue ne l’est la femme de l’aborigène; elle apprend à connaitre les conforts de la vie; elle est plus ou moins initiée a la parure européenne, qui charme l’instinct de son sexe. AuS sitôt quelle devient mère, bien loin d’en rougir, elle s enor gueillit du fruit de ses entrailles; de ce fruit qui va naître et qui croîtra plus beau, plus fort et plus plein d’espéraflce que les fruits de l’espèce complètement aborigène, esp^ce inférieure et commune.
- Dans la Nouvelle-Zélande, on cite des cas où desfefl111165
- indigènes font valider par la suprême cour de justice leS
- testaments de leurs consorts américains; elles font al°^
- administrer par des curateurs officiels les biens du dece
- pour leur compte et celui de leurs enfants. Ces fein#165
- entrent ainsi sous l’empire des lois occidentales avec leUl
- postérité.
- 1
- Quelque objection qu’on puisse faire au nom desmçe oontre l’usage illicite de prendre une concubine
- dé'
- vie la plus licencieuse, ces femmes, heureusement pour leur existent^ ^ gradée, devaient produire peu d’enfants; et les enfants, s’ils échapp81 l’avortement intentionnel, étaient tous mis à mort.
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- ^eiîe’ cet usage des colons et des pêcheurs européens a Partant exercé sur le caractère et l’existence des natifs ^influence favorable. La propreté, l’ordre intérieur, un tenaent plus doux des femmes, un rapprochement, ne harmonie, commencés entre la race supérieure et la ace inférieure, voilà des bienfaits qu’il est impossible de
- Connaître.
- ^GS ^ur°péens ont fait cesser les guerres intestines dans as des où s’est établie leur puissance. Ces guerres étaient ^ r°yablement destructives, plus encore qu’elles ne l’é-ç dans les sociétés antiques et semi-barbares de la fece de l’Italie. Ces sociétés exterminaient des tribus bières et tout le peuple d’une ville, si l’on ne préférait l esclavage personnel subi par les vaincus, i ans la Nouvelle-Zélande on voit encore les traces de
- Jjûlw
- I * autrefois habités, mais qui sont devenus déserts par ^ désastres de guerres impitoyables; là les ossements des eus tiennent lieu de monuments. On montre même au-^ û hui de grandes fosses creusées dans la terre, où la chair ,,, Vaiucus était cuite entre des pierres brûlantes, pour ^orer, en d’infâmes banquets, les joies de la victoire. lle faut pas se figurer que ces spectacles pleins d’hor-remontent à des temps fabuleux. Écoutons un mis-^ flUaire parlant de l’île Harvey : «Je voulais placer un
- I led école, indigène, au milieu d’une population que je Pis nombreuse encore;-mais, par leurs exterminations frees> ils ne restaient plus qu’une soixantaine. Sept ans
- s. es je revins; dans un si court laps de temps, ils s’étaient s0Uvent battus en désespérés les uns contre les autres, f e ^es survivants étaient seulement cinq hommes, trois bifi11168 enfants. Dans ce misérable débris d’une
- II ’ ^°n disputait à qui serait roi! »
- 11 sein du même groupe que l’île Harvey, dans l’île
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- Mankey, une invasion d’indigènes voisins, trois ans aval*1 l’arrivée des missionnaires, avait été suivie d’un massacre qui1, dans toute l’îie, ne laissait plus que trois cents habitants-
- Par l’effet de la famine, ajoutéè à l’invasion, une troisième île, Mitario, presque dépeuplée, fut réduite à cent personnes.
- Influence du christianisme.
- Suivant les récits britanniques, dans les îles où les nUs' sionnaires ont complètement réussi, les guerres intestines ont disparu. Quand ils ont seulement à moitié réussi, & ont du moins diminué les chances de guerre; ils ont adouc ce caractère exterminateur qu’avaient les combats. A ^ Nouvelle-Zélande, la guerre entre les natifs est devenu* bien moins fréquente; elle a déjà beaucoup emprunte a1 caractère plus humain des actes qui suivent ou qui pre* cèdent nos batailles.
- Du cannibalisme dans la Nouvelle-Zélande.
- Le cannibalisme, jusqu’à des temps voisins de nous > était la plaie la plus funeste de la Nouvelle-Zélande. dernier cas dont on cite un exemple ne remonte pas plu5 haut que l’année i844.
- Ravatu, l’un des principaux chefs de Rakivaki, montfe à M. Lyth, missionnaire, une rangée de pierres, par ^eS quelles son père avait tenu compte des prisonniers que °e père avait mangés; il y en avait sep# cent soixante et dix-"'
- Dans un pays qui n’avait ni chevaux, ni bêtes à cornes* ni bêtes à laine, par une abominable perversité, l’hoiuUie était devenu pour l’homme un animal de boucherie. même qu’au temps des empereurs romains les confis^ tions étaient occasionnées pur l’intérêt du confiscateur;
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- ^eme, chez jes Polynésiens , la condamnation à mort etait rendue plus fréquente par la perspective de confis-^er et de manger le condamné. D’habiles médecins, en Réfléchissant sur cette horrible habitude, se sont crus au-^risés à conclure quelle est contraire à la santé, comme e 1 est à la multiplication de l’espèce humaine.
- Dans nos sociétés civilisées, on sait déjà quelle source Régénération funeste offrent les alliances de parents trop approchés; la dégradation physique doit devenir bien plus ïaPide quand le rapprochement des sexes et les unions ei'ées descendent jjusqu’à l’inceste.
- Influence quont exercée les Européens.
- , Dn a remarqué que l’abus des boissons alcooliques ne jes* pas sensiblement propagé chez les indigènes de ^ Nouvelle-Zélande. Les natifs qui contractent ce vice e^iennent l’objet du reproche et du mépris dans leurs j Us* Les maladies vénériennes, importées, dit-on, par ^es Européens, semblent avoir considérablement perdu ^ leur caractère dangereux ; enfin l’usage des armes à par cela même qu’il facilite les combats à distance, lrïUnué les massacres et l’atrocité des batailles, où l’on ^Ployait des armes qui nécessitaient la lutte corps à °rPs- Telles sont les atténuations présentées par les péronés qui cherchent à repousser la pensée qu’une grande l*le de la dépopulation des îles polynésiennes doit être ^Dbuee à la fréquentation des Occidentaux.
- Ee que jes Eur0péens n’ont pas appris aux indigènes, j. S^e cannibalisme, et les sacrifices humains, et l’in-^ Rtieide, soit avant, soit après la naissance. Ce qu’ils ne RR ont pas donné, c’est l’infamie dépopulatrice des so-•leté« aéroïs.
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- Ce que maintenant ils apprennent de notre civilisation» c’est l’usage d’une alimentation plus régulière, et la faculté d’y pourvoir par l’agriculture et les arts; c’est l’habitude plus saine de vêtements plus chauds en des îles où Thivef fait sentir ses rigueurs, comme à la Nouvelle-Zélande» c’est enfin l’influence pour la santé, sous tous les climats» de la propreté sur la personne et du confort dans les ha' bitations.
- Il est essentiel de constater la grande différence quise trouve entre les pays que les Européens peuplent au hasard et suivant leurs caprices, et les pays où la terre est progressivement, légalement concédée, suivant un ordre méthodique; c’est dans les premières contre^ qu’une lutte d’extermination s’établit entre l’aborigen6 sans protection et ces vagabonds sans loi, trop souveu* hors la loi, ces squatters, ces marins déserteurs, ces à& portés fugitifs, ces prisonniers échappés qui ne recule11* devant aucun attentat.
- Mais à la Nouvelle-Hollande, où le gouvernement et l’administration, constitués dès le principe, ont dirigé 1 °c cupation successive de la terre, et fait sentir la protection de la justice, les maux du contact des races ont été cou sidérablement atténués.
- / la
- Le plus grand bienfait qu’on puisse répandre sur race polynésienne, p’est d’adoucir le sort infortune deS femmes. Il faut les délivrer des travaux qui sont au-dessi*5 de leurs forces; protéger leur frêle existence contre violence et la barbarie; écarter d’elles les crimes 4ul souvent mettent fin à leur existence, l’avortement Paf exemple ; sauver leur vie, dans beaucoup de cas rend mortels l’ignorance, et que notre art sait guérir-faut appliquer des soins non moins empressés pour o011 server les jours de la tendre enfance, pour la proteg ,
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- c°fltre les intempéries d’un climat inconstant, contre la Mauvaise nourriture, contre les pratiques pernicieuses, Perpetuees par la routine. On doit se dire sans cesse que art de guérir, précédé d’une hygiène éclairée, peut sau-Ver encore plus d’enfants qne d’adultes.
- On devrait favoriser par tous les moyens honnêtes fâcheusement légitime de cette belle race mixte, par les pliages entre les populations européenne et polyné-Slenne sous la protection et la faveur de la loi chrétienne, j des contrées où la terre s’offre si vaste aux familles s plus nombreuses, la puissance procréatrice de la race ^^o-saxonne se transmettrait sans affaiblissement chez race mixte, plus robuste que l’indigène et plus résis-
- tent
- e au climat que l’européenne.
- Population européenne.
- colonisation de la Nouvelle-Zélande est extrême-^nt récente. Ses commencements ont été faibles. Le §r°upe entier des îles zélandaises était considéré comme Uri appendice de la Nouvelle-Galles du Sud, d’où sont* ^artis les premiers et rares envois de colons.
- ^ ^ est seulement en i84o qu’un Acte du Parlement ^fannique a constitué ce groupe en colonie indépen-
- ^ ^oici, depuis cette époque, quatre recensements qui Otineront une idée du progrès de la population.
- Renseignements de la population européenne.
- Années.. 1846. i85o. i85i. i854.
- fr°names 7’937 12,470 * 14,996 15,741
- ^etnmes.... . 5,737 9,938 11,660 12,942
- Totaux... 1.3,674 22,408 26,656 28,683
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- Faisons remarquer un progrès favorable, quoique lent» vers l’égalité numérique des deux sexes; progrès aussi ne' cessaire pour l’établissement des bonnes mœurs que polU l’accroissement de la population.
- Accroissements du. seoce féminin pour 100 personnes du sexe masculin
- Années i846. I i85o. i85j.
- Sexe féminin... 72 ! 79 79
- Le mouvement de l’état civil, pour les deux anne^ i85o et i85i, présente une idée de la prospérité de b race européenne.
- Naissances réunies........................... 1,996
- Décès........................................... 482
- Mariages........................................ 407
- Il y a, comme on le vôit, près de cinq naissances par mariage contracté, et ces naissances surpassent extraoî*^1 nairement les décès. La colonie, si jeune encore, a doflc beaucoup d’avenir.
- Pour suppléer à l’infériorité du nombre des femmes eü ropéennes, un certain nombre de colons contractent unions, la plupart temporaires, avec les femmes indigèneS’ ainsi que déjà nous l’avons fait remarquer; c’est ce font aussi les Occidentaux pêcheurs de baleines. Si deJa ces femmes sont chrétiennes, le mariage régulier est co*1 tracté; c’est autant d’acquis du côté des bonnes mœufs’ et pour l’accroissement de la population. Les autrf épouses, quoique à l’état de concubinage, restent g^ râlement fidèles et dévouées à l’Européen qui les ^ tache transitoirement à son sort; mais les voyages» changements de situation de richesse et de destinée, i*11
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- Cai)ses tendent à rompre ces liens sans garantie civile ni re%ieuse.
- fait extraordinaire est signalé par de graves observateurs. Lorsque les femmes polynésiennes ont des enfants nes de leur union avec des Européens, elles deviennent ^capables d’jkre mères en s’unissant plus tard à des °niines de leur propre race.
- ^n assure qu’un fait semblable se réalise à l’égard des ^mes nègres unies, tour à tour, à des hommes de race anche et de race noire.
- Dans le nord de la Nouvelle-Zélande, l’union avec les n§lo-Saxons et avèc les pêcheurs de baleine fait naître ^ne race nouvelle de haute stature, robuste, et d’une ^auté remarquable. Cette race intermédiaire, il faut asirer de la voir s’accroître pour le bonheur des femmes origènes; elle prend par degrés la place de la popu-lon polynésienne et contribue à la faire plus rapide-^ent disparaître.
- j Nous terminerons l’exposé des progrès qui caractérisent s six Etats australiens par l’exposé des faits. généraux Woffrent leur commerce et leur avenir.
- COMMERCE GÉNÉRAL DE L’AUSTRALIE.
- Afin de rester fidèle à la marche que nous avons suivie, donnerons les valeurs du commerce fait par lAus-traÜe avec les trois principales puissances commerçantes P°ur l’année i855. Nous ferons seulement remarquer que ^ette année ne présente que des sommes fort inferieures a ^ ^portance régulière des affaires, précisément parce l’année précédente avait été signalée par un encom-reinent incroyable d’importations.
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- FORCE PRODUCTIVE
- TABLEAU DD COMMERCE FAIT PAR L’AUSTRALIE AVEC LES TROIS PRINCIPAL115 PUISSANCES EN l855.
- PRODUITS IMPORTÉS. PRODUITS
- NATIONS. exportés
- NATIONAUX. ÉTRANGERS. D’AUSTRALIE*
- francs. francs. francs.
- Royaume-Uni 156,974,150 23,563,975 . 112,505,000
- Etats-Unis 14,434,350 1,754,899 1,191,933
- France ; 812,531 43,259 1,804,480
- Totaux 172,221,031 25,362,133 115,501,413
- ' francs.
- Somme des importations et des exportations. . 3i3,o84,577 Or, par approximation............................ 200,000,000
- Total pour les trois puissances commerçantes. 563,084,677
- Dans le commerce général de l’Australie, il est facüe de voir, par le tableau qui précède, que la part réserve6 au Royaume-Uni l’emporte énormément sur celle que prennent les nations étrangères, même les plus commer' çantes.
- Il faut espérer qu’un jour les principales nations a*1' ront une part moins insignifiante dans le riche trafic -auquel se livrent les colonies australiennes.
- Part que la France devrait prendre au commerce de l'Australie
- La France, en particulier, devrait faire directêmeïl* avec ces grandes contrées, si pleines d’avenir, un co#1' merce aussi varié qu’important. x
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- j ^°urquoi ses fabricants sont-ils réduits à chercher dans s ports d’Angleterre les laines de T Australie? En abais-Sant les droits d’entrée pour cette provenance lointaine, 0tl favoriserait une navigation précieuse entre toutes, Parce .qu’elle exige un très-long vQyage et quelle est la ^dleure école pour le parcours des mers. Bordeaux, qui P°ssede le génie des expéditions maritimes, devrait pro-er des facilités qu’offrirait cette intelligente réduction es droits douaniers du sud oriental, j Les États-Unis ne pourront pas continuer longtemps de urnir à l’Australie des céréales,. parce que le progrès naturel et prochain 1 de cette contrée sera de produire ^D’Seulement ce quèxige son alimentation, mais des
- ^ains assez abondants pour être offerts aux nations étrangères.
- ^ La France, au contraire, pour tous ses produits d’in-strie et pour ses vins, qu’on n imite guère et qu’on négale la France peut opérer des envois toujours croissants, ^lri de satisfaire aux besoins si variés et considérables Uïle population très-opulente.
- INTERETS SOCIAUX DE L’AUSTRALIE.
- sax0 Malien. ^Ous
- Vœu d’une confédération australienne.
- avons vu, dans le principe, la population anglo-ftne former une seule colonie sur le continent aus-
- ^ous
- tfic^0US avons vu Par degrés se peupler de nouveaux dis-en.Tasmanie, en Victoria, en Sud et Ouest-Aus-e’ Aussitôt que ces districts ont acquis la moindre P°rtance, ils ont demandé, avec une extrême ardeur,
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- à former des colonies séparées qui s’administreraient eH^' mêmes, en ayant chacune son pouvoir indépendant.
- Ces vœux ont été satisfaits. Mais à peine les États rend^ distincts ont-ils joui de l’avantage et des honneurs de laU' tonomie, les inconvénients d’un isolement absolu se so^ fait sentir. Alors a surgi la pensée d’une confédératio11’ dans laquelle un corps représentatif prononcerait sur leS questions générales, importantes et variées, qui concerné les intérêts communs à toutes les colonies ou seulem^ à plusieurs d’entre elles.
- A ce sujet, je dois citer un fait considérable, dont lat tention publique ne s’est guère préoccupée, mais qui paraît mériter de profondes réflexions.
- En Angleterre, une association riche et nombre^ s’est organisée en faveur des colonies australiennes (Ge1lê ral Association for ihe aastralian colonies). Le 3 1 mars elle a tenu, dans la ville'de Londres, une grande asse#1 blée pour présenter au Gouvernement un vœu de ceS colonies : le vœu d’obtenir une représentation fédérale
- Tel est l’objet du mémoire que les pétitionnaires
- soumis au ministre des colonies. Ils rappellent que l’époque où ce ministère était dirigé par le comte Gre1’ Sa Seigneurie avait introduit la condition future à^e assemblée fédérale ; mais les articles relatifs à cette i^0 vation, combattus tour à tour dans le Cabinet et dans Chambre des communes, furent alors abandonnés. Plusieurs années après, lorsque la constitution actu&
- 11^
- fée
- de la Nouvelle-Galles fut discutée par le corps législatif ' cette coloniç, le comité qui fit le rapport sur le projet cette constitution signala les intérêts qui peuvent récla^ une représentation fédérale pour l’ensemble des col on australiennes. Ce comité ne s’arrêta point à des indtj^ tions générales et vagues ; il spécifia, par voie d’excmp
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- fo.
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- 5ept classes différentes d’intérêts communs qui nécessitent le concours d’une législature collective :
- Premièrement : Les tarifs qui concernent le commerce entre les colonies et les opérations du cabotage;
- Secondement : Les chemins de fer, les routes ordi-naires et les canaux qui traversent plusieurs colonies; troisièmement : Les phares, les balises et les signaux, rrnant système autour des côtes;
- Quatrièmement : Les établissements pénitentiaires qui Pavent recevoir les condamnés de plusieurs colonies;
- Cinquièmement: Les règlements publics, uniformes, ïlecessités pour l’exploitation et le commerce de l’or ;
- Sixièmement : Les mesures relatives au service postal enh’e les diverses colonies ;
- , °eptièmement : L’institution et les pouvoirs d’une cour $eOerale d’appel, pour les jugements rendus dans ces di-Verses colonies ;
- , huitièmement, et pour ne rien omettre : La faculté de tout autre intérêt collectif qui serait déféré à la Cambre fédérale par les différents Conseils législatifs; ^ uieme temps la faculté de régler la part contributive sommes à percevoir sur les revenus respectifs de °Utes les colonies.
- réserve suivante, introduite par le comité parle-^eiUaire qui faisait un tel rapport, me paraît très-digne U eioge :
- "Comme on pourrait voir avec jalousie qu’une institu-^ 11 générale ayant cette importance fût incorporée dans 11 Acte particulier du parlement métropolitain, Acte né-essaire pour régler la Constitution de la Nouvelle-Galles, le comité se borne à démontrer que l’introduction tel pouvoir fédéral est devenue indispensable. Il pose PDncipe qu’on ne devrait pas plus longtemps en différer
- ^troduction. — II.
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- l’établissement. Il se contente d’exprimer l’espérance <Jlie le ministre des colonies appréciera l’utilité présente (the expediency) de présenter au Parlement, dans le moindre délai possible, un bill consacré spécialement à cette vne' sure. »
- Chose remarquable, c’était le même citoyen qui pre' sidait en i853, dans le conseil législatif de la Nouvelle' Galles, le comité d’où sortait ce vœu capital, et qui, trois ans plus tard, présidait dans Londres l’assemblée de repre' sentants métropolitains, d’où sortaient la même pense®» la même demande, pour en obtenir la réalisation.
- Le désir manifeste par la Nouvelle-Galles, d’autr®s colonies, et spécialement celle de Sud-Australie, l’ont suc' cessivement reproduit.
- Appuyés sur ces volontés, les pétitionnaires réclament un Acte du parlement où seront posées les bases d’uOe Assemblée fédérale pour l’ensemble des colonies austra' îiennes. Ils vont plus loin : à leur mémoire ils joigne^ un projet de bill où sont réunies les dispositions qui leUl ont paru les plus avantageuses.
- A cette pétition, le très-honorable secrétaire d’État d®s colonies, M. Laboucbère, fait répondre par son secrétaire-
- « M. Labouchère a considéré les arguments et les fa^s allégués dans le mémoire susmentionné avec toute lat' tention que commandaient la grande importance du sujet et le caractère des pétitionnaires.
- « Il apprécie pleinement les inconvénients signales e* qui s’accroîtront de plus en plus, si l’on n’y porte paS quelque remède. »
- Cependant, après avoir mûrement pesé les raisorlS pour et contre le projet qu’on lui présente, l’habile prudent ministre arrive à cette conclusion : «En réabte le Gouvernement de Sa Majesté n’atteindrait pas le ^
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- désiré par les pétitionnaires, en introduisant la mesure dont e P^n est tracé dans leur mémoire.
- «Le ministre ne croit pas que les colonies consentent à se dépouiller d’un droit de taxation, ou du droit talent de répartir une contribution commune, afin en investir un corps fédéral. Même dans le cas d’un gentiment peu probable, il croit que la mise en pratique ^Un pareil système produirait, probablement aussi, bien es dissensions et des mécontentements.
- « Le ministre enverra copie de cette correspondance aux y°Uverneurs des diverses colonies, afin qu’on cherche quels m°yens peuvent porter remède aux inconvénients signalés. » j Lette réponse dilatoire ne rappelle-t-elle pas un peu peinture incroyablement exagérée que l’ingénieux et t.sdniste Dickens a cru devoir buriner, au sujet de ce appelle le ministère des circonlocutions? L’austère oriste sera désespéré de n’avoir pas imaginé que l’art es délais pût s’élever jusqu’à requérir qu’ils fassent le du monde, grâce au renvoi des bureaux de l’bémis-ei>e boréal à ceux de l’hémisphère austral; et l’autorité P^scrit des actes circonlocutoires dans tontes les colo-111685 pour éclaircir l’évidence.
- Les singuliers sujets d’inquiétude sur les dissensions pos-es et sur les mécontentements probables des diverses ^P^tions, quand leur confédération ferait leurs propres aiFes, voulait-on les dissiper? Il suffisait de jeter un re-o sur le succès avec lequel le Congrès des Etats-Unis § e dans chaque session les intérêts généraux et les me-tUres communes, non pas seulement à cinq ou six, mais à er*te-deux États!
- prudence conseille de résoudre en temps opportun Questions constitutives soulevées par de vrais besoins ; vaut mieux que d’attendre de mauvais jours, où
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- V '
- l’orgueil des passions et la vindicte des désirs longtemps repoussés s’emparent des questions et les enveniment.
- Jusqu’à ce jour les meilleurs sentiments en faveur la métropole n’ont pas cessé d’animer les colons de l’AuS' tralie. On a vu ces colons en donner la preuve par deS sacrifices volontaires lors de la guerre de Russie, et phlS récemment lors de la révolte des Indes. A ces tém°J' gnages d’affection pour le Royaume-Uni, ils ont joint leuf hommage -pour la souveraine bien-aimée dont la main a signé leurs constitutions éclairées et libres. Us ont offel* leurs présents à sa fille aînée, pour célébrer le mariai de cette princesse avec le fds du Prince royal, qui répond aujourd’hui si noblement aux espérances de la Prusse.
- Passons à d’autres intérêts généraux , que chaque annee satisfait davantage.
- De la navigation entre le Royaume-Uni et. VAustralie.
- Cette navigation par sa grandeur est devenue, pouf ^ métropole et l’Australie, un'intérêt du premier ordre; 011 a beaucoup fait dans le dessein de la rendre moins 1 onSlie et moins funeste aux passagers.
- Les émigrants ne sont pas des marins. La mer les & tigue beaucoup; et les longues traversées, en des très-dures, altèrent les tempéraments les moins robuste5. Les passagers offrent un mélange de célibataires, de geIjS mariés et d’enfants de tout âge; il est difficile de les aS
- ° JgS
- treindre, pendant plusieurs mois passés en mer, à tous soins de propreté que dicte une discipline intelligente. ^ cette discipline, pour être efficace, doit opérer sans inttf mittence; il faut quelle soit vigilante, inexorable, si 1°11 veut quelle conserve la sanlé générale à bord du navif6'
- Sur les bâtiments consacrés au transport des éinigraIltS’
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- r '
- guipage est de droit soumis au capitaine ; les passagers, pour ce qui concerne l’hygiène et la propreté, sont placés s°us l’autorité éclairée du chirurgien. Dans ces traver-^ees 0n exige> avec ]a plus grande sévérité, le maintien es bonnes moeurs; on interdit la fréquentation des péronés de différent sexe, autres que la femme et le mari, jf, Pere et ses fdles ; on ne permet pas que l’état-major et guipage communiquent avec la société des passagères.
- ^mesure que les arts nautiques se perfectionnent on em-1 0le de plus grands navires, ayant une marche supérieure, ^®rant aux passagers plus d’espace et plus d’air respirable.
- °nt des installations plus cfommodes et plus saines; es vivres sont meilleurs, abondants en conserves, et le Pain frais est distribué plus souvent. Enfin la longueur des j Versées, de moins en moins grande, diminue par degrés s chances d’une mortalité qu’on a vu parfois excéder ^atre à cinq personnes sur cent passagers.
- Plaintes des Australiens au sujet des communications par l’isthme de Suez.
- ^ Malgré des améliorations incontestables, l’Australie a ^ entendre ses doléances sur la durée et le prix actuel ^ s transports, même en évitant le long circuit par le cap ^0nne' Espérance. Nous allons citer les observations ^ ^judicieuses publiées à ce sujet par le Sydney-Morning-
- (( Le transbordement actuel dans les ports d’Alexandrie , Suez, le transport par terre à travers l’Égypte, la ecessité d’employer deux lignes de navires à vapeur ainsi Parées, le prix élevé du charbon de terre dans toutes les , l0ns au delà de la Mediterranée, ces obligations, ces ssites réunies forceront toujours les compagnies de
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- FORCE PRODUCTIVE malle-poste d’exiger un tarif qui ne rendra la route de Suez accessible qu’aux passagers riches. Le même tarif ne permettra le transport que des marchandises qui, par leur valeur, peuvent supporter des dépenses exorbitantes: dépenses vraiment ruineuses pour tous les autres objet5 de commerce, comme pour tous les passagers qui ne sont pas dans l’opulence. L’achèvement du chemin de fer a travers l’Égypte peut contribuer à la diminution de 1e0' semble des frais1. Mais il ne changera jamais le caractèfe dispendieux de cette route; caractère qui résulte de la force des circonstances, et qu’il est impossible de lui ote1 par des réductions pécuniaires. Ce caractère est celui d’nne route exclusive dont les avantages sont réservés au très' petit nombre de voyageurs ayant des capitaux. Aussi ce genre de communications ne peut-il être entretenu par des subsides de quatre millions de francs au moins- ))
- Le grand but qu’il faut atteindre n’est pas seulement d’abréger la distance pour, le transport des marchandise en général. Tant qu’on est obligé de transborder une caf' gaison, la route directe n’est accessible qu’à des article ayant beaucoup de valeur, comparativement à leur po^s ainsi qu’à leur volume.
- Vœu des colons australiens pour qu’un canal maritime leur ouvre l’isthme de Suez.
- Après avoir fait sentir les inconvénients que nous ven<?n5 d’énoncer, l’interprète des intérêts et des besoins de l’Ans
- 1 C’est une erreur : aujourd’hui le chemin de fer de la Méditerranée la mer Rouge par Alexandrie, le Caire et Suez, est en circulation ; il Pe^ çoit 6o francs par tonneau transporté. Or 60 francs représenteraient prix du transport d’Angleterre en Australie par l’isthme de Suez canah^ Ce système permettrait qu’un même navire allât, sans rompre charge, Londres ou Liverpool à Melbourne ou Sydney.
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- ^lie ajoute : «Ce qui manque à l’Australie, c’est qu’on <juvre 1 isthme de Suez pour l’ensemble de l’émigration et ^ commerce. La masse des passagers et des marchands a besoin de s’approprier la route, à la fois courte commode, que suit le petit nombre des marchands riches et des colons opulents. L’Australie a besoin d’en-v°ycr sa laine, et nous espérons quelle aura besoin d’en-> aussi son coton par la route qui ne sert aujour-^nui qu’à transporter son or. Le percement de l’isthme e Suez par un grand canal maritime ouvrira la route eritre l’Angleterre et l’Australie. Cette route mettra de grancjs bâtiments à vapeur, tels que le Simla et l’Onéida, ^ état de naviguer de Southampton à Sydney, en s’armant quelques heures seulement aux stations où l’on renouvellera l’eau et le charbon. »
- En définitive l’Australie, avec ses produits encombrants . Ses trésors à transporter, avec les immigrants et les lches marchandises quelle demande à l’Angleterre, forme **ne partie essentielle et considérable des intérêts spéciale-_ nt anglais. Répétons-le, ces intérêts réclament impé-
- leüsement l’ouverture d’un canal à travers l’isthme de ^Uez,
- Xurnen spécial du commerce de l’Australie avec le Royaume-Uni : son importance relative.
- ^eut-on apprécier l’extrême importance de l’Australie, le commerce et les manufactures du Royaume-Uni?
- ce
- suffira de constater la prodigieuse consommation que ? Pays colonial a faite des produits de l’industrie britan-"Ue à partir de l’année 1851, où commence la décou-Ïeiïe de l'or.
- colonie de Victoria l’emportant de beaucoup
- sur
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- les États qui l’entourent par la quantité d’or quelle tire de son sol, j’ai dû la mettre expressément en relief dafls le tableau suivant :
- VALEUR DES PRODUITS BRITANNIQUES VENDUS À L’AUSTRALIE EN GÉNÉRAL) SPÉCIALEMENT À LA COLONIE DE VICTORIA, DEPUIS LA DÉCOUVERTE ^ L’OR.
- ANNÉES. TOUTE L’AUSTRALIE. AUSTRALIE sans Victoria. YICTOBïA.
- *è « , francs. francs. francs*
- 1851 : l’or découvert 70,183,850 55,073,775 15,110,0?5
- 1852 , action de l’or exploité 105,555,125 65,176,750 40,378,375
- 1853 387,842,500 211,282,825 176,559,675
- 1854.. 298,283,800 154,750,925 143,532,875
- 1855... 150,974,150 87,229,750 69,744,400
- 1856 247,764,375 110,370,275 137,394,10°
- 1852 à 1856 1,196,419,950 628,810,525 567,609,425
- ...
- Afin de rendre plus sensible la grandeur des résulté commerciaux obtenus par les colons australiens, n°llS allons présenter le tableau des produits qu’envoient leS trois royaumes britanniques, dans les principaux groupe de leurs possessions extérieures.
- Nous nous contenterons de prendre la valeur totale comprise entre i852 et i856; c’est-à-dire pendant 1eè cinq années où la découverte de l’or en Australie a commencé d’influer largement sur les exportations ^ll Royaume-Uni.
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- i>UcE OCCUPÉE PAR L’AUSTRALIE , POUR LA CONSOMMATION DES PRODUITS BRITANNIQUES , PARMI LES PRINCIPAUX GROUPES DE POSSESSIONS DU ROYAUME-UNI, 1)11 185 2 À l856 INCLUSIVEMENT. '
- POSSESSIONS BRITANNIQUES. POPULATION VALEUR des
- MOYENNE. PRODUITS BRITANNIQUES envoyés.
- Austra)ie. . i 679,846 1,196,419,950f
- Wes orientales 177,000,000 1,085,766,850
- 9nadas, Nouvelle-Bretagne, .y 2,558,000 436,645,000
- *ndes occidentales 840,000 179,548,150
- aP de Bonne-Espérance 290,000 153,363,025
- Maurice ' 200,000 43,053,375
- premier coup d’œil jeté sur ce tableau l’on sera cer-^nement, pour les cinq années mises en parallèle, frappé voir l’Australie, quoiqu’elle eût encore une si faible P°Pulation, l’emporter cependant sur tous les autres §roupes de possessions britanniques.
- Nous offrirons la mesure du degré d’importance qu’ont habitants de ces possessions aux yeux des manufactu-^ers anglais, en présentant le nombre d’individus qui, ajas chaque possession, consomment autant de produits ^§lais que cent colons de Victoria. Tel est l’objet du ta-^au suivant :
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- FORCE PRODUCTIVE
- \
- Tableau comparé du nombre d’habitanls qui, de 1852 à 1856, consomment la même valeur de produits britanniques dans tes grandes poS
- sessions de l’Angleterre.
- Habitant».
- i° De Victoria...................................... ioo
- 2° De l’Australie entière.......................... 129
- 3° De l’Australie sans Victoria.................... i55
- 4° Du cap de Bonne-Espérance....................... 5a5
- 5° De l’île Maurice............................... 922
- 6° Des Indes occidentales britanniques........... 928
- 70 Du Canada et de la Nouvelle-Bretagne.. . . 1,162
- 8° De l’Inde orientale britannique............... 23,868
- Ainsi tels sont les termes extrêmes quoffre l’échelle deS possessions extérieures du vaste empire britannique : danS les cinq dernières années dont les comptes commerciaux n°aS sont donnés officiellement1, 100 colons de Victoria et 2o,o° habitants des Indes orientales consomment pour une rïie^e valeur de produits fabriqués par la métropole.
- L’Angleterre se félicite à juste titre de l’énorme consotf1 mation que font de ses produits les habitants des Etats Unis, ces peuples de race anglo-saxonne. Voici le résulté des années que j’ai prises pour terme de comparaison.
- Rapprochement entre Victoria et les Etats-Unis.
- Équivalents en nombre d’habitanls.
- Victoria.
- 100
- États-Unis-
- 2,430
- Veut-on savoir, au point de vue purement mercan et manufacturier, à quoi sert que des colonies reste
- tile
- ot
- 1 Ces calculs étaient établis avant que j’eusse reçu les états de co«nner pour 1857; ils ne changeraient qu’insensiblement tous les rapports si pants que nous venons de présenter.
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- annexées à la mère patrie? ou bien à quoi ne sert pas pelles en soient séparées comme les États-Unis? Voici
- Réponse : cela sert à faire comprendre, même aux es-Pllts les plus étroits, que les produits de l’industrie bri-*annique trouvent un égal placement chez :
- 1 Un Colon seulement de Victoria, resté soumis à la mère patrie ;
- 2 Vingt-quatre ci-devant colons anglais des États-Unis, à jamais séparés de la métropole primitive.
- A)°utez que la navigation de l’Australie appartient jusque toute à l’Angleterre, tandis que celle des États-^Ills devient une rivale de plus en plus menaçante. Dès présent cette dernière suffit pour que la marine an S0lt plus souveraine absolue des mers.
- glaise
- Vivant quelle inégalité se partage la navigation dans les colonies australiennes et dans les ci-devant colonies britanniques.
- tableau qui suit va jeter beaucoup de lumières sur Ce grave sujet.
- ^EAU COMPARÉ DU TONNAGE, SOIT NATIONAL, SOIT ÉTRANGER, QU'OFFRE kA NAVIGATION DES TROIS ROYAUMES : 1° AVEC L’AUSTRALIE, 2° AVEC LES
- ^ats-unis : 1857.
- ^uvements AUSTRALIE. ÉTATS-UNIS.
- Cos»>AaÉs. BRITANNIQUES, ÉTRANGERS. BRITANNIQUES. ÉTRANGERS.
- Sortions.. Tonneaux. Tonneaux. Tonneaux. Tonneaux.
- 106,434 1,440 359,115 907,963
- Halation, 356,893 16,138 301,583 1,008,527
- total. 463,327 17,578 660,698 1,916,490
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- De ce tableau nous concluons, au point de vue de ^ navigation, la différence prodigieuse des proportion5 obtenues dans la dernière année dont les comptes non* soient connus :
- PARTS PROPORTIONNELLES DE TONNAGES.
- ——
- TONNAGES. PART de LA GRANDE-BRETAGNE. PART de TOUS LES ÈTBAEGERS'
- tonneaux. tonneaux.
- I Intercourse avec l’Australie. 100,000 3,794
- I Intercourse avec les Etats-Unis . 100,000 290,378
- Quand il s’agit de l’Australie, qui reste britannique’ ^ navigation de cette contrée avec le Royaume-Uni équiv^ presque au monopole.
- Quand il s’agit des Etats-Unis, disjoints à jamais de leUf métropole, l’Angleterre est vaincue par la concurrence; ne conserve que le quart de la navigation entre ces États $ ses propres ports.
- L’Australie comparée avec l’Inde britannique et les Etats-Unis*
- Sans nous arrêter à ces résultats numériques, ^ieIJ qu’ils aient une extrême importance, élevons-nous à deS considérations d’un ordre plus général, toujours en Pr° cédant par la voie du parallèle, si féconde et si lumineus^ Nous croyons utile de rapprocher en peu de mots situation générale de l’Australie, d’abord avec celle l’Inde britannique, ensuite avec celle des Etats-Unis* ^ lecteur trouvera dans ce rapprochement un juste sujet méditations.
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- DES NATIONS.
- 2G9
- L’Australie et l’Inde.
- La Grande-Bretagne possède sur le continent de l’Inde 1Jn empire qui compte 180 millions de sujets. Longtemps ^ant les révoltes immenses, qui semblent approcher de Ur fin, elle était pleine d’appréhensions sur l’attaque P°ssihle de cette possession, sur les secrets desseins des j^ands Etals, non-seulement voisins, mais fort éloignés.
- e tous côtés elle portait des regards soupçonneux, et ^nifestait des préventions inexprimables sur des che-projetés, qui pourraient rapprocher un peu l’Europe 011 du Gange ou de l’Indus.
- ^ La même puissance ne possède en Australie guère plus Uïl million de sujets. Cette contrée, presque aussi grande Europe, ne compte pas même, pour force publique ^anisée, 2,000 soldats métropolitains. De toutes parts e pays est ouvert, et les trois quarts des côtes, loin d’être ^ indues, sont désertes. A l’intérieur, quelques milliers chercheurs, protégés par deux ou trois compagnies tefanterie, mettent à jour les trésors qui peuvent le ^ te tenter l’avidité des nations étrangères.
- ^algré cette faiblesse apparente, et malgré six mille eUes d’éloignement, la Grande-Bretagne, se reposant ^ le respect obtenu par son pavillon dans toutes les tners, la Grande-Bretagne n’a jamais éprouvé la moindre Ieter pour cette partie de ses possessions. Contre un &r°Upe de colonies encore si près de leur berceau, elle fedout e aucun étranger voisin ou lointain : ni l’Océan, ^ sépare, ni les détroits à percer qui rapproche-atent des rivaux, rien ne l'effraye quand il s’agit de cette
- Pos§
- ession. Quel contraste avec l’Inde!...
- La différence infinie entre la crainte d’une part, et
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- 270 FORCE PRODUCTIVE
- l’assurance de l’autre, est rendue plus frappante encore par la disproportion dans le commerce et l’inégalité dan* l’avenir des deux contrées.
- Nous ne sommes pas au nombre des envieux qui pre' disaient la perte des Grandes-Indes, défendues, au preiï»el jour de la rébellion, par une poignée d’Anglais, avec uIie intrépidité qui méritait d’être admirée, surtout chez leur5 femmes héroïques! Nous ne sommes pas non plus an nombre des optimistes, qui ne sauraient imaginer aucun péril, aucun orage et pas même un nuage dans l’aveuF d’une possession si lointaine; sur une terre où le vain* queur, vaillant à coup sûr, mais dévoré par le climat, est si peu nombreux en comparaison des cent peuples fanatique5 et vivaces qu’on a l’espoir de maintenir sous un jou$ éternel.
- L’Australie nous offre, au contraire, un avenir paisible certain et magnifique. La population coloniale, presque toute anglo-saxonne, continue et continuera de s’accroître avec une rapidité qui n’a d’exemple qu’aux États-Unis, cbe2 un peuple sorti de la même origine. Son indépendance future, encore éloignée peut-être, diminuerait probable' ment, mais n’empêcherait pas d’être très-considérable Ie commerce entre les colons émancipés et l’empire britan' nique; commerce commandé par l’identité des coutumeS et des besoins entre l’antique métropole et ses rejeton5 d’Australie.
- L’agriculture, jusqu’ici dans l’enfance, recevra bientôt de vastes développements sur une terre qui peut nourri plusieurs fois cent millions d’habitants; sur une terre que dès à présent l’industrie pastorale, avec sa propaga tion prodigieuse, engraisse et prépare pour des moisson5 chaque année plus amples.
- Un peuple d’hier, qui ne compte pas onze cent mi
- lie
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- DES NATIONS. 271
- aïfies, voit déjà resplendir deux cités, chacune de cent habitants, et qui doublent en six années. Ces deux vdles possèdent deux vastes havres admirablement fermés, et deux grands ports qui prennent rang immédiatement apres les plus riches du monde et les plus remplis de na-Vlres. Des chemins de fer s’ouvrent avec rapidité, pour |j0nduire de ces capitales maritimes vers d’autres ports e plus en plus actifs, vers les mines d’or et vers les ^ines de houille, qui sont aussi des mines d’or pour Tin-^strie des modernes.
- Le télégraphe électrique met en présence, et pour ainsi
- dire
- tant
- en contact, les capitales d’Australie les plus dis-es; et voilà qu’il s’apprête, par des câbles sous-marins,
- | _ ; v v » v/llU Vj^ U. AJ. «J UjJ JJ 1. 1<V_/ ^ |/U1 C4UÜ '-Z U VJ J vi
- ' es unir avec l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
- Destins comparés de VAustralie et des Etats-Unis.
- ^ Quand il s’est agi de fonder les Etats-Unis, je vois d’a-°rd pour patriarches des puritains ardents et sincères, aux Vertüs rudes, mais fécondes; vertus implantées dans la fa-^dle, et fructifiant au dehors pour la grandeur et la force e 1& cité. Je vois ensuite des catholiques et des quakres, ternis de la violence ; des hommes d’un cœur aimant j,j u Une âme tolérante, qui ne prêchent pas avec faste j^^nité, mais qui la pratiquent avec la simplicité, a abilité d’un frère au milieu de ses frères.
- ^°ins d’un siècle et demi suffit pour que ces nobles erUences donnent le jour à la génération la plus magna-e> à la plus vertueuse que jamais la sagesse et l’hé-Slïle aient armée pour conquérir l’indépendance na-
- Lfu temps plus long s’est écoulé depuis le berceau de ce P‘6 jusqu’à l’apogée de sa virilité, que depuis ce mo-de gloire suprême jusqu’à l’époque où nous vivons.
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- Cependant voici qu'à pas rapides il a quitté les régioDS supérieures et sereines de la vertu, de la modération; ^ répudie la raison surhumaine qu’il avait déployée au m1' lieu de la lutte la plus sanglante, afin de conquérir sa liberté si méritée. Ce peuple envié pour son bonheur» en pleine paix avec l’univers, satisfait au dedans par une terre sans bornes, par deux océans qui l’entourent et paI quatre mers intérieures, qui le comblent de biens, n<? réussit pas même à réprimer ses convoitises au dehors* Un nombre prodigieux de ses aventuriers, oublieux vertus de Washington et de Franklin, s’enflamment a la pensée de spolier, de subjuguer, d’acheter à vil prix et d’annexer par toutes les voies les contrées voisines. DallS la grande confédération, que tourmentent aujourd’hui^5 passions intestines, on voit des États, plus amoureux e*1 eore de déchirements que de liberté, sacrifier la conçoit à des questions d’esclavage. On les entend menacer dissoudre la majestueuse Union, aussitôt qu’il s’agit & servitude, suivant les uns, à restreindre, à flétrir, et sul" vantles autres, à propager, à magnifier, je dirais prescp16 à glorifier.
- Enfin, nous entendons la voix humiliée et prophétique d’un Président à cheveux blancs, réduite à conjurer^5 passions du Nord et du Midi, en les suppliant de ne PaS briser sitôt la confédération, qui devait être immortel'
- Voici maintenant un autre tableau qu’offrent, daïlS l’hémisphère austral , les rejetons plus récents de la race anglo-saxonne. 11 y a soixante et dix ans, sur le littoï* d’une immense contrée qu’habitaient quelques sauvageS’ on isole un réceptacle de malfaiteurs, envoyés la chaîne31 pied, marqués du fer chaud par Je bourreau, et déportés e11 expiation de leurs crimes. Les condamnés des deux se>
- J ,*1 Aq*
- s’allient les uns avec les autres; leurs enfants, sds
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- j^ndaient des exemples à la famille, n’y trouveraient que s souvenirs du vol, du meurtre et de la débauche. Mais, ns ces repaires de perversité, le mal est obligé de com-P°ser avec le mal, et pour la sûreté commune il faut improviser l’honnêteté : l’honnêteté des forçats entre eux!
- est on premier germe de régénération, j ^ côté du noyau flétri, le besoin d’émigrer, inné chez a race anglo-saxonne, fait aborder des colons dont il ne faudrait pas scruter de trop près les affaires privées, et dettes non satisfaites,. et les bilans plus ou moins peu sincères, et les désastres de famille, mérités ou non parités. Ils viennent demander à la terre lointaine, avec Propriété rurale, ce quelle permet, ou plutôt ce quelle e^§o de vertus; leurs laboureurs sont des forçats, leurs P^res sont des sauvages.
- ^ ^ voilà qu’au pays des libérés une société qu’on re-^Pe à des sources un peu moins impures, s’essaye aux J^rs patriarcales des peuples pasteurs ; la voilà qui cultive es champs où s’accroît, par degrés rapides, la portion du Peuple qui, pour subsister par le travail et l’échange, a es°in de probité comme de froment. La partie même fab'6 ^GS Prïsons ou ^es ^§outs d’une métropole, retirée de I lrïle et régénérée dans ses enfants, s’enivre de sa liberté;
- I qui s’enorgueillit à l’idée que l’infamie enfin s’é-
- d’elle. Elle a soif d’émigrés honnêtes; elle s’indigne . v°ir que l’on continue de verser infatigablement des ^inels, flétris par les tribunaux, au sein d’une colonie se fait probe : probe autant qu’elle peut déjà l’être, ^ Pres de son origine. Bientôt la voix du peuple nouveau ifvieut puissante, à ce point que la métropole est obligée 0lgner du pays qui fut nommé Botany-Bay les nou-malfaiteurs quelle a besoin de déporter. er*dant que s’accomplissent de telles péripéties, la
- •ntrodüction. — II.
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- colonisation pastorale poursuit ses prospérités avec ulie grandeur, une rapidité merveilleuses. Qu’on réunisse, e11 Europe, l’Espagne et le Portugal, avec leurs nombreux troupeaux favorisés par la nature et par les lois; qu011 y joigne, en Asie, les immenses plaines de la Tartane et de l’Inde; tous ces pays pris ensemble fournis^111 aux immenses besoins de l’industrie britannique moil,s de toisons que n'en fournit la seule Australie avec seS vastes pâturages conquis sur le désert depuis seulement un demi-siècle. $
- Est-il dans les desseins d’une bonté tutélaire et suprême, que le mouvement d’un peuple naissant v&s les industries honnêtes continue ces progrès merveib leux?...
- D’un autre côté, presque au même instant où ladeie patrie renonce à faire de l’Australie orientale la sentme de ses malfaiteurs, voici qu’une autre source de corruption surgit du sol. Dans une étendue de champs ei de monts contigus aussi spacieuse que notre Bretagne notre Normandie prises ensemble, à chaque pas on de couvre l’or; les plus légers travaux suffisent pour le re cueillir avec une abondance qui devrait assouvir la cup1 dité, et qui redouble la soif insatiable de tout savoureJ au moyen du métal qui solde tout. Au bruit de cette découverte, l’immigration des cœurs avides pousse seS flots en Australie; les Chinois accourent du nord, ^eS Arabes du sud, les Américains de l’est, et, dans le vieu* monde, on s’élance de tous les points du continent eU ropéçn; d’insatiables étrangers viennent lutter d’avafl^ avec les émigrés des trois royaumes. Le larcin, le vol» meurtre même se multiplient sur les placers, sur les plaCt5 où l’on n’a qu’à se pencher pour ramasser un or bonnet6 L’on s’est battu, assassiné par jalousie, par avidité dep*‘
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- Vee> et l’on a commis de pareils forfaits pour dissiper Sans retard, par la débauche et par le jeu, la richesse mal acquise! ,
- Lt pourtant, au milieu de cet affreux mélange d’impu-^tes, de passions . de violences, une société chaque année ‘ Us nombreuse et moins déshonnête continue de faire place, et de l’honorer par de nobles travaux. Elle érige s temples pour les cultes qui s’aventurent sur le sol à la fois du crime et du repentir; elle institue des écoles f°Or l’enseignement de la jeunesse; elle érige des tribu-*lailx et construit des prisons pour ramener par la justice et ses terreurs à la vertu.
- Les troupeaux et le labourage ne sont plus désertés 111 d accourir à des mines qui, depuis quatre ans, re-§°lgent de chercheurs. Les richesses agricoles trouvent ^ Prix rémunérateur dans la richesse minérale; il faut terres en culture qui soient de plus en plus considé-les, afin de suffire à la subsistance d’un peuple qu’on ot de voir sextupler en six années, à Australie, qui naguère demandait des céréales
- yjj Ur°po, à l’Asie, à l’Amérique, envoie déjà l’échan-°n de ses blés et de ses farines pour aider à la nour-re d’une métropole qui cherche, dans l’univers, le L h* <fu e^e consomme- Elle rivalisait déjà pour
- pa| ,eauté de ses froments, dans le grand concours du ais de Cristal, avec les froments de la Limagne, de la tro^ LAfrique: ces trois contrées qui rappellent
- ls ages de civilisation et de progrès.
- Ai
- ïïial
- Osi roulent, avec les années, les flots alternatifs du
- ^ et du bien, suivant les décrets d’une éternelle Provi-Vaif^6 se balancent les grandes ondulations du tra-
- a^ti Gt SGS iacLesses» du vice et de la vertu, chez des °ns que nous voyons en quelque sorte naître et gran-
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- dir devant nous pour remplacer celles qui dépérissent
- ondulations qui préparent des révolutions profondes»
- par l’abaissement de certains peuples et l’élévation des
- autres.
- Verra-t-on, sur les bords opposés de l’océan Pacific[üe’ les deux grandes nations issues de la race anglo-saxonne suivre sans retour une marche contraire à la nature de leul formation primitive? L’une, sortie du berceau des vertuS domestiques, illustrée, délivrée par l’héroïsme civique, verra-t-on de plus en plus descendre, par une pente nTe' sistible, vers la violence intestine et le dédain du drolt des gens? L’autre, née sous l’empreinte de la marque m famante, avec le pilori pour point de départ, la verra-t-011 s’épurer de génération en génération, et s’avancer d11 même pas vers l’honneur et vers la grandeur? Jamais Ie genre humain n’aurait offert de plus étonnant contras^'
- Et si, quelque jour, les colonies australiennes formel à leur tour un faisceau de populations libres et confede rées, ne sont-elles pas destinées à s’élever en puissauce pour descendre en moralité, comme la république colieC tive qu’ils auront prise pour modèle ?
- Nos neveux verront, sur ces graves questions, s 'acco^' plir les décrets d’une Providence qui rarement s’exp^116 d’avance à l’ambition des mortels.
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- DEUXIEME SECTION.
- OCÉANIE ASIATIQUE.
- En décrivant l’Australie, nous avons retrouvé les soupirs glorieux du peuple dont les découvertes ont pris s noms de Nouvelle-Hollande, de Nouvelle-Zélande et lelui de Van-Diémen, l’homme d’Etat qui gouvernait les Pressions hollandaises lorsque Tasman découvrit cette ernière contrée. Aujourd’hui, dans les vastes régions aus-tra|iennes, la race batave ne possède plus que ces noms, jf11 tendent à disparaître. Il faudra pousser plus loin vers , le> et nous rapprocher de l’équateur pour arriver aux eteblissements durables quelle a fondés en Orient.
- Topographie générale de l’archipel oriental des Grandes-Indes.
- Entre l’équateur et l’Australie se trouve une île sau-Va8e habitée par la race nègre, et qui s’appelle pour cette teîson la Nouvelle-Guinée : elle est située entre le ier et ^ ^ degré de latitude australe; elle s’avance vers l’occi-eilt jusqu’au 1 29e (de longitude orientale, j, ^ partir de la Nouvelle-Guinée jusqu’au continent de Sle, le grand archipel qu’on a nommé Y Océanie est teiné du côté qui regarde le pôle austral par une im-j^erise chaîne de montagnes marines, dont les sommités rteent des îles séparées par d’étroits passages : tel est le teissant gigantesque développé par les îles de la Sonde. j,ette chaîne s’étend depuis la Nouvelle-Guinée jusqu’à entrée du golfe du Bengale, et sa longueur surpasse ’°°o lieues ou à,000 kilomètres.
- Eans l’intérieur du croissant dont nous venons de me-
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- surer l’étendue, on trouve, sur la ligne de l’équateur, leÿ nombreuses Moluques, ces îles dont la plus considérable et la plus avancée vers l’occident porte le nom de Célèbes Plus à l’occident, et toujours sur la ligne de l’équateur,-^ située Bornéo, la plus grande île de l’archipel oriental.
- Les îles de la Sonde, les Moluques et la partie oriefl' taie de Bornéo composent l’empire hollandais dans la mer océanique.
- Immédiatement au nord des îles hollandaises on trouve les îles espagnoles, puis Formose, une île chinoise; pb*s au nord encore, les îles du Japon qui font face à la Taf' tarie Mantchoue.
- Par delà ces régions, en approchant du cercle pola11^ boréal, on trouve le continent asiatique du Kamchatka-puis la Sibérie : les Russes partagent les régions glacial avec l’Angleterre en Amérique, avec les Suédois en ropc, et les occupent tout entières en Asie.
- CHAPITRE PREMIER.
- INDE NÉERLANDAISE.
- Revenons aux possessions du royaume des Pays-B»s’ ou de JSéerlande, qu’on appelle communément les Poss® sions hollandaises, de même qu’on appelle Possessions aJl glaises celles du triple royaume dont l’Angleterre est se** Jement la partie principale.
- Population des possessions néerlandaises.
- Lorsque les Arabes, conduits par Mahomet, pr0Pa gèrent à la fois leur empire et leur croyance, ils s’av^11 cèrent sur le continent de l’Asie jusqu’aux confins dupa^
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- ^!abite par la race chinoise; et sur les mers de l’Inde ils ^valurent, l’archipel oriental océanique. Par la menace e la mort, et quelquefois par des moyens moins violents, 1|s convertirent à l’islamisme presque toutes les popula-tlons des îles qui, longtemps après, ont été soumises au Pouvoir de la Néerlande.
- Les conquérants de race hatave ont respecté sérieuse-lnent, complètement, la religion des indigènes; religion continue d’être la loi du pays. Ce respect fait partie es moyens de gouvernement pratiqués avec une habileté nous essayerons de faire connaître.
- Les Espagnols et les Portugais, moins tolérants et plus ^cles, ont converti, par les voies qui leur étaient fami-eres, quelques populations peu nombreuses de Timor, e orientale de la Sonde, et dans le pays d’Amboine. Les oHandais portent le même respect au catholicisme de ces ltlsulaires qu’à l’islamisme professé dans lé reste de leur ^chipei h
- "Tels sont les principes d’après lesquels ils régissent ®eize millions d’âmes, qu’ils s’efforcent de soustraire à la ai?Larie sur terre, à la piraterie sur mer. j, ^°us allons présenter le tableau de la population de aichipel néerlandais. Ce tableau, le plus récent que ^ous ayons pu nous procurer, comprend les seuls habi-jaots qui reconnaissent, sous quelque forme que ce soit, autorité de la Néerlande.
- (le
- Dans Sumatra, le royaume d’Achem, dans Bornéo, “ Vastes parties du nord et de l’occident sont encore in-c ^pendantes.
- Seulement, avec des bibles traduites suivant leur esprit, ils attirent le ç P,e vers le calvinisme, sans que des hommes simples en aient le soup-
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- Dénombrement général de 1855.
- Iles.
- Java et Madura.....
- Sumatra (côte ouest)
- Bencoulen..........
- Lampongs...........
- Palembang..........
- Riouw.. . .
- Banca....
- Billiton.. .
- Bornéo...
- Célèbes...
- Menado. .
- Ternate. .
- Amboine..
- Banda.. . .
- Timor.. . .
- I Côte ouest.... I Côtes est et sud
- Habitants.
- IO,9l6,l58
- 995«775
- 110,776 82,97.5 21,221 45,465 11,943 245,651
- 454,735
- 271,361
- 120,679
- 89,532
- i85,632
- 102,52/1
- i,845,885
- Total
- i5,5oo,3i2
- On est frappé de l’énorme supériorité de populattf11 que présente file de Java. Dans l’ordre des territoire elle est pourtant moins étendue que Célèbes, moins Sumatra, qui seule est plus grande que les trois royaut#^ britanniques, eÇsurtout moins que Bornéo, cette île aUsSl vaste que l’empire d’Autriche.
- C’est Java qui constitue la force et la richesse de l’etir pire indien des Néerlandais; aussi cette île sera celle à0^ nous présenterons spécialement l’étude approfondie.
- Couf) d’œil historique sur l’établissement des Néerlandais dans les Indes orientales.
- Les Portugais, dominateurs des Indes orientales, ^
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- rent les premiers possesseurs du riche commerce ouvert avec ces contrées en passant par le cap de Bonne-Espé-rance. De ce négoce ils ne tirèrent qu’un bénéfice peu con-Sl(Wable et précaire. On les vit, avant tout, conquérants et dévastateurs; ils voulurent trafiquer dans les mers d’Asie ï^r les voies les plus violentes, la torche et le fer à la ^ain ; véritable moyen de tout gagner pour tout perdre.
- Les Néerlandais, dans les premiers temps, se contenaient d’envoyer leurs navires à Lisbonne, afin d’y char-§er les produits précieux rapportés d’Asie en faisant le *°Ur de l’Afrique; leur bénéfice consistait dans l’avantage 11 transport et dans les profits de la revente au nord de Europe. Ces profits modestes ne suffisaient pas à leur
- aïllbition.
- Ln i5q3, deux Hollandais, les frèresHoutmann, vont Percher à Lisbonne toutes les informations qu’ils peuvent recueillîr sur le commerce et la navigation des Indes. De retonr dans leur pays, ils forment une association sous le ll°m de Compagnie des pays lointains. Elle expédie quatre na-jVlres commandés par Corneille Houtmann, qui double 4 Cap de Bonne-Espérance, mais sans résultat commer-|jlaL En 15g8, une flottille plus nombreuse obtient plus e succès. Au bout de quinze mois, il fallait ce temps P°ur l’aller et le retour, elle rapporte des épices, offertes ai1 statbouder des Provinces-Unies par le sultan de Ban-*arïL ville située dans la partie occidentale de Java.
- Ln 16oo, une troisième flotte aborde à Ternate, centre 11 pays des épices. Pour rendre un service amical au s°üverain de cette île, elle bat les Portugais; ensuite elle vLite la Cochinchine.
- Lu 1601, c’est contre la marine espagnole qu’une es-j^dre néerlandaise combat et triomphe dans la mer des °ltiques. Pour se venger, les Espagnols lont souffrir aux
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- insulaires d’Amboine la dévastation de leurs cultures d’e'
- pices, encouragées et payées par les Néerlandais.
- Ainsi les Espagnols se posaient en destructeurs, et leu# rivaux en amis des insulaires de farchipel indien, don* ils acquéraient à prix d’argent les précieuses récoltes.
- Rien n’est plus remarquable que le traité conclu, d^ 1601, entre les Néerlandais et les habitants de Banda; derniers, pour marquer leur préférence, s’obligèrent à »e vendre qu’aux premiers leurs épices, et les deux part#8 s’engagèrent à respecter chacune la religion de l’autre.
- La Néerlande, on le voit, transportait à la fois dafls l’Orient son intolérance commerciale et sa tolérance religiease‘ Ce double système sera suivi sans déviation pçndant dei# siècles.
- Des traités semblables sont conclus par elle avec leS souverains indigènes de Patane, de Ternate et de Ceyla#
- Dès la même époque surgissent les difficultés les plyS graves avec le sultan d’Achem. Ce tyran met à mort C®1' neille Houtmann et d’autres marins sous ses ordres; pîllS lard il traite avec le peuple auquel il avait fait cet outragé et l’instant d’après il viole la foi jurée.
- Première compagnie commerçante et souveraine dans les mers d’Asie-
- Plusieurs associations particulières s’étaient forint dans les Provinces-Unies pour entreprendre le comméré du grand archipel indien; elles se nuisaient par leur co# currence ; elles renchérissaient les achats sur les marcl#8 de l’Orient quand les acheteurs se présentaient en temps. Celles qui venaient après les autres ne trouvai^ plus d’épices invendues, et leur voyage était en pure pei’te’
- Pour parer à tous les inconvénients, les États Généra11* des Provinccs-lînies constituèrent une Compagnie généré’
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- Ihimee par la réunion des sociétés particulières ; elle ob-j,lnt pour vingt et un ans le droit exclusif de négocier avec prient par le cap de Bonne-Espérance. Cette concession egislative est datée de 1602, c’est-à-dire de quatre années apres la première expédition dont le retour ait présenté Quelque succès. Voici quels furent les droits de la nouvelle Compagnie : armer en guerre, combattre dans l’Inde les farines ennemies, et traiter en souveraine avec les chefs u Pays; former des établissements territoriaux pour son c°mnierce, et les protéger par ses vaisseaux, par ses tl°upes et par ses fortifications.
- Cne flotte de la Compagnie fit bientôt connaître à la Chine le pavillon des Provinces-Unies, et commença le C0lnmerce avec le Céleste Empire.
- L’ancienne Batavia, fondée par la Compagnie.
