Force productive des nations depuis 1800 jusqu'à 1851. Introduction aux rapports de la commission française instituée pour le jury international de l'Exposition universelle à Londres en 1851
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- FORCE PRODUCTIVE DES NATIONS,
- DEPUIS 1800 JUSQU'A 1851.
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- FORCE PRODUCTIVE
- DES NATIONS,
- DEPUIS 1800 JUSQU'A 1851.
- INTRODUCTION
- ADX
- Rapports de la commission française
- INSTITUÉE POUR LE JURY INTERNATIONAL
- DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE A LONDRES, EN 1851,
- PAR
- LE RARON CHARLES DUPIN,
- MEMBRE DE L’INSTITUT,
- PRÉSIDENT DE LA COMMISSION FRANÇAISE.
- PARIS.
- IM P II IM E RIE IMPERIA L E.
- M DCCC LX.
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- AVANT-PROPOS.
- Ce volume comprend le nord et l'extrême orient de l’Asie, depuis les monts Himâlayas jusqu’au pôle.
- Nous voyons une Sibérie nouvelle, qui s’étend des sources du fleuve Amour aux mers du Japon et de la Corée. Les colons y viennent du fond de la Russie; ils font mille lieues sans arrêt, en chariot, en traîneau, en bateau, selon les lieux et les saisons. Chaque soir ils descendent au caravansérail officiel : chacun, muni d’un numéro primitif, trouve le numéro correspondant du gîte où l’attendent le feu, les vivres, le coucher; puis, le lendemain, les moyens de transport egalement numérotés. Adapter ainsi l’ordre et la rapidité des mouvements militaires aux besoins civils dun empire immense, c’est le vrai génie de Pierre le Grand; là gît l’avenir de la Sibérie orientale.
- Nous voyons ensuite les peuples tartares, et mon-g°ls et mandchoux : agriculteurs au midi du fleuve Amour; pasteurs autour du grand Désert, ou bassin salé de Gobi. Tous sont rangés sous les bannières de 1 empire du Milieu.
- Nous voyons au sud, à l’occident de cet empire,
- ÏNTRODÜCTCOï». — III. a
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- ii AVANT-PROPOS,
- l’état vassal de Siam et celui de la Cochinchine, où la France aujourd’hui fait glorieusement valoir le juste prix d’anciens bienfaits.
- Enfin nous voyons, au revers oriental des Himâ-layas, les peuples du Tibet, sous l’idéale autorité d’un Grand Lama. Ce roi, pontife et Dieu, nous le trouvons relégué sur sa montagne sainte; tandis que tout auprès, dans Lba-ssa, un vicaire civil et militaire, élu pour la vie, administre et gouverne. Dans le demi-siècle que nous étudions, quatre Grands Lamas consécutifs, empoisonnés par ce maire du palais, ont péri dans la fleur de l’âge. Il a fallu que l’empereur de la Chine interposât sa protection suprême, afin de mettre un terme à de tels forfaits. Arrêtons-nous au puissant Etat libérateur.
- Dans les parties déjà publiées de cette Introduction, quand je décrivais de proche en proche la force des peuples de l’Amérique et de l’Océanie, à chaque instant mes regards étaient attirés vers la nation la plus étonnante, au milieu de celles que bientôt je devais parcourir en Orient : je veux parler de la nation chinoise.
- Malgré moi j’anticipais sur son étude, quand je rencontrais ses ingénieux, ses infatigables enfants émigrés en Californie, en Australie, en Malaisie, à Java, aux Philippines; quand je les voyais éloignés de leur terre natale, à d’énormes distances, mais toujours le regard et le cœur tournés vers üne patrie qui les rend les plus fiers des hommes; quand je les observais luttant de courage pacifique, et d’amour du
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- AVANT-PROPOS. m
- travail, et d’art de bien travailler, avec nos races d’Oc-cident les plus laborieuses, les plus patientes et les plus persévérantes : avec les deux races anglo-saxonne et batave.
- Tout m’annonçait un merveilleux sujet d’observations; et pourtant je n’avais encore mesuré ni l’importance ni la grandeur du spectacle qui m’attendait dans l’extrême Asie orientale.
- Ici la moindre des merveilles est celle de l’étendue. Qu’on imagine à côté les uns des autres vingt-tr°is territoires, chacun d’eux égal à la France; de ces vingt-trois unités territoriales, six rempliraient 1 empire du Milieu, la Chine. Les dix-sept autres représentent deux cents ans de conquêtes; elles couvrent aujourd’hui le plateau de l’Asie centrale, d ou sont parties depuis vingt siècles tant d’invasions dont le souvenir ne périra pas plus que les noms d Attila, de Tamerlan et de Gengis-khan. Les frontières sont dignes de l’espace qu’elles renferment. Au nord, c’est la ceinture des monts qui prolongent 1 Altaï parallèlement au cercle polaire; au sud-ouest, cest la vaste chaîne des Himâlayas, nom qui signifie les neiges éternelles, amoncelées au sommet des uionts les plus élevés de la terre, tandis que leur base appartient à la zone tempérée. A l’orient, c’est une barrière érigée par la main des hommes, dans une longueur de cinq cents lieues; c’est un rempart, Une enceinte continue, partout garnie de tours, traversant. les fleuves, les torrents, les précipices, et couronnant le sommet des montagnes. Voilà l’œuvre
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- IV ^ AVANT-PROPOS.
- que les nations ont nommée la grande muraille, et
- quelles comptent parmi les sept merveilles du
- monde.
- Derrière cet abri de géants, le peuple chinois, qui Ta construit, s’est mis à métamorphoser sa terre par des cultures sans pareilles, à distribuer ses eaux avec un art qu’on n’a pas surpassé; il faudrait cinquante vallées du Nil pour égaler l’étendue et la fécondité de ses irrigations, obtenues moitié par l’énergie de l’homme et moitié par le bienfait de la nature.
- Le croira-t-on? depuis deux siècles, des Man-dchoux sont venus présider à ces grands travaux. Leurs sept empereurs ont déjà régné plus de temps que les sept rois qui bâtirent la Ville éternelle. Les trois premiers ont suffi pour pacifier l’empire du Milieu, le quadrupler par leurs conquêtes, restaurer les antiques mœurs, remettre en honneur les institutions séculaires, rallumer le flambeau des lettres, s’interdire à jamais d’augmenter le fardeau des charges publiques, lorsque tout croissait dans l’empire; enfin, par la prospérité générale, faire avancer d’un même pas la multiplication du peuple et celle des biens de la terre.
- En i65o, les Mandchoux n’avaient pas trouvé derrière la grande muraille quatre-vingts millions d’habitants; en moins de deux siècles, on en a dénombré quatre cents millions, et l’on annonce qu’aujourd’hui le chiffre dépasse un demi-milliard. Jamais dynastie n’a vu son sceptre protéger pareil accroissement du genre humain,
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- AVANT-PROPOS.
- Revenons à l’agriculture. Pour constater un développement sans exemple, je me suis considéré comme un simple teneur de procès-verbal, qui laisse parler des cultivateurs, des jardiniers, des botanistes, et qui rapporte avec fidélité la déposition des témoins oculaires.
- J’ai surtout recueilli fidèlement les observations sur le sujet le plus important, le plus étonnant à mes yeux : sur l’agriculteur chinois ; sur cet homme qui, seul entre ses rivaux de toutes les races, accomplit avec la même énergie, la même constance et la même infatigabilité son travail à la fois libre, heureux et joyeux; il l’accomplit sans faiblir, depuis la contrée des grands froids jusque sous le soleil de la zone torride. Résultat admirable, que ne peuvent atteindre, dans les deux climats extrêmes, ni les blancs, ni les uoirs, ni les races cuivrées, ni les peaux rouges.
- Après avoir rempli le métier vulgaire mais utile de greffier, j’ai laissé libre mon âme. Quand j’ai vu la variété, la magnificence des champs fécondés, le genie du cultivateur et les miracles de ses mains, je uie suis sans crainte abandonné au sentiment d’enthousiasme que commande un aussi sublime spectacle; et je me suis demandé ce que pourraient etre, dans leur splendeur et leur enchantement, les Geor-giques de cette incomparable Italie de l’Orient.
- Nous n’avons pas seulement à suivre les progrès de l’agriculture. Les autres arts de la grande contrée orientale ont bien d’autres sujets dignes de notre etude et de notre admiration.
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- VI
- AVANT-PROPOS.
- L’empire de ia Chine a ie droit d’être enorgueilli par le nombre et la priorité de ses inventions, trouvées une seconde fois chez nos peuples tardifs de l’Occident : l’imprimerie; l’aiguille aimantée; la poudre, applicable à la guerre; le feu grégeois, que la mer même n’éteint pas; l’art de faire jaillir du sol des eaux qui s’élèvent d’autant plus haut qu’elles sont puisées à de plus grandes profondeurs; enfin, l’art non moins étonnant de creuser des puits artésiens d’air inflammable, et de faire monter avec de frêles tuyaux de bambou, des entrailles de la terre jusqu’aux palais, aux habitations, aux ateliers, un magnifique éclairage, si récent parmi nous.
- En étudiant la Chine, les Occidentaux les plus judicieux admirent, Ajuste titre, certains arts délicats et d’autres arts simplement utiles : la production de la soie et ses tissus les plus splendides; la culture du coton et quelques-uns de ses tissus les plus modestes, par exemple, celui que le monde a nommé nankin, parce qu’on l’a cherché d’abord dans la seconde capitale de la Chine. Citons ensuite les papiers les plus fins et les plus doux à la vue, sur lesquels sont reproduits dans leur délicatesse extrême nos gravures les plus finies et nos lavis les plus suaves. Citons cette encre consolidée, si facile à délayer, si propre au tracé des traits les plus déliés, aux touches les plus vigoureuses, aux teintes les mieux adoucies que l’aquarelle, et l’architecture, et la géométrie, puissent exiger pour leurs dessins, leurs plans et leurs figures. Citons aussi l’application de la laque et
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- AVANT-PROPOS. vu
- du vernis à la conservation, à l’embellissement des surfaces les plus communes et parfois les plus précieuses. ‘Citons, au premier rang, cette céramique incomparable, à la douce transparence, au blanc naturel éclatant, aux couleurs si fugitives en peinture, fixées à jamais par le feu; et ces beaux aspects garantis par un émail conservateur, translucide comme un cristal, et réfléchissant la lumière avec la magie d’un métal poli.
- Dans les deux grandes Expositions universelles que l’Angleterre et la France ont faites en 1851 et en il a fallu que des Européens se chargeassent de réunir et d’apporter tant d’objets dignes d étude et d’admiration, sans que la Chine imaginât un seul moment de concourir avec des barbares d hier : son orgueil sans bornes nous ravale ainsi d’après notre conduite et non d’après notre ignorance. Elle n avait pas, comme le progressif et moderne Occident, à présenter des inventions de la veille, ou qui dataient seulement d une moitié de vie humaine : titre indispensable pour obtenir de nous des récompenses. Les merveilles de ses arts étaient toutes filles du temps, et luttaient non sans gloire avec notre époque.
- Bien avant les arts physiques et matériels de 1 antique nation, sont placés des titres d’un ordre supérieur : la sagesse élevée au rang des institutions; les ancêtres placés entre le ciel et la famille ; le respect filial, étendu, comme une chaîne, de cœurs en cœurs, depuis le trône jusqu a la plus humble cabane, et depuis le berceau du dernier né jusqu’à la tombe
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- VIII AVANT-PROPOS.
- ’ des aïeux; enfin, le respect politique, faisant vénérer toutes les hiérarchies de la nature et de la société.
- Ce majestueux système fut puisé, dans les âges primitifs, par un moraliste que le genre humain tout entier compte au nombre de ses plus grands hommes, et qui peut-être est le premier parmi les sages. Il est le seul dont l’œuvre, philosophique à la fois et politique, règne depuis deux mille trois cents ans, et règne sur la nation, sans aucune comparaison, la plus nombreuse de la terre.
- Je me suis défendu d’un aveuglement trop commun, qui ferme nos yeux sur les vices et les défauts d’un ordre social qu’aujourd’hui la décadence atteint de toutes parts; mais je n’ai pas oublié combien nos excès et notre injustice ont de part à ses malheurs.
- Que cette immense portion du genre humain qui constitue le peuple chinois, que ces centaines de millions d’êtres pensants nous soient inférieurs, et par leurs cultes idolâtres, et par le trop fréquent oubli de l’humanité et de la merci dans l’action de la justice et dans le châtiment des criminels, enfin par ce dédain du génie des sciences, dédain qui les laisse si loin de nous, hâtons-nous de l’avouer avec sincérité.
- Mais, aux yeux de la Providence, ne sont-ils pas hommes au même titre que nous Occidentaux? Et nous, si fiers de nous-mêmes, leur avons-nous apporté depuis trois siècles, avec tous nos trafics et notre avidité, la vertu, la justice et la bienveillance? Non.
- Entre les mains de l’étranger, la fraude, la vio-
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- AVANT-PROPOS. ix
- lence, ont servi tour à tour à des commerces immoraux, interdits mais en vain par les lois ou par les traités. La piraterie, comme toujours, a suivi les traces de la contrebande; les races européennes en ont disputé les excès et les crimes aux malfaiteurs indigènes. La Chine à présent, même en paix, n’a plus la force de protéger son littoral, et c’est de l’Europe seule que peut venir un salut compromis par les forbans européens. Invoquons une action tutélaire, qui peut être si magnanime, et qui ne sera qu’une réparation.
- Dans l’intérêt du genre humain, il ne peut pas exister deux droits des gens, l’un pour l’Occident, l’autre pour l’Orient. C’est aux hommes de cœur et d’honneur qu’il appartient de réclamer cette unité sacrée du droit des gens en faveur de tout un monde, y compris au premier rang l’empire de la Chine. Il faut la réclamer sans relâche, afin qu’on la respecte autrement que par des paroles et qu’on la mette en œuvre à tout prix, comme une des vertus les plus obligatoires que puisse pratiquer l’universalité des peuples chrétiens.
- Offrons en exemple le traité qui, je l’espère, sera sanctionné bientôt entre les deux empereurs de la France et de la Chine; là, pour les deux nations, le christianisme obtient des protections qui seront l’honneur à jamais durable du négociateur français, M. le baron Gros : citons ces nobles garanties.
- « Art. i3. La religion chrétienne ayant pour objet essentiel de porter les hommes à la vertu, les mem-
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- X AVANT-PROPOS,
- bres de toutes les communions chrétiennes jouiront d’une entière sécurité pour les personnes, leurs propriétés et le libre exercice de leurs pratiques religieuses ; une protection efficace sera donnée aux missionnaires qui se rendront pacifiquement1 dans l’intérieur du pays, munis des passe-ports réguliers dont il est parlé dans l’article 8.
- « Aucune entrave ne sera apportée par les autorités de l’empire Chinois au droit qui est reconnu à tout individu, en Chine, d’embrasser, s’il le veut, le christianisme, et d’en suivre les pratiques sans être passible d’aucune peine infligée pour ce fait.
- « Tout ce qui a été précédemment écrit, proclamé ou publié en Chine, par ordre du Gouvernement, contre le culte chrétien est complètement abrogé et reste sans valeur dans toutes les provinces de l’empire. »
- Ce dernier paragraphe, la France seule en a fait une condition de son alliance ; les autres traités ne le contiennent pas.
- C’est la France qui la première, pour la liberté des indigènes, aura fait sur les préjugés, les erreurs et les passions des Chinois cette mémorable conquête, en effaçant les iniquités de leur passé.
- La revendication du droit des chrétiens : commencée, dans l’Asie, par Philippe-Auguste; poursuivie , dans l’Afrique, par saint Louis ; réalisée, agrandie, dans le Levant, par Louis XIV, elle trouve aujourd’hui, sous Napoléon III, sa plus lointaine et
- 1 C’est-à-dire sans se permettre de violer les lois du pays par aucun acte, par aucune intrigue, ni même par des paroles.
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- AVANT-PROPOS. xi
- plus complète extension. C’est nous qui, depuis six cents ans, plaçons ce droit de la conscience chrétienne au rang des libertés du monde.
- Les amis de tels intérêts ont regretté profondément qu’une imprudence déplorable ait ajourné la ratification d’un traité qui sera pour la France un titre de gloire.
- Heureusement la sagesse combinée de notre gouvernement et de celui d’Angleterre a choisi la voie la plus efficace pour réparer ce malheur.
- Le baron Gros et le comte d’Elgin, les éminents et sages auteurs des traités de i858, retournent en Chine. Ils vont faire cesser un funeste malentendu; ils concilieront avec la majesté des souverains qu’ils représentent les justes égards qui sont dus au plus grand empire de l’Asie. Par la puissance de l’estime, ils raviveront une alliance que ne confirmeraient jamais le dédain, la hauteur et la violence.
- Puisse leur amour de l’humanité imaginer des garanties qui protègent les familles innocentes ainsi que le commerce honnête! puissent-ils empêcher que les agrandissements espérés dans le trafic étranger ne soient aussi l’agrandissement parallèle des fléaux qui déjà désolent un vaste empire! J’ai tâché d’en signaler les sources les plus funestes; il en est une entièrement chinoise. Indiquons-la.
- Pour embrasser l’ensemble du programme de l’Exposition universelle, à côté des arts de la paix, mon devoir est d’étudier aussi les arts de la guerre et de la marine. Hélas! je n’ai trouvé de remarquable qu’une
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- XII AVANT-PROPOS.
- guerre et sociale et religieuse qui depuis dix ans
- ronge le cœur d’un grand Etat.
- Le croira-t-on? cette guerre a pour auteur un maître d’école de village, et de si faible génie, qu’il n’a pas pu s’élever au plus bas degré du mandarinat. Dans sa soif de toutes les fortunes, il veut commencer par le plus facile en Orient : il se fait Dieu ! Plus lentement, plus tard, il se fera roi, puis candidat à l’empire.
- Par son insolente théogonie, il daigne accorder que Dieu le père continuera d’occuper le premier rang; Dieu le fils sera déclaré Frère aîné: mais tous deux resteront confinés dans le ciel. Lui, le pédagogue illettré, sera le Frère paîné, frère divin, chargé des intérêts d’ici-bas; il s’arrogera le droit de régner sur le monde terrestre, à commencer par la Chine.
- Sous la conduite de ce Dieu factice, des fanatiques, alliés à des pirates indigènes, font une guerre de forbans. Ils mettent trois ans à dévaster cent lieues de pays, mesurées en tous sens. L’espace est assez vaste pour mériter au céleste Fils puîné le titre d’Em-pereur : la dynastie des Taï-ping est proclamée par l’impudent maître d’école.
- Un projet reste à réaliser. Les anciens pirates maritimes, poussés par l’instinct de la navigation, veulent conquérir le Grand fleuve, couvert de jonques chargées d’immenses trésors. On compte, il est vrai, trois cents lieues entre le fond des montagnes et le rendez-vous de ces richesses nautiques; c’est l’espace qu’ils sauront franchir en bravant tout. De pillage
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- AVANT-PROPOS.
- en pillage, ils arrivent au bord du fleuve, puis au pied des trois cités dont les trois ports sont contigus; ils font main basse sur les jonques mouillées là par milliers. Le moindre contre-maître éprouvé par la mer et par la piraterie fait sa proie d’un navire, flont il devient le commandant.
- L’insurrection alors s’embarque tout entière, mettant à bord vivres, trésors, recrues, otages de tout âge et de tout sexe. La flotte innombrable lève l’ancre à la fois. On part ; on descend avec la triple vitesse de l’eau, des rames et du vent. On pousse à Nankin, qui va devenir la capitale d’un nouveau Céleste Empire. Partout les forbans ont capturé la poudre, qui leur servira pour piller encore. Sous le rempart de la ville attaquée, ils creusent une mine énorme, et trente mètres d’une seule brèche ouvrent la place. La garnison tartare, épouvantée, demande la vie ; on la tue avec toutes ses familles, et vingt mille Mandchoux sont exterminés. On tue pareillement ceux qui gardaient Chin-kiang-fou et Kia-king, les deux clefs du grand canal Impérial.
- Au moment où l’on croit tout désespéré pour l’ancien gouvernement, une invisible main arrête les rebelles; ils s’énervent au milieu de leur plus grande victoire et sont vaincus par leurs propres excès.
- Dans l’immense et riche capitale qu’ils viennent d’acquérir, la spoliation, la ruine, ont atteint la plus grande partie des maisons privées et des édifices publics. La merveille du monde, la tour même de
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- XIV AVANT-PROPOS.
- Nankin, est tombée sous la fureur des barbares : ils font fait sauter pour écraser sous ses ruines un de leurs chefs et son parti.
- L’insurrection, poursuivant son cours, a pareillement dévasté chaque autre ville envahie. Des conquérants, toujours pirates, n’ont su vivre que de butin. Leur revenu public a duré tant qu’il s’est trouvé des cités circonvoisines à piller; le dénûment atteint aujourd’hui les spoliateurs.
- Dans le plus récent traité de commerce, par une clause où respire le génie chinois, le légitime souverain du Céleste Empire accorde à l’ambition britannique la faculté de commercer et de naviguer sur l’Yang-tzé-kiang, mais, remarquons ceci, d’y naviguer lorsque ce fleuve aura cessé d’être la proie des rebelles.
- L’été dernier, l’Angleterre a fait voir comment, d’un souffle, elle abattra les insurgés que tout un empire n’a pas pu réduire en dix ans. Balayant les eaux du Grand fleuve avec le pavillon devant qui tout tremble en Asie, elle a commencé contre les rebelles le combat du commerce britannique.
- Le comte d’Elgin, supérieur avec cinq navires à tous les feux de Nankin, la capitale des rebelles, chemin faisant, a rasé leurs batteries. Sans s’arrêter un seul jour, il a continué la remonte de l’Yang-tzé-kiang, et la terreur a marché devant lui plus vite que sa vapeur et ses voiles. Elle l’a précédé jusqu’aux trois cités jointes par trois ports, et concentrant ainsi le plus vaste marché du monde.
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- AVANT-PROPOS. xv
- Déjà, sans escorte et par des. voies invisibles, à deux cents lieues de l’Océan, Manchester avait devancé son ambassadeur. Ses tissus étaient là, mais à titre de montre : en attendant les centaines de millions de mètres, aunés déjà par l’espérance ! Il avait fallu deux frégates pour que Mylord brisât les obstacles à la remonte. Deux canonnières lui suffisent à la descente, et, loin d’être atteint par de nouveaux boulets, il reçoit partout des excuses.
- Voilà le premier avertissement donné par la reine des mers à l’insurrection; à l’insurrection, qui doit mourir, afin que l’Angleterre fasse naître un de ses commerces nouveaux.
- Le double tableau que nous allons présenter donnera d’un côté le développement des forces produc-, tives, de l’autre celui des forces destructives. Par ce moyen seulement on connaîtra l’état actuel de la Chine.
- Au moment de faire tirer cette feuille, après tout l’ouvrage, nous apprenons -qu’un ultimatum rejeté n’a pas attendu le retour des deux ambassadeurs. Peut-être avant leur arrivée les combats auront déjà recommencé. Le succès final ne peut être incertain quand il s’agit d’une expédition combinée où les Français et les Anglais vont réunir à vingt mille hommes de l’armée de terre vingt mille marins : les uns et les autres expérimentés autant qu’intrépides.
- En souhaitant aux nôtres la victoire, nous sou-
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- XVI AVANT-PROPOS,
- haitons avec encore plus d’ardeur son objet et sa fin, la paix. Nous souhaitons une paix généreuse, qui laisse au vaincu sa fortune et sa dignité, et qui surtout ne cache pas dans ses flancs le germe de nouveaux combats.
- Sachons un moment nous dégager de notre personnalité d’Occidentaux. C’est un ordre de choses contraire à l’intérêt, disons plus, à l’honneur du genre humain, quand plusieurs centaines de millions d’hommes ignorent à ce point l’art de sauver leur patrie, qu’ils sont réduits à courber la tête sous une armée trop peu nombreuse pour envahir un Etat européen du troisième rang. L’équilibre et partant l’équité de l’univers sont compromis par les effets d’une pareille infériorité.
- La concorde rétablie, tous nos souhaits seront pour que l’immense et faible empire du Milieu, instruit si durement par les leçons du malheur, étouffe la guerre civile et s’approprie nos arts défensifs. C’est le seul moyen pour qu’il soit de nouveau ce qu’il était au siècle des Khang-lii et des Khien-loung, un Etat du premier ordre et qui commande le respect. Sans cela, jamais il n’aura de paix certaine avec les trafiquants occidentaux.
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- XVII
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- DES LIEUX ET DES SUJETS IMPORTANTS
- DE LA CHINE.
- Pages.
- Alimentation. Agriculture......................... i4g à 197
- Amoy. L’un des ports ouverts en i843 : description. 444 à 449 Bocca-Tigris. Ile et bouches du Tigre sur la rivière de
- Canton................................' . ..... 499
- Canal Impérial. Sa description.................... 369 et suiv.
- Canton. Décrit avec ses guerres................... 5oi et suiv.
- Chang-haï. Grand port de commerce; sa description;
- ses consulats.................................. 24o à 265
- Idem. Centre de christianisme; faits importants... 265 à 286
- Idem. Orbe commercial............................. 286 et suiv.
- Chan-toung. Province maritime à l’est du Pé-lchi-li. . 23o
- Ching-haï. Ville et rade du Tcbe-kiang............ 4o4
- Chin-kiang-fou. Clef du canal Impérial sur le Grand
- fleuve......................................... 291 à 294
- Chousan (Les îles). Description : port de Ting-h*aï.. . 3g4 à 4o2
- Commerce de la Chine.............................. 636 et suiv.
- Tableaux..................... 65g et suiv.
- Commerce de la Chine avec l’Angleterre............ 665 à 673
- Idem, avec les États-Unis......................... 673 à 680
- Idem, avec la France.............................. 680 à 704
- Coton. Culture; mise en œuvre : nankins........... 206 à 214
- Idem. Commerce anglais............................ 3o4 à 3o6
- Elgin [Lord). Son voyage sur le Grand fleuve: remonte
- décrite........................................ 3o8 à 352
- Idem. Description des cités ruinées par les insurgés. . 58o à 599
- Fo-kien. Grande province maritime. . . ........... 435
- Formose. Ses ports. Taï-ouan-fou, ouvert en i858.. 453
- Fou-tcheou-fou. L’un des ports ouverts en i843 : description.. . ..................................... 436 à 444
- Gros (Baron). Sa belle conduite................... 617 à 620
- Guerre ( Première) des Anglo-Français contre les Chinois.
- Origine........................................ 6o5 et suiv.
- Hang-tckeou-fou. Grande cité commerciale, décrite. . 385 à 3p4
- INTRODUCTION. - III. b
- i
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-
-
- XVIII
- Hoang-ho. Le fleuve Jaune.............................
- Hoeï-ngan-fou. Grande cité sur le fleuve Jaune et sur le
- canal Impérial.....................................
- Hong-kong, colonie anglaise. Sa description, ses grands
- progrès............................................
- Insurrection (La grande). Son génie, ses combats, ses
- ravages.........................................
- Idem. M. Meadows, premier témoin oculaire.............
- Idem. M. Fortune, second témoin oculaire..............
- Idem. Lord Elgin, troisième témoin. Ravages au bord
- du Grand fleuve....................................
- King-te-tchin, ville. Voyez Porcelaines.
- Koua-tckeou. Clef du canal Impérial sur ie Grand fleuve. Kouang-loung et Kouang-si, vice-royauté de Canton.. . Lyon. Ses grands rapports avec la Chine. Soies, institutions, découvertes. ............................... • •
- Macao. Port et ville des Portugais....................
- Nankin, la grande cité. Sa description; ses arts......
- Ning-po, l’un des ports ouverts en i843 : description.
- Peï-ho, fleuve; Pé-tchi-li, province et golfe...........
- Pékin. Ses quatre villes décrites.....................
- Piraterie des Occidentaux décrite, et remèdes proposés :
- i° par l’Américain Mac-Gowan.......................
- 2° par l’Anglais Alcock............................
- Porcelaines. King-te-tchin, le Sèvres chinois. Industrie
- décrite............................................
- Rigault de Genonilly (L’amiral). Ses combats..........
- Soie. Culture, mise en œuvre..........................
- Soua-tou, port ouvert en i858 ........................
- Sou-icheou-fou, la Corinthe chinoise. Ses élégances.. . Ssé-tchouan, vaste province. Sa capitale; ses arts. . . . Tche-kiang, province maritime au midi du Grand fleuve. Thé. Provinces qui le cultivent; art de sa production.
- Tien-tsin, ville sur le fleuve Peï-ho. . .............
- Trois cités et trois ports conjoints. 3 millions d’habitants. Commerce.......................................
- î. Han-kéou, le Nijni-Novogorod chinois............
- 2. Han-yang-fou...................................
- 3. Wou-tchang-fou, centre de vice-royauté.........
- Page*.
- 232 et 233
- 233 et 234 454 à 485 517 et suiv.
- 544 à 568 573 à 577
- 58o
- 291
- 4q6 et suiv.
- 684 à 704 486 à 495
- 295 et suiv. 4o4 à 436 221 à 229 5i à 99
- 637 à 649 649 et suiv.
- 316 à 331 620 à 622 214 à 220 451
- 370 à 382 35g à 369
- 4o2 et suiv. 179 à 197 225 à 230
- 337 à 35o
- 338 à 345 343 à 346 346 à 35o
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- XIX
- Pages.
- Vapeurs. Lignes de navires à créer entre la Chine et
- Suez............... .,............................
- Wam-poa. Port et chantiers de Canton décrits.........
- Wang-pou, rivière qui mène au grand port de Chang-
- haï ..............................................
- Wou-song, grand entrepôt de contrebande armée.
- L’opium..............................
- Yang-tzé-kiang, le Grand fleuve......................
- Description de sa remonte.........................
- Yeh, le célèbre vice-roi-, sa résistance à Canton....
- 682 à 684 5oo à 5oi
- a35 à 288
- 235 à 236 2 34 et suiv. 290 et suiv. 600 à 6o5
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- INTRODUCTION.
- FORCE PRODUCTIVE
- DES NATIONS CONCURRENTES,
- DE 1800 A 18 51.
- QUATRIÈME PARTIE.
- L’ASIE.
- RUSSIE ASIATIQUE.
- Je me contenterai de présenter ici quelques notions h'es-succinctes sur l’immense territoire que les Russes pos-Sedent en Asie. A partir de la mer Glaciale, tout le nord cette partie du monde est soumis à leur puissance. Ce ^rritoire, qu’on appelle Sibérie, a de longueur quatorze Cents lieues mesurées d’orient en occident, sur une lar-§eUï‘ moyenne de sept cents lieues mesurées du nord au *udi.
- Une si vaste contrée ne compte encore que six mil-Ji°ns d’habitants; presque tous, par préférence, peuplent es parties méridionales.
- introduction. — III.
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- Les gouvernements de la Sibérie.
- i° Le gouvernement général de la Sibérie orientale, qui s’appuie au midi sur le fleuve Amour.
- 2° Le gouvernement d’Irkoutsk, qui touche aux Mongols-Chinois.
- 3° Le gouvernement de Tomsk, qui confine à la Bou-kharie chinoise.
- ZT Le gouvernement de Tobolsk, qui confine à l’Europe.
- Les deux empires de la Chine et de la Russie, quoique ayant en commun près de mille lieues de frontière, vivent en bonne intelligence. A la mort de l’empereur Nicolas, le souverain de la Chine a fait partir un mandarin considérable pour complimenter le nouveau monarque, Alexandre II; c’est le seul souverain d’Occident auquel il fasse un tel honneur.
- Arrêtons en ce moment l’attention du lecteur sur le gouvernement de la Sibérie orientale.
- En 185g,-les Russes ont obtenu de la Chine des conditions nouvelles et fort avantageuses pour délimiter leurs frontières sibériennes, depuis la partie supérieure du fleuve Amour jusqu’à la mer de Mandchourie.
- Sous la brillante administration du général comte Mou-ravief-Amoursky, la Sibérie orientale acquiert avec rapidité une importance de plus en plus remarquable. Cette vaste contrée est actuellement composée de deux provinces.
- La province la plus orientale, ou province maritime, se divise en six arrondissements : i° celui de Nicolaïeflsk, à l’embouchure du fleuve Amour; 2° celui de Sophinsk : l’un et l’autre sont nouvellement constitués; 3° celui
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- d’Okhotsk, à l’est de la mer qui porte ce nom-, 4° celui de Petropaulosk, qui comprend le Kamtchatka : sur la côte orientale de cette presqu’île sont situés le port et la capitale fortifiée qui donne son nom à l’arrondissement; ô° celui de Ghiziga; 6° celui d’Oudsk.
- Dans la baie de Gastries, découverte par notre illustre La Peyrouse, les Russes construisent la forteresse d’Alexan-dropol. Cette place protégera l’un de leurs principaux établissements maritimes; elle deviendra d’une immense importance pour assurer l’influence de la Russie dans la mer du Japon et dans le nord de la Chine. Par l’établissement d’Alexandropol, cette puissance a pris une position formidable au midi du fleuve Amour, empiétant de la sorte Sur la Mandchourie, et s’avançant vers la Coree.
- La seconde province, à l’oçcident de la première, est celle d’Amoursk; on la nomme ainsi, parce qu’elle a pour limite le grand fleuve qui porte le nom d’Amour. Dans cette province, un commandant militaire commandera les troupes régulières et les colonies militaires de Cosaques : ces hommes si propres à gagner des partisans a ta Russie, au milieu des races tartares.
- Relations commerciales préparées pour le jleave Amour.
- L’année 1859 est, pour la province russe qu’entoure avi midi le fleure Amour, l’inauguration d’une ère commerciale dont les progrès seront brillants et rapides. Un ^gtament amical s’accomplit entre cette province et la Mandchourie. La Chine et le Japon s’ouvrent en même ^mps au commerce de la Sibérie orientale et maritime. °tir la première fois, le pavillon russe, soit de guerre, soit e commerce, obtient l’entréé des mêmes ports chinois les Anglais, les Français et les citoyens des Etats-Unis.
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- De leur côté les États-Unis, avec cette ardeur d’entreprise qui leur appartient, donnent une activité nouvelle à leur navigation sur ce beau fleuve, où leurs bateaux à vapeur peuvent remonter, lors de la saison des eaux abondantes, suivant un parcours approchant de mille lieues. Les Américains apportent des cotons, des grains et d’autres comestibles, des machines, des fers bruts ou mis en œuvre. En ce moment, la Russie commande à New-York les mécanismes à vapeur des canonnières quelle construit à l’embouchure de ce grand fleuve.
- Une opulente association, sous le nom de Compagnie du Jleuve Amour, ouvre des relations de commerce avec toute la Sibérie, et veut les étendre jusqu’à Moscou.
- Les colonies aurifères d’Australie, de la Colombie et de la Californie, si rapidement croissantes, entretiendront un commerce qui contribuera beaucoup à la prospérité des nouveaux établissements de l’Amour, sous un climat comparable à celui des belles parties du Canada; les productions sont les mêmes.
- EMPIRE DE LA CHINE.
- VASSAUX ET CONQUÊTES DU NORD.
- Avant d’étudier l’empire de la Chine, nous commencerons par décrire les états vassaux ou conquis que cet empire compte au nord de ses frontières, et dont il est séparé par la grande muraille. Nous suivons toujours notre direction d’orient en occident.
- 1. I.E ROYAUME DE COREE.
- En face des îles japonaises de Niphon et de Lieou-khieou se présente à nous la vaste presqu’île de Corée,
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- dont la longueur est d’environ 15o lieues, et dont la largeur varie entre 3o et ko lieues.
- Superficie approximative de la presqu’île... io,5oo,ooo hectares. Le royaume complet..................... 20,720,000
- La partie septentrionale du royaume est couverte de vastes forêts. La partie du sud est féconde, et son agriculture est avancée. On y récolte le riz jusque sur les montagnes ; on y cultive avec étendue le froment, le millet, chanvre, le coton; on y cultive aussi la précieuse plante du gensing1, dont la racine est estimée et payée aussi chèrement par les Japonais que par les Chinois.
- Le peuple, au lieu de thé, boit la décoction dune espece de noix.
- On porte à huit millions le nombre des habitants, la plupart concentrés dans la presqu’île, où le climat et le S°1 permettent de nourrir ce grand nombre d’hommps.
- Dans la partie du nord, la population est clair-semée. Les bêtes féroces abondent, la panthère surtout et le tigre : Ce dernier est plus grand et plus beau que celui du Beugle. Lanimal qui donne le musc est commun, et son produit très-estimé : l’on apprécie ce produit odoriférant, SOlt c°nime parfum, soit comme médicament.
- Le peuple coréen n’a pas encore une grande industrie , et beaucoup de ses produits d’art sont grossiers. Ses soies 0llt peu de valeur. En général ses tissus sont solides, mais communs, excepté pourtant quelques toiles estimées pour ^or finesse. Ce qu’il fabriq ue de mieux ce sont des armes; es SOnt recherchées par les Chinois.
- 1 _
- ®st *a racine du gensing, dont on fait usage comme d’un puissant ï«iii°ra " eSt cou^eur «l’ambre et transparente. On ia conserve, au «l’arme ^ ^la*ns r*z’ ^ans ^es boîtes somptueuses couvertes d’or et
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- Il y a déjà plusieurs siècles, ces derniers ont emprunté des Coréens l’encre en pains, qu’ils ont depuis si perfectionnée, et qui n’est connue des Occidentaux que sous le nom d'encre de la Chine.
- Les Coréens font un grand usage d’un papier plus recommandable pour sa force que pour sa beauté; ils l’emploient à faire des chapeaux, des ombrelles, des sacs, et même des paletots, qui résistent passablement à l’user. Non-seulement ce papier leur sert de vitres, mais aussi de portes; pour satisfaire à ce dernier usage, on le colle sur des cadres, comme nous le faisons pour nos paravents.
- Les navires coréens sont fort imparfaits, et sans liaisons métalliques; leurs ancres même sont en bois.
- Cependant les montagnes du pays, au nord surtout, , offriraient, outre les bois employés pour la marine et pour les besoins civils, des richesses métalliques importantes et variées; mais il faudrait que l’habitant daignât les exploiter.
- La mer qui baigne les côtes de la Corée, extrêmement poissonneuse, est riche en grands cétacés, que les Yankies et les Européens poursuivent à l’envi.
- L’administration civile est dans l’enfance. Les routes sont très-imparfaites ; les ponts, grossiers et sans solidité, sont emportés par les crues d’eau. Le commerce intérieur est bien éloigné de la richesse que l’homme pourrait créer dans ce beau pays.
- La nation se compose de nobles, d’artisans, de paysans et d’esclaves. La langue originale du pays est corrompue par son mélange avec une foule de mots chinois introduits en même temps que les arts et les manières du peuple le plus avancé.
- L’écriture des caractères chinois est employée par les classes cultivées de la population coréenne. Tout le trésor
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- des connaissances chinoises devient par cela même accessible pour eux.
- Jusqu’à ce jour, c’était à qui, des Japonais, des Chinois et du gouvernement local, s’évertuerait pour empêcher les habitants de commercer avec les nations étrangères. De telles barrières vont naturellement s’abaisser en même temps que celles des deux grands empires dont la Corée est devenue tour à tour l’humble vassale.
- Ce pays est courbé sous le joug d’un maître absolu, qui réunit les pouvoirs politiques et théocratiques. Un tel monarque signale son extrême intolérance à l’égard des missionnaires chrétiens, qui subissent le martyre chaque fois qu’on les découvre. Les ambassadeurs des puissances chrétiennes, lorsqu’ils seront accrédités dans les capitales de Nankin et de Jeddo, devront employer leur influence afin de mettre un terme à cette infâme cruauté.
- beau souvenir des Français et des Anglais sur les côtes de la Corée.
- Dès 18/17, la France voulait obtenir en Corée ainsi qu en Gochinchine des garanties pour la sûreté de ses missionnaires. Alors la frégate lü Gloire, commandée par M. La Pierre, et la Victorieuse, commandée par M. Rigaud de ftanouilly, s’illustrent par un beau combat livre contie une flotte cochinchinoise, dans la baie de Tourane, ou ta second de ces ofliciers cueillera, douze ans plus tard, de nouveaux lauriers. La première partie de leur mission si glorieusement remplie, ils font voile pour les cotes de |a Corée, près desquelles, à la suite d’un temps affreux, ds echouent et perdent leurs navires. En face d un littoral barbare, hostile aux naufragés, ils sauvent leurs équipages, leurs armes et quelques vivres. Réfugiés sur une de déserte, ils s’y retranchent avec autant de sang-froid
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- que de résolution. Ils s’empressent d’équiper deux frêles embarcations qu’ils expédient pour Chang-hai. Bientôt le commandant anglais Macqu’haé accourt avec une frégate et deux bricks, sauve nos marins, et les ramène dans un port libre de la Chine. Voilà de ces traits dignes à la fois de l’Angleterre et de la France.
- 2. TARTARIE MANDCHOUE.
- Le royaume de Corée est terminé vers le nord par un pays peuplé d’un petit nombre d’hommes et couvert de vastes forêts; c’est la frontière orientale du pays qu’habitent les Tartares Mandchoux, ceux dont les ancêtres, il y a deux siècles, ont accompli la conquête de la Chine.
- Cette portion orientale de la Mandchourie, à cause des bois qui la couvrent, est sujette aux froids les plus rigoureux. Le gouvernement tartaro-chinois envoie ses exilés dans cette autre Sibérie; le climat sert de châtiment.
- En pénétrant vers le nord-ouest, on est frappé d’un spectacle digne d’attention ; il est offert par le contact des deux plus grands empires de l’Asie ; contact prolongé dans une immense étendue.
- Tendances de la Russie vers la Mandchourie.
- Remarquons ici l’influence du climat. Les Russes, maîtres de la froide Sibérie à l’extrémité septentrionale de l’Asie, tendent sans cesse à descendre vers le midi. Dès le xvie siècle, ils franchissent les monts Yablonoï, qui terminent, du côté de la Mandchourie, le bassin de la mer Glaciale; ils entrent dans un autre bassin, celui de la mer d’Okhotsk, arrosé par un des plus grands fleuves. Nous voulons parler du fleuve Amour, qui fait un im-
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- mense circuit pour enfermer, entre la mer et les monts Yablonoï, un pays susceptible de belles cultures septentrionales, et dont la superficie égale presque celle de la France.
- Les Tartares Mandchoux n’habitaient ce pays qu’à la manière des nomades et des chasseurs; leurs tendances, comme celles des Russes, les entraînaient vers le midi.
- île Tarraka ou Kitu-Jéso.
- En avant de la côte de Mandchourie l’on trouve une longue île qui, du côté du nord, couvre l’embouchure du fleuve Amour, et qui, du côté du sud, est voisine de Jéso, l’île japonaise. Les Japonais possèdent quelques points à l’ex-tremité méridionale; les Russes envahissent la partie du oord. L’intérieur est peuplé d’un petit nombre d’aborigènes très-peu civilisés. Telle est l’île Tarraka, séparée de Jéso par le détroit de La Peyrouse; les Japonais l’appellent Kitu-Jeso, c’est-à-dire Jéso du Nord.
- Des les premières années du xvne siècle, le plus célèbre Acs empereurs Mandchoux, Khang-hi, dont le nom revendra souvent dans le récit des progrès de la Chine, *ang-hi fonda la ville de Sakhalian-Oula, sur la rive méridionale de l’Amour; il voulait opposer ce fleuve, comme un dieu Terme, aux invasions des Russes.
- Far le dernier traité qu’a conclu le comte Poutialine, toute la riVe gauche de ce fleuve est définitivement ac-flmse à la Russie.
- ^ur la rive droite, il reste aux Mandchoux un vaste ter-^toire arrosé par une grande rivière, la Soung-gari, af-Uent méridional du fleuve Amour.
- ^ Ln premier affluent de cet affluent conduit à la ville e ^mg-gouta; ce fut le berceau de la famille qui règne
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- aujourd’hui sur l’empire chinois. Deux murailles de hois avec une double enceinte de pieux forment sa défense.
- Un second affluent secondaire, dans sa partie supérieure et méridionale, baigne les remparts de Kirin-oula, capitale de la Mandchourie la plus orientale.
- Département de Tsitsikar.
- Si nous remontons la grande rivière Soung-gari, au-dessus des deux affluents que nous venons d’indiquer, nous arrivons à Tsitsikar-hotun, chef-lieu du département occidental.
- La ville est défendue par deux enceintes, l’une en bois et l’autre en terre. La population se compose d’artisans mandchoux, de marchands qui viennent commercer dans ces contrées, et d’un certain nombre d’exilés.
- Toujours en remontant la Soung-gari l’on atteint la ville de Meruen; elle est le centre d’un vaste pays, très-froid, où la chasse procure ces belles fourrures qui sont si recherchées des Chinois opulents.
- Province de Moukden ou Ching-king.
- Au midi des deux départements que nous venons d’indiquer se trouve la province dont Moukden est la capitale; province qui, par degrés, se peuple de Chinois, et qui porte déjà le nom chinois de Ching-king. La cité de Moukden mérite d’attirer nos regards. A la manière des Mandchoux, elle nous présente deux villes, l’une intérieure, l’autre extérieure, et toutes les deux entourées de remparts. La ville intérieure est la ville impériale, le séjour des mem-bi es de la famille régnante; là sont réunis le palais de l'Empereur, le palais de justice, les hôtels des mandarins,
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- en un mot les demeures de tout ceux qui servent le gouvernement. Le peuple habite la ville extérieure.
- Nous n’avons rien d’important à dire sur les arts des Mandchoux, dont l’industrie est dans l’enfance. A ce point de vue, ils sont de beaucoup surpassés par les Chinois.
- On est émerveillé de voir un peuple, si primitif du côté des arts, être si bien doué quant aux moyens d’exprimer sa pensée. Ce peuple est celui qui possède la langue la plus parfaite entre toutes celles que parlent les diverses tribus tartares. Les empereurs mandchoux se sont fait Un devoir d’en conserver les éléments dans toute leur Pureté. Ils en ont enrichi la littérature, en ordonnant Spion traduisît les meilleurs livres de la Chine dans leur Viorne. Enfin l’illustre Khien-loung a fait composer un dictionnaire mandchou, dont on a banni scrupuleuse-
- ment les expressions chinoises.
- Aucun obstacle nécessaire ne sépare aujourdhui la Chine et la Mandchourie ; on s’est contenté de prolonger la grande muraille de l’empire par une barrière de pieux, plantée sur la frontière occidentale du pays des conquérants, pour séparer ce pays de celui qu habitent les Tar-
- tares-Mongols.
- On ne porte pas à plus de deux millions la population des Mandchoux, et l’on ne peut pas supposer quil y a trois siècles ils fussent beaucoup plus nombreux qu aujourdhui. Mais ils étaient aguerris, toujours à cheval, et prêts à tenter des invasions irrésistibles. Si 1 on réfléchit qu’alors les Chinois, dont ils sont devenus les maîtres, comptaient au moins soixante millions d habitants, quel profond sujet de méditations!
- C’est ici le lieu d’offrir l’aperçu de l’étendue des pays qui forment l’empire actuellement possédé par la dynastie des Mandchoux : ce grand arbre sorti d’un si petit noyau!
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- Division générale des territoires de l’empire chinois, évaluation approximative des superficies.
- Hectares.
- L’empire du milieu,'la Chine proprement dite. 336,097,000 La Corée, la Mandchourie et le pays mongol,
- à l’est des monts Khing-ghan.............. i4o,ooo,ooo
- L’empire extérieur, à l’ouest de la Chine et des
- monts Hing-ghan............................. 730,000,000
- Superficie totale de l’empire..1,206,097,000
- Province tartare de Tchi-li; haras et domaines de l’empereur.
- En dehors de la barrière de pieux se trouve la province septentrionale de Tchi-li, depuis longtemps soumise aux souverains de la Mandchourie. 1
- On regarde comme appartenant aux tartares Mongols la province de Kortchin, comprise à l’est des monts Hing-ghan. Les magnifiques domaines personnels que les empereurs mandchoux continuent de posséder dans cette province démontrent, selon moi, qu’ils étaient maîtres de ce pays avant d’avoir envahi la Chine. Leurs possessions personnelles s’étendent également à l’est des monts Khing-gatts. Les Tartares habitant ces territoires faisaient partie des huit bannières, qui décidèrent, en 1643 , la conquête finale de cet empire.
- Les habitants des pays frontières que nous indiquons 11e doivent pas s’adonner à l’agriculture; ils sont à la fois soldats et pasteurs, composent l’armée de réserve de la dynastie mandchoue, et gardent ses haras. On assure que ces haras sont au nombre de 360, comptant chacun 1,200 chevaux; ce qui ferait un total de 432,000 chevaux.
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- Cette évaluation pourrait être de beaucoup diminuée sans qu’elîe cessât d’annoncer une admirable ressource.
- La mer desséchée ou désert de Gobi, centre des conquêtes mandchoues.
- A l’occident de la Mandchourie, Ton trouve une vaste mer desséchée, dont la plus grande longueur approche de 800 lieues, et dont la plus grande largeur surpasse i5o lieues. Ce bassin, dont la terre est imprégnée de sel marin, d’où son nom de Mer salée, est presque partout rebelle à la A^égétation et dépourvu d’habitants. On peut évaluer sa superficie à i35 millions dhectares. Reste pai conséquent, pour les pays qui peuvent être plus ou moins cultivés, 595 millions d’hectares : a peu près onze fois la surface de la France.
- Les Tartares Mongols habitent à l’est, au nord, au sud de ce bassin, qu’on nomme aussi le désert de Gobi.
- 3. LE BASSIN MONGOL DE L’IENISSEÏ SUPERIEUR.
- Avant de traverser le lac de Baïkal pour descendre vers la mer Glaciale, le grand fleuve Iénissei traverse perpendiculairement la chaîne de montagnes qui limite la Sibérie. Sa partie supérieure appartient à la Mongolie, et
- sy déploie avec ses affluents comme un immense éventail.
- Sur la rive droite du fleuve, au sud, au nord de la ligne qui séparé les deux contrées, on a bâti deux villes. De 1 une a 1 autre s’opère le seul commerce permis jusqu’à ce jour entre la Chine et la Russie, sur une frontière qui compte,
- avec ses sinuosités, dix-huit cents lieues de développement.
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- Les villes commerciales, russe et chinoise, au nord du désert de Gobi.
- La ville russe a nom Kiachta, la ville chinoise est appelée Mdi-ma-tchine. Quand nous traiterons du commerce de la Russie, nous ferons voir quel est le degré d’importance d’une situation si judicieusement choisie.
- La patrie mongole de Gengis-khan.
- Le bassin supérieur de l’Iénisseï mérite d’arrêter notre attention sous un autre point de vue. Au sommet d’un des affluents de ce fleuve était située Kha-korum, l’ancienne capitafe des tribus dont Gengis-khan, par son génie, devint le chef; c’est de cette contrée et des pays encore plus occidentaux qu’ils partirent pour conquérir une si grande portion de la terre.
- On distingue, sous le nom de Khalkhas, les Mongols qui peuplent encore cette contrée, laquelle n’a pas moins de sept cents lieues mesurées de l’orient à l’occident.
- Entre la grande muraille de la Chine et le désert de Gobi, vivent d’autres tribus mongoles, dont les principales sont les Éleathes. La même nation, presque toute à l’état nomade et pastoral, occupe la contrée, plus ou moins montueuse, qui couvre le Tibet du côté du nord, et ne finit qu’aux confins du pays conquis sur les musulmans, la petite Boukharie.
- Dans cette immense contrée, où les Tartares Mongols paissent leurs troupeaux et cultivent infiniment peu la terre, toutes les tribus sont militairement et féodalement organisées. Elles sont classées par bannières, dont chacune a son territoire. Les chefs principaux, dont plusieurs ont
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- le titre de roi, Wang, sont les vassaux immédiats du grand empire chino-mandchou. Tous les trois ans ils rendent ou font rendre hommage 5 l'Empereur, dans le sein de sa capitale.
- 4. ÉTAT DU TIBET : LE TZANG.
- Un dernier peuple, à peine tributaire, habite un très-grand pays, au midi de toutes les autres provinces : cest le Tibet. Dans ce pays prennent leur source les deux vastes fleuves entre lesquels la péninsule de l’Inde est enclavée. X
- L’Indus coule vers le nord-ouest, le long des monts Himâlayas; ensuite il incline de l’ouest au midi. Il traverse par une énorme coupure la grande chaîne de ces monts, les plus hauts de la terre; il contourne à l’occident le beau pays de Cachemire; puis, en descendant droit au sud, il se précipite vers le golfe de Bombay.
- Le Brahmapoutra commence assez près du point dou part l’Indus. Comme ce dernier fleuve, mais en coulant vers le sud-est, il se dirige parallèlement aux monts Himâlayas. Lorsqu’il arrive à la limite de l’Hindostan oriental, il tourne vers le sud-ouest et conduit l’immense volume de ses eaux dans le golfe de Bengale.
- Le Tibet possède la source d’un troisième grand fleuve, auquel l’empire du Milieu, la Chine, doit sa fécondité, sa richesse et son immense population. Ce fleuve prend son origine au nord, et coule vers le sud-est, traversant ainsi la partie orientale du Tibet; il porte là le nom de Fleuve cl’or, tant les sables de son lit sont riches de ce métal. Lorsque le Fleuve d’or entre dans la Chine, il change son nom pour celui de Yang-tze-kiang, qui veut dire emphatiquement le Fils aîné de la mer.
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- Les peuples du Tibet. le Grand Lama.
- Le Tibet, peuplé de Tartares Mongols, est, pour les innombrables tribus de cette race, un centre moral et religieux. La capitale de ce grand état, Lha-ssa, sert de résidence au pontife souverain, qui, pareil à celui du Japon, participe de l’homme et de la divinité. Je veux parler du Grand Lama.
- Les lamas sont les prêtres de Bouddha, qui peuplent les nombreux couvents de la Mongolie. Ces couvents possèdent, surtout au Tibet, des terres immenses. Leurs supérieurs, au nom du dieu mortel qu’ils servent, sont les gouverneurs des peuplades circonvoisines. Quelques-uns, au Tibet, sont les chefs absolus de provinces entières; car ce grand pays' est, à proprement parler, une hiéro-cratie.
- Le petit Tibet; toisons de ses chèvres.
- Entre le grand Tibet et Cachemire est une province beaucoup moins étendue, qu’on a nommée pour cette raison le petit Tibet, et dont la capitale est Ladak. Les crêtes des monts Himâlayas la séparent du royaume de Cachemire, avec lequel le commerce l’unit par des liens intimes.
- Les chèvres supposées de Cachemire.
- C’est dans le petit Tibet quon trouve ces chèvres dont le duvet, admirable de finesse, est employé par les artisans de Cachemire; il sert à tisser les châles si justement renommés, et qui méritent de l’être à deux titres : pour la beauté de la matière et la perfection du travail.
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- Le climat si froid de la région des hauts Himâlayas contribue, par sa rigueur même, à rendre aussi fine qu’abondante, cette toison plus intime, ce duvet si fin que recouvrent les longs poils exposés au contact des frimats, au déchirement des épines. Sous une latitude assez rapprochée de la zone torride, l’élévation des montagnes produit un climat comparable à celui du Canada et de la Sibérie, pays également célèbres pour la finesse et la beauté du pelage des quadrupèdes. Là ces animaux, pour se défendre des froids rigoureux, ont besoin que la nature leur prodigue ces admirables fourrures, dont partout ailleurs l’homme fait sa parure et ses vêtements d’hiver les plus recherchés.
- Un rajah, prince dépendant du royaume de Cachemire, gouverne le petit Tibet, qui pourtant, au moins sous le 1 apport religieux, reconnaît la suprématie du Grand Lama. Le bouddhisme et le mahométisme se partagent cette
- contrée.
- POPULATIONS MUSULMANES DE LA PETITE BOUKHARIE.
- Quand nous arrivons aux limites septentrionales du Petit Tibet, nous touchons à^ la petite Boukharie, laquelle est entièrement peuplée de mahométans.
- C,
- ^e pays, d’une étendue considérable, est à 1 ouest du desert de Gobi, vers lequel descendent ses eaux, mais elles se perdent en route. La petite Boukharie, conquise aux dépens de la grande, complète 1 immense ellipse que figurent les conquêtes chinoises autour de la Mer salee.
- Importance des conquêtes mongoles et musulmanes.
- Au point de vue de la richesse, l’empire Chino-mand-
- ÏNTRODUCTION. — HT. 2
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- chou n’a fait qu’une acquisition médiocre, en ajoutant à ses possessions toute cette Asie centrale, qu’on dirait n’être occupée que par des tentes nomades et par des couvents disséminés. Mais, au point de vue politique et militaire, l’avantage est immense pour l’empire du Milieu.
- La grande muraille de la Chine, qui n’arrêtait qu’im-parfaitement, au nord-ouest, les Tartares Mongols, cette enceinte prodigieuse est désormais inutile; les caravanes mongoles la traversent paisiblement, et les cultivateurs chinois fertilisent de proche en proche les vallées d’où sortaient, il y a trois siècles, les hordes déprédatrices.
- Aussi longtemps que la dynastie mandchoue a senti sa véritable puissance, elle s’est reposée avec orgueil sur les nombreuses bannières tartares, obligées de marcher au premier signal d’un empereur tartare comme elles, pour contenir au besoin et pour défendre les Chinois.
- Par une politique habile, le gouvernement des Mand-choux entretient, dans l’Empire du Milieu, des cavaliers mongols, qui font partie des huit bannières intérieures.
- Grâce à la polygamie, les empereurs mandchoux peuvent développer, sur une bien plus vaste échelle que l’Autriche, cette politique des alliances, qui fit autrefois la fortune de la famille allemande aux nombreux rejetons. Us rapprochent d’eux, par des mariages, les princes mongols, qui se glorifient de descendre de Gengis Khan et de Koubilaï Khan. Us distribuent des titres, des honneurs; ils soldent des traitements aux seigneurs féodaux des bannières mongoles. Toutes ces combinaisons sont vastes et profondes.
- Les empereurs ont d’autres moyens que l’argent et les mariages pour agir sur la force morale et religieuse des tribus mongoles; c’est au Tibet qu’il faut chercher ces
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- moyens. Arrêtons-nous avec un redoublement d attention sur un si curieux pays.
- Description de Lka-ssa, la ville sainte, capitale du Tibet.
- Lha-ssa, ville sainte, n’a pas de remparts. On s’est étonné quelle n’ait pas plus de deux lieues de circuit; cette étendue, à mon avis, est énorme pour une ville mongole.
- Les maisons de Lha-ssa semblent, au dehors, plus propres que les personnes : elles sont peintes à neuf chaque année, ce qui leur donne l’aspect de constructions récentes. Elles sont grandes; elles ont plusieurs étages, et leurs toits sont faiblement inclinés, comme en Italie; mais, à l’intérieur, elles sont à la fois enfumées, sales et d’une odeur révoltante; elles n’offrent à la vue que des meubles et des ustensiles qui traînent sans aucun ordre. Les appartements n’ont pas de cheminées, et l’hiver on ne peut se chauffer qu’avec des réchauds. En tout temps on ne fait du feu pour cuire les aliments qu’en laissant la fumee s échapper sans conduit par une ouverture du toit.
- Maisons bâties avec des cornes d animaux.
- Lue singularité remarquable et digne d’un pays si voisin de l’état nomade, c’est le quartier dont les maisons sont construites avec des cornes de bœuf, entremêlées de cornes de mouton. Leur entrelacement, dirigé par un goût naturel, permet de figurer, sur les façades, des arabesques dune infinie variété. Ces matériaux, peu commodes pour
- juxtaposition, sont reliés entre eux par un mortier épais et tenace.
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- Temples et palais du Grand Lama.
- En dehors des temples et des couvents qui surabondent dans Lba-ssa, il faut signaler le palais du Dalaï-Lama, ou, comme nous disons, du Grand Lama.
- A près d’un kilomètre de la ville, dont les maisons et les jardins couvrent une large vallée, s’élève une montagne isolée, de forme conique : c’est la Bouddha~la, la montagne de Bouddha. Au sommet on a construit un palais grandiose, dont l’enceinte comprend des temples et des habitations qui rivalisent de beauté. Le temple central s’élève assez pour dominer tous les autres; il est surmonté d’une vaste coupole couverte de lames d’or. Autour du temple règne un péristyle, dont les colonnes sont aussi couvertes d’or. C’est dans cet édifice qu’habite le dieu-périssable, incarnation viagère de Bouddha. Les simples lamas, les prêtres bouddhiques, qui le servent et l’adorent, sont logés dans les temples circonvoisins. Une gravité silencieuse impose à tous le respect, au milieu de ces immenses sanctuaires.
- Il ne paraît pas que le Grand Lama prenne le plus léger souci du gouvernement religieux dans la nombreuse partie du genre humain qui croit à sa divinité. Il semble ne pas s’occuper du nombre de ses fidèles ; il n’a pas de conseil universel comparable â celui de nos cardinaux. Que ses adorateurs aient souci de leur âme et de leur croyance, cela les regarde : il lui suffit d’être adoré.
- Le chef du pouvoir civil et militaire au Tibet.
- Un véritable maire du palais, appelé le Nonié-khan, réside à Lba-ssa, la métropole civile; nous verrons l’exemple
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- récent de ses attentats contre le pouvoir et la vie même du pontife suprême. D’après les lois du Tibet, le Grand Lama nomme son lieutenant, le Nomé-khan, dont les fonctions sont à vie; il nomme pareillement les quatre uunistres auxquels sont confiées les branches principales du gouvernement tibétain.
- Les mœurs et les industries urbaines.
- La ville de Lha-ssa, quoique animée d’un sentiment lefigieux, ainsi quelle doit l’être dans un si pieux voisi-* nage, Lha -ssa n’oublie pas ses intérêts. Essentiellement oommerçante, elle calcule et se réjouit en adorant.
- Les Tibétains, de race mongole, sont favorisés par la Uature, puisqu’ils réunissent à la force des Tartares la s°uplesse et l’agilité des Chinois. Ceux-ci, qu’on trouve Partout où l’appât du gain peut conduire, sont assez nom-bre,lx dans Lha-ssa.
- Les Tibétains aiment les parures fastueuses et même
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- urnements T1* ne conviennent qu’à des femmes. Ils eiclient des joyaux d’or pour décorer leurs longues et * os chevelures. Par un contraste singulier, afin d’em-C, er 1 autre sexe de se montrer avec trop d’avantage, n odit contraint les femmes qui veulent paraître en public, seulement figurer au comptoir de leurs boutiques, souiller leurs blanches figures avec un enduit noirâtre, psqueux et dégoûtant. Le Grand Lama n’a pas trouve le^1^ lern^de pour arrêter les ravages qu’occasionnait ^ui séduisant aspect dans la cité sainte. Lors des temps eiireux de Venise, les femmes élégantes qui voulaient stei aux brillantes réunions du soir et de la nuit ca-
- Vel nt aUS^ ^eiU v*sagc’ mais sous im masque noir de Uls 011 de satin, qui ne révoltait pas les sens.
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- Il y a déjà deux cents ans que le pontife suprême, pour sauver, assure-t-on, les mœurs de ses propres couvents, a pris cette résolution. Le sexe le plus faible s’est soumis, et le plus fort, animé peut-être par la jalousie orientale, n’a pas pris les armes pour protéger les droits de la beauté. Nous trouvons ici la mesure de l’autorité morale que peut exercer le chef de la religion tibétaine.
- Les femmes tibétaines ont une grande activité ; ce sont elles qui font presque tout le petit commerce de la ville, et qui le font malgré leur visage peint en noir, sale et gluant.
- Draps du Tibet.
- Le Tibet, avec ses longues vallées du Brahmapoutra, de l’Indus et du Fleuve d’or, avec ses prodigieux étages de montagnes, le Tibet offre les pâturages d’hiver et d’été qui conviennent le mieux à la beauté des toisons de bêtes à laine. A Lha-ssa, le tissage des draps, exécuté par les hommes, présente une variété remarquable de produits. On fabrique des tissus mérinos d’une rare finesse, mais aussi d’une grande cherté. Les draps communs, qui sont velus pour être plus chauds, se vendent à très-bas prix.
- Les draps destinés aux robes des lamas sont généralement teints en rouge; dans le culte de Bouddha, la pourpre n’est pas réservée à la seule cour du grand pontife.
- Usage et conjèction des écuelles vernissées.
- Chaque Tibétain, comme Diogène, porte sans cesse avec lui son écuelle de bois, qui lui sert pour boire et pour manger. Tantôt il la cache entre les plis de sa robe; tantôt il la suspend à sa ceinture, comme un Chinois son éventail. Ces vases commodes, faits avec un bois dur et
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- gracieusement veiné, sont couverts d’un beau vernis conservateur. Le luxe s’introduit partout : ces écuelles de nomade, quand on les confectionne pour de riches consommateurs , coûtent jusqu’à mille francs la pièce ! On croit justifier l’extravagance de leur prix lorsqu’on affirme gravement quelles ont la vertu de neutraliser les poisons. Avec deux francs, on se procure une écuelle toute simple, et le vendeur, pour s’en défaire, n’est pas obligé de mentir en attestant des qualités impossibles.
- Usage et fabrication des cierges odoriférants.
- Une autre industrie convient surtout au voisinage de la cour d’un Grand Lama et de ses couvents sans nombre; ^cst la fabrication des bâtons odorants, employés en guise e cierges. Lorsqu’on les allume au milieu des cérémonies ^bgieuses, ils répandent à la fois la lumière et l’encens.
- ef Chinois les désignent sous le nom de tsang-hiang, ce ^ veu,; dire parfum du Tibet. Pour les fabriquer, on mde des poussières végétales aromatiques avec du musc ,
- 1 on jette sur le tout de la poudre d’or. On moule Cette pâte en cierges d’un mètre de longueur.
- On en fait un constant usage pour illuminer les tem-,s ^es autels dans les lamaseries et les oratoires pri-Ves* ^ne °deur à la fois vive et douce, qu’ils répandent u loin, charme par sa suavité.
- Ues bâtons de senteur ne parviennent à Pékin qu’ap-^ es a la suite de l’ambassade annuelle; quoiqu’on les ^porte alors en quantité considérable, on ne les livre qu’à . . Prix ex°rbitants. Les Chinois, que guide la parcimonie, lr*utent ces ingénieuses compositions; mais leurs falsifiions SOnt d’un mérite extrêmement inférieur.
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- Recherche et travail des métaux précieux.
- Dans le pays montueux du Tibet, l’or et l’argent natifs abondent; partout on en rencontre des parcelles. Les pâtres même savent affiner dans leurs petits creusets la poudre ou les menus fragments de ces métaux, qu’ils sont habitués à recueillir dans le lit des torrents ou dans les anfractuosités des rochers.
- Au sein des villes du Tibet, pour la mise en œuvre des métaux précieux par l’orfèvrerie, l’argenterie et la joaillerie, les ouvriers égalent en habileté ceux de la Chine. Nous avons déjà parlé des anneaux d’or qui parent les cheveux des hommes à Lha-ssa. Les femmes, lorsqu’elles arrivent à l’âge mûr, ornent leur tête avec des plaques d’or : constater ainsi la période irrémissible du déclin, par des joyaux si tristement déclaratoires, tenterait peu l’arrière-ban des beautés européennes.
- La décoration des temples est l’occupation qui peut le plus prêter au talent des orfèvres comme à celui des sculpteurs. Ces derniers au Tibet sont fort estimés; cependant les statues par lesquelles ils représentent les divinités bouddhiques, systématiquement difformes, n’ont rien qui révèle le génie des beaux-arts.
- Usure exercée par les Lamas.
- Nous croyons devoir citer les observations suivantes de M. l’abbé Hue, dans son Voyage au Tibet; ouvrage intéressant, mais qu’il faut savoir lire.
- «Le Tibet est peut-être le pays le plus riche et en même temps le plus pauvre du monde. Riche en or et en argent, pauvre en tout ce qui fait le bien-être des masses.
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- Lor et l’argent, recueillis par le peuple, sont absorbés par les grands, et surtout par les lamaseries, réservoirs immenses, où s’écoulent, par mille canaux, toutes les richesses de ces vastes contrées. Les lamas, mis d’abord en possession de la majeure partie du numéraire par les dons volontaires des fidèles, centuplent ensuite leur fortune Par des procédés usuraires, dont la friponnerie chinoise est elle-même scandalisée. Les offrandes qu’on leur fait sont comme des crochets dont ils se servent pour attirer a eux toutes les bourses. L’argent se trouvant ainsi accu-mulé dans les coffres des classes privilégiées, et, d’un autre côté, les choses nécessaires à la vie ne pouvant être obtenues qu’à un prix très-élevé, il en résulte ce désordre Capital qu’une grande partie de la population est continuellement plongée dans une misère affreuse. Leur ma-n]ere de demander l’aumône consiste à présenter le poing ^errne en tenant le pouce en l’air. Nous devons ajouter, à a louange des Tibétains, qu’ils ont généralement le cœur c°mpatissant et charitable; rarement ils renvoient les Pauvres sans leur faire quelque aumône. »
- Pour revenir à la condamnation si générale portée contre tous les ministres d’un culte, même imparfait et Mensonger, n’est-elle pas exagérée? j,. dans l’empire du Milieu, centre de la richesse, intérêt de l’argent prêté sur nantissement, l’intérêt légal, est pas moindre de trente pour cent par année, quel ®erait donc le tarif des lamas, dénoncé comme exorbi-aut, en présence d’un taux pareil?
- ^ t quelle friponnerie sans exception que celle des Pletres de Bouddha, qui pourrait scandaliser même la lojf0lnfer*e des Chinois fripons! Dans le siècle dernier, •j ScP* un voyageur philosophe revenait des États romains, avait grand soin d’affirmer qu’en ce pays tous les prê-
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- très étaient oppresseurs, tous les habitants opprimés, et tous les moines libertins au point de scandaliser le libertinage en personne. L’Europe légère, mécréante, n’élevait pas à cet égard l’ombre d’un doute; et cinquante années de révolutions ont été nécessaires avant que l’Occident revînt à des jugements plus équitables. Ne peut-il pas en être ainsi pour le Tibet?
- Colonies d’indiens bouddhistes et de mahométans à Lha-ssa.
- Lha-ssa possède une espèce de colonie d’indiens bouddhistes venus du Boutan, contrée qui s’étend de l’autre côté des Himâlayas, et qui néanmoins dépend du Tibet et de la Chine. Ces Indiens excellent à travailler la plupart des métaux, le fer, le cuivre, l’argent et l’or. Us fabriquent ces lames dorées si remarquables, qui couvrent les dômes des temples, et qui résistent aux intempéries de toutes les saisons. Ils sont appelés pour décorer les lamaseries de tous les pays peuplés par des Mongols.
- Une autre colonie, plus remarquable encore, est celle des musulmans originaires de Cachemire. U y a déjà plusieurs siècles qu’on les a généreusement accueillis dans Lha-ssa, quand ils fuyaient la tyrannie de leur sultan. Les réfugiés continuent de mériter cette hospitalité par la gravité de leurs mœurs et par une exemplaire probité; leur mufti les administre civilement et les représente auprès de l’autorité tibétaine. On les compte parmi les négociants les plus riches de Lha-ssa; ce sont des espèces de marchands de nouveautés. Us font le change; ils trafiquent sur l’or et sur l’argent et, comme on le voit, leur honnêteté ne redoute pas la concurrence des lamas.
- Us sont les seuls auxquels les autorités du Tibet permettent de pénétrer dans l’Inde anglaise. Ils s’y rendent
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- munis d’une autorisation du Grand Lama, sous une escorte officielle qui les conduit jusqu’aux passages des Himâlayas. Leur jugement sur les Anglais donnera l’idée de leur esprit d’observation. Ce sont, disent ces musulmans, les hommes les plus rusés du monde; petit à petit, ds s emparent de toute l’Inde, mais par adresse plutôt que Par force ouverte. Au lieu de renverser les autorités, leur habileté les met de leur parti, et les fait entrer dans leurs intérêts. Voici ce qu’on dit d’eux dans Cachemire : (< Le monde est à Allah, la terre au Pacha : c’est la Com-Pagnie qui gouverne b »
- Ces idées des réfugiés musulmans sont partagées par le gouvernement du Tibet. Tel est probablement le motif P°ur lequel, entre tous les étrangers, il n’est pas permis aux Anglais de séjourner ni même d’entrer dans la sainte c°nirée. Depuis les terribles événements à peine accomplis de l’autre côté des Himâlayas, le Grand Lama sera plus défiant que jamais à l’égard des conquérants, qui, dans peu d’années, auront atteint tous les sommets de Cette immense chaîne de montagnes. Tenteront-ils de la franchir pour annexer quelque chose à leur empire, par delà.les neiges éternelles?. . .
- Influence de la Chine au Tibet par les lois et la force militaire.
- depuis le commencement du xixe siècle, les Chinois °ut fait adopter par les Tibétains leur code criminel, ?u la peine de mort est beaucoup moins prodiguée. Cette Oafiuence est plus grande et plus salutaire que celle des bruisons chinoises établies dans quelques villes princi-Pafrs. IJ y a peu ceg troupes dans Lha-ssa; elles sem-
- huc, Voymje dans le Tibet, tome II, chapitre vi.
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- blent n’y jouer que le rôle de gardes honorifiques pour les ambassadeurs du Céleste Empire. Il y en a davantage dans la grande ville de Djcichi-Lombo, qui peut contenir cent mille habitants. Cette cité possède un couvent immense où résident plus de trois mille cinq cents lamas. Des obélisques, des colonnes et des statues colossales couvertes de métaux précieux, attestent la richesse de cet établissement. Le supérieur religieux et politique, le khan, sous le titre de Band-khan-lama, gouverne une vaste partie du Tibet; il est le premier lieutenant du pontife suprême.
- Les représentants de la Chine auprès du gouvernement tibétain.
- Les empereurs ont compris l’importance de conquérir la bienveillance du Dalaï-Lama, dont l’influence est si grande sur tous les peuples tartares. Us maintiennent à sa cour deux ambassadeurs permanents, mandarins du premier ordre, presque aussi puissants que le moindre résident anglais dans les cours de l’Inde. L’Empereur, d’époque en époque, et suivant la politique du Céleste Empire, renouvelle ses obséquiosités envers le suprême pontife des Mandchoux et des Mongols. Si ce dernier éprouve quelques difficultés mondaines avec ses chefs féodaux et les Etats circonvoisins, les ambassadeurs s’empressent de les aplanir. Ils suggèrent plus encore qu’ils ne commandent, et c’est le secret de leur puissance.
- Tous les trois ans, les deux grandes autorités religieuses du Tibet, le Dalaï-lama et le Band-khan-lama, envoient à Pékin leurs ambassades chargées de reconnaître au moins un patronage civil et militaire. Elles apportent, pour l’Empereur et pour les grands, des présents généreusement payés de retour : des draps fins et des tissus rares; des cierges odoriférants, si célèbres parleurs par-
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- fums-, des idoles consacrées, des chapelets de succin ou de corail. Tels sont les principaux objets des offrandes.
- Tous les trois ans, le gouvernement de la Chine renou-Vellè les chefs civils et militaires et les ambassadeurs qu’il entretient au Tibet; ce laps de temps fixe aussi la durée des hautes fonctions dans l’intérieur de la Chine.
- Evénements extraordinaires du xix‘ siècle.
- De grands événements, accomplis dans ce siècle, ont Plus que jamais enraciné la puissance de la Chine au Tibet. Dans un petit nombre d’années, trois Grands Lamas consécutifs étaient morts à la fleur de l’âge. Les SIIÏ1ples lamas et le peuple croyaient les uns au poison, ^es autres à l’assassinat. L’opinion générale attribuait tous ces crimes au Nomé-khan, au chef du pouvoir civil et militaire, véritable maire du palais, et, qui pis est, inamo-jdfde. Chose remarquable, à l’époque dont nous parlons, e Nomé-Khan , au lieu d’être un Mongol, était un Chinois. Ambitieux, prêt atout, et voulant d’abord se faire des partisans, fl avait pris sous sa protection la grande et nom-reuse lamaserie de Séra, fondée presque aux portes de la capitale ;' il la comblait de bienfaits, pour s’y créer des séides.
- Les électeurs du quatrième pontife l’avaient choisi, c°mme ses trois derniers prédécesseurs, dans un âge trop tendre; 1 adolescent nommé, l’effroi s’empara d’eux; ils ^coururent à l’empereur de la Chine. Ils le supplièrent sauver le sanctuaire le plus sacré du bouddhisme, en flualite de souverain protecteur des Grands Lamas. Afin de remplir cette mission difficile, l’empereur ^t°j1S1* Li-chan, fun des hauts mandarins les plus habiles ^ es plus énergiques; Ki-chan, d’origine tartare mand-0lle’ Ki-chan, grandi par son seul mérite, nommé suc-
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- cessivement gouverneur ou vice-roi de quatre province^, et créé prince de l’empire. Ami d’une utile et salutaire hospitalité, c’est lui qui, dans le grand et beau gouvernement du Sse-tcbouan, avait fait construire au sein de toutes les cités, avec autant d’élégance que de somptuosité, des hôtelleries officielles, qui ne sont égalées dans aucune autre province du Céleste Empire. Investi plus tard de la vice-royauté la plus importante, il avait tout tenté pour devenir le bienfaiteur de sa patrie, en détournant la funeste guerre de 18/10 avec les Anglais; alors il avait conclu, comme vice-roi de Canton, un traité de paix avec Sir Elliot. La réaction contre l’étranger fit un crime de ce service. L’intrigue rompit un traité si salutaire ; elle en proscrivit l’auteur, dont les biens furent confisqués, les femmes vendues, et la maison démolie! Quatre ans plus tard, lorsque les hontes de la guerre eurent parlé pour la prudence qu’avait montrée l’exilé, sa grâce fut obtenue. Ses amis, vraiment dignes de lui, rebâtirent â leurs frais son hôtel.
- Tel était le personnage éminent que la Chine avait envoyé pour sauver le trône du Grand Lama. Le Nomé-khan, pressé parles investigations de ce juge perspicace, avoue l’assassinat des trois souverains pontifes. Pour conclusion de ce long drame, un édit de l’Empereur exile au fond de la Mandchourie, près du fleuve Amour, ce profond scélérat; il méritait une peine plus exemplaire.
- Les lamas du populeux et vaste couvent de Séra préféraient même au Grand Lama le monstre bienfaiteur de leur couvent. Us avaient pris les armes et, pour un jour, envahi Lba-ssa; mais, aussitôt comprimés, ils n’avaient pu triompher des plénipotentiaires de la Chine.
- A peine ces événements étaient-ils accomplis, le spirituel et hardi missionnaire que nous avons cité plusieurs fois arrivait au Tibet avec des projets cachés. Une cor-
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- respondance occulte de ses coreligionnaires se fût établie entre le nord du Céleste Empire et Calcutta, en passant Par la cité de Lha-ssa; l’auteur de ce plan espérait un grand prosélytisme dans la cité même, sanctuaire du boud-dhisme. Le Grand L ama, ignorant, imprévoyant et tolé-Iant, n’aurait pas mis le moindre obstacle au séjour dans Ses états de l’entreprenant étranger; l’ambassadeur Ki-chan, ^oins confiant, y mit obstacle. Il ne savait rien, et se con-^uisit comme s’il avait tout su. M. Hue a raison d’expli-(Pler> de démontrer même, que ce ministre plénipoten-ûaire n’avait pas au Tibet une autorité positive. Le prudent Ki-chan ne prescrivit aucune mesure; il ne compromit en rien sa puissance; il insinua, il invita, il obtint; ®t M. Hue , ramené sous une escorte sûre, dut retourner a îa frontière occidentale de la Chine. C’est de là qu’il fut officiellement et gracieusement reconduit jusqu’à Canton, leu pour son expulsion du Céleste Empire.
- Telle est l’habileté profonde avec laquelle la dynastie Mandchoue exerce au loin sa puissance suzeraine dans Un théocratique.
- Population des conquêtes chinoises.
- la ^ ne l3058^6 (î1je les n°tions les plus imparfaites sur Population des possessions extérieures de la Chine.
- °ur le Tibet, par exemple, les évaluations varient otre les nombres si dilférents de sept millions à trente-trois tons d’âmes. Une partie des tribus sont nomades, et, pour n°mrir peu de familles, elles exigent un vaste territoire. ^ es Chinois semblent compter à peu près trente millions ames dans toutes les contrées que nous venons de ç, 0llrir, et qu’ils rangent au nombre de leurs tributaires. est bien peu de chose en comparaison des nombres qui
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- nous frapperont d’étonnement lorsque nous ferons connaître les recensements de cet Empire du Milieu, qui maintenant doit fixer toute notre attention.
- L’EMPIRE DU MILIEU,
- OU LA CHINE PROPREMENT DITE.
- Ce n’est pas sans appréhension que nous essayons de faire apprécier, dans le système de ses forces, l’un.des empires les plus vastes de la terre et le plus antique de tous par ses monuments historiques; l’un des plus persistants à conserver ses mœurs, ses coutumes, sa civilisation et jusqu’à ses préjugés; théâtre, il est vrai, de révolutions infinies, mais qui ne lui font perdre ni l’unité politique, ni sa constitution; développant à pas très-lents, très-inégaux et parfois même rétrogrades, la puissance numérique de sa population , depuis le commencement de notre ère jusqu’au milieu du xvne siècle ; en proie à deux grandes conquêtes en trois mille ans: une première fois, parles Tartares Mongols, au xmesiècle; une seconde fois, quatre cents ans après, par les Tartares Mandchoux. Ces conquérants, dont lé nom s’allie dans les souvenirs de l’Europe à tous les abus de la force, à tous les excès du pillage et de la barbarie, sont deux fois à la Chine les bienfaiteurs des conquis, et les rénovateurs de la civilisation. Les derniers venus, les Mandchoux, s’assimilent aux lois, aux mœurs du pays envahi; ils rendent possible, par la paix et le bonheur, un développement prodigieux de population, qui continue jusqu’à l’époque où nous vivons. Nous expliquerons ces progrès extraordinaires.
- Au xixe siècle, commence pourtant un tout autre spectacle : c’est celui d’un empire aussi vaste et quatre fois aussi peuplé que l’empire des Césars dans sa plus grande exten-
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- S1°n, quand celui-ci, dégénéré, regorgeait à la fois de tré-SOrs et de corruption. Aussi peut-on dire des Chinois, avec phis de motifs encore, ce que Bossuet osait dire, dans ta simplicité sublime dç sa langue : « Le peuple-roi n’en pouvait plus. »
- Quand la Chine arrive à cette impuissance, la force commerciale de l’Angleterre en Orient est arrachée des tïlains d’une société souveraine, illustre, prospère, et qui pestait modérée jusque dans les excès de son extension.
- et*e compagnie, fidèle à l’intérêt bien entendu de ses Possessions, établissait ce principe avec un rare esprit sagesse : Il faut vivre en paix avec la Chine. Mais, à Partir de i 834 , le commerce isolé, effréné, des personnes pDvees, ce commerce armé.d’audace et de contrebande, e substitue au négoce honnête et prudent qu’exerçait la ouveraine mercantile des Indes orientales, et jette ses Xces ttans la balance.
- Un goût, lent à naître et faible d’abord, s’était répandu dans i’ * . r
- 1 ancien monde il y a près de deux siècles. Il s’a-
- 2*1^01+ 1) • v *
- aune boisson, le thé, qui n’a rien d’enivrant ni de uque-, d’une boisson qui flatte doucement le goût, ^U1 Pr°oure un sentiment calme de bien-être, au lieu j> Ccas*onner la prostration de forces qui suit toujours ce ^llïnoctar^ ^es boissons surexcitantes. Aujourd’hui Un f.UVa^e Notaire est devenu pour la race britannique jet dindispensable nécessité; il coûte à cette race, /• yabtainent consommatrice, plus de cent soixante mil-bon^ francs par année.
- est le bienfaisant obiet d’échange qui, par année, Procure an ' i • . -, .
- Cl- # " trésor britannique un revenu de cent vingt-
- r^^d1111^0118 Gt tait v*vre’ ^ans marine mar-Cem ’ Une flotte équivalente à cent navires de quatre
- s tonneaux.
- iNTKOr>i,cT|0!v,_ ... O
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- L’Angleterre, en échange, expédie de l’Inde à la Chine pour deux cents millions de francs d’un opium délétère. Ce poison, la fraude l’introduit clandestinement, au mépris des lois quand elles sommeillent, et de vive force, à coups de canon, quand les lois se permettent de résister.
- De là la guerre de l’opium, commencée après i83g et mal terminée en 1 842. La défaite des Chinois est bientôt suivie d’une immense rébellion contre un gouvernement avili par sa défaite, et, qui pis est, avili sans qu’il cesse d’être superbe! La main des révoltés verse à grands flots le sang de leurs concitoyens dans une partie de l’empire presque aussi vaste que la France. Elle opère tous ses ravages avec ce double mot d’ordre : détruire les mandarins et massacrer les soldats mandchoux, c’est-à-dire exterminer les représentants de la force militaire et ceux de l’intelligence, réunis pour protéger, éclairer et gouverner les hommes.
- Une seconde guerre de commerce extérieur, commencée en 185-7, est terminée comme la première par un triomphe merveilleux, grâce à la vaillance réunie des Anglais et des Français. Ces derniers ne prennent part à la querelle qu’au nom des libertés religieuses, et c’est beaucoup.
- Avant de suivre de plus près ces événements, je veu* essayer de montrer comment s’est opéré le développement régulier, calme et paisible de la plus grande aggloméra' tion d’êtres humains qu’un sceptre unique ait jamais régi6' Je vais essayer d’expliquer les forces productives d’une terre, d’une mer et de fleuves admirables, forces combi' nées pour accroître à l’envi le nombre des êtres humains-
- Je finirai par aborder l’agression des Occidentaux, se sont jetés au travers de ce mouvement avec la toute' puissance de leur industrie et de leurs arts militaires.
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- Le moraliste rénovateur de la Chine : Confucius.
- Il serait impossible de faire comprendre la Chine à des habitants de notre hémisphère, si Ton ne commençait Par leur expliquer, du moins en termes rapides, la vie, les tfavaux et l’influence d’un homme qui, depuis cent générations, est devenu le régénérateur et n’a pas cessé être le régulateur suprême des institutions, des mœurs et des intelligences, dans un empire où son génie est aussi puissant que jamais : il y règne toujours.
- Nous voulons parler de Confucius, qui fut à la fois his-ùnien, moraliste et législateur sans avoir imposé ses lois.
- . Philosophe aux grandes pensées, aux longues méditations, fut pourtant l’un des hommes les plus mêlés dans es Maires de son temps; il se montra l’un des esprits les
- r s pratiques, dans le sens vulgaire de ce mot sèchement positif. 6
- Ses disciples ont recueilli soigneusement et publié les circonstances de sa vie, pour l’instruction de la poste-rùo; leur pieuse fidélité rendra facile notre tâche.
- Lo temps est au nombre de ses grandeurs. C est le seul
- homme
- célébré qui par ses ancêtres et ses descendants
- reconnus, sans avoir régné, rattache sa filiation, disons ftheux, sa dynastie à quarante-six siècles d existence.
- Sa naissance, antérieure de 551 ans à lere chrétienne,
- remonte pour nous à i ans. Son aïeul le plus illus-
- 1 empereur Hoang-ti, précède immédiatement les dy-
- nasties héréditaires. Quand ce prince arrivait à la soixante
- et unième année de son règne, il commençait le premier
- des cycles de soixante ans, qui sont pour les Chinois ce que
- les siècles sont pour nous : l’unité des longs espaces de temps.
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- La chronologie régulière des Chinois comptait déjà trente-cinq cycles, ou vingt et un siècles, lors delà naissance de Confucius.
- A celte dernière époque, l’empire, comme agglomération puissante, avait cessé d’exister; il n’était plus digne d’être appelé, comme une œuvre chérie du ciel, le Céleste Empire. De petites royautés, des principautés de tous les rangs, partageaient la Chine en cent vingt-cinq lambeaux, que rattachait en apparence un suzerain nominal : on eût dit l’Allemagne du moyen âge. L’anarchie, le désordre et la corruption multipliaient leurs ravages chez un peuple déchu de sa grandeur antique et de sa prospérité.
- Confucius est né dans le royaume de Lou, qui comprenait le pays des montagnes orientales, le Chan-toung actuel. Sa famille, quoique déchue, n’était pas tombée dans les derniers rangs, car son père gouvernait une ville du troisième ordre lorsque son fils y naquit.
- A trois ans, ce fils devint orphelin. Son éducation fut dirigée par une mère jeune encore et vertueuse. Elle se proposa, pour unique destinée, d’instruire dignement le frêle rejeton dont la tendresse la plus partiale ne pouvait pas deviner le grand avenir.
- Confucius, admirablement doué par la nature, avait un cœur dont l’excellence était en harmonie avec la raison la plus droite et la plus puissante. Nul n’apprit mieux à commander, nul ne commença par mieux obéir. Son âme était tournée naturellement vers la déférence et le respect; vers le respect pour sa mère, pour ses ancêtres, pour les vieillards, et pour toute personne qui le surpassait en âge ou seulement en expérience.
- La Chine était déjà le pays où les lettres conduisaient au pouvoir, sans être ensuite dédaignées des parvenus, comme ces échelles que l’ambitieux brise du pied quand
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- il s est élevé par leur secours. Dans la cité qu’habitait Con-fuciüs, le premier magistrat se faisait honneur de professer cours public en faveur de la jeunesse d’élite; il y reçut Confucius, quoique celui-ci n’eût encore que sept ans. Il lïit frappé de la supériorité précoce que révélait un si jeune elève; bientôt il le choisit pour moniteur dans l’es-Pece d'enseignement mutuel qui se pratiquait à la Chine ^ Y-* déjà vingt-cinq siècles. En Occident, il n’y a pas deux fois vingt-cinq ans', les amis du temps passé traitent cet enseignement d’innovation monstrueuse et détestable.
- Invité par sa mère à prendre un emploi public, à peine a~t~il atteint sa dix-septième année qu’il est chargé, dans s°n district, d’inspecter la vente et la distribution des 8rains prélevés à titre de revenu public.
- Dans le bon royaume de Lou, les mandarins consi-erabies, regardant de haut leurs fonctions, les faisaient ^ernplir Par des subalternes obscurs. Confucius, plus mo-este, ne croyait pas s’abaisser en accomplissant lui-même es devoirs; il acquérait ainsi l’expérience, que rien ne et^^6e ^ S6I t a tout. Il découvrait le bien à faire, soudain il le faisait. Ses soins introduisirent l’ordre et l’ad e^e?ent Pr°ldté dans le trafic des grains et dans inistration publique des vivres, administration trop Vent livrée au pillage. Économe du temps et prodigue oblS°» travail, il étendait ses études au delà du cercle lfee ses attributions. Il voulait connaître tout ce qui tion rnai^ non-seulement le commerce et la conserva-jj ’ mais la culture et le perfectionnement des céréales. valoiH ^°Ina^ Pas ^ chercher les moyens de mieux faire Pe t 3 terre*’ ü essayait, par ses conseils, d’améliorer le Sans rnerne’ Par qoi les champs valent quelque chose, aucun dessein préconçu, il était déjà moraliste.
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- Avant de consacrer sa vie à méditer sur ie cœur humain et sur la société, il déployait cette activité féconde, et n’avait pas achevé sa vingtième année.
- Dès le principe, jugeant les humains d’après lui-même, il croyait que tous les cœurs renferment en eux tous les germes de la bonté, tous les moyens de la raison. Dans sa pensée, pour avancer vers la perfection, il suffisait que chacun mît ses soins à revenir vers sa nature primitive. C’est ce qu’il a nommé la grande étude ; l’étude à la fois méditative et pratique de la vie, que sa voix devait plus tard enseigner à ses disciples et ses écrits enseigner à la postérité. Revenons aux essais de sa jeunesse.
- A vingt et un ans, on lui confie l’inspection du travail des champs et des industries pastorales dans la province entière qu’il avait commencé d’étudier. Alors il met à profit les observations qui d’abord n’avaient été pour lui qu’un luxe de curiosité. Il imprime aux diverses parties de l’agriculture une impulsion nouvelle ; il fait voir comment on peut perfectionner les procédés du travail et les produits mêmes. Il veut qu’on cultive jusqu’aux terres regardées avant lui comme incultivables, et procure aux laboureurs nécessiteux les avances nécessaires à ces nouvelles entreprises; il éclaire en même temps l’industrie pastorale, dont il accroît promptement la prospérité. Quatre ans lui suffisent pour changer la face des campagnes confiées à sa surveillance.
- Quand arriva la fin de sa vingt-quatrième année, d perdit sa mère, sa mère si tendre, si sage et si dévouée! Aussitôt il se démit de ses fonctions pour se concentrer dans son deuil et dans sa retraite, suivant la sévérité des mœurs antiques. La sincérité, la dignité de son exempt remirent en honneur le culte des morts, la solennité des obsèques et la piété des monuments consacrés aux sépub
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- tures.'Il réhabilita ce respect de la tombe, quun seul être vivant, que l’homme seul a conçu, dans la pensee d honorer les sources sacrées de sa vie ; respect qui suffirait pour lettre l’infini entre son espèce et tous les êtres animés, mais sans âme, qui végètent sur la terre *. 1 indifférence publique avait fini par en oublier les traditions séculaiies.
- Il exhorta les familles à témoigner de nouveau leur vénération pour les ancêtres, vénération que tout le peuple Professait au temps des grands règnes, quand les sages et les saints hommes étaient appelés à regner.
- Il ne s’arrêta point à ce premier et profond service ffitil rendait aux mœurs nationales. Au lieu de boinei à de louables mais stériles regrets les trois ans consacres pour honorer sa mère, il remonta graduellement par delà vingt siècles, afin de chercher dans les exemples du passé la source des enseignements. Pour origine suprême, il prit s°nplus illustre ancêtre, en méditant depuis cette epoque sur tous les grands souvenirs de son pays; il entreprit de les exhumer et d’en restituer les annales. Il commença d é-Crife, sur un plan plus parfait et plus complet, le Chou-^n9> cette histoire si vaste, révérée comme un livre saint,
- quil fit commencer avec le règne d’Hoang-ti, a 637 ans avant notre ère. Il rehaussa la valeur des faits par la puissance de son style, grave, profond, énergique, et pai une incroyable fermeté de raisonnement. Sa narration le fit Jllge et juge moral des hommes et des institutions.
- Ensuite il recomposa les principaux livres sacres. Un des plus remarquables est celui des cérémonies et des rites> qui, sous des aspects de formalités plus ou moins étudiées, cache des trésors de prudence, de morale et de gouvernement. 11 écrivit aussi le livre sur la musique et . Poésie, ces deux arts dont l’étude et l’exercice avaient Jadls ^ercé tant d’influence dans l’empire.
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- De ces méditations profondes et de ces travaux ébauchés en trois ans de solitude sortit, pour ainsi dire, un nouveau Confucius, qui représentait à lui seul les antiquités, les mœurs vénérables et tous les trésors que les siècles avaient accumulés pour le gouvernement de son pays.
- Même en ses plus grands succès, il n’eut jamais l’ambition ni l’orgueil d’être un prophète, un thaumaturge, et moins encore un objet d’adoration. Jamais il ne demanda qu’on crût à Confucius; il lui suffisait qu’on crût à la vertu. Il demandait qu’on crût à la nécessité de perfectionner son cœur et sa vie; qu’on crût au devoir de révérer sa famille, son père, sa mère, ses ancêtres, et le souverain, le premier des pères. Ce souverain, à son tour, il l’assujettissait, plus sévèrement que le moindre des hommes, à tous les devoirs de l’humanité et de la patrie.
- Comme il ne faisait jamais appel aux passions pour les blesser ni pour les flatter, il n’eut jamais ni pour lui ni contre lui les fanatiques. Il ne prêchait pas des idées, il prêchait le bien. Dans le désir de recommencer le bonheur des hommes, il ne parlait pas en son nom, il laissait parler l’histoire; il lui suffisait que sa voix eût pour elle la raison, l’autorité des siècles, l’exemple des grands règnes et l’irrécusable expérience.
- Voici comment la valeur de ses travaux était appréciée par un auteur contemporain : « Si les belles institutions des empereurs Yao 1 et Ghun 2 venaient à se perdre, si les sages règlements des premiers fondateurs de notre empire tombaient dans l’oubli, si les cérémonies et la musique étaient abandonnées ou corrompues, enfin, si les hommes finissaient par se dépraver complètement, la lecture des écrits que laissera Confucius les rappellerait à la
- 1 Yao, xxiv' siècle avant J. C.