- A Java, la Compagnie, douze ans après son institution, °ode Batavia , qui, pendant un siècle et demi, reste la plus §rande, la plus riche et la plus peuplée des villes créées aUx Grandes-Indes par le génie européen. A Batavia, dont üoni rappelle une race antique et glorieuse, réside eOcore aujourd’hui le gouverneur général de l’empire cette race a conquis dans l’Océanie asiatique.
- La ville et la forteresse ont été bâties sur les ruines 1 ancienne Jacatra; leurs murailles ont dominé l’em-0llchure de la rivière jadis appelée de ce nom, rivière se jette dans une rade aussi vaste que sûre.
- C est de là que le peuple issu des Bataves a fait rayon-|jer sa puissance vers tant de points de l’Océanie, et surtout ans la grande île de Java, si favorisée de la nature.
- P» côté de la mer, la rade est protégée par une Iliade d’îlots fertiles, que couvrent de beaux ombrages.
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- Du côté de la terre, à quelque distance du littoral, de hautes montagnes protègent une plaine intermédiaire et la vaste baie contre les vents australiens.
- Outre la rivière, quinze canaux traversaient la cité, Ve' ritablement hollandaise; ils étaient trop souvent obstrues par des alluvions et des immondices. Vingt-six ponts cou1' muniquaient entre les différents quartiers; de larges quais, plantés de beaux arbres, régnaient le long des voies hy' drauliques. C’était l’aspect des cités d’Amsterdam et de Rotterdam, avec un soleil splendide pour remplacer Ie climat des sombres brouillards.
- Les maisons des riches marchands et les magasins spa' cieux qu’exigeait un grand commerce étaient bâtis eil pierres de taille, avec une solidité qui bravait un climat destructeur. L’hôtel de ville, par sa grandeur et sa magu1' ficence, était digne d’un peuple libre, éminemment nicipal.
- On remarquait dans Batavia la maison des orp pauvres, élevés aux frais de l’État, suivant l’usage g de la mère patrie. Un autre établissement caractéristique était la grande maison publique dans laquelle on logeait ie$ ouvriers de toute profession qu’employait la Compagnie g^' nérale. L’architecte delà ville présidait à cet établissement-
- La même Compagnie des Grandes-Indes avait érige de spacieux et solides magasins pour ses munitions naval®5’ des casernes spéciales recevaient ses matelots et ses char pentiers de marine.
- Au xviii6 siècle, on se plaignait que Batavia ne présem lât aucun des plaisirs d’une société élégante et rafïmee* Les habitations étaient spacieuses, admirables de pl0 prêté, mais monotones et tristes comme les citoyens, <Ilie la mort moissonnait avec une effrayante rapidité. La p° pulation offrait d’ailleurs un incroyable mélange d’Eur°
- hein15
- énéra1
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- peens, Hollandais, Allemands, Anglais et Français, de ^egres et d’indiens appartenant à toutes les îles; enfin de ^nois, dont les demeures portaient un cachet étrange. ^ Pendant le jour on trouvait les Chinois dans un vaste azar ; ils y tenaient cinq rangs de boutiques, lesquelles for-A^ient le marché des étoffes et des vêtements tout prêts P^ur l’usage. Par une coutume empruntée à leur pays, flaque soir ils remportaient leurs marchandises dans le ei1 de leur demeure, pour les rapporter le lendemain ans le bazar commun, qu’on appelait improprement la
- Bourse.
- On avait bâti sur pilotis, et près de la rivière, deux Mandes boucheries et la poissonnerie. Les émigrés chi-1)018 étaient les pourvoyeurs de celle-ci.
- Les Javanais faisaient la petite pêche; les Chinois la §rande. Ces derniers avaient accaparé le commun trafic de a ville et l’approvisionnement des comestibles. Aussi pos-Sedaient-ils presque toutes les boutiques, les cabarets, les tavernes et les auberges, en attendant les hôtels. Ils se fai-8aient fermiers de la Compagnie pour la perception de Ses taxes et de ses péages; nul ne savait mieux pressurer, torturer le contribuable. Tels on les voyait, ignorant la c°flscience, désireux et fiers de tromper les étrangers, , joyeux du mal comme du bien sorti de leurs mains; afldacieux, d’ailleurs, entreprenants, actifs, rusés et pleins flïtelligence.
- Au sein de la forteresse, le gouverneur habitait un pa-ais Vaste et somptueux, avec sa garde, son état-major et Ses officiers civils, qui lui formaient une véritable cour.
- Au moment où la Compagnie exerçait encore son auto-rit° souveraine, elle entretenait 1 2,000 soldats réguliers, f11 Partie européens, avec â peu près autant de Javanais lI>reguliers, armés de fusils; elle possédait 180 navires,
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- portant chacun de 3o à 60 bouches à feu; eile avait institué huit gouverneurs des diverses îles, tous placés sons les ordres du gouverneur général.
- Du commerce extérieur dirigé par la Compagnie.
- Dès la fin du xvme siècle, le café qu’on récoltait à Java devenait l’objet d’un notable commerce; on le cultivait surtout dans la province dite des Préangers.
- Non contente de ce produit dont elle disposait comme d’un bien propre, la compagnie achetait en Arabie le café si célèbre de Moka, pour le revendre à l’Europe.
- Étendant plus loin ses relations, elle avait fait avec la Perse un traité de commerce. Elle s’engageait à prends chaque année une même quantité de certains tissus de soie dans Bassora, le seul grand port des Persans. Par privilège elle ne payait aucun droit d’entrée ni de sortie; elle troü' vait sur ce marché d’admirables étoffes d’or et d’argent, quelle acquérait d’après un tarif invariable.
- La compagnie achetait chaque année une grande quantité de soie du Bengale; elle tirait du Pégu des métau* précieux, des rubis et des saphirs. Les porcelaines de ln Chine et du Japon étaient pour elle un grand objet d’aC' quisition ; c’est par son entremise que l’Europe obtenait ces précieux produits céramiques, et le commerce en était bien plus important avant les magnifiques imitations de France, de Saxe, de Prusse et d’Angleterre.
- Les Hollandais allaient chercher les diamants à Col' conde, au Bengale et dans l’Etat de Visapoure ; ils emprnn' taient au royaume d’Ava une grande variété de pierres précieuses : des topazes, des rubis, des saphirs bleus blancs, des améthystes et des hyacinthes. Iis demandaient à Cambaie les agates orientales.
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- j Compagnie, suivant sôn système, repoussait partout chances du hasard ; elle aspirait à tout régulariser ; e posait elle-même des bornes à ses achats* afin de ne Pas avilir des prix largement rémunérateurs.
- Enfin la compagnie possédait Ceylan, l’une de ses Bandes conquêtes; elle recueillait les belles perles pê-ees dans le détroit qui sépare cette île de flndoustan.
- Prions erronées du Grand pensionnaire de Witt contre la Compagnie des Indes.
- Nous ne pouvons concevoir qu’un esprit éminent, tel jl11®celui du Grand pensionnaire de Witt, fût contraire à Poissante Compagnie des Indes orientales, l’un des élé-^nts principaux de la splendeur.de son pays. Il était per-^tadé qu’elle priverait, à la fin, de tout leur argent, les r°vinces-Unies, par l’énormité des envois quelle en fai-ait aux Indes orientales. Il n’apercevait pas que les re-^otes opérées en Europe par la même Compagnie, sol-^ees à son pays avec des métaux étrangers, dépassaient de ^aucoup les sommes dépensées pour les achats primi-1 s en Orient.
- . ^e Witt avait une autre frayeur; il redoutait que la pas-l0n de s’enrichir, entraînant vers l’Asie une foule de fa-^dles, ne dépeuplât à la fin la métropole. Si l’illustre Pensionnaire avait ordonné le recensement des émigra-ns successives, il aurait été surpris et charmé de recon-aitre qu’elles ne dépassaient pas, année moyenne, quel-^ncs centaines de familles.
- j disons remarquer ici que les hommes d’État, fussent-ils ®plus eminents et les plus sages, risquent de commettre ^normes erreurs sur de grands objets d’utilité publique c^e puissance nationale, quand ils n’ont pas recours au
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- dénombrement pur et simple des hommes et des choses qui leur font illusion.
- Le commerce libre, celui des trafiquants isolés, les ne' gociants des Pays-Bas avaient commencé par l’essaye1’-C’était précisément pour obvier à leurs mécomptes, à leur5 rivalités, à leurs conflits, à leur ruine, qu’ils avaient institué la Compagnie générale, laquelle représentait par ses actionnaires, ses agents, ses officiers et ses marins, leS efforts combinés d’un si grand concours de capitaux, de bras et d’intelligences. On aurait pu la définir un monopoIe ouvert à tous les citoyens, ce qui n’est plus un monopole
- Des particuliers isolés, avec de faibles capitaux, bvreS à l’égoïsme, aux vues bornées, à l’inexpérience de leurS poursuites privées, n’auraient rien conquis, rien fonde* rien fortifié ; ils n’auraient pas pu soutenir la rivalité de5 compagnies d’Angleterre et de France; ils n’auraient f' mais créé pour leur petite métropole un grand empire d’outre-mer.
- La Compagnie, en 1j95 , remet ses possessions et ses pouvoirs à lE^'
- Afin de rester dans les bornes de la vérité, il faut connaître que la Compagnie hollandaise, semblable à beau' coup d’autres souverains, isolés ou collectifs, après avo11 conquis la puissance et la richesse par une activité tigable, par une économie modeste, et l’ordre le p^u5 ponctuel, a fini par s’endormir au sein de la prospérité. ^ même vigilance et la même économie n’ont plus dirige^5 opérations administratives et commerciales : des guerrf trop fréquentes ont dévoré les épargnes de la paix ; leS ^ penses, après avoir égalé les recettes et absorbé les pr° fits, sont devenues prépondérantes. Les dettes ont fud Paf obérer la puissante association, qui s’est vue forcée,
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- j11s avant la fin du xvme siècle, de résigner ses pouvoirs.
- a fallu quelle remît ses territoires au stathoudérat ( es Provinces-Unies.
- Maintenant soyons justes, même à l’égard de ces maléfiques associations, orgueilleuses sans doute;semblables kj.a plupart des grandeurs de la terre, elles finissent en ou-lant par degrés les principes et les secrets de leur fortune. a Compagnie néerlandaise orientale, qui se démettait Sa puissance et donnait à l’État ses biens et ses dettes, jUl donnait un empire incomparablement plus étendu que niere patrie; des territoires admirables de fécondité; s peuples façonnés à des cultures précieuses, et surtout ^ǰnnés à l’obéissance. Elle remettait à la mère patrie j,es ports excellents, une grande capitale construite avec ^°Pulence et la forte solidité des œuvres européennes, es fortifications, des arsenaux, une flotte, une armée. ^ 1 était le noble bilan d’une association illustrée par 6Ux siècles de travaux et de conquêtes.
- ^ ^ous aurons un autre témoignage plus glorieux encore fondre en faveur d’une autre Compagnie des grandes es> qu’une révolte de cipayes a renversée par contre-P» 1 Angleterre l’a brisée sans témoigner le moindre lP^re* Pour une des institutions qui, tout balancé, font Plus d’honneur au génie d’un peuple marchand.
- Organisation du gouvernement général, sous l’autorité de la Nèerlande.
- Asie, les Néerlandais impriment à leurs créations o^actère éminent d’efficacité, d’originalité dans les ^eus et de sage vigueur dans l’exécution; ils manifes-
- tont ~ ^ **&'
- une constance laborieuse, une résolution intrépide 1 ^arquent leur rang parmi les grandes nations.
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- L’autorité même quelle étend sur les races océaniq0^ pour les commander, les administrer et les rendre pr°' ductives, présente un gouvernement marqué par les solides qualités d’un peuple méthodique et sage, quin^' corde rien au brillant des apparences; d’un peuple <ful n’arrive à la gloire qu’à force de succès, commandés, °u du moins avoués par la plus froide raison.
- Dans les Indes hollandaises, le pouvoir d’un seul homllie suffit au gouvernement complet de seize millions d’âmeS’ partagées en principautés innombrables et différentes doi' ganisation, de mœurs et d’usages.
- Le gouverneur général est nommé par le roi des Païs' Bas, pour un laps de temps qui d’ordinaire est de tr°lS ans; mais qui parfois s’est prolongé pendant beaucoup piüS d’années. Il exerce ses fonctions un peu moins longtemps que les présidents de la plupart des républicpies sud-ame ricaines, et que le président des États-Unis. Cependant au lieu d’exciter des agitations, des intrigues et d’infin1^ corruptions, son remplacement a lieu sans causer ^ moindre perturbation; il s’effectue par la simple volo^e d’un roi.
- jjî
- Pour ajouter la prudence collective à la vigueur 0 gouvernement d’un seul, il existe dans l’archipel hoHalî dais un Conseil des Indes, composé de cinq conseillé choisis par la Couronne, et qui sont d’une expert06 éprouvée. C’est une autorité purement consultative, ^ qui n’en est pas moins grave et moins salutaire. ^ Le gouverneur général, qui préside ce Conseil, Preî^ sous sa propre responsabilité tous les actes exécutifs- 3e il nomme, et, quand il le faut, destitue les fonctionnai1-^ Il dispose à son gré des forces de terre et de mer; U
- livre au besoin des lettres de marque; il exerce les de paix et de guerre ; il conclut et signe les traités.
- droits
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- Batavia, la capitale des Indes néerlandaises, renferme ^ gouvernement complet sous tous les rapports : une ^ection des finances, une chambre des comptes, les agites cours de justice et de la guerre, une direction Ceotrale de l'instruction publique. Ces autorités supé-lleures, composées d’un petit nombre d’administrateurs Capables et laborieux, conduisent les affaires avec cet ^prit méthodique et probe qui fait tant d’honneur à la Glande.
- Un empire colonial, dont le territoire a trois fois l’éten-Ue de la France, mais dont une grande partie est encore Presque inhabitée, se trouve partagé en trente-quatre Provinces appelées Résidences; elles tirent ce nom du prin-ClPal magistrat européen qui gouverne chacune d’elles.
- , Ua population moyenne des Résidences est de 500,000 ôtants; elle surpasse d’un cinquième celle de nos départements.
- La division même du territoire en Résidences corres-
- P°od aux ressources très-diverses des îles si nombreuses
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- Sl disparates dont se compose l’empire des Néerlan-ais en Asie.
- Une seule île, Java, qui représente un vingtième des Perbcies et plus des deux tiers de la population totale, patient vingt-deux Résidences; les dix-neuf vingtièmes ^ S°1 et le dernier tiers de la population sont divisés en °Uze autres Résidences.
- j ^Ccupons-nous plus spécialement des Résidences de aVa.l’île importante au-dessus de toutes les autres; elles t le |ype jont parmut ailleurs on s’est efforcé de se Pprocher, autant que l’a permis la nature des choses. ^ baque Résidence est composée de plusieurs Régences ^ §°uvernements indiens, dont le chef indigène a le re de Régent; il obéit en tout au Résident.
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- LaRégence est subdivisée par districts, comparables po*11’ la population à nos cantons de justices de paix. Enfin Ie district est composé de bourgs ou communes. La conv rnune est régie par un chef indien, lequel est l’élu des babf tants et doit seulement être confirmé par le Régent du <bs' trict; il est assisté par un conseil d’anciens : c’est le conseil municipal. Chaque Régent s’efforce de faire choisir pol1I> chefs les nombreux enfants que lui procure la polyg3' mie; il met son étude à s’allier, par le mariage de s# enfants, avec ceux des divers chefs qui ne sont pas $eS parents. Le Résident prête les mains à ces combinaisons» qui fortifient, qui grandissent de plus en plus les famifieS importantes et les rendent dépositaires de tous les p°ü' voirs locaux, administratifs et sociaux.
- Le Néerlandais est peu jaloux de s’immiscer dans leS détails d’une autorité subalterne, qui descend aux in^1' vidus, et qui ferait surtout détester le joug si c’était ^ main de l’étranger qui pesât immédiatement sur les sujets' Cette autorité, l’Européen la délègue entièrement à l’arlS tocratie indigène, laquelle est rattachée à la populati011 par le choix des anciens et du chef local; ce choix, °p l’abandonne sans réserve à l’universalité du peuple.
- Le conquérant se contente, il est vrai, d’un seul fonc tionnaire européen, le Résident, pour le représenter3^ chef-lieu de chaque province; mais il lui donne en reahte la force et la direction du pays ; car il oblige les Régellt* indigènes à suivre complètement la direction que leUl suggère ce représentant unique.
- Auprès du sultan de Souroukarta, auprès de l’emp^ reur de Djokjokarta1 les Néerlandais ont un semblé , Résident, comme les Anglais en avaient un près du f0
- 1 Ces deux souverains réunissent à peu près un million de sujets-
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- d Oude. Il a sous ses ordres une force militaire de toutes arrïles ; il ne laisse au monarque indigène qu’un millier de ®°ldats, gardes du corps inoffensifs, qui servent seulement a parader dans les cérémonies. Ces ombres de souverains sont réellement en surveillance au sein de leur capitale; s ne pourraient point la quitter sans la permission du es*dent. On dirait des doges de Venise, en supposant 5üe les Dix et le Sénat fussent concentrés dans un seul l0lïl®e : le Résident.
- Si telle est la sujétion des deux princes les plus imitants, on peut juger de la dépendance des autres.
- Par une disposition qui caractérise à merveille le gé-^le d un peuple marchand, la puissance européenne et su-graine ne croit pas déroger en se faisant le percepteur
- le fermier de ses vassaux asiatiques. Les chefs indigènes Arment au gouvernement néerlandais leurs revenus ^directs, les droits à retirer des marchés publics, le ®°nopole de l’opium et celui des nids d’oiseaux. Ces étions, subalternes en apparence, deviennent des iyens réunis de lucre et de gouvernement.
- . En retour de la dépendance où sont mis les princes lïl(%ènes, le gouvernement suprême assure, avec une 0liîplete bonne foi, la conservation des familles régnantes ^ ^es trônes dont elles sont en possession. En cas de région, si quelque prince régnant est déposé, c’est pour ^e remplacé par un membre de sa famille, et non pas, ^ e*emple des Anglais dans l’Inde, pour confisquer ses (jtats. Cette règle est suivie, avec une fidélité religieuse, aïls tous les rangs de l’aristocratie native; et le conqué-Seddrce de la rendre de plus en plus durable, riche, ^ respectée.
- j. Expliquons comment la justice est organisée. Au chef-eu de chaque province, le Résident préside un conseil
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- de justice; il est assisté par un vice-président et par secrétaire européen qui suit la procédure et le détail de5 affaires. Il y a de plus quatre ou cinq assesseurs ind1' gènes, choisis parmi les chefs du pays les plus recoU*' mandables; ensuite un fiscal javanais, et le prêtre musub man, le pangoulou, pour interpréter le Coran lorsqu d s’agit des plaideurs musulmans. Ce tribunal connaît premier ressort des crimes ou délits les moins graves ei des procès civils dont l’objet ne dépasse pas 5oo florinSl soit entre les indigènes, soit entre ceux-ci et la race e11' ropéenne.
- Au-dessous de cette juridiction provinciale il y a, daU^ chaque Régence, un tribunal présidé par le Régent. ïcJ tout le conseil est composé de natifs; il connaît des petits intérêts entre indigènes. Sa justice est rendue d’après les règles du Coran.
- Les vingt-deux résidences de Java sont divisées en trolS arrondissements d’appel et de circuit, dont les centré sont Batavia, Samarang et Sourabaya; de ces centré partent les tribunaux ambulatoires, pour aller tenir leUlS assises. Dans chacun des trois chefs-lieux sont établi trois cours supérieures ou conseils, dont les membres tous européens.
- Le conseil de justice est le tribunal de seconde instant des Indiens, jugés d’abord par les conseils du pays; cest le tribunal immédiat des Européens, tant au civil qlial1 criminel. Sa composition, tout européenne, comprend président et quatre membres. ,
- v Les crimes graves des Indiens et leurs procès consid6 râbles sont portés devant le tribunal ambulatoire, clu^ préside, avec le titre de juge ambulatoire, un magistî européen membre du conseil de justice.
- Enfin la cour suprême ou haute cour est établie à Bal<l
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- Da. Elle est composée d’un président, d’un vice-président, ^ cinq conseillers et d’un procureur général. Elle sert laPpel aux conseils de justice, pour les causes les plus §raVes, civiles et criminelles, qui concernent les Euro-Peens; elle surveille l’administration de la justice dans t°ute l’Inde néerlandaise.
- depuis 1839, on a proclamé pour la population européenne le code civil et le code commercial empruntés à ^ métropole, qui les avait elle-même empruntés à la rance quand un Français était roi de Hollande.
- N est-il pas admirable de voir notre droit moderne Rendre son empire civilisateur dans les parties les plus Peignées de la terre, grâce à l’esprit libéral du gouverne-tt^nt des Pays-Bas?
- Uans la capitale des possessions néerlandaises, une aute cour militaire est instituée pour juger les princi-P^Ux délits et les crimes' de la flotte et de l’armée.
- Une cour générale des comptes revise et juge la ges-financière de tous les fonctionnaires publics.
- Rapports du gouvernement et des religions.
- L islamisme est la religion presque universelle de l’ar-cuipel indien. J’ai déjà dit que le gouvernement européen la respecte; il commande aux ministres protestants, anisi qu’aux prêtres catholiques, une extrême circonspec-afin de ne jamais inquiéter les mahométans et'leurs ^0Hahs. La paix subsiste de ce côté, parce que les pou-Voi* européens exigent sérieusement qu elle ne soit pas *r°nblée par les écarts d’un propagandisme imprudent.
- Ues Néerlandais se tiennent pour satisfaits de letat eco-j^niique, social et religieux de Java; ils ne croient pas que e christianisme y puisse avoir quelque chance de succès
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- en présence de l’islamisme, qu’il faudrait avant tout déraciner. Us sont persuadés que l’opiniâtreté musulman repousse invinciblement la propagande chrétienne.
- A Java, l’Islam n’a pas, comme en Turquie, le funeste effet d’amoindrir la population; car le nombre des hab1' tants s’accroît avec une rapidité merveilleuse.
- On a comparé le sort nonchalant et plus doux que' prouvent les indigènes chrétiens des Philippines avec h destinée qu’on peut trouver trop laborieuse des indigent musulmans à Java; un habile administrateur des Pays' Bas, M. Baud, répondant à ce reproche, disait quen définitive le travail est pour l’homme du peuple p^uS moral à Java que l’oisiveté ne l’est chez l’habitant des Philippines.
- S’il faut en croire les Hollandais, dans les MoluqueS,i où l’on trouve des indigènes catholiques, autrefois cofl vertis par les Portugais, le domestique musulman eS^ préférable au chrétien ; celui-ci se croit l’égal de son maître » obéit plus mal et déploie des penchants plus vicieux. d’être juste, ajoutons que ce sont des protestants qul portent un tel jugement, et qu’il s’agit des catholiques-
- L’état actuel des croyances religieuses à Java présent pourtant des dangers, sinon sérieux, au moins beaucoup trop fréquents. Voici ce qu’à cet égard avouait M. BaU lui-même, devenu ministre des colonies à la Haye, aPreS avoir été gouverneur général dans l’Inde.
- « L’ignorance générale et la superstition du peuple Java rendent malheureusement facile de le porter à soulèvements partiels. On y parvient d’ordinaire par moyen d’un prêtre et d’an rêve ; or comme il y a beaü coup de prêtres et que l’on peut toujours rêver, ce\^ pour nous un danger permanent. Lorsque je gouverné5 la colonie, j’ai vu deux de ces mouvements assez bizan
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- j1 jour on vint me dire que tous les habitants d’un district
- sPaient mis à construire une route, et la dirigeaient vers
- sommet d’une montagne; j’envoyai voir : un prêtre avait
- lev® qu’un de leurs saints devait descendre sur cette mon-t
- agOe. Une autre fois on aperçut une population entière qoi s agitait d’un mouvement extraordinaire. Les hommes passaient les uns aux autres, sans discontinuer ni jour nuit, un amas d’ossements, au milieu desquels figurait ^Ue tête de bœuf : un prêtre avait rêvé que, si cette tête Juchait la terre, une grande calamité fondrait sur l’île.
- nen faut pas davantage, à Java, pour mettre sur pied toute la population d’un district. »
- tels faits ne montrent-ils pas qu’il est utile d’éclai-rer le peuple et d’épurer ses croyances, même à Java?
- L’islamisme en présence de la vaccine.
- Parmi les soins qui font le plus d’honneur au génie des ^ollandais, signalons leurs elforts pour introduire dans eui's colonies orientales l’heureuse pratique de la vac-Cl0e. Malgré les ravages nombreux que faisait éprouver a petite vérole, les préjugés des prêtres musulmans profitaient un obstacle insurmontable. A leurs yeux, c était ^Sülter le fatalisme que de prétendre agir sur le sort des Ployants qu’Allah destinait à succomber sous ce fléau. esprit éminemment pratique des Hollandais découvrit
- moyen plus simple et plus efficace que la discussion, S* rarement heureuse à combattre des préjugés et des superstitions. L’autorité publique chargea les mollahs e protéger la pratique de la vaccine, en leur assurant l|ne rémunération par individu vaccine; la fatalité céda 1 eyant l’intérêt bien mis en œuvre, et 1 humanité fut
- Servie.
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- Premiers gouverneurs généraux des possessions hollandaises au xix* siècle.
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- Nous sortirions des justes bornes en faisant connaître tous les genres de services rendus par les divers gouvef' neurs généraux des îles néerlandaises depuis l’origine du siècle; nous nous bornerons aux faits essentiels qui coU' cernent les plus éminents administrateurs.
- Le général Daendels.
- Lorsque la Compagnie des Indes remit ses pouvoirs et ses intérêts entre les mains du stathoudérat, les Pr°' vinces-Unies touchaient à des révolutions funestes qui ne permirent d’adopter aucun système amélioré sur l’acbu1' nistration des finances, ni sur la culture et le commerce des possessions asiatiques.
- Dix ans après, la république Batave était devenue Ie royaume de Hollande, avec le roi Louis-Napoléon Bona' parte pour souverain. Le général Daendels fut envoyé par ce prince pour gouverner les îles orientales. Il exatfiina d’un coup d’œil exercé la défense générale de Java; malS il ne fit guère qu’indiquer des travaux qu’il eût été bon d’entreprendre.
- Il arrêta particulièrement ses regards sur la situation stratégique et sanitaire de Batavia.
- Il voyait la rade boimée par une zone d’alluvions ina' récageuses et pestilentielles, qu’un sauvage de la Polynésie a si bien surnommée la terre qui tue. Au delà comme*1^ à s’élever, par une pente insensible, la plaine aux befieS cultures, qui se déploie jusqu’aux montagnes.
- La Compagnie hollandaise avait établi, sur les petite5
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- AJ
- es de la rade, des ateliers de carénage et de radoub, des îïlagasins propres à recevoir des munitions navales et des Cargaisons. La mer basse découvre sur les abords du lit-toi^l et des îlots une vase mêlée de détritus animaux, jfu Un soleil brûlant décompose et réduit à l’état de putré-ctl°n. La partie intérieure de la rade reste ainsi plus misaine que ne l’était.la ville aux xvn® et xvnf siècles, depuis l’époque où la Compagnie a jeté les fondements e Batavia, cette zone d’alluvions a séparé la cité de la îïleî> dans une étendue d’environ deux kilomètres. Il faut auJ0urd’hui que deux longues jetées encaissent la rivière Jdiwong, qui traverse la ville; elles s’avancent de plus Uri kilomètre, dans la rade.
- Les 1808 le général Daendels conçut le projet de
- s°üstraire à l’insalubrité la plus mortelle les habitants de
- c®tte capitale. Il rasa les remparts de la ville et ceux de la
- cÙadelle qui les commandaient du côté du nord. Il dé-
- k>tirna la rivière qui traversait la cité, afin qu’elle ne
- ch
- du
- arriât plus dans les canaux urbains, ainsi quà 1 entrée port, ses alluvions pestilentielles.
- L’invasion des Anglais et leur séjour, de 1811 à i8i5, permirent pas de continuer ces grandes améliorations S’exécuter les autres plans du général Daendels
- *U
- Lû seulement après le retour de la paix generale qu il ^evint possible d’y songer.
- Administration du comte Vàn der Capellen.
- Après la restitution des possessions hollandaises, le klemier gouverneur qui vint au nom du nouveau roi des ^aYs'Bas gouverner les îles océaniques fut M. Van der japellen, qui les administra de 1816 à 1826.
- Ln reprenant la pensée du militaire éminent qui lavait
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- précédé, ses premiers soins furentde transporter le pa' lais du gouverneur et les hôtels des principaux officiers, el les casernes qu’exigeait une garnison considérable, à cin<J kilomètres de distance. 11 les plaça sur un tertre assez éle^e pour que le sol rTy présente qu’une terre franche, saïlS alluvions pestilentielles, et par là même affranchie d’exha' laisons délétères.
- La ville antique est aujourd’hui bien diminuée. Il ne reste d’intact que l’ancien quartier chinois appelé Campong• Deux années avant le terme de l’administration Van à&1 Capellen, on a fait de Batavia le recensement qui suit :
- Population de Batavia en 182à.
- 3,02 5 race européenne.
- 23,oi 8 Javanais ou Malais.
- 14,708 Chinois.
- 601 Arabes.
- 12,4J 9 esclaves.
- 53,771 non compris la garnison.
- Le nombre des esclaves est beaucoup diminué dep^ 1824. A cette époque même il était déjà fort rédujt* Bientôt, nous l’espérons, il disparaîtra tout à fait.
- Nombre des esclaves à Batavia.
- Années.... I 1780 I 1824 i84*
- Esclaves... | 17,000 j 12,419 5,o4o
- Ces esclaves proviennent des Célèbes ou de Bali; ^eS Européens seuls les possèdent, parce que les indigeIieS javanais ont pour l’esclavage une aversion innée. L^lir obéissance aux Européens n’en a que plus de mérite.
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- Nouvelle-Batavia.
- Le nouveau palais du gouverneur général est érigé sur Uïl tertre proéminent; il réunit la grandeur des propor-^ons à la simplicité des ornements, j L^ans cet édifice on voit une vaste galerie qui contient s portraits, rangés suivant l’ordre chronologique, de ^arante-huit gouverneurs de l’archipel néerlandais. Cette §aWie fait voir combien, en deux siècles et demi, et sur-tout depuis l’origine du xixe siècle, le petit pays batave a fournir d’hommes éminents par leur énergie, leurs taWts et leur profonde connaissance du cœur humain.
- A proximité du palais s’élève l’hôtel ou plutôt la villa 11 Résident, au milieu d’un jardin qu’envierait l’Europe. Autour de la ville gouvernementale se sont groupés les Cl[°yens les plus opulents de Batavia. Comme le£ riches Qegociants de Londres, ils se rendent dès le matin à leurs j^toptoirs de la vieille cité; avant le déclin du jour ils se I a^ent de partir et passent avec délices le soir, la nuit et
- * fraîche .matinée, dans les élégantes villas où résident eui>s familles, au milieu de leurs frais jardins.
- La nouvelle ville gouvernementale, appelée TVelte-est plutôt un ensemble de palais, de casernes, ^ edifices officiels et de maisons de campagne, entourés eparcs et de jardins. Dans cette cité, disséminée afin jDelle soit plus salubre et plus délicieusement habitable, es places publiques sont couvertes de fraîches pelouses, Par lesquelles sont évités les reflets brûlants du sable 0l\ pavé; les communications sont établies par des °ies macadamisées, entre des rangées de beaux arbres,
- * par des canaux où coule une eau vive, pareillement c°Uverte d’ombrages.
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- »
- Toute la coquetterie que la modeste Hollande met a soigner avec tant d’art ses petits jardinets, entourés de planches peintes, auprès de ses villes de brique dont l’architecture est si simple, cette innocente coquetterie nous la trouvons transportée, mais agrandie, dans le séjour de l’opulence orientale; elle emploie ses talents pon1 modérer plutôt que pour exciter la végétation luxuriante de la terre la plus féconde, sous un soleil de l’équateur*
- Ajoutons que la mort qui ravageait, avec sa faux tropicale, la marécageuse Batavia, la mort respecte la cite nouvelle, où la vie humaine a conquis les proportions des cités européennes; conquête admirable, obtenue par le génie de la civilisation moderne.
- Ce résultat suffit pour honorer la mémoire du général Daendels et du gouverneur Van der Capellen.
- A Batavia, la langue française est parlée dans les salons; elle est déclamée, elle est chantée sur le théâtre. Ce théâtre, dans les jours de fête, a tout l’éclat d’un spectacle européen : on se croirait aux grandes représentations de l’Opéra dans Londres ou dans Paris.
- Il faut citer un contraste remarquable signalé sur Ie5 lieux par le jugement de brillants officiers français, ceS Rhadamanthes rajeunis, qu’en aucun hémisphère ne récuserait le sexe le plus ambitieux d’être jugé; je veux dtfe d’être jugé comme Scipion se jugeait lui-même au Cap1' tôle, lorsqu’il rendait grâce aux dieux de ses succès et de sa gloire.
- En comparant tour à tour les beautés européenne des Philippines et de Java sorties des Pays-Bas et de l’Espagne, puis celles de la Tartarie et de la Chine, voicl les différences remarquées par un grave jury français preS de finir son tour du monde.
- Ces physionomies si puissantes des femmes qu’on ad'
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- des
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- Iïllre aux rivages de l’Andalousie, ces nobles figures aux ^ands yeux noirs si pénétrants qu’on les dirait empruntés J Afrique, ces carnations veloutées, moins brunies que ^tifiées par le soleil de Séville ou d’Algésiras, les belles gures espagnoles perdent bientôt sous le ciel énervant es tropiques leur éclat plein d’énergie. Par degrés ra-Pl<^es, la vivacité de leur regard s’affaiblit et s’éteint, le j^ftiiillon du jeune âge disparaît de leurs joues, de leurs evres même, et le miroir de leur front est sillonné de rides prématurées.
- Un effet bien différent est produit sur la peau lactée gracieuses et calmes Bataves, aux regards moins belli-^cux et moins incendiaires. La primeur d’un embonpoint ^Une température ardente a seulement le pouvoir d’arrê-en de justes bornes, comme une fleur persistante qui accroîtpas au milieu du jour son épanouissement matinal ; es charmes reposés, on dirait presque fixés au sein du Printenips, résistent aux destructions d’un climat qui dé-^0re des attraits plus combustibles; malgré l’impatience j es feux du tropique, le pur vermillon de leurs lèvres, r°se même de leur teint, gardent leur frais coloris : ^°mme si l’océan de l’Inde avait fait place à l’océan du Uyderzée, pour conserver dans la primeur de sa beauté ^Uadyomène du Nord.
- U faut en convenir avec nos jeunes marins, en pré-SeUce de ces attraits reposés comme une fleur aux douces IÎUarices de nos climats tempérés, la face cuivrée des Ja-^aUaises et le jaune mat et les yeux rentrants des Chinoises Q^re des pommettes tartares, ces attraits de l’extrême ^rient ne répandent qu’un éclat qui pâlit devant des eautés immortalisées par le pinceau des Van Dyck, des der Werf et des Rubens.
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- Progrès du gouvernement hors de la capitale.
- Suivons maintenant, hors de la capitale, le sage & fructueux gouvernement du comte Van der Capellen.
- U fit servir sa prudence et son énergie à rétablir l’aU' torité hollandaise dans les îles nombreuses qui, depulS 1811, avaient subi le joug précaire de la Grande-Bi’e' tagne. 11 eut à triompher de révoltes nombreuses à Bornéo» à Célèbes et dans les Moluques; il eut à lutter surtout dans l’île de Sumatra.
- Un observateur sagace, le commandant de la Bayon-naise, qui visitait l’Archipel indien il y a dix années, disait avec raison , Sumatra est l’Algérie des Indes néerlandaises-Il y faut lutter contre les éléments épars d’un gouverne' ment fédéral, et contre un peuple étranger à toute hie' rarchie. La sédition, ameutée par le fanatisme et paf de longues habitudes d’indépendance, y couve toujours quelque part. Aussi l’occupation de cette île a-t-elle eU pour conséquence une guerre incessante, dont les péril5 et les succès ont fondé les belles réputations militaires qui sont aujourd’hui l’honneur de l’armée des Indes.
- Ce qui rendait à Sumatra la lutte pénible, c’était U présence des Anglais, qui, du comptoir de BencouleU* attisaient la discorde, et qui continuèrent leurs mau' vais offices jusqu’à la conclusion du mémorable traite de 1 82 4.
- Ce traité, vraiment louable dans son objet principe divisa l’Inde en deux parties essentiellement distinctes. A l’Angleterre, il réserva le continent asiatique; aux Payf Bas, l’archipel océanique. En conséquence, les Hollandais évacuèrent la péninsule de Malacca et leur comptoir de Ceylan dans l’Hindouslan; les Anglais, en revanche, aba*1'
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- °nnerent l’île de Sumatra et remirent Bencoulen à leurs r*vaux.
- ^est dans Java que les Hollandais devaient obtenir les Ptas merveilleux résultats de leur nouvelle administra-^l0n- C’est là qu’ils eurent d’abord à triompher de la ré-e*hon la plus formidable. Diépo-Nigoro, le tuteur d’un ^dtan de cinq ans qui régnait à Djokjokarta, secoua le J°ug européen. Habile dans l’art de faire appel à tous les préjugés indigènes, ainsi qu’au fanatisme de l’Islam, il Soutint une guerre de cinq années, qui coûta 12 mil-10rîs et ï 5,ooo soldats à la Hollande.
- Premières idées d’an système de culture perfectionné.
- Uette lutte acharnée fit sentir le besoin de gagner la c°ufiance des princes natifs, ainsi que des prêtres mu-Sulmans. On identifia leurs intérêts avec ceux des Euro-Peens, en faisant d’eux, si je puis employer ce langage, es Partenaires dans les produits du travail agricole et ^ns les ventes commerciales.
- Quand, au xvme siècle, la Compagnie des Indes hoî-aodaises avait imaginé d’obliger les Javanais à cultiver le pour son compte, dans la grande et fertile province Ces Préangers, elle avait fixé le nombre des caféiers que c*aque famille devait planter et soigner. Sous cette diction étroite et méthodique, l’île produisait en café millions de kilogrammes au plus, et la compagnie
- *îen ^tirait tfo
- Üb
- ^ ----^ que 1,200,000 francs de bénéfice. Cette re-
- ^ance tenait lieu d’impôt au cultivateur, qui disposait
- rement de tout le reste de sa terre. Un tel système, émique amélioré plus tard, laissait beaucoup à désirei ^ gouvernement, qui remplaçait la Compagnie, et le Paysan ie trouvait oppressif.
- ïnthodoction. — 11. 20
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- Travaux progressifs des derniers gouverneurs.
- , On voulut à la fois alléger le fardeau, varier, agrandi les cultures coloniales, et donner, au cultivateur même i un nouvel intérêt aux progrès futurs.
- M. le comte du Bus de Gisignies, qui gouverna & 1826 à i83o, tenta quelques essais d’un nouveau sys' tème dirigé par de telles vues ; mais ce dessein ne fut accompli dans toute sa grandeur et conduit à la pel' fection que par le comte Van den Bosch, qui gouvern3 de i83o à 1833. Nous expliquerons avec soin celte œuvfe admirable.
- Les perfectionnements administratifs, l’extension de ^ puissance politique et les progrès de toute nature ont ete poursuivis avec constance par les gouverneurs subse' quents. Entre ceux-ci, nous citerons le comte de HogeI1' dorp, M. Baud et surtout M. de Rochussen. Ces deux der niers, doués d’un talent supérieur, sont devenus ministre du royaume des Pays-Bas; et le dernier l’est encore> Avant d’aller plus loin, expliquons les rapports de ^ Néerlande et de l’Angleterre, et la force défensive que ^ tension de ces rapports conduisit à développer.
- Nouveaux rapports des Hollandais et des Anglais dans l’Inde.
- Par le traité de 181A , qui suivit la paix générale, l^11 gleterre gardait pour elle : i° trois colonies de la Guyane’ Berbice, Esquibo et Demerari ; i° le vaste établissent du cap de Bonne-Espérance ; 3° la grande île de Ceylal1’ elle rendait aux Néerlandais le reste de leurs possesst capturées; enfin elle échangeait contre leur comptoir ^e Cochin file de Banca. Ainsi disparaissaient des rivt
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- Hlindoustan les Hollandais, qui jadis avaient devancé eurs rivaux sur le continent de l’Asie.
- 1818 à 1821 les Hollandais avaient mis une grande Vl§Ueur à s’assurer la souveraineté de Palembang et du *erritoire circonvoisin dans l’est de Sumatra. De 1821 à
- j O »
- 2 4,trois autres années furent employées à discuter s c°nditions du traité déjà cité, conclu, le 27 mars 1824, les soins de G. Canning, ministre des affaires étran-^eres, et de W. Huskisson, ministre du commerce. Ce *raile repose sur deux principes, la séparation des terri-toires et l’extension du commerce.
- Au bout de quelques années, le plus fort a profité de Ceftains passages qu’on pouvait interpréter diversement expliquer à son gré ces principes. Hâtons-nous de le re> aussi longtemps qu’ont vécu les deux illustres au-^ tsdu traité, l’application qu’ils en firent ne cessa pas etre bienveillante et modérée.
- ^ t'ar cet acte les Hollandais cédaient à l’Angleterre l’étalement de Malacca, le seul qu’ils possédassent encore r le continent de l’Inde; l’Angleterre leur cédait en se ^ Hencoulen, le seul établissement quelle eût con-dans l’archipel oriental hollandais, j Avenir, selon le traité, les Anglais ne formeront ^Us ^ etablissement dans Sumatra ni dans aucune des îles Malacca; ils ne contracteront aucun 1 e ^e commerce avec les chefs indigènes.
- . .11 sujet des autres îles qui ne sont pas au midi du dé-^ » le traité stipule seulement qu’aucun établissement j, Ve(w ne peut être formé par les agents de l’une ou de nation, sans avoir obtenu l’autorisation des gou-^einents qui résident en Europe. q e pins il est interdit aux Hollandais de transmettre à autres puissances aucun des postes qu’ils occupent déjà.
- 20.
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- S’ils les abandonnent, le droit d’en devenir possesseur
- passe à l’Angleterre : reversion sans réciprocité !
- La pensée dè cette puissance était d’empêcher ses riv^ de se constituer une suprématie politique illimitée dans l[ir chipel indien; en même temps elle voulait se préparer deS éventualités pour y devenir quelque jour la puissance pt'^° minante.
- Les deux puissances contractantes, est-il dit expresse ment, se sont communiqué les traités qu’elles ont cou dus précédemment avec les États indigènes, afin qu^s soient, dès le principe, reconnus et respectés : artide capital, qui trouvera son utile application.
- Enfin dans toutes les îles, excepté les Moluques, °u subsiste pour la Néerlande le monopole des épices, 1eS Anglais jouiront d’un libre commerce, en se conformé aux lois. ,
- Aucune des stipulations n’est devenue matière à à$e rend pour ce quelles exprimaient ; c’est au contraire suJ ce quelles n’expriment pas que le plus puissant a ^ naître des difficultés subséquentes.
- Longues difficultés commerciales entre les deux puissances.
- Dès 1816 les Néerlandais rentrent en possession de leur archipel indien, en accordant à tous les peuples ^ liberté de commercer pour toute espèce de marchandise' moyennant les droits de leurs tarifs; ces droits, à fegar des tissus de coton, montaient à 1 6 pour cent ad valorem Les produits d’origine métropolitaine étaient, sui^nt l’usage universel, exempts de tous droits d’entrée.
- En 182/1 le gouverneur général, ignorant la condLl sion du traité, avait élevé la taxe d’entrée sur les tissus étr*0 gersà 2 5 pour cent. C’était le taux établi, ctpoarlongtefflP*’
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- 9U* États-Unis. M. Canning se plaignit; la Néerlande jus-
- îlf'
- Ufia
- d
- cette opération, et l’Angleterre cessa d’insister.
- Neuf ans après, en 1833 ; lord Palmerston, ministre
- es affaires étrangères, procède par d’autres voies que ^ illustres devanciers. Il fait sommer la Néerlande à titre j6 traÜé violé, pour quelle abaisse ses taxes d’entrée dans es ports orientaux. Il forçait pour cela l’interprétation du . > en prétendant qu’un texte qui pariait seulement de
- suJets et de navires, par le mot sujets voulait dire mar-nc^lscs. La Néerlande invoqua l’assentiment tacite de • Manning à la seule explication plausible; citons la ré-J^nse du cabinet de la Haye : «Les auteurs du traité de MM. Canning et Huskisson, n’ont voulu qu’appli-leur grand principe de l’abolition des droits differen-s entre les pavillons. C’est ainsi que le traité a été en-911 Par eux tant qu’ils ont vécu ; et, jusqu’à ce moment, ngleterre n’avait pas encore manifesté l’intention de s- Us forcer à renoncer à une liberté quelle se conserve Ptecieusement, même en Europe : celle de réqler ses pr°Pres tarifs.»
- tio exP^ca^on resta pendant huit mois sans objec-^ ^art rAnSleterre^ ma^s Ie même homme at ayant quitté, puis repris les affaires, donne un si-^ Nouveau de sa présence. Il but signifier aux Néerlan-j b ffu’ils aient à transmettre sans délai des ordres à r Va Pour obéir à ses injonctions précitées; il veut qu’on j des droits, lesquels, à ce qu’il affirme, sont in-erïlent perçus depuis dix ans sur le commerce britan-l’a^6 défait une demande toute nouvelle, et dont Indication, improvisée, devait atteindre le chiffre énorme p moins cinquante millions de francs.
- la première fois un ministre, stipulant sur les Ps Uiêmes où ses prédécesseurs n’avaient rien réclamé
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- comme dette, fait en quelque sorte rétrograder la dufee de son ministère jusqu’à la signature du traité dont & innove ainsi l’interprétation.
- Afin de prévenir désormais toute difficulté, les Hofis®' dais feront pour l’avenir ce qu’on leur demande impe' rieusement; ils ne taxeront pas les produits anglais à du double des produits néerlandais. En conséquence, ^ imposent 121/2 pour cent de droits sur les tissus de cotefl importés de la métropole dans les îles asiatiques : c’et^ la moitié des 25 pour cent, taxation qu’ils ne voulai6llt pas réduire à l’égard des cotons étrangers.
- En annonçant cette concession, le cabinet de la Baye ajoutait : «Le gouvernement hollandais a pris, avec aU tant d’étonnement que de regret, connaissance de ^ note de M. J*** (c’était la note remplie de menaces)' Lorsqu’il s’élève une discussion sur le sens d’une conv611 tion, la puissance qui, à l’occasion des plaintes porteeS contre elle, vient de développer les motifs de son 0P* nion, semble pouvoir s’attendre à cette alternative : ou l’autre partie y acquiesce, ou bien quelle cherche a réfuter. Mais la reproduction pure et simple des grie^’ tandis que l’argumentation employée à les combattre rerl contre l'accueil du silence, paraît se concilier difficile#*6 avec les égards que les gouvernements ont coutume de se témoigner.
- «Du reste, bien que l’article 11 mentionne uni*!116 ment les sujets et les bâtiments, et non les marchandise’ le gouvernement des Pays-Bas, dans le désir de mettre terme à une discussion pénible, consent à appl#îlieI; ^ l’avenir, et aussi longtemps gue l’industrie de ses sllJ n’exigera pas une protection plus efficace, aux marché dises, les droits proportionnels exprimés dans le t1^ par rapport aux sujets et bâtiments. »
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- Le plus puissant ne semble pas touché d’une conces-?0n evidemment arrachée de vive force au plus faible.
- en. ant un an, par des notes plus pressantes et plus menantes les unes que les autres, il réclame, il exige pour j Passé les cinquante millions que la Néerlande, en citant e texte du traité, déclare sans cesse ne pas être dus! j milieu de cette effrayante obsession , les avocats de j c°Uronne d’Angleterre sont consultés par le Cabinet ; ^ main sur leur conscience de magistrats, plus difficile ^ orcer que le sens d’un traité violemment torturé, ils dé-rerit aussi que l’indemnité nest pas due...
- Nous sommes heureux de témoigner ici la vénération Profonde que méritent les jurisconsultes d’un grand em-Plle> solennellement invoqués. Nous voudrions pouvoir ^outrer, et nous le ferions avec le même empressement, vénération méritée par un ministre qui n’avait pas COîUmencé par consulter, sur le droit contesté, les avo-
- Caf j 1
- s ue la couronne. Il serait trop pénible de penser que abstention, si prolongée, n’ait eu lieu que pour épou-la * ^ Gn consc*ence un État faible, à qui les oracles de Justice devaient enfin donner raison.
- ^ Expliquons maintenant une autre difficulté. A force mtelfigence et d’activité les Néerlandais développent ad-ahlement leurs importations nationales dans le grand ^mpel de l’Inde : tel est le grief. Or voici comment, au I ue la Chambre des communes, l’esprit mercantile se ce^ente ^ ce sujet- ((En i83o, dit un représentant de esprit, nous devions raisonnablement espérer que (j°.Us Mériterions de la fourniture des colonies néerlan-^lses, attendu que la Néerlande n’avait pas d’industrie t eMe. Mais, chose impossible à prévoir, elle s’est créé e lndustrie tout exprès pour approvisionner ses posses-de l’ffide.,
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- Sur ce point, dès le 6 avril i84i, réclamation dipl°' matique de la part de l’Angleterre. La Néerlande se justifie au sujet du singulier reproche qu’on lui fait: que le con*' merce anglais dans les Indes néerlandaises est opprimé • et que ce commerce est, depuis 1824, victime d’un esprit d’hostilité systématique ayant pour terme la ruine. E11 particulier, prétendait-on, les tissus de coton britannique5 étaient écrasés par l’inégalité des droits. Nous devoir donner la réponse que l’accusée s’empresse de faire à ces incriminations; elle présente purement et simplement les comptes comparés des cotons fournis par les cleu* puissances depuis 1837 jusqu’à 1839. ‘
- L’état qui suit montrera combien l’ambition triomphes commerciaux peut s’offenser contre le droit naturel qu’a chaque peuple de favoriser avec modératio11 la prospérité de sa propre industrie.
- PARALLÈLE JUSTIFICATIF DES COTONS OUVRES, D’ORIGINE ANGLAISE OU NÉERLANDAISE, ENVOYÉS À JAVA DE l837 X ï83ç).
- FABRICATIONS. DE HOLLANDE. d’aegletebe®-
- 1° Valeur des tissus anglais envoyés directement francs. francs.
- " 18,139,500
- 2° Envois de Hollande, tissus qui comprennent en fils 15,637,500
- anglais *
- 3° Valeur des tissus hollandais, en déduisant les fils
- anglais pour 22,061,385 *
- Valeob réello des cotons provenant de chaque nation. 22,061,385 33,777,000
- g r |
- Ainsi les organes de l’Etat le plus opulent se lamente* et s’indignent; ils parlent de l’oppression que subit 1111 dustrie de ses cotons, industrie qui vend à Java p°lU
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- DES NATIONS.
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- a,777>00° francs de ses fils et de ses tissus, lorsque ies ^ irlandais ne vendent des leurs que pour 22,061,385 ancs; c’est-à-dire, en d’autres termes : le plus fort se r aint que le plus faible ne se laisse surpasser que de Moitié dans ses propres îles!
- ^ En se justifiant, la Néerlande revient sur la différence es ^5 pour cent que payent les produits anglais, oppo-^es aux 12 1/2 qui frappent les produits nationaux. Elle u observer que ies fils de sa fabrique lui reviennent de 12 p l3 pour cent plus cher qu’aux tisserands britanniques.
- ar là, dans la réalité, disparaît l’avantage que semblent av°ir dans les ports de Java les tissus de la Néerlande.
- On fait valoir encore un autre grief. Le Gouvernement a roi Guillaume est? accusé d’exclure le commerce anglais tous les ports où les Pays-Bas étendent leur domina-tlÇ)n. Pour prouver le contraire, on fait passer à Londres d’un traité conclu récemment avec le prince de ar*ibi, puis on ajoute :
- <(Il est impossible au gouvernement des Pays-Bas de Partager l’opinion qu’un article, le septième du traité de aurait ouvert au commerce britannique tous les P°rts de l’archipel indien, à l’exception de ceux des Mo-U(îues. Il n’a ouvert et ne pouvait ouvrir que les ports où s? trouvent des bureaux de douane, laissant les autres frservés au cabotage. C’est un usage que veut la nature ^rtie des choses; usage qui n’a jamais cessé d’exister à aVa‘> usage qui depuis longtemps est à la parfaite connaissance du gouvernement britannique et que ce dernier ^ait observer lui-même, en cette île, lors de sa conquête; ^age auquel les bâtiments hollandais sont soumis aussi que les navires étrangers. Enfin le nombre des ports Uvei>ts au commerce européen, loin d’avoir ete restreint, ^ considérablement augmenté. »
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- Tant de plaintes portées, sans intermittence, contre tous les actes du gouvernement néerlandais dans les Indes orientales, faisaient redouter que le ministre qui les iW' tipliait ainsi n’eût en perspective quelque projet sériel contre l’avenir d’un admirable archipel. Chose encore plus inquiétante, ce ministre ayant quitté le pouvoir» lorsque le Cabinet dont il faisait partie se retira, leS interpellations, les exigences, les récriminations coflti' nuèrent quelque temps, «inspirées, dit le document ou je puise ces faits, par un esprit de violence et d’inch' gnation contre la prospérité de ce nouvel empire, c[ul s’élevait en face des Indes anglaises, alors abaissées et souffrantes. »
- Au lieu d’admettre que cette continuité fût entrée da*)S l’esprit de la nouvelle administration, nous croyons plu*0* que c’était simplement le mouvement continué par la' gent accrédité près de la cour de la Haye, qui n’avaù pas pu tout à coup se ralentir et se modérer.
- Offre magnanime que fait Guillaume II à la Grande-Bretagne.
- Au plus fort de ces discussions, que les amis des deü* nations ne pouvaient trop déplorer, dans les premier mois de j 8/12, le roi Guillaume II fait une offre où l0*1 reconnaît un caractère généreux, une politique à la f°lS intègre et libérale. Dès qu’il apprend la destruction de l’armée anglaise dans l’Afghanistan, il met à la dispos1' tion de l’Angleterre toutes ses forces de l’Inde. La fier^ britannique refuse, mais sans pouvoir méconnaître noblesse et la sincérité des intentions d’un tel allié. Guü laume, on peut Je supposer, espérait du moins qu’il op posait un obstacle moral, celui de la reconnaissance, atl désir possible des Anglais : le désir de profiter un jour d11
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- DES NATIONS, établissement de leurs affaires en Asie afin d’opprimer Celles des Néerlandais au sein des mers orientales.
- Dans tous les cas, l’offre de Guillaume II était d autant plus magnanime qu’en 18A2, comme on va le voir, ses c°lonies orientales étaient déjà mises dans l’état le plus formidable de défense.
- La vraie gloire de l’Angleterre en Orient.
- les
- n’h
- site
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- Au lieu de mettre sa gloire à propager la peur chez ;s peuples faibles, afin d’en obtenir des concessions que |honorent pas toujours l’équité, la modération, la genero-un rôle plus beau peut être celui d’une des nations, 01 ères, que leur génie appelle à peser sur les interets ^es deux mondes; de la nation dont la prépondérance ^contestée s’étend à toutes les mers, intimide tous les llyages et s’ouvre, par les arts, tous les continents : que Ce soit aussi par la justice et la grandeur d’âme.
- A l’égard de la Néerlande, un devoir plus strict est im-P°sé par la reconnaissance. Lorsque la paix sociale et la merté de conscience, garants sacrés des autres libertés, paient la Grande-Bretagne, elles ont été ramenees par ^ Statbouder, un conducteur d’Etats, le plus impassible es hommes, clairvoyant et clément, intrépide et me-slJre, défendant de pair les droits du trône et des sujets, jaèenant la victoire sous les drapeaux et sous les pavil-0ns de l’Angleterre en lutte avec le plus puissant des r°*s> et commençant par la victoire l’ère immortelle d un gouvernement pondéré qui, depuis cent soixante et dix j^*s> fait la fortune et la grandeur de 1 Angleterre. Gcs *eufaits sont greffes sur les vertus d un Néerlandais.
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- x Appréhensions persistantes de? Néerlandais.
- Nous n’avons voulu présenter qu’un faible aperçu, très' incomplet, mais très-impartial, pour expliquer l’effr01 qu’avait causé chez les Néerlandais cet enchaînement ée plaintes, de prétentions et d’exigences qui se succédaient sans relâche, au milieu du mouvement d’expansion quun célèbre et brillant ministre imprimait à l’interférence britannique sur tous les points de la terre. L’éminent narrateur que j’ai pris pour guide achève en ajoutant la profondeur à la naïveté : a Par suite des embarras que Ie système de ce ministre avait fait naître de toutes pal pour l’Angleterre, le gouvernement néerlandais était moins inquiet dès 18/12; néanmoins il n’était pas com plétement rassuré. » Peut-être maintenant fest-il un pel1 davantage. *
- O JL
- Les inquiétudes occasionnées par la vaste ambition les conquêtes continues des Anglais en Orient avaient sus cité des terreurs accrues sans cesse depuis le traité ée 182/1, qui semblait devoir y mettre un terme; elles furent portées au plus haut point en 1 840.
- Par un contraste remarquable, lorsque la Néerlan^e sentait augmenter ses craintes â l’égard d’un grand Lta chrétien, sa sécurité s’accroissait dans ses rapp°lts avec les musulmans soumis à scs armes, avec des p° pulations auxquelles le nouveau système de culture et de commerce procurait un bien-être de plus en p^uS grand.
- O 1 «-î
- Ainsi que Je disait à si juste titre le ministre Van n Bosch, le gouvernement des Pays-Bas était, pour les Java nais, le seul gouvernement dont les combinaisons cüS sent fait concourir â l’enrichissement de la métropole 1
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- Prospérité, la satisfaction et la fortune croissante des populations indigènes.
- Malgré l’appui que les Hollandais étaient en droit d’es-Peier des Javanais, dont ils satisfaisaient à la fois toutes sclasses, aristocratie, clergé, cultivateurs, ils n’en étaient Pas moins frappés de cette conviction, peut-être exagérée, Peut-être injuste : aussitôt que l’Angleterre croira que son ^térêt absolu lui conseille d’envahir Java, elle aura bien-son prétexte accoutumé, reproduit déjà par les jour-Uaux de l’Inde britannique, et répandu par ses hommes Jtat avec une affectation singulière; on flétrira la répu-jation morale du gouvernement hollandais, accusé par es grands dominateurs de l’Hindoustan de mal administrer es Populations.
- Lette conviction a suffi pour que laNéerlande repoussât ^plan séduisant présenté par le ministre Van den Bosch, 1 a° qui consistait à transférer sur Java la dette de la me-tr°pole. Les rentiers appréhendèrent qu’un jour leur ca-P^al ne se trouvât à la merci d’une invasion britannique.
- Moderne système de défense des possessions hollandaises.
- La Neerlande, au point de vue de ses possessions mises
- a ri du danger, doit au célèbre lord Palmerston une vive
- Connaissance. L’appréhension des desseins qu'on lui
- apposait a fait étudier, agrandir et conduire à terme un
- aste système de défense, dont la pensée naquit dès la resti-
- °o de l’archipel océanique au royaume des Pays-Bas.
- Lancienne Compagnie des Indes, tout absorbée dans
- ?S desseins commerciaux, si l’on excepte Batavia fortifié,
- a^aitrien fait pour une protection sérieuse de Java. Les lortiT . L r
- uications, peu considérables, entretenues en différents nts> suffisaient seulement pour résister aux indigènes.
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- A peine subsistait-il encore quelques fortins délabrés q111 remontaient au temps des Portugais, et quelques faible batteries érigées sur les côtes.
- Lorsque pendant un règne trop court, Louis, frère de l’empereur Napoléon, envoya le général Daendels à Java comme gouverneur général, celui-ci put seulement jet# la vue sur les travaux défensifs qu’il convenait d’exécuter* À peine son successeur allait s’en occuper, les Anglais de' barquaient en force. L’armée hollandaise ne comptait pa5 plus de 2,4oo soldats européens, avec quelques marin5 échappés de la flotte incendiée en 1806 par les forces brr tanniques. Les Anglais, maîtres de la mer, étaient arrives» en 1811, avec trente-trois bâtiments de guerre ayant a bord 1 2,000 hommes de débarquement; cependant ils 1)6 réussirent pas à prendre Java sans éprouver de grande5 pertes, dont le souvenir, soigneusement conservé, motivad l’espoir des Néerlandais dans leurs conceptions nouvelle5*
- Organisation et force du personnel défensif.
- En i84o, voici quelles étaient les forces des Néerlafl' dais dans l’Inde, forces régulières complètement aux ordreS du gouverneur général :
- Européens.
- 4,ooo
- Noirs de Guinée. I Indigènes.
- i,5oo J 7,500
- Total.
- 13,ooo
- A ces effectifs s’ajoutait un régiment de cavalerie, Ial' tillerie, le génie, l’intendance et le service médical-; en tout près de i5,ooo hommes. Disons quelques mots ces forces actives.
- Les Néerlandais, prudents avant tout, n’entretienne^ pas, comme les Anglais aux bords du Gatuge, des corp5
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- rl
- e troupes régulières qui ne soient composés que de sol-.f,® *ncdgènes. Dans chaque bataillon, les compagnies . l*e sont européennes, les compagnies du centre sont n(%enes. Si la Grande-Bretagne avait adopté la combi-j^ison que nous venons d’indiquer, les malheurs effroya-,es occasionnés par la révolte des Cipayes du Bengale duraient pas été possibles.
- ^ La Néerlande obtient, des petits rois nègres de Guinée,
- °° recrues par année; elle les engage pour six ans, au
- de 3oo francs par tête payés à ces roitelets. Comme
- e ^es traite bien, ils s’affectionnent à son service, et
- rïïient une troupe excellente. Dès i84o, elle voulait
- P01 ter cette force à 3,ooo hommes, et sa pensée était
- Pr°fbndément judicieuse; il faut la réaliser.
- j Les meilleurs soldats indiens qui sont incorporés dans
- es rcgiments mixtes appartiennent au peuple des Moîu-
- jL*es : race amphibie, qu’enhardissent dès l’enfance les pé-
- s de la mer. Jusqu’à ces derniers temps, on les trouvait
- ^ussi braves sans doute, mais d’une moins obséquieuse
- Scipline que les Cipayes britanniques; on ne leur trou-
- plus aujourd’hui ce dernier genre d’infériorité.
- fo ^°U^Lons pas de mentionner l’île d’Amboine, qui
- Urnit environ 3oo soldats chrétiens. Ils ont la même
- jjfy® que ]es §01^3^ européens, et reçoivent des souliers :
- sbnction que l’on n’accorde pas aux mahométans.
- ^ Les Néerlandais n’ont pas seulement, comme les Anglais,
- Rs Indiens promus aux grades de lieutenant et de capi-
- j.lïle; ds élèvent des indigènes au rang de major et de
- ^tenant - colonel. En même temps ils ont l’habileté de
- ^j®poser les services de telle sorte que nulle part, sans
- enser la hiérarchie, les officiers européens ne soient
- aces sous le commandement des officiers indiens.
- P
- JÏ1 cas d’invasion, l’on pourrait tirer parti de corps ir-
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- réguliers purement javanais. Ces corps, levés au beson1 par les princes du pays, ont pour armes les criks ou p01' gnards ondulés; ils y joignent la lance, longue de 3 ^ 5 mètres, sans compter quelques fusils. Au lieu de falfô face à l’ennemi, ces corps ouvrent leur masse, le laissent arriver, et le prennent en flanc; ils massacrent sans pltie tout ennemi qui s’écarte. Pour éviter d’être écrasés parune force supérieure, ces natifs savent prendre la fuite, n etf1' portant que leur fer de lance : le premier buisson de ba*11' bou leur procurera pour cette arme une hampe nouvelle aussitôt qu’il faudra recommencer la résistance.
- Les Javanais, timides quand ils sont seuls en rase cafl1' pagne, tiennent avec opiniâtreté derrière un remp9rt’ même insuffisant. Ils fournissent, quand il le faut, de Ÿe' tits corps d’une cavalerie légère trop habile à piller, n"15 très-incommode pour l’ennemi.
- En résumé, l’on peut ajouter à l’armée de l’arcbip^ les gardes sédentaires des villes néerlandaises, les miÜceS indigènes que les Résidents entretiennent dans chaque régence, et les corps auxiliaires formés par les princeS natifs.
- Si l’on réunit toutes les forces que nous venons di11^1 quer, on obtient un total qui s’élève aisément à lio,o°° hommes.
- Défense navale.
- A la force de terre il faut ajouter la marine milité6’ elle forme une escadre, que commande un contre-amir^' On y multiplie graduellement le nombre des navires à V9 peur, précieux à la fois pour le gouvernement et les p°Pü^ lations. Avec leur aide, on porte partout, quels que soie^ les vents alizés, le secours de la force navale.
- La répression de la piraterie est au nombre des servit
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- Rituels, et des plus importants, rendus par la marine élitaire. Les Hollandais, par amour pour le commerce Propriété, pendent les pirates qu’ils capturent. Les ûglais se contentent le plus souvent de réduire leurs cap-s a la condition de forçats : ils les font travailler aux °Uvrages publics, comme autrefois les Algériens faisaient Vauler les chrétiens qu’ils réduisaient en esclavage. Naturellement les pirates préfèrent, et de beaucoup, ce raiteiïient des Anglais à celui des Hollandais1. j H y a près de quarante ans, outre les beaux ports de ava sur la côte qui regarde l’équateur, on a découvert Ur |a côte opposée deux superbes ports. Centres de pro-.l0n > où peuvent mouiller en sûreté les plus grands aiSSeaux, ces ports ajoutent à la défense de file.
- Défense naturelle du territoire.
- A l'appui des forces vivantes que nous venons d énu-îïlerer, les Néerlandais, pour se défendre, comptent beau-^°up sur les difficultés et les périls opposés par la nature.
- es côtes de Java, dans leurs parties accessibles, basses et Yeuses, sont envahies par le mauvais air et les fièvres Pernicieuses. Voilà les premiers obstacles à l’invasion.
- 1-W large chaîne de montagnes traverse l’île dans toute Sa longueur, comme une épine dorsale. Elle s élève, certains points, jusqu’à 2,000 mètres au-dessus du ^eau de ja mer> Cette chaîne, aveç*ses escarpements, a^ec ses défilés et ses précipices, avec les forêts presque Impénétrables qui la couronnent, doit devenir le théâtre e la dernière défense. De ses flancs éleves se précipitent
- t)u ^°^ez à ce sujet les charmants récits du chevaleresque capitaine Osborn, ^ jeune et qu'il poursuivait des pirates malais avec une canon-re ^Ue montaient aussi des Malais braves et fidèles.
- Introduction. — n. 21
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- une foule de rivières, qui, dans la saison des pluies, p1’0' longent beaucoup leur partie torrentueuse, et, plus bas» inondent les plaines. Lorsque les pluies ont cessé, rester comme obstacles les canaux d’irrigation et les digues rivières. Au milieu des cultures sont disséminés des vil' lages nombreux, cachés et protégés par d’énormes haieS de bambous; on dirait le Bocage d’une Vendée! VoilàleS difficultés sans nombre qui peuvent seconder une défeuse à la fois intelligente et persévérante.
- Défenses empruntées à Vart.
- Sans s’opposer en vain au débarquement d’une grand6 force d’invasion, disons quel est le dessein desNéerlandalS‘ La puissance irrésistible de l’Angleterre est dans sa flotte cette jlotte, il faut la séparer de l’armée qu’elle transport6' Pour y parvenir, on abandonnera la côte; on ne risqué de défense désespérée ni dans les ports, ni dans les cités^ littoral. Il semble suffisant de perfectionner, de compl^el trois forteresses qui commanderont trois grandes villes iUa ritimes, d’où partent trois routes dirigées vers les trois paS sages que la nature a pratiqués dans la chaîne des fl1011 tagnes. Ces trois cités sont : Batavia, vers l’ouest; SamaraU#’ au centre ; et Sourabaya, vers l’est de la côte qui fai1 à l’équateur.
- On se propose d’abaisser le sol à l’entour de ces f°rte resses, afin qu’elles soient entourées d’eau lorsque leI1j nemi les menacera. Les eaux seront tenues à un niveau qu’on ne puisse pas les faire écouler à la mer
- On veut que la route qui mène de chaque forter
- a11
- maritime à la passe des montagnes, lorsqu’elle arriva pied des fortes pentes, soit interceptée par une forter6^ intermédiaire. Il en faudra faire le siège, avec beaucoup
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- *lQupes, contre une garnison comparativement bien moins n°mbreuse, e* composée d’une juste proportion d’Eu-°peens et d’indigènes. Une artillerie savamment dirigée Rendra la défense autrement sérieuse que des fortifications Rendues par des Chinois ou des cipayes révoltés; elle for-Cera 1 invasion à traîner en longueur. Pendant ce temps, la Mortalité, résultat certain du climat, deviendra pour l’en-Vahisseur le plus formidable antagoniste.
- Les Hollandais auront, comme troisième lieu de re-j, 8e et de combat, le point culminant du passage central : ennemi n’aura rien fait tant qu’il n’aura pas conquis ce ernier cen^re défense.
- Nous supposons que la forteresse intermédiaire, après 1111 certain temps, soit obligée de se rendre; nous admet-J,°ns que, malgré les chicanes d’une guerre de montagnes, j-Onemi force enfin tous les défilés de la route jusqu’aux °°rds de ce point culminant; il y trouve un troisième Sterne de fortifications. Ce système, indiquons-le seule-îïle*lt pour la position principale.
- est au point où la route se bifurque pour conduire aux ^pitales des deux grandes régences intérieures, Sourabaya j^l^jokjokarta. Là domine une vaste enceinte fortifiée.
- e forme un camp puissamment retranché, comme les rançais en ont construit un près de Chaumont, au point
- binant des bassins de la Seine et de la Saône.
- pj ^
- ^ est la position stratégique choisie avec un rare discernement par le général Van den Bosch. On est au mi-ei1 d un ancien lac, aujourd’hui desséché. Pour ériger les reiïlparts, il a fallu battre d’innombrables pilotis jusqu’à j ^ mètres de profondeur, au milieu d’un sol fangeux. ,ea etablissements, les casernes, sont casematés, afin de esister aux bombardements. Si l’ennemi veut ériger des atteDes de brèche, il faudra qu’à son tour il fonde ses
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- épaulements sur pilotis, pour ne pas s’enfoncer dans un sol sans consistance. Tels sont les travaux du camp d’Amba' rawa; ils étaient terminés dès 1841, et je crois même pl11' sieurs années avant cette époque.
- On a conçu le projet, du moins en temps de guerre» d’établir la capitale de file à six lieues de ce camp, à Tem' pel. D’après cette pensée, Batavia serait simplement Ie principal port de cette colonie, et le centre de commerce le plus productif.
- Malgré la grande et belle conception militaire dont nous venons d’offrir le tableau, il me paraît impossible, dans les époques de paix, que le siège du Gouvernement général ne reste pas auprès de Batavia , de cette opulente cité, qui communique si facilement avec tous les point5 de la côte le mieux cultivés, la plus peuplée et la pl°st riche ; de la ville marchande, qui concentre sur sa rade la majeure partie des navires de commerce et le noyau de la flotte militaire. Autant vaudrait pour le Brésil, par exei»' pie, qu’au lieu de Rio-Janeiro, favorisé par une admirable baie, l’on transportât la capitale dans une gorge reculee» au milieu des hautes montagnes.
- Quoi qu’il en soit, dès l’annonce d’une invasion, le G°ü' vernement transporterait son trésor, ses archives et administration centrale dans le camp d’Ambarawa.
- On ne négligerait pas d’ailleurs, aux points les p^uS convenables, de tenir en bon état de petits forts bien préparés; car ils donnent confiance aux populations do*d on peut attendre des hommes et des vivres.
- Tel est le plan de défense imaginé, et, je puis l’affiru161’ en très-grande partie réalisé au prix d’énormes dépend' Nous nous plaisons à penser que les Hollandais se son* fait un épouvantail exagéré de la convoitise qu’ils sup posaient à l’Angleterre dans toutes les mers de l’Inde,
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- ^uüs n’auront pas besoin de mettre à l’épreuve leurs formidables moyens de résistance afin de conserver Java.
- Les Anglais se rappelleront combien, dans l’Inde, ils eu sujet de se repentir, en premier lieu, d’avoir tente denvahir l’Afghanistan; en second lieu, d’avoir entrepris Une guerre d’agression contre les Persans, sous prétexte de sauvegarder l’Inde elle-même !... La satisfaction qu’ils Ont éprouvée de disposer à leur gré d’Herat leur a valu deux ans d’insurrection sur les bords du Gange, des torrents de sang et des pertes sans mesure.
- Système corrélatif des défenses de Sumatra.
- A Sumatra comme à Java, les Hollandais ont placé
- iaris l’intérieur leur principal centre défensif, au moyen d^n camp retranché : c’est le camp de Tibing-Tingri, qui d°it être le siège du Gouvernement pour les deux rési-dences de Bencoulen et de Palembang.
- La nature ne présentait que deux passages pour tra-^erser la grande chaîne longitudinale de montagnes; les irlandais s’en sont fait céder la propriété par les chefs ^digènes. Ils en ont fortifié les points culminants pour r^stei' maîtres des communications d’une côte à 1 autre.
- Ladang, établissement principal, est défendu par des bien construits et bien armés.
- Les Néerlandais, en cas de guerre contre 1 empire bri-
- j^oique, ne disperseraient pas leurs moyens de défense. ? feraient peu de chose pour soutenir les Moluques . len persuadés que, Sumatra et surtout Java sauvés, leur Oïïlination dans l’archipel Indien serait toujours assurée.
- Ils ’ 7'.------r"‘ *---------------.'•»
- (fe A Ser,or£ue^Lssent de compter, parmi leurs moyens
- fense, l’aversion des Javanais pour le joug britan-
- Voici comment à cet égard, et dès 18Ao, s’expri-
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- inait le plus habile homme d’état qui jusqu’alors eût god' verné l’Inde hollandaise. «La proximité de l’Hindoustatn. disait-il à l’un des ambassadeurs près de sa cour, insptf6 aux natifs une vive répugnance contre la domination de l’Angleterre. Aussi, lorsqu’en 1811 cette puissance est venue nous attaquer, plus de cinquante mille Javanais no& ont demandé des officiers et des armes; malheureusement
- nous n’en avions pas qui fussent disponibles. Nous en aurions aujourd’hui.
- « Les Javanais le savent très-bien : tandis que nous ne prenons qu’un cinquième de leurs récoltes, les AnglalS prennent les deux cinquièmes au Bengale1. Il faut en ve' rite que le système établi par la Compagnie des Indes br1' tanniques soit bien oppresseur ou bien défectueux, p°ul présenter aussi souvent le contraste d’une incomparable fertilité delà terre et de ces grandes famines qui viennent encore de nos jours, à des intervalles si rapprochés, m<ns' sonner la population de l’Hindoustan. »
- En terminant ce qui concerne la défense de l’Inde nee1 landaise, je crois devoir citer deux observations remaI> quables du profond diplomate à qui le comte Van de11 Bosch communiquait de telles pensées; c’était en 18A1 '
- «Dans les conversations que j’avais aveç les militaire^ qui ont résidé le plus longtemps à Java, j’étais ratnene sans cesse à deux observations : en premier lieu, sl redoutent beaucoup une guerre contre l’Angleterre, °est plutôt comme interruption du commerce et des cotnmu nications que par la crainte d’une attaque sur Java; efl second lieu, les officiers hollandais ont rapporté de ceS
- 1 Le gouverneur hollandais me semble beaucoup exagérer le Pre ^ ment britannique. C’est par des mains indigènes, autorisées ou non, *1 sont opérés les plus grands prélèvements; mais le peuple indien ne° pas plus soulagé.
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- pi*™ moindre opinion qu’on ne s’en forme au sein
- da
- d >
- e iEurope, sur la stabilité de la domination anglaise
- ans les Indes... » A ce sujet, un diplomate qui se permet-de tout penser et que je puis citer puisqu’il est mort, Wdacieux Van den Bosch, disait au sage ambassadeur : L’Angleterre aux Indes ne pourra tenir contre les Russes, jour où leur action deviendra libre, soit par quelque fiance avec la France, soit par le triomphe du principe démocratique chez cette même Angleterre! La Russie, en *839, a manqué de hardiesse. Il suffisait quelle envoyât 6,000 hommes à l’armée qui faisait le siégé de L^rat-, l’armée aurait pris cette place. L’Angleterre neût fas déclaré la guerre aux Russes, parce quils auraient aide le Shah pour soumettre un vassal infidèle; et la donnation britannique eût été ébranlée dans toute 1 Asie. » ^nsi parlait un antagoniste invétéré.
- Nous sommes bien loin d’accepter en entier les asservons et les prévisions, plus ou moins hasardées, de homme d’état néerlandais; mais quelquefois cet homme ^tdi lançait des éclairs d’une étonnante profondeur.
- Comment les Hollandais ont étendu leur puissance dans Sumatra.
- En
- recouvrant leurs possessions orientales, après avoir as$uré le salut de Java, le premier soin des Hollandais evait être de consolider leur empire en Sumatra; car cetait la plus voisine des possessions britanniques, et la Plus exposée aux convoitises d’un voisin conquérant et ^ut-puissant.
- En 1821 le sultan dePalembang, favorise par lesAn-osa combattre les Néerlandais; il fut vaincu et remplacé par son frère, qui, trop peu soumis, fut chasse lui-mêu*e. En définitive, il a fallu que Palembang, afin de
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- rester paisible, restât soumis à la puissance du roi Pays-Bas.
- Nous devons signaler aussi des guerres locales ayaZ la religion pour motif; la plus remarquable fut suscita par un mollah. Ce protestant de l’Islam, à son retour de la Mecque, voulait transformer le mahométisme de Sumatra et soumettre les natifs à lâ croyance des Wahabites* Les Néerlandais, invoqués par les anciens croyants, oZ vaincu les novateurs, dont la secte a disparu.
- Dès i8i5, en restituant l’archipel oriental, la p0^' tique des Anglais avait soigneusement garanti l’existence de Y État d’Achem, dans l’ouest de Sumatra : partie qul fait face à l’Inde britannique. Cet État, qui jadis dominé ainloin sur les mers de l’Asie, ne commande aujouf' d’hui rien au dehors; à l’intérjeur, il reste la proie de l’anarchie.
- En 1839 ^es Néerlandais, s’avançant de l’est àTouest dans Sumatra, n’étaient encore parvenus en maîtres qu^ la baie magnifique de Tapanoely, à quarante lieues de l’État indépendant d’Achem. Cet État avait pour limite^ rive droite de la rivière, sur la gauche de laquelle s’élevait la ville de Buros, dont nous allons parler.
- A la même époque, Buros, ancien comptoir fondé paf les Néerlandais, puis occupé par les Anglais, qui l’abandon nèrent en vertu du traité de 1824, Buros se vit menac du côté d’Achem. Les habitants de cette ville invoquerez le secours des Néerlandais contre les pirates limitrophe * leur prière fut exaucée. Bientôt après, le sultan même d’Achem marcha sur Buros. Alors l’héroïque gouverne111 de Sumatra, le colonel Michiels, qui deviendra bientôt %e néral, met garnison dans Buros; les indigènes de Singke et de Tapoes marchent aussi sur Buros; ils sont repol,s sés, puis Singkell est prise.
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- j. Singkell est située sur la rive gauche d’une rivière qui ïïilte l’État d’Achem, et par laquelle arrivent à la mer les Precieux produits de l’intérieur.
- ^ ^ar un arrêté de novembre 18/n, le gouverneur géné-a déclaré que les deux ports de Buros et de Singkell, a§enaent reconquis, sont ouverts au commerce extérieur airisi qu’au transit.
- ^ Ce progrès a fait pénétrer les Néerlandais dans la partie Sumatra qui cultive plus particulièrement le poivre. 11,08 j°uit d’un autre avantage; c’est par cette place que j°pere la plus grande sortie du camphre. Tandis qu’au j aPon cette précieuse résine a besoin d’une clarification qui rendc acceptable au commerce, elle est presque épurée ^Uand elle sort de l’arbre sur le territoire voisin de Buros.
- ^osi les Néerlandais ressaisissaient avec avantage, en ^c°eptant la libre culture, une branche de commerce °nt ils avaient eu longtemps, ailleurs, le monopole. le cons°hde leur puissance à Sumatra, c’est que
- s chefs indigènes, à mesure qu’ils s’allient avec eux, de-oent leurs pensionnaires. Il y a plus ; les indigènes qui
- P^Ss
- au
- ent dans cette nouvelle situation s’efforcent d attirer ^ême système les chefs encore indépendants, fidèles à leur coutume excellente, les Néerlandais, en Hâtant garnison dans les places maritimes de Singkell, e Buros et de Tapanoely, ont maintenu les rajahs des ^hiets dont elles sont les chefs-lieux. Par le moyen des lances ainsi conservés, l’influence conquérante sestpro-dans les îles voisines de la côte occidentale, Niey, ^taor, Etel. Dans ces îles elles-mêmes, les chefs ont ete °ttserv6s; exposés si souvent aux incursions des pirates, violences d’Achem, ils sentent le besoin d être appuyés n*1* marine active et puissante, comme est celle des
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- En i84o lord Palmerston s’opposait aux desseins qua' vait le gouvernement néerlandais, pour empêcher étendît sa suprématie sur l’État central de Siak, Sa Gra^ alléguait un traité de protection, qu’il faisait remonter a plus de vingt ans. On lui répondit en invoquant le traûe fondamental de 1824, dans lequel il est dit que les pulS' sances ont dû se communiquer'leurs traités particulier avec les indigènes; or nul traité de ce genre à l’egar des Siaks n’avait alors été communiqué. Il fallait que leS inculpés eussent bien raison, puisque la prétention con traire fut abandonnée; c’était dans l’année même où tan* d’intérêts d’Europe et d’Asie étaient livrés au hasard paI^e célèbre traité du i5 juillet i84o.
- Très-récemment les Néerlandais, poussés à bout pal l’audace d’un aventurier, ont eu la bonne fortune ua complir leurs desseins sur l’état important de Siak.
- Le conflit que nous venons de signaler est un de ceu* qui, dans Sumatra, renaissaient si souvent à l’instigat100 du même voisin. Ce puissant voisin ne pouvait voir s&nS ombrage la domination des Pays-Bas se rapprocher un petl de l’Hindoustan, quand lui-même, par Singapore, toU chait presque à Sumatra. Comme si la nation qui mine sur le continent des Grandes-Indes, et qui vèg11^ sur la mer, pouvait avoir le moindre péril à redouté de ces modestes Néerlandais qui, malgré tout leur c0t| rage, ne sont en Europe qu’un homme contre neuf ba^1 tants des trois royaumes, et ne dominent en Asie quu° Asiatique contre douze assujettis à l’empire britanni(flie
- Les Néerlandais accusent avec amertume cet anta£° nisme, qu’ils déclarent à la fois sans nécessité, sans tice et, suivant eux, sans excuse. Ils se récrient contre entraves de tout genre imaginées pour empêcher les p1^ grès d’une suzeraineté régulière et productive, exerce
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- Sur des nations voisines de la vie sauvage, et qui mêlent partout la misère à la barbarie.
- Les Hollandais représentent le royaume d’Achem, si c°oiplaisamment protégé, comme en proie au désordre, vices, aux crimes, et faisant le malheur de ses propres Citants. Ils font remarquer que les Anglais ne se plai-£nent jamais qu’Achem, l’anarchie par excellence, soit Un état mal administré : nous verrons dans l’Inde quel Usage est fait de ces mots, équivalents de l’anathème avant-c°Ureur des mesures les plus graves.
- Dans l’intérieur de Sumatra trois forts ont été cons-truits, auxquels on a donné le nom des gouverneurs généraux Van den Bosch, Koch et Van Capellen; ils commandent les passages des montagnes intérieures. Ces tra-vaux remontent à quelques années avant 18A0.
- Les chefs indigènes, irrités déjà par l’érection de ces 0îls, font été beaucoup plus par la fondation dune Capitale au centre de la partie méridionale de 1 île ; elle *éleve à Tibing-Tingri, aux sources de la belle riviere de °esie, loin de l’abordage et des insultes d’une flotte.
- Le progrès suscita deux insurrections consécutives, 1 une D fin de i84o, l'autre en février 18Ai ; on les attribue prêtres mahométans. Ces mollahs sont, dans lar-c *pel hollandais comme dans l’Hindoustan, les plus dan-^et>eUx ennemis de la domination chrétienne.
- Dans l’intérieur de l’île, les petits Etats indiens sont s°Uvent désignés d’après le nombre de leurs forteresses, m^ples retranchements garnis de canons du faible calibre de 3. De 1837 à i83p les Hollandais ont soumis les *s États dits des peuf, des cinq et des treize forteresses; ls trois situés dans la partie orientale.
- Ln accomplissant le travail laborieux qu ils ont cntrc-pour pacifier et civiliser l’intérieur de Sumatra, les
- le
- tro
- tou
- Ptis
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- Néerlandais répètent que leurs voisins de Singapore de l’Inde protègent une anarchie qui fait rougir l’huma nité, sans autres motifs que des jalousies de commerce*
- Ne craignons pas de redire à notre tour : ce puissau* empire qui commande dans les deux mondes à deux cents millions d’âmes, cet empire dont le seul commerce métré politain surpasse chaque année sept milliards de francs, peut pas raisonnablement être jaloux des trois millions Néerlandais qui, du sein de leurs marais européens, re gissent avec tant de prudence et de sagesse un archip de seize millions d’habitants ? Les deux hémisphères sont assez vastes et l’Angleterre est assez largement partagé par la possession des plus belles régions de l’univers, p°ur quelle puisse tolérer une prospérité qui n’atteint pas al1 dixième de son opulence et de sa puissance!... Dans son propre intérêt, affirmons que sa plus grande sagesse doit être aujourd’hui, même l’Inde apaisée, de consolider seS immenses conquêtes et non d’en outrer l’étendue. r
- Bien moins poussés par l’ambition que par la nécessite de la défense, les Néerlandais sont obligés de propager Ie111 suprématie protectrice sur les rivages de l’archipel indieu ’ et d’agir ainsi pour mettre un terme ou du moins un arret aux progrès de la piraterie des indigènes. En poursuivi ces entreprises, ils sont les amis et les défenseurs de toutes les nations qui commercent en Orient.
- De 1 83o à 184o les Américains et les Français sont cou traints de faire trois expéditions afin de punir le massacre de leurs nationaux au milieu des mers de l’Asie; ce^eS^ ne peuvent être ouvertes et sûres pour le commerce monde, si quelque puissance civilisée n’exerce pas la pobc^ permanente partout où la piraterie trouve son refuge fait des armements quelle renouvelle sans cesse.
- Après avoir expliqué tout ce qu’ont entrepris les Neer
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- dadais pour consolider leur empire oriental, expliquons
- quils ont accompli pour le rendre admirablement pro-
- «uctif.
- NOUVEAU SYSTÈME PRODUCTEUR À JAVA.
- Œuvre du comte Van den Bosch.
- ,epuis longtemps l’administration de Java n’avait pas Cessé d’être onéreuse à ses dominateurs : à la Néerlande, !11 Xvme siècle et dans les premières années du xixe; à ngleterre, depuis l’envahissement par cette puissance i, jusqu’à la restitution en i8i5; à la Néerlande, 11116 nouvelle fois, depuis 1816 jusqu’en i83o.
- ^ A cette dernière époque , le roi Guillaume eut le bon-GUr de choisir pour gouverner ses colonies de l’Inde un de |jes hommes, en |.ous ]ieux sj rares, que la nature a doués ^ genie de l’organisation; un de ces hommes qui n’atten-ent qu’un clin-d’œil de la fortune pour réaliser tout ce peut accomplir l’esprit le plus énergique et le plus ^ ^hque : c’est du général comte Van den Bosch que je Parler; je l’ai déjà cité plus d’une fois.
- ^ 6 suis heureux de pouvoir rapporter les propres jj 11168 qu’employait cet administrateur illustre, quand fl, expliquait à l’un de nos hommes detat les plus dignes Ulle telle communication le plan qu’il eut le talent de
- c°nc
- 6voir et le bonheur d’exécuter.
- Qu il me soit permis de témoigner ici ma vive reconnaissance à mon honorable ami M. le comte de Bois-le-Orïile,pour avoir mis entre mes mains les précieux do-CUïUents qu’il a réunis et si bien appréciés pendant son passade en Hollande. La France aurait trop de bon-ei11' si, dans chaque cour étrangère, ses représentants
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- diplomatiques étaient capables de rècueillir, avec une aussi profonde perspicacité, de semblables trésors dob' servation.
- «Pour conduire un pays, dit modestement l’anci^ gouverneur général, il ne faut ni beaucoup d’idées, ^ beaucoup d’esprit; il suffit d’une pensée bien définie, de' veloppée avec ensemble et suivie avec persévérance. mienne a été de compléter notre système politique, déj^ fortement conçu pour le pays de l’Inde; puis de le reI1 forcer en substituant à l’impôt en argent une livraison^ produits proportionnée à la récolte de chaque année, ainSl qu’à l’extension d’un travail dont j’assurais l’efficacite.
- « En arrivant à Java, je trouvai que la guerre, heui’eU sement terminée contre Diépo Négoro, nous livrait Ie sort des deux princes indigènes qui se partageaient les d^ bris de l’ancien empire javanais de Malaram. Nous de# dames qu’il fallait les laisser régner, l’un sur l’état dÊ Sourakarta, l’autre sur celui de Djokjokarta; qu’il seulement diminuer un peu leur puissance, en occupa les seuls points de la côte par lesquels ils auraient Pü former des communications avec l’étranger; qu’il enfin pourvoir nous-mêmes à ce que leur existence res^ environnée d’autant de splendeur qu’ils en pouvaient de ployer avant d’avoir été vaincus.
- «Lorsque nous prîmes pour nous leurs meilleures pr^ vinces, nous contractâmes l’engagement de leur payer* titre de pension, une somme égale au revenu quelles ^ procuraient.
- «Nous fîmes alors ce que nous avions déjà fait d^5 nos conquêtes antérieures : nous déclarâmes aux goüVef neurs indigènes des provinces conquises qu’ils en de^ naient seigneurs héréditaires. Us se sont empresses donner à leurs parents toutes les places laissées à leur dj5
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- Cretion; ils ont constitué par ce moyen une aristocratie comme eux-mêmes, ne peut exister que par nous.
- (( Une fois protecteurs de ces petits princes dans leurs apports avec les deux sultans, nous sommes devenus, chacun de leurs États, protecteurs de la population
- aïls ses rapports avec les chefs secondaires appelés à la rcgir. »
- le nouveau gouverneur général commence à mon-^rer son action administrative et personnelle. « Il existe à des propriétés possédées par des particuliers; je les 91 laissées sujettes à payer l’impôt en argent : presque toutes sont entre les mains des Européens.
- (( Les conditions de possession territoriale sont tout a^res pour l’ensemble des indigènes. La propriété indi-Vlduelle est presque inconnue en /\sie; là le principe est 1lle la terre appartient, comme parle Mahomet, à Dieu au souverain, qui le représente. Pourvu que le souve-!jain laisse aux cultivateurs ce qu’il leur faut pour subsister, peut disposer du reste suivant son libre arbitre.
- "Je trouvai le sol cultivé par villages et non par indivi-s* Le chef de chaque village répartissait entre les habi-j nts la culture à faire dans l’année ; puis il prélevait, sur 9 Vente des produits récoltés en commun, l’impôt que sa c°ftimune
- était tenue de nous payer.
- "Je
- dis aux vil-
- , - supprimai cet impôt en argent, et je
- ages : «Vous pouvez cultiver, produire et consommer (<saus me rien payer; seulement sur l’étendue, quelle Quelle soit, des terres qu’il vous conviendra de cultiver '* chaque année, le cinquième sera cultivé pour mon compte ; l(et Vous ne vendrez qu’à moi le café, le sucre que vous (Produirez sur les quatre autres cinquièmes. Pour le riz 'd les plantes qui vous nourrissent, vous en disposerez c°iïime vous l’entendrez.
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- « Le climat, celui de la zone torride, le caractère ind°' lent des indigènes et leur insouciance de l’avenir ne peI' mettaient pas d’attendre d’eux un travail volontaire : u ^ tant plus contraints de produire une quantité détermine6» leur paresse naturelle devait laisser dépérir la culture* Mais à Java tout peut se faire par les chefs : je les intéressai à soutenir le travail. J’abandonnai à l’ancien, atl chef du village, la quinzième partie de toutes les récoltes recueillies par lui, et je le fis partager avec le souverain indien.
- « Si le peuple a peu de besoins, en revanche les habr* tudes invétérées de luxe et d’ostentation en conservent beaucoup, et de très-dispendieux, chez les classes supe rieures. Aussi, maintenant que les chefs ont part aux ^ coites, leur avidité à faire produire est impitoyable. Hs accablent les paysans de mauvais traitements. Les paysans se tournent vers nos employés; ceux-ci prêtent aveç in térêt l’oreille à leurs plaintes et disent aux chefs de vil lage : « En vérité, ne pourriez-vous pas faire moins tra « vailler ces pauvres gens ? »
- Je voudrais, je l’avouerai, des représentations un peU moins doucereuses et beaucoup plus efficaces.
- Je dois cependant faire connaître une disposition vrai ment digne d’éloges; elle place les cultivateurs javanais au noble rang d’hommes exempts de la servitude.
- Que la propriété du sol soit dévolue à des particuliers» ou quelle ap*partienne à l’État, le paysan n’est pas ass^ jetti servilement à la glèbe; aussitôt qu’il le veut, il a droit de quitter son village. Par cela seul, il est hoiï^ie libre. Si l’oppression lui paraît trop grande quelque part’ il est maître d’aller partout ailleurs, et de partir sans iiefl payer : droit que n’a pas le serf russe.
- Grâce à cette disposition, un chef de village a le plllS
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- Faiïd intérêt à n’être pas trop oppresseur; ses administrés
- e diraient.
- i’É^°rSC^Ue n0US exP%uerons ^es transformations de Sypte au xixe siècle, nous verrons Méhémet-Aly, vice-
- r0i _j j
- ae ce beau pays, suivre un système singulièrement anaiogue à celui que nous venons d’expliquer et dont il t]ré si grand parti. Mais, à Java, les Néerlandais n’ayant l^Ctln besoin d’écraser le peuple par un recrutement mi-aire exagéré, sachant d'ailleùrs plus habilement s’ériger Protecteurs des paysans, ils ont obtenu plus de succès ae sont presque fait aimer.
- voici comment l’illustre gouverneur justifiait son sys-e coercitif, qui fait peser directement non pas les mais l’aristocratie native sur les travailleurs
- lïldigènes :
- x <(Si nous donnions aux Javanais la liberté de vendre leur plairait, les Chinois établis dans le pays se
- r^draient maîtres de leurs récoltes avant quelles fus-8eii* recueillies. Il suffirait que les Chinois leur présentent quelque misérable somme d’argent, quils ne Paraient pas plus s’empêcher d’accepter que de manger tsitôt qu’ils l’auraient reçue. La plupart n’acheveraient culture qui ne devrait plus rien leur rapporter. 0lï*n:ie ils ne livreraient pas les quantités vendues et j!ayées, üs seraient alors tourmentés par les Chinois.
- aux Javanais qui auraient achevé leurs cultures, js Se trouveraient plus pauvres et plus malheureux que '^fainéants qui n’auraient rien produit. En présence dun e contraste, il ne serait plus possible de les faire tia-adicr l’année suivante. »
- ^ durait pu dire, ce me semble, a 1 ingénieux \an ^0scb : les exacteurs chinois, si verses dans les pro-tortionnaires, se seraient bien gardes de trop payei
- JNTRODUCTION. — II. 22
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- à l’avance; ils auraient su tenir sans cesse les travaille*^5 en haleine.
- Nous n’en regardons pas moins comme plus avant®' geux aux paysans javanais de vendre, suivant des prl* fixes, leurs produits au Gouvernement néerlandais, intc ressé, mais honnête, plutôt qu’à ces émigrés chinois, quJ ne sont jamais plus heureux qu’en trompant des hornfl105 d’une race étrangère à leur Céleste Empire.
- Cherchons ailleurs la glorification du système nous expliquons la marche.
- Accroissement remarquable de la population javanaise, en présent de sa révolution économique.
- C’est entre i83o et 1833 que le comte Van Bosch étudie sur les lieux l’établissement et la générali5® tion de ses projets. Vers 1833 on évaluait la populut*011 de Java à 7,1 55,000 âmes; par les dernières publication elle s’élève à 10,916,158. Tel est l’accroissement ejtl vingt-trois années.
- De là nous concluons un accroissement décennal ^ 201 pour 1,000, tandis que dans la Grande-Bretagne , la même époque, l’accroissement décennal ne s’élève cf* i3y. Du même fait nous déduisons une autre c0liS quence, qui mérite une attention profonde : lorsque^ Grande-Bretagne, ce pays si favorisé par sa liberté» arts, ses conquêtes et sa civilisation, ne double sa p°P lation qu’en cinquante et un any, Java! Java la conqulS^ avance de manière à doubler la sienne en trente-huit moins trois mois. Elle s’accroît ainsi pendant le plein e*el cice du travail obligatoire, je ne dis pas imposé, mais c°fi senti librement par les natifs, depuis 1831.
- Pour expliquer moins favorablement cette superl°
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- 1 île malaise et du Gouvernement néerlandais, il ne pas s’imaginer que la Grande-Bretagne se peuplait aVec plus lenteur parce qu elle devançait de beaucoup ^ava dans la densité, dans l’excès numérique de sa population; il suffira, pour s’en convaincre, que lé lecteur ]es yeux sur ]e rapprochement qui suit :
- Nombre
- comparé d’habitants de la Grande-Bretagne et de Java,
- par mille hectares.
- la Grande-Bretagne. En 1841.
- 7^0 habitants.
- A Java.
- En i855. 780 habitants.
- 1 outes les fois qu’un peuple s’accroît avec une rapidité C°mi«ue, lorsqu en même temps ses vivres deviennent
- UteiH
- Pour
- ours et plus abondants, et lorsqu’il a plus d’argent
- ir ses vêtements et ses plaisirs, si pour obtenir cette aiUelioration de son sort, il travaille assidûment et beau-j^P» gardons-nous d’en conclure qu’il devient plus mal-eUreux. Affirmons au contraire qu’en satisfaisant à la ÊPUode loi du travail, imposée par la Providence, sa Prospérité, bien qu’achetée à la sueur de son front, nen
- fiel A
- est
- Pas moins incontestable.
- Actuellement il faut évaluer l’accroissement de n-^esse, publique et privée, que les Néerlandais ont retire s\stème de Van den Bosch.
- <4
- Mesure des succès obtenus à Java.
- ^ i8i5, les Anglais ont restitué Java, qui leur était,
- charge, sans soupçonner la valeur incomparable que tio^e ac(Iuérir, en peu d’années, par les innova-
- que nous venons de signaler.
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- De i83o à i84o s’accomplit et parvient au faîte de D prospérité cette transformation économique. Son illustie auteur, après l’avoir opérée, revient à la Haye. Là, com#1*3 ministre des.colonies, il conduit son œuvre à la perfeC tion avant de quitter le pouvoir. Le roi Guillaume, <lul l’avait choisi et qui finit par le compromettre, se dén1^ aussi du pouvoir en i8ào. Arrêtons-nous à cette époque’ qui me paraît eélle du plus rapide progrès.
- Dans cette dernière année, Java livre au com®eI’ce européen trois fois autant de sucre que l’immense des Indes exploité par l’Angleterre. A la même époc[ue elle produit jusqu’à 800,000 kilogrammes d’indigo : cesi déjà le cinquième de la récolte de tout le Bengale.
- Dès cette époque elle possédait plusieurs millions bustes à thé, la plupart en plein report; la même cd ture pouvait s’accroître sans limites.
- Java, lorsque l’Angleterre l’avait envahie, produit par année 6 millions de kilogrammes de café; en i8à0’ elle en a produit 56 millions.
- En s’appropriant Geyîan, les Anglais croyaient aequerl1 le monopole du commerce de la cannelle. Dès 1 Sh° ^ Hollandais ont obtenu dans Java 100,000 kilogram1*^ de cannelle : produit précieux, naturalisé dans cette depuis quelle a fait retour aux Pays-Bas.
- île
- Ayons soin de remarquer que ces produits sont
- tou5
- obtenus par la main d’ouvriers libres; ils sont payés a ouvriers moyennant un prix, modéré sans doute, pourtant rémunérateur. Nous l’expliquerons en tra du commerce de Java.
- Système exceptionnel de cultures privées à Java.
- Le Gouvernement a concédé ou vendu le douz,e
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- ®eulenient du territoire à des métropolitains, à quelques
- j^igènes, et même prétend-on à quelques Chinois. Il
- ar a transmis sur la propriété du sol tous les droits
- ^exerçait directement le souverain sur les fruits de la terre.
- Les particuliers perçoivent le cinquième des récoltes riz, récoltes que partagent entre eux les cultivateurs. rsqu’ils veulent obtenir d’autres espèces de produits, ils SOïlt tenus de les paver au cultivateur suivant le taux 011 par le Gouvernement pour ses propres achats.
- Les-particuliers ont le droit de vendre les denrées cIUl sont les fruits de leurs domaines : 10 à la Société de 0tïlrrierce dont nous parlerons bientôt; 20 à des traitants î^rticuüers ; 3° à des étrangers débarqués à Batavia.
- ^ titre d’impôt annuel, leur terre paye un centième de Yaféur; or ori calcule que le produit qu’ils en retirent ^ Prescnte 12, 13 et 1A p. 0/0 du capital. Cette contri-datl0ï* rend beaucoup moins au trésor que les terres
- 11 domaine général, cultivées par les paysans des compiles.
- T >
- d avantage national des propriétés particulières consiste les revenus, qui passent presque tous en Europe, et ^1 contribuent à la richesse de la métropole* Dans Java ^ r^e, l’impôt établi sur les domaines privés rembourse Peine les frais de l’administration coloniale.
- ^ n a classé topographiquement les cultures : sur les th'1*eilrS SOnt ^taS^s caféier, le mûrier, l’arbuste à f ‘ Les lieux que l’irrigation peut féconder sont consacres , Ces^ Cannc a sucrc, à la plante d’où l’on extrait 1 indigo : p ^ei'nières parties ne représentent j usqu’ici qu’une petite 8i, le des terrains propres au riz. Depuis l’origine du CClte cuLurc a fait des progrès incessants, pour lr aux indigènes une nourriture qui suffise à la subsis-
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- tance, au bien-être dune population rapidement crois" santé, et qui maintenant, nous l’avons déjà dit, est naieU* nourrie que jamais.
- Nombre de Javanais appliqués aux cultures commerciales en 1835>
- Nature des produits. Cultivateur»-
- Café........................................... 2,482,000
- Sucre de cannes.................................. 890,000
- - Indigo........................................... 596,000
- Thé............................................... 25,ooo
- Feuilles de mûrier pour les vers à soie. . . . i4,2 5o
- 4,107,250
- De la collection des produits javanais.
- Dans la combinaison singulière et vraiment propre
- à 1»
- icole»
- Hollande, qui fait de l’État un commanditaire agric en même temps qu’un marchand de produits colonie* il fallait confier à l’industrie particulière tout ce qui P être fait et mieux fait par des citoyens que par l’État- , Dans chaque district, subdivision d’une résidence,1 tat concède à long terme, de i5 à 2 5 ans, le bail de collection des produits qu’il veut prendre à sa char0
- Le fermier est tenu de livrer en bonne condition, P
- faile5
- à
- 0e
- exporter, les produits obtenus sur le cinquième des terr^ cinquième qu’on a réservé aux cultures industrielles h par le travail obligatoire. Le Gouvernement garantit fermiers collecteurs que la culture des terres sera par les paysans javanais; et nous avons expli<Jue moyens imaginés pour rendre efficace une telle 8ara° ^ Ce 11’est pas seulement la contrainte morale et exercée par les chefs indigènes qui sert ici de vehic
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- ^es cultivateurs, dirigés avec intelligence par des entrepreneurs prévoyants, expérimentés, habiles, sont assurés ^Un payement ponctuel, à prix modique il est vrai, mais Certain. Par degrés ils prennent goût à de pareils travaux, Çui leur procurent plus d’aisance, en même temps qu’ils ajoutent à la régularité de leur existence, au progrès leurs mœurs.
- Lorsque nous expliquerons l’établissement agricole de Lude britannique, nous aurons à montrer un système intermédiaire : c’est celui des zémindars, analogue au sys-teïïlc des fermiers néerlandais à Java; mais ces'derniers °Pcrent avec toute la supériorité de 1 esprit européen, esprit excité par le génie des affaires chez le peuple le savamment économe, le plus méthodique et le plus rangé qui soit en Europe.
- Pour les produits propres à l’exportation que les Java-peuvent récolter sur les quatre cinquièmes de la terre ^ssés à leur disposition, le fermier public les reçoit du Paysan javanais aux prix uniformes établis par ladminis-^ation. Il conduit ces produits jusques aux ports de mer; etisuite il les vend, soit à la Société de commerce, moyen-j*arit des prix légaux, soit au commerce particulier des Glandais et des étrangers.
- habituellement l’Etat fait aux fermiers des avances ’PdIs remboursent avec le produit de leurs ventes.
- moyen des avances gouvernementales ils constiui-les usines nécessaires à la confection du sucre et de
- i.
- j *ncLgo ; ils bâtissent les magasins nécessaires pour abriter ^colte des divers produits, etc.
- l’avantage qui résulte d’améliorations progressives, / h rémunération qui suit les sacrifices du premier étalement, les baux â long terme sont vivement rechei-les- Il n’est pas rare qu’au bout de trois ou quatre années
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- les mêmes baux soient cédés à de nouveaux contractants avec un bénéfice qui s’élève parfois jusqu a la somme d’un million de francs.
- Sentiments d’aversion contre les collecteurs chinois.
- Les indigènes éprouvent une grande irritation contre les Chinois qui s’établissent, à l’ombre de l’autorité neef landaise, en qualité de fermiers, d’usuriers, de cabaretiers» de vendeurs d'opium et de comestibles : ils sont là comme les Juifs en Pologne, en Alsace, etc. Quand les popub' tions, encore turbulentes, arrivent jusqu’à l’émeute, elle* saisissent l’occasion pour massacrer les Chinois, et se trouvent très-satisfaites. C’est le bonheur que les Russes au' raient voulu se procurer, sous Pierre le Grand, à l’égard des étrangers.
- Bien-être progressif, gage de tranquillité, dans l’Inde.
- M. Van den Bosch ne l’ignorait pas, il n’est auclllï peuple qui ne conserve au fond de l ame un profond & plaisir d’être dominé par une race étrangère. Cependa^ il considérait son système de culture et de commeice comme atténuant, par des bienfaits évidents, ce déplu1511 inévitable. «U est impossible aux Javanais, disait-il, de pas reconnaître ce qu’ils ont gagné par l’établissement notre domination. Un fait suffit pour en juger : sous régime indigène, l’impéritie était si grande, que le gramme de café, qui se vendait, dans nos ports, 9à cel1 times, n’en rapportait que 17 au cultivateur! Ce mê#^ poids de café lui vaut aujourd’hui 5i centimes; son n nélicc est triplé sous ce point de vue. Sur une productif11 limitée jadis à 2S millions de] kilogrammes, le pr°di
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- annuel était, pour le peuple indigène, de h,a50,000 fr. aujourd’hui, la production des villages s’est élevée à 56 Plions de kilogrammes de café, et leurs habitants résilient en argent 28,660,000 francs. Les autres cul-h^es introduites par nous à Java, le sucre, l’indigo, la Shenille, le thé, la muscade et la cannelle, donnent aux cultivateurs un nouveau bénéfice annuel de 1 2 millions francs. Voilà par conséquent la rémunération des in-^gènes décuplée, en passant de 4,2 5 0,000 francs, à 40>56o,ooo francs, somme énorme qui vient chaque an-ïî®e> au milieu d’eux, encourager le travail, alimenter la Production, accroître les ressources, augmenter le bien-^re> et multiplier les jouissances de la vie.» Telles sont es garanties pour le maintien d’une subordination réside, et d’une tranquillité populaire, assurées dans l’île Java.
- ILE DE SUMATRA.
- Système de Van den Bosch.
- _ Ayant pleinement réussi pour Java, le gouverneur 3,4 den Bosch lourna ses vues vers Sumatra : les cir-c°nstances sociales et politiques dilféraient dans les deux ^°ntrées. Depuis longtemps Java présentait des peuples arts à l’obéissance monarchique; au contraire, Sumatra ^fermait une foule de petites républiques, avec lagita-et l’inconstance du suffrage universel. Dans les régions Achem et de Palembang, si le chel suprême étendait son P0liVoir sur ees agglomérations anarchiques, il ny trou-qu’une obéissance restreinte tantôt par linteiêt, jf^ôt par le caprice. Qu’en résultait-il? des guerres sans 111 ’ des dévastations, des flots de sang répandus, la le-
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- rocité des mœurs, la médiocrité, la pauvreté des cultures» et la misère, inséparable d’un travail insuffisant. Chose étrange! ces hommes, moins occupés qu’à Java, parce qüe rien ne les stimulait, avaient plus d’énergie et répugnaient moins au labeur. Tandis qu’à Java l’on avait dû rendre Ie travail obligatoire, il suffisait qu’on rendît à Sumatra Ie travail en premier lieu possible, en second lieu profitable*
- Demandons-nous comment l’habile organisateur a triomphé de l’inconstance populaire? Ecoutons le perS' picace Van den Bosch ; nous l’allons voir dérouler à nos yeux une scène saisissante, où l’acteur principal fait jouet admirablement les ressorts du cœur humain.
- «Ayant pénétré dans l’intérieur du pays, je réunis Ie plus d’habitants que je pus et je leur dis : «Vos moeurs «sont bonnes; je ne veux que les confirmer. Vous pouve2 « continuer à nommer vos chefs, à les destituer, à leuf «donner, à leur ôter tout pouvoir qu’il vous plaira qu^s « aient ou n’aient plus. Tant qu’ils seront vos chefs, je leS « payerai; quand vous les aurez destitués, je payerai leurs « remplaçants. Je ne vous demande pour cela ni travail» ut «denrée, ni contributions; mais seulement votre propre « tranquillité. Vous renoncerez à faire entre vous la guerre* « Quand vous aurez des querelles, vous me le direz; Je « désignerai deux chefs voisins, avec un délégué à moi;
- « décideront quelle partie a raison. Si cela ne vous suffh « pas et si vous voulez vous battre, je serai toujours p°ul « le faible. »
- « Mes propositions leur plurent. Cependant j’avais leS yeux fixés sur l’un des chefs, dont l’opinion exerçait grande autorité; je lui avais attribué par mois 2 5o florifls’ 5,35o francs par an. Je lui dis : «Pourquoi, Atahal3’ « c’était son nom, pourquoi n’as-tu pas l’air tout à fait cofl « tent? » 11 répondit: « Pour être tout à fait content, j’aurai5
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- ((besoin de savoir quel marché je fais avec toi; qu’attends-(( hi de moi pour l’argent que tu me donnes ? » Je répondis, (( Rien ; » il secoua la tête. « Afin de maintenir ton district en "Paix, lui dis-je, il me faudrait un denïi-bataillon; tu l’y <( Maintiendras à meilleur marché. » Aussitôtil répliqua : « Je " COlïiprends maintenant!... » Il accepta, et me servit bien.
- ((Je dis alors aux habitants: «Combien vendez-vous "votre café? — Huit florins le pécul, quand on nous "1 achète; mais personne, ne vient nous le demander, et u^es frais de transport en dépasseraient bientôt la valeur.
- Eh bien, répliquai-je, je vais vous faire des chemins "jusqu’à la mer. Là vous vendrez votre café; vous le " vendrez à qui vous voudrez. Si vous ne trouvez pas "dautres acheteurs, je vous le payerai dix florins. »
- "Ils furent très-satisfaits. Je lis les chemins; je les diri-&eai tous du côté opposé à Singapore, pour ne pas con-Mre aux Anglais les produits de file. Bientôt il arriva de î^oi composer des chargements de café. Les uns furent vendus au gouvernement dix florins le pécul; les autres e furent à des particuliers ou même à des étrangers. Mais aU rivage j’étais le maître, et j’établis un droit d’exporta-hon, eri sorte que tout pécul de café qu’on apportait ou Jetait vendu à vil prix, ou rendait à la douane une forte s°Mme. »
- Eun côté les Néerlandais ont vu leur attente justifiée;
- 1 autre, les chefs recevant une solde régulière ont eu Plus de pouvoir et plus de stabilité. Ils ont forme par ^egrés une véritable aristocratie, que ses intérêts person-neR attachent au Gouvernement néerlandais. La paix s est établie dans l’intérieur; la vente assurée du café en a l^ultiplié la culture volontaire; plus dargent payé par Européen aux -cultivateurs a fait augmenter leurs con-SQUimations en même temps que leur bien-être. En dix
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- ans le commerce a doublé, comme le revenu public et la
- richesse du pays.
- Malgré la mauvaise influence d’un voisin trop jaloux et très-puissant, les'cultures indigènes, bien dirigées et bien patronnées parles Néerlandais, fontdes progrès continus; il 1 suffit pour cela de l’attraction naturelle des prix supérieurs que payent les Néerlandais quand ils achètent les récoltes et font les avances nécessaires aux travaux préparatoires.
- ENVOIS EN HOLLANDE PAR L’ILE DE SUMATRA.
- ANNÉES. CAFÉ. POIVRE. EXPORTATIONS totales»
- 1838 kilogr. 1,300,000 1,550,000 2,240,000 kilogr. 235,000 490,000 526,000 francs. 2,711,000 3,324,000 4,171,000
- 1839
- 1840
- Le gouvernement, en i84i, introduit à Palembang la culture de l’indigo. A la même époque, Padang, le phlS important des ports de l’île ouverts au commerce étranger> devient un riche marché pour la vente du café.
- Padang, >84i.s Iml>orlal.ions....... 7.846,ooo fr.
- ( Exportations....... 5,680,000
- i3,526,ooo
- Progrès généraux de la production et du commerce dans l’Inde néerlandaise.
- Après avoir expliqué les moyens par lesquels les Hol' landais ont rendu laborieux les indigènes dans les deii*
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- plus grandes îles de leur empire, nous allons montrer les resultats de ces soins ingénieux à la fois et judicieux.
- Nous allons passer en revue les principaux genres de productions, tels qu’ils furent obtenus en i84o, lorsque le roi Guillaume arrivait à l’apogée de ses succès, et quil Mettait à son règne un terme volontaire.
- x. Production croissante du café : exportation.
- Nous commencerons par le genre de produits dont les resultats ont le plus d’imporlance.
- Cafés exportés.
- En 1790. Compagnie des Indes néerlandaises..
- En 1815. Domination des Anglais.............* •
- En i83o. Au moment où va naître le nouveau
- système............................
- En i84o. Apogée du système Van den Bosch...
- Kilogrammes.
- 8,000,000
- 6,200,000
- 18,000,000
- 70,240,000
- H ne faut pas s’étonner de la faible exportation qui s°pérait sous le Gouvernement britannique, dans les derrières années de leur domination. Les produits agricoles (les conquêtes récemment faites avaient ete traites en An §leterre comme ne cessant pas d’être etrangers, charges, a Ce titre, de taxes considérables, et cela lorsque le blocus c°ntinental les repoussait du continent européen. Java se Pouvait en proie à la même misère que la Martinique et Guadeloupe lorsqu’elles tombèrent entre les mains e ir Grande-Bretagne. Il ne faut pas setonner, d api es ces faits, de la profonde aversion que les indigènes ont con-Sei'vée à l’égard de l’autorité britannique.
- Immédiatement après l’évacuation de Java par 1 Ang e tert’e, les Néerlandais ressaisirent le commerce de l’archi-N oriental avec une ardeur d’autant plus grande qu’ils
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- FORCE PRODUCTIVE éprouvaient des privations plus douloureuses par la perte de Ceylan, du Cap, de Berbice et d’Essequibo.
- De 1790 à i83o, en quarante années, l’exportation du café s’est accrue de 125 p. 0/0. De i83o à i84°* l’accroissement pour dix années s’élève à 272 p. 0/0. là nous tirons le rapprochement qui suit, et qui mérite l’attention du lecteur :
- Accroissement comparé des produits décennaux.
- i"époque, 1790 a 183o. Ancien régime agricole.. 22 1/2 p- 190,
- 2* époque, i83o à i84o. Système agricole de Van
- den Bosch...................................... 272 p* l°0'
- Dans l’année 1825, les Anglais* n’ont obtenu de leUlS vastes possessions de l’Inde et de Ceylan que le sixièu16 du café produit dans l’archipel oriental soumis à Néerlande; et, si l’on calcule le poids du café que Royaume-Uni a tiré dans ld même année de toutes leS parties du monde, on ne trouve pas le quart de la Pr° duction des îles hollandaises.
- Voici, pour l’année i8âo, la quantité de caféiers cuit1 vés à Java :
- Caféiers qui sont en rapport........ 190,681,000
- Jeunes arbres qui le seront dans cinq ans. 127,944,0°°
- Il est intéressant de connaître les prix moyens par * gramme de café de Java, d’après les ventes publiques la Société'de commerce dans la métropole.
- Années 1831 i83a i833 183411835 i836 1837 i838li83g
- Centimes. .. 118 if>2 160 1 4-4115 2 14o 114 1 22 1 140
- Lorsque nous expliquerons la force productive de lln^
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- DES NATIONS, britannique, nous ferons voir combien est lent le progrès ^es cultures du café dans le vaste pays de l’Hindoustan c°ntinental, et combien est rapide la production dans 1 île Ceyian.
- 2. Production du sucre.
- L abolition de l’esclavage dans les colonies d’Amérique a reduit considérablement le sucre exporté par les posassions des Anglais et des Français dans cette partie monde. Mais Cuba, le Brésil et Porto-Rico, loin de minuer ce genre de production, l’ont augmenté rapi-
- ^einent.
- Les Néerlandais ont pensé qu’en cultivant bien Java ils Prendraient une grande part au commerce du sucre, la plus importante des productions coloniales.
- Afin de suffire à des progrès rapides un ministre éclairé, ^•Baud, procure en 18/12 , aux mécaniciens français De-rc>sne et Cail, un brevet d’importation de 15 années, dans a métropole, pour leur excellent appareil à raffiner le ^Ucre. Il trouve à cela deux avantages : i° donner à la Neer-
- aude la construction de ces appareils; 2° les introduire à
- J»"-
- ava
- grâce aux avances de la Société générale.
- TABLEAÜ DE L’EXPORTATION DES SUCRES.
- années. régimes différents. KILOGRAMMES. VALEUR.
- l790. 4,000,000 1,240,000 1 ?00 OOA
- CnTlfpiPtA anglflllA
- 1826.
- 1830... Régime antefieor à Van den Bosch... • Idem. 1,550,000
- 1840 63,488,000 29,170,000f
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- FORCE PRODUCTIVE
- II est curieux de connaître comment l’ancien gouverneur général, M. Baud, devenu ministre des colonies néerlandaises, expliquait aux députés de son pays la question des sucres : c’était en 18/18, à l’époque où les sacrifices du Gouvernement pour en soutenir la production dans l’archipel indien dépassaient les bénéfices, vu l’avilisse' ment des prix.
- «Le Gouvernement ne doit pas calculer comme un marchand son système de culture. Deux choses lui sont onéreuses : le refus qu’il fait de vendre les denrées des Indes sur les lieux mêmes, et la production spéciale du sucre. Mais la loi qu’il s’est imposée de ne vendre qu en Néerlande soutient la navigation nationale et fait la gran-deur des marchés d’Amsterdam et de Rotterdam. Les pertes que nous éprouvons sur le sucre se changeront en gal11 plus tard, lorsque l’introduction des machines fera son effet dans Java, puis lorsque nos méthodes, encore fort impa1' faites, se seront améliorées. Alors se relèveront les p1’1* des sucres, qui doivent forcément remonter par fabandon définitif de la traite, dont les dernières opérations eut augmenté dans fîle de Cuba, et soutiennent au Brésil la culture du sucre, cette culture que l’affranchissement uni' versel des noirs ferait rapidement tomber dans les malt*5 anglaises. »
- Prix auxquels la société du commerce a vendu les sucres à Java.
- Années. i83i i83î 1833 1834 i835 i836 i837|i838|i839|>84o
- Prix du kilogr... 71 7 4 7 1 71 85 91 73 J 75 1 68 | 64
- Depuis 1 8A 1 le prix des sucres a fini par se relever* comme l’avait prédit M. Baud. En i855, le prix moyen du kilogramme de sucre importé de Java dans le Royaume'
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- Uni s’élève à 76, centimes (tables de Fonblanque). A ce Prix, les Hollandais devaient cesser d’être en perte.
- 3. Production du coton.
- ^es Hollandais n’ont pas encore obtenu pour la culture ^ coton les vastes succès qui caractérisent d’autres pro-Uctions plus particulièrement tropicales.
- Il faut signaler les efforts remarquables qu’ils ont faits Ctl *842, A cette époque, ils ont entrepris de cultiver c°ïOme essai comparatif toutes les espèces de cette plante sont connues dans l’archipel de l’Inde. On ne s’est pas c°ntenté d’acheter les récoltes de Java ; on a multiplié les j^couragements par des achats faits à Bali, à Sumatra, à °rnéo, etc. L’îie de Célèbes produit un coton de qualité llPerieure; ses récoltes, encore à l’état naissant, donnaient j Pendant 1,773 ,000 kilogrammes, envoyés en i84o à aVa- H y avait dans tous ces efforts beaucoup d’avenir.
- ^es habitants de Java continuent à lisser le coton, même j^llr 1 exportation, qui s’élevait en i84o à 2,398,000 e *es de ce genre de tissus.
- 4. Production de Vindujo.
- L-es Hollandais ont fini par s’adonner avec un rare SUccès à la production de l’indigo.
- Années.
- 1790. 1815. 1830. 1840
- RÉGIMES DIFFÉRENTS. KILOGRAMMES. VALEUR.
- Piogimo de la compagnie hollandaise. . 15,000 »
- Conquête par l’Angleterre « «
- Syatême antérieur & Vau den Bosch. . . 11,600 *
- Système de Van den Bosch 1,062,000 15,526,000f
- •NTHODUOTION. — H.
- 2 3
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- •FORGE PRODUCTIVE
- Ces progrès de la production hollandaise, depuis jusqu’à ] 84o, font un contraste frappant avec l’état, toura tour stationnaire et rétrograde, de l’exportation de l’Hin' doustan dans le Royaume-Uni.
- Prix successifs de l'indigo dans les ventes de la société générale.
- Années. . . . i83i iS3a 1833 1834Ii835 i836 1837 i838 1839 i84o
- Valeur du kit. . i!vc i3f i6f | i5f 15f i5f i5f »9f i6f
- 5. Production de la cochenille.
- C’est seulement en 18/12 qu’on a commencé l’export tion de la cochenille de Java. La récolte a donné p°ul cette année 3o,ooo kilogrammes. A partir de cettfi époque, on plantait sur une foule de points le cactijS sur les feuilles duquel se nourrit le précieux insecte.
- 6. Production du riz.
- Malgré l’accroissement rapide à Java d’une populati011 dont le riz devient de plus en plus la nourriture esse*1 tielle, l’exportation de cette céréale augmente.