- * Chun, xxme siècle avant J. €.
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- pratique de leurs devoirs; elle ferait revivre dans leur mémoire ce que les anciens ont su, enseigné, pratiqué de plus utile et de plus digne d’être conservé. » On le voit, la suprême justice commençait pour lui de son vivant.
- Il eût été contraire à l’habitude des choses que le roi de son pays s’aperçût le premier d’un si prodigieux mérite ^ez un ex-employé des vivres dans un district de ses États.
- e roi d’un pays voisin, celui d’Yen, découvrit Confucius;
- 1 Ie pria d’introduire dans son royaume les perfectionnements dont le bienfait avait brillé dans une province de ou. Le réformateur s’y prêta; il améliora les arts, les ls et les mœurs chez l’étranger qui faisait appel à ses
- lumières.
- ^ Le bruit de tels succès se répandit de proche en proche.
- autres princes voulurent en connaître l’auteur, par cu-
- Dosité; ils étaient charmés de converser avec ce sage,
- ÏJ11 communiquait ses conseils sans vouloir les imposer.
- ,aif5 pour suivre de tels conseils, il eût fallu lutter
- poniblement contre ses propres passions, se fatiguer à
- fndre medleurs et soi-même, et le peuple, et les inslitu-
- p lls’> P^us doux semblait de s’en tenir à des discours.
- arini les princes, qui tous n’étaient pas vicieux, plusieurs
- paient lettrés , et partant ils aimaient l’éloge. Cette soif de
- uanges, moins exigeante de leur temps qu’aux mauvais
- Mirs de Syracuse, n’envoya pas Confucius en prison pour
- once de flatterie. Peut-être dut-il ce succès à sa sim-
- icûe d homme pratique, laquelle n’était pas à beaucoup
- P1 es la superbe de Platon, mal déguisée à la cour de Denis.
- voyageait dans les divers États de la Chine, qui seule
- pa tous ses soins, pour en étudier les habitants, les
- les U 10ïlS’ ^es ressources et les besoins. Il recherchait
- talents célèbres, dans l’espoir de s’instruire auprès o eux et m. , i
- UL & améliorer par leurs leçons.
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- Il alla trouver un grand musicien dont les compositions rendaient croyables les merveilles quon racontait de l’ancienne musique nationale, autrefois inséparable de la pensée mise en vers. Sous un tel maître, il appliqua ses plus puissantes facultés à découvrir par quels secrets la mélodie peut exprimer les sentiments , comment elle sait maîtriser les passions, et comment ses effets, alliés à la poésie1, en doublent la puissance. Il s’appropriait ces moyens d’influer sur les mœurs publiques pour ajouter au grand art du bon gouvernement des hommes.
- Une visite autrement célèbre fut celle qu’il rendit au philosophe le plus illustre de son temps. Le très-prudent, le très-circonspect et méticuleux Lao-tseu, vers le déclin de sa vie, goûtait le repos et la méditation dans un asile qu’il devait à l’amitié d’un généreux mandarin. Il se contemplait lui-même; il vivait avec ses pensées et les écrivait en secret, dans l’espoir qu’après sa mort d’autres hommes vivraient avec elles, et qu’ils s’en trouveraient bien.
- Sa condition personnelle avait toujours été modeste et sa vie prudemment cachée. Il a fini ses jours en solitaire, et c’est dans la solitude qu’il a composé l’ouvrage qui recommande sa mémoire.
- La Chine doit à Lao-tseu le beau livre intitulé Tao-te-king, la Raison suprême universelle et la vertu. Selon lui, la vertu n’est que la raison de l’homme exercée pour le bien des hommes, en résistant aux passions; éclairer, diriger cette raison, c’est propager la vertu. Comme fauteur vivait au milieu des plus tristes gouvernements, sous une dynastie mauvaise et corrompue, il ne combattit qu’en termes généraux le despotisme et ses violences, en
- 1 Confucius disait à son fils : « Si vous n’apprenez pas la poésie, si vous ne vous exercez pas à faire des vers, vous ne saurez jamais bien parler ui bien écrire. #
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- ^eme temps qu’il flétrissait l’oppression des peuples. A ses yeux, la raison suprême est le guide supérieur qui de-Vrait diriger tous les rois, et ne dirige que les bons. ^Hfucius, plus jeune d’un demi-siècle, et pourtant fJa eélèbre, attiré par ce qu’il savait d’un tel précurseur, Vlnt trouver en sa thébaïde. Il faut citer l’avis, presque satirique et chagrin, qu’il en reçut-, cet avis, par bonheur P°ur leur patrie commune, Confucius ne le suivit pas.
- (( Le sage aime l’obscurité. Loin d’ambitionner les em-I 0ls> il les fuit. Persuadé qu’en terminant sa vie l’homme ne ^a*SSe après soi que les bonnes maximes qu’il a décou-Vertes et qu’il aura transmises aux hommes capables de j 6 pratiquer, il ne se livre pas au premier venu. Il étudie s temps et les circonstances: si les temps sont bons, il parle ; s’ils sonl mauvaig5 p se tait. Le possesseur d’un s°rle cache avec soin, de peur qu’il ne lui soit ravi; il
- e gai de bien de publier partout l’existence d’un tel dépôt I ’l \ r
- • r. nomme vraiment vertueux ne fait point parade de Je , rï ^annonce pas à tout le inonde qu’il est sage, o ai rien de plus à vous dire : faites-en votre profit. » faiblesse et vanité du cœur de l’homme ! Voilà l’un grands philosophes de l’antiquité qui de bonne foi, de l,ant Precon^ser l'avarice des idées, invoque la sagesse avare matériel enterrant son or; il l’invoque afin d’ho-^1 circonspection de l’égoïsme et de la peur,
- vec le respect infini que Confucius professait pour la le G-SSe Ver^u, même ainsi repliées sur elles-mêmes, ^ naoins craintif et le plus actif de tous les hommes, sage
- rilerT aU*re sa§esse» enflammé d’un zèle sacré, reçoit en ce et sans la flétrir la leçon de Lao-tseu; mais il la
- viva tSanS a^an(^onner Pens^e de faire germer de son ant, à travers tous les obstacles, la vérité semée pour dVerilr dans tous ses écrits.
- des
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- Il prend congé du solitaire, afin d’aller aussitôt ouvrir sa maison à ses concitoyens, à tous ceux qui voudraient demander à son expérience des leçons, des préceptes ou de simples conseils. Ainsi faisaient, mais dans des vues parfois moins désintéressées, ces graves Romains, lumières du forum et du sénat, lorsqu’ils recevaient sous leurs portiques les clients qui leur demandaient l’explication des lois et les moyens de résister à l’injustice1.
- Seulement, au lieu d’apprendre à ses compatriotes comment gagner des procès en litige avec d’autres hommes, Confucius leur enseignait comment les gagner avec sa propre conscience, comment les gagner avec les imperfections de notre caractère, avec les lâchetés de notre vie, avec nos vices, nos défauts et toute notre inconduite.
- Il dédaignait l’ironie. Sa lutte n’était pas, comme celle de Socrate, avec des rhéteurs-sophistes, qui, pour consoler leur vanité réduite à l’absurde en pleine place publique, n’avaient su trouver, comme dernier argument, qu’Anitus et la ciguë. Sincère adorateur de Thien-ti, le souverain maître du ciel, silencieux sur d’autres cultes, il n’alarmait aucune croyance religieuse, et ne fournissait nul prétexte aux persécutions que le populaire épouse avec un bonheur fanatique. Il laissait là les superstitions, sans rien dire d’elles; jamais il n’aurait demandé, pour dérision dernière, et tenant en main la coupe empoisonnée, qu’on immolât un coq en son nom sur l’autel du dieu de la santé.
- Voilà comment, sans irriter l’envie, cette ombre forcée
- 1 «Quid est enim præclarius, quam lionoribus et reipublicæ muneribus «perfunctum senem, posse suo jure dicere idem quod apud Ennium dicat « ille Pythius Apollo, se eum, unde sibi, si non populi et reges, at omnes sui
- «cives conciiium, expectant........Est enim sine dubio domus jurisconsulte
- «totius oraculum civitatis.» (Cic. De Oratore, lib. I.)
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- la gloire, ombre d’autant plus noire que la lumière a plus d éclat, Confucius eut l’avantage d’éclairer les hommes Sllr taurs défauts, sans être châtié pour ses bienfaits. Peut-on comparer les mœurs de l’Orient avec les mœurs e 1 Occident, et celles de la Chine avec celles de l’Ionie ou de ttique ! Socrate avait cru sa philosophie compatible avec amitié d’Aspasie, l’éloquente et belle hétaire qui séduisit ^encles et relâcha les mœurs d’Athènes. Dans le royaume e Weï, la favorite du monarque, au mépris de toutes les le§les, obtient la permission de recevoir dans ses apparte-^ents le sage qu’on proclamait supérieur à l’humanité.
- °otucius, qu’on appelle au nom du roi, se rend à la saHe du trône; prié de pénétrer dans le gynécée, il est Bireté par le respect. Moins retenue, la favorite franchit b barrière élevée par les rites et marche à sa rencontre.
- °is il feint de croire que c’est le prince qui s’avance; il jBcline trois fois son front jusqu’à terre; puis il se relève toute sa hauteur, les mains croisées sur la poitrine, la immobile, et reste le regard abaissé : on eût dit la grande image d’un ancêtre qui rappelait, dans le palais
- fav 1*)1S> ^aust^r^ des saiotes mœurs. A cet aspect, la °rite, effrayée, sans oser dire un mot, rentre dans l’en-einte que sa futile vanité n’aurait jamais dû franchir.
- °us le toit de Confucius, l’époux comme le père, en et 1 aVGC ^a lamille, y maintient sans effort l’obéissance ^ respect : digne tradition de ses aïeux. Sous ce toit, aohppe, injurieuse et colère, n’aurait pas été possible. a postérité du sage, multipliée de plus en plus, a la C6S ^eHcûés domestiques. Elle a grandi comme
- ell 011*e ^ ^us gran(le du Céleste Empire. Reproduite par tribu*1611-6 ^6 ^coération en génération, elle forme une te • ?U1 ^^Ja C0Inpte douze mille âmes; elle cultive un Ûoire , accordé par l’État, autour du tombeau de l’im-
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- mortel patriarche. Sous la garantie de l’affection et du respect universels, cette race, élevée d’honneurs en honneurs, est devenue et reste à jamais la première des familles après la famille régnante; mais ce n’est pas assez dire. L’une, en effet, s’accroît toujours; l’autre, la souveraine, passagère et périssable comme le pouvoir et l’obéissance , en vingt siècles seulement a vingt fois été détruite et vingt fois remplacée, de dynastie en dynastie.
- Revenons aux services qui devaient obtenir une reconnaissance jusqu’ici sans exemple sur la terre.
- Pour payer sa dette à son pays, le sage par excellence n’avait pas dédaigné les plus modestes fonctions; il faut le montrer aux prises avec les difficultés des plus hauts emplois.
- A peine monté sur le trône de Lou, le nouveau roi veut réparer la négligence de son père. Il mande auprès de lui l’homme éminent que déjà révérait la Chine entière; il lui confie l’emploi de gouverneur du peuple, à peu près ce qu’est aujourd’hui notre ministre de l’intérieur. Avant d’ordonner des réformes, Confucius s’impose le devoir de les faire aimer. Par ce moyen le bien semble s’opérer de soi-même ; la concorde rend tout facile, et l’État prospère sans effort. Le ministre revient, pour l’État entier, au bien-être à propager dans les campagnes, premier objet de ses études ; partout il fait régner l’ordre, le progrès et le contentement.
- Le roi, de plus en plus charmé, nomme Confucius grand juge de son royaume. Afin d’effrayer les puissants* qui croyaient à l’impunité de leurs crimes, le nouveau magistrat croit indispensable de choisir pour exemple de sa justice le plus éminent des coupables, un oppresseur, un voleur impuni jusqu’alors! Il fait instruire son procès, le convainct de ses crimes, le condamne à mort, et lu1
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- fait trancher 3a tête en public avec le sabre sacré, saintement déposé dans la salle des ancêtres.
- Après avoir accompli le plus haut des enseignements Pratiques, après avoir montré comment on rend aux lois ia force qui châtie les forfaits, le respect qui prévient le mal, et la justice amie de tous, il fit une dernière chose <îUe 1 Occident ne croira pas : premier ministre, couronné
- Par le succès, au comble des faveurs, il donna sa démission.
- Il ne voulait plus s’occuper que des enseignements de Vlngt siècles écoulés, pour être transmis par ses disciples aux âges futurs de la Chine.
- Le Chou-king : le livre des Annales.
- Disons quelques mots de plus sur l’œuvre principale de utucius. Il a rédigé cet ouvrage en puisant aux sources authentiques, et d’après les monuments officiels qui sub-Slstaient encore de son temps. Cette grande histoire com-~ cent chapitres; mais un odieux empereur, Thsin-i s étant efforcé de détruire les écrits de tous les sages, réussit à mutiler ce monument. La postérité ne possède
- nalS ^Ue C^n^uan^e"(leux chapitres du livre sacré des An-s, et quarante-huit sont perdus pour jamais, istoire de Confucius est à la fois politique, morale profondément philosophique. A son esprit s’offraient ^ U® «feux mille ans de souvenirs, affranchis de fables e fictions. Il avait le bonheur de trouver dans les pre-miers temps de cette longue période une succession de
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- eux et grands princes, lesquels étaient, comme les & s u Israël, antérieurs aux successions dynastiques ; leurs ^esenteient les plus beaux exemples d’amour vrai umanite, de raison ferme et pure, de gouvernement
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- patriarcal appuyé sur la justice. L’historien a su mettre en lumière les premières origines, et les institutions, avec les mœurs qu’elles avaient enfantées.
- Ce que le chancelier Bacon proposait à nos.pères pour renouveler la face des sciences et des arts, Confucius l’avait accompli vingt siècles plus tôt pour renouveler la morale et le gouvernement d’une grande nation. Il a consulté complètement, rigoureusement, Vexpérience des faits accomplis. Il n’a point bâti de système, point composé de Chose publique imaginaire, de République de Platon, point disposé des biens de tous, point expurgé des classes d’habitants, point expulsé les enfants du chant et de la poésie, point travaillé pour donner des mœurs factices à des peuples hypothétiques, c’est avec des faits chinois et pour un peuple chinois qu’il a non pas inventé, mais restitué son monument, que j’ose appeler un monument baconnien par excellence.
- Chose plus remarquable encore ! cet homme circonscrit pour les temps, les lieux et la nation, cet homme que je pourrais nommer local, qui ne prétend pas à l’étude ambitieuse du cœur de tous les peuples, lui qui n’a travaillé que sur le cœur et pour le cœur de ses concitoyens, il n’en a pas moins composé des œuvres morales où le genre humain cherche avec respect des leçons universelles.
- Confucius a senti plus que personne la force et la vénération que l’antiquité, sagement consultée, porte avec elle. De cette vénération il a fait le premier lien social dans la famille et dans l’État. En lisant son livre des Annales, les Chinois ont compris qu’ils possédaient depuis quatre-vingts générations une grande gloire nationale, des règnes primordiaux dignes à jamais de l’admiration des hommes, des institutions, des coutumes qu’il suffisait de faire re-
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- Vlvre et de rendre à leur antique génie pour que leur lla{i°n se montrât Tune des plus illustres, des plus sages des plus fortunées. Hélas ! un orgueil trop naturel au ^œur de l’homme les rendit plus fiers encore; cet orgueil eur fit penser qu’avec l’histoire, les lois et les mœurs res-Suscitees par Confucius, ils resteraient à jamais le premier Peuple de la terre. Nous montrerons ce qui les a déçus ans cet espoir.
- L historien philosophe et national parut à tous les yeux Ce quil était en effet : le plus grand, le plus vrai, le plus pur ami de son pays. Entre tous les hommes de son temps * lut trouvé le plus sincère et le plus éclairé des patriotes. n patriotisme avait été, pendant sa vie, sa sauvegarde sa puissance; la même vertu le rendit, après sa mort, Uïl objet de vénération et d’amour aux yeux des générait118 successives : dans les temps heureux, on jouissait des ls et des mœurs que ses leçons et ses livres sacrés avaient Jttmortaîisées; dans les temps de désordre et de calamités de V°^,ait ^ueis malheurs entraînaient l’oubli, la violation sen^flecePtes du sage des sages. Lui! qui ne s’était pré-e quà titre de narrateur et de conseiller bénévole, il les^^ a^reS sa mor,: l’autorité souveraine d’un législateur; Compenses publiques ne furent plus accordées qu’aux M ’ aux actions qu’il avait préconisées; les lois pénales
- atierent les délits et les crimes qu’il avait définis et con-damnés p p ^
- le ^mm, quaqd on voulut donner aux empereurs
- P Us grand de tous 1 es éloges, on se contenta d’affirmer an”l • &
- Corif' 1 S avaien* rcgné conformément aux préceptes de
- p
- f]6 Un^te législative, revivifiée par la grande histoire les fiG 3118 Une ^an§ue idéographique entendue par tous s-x po0aimes éclairés, sur un territoire égal en grandeur à °ls France, cette unité directrice devient un lien tNTRODHCTIOX. —• ni. i
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- national; lés siècles en s’écoulant, au lieu d’affaiblir ce lien, le fortifient. Il en est résulté qu’un pays immense, morcelé maintes fois par les révolutions, divisé, sous-divisé par royaumes, par feudes, à diverses époques, ce pays pourtant a toujours considéré ses habitants comme les rejetons d’une même famille et les membres adhérents d’un même corps de nation. Toujours ils ont fini par se rallier sous un même sceptre, afin de reconstituer l’Etat et le gouvernement dont les grands règnes primitifs présentaient la puissante image.
- Voilà le service impérissable rendu par Confucius à son pays, service qui s’est agrandi d’âge en âge par les progrès extraordinaires de la population.
- On ne peut guère admettre que l’ensemble des royaumes dans lesquels la Chine était divisée, lorsqu’il vivait, comptât plus de 3o millions d’habitants. La même contrée en comptait plus de 32 0 millions dès la fin du siècle dernier; il est certain quelle en comptait, il y a quelques années, plus de hoo millions, et l’on affirme quelle compte au' jourd’hui 537 millions d’âmes.
- Ce demi-milliard d’êtres vivants, presque la moitié dn genre humain, conserve au fond de son cœur le senti' ment national ravivé, maintenu par Confucius. Ce senti' ment respire encore au Inilieu d’une décadence dont nous chercherons la cause et la mesure. La patrie primordiale, forte de vertus et brillante de gloira, peinte en traits in1' périssables par l’historien moraliste, reste le grand objet de leur amour, de leurs regrets et de leur vénération. C’est donc la patrie tout entière, c’est son honneur et sa vertu que les Chinois révèrent, quand ils s’inclinent dans'les temples érigés par leur gratitude au plus sage, au pin* grand, au plus patriote de leurs ancêtres.
- Passons du plus grand homme à la principale cité.
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- PEKIN, LA CAPITALE DE L’EMPILE.
- A quelques lieues de la frontière mandchoue, vers le n°rd de la province chinoise la plus septentrionale, s’é-leve la capitale de l’empire. Nous allons l’étudier en si-§nalant les institutions et les édifices qui caractérisent une c°ntree si profondément différente de l’Occident.
- L ancienne ville chinoise de Pékin n’existe plus depuis Pres de six siècles. Le célèbre descendant de Gengis-khan, °ubilaï, en retira les habitants pour peupler la nouvelle capitale construite par lui sur le plan le plus grandiose.
- len n’égalait, dès cette époque, la magnificence des palais et la splendeur de la cour. Le voyageur Marco se complaît à nous en offrir le tableau, lorsqu’il ecrrt la nouvelle Gombaloii : c’est le nom que Pékin portait alors.
- Un
- puissant motif a décidé les Tartares à maintenir
- j i --v (A \4.vvlVl\J XV/J AUX LUX \_/ IJ U lliUlUiViiXl
- capitale de leur conquête dans le voisinage du nord et I resque a l’extrême frontière de la Chiné.
- A a Grande Muraille et la Barrière de Pieux, qui du u septentrion la continue jusqu’à la mer, ont cessé j, etre cette prodigieuse enceinte continue qui séparait ’^ol^11^ ses ennemis séculaires, les Mon-
- j s et les Mandcboux. Depuis la conquête faite par ces erniers, il y a plus de deux siècles, une partie des vain-queurs a planté ses drapeaux dans les forteresses du ucu. Nous avons dit comment le reste des Tartares, pir n s au î°in, ont été successivement annexés à l’em-’ et c°uirnent ils ont été rangés par bannières sous le mandement d’une dynastie de leur sang, qui par son tei^lrje ^atte leur fierté. Ces bannières extérieures recru-es huit bannières intérieures, qui sont le nerf de
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- l’armée chinoise et la sûreté du trône. Elles sont en partie mongoles, en partie mandchoues; mais les dernières inspirent seules une confiance sans réserve. La Maison qui règne aujourd’hui se rappelle toujours que les princes vivants des tribus mongoles comptent au milieu d’eux des guerriers qui s’enorgueillissent d’être les descendants des Gengis-khan et des Koubilaï. Qui peut dire, en effet, si quelque jour ces princes nomades, cachés dans leurs déserts, ne feront pas surgir des prétentions dangereuses à travers ce flot des révolutions qui roule si vite et si loin dans l’Asie?
- Koubilaï ne s’est pas contenté de réédifier Pékin. Il a voulu pourvoir à l’alimentation d’une immense capitale, au milieu d’une province, celle de Pé-tchi-li, qui semble tenir de la Tartarie par son terrain sableux, naturellement peu fertile.
- 11 a repris le canal Impérial, qu’on avait avant lui creusé au midi du fleuve nommé Yany-tzé-kiang ; il fa continué dans les dimensions les plus grandioses, d’abord jusqu’au fleuve Jaune, puis, au delà, jusqu’à Pékin.
- Il a bordé ce canal d’une grande route pavée, et des deux côtés ombragée par de beaux arbres. On donnera l’idée de cette route en disant quelle exigeait, pour être parcourue, quarante journées de marche.
- Description des quatre villes qui composent la nouvelle capitale.
- La capitale de l’empire, à laquelle on suppose plus de deux millions d’habitants, présente quatre villes bien dis* tinctes, établies d’après un plan général et d’une réguiarfle presque parfaite. Elles ont pour régulateur un immense axe commun, axe de symétrie, dirigé du midi vers le nord» suivant une ligne méridienne.
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- En avançant du sud vers le septentrion, sur cette ligne Méridienne, on traverse successivement les quatre cités, dans une longueur qui surpasse deux lieues et un quart1.
- Toutes les rues et les côtés des places importantes des tlois cités sont dirigés à angle droit, les uns du nord au Midi, les autres de l’orient à l’occident. Aucune capitale des deux mondes, d’une étendue comparable, ne présente ans son ensemble une pareille régularité.
- I. LA VILLE ANTERIEURE OU MERIDIONALE.
- De l’orient à l’occident cette ville a deux lieues de longueur-, du sud au nord sa largeur est presque d’une lieue. Plaçons-nous au milieu de la porte méridionale, et eminons sur l’axe commun aux quatre cités. Nous pé-uetionspar une espèce de boulevard central, incompara-ement plus large que notre large boulevard de Sébas-topol, le plus magnifique de nos boulevards intérieurs.
- u Abouché de cette voie grandiose, nous nous trou-v°ns sur une place dont la largeur est d’un demi-kilomètre la °n* ^ ^0n£ueur est d’un kilomètre. Sur la droite et sur’ j,. §auche de cette place, nos regards sont frappés par Mmensite de deux enceintes sacrées, au-dessus des-
- Longueur de l’axe régulateur de Pékin, mesure dans chacune des quatre cités.
- 1 La vdle méridionale, immense faubourg.............. 3,020 mètres,
- 2- Partie sud de la 2'ville, la ville dite intérieure. ,. 1,200
- Partie sud de la 3“ ville, la ville impériale........... hoo
- h- Toute la ville sacrée : la ville interdite............ 1,000
- 3- Partie nord de la ville impériale................... i,éoo
- 6» Partie nord de la ville intérieure.................... 2,000
- longueur totale de l’axe régulateur, du sud au nord. 9,620
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- quelles des arbres séculaires, sacrés aussi, portent leurs cimes vers les cieux.
- Les plus grandes institutions, et nous dirons presque le génie de la Chine, nous seront révélées quand nous aurons franchi ces deux enceintes. Commençons par celle qui se présente du côté de l’occident.
- Enceinte consacrée aux honneurs de l’agriculture.
- Cette enceinte est orientée, comme le sont tous les monuments considérables de Pékin. Sa figure a la régularité d’un rectangle dont un seul côté, celui du nord, est sensiblement arrondi. Sa largeur n’est pas moindre de sept cents mètres, et sa longueur est presque double. De très-beaux arbres, plantés à l’intérieur, s’étendent à partir du périmètre; ils entourent de toutes parts une longue place centrale et rectangulaire. Cette place est composée de trois rectangles contigus, rangés du nord au midi, ayant une même largeur de quatre cents mètres, et les trois réunis offrant une longueur d’un kilomètre. Telle •serait la grandeur d’une place qui s’étendrait du Louvre à la grille des Tuileries, près de l’Obélisque.
- Au milieu du carré central s’élève un autel de forme carrée, érigé pour honorer la mémoire de l’antique souverain qui, selon l’histoire ou plutôt selon la légende chinoise, a le premier enseigné l’agriculture à ses sujets: c’est l’empereur Chin-noung 1, appelé par vénération le Divin agriculteur.
- Le peuple chinois a conçu que l’agriculture était pour lui, plus que pour aucun autre peuple, la source d’une incomparable grandeur. Qu’on imagine la féconde vallée
- 1 H était fils de Fou-hi, et régnait vers l'année 3a i8, avant notre ère.
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- *ju Nil, quatre fois décuplée dans sa largeur, sans perdre e son abondance; alors on aura l’idée de l’immense pays sUr lequel est venu répandre ses bienfaits le dieu qui pré-S1(le a 1 agriculture. Là, plus qu’en aucune autre contrée, culte met en honneur l’énergique industrie de l’homme eschamps. Au lieu d’attendre, comme l’indolent Égyptien, jluun fleuve agriculteur couvre et féconde les plaines, e cultivateur chinois, inspiré par le génie de l’agricul-
- soulève infatigablement les eaux, pour les jeter sur le plat d’
- Ce
- pays et même sur les hauteurs : tel est le secret Ofte industrie rurale dont rien n approche en Chient.
- travail incomparable a fini par produire la vraie gran-
- deur d
- un empire qui nourrit plus d’habitants que n’en
- contiennent même aujourd’hui, prises ensemble, lEu r°pe, l’Afrique et l’Amérique. Tels sont les motifs qui font adorer par les Chinois le Génie ou 1 ancêtre qui Présidé à leur agriculture.
- Des peuples illustres ont imité cette religion de la îe-connaissance. Au milieu des monts arides de l’Attique, les plus ingénieux de tous les Grecs se plaisaient à croire fl^e Athènaé , la fille du dieu des dieux, était venue leur enseigner la culture de l’olivier, première richesse d’A-dienes. Voyez quel parti moral ils ont tiré de cette hc-flon! Dans Minerve ils honoraient le double bienfait du havail et du génie. La divine cultivatrice était à leurs yeux 1& deesse de la sagesse; elle inspirait le talent de leuis ai-tistes; elle animait la vertu de leurs grands hommes, et présidait à la valeur civilisée. Qui n aimerait ces allégories transparentes, si pleines de charme et de majesté?
- Revenons à l’emplacement destiné pour honorer le Divin agriculteur. Le grand rectangle qui se trouve au rnidi de 1 autel central renferme le champ sacre ; cest celui flue chaque année, dans un jour de fête nationale, doi-
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- vent labourer les mains de l’empereur, puis celles des princes du sang, puis celles des grands dignitaires.
- Il ne faut pas voir seulement dans cette cérémonie une imitation bienveillante du travail des champs. L’empereur, avec des prières et des sacrifices, demande au Ciel d’accorder à son peuple des saisons propices. Sans le secours favorable des saisons, tout l’art de l’homme obtient à peine de maigres moissons : aussi, chaque jour de l’année, l’agriculteur reconnaît l’inefficacité de ses efforts, s’il n’est pas secondé par le Maître de l’univers.
- Au nord de l’autel central sont des édifices érigés par la même piété : les uns sont destinés à contenir les instruments aratoires consacrés au culte impérial; les autres, à recevoir les récoltes que produira le champ sacré. Ces récoltes, elles-mêmes, ne seront employées qu’à des usages religieux, établis par les rites officiels.
- J’arrête à peine l’attention du lecteur sur la troisième place carrée, au nord des deux précédentes. Elle est réservée, et je dirais presque perdue, pour le culte insignifiant de la planète Jupiter : superstition d’astronome.
- Hâtons-nous de passer à l’orient de la grande avenue centrale qui sert d’axe aux quatre cités; un spectacle plus imposant va s’offrir à nos regards.
- Enceinte consacrée à l’adoration du Maître du ciel.
- Cette enceinte, plus vaste que celle dont nous venons d’offrir l’idée, a seize cents mètres de longueur; sa largeur est égale à cette grande étendue, et son contour est d’un^ lieue et demie. Nos cités de quarante mille âmes ne sont pas plus spacieuses.
- Des ombrages révérés, beaucoup plus étendus qu<? ceux qui dominent autour de l’autel et du champ cons?'
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- crés à l’agriculture, enveloppent de toutes parts une autre ptace, dont il faut faire connaître l’objet et l’historique.
- Le second empereur de la dynastie des Ming, qui prit ces mots pour symbole de son règne : Celui qui perfectionne h race, Tsincj-fou, fit rechercher et détruire les livres superstitieux répandus par les sectaires de Lao-tseu, livres dans lesquels on annonçait de prétendus se-crets pour prolonger sans fin la vie des hommes. Dans le dessein d’éclairer son peuple, il releva la barrière de lin-fini entre les êtres, tous mortels, qui peuplent la terre, et ta Maître éternel des cieux. Décrivons le monument national qu’il fit construire pour un culte digne du Dieu fin ciel et de l’éternité; Confucius était son guide1.
- le l °1C1 C0Inment> il y a 24oo ans, Confucius expliquait au roi de’ Lou p - Maître du ciel; il en faisait remonter l’institution à l’empereur ° C qui régnait 3468 ans avant notre ère : l'0^ ' ' '$°us quelque dénomination qu’on pratique le culte du ciel, quel qu’en soit tQfi- * aPParent et de quelque nature que soient les cérémonies extérieures, c’est rs au Maître suprême , au Chancj-ti, qu’il est adressé.
- Qj " ’.^e Fils du ciel, l’Empereur, en sacrifiant au Maître du ciel, au Ses fi*.}1' r6Pr^sente le corps entier de la nation. C’est à ce Maître qu’il adresse Maires ^ ^ 110115 et Pour ^es besoins du peuple entier; les chefs secon-sententDe ^nent <lue Pour les besoins des fractions de peuple qu’ils repré-
- l^e Pri^ ^GUX §ran(les cérémonies, dont l’une commence l’année et l’autre que n rp>S’ en ^ honneur du Maître du ciel, ne peuvent être accomplies Fonfu ‘ InPereur> Ie Fils du ciel, au nom de toute la nation. »
- UC1,US décrit ensuite le temple, l’autel et les cérémonies :
- Ceinte i^U°n aPPeHe Miao est un édifice entouré de murailles dans l’en-On a i Se trouve une élévation ou tertre qui porte le nom de tan.
- côté du °“J: F°Ur construire cet édifice, un endroit hors de la ville et du Semblé *dl ’ *>arCG fIUe le C}iang-ti, le Maître du ciel, est représenté sous dans ceue ^ -S°le^ ’ or so^e^ se montre, pour commencer son cours, autel dontT^ C*e*‘ a pb*cé dans ^’eüCemte de l’édifice (le tan) un ciel et de^ ^ ^°rme est ce^e d« cercte> cela signifie que les opérations du tagg ^ a terre, dirigées par le Maître suprême, le Chang-ti, pour l’avan-interrui r°Ut CC ^U1 resP*re» nont aucune fin, quelles se succèdent sans °n’ et toujours avec la même régularité.»
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- Au centre de l’immense espace dont nous venons d’indiquer les limites, il fit réserver une place non plantée.
- Cette place centrale, consacrée aux cérémonies, aux monuments religieux, a 600 mètres de largeur et i,âoo mètres de longueur; elle se divise en deux carrés parfaits, celui du nord et celui du midi. Chacun de ces carrés est en surface plus étendu que le jardin des Tuileries.
- Au centre du carré méridional, on a construit en plein air un autel aussi simple que majestueux, et dont il faut donner l’idée.
- Qu’on imagine trois tours, pleines, circulaires et superposées, pour imiter la montagne sainte, où depuis cinq mille trois cents ans les peuples chinois sont allés adorer le Ciel. La tour supérieure a soixante mètres de circonférence; la tour intermédiaire a quatre-vingt-dix mètres, et la tour inférieure cent vingt mètres : ce dernier développement équivaut à la longueur du pont Royal, à Paris.
- Des escaliers tournants extérieurs, composés de longues marches en marbre blanc, conduisent à la plate-forme de chacune des tours, plates-formes aussi pavées en dalles de marbre blanc et couronnées par de hautes balustrades. Ici point de sculptures, point d’images, point d’inscriptions : rien pour distraire l’esprit. La réflexion seule est frappée de cette sublime simplicité.
- Telle est la sainte et ronde colline : l’antiquité lui donna ce nom. C’est l’autel national, le seul où l’Empereur, q111 représente tout l’empire, puisse adresser au Maître du ciel les remercîments et les prières du peuple entier.
- Pendant trois jours le souverain se prépare à cette grande cérémonie religieuse et nationale; il s’y prépare à la manière des pontifes, par la retraite, par la prière st par le jeûne. Lorsque arrive le jour de la solennité, tous les travaux sont suspendus dans les quatre cités de fin1'
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- ^ense capitale. Chacun a pris ses vêtements d’honneur; tas familles affligées par la perte de quelqu’un des leurs 0111 déposé leurs habits de deuil et cachent leurs larmes, cay d ne faut pas qu’aucun signe de douleur et de culte prive détourne le recueillement universel pendant le J°ur du grand culte public. Le Maître du ciel absorbe toutes les méditations, et la physionomie comme la démarche de tout un peuple est empreinte de gravité.
- , Figurons-nous maintenant un monarque dont le carac-
- tere est sanctifié dans la pensée de ses sujets, un souve-
- devenu le suprême hiérophante de cinq cents millions
- etres vivants. Contemplons-le sortant de sa forteresse
- toipériale, par la porte où les généraux viennent annon-
- Cer taurs victoires en amenant leurs prisonniers, à la
- manière des Romains. Voyons-îe s’avançant sous trois
- arc* de triomphe, qui sont aussi les portes des trois cités
- toteri^ures, parcourant ainsi l’avenue centrale, véritable
- V°le Sacrée, entouré par les grands dignitaires et suivi PâP V '1 * F O O
- .lente des guerriers d’un empire qui couvre à lui
- seul
- un tiers de l’Asie. Il arrive au centre de l’enceinte
- _______ „ JL i JLJJ.V. . J-i ^
- réservée; il monte, au milieu des princes et des ministres, ta première, la seconde et la troisième tour, qui forment Alltel; il vient pour adorer, sans avoir sur sa tête aucun . autre dais que le ciel, le Dieu même du ciel et de l’uni-Vers- Sa voix qui s’élève et son front qui s humilie expn toent les actions de grâces et les supplications de tous es pillions d’êtres humains qui reconnaissent deux lois ans e monde : sur la terre la loi du prince-pontife, au ciel la ta du souverain des souverains. Les hommes, nulle paît,
- 11 °m imaginé de plus magnifique et de plus imposant sPectacle.
- ,^ quelque distance, au nord de l’autel à triple étage, etave un édifice entouré de colonnes élégantes, et quon
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- peut appeler le temple du Dieu du ciel; malgré sa richesse et ses ornements, il est écrasé par le simple autel aux trois tours superposées.
- Passons au second carré de la place intérieure. Au centre du vaste espace, on Voit un second autel circulaire, et pareillement à trois étages. Il serait très-grand partout ailleurs; mais ses dimensions sont à peine le quart des dimensions de l’autel du Dieu suprême. Sur l’étage supérieur s’élève un temple rond que des colonnes entourent et supportent, comme était à Rome le temple de Vesta.
- C’est là qu’au printemps l’empereur et ses ministres principaux viennent invoquer le ciel pour obtenir la fer' tilité de la terre et l’abondance des céréales ; le même jour ils labourent le champ sacré, dans l’enceinte occidentale que nous avons déjà décrite.
- çA utres établissements de la ville extérieure.
- Après les deux vastes enceintes religieuses que nous venons de décrire, nous ne trouvons plus de grands m°' numents dignes de nous arrêter dans la ville méridionale-
- Nous remarquons seulement de nombreuses pièces d’eau, dont quelques-unes sont considérables, et que réunissent des canaux. Nous remarquons encore, au nord de l’enceinte consacrée au Maître du ciel, une réunie11 détangs rectangulaires; ils sont réservés pour l’élevage et le commerce des poissons dorés.
- Logement des troupes de deux bannières tartares.
- Des huit bannières, dont les corps principaux habiteIlt la capitale et sont destinés à la défendre, deux seule ment ont leurs demeures dans la ville extérieure 011
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- méridionale; les six autres habitent la ville intérieure, °u nous allons bientôt pénétrer.
- Les Tartares enrôlés sous ces bannières ont chacun leur très-petite maison, leur petite cour et leur petit jarret, pour eux, leur femme et leurs enfants; les habitions sont séparées par des murs assez élevés, afin que ies voisins ne puissent pas porter un regard indiscret dans le logement de la famille militaire, humble, mais honnête.
- La ville extérieure ou méridionale est' une espèce de faubourg où viennent loger les voyageurs et les marchands ^es diverses parties de l’empire.
- Le paupérisme à Pékin.
- Nous n’apprendrions rien de neuf au lecteur si nous lui Parlions des facilités que trouve à Pékin l’opulence, ou sé-j nt&ire ou voyageuse, pour satisfaire à tous les besoins de Vle> L’indigent y trouve des secours plus grands qu’en ^cune autre contrée. A Pékin, comme dans les autres cités ^ moïses, le pauvre a droit d’entrer dans tout magasin, ns toute boutique; il a droit d’y demander l’aumône à
- §rand bruit, à bruit prolongé, pour obtenir par l’obsession ^Ue le plus souvent il obtient du premier mot.
- ^ ans ce pays d’associations de tous les genres, les pauvres e la capitale sont associés; ils ont leur roi. Ils rap-|^0rtent au trésor, à la masse, entre ses mains, le produit, 011 non’ de leurs exploitations, et goûtent les avantages de ce misérable communisme.
- Louchage extraordinaire inventé pour les indigents.
- Lans Prix ce
- aucun pays du monde on ne fournit à plus bas qui peut satisfaire aux besoins des personnes les
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- moins aisées. La ville extérieure de Pékin présente un modèle en ce genre pour un couchage, peu recherché sans doute, mais très-chaud en hiver et d’un bon marché vraiment extraordinaire.
- Il existe un lieu de refuge, appelé la Maison aux plumes de poule, où l’on va coucher pour un demi-centime par tête et par nuit. Les visiteurs sont plongés dans une incroyable jonchée de plumes; ils y pénètrent pêle-mêle, sans distinction d’âge ni de sexe. Comme un velarium antique, une seule couverture en feutre a toute l’étendue de l’immense dortoir commun. Elle est percée d’une infinité de trous ovales, pour passer la figure d’autant de dormeurs. Quand vient l’heure du sommeil, on l’abaisse horizon' taîement sur la foule déjà couchée dans la plume. Au bruyant signal d’un coup de tamtam, chaque tête cherche à passer dans une ouverture, afin de respirer l’air extérieur. Lorsque vient l’heure du lever, annoncée par un même signal, chacun rentre sa tête du côté de la plume, pour n’être pas étranglé quand on relève horizontalement le velarium avec un appareil de cordes et de poulies. La réunion sort de sa bauge et paye par tête une sapèque (45 centièmes de centime), dépense totale du coucher.
- 11. LA VILLE GOUVERNEMENTALE, APPELEE VILLE INTERIEURE.
- En arrivant par l’avenue centrale qui sert d’axe à toutes les cités, nous trouvons devant nous la muraille méridionale de la ville intérieure; les défenses sont tournées contre la ville extérieure, réservée pour le trafic et poUf le plus commun peuple chinois.
- Une grande demi-lune, ayant en effet la forme demi' circulaire, présente trois portes d’entrée. L’empereur seul peut passer par la porte du milieu; elle s’ouvre pour lu1
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- quand il Va faire les grands sacrifices, soit au Divin labou-ïeur* soit au Maître du ciel.
- Nous pénétrons avec le peuple par une des deux portes aterales, et nous arrivons sur une vaste place carrée.
- Les palais ministériels.
- A droite, ainsi qu’au nord de cette place, on voit les Palais ministériels ; leur énumération nous donnera l’idée u gouvernement.
- Nous remarquons :
- k 1 Le palais de la haute cour; c’est l’autorité qui tient en °n ordre et juge au besoin les princes : cette haute c°ur est composée de trois princes du sang. Il est utile fi11 on tel palais soit en évidence.
- 2 Le palais du ministère des finances, qui touche à l'hôtel e ta cour des comptes.
- i, ^ Le palais du ministère de la guerre, qui comprend aussi j Oiinistration du seul service des postes qu’on possède à ? ^hioe. Cette administration est desservie par des cour-qui transportent uniquement, les dépêches du Couinement. On ne peut concevoir qu’un grand empire, u lo commerce est actif et puissant, ne possède pas, P0ur les besoins universels des habitants, un moyen ré-ler et prompt de correspondance.
- ^ Le palais du ministère des travaux publics, ministère j°Uidhui bien déchu de son importance par l’insuffi-Sance de sa dotation.
- Le palais du ministère des cérémonies et des cultes.
- ^ri'êtons-nous à cette institution : c’est peut-être celle dan ^uroP®ens auront le plus de peine à comprendre des fa,Pro^ondeur et sa gravité. À coup sûr, le ministère ceremonies est celui que le commun des Occidentaux
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- devait le moins s’attendre à rencontrer chez les Chinois
- comme institution sérieuse.
- Le côté sous lequel ces singuliers Orientaux se sont offerts de prime abord au vulgaire des voyageurs, c’est le côté ridicule. Même dans les rangs les moins communs de la société, quel tableau parfois grotesque présente à l’observateur une société dans laquelle deux individus ne peuvent pas s’aborder sans multiplier des salutations démesurées, sans répéter des politesses dont l’interminable exagération révèle k chaque geste le peu de conséquence et de sincérité, sans prodiguer des paroles à formules qui confirment et complètent la fausseté convenue des démonstrations futiles! Pour ajouter à ces tableaux, quel dernier contraste risible est celui d’un pepple au vêtement grave et majestueux, qui pourtant chez les deux sexes, en toute saison, en toute occurrence, fût-ce au milieu des fonctions les plus sérieuses, dans le service ou le commandement des armées, et même au milieu des solennités religieuses, étale son grand éventail et s’en fait un maintien comme pour ajouter à sa mimique! Aussi nécessairement que l’arc, le bouclier et le fusil à mèche, Ie soldat porte l’éventail; le pauvre même implore l’aumône un éventail à la main. Ainsi chez nous fait la beauté dont la coquetterie, innocente ou non, semble du moins avoir le droit de porter cette arme de son sexe, arme qu’une main délicate rend si propre à la quête, à l’attaque, à la défense.
- Dans les dessins, dans les peintures qui représentent des Chinois, tout concourt à rendre plus saisissantes scènes grotesques dont la vue produit sur l’observateur étranger le sourire d’abord, et finit souvent par la déri' sion. On dirait que la nature se soit mise de la partie pou1’ donner le masque de Cornus à cette race, qui met tant
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- ® Pnx à la bonne humeur. Représentez-vous ces visages dhommes à face aplatie, où vibrent deux yeux petits, Perçants, à peine ouverts, fendus de biais et convergeant j6rs |e has du nez, comme les yeux du satyre antique.
- lagmez ces yeux obliques, enfoncés, repoussés par deux pommettes tartares qui déforment, en le bosselant par son milieu, l’ovale charmant que le Créateur n’a donné seule figure humaine et caucasienne. Tondez au 1 s ras les côtés et le sommet de cette tête anormale, en épargnant .pour tout reste de chevelure une touffe, une j Se imposée par des conquérants et tombant à plat entre ePaulçs. A présent, cette tête à physionomie rabelaisienne, faites-la tourner tour à tour, si j’ose ici parler la ^ ^ goe du géomètre, sur trois axes principaux, pour osciller nianiere d’un pendule renversé ; ce que nous imitons Peu quand notre tête exprime, par ses divers balance-^ents : i° l’affirmation; 2° le doute; 3° la négation. Tel est avlïl0(^eta vivant dont les copies ont été longtemps étalées ^ec délices sur nos paravents, nos tentures, nos chemi-S ft dans nos joujoux appropriés à tous les âges, pour cul tUer5 Comme un type par excellence du gros ridi-^et de la lourde gaieté, le parfait magot de la Chine.
- . • ais> en retour de sa parcimonie à l’égard des attraits visibles la , , -,
- . 5 13 nature a reserve pour ce peuple, comme au-
- au f ^ ^°Ul Socrate, une autre beauté dont les traits sont
- tancC* ^rne ’ e^e tait susceptible d’éprouver pro-
- celu-ent le plus sérieux, le plus noble des sentiments :
- j Ul respect et de la vénération. Le temps, ce père
- ce serviteur de l’Éternel, est aux yeux des
- Uï^n°ls ta source de tout respect; il donne aux ancêtres
- mèr S°rte maJest^’ qu’il tait partager au père, à la
- les ^Pta^s par le Maître du ciel entre les ancêtres et
- ants- Cette suprématie vénérée, il en revêt la vieil-
- RODCCTION. — ni. 5
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- lesse, qui, par son expérience, exprime la sagesse thésau-risée; de proche en proche, il l’étend de la vieillesse aux autres âges, en ne s’arrêtant qu’à l’enfance.
- Le ministère des cérémonies et des rites, c’est l’administration suprême de ce sentiment de respect et de vénération, introduit dans les mœurs et fortifié par les lois. Il règle les actes extérieurs entre le Maître du ciel et le souverain et les mandarins et le peuple; entre le souverain et ses sujets et ses tributaires et les étrangers; entre les mandarins et les administrés; entre les ancêtres et les vivants; entre le père et la mère et les enfants; entre la veuve et ses fils. Enfin, ce même ministère descend jusqu’aux égards que se doivent entre eux les citoyens d’un même peuple policé.
- Cette chaîne infinie, dont le premier anneau remonte au ciel et dont le dernier descend presque au berceau de l’homme, cette chaîne unique tient enlacé le peuple du Céleste Empire; elle le rattache à ses lois, à ses mœurs, à son gouvernement, à sa nationalité tout entière, comme à la simple famille du plus obscur des sujets. Voilà paf quels liens sacrés la grande nation chinoise, à travers ses révolutions et ses renversements de dynasties, à travers des siècles d’invasions tartares, a toujours conservé son unité caractéristique et, comme auraient dit nos patriotes de 1789 à 1799, son indivisibilité; voilà comment eHe conserve ces deux biens d’un grand peuple, même aU' jourd’hui quelle surpasse un demi-milliard de conct' toyens inséparables par les mœurs.
- Quand nous avons expliqué la vie de Confucius, nou* avons tâché de montrer ce qu’il a consacré de génie et &e connaissance du cœur humain à raviver, à fortifier le gran^ principe de la nationalité chinoise et de son unité.
- En considérant sous ce point de vue le ministère mor^
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- et religieux du Céleste Empire, l’histoire peut décerner
- au seul grand peuple oriental qui règne encore sur lui-
- ^nie dans l’Asie le titre dont elle a salué le peuple ro-
- ï*13111’ maître de l’ancien monde : Sa Majesté le Peuple-noi.
- Régime collectif et bi-national des ministères.
- Les ministères que nous avons énumérés sont tous diri-£>es par des administrations collectives; ainsi le sont en gleterre la Trésorerie et l’Amirauté. Chacune de ces ^strations a deux présidents, l’un Tartare et l’autre m°is. avec un nombre égal de membres tirés de chaque
- nation. 5
- la 11168121,6 générale est inspirée par la prudence de Nn^stie mandchoue; elle a des conséquences infinies Ur la stabilité d’un empire où la race conquérante ne qui^6 ^aS Pour un centième au milieu du peuple con-
- ^ ^%alùé dans le nombre des membres s’étend meme s corps savants qui semblent n’avoir rien de commun aVe^apolitique.
- Ion • GSt tribuncd astronomique, espèce de Bureau des p , es> c’est celui qui dirige les observatoires et qui 0p ? Un calendrier ou Connaissance des temps, plus T’a f10108 entaché d'astrologie. Outre un égal nombre de car '6S 6t^e ^Linois, ce tribunal admettait deux membres ast ^eenf’ chargés surtout de comprendre la véritable ^nomie et ses calculs les plus délicats.
- ^r^unal astronomique s’élève Yhôtel de l’aca-ptof 6 m^ec^ne> académie composée de médecins et de PêchSSeUrS ^ ^ l’anatomie nest pas permise. Cela n’em-pas que, dans l’enceinte de l’hôtel, on n’ait érigé un
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- temple aux inventeurs de l’art de guérir : mieux vaudrait ériger pour les observateurs de la nature un vrai temple d’Hygie, ayant la forme d’un amphithéâtre et desservi par des dissecteurs utiles à l’humanité.
- J’ai peine à croire ce qu’on rapporte : que les Chinois n’ont pas d’instruments de chirurgie, et n’ont pas même l’idée des opérations auxquelles ces instruments peuvent servir. C’est aux Européens d’en répandre partout l’usage, en récompense des obsessions sans nombre qu’ils multi* plient et multiplieront de plus en plus.
- Edifices publics destinés à recevoir les étrangers.
- En arrière, à l’orient des établissements que nous ve' nons d’énumérer, s’élèvent d’autres hôtels, réservés pour les étrangers indépendants et pour les tributaires de feiU' pire quand ils viennent offrir leurs redevances et rendre leur hommage au suzerain.
- La première catégorie n’a compris jusqu’ici que la mit' sion russe, établie depuis Pierre le Grand, par une ha' bile combinaison de ce politique aux longues prévisions-Lorsque Pierre, à la conclusion de la paix commerciale’ écrivit à l’illustre Khang-hi, il termina sa lettre en l’appe‘ lant non pas son frère, mais son bon ami. De nos jours. Nicolas le Superbe trouva piquant d’adopter avec le Prés1' dent de la République française, appelé par un grand peuple à l’Empire, cette leste formule, sans conséquence à l’autr6 bout du monde : il eut bientôt occasion d’y réfléchir.
- Il faudra maintenant pourvoir à l’habitation des ambas sades qu’enverront les puissances occidentales; mais 011 aura peut-être à vaincre d’antiques difficultés sur ^ cérémonial qui toujours cache tant de choses en Chine-A la catégorie des tributaires appartiennent les res1
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- pences réservées pour les Coréens et pour les Tartares °ngols. L’enceinte destinée pour ces derniers est plutôt caravansérail à ciel ouvert, où ces nomades viennent dresser leurs tentes.
- Au nord de ces constructions publiques, se trouve le Palais des Affaires extérieures. Ne nous laissons point égarer Par ce nom : il s’agit ici, non pas des relations à suivre avec j nations étrangères à l’empire, mais des rapports avec es peuples vassaux ou tributaires de la Chine. C’est le ministère des cérémonies et des rites qui règle les rapports avec les vrais étrangers, à moins que ceux-ci ne veuillent se Connaître pour vassaux ou tributaires.
- , ar exception, dans le ministère des affaires étran-
- §ei>es, le président, les conseillers et tous les employés SQm T1 . .
- et lartares et Mandchoux. Les nations indépendantes e race mongole obéissent plus volontiers à sept admi-1S^rateurs tartares, sans mélange d’aucun Chinois.
- près les palais des ministères que nous venons d’énu-
- erer vient le palais où se réunit le corps des principaux Iettrés.
- L’académie impériale des Han-lin.
- Cette académie prenait naissance au vi° siecle, loisque ies lettres et la civilisation européennes périssaient, écra-Sees par les invasions des barbares.
- S°n nom de Han-lin signifie la forêt des pinceaux, parce qUe les pinceaux servent aux lettrés pour écrire caractères dont se composent leurs ouvrages. Dans origine, elle n’eut que quarante membres, le même n«mbre que celui de l’Académie française, instituée onze Slèdes phîs tard.
- Ce corps est à la fois politique et littéraire. Ses membres
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- doivent avoir atteint, par des examens successifsle degré qui précède immédiatement celui des ministres et des hauts fonctionnaires qui composent l’administration supérieure.
- Parmi les académiciens du Han-lin sont choisis les Censeurs de. l’empire, dont la personne, nous l’avons déjà dit, est inviolable et dont les fonctions suffisent pour caractériser un grand gouvernement. Les historiographes qui recueillent et constatent les faits contemporains ap' partiennent à l’institut des Han-lin.
- Enfin, ce sont les membres de ce corps qui tantôt composent et tantôt éditent, en les révisant, les grandes publications d’histoire et de littérature ordonnées par les empereurs; elles sont faites aux dépens du trésor publia
- Il ne se passe aucune année sans que l’institut des Han-lin fasse sortir des presses impériales plusieurs ouvrages recommandables avant tout par une extrême correction* On lui doit les plus belles éditions des grands traités classiques, qui sont l'honneur de l’antiquité chinoise.
- Le dictionnaire officiel de l’académie chinoise.
- L’académie des Han-lin comme l’Académie française» et toutes deux dans le même siècle, ont publié leur dictionnaire de la langue nationale. Le dictionnaire chinois a trente-deux volumes grand in-octavo; il parut en 171^' L’ouvrage est précédé d’une préface, œuvre de Khçmg-hi» cet empereur qui fut à la fois lettré, conquérant, pacifi' cateur, ami de son peuple et sage législateur1.
- 1 H faut citer avec admiration l’ouvrage imprimé en 1715 sous le de Yu-ting-H-taï-ki-sse-piao. La préface est un j'ac-simile de la main ^ Kang-hi, suivie du nom de tous les académiciens qui ont coopéré a composition des cent volumes qui forment cette œuvre considérable.
- L’ouvrage dont nous-parlons est une grande publication historique, ^lS
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- Les succès socialistes d'un dictionnaire encyclopédique chinois.
- A travers les révolutions que la Chine a subies, la plus grande utopie du socialisme s’est signalée par d étranges succès et de plus étranges revers. «
- Il y a déjà sept cents ans, un philosophe humanitaire, Wang-ngan-ché, produisit cette innovation. Par sa conduite régulière et grave, il imposait à ses contemporains, éloquent, il entraînait les hommes rassemblés; écrivain adroit, insidieux, il égarait insensiblement par ses écrits. L avait révisé, commenté les livres sacrés et classiques, afin d’altérer les croyances; il avait eu la perfidie d’écrire Un dictionnaire complet idéographique, c’est-à-dire une encyclopédie, dans laquelle il donnait aux caractères importants de la langue un sens détourné, qui convenait à ses desseins. Ayant avant tout captivé l’empereur, il poussa ses adeptes aux emplois importants, et principalement aux fonctions judiciaires; puis il opéra ses réformes, sans vio ^nce apparente, et comme amenées par la force des choses, avait pour objet cette éternelle panacée des révolutions : plus grand bonheur du peuple et la plus ample possession des jouissances matérielles prodiguées à tous les hommes, ^ingénieux M. Proudhon n’aurait pas mieux formulé son appétissant programme. Afin d’empêcher, comme ou di sait en 1848, l’exploitation de l’homme par r homme, c’était
- f0sée de manière à offrir toujours et synoptiquement, dans fa meme page, °Us îes événements importants qui se sont passés en Chine et dans les pays ^ relation avec fa Chine, ou considérés comme ses tributaires depuis 2557 ans avant notre ère jusqu’à la fin de fa dynastie mongole, i34o de ^°lre ère- Aucune publication européenne du même genre ne lui saurait être t^rée. On n’en connaît que deux exemplaires en Europe •. l’un appar-*nant à la Bibliothèque impériale de Paris, et l’autre au savant M. Pau-
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- l’Etat qui devenait l’exploitant universel. Pour réaliser l’utopie du bon marché, des tribunaux réglaient dans les provinces le prix que ne devait point dépasser chaque objet nécessaire à la vie; ces tribunaux réglaient aussi la contribution du riche, et quiconque n’était pas riche était exempté d’impôt. Le plan était d’accumuler par des taxations arbitraires, et justes ! une réserve avec laquelle on aurait aidé les vieillards, les infirmes, les faibles et les ouvriers sans travail. Par degrés rapides, on voulait mettre l’Etat en possession de toutes les propriétés. Dans chaque district, et chaque année, une chambre d’agriculture distribuait les terres aux cultivateurs; elle avançait des semences, dont les proportions et la nature étaient réglées suivant les lumières de l’autorité. C’était l’Etat qui fixait la valeur des produits et qui thésaurisait les profils sous forme de revenus nationaux; c’était l’État qui revendait dans les provinces où la récolte était mauvaise le superflu des provinces où la récolte était surabondante. L’État devenait ainsi le spéculateur universel pour le plus grand bien des heureux consommateurs, favorisés par la théorie du maximum! Outre tant de bienfaits, on se promettait un immense surplus de revenu général; on l’emploierait à des travaux publics plus utiles et plus vastes qu’on n’en eût jamais exécutés.
- On poussa loin l’accomplissement impossible d’une pa-reilie entreprise. Elle présentait d’énormes difficultés et faisait éprouver des souffrances infinies. Mais, disait-on, la guérison du corps le plus robuste atteint d’une longue maladie, la maladie de la société, cette guérison pouvait-elle s’opérer sans douleur? la douleur elle-même n’attestait-elle pas avec combien d’efficacité la panacée travaillait?
- Pour mettre le comble aux témérités, après avoir bouleversé les fortunes et lésé les interets les plus intimes
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- des iamilles, le novateur osa toucher aux lettrés! Il voulut erer la forme et le sujet des examens, faire adopter ses Versions apocryphes des livres sacrés, auxquels il ajoutait lnsidieux commentaires, et faire décider par l’autorité souveraine que les caractères de la langue idéographique auraient le sens fixé par son dictionnaire encyclopédique. L empereur mourut au milieu du désordre universel
- gj. 1)
- une misère qui remplaçait si tristement la félicité Promise. Aussitôt que l’impératrice eut pris la régence, ® e destitua le grand utopiste, qui finit ses jours dans la eur et l’oubli. Un homme d’Etat et d’expérience avait Prévoir et n’avait pas craint de prédire les funestes °uséquences du système socialiste; on l’avait cassé. Rap-tj e par la régente au ministère, il rétablit l’ordre, rend nouveau le pays prospère, et termine en paix des jours ^°usacres à la félicité publique. A sa mort, le peuple en-^ prend le deuil ; son portrait décore les moindres aumieres, et celui qui n’avait pas flatté les hommes jj^Ur ^es dominer survit dans les cœurs par le souvenir ®a bienfaisante sagesse.
- fis °rS^Ue prince mineur monte sur le trône, les par-3118 des utopistes, quon avait à leur tour expulsés des jes^01s’ font effort auprès de sa jeune inexpérience; il remet en fonctions, et les ravages recommencent. On le tombeau du ministre défenseur des antiques lois d k l0rc*re s°cial, on brûle ses écrits, et la restauration tel 0l^eversernents dure trois années. Le mal empire à par^01^’ C^UG ^GS s°riaLstes chinois, poursuivis à la fin a vindicte universelle, sont tous chassés de l’empire. ^ s se réfugient chez les Tartares ; ils y trouvent Gengis-aii scs nomades, qui ne reconnaissaient aussi nulle Hat’ eSS1°n Privée des terres, pas même les terres des autres ns> qu’ils s’apprêtaient à confisquer les armes è la
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- main. C’est au mélange du rebut des audacieux novateurs et de ces nomades à demi-sauvages qu’on a cru devoir attribuer la désolation venue de l’Orient au xne siècle.
- La grande lutte encyclopédique et socialiste que nous venons de rappeler a duré de 1069 à 112g.
- Suite de la revue des édifices publics et des institutions.
- Dans la Ville intérieure, la partie à la fois la plus orientale et la plus septentrionale contient plusieurs établissements dignes de fixer notre attention.
- Signalons un édifice, petit il est vrai, mais qui pour son objet mérite d’être remarqué : c’est une chapelle russe, qu’on érigea pour la tribu sibérienne qui partit des bords septentrionaux du fleuve Amour il y a plus d’un siècle et demi, qui vint se ranger sous les lois de l’empe-reur de la Chine, et qui fut traitée avec une extrême faveur. Cet édifice est à l’angle nord-est de la ville intérieure.
- Par une bizarrerie assez singulière, sous la dynastie chinoise des Ming, en i452, on a construit pour Ie3 lamas de la Mongolie un magnifique et vaste monastère; on l’appelle le monastère du Dragon. Il est situé beaucoup plus au midi que l’imprimerie tartaro-tibélaine.
- Nous citerons sans détails quelques palais de prince3 du sang, comme on en trouve dans les capitales des grand3 empires ; mais nous ferons une mention spéciale du beau palais où résidait autrefois l’empereur (Young-tching)’ avant qu’il prît possession du trône. Il s’élève au mibeU du couvent le plus vaste et le plus somptueux que renferme la capitale ; l’empereur possède encore de grand3 appartements dans l’enceinte de ce monastère.
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- Le temple de la Littérature et de Confucius.
- Près de là se trouve ie temple de la Littérature, con-sacre> sans changer d’objet, au culte de Confucius. Ce Monument s’appelle aussi Y École impériale, parce que les eÇons qu’on y donne aux lettrés sont données aux frais du trésor.
- Le grand palais de X Université s’élève à côté de l’École impériale.
- Au printemps, l’empereur en personne vient rendre ^Ux vertus, au génie de Confucius, l’hommage de tout ^mpii'e, dans le temple de la Littérature. Il visite ensuite e palais de l’Université, et ne dédaigne pas d’expliquer UHnênie les livres saints à l’élite des lettrés, j, remarque avec respect, au milieu des cours de ^Université, d’antiques cyprès plantés dans un séjour plein j s s°uvenirs et des enseignements de Confucius par la ynastie tartare-mongole; ils ont déjà six cents ans.
- ^ j u passant, par le côté du nord, de la partie orientale partie occidentale, nous revenons à l’axe régulateur es quatre cités.
- La tour à clepsydre et l’obélisque blanc de Koubilaï.
- ^ Koubilaï, fondateur de la nouvelle capitale, a construit JiTiS Partie du nord, pour dernier point de vue sur la tou1 6 V°^e centra^e» axe commun <les quatre cités, une qui subsiste encore; elle marquait les heures au °Zen ^ une clepsydre fort savante.
- ^k^aï, dans la partie occidentale de la Ville inté-çj»’ avait fait revêtir de pierres précieuses une espèce lS(lU€; c’était un grand et magnifique reliquaire au
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- centre duquel on croyait conserver quelques reliques du divin Bouddha. Ce riche monument donne son nom au couvent de l’Obélisque blanc.
- La même partie de la Ville intérieure se fait remarquer par d’autres monuments religieux, les uns bouddhiques, les autres mahométans. On y voit encore le grand couvent catholique, autrefois la propriété des Portugais; sa fondation remonte à l’année 1600, sous la dynastie des Ming. L’église, où le culte n’est plus permis, n'est pas détruite, et renferme, dit-on, de belles peintures. Aujourd’hui quelque puissance catholique devrait demander pour sa résidence et pour son culte ce couvent et cette église.
- Quoique le climat de Pékin soit peu favorable aux éléphants, on tient dans la Ville intérieure un établissement spacieux où sont nourris ceux de ces animaux qu’on destine aux grandes cérémonies de l’empire ; leur aspect imposant convient à la magnificence des fêtes orientales.
- Le Saint-Denis de toutes les dynasties.
- Parmi les monuments les plus remarquables de la partie occidentale, arrêtons nos regards sur un temple qu’on pourrait appeler le Saint-Denis du Céleste Empire; il est dédié aux souverains de toutes les dynasties. Lorsque, on 1 52 2 , les Ming conçurent la belle pensée d’ériger ce monument, la Chine comptait déjà sa vingt et unième nastie, et les empereurs Ming ne prévoyaient pas qu’avant un quart de siècle ils allaient faire place pour jamais aux Mandchoux de la vingt-deuxième. Les souverains de cette dernière dynastie se sont fait un devoir d’embelln et d’agrandir ce temple; ils font couvert de tuiles dun jaune doré, couleur symbolique de la puissance impérial6.
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- L observatoire de Roubilaï et le collège des Docteurs.
- Koubilaï, dont le nom revient si souvent lorsque l’on décrit Pékin qu’il a fondé, avait fait construire un observatoire qui subsiste encore et qui mérite d’attirer notre Mention. Ce monument s’élève à peu de distance du rem-Part de l’est; il renferme une salle du trône, dans la-^üelle on conservait les instruments qu’avait fait exé-cuter 1 astronome de Koubilaï. Quatre siècles plus tard, ers ^es commencements de la dynastie mandchoue, il a Mlu refaire ces instruments; c’est le P. Verbiest, de la °iïipagnie de Jésus , ‘qui s’est acquitté de cette entre-
- Prise en dirigeant des artistes chinois avec beaucoup d’habileté.
- ^ A proximité de l’observatoire se trouve un vaste édi-e non moins important à nos yeux : c’est le collège Ion procède aux examens des lettrés pour le grade crninent de docteur. Il pourrait contenir dix mille candi-' ^ais les élus sont moins nombreux que les appelés.
- Le Panthéon du Céleste Empire.
- quelque distance du grand collège où sont passés les du doctorat, s’élève un noble édifice, qui rap-^ e la basilique de Westminster à Londres et l’église rerTe ^r°^X ^ Florence ; c’est le temple érigé pour hono~ a niemoire des hommes illustres de la Chine.
- Deux quadruples portes triomphales.
- «1
- Se
- [• approchons-nous du nord, afin d’arriver au point où croisent les deux plus grandes rues de la partie oricn-
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- taie, dont l’une conduit à la porte du milieu de l’est. Là nous admirons une quadruple porte triomphale, érigée, comme notre arc de triomphe de l’Etoile, à l’honneur des armées et des conquêtes de l’empire. Dans une position symétrique, la partie occidentale de la ville possède une autre quadruple porte triomphale.
- Au voisinage de ces monuments, se trouvent dignement placés les quartiers militaires, où sont logés, avec leurs familles, les Mandchoux et les Mongols appartenant à six des huit bannières.
- La partie orientale contient aussi les immenses magasins où sont déposés les grains apportés, en suivant le canal Impérial de Koubilaï, pour la nourriture du peuple et de l’armée.
- Après avoir achevé la revue des monuments de la Ville intérieure, nous revenons près de l’axe central, et nous trouvons deux édifices qui complètent les grandes admi' nistrations impériales.
- Le premier est le palais du ministère de la justice; il est à proximité des prisons.
- Hôtel et conseil des Censeurs impériaux.
- 4
- Le second édifice est l’hôtel où se réunit le conseil des Censeurs impériaux.
- Cette institution, sans exemple dans l’Orient, est une de celles qui font le plus d’honneur à la Chine; ses attri' butions sont diverses. Elle reçoit les suppliques et les doléances adressées à l’empereur, à peu près comme Ie Sénat français reçoit et discute en secret les pétitions des citoyens. Ses membres ont le titre honorifique d’historiographes impériaux. Leur fonction la plus importante est de porter un œil investigateur sur toutes les parties
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- J
- gouvernement, dans la capitale et dans les provinces.
- s signalent à l’empereur les irrégularités, les abus de
- Pouvoir, les concussions qu’ils parviennent à découvrir,
- tous les crimes commis par des fonctionnaires publics,
- ^Uelle que soit l’élévation de leur rang.
- Les censeurs impériaux ont droit de siéger, sans voix
- merative, dans certains grands tribunaux; ils trouvent là 1 &
- e ^oyen d’éclairer, au flambeau de la justice, leurs
- tuvestigations.
- Ln réalité, leur rôle est celui qu’exerçaient les tribuns
- de p . u i
- |Ome, moins l’appel aux passions et moins les con-slons de la place publique. Lorsque le pouvoir absolu j, s°us Auguste, ce prince obtint qu’on le nommât ^oique tribun du peuple; il devint son propre censeur Par là son propre flatteur. A Rome, dès lors, le despo-, fut sans E ornes ; à la Chine, avec les censeurs, il e*cede jamais certaines limites.
- ans 1 empire du Milieu, quelque déplaisir que les rerances et les dénonciations puissent causer aux sonn S ^ rÉtat’ et parfois même au souverain, la per-pas^ ^ Censeurs est inviolable; au moins ils ne peuvent etre privés de la vie. Cependant la disgrâce et l’exil 9eu les atteindre; le péril ajoute à l’hon-
- e Ul ^eur noble ministère, et l’histoire a conservé les
- a ^ GS ^r°ïques de letir dévouement pour les intérêts ael empire.
- Lës propylées qui précèdent la Ville impériale.
- îïiérid^S n°US reP^aǰns sur l’axe directeur, dans la partie dans 10na^e de la Ville intérieure. Il traverse par le milieu, gvilaira ^US ^ranc^e ('tendue, une magnifique place rcctan-’ aussi longue et presque aussi large que la place
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- de la Concorde, à Paris; ses deux côtés de l’orient et de
- 3’occident sont bordés de hautes colonnes.
- Marchons du sud au nord, en suivant l’axe régulateur des quatre villes. Pour entrer dans ces immenses propy* lées, nous franchissons une porte à trois ouvertures, qui ressemble à nos portes triomphales. L’empereur seul peut pénétrer ou sortir par l’ouverture du milieu.
- A peine a-t-on franchi cette porte, par l’issue de droite ou par celle de gauche, qu’on trouve un banc près duquel il faut descendre de cheval. A partir de cette place, l’eni' pereur seul peut avancer sur un destrier.
- Nous traversons dans toute sa longueur la magnifique place bordée de colonnes, et nous approchons du rempart de la Ville impériale.
- III. LA VILLE IMPÉRIALE.
- Des quatre côtés cette ville est entourée d’une muraille imposante; du côté du midi les défenses sont tournées contre la Ville intérieure, que nous venons de décrire.
- Dans le principe, la Ville impériale ne devait contenu’ que les princes, les familles des fonctionnaires et les reh' gieux qui résident dans les couvents privilégiés. Par de' grés, les grandes et riches familles chinoises ont obtenu la permission de l’habiter ; enfin des établissements de commerce s’y sont introduits, la bourse à la main.
- Revenons à notre position centrale, sur l’axe des quatre cités, et préparons-nous à pénétrer par le midi.
- Les entrées triomphales.
- En avant du rempart est un large canal, qu’on travers6 sur sept ponts très-rapprochés les uns des autres; tons
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- DES NATIONS, sont construits en marbre blanc. Ils conduisent sur un (lUai spacieux, au nord duquel s’élève, toujours sur l’axe central, la vraie porte d’entrée de la Ville impériale:
- offre cinq passages, celui du milieu réservé pour Tem-pereur.
- A deux cents mètres en avant, vers le nord, une porte, meme grandeur que la précédente, offre le même oombre d’ouvertures; c’est, par celle-ci que nous pénétrons plus tard dans la Ville interdite ou sacrée. Avant Parvenir dans cette quatrième et dernière cité, nous Pouvons tourner ou vers la droite, ou vers la gauche, pour visiter la Ville impériale. Afin d’accomplir cette ^lsite, dirigeons notre itinéraire en premier lieu vers Orieot, pour revenir par l’occident. Nous aurons alors )rculé complètement autour de la Ville sacrée, but final e ootre examen.
- ^eilx temples des aïeux de l'empereur régnant; tablettes de son jugement après sa mort.
- S
- or la droite et sur la gauche, entre les deux portes mét *^a^es a cinc[ entrées, nous apercevons, disposées sy-Oiifi ^Uernen*’ deux vastes enceintes plantées d’arbres. Au parleu 1 enceinte orientale s’élève le temple appelé grand l’e eXce^ence* H est dédié aux ancêtres immédiats de l’aï ^ereur rognant : ces ancêtres immédiats sont le père, c°oun ^ ^ ^sa^eu^‘ Quand leur fils mourra, la tablette tem iemorafive de son bisaïeul passera dans un autre celle du fils entrera.
- ïe ' memes censeurs qui, pendant le règne de l’empe-jour par jour les actes de sa vie et de son s°n d! jugent solennellement sa mémoire aussitôt après Ces' Leur sentence, quelle quelle soit, est écrite au ^OTHJCTION. - m. r,
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- bas de sa tablette historique, dans la salle des Ancêtres,
- et doit passer à la postérité.
- Un second temple est réservé pour les ancêtres qui remontent au delà du bisaïeul du prince régnant.
- Temple des Ancêtres de l’Empereur et des plus illustres serviteurs de l’Empire.
- Un troisième temple sert à la fois pour les ancêtres de l’empereur et pour les hommes illustres dont les services extraordinaires ont mérité cet auguste voisinage : ainsi» dans l’ancienne basilique de Saint-Denis, les DuguescliU’ les Turenne et les Condé, portés par la reconnaissant nationale, avaient reçu leur sépulture et leurs mon H' ments près de la tombe des rois.
- Quand nous achèverons par l’occident notre visite de la Ville impériale, nous trouverons, en face du gran^ temple des Ancêtres, une autre enceinte de même éteU' due que la précédente, et dans laquelle on adore deu* esprits, révérés par les Chinois depuis un grand nombt de siècles.
- Bibliothèque historique de la dynastie régnante : divers monuments-
- Au delà de l’enceinte consacrée aux ancêtres, à forie^’ commencent les habitations de la Ville impériale. Il signaler les monuments qu’elle renferme.
- Nous remarquons d’abord la bibliothèque bâtie Paf un empereur Ming pour contenir les histoires et les bi° graphies de la dynastie régnante. j
- Un peu plus au nord est un ancien palais impefia dont l’empereur mandchou Khang-hi a fait un cou^^ en faveur des lamas mongols : la politique a comm3*1
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- cette fondation, faite pour honorer le culte des peuples conquis par ce monarque.
- En avançant, nous trouvons l'arsenal militaire, comparable, pour la destination, à notre dépôt de Saint-Thomas-d Aquin , à Paris.
- Ecole ou prytanée des langues russe et tartare-mandchoue; imprimerie tibétaine.
- Immédiatement après ce dépôt s’élève l'école de la
- langue russe; elle contient vingt-quatre élèves tartares, auxquels on apprend à traduire de la langue russe en tarare-mandchou, et réciproquement. Chacune des huit bannières obtient trois places d’élève dans cette école; ®be est devenue de plus en plus nécessaire, vu le progrès u commerce établi régulièrement avec la Russie sur la frontière tartare.
- Elus au nord, et près du canal intérieur qui borde le Rempart occidental, on voit un très-grand couvent boud-lcIUe’ nous le citons parce qu’il possède une imprimerie le ai1?e‘ ^ sans doute dans ce couvent qu’on reçoit rpf députations triennales envoyées par les princes du et d par leur chef suprême, le Grand-Lama.
- Colline des Dix mille années.
- Vo.A^s au rempart du nord, rapprochons-nous de la la .centrale, extrêmement large en cette partie; nous Vo^°*s en revenant un peu vers le midi. Nous trou-a nS ^evant nous une éminence considérable, qu’on côté A ^ C0^n,e des miHe années; elle abrite du colli U n°rc^ Ei’We sacrée, qu’habite l’empereur. Cette ne’ plantée de beaux arbres, offre cinq sommets;
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- chacun est couronné d’un pavillon dont la structure est gracieuse.
- Entre la colline et la Ville sacrée, on a construit un édifice qu’on dit être un chef-d’œuvre de l’architecture chinoise : nous en ignorons la destination.
- Ecole.des jeunes jilles destinées an service de la cour.
- A l’ouest de la colline des Dix mille années, remarquons un gynécée d’une rare élégance, où l’on instruit les jeunes personnes qu’on veut rendre dignes de remplir des emplois domestiques à la cour de l’empereur. On leur apprend les travaux délicats qui conviennent à leur sexe et les règles de l’étiquette impériale, qui font à la fois partie des devoirs et d’une politesse élégante.
- Il y a loin des élèves de cette école, digne d’une cour civilisée, au ramas d’esclaves subalternes enfermées dans les sérails de Constantinople ou d’Ispahan, à ces servantes qui sont d’une ignorance grossière et dont les Européens se forment une idée si fausse, en confondant, ou peu s’en faut, les odalisques avec les sultanes.
- Création d’une imprimerie à caractères mobiles.
- Ne manquons pas de remarquer, à l’ouest et tout près de la Ville sainte, un édifice construit d’après l’ordre de Khang-hi, le contemporain de Louis XIV. C’est là qu’il & établir une imprimerie à caractères mobiles, chose inouïe jusqu’alors à la Chine : les caractères qui furent employé5 étaient en cuivre. C’était une heureuse innovation que l’empereur devait aux conseils des Pères de la Compagne de Jésus. Khang-hi fit servir cet établissement pour pubüel une collection des meilleurs livres; elle contenait d&
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- ïïiille cahiers ou volumes chinois, et leur ensemble formait une vaste encyclopédie.
- La féerie à'un bois de Boulogne au sein de la Ville impériale.
- Dans la Ville impériale, la plus grande partie du côté
- 1 ouest est occupée par un immense parc, qui peut e*re appelé le bois de Boulogne de Pékin; seulement les h'avaux d’embellissement ont commencé pour les Français y a six ans, et pour les Chinois il y a six cents ans. Celui e “ekin, comme celui de Paris, contient deux lacs remarquables pour leur longueur.
- Des deux lacs sont séparés par un très-large pont en Marbre. Des temples, des palais, s’élèvent sur leurs bords, au milieu des belles plantations qui de tous côtés en-°tirent les rivages.
- ^ hiver, lorsque les eaux sont glacées, le souverain lstribue des prix aux soldats qui se distinguent le plus Par leur adresse à patiner.
- Grande salle des exercices pour les licenciés
- muuuires.
- où 1** k°r<^ du lac principal, on a construit la vaste salle ^ . eiïlporeur assiste aux exercices de l’arc, à ceux que lvent accomplir les licenciés militaires avant d’être ^officiers.
- ÊîT O
- salle ^Illustre Khien-loung fit placer dans cette
- taien1;Ceilt Portra!ts <les généraux et des officiers qui se-Q^t Ie plus distingués lors de la conquête du Tarkestan. blea^arf^ement suspendu dans cette salle d’autres ta-l’ariu' °U S°nt Pe^ntes les batailles livrées, en 1776, par cha ^ Accident. Les missionnaires européens furent ges peindre cent nouveaux portraits, afin de con-
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- server le Souvenir des guerriers les plus éminents qui
- firent cette dernière campagne.
- Que l’on compare ces généreux honneurs décernés par des empereurs tartares-mandchoux avec la basse jalousie , des empereurs romains, quand leurs généraux avaient illustré la patrie par des victoires désormais sans triomphe : «Agricola... noctu in urbem, noctu in palatium, ita ut «præceptum erat, venit : exceptusque brevi osculo et « nullo sermone, turbæ servientium immixtus est. » On sait où cet effroi qu’inspiraient les généraux victorieux a conduit la décadence romaine.....à l’invasion des barbares.
- Le temple qui rappelle l’invention de la soie : ses fêtes.
- Toujours sur les bords du grand lac, au milieu des plus doux ombrages, admirons un temple érigé pour un culte qui séduit l’imagination : c’est le culte de l’impératrice épouse du grand législateur Hoang-ti, l’ancêtre de Confucius. Le peuple doit à cette princesse d’avoir révélé le brillant trésor de la soie, l’art d’élever le ver qui té produit, et d’en approprier les fils à des tissus dont rien n’a surpassé depuis quatre mille ans l’utilité, l’éclat, l'été' gance et la grâce. La reconnaissance nationale a placé té bienfaitrice dans une constellation du ciel et son image dans un temple.
- L’autel est en plein air, comme celui du Divin laboureur ; il est aussi de forme quadrangulaire et presque de même grandeur. Le temple est voisin de l’autel; des edi fîces élégants sont réservés pour l’éducation des veîS sacrés; enfin des plantations de mûriers servent à la f°lS pour l’aliment et l’ombrage.
- Chaque année, quand arrive le premier jour du m°li qui termine le printemps, l’impératrice régnante, e°
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- gourée de sa cour, vient présider aux cérémonies par esqueiles est exprimée la gratitude nationale pour son ustre devancière, une des bienfaitrices de l’empire.
- Ombrages printaniers de Vîle de Marbre.
- Au sein du grand lac, une colline s’avance et forme Vers sud-est une presqu’île pittoresque. Près de son sommet, on a construit un beau temple, consacré sans ute au printemps. Sur les flancs de la colline on a banporte, comme à la cascade du bois de Boulogne, ^normes roches, ombragées d’arbres et parées de fleurs.
- appelle cet ensemble les ombrages printaniers de Vile e Marbre, et c’est une des hait merveilles qu’on admire ans oapitale. Un obélisque s’élève au sommet, arb Ut°Ur ce* obélisque sont plantés cinq mâts pour 0rer des pavillons et des bannières le ier et le i5 de aflue mois, comme si les Chinois voulaient célébrer osi leurs ides et leurs calendes.
- jur 0 lnonument de l’île printanière avait éprouvé l’in-re des siècles; mais, en 17^5, l’empereur Kbien-loung
- la restauré.
- Eglise française à restituer dans la Ville impériale.
- .Au
- , - voisinage du lac le moins spacieux, en dehors de iEden chinois et dans la Ville impériale, jetons un regard e regret et d’espérance sur le temple da Seigneur du cie , es missionnaires français l’avaient érigé sous ce nom, Suand ds prodiguaient à la Chine le trésor des lumières
- occidentales.
- Reportons-nous au temps où les révérends pères de la
- °mpagnie de Jésus, grâce à leurs talents, alcuisseï vices,
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- arrivaient au faîte des honneurs que le Gouvernement chinois a créés pour la science. Suivons-les, lorsqu’ils étaient nommés présidents du tribunal astronomique ou directeurs de l’observatoire qu’a bâti Koubilaï, fondateur du nouveau Pékin; lorsque plus tard ils revenaient de présenter à l’empereur ou la carte du ciel tracée d’après leurs observations, ou Ja carte des dix-huit provinces, égales en espace à six fois la France, monument digne d’un Cassini, Français comme eux; lorsqu’ils apportaient a Khang-hi, contemporain de Louis XIV, les planches qu’il5 avaient fait graver à Paris, d’après leurs dessins représentant les peuples vaincus par le prince le plus illustre de la dynastie mandchoue; enfin, lorsqu’ils apportaient le traité pour lequel ils avaient tenu la plume et servi d’m' terprètes entre ce prince et Pierre Ier de Russie : cétaien^ là les beaux jours de nos représentants scientifiques! Dau5 ces jours pleins d’une gloire si pure, après avoir été complimentés par le grand empereur dans la salle du trône» où sont admis les seuls lettrés du premier ordre, ils Ve' naient humblement rendre grâce au Dieu des chrétien0 dans la modeste église française que nous venons de sig*1^' 1er, dans cet oratoire, petit seulement par l’étendue, ®alS grand par le souvenir des découvertes, des travaux et de actions d’un siècle illustre à la fois pour la Chine et p°ul la France.
- Cette précieuse chapelle, fermée depuis plus dnn siècle, porte encore la croix qu’ont plantée les révérend5 pères. Sur son portique est gravée l’inscription comp°see par l’empereur Khang-hi, l’illustre ami des missionnaire5» en l’honneur de leur Dieu commun : le Souverain madre du ciel.
- Les mêmes mains reconnaissantes avaient construit dans le voisinage une verrerie, pour donner au pays (lu
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- DES NATIONS, ies avait libéralement accueillis une industrie gracieuse, Nouvelle et d’un grand prix pour la nation hospitalière.
- La verrerie n’existe plus; mais l’église est debout en-eore. La France devrait en réclamer la restitution; ensuite eHe devrait, pour reconnaître cet acte d’équité, communiquer à la Ville impériale quelques-uns de nos arts les plus ingénieux. Tel serait, par exemple, un bel atelier de photographie polychrome qui reproduirait, sous la direc-hon de l’académie des Mille pinceaux, les grandes cérémonies, les monuments caractéristiques et les beaux sites la Chine.
- Le cimetière des Français à restituer par la Chine.
- Il est encore une restitution que devra s’empresser ^obtenir notre ambassadeur, dès qu’il sera reçu dansPé-kin : c’est celle du cimetière qui renferme les ossements de n°s compatriotes, et qui n’a pas été détruit. M. l’abbé Hue ^ lait entendre à ce sujet des réclamations dont la noble énergie mérite d’être écoutée1.
- g^.^akes missionnaires français possédaient aux environs de Pékin ùn ma-fairTrenCl0S’ qui leur avait été donné par l’empereur Khang-hi, pour en Co^C ^eu de leur sépulture. C’est là que reposent un grand nombre de nos vie J^atriotes’ «nom à neuf mille lieues de leur patrie, après avoir usé leur jarn so,1^rances et ^es privations, au milieu d’un peuple qui ne sut
- vjsit^1S apprécier ni leur vertu ni leur science. Nous avons plusieurs fois y e cel enclos, connu des Chinois sous le nom de Sépulture française. En pied^1^’ °n SCnt Son cœur lettre d’émotion comme si on allait mettre le corn SÜr S°^ Patl*c‘ ^eae terre est, en effet, bien française; c'est ch' G 11110 louckante et précieuse colonie conquise au milieu de l’empire Puis°lS ^3r ^6S osscnicnts nos frères. Le site est un des plus beaux qu’on c°ns *°UVep aux env’rons de Pékin. Les murs de clôture s'ont assez bien ^oit'éVeS*111318 rna'son ct chapelle, dont la construction est d’un style Au fUropéen et moitié chinois, auraient besoin de grandes réparations, où }c. 16U ^Un vaslc jardin, aujourd’hui inculte, on remarque un bosquet 5 tombeaux des missionnaires sont rangés, par ordre, sous des arbres de
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- IV. LA VILLE SACRÉE, QU’ON NOMME AUSSI LA VILLE INTERDITE.
- Replaçons-nous sur l’axe central, au midi de la ville, où nul ne peut entrer s’il n’exerce pas des fonctions gouvernementales. Pour le commun peuple, c’est la Ville interdite; pour tous les sujets distingués, ou Tartares ou Chinois, c’est la Ville sacrée, celle où réside l’empereur, pontife suprême, avec toute sa cour.
- Supposons-nous de la cour. Nous pénétrons en passant par la porte triomphale du midi: nous entrons par les issues latérales, car celle du milieu n’est permise qu’à l’empereur. Les princes seuls ont droit d’entrer par Ie côté occidental; les mandarins, soit militaires, soit civils» passent par le côté oriental.
- Cérémonie du Triomphe.
- Aux jours glorieux où le souverain du Céleste Empire avait à célébrer des victoires, il se transportait sous la porte triomphale qui s’élève à l’entrée de sa ville sainte. L’armée s’avançait vers l’empereur pour lui présenter ses prisonniers et ses trophées; elle arrivait en suivant la vaste voie centrale qui traverse trois des quatre cites avant d’atteindre la Ville sacrée. Si l’on supposait que l’avenue des Champs-Elysées traversât trois villes de Pa^s
- haute futaie..Depuis que les Européens n’ont plus en Chine une existence légale, la sépulture française avait été confiée à la garde d’une famiHe chrétienne, qui a été envoyée en exil à la suite d’une récente persécution* L’établissement fut saccagé et pillé par les bandits de Pékin. Actuellenic111 le Gouvernement s'en est emparé, et les païens qu’on y a logés volent jour nellement tout ce qui est à leur convenance : les arbres, les matériaux la chapelle, sans en excepter même les pierres tumulaires. » (LEmPire chinois, par M. Hue, 1.1, p. i43 et i4A.)
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- avant d’arriver au pied de l’arc de l’Étoile transporté de-Vant 1 entrée du palais des Tuileries, et que sous la voûte glorieuse le souverain attendît son armée au retour d’une Vlct°ire, on aurait l’idée de la grandeur de la scène offerte en avant de la Ville sacrée.
- Apres avoir franchi cette porte triomphale, nous nous pouvons sur une place carrée où, tous les ans, l’empereur ait distribuer ses présents, soit aux princes étrangers, soit aUx grands vassaux, ainsi qu’aux ambassadeurs.
- Franchissons la pl ace des Présents; nous arrivons directement sous une porte encore plus monumentale que les Precedentes, et présentant dix colonnes de front pour ecorer sa façade à triple entrée : telle est la porte de a ^Qncorde souveraine.
- Première salle du trône.
- T
- °ujours sur l’axe principal, au milieu d’une place ?^velle aussi régulière et de même largeur que les pré-entes, s’élève une salle du trône : ainsi l’on voit, au de^TM ^6S ^u^er*es » ie pavillon de l’Horloge, ayant la salle ^ Maréchaux pour salle du trône. L’édifice n’a pas moins en *ren*e~*r°is mètres de hauteur, et de superbes rampes marbre blanc y conduisent : c’est là que l’empereur ^ ses assemblées les plus solennelles, sa ri GS^a admet le généralissime de l’armée recevant erniere et grave audience, quand celui-ci doit partir ^ quelque grande expédition, de ^ fflle ^emPereur assiste à l’examen supérieur Miff °C.teurs ff11* sont membres de l’institut impérial des pinceaux. Les Han-lin sont admis à ce concours etre appelés, suivant l’ordre de leur mérite, aux
- afin d
- ns du gouvernement.
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- Enfin c’est là que le chef de l’Étal admet les grands fonctionnaires auxquels il décerne un nouvel emploi.
- Les hommages rendus à l’Empereur.
- Quand le souverain doit recevoir les hommages des étrangers ou de ses sujets, il s’avance sur la terrasse qui domine en avant de la première salle du trône.
- A sa droite, à sa gauche, sont établis, dans la cour d’honneur, des espèces de marchepieds en bronze, Je dirais presque des prie-Dieu, classés par rangées parallèles, suivant les neuf degrés de hiérarchie des mandarins. A l’orient viennent s’agenouiller les mandarins civils, à foc-cident les militaires; chaque ligne est préparée pour rece-voir en même temps dix personnes. C’est là que chaque dignitaire fait les trois génuflexions et les neuf prostré dons qui constituent le célèbre ko-téou.
- Les ambassadeurs de la grande compagnie hollandaise, en 1725, les ont accomplies.
- En 1793 lord Macartney, en 1816 lord Amherst, ayant reçu l’instruction de ne pas rendre cet hommage que des princes et des rois rendent en personne, n’ont pas été reçus et sont repartis. Leur départ n’a pas produit la moindre sensation.
- Recherches du savant M. Pauthier.
- M. Pauthier vient de faire paraître un écrit rapide* mais substantiel et profond ? sur les relations étrangère0 de l’empire chinois, et sur l’importance des cérémonies quelles comportent. Aujourd’hui que vont commence* à Pékin les relations des puissances européennes avec
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- im-
- k ,^es*e ^mpire> cet ouvrage présente un intérêt ii
- Je saisis cette occasion de témoigner à mon très-digne aiï11 1113 gratitude pour l’érudition qu’il a bien voulu lettre au service de mon ignorance sinologique ; il a de tout autres titres à l’estime publique.
- M. Pautbier est un de ces savants profonds et mo-estes dont les immenses travaux attendent encore une juste récompense, et pour qui jusqu’à ce jour l’Etat n’a llen fait. Il n’est pas moins honorable par son caractère genereux et courageux que par son rare savoir.
- Autres salles du trône.
- Au.nord de la première salle du trône, une seconde est réservée pour les affaires religieuses-, lempereui s y reud lorsqu’il doit entendre les décisions qui lui sont Présentées par le conseil des cérémonies et des rites.
- Nous parvenons ensuite à la troisième salle du trône. Gst li
- 3 que le dernier jour de chaque année l’empereur c> eter tas étrangers, c’est-à-dire les nations tributaires;
- 3 quil assiste à l’examen final des lettrés aspirants au ë^de de docteur.
- ache rS^Ue ^es biographes de la dynastie régnante ont reii^V vto de quelques-uns des ancêtres de l’empe-°Uvr encore ta qu’ils viennent lui présenter leur
- jeage>
- tas nIle P0usser£û pas plus loin l’énumération de toutes es du trône, c’est-à-dire de toutes les salles ayant un
- 1 Histoire des relations politiques de la 11 r [a récept
- tftles, etc. suivie du c^rénonial observé à la colir ^ ambassadeurs; v Vo\. in-8°. Paris, F. '8. ()•
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- trône, et destinées pour des ordres particuliers d’assena
- blées ou de conseils que le souverain vient présider.
- Suivons toujours Taxe principal; il passe par le milin11 de la porte dite de la Pureté céleste, Taï-thsing : c’est Ie nom symbolique de la dynastie tartare - mandchoue qul règne depuis deux cent quinze années.
- Palais des interrogatoires impériaux.
- Cette porte conduit au palais de la Pureté céleste {Thian' thsing-houng). Là, le premier jour de chaque année, l’eu1' pereur traite les princes; là, l’empereur interroge personnellement les mandarins importants, avant de leur confia de grands emplois.
- Ces interrogatoires ont un grand avantage. Us per' mettent que le monarque apprécie par lui-même les fa' cultés des mandarins destinés aux fonctions les plus in1' portantes; ils instruisent le souverain, l’habituent à juger les hommes, lui font acquérir de l’expérience et servent d’exercice à son esprit. Nous offrirons un exemple rem®1* quable de ces interrogatoires quand nous parlerons gouvernement de Canton.
- La salle des sceaux de VEmpire.
- Dans une dernière salle centrale, qu’on trouve en avan' çant vers le nord, sont déposés les sceaux du souverain» au nombre de vingt-cinq.
- Le palais de l’Impératrice.
- Nous venons de parcourir les grandes salles d’apparat de l’empereur; immédiatement au delà, toujours sur laXe
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- central, s’élève le palais de VImpératrice. Ce palais occupe la partie la plus reculée et la plus impénétrable de ce vaste système d’édifices et de cours dont le système ne forme qu un seul rectangle, parfaitement régulier. Il est large de trois cents mètres, la largeur des Tuileries, sur une longueur de neuf cents mètres.
- Jetons un coup d’œil plus rapide sur les édifices qui selèvent des deux côtés et qui complètent cet ensemble palais centraux.
- Coté oriental ou côté littéraire : le temple de Confucius.
- F
- 11,11 partant du midi pour avancer vers le nord, nous Pouvons d’abord un édifice à salle du trône, où sont erts les sacrifices au grand instituteur des princes et r s empereurs. C’est là que l’empereur vient révérer ucius; il y révère aussi les sages qui ne sont plus ^ue la Chine honore pour la pureté de leurs vertus a beauté de leur génie.
- Bibliothèque impériale.
- A côté du temple de Confucius s’élève la grande Bibliothèque impériale : on y conserve précieusement la collec-tion encyclopédique dite Les livres complets des quatre Misons. Sans doute les livres chinois n’égalent pas les Cotres en volume ; mais on n’en est pas moins surpris d ap Prendre, d’après un catalogue officiel, ce que contient cette collection, dont l’impression a été commencée en l77^ et s’est continuée jusqu’à ce jour. Suivant ce cata-l0gue incroyable, il aurait déjà paru soixante-dix-huit mille sept cent trente et un cahiers ou volumes. Voilà l’un des Monuments littéraires qui font le plus grand honneur a la
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- dynastie mandchoue; il suffirait pour perpétuer la mémoire du sage Khien-loung, digne petit-fils de Khang-hi.
- Dans le voisinage de la Bibliothèque impériale, se trouve Y hôtel de la Société historique.
- Du côté occidental de la Ville sainte, citons un vaste édifice où sont conservées les matrices ou planches en bois destinées aux publications qui doivent sortir de l’Imprimerie impériale, imprimerie adjacente à ce grand dépôt.
- Atelier vestiaire de la Cour.
- Près de là se trouve fatelier vestiaire de la Cour, plus important à la Chine que partout ailleurs : dans cet édifice on confectionne, d’après les rites, et l’on conserve pre-cieusement les vêtements de l’empereur.