- ANNÉES.
- REGIMES DIFFERENTS.
- exportés.
- Compagnie hollandaise................
- Conquête anglaise....................
- Système antérieur « Van den Bosch.. . Régime institué par Vau den llosch .. .
- 1811 à 1815..
- 20,000,000
- 68,937,000
- 42,222,000
- L’inégalité des récoltes peut seule expliquer les di ' rences de 183g à 184o. Mais l’accroissement dû à ces 0 dernières années n’en est pas moins considérable.
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- DES NATIONS.
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- 7. Production du poivre.
- ais ont essayé de calculer, vers )84o, la propoivre' en divers pays. Voici les résultats ap-Pl0xirnatifs de leur évaluation :
- î^s Angl Action du
- Contrées.
- Sumatra............
- Malacca et Siam. . Côte du Malabar.. He de Bornéo. . . .
- Kilogrammes.
- 14,000,000 8,000,000 4,000,000 i,5oo,ooo
- 27,500,000
- ^ La production du poivre à Bornéo n’appartient pas aux ^ Glandais ; ils ont cédé tout le territoire qu’ils possédaient
- aïls la presqu’île de Malacca ; enfin la production du ^re à Sumatra se trouve presque complètement en ^session de ce royaume d’Achem, que les Anglais, aux pFlïles du traité de 1824 , ont pris sous leur protection, réserve, ils l’ont faite afin que jamais la Néerlande Pût ranger cet État sous ses lois commerciales. Cependant vers les frontières d’Achem, dans les dis-ïlcls de Sing-Kell et de Baros, dont les Hollandais ont res-la domination, le poivre peut être avantageusement ^ Hvé. C’est sur ce point qu’ils tournent leurs efforts.
- Poivre exporté des possessions hollandaises.
- Kilogramme».
- l79° à i8i5................................ «
- ,*^26................................... 368,ooo
- l^38.................................... 55o,ooo
- ....‘............................. 682,000
- .................................... 744,000
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- 356 FORCE PRODUCTIVE
- Opinion erronée sur le commerce général des épices.
- Le commerce des épices, de ces produits si précieux et d’une si haute valeur, était possédé jadis exclusivemel3t par les Hollandais. Les étrangers se faisaient une ide^ extraordinaire de l’importance et des bénéfices attachesa ce monopole; faisons disparaître tfette erreur.
- QUANTITÉS D’ÉPICES LIVRÉES PAR LES HOLLANDAIS À L’EXPORTATION :
- MUSCADE, GIROFLE ET CANNELLE.
- ANNÉES. RÉGIMES DIFFÉRENTS. KILOGRAMMES. VALEUR-
- 1790 Compagnie privilégiée 420,000 w
- 1815 Régime britannique ,
- 1820 Régime gouvernemental hollandais.... 248,000 »
- 1840 371,000 3,549,000'
- —
- Valeur compurée du commerce des épices au commerce total, année 18h0.
- Francs.
- Proportion*
- 2.3 l/2 1,000
- Exportation des épices. .. . 3,549,000
- Exportations totales..... i5o,836,ooo
- Si la quantité d’épices transportées en i84o avait ega^ celle de 1790, elle n’aurait pas représenté plus de 3 pour 1,000 des exportations. ^
- Les accroissements obtenus dans les exportations toute espèce de produits, par le nouveau système et Société générale de commerce, surpassent quarante J en importance l’ancien commerce des épices, favorise P un monopole extraordinaire!
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- VALEURS DES EPICES MONOPOLISÉES AUX MOLUQUES, EN l84o.
- ÉPICES. KILOGRAMMES. FRANCS.
- ^°scado des Moluques et de Java 277,000 2,803,000
- *r°üe des MoJuques et de Java « 57,000 590,000
- Quelle. 37,000 156,000
- Totaux 371,000 3,549,000
- ^ est juste de faire observer que i84o est une année e faible exportation. Citons l’année 1839, incompara-^ïrient plus favorable.
- Quantités exprimées en kilogrammes.
- Muscade Girofle . Gan n elle
- 310,000 272,000 3,200
- 585,200
- ^ ^ous allons actuellement présenter le tableau géné Gs Productions recueillies, pour être exportées, dans ^sessions liollandaises.
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- FORCE PRODUCTIVE
- TABLEAU GÉNÉRAL DES PRODUCTIONS EXPORTÉES EN l84o.
- PRODUITS. QUANTITÉS EN KILOGRAMMES. VALEUR E N FRAI*cS'
- Tabac 1,610,000 2,554,000
- Àrack .... . . . . . . 1,532,000 602,000
- Thé 62,000 197,000
- Huile de cojeput 350,000 341,000
- Tripang 120,000 165,000
- Coton hrut 203,000 83,000
- Toiles et fils de coton (indigènes) « 2,398,000
- Gambier 86,800 64,000
- Bois de sapan 480,000 80,000
- Bois de sandal 180,000 190,000
- Joncs , rotins 1,798,000 506,000
- Nids d’oiseaux. 16,865 2,310,000
- Cuirs de vaches et de buflles 110,000 480,000
- Ecaille de tortue « 42,00°
- Etain 3,906,000 6,066,00°
- Cuivre ouvré. 326,00°
- Or en poudre ou en lingots 103 473,00°
- Sel 8,000,000 567,00°
- Petits articles divers 1,812,0°°
- Productions principales » 132,032,°°°
- Totaux 150,844,°°°
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- DES NATIONS.
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- Commerce de Java, fait avec les Etats étrangers en 18U0 : produits étrangers réexportés.
- Francs.
- Productions de i’Hindoustan réexportées. 36o,ooo
- •----------de la Chine, Siam et Manille. 242,000
- ----------- du Japon.. . .............. 316,000
- —--------- d’Europe et d’Amérique... . 5,493,000
- Numéraire.............................. 545,000
- Exportation du Gouvernement : numéraire
- et marchandises...................... 4,o55,ooo
- Total des réexportations......... 11,011,000
- Exportations de l’archipel Indien........ i5o,844>ooo
- Total général des exportations. . 161,855,000
- Rësultats, dans la Néerlande, du. commerce des colonies orientales.
- Énumérons quelques-uns des services rendus a la Neerlande par la Société générale de commerce.
- Lorsqu’elle fut instituée, la moitié des transports entre u métropole et scs colonies des Indes se faisait sous pa-Dilon étranger; tous s’opèrent aujourd’hui sous pavillon landais.
- Dans une seule année, i838, les alïrétements se sont
- eWésà 14 o grands navires, jaugeant au total 100,000 tonaux. Il en est résulté, pour les armateurs, une valeur ( affrètements égale à 1 G,532,000 francs.
- L année i83q a présenté des résultats plus beaux en-
- jî°re ; car il y a eu 1 16,000 tonneaux transportés ; en 184o,
- es transports atteignent le chiffre supérieur de 138,000 tonaux.
- Auparavant, afin d’encourager la construction languis-^9te des navires de commerce, le Gouvernement payait
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- des primes, 11 a pu les supprimer; et, par l’essor de ^ Société générale, le travail des chantiers s’est rapidement accru. Dans une année, 1 839, on a construit 1 2 3 navires nouveaux, qui jaugeaient ensemble 39,918 tonneaux.
- Pour faire apprécier un tel résultat, il me suffira de citer ce fait: dans Tannée i84o, les constructions neuves de la France ne représentaient en tout qu’un jaugeage de /j3,o35 tonneaux. De là je conclus ce rapprochement :
- Constructions comparées de France et de Hollande par million d'habitants, en 18&0.
- Hollande........................... io,3oo tonneaux.
- FVance.. .................<........ i,23o tonneaux.
- Au moment où la Sociélé de commerce allait dévelop' per ses grandes opérations, en 1826, la Hollande et la Belgique, alors réunies, possédaient seulement 1,1 76 n3' vires, ayant pour jaugeage collectif 1 à8,000 tonneaux.
- Dès la fin de 1 839, le seul royaume hollandais comp' tait 1,028 navires, d’une capacité totale de 270,000 ton' neaux; il y avait, en outre, 261 bâtiments du port de /to,ooo tonneaux, construits à Java pour le compte de la Société. Par conséquent, en quinze années, la marin6 marchande avait plus que doublé.
- Beaux soins de Guillaume l‘r pour unir les prospérités du royaullie des Pays-Bas avec celles de l’Inde orientale.
- L’industrie hollandaise, autrefois si florissante, avait fn)l par succomber sous le poids des impôts et sous celui de la cherté qu’ils faisaient naître dans la subsistance et ^ main-d’œuvre. On regardait comme impossible de rétald*1
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- DES NATIONS. 361
- les industries et de faire face aux frais d’un nouvel apprentissage, au milieu d’un peuple si funestement désha-1 ne de ce genre de travaux. Guillaume a pressenti qu’il Pourrait triomph er de pareils obstacles. 11 a pensé que s Manufactures, qui se rouvriraient à sa voix, feraient Vlvre un grand nombre de pauvres gens que l’agricul-tllIe ne pouvait pas employer, et qui, dépourvus d’occu-Pabon, tombaient à la charge du public. Il a fait servir s commandes puissantes de la Société de commerce à Cleer des fabriques nouvelles, à donner l’essor aux ate-leis existants déjà... Honneur à Guillaume!
- a jugé qu’avec des tarifs de douanes habilement com-dînes. son, gouvernement soutiendrait des industries gués d’intérêt, favorisées en même temps par l’admi-^tration pour tous les objets d’approvisionnement néces-j,jlres à l’armée, à la flotte, aux colonies, et surtout à ode orientale. Voilà comment, en Europe, il a fait ou-j^11 des ateliers et des fabriques sur une foule de points du . Dtoire, en même temps qu’il soustrayait au monopole llcioyable de l’Angleterre la colonie de Java.
- Montrons le succès de ces e(forts patriotiques. En 182 à, ^vant l’établissement de la Société de commerce, les ate-Pd)S la Hollande et de la Belgique réunis n’avaient ri(î«é que pour 5,4oo,ooo francs de tissus de coton !*v°yés à Java: le reste était fourni par l’Angleterre, j, u^rize ans après, la Hollande seule en avait envoyé, dans ^aOnée i83(), pour i5,4o4,ooo francs, et la quote-part e G Grande-Bretagne était bornée à 6,85o,000 francs. d ^epuis celte dernière époque la fourniture des tissus j1 coton par l’Angleterre s’est beaucoup augmentée dans colonies orientales de la Hollande; mais la part de la °llande 11’a pas cessé d’être respectable.
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- FORGE PRODUCTIVE
- Reproche admirablement mérité par Guillaume 1er.
- 0
- On a fait au roi Guillaume le reproche singulier d'avoir uni par des liens trop intimes le sort de la Hollande celui de Java. Oui, sans doute, si l’abus de la force eir levait à la métropole son admirable colonie, un coup 1°' neste atteindrait la fortune publique, les manufactures, Ie commerce et la navigation de la Néerlande. Mais, polU qu’une perte pareille ait pu jamais paraître si grande, ^ a fallu le complet succès des combinaisons de Guillaume Le reproche même qu’on leur adresse en montre à yeux la réussite merveilleuse.
- A coup sûr ce roi, profondément patriote, a réalisé leS desseins en vertu desquels il voulait qu’à Java, dans i&e île néerlandaise, le peuple néerlandais fût le plus gra*1^ capitaliste, le plus grand commerçant, le plus grand arma teur. Et qui pourrait l’en blâmer P Certainement ce Ve devrait pas être l’Angleterre.
- L‘Angleterre ne fait pas autrement, et fait bien.
- Mais l’Angleterre elle-même, que fait-elle dans l’We’ avec tous ses brillants et savants dehors de libre coiP merce et de libre navigation, et de négoce ostensiblement cosmopolite? Examinons ses mouvements commercial de l’Hindouslan, pour trois principales puissances.
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- DES NATIONS
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- PARALLÈLE DU COMMERCE DE L’HINDOUSTAN, POUR TROIS principales puissances: ANNÉE 1 855.
- NAVIRES. IMPORTATIONS. | EXPORTATIONS. ENTRÉES. SORTIES.
- *8 . / q 1 Ç I ^ “ (Pr°d. britann. . q jProd, étrangers. francs. 316,719,250 francs. 248,728,600 10,108,025 tonneaux. 366,062 65,116 tonneaux. 384,189 96,007
- U [ ^ français. . ^ 1 Prod. étrangers. 52,895,405 8,417,282 35,866 8,611 23,574 6,807
- ^ ta jProd. yankics... r Prod. étrangers. 28,982,190 Br. 3,813,496 1,058,089 59,078 1,041 80,729 4,743
- Le simple parallèle de ces trois puissances est suffisant P°ur montrer quelle énorme supériorité la Grand e-Bre-tagrie a trouvé l’art de se réserver dans le commerce de Ses Indes orientales. Loin de l’en blâmer, je ne l’approuve I*as moins à Calcutta, à Madras, à Bombay, que je n’ap-prouve les Pays-Bas à Batavia.
- Ln présence de pareils faits, il m’est impossible dad-^ettre le reproche que l’on a dirigé contre Guillaume, ^etre un hypocrite monopoleur.. ., et de 1 être en profes-***, parles statuts de sa Société générale de commerce, plus beaux principes de liberté commerciale. Je ne vois Cu lui qu’un homme prudent, patriote et modéré, qui ^isse à l’étranger une part, secondaire à coup sûr, mais méprisable, dans un commerce dont il ménagé la pai t a Meilleure pour ses sujets. S’il était Anglais, il tiendrait autre langage; mais il n’agirait pas plus habilement, et S(jS résultats seraient du même ordre. Voila la vérité.
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- FORCE PRODUCTIVE '
- Sort du commerce privé à Java.
- Dans Java, Guillaume a voulu qu’on ne changeât en rien la condition des maisons privées de commerce, et nationales, et même étrangères. Elles continuent d’apporter le? produits du dehors; elles achètent, elles exportent les pro' duits indigènes : elles éprouvent seulement la rude cofl' currence de la grande Société des Pays-Bas. Les maison8 particulières hollandaises partagent avec cette Société 1 a* vantage d’un tarif qui ne fait payer aucun droit de faveur sur les bâtiments nationaux, et qui réduit le droit général sur les marchandises hollandaises, de 25 â 12 1/2 p. ioo« Une telle condition n’avait rien d’oppressif; elle n’a pa8 empêché de continuer à prospérer, dans l’île de Java-soixante maisons de commerce, dont un tiers environ ^ maisons anglaises, américaines et françaises.
- Commerce fait à Java par des maisons particulières en 1839.
- Exportations. Importations tirées do l’étra»8er'
- Café ... 6,000,00g1 //
- Sucre 3,ooo,ooo II
- Riz . . . . . . . 8,000,000 H s
- Totaux.... ... 17,000,000 20,000,000*
- Les 20 millions de francs qui représentent l’importa' tion en produits étrangers par d’autres intéressés que ^ Société générale représentent le quart des entrées dan8 l’île de Java : aurait-011 voulu que les produits étrange1’5 égalassent ou surpassassent la moitié?. . .
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- Iiichesse obtenue par la Société générale.
- re-
- A force de prospérités, grâce à l’accumulation des Serves, Guillaume avait fini par élever le capital de la So-ciété des Pays-Bas à 97 millions de francs; il lui faisait prendre un rôle éminent au milieu des associations les Plus considérables par la grandeur de leurs capitaux. Le sûupl e rapprocb em en t qui va suivre suffira pour convaincre ee fait le lecteur.
- Capitaux comparés de quelques grandes associations commerciales vers 18k0.
- Banques.. . Francs. .
- d’Amsterdam.
- 33,000,000
- de France. 90,000,000
- Le roi Guillaume, en recevant sa juste part des béné-fices de la Société générale, avait fini par posséder personnellement 20 millions sur le capital général.
- Lorsqu’il avait déterminé le succès de l’entreprise en as-5l,rant hardiment, sur ses biens personnels, 4 1/2 pour cent intérêt aux actionnaires, ce prince avait bien connu le §^nie de ses prudents et froids compatriotes. Pour ap-pi'ouver la spéculation la plus plausible, il faut que les hollandais voient avant tout un bénéfice certain. Ce be-^ofice en soi peut être faible, ils s’y résigneront; mais, sHs n’ont pas de certitude, ils ne s’aventureront pas. Sans ,lo tel palladium, la société n'aurait pas pu se constituer, eL l’eût-on constituée, elle se fut dissoute des 1 origine.
- Citons un fait d’une haute gravite. Vers les premiers teOipS) en 1827 et 1828, il a fallu que le roi payât de ^ millions à 6 millions sur sa propre cassette, afin de par-Lire les 4 1/2 pour cent garantis en son nom.
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- Ce fut alors que Guillaume, se voyant à la fois fond9" leur et principal actionnaire, et garant personnel de la Société, établit, entre les affaires de l’État et celles de l’association, un amalgame occulte, lequel a fini par devenir pernicieux. Plus tard il s’en servit, avec une facilité fâcheuse, pour se procurer les moyens de soutenu’ ses projets contre la Belgique et d’opérer des armements énormes. Pendant que l’Europe étonnée attendait que l’épuisement de ses finances vainquît enfin la résistance opiniâtre dont elle ne pouvait s’expliquer les ressources» il tirait de la Société de commerce, à titre d’avance et sur les denrées qu’il devait lui livrer plus tard, jusqu9 82,600,000 francs. Le roi sociétaire enfreignait les statuts, qui défendaient de prêter sans nantissement, et Ie roi constitutionnel engageait son pays dans des dépenses soustraites à la connaissance des Chambres législatives; il violait les lois de son pays pour empêcher que sou pays, évitant la ruine, acceptât un démembrement irre' médiable.
- Enfin lorsqu’en 1869 il a fallu confesser, avouer ceS dépenses illicites, lorsqu’il a fallu demander aux États généraux un emprunt pour rembourser la Société de coin' merce, les Etats ont refusé. Mais avant la mise en v1' gueur de la responsabilité ministérielle, Guillaume, chef du Gouvernement, assurant la fortune de Guillaume actionnaire, s’est servi des derniers moments de son p()U' voir et de son règne pour assurer à ses co-partenaires nn remboursement progressif en huit années. L’odieux effet de ce double rôle a révolté l’opinion publique.
- Qu’il me soit permis de citer les sages réflexions dnn homme d’état, auquel je dois bien d’autres emprunts: «Sans doute l’opinion s’est particulièrement préoccupa des abus qu’a produits la dépendance de la Société à l’égal
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- DES NATIONS, la couronne; elle a vu, dans la cessation de cette dépendance, plus de sécurité pour les finances publiques, et plus de liberté pour le commerce. Mais peut-être ne Créera-t-elle pas beaucoup à sentir aussi l’absence de cette direction supérieure qui faisait concourir à la même ac-tlQn les services et les opérations du commerce ; qui comptait, par exemple, l’établissement dune fabrique sur lOver-Yssel avec la mise en culture d’un champ à Java, et diminution d’un impôt avec le succès d’une spéculation c°iïimerciale ? Ce qu’il y avait de véritablement grand et P fécond dans la création fondée et conduite par Guil-Prne, c’est que l’idée politique dominait à la fois 1 esprit ^Scal dans l’État, et l’esprit mercantile dans la Société ^‘trchande. Il serait regrettable pour le pays, préjudiciable ^ tous ses intérêts, fâcheux pour la réputation des États généraux, trop portés peut-être à céder à la reaction qui Se prononce contre tout ce qu’a fait le roi Guillaume, de v°ir l’Etat et la Société rentrer chacun de leur côte dans titte sphère plus rétrécie, et se laisser trop exclusivement absorber : l’État, par la préoccupation de réduire sa dé-ï^Use; la Société, par le soin d’augmenter ses profits. Il probable qu’en peu de temps les revenus de I Etat et de la Société s’en trouveraient également diminues. »
- Affaires spéciales de Java.
- A Java les employés du Gouvernement livient à la factorerie coloniale les denrées qu’ils acquièrent pour le c°inpte de l’État. La factorerie se charge de les transporter ^leles vendre en Hollande , moyennant un droit spécifié commission ; en 1 839 , ce droit s devait a 28 centimes kilogramme de café, à 22 par kilogiamme de sucie. U trésor royal augmenterait son revenu d’un tiers s il
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- épargnait ces frais et s’il en faisait les ventes à Java inême» mais le but ne serait pas rempli. Il faut que la navigati°n hollandaise §oit alimentée par le transport des denreeS coloniales, directement importées, afin que la Néerlafld6 soit plus que jamais un grand marché naval.
- Constitution de la Société générale de commerce des Pays-Basconsidéré dans ses rapports avec les colonies orientales (182âj.
- Le programme qu’on va lire, et qui donna naissance a la grande Société de commerce des Pays-Bas, le roi Gud' laume l’a fait paraître trois mois avant la promulgation d11 traité qui limite les possessions respectives de la Holland et de l’Angleterre dans l’archipel oriental de l’Inde. Un tel rapprochement n’était pas un effet du hasard ; Guillaume I avait conçu le projet de faire prendre un nouvel essor à ses Etats métropolitains par les possessions orientales, a ces possessions par l’industrie, par la richesse et la navt' gation de la métropole.
- Essayons d’expliqüer une des conceptions les plus in' génieuses et les plus puissantes qu’on ait formées dans leS temps modernes et chez les nations les plus éminente* par leurs créations commerciales. Résumons avant t°ili le considérant très-remarquable du décret d’instituti011,
- « Depuis notre avènement amtrône, le commerce n’a p3S acquis l’extension ni la vigueur que promettaient, et la paix générale, et nos rapports d’amilié avec tous les pies; la construction et l’armement des navires, le trav*u des ateliers et des manufactures n’ont pas atteint le deg1 de prospérité dont ils étaient susceptibles. On doit se*1 prendre au peu de succès du trafic et de la navigation daIlS les colonies, et surtout dans les Indes orientales. Il a f>^11 que le Gouvernement soutînt ccs branches d’industrie, eil
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- DES NATIOTNS. 369
- leur procurant des transports et des secours que les com
- berçants, en grand nombre, n’ont pas trouvés suffisants. »
- Le roi veut flatter les idées en vogue, mais dont il se
- réserve l’interprétation prudente. Il ajoute : « Pour trouver
- Un remède à ce dépérissement, on ne doit pas recourir,
- c°mme ont fait quelques autres peuples, à des systèmes
- prohibition. La liberté de la navigation doit être main-
- teiuie pour les pavillons des Pays-Bas et des nations amies.
- société doit être créée dans laquelle seront admis les
- üonaux et même les étrangers; société qui puisse donner
- pays
- par ses capitaux, une vie nouvelle aux intérêts du
- ((Elle bornera ses opérations au commerce, aux aflréte-iots, saris jamais s’immiscer dans les affaires d administration publique, soit en deçà, soit au delà des mers; sans ^revoir non plus ni direction, ni contrôle de lËtat; sans av°ir, en un mot, d’autre rapport avec le Gouvernement tPle de subir la loi commune et les conditions des sociétés an°«ymes. »
- . Après l’exposition de telles vues, le décret du 29 mars ^stitue ce que le roi Guillaume appelle avec habileté **Société belge, quoique, en réalité, par la force des |jnoses, les capitaux et les capitalistes de la Néerlande y °lvent avoir la prépondérance.
- Cinq chambres de commerce belges et cinq chambres irlandaises ouvriront des registres de souscription, poui ^ recevoir l’engagement des futurs actionnaires1.
- Qri constitue la société pour vingt-cinq années seule-' Son fonds primitif sera de 1*2 millions de floiins
- a^'°2o,ooo francs), avec faculté de doubler le capital.
- b/tambres de commerce dont le concours est reclumé. Belgique Anvci s, ^es > Bruxelles, Garni, Ostende.
- °H(inde : Amsterdam , Dordrecht, Leyde, Middelbourg, Rottcr am.
- 2 4
- •ntroduction. — 11.
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- FORCE PRODUCTIVE
- Un roi partenaire : son courage industriel.
- Afin d’encourager les souscripteurs, le roi Guillaunie souscrit d’avance, «pour Nous, dit-il, et Notre Maison.” comme s’il disait pour la maison Guillaume et Gie. Il souS' crit à raison de 8,3 4 0,000 francs sur sa fortune priver Si les souscriptions totales, au ierjuin 182h, ne s’élève^ pas à 25,020,000 francs, le roi déclare qu’il compléter3 la somme sur son avoir particulier. Il va plus loin; afi0 de donner aux actionnaires une garantie en cas de revers-il assure à la compagnie, sur ses biens personnels, un térêt minimum de à 1/2 pour cent par année.
- Afin d’intéresser l’association à toutes les sources
- de
- la fortune nationale, le décret d’institution pose p°lU base le devoir d’encourager l’agriculture et les fabriques-sources de la richesse belge; le commerce extérieur, ^ pêche et la navigation, sources de la fortune bolla11 daise.
- Le moyen principal et déclaré de servir ces grands 111 térêts sera d’affermir et d’étendre les relations entre I3 métropole et ses possessions des Indes orientales, aiosl que les rapports commerciaux avec le reste de l’Inde ei la Chine, et la grande pêche des mers asiatiques.
- Comme objets d’échange, on fera choix avant toi
- du produit des fabriques nationales; les navires
- Pays-Bas construits dans les Pays-Bas seront affrétés pal préférence. Quant aux produits étrangers, aux bâtim611"5 étrangers, ils auront la liberté d’être achetés ou affrétés par des particuliers, si ces derniers en ont goût ou le besoin.
- A titre d’encouragement, l’Etat s’engage à charger Société de transporter les objets d'approvisionneur
- ,)t
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- H1* il a besoin d’ envoyer à ses possessions d’outre-mer, et d opérer les retours correspondants.
- A l’annonce d’un projet si^ grand et si national, tous es intérêts du pays éveillés, favorisés, flattés, ont ré-P°odu d’un accord unanime. Non-seulement le chiffre e 12 millions de florins s’est trouvé sur-le-champ atteint, dès le premier jour, les souscriptions se sont élevées ^ %>565,2 5o florins, qui valent i45,o43,54ê francs, termes du décret, il aurait fallu se borner à 1 millions ; un décret subséquent élève le capital à ?7>245,ooo francs.
- Après ce début éclatant, le roi Guillaume Ier, le modèle es r°is commanditaires et partenaires, s’occupe sans re-che d’organiser la Société, d’accord avec les délégués es souscripteurs enregistrés par les dix chambres de ^mmerce. Employant l’adresse, et sans autres voies que ^Persuasion, il se ménage la part effective la plus con-j erame, et disons aussi la part la mieux méritée, dans ^°nduite des affaires de l’association.
- , s statuts sont censés être composés par une assem-ee de délégués des actionnaires, au nombre de 41.
- Hollande. Belgique.
- Amsterdam.......... 11 Anvers.. ............ 7
- Rotterdam............ 6 Bruxelles............ 4
- ^hddelbourg.......... 2 Gand. . ............. 3
- Reyde. .. Dordrecht Schiedain.
- Bruges. Ostende. Tournay,
- Totaux des délégués. à4
- >7
- jCS légués réunis devaient voter par tête, quel que Nombre des actionnaires qui les avaient envoyés.
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- Articles principaux du statut constitutif de la Société.
- Cliap. 1er. L’association prend le litre de Société de commerce des Pays-Bas. Elle durera jusqu’au 1" janvier i$5o. Trois années aval*1 ce terme, elle déclarera son intention de prolonger ou non son existence.
- Chap. il. Le capital de 37 millions de florins se divise el1 >7,000 actions, et les actionnaires ne sont responsables pour aucunê perte supérieure à leur participation.
- Afin de favoriser les plus modeste fortunes, les mises*de fon^s seront divisibles par moitiés et par quarts d’action (52 5 fr. 20 cent )'
- Cliap. ni. Administration de la Société. Les affaires sont conduit8 par cinq directeurs, sauf l’approbation du roi; ce nombre pourra s’augmenter de deux, sans pouvoir jamais dépasser le nombre^ sept.
- La direction siège à la Haye, capitale des Pays-Bas.
- Pour offrir à la compagnie les garanties désirables, chaque difeC leur doit être possesseur d’au moins vingt-cinq actions incessible' et le secrétaire, d’au moins quinze actions. Ces dépositaires de la confiance et des intérêts de toute l’association ne pourront occupa aucun emploi public, ni faire aucun commerce, soit seuls, sofleI1 communauté. Ils ne pourront être ni fabricants, ni armateurs, en titre, soit en participation. S’ils violaient ces dispositions cap1' taies, ils perdraient les actions inaliénables qu’ils ont dû possédé pour arriver à leur haute position.
- Voici les appointements fixes attachés à la direction :
- Directeur président. 2 5,ooo francs.
- Simple directeur. 16,680 francs.
- Secrétaire. i4,595 francs.
- La grande prospérité qu’obtinrent bientôt les affaires de laS^ ciation rendit très-lucrative la disposition suivante : «Lorsqü sus de l’intérêt garanti, quatre et demi pour cent, un divideI1 est partagé, chaque directeur et le secrétaire reçoivent, outre.1^ traitement, un demi pour cent de la somme qui doit être répa tie. »
- La Direction est le pouvoir exécutif de la Société; elle admit118
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- °^tes les affaires, les achats, les ventes, les spéculations et la pour-^îtedes intérêts contentieux. Elle a sous sa responsabilité la caisse, a tenue des livres et les mouvements d’argent.
- e roi se réserve le choix complet des directeurs et du secrétaire pour a première nomination.
- Avant d’entrer en fonctions, les directeurs et le secrétaire jurent, rfre ^es n)ains du roi, d’être intègres, de garder le secret, et d’être èles a la Société.
- j ^ans chacune des villes d’Amsterdam, d’Anvers et de Rotterdam, a direction délègue trois agents au plus, voués exclusivement au ^rvice de la Société. Ils ont une quote-part des affaires qu’on les j ar8’e de suivre pour qu’ils v soient intéressés. Tous les agents de a Société doivent être regnicoles, propriétaires d’actions ou déposi-yes d’un cautionnement, réglé d’après l’importance des intérêts ^ leur sont confiés. Nul agent ne peut être commissaire; il ne occuper aucune fonction publique, ni participer dans aucune aire mdustrielle ou commerciale interdite aux directeurs.
- Organisation de la factorerie des Indes orientales.
- L extrême importance du commerce des Indes orientales néces-Sllait 1 institution d’une factorerie spéciale, résidant a Batavia.
- Cette factorerie, direction déléguée de la Société mère, est coui-Poséc d’un directeur et de quatre membres; ils sont nommés et lc^ocables, ainsi que tous leurs agents, par le conseil des directeurs Sl(%eant à la Haye.
- Ca factorerie obéit aux ordres, aux instructions de la direction ^tropoliiaine; elle prend sous sa responsabilité toutes les mesures p0Ur lesquelles, vu la distance et la lenteur des communications, clle peut être obligée d’agir en cas d’urgence. C’est d’après cet ^sprit, c’est avec cette autorité qu’elle conduira les affaires de a Société générale dans la vaste étendue de toul l’archipel oriental ^ 8Ur les côtes d’Asie
- C'1 factorerie rend à la direction centrale un compte annue e ses ^f^rations, en y joignant un rapport raisonné sui ses opérations. °Us les deux ans, un de scs membres se rend à la Haye pour °,lrier de vive voix tous les renseignements désiiables, ctoscutei ,Vec les directeurs pour les innovations et les redressements c evenus ^'essnires.
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- Moralité qu’il serait bien d’imiter partout.
- Faisons remarquer, pour sa haute moralité, une disposition qu’on ne comprendrait guère aux États-Unis, et qui fait honneur à la Hollande :
- « Art. 64- Ne peuvent être nommées directeur, commissaire» membre de la factorerie à Batavia, ou simple agent, toutes personnes qui, dans le royaume ou à l’étranger, ont été déclarées en état de faillite, sans avoir été légalement réhabilitées, ainsi que celles qul ont fait cession volontaire ou judiciaire, ni finalement celles qul> ayant obtenu surséance de payement, ne pourront justifier d’avoir satisfait à leurs engagements sur la foi desquels la surséance était accordée.»
- La même interdiction d’emplois comptables de la société de coin' merce s’étend à toute personne reconnue comme ayant suspendu se® payements, au sujet d’affaires quelconques, sans qu’un acquit*6' ment complet s’en soit suivi.
- Des commissaires.
- Pour contrôler les directeurs au nom des actionnaires, ceux-61 nomment vingt-six commissaires triennaux. Un vingt-septième est permanent et choisi par le roi, pour le représenter : c’est le coiU' missaire du roi.
- Répartition des commissaires à nommer dans douze centres \ électoraux.
- Belgique. HoHando.
- Anvers .... 4 Amsterdam . 8
- Bruxelles....... . . . . 2 Dordrecht î
- Bruges . . . 1 Leyde î
- Gand . . . . 2 Middelbourg. . .. î
- . . . . 1 Rotterdam 3
- Tournay . . . . 1 Schiedam î
- Totaux... . . . . 11 i5
- Le roi choisira le» commissaires sur des listes doubles de ce
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- Nombres; les remplacements se feront pareillement sur des listes Subies de candidats.
- est éligible si l’on est regnicole, si l’on possédé au moins Sept actions, et si l’on ne remplit aucun emploi de la Société.
- Le conseil de la Société se compose des directeurs et des commissaires ; les commissaires siègent comme surveillants et contrô-eurs de toutes les affaires gérées par les directeurs.
- Le conseil arrête, sous l’approbation du roi, les reglements et. es instructions à donner pour l’économie générale des aflaires, c°nformément aux principes de la présente convention. S il est gestion de déroger à ces principes, il faut convoquer 1 assemblée ^nérale des actionnaires possesseurs au moins d une action.
- Lorsqu’une affaire exige le secret, le président p’eut en imposer
- °Lligation aux membres présents de l’assemblée qui doit en connaître. 1
- Lorsque les commissaires délibèrent comme contrôleurs de la Séance des directeurs, ils sont présidés par le commissaire du roi.
- 1 ^es résolutions ne doivent pas être communiquées aucc directeurs, le PpQces-verbai et les autres pièces sont scellés et confiés à la garde du l^sident, commissaire du roi.
- Soyons comment les instructions fondamentales Iracent les °ntes à suivre. Il est prescrit aux commissaires de rechercbei les ^nyens par lesquels la Société peut être utile à 1 industrie natio-la^e ’ et de soumettre au conseil le résultat de ces recherches Un avant les réunions périodiques, ils doivent inviter par écrit les .^rnbres de commerce et des manufactures à déclarer les piopo-^°ns qu’elles souhaitent qu’on présente au conseil dans 1 intérêt
- fabriques et du commerce national.
- ne mission large est confiée aux directeurs. Ils sont tenus e lercher, même hors du royaume et spécialement en Allemagne, 3 Suisse, les débouchés possibles et nouveaux pour accioitre e*portation des produits nationaux et pour commander les împoi ^h°n$ ]Cs pjus appr0priée.s, les plus économiques, suitont en ma res premières, qu’on peut tirer des colonies.
- , /Loute spéculation sur les fonds et sur les changes est interdite a direction. Elle se concerte avec la Banque néeilan aise ras tefdan». ainsi qu’avec la Société pour l’encouragement de 1 mdus-le a Bruxelles, afin qu’elles soient les caisses généra es te asso
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- On a plus lard créé la Banque de Java, pour jouer le même rôle à Batavia. En attendant les hôtels des monnaies, dans les colonies, recevraient et garderaient les fonds disponibles de la Société.
- La Société doit effectuer ses transports en affrétant des navire nationaux, commandés par des nationaux; elle ne possédera des bâtiments de mer que par exception, en cas d’évidente nécessite-H faudra, pour de tels achats à Batavia, les ordres formels de la direction métropolitaine. Dans tous les cas, il est interdit à la Société de posséder des quais ou des chantiers de construction et de radoub.
- La Société affrétera de préférence les navires construits sur, des dimensions, des formes et des installations désignées comme les plus favorables au service commercial des Indes orientales.
- Les navires qu’elle emploiera ne jouiront d’aucun privilège m d’aucune immunité comparativement aux autres navires employé par les industries particulières.
- \
- Action de la Société dans les mers des Indes orientales.
- L’un des principaux objets est la direction du commerce que leS Pays-Bas et les Indes orientales font avec les ports des différent-1’ États des Indes. Immédiatement après l’ensemble des affaires de D métropole avec ses colonies vient, d’après son importance, le com merce rouvrir avec la Chine, soit pour l’achat du thé, soit p°ul d’autres objets d’échange: c’est un des intérêts à rendre prospères-
- La Société fera servir ses capitaux à là pêche des mers de l’Inde, ou du moins l’encouragera de tous ses moyens ; elle multipliera leS pêcheries.
- Dans les colonies, comme dans la métropole, la direction s’efforcera de servir l’agriculture nationale par ses exportations. Cet article était fait pour plaire aux Belges.
- La direction peut autoriser la factorerie de Batavia, soit à prendre les fermes de l’Etat, soit à se charger des livraisons de denrees, produits de la métropole ou des îles. Dans les marchés avec leS indigènes pour achat et revente de produits, on interdit toute claase de monopole et toute disposition qui nuirait au commerce libre, s°1^ pur des Néerlandais, soit même par des étrangers. On interdit à D Société toute clause fondée sur une culture ou sur une livrai»01* forcée.
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- A l’égard des marchandises rapportées par la Société dans la métropole, la règle générale sera la publicité des ventes à libre enchère ou par libre rabais, à des époques fixées. En certains cas hès-particuliers, la direction peut faire des ventes de gré à gré. Les motifs en seront expliqués dans un rapport soumis au plus prochain conseil de la Société.
- Des dispositions spéciales (chapitre v ) règlent les comptes annuels, L balance , les dividendes et les fonds de réserve. La masse des actionnaires n’est appelée à connaître que des chiffres définitifs dé élance, d’intérêt et de réserve. Quant aux opérations de la direction , c’est le conseil des commissaires qui les révèle annuellement el' définitivement. .
- Les statuts fixent le remboursement des avances qu’aura pu faire L roi dans les années où le revenu n’atteindrait pas les 4 1/2 pour cent garantis comme minimum.
- La réserve annuelle est égale au tiers des profits, en sus des 4 1/2 pour cent garantis aux actionnaires.
- Autorité du roi sur la Société : ses avantages, ses abus.
- Les parties qui peuvent sembler vulnérables, dans le projet que nous venons d’analyser, sont celles qui donnaient une influence excessive au roi partenaire. Cependant il est juste de déclarer que, pendant les dix à douze premières années, loin d’en abuser, ce prince habile et bien "intention né s’en est servi pour faire naître et pour accroître la prospérité de sa grande entreprise. Les résultats qu’on lui doit ont été merveilleux jusqu’en i84o, aOnée de son abdication.
- Le seul excès de pouvoir qu’on ait à lui reprocher, c’est davoir employé sa prépondérance à se faire, en secret, Prêter des sommes considérables, destinées à poursuivre* fine guerre obstinée contre les Belges; c’est, par ce t^oyen, d’avoir engagé l’Etat sans que les Chambres législa-hves en eussent aucune connaissance! Il a pu de la sorte
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- accroître beaucoup la dette coloniale et continuer, avec son incroyable opiniâtreté, une lutte sans espoir. Gepeu-dant disons en sa faveur qu’il n’agissait de la sorte qu’entraîné par un sentiment de patriotisme vraiment hollan-dais, patriotisme dont l’excès même devait trouver son excuse aux yeux de ses anciens et bien-aimés sujets.
- Efforts des Néerlandais pour faire accepter dans leurs colonies orientales les produits de coton belges.
- Originairement tous les tissus de coton expédiés dans l’archipel des Indes, soit de Hollande, soit de Belgique, étaient de fabrique anglaise. Le roi Guillaume Ier se pr°' posa de faire prendre à ses sujets une juste part dans ces expéditions. Il fit transmettre aux fabricants belges leS dessins et les échantillons des produits qu’il importait d’envoyer; des achats considérables furent faits à ces fabricants, afin qu’on les appréciât à Java.
- Les Anglais exploitaient la plus grande partie du commerce à Batavia. Leurs capitaux, leurs comptoirs, leuis agents étaient là; ils continuaient avec un avantage énorme un négoce que seuls ils avaient fait pendant H guerre. C’est contre cette excessive prépondérance que Ie Gouvernement des Pays-Bas s’était proposé courageusement de lutter.
- Rapport du consul français à Ostende [février 1825).
- 0
- Ostende semble une résidence d’où rien que de sinisRe ne devait être annoncé au Gouvernement français siu l’entreprise de la Société générale de commerce.
- Dès l’année 1825, le consul mandait à Paris :
- « La situation de Java n’est pas prospère. Les guerres
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- y °nt été continuelles et dispendieuses. Cinq ou six narres richement chargés, expédiés par Je gouverneur, orit engloutis sous les flots.
- « Les produits industriels de Java sont nuis, et les projetions agricoles encore peu considérables, et surtout peu variées. »
- Prédictions de ruine et critique
- consul français.
- J’ai sous les yeux un rapport étendu et soi-disant rai-sonné fait par un consul français, en 183y. Il a pour but Prétentieux de révéler à son Gouvernement toutes les s°nrces de ruine que renfermaient les statuts de la Société j commerce, et le détriment qu’ils allaient occasionner ^ la fortune des Pays-Bas ! Ce savant observateur, fortifié par toutes les théories économiques, et s’appuyant sur j grands principes abstraits, prédisait les plus étranges désastres, à la veille de succès qui devaient surprendre les jux mondes et donner une base nouvelle à la prospérité j la Hollande. Un tel exemple devrait rendre plus cir-c°nspects nos personnages consulaires quand ils ont à laire connaître de nouvelles créations où l’on s’affranchit js routes battues pour en ouvrir de plus favorables à la fortune des peuples.
- ^Ottipuraison des bénéfices entre les systèmes financiers de la Néerlande et de la Grande-Bretagne en Orient.
- En 18/19 les statuts Je la Société de commerce ont e*e renouvelés, et la durée de l’admirable institution pro-l°ngée d’un nouveau quart de siècle.
- Les Hollandais disent avec fierté qu’ils font produire à
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- leurs possessions d’Asie un résultat financier auquel la Grande-Bretagne n’a jamais pu parvenir, malgré la vaste étendue et l’opulence de son empire oriental. Depuis pins de vingt ans les Hollandais obtiennent une supériorité vraiment étonnante des recettes sur les dépenses; et les Anglais, qui gouvernent l’Hindoustan, retombent sans cesse dans le déficit. A chaque instant on leur propose de s’emparer d’une province ou d’un royaume dont la richesse * assure-t-on, rétablira l’équilibre; fenvahissetnent a lieu dans cet espoir : cela s’appelle annexion. Mais, deux on trois ans plus tard, les charges de la conquête et le,flot toujours montant d’inévitables sacrifices restituent au de' ficit sa supériorité première. L’étonnement redouble 1 ors' qu’on met cette situation toujours précaire en parallèle avec l’accroissement des ventes de produits britanniques* favorisé par l’application des théories les plus appropriée5 à l’exportation sans limites des produits manufacturés efl Angleterre.
- Ce contraste entre les résultats si différents obtenus dans les deux grandes possessions orientales des Européen5, ce contraste est digne d’une étude approfondie. En Ie faisant remarquer, un des plus habiles ministres qu’ait eüS la Néerlande, M. Baud, qui fut gouverneur général de5 Indes néerlandaises, s’est permis la réflexion suivante-«Le système néerlandais, nous l’avouons, est contraite à tous les principes des économistes; mais il vaut mien* s’enrichir malgré les théories que se ruiner avec elles et par elles... » • .
- M. Baud, je le crains, qui n’a pour lui que le succès* sera considéré comme un esprit bien étroit, et sa routin6 surannée comme un peu bien audacieuse.
- Afin de laisser parler les faits, nous allons présente1’ pour diverses époques caractéristiques, les budgets conffa
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- résdeslndeshollandaises. Nous commencerons par l’époque
- 179 5, la dernière année de la compagnie chargée d’administrer les contrées orientales. De temps à autre cette compagnie était obligée de contracter des emprunts pour toutes les dépenses extraordinaires et supplémentaires qui ta constituaient dans un déficit réel et croissant. Dans le tableau qui va suivre, les recettes et les dépenses comprennent, ligne première, des achats et des ventes qui lle reparaîtront qu’après la reprise de possession postérieure à la paix générale de 181 5.
- L’État, en prenant la place de la compagnie après 1795, perdit tout bénéfice de commerce, et subit dans ses revenus un véritable déficit.
- On en voit la trace dans les budgets de i8o5 et de *810, puis dans celui de 1822, après le rétablissement rta l’autorité hollandaise.
- Sous la domination^passagère des Anglais, pendant les trois dernières années, leurs dépenses ont surpassé de 2 0 millions leurs recettes. Ce résultat leur déplaisait et tait, peut-être, un des motifs qui les rendirent plus faciles a la restitution.
- Le grand contraste est présenté par la prospérité vraiment admirable de l’année i8/jo, époque où le nouveau système du comte Van den Bosch s'élève à l’apogée du
- succès.
- Le lecteur va saisir d’un coup d’œil les situations si di-verses que nous venons d’indiquer, en jetant les yeux sur ta tableau suivant :
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- BUDGETS COMPARÉS DES POSSESSIONS ORIENTALES DES PAYS-BAS X SIX ÉPOQUES DIFFÉRENTES.
- ÉPOQUES. RECETTES. DÉPENSES.
- francs. francs.
- 1795. Budget de la compagnie hollandaise 50,880,000 46,650,000
- 1805. Budget du Gouvernement hollandais 6,356,000 10,560,000
- 1810. Idem 8,850,000 17,500,000
- 1814. Régime anglais 17,800,000 22,725,000
- 1822. Retour au régime hollandais 67,144,000 1 62,346,000
- 1840. Nouveau système 154,603,000 110,894,000
- —
- Ainsi les mêmes colonies, qui coûtaient, en i8ià» 5 millions à l’Angleterre, rapportent, en i8ào, kk rnif lions à la Hollande, et le revenu des indigènes, en même temps, est incroyablement augmenté.
- Effets merveilleux des lois protectrices.
- Nous n’avons guère achevé que la moitié de notre voyage autour du monde, et voilà déjà quatre grands exemples qui se fortifient les uns par les autres : Etats-Unis, les Anglo-Américains ; à Cuba, les Espagnols; au Brésil, les Néo-Portugais; en Océanie, les Hollandais* Ces peuples nous montrent comment on parvient à quatre fortunes immenses par les protections commerciales ap' propriées à l’état social ainsi qu’à l’industrie des difle' rentes nations.
- 1 H faut remarquer que l’excédant des recettes sur les dépenses était pt°s qu’absorbé par les dépenses faites dans la métropole pour le compte des îles de l’archipel indien.
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- DES NATIONS.
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- Comment les Hollandais sont sortis du déficit colonial.
- L’éminent administrateur auquel sont dus les beaux résultats que Tannée i84o offre dans leur état le plus bril-tant, M. Van den Bosch, raconte avec simplicité comment ll est entré dans la voie qui fit changer de face à la fortune : « Lorsque j’arrivai, dit-il, à Batavia, c’était en 183 o *, *Uon prédécesseur était parvenu, par le travail le plus consciencieux, à réduire la dépense de 8 millions de francs. Comment faire? me dit-on; il n’y a plus rien à réduire, nous sommes en déficit. Je répondis : Ne vous inquiétez pas, et j’augmentai la dépense de dix millions, depuis, les dépenses ont été triplées, mais les recettes °nt été sextuplées. »
- La sagesse hardie de ce novateur a pu produire de tels ''ésultats, parce qu’il avait plein pouvoir. Des situations coloniales de cette nature, suivant le même homme d’Etat, s°ut au nombre des causes qui repoussent le plus impé-rieusement de l’Inde hollandaise le contrôle absolu d’une Cambre de députés. Ce contrôle, étant porté tour à tour partiellement sur les différents points sans en embrasser les rapports, ne ferait jamais concevoir la nécessité ces énormes augmentations de dépenses; cependant la véritable économie n’est pas de diminuer la dépense, °est d’augmenter la recette. Les Hollandais, tout constitutionnel et sagement constitutionnel qu’est le régime de ^eur Etat métropolitain, les Hollandais ont compris ce Secret exceptionnel de leur fortune asiatique.
- Lorsque nous parlerons des lents et coûteux progrès l’Algérie, nous reconnaîtrons la profonde vérité de ces °Wervations.
- En terminant ce chapitre, nous croyons devoir pré-
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- senter par colonies le budget des diverses possessions de l’Asie hollandaise. A l’exception de Java et de Sumatra, les recettes et les dépenses n’ont pas, depuis cette époque éprouvé de changements considérables.
- BDDGET DE 1822 POUR LES DIVERSES ILES.
- RECETTES. DÉPENSES.
- francs. francs.
- 54,193,000 48,836,000
- 1,518,000 1,948,000
- 4,095,000 3,992,000
- 75,000 138,000 -
- 125,000 148,000
- 450,000 614,000
- 290,000 540,000
- 1,808,000 2,056,000
- 1,687,000 1,210,000
- 200,000 697,000
- 670,000 392,000
- 2,033,000 1,775,000
- 67,144,000 02,346,000
- ILES.
- Java et Madura.
- Sumatra.......
- Banca.........
- Billiton......
- Riou..........
- Bornéo. ......
- Célèbes.......
- Gouvernement des Moluques. ..
- Amboine. Banda... Ternate..
- Menade et Gorontale... Ile Décima, au Japon.
- Totadx.
- II est-intéressant de connaître les sources diverses d’°l1 sont tirés les divers genres de revenu des Indes oriental^ néerlandaises pour l’année i84o et pour trois époqueS antérieures.
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- DES NATIONS.
- 385
- BUDGETS COMPARÉS DES RECETTES PODR LES INDES NÉERLANDAISES.
- COMPAGNIE GOUVERNE- GOUVERNEMENT HOLLANDAIS.
- des Indes : MENT
- des Anglais : 1er système : Nouveau
- 1795. 1814. 1814. système : 1840.
- Fermages, péages, marchés, francs. francs. francs. francs.
- opium 2,650,000 3,696,000 8,936,000 24,372,000
- Impôt foncier 5,830,000 6,180,000 12,305,000 18,762,000
- douanes 1 Fente de denrées , monopole du * 1,750,000 6,318,000 22,703,000
- sel 40,464,000 5,520,000 21,415,000 82,000,000
- Revenus divers » 1,660,000 . 5,285,000 3,586,000
- budget particulier de Sumatra. * “ » 3,180,000
- Totaux 48,944,000 18,800,000 54,259,000 154,603,000
- L’état suivant, établi par nature de dépenses, donne idée pratique du Gouvernement.
- DÉPENSES POUR l84o.
- NATURE DES DÉPENSES. FRANCS.
- Gouvernement général 1,683,000
- Justice 1,060,000 7,321,000
- Administration civile et police
- Agriculture, beaux-arts et culte 1,196,000
- Fonts et chaussées , constructions civiles 772,000
- pi tnances ( achats compris ) 61,000,000
- Guerre 18,000,000 4,597,000 11,000,000
- Marine.
- Subventions aux princes indiens, etc
- budget spécial de Sumatra 3,815,000
- '_> O
- INTRODUCTION. --II,
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- 386 FORCE PRODUCTIVE
- Le reproche le plus grave qu’on puisse adresser à ce budget est fondé sur l’insuffisance extrême de la dotation des ponts et chaussées. On y remédie par des travaux analogues à la corvée.
- Bénéfice définitif des colonies néerlandaises pour la métropole.
- Dans la partie de ce travail où nous étudierons la force productive du royaume des Pays-Bas, nous ferons appre' cier l’efficacité, l’opportunité des secours que la métro' pôle a tirés de ses possessions orientales; il nous suffit a présent d’en offrir une simple idée par deux chiffres seulement du budget métropolitain et du budget colonial-
- BUDGETS RÉUNIS DE LA MÉTROPOLE ET DES INDES ORIENTALES NÉERLANDAISES.
- RECETTES. DÉPENSES.
- francs. francs*
- Royaume des Pays-Bas. 110,000,000 148,000,000
- Indes néerlandaises 157,000,000 114,000,000
- Totaux 267,000,000 262,000,000
- Déficit du budget métropolitain 38,000,000 fr.
- Excédant du budget des Indes néerlandaises. . 43,000,000
- Surplus qui reste à la métropole.... 5,000,000
- Si le royaume perdait ses îles orientales, et surtout Java, que deviendraient ses finances?
- J’ai déjà dit que le comte Van den Bosch proposait 4^ transférer'sur Java la dette publique de la métropole; 1
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- DES NATIONS. , 387
- u’auràitplus existé qu’une dette javanaise. Mais, objectait-on , si, par un appétit naturel, les Anglais prenaient Java,
- la trouveraient chargée d’une dette que peut-être ils répudieraient.
- Pour calmer de telles frayeurs, le ministre faisait observer qu’on pourrait alléger beaucoup le fardeau de cette dette. II aurait voulu que l’on vendît environ deux cents Propriétés domaniales que l’Etat possède à Java. Leur prix surpasserait un milliard 35o millions de francs, avec lesquels on eût anéanti la majeure partie de cette charge publique; le reste aurait été facilement desservi par le surplus du revenu colonial, toutes dépenses payées.
- Prolongation d'existence légale de la Société générale;
- 2‘ période, 18U0 à 185U.
- Les succès de la société générale depuis 182/1 avaient eté trop avantageux pour n’être pas renouvelés; mais, cornme on va le voir, en réduisant les bénéfices.
- Voici le tableau des revenus effectivement perçus pendant les trois dernières années, où l’on a maintenu les avantages primitifs de la société.
- TABLEAU DES PROFITS DE LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE D'APRES LE TAUX PRIMITIF.
- ANNÉES
- 1839. 1840. 1841.
- Intérêt garanti 4 1/2 p. 100 4 1/2 p. 100 4 1/2 p. 100
- Bénéfices à payer sur-le-champ 8 1/2 8 1/2 7 1/2
- Bénéfices pour réserve 4 1/4 4 1/4 3 3/4
- Total du revenu réel 17 1/4 17 1/4 15 3/4
- 2 5 .
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- 388
- FORCE PRODUCTIVE
- Réduction des profits à partir de la concession nouvelle.
- On a trouvé que de tels bénéfices étaient trop considérables. Us pouvaient se justifier dans l’origine; mais, après la consolidation de la Société commerciale et ses longues prospérités, on crut devoir exiger des réductions, quelle a subies sans trop de mauvaise grâce.
- On a réduit à moitié les frais de commission sur les produits javanais remis à l’association pour être transportes et vendus en Néerlande; on a fait une diminution correspondante sur les prix alloués pour transporter les hommes et les marchandises envoyés par l’État. Le total des déductions n’a pas diminué de moins d’un tiers l’ensemble des bénéfices.
- Voici quel fut le dividende complet obtenu dans la première année du nouveau règlement :
- i° Intérêt garanti. . .
- 2° 2/3 des bénéfices.
- 3° 1/3 de réserve. . .
- Total
- Ce dividende fut regardé comme faible par les négociants hollandais, au sujet d’une entreprise qu’on est oblig6 de poursuivre à si grande distance de la métropole.
- Tristes compensations qui retombent sur la Néerlande.
- Afin de compenser la parcimonie des nouvelles conditions, on n’a plus fait une loi rigoureuse à la Société de n’acheter que des produits hollandais pour les transporter aux Indes; mais un pareil soulagement 11’a pv
- 4 1/2)
- 4 1/2 v p. 0/0. 2 1/2)
- 11 1/2
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- DES NATIONS. 389
- s’opérer qu’aux dépens de l’industrie nationale. On a puni celle-ci des bénéfices trop grands qu’avait faits la
- Société.
- La Compagnie, pour se soutenir, a réduit les frets quelle payait sur des bases généreuses aux armateurs métropolitains ; les armateurs et les constructeurs de navires ont subi par contre-coup la diminution des bénéfices de l’association.
- Tout n’était donc pas avantage pour la fortune publique dans les réductions si fortes opérées sur les bénéfices du système primitif auquel la Néerlande avait dû les plus merveilleux résultats.
- Banque de Java : ses revers.
- Le roi Guillaume avait créé la banque de Java pour foire face à toutes les opérations de la Société dans l’ar-cfiipel hollandais. Cette banque, enivrée par une prospéré générale qui faisait sa fortune, n’avait pas toujours r la prudence si naturelle au caractère batave. Elle ne s était pas constamment renfermée dans les limites d’ac-bon que prescrivaient les règles de son institution; elle ,le se bornait pas seulement aux prêts qu’exigeaient les aVances à faire depuis une semence jusqu’à la récolte ^îimédiatement suivante. Aussi, iorsqu’ayant prêté par fielà les justes bornes elle vit approcher les premières Menaces d’une crise, elle essaya de rentrer dans ses fonds ; ^ais ce fut en vain. Elle reconnut à quel point ses capitaux étaient engagés dans des entreprises de culture dont ^es résultats à la longue étaient assurés, sans pourtant permettre un remboursement immédiat. A bout de Moyens légitimes, il fallut qu’au milieu de juillet 1 839
- banque suspendît ses payements en numéraire, tout
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- 390 FORCE PRODUCTIVE
- en demandant des avances au trésor de l’État, ainsi qu’à
- la Société générale.
- Remède législatif à la crise commerciale.
- Ici l’on reconnaissait le déplorable effet de la conduite inconstitutionnelle de Guillaume, qui, pour soutenir sa lutte contre les Belges, avait emprunté clandestinement jusqu’à 82,500,000 francs à la Société; celle-ci n’avait plus les mêmes capitaux disponibles pour alimenter à Java les diverses opérations commerciales, et pour suffire aux avances qu’exigeait la préparation des cultures.
- Il devenait urgent que l’État remboursât une dette faite, il est vrai, sans que les chambres en fussent informées , mais pour un service éminemment national : service qu’après tout elles ne pouvaient méconnaître et quelles auraient rougi de blâmer.
- Le comte Van den Bosch, le grand organisateur des cultures javanaises, le bienfaiteur de son pays à ce noble titre, était alors ministre des colonies. Il annonce aux chambres la nécessité d’un emprunt pour rembourser a la Société générale 95,910,000 francs quelle a prêtés au chef de l’État. Cette demande, il la présente afin de per' mettre que cette Société puisse faire face à la crise alors existante en Europe, afin de rendre aussi la vie à la banque de Java, afin de maintenir la prospérité des cub tures javanaises. Le ministre atteste l’urgente nécessite de la mesure; il la proclame un intérêt tout national» et déclare se retirer si le législateur la repousse par s ou vote.
- Ici le roi Guillaume met le comble à ses torts, en se jouant de la situation où l’illustre ministre s’est placé paf dévouement patriotique. Dès qu’il aperçoit que les de-
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- DES NATIONS.
- 391
- putes sont disposés à voter l’emprunt, il l’augmente de vingt millions de francs, pour achever, assure-t-il, de couvrir les dépenses, si peu régulières, qu’il avait faites dans sa lutte avec la Belgique. La patience de la chambre etait à bout. Les mandataires des citoyens ne se montrèrent pas moins opiniâtres que le roi; ils rejetèrent la totalité de l’emprunt.
- Alors le comte Van den Bosch, sacrifié d’un et d’autre coté, se retira comblé de gloire, et chassé par deux ingratitudes.
- ♦
- Energique administration de M. Baud.
- Le successeur de ce grand administrateur était l’ha-bile M. Baud, qui, dans les Indes, avait été l’un de ses sUccesseurs comme gouverneur général. Il fit régler pur dixièmes, pour dix années, le remboursement des 96,910,000 francs de dette avouée; il envoya des secours à la banque de Java, sous la condition de soutenir k crédit et d’empêcher la faillite des grandes maisons coloniales. La banque javanaise prit à son compte les créances de ces maisons; elle y satisfit avec son papier, Moyennant un intérêt de 6 p. 0/0, intérêt. qu’on doit Regarder comme minime en de pareilles circonstances. Celte mesure héroïque sauva la place de Batavia.
- De telles péripéties sont pleines d’intérêt. On aime ^ Voir comment de grandes associations, secondées par Ur* gouvernement intelligent et courageux, traversent les crises les plus formidables, et conservent intact l’honneur 6 on peuple à la fois commerçant et probe.
- Conséquences de la crise sur les revenus de Java.
- Le refus des législateurs aux demandes de Van den
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- 392 FORCE PRODUCTIVE
- Bosch n’avait pas atteint la production javanaise de i84o» pour laquelle étaient préparées les avances par la banque de Java, mais il atteignit sensiblement les produits de l’année i84i.
- Parallèle des opérations commerciales de Java poar Î8&0 et I8àl-
- 1840.
- Exportation directe. . . 161,787,000* Importation............ 83,332,ooo
- 1841.
- 139,461,000*
- 62,493,000
- Mouvements totaux. . . 245,119,000 201,964,000
- La décadence est certainement considérable entre deu* années consécutives; cependant tout n’a pas été désastre pour la métropole et pour les colonies.
- Bientôt la prospérité des Indes néerlandaises a repris son cours. Le tableau suivant fait voir le progrès définitif obtenu de i84o à 1841 jusqu a 185 6, c’est-à-dire jusqu à la dernière année dont nous ayons les comptes officiels*. Ce rapprochement est plein d’intérêt.
- 1
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- DES NATIONS.
- 393
- PARALLÈLE DÉVELOPPÉ.
- IMPORTATIONS A JAVA. 1840. 1841. 1856.
- ENVOIS PAU LE COMMERCE PARTICULIER. francs. francs. francs.
- Tissus ( des Pays-Bas 18,718,000 10,528,000 ,,
- de coton | d’autres contrées 9,048,000 5,760,000 „
- Objets divers 11,070,000 11,246,000 •
- Envois d’Europe et d’Amérique 38,836,000 27,534,000 43,810,376
- Produits des Indes orientales........ 1,547,000 1,293,000 1,692,432
- Produits de Chine, Siam, Manille.. . 3,243,000 3,727,000 6,387,140
- Produits du Japon 1,836,000 11,000 2,255,440
- Produits de l’archipel indien 10,585,000 10,163,000 15,184,541
- Numéraire 5,170,000 2,558,000 7,681,076
- Total des envois pour compte 45,286,000
- particulier 61,217,000 77,011,005
- ENVOIS POUR LE COMPTE HU GOUVERNEMENT METROPOLITAIN.