- Il existe un très-bel ouvrage, publié par l’Imprimerie impériale de Pékin; il représente, dessinés avec une rare délicatesse, tous les vêtements et les insignes officiels dont les formes, les ornements et les broderies sont invariablement fixés. Le même ouvrage donne la représentation analogue pour l’impératrice, les princes et les mandarins de tous les ordres. Avec nos moyens photographiques, cette œuvre magnifique pourrait, sans trop de frais, être reproduite à Paris; elle populariserait des notions pr^' cieuses sur les coutumes et les arts du Céleste Empire1-
- 1 AÎ. Pauthier possède l’un des deux exemplaires jusqu’ici connus e0 Europe; l’autre est conservé à la Bibliothèque impériale de Paris. Il eü a donné quelques fac-similé dans un opuscule intitulé : Mémoires d’an Bibh0' phile, etc.
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- Ecole réservée pour les enfants des officiers supérieurs appartenant aux huit bannières.
- Arrêtons-nous avec intérêt devant un hôtel qu’il est beau de voir placé dans la Ville sainte, habitation personne de l’empereur : c’est l’école spéciale où sont élevés ^es enfants des officiers supérieurs qui font partie des huit ^nnières et de ceux qui sont morts dans les combats.
- Je me borne à mentionner les bureaux de l’intendance ta cour, le garde-meuble et le magasin des vivres parolier à la Ville sacrée.
- ^ Au nord des édifices littéraires que nous avons décrits, c°te de l’orient, se trouvent les palais de l’héritier pré-S0l&ptif et de plusieurs autres princes, puis l’édifice cons-Otil y a peu d’années pour contenir le trésor impérial.
- Palais des Purifications.
- Plus au nord encore, et tout près des remparts, est ltaé le palais des Purifications; c’est là que l’empereur, a^ant d’accomplir chaque grand sacrifice national, vient Recueillir dans le jeûne et la solitude.
- °ujours du même côté se trouve le temple où l’em-^ eur Va bénir les auteurs de ses jours qui payent leur ^rrijer tribut à la nature. Avant les grandes cérémonies {penses et politiques, il se rend aussi dans ce temple; sy rend pour méditer en relisant les tablettes où sont ri*s les jugements portés sur ses ancêtres et songer qui l’attendent au jour de sa mort.
- Yjjl 0lïffiien d’édifices, dans la Ville impériale et dans la e sacree, portent le cachet d’un grand caractère mo-re^ieux’ et c*vil ou militaire! Celui dont je vais er est le plus touchant de tous. introduction. — m. n
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- Palais où VEmpereur se prosterne devant sa mcre.
- Admirons et révérons un palais qui (ait honneur à la Chine. C’est dans ce palais que l’empereur, le jour anni' versaire de sa naissance, vient rendre hommage à sa mère il se prosterne devant elle aussi profondément que seS sujets se prosternent devant lui. Qui pourrait regarder comme avilissantes les formes de cet hommage, quan^ le souverain même s’y soumet, et quand il s’y soumet pour mieux honorer la femme à laquelle il doit la vie l es premières notions de la vertu !
- Les palais des épouses du second ordre : source de décadence.
- Du côté de l’occident on voit bâtis, en nombre trop considérable aux yeux de la sagesse, et bâtis avec r111e impudente symétrie, les palais des épouses du seco^ ordre permises à l’empereur. Plus retenu par la pudeo1 que Louis XIV et Louis XV, il n’oserait abriter sous Ie même toit ces femmes auxiliaires, quoique avouées parleS lois, et l’impératrice sacrée qui partage son trône.
- Parmi les causes qu’on peut assigner à la décadent de l’empire Chinois, il faut placer cette existence dégl’a dée d’un souverain qui s’abrutit entre toutes scs épousé’ choisies pour leur beauté, et qui s’efforcent à l’envi l’attirer en l’énervant par la volupté.
- Sous les premiers et grands souverains tartares-i*1811 dchoux, la tradition de leur race les mettait en gardecoo
- tïc
- D*
- cette effémination. Chaque année, à la tête de l’élite huit bannières, véritable corps d’année, ils franchisse® ^ la grande muraille ; ils parcouraient à cheval la merdes her et les chaînes de montagnes; ils se livraient pendant to
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- Uïle saison à ces chasses gigantesques dont les marches, es ligues et les exercices étaient une véritable école de guerre. Depuis la fin du siècle dernier, ces puissantes asses ont cessé; les empereurs n’ont plus couché sous a tente ni bandé l’arc de Gengis et de Koubilaï. Aussi, rçuand sont venues ces luttes incroyables où quelques milliers d’Anglais ont assailli l’empire qui compte ses sujets Par centaines de millions, chaque fois que les Occidentaux ont dirigé leur marche sur Pékin, l’orgueil du Fils du e s est humilié tout à coup, et les traités de paix les P us désastreux ont terminé des luttes déshonorantes.
- Les fossés et les remparts de la Ville sainte.
- ViJ» canal large et profond entoure des quatre côtés la e sainte; il est bordé par des murs de quais, construits de° 1 ^ enormes blocs de granit. Ce fossé grandiose sert dense en avant des remparts.
- tro GUe eSt sacrée : ville prodigieuse, où l’on ne
- et d ° ^UG Pa^s’ (îue temples des dieux, des ancêtres
- vast S Sa^es’ sabes des trônes, arcs de triomphe et
- Vass S C°Urs Préparées pour les hommages des rois, des
- tueu ^ ^ arm®es victorieuses ; qu’habitations somp-
- Seco^s l’empereur, de l’impératrice et des épouses
- c°nfi,aireS’ ^UG bibliothèques, musées, imprimeries
- Ges aux lettrés, associés à la souveraineté par l’intel-
- llgenCe.
- de l’auteur en décrivant les quatre cités de Pékin.
- Si i’
- reussi dans mes efforts, si jai pu rendre intel-^ . Cette architecture sociale de tout un empire, e Par sa capitale, il me semble que j’aurai fait
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- connaître, à la manière des bénédictins les plus dépourvus d’imagination, quelque chose du gouvernement et des mœurs d’un grand Etat, longtemps puissant et toujours sans exemple chez les autres nations.
- Essayons d’étudier la force et le génie des deux peuples dont la grandeur nous est révélée par les institutions et les monuments que renferme leur capitale.
- DEUX NATIONS EN PRÉSENCE.
- I. LA NATION TARTARE.
- Depuis deux siècles et demi, deux nations coexistent sur le sol de la Chine.
- La moins nombreuse est la nation tartare; mais elle est la nation conquérante. La dynastie tartare-mandchoue, qui règne complètement depuis plus de deux cents ans, a toujours eu pour principe de n’élever sur le trône qoe des princes nés de femmes tartares; par conséquent, cun d’eux n’a dans les veines la moindre goutte de san# chinois.
- Dans les divers rangs de la société les races restent distinctes. Aussi, quand l’empereur interroge les manda' rins pour leur conférer des emplois importants, il lie manque jamais de leur demander : « Etes-vous Chinois on Tartare? Êtes-vous Mongol ou Mandchou?»
- Les Tartares, incorporés sous les bannières, suivis & leurs femmes et de leurs enfants, vivent au milieu deletTl pire chinois comme vivaient autrefois les mameluks aU milieu des naturels de l’Egypte.
- Dans les cités les plus importantes, telles que Nankin»
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- Canton, etc. la ville tartare est séparée de la ville chinoise. Elle est entourée, comme nos citadelles, dune complète enceinte de remparts, pour tenir en respect la vüle chinoise adjacente.
- Je ne pense pas que les peuples tartares transplantes sur le sol chinois, Pékin non compris, atteignent le nombre d’un million dames, tandis que les Chinois doivent dépasser aujourd’hui cinq cents millions.
- Lest donc par l’organisation, par la politique, par le prestige militaire et par la force morale que les Tartares Peuvent conserver leur ascendant et leurs privilèges.
- De leur côté, les Chinois se sont maintenus, non pas eri vaincus, en inférieurs dégradés, mais à titre dégaux Par les arts, les lettres et les lois.
- Si l’on veut bien comprendre l’état actuel de 1 empire Minois et son avenir, il faut considérer à part les deux étions dont il se compose.
- Nous commençons par les Tartares. Ils ont lutte pen-d&ïit des siècles pour soumettre à leurs armes ladmi-^ble territoire qui porte le nom d empire du Milieu. Leur condition nomade permettait à des populations touj°urs armées et toujours à cheval de se réunir à 1 improviste en troupes immenses pour envahir les campa-Pnes que fertilisent les plus beaux fleuves de 1 Asie; leurs ^vasions portaient la terreur dans toute la Chine, comme a Lût Cengis-khan dès le xn° siècle.
- L est pour résister à ces invasions que les Chinois 'aient bâti leur grande muraille, prolongée vers le nord 'Ur «ne étendue presque égale à six cents lieues : depuis 6fûémité occidentale de la province du Chen-si, en dé-^vant de longues courbes sinueuses, prolongées jusqu’au h° M ?r*enta^ ûu Liao-toung.
- Mais ces murailles, suffisantes pour arrêter de faibles
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- hordes, n’ont jamais eu le pouvoir d’empêcher l’irruption des grandes armées.
- Deux fois les Tartares ont établi leur domination prolongée sur le peuple chinois : ce furent, en premier lieu, les Mongols, conduits par Gengis et ses enfants, aux xne et xme siècles; ce furent, en second lieu, les Mandchoux, qui depuis le xvne siècle sont devenus et restés maîtres de la Chine. Nous n’occuperons le lecteur que de cette dernière conquête; nous y chercherons la clef des grandes révolutions commencées de nos jours et qui n’ont paS prononcé leur dernière sentence.
- Établissement de la dynastie tartare-mandchoue.
- Lorsque la dynastie chinoise des Ming déclinait avec rapidité, les Tartares Mandchoux, habitant au nord de la Chine, se coalisèrent pour envahir à leur tour ce grand empire. Dès l’année 1618, leur chef publiait son célèbre manifeste des sept injures à venger, qu’il terminait ainsi : «Pour venger ces sept injures, je vais abattre la dynastie des Ming et subjuguer les Chinois.»
- Après avoir obtenu des succès prodigieux, il s’arroge le titre prématuré d’empereur du Céleste Empire. LeS Ming, en elfet, conservaient encore une grande partie dn territoire; mais déjà leur force morale était brisée.
- Dans la seule année 1618, les Tartares prennent en un jour trois cités et, le même jour, ils tuent plus de cen^ mille vaincus sur un seul champ de bataille. Pendant ce temps, le souverain chinois, énervé par les voluptés, ïeS tait caché dans son palais; son premier eunuque gouV^1 nait et sévissait à sa place. Un peuple servile érigeait d^s temples en l’honneur de ce nouveau Séjan, qui, loin d’êtfe un dieu, n’était que l’ombre d’un homme.
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- Tyrannie tartare exercée sur le costume.
- ^es lartares, enivrés par la victoire, ordonnèrent au Peuple vaincu d’adopter la coupe de leurs vêtements, de
- raser
- tress
- sa tête et de ne conserver qu’une touffe de cheveux
- ilsT^ 6n ^on£ue natte pendante en arrière; cet usage, s e prescrivirent sous peine de mort.
- On
- V1t alors une foule de Chinois qui fuyaient avec
- , . devant les Tartares, les mêmes hommes qui
- ^saient plus verser leur sang pour sauver la patrie,
- es vit faire volte-face et, pour conserver leur misérable
- elure, livrer des combats désespérés.
- vuand nous expliquerons la grande insurrection qui
- t 6 auj°ur^u^ Chine, nous montrerons l’usurpa-
- laT °^donnant’ sous peine capitale, de faire disparaître
- ^dfure tartare, symbole d’asservissement.
- core*1 1 ^ 2 ^ ’ ^emPereur chinois Hi-tsoung, qui n’avait en-
- Jâch ^6rdu (îuune faible partie de ses États, termine sa
- qui f existence’ d est remplacé par son fils, Haï-tsoung,
- ^ugustule du Céleste Empire aux abois. Ce der-uier était rl > i, . r
- Paient 1 ÜOUe ^lln esPr^ pacifique et doux; ses mœurs poiiv ‘ ed^m^n®es’ en des temps où les mâles vertus dévast1,611* S6U^es sauver un État qui n’était pas seulement Par ics envahisseurs, mais déchiré parles guerres tristes fruits d’un gouvernement faible et méprisé.
- jeune prince tartare secrètement naturalisé Chinois.
- En
- cède •' Un second souverain tartare, Taï-isoang, suc-
- ü S.°n Pere> Taï-tsou. Malgré sa valeur et ses victoires, pu conquérir qu’une faible partie de l’empire; ce justement à la profonde aversion des Chi-
- qUl1 attribuait i
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- nois pour des conquérants aux formes dures, aux mœurs barbares, à la langue inconnue. Il avait conçu la pensée qui fit la grandeur et la durée de sa dynastie : c’était d’envoyer son fils en secret au milieu des Chinois, pour être élevé dans le langage, les idées, les manières et les mœurs de ce peuple si difficile à maintenir sous u» joug de forme étrangère. Le jeune Tsoung-te, élevé de la sorte, parut un jour aux généraux, aux mandarins du Céleste Empire comme un de leurs compatriotes les plus instruits et les plus policés. Tous ceux qui purent approcher de lui furent gagnés par ses manières complètement chinoises, par son langage, son esprit, ses lumières et son affabilité.
- Au milieu de ces profonds préparatifs, huit grands seigneurs chinois disputaient entre eux les lambeaux de l’empire, comme les chiens de Sion se partageaient leS os de Jézabei; les massacres étaient sans fin, et l’anarchie régnait partout. Un des compétiteurs, plus féroce que leS autres, après d’éclatants succès souillés par l’assassinat de tous les mandarins rivaux tombés sous sa main, assiég6 et prend la capitale. Le dernier des empereurs Ming» au lieu de mourir les armes à la main, se pend lâchement derrière son palais. Alors le sujet rebelle porte la mai0 sur la couronne de son maître.
- Inspiré par la vengeance, un autre général chinelS s’unit au chef des Mandchoux pour renverser l’usurpateur-
- Chun-tchi, premier empereur mandchou : 16kh à 1661.
- Tsoung-te, le conquérant tartare, qui survit à peine à la conclusion de cette alliance, choisit pour successeur son second fils Chun-tchi, âgé de sept ans; avec une noble confiance, il lui donne son fils aîné pour tuteur-
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- Les deux frères entrent en triomphe dans Pékin, et les Chinois acclament empereur l’enfant qui s’avance a la tele de l’armée des deux nations. On était alors en 1643.
- Le tuteur Amawang, après des victoires signalées, uieurt en i65i. Le jeune prince, il avait quatorze ans, prend les rênes de l’empire.
- Sagesse da nouveau gouvernement.
- Le nouvel empereur, dès sa tendre enfance, avait été, c°iïime son père, élevé par un lettré chinois. Plus familier aVec tangue du peuple conquis qu’avec celle de ses ^leux > e* l’esprit imbu des doctrines de Confucius, il entre ^ lui-même dans la voie qui pouvait le mieux assurer la l,ree longue et paisible de sa dynastie.
- 0ln de témoigner du mépris pour la langue des vain-^S’ tain de leur faire violence afin qu’ils adoptent celle u’à Vainclueilrs > 11 ne permit d’apprendre le mandchou un Peu de Chinois : ceux-ci ne furent admis à faire e telle étude qu’après avoir obtenu son autorisation presse et peu prodiguée.
- sub* C°nserve ta système et les formes du gouvernement Il maintient les six grandes administrations Actives ou conseils ministériels établis depuis bientôt jj e mille ans : il se borne à leur donner un même de ^ Presidents de membres tartares, de prési-timeS ^ ^ niemLi>es chinois. Il traite en égaux par i’es-t ren(l égaux par le nombre. 11 concentre
- siin l ^ COnseHs è Pékin et supprime les institutions ^ aires fondées à Nankin par la dynastie des Ming.
- Verne^TSeV^re ^ans coutume de ne loisir pour gou-
- 61 es provinces et les cités que l’élite des lettrés forces Par u i • 1
- r d doctrine du sage des sages.
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- Des examinateurs s’étaient laissé corrompre; l’empereur fait décapiter trente-six de ces juges prévaricateurs. Quant aux lettrés élus par faveur, il les condamne à subir de nouveaux examens. Ceux qui sortent avec honneur de cette épreuve reçoivent leur grâce; les autres, reconnus incapables et convaincus par là d’avoir obtenu leur grade injustement, il les envoie avec toute leur famille en exil au fond de la Tartarie du nord. Ici commence l’usage d’une punition, la plus sévère de toutes après la mort : c’est une déportation comparable à celle des proscrits russes, qui sont relégués dans les glaces de la Sibérie. Par ces premiers actes, les barbares s’essayaient à la civilisation qu’ils devaient à leur tour enseigner.
- Deuxième empereur, Khang ki : 1662 à 1122.
- L’empereur mandchou Chun-tchi choisit pour successeur le plus jeune de ses fds : c’était Khang-hi, qul n’avait alors que huit ans, mais auquel il donne quatre tuteurs.
- Les eunuques bannis de la cour et les pirates chassés de la côte.
- Aussitôt que les tuteurs eurent saisi les rênes de l’em' pire, ils chassèrent du palais impérial quatre mille eunuques-On décapita leur chef, accusé d’avoir été la cause d’une partie des maux qui désolaient le naissant empire chinois' tartare.
- On renouvela la loi qui défendait aux empereurs de conférer aucun emploi public à des eunuques. Cet edd important fut gravé sur une grande table d’airain exposee en tout temps sous les regards du monarque, au centre de son palais.
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- T
- e ne citerai pas avec éloge, mais je citerai la mesure ^flexible prise pour mettre un terme aux dévastations ^cessantes que faisaient éprouver sur toute la côte les Plates concentrés dans file Formose, pirates que des ^artares étaient malhabiles à combattre sur des navires.
- n ordonna, sous peine de mort, que tout le littoral, sur uno largeur de trois lieues, cesserait d’être habité. Le ^oisinage de la mer n’offrant plus d’aliment à ces bêtes proie navale, elles finirent par disparaître.
- Admirable situation lors de l’avénement de Khang-hi.
- p
- n 1666, Khang-hi commençait à peine sa quator-année. Un de ses tuteurs étant mort, aussitôt, à la erriande des sujets, on lui remet les rênes de l’empire. Il Oiïïience alors une administration personnelle de cin-I e~six ans, plus longue, aussi glorieuse et plus cons-nient fortunée que l’administration contemporaine de
- L°uis XIV.
- qjJlj^noin de Khang-hi veut dire Vinaltérable paix; jamais Cahn 1Catl°n ne mieux méritée par le bonheur et le dont il fit jouir l’intérieur de la Chine pendant Pl^d'un demi-siècle.
- aussi peUne eiïlPereur trouvait la situation de ses Etats ^ avorable qu’il eût pu la désirer lors de son avéne-les ^ e Peuple chinois avait encore présentes à l’esprit Uch ,n,^Ues Scùnes d’anarchie où ses chefs nationaux, t0rraines ^es uns contre les autres, avaient répandu des ^riles^T San^ ^°Ur assouv*r ^eurs ambtà°ns person-le iS* ^a guerre intestine était le fléau le plus redouté, ^nts il0lTû; et voici que le gouvernement des conquêtes i0?11111161106 à relever toutes les ruines, à cicatriser aies s* longtemps saignantes, à rétablir les liens de
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- l’unité nationale, à faire revivre dans leur pureté primitive les lois si longtemps violées d’un gouvernement excellent par sa forme et par ses principes, à remettre en honneur les préceptes et la morale de Confucius, à relever dans son premier éclat l’administration des lettrés, avancés, employés de nouveau suivant leur intelligence, sans autres titres que ceux de l’instruction et du mérite. Ce magnifique programme, un règne demi-séculaire de grande et bonne fortune va le remplir dans toute son étendue. A cette époque où la nation renaissait, la gloire au dehors couronnait des félicités prodigieuses prodiguées à la patrie. Personne alors n’aurait osé rappeler les Ming et tant de règnes déplorables d’une dynastie qui s’était éteinte dans la faiblesse, le suicide et l’infamie; leur souvenir était trop récent pour qu’on osât mentir de si près à leur histoire. Il fallait deux siècles d’oubli pour que le génie de la rébellion fît de leur mémoire un mot d’ordre hostile et, rappelant leur image effacée par huit générations, présentât cette ombre mensongère comme un symbole de résurrection glorieuse et de grandeur nationale.
- Disons par quels efforts Khang-bi profita de l’admi' rable position que lui ménageait ainsi sa fortune.
- Sans s’abandonner aux enchantements d’un pouvoir mis en ses mains lorsqu’il était encore adolescent, Ie nouvel empereur consacre sa jeunesse à l’étude sérieuse des lettres chinoises et de la philosophie. Il se fait enseigner, par les jésuites français, les éléments des matliéma' tiques et de la physique; il apprend ensuite la tactique et s’adonne, en robuste Tartare, aux exercices militaires-Ces travaux l’aident à fuir l’oisiveté, la mollesse et ^ volupté, si dangereuses sur le trône.
- Afin de récompenser le jésuite Verbiest, qui fond des canons pour son armée, il donne à cet homme d’un rare
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- savoir la présidence du conseil des astronomes. Ce même ere fait construire par des artistes chinois de nouveaux lnstrurnents d’astronomie, incomparablement meilleurs <îUe cei*x qui depuis quatre siècles suffisaient aux savants du Celeste Empire
- Khang-hi poursuivit avec succès la guerre contre les Pépies tartar e*s du nord et du sud ; il étendit la terreur ' ses armes jusqu’au voisinage de la mer Caspienne.
- l’amour enivrant de la gloire militaire, mais la Passion des conquêtes, ne lui firent oublier ni les soins de j Unaanité pour ses sujets, ni la protection des arts que Paix intérieure peut seule faire prospérer.
- Édit de Khang-hi contre Vinfanticide.
- j, ®"rnPressons-nons de citer l’admirable édit par lequel eîïlPereur tartare s’élève contre la coutume trop ré-Pandue de l’infanticide chez les basses classes chinoises :
- S<^U Une m®re sans piti® n°ie la bêle créature qu’elle a mis au lui ’ Peut*on dire encore que ce petit être doit le jour à celle qui Vre^ePren(i la vie quand à peine il commence d’en jouir? La pau-]a . v s Parenls sert de prétexte à leur crime; lorsqu’ils éprouvent (je ^ ere et la faim, ils se croient le droit de sacrifier l’existence V Ul*8 enfar,ts, pour rendre la leur plus commode à supporter. PuissUS' m aVe? ^onn^ nom de Éèrc du peuple; et, quoique je ne qUe s‘ ej\r0Uver même amour pour ces pauvres petites créatures de i ^ es me devaient l’existence, je n’ en suis pas moins pénétré b,,™™6"1'- * d«lare que je défends d’une manière absolue les
- -‘oares infanticides. Le ligïe, disent nos livres sacrés, tout tigre ^vil est, ne dévore pas ses petits. Pour eux son cœur est aimant, *l sans cesse il prend soin d’eux; et vous! vous devenez les desrecteurs de vos enfants. Vous vous montrez plus dénaturés que les ^les les plus férc
- roces.
- H
- ne se bornait pas à cet édit. En décrivant la ville de
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- Chang-haï, nous trouverons qu’il faisait établir des hospices d'enfants trouvés, afin d’éviter le plus infâme des crimes aux parents trop pauvres pour nourrir leur jeune famille-Khang-hi, du haut de son trône, inaugurait en Orient une sublime découverte de la charité, celle qui nous fait le plus admirer et bénir notre saint Vincent de Paul.
- Faut-il être étonné si les Chinois ont supporté des conquérants qu’ils appelaient insolemment des barbares? Ce sont, au contraire, les conquérants qui les rappelaient aux devoirs de l’humanité.
- Protection des arts et des lettres par les Tartares Mandchoux.
- Tournons nos regards vers la protection du monarque pour les lettres et les arts. Khang-hi chérissait la littérature. Afin de se délasser des fatigues d’une immense admi-nistration, il cultivait la poésie1. Comme le sage Marc-Aurèle, il recueillait des maximes propres à procurer Ie bonheur de l’Etat; son fils, monté sur le trône, les a commentées et, ce qui vaut mieux, les a suivies.
- Tl dirigeait avec un zèle incessant les travaux de la savante académie des Han-lin.
- Il employa les académiciens Han-lin à rédiger une édition somptueuse des livres chinois les plus importants, soit en vers, soit en prose, qu’il avait lui-même choisis. que d’Alembert fit plus tard pour l’Encyclopédie, il le fai' sait pour cette collection encyclopédique; il en écrivait la préface. Enfin, sous la direction de trente lettrés émi' nents, il fit composer un dictionnaire purement chinois qui contient et définit quarante mille caractères.
- 1 La collection des œuvres de Khang-lii, poésies et prose, forme pJus ^e cent volumes, et la Bibliothèque impériale de France en possède 1111 exemplaire.
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- En faveur de la partie tartare de ses sujets, il fit rédiger un dictionnaire non-seulement de mots, mais de choses, expliquant en langue mandchoue les expressions des Chinois et les connaissances du peuple le plus avancé. Suivant même dessein, il faisait traduire dans l’idiome de sa race les principaux livres sacrés du Céleste Empire.
- La grande carte de la Chine exécutée sous Khang-hi par les jésuites français.
- En 169g, des pères jésuites étaient partis de France P°ur la Chine avec un titre qui leur était un grand hon-*jei1r> parce qu’il était mérité : l’Académie des sciences Ce Paris les avait tous nommés ses Correspondants.
- Khang-hi les employa pour les opérations astronomiques, P°ur les levés et la rédaction d’une nouvelle carte de son
- •^apire, plus complète et plus précise que les précédentes. e carte est fondée sur la longitude et la latitude des es tous les ordres, positions déterminées par les sa-ç ® pères. Un si beau travail, antérieur à notre carte de ^ ssini, n est pas indigne de soutenir le parallèle avec ce ermer monument de la science française.
- La
- carte entreprise comme un cadastre graphique, afin de constater les progrès de l’agriculture sous le souverain mandchou.
- La carte de l’empire du Milieu était la base d’un cadastre o-A / 1 1
- les oenèral entrepris, dit l’empereur, pour constater obtenus dans les campagnes d’après l’état oà se pla Vai^ ^ a$ricll^llre quand la dynastie des Mandchoux rem-Çu celle des Ming. C’est la conquête opérée par le plus n aisant des arts dont il faisait dresser la carte!
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- Kkançj-hi défend à toujours d’accroître l’impôt sur la terre.
- Afin d’empêcher que jamais, sous de mauvais règnes, l’agriculture pût être opprimée par l’aggravation des im-pots, il déclare que la contribution foncière prélevée lors du dénombrement de 1 7 1 1 ne pourra plus être augmentée, quels que soient les progrès futurs de la population et l’accroissement progressif des récoltes.
- Existe-t-il en Occident beaucoup de gouvernements qui prendraient et surtout qui tiendraient un pareil engagement, qu’ils soient ou non parlementaires?
- Edit sacré de Khang-hi relatif à l’agriculture.
- Le icr et le 15 de chaque mois, les mandarins, par tout l’empire, lisent solennellement au peuple l’Edit sacre de Khang-hi. Parmi les plus beaux préceptes de cet édit citons le suivant : « Donnez le premier rang au labourage ainsi qu’à la culture du mûrier, afin que le peuple ait toujours en suffisance le vêtement et la nourriture. »
- Le même empereur ne se bornait pas à de telles déclarations; il cherchait à multiplier les moyens de subsistance. Nous allons rappeler le plus beau succès qu’il ait obtenu sur cette voie.
- Le riz impérial découvert et multiplié par Khang-hi.
- On jugera du cœur de Khang-hi et de son génie observateur par le récit qu’il donne lui-même en expliquant sa découverte d’une espèce de riz singulièrement précoce et qui de plus a l’avantage de croître en des lieux où eaux ne sont pas en abondance. L’espèce aujourd’hui sd1
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- est propagée depuis le nord de la grande muraille jus-rçuau midi de la Chine.
- «Une année, dit le bienfaisant empereur, je me provenais, le ier jour de la 6e lune, dans une campagne où 0n avait semé du riz; il ne devait pas donner sa mois-S°n avant le neuvième mois. Je remarquai par hasard 11 pied de riz plus élevé que tous les autres : il avait eJ des épis assez mûrs pour être récoltés; j’ordonnai jl^on me l’apportât. Je trouvai ses grains très-beaux, très-en n°urris; cela m’inspira la pensée de les garder pour n foire un essai. Je voulus voir si, l’année suivante, ils ^observeraient leur précocité : ils la conservèrent. Tous s pieds nouveaux montèrent en épi bien avant le temps biaire et donnèrent leur moisson dès la 6e lune. Le pro-^ e opaque année a surpassé la récolte précédente, et, ^PUls trente ans, c'est le riz (faon sert sur ma table. Le grain est rp* a^0n8^’ sa couleur est un peu rougeâtre; mais il ^ uri parfum fort doux et d’une saveur agréable. On jard'0irirneZ11171*’ r^z iuipérial, parce que c’est dans mes Puis S a commencé d’être cultivé. 11 est le seul qui jj . 6 ^urir au nord de la grande muraille, où les froids ires-tard et commencent de bonne heure; mais la t 68 Provlnces du midi, où le climat est plus doux et SeCo^re P^us fertile, on peut aisément obtenir par son pî*rs deux moissons dans une année. » parol6111^6^111, ^ang-hi termine son récit par ces belles 6.S ' (< Entre tous les biens que fai pu répandre, ma sa-sujets 1011 h ^as douce est d’avoir procuré cet aliment à mes que / W A^°Utons (ïue Khang-hi fut le premier Tartare
- qU! ^es Chinois
- ^°uisSX\ran^S a^mlraient, à juste titre, leur bon roi b°utoii l°lsqu’avec un touchant orgueil il portait à sa niere la fleur si commune de la pomme de terre, lNTnODUCTlON. — Tïf. 8
- mêmes aient appelé le Père du peuple.
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- celle plante qu’un savant s’efforçait de propager poui' nourrir les classes indigentes. Qu’auraient-ils dit si Ie souverain lui-même, par sa propre sagacité, par ses soms de trente années, avait découvert, avait multiplié l’une des meilleures variétés de la céréale la plus importante» avait procuré le moyen d’obtenir dans le midi de ses États deux moissons au lieu d’une, et de propager danS le nord un genre de récoltes dont jusqu’alors ses sujets avaient été privés!
- Si nous réfléchissons sur les services de toute natui’6 rendus par Khang-hi et ses successeurs à l’art qui nourri les hommes, nous ne serons pas étonnés quand noüs constaterons la multiplication prodigieuse du peuple ch1' nois sous leur'bienfaisante dynastie.
- Comment Khang-hi fait cesser la persécution des chrétiens.
- Nous avons fait voir quel était Khang-hi dans ses rapport avec le peuple au milieu duquel il vit le jour, avec Ie peuple qu’il considérait tour à tour comme ses frères ei ses fds. Voyons ce qu’il fut envers les étrangers, ceux lui portaient les arts et les bienfaits de l’Occident.
- Pénétré de reconnaissance, le sage empereur met V*1 terme aux longues persécutions des chrétiens. Il est he11' reux d’agir de la sorte, en conséquence d’une admiré délibération du Conseil des rites, espèce de Sorbonne Céleste Empire; la modération qu’on y remarque étalt inspirée par l’esprit du souverain. Citons le texte :
- «Nous avons délibéré sur l’affaire des chrétiens, Votre Majesté nous a renvoyée. Nous avons appris <llie ces Européens ont traversé de vastes mers ; ils sont Ve nus des extrémités de la terre, attirés par votre hallte sagesse, et par cette incomparable vertu qui chez v°llS
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- c arme tous les peuples et les retient dans le devoir. Ils °n* a présent l’intendance de l’astronomie et du tribunal es ^thématiques. Ils se sont appliqués avec beaucoup de SOlri à faire des machines de guerre ; ils ont fondu pour nous des canons utilement employés dans les derniers C0lnbats.N Quand on les a choisis pour accompagner nos anabassadeurs, afin de traiter avec les Moscovitesils ont trouvé le moyen de faire réussir les négociations. En un ïïlot’ tls ont rendu de grands services à l’empire.
- On na jamais accusé les chrétiens qui sont dans les Provinces d avoir fait quelque mal, ni d’avoir commis quelque °r , ‘ doctrine qu’ils enseignent n’est point mauvaise ; ^ 11 est pas susceptible d’égarer le peuple et d’occasionner
- I 8 troubles. On permet que tout le monde fréquente s temples des lamas, d es ho-chang, des tao-ssé, et l’on f0 GnC. fréquenter les églises des Européens, qui ne s rien de contraire aux lois : cela ne paraît pas rai-a»le. Il faut donc laisser toutes les églises de l’empire
- ÜanS l’étal ^ il , . & 1 .
- tou °U G^eS étaient auparavant, et permettre a
- ^es hommes d’v venir adorer Dieu, sans inquiéter
- Par"' à “ SUj6t ”
- sj Assentiment de Rhang-hi, cette équitable conduis 11 Conseil des rites devint une loi de l’empire, jésuites, à l’exemple de l’empereur, donnaient à d’a ^ ^ 110111 de Seigneur du ciel et ne craignaient pas ÿqA30 er aîosi le Dieu des chrétiens. Ils déclaraient ne idolâtrie dans les hommages rendus à la mêle^0 0 Confucius, l’un des plus sages mortels et des meil-shti i^ait ^ait naîtl,e celui que notre peuple nomme avec op .Icité le bon Dieu. Rhang-hi se montrait satisfait de s interprétations données par les pères jésuites. < ^odnicains• arrivés plus tard, se conduisirent e sds étaient animés d’une sombre jalousie contre
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- les pères de la Compagnie de Jésus, contre ces pères qu’ils voyaient admis à la cour, appelés aux affaires et classés parmi les dignitaires de l’empire. Ils attaquèrent une doctrine conciliante avec génie, et la seule qui laissât au catholicisme la chance d’être toléré dans l’empire; leurs obsessions firent condamner cette doctrine en Europe-Des querelles si peu prudentes mirent un terme à la pa' tience de Khang-hi.
- En 1706, l’empereur, fatigué, renvoya comme enn£' mis de la morale publique ceux des missionnaires qui ue reconnaîtraient pas, avec approbation, et les enseignements moraux du vertueux Confucius, et les honneurs qu^ payaient à la mémoire de ce grand ami de l’humanité la reconnaissance et l’admiration de vingt-deux siècles.
- Nous terminerons ce coup d’œil jeté sur le règne &e Khang-hi par un extrait de son admirable testament.
- Testament de Khang-hi.
- a La vraie manière d’honorer ses aïeux et de révéré1 le Ciel, c’est de procurer au peuple le repos et l’abondance 1 c’est de faire son propre bien du bien de l’univers, ci[ s°n propre cœur du cœur de l’univers.
- « Moi qui suis âgé de soixante et dix ans et qui en al régné soixante, moi qui ai travaillé sans repos pour Ie bien public, je dois les bienfaits de mon règne non paÿ à ma faible raison, mais à l’aide invisible du Ciel et de la Terre; je les dois au secours de mes ancêtres, et ^ Dieu gui dans l’empire préside à l’agriculture.
- «Je me suis, dès ma plus tendre enfance, applic[ue a l’étude de la sagesse; j’y ai gagné quelques notions deS sciences anciennes et modernes.
- « Pendant toute ma vie je n’ai fait mourir persoulie
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- sans sujet. Je n'ai osé rien dépenser inutilement du trésor l^périal dont la garde est commise à la cour des tributs : Cest le sang du peuple. Je n’ai puisé dans ce trésor que ce
- ^ud fallait pour nourrir les armées et pour empêcher les famines.
- «J’£
- ,, j, a* dépensé chaque année plus de 2 2,5oo,ooo1 francs entretien, à la réparation des canaux; et mes voyages ^nnuels pour inspecter les provinces coûtaient seulement e 7^000 à i5o,ooo francs.»
- Troisième empereur} Young-tching : 1723 a 1135.
- Fidèle aux saines traditions, Khang-hi choisit poui successeur le quatrième de ses fds, parce qu’il lui parut plus capable de bien régner que ses freres aines.
- Honneurs qu’il décerne à l’ugriculleur le plus vertueux de chaque département.
- Fn 17 23, Young-tching monte sur le trône, et pendant é°uze ans exerce le pouvoir. Il marque son règne par des lQnneurs accordés dans chaque département à lagiicul teur le plus vertueux, le plus économe et le plus întelli-Ce cultivateur éminent aura le rang et portera es ^signes de mandarin; lors de sa mort, on gravera son nom dans la salle des Ancêtres, è côté du nom des hommes a^ant tien mérité du Gouvernement et de la patrie.
- ^oung-tching fut loué par les missionnaires, aux-pels ü beaucoup moins favorable que son pere, P meme il eut le malheur de persecutei. « On doit, ('lt *un d’eux, rendre justice à son application infatigable
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- rois millions d’
- onces d’argent.
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- pour le travail. Jour et nuit il s’occupe à perfectionner la forme d’un sage gouvernement, afin de procurer le bonheur à ses sujets. On lui fait la cour en lui présentant tout projet qui tend à futilité publique et qui peut soulager les peuples; un tel projet, il l’exécute aussitôt, sans nul égard à la dépense. Il a publié des édits pour secourir ses sujets dans les années de stérilité et lors des tremble' ments de terre. En peu de temps, il s’est acquis l’amour et le respect de tout l’empire.» Faisons remarquer ce qu’il y a de grandeur d’âme dans le chrétien persécute» lorqu’il rend au persécuteur une si grande justice.
- Le nouvel empereur a rédigé l’instruction la plus re' inarquable pour commander aux soldats tartares de se livrer à la culture des terres, sans négliger les exercices militaires; il leur prescrit de vivre avec sobriété, d’êtfe économes et de respecter les mœurs.
- Quatrième empereur, Khien-louncj : 1736 à 1796.
- Tel fut le prince auquel succéda Khien-loung. CellU ci rappela les beaux jours de son illustre aïeul paf ^ durée, la grandeur et la félicité de son règne. Ses victoire complétèrent la domination de la Chine sur le grand teau de l’Asie.
- En î y 6 i, il reçut l’hommage des cartes perfectionné5 de la Chine et de la Tartarie; cartes que, d’après ses ordreS’ venaient d’achever les missionnaires français.
- En 1770, dans la trente-cinquième année de son reglie’ une tribu mongole établie sur le Volga ne peut plus sup porter le joug pesant des Russes. Elle émigre en masS<?’ elle traverse les déserts de l’Asie, en se défendant con#' les Moscovites envoyés à sa poursuite; elle arrive en sur la frontière de la Chine, cl demande asile au Célest
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- mpire. Les fugitifs sont accueillis avec transport par empereur Khien-loung, qui, saisi d’un juste orgueil-, c°mble leurs chefs de bienfaits et d’honneurs.
- Lorsque arriva la soixantième année de son âge, de 1 779 178°*, les gouverneurs des provinces voulurent célébrer 9Vec une grande solennité le sixième anniversaire décen-de sa naissance. «Je souscrivis à leur désir, dit le mo-narque-, j’avais annoncé la même permission pour qu’on Ce|ébrât un nouvel anniversaire lorsque j’aurais atteint ma fixante et dixième année, et ma sainte mère sa quatre-Vlïlgt-dixième. Hélas! ma mère n’est plus, et tous mes Projets de joie sont évanouis; mon seul bonheur est au-Jourd hui la félicité de mes peuples. Que tout appareil de ete à mon sujet soit interdit.
- (< H me souvient d’une supercherie qu’on se permit pour e rer ma soixantième année. C’était au sortir des gorges ^ °u-pé-kéou, que je croyais trouver désertes. Je vis décoration8 de toutes sortes, telles qu’on les aurait aire au voisinage d’une ville opulente, avec des illu-
- duit 10nS et ^6S Pâtres. Je défends absolument qu’on j °et exemple; laissez les chemins tels qu’ils sont, » reu H ^ran<^e impératrice Catherine ne fut pas aussi rigou-^ I egard du simulacre de culture et de constructions h’av n Iïllïlls*re com'tisan érigeait, pour la flatter, lorsqu’elle ^rsait les déserts de ses conquêtes du midi. len-loung, à la même époque, faisait paraître l’édit ^ efluel fl rendait grâce au Ciel et s’effrayait du bonheur s°n règne, bonheur dont il implorait la continuation, j’ai'ï °Ut eSt en Paix aujourd’hui, sur terre et sur mer, et qu^lecil^e Lien loin les bornes de l’empire. J’ai déjà régné ante-cinq ans, et je touche à la soixante et dixième de UG 111011 âge* J ai suivi Ies exemples et les préceptes 11011 Pere et ceux de mon aïeul Khang-hi. C’est pourquoi
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- je regarde mon peuple comme ne faisant qu’un même corps avec ma personne; je l’aime comme moi-même. Je cherche tous les moyens de lui procurer sinon le bonheur parfait, au moins celui dont je voudrais jouir* et pour lequel je soupire. Qu’aucun mandarin ne me loue de cela dans ses compliments d’anniversaire; ses missives, jetées au rebut, n’arriveraient pas jusqu’à moi.
- «Pour honorer mon anniversaire, qu’on aille, dit-il* dans les lieux où sont les tombeaux des anciens souverains et dans l'endroit oà reposent les restes de Confucius, ah° qu’on leur rende les hommages accoutumés. »
- Il accorde des faveurs aux princes, aux mandarins, aux simples lettrés, aux soldats tartares et chinois, etc.
- « Qu’on fasse une exacte recherche des personnes qui $e distinguent par leur piété Jiliale; des hommes qui ont mené jusqu’à présent une vie irréprochable, en rempli' sant leurs devoirs dans la vie civile; des femmes qui se sont distinguées par les vertus de leur état et de leur sexe. Le tribunal des rites vérifiera ces mérites; il décef' nera les récompenses et les honneurs suivant la justice-
- «Qu’on restaure tous les temples; qu’on répare leS routes et les ponts. Qu’on dégrève les familles accableeS par les inondations ou la stérilité. On a dû leur prête*’ du bétail et des charrues ; s’ils ne sont pas en état de leS restituer, je les leur donne.
- « Que les mandarins aient un soin particulier des veuves, des orphelins, des malades, des vieillards et des in^1' gents. Qu’ils emploient pour les secourir les deniers p11' blics : je veux dire les deniers qui sont à ma disposition per' sonnelle ou qui devraient me revenir1.
- « Comme je porte dans mon cœur tous les hommes, jp
- 1 Ce sont les revenus des possessions patrimoniales dont i’cnipelCl' jouit en Tartane-, ils forment exclusivement sa liste civile.
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- voudrais que tous pussent partager mes bienfaits. Je veux j cer> en quelque sorte, mes sujets à désirer que je vive ngtemps, afin que je règne encore longtemps sur eux. »
- Les bienfaits de la justice austere.
- Le même souverain aurait pu netre que débonnaire, il se rappela Confucius et fut impitoyable contre les corn eussions et les malversations : ce fut sa gloire.
- Sous le règne de Khien-loung, la corruption serpen-tait déjà dans le corps des mandarins; le souverain 1 arrêta par une inflexible sévérité. En quelques départements, les sommes étaient distraites des caisses publiques, prêtées à gros intérêts, et les fruits de l’usure illégalement retenus par des mandarins concussionnaires; ailleurs, on commettait des exactions sous des formes incroyables.
- L’empereur ordonna les enquêtes les plus severes; il Ht juger les prévaricateurs; trois cent quatre-vingts fuient déclares coupables. Tous furent privés de leurs emplois; 1rs uns furent exilés, et d’autres punis de mort.
- L ne se contenta pas de châtier les fonctionnaires des moindres rangs et ceux des situations moyennes; il sut éteindre les malfaiteurs des rangs les plus eleves.
- Voulant faire un grand exemple, il laissa les juges prononcer la peine de mort contre un haut personnage flm’il avait comblé de bienfaits, et l’exécution fut conforme à sentence. Des prévaricateurs de plus bas étage reçurent des corrections proportionnées à leurs méfaits.
- Ayant atteint la quatre-vingt-sixième annee de son âge ^ soixantième de son règne, le 8 février 179^’ Khien-;0ung abdiqua: ne voulant pas, déclarait-il, régner plus longtemps que Khang-hi, son aïeul et son modèle.
- A tout prix, d’après cet illustre modèle, il maintenait
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- la paix et l’abondance dans l’empire, et ses victoires au dehors ne coûtaient rien aux félicités de l’intérieur
- Khien-loung, poète célébré par Voltaire.
- Il aimait les lettres. On lui doit des vers élégants, corn-posés à l’éloge de la boisson préférée par ses sujets, et la seule que puissent avouer la tempérance et la sobriété. Il a célébré par des poésies nationales les événements de son règne glorieux pour son empire. La renommée de ses œuvres impériales parvint jusqu’au rare génie qui, dans notre Occident, décernait ou confirmait les réputations du xviiF siècle. Le roi Voltaire, du même style in-dulgent et gracieux dont il célébrait le talent à peine poétique de Frédéric le Victorieux, Voltaire célébra la muse de Khien-loung le Conquérant.
- Khien-loung, dans un grand dessein, ordonna d’exécuter par l'Imprimerie impériale l’œuvre la plus étendue qu’on ait jamais publiée : c’était une collection de plusieurs milliers de volumes, réunissant les meilleures productions depuis la plus haute antiquité. Il se faisait, chaque année, rendre compte du degré d’avancement de cette immense entreprise, qui nous effrayerait en Europe.
- Cinquième empereur, Kia-king : 1796 à 1820.
- Ici finissent les grands règnes et le progrès en puissance de l’empire Chinois; ici commence l’ère des mécontentements, des conspirations et des révoltes.
- Kia-king fut le premier entre les empereurs de la naslie mandchoue qui donna le honteux spectacle de b* mollesse et de la dissolution; il révolta les aines honnêtes et fournit prétexte aux attaques des pervers.
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- Dans un mémoire destiné pour cet empereur, un admi-IaMe censeur, Soung-kéou, qui dans sa jeunesse avait ete le conducteur éclairé et bienveillant de lord Macart-neyi Soung-kéou reproche au souverain l’oubli qu’il fait la vertu de ses ancêtres et les funestes conséquences ffUl s’ensuivent dans tout l’empire. Le mauvais monarque, exaspéré d’entendre ainsi la vérité, demande au censeur : t(Quel supplice veux-tu pour ton châtiment?» Celui qui pouvait répliquer, La loi me rend inviolable, répond fière-j^ont : «Je veux une mort ignominieuse et lente. —Tu ne auras pas ; quelle autre choisis-tu? — La décapitation. — ^oo; quelle autre encore? — L’étranglement.»
- Après un jour de réflexion, l’empereur finit par admi-ler un courage qui révoltait l’orgueil du despote; mais atl lieu de récompenser tant de vertu, comme l’eût fait monarque magnanime, il envoya le censeur, sous un climat glacial, administrer la Sibérie chinoise : ce pays jarlare où viennent longuement souffrir les bannis de empire du Milieu.
- Après avoir négligé le premier et salutaire avertissement Oné par la vertu, Kia-king en reçut un second donné Par le crime.
- ^ Do 18o3, à la septième année de son règne, ce prince, 0stile aux sentiments de ses sujets, faillit être assassiné au milieu d’une foule immense. Là, se trouvèrent seule-merit six personnes qui le félicitèrent d’être échappé d’un e péril. H publie bientôt après un édit dans lequel il PlQmet de mieux gouverner, en confessant qu’il a pu 0lïlmettre des fautes. « Ce qui m’afflige, dit-il, ce n’est le poignard de l’assassin,, c’est l’indifférence du peuple. » j. &le Ce beau sentiment, bientôt oublié, il n’en con-
- a pas moins de vivre dans la mollesse et dans la
- llcence.
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- Au lieu de combattre par les armes, on s'efforça de gagner à prix d’argent les chefs des révoltes qui surgirent en divers points de l’empire. Sur les côtes, les pirates devinrent de plus en plus audacieux; ils établissaient sur les navires marchands une taxe noire, comparable au Machinait que les montagnards écossais levaient sur les Saxons des basses terres.
- Dès le règne si prospère de Khien-loung, des sociétés secrètes s'étalent formées, entre autres la société des Nénuphars, dont les missionnaires chrétiens furent injustement accusés de faire partie; ses funestes desseins éclatèrent, sous le règne suivant, par une insurrection qui s’étendit à trois provinces. Soixante et dix affiliés d’une autre association, celle de la Raison céleste, prirent d’assaut le palais de l’empereur, dont ils restèrent pendant plusieurs jours en possession. Les années i8i3 et 1816 furent marquées par ces grands attentats.
- Une autre société plus célèbre encore était celle de h Triade, dont les membres n’étaient admis que moyennant des signes cabalistiques, avec des serments odieux. Vrais Carbonari de la Chine, leur infâme société n’a cessé de révéler son existence par des complots, des révoltes, et trop souvent par des assassinats.
- Cependant la démoralisation gagnait les personnes isolées et les magistrats. Piapportons un enchaînement de crimes et de vertus qui fait voir ce qu’avait déjà perdu la moralité chinoise, et ce qui restait encore de ressources pour la rendre à son antique pureté.
- En 1818, dans la province de Kiang-nan, le district de San-yang est dévasté par une inondation. Pour aider les malheureux, l'ordre impérial est donné d’indemniser les pertes éprouvées; mais un misérable préfet s’approprie les indemnités. Le gouverneur de la province, informe
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- du vol, fait choix du mandarin Wan-chin-han pour instruire sur ce crime. Le coupable propose au magistrat 1 >125,000 francs s’il veut jeter un voile sur sa culpabilité; le vertueux juge d’instruction rejette cette offre. Alors le voleur officiel, au modique prix de 15,ooo francs, obtient que trois serviteurs de l’homme incorruptible 1 empoisonneront, et qu’ils feront passer sa mort pour un suicide. La veuve de ce magistrat devine le crime et fait arrêter les coupables; ils avouent leur forfait et sont punis du dernier supplice....Par une abominable juris-
- prudence, non-seulement le préfet, auteur primitif de 1 empoisonnement, est mis à mort, mais avec lui toute sa famille, à l’exception d’un fils de trois ans : ce dernier
- ne sera décapité qu’après avoir atteint sa seizième armee.
- Enfin la veuve intrépide reçut les plus grands lionneuis. Quel mélange incroyable du bien et du mal !
- Sixième empereur, Tao-kouang : 1821 à 1850.
- ^ Lors de la conjuration de 18 î 3, ce prince avait montré e lenergie en tuant de sa main deux des assassins déjà pitres du palais de son père Kia-king. Ce courage et ce ev°ueuient l’ont fait empereur.
- Le nom qu’il a pris en montant sur le trône signifie la 9 °ire de la raison : c’était bien de l’orgueil pour un prince °ut la raison n’avait rien de supérieur. Il ne sut pas ^^uie administrer.
- pendant ce règne, les finances de l’empire ont conli-*jue déprouver des déficit considérables, soit par l’effet ® malversations, soit en conséquence des malheurs ?Ua Pr°duits une guerre qui méritait une issue moins Uïîeste pour la Chine.
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- Réparation des digues du fleuve Jaune.
- En 181 g, le trésor dilapidé ne suffisait pas à réparer d’énormes dégâts dans les digues du fleuve Jaune. On eut recours au moyen supplémentaire d’une souscription, et l’on promit des honneurs aux généreux souscripteurs. Il fallut employer simultanément cent mille hommes pour réparer les désastres.
- Exemple illustre, mais impuissant, pour réprimer la déplorable invasion de Yopium.
- Tao-kouang eut la noble ambition de faire cesser l’immoral emploi de l’opium, que propageait la contrebande britannique. Il fit mettre à mort un des princes de sa maison qui déshonorait son rang par l’usage dégradant de ce dangereux poison. Il affronta la guerre contre la formidable puissance qui, chaque année, faisait ce honteux commerce interdit par les lois; mais, à l’exemple de son père, il avait négligé l’art de la guerre et la discipline militaire. Ses troupes étaient énervées par une longue paix; elles furent honteusement battues, et la race conquérante perdit ainsi son prestige héréditaire.
- Les frais de la guerre et l’immorale indemnité qu’il dut payer pour l’opium qu’au nom des lois il avait fait saisie et détruire, ces dépenses excessives dérangèrent l’équi' libre des finances. La pénurie du trésor fit permettre que l’ignorance achetât à prix d’or le rang et les degrés du mandarinat. Ce lâche expédient portait atteinte à l’esprd du Gouvernement; il donnait naissance au mécontentement le plus dangereux et le mieux fondé.
- Le règne de Tao-kouang fut troublé par une foule de
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- rebellions partielles, apaisées plutôt à force d’argent et de corruption que par la valeur des troupes impériales.
- Tao-kouang s’est déshonoré en mettant à mort un prince tartare, un musulman, qui faisait reparaître, au bout de six S1ecles, le beau nom de Jehan-ghir; ce prince, après avoir lavement combattu du côté de la petite Boukharie, s était rendu prisonnier, sur la foi des promesses impé-r*ales indignement violées.
- Les complots souterrains des sociétés secrètes continuent et conduisent aux attentats les plus odieux.
- En i832, une conspiration redoutable est découverte a Pékin et déjouée.
- Septième et dernier empereur, Hien-foung : 18150.
- Le septième empereur, celui qui règne aujourd’hui, n^onta sur le trône en ! 85o, sous le nom de Hien-foung. Aucun souverain mandchou n’a subi d’aussi grands mal-^eurs et montré moins de résolution pour faire face à
- uiauvaise fortune. Son énergie s’éveillera-t-elle?
- Sous son règne a commencé la grande insurrection ^Ul depuis dix ans étend ses terribles ravages dans les plus belles parties de son empire. Nous en examinerons plus tard la nature et les ravages.
- II. LA NATION CHINOISE.
- Appréciation du progrès numérique de la population.
- Nous venons de voir comment la grande dynastie Mandchoue, depuis le milieu du xvne siècle jusqu’à la fin
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- du xvme, a favorisé le développement et le bonheur du peuple chinois. En 1796 avait cessé le dernier de ses règnes illustres. Plus tard la paix intérieure commença detre troublée par quelques ébullitions factieuses. Cependant l’ensemble de la nation continuait de trouver la même sécurité dans ses travaux urbains et champêtres; rien r/était changé dans les rapports sociaux, et le progrès numérique de la population devait se continuer sans altération très-sensible.
- Ce progrès devait finir par révéler, à qui saurait l’observer, un des plus grands phénomènes qu’eût jaipais présentés l’accroissement du genre humain.
- Les maximes d’un gouvernement paternel et les traditions d’un siècle et demi de bienfaits ne cessèrent pas d’être révérées et suivies, quoique le caractère des monarques tendît à s’amollir et dégénérât. Cette dégradation portait atteinte au respect des peuples, d’abord au détriment de quelques princes, ensuite au détriment de la dynastie; cela suffisait à détruire le dévouement, et je dirais presque la religion des sujets envers l’autorité suprême. On verra les tristes conséquences d’une telle atteinte à l’affection du peuple pour ses souverains.
- La nation chinoise, dès les temps les plus reculés, a senti l’importance de constater par des recensements gC' néraux le nombre des habitants. L’organisation administrative est parfaitement propre à rendre facile et sûre l’opération des dénombrements. Il y a, par chaque centaine de familles, un centenier qui constate le nombre des habitants confiés à sa surveillance habituelle. Sur la porte de chaque maison, l’on suspend un écriteau pre' sentant le nombre et l’âge de chacune des personnes qul l’habitent; le simple relevé de ces écriteaux, même sans visite domiciliaire, suffirait au recensement.
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- Dans les résultats publiés à diverses époques on a donné tantôt le nombre des familles çt tantôt celui des
- habitants.
- Des écrivains superficiels ont souvent confondu les Nombres indiquant les familles avec les nombres indiquant les individus : de là sont résultées de gravées erreurs. Nous avons eu soin de nous en préserver.
- Nous extrayons les données suivantes d’un tableau beaucoup plus étendu qu’on doit à l’érudition de M. Pau-tbier1; nous nous sommes permis seulement d’y faire une
- egere correction et deux additions.
- RECENSEMENTS IMPORTANTS DE L’EMPIRE DE LA CHINE.
- années. EMPEREURS. DYNASTIES. FAMILLES CONTRIBUABLES.
- AVANT NOTRE ERE.
- HABITANTS.
- 2250... Chun-yu 1 Hia 13,553,923
- 1100... Tchinp-wano- 1 13,704,923
- DEPUIS NOTRE ERE.
- 2... Hiao-ping-ti _ ... Han 12,233,060 59,594,970
- 1290... Koubilaï-khan. 1 ...... . Mongole 13,196,206 58,834,711
- 1580... Chin-tsoung. 10,621,900 60,692 856
- 1652. Chun-tchi. . . Les Mandchou! :
- Taï-tsing 14,883,858 74,419,290
- 1683.
- 1711... K.hanjr-hi. - . Idem.. . 19,432,750 97,163,765
- Khang-hi. - 20,111,380 100,556,900
- 1792... Khien-Ioung-,, 307,467,200
- 1812. Xia-king.... m™ 367,659,596
- l852à60 Hien-foun^ .. Idem * 530,595,887
- 1 Chine moderne, p. 19°' 1NTRODD CTION • Ul-
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- Nous insisterons peu sur l’intervalle qui s’écoule entre les deux premiers recensements rapportés dans le tableau qui précède ; il ne faudrait pas qu’on leur reprochât l’ii»' mobilité presque complète ou du moins le retour au même terme de la population, après un intervalle de 1 i 5o ans. J’aurai plps tard occasion de faire observer un semblable retour après plus de quinze siècles, au sujet d’une population incomparablement plus considérable : celle des contrées dont se composait l’empire Romain au ternps de sa plus grande splendeur, et des mêmes contrées prises ensemble au commencement de notre siècle.
- Comparons, pour l’année 1100 avant notre ère, la population de la Chine avec l’étendue de son territoire-
- Densité de la population chinoise, dans l’année 1100 avant ,/. C
- Population.................. 18,704,923 habitants.
- Superficie.................. 336,196,154 hectares.
- Population pour mille hectares. 4i habitants.
- On ne doit pas être étonné de voir, dans cette haut6 antiquité, un peuple compter déjà i4 millions d’honnP^ obéissant à la même loi. Contentons-nous de faire server combien ce peuple restait éloigné des limites atteintes de nos jours d’autres nations, en -des contre®8 dont le sol et le climat n’ont rien qui les favorise cxtraor^1 nairement.
- Aujourd’hui, par mille hectares, la France nouD 687 personnes, c’est-à-dire 17 fois autant qu’en n0lllIJ(, sait il y a trente siècles un .des pays les plus féconds l’Orient, un pays situé dans la partie de la zone teIïl pérée la plus favorable à l’abondance des fruits de la t?rie
- Nous’ avons cité le recensement de la Chine opère p°u
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- ta seconde année de notre ère : époque importante, parce 5U e^le coïncide avec la plus grande prospérité de l’empire °niain et la plus belle époque du siècle d’Auguste.
- Densité de la population chinoise, Van 2e de notre ère.
- Population..................... 59,594,970 habitants.
- uperficie................ 336,196,154 hectares.
- Population pour mille hectares. 177 habitants.
- ïtarts la période antique des onze derniers siècles avant *j°tre ere, la Chine avait eu le ^onheur d’être exempte grandes invasions, sans s’épuiser elle-même au dehors
- 1 7 r
- ^ ctes guerres insensées : aussi voyons-nous que sa popu-1(?n» ^ans cet intervalle, a plus que quadruplé, fût 1 ^ °n suPPosa^ <Iue chaque année l’accroissement se conserve suivant la même progression régulière, il > . ait suff* que, tous les ans, chaque million d’habitants ugnientât de 1,2 45 personnes : accroissement presque
- Sensible
- pour les contemporains. Nous présenterons
- es^e P^us facile à saisir, en disant qu’un tel progrès
- certt^18^ lors<îue’ Par génération de vingt-quatre ans, tr . lndividus qui disparaissent sont remplacés par cent * nouveaux individus.
- cy 'accroissement nous semble d’autant plus lape ^ concevoir qu’à cette époque la Chine, quoique son ter * 6 eUt ^n^ruplé, était encore, à proportion de son dh <fUa'*:re fois moins peuplée que ne l’est aujour-
- 1a France.
- 1^US a^ons trouver un triste résultat si nous passons Wüla~e année de notre ère à l’an 1290, lorsque le éclat^ eiïlPereur Koubilaï cherchait à réparer avec tant ^ maox auxquels avait mis le comble l’invasion une par Gengis-khan son ancêtre.
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- Nous ne trouvons plus alors un accroissement, mais une triste diminution dans le nombre des habitants; il ne faut pas que nous en soyons surpris.
- C’est pendant les treize siècles écoulés ici qu’outre les exterminations opérées par les Mongols avant d’arriver à la conquête, des révolutions intérieures se sont manifestées par quinze changements de dynasties et quinze séries correspondantes de perturbations, de violences et de crimes.
- Nous arrivons à la dynastie chinoise des Ming; c’est elle qui chasse les Tartares Mongols et qui se maintient sur le trône depuis le xive siècle jusqu’au xvne siècle. L’accroissement de la population, quoique peu rapide encore, nous donnera l’idée du sort moins malheureux qu’éprouvaient alors les Chinois, sous les auspices d’une maison qul flattait le sentiment national. Aussi verrons-nous les conspirateurs des temps modernes évoquer sans cesse les souvenirs de cette époque, dans le dessein, plus ou moins supposé patriotique, de renverser et de chasser une seconde fois les Tartares.
- Densité de la population huit ans après l’extinction de la dynastie des Ming j en 1652.
- Population.................... 81,861,219 habitants h
- Superficie.................... 336,196,154 hectares.
- Population pour mille hectares. 243 habitants.
- Chose remarquable! au moment où périssait la dynast^ des Ming et lorsque Louis XIV commençait à régner,
- 1 Pour ne pas trop favoriser la dynastie mandchoue, comme elle ava encore à conquérir quelques parties les moins peuplées de la Chine, j 31 c devoir augmenter d’un dixième la population donnée par le recense#1 de i652. '
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- densité de la population était presque identique dans ia France et dans la Chine. Nous verrons, à partir de cette ePoque, combien grande est la différence d’accroissement chez les deux, nations.
- Commençons par mesurer le progrès annuel de la population du Céleste Empire sous la dynastie des Ming.
- Progrès de la population sous la dynastie chinoise des Ming,
- Par million d’habitants, 913 personnes chaque année;
- Par génération, 100 personnes produisent 102 personnes.
- ^ Cet accroissement moyen annuel sous la dynastie des lng,égal à 913 habitants par million d’hommes, n’est Pas la quatorzième partie de l’accroissement qu’éprouve aUjourdhui la population britannique, malgré la grande °odensation de celle-ci.
- Nous allons voir maintenant se déployer devant nous Un t x j
- °ut autre spectacle.
- Pagres de la population chinoise sous la dynastie tartare-mÆichoue . la dynastie actuelle des Tai-tsing.
- Pou de temps après ié52 monte sur le trône un des plus grands souverains qu’ait eus la Chine : c’est Khang-hi. ^°us avons vu qu’en peu de temps il achève de la con-^uérir et d’en apaiser les derniers troubles. Il attaque et subjugue jes qiarjares Mongols; il s’avance avec rapidité Süf le grand plateau de l’Asie, qu’il soumet à ses lois jus-^Uau revers oriental des monts Himâlayas. Cette perpé-de succès procure à ses Etats une paix inteiieuie ^i répand ses bienfaits, sans interruption, depuis la dei-niere moitié du xvne siècle jusqu’à la fin du xvuf.
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- En 1683, on opère un nouveau recensement qui dénombre dans la Chine proprement dite, empire du Milieu, 97,163,765 habitants. A cette époque, aucun état occidental ne possédait, en Europe, 18 millions d’habitants agglomérés. On peut douter qu’alors l’Europe entière égalât en population le seul empire de la Chine.
- Densité de la population chinoise en 1683,
- Population...................... 97,163,765 habitants..
- Superficie..................... 336,196,154 hectares.
- Population pour mille hectares. ‘ 289 habitants.
- Embrassons d’un regard le xviii® siècle. Aux soixante ans du grand règne de Khang-hi succède un-règne intermédiaire marqué par treize ans d’un bon et paisible g°u' vernement; puis de nouveau soixante années d’un autre grand règne, signalées par la même gloire militaire a*1 dehors, le même amour des sujets, la même paix inte' rieure et les mêmes prospérités : cette dernière période finit âhilement en 1796.
- En 1793 a lieu la célèbre ambassade de lord Macai* ney, sans résultat mercantile, mais qui rapporte de la Chine des notions moins erronées qu’on n’en avait eü jusqu’alors sur la population de cet empire. On était i0111 cependant de connaître le véritable peuplement qui c°l respondait à cette époque, et dont voici l’expression :
- Densité réelle de la population chinoise en 1192.
- Population................ 307,467,200 habitants-
- Superficie................ 336,196,154 hectares.
- Population pour mille hectares. 917 habitants'
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- Avant d’aller plus loin, commençons par comparer le P1 ogres annuel de la population chinoise pendant l’âge ^ °r de la dynastie mandchoue et pendant le règne des
- Ming.
- dynasties comparées des Chinois Ming et des Tartares Mandchouæ. -— Accroissement moyen annuel de la population par million d’habitants :
- i° Dynastie des Ming............. gi3 personnes.
- 2° Dynastie mandchoue, xvme siècle. 10,215
- Gravons bien ce grand résultat dans notre esprit : Pendant l’âge d’or des Mandchouæ lapopulation s’est accrue chaque année dix fois plus vite que sous la dynastie des Ming, cette énorme supériorité de progrès annuel avait lieu pour Uïle P°palation qui se trouve à la fin quatre fois plus condensée r/Ue s°us les Ming.
- Vers la fin du dernier siècle, la Chine était devenue, j^ns exception, la contrée de la terre où lapopulation s’était e plus multipliée. Comparativement avec l’étendue de territoire, elle nourrissait un plus grand nombre aoitants que d’autres pays très-fertiles et très-avancés ^ clvüisation ainsi qu’en richesse plus que les contrées, e peu détendue, bornées à des plaines admirablement ®rtiles et les mieux cultivées du monde ; plus que l’An-8 cterre, plds que la Belgique, plus que la Lombardie, la euetië, le royaume de Naples et la Sicile.
- n économiste de premier ordre fut, pour ainsi dire, aPpe d’épouvante au récit d’un peuplement si prodigieux, |juoiquil n’en connût pas toute fétendue; peuplement ^cnt il ignorait les causes et les ressources. C’est à la °1Ile que le célèbre Malthus alla surtout chercher des
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- arguments, afin de montrer les périls et les malheurs qui, selon ses terreurs, suivent fatalement de tels progrès. Il lui semblait que l’étonnante et vaste contrée était incapable de nourrir ses habitants et quelle était incapable, à plus forte raison, d’en nourrir un nombre supérieur. Il lui semblait, dis-je, que cette contrée était parvenue à ce’ développement excessif de population qui devient un fléau pour l’humanité, qui rend les misères infinies et qui multiplie les crimes les plus révoltants.
- Etait-il sensé, vers la fin duxvui' siècle, de considérer comme excessive la population de la Chine ?
- Nous avons vu, page 1 34, que, d’après le cens de 1 792, la Chine avait à nourrir 9 1 7 habitants par mille hectares : c’était beaucoup sans doute; mais nous savons aujourd’hui que depuis plusieurs années l’Angleterre, la Belgique, la Lombardie et la Vénétie nourrissent par hectare un plus grand nombre d’habitants.
- L’expérience la plus éclatante devait démontrer que la Chine, loin d’avoir outre-passé les bornes supposées possibles, devait s’avancer beaucoup au delà; elle va nourrir, sur une même superficie, un nombre d’individus bien plus considérable.
- Nouveaux progrès de la population chinoise.
- Dès 1816, au retour de la paix générale, les Anglais essayèrent de renouer avec la Chine des relations diplomatiques, tristement échouées en 1792. Leur puissance avait fait d’immenses progrès en Orient. La moitié de l’Indoustan était déjà soumise à leur pouvoir absolu» le descendant, l’héritier de Tamcrlan n’était plus que 1clU
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- pensionnaire, et l’empereur qu’on appelait par excellence le Grand Mogol était en réalité leur prisonnier, dégradé dans le palais de ses ancêtres. On envoya lord Amherst en ambassade solennelle auprès de l’empereur d’une autre l’ace tartare. Admis avec de grands honneurs dans la ville de Tien-tsin, où dernièrement lord Elgin et le baron Gros °nt dicté la loi, lord Amherst refusa de rendre devant Une image du souverain le même hommage de salutations et de prosternements que l’empereur rendait en personne à sa propre mère; il prétendit ne résoudre qu’à Pékin des difficultés de cet ordre. Alors il apprit à connaître ce ministère des cérémonies et des rites dont nous avons signalé Ie palais et les fonctions : voyez pages 63 à 67. Il sut qu aucun grand, aucun roi même, ne peut penetrer plus loin qUe la porte de la Pureté céleste, avant d’avoir, dans ta cour des Hommages, accompli ces révérences et ces Prosternements qui depuis quarante siècles sont consa-cres par les mœurs et par les lois.
- Lord Amherst ne tira pas même de son ambassade le parti qu’il en aurait dû tirer, en rapportant les résultats du recensement général de 1812, l’un des plus impor-tants qu’on eût encore publiés. En adoptant une opinion erronée de M. Ellis, il croyait la population de la Chine beaucoup moins considérable que ne l’indiquait le recensement de 1792; il la croyait seulement de 1/12 millions dhabitants, lorsqu’elle était plus que doublée.
- Le savant docteur Morrison, dans son ouvrage inti-ffile View of China, qui parut en 1817, fit connaître à Europe le recensement*vrai de 1812.
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- FORCE PRODUCTIVE
- Recensement de 1812 et densité correspondante de la population.
- Population................ 367,659,596 habitants.
- Superficie................ 336,196,154 hectares.
- Population pour mille hectares. 1,093 habitants.
- Si l’on compare les dénombrements de 1792 et de
- I 81 2 , on reconnaît que dans le seul espace de vingt ans, qui n’égaie pas même la courte durée d’une génération, le peuple chinois s’est augmenté naturellement, et sans conquêtes, de soixante millions d'habitants.
- Le recensement de 1 81 2 ne comprend pas la population mandchoue de la capitale; en l’y comprenant, il devrai! dépasser 368 millions d’habitants.
- L’accroissement annuel est ralenti d’un cinquième en le comparant à celui du xviii® siècle, que j’ai déjà nonime l’âge d’or de la dynastie tartare-mandchoue.
- On n’en reste pas moins frappé d’étonnement à la vue d’un empire où le peuplement pacifique et naturel se ralentit sensiblement lorsqu’il n’offre qu’un accroissement de soixante millions d'âmes en vingt années seulement.
- Un dernier résultat, communiqué, dit-on, par la mis-sion russe qui réside à Pékin, paraîtra bien plus mef' veilleux : en i852, un dernier recensement donnerait 53o,5g5,88y habitants pour la Chine proprement dite.
- Cette date est donnée par M. Pauthier dans l’introduction dont il a fait précéder la traduction française duo ouvrage plein d’intérêt intitulé la Vie réelle de la Chine’ par le révérend M. Milne ; cependant le même recen sement se trouve publié par M. F. E. Forbes en i8â8-
- II faut donc que le recensement soit un peu antérieur-Néanmoins, admettons l’époque de 1862 : si nous coU1 parons l’accroissement moyen régulier entre le dénombre
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- “îent de 1812 et celui que nous venons de rapporter, nous trouverons :
- Accroissement comparé de trois nations, par million d habitants.
- Habitants.
- i° Peuple chinois de 1812 à i85a................ 9,213
- Peuple chinois au xvme siècle............... 10,215
- 20 Peuple britannique au xixe siècle............ 1^>779
- " ' - " " • • « •' l _Q
- 3° Peuple des États-Unis au xixe siècle .1. 28,113
- Ces rapprochements suffisent pour montrer que le der-nier dénombrement chinois dont nous faisons ici men-k°n, en le supposant daté de i852 , n’aurait rien en lui-n^erne qui se refusât à la croyance d’un esprit judicieux.
- Pour qu’on ne puisse pas nous accuser d’admettre un accroissement actuel trop accéléré dans la population de '-nine, hous avons supposé que le dernier recense-^ot, dont i’époque n’est pas constatée pour nous avec pré-^Sl0n> soit fictivement reculé jusqu’à la fin de l’année 1860. aiîscette hypothèse, l’accroissement annuel entre 1812 00 o serait seulement égal à 7,682 personnes par million ^oividus, et, comme on le voit, de beaucoup inférieur accroissement calculé pour le xvme siècle. Nous allons ^outrer ce qui justifie la modération d’une pareille hypothèse.
- Nous avons pris pour base le recensement de 1812, aU sujet duquel aucune objection n’est élevée1. Nous avons supposé qu’à partir de cette époque l’accroissement
- T°ute personne qui lira la traduction du chapitre des Grands statuts ^'emP^re de la Chine, concernant le dénombrement de la le ^it at*°D cbjn°ise fait en 1812, et publiée par M. Pauthier, en 184 j , sous Vainci^ ^0CUments slatisiujues officiels sur l’empire de la Chine, restera con-
- . e<IQe ce dénombrement, opéré par les procédés les plus judicieux, p^en*nsP,rer moins autant de confiance que nos recensements euro-
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- annuel fût simplement égal à la valeur ralentie que nous avons trouvée de 1792 à 1812, et qui s’élève à 8,980 personnes par million d’habitants.
- Nous nous sommes demandé combien il faudrait d’années, avec cet accroissement minimum, pour que la population de 1812 produisît 530,595,887 âmes.
- Nous avons trouvé qu’il faudrait quarante et un ans, lesquels ajoutés au chiffre de .1812 conduisent à l’époque de 1853 : sept ans plus tôt que je ne l’ai supposé. Il convient d’attendre des renseignements ultérieurs, afin de lever tous les doutes qu’il serait possible de concevoir sur le chiffre auquel on doit porter maintenant la population chinoise.
- D’après les calculs qui précèdent et les considérations sur lesquelles ils s’appuient, nous voyons qu’on peut sans exagération évaluer comme il suit la densité actuelle de la population chinoise. #
- Densité la plus considérable qu'ait atteinte la population chinoise.
- Population attribuée à 1860. . . 530,595,887 habitants.
- Superficie de la Chine...... 336,196,154 hectares.
- Population pour mille hectares. 1,578 habitants.
- Aucune grande nution n 'est parvenue à faire vivre une quantité d’hommes aussi considérable, proportion gardée avec l’étendue de son territoire.
- Ce magnifique résultat, obtenu par des progrès continus depuis deux siècles, est devenu possible : d’un côté, pa1 les soins merveilleux apportés à l’agriculture; de l’autre, par la paix intérieure, qui n’a pas cessé de régner dans l’empire depuis la dernière moitié du xvii® siècle jusqua la première du xi.\e.
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- Résumons les progrès de la population chinoise depuis huitième année du règne des Tartares Mandchoux jusqu’à Ce jour.
- • Progrès par million d’habitants de la Chine, oa 208 ans de domination tartare.
- Années. Population.
- l86o..................................... 530,595,887
- 1652..................................... 81,861,219
- Ainsi donc, en deux siècles et huit ans, la multiplication de l’espèce humaine a changé chaque million d habitants du Céleste Empire en 6,481,731 âmes.
- Je me propose de montrer l’immense mérite qua de-veloppé le Gouvernement chino - mandchou pour avoir rendu possible un résultat si prodigieux.
- Travaux de la nation chinoise : agriculture.
- Nous venons de voir comment la force directrice et ^aditaire appartient à la nation tartare, et nous avons Contre quel noble usage les Mandchoux en ont fait jus-à des temps rapprochés de notre époque.
- Nous allons maintenant étudier la part de la nation c tnoise dans l’empire du Milieu. Tous les arts forment s°n domaine; mais elle triomphe surtout par l’agriculture.
- Caractère et puissance de l’agriculteur chinois.
- j, TU1 me paraît remarquable au plus haut degré dans ^griculture chinoise, c’est l’homme; cest l’agriculteur ln°is! cest son activité, c’est sa force d’âme, c’est la
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- sérénité vaillante de son caractère, qui le rendent capable à la fois de tout exécuter et de tout endurer. Hommes, femmes, vieillards, enfants, tous se partagent le labeur, tous le courage, tous le contentement et tous la belle humeur.
- Leur condition est supérieure à celle des agriculteurs étrangers parmi les autres peuples de l’Asie et des trois quarts de l’Europe. En Chine, toutes les familles qui possèdent la terre ont le bonheur d’être égales entre elles et tiennent dans l’État un rang honorable. On ne serait pas compris dans l’empire du Milieu si l’on disait qu’il est des contrées d’Occident où les cultivateurs de la campagne habitée, de la villa, du village, ont formé longtemps la classe infime, la classe abjecte des vilains; classç dédaignée, humiliée, opprimée par des classes supérieures. A la Chine, chaque année, l’empereur ennoblit la charrue.
- L’agriculteur est relevé, dans l’ordre social, par sa profession même, et l’État ne renferme pas de castes privilégiées par la naissance ou les artifices sociaux qui Ie puissent humilier et dégrader. L’égalité des charges foncières, pour égale valeur des terres, est la loi qui règne sur toute l’étendue du grand empire. Les plus petits hameaux possèdent leur école populaire, où tout enfant est accueilli. La moindre famille de paysans a la faculté d’élever ses fds dans les études qui conduisent à tout, même à gouverner ko millions d’hommes en qualité de vice-roi-Quand viennent les examens, le fds du plus humble laboureur, s’il est le mieux instruit, passe avant le fils de l’homme qui nage dans l’opulence. Si le droit du faible et du pauvre n’est pas respecté, c’est qu’on a violé la loi de Confucius; et quand les violations deviennent communes, c’est que l’Etat dégénère et qu’on oublie les saintes maximes. Alors commencent les révolutions, qui renversent d’abord les
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- gouvernements provinciaux; si les leçons isolées ne suffisent pas, l’exaspération générale finit par exterminer les dynasties. Depuis la mort de Confucius, en vingt-deux siècles seulement, de compte fait, vingt maisons régnantes ont été renversées; et déjà la vingt et unième chancelle sur sa base, parce quelle oublie son passé.
- Les droits personnels de Vagriculteur et deHout le peuple chinois.
- ^es écrivains ma] informés, et cependant des plus dlustres, par exemple l’auteur de Y Esprit des lois, nous °rit représenté l’Asie entière, et par conséquent aussi Empire du Milieu, comme ne connaissant pas d’autre ^°i qu’un despotisme sans bornes. Le Chinois possède, au contraire, la vraie liberté; la liberté qui le fait disposer à son gré de sa propre personne ; la liberté de c°nimander seul à sa famille; de choisir sans restriction SOn état, et de ne rien payer pour l’exercer; de choisii entre toutes les cultures de la terre pour les pratiquer Sans entrave, et d’y joindre au besoin toute industrie supplémentaire; de vendre soi-même ses produits, et de s vendre sur quelque marché que ce soit. Le même l0mme possède la liberté d’aller et de venir dans l’immen-S1te de l’empire, sans la moindre formalité, sans aucun u stacle légal ; d’habiter les Villes et de les quitter sans avoir esoin daucune autorisation; d’être à son gré, tour à tour °u simultanément, laboureur, artiste ou lettré. Enfin, il à Adroit d’exprimer sa pensée, de l’imprimer sans permis Préalable, et même de la placarder au milieu des cités. ^°uà les libertés complètes de ce peuple d’Asie, grandi, unifie, depuis des siècles, par une autre force morale: 1 egalité devant la loi.
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- Par quels moyens ces droits sont compatibles avec la conservation d’un même état social.
- Ici se présente à nous une grande question : Comment toutes ces libertés et cette immense égalité, qui chez nos peuples modernes, en Occident, ne peuvent pas être données si largement sans renverser les donateurs, quels qu’ils soient; comment cette munificence sociale a-t-elle été répandue sans danger par des conquérants sur tout un peuple vaincu? Quel contre-poids, quel modérateur a retenu deux cents ans ces centaines de millions d’hommes dans la conciliation, partout ailleurs sans exemple, de si grands droits populaires avec l’obéissance aux lois et la paix de la cité?... Des mœurs impérissables se sont employées pour faire vivre les lois ; elles ont agi par le secours d’un sentiment profond, suprême, imprimé dès le jeune âge aux cœurs de tout un peuple. C’est le sentiment du respect et de la vénération : pour le père, ce monarque de la famille vivante; pour les aïeux, ces souverains des souvenirs; pour le père universel de la patrie, pour Tem-pereur, pontife suprême du Souverain maître du ciel. Le Chinois respecte ses lois séculaires, comme les ancêtres de la volonté générale. Pour le temps présent, il n’a pas besoin seulement de révérer le chef de l’État, il a besoin de l’aimer. Aussi, quand le souverain n’est pas dégénéré de ses devanciers, quand leur vertu brille en lui, tout son empire est fondé sur l’amour fdial, pareil à celui que six générations consécutives portèrent à Khang-hi, à Khien-loung, deux patriarches sur le trône... Il manquait un dernier éloge à tous ceux que répand sur Confucius le simple récit de sa vie : ses leçons, de plus en plus gravées dans le cœur des générations, ont rendu sa nation plus propre
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- à recevoir, à garder deux trésors qu’on croyait impossibles en Asie : runiversalité des libertés individuelles et la complété égalité sociale. Ces biens, à leur tour, ont réagi sur toutes les œuvres de l’homme, la fécondité de sa race et la grandeur nationale.
- Par le plus frappant des contrastes, on a vu dans yccident un peuple illustre et grandi depuis quatorze aiecles briser tout à coup avec son passé, pour conquérir, d titre de droit, ce qu’il appelait sa liberté souveraine, supprimer la vénération et l’autorité du père, des aïeux, ^ u monarque et meme de Dieu; appeler au secours Esprit, l’éloquence, le génie, l’héroïsme, la gloire et la erreur ; les employer à bâtir des ruines avec des ruines; essayer tour à tour d’imposer la force par les masses, Par quelques-uns, par un seul; immoler deux millions hommes à la recherche ou du bonheur ou de la renom -11166 ’ eC n’obtenant jamais ensemble la liberté sans bornes et légalité sans réserve, changer d’état social et de lois Ueuf fois dans jes deux tiers d’un siècle !
- Revenons au peuple stable dans ses institutions et dans Ses mœurs, à qui nous prétendons enseigner ce progrès Vacillant de la cité que nous nommons par excellence ïl°tre civilisation.
- Grand, résultat séculaire.
- Nous comprenons maintenant le résultat presque in-6r°yable de la persévérance laborieuse sur la multiplica-suff k°mmes au sein du Céleste Empire. Peu de mots ^ 11 °nt pour exprimer la plus belle des conquêtes : A force ^6 constance et de paix, deux centièmes seule-^ des terres du globe sont fécondés si puissamment gu ils J) sent à nourrir aujourd’hui deux cinquièmes du genre
- cntrodcction.
- III.
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- humain! Une même race est par le courage, et moral et civil, plus forte que les climats; défrichant les forêts de la Mandchourie, aux confins de la Russie du nord; travaillant avec encore plus d’énergie sous le soleil tropical du Fo-kien et de Canton, par la latitude de la haute Égypte et de l’Éthiopie : cette race prodigieuse, la voilà' Tant que les lois régnent en Chine, ce n’est pas le campagnard qui 's’agite de désespoir et qui voudrait, comme les colons de Virgile expulsés par des soldats, quitter en pleurant ses guérets pour aller jouir du plus consolant des spectacles, pour aller chercher dans la cap*-taie du monde la liberté qui nourrit, l'aima lihertas!
- Quel prix mériterait l’agriculteur chinois si l’homme était récornpMlse dans un concours universel?
- A présent que nous avons le secret des forces du cultivateur chinois, passons en revue ses travaux. Voyou5 comment il a résolu ce problème, le premier de tous aux yeux des hommes d’Etat : nourrir, sur un territoire d’e" tendue donnée, plus detres heureux que ne l’a jamais fait aucune autre race dans aucune autre contrée?
- C'est le premier prix de l’industrie agricole, dans le concours universel, gae nous allons décerner à la nation chinoise, quoi' quà l'Exposition universelle de 1851 le Jury de Londres lud à peine jugée digne d’un accessit et de mentions honorables.
- Inégalité principale entre les régions supérieures et les régions inférieures de la Chine.
- 11 ne faut pas croire que dans tout le Céleste Empue la nature du sol ait également favorisé le cultivateur’
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- elle présente, au contraire, d’excessives différences, qu’il Pst important de bien apprécier.
- Des dix-huit provinces de la Chine, neuf appartiennent aux pays montagneux; elles forment un demi-cercle au uord, a l’est, au sud. C’est la partie la moins fertile-, celle 0ù les obstacles naturels sont le plus multipliés; celle dont l’agriculture est la moins avancée, celle où la population s’est aussi le moins multipliée : on dirait l’Europe, s°us ce dernier point de vue.
- TERRITOIRE et population des neuf provinces MONTÜEUSF.S OU DES HAUTES TERRES.
- SUPERFICIE . POPULATION
- PROVINCES. en — — '
- _ HECTÀBES. en 1812. EN 1860 ?
- Ctan-si.. i/i qi/i son i/« nn/i 9i a 9A 1 AA A79
- P^en-si.., » 17 /iNN RIO IA 9A7 9*A l/i AOR /i/iA
- Kan-sou. 99 4 R9 raa 15 ÎOR 125 91 |0(1
- Sse-tchouan 4.H 140,440 91 4.RN A7R RA RA7 R7A
- K°ueï-tcheou. IA 744 AQO A 98J* 91Q 7 Al A A9N
- Ynn-nan. 97 0A9 ORA K KAl HOA r nna raa
- Kouang-8i.. . . 9q 265 °10 UjUUl £\J 7 qih fio* 1 0 A84 49Q
- K°uang-toun[t.... 20 57R 270 1 o 174 ara 27,610,128 99 r>oo 4A0
- Po-kien,. 1 9 QPkA TUA i h nnn /iin
- IOjODU, /DU 14) / / /y4iU
- Totaüx 196,805,030 112,955,143 164,127,928
- Les neuf provinces des basses terres comprennent les Parties centrales et celles qui bordent 1 Océan , depuis les confins de la Tartarie mandchoue, du côté du nord, jusqu a la province méridionale du Fo-kien exclusivement.
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- FORGE PRODUCTIVE
- TERRITOIRE Et POPULATION DES NEUF PROVINCES DES BASSES TERRES.
- SUPERFICIE POPULATION
- PROVINCES. en
- HECTARES. EN 1812. EN 1860?
- 15,267,170 27,990,871 40,000,000
- Chan-toung 16,861,250 28,958,764 41,700,621
- Kiang-sou 11,525,030 37,843,501 54,494,641
- Ngan-hoeï. 12,550,890 34,168,059 49,201,992
- Kiang-si 18,692,820 30,426,998 43,814,866
- Tche-kiang 10,139,440 26,256,784 37,809,765
- Hou-pé.. 18,245,210 27,370,098 39,412,940
- Hou-nan 19,248,100 18,652,207 26,859,608
- Ho-nan ' 16,861,210 23,037,171 33,173,526
- Provinces des basses ierres 139,391,120 254,704,453 366,467,959
- Provinces des hautes terres 196,805,030 112,955,143 164,127,928
- La Chine entière 336,196,150 367,659,596 530,595,887
- Le tableau qui suit montre l’extrême inégalité qui ée trouve entre l’étendue du sol et le nombre des habitants: i° dans les basses terres; 2° dans les hautes terres. Nous avons calculé cette inégalité, d’abord pour la population certaine de 1812; ensuite pour celle qu’on peut regarder comme moins démontrée, et que nous reculons jusqu à i 86c, afin d’éloigner le plus possible toute idée d’exagé' ration.
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- ‘ EN 1812. 1 EN 1860. I
- LA HAUTE
- s cl SUPERFICIE POPULATION SUPERFICIE POPULATION
- LA BASSE CHIEE. par par par par
- mille habitants mille hectares. mille habitants mille hectares.
- Provinces des Lasses terres.. Provinces des hautes terres.. P* Chine entière bect. ares. 536 22 1,745 42 932 63 habitants. 1,822 574 1,072 bect, ares. 380 37 1,199 09 633 56 habitants. 2,629 834 1,578
- —
- Hâtons-nous maintenant d’examiner les moyens d’ali-ttientation que la nation chinoise a su se procurer par SOn lndustrie, et qu’un gouvernement aussi bienveillant <îu ^tairé a si puissamment favorisés depuis deux siècles.
- ALIMENTATION DE L’HOMME.
- Iw SECTION.
- Alimentation tirée des animaux.
- Les grands quadrupèdes.
- Hans les parties basses de la Chine, comme 1 espace est infiniment précieux, on n’en réserve quune partie presque imperceptible pour nourrir un petit nombre de chevaux, de buffles, de bœufs, de vaches et de betes à laine ; ^ faut remonter au loin les grands fleuves, il faut s approcher des pays tartares et tibétains pour trouver les Pays consacrés aux professions pastorales.
- Au temps de Marco Polo, la population était
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- disséminée pour que le lion trouvât de vastes espaces à parcourir sans être atteint, même au milieu des basses terres. Aujourd’hui, dans les plus grandes plaines, ce n’est pas le lion seulement qui ne saurait subsister, on ne peut pas même y nourrir le mouton; on ne cultive aucune prairie, et l’on ne laisse pas le sol oisif à l’état de simple pacage ou de parcours municipal.
- En Chine, où les troupeaux sont inconnus, les habitants ne consomment ni beurre, ni lait, ni fromage.
- Dans certains cas de maladie ou d’épuisement, lorsqu’on a besoin de lait comme régime ou comme médicament, on achète du lait de femme; on le paye à tant la mesure, ainsi que nous payons le lait de chèvre ou d’ânesse.
- Les religions de l’empire du Milieu n’apportent aucun obstacle à la consommation du porc. Cet animal, qui s engraisse des débris, des rebuts de tout ce qui nourrit l’homme, pullule à la Chine; il est pour le peuple une ressource importante.
- On doit sans doute faire une exception à l’égard des mahométans ; mais ces individus, d’une race étranger6 éparse dans quelques provinces, ne constituent qu’une partie presque inappréciable de la population.
- L’alimentation que l’homme a besoin d’emprunter au genre animal est fournie surtout par les poissons, par ^eS volatiles, et par une foule de ressources accessoires q111 pour nous seraient répugnantes : les chiens, les chats, leS rats, les lézards, les couleuvres, etc.
- Pisciculture.
- La pisciculture, cette brillante invasion d’une scicnc6 toute moderne en Europe, est antique et vulgaire è la Chine; elle n’en est pas moins ingénieuse.
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- Des colporteurs de frai mêlé de vase, tiré de la province de Canton, le renferment dans des barils qu’ils chargent sur des brouettes; ensuite iis le transportent et le vendent aux propriétaires des étangs du Kiang-si. Le plus leger déboursé procure assez de frai poür empoissonner une grande étendue d’eau. On ne prend pas d’autre soin que de jeter ce frai dans l’eau sur les bords d’un vivier. Ou y jette aussi des herbes tendres, bien bâchées, avec une abondance qu’on proportionne à la force croissante du fretin. La rapidité de cette croissance est vraiment extraordinaire.
- Dans les autres provinces de la Ghine on emploie des Moyens analogues pour multiplier le poisson sur les lacs, dans les canaux et dans les rivières.
- La pêche.
- Les Chinois ne sont pas moins habiles à prendre les poissons qu’à les rendre abondants au sein de leurs eaux.
- Sur un développement de côtes qui surpasse mille heues d’étendue, la pêche maritime fait subsister, par centaines de mille, des familles dont elle est l’unique industrie. Les poissons, quelles ont l’art de bien saler, sont ensuite transportés dans l’intérieur de l’empire.
- Cette profession de la pêche maritime devrait être la meilleure école pour former une marine militaire intrépide; mais l’incurie, l’apathie du Gouvernement permettent qoe cette expérience et cette audace, au lieu de concourir a la défense de l’État, dégénèrent en piraterie.
- Nouveau genre de pêche fluviale.
- il suiht d’un bateau long, étroit et très-ras au-dessus
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- de l’eau, conduit à la pagaie par un seul homme assis à l’arrière. Sur le côté de bâbord s’élève verticalement un filet d’abordage à mailles fines; du côté de tribord s’étend, à quelques degrés de pente sous la flottaison, une toile fixée par sa lisière supérieure le long du plat-bord. Voici maintenant le spectacle qu’offrait cette pêche à l’observateur pendant la nuit et par un temps calme. Le batelier en s’inclinant vers tribord faisait pencher le bateau, et la toile blanche descendait obliquement sous l’eau, qui par son cours tendait à remonter sur le plan incliné de la surface immergée.
- C’était par un beau clair de lune; le pêcheur immobile gardait un profond silence. On eût dit que la toile blanche, et plongée dans l’eau, rendue visible par la douce clarté de l’astre des nuits, attirât et déçût les poissons. Us s’en approchaient comme d’un rocher blanchâtre, qu’ils voulaient dépasser. Pour le franchir, ils sautaient par-dessus et, s’élançant avec impétuosité, se précipitaient contre le filet invisible dressé sur le bord opposé. Le filet les repoussait et les faisait tomber au fond du bateau.
- Fauconnerie appliquée à la pêche.
- Les Chinois sont parvenus à dresser des oiseaux pêcheurs avec autant d’art que d’autres peuples dressent des faucons pour chasser des oiseaux.
- Us ont de grands établissements consacrés à l’éducation de ces oiseaux, empruntés à l’espèce des cormorans. Nous allons en décrire un qui se trouve entre les villes de Cbang-haï et de Gha-pou.
- A trois ans ils peuvent pondre. Leurs œufs sont couvés par des poules, et vingt-cinq jours de couvée suffisent. On dépose les petits poussins sur un lit de coton en laine,
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- chauffé par un tube d’eau chaude. Pendant cinq jours on les nourrit avec du sang d!anguille ; après ces cinq jours on leur donne de la chair d’anguille hachée très-menu. Pour empêcher tout accident, il faut surveiller leur croissance et leur nourriture avec une extrême attention.
- Ces oiseaux, quand ils sont dressés, coûtent de 3o a 4o francs la paire : prix considérable pour la Chine.
- de les élever, on les nourrit avec du menu poisson et de la gelée de plantes légumineuses.
- Les cormorans, une fois élevés et dresses, commencent a pecher en octobre pour finir en mai; ils se reposent en ete. On leur serre le cou avec un collier pour qu ils n ava-lent pas le poisson qu’ils capturent. Ils descendent sous ^eau depuis dix heures du matin jusqu à cinq heures du soir et travaillent fous les jours. Si la paresse les gagne, shs essayent de se reposer, les pêcheurs impitoyables les Punissent avec une longue gaule et les renvoient au fond do leau continuer leur travail.
- les moyens que nous venons d’exposer et par beau-c°up d’autres encore, on peut dire en résumé qu’aucune dation ne tire un aussi grand parti des eaux que les Chinois Pour nourrir l’homme.
- Alimentation fournie par les volatiles.
- A défaut de grands quadrupèdes, les volatiles domes-ffues sont un puissant moyen d’alimentation.
- Couvage artificiel.
- Chinois ne se contentent pas d’élever par le cou-be ordinaire les poules, les canards, les oies, etc.; ils
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- excellent à faire éclore les œufs par une chaleur artificielle. A cet égard, ils rivalisent avec les Égyptiens.
- Décrivons un atelier de couvage et des plus simples: c’est un modeste édifice quadrangulaire dont les murs, en pisé, supportent un toit ordinaire. Contre un des longs côtés l’on pose une rangée de paniers bien enduits de bouse terreuse, afin qu’ils ne prennent pas feu. Une large tuile forme le fond de chaque panier, et sous cette tuile agit le feu modéré d’un petit fourneau. Un couvercle en paille ferme exactement le panier, et le fermera tant que durera le couvage.
- Au milieu, suivant l’axe longitudinal de l’atelier, se trouvent de nombreuses étagères dressées les unes au-dessus des autres. On y posera les œufs dans un certain degré de l’opération. •
- On commence par poser les œufs au fond des paniers; pendant quatre à cinq jours, on les tient chauffés entre 35° et 4o° centigrades. On les inspecte alors; on se sert pour cela d’une porte percée de trous ronds un peu moins grands qu’il ne faudrait pour le passage des œufs. Le surveillant de la couvée introduit chaque œuf dans un àe ces trous et regarde au travers : telle est son expérience, qu’à la seule inspection son œil lui révèle s’il est ou n’est pas gâté. Les bons œufs sont repris sans retard et replaces dans les paniers, qu’on chauffe encore neuf à dix.jours. Ensuite on pose les œufs sur les larges planches étagees, sans les chauffer davantage; on les tient simplement cachés sous une couverture de coton pendant quatorze jours. Au bout de ce temps, les jeunes canards percent leurs coquilles.
- Chaque atelier de couvage est assez spacieux pour contenir plusieurs milliers d’œufs. On a pris d’avance des arrangements afin qu’en deux jours, à partir de l’éclosion, l°llS
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- *es petits volatiles soient livrés aux acquéreurs avec qui ion a traité d’avance.
- Nous terminons ici les explications que nous avions à Présenter pour faire comprendre comment les Chinois, race sobre et rangée, parviennent à produire en quantité suffisante la nourriture animale qui leur est indispensable.
- IIe SECTION.
- Alimentation tirée du règne végétal.
- Quoique dans le nord et dans les parties montagneuses °n cultive le millet, le froment et d’autres céréales, qu’on Y joigne le mais e#n se rapprochant du centre, la grande Production caractéristique est celle du riz : celle-ci mérite do fixer toute notre attention.
- Guitare des basses terres : le riz.
- La principale culture des basses terres est celle du riz; c est vraiment la culture qui produit des miracles d alimentation.
- Les meilleures terres basses, celles qui sont bien arro-sées et susceptibles d’une abondante végétation, donnent d ta Chine deux récoltes de riz. Dans chaque récolté le produits elève à 5o hectolitres par hectare. Voila donc, avec tas deux récoltes, i oo hectolitres par hectare. Quand même o°us n’admettrions qu’une seule récolte par annee, et ffiiand nous allouerions un sixième pour semences, il restait k2 hectolitres, qui suffiraient à l’alimentation d’au moins i3 habitants.
- Les terres médiocres donneraient encore la nourri-
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- ture nécessaire à 6 habitants pour i hectare ensemence
- de riz.
- Faut-il s’étonner maintenant si les provinces des basses terres nourrissent en moyenne aujourd’hui 5 habitants par 2 hectares, toutes cultures comprises!
- Du jugement porté par un agronome éminent sur la culture du riz par les Chinois.
- Certainement, à l’Exposition universelle de 1851, la charrue des Chinois n’eût obtenu que le dédain des grands constructeurs britanniques :^de ces inventeurs d’instruments aratoires si bien combinés, si bien ferrés, peints avec tant de recherche; de ces inventeurs d’instruments qui méritèrent à si juste titre quatre médailles de pre-mier ordre, décernées à l’exclusion de toutes les autres nations agricoles.
- Citons maintenant avec confiance le jugement réfléchi que le voyageur anglais le plus compétent, M. Fortune, porte sur la charrue chinoise. Il la trouve informe, grossière, petite, et tirée par un buffle ou seulement par un petit bœuf : voilà bien des désavantages.
- Cependant voici comment l’agronome’ britannique apprécie cette pauvre charrue. Elle répond, dit-il, beaucoup mieux à son objet que ne peut le faire la nôtre, trop pesante et trop peu maniable au gré des Chinois. Elle a surtout pour objet de remuer une terre couverte d’eau avant d’être sillonnée. Il ne s’agit que de retourner une couche boueuse d’environ deux décimètres d’épaisseur, étalée sur une base d’argile compacte, immuable, base sur laquelle s’appuient les pieds de l’homme et du buffle; icl le buffle, qui chérit l’eau, se trouve dans son élément. C’homme seul accomplit un travail désagréable et mal'
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- sain. Néanmoins ce laboureur, que vous êtes tenté de plaindre, il possède un courage supérieur à la souffrance, et’ bravant un climat presque torride, on le voit, au tra-Vaü, infatigable, satisfait et toujours joyeux.
- Ainsi le laboureur chinois possède la charrue la plus aPpropriée à sa culture principale. Elle est meilleure pour Ü1 que ne le seraient celles d’Angleterre les plus perfectionnées; et vous-même, ô savant agronome, la recon-naissez préférable. Il a la sagesse de s’en contenter! Que v°udriez-voüs qu’il fît de mieux, même après trois mille ans epreuve, que d’être satisfait d’une telle excellence?
- Le moyen qu’il emploie pour herser son champ hu-J^ide lui fait atteindre un résultat plus complet que celui e hriser des mottes trop compactes et trop grosses ; il les attaque, il les foule avec ses pieds et ceux du buffle, en s pétrissant, comme un boulanger pétrit la pâte sous j6s Pieds; il les puddle, c’est f anglais qui parle ainsi, il es Püddle jusqu’à rendre la surface de la terre uniforme douce. Connaissez-vous des hersages européens avec r parcimonie de force humaine, en connaissez-vous ff11* feraient plus et qui feraient mieux ?
- Si 1 Angleterre avait la bonne fortune de posséder, dans très-grande proportion, des basses terres quelle pût ^ SOïl gré couvrir d’eau, et s’il fallait qu’avec la plante Pleds de ses laboureurs et le sabot de seS bœufs elle Piétinât le sol entier, pourrait-elle suffire à ce labeur de Petite culture? Avec 5 millions d’hommes, y compris les rïlmes et les enfants, ne travaillant guère, pourrait-elle, Pai le menu, cultiver ainsi i5 millions d’hectares? Évitaient non.
- r<
- °ncevons bien cet avantage, qui serait un défaut se 1* ^ 6n ^ngleterre : pour le genre d’agriculture auquel 1Vre Ie Chinois, il faut un nombre prodigieux d’agri-
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- culteurs.. Voilà pourquoi ses récoltes surpassent toute idée que les Européens pourraient s’en faire par comparaison avec leur agronomie.
- L’agriculture chinoise nous fait comprendre, par sa nature même, l’accroissement incomparable de la population. C’est précisément ce que nous nous étions propose de comprendre et de rendre compréhensible.
- Ne nous contentons pas de ce premier aperçu -, poursuivons notre examen du travail intelligent et prodigieux que le Chinois consacre à sa culture du riz.
- De la science des engrais, possédée par le peuple chinois.
- On ne trouve guère de peuple qui connaisse aussi bien la science des engrais et l’art de se les procurer. Le Chinois va les chercher sous les eaux par le curage périodique de ses canaux, et sur les bords de la mer, comme nous sur nos côtes de Bretagne et de Normandie. Il met à profit» avec une avarice presque sordide, les plus vils résidus des matières organiques dont il peut s’emparer. Les habitants des deux Flandres, de la Belgique et de quelques lieux d’Italie ne connaissent pas mieux que lui l’avantage de recueillir tous les excréments humains. Il avait invente les vespasiennes longtemps avant que Vespasien ne fût né; il en établit partout, dans les rues, dans les places, dans les carrefours et sur le bord des chemins. Il fed servir comme engrais jusqu’aux débris de la chevelure humaine, et jusqu’à la barbe des têtes masculines, inexorablement rasées, tondues, suivant la mode et le précepte tartare.
- Les Chinois fument soigneusement leurs terres avec ces tourteaux oléagineux que nous avons la simplicité de vendre à l’étranger. Us tirent parti, comme les meilleurs
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- agriculteurs européens, des os d’animaux. Ils comprennent 1 Usage des stimulants tels que les coquillages, la chaux, les cendres, la suie, etc.
- En mêlant de la terre sèche et brûlée avec des détritus Vegetaux, ils forment un engrais très-estimé qu’ils emploient en diverses provinces. Tous les débris, animaux et Vegetaux, sont mis en tas, sur le bord des chemins; on les ttiele avec de la paille, des herbes coupées et des gazon-nages; on brûle le tout lentement pendant plusieurs jours, c°nune s’il s’agissait d une charbonnière. On produit de la s°rte un riche terreau noir, comparable au meilleur de 1108 jardins. On le destine à féconder diverses espèces de Semences, et voici comment on s’en sert :
- En premier planteur fait les trous avec un piquoir; un Sec°nd, qui suit, y verse la semence ; un troisième y jette Une poignée de terreau gras qui tientla terre humide et qui nourrit les premières racines : cette méthode est surtout excellente dans les terrains compactes et durs. Quand la plante a pris force dans ce milieu nourrissant et perméable, ®He peut pénétrer la terre la plus compacte et s’y former e puissantes racines.
- Application à la culture du riz.
- La culture du riz, à la Chine, est un modèle a tous egards. Nous pouvons citer d’abord l’application des entais , puis l’ensemble des pratiques.
- Ici l’agriculteur imite le jardinier. D’avance il a confie la semence de son riz à de petits espaces fumes avec ^abondance, comme les planches dun parterre; il Verra 8cs pousses germées et venues a point le jour de-su’é. Parfois il met la semence à tremper dans un engrais liquide et puissant, afin d’accélérer la germination : c’est
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- dans le midi qu’il pratique un tel moyen, pour suffit’6
- plus aisément à deux récoltes successives. .
- U faut transplanter de la pépinière herbacée dans l6 champ labouré, hersé, puis fortement imbibé d’eau. Les plants sont réunis par paquets d’une douzaine; ils seront fichés dans le sol par rangées, dont la distance est exactement calculée. Non-seulement le Chinois fait bien cette opération, mais il la fait avec une étonnante rapidité. H tient sous son bras gauche une masse de petits paquets de plants et les fait glisser sur la terre qu’il doit garnir; il connaît presque à un plant près le nombre qui sera requis-Les paquets, disséminés de la sorte, sont repris à la main» pour être implantés dans le sol humide et graissé. Quand le planteur retire sa main, l’eau qui court soudain dans l6 .trou ramène avec elle ce qu’il faut de terre liquide pou6 couvrir les racines; les plants sont ainsi fichés et fixés sans aucune peine. Connaissons-nous en Europe des jardiniers intelligents et diligents qui feraient mieux, en allant aussi vite?
- Dans le midi, les plants destinés à la seconde récolte sont tenus prêts avant qu’on ait fini la première moisson, suivie sans retard d’un labourage et d’un hersage nouveaux; cette seconde récolte sera faite en novembre.
- Ces procédés sont parfaits du côté de Canton, sous la zone torride. Vers Ning-po, parle 3oe degré de latitude tempérée, il faut déjà planter pour la deuxième récolte avant d’achever la première; c’est ce qu’on fait en cultivai’1' par rangées alternatives. Les sillons pairs, plantés en ma1’ seront moissonnés en août. Dans les sillons impairs, leS plants, hauts à peine de 3 centimètres, se trouvent encore à l’état vert quand a lieu la première récolte. Dès que moisson sera faite, ils jouiront à la fois d’air et de lumière* ils recevront sans retard une nouvelle façon, et profiteiuut
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- ^ un soleil aussi puissant que celui d’Égypte en plein Delta, et se trouveront mûrs au milieu de novembre.
- Dans l’admirable plaine de Chang-hai, moins de deux ^egrés plus éloignés de l’équateur que ne l’est Ning-po, l°n ne peut plus espérer deux récoltes de riz, même anticipées l’une sur l’autre; le riz se combine avec une autre culture moins avide de soleil, et l’on a toujours ^eux récoltes.
- Régularité ponctuelle et calculée des opérations agricoles.
- Les bons observateurs européens ont remarqué la régu-Wite presque mathématique avec laquelle sont réglées, s°nt échelonnées toutes les opérations du cultivateur Minois, dans la plaine et dans la montagne, au sud, au Centre, ainsi qu’au nord. Il ne s’agit pas ici d’obéir à l’es-Ptit de système, au désir, à la manie de tout réglementer; fait mieux, on obéit aux lois mêmes de la nature, lois qui binent la végétation. Cette réglementation, consacrée Par le temps, n’est pas l’effet du préjugé ni des ordres im-Pe*iaux; elle est le résultat de l’observation sagace et de .e*perience, combinées ensemble pour obéir aux varia-tl0ns périodiques des saisons et des moussons.
- Irrigations : leur énergie.
- plus souvent, à la Chine, les irrigations, dans le plat
- Pays> ne sont obtenues que par la force des bras; elles sont i i
- alors le prix de la constance et du courage.
- sein des montagnes, elles sont le fruit de l’art Ppoite dans la conduite des eaux. Écoutons l’excellent et «J}911* a§ronome qui les a rendues le sujet de son étude : ans u^s voyages, dit-il, les campagnards ont souvent
- INTRODUCTION. — III. t 1
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- attiré mon attention sur la manière dont ils dérivent l’eau des montagnes, afin d’arroser leurs cultures. Je leur faisais un plaisir infini quand je leur exprimais mon admiration pour le talent qu’ils déploient dans ces travaux. »
- Le riz ordinaire est la plus riche des cultures, mais a la condition que la plante soit tenue sans cesse dans un bain d’eau : de là l’importance de l’irrigation. Si l’on est au flanc des montagnes, on en dirige les eaux sur les ter-rasses horizontales les plus élevées qu elles puissent arroser; on fait ensuite descendre les eaux par degrés. A la faveur de ce moyen, la fertilité de chaque terrasse est transmise à celle qui se trouve immédiatement au-dessous.
- Si l’on est en plaine, on élève l’eau des lacs, des étangs» des rivières et des canaux, pour arroser la terre cultivée* Ce travail est long, il est pénible, surtout lorsqu’on est rapproché de la zone torride. Or, n’oublions pas que les pluS merveilleux champs de riz du Céleste Empire sont situes entre le trente-cinquième et le vingt-huitième degré de latitude ; une telle situation correspond à celle de la Syrie» de la Palestine et de l’Egypte, en remontant le Nil jusqu a cent lieues d’Alexandrie.
- Emploi des roues hydrauliques.
- Au milieu de ce beau pays qu’a parcouru M. Fortune» lorsqu’on s’avance vers Sou-tcheou-fou, la plaine, dit-il» aussi loin que la vue peut s’étendre, est un vaste champ de riz : de tous côtés le plaisant clapotage des eaux élevees par les roues d’irrigation frappe l’oreille, et fon voit àe toutes parts les habitants, heureux et pleins de joie, occu pés à la culture du sol.
- Admirons la légèreté, la construction si peu dispeI1 dieuse et le placement si facile des roues hydrauliques faiteS
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- avec des tiges de bambou. Les unes sont tournées par le buffle ou le bœuf, les autres par les mains ou les pieds de 1 homme; la famille entière y prodigue son énergie. Er Angleterre, le travail des roues à marches est un supplice ou du moins un châtiment; mais à la Chine, les vieillards, les femmes, les adolescents, les enfants même, y prennent leur part volontaire et dévouée. Pour eux, ce n’est pas un *nste labeur, encore moins une punition; c’est la subsistance de la famille, c’est la condition de son bien-être: aussi la joie accompagne-t-elle ce labeur, en doublant les courages. Les chants, les ris, les plaisanteries, soutiennent les forces; elles font oublier la longueur du temps, le poids
- la fatigue, et jusqu’à la chaleur d’une zone torride ou presque torride.
- Quel spectateur insensible ne serait pas à la fois pénétré de respect et d’admiration pour une si noble et si charmante énergie déployée sans faste au milieu des champs!
- Travaux qui suivent l’irrigation.
- Ce n’est pas tout que d’arroser la terre. Cette eau prodiguée, que la chaleur attend pour mieux agir, elle 11 pousser les mauvaises herbes aussi vivement que les °nnes plantes : il faut sarcler, il faut façonner la terre.
- Si la récolte doit se faire en temps de pluie, le culiiva-îeur n attendra pas un temps plus beau. Il moissonnera , "s pieds dans la boue et, s’il le fallait, les jambes plongées Peau.
- Culture des îlesJlottantes.
- Le Chinois crée des guérets sur ses vastes lacs ; il construit des îles flottantes. Avec des bambous, il bâtit d’abord
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- d’immenses radeaux à la fois légers et solides; il les recouvre d’une terre qu’il cultive, qu’il habite, et sur laquelle il construit sa ferme flottante. A-t-il besoin de faire voyager son île : des mâts, des voiles et des avirons viennent à son secours. Il a des ancres et des câbles, soit pour se tenir immobile au large, soit pour se fixer auprès des rivages qu’il lui convient d’aborder.
- Culture dans les lacs et les étangs : le nénuphar.
- Jusqu’au fond des lacs et des étangs, les Chinois cultivent des plantes dont ils savent tirer parti pour l'alimentation de l’homme. La plus remarquable est le nénuphar, le lotus des Égyptiens. Ses larges feuilles, d’un beau vert qui plaît à la vue, tantôt couvrent la surface des eaux, tantôt s’élèvent en étages.^Ses fleurs, avant quelles soient complètement épanouies, ressemblent à des tulipes d’un blanc pur ou d’un rouge éclatant; elles embellissent les eaux.
- Le nénuphar a pour graines un fruit agréable au goût. On peut réduire ses racines en fécule ou les manger crues en été, comme un mets rafraîchissant. Enfin, les feuilleS de cette plante, desséchées et mêlées avec le tabac à fumer, en adoucissent la saveur trop âcre.
- Grâce à leur esprit d’investigation, les Chinois ont su rendre utiles beaucoup d’autres plantes, et le talent de nos agriculteurs en pourrait tirer un parti précieux. AdnrU' rons seulement leur esprit de ressources et leur infatigable industrie pour demander à la terre tout ce que peut en tirer d’utile l’esprit observateur de l’homme.
- Que manque-t-il à la gloire de tant de vertus et de ta' lents pour être l’admiration du monde? Un poète ! un écrivain qui mérite le nom sublime de poète!
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- Grandeur et poésie des Géorgie]ues chinoises.
- Combien il est à regretter qu’un des illustres empereurs, Khang-bi ou Kbien-loung, qui, dans les deux siècles Passés, ont tant protégé, tant honoré l’agriculture, n’ait Pas, pour dernier service et pour dernier honneur, fait appel au poète le plus illustre de leur pays et de leur âge! A l’exemple d’Auguste, un grand souverain du Céleste Empire aurait obtenu d’un nouveau Virgile qu’il composât les Géorgiques d’une autre Italie, d’une contrée digne d être à la fois l’orgueil et l’exemple de l’Orient.
- Le poète aurait célébré la grâce et la beaute de cette Nature toujours jeune et resplendissante, que les populations appellent avec amour la terre des jleurs. Cet immense et riche pays est plus étonnant encore par ses fruits par ses moissons, qui nourrissent une moitié du genre humain : la seule moitié dont la force puisse affronter las climats les plus contraires; la seule race sur la terre dont le labeur se maintienne infatigable, invaincu, depuis 1^ zone glaciale jusqu’à la zone torride.
- Il semble que tout soit changé, que tout soit agrandi de l’autre côté de la terre. Le Ciel, ce dieu lare de l’empire qui se glorifie du nom de Céleste, semble défier les actions rêgulières d’un humble océan dont le flux comme le reflux dépassé à peine six heures. Le ciel de la Chine a ses ma-rees> dont chaque grande oscillation entraîne pendant six Iïl°is un immense courant de l’atmosphère : telles sont les Poussons, dont le flux commence au printemps et le reflux ^ 1 automne. Par le bienfait des eaux pluviales quelles repandent, elles concourent à doubler et, dans quelques huux, à tripler les récoltes qui nourrissent un demi-mil-iard d êtres humains. Voilà l’Italie de l’Orient.
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- En regard des trésors que prodigue au peuple chinois le Souverain Maître du Ciel, le poète aurait à montrer par quels prodiges de travail l’homme se fait sa part avec tant de force dame. Il chanterait son opiniâtreté dans le labeur, son intrépidité dans la souffrance et sa sérénité dans la pénurie; il chanterait sa persévérance et son cou-rage afin d’assurer la vie de sa famille. La poésie saisirait ce génie de l’observation et de la découverte que le Chinois déploie dans les champs : génie qui lui fait irie-nager, échelonner ses opérations d’après la marche qu’il sait prévoir des mois, des jours et presque des heures. Il le montrerait s’élevant à cette prescience afin d’épuiser les bienfaits que lui réserve la puissante nature, dont il épie les moindres changements et qu’il s’indignerait de laisser au repos dans une seule de ses phases.
- Quel culte de cinquante siècles! Le roi des rois de l’Asie, recueillant les actions de grâces et les vœux de cinq , cents millions de sujets, les apporte au Maître du Ciel sur un autel sublime de grandeur et de simplicité.
- Et quelle gracieuse mythologie dans cet autre hommage que rend chaque année, au retour du printemps, la majesté d’une belle impératrice à la Divine Fileuse, cette bienfaitrice charmante à qui la poésie du Céleste Empire décerne pour demeure une pléiade de soleils !
- Voici maintenant, au retour de la verte saison, le Divi° Laboureur, imploré par l’empereur, qui met à la charrue sa main souveraine pour honorer l’agriculture.
- En revenant‘aux souvenirs les plus nobles de la terre» on célébrerait la fête annuelle des ancêtres, solennité qul représente les bienfaits de la civilisation transmis, à travers les âges, au sein de chaque famille; on célébrerait» dans sa simplicité touchante, l’hommage toujours nou veau qui s’adresse au sage des sages, à Confucius, à 131111
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- sublime de l’agriculture et des lois, qui sont les deux grandeurs de la Gaine.
- Pour éviter la froideur, mortelle au genre didactique, il faudrait que le poêle, enfant du Céleste Empire, dérobât le secret de cet art prodigieux qui vivifie tout, qui lait la magie de Virgile et qui rend son œuvre impérissable. Partout le chantre des Géorgiques anime son sujet d’une passion profonde : totam mens agitat molem ! Cette terre qu’il rend tributaire de l’homme, disons mieux, qu’il associe à son intelligence, comme un compagnon qui par-tage et comprend la fatigue et la gloire, cette terre qui l’a vu naître est, à ses yeux, la plus belle, la plus illustre
- la plus admirée, cela va sans dire; elle est surtout la Plus aimée! Le père des dieux, le semeur immortel, Saturne, en a fait sa demeure; elle lui doit la double fécondité des moissons et des héros. Dans cette Italie que 1 arbitre du temps a parée pour l’immortalité, tout aux yeux du poète est un objet d’enchantement et d’atnour : les Heuves et les lacs, les plaines et les monts, les mers et les cieux splendides. Loin d’être inerte, cette grande na-*ure, insensible aux yeux du vulgaire, emprunte une âme a son génie. Elle partage les douleurs, les joies, les triomphes du laboureur, du pasteur, du chasseur et du guerrier, du guerrier italique, le conquérant de l’univers!
- Les animaux que l’agriculteur associe à son œuvre, ces anîmaux dont il épouse les douleurs et les grandes calamités, les amitiés, les bonheurs, les amours et partant tas combats, ils prennent part aux fêtes, aux périls, aux biomphes de l’homme. Pour le cœur du poète ils sont Ualiens, comme les citoyens et les guerriers; ils en ont la fierté, l’ardeur héroïque, et lui sont chers à ce litre.
- Il n’est pas jusqu’à la ruche, humble chaumière de taibies insectes, qui ne grandisse à ses yeux, en lui rappe-
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- lant Rome et ses premiers rois, ses vertus, sa valeur et jusqu’à ses guerres sociales. Les abeilles, en cela romaines, se perpétuent sans s’énerver. Voici reparaître leur Romu-lus et ses jeunes Quintes1, parvosque Quirites; infatigables citoyens qui naissent pour construire à la fois et le palais et l’empire. Rapide, sans doute, est le cours de leur vie2, mais leur race est immortelle. La fortune de leur Maison s’assied sur des années infinies quelle dénombre par les ancêtres des ancêtres, comme le peuple issu d’Énée. Elles ont leurs vertus, leur dévouement, leurs Curtius. Voyez-les allant au combat3, portant leur reine sur leurs ailes, présentant leur poitrine aux coups ennemis, et deman* dant à de nobles blessures une belle mort : ce qui les fait vraiment romaines. A de tels signes, à de tels exploits, les sages ont pensé, s’écrie le poète, que les abeilles ont leur part de l’esprit divin, descendu des régions éthérées!
- Voilà lespassionnements et les apothéoses du poète; voilà les inspirations, les mouvements et les souvenirs qui transportent à chaque instant le cœur et l’âme du lecteur; voilà surtout le secret national d’une gloire obtenue , aux yeux de l’Italie, par le plus italien de tous les poèmes, sans en excepter même l’Énéide. C’est le secret qu’il faut révéler au poète qui voudra célébrer pour la postérité les Géorgiques du grand et poétique empire de la Chine.
- 1 ........Ipsæ rcgem parvosqae Quirites
- Sufficiunt, aulasque et cerea régna refingunt.
- 2 Ergo ipsas quamvis angusti terminus ævi
- Excipiat.....
- At genus immortale manet, multosquc per annos Stat forluna domus, et avi numerantur avorum.
- 3 Et sæpe (regem) attollunt humeris, et corpora bello Objectant, pulcbramque petunt per vulnera morlem.
- Ilis quidetn signis, atque hæc exempta secuti,
- Esse apibus partem divinæ mentis, et haustus Æfchereos dixere.
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- Appel aux témoignages d’an savant agronome, récent observateur de l’agriculture chinoise : M. Fortune.
- Oublions les enchantements de la poésie pour revenir à ta froide réalité des faits. Je les ai puisés, en grande par-*le> chez un judicieux observateur que je cite avec une Juste confiance, tout en scrutant ses opinions sans servilité.
- M. Fortune est un savant botaniste en même temps T1 un jardinier expérimenté; il ne connaît pas seulement a culture des jardins, il est bon appréciateur en agriculture. Il possède un talent plus rare : c’est d’observer le cœur humain et de juger les caractères.
- La première paix faite entre l’Angleterre et la Chine ^a*e de 1842. Dès l’année i843 , la société d’horticulture je Londres conçut l’heureuse pensée d’envoyer un col-cteur de plantes, qui puiserait à pleines mains, dans le cdebre empire des Fleurs; elle fit choix de M. Fortune. .
- Le succès avec lequel il s’acquitta de sa première mis-®l0u décida les directeurs de la grande compagnie des Indes ^ ta charger d’une autre mission, qu’il a remplie de i 848 *^3i. IJ fu^ chargé d’acquérir pour la compagnie les arLrisseaux qui produisent le thé, les semences, les ins-ïïients de culture; elle lui demanda d’engager les culti-Vateurs qui font naître et les ouvriers qui manipulent en-Ülte ta précieux feuillage, afin de transporter les plants '* tas travailleurs dans les vallons des Himâlayas.
- Lette mission fut renouvelée en 1862, avec un mandat particulier encore d’enrôler les meilleurs produc-rs de thé pour les fermes expérimentales que l’Angle-61 re a londées dans l’Inde.
- . ^L Fortune a consacré quatorze ans de sa vie à l’étude itv,ultanée des choses et des hommes dans l’empire de la
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- Chine. Il n’a pas étudié comme un voyageur contemplatif» mais comme un homme pratique. Il a fallu qu’il vécût avec les habitants des ports de mer et des campagnes; qu’il discutât, qu’il marchandât et qu’il achetât. Sans cesse H s’est vu dans la nécessité d’aborder les hommes au milieu des circonstances où l’intérêt met à nu leur caractère.
- Quand parut le premier ouvrage que ce voyageur pu' blia pour faire connaître ses observations techniques, ou lui reprocha de n’avoir pas assez parlé de la population-Voici comment il répond à cette critique dans sa pfllS récente publication, datée de 1857 1 :
- « J’ai mis mes efforts à décrire plus minutieusement les caractères, les manières et les mœurs des Chinois, dans les contrées où j’ai longtemps vécu comme un des lears' De même que j’ai dessiné, j’ai décrit d’après nature. On laissera le lecteur tirer ses propres conclusions; mais, on l’espère, ceux qui jugeaient le caractère de ce peuple d’après ce qu’on a publié sur la populace de Canton, lors' qu’ils auront lu ces pages, regarderont d’un œil plus lavO' râble les habitants de la Chine; ils les contempleront sous d’autres points de vue. »
- L’auteur ne se contente pas d’un témoignage dicté p^1 l’amour de la justice; en terminant ses indications géne' raies, il fait entendre cette expression d’un dernier et noble sentiment : « J’ai l’espoir que mon ouvrage ajoutera quelfflie chose aux connaissances acquises sur*le peuple et les ductions de la Chine. J’ose penser qu’en même temp51 nous fera regarder avec une bienveillance mieux senûe cette grande partie de la famille humaine, qui nous siU passe de beaucoup en antiquité comme corps de natio11 et qui nous égale en industrie, si ce n’est en civilisation*
- 1 Five years résidence among the Chinese : ln land, on the coasta11^ sca, from i853 to i856. London, 1857.
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- J’ai cru nécessaire de donner au lecteur la juste mesure la confiance qu’il doit accorder au témoin oculaire qui Mérité la plus haute estime, et qu’on doit croire dans l’opi-üion qu’il exprime sur les cultivateurs chinois, c’est-à-dire SUr la grande majorité de la nation.
- , Jugement de M. Fortune sur les cultivateurs chinois.
- (( En Chine, les fermiers sont une classe hautement respectahle. Comme leurs fermes sont petites, ils sont probablement moins riches que les fermiers d’Angleterre. Abaque ferme est une colonie restreinte, qui consiste à Peu près en trois générations : le grand-père, ses enfants et Ses petits-enfants. Ils vivent en paix, en bonne harmo-Iile* Quiconque dans la ferme peut travailler s’adonne au |ravail; si l’ouvrage surabonde, on prend du monde à la Journée. La famille se nourrit bien; elle est vêtue avec Slrïlplicité, fait preuve d’industrie, et ne subit aucun genre ^oppression. Je doute gu il y ait nulle part une race plus heu-reuse gue le fermier et les paysans de la Chine... »
- A coup sûr, dans un pays où plus de 3oo millions d’a-
- §riculteurs s’adonnent à cultiver par le menu 3oo millions
- d’1 r
- hectares de terre, les fermes sont plus petites et les fer-
- ^ers sont moins riches qu’en Angleterre, où l’on emploie
- c°rurne à regret 5 millions soit d’hommes, soit de femmes,
- llui ne touchent guère à la terre et d’enfants qui n’y tou-
- lent pas, pour cultiver, à grand renfort d’animaux et de
- ^chines, i5 millions d’hectares. Cependant, même au-
- J°tirdhui, tout compensé, les Anglais, si fiers de leurs pro-
- j>res> ne tirent pas de chaque hectare la nourriture d’un
- 0lïime; et les Chinois tirent de deux hectares la nourri-
- de trois hommes. Mais ces Chinois, dont chacun a si
- Peu de terre à cultiver, eux, prétend-on, qui n’ont rien
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- perfectionné depuis deux à trois mille ans, sont-ils pauvres, sont-ils malheureux? Non! Et le plus pratique des savant anglais, le voyageur agricole le plus compétent depuis Arthur Young, cet observateur vous dit positivement : « Us se nourrissent bien, sont vêtus suffisamment, et considérés dans leur ensemble, je ne pense pas gu il y ait nulle part sur la terre une race plus heureuse (pie le fermier et leS paysans de la Chine. Cette forme dubitative est d’un sage pour les contrées qu’il ne connaît pas; mais pour les pays qui lui sont familiers, et par conséquent pour le sien, elle laisse entière son affirmation.
- Conclusion du grand problème agricole résolu par les Chinois.
- Voici donc le problème résolu de concert par le GoU' vernement tartare et la nation chinoise : multiplier la race humaine, sur une étendue donnée, plus gu on ne l’a jamais fad dans l’univers, et, malgré cette surabondance de familles ha-maines, rendre les fermiers et les paysans plus heureux et moins opprimés gu en aucune autre contrée. Tout conduisait mon esprit à la même conséquence; mais, pour la proclamé sans réserve, j’avais besoin du témoignage oculaire dun observateur irrécusable.
- Vraie mesure des progrès accomplis.
- Quant à la pensée d’une agriculture si grande en fe' sultats, laquelle néanmoins, toute routinière, marcherai* sans lumière et sans progrès assignables dépuis deux rni^e ans, rapprochons simplement cesjaits :
- Tout ce que pouvaient faire 60 millions de Chinois depuis la seconde année de notre ère jusqu’au milieu dLl xvif siècle, c’était d’augmenter d’un tiers une poprda*l0lJ clair-semée, libre de féconder un immense territoire.
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- Dans ce long intervalle, des malheurs publics infinis ralentissent tous les progrès de la production des choses et des hommes, sans néanmoins complètement les étouffer.
- ha période suivante offre à nos yeux un tout autre spec-tacle. A partir de 1 645, un gouvernement nouveau fait servir les forces de la conquête à l’étouffement des guerres eîviles; il rend partout la paix à l’agriculture. En même temps qu’il rétablit l’ordre dans les finances, il met un terme à la progression des charges qui pèsent sur les cam-Pagnes ; il applique ses soins à ce qu’on cesse d’accroître les impôts, quel que soit l’heureux et rapide enrichissement d’une population qui croît à merveille, en nombre comme eo aisance; il établit en loi fondamentale que la taxation des terres ne pourra plus être augmentée, à quelque degré que s’élève une production partout encouragée. Les souverains mêmes donnent l’exemple de la recherche et de 1 amour des progrès agricoles. Le plus illustre de ces remarques, Khang-hi, découvre dans ses propres jardins *e riz à culture sèche, à récolte précoce; il en devine Ie bienfait pour accroître la nourriture chez ses peuples du nord et du midi. En même temps, sous ce gouvernement de Tartares Mandchoux, un Anglais, qui comme mi se connaît en liberté personnelle, nous déclare que les Paysans cultivateurs vivent exempts de toute oppression sont plus heureux qu’en aucune autre contrée.
- Faut-il à présent être surpris qu’en deux cents années ^ulement le‘peuple chinois s’accroisse de 8i millions ^ 5oq millions d’âmes? C’est du contraire quil faudrait etre étonné, si le contraire existait.
- Sans doute, si la Providence a marqué d’un sceau fatal es jours de la
- a sauver; mais elle aura passé sur la terre en signalant son existence par le plus vaste bienfait qu’ait jamais reçu le
- dynastie tartare-mandchoue, rien ne saurait
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- genre humain. Espérons plutôt qu’en mémoire du bonheur quelle a répandu sur un grand peuple, sextuplé par ses bienfaits, il lui sera donné de se régénérer avec lui.
- J’avais le pressentiment de ces rares services dus a des conquérants incomparables. C’est pour cela que j’aI travaillé sans relâche à mettre en regard les progrès de la population chinoise avec l’esprit de son gouvernement.
- Pour m’élever à la vérité, j’ai fermé l’oreille aux accusations accumulées contre la dynastie mandchoue par les conspirateurs chinois et, de concert avec eux, par les frau* deurs européens. J’ai cessé même de croire, à ce sujet, leS missionnaires de certaines sectes chrétiennes, dont les syn1' pathies ont penché longtemps pour le maître d’école au-dacieux qui veut bien accepter comme son frère aîné Ie rédempteur des chrétiens, le laisser régner dans le ciel» l’y reléguer, et prendre pour lui-même la théocratie de la terre, inaugurée par des torrents de sang innocent !
- Des parties de la Chine les moins favorables à la cultare.
- Sans y songer, l’agronome anglais rehausse beaucoup le mérite des cultivateurs chinois, en faisant voir comble11 est étendue la partie du territoire où la nature se montre peu favorable.
- Caractères du. sol dans les hautes terres.
- Dans le midi, nous dit-il, le sol des montagnes est infertile : ce sont des rochers granitiques dont les masseS dénudées s’élèvent au-dessus d’une rare végétation. terre cultivable est composée d’une argile sèche, rougeatie et d’aspect brûlé, mêlée de granit en décomposition. U*1 terrain si pauvre est encore appauvri par l’usage de coupel
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- chaque année et d’emporter les longues herbes et les brous-billes, dont les débris auraient fertilisé la terre. Presque toutes les parties montueuses du sud offrent un aspect sau* bge et triste [stem), presque à l’état de nature, sans que | homme essaye d’y propager l’agriculture : chose qui paraît a jamais impossible. Çà et là, vers la base des montagnes, °ules habitants récoltent un peu de riz et quelques autres Vegetaux, on peut voir cette culture en terrasse au loin celebrée; mais la proportion de la terre ainsi fécondée n’est une partie fort 1 etat sauvage.
- Autour d’Amoy et dans le Fo-kien, les montagnes sont Jtocore plus arides que dans la province de Canton, le ouang-toung; de ce côté l’on touche pourtant aux limites j es contrées les moins fertiles. Néanmoins, en remontant ^ vallée du fleuve Min, et sur les montagnes qui Pavoisent, le sol estmeilleur, ainsi que dans le nord du Fo-kien iv ».ns *out Tche-kiang. Près de l’embouchure du fleuve ^ ln> il y a des montagnes élevées de mille mètres au-essus de la mer, lesquelles sont cultivées jusqu’à leur s°ttimet, où la couche végétale est plus épaisse.
- ^ Au dire deM. Fortune, dans les parties montagneuses centre et du midi, il serait ridicule de supposer que ou seulement la plus grande partie soit cultivée. Au contraire, c’est de beaucoup la plus grande partie qui reste aïls 1 etat de nature et n’a jamais été troublée par la de l’homme.
- petite des grands espaces qui restent à
- ^ faudrait seulement faire une autre remarque : dans Pays montueux, la superficie des montagnes proprement dites, en n’y comprenant que les pentes vraiment es> cette superficie est peu de chose, comparative-toent à 1 étendue des plaines et des pentes douces.
- mettons que les deux provinces de Kouang-toung et
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- de Fo-kien soient aussi disgraciées de la nature que le prétend l’observateur britannique. Quelles ne doivent pas alors être l’intelligence et lenergie des agriculteurs, en ce s contrées, pour nourrir autant d’habitants que le prouvent les dénombrements qui suivent ?
- Parallèle du. nombre des hommes que nourrissent mille hectares.
- habitants.
- • habitants-
- Province de Kouang-toung,
- en 1812..............
- Angleterre, en 1811.....
- q32
- 680
- Province de Fo-kien, en
- 1812................. i,o65
- Angleterre, en 1811... . 680
- Voilà donc deux vastes provinces l’une et l’autre situées dans la partie la moins fertile, les deux contrées qu’un sagace observateur range si bas au point de vue de la fécondité ; les voilà supérieures comparativement, quant au nombre d’hommes quelles nourrissent, à la savante et fertile Angleterre.
- Aujourd’hui l’on nous dit que le Fo-kien voit émigré un certain nombre de ses enfants; il en émigre, propos tion gardée avec la grandeur des pays, beaucoup moins que chez les Anglais.
- Si je comparais le dernier recensement de la Chine avec le dernier de l’Angleterre, l’inégalité ne serait paS moins étonnante.
- Parallèle des habitants par mille hectares, lors du dernier recensement.
- habitants.
- Province de Kouang-toung. 1,342 Angleterre.................. i,2o3
- habit»»18.
- Province de Fo-kien... . *>^9 Angleterre................... it3°
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- Ce qui rend l’infériorité de l’Angleterre encore plus ^ppante, c’est que cette puissance, à titre de perfectionnement, nourrit 3oo de ses habitants par 1,000 hectares avec des blés étrangers !... Voilà ce qu’on appelle la supé-riorité de son agriculture.
- Gela ne suffit pas : il faut que le peuple anglais émigre largement pour soulager cette même agriculture.
- Tableau d’une ferme cultivée par une famille nombreuse.
- Afin de compléter la peinture des mœurs agricoles, J eïïiprunterai les faits du tableau que je vais présenter ‘ lune des autorités qui, pour la probité des études et honnêteté des jugements, ne laissent rien à désirer : c’est ' le. capitaine de vaisseau Forbes, dont nous parlerons avantage lorsque nous décrirons le littoral maritime et es ports de mer.
- Description d’une ferme patriarcale.
- T
- Aoute une famille, enfants, petits-enfants, arrière-petits-nfrnts et collatéraux, cultivent une même ferme, et tous 0rit logés dans une même habitation. Cette vie com-^Une, dont nous avons vu le dernier modèle en France ^ns notre département de la Nièvre b donne à la tribu elf Vertlls Précieuses, l’esprit de famille et la sociabilité;
- Perpétue, elle accroît le bien-être, et répand presque desU^enCe aurnHleLl cette réunion constante des forces, lati V0^0ïlî®s et ,(les intelligences. Décrivons une des habi-^ns patriarcales, qui sont communes à la Chine. necqur, dans laquelle sont élevés les volatiles, est cir-
- frère j^S Cller°ns à cc sujet la notice pleine d’intérêt publiée par mon dans ’ • ^upin aîné, sur la famille ou clan des Jault, dans le Morvan,
- pays du Nivernais aux progrès duquel il a tant contribué.
- INTRODUCTION___III. 12
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- conscrite par une épaisse clôture de bambous et d’autres plants, le tout entouré d’un fossé : on dirait uri courtii de Normandie. Au centre d’un terrain si bien abrite, s’élèvent les constructions rurales. Le corps principal es,t bâti soit en pierre, soit en brique ; or cette brique est si parfaite, qu’au dire du capitaine Forbes on s’en sert avec avantage en Europe: on la transporte utilement jns(j^a Liverpool !
- La pièce principale est la grande chambre des ancêtres; c’est le temple de la famille. Là sont placés les dieux domestiques, soit de Bouddha, soit de Tao. Il en est qul sont comparables à ces idoles dont parle le Psaimiste; d en est qui président à la vue qui leur manque, à fouie quelles n’ont pas. A l’un des murs de la salle ainsi con* sacrée sont appendus des portraits d’ancêtres, si la mille en a pu conserver les images; quelques sentences empruntées à Confucius y sont ajoutées. En face de ces portraits on place une table ornée de quelques vases en porcelaine. Tel sera le modeste autel sur lequel on dépû' sera lés prémices delà terre : simples et pieuses offrandes-
- Dans la même salle ont lieu tour à tour les fêtes religieuses et les douces réjouissances de la tribu. Pendant les simples jours ouvrables, c’est là qu’on met à sécher les semences, espoir de l’année future; c’est encore la qu’on dépose les instruments les plus délicats de l’agricrd' ture.
- Autour de cette salle vénérable s’étendent, comme leS rayons d’un cercle, les habitàtions des différents ménageS de la famille collective. Aussi souvent qu’un nouvean mariage en accroît le nombre, on ajoute un modeste loglS à l’ensemble des habitations, qui forment une espèce de hameau panoptique. ’
- Le lit est le meuble le plus somptueux de chaque nae
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- nage. Suivant le degré d’aisance, il est en bois plus ou ^oins ciselé ; quand règne un certain degré de fortune, il est incrusté de métal ou d’ivoire. Ensuite viennent les taises, dont les Chinois sont les seuls à faire usage dans tout l’Orient; elles ont, comme nos sièges moyen âge, un dos vertical et très-élevé. Il faut ajouter une table ronde des ustensile^ de ménage ; ceux de la cuisine sont relé-gties dans un coin.
- Autour de la chambre principale il y a des cabinets, a îïiurs d’un rouge vernissé; là se tiennent les femmes occupées à filer, à tisser, à coudre. Dans les lieux où la rïne récolte du coton , ces cabinets ont toujours un r°Uet pour la filature, un métier pour le tissage.
- Ca tribu suffit à presque toutes ses industries de pre-toiere nécessité. Elle bâtit ses modestes édifices; elle fait réparé ses instruments agricoles; elle cultive son coton, ve ses vers à soie, en dévide les fils et les convertit en. Su 5 elle moud son grain, elle fait son pain, et distille 0ri riz pour en extraire le spiritueux appelé cham-cliou.
- Outre les travaux appropriés à la subsistance, aux xploitations de la tribu, il faut compter les denrées jïuelle échangé immédiatement avec celles des voisins. 11^ SeC.0nde Partto des produits paye l’impôt en nature; e troisième est portée au marché, pour en échanger la
- 111 avec tous les objets extérieurs nécessaires aux con torts a J
- ’ aux jouissances domestiques.
- Culture des arbrisseaux qui’donnent les feuilles à thé.
- Voici lune des grandes cultures de la Chine, celle qu k ure aux incügènes la boisson universelle, et qui sert de
- ftiai 9U ^US r^e comraerce <Iue cette contrée ait ja ais fait avec l’étranger. Cette importance justifiera l’éten
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- due de nos développements, non-seulement sur la culture,
- mais sur les industries pleines d’intérêt qui s’y rattachent-
- Les Chinois apportent des soins infinis à la culture de l’arbrisseau dont les feuilles servent à faire le thé. Ils forit choix d’un sol naturellement fécond et d’une situation bien exposée, sur la pente des collines.
- Chaque année, de jeunes plantes sont élevées par votf de semis. On a recueilli la graine en octobre; jusqu au printemps, on la tient à l'abri de toute germination, dans un mélange sec de sable et de terre ; on la sème serfee dans un petit terrain qu’on prépare avec le plus grano soin. Au bout d’un an, les pousses ont de vingt-cinq ^ vingt-huit centimètres de hauteur et sont bonnes à tranS' planter. Ces pousses, ensuite, sont fichées en terre parraO' gées distantes d’un quart de mètre l’une de l’autre, et leS paquets de plants sont espacés du même intervalle entie eux: dans chaque trou l’on réunit cinq à six plants p°ur former touffe.
- Si le terrain n’est pas riche, on diminue ces distances» attendu que les pousses s’élèveront moins haut, et l’on Ve craindra pas quelles se portent mutuellement ombrage-
- C’est au printemps qu’on fait les plantations. Elles son* toûjours bien arrosées, par les plaies qaamène le chanf ment des moussons, dans les mois d’avril et de mai. On na guère d’autres soins à prendre que d’arracher les mauvaises herbes.
- Les feuilles sur la plante ont un vert riche et fonce, fait un agréable contraste avec les paysages agrestes souvent dénudés du territoire d’alentour.
- Les Chinois ont grand soin que les arbustes soient da*1 un état vigoureux lorsqu’ils en cueillent les feuilles. On $ procède à cette opération pour la première fois quaP\ deux ans au moins de transplantation, et souvent quap
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- tr°is ans; d’ailleurs, on attend que les arbustes aient lancé ^es pousses bien vivaces. On ne conserve guère plus de dix a douze ans les mêmes arbustes sans les renouveler,
- C’est l’industrie particulière qui cultive l’arbuste à tbé, pour en tirer toutes les richesses que nous expliquerons
- bientôt.
- f^ans les monts Bohées, l’on trouve des enclos qui c°ntiennent des fermes impériales réservées pour la cul-*Uïe du thé. Dans cette même contrée, une très-grande Partie des plantations appartient aux nombreux couvents °Uddhiques. On compte jusqu’à mille couvents au milieu e beau pays à la fois productif et pittoresque.
- ^°us l’avouerons sans peine, notre principal intérêt se P°rte sur les modestes familles qui fécondent les coteaux j*U versant des grandes chaînes montagneuses et qui, par etlr incessante industrie, produisent en si grande partie es thés de la Chine.
- Production moyenne des fermes à thé.
- ^ Ces fermes à thé sont petites : les plus importantes ne fuient pas au delà de 2, 200 kilograrnmes.de feuilles de ^ e’ ^ui, sortant des mains du fermier, sont vendues toutes ^essechées au prix de 1,100 francs; elles procurent de la j e au cultivateur 5o centimes par kilogramme. Telle est Vajïïl0(^este opulence des exploitations dont les produits ^t a la Chine dés centaines de millions, r ^lle^ est le sort des familles innombrables qui trouvent . ubsistance à ce genre de culture? Nous allons l’ap-^ re de l’autorité qui nous plaît le plus; car elle pro-teritC^avec tout le poids d’un témoin oculaire et compé ^ci comment parle M. Fortune parcourant les pays Vate UeUX Procluisent lo thé, pour observer les culti-Urs en même temps que leurs cultures : « A mesure,
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- dit-il, que je pénétrais entre les collines, je remarquais les récolteurs de thé fortement occupés sur tous les flancs des coteaux où verdoyaient les plantations. Us me paraissaient une race heureuse et satisfaite : les plaisanteries et les aimables ris circulaient au milieu d’eux, et plusieurs d’entre eux chantaient aussi gaiement que les oiseaux abrités sur les beaux arbres qui protègent les temples contre l’exces de la chaleur. »
- Topographie des cultures du thé.
- La Chine renferme deux contrées plus particulièrement célèbres pour la production du thé. La plus avancée vers le nord appartient aux deux provinces contiguës de Ngaî1' hoeï et de Fo-kien. Dans cette première contrée sont p*^' duits les thés verts les plus renommés; le centre de leul commerce est la ville de Hoeï-tcheou. .
- La seconde contrée est comprise dans le bassin dü fleuve Min, le plus grand et le plus riche de la province & Fo-kien. Ce bassin s’élève graduellement jusqu’aux m°nts Bohées, lesquels ont donné leur nom aux thés noirs. DaIf l’origine, ces thés étaient les seuls que la compagnie br1 tannique des Indes orientales apportât en Europe, qliaI1 elle avait le monopole du commerce avec le Céleste Emp^'
- En définitive, le meilleur thé produit dans i’empire 1 croît entre les 26e et 32e .degrés de latitude, c’est-à-^e en pleine zone tempérée, mais en se rapprochant de zone torride.
- Superficies nécessaires à la production du thé.
- jjg
- La culture de la plante à thé n’empëche presque part que la terre ne donne une autre récolte ou de i*1 ou de millet.
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- Nous allons montrer pour quelle raison une superflue fort circonscrite peut suffire à la production du thé nécessaire à de très-nornbreux consommateurs.
- Un poids donné de feuilles de thé, bien préparées, suffit. P°ur transmettrel’arome à plusieurs centaines de fois son P°ids d’eau. Quelle énorme différence avec les boissons européennes ! Les vins pris dans leur ensemble ne sont Pas bus avec deux fois leur volume d’eau. Le cidre et ^ bière se boivent sans eau ; dans la confection de la bière, ^°rge et le houblon fournissent au moins le tiers du poids *ta la boisson. Voilà pourquoi, comparativement à la su-P^ficie des vignobles de l’Occident, la portion occupée par tas plants de thé, pour suffire aux besoins de tout un Peuple, cette portion est extrêmement peu considérable.
- En Chine, sur dix-huit provinces, quatre produisent la Presque totalité du thé consommé par les habitants ou ^Uiandé par l’étranger.
- Pour voir combien peu retranche sur les moyens d’ali Ulentation l’espace nécessaire à cette grande production thé, il suffit de comparer, pour les quatre provinces Productrices, la grandeur du territoire avec la population.
- territoire et population des quatre provinces à thé.
- ! PROVINCES. TERRITOIRE. 1812. 1860.
- ^iailg-si... hectares. 18,092,820 13,850,750 12,550,890 10,139,440 habitants. 30,426,998 14,777,410 34,168,059 26,256,784 habitants. 43,814,866 22,699,460 49,201,992 37,809,765
- Po->iien..
- ^S^ü-li'oeï, *
- TcWtiang..
- _ Totaux
- 55,233,900 105,629,251 153,526,083
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- Voilà donc quatre provinces dont la superficie totale est de très-peu supérieure à celle de la France. Dès 1812, elles nourrissaient io5 millions d’habitants; à présent on nous annonce quelles en nourrissent 1 53 millions, quoiqu’elles fournissent la boisson favorite des Chinois pour un demi-milliard d’êtres humains.
- Sans doute la nature a prodigieusement favorisé les Chinois; mais n’oublions pas que des quatre provinces qul donnent ces magnifiques résultats, trois ont été d’abord en majeure partie retirées des eaux qui les inondaient : eaux contenues par des digues immenses et conduites en tous sens par des canaux. La terre une fois mise au-dessus do fluide, l’infatigable énergie des habitants l’arrose à force de bras et donne une culture de jardin à ce parterre pluS grand à lui seul que toute la France. Enfin l’énergie cjue nous' signalons fait supporter un travail d’Hercule aux femmes, aux enfants, aux vieillards, sous un soleil dontleS ardeurs sont comprises entre celles d’Alexandrie en Egypte et de Bénarès dans l’Inde.
- Loin que le soleil efféminé le peuple qui se livre a de tels travaux, il fournit par le Fo-kien, qui touche à zone torride, les marins les plus audacieux de l’Asie; ce sont les hommes qui savent le mieux braver avec sang froid non-seulement la mort obscurément menaçante) mais la mort imminente et certaine.
- Fabrication des thés.
- Pour créer et perfectionner les variétés si nombreuses et si remarquables de leurs thés, les Chinois n’ont p* apporté moins d’art que les Français en ont mis à creer, à fabriquer les variétés de leurs vins, si célèbres sous ieS
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- noms empruntés à la Bourgogne, à la Champagne, à Bordeaux, etc.
- De même quon distingue en deux catégories principales les vins qui sont capiteux et mousseux et les vins qui ne le sont pas, de même on distingue les thés capiteux, qui s°nt les thés verts, et les thés non capiteux, qui sont les thés noirs.
- On ignorait comment s’obtiennent ces deux variétés si distinctes. M. Fortune a rempli l’Europe de surprise en revélant un procédé non de fabrication, mais de teinture, et de teinture produite au moyen d’un vrai bleu de ^usse, affaibli par sa dissolution dans l’eau. On a pratique ce procédé sous ses yeux dans une des contrées qui c,dtivent abondamment l’arbrisseau à thé.
- hors d’un voyage subséquent, il a vu généralement employer des moyens infiniment plus naturels et plus Assurants pour les consommateurs. On croit pouvoir allirmer que telle est la méthode, à la fois agréable et salubre, au moyen de laquelle est préparée la presque totalité des thés verts.
- Fabrication des thés verts.
- ^ Les feuilles fraîchement cueillies, on les étale en couches peu d’épaisseur sur des claies de bambous, afin de lre evaporer leur excès d’humidité; deux à trois heures quelquefois un peu plus sont nécessaires, suivant l’état hygrométrique de l’air.
- r\ . 1
- , un tient préparées de larges plaques de tôle ayant sous es un feu vif et clair. Sur ces plaques on jette une por-l0n des feuilles qui viennent de sécher un peu. Surprises 1 ar la chaleur, leur sève qui s’échappe les fait crépiter;
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- bientôt elles deviennent très-flasques et très-fiumides, en
- laissant échapper une épaisse vapeur.
- Après quatre à cinq minutes de feu les feuilles sont assez desséchées; la dessiccation produite, on les jette sur une table à pétrir que plusieurs ouvriers environnent. Chacun d’eux prend une portion des feuilles entre ses deux mains pour les presser sur la table, les tordre, les retordre et les comprimer en boule; la compression en fait sortir la sève, dégagée sous forme d’humidité. Ces boules sont souvent lancées à tour de bras sur la table, puis passées de mam en main pour arriver au chef ouvrier, qui juge si les feuilles ont reçu non-seulement la pression, mais la torsion convenable. Ce résultat obtenu, les boules sont retirées de la table qui servait à les manipuler; puis elles sont désagrégées et dispersées sur des plateaux de bois.
- Quelque temps après, on reporte les feuilles ainsi désagrégées sur la tôle à rôtir, que chauffe un feu lent et continu de charbon de bois. On les remue vivement avec la main quand elles viennent d’être chauffées. Quelquefois on les rejette sur la table à pétrir, pour les rouler et les tordre de nouveau. Au total, il suffit d’une heure ou d’une heure et demie pour que les feuilles soient parfaite-ment séchées. Alors leur couleur verte est fixée : il n’y <l nul danger quelles deviennent noires. Cette Couleur verte semble d’abord assez terne; mais, avec le temps, la nuance des feuilles ainsi préparées devient très-brillante.
- Du triage des diverses espèces de thés verts.
- 11 reste à faire une' autre opération : on vanne les feuilles. On les fait passer dans des tamis de différentes finesses : d’abord, pour expulser les impuretés et les corps étrangers; ensuite, pour obtenir à part les diverses especes
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- de thés connus sous les noms de twan-kai, hyson, jeune hyson, poudre à canon, etc. A mesure qu’on procède à cette séparation, les diverses espèces obtenues sont passées au feu : les espèces communes y passent une seule fois; les espèces de plus en plus fines y passent deux, trois et jusqu’à quatre fois. La couleur verte se prononce de plus en plus vive, et les feuilles des espèces supérieures prennent la teinte mate d’un vert bleuâtre.
- Ce qui caractérise cette préparation des thés verts, cest quon commence à chaulfer les feuilles très-peu de temps après les avoir cueillies, et qu’on les sèche rapidement aussitôt après quelles ont été roulées et tordues.
- Préparation des thés noirs.
- Pour préparer les thés noirs, on laisse longtemps les feuilles étalées sur des nattes de bambou : douze heures, par exemple. On les ramasse à deux mains; on les jette en l’air, de manière*quelles retombent sur la natte; on les comprime ensuite légèrement à la main pendant un temps considérable. Quand les feuilles ainsi maniées s°nt devenues souples et flasques, on les réunit, on les ^et en tas pour une heure au moins. Déjà leur couleur est un peu changée; on les trouve douces au toucher; olles sont moites et répandent une odeur aromatique.
- Quant à la seconde partie des procédés, les opérations sur la tôle à rôtir et sur les tables à pétrir sont exactement les mêmes que pour les thés verts.
- Le manipulateur reprend les feuilles; il les répand SUr des cribles et les y laisse pendant trois heures, en les séparant à la main les unes des autres. De tous les
- temps ln meilleur est un jour serein, sec et non trop chaud;
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- Les feuilles, alors, ont perdu beaucoup de leur moiteur et de leur volume. On les fait passer une seconde fois sur la tôle à rôtir pendant trois à quatre minutes, pour être de nouveau roulées et tordues sur la table à pétrir.
- Le feu de charbon de bois est prêt. On place dessus un panier circulaire évasé par les deux bouts; on pose dans ce panier un tamis chargé d’une couche de feuilles épaisse de cinq centimètres. Au bout de cinq à six minutes, pendant lesquelles on surveille attentivement l’action de la chaleur, on retire les feuilles du panier, puis on les pétrit une troisième fois. On les disperse.de nouveau sur une claie; ensuite on les expose un peu plus longtemps au-dessus du feu; quelquefois même on quadruple l’opération. Alors les feuilles ont complètement acquis la couleur noire.
- Ces manipulations diverses terminées, les feuilles qui les ont subies sont introduites en' masse épaisse dans la partie supérieure du panier évasé des deux bouts, afin quelles éprouvent de nouveau la chaleur du charbon de bois. Avec la main on ouvre un passage à la vapeur du charbon, au centre des feuilles de thé. On couvre le tout au moyen d’un panier plat, quand le chauffage a beaucoup diminué.
- En cet état, la couleur noire est suffisamment prononcée; elle deviendra plus brillante avec le temps.
- Description des moyens de produire des thés odoriférants.
- Non contents d’avoir obtenu tant de variétés de the naturel, les Chinois ont cherché les moyens d’ajouter pur le sens de l’odorat aux jouissances du goût que leur procure ce breuvage délicat.
- C’est dans la province de Canton qu’est pratiquée celte
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- élégante industrie; c’est là qu’on l’a portée au dernier (!egré de perfection.
- Une grande fabrique établie dans file de Ho-nan, en face de Canton même, va nous révéler les procédés de cette opération..
- Le thé noir est celui qu’on emploie, et qui provient de la province. Un grand nombre de femmes et d’enfants l’épluchent afin d’en ôter les pédoncules et les feuilles défectueuses, jaunes ou brunâtres. Leur paye est en proportion du travail accompli; malgré cela, le gain moyen d’une longue journée ne dépasse pas 27 centimes par jour. Une Paye si faible est donnée à la porte d’une opulente cité, peuplée d’un million d’habitants.
- Aux hommes est confié le soin, i° de délivrer le thé hrut aux femmes, aux enfants, et de le recevoir trié; 2°de le passer à travers des tamis de plus en plus fins, pour separer les sortes diverses et l’espèce supérieure appelée câpre. Cette dernière est ainsi nommée parce que la forme sphérique et le faible volume auquel on réduit chaque feuille de thé font quelle finit par ressembler aUx petites graines cueillies sur le câprier.
- Dans un local extrêmement propre, qu’on ménage à part, on dépose un amas considérable de fleurs d’oranger. Il faut qu’elles soient fraîchement cueillies, et cueillies à Point : je veux dire à ce degré d’épanouissement qui va permettre au parfum de se transmettre avec toute sa Puissance. Sans perdre de temps, un ouvrier étalera les Heurs, d’un doigt léger il en ôtera les étamines et les pétales atrophiées ou trop petites, pour ne laisser que les larges, qui sont riches en arôme. Parce triage on réduira h Un tiers le poids de la matière odoriférante, dans l’in-terêt du parfum même.
- D’autres ouvriers n’ont pas apporté de moindres soins
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- à trier une dernière fois ainsi qu’à sécher complètement le thé qu’on veut parfumer; en cet état précis, qu’il faut saisir, il est doué d’une grande faculté d’aspiration hygrométrique. On en va tirer un habile parti.
- A cent portions d’un thé si bien préparé il faut joindre quarante parties des grandes pétales d’oranger préparées comme il vient d’être expliqué, puis mélanger avec soin ces feuilles et ces fleurs. Il faut ensuite, pendant vingt-quatre heures, tenir ce mélange dans un vase clos et pénétré d’une chaleur douce. La nature alors agit avec une admirable efficacité. D’un côté, le thé se trouve mis dans l’état qui lui procure sa plus grande force d’absorption hygrométrique; de l’autre côté, la fleur, doucement échauffée, dégage par ses moindres pores son humidité naturelle, humidité chargée de parfums qui s’introduisent avec elle'dans les pores ouverts des petites feuilles de thé.
- Qu’on ajoute ou qu’on retranche des termes scientifiques afin d’expliquer cette physique aussi simple que charmante, elle n’en sera ni plus ni moins ingénieuse, ni plus ni moins rigoureuse, et le procédé paraîtra toujours ce qu’il est : simple et parfait.
- Au point où l'opération*est parvenue, il faut dissiper le peu d’humidité que les fleurs ont transmise au thé. C’est ce qu’on fait en plaçant de nouveau sur un feu de charbon de bois le thé déposé dans des corbeilles ou place sur des tamis sous des enveloppes préparées pour la dessiccation. Ensuite on crible le mélange; les petites feuilles de thé, transformées en globules par les précédentes manipulations, passent à travers le tamis, et les pétales d’oranger, déjà dépouillées de toute partie trop petite» restent au-dessus.
- Pendant les premiers temps, le parfum qu’on acommn-niqué semble bien léger; mais, pareil à l’odeur suave par'
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- Meulière à la feuille même du thé, il se développe progressivement. Après un empaquetage de huit à quinze jours, si le thé ne semble pas assez aromatisé par une première opération, elle est redoublée; quelquefois même eHe est triplée.
- On n’emploie pas uniquement la fleur d’oranger. Cette fleur est fréquemment remplacée par celle du jasmin, A°nt l’odeur est encore plus persistante, et par d’autres fleurs. En voici l’indication :
- Énumération des fleurs employées à parfumer le thé.
- 1. Rose très-odorante (tsing-meï-koueï-hoa).
- 2. Fleur de prunier double (meï-hoa).
- 3*. Jastninum sambac (mo-li-hoa).
- 4 • Jasminum paniculalum (sieu-hing-hoa).
- 5*. Aglaïa odorata (lan-hoa, ou yu-tchu-lan).
- 6. Olea fragrans (koueï-hoa).
- 7 • Fleur d’oranger (tchang-hoa).
- &*• Gardénia florida (pak-se-ma-hoa).
- Les Chinois varient la proportion des fleurs, suivant la ^cilité plus ou moins grande avec laquelle est commu-^flué leur parfum.
- Proportion des fleurs employées à parfumer cent parties de thé.
- 1 Fleur d’oranger ;
- ^es.. 4q
- 2° de jasmin (sambac). 3o de paniculatum... î o
- 4o
- 3° d’aglaïa.
- ÎOO
- h
- Afin de parfumer l’espèce aussi rare qu’estimee de thé yson-pékoë, on exige l’emploi de la fleur appelée olea
- Les
- genres de fleurs marqués d’un astérisque sont les plus employés.
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- fragrans. Ce thé procure le breuvage le plus délicieux et le plus rafraîchissant; mais il faut le prendre, suivant l’usage des Chinois, sans lait et sans sucre.
- Voici quel était à Canton, en 1855, le prix des fleurs destinées à parfumer le thé : on les payait deux francs par kilogramme, et pour ces deux francs on aromatisait deux kilogrammes et demi de thé. En i84o, on a paye ces fleurs trois fois plus cher.
- Il paraît qu’on peut à 6o kilogrammes de thé fortement parfumé mêler îoo kilogrammes de thé qui soit encore îi l’état naturel; le mélange conserve un degré d’arome dont se contente le commerce européen 1.
- Durée du parfum des thés.
- Le thé qu’aura parfumé l'olea fragrans retiendra pendant une année son odeur exquise; mais l’année d’api’eS il la perdra tout entière. S’il en reste quelque chose que les sens puissent percevoir, ce ne sera plus qu’une odeur oléagineuse rance et désagréable.
- ‘Le thé parfumé qu’on obtient avec la fleur d’oranger et le jasmin conserve suffisamment l’odeur délicate dont il est imprégné pendant deux et quelquefois trois années; avec le jasmin paniculé, cette conservation dure pendaut trois à quatre ans; avec faglaïa, prétend-on, pendant cinq et même six ans. Cette dernière préparation est celle que les étrangers aiment le plus, quoiqu’au goût des Chinois elle ne soit placée qu’au second rang.
- Les marchands distinguent les thés odoriférants sous
- 1 «On voit, dit M. Fortune, que le procédé de parfumage des thés, ainS1 que la plupart des arts en Chine, est extrêmement simple dans sa nature et de la plus complète efficacité. » Le thé sec possède une grande facui d’absorption d’humidité; il est éminemment hygrométrique.
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- le nom de pékoë-orange parfumé et de câpre parfumé. Gomme nous l’avons déjà dit, la presque totalité reçoit a Canton cette délicate préparation ; et le thé qu’on emploie provient d’un district nommé Taï-ch an, dans la pro-vince de Kouang-toung.
- Observations générales sur la classification des thés.
- Par la forme sphérique et le petit diamètre de ses feuilles massées, le thé câpre est au premier rang des thés noirs, comme la poudre à canon et l’impérial occupent ce rang parmi les thés verts. Lorsqu’on veut séparer Ces espèces supérieures, il suffit d’un crible assez fin pour ne laisser passer que les plus petits entre les globules. On Se trompe étrangement quand on suppose que ces espèces supérieures sont obtenues, de prime abord, par un pro-particulier; celui-ci serait beaucoup trop dispen-
- ^ une meme récolte de thé l’on obtient 70 pour cent -orange, 25 de sou-tchong et seulement 5 de e eapre. Il y a d’ailleurs des moyens d’accroître cette Proportion si faible du thé câpre.
- Comment on rend utiles les rebuts du parfumage.
- ^ Les Chinois ne sont pas gens à perdre quelque chose.
- Gs rehuts et le poussier même du triage, dans l’atelier de Parfumerie, sont vendus à bas prix sur les lieux; souvent s natifs s en servent pour composer des thés menteurs, ternps à autre parviennent jusqu’au marché si °uton d Angleterre. Les pédoncules et les feuilles mortes, le les enfants ont retirés du bon thé, sont aussi vendus UX habitants de la Chine.
- i?*troduction. — in. 13
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- On donne aux pauvres les fleurs après quelles ont transmis au thé leur parfum ; en épluchant les fleurs ainsi dépouillées d’arome, les indigents en retirent les quelques feuilles de thé que n’ont séparées ni le crible ni le vannage.
- Certaines fleurs très-puissantes, par exemple l’aglaïa, après avoir fourni la principale portion de leur arôme, en conservent assez pour servir à préparer les cierges odorants imités du Tibet par les Chinois.
- Complément des procédés manufacturiers pour obtenir les thés pék°e~ orange et les thés noirs de première qualité, dits thés câpres.
- Les plus grands et les meilleurs ateliers où l’on fabrique ces deux espèces distinguées sont établis dans file Ho-nan, qui fait face à la ville de Canton.
- Les manufactures de thé sou-tchong, dans lesquefleS on emploie ce procédé, sont de vastes bâtiments à deux étages. On réserve le rez-de-chaussée pour pratiquer diffë' rents procédés; l’étage supérieur est rempli de femmes et d’enfants occupés à trier les thés, puis aies assortir.
- Pour le thé câpre, on tire les feuilles du Taï-chan, dis' trict qui se trouve à quelques milles de Canton. On trau«' porte ces feuilles à.la manufacture après quelles ont ete chauffées, roulées, séchées, et qu’on a fixé leur couleui*
- En cet état, le thé semblerait grossier et bien peu falt pour la vente à l’étranger. Dans file de Ho-nan, on c°w mence par refaire ce thé. On en prend 10 à i5 kil° grammes qu’on jette dans une bassine de cuivre propre à l’assécher, et déjà chauffée à cet effet. Un ouvrier el1 asperge les feuilles au moyen de l’eau d’un autre bassi*1 et les retourne rapidement avec ses mains. Les feuiHeS absorbent le liquide, ce qui les rend souples et flexiblfiS’
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- elles deviennent par là susceptibles de prendre des formes nouvelles sans se briser ni se réduire en poussière. Ainsi préparées, on les jette dans un sac solide, dont la gueule est bien serrée et ficelée, pour en faire un ballon sphé-rique. Ce ballon jeté par terre, un homme piétine dessus, afin d en réduire le volume. De temps à autre on rétrécit ta sac en tordant de plus en plus la partie libre de la toile et serrant plus court avec le cordon. On recommence à piétiner sur le ballon, après l’avoir tordu des deux mains ; 0n reduit ainsi son volume jusqu’à ce qu’il devienne dur ^ presque incompressible. On le laisse en cet état pen-ant dix à douze heures.
- fita moyen de comprimer, de tordre et de rouler alternativement fait perdre aux feuilles la plus grande partie e leur humidité. En même temps on leur donne une me ronde, qui devra se perfectionner encore par la pression quelles auront nécessairement à subir pour res-Senabler à la cendrée des balles de fusil ou bien à des graines sphériques de câpres.
- laf^ Ine^eure espèce de thé câpre prend naturellement orme globulaire lorsque l’on confectionne le sou-tchong °U k°ngou; mais ne s’en fabrique ainsi que cinq parties oent. La plus grande partie du thé câpre est faite Par un moyen supplémentaire, comme il vient d’être indi-pour être livrée au commerce extérieur. e procédé que nous avons décrit peut servir égale-Iïlerit à préparer les thés verts connus sous les noms de Poudre à canon et d’impérial: cela se pratique certaine-à Canton.
- Danrès qu’en a dit M. Fortune, quand on a plus pour des thés soit impérial, soit poudre pe^an°n’ 0n Prend du thé câpre noir; alors, chose à e croyable, on le manipule avec du plâtre et du bleu
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- de Prusse, et l’on en fait de ces espèces de thés verts estimées entre toutes.
- Le pékoë-orange est ainsi nommé parce que son infusion dans l’eau chaude offre naturellement une teinte dorée; on le confectionne, comme le thé vert hyson, avec les tendres feuilles qui commencent à se déployer au printemps. On obtient ainsi le plus délicat des thés verts; mais trop souvent on en grossit la quantité par l’addition de thés verts ordinaires.
- Fabrication des thés menteurs et des faux câpres.
- La ville de Canton, célèbre pour l’excellence de ses vrais thés parfumés, est fameuse aussi pour la production des thés menteurs ou faux thés.
- On en fabrique avec des rebuts et de la poudre de feuilles de thé reliés par une substance muciiagineuse, mélange de riz et d’eau, qu’on fait pleuvoir légèrement sur des couches de cette poussière. Chaque globule de ce gluten attire des parcelles de thé, grossit sa sphère et la consolide; ce qui donne à l’ensemble l’aspect sphérique du thé câpre. Cette fraude est grossière. De tels produits ne pourraient pas être envoyés en Europe sans une connivence que ne voudrait accepter aucun marchand respectable, on seulement prévoyant; car il serait bientôt déshonoré.
- M. Fortune démontre aussi que les thés où l’on trouve en Angleterre, au fond de la théière, des feuilles de pra' nellier ou de hêtre, sont bien plutôt sophistiqués par ses concitoyens que par les Chinois.
- Le dégustateur des thés.
- Dans les ports de la Chine ouverts aux étranger5»
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- chaque maison respectable soit d’Europe soit d’Amérique, et le plus grand nombre est respectable, possède un dégustateur. On l’emploie pour reconnaître et repousser les faux tbés, pour discerner et pour indiquer exactement la classe et la qualité de chaque partie de vrai thé présentée par les producteurs.
- CULTURES INDUSTRIELLES.
- Nous n’offrirons avec quelques développements que deux cultures non alimentaires, celle du cotonnier et celle du mûrier, l’une et l’autre d’une extrême importance. Nous les ferons précéder d’indications très-brèves sur des arbres et des plantes qui ne peuvent pas être placés au «rême rang.
- Quelques indications sur certains arbres et sur des plantes textiles remarquables pour leur utilité.
- L’arbre à suif (stillingia sebifera).
- Ce qu’on doit observer au sujet de cet arbre, que nous voudrions voir importé du moins dans l’Afrique française, c est le parti qu’en tire l’industrie.
- Moyen d’obtenir le suif végétal.
- P
- u novembre et décembre, lorsque les feuilles sont ^ ees delles-mêmes, on les recueille pour les séparer lai ^raines* ^es graines sont versées dans un baquet circu-oj6’ ^ ^ond percé d’un grand nombre de petits trous.
- Pose ce baquet dans une chaudière cylindrique en 1er
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- haute de deux décimètres et remplie d’eau; ensuite on
- chauffe, et la graine est de la sorte soumise au bain-marie-
- Cinq à six chaudières sont établies en ligne droite sur
- un long fourneau chauffé seulement par une extrémité-
- Pour combustible on emploie des herbes sèches et des
- pailles de riz, qui projettent une flamme vive, laquelle
- court sous toutes les chaudières; douze à quinze minutes
- suffisent à la chaleur pour amollir les graines à suif. Ces
- graines sont ensuite jetées dans un grand mortier de pierre,
- où des ouvriers les battent doucement avec des maille^
- en bois. Cela fait, on les étend sur un crible métallique
- 'f
- un peu chauffé; puis on tamise, et par ce moyen le suu est séparé. Le plus souvent on recommence l’opération du cylindre, afin que rien ne soit perdu. Ce qui reste de la semence est pressuré pour donner de l’huile.
- Vient ensuite une dernière opération, pour clarifie1" le suif végétal et le réduire en pains cylindriques.
- Les résidus des graines, après l’extraction du suif et de l’huile, servent tantôt comme combustible et tantôt comme ' engrais.
- Usage du suif végétal.
- Les Chinois emploient surtout le suif végétal pour eiï faire des chandelles et des cierges. Durant la chaleur de l’été, le contact de l’atmosphère ferait fondre ce sunV les chandelles qu’il sert à fabriquer n’étaient pas en^e loppées d’une mince couche de cire d’abeilles, ordinaife ment colorée : le jaune, le rouge, le vert et le bleu s° les nuances qu’on préfère.
- Les cierges destinés aux cérémonies religieuses s0 très-volumineux, et décorés soigneusement avec des ca ractères en or.
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- L’arbre qui porte l’insecte à cire.
- Cest une espèce de frêne; on le trouve en abondance Pfes des canaux et des lacs, dans le Tche-kiang. Quand les msectes qui produisent la cire ont accompli leur travail Sur les feuilles de l’arbre, ces feuilles ont l’air d’être courtes de flocons de neige. Telle est la cire qu’on recueille dont le prix est élevé. C’est peut-être à raison d’une telle cherté qu’un produit dont les Chinois font beaucoup de cas figure peu dans les exportations.
- Arbre à savon (cæsalpina).
- Les gousses charnues de cet arbre sont fort employées en guise de savon; elles sont en vente dans toutes les villes ayant un marché.
- L’arbre à vernis de la Chine.
- Le vernis de la Chine est recommandable pour l’éclat
- Tld donne au poli des meubles de luxe, et l’on con-
- ïlai* beauté de ces Jaques où la puissance de la couleur
- eSt haussée par le glacé resplendissant du vernis : telles
- 0ïl* les œuvres d’art que les Européens achètent à Canton.
- Ce vernis a l’inconvénient d’agir souvent comme un
- dangereux : aussi les ouvriers qui s’en servent ont-
- soin de prendre des précautions infinies. Lors même
- T1 il est appliqué, qu’il semble tout à fait sec et que son
- eur a disparu, son usage est encore périlleux pour cer-
- . es institutions délicates : c’est ce qu’a tristement
- Trouvé M. Jones, consul des États-Unis à Fou-tcheou-
- lou.
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- Autres arbres utiles.
- Aux arbres que nous venons de citer il faudrait ajouter l’oranger, le citronnier, le jujubier, le cannellier, l’ani-sier étoilé, puis beaucoup de grands végétaux utiles qui sont fournis par les climats tempérés et par les climats du nord de la Chine.
- Palmier à chanvre (cryptomeria japonica).
- C’est un arbre remarquable pour sa beauté. Avec les palmes qui le caractérisent, le Chinois fait des manteaux à larges collets et d’énormes chapeaux coniques ; il se procure ainsi d’excellents préservateurs contre le soleil et lu pluie. Les fibres du palmier à chanvre sont d’une grande importance commerciale dans les marchés du pays.
- L’analogie du sujet nous conduit à parler d’autres plantes textiles estimées et fort abondantes en Chine.
- La jute.
- La jute est une plante qui fournit des fibres tenaces, propres à des tissus communs. Les Européens, et surtout les Anglais, en font un usage qui s’accroît chaque année; ils la tirent surtout de l’Inde.
- Chanvre gigantesque.
- On cultive une espèce de chanvre qui s’élève à quatre et même à cinq mètres de hauteur. On l’emploie priU' cipalement à fabriquer des cordages.
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- Ortie blanche (urtica nivea) : draps d’herbe.
- Les fibres de cette plante servent à produire J es belles toiles que les Anglais ont appelées grass-cloth [drap d'herbe). L’est à Canton qu’on les fabrique, et qu’elles sont vendues aux Européens ainsi qu’aux Américains. Le chiffre de ces ventes est si faible, qu’il ne figure point sur les états statistiques officiels.
- Des joncs qui servent à faire des nattes.
- Les Chinois tirent de leurs joncs un parti considérable : en font des nattes vraiment belles et d’un très-grand Usage; étendues comme tapis légers et frais dans les appartements, elles conviennent surtout pendant les chaleurs; les Chinois s’en servent pour dormir dessus. Les Européens apprécient les qualités de ces nattes.
- Plante qui fournit le papier de riz (aralia papyrifera).
- Le riz et ses pailles sont parfaitement étrangers au pa-PJer de la Chine connu sous le nom de papier de riz.
- La plante qui sert à cet usage est appelée par les bota-*jlstes aralia papyrifera. Elle s’élève jusqu’à la hauteur de eux mètres, sans aucunes branches, excepté près du som-lïlet- La tige principale a de quinze à vingt centimètres de tour et diminue très-peu de grosseur jusqu’à sa tête. A la ^nière des palmiers, elle offre dans sa partie supérieure faisceau de belles et larges feuilles étalées au bout longs pédoncules. Les tiges renferment une moelle très-ondante, surtout en approchant du sommet de celles poussent avec vigueur. Cette moelle, dont la blan-
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- cheur est éclatante, sert à fabriquer les papiers délicats qu’on appelle papiers de riz, uniquement parce qu’ils ont la blancheur du riz dépouillé de son enveloppe jaunâtre.
- Dans l’île Formose on cultive très en grand le toung-tsao, dont la moelle est employée comme nous venons de l’indiquer. Cette matière est achetée dans le seul port de Fou-tcheou-fou pour une valeur qui surpasse i 5o,ooo fr-par année.
- Le bon marché du papier qu’elle sert à fabriquer et le grand usage que les Chinois font de ce papier démon-trent quelle doit être l’abondance de la plante même-C’est un arbrisseau qui, par l’élégance de sa tige et par la forme de ses feuilles, pourrait être un très-bel ornement dans nos jardins méridionaux, ou du moins dans nos jardins de l’Algérie.
- Papier quon fabrique avec les fibres de l’écorce du mûrier.
- L’immense quantité de mûriers cultivés en vue de nourrir le ver à soie permet de préparer abondamment les fibres empruntées à l’écorce de cet arbre pour fabriquer le papier.
- Fabrication du papier de bambou.
- On donne au papier fait avec les fibres du bambou divers degrés de finesse et d’épaisseur. Ces degrés varient suivant les usages auxquels on le destine, soit pour écrire* soit pour servir de tentures blanches ou coloriées, °u simplement pour enveloppe d’emballage. On en fait même de très-grossier qu’on mêle avec du mortier quand on construit des murs en briques.
- On fait séjourner le bambou sous l’eau pour ainolbr
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- ta partie de sa substance qu’on veut transformer en papier. Après en avoir ainsi ramolli les tiges , on les fend en baguettes étroites, on les sature de chaux et d’eau jusqu’à taur faire perdre toute rigidité; puis on les bat dans des Mortiers pour en faire une espèce de pâte. On met cette pâte étendue d’eau dans une chaudière, en la faisant bouillir jusqu’à certain degré; elle peut ensuite être employée à fabriquer le papier.
- La plus belle espèce de bambou, particulière à la Chine.
- Cette espèce s’élève de seize à vingt mètres. Sa tige est parfaitement droite, sa surface est nette et polie. La partie inférieure, avant les branches, va jusqu’à dix mètres de hauteur, et dans la partie supérieure les branches sont si légères, si semblables à des plumes, quelles ne nuisent pas à la continuité parfaite de la maîtresse tige. Ces arbres produisent l’effet le plus pittoresque; ils ont des qualités autrement précieuses que la beauté de l’aspect.
- Leur bois est d’un grain si fin et les fibres en sont si douces, si faciles à tailler, à sculpter, qu’il devient par là très-précieux pour les arts.
- Ces fibres servent à tisser des paniers et des corbeilles des formes les plus variées et les plus élégantes. On emploie le bois même à des objets d’ornement sculptés ou graves, à de belles marqueteries, à l’ébénisterie la plus parfaite. En résumé, ce bois est précieux, et pour tous les Usages ordinaires, et pour d’autres très-délicats auxquels 116 Serait pas propre le bambou de l’Inde.
- Comme toutes les espèces de bambou, celle-ci pousse avec une extrême rapidité; elle accomplit sa croissance en Peu de mois. On a trouve quelle croît, au maximum, de Slx à sept centimètres en vingt-quatre heures, et quelle
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- pousse encore plus vite pendant la nuit que pendant le
- jour.
- C’est dans les plaines situées au midi de l’Yang-tzé-kiang que croît cette admirable espèce de bambou.
- Multiplicité des usages du bambou ordinaire
- Nous allons offrir une énumération considérable et pourtant fort incomplète. Les Chinois emploient le bain-bou commun pour faire des chapeaux, des boucliers militaires, des ombrelles légères, des semelles de sou-liers, des mesures variées, des paniers, des rubans, des bâtons de chaise, des tuyaux de pipe, des porte-crayons, des treillis de jardins, etc. On fait des oreillers avec ses copeaux; avec ses feuilles on confectionne un manteau rustique, excellent contre la pluie; on s’en sert pour tisser des voiles et des tentes de navire et faire des paniers de pêche. En agriculture, on l’emploie pour confectionner la charrue, la herse et d’autres instruments aratoires; ^ entre comme partie essentielle dans la célèbre roue qul sert à l’arrosage des terres. On en fait des conduits pour amener l’eau pure depuis les sources situées dans les mon* tagnes jusqu’à des couvents ou des habitations privées, on traversant des vallons.
- Il sert à confectionner les tables sur lesquelles on route les feuilles de thé. On en fait les petits bâtons qui remplacent les fourchettes des Européens.
- On mange les jeunes pousses de bambou, qui sont d’un goût fort délicat. On les vend au marché, en quantités considérables, pour tenir lieu de nos épinards et de nos salades. On les met dans la soupe, comme nous y mettons nos choux, nos navets et nos carottes.
- Avec les tendres pousses du bambou, le confiseur ap' prête des mets sucrés et des confitures.
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- Cette longue énumération d’usages si disparates ne contient pas la moitié de ceux que les Chinois ont imaginés.
- Des jardins de la Chine.
- On peut voir dans les trois ouvrages qu a publies M. Fortune une foule de descriptions toujours savantes, et quil sait rendre agréables lorsqu’il décrit les jardins de la Chine. Il a fait servir ses quatorze ans de voyage dans ce pays, si bien nommé la terre des fleurs, à remplir la charmante mission d’envoyer dans les jardins de I Inde et de 1 Europe une foule d’arbres.et de plantes, en partie pour 1 ornement, en partie pour l’utilité.
- Rien ne pouvait distraire son genie observateur. C est ainsi qu’à Chang-hai, lorsqu’il se rend chez un magistrat supérieur que les rebelles viennent d’assassiner, cette scene de carnage ne l’empêche pas de remarquer en passant et de caractériser botaniquement un arbre rare, °rnement de la cour qui touche au lieu du massacre.
- Nos voisins d’outrc-mer seraient bien surpris si nous disions que longtemps avant eux les Chinois avaient in-Venté les jardins anglais. Mais, avec l’excessive division du s°l et la médiocrité de la plupart des fortunes territoriales, l’imitation de la nature est obligée de tout réduire a des proportions microscopiques. De là le ridicule dun très-grand nombre de jardins chinois, ridicule qui s est propagé quelque temps en Europe et surtout en
- France.
- grandes cultures non alimentaires.
- Rarmi les cultures les plus considérables de la Chine, Pres celle des céréales, nous avons annoncé celles du
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- cotonnier et du mûrier. Nous les examinerons successi
- vement.
- Culture du cotonnier.
- Cette culture présente une variété très-remarquable dans les fertiles provinces dont le centre est à Nankin-Elle donne ce coton d’une teinte jaune naturelle qul produit le tissu longtemps célèbre sous le nom de nankin-
- C’est une plante qui s’élève d’un mètre à douze décimètres. Ses branches ou pousses sont annuelles. Ses fleurs sont d’un jaune foncé, comme la teinte de la mauve; elles ne brillent qu’un moment, lors de la fécondation-Les gousses qui contiennent la semence et le duvet cotonneux grossissent ensuite avec rapidité; l’enveloppe extérieure éclate à l’époque de la maturité et met à découvert le duvet textile. Tel est le gossypium herbaceum des botanistes b
- Pour cultiver avec succès le cotonnier, il faut une terre qui ne soit pas naturellement inondée comme pour cultiver le riz. La vaste plaine qui s’étend depuis Nankin jusqu’à la mer réunit tous les avantages, excepté dans les parties tout à fait basses. L’industrie du tissage s est naturellement développée au centre de la production.
- Le sol de cette plaine, aux environs de Chang-hai» est une forte et riche terre végétale offrant une couche féconde fort épaisse ; peu d’engrais suffisent pour maintenir inépuisable.
- Afin de se procurer un engrais puissant, dès les pre' miers jours d’avril, les Chinois curent les étangs, les canaux et les fossés. A cet effet, ils commencent par épuiser
- 1 Les plants de coton jaune donnent parfois du coton blanc; c’est u°e variété qui n’est pas absolument persistante.
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- une partie des eaux. Ensuite iis retirent la vase enrichie par les détritus de plantes aquatiques, et qu’ont plus ou moins anirnalisée les poissons et les insectes : vase accrue par les riches alluvions des terres les plus hautes, qu’ont entraînées les fortes pluies. La matière ainsi retirée est d’abord mise à sécher près des lieux d’extraction. Aussitôt qu'elle est égouttée, on la répand sur les champs, déjà labourés et destinés à la culture du cotonnier. On emploie également pour engrais les balayures des routes et lçs cendres qui proviennent de débris végétaux brûlés.
- H existe beaucoup d’exploitations si limitées que le cultivateur n’a pas même une petite charrue tirée par un seul buffle; alors il fait son travail à la main.
- Aux environs de Chang-hai, les Chinois récoltent leurs 8rains dans les premiers jours de mai; assez souvent ils °ut, dès la (in d’avril, semé la graine de coton au milieu des céréales encore sur pied. La moisson accomplie, le cotonnier est déjà sorti de terre, haut à peu près d’un ecimètre; il va pousser avec une vigueur nouvelle, par a double action de l’air et de la chaleur. Si l’on avait étendu la fin de la moisson pour ensemencer le coton-nier> son fruit n’aurait pas été mûr avant les froids d’au-tomne; or les gelées lui sont funestes.
- Cette méthode mixte a l’inconvénient de ne pas permettre une nouvelle préparation du sol et le versement Un nouvel engrais; elle ne pourrait être continuée sans
- mtermittence.
- Souvent on n’attend pas que les tiges des cotonniers soient enlevées pour répandre d’autres semences qui donneront un nouveau genre de récoltes.
- Ainsi que déjà nous l’avons fait remarquer, et qui! I^nt sans cesse l’avoir présent à l’esprit, toutes les méthodes do culture pratiquées par les Chinois sont fondées sur
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- l'abondance et je dirais presque sur la profusion du travail
- humain; chose indispensable pour faire vivre du labeur
- agricole une immense population. Nous en trouvons ici
- l’exemple.
- S’agit-il d’ensemencer le coton : après en avoir jeté la graine à la volée, les laboureurs parcourent le champ tout entier en piétinant sur les semences pour les enterrer avec soin.
- Allez demander des soins de ce genre en Angleterre par exemple, où l’on n’emploie qu’un être humain, hommes, femmes, enfants compris, pour cultiver trois hectares de toute nature!
- Lorsque les diverses opérations dont nous venons de parler sont accomplies, le changement périodique des moussons amène des pluies chaudes chargées d’électricite. A partir de cette époque, la végétation, si nous pouvons ainsi parler, s’élance avec une rapidité prodigieuse.
- A la Chine, le changement régulier des moussons est le directeur naturel d’une foule de travaux champêtres*
- Écoutons à ce sujet le jugement de l’agronome qui nous sert de guide, et qui ne parle jamais que des travaux qu’il a vus de ses yeux: a En Chine, chaque opération agricole paraît accomplie avec la plus grande régularité, aux époques précises que l’expérience a démontrées les meilleures. »
- La culture du coton demande des soins perpétuels* S’il pousse trop dru, il faut en arracher une partie ; on a besoin de remuer la terre autour des racines, d’arracbei les mauvaises herbes, etc.
- Les récoltes de coton ne font défaut que dans les cas où les pluies sont rares à partir du mois de juin jusqua la fin d’août; des pluies plus tardives ne remédient paS au mal.
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- Le cotonnier fleurit entre la fin de juillet et la fin d’oc-tobre. Comme les capsules ou gousses qui renferment le c°ton éclatent et s’ouvrent chaque jour, il faut les récolter Sans intermittence : on empêche ainsi qu’elles ne tombent par terre et que leur duvet ne soit sali.
- Alors on jouit d’un spectacle charmant. Chaque après* ^11(li, des groupes de vieillards, de femmes et d’enfants se J0lgnent aux hommes valides pour cueillir les capsules °u gousses parvenues à maturité, puis les rapporter à la ferme ; souvent on voit réunies quatre générations qui se Partagent cet agréable et facile travail, richesse de la Raison. Pour la petite culture, les mains de la famille suf-Sent; dans les grandes exploitations, il faut s’adjoindre es récolteurs étrangers.
- On voit souvent les enfants conduire en laisse leurs
- Onx
- evres favorites, les charger de légers sacs remplis de 8°usses de coton et les ramener gaiement à ja ferme.
- Le caractère qu’offrent tous ces travaux, même les plus Pénibles, tels que l’élévation des eaux pour l’irrigation, . es* qu’ils s’accomplissent accompagnés du chant, des |°yeusetes et des jeux d’esprit, qui rendent plus court le et soutiennent le courage.
- Transport du coton de la ferme au marché.
- Un
- - autre spectacle intéressant est celui du transport ^ a ville. Le petit fermier, remplacé quelquefois par coulie, un portefaix, porte deux forts sacs de coton ches aux extrémités d’un bambou placé comme un 6 sur les deux épaules. Le vendeur vient chercher le e^r ac^e^eur’ ^ ne craint Pas d’aller de magasin en gasin, et défend son prix avec ténacité.
- Marchands considérables qui font ces achats net-
- ÎNTRODÜCTION. — III. , /,
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- toientde nouveau le coton que leur apportent les fermiers; ils le réduisent en balles régulières, prêtes à charger sur des jonques ou sur des navires étrangers.
- Supériorité du coton chinois bien préparé.
- Lorsqu’avec l’archet on a bien battu le coton chinois pour en dégager les nœuds et pour en chasser les n*1' puretés, les bons connaisseurs disent que ce produit na de supérieur en aucune autre contrée. Quand on l'impôt dans l’Inde, il s’y vend toujours plus cher que les cotons &e ce pays.
- N’oublions pas ici de faire remarquer que le ferrmel réserve une partie de la récolte pour les besoins de sa famille. Dans les loisirs de l’hiver ce coton sera nettoyé battu, filé, tissé; il fournira le vêtement des hommes, femmes et des enfants. Quand la famille est in tellige«te autant que laborieuse, et c’est presque toujours le cas eo Chine, les femmes, les filles, les vieillards même, au moye^ de leurs métiers, produisent bien plus de fil et de tissu n’en faut pour la ferme; on vend le surplus au marche voisin. Tous les matins, à l’une des portes de la ville, se tient un marché pour la vente des cotons tissés dans les ferme®-L’agricidteur, avec l’argent qu’il reçoit, achète du tbe et les objets d’industrie que sa famille ne peut pas confeC tionner elle-même.
- Aujourd’hui, pour mettre Lyon et Saint-Etienne e° état de soutenir la concurrence des Suisses, des Italien® ^ des Allemands, on s’efforce de restituer à la campagne
- tissage de la soie ; c’est revenir à la distribution du trava depuis longtemps adoptée pour le coton par les culhva teurs et les industriels du Céleste Empire.
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- Emploi des résidas de la culture de coton.
- Rien n’est perdu pour l’agriculteur chinois. Les tiges de la plante qui donne le coton lui servent de chauf-%e, et leurs cendres d’engrais ; les graines que n’emploiera pas la semence nouvelle fourniront de l’huile, et résidu fumera la terre. Les restes du temps et du sol lle sont pas plus négligés que les résidus des végétaux. On ^aora pas fini de récolter le coton, que des semences düne autre nature, trèfles, fèves, etc. seront confiées à ^ terre infatigable; on obtiendra par ce moyen toujours ao moins deux récoltes par année, et quelquefois trois.
- La nature a répandu largement ses dons sur la partie de l’empire dont Nankin est le centre. Non-seule-Oient c’est la contrée la plus fertile de la Chine; mais e cÜmat permet de cultiver avec perfection beaucoup de Pr°duits tropicaux, en même temps que ceux des régions tempérées de toutes les parties du globe.
- La lutte future entre les Occidentaux et la famille chinoise.
- O» „ ,
- vj est ici qu’on peut entrevoir la lutte acharnée que les Riants de Hong-kong et les manufacturiers de Man-ester brûlent de commencer avec les enfants du Céleste Empire.
- problème à résoudre sans retard, aux yeux des Dcants de percale et de calicot, est de briser les habi-
- fab
- tud
- ^ es et les travaux de famille qui déjà remontent à plus la pr°ls ^dle ans. Il faut proscrire cet humble rouet de
- 1$ f
- ^ rnae> et ces métiers à tisser qui sont pour chaque ^ age 1 occupation, la ressource du sexe faible, dans ses ents de loisir; il le faut, afin que Manchester, et.
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- Glasgow, et Preston, et quelques autres cités inondent la Chine avec leurs tissus de coton produits à la vapeur» en grande manufacture.
- On voudrait à tout prix obtenir le même succès que dans l’Inde. Or, dans l’Inde, et moins riche et beaucoup moins vêtue que la Chine, l’Angleterre enlève par a11 six cent quatre-vingt-sept millions de mètres de calicot (annee 1858) à la fabrication des pauvres familles.
- Elle y parvient chez un peuple de 180 millions de nécessiteux, au milieu de la plus terrible guerre sociale-Pareil succès obtenu dans la Chine devrait procurer à la Grande-Bretagne une fourniture annuelle supérieure à 2 milliards 49 millions de mètres pour le seul empire du Milieu : sans compter les deux Tartaries, reléguées sur le second plan de ce champ immense à moissonner.
- Heureusement chez les Chinois le génie tutélaire de la famille collective est là pour en sauvegarder les modestes industries. Quand on peut prendre à part, deu* à deux ou trois à trois, les habitants isolés d’un pays e\ tenter chacun d’eux aux dépens des autres, on peutam51 les porter à sacrifier leurs métiers de ménage; mais il nel1 sera pas de même lorsqu’on viendra dire à tout un cia*1 ' « Ne vous vêtez plus vous-mêmes et payez en argent uue façon qui ne coûte à présent que les moments perdus do vos filles et de vos femmes.» Cette économie, politi<lue ou non, tentera peu l’âpre sagacité chinoise.