- Espèces. 9,953,000 5,265,000 28,018,750
- Cuivres, fers, sacs à café, vêtements,
- vivres, etc 3,649,000 2,441,000 7,423,647
- De l’archipel hollandais : épices des Moluques • 2,492,000 3,423,000 1,160,729 6,878,390
- Etain de Banca 5,586,000 5,790,000
- Café de Menado 615,000 288,000 854,660
- Total des envois pour compte 17,207,000
- de l’Etat 22,295,000 43,331,230
- Total général des importations. 83,512,000 62,493,000 120,342,235
- EXPORTATIONS DE JAVA.
- Produits de l’archipel indien 150,844,000 128,815,000 194,690,867
- Produits de l’Hindoustan , réexportés.. 360,000 296,000 172,802
- Produits de Chine, Siam, Manille. . . 242,000 373,000 249,784
- Produits du Japon 316,000 186,000 1,173,318
- Produits de l’Amérique et de l’Europe. 5,493,000 3,781,000 6,521,561
- Numéraire 545,000 1,045,000 13,942,424
- Exportations du Gouvernement : nu-
- Weraire et marchandises 4,055,000 4,965,000 5,274,198
- Total des exportations.. . 161,855,000 139,461,000 222,024,854
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- 394 FORCE PRODUCTIVE
- Un second ordre de documents publiés par le Gouvernement des Pays-Bas, c’est celui des valeurs d’impor-tation et d’exportation faites sous pavillons distincts, a l’époque la plus récente.
- IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS PAR PÜISSANCE, DANS L’ARCHIPEL NÉERLANDAIS
- EN l856.
- IMPORTATIONS. SOMMES. .
- Neerlande.. l 25,214,339* 14,455,178 ' 17,727,625 1,074,188 1,052,323 987,080 481,971 68,462 9,998 834,826 130,005 759,387 3,833,237 445,872 2,255,440
- Grande.-Rretacrne
- Archipel oriental
- Possessions britanniques extérieures
- France
- Hambourg. .
- Suède et Danemark
- Brême. »»»».».•»..*
- Italie.
- Amérique
- Golfe Persique
- Philippines
- Chine.
- Siam . . t f #.
- Japon.
- Total des importations1
- 69,329,931
- EXPORTATIONS. ÎVéerlsnde 163,871,259 2,004,249 18,427,456 1,369,023 5,515,423
- Grande-Bretagne
- Archipel oriental
- Possession» britannique» extérieures
- France
- Totàt. des exportations^ ♦
- 191,178,410
- 1 Somme à laquelle il faut ajouter une importation en numéraire égde à 7,681,108 francs.
- 1 Somme à laquelle il faut ajouter celle de 18,866,762 francs.
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- DES NATIONS.
- 395
- NAVIGATION des diverses puissances dans les colonies néerlandaises
- DES INDES ORIENTALES.
- PAVILLONS. TONNEAUX. TOTAUX.
- j Métropolitain 198,343
- 1° Néerlandais < 296,742
- ( Colonial. 98,399 \
- j Anglais. 23,686 '
- [ Français 7,320
- 1 Suédois 12,139
- 2° Européen / Hambourg et Brême 6,022
- 1 Prussien 5,782
- ! Danois 3,399 > 81,667
- \ Petits États européens 2,376
- 3° Américain | États-Unis 16,940
- 1 Chinois 1,419
- 4° Asiatique < Siamois 1,522
- I Petits pavillons asiatiques... 1,062
- /
- Totaux généraux 378,409 378,409
- ___
- On peut voir par ce tableau que le grand but maritime du roi Guillaume Ier et de son peuple est atteint : cest de réserver à la navigation de la Néerlande une énorme supériorité sur celle des étrangers. C’est précisément la supériorité qu’on n’a pu lui contester par aucune difficulté diplomatique.
- Avenir des possessions néerlandaises en Asie.
- H serait trop présomptueux d’offrir le moindre conseil •m Gouvernement qui, depuis 181/1, a produit des résul-
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- 396 ' FORCE PRODUCTIVE
- tats merveilleux dans le progrès des forces productives de ses colonies asiatiques. Il n’a qu’à continuer à suivre la route qu’il s’est ouverte avec tant d’habileté, et que jusqu’à ce jour il a parcourue avec tant de constance.
- Qu’il continue de confier ses belles possessions à des gouverneurs généraux d’un mérite supérieur; ils trouve-ront les meilleurs moyens d’agrandir les cultures de Su-matra, déjà si bien commencées; Bornéo leur offrira Ie plus vaste théâtre pour de nouveaux efforts, et les Mo-luques deviendront l’objet de nouvelles entreprises plu8 lucratives que les épices, quoique moins renommées.
- L’ensemble des îles peut nourrir cent millions d’habi' tants, et n’en a que seize millions! C’est de ce côté quil faut diriger tous les moyens de rendre les population8 non-seulement plus nombreuses, mais plus actives, plu8 éclairées et plus heureuses.
- CHAPITRE IL
- ARCHIPEL DES ÎLES PHILIPPINES.
- Les Philippines ont été découvertes, en 1620, par Magellan, le célèbre navigateur dont la mémoire est immoï' talisée par le détroit qui porte son nom et qu’il a le pre' mier parcouru pour passer de l’Atlantique dans l’océan Pacifique. Au lieu d’être subjuguées avec des flots sang par des soldats destructeurs, comme ceux de Coïtez et de Pizarre, ces îles ont été conquises par degreS avec des moyens plus doux, qu’ont facilités les missionnaires portugais. Elles ont passé sous le sceptre de l Es' pagne en même temps que le Portugal; mais, quand en dernier Etat a reconquis l’indépendance, il n’a pas recouvré ses belles colonies orientales. Elles ont été définitive'
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- DES NATIONS. 397
- n^nt annexées à la monarchie espagnole sous le règne c^e Philippe II, dont elles ont reçu le nom.
- Limites géographiques de l'archipel des Philippines.
- Latitude boréale...... 5°,32' à ig°,38' i4°,6'
- Longitude orientale. .. . ii7°,2i' à 126°,8' 8°,47'
- L’espace rectangulaire compris entre les deux paral-^les et les deux méridiens limites de l’archipel contient environ cent quarante millions d’hectares : un septième seulement est occupé par les îles.
- Superficie et population des Philippines en 1856.
- Superficie.. ................... 21,822,500 hectares.
- Population.......................... 3,728,075 habitants.
- Superficie par mille habitants . , . 5,857 hectares.
- Productions végétales.
- Ces îles sont si fertiles et leur climat si beau, qu’avec nue agriculture perfectionnée elles nourriraient aisément garante millions d’habitants, c’est-à-dire plus de dix fois ^ population actuelle. Telle est la vaste carrière quelles permettent au progrès.
- Toutes sont comprises dans la zone torride, et, sous Ce point de vue, peuvent rivaliser avec les Antilles les Phis fortunées. Leurs productions communément obtenues sont : le sucre, le café, le piment, le tabac, le maïs, ^arroz, l’anis, l’abaca, etc.
- Une denrée coloniale d’un grand avenir est celle que nous venons de citer la première : c’est le sucre, que les Philippines produisent de la meilleure qualité.
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- FORCE PRODUCTIVE
- ,398
- Dans un grand nombre d’îles on peut cultiver la cari'_ nelle, le girofle, la cochenille, la muscade; dans toutes* le mûrier peut y donner la soie en abondance, et, pour ce riche produit, rivaliser avec la Chine et le Japon.
- Les Espagnols ont porté la culture du tabac aux Ph1' lippines. Les Indiens sont passionnés pour ce sternuta' toire; ils préfèrent toute espèce de privation pour évite1 celle-là.
- Les Philippines pourraient fournir de tabac tous les marchés du monde ; mais à présent elles ne cultivent que les terrains limités par l’administration, et les récoltes ne suffisent pas même aux besoins de la métropole. Celle-Cl se pourvoit, pour la différence, aux Etats-Unis, dans leS états de Virginie et du Kentucky.
- De vastes et belles forêts peuvent fournir des bois de qualité supérieure pour la construction des navires.
- D’abondantes pluies périodiques tempèrent la chalet dans cette partie de la zone torride, et favorisent puissant ment la végétation.
- Les grandes rivières qui coulent dans les îles princi' pales permettent un commerce intérieur très-étendu, qul s’ajoute à l’intercourse des îles mêmes.
- Productions minérales.
- Si la race anglo-saxonne était en possession des cour5 d’eau qui charrient du sable mêlé d’or, elle en tirera1* bientôt un grand parti, et s’empresserait d’explorer, dan5 les montagnes, les mines d’où s’échappent ces précie11* détritus.
- On trouve le minerai de fer en abondance aux Philip' pines, qui renferment aussi le plomb, le cinabre, l’arsenic» le soufre, etc.
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- DES NATIONS.
- 399
- Documents statistiques.
- Don Cipriano Segundo Montesino, membre de l’Académie des sciences de Madrid, est auteur d’un remarquable ouvrage sur le percement de l’isthme de Suez; il y traite des avantages que cette entreprise doit procurer à 1 Espagne, ainsi qu’à ses possessions des Philippines.
- Dans cet ouvrage, publié par ordre du Gouvernement, sOnt consignés les documents statistiques les plus importants; j’en ai fait usage.
- Cultures effectives.
- Je commencerai par en extraire l’évaluation des terres mises en culture. Leur superficie totale est seulement de 7o2,5oo hectares, et pourtant cela suffit pour nourrir J,728,075 habitants. Un tel résultat semblerait impossible dans nos climats.
- «r
- Population possible.
- Si l’on admettait que les terres non cultivées fussent amenées à produire un tiers seulement de ce que donnent aujourd’hui les terres en culture, on trouverait que les Philippines peuvent nourrir avec facilité quarante millions d’habitants. Telle est la population qu’un gouvernement éclairé parviendrait aisément à réaliser, en animant de son énergie le peuple des îles Philippines.
- Du temps nécessaire pour porter à 40 millions la population des Philippines.
- Accroissement annuel. Années necessaires.
- Un pour cent........................................ 235 ans.
- Un et demi pour cent................................ 160 ans.
- >
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- 400
- FORCE PRODUCTIVE
- Progrès désirable : immigration.
- Afin d’accélérer le peuplement et d’améliorer la race humaine, il faudrait encourager l’émigration des Espagnols empruntés aux provinces les plus méridionales, a l’Andalousie, à la Murcie, etc. Il faudrait accueillir leS Chinois et bientôt aussi les Japonais, les uns et les autres agriculteurs et mineurs habiles.
- C’est à l’action métropolitaine qu’il peut être donne d’arracher à la torpeur le peuple des Philippines; mais l’Espagne aurait besoin elle-même de faire régner dans son sein la paix sociale, et de donner un essor énergique à tous ses arts.
- Intérêt de l’Espagne et des Philippines au percement de l’isthme de Suez.
- Le gouvernement espagnol aurait besoin, avant tout, de diminuer la distance énorme qui le sépare de cette belle possession. Cela nous explique l’intérêt si prononce que toute l’Espagne, et surtout Barcelone, ont pris an percement de l’isthme de Suez.
- Distances approximatives de l’Espagne aux Philippines.
- kilomètres.
- Par le cap de Bonne-Espérance............... 24,000
- Par l’isthme de Suez........................ i4,85o
- Avec les distances raccourcies à ce point, ainsi que la longueur des traversées, l’action du gouvernement sera d’autant plus rapide et plus puissante, le commerce pll,s actif et plus fructueux.
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- Il est intéressant de comparer les revenus moyens annuels des deux Indes espagnoles. On a pris pour terme de comparaison le revenu de i844 à i848, pour les Philippines et pour Cuba, la plus prospère des colonies espagnoles.
- Revenus et populations comparés des grandes colonies espagnoles.
- Cuba.
- Revenu public. .......... 53,55o,ooof
- Population................... i,2tij,oooh
- Revenu par mille habitants.. 43,012*
- Les Philippines.
- 17,878,900*
- 3,728,075u
- 4,796t
- Pour un même nombre d’habitants, les colons de Cuba procurent neuf fois autant de revenu public que les Philippines. Mais à Cuba les travailleurs sont en majeure partie esclaves et de race africaine. Aux Philippines, Jls sont libres et de race asiatique : la race malaise.
- Redisons de nouveau que les populations libres des Philippines sont très-éloignées du degré d’activité qu’il est ruisonnable de souhaiter pour elles.
- En réalité, dans l’archipel asiatique, la terre ne paye Presque aucun impôt.
- Evaluation du produit brut de la terre aux Philippines, d’après un mémoire soumis aux cortès.
- Produit total actuel............ 858,556,4oo francs.
- Hectares en culture............. 867,220 hectares.
- Produit par hectare............. 990 francs.
- Ce produit, je l’avoue, me paraît énorme; s’il n’est pas exagéré j’inclinerais à penser qu’une partie notable des re-
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- venus est tirée d’autre part que de la terre expressément
- mise en culture.
- En supposant qu’on voulût partager le grand produit territorial que nous venons de rapporter entre tous les habitants, la part de chacun serait seulement de 2 3o fr. par année. Il y a loin de ce résultat à celui qu’obtiennent les habitants des Etats-Unis.
- Système imparfait des contributions publiques.
- Il ne sera pas sans intérêt de faire ressortir quelques points relatifs au système des impôts dans les Philippines-La contribution directement imposée sur la terre est extrêmement modérée.
- Capitation; ses iniquités et ses tristes effets.
- On y supplée, en partie, par une capitation qui frappe, avec inégalité, trois catégories de personnes.
- La première catégorie comprend les indigènes : pulU chaque homme de 20 à 60 ans, et pour chaque femme de 25 ans à 60, ils payent chaque année la somme très-modérée de 3 fr. 2 5 cent.
- La seconde catégorie comprend les Indous-ChinoiSi issus du mélange des deux races; ils payent le double* c’est-à-dire 6 fr. 5o cent. Pourquoi ce doublement vieid' il frapper une race croisée qui réunit tous les avantagé :
- force physique, intelligence, industrie, activité?.......•'
- Elle ne compte encore qu’un nombre de 46 personneS par mille habitants; il faut la traiter avec bienveillauce afin quelle se multiplie. On ne concevrait pas en Europe un impôt par tête qui taxerait les bons ouvriers deux f°,s autant que les médiocres, et punirait leur talent.
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- La troisième catégorie comprend les Chinois pur sang, ne craint pas de les imposer depuis 5 fr. 3o cent, jusqu’à 53 francs par mois; c’est-à-dire depuis 63 fr. 6o c. Jusqu'à 636 francs par année.
- Lorsque, en 1828, on établit ce dernier impôt, il produisit les pins fâcheux résultats. Sur 5,708 Chinois dominés à Tondo-Cavite, 800 préférèrent quitter les îles plutôt que de supporter une si lourde charge; 1 ,o83 s’enfuirent dans les montagnes; enfin 483, qui n’avaient pas de quoi payer les frais de retour à leur pays natal, furent eïivoyés aux travaux publics.
- Si nous avons vivement réclamé contre la taxation tfop forte que les Anglais font peser sur les Chinois en Australie, nous n’approuverons pas davantage un système Pareil et plus excessif établi par les Espagnols. Espérons ^u’il disparaîtra, pour l’honneur de l’humanité.
- Après ces indications générales sur la possession des espagnoles, nous allons passer rapidement en revue Celles qui méritent une attention spéciale.
- Revue des principales îles.
- L’archipel des Philippines comprend au delà d’un mii-W d’îles et d’îlots. Nous nous contenterons d’appeler Intention du lecteur sur les plus importantes, soit par Gllr étendue, soit par leur*culture et leur commerce.
- MINDANAO.
- L’est, entre toutes les Philippines, la plus éloignée de et la plus rapprochée de l’équateur. Elle a la forme long triangle, dont la base est au sud et le sommet nord. Elle est séparée des possessions hollandaises par
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- la mer des Célèbes. Entre elle et la grande île de Bornéo sont les petites îles Soto, beaucoup trop favorables à la piraterie.
- La seule Mindanao présente, en superficie, le sixième environ des Philippines : 3,500,000 hectares. C’est, apres Luçon, la plus étendue de toutes les îles. Le principe établissement se trouve à la pointe S. O. à Zamboango; il ne compte que onze mille sujets du gouvernement espagnol. A peine la puissance européenne habite-t-elle on recoin de cette grande île, si féconde et si favorablement située pour un grand commerce à travers les mers des Célèbes et de la Chine.
- Comme elle est située entre les 5e et 1 oe degrés de latitude, elle produit naturellement les précieuses épiceS qui rendirent les Moluques si célèbres; mais on exploit peu ces trésors de la nature. L’intérieur du pays a des forêts admirables.
- Qu’on se figure ce que feraient des Européens plus aC' tifs que les Espagnols, s’ils étaient possesseurs d’une de plus grande que la Sicile et faisant pousser d’elle-même les végétaux qui donnent les produits les plus recherché et les plus chers de la terre! Joignez-y le riz, le cacao et le café.
- Sur la côte orientale on trouve le district de Bish£’ peuplé seulement de 9,771 habitants. Vers le nord, autre district, celui de Misamis, réunit en tout 42,3^ âmes ; c’est le plus abondant en richesses aurifères possèdent les Philippines.
- L’or n’est exploité par extraction que dans une seide mine, sous la direction d'an Français; celui qu’on recueil partout ailleurs est ramassé par des chercheurs dans leS sables des rivières.
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- Piraterie dont le repaire est à Mindanao. ,
- La vaste baie de Llanao, qui débouche sur la mer des Lelèbes entre deux promontoires, distancés d’au moins C1nquante lieues, mérite notre attention : c’est un refuge pirates. Ils trouvent cette position merveilleuse pour désoler le commerce des îles de l’Océanie orientale et méridionale.
- Si les Hollandais ou les Anglais, au lieu des Espagnols, possédaient l’un de ces promontoires, par exemple celui de Zamboanga, ils auraient bientôt fait cesser cet odieux brigandage, en dominant le contour entier de la baie, et contraignant les riverains à se réduire aux moyens d’existence avoués par la civilisation.
- Lorsque les canonnières espagnoles poursuivent les Pros des pirates illanos, ceux-ci traînent leurs légers esquifs à travers les bas-fonds marécageux (mangroves), jus-cinau lac qui porte leur nom; ensuite, au moyen d’un antre portage, ils transportent leurs pros dans la mer occidentale, qui présente un nouveau théâtre à leurs déprédations.
- Le sultan de Mindanao règne sur la majeure partie de la sécurité des côtes et des mers est le moindre de Ses soucis.
- Les pirates se reconnaissent pour sujets de ce monarque digne d’eüx. Leur prince les désavoue dès l’instant qu’il |but restituer quelque chose; mais il les rappelle à la su-Jetion aussitôt qu’il peut à son tour confisquer sa part de ^eur butin mal acquis.
- On porte jusqua âoo le nombre des pros~possédées Pai' les pirates illanos. Ils poussent l’audace de leurs excursions à de très-grandes distances, depuis les îles Ma-
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- riannes jusqu’à l’entrée de la baie de Bengale, jusqu au delà des détroits, entre les îles de la Sonde. Leurs piuS grandes insultes sont réservées pour les côtes des Philip" pines, sur lesquelles ils débarquent à l’improviste, ajoutant» au butin qu’ils peuvent saisir, des femmes, des enfants et des hommes, dont ils font des esclaves. ,
- On doit applaudir à la résolution que le gouvernement de la mère patrie a prise dans ces derniers temps. Afu1 d’augmenter sa force navale dans les îles Philippines, ^ se propose de faire construire en Angleterre 4o canonnières, armées de canons d’un fort calibre. Ces moyeus suffiront pour détruire les pirates, dont l’audace est restee si longtemps impunie. On ira les forcer jusque , dans ieS eaux intérieures des îles qui sont encore indépendantes'
- 2. ÎLE DE LEITE.
- Immédiatement au nord de Mindanao, l’île de Leite» beaucoup moins étendue, touche presque à celle de Sa mar; cette dernière s’avance jusqu’au détroit de Saiid Bernardin, qui la sépare de la grande île de Luçon.
- En i856, Leite comptait 40,786 sujets espagnols.
- N’oublions pas de dire que, Magellan ayant aborde l^e de Leite pour y faire de l’eau, un marin portugais y plaïlta le premier cacaotier qu’aient possédé les Philippines.
- Cette île volcanique a des mines de soufre et de fer* Sur ses dotes on pêche la tortue, on recueille les nids d’oiseaU* que mangentj.es Chinois; mais les rivages sont désoles paf les pirates. Les habitants exercent les mêmes industrie que ceux de l’île de Samar.
- 3. ÎLE DE SAMAR.
- La seule île de Samar possède à peu près autant de
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- sujets espagnols que les deux précédentes, Leite et Mindanao; elle comptait 11 4,532 âmes en i 856. Elle a de longueur environ 2Ôo kilomètres, sur une largeur moyenne de go.
- Cette île a des cultures variées et riches; elle fabrique Un indigo que Ton compare à celui de Guatemala; elle confectionne un cacao très-estimé; elle extrait Thuile de palmier; elle cultive un chanvre comparable à celui de Manille.
- Les habitants, issus pour la plupart de pères espagnols et de mères insulaires, exercent plusieurs industries; ils fabriquent les étoffes appelées nipas et les synamays, faits avec des fdaments que fournit le bananier abaca, ainsi que tas nattes connues sous le nom de balangas; ces nattes sont hssées avec les fibres de la plante qui porte le même nom.
- Beaucoup d’habitants, pour se soustraire à la capitation, se réfugient dans les montagnes de Samar; ils y mènent une vie de sauvages. Ne vaudrait-il pas mieux demander, au lieu d’argent, une redevance de travail, toujours facile à fournirP Celle-ci, bien employée, produirait les plus grands résultats et serait accordée sans répugnance.
- La capitale de file, Catholagan, est presque entièrement construite en bois; cependant quelques édifices sont en pierre.
- En naviguant à l’ouest de l’île de Leite, on trouve successivement les îles Bohol, Zebou, Negros et Panay.
- 4. ÎLE BOHOL.
- Quoique ayant peu d’étendue, elle compte 158,84g sujets espagnols.
- Outre les cultures communes aux îles que nous venons
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- de parcourir, les habitants de Bohol récoltent et tissent
- le coton et même la soie.
- 5. ÎLE DE ZEBOU.
- Cette île est limitée à l’est par un détroit qui la sépare de l’île Negros. Elle a de beaux pâturages, où sont nourris des troupeaux considérables de bêtes à cornes et de bêtes à laine.
- Sur la côte orientale s’élève la ville de Matan, chef-lieu d’une province et d’un évêché qui comprennent plusieurs îles. Elle possède une belle cathédrale, un palais épiscopal, un hôpital de lépreux, etc. Cette ville a près de 9,000 âmes; c’est un port de mer dont le commerce avec la capitale des Philippines n’est pas dépourvu d'importance. En 1856, la province de Zebou, plus considérable que toutes les précédentes, comptait 2 1 9,864 sujets espagnols.
- 6. ÎLE DE NEGROS.
- Cette île tire son nom d’une race de petits nègres, negritos, qui vivaient dans la partie centrale.
- La province dont elle est le centre, en i856, comptait 106,286 habitants.
- L’île est contiguë à celle de Zebou. Les Espagnols n’en occupent que le plat pays; le centre, hérissé de hautes montagnes couvertes de bois, est presque inconnu. $ existe un commerce assez régulier entre les sujets espa" gnols et les montagnards indépendants; montagnards dangereux seulement lorsqu’ils sont provoqués.
- Les sujets espagnols cultivent le riz, le palmier, dont les fibres sont tissées en cordages, le cacao, le tabac et l’abaca. Ils sont aussi pêcheurs et tisserands. Ils dédaignent de re-
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- cueillir la cochenille, qui se propage d’elle-même dans la partie méridionale.
- 7. ÎLE DE PANAY.
- Au nord-ouest de Negros se trouve l’île de Panay, dans ta position la plus centrale de l’archipel. On admire la fertilité de cette île, parfaitement arrosée; ses cours d’eau sont très-poissonneux. Elle nourrit un grand nombre d’habitants comparativement à son étendue; c’est une des mieux cultivées. La capitale de cette île est Iloilo.
- Voici comment se divisait, en i856, sa population :
- Habitants.
- Cupir....................................... . 130,916
- Iloilo........................................ 358,989
- Antique........................................ 86,002
- Total......................... 575,907
- L’art du tissage a fait des progrès remarquables dans cette île. On estime pour la richesse et la variété des couleurs, et pour la beauté des dessins, les tissus du pays aPpeIés sinomays et pinas; ce sont, en général, les femmes ^oi pratiquent cette élégante industrie. Les hommes sont agriculteurs, pêcheurs, bûcherons, etc. Ils fabriquent le sücre et l’huile de palmier.
- Nous ferons remarquer comment, à mesure que nous Rançons vers le foyer dé la puissance espagnole, la population devient non-seulement plus nombreuse, mais, eïl même temps, plus civilisée et plus industrieuse.
- 8. ÎLE DE PALOUAN.
- A l’ouest de toutes les îles que nous venons de par-
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- courir se trouve la longue île de Palaouan ; elle a la figure étrange d’un lézard dont la queue se rapproche de Bornéo et des côtes du sud, tandis que la tête s’avance vers le nord. La longueur de cette île n’est pas moindre de 14 o lieues. . •
- Une haute chaîne de montagnes représente l’épine dorsale du grand fossile insulaire. Quelques points de la côte sont les seuls habités par les sujets espagnols. La populo tion sujette à l’autorité européenne ne surpasse pas î 7,4^3 habitants, y compris ceux des petites îles Camianes. Le reste du territoire est occupé par des aborigènes très-sauvages. Quelles conquêtes heureuses à faire pour la civih' sation dans une contrée si vaste et jusqu’à ce jour si pea populeuse !
- 9. MINDORO.
- Au nord des Camianes, qui sont elles-mêmes au nord de Palaouan, se trouve l’île de Mindoro, la seule qul nous sépare de la plus grande et de la plus peuplée des Philippines.
- Cette île est, à son centre, montueuse et couverte de forêts. Elle abonde en eaux minérales. Son étendue est d’environ 5o milles de longueur sur 20 de largeur; elle possède 37,678 habitants. Avant la conquête du pays pal’ les Espagnols, les habitants de Mindoro, favorisés par leur position centrale, adonnés à la piraterie, étaient la terreur des îles circonvoisines; à la fois audacieux et barbares, ds n’ont pas entièrement répudié ce cruel héritage.
- Cette île a pour richesses minérales le cuivre et mêi®e l’or; c’est l’agriculture qu’il faudrait surtout y perfec' tionner.
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- 10. ÎLE CAPITALE DE LÜÇON.
- Luçon 'est la plus considérable dés Philippines. On jugera de sa grandeur par l’étendue de ses limites.
- Limites géographiques de Luçon.
- Latitude boréale.... i2°,3o' à i80,4o' 8°,io'
- Longitude orientale.. . . ii9°,45' à i24°,io' i4°,25'
- Sa figure, incroyablement irrégulière, offre de nombreuses et profondes baies, qui favoriseront quelque jour Un grand cabotage.
- La superficie est évaluée approximativement à quinze millions d’hectares; elle est plus vaste que l’Angleterre.
- Malheureusement les Espagnols n’occupent guère que la moitié de cette île; c’est la moitié méridionale.
- Deux chaînes de montagnes parallèles, se dirigeant du Uord au sud, régnent dans la longueur de cette dernière partie : ce sont la Sierra Madré (la chaîne mère) et la Cordillère de Garvallos. Elles se réunissent au sud, et de là continuent dans la direction de l’occident à l’orient par Une troisième chaîne. Celle-ci traverse l’isthme et s’incline ensuite un peu vers le sud jusqu’au détroit de Bernardin, qui sépare les îles de Luçon et de Samar.
- Les chaînes que nous venons de décrire ont des sommets élevés à plus de 2,000 mètres au-dessus de la mer. bes montagnes en majeure partie sont de nature volcanique, et, parmi leurs volcans, plusieurs sont encore en Activité. On remarque surtout le volcan qui vomit des feux à l’extrémité sud-est de l’île; la nuit il sert de phare aux navigateurs.
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- Entre la Sierra Madré et la Cordillère de Carvallos coule un fleuve dont le parcours a plus de soixante et dix lieues.
- Un autre fleuve, d’un cours moins étendu, a plus d’importance : il sort du vaste lac de Bay par sept branches, dont une communique avec le port de Manille. Le canal de communication est couvert de bateaux qui portent à la capitale les produits de l’intérieur. On peut, avec des navires de (i5o tonneaux, remonter de la rade de Manille au lac de Bay, qui compte environ quarante lieues de pourtour. C’est le réceptacle des eaux d’un vaste bassin à l’occident de la Sierra Madré. Plusieurs rivières qui se déchargent dans ce lac sont elles-mêmes navigables.
- Les cultures.
- L’île de Luçon, admirablement arrosée sous un soleil tropical, avec un sol volcanique, est une des plus fertiles de la terre. Quoiqu’une partie bien peu considérable de son beau territoire soit mise en culture, non-seulement elle suffit à la nourriture de la population, mais une masse importante de ses récoltes sort de l’île pour alimenter la Chine. La production principale est le riz, cultivé dans les plaines et sur le penchant des montagnes.
- Le sucre de canne est ensuite une des productions les plus abondantes et d’excellente qualité.
- Nous avons déjà mentionné 1 ’abaca. : c’est une variété du bananier; ses fibres sont connues sous le nom de chanvre de Manille. U y en a de si fines, qu’on les mêle avec la soie pour former un tissu remarquable à la fois par sa force et sa beauté.
- Le cotonnier, le caféier, des variétés essentielles du palmier, sont cultivés; à leurs produits il faut ajouter Ie
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- DES NATIONS, maïs et la cannelle. Le gouvernement a depuis longtemps Monopolisé l’exploitation du tabac, beaucoup trop imposé dans les Philippines; ce pourrait être, pour le commerce extérieur, un objet de la plus haute importance.
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- Les mines.
- L’île contient des mines d’or et de fer. L’or est entraîné , sous forme de parcelles, avec les sables que charrient presque toutes les rivières. Gela décèle des mines Cfu’un peu d’art ferait découvrir, et qu’on pourrait exploiter dans les monts d’où proviennent les eaux et les riches alluvions.
- L’île offre également à l’industrie la houille, le soufre, le cuivre, le plâtre, le marbre, les agates, les cornalines, les jaspes, etc.
- Les industries.
- Signalons, parmi les industries de l’île de Luçon, la fabrication des cigares et la préparation du tabac, la tannerie et le vernissage des cuirs, le tissage des nattes ornées, la broderie des tissus, l’art de sculpter le bois et l’ivoire.
- La construction des navires, jusqu’au rang de 600 tonneaux, et celle des embarcations légères, avec d’excellents matériaux, est encore une industrie que pratiquent avec distinction les habitants de Manille.
- Des habitants.
- La principale population indigène est celle des Tagals, 4m tour à tour ont croisé leur race avec les Negritos, 1ns Chinois, les Japonais et les Espagnols.
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- Les castes mêlées d’Européens et de Chinois absorbent une grande partie des affaires et des richesses.
- Plus de deux millions de chrétiens, presque les deux tiers du peuple civilisé des Philippines, habitent l’île de Luçon, et Manille est le siège d’un archevêché. La partie non soumise de l’île est habitée par des musulmans et pal’ des païens.
- On appelle 'Bysayes l’ensemble des îles autres que Luçon, et Bysayens leurs habitants; tous sont sous les ordres du gouverneur général, qui réside à Manille.
- Aujourd’hui près de quatre millions d’habitants des îles Philippines sont chrétiens et catholiques; ils vivent heureux, paisibles, et préparés à recevoir tous les progrès qu’une civilisation plus active et plus éclairée peut faire naître ut développer au milieu d’eux.
- Les protestants semblent fâchés, lorsqu’ils débarquent dans les Philippines, qu’on fouille leurs voyageurs et qu’on saisisse les Bibles, que leurs envoyés cosmopolites répandent en tous lieux. Quand plusieurs cultes se partagent les populations d’un État, il faut maintenir entre eux la plus parfaite tolérance; mais s’il n’existe qu’un seul culte, élément d’unité civile, de force et de paix, il est sage de ne pas favoriser l’introduction de nouvelles croyances, source certaine de dissensions, de troubles et trop souvent de révolutions.
- Manille n’est pas restée moins fidèle à sa métropole que les îles de Cuba et de Porto-Rico, même à l’époque où se sont révoltées les grandes possessions de l’Amérique espagnole.
- Un danger qui n’a rien de commun avec les révolutions politiques, et qui sans cesse menace Manille, ce sont les tremblements de terre. L’un des plus funestes est celui de i 85qs , qui commença le î 6 septembre et dura, par in-
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- tervalles, jusqu’au 3o de ce mois, pour se renouveler encore le 10, le 11 et le n octobre. Beaucoup de maisons et d’édifices publics furent détruits, ou déplorablement dégradés. Les ravages furent encore plus grands dans les autres villes de Luçon.
- La baie, le port et la cité de Manille.
- Sur la côte orientale, à trois cents lieues seulement de la Gocbincbine, à deux cent cinquante lieues de Macao, la magnifique baie de Manille s’ouvre à la mer dans ta direction du sud-ouest; elle a douze lieues de profondeur.
- Dans la plus belle position du contour de cette baie, 8élève Manille, le port principal et la capitale des Philippines. Elle est bâtie sur les bords du fleuve Pasig, et tas îles nombreuses que forment les branches du fleuve s°nt devenues ses faubourgs. Leur ensemble forme une espèce de Venise, qui s’ajoute à la ville de terre ferme.
- Deux solides jetées en pierre prolongent dans la baie tas bords du principal bras du fleuve. Des navires de 3 à 4oo tonneaux peuvent remonter jusqu’au pont de Manille, qui met un terme à la navigation maritime.
- Des villes d’Australie et de Californie, fondées depuis Sl* ans à peine, ont déjà du macadam, des pavés, des frottoirs dallés en pierre, et Manille, dont la fondation reïiionte à plus de deux siècles, ne présente encore la plupart de ses rues qu’à l’état de simple nature; on les frouve parfaitement insupportables à cause de la poussière 611 été, de la boue en hiver.
- La capitale est un mélange des deux constructions de 1 Orient et de l’Occident. L’ancien monde a fourni les fravaux publics : les remparts, montés d’une forte artil-
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- lerie; les massives églises, avec leurs tours et leurs clochers, plus solides qu’élégants. Quant aux maisons, leur extérieur attriste la vue par de grands murs percés de rares ouvertures; les fenêtres, les portes des appartements prennent leur jour sous des portiques intérieurs, comme on en trouve dans l’Espagne.
- Auprès du fleuve on voit des constructions légères et bien aérées, bâties sur des pilotis ; ceux-ci laissent passer sous l’édifice les eaux d’inondation lors de la saison des pluies. De telles constructions, qui n’ont rien d’imposant, ont le précieux avantage de résister aux tremblements de terre.
- Aucun étranger ne peut résider dans l’enceinte fortifié qui comprend la ville pj'oprement dite, séjour des autorités, de la force armée et de l’aristocratie. Là se trouve l’hôtel de ville, dont l’érection date de i 57 1, sous le règne de Philippe II, dont le nom reste aux Philippines.
- Quoique la cité proprement dite ne compte pas pluS de i,5oo habitants, si l’on y joint les faubourgs, ï'et1' semble de la capitale n’est pas moindre de i4o,ooo ba' bitants.
- La ville du pouvoir est séparée par un pont du grand faubourg de Binondo, foyer du commerce et de l’industrie, et séjour mélangé de vingt populations : là se trouvent les Tagals, enfants du pays, les Chinois immigrants, et les demi-Chinois, race issue des Chinois et des Tagals. Cette descendance mêlée réunit la beauté physique d’une race à la sagacité, à la force de l’autre ; elles pratiquent ton5 les métiers de nos cités.
- Parmi les industries qu’on distingue ici, nous devons citer les beaux tissus appelés picjnas, tissés avec les fibres des feuilles de l’ananas, puis ornés de charmantes broderies; d’autres tissus appelés sinamaios, faits avec les fda'
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- Oients de l’abaca, ou seuls ou mélangés avec le coton; des nattes végétales et des boîtes pour cigares.
- Un autre faubourg, celui de Saint-Ferdinand, possède ta grande manufacture des cigares mêmes, qui pourrait etre rendue bien plus considérable.
- Cette fabrication, telle quelle est monopolisée par le gouvernement, fait vivre plusieurs milliers d’artisans.
- Dans le faubourg de Santo-Mesa, les Espagnols ont établi, d’après le système anglais, une fabrique de cordages où la force motrice est fournie par la vapeur.
- Dans la banlieue, les Chinois ont un quartier, l’Alcai-ceria, pour débarquer leurs cargaisons. Un autre quartier,, celui de Tondo, contient les pêcheurs et les tisserands; *1 contient aussi les maraîchers, qui fournissent en abondance le jardinage et les fruits nécessaires à la ville. Le quartier Malate est renommé pour ses brodeurs.
- Citons dans Manille un bel hôtel de ville, la cathédrale, dix églises paroissiales et de nombreux couvents des deux sexes. Remarquons ensuite l’université de Saint-Thomas, trois collèges pour les jeunes gens et deux pour tas jeunes fdles; un théâtre vaste, mais construit en bois, comme si l’on voulait rendre les incendies plus faciles et plus irrémédiables.
- En 1820, le gouvernement a fondé dans Manille l’école de la marine royale; et, vingt ans plus tard, une ccole de commerce.
- Les ouvriers Tagals sont habiles constructeurs de narres, et bons mécaniciens. Us travaillent très-bien le bois et les métaux.
- Ressources offertes à l’industrie des Philippines.
- Dans la plupart des îles on trouve des montagnes ri-
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- ch es en minerais métalliques. Les minerais de fer donnent en métal jusqu’à 80 p. o/o. On a découvert de pi'e' * cieux minerais de cuivre. L’existence de la houille est constatée. Les montagnes volcaniques offrent le soufre en abondance. Dans file de Negros, on peut exploiter l’alun et la magnésie.
- Parmi les végétaux d’où l’on tire des fibres textiles, nous devons signaler :
- L’abaca, musa textüis;
- L’ananas, appelé bromelia ananas;
- Le cacaotier et les autres palmiers.
- Avec les fibres des feuilles d’ananas on fait des moiiS' selines d’un grand prix; les sinamaios sont tissés avec des fils d’ananas et d’abaca. On confectionne aussi des nattes fort belles, en combinant les fibres de l’abaca avec celles du palmier gomuti.
- Les chapeaux en sparterie et les cordages sont l’objet d’une fabrication considérable.
- A Mindanao l’on cultive les plus précieuses épices : Ie cannelier, le muscadier, le giroflier, le poivrier.
- On trouve sur le rivage de la mer les hirondelles de mer, dont les nids sont si fort estimés par la gastronomie chinoise.
- Commerce des Philippines.
- Les Philippines offrent au commerce national des ports nombreux qui réunissent la commodité, la grandeur et la sécurité. Nous avons cité surtout le port de Manille» le seul qui soit ouvert à l’introduction des marchandises étrangères.
- Depuis 1855, outre l’issue par le port de Manille, a permis la sortie des produits du pays :
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- i° Par le port de Suai, dans la province Pangasinan, au nord de l’île de Luçon ;
- 2° Par le port d’iloilo, dans la province de même nom : il appartient à la plus grande des îles Visayas, qu’on appelle Panay;
- 3° Par le port de Zamboango, vers une pointe sud-est, dans l’île de Mindanao.
- Au sein de l’archipel, un riche cabotage est facile, en profitant des détroits navigables pour circuler autour de tant d’îles dont les trésors, abondants et variés, n’attendent que la main d’un peuple qu’on peut rendre plus actif et plus laborieux. Il faut profiter du goût et des dispositions qui sont propres aux indigènes pour la navigation.
- Les pirates des Philippines , par leur ardeur à braver les dangers, à supporter les périls de la mer, montrent tout le bien que l’on pourrait obtenir, si l’on tournait vers tin but honnête et productif leur courage et leur activité, si marqués dès qu’il faut dérober ou détruire, Les Grecs de l’antiquité n’ont pas autrement commencé leur longue et brillante carrière : Thucydide nous le révèle.
- Jusqu’en 1789, les ports des îles Philippines étaient interdits aux navires étrangers. A cette époque, on permit de recevoir, pour l’usage des nationaux, les productions de la Chine et des Indes.
- Aujourd’hui, sans doute, l’Espagne s’efforcera d'obtenir que ses possessions orientales prennent part au commerce que les grandes nations vont faire avec le Japon.
- Jusqu’au triste temps où les possessions espagnoles des deux Amériques brisèrent les liens qui les attachaient à ^Espagne, elles faisaient un commerce précieux avec les Philippines-, celles-ci leur vendaient, outre les produits de ^eUr sol, les marchandises de ITn'de et de la Chine, dont eHes devenaient entrepositaires.
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- Suivant l’usage espagnol, ce commerce était fait exclusivement par une compagnie, celle de Garaccas; son privilège avait duré jusqu’en 1784.
- Sous Charles III, grâce aux vues élevées de Cabarrus et du marquis de la Sonora, on avait créé cette compagnie. Elle eut des commencements bien modestes; ils se bornaient au voyage d’un seul navire, accompli chaque année entre l’archipel Oriental et le port mexicain d’Acapulco. Plus tard on organisa la Compagnie des Philip' pines, qui fut constituée avec un capital de 2 1 ^ millions de francs. Bientôt elle absorba celle de Caraccas, en faisant faire à ses navires un commerce de circuit comprenant Cadix, les deux Amériques et Manille : le négoce entre les points extrêmes était exclusif. Tout ce système fut change par la rébellion des colonies de l’Amérique espagnole.
- Jusqu’en 1809, aucune maison étrangère, soit debanque, soit de commerce, ne pouvait s’établir aux Philippines; & cette époque, où l’Espagne n’avait plus d’autre allié m d’autre défenseur que l’Angleterre, elle permit qu’il s’e‘ tablît à Manille une première maison anglaise. Lors de la paix de 181 4, la même faveur fut accordée aux négociants de toutes les nations.
- A cette nouvelle époque, le total des importations dans l’archipel des Philippines s’élevait à 28 ~ millions de francs; mais omdevait en déduire plus de 11 millions d’ap' point, qui consistaient en piastres d’Amérique.
- Manille et toutes les Philippines.
- Le privilège de la Compagnie des Philippines cessa d’exister en 1834, c’est-à-dire dans l’année qui suivit l’abolition du commerce opéré par la grande Compagnie des Indes britanniques.
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- Depuis qu’on a détruit le privilège espagnol, c’est-à-dire ' depuis 1834, un commerce croissant avec rapidité exporte tous les produits des îles et les échange avec les produits d’Europe : les cotons, les vins, les liqueurs, la porcelaine, la coutellerie, les munitions navales, etc.
- Bientôt Manille devint l’opulent entrepôt des productions de la Chine. Cinquante maisons de commerce y rivalisèrent de richesse et d’activité, et le mouvement général des entrées et des sorties approcha de 4o millions de francs. En voici le tableau :
- COMMERCE EXTÉRIEUR DES PHILIPPINES EN l8il.
- NATIONS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. TOTAUX.
- Angleterre francs. 8,826,792 francs. 5,367,210 francs, 14,194,002
- Etats-Unis 4,112,056 5,896,384 10,008,440
- Espagne 988,000 4,682,132 5,670,132
- France 189,696 741,000 930,696
- Chine 2,173,600 3,255,954 5,429,554
- Indes orientales 425,828 1,698,372 2,124,200
- Australie ( Sydney ) 80,028 1,082,848 1,162,876
- Totaux 16,796,000 22,723,900 39,519,900
- On remarquera dans ce tableau l’absence de tout com-toerce avec l’ancienne Amérique espagnole : le peu de négoce qui se faisait encore entre cette partie du nouveau monde et les Philippines était tombé dans les mains des Etats-Unis.
- Le cabotage acquérait par degrés plus d’activité. Il présentait une navigation dont voici le résumé :
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- FORCE PRODUCTIVE
- Années.......... i83o.
- Tonnage total,. . . 12,000*
- 1842. j 1854-3o,ooo* j 81,752*
- Dans-la dernière année, i854, le total des entrées du cabotage représentait une valeur de 23,4oo,000 francs.
- Les produits de l’Occident importés dans les Philip' pines payent un droit de 7 pour cent, s’ils arrivent à bord de navires étrangers.
- En conséquence, les navires espagnols vont à Singapore charger pour les Philippines des produits apportés surtout par des bâtiments anglais, dans le grand port d’entrepôt britannique. Cette navigation représentait, dès 1842, une capacité totale de 36,000 tonneaux.
- Don Capriano Montesimo prend soin de calculer les transports qui s’opèrent par le cap de Bonne-Espérance.
- COMMERCE DES PHILIPPINES EN l853 : IMPORTATIONS.
- NAVIRES. NOMBRE. TONNEAUX. CARGAISON.
- francs.
- Sous pavillon national 68 * 18,664,300
- Sous pavillon étranger 126 1,047,490
- En entrepôt, des deux pavillons..... » * 1,277,110
- Valeurs déclarées pour consommation. " 333,323
- Valeurs monétaires » " 6,710,850
- Totaux 194 84,750 28,033,073
- Voici quelles ont été les exportations dans la môiue année 1853 :
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- NAVIRES. NOMBRE. TONNEAUX. CARGAISON.
- Pavillon espagnol 80 francs. 6,918,680
- Pavillon étranger 128 « 22,718,850
- Métaux monnayés.. . . « 177,046
- Totaux 208 86,590 ' 29,814,576
- Le total des importations et des exportations s’est élevé,
- francs.
- Dans l’année i853, à...................... 57,847,649
- Dans l’année i855, à...................... 59,478,380
- Nous pouvons donner, pour cette dernière année, le tableau des entrées et des sorties qu’offre le commerce des Philippines avec l’Angleterre, la France et les Etats-Unis.
- TABLEAU DU COMMERCE DES PHILIPPINES AVEC LES TROIS PRINCIPALES NATIONS COMMERÇANTES EN l855.
- NATIONS. ENTRÉES. SORTIES.
- francs. francs.
- Grande-Bretagne 360,482 866,530
- France 319,545 1,260,913
- États-Unis 503,044 15,312,135
- 1,183,071 17,439,578
- L
- On remarquera combien les produits exportés des Phi-
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- lippines surpassent en valeur les importations directes
- qu’opèrent les trois principales nations commerçantes.
- Ce sont les États-Unis qui se présentent ici comme les plus grands acquéreurs.
- Offrons i’énumération des principaux produits achetés par eux à Manille en i855 :
- francs.
- Chanvre de Manille........................ io,554,i84
- Sucre brut................................. 1,919,255
- Indigo.................................. 1,021,296
- Cordages.......................:........ 386,974
- Café. ................................... . 257,052
- Gommes.................................... 182,804
- Cigares....................................... 99,548
- Thé........................................... 92,445
- Total............... i4,5i3,558
- Forces coloniales.
- Afin de protéger le commerce et la population, les forces de terre et de mer s’élèvent à 10,725 hommes.
- En 1857, les forces de mer consistaient seulement en 3 vapeurs, munis chacun de 6 canons; on y joignait 14 canonnières, armées de 58 canons, avec un certain nombre de moindres embarcations.
- Nous avons eu soin de citer, au sujet des pirates de Mu1' danao, les louables efforts que fait aujourd’hui le goU' vernement espagnol pour accroître sa marine à vapeur dans l’archipel des Philippines. Il espère ainsi déployer une force qui suffise à l’anéantissement d’une piraterie si funeste aux prospérités des cultures et du commerce.
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- CHAPITRE III.
- LE JAPON.
- Depuis l’occident de l’Irlande jusqu’à l’orient du Japon, en poursuivant notre voyage méthodique, nous avons parcouru les deux tiers du globe sans rencontrer, dans tout un nouveau monde, aucune nation restée maîtresse d’elie-même, aucun peuple considérable du moins par les souvenirs et présentant à notre étude les témoignages d’une civilisation digne de nos respects. Enfin voici le premier tatat épargné parles siècles, resté debout depuis trois mille aOs, puissant, prospère et, jusqu’à notre époque, n’ayant pas un seul jour cessé d’être indépendant. Il est doué d’un caractère chevaleresque et généreux, qui fait honneur au genre humain ; à ce titre il inspire un vif intérêt, et sous plus d’un rapport il va commander notre admiration.
- Comment l’Occident a connu l’eocistence du Japon.
- LE VOYAGEUR MARCO PAOLO.
- Dès le xiii® siècle, Marco Paolo, l’Hérodote du moyen age, au retour de ses longues pérégrinations, parmi les Merveilles dont il rend compte, signale une contrée que 1 antiquité n’a pas connue. Rien n’est plus frappant que ta peinture qu’il en fait, et jamais tableau n’a produit sur ta postérité d’aussi grandes conséquences. Cipango, Vile du soleil levant, qu’on appelle aujourd’hui Niphon, est S1tuée plus au levant que l’Asie; il la suppose à quinze cent milles de la terre ferme. L’île est grande parmi les plus grandes, ce que signifie ce pléonasme méridional ou,
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- si l’on veut, oriental, une île moult grandissime. Elle est habitée par un peuple de race blanche, aux belles nia-nières, et biau! C’est Marco Paolo qui parle ainsi des Japonais dans sa langue naïve. Ils ne reconnaissent l’autorité d’aucune autre seigneurie que la leur.La beauté,
- la distinction et l’indépendance, voilà leur type national, et, depuis six cents ans, ce type est resté sans altération-
- Marco Paolo veut rendre compte d’un pays qu’il n’a pas visité lui-même, et des merveilles dont le récit l’a frappe-Jamais spectateur n’a trouvé de plus vives couleurs qne le narrateur vénitien pour peindre à ses concitoyens le tableau presque incroyable d’une opulence merveilleuse-Il converse avec ses lecteurs; il les saisit, il les domine avec une intarissable abondance de paroles et de figures-Contemporain du Dante, et puissant comme lui par L' magination, il parle une langue dove suona il si, mais qm tient beaucoup de la langue d’oc. Aussi, pour la rendre française sans rien changer aux tournures, suffira-t-il de remplacer quelques mots par leurs modernes synonymes-Ecoutons-le, parlant des Japonais et de leur pays, d’on nulle richesse ne sort :
- «Et si! je vous le dis, qu’ils ont de l’or en grandissime abondance; parce que là se trouve l’or outre mesure. & si! je vous le dis, que nul habitant ne peut sortir de cette île. Et si! je vous le dis, qu’aucun homme ne tire rien de cette île, parce qu’aucun marchand, aucun homme ne va là de la terre ferme. Et, pour cela, je vous dis qu’ils ont tant d’or : comme déjà vous l’ai dit.
- «Et si! je vous conterai la grand’ merveille d’un palai5 du seigneur de cette ville (probablement la capitale). de vous dis, en vérité, que là se trouve un grandissime palais, tout couvert d’or fin. De la même manière que nous couvrons avec du plomb notre maison et notre église, de la
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- DES NATIONS, uiême manière ce palais est couvert d’or; ce qui vaut tant qu’on le pourrait à peine compter. Et, encore, je vous dis qu’en ses chambres, desquelles assez il y a, le pavé tout entier est aussi d’or fin, bien plus épais que deux doigts ! et les autres parties du palais, et la salle et les fenêtres, toutes sont mêmement ornées d’or. Je vous dis que c’est un palais de si démesurée richesse, que ce serait trop grandissime merveille d’en pouvoir dire la vaillance.
- «Ils ont aussi des perles en abondance, et qui sont toses, grosses, rondes, et moult belles; et d’aussi grand Prix que les blanches. Ils ont encore maintes espèces de pierres précieuses. En un mot, cette île est riche, que aul n’en pourrait compter la richesse. »
- Arrêtons-nous un moment sur ce magique récit, dont Attraction fit découvrir tout un monde! J’ai tâché de le Rendre en médiocre français; il est plus vif et plus séduisant dans la langue à demi formée de Marco, mélange des deux idiomes de l’Italie et de la France amxm® siècle.
- Quelle négligence apparente et qui gagne la confiance ! Quelle simplicité, quelle naïveté charmante offre ce récit de l’enchanteur! C’est un entretien intime avec le lecteur Pris à partie, éveillé, ébloui, entraîné: «Et si! je vous le dis; et si! je vous le conterai; eh donc, voyez la grande Uierveille ! » En se jouant avec les formes familières et piquantes que nos Gascons, nos Languedociens et nos Pro-Veuçaux ont conservées, formes qui font partie des grâces Animées de leur langage, comme il vous conduit par la ïïlain dans son palais de moult grandissime richesse ! c°ùime il vous fait voir l’or qui resplendit aux lambris, fenêtres! l’or sur les toits, l’or sous les pieds; et des Pavés d’or, bien plus épais que deux doigts! Et tous ces lrésors qui ne peuvent sortir de l’île, où nul marchand va. Et les pierres précieuses et les perles sans prix,
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- les perles roses, si vivement décrites en trois mots, trois monosyllabes à faire tourner la tête aux joailliers de l’Orient, aux sultanes si belles et si parées du merveilleux pays des Mille et une nuits.
- En opposant les Tartares aux Japonais, Marco termine son récit par un trait rapide et profond.
- A peine a-t-il dit, « Cette île est si riche que nul ne pour' rait en compter la richesse, » notre voyageur aussitôt continue , en s’adressant à son ami le lecteur, au sujet de l’de merveilleuse : «Et si! quand pour la grand’ richesse quon en racontait au grand khan Koubilaï, qui règne aujourd’hui , il repartit qu’il la voulait prendre. »
- Cette conclusion du conquérant Tartare, lequel avait déjà pris pour lui la Chine entière, cette conclusion ne resta pas dans son cœur à l’état de légère velléité. Il s’empressa de préparer une invasion formidable.
- L’expédition de Koubilaï contre le Japon.
- Marco Paolo n’était pas encore arrivé dans la Ghme lorsque Koubilaï tentait d’envahir le Japon, sur le seul récit des trésors de cette contrée. Une puissante armée tartare, transportée à travers l’Océan pour envahir m1 archipel assez éloigné, devait trouver dans les tempêtesIe danger le plus formidable. Elle éprouva les mêmes de' sastres que la grande armada de Philippe II sur les côte5 britanniques. Entre les tempêtes et les débarquement5 échoués, une faible partie de la flotte et de l’armée dm vasion parvint à s’enfuir et regagna le continent; le reste fut anéanti. Ainsi le Japon sauva son indépendance.
- Christophe Colomb inspiré par Marco Paolo. —
- Après que Marcd Paolo, honoré par de hauts empl°lS
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- dans l’empire de Koubilaï, fut retourné dans sa patrie, survint une guerre acharnée entre Venise et Gênes, les deux puissances navales de l’Italie du moyen âge. Marco reçut le commandement d’une galère, sous l’amiral Dan-dolo, et la conduisit bravement au beau milieu des ennemis; mais, mal secondé, environné par des forces supérieures , il fut pris et conduit captif à Gênes. On l’y traita comme il convenait à sa vaillance, à son renom. C’était à qui se presserait autour du grand voyageur; à qui viendrait écouter la description des contrées qu’il avait parcourues, et les récits merveilleux qu’il faisait de leurs Moeurs et de leurs arts et de leurs trésors. On le pressa d’écrire ces narrations; ce qu’il fit dans un langage ponen-tais, qui n’était ni l’italien déjà si parfait de la Toscane, ni le dialecte encore informe de Venise, et que les Génois devaient beaucoup mieux comprendre.
- Cent ans plus tard, un autre navigateur, un autre voyageur, Christophe Colomb, s’exaltait à la lecture des récits écrits dans Gênes, sa ville natale, par son digne devancier.
- La description des trésors de Cipango, que nous avons reproduite, le saisissait d’enthousiasme. Cette île devint le but des desseins auxquels il a dû sa gloire. Elle était S1tuée dans notre hémisphère; elle était en Orient. Onia disait bien plus à l’orient que l’Asie la plus orientale; par conséquent, elle devait être d’autant plus rapprochée de nos contrées d’occident.
- Il suffisait d’avoir une idée, même imparfaite, de la sphère, pour juger qu’en partant d’Europe et qu’en avançant toujours vers l’occident, on devait finir par rencontrer la grande île orientale ou quelques-unes des sept ^ille autres îles qui diapraient la mer d’alentour, selon les notions si vivement reproduites par Marco Paoîo.
- Telle était donc l’influence que le seul tableau de l’ar-
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- chipel japonais exerçait sur l’ancien monde, quelle allait conduire à la découverte inattendue de l’Amérique. Trouver cet archipel et ses trésors, telle était la perspective que Christophe Colomb présentait successivement aux monarques de l’Occident, et que la reine Isabelle eut enfin l’heureuse idée d’accueillir.
- Lorsque Christophe Colomb eut débarqué dans l’île de Cuba, et qu’on lui fit le récit de certaines mines d’or dans une région dont le nom présentait quelque analogie avec celui de Cipango, il se crut au Japon. Il découvrait simplement de nouvelles Indes, les Indes occidentales, ou avant des deux Amériques.
- En 1492, quand le navigateur génois faisait, sans s’en douter, l’immortelle découverte qu’il n’avait pas même soupçonnée, il commettait une erreur de i4o degrés eu longitude et de 4o en latitude. Il croyait le Japon do quatre mille lieues plus près qu’il ne l’était en réalité de l’Europe, lorsqu’on avançait par l’occident’, mais cette erreur disparaissait devant la grandeur du service qu’d rendait à l’ancien monde parla découverte du nouveau!
- La longueur continue des deux Amériques, cette immense barrière entre l’Europe et l’Asie, cette barrière qu1* dans la direction du nord au midi, n’avait pas moins do 16,000 kilomètres, fit perdre à Colomb la pensée d’af' river au Japon par les mers de l’occident. Les Européens devaient y parvenir en suivant une autre voie.
- A la même époque, les Portugais découvraient et doublaient le cap de Bonne-Espérance; ils suivaient une direction opposée à celle de Colomb.
- C’est du côté de l’orient qu’ils avançaient. A mesure qu’ils poursuivaient leurs entreprises, ils étendaient loul domination dans les Indes orientales ; ensuite ils ga' gnaient de. proche en proche les îles équatoriales, fran'
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- DES NATIONS, classaient la ligne et remontaient vers le nord : ils ne Pouvaient pas s’empêcher d’arriver au Japon.
- En i5/i2, trois bâtiments portugais sont poussés par tempêtes, et sans doute aussi par les vents alizés, jusqu'aux îles de cet archipel. Il fallait bien que, depuis -Marco Paolo, l’aversion des Japonais pour les étrangers se fût éteinte; en effet, on accueillit favorablement les échappés du naufrage, et ce fut le commencement d’un commerce longtemps prospère.
- Un siècle plus tard, quand le Portugal devint partie intégrante de l’empire espagnol, les Espagnols suivirent traces des Portugais, dont ils partagèrent le commerce avec le Japon.
- Tandis que se poursuivaient ces grandes entreprises Maritimes et commerciales, le prosélytisme chrétien tournait ses regards vers le Japon.
- Deuxième époque; le xvf siècle. Accueil des Occidentaux, terminé par leur expulsion.
- En 1534, à Paris, un professeur et deux élèves de Sainte-Barbe, trois hommes d’une fermeté dame in-Croyable et d’une ambition sans bornes pour la foi catholique, jurent entre eux de porter cette foi jusqu’aux dernières limites du monde civilisé. L’un est Loyola; le second est Pierre Lefèvre; le troisième est François, seigneur de Xavier, dans la Navarre. Celui-ci prend l’Orient pour sa Pnrt. Il évangélise avec un immense succès dans l’Hin-^°Ustan, dans les îles de la Sonde ; partout il suit les Portais et finit par dépasser leurs conquêtes. En 1549 il ^ante la croix sur le littoral des îles japonaises.
- Lors de son premier voyage, il obtient quelques con-Versions dans l’île de Firando; mais il échoue complète-
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- ment dans Miaco, la capitale d’un souverain spirituel,
- adoré dans sa personne et chef de l’idolâtrie nationale.
- Xavier lui-même avoue qu’il n’entendait pas la langue des Japonais et n’était pas entendu d’eux. Arrivé, la première fois, sous le costume le plus humble, il reconnaît à la fin qu’il faut s’adresser aux yeux d’un peuple qul ne comprend rien à son langage. Ce peuple « de belles manières, » comme dit Marco Paolo, chérissait par-dessus tout l’éclat et l’ostentation-, à ses yeux, la grandeur et la puissance étaient comme les symboles et les preuves obh' gées de la vérité. Xavier, sans se décourager, retourne dans l’Inde portugaise ; il invoque avec succès la munificence du gouverneur général. Il reparaît au Japon revêtu d’un cos-tume imposant et somptueux. En même temps, il a soin d’apporter de précieux cadeaux pouj- l’un des rois vassau* de cet empire.
- Ce même roi, rendu par là favorable, non-seulement autorise la mission de François-Xavier, mais il permet a ses sujets de professer la religion d’un visiteur dont Ie® travaux sont recommandés par des présents si magnifiques* Plus de trois mille conversions furent alors obtenues.
- Bientôt après, l’apôtre des Indes court à de nouvelle® fatigues; il aspire à braver la peine de mort dont la Chine a déjà frappé les chrétiens; il fait voile pour ce pays. Mai®» ne mesurant pas son zèle sur ses forces, il meurt d’épu1' sement à Macao.. . . . Tel fut saint François-Xavier.
- D’autres membres moins illustres, qu’envoie la Compa' gnie de Jésus, animés du même zèle et profitant de® mêmes facilités, familiarisés par degrés avec la langue da pays, font avancer leur propagande avec un si gi’aïl succès, qu’ils convertissent au catholicisme presque i°üS les habitants d’une vaste province.