- Les femmes du Céleste Empire ne gagnassent-elles 9ue 20 centimes en dix heures effectives, il faudra que l’eff0^ de la Grande-Bretagne soit immense pour en triomphé’ obligée quelle est de payer ses ouvrières 1 fr. 5o cent* à 2 francs, et ses ouvriers 2 francs, 3 francs, 4 francs, p^ dix heures de travail. Ce n’est pas tout : il faut qu^ paye en outre des transports totaux de sept à huit im
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- Üeues, et les assurances maritimes, et l’intérêt des capitaux. Ces différences balancées, il semble d’une extrême difficulté que les familles chinoises, au fond de leurs campagnes, trouvent dans le bon marché des calicots les moins coûteux, mais aussi les moins durables, de Manchester, économie réelle et suffisante pour les préférer au Sluiple et solide ouvrage de leurs mains, malgré son bas Prix naturel, et pour renoncer à des usages, à des mœurs de trente siècles.
- Cependant, comme aucun miracle d’industrie ne paraît ^possible à l’Angleterre, gardons-nous de prédire qu’un fesultat si surprenant ne sera pas réalisé quelque jour.
- Loin qu’il fût loisible à la Chine de prendre dans ^Kindostan le coton brut dont elle pourrait un jour avoir besoin, son propre coton traverserait l’Océan et l’Atlan-hque. Cette matière première irait dans le Lancastre dans le Lanark; elle en reviendrait mise en œuvre, *din d’habiller au rabais le peuple chinois. Voilà le pro-feme dont la solution complète n’élèvera pas l’ombre
- Gl
- doute aux yeux des fabricants de Manchester et de *asgow.
- I élevons un doute à notre tour. Ce Gouvernement de Ghine, si soupçonneux même à tort contre l’étranger,
- ^ patriarcal en faveur des familles indigènes, si jaloux conserver sa nationalité, disons mieux, de conserver
- Sel O ' '
- ^ grande personnalité dans l’ensemble du genre humain,
- erïlandons-nous s’il ne cherchera point par tous les'
- °yens à protéger ses industries fondamentales? s’il ne
- j>a|taPas^cet^gardée qu’ont fait les États-Unis , ce qu’ont
- ^ . es Russes, les Autrichiens, les Prussiens, les Hollan-
- ^ e* les Espagnols; ce qu’essayent de faire au milieu
- rançais les citoyens pour lesquels une industrie nationale vai » f 1 • 1 , ,,
- «eiement non moins sacre dune patrie que
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- celui d’une agriculture indigène, base de la force virile et
- d’un peuple militaire et d’une grande nation?
- La culture du mûrier et l’industrie de la soie.
- Au nord de Ning-po et de Chang-haï, on trouve une des plus vastes et des plus belles cultures du'mûrier* ménagée pour l’éducation des vers à soie.
- La terre est riche en détritus végétaux; elle est com' parable à celle qui produit les meilleures et les plus abon-dantes moissons de France et d’Angleterre. C’était priiu1' tivement une plaine d’un niveau presque parfait. On a trouvé moyen de l'onduler par de nombreuses levées à pentes très-douces : pentes sur lesquelles le mûrier se plalt mieux et croît avec plus d’avantages que si le sol éla^ parfaitement horizontal. Quant aux parties du terrai qu’on a beaucoup abaissées afin de remblayer ces levees* on les réserve pour la plantation du riz et les cultures maraîchères.
- Au motif agricole que nous venons d’indiquer, un auRe s’ajoute : les innombrables levées de la vaste plaine, c°n' sacrées à la plantation des mûriers, sont en même te&Ÿ5 nécessaires pour empêcher les récoltes d’être détruiteS par les grandes eaux qui descendent des montagnes situeeS à l’occident; elles font digue également contre les eaa* des rivières, dans la saison des pluies, et les empêché d’inonder le territoire. ^
- On profite encore, pour planter les mûriers, du bof relevé des lacs et des étangs, comme des lieux où l’arbre prospère davantage. Cet ensemble de plantations et cultures rappelle au voyageur l’aspect d’un pays tel qxie notre Bocage du Poitou et les vergers champêtres «° s’embellissent nos plaines les plus fécondes.
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- Dans le plat pays ayant pour centre Nan-tsin, les mû-llei>s ont des feuilles plus larges, plus brillantes et d’une substance plus compacte que dans lè midi de la Chine et dans l’Hindostan. Faudrait-il rapporter à pareil fait k* cause qui rend la soie de ce district la meilleure de ^Orient et peut-être du monde entier? Dans cette loca bté, les mûriers ne sont pas reproduits par semence, mais Par des plants et des greffes.
- Les arbres ou pour mieux dire les arbrisseaux sont lignés à près de deux mètres d’intervalle. On ne les laisse pas s’élever à plus de trois mètres, afin qu’il soit plus facile den cueillir les feuilles; on a soin d’arrondir l’arbuste en Pomme, laissant vide la partie centrale supérieure.
- d’après le témoignage des meilleurs juges, les cultiva-leurs font voir qu’ils comprennent les lois de la physio J°gie végétale, par les différents procédés qu’ils emploient P°ür la cueillette. Cette opération n’a point lieu quand les plantes sont jeunes, car cela nuirait à la production future, j autres fois, un petit nombre de feuilles sèches sont en-fVees des touffes, afin que les autres soient encore sur les b&es au moment où la croissance d’été sera complète; ans ce dernier cas, on laisse toujours les dernières feuilles au bout, des pousses.
- j Quand les buissons ont atteint leur pleine croissance, s jeunes pousses chargées de leurs feuilles sont coupées aU ras de la tige principale; on porte le tout à la ferme P°ui cueillir les feuilles et les distribuer aux vers à soie, j U sagit de jeunes arbres, les feuilles sont cueillies à Uaain, en laissant les pousses continuer de croître jus-1 automne. A cette dernière époque, on fait la revue pueiale des pousses; on dépouille les plus vieilles jusqu’à Un ’ Pour lesplus jeunes, on se contente de les raccourcir Peu, afin quelles puissent atteindre la hauteur qu’on
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- désire. A cette époque, on fume la terre, qu’on retourne
- profondément.
- Les Chinois, il faudrait le répéter sans cesse, ne sont guère gens à laisser le sol oisif; très-souvent entre leurs mûriers ils multiplient des cultures d’hiver, de printemps et d’été. •
- Dévidage de la soie1.
- Les cocons recueillis, une autre industrie doit com-mencer : c’est le dévidage de la soie.
- Le dévidage de la soie, dans la plaine que nous étudions, s’opère avec plus d’intelligence et de soins que dans la vallée de Canton. Suivant la force qu’on veut procurer à la soie gtége, on réunit jusqu’à huit et dix fils naturels donnés par autant de cocons. On jette d’abord ces cocons dans une bassine pleine d’eau bouillante, après que Ie bout de leurs fils est passé dans de petits trous fixes équi' distants. Au delà de ces trous, les fils sont réunis sans confusion pour opérer le dévidage. Ce système est cornp3' rable à celui des fabriques de cordages qu’on trouve en Hollande, en Angleterre, et dont j’ai donné la descripti0*1 (Force navale de la Grande-Bretagne, tome II). Avant que les soies grèges (agrégées) viennent s’enrouler sur une roue cylindrique à quatre bâtons, un mouvement alternatif» en zigzag, porte obliquement les fils sur cette roue. A Canton, l’on ne prend pas un pareil soin, et les fils sont enroulés sur le cylindre sans déviations latérales.
- Cette manipulation est opérée par un ouvrier qui, dans
- 1 Afin d’avoir un terme de comparaison grand et complet avec l’indus(rje chinoise, il importe que l’on conçoive une juste idée des inventions <lu ^ doit à l’Occident, et surtout à la France, pour tous les travaux industri ^ qui se rapportent à la soie. Nous renvoyons le lecteur au très-savant rapp du VI* Jury, rédigé par mon illustre ami le général Poncelet, t. III* arl*
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- tout son travail et sur sa personne, est d’une propreté nécessaire au succès de cette manipulation délicate.
- i Un monastère éducateur de vers à soie.
- Nous allons rendre compte de la visite faite dans un vaste monastère bouddhique, au milieu de la plaine consacrée à la culture des mûriers. Le temple portait les tristes marques de la main du temps; mais, en revanche, ta monastère et même le temple étaient convertis en magnaneries, où les soins intelligents, actifs, incessants, que les bonzes donnaient aux vers compensaient un peu ta négligence envers les idoles et leurs sanctuaires.
- Le sol entier du temple était couvert par les feuilles de mûrier et par les insectes fileurs; non que cet emplacement fût préféré : on aime mieux l’éducation poursuivie sur des claies légères suspendues en étage le long des murs; mais tout le couvent en était plein. C’était taute de mieux qu’on avait recours à l’élevage mondaine-uient pratiqué sur le pavé des lieux consacrés au culte; lieux qu’on restituait plus tard au chant, à la prière, quand tas vers avaient fini leur labeur productif et leurs métamorphoses.
- Partout régnait une extrême propreté; les claies posées en étagères étaient nettoyées à fond chaque matin. On ne laissait que fort peu de lumière arriver jusqu’aux vers.
- interdisait au loin tout bruit importun, et 1 on ne parlait qu’à voix basse, afin que les vers en croissance tassent soumis aux grands préceptes des animaux à l’engrais : éloigner d’eux le plus possible les sensations fortes et toute distraction. Ajoutons que les excellents pères bouddhistes, si fervents au culte des vers, ont été très-P°lis envers le visiteur étranger.
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- Apport des soies à la ville; mise en œuvre subséquente.
- C’est un spectacle curieux que celui des innombrables petits cultivateurs arrivant dans la ville de Nan-tsin ou dans celle de Hou-tcheou-fou avec les soies qu’ils ont récoltées et moulinées.
- Les soies, se trouvant apportées dans les magasins d& Nan-tsin par une infinité de petits producteurs, sont nécessairement fort différentes les unes des autres. Il faut que le négociant qui les centralise procède au triage, à l’assortiment, pour composer les balles homogènes que réclame le grand commerce.
- La ville de Nan-tsin, dans laquelle on opère ce trafic et ce triage, n’est pas meme une ville de dernier ordre, puisqu’elle n’a pas de remparts. Néanmoins l’industrie de la soie l’a rendue grande et prospère; ses faubourgs s’étendent au loin le long du canal et dans l’intérieur; son commerce de soie surpasse en richesse même celui du marché de Hang-tcheou-fou, si célèbre pour son opulence fastueuse. On n’est pas ébloui par un luxe extraordinaire dans la modeste ville industrielle; mais le peuple y trouve tout le travail qu’il peut accomplir, mais les phy-sionomies respirent le contentement et la santé, mais les vêtements sont ceux de l’aisance, sans afficher la prodigalité. Je laisse à penser, des deux cités, quelle est celle d’où le sage, après les avoir visitées, sort le plus satisfait*
- Une autre ville, Hou-tcheou-fou, présente le même coït1* merce de soie grége que Nan-tsin, et sur une plus vaste échelle. Cette importante cité possède les plus beaux magasins de soieries. Comme il est naturel dans une place enrichie par ces genres de tissus, les habitants en f°nt leur parure habituelle; les moindres manouvriers, qm ne
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- peuvent pas en faire un usage quotidien, s’en revêtent au moins les jours de fêtes. On peut, se faire une idée de l’élégance que ces usages donnent au peuple d’une ville, en se rappelant le luxe de Gênes, où les ouvrières, qui portent si bien leur joli voile ou mezzaro d’un blanc de neige, ne croiraient pas être parées les jours de fêtes si leur fine jambe n’était pas rendue plus élégante par un bas de soie d’un blanc nuancé de rose.
- Les belles étoffes de soie à fleurs sont particulièrement tissées dans la ville de Hou-tcheou-fou.
- Comment les Chinois se passent du métier a la Jacquard pour fabriquer leurs soieries figurées.
- Pour tisser ces soieries ornées, il est curieux de voir comment les Chinois savent suppléer à notre savant mécanisme de Vaucanson et de Jacquard, afin de varier à leur gré les figures et les couleurs des riches étoffes.
- Un premier ouvrier fait mouvoir avec ses pieds cinq pédales, tandis que ses mains lancent la navette; il accomplit ainsi le travail horizontal. Un second ouvrier se pose ^-dessus du tissu; il tient en main des paquets de fils verticaux, dont une grande quantité distribuée à travers 'es fds horizontaux sont à sa disposition. Il tire en haut ses fds d’après les indications du modèle; par ce moyen d soulève les fils blancs ou colorés de la chaîne, dans la proportion qui convient à l’exécution des fleurs.
- Nous désirerions que l’on comparât le prix de revient d un tissu de soie qui présenterait les memes dessins et les mêmes couleurs, suivant qu’on l’aurait fabrique : premièrement, dans un atelier de Hou-tcheou-fou, avec cette Paire d’ouvriers; secondement, à Lyon, par un ouvrier (f,le seconde avec tant de perfection le mécanisme presque
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- automatique de Jacquard, métier aujourd’hui transporté
- dans tous Ies*genres de tissage ornementé.
- DESCRIPTION DES CÔTES DE LA CHINE.
- Les côtes océaniques sont les seules parties de la Chine par lesquelles les Américains et les Européens, excepté les Russes, puissent communiquer avec le Céleste Empire; à ce point dte vue, elles ont pour nous une extrême importance, et nous ne saurions en faire l’étude avec trop de soin.
- Pour décrire ces côtes avec méthode , nous les suivrons régulièrement du nord au midi.
- Golfes du. Léa-toung et du Pé-tchi-h.
- Ces deux golfes ont la même issue dans la mer Jaune et ne sont séparés par aucune configuration distincte du littoral. Le premier est bordé par les côtes de la Mandchourie , et le second par les côtes de la province dont il porte le nom.
- La longueur totale des deux golfes surpasse cent lieues; à leurs abords on ne trouve de tous côtés que de grandes distances entre les lieux importants.
- On pourrait prendre pour limite des deux golfes que nous considérons ici le point où la Grande Muraille» qui clôt la Chine proprement dite, aboutit à l’Océan.
- Les navires qui viennent de la mer Jaune traversent d’abord un avant-golfe à l’orient duquel s’élèvent au loin les côtes de Corée. On trouve en avançant vers l’occident l’entrée commune aux deux golfes. Cette entrée a de largeur environ vingt-cinq lieues; mais elle est obstruée par des îlots qui s’étendent en ligne droite : on dirait les
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- sommets d’une chaîne de montagnes dont les vallons sont cachés sous la mer. Il faut passer entre ces îlots.
- La largeur du golfe du Pé-tchi-li n’a pas moins de soixante et dix lieues, depuis cette entrée jusqu’au point ta plus reculé vers l’occident. Ce point extrême est l’embouchure d’un fleuve qu’ont rendu célèbre des événements à peine accomplis, et qui le deviendra bien plus par les événements qui se préparent. Nous en parlerons mcessamment.
- La nature s’est montrée peu favorable à la grande navigation sur tout le contour du golfe du Pé-tchi-li. Les terres qui le bordent à l’occident ont très-peu de relief; elles terminent une plaine immense et sableuse qui conduit jusqu’à Pékin, dans un parcours de quarante lieues. Les fleuves qui débouchent dans le golfe et qui sillonnent cette plaine ont une pente extrêmement faible et des eaux peu profondes, surtout à leur embouchure.
- Le fleuve Chung-io-ho.
- A vingt-cinq lieues environ au midi de la Grande Mu-mille, le fleuve Chang-to-ho verse ses eaux dans le golfe du lta-tchi-li ; ce fleuve prend sa source dans la Mongolie, traverse la Grande Muraille, puis vient arroser le nord de la Gbiqe. Son entrée est interdite aux Européens, comme celle de tous les fleuves situés au nord du plus grand de tous, l’Yang-tzé-kiang.
- Le fleuve Peï-ha et la cité de Tien-lsin.
- Ln avançant une seconde fois de vingt-cinq lieues vers ta midi, nous arrivons aux embouchures du Pei-ho, fleuve à peine connu avant les événements de i858 et
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- de 1869. Il captive aujourd’hui l’attention publique au point de rendre nécessaires les explications suivantes.
- La grande importance du fleuve Peï-ho tient à ses rapports avec la capitale de l’empire.
- Il offre deux embouchures et deux bras entre lesquels est un vaste delta formé par les alluvions vaseux de ce grand cours d’eau, dont la pente est presque insensible. Le bras principal est celui du midi; l’autre est moins propre à la navigation.
- Les deux bras se réunissent un peu au-dessous de Twi-tsin, ville fortifiée qui possède une garnison tartare; c’est la dernière défense qu’offrent de ce côté les approches de Pékin.
- A Tien-tsin aboutit le grand canal Impérial, qui débouché dans le Peï-ho. Par conséquent, cette ville importante commande à la fois toutes les voies hydrauliques par où peuvent arriver les jonques destinées à nourrir la capitale.
- Un peu au-dessus de Tien-tsin, le fleuve Peï-ho reçoit les eaux d’une rivière qui passe auprès de Pékin, du côte du midi.
- Le Peï-ho même contourne la capitale des deux côtes de l’orient et du nord; un embranchement pénètre dans la ville méridionale, et se joint à des lacs, à des pièces d’eau, dont nous avons indiqué l’existence au sein de cette ville.
- Dans la première guerre des Anglo-Français contre les Chinois, les alliés, une fois maîtres de Canton, s’aperçurent que la possession de cette grande cité 11’étaitpas un succès suffisant pour dicter à leur gré les conclusions de la paix. En conséquence, ils résolurent d’avancer vers le nord avec leur flotte jusqu’au golfe du Pé-tchi-li, puis d’attaquer, de détruire les batteries et les forts de Ta-koa, érigés à fetn-
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- bouchure méridionale du Pei-bo : ils réussirent et remontèrent ce fleuve, en détruisant tous les obstacles, jusqu’aux approches de Tien-tsin.
- La paix de Tien-tsin, en 1858 et 1859.
- Lorsque le Gouvernement chinois vit que les alliés, toujours victorieux, allaient arriver à Tien-tsin, il perdit l’idée de résister davantage. Les plénipotentiaires des puissances alliées et des Chinois s’abouchèrent aux portes de cette vdle; ils conclurent une alliance qui malheureusement vient d’être rompue par les ministres de la paix.
- Pour la première fois, et sous le coup de la terreur, la Chine s’cst engagée à recevoir dans Pékin, d une maniéré
- O O
- permanente, l’ambassadeur d’une puissance européenne, 1 Angleterre : faculté concédée au dernier moment par Un article postérieur à la convention générale. %
- Les autres puissances contractantes n’obtiendront la niême faculté qu’en interprétant un article qui concède à chacune d’elles le même traitement qu’à la nation la plus favorisée.
- Les traités des 26 et 27 juin 1 858, conclus pour l’Angleterre et la France, portaient que dans l’intervalle d un a« les ratifications seraient échangées. Ces conventions arrêtées, les alliés quittèrent le golfe du Pe-tchi-li.
- Le Gouvernement du Céleste Empire, dans son désir d exécuter avec honneur la condition de 1 alliance, donna 1 ordre de préparer dans Pékin trois vastes palais qui devaient recevoir, pour opérer l’échange des ratifications, *es ministres plénipotentiaires de France, d Angleterre ot des États-Unis.
- De tels soins n’empêchaient pas de veiller à la surete points vulnérables de la frontière.
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- Naturellement les Chinois, sans perdre de temps, ont reconstruit à l’embouchure méridionale du Peï-ho des forts et des batteries plus formidables que jamais. Us étaient mus par la raison très-légitime d’arrêter la flotte des insurgés si les rebelles voulaient, à l’exemple des Occidentaux, suivre la nouvelle voie pour assaillir la capitale de l’empire.
- Lorsqu’on approcha de l’instant où devait absolument être obtenue la ratification des traités dans Pékin et par l’empereur de la Chine, les plénipotentiaires de France, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne s’embarquèrent à Chang-hai et se rendirent au golfe du Pé-tchi-li.
- Les deux premiers se présentèrent chacun sur un assez modeste navire à vapeur, que suivait un très-petit aviso, sorte de page maritime. L’envoyé d’Angleterre, hélas! n’était plus lord Elgin. Cet envoyé s’avançait monté sur une escadre qui ne comptait pas moins de douze bâtiments ; cette escadre de guerre avait à bord une force de débarquement imposante, quoiqu’on l’ait peut-être exagérée.
- A travers l’obscurité sensiblement calculée des récits soit officiels, soit officieux, il paraîtrait que l’entrée du Peï-ho fut refusée aux plénipotentiaires, sans qu’on ait bien indiqué par qui, et qu’un mandarin, Tartare ou Chinois, aurait fait savoir aux ministres étrangers qu’üs eussent à remonter par l’embouchure du nord, qui îeS acheminerait sans obstacle vers Pékin; et qu’alors Ie ministre britannique, trouvant sa dignité blessée, aurad ordonné qu’un de ses bâtiments de guerre arrachât de vive force les puissants obstacles de l’immense estacade pre' parée â l’embouchure du Peï-ho; et que le bâtiment arracheur, mis hors de service par les défenseurs de la passe, aurait forcément rétrogradé; et qu’alors l’escadre
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- ^Angleterre se serait mise en ligne de bataille pour châ-tier un fort et des batteries qui résistaient de la sorte; et ^’afin d’attaquer par terre elle aurait envoyé sa force de débarquement, embourbée soudain dans la vase du fleuve et criblée par la mitraille; et que, pour la première fois, des canons et des obus, tout chinois qu’ils étaient, auvent tiré juste; et que nos vaillants alliés, bien que secondés par le brave mais petit bâtiment français, n’au-raient pas obtenu la victoire; et que l’intrépide amiral aürait été gravement atteint, ses marins en assez grand n°mbre tués ou blessés, et quatre à cinq de ses navires ^is hors de combat ou coulés bas; et qu’enfm, les maîtres souverains des mers de l’Asie, ces marins pleins de vail-Wce, auraient fini par un mouvement sans exemple au Milieu de ces mers : la retraite.
- Voyage du Pé-tchi-li jusqu à Pékin par l’ambassade américaine.
- Moins ambitieux de l’emporter par des actions de guerre |jUl n’étaient pas dans son programme, le sage ministre es Etats-Unis n’a songé qu’au commerce de son pays et na mis sa gloire qu’à réussir; il s’est contenté de con-j^npler le conflit sans y prendre part, et de porter un lenveillant secours à ceux qui souffraient. Cela fait, il a Profite de l’indication donnée : il a remonté sans obstacle ^ Manche nord du Peï-ho; puis il a débarqué; puis on a conduit avec grands honneurs, politesses gracieuses et chère lie , jusqu’à Pékin. Rien n’est plus intéressant, et ïïletne instructif, que le récit de ce voyage, publié par 11,1 membre de l’ambassade. En voici la substance : f|, ^ atnbassade, après avoir remonte la rivière qu’on avait es*gnée, débarque vers le tiers du chemin, à Pei-tsang, je l0ls- Vingt voitures qui l’attendaient la transportent, ayant ^thoduction. — ni. 15
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- • • I
- alentour une escorte d’honnenr, moitié chinoise et moitié tartare. Deux mandarins sont à la tête de l’escorte : lun, Chinois, appartient à l’ordre civil, il est bouddhiste; l’autre, Tartare, est colonel et musulman.
- « Toutes les dispositions, dit le narrateur, avaient ete prises, à grands frais, pour nous procurer autant de bief*' être que le pays en pouvait procurer.
- «Quant aux honneurs rendus, le rang des mandarins» décorés du bouton rouge et de la plume hiérarchique aurait suffi pour satisfaire les plus difficiles au sujet des distinctions. Le vice-roi du Pé-tchi-li est venu souhaiter la bienvenue à notre plénipotentiaire. A chaque station noU' velle, les grands de l’endroit où l’on s’arrêtait et ceux des environs accouraient en foule; ils venaient nous offrir toid ce que pouvait fournir leur hospitalité.
- « Nous sommes arrivés à Pékin le 29 juillet 185g, aveC une grande escorte de cavalerie, et nous avons fait notie entrée au milieu de cent mille spectateurs. »
- Si le lecteur veut bien se rappeler les vastes espaceS de la voie triomphale par où l’on entre dans la vide extérieure (voyez page 53), il concevra le beau spectade des cent mille spectateurs groupés dans l’attente de 1 aIïl bassade américaine. Laissons continuer le narrateur.
- «Jusque-là notre voyage était une véritable ovatl°n' L’ambassade fut reçue dans un palais où rien ne maïl quait, excepté la liberté d’en sortir pour aller au loin da^ la ville. L’empereur désirait nous recevoir, mais la gran question d’étiquette arrêtait tout. Les Chinois cependaIlt la rendaient chaque jour moins exigeante; au lieu , hommages redoublés que doivent les vassaux, Sa MajeS*e’ pour honorer l’indépendance américaine\ se contenterait d nO
- Ainsi parle l’orgueil yankic, même en Chine : c’est un trait de caract
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- sQule génuflexion? — Non. Et de trois prosternements?
- Non, non !... »
- Sur le refus des austères républicains, on réduisait l’exi-§ence à demander un simple semblant de génuflexion : ^ citoyen ne pouvait pas se le permettre.
- « L’empereur, dit notre narrateur,' se voyait déçu dans s°n espoir, et semblait même irrité quelque peu. Il a fini Par s’apaiser; il a ratifié le traitél. Il a reçu par le canal de Ses ministres la lettre du président de l’Union américaine.
- définitive, notre mission a réussi politiquement, et, sauf ce ^Ue j’ai raconté ci-dessus, les Chinois nous ont traités avec 171aynificence. »
- Si le fier descendant de Robert Bruce, qui porte ce beau mot dans ses armes : Fuimus/2 nous avons été rois; S1 M. Bruce avait suivi la route voisine indiquée, de com-Pagnie avec le ministre américain, et comme un simple Mortel, on n’aurait pas moins fait pour lui que pour le J^re et ami de l’Union. Il serait curieux de savoir si le geittilhomme qui, dans des circonstances d’apparat, plie e genou devant la gracieuse reine Victoria, aurait refusé Cet hommage au roi des rois de l’extrême Orient; s’il au-rai* refusé de rendre un hommage que les Ecossais du siècle ne refusaient pas, je le crois, à la majesté de
- °bert Bruce, son ancêtre.
- Même dans le cas où le superbe Écossais eût pris pour type de fierté le négociateur républicain, le traité britan-
- 1 Tj
- uti système de déception audacieusement poursuivi faisait accroire ^ es Chinois avaient refusé la ratification et trompé l’envoyé des Etats-Unis, atte ^Ue Pr^sident des États-Unis, dans son message au Congrès, (jesStat solennellement la bonne foi des Chinois : il a déclaré que l’échange
- 2 raûfications avait eu lieu dans Peï-tsang le 16 août i 85g.
- M IVr 6 ^§ura** du moins dans les armes de mon ancien et célèbre ami
- ji ^ ^ruce> qui, de concert avec l’intrépide général Wilson, délivra cue, qu’attendait le dernier supplice.
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- nique n’en aurait pas moins été paisiblement ratifié; Ie commerce anglais en recueillerait dès à présent les précieux avantages; l’Asie entière aurait la paix, et le sang humain ne serait pas sur le point de couler à larges flots.
- Il ne nous appartient pas de nous pranoncer autrement que par le vœu le plus cordial dans une affaire où l’honneur des Français et des Anglais est déclaré solidairement engagé. Deux puissants gouvernements n’auront pas adopte le même parti sans des motifs sérieux, qui seront quelque jour probablement connus. Une grande expédition est préparée. S’il n’est pas possible que la terreur qui mai’' chera devant elle obtienne une satisfaction digne de deux nations illustres, nous aimons à ne pas douter de ses succès définitifs; elle remplira l’attente universelle.
- Deux flottes, deux armées d’élite, vont se présenter â l’embouchure du Peï-ho, qu’on remontera, dût-on préférer la voie que les Chinois indiquaient bénévolement; on ira bientôt à Tîen-tsin, qui ne peut manquer d’être prise. Si les Chinois résistent encore, on entreprendra peut-être le siège de Pékin; alors, pour la première fois, les Anglo-Français forceront les murs de la cité rebâtie par un neveu de Gengis-khan.
- Dans tous les cas, nous espérons que les forces européennes ne livreront pas aux horreurs de l’incendie et du pillage la cité qui contient tant de monuments à jamais dignes de l’admiration des hommes et de leur vénération. Nous le demandons pour l’honneur de la civilisatioia occidentale, même en supposant que Pékin soit prise d’assaut.
- Malgré la perspective des succès les plus inouïs, si nous osions exprimer un sentiment irrésistible de notre cœur, nous eussions mieux aimé la concorde : c’eût ete, c’est encore l’intérêt de l’Angleterre et de la France.
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- Un vœu d’avenir.
- En attendant les événements, les amis de la paix et de l’humanité ont, à notre avis, un vœu naturel à forcer pour l’avenir : c’est que des ambassadeurs occidentaux, même en Orient, quand ils rencontreront des obstacles matériels, au lieu d’employer la force hostile pour tas surmonter, se contentent de protester avec discernement, avec sagesse; c’est qu’ils aient la bonté rare d’en référer à leurs souverains respectifs. Ceux-ci sauront, à coup sûr, se faire eux-mêmes respecter; ils sauront, dans ^instant précis que leur politique aura jugé convenable, recourir au moyen définitif et terrible de la guerre. La raison le demande, dans l’intérêt même des gouvernements européens et pour leur plus grand honneur.
- Utilité d’obtenir l’ouverture du Peï-ko et la libre entrée du port intérieur de Tien-tsin.
- Lne importance nouvelle va s’attacher à la ville de Tien -tsin, doublement considérable pour sa position stratégique et pour des intérêts tout pacifiques. Elle est, cOftime nous l’avons indiqué plus haut, le point d’abou-bssement et la clef du grand canal Impérial au moyen duquel les jonques arrivent sous les murs de cette place, canal aboutit à la rivière Yun, qui se jette dans le
- *tai-ho.
- H serait S désirer que Tien-tsin fît partie des ports de marée dont l’accès doit être ouvert aux nations étrangères; °u s en servirait pour établir un commerce direct avec la Capitale d’un des empires les plus riches de la terre.
- Les insurrections si graves qui depuis dix ans troublent
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- FORCE PRODUCTIVE le centre et le midi de la Chine avaient intercepté par le milieu la navigation du grand canal Impérial. Dès ce moment, la nécessité de transporter des quantités énormes de riz pour alimenter la capitale, une cité de deux millions d’habitants, avait fait adopter la voie de la mer. Les jonques, expédiées du centre et du midi de la Chine, remontaient la côte jusque dans le golfe du Pé-tchi-h> pénétraient dans le Peï-bo et passaient devant Tien-tsin pour se rendre à Pékin. Je me permettrai de demander aux ingénieurs de l’expédition maintenant sous voiles qu’ils nous donnent un plan bien fait des deux rivières et du canal qui communiquent du golfe avec Pékin. Le plan d’apres lequel j’ai décrit la capitale ne donne aucune indication suffisante des communications hydrauliques aux abords de cette grande cité.
- Province de Chan-toung.
- Reprenons notre voyage maritime, et descendons vers Ie sud en tournant vers l’est. Nous longeons la grande province de Chan-toung, province dont le double nom signifie Montagnes de l’Est. Elle offre, en effet, la chaîne orientale qui se projette dans la mer Jaune, au midi du golfe du Pé-tchi-li, et qui descend sous les eaux à l’entrée de ce golfe. Ensuite cette chaîne se relève au nord, travers0 la Mandchourie et se prolonge jusque vers la rive mer*' dionale du fleuve Amour.
- Si nous voulons n’oublier jamais le nom du Chan' toung, rappelons-nous qu’en cette province est né l11]a mortel Confucius. On y voit sa tombe, plus quejamalS révérée; à quelque distance est le district dont la terre est réservée pour les nombreux descendants de ce gral1 homme.
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- Le Chan-toung n’a pas en partage tous les bienfaits de ta nature. Les pluies y sont rares, et cela suffirait pour donner à cette province une moindre fécondité qu’aux Parties du centre et du midi de l’empire. Cependant elle est largement arrosée par des fleuves, des rivières et des tacs nombreux : aussi l’habitant, à force de travail, trouve-t'd le moyen, presque en tous lieux et presque en tout tei*ips, d’arroser ses terres.
- Toung-tcheou, port de refuge à l’entrée du Pé-tchi-li; son ouverture à réclamer.
- En arrivant au cap intérieur qui finit vers le midi la c°te du golfe, nous trouvons le port de Toung-tcheou, dont le nom signifie la Ville secondaire de l’Est. On doit, ei) beaucoup de cas, considérer cette position comme un , port de refuge où viennent s’abriter les navires battus par es vents du nord.
- Les voyages que nécessite l’approvisionnement de la Capitale par des jonques dirigées vers le golfe du Pé-tchi-li 0r*t donné tout à coup pour les Chinois une utilité nou-vcfle au port de Toung-tcheou, port que les navires européens n’ont pas le droit de fréquenter pour y faire le Cottimerce.
- T M
- "Usquà ce jour, les navires européens, exclus des côtes ^ bordent le golfe et de tout commerce avec la Corée ta Mandchourie, n’avaient pas éprouvé le besoin de letacher dans le port de Toung-tcheou; mais, avec les §rands intérêts qui surgissent entre ces contrées et l’Eu-^,Pe et l’Amérique, ce port devient pour le commerce ciné importance majeure. Faisons servir les nouveaux evenements à procurer sa libre entrée aux puissances ^titimes, et comme refuge et comme relâche.
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- Nous reprenons notre route et nous arrivons au cap Macartney, le plus avancé de tous vers l’orient. Là finit la chaîne de montagnes qui donne son nom à la province. Nous tournons au midi, pour nous diriger sensiblement vers l’occident, et nous suivons toujours le littoral.
- Sur la côte méridionale du Chan-toung, au fond d’une baie spacieuse qui regarde le sud-ouest, nous trouvons Ie port de Kiou-tcheou.
- Latitude............................ 36° i4’ 20"
- Longitude orientale................. 118° 3'
- C’est encore un port que jusqu’à ce jour les Occidentaux n’ont pas eu la faculté de fréquenter, il ne pourrait guère être utile que pour les relâches, parce qu’il n’est voisin d’aucun fleuve considérable ni d’aucune grande cité.
- Province de Nganhoeï.
- Nous continuons notre route, et nous longeons les côtes d’une nouvelle province à la fois fertile et très-peuplée: c’est la grande province de Ngan-hoeï. Son littoral, de peu d étendue, s’arrête à la rive septentrionale d’un fleuve qui mérite de fixer toute notre attention.
- Le fleuve Jaune : Hoang-ho.
- Le Hoang-ho, par la longueur de son parcours et pal les bienfaits qu’il répand, est le second fleuve de la Chine* Il doit son nom de fleuve Jaune à la couleur de ses abondantes alluvions. Cette couleur se répand sur une vaste étendue de l’Océan, dans la partie qu’on a pour ce Wotl nommée la mer Jaune, et que la Corée borne du côté de l’orient.
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- Dans toute cette partie du littoral la côte chinoise est très-basse; elle offre, sous les eaux comme au-dessus des eaux, une pente insensible suivant laquelle le dépôt incessant des alluvions éloigne l’Océan. Il se forme ainsi constamment de nouveaux lais de mer, et les cultivateurs s’en emparent avec autant d’activité que d’intelligence.
- On ne trouve aucun port de mer à l’embouchure du fleuve Jaune. Il faut le remonter à vingt lieues pour atteindre une situation importante : c’est le point où son cours est croisé par le grand canal Impérial.
- A l’est du fleuve Jaune et du canal, le vaste lac Hong-tsé décharge ses eaux à travers le canal, au voisinage du fleuve, et les fait descendre directement à la mer. Ce lac lui-même est le réceptacle des eaux d’une immense contrée, fort remarquable pour l’abaissement de son niveau général, pour la douceur de son climat et pour sa fertilité.
- La cité de Hoeï-ngan-fou.
- On conçoit toute l’importance de la cité qui s’élève au point d’intersection du canal Impérial et des grandes eaux courantes dont nous venons d’offrir l’idée. Elle appartient <* la province de Kiang-sou, ou Kiang-nan oriental.
- Latitude............................ 33° 3a' a4"
- Longitude orientale................. n6° 53' îa"
- A son grand désavantage, cette ville est bâtie sur un sol plus bas que le niveau des eaux du canal Impérial, dont une rupture suffirait pour l’inonder. Elle n’a pas ttioins de deux lieues de circonférence. Des voies canalisées la sillonnent dans tous les sens et sont couvertes de bateaux; son commerce considérable a fixé dans ses fleurs une très-nombreuse population.
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- Maison de plaisance impériale au voisinage du grand canal.
- En dehors de Ja cité dont nous indiquons la position et l’importance, les fermiers généraux du sel, un des grands monopoles de l’empire, ont construit pour l’empereur une résidence d’été. Cette résidence le dispute en grandeur, en magnificence, à celle même de Haï-tien, qu’on peut appeler le Versailles de Pékin. Dans l’impériale villa voisine de Hoeï-ngan-fou, rochers, monticules, vallons, cascades et constructions variées sous mille formes fantastiques, l’art a tout fait, et tout fait à force d’or.
- Il faut des fermiers généraux qui traitent à des termes bien onéreux au trésor, pour que le simple superflu de leurs bénéfices ait pu solder ces prodigalités prodigieuses.
- En reprenant notre parcours de la côte, entre le fleuve Jaune et le fleuve Bleu, l’Yang-tzé-kiang, nulle part ne s’offrent à nous des mouillages profonds, ni par conséquent des ports remarquables.
- C’est partout le même littoral à pente insensible qui se prolonge sous la mer à d’énormes distances, sous des eaux troublées, qui par degrés déposent la vase féconde qu’elles tiennent en suspension, et qui prolongent au loin vers le midi la couleur de la mer Jaune.
- Entrée du grand fleuve Yang-tzé-kiang.
- Nous arrivons à l’embouchure du plus grand fleuve de la Chine, celui que les habitants du Céleste Empire appellent très-souvent par excellence le fleuve, le Kiang • c’est l’Yang-tzé-kiang, nom composé qui veut dire le fik aîné de la mer.
- Pour entier dans l’Yang-tzé-kiang en arrivant du nord,
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- au lieu de serrer la côte septentrionale de l'embouchure , 0U l’on rencontrerait des bancs d’un sable compacte et dangereux, il faut faire un détour, se défendre des cou-rants qui viennent du sud et gagner vers la rive méridionale. De ce côté s’étend un fond de vase boueuse, à pente presque insensible, qui préserve des surprises. Si par bailleur on échouait, la carène ne serait pas endommagée quand même la marée descendrait, et lorsqu’elle remonterait il serait facile de remettre à flot le navire.
- En faisant voile avec cette prudence, quelque éloigné flue soit le rivage vers lequel on s’avance, on découvre à perte de vue des guérets et des rizières qui semblent continuer la plaine de l’Océan. Mais ici c’cst la terre qui, par sa fraîche végétation, rappelle la couleur verte de la mer; tandis que la mer, troublée par d’immenses allumions, rappelle le jaune grisâtre de la terre après la moisson.
- Confluent du grand fleuve avec la rivière Wang-pou.
- En continuant de remonter la rive méridionale du grand fleuve, nous arrivons à son confluent avec la rivière Wang-pou : rivière aujourd’hui si connue des Européens, parce quelle conduit à la cité la plus riche après Canton parmi les cinq ports qu’ils ont le droit de fréquenter.
- Wou-song, le premier des entrepôts contrebandiers ménagés pour infester les Chinois avec de l’opium, au mépris des lois.
- Ea rivière Wang-pou coule du midi vers le nord. Sur sa rive gauche s’élève la ville de PVou-song1, auprès du
- Latitude, 3i° a5'; longitude orientale, 1 18® icf i5".
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- confluent. Elle n’était, il y a vingt ans, qu’un hameau composé de quelques huttes de pêcheurs; mais elle présente actuellement une agglomération considérable d’habitations enrichies par un trafic dont il faut donner une idée.
- En face des habitations sont mouillés dans la rivière Wang-pou d’impudents contrebandiers européens. Hs montent des bâtiments recéleurs, qu’ils appellent par euphémisme bâtiments receveurs (receiving ships). Ces navires sont remplis de lingots d’argent apportés par les Chinois, et de caisses d’opium apportées de l’Inde britannique. Leur pont est garni d’une artillerie formidable, manœuvree par des lascars, dont la conscience bronzée ne craint ni Dieu ni les hommes. Les contrebandiers sont à l’ancre côte à côte; ils forment une ligne de défense, et leS jonques mandarines se garderaient de les attaquer, àe peur d’être coulées bas. Tout près des bâtiments receleurs, immobilisés comme des stationnaires, sont mouilles temporairement les grands navires marchands, les clip* peurs, qui chargent l’argent et déchargent l’opium. Voila ce que les Chinois supportent, même en pleine paixl
- Cette station d’opium ne le cède en importance qua celle de Koung-sing-moun, établie près de Macao pour suffire à la violation des lois dans le bassin de Canton. Réunies l’une à l’autre, elles font'un commerce qui surpasse cent millions de fraudes par année.
- Neuf autres stations judicieusement distribuées contribuent, pour une somme à peu près équivalente, a la contrebande générale.
- Remonte du Wang-pou jusqu’à Chang-hai.
- Afin de nous rendre au grand port de Chang-hai, nous quittons la station des contrebandiers et nous remontons
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- ta Wang-pou. Notre navire décrit un grand arc irrégulier; ta courbure de cet arc est telle que la rivière, qui coule du sud au nord vers son embouchure, trois lieues plus haut coule de l’est à l’ouest, près du port de Chang-haï.
- A très-peu de distance au-dessous de ce port, le ^ang-pou reçoit par sa rive gauche les eaux d’une autre rivière qui vient du nord ; il faut la remonter lorsqu’on Veut aller à la cité de Sou-tcheou-fou, si célèbre pour Sa richesse et pour ses élégances. Nous ferons connaître avec soin cette ville importante.
- Au-dessus du confluent, la rive gauche du Wang-pou décrit un grand arc concave; le résultat de cette forme est d’offrir des eaux profondes aux navires qui mouillent devant Chang-hai.
- Sur cette rive, dans une étendue qui surpasse deux lieues, nous voyons se déployer cette grande cité, les deux tiers de ses faubourgs et les principaux établissements du commerce maritime.
- Nous rencontrons, en premier lieu, les consulats européens et les colonies naissantes qui les entourent; puis
- long faubourg chinois. Derrière ce faubourg s’élève la ville fortifiée qui porte le nom de Chang-haï.
- èes Anglais balisent la voie gai conduit de la mer à Chang-haï.
- Aux explorations des côtes extérieures les Anglais ont Joint l’étude spéciale de l’embouchure des fleuves. Ils ont planté des marques de reconnaissance pour jalonner les passes et signaler les dangers l’embouchure de l’Yang-|zé-kiang. Tandis qu’ils attaquaient le midi de la Chine, ds poursuivaient avec un sang-froid incroyable, et vers le Centre et vers le nord, leurs travaux hydrographiques.
- Au commencement de 1857, M. Carr, officier de la
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- marine britannique, posait les balises ou marques indiquant au commerce la route à suivre pour arriver de la mer, par l’embouchure du grand fleuve Yang-tzé-kiang, jusqu’au port de Chang-hai. Je le répète, un Anglais accomplissait ce travail quoique son pays fût en guerre avec la province de Canton.
- Loin que les autorités chinoises se soient formalisées de* recevoir en pareil moment un semblable service, elles en ont voulu témoigner leur gratitude. Le préfet, le tao-taï de la ville, a fait présent d’un beau chronomètre de 1,800 francs à l’explorateur, avec cette inscription : Offert par Son Excellence Lao, préfet de Chang-hai, à Georges Carr, maître de la marine royale : comme ane expression reconnaissante da service qu’il a rendu, par la pose des bouées dans le fleuve Yang-tzé-kiang, en 1857.
- Le fait que je viens de citer rendra plus facile à comprendre les rapports de bonne amitié qui se sont établis entre les Chinois et l’un des officiers les plus distingues parmi les explorateurs de leur littoral : j’en parlerai dans un moment.
- Travaux des topographes anglais sur les côtes de la Chine.
- On doit à l’Angleterre des travaux bien plus considé-râbles que ceux de M. Carr sur l’hydrographie des côtes de la Chine. Le traité de 1842 autorisait cette puissance à faire avec ses navires une étude approfondie des côtes du Céleste Empire; il en est résulté les belles cartes dues aux capitaines Belcher, Collinson, Kellet, etc.
- L’amirauté d’Angleterre a réalisé cette entreprise avec tant d’ardeur, qu’en peu d’années elle a fait relever et sonder un littoral de mille lieues par onze navires entièrement consacrés à ce travail scientifique.
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- Juste éloye du capitaine Forbes à Chang-haï.
- Un des savants officiers qui concoururent à ce vaste travail était le capitaine Forbes, commandant de la Bonnette. Nous le citons ici pour l’ouvrage qu’il a publié et qui fait particulièrement connaître le port de Chang-haï et k pays d’alentour1.
- Cet officier avoue qu’il avait abordé les côtes de la Chine avec un esprit imbu d’une foule de préjugés contre habitants. Mais la paix une fois conclue, et quelque temps accordé pour laisser au ressentiment du vaincu le loisir de calmer son amertume, il se trouve au milieu dune population qu’il trouve aimable, bonne, hospitalière, d’une population, dit-il, autant en avance sur nous, a certains égards, quelle est en arrière sur d’autres. En Mance! et sur nous! Remarquons ces mots; car celui qui les a prononcés est né dans la Grande-Bretagne. « J’ai la eonfiance, ajoute-t-il, qu’en nous connaissant mieux des deux côtés, chaque peuple cessera de croire que l’autre mérité d’être appelé race barbare. »
- Les jugements de M. Forbes sont d’autant plus acceptables qu’il vivait tour à tour parmi les habitants des ports et de la campagne : jovial, aimable, doué d’un caractère ouvert, bienfaisant et sociable, il inspirait la Empathie, et l’inspirait parce qu’il l’éprouvait. Citons quelques-uns de ses jugements.
- Veut-il peindre la foi publique : «Fidèles aux engagements les plus onéreux, les Chinois, dit-il, ont payé religieusement les 21 millions de dollars imposés par le
- 1 Five years in China : Cinq ans en Chine, de 184 2 à 18/17. 1 V°L in-8°; Londres, j848.
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- traité de 18ki pour indemniser la perte (à mon avis, si
- méritée) des contrebandiers d’opium.»
- Veut-il peindre au fond, au vrai, l’urbanité nationale, dans le pays qu’il visite : écoutons-le. «Hors des emplois, l’habitant est serviable; il se montre prêt à donner tous les renseignements que vous pouvez demander. Si vous entrez dans sa demeure, pour vous aussitôt est le siège le plus distingué; s’il n’en a qu’un, il est pour vous. Ce qu’il a de meilleur à manger, il vous l’offre pareillement. » Poussant plus loin la bienveillance, M. Forbes trouve, en certains cas, les Chinois plus probes que ses propres concitoyens. «Quoique toute comparaison, dit-il, soit odieuse, néanmoins une assez coûteuse expérience me réduit à le confesser : en traversant la frontière britannique, mon propre bien a souffert plus de vols effectifs que pendant mon séjour entier chez le peuple chinois. » Me sera-t-il permis, à mon tour, de faire une autre déclaration? J’ai traversé seize fois, en quarante ans, les frontières britanniques, sans jamais éprouver la moindre soustraction, et sans que jamais, pour me tromper ou me surfaire, on ait abusé de ma qualité d’étranger. Cependant au début, en 1816, j’étais pour le commun peuple un frenchman, un french dog, venant d’un pays naguère abhorré; peu de temps après, pour beaucoup d’hommes éminents, j’étais un ami. Cette terre des arts, du génie et des nobles caractères m’a procuré des souvenir^ et des affections qui ne sortiront jamais de mon cœur.
- J’ai plaisir à reconnaître ce que je dois à M. Forbes, surtout au sujet de Chang-haï.
- Description de Chang-haï.
- Avant de décrire les établissements maritimes dont est
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- entouré Ghang-haï, et qui la séparent du fleuve Wang-Pou, décrivons la ville même. Depuis la capitale, c’est ta cité la plus importante que nous ayons rencontrée; en y comprenant ses faubourgs, elle compte plus de trois Cent mille habitants. Ce nombre s’accroîtra comme le Mouvement et la richesse de sa navigation.
- Par l’avantage singulier de sa position, Chang-hai me semble avoir plus d’avenir que tout autre port du Céleste Empire. Son peuple est inoffensif, hospitalier, et rarement d se livre à des voies de fait. Les rixes dont parfois son littoral est le théâtre sont suscitées par les marins irascibles et fiers de Ganton et du Fo-kien.
- La cité, de ligure ovale, est entouree de remparts; ses faubourgs lui donnent une grande étendue et la sépa-l'cnt du port. Trois canaux venant de l’extérieur pénètrent dans l’enceinte fortifiée et s’y ramifient ; malheureusement ds sont mal entretenus, et leur saleté contribue à l’insa-fiibrité publique. Cette insalubrité, qu’accroissent les rizières d’alentour, contraint les personnes opulentes à Passer chaque année au moins deux mois loin des ta°aques de la cité maritime.
- Nous commencerons notre description de ce grand Ce*itre de commerce par un rapide coup d’œil jeté sur ses Monuments utiles. Nous visiterons ensuite ses magasins
- ses ateliers ; nous étudierons jusqu’à ses boutiques en plein air? qui caractérisent la vie extérieure d’une pôpu-tation.
- Collège des examens littéraires.
- Parmi les établissements les plus considérables il faut ^marquer le collège où sont examinés périodiquement es etudiants de la province. Ce bel édifice, construit en Pïprre, est entouré de temples et de jardins.
- ïntroddction.---111. i tj
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- Au centre de la ville sont d’autres jardins spacieux, ornés d’îles, de lacs et de ponts fantastiques, avec de nombreux kiosques imitant des temples, mais disposes pour servir de cafés : en supposant que le café soit du the.
- Le palais préfectoral et les temples.
- Les hôtels ou palais destinés aux principaux manda-rins sont distingués par leur grandeur et par les couleurs éclatantes de leurs façades. Décrivons celui qu’habite Ie premier magistrat, le tao-taï, qui gouverne un département d’au moins quatre millions d!âmes.
- D’ordinaire, en avant d’un pareil édifice, on érige des mâts vénitiens d’une grande hauteur; ils portent les banderoles à fond jaune, signes de la puissance impériale.
- On pénètre dans une cour d’honneur que décorent des figures de lions, de dragons et d’autres êtres symbolique5. On voit à droite les canons qu’on tire lors des saluts de grande cérémonie; à gauche est l’emplacement d’un orchestre, qui sert pour honorer les visiteurs de haute distinction. Au fond de la cour d’entrée, un premier corp5 de bâtiments en occupe toute la largeur; il contient la grande salle des cérémonies, avec des salons latéraux-Au delà, seconde cour, puis second corps de bâtiment5 où sont logés les visiteurs officiels. Plus loin encore, troisième cour et troisième corps de bâtiments, pour Dre' sidence personnelle du haut fonctionnaire qui représente bien plus qu’un préfet dans nos départements : là se trouve aussi logée sa famille.
- Remarquons avec respect.le vaste et beau temple énge pour honorer la vertu de Confucius; mentionnons, eIÎ passant, divers temples ou couvents de Bouddha, disper' sés par la ville et la plupart délabrés.
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- Les monuments commémoratifs, ou Portes d’honneur.
- Dans les rues on voit un assez grand nombre de monuments en forme de portes isolées, que nous appellerions des arcs de triomphe. Mais, au lieu de rappeler seulement des combats et du sang versé, la majeure partie rappelle des époques doucement fortunées pour l’histoire du pays, en perpétuant la mémoire de quelque sage et parfait administrateur. Ils sont embellis par des sculptures, et l’on en voit qui réunissent la magnificence à la grandeur.
- Monument commémoratif d’un grand mandarin catholique : Siu.
- Signalons un des monuments qui font honneur à la ^hine. Sous le règne illustre de Khang-hi, l’un de ses ministres les plus habiles et les plus vertueux, le mandarin de premier ordre Siu, après avoir rendu de grands services à l’empire, termina sa carrière auprès des lieux *im furent son berceau. Un édit impérial enjoignit d’éri-§er dans Ghang-baï , sa ville natale, une Porte d’honneur rappellerait les services et la vertu de l’éminent admi-mstrateur ; sa statue fut placée dans un temple voisin Parmi celles des ancêtres de la patrie. L’empereur ne craint pas ^0 ren(ire de tels hommages au grand mandarin ^i vécut, quoique Chinois, ostensiblement catholique; à mtroducteur des missionnaires français dans le King, c^tte enceinte réservée de la cour impériale. Chose non moins remarquable, lorsqu’après la mort de Khang-hi le Catholicisme fut proscrit, la Porte monumentale et la statiie d’un pareil ancêtre furent conservées avec respect.
- Nous aborderons bientôt le sujet important des misions chrétiennes, dont le centre est à Chang-hai.
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- Le temple du Printemps.
- A Chang-hai, comme en d’autres cités du pays fier de s’appeler l’empire des Jlears, faisons remarquer au-dessus des remparts, et du côté des jardins, un gracieux temple du Printemps. Lorsque arrive le mois de mai, les dames chinoises, élégantes et curieuses, se réunissent en ce lie11 pour épier les progrès du vert nouveau; elles y viennent pour décorer l’ébène de leurs cheveux avec des fleurs belles, rares encore, et par là deux fois précieuses.
- Culture et commerce des Jleurs.
- Chang-hai est le centre d’un grand commerce de fleurs apportées, des diverses contrées de l’empire. Dans la ville et dans la campagne circonvoisine on trouve des pep1' nières et des jardins multipliés, qui renferment une extrême variété de plantes d’ornement : les plantes et les fleurs sont vendues en ville dans un grand nombre de boutiques.
- Etablissements de bienfaisance.
- Dans ces derniers temps, on a trop accusé les Chinois d’être sans pitié pour l’enfance, et de sacrifier surtout^5 filles quand leurs parents sont sans fortune. Le bienfa1' sant empereur mandchou qui tonnait contre ce crime a cherché les moyens les plus sûrs de le prévenir.
- Hôpital général et des enfants trouvés, fondé sous le règne de l’empereur mandchou Khang-hi.
- A quelques pas du temple du Printemps, notre atten-
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- tion est surtout attirée vers 1’Hôpital général et libre. Il est visité régulièrement par les médecins indigènes de l’association connue sous le nom de Bienveillance-unie. Il contient un hospice des enfants trouvés, dont la fondation î'einonte au règne paternel de Khang-hi. Conformément à l’édit de ce grand empereur, l’édifice présente un tour pour le dépôt des enfants abandonnés. On est sévère sur ^ choix des nourrices. On élève les enfants à l’hospice jusqu’à l’âge de cinq ans : âge auquel ils peuvent être Adoptés par des personnes bienveillantes.
- Le commerce et les boutiques de Chang-hai.
- lorsqu’on visite les boutiques de la ville, on ne peut s’empêcher de remarquer l’extrême politesse des Vendeurs. Ils ont au plus haut degré le talent de faire valoir taurs marchandises; ils savent flatter les acheteurs avec Notant d’art et parfois d’aplomb que les commis les plus Avantageux dans nos magasins de nouveautés.
- Il est un autre point sur lequel les Chinois ne nous s°nt pas inférieurs, Ils comprennent également bien les *taux extrêmes du commerce : offrir des objets d’une cherté qui puisse plaire à l’opulence autant peut-être que ta beauté; en offrir d’autres à des bas prix incroyables, Pour l’immensité des.petits consommateurs.
- Les magasins de soieries.
- Les boutiques du plus grand luxe sont celles des mar-^oands de soieries. D’ordinaire, le magasin est au fond une cour embellie de treillages ornés de (leurs que portent des plantes précieuses; là sont réunis des oiseaux ^ll1 chantent dans leurs volières. Au lieu d’écrire, comme
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- à Paris, sur la porte d’entrée ces noms magiques du vendeur: Delille, Gagelin, etc. les Chinois inscrivent en lettres d’or, sur un laque noir éblouissant, leurs produits les plus renommés : crêpes de Canton, satins de Pékin, soieries à jleurs de Hcing-tcheou, etc. Ils n’ont pas de femmes pour desservir ces magasins et donner du prix aux soieries par la main délicate qui les présenterait à l’acheteur.
- Talent et vanité des teinturiers.
- Rien n’égale pour l’éclat et la variété les meilleures teintures que préparent les Chinois; ils en ont eux-mêmes la plus haute opinion. Voici l’une des enseignes de cet te industrie, qui rougirait d’être modeste :
- «Boutique de teinturier. Double teinture d’un vert aussi foncé que l’encre noire. Notre industrie rivalise avec l’œuvre céleste/»
- Mérite des broderies.
- Les broderies des Chinois sont au rang de leurs ma' gnificences, pour la beauté des couleurs, pour l’art inge' nieux d’en contraster les dessins et les nuances, enfin pour la délicatesse exquise du travail. Ce sont des homme* qui brodent, afin de satisfaire aux demandes du con®' merce; ils gagnent par jour depuis 80 centimes jusqu® 2 fr. 5o cent., suivant les degrés de leur talent. ^ salaire est énorme à la Chine.
- Dans l’intérieur de leurs appartements, les plusgrande dames, non moins habiles que les artisans du premier mérite, brodent les tissus destinés soit à leur parure, s0lt aux parties les plus recherchées de leurs soinptuellX ameublements.
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- Magasins de vêtements corifectionnés.
- Chang-haï fait un riche commerce de vêtements confectionnés. Ceux qu’on destine en hiver à la classe opulente sont garnis de fourrures précieuses; ceux qui doivent servir au peuple sont du moins copieusement ouatés pour ta saison froide : saison très-rude à Ghang-haï.
- Boutiques de chandelles végétales, enveloppées de cire d’abeilles.
- Dans certains genres, le charlatanisme chinois s’élève presque à la hauteur du charlatanisme européen. Remarions la boutique très-apparente de ce vendeur de chan-^Hes, qUi trafique eîi gros et même au détail; son lumi-^aire, en suif végétal et peu coûteux, est artistement ^couvert d’une pellicule en cire d’abeille, qui lui donne aspect de la vraie bougie. Cette boutique ingénieuse ne merite-t-elle pas d’être opposée sans désavantage à ces ^gasins de bougie soi-disant stéarique où la graisse vul-gaire remplace de plus en plus le savant produit? remplaçaient qui s’accroît à mesure que la fraude et la chimie balisent, l’une d’audace et l’autre d’invention.
- Pour ce genre de boutiques, le Chinois a prodigué ses ^°uleurs les plus flamboyantes; là des décorations dignes e n°s plus brillants confiseurs s’allient avec les sentences Urie philosophie qui se prête à tous les services.... Les Astres embellissent l’ordre du monde !... C’est une des vérités ^ s plus modestes pour annoncer les bougies ornementées, Ssees, fardées. Dans ces vulgaires magasins, les carac-res> imprimés en or sur un fond de pourpre ou d’azur, j^t la même richesse que pour illustrer dans les temples
- n°m de Confucius et ses plus sages maximes.
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- Boutiques réunies de médecines et de médecins.
- En Occident, les pharmaciens, ces successeurs enor-gueillis des humbles apothicaires, annoncent leurs drogues, que dis-je? leurs médicaments, par des flots de lumière qui grossissent les panacées en traversant des globes ou des cylindres de cristal pleins de liquides réfracteurs aux couleurs les plus chatoyantes. Il suffit au droguiste chinois que ses médicaments soient enfermés dans des urnes de porcelaine, dont la modeste grandeur et la demi-trans-parence ont moins d’apparat, mais plus de valeur.
- Chez les Chinois, le même ami de la santé des hu-mains est à la fois apothicaire et médecin. Homœopathe à son insu, il a des poisons concentré! pour faire briller ïa science, sauf à ne les distribuer que par atomes suffisaiU' ment microscopiques pour ne pas empoisonner. Il a des potions anodines pour scs malades imaginaires, qui sont entre tous les plus productifs, car ils ne guérissent jamais : ces précieux clients abondent en Chine. On les satisfait à moins de frais par le cumul de l’apothicaire-médecin du Céleste Empire que par la dualité systématique de l’humble mais coûteux M. Fleurant et du hautain docteur Purgon.
- Boutiques variées de comestibles.
- Il est remarquable de voir combien les magasins u comestibles sont appropriés à l’inégalité des fortunes. ktS Chinois ont des fruits rares venus avant la saison, et quds font payer au poids de l’or. Si vous voulez dans la canl cule, et par la latitude d’Alexandrie, manger des ananas glacés, vous serez largement pourvu; mais soyez riche* afin d’être satisfait avec abondance. Cependant si vous
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- ne possédez que peu d’argent, si vous avez seulement quelques parcelles de cuivre à dépenser, on vous donnera de ce beau fruit à la glace, une tranche mince il est vrai, mais au prix de 10 centimes. Ainsi, le moindre eonsommateur, sans excéder ses moyens, apprend à se faire une idée de cette volupté de l’opulènce; l’amour-propre est satisfait, et la vanité peut dire, sans parler de ia quantité du fruit savouré : «J’en ai mangé! »
- Lieux publics destinés à la consommation du thé.
- Visitons ce qui remplace nos cafés, les lieux consacrés a la consommation du thé. Les uns sont flottants sur l’eau, pour plus de charme et de fraîcheur; d’autres sont établis au milieu de belles villas, qu’ornent des jardins cultivés, au voisinage des cités; d’autres sont érigés sur des terrasses élevées, qui dominent le faîte des habitations urbaines. Désirez-vous un cabinet coûteux, décoré des chinoiseries les plus élégantes : le voici. Consommateur plus modeste, assis dans la salle commune, vous contentez-vous ^une pipe, d’une tasse de thé, plus quelques pépins de melon dont le goût charme les natifs : ce s trois plaisirs cumulés, vous les savourerez pour 9 centimes.
- On remarque dans l’intérieur de Chang-haï des cafés à dié établis au milieu de jardins sillonnés par de petits ruisseaux d’eau vive sur lesquels on a jeté de légers ponts Vraiment chinois. Le pourtour de cet ensemble de cafés sunit à des rangées de boutiques élégantes, et même à quelques-uns des plus beaux magasins qui sont l’ornement de la ville.
- Les restaurants portatifs.
- ^armi les industries joyeuses, populaires, et dont l’uti-
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- lité mériterait notre imitation , distinguons le restaurant portatif. Un seul homme charge sur ses épaules et dessert lui-même le frêle établissement. La structure de l’édifice est un chef-d’œuvre de légèreté, rendu possible par l’emploi d’un roseau tel que le bambou. D’une main le*porteur maintient en équilibre son restaurant aérien, haut de deux mètres et long de trois; son autre main soigne la cuisine et le feu. La prévoyance du restaurateur nomade avise a tout, sans qu’il cesse de marcher et de crier : les mets, les mets savoureux déjà tout prêts , ou qu’il va préparer et qu’il va servir, comme dans Paris, à la minute!
- Le compartiment' antérieur du restaurant portatif, que j’appellerai le gaillard d’avant, contient : en dessus, les plats et les assiettes empilés; un peu plus bas, la petite provision de combustible. Plus bas encore est le foyer avec la cuisine, composée d’un récipient de tôle couvert d’uu demi cylindre de bois, revêtu lui-même au dehors par un léger enduit de plâtre; voilà le four, oii l’on fait bouillir» étuver ou frire des mets, au gré du consommateur.
- Dans la division du gaillard d’arrière sont en magasin les viandes, les légumes, et les mignonnes porcelaines contenant des herbes sèches, du poivre et d’autres épices.
- Pour le prix le plus modique, un ouvrier peut prendre un repas confortable, sans s’éloigner de son ouvrage, attendu qu’au moindre signe le restaurateur circulant se transporte dans tous les lieux où sa présence est récla* mée. Le plus souvent, il vient de lui-même jusqu’aux lieux où son ministère est probablement nécessaire.
- Le barbier étaviste ambulant.
- Comme un autre progrès des arts populaires, citons le barbier ambulant. Sur sa tête est une bouilloire (leau
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- toujours chaude; sur son épaule, un balancier porte d’un tout la provision d’eau froide, de l’autre le plat à barbe, le rasoir et l’essuie-main. Il expédie les passants au pre-uuer coin de rue. Non-seulement il fait la barbe, mais il rase la chevelure, sans rien laisser que la touffe dont est formée la célèbre tresse ordonnée par les Mandchoux sous peine de mort. L’artiste ambulant nettoie les sourcils, les yeux, les oreilles; il étuve le haut du corps. Tant de services sont rendus dans un laps de temps incroyablement court, et tout cela presque pour rien.
- La crânologie astrologique et philosophique en plein vent.
- La théorie des bosses du cerveau, la crânologie de la Chine, est expliquée par les charlatans des rues avec un sang-froid merveilleux; n’étaient le grand air et le plein Vent, vous penseriez être en Europe. Seulement, et c’est Je propre de l’Orient, parmi les protubérances révélatrices de la tête humaine, la partie la plus importante a des Apports immédiats avec les étoiles et les planètes, qui prennent souci des habitants de la Chine. Cette portion de protubérances révèle au crânologue oriental des influences et des prédictions astrologiques, presque aussi sensées que nos tables tournantes, nos esprits frappeurs, notre antique bonne aventure et notre nécromancie si sagement ressuscitée! L’autre portion du crâne humain vous manifeste les facultés intimes des personnes, leurs Passions, leurs goûts, leurs idées et leurs ridicules; ici quelques indices curieux s’entremêlent avec audace à des excès d’impertinence qu’on dirait tirés d’un autre hémisphère.
- Voilà les joies du petit monde, et même du grand; voici d’autres commerces plus lugubres.
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- Entreprise d'un dépôt des morts à Chang-hai.
- Une maison spéciale sert à déposer les cercueils des marins ou marchands du port de Ning-po qui meurent à Chang-haï. On reçoit provisoirement gratis les cercueils des indigents et des personnes qui n’ont pas d’amis ou de parents sur les lieux. Pour les gens de peu de fortune, le dépôt coûte seulement 72 centimes. Pour les riches, en payant un dollar, qui vaudrait 5 fr. Zio à 5o cent, en Amérique, le cercueil est déposé dans une salle convenablement décorée, jusqu’au moment où la famille du défunt le fera retirer. Il peut rester ainsi trois années sans payement additionnel; mais au bout de ce temps» si le corps n’est pas réclamé, on l’expulse comme insolvable, pour l’inhumer dans un espace voisin.
- En trois ans on a reçu 3,o83 cercueils d’hommes; en quatre ans, 1,198 cercueils de femmes. Dans tous les pays, celles-ci voyagent le moins et meurent chez elles.
- Le dépôt qui vient d’être décrit suppose que les habitants, même les moins à leur aise, peuvent encore payer quelque chose. Le dépôt dont on va parler semble le dernier et triste refuge de l’absolue pauvreté.
- Dépôt des cadavres d'enfants dans la Tour-Cercueil, auprès des murs de Chang-haï.
- Celte tour répand au dehors une odeur effroyable, et durant les chaleurs elle propage au loin des exhalaisons mortelles. Lorsqu’un enfant des classes indigentes meurt, ses parents l’entourent avec de larges feuilles que rattachent quelques liens de bambou; puis ils lancent le tout, par une fenêtre, dans la Tour-Ccrcueil. Quand elle est
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- pleine de cadavres, l’autorité les fait enlever et brûler-, la cendre qu’on en retire sert d’engrais à la terre qui nourrit le peuple.
- Un autre établissement, pour les vivants dans la gêne, nous rappelle aux mœurs de l’Europe.
- Dépôt des effets du peuple : prêts à 3 pour 100 par mois.
- Les établissements de ce genre méritent notre plus sérieuse attention. Pour qu’ils réunissent, comme ils le font, les opérations du prêteur sur gages et celles du banquier, leur existence a besoin d’être autorisée. Ces établissements s’appellent des boutiques à trois pour cent; or vous apprenez que c’est à 3 pour cent par mois, qui représenteraient 36 pour cent par année, sans compter les frais de renouvellement et les intérêts des intérêts.
- A Gbang-haï, si vous empruntez pour trois mois sur gages, il faut payer 9 p. 0/0. Le mont-de-piété de Paris ne prend que 9 p. 0/0 par an, et c’est énorme.
- En Chine, si l’on emprunte de l’argent à l’année, l’in-lerêt maximum est seulement de 3o pour cent.
- Voilà quel est le taux légal-, le dépasser serait un délit Punissable par soixante coups d’une canne officielle, légère, élastique et cinglante : telle qu’on peut la façonner avec un bambou bien choisi.
- U existe en Chine des économistes prêts à justifier les pratiques les plus exorbitantes. Iis font l’éloge de l’énorme lnterêt des capitaux monétaires : intérêt indispensable, suivant eux, si l’on veut détourner l’argent de s appliquer à la terre et d’en hausser artificiellement la valeur.
- Pour revenir aux monts-de-piété, celui qu’en 1848 a vi-^te le capitaine Jurien, commandant la Bayonnaise, était un lnamense édifice, rempli de vieux vêtements. En 1842, cet
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- édifice avait servi de logement aux troupes anglaises, qui. dit-il, y trouvèrent un pillage facile. En Europe, afin d’éviter semblable spoliation, les généraux des nations les plus policées ont soin de ne pas caserner leurs soldats au milieu des effets du pauvre.
- Des industries exercées dans Chang-hai.
- Chang-hai prospère par les arts et les fabriques autant que par le commerce. Dans cette ville populeuse, on pétrit habilement l’argile; on moule, on émaillé les métaux; on travaille, on sculpte le bambou et d’autres bois avec une rare dextérité. Pour exécuter ces travaux, de très-bons ouvriers, qui travaillent quatorze heures par jour, gagnent seulement 60 centimes, et n’en dépensent pas 2 5 : tant la vie est à bon marché.
- C’est à Chang-hai qu’il est préférable d’acheter, sans être rançonné comme on l’est à Canton, ces innombrables objets de curiosité connus sous le nom de chinoiseries et beaucoup d’objets d’art : objets qu’on ne surfait pas déraisonnablement aux Européens.
- Nous avons indiqué, comme un commerce opulent, ce qu’il faut mentionner ici comme une industrie remarquable pour le goût et l’habileté de la confection : ce sont les riches vêtements garnis de magnifiques fourrures.
- Etablissements maritimes en avant de Chanq-haï.
- La rivière de Chang-hai n’est pas moins large devant cette ville que la Tamise au pont de Londres. Des navire5 d’un fort tirant d’eau peuvent facilement y remonter; mais il faut qu’ils soient conduits par de bons pilotes, afin d’éviter les bancs de vase qui l’obstruent.
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- Le flux de ia mer remonte bien au-dessus de Chang-hai, en soulevant les eaux des canaux et des rizières qui coupent en tout sens la vaste plaine dont cette ville est le Port maritime.
- Ce port est admirablement placé pour commercer avec la Russie du nord-est, avec le Japon, avec la Californie, et le sera pour commercer avec la nouvelle colonie aurifère des Anglais en Colombie.
- Parmi tous les ports où les Européens peuvent aborder depuis 18/12, c’est le plus avancé vers le septentrion. Il est la principale entrée commerciale de l’empire du Milieu. Il annonce au loin son importance, et l’on aperçoit avec admiration le grand nombre de mâts qui s’élèvent en avant des édifices, comme une forêt de pins.
- Ce n’est pas seulement le lieu d’arrivée des forts navires d’Europe et des États-Unis ; c’est le rendez-vous des tonombrables jonques chinoises qui s’adonnent au cabotage depuis'la rivière de Pékin, le Pel-ho, jusqu’à la Dvière de Canton, qui se trouve éloignée de deux cent C1uquante lieues. C’est aussi le rendez-vous d’autres jonques arrivant de la Cochinchine, de Siam, de Bornéo, des Philippines, de Singapore et des îles Malaises.
- Le mouvement alternatif des marées offre, pour monter et descendre, la navigation la plus économique et la plus facile, sur une multitude de canaux qui marchent, comme dit Pascal en parlant des rivières, et qui marchent en sens contraires quatre fois par vingt-quatre heures. Le spectacle charmant que, dans les campagnes de la Hol-lande, montrent les voiles des navires qui glissent entre les arbres, vers tous les points de l’horizon, le même spectacle se présente à l’observateur dans un cercle immense, dont le centre est Chang-hai. Des bateaux venus de l'intérieur amènent tous les produits nécessaires pour alimenter
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- les habitants d’un grand port de commerce. Depuis qu’il est ouvert aux peuples de race occidentale, des jonques nombreuses apportent, soit de l’intérieur, soit de la côte, des cargaisons destinées pour l’Europe et l’Amérique. H faut signaler au premier rang des exportations les thés, qui viennent directement de montagnes assez voisines, et des quantités toujours croissantes de soie grége, demandées par les ateliers de France et d’Angleterre.
- Consulat américain.
- Lorsqu’en remontant le Wang-pou l’on approche de Chang-haï, le premier établissement commercial que l’on rencontre est le consulat des États-Unis. Il s’élève sur la rive gauche, immédiatement au-dessous du confluent de cette rivière avec celle qui descend de Sou-tcheou-fou.
- La grandeur de l’édifice et la beauté des maisons érigées alentour sont la preuve ostensible des progrès d’un commerce que les Etats-Unis poursuivent avec une activité remarquable; activité qui n’est jamais interrompue par un funeste amour de querelles et de combats.
- Consulat britannique.
- De l’autre côté du confluent, dans l’angle droit que forment les deux rivières, s’étend la ville britannique. Déjà presque aussi vaste que la cité chinoise, elle est largement parsemée de cultures gracieuses et de belles plantations. L’opulence du commerce l’a construite en des lieux où naguère on ne voyait que de pauvres cabanes et des rizières malsaines. L’argent des Anglais a tout payé, jusqu’à la place auparavant occupée par des tombeaux; les Chinois ont porté plus loin les ossements de leurs ancêtres, en cédant à l’appât d’excessives indemnités.
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- H est admirable de voir avec quelle rapidité les Anglais °nt érigé le somptueux édifice de leur consulat, et leurs vastes magasins, et les temples de leur culte. Leurs maisons particulières, construites avec luxe, sont entourées de jardins où l’art fait rivaliser les plantes utiles et les plantes d’ornement qu’offrent la Chine, l’Amérique et l’Europe.
- M. Fortune, ce parfait jardinier du Royaume-Uni, célèbre avec enthousiasme les Anglais et les Américains pour les plantations charmantes de leurs jardins à Chang-hai; fixais il leur reproche vivement de ne pas orner leurs C1metières en les ombrageant avec de beaux arbres, par exemple le cyprès et le thuya, qui décorent avec tant d effet les tombeaux des Chinois opulents.
- C’est en i844 que les Anglais ont commencé leurs créations, et dès i848 elles offraient l’aspect d’une impo-sante cité, qui chaque jour s’agrandit et s’embellit.
- Les Chinois de l’intérieur qui viennent à Chang-hai s étonnent encore plus en contemplant les maisons des Européens qu’en étudiant les étrangers qui les habitent. Us demandent à parcourir ces demeures, si nouvelles à Wrs yeux, pour se faire une idée du luxe, du confort des jouissances infinies que réunit la vie intérieure des °pulents Anglo-Saxons.
- Consulat français.
- Un canal dirigé de l’est à l’ouest limite au midi la c°lonie britannique. A la jonction de la rivière Wang-pou de ce canal, en face de l’établissement, britannique, 0ïl voit le consulat français, au milieu d’un terrain ^hiité comme il devait l’être pour un commerce d’abord peu développé. Cependant, depuis ces dernières années, ,Jrie colonie française, qui déploie à son tour la richesse
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- et l’élégance, atteste le progrès final d’un commerce fut si tardif dans le principe.
- Du côté de la ville, un quai fort long, qu’on appelé Bond, s’étend entre la rivière et les consulats; oh y re' marque le grand édifice de la douane chinoise.
- En avant des établissements étrangers, le littoral auprès duquel leurs navires viennent mouiller n’a pas moins de cinq kilomètres d’étendue.
- Faubourg nautique de Chang-haï : mouillage des jonques.
- Immédiatement au midi du consulat français, dans une longueur de huit à dix kilomètres, s’étend le faubourg nautique de Chang-hai. Sa largeur moyenne ne dépasse guère un demi-kilomètre ; il n’est distingué que par son insignevsaleté. Remarquons le délabrement dé ses abords orientaux, plus hideux encore que ceux dont on rougd pour la Tamise au-dessous du pont de Londres.
- En face de ce faubourg, la rivière Wang-pou n’a pas moins de largeur que le beau fleuve britannique au point où commence le mouillage des navires. Chaque année»
- trois à quatre mille jonques viennent jeter l’ancre en avant
- de Chang-haï, pressées là par rangées transversales de douze à quinze bâtiments. Elles sont mouillées en bon ordre, sous la surveillance d’un mandarin spécial.
- Après la conquête de Nankin par les rebelles, erl i853, des malfaiteurs indépendants s’insurgèrent dans plusieurs départements circonvoisins, levant pour lenr propre compte le drapeau de l’insurrection et du pillage* Un groupe de ces misérables envahit Chang-hai par surprise et fut à son tour assiégé. Il est pénible de dire que des Américains et des Anglais faisaient passer» à travers le faubourg maritime, des munitions et des armeS
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- les assiégés payaient avec les fruits honteux de la spoliation. Par une aberration qui sera plus tard expliquée, ks missionnaires protestants faisaient pencher leurs vœux du côté de l’insurrection.
- Il a fallu qu’une station de la marine française prêtât Noblement son aide aux indigènes opprimés par d’indignes malfaiteurs, et quelle contribuât à les délivrer dans le port et la cité de Ghang-haï.
- Le palais épiscopal et la cathédrale française centres du culte catholique.
- Le palais épiscopal est érigé sur une ancienne concession que l’empereur Khang-hi fit jadis aux chrétiens; ds en ont obtenu la restitution. Ce palais d’ailleurs est une simple maison bourgeoise, modeste en sa structure, mais dune exquise propreté. Dans l’intérieur de l’empire, les ^vêques, obligés de se cacher, habitent des chaumières; Cette glorieuse humilité, loin d’abaisser, rehausse leur ^ssion. Ainsi grandit leur caractère.
- A l’extrémité méridionale du faubourg maritime on perçoit la cathédrale catholique. On l’a bâtie depuis qu’a parti fédit impérial de i 844, qui reconnaît aux chrétiens eXercice libre et public de leur culte dans les cinq ports °uVerts aux étrangers.
- A partir de la même époque, une foule de sectes dissi^ ^Utes ont érigé dans l’intérieur de la cité leurs temples etles habitations de leurs missionnaires; l’église anglicane, Coimne culte national, s’élève au centre de la colonie bri-*amiique.
- Revenons à la France pour montrer ce que peuvent, }>?ns un grand port tel que Chang-hai, l’intelligence et eHergie d’un représentant consulaire.
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- Un consul français à Chang-haï : M. de Montigny.
- Nous voulqns parler d’un consul éminent oublié, s il pouvait l’être, à cinq mille lieues de sa patrie ; il faU* le montrer suppléant par sa force dame à tout ce cp11 rend facile, opulente et fructueuse la mission d’un consul d’Angleterre ou des Etats-Unis dans un port de la (Chine-
- M. de Montigny s’était fait connaître en combattant pour l’indépendance de la Grèce; placé sous les ordres du général Fabvier, si bon juge en fait de vaillance, ü avait conquis l’estime et l’amitié de ce chef éminent-La Grèce affranchie par notre concours, il regagna sa patrie et servit encore dans l’armée. Lorsque l’on coin' posa le personnel scientifique de la mission français6 qui fit voile pour la Chine en 18hh, M. de Montigny fut choisi pour en faire partie ; cette occasion favorable lui permit d’étudier sérieusement les intérêts mutuels des Chinois et des étrangers. Tel fut son titre pour deve' nir consul dans un port à peu près ignoré de l’Europe et qui devait, en si peu d’années, acquérir tant d’imp°r' tance.
- En 1867 i! arrivait avec ce titre à Chang-haï, dont Ie mouillage ne présentait pas alors un seul bâtiment fraïl çais, mais se remplissait à vue d’œil de grands et ricbeS navires aux pavillons de la Grande-Bretagne et de PUnio*1 américaine : sans compter les clippeurs et les bâtiment recéleurs de Wou-song, l’avant-port de Chang-haï.
- Dès le premier moment, il agrandit sa position et 1 ^ noblit, en se faisant le protecteur, non de l’opium et de a contrebande, mais à la fois du commerce probe et chrétiens, soit étrangers, soit indigènes. Il voulut que so*1 pavillon, celui des trois couleurs généreuses, couvrît tous
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- tas catholiques, quelle que fût leur patrie. Il ne songea d’abord qu’à leurs droits, à leur sécurité, à leur bien-être ; d leur fit restituer les églises dont la possession remontait au règne de Khang-hi. Sous ses auspices, l’évêque de Ghang-haï vit élever sa cathédrale et bâtir son modeste palais, un peu plus somptueux que la demeure de J’apos-talique Gheverus à Boston. A l’ombre de son patronage, cbaque année s’est développé l’établissement catholique dans la ville, dans les faubourgs et la banlieue.
- Pour la première fois, en 18A8, une corvette française déploya ses voiles et son pavillon tricolore dans la rivière de Wang-pou. Aussitôt les Chinois, reconnaissant les cou-taurs qui flottaient sur notre consulat, s’écrièrent : « Voici tas amis de l’évêque! »
- Je veux montrer par un seul fait le parti que M. de Montigny sait tirer de cette influence morale pour favo-riser un commerce honnête et légal. Nous avons eu dans Ghang-haï des négociants avant d’y conduire un seul navire ; dès 1848, il fallait favoriser nos placements et préparer des commandes pour notre industrie. Le consul eut l’heu-reuse idée de s’adresser aux prêtres missionnaires , afin que leur patriotisme favorisât de ce côté nos concitoyens.
- eux, avant la fin de la même année, il obtint que le c°tnmerce catholique, dans l’opulente cité de Sou-tcheou-f°u, fit une commande qui surpassait trente mille pièces dfi tissus français. L’époque était parfaitement choisie, Parce qu’en juillet 1848 une inondation extraordinaire avait fait manquer la récolte des cotons dans 1 immense Ptaine de Chang-haï. Voyons quels avaient été les auxiliaires désintéressés d’une entreprise qui devait obtenir tas plus heureux résultats.
- Monseigneur Maresca, le vicaire apostolique des pro-v,nces de Kiang-nan et de Kiang-si, n’écoutant quo son
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- dévouement pour les intérêts de la France, avait fait dans la saison la plus malsaine de l’année, en vue d’aider à la conclusion de cette affaire, le voyage de Sou-tcheou-fon* Il s’était associé, par sa présence, aux efforts du respectable abbé Chen, Chinois et curé apostolique dans cette ville. Il e° revint atteint des fièvres qui régnent dans la canicule, mais très-heureux d’avoir réussi et plein d’espoir pour l’avenir-«Tout m’autorise à penser, mandait à ce sujet M. de Mon-tigny, que les commandes de nos coreligionnaires, jointes à celles de leurs parents et amis païens, vont continuer au fur et à mesure de mes envois d’échantillons; parce que tous nos missionnaires, à l’envi l’un de l’autre, font de grands efforts pour me seconder et prouver les patriû' tiques sentiments qui les animent en faveur de la France. » On fait aussi des commandes qui proviennent directe-
- ment de Ghang-haï; c’est dans le Léa-toung et la Mandchourie qu’on expédiera la majeure partie des tissus ainsi demandés, et qui proviennent de France. Le consnl s’efforce de donner à la mère patrie d’utiles conseils : « PluS les étoffes de coton seront épaisses et fortes, plus elleS auront de largeur, et mieux elles réussiront dans ces pnfs du nord, où le froid très-vif exige des vêtements chauds-En Chine, on les teint en grande partie avant de leS vendre : faisons de même. Les vêtements des gens peU riches, la plupart ouatés en hiver, ne sont presque jamalS lavés; pour cette raison, il n’est pas nécessaire que leS cotons communs soient bon teint. Règle générale, cest bon marché surtout qu’il faut arriver.
- <i Ayons soin d’ofïrir aux Chinois nos lainages1 peu cou teux, soit du Midi, soit des autres parties de la France.
- J Nous sommes heureux de citer un travail considérable qu’on doits01" cet objet à M. Natalis Rondot, qui faisait partie de la mission français® Chine. Nommé membre de la Commission française pour l’Exposition uni
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- o’est pas tout : beaucoup d’articles de Paris, économiques et charmants, auront du succès dans le nord de la Chine. »
- Le service considérable obtenu du clergé par M. de Mon-%ny dans les rapports commerciaux des grandes villes de Sou-tcbeou-fou et de Chang-hai n’est qu’un exemple Particulier de l’action qu’il a su mettre enjeu. Laissons-le tendre compte lui-même de ses moyens d’action :
- «J’ai mis à profit un moyen d’action dont il n’est pas futile, même au point de vue de notre intérêt commer-c*aL de dire quelques mots : je veux parler de nos missionnaires catholiques apostoliques... 11 importe de remarier que les dix-huit provinces de la Chine se divisent en seize évêchés; or, tout évêque a sous ses ordres un certain nombre d’ecclésiastiques européens et chinois. ^ est à chacun de ces dignitaires que j’adresse mes questions et mes demandes de produits ; c’est avec chacun deux, comme avec un grand nombre de missionnaires, fl116 je m’attache à correspondre; c’est d’eux enfin quà force de démarches et de questions je tire des renseignements que nulle nation, pas même les Anglais, je le cr°is, ne peut obtenir. On s’imaginera facilement, si l’on c°nsidère l’influence de ces nombreux prélats, à chacun desquels s’adjoignent au moins dix missionnaires, de quelle achon il est possible de disposer. »
- rojet d’Exposition permanente de produits français à Chang-haï.
- M. deMontigny a mis en avant l’idée la plus heureuse et ^ui fait beaucoup d’honneur : il voudrait que nous ussions à Chang-haï une Exposition permanente des Produits de notre industrie. Les marchands et les con-
- erseHe à Londres ls6nguée, de nos
- , il a rédigé des rapports qui font partie, et partie très-travaux.
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- sommateurs chinois la visiteraient sans cesse ; ils ne pourraient qu’être séduits par les qualités et .le bon goût d’une foule de nos produits. Une exposition fondée dans le point le mieux placé du grand littoral chinois, dans celui qui fait naître le mouvement le plus important des affaires qu’offrent les provinces du centre et du nord, produirait les meilleurs effets pour notre commerce. En passant a Chang-hai, chaque marchand verrait nos étoffes; il établirait à l’égard de nos produits ses comparaisons et ses calculs, qu’il porterait avec lui dans l’intérieur. De là certainement nous viendraient d’utiles commandes.
- En attendant qu’on réalisât cette heureuse pensée d’une Exposition française à Chang-hai, M. de Montigny s’apph' quait à montrer aux négociants chinois l’échantillon de nos tissus portant leur prix, qu’il avait lui-même écrit dessus, en caractères idéographiques. Il leur faisait apprécier les qualités supérieures et la durée qui compensent à juste titre une apparente cherté.
- L’infatigable consul s’occupait avec un zèle incessant d’envoyer en France tous les objets indigènes qui peuvent intéresser nos fabriques et notre agriculture; il choisissait avec intelligence les instruments de production, les matières premières et les produits utiles, soit à nus arts, soit à notre consommation.
- Parmi les instruments aratoires, nous devons en di*' tinguer deux ; ils vont nous montrer qu’en certaines par' ties de la Chine on pratique depuis longtemps des perfectionnements qui chez nous, il y a douze ans, étaient encore à l’état d’extrême nouveauté.
- « Je reçois en ce moment (décembre 1848) du fond dn Ho-nan, écrivait M. de Montigny, le modèle d’une charrue admirable de simplicité. Elle creuse à la fois trois sillon* et les ensemence en même temps de la manière la pluS
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- régulière; elle peut aussi, dans la même action, herser. Je m’empresse de m’adresser à cette province, afin d’y commander une de ces charrues et toute la collection de ses instruments aratoires ; ils nous seront une acquisition précieuse. Dans ce pays industrieux, il existe un instrument qu’on emploie pour faucher, enlever, emporter les froments par la même action, sans qu’ils tombent à terre : il agit avec une promptitude extraordinaire. Lorsqu’on met en action ces deux instruments, on voit l’un moissonner et l’autre labourer, ensemencer, herser à la fois. »
- Si le simple récit d’un petit nombre des actes éclairés accomplis par M. de Montigny pouvait donner une idée de son dévouement, de son caractère et de sa haute intelligence; si l’autorité daignait en conclure les immenses services qu’un homme de cette valeur et de cette expé-rience pourrait accomplir à Pékin même, il me semble que j’aurais rendu à mon pays, ainsi qu’à la Chine, un ttoble service. Alors je serais le plus heureux des hommes.
- Chang-hai, centre de christianisme.
- Chang-haï, maintenant, est un centre commun d’elforls pour tous les cultes chrétiens. Arrêtons-nous sur ce grand sujet, et commençons par le catholicisme.
- Ce catholicisme dans les ports ouverts aux Européens depuis 18U2.
- Après la première guerre des Anglais contre les Chi-nois, de i84o à 18/42, un plénipotentiaire français vint en Chine. Il n’eut pas assez de crédit pour faire insérer uans un traité des stipulations explicites en faveur du catholicisme; mais, à sa prière, le grand mandarin Ki-ying obtint de l’empereur un édit protecteur. Le voici :
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- Importante requête de Ki-ying en faveur du catholicisme.
- En i844, Ki-ying demande à l’empereur, pour les Français et les autres étrangers professant le catholicisme : « 10 qu’il leur soit permis de bâtir des églises et de professer leur culte dans les ports ouverts à leur commerce, sous la réserve suivante : ils ne devront pas aller dans l’intérieur pour y propager leur croyance; s’ils violent les conditions de la présente concession, en dépassant les limites qui leur sont assignées autour des cinq ports, et s’ils bravent ainsi l’autorité, ils seront saisis et renvoyés à leurs consuls, afin qu’on les châtie;
- « 20 Que la peine de mort ne soit pas inconsidérément appliquée aux chrétiens ; qu’au contraire, on agisse envers eux avec douceur et noblesse.
- «Par ce moyen, le bien et le mal ne seront pas confondus , et la loi bienveillante recevra son effet. En définitive, on demande que les personnes qui pratiquent honnêtement le culte chrétien ne soient pas pour cela punies comme pour un crime : on supplie l’empereur d’accorder gracieusement ces faveurs.» Avant la fin de 1844, Y&or pereur transformait cette requête en édit par ces mots écrits de sa main : Quïl soit fait selon le conseil de Ki-yinf
- Telle est la loi qui depuis cette époque a régi dans les cinq ports l’exercice du catholicisme; comme extension , la même tolérance est appliquée à toutes Iss croyances protestantes.
- On a vu dans ces derniers temps exhumer par l’ingratitude européenne quelques lettres de l’homme d’Etat à qui les chrétiens devront une éternelle reconnaissance , compromettre â plaisir ce haut mandarin et causeï sa mort.
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- Rayonnement du catholicisme autour de Chang-haï.
- Dans la ville ou dans les environs de Chang-haï, nos missionnaires ont introduit à la Chine jusqu’à des couvents de religieuses; la sévérité des mœurs qui caractérise nos monastères paraîtra d’autant plus frappante que les Chinois pourront la comparer avec le relâchement, disons mieux, avec la corruption de leurs bonzesses.
- En i85o, les catholiques ont fait venir à Chang-haï cinquante sœurs de charité. Leur établissement est facile dans un pays où les bouddhistes ont des nonnes qui ressemblent à nos religieuses pour le costume, l’aspect, les manières, la profession du célibat èt le chant religieux. Mais combien elles en diffèrent par les œuvres et les mœurs !
- Postérité catholique du grand mandarin Siu.
- Nous avons signalé dans la ville de Chang-haï le monument glorieux érigé par les Chinois à la mémoire du grand mandarin Siu, le plus illustre catholique appartenant à leur race.
- La postérité de Siu s’est conservée dans un village qu’elle a peuplé, au centre du patrimoine de ce vertueux homme d’Ëtat; elle n’a pas cessé, depuis deux siècles, de professer le culte adopté par son noble patriarche.
- Une Jille de Siu est élevée au faîte des honneurs quon peut accorder à son sexe.
- Par une conduite admirable, la plus jeune fille de 1 illustre mandarin a mérité et reçu tous les honneurs qni pouvaient être décernés à son sexe; elle les a reçus
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- en conservant et ses vertus et sa foi. Devenue veuve, elle avait trouvé dans son dévouement et son courage la force de suffire aux soins, à l’éducation de huit enfants; jeune encore, elle avait dédaigné les douceurs d’un second mariage. Elle avait aidé, de sa fortune, à construire trente-neuf églises et fait imprimer à ses dépens cent trente écrits pour l’instruction des catéchumènes chinois.
- Le souverain décerna publiquement à la fille de son ancien ministre le titre éminent de femme très-vertueuse. Il lui fit présent d’une magnifique robe d’honneur; il y joignit une parure de tête composée de pierres gemmes et de diamants. Ces splendides joyaux, qu’eût enviés une impératrice, la noble veuve en consacra le prix au soulagement des infortunés.
- C’est h deux lieues de Chang-haï, du côté de l’ouest, qu’on trouve le village de Siu-hia, environné d’un territoire dont l’héritage remonte au grand mandarin Siu.
- Nouveau collège fondé par les pères jésuites dans le village de Siu-kia-
- La Compagnie de Jésus, que le patriarche Siu avait tant chérie et protégée, a réalisé l’heureuse pensée d’établir un séminaire auprès du village occupé par les descendants de ce saint homme. Dans l’établissement élémentaire , ils instruisent soixante élèves. Auprès de l’institution, un père espagnol pratique et montre la sculpture.
- Voici quel jugement a porté de cette fondation un autre père, également Espagnol :
- « Les étudiants du collège de Siu-kia donnent une complète satisfaction par leur amour du travail et par leurs progrès dans la littérature chinoise; l’obéissance est partout immédiate et facile. Les révérends pères ont conçn l’espoir que ce collège fournira des professeurs capables
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- d’enseigner les hautes études, de former des catéchistes bien instruits et zélés, de donner même des prêtres distingués à la fois dans la théologie et dans les lettres. »
- Nouveaux et notables services demandés à la Compagnie de Jésus.
- Il serait digne de l’ambition des pères jésuites de reprendre dans le village de Siu-kia la tradition des grandes choses faites par leur compagnie pour l’empire de la Chine.
- Ils devraient rédiger des éléments simples et faciles de grammaire française, y joindre de petits dictionnaires à l’usage des Chinois; puis publier le tout avec nos caractères pour le commun peuple, avec des caractères idéographiques pour les lettrés. Une grande influence française résulterait certainement de ce travail.
- Les révérends pères devraient choisir parmi leurs catéchumènes les sujets les plus distingués et leur donner avec soin des leçons de français; ils les enverraient ensuite à Paris pour acquérir la connaissance pratique des arts flui sont indispensables à la prospérité de leur patrie.
- U est impossible que la guerre actuelle contre les Chinois ait une longue durée. Une paix constante et loyale est l avantage commun des Occidentaux et des Orientaux. Aux Français appartiendra surtout d’en devenir les promoteurs désintéressés et magnanimes.
- En même temps c’est à nos missionnaires qu’il conviendra d apprendre à l’autorité chino-mandchoue quel avantage elle aurait à vivre en parfaite intelligence avec la nation française. Celle-ci pourrait enseigner aux licenciés militaires du Céleste Empire 1 ce quelle enseigne à tant de jeunes
- Bien entendu qu’ils ne devraient rendre de tels services qu'après la
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- officiers égyptiens, persans, tunisiens, etc. les vrais principes de la défense des États, et tous les arts savants qu’une telle défense exige aujourd’hui. Des lumières si précieuses fourniraient au Gouvernement actuel des moyens efficaces pour triompher des odieuses et périlleuses insurrections , dont le mot d’ordre universel est, depuis dix ans : Mort aux Tartares! et Périssent les mandarins!
- Au xviie siècle, le père Verbiest, en coulant des canons pour combattre les insurgés, a mérité l’alfection et les récompenses de la Cour impériale. Après plus de cinquante années, le souvenir d’un si grand service est rappelé par le tribunal des rites, pour faire de nouveau rendre t justice aux chrétiens (voyez page n/t). Qu’un si bel exemple ne soit jamais oublié; le faire revivre appartient à la Société religieuse qui, du xvc au xvne siècle, sut répandre tant de bienfaits au milieu du nouveau inonde.
- «Taime à le penser, cette Société n’a pas perdu, dans l’autre hémisphère, son génie créateur et civilisateur.
- Indiquons maintenant un service tout pacifique, un des plus importants que les pères de la Compagnie de Jésus puissent rendre à la prospérité des familles chinoises, en commençant par les familles catholiques.
- Le village ou, pour parler plus exactement d’après nos idées, la petite ville et le canton de Siu-kia réunissent de grands avantages. Lh, l’universalité des habitants professe un culte unique, maintenu depuis deux siècles. Ainsi, nulles rivalités religieuses, nul affaiblissement des croyances; pas de comparaisons ou dangereuses ou trompeuses, qui révoltent en certains cas et d’autres fois qui séduisent : la
- fin de la guerre inopinée à laquelle nous voyons prendre part aujourd bui les Français. Espérons que ceux-ci finiront par adopter la belle maxim® qu’avait consacrée l'honorable Compagnie britannique des Indes orientale8 •
- // faut vivre en pair avec la Chine.
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- sécurité, la paix, existent de ce côté. Voilà déjà six générations d’une famille nombreuse qui, dans l’origine, possédait un grand domaine, et ses descendants, de plus en plus multipliés, ont gardé pieusement le même héritage. Cette postérité d’un patriarche chrétien, d’un sage mandarin qui fut le digne ministre d’un empereur à jamais dlustre, cette postérité conserve dans son sein, non pas la noblesse des titres, mais la noblesse de la foi; elle n’aspire plus à d’autre grandeur. Cent cinquante ans de défaveur répandue sur un culte souvent persécuté n’ont pas ébranlé leur croyance. Ces longs jours de disgrâce ont produit un grand bien, que ne soupçonnait pas l’intolérance. Ils ont étouffé chez les enfants de cette Chrétienté chinoise toute ambition mondaine ; ils ont interdit aux descendants de Siu tQut désir, tout espoir d’obtenir ces emplois, ces distinctions, ces honneurs qu’on mérite si rarement, et qui, non mérités, sont achetés par tant de bassesses; ces élévations rçui, dans tous les cas, excitent l’orgueil, et font passer trop souvent du plaisir naturel d’exercer le pouvoir au désir d’en abuser : d’où le mépris de la justice. Enfin, eomme il se voit mome à la Chine, la soif de piller les administrés fait trop souvent étouffer la plainte des opprimés et mépriser ^es pleurs des malheureux. Ce triste enchaînement, qui commence à la vanité, conduit si promptement au vice et trop souvent finit par le crime, cet enchaînement n’a pas même son premier anneau possible au milieu des clire-tiens de Siu-kia; pas un d’eux ne peut devenir manda-rin> même du dernier degré.
- Au milieu de ce peuple heureusement réduit à la simple vertu par l’intolérance, on voit prospérer le collège catholique. Aux bienfaits d’instruction et de moralité que Propage l’institution, elle peut ajouter un service matériel ^ont je vais montrer la nature et la conséquence.
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- Le territoire de Siu.-kia fait partie de cette immense plaine qui s’étend des deux côtés du fleuve si bien nomme le fils aîné de la mer; la fécondité de ce grand territoire est la fortune de la Chine. Dans les parties les plus basses prospèrent surtout les rizières qui nourrissent les hommes par centaines de millions. Dans les parties un peu plus élevées abonde un excellent coton : celui dont le duvet doré produit ce tissu fort et durable auquel les Européens ont donné le nom de nankin. Les quantités qu’on en récolte sont suffisantes pour vêtir l’immense population qui place, du moins pour le nombre des âmes, la nation chinoise à la tête des nations.
- Depuis les premiers jours d’automne jusqu’aux derniers jours de printemps, la femme et les filles du petit cultivateur passent les soirées à filer le coton, et même elles en disputent le tissage à de plus robustes mains; tout ce travail est domestique, et c’est le complément du labeur de la ferme. Comme il s’accomplit sans ôter un seul moment nécessaire à la culture des champs, il ajoute beaucoup au bien-être, à l’aisance de l’agriculteur chinois.
- Voilà précisément les conditions de travail, de confort et de bonheur au milieu desquelles existent les cultivateurs de Siu-kia : félicité qu’ils sont menacés de perdre; félicité qu’il faut leur conserver. C’est le service que pourra leur rendre le collège érigé par les missionnaires, cette belle institution dont j’ai déjà loué les œuvres apostoliques.
- En Europe, vers le milieu du siècle dernier, les pro-diges des machines occidentales ont disputé l’industrie de la filature aux doigts les plus délicats et les plus actifs des plus intelligentes fdeuses. En vain celles-ci réduisaient leur salaire au peu qui suffit pour ne pas mourir de faim^ les progrès d’un art impitoyable avançaient toujours, et les prix s’avilissant au delà de toute mesure, dans l’occident
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- 1 Europe, le sexe faible s’est bientôt vu privé du travail <ÏU1 convenait le mieux à sa vie sédentaire.
- Je dis privé, dans l’acception générale du mot, mais non pas absolument; puisqu’une jeune fille éloignée de sa famille, au péril de ses mœurs, a fini par suffire comme surveillante au mouvement de cinq à six cents fuseaux, a la production automatique de cinq à six cents fils : la tapeur, si peu coûteuse, accomplit le reste du travail. *ais pour une ouvrière qui trouvait cet emploi, des centaines d’autres perdaient celui qui jusqu’alors leur donnait es moyens de vivre. Il y a plus : les ouvrières du pays SuPèrieur en industrie usurpaient le travail féminin des aotres peuples. Cela se faisait dans des fabriques immenses 0u> pour perfectionner les arts, la promiscuité commen-Çait P.ar perdre les mœurs.
- LOccident envahi par l’exploitation manufacturière, la lïleiïle industrie s’est occupée d’envahir l’Orient. Appuyée ®Ur la conquête et dictant la loi les armes à la main, dans ?U* IHindostan elle a réussi. Franchissant un espace de Cl^ ftnlle lieues, le conquérant a transporté, chose nou-e au milieu des nations, le travail du vaincu chez le vac1:oiaeux* Oe détournement de main-d’œuvre su' ^ Par ann^e a 700 millions de mètres de tis-i 1 absorption double tous les neuf ans! La misère de i, ^len suit la privation de son travail : c’est la fatalité
- e envahissement industriel.
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- tau > 6Senl va venir Ie tour de la Chine. Les Occiden-s essayent à remplacer les fils et les tissus de coton ecessaires au peuple chinois par les produits de leurs canisines, auxquels en aucun lieu rien ne résiste.
- oici pourtant un moyen de salut, et c’est aux révérends r^s du collège de Siu-kia qu’il doit être recommandé, y a près de cent ans, afin de sauver le pain de sa intuoduction. — m. 18
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- famille, le pauvre tisserand Hargreaves eut le génie d’inventer, comme un grand progrès, ce qu’il faut introduire aujourd’hui dans le canton de* Siu-kia : c’était un métier qu’une simple fileuse, une jeanne, une jenny, faisait tourner en animant d’une main la roue qui transmettait la rotation à seize fuseaux, sur lesquels seize fils s’enroulaient à mesure que le métier les filait.
- Telle est la jenny que les bons pères de Siu-kia doivent faire revivre. Qu’ils en demandent un modèle en Europe; le système en est simple et sa confection coûtera peu. Les menuisiers chinois, avec le bambou dont ils font tant de choses, l’imiteront facilement; ils en vendront la repr'0' duction à très-bas prix.
- Je sais qu’en Angleterre la progressive jenny, non pluS que la pauvre ouvrière, n’a pas pu longtemps soutenir la concurrence contre les machines puissantes qui produisent les fils par trois, par quatre et cinq et six centaines à la fois, au moyen de chariots mus sur des voies parallèle’ qui furent les premiers chemins de fer imaginés. Mais danS ce pays, le plus riche de la terre, la femme qui veille aU travail de ces chariots gagne deux francs en dix heures» ce qui représente pour chaque heure vingt centimes.
- La fileuse à la main, dans une ferme de la Chine, se croi' rait heureuse en gagnant vingt centimes en dix heures • main-d’œuvre dix fois meilleur marché.
- Ce n’est pas tout : sur le territoire de Siu-kia, ccun**1® dans les plaines immenses au nord et au midi du gr^ fleuve, le coton croît à la porte de la ferme; il est cultiVe’ récolté, sur une terre promise, par des hommes gables. Ceux-ci travaillent plus fort que les esclaves de ^a Virginie; leur longue journée ne revient pas à pluS f cinquante centimes, et les fruits en sont pour eux seu
- Le coton que les mécaniques d’Occidont emploientave
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- ta plus davantage, et qu’ils emploient en quantité la plus considérable, est celui des Etats-Unis. Dans ce pays, la 3°urnée du travailleur est estimée cinq francs par jour.
- Voilà donc pour le cultivateur chinois, ainsi que pour ta fdeuse et le tisserand, un autre avantage économique d au moins dix contre un.
- Ce n’est pas tout encore. Le coton tissé par l’industrie occidentale doit parcourir, à l’état brut, deux mille à deux ^dle cinq cents lieues avant d’arriver à la filature britan-oique; il doit parcourir six mille autres lieues avant d’arri-Ver a la porte du consommateur chinois. Pour ces énormes distances, il faut payer les bénéfices des commerçants, des Manufacturiers, des facteurs, des entrepositaires; il faut payer les frais de transport par terre et par mer, les frais d assurances maritimes et l’intérêt des capitaux longtemps lancés.
- Eh bien! j’ose assurer qu’avec le secours puissant de Jeunies à douze, à seize, à vingt fils, les fileuses chinoises ourniront au tissage de quoi supporter sans désastre une équitable concurrence avec les Occidentaux. Elles auront e quoi ne pas mourir de faim, malgré tous les avantages de science et de richesse que le génie de ceux-ci par-Vlent à mettre en action.
- Lorsque les Chinois de Chang-hai, de Sou-tcheou-fou ae toute la plaine verront les métiers introduits par les pus pères fonctionner entre les mains des ouvrières de M-kia, l’immense bienfait s’offrira clairement à l’esprit de Ce peuple intelligent, laborieux et plein de courage. Alors ®era sauvée la précieuse industrie de cinquante millions de atudles dans les plaines arrosées par l’Yang-tzé-kiang.
- Nous terminerons ce qui concerne les progrès du ^tholicisrne en Chine par une simple indication : les Mois qui professent aujourd’hui cette religion, dans les
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- deux provinces qu’embrasse le siège épiscopal de Chang-hai, s’élèvent au nombre de soixante et dix mille.
- Des mission protestantes dont le centre est à Chang-haï.
- Animé comme nous le sommes par le désir de rester équitable, c’est aux membres mêmes des missions protestantes que nous voulons demander l’indication de leurs efforts et l’exposé de leurs succès.
- Ouvrage publié par le révérend M. Milne.
- Nous nous adressons de préférence au révérend M. Milne; c’est un missionnaire anglican, auquel on doit un livre bien intentionné qui porte pour titre : la fie réelle en Chine. L’auteur possède un mérite rare parmi ses coreligionnaires : il peut prêcher en langue chinoise; de plus, il dirige une imprimerie en caractères idéogf3' phiques. Il a, par conséquent, deux moyens pour nn quand il veut s’adresser au peuple indigène.
- Justice qu’il rend aux missionnaires catholiques.
- Le livre de M. Milne au sujet des Chinois est l’œuvre d’un cœur bienveillant et d’un esprit affranchi d’un grand nombre de préjugés européens. Il va me servir de guide sur les questions auxquelles fauteur s’est le plus intéressé.
- Bien différent de Pritcbard le persécuteur, il sait rendre justice aux missionnaires catholiques. Il en parle, il eS^ vrai, sur le ton de la commisération, du haut de son bien-être et d’un confort qu’il savoure dans son doux etsomp' tueux apostolat; mais cette pitié se concilie dans son cœur avec la plus sincère admiration. Ecoutons-le :
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- « Ces. pauvres gens se soumettent à beaucoup de privations et de dangers pour la sainte cause qu’ils ont epousée. Quoique je n’approuve pas les doctrines qu’ils enseignent, je dois leur accorder les éloges les plus élevés pour l’enthousiasme et le dévouement de leur foi. Mœurs de l’Europe, coutumes, vêtements, objets de luxe, tout est abandonné par eux dès l’instant qu’ils posent le pied sur le littoral de la Chine. Dans beaucoup de cas, ils n’entendent plus parler de leurs parents, de leurs amis, de leur patrie ; ils °ntdevant eux, sur une terre étrangère, une race païenne, froide, indifférente à la religion pour laquelle, eux, sacri-Ifrnt tout. Ils savent que leurs tombeaux seront bien loin des lieux de leur naissance et du berceau de leurs jeunes ans* Ils semblent avoir beaucoup de l’enthousiasme et de les-Prit des premiers apôtres du christianisme, envoyés par le divin Maître pour prêcher l’Évangile à toutes les créatures et pour obéir à Dieu plutôt gu aux hommes. »
- Si l’on voulait faire comprendre aux nations la supériorité de l’apostolat catholique, On n’aurait rien de mieux a produire que le texte précis du sincère prédicanl, gui n approuve pas leurs doctrines.
- Compte rendu par M. Milne.
- Les protestants d’Angleterre ont bien jugé que Chang-était un centre admirablement placé pour en faire le foyer de leur propagande commerciale et religieuse, et Pour rayonner de là dans la partie la plus opulente et la plus peuplée de la Chine.
- Moyen ingénieux d’imprimer des bibles qui s adaptent aux divers cultes protestants.
- Ou n’imprime pas seulement pour l’Église anglicane
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- Suivant ce que m’a rapporté l’un de nos savants sinologues, afin que les Bibles qu’on édite en caractères chinois puissent être répandues par les nombreuses sectes protestantes, on laisse en blanc les passages quelles interprètent de manières diverses. Rien ensuite n’est plus aise que d’écrire, à la main, les caractères différents par lesquels chaque secte exige que la Bible soit entendue. Pour employer la langue de Bossuet, on fait ainsi des éditions à l’usage des variations de l’Église protestante.
- Depuis i843, les sociétés bibliques ont envoyé successivement à Chang-hai cinquante-sept de leurs missionnaires, presque tous mariés; on en comptait trente-sept en même temps à l’œuvre dans l’année 1858. La plupart ne savent pas le chinois littéraire; mais, pour converser avec les habitants, il suffira qu’ils apprennent le commun parler populaire, le patois du pays. En attendant ils distribuent libéralement leurs petits livres.
- De 1854 à 1 857, les presses de la société biblique ont été très-occupées à Chang-hai pour éditer, avec des caractères chinois, une partie du million d’exemplaires vote par la société de Londres. Près de trois millions de francs ont été souscrits pour cette œuvre.
- On ne publie pas seulement des traductions complètes de la Bible; on y joint des traités qui concernent les sciences, la géographie, l’astronomie, la physique, la médecine, etc. Applaudissons à ce travail.
- Hôpital fondé par les protestants de Chang-haï.
- Citons avec de justes éloges un établissement qui sert à la fois pour les Européens et pour les Chinois.
- Afin d’attirer aux croyances chrétiennes, un moyen excel lent est offert par l’exercice gratuit de la médecine, moyen
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- pratiqué dès le principe avec activité et persévérance, b’établissement médical de Chang-hai est en relation avec la Société des missions de Londres; il est défrayé principalement par les étrangers qui résident à Chang-hai. L’établissement accorde ses consultations ainsi que ses médicaments aux Chinois qui les réclament, et chaque jour un grand nombre se présente. Tandis qu’on s’occupe de leurs souffrances et de leurs besoins, un prédicant est tout prêt à faire entendre une parole qui peut conduire le patient à verser sur les maladies de son esprit le baume de Gilead, ^ le pathétique narrateur.
- Rapport fait sur les résultats médicaux obtenus en 1856.
- En treize ans, beaucoup plus de 1 50,000 personnes ont ete soignées. Les patients sont venus à 1 hôpital non-seulement du voisinage le plus rapproché, mais de diverses ailles dont quelques-unes assez éloignées; beaucoup de marins indigènes, soit du Chan-toung, soit du Eo-kien , °nt fréquenté l’hôpital afin d’être soulages. On le voit, la partie médicale de la propagande protestante ne laisse llen à désirer et mérite tous nos éloges.
- Autres points de vue.
- Écoutons toujours l’autorité qui nous sert de guide, en acceptant son style mystique et figuré : « Il n y a pas encore un demi-siècle que la mission est ouverte, et voici les progrès accomplis...Environ 15o missionnaires protestants sont arrivés de l’Occident ; ils ont défriché le terrain plus ingrat; ils ont combattu l’aversion contre des etrangers inconnus et méconnus : plusieurs sont morts dans llnc si rude entreprise. C’est pourquoi, bien que les cin-
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- quante ans d’histoire des missions protestantes en Chine n’aient pas produit l'espèce de succès que nous avions espéré, dit M. le rapporteur, ces années sont pleines pour nous d’encouragements d’une autre sorte, que nous n’avions pas entrevus, et nous disons de l’ensemble : Ju~ bilate Deo, jubilate /» Cette jubilation géminée semblait nécessaire, peut-être, pour soutenir la patience et la générosité des souscripteurs européens.
- « 11 y a cependant un nuage d’anxiété qui pèse sur nous, poursuit le bon rapporteur, quand nous pensons à la grandeur du territoire, à ces 4oo millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui sont dans l’erreur, etc. »
- Oppressé par le découragement qu’excitent en réalité les faibles succès obtenus, M. Milne s’efforce de faire valoir quelques motifs d’espérance. « Lorsque nous préparons l’enseignement chrétien pour les centaines de millions'de Chinois, dit-il, nous n’avons pas à triompher des obstacles qu’offriraient quinze à vingt langues diverses, comme dans l’Inde britannique. Ici les livres ne parlent qu’un seul idiome, et rien de pareil au préjugé des castes religieuses ne combat contre nous. En Chine, l’idolâtrie même na pas de racines profondes. »
- L’observateur dont nous rapportons les témoignages ne se dissimule pourtant pas des difficultés capitales; je crois même qu’il s’en fait une trop sombre image. «Le missionnaire, dit-il, se met en contact direct avec l’esprit humain sous toutes les formes de la dépravation : ignorance de Dieu, athéisme, mondanité. L’indigène est sensuel» orgueilleux et prétentieux (conccited); il est dur, indiffe' rent, peu capable d’être impressionné; épris des formes antiques, il déteste le changement; il est sans principe et sans esprit viril : on le trouve obséquieux et forma' liste.... « Voilà, suivant le révérend ministre, les obstacles
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- qu’en Chine rencontre le prédicateur. « Aucune autorité purement humaine, aucun savoir, aucune éloquence, nont de prise sur de pareils caractères; et la toute-puissance de Dieu peut seule, par les moyens de VEvangile, les changer en les améliorant. »
- En définitive, les conversions protestantes sont encore presque inappréciables, et leur fidèle historien laisse entrevoir que le fond de sa pensée est voisin du désespoir.
- Malgré la bienveillance naturelle au bon ministre, je crains que le portrait des imperfections universelles, des vices et des préjugés qu’il impute si largement au peuple chinois ne soit par trop assombri dans son âme. de crains qu’il n’ait été poussé vers cette condamnation, J ai presque dit cette damnation universelle, et des esprits et des cœurs chez tout un peuple, par le spectacle désolant des efforts infructueux qu’ont tentés ses confrères et lui-même pour convertir cette nation si méfiante en général, et qui l’est souvent à si juste titre dans ses rapports avec les Européens.
- Je puis en offrir une preuve qui ne sera ni sans intérêt
- sans lumières.
- Voyage anonyme d’un ministre protestant, en 18U5.
- Je tiens dans mes mains un petit livre imprimé pendant l’année î 845 à Chang-haï, livre dont l’intérêt, très-8rand â mon avis, n’est nullement annoncé par son titre : ^n coup d’œil jeté dans l’intérieur de la Chine, en traversant les districts de la soie et du thé vert1, année 184 5.
- Cet écrit nous fait voir en Chine de nobles esprits ou-
- 1 A glance at the interior of China, obtained during a journey throngh siilt and grcen tea districts : taken in 1845.
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- verts à la recherche de la vérité, et désireux de la trouver
- même chez des Européens.
- Des Chinois qui vont chercher la vérité : philosophes réformateurs.
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- Au sein de Hang-tcheou, la grande cité, un Chinois fort instruit désirait s’instruire encore plus. Il apprend que des docteurs venus d’Occident, c’étaient les missionnaires anglicans, sont arrivés dans un port nouvellement ouvert aux étrangers. Poussé par le désir de les connaître, il va trouver l’un d’eux, M. X., à Chang-haï. Le Chinois avait en lui je ne sais quoi de sympathique et de respectable, qui charmait et frappait au premier abord; sa parole annonçait un esprit solide et réfléchi, mais empressé, mais ouvert et sincère : il commandait la confiance. Une étroite amitié s’établit bientôt entre le savant Chinois et le révérend missionnaire. En écoutant l’exposition des principes du christianisme, le lettré croit y démêler quelque analogie avec certains préceptes de son guide philosophique, un docte du Céleste Empire, un maître pour lequel il professait la plus complète admiration.
- Ce mentor, ce sage moderne, profondément instruit dans les lettres antiques, s’était efforcé d’extraire ce que renferment d’excellent et la doctrine de Confucius et d’autres enseignements moraux ou religieux ; son but était de purifier le cœur de l’homme et d’arriver à la parfaite connaissance du souverain maître du ciel. De ces nombreux éléments il avait déduit un système très-supérieur, prétendait l’adepte enthousiaste; un système supérieur à tout ce que la Chine possède aujourd’hui sur de si graves matières. Le fervent disciple avait pensé qu’en rapprochant son illustre maître et l’un des doctes étrangers nouvellement arrivés, le moraliste chinois pourrait mettre
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- ^ profit les lumières de l’Européen sur les enseignements ies plus élevés, les concilier avec ses propres connaissances, et s’en servir dans le dessein de faire paraître le corps de doctrine le plus parfait que le Céleste Empire ait jamais possédé.
- Mais l’éminent philosophe était un vieillard, qui ne pouvait voyager au loin! Son élève s’efforcera de lui conduire un missionnaire européen, si le missionnaire y consent. Cette idée sourit au révérend M. X. ; il se figure, ^ son tour, qu’en opposant les sublimes notions tirées de taBible aux subtilités d’un lettré chinois, il ouvrira peut-ctre la porte à la conversion de ce philosophe et de ses Nombreux disciples. Il accepte le voyage; il entreprendra cette excursion, malgré les sévères défenses portées contre les voyageurs étrangers qui souilleraient de leur présence 1 intérieur du Céleste Empire. Il se déguise afin de pouvoir accompagner le Chinois, son nouvel ami; celui-ci, de son côté, compte pour rien les dangers que lui-même Va courir. L’un et l’autre sont animés d’un puissant intérêt Moral, étranger à tout trafic et supérieur à tout misérable intérêt.
- Dans ce guide officieux le révérend voyageur a trouvé
- phénix des conducteurs : un homme aussi ferme pour faire face aux périls que prudent à les prévenir; plein de Sagacité quand il faut les éviter, et merveilleux d’habileté rçuand il faut triompher des difficultés imprévues.
- Après avoir traversé le pays fertile où l’on cultive le mûrier pour le ver à soie et les charmants coteaux qui Produisent le thé, nos deux amis côtoient la grande et célèbre montagne de Kao-ling, d’où l’on extrait le Magnifique feldspath que cette origine a fait nommer kao-h*1, le plus pur qu’on connaisse au monde : c’est celui qui sert à fabriquer la porcelaine dans la grande manufacture
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- impériale dont nous étudierons les admirables travaux. Cela m’intéresse au plus haut degré, mais préoccupe très-peu nos deux voyageurs, remplis de tout autres pensées.
- A deux lieues de la célèbre montagne résidait le grand philosophe; il vivait entouré de ses élèves réformateurs, qui s’étaient logés dans son voisinage. Laissons parler le révérend anonyme :
- «J’ai passé deux jours dans la maison qu’habitait l’anu de mon guide. Cet ami, lorsqu’il connut la profession religieuse de son visiteur, ne fut pour moi ni moins bon ni moins rempli d’attentions. Surpris au premier abord, il montra bientôt le plaisir qu’il éprouvait de posséder pour hôte un étranger qu’on disait savant. Il lui fit les questions les plus variées : sur sa terre natale; sur la grandeur de cette contrée, sa population et le caractère des habitants; sur la littérature, les usages, les mœurs et la religion propres au pays du visiteur. Des discussions étendues, reprises maintes fois, s’ouvrirent ensuite sur les questions morales et religieuses; le révérend les soutenait tour a tour contre le maître et contre ses disciples en réformation, accourus pour prendre part aux conférences. Le caractère qui prédominait dans leur esprit était un désir ardent de ramener le système de Confucius à ce qu’ils croyaient être sa pureté primitive; ils voulaient affranchir ce système du commentaire athée qu’en ont fait d’indignes lettrés, sous la dynastie des Song. Aux yeux des nouveaux sages, l’objet capital était de cultiver deux vertus, la bien-veillance et la droiture, telles que Confucius les avait conçues et définies. Plusieurs de leurs observations et de leurs sentiments sur l’examen de soi-même, sur la victoire à remporter contre les mauvais désirs, sur l’incessante vigilance qu’on doit apporter 4 rechercher ses propres erreurs, sur la volonté d’en convenir avec
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- franchise aussitôt qu’on les découvre, ces dispositions étaient littéralement bonnes et n’auraient pas déparé (disgraced) un moraliste chrétien. Mais, tandis que ces philosophes avaient quelque notion du péché, ils ne pouvaient pas se faire une idée d’en obtenir le pardon, ni se figurer comment il finit se réconcilier avec Dieu. Leurs erreurs prédominantes semblaient être une trop grande vénération pour les sages, dont ils se font des idoles et qu’en beaucoup de cas ils placent au niveau du maître souverain de toute prud’homie. Ils manifestaient une trop grande Vénération pour leurs parents morts et pour leurs ancêtres h a qui ils rendent des honneurs divins et desquels ils attendent protection et toute espèce de biens. Je trouvai très-difficile de leur donner quelque idée delà différence qu’il importe d’établir entre le respect, la simple vénération que nous devons à nos parents, et le culte que nous devons au suprême auteur de notre existence : car le mot cfiinois par lequel on exprime un culte s’applique indistinctement à toute espèce de compliment et de respect, dobéissance et d’adoration.
- ‘'Quoi qu’il en soit, le sujet de nos entretiens saisit puissamment un de nos interlocuteurs; celui-ci ne put pas fecouvrer la paix de l’esprit avant qu’il eût découvert de quel côté luisait la vérité. Dans le milieu de la nuit, on ^ entendait supplier ardemment le suprême dispensateur de la lumière et lui demander que, dans ses investigations, d pût être conduit à la vérité. J’ai le plaisir d’ajouter, dit
- confiant anonyme, que ce disciple ne pria pas en vain. »
- Arrêtons-nous devant ce spectacle qu’offrent à notre
- 1 Le révérend anonyme doit être éminemment satisfait des modernes Européens. Certes, aujourd’hui, ceux-ci ne pêchent plus par trop de respect pour leurs ancêtres, ni même pour leurs pères et leurs mères, vivants °u morts; nous déconsidérons, en remontant la vie, le niveau de l’égalité.
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- esprit des intelligences d’élite rapprochées de si loin pour de si nobles motifs. Sachons estimer ces philosophes chinois qui repoussent au loin l’athéisme, et qui purifient des doctrines falsifiées à l’ombre du grand nom de Confucius. Aimons surtout le courageux disciple qui va chercher la lumière, même chez les Occidentaux; voyons-le bravant de nombreux dangers pour conduire à son maître un flambeau vivant d’où peut-être jailliront des lumières inattendues. Certes, nous voilà loin du tableau sombre et repoussant de ces âmes sans vertu, loin de ces caractères désespérés qu’a flétris le révérend auteur de la Vie réelle en Chine, partout ailleurs si plein de bienveillance et d’équité, mais injuste, à mon avis, lorsqu’il peint à ses commettants de Londres tout le peuple chinois comme athée, sensuel, dépravé, peu capable d’être impressionne par la raison, et détestant à la fois l’innovation, la vérité, la lumière.
- C’est aux vrais apôtres d’un vrai christianisme à chercher au milieu de chaque nation les âmes d’élite et les cœurs naturellement honnêtes, pour en faire des catéchistes. Qu’ils imitent le chercheur d’or, quand il s’enfonce avec courage dans les profondeurs de la terre, au milieu de couches immenses et sans valeur; l’investigateur dirige ses galeries en suivant d’instinct les filons précieux, sans perdre son temps aux matières brutes qu’il trouve sur son passage et dont il ne pourrait tirer aucun parti.
- ORBE COMMERCIAL DE CHANG-HAI.
- Chang-hai nous révélera la grandeur de ses destinées commerciales par un seul fait : c’est seulement en i8A3 (pie ce port est ouvert aux étrangers; et, dans un court intervalle de quinze années, l’ensemble de ses importations
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- et de ses exportations annuelles surpasse deux cents millions de francs. Même s’il arrivait qu’on supprimât ce commerce, gigantesque dès sa naissance , le seul négoce national payonnant de ce port, et propagé dans un orbe immense admirablement indiqué par la nature, s’élèverait encore au plus haut degré dans un empire opulent, actif, industrieux et qui compte un demi-milliard d’habitants.
- La nature, et non le caprice des hommes, fixe elle-même ces rares positions qui deviennent pour un grand peuple le centre d’un commerce prodigieux, d’abord avec ses propres enfants et tôt ou tard avec les autres nations.
- Chang-hai nous présente le premier, le plus vaste et Ie plus sûr entre tous les ports du centre et du nord de la Lhine. Il est à la fois le foyer commercial où viennent aboutir toutes les ressources d’échange qu’offrent les deux plus grands fleuves de l’empire, le Hoang-ho et le Yang-tzé-kiang, vulgairement appelés le fleuve Jaune et le g!'and fleuve Bleu.
- Ce qu’avait fait la nature, c’était de les rapprocher dans Wr partie inférieure; c’était de les rapprocher avec tant de bonheur que leur plus courte distance n’est pas égale a la quinzième partie de la largeur que présente le prodigieux territoire dont ils recueillent les eaux. Cette plus c°urte distance est franchie, je dirais presque est supprimée, par le grand canal Impérial. Grâce à la puissante Voie artificielle, les deux fleuves n’en font qu’un; par lâ, lun et l’autre contribuent à la richesse de Chang-hai.
- Commençons par offrir au lecteur les tableaux comparés de superficie et de population des provinces que traversent les deux grands cours d’eau de la Chine. Pour • flui voudra méditer sur le parallèle qu’ils présentent, les ronséquences seront aussi claires que fécondes.
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- TABLEAU DES PROVINCES DONT LES EAUX DESCENDENT AU FLEUVE JAUNE, APPELÉ HOANG-HO.
- PROVINCES. SUPERFICIE en HECTARES. POPULATION TOTALE en 181a. HABITANTS par MILLE HECTARES-
- BASSES TERRES.
- Cban-toung 16,861,250 28,958,764 1,718
- Ngan-hoci (moitié) 6,275,890 17,084,029 2,722
- Ho-nan (moitié) 8,430,605 11,518,585 1,366
- Totaux 31,567,745 57,561,378 1,824 '
- HAUTES TERRES.
- Chen-si 17,455,810 10,207,256 585
- Kan-sou 22,482,360 15,193,125 676
- Chan-si 14,314,820 14,004,210 97 8
- Totaux des hautes terres.... 54,252,990 39,404,591 726
- Totaux des basses terres.... 31,567,745 57,561,378 1,824
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- Total général du bassin complet. 85,820,735 96,965,969 1,130
- Remarquons avec quelle inégalité graduée sont réparties les portions d’un même peuple entre les basses et les hautes terres. Remarquons pour la première p°r' tion, la moins vaste mais la plus riche, quel résultat son ensemble présente : quoique sa superficie ne soit pas égale aux deux tiers du territoire de la France, elle offrait dès 1812 une population qui surpassait la notre de plus de moitié; or, depuis 1812 , la disproportion, loin de diminuer, s’est beaucoup augmentée en faveur de la Chine. Passons maintenant du fleuve Jaune au fleuve principal-
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- TABLEAD des provinces dont les eaux descendent ad grand fledve bled»
- APPELÉ L’YANG-TZÉ-KIANG.
- PROVINCES. CHEFS-LIEUX. SUPERFICIE en HECTARES. POPULATION TOTALE en 1812. HABITANTS par MILLE HECTARES.
- basses TERRES.
- Kianjj-sou 11,525,030 37 $43 501
- Ngan-hoeï (moitié). Ngau-king-fou... . 6,275,890 17,084,030 2,722
- Tche-kiang.. . Hang-tcheou-fou.. 10,139,440 26,256,784 2,586
- H°-nan (moitié).. Kaï-foung-fou .... 8,430,605 11,513,585 1,366
- Kiang-si,........ Nan-tchang-fou... 18,692,820 30,426,998 1,627
- Totaux 55,063,785 123,124,898 2,102
- hautes terres.
- Hou-pé... Wou-tchang-fou.. 18,245,210 27,370,098 1,500
- Hou-nan Tchang-tcha-fou.. 19,248,100 18,652,207 969
- S*e-tchouan... Tching-lou-fou... 43,149,440 21,435,678 497
- Koueï-uhcou Koueï-yang-fou... 16,744,690 5,288,219 316
- Totaux des hautes terres.... 97,387,440 72,746,202 747
- Totaux des basses terres.... 55,063,785 123,124,898 2,196
- "Phtal obnbral du bassin complet. 152,451,225 195,871,100 1,243
- oilà donc le second bassin, qui n’égale pas en étendue ^ois fois surface de la France; et sa population, dès 13 > surpassait six fois la nôtre : c’est un prodigieux
- sPectacle.
- C*
- des 1 Iïlaintenan^ nons réunissons les résultats généraux deux beaux fleuves dont les eaux appartiennent à INTRODUCTION. — m.
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- l’orbe de Chang-hai, nous formerons le tableau qui suit,
- et qui mérite les plus profondes méditations du lecteur.
- TERRITOIRE ET POPULATION DE L’ORBE DE CHANG-HAI.
- LES DEUX FLEUVES. SUPERFICIE en HECTARES. POPULATION TOTALE en 181a. HABITANTS par mille hectares.
- Le fleuve Jaune : Hoang-ho 85,820,735 96,965,909 1,130
- Le Grand fleuve : Yang-tzé-kiang. ... 152,441,225 189,496,130 1,243
- Orbe commercial do Chang-hai. 238,201,960 286,462,099 1,202
- En définitive, l’orbe de Chang-hai présente un territoire quelque peu plus grand que quatre fois la France, avec un nombre d’habitants qui surpasse la population de l’Europe entière.
- La navigation du fleuve Jaune est presque impossible à la remonte, vu l’irrégularité de son cours. C’est pourquoi nous nous bornerons à remonter le Grand fleuve, celui dont le bassin est le plus important pour le nombre des habitants, la richesse du territoire et l’activité du commerce.
- Remonte du grand fleuve Yang-lzé-kiang.
- Nous allons voyager de compagnie avec une armee navale britannique, accompagnée, en 18/12, par un éminent spectateur, M. le vice-amiral comte Cécille, qui commandait alors une frégate française. Nous ferons seulement remarquer que, depuis lors, de graves changements ont
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- eu lieu dans les cités et les monuments qui s’élevaient sur les bords du Grand fleuve. Nous apprécierons ces dévastations en parlant de l’insurrection qui depuis i848 a ravagé l’intérieur de la Chine. Ces deux tableaux feront apprécier les malheurs du Céleste Empire.'
- Pour la première fois, après i84o, une flotte européenne a pu, grâce à la guerre, remonter le fleuve Yang-tzé-kiang; elle va nous servir de guide.
- La flotte anglaise, en remontant le Grand fleuve, double taie de Tsung-ming, formée depuis des siècles parle procès des alluvions-, elle est aujourd’hui cultivée, admirablement fertile, et peuplée par un million d’habitants.
- En continuant de remonter, la flotte arrive presque à ta hauteur de l’île d’Or et jette l’ancre en face d’une cité fortifiée de très-haute importance. Les deux rives sont beaucoup plus rapprochées ; on cesse de compter sur 1 ampleur d’une vaste baie. On ne trouve plus que la lar-gour qUi convient au débit des eaux d’un fleuve du pre-oaier ordre ; mais sa profondeur extraordinaire n’a pas • moins de vingt-sept mètres, et la vitesse du courant atteint jusqu’à trois lieues par heure.
- Les deux cités de Chin-kiang-fou et de Koua-lcheou.
- bur la rive droite du Grand fleuve, la flotte en remon-îaru aperçoit la ville forte et très-importante appelée Chin-lang-fou; du côtè du su(jt e]je protége l’issue du canal Lfipérial.
- Sur la rive gauche s’élève Koaa-tcheoa, ville forte de Second ordre qui garde du côté du nord l’entrée de ce ^onie canal, par lequel est nourrie la capitale de l’empire.
- Aucun obstacle ne pouvait arrêter une admirable flotte arigtaise, forte de soixante et quinze voiles, et qui portait
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- une armée de quinze mille hommes; elle venait de s’emparer des batteries érigées à Wou-song el de prendre sans résistance le port de Ghang-haï.
- Le 20 juillet i Six2 , les troupes de débarquement sont mises à terre devant la place de Ghin-kiang-fou, renommée pour sa force. Au premier choc, les troupes de la nation chinoise, campées hors des murs, prennent honteusement la fuite; mais les Tartares, chargés de défendre la ville, combattent avec un courage digne de leur antique renommée et de leurs lois militaires. Lorsque les Anglais, infiniment mieux armés, les expulsent des remparts, les Mandchoux courent à leurs maisons, et dans leur désespoir ils tuent de leurs mains leurs femmes et leurs enfants. Cet effroyable sacrifice accompli, tous retournent au combat, sans autre dessein que de vendre chèrement leur vie, en sauvant leur honneur après celui de leurs familles.
- Laissons terminer ce récit par M. le contre-amiral Ju-rien de la Gravière, qui pendant près de trois ans, entre 1847 et i85o, a navigué dans les mers de l’Inde. Depuis cette époque il a fait paraître la relation la plus intéressante de son brillant voyage : voyez tome I", pages 68 et 69-
- «Le soleil du 22 juillet 1842 éclaira, en se levant, une scène de désolation : dans les maisons en ruines, dans les rues de Chin-kiang-fou, on ne rencontrait que des cadavres. Les Tartares qui n’avaient pas péri les armes à la main s’étaient suicidés; leur général s’était brûlé dans sa maison. Les soldats anglais, les régiments de cipayes surtout, avaient commis les plus affreux excès, et prouvé que la féroce énergie des Tartares n’avait été que prévoyante : en immolant leurs femmes, ces malheureux leur avaient épargné du moins la flétrissure et le déshonneur. Le sac de Cliin-kiang-fou est le plus terrible épisode de cette guerre; il a imprimé une tache au nom anglais-
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- Aucune description ne saurait donner une idée de ce qu’était cette ville après quelques jours d’occupation. Les rues étaient désertes, l’air empoisonné par des cadavres, dont des bandes de chiens maigres et affamés se disputaient les lambeaux. Les officiers faisaient d’impuissants efforts pour arrêter le pillage et la dévastation. Pas une Raison n’avait été épargnée : les portes étaient enfoncées, ies fenêtres brisées, les murs éventrés; les toits mêmes avaient disparu. Dans l’intérieur de ces demeures désolées, une masse confuse de vêtements, d’armes, de meubles souillés, foulés aux pieds, jonchait le sol : c’était la plus complète image de la guerre telle que les barbares la faisaient autrefois. »
- Avant la reprise d’une lutte souillée par ces excès infâmes, un orateur qui depuis a pris rang parmi les histo-riens illustres, M. Macaulay, s’abandonnant à sa belle imagination , terminait ainsi l’un de ses éloquents discours dans la Chambre des communes : « J’ai fini ; j’exprimerai seulement mon fervent espoir que cette querelle, la plus équitable entre toutes1, ait bientôt une issue triomphale ; que es ^aves soldats auxquels est confiée la tâche d’obtenir une réparation accomplissent leur devoir de manière à repandre, dans les contrées où le nom des Anglais est à Petne connu, non-seulement la renommée de l’expérience ^ k1 valeur anglaises, mais de la modération et de la merci pTitanniques. J’exprime le vœu que le soin suprême de cette évidence qui tant de fois a fait sortir le bien du mal emploie la guerre à laquelle nous avons été forcés, pour Pleurer les moyens d’établir une paix durable, également bienfaisante pour les vaincus et les vainqueurs. » Quinze ans après une paix si magnifiquement invoquée,
- 1 querelle de l’opium.
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- et des vœux, hélas! formés en vain, commençait une seconde guerre, qui ne fut pas trouvée juste, même en Angleterre; elle révolta le Parlement et conduisit le premier ministre à dissoudre la Chambre des communes pour la punir de son vote réprobateur.
- La petite ville de Koua-tcheou, épouvantée par le terrible exemple dont nous avons rappelé le souvenir, apercevait en face d’elle la ruine immense de Cliin-kiang-fom Elle n’osa pas entreprendre une défense impossible; on lui demanda de se racheter en payant trois millions de francs pour être exemptée de toute occupation militaire. Afin de garantir sa constante soumission, il a suffi qu’on la plaçât sous le feu d’une frégate embossée de maniéré a fermer l’issue septentrionale du grand canal Impérial.
- Ile d’Or, ou Kin-chan.
- Les Anglais, il faut le dire à leur éloge, ne portèrent aucune atteinte aux monuments pacifiques d’une île flue nous avons déjà mentionnée et qui mérite d’attirer notre attention.
- Lorsqu’on remonte le Grand fleuve, à seize lieues environ avant d’arriver à Nankin, on rencontre l’île extrêmement pittoresque appelée Kin-chan, ou l’île dOr. C’est un grand rocher d’un kilomètre et demi de lon' gueur; il oflre à l’admiration du voyageur un monasteie que l’on regarde comme le plus beau sanctuaire bouddhique érigé dans la Chine. Ce long rocher, surmonte de ses pieuses constructions, présente une analogie pittoresque avec notre mont Saint-Michel, couronné par sa belle abbaye normande. Au point fe plus élevé domme une pagode qui ressemble à la tour de Nankin, dont nous parlerons bientôt; mais elle n’a que sept étages.
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- Dans cette île, qui servait autrefois de résidence impériale quand arrivait la brûlante saison, l’observateur voyait encore, il y a quinze années, les magnifiques tombeaux des empereurs, érigés lorsque ces monarques avaient fait de Nankin leur capitale. Sur l’île d’Or ils avaient construit un palais splendide, au sein duquel ils respiraient avec délices l’air rafraîchi par le voisinage du Grand fleuve; maintenant le palais inhabité tombe en ruine. Cependant il contient encore une bibliothèque précieuse, et l’on prétend quelle fut autrefois la plus riche de ï empire.
- La grande cité de Nankin.
- Si nous quittons l’île d’Or en continuant de remonter 1 Yang-tzé-kiang, nous arrivons bientôt en vue de Nankin. Aujourd’hui les remparts de la grande cité s’élèvent à fluelque distance de la rive droite; mais un faubourg s’étend vers le bord du fleuve, et de là des canaux conduisent à la ville.
- Dès le vc siècle, Marcien d’Héraclée, en citant Ptolé-mee’ son devancier de trois cents ans, mentionnait le P°rt de Thine, ou Tina-sérim, lequel n’était autre que •lukin. Depuis quatorze siècles, les alluvions accumulées devant ce port l’ont rendu moins abordable.
- Nankin, prétend-on, possédait autrefois trois enceintes e uiurailles, et celle du dehors comptait seize lieues de eu conférence : nous inclinons à penser qu’une telle etendue est exagérée.
- En 1656, cette cité fut visitée par le Hollandais Nieu-°u; il rapportait qu’à cette époque elle surpassait toutes 'es vdles de la terre en magnificence, en grandeur, ainsi
- flu en beauté.
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- Un demi-siècle plus tard, suivant le père Lecomte, savant missionnaire, Nankin était encore un centre commercial où l’on apportait ce que les autres provinces offraient de plus rare et de plus précieux. C’était la cité brillante et polie, où les mandarins retirés des emplois aimaient à passer leurs derniers jours; ils y trouvaient des bibliothèques nombreuses, riches en livres choisis. L’imprimerie y florissait comme les lettres; on y parlait la- langue la plus pure, avec l’accent le plus parfait qu’eût pu donner la longue résidence de la cour. Nankin possédait autrefois l’observatoire le plus célèbre de la Chine; il s’élevait sur la colline qu’une forêt couvre aujourd’hui de son ombre séculaire. On en a retiré les instruments pour les transporter à Pékin, avec le siège de l’empire : comme si l’étude et la connaissance du ciel étaient l’apanage exclusif des lieux où le souverain daigne fixer sa cour.
- Nankin atteignait au faîte de la splendeur sous la dynastie des Ming, entre deux dynasties tartares. Capitale de l’empire, elle était en même temps le centre du double bassin, phénomène de l’Asie, fertilisé par les eaux du fleuve Jaune et du Grand fleuve, le fils aîné de la mer. Tout se réunissait ainsi, la nature et les hommes, pour favoriser sa grandeur et son opulence. Aussi surpassait-elle de beaucoup en population les cités qui faisaient alors l’orgueil de l’Asie, de l’Afrique et de l’Europe : Constantinople et Bagdad, Alexandrie et le Caire, Grenade, Rome et Paris.
- On a porté jusqu’à trois millions le nombre des habitants de Nankin, et nous croyons ce nombre exagere. Cependant l’enceinte de Nankin, qui subsiste encore, égale en étendue l’enceinte de Paris avant son derniei agrandissement; or, les cités de la Chine, avec le ressei-rement incroyable de leurs rues et l’exiguïté de logement qui suffit aux plus nombreuses familles, ces villes»
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- dans un même espace, concentrent beaucoup plus d’habitants que les villes européennes.
- Peut-être, vers le milieu du siècle actuel, la population de Nankin ne surpassait-elle pas le nombre d’un million, avant les malheurs qui l’ont frappée il y a sept ans. Nous parlerons de ses désastres en faisant connaître la grande insurrection qui dure encore.
- Le nom de Nankin, que les sinologues écrivent Nan-king, se compose de deux mots, dont l’un, nan, signifie le midi; l’autre, king, exprime l’habitation, la cour du monarque : de même que Pékin, Pé-king, signifie la cour du nord. Aujourd’hui dans le style officiel Nankin, simple chef-liea de province, fou., est appelé Kiang-nin-fou.
- En 1816, deux hommes d’un rare mérite attachés à 1 ambassade anglaise, MM. Staunton et Davis1, obtinrent ta faveur d’entrer dans Nankin; ils pénétrèrent par un c°te de la ville où la solitude était complète. Pour dominer du regard, ils gravirent une haute colline courte par une forêt. Autant qu’ils purent juger à la vue, tas deux tiers de l’espace entouré de fortifications n’étaient plus qu’une campagne labourée où quelques fermes, dis-Persées çà et là, représentaient les rares et dernières demeures d’un peuple jadis immense. De loin, dans le tiers espace encore habité, les voyageurs apercevaient, au-essus des petites maisons privées, le grand, le seul monument de Nankin dont les Européens connussent l’cxis-tence; le monument qu’on mettait au rang des merveilles u monde, et pour le travail et pour la matière : c’était
- 1 Ces deux Anglais étaient deux observateurs éminents : l un, sir J. b. üavis> ^ fut emuitc surintcmlant du commerce en Chine et 1 auteur d un ouvrage estimé, qu'il a publié sous ce titre, Les Chinois, ou Description ejené-r«k de Vcmpire Chinois et de ses habitants; l’autre était le célébré Staunton, lenteur de Singaporc et le traducteur du code criminel des Chinois.
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- la tour de porcelaine, dont il est nécessaire de signaler au lecteur l’architecture caractéristique et la signification religieuse.
- La grande pagode appelée la toub de Nankin.
- Ce genre de monument est emprunté des Indiens; Ie mot même de pagode est une corruption du mot sanscrit bhagavatî, maison sainte, habitation de Dieu. Après l’immigration du bouddhisme, expulsé de l’Hindostan, les constructions de ce genre ont été commencées au sein du Céleste Empire. Les pagodes ont la forme: d’obélisques polygonaux; on les divise en étages dont le nombre mystique est toujours impair : dans l’Orient, les nombres impairs sont des nombres sacrés.
- Afin de surpasser tout ce que les Orientaux avaient fait encore, on voulait primitivement donner treize étages a la tour de Nankin; on a fini par se contenter de neuf» nombre d’autant plus respectable aux yeux des bouddhistes qu’il est celui des incarnations de Wischnou. Malgré cette réduction considérable dans la stratification du monument, le peuple de Nankin et des provinces limitrophes n’a pas cessé de l’appeler la tour aux treize étages; les Chinois des provinces lointaines, épris du merveilleux, ont propage cette erreur qui charmait la vanité nationale.
- Les pagodes sont les plus grands monuments du Céleste Empire. Celle de Nankin est à la fois le plus ancien et le plus élevé ; on fait remonter son érection au ni0 siècle de notre ère. L’histoire affirme quelle a coûté des sommes d’argent qui reviendraient, pour le poids, à quinze millions de francs : dépense énorme à cette époque.
- Au xve siècle, il a fallu reconstruire le monument, détruit, je crois, par un incendie; on a consacre dix-neu
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- aus à cette entreprise. Voici ies dimensions principales de ta tour :
- Diamètre de îa pagode, à sa base..... 29 1/2 mètres.
- Hauteur de la pagode................. 80 1
- Hauteur des tours de Notre-Dame, à Paris . 66
- La tour de Nankin repose sur une plate-forme en briques épaisse de trois mètres; au-dessus de cette plateforme, dix marches d’un escalier qui fait le tour de îa base conduisent à la porte du monument.
- L'étage inférieur peut être considéré comme un temple de Bouddha; mais c’est un temple où l’on n’accomplit aujourd’hui les cérémonies d’aucune religion. Cependant, en général, les pagodes sont érigées au milieu des couvents bouddhiques : celle de Nankin était placée au milieu d’un ensemble de monastères dont la circonférence, assure-t-on, n avait pas moins de sept kilomètres de tour.
- Les murailles intérieures sont revêtues de briques ou toiles blanches vernies, ayant la forme carrée et trois décimètres de côté; chaque tuile, sur sa face visible, offre en relief une effigie de Bouddha, richement dorée.
- 11 compte par étage plus de deux cents de ces figures, et 1 édifice entier en présente au moins deux mille.
- Les statues bizarres des divinités bouddhiques sont P acees dans des niches, les unes à la hauteur des ^ cons préparés pour chaque étage, les autres ménagées ans le contour des escaliers. En des places choisies, on Pemt les génies les plus fameux de toute cette idolâtrie. Au dehors, chaque étage est distingué par un toit très-^adlant et concave, suivant le style général de i’archi-Cture chinoise; les toits sont à six pans, pour se con-onner à la figure hexagonale de la tour. A mesure qu’on
- 1 c
- ' ai»s compter une espèce d’aiguille haute de 27 mètres.
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- s’élève, non - seulement chaque étage diminue de diamètre, mais la hauteur des étages et la saillie des toits concaves diminuent en suivant la même proportion. Cette harmonie des rapports entre les diverses parties réunit la régularité à l’élégance.
- Dans la description des merveilles du monde, j’ai déjà dit qu’on appelle tour de porcelaine la grande pagode de Nankin. Les imaginations, transportées dans la région féerique des somptuosités orientales, se figurent aussitôt un monument plus élevé que nos tours de Notre-Dame, avec des murs composés de la précieuse matière, blanche comme la neige, et translucide, et resplendissante; en un mot, avec le plus rare et le plus beau de tous les produits céramiques. Les Chinois appellent leur tour Leou-li-pao-tah, la tour de pierre cristallisée, ou comme diraient les Anglais, la todr, le palais de cristal.
- C’est la moindre partie de la surface extérieure qui, brillante d’un vernis en émail, est d’un blanc resplendissant; le vert est la couleur qui prédomine; le vert est aussi la couleur des tuiles vernies qui couvrent les toits concaves en saillie au-dessus de chaque étage. D’un autre côté, la charpente visible de ces toitures, solidement combinée, est peinte en couleurs variées. Quant au corps de l’édifice, il est composé d’épaisses briques très-cuites, qui sont colorées à l’extérieur en vert, en jaune, en rouge, en blanc; ces briques sont faites avec une argile très-pure, et leur couverte est brillante. En définitive, lorsque la pagode esl éclairée par le soleil ou par la lune, elle réfléchit de splendides couleurs, d’un aspect très-divers, qui plaît à la vue et qui sourit à l’imagination. Voilà la simple vérité.
- On verra plus tard que ce monument, l’orgueil de la Chine, est tombé sous les coûps de l’insurrection.
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- Les sonneries et les illuminations mystiques de la tour.
- Du sommet de la tour de Nankin, suivant la descrip-tl0n> descendaient des chaînes de suspension auxquelles etaient fixées soixante et douze cloches ; quatre-vingts autres cloches étaient attachées à l’angle des toits renversés des divers étages. Pour peu que le vent agitât l’atmosphère, ces cloches faisaient entendre des sons multipliés qui Jetaient pas sans harmonie. Dans le silence de la nuit, cette harmonie s’emparait des imaginations.
- Lors des solennités de la ville, on illuminait l’édifice avec cent quarante-quatre fanaux suspendus aux ouvertures des balcons de chaque étage, ainsi qu’aux angles des toits étagés. De tels feux s’apercevaient d’une distance cnorme dans la vaste plaine de Nankin et sur les bords du Grand fleuve.
- Les riches dévots bouddhistes laissent après eux des ^egs suffisants pour faire apparaître les clartés révérées et produire l’imposante illumination pendant certaines tUuts qu’ils ont grand soin de désigner.
- (< Quand a lieu cette illumination, dit la pieuse expli-catl0n bouddhique dont je fais un soigneux usage, elle porte la lumière dans les trente-trois deux. Cette lumière découvre le bien et le mal au milieu des hommes, et pour toujours elle sert de sauvegarde contre les misères humaines. »
- Voilà ce que les disciples de Confucius ne peuvent lire de sang-froid, et qui leur paraît insensé.
- C’est au pied du monument que des prêtres bouddhiques, transformés en ciceroni, vendent les livrets qui c°ntiennent des explications pareilles, et quelques autres 0,1 1 on voit combien leur ignorance des plus simples lois
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- de la physique ose compter sur la crédulité des visiteurs : je n’en citerai qu’un extrait.
- Légende des préservatifs déposés au sommet de la tour.
- «Quand on a construit la tour de Nankin, afin d’écarter les mauvaises influences, on avait placé sur le sommet une pierre merveilleuse qui, prétendait-on, pendant la nuit répandait au loin sa propre clarté. Une autre pierre, d’espèce rare, qu’on ne trouve plus aujourd’hui, avait pour propriété de préserver contre les dommages occasionnés par la pluie; une perle incomparable écartait les dangers du feu; une certaine pierre gemme défendait la tour contre les vents; une dernière servait de préservatif contre la poussière. » A quatre-vingts mètres de hauteur, cette dernière avait le droit d’être considérée comme la plus efficace. Toujours à titre de préservatif contre quelques dangers spéciaux, « on avait mis en dépôt au sommet de l’édifice : un lingot d’or qui pesait 2lx kilogrammes; UP lingot d’argent qui pesait 60 kilogrammes, avec une caisse de thé d’égal poids; de plus, deux pièces de soie jaune, c’est la couleur impériale; enfin, quatre collections des livres sacrés de Bouddha.» Ceux-ci, dans ma pensee, servaient sans doute pour préserver les Chinois contre les dommages exagérés de la raison.
- Popularité des pagodes en Chine : elles passent dans l’industrie.
- Il n’est guère de cités un peu considérables qui ne p°s sèdent leur pagode, objet de fierté pour le patriotisme local. C’est à qui s’empressera de la décorer, de la pa voiser, de l’illuminer dans les jours solennels, afin que ajoute son aspect riant et splendide aux joies urbaines» aux fêtes civiles et religieuses.
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- Les fondateurs de monastères bouddhiques sont doués dun goût exquis pour les beaux spectacles de la nature; ris ont choisi, pour leurs couvents et leurs temples, des positions élevées d’où le pays se présente sous les aspects tas plus enchanteurs. Sur ces points culminants, ils ont eu soin d’ériger des pagodes qu’on aperçoit des plus grandes distances, et qui sont elles-mêmes la décoration ta plus apparente de paysages ravissants. Des monuments ce genre, qui se rattachent aux souvenirs historiques, aux légendes religieuses, occupent une place importante et gracieuse dans les imaginations. Les arts s’en sont empares. Ils représentent des pagodes en granit, en métal, en porcelaine, en ivoire; le plus souvent ils les figurent avec des matériaux moins précieux. On les sculpte dans les bas-reliefs; on les fait figurer dans le dessin des paysages; °n les érige en miniature dans ces jardinets de plaisance °u les arbres nains, si je puis ainsi parler, semblent de grandeur naturelle; on les reproduit sur les paravents, Sur les tentures et jusque sur les éventails. Sous tant de rapports, les pagodes ne sont pas étrangères à l’industrie.
- Productions des arts et métiers de Nankin : le nankin.
- Après et peut-être avant les pagodes, un produit des ateliers de la Chine à la fois bien simple et bien modeste était ce qui rappelait le mieux la grande cité dont ce produit portait lé nom : nous voulons parler du nankin, qu’on abriquait dans la ville même et dans toute la province dont elle est la cité principale.
- Le nankin convenait à l’économie, à la simplicité de nos pères. C’est un tissu de coton substantiel, tout uni, distant et par-là durable; sa couleur d’un jaune brun, naturelle à la libre végétale, n’était pas emportée par le
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- lavage. Un pareil tissu, de peu de poids, solide et d’un
- prix modique, faisait partie des vêtements d été.
- Concurrence de l’Angleterre.
- Sans compter la concurrence des lainages les plus légers, les Anglais, avec leur blanchiment, leurs teintures et leurs mécaniques merveilleuses pour filer et pour tisser, ont tenté le goût des consommateurs par des cotons très-voyants, très-brillants, très-légers, mais dont le bas prix est cependant renchéri par leur peu de durée.
- Le grand problème à présent est de savoir si, non contents d’avoir réduit à la presque nullité l’usage du nankin dans les pays britanniques, les Anglais le feront abandonner par les Chinois mêmes.
- Ces derniers auraient bien la ressource de défendre leur industrie par des droits protecteurs ; mais leurs rivaux de l’Occident imaginent de les obliger à ne taxer que suivant un taux insignifiant les tissus redoutables de Manchester et de Glasgow. Ils enchaînent ainsi les Chinois, sans enchaîner l’Angleterre, qui taxe énormément l’exportation capitale de la Chine : le thé.
- Inégalité de condition où l’habileté diplomatique place les Anglais et les Chinois.
- Les Anglais, aux termes des traités, ne payent à l’entree que le vingtième, selon la valeur, des principaux tissus qu’ils vendent aux Chinois; sur ce point, les Chinois ne perçoivent pas cinq millions de francs.
- En retour, les Anglais se réservent le droit, imprescriptible à leurs yeux, de taxer, soit en plus soit en moins,
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- comme ils l’entendront, et sans aucune limite, les produits tirés du Céleste Empire.
- Examinons les résultats de ce double système, et pre-u°ns pour exemple une année de grand commerce, sur ^quelle nous possédons des résultats officiels.
- Tableau des droits que l’Angleterre perçoit sur trois produits affectant la Chine.
- Année 1857. Droits en francs.
- Sucre.......... 33p. o/o..,.,.......... 124,525
- Thé............ io3 p. o/o............. 122,728,775
- Opium de l’Inde, 100 p. 0/0, par aperçu. 100,000,000
- 222,853,3oo
- Tel est donc le grand résultat que les Anglais ont j^tenu, moitié par la force des armes et moitié par ^uorance effrayée des Chinois.
- Quand la Chine, par ses douanes, impose six à huit Plions sur tous les produits quelle reçoit, de l’Angle-^eri’e, l’Angleterre impose cent vingt-trois millions sur deux Pr°duits seulement tirés de la Chine : sans compter cent aMres millions prélevés par l’effet d’un monopole exercé 1 opium indien, quelle introduit par fraude et par 0rce dans cet empire.
- Voici maintenant quelle est l’inégalité dans la vente es tissus de coton entre les deux nations que nous met-tons en parallèle :
- Produits des cotons vendus par l’Angleterre a la Chine en 1857.
- Quantités. Francs.
- Tissus (mètres).......... 111,175,200 3g,338,200
- l^ih (kilogrammes)....... i,56g,5i4 1,452,025
- Valeur totale.................... 40,790,225
- introduction.
- 111.
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- Valeur des nankins vendus par la Chine à VAngleterre.
- francs.
- Nankins........................................... 114,82 5
- Cotons colorés.................................... i52,55o
- 267,375
- Pour compléter ce parallèle, ajoutons que sur la faible somme de 267,375 francs il faudrait déduire la majeure partie comme valeur du nankin que l’Angleterre rejette de son sein et vend à d’aulres nations.
- Il existe des gens qui sont simples, il en est d’autres qui ne le sont pas, et tous se réunissent admirablement pour donner à ces enchaînements mercantiles et forcés le superbe nom de libre échange.
- Autres industries de Nankin.
- On fabrique aussi très-bien dans cette cité le papier fort mal à propos appelé papier de riz, fait avec la moelle que renferme un certain jonc qui croît dans les terrains marécageux du voisinage : c’est le toung-tsao.
- La confection des soieries ornées ou simples est pra' tiquée avec distinction par les artisans de Nankin; elle occupe une partie importante de la population.
- Les artistes de cette ville excellent à fabriquer de beaux vases en cuivre ciselé; la plupart sont imités des œuvres anciennes, et vendus impudemment pour de vraies antiques. Rome et Naples ne sont ni plus habiles ni pluS audacieuses pour tromper, avec des antiquités contrefaites, l’ignorance et la crédulité des voyageurs.
- Les Chinois ont en estime singulière les artistes dra
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- Viatiques formés à l’école de Nankin, artistes qui partent de là pour donner des représentations dans les diverses provinces.
- . Représentations théâtrales en plein air.
- Etudions d’ici les mœurs nationales, qui se montrent Jusque dans le site et l’ordonnance des spectacles ambu-auts. Les souscripteurs pour les frais du théâtre ont, en ace et à distance de la scène, un vaste balcon qui leur reservé; entre la scène et le balcon le public se tient eb°ut, sans distinction de fortune ou de rang. Les acteurs s°ut défrayés par la classe opulente; les personnes qui Ue possèdent que peu de chose ou même rien ne sont pas exdues d’un plaisir éminemment populaire : aussi la foule • ^incroyable pour remplir le libre parterre. Dans l’Inde, avec des castes répulsives dont les membres ne pour-^a]ent pas se toucher sans souillure, de telles foules mé-ngees et leurs joies égalitaires seraient complètement lïïlPossibles.
- p ^Ur Ie théâtre chinois, il n’y a pas de décorations pour §nrer des édifices ou les scènes de la nature.
- Qn défend aux femmes de paraître sur la scène; mais, aVec les amples costumes adoptés pour les deux sexes, il ^st facile de tromper les regards. Aussi les acteurs im-rbes qui jouent les rôles du sexe le plus délicat font-ils bvent une illusion presque complète.
- Je ^e.S P^ces commencent en plein jour; on les continue SOlr; on les prolonge la nuit, à la clarté des lanternes.
- Parcours du Grand jleuve au-dessus de Nankin.
- Eors de leur première guerre, en 1842 , les Anglais ne
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- remontèrent pas au-dessus de Nankin. Le traité de paix qu’ils conclurent devant cette ville ajoutait à la libre entrée du port de Canton celle de quatre nouveaux ports : Chang-haï, Ning-po, Amoy et Fou-tcheou-fou. Nous les décrirons.
- Ouverture de VYang-tzé-kiang et voyage de lord Elgin sur ce jleuve.
- Le Grand fleuve, au-dessus de la rivière Wang-pou* continua d’être interdit à la navigation étrangère.
- Mais en i 858 , après les succès de la campagne anglo-française , l’ambassadeur lord Elgin étendit plus loin ses regards; il éprouva surtout l’ambition d’ouvrir le Grand fleuve au commerce anglais dans toute la riche et belle partie de son cours. Il exigea que le traité conclu Ie 26 juin 1858 entre l’Angleterre et la Chine contînt cette importante clause :
- «Art. 10. Les navires marchands de la Grande-Bretagne auront la liberté de commercer sur le fleuve Yang-tze' kiang. Néanmoins, les parties inférieure et supérieure de ce fleuve étant troublées par des bandits, il ne sera pour le présent ouvert aucun port à ce commerce, excepté Tchin-kiang; on n’ouvrira ce dernier port que dans une année, à dater de la signature du présent traité.
- «(Aussitôt que la paix sera rétablie dans l’intérieur, leS navires marchands de l’Angleterre seront en outre admis à trafiquer jusqu’au port de Han-kéou, en fréquentant un nombre de ports qui ne pourra pas excéder celui de trois-Ces ports d’entrée et de déchargement seront déterminas plus tard, d’un avis commun entre le ministre britannique et le secrétaire d’État de la Chine. »
- D’après ce traité, lord Elgin n’avait pas le droit de re monter le Grand fleuve avant le 28 juin 1860, disons
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- plus, avant la fin de la rébellion; il n’avait pas le droit c^e le remonter jamais avec des navires de guerre.
- H obtint cependant, par condescendance et comme exploration, d’entreprendre cette remonte avec cinq narres militaires. Afin de lever toute difficulté que les auto-ntes locales pourraient élever, un petit mandarin fut embarqué sur la Hotte.
- Narration publiée par M. Oliphant.
- Le secrétaire privé de lord Elgin, M. Oliphant, an-eieri rédacteur du Times, a fait paraître, vers la fin de *^^9) une intéressante narration de la mission accomplie Par cet ambassadeur, soit en Chine, soit au Japon.
- Cette narration comprend une indication rapide de la rerïl°nte et de la descente du Grand fleuve. Nous allons Profiter de quelques explications données sur les bords amsi visités, et nous en profiterons deux fois. A nos yeux, ’ grand, l’honorable intérêt du voyage, c’est le tableau ^lncèrement exposé des dévastations occasionnées par les Oisurgés. Nous présenterons cet authentique témoignage une ambassade et d’une flotte européennes, en termi-naot le tableau que nous offrirons de la grande insurrection depuis dix années fait peser sur les destins de la
- ine une si fatale influence. Ce sera le dernier et le ” Us °Pportun des témoignages oculaires qui nous auront ervi pour appuyer nos narrations, nos descriptions et ^otie jugement des faits.
- Actuellement nous décrirons les cités riveraines du ra«d fleuve, telles quelles étaient avant la rébellion.
- Province de Kiang-sou ou Kiang-nan.
- La province de Kiang-sou, dont Nankin est le chet-lieu,
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- était, il y a quelques années, la plus riche et la plus peuplée de tout l’empire. On pourra s’en convaincre en jetant les yeux sur le tableau suivant :
- Territoire et population en 1812.
- Superficie....................... 11,525,o3o hectares.
- Population....................... 3'7,843,5oi habitants.
- Habitants par mille hectares .... 3,284 habitants.
- Taï-ping-fou, chef-lieu départemental.
- Dans notre voyage de remonte, à peine avons-nous parcouru soixante kilomètres au-dessus de Nankin, ayant notre proue dirigée vers le sud-ouest, nous arrivons à la hauteur de Taï-ping-fou, l’une des riches cités de la pr°" vincc de Ngan-hoeï; elle est placée sur la rive droite du fleuve.
- Latitude.............................. 3i° 38' 38"
- Longitude orientale.................... n6° n' 45"
- A six lieues au-dessus de cette cité, le fleuve présente un aspect aussi grandiose que le Rhin entre Coblentz et Mayence; il concentre son cours entre deux chaînes de rochers élevés, abruptes. Il a fallu creuser leurs flancs afiu d’y former des sentiers pour les piétons, et leurs masses saillantes ont été couronnées de batteries. Telles sont les Si-liang-chan, à l’ouest, et les Tung-liang-chan, à l’est : noms qui signifient les Montagnes célestes de l’occident et de l’orient. Signalées la première fois dans le voyage de lord Amherst, le visiteur sir John Davis leur donnait i 5o mètres d’élévation : pareille hauteur suffit certaine-ment pour présenter les plus imposants rivages.
- Au débouché des Montagnes célestes, les rives du fleuve
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- s abaissent en arrière du littoral ; et, sur les deux côtés, des lacs assez considérables versent leurs eaux en tribut au dîné de la mer. Nous passons au delà de ces affluents.
- Province de Ngan-hoet.
- Cette province ne formait autrefois avec le Kiang-sou
- Une seule vice-royauté; elle s’étend presque vers la banlieue de Nankin. Quoique moins fertile et moins peu-Ptae que l’autre province, à ces deux points de vue elle SUrPasse de beaucoup les plus beaux pays de l’Europe.
- Territoire et population en 1812.
- Superficie . ................ 12,550,890 hectares.
- Population.................... 34. i68,o5o habitants.
- Habitants par mille hectares. ... 2,722 habitants.
- Non-seulement cette contrée suffît à la subsistance d’un Peuple incroyablement multiplié ; elle envoie chaque année une abondante portion de ses récoltes, afin de nourrir la capitale.
- La province de Ngan-hoei fournit abondamment au c°tnmerce général de l’empire et des États étrangers par S°n r*z, ses soies et son thé. Une grande parîie de ces PlQduits, dans les temps de paix et de prospérité, descend °U reiïtonte l’Yang-tzé-kiang.
- Ces Chinois sont loin d’avoir entrepris les travaux nécessaires pour faire disparaître les dangers que présente a Navigation de leur grand fleuve. C’est ainsi qu’entre les "ltes de Taï-ping-fou et de Ngan-king-fou, fort au-dessus ^ e ta ville jadis florissante de Wou-tcheou-fou, on trouve r°c ï'aï-tzé-kie, d’autant plus dangereux qu’il domine de Peu le niveau des eaux moyennes. Quelques cents mètres
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- plus haut on rencontre un des obstacles qui réduisent la largeur de la voie navigable à 180 mètres exempts d’e-cueils; dans le reste de sa largeur il est obstrué par des rochers si peu saillants, qu’on dirait de larges pierres jetées pour le passage de quelque piéton gigantesque.
- Lorsque les Européens pourront remonter dans cette partie du fleuve, ils apprendront aux Chinois combien il est facile de détruire les rochers dans le lit des rivières, en les faisant sauter avec de la poudre; ils leur enseigneront, pour faciliter ce résultat, l’emploi des cloches à plongeur.
- Les dangers que nous venons de signaler une fois franchis, on approche d’une cité qui jouait naguère un grand rôle commercial.
- Ngan-king-fou, chef-lieu de la province de Ngan-hoeï.
- Latitude........................... 3o° ' 10"
- Longitude orientale... ............ n4° 53' i3"
- En naviguant suivant un cours sinueux, nous inclinons insensiblement vers le couchant. Par une inflexion pluS prononcée que les autres, nous nous dirigeons droit a l’ouest pour arriver par le travers de Ngan-king-fou, cite bâtie sur la rive gauche du Grand fleuve.
- Afin de franchir l’espace entre Nankin et Ngan-king-fou, il faudrait parcourir à vol d’oiseau cinquante-huit lieues, en voyageant sur un fleuve allongé par ses fortes sinuosités, la distance est au moins égale à quatre-vingts lieues..
- Cette ville, grande et jadis très-peuplée, partageait la richesse de la magnifique province dont elle est le chef-lieu. Du côté du fleuve, elle est bordée de grands et solides remparts ; au centre d’une forteresse qui s ajoute
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- a ses défenses, on remarque une pagode élevée de neuf e*ages. Le port en avant de la ville est important.
- Nous continuons à remonter l’Yang-tzé-kiang après aVoir doublé le riche port que nous venons de signaler; n°us revenons vers le midi pour incliner de nouveau vers couchant.
- Province de Kiang-si.
- A vingt-cinq ou trente lieues au-dessus de Ngan-king-0tL sur la rive droite ou méridionale du Grand fleuve, *J°us atteignons une province nouvelle qui porte le nom e Kiang-si, l’ouest du Kiang : c’est qu’en effet pour y Parvenir, il nous a fallu sur le fleuve par excellence, le lan9> avancer déjà considérablement vers le couchant,
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- nous éloignant de la province de Kiang-sou, du Kiang 0l’iental : celle qui borde l’Océan.
- Notre navire, en atteignant au point de son parcours le plus avancé vers le midi, parvient à l’une des situations les plus extraordinaires. Quand nous remonterons au delà ce point le cours du fleuve, notre direction changera s°ndain du sud-ouest au nord-ouest.
- ^ est à dix lieues avant d’atteindre cette déviation si leniarquable que la rive méridionale cesse d appartenir ^ la province de Kiang-sou, au point où commence la Plovince de Kiang-si, le Kiang de l’ouest. Nous croyons devoir attirer l’attention du lecteur sur cette nouvelle Pl’°vince.
- Territoire et population en 18Î2.
- Superficie............................ 18,692,820 hectares.
- Population............................ 30,426,998 habitants.
- Habitants par mille hectares....... 1,627 habitants.
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- Ainsi qu’on peut le remarquer, la densité de la population diminue de plus en plus à mesure que nous nous éloignons de TOcéan.
- En continuant de naviguer sur l’Yang-tzé-kiang, au point où nous commençons à côtoyer la province de Kiang-si, nous traversons une gorge resserrée, laquelle ne laisse au fleuve que quatre cents mètres de largeur, entre deux énormes massifs de rochers : tel est le défilé montueux qui porte le nom de Siaou-kou-chan. En cet endroit si loin de la mer, pour débiter l’énorme masse des eaux, quand elles sont seulement à leur élévation moyenne, la profondeur du Grand fleuve n’est pas moindre de trente mètres.
- Avant d’entrer dans le défilé que nous venons de signaler, le voyageur remarque un rocher très-pittoresque élevé comme une énorme pyramide au milieu des eaux; il est nommé la montagne du Petit Orphelin. En amont, les flots rapides frappent sa surface presque verticale; quand ils descendent agités, l’eau rejaillit à des hauteurs presque incroyables, comme le jet d’un bélier hydraulique.
- Dans ce rocher on a taillé deux temples : le premier vers son milieu, le second à son sommet. D’ordinaire les jonques employées sur le fleuve s’arrêtent en vue des sanctuaires; les mariniers alors font des prières, acconap8' gnées d’offrandes, pour implorer ou remercier les divinités des deux temples au sujet des périls qu’ils viennent de courir s’ils descendent, qu’ils vont affronter s’ils remontent.
- La province de Kiang-si ne borde le Grand fleuve que dans une étendue d’environ quarante lieues, tandis que* suivant la direction du nord au sud, sa longueur n’est paS moindre de cent soixante et dix lieues. Elle est limitée du côté de l’est et du sud par une vaste chaîne de montagnes, qui se prolonge vers le nord et qui descend jusqu a la mer en traversant le Tche-kiang.
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- Il s’en faut de beaucoup que le Kiang-si soit compa-rable à celle dernière province, non plus qu’à celles qui la touchen t au nord, pour la population et pour la fertilité ; tïiais, sous d’autres rapports, ce pays est digne d’étude.
- Le lac Po-yang et la navigation de la province de Kiang-si.
- L immense bassin limité par la longue chaîne de mon-tagnes qui vient d’être signalée verse des eaux d’une Lxtrême abondance dans la rivière Po et dans le lac Po-?a«g, lac ainsi nommé parce qu’il communique avec ^ïang-tzé-kiang. Une énorme coupure, faite en des temps Urie haute antiquité, permet au lac de décharger ses j;aux, et de les décharger précisément au point où le euve est le plus avancé vers le midi. lQut est grandiose à l’endroit où les eaux de ce lac aPportent leur tribut au plus beau fleuve de l’Asie. Le ^ajestueux déversoir présente une largeur de trois quarts e lieue, sur deux fois autant de longueur.
- A 1 angle inférieur de ce vaste chenal et du Grand llVe, la ville de Hou-lîéou. s’élève avec grâce.
- L angle supérieur est dominé par une montagne ayant lx lieues de pourtour; elle commande à la fois le fleuve, e lac et le déversoir.
- ^ 1 entrée même du lac, et du côté de la montagne, elève un rocher gigantesque : on l’a nommé la mon-a9ne du Grand Orphelin.
- j, La navigation de f Yang-tzé-kiang est rendue difficile par norme masse des eaux qui débouchent du lac en brisant ^ Urs n°ts contre ceux de ce fleuve; un tel choc produit des anc.s de sabje> ^ £cuefls et des tourbillons, dans les Positions les plus changeantes et les plus irrégulières.
- La rive gauche du fleuve, en face du chenal du lac Po-
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- yang, offre une longue et puissante jetée en maçonnerie pour garantir ce rivage; sur cette levée on trouve une rangée de chaumières où l’habitant sommeille, insouciant du danger. En été cependant, lorsque fondent les neiges sur les monts du Tibet, il y a des crues dont les eaux s’élèvent à quinze mètres de hauteur, et que la levée doit contenir.
- C’est ici que l’ambassadeur de 1816, lord Amherst, a quitté l’Yang-tzé-kiang et qu’il a pris la route de Canton par le lac Po-yang : M. Ellis a narré ce voyage.
- E11 ce même endroit, interrompons notre remonte du Grand fleuve; portons nos regards sur l’intérieur du Kiang-si, province qui renferme des merveilles d’industrie.
- Par le lac Po-yang, une vaste et belle navigation se-tablit entre tous les cours d’eau de la province et l’artère principale des communications intérieures de l’empire.
- Des radeaux immenses descendent par ces cours d’eau; ils apportent les bois du Kiang-si dans les opulentes cites qui bordent le Grand fleuve et jusqu’à la mer.
- Les mêmes eaux servent à transporter un produit d’art célèbre dans la Chine et chez tous les peuples étrangers*
- La manufacture impériale de porcelaines, à King-te-tchin.
- Si nous traversons le lac Po-yang et si nous remontons la rivière Po, nous arrivons à la cité du premier ordre Jao-tcheon fou, qui possède dans son territoire la célèbre bourgade de King-te-tchin. Celle-ci n’est pas meme honorée du titre de ville, quoiqu’elle contienne, à ce qu’on dit, un million d’habitants : c’est la manufacture prodigieuse des plus belles porcelaines dont la Chine s’enorgueillisse.
- La ville de King-le-tchin s’élève au bord d’une riviere
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- dont les eaux sont tributaires du lac Po-yang; elle est-animée d’une industrie infatigable. Ses ateliers sont tous consacrés à la fabrication du merveilleux produit céramique; ils font vivre et prospérer son énorme population.
- Rien n’égale l’activité que cette puissante industrie imprime au commerce urbain : on dirait le mouvement dun grand port maritime. Les rues sont sans cesse encombrées de producteurs, de porteurs et de marchands.
- Le pays circonvoisin n’est pas très-fertile, et comme °n fait venir les vivres de provinces assez lointaines, par cela même ils sont chers; mais l’industrie pourvoit à tout et son labeur paye tout avec aisance.
- Sur un développement d’une lieue, des jonques, souvent obligées de doubler leurs rangs, bordent le littoral de la rivière auprès de laquelle s’élève King-te-tchin. Quand elles arrivent, elles apportent les subsistances necessaires au peuple, les matières premières des fabrica-hons et du combustible, lequel est ici de première néces-s*té. Les mêmes jonques emportent les porcelaines, pour les conduire, en majeure partie, du côté du nord, au fleuve Yang-tzé-kiang, puis à Pékin; en moindre quantité, du côté du midi, sur la voie fluviale interrompue par un seul portage avant d’arriver au marché de Canton.
- Lorsque nous décrirons le port de Canton et son 0rAe commercial, nous ferons connaître la route, prodigieusement fréquentée, qu’on suit entre le point ou nous sommes parvenus et ce port considérable.
- Hette route remonte la rivière Po jusqu’à peu de distance de la chaîne méridionale qui sépare les provinces de Kiang-si et de Kouang-toung.
- Hâtons-nous de nous occuper des grands ateliers de Kmg-te-tchin, si bien situés, on vient de le voir, pour en-Voyer leurs produits vers tous les points de l’empire.
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- Traité sur les porcelaines de King-te-tchin, traduit par M. Stanislas
- Julien.
- M. Mallet-Bachelier, éditeur, a fait paraître une histoire descriptive de la fabrication des porcelaines de King-te-tchin, traduite par notre savant sinologue M. Stanislas Julien. L’ouvrage est enrichi de notes et d’additions, scientifiques ou techniques dues à M. Salvetat, adjoint à la Commission française pour l’Exposition universelle de 1851L
- Dans l’année même de cette Exposition, à la prière de notre ingénieux et regretté collègue feu M. Ebelmen, M. Stanislas Julien entreprenait cette traduction. Le même célèbre érudit avait montré les services que sa science peut rendre à nos arts, en publiant dès 1836 le résumé des principaux traités chinois sur l’éducation des vers à soie et la culture du mûrier. Le succès de cet ouvrage fut si grand, que cinq nations de l’Occident s’empressèrent de le traduire dans leurs langues respectives.
- Travaux attendus de MM. Stanislas Julien, Natalis Rondot et Barreswil.
- M. Stanislas Julien acquerra bientôt un titre de pluS à la reconnaissance de l’Europe en faisant paraître le résumé systématique des procédés de l’industrie chinoise sur les métaux, sur les agents chimiques du règne minerai et sur la mise en œuvre des produits du règne végétal-Dans cette entreprise il sera secondé par deux savants dont le nom se rattache avec honneur aux travaux de
- 1 Voyez le Rapport du XXV* Jury, sur les arts céramiques, par MM. Ebel* men et Salvetat, tome Vf.
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- ftotre Commission française- : MM. Natalis Rondot et Bar-
- reswil.
- Traductions désimbles à demander au Gouvernement français.
- Combien n’est-il pas à désirer que le Gouvernement français continue d’encourager la publication de pareils Savaux! La Bibliothèque impériale possède les grandes encyclopédies de la Chine et du Japon, avec beaucoup de h'aités spéciaux sur la technologie de ces contrées. C’est un trésor inestimable où sont déposés les résultats d’une expérience qui remonte bien au delà de trois mille ans, chez ^es peuples ingénieux dont les prbcédés artistiques, les produits, les coutumes et les mœurs diffèrent le plus des nôtres. Revenons à la porcelaine.
- Premiers pivgrès de la porcelaine chinoise.
- Les Chinois, dont les premiers essais d’art céramique atent de vingt-trois siècles avant Jésus-Christ, n’ont dérouvert que deux mille ans plus tard la fabrication bien autrement délicate et compliquée de la porcelaine. Leurs Premiers progrès ont été faibles et lents; mais, au vf siècle notre ère, cette fabrication avait pris chez eux un 8rand essor. Elle avait marqué sa supériorité dans le lieu présente aujourd’hui la fabrication de ce genre la plus Oosidérable et la plus perfectionnée. C’est à dater de l’an-j*ee 583 de notre ère que les empereurs y firent prendre es beaux produits destinés à l’usage de leur cour.
- Institution de la manufacture impériale de King-te-tchin.
- H s’agissait de récompenser et d’attester les progrès des
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- fabrications de cet endroit, appelé d’abord Nang-tchang-tchin, le bourg de Nang-tchang. Pour cela, dans les premières années du xie siècle, l’empereur Tchin-tsong ordonna que les porcelaines destinées au service de sa cour porteraient l’empreinte du caractère king-te, qui désignait l’époque de son règne (ioo4 à 1007).
- Cette coutume a fait appeler King-te-tchin les porcelaines impériales qui sortaient du bourg, du tchin de Nang-tchang. Dans tout l’empire, les consommateurs opulents voulurent avoir des imitations de si beaux produits et les demandèrent au lieu même de la production. Dès lors, ce lieu n’eut pas d’autre nom que celui des porcelaines impériales, choisies pour le souverain.
- King-te-tchin, le bourg des porcelaines impériales, accru par degrés avec la richesse et la population de l’empire, forme maintenant une ville immense. C’est le Sèvres de la Chine; mais il compte onze à douze siècles d’antériorité et possède cent fois plus de population.
- La manufacture impériale du Céleste Empire a justifié l’honneur fait à ses produits. Dès le xi° siècle, elle fabriquait des porcelaines dont les plus exquises, au dire des auteurs chinois, étaient brillantes comme un miroir, minces comme du papier, sonores comme une table d’harmonie; elles étaient d’un poli parfait, et se distinguaient autant par la finesse des veines ou de la craquelure que par la beauté des couleurs.
- Une couleur délicate, admirée entre toutes, fut obtenue pour satisfaire au goût de l’empereur même : c’était Ie tendre bleu de ciel, qu’on aperçoit, quand i’atmosphere se rassérène après la pluie, dans l’intervalle des nuages; bleu suave, qui répand un charme si doux sur les pluS beaux paysages. Cette nuance, admirablement irnitee, orna le fond des porcelaines les plus précieuses.
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- ^es porcelaines de King-te-tchin dans le Musée céramique de Sèvres.
- Cuvier le grand zoologue et l’éminent minéralogiste brongniart ont uni leurs efforts dans • une entreprise Cli'conscrite en apparence au territoire isur lequel Paris Seleve depuis vingt siècles seulement. En explorant les entrailles de la terre, ils ont suivi de couche en couche es dépôts alternatifs des alluvions fluviales et des allu-Vl°ns marines : monuments muets des révolutions du §l°be, dont ils sont la chronologie. M. Brongniart, lors-fluil prenait part à cette œuvre immortelle, dirigeait, et ^ la dirigea pendant cinquante ans, la manufacture impériale des porcelaines de Sèvres : le King-te-tchin de la rance. Avec autant d’impartialité que d’autorité, ce savant ustre a déclaré que les procédés, en général si parfaits, tenus par l’expérience des Chinois marchent de pair aVec ^es moyens que notre science la plus avancée nous Permet aujourd’hui de découvrir et d’appliquer, p b*°rsque nous traiterons des forces productives de la ^ance, nous décrirons le beau Musée céramique de GVles’ créé par M. Brongniart. Dans ce musée, les por-mes de King-te-tchin occupent une place glorieuse.
- Manufacture de Pékin, dite du Palais.
- pri leP0cIue °ù les empereurs mettaient le plus grand au progrès des arts, on construisit une nouvelle ^anufacture de porcelaine à Pékin. Elle fut placée dans
- cett^ !ïi^me (^u directeur des palais de la Cour; pour ^ raison, les produits qu’on y fabriqua prirent le nom V°rcelaincs du palais. Faites avec une terre extrême-
- iQpuj. t f •
- epuree, elles furent distinguées à la fois par la beauté
- INTllODDCTTON. — III. 2 1
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- de la matière, la finesse exquise du travail, la transpa-
- rence de l’émail et l’éclat de la couleur.
- Encouragements et période de la plus grande perfection.
- Les degrés de perfection qui viennent d’être signales tenaient sans doute au mérite personnel de quelques artistes, aux applaudissements qui stimulaient leur zèle et récompensaient leurs succès.
- Dans les beaux temps qu’offre l’histoire de cet art délicat, on excitait, on développait le talent des artistes. L’un d’eux produisait-il quelques chefs-d’œuvre ^aussitôt on les offrait à l’admiration publique. La critique et l’éloge étaient libres, afin que l’auteur pût jouir de ses perfections, apprendre ses défauts et sentir le besoin de s’en corriger.
- Ce grand intérêt finit par se refroidir, et la merveilleuse industrie déclina; on ne produisit plus de porcelaines complètement belles, dans les siècles qui suivirent. Aussi de simples fragments des produits si parfaits qui caracté-risaient ces temps incomparables, taillés plus tard à la manière des pierres précieuses, ont-ils fini par être en-chassés dans des joyaux, et portés comme ornement des toilettes les plus recherchées.
- . Progrès ultérieurs. #
- N’oublions pas cependant qu’on dehors des chefs-d’œuvre qui faisaient exception, l’art général des moyennes pr0 ductions avançait toujours. Par degrés on moulait, °n peignait, on ciselait avec plus de facilité les fleurs et leS ornements sur les vases de porcelaine. ,
- D’autres progrès remarquables s’opèrent par degre^ du xive au xvn° siècle. L’usage de la porcelaine s’accio*4
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- avec la population et la richesse publique. Un goût médiocre, mais général, favorise le perfectionnement des procédés; on s’efforce d’obtenir des produits toujours plus nombreux, plus variés, d’un prix accessible, et qui néanmoins réunissent la solidité, la finesse et l’élégance.
- Entre les années 15o6- et 15a 1, on employait un bleu de cobalt acheté chez l’étranger; il coûtait, rapporte-t-on, deux fois plus cher que l’or : l’empereur ordonna de le consacrer à peindre sur porcelaine. Je cite un tel fait parce qu’il montre qu’à cette époque les Chinois allaient au-devant des matières étrangères qui pouvaient ajouter a la beauté de leurs produits.
- C’est encore dans la même période que l’on fabrique llne porcelaine plus recherchée que les produits ordinaires; on l’appelait porcelaine des magistrats, ou, comme nous dirions, porcelaine des mandarins.
- Rare faculté d'imitation.
- j ferai remarquer, au sujet des derniers siècles, que ^nommée la plus grande à laquelle puisse atteindre un artiste n’est plus d’être original avec supériorité. Sa gloire ost seulement d’imiter, de copier à s’y méprendre la p érection et la beauté qui caractérisent les chefs-d’œuvre s époques précédentes, chefs-d’œuvre dont la réputa-n est sanctionnée par le temps, j, 1 est difficile de présenter rien de plus étonnant que art dimiter auquel s’élève, à cette seconde époque, un Porcelainier de King-te-tchin. 11 obtient par faveur de voir e seule fois un beau trépied très-ouvragé, qui servait sacrilices. A quelques mesures prises uniquement ^GC SGS mafes* il joint à la dérobée l’empreinte des veines trépied, calquées au moyen d’un simple papier. En-
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- suite il s’éloigne et reproduit son modèle avec tant de fidélité pour les dimensions, la couleur et la décoration, que le président des sacrifices, possesseur de l’original, ne peut pas y découvrir la moindre différence avec l’imitation.
- Dans un pays où la main-d’œuvre d’un ouvrier ordinaire est payée par jour 60 centimes, la simple copie du trépied est vendue 3oo francs par l’imitateur; bientôt après cette belle œuvre est revendue 7,500 francs, c’est-à-dire la valeur de i2,5oo journées d’un simple manou-vrier.....
- I
- Précieuse chronologie longtemps marquée sur les porcelaines impériales puis supprimée par un fonctionnaire ultra-servile..
- Depuis l’époque 1004-1007 jusqu’à 1677, on avait suivi la coutume de marquer sous le pied des porcelaines impériales les caractères par lesquels chaque règne est désigné. Cet heureux usage établissait pour l’histoire de l’art la chronologie la plus importante. On pouvait juger des règnes où la précieuse industrie avait fait le plus de progrès, était restée stationnaire ou même avait rétrogradé. Un autre genre d’utilité serait né de cet usage, si dès les premiers temps on l’avait adopté.
- Dans certains tombeaux de l’antique Egypte on a de-couvert de petits vases en porcelaine couverts de caractères idéographiques. Aussitôt on a fait les plus beaux raisonnements pour démontrer que l’art de fabriquer la porcelaine était connu des Egyptiens, au temps des Pharaons. Il a fallu l’érudition de MM. Pauthier1 et Stanislas
- 1 Dès l’année i846, dans la Revue archéologique, M. Pauthier a prouvé que les flacons de porcelaine trouvés dans les tombeaux d’Égypte ne pou' vaient pas remonter au delà du xn® siècle.
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- Julien pour déterminer l’origine chinoise de ces objets curieux. L’effort eût été beaucoup moindre et la preuve irrécusable, si les mêmes flacons avaient porté l’empreinte indicatrice d’un règne du Céleste Empire.
- En i 6 y y, un mandarin aussi bas que stupide fit interrompre cet usage. En sa qualité de surintendant des fabrications à King-te-tchin, il défendit de reproduire et ks caractères consacrés à désigner l’empereur régnant, et images des grands hommes qu’on avait jusqu’alors %urées sur la porcelaine. Le vil flatteur s’enorgueillissait ^gir ainsi, pour empêcher, disait-il, au cas où les vases iraient brisés, la profanation qu’éprouveraient les ado-cables chiffres symboliques, indicateurs du souverain, et ics effigies des saints personnages reproduits par la peinture! On aurait peine à trouver dans Tacite et dans Sué-t°ne pareil excès d’ineptie et de servilité.
- Description des procédés de la manufacture impériale,
- au xviii' siècle.
- Au xviii6 siècle, le savant, l’habile Thang dirigeait la j^anufacture impériale de King-te-tchin ; il excellait à la 0ls dans l’imitation des beaux vases antiques et dans la production fidèle des émaux les pl us renommés. Non ^°utent d'imiter si bien, il rivalisait avec les émaux des Ps passés par les nouveaux qu’il inventait.
- ^ ^ empereur voulut que ce directeur éminent publiât la j^criPti°n graphique de tous les procédés employés pour ufluer et décorer la porcelaine. Malheureusement nous , P0ssedons pas les planches qu’il fit graver pour obéir Cet °rdre. Nous devrions aujourd’hui les demander-, il eiait facile de les obtenir.
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- Complément descriptif entrepris au xixe siècle.
- En 1815, un habile administrateur de la fabrique impériale a repris et complété le bel ouvrage de Thang, dont nous venons d’indiquer l’objet. Les paroles que je vais citer terminent sa préface; elles révèlent un sentiment du progrès que nous n’avons guère l’habitude de supposer aux peuples de l’Orient. Cette préface est d’ailleurs écrite dans un. style élogieux que l’Occident trouvera très-perfec-tionné.
- « Les bons artistes de l’antiquité, lorsqu’ils inventaient et fabriquaient des vases, n’avaient en vue que la naïve utilité et Je simple intérêt du peuple. Dans la confection des ustensiles qui servent chaque jour aux communs usages du boire et du manger, ils ne jugeaient pas nécessaire de déployer tous les raffinements de l’art et du talent. Mais depuis que notre auguste empereur comble les ouvriers de bienfaits et qu’il rétribue libéralement leur travail, sans leur imposer de pénibles fatigues, la classe ouvrière vit en liesse et son bien-être s’accroît toujours; elle travail!® avec ardeur, et les vases qui sortent de ses mains ne laissent rien à désirer. La population de King-te-tchin augmente à vue d’œil, et les porcelaines quelle produit acquièrent chaque jour un nouveau degré de finesse et de beaute. Ij n est aucuné personne qui ne fasse tous ses efforts et qn1 ne tressaille de joie! Grâce h l’époque prospère où n°uS vivons, ces heureux effets éclatent en tous lieux, sans q1ie la cause en soit aperçue. »
- Ainsi que nous l’avons dit plus haut, l’exagération, sl familière aux Chinois, porte à plus d’un million dâmes la population de King-te-tchin. Une version, trop faibje peut-être, porte seulement à dix-huit mille le nombre
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- familles directement occupées à la porcelaine, sans compter les ouvriers célibataires employés dans la même ville.
- Les personnes de tout âge et de tout sexe trouvent à travailler dans un genre d’industrie où beaucoup d’opérations délicates n’exigent pas une grande force physique. On porte à trois mille le nombre des fourneaux en actifs dans King-te-tchin.
- Adoration du dieu qui brûle les manufactures, par les ouvriers qui fabriquent les porcelaines.
- La gravité des incendies, dans la cité des porcelaines, a^fait imaginer un culte, afin d’honorer et'd’apaiser le ^eu préside à l’incendie des fabriques de porcelaine. A Juger par la fréquence de désastres si terribles, ce dieu semble surtout jaloux de conserver pour ses autels un eucens qu’on lui prodigue en crainte de ses méfaits. Il se 8arde bien de supprimer ou de rendre plus rares les actes j sa puissance, afin de ménager ses adorateurs : leur Veur disparaîtrait aussi vite que les sinistres.
- rincipaux lieux où sont fabriquées les porcelaines autres que celles de la cour.
- Pour compléter les notions sur la plus belle industrie n°ise, nous présenterons quelques détails relatifs à la P°graphie des manufactures de porcelaine.