- Si les nouveaux missionnaires avaient eu, comme lel)I
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- immortel prédécesseur, un parfait désintéressement des ambitions mondaines, ils n’auraient point vu la plus horrible catastrophe anéantir les puissants résultats d’un siècle d’efforts. Mais, en tous lieux, les aspirations ambitieuses ont été le grand écueil de la Compagnie de Jésus.
- Malheureusement des divisions politiques entre les naturels du pays mirent aux prises les défenseurs d’un enfant, légitime héritier du trône, et les partisans d’un tuteur, qui convoitait la toute-puissance. Les missionnaires qu’avait envoyés la célèbre Compagnie se crurent appelés à jouer le grand rôle de Joad en faveur d’un nouveau Joas, qui n’adorait pas le vrai Dieu; la Providence, cette fois, ne pencha pas de ce côté. Le parti du prince enfant fut défait, et comme les nouveaux chrétiens avaient pris les armes en masse, le vainqueur les persécuta sans exception. Sa vengeance devint implacable et les missionnaires furent massacrés. Les pauvres chrétiens naturels du pays n’eurent d’autre alternative que l’apostasie ou le martyre. Au milieu des traitements les plus barbares, beaucoup d’entre eux préférèrent la mort à l’abjuration : preuve c[ue leur foi, fortifiée depuis un siècle, n’était pas restée Simplement pour eux affaire de séduction, d’apparat et
- spectacle.
- Le sang versé dicta des mesures de plus en plus tyranniques. On prononça la peine capitale contre tout Européen , ce qui voulait dire contre tout chrétien qui pénétrent au Japon. Ensuite on interdit le séjour de l’empire a«x étrangers, sans distinction d’origine; on fit seulement ^eux exceptions, lesquelles furent à leur tour de plus en plus rigoureuses.
- Les deux exceptions concernaient les Chinois et les hollandais. Ces derniers, par une odieuse connivence ^vec les persécuteurs, avaient fourni des armes pour ex-
- INTRODUCTION. -- IT.
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- puiser les Portugais. Ils aspiraient à se débarrasser, non pas des rivaux de leur culte, mais des concurrents de leur âpre négoce.
- Le gouvernement du. Japon.
- Six siècles avant notre ère, le trône de l’empire jap0' nais était occupé déjà par la dynastie sacrée qui n’a paS cessé, depuis cette époque, d’être l’objet d’un culte idolâtre. Cette dynastie se prétend issue de la divinité du so* leil; elle en est restée pendant deux’mille cinq cents ans le représentant révéré, le Mikado.
- Get empereur, à la fois idole et pontife, était dans l’origine le souverain politique et militaire. La réunion de ces dons surnaturels et des pouvoirs purement humains se conserva sans partage pendant près de dix-huit siècles.
- Dans l’année 117 9 de notre ère, un Mikado, fatigué de son rôle, abdique en faveur de son fils, demi-dieu de trois ans. Il fallut bien qu’un régent, Yoritimos, gouvernât l’État. Ce collatéral dangereux, guerrier éminent, conservé au Mikado mineur les honneurs et le faste de l’autel et du trône; mais il s’approprie l’autorité militaire et politi<Tue' U prend le titre de Ziogoun, mot dont la signification correspond à celle de commandant par excellence : c’est l'Imperator des Romains. Sous ce nouveau litre, il cqn1' mence une seconde dynastie qui, satisfaite d’avoir usurpe la réalité du pouvoir, laisse à la- première la prééminence morale et religieuse.
- A son tour l’empereur civil et militaire fut délivré de la conduite des affaires par un gouverneur de l’Empire; ce fut le premier ministre, un grand vizir inamovible, cff* prit en ses mains la réalité du commandement milita,re et la direction des pouvoirs administratifs, exercés p31
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- un faisceau de ministres. Ce conseil suprême de gouvernement et d’universelle surveillance représente à la fois
- conseil des Dix et le conseil des Sages, tels qu’ils existaient dans Venise. L’usage qu’il fait de la police est incroyable; un pareil usage, à coup sûr, répugne à nos sentiments, à nos idées; mais il déjoue les conjurations et donne à l’Etat la durée des siècles.
- De tous les moyens on a choisi le plus extraordinaire pour maintenir la balance des pouvoirs ainsi divisés. Le Mikado, souverain religieux, que le peuple croit issu des dieux, et qu’il vénère comme un être surnaturel, réside en paix dans la capitale sacrée de son règne spirituel.
- son côté le chef civil et militaire, le Ziogoun, réside dans la capitale temporelle, si je puis employer ce mot, dans la ville politique où sont administrés et dirigés les llÙérêts de ce monde. Par degrés il est, à son tour, absorbé sous les formalités de vains honneurs, de cérémonies, de réceptions; ces futilités pompeuses remplissent Ses journées aussi complètement que celles d’un Pharaon dominé par les prêtres de Thèbes ou de Memphis. Dans s°n propre palais ses ministres commandent, dirigent administrent; on les dirait britanniques.
- La politique a cherché les moyens de prévenir les excès ^ pourraient devenir trop dangereux dans l’exercice de cotte domination ministérielle, qui n’est contre-balancée 111 par des Lords, ni par des Communes, ni par les cla-^ours et les passions puissantes d’un peuple impatient de tQOt frein.
- A l’empereur militaire et civil, au Ziogoun, l’on con-SerVe le veto, le pouvoir de rejeter les lois et les édits ^sentés à sa sanction par l’espèce de grand vizir qui ^e§ïie en réalité. Après un premier rejet, le même projet e peut encore être une fois offert à la sanction impé-
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- riale. Si le souverain cède, s’il approuve, il n’existe plus
- aucune difficulté.
- Mais s’il persiste et s’il prononce un second veto, sans aucun retard on rassemble un tribunal suprême d’arbr trage, composé de trois membres, tous choisis parmi leS proches parents de l’empereur. Ce tribunal approuve-t-il l’acte qui fait l’objet du dissentiment? Par ce seul fait, Ie monarque est censé se démettre du pouvoir; il descend a l’instant du trône, et l’héritier présomptif y monte à s» place. Le tribunal, au contraire, ne trouve-t-il pas accep' table l’acte soumis à son appréciation? Dès ce moment tout est fini pour le premier ministre. Sa Grâce est tenue de mettre un terme à ses jours par la voie d’honneut qu’on a nommée Y Heureuse issue; cette heureuse issue cou' siste à s’ouvrir le ventre par deux incisions que l’infortune suicide fait en croix de sa propre main.
- Avec une alternative aussi formidable, il doit être T^e
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- que l’empereur repousse deux fois un acte qui paraît a ses ministres d’une absolue nécessité, et dont le rejet iuet en question sa couronne. Il doit être plus rare encO?e que le président des ministres livre au hasard ses proprÉ,s entrailles ; et cela pour le vain plaisir de faire passer «ne loi qu’aura rejetée en première instance un souverain tc°P peu facile.
- Il y a déjà deux cent cinquante ans que le gouverné ment du Japon marche, sans révolution nouvelle, aveC ce remède héroïque.
- Les voyageurs ne nous ont pas appris combien °fl compte de ministres suicidés par ambition déçue, et d e07 pereurs démissionnaires par amour outré de la résistant Cette statistique est inconnue.*
- Au Japon les lois sont souveraines; les empereurs; ministres, les grands et les moyens vassaux, comme
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- Moindres habitants, y sont soumis. C’est un caractère Unique de cette société orientale, et le bienfait est infini.
- L’empire est féodal et ses fiefs sont héréditaires. De là ta puissance défensive d’un Etat qui, depuis vingt-cinq siècles, a maintenu son indépendance malgré les efforts dun empire voisin seize à dix-huit fois plus peuplé, et qui l’a maintenue quand le chef de l’Etat hostile possédait les lieux Tartaries, une partie des Indes et tout le centre de 1 Asie. C’est à la féodalité que le Japon doit l’esprit martial et les aspirations chevaleresques de ses classes élevées; le sentiment de l’honneur, inconnu dans le reste de l’Orient, est aussi puissant au Japon qu’en France.
- Le Ziogoun et sa cour, quelque splendide quelle soit, He sont pas moins espionnés, dans tous les temps, que ne 1 étaient le doge de Venise et ses officiers.
- Le Ministère ou conseil suprême du gouvernement est ainsi composé : première classe, cinq princes grands feuda-taires; deuxième classe, huit nobles d’un rang secondaire, mais encore éminent. Le président, choisi dans la première classe, porte le titre de gouverneur de l’empire.
- L’espionnage s’étend jusqu’aux membres du conseil de gouvernement et peut conduire à la perte de plusieurs d’entre eux; les fils secrets de cette immense surveillance aboutissent dans la main du premier ministre et lui donnent, par conséquent, l’autorité la plus formidable.
- Le peuple japonais.
- La race japonaise paraît être de même origine que la mce desTartares Mongols; elle en a le courage.
- A diverses reprises, des émigrations chinoises ont incisé les arts et les lumières du Céleste empire d^ns les Vemes du peuple japonais.
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- La nation présente deux classes essentiellement distinctes. C’est d’abord la classe maritime, qui vit de la pêche et de la navigation sur le littoral si découpé, sl développé, d’an empire où Ton compte 3,85o îles.
- Les hommes de cette classe sont petits, trapus et vigoureux; on les trouve audacieux, adroits, laborieux et persévérants dans leurs entreprises ; ils ont de la franchise sans insolence et sans effronterie. Ce qu’on doit remarque1* le plus, c’est qu’ils unissent à ces mâles qualités une obh' geance qui se fait voir par une promptitude presque défe' rente à rendre des services. Ainsi se manifeste la bien' veillance naturelle de leur caractère.
- La race agricole est de plus haute stature et sa fac® plus aplatie, plus mongole. Elle est d’un teint moins fonce que la race maritime, mais prenant, par l’effet du travail au soleil, la nuance d’un brun rougeâtre, qui mériterait au paysan japonais le nom de peau rouge. Chez la race agricole, cette nuance révèle les travaux de la civilisation accomplis au soleil, et non le type des sauvages américains*
- Chez les femmes à qui l’aisance permet d’éviter le haie du grand air et les rayons d’un soleil ardent, la peau reste fine et blanche; dans l’âge de la fraîcheur, elle se colore d’une teinte rose qui va presque jusqu’à l’incarnat
- des beautés occidentales.
- La population rurale a des qualités et des vertus cp11 lui sont propres; elle est laborieuse comme le sont leS cultivateurs des zones tempérées, surtout quand la terre» inégalement fertile pour donner d’abondants produit5’ exige tout l’art de l’homme et l’opiniâtreté de ses efforts* Cette classe est sobre et parcimonieuse, ce qui rend ph1^ méritoire son caractère hospitalier, comparable à cd111 des Arabes ; elle est naturellement religieuse, et la cordi3 lité rend aimable son caractère.
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- Les paysans du Japon peuvent rivaliser avec ceux du Céleste empire pour les formes de la politesse et l’étiquette des égards, ces qualités extérieures, ou, si l’on Veut, ces démonstrations, qui portent leur charme avec elles, et qu’en Europe on ne trouve éminentes et gracieuses au même degré que chez les paysans de la Toscane.
- Dans les cités, la population industrielle et laborieuse est formée par le mélange des deux classes rurale et maritime que nous venons de caractériser; mais la fusion n’est pas complète, et, chez le plus grand nombre, l’origine est distincte. Quoique le commerce des citadins, dit Un excellent observateur, dans l’acception la plus stricte du mot, n’ait ennobli ces hommes ni, sous le rapport moral, ni sous le rapport physique, on ne trouve, dans toute l’étendue d’un si vaste empire, aucune trace de cette populace ignoble des villes considérables, qui flétrit la civilisation de notre siècle.
- Les hautes classes de la société.
- Dans les grandes cités, comme dans les grands ports, les classes opulentes reçoivent une même éducation et sont formées aux mêmes manières. Les nobles de naissance , et plus généralement ceux que les Anglais appellent des gentlemen, les hommes à la vie aristocratique, sont élevés dans Jeddo, la capitale politique; ce n’est pas seulement pour satisfaire à la mode, mais pour obéir aux lois. Dans la même ville gouvernementale, les officiers des services publics, les mandarins, ont été formés au sein des administrations centrales; les officiers attachés aux princes ont reçu leur éducation dans les palais que les grands vassaux de l’Empire sont tenus d’entretenir et
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- d’habiter, au foyer de la puissance. Cette obligation a ses charmes, et le séjour d’une cité pleine de délices a reçu l’heureux nom de paradis de Jeddo.
- Les négociants considérables font leur éducation commerciale dans l’industrieuse et riche Ohosaka.
- Les arts libéraux et les sciences préfèrent un plus pai' sible séjour, éloigné de l’ambition politique et de Tardent amour du négoce. C’est ce que nous ferons remarquer en parlant de la capitale religieuse, qui réunit les avantages d’être à la fois la Rome et la Florence du Japon.
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- Enseignement national.
- Pour le peuple, l’enseignement élémentaire est uni' versel. Dans les écoles primaires, les enfants des deux sexes apprennent la lecture, l’écriture et l’histoire na-tiO' nale : pour les Japonais, jusqu’à ce jour, il n’existe paS d’autre histoire.
- Les enfants riches passent ensuite aux écoles supe' rieures, dans lesquelles on leur enseigne la civilité, politesse, l’élégance des manières : c’est là qu’ils apprennent ces règles bien nuancées de l’étiquette qui fixent les rap' ports des hommes et la hiérarchie des égards, suivant le5 rangs, la naissance et les emplois.
- On enseigne aux enfants des classes élevées tous les cas où l’honneur doit obtenir la préférence sur la vie. ^n leur apprend à se donner le genre de mort qui convient à des gentilshommes-, on leur explique les formalités avec lesquelles il faut y procéder, pour quitter avec décence une vie qui serait flétrie aux yeux du monde si elle durait plus longtemps. Tel est l’art par lequel on instruit Ie noble japonais à mourir de la mort que choisit Caton * poussé par un désespoir héroïque, mais qu’ils choisiront
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- sans obtenir, comme l’intrépide Romain, l’admiration de l’univers. Un pareil sacrifice, plusieurs milliers d’hommes sont prêts chaque jour à le consommer; et cela, sans espoir d’exciter le plus léger étonnement.
- Les connaissances acquises par les Japonais.
- Malgré l’isolement systématique où le gouvernement a placé la nation, il a suffi de la communication la plus restreinte avec un seul peuple européen pour introduire des connaissances précieuses, empruntées aux sciences -modernes. Nous en citerons un exemple.
- Déjà les Japonais savent mesurer la hauteur des montagnes par le moyen du baromètre, en comparant les poids équivalents d’une colonne de mercure et d’une colonne d’air plus ou moins raréfiée par la chaleur. Il y a là plus de science physique que n’en ont jamais possédé les Grecs et les Romains.
- Le même peuple n’apprécie pas toujours le bienfait des moyens mécaniques ayant pour objet de suppléer à la force de l’homme par des forces inanimées.
- Le gouvernement hollandais pensait faire le plus rare présent à l’empereur temporel en lui présentant le modèle d’un moulin à vent combiné pour extraire de l’huile en pressurant certains fruits végétaux. Le Ziogoun comprit tout ce qu’avait d’ingénieux ce mécanisme, mais il renvoya le modèle. A ses yeux, l’adoption d’un substitut si puissant, pour tenir lieu du travail de l’homme, aurait privé d’occupation tous les ouvriers qui gagnent leur vie à faire l’extraction de l’huile avec les simples procédés de la méthode purement manuelle.
- Je ne justifie point ce préjugé japonais, je me borne à le constater. U montre au moins que les moyens d’assurer
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- par le travail l’existence du peuple ne sont nullement
- perdus de vue par le gouvernement.
- Les Japonais ont des moulins hydrauliques et des moulins à broyer le tan pareils aux nôtres; les Hollandais les leur ont fait adopter sans en offrir avec ostentation les modèles au pied du trône. Ils ont des roues à auget que l’eau met enjeu pour moudre la farine, et des moulins à pilons pour broyer des matières minérales. Us ont aussi des roues à manège; mais, tandis qu’ils emploient la force hydraulique et celle des animaux, ils n’ont jamais employé la force du vent. C était peut-être avant tout la nouveauté d’un tel moteur que le Ziogoun repoussait.
- Les vêtements et les costumes.
- Les vêtements et les costumes appartiennent, d’une part à l’histoire des mœurs, de l’autre à celle des arts; ils intéressent le commerce.
- Au Japon, chose ailleurs sans exemple, les-formes des vêtements sont les mêmes pour les deux sexes. Cependant la finesse des tissus et l’éclat, des couleurs annoncent quelque différence en faveur du sexe le plus délicat et pour qui briller semble le désir le plus naturel. Les femmes opulentes ont leurs robes décorées d’élégantes broderies et de bordures en or.
- Les robes des artisans, des laboureurs et des soldats sont courtes; il y faut joindre des guêtres ou de toile ou de coton. '
- Les Anglais, avec le coup d’œil de lynx d’un commis voyageur expérimenté, n’ont pas manqué d’observer quau Japon les classes intermédiaires portent de longues robes en calicot, et plusieurs les unes sur les autres; leur ambition mercantile en a conclu sur-le-champ qu'ils doivent TiabMer
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- ce peuple. On verra quel parti lumineux lord Elgin a tiré de cette idée, dans son traité de commerce avec le Japon.
- Les robes portées par les classes supérieures sont ordinairement en soie. Comme nos grandes dames du moyen âge, celles du Japon montrent les armoiries de leur famille brodées sur le dos et sur la poitrine. Une ceinture resserre les robes au défaut de la taille. A l’égard du sexe féminin, la ceinture fait deux fois le tour du corps. Ses extrémités sont nouées par devant pour les femmes mariées; pour les filles à marier, elles sont nouées par derrière.
- Coiffure. Leshommesconservent seulement d’une témpe à l’autre un demi-cercle horizontal de cheveux d’une moyenne longueur. Ils les relèvent avec soin, pommadés et rattachés de manière à former une touffe en arrière du sommet de la tête.
- Les jeunes hommes ne rasent leur tête qu’à l’époque où la barbe commence à croître.
- La coiffure des femmes est élégante. Leur noire chevelure est artistement relevée par de longues aiguilles; quelques-unes de ces aiguilles sont d’argent ou d’or, mais le plus souvent elles sont en écaille et d’un travail précieux. D’autres fois un riche peigne, également en écaille, suffit à retenir l'édifice de la coiffure.
- Comme toutes les femmes de l’Orient, elles ont grand soin de se défigurer avec du fard rouge et du blanc, qui gâtent leur teint et la beauté de leur peau.
- Les femmes mariées se distinguent surtout par les soins quelles mettent à noircir leurs dents; le cosmétique employé pour cet odieux usage est un mélange incroyable de saki1, d’urine et de limaille de fer. Par un goût non
- Liqueur spiritueuse extraite du riz.
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- moins étrange, elles ont soin d’extirper leurs sourcils, ces beaux arcs d’ébène, qui donneraient à leurs regards tant d’expression et de puissance.
- Au Japon, comme à la Chine, l’éventail est indispensable aux deux sexes; le soldat, l’artisan, le paysan, le pauvre, le mendiant même, ne peuvent pas s’en séparer.
- Quand on veut signifier son arrêt de mort au noble japonais , on lui présente un éventail posé sur un plateau de forme particulière; aussitôt que la tête du condamné se penche vers ce terrible signal, elle tombe sous le glaive du bourreau.
- Les armes.
- Au Japon les armes portées, ainsi que toutes les parties du costume , diffèrent suivant les rangs d’un état social où chacun est classé. Les différences caractéristiques, inexorablement établies par l’autorité légale, sont strictement observées comme doivent l’être au Japon toutes les prescriptions du gouvernement.
- Les personnages des rangs les plus distingués ont seuls le droit déporter deux sabres, attachés l’un au-dessus de l’autre et du même côté. L’une de ces armes appartient à la fonction, l’autre à la classe dont le porteur fait partie.
- Les employés d’un ordre secondaire n’ont le droit de porter qu’un sabre.
- En voyage le bourgeois porte un sabre; le noble et l’officier militaire en portent deux, qui diffèrent de Ion-v gueur.
- Le Japonais ne se distingue pas seulement par les ornements fastueux, mais par la qualité de ses armes; l’industrie qui les fabrique mérite sa célébrité.
- L’acier trempé par cette industrie est célèbre. Les meif leurs sabres coupent des barres de fer, sans que le Iran-
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- chant soit ébréché. Chez ce peuple militaire les chefs payent jusqu’à trois mille francs une lame de qualité supérieure; défense est faite d’exporter de telles armes.
- Revue des ports et des principales cités.
- FIRANDO.
- Primitivement les Hollandais étaient admis au Japon, dans file et le port de Firando; c’est là qu’ils avaient leurs établissements. Lors de la grande lutte qui finit par l’expulsion des Portugais et l’extinction du catholicisme, ils se montrèrent si fort ennemis de leurs rivaux en commerce, et si contraires au catholicisme persécuté, qu’ils obtinrent par grâce de continuer à fréquenter Firando.
- Une cause misérable leur fit perdre l’usage de ce port. Les magasins construits par eux portaient en chiffres apparents la date de leur érection; ce fut un crime aux yeux des autorités japonaises. Nous allons citer'la déclaration curieuse de l’émissaire impérial qui vint les persécuter dans Firando; l’on va voir jusqu’à quel point ce gouvernement inquisitorial et soupçonneux était profondément instruit :
- Le très-redoutable Empereur du Japon, mon souverain seigneur, est bien informé que vous êtes chrétiens et de la même religion que les Portugais. Vous observez le dimanche. Vous datez tout de la naissance de Jésus-Christ; vous mettez celte date sur les frontispices* de vos maisons et sur tous les bâtiments, soit de mer, soit de terre que vous construisez: ainsi ce chiffre demeure exposé aux yeux de votre nation. Votre loi souveraine est celle des dix commandements, votre prière est celle de Jésus-Christ, et votre profession de foi celle de ses disciples. Vous lavez avec de l’eau vos enfants dès qu’ils sont nés, et vous offrez dans votre culte religieux du pain et du vin; voire livre est l’Évangile; les prophètes et les apôtres sont vos
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- saints. Mais à quoi bon descendre dans un plus grand détail? Votre croyance est la même que celle des Portugais, et l’unique différence entre eux et vous, différence que vous prétendez être considérable, nous l’estimons fort peu de chose. Nous avons bien su de tout temps que vous étiez chrétiens; mais comme nous vous voyions ennemis des Portugais et des Espagnols, et que vous vous opposiez à ce qu’ils établissent leur religion dans ce pays, nous pensions que votre Christ et le leur n’étaient pas le même. L’Empereur a su le contraire, et Sa Majesté m’envoie pour vous ordonner d’abattre vos habitations et tous les autres bâtiments sur lesquels la date de Jésus-Christ est marquée; vous commencerez par le côté septentrional ( c’était celui qu’on avait achevé le dernier). Sa Majesté veut que désormais vous vous^absteniez d’observer publiquement votre jour du dimanche, afin que la mémoire de ce nom prenne entièrement fin au Japon. Elle veut que désormais le capitaine ou chef de votre nation ne demeure pas plus d’une année dans cet empire, de peur qu’un long séjour ne produise la contagion de votre doctrine parmi ses sujets.
- Faites état que la moindre résistance à ce qui vient de vous être prescrit donnerait une juste défiance de votre soumission aux ordres de l’Empereur. Pour ce qui concerne la conduite que vous aurez à tenir en tout le reste, les seigneurs régents de Firando vous le feront savoir.
- Ce qu’ils firent savoir,^ c’est que les Hollandais étaient pour jamais chassés de Firando. On supposait qu’ils seraient plus faciles à surveiller sur un îlot appelé Dézima, construit artificiellement dans le port et devant la ville de Nagasaki.
- NAGASAKI.
- Latitude boréale........ 32° 43' ho" ) d’après
- Longitude............... 127° 3i' 52" ) Krusenslern.
- La nature a tout fait pour le port de Nagasaki, situé sous une latitude intermédiaire à celles de Tyr et d’Alexan-
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- drie, dans une vaste baie ouverte du côté du midi, le côté par lequel arrivent les Européens.
- Rien n’est comparable à la splendeur des aspects autour de la baie de Nagasaki. Elle se prolonge dans une grande profondeur. Ses rivages présentent un magnifique spectacle, par les beautés réunies de l’art et de la nature; Une végétation puissante verdoie à partir du rivage, et s’élève en amphithéâtre. Dans un rayon que la vue peut embrasser, on découvre plus de soixante temples somptueux; leur faîte domine les beaux ombrages qui contrastent avec l’éclat de leur architecture; sur les collines et jusqu’au bord des précipices, l’œil est réjoui par des cultures étagées comme aux approches de Gênes. Les arbres, les plantes des climats froids et des climats tempérés forment contraste, et l’on aperçoit groupés dans un même paysage les chênes, les cèdres, les lauriers, les orangers, etc.
- Les temples, érigés aux points de vue les plus pittoresques, et toujours entourés de très-beaux arbres, appartiennent aux moines bouddhistes, que nous trouverons à la Chine pleins de douceur et vraiment hospitaliers.
- Non-seulement au voisinage de Nagasaki, mais dans toute l’île de Kiou-siou, qui renferme ce port, ces religieux sont à la fois hautains et grossiers; ce qui contraste avec les mœurs du pays. En revanche, ils sont méprisés des indigènes. Leur orgueil outre-passa toutes les bornes quand leur triomphe, au xvif siècle, fut assuré par la persécution et l’exil ou la mort des chrétiens. Par degrés l’oisive arrogance qui les exaltait à leurs propres yeux les a fait déchoir aux yeux du peuple. Dans quelque culte que ce soit, les ordres religieux ne grandissent et ne conquièrent le respect que par les services, la douceur, et l’humilité.
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- Le docteur Siebold : son jugement sur Nagasaki.
- Un célèbre savant d’Allemagne, M. le docteur Siebold, a parcouru le Japon, comme médecin de la factorerie hollandaise, entre 1820 et 1826. Après son retour, il a publié sur cet empire un magnifique ouvrage descriptif de la nature et des hommes. 11 juge avec austérité les mœurs de Nagasaki.
- Démoralisation du commerce à Nagasaki.
- Depuis nombre d’années, dit le sévère observateur, ce port est le théâtre de l’usure chinoise et des brutalités qui caractérisent les marins d’Europe; visité par des marchands versés dans toutes les pratiques frauduleuses, et gouverné par d’insidieux courtisans, il est bien inférieur en civilisation, ainsi qu’en moralité, à la capitale antique et révérée. Malgré les restrictions imposées par une autorité jalouse, la fréquentation des marchands et des matelots étrangers a produit une influence à plus d’un égard défavorable sur les usages et les mœurs des indigènes.
- C’est ici le lieu de faire connaître l’opinion de la classe noble et des classes lettrées, au Japon, sur les professions mercantiles, corrompues ou non par les Occidentaux-Elles témoignent pour ces professions un profond mépris, quelles appliquent à toute espèce de trafic. Dans l’étendue de l’empire, aucun marchand n’a le droit de porter même un seul sabre. Le négociant le plus considérable ne peut obtenir cette distinction si désirée, à moins de se faire enregistrer, moyennant monnaie, parmi les suivants de quelques nobles nécessiteux; ce n’est qu’à ce titre humi' liant qu’il peut paraître en public avec une arme.
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- Les marchands néerlandais sont également privés au Japon du droit de porter, soit un sabre, soit une épée. Le directeur même de la factorerie n’a droit au port d’armes qu’en certaines occasions spécifiées.
- Les bourgeois de Nagasaki, entraînés par l’esprit général de cette cité mercantile, rançonnent sans pitié les Néerlandais, obligés de louer les misérables demeures dans lesquelles ils sont étroitement confinés et que possèdent les bourgeois.
- A cet esprit sordide opposons avec plaisir Ja générosité des pauvres pêcheurs, qui donnent leurs poissons et leurs coquillages aux marins occidentaux, sans demander aucun salaire. Ils acceptent seulement quelques bouteilles vides, pour s’en servir dans leurs ménages. Faisons remarquer, cependant, que cette générosité hospitalière n’est praticable que dans un port visité seulement par deux navires étrangers pendant une année*
- Nous expliquerons bientôt les moyens employés pour rendre impossible la contrebande à Nagasaki. Lorsque les Européens arrivent, on surveille le déchargement des navires comme leur chargement, jqsque dans les moindres détails. On fouille l’équipage et l’état-major, qui sans cela perpétueraient la fraude la plus scandaleuse, fraude qu’ils avaient faite, dans le principe, avec une rare impudence.
- Indigne abus de la fraude européenne.
- Croira-t-on qu’au milieu du siècle dernier le capitaine du navire européen, pour mettre à profit son privilège de n’être pas visité, portait un uniforme de soie et d’argent, garni par devant d’un énorme coussin pour cacher des objets précieux de contrebande?Il débarquait trois fois par jour en grand costume, et souvent à tel point accablé du
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- poids de ces objets défendus, que deux matelots étaient obligés de le soutenir par les bras! C’est le docteur Thun-berg, médecin de la factorerie, qui nous a révélé ces ignobles bassesses.
- Enfin parut un édit, celui de 1772, qui portait l’ordre de visiter sans distinction matelots, officiers et capitaine; on interdisait à celui-ci l’uniforme, et surtout l’ample costume qui recélait tant d’articles de contrebande. Un tel affront était trop mérité.
- Réception d’un navire étranger à Nagasaki.
- A Marseille, la célèbre administration de la Santé ne traite pas avec une vigilance plus jalouse les navires en quarantaine et soupçonnés de la peste, qu’à Nagasaki les autorités japonaises ne traitent un navire étranger.
- A l’arrivée du navire, un canot surveillant arrive porteur d’un papier qui désigne tous les documents exigés: le nom du bâtiment, le pays dont il vient, son rôle d’équipage. On transmet sans parler ce papier à bord, et l’on reçoit sans parler davantage les renseignements demandés. En attendant, le capitaine renferme dans une caisse fermant à clef, puis cachetée, les gravures, les livres et les brochures relatifs à la religion ; il doit y joindre tout autre objet qui pourrait rappeler l’idée du christianisme.
- Si le gouverneur est satisfait des papiers qu’il a reçus, avant d’accorder l’entrée du navire, il se fait remettre des otages.
- Dans le cas où quelque bâtiment étranger, qui ne serait pas hollandais ou chinois, oserait se présenter, ordre lui serait donné de repartir sur-le-champ. S’il avait besoin d’être radoubé, s’il manquait de vivres ou de bois, il recevrait tout gratis, afin qu’il fût bien' entendu qu’on ne
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- veut eu rien trafiquer avec lui. On le tiendrait, à l’écart et sans communications jusquà ce qu’il appareillât.
- Lorsque l’autorité japonaise a reconnu que le navire est réellement un des bâtiments néerlandais dont le trafic est toléré, on lui retire ses canons, ses petites armes et ses munitions de guerre; on les entrepose en lieu sûr, de même que la caisse aux objets religieux.
- Le navire, ainsi dépouillé de ses armes temporelles et spirituelles, est conduit dans le port isolé, j’ai presque dit la quarantaine, qu’on réserve pour son séjour.
- Cet ensemble incroyable de formalités vexatoires a continué d’exister jusqu’en 1855.
- La factorerie néerlandaise de Nagasaki, à Dézima.
- Lorsqu’on expulsa de Firando les Néerlandais, on les relégua dans le petit îlot artificiel de Dézima, que les Portugais avaient occupé.
- En langue japonaise Dézima veut dire une,île avancée; Eest en effet'un îlot formé par des remblais, en avant de Nagasaki; il n’a guère qu’un hectare en superficie.
- Dans cet îlot, qui leur sert de prison, les Néerlandais °nt érigé leurs magasirçs; là se trouvent des maisons en ^ois pour eux et leurs employés, la place, au centre de ^quelle est érigé leur mât de pavillon, un jardin potager, ün jardin botanique dirigé par le médecin de la factorerie.
- Un pont en pierre réunit l’île à la ville, du côté de laquelle il est fermé par une porte flanquée d’un corps de §3rde. Des sentinelles surveillent à tous les moments cette lssue de la prison commerciale.
- Du côté de la rade s’ouvre la porte de mer pour communiquer de l’île avec les navires; elle est placée sous la surveillance incessante de la police japonaise.
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- En avant du quai de Nagasaki, et sur le rivage oppose de l’îlot qui fait face à la ville, s’élèvent deux hautes murailles; elles empêchent que des paroles, des regards ou des signaux puissent être échangés entre la ville et la factorerie. Du côté de la mer, une enceinte de pilotis se dresse autour de file, avec des écriteaux portant défense d’approcher aux embarcations du large : par ce moyen est complété le système d’emprisonnement des Occidentaux.
- Personnel de la factorerie.
- Voici quel était, en i844, le personnel de la factorerie. Le président, le médecin, le garde-magasin, trois assistants, un garçon de magasin : en tout, sept personnes. Vingt années auparavant ils étaient dix.
- Les domestiques japonais n’entrent que de jour dans File, et sortent avant la nuit. Ils sont fouillés, de même que le sont les Néerlandais lorsqu’ils retournent à la ville: à chaque fois ces derniers ont besoin d’une autorisation spéciale.
- Des Japonais sont les intermédiaires indispensables pour tout ce qui concerne les besoins de la vie et le commerce des Néerlandais; avant qu’ils exercent des fonctions qu1 leur permettent l’entrée de file, on les soumet à des précautions extraordinaires. On les oblige à signer, de leur sang, le serment qu’ils ne contracteront aucune intimité avec les Européens, et ne leur fourniront aucun renseignement sur les usages, la langue, les lois, l’histoire etla religion du pays. Malgré ces étranges précautions, les médecins européens attachés à la factorerie ont trouvé Ie moyen de recueillir les documents les plus précieux sur les sujets mêmes dont les Japonais croyaient pouvoir cacher la connaissance à l’étranger.
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- Pour les communications commerciales, le gouvernement japonais entretient à ses frais un corps d’interprètes nationaux. Il se compose de soixante à soixante et dix personnes; les unes sont chargées des affaires hollandaises, les autres le sont des affaires chinoises.
- Quant à l’approvisionnement de la factorerie, les fournisseurs sont tous indigènes et désignés par l’autorité japonaise; ils ont ordre de percevoir 5o pour cent en sus des prix du marché de Nagasaki. Ce surplus représente le prélèvement à faire par l’état, sous prétexte de compenser les frais de garde et de surveillance.
- La factorerie est obligée d’accepter, pour vendeur et pour acheteur, un des courtiers officiels, un des compra-dors : ce terme est emprunté du portugais.
- A l’arrivée des navires néerlandais, on remet les marchandises aux courtiers désignés par l’autorité locale ; ceux-ci vendent et remplacent les objets importés pour une valeur totale équivalente. On interdit aux étrangers de recevoir une différence, $oit en or, soit en argent. Ces deux métaux ne peuvent pas sortir du pays.
- Tel est le commerce de commission que les Japonais font pour les habitants du royaume des Pays-Bas.
- Tentatives commerciales des Anglais,
- Au xvue et au xvmc siècle, les Anglais ont en vain tenté d’être admis dans le port de Nagasaki; les Hollandais, usant d’artifice, ont obtenu qu’ils fussent repoussés, quoique non catholiques. Il leur a suffi, lors du règne de Charles II, d’alléguer que ce monarque était l’époux d’une princesse portugaise.
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- Leurs idées sur le commerce du Japon. '
- Même vers la lin du xvme siècle, les Anglais ne semblent pas s’être formé d’idées justes sur les échanges possibles avec le Japon.
- Le parlement d’Angleterre, que la vénération publique a si bien appelé la sagesse collective, the collective wisdom, avait pourtant montré peu de jugement et nulle vue d’avenir, en 1792, lorsqu’il acceptait les conséquences que nous allons relater. A la suite d’une enquête sur le commerce d’exportation dans les Indes orientales, le rapport à la Chambre des communes concluait en ces mots : Le commerce avec le Japon ne pourra jamais devenir an objet digne d’attention poar les manufactures et le commerce de h Grande-Bretagne. Les idées de l’Angleterre ont bien changé depuis cette époque; peut-être même aujourd’hui pèchent-elles par un excès contraire.
- Depuis très-longtemps les Anglais savaient que le cuivre d’une qualité supérieure était le grand objet d’exportation des Japonais. Us pensaient que ce métal, vu sa rare pureté, ne pouvait que nuire, dans l’Inde, à la vente du métal tiré des mines d’Angleterre. Ils admettaient bien moins encore que ce produit oriental pût être porté sur les marchés de la Grande-Bretagne, en concurrence avec le cuivre britannique.
- Essai malheureux pour remplacer à Dézima les Hollandais.
- Au xixe siècle, lorsque le prince Louis Bonaparte, devenu roi de Hollande, eut noblement abdiqué par sympathie pour son peuple, ses Etats furent transformés en départements français. Les Anglais aussitôt résolurent d’at-
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- laquer foutes les colonies de la puissance supprimée. Après qu’ils eurent envahi Java, ils en confièrent le gouvernement à l’un de leurs administrateurs les plus éminents, à l’esprit hardi, perspicace, qui n’eût pas manqué de faire de grandes choses s’il avait pu longtemps régir l’admirable contrée confiée à ses rares talents : c’était Sir Stamford Rafïles.
- Il tourna ses regards vers le Japon et résolut de substituer l’Angleterre à la Hollande, même dans le commerce restreint que cette puissance, momentanément disparue, avait fait pendant deux siècles au Japon.
- En 1 813, quand Sir Stamford Rafïles gouvernait Java, que l’Angleterre ne se croyait pas près de rendre, aux deux bâtiments hollandais jadis envoyés chaque année de cette île au Japon, il brûle de substituer deux navires de sa nation ; il fait arborer à ceux-ci le pavillon même dont il veut déchirer le dernier lambeau. Par ce moyen ils pourront se présenter comme amis devant les employés confiants de Dézima, et les expulser.
- Arrêtons-nous à ce spectacle, où l’on va voir un autre Ulysse vaincu par les rôles renversés de la force qui se déguise pour l’emporter sur la faiblesse, et de la faiblesse qui, rendant ruse contre ruse, sort du danger triomphante d’avoir trompé le trompeur. Sir Stamford Rafïles a fait choix d’un nouvel agent, qui se présente pour supplanter le courageux Myne Heer Doeff, le président de la factorerie.
- Un patriote hollandais.
- Avec le dévouement ingénieux et presque fanatique de la perle des serviteurs, de ce Caleb si zélé pour son maître Ravenswood, ici le maître est la patrie. Myne Heer Doeff nie hardiment près des Japonais la conquête de Java et
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- FORCE PRODUCTIVE l’anéantissement du royaume de Hollande. Il n’en a pas eu la moindre nouvelle, et dément tout. . . pour l’honneur de la maison l II déclare qu’il maintiendra, sur la factorerie, l’autorité de son gouvernement, qui ne peut pas ne plus exister! L’administration de Nagasaki, pleine d’affection pour le président de si rare mérite qu’elle voit fonctionner depuis quinze ans au sein de l’établissement, l’administration japonaise, qui ne veut pas des Anglais, conserve le Hollandais. Celui-ci, d’ailleurs, s’engage à veiller sur le commerce des intrus évincés; il vendra lui-même avec intégrité leur cargaison, en prélevant les appointements de la factorerie. L’année suivante, s’il est bien véritable que les Anglais soient les maîtres de Java, ils reviendront porteurs de preuves irrécusables; mais, jusqu’au dernier moment, Myne Heer Doeff aura rempli ses devoirs, pour l’honneur de son pays ! Ainsi ce patriote dévoué, gardien du seul territoire où flottait encore le drapeau de la Hollande, conserve à sa patrie l’humble hectare de terre qu’il habite avec neuf concitoyens; et la noble patrie des Guillaume d’Orange, des de Witt et des Barnevelt, des Tromp et des Ruyter, cette patrie respire encore dans leurs cœurs restés fidèles et libres.
- L’année suivante, retour des Anglais, aussi peu persuasifs qu’à leur première arrivée. Myne Heer Doeff, intarissable en arguments, résiste encore avec succès; on est en 181 k , et la discorde va cesser dans l’univers.
- Dès 181 5, toute crainte avait disparu; la paix générale proclamée volait de mers en mers. Elle annonçait les Indes hollandaises restituées au nouveau royaume des Pays-Bas, et la Néerlande relevée au rang des nations indépendantes. Il n’y avait plus pour Sir Stamford Raffles aucun espoir de rester gouverneur de Java, ni de remplacer la Hollande par l’Angleterre à Dézima.
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- Excursions hors de l’île de Dêzima.
- Chacun des Néerlandais enfermés à Dêzima peut obtenir du gouverneur de Nagasaki la permission de visiter la ville et d’en parcourir les environs. Mais il est invariable-. ment accompagné du comprador et de plusieurs agents de police, accompagnés eux-mêmes de leurs serviteurs; cetle brigade forme en tout vingt-cinq à trente parasites. Les officiers japonais composant l’escorte s’arrogent le droit d’inviter leurs amis à partager l’excursion joyeuse ; le groupe, accru de la sorte, vit et s’amuse aux dépens de l’infortuné visiteur.
- Le comprador seul, un Japonais, a le privilège d’acheter les menus objets que le Néerlandais peut désirer d’acquérir pendant cette excursion.
- Description de Nagasaki.
- La ville elle-même s’élève en étages sur le penchant d’une colline; là, comme en toute autre cité du Japon, chaque demeure est entourée de son jardin, ce qui donne a l’ensemble un aspect gracieux et pittoresque. Les mai-, sons, ainsi qu’à la Chine, n’ont qu’un étage principal. La loi, qui règle tout, ne fixe pas seulement la hauteur deà laçades, mais le nombre des ouvertures. Au lieu de vitres, les fenêtres sont closes avec un papier très-fort, et pourtant assez fin pour ne pas trop intercepter la lumière. Les maisons, construites en bois, sont recrépies au dehors avec un gâchis d’argile et de paille hachée. En cet état, elles auraient l’aspect misérable de notre pisé; mais ce grossier enduit est recouvert par un stuc formé de coquillages broyés, dont la blancheur flatte la vue.
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- Les jardins japonais, même assez petits, sont pareils aux jardins chinois. Ils reproduisent en miniature tous les accidents qu’on peut désirer dans un paysage, le ruisseau qui serpente, le pont obligé, le vrai pont chinois, la pièce d’eau, si petite quelle puisse être, pompeusement appelée le lac, les montagnes, les rochers, etc. Un art emprunté de la Chine cultive dans ces jardins des arbres et des arbustes dont les dimensions sont incroyablement réduites : c’est la végétation des nains dans les parcs de Lilliput.
- Les Japonais ont aussi des quartiers qui ressemblent à ce que nous appelons si mal à propos des cités, des squares: c’est la corruption anglaise de notre nom de qnarré. Les maisons contiguës forment une place, avec le centre occupé par un enclos planté d’arbres, décoré d’arbustes et de fleurs, et dans lequel les propriétaires des maisons cir-convoisines ont chacun leur jardinet.
- On conçoit qu’une ville construite en bois doit être sujette à de fréquents et redoutables incendies. Pour aviser à ce danger, tout propriétaire d’une maison ayant quelque importance construit, en arrière de sa demeure, un magasin de sûreté dont les murs et la couverture sont en matériaux peu combustibles, et dont les portes ainsi que les fenêtres sont fermées par des battants et par des contrevents en solides feuilles de cuivre.
- Les maisons à thé : les hétaïres.
- Les maisons à thé de Nagasaki ne sauraient guère scandaliser les Néerlandais qui les décrivent; elles ne sont m plus ni moins immorales que ces repaires immondes appelés musicos dans toute la Néerlande; elles ont seulement un peu plus de recherche et d’élégance au Japon-Là se donnent rendez-vous toutes les intempérances et
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- tous les plaisirs défendus. Croira-t-on qua Nagasaki, pour moins de 75,000 habitants, on assure qu’il y a y5o maisons à thé consacrées à de tels plaisirs?
- L’autorité permet que les propriétaires des maisons à thé se procurent à prix d’argent, et pour an nombre d’années déterminé, des jeunes filles indigentes destinées à la corruption. On leur apprend à soigner la beauté de leur personne; on les instruit dans les arts séducteurs de la musique et de la danse ; on cultive en elles les grâces légères de l’esprit et les agréments de la conversation. Leur éducation ne rend pas le vice plus excusable; elle enseigne du moins la décence extérieure, qui repousse le dernier degré de l’avilissement et la grossièreté d’une corruption ignoble.
- Pendant ces engagements immoraux, les Japonais, semblables aux Grecs à l’égard des hétaires, qu’elles rappellent par leur esprit cultivé comme par leurs grâces, les Japonais les traitent sans mépris. Ils les considèrent comme sont considérées au sein de nos cités, qui vantent si fort leur civilisation, les comédiennes, les danseuses et les cantatrices, lorsqu’elles sont aussi célèbres par leurs chants, leurs pas ou leur déclamation , que par leurs vices élégants.
- Quand les hétaires japonaises, leur engagement expiré, sont redevenues maîtresses d’elles-mêmes, elles peuvent centrer dans les rangs honnêtes de la société. Souvent des hommes d’un rang élevé ou d’une grande fortune, séduits par leurs moyens de plaire et par leur beauté, les élèvent au rang d’épouse; ils leur prodiguent les égards, sans que personne semble garder la mémoire de leur existence passée. Mais il faut que la conduite de la femme ainsi réhabilitée soit désormais irréprochable. 'A la moindre faute au point de vue de l’honneur, le mari, plus ombrageux que le plus jaloux hidalgo de la vieille Espagne, la sacrifierait: sans pitié.
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- Les Chinois à Nagasaki.
- A Nagasaki, les Japonais accordent aux Chinois beaucoup plus de liberté qu’aux Hollandais. La religion des premiers, bouddhique ou non, ne les effraye pas comme le christianisme et n’a pour eux rien d’irritant.
- La police des Chinois appartient à quatre chefs de cette nation; ils surveillent les quelques jonques auxquelles se réduit le commerce du Japon avec le Céleste empire.
- Le quartier chinois, beaucoup plus peuplé que Dézima, est entouré de murs et fermé comme le Ghetto des Juifs à Rome. Pendant le jour, les marins et les marchands du Céleste empire peuvent parcourir la ville, faire un petit colportage et traiter sans comprador ; mais toujours ils sont surveillés par une nuée d’agents de police.
- A l’époque où Thunberg visitait le Japon, les Chinois pouvaient encore envoyer à Nagasaki chaque année 70 jonques, subdivisées en 3 flottes, ayant chacune son terme fixe d’arrivée ; ils n’ont plus la faculté d’envoyer que le dixième de ce nombre.
- Autrefois les jonques apportaient de Chine une quantité considérable de soieries et d’autres étoffes; mais les Japonais, ayant perfectionné leurs soies et l’art de les travailler, ont pu suffire à leurs propres besoins. Les Chinois prenaient en retour des meubles en laque, du vernis, du poisson salé, des holothuries, etc. Ils font encore un commerce qu’on évalue à neuf millions par an; mais je crois qu’on l’exagère.
- Députations périodiques des Hollandais à la capitale du Japon.
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- Lorsque les nations étrangères eurent été bannies du
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- Japon, à l’exception d’un îlot-prison, deDézima, réservé par grâce à quelques Néerlandais, il devint très-difficile aux Occidentaux de connaître le pays et d’apprécier les lois, les mœurs, les arts de ses habitants.
- Heureusement, par exception à cet interdit universel, on permettait qu’à des époques fixées les officiers de la factorerie néerlandaise sortissent de Dézima pour aller en ambassade et porter leurs présents à l’empereur politique, au Ziogoun, qui réside à Jeddo; iis visitaient alors les grandes cités de l’einpire, Ohozaka et Miako.
- Ces voyages dispendieux étaient annuels lorsque le commerce avait plus d’importance.
- A partir de 1792, les députations de la factorerie hollandaise n’ont eu lieu que tous les quatre ans; elles ont fini par être complètement supprimées.
- Les descripteurs du Japon.
- Sous le titre de médecin, les Hollandais ont entretenu presque toujours à Dézima des savants d’un rare mérite, versés dans les sciences naturelles, capables d’observer les hommes et d’apprécier les arts. Le docte médecin appartenait à l’ambassade. Chemin faisant il parcourait les campagnes ; dans les cités il étudiait l’état social; il se répandait au milieu du peuple; il faisait connaissance avec des savants japonais, des hommes du monde et des nobles du plus haut rang.
- Les précieux matériaux recueillis pendant ces voyages ont donné naissance aux livres d’auteurs très-estimables qui font connaître le Japon.
- Le premier de ces écrivains fut le docteur Kempfer, auteur d’un ouvrage en deux volumes in-folio. Deux fois il avait accompagné l’ambassade, dans les années 1690
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- et 1692. C’est un narrateur sincère, perspicace et très-
- instruit.
- Un autre médecin de l’établissement hollandais à Dé-ziuia, le docteur Thunberg, Suédois, visita Jeddo et vécut beaucoup avec les Japonais, vers le milieu du xvine siècle. Presque rien n’est changé depuis Kempfer jusqu’à son successeur, et presque rien depuis celui-ci jusqu’à nous, tant les mœurs et les lois sont constantes au Japon.
- La description la plus récente appartient au docteur Siebold, qui résidait au Japon de i82oà 1826. L’ouvrage considérable et profondément estimé qu’il a publié sur Niphon, l’île principale, est remarquable aussi pour ses nombreuses et belles planches. Elles représentent, dessinées d’après nature, toutes les classes de la société, distinguées par leurs costumes : on y voit les seigneurs et les dames, les fonctionnaires, les artisans, les marins et les soldats. Ces planches représentent encore les habitations, les ameublements, les produits céramiques, etc.
- De tels ouvrages ont fourni des matériaux à M. Dubois de Jancigny pour composer sa description, pleine d’intérêt et de lumières sur l’empire du Japon; elle fait partie de L’Univers pittoresque, publié par MM. Firmin Didot.
- Il y a quelques années, un Russe, le capitaine Golownin, ayant abordé dans l’île de Jeso, fut retenu prisonnier dans le port de Matzmaï; il a mis à profit son séjour forcé, en recueillant des observations judicieuses, qui donnent du prix à la relation de sa captivité.
- Enfin, dans ces derniers temps, a paru la relation de la célèbre mission du commodore Perry, pour ouvrir aux Américains des ports de refuge.
- En profitant des lumières dont nous venons d’indiquer l’origine, nous allons passer en revue les grandes cités.
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- Nous connaissons déjà Nagasaki, le principal port, au midi, de file que nous allons traverser.
- Revue des îles.
- siou-kiou.
- En avançant du midi vers le nord, la première île importante qui s’offre aux navigateurs est celle de Siou-kiou, voisine de la Corée, à l’occident. Elle s’étend du 3ie degré au.34e degré de latitude boréale, et du 1 20e degré au i3oe de longitude orientale; cette première île ne renferme qu’un port important, c’est Nagasaki, que nous avons déjà décrit.
- Il faut aussi mentionner le port de Saekaï, sur la côte orientale.
- A peu de distance de Nagasaki, à l’entrée du canal de Corée, gît la petite île de Firando, dans le port de laquelle on avait originairement reçu les Portugais, puis les Hollandais. '
- ILES DE SIKOK ET DE NIPHON.
- Au nord de Kiou-Sioù se trouve l’île, secondaire en étendue, de Sikok. Elle est environnée à l’est, au nord, à l’ouest par la grande île Niphon, sur laquelle sont situées les trois grandes cités impériales qui doivent fixer Uotre attention.
- LA VILLE ET LE PORT D’OHOSAKA.
- Ohosaka se trouve au sommet septentrional du vaste §olfe dans le centre duquel est située l’île Sikok.
- La ville est traversée dans sa longueur par un grand
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- fleuve, Yadogawa, auquel de nombreux canaux aboutissent en traversant la cité. Pour communiquer d’un quartier à l’autre sans avoir incessamment recours à des embarcations, on a bâti plus de cent ponts.
- On ne peut guère estimer à moins de 800,000 âmes la population de ce grand centre de commerce. Là viennent s’entreposer tous les produits apportés de l’étranger; ils sont dispersés ensuite sur les divers points de l’archipel.
- Obosaka, l’une des cinq villes impériales, est le Li-verpool du Japon; c’est, entre toutes, la plus opulente et la plus belle.
- Les Japonais regardent leur port d’Ohosaka comme la grande école du commerce ; là s’accomplit l’éducation des jeunes marchands qui possèdent quelque richesse, et qu’on envoie de toutes les îles.
- Cette cité maritime n’est pas seulement remarquable par son riche cabotage et son négoce; elle l’est beaucoup par son industrie. Elle a de grands ateliers pour la fusion et la mise en œuvre des beaux cuivres que les mines four-nissent avec abondance; elle a d’autres ateliers pour fa' briquer les produits si variés qu’exigent la vie et les plaisirs d’une population élégante et riche. C’est dans les ateliers d’Ohosaka qu’on peut se convaincre de la dextérité des artisans et des artistes japonais; là se peut apprécier tout leur talent d’imitation.
- Ohosaka, le rendez-vous des grands intérêts, est aussi celui des plaisirs, des dépenses sans bornes et des ruines éclatantes : c’est la Corinthe orientale. Ses spectacles ont une magnificence à laquelle correspond le prix qu’on exige des spectateurs. Les premières places du plus grand théâtre sont payées quarante francs par personne. Il est juste d*1' jouter que les pièces composées pour un public qui paye
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- avec tant d’esprit égalent en étendue les plus copieuses de nos boulevards populaires, où cinq et six actes renferment trois et quatre intérêts divers, sans épargner d’interminables tableaux. Cela convient d’autant mieux aux grandes dames japonaises, quelles apportent au spectacle, outre un premier et splendide costume, un assortiment varié de » robes et de parures que, tour à tour, elles étaleront aux yeux d’un public épris à la fois de leurs ornements et de leurs charmes. En arrière de leurs loges, elles ont. des appartements où leurs demoiselles d’atours renouvellent plusieurs fois leur toilette, afin qu’elles se présentent à l’admiration des spectateurs sous des costumes variés qui font assaut d’élégance et de prodigalité, et quelles puissent, dans la même soirée, se donner plusieurs sortes d’attraits et de beaulé.
- C’est un perfectionnement que les Européennes les plus ambitieuses de soulager la fortune exubérante de leurs maris ont laissé jusqu’à ce jour aux actrices chargées dans la même représentation de différents rôles, ou d’un seul rôle à toilettes diversifiées. Sous ce point de vue, le faste d’Ohosaka surpasse la prodigalité la moins contenue des grandes cités européennes, de Londres, de Paris et surtout de Saint-Pétersbourg.
- LA VILLE SAINTE : MIAKO
- En remontant le fleuve Yadogawa, à la distance d’un jour et demi de marche, au nord d’Ohosaka, l’on trouve la cité de Miako. C’est la première des villes impériales, la cité sainte et lettrée, où réside le souverain spirituel, le Mikado, et dans laquelle il tient sa cour, appelée daïri.
- A la cour du Mikado, le Ziogoun, souverain temporel,
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- INTRODUCTION.---II.
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- entretient un haut dignitaire appelé le grand juge;, ce représentant politique peut seul délivrer les permis de voyage pour la capitale temporelle du Japon.
- Dans Miako, la ville sainte, les plus grands seigneurs japonais cèdent le pas au moindre personnage du daïri, de la cour spirituelle. Aussi préfèrent-ils faire un grand détour, et ne pas traverser la cité qui froisse ainsi leur orgueil.
- Quoique l’empereur primitif et d’ordre sacré, qui réside à Miako, ne possède plus les pouvoirs militaires et politiques, il exerce toujours un pouvoir religieux et moral qui lui conserve, auprès du peuple et des grands, une profonde influence.
- Ce monarque est à la fois souverain pontife et demi-dieu. La superstition nationale croit ingénument que la divi' nité du soleil est incarnée dans la personne de l’empereur spirituel. Il est le seul qui puisse conférer des prérogatives t des titres, des honneurs : ces distinctions qu’un empire aristocratique place au-dessus des emplois et de l’opulence.
- Il y a quelques siècles, un chef militaire qui commandait sous l’autorité du souverain spirituel, traita son maître comme on voudrait aujourd’hui qu’un pouvoir civil traitât le pouvoir militaire. Il se fit maire du palais, et bientôt, sous le titre de Ziogoan, absorba la réalité du pouvoir politique et la force des armes ; il eut le bon esprit d’aller régner au loin, dans la cité de Jeddo, laissant au souverain pontife des respects abstraits et l’ombre de la suprématie. Aujourd’hui les deux grands pouvoirs coexistent sans se heurter, et même en s’appuyant l’un sur l’autre.
- Lorsque des Japonais ont illustré leur pays par leurs travaux, leurs vertus ou leurs grandes actions, le souve-
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- rain temporel soumet au souverain spirituel l’énumération et la preuve de leurs services; alors un titre d’honneur national peut être décerné par le pontife suprême, ou pendant leur vie ou pour consacrer leur mémoire : ce dernier honneur peut s’élever jusqu’à l’apothéose.
- Du reste le Mikado, dans son palais, est plutôt traité comme une idole inanimée que comme un être intelligent, et l’on n’admet pas qu’il puisse gouverner par la pensée..Invisible à ses sujets, immobile la plus grande partie du jour et sans cesse révéré cela s’appelle régner.
- C’est le perfectionnement le plus extrême du roi constitutionnel qui règne et n’administre pas, selon la foi des plus savants doctrinaires.
- Il est quelquefois si rassasié de cette existence, où l’ennui le dispute à la divinité, qu’il abdique et redevient simple mortel.
- L’empereur temporel n’a qu’une seule impératrice, avec un nombre illimité d’épouses morganatiques. L’empereur spirituel est plus sévère; il n’a pas de concubines.,Il se contente d’associer à sa sainteté douze impératrices légitimes; leur opulence et leur beauté contribuent à la splendeur mystérieuse de sa cour.
- Les sciences et les lettres à la cour ou. daïri du souverain spirituel.
- Dans l’Académie de Jeddo, nous trouverons plus spécialement étudiées les sciences physiques et mathématiques, et leurs rapports avec les arts.
- Dans la cour tranquille, élégante et polie du souverain spirituel, les sciences morales, l’histoire, les traditions Nationales et la poésie, sont cultivées par les seigneurs, les grandes dames et même les impératrices. La partie gracieuse de ces éludes et les délassements des esprits
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- distingués charment la retraite, je dirais presque la solitude d’un séjour fermé par la politique aux ambitions du monde. A coup sûr une cour où douze brillantes souveraines ont chacune leur cercle d’amis et d’admirateurs, une telle cour peut enflammer l’émulation et donner l’essor à d’heureux talents.
- La ville sainte est aussi, pour les citoyens, le séjour de la gloire que peuvent procurer les plaisirs épurés de l’esprit et les chefs-d’œuvre de l’imagination. Quoiqu’elle ait, dit-on, perdu beaucoup d’habitants, attirés vers les centres du commerce et des ambitions mondaines, on lui suppose encore près de six cent mille âmes. Dans cette ville, étrangère aux agitations politiques et si justement appelée la cité de la paix et de la trancjaüUté, des fortunes depuis longtemps acquises donnent à leurs possesseurs la distinction héréditaire d’une éducation libérale et celle des manières dont l’élégance est en harmonie avec la cour opulente et lettrée du souverain spirituel.
- Aujourd’hui que des traités ouvrent à cinq peuples de l’Occident les ports et les cités du Japon, il faudrait envoyer dans cette contrée, outre des consuls qui connussent bien le commerce , des diplomates amis de la littérature. On leur demanderait de recueillir à Miako, à Jeddo, les œuvres d’imagination et d’érudition, de poésie et d’histoire, les plus admirées. Des traductions ouvriraient ensuite à l’Europe cette source nouvelle de richesses littéraires.
- Au même titre que Rome, Constantinople et la Mecque, Miako brille par des temples remarquables pour leur nombre, leur opulence et leur grandeur. Quelques photographies, habilement tirées, en donneront des idées phlS justes et plus complètes que des descriptions très-étendues et très-minutieuses.
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- Les plus beaux temples et les monastères les plus opulents ne sont pas enfouis au milieu des habitations de la cité sainte; leur isolement les soustrait à l’invasion des incendies. Ils sont placés, avec un sentiment exquis des beaux aspects de la nature, sur le penchant des collines environnantes ; on a soin de les ériger du côté qui regarde la capitale religieuse.
- Ils sont, comme le temple de Dodone, entourés de vastes ombrages séculaires, avec lesquels ils font contraste. Leur architecture, comme le culte de Bouddha, qu’ils rappellent, offre des ornements de sculpture et des formes empruntées à l’Inde, mais plus ou moins modifiées par un goût très-différent, dont la Chine nous offrira la plus haute expression.
- JEDDO.
- A plus de cent lieues de Miako, dans une baie située sur la côte orientale de la grande île de Niphon, s’élève Jeddo, la capitale politique de l’empire. Elle est au centre d’une immense plaine, fertile et bien cultivée. A mesure qu’on approche de la cité, les villages, les bourgs et les villes sont séparés par de moindres distances; la circulation devient de plus en plus nombreuse et rapide, et tout annonce une capitale quon peut compter parmi les plus peuplées de la terre.
- Les rues sont larges et pavées sur les côtés. Il n’y a pas de voitures qui circulent dans la ville ; à cela près, la foule empressée qui se croise en tous sens est comparée), par les voyageurs, au mouvement affairé des rues de Paris dans les quartiers très-commerçants.
- Le palais impérial, au centre de la capitale, est un carré dont le côté n’a guère moins d’un kilomètre. Le voyageur
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- Fischer, qui visitait Jeddo il y a trente à quarante ans, croit pouvoir affirmer que, pour traverser la cité dans son plus grand diamètre, il faut marcher cinq à six heures : c’est à peu près le temps qu’il faudrait employer en parcourant Londres et sa banlieue de l’orient à l’occident.