- Sur les dix-huit provinces qui composent le grand euipire du Milieu, treize possèdent des fabriques de ce §eure. Dans cette nature d’industrie, trois provinces l’em-P^^tent de beaucoup sur les autres; ce sont : le Chcn-si, le ce~kiari(j et surtout le Kiamj-si. Comme nous l’avons expli-> King-te-tchin est située dans cette dernière province.
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- Le territoire du Kiang-si forme un centre de fabrications, lequel est pour la Chine ce que le comté de Stafford est pour l’Angleterre : la plus grande réunion d’établissements céramiques. Nous avons fait apprécier l’excellence de la position, qui communique par une rivière navigable et par le lac Po-yang avec le plus puissant fleuve de la Chine, puis de là, par le Grand canal, avec tout l’est et le nord de l’empire.
- Nous avons déjà cité le missionnaire anglais parti de Chang-haï en i 845 pour visiter des philosophes; il arrive dans une vaste plaine entourée de hautes montagnes, au nombre desquelles se trouve la célèbre montagne de Kao-ling, qui recèle en abondance le feldspath le pluS pur, d’où l’on tire la line terre qui sert en Chine à fabri' quer la porcelaine. On peut voir ce que disent de ce hao-lwg le docteur Morrison, dans son Dictionnaire anglo-chinois» et sir F. Davis, dans son excellent ouvrage sur la Chine*
- Le kaolin, comme nous l’appelons, abonde dans la chaîne de montagnes au midi de laquelle est celle de Kao-ling, qui produit la matière première la plus pure* Cette chaîne de montagnes sépare le Kiang-si du K-iang' nan, dans le district de Houeï-tcheou.
- Savants travaux de M. Sulvetal sur les porcelaines de la Chine.
- Dans le précieux ouvrage que nous avons étudié p°ul y chercher les faits les plus intéressants, aux travaux du traducteur érudit s’ajoutent ceux du savant chimiste flul préside aux fabrications dans les ateliers de Sèvres. Gra°e à ses soins, les matières premières et les procédés de combinaison sont analysés avec toute la précision que peuvent permettre les lumières empruntées à la science pour éclairer les pratiques de l’art.
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- Je dois citer, parmi les morceaux les plus intéressants, les observations de M. Salvetat : préface, pages cvn à cxn. Il y montre les caractères de la peinture sut porcelaine, b*nt à la Chine qu’au Japon.
- Pourquoi lord Elgin na pas cru nécessaire de visiter la grande manufacture des porcelaines chinoises.
- Le commerce des objets de luxe, qui fixe au plus haut degré l’attention des gens du monde, présente un très-faible intérêt aux yeux des hommes dÉtat, qui cherchent ayant tout les grands résultats pécuniaires.
- Lord Elgin n’ignore pas que les poteries les plus communes de l’Angleterre, présentées sur les marches de l uni-vers, y produisent des sommes incomparablement supé-lieures à la valeur des porcelaines chinoises, qui jouissent Pourtant d’une si haute renommée.
- Quelques faits empruntés à l’un des comptes commerciaux les plus récents vont nous confirmer dans cette manière déjuger, par comparaison, les produits précieux réservés pour le riche et les produits communs habilement appropriés aux besoins de la multitude.
- ^portance comparée des produits céramiques, pour l’Angleterre
- ET LA CHINE, EN 1857.
- PRODUITS CÉRAMIQUES. SOMMES.
- ** exportées par la Grande-Bretagne dans le monde entier. 37,634,950'
- a>ues importées do Chine en Angleterre 33,425
- dir
- Le petit tableau nous apprend que la Chine fournit ectement à l’Angleterre pour un franc de ses précieuses
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- porcelaines contre onze cents francs de poteries britanniques vendues à bas prix dans le inonde entier.
- Vues d’avenir sur le commerce des produits céramiques , entre la Chine et l’Angleterre.
- Une autre question aurait du se présenter à l’esprit investigateur et sagace de l’ambassadeur : l’Angleterre ne pourrait-elle pas pousser scs prétentions commerciales jusqu’à fournir les Chinois, sinon de brillante porcelaine, au moins de poterie commune? Jusqu’à ce jour la grandeur des distances et la dépense du transport semblent avoir opposé des obstacles insurmontables.
- Voici quelle est la valeur des poteries et des porcelaines envoyées pendant cinq ans à la Chine par l’Angle' terre, produits envoyés beaucoup plus pour les AnglalS établis dans les cinq ports libres et dans l’île de Hong* kong que pour les consommateurs chinois :
- Années i854. ,855. j 856. lO GO
- Valeurs . .. 28,95of 62, ioof 59,375f io3,i5of
- Proportion» pour millo du commerce total... 2 1 2
- ,858.
- 108,97^
- 2
- Ainsi la médiocre valeur des porcelaines et des poteries d’Angleterre envoyées en Chine est tantôt le millième et tantôt les deux millièmes des produits de toute nature quelle exporte dans ce pays.
- La question directement opposée, que les Chinois vraient se faire, serait de savoir jusqu’à quel point, aveC.jg bas prix de leur main-d’œuvre et leur habileté pratique, pourraient espérer de vendre, meme en Angleterre, leur poteries les plus communes.
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- Il ne faudrait pas qu’on regardât comme déraisonnable Une telle pensée. J’ai fait connaître un fait capital rapporté par le capitaine Forbes, qui n’en a pas relevé l’importance : e moins façonné de tous les produits céramiques, la rique chinoise, est transporté avantageusement jusqu’à
- Liverpool.
- Nous n’étendrons pas plus loin ces observations. Nous reprenons notre parcours de l’Yang-tzé-kiang et nous remontons au-dessus du lac Po-yang, dont la visite nous avait fait quitter l’ambassadeur d’Angleterre.
- Navigation reprise sur le Grand Jleuve au-dessus du lac Po-yang.
- Lorsque le Grand fleuve arrive au pied de la vaste Montagne qui s’avance comme un promontoire au nord-ou iac Po-yang, ses eaux sont violemment repoussées pPs 1 orient; elles contournent une grande île triangù-aire» et viennent par deux branches heurter les eaux qui ortent du lac. Il se produit par ce choc, nous l’avons
- J dit, des tourbillons dangereux pour les navigateurs.
- Niéou-kiang-fou, chef-lieu départemental dans le Kiang-si.
- Aidés d’un pilote expérimenté, nous franchissons ces Perilleux passages. Sur notre gauche, au nord de la grande *Oontagne> nous trouvons la ville importante de Kiéou-klan9'fou; elle est le chef-lieu d’un département dans la Vaste Province de Kiang-si, que nous venons d’explorer.
- Latitude.......................... ag° 54f oo"
- Longitude orientale............... ii4° 3i' 3o"
- 'Irtsqu â la grande insurrection, cette ville était indus-
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- trieuse et riche. Ses fortifications avaient deux lieues et demie de tour; leur enceinte était remplie d’un peuple aussi nombreux que fortuné.
- Province de Hou-pé.
- Un peu plus haut <Jue cette grande cité, sur l’autre rivage, finit la province de Ngan-hoeï et commence une nouvelle province dont le territoire est beaucoup plus considérable! Nous allons parcourir près de cent cinquante lieues, en remontant le Grand fleuve, sans quitte! cette nouvelle et féconde province; elle est appelée Ie Hou-pé.
- Un lac, un hou, le plus grand qu’on admire en Chine» car il a quatre-vingts lieues de circonférence, donne son nom de lac à deux provinces : celle de Hou-pé, dont Ie nom signifie le nord du lac; celle de Hou-nan, dont Ie nom signifie le midi du lac.
- Territoire et population en 1812.
- Superficie......................... i8,a45,2io hectares.
- Population......................... 27,370,098 habitants.
- Habitants par mille hectares. ... i,5oo habitants.
- N’oublions pas, à* la vue de ce tableau, que dès i8t2’ et pour une même étendue de territoire, la populatiuu de la province de Ilou-pé surpassait de moitié celle l’Angleterre, de la Belgique et de la Lombardie. Cette immense population, loin d’être affamée par son g,an nombre et d’exiger des importations de vivres, fait au contraire partie de celles dont le superflu sert, année, pour aider ;'i la subsistance de la capitale et
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- armées du nord. Aussi les Chinois ont-ils surnommé la province de Hou-pé le grenier de ïempire.
- On dirait que cette province réunit tous les avantages : admirons la beauté d’un climat qui joint la chaleur puisante du soleil à la douceur d’une température en partie due à l’élévation du sol, déjà si loin de la mer. Ses fleuves et ses lacs rivalisent de fécondité, de grandeur et d’uti-te*> en même temps, ils donnent un puissant essor à son eobimerce.
- lo
- Si
- Wou-soueï, première cité du Hou-pé.
- nous remontons un espace d’environ dix lieues, en ngeant les bords de la province de Hou-pé, nous trou-v°ns à notre droite une ville du second ordre, assez con-Slderable, que le commerce fait fleurir : c’est le marché JVoa-soueï.
- g fôce de cette ville, et sur la rive sud-ouest du Grand UVe> on voit s’élever une longue crête de montagnes aPpelée la Grande Épine dorsale, Ma-tze-kiang; elle ap-Paitient à la province de Kiang-si. Ce rempart naturel ePousse vers l’orient le cours de l’Yang-tzé-kiang; il com-*j*eiice déviation si considérable que complète le choc es eaux qui sortent du lac Po-yang.
- Orsqu’on a dépassé les monts de la Grande Épine Sa'e, du milieu du Grand fleuve l’œil plonge au loin
- dans
- àUUe Va^e ^on8ue e* profonde, qu’on dirait emprun-e ' la haute Écosse. Cette vallée sépare du Kiang-si la du fl1106 ^ou"Pd> qui va maintenant, des deux côtés euve, attirer notre attention la plus sérieuse. Le cett eSt ^IaPPd de la grandeur presque sauvage de e Nature si fortement accidentée.
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- La ville de King-koueï-tcheou.
- Latitude.......................... 290 5i' 36"
- Longitude orientale............... 113° 4o' 49
- Cette ville est bâtie sur la rive gauche, en face du vallon si profond et si remarquable qui sépare, sur la rive opposée, les deux provinces de Kiang-si et de Hou-pé.
- Si nous mentionnons cette ville secondaire, déjà si loin de l’Océan, c’est que l’ambassade de lord Elgin eut le bonheur indicible pour un Anglais d’y trouver étales dans les boutiques des tissus fabriqués en Angleterre; des velours d’Utrecht osaient s’étaler à côté.
- Dans cette partie de l’Yang-tzé-kiang où nous continuons de naviguer, la remonte est en maint endroit diffi' cile et lente. Les Chinois auraient besoin de l’expérience européenne pour améliorer le cours des eaux et faire disparaître les obstacles si variés que présente la nature • ce pourrait être l’un des bienfaits de la paix que nous appelons de tous nos vœux.
- Au point où nous sommes arrivés, le Grand fleuve est encore si digne de ce beau surnom, qu’il offre, à cette longue distance de l’Océan, une largeur moyenne surpasse un kilomètre et demi : quatre fois la Seine Paris. Telle est néanmoins sa profondeur, qu’une forte frégate à vapeur peut continuer d’en remonter le cours» bien que les eaux soient au-dessous du niveau le P^uS ordinaire. ,
- La pagode de cette ville est au rang des plus adniireeS après celle de Nankin; et, chose à remarquer en Chine» elle est dans un bel état de conservation.
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- Ville de Ki-tcheou.
- En continuant à remonter, nous trouvons sur la rive gauche la ville de Ki-tcheou, dont la situation éminente frappe de loin le voyageur.
- Latitude............................ 3o° 4' 48"
- Longitude orientale................. 112° bj' îo"
- Les murs de cette ville couronnent une falaise presque ^ pic au-dessus du fleuve. Cette falaise est la fin d’une chaîne de collines et de montagnes qui s’étend de l’ouest ^ iest dans la province de Hou-pé.
- Station remarquable de Ki-hien.
- Signalons avec soin, sur la rive gauche du Grand fleuve, a station désignée sous le nom de Ki-hien; c’est une ville 11 dernier ordre, environ à vingt lieues au-dessus de Ki-tcheou. Ici, les bas-fonds du fleuve, dans un temps où les Gaux sont au-dessous de leur moyenne hauteur, ne permettaient plus la remonte d’un navire à vapeur pareil 4 a Rétribution, qui tirait 6 mètres 6o centimètres. Telle ctait cependant encore la profondeur de l’Yang-tzé-kiang, floune autre frégate, la Furieuse, qui tirait 4 mètres eau, continua de remonter avec le reste de l’escadrille ^conduisait! ambassadeur d’Angleterre. Par conséquent s navires d’au moins 4oo tonneaux partis d’Europe, et Capables de doubler le cap de Bonne-Espérance, pour-r?nt’ saos rompre charge, naviguer dans la partie supé-
- ?fUre Grand fleuve jusqu'au terme où s’arrêtera lord
- Elgin.
- Avant d’arriver à ce terme si désiré, nous avons encore
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- à mentionner une ville qui plus tard attirera l’attention du commerce européen pour son aspect et surtout pour son commerce.
- Ville de Houany-tcheou.
- Nous voulons désigner, toujours sur la rive gauche du Grand fleuve, la cité de Houany-tcheou, dont la posi' tion est ainsi déterminée :
- Latitude............................ 3o° 26' 24"
- > Longitude orientale................. 1120 27' 55
- En avant de cette ville nous remarquons un superbe quai revêtu de pierres de taille et couronné par une belle balustrade. Les eaux sont profondes au pied de ce quai, près duquel abordent des jonques nombreuses et d’un grand tonnage.
- La contrée d’alentour est enrichie par la culture du coton. Chaque année l’on évalue à sept ou huit milH°nS de francs le coton en laine transporté de cette ville a Tchany-tcha-fou, le chef-lieu de la province de Hou-nan, quoiqu’elle en soit éloignée d’au moins cent lieues, en suivant les voies navigables. Dans les plaines voisines on cultive aussi beaucoup l’indigo.
- Après quatre sinuosités très-prononcées du Grand fleuve, nous arrivons à la position commerciale la plus irnp°r' tante qu’offre le cours entier de l’Yang-tzé-kiang.
- La rivière Ilan, principal ajjluent méridional du Grand jleuve.
- Près du point où le Grand fleuve s’avance le plus veis le nord et commence en remontant à revenir vers le sud, il reçoit les eaux d’une rivière qui vient de plus de cent
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- cinquante lieues, grossie par de nombreux affluents ; c’est ia rivière Han, la plus importante parmi celles qui fertilisent la riche province de Hou-pé.
- Dans la partie inférieure de son cours, cette riviere puissante offre des largeurs qui varient depuis un kilo-ttietre et demi jusqu’à quatre kilomètres. D’apres 1 état des arts pratiqués par les Chinois, on conçoit que sgs ingénieurs auraient pu difficilement construire des ponts pour franchir de telles largeurs : aussi n’en ont-ils cons-trint qu’en remontant très-loin à partir de l’embouchure.
- Les trois cités commerciales.
- Pour comprendre maintenant le grand spectacle dont ücns désirons offrir une idée précise au lecteur, trans-PÇrtons-nous sur la rivière Han. Descendons-la, les yeux ç ]§es en avant de notre marche. Nous approchons du ^rand fleuve, qui descend perpendiculairement de l’ouest
- esC et qui coule de notre droite à notre gauche. Alors üCds voyons :
- ,, ’ ^ gauche, à l’est, la riche cité de Han-kéou, qui . nc* au bord d’une vaste plaine : ses quais longent la gauche de la rivière et la gauche du Grand fleuve; • A notre droite, la cité de premier ordre Han-yang-1 tt>. <ïUe j appellerai la cité Mandarine : elle s’élève sur
- ^1Ve droite de la rivière et sur la gauche du fleuve;
- H. En face (|e nQ au ia cité vice-royale de
- yf/oa~* > - - - -
- -tchang-fou : elle se déploie par delà le Grand fleuve
- et «Un J ri
- Slir la rive droite.
- Ces trois villes, si diverses de position, de grandeur ^ de nature, sont comme trois quartieis gigantesques Urie même capitale, présentant trois belles rues aquatiques; ces rues fluviales, malgré leur extrême largeur, introduction. — m.
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- FORCE PRODUCTIVE
- sont couvertes de jonques et de trésors dans les temps de prospérité.
- I. HAN-KÉOU.
- La première des trois cités est, à proprement parler, le but essentiel du voyage de lord Elgin. Sa latitude et sa position sont celles du Caire, aux bords du Nil.
- Han-kéou, ville purement commerciale, a pour chef-lieu la seconde ville, Han-yang-fou.
- A l’approche de Han-kéou, en remontant le fleuve, ie pays présentait naguère un territoire parfaitement cultivé et très-peuplé-, les maisons voisines de l’Yang-tzé-kiang» ainsi que les jardins, se multipliaient de plus en plus: tout annonçait le voisinage d’une cité considérable.
- Au jugement de M. Oliphant, secrétaire et narrateui de lord Elgin, la vaste plaine au milieu de laquelle Han kéou se déploie ressemble beaucoup à celle de Nqn1' Novogorod, sur les rives du Volga: site consacré poUl les plus célèbres foires de la Russie.
- Han-kéou, dans son état actuel de renaissance, mesur0 seulement trois kilomètres d’étendue sur la rive gauche de l’Yang-tzé-kiang et trois autres sur la rive gauche de la rivière Han.
- A plusieurs égards, lés rues de Han-kéou sont sup rieures à celles de beaucoup d’autres villes de l’empire‘ elles sont pavées avec soin, assez bien tracées et mêm0 assez larges. Lors de la chaude saison, elles sont couverte*-de nattes légères, tendues entre les maisons opposee^ pour préserver d’un soleil aussi brûlant que celui î’Égypte. Les boutiques sont amplement approvisionne^ avec une richesse supérieure à celle des cinq ports mer ouverts aux étrangers.
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- L industrie et le commerce de Han-kéou : fabriques de câbles de bambou.
- Pïes de îa ville et du fleuve on remarque des espèces de tours élevées : ce sont des fabriques de câbles confec-bonnes avec des fibres de bambou. Ces libres, convena-ement refendues, sont portées à l'étage supérieur, élevé e dix à douze mètres. C’est là qu’on tresse le câble, flu on le fait descendre à mesure qu’on le confectionne, P°ur être cueilli circulairement au rez-de-chaussée.
- Ce procédé des Chinois ressemble à la disposition qu’a-^ait bnaginée le capitaine Huddart1, au commencement e °e siècle, pour commettre des câbles dans un espace Resserré, en employant la force de la vapeur. Le câble Rendait tout commis, à mesure que la torsion, le C0TïiTïletta(je des torons accomplissait leur assemblage.
- Les marchandises anglaises sur le marche de llan-kèou.
- En
- , Vlsitant les pays étrangers, lord Ëlgin a contracté itude excellente de converser avec le petit peuple, ^itisans, les boutiquiers, les paysans; il a pour but enir d’eux une foule de renseignements cherchés par SOn esprit sagace.
- üpres de Han-kéou il trouve un homme occupé à bre sur le sol des tissus fraîchement teints en bleu. est le transport de l’ambassadeur ! c’étaient des ^°tons venus d’Angleterre, et fabriqués à Manchester! v°ilà mis en œuvre dans la ville même qu’il a fait
- déclar
- er le plus lointain des ports intérieurs ouverts à la
- °yez korcc naiulr de la Grande-Bretagne, t. II.
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- Grande-Bretagne, sur ie fleuve par excellence, l’Yang-tzé-kiang.
- Ici commencent les questions de mylord. Combien dans Han-kéou sont payés ces calicots, en monnaie du pays** 700 cash ou sapèques pour un cliang. Cela signifie 3 francs i5 centimes pour une longueur de 3 mètres 60 centimètres, ou simplement 87 1/2 centimes par mètre courant de calicot britannique.
- D’après le dire du même teinturier, le tissu de coton chinois, d’un tiers de mètre en largeur, coûtait moitié moins que le calicot anglais de même dimension. La diffé' rence, à mes yeux, n’a rien d’extraordinaire.
- Mais, pour qu’une semblable comparaison fût démonstrative, il aurait fallu qu’on pût comparer le poids, Ie fini du travail et surtout la solidité des tissus.
- Prix comparés intéressants, recueillis par le capitaine Sherard Osborn
- Pendant que l’ambassadeur faisait ou faisait faire ces comparaisons, le capitaine de vaisseau Sherard Osborn prenait de son côté des renseignements plus sérieux.
- Les observations recueillies par cet officier éminent ont en effet, par leur nombre, une tout autre impof' lance; il donne, pour les tissus de coton qu’il compare» la longueur, la largeur et le prix des pièces. J’ai refait ses calculs et je les ai réduits en mesures françaises.
- Voici le prix énuméré pour six pièces de tissus cbinoi5 et cinq pièces de tissus anglais :
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- Prix du mètre carré de tissus de coton à llan-kèou.
- Tissus chinois. Tissus anglais.
- 88e 3f 46e
- 78 2 4o
- 67 2 39
- 66 . 1 18 1
- 65 1 08
- 61 0 00
- 4f a5 10 5i
- • 71e 2f 10e
- Dans l’état actuel des choses, ce parallèle suffît pour Montrer qu’il est impossible à l’Angleterre de l’emporter ®ur le grand marché de Han-kéou, au point de vue du'
- marché.
- L inégalité des prix moyens me semble ici considé-e; dans l’état actuel des choses, le prix moyen des 0tons anglais serait de 1 48 pour cent plus élevé que le des cotons chinois. Cependant la libre navigation U ^euve changera beaucoup l’état des choses; elle dimi.-llera celte grande disproportion.
- Si le commerce britannique obtient enfin ce qu’il ré-^ me de concert avec les autres nations, un passage direct travers 1 Égypte, des navires mixtes de trois cents ton-dUx pourront sans rompre charge aller depuis Londres ^ Liverpool jusqu a l'embouchure de l’Yang-tzé-kiang ^ remonter ce grand fleuve jusqu’à la hauteur de Han-v 0lJ* Si, de plus, dans cette ville, des comptoirs anglais enf directement les tissus de Manchester,
- on sera sur-
- tissu ^nX CSt rectification d’une cireur évidente dans la largeur du
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- pris de voir à quels bas prix ils pourront être offerts dans
- le centre même de l’empire du Milieu.
- Les cotons n’attirent pas seuls l’attention de nos voya' geurs. En poursuivant leurs recherches, lord Elgin et sa suite reconnaissent avec une autre satisfaction les es ta ni-pill es bien connues des tissus anglais sur de légers draps de laine destinés à l’habillement des femmes1.
- Produits orientaux sur le marché de Ilan-kéou : les fourrures-
- En i858, les boutiques cïe pelleteries, dans la grande ville marchande, étaient bien approvisionnées et nom' breuses. On y trouvait les fourrures les plus belles et les plus chères, envoyées des pays du nord par la province occidentale de Chan-si et des pays de l’est par les fron-tières du Tibet.
- Commerce des thés à Ilan-kéou.
- f
- Ici nous trouvons le thé de la province de Hon-pe’ regardé comme donnant la meilleure sorte, parmi toU(eS les espèces connues sous le nom de Congo.
- Les thés jaunes exportés en Russie, et qui traversent le Ilou-pé, proviennent de la province de Ngan-hoei*
- Thés
- Comme objet de grand luxe, dans les cités conimer cialcs dont nous étudions le groupe, on fait usage dm1 thé rare, dont le goût a quelque chose d’amer; P, l’aspect, il ressemble beaucoup au thé noir. Les Chin°J
- 1 Du drap ïuperfin pour les dames était coté à 12 fr. 5o cent. Ie y environ i3 If. go cent, le mètre.
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- °pulents le boivent comme un digestif; ils en font usage après les repas somptueux qui fatiguent leur estomac, ftous prenons ainsi le café.
- b arbrisseau dont les feuilles donnent ce thé de saveur artiere ne croît qu’à Pao-eurh : un territoire situé dans la province d’Yun -nan, sur la frontière du Laos et près de Ja rivière Meï-kou.
- On vend ce thé massé sous forme de cylindres, qui sont Brands ou petits, suivant sa qualité. Il est très-coûteux et P Us recherché que toute autre espèce.
- Deux sortes de thés sont préparées dans le Hou-pé P°ur exporter par terre; elles sont réduites en forme de llcpte et fortement comprimées. Lorsqu’on les coupe transversalement, elles ont l’aspect du tabac Gavendish. es thés sont inférieurs à ceux du Tche-kiang.
- Rapide renaissance de Han-Mou.
- Parmi les scènes les plus funestes et les plus émou-Vantes qu'ait présentées la grande insurrection chinoise, n°Us aurons à décrire la dévastation des trois cites commerciales , et surtout celle de Han-keou.
- Cette ville, en i858, sortait comme par miracle de ®es ruines; elle renaissait avec une rapidité magique epuis deux ans que les rebelles en avaient etc chassés P0llr la seconde fois. Nous reviendrons sur ce lugubre suiet ; nous ne voulons ici que constater la puissance c°mmerciale d’une localité qui permet une résurrection Sl rapide et si considérable.
- U. ÎIAN-ÏANG-FOU.
- Su
- Ur la rive droite de la rivière llan, on aperçoit une
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- chaîne de collines escarpées; elles sont couronnées par les fortifications de la ville de Han-yang-fou, qui s’appme au midi sur le Grand fleuve. Ces fortifications dominantes ressemblent par leur aspect au Kremlin de Nijm-Novogorod, tandis que Han-kéou correspond au slte inférieur où se tient la grande et célèbre foire de cette ville.
- Han-yang-fou est le chef-lieu d’un département de la province de Hou-pé. Voici quelle est sa position :
- Latitude.......................... ... . 3o° 34* 38'
- Longitude orientale.................. ni0 4^ 7
- La ville est entourée d’une muraille massive, bien construite et bien entretenue. Sa grandeur est médiocre et son pourtour n’excède pas trois kilomètres. C’était j9^ un séjour aristocratique, éloigné des affaires, paisible, habité par des fonctionnaires en activité ou en retraite et par leur suite nombreuse. Ses rues étaient belles, bierl pavées, décorées à l’intérieur avec des Portes d’honneur et des édifices publics.
- Remarquons le caractère des habitants de la contrée circonvoisine. Les personnages formant la suite de lam bassadeur britannique faisaient des excursions dans la campagne, aux environs de lian-yang-fou et des deux autres cités commerciales; ils se louaient au plus haut degré de la bienveillance des paysans, qui s’ernpressaieu de leur rendre toute sorte de bons offices. Cependant on sortait à peine de la guerre.
- Jugement remarquable de lord Elgin sur le peuple chinois.
- Dans les papiers parlementaires publiés en i85q> trouve un jugement précieux de lord Elgin : « Ce que J
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- ^u’ dit-il, me conduit à penser que la population rurale e la Chine est, généralement parlant, dans une bonne position et satisfaite. »
- Nous sommes heureux de pouvoir consigner ici l’opi-oi°n développée d’un observateur aussi perspicace, à 1 appui des opinions que j’ai rapportées de M. Fortune et du capitaine Forbes.
- Voici comment il s’exprime dans son rapport sur son J°yage aux trois cités commerciales : « J’ai travaillé très-rtement, bien que sans trop de succès, à me procurer es informations certaines sur l’étendue des propriétés Orales, sur le titre auquel les cultivateurs tiennent la teire, sur l’impôt qu’ils ont à payer et sur les questions connexes. J’en ai conclu que, pour la très-grande partie \ e o^ost part), ils tiennent leurs terres, de très-petite etendue, en pleine propriété, assurées par la couronne Moyennant certaines charges de peu d’importance. Ces aVantages, améliorés par une industrie constante, suffirent abondamment k la simplicité de leurs besoins, et pour a Nourriture et pour le vêtement.
- ^ «Dans les rues des villes chinoises, quelques objets eplorables frappent la vue : chose qui doit toujours arri-•,.er ^0rs({ue la mendicité est une institution légalisée. Mais J incline a penser que la rigueur avec laquelle sont main-os en vigueur les devoirs de la parenté sont une puis-ante barrière contre l’invasion du paupérisme. Il y a qiiel-qUfes j°l,rs, une dame m’apprit que la nourrice de son ant avait acheté ane petite fille d’une mère qui possédait . °P d enfants. Voici le motif de l’achat : le mari qu’un de^ 91113 ^ Jeune fille sera tenu de pourvoir à l’existence (|f ^a niore adoptive. Ainsi, par le placement judicieux Un dollar, qui vaut en Chine de 6 à 7 francs, la pré-Jante nourrice sc sera procuré pour sa vieillesse un
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- secours certain et, chose quelle apprécie probablement
- plus encore, une sépulture décente après sa mort. »
- Combien de tels faits rectifient les erreurs calomnieuses répandues en Occident sur les mœurs chinoises!
- Il est temps de quitter la rive gauche du Grand fleuve, qui contient les deux premières cités, afin de passer à la troisième.
- 1IJ. WOU-TCHANG-FOU, CHEF-LIEU DE LA PROVINCE DE HOU-PE.
- Wou-tchang-fou, ainsi que nous l’avons dit, occupe seule la rive droite de l’Yang-tzé-kiang, en face des deux premières villes. C’est une très-grande cité ; dans les beaux jours de ses prospérités, elle surpassait en richesse, en étendue, la ville de Canton.
- Elle s’élève par étages sur le versant septentrional d’tiu grand massif de collines qui s’oppose directement au choc des eaux*de la rivière Han.
- Elle est à la fois le chef-lieu de la province de Hou-pé et de la vice-royauté de Hou-kouang, qui comptait» en 1812, quarante-six millions d’habitants, et qu’on élève actuellement à soixante-six millions, c’est-à-dire autant que la Russie européenne.
- Le milieu de la ville est occupé par une loilgue colhne parallèle aux bords du fleuve. Cette colline est couverte d’édifices publics et de maisons, qui s’élèvent en terrasses et produisent l’effet le plus grandiose.
- La rue principale, qui conduit de l’Yang-tzé-kiang aU palais du gouvernement, passe en ligne directe sous la principale colline : cette galerie souterraine, embellie pal deux rangées de riches boutiques, méritait d’être men' tionnée; ses abords, du côté de l’orient, ont de la gran* deur et deda .somptuosité. Nous regrettons que M. Ob'
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- phant n’ait pas satisfait notre curiosité sur des questions semblables à celle-ci : Comment les Chinois ont-ils cons-^Diit cette voûte? Comment est-elle éclairée? comment est-elle habitée? etc.
- Wou-tchang-fou, par les mouvements du sol sur lequel la bâtie, présente une vue très-imposante lorsqu’on a contemple de la rive gauche du Grand fleuve : on Voit au premier rang la double ligne de hauts remparts î111 s élèvent parallèlement au rivage et qui sont flanqués e tours proéminentes; en arrière, la ville monte en couronnant plusieurs collines, dont nous avons mentionné a Principale.
- Cette cité, la plus grande entre celles qu’on admire à Accident delà Chine, est la résidence d’un vice-roi, qui gouverne les deux provinces de Hou-pé et de Hou-nan; rile partage avec Han-kéou le grand commerce du point Centrai qui nous occupe.
- Un vice-roi tartare à Wou-tchang-jou.
- ra^0u'tchang-fou était gouvernée par un vice-roi de e tartare lorsqu’elle fut visitée par l’ambassade britan-^ ^Uo* Cet homme d’Etat et de guerre avait eu la gloire Yasser des deux provinces soumises à son autorité ^ rebelles Taï-ping, qui l’avaient indignement saccagée, ace a lui, la prospérité publique renaissait avec rapidité.
- lnit son honneur à recevoir avec grandeur l’ambas-cur et sa suite et l'état-major de l’escadrille. Lorsqu’il Osl 9 ^ ^&ate ^a Furieuse, que commandait le capitaine 0ln> il distingua les jeunes midshipmen, ces élèves pré S°nt ^CsA01r (1(> ^ ,ni>rine britannique; frappé de la I ?C assui;|nce et de l’air intelligent qui caractérisaient jeunes physionomies, il voulut les passer en revue
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- et les complimenta par ces paroles : «Jeunes gens, je lis sur vos visages les talents qu’un jour vous emploierez pour votre pays. » Ces paroles d’un général victorieux ne pouvaient manquer d’aller au cœur des brillants élèves dignes de les entendre.
- La marine marchande entre les trois cités commerciales.
- Des rangs nombreux et pressés de jonques bordent les rivages des deux vastes cours d’eau. Dans les beaux temps de la circulation intérieure, on a porté jusqu’à dix mille les jonques à l’ancre dans les eaux qui baignent à la fois les murs des trois cités commerciales. On pourrait dimi' nuer beaucoup ce nombre, hyperbolique je le crains, sans que le concours des jonques chinoises, au confluent qui nous occupe, cessât d’être un juste sujet d’admiration-
- L’exagération n’épargne pas même les grandes choses, au sujet desquelles la simple vérité suffirait pour frapper les imaginations vives, en satisfaisant les esprits raisonna' blés. 11 ne paraît pas qu’on ait jamais dû porter la popu' lation réunie des trois cités, rapprochées de commerce et de position, à plus de trois millions d’habitants : ce nombre est déjà prodigieux, et des voyageurs n’ont paS craint d’élever cette population au chiffre impossible de huit millions.
- Arrivages par terre au Grand fleuve.
- Pour suffire au grand commerce des trois cités coin' merciales, outre le parcours des affluents navigables, leS
- hommes du nord et de l’ouest suivent des routes nom-
- \
- breuscs. Us arrivent au (iiand fleuve avec des chariots < double attelage, avec des mulets et des ânes pour beics
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- de somme, avec des brouettes à doubles brancards que tient le coulie qui les supporte avec ses mains, tandis qnun compagnon tire la brouette à la corde. Quand le Vent est favorable, les Chinois déploient sur leur brouette nne légère voile et naviguent ainsi sur le pavé de leurs étroites chaussées. Enfin d’innombrables porte-balles, émargés de thés et d’une foule d’autres produits, complètent ces moyens de’ transport.
- Piraterie sur VYang-tzé-kiang.
- Dans les temps d’une grande prospérité, à peu de distance des trois cités commerciales, on voyait trop sou-Vent des pirates qui parcouraient nuit'et jour le fleuve SUr de grandes barques bien armées; tous ces forbans Se livraient à des rapines incroyables, avec une cruauté ProPre h l’Orient.
- En i8/t6 , on arrêta le capitaine d’une de ces barques; le soumit à la torture, afin d’apprendre par lui le nom ses complices. Il avait pillé nombre de jonques et ^°namis ou fait commettre plus de cinquante assassinats. la\kan^e sc^érats dont il était le capitaine coupait ^ angue, arrachait les yeux et taillait en morceaux les ^ninies, les femmes et les enfants capturés. L’effroyable ^ privation de ces monstres leur faisait une volupté d’in-8eç de tels supplices aux innocentes victimes de leurs ‘Pcliations et d’en repaître leurs regards.
- es malfaiteurs qui chassent ainsi de leur cœur tout lrnent d’humanité affectent de se montrer, pour leurs Pres corps, supérieurs à toute crainte, à tout supplice, ^ ^Prisent toutes les lois. Ils ne sont que trop nom-eilx et forment les associations les plus redoutables dans angs infimes de la société. On vend des légendes qui
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- célèbrent également les scélératesses commises par de tels hommes et leur impassibilité dans les torliires; Ie bas peuple, fasciné par une force qui l’épouvante, éprouve un stupide intérêt pour ces fanfarons du crime.
- La concentration des plus grandes richesses appelle la tentation des plus hardis déprédateurs. C’est ainsi que le port de Londres, au commencement du siècle, était le théâtre des spoliations les plus multipliées et les plus audacieuses (voyez t. I, p. 28).
- Difficultés croissantes que fait éprouver la remonte du Grand fleuve.
- Si nous reprenons notre voyage au-dessus de la grande cité qui est le chef-lieu de la province de Hou-pé, nous commencerons à trouver des obstacles naturels que les Chinois, depuis des siècles, auraient dû faire disparaître-D’espace en espace, nous avons à franchir des rapides qud est presque impossible de remonter, à moins que les eaux ne soient hautes, et qu’il est toujours plus ou moins daii' gereux de descendre.
- Continuation du voyage au-dessus des trois cités commerciales.
- En partant des trois cités commerciales pour remonte1 le Grand fleuve, nous nous*dirigeons vers le sud-ouest et nous avançons dans cette direction jusqu’à la ville de premier ordre Yo-tcheotiflou. Cette ville, bâtie entre trois grands cours d’eau, est pour cela surnommée la P°r^e des trois rivières.
- Yo-tcheou-fou, dont la position est très-importante»
- 1 I Jp
- élève ses remparts auprès du point où le plus vaste tac la Chine, le Tong-ting, communique avec le Grand fleuve-Dans ce lac viennent s’écouler toutes les eaux de la pl0
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- Vlnce Je Hou-nan, qui surpasse en étendue le tiers de la France.
- Province de Hou-nan.
- Jusqu’ici, plus nous remontons et plus nous voyons diminuer la densité de la population; voilà ce qu’on remarque surtout pour la province très-étendue de Hou-nan.
- Territoire et population en Î8Î2.
- Superficie........................ 19,248,100 hectares.
- Population........................ 18,662,207 habitants.
- Habitants par mille hectares.. . 969 habitants.
- La province de Hou-nan exporte de nombreux promis d’agriculture, des bois, des houilles et des métaux, es richesses, et surtout les bois, trouvent un magnifique ehouebé par la voie des rivières qui déversent leurs eaux ans le lac Tong-ting.
- Le lac Tong-ting.
- du^M'^aC eSt ^ ^US &ran^ de ceux cluc renferme l’empire Hneu; il n’a pas moins de quatre-vingts lieues de circonférence. Sa pêche seule est une richesse inestimable. j,yest placé, comme le lac Po-yang, sur la rive droite de ^ aug-tzé-kiang; et l’endroit par lequel il verse ses eaux ns Ce fleuve est, comme pour le Po-yang, le plus avancé eis midi. Auparavant le Grand fleuve vient du nord, apiès A retourne vers le nord. En ce point très-remar-a G n°US avons déjà remonté de cinquante lieues e$sus du groupe des trois cités commerciales.
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- Parmi les nombreux affluents du lac il faut distinguer surtout la belle rivière Tchang-kiang, dont le parcours surpasse deux cent cinquante lieues; sur ses bords on a bâti des cités considérables.
- Sur la rive droite de ce grand cours d’eau s’élève la cite de Tchang-cha-fou, chef-lieu de la province de Hou-nan.
- Nouvelle direction du Grand Jleuve.
- Quand on a dépassé le débouché des eaux du lac Tong-ting pour suivre le cours du Grand fleuve, on remonte de nouveau vers le nord-ouest. Àprès les sinuosités les plus bizarres, on passe devant King-tcheou-fou, grande et riche cité bâtie sur sa rive septentrionale, au débouche des eaux de nombreux lacs placés dans la presqu’île que vient de figurer le Grand fleuve entre trois cités : Woü' tcheou-fou, Yo-tcheou-fou et King-tcheou-fou.
- Nous remontons toujours, et nous trouvons une ville du troisième ordre qui, malgré son peu de grandeur, va nous offrir un intérêt inattendu.
- Nouveau guide pour le parcours de la partie supérieure du Jleuve.
- Parmi les voyageurs modernes dont les relations on* été publiées, M. l’abbé IIuc est, je crois, le seul qui alt parcouru les bords du Grand fleuve au-dessus de Han kéou, ce port intérieur où lord Elgin s’est arrêté.
- Nous avons vu (page 3o) le spirituel missionnaire obligé de quitter la capitale du Tibet, gardé successive ment par une escorte tartare et par une escorte chinoise» pour être conduit jusqu’à Canton et banni du Celeste Empire. Son itinérairé forcé le conduit de la frontièi® occidentale aux rives de l’Yang - tzé - kiang, fleuve flu
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- cotoie et que parfois il parcourt jusqu’au débouché des eaux du lac Po-yang.
- Il donne peu de détails, et ces détails sont rarement exacts, sur la population, le commerce et l’industrie des villes riveraines du Grand fleuve au-dessus des trois Scandes cités qui l’ont si fort ébloui : ces villes qu’il croit Peuplées ensemble de huit millions d’habitants. Son atten-j;i0n s’est portée plus volontiers sur les personnes et sur es ^œurs, au moins apparentes.
- Daprès ses récits, les mandarins avec lesquels il eut es rapports se faisaient remarquer, en majorité, pour Ur affabilité, leur politesse, et quelques-uns pour des Qualités plus importantes. Parmi tous ces fonctionnaires, ei^ un qui le charme à juste titre : c’est le préfet de ^ ville d’I-tou-hien et du pays circonvoisin. Le portrait e ce mandarin appartient à notre étude de la Chine.
- Rencontre pleine d’intérêt avec le préfet d’I-lou-hien, sur les bords du Grand fleuve.
- Sur la rive gauche de l’Yang-tzé-kiang, à soixante lieues vfll^eS*US §rand Iac Tong-ting, on trouve I-tou-hicn., ^ e d assez peu d’apparence et de médiocre étendue. Là, voyageur français est accueilli par un magistrat qui rjut 1 ornement d’une cité du premier ordre.
- est un mandarin bien jeune encore, parvenu sans la ^ lndre protection, et reçu docteur à Pékin même. Il a ^ basse; il est docteur, il est docte, et pourtant il ^unonce pas son érudition en cachant ses yeux sous •'mes roues -de carrosse, inventées pour le moins Un 0lllucius* b dédaigne ces bizarres binocles, rete-. ^ ^ neZ (^es Minois avec §l0s cor^ons noirs *’ faisant le tour des oreilles, sont tendus par des contre-introduction. — ni. a 3
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- poids qui descendent vers la naissance du cou; il ose porter d’élégantes lunettes, à monture d’or, qu’un-Lere-bours ne désavouerait pas, et qui ne cachent ni ses yeux ni le jeu mobile et lin d’une physionomie prévenante avec dignité. Notre voyageur, à ligure ouverte, ronde et réjouie, devient à son tour un objet de surprise pour son hôte, qui l’entend prononcer avec facilité la langue du Céleste Empire, telle qu’on la parle à Pékin, à Nankin, à Sou-tcheou-fou. En un clin d’œil, en quelques mots, deux esprits également distingués s’apprécient. Entre eux, ce n’est plus seulement un échange de politesses formulées et glacées par les rites; la sympathie fait naître la confiance et cet accueil afléctueux qui part de l’âme. Le Chinois a de son côté tous les avantages : c’est lui qui reçoit 1 etranger; c’est à lui qu’appartiennent les prévenances délicate5’ c’est à lui qu’appartiennent les séductions de l’hospitalde‘ L’heure du repas arrivée, notre concitoyen témoigne sa surprise en voyant réunis sur la table du mandarin des mets à la fois rares et choisis et des fruits précieux d’un® origine lointaine : «Lorsqu’on veut être agréable à ses amis, lui répond son hôte, on finit toujours par en trouver le moyen : le cœur n’a-t-il pas des ressources inepu1' sables! » Pendant et surtout après le repas, le mandant adresse à son agréable convive les questions les pluS variées et les plus judicieuses. Il ne se perd pas en ÜeuX communs â l’occasion de nos pays d’Occident et de nos usages vulgaires. Ses paroles montrent qu’il a des notion exactes sur l’ensemble des parties du monde, sur l’esp^j occupé par son pays mis en parallèle avec le reste globe, enfin sur les moyens de faciliter les relations entre l’Orient et l’Occident, qu’il cherche encore à mieux con naître. Au milieu de ces questions si variées, il en une éminemment remarquable.
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- Un mandarin, des extrémités lointaines de la province de Hou-pé, s’enquiert au sujet du percement de Visthme de Suez.
- (<I1 nous étonna beaucoup, rapporte le missionnaire, ^uand il nous demanda si les gouvernements européens n avaient pas encore accompli le projet de couper l’isthme Suez, afin de joindre l’Océan à la Méditerranée?» (M. Hue, t. I, p. 3yo.)
- N est-il pas merveilleux de voir un des grands intérêts genre humain occuper, à deux points opposés de la
- *erre, deux mandarins bien différents de situation et de génie !
- Lun est,le modeste administrateur d’une ville du ernier ordre, qualifiée du titre le plus modeste, hien, j ans un endroit encore moins éloigné de la muraille de a Chine que des bords de l’Océan. Ce Chinois élève sa pensée jusqu’à l’utilité d’une entreprise dont l’avantage diluera sur l’univers; sa curiosité, ses vœux, sont dirigés
- ce côté.
- J î
- autre est premier ministre d’un des empires les plus Passants et les plus éclairés. Il met en jeu son rare Pr*t, toujours jeune et quelquefois juvénile, en s’ap-Ja°t de sa longue autorité sur les affaires de la terre; L0llr rçuel objet? Pour empêcher que sa grande nation i-oive nn bienfait réclamé par le monde entier : l’unique Jection présentable, même à ses yeux, c’est que le ie^a^ serait utile en même temps à tous les peuples ! dai4- 16 CGS (^eux hommes remarquables, si l’on deman-
- j’ai 6S* ^esPrh supérieur et l’ami du genre humain, Peur qu’on ne le trouvât cette fois non pas dans la glo- c^e Newton, de Milton et de Bacon, sur les bords leux ^e La Tamise, mais à trois cents lieues en re-
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- montant l’Yang-tzé-kiang, dans un district tertiaire et
- reculé du Irlou-pé.
- Lorsque nous décrirons l’Égypte du xixe siècle, et lorsque nous apprécierons son influence sur le monde, nous aborderons avec sollicitude et sincérité l’une des plus graves questions qui puissent intéresser notre époque et concourir au bien-être du genre humain.
- Questions désirables à faire aux mandarins d’un mérite supérieur.
- Dans son récit, le voyageur français, tout occupé de faire valoir le caractère et l’esprit du plus hospitalier et du plus éclairé des mandarins, nous entretient unique' ment des questions qui lui sont faites par le jeune administrateur d’I-tou-hien, et ne paraît guère en avoir fal* de son côté; j’en aurais accablé mon hôte : «Vous avez été nommé docteur à Pékin, par voie de concours, et si jeune! et vous administrez plusieurs centaines de miUe
- hommes........On parvient donc encore aux grades, an*
- fonctions, par le savoir et le mérite? Est-ce que les exceptions par lesquelles on reçoit les mandarins à prix dur sont déjà devenues nombreuses? Est-ce quelles tendent à le devenir de plus en plus? Les effets de cette innovation se font-ils gravement sentir? et comment? et jusqu’à quel degré ? Les jeunes docteurs de votre âge s’intéressent-d5 comme vous à la destinée des nations? Comme vous, désirent-ils connaître la force des autres Etats et Ie5 secrets de cette lorce? Ont-ils quelque idée des servie*35 que pourraient rendre à la Chine les sciences et les art5 de l’Occident, etc. etc.?» Combien les réponses à toute5 ces questions auraient eu d’intérêt pour nous, et combien il est à désirer quelles soient adressées, lorsque l’opp01
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- limité s’offrira de trouver un mandarin vraiment digne dy répondre! C’est pour cela que je les énumère.
- La ville de Pa-loung.
- A quelque distance au-dessus d’I-tou-hien, nous rencontrons, toujours sur la rive septentrionale du Grand fleuve, la ville de Pa -toang; elle est plus remarquable comtne séjour des lettrés et pour l’excellence des études qui s y font que pour la grandeur de son commerce.
- En suivant la rive méridionale, depuis le grand lac Tong-ting, nous ne trouvons sur notre route aucune Julie considérable, dans un parcours de deux cents eues, le long des provinces des deux Hou et de Koueï-tcheou.
- La raison de cette absence de grandes cités est fort simple du côté de la province de Hou-nan, dont les produits descendent naturellement par les rivières jusqu au i&c Tong-ting, et de là débouchent dans i’Yang-tzé-kiang. Eu autre motif s’applique au Koueï-tcheou.
- PROVINCE DE KOUEÏ-TCHEOU.
- La
- Province de Koueï-tcheou semble peu productive. e est pauvre; elle ne donne pas, à titre d’impôt, de riz s^rak°ndant au trésor public. Ce quelle peut exporter de s produits, conduit au Grand fleuve, y débouche par la e du deuxième ordre Fou-tchcou.
- A ,T
- ec ces explications on ne sera pas surpris lorsqu’on P endra que la vaste province de Koueï-tcheou, pro-s l°n 8ardée avec l’étendue de son territoire, ne soit s plus peuplée que ne l’est aujourd’hui notre départe-ment des Landes.
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- Territoire et population en 1812.
- Superficie....................... 16,744,690 hectares.
- Population ..... 5,288,219 habitants.
- Habitants par mille hectares.... 3i5 habitants.
- Cette province offre pourtant, comme élément de proS' périté, l’immense vallée dans laquelle coule la rivière Ou-yang, dans un parcours de deux cents lieues.
- Peuplades barbares dans les monts de Koueï-tcheou.
- Mais, au sein des montagnes et dans les étroites vallées, le peuple de cette province est barbare; il ne parle pas la langue nationale et sa race végète à part; il vit insoumis* avec une agriculture dans l’enfance et des arts grossiers-
- On a peine à concevoir que les souverains tartares-mandchoux, même au faîte de leur puissance, n’aient paS compris la nécessité de soumettre complètement de tels sauvages et de leur transmettre comme un bienfait indis* pensable les arts et la civilisation du reste de l’empire*
- Ce peuple ne connaît pas môme l’usage de l’écrituie* il se contente de simples marques, tracées sur des plfln' chetles, pour tenir lieu de souvenirs et de comptes. Les hommes marchent pieds nus; ils ont les cheveux longs* qu’ils laissent en désordre sur leur tôte, mais qu’ils sont fiers de conserver, parce que jamais les Tartares n°nt étendu jusque chez eux le despotisme de la coiffure. LeS dominateurs n’auraient pas osé leur commander, soUS peine de mort, de porter, comme les Chinois de la plam®* une natte servile, et d’avoir le reste de la tôte ignom1 nieusement rasé par ordre.
- Lorsque nous étendrons nos regards sur l’orbe deCan
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- tou, nous compléterons le tableau sinistre des provinces Montagneuses du midi, leur état demi-sauvage, leur indépendance et leur pauvreté. Nous verrons alors la plus ternie des insurrections sortir des gorges inaccessibles que renferment les provinces d’Yun-nan et de Kouang-si, P°Ur s’unir bientôt après aux indépendants du Koueï-tcheou, qui vient de nous occuper.
- PROVINCE DE SSÉ-.TCHOU/VN.
- Revenons au nord du Grand fleuve, si tristement habité ans le midi ds sa partie supérieure. Abordons, avec un Juste sentiment de plaisir, la spacieuse et belle province de Ssé-tchouan.
- Son nom rappelle un précieux bienfait de la nature :
- S1gnifie les quatre vallées au milieu desquelles quatre cours d’eau, fort importants, produisent la fertilité de la Province qui porte leur nom collectif.
- La partie du Ssé-tchouan la plus avancée vers le midi jle Se trouve pas à trois degrés du tropique, et son point t plus avancé vers l’occident est situé sur le parallèle 33°, en des lieux où de hautes montagnes sont couronnées de o aces éternelles. Il possède ainsi tous les climats.
- Territoire et population en 1812.
- Superficie....................... 43,i49>44o hectares.
- Population....................... 21,435,678 habitants.
- Habitants par mille hectares. ... 516 habitants.
- La superficie du Ssé-tchouan est égale aux quatre cin-JMtines de la France; 011 aflirme qu’elle possède aujour-
- 111 trente et un millions d’habitants.
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- S’il faut en croire les derniers résultats, qu’on peut attribuer au plus tard à l’année 1860, nous arriverons au parallèle suivant :
- Populations comparées pour 1860.
- La France......... 679
- Le Ssé-tcliouan..... 716
- Ainsi la province de Ssé-tchouan, si défavorisée par l’éloignement de la mer, qui s’en trouve à plus de quatre cents lieues suivant les détours du Grand fleuve, cette province, néanmoins, serait aujourd’hui d’un vingtième plus,peuplée que ne l’est la France pour une meme étendue de territoire.
- Hydrographie de la prwince.
- , Son nom meme, dont, nous avons donné l’étymologie, suffit pour annoncer quelle est admirablement arrosee-Sans compter scs grandes voies navigables, que nous allons spécifier, et qui toutes descendent du nord, il en est une cinquième qui coule du midi vers le septentrion: c’est la moins étendue, et cependant son parcours surpasse quatre-vingt-dix lieues.
- Nous ne comptons pas non plus le Grand fleuve, l’Yang' tzé-kiang, qui dans la province offre un développement de cinq cents lieues, par les incroyables replis que les inégalités du terrain l’obligent à suivre.
- Les quatre rivières, qui descendent du nord au midi» reçoivent elles-mêmes le tribut de beaucoup d’autres avant de verser leurs equx dans le sein du Fils aîné ào la mer.
- La première, du côté de l’orient, a de parcours pluS
- habitants par mille hectares.
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- DES NATIONS.
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- de deux cents lieues; la seconde, au moins cent; la troi* sième, cent quatre-vingts, et la quatrième, plus de trois eents lieues.
- L’art des irrigations tire un très-habile parti de cet manaense réseau de voies naturelles hydrauliques.
- Produits minéraux du Ssé-tchouan.
- Le Ssé-tchouan est, par excellence,la province desmé-taux et des minéraux les plus utiles aux arts. Ses montagnes renferment la houille, le fer, le plomb, l’étain, etc. 011 les exploite activement, et les produits sont envoyés tr^e marché de Han-kéou, de Han-yang-fou et de °u-tchang-fou.
- Produits végétaux.
- dit^9 ^lanf^e Province de Ssé-tchouan réunit, avons-nous j ’ *0Us ^es climats; ses plaines du midi sont voisines de z°ne torride, et ses montagnes du nord-ouest ont des ^ces-éternelles. Elle produit le sucçe, l’indigo, le tabac;
- mûrier lui donne la soie; en un mot, elle cultive les ^ es> les arbrisseaux et les arbres des parties les plus c^ndes de la Chine. Ses montagnes offrent à l’art de &leiir les plantes médicinales les plus estimées, et qui ^ 1 objet d’un grand commerce.
- ^ “ils intéressants sur l’insecte de l’arbre à cire dans la province de Ssé-tchouan.
- tjJ^ans Ie Ssé-tchouan, on cultive avec un succès par-ler 1 arbre à cire, c’est-à-dire l’arbre sur lequel ce mt est donné par un insecte rival de l’abeille.
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- En automne, les arbres à cire animale portent de*
- tumeurs dont la grosseur est à peu près celle d’une non
- sette : ce sont les nids de l’insecte producteur. En hiver»
- on les détache de l’arbre pour les poser plus tard sur des
- lits de paille qui seront attachés aux branches de l’arbre-
- Au mois de mai, les nids s’entr’ouvrent, les larves éclosent
- et donnent le jour à des insectes qui rampent le long des
- branches ; il ne faut pas plus d’un mois pour que chacun
- d’eux choisisse la feuille sur laquelle il se fixe à demeure-
- La feuille se replie pour procurer à l’insecte une espèce
- d’alvéole. Dans ce réduit il secrète un duvet gommeux qul
- s’épaissit et finit par l’envelopper. Telle est la cire animale»
- bonne à récolter dès le mois de septembre. Il est aisé de
- la clarifier. Quand elle est épurée, elle se montre blanche»
- brillante et plus diaphane que la porcelaine. Lorsqu un
- l’emploie seule, on en fait des bougies d’une rare beauté-
- Ne confondons pas la cire animale, ainsi recueillie sUl
- des feuilles, avec la matière donnée par l’arbre à suif- ke
- premier produit est parfaitement comparable à la cire des
- abeilles; le second est extrait d’un fruit tel que la faîne de
- nos hêtres, qui donne de l’huile. Quoique la province de
- Ssé-tchouan, où l’on récolte la cire sur les arbres, soit hnU
- • t la
- trophe du Tibet, l’insecte producteur dégénérerait et quantité de sa cire diminuerait si l’on n’allait pas cherché au Tibet même les œufs nécessaires à la reproduction-Lorsque l’insecte a pris tout son développement, sa longueur est d’à peu près deux centimètres et demi» sa couleur est d’un gris pâle. Si l’insecte est laborieux, il Pr° duit pendant la chaude saison près de trente gramm^ de cire : on a calculé qu’il faut à peu près trente-cinq ' ces insectes pour en obtenir un kilogramme. Ils s vivaces; ils bravent les vents et la pluie; leur existence finit à la chute des feuilles. C’est le moment de rccuei
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- ta cire; pour l’épurer, on la liquéfie dans un drap qui plonge au milieu d’une eau bouillante. Ensuite on la COagule en larges pains cylindriques, cristallisés à l’inté-r>eur.
- taans les boutiques de Han-kéou, cette cire est vendue fr. 5o cent, le kilogramme. Sa blancheur est éclatante et justifie cette enseigne vraiment chinoise : Voilà la cire brave la chaleur et qui rivalise avec la neige! Nous av°ns expliqué le parti qu’on tire de cette qualité pour ^couvrir d’une couche légère et résistante la chandelle de suif végétal.
- Tching-tou-fou, chef-lieu de la province.
- ^ur }a troisième des quatre rivières situées au nord du fand fleuve, si l’on remonte à soixante et dix ou quatre-Vlogts lieues, on arrive à la ville de Tching-tou-fou.
- Ladtude............................... 3o° 4o' 4i"
- Longitude orientale................... ioj° 19' 3o"
- r» -
- p es^ Ie chef-lieu du grand et beau pays de Ssé-tchouan. ^tui toutes les cités du Céleste Empire, elle est aujour-1111 Inieux bâtie; celle dont les édifices ont, dans leur ^semble? le plus d’élégance; enfin, chose prodigieuse ^Gliine, sa voie publique est d’une propreté parfaite. ^ a bonne fortune a voulu qu’elle fût complètement ütae vers le commencement du siècle; on l’a recons-
- e avec soin, avec ensemble et sur un plan régulier, pie 1UCS Ptancipales sont larges, pavées en dalles de p^.e’ Gl- Lien arrosées par des eaux naturelles. Ses édifices s sont aussi remarquables dans leur genre que les
- Plus bellnc 1 1 • . , D 1
- ates habitations privées.
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- FORCE PRODUCTIVE
- Les palais d’hospitalité du Ssé-tchouan.
- Une autre bonne fortune, et cette dernière il n’a fallu la payer par aucun grand sacrifice, c’est que la province de Ssé-tchouan ait eu pour vice-roi l’éminent Ki-chan» que nous avons trouvé si supérieur dans Lha-ssa. Poul chacune des villes de cette province il a fait ériger un palais d’hospitalité,,remarquah]e par la grandeur des constructions, le bon goût ainsi que la richesse des intérieurs» et l’agrément des jardins. Ces beaux établissements ne sont pas moins distingués par la somptuosité du service de table, lorsqu’il faut traiter des voyageurs officiels dun rang élevé. L’auteur de ces bienfaits est maintenant un des ministres principaux à la cour de Pékin : puisse-t-H détourner les dangers immenses qui s’amoncèlent aU' jourd’hui sur son pays!
- Un grand pont suspendut en chaînes de fer.
- U existe dans la province de Ssé-tchouan un célèbre pont suspendu, construit dès la première année du xvme siècle. Il n’a pas moins de trente et un mètres dou verture. Suivant l’usage universel à la Chine, il n’est paS destiné pour des voitures, et sa largeur est seulement trois mètres. Ce pont a pour objet de joindre deux riveS extrêmement élevées, à pente abrupte, pour passer 311 dessus de la rivière Lou, qui coule en cet endroit avec rapidité d’un torrent irrésistible.
- la
- Caractère laborieux et politique des habitants du Ssé-tchouan.
- Quoique le Ssé-tchouan, proportion gardée avec territoire, ne soit guère plus peuplé que la France,
- sou
- et Ie
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- s°it beaucoup moins que le bas pays du Grand fleuve, sa population n’est pas pour cela moins laborieuse, soit cfuelle s’adonne à l’agriculture, soit quelle préfère les Potiers ou le mouvement du commerce.
- Des hôtelleries et des restaurants sont établis au bord es r°utes, à de courts intervalles. Ce n’est pas tout : un Nombre incroyable de petits marchands offrent aux voya-§eurs les comestibles leg plus variés: des fruits, du vin, u thé, de la liqueur,tirée du riz, des morceaux frais de canne a sucre, et mille menues friandises qu’on doit à industrie du pays.
- Ajoutons que les habitants ont un caractère plein d’a-flûcnité; leur doux langage est à la fois correct et poli.
- Cotidesccndunce merveilleuse des Chinois du Ssé-tchouan pour un missionnaire français.
- Afin de montrer que les Chinois ne traitent pas tou-
- lellrS n°S niissi°nnaires on persécuteurs terribles, et que
- Ul condescendance atteint parfois les plus extrêmes limites u . , 1
- u est utile et juste de rapporter ce qui suit.
- n arrivant à la frontière occidentale de la Chine,
- n ai
- >, f sPirituel et joyeux missionnaire, M. l’abbé Hue, ^ *ait empressé de commander pour son compagnon bl JT86 « pour lui deux belles robes d’un riche jj6U ^azur> d’après la plus parfaite mode de Pékin, à b^^ C*101S* Pour coiffure la calotte en soie jaune, Joderies, qui n’appartient qu’à la famille impériale, et ^ C|ucun Chinois ne pourrait porter sans encourir la peine et f 6X1 ^ Perpctuité. Enfin, pour compléter ce fastueux ntastique équipage, une large ceinture de couleur r empruntée au costume des membres de la
- ^ régnante.
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- Les mandarins de l’extrême frontière, effrayés et scandalisés, firent à ce costume les plus vives objections. Notre intrépide voyageur répondit qu’étant né dans un pays où la liberté du costume appartient à tout le monde, il avait le droit de porter sur sa personne, en tout payS) tout vêtement qui lui plaisait.
- Les mandarins du Ssé-tchouan ayant reçu du gran
- ambassadeur Ki-cban l’ordre de traiter notre voyagelir
- avec une extrême courtoisie, leur embarras était extreme*
- Si les petits fonctionnaires à qui celui-ci parlait avec une
- rare assurance avaient connu l’Occident, ils auraient pu
- répliquer avec la plus exquise politesse : « Dans votre
- pays natal, en votre qualité de simple bonze, vous autieZ
- l’bonneur et le devoir de revêtir la robe noire, le chapeaU
- noir,'la calotte sombre et la ceinture noire; vous nauriez
- le droit de porter ni la robe et le manteau pourpres, m
- ceinture écarlate, ni la barrette et le chapeau rouges, (p11
- montreraient en vous un prince de l’Eglise. Si vous faisieZ
- dans votre Lha-ssa, dans Rome, un pareil usage de votfe
- droit au costume, en ne craignant pas d’usurper la pourpre
- sacrée, n’iriez-vous pas en reclus, au fond de quel<lue
- lamaserie de votre Seigneur du ciel, réfléchir sur celte
- liberté, sans bornes dites-vous? Gomment donc auriez-v0Ü
- jans
- dans notre pays une prérogative que vous n’avez pas
- le votre?»
- A présent laissons parler M. l’abbé avec un apJ miraculeux :.« On insista; on se mit en colère, 011 ^
- en fureur. Nous demeurâmes calmes et impassibles* ^ affirmant toujours que nous ne ferions jamais un pas ceinture rouge et calotte jaune. Nous fûmes fermes, et mandarins plièrent... Cela devait être. » [Voyage en C 1 t. I, p. 6.) .
- Une fois vêtu comme un prince du Céleste Ef F
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- ftotre intrépide missionnaire en avait pris l’assurance et ton. 11 croyait commander à l’escorte chargée de le garder à vue, sauf des égards infinis; il discutait partout, ®t vertement, avec les mandarins. Transporté dans un pa-nquin de grand seigneur, aux frais du trésor impérial, ^t trouvant l’hospitalité dans les palais réservés à recevoir es dignitaires, il avait la bonne fortune de changer son voyage pénitentiaire en joyeux train de plaisir.
- Extrême frontière de la Chine vers le Tibet; commerce qu’elle présente.
- Dans la ville assez considérable de Ta-tsin-fou, la plus v°isine de la frontière, les Chinois font avec les Tibé-
- tâîn
- s un commerce fort actif; nous citerons seulement Ux objets principaux, envoyés par les Chinois.
- Les briques de thé.
- au^l!1 V°^ SUF 10ut0 T1* conduit du Céleste Empire tei ^rand Lama une interminable file de por-
- ^ llls chargés de ces masses compactes qu’on a nommées /lues de thé. Ce sont des briques semblables h celles jP1 °n expédie pour la Russie par la voie de Kiakhta. On Prepare dans la ville de Kioung-tcheou, puis on les raosporte au marché de Ta-tsin-fou. Ces briques de thé ^ empaquetées dans des nattes végétales.
- Les écharpes de bonheur et leur grand usage au Tibet.
- Un
- de l ^ objet d’échange est celui des écharpes
- °nhcur, appelées khata. Ces écharpes sont d’
- une soie
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- presque aussi fine que la gaze ; elles sont terminées par des franges; leur couleur est d’un blanc azuré; enfin, le111 longueur est à peu près triple de leur largeur. P°ur satisfaire à toutes les fortunes, il faut les fabriquer en leur donnant une grande variété de grandeur, d’élégance et de prix; car les personnes les moins opulentes parm1 les Tibétains veulent en faire usage aussi fréquemment que les riches. C’est un présent qu’il convient et quil habile d’adresser à toute personne dont on désire obtenir quelque service. Ici le devoir même qu’on s’impose est intelligent; caron aurait mauvaise grâce en refusant de v°uS obliger après avoir accepté votre offrande. On adresse encore l’écharpe gracieuse à toute personne qu’on veut remercier ou seulement près de qui l’on fait une visite d’étiquette. Deux amis qu’une longue absence a separeS s’offrent l’un à l’autre le khata, l’écbarpe de bonheur, c’est comme un langage muet pour se dire, avant la parole» combien ils sont heureux de se réunir. Les lettres que l’on envoie, si l’on écrit à quelque personne que l°n chérit ou que l’on respecte, sont enveloppées dans ufl khata. Le même usage s’est étendu, par degrés, desTi^ tains chez les autres Mongols; il a pénétré jusqu’au seiu de leurs couvents, appelés lamaseries. On peut concevoir d’après cela quelle consommation l’on doit faire de ceS écharpes de bonheur.
- Contrebande terrestre de l’opium anglais par l’occident de la Chu10,
- Faisons remarquer un fait étrange. La contrebande do l’opium anglais ne se contente pas de la voie maritiru® et des immenses dépôts dans les navires recéleurs; e envahit la voie de terre. L’opium arrive de l’Inde; d soi du Bengale et traverse l’empire des Birmans. Des troup
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- de contrebandiers, tartares ou chinois, vont le chercher * jusque-là, ou seulement jusque dans la province d’Yun-nan, ^lu ^°uche à la Cochinchine ; ils sont armés pour lutter besoin contre les troupes mandarines. Ces contreban-lers, une fois en campagne, s’ils rencontrent d’opulents v°yageurs, s’empressent de les piller. Enfin, pour com-j^eter le tableau, lorsque les troupes impériales capturent narcotique délétère, c’est pour se partager la proie, à Reprise, au lieu de l’anéantir. N’en soyons pas étonnés, u sait quelles difficultés éprouvait Napoléon Ier pour 9uon détruisît les marchandises anglaises prohibées; les lcultés sont plus grandes en Chine avec un souverain u^e moins forte volonté.
- ^ ans les premiers temps du xvni* siècle, un colonel ^ atson s adjoignit un certain Wesler, administrateur au en§ale pour la compagnie des Indes; ils imaginèrent de ^n^ïïlencer entre l’Hindostan et la Chine le commerce dé |°^1UIÏ1’ fl11* devait de nos jours faire un progrès si
- abol^ ^ mort l’usage de l’opium n’est point
- ^ n’y a pas quarante ans, un empereur, afin d a^Gr ^ar ^exeml^e ’ V0UlLlt l’appliquer en condamnant si 1’ rnier supplice un prince de sa maison. Aujourd’hui, 0ri excepte les rangs élevés du gouvernement, on soi^ qn’un trop grand nombre de mandarins, de de marins qui se permettent de fumer. Il semble et ^Ce s°d à qui fermera les yenx sur la plus immorale a plus odieuse des contrebandes.
- Visite du canal Impérial au midi du Grand jleuve.
- Ued
- P°int efCenc^0ns Par la pensée l’Yang-tzé-kiang jusqu’au °u ce fleuve est croisé par le grand canal Impérial. Production. — m. 24
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- Déjà nous avons fait connaître'au lecteur les faits essefl' liels propres à la partie de ce canal qui s’étend ail dans la direction de la capitale. Il nous reste à’ parcourt1 la partie méridionale, et nous aurons complété fexaiuen
- de l’orbe de Chang-hai.
- Nous n’avons pas à revenir sur la place forte de Ch111 kiang-fou, qui s’élève à l’entrée de cette partie ^ll canal; nous avons fait apprécier son importance, à la quelle depuis vingt ans elle a dû tous ses malheurs. A11 jourd’hui cette ville n’est plus entré les mains des rebella et commence péniblement à sortir de ses ruines. Les surgés ne possèdent plus aucune place sur la belle voie artificielle que nous allons parcourir; par conséquent, leS nombreuses jonques chargées du riz qu’envoient les pl<'line^ du centre pourront de nouveau suivre la voie du caïj^ et parvenir, sans prendre la mer, jusqu’à la capital® l’empire. Mais il faudra pour cela qu’on ait répart e immenses désastres occasionnés dans la partie du nord pa^ les débordements du ileuve Jaune. Ces désastres dat déjà de cinq ans, et les malheurs de l’État n’ont paS en core permis d’en compléter la réparation. j
- La partie du canal qui se trouve au midi du pra^t fleuve oflre deux cités principales; toutes deux merl de fixer notre attention. La première, Sou-tcheou-foa > trouve à peu près au milieu de cette ligne; la secofl s’élève à l’extrémité occidentale : c’est Hang-tcheoa-foi1-
- Sou-tcheou-foa : sa position avantageuse.
- Latitude................................ 3i° 23
- Longitude orientale..................... ii8°22
- 55"
- 1 1\ pfll'
- Dans la province de Nankin, sous un des pluS
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- cWats de la zone tempérée , au centre de l’immense Ptaine, a la fois si fertile, si bien mise en valeur et si c°naplétement sillonnée de rivières et de canaux, au julien de la campagne la plus populeuse et qui produit e Plus do richesses, au rendez-vous de tous les trésors, a mirons la cité célèbre de Sou- tcheou-fou.
- qui fait la fortune et la beauté de sa position, c’est ^uolle s’élève à l’endroit où le magnifique fleuve arti-^ si justement appelé le grand canal Impérial se ?r^lse aVecla rivière navigable qui descend en ligne directe j nang-haï, le principal port du centre et du nord de a Chine. Par ces deux voies, la cité qui fixe maintenant ïî°^le attention réunit le double avantage d’un grand °minerce intérieur et d’un grand commerce maritime. ^ es tributs variés de la terre et ceux de la mer affluent s sos murs-, ils y déploient à l’envi leurs trésors: les uns satisfaire aux besoins des habitants, les autres pour iïic ^er SUF Un marc^ splendide. De là le mouvement j. ffld fait la vie et la prospérité du puissant foyer
- aires que cette ville présente.
- Sou-tcheou-fou. dans ses rapports avec la navigation.
- sUri°rS^U°n savance vers Sou-tcheou-fou en naviguant d’él ’ Cana^ impérial, on en est encore à plusieurs lieues des°'^ement. et déjà des villes florissantes, des bourgs, To^ges presque contigus, embellissent les deux rives.
- teursr^61,3^100116 ^une (^e Premier ordre, et ses au 0ll(Idbiques, par leur grande élévation, l’annoncent
- aUSS^ iarge flue Seine a Grenelle, au-des-de e sert de vaste fossé pour protéger deux lieues emparts et présente un port où viennent mouiller
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- d’innombrables jonques. Il en est de fort anciennes <Jül ne pourraient pas résister aux fatigues de la navigation» elles sont transformées en habitations par les fanait d’un menu peuple véritablement amphibie.
- Des embranchements du canal pénètrent dans la v$e et s’y ramifient, ce qui donne un puissant moyen transporter le commerce et ses bienfaits jusqu’au cceür des habitations. Des lacs intérieurs décorent la cité; leul’s eaux rafraîchissent l’atmosphère, sous un climat qui raP’ pelle celui de l’Egypte et la latitude d’Alexandrie.
- La navigation très-active des canaux, hors de la v$e et dans la ville, présente un mouvement de choses ei de personnes qui n’appartient qu’aux ports de mer. ^ ne remarque pas seulement à leur grandeur, à leurS formes, à leurs pavillons officiels, les jonques impérial qui, dans les temps ordinaires, transportent les riz ^ trésor, destinés à la capitale; on est frappé, de la vaflet des jonques privées qui transportent dans tout l’empirC les autres produits de l’agriculture et ceux des arts plus variés. Au milieu de cette marine marchande, °11 voit dominer et briller les somptueuses barques înan^' rines, aux mâts desquelles flottent les bannières de c0& mandement ; sur leurs ponts élevés jouent des orchestfeS qu’annoncent au loin les bruyants tam-tam; enfin ^ licteurs, portant les insignes du pouvoir, entourent haut dignitaire assis sur le gaillard d’arrière. Ces pa^alS flottants font admirer la richesse et l’élégance de ^ architecture, plutôt urbaine que navale.
- Les remparts et les monuments.
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- Au seul aspect des remparts et des anciens monume de Sou-tcheou-fou, aujourd’hui même on devinerait *•
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- etetde prospérité; leur lustre primitif conserve son éclat Par un entretien trop rare en Chine. Grâce à la majesté constructions antiques, le temps ajoute à la dignité ^Une ville orgueilleuse de posséder les tours, les pagodes hardies et splendides, qui datent déjà de neuf siècles. De monuments font voir ce quelle pouvait accomplir dès cette époque reculée.
- L’intérieur de la cité.
- ch
- Près du port marchand, le quartier de l’est est celui du ^ lc, de l’industrie et du labeur infatigable : là sont les hantions exiguës, les rues étroites et sinueuses ; là fourmille travaille une population incroyablement condensée.
- . quartier de l’ouest, le Westminster de cette Londres etlt*0186’ es^e séJour ^es hautes classes, des doux loisirs e 1 opulence. Non-seulement les édifices y sont plus Chiques, les hôtels plus grands et plus somptueux; le J k°Uhques mêmes et les simples maisons annoncent attfU.Xe ^un séjour aristocratique : là s’est réunie, avec les lofinis de la fortune, la fleur des habitants d’une Pou ri°^e cn^re toutes, renommée pour la recherche et o ^ luxe de toutes ses habitudes. Ses arts et son 11 eOce étaient célèbres dès la fin du xvne siècle.
- Lntrée mémorable de Khang-hi dans Sou-tcheou-jvu.
- Il
- per ^ a cent cloquante ans, l’illustre et bienfaisant em-qu».jUr Khang-hi voulut jouir par ses yeux du bien-être Yjs*t rePandait dans son empire. Il partit de Pékin pour
- rcin se
- er le Grand canal, œuvre de son ancêtre Koubilaï, 0ïlhi le Grand fleuve jusqu’à Nankin, et de cette ville
- rendit à Sou-tcheou-fou. Depuis longtemps cette der-
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- nière ville était l’une des cités célèbres pour leur industrie et pour leur richesse. Jalouse de recevoir le grand mÇ' nàrque avec une magnificence digne de lui, elle tendit contre les murs ses soieries somptueuses, et, de ses taplS les plus précieux elle couvrit le pavé des rues et des places que devaient parcourir l’empereur et son cortége* Mais le souverain descendit de cheval avec toute sa couO il se rendit à pied jusqu'au palais du gouvernement, P°lir ne pas endommager les chefs-d’œuvre de l’industrie chinoise.
- Une cité modèle du luoce et des élégances.
- Au sein de chaque Etat considérable, on trouve pres<Ju toujours une cité privilégiée, où sont réunis les avantagé qui peuvent ajouter à la beauté de la situation, aux dou°e largesses de la nature, les recherches de l’art et les sede tions de la société. Dans cette arène enchanteresse, lac^P dité, l’intelligence et la* beauté se précipitent pour m à l’envi avec la sagesse, qui n’admet pas même le pia sans modération et sans élégance délicate, avec la i°
- O 7 9 A ^10 j
- qui prodigue à la fois la jeunesse, la santé, la vie me et sacrifie tous les trésors qu’ont gagnés si difficilement longues veilles de la raison, du travail et de lincm C’est là qu’on peut trouver le dernier terme d’une civ ^ tion sous quelques points de vue perfectionnée, quelques autres corrompue; dernier terme qu’il ian ^ dier si l’on veut savoir à quel point d’un côté peut s ^ ver, de l’autre peut descendre la nation qu’on s’est pr0P de connaître. . p
- Parmi toutes les cités du grand empire de J a celle qui remplit au plus haut degré ce double ro Sou-tcheou-fou. Et comme aujourd’hui, parmi tou§
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- Peuples de l’Orient, le peuple chinois est celui dont la cUulisation s’est élevée au premier rang, la ville que nous ^§ualons surpasse toutes celles de l’Asie au point de vue e la recherche la plus élégante, des jouissances les plus aflinées et des plaisirs les plus entraînants que puissent 8°uter dans un même lieu la modération maîtresse d’elle-Iïlerne et l’extrême intempérance.
- La société de Sou-tcheou-fou et ses charmes.
- Quoique Sou-tcheou-fou soit la concentration d’une u e de fortunes, les unes héritées, les autres récemment I (îUlSes, la rare fertilité de la campagne environnante et a fécondité des eaux poissonneuses maintiennent à bas tous les produits de la terre indispensables à la vie. e économie dans la satisfaction des principaux besoins ^Uiteriels permet que les lettrés, dont la fortune en géné-^ es* médiocre, fassent leur séjour d’une cité qui, sous g*1* dautres rapports, convient à leurs goûts délicats.
- u tcheou-fou leur offre les charmes d’une société qui p nit ^ élégance à la politesse, et dont ils sont eux-mêmes jj. rtîeiïlent. Elle ne joint que trop aux plaisirs de l’esprit sédUtre*S l^a*s*rs lILll flattent les sens. Dans cette ville aux ^ étions sans bornes, la facile philosophie d’un Aristippe ri»tr^UVerait 8uère à rougir en oubliantjusqu’à l’ombre du pjb T1Striei comme autrefois dans la Grèce, au centre de 011 deux mers apportaient les trésors et les pas-^od Accident et de l’Orient, cette philosophie com-j ,e trouverait de nouveau.le luxe séduisant des arts et le a Ucl^on supérieure de ces hétaires si célèbres que
- Do de Cyrène prétendait posséder sans être
- ^'dé par epes
- Rst 911 en effet dans la molle cité de l’extrême Orient,
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- comme au sein de ia vraie Corinthe, viennent régner de fastueuses et belles Phrynés dont l’esprit cultivé s’ajoute à la puissance de leurs charmes. Formées dès l’adolescence à tous les talents de la séduction, elles animent tous les arts, menacent toutes les richesses et renversent les existences que ne défend pas une raison supérieure,31 rare partout !
- La corruption, cependant, ne trône pas seule à Sou-tcheou-fou. Dans l’intérieur des palais et des maisons opulentes brillent d’autres beautés, dans le cercle saci’e de la famille; cercle interdit à l’étranger, sans que Ja femme soit recluse au fond d’un sérail, comme à locci' dent de l’Asie.
- Ces deux classes d’un meme sexe rivalisent dans lart d’ajouter par la parure à leurs charmes naturels. P°ur concourir à leur toilette, la perfection des tissus, le eb01* des couleurs, l’embellissement des broderies et le gi’an secret de bien draper, de bien porter les ajustement3’ tout rehausse par le bon goût la somptuosité meme.
- Par un raffinement particulier à la Chine, les beauté3 qui vivent de leurs talents, tels que la poésie, la inusi^°e et la danse, celles mêmes qui vivent seulement de leüïb attraits, ont appris l’art réfléchi d’être parées avec la cherche décente qui convient aux femmes honnêtes et ^ condition supérieure. Elles savent, même au milien spectacles, des assemblées et des festins joyeux, conserv^ un maintien qui réunit la retenue à la distinction; ^ , un charme qui s’ajoute à celui de leurs manières se santés et de leur esprit cultivé. ^
- Il semble qu’à Siou-tcheou-fou les arts d’agrément et
- * , a, Jp ja
- beaux-arts aient trouvé ce dernier degre qui naii perfection des sens et de l’esprit; là sont les juges les p exercés, et leur suffrage met le comble à.la renoi
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- un artiste. Les comédiens, les musiciens, n’apposent a leur célébrité le dernier sceau qu’en obtenant les
- applaudissements difficiles et délicats de l’Athènes orientale.
- Le théâtre y présente un moyen unique de charme et e perfection. Dans tout l’empire du Milieu, les mœurs Publiques seraient offensées si l’on voyait des femmes Paraître sur le théâtre et jouer les rôles de leur sexe; mais la société de Sou-tcheou-fou n’affecte pas ce rigo-j^sme. Par cette tolérance gracieuse, la scène acquiert à a fois plus.de convenance et d’attrait; c’est un plaisir quelle ajoute à tous ceux dont elle est la réunion.
- Cessons à présent d’être étonnés de la suprématie ^°nquise par une simple ville provinciale sur les goûts e tout un peuple.
- Ce nest pas en Chine, comme en France, la capitale |jUl dicte les lois de la mode; Sou-tcheou-fou donne le ton e la parure et des manières distinguées aux autres cités §r&nd empire oriental.
- le ^SOns rernarquer un contraste qui ne surprendra pas es observateurs du cœur humain. Par un meme désir ^ porte un sexe ambitieux à réunir les succès les plus Pposés, tandis que les courtisanes de Sou-tcheou-fou SUl ^ ^cence de leurs mœurs le voile étudié de la j. Cenc° et la tunique sévère de la femme honnête, d’autres j, mmes> vouées par état à l’austérité des cénobites, rêvent attrait des beautés d’un monde léger, où plaire est le Premier besoin de l’existence. Les religieuses que le uddhisme consacre à la vie semi-monastique, les bon-Zesses’ dédaignent l’étoffe modeste qui convient partout costuine religieux : elles v substituent une robe de soie 9llX brillants rellets, aux larges plis ondoyants; et leur Veitu* si j’en crois les insinuations d’un missionnaire
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- anglican presque satirique à leur égard, leur vertu n’est
- pas moins ondoyante que leur parure.
- Croira-t-on que des religieuses si mondaines, et qui par cela même devraient mettre tant de prix à leur fraîcheur, à leur beauté, en aient compromis l’éclat paf l’usage et l’abus de l'opium? Croira-t-on quelles osaient s’enivrer avec ce stimulant qui donne à l’imagination des rêves que la conscience et la pudeur n’ont pas le pouvoir de repousser, et qui laissent dans la mémoire des souvenirs indignes de la chasteté ! 11 ne manquait aux Occidentaux, introducteurs d’un si détestable excitant, que d’avoir poussé jusque-là les tristes succès de leur commerce corrupteur.
- 11 y a peu de temps, le Conseil suprême des rites* offensé surtout de ce dernier excès et voyant les desordres que les bonzesses de Sou-tcheou-fou ne prenaient plus le soin de voiler, les a chassées d’une ville dont les séductions avaient triomphé de tous les devoirs monastiques.
- Une paroisse catholique est cachée dans la moderne Sybaris.
- C’est pourtant au sein de la bouddhique Sou-tcheou-fou. c’est au pied de ses pagodes idolâtres, c’est là queIÎ dépit d’un siècle de mépris ou de persécutions, s’est en secret développée une paroisse catholique, ou, comme leS fidèles disent à la Chine, une chrétienté, digne du temps des cryptes et des catacombes. Elle prospère aujourd’hui sous la direction du vénérable M. Chen, pasteur qu’a vunaiRe la patrie de Confucius. Celte paroisse, invisible au ma11 darinat, le consul français de Chang-hai nous a révélé comment elle aime la France, et comment elle sait viser nos industries utiles et probes.
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- Appel aux sœurs de la charité dans la ville chinoise.
- G est à Sou-tclieou-fou que je voudrais qu’on pût en-v°yer la majeure partie des cinquante sœurs de charité arquees dans le port dont je viens de rappeler le nom. oles-là, bien différentes des sœurs de Bouddha, ne c ingéraient pas le trésor de leur hure contre ce qui à leurs yeux la pauvreté du brocart et des soieries. °u-tcheou-fou verrait ces femmes évangéliques soigner s pauvres accablés de maux et dénués de secours, bauver les enfants en danger, prodiguer leurs soins à la-^fiHesse et la consoler jusque sur le seuil de la tombe, ^crédulité même oublierait ses dédains en voyant les ombles sœurs, toujours dévouées et désintéressées, toujours vivant au milieu du monde, ou plutôt à côté du bonde, sans jamais cesser d’être simples, modestes et verbeuses. Cette prédication par les bonnes œuvres aurait Cent bis plus de puissance que ces milliers de petites réductions en caractères chinois, que ces fragments infi-lls de bibles variables, répandus avec une incessante Profiision par des sectes rivales les unes des autres.
- Les édifices de Sou-tchcou-fou.
- Quittons l’étude des mœurs et disons quelques mots
- es monuments.
- j., ^0us n’avons à présenter aucune description particu-I tre aux édifices de Sou-tcheou-fou ; ils ressemblent pour a Plupart à ceux que nous avons décrits en visitant la apûale de l’empire et Chang-hai.
- Attendons que les Européens parcourent en liberté les 1 e$ de 1 intérieur. Lorsque nos artistes pourront mesurer,
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- dessiner, photographier les monuments, ils nous offriront des plans, des vues et des descriptions que rien aujourd’hui ne saurait remplacer.
- Les pagodes de Sou-tcheou-fou.
- Nous demanderons qu’on nous donne une représentation fidèle des pagodes célèbres de Sou-tcheou-fou. Chose unique peut-être à la Chine, on en remarque deux qul sont bâties à six mètres seulement f une de l’autre, comiue on construit en Occident les deux tours dont la symétrie caractérise une cathédrale.
- La principale pagode admirée dans Sou-tcheou-fou ne le cède pour ia grandeur qu’à la tour de Nankin, et l’égale presque en renommée. Son érection remonte au xe siècle de notre ère, et l’on a mis soixante ans à la construire-Elle mesure à sa base quatre-vingt-treize mètres de circuit. Elle avait originairement onze étages; mais lorsqu’il est devenu nécessaire de la réparer, dans le siècle dernier, on en a supprimé deux. Au-dessous de chaque toit concave qui caractérise un étage, la pagode présente une galerie extérieure avec une balustrade qui l’enibelht et la protège.
- Aucun lieu n’est plus favorable que ces grandes galeries, d’où l’œil peut saisir le panorama d’un horizon, panorama qui grandit à chaque étage où le visiteur s’élève p°ur contempler la beauté d’une plaine immense : on dirait Ie spectacle d’un autre Océan , qu’on pourrait appder comme en Mongolie la mer des herbes, et qiien Chine on appelle la terre des Heurs. •
- Si le nom de pagode voulait dire, dans le principe» une habitation divine .jamais étymologie ne fut mieux JuS tifiée que dans la cité dont nous esquissons la.peintuie,
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- 0I* a calculé que la principale pagode de Sou-tcheou-fou tte contient pas moins de cinq cents effigies divines. Voilà Certes une maison des dieux copieusement habitée.
- Industrie avancée de Sou-tcheou-fou.
- Dans une ville aussi riche et d’un goût aussi raffiné, 011 conçoit que l’industrie doit être très-perfectionnée. Elle lest surtout pour les broderies délicates, aux couleurs splendides, habilement assorties; pour la confection des plus beaux tissus de soie, tantôt unis oiî décorés d’ornements et de figures, tantôt entremêlés d’or ou d’argent, ^ la manière du brocart. Il faut citer ensuite les riches arneublements ornés de ciselure et de sculpture ; puis l’é-^enisterie des bois de lit, revêtus d’incrustations en métal, en nacre, en ivoire; puis les vases de bronze ciselés d’a-pi'ès la manière antique : enfin, comme objet de commerce, es plus somptueuses porcelaines que n’ait pas accaparées a naaison de l’empereur.
- Lorsque les Européens demandent aux maisons de nang-haï de.très-beaux objets de luxe, c’est à Sou-tcheou-u que ces maisons s’adressent afin de les obtenir.
- Commerce des Jleurs.
- ♦
- Grâce,aux besoins d’une ville élégante et riche, et pour mffire aux demandes extérieures, Sou-tcheou-fou fait un très-grand commerce de plantes et de fleurs.
- Pour les cultiver en hiver, les Chinois n ont pas comme Ii0^s de serres vitrées. Les jardiniers les préservent contre ^mclemence de la saison rigoureuse dans leurs maisons ^t sous leurs abris; ils bouchent avec de la paille les cre-Vasses des fenêtres et des toits, et quand le froid est à
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- craindre, ils chauffent avec .un feu de charbon de bois. Ces moyens sont bien imparfaits; cependant ils suffisent pour que d’intelligents cultivateurs puissent élever en abondance et vendre en tout temps des fleurs aussi belles que variées.
- Monument d‘Yu, le grand régulateur des eaux.
- A quelque distance de Sou-tcheou-fou, l’empereur Khang-hi, lorsqu’il visita la partie méridionale du grand canal Impérial, voulut voir les lieux où fut inhumé l’m1' mortel Yu. C’est Yu qui le premier, au moyen d’immenses travaux, a maîtrisé, puis aménagé les eaux de la Chine-Khang-bi donna l’ordre d’ériger à ce bienfaiteur de l’em' pire un monument qui subsiste encore.
- Confucius, dans ses Annales, a pris soin de transmettre à la postérité l’énumération de ces travaux auxquels la Chine a dû sa grandeur : prenons-le pour guide.
- Explication du système des travaux d’Yu, qui parvint à l’empira
- Yu descendait de l’empereur Hoang-ti, comme Confucius. Il fut choisi vers le milieu du xxm8 siècle avant notre ère pour réparer de grands désastres causés par Ie débordement des eaux; il acheva cet immense travail dans l’année 2278 avant Jésus-Christ. On admire encore au-jourd’hui les canaux qu’il lit creuser, et les levées flul érigea pour maîtriser le cours des deux grands fleuves, l’Yang-tzé-kiang et le Hoang-ho.
- Yu commença par régler ce cours dans les vallons leS plus élevés, vers les frontières d’occident. Il fit percer une grande montagne pour donner au Hoang-ho u°e direction meilleure; il descendit graduellement d’obstacle
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- ei1 obstacle ; il régularisa les principaux affluents, les obligeant eux-mêmes à rentrer partout dans leur lit. Il fit disparaître des plaines les amas d’eau qui restaient aupara-Vant à l’état d’inondation permanente et marécageuse.
- De pareils travaux ont amélioré non-seulement le bassin du fleuve Jaune, mais cinq cents lieues du cours de l’Yang:-e'Kiang; ils ont permis la culture de territoires aussi spacieux que fertiles, et, suivant le récit de Confucius, les futurels ont pu descendre des hauteurs ufin d’habiter les plaines.
- e grand annaliste donne, province par province, le récit détaillé des entreprises d’Yu. «Aujourd’hui, disait-il cinq S1ecles avant notre ère, chaque fleuve, chaque rivière et chaque lac sont régularisés et fixés dans leurs limites, telles ffue Yu les a posées. »
- Cet homme, doué d’un talent h peine croyable pour des terïlPs si reculés, était beaucoup plus qu’un grand ingé-^eur; c’était un sage. Il ne déployait pas moins de supériorité pour administrer les hommes que pour maîtriser eaux; la grandeur de tels services le conduisit au rang
- les
- de
- premier ministre, et plus haut encore. Je ne puis ré-S^er au plaisir de citer les paroles de l’empereur Chun, fl111 voulut enfin partager avec Yu le pouvoir suprême :
- '‘Pour dompter la grande inondation, vous avez tra-^aillé, lui dit-il, avec ardeur et génie; vous avez rendu services les plus signalés, et rien n’égale vos talents. eanrnoins vous êtes sans orgueil, et par vos qualités vous SUrpassez tout le monde. Nul n’a fait de si belles choses, vous nen tirez pas la moindre vanité. Quelle idée ne ^0ls~Je pas avoir de votre mérite! Oui, les nombres écrits ans Ie ciel vous désignent pour régner à côté de moi. » Ainsi fut choisi le prince éminent qui commença la Première dynastie; c’est à dater de son fils que l’héritier toujours pris dans la famille régnante.
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- Postérieurement à l’œuvre fondamentale accomplie par Yu, les progrès successifs de l’agriculture ont conduit les Chinois à creuser ces innombrables canaux distributeurs qui sillonnent en tout sens les deux bassins jumeaux du fleuve Jaune et de l’Yang-tzé-kiang. C’est longtemps après que fut accomplie la plus belle œuvre de ce genre, S1 justement appelée le grand canal Impérial, celui que nous parcourons en ce moment.
- La cité de Hang-tcheou-foa.
- Après avoir visité Sou-tcheou-fou, nous reprenons notre navigation sur ce canal; nous traversons plusieurs villes plus ou moins opulentes, en ne nous arrêtant quaU point où finit, du côté du midi, cette navigation mte' rieure. Là s’élève la cité la plus populeuse et la plus con-sidérable que nous ayons rencontrée en parcourant cette incomparable voie hydraulique.
- Nous voulons parler de Hang-tcheou-foa : c’est le chef' lieu du Tche-kiang, qui compte parmi les provinces leS plus fertiles, les plus peuplées et les plus industrieuses.
- Tout favorise cette ville. Sa latitude, 3o°2o', est à peU près celle du Caire et de la Nouvelle-Orléans. Elle s’élève au voisinage de la mer, au fond d’un golfe m proximité d’un lac dont nous décrirons dans les délices.
- agnifique, .m moment
- Somptuosité de cette place de commerce.
- DansHang-tcheou-fou, comme dans Sou-tcheou-fou,qul n’en est éloignée que d’environ trente lieues, le bel entre tien des monuments et des fortifications démontre 1 prospère des finances de la province et de la cité- ParIïl1
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- ®es édifices spéciaux, il faut mentionner particulièrement hôtel des douanes, où l’on inspecte chaque année d’impenses quantités de marchandises.
- Le chef-lieu dune province qui dès 1812 comptait Vlngt-six millions d’habitants possède une administration considérable; dans sa partie retranchée comme une cita-e e habite une puissante garnison tartare.
- L*e nombreux et solides marchands sont établis dans ^ette ville. A la grande activité commerciale elle réunit la lsposition d’énormes capitaux. Ses banquiers sont juste-Pent renommés, et le crédit qu’ils ont acquis s’étend par ç . 1 empire. En même temps, l’accumulation des richesses ^ naître un luxe inexprimable au sein de Hang-tcheou-1 on y voit affluer en grand nombre les oisifs opulents ^P cherchent à dissiper avec éclat leur fortune. Cette ville ^ P°ur la province de Tche-kiang ce qu’est Sou-tcheou-pour celle de Kiang-nan, mais avec moins d’élégance.
- Lac suburbain de Si-hou : ses trois îles féeriques.
- ^cnt;68 habitants de Ilang-tcheou-fou trouvent à l’occi-les ^ et P0ur ainsi dire à la porte de leur ville un lac dont ^eti eaU^s f°nt l’admiration de tout l’empire; il a deux Çs de circonférence. Trois îles naturelles semblent des UG S°n Se^n Pour rompre la monotonie du cristal
- On •
- l’île arriVe à file la plus rapprochée de la cité, c’est et °Dentale, par une chaussée qu’on a fondée sur pilotis dal?U°n a Pav<^e> chose rare à la Chine, en larges cou Carrc’es; deux autres chaussées pareilles entre-^eux anses du lac. Pour que ces levées n’en-Pass 1 ^aS navigahon, des ponts élégants ouvrent a8e. aux barques, aux nombreuses gondoles qui cir-
- 1Ntroduction. —
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- cuîent, embellies par leurs gaies bannières. Ces chaussées sont assez larges pour qu’on les ait, des deux côtes» bordées de saules pleureurs, de bananiers "et de pêchers dont les fleurs, au printemps, sont d’un effet délicieux-
- Une seconde île embellit la partie méridionale. CorruUe l’île orientale, sa surface s’élève à peine au-dessus des eaux; un niveau si bas produit la plus riche végétation des arbres et des plantes dont les espèces prospèrent sur' tout par l’influence aquatique. Vers le bord de ces deux îles, le lotus ou nénuphar déploie ses larges feuilleset fait briller ses fleurs éclatantes.
- Par un contraste pittoresque, on dirait que la troisièm6 île a surgi du sein de fonde comme un grand cône vol caniquc. Elle domine au centre de la vaste nappe deaU par une tolline élancée, que des arbres magnifié* ombragent jusqu’au sommet.