- Les étrangers qui visitent Jeddo ne sont pas moins surveillés par l’inévitable police que dans les rues de Nagasaki : c’est la surveillance contre laquelle se soulevait avec tant d’irritation un attaché de l’ambassade française en i858 : convaincu qu’il paraissait être que le Japon n’a pas le droit d’être maître chez soi quand l’Occident l’honore de visiteurs si vénérables.
- On estime à plus de quinze lieues le pourtour de Jeddo, et sa population à deux millions d’habitants; c’est un quart de moins que la capitale du Royaume-Uni.
- Le palais de l’empereur, celui de l’impératrice, celui des femmes du second ordre, celui de l’héritier présomptif, les palais des ministres, avec des parcs et des jardins, enfin les logements d'une garnison qui pourrait être une armée, couvrent le plateau d’une vaste éminence. On ne peut faire le tour de cette résidence impériale en moins „ de trois heures.
- Le fleuve Jeddo, qui donne son nom à la capitale après l’avoir traversée, débouche dans une baie spacieuse. De nombreux canaux, dérivés du fleuve, circulent dans la ville et font le tour de ce mont Palatin, qu’on peut appeler le sanctuaire de la grandeur et du pouvoir. La navigation et le commerce sont ainsi portés dans toutes les parties de la cité.
- En avant du mont Impérial est situé le quartier aristocratique. Les Anglais, compagnons de lord Elgin, rapportent que ce quartier contient les palais de trois cent
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- soixante familles princieres; quelques-unes de ces familles possèdent jusqu’à six habitations , dont les plus grandes peuvent contenir jusqu’à dix mille personnes, formant la suite du seigneur.
- Le quartier des princes est séparé du mont Impérial par un fossé d’au moins soixante et dix mètres de largeur, et dont l’escarpe gazonnée offre une grande élévation. Au-dessus domine une muraille formée de larges blocs de pierres à figures cyclopéennes, elle-même couronnée par uné haute palissade. Sur un large rempart, en arrière de cette défense artificielle , on admire une rangée de cèdres gigantesques : c’est le couronnement de ce Liban artificiel.
- La classe supérieure et la classe moyenne à Jeddo.
- M. Siebold et son collaborateur Burgher rendent témoignage de l’urbanité qui caractérise à Jeddo la classe supérieure et la classe moyenne, de l’agrément quelles apportent dans la conversation, de leur désir sérieux de s’instruire et de l’instruction acquise dont elles donnent la preuve. Ils ont trouvé des astronomes, des médecins qui parlaient le hollandais plus purement que les interprètes de profession, et qui regardaient comme le cadeau du plus grand prix un livre de science, écrit ou traduit dans la seule langue européenne qu’ils aient apprise.
- L’illustre Laplace ne soupçonnait guère que, peu d’années après la publication de son Exposition du système du Monde, cet éloquent et profond ouvrage aurait passé du hollandais dàns la langue japonaise, et familiarisé les savants de cet empire avec une telle histoire du ciel : histoire éclairée par les grandes théories qui comptent déjà quatre siècles de découvertes et de gloire, depuis Coper-
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- nie jusqu’à Newton, et depuis Newton jusqu’à l’auteur de la Mécanique céleste.
- Au milieu des visiteurs qui recherchaient les membres instruits des ambassades hollandaises, les princes étaient distingués par l’empressement qu’ils apportaient à s’enquérir sur les coutumes et les mœurs,'en même temps que sur les sciences et les arts de l’Occident.
- Le collège impérial de Jeddo, par sa constitution et le cercle des connaissances qu’il embrasse, se rapproche de l’Académie des sciences de Paris, qui lient un rang éminent dans l’Institut impérial de France.
- Un Médicis japonais.
- Myne Heer Doeff, l’ingénieux, le courageux antagoniste des Anglais au temps où Sir Stamford Rafïles gouvernait Java, Myne Heer Doeff nous fait connaître les manières généreuses et la grande existence d’un marchand japonais, Itchigoye, enrichi par le commerce des soieries. Un vaste incendie dévora, dans Jeddo, plusieurs milliers de maisons. Par ce désastre furent consumés la maison et les magasins du commerçant japonais, qui, sans parler des riches tissus, contenaient en dépôt des fils de soie dont le poids total surpassait cinq cent mille kilogrammes : quantité qui vaudrait en Europe au moins trente millions de francs. Nous ne pensons pas qu’au plus beau temps de leur splendeur les Côme et les Laurent le Magnifique en eussent pu réunir une aussi grande quantité dans leurs magasins dTtalie. Pendant que ces trésors du Médicis japonais étaient en proie à l’incendie, sansmégliger son propre danger, il envoyait quarante de ses serviteurs pour secourir l’ambassade néerlandaise, dont l’hôtel était aussi menacé par le feu. Dans ce terrible désastre,
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- trente-sept palais de princes avaient été consumés, et plus de douze cents personnes avaient péri. Myne Heer Doeff raconte ingénument que le second jour de l’incendie qui consuma les édifices dans une étendue de deux lieues de longueur sur une grande largeur, ce second jour une forte pluie éteignit le feu : la Providence avait tenu lieu des pompes à incendie, inconnues au Japon.
- Les palais duZiogoun; les réceptions et les présents.
- Au lieu des parquets un peu douteux, dont for massif avait plus de deux doigts d’épaisseur; et qui dans Marco Paolo figurent avec tant de magnificence, les ambassadeurs hollandais remarquaient que les parquets étaient cachés, même dans les plus somptueux édifices.
- Il y a dans le palais impérial une salle dite des cent nattes, parce quelle a pour tapis de pied pareil nombre de nattes très-épaisses et très-élastiques; elles sont tissées en paille de riz. D’autres nattes plus élégantes, et brodées avec recherche, sont posées sur les premières. Les belles salles d’apparat des principaux édifices japonais ont le même luxe de tapis en fils végétaux.
- La mission hollandaise est traitée par l’empereur avec une vraie considération. Après la cérémonie des audiences, comme un présent ordinaire elle reçoit du Ziogoun trente robes en soie et vingt du prince impérial v sans compter d’autres robes moins magnifiques, offertes par les ministres membres du conseil suprême.
- Le gouvernement hollandais mettait à profit ses ambassades à Jeddo pour maintenir une heureuse harmonie avec le gouvernement japonais; il ne manquait pas d’envoyer à titre d’offrandes les objets d’Europe les plus propres à flatter les goûts de l’Empereur et de sa cour. En retour
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- il recevait de magnifiques produits nationaux, des porcelaines , des vases de cuivre ciselés, et des laques splendides. revêtues du plus beau vernis. Avec ces présents et les achats intelligents faits dans les cités de Jeddo, d’Ohosaka et de Miako, l’on a composé le Musée hollandais : musée vraiment digne de l’admiration des connaisseurs.
- Les Occidentaux se récrient contre les formes serviles de l’audience accordée par le Ziogoun aux envoyés de la Néerlande; mais ces formes sont les mêmes pour les plus grands princes de l’empire. Les marques de respect exigées par le monarque asiatique sont loin d’emporter avec elles aucune idée d’humiliation et de bassesse aux yeux d’un peuple oriental.
- Jeddo résidence des fonctionnaires disponibles et des otages.
- Le ministère japonais nomme toujours deux personnages considérables pour chaque place importante, telle que le gouvernement des provinces ou des cités. Ils exercent à tour de rôle; celui qui n’est pas en activité de service est tenu d’habiter son propre palais au sein de la capitale ; celui qui se rend à son gouvernement est oblige de laisser à Jeddo sa femme et ses enfants, comme autant d’otages. On interdit à ces otages’de quitter, même temporairement, la capitale, jusqu’au retour du chef àe famille.
- Les routes impériales et les voyageurs.
- Sortons maintenant des cités, et demandons-nous l’état des voies de communication, si propre à révéler le degre d’avancement auquel est parvenu le peuple qui les construit et les entretient ou les néglige.
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- Au Japon ies routes sont communément ombragées par de beaux arbres. Chose qu’on remarque seulement en quelques lieux dans les pays les plus avancés de l’Europe, un balayage soigneux et constant maintient ces routes en parfaite propreté ; ce sont les cultivateurs riverains qui, par intérêt, font disparaître de la voie publique la poussière mêlée d’immondices, dont ils se servent comme engrais.
- Les chevaux, au lieu d’être ferrés, ont des espèces de chaussures en paille, qui naturellement s’usent avec rapidité. Aussi de pauvres industriels ont-ils soin d’ouvrir, le long des routes, une foule de petites boutiques dans lesquelles ils vendent ces chaussures en paille pour les chevaux et pour les bœufs; ils y joignent aussi des sandales pour les voyageurs.
- L’empire a sept grandes voies publiques incroyablement fréquentées. Cela tient d’une part à la densité de la population, de l’autre à l’amour des voyages ainsi qu’à l’activité des relations commerciales.
- Sur les routes du Japon, comme aujourd’hui sur nos chemins de fer, on vend des livrets, des guides, qui renferment toutes les indications utiles au voyageur.
- Les routes dirigées vers la capitale aboutissent toutes è l’entrée d’un défdé, gardé par une force imposante; là sont visités sans exception tous les voyageurs. On s’assure ainsi qu’aucun des otages de Jeddo ne réussirait à s’enfuir; un passage si bien gardé donne également le moyen d’interdire l’entrée de la capitale aux personnes qui n’en ont pas obtenu l’autorisation régulière.
- Pour éviter tout embarras entre les particuliers, les équipages et les voitures, une règle, aussi respectée qu’en Angleterre, prescrit à chacun de prendre le côté de la route fixé par les règlements. Chacun conçoit les avantages d’un tel ordre établi sur la voie publique, et cette in-
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- telligence est en harmonie avec la politesse qui règne jusque dans les derniers rangs.
- Les rois tributaires, les princes, les grands seigneurs et les gouverneurs des villes impériales voyagent avec le faste et la grande suite qu’avaient les princes et les satrapes de l’Asie, dans l’empire du roi des rois; leur cortège a parfois la force d’un corps d’armée, avec les énormes impedimenta qui conviennent au faste de l’Orient. Les modestes ambassades néerlandaises qui rencontraient ces masses imposantes en admiraient l’ordre parfait, non moins que la magnificence : tel est le témoignage de Kempfeix
- Pour empêcher les retards et les rixes possibles qu’occasionnerait le croisement de deux cortèges princiers sur une route impériale, des précautions sont prises et des époques sont fixées par l’autorité supérieure.
- Ces grands de la terre, qui déploient avec tant d’orgueil un si magnifique appareil de force et de pouvoir, sont l’objet d’une surveillance incessante, invisible, exercée par le gouvernement. Aussi, dans le sein des grandeurs attachées à leurs fonctions officielles, au commandement, à l’administration des provinces, ce qu’ils désirent le plus c’est de pouvoir abdiquer une autorité dont l’exercice est jdein de périls. Ils aspirent à jouir d’une vie privée que leur richesse, leur narissance et le souvenir de leurs services entourent d’une juste considération.
- Jetons maintenant un coup d’œil sur l’agriculture et sur les industries les plus importantes.
- L’agriculture.
- Nous devrions imiter à l’égard du Japon l’exemple qu’ont donné les Anglais à l’égard de la Chine. Ils ont envoyé l’un de leurs agronomes les plus habiles pour ét,u-
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- dier l’agriculture de ce dernier empire. Il faudrait que nous envoyassions au Japon un savant français, qui joignît les connaissances de la théorie à cellès de la pratique dans l’art de cultiver les champs et les jardins. Il trouverait la plus ample matière à ses observations dans une contrée ou ào millions d’hectares suffisent à nourrir plus de 33 millions d’habitants. Il verrait des irrigations dont l’art est cité pour sa perfection ; il verrait la terre des montagnes soutenue par des terrasses étagées. Il trouverait la culture des arbres traitée presque comme un culte : tout habitant est obligé de remplacer par un arbre nouveau chacun de ceux qui périssent naturellement ou que la hache a fait tomber. Il admirerait des camphriers dont le pourtour atteint jusqu’à quinze mètres, et des cèdres, jusqu’à dix-huit mètres. Il pourrait contempler un temple où quatre-vingt-dix cèdres sont taillés en colonnes circulaires d’une hauteur surprenante et qu’on admire pour leur forme parfaite.
- Par un contraste singulier, le même peuple qui réussit à ce point dans les cultures gigantesques, réussit également dans l’art d’élever des arbres en miniature, et ces arbres, quoique réduits à des dimensions lilliputiennes, portent néanmoins des fruits et des fleurs. Les champs, les jardins et les forêts de la France s’enrichiraient des végétaux laissés à leur grandeur, à leur utilité naturelles.
- L’art de produire la soie et les soieries.
- Tous les criminels des classes élevées ne mettent pas fin à leur existence par le suicide : ceux qui préfèrent la vie sont exilés dans une petite île entourée de rochers. On leur fait exercer une industrie réservée seulement à des femmes. Ces seigneurs, descendus de leur rang et
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- presque de leur sexe, apprennent à tisser des soieries d’une grande magnificence : tel est le travail forcé qui sert à payer leur nourriture.
- Dans la plus belle partie de l’empire on compte un grand nombre de petits ateliers de tissage, où les ouvrières sont d’un rang plus humble, mais honoré.
- C’est seulement dans les premières années du ive siècle de notre ère, que les Japonais ont reçu de la Chine la culture du mûrier et l’art d’élever les vers à soie. Cet art, dans leurs mains, n’est pas resté stationnaire.
- Les autorités japonaises sont parfois les amies éclairées du progrès des arts; nous pouvons en offrir un récent et bel exemple.
- Ouvrage moderne publié par un mandarin japonais.
- Ouekaki-Morikouni, l’administrateur d’une ville située dans file de Nyphon, conçut l’idée d’imprimer un nouvel et grand essor à l’art d’élever les vers à soie. Il commença par se transporter à Mitsinokon, dans une campagne comparable aux contrées de la haute Italie et de nos Cé-vennes, en ce qu’on y pratique avec le plus d’habileté cette industrie délicate. Il étudia sur les lieux les pratiques les plus éclairées, les jugeant d’après leurs succès, et soumettant l’expérience à ses observations raisonnées. Ensuite il appliqua ses connaissances acquises dans une autre partie du Japon, qui lui parut la plus semblable à la province qu’il venait d’étudier, et pour la nature du sol et pour le climat.
- Aux notions éparses dans les ouvrages imprimés et dont il fit l’extrait, se joignaient celles qu’il venait de recueillir; il décrivit avec détail et clarté les pratiques les plus estimées. Telle fut la matière de l’écrit simple et populaire
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- clans lequel l’auteur s’efforça de réunir tous les moyens d’instruction pour en faire le manuel des nouveaux éducateurs de vers à soie. Cette publication date de l’année 1802.
- Le judicieux écrivain s’est efforcé de montrer, sous toutes les formes, que les préceptes les meilleurs concourent à recommander la continuité des soins attentifs , la patience infatigable, une constante propreté, un bon règlement de la température, un air toujours pur, l’éloignement des odeurs fortes et malsaines, l’espacement égal des vers, la fréquence de leurs repas et le choix des feuilles nourricières.
- Traduction de l’ouvrage sur l’art d’élever les vers à soie.
- Un exemplaire de l’ouvrage composé par le patriote japonais fut apporté dans la Néerlande. Un correspondant de l’Académie des sciences de Paris, qui fit servir une belle fortune au progrès des arts utiles, auteur lui-même d’un excellent traité sur l’éducation des vers à soie et la culture du mûrier, M. Bonafous, eut connaissance de l’ouvrage remarquable que nous venons de signaler; il pria1 le docteur Hoffmann, savant interprète hollandais, d’en faire une traduction française. Gomme introduction, M. Bonafous rédigeâ lui-même une préface historique pleine d’intérêt. Ensuite il publia l’ouvrage à ses frais, avec des planches qui rendent sensibles tous les procédés : ces planches mêmes sont d’heureux spécimens de la gravure sur bois et de l’art graphique chez les Japonais. Les dessins ne manquent ni d’esprit ni de grâce, ni surtout de naïveté.
- Les Français et les Italiens ont trouvé dans cette pu-
- 1 Bonafous, Discours préliminaire de l'Art d’élever les vers à soie au Japon.
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- blication un grand nombre de faits dont ils ont pu profiter. Dans l’œuvre que nous signalons, composée et publiée pendant la période qui fait l’objet de notre étude, cherchons ce qui peut faire connaître non-seulement l’histoire d’une industrie, mais les mœurs des Japonais.
- L’an 289 de notre ère, deux chefs de famille chinoise se réfugièrent au Japon, avec une suite de dix-sept personnes; ce fut l’origine d’une» tribu sino-japonaise. Plus tard on les envoya dans la Corée, afin d’y chercher des ouvrières habiles à travailler la soie; celles-ci furent employées pour enseigner leur élégante industrie aux princesses de la cour du Mikado.
- Quand fat introduit Vart d'élever les vers à soie.
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- Au ve siècle, un empereur décida que les réfugiés chinois qui venaient successivement s’établir au Japon feraient des plantations de mûriers, élèveraient le ver séti-fère, et payeraient leur tribut avec de la soie.
- Instructions paternelles d’un empereur japonais.
- Dès la fin du vie siècle, l’empereur qui régnait alors stimulait ses sujets en faveur de cette industrie. Ses instructions, pleines de grâce et de bonté, font honneur à l’esprit, aux lumières du gouvernement japonais dès cette époque reculée. Il faut les citer:
- «Ayez pour vos vers à soie la même attention et la même tendresse qu’en vos familles un père, une mère ont pour leur enfant au berceau ; comme on voit les parents s’occuper de leur nouveau-né, occupez-vous de ces frêles créatures. Que pour eux votre corps serve de mesure aux
- alternatives du froid et de la chaleur; la chaleur humide
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- et le froid leur sont nuisibles. Veillez à ce qu’il y ait dans vos maisons une température uniforme et salutaire; faites-y circuler Tair pur et frais. Appliquez à cela, de jour et de nuit, vos soins empressés.
- « La sagesse des princes de l’antiquité a laissé ce bienfait en héritage à la postérité, et le peuple leur doit Une branche d’industrie si précieuse. Des dames de haute noblesse, des princesses, des reines, ont cueilli de leurs mains la feuille du mûrier; elles ont prouvé par là que l’art d’élever les vers à soie leur semblait une occupation digne de leur sexe. Lorsque de grands personnages, des membres mêmes de la famille souveraine se livrent à des soins pareils, pourquoi des inférieurs ne les imiteraient-ils pas? A tout prendre, l’industrie de la soie n’est qu’une occupation sans fatigue, à laquelle il suffit d’apporter du zèle et des soins. »
- Lorsque, à l’abri des révolutions et des envahissements qui désolaient l’univers, le Japon écoutait ces conseils, et qu’au sein des loisirs d’une paix profonde il se livrait à l’heureux progrès des arts les plus charmants, l’Occident était en proie aux dévastations des barbares du Nord et de l’Orient; les Huns, lesGoths, les Vandales avaient tout dévasté ; les sciences, les lettres et les arts étaient éteints; l’ancien monde était dépeuplé, et trois cents ans devaient s’écouler avant qu’un premier rayon de vie commençât, sous Charlemagne, à reluire au milieu de l’ancien monde.
- Hâtons-nous d’arriver aux enseignements du xixe siècle. L’officier municipal éclairé qui donne des préceptes aux éducateurs, fidèle à la croyance nationale, combat des superstitions nuisibles à l’industrie dont il a fait l’objet de tous ses soins. Ses paroles sont remarquables et peuvent nous donner l’idée de l’esprit affranchi, des préjugés boud-
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- INTRODUCTION. —- 11.
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- dhiques, tel qu’on peut l’attçndre des classes distinguées
- du Japon.
- aLe ciel favorise les hommes qui secondent ses desseins par leurs efforts. En vain les personnes qui ne sont pas pénétrées de ce prinçipe invoquent tantôt l’Esprit divin, tantôt Bouddha. En vain, maudissant le vendeur qui leur a procuré les œufs du ver à soie, il convoitent les trésors de tel voisin ou portent envie à tel autre. Alors même que Bouddha, ou toute autre divinité, écouterait leurs invocations, à quoi cela leur servirait-t-il, s’ils négligent les soins que réclament les vers?» Gela veut dire, en d’autres termes, si vous priez sans travailler, rien ne s’effectuera de soi-même, et la pauvreté sera le châtiment de votre oisiveté.
- Les instructions du livre qui nous occupe sont simples, claires, méthodiques; elles sont appuyées sur des faits dont le récit est plein d’intérêt; elles conviennent aux pays comme la France, où les propriétés sont divisées. En voici la preuve fournie par l’auteur même des instructions.
- L’usage de dévider les cocons aussitôt qu’ils sont terminés, quoique le plus propre à donner une soie parfaite, n’est suivi que dans les pays tels que le Japon, la Chine, etc. Dans les pays où la propriété territoriale est fort divisée, l’industrie productive de la soie doit être pratiquée sur une très-petite échelle; partout ailleurs on fait périr les chrysalides sans attendre plus de quinze jours environ, de peur que les papillons ne percent leur coque avant qu’on ait eu le temps d’envider le fil.
- Le dernier chapitre renferme tous les préceptes nécessaires à la plantation, à la culture du mûrier.
- L’éducation des vers à soie et l’élaboration de leurs fils, en donnant du travail au sexe le plus faible, ont un avantage qui ne peut échapper à l’autorité japonaise-
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- C’est, dit l’auteur, une occupation propre aux femmes, à laquelle on ne doit point sacrifier le travail des hommes. Employer à des travaux secondaires, mais lucratifs, les forces féminines, qui ne suffiraient pas aux fatigues de l’agriculture, c’est sans contredit rendre un service éminent aux campagnes. On enrichit de la sorte et les familles et l’État.
- Remarquons l’idée qu’un Japonais se fait du progrès : «Si le cultivateur possède les connaissances requises et s’il trouve un gain assuré, il peut chaque année consacrer l’excédant de ses gains, soit à l’achat de nouveaux champs, soit à la culture de terres en friche : il centuplera de la sorte ses bénéfices et sa considération. Tel est le résultat chez un particulier; lorsque ce résultat sera le même dans chaque hameau, dans chaque village, les richesses ne devront-elles pas affluer de tous côtés? et la prospérité que celte industrie amènera dans l’État, pareille aux bienfaits du printemps, ne sera-t-elle point partout une cause de nouvelles bénédictions? Dans un âge aussi éclairé que le nôtre, il faut considérer comme un devoir essentiel les encouragements qu’on peut donner à l’industrie qui produit la soie.»
- Francklin, dans les pages charmantes de son Bonhomme Richard, a-t-il jamais parlé mieux et plus sagement?
- Citons, maintenant, les nobles pensées et la légende aimable par lesquelles l’auteur japonais conclut son excellent traité : elles peignent les mœurs.
- Fêtes consacrées aux industries dé la soie.
- Les sectateurs du culte des génies choisissent un des premiers jours du cycle sexagésimal pour la fête consacrée aux divins protecteurs de l’industrie de la soie. Après
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- qu’on a purifié la maison, une table est placée du côté qui regarde le nord-ouest. On la décore avec des branches de mûrier ; on la couvre d’ofïrandes, qui sont des gâteaux , et des cocons de vers â soie posés sur des feuilles empruntées à l’arbre révéré. De pieuses libations terminent la cérémonie.
- Les soins que réclame la production de nos subsistances et de nos vêtements sont les premiers de tous, puisque c’est par eux qu’on verse le bien-être et la joie au sein des populations. Aussi les esprits divins nous ont-ils eux-mêmes enseigné l’art de procurer ces biens a l’homme.
- Les oiseaux, les quadrupèdes, les insectes, les poissons, les plantes et les arbres sont des présents que nous devons à la grâce des esprits dominateurs du ciel et de la terre. Ces heureux dons, que personne ne les reçoive avec légèreté ni mépris! Pour nous ils naissent et pour nous ils prospèrent.
- Que surtout, dans son amour du gain, l’homme n’oubhe pas l’amour de l’humanité ! rien ne serait plus contraire à la volonté de l’Esprit céleste. Le coupable, avant qu’il s’en doutât, ne manquerait pas d’être atteint par le malheur-Au contraire, pour celui qui remplit tous ses devoirs avec droiture, la promesse que fait l’Esprit divin de In1 prêter secours s’accomplirait alors même qu’il ne l’aurad pas directement invoquée.
- Prenez ces vérités à cœur, et ne vous laissez pas égarer par une aveugle crédulité dans les paroles trompeuses des cénobites de Bouddha.
- Nous savons que les Chinois consacrent à l’agriculture ainsi qu’à l’art de tisser la soie, des constellations célestes, personnifiées sous les traits du Bouvier et de la Tisseuse, qu’on croit être deux époux réunis au sein du ciel.
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- A l’exemple du même peuple chinois, le peuple du Japon célèbre la fête de ces astres tutélaires le septième soir du septième mois de l’année.
- Les femmes et les jeunes filles se rassemblent à la lueur des étoiles; au milieu d’un frais paysage, elles étendent pieusement des fils de soie variés dans leurs couleurs. Pour offrande, elles apportent des fruits et des fleurs; elles prient les divinités, afin d’obtenir du ciel la dextérité nécessaire au tissage le plus parfait.
- Si, pendant la nuit, une araignée, le modèle des fi-leuses, vient se poser sur leurs offrandes, cet événement est réputé d’un bon augure et considéré comme le signe avant-coureur que leurs vœux seront exaucés.
- Une gracieuse légende.
- Ecoutez une narration qui renferme un aimable mythe populaire : c’est la légende du vertueux Toung-Young.
- « Toung-Young était un modèle d’amour filial : encore enfant, il avait suivi pieusement le cercueil de sa mère, et voué dès lors tous ses soins à son père. Plus tard, à mesure que sa force s’accrut, son indigence l’obligea de cultiver le champ d’autrui; il s'y soumit pour nourrir l’auteur de ses jours. Quelque temps après, son père mourut. Le pauvre fils ne possédait pas le moindre moyen de le faire ensevelir; il vendit sa propre personne afin de suffire aux dépenses des funérailles.
- « Ayant accompli ce devoir filial, if partit pour aller servir son maître. Chemin faisant, il rencontre une vierge resplendissante de beauté, qui l’arrête et qui lui fait entendre ces paroles : «Toung-Young, je veux être ta « femme. — Mais, je suis pauvre, répond-il, et mon corps «même ne m’appartient pas; je l’ai vendu pour avoir le
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- « moyen d’ensevelir mon père. A présent que j’ai rempli «mon devoir de fils, je me rends près de mon maître;
- « comment pourrais - tu vouloir être ma femme ? — Et «pourtant le Ciel le commande, repartit la vierge char-« mante. Je suis très-adroite à tisser; allons ensemble chez « ton maître, afin que tous deux il nous reçoive à son ser-« vice. »
- «Toung-Young n’osa, dès lors, opposer de refus; il prit la jeune fille en mariage, et, partant avec elle pour se rendre chez son maître, ils entrèrent ensemble à son service.
- « La révolution d’une lune n’était pas encore accompli6 et déjà l’habile tisseuse avait fabriqué plus de cent pièces de soie d’une incomparable beauté; elle les présente a leur maître, afin que ce soit la rançon de Toung-Young-Alors le maître, non moins surpris que charmé, les laissa partir en leur donnant la liberté.
- « A peine Toung-Young s’ëtait-il éloigné pour retourner en son pays, que sa femme lui dit : « Toung-Young, je suis «la céleste Tisseuse; le ciel, touché de ton sincère amour « filial, m’a commandé de venir à ton aide. » A ces mots elle s’éleva dans les airs, et regagna le séjour immortel--* C’est ainsi que la piété filiale, source de vertüs et de bonheur, ne reste jamais sans récompense...»
- Les Arthur Young, les Mathieu Dombasle, et tous 16S modernes agronomes, ont publié bien des instructions pour le peuple agricole; ils n’en ont jamais écrit qui fis' sent mieux aimer les industries rurales et les vertus, qul sont les compagnes chéries de l’agriculture.
- Traductions désirables.
- En choisissant les arts les plus prospères du Japon,
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- il serait à désirer qu’on traduisît, comme on l’a fait pour-la soie, les bons traités publiés dans ce pays ; on préférerait ceux qui sont à la fois les plus instructifs et les plus récents. J’ai déjà signalé l’espèce d’encyclopédie des arts que possède la ville de Leyde, et qui remonte à 1799. Il faudrait qu’on ordonnât à nos futurs Consuls de chercher les ouvrages du même genre ou généraux ou partiels, et de les envoyer au Gouvernement.
- Fabrication du papier au Japon.
- Tel serait, par exemple, un traité sur la fabrication du papier avec les filaments de l’arbre appelé ko-zo (brousso-netia papyrifera). Il surpasse de beaucoup en blancheur le papier que les Chinois fabriquent avec les fibres du bambou.
- Les Japonais font aussi du papier plus commun avec ces dernières fibres, avec leur ortie (nrtica japonica), enfin avec diverses plantes appartenant à la famille des liliacées.
- Le vernis du Japon.
- Les ouvrages en laque, célèbres ajuste titre par leurs riches couleurs et par la beauté de leur vernis, fussent-ils fabriqués en Europe, ont reçu chez les Anglais le nom d'ouvrages du Japon [Japan wares). Les produits du Japon même ne nous sont guère connus que par des échantillons d’un mérite d’ordre inférieur. Les plus parlaits et les plus beaux ne sont pas livrés au commerce ; on les réserve pour l’usage des deux cours impériales du Mikado et du Ziogoun, pour les princes et pour les particuliers très-opulents.
- Les plus grands seigneurs, les empereurs même se pro-
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- curent de légères coupes de vaisselle vernissée, dont l’intérieur est en bois léger, ou fait en papier mâché. J’ai vu cette industrie pratiquée très en grand à Birmingham, sous le nom de Japan wares, que j’ai déjà cité.
- Comme on l’a dit précédemment, les Néerlandais conservent, dans leur musée de la Haye, les ouvrages en laque donnés par le Ziogoun à leurs ambassadeurs périodiques, envoyés à Jeddo de Dézima. Les connaisseurs regardent ces ouvrages exquis comme supérieurs à tous les ouvrages du même genre apportés de la Chine en Europe.
- Le vernis japonais est tiré d’un arbrisseau (rhus ver-nix)\ il est préférable à celui que les Chinois extraient de leur arbre à vernis.
- La préparation du vernis demande des soins délicats et beaucoup de patience; il faut d’autres soins très-attentifs pour le mélanger avec les laques avant de les appliquer. Cette application se fait à quatre ou cinq couches, dont chacune doit être séchée parfaitement, puis polie avec soin, avant qu’on applique la couche suivante.
- Une industrie non moins délicate produit les figures de nacre, coloriées en dessous, posées ensuite sur le vernis, et polies elles-mêmes pour leur donner le plus brillant éclat.
- Les Japonais emploient le vernis à couvrir leurs vases à boire, leurs assiettes et leurs plats, que ces divers objets soient de bois ou de carton. C’est un ornement qui recouvre les matières les plus communes, c’est un préser-vatif qui sert pour en assurer la durée.
- Les Européens, en vernissant leurs voitures et les harnais de leurs chevaux, ont imité les Japonais, sans les égaler pour la beauté de leur enduit conservateur.
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- Les pierres précieuses à l’état brut.
- Nous pouvons acheter avec avantage les pierres pré-cieuses. Les Japonais y mettent peu de prix, parce qu’ils ignorent l’art de les tailler et de leur donner,par le poli, la double puissance de réfléchir et de réfracter la lumière.
- Amalgame des métaux.
- Les Japonais savent composer un amalgame de métaux, en partie combinés, en partie juxtaposés, qui produit de très-beaux effets. Ils en font usage pour décorer leur tabletterie, leurs armes et leurs joyaux.
- La porcelaine du Japon.
- L’an 27 avant J.C. une colonie de Coréens se rendit au Japon; elle y porta la fabrication des porcelaines, originaire de la Chine. Pendant douze siècles les Japonais restèrent inférieurs aux Chinois ; mais, en 1 2 11, un fabricant de la première nation se rendit en Chine afin d’étudier â fond tous les procédés de cet art difficile et compliqué. A son retour, les produits qu’il exécuta furent trouvés comparables aux plus parfaits de la nation rivale.
- Il n’est pas vrai, comme on l’a prétendu, que les porcelaines du Japon, si célèbres autrefois, ne méritent plus leur renommée; il n’est pas vrai que le beau kaolin qu’ils employaient autrefois leur fasse aujourd’hui défaut. Le docteur Siebold signale des montagnes entières qui présentent ce minéral dans toute sa perfection; montagnes situées au milieu des formations granitiques, dans l’île d’Amakasa.
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- Depuis la fin du xvne siècle, les Hollandais n’apportent plus en Europe des porcelaines aussi parfaites et des vases aussi dignes d’être admirés par les connaisseurs, tels que les plus beaux de la province de Fizen. On doit supposer que le commerce toujours décroissant de la factorerie de Dézima n’aura plus permis de payer des prix assez élevés pour se procurer les chefs-d’œuvre d’un art où la perfection est nécessairement très-dispendieuse.
- J’ai visité de nouveau le précieux musée céramique de Sèvres, recueilli par le célèbre Brongniard, le digne collaborateur de Cuvier; ce musée, si riche en porcelaines de la Chine, est d’une déplorable pauvreté dans la partie qui contient les porcelaines du Japon. Espérons que nos futurs agents commerciaux sauront nous procurer des produits qui justifieront la réputation d’une des plus belles industries du peuple aujourd’hui notre allié l.
- C’est à la Haye, c’est à Leyde qu’il faut aller pour admirer les plus rares produits en porcelaine, conservés dans des musées spéciaux. Celui de Leyde possède un livre technologique digne d’être traduit dans les principales langues de l’Europe ; c’est une description des principales productions terrestres et maritimes du Japon, publiée en 1797 dans la grande ville commerçante d’Ohosaka. Cet ouvrage, qui n’a pas moins de cinq volumes, renferme la description des procédés pratiqués dans la manufacture de porcelaines d'Imari, la plus célèbre qu’il y ait au Japon. Cette manufacture est située dans l’île de Kiou-Siou, qui compte environ trente fabriques du même genre, dont dix-huit sont fort estimées.
- 1 M. Salvetat, le savant collaborateur du Rapport sur les arts céramiques ( rapport du XXVe Jury), a publié de savantes observations sur la porcelaine du Japon, à la suite des traités traduits par MM. Stanislas Julien et Hoffmann.
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- Talent d’imitation.
- Si de quelques industries privilégiées nous portons nos regards sur d’autres travaux, nous dirons que les ouvriers japonais, qui copient en général avec talent, excellent dans l’imitation des meubles européens et de beaucoup d’objets d’art.
- Culture des beaux-arts.
- Les Japonais aiment la peinture; ils ont formé, dit-on, des collections de tableaux. Habiles à peindre le portrait, ils excellent à saisir la ressemblance ; ils représentent avec goût et fidélité les animaux, en reproduisent les couleurs naturelles. Leurs dessins ne sont point sans grâce; ils charment surtout par la naïveté.
- Comme les Chinois, ils ignorent la perspective et l’anatomie; deux sources de vérité qui manquent à leurs tableaux.
- Il y a longtemps que la gravure sur bois est connue des Japonais, et depuis quelques années ils ont appris des Européens l’art de graver sur le cuivre.
- Ils ont perfectionné la fonte des cloches, des vases et des statues. Les Japonais, comme les Chinois, ignorent l’usage des battants de cloches; ils les remplacent, mais imparfaitement, au moyen de marteaux en bois.
- Conséquences générales de l’exclusion des étrangers.
- Lorsque, vers le milieu du xvne siècle, le gouvernement japonais eut formé le dessein de revenir à d’antiques traditions, et de rompre tout rapport avec les peuples
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- étrangers, il fut interdit aux marins, aux voyageurs nationaux, sous»peine de mort, daller dans les ports des autres nations pour y trafiquer ou seulement pour s’instruire. Cet interdit fut ponctuellement exécuté. La contrebande même recula devant l’inflexible sévérité des lois: la peine capitale aurait puni sans pitié les étrangers et les nationaux qui se seraient permis la moindre désobéissance. Voilà comment Y opium indien n’a pas, jusqu’à ce jour, empoisonné le Japon; et comment les îles de cet empire n’ont pas été conquises sous prétexte de visite, d’amitié, de fermage, etc. etc.
- Avec les idées modernes sur les inestimables bienfaits du commerce, quelle qu’en soit la nature, on doit supposer que le système répulsif adopté par les Japonais a du les rendre rétrogrades, et tout au moins stationnaires à l’égard de leur navigation, de leurs arts et de leur richesse.
- Depuis 163g jusqu’en 1859, les Japonais ont eu deux cent vingt ans de paix intérieure et d’isolement complet. Pendant cette heureuse et longue période ils ont eu le bonheur d’éviter les intrigues, les obsessions et les invasions européennes.
- En admettant la félicité, d’un tel résultat, n’est-il pas naturel de penser qu’à certains égards il est payé chèrement par la privation d’une foule de bienfaits qu’apporte avec lui le commerce des peuples les plus ingénieux et les plus civilisés? Us se sont privés volontairement de connaître les plus grandes inventions dans les sciences et dans les arts. Demandons-nous comment ils ont fait face à leurs besoins nationaux?
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- Sur certains avantages que Vindustrie japonaise doit à l’expulsion des étrangers.
- *Ce titre surprendra peut-être un grand nombre de bons esprits occidentaux. Je demande au lecteur la permission de présenter ici le jugement qu’a porté le savant Siebold sur l’industrie et le commerce du J apon, considérés dans leurs rapports avec l’étranger. Il ne peut être que d’un grand intérêt de connaître une opinion formée, d’après des études faites au sein de cet empire, par un esprit profond, sagace, et parfaitement désintéressé. Il observait sur les lieux en 1826.
- « Deux siècles de paix ont élevé la civilisation des Japonais au-dessus de toutes celles de l’ancien monde extraeuropéen. La loi qui sépara le peuple japonais des autres peuples, qui défendit à ceux-ci l’entrée, à ceux-là la sortie de l’empire, et ne fit d’exception que pour un petit nombre de négociants hollandais et chinois , cette loi força les aborigènes à tirer de leur propre fonds la plupart des objets que leur avait fournis jusqu’alors l’industrie exotique. En s’exerçant aux arts utiles, en explorant le sol natal, ce peuple ingénieux sut bientôt inventer des procédés, et trouver des matériaux qui lui permirent de remplacer les principales productions empruntées au dehors.
- «Le commerce extérieur, autrefois si florissant, vit déprécier presque toutes ses importations; les progrès industriels accomplis par les habitants rendirent plus infranchissable la barrière que la raison d’état avait élevée entre eux et les marchands étrangers.
- « Les matières premières du pays augmentaient de va-
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- leur à mesure que Ton apprenait à se passer des similaires
- exotiques.
- «Le pays lui-même produisit en quantité croissante le coton, les sucres, les matières colorantes et les médicaments. De toutes parts, des mains laborieuses confectionnèrent des tissus, des instruments, des ustensiles et des objets de luxe qui rivalisèrent avec ceux que le Japon avait auparavant reçus des contrées les plus lointaines. Cet empire, qui s’étend sous quinze degrés de latitude, plus de quatre cents lieues mesurées du nord au midi, cet empire comprend des climats si variés, que presque toutes les provinces ont des productions différentes, et d’une excellente qualité. Cela favorise, au plus haut point, les échanges à l’intérieur, et leur donne une importance qu’ils n’ont dans aucun autre pays du monde. »
- Le docteur Siebold me paraît raisonner beaucoup moins bien lorsqu’il parle de l’or et de l’argent, qu’il ne faut pas laisser sortir du pays, des monnaies à conserver pour activer le commerce intérieur, et des mines d’or à cesser d’exploiter, pour tenir en réserve, au fond de la terre, ces trésors delà nature.
- « Le grand négoce que les Japonais firent les uns avec les autres accéléra la circulation du numéraire, que les particuliers auparavant cachaient dans leurs coffres, ou que les marchands emportaient à leur départ. Pour conserver un signe représentatif très-utile aux transactions entre aborigènes, on défendit expressément aux Hollandais l’exportation de l’or et de l’argent. En outre, le Zio-goun, par esprit de prévoyance, se déclara l’unique possesseur de ces précieuses richesses métallurgiques, laissa lui-même reposer plusieurs mines, et fit ordonner à tous les princes vassaux d’en cesser les exploitations dans leurs provinces.
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- «Tandis que le commerce du dehors déclinait, sous le coup de la loi rendue contre l’exportation des métaux, la nécessité de payer les étrangers en marchandises favorisait l’industrie au dedans. Richesses, population, activité, tout augmenta dans une rapide progression. Ce mouvement général développa le goût du luxe et des arts, dont le Ziogoun s’efforça politiquement de concentrer les manifestations dans sa vaste capitale.
- « Malgré les restrictions qu’il avait subies, le faible commerce d’outre-mer, qu’on n’avait pas anéanti, ne laissa pas d’exercer à cette époque une influence marquée sur l’industrie japonaise. En passionnant les habitants pour des satisfactions dont ils n’avaient pas encore eu l’idée, la spéculation provoqua parmi eux les inventions et les découvertes. Néanmoins les nouvelles productions ne firent pas disparate avec les anciennes, et le type national triompha des ‘modes étrangères. Lorsqu’ils imitaient les ouvrages d’industrie et d’art des Européens, c’était toujours en essayant de les perfectionner. La façon de vivre des Japonais, leurs mœurs, leurs usages et leur religion diffèrent trop profondément des nôtres, pour que des objets appropriés à nos besoins puissent jamais, par voie d’importation ou d’imitation, se répandre dans leur pays. Tant que la population du Japon n’aura pas été croisée avec d’autres races, le commerce extérieur n’atteindra pas, dans cet archipel, l’importance qu’il a prise dans les pays où les Européens, par de grands établissements, se fondent avec l’élément indigène, ou lui imposent,.en le subj liguant, leurs besoins et leurs habitudes, afin d’amener un mouvement d’échanges lucratifs éntre la métropole et les provinces transmarines. Dans l’état présent des choses, il n’y a pas plus de chance pour un tel croisement, ou pour la soumission du Japon à quelque puissance européenne, qu’il
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- riy en a pour la fondation d’un commerce libre avec cet empire et l’Occident1.
- «Il faudrait d’abord détacher le peuple de sa religion et de la constitution de l’État, que la conduite tenue par les Européens, de i 543 à i65o, n’a fait que lui rendre plus chères.
- «Dep uis la triste expérience que la nation et le gouvernement ont retirée de leurs premières relations tout amicales avec l’Europe, ils ne voient plus dans le commerce européen que l’ennemi de la richesse nationale. Toute entreprise ayant pour but d’introduire uri culte étranger, que ce soit ou non le christianisme, est à leurs yeux un attentat aux droits de la dynastie régnante, dont le fondateur a donné la paix à l’empire, et dont les membres font maintenue, en poussant le système de l’exclusion des étrangers jusqu’à ses dernières conséquences. Telle est la foi politique des Japonais, peuple tout différent des Chinois, et qui, particulièrement sous le point de vue politique , ne peut leur être comparé.
- «D’ailleurs le commerce que ces insulaires font les uns avec les autres est devenu, par son extension nouvelle, un assez ferme soutien de la constitution, pour que le gouvernement pût, sans inconvénient, renoncer à celui des étrangers, et surtout à celui des Européens, si sa diplomatie et son respect pour d’anciennès coutumes ne lui défendaient pas de briser les liens qui l’attachent à la nation hollandaise. Nous le répétons, l’empire japonais est presque indépendant des autres pays, même sous le rapport commercial. Avec son territoire actuel, il est un monde en lui-même, et peut abandonner les Européens sans compromettre sa prospérité. Le peu de relations qu’il a con-
- 1 Siebold était bien Join de prévoir qu’en un tiers de siècle ses prévisions seraient démenties.
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- servées avec la Chine suffisent pour-le tenir au courant des affaires de l’ancien univers, et pour donner satisfaction au besoin de productions étrangères que le peuple a contracté. Du reste, les marchés du Japon ne sont jamais dégarnis des provenances de la Corée, des îles Liou-Kiou, de Jeso et des autres Kouriles, pays dépendants et tributaires de l’empire, auquel ils tiennent lieu de colonies. »
- Toutes les prévisions que le docteur Siebold se plaisait à concevoir sur la répulsion perpétuelle de l’étranger ont cédé devant les efforts tout récents dont nous allons rendre compte; on y verra l’une des conquêtes les plus remarquables du xix° siècle.
- Nouvelles relations commerciales des Occidentaux avec le Japon.
- Dans un laps de temps qui n’excède pas quinze années, les grands peuples maritimes de l’Occident ont fait tomber les barrières qui les séparaient du Japon.
- Premiers Ions efforts des Néerlandais.
- Ces mêmes Néerlandais que nous avons vus, au xvne, au xvme siècle, si jaloux, d’éloigner les rivaux des autres nations, nous allons, au milieu du xixe siècle, les voir animés d’un tout autre esprit.
- Dès iSkà, Guillaume II, roi des Pays-Bas, écrit une lettre mémorable à l’empereur du Japon. Dans cette lettre, il fait remarquer les révolutions qui s’opèrent en Orient; la Chine forcée dans ses résistances contre l’extension du commerce des Occidentaux ; la pêche des grands cétacés envahissant l’Océanie; les mers du Japon sillonnées par des baleiniers, souvent exposés à des nau-
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- frages contre les côtes si difficiles que présentent les milliers d’îles dont se compose l’empire du soleil levant; et les pêcheurs étrangers réclamant des ports de refuge pour se radouber et se ravitailler en cas de malheur.
- Chose remarquable ! ce ne fut pas l’empereur, mais le’ conseil suprême des ministres qui répondit à cette lettre, en donnant au roi Guillaume cet avertissement, qu’on a peine à croire parti d’un cabinet de l’Orient : «Il est contraire aux institutions du Japon qu’un souverain étranger adresse au Ziogoun des communications personnelles sur une affaire publique. » Le cabinet constitutionnel de Saint-James ne répondrait pas autrement aux empereurs, aux rois de l’Europe, s’ils cherchaient à traiter directement quelques intérêts de l’Angleterre ou de leur pays avec Sa. Majesté la reine Victoria.
- En même temps, il est juste de dire que les autorités japonaises devinrent moins inhospitalières à l’égard des navires poursuivis par les tempêtes et forcés de réparer leurs désastres dans les perrts de l’empire. Mais, à l’égard des marins nationaux naufragés sur des côtes étrangères, les mêmes autorités persistèrent à ne les recevoir que ramenés sur des navires néerlandais ou sur des jonques chinoises. De pareilles restrictions ne pouvaient pas convenir, aux grandes nations commerçantes.
- Belle mission des Etats-Unis, confiée au commodore Perry.
- Dès l’année 1862 M. Fillmore, alors président des Etats-Unis, entreprend d’obtenir au Japon des ports de refuge en faveur de ses nationaux. Il jette les yeux sur un des homme les plus dignes de remplir avec succès cette difficile et noble mission. Le commodore Perry sera plénipotentiaire et commandant d’une escadre composée de
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- grands navires de guerre tant à voiles qu’à vapeur. Cette force navale montrera la puissance des Etats-Unis; en même temps l’admirable discipline, et des officiers et des équipages, donnera la plus haute idée de la grande confédération, dont les Japonais n’ont encore vu que les grossiers pêcheurs, jetés à la côte par les tempêtes.
- C’est aux Américains que revient l’honneur d’avoir les premiers ouvert les ports du Japon aux navigateurs occidentaux. On doit ce succès à la conduite aussi ferme que prudente et modérée du navigateur que je viens de citer.
- Cet officier supérieur de la marine des Etats-Unis entre, le 8 juillet 1853, dans la baie de Jeddo, ayant sous ses ordres deux grandes frégates à vapeur et deux bricks de guerre.Il mouille devant la ville d’Ouraga.Le 9 juillet il doit remettre au gouverneur de cette ville ses dépêches pour le ministre des affaires étrangères. Un grand dignitaire vient en personne, afin de recevoir le message du Président de l’Union, et la conférence aura lieu sur le rivage. Bientôt six mille Japonais, déployés en armes près de la côte, reçoivent le commodore, suivi de quatre cents hommes d’élite; l’entrevue avec les deux princes envoyés à sa rencontre est pleine à la fois de bienveillance et de dignité. L’Américain leur remet et le message et ses lettres de créance. II laissera le temps nécessaire au gouvernement de l’Empereur pour délibérer sur les propositions qu’il apporte. Il va reprendre la mer et reviendra dans quelques mois; en effet, le 18 juillet, dix jours après son arrivée, 1 il part pour les mers de l’Inde.
- Sept mois plus tard, le 12 février 1 854 , le commodore Perry revient avec quatre frégates et cinq navires d’un rang inférieur. Les négociations -s’ouvrent alors, et, le 01 mars, elles finissent par la signature d’un traité de paix et d’amitié entre les deux puissances. Deux ports,
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- FORGE PRODUCTIVE Simoda1, Hakodadi2, seront ouverts comme ports de refuge aux navires américains, pour leur procurer les provisions de bouche et les munitions navales nécessaires à leur navigation. Les navires échoués, ainsi que les marins jetés sur la côte, seront conduits dans l’un des deux ports, afin qu’on procède'au ravitaillement, aux réparations et, s’il le faut, au radoub. Enfin les États-Unis auront un consul à Simoda. Tel est le traité de Kinawaga.
- L’éminent commodore et ses officiers étaient dignes d’apprécier la civilisation du peuple dont ils devenaient les amis et les hôtes. Sous les tentes et dans les salles décorées pour les recevoir, ils admiraient la beauté, le perfection des produits de l’industrie japonaise; la profusion des tentures de ce crêpe soyeux, paré du rouge inimitable que les Chinois mêmes empruntent aux teinturiers du Japon; le blanc si pur et le tissu si fin qu’ornaient les dessins élégants des nattes, substituées aux tapis de pied. Les murs, les meubles étaient couverts de riches couleurs, qu’embellissait un vernis célèbre dans tout l’Orient.
- Au cœur de l’hiver de grands braseros en cuivre, richement ornés, témoignaient d’une autre industrie très-avancée. Les Américains trouvaient encore beaucoup d’arts manuels plus perfectionnés au Japon qu’à la Chine; et, disent-ils dans leur relation, les Chinois mêmes avouent cette supériorité. L’horticulture leur semblait aussi plus avancée, les cultivateurs mieux nourris, mieux vêtus et distingués par plus de propreté.
- • Pour frapper la vive imagination de leurs nouveaux amis, les Yankies avaient eu l’heureuse idée d’apporter
- 1 Simoda se trouve à l’entrée du golfe de Jeddo, sur la côte occidentale-
- 2 Hakodadi est située dans une baie sur la côte méridionale de l’île de jeso, au nord de la grande île Nypbon.
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- un télégraphe électrique, ainsi qu’un court chemin de fer : dignes présents de la civilisation moderne. Les Japonais n’affectèrent point l’indifférence asiatique, ni la dignité stupide des mahométans pour des nouveautés dignes d’admiration. Ils observèrent; ils voulurent comprendre, ils comprirent; et leur enthousiasme fut sans bornes. On leur offrait une locomotive et son wagon, qui faisaient par heure soixante et dix fois le tour d’un chemin circulaire ayant de circuit un demi-kilomètre : c’était à qui des fiers seigneurs se ferait transporter avec une vitesse si grande à leurs yeux. Ils ne pouvaient pas entrer dans le petit wagon modèle; ils se cramponnaient sur l’impériale avec intrépidité.
- Très-peu de temps après l’arrivée du commodore américain , l’amiral russe Poutiatine vint avec une escadre • mouiller devant Nagasaki; il faisait les mêmes demandes, * mais il eut moins de réserve et d’habileté. Il échoua comme échouait à Constantinople un autre amiral de Russie, plus impérieux encore : le célèbre Mentchikoff.
- Succès plus grand des Américains en 1858.
- Dans les années 1856 et 1857, surgirent les plus gravés difficultés entre le belliqueux docteur Bowring et le commissaire Yeh, de Canton; difficultés qui finirent par la guerre et les victoires que remportèrent les armes unies de la France et de l’Angleterre, à Canton d’abord, ensuite dans le fleuve Pei-ho, qui fut forcé.
- Ce triomphe à peine est-il obtenu, qu’une frégate américaine , qui, se tenait à la piste des événements, quitte le golfe de Péché-ii et vole au Japon; elle porte au consul des États-Unis, dans Simoda, cette grande nouvelle : l’Empereur de la Ghine vaincu, dompté par une poignée
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- d’Anglo-Français, et subissant leurs conditions! Le consul Harris court à Jeddo et transmet au conseil suprême cette preuve éclatante de la force irrésistible qu’ont les armes des Occidentaux. Il saisit le moment pour demander, en faveur de sa nation, des facilités commerciales qui brisent enfin la barrière élevée depuis 220 ans autour du Japon. Il réussit, et le premier il obtient un traité complet de commerce, qui devient bientôt le type de tous les autres.
- Premiers succès de la Russie.
- L’empressé comte Poutiatine, à l’exemple du consul de Simoda, se présente l’instant d’après; cette fois il obtient pour la Russie les avantages qu’on venait d’accorder aux États-Unis.
- Arrivée de lord Elgin et son traité de commerce.
- A peine les traités de paix avec la Chine sont-ils conclus, grâce au concours des deux ambassadeurs de France et d’Angleterre, ce dernier,- lord Elgin, laisse en arrière son collègue. Il part seul pour le Japon, et se présente à l’im* proviste devant Jeddo. Le traité des Américains ne lui suffit pas; il repousse de toutes ses forces un droit de 20 pour cent imposé sur les tissus de coton et de laine. Il finit par obtenir qu’on le réduise à 5 pour cent : conquête d’un prix infini pour Manchester, Halifax et Leeds.
- * Lord Elgin s’était rendu favorable le gouvernement japonais par des présents dignes de sa nation; au rang de ces dons figurait un beau yacht à vapeur, imité des plus parfaits navires de plaisance construits pour la reine Victoria , la grande reine des Indes orientales.
- Tel était l’état des affaires lorsque les Français se pre' sentent les derniers de tous.
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- Traité de la France avec le Japon.
- Le 6 septembre i858, M. le baron Gros, embarqué sur le Laplace, corvette à vapeur, part de Shang-Haï pour îe Japon; le i3, il mouille à 3imoda, qui se trouve à l’entrée du golfe de Jeddo. Les deux gouverneurs et les plus hautes autorités de la cité lui font un accueil plein de courtoisie.
- Le 18, avant de partir de Simoda pour la capitale, les gouverneurs font savoir à l’ambassadeur que l’empereur, le Ziogoun, vient de mourir, et que la capitale est plongée dans le deuil. Aussitôt il ordonne que nos deux navires à vapeur amèneront à mi-mât leurs pavillons, pour honorer la mémoire du souverain décédé.
- Le lendemain, dès le matin, ces navires mettent à la voile, et le soir ils mouillent devant Jeddo. Alors aborde une barque mandarine priant que les Français s’éloignent pour aller mouiller à Kanawaga ; le jour suivant même invitation renouvelée, mais en vain, par six dignitaires envoyés exprès en députation. Ils allèguent le deuil impérial de Jeddo, puis le choléra qui, disent-ils, enlève par jour, dans la capitale, de quatre â cinq cents victimes!. Cela ne peut arrêter des Français. On règle les formalités pour échanger pouvoirs et missives avec le premier ministre. Un couvent de bonzes est assigné pour le séjour de l’ambassadeur et de sa suite à Jeddo.
- Le 27 on débarque, et le 28 les négociations sont conduites à terme. On rédige en trois langues le traité : en français, en japonais, en hollandais, seule langue occidentale qui ne soit pas inconnue des grands, des lettrés et des interprètes du pays. Enfin, le 9 octobre, les copies officielles de l’acte diplomatique, avec ses traductions, sont signées par les plénipotentiaires.
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- Les formalités accomplies, l’empereur envoie des rouleaux de riches étoffes en soie, fabriquées dans le pays» pour l’ambassadeur et les commandants de ses navires.
- Un empereur du Japon qui se fait donner des fusils à tige, et non pas un éventail.
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- Le nouveau monarque, ou plutôt la cour suprême, exprime alors le désir qu’on lui donne, en retour de ses dons, six fusils à tige. «Ce présent, relate notre Moniteur dans une phrase interminable,, mais vraiment intéressante, ce présent fut reçu par l’empereur du Japon avec une vive satisfaction ; et nos marins eurent le curieux spectacle d’un maniement de ces armes fait avec une précision remarquable par quelques-uns de ces Japonais qu’un capitaine de frégate de la marine impériale avait réunis dans le jardin de l’une des bonzeries, sur laquelle flottait le drapeau tricolore, et auxquels il avait suffi de quelques explications pour se livrer à cet exercice avec une étonnante adresse. »
- Les Japonais désirent-ils ne pas être le jouet du premier caprice de la plus prochaine ambition que concevra quelque puissance occidentale ou ses agents en Orient? Ce n’est pas six fusils à tige, c’est soixante mille qu’ils feront sagement de se procurer, en les faisant manier avec l’adresse et la précision qui charmèrent nos olïiciers connaisseurs.
- Conditions divulguées du traité franco-japonais.
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- Trois jours après la signature du traité, un joyeux et peu discret compagnon de notre ambassade écrit, en faveur de nos journaux, la lettre la plus curieuse. C’est lui
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- qui relate officieusement les conditions qui ne paraîtront officiellement que dans neuf à dix mois. Elles sont les mêmes que pour les États-Unis, la Russie et l’Angleterre. Sept ports, y compris Jeddo, soilt ouverts aux quatre nations. Les nations contractantes auront le droit d’entretenir dans la capitale des ministres diplomatiques, avec la faculté pour ces fonctionnaires de voyager dans tout l’empire. Elles pourront, dans chacun des ports ouverts, organiser un quartier, résidence de leurs factoreries ou consulats, comme il se pratique à Canton.
- Dans ce quartier, les Européens seront libres d'exercer leurs cultes respectifs et d’ériger les églises et les temples qui leur seront nécessaires; mais, dans les rapports avec les Japonais, toute propagande, il y a plus, toute conversation sur des sujets religieux sont interdites aux étrangers.
- Les navires des quatre contrées qui viennent de traiter auront constamment leur libre entrée dans les sept ports, avec facilité de se ravitailler, de se radouber, etc. Elles auront la faculté d’y débarquer les marchandises apportées, et d’y charger celles que leurs bâtiments prendront en retour.
- Tous les produits étrangers seront admis excepté l’opium, lequel est expressément prohibé. Tout navire à bord duquel il s’en trouverait plus de deux kilogrammes encourrait d’abord la confiscation de ce dangereux stimulant, et serait puni par une amende considérable. Les armes et les munitions de guerre ne pourront être vendues qu’au gouvernement.
- On divise en quatre classes toutes les autres marchandises :
- ire classe : les vivres, les matériaux nécessaires à la réparation des navires, sont francs de droits à la sortie comme à l’entrée.
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- a® classe : les étoffes de coton et de laine, les objets de quincaillerie et de poterie, et tous les objets d’un usage général, entreront moyennant un droit de cinq pour cent.
- 3e classe : les objet:s*de luxe payeront à l’entrée vingt pour cent; on percevra le même droit sur tous les articles qui ne sont pas énumérés.
- 4 e classe : les vins, les eaux-de-vie, les alcools et tous les autres spiritueux payeront trente-cinq pour cent,
- Ce qu’il en coûte de n avoir pas de cadeaux à présenter quand on vient traiter avec le Japon.
- M. le baron Gros, arrivé le*dernier des quatre pléni-potentiaires occidentaux, n’a pas pu, malgré son zèle et son habileté, conquérir la moindre réduction ni sur les produits, qui sont la richesse de notre industrie, ni sur les boissons, qui sont l’honneur de notre agriculture ; il n’en a pas même obtenu sur quelques litres de champagne, vin que les mandarins ne cessaieht de boire avec enthousiasme. Notre ambassadeur, aussi dépourvu que François-Xavier lors de son premier et stérile voyage, n’avait aucun présent à distribuer; il n’a pu fléchir par la bonne grâce aucune volonté rigoureuse. Lord Elgin, au con-traire, avait apporté des cadeaux magnifiques. On peut dire sans erreur que le Japon les payera commercialement au centuple des centuples.
- Les conditions qu’on vient de faire connaître ne pourront pas être modifiées avant cinq ans.
- Les traités ne seront exécutables qu’après l’échange des ratifications; alors les consuls et les ambassadeurs auront la faculté de se rendre à leur poste et de commencer leurs fonctions.
- Une juste stipulation vient au secours du christianisme :
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- on ne pourra plus obliger à faire fouler aux pieds la croix par aucun individu soupçonné de christianisme. Cependant l’entrée des missionnaires continuera d’être interdite, ainsi qu’on l’a déjà dit, et les Européens s’engagent à ne pas même parler de leur religion avec les Japonais.
- Les exigences des Occidentaux et leurs idées du droit des gens en Orient.
- L’auteur de la lettre que j’analyse, grand amateur d’emplettes à la mode, se plaint avec amertume de la surveillance trop étroite qu’on faisait subir aux personnes de l’ambassade lorsqu’elles erraient dans la capitale. Il se plaint que les agents de police recommandaient aux marchands de leur vendre cher, pour dégoûter les Français. Je copie ce qu’il ajoute avec naïveté :
- « Il est naturel de croire que, dans un temps plus ou moins éloigné, le canon sera chargé de faire le commentaire obligé des traités que l’on vient de conclure; car le commerce libre et indépendant ne pourra jamais s’accommoder d’un régime tel que celui que nous avons vu s’appliquer sur une aussi petite échelle. Nous avons pu mépriser d’aussi mesquines tracasseries s’appliquant à quelques piastres et à quelques jours de simple promenade; mais il est impossible de croire que de grands intérêts commerciaux puissent se plier à de pareilles allures, et là où les Japonais n’ont essuyé de notre part que quelques mauvaises plaisanteries, ils se trouveraient naturellement en face de ces canons de quatre-vingt-quatre, qui ont retenti assez fort àJeddo, s’ils s’avisaient de traiter les négociants anglais ou américains, dans trois ou quatre ans, comme nous l’avons été pour nos modestes achats de curiosités. ' Or, comme le caractère ainsi que l’habitude ne se modî-
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- fient pas du premier coup, et avant que l’expérience ait parlé haut et clair, je suis convaincu que le gouvernement japonais ne se soumettra pas à une exécution telle que nous la comprenons en Europe, tant que la poudre naura pas parlé, comme disent les Arabes de notre Afrique. »
- Si j’étais gouverneur de l’empire ou plus simplement Empereur du Japon, et qu’un bon interprète hollandais me traduisît ce passage, j’ajouterais à ma demande de carabines à piston six canons-modèles à la Paixhans, soigneusement rayés en hélice, comme les fusils à tige; et puis j’en fabriquerais dans mes arsenaux quelques milliers du même genre. C’est tout au plus si je croirais ensuite être le maître chez moi, tout en recommandant la modération, la politesse et la plus parfaite complaisance à mes agents de police; je reviendrai sur ce sujet.
- Bons avis commerciaux donnés à la France.
- Voici maintenant des remarques, en partie judicieuses, faites par l’auteur des menaces qui viennent d’être rapportées. Les Japonais n’emploient pour leurs vêtements que le coton et la soie, sous dés formes très-variées et qu* le sont avec une très-grande habileté. Les personnes de la classe aisée revêtent, par-dessus une ou plusieurs robes simples ou doublées d’ouate, suivant la saison, une sorte de tunique en gaze très-claire et très-fine; elles portent des chapeaux faits en sparterie contre le soleil, en laque vernie contre la pluie; elles ont des chausses en coton, pareilles aux jambières de nos pantalons à pieds. Leur chaussure est toujours une semelle en paille tressée ou bien en étoffe, sur laquelle on fixe un cordon formant ovale. On passe le pied dans cet ovale, afin que son point d’attache se prenne entre l’orteil et les autres doigts du pied. En cas de mau-
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- vais temps, la semelle est préservée du contact de la boue par deux planchettes posées de champ, comme des patins, qui atteignent fort bien leur but. Les vêtements des femmes, dit l’observateur, ne diffèrent que pour la forme de ceux des hommes. J’ajouterai qu’ils en diffèrent souvent pour la finesse des tissus et l’éclat des,couleurs.
- De tout cela l’observateur croit pouvoir conclure que nos fabricants d’étoffes auront peu de chose à faire dans un pays où des habitudes séculaires empêchent d’attacher aucun prix à ce que nous nommons la mode.
- J’ajouterai que, dans un pays tempéré où l’eau gèle en hiver, tandis qu’en été la chaleur est celle de Naples, nos élégants tissus de longue laine brillante et presque soyeuse, légers en été comme le sont nos gazes de laine embellies par les impressions charmantes de Paris, et nos tissus chauds pour l’hiver, pourront, dans les premiers temps, être taillés suivant les formes les plus stationnaires et les plus classiques de l’immuable Japon. On respectera tous les règlements; mais on se permettra d’y joindre peu à peu les commentaires du bon goût et de la grâce, qui plaisent dans tous les pays.
- Sans s’en douter notre spirituel observateur prête force à nos idées lorsqu’il dit : « J’ai bien des fois remarqué que les Japonais examinaient avec le plus vif intérêt nos vêtements de drap, et qu’ils avaient l’air d’en comprendre les avantages. » Il voudrait qu’on importât de la laine brute ; j’aimerais mieux qu’on l’importât mise en œuvre.
- Nos parfumeries, nos savons de toilette, nos cosmétiques et nos eaux de Cologne enlèvent les suffrages des Japonais; ils vont au-devant de nos vins, et ceux de champagne leur font par avance tourner la tête.
- Les objets d’art, les gravures, les simples photographies, leur plaisent; ils apprécient, dans leur importance,
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- nos instruments de navigation, de physique et d’astronomie. Croira-t-on que les articles de Paris, avec toute leur élégance, et nos bijoux, nos jouets si variés pour l’enfance et pour le bel âge, ne séduiront pas les femmes et les enfants, fût-ce au Japon? J’ajouterai qu’en ce pays, comme partout ailleurs, les objets d’un luxe innocent, qui charmeront les femmes et les enfants, même en payant les droits les plus élevés, ces objets entreront; ils entreront quand même, afin d’en repousser l’infiltration, la police aurait pour point d’honneur de se percer les. entrailles chaque fois qu’on mettrait en défaut ses yeux d’Argus.
- En résumé, voilà, ce me semble, de premières indications qui ne sont pas sans importance pour assurer un brillant début à notre commerce dans l’empire du soleil levant.
- Avenir du Japon.
- En profitant des lumières d’un assez petit nombre d’observateurs judicieux, nous avons essayé de mesurer le degré d’avancement et la civilisation du peuple japonais, qui n’a jamais été la proie d'un ennemi, et ses annales certaines remontent par delà 2000 ans; qui n’a point vu dégrader sa race par celle des autres nations, ni ses mœurs par d’autres mœurs. Entre toutes les nations de l’Orient, c’est la seule où l’honneur soit à la fois un sentiment personnel et national, la seule où le sacrifice volontaire et toujours prêt de la vie soit soumis aux principes de l’opi" nion, et compté comme un devoir des classes supérieures* Parmi tant d’Etats qu’a vus briller l’antique Asie, c’est encore le seul où les lois régnent également sur le peuple, sur les grands, sur les rois vassaux et sur les empereurs : ce règne moral concilie la plèbe avec l’aristocratie. D’ail" leurs les lois ne dominent pas seulement par le respect et
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- la déférence, mais par une crainte salutaire, et par la stricte obéissance. Cette universalité d’obéissance à la loi, protectrice de tous les rangs, constitue pour les sujets la liberté universelle.
- La bravoure et les sentiments chevaleresques caractérisent une nation militaire qui s’est préservée de la conquête , qui n’a pas craint de résister au grand empire tar-taro-chinois, avide, ambitieux et seize fois plus peuplé; qui l’a refoulé dans la mer du Japon, quand les agresseurs étaient au faîte de la puissance, en disant au roi de,s rois du moyen âge ce que Dieu, qui courbe sous sa loi même les rois des rois, dit à l’Océan recevant des rivages : « Tu n’iras pas plus loin. »
- A côté de cet héroïsme brille d’un autre éclat le charme des caractères privés. Ces hommes qui, provoqués, deviennent terribles dans la haine, implacables dans la vengeance, ils savent témoigner, dans l’intimité, les affections les plus délicates et les plus hospitalières; ils font échange de leurs noms comme de leurs cœurs, en resserrant les liens d’une douce familiarité. Jaloux à l’excès de l’honneur des épouses, ils le concilient par l’estime avec une liberté dont le sexe faible est privé dans tout l’Orient: généreuse confiance, qui donne à la beauté la force, la noblesse d’âme et la dignité, même de l’aspect. Les lettres, et surtout la poésie, sont cultivées dans une cour mystérieuse et sacrée, loin des intrigues et des passions politiques : là douze impératrices, égales par le diadème, n’ont à disputer entre elles que le sceptre de la grâce, de l’esprit et de l’imagination. Enfin, dans cet empire, les beaux-arts, et même les arts simplement utiles, reçoivent l’empreinte de la distinction et de l’élégance.
- Tels sont les principaux traits de ce peuple, qui, cinq cents ans avant notre époque, charmait déjà l’étranger,
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- au récit, à l’image de ses mœurs chevaleresques, de ses
- nobles manières et de sa beauté.
- Et voilà ce qui fait naître la sympathie chez les amis de cette nation, illustrée par les plus hautes qualités, ornée de charmes infinis ; tout doit inspirer la vénération pour ce monument de prudence humaine, resté debout depuis cent générations, sans manifester l’affaiblissement ni la décadence.
- En ouvrant de nouveau leurs ports au commerce insatiable des nations occidentales, les Japonais n’ont peut-être pas mesuré tout le danger de leur situation dans un avenir plus ou moins rapproché.
- Il est possible qu’il s’élève une vive et redoutable concurrence entre les produits du Japon et ceux de quelques peuples très-avancés. Des miracles de moteurs et de mécanisme vont lutter avec la dextérité manuelle et les outils imparfaits des familles japonaises. Le gouvernement indigène voudra, sans repousser le progrès, protéger pourtant le travail de ses populations; grave sujet de conflit.
- Si le Japon n’imprime pas à.l’étranger un grand respect pour sa force, les lois ne seront pas plus respectées qu’en Chine par les fraudeurs étrangers, ces grossiers corrupteurs, ennemis des mœurs et des lois.
- Dans sa prudence, il a pris des précautions contre l’empoisonnement de l’opium : ces précautions seront-elles suffisantes ?
- Les nouveaux traités ne sont pas ratifiés encore, et déjà lèvent leur tête impudente les contrebandiers d’un peuple occidental, célèbre entre tous pour son commerce : ils se préparent sur les côtes de la Chine pour monter à l’assaut des fois du Japon.
- C’est ce que nous apprennent les avertissements les plus dignes d’éloges, qui viennent d’être donnés par le gouvèr-
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- ïiement britannique. Les amis de la civilisation n’ont pu voir qu’avec le sentiment de la plus vive gratitude la déclaration suivante * faite par un ministre des affaires étrangères, le comte de Malmesbury : « Les contrebandiers anglais, s’ils sont pris en flagrant délit par les Japonais, ne doivent pas espérer d’être soutenus parles forces britanniques. » Les Lords de l’Amirauté se sont empressés d’adresser, dans le mfme sens, des instructions à l’amiral qui commande en Chine les forces navales d’Angleterre.
- Mais les capitalistes qui, pendant un quart de siècle, ont fait un commerce de cent millions à cent cinquante millions de fraude annuelle sur un seul article pernicieux, l’opium, ne sont pas des hommes qu’une simple menace d’abandon suffira pour intimider. Ils savaient bien, sur les côtes du Céleste empire, se protéger avec leurs seules armes de contrebandiers. Qui peut dire quelle lutte sourde d’abord, et bientôt éclatante, ils essayeront sur les côtes de l’Empire du soleil levant! Si jamais ils réussissent à créer un grand intérêt de négoce , honnête ou non, ils sauront de nouveau forcer la main du pouvoir. Tous les cabinets, d’ailleurs, seront-ils à l’avenir aussi scrupuleux que s’ils contenaient un Malmesbury dans leur sein P
- La force militaire.
- C’est au gouvernement japonais de voir ce qu’il doit préférer dans l’avenir; c’est à lui de voir s’il voudra céder sur tout et toujours, ou, suivant l’exemple des Etats-Unis et de la Russie, s’il voudra se rendre assez respectable pour que les Occidentaux ne puissent jamais lui forcer la main et le déshonorer.
- Certes les Japonais sont une race fière et belliqueuse, — n. 33
- INTRODUCTION.
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- qui compte pour rien le danger, et qui pour de nobles motifs ne balance pas à sacrifier sa vie. Dans leurs combats, lorsque l’un d’eux tombe, un autre aussitôt prend sa place, et puis un autre, et puis un autre, comme si leur unique but était d’épuiser les coups de leurs ennemis, pour les accabler par l’excès du nombre et de la valeur. Voilà la plus rare des qualités. Elle est pourtant loin de suffire à soutenir une juste querelle contre les peuples les plus belliqueux de l’Occident. 7
- Grâce au génie de Pierre le Grand, un seul peuple du Nord et de l’Orient a pu se mettre en état de résister dignement aux nations les plus civilisées et les plus belliqueuses. Dans ces derniers 'temps il a cédé ; mais comme le chêne, qui plie quelque peu pour se redresser. Afin de le vaincre, il a fallu l’action combinée de quatre puissances, et sa résistance héroïque l’a laissé plus que jamais digne d’égards et de respect.
- C’est un des problèmes les plus difficiles à résoudre que celui de rendre un peuple d’Orient capable de repousser, par la discipline et par les armes, les nations avancées de l’Occident. La Perse, l’Hindoustan, la Chine, ont échoué dans cette tentative.
- Le Japon peut-il être plus heureux? Je le crois et l’espère. 11 possède au plus haut degré ce point d’honneur qui fait les armées chevaleresques. Sa constitution de rois, de princes et de chefs armés héréditaires, a maintenu son esprit belliqueux, même au milieu d’un si grand nombre de siècles passés sans guerres étrangères.
- Cependant ces conditions précieuses pourraient rester insuffisantes, si l’art le plus perfectionné ne venait pas au secours d’une vaillante nature. Il faut consentir aux études les plus sérieuses, ainsi qu’aux sacrifices les plus onéreux si l’on veut atteindre un tel but.
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- Déjà le gouvernement japonais sait quelle est la valeur de .nos armes portatives. Nous avons vu qu’il a demandé, comme un rare présent, nos fusils à tige et rayés du modèle le plus parfait; par un instinct rapide, ses militaires ont appris, en vingt-quatre heures, à les manier avec dextérité. C’est quelque chose.
- Les Japonais demanderont aussi des canons aux artilleries les plus avancées de l’Europe.
- Mais soupçonnent-ils que la fabrication de la poudre est un art, comme tous les autres, susceptible des plus grands progrès, et que chez eux il est encore dans l’enfance P Se sont-ils instruits en apprenant l’insuccès des Chinois et des Cochinchinois, qui dressent d’énormes batteries dont la plupart des coups, même à courte distance, ne portent pas ou ne produisent que d’insignifiants désastres P Savent-ils qu’une artillerie toute moderne, celle des fusées, peut aujourd’hui porter l’incendie et la destruction sur les points les plus éloignés, avec une précision surprenante? Savent-ils que, par l’exécution parfaite des petites armes et des bouches à feu, et par l’emploi des projectiles sphéroïdaux, on atteint sûrement à des portées qu’on croyait naguère impossibles? Soupçonnent-ils seulement l’emploi des hausses graduées , propres à diriger le tir en tenant compte des distances; ces hausses, qui sont d’un emploi si récent chez les nations militaires même les plus avancées ?
- Il faudrait qu’à l’exemple des Turcs, des Egyptiens et des Persans, ils demandassent à l’Europe des officiers d’infanterie, d’artillerie et de génie, qui formeraient leurs soldats, instruiraient leurs états-majors, établiraient des arsenaux militaires, érigeraient autour de leurs ports et de leurs cités des fortifications suivant les systèmes modernes, enfin qui naturaliseraient au milieu d’eux l’en-
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- semble des arts spéciaux et les lumières si vastes qu’exige aujourd’hui la science de la guerre1.
- Tout cela fait, il resterait un dernier progrès à réaliser, progrès que donne seule une forte et une longue discipline. C’est le sang-froid au milieu du combat le plus meurtrier; c’est la force morale qui fait que le tir conserve la même précision quand le tireur est sous le feu de l’ennemi que s’il était dans un paisible champ d’école. Tel est le sang-froid qu’il a fallu tant d’années à Pierre le Grand pour le faire acquérir aux Russes; aux Russes! qui savent si bien aujourd’hui le conserver dans les plus grands dangers.
- Un perfectionnement plus rare encore reste à donner aux Orientaux : c’est la confiance en soi-même qui fait soutenir la lutte à l’arme blanche et surtout à la baïonnette.
- Pour enseigner cette confiance au degré le plus éminent, il faudrait/que les Japonais instituassent des corps modèles imités de nos zouaves, avec des officiers et des sous-officiers instructeurs qui fussent de vrais zouaves.
- Après tous ces soins dictés par la prudence, il ne serait pas impossible que trente-quatre millions de Japonais résistassent à quelques milliers de soldats et de marins envoyés de l’Occident, et pussent dire : « Si vous venez, avec vos navires à vapeur et vos canons-monstres, nous attaquer à six mille lieues de vos ports, nous résisterons; et nous avons l’espoir que nos armées pourront, comme les vôtres, rendre la mort pour la mort, au nom de la justice. »
- 1 Dans notre rapport sur les arts militaires et maritimes, tome Ilh VIIIe Jury, nous avons présenté l’historique des progrès de ces arts depuis le commencement du xix* siècle jusqu’à ce jour.
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- La force navale.
- Le Japon ne doit pas non plus négliger la force navale, qu’il a systématiquement découragée. Quand, il y a deux siècles, il résolut d’interdire à ses navires marchands d’aller dans les ports des autres nations, il détruisit les beaux bâtiments de commerce que son génie d’imitation avait su construire sur des modèles étrangers. Il proscrivit l’usage de bâtiments de mer assez grands, assez bons marcheurs pour affronter les mers lointaines, et les connaissances qu’il faut posséder pour naviguer au long cours ; il réduisit sa flotte marchande à de médiocres navires côtiers, montés par d’ignorants caboteurs. Tout cela doit changer.
- A lui seul le cabotage entre trois mille huit cent cinquante îles pouvait être considérable; il le deviendra de plus en plus, éclairé, stimulé qu’il sera par les grandes navigations. Mais il faut enseigner aux marins japonais toutes les sciences navales.
- Aujourd’hui les bâtiments à voiles du Japon sont aussi presque tous à rames, comme les felouques de la Méditerranée. Les plus grands navires de commerce jaugent î5o tonneaux; cela suffit pour naviguer entre les îles du soleil levant, mais ne suffirait pas pour un commerce extérieur qui franchirait de grandes distances.
- Actuellement les chantiers les plus importants pour construire les navires appartiennent aux ports de Fiogo, de Sakaï et d’Ohosaka ; ce dernier port devrait être celui qui donnera l’exemple des nouveaux progrès désirables.
- Quelle que soit aujourd’hui l’imperfection des navires japonais, ceux qui vont à la mer sont remarquables par la propreté qui règne à bord: signe certain d’intelligence, de discipline et de bon ordre.
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- La nature sert à souhait les constructions maritimes. Les ancres sont en fer et ies ferrures en cuivre; la carène est en cèdre, en camphrier, en sapin; les voiles en coton, et les cordages en fibres de palmier (chamærops excelsa). Tous ces matériaux sont excellents.
- Il est probable*que l’architecture navale d’un peuple ingénieux, observateur, et qui sait si bien imiter, changera complètement ses dimensions et ses formes, en s’éclairant par le spectacle et la concurrence des marines occidentales.
- Le commerce japonais devra prendre modèle sur les meilleurs navires marchands d’Angleterre, de France et des Etats-Unis. Il a de la houille; il doit s’en servir, et posséder non-seulement des navires à voiles, mais des bâtiments mixtes et des vapeurs complets.
- Il faut que le même progrès soit accompli, principalement et primitivement par la marine militaire; c’est le moyen de protéger et de sauvegarder Ohosaka le Liver-pool, Jeddo le Londres de l’Empire, et les autres cités maritimes.
- Les Japonais devraient imiter les canonnières à hélice, caparaçonnées en fer, et portant vers la proue un ou deux canons-monstres à très-longue portée. Rien ne serait plus propre à repousser une flotte composée de grands navires de guerre, qui viendrait pour tout dévaster.
- L’ensemble de ces moyens pourra seul assurer au Japon que, dans un avenir plus ou moins rapproché, des défaites sanglantes, subies en repoussant d’injustes agressions, n’humilieront pas ses armes, n’aviliront pas son gouvernement, et, par contre-coup, n’occasionneront pas la chute d’un édifice social debout depuis vingt-cinq siècles. Tel est l’objet désintéressé de nos vœux et de nos conseils.
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- Essayons de rendre service an genre humain, en conservant, comme des trésors et des monuments d’un prix inestimable, l’indépendance et la grandeur d’une nation, supérieure à tant d’égards, nation digne d’être admirée pour son caractère et sa civilisation.
- Quand les Occidentaux seront bien convaincus qu’ils ne peuvent pas asservir aisément le Japon, en faire la proie de tout trafic, illicite ou non, et l’esclave exploité de leurs colonies lointaines, ils élargiront en sa faveur le cercle du droit des gens, tel qu’il embrasse aujourd’hui l’Europe et les Etats-Unis. Ce sera quelque chose, en attendant le droit commun de l’univers, que peut-être l’univers n’obtiendra jamais.
- Progrès récents des Japonais pour transformer leurs forces militaires et navales.
- Je dois présenter maintenant quelques indications qui nous ont été révélées par le gouvernement néerlandais. Elles prouveront que les Japonais sont déjà très-disposés à s’approprier nos arts militaires et maritimes. Je puise les faits dans les rapports ministériels adressés au roi des Pays-Bas.
- Le 22 août i854, le pyroscaphe royal le Soembing (néerlandais) fit son entrée à pleine vapeur dans la baie de Nagasaki. Le gouverneur delà ville pria le commandant de ce navire de vouloir bien faire initier des officiers, des fonctionnaires, des mécaniciens et des marins japonais à la connaissance de la construction navale, des arts mécaniques, du maniement du fusil et du canon, du travail des forges et de plusieurs autres parties du service naval. Cette instruction commença le 26 août, et se continua chaque jour, tantôt à bord, tantôt sur la côte: elle
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- était suivie par un nombre de personnes qui sans cesse augmentait.
- Le commandant, l’état-major, les sous-officiers et l’équipage s’acquittèrent avec empressement de cette tâche pénible; car on comprend toutes les difficultés d’expliquer à des étrangers la mécanique, les arts et les métiers. Mais la grande curiosité des Japonais, jointe à leur rare aptitude, rendit la chose possible. En peu de temps ils apprirent les termes hollandais de marine et d’artillerie, puis la dénomination des diverses parties d’une machine à vapeur.
- Le 5 octobre, arrive une députation de cinq membres envoyés par la cour de Jeddo pour visiter le Soembing ; elle vient demander au commandant de ce vapeur des enseignements sur la construction navale et la mécanique. Celui-ci s’empresse de les leur donner.
- La Cour suprême offrit en présent à M. Fabius, capitaine du Soembing, deux sabres d’honneur tels que les portent les grands du Japon : c’était un témoignage de gratitude pour les leçons que lui, ses officiers et son équipage avaient données aux Japonais sur les sciences et les arts de la marine.
- Au moment où le vapeur Soembing s’apprêtait à repartir pour Java, le gouverneur de Nagasaki fit conduire à bord, afin d’offrir leurs remercîments au capitaine, les deux cents élèves que M. Fabius et ses subordonnés venaient d’instruire avec un noble désintéressement.
- Afin d’étendre plus loin sa reconnaissance, le gouvernement japonais accorda spontanément aux négociants des Pays-Bas toutes les immunités et toutes les facilités qu’il pourra jamais accorder à la marine ainsi qu’au commerce des autres nations.
- Pour répondre aux vœux du gouvernement japonais,
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- celui de la Néerlande établit à Dézima une bibliothèque scientifique, en y joignant une collection de modèles de mécaniques et d’instruments ; on accroît les moyens réciproques d’apprendre aux Japonais le hollandais, aux Hollandais le japonais. Le docteur Van Boek, le médecin de la factorerie, continue, pour le public éclairé de Nagasaki, ses cours de sciences appliquées à l’industrie.
- Un ingénieur des mines est envoyé pour éclairer le Japon sur ses richesses minérales et sur l’art de les exploiter.
- Ce n’est pas tout : on fait présent au Ziogoun d’un yacht à vapeur; on s’occupe de construire, en Hollande, deux autres vapeurs à hélice, que la cour suprême a demandés pour sa marine militaire; on envoie à Dézima un détachement de soldats artilleurs de marine, pour continuer avec plus de suite et de régularité l’enseignement qu’en 1854 avait commencé M. Fabius, commandant du Soem-bing. Ces dispositions nouvelles étaient prises au commencement de 1855.
- Dès que le yacht à vapeur eut été reçu par l’envoyé de l’empereur, on le fit monter par un équipage japonais, afin de s’approprier la connaissance pratique de la navigation nouvelle.
- Ici finissent les bons offices de la puissance européenne. Le gouvernement de Jeddo demandait, à son grand honneur, qu’on lui fournît le matériel complet d’un atelier de construction d’artillerie, une fonderie, une forerie de canons, un arsenal de constructions navales. Cette demande est rejetée par les Néerlandais; mais, pour adoucir leur refus, ces amis calculateurs accordent un troisième vapeur à hélice. En agissant avec cette réserve, ils voulaient que le gouvernement japonais leur accordât de plus grandes concessions commerciales. Us se trompaient;
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- celles-ci ne devaient être obtenues que par le contre-coup des victoires anglo-françaises de 1858.
- Citons les termes du rapport des ministres néerlandais en 1857 «A mesure que le Japon montrait des dispositions à renoncer à son système et à modifier ses institutions, le gouvernement néerlandais consentait successivement à lui créer une marine militaire sur le pied européen ; car du moment où les relations du Japon avec les autres pays allaient devenir sérieuses, on ne pouvait pas lui refuser les moyens de défendre au besoin son indépendance. » Auparavant, il faut que le Japon accepte pleinement le commerce avec les Occidentaux; et comme en 1857 il n’y consentait pas encore, les ministre néerlandais disaient à leur monarque : « C’est pourquoi nous proposons à Votre Majesté de ne pas donner suite à quelques nouvelles demandes du Japon pour des munitions de guerre et d’autres articles nécessaires à la défense du pays, aussi longtemps qu’il ne témoignera pas ouvertement le désir d’entrer dans le système de réformer ses institutions au sujet du commerce. »
- En conséquence «on refusera la demande du Japon, d’envoyer des officiers d’artillerie et du génie à Dé-zima. »
- D’après les termes de ce rapport, il semblerait qu’au-jourd’hui les Néerlandais ne peuvent, sous aucun prétexte, repousser les demandes du Japon pour se créer des établissements complets d’artillerie moderne; s’ils rejetaient ces demandes, un peuple rival et voisin, les Belges pourraient y satisfaire largement. Les seuls établissements de Liège suffiraient pour doter le Japon des meilleurs mécaniciens d’un grand arsenal d’artillerie; iis sont en état de vendre pour de grandes armées un assortiment inépuisable d’armes de main et de bouches à feu, depuis les
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- revolveurs jusqu’aux carabines, depuis les pierriers jusqu’aux canons-monstres.
- Pour créer un grand arsenal de constructions navales, les Anglais, les Français et les Yankies fourniraient à l’envi le matériel et le personnel. L’arsenal maritime d’Egypte était français, et les portes en fer des bassins de Sébastopol étaient l’œuvre des Anglais.
- Tels sont les moyens rapides qui rendront l’empire du Japon assez respectable pour réaliser le vœu que je formais naguère : celui de voir cette nation assez avancée dans les arts maritimes et militaires pour qu’on accorde à sa puissance de la traiter toujours selon le droit des gens tel qu’il existe entre les Occidentaux. C’est l’unique moyen d’assurer les bienfaits d’une longue paix entre le Japon et l’ancien monde.
- FIN Dü VOLUME.
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- TABLE DES MATIÈRES
- TROISIÈME PARTIE.
- L’ORIENT.
- PREMIÈRE SECTION.
- OCÉANIE ORIENTALE.
- Pages.
- Considérations générales sur l’étendue de l’Océanie........ i
- Distances des trois points capitaux qui limitent l’Océanie. 2
- Côtes extrêmes de l’Amérique, à l’ouest de l’Océanie....... 3
- Dernières limites des possessions anglaises : Colombie britannique ............................................. Ibid.
- Premières possessions océaniques de la Russie....................... 4
- Grande vallée orientale de l’océan Pacifique........................ 5
- CHAPITRE PREMIER.
- POLYNÉSIE.
- Ier. — Archipel des îles Sandwich.............................. 6
- Un grand roi : Taméaméah le Civilisateur................... 8
- Les principales îles Sandwich...................................... 18
- Population................................................. 19
- Recensement de la population fait en décembre i853.........Ibid.
- Décroissement de la population.................................... 20
- Heureuse situation des îles habitées............................... 21
- Tableau du commerce total des îles Sandwich................ 23
- Gouvernement représentatif et ses rapports avec le commerce.. . Ibid. 2. — Les îles Dangereuses et les îles de la Société : Rougainville. .. 2 5
- Tahiti....................................................... Ibid.
- La liberté religieuse apportée par les Français............ 37
- Commerce de Tahiti............................................... 42
- Mouvement naval du port de Papéki en i856................. .. Ibid.
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- 526 TABLE.
- Pages.
- Valeur des importations et des exportations en 1856......... 4 a
- § 3. — Les îles Marquises.......'................................. 43
- § 4. — Iles basses : groupe des îles Gambier......................Ibid.
- S 5. — Nouvelle-Calédonie et ses dépendances...................... 46
- Côte orientale............................................. 48
- Côte occidentale. ...............................'.......... 5i
- CHAPITRE II.
- AUSTRALIE.
- Nouvelle-Hollande : Botany-Bay.............................. 54
- Colonisation par les déportés à Bolany-Bay..................Ibid.
- S 1er. — Nouvelle-Galles du Sud.................... .............. 55
- Premier gouverneur, lé capitaine Phillip.................... 56
- Découverte de Port-Jackson................................... 57
- La Peyi’ouse à Botany-Bay. . ............................... 58
- Le gouverneur Ring : premiers soins pour l’enseignement populaire ......................................................... 60
- Le gouverneur Macquarie................................. Ibid.
- Situation de la Nouvelle-Galles en 1820..................... 62
- Superficie et peuplement progressif........................... 65
- Premiers progrès de la Nouvelle-Galles du Sud...............Ibid.
- Progrès décennaux mesurés d’après les nombres qui précèdent.. Ibid. Dénombrement de la Nouvelle-Galles du Sud, 1840 à i84i•..• 66
- Recensement de i845-i846..................................... 68
- Emigrations volontaires...................................... 69
- Emigrations volontaires, par périodes quinquennales, du Royaume-
- Uni pour l’Australie et autres lieux, entre 1825 et i855..Ibid.
- Les Chinois en Australie.................................... 70
- Ville de Sydney............................................. 71
- Villes de Paramatta et du Nouveau-Newcastle................. .74
- Progrès agricole et pastoral.................................. 75
- Puissante influence du colon Mac-Arthur.....................Ibid.
- Nombre des adultes producteurs et des grands animaux utiles, en
- 1820....................»................................. 77
- Progrès ultérieurs du système pastoral........................ 78
- Dénombrement comparé des animaux domestiques, en 1810 et
- i845......................................................Ibid.
- Proportions pour mille habitants........................... Ibid.
- Mise en fermage des terres de la couronne pour l’élevage des
- troupeaux............................................... 79
- Aliénation successive des terres de la couronne............... 80
- Sage application du produit de la vente des terres.......... 81
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-
-
-
- TABLE.
- 527
- ’ages.
- Dernier recensement de ia Nouvelle-Galles du Sud après la séparation de trois nouvelles colonies............................... 82
- Caisses d’épargne et leurs rapports avec la vente des terres... 83
- Constitution représentative en Australie..................... Ibid.
- Beau tableau du génie britannique dans ses colonisations, par
- M. Gladstone.. . ............................................. 84
- Découverte de l’or dans la Nouvelle-Galles du Sud.............. 85
- Parallèle de l’or transporté des gîtes aurifères à Sydney avec les
- droits perçus............................................... 86
- Absence d’exploitation des quartz aurifères...............Ibid.
- Hôtel des monnaies de Sydney................................... 87
- Or monnayé dans Sydney depuis la création de cet hôtel, 18 mai
- 1855, jusqu’à la fin de l’année i856............... .......Ibid.
- Nouveau district de Port-Philippe..............................Ibid.
- Description du lac ou golfe nommé Port-Philippe................ 88
- Fondation de Géelong et de Williamstown........................ 89
- Fondation de Melbourne, capitlae du district.. ................Ibid.
- Industrie pastorale du district de Port-Philippe............... go
- Progrès des laines exportées de 1837 à i<85i................... 91
- Progrès du nombre des habitants; leur esprit d’indépendance.. . 92
- Erection du district de Port-Philippe en colonie séparée. .....Ibid.
- — Victoria........................................................ g3
- Limites géodésiques de Victoria................................Ibid.
- Frontières de la colonie..................................... Ibid.
- Superficie et population........................................ g4
- Découverte et production de l’or dans la colonie de Victoria.. . . g5 Conditions sociales comparées de Victoria et de la Californie depuis la découverte de l’or....................................Ibid.
- Quantités et valeur de l’or produit de i85i à i856............. 98
- Première période : or natif obtenu par le lavage ou le remuement
- cl es terrains aurifères....................................Ibid.
- Seconde période : exploitation récente des quartz aurifères. .-. . . 99
- Ressources qu’offrent les gîtes aurifères pour le présent et l’avenir. .. . .................................................. 100
- Du personnel employé pour la recherche de l’or................. 101
- Habitants des districts aurifères, en décembre i856............ 102
- Des mineurs chinois........................ . ^................Ibid.
- Obstacles mis à l’immigration des mineurs chinois en Australie. io3
- Justice rendue aux mineurs chinois............................Ibid.
- Un impôt anglais et protectionniste! Taxation de l’activité chinoise.....................................v..................... 104
- Rivalité singulière des travailleurs anglo-saxons et chinois...Ibid.
- Les doléances d’un Chinois en Australie........................ 107
- Ouvriers mineurs de race européenne............................ ni
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-
-
-
- TABLE.
- Extrême inégalité des deux sexes de race européenne dans les
- districts aurifères........................................ 112
- Situation la plus récente des deux sexes, . ..................Ibid.
- Moyens d’assurer l’ordre public parmi les populations des districts
- aurifères.................................................. 113
- Marche de l’or après sa sortie des districts aurifères........ 114
- Achat et revente de l’or par les compagnies de banque......... 115
- Développement progressif des banques de Victoria.............. 116
- Introduction et multiplication singulière du papier-monnaie dans
- un pays qui regorge d’or.....................................Ibid.
- Remarques sur le progrès des banques et de leurs dépôts.. .... 117
- Economie du transport de l’or au delà des mers................ 118
- Quantités et valeur de l’or exporté de Victoria...............Ibid.
- Exportations réunies de la Nouvelle-Galles et de Victoria.. .... Ibid. Répartition de for exporté entre l’Angleterre et les autres contrées en 1856.................................................. 119
- Répartition de l’or exporté entre l’Angleterre et les autres contrées, de i85i à i856......................................... 120
- Faible part qui reste à l’étranger..............................Ibid.
- Examen des influences exercées par la production de l’or sur la
- colonie de Victoria.......................................... 121
- Influence spéciale exercée par l’or sur les deux cités de Géelong
- et de Melbourne............................................. Ibid.
- Proportion avec la population des cités de Géelong et de Melbourne. . ....................................................Ibid.
- Influence exercée sur la population . »........... ........... 122
- Parallèle entre le progrès des populations urbaines et celui des
- populations extérieures.................................... Ibid.
- Influence exercée sur les constructions urbaines......;•...... 123
- Exécution magnifique de la conduite des eaux pour l’usage des
- habitants de Melbourne.......................................Ibid.
- Prix excessifs de la main-d’œuvre............................. 12/1
- Cherté corrélative des loyers................................. 1 2 5
- Comparaison des prix de main-d'œuvre pour les chercheurs d’or
- et les professions urbaines..................................Ibid.
- Etat des mœurs au sein des cités.............................. 12b
- Usage excessif du port d’armes cachées..........................Ibid.
- Valeur des armes importées annuellement en Victoria depuis la
- découverte de l’or.......................................... 127
- Situation la plus récente de Melbourne..........................Ibid.
- Influence de la découverte de l’or sur l’instruction publique. ... 129
- Diffusion du savoir le plus élémentaire.......................... Ibid.
- Nobles sacrifices des colons................................ .. . j3o
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-
-
- TABLE. 529
- Pages,
- Du gouvernement clans ses rapports fiscaux avec les produits
- aurifères.................................................. i3i
- Droits d’exploitation des sables aurifères....................Ibid.
- Revenus coloniaux de Victoria................................. i3a
- Utile emploi d’une partie des revenus Æn faveur des travaux publics. . .......................................*.............Ibid.
- Influence de la découverte de l’or sur l’industrie pastorale.. 133
- Rapide accroissement des laines exportées du territoire de Victoria, avant la découverte de l’or..............................Jbid.
- Ralentissement ultérieur et ses causes. ...................... i34
- Prix croissants du mouton par kilogramme...................... i35
- Faveur croissante de l’élevage des chevaux et de la race bovine.. 136 Progrès de l’agriculture; extension soudaine des terres de labour. Ibid.
- Rapide extension des terres mises en culture.................. 137
- Négligence des méthodes, et perfection des instruments aratoires. Ibid. Rendement des terres; avenir de la colonie. ................ Ibid.
- L’or devenu véhicule des progrès de l’agriculture............. 138
- Influence exercée par la vente des terres, et conséquences relatives à l’accroissement de la population....................... i3q
- Tableau du produit de la vente des terres appartenant au domaine
- public................................................. i4o>
- Superficie et valeur des terres vendues.......................Ibid.
- Reproches adressés au sujet de la vente des terres par lots trop
- peu divisés................................................, . 14 J
- Véritable étal des choses.....................................Ibid.
- Emploi du produit des ventes pour améliorer l’immigration.... i43 Emigration d’Angleterre en Victoria pendant l’année 1854 ; parallèle des émigrants secourus et non secourus................ 144
- Résumé du parallèle précédent.................................. Ibid.
- Tableau de la dépense effective et des émigrants secourus..... 14 5
- Commerce de Victoria............................................Ibid.
- Efforts de la métropole pour aller au-devant des besoins de Victoria ........................................................ 14 6
- Secours puissants offerts au commerce {far le progrès de la navigation.................................................... Ibid.
- Economie remarquable des frais de transport entre l’Angleterre
- et l’Australie............................................... 147
- Proportion des frais du transport des produits d’Angleterre en
- Australie................................................... 148
- Bon marché comparatif des produits importés.....................Ibid.
- Lutte entre les progrès de Victoria et l’audace des importateurs
- d’Angleterre............................................... i4g
- Premiers efforts de 185 x à 1852................................Ibid.
- Envois de 1851 à la colonie de Victoria.......................Ibid.
- INTRODUCTION. U. 34
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-
-
-
- 530
- TABLE.
- Pages.
- Commerce de i85a. Première excitation de l’or.................. . i5o
- Seconde excitation,de j 85a à i853........................... Ibid.
- Crise commerciale en Victoria, de i853 à i854 ................. . 151
- Les banqueroutes de 1854...................................... i5a
- Effet de la peur chez les négociants anglais en i855............ Ibid.
- Recrudescence d’audace métropolitaine en i856................. i53
- Équilibre final...............................................Ibid.
- Approvisionnement spécial et progressif des tissus de colon. ... i54 Mètres de coton envoyés de la métropole pour Victoria.. ...... i55
- Commerce des effets à usage et de la mercerie................. i56
- Valeur des effets à usage et des merceries envoyés par l’Angleterre............................................. Ibid.
- Indications adressées à l’industrie française.................Ibid.
- Commerce des instruments producteurs et des machines.......... 187
- Valeur des machines et des instruments producteurs, apportés à
- Victoria de 1851 à 1857.................................... i58
- Force productive industrielle de Victoria dès i855............ i5q
- Commencement d’exploitation des mines de cuivre................ 160
- Cuivres des mines de Victoria envoyés en Angleterre........... 161
- Progrès général du commerce extérieur de Victoria.............Ibid.
- Tableau des importations progressives de x85i à i854.......... 162
- Énorme supériorité des importations britanniques...............Ibid.
- Beau développement du commerce des Américains Yankies. ... i63
- Exportations de Victoria. . ...................................Ibid.
- Tableau des exportations de Victoria, de i85i à i854, y compris
- l’or non monnayé............................................ i64
- L’or moral en Australie........................................Ibid.
- Une bienfaitrice du peuple..................................... i65
- Deux monuments réclamés pour l’honneur de l’humanité...... 173
- Action gouvernementale en Victoria............................. 174
- S 3. — État de Sud-Australie....................................... 176
- Ville et port d’Adélaïde...................................... Ibid.
- Progrès de la population...................................... 177
- Richesses minérales......................................... Ibid.
- Mines de cuivre. . .............,............................. 178
- Ralentissement du progrès de la population sud-australienne par
- l’effet de l’or découvex t en Victoria.....................Ibid.
- Population anglo-saxonne de Sud-Australie..................... 179
- Immigration provenant de la métropole : secours efficaces...... Ibid.
- Proportion comparée des deux sexes dans quatre États principaux,
- à la fin de 1856........................................... 180
- Immigration chinoise opérée en traversant Sud-AusLralic........Ibid.
- Beau témoignage officiel en faveur des Chinois................ 181
- Industrie pastorale.............................. . v.........Ibid.
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-
-
- TABLE.
- 531
- Pages.
- cipales colonies australiennes.............................. 181
- Nombre des grands animaux domestiques par mille personnes du
- sexe masculin.............................................. 182
- Les cultures.....................................».............Ibid.
- A. Hectares de terre cultivés par les quatre colonies : i856. i83
- B. Hectares de terre cultivés par mille habitants............Ibid.
- Proportion de froment récolté par mille habitants, d’après l’ensemencement de x 856....................................... 184
- De la division des terres en Sud-Australie..................... i85
- Situation des fermes,en x855...................................Ibid.
- La beauté donnée par l’agriculture à Sud-Australie, devenue
- l’Australie heureuse....................................... 186
- Des Australiens aborigènes...................................... 187
- Désolante opinion d’un gouverneur de Sud-Australie............. 188
- Oh se trouvent la vérité et l’humanité......................... 189
- Beau problème à résoudre....................................... 191
- Le gouvernement et les lois de Sud-Austi’alie.................. 192
- Magnifique énumération des lois votées par l’État naissant de
- Sud-Australie dans la première session : i855 à i856........ 193
- Vaste système de communications électro-télégraphiques........... 197
- • Etablissements divei’s dans l’ouest de l’Australie............... 198
- Essai d’établissement dans la baie de Melville................. 199
- Etablissement de Poi't-Victoria. ..............................Ibid.
- 4. — Colonie de l’Ouest-Australie................................. 200
- Situation matérielle de la colonie.............................. 201
- Commerce général de x854, d’après les évaluations coloniales. . 202 Commerce général de l’Ouest-Australie pour l’année x855. .... 2o3 Commerce de la Grande-Bretagne avec l’État d’Ouest-Australie
- en i856...................................................... 204
- Etablissement catholique en Australie, et spécialement en Ouest-
- Australie...................................................Ibid.
- Couvent agricole de Saint-Benoît : Nouvelle-Nursie............. 206
- Un artiste bénédictin de Solesme, en Australie................. 209
- 5. — Ile ou terre de Van-Diémen : Tasmanie.......................Ibid.
- Bass et Fiinders explorent le contour de l’île................. 2x0
- Superficie et figure de l’île................................... 212
- Les trois sommets de l’île de Tasman...........................Ibid.
- Mer intérieure de Bass, qui sépare la Tasmanie de l’Australie. . Ibid.
- Canal d’Entrecasteaux.....................-. .................. 213
- Description des abords de Hobarl-Town........................... 2i4
- Colonisation de la Tasmanie..................................... 2i5
- Triste destinée des aborigènes.............................. Ibid.
- Progrès de la population de race européenne depuis l’origine... 216
- 34.
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-
-
- 532
- TABLE.
- Pages.
- Eaux intérieures de navigation et d'irrigation................ 217
- Les cultures de la Tasmanie...................................Ibid.
- Industries maritimes de la Tasmanie........................... 218
- Pêche de la baleine........................................ Ibid.
- Construction des navires...................................... 219
- Navires à vapeur appartenant aux ports de la Tasmanie.........Ibid.
- Sir John Franklin, gouverneur de la Tasmanie, et lady Franklin. Ibid.
- Du traitement des condamnés à la déportation................ 220
- La Tasmanie devenue pour les condamnés une succursale de la
- Nouvelle-Galles du Sud..................................... 224
- Un bagne de Tasmanie pour châtier les condamnés parmi les
- déportés coupables de nouveaux méfaits....................... 225
- Le pénitencier de Port-Arthur organisé par le capitaine O’Hara
- Bootli.................................................... 226
- §6. — Nouvelle-Zélande............................................. 232
- Première tentative de colonisation par la France i.......... Ibid.
- Occupation par les Anglais..................................... 233
- Limites géographiques......................................... 2 34
- Du climat et du territoire.......................-............ 235
- Des cultures....................................................Ibid.
- Ile Nouvelie-Ulster........................................... 236
- Ile Nouvelle-Munster. . ........................................ 237
- Essais d’exploitation de l’or................................. 2 38
- Ile Stewart ou Nouvelle-Leinster............................... Ibid.
- Populations de la Nouvelle-Zélande............................ 209
- Peuple primitif de la Nouvelle-Zélande : Mélanésie............Ibid.
- Diminution progressive de la population aborigène............. 24o
- Proportioti des populations masculine et féminine............. 2 44
- Influence du christianisme...................................... 248
- Du cannibalisme dans la Nouvelle-Zélande........................Ibid.
- Influence qu'ont exercée les Européens.......................... 249
- Population européenne....................................... 2 5i
- Renseignements sur la population européenne.....................Ibid.
- Accroissements du sexe féminin pour 100 personnes du sexe
- masculin..................................................... 25 2
- Commerce général de l’Australie................................ 253
- Tableau du commerce fait par l’Australie avec les trois principales puissances, en 1 855............................. 254
- Part que la France devrait prendre au commerce de l’Australie. . Ibid.
- Intérêts sociaux de l’Australie................................. 255
- Vœu d’une confédération australienne............................Ibid.
- De la navigation entre le Royaume-Uni et l’Australie.......... 260
- Plaintes des Australiens au sujet des communications par l’isthme de Suez.............................................. 261
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-
-
- TABLE. 533
- Pages.
- Vœu des colons australiens pour qu’un canal maritime leur ouvre
- rislhme de Suez............................................... 262
- Examen spécial du commerce de l’Australie avec le Royaume-
- Uni : son importance relative............................... 263
- Valeur des produits britanniques vendus à l’Australie en général, et spécialement à la colonie de Victoria, depuis la découverte
- de l'or...................................................... 264
- Place occupée par l’Australie, pour la consommation des produits britanniques, parmi les principaux groupes de possessions du
- Royaume-Uni, de i852 à i856 inclusivement.. .................. 265
- Tabieap compare du nombre d’habitants qui, de i852 à i856, consomment la même valeur de produits britanniques dans les
- grandes possessions de l’Angleterre........................... 266
- Rapprochement entre Victoria et les Etats-Unis.................Ibid.
- Suivant quelle inégalité se partage la navigation dans les colonies
- australiennes et dans les ci-devant colonies britanniques... 267
- Tableau comparé du tonnage, soit national, soit étranger, qu’offre la navigation des trois royaumes, i° avec l’Australie, 20 avec
- leâ Etats-Unis : 1887..................................... Ibid.
- Parts proportionnelles de tonnages.............................. 268
- L’Australie comparée avec l’Inde britannique et les Etats-Unis. . Ibid.
- L’Australie et l’Inde............................................ 269
- Destins comparés de l’Australie et des Etats-Unis.............. 2*71
- DEUXIÈME SECTION.
- OCÉANIE ASIATIQUE.
- Topographie générale de l’archipel oriental des Grandes-Indes. . 277 CHAPITRE PREMIER.
- INDE NÉERLANDAISE.
- Population des possessions néerlandaises....................... 278
- Dénombrement général de 1855.......................... 280
- Coup d’œil historique sur l’établissement des Néerlandais dans
- les Indes orientales................................... Ibid.
- Première compagnie commerçante et souveraine dans les mers
- d’Asie...................................................... 282
- L’ancienne Batavia, fondée par la compagnie.................. 2 83
- Du commerce extérieur dirigé par la compagnie................ 286
- Opinions erronées du grand pensionnaire de Witt contre la compagnie des Indes.......................................... 287
- La compagnie, en 1796, remet ses possessions à l’État........ 288
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-
-
- 534 TABLE.
- Pages.
- Organisation du gouvernement général sous l’autorité de la Néer-
- lande.................................................... 289
- Rapports du gouvernement et des religions.................... 2g5
- L’islamisme en présence de la vaccine. . .................... 297
- Premiers gouverneurs généraux des possessions hollandaises, au
- xixe siècle................................................ 298
- Le général Daendels..........................................Ibid.
- Administration du comte Van der Capellen..................... 299
- Population de Batavia en 182/1. ............................. 3oo
- Nombre des esclaves â Batavia.............................. Ibid.
- Nouvelle-Batavia.............................................. 3oi
- Progrès du gouvernement hors de la capitale.................. 3o4
- Premières idées d’un système de culture perfectionnée........ 3o5
- Travaux progressifs des derniers gouverneurs.................. 3o6
- Nouveaux rapports des Hollandais et des Anglais dans l’Inde.. . Ibid.
- Longues difficultés commerciales entre les deux puissances... 3o8
- Parallèle justificatif des cotons ouvrés, d’origine anglaise ou néerlandaise, envoyés à Java de 1838 à 183g................3i2
- Offre magnanime que fait Guillaume II à la Grande-Bretagne., . 3i4
- La vraie gloire de l’Angleterre en Orient.................... 3i5
- Appréhensions persistantes des Néerlandais.................... 3i6
- Moderne système de défense des possessions hollandaises,.....3i 7
- Organisation et force du personnel défensif.................. 3i8
- Défense navale............................................... 320
- Défense naturelle du territoire.............................. 32 1
- Défenses empruntées à l’art.................................. 322
- Système corrélatif des défenses de Sumatra................... 325
- Comment les Hollandais ont étendu leur puissance dans Sumatra......................................................... 327
- Nouveau système producteur à Java............................ 333
- Œuvre du comte Van den Bosch................................. Ibid.
- Accroissement remarquable de la population javanaise, en présence de sa révolution économique............................. 338
- Nombre comparé d’habitants de la Grande-Bretagne et de Java,
- par mille hectares........................................ 33g
- Mesure des succès obtenus à Java.............................Ibid.
- Système exceptionnel des cultures privées à Java............. 34o
- Nombre de Javanais appliqués aux cultures commerciales en 1835. 342
- De la collection des produits javanais...............,.......Ibid.
- Sentiments d’aversion contre les collecteurs chinois......... 344
- Bien-être progressif, gage de la tranquillité dans l’île de Java... . Ibid.
- Ile de Sumatra................................................ 345
- Système de Van den Bosch.....................................Ibid.
- Envois en Hollande par l’île de Sumatra...................... 348
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-
-
- TABLE.
- 535
- Pages.
- Progrès généraux de ia production et du commerce dans l’Inde
- néerlandaise................................................ 348
- Production croissante du café : exportation................... 349
- Accroissement comparé des produits décennaux.................. 35o
- Production du sucre............................................. 35i
- Tableau de l’exportation des sucres...........................Ibid.
- Production du coton............................................ 353
- Production de l’indigo...................................... Ibid.
- Prix successifs de l’indigo dans les ventes de la Société générale. 354
- Production de la cochenille...................................Ibid.
- Production du riz.............................................Ibid.
- Production du poivre.......................................... 355
- Poivre exporté des possessions hollandaises...................Ibid.
- Opinion erronée sur le commerce général des épices............ 356
- Valeur comparée du commerce des épices au commerce total,
- année i84o.............................................. Ibid.
- Valeur des épices monopolisées auxMoluques, en i83o............ 357
- Quantités exprimées en kilogrammes............................Ibid.
- Tableau général des productions exportées, en 184o............ 358
- Commerce de Java fait avec les Etats étrangers, en i84o : produits étrangers réexportés..................................... 359
- Résultats, dans la Néeidande, du commerce des colonies orientales. .. .................................................. Ibid.
- Constructions comparées de France et de Hollande par million
- d’habitants, en i84o.......... .............................. 36o
- Beaux soins de Guillaume Ier pour unir les prospérités du royaume
- des Pays-Bas avec celles de l’Inde orientale...............Ibid.
- Reproche admirablement mérité par Guillaume Ier............... 362
- L’Angleterre ne fait pas autrement, et fait bien..............Ibid.
- Parallèle du commerce de l’Hindoustan pour trois principales
- puissances, année 1855....................................... 363
- Sort du commerce privé à Java................................. 364
- Commerce fait, à Java par des maisons particulières, en i83g. . . Ibid.
- Richesse obtenue par la Société générale........................ 365
- Capitaux comparés de quelques grandes associations commerciales, vers i84o.............................................Ibid.
- Affaires spéciales de Java...................................... 367
- Constitution de la Société générale de commerce des Pays-Bas, considérée dans ses rapports avec les colonies orientales
- (1824)..................................................... 368
- Un roi partenaire : son courage industriel.................... 370
- Tableau numérique des délégués des actionnaires................. 371
- Articles principaux des statuts constitutifs de la Société.... 372
- Organisation de la factorerie des Indes orientales............ 370
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-
-
- 536
- TABLE.
- Pages.
- Moralité qu'il serait bien (l’imiter partout.................. '67 h
- Des commissaires................................................Ibid.
- Répartition des commissaires à nommer dans douze centres
- électoraux...................................................Ibid.
- Action de,la Société dans les mers des Indes orientales...,. . . 376
- Autorité du roi sur la Société : ses abus.. .................. Z77
- Efforts des Hollandais pour faire accepter dans leurs colonies
- orientales les produits de coton belges...................... 378
- Rapport du consul français à Qstende, février 1825 ...........Ibid.
- Prédiction dernière et critique amère des statuts par un léger
- consul français.......,.................................... 379
- Comparaison des bénéfices entre les systèmes financiers de la
- Néerlande et de la Grande-Bretagne, en Orient................Ibid.
- Budgets comparés des possessions orientales des Pays-Bas, à six
- époques différentes..................................... • • 382
- Effets merveilleux des lois protectrices........................Ibid.
- Comment les Hollandais sont sortis du déficit colonial........ 383
- Budget de 1822 pour les diverses colonies..................... 38/L
- Budgets comparés des recettes pour les Indes néerlandaises.... 385
- Dépenses pour i84o............................................. Ibid.
- Bénéfice définitif des colonies néerlandaises pour la métropole. 386 Budgets réunis de la métropole et des Indes orientales néerlandaises........................................»............ Ibid.
- Prolongation d’existence légale de la Société générale; deuxième
- période, 184o à 1854............................v.......... 387
- Tableau des profits de la Société générale d’après le taux primitif. Ibid.
- Réduction des profits à partir de la concession nouvelle...... 388
- Tristes compensations qui retombent sur la Néerlande..........Ibid.
- Banque de Java : ses revers................................... 389
- Remède législatif à la crise commerciale........................ 3go
- Énergique administration métropolitaine de M. Baud........... 391
- Conséquences de la crise sur les revenus de Java..............Ibid.
- Parallèle des opérations commerciales de Java pour i84o et
- 184.......................................................... 392
- Parallèle développé, 1840, i84r et i856.......................... 3g3
- Importations et éxportations par puissance dans l’archipel néerlandais, en i856........................................... 3g4
- Navigation des diverses puissances dans les colonies néerlandaises
- des Indes orientales, en i856.............................. 3g5
- Avenir des possessions néerlandaises en Asie....................Ibid.
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- TABLE.
- 537
- CHAPITRE II.
- ARCHIPEL DES ÎLES PHILIPPINES.
- Pages.
- Limites géographiques de l’archipel des Philippines.......... 397
- Superficie et population des Philippines, en i856. . .'......Ibid.
- Productions végétales....................................... Ibid.
- Productions minérales.......................................... 3g8
- Documents statistiques........................................ 399
- Cultures effectives......................................... Ibid.
- Population possible.......................................... Ibid.
- Du temps nécessaire pour porter à 4o millions la population des
- Philippines. . ........................................... Ibid.
- Progrès désirable : immigration.............................. 400
- Intérêt de l’Espagne et des Philippines au percement de l’isthme
- de Suez................................................ Ibid.
- Distances approximatives de l’Espagne aux Philippines.........Ibid.
- Revenus et population comparés des grandes colonies espagnoles. 4oi Évaluation du produit brut de la terre aux Philippines, d’après
- un mémoire soumis aux cortès...............................Ibid.
- Système imparfait des contributions publiques.................. 402
- Capitation : ses iniquités et ses tristes effets............. Ibid.
- Revue des principales îles.................................... 4o3
- Mindanao...................................................... . Ibid.
- Piraterie dont le repaire est à Mindanao...................... 4o5
- Ile de Leite................................................. 4o6
- Ile de Samar..................................................Ibid.
- Ile Bohol...................................................... 407
- Ile de Zebou.................................................. 4o8
- Ile de Negros.........................,......................Ibid.
- Ile de Panay................................................... 4oq
- Ile de Paiouan............................................... Ibid.
- Mindoro...................................................... 410
- Ile capitale de Luçon . ..................................... 4i 1
- Limites géographiques de Luçon............................. Ibid.
- Les cultures................................................. 412
- Les mines. ................................................... 4i3
- Les industries................................................Ibid.
- Les habitants................................................ Ibid.
- La baie, le port et la cité de Manille........................ 4i5
- Ressources offertes a l’industrie des Philippines.............. 417
- Commerce des Philippines....................................... 418
- Manille et toutes les Philippines............................. 420
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- 538
- TABLE.
- Pages.
- Tableau du commerce extérieur des Philippines en i84r....... 421
- Cabotage.............................. .....................Ibid.
- Tableau du commerce des Philippines en i843 : importations. . 422
- Tonnage par pavillon, en 1853............................... 42 3
- Tableau du commerce des Philippines avec les trois principales
- nations commerçantes, en i855 ...........................Ibid.
- Forces coloniales............................................. 424
- CHAPITRE III.
- LE JAPON.
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- Comment l’Occident a connu l’existence du Japon............. 425
- Première époque, xiu® siècle : le voyageur Marco Paolo......Ibid.
- Expédition de Koubilaï contre le Japon...................... 428
- Christophe Colomb inspiré par Marco Paolo.........*......... Ibid.
- Deuxième époque, xvT siècle. Accueil fait aux Occidentaux,
- terminé par leur expulsion................................. 43i
- Le gouvernement du Japon.................................... 434
- Le peuple japonais.......................................... 437
- Les hautes classes de la société.............................. 43g
- Enseignement national......................................... 44o
- Les connaissances acquises par les Japonais................... 441
- Les vêtements et les costumes............................... 442
- Les armes................................................... 444
- Revue des ports et des principales cités.................... 445
- L’île et le port de Firando.................................Ibid.
- Le port de Nagasaki. ....................................... 446
- Le docteur Siebold; son jugement sur Nagasaki............... 448
- Démoralisation du commerce à Nagasaki........................ Ibid.
- Indigne abus de la fraude européenne........................ 449
- Formes de réception d’un navire étranger à Nagasaki......... 45o
- La factorerie néerlandaise de Nagasaki à Dézima............. 45i
- Personnel de la factorerie.................................. 452
- Premières tentatives des Anglais en présence des Hollandais... . 453
- Leurs idées sur le commerce du Japon........................Ibid.
- Infructueux et dernier essai des Anglais à Dézima........... 454
- Un patriote hollandais...................................... 455
- Excursions des Hollandais hors de l’île de Dézima............ . 457
- Description de la ville et des environs de Nagasaki.........Ibid.
- Les maisons à thé; les hétaires japonaises.................. 458
- Commerce des Chinois à Nagasaki............................. 4 60
- Députations périodiques des Hollandais à la capitale du Japon. . Ibid. Les descripteurs du Japon.................................... 461
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- TABLE.
- 539
- Pages.
- Revue des îies : Kiou-Siou...................................... 463
- Hes de Sikok et de Niphon....................................Ibid.
- La ville et le port d’Ohosaka................................. Ibid.
- La ville sainte : Miako...................................... 465
- Les sciences et les lettres à la cour ou daïri du souverain spirituel........................................................... 467
- Jeddo......................................................... 469
- La classe supérieure et la classe moyenne à Jeddo............ 471
- Un Médicis japonais............................................ 472
- Les palais du Ziogoun : les réceptions et les présents.. .... 473
- Jeddo, résidence des fonctionnaires disponibles et des otages.. . 474
- Les routes impériales et les voyageurs.........................Ibid.
- L’agriculture.................................................. 476
- L’art de produire^ la soie et les soieries................... 477
- Ouvrage moderne publié par un mandarin japonais......'....... 478
- Traduction de l’ouvrage sur l’art d élever les vers à soie au Japon. 479
- Quand fut introduit au Japon l’art d’élever les vers à soie.. 48o
- Instructions paternelles d’un empereur japonais...............Ibid.
- Fêtes consacrées à l’industrie de la soie..................... 483
- Une gracieuse légende.......................................... . 485
- Traductions désirables....................................... 486
- Fabrication du papier au Japon...............................„ 487
- Le vernis du Japon.......................................... Ibid.
- Les pierres précieuses à l’état brut........................... 489
- Combinaison, amalgame des métaux.................. . . ......Ibid.
- La porcelaine du Japon........................................ Ibid.
- Talent d’imitation.............................................. 4g 1
- Culture des beaux-arts........................................ Ibid.
- Conséquences générales de l’exclusion des étrangers..........Ibid.
- Sur certains avantages que l’industrie japonaise doit à l’expulsion
- des étrangers.............................................. 4g3
- Nouvelles relations commerciales des Occidentaux au Japon... . 497
- Premiers bons efforts des Néerlandais.........................Ibid.
- ' Belle mission des Etats-Unis, confiée au commodore Perry... 4g8
- Succès plus grand des Américains, en i858.................... 5oi
- Premiers succès de la Russie.........................;....... 5o2
- Arrivée de lord Elgin à Jeddo ; son traité de commerce.......Ibid.
- Traité de la France avec le Japon............................ 5o3
- Un empereur du Japon qui se fait donner des fusils à tige, et
- non pas un éventail...................................... 5o4
- Conditions divulguées du traité franco-japonais. ..............Ibid.
- Ce qu’il en coûte de n’avoir pas de cadeaux à présenter quand on
- vient traiter avec le Japon.............................. 5o5
- Les exigences des Occidentaux et leurs idées du droit des gens.. 5o6
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- 540
- TABLE.
- Pages.
- Bons avis commerciaux donnés à la France................. 5o8
- Avenir du Japon............................................... 5io
- La force militaire............................................ 5i3
- La force navale............................................... 517
- Progrès récents des Japonais pour transformer leurs forces militaires et leurs forces navales............................... 519
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- FIN.
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