- La ville de Kiu-kinçj-fou, au bord du lac.
- Presque en lace de la vaste cité de Hang-tcheou-fo11 ’ sur le bord opposé du lac, on a bâti la ville de jSja-M fou, chef-lieu d’un département, et comme telle entou rée de remparts du premier ordre. Lorsqu’on arrive bateau et qu’on la contemple à quelque distance, croit voir une des villes qui charment les regards sur bords enchantés du lac Majeur ou du lac de Garde. qu’ensuite on pénètre dans la cité chinoise, on se rapp. encore l’Italie à la vue des portiques élégants qui décor les rues; ils permettent de circuler, suivant les saisons» l’abri de la pluie ou du soleil. 5
- A partir du lac, le sol s’élève en pente douce ^ un amphithéâtre de collines et de montagnes couv de bois et de riches cultures.
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- Comme un contraste à ces beautés de la nature, on aperçoit au bord de 1’ eau de nombreux viliages qui sont Peuplés par des pêcheurs et des gondoliers. A proximité du j^ge, on voit les gracieuses et fraîches villas qu’ont bâties es habitants de la grande et riche cité; c’est leur séjour de Plaisance et de refuge dans les jours et même les heures que ^absorbent pas les affaires. On admire aussi des palais, ^ans 1 un desquels reposait quelquefois l’empereur Khang-j/C basque ce prince infatigable visitait ses provinces, imagination s’élève à la vue d’autres monuments publics, que des Portes d’honneur ou de triomphe. Çà et là, ^l distingue des tombeaux qui dictent leurs graves leçons i cbté de cette splendeur pleine de vie et de charme.
- 11 le culte de Bouddha met ses temples en évidence, ai1 milieu des sites les mieux choisis. Ses pagodes s’élèvent aa-dessus des magnifiques ombrages; elles dominent les Cl*es» les collines et les montagnes lointaines, que la per-sPective abaisse aux derniers plans de l’horizon.
- Pour imaginer tout ce que ces beaux lieux ont d’en-anteur, i] faut nous placer par la pensée sous une lati-
- ch;
- tud
- ^ Qe aussi délicieuse que celle de Naples, de Smyrne et es des de la Grèce, où l’hiver ne dure que peu de ti' iS’ 0u dans le reste de l’année les nuits mêmes sont et parfumées.
- ans les climats du Midi, la suavité de ces nuits trans-^ r e printemps au milieu de l’été; les cieux ont plus azur et d’éclat que dans le Nord. C’est là qu’on peut com-vah ^ Vertu (^e cet Arabe qui, pour montrer à Jého-te^Sa ^délité, s’écrie : «Dans le calme des nuits, j’ai con* ^ sP^endeui* des astres, et ne les ai pas adorés! » 6 °bscurité lumineuse révèle à demi les beautés de la *acl ^ ^ Pe*ne assoupie; l’imagination complète le spec-e’ et le silence ajoute au charme de cette douce
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- vision. Dans ce bien-être, je dirais presque dans ce bonheur contemplatif, les visiteurs aiment à prolonger leur promenade aquatique. De tous côtés on voit errer des lumières groupées en guirlandes mobiles, voilées à demi sous des transparents aux mille couleurs et doucement réfléchies par les eaux; les gondoliers suspendent ces feux à leurs bateaux de plaisance appelés serpents de mer, tant la souplesse de leur marche a de vitesse et de facilité.
- Si l’on imaginait, parsemé de trois îles pittoresques, un lac aussi spacieux que le bois de Boulogne, y comprlS ses jardins et ses hippodromes; si l’on étageait à l’entour un amphithéâtre de riantes collines et des hauteurs couronnées de futaies magnifiques, comparables à Saint' Cloud, à Meudon, àBellevue, et quelque mont Valénen dominant l'horizon, alors on aurait une idée du beau laC Si-hou, qui déploie ses enchantements, pour ainsi dire> à la sortie de la grande cité chinoise.
- Délices et grandeur de Hang-tcheou-fou.
- A l’époque où Marco Polo visitait l’Empire des fleurs, il s’extasiait devant la grandeur et les attractions de cette cité, célèbre déjà sous le nom de Ouin-sai.
- La renommée d’un climat délicieux et de tous plaisirs réservés au séjour de Hang-tcheou-fou et de Sou tcheou-fou, les deux villes enchanteresses qui sont l0IJe^ ment du canal Impérial, cette renommée s’est repan depuis des siècles dans toute la Chine, lin proverbe ancien s’exprime ainsi : En haut est le paradis da ciel, bas est celai de Sou-tchcou-fou et de Hang-tcheou-fou.
- On peut se figurer quelle doit être la cité dont les bitants ont tant fait pour embellir ses dehors. Sa gian deur annonce à la fois sa population et sa richesse.
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- llang-leheou-fou n’a pas moins de quatre lieues de cirait. «Comme les villes chinoises de première importance, eHe renferme une citadelle tartare, avec garnison mandchoue. Ses principales rues sont pavées, et le sont en Marges dalles de pierre. Dès le siècle dernier on estimait ^elle renfermait un million d’habitants : ce nombre lle doit pas sembler exagéré pour le chef-lieu d’une pro-Vlnce presque aussi peuplée, dès 1812, que ^ France ^tait à cette époque, et qui depuis deux cents ans a joui dune paix profonde.
- Le commerce de Hang-tcheou-fou.
- H aurait été facile de procurer à la cité de Hang-tchcou-tous les avantages d’un port très-fréquenté par le Commerce maritime; car elle s’élève au fond dune vaste a|e qui fait face à l’île de Chousan, placée comme Chang-ai à proximité des îles du Japon. La méfiance des Chi-
- l>ois
- au sujet du commerce extérieur n’a pas permis cette ^portante appropriation. Jusqu’à ce jour, le canal Impé-
- rial
- a continué de jouer à l’orient le même rôle que J°Uait à l’occident, pendant un grand nombre de siècles, ^grande et répulsive muraille de la Chine; cest contre c°nirnerce étranger que cette bienfaisante voie hydrau-,cIUe oppose scs eaux jusqu’à ce jour inhospitalières.
- un9~lclieou-fou, barrière élevée contre l’extension du commerce étranger à l’intcrieur de l’empire.
- pl^^S'tcheou-fou, l’une des cités les plus peuplées et les CjpS ^0r*ssantcs de l’empire, est une de celles que les ri%lîois 0nt, avec tant de jalousie, interdites non-seule-tl fréquentation, mais à l’approclic des étrangers.
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- C’est là qu’ils maintiennent une grande douane intérieure que les Anglais considèrent avec exaspération, connue prélevant des droits contraires à ces traités par lesquel ils ont eu l’habileté d’enchaîner les Chinois : traités quds ont eu la force de faire accepter, et qu’eux-mêmes respectent infiniment peu dans leur commerce.
- Les produits arrivés de l’étranger ne peuvent entrée dans Hang-tcheou-fou qu’après avoir été transbordés des navires occidentaux sur des jonques indigènes. Dans ce port, ils sont taxés au gré des Chinois, avant de pénétrer plus loin. Les derniers traités de 1858 ont eu pour objet capital de briser cette barrière et de s’opposer aux taxes intérieures.
- De toutes parts arrivent au grand entrepôt de Hang' tcheou-fou, apportés sur des barques du pays, les fruîts d’une terre aussi fertile que l’Égypte et les produits de plusieurs industries célèbres chez toutes les nations : par exemple, celles qui mettent en œuvre la soie. C’est encoi’e là qu’arrivent des monts Boliées les thés destinés soit au centre, soit au nord de l’empire.
- Industries de Hang-tcheou-fou : les soieries.
- Le principal commerce de Hang-tcheou-fou, coin*116 on vient de l’indiquer, a pour objet la soie sous toutes 3eS formes.
- Cette cité n’est pas seulement un grand marche soieries de l’empire; elle est un centre où l’on fabrifiue les plus beaux et les plus précieux tissus : le satin, le ve lours, le crêpe, les soieries légères, enfin les brocart d’argent et d’or.
- Les Chinois fabriquent ces mouchoirs de soie 9U appelle foulards, si forts, si souples, cl d’un prix si bas,
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- i Europe ne peut pas en soutenir la concurrence. Lyon reçoit écrus, puis les embellit par ses dessins et ses teintures; néanmoins la France en reçoit trois fois moins Recrus que d’imprimés.
- Dès le siècle dernier, on portait à soixante mille le Nombre des artisans occupés dans la ville à mettre en ^vre cette belle matière.
- Le crêpe de Chine.
- Ees Européens, et surtout les fabricants de Lyon, surissent les Chinois pour la perfection des tissus de soie, ^tt-seulement ornés, mais unis.
- ^ Jusqu’à ce jour, ils n’ont cependant rien pu fabriquer e plus moelleux, de plus léger, de plus aérien que les ^epes de la Chine, admirés aussi pour l’incomparable ec^al de leurs couleurs.
- élé^eS Cit^Pes orn®s de fleurs, un des produits les plus 8ants du Céleste Empire, sont fabriqués dans une ville
- sj*ez voisine de celle qui nous occupe : on l’appelle Hou-lQheou.
- Les broderies.
- f ne Pardc considérable des habitants de Hang-tcheou-^ ^°ufcctionne à l’aiguille ces charmantes et somptueuses cries qui doublent la valeur des tissus, et que les jcpeens admirent à juste titre. es éventails de soie fabriqués et brodés dans cette aUtr S°nt ^US bridants et mieux ouvragés que ceux des cités manufacturières.
- ^ flUSlGUrs industries spéciales exercées dans les ateliers ave an^'tc^eou"J°u rivalisent pour les mêmes arts pratiqués lln grand succès à Sou-tcheou-fou, à Canton, etc.
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- Suivant l’usage ordinaire en Chine, pendant Je joui» les marchands découvrent complètement le côté de leur maison qui borde la rue; les passants voient d’un coup d’ceil ce que renferme l’intérieur des boutiques. Nos mar' chands, au contraire , interceptent la vue de l'intérieur en étalant les principaux objets sur ce qu’ils appefieIlt leur devanture, afin de former ainsi la montre de letir commerce.
- Les monuments de Hang-tcheou-fou.
- La richesse générale est le fruit des industries et du commerce que nous venons d’indiquer; elle éclate à toUs les yeux par les monuments publics et les édifices prives-La ville a quatre pagodes, qui le cèdent seulement à celle de Nankin; elle a des Portes d’honneur pour illustrer h* vertu. Ses ponts, très-nombreux, réunissent la hardiesse à l’élégance. Enfin , ses vastes quais sont dignes de bordel le plus grand canal de l’Asie; disons plus, du canal 9uJ dans son ensemble, et vu ses proportions, surpasse t°uS ceux des autres parties du monde.
- Somptuosité exagérée des vêtements.
- Ce n’est pas uniquement par la magnificence de 11 cbitecture que les habitants révèlent leur opulence- ^ est surpris à la vue des vêtements fastueux et dun g excessif de parure qu’étalent en tous lieux les habi ^ des deux sexes. Le plus commun peuple a son ^ joyeux qui dédaigne toute épargne. Les soieries dun plus ou moins recherché sont prodiguées dans le cos des hommes et des femmes, non-seulement chez la c a moyenne, mais chez la classe inférieure.
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- «Dans la cité de Hang-tcheou-fou, dit un moderne et observateur, toutes les personnes que j’ai rencontrées et dont la condition était au-dessus de l’humble homme de peine, du coulie, toutes étaient vêtues de soieries et de Cl>epes brillants. Les coulies eux-mêmes possèdent au moins vêtement de soie pour les jours de fête. »
- On trouve en d’autres parties de la Chine beaucoup de personnes opulentes, simples dans leurs goûts, qui sont Vetues avec confort, mais sans vaine ostentation*, dans Hang-tcheou-fou, riches et pauvres ne peuvent se croire satisfaits s’ils ne portent des vêlements, nous venons de indiquer, qui brillent à la fois par la matière et les ornements. Aussi dit-on dans toute la Chine qu’on ne peut ïlen conclure au simple aspect de la personne sur les restées d’un habitant de Hang-tcheou-fou, parce que j°uvent celui-ci porte sur son corps la majeure partie ou a totalité de ce qu’il possède.
- ^près avoir quelques instants abaissé nos regards sur Ces frivolités, ramenons-les vers une classe respectable respectée des habitants dans la cité vaniteuse : nous v°olons parler des mahométans.
- ^sé
- eHd
- Les mahométans dans la ville de Hang-tchcou-fou.
- ville que nous décrivons doit être remarquée comme Jour principal des mahométans, dont le culte est public ôré dans tout l’empire. Au moyen âge, les Arabes *rentleur commerce encore plus loin que leurs con-: ils abordèrent la Chine, non pas en maîtres, en
- et lolé
- HOêtes
- Paix *^eS i)eul^es ct Hes consciences, mais en amis de la civile et religieuse; ils se contentèrent d’être des an^S act^s’ intelligents, honnêtes. Nul n’éprouva le de les inquiéter, ni de les défavoriser dans leur
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- croyance, parce que jamais, en Chine, ils ne furent intolérants ni même propagandistes.
- Après la conquête de la Petite Boukharie, où le mahométisme règne sans partage, ce culte fit, à plus forte raison, partie des religions autorisées dans l’empire. Sans compter les sujets conquis, on n’évalue pas à moins & 5oo,ooo les mahométans établis dans la partie orientale de la Chine. Leur métropole est Hang-tcheou-fou ; les musulmans font choisie pour y publier le diurnal indiquant les jours de fête, de jeûne et de repos qui sont particuliers à leur croyance.
- Les mahométans sont considérés en tout comme W1' gènes. S’ils satisfont aux examens, ils peuvent être mam darins de l’ordre civil; en général, ils restent dans Ie* rangs secondaires. Cependant ils peuvent parvenir dans l’armée aux grades supérieurs. C’est ainsi qu’un colon musulman accompagnait en 1869 le plénipotenti31^ américain qui se rendait du golfe du Pé-tchi-li à PekV1 pour échanger les ratifications de son traité.
- Le commerce et l’industrie sont le grand moyen fortune et de considération chez les musulmans chinois*
- Nous quittons maintenant le canal Impérial, et nous reprenons, pour ne plus les quitter, les côtes du Célestc Empire au midi de l’Yang-tzé-kiang.
- ARCHIPEL DES ILES CIIOUSAN.
- Cet archipel s étend, vers le sud-est, à quelque distance de 1 embouchure du Grand fleuve. Par sa position et paf sa proximité de la riche province appelée le Tche-kiang» les îles dont il se compose ont une très-grande imp°r' tance. Le groupe entier est soumis à l’autorité supérieure
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- ^ui réside à Ning-po, l’un des cinq ports ouverts aux Européens par les traités de i84a.
- Ile de Chousan.
- Ede la plus étendue, celle de Chousan, qui donne son n°iïi à l’archipel même, est le siège de l’administration ^Ui régit immédiatement tous les insulaires. Sa superficie est d environ 64,000 hectares, et le docteur Gutzlaff, il vingt ans, portait à270,ooole nombre des habitants. ^Ique fertile et bien cultivée que soit cette île, je crains ^une telle évaluation ne soit beaucoup exagérée.
- Chousan, par sa position, est la clef des ports de la Province de Tche-kiang, province maritime dont nous f0,0tî? bientôt parcourir les côtes; elle commande à la ^erïlbouchure des deux fleuves qui conduisent, l’un es de Hang-tcheou-fou, l’autre au port important de
- Mng-po.
- deLüe est entrecoupée de routes pavées en larges dalles env^16^6* ^GS rou^es’ suffisamment entretenues, ont Sei^.l0n deux mètres de largeur; elles ne sont destinées à et r flu a des gens de pied, tout au plus à des cavaliers, paient trop étroites pour des voitures, as °Ur voyaSeur’ rien nest plus charmant que les de 1 île de Chousan, lorsqu’on la contemple dans sont GaUX j°urs du printemps. Ses vallons, ses coteaux, U 0rnés d’une riche végétation ; de gracieux tapis de d^UlS Se déploient en grandes nappes homogènes, mais dem Accession est pourtant très-variée par la diversité des CUltUres* Ce spectacle ravissant annonce la fécondité }<dtV^Co*tes* autrement colorées, qui seront la beauté de
- caractère des habitants de l’île est doux, paisible
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- et tolérant; en général ils sont bouddhistes, mais un grand nombre est catholique. L’île possède un vicaire aposto* lique français, qui, sans la moindre représentation, vlt heureux au milieu de ses fidèles.
- La ville et le port de Ting-haï.
- La ville de Ting-haï, chef-lieu de l’île principal®’ compte vingt-six mille habitants. Voici quelle est sa p°s1’ tion :
- Latitude.............................. 3o° 10
- Longitude à l’est de Greenwich........ 122° là1
- Les Anglais avaient pris en i84o la ville et le portde Ting-haï, port qui fait face au chef-lieu du Tche-kia°£' Par l’habileté de Ki-chan, alors vice-roi de Canton, fut restituée au Gouvernement chinois en janvier i8/0‘
- Les Chinois firent ensuite des préparatifs de défense» considérables à coup sur, mais incapables de résister aU* armes européennes; ils mirent en batterie une énofl»e quantité de bouches à feu, mais imparfaitement fa^11' quées. Ces armements ne pouvaient pas empocher qne leS Anglais ne prissent la ville et le port une seconde f°lS avant la fin de 1841.
- Je dois, à ce sujet, rappeler un trait de caractère tfi11 fait honneur à la Chine. Un vénérable amiral comm3^ dait l’escadrille des jonques chargées de protéger le P de Ting-haï. Lorsqu’il vit la Hotte anglaise prendre p°sl tion devant la ville avec le dessein de se rendre maîtres de l’île, il protesta, plein d’émotion, contre l’injustice commettaient les étrangers lorsqu’ils se vengeaient injures commises par les Cantonais en sacrifiant, si des offenseurs, les défenseurs de si faibles retranchcincfl
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- j-*e n°ble vieillard, animé d’un courage plein de dignité, len quil reconnût que la flotte britannique était trop Passante pour qu’il pût y résister avec ses jonques, déclara ^Dl voulait, suivant ses ordres et son devoir, mourir à ^°n poste. Il vint se ranger à bout portant par le travers e lainiral anglais, résolu de subir 1^ sort qui l’attendait ^vitablement dans la journée du lendemain.
- . 1 Je l'appelle le souvenir de ces pénibles événements, aJ°ute le narrateur britannique1, c’est pour protester ,0ï^re leur reproduction dans les campagnes futures.
- guerre finie, les conquérants dûrent abandonner ^ e et le port de Ting-haï pour la dernière fois, en vertii 1 traité de 18/12; mais l’abandon n’eut lieu qu’en 1846 , Pres que les Chinois eurent parfait le troisième et dernier 1 Renient du tribut auquel le traité les avait condamnés, j. a VlHe, éloignée d’un kilomètre du rivage, est au misent ^UnG plaine sillonnée par des canaux dont plusieurs qi. naV]gables; ils conduisent à la baie qui donne à ^B'haï sa principale importance, par ^a*e Se trouvc au midi de l’fle. Elle est protégée pas Un assez gran(l nombre d’îlots, entre lesquels il faut k r’ SOlt pour entrer, soit pour sortir. es Anglais ont reconnu qu’on pourrait profiter d’une au !°n *r^s'favorablc d ans le cas où l’on voudrait établir les do Ting-haï un arsenal de constructions navales, s- es cales de construction et des bassins flottants. Ils fois°m 1 Renient assurés que la rade peut contenir à la j^Cent navires européens d’un fort tonnage, j» e Mouillage destiné aux bâtiments de guerre est à est de la ville et du port de commerce. es Anglais ont également apprécié la rade importante
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- lngrove : China, i857-i858.
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- de Sing-kong, sur ia côte occidentale de Chousan. Cette rade est abritée contre les vents d’ouest par une rangee de petites îles qui s’étendent sur une longueur moins deux lieues et demie ; elle offre l’ancrage le p^uS sûr à des vaisseaux de guerre, ainsi qu’aux grands navu’eS du commerce.
- Projet d’une possession définitive de Chousan.
- Dans la guerre que la Grande-Bretagne a faite aux nois de i84o à 18^2, nous avons vu quelle a de#* fois occupé militairement l’île de Chousan. Elle a fait
- A ifp
- grande concession au Céleste Empire en restituant ce île, étendue, fertile et si bien située, pour obtenir e° échange les stériles rochers de Ilgng-kong : rochers <llie nous apprécierons plus tard avec une profonde attention
- Dans la collection des papiers parlementaires publie pour l’année 1857, j’ai découvert un mémoire adreSS par les colons de Hong-kong au Gouvernement métrop litain. Ils avaient pour objet de démontrer à ce gouver*16 ment les grands avantages que l’Angleterre trouvera^ conserver Chousan sans quitter Hong-kong.
- Avant tout, ils repoussent la pensée qui faisait regar celte dernière île comme trop malsaine, et presen pour démonstration les faits suivants :
- Mortalités annuelles comparées des Européens, en i8&3-
- A Chousan, deux décès par 5y habilanls.
- A Kou-loung, auprès d’Anioy, deux décès par 25 habi A Hong-kong, deux décès par 27 habilans.
- A Chousan, on pourrait tirer le parti le plus avan
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- geux des classes laborieuses, qui sont douces et sociables.. ^°yez combien de facilités présente la possession de cette
- Les ouvriers de la ville de Ting-haï, port et chef-lieu de lle> sont pleins d’industrie et d’intelligence; ils avaient appris rapidement à confectionner tous les objèts qui servaient au vêlement ainsi qu’aux usages de la vie pour la garnison et la flotte britanniques. Au bout d’un temps fort c°urt, ils avaient ouvert des magasins d’effets confec-bonnés à l’européenne; ils prodiguaient des enseignes en anglais, qu’ils estropiaient sous la direction facé-heuse de leurs amis les soldats et les matelots. Leurs orfèvres avaient promptement appris à fondre, à dé-Corer des cuillers, des fourchettes et d’autres objets en
- argent.
- La subsistance, ainsi que la main-d’œuvre, était à bas Pllx* et les vivres abondants.
- k Présentant de pareils faits, les marchands de Hong-0rig dans leur mémoire, qui porte la date du 10 avril
- A___• A _ _______ A _
- Cho
- avaient le dessein de s’opposer à la restitution
- >usan. Cette île, encore occupée par les Anglais, les P resLtu^e> n°us l’avons indiqué déjà, dès que de rl tlln°*s auraient payé le dernier terme des 2 1 millions pri comme contribution de guerre, y com-
- pliions de dollars pour récompenser les détenteurs dr °P1Uni chez lesquels les mandarins avaient saisi cette ^fc>Ue délétère, frauduleusement introduite. a nous arrêter longtemps sur les considérations j- Yeuses des pétitionnaires de Ilong-kong, nous nous plus Gr°nS ^ Apporter leurs conclusions; quatorze ans to f tar(l> elles devaient guider la diplomatie britannique, J°urs aux ordres du commerce.
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- Propositions adressées au Gouvernement britannique en 18à5.
- 10 Exiger que la cession finale de Chousan soit faite a la couronne britannique. S’il était impossible d’obtefltf une cession absolue, obtenir du moins un protectorat coi*1'
- parable à celui des îles Ioniennes...
- Gela voulait dire en réalité : Nous demandons la dofl11' nation politique, militaire et maritime la plus absolues a0 Si le Gouvernement chinois cédait Chousan, le G°iY vernement britannique pourrait retirer ses consuls d’Anaoy» de Fou-tcheou-fou, et peut-être aussi de Ning-po.*-'' Par cette proposition, le consulat de Hong-kong aura1* porté son action sur une bien plus grande étendue de littoral.
- 3° Si le Gouvernement chinois refusait de céder Chousan» on pourrait demander le séjour permanent d’an ambassadear à Pékin; il devrait avoir pour garde d’honneur un bâtiiï de guerre, qui resterait constamment stationné dans la riv'l^re Pcï-ho. On exigerait que toutes les relations ojficielles fasse^ traitées à Pékin.
- Pour juger cette troisième condition, nous pourri0*18 nous demander quel serait chez nous l'effet produit paJ-un pacifique ambassadeur d’Angleterre, s’il se donn pour garde d’honneur un vaisseau de guerre constat ment stationné dans la rivière de Seine ?
- 4° Nous devrions demander que les sujets britanniqu^ eussent la faculté de résider dans toutes les parties de Chine, avec pleine sécurité pour leur vie et leurs P*1 priétés, pour le libre exercice de leur religion et la 1 poursuite de leurs affaires privées.
- 5° Il faut obtenir que d’autres ports soient ouverts commerce maritime de l’Angleterre dans PYang-tze-ku
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- ainsi qu’au delà vers le nord, avec la faculté de naviguer SUr les rivières de la Chine.
- 6° A l’égard des autres îles du groupe de Chousan, obtenir d’avoir le droit de mouillage dans une ou deux (^es principales, où le mouillage est excellent. On indiquait
- i0 L’île Lowang, ayant douze lieues de circonférence;
- 2° Une autre île ayant quatre lieues de largeur; cette ernière est située à l’ouest de Chousan.
- Par l’adoption d’un système politique fondé sur cer-teines vues définies comme celles qui précèdent, on éta-
- lrait en Chine, disaient les intelligents pétitionnaires, un P°Uvoir et physique et moral de la plus haute importance ta nation britannique; ses heureux effets seraient P etas de grandeur.
- . j858, l’ambassadeur lord Elgin n’a pas un seul
- ^tant perdu de vue ces directions tracées d’une main
- re et ambitieuse par les marchands-princes de Hong-*ong.
- description des côtes de la Chine au midi du GrandJleuve.
- se (p ^°n ^>ar* PemP°uc^l,re de l’Yang-tzé-kiang, qu’on lri8e vers le sud et qu’on suive le littoral, on longe pQi/°rtailte Prov*nce de Tcbe-kiang. Le premier port que Encontre est celui de Cha-pou.
- La ville et le port de Cha-pou.
- pla^6 ^°rt °U ldut°t Pavre (ta Cha-pou présente une des^ ^ Pente douce, sur laquelle assèchent, de mer basse, fr^ ^°nques destinées au cabotage. Ce port est également ^3r ^GS j0,1(lues occuP®es au commerce du
- Production. — m.
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- Cha-pou se compose d’une ville ou pour mieux àh'e d’une citadelle tartare, de forme carrée, et n’ayant guere que cinq kilomètres de circuit. La garnison tartare, ave6 ses familles, forme une espèce de colonie dont les meiB' bres, suivant l’usage constant, s’allient et vivent entre eu*-La population chinoise, beaucoup plus nombreuse, habit6 une longue ville, de forme rectangulaire, et rejointe à la citadelle par une enceinte fortifiée; la ville est naturelle ment commandée par les remparts de la citadelle.
- Dans les boutiques de Cha-pou l’on trouve une grand6 variété de produits apportés du Japon.
- Relativement à la terre ferme, la situation de Cha-p0^1 mérite d’être remarquée : la ville s’élève au point commence, par de faibles collines, la longue chaîne d6 montagnes qui se prolonge dans la direction occidental6’ en s’élevant par degrés jusqu’au Tibet pour y former 1111 des contre-forts des Himâlayas. '
- Province de Tche-kiang.
- Le port de Cha-pou se trouve à la limite de la provint de Nankin, le Kiang-nan, qui nous est bien connu, d’une autre province maritime, le Tche-kiang, qu* ^ maintenant nous occuper.
- Territoire et population en 1812.
- Superficie...................... îo, i39,44o hectares.
- Population......... ............ 26,266,784 habitants.
- Habitants par mille hectares .... 2,586 habitants*
- • ’ e la
- Dès 1812, pour une même étendue de territoir > population surpassait du double la population de I
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- gleterre et des contrées les plus fécondes du continent eUropéen.
- Nous avons déjà décrit la grande capitale de cette pro-ymce : c’est la ville de Hang-tcheou-fou, dont nous allons a présent étudier les abords du côté de la mer.
- L’importance maritime de la province est concentrée dans une vaste baie qui doit attirer toute notre attention.
- La baie de Hang-tcheou-fou.
- Si, partant de Cha-pou, l’on s’avance de trente lieues eri côtoyant la province de Tche-kiang, on arrive à la ^aste baie triangulaire dont le sommet se trouve à la auteur de Hang-tcheou-fou. Cette ville opulente, dont Uous avons présenté la description, donne son nom à la aie, quoique les Chinois l’aient privée d’avoir un port Maritime communiquant avec les eaux du grand canal se termine au milieu de ses murs. L’ouverture de a Laie du côté de la mer n’a pas moins de trente lieues, f* Sa profondeur au milieu des terres est de quarante
- «eues.
- j, Quand arrivent les grandes marées des équinoxes, la T remonte en masse énorme de la mer; trouvant argeur de la baie rétrécie par degrés rapides, ses es se gonflent; elles deviennent de plus en plus ®ürtes et profondes; lorsqu’elles parviennent au voisinage ^ang-tcheou-fou, elles forment un mascaret imposant < dangereux. Chaque année, pour contempler un tel 0 ctacle, les habitants de la ville accourent au bord du euye Tzin-tang, lequel verse ses eaux dans la baie présent en cet endroit.
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- La ville et la rade de Ching-haï.
- Sur la rive occidentale de la baie de Hang-tcheou" fou débouche le lleuve Ta-tsie, qui va dans un moment' nous conduire au port de Ning-po.
- La ville de Ching-haï domine en amont le confluent du fleuve et de la baie; elle s’élève sur un promontoire qui protège une rade intérieure qu’on doit considérer comme l’avant-port de Ning-po. Là sont habituellement mouillées des jonques nombreuses : les unes, en simple relâche de cabotage; d’autres, descendues de Ning-p0’ s’apprêtent à déboucher du fleuve pour prendre le large» d’autres s’apprêtent à remonter jusqu’à Ning-po.
- Deux forts commandent les deux côtés de Fembou' chure, mais ils sont bien peu redoutables. « Du haut d une pagode érigée dans le fort établi sur la rive droite d11 Ta-tsie, on voit, dit M. Wingrove, la plaine où ^ accompli le plus terrible carnage : dix mille Chinois nui* en fuite ont été précipités sur une ligne de baïonnettes anglaises et détruits avec tant de furie, qu’avant qu’on ait pu suspendre le carnage cinq mille de ces malheure11* étaient noyés ou massacrés. La même effroyable leç°n fut répétée devant Ning-po, et bientôt après sur les moûts en arrière de ce port. » Telle était la guerre féroce poursuivait sans merci contre les Chinois, malgré la P eide invocation de l’éloquent Macaulay.
- Le fleuve Ta-tsie, l'Yoang et le port de Ning-po.
- Un grand inconvénient de la géographie chinoise, quelle applique des noms différents au même c . d’eau pour des parties souvent peu considérables. Ai°s ’
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- ta fleuve Ta-tsie, qui débouche dans la baie du côté de 1 occident, ne garde ce nom que pendant six lieues de parcours, jusqu’à la ville de Ning-po; plus haut il s’appelle Yoancf.
- Les trois mouillages de Ning-po.
- A partir de la baie, si l’on suit le fleuve Ta-tsie, on remonte vers le sud-ouest. En approchant de Ning-po, le eours du fleuve présente deux sinuosités importantes.
- La première sinuosité forme un arc rentrant sur la rive §aUcbe; le fleuve, en conséquence, est profond auprès de Cette rive. Là viennent mouiller les navires étrangers, qui §eneralemcnt sont d’un fort tonnage et d’un tirant d’eau c°nsidérable. Dans cette position, ils se trouvent immédia-^ment au-dessous de la grande cité de Ning-po.
- ^ne seconde sinuosité succède à la première : elle roie au contraire un arc rentrant sur la rive opposée, !eux dire r^ve droite; c’est de ce côté que l’eau evient profonde. L à se trouve le mouillage des grandes 3°nques chinoises.
- j la rive gauche, faisant face à ce second mouillage, Vlflc de Ning-po s’élève en arrière d’un faubourg qui j , e 3e fleuve : ce littoral est en saillie, il est convexe.
- Cl 3e lit de la rivière est à pente fort douce; il ne permet 3Jas que des navires d’un fort tirant d’eau puissent appro-j du rivage. C’est la place réservée pour la petite batel-Te]6 C^no*so’ précisément vis-à-vis des grandes jonques. est le troisième mouillage.
- Chantiers de construction, cales et bassins. Immédiatement au-dessus des deux derniers mouillages,
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- 406 FORCE PRODUCTIVE
- réserves aux Chinois, on trouve un pont de bateaux. PluS haut, le fleuve se détourne brusquement; on le remontait en allant vers le sud, on va le remonter en allant vers l’ouest. Dans cette partie supérieure nous trouvons, sur les deux rives, de vastes chantiers de bois de charpente, abondamment approvisionnés; cette position convenait à beaucoup d’égards pour établir les cales et les bassins qu’exigé la construction et le radoub des navires.
- Sur la rive gauche du fleuve, en aval de la ville, entre les deux ports de la batellerie chinoise et celui des grands navires étrangers, la belle rivière Tsi-kie descend du nord au sud et passe devant la ville de Tsi-kie; cette ville donne à la rivière son propre nom, quelle tient elle-même de la grande province de Tze-kiang ou Tche-kiang que nous côtoyons actuellement. La Tsi-kie verse ses eaux dans Ie fleuve qui s’appelle Yoang au-dessus du confluent et fl111 s’appelle Ta-tsie dans la partie inférieure.
- Positions comparées de Ning-po et de Lyon.
- • i • la
- Si l’on supposait que ce fleuve fût le Rhône et que
- rivière fût la Saône, on pourrait comparer à la grande cite
- de Lyon la ville de Ning-po, qui s’élève de même aU
- confluent de deux superbes cours d’eau. Elle n’est paS
- moins populeuse et possède un immense avantage : tandis
- que Lyon se trouve à quatre-vingts lieues de la rner’
- Ning-po n’en est qu’à six lieues.
- A défaut de carte topographique, j’ai tâché de figuie1,
- dans le tableau suivant, la position respective des poillt:
- principaux de ce grand et bel ensemble de ports et d et®
- blissements à terre :
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- DES NATIONS.
- 407
- TOPOGRAPHIE DE NING-PO ET DE SES EAUX.
- Faubourg.
- Fs.
- NING-PO.
- FS.
- Faub
- ourg.
- Snuc, saillante de l’Yoang.
- OCCIDENT.
- Rivière Tsi-kie.
- Les
- consulats
- étrangers.
- Les
- factoreries
- étrangères.
- Rive gauche rentrante du Ta-tsic.
- Flottill
- c chinoise.
- ®uve Yoang.
- Confluent avec Les grands navires étrangers.
- l’Yoang.......... ou Ta-tsie. fsw» — v La mer.
- andes jonques chinoises.
- ^’v« droite rentrante. Rive droite. Rive droite saillante du Ta-tsie.
- faubourg. Faubourg. Glacières; dépôts de sel.
- ORIENT.
- ^ ctte topographie sous les yeux, remontons le fleuve d’aj81^ me^• Sur ^a r*ve droite, nous remarquons
- ^GS considérables de sel; appartiennent
- suit °UVeinetïîent ^ ^tre de monopole. Nous voyons en-eq e nombreuses glacières érigées sur des monticules; VerV°nt d’un commerce important pour conscr-
- j G P°*sson frais qu’on transporte au loin, sur des |Ues> en bravant les chaleurs d’un climat brûlant. • ^Üo n ^°n^eant rive gauche, dans une étendue de deux OUïètres, nous parcourons le mouillage des navires tat' ^ GnS’ ^ous passons devant les magasins et les habi-^ Privées, qui constituent les factoreries.
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- 408
- FORCE PRODUCTIVE
- Les consulats.
- Nous arrivons au confluent du fleuve et de la rivière-A l’angle d’aval de ce confluent s’élèvent le consulat et le pavillon de la France. En remontant la rive gauche de la rivière, nous trouvons ensuite les consulats des Etats-Unis , de l’Angleterre et du Portugal.
- Navigation et commerce de Ning-po.
- La navigation et le commerce de Ning-po sont l°irî d’avoir réalisé les calculs que les Anglais avaient forme5 lorsqu’ils ont obtenu l’ouverture de ce port. Ce point était pour eux un objet particulier d’ambition; ils avaient conçu les plus vives espérances à la pensée du voisin3#6 des montagnes où les Chinois récoltent leurs thés verts-Le tableau suivant fait voir à quel point, jusqu’en 1 le commerce de la Grande-Bretagne avec ce port était peu considérable. Dans les trois années suivantes üsest accru rapidement; mais combien il est faible encor6' quand on le compare avec les importations et les exp°r tâtions de Canton et de Chang-hai 1...
- TABLEAU DU COMMERCE BRITANNIQUE DANS LE TORT DE NING-PO-
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- DES NATIONS.
- 409
- Nous ne pouvons pas présenter pour les autres na-tlons la valeur comparée des importations et des exportations particulières au port de Ning-po; nous y suppléerons en donnant le tableau des mouvements de la
- Navigation pour les diverses puissances. Voici l’état des er*trées :
- navigation des diverses puissances dans le port de ning-po.
- ANNÉE 1855. ANNÉE 1856.
- PAVILLONS
- TOTAUX. MOYENNE. TOTAUX. MOYENNE.
- DSs VOISSAÏICES, — —
- Nombre Tonneaux Nombre Tonneaux
- de Tonneaux. par de Tonneaux. par
- navires. navire. navires. navire.
- ^r‘tannique... 171 23,387 136 202 24,948 123
- *ta‘MJ«,i,... 10 5,782 578 12 3,946 329
- ^eeriandais... ' 0 1,972 329 8 2,881 360
- Hai»bourir.. 4 920 230 22 4,778 217
- P°rtugaj, (Macao) 1 272 272 4 1,162 291
- Péruvien 2 750 375 1 1,200 1,200
- S;®œoia, 3 1,150 575 6 2,686 472
- P^me. « 3 1,150 383
- Danemark » B 0 1,571 262
- DivoM paya. m a m 4 1,563 391
- Totaux 107 34,233 - 268 45,885 «
- H
- des
- et
- Gst déplorable d’avoir à remarquer qu’au nombre *,l tiS étranSGrs cntt’és à Ning-po dans les années 1855 3 nous ne voyions pas figurer un seul bâtiment
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- 410 FORCE PRODUCTIVE
- français. Il ne faut pas qu’ils soient découragés par des
- dangers qui n’atteignent que les Orientaux.
- La piraterie dans ses rapports avec Ning-po.
- Toute la côte chinoise est à tel point infestée par leS pirates, qu’une simple flottille de bateaux pêcheurs ne peut pas appareiller sans navires armés pour la protéger*
- On a calculé que les bateaux pêcheurs qui sortent du fleuve Ta-tsie payaient par an 260,000 francs p°lir protection de convois et que la totalité des jonques ou bateaux du port de Ning-po payait 1,750,000 francs.
- Pour navires protecteurs, on lit choix de lorchas porta' gaises, bien armées et bien équipées; elles devinrent mai' tresses de la côte. Bientôt on accusa les convoyeurs d’avoir opéré des désastres sur le littoral, tué des hommes, en~ levé des femmes, brûlé des maisons; ils se rendaient funestes que les pirates eux-mêmes. On accusait aussi leur consul de fermer les yeux sur de pareils excès et d’assurer l’impunité de si grands coupables.
- Pour se délivrer de la protection des Portugais, de* venue si désastreuse, les Chinois traitèrent avec l'ancien chef des pirates, A’Pack; il fut nommé, sans examen 1 mandarin de troisième classe. Sa flottille, montée par ^eS marins cantonais naguère pirates et se donnant p°ul honnêtes, fit concurrence aux lorchas de Macao dans la mission de convoyer les jonques marchandes. Cette fl°t tille acquérait par degrés plus de valeur en sc recrutai d’un bon nombre de déserteurs anglais, américains ct français. Telle était la position depuis trois ans.
- Les nouveaux convoyeurs l’emportaient chaque j°ur davantage. Les Portugais, furieux, a Humés, devenaient encore plus pillards; ils attaquaient les protecteurs canto
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- DES NATIONS. 411
- *jais des que l’occasion s’en présentait. Pour se venger, ack entreprit la destruction de ses antagonistes. Des Vers points de la côte, il appela ses bateaux serpents et Ses jonques de convoi; il réunit une vingtaine de navires pontés par cinq cents de ses marins les plus déterminés.
- es Portugais, frappés de terreur, se sauvèrent. Avec sept jj eurs lorchas ils remontèrent le Ta-tsie jusqu’à Ning-po.
- Se réfugièrent en face du consulat portugais; ils débarquèrent aussitôt leurs plus gros canons et les mirent en bat-rie devant le consulat. Cependant la flotte cantonaise eiïîonte la rivière, et le consul prend la fuite. Les lorchas, fouillées devant le consulat de leur nation, font feu d’un fleurs bords; puis leurs équipages, portugais et manil-ls> se jettent à terre. Les Cantonais forcent la maison du 0ïlsul; ds poursuivent les fugitifs non*seulement à tra-^ers les rues de Ning-po, mais dans la campagne et jusque ^ar,s 1 asile des tombeaux. Les vainqueurs massacrent tous s fuyards qu’ils peuvent atteindre.
- ^ ue frégate française eut l’honneur de mettre un terme ^ ^ k°rreurs* Elle sauva le consul ; ensuite, elle conduisit ^ acao ies Portugais qui purent etre soustraits à cette °Ucberie, afin qu’ils fussent jugés sur les crimes de pira-tle dont ils étaient accusés.
- Les lorchas de Ning-po commandées par des Anglais.
- Fr
- de ^^°nS remarquer, dans le port de Ning-po, une classe croi a*lïnents devenus célèbres et qui montrent l’influence §OciSantc commerce britannique. Dans ce port, tout né-pQ^nt’ tout armateur considérable tient à sa disposition, C(4n S6S *ransP01*s et ses voyages, une lorcha pontée, que C’e5t an^e un wpitoinc anglais, avec, un équipage chinois.
- Un batiment bon inarcbeur, ras sur l’eau, qui porte
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- 412 FORCE PRODUCTIVE
- une grande voile, avec une misaine, et quon pourrai comparer à nos goélettes. Un tel bâtiment, sous la pr°" tection britannique, offre une garantie contre les pirates-C’est en même temps une première transformation deS navires marchands du Céleste Empire.
- | Description de la cité de Ning-po.
- Sur la rive droite de la rivière et sur la gauche fleuve, au delà d’un étroit faubourg, s’élèvent les rempar*s’. les tours, les pagodes, les minarets et les clochers de Ni'11# po. La cité n’a de circuit que dix kilomètres, mais des ^ bourgs l’entourent de toutes parts sur la rive gauche fleuve. On doit mentionner spécialement un faubou1’# plus vaste que tous les autres; il s’étend au loin sur rive droite et longe le mouillage des grandes jonques*
- Les édifices religieux et civils.
- On remarque à Ning-po une église catholique, plusieur chapelles protestantes, une mosquée, un temple de &°l fucius et le palais des compositions littéraires, la . pagode Tien-foang, érigée pour honorer le culte du plusieurs temples consacrés au culte du Tao, da temples avec des couvents affectés au culte de Boue la bibliothèque de Thien-ye-koh, la grande école 8ra^j-fondée par une dame anglaise pour les jeunes fiheS ^ noises, enfin l’hospice des enfants trouvés. Disons qu H mots sur ces divers établissements.
- La tour dite le Tambour élevé.
- On voit au centre de la ville un édifice qui
- Jomi»e
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- DES NATIONS. 413
- habitations des citoyens et qui servait autrefois d’ob-^rvatoire, puis de vigie pour signaler de loin les mouve-Ii)ents hostiles-, il sert aujourd’hui de logement pour la Police urbaine. Dans son étage supérieur est un énorme lai*ibour, sur lequel on frappe les heures -, de là le nom ^Ue reçoit aujourd’hui cet édifice : il est appelé le Tambour Les Chinois devraient remplacer cet appareil in-C0ïunaodc et d’un effet très-borné par une horloge à son-^erie puissante, empruntée aux Occidentaux.
- Tour penchée de Ning-po : pagode.
- ha ville de Ning-po, comme la plupart des grandes cités,
- P°ssède un très-haut édifice que les étrangers nomment
- ^ifteremment la pagode, l’obélisque et la tour de Ning-
- °- G est la construction proéminente, celle qui s’offre la
- U ^ère à la vue du navigateur quand il remonte le
- i GUVe °n venant de la mer : elle est élevée de quarantc-ouii ^ n
- Rétros au-dessus du sol.
- -•inégale et trop faible résistance d’un terrain d’allu-
- Vlon
- quel
- s a produit ici le même résultat qu’à Pise et dans iïie au^res cités d’Italie; ce haut édifice a sensible-a nt dévié de sa direction première, et l’on pourrait er ce monument la Tour penchée de Ning-po.
- CQi^ le t°ur a la forme d’une pyramide hexagonale, f h°see de sept étages, avec une ouverture à chaque tUr e chaque étage. Dans les soirs de fête, cette ouver-dUit est eclairée par une puissante lanterne, ce qui pro-^’él' ^autant plus d’effet que les maisons ont très-peu de jeVat^on- Un prêtre de Bouddha, qui tient les clefs ç toui\ vit des largesses qu’il reçoit des visiteurs.
- tour, érigée vers le milieu du vmc siècle, a sou-e happée de la foudre et mutilée par les hommes,
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- 414 FORCE PRODUCTIVE
- sans compter les ravages du temps. On l’a plusieurs f°lS rebâtie ; mais elle est aujourd’hui dans un étal dépl°' rable. Un monument élevé pour attirer la protection da Ciel sur tout un peuple même à titre de superstition, ch& â l’orgueil national et qui par sa grandeur est l’ornem^ d’une ville opulente, lorsqu’il tombe de vétusté, deviez pour les habitants le monument de leur propre honte-Dans l’enceinte de l’édifice, aucun acte religieux Jie rappelle quelque chose qui ressemble à la vie; aucan symbole intérieur ne commande la vénération. L’oppr0^ s’est emparé de l’extérieur; les pauvres ne rougissent pa® d’entasser à l’abandon, contre les murailles de la pago^e’ les cercueils de leurs morts. Que penser des mandai’111® dont l’incurie permet un usage à la fois si révoltant etsl contraire à la salubrité publique?
- Temples consacrés au culte du Tao.
- Il y a dans Ning-po des temples considérables c°^ sacrés au culte dont l’origine remonte au philos°P Lao-tseu. Sur le portail du principal de ces édificeS voit une figure monstrueuse; elle a trois yeux et p° ^ cette inscription : « Voici les trois yeux auxquels ne peaV ^ échapper ni le bien ni le mal. » Les prêtres de cette croya relèvent sur le sommet de leur tête une touffe de che qu’ils ne rasent pas : aux yeux d’une population ignoia c’est la grande différence entre eux et les prêtres b°u dhistes, qui rasent complètement leurs cheveux.
- Grand monastère bouddhique.
- flV
- La ville possède un couvent de bouddhistes compte pas moins de cinquante bonzes; autrefois, ce
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- DES NATIONS. 415
- *ait pas le plus considérable quelle renfermât. Ses dépen-^ances peuvent loger jusqu’à mille prêtres appelés à s’y. rendre, à certaines époques, des divers points de l’empire.
- Mosquée musulmane.
- Ü y a peu d’années encore, le plus ancien mollah de Cette mosquée était un descendant des Arabes, quoiqu’il fût 116 dans la province de Chen-si; ses ancêtres étaient ori-gUiaires de Médine. Il lisait le koran et parlait arabe; il Parlait aussi le chinois, mais il ne pouvait ni comprendre *4 lire les caractères de la langue idéographique. Aujour-1111 Ning-po ne compte pas trente familles qui soient j^Usuhnanes; c’est dans la grande cité de Hang-tcheou-j u tjue le mahométisme a le plus de sectateurs, et c’est <îuils ont le plus fixé notre attention.
- La
- rae des Portes d’honneur dédiées aux femmes les plus vertueuses.
- ^Ghez le peuple chinois, ne pas être mariée semble pour fdle le comble de l’infortune; elle désire, elle attend ^fiage légitime comme un bonheur indispensable. Vle entière est vouée à l’obéissance : avant l’âge nubile, pandit sous l’autorité paternelle; pendant le mariage, ^ e subira l’autorité non moins complète d’un époux, et, a^s son veuvage, la direction de ses fils.
- î) Sah que les Chinois n’ont en réalité qu’une épouse, J Appellerai de premier ordre, la seule qu’ils puissent 4ié • aVec ^es noces officiellement célébrées. Les Chinois s ^riSent la femme qui, devenue veuve, contracte un nd mariage ; ils n’estiment pas celle qui condescend à tre qu une femme de second ordre, c’est-à-dire une
- Co*cubi
- lne> si je puis ainsi parler, légalisée.
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- 41G FORCE PRODUCTIVE
- Si des femmes légitimes, lorsqu’elles sont devenues veuves, restent avec dignité dans cet état jusqu’à la fin de leur vie, et si d’éminentes vertus les ont distinguées, elles sont honorées après leur mort par des monuments publics* On a voulu qu’à la puissance des mœurs s’ajoutassent ainsi des témoignages éclatants et perpétuels.
- Afin de glorifier la mémoire des femmes les plus ver-tueuses de la ville et du département de Ning-po, les ha' bitants ont. choisi l’une de leurs plus belles rues pour ^ bâtir des portes monumentales, ornées d’inscriptions et de sentences. Elles sont nombreuses et d’un aspect c[ul frappe le voyageur étranger; les Européens en admirent» dit-on, les sculptures.
- Projet des Anglais poar transporter à Londres les Portes d‘hon^ar de Ning-po.
- On rapporte que les Anglais, après avoir pris la vifie’ en i84a, voulaient démolir ces Portes d’honneur, en numéroter les pierres et les transporter à Londres, p°111 les ériger dans une rue qui cette fois eût bien été la rue triomphale. Us auront probablement reculé devalî* la dépense et les difficultés du transport.
- Us auraient du reculer devant une autre pensée : ce . d’enlever du milieu d’un peuple les monuments
- rappellent un sexe entier à la vertu : monuments qm des témoignages de gratitude et d’honneur pour familles dont la plupart doivent subsister encore.
- i sou1
- des
- Bibliothèque précieuse de Ning-po.
- Parmi les établissements les plus remarquables de NR1# po plaçons la bibliothèque appelée Thien-ye-koh, T
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- DES NATIONS. 417
- Possédé principalement une collection d’ouvrages publiés avant la présente dynastie. C’est la propriété d’une fa-Iïil^e privée, celle des Fan. Les ouvrages quelle contient SOïlt distribués en trois classes distinctes, et les compartiments qui distinguent chaque partie‘sont soigneusement ^ niés : on ne les ouvre qu’en des occasions particulières. p6 serait-il pas à souhaiter qu’un savant sinologue, de ^rance, d’Angleterre ou d’Allemagne, obtînt la faculté explorer ces trésors littéraires?’
- les
- Institution commerciale des hôtels provinciaux.
- ^ci> comme en d’autres grands ports, les voyageurs,
- Marchands et les résidants originaires d’une même
- l^nvince, qu’iîs soient à demeure ou de passage, érigent
- ^ temple à frais communs et le dédient 4 quelque dieu
- tis GUl Pa^s* Au*0111' d’un espace central et vide, ils bâ-
- j ent des galeries subdivisées en petites chambres pour
- §er jes visiteurs. C’est un hôtel collectif; c’est en même temps ,
- “ une bourse d’affaires pour des individus dont les
- ntérêts c * i -i Ai-i
- s°nt analogues et qui parlent un meme dialecte, de y loger, moyennant loyer, quoiqu’on ne soit pas province à laquelle est consacré l’établissement.
- Résidences officielles.
- c{ejjails ^es villes chinoises, lorsque les résidences offi-Irw* tS SOllt rares ou tombées en ruine, on fait servir à ^ es fonctionnaires des temples, des monastères, et
- S’il f GS couvents do femmes.
- Penda aut cn oroire le récit des écrivains britanniques, angjJnt guerre poursuivie de 184 o à 184a , les troupes 1Ses dévastaient les édifices occupés par des fonction-
- 1NTRODüCTION.
- III.
- 27
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- 418 FORCE PRODUCTIVE
- naires; les soldats pillaient le mobilier et souvent détruisaient ou brûlaient le palais gouvernemental.
- Un temple de Confucius devenu caserne britannique.
- Dans le même siècle où fut érigée la tour de Ning-p0’ on construisit le temple ou palais de Confucius; cin^ cents ans plus tard il fut reconstruit sur un plus vast® plan. Le temple ne contient ni sculptures ni peintures cp11 puissent être un objet de vulgaire idolâtrie. Seulemerl* deux fois l’année, dans le printemps et dans l'auto®116’ le peuple y vient offrir en hommage au précepteur vertus et des lumières nationales les prémices de lag1^ culture, des animaux domestiques et de la principe industrie chinoise : la mise en œuvre de la soie.
- 1 i î*
- «Lors de l’avant-dernière guerre, les Anglais, dit I
- . di*
- compatriote M. Fortune, avaient saccagé le palais
- compositions littéraires du département de Ning-p0 ans plus tard, les Chinois n’avaient pas restauré ce ®°nl! ment : comme s’ils eussent voulu laisser subsister ce tém01 gnage d’un sacrilège barbare à leurs yeux.» ^
- Dans les temps reculés, le mandarin qui présidait intérêts littéraires de la contrée avait pour habitat®11 édifice; le Gouvernement le chargeait d’aider au Pr0^ uS des études et de favoriser l’avenir des candidats ParV^s au premier degré. Dans ce vaste collège, les jeunes poursuivaient leurs études et subissaient leurs e*arïl de chaque mois.
- Maison publique de bains : rare bon marché.
- Toujours les bains sont à l’eau chaude, parce <Ilie r Chinois détestent l’eau froide pour se laver, et met^e P
- Je$
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- DES NATIONS. à 19
- boire. Dans les bains publics, chacun paye seulement deux centimes et demi; c’est à coup sûr très-bon marché. Mais ^es bains sont pris dans une eau qui reste la même pour tous les baigneurs depuis le malin jusqu’au soir; elle finit Paî? devenir d’une horrible malpropreté.
- Bienfaisante école fondée par Mmt Aldcrsey.
- ^ Mme Anne-Marie Aldersey, animée par le zèle le plus ^gne déloge, consacre ses'efforts et sa fortune à l’éduca-tl°n chrétienne des jeunes filles de Ning-po, ainsi qu’à la conversion des femmes adultes; elle entretient dans la vdle une école à ses frais.
- Je regrette profondément de ne pas pouvoir donner lecteur de plus amples détails sur cette école, sur ses °ns résultats et sur la vertueuse bienfaitrice; mais le 110111 seul de l’institution parle pour cette femme géné-6Use et fait honneur à l’Angleterre.
- fèie pétition contre le trafic frauduleux de l’opium, signée par Mm‘ Aldersey et ses coreligionnaires.
- ^1 Parmi les documents publiés en 1857 par ordre de la tj^rri^)re des lords, j’ai trouvé la plus courageuse péti-fâm adressée par quatre chrétiens de Ning-po contre l’in-Si^e C.0mmerce de l’opium (t. XVI). Au nombre des a aires j ai reconnu, non pas avec étonnement, mais so C r 0nheur, le noble nom de Mrae Anne-Marie Alder-çji ’ s Vertus sont sœurs ; et la même charité qui pro-etl^Ue ^ enseignemenl aux jeunes fdles de la Chine fait Phis Fe Sa V01x contie ^es vl^s ProHts du commerce le ^ûr ^r°l)re ^ l’abrutissement, à la corruption de l’âge
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- FORCE PRODUCTIVE
- Les belles industries de Ning-po.
- A Ning-po, les Chinois se font donner les modèles des parures européennes et sont adroits à les imiter; ils savent broder, avec un art digne d’être distingué, des châles, des écharpes, des tabliers, des sacs à ouvrage, etc.
- Les Chinois excellent à sculpter ainsi qu’à graver la belle pierre noire appelée Jade.
- On vend à Ning-po des ouvrages très-admirés en laqne vernie, qui sont apportés du Japon.
- Une rue de Ning-po est presque remplie de boutiques destinées à vendre des meubles recherchés pour lelU beauté; tous ces meubles ont des formes particulières a Chine. Us sont décorés par des marqueteries de bois, métal ou d’ivoire, qui représentent les scènes de la vie chinoise, et qui sont travaillées avec une rare délicatesse-[.es boutiques des autres ports ouverts aux Européens présentent pas d’aussi beaux ouvrages.
- Malgré le bas prix de la main-d’œuvre, des meuble qui demandent un si grand travail et tant de fini s0 nécessairement dispendieux et réservés pour le seul usa£e des riches.
- . Des banques établies à Ning-po.
- Dans toutes les villes de l’empire il existe des ^an^-t plus ou moins puissantes et nombreuses ; Ning-p° re les plus opulentes.
- Cette ‘ ville est regardée comme un régulateur’ ^ d’autres ports de la Chine, pour établir un taux uni de hausse et de baisse dans la valeur des monnaies-
- Dans la ville et ses environs sont établis beauco
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- DES NATIONS. 421
- d anciens banquiers qui, leur fortune faite, ont quitté les affaires et jouissent en paix de leur opulence : probable-11]ent ils ont encore une partie de leur argent placé dans ies maisons restées actives. *
- Lintérêt légal des banques peut aller jusqu’à 3o pour cent par année; souvent les Européens y placent des fonds ^Ul ne leur produisent pas moins de 20 pour cent. De tels mterets sont extrêmement favorables au rapide accroissement des capitaux monétaires.
- ^es banques chinoises ont un système d’opérations qui esseinbde beaucoup à celui des établissements de même ^ture en Angleterre; leurs billets inspirent une grande
- COr> fiance.
- Des monnaies.
- sè monétaire est l’once d’argent. Sa valeur intrin-
- ^lle est de y francs 5o centimes.
- ^ moindre monnaie de cuivre est la sapèque. Sa à rl’Ur P^^dive était un millième de l’once d’argent, c’est-|re trois quarts de centime.
- _ja sapèque, aujourd’hui, ne représente plus que la ^'di ZG 0llsc*zc centième partie de l’once d’argent, c’est-Sa ,Fe ^ centièmes du centime. Cela signifie que cent e{{ues valent 45 centimes.
- Du papier-monnaie.
- Les (T1
- chréti ninois ont l,,vrcnté ce papier longtemps avant l’ère ^mpéri^110 commcnÇa Par prendre, dans les parcs rés dP UX.’ ^Cs Peaux de daim qui furent taillées en car-en rçc tr°^s décimètres de côté. Chacun de ces carrés, Var*t une marque officielle, représentait 4o taels,
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- im FORCE PRODUCTIVE
- c’est-à-dire 4o onces d’argent ou 3oo francs. Un papiel de cette valeur ne pouvait guère convenir qu’aux opér3' tions qui sont au-dessus du petit commerce.
- Huit cents ans après Jésus-Christ, le Gouverné' ment chinois inventait Y emprunt forcé de l’argent, échangeait contre un assignat en papier ; les ridîeS étaient obligés, sous peine de mort, d’échanger ainsi leU1^ épargnes.
- Deux cents ans plus tard, le Gouvernement, pOur se tirer d’une pénurie d’argent, accepta que les négociai lui fissent dépôt de leurs marchandises, moyennant UI1 papier-monnaie qu’il établissait et dont le cours devefl^ obligatoire ; on rendait au commerce un service inte gent. Dans les temps de détresse, les gouvernements etn° péens ont quelquefois imité cet exemple.
- Les jardins cultivés autour de Ning-po.
- Un cercle de montagnes ayant Ning-po pour centre» d’un rayon d’environ dix lieues, circonscrit l’h°Uz° de toutes parts, excepté vers le nord-est : de ce cottb^ cercle s’ouvre pour faire place à la ville de Chni'^ laquelle est pour Ning-po ce que Greenock est P Glasgow. L’intérieur de cette vaste circonférence ^ une plaine admirablement arrosée par la nature et^re les hommes, qui sont parvenus à changer l’agricu en jardinage. ^
- A Ning-po, les lettrés, comme les connaisseurs
- coles de la Hollande, sont possesseurs de beaux Jar. ^ plantes rares, et semblent peu jaloux de les montrer* . jardins de ce port et des environs sont très-remarqua ^ ils offrent des collections d’arbrisseaux et d’arbres e curieux. On y voit beaucoup d’arbres nains.
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- Arboriculture, arbi'es nains.
- Les arbres sont taillés en formes fantastiques, en irnita-tl0ri de vases, d’animaux même, et surtout de cerfs.
- Ces tours de force ont peu de prix aux yeux des gens e g°ùt, mais ils démontrent l’habileté des jardiniers.
- Pour obtenir des arbres nains, il suffit de ralentir le Mouvement de la sève. On arrive à ce but lorsqu’on la ^°ntrarie et qu’on la prive d’alimentation. Tout moyen gener le développement des racines, comme l’emploi es pots étroits et peu profonds; tout ploiement forcé, torsion, toute contorsion des branches, conduisent 911 même résultat. Les Chinois ont fait de ces moyens llne ^tude approfondie.
- Les arbres et les arbrisseaux nains les plus ordinaires °nt les pins, les cyprès, les genièvres, les bambous, 9rrïle à petites feuilles, les pruniers et les pêchers, les atlS ^eurs jar(Lnsi les Chinois excellent à construire s rochers artificiels, les grottes, les souterrains, où le £ £-eUr disparaît complètement; ils se plaisent également des^6 ^acs cn miniature, des ruisseaux, des ponts et rochers nains, pour correspondre à leurs petits arbres.
- c<Hèb
- PoUr
- Les sépultures négligées aux environs de Ning-po.
- Chine est le pays des contrastes. Cette contrée, si
- Pour les honneurs qu’elle rend aux ancêtres et Spe SOn respect des sépultures, présente un horrible dü C e ^indifférence et d’insensibilité pour les restes }iaï^auvre* Autour de Ning-po, comme autour de Chang-toinb°n V°^ ^CS cercueils ^ deor de terre; beaucoup ei)t de vétusté, et l’œil aperçoit de hideux sque-
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- Jettes. On rencontre parfois des piles de trente à quarante cercueils, surtout ceux des jeunes enfants. On les enfoui à certaines époques, et pourtant on en voit qui doivent avoir pourri sur place par un abandon prolongé.
- Le grand monastère bouddhique de Tien-luhg, aux confins de la plal1ie
- de Ning-po.
- A huit ou neuf lieues de Ning-po, sur un point avance du cercle de montagnes dont ce port est le centre * on trouve les principaux monastères consacrés à la re^ gion bouddhique. Là sont érigés en grand nombre <^eS temples, des pagodes, des oratoires et des couvents, al1 milieu de la nature la plus riche et la plus variée. Cette thébaïde opulente est habitée par environ deux cent cin quante cénobites. Pour ajouter à leur aisance, ils envoient leurs frères quêteurs dans toute la Chine et même jusqua^ Tibet; un cinquième de leur ordre est sans cesse occup
- de ces plantureux voyages.
- Le groupe des monastères est dans une situation ad^1 rablede beauté : le temple, principal édifice, s’élève enti deux montagnes, sur un tertre d’où l’on découvre la plain immense qui s’étend jusqu’à la cité de Ning-po. ^
- Environ soixante des cénobites les plus éminents ^ réservés pour le culte, à titre de prêtres. Les autres, servants ou frères lais, sont employés au labeur de^ griculture; dans l’intervalle des travaux, ces dernieis aux quêtes lointaines dont nous avons lait mention p haut. ,n
- Cette pléiade de couvents avait commence pai
- * .ic dona
- simple ermitage qu’ont enrichi successivement le ^
- tions des empereurs, les présents des villes et ceux
- simples croyants.
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- Conduite des eaux avec des bambous.
- H faut signaler, dans le couvent de Tien-tung, l’intel-%ente économie avec laquelle sont établies des conduites eau à travers tous les établissements, et dans les direc-bons désirées pour amener partout une eau délicieuse. O11 emploie à cet effet des bambous creux, et leur lon-S^eur totale approche de trois lieues : onze kilomètres.
- Processions en l’honneur du dieu de l agriculture.
- Le capitaine Forbcs, en décrivant avec beaucoup de ^tails les établissements bouddhiques de Tien-tung, a ^°nné la description d’une espèce de procession qui dans s°n but est comparable à nos Rogations; on la célèbre printemps pour honorer le dieu de 1 agriculture.
- Sur une table immense, on voyait une énorme pyramide composée du produit des basses-cours de la plaine v°isirie. Tout était rôti; tout était prêt aux consommants, non du dieu, mais de ses idolâtres représentants. . es infirmes et des malades, des convalescents et des mdividus récemment guéris, se prosternaient devant la ^ble, qUj gémissait sous le poids de leurs offrandes; lâ, ^inclinant à trois reprises de neuf prostrations chacune,
- ds fr;
- rappaient la terre avec leurs fronts humiliés et plus ou
- n°ius reconnaissants.
- Ai
- uemmée sur une longue route champêtre, l’im-^ Se masse des fidèles bien portants s’avancait au milieu (1^Urie (i°uble haie de lanternes portées avec pompe. Les eha!ils se mêlaient au son étourdissant des tam-tam; des (j aiSes è porteurs étaient remplies de musiciens; d’énormes b°ns flamboyants étaient portes .sur les épaules des
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- dévots comparses; des files de cénobites sanctifiaient Ie cortège; enfin des mandarins, avec tout l’appareil de leur puissance, ajoutaient à la pompe de celte procession.
- Statistique des m issionnaires protestants à Ning-po.
- Il y a cinq ans, on comptait dans Ning-po dix-sep1 missionnaires protestants, envoyés comme il suit:
- Trois par la société des missions de l’Eglise anglican6'
- Trois par la société d’évangélisation chinoise;
- Onze par la société des Etats-Unis.
- Au nombre des missionnaires les plus recommandables qui soient venus dans ce pays, on doit compter M. Mülie’ dont nous avons déjà cité l’ouvrage; Real life in China,ina primé à Londres en i858. Ce livre a pour but de pr°u ver que les mœurs, les coutumes, les qualités des Chi nois, comparées aux qualités, aux coutumes', aux mœurS européennes, s’en éloignent beaucoup moins quon ne le croit communément. Citons encore avec plus d’él°geS le révérend Mac-Gowan, médecin-missionnaire des Etats Unis, auteur d’un courageux mémoire contre les méfalts et les crimes des étrangers sur les côtes de la Chine • J reviendrai sur les faits qu’il a révélés et qui sont dnae extrême gravité.
- Les bonzes de Ning-po.
- La majorité des bonzes est tirée des plus basses clas^ de la société. Souvent de jeunes garçons ayant pe leur père sont vendus aux prêtres de .Bouddha par que ^
- 1 couve*14
- veuve sans ressources, pour un peu cl argent, ^
- aussi des enfants sont vendus par le père et la mère, (IuaI1 ils se trouvent trop pauvres pour les élever. Cinq h°
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- etar*t questionnés sur l’âge auquel ils étaient entrés dans ^ noviciat de leur profession, répondirent : un premier, ^ six ans-, un deuxième, à huit ans; un troisième, à neuf aris; un quatrième, à douze ans; un cinquième, à qua-*0r?e ans. .
- Les prêtres de Bouddha ne mangent que du maigre; mais, pour se donner un vernis mondain, ils font accommoder leurs végétaux sous les apparences les plus variées grosse viande et de gibier. Quel malheur pour le révé-rend missionnaire anglican, né dans le pays qui savoure avec délices et le roast-beef etle beef-steak! les bouddhistes, Cl°yant lui plaire , lui servirent ces mets succulents transformés en végétaux : ce qui le révolta profondément.
- résolut de se venger en vrai dissident; il voulut jouer Plece contre pièce au supérieur du couvent bouddhique ans l’enceinte duquel il s’était logé, et qui l’osait traiter etl disciple de Pythagore ! L’amateur de la Vie réelle, pas en Chine mais en Albion, fit accepter à son un véritable jambon, ham, saupoudré de pelures de jjflri et couronné de lauriers-roses-, seules parties végétales roets qui fut probablement trouvé parfait sur la table . S ministres de Bouddha. Le tour était gai; néanmoins Ie Voudrais savoir, s’il existe des casuistes anglicans, com-Us jugent un de leurs ministres qui fait pécher un °**ddhiste contre sa croyance bouddhique : la simple l0ï>ale n’oserait pas louer cette action.
- Couvent des bonzesses à Ning-po.
- inconstance ou peu de satisfaction, le révérend • Milne quitte le couvent des bonzes pour prendre im aPpartenient chez les bonzesses, lesquelles bientôt lui P aiscnt moins encore.
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- La distorsion des pieds féminins étant un luxe à la Chine, les nonnes ont le bon esprit d’en être moins ai»' bitieuses que de damas ou de satin. Elles respectent, Par modestie, cette beauté de la nature; c’est un des côtés leS plus tolérables de leur institution.
- Les nonnes bouddhiques ne prononcent qu’à seize atfs des vœux irrévocables. Auparavant, quoique novices, eUeS portent la queue chinoise; mais, à l’instant où leurs vceuX sont prononcés, leur tête est complètement rasée, coi»lT,e celle des religieuses catholiques.
- Lu Notre-Dame des Chinoisr patronne des bonzesses.
- Ces religieuses avaient pour patronne la déesse de merci, Kouan-yin. On la représente assise avec un enfaiù dans ses bras. Cette divinité des miséricordes est une des plus invoquées dans les souffrances du peuple; elle est pal ticulièreinent l’objet des prières adressées par lesfenu»eS’ surtout dans les douleurs de l’enfantement. C’est peut-etre pour cela que cette Lucine chinoise est représentée ten»1* dans ses bras un jeune enfant nu : on dirait une sai»te Vierge.
- Dans le seul département de Ning-po l’on ne coiDp pas moins de trente couvents de femmes et de tr°lS cents bonzesses. Leurs congrégations sont recrutées ave des enfants plus jeunes encore que les néophytes du se* masculin. La nécessité fait descendre jusqu’à des »e° phytes à peine sorties du berceau.
- Des saintes bonzesses qui font ojfce de directeur auprès des dévo( masculins.
- Ce qu’il y a de curieux, c’est que les dames bonzess
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- font office de directeur non-seulement auprès des femmes, niais encore auprès des hommes. Cela n’a-t-il pas lieu Parfois avec quelque danger pour la grave directrice et pour le mondain dirigé, quand, pour comble de malheur, ^nn est jeune et l’autre belle?
- Jugement sévère prononcé par un anglican.
- Il faut entendre le révérend missionnaire anglican prononcer sur les religieuses du Céleste Empire sa sentence nnitive, dont nous lui laissons la responsabilité. « Comme s prêtres mâles de Bouddha, elles ne sont pas respectées P^r le peuple; elles sont, assure-t-il, délestées pour leurs j huches; elles sont redoutées pour le mauvais sort qu’on s suppose capables de jeter sur le destin d’une famille Entière par leur commerce avec les esprits invisibles. Dans persuasion du commun peuple, rencontrer une bon-°SSe eri passant dans la rue est d’un funeste présage. »
- -hes mandarins en action dans le département de Ning-po.
- Au milieu des accusations si multipliées contre la cor-llption des fonctionnaires, nous croyons devoir présenter j tïîIïle peinture de mœurs, et de mœurs toutes récentes , ^ conduite simultanée d’ un bon et d’un mauvais man-
- ^Ul. 0n
- verra quelle récompense l’estime publique erve encore à la vertu et quels châtiments la vindicte Puiaire ne craint pas d’infliger au vice.
- Le bon mandarin.
- A N'
- sieu Aidait un préfet chargé d’administrer plu-
- s Uadlions d’hommes, dans la fertile et riche province
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- de Tche-kiang : c’était le respectable et bon Koung-chou-Par son mérite, il avait atteint l’un des hauts degrés du mandarinat. Il n’était pas seulement équitable envers ses administrés; à la justice éclairée qu’il devait à son inS' truction il ajoutait la bienveillance, cette lumière que le cœur ne reçoit d’aucun professeur. Il était bon saos oublier sa dignité et sans tomber dans la faiblesse; à ville et dans les campagnes, ses vertus obtenaient respect et l’amour de ses administrés.
- Pendant la première guerre contre les Anglais, il avalt rempli de hautes fonctions; il avait préparé et dirige travaux de défense pour le port de Ting-haï, dans fîle Chousan. Mais, hélas! il n’est de fortifications et de bat teries imprenables que celles dont les défenseurs consen tent h tenir sur les remparts et, s’il le faut, à mourir slir leurs canons : tels sont rarement les Chinois du xixe siede' Aussi, lorsqu’en i84i les Anglais attaquèrent la capni maritime de Chousan, les batteries et les remparts, ecra^ sés par un feu savamment dirigé, furent pris d’assaut sans résistance opiniâtre.
- La proscription.
- L’orgueil du Gouvernement impérial chercha queltl1^ temps une excuse à cette défaite; il se souvint que ( fortifications et les batteries si promptement emp° étaient un ouvrage exécuté sous, l’autorité supérieure ^ Koung-cbou, qui ne les avait pas rendues imprena La perte du bon mandarin devint dès lors inévitable-commença par lui retirer sa préfecture de Ning-p°> et ^ honneurs, et son rang d’un ordre très-élevé, p°lir ravaler au-dessous du dernier grade. En même te ï on le traduisit au Conseil des châtiments; dans un Par
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- Cas, ce Conseil ne sait prononcer qu’une sentence, et c’est ^ peine capitale.
- Après la perte de Chousan, l’infortuné Koung-chou, prévoyant l’avenir, avait deux fois tenté de se donner la deux fois ses amis, qui veillaient sur sa personne, Avaient sauvé de son désespoir.
- H reçut bientôt la nouvelle du malheur qui le menait* Peu de jours auparavant, il avait accueilli gracieu-Se*îient le révérend M. Milne, dans le sein duquel il Versait cette plainte amère et trop fondée : «Ah! nous autres officiers de l’empire du Milieu, que nous sommes ^fortunés! Trois fois heureux, au contraire, sont vos Pépies et vos princes, avec des lois justes qui, pour vous toils, sont le salut!» J1 parlait ainsi dans l’attente de sa c°ndarnnation finale et si peu méritée.
- Cependant les habitants de Ning-po ne s’étaient pas en-0rrnis sur le péril du vertueux fonctionnaire qui les avait l0l^us heureux en les administrant plusieurs années. Ils ayaient adressé leurs supplications au vice-roi de leur pro-^ce, afin qu’il intervînt en faveur du proscrit; le vice-^ s était entremis pour sauver un magistrat h ce degré eri dans son malheur, et n’avait pas réussi. De leur e> les officiers, les marchands et les propriétaires de Ing-po avaient ouvert une large souscription dans le ^ssein de racheter tant d’infortune auprès d’un pouvoir ^ presque tout s’achète au poids de l’or, même l’equité!
- n ordre venu de Pékin avait interdit cet élan de la'géné-^sité publique. Dès lors tout le monde avait regardé ^ourig-ehou comme une victime irrévocablement vouée Ja destruction.
- Le salut inespéré.
- heureusement les vicissitudes des combats avaient
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- le
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- naguère fait tomber entre les mains du préfet de Ning-pn des dames anglaises et des prisonniers de la même na-tion; il avait traité les premières avec le respect quon doit au sexe faible et les derniers avec la bonté qu’on doit au malheur. Dès l’instant où des négociations étaient devenues possibles entre la Chine et l’Angleterre, le bien' veillant Koung-chou s’était prononcé pour la conciliation et pour la paix la plus prochaine : aussi l’armée britan nique avait-elle à son égard les mêmes sentiments que peuple chinois. De là devait sortir le salut. .
- Tous les recours épuisés, le bienveillant missionnaire veut à son tour servir son ami du Céleste Empire. H se fait remettre une pétition des habitants, adressée au p^e nipotentiaire anglais qui venait d’obtenir la paix, el ^ transmet à ce diplomate. Sir Frédéric Pottinger rep°n qu’il n’a pas besoin d’une telle pétition pour s’intéresse1 et pour agir en faveur de Koung-chou, dont il appreCie le mérite et connaît la vertu. Devant une si haute inlel vention, l’autorité suprême de Pékin daigne faire aU préfet destitué-grâce définitive de la vie, mais rien plus. Il restera pendant sept ans disponible pour remp^ir le dernier des emplois possibles, à titre de punition.
- Le fonctionnaire ainsi disgracié vécut à Ning-p0 ^arf
- la simplicité calme et digne d’un abaissement iminénte* 1 b § Occi-
- Il resta chéri, vénéré de la ville entière, comme on u
- dent ont pu vivre peu de préfets, dans la multitude infi111
- de ceux qu’ont renversés les abatis illimités de nos ieV°
- lutions.
- Un mauvais mandarin; révolte du peuple et ses cônséquences.
- «c temps réservait à tant de malheurs une réparation >révue et glorieuse. On avait remplacé Koung-chou par
- îinprcv
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- ^ autre mandarin qui n’était guère soucieux d’une popularité si peu fructueuse. Bientôt une mauvaise récolte ^ent désoler un de ses arrondissements. Loin de distri-Uer au peuple les secours qui dans pareil cas sont ^cordés par la munificence impériale, il exige impitoya-lement des pauvres cultivateurs les memes contributions ^Ue si la disette n’eût pas réduit les paysans à la misère; Ceux-ci refusent un payement impossible. Contre eux aussitôt marchent des soldats, préfet en tète. Les soldats s°ut battus et les mandarins qui les guidaient faits pri-s°uniers, y compris le préfet concussionnaire; celui-ci ^mble pour ses jours.
- Au fort du conflit apparaît l’ancien fonctionnaire. Il est Niable à cet homme, grave par ses mérites et sa piété, Virgile invoque au nom d’un hasard fortuné1 pour Sluterposer entre l’émeute et l’autorité méconnue. A la . ^eule voix de l’ancien magistrat dont le souvenir est resté tous les cœurs, l’insurrection s’apaise et le peuple met jas tas armes. Que les vainqueurs rendent à Koung-chou ^udarins et tas s°l(lals capturés, il promet d’obtenir e 1 impôt accablant ne sera pas exigé; il attendrit les rs> et les révoltés croient à sa promesse. e ministère impérial, qui tremble toujours à la seule (jr *S ? un s°ulèveinent populaire, s’empressa de faire ^0lt a ta parole de Koung-chou; en sa faveur il fit davan-c^e’ P°ur le récompenser d’avoir rendu le service que la r de Pékin apprécie au delà de tout autre, l’apaise-
- 4c vcluti magno in pnpuio cum sappe coorta est Seditio, sævitque animis ignobile vulgus;
- Panique faces etsaxa \olant, furor arma ministrat; Tum pietale gravem ac meritis, si forte virum quem Conspexere, silent, arrcctisque auribus adetant:
- Iste régit dictis animos, et pectora mulcet.
- 1NtROductiov. — tu
- Æneid. lib. I.
- 38
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- ment d’une insurrection, le souverain lui restitua non
- * , /
- seulement les honneurs et le rang dont il avait été pnve’ mais l’administration supérieure de Ning-po.
- Conséquences tirées sur le personnel des administrateurs actuel de la Chine.
- Tirons de ce récit quelques enseignements. L’adm1 nistration tartare a des lois militaires impitoyables alt malheur, et qui ne pardonnent qu’au succès. Mais lois, bonnes dans les combats entre les peuples de l^sie dont les armes sont égales, ne sauraient convenir à àeS troupes qui sont énervées par un siècle de stagna^011 pacifique et par un long relâchement de la discipl^’ elles sont le comble de l’injustice, à présent que 1arIïie cbino-tartare est incapable de rien opposer non-seU*e ment à la supériorité de la bravoure européenne)
- mai5
- à l’excellence des armes, mais à la science militaire» Q1 rendent aujourd’hui les Occidentaux irrésistibles. Si^° veut arrêter la chute d’un Etat déjà si près de sa ruine^ faut reprendre en sous-œuvre l’organisation, farinein^ la stratégie'et le moral des troupes du Céleste Emp11^ Une autre réflexion s'offre d’elle-même. Pour <lu homme aussi capable, aussi droit, aussi sage que chou puisse arriver par son mérite aux emplois les P ^ élevés, il faut donc que la vertu soit encore en Chine chose révérée! Par conséquent, on calomnie cet cinl ^ lorsqu’on le dépeint comme la proie universelle ( vénalité, de l’injustice et de l’imbécillité! ^ ]3
- Contraste frappant : lorsque la capacité, joiote ^ lion té, vertu charmante de Koungchou, l’élevait chelle des honneurs, la rude, l’implaca ble intégrée l’élevait aussi par le mérite; Ych, dont nous par eV
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- |^vait peut-être l’empire en écrasant avec ses mains de fer ^surrection dans les provinces dont elle fut le berceau.
- Mais ce service rendu, si le Gouvernement chinois avaît confié la vice-royauté de Canton à des vertus confiantes comme celles de Koung-chou, les Anglais, j’ose espérer, auraient été fléchis par un magistrat dont ils Paient éprouvé les bienfaits, d’un magistrat auquel eux-^Qies avaient sauvé la vie. La dernière guerre, en ce s> ^aurait pas eu lieu; or, qui peut dire si les nouvelles faites de la dynastie tartare ne seront pas le signal de a Perte irrévocable ?
- ^ ^ est temps de quitter la province de Tche-kiang; connus notre route sur les côtes.
- Province de Fo-kien.
- Population on 1812............... i4,777^0 habitants.
- Superficie....................... 13,800,760 hectares.
- Habitants par mille hectares. . . 1,068 habitants.
- ^ ette population, comme on le voit, est beaucoup condensée que celle du Tche-kiang. Le pays est t{|efUeux'> il n’oflre plus ccs plaines, si vastes et si fer-
- Lt^U°n trouve ^ans ^ass^n du Grand fleuve, j. J pourtant le Fo-kien nourrissait dès 1812 plus d’ha-PûU s que n’en nourrit aujourd’hui la Grande-Bretagne f Un même territoire !
- ai e Pays produit le mûrier, et l’on y récolte la soie en f}es ance- Il faut surtout remarquer la vaste étendue c°dines couvertes d’arbrisseaux à thé : ce sont les eSp^S ܰhées, lesquels ont donné leur nom à l’une des gra i°S *^6 que l°s Européens consomment en plus
- de quantité.
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- • i * • 3 IC
- Un certain nombre d’industries prospèrent dans Fo-kien : par exemple, la fabrication de ce papier de ijZ qu’on fait avec ie bambou et d’autres papiers dont pâte e^t empruntée à l’écorce du mûrier.
- La céramique grossière produit d’énormes quantité de briques, de tuiles et de poteries communes, qni °e servent pas seulement â satisfaire les besoins locaux; 011 les transporte par mer dans les autres provinces.
- TROISIÈME PORT OUVERT AUX ÉTRANGERS : FOU-TCHEOU-FOÜ-
- Voici l’un des cinq ports que les traités de 18A2 clarent ouverts au commerce étranger:
- Ce port n’est pas au bord de la mer, mais à plusieüf lieues de l’embouchure et sur les bords du fleuve dont la navigation est difficile.
- Latitude.............................. 26° 2f
- Longitude orientale................... 1170 ’]'
- .4*'
- 3o"
- de
- Parmi les ports intérieurs accessibles aux navires l’Océan, Fou-tcheou-fou est le plus important qu°uf province de Fo-kien. Cette province, vraiment marit!*11 est justement renommée pour le courage et le nombre ses matelots; ils se partagent entre la pêche de 1^el\QÏl cabotage sur le long littoral de l’empire et la naVJga extérieure, depuis les ports du Japon et des PhihpP jusqu’à ceux des îles de la Sonde. jeS
- En aspirant à la libre entrée de Fou-tcheou-fou ’ f Anglais espéraient y créer un grand commerce; malS attente n’a pas été satisfaite. Jusqu’à ce jour, ils sorlt ^ d’avoir ouvert des communications très-actives entre rope et ce marché.
- Les états officiels publiés en 1859 vont nous p
- erme
- ttre
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- DES NATIONS. ^37
- *^e bien caractériser pour ce port la navigation et le c°ttimerce; qui prendront quelque jour peut-être un Vaste développements
- progrès de la navigation britannique à fou-tcheou-fou.
- * ANNÉES. NAVIRES bhitaiuuqcbs. TONNAGES TOTAUX. TONNAGE MOYEN par navire.
- *846. \ 2 494 247
- 1851. 7 798 112
- 1852 13 1,501 113
- 1853., 47 4,568 96
- 1854 1855 81 8,044 99
- 171 23,761 139
- 1856 (Paix).. 202 25,347 125
- 1858 (guerre).. 125 18,553 148
- Totaux 048 83,006 128
- ton era^ rerïlar(Iuer qu’une capacité moyenne de 128 * tièr 9UX 1,000 kilogrammes appartient presque en-e*po Gri^ CiU ca^°^aSe asiatique. Le commerce n’oserait pas ^Oy ^auss* petits bâtiments aux longs et dangereux
- h0 °P^rés entre l’Europe ët la Chine par le cap de
- ne-Espérance.
- ' 1 A
- v°ns 10 m?me temps, à l’égard de l’Europe, nous trou-°^rentUe ^ ^0^an^e> Danemark, Hambourg et Brême F^unis navires, jaugeant 88,000 tonneaux : ce 200 tonneaux par navire de capacité
- Jenn e.
- ns°iïible des bâtiments étrangers entrés dans le port
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- '438 FORCE PRODUCTIVE
- de Fou-tcheou-fou ne s’est élevé, pour 1856, qu’à navires, jaugeant en somme 46,619 tonneaux.
- Nouvelle importance donnée à Fou-tcheou-fou par le commerce , des thés.
- Chose étrange! les thés destinés à l’étranger et fpurnit le Fo-kien n’étaient pas envoyés à Fou-tcheou-f°u’ port le' plus voisin des lieux de production ; ils etai transportés par une route longue et détournée, en PaI^ montueuse, en partie fluviale, qui conduit au p°rt Canton.
- Cependant, à l’époque où la grande rébellion soi des provinces occidentales envahissait le cœur de l®10 pire, une maison américaine, animée d’un vrai ge commercial, entrevoyait un rôle nouveau pour le p°lt Fou-tcheou-fou;' elle avait deviné les graves difllC ^ qu’allait éprouver l’envoi des thés à Ganton par ^jje longue et menacée que nous venons de signaler, entreprit de les faire arriver à la mer en suivant la r
- désormais la plus sure, et qui se trouvait être la P^uS .
- 1 1
- recte : elle réussit à merveille. Avec une économie dérahle, elle fit arriver par la nouvelle voie de gran quantités de thé, lesquelles furent chargées à Fou-tc g fou pour les Etats-Unis. Cette spéculation hardie» ^ dirigée avec une rare intelligence, ajouta beaucoup fortune de la puissante maison qui l’avait conçue.
- Pour obtenir de tels résultats, cette maison avalt^ Jes des agents chinois dignes d’estime; elle leur avait con sommes importantes, afin qu’ils allassent dans les ^ au-dessus de la vallée du Min, faire aux cultivateurs^ nombreuses avances, développer ainsi la prodoeb011.^, thés et procurer des récoltes de plus en pins c
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- rables. L’intelligence des planteurs et la probité des en-v°yés indigènes concoururent au succès.
- Le s négociants des Etats-Unis ont été bientôt après imités P'T les marchands britanniques.
- Descente et commerce des bois.
- Un commerce plus ancien, et toujours très-considérable, ^st celui des bois. D’énormes radeaux , composés de pièces p charpente, descendent le Min jusqu’à Fou-tcheou-fou. Jd> ces pièces sont chargées sur des jonques; puis on les c°nduit dans les principaux ports maritimes, en remon-,atu Vers le nord jusqu’au golfe du Pé-tchi-li.
- Ue bois convoyé de la sorte est une espèce de pin qui c°Uvrc à Fou-lcheou-fou de vastes chantiers. Pour l’ex-f^dier par voie de mer, on l’embarque tout débité, soit y Litres, soit en madriers, comme bois de construc-jo ris ou civiles ou navales. Non-seulement l’intérieur des ^ (lUes est rempli de ces pièces; mais avec de forts cor-on attache en dehors et par longues dromes, depuis de^r°Ue ^US?U ^ PouPe’ des masses de ces poutres et VifCeS uiadriers, ce qui triple presque la largeur du na-<lee‘ AVeC un tel système de chargement, il est prudent po^ter toujours assez près de la côte ; il faut se tenir à la °e ^ a^crr^r quand la tempête menace et quand les-ies (^G la mer deviennent trop redoutables.
- Industrie et commerce des métaux.
- Dr
- ans J
- env . le P°rt que nous étudions en ce moment, on J9po*e ^es Hes Lou-chou beaucoup de cuivre tiré du °ilv )* nombreuses boutiques olfrent ces cuivres Par lcs Chinois sous toutes les formes d’ustensiles
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- et d’instruments; on y voit, entre autres, beaucoup dinS' truments musicaux appelés gongs. Les mines du Fo-kirn envoient au même marché des quantités considérable de fer et d’autres métaux.
- Le Jleuve Min.
- Le fleuve Min, si précieux pour le commerce, Pre sente en grand nombre des obstacles et des dangers da°s sa partie supérieure; il en présente aussi de redoutables à son embouchure. Le navigateur qui le remonte jusqu ^ Fou-tcheou-fou rencontre fréquemment des écueils e des bancs de sable dont la position n’est pas constant^ Malgré l’intérêt pressant du commerce, l’art n’a rien jusqu’ici pour obvier à ces dangers de la nature.
- •Lors de la première guerre avec les Anglais, les Chi*1^ avaient bâti des forts et construit des batteries sur rives du Min, dans les positions les plus favorables à : défense; ils avaient obstrué par des blocs de rochers partie du fleuve la plus voisine de Fou-tcheou-fou, l’espoir d’arrêter les navires britanniques; ils avaient en batterie de nombreux canons sur les deux rlveS#. { ignoraient combien peu de pareilles difficultés arrêterai une marine européenne.
- Le pont des Dix mille années.
- 1-foU’
- Au point où finit le port maritime, à Fou-tcheoU le fleuve Min est traversé par un pont célèbre P°ü. e grandeur. Le nom qu’il a reçu semble attester, fl1 ^ avec un excès d’hyperbole, une très-haute antiqulte . n’a pas craint de le nommer le pont des Dix mMe Sa longueur, dit on, n’est pas moindre de 600 u° faisons remarquer sa structure monumentale.
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- Il présente cinquante piles en maçonnerie, portant d’énormes tables de granit qui vont d’une pile à l’autre; Cçst ainsi qu’ils remplacent les arches de nos ponts. Pour ta difficulté de poser des matériaux aussi gigantesques et pour la solidité, démontrée par le temps, cette construction fait honneur aux anciens ingénieurs de la Chine.
- Faubourgs nautiques et ville de Fou-tcheoufou.
- ^ A proprement parler, ce sont les faubourgs, et non pas ^ quartiers de la cité, qu’on voit s’étendre aux bords du j ln ’ ds sont bâtis sur des terrains bas que Je fleuve inonde °rs do la saison des grandes pluies. La ville est au nord, à Prés dune lieue du pont des Dix mille années. Elle est endurée de remparts de premier ordre, comme il convient ai1 chef-lieu d' une province honoré du titre de fou: titre ^Ul s%nifie, suivant les cas, le père, le chef d’une famille,. 011 ta cité capitale d’un territoire départementai.
- La population.
- hap11 n<^ve Pas a moins#de cinq cent mille âmes les ôtants reunis de la ville et de ses vastes faubourgs. Cette * a*10n csl turbulente, et prend place immédiatement
- s celle de Canton dans sa haine de l’étranger. Elle se ^ re è la fois pleine d’activité et de résolution; elle a t^caucoup d’industrie et tire un.habile parti de ses capi-
- Les banques de Fou-tcheou-fou.
- ^ Hes banques nombreuses sont établies à Fou-tcheou-fou. I Papier suffit à tous les usages monétaires. Les habitants ptefereni même aux dollars : tant est grande la con-
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- fiance qu’il inspire. Pour satisfaire aux besoins de tous leS degrés, il y a des billets en circulation qui ne valent paS tout à fait deux francs; il en est d’autres dont la valeui est fort élevée.
- Aimable luxe des femmes.
- Les habitantes de Fou-tcheou-fou montrent dans Ie choix de leur parure un goût simple et gracieux, préféra ble à celui des parties septentrionales de l’empiré.
- Les femmes et les jeunes personnes de toutes les con* ditions se plaisent, encore plus que dans les autres pr0' a vinces, à couronner leur tête avcô les plus charmantes (leurs.
- Les classes inférieures, moins raffinées à la campagn( ainsi que dans la cité, préfèrent les couleurs éclatantes et surtout le rouge écarlate; les femmes d’une classe p^uS élégante choisissent les nuances délicates, les coulculS tendres et le blanc velouté.
- Par un raffinement plus contestable, un certain nombre de belles Chinoises préfèrent déjà les (leurs artificielles an charme plus doux, mais plus passager, des fleurs données par la nature; elles se rapprochent, en cela, des beautés européennes.
- Le pays qui s’étend autour de Fou-tcheou-lou sem être, par excellence, le grand jardin des camellias ^an l’empire des (leurs; là, leur culture est parfaite, et leUr éclat, comme leur grandeur, est admirable. Là, b0311, coup d’autres fleurs propres à la Chine, et dignes dadna1 ration, sont également propagées avec succès; on eu!tiv en particulier avec abondance le jasmin à senteur donc et suave, dont les riches couvrent leurs tables et les dames élégantes parent leurs chevelures.
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- On cultive aussi, pour leurs parfums variés et puisants, certaines fleurs telles que l’aglaïa odorata, sans c°iïipter la fleur par excellence empruntée à l’oranger. ^°us avons vu qu’on les emploie pour procurer en même ^ittps au consommateur deux sensations dont la suavité sallie, par le goût et l’odorat, alin d’obtenir les thés les plus délicieux.
- Cest surtout quand on arrive au voisinage de la zone t°rride que le parfum des fleurs acquiert la puissance ïlecessaire à cet usage; or la province de Fo-kien, par s°u extrémité méridionale, atteint le 2oc degré de latitude, ^Ggre qui fait partie de* cette zone.
- Vallée du Min, qui conduit aux districts à thé du Fo-kien.
- Eu visitant le pays dont le centre est Fou-tcheou-fou, °n Pai’court des vallons et des coteaux aii l’habitant cul-*iVe la canne à sucre, le riz, le tabac, le gingembre. A jUesure qu’on s’élève, la terre diminue de fertilité pour es cultures ordinaires.
- Ecs districts à thé sont situés à des hauteurs de 600 à ’°oo mètres au-dessus de la mer. Les coteaux sur la j^nte desquels on plante l’arbrisseau qui procure ce feuil-be précieux n’offrent pas un terroir de la plus riche
- atuie; ils donnent cependant une récolte abondante et 'Ucrativo
- j, *aris les montagnes Bohées, 1\1. Fortune trouve que G ,Usscau flui produit le thé est absolument de même pecc que dans les contrées plus avancées vers le nord; ; .7.,a uieme plante, appelée par les botanistes thea
- *dis, avec laquelle on fabrique et les thés verts et les uoirs, comme nous l’avons expliqué. Ainsi, la diffé-
- rés
- len°e (Il,c les Européens remarquent dans ia couleur, le
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- goût et l’aroine des deux grandes variétés de la meme boisson, cette différence provient non pas de la planter mais des procédés de préparation.
- QUATRIÈME PORT OUVERT AUX ETRANGERS : AMOY.
- Sans quitter les côtes du Fo-kien, si l’on avance de trente lieues à l’ouest de l’embouchure du Min, on découvre une baie large et profonde, baie rendue plus sure par Y île d’Amoy, laquelle protège un mouillage aussi vaste que bien abrité.
- A proximité de l’île d’Amoy, sort du sein des eau* l’îlot ou rocher granitique de Ko-long-siu, qui contribue à rendre'ëncore plus paisibles les eaux du port d’Amoy.
- Les Anglais n’ont évacué cet îlot qu’en 18A6, apr^s l’accomplissement final des conditions du traité conclu quatre années auparavant. Us commandaient de lé Ie port et la ville, dont la population est hardie, turbulenter indomptable.
- On ne donne pas à l’île d’Amoy plus de quatre lieue* de circuit; on évalue la population du chef-lieu à deu* cent mille âmes. Cette ville n’est pourtant classée quaU troisième et dernier rang.
- L’île d’Amoy, surtout dans la partie du levant ain*1 qu’au nord-est, est sujette aux fièvres, au choiera; danger des épidémies redouble quand règne la mousson du sud-ouest : il en résulte une grande mortalité. Conanie on peut le remarquer, beaucoup d’autres parties de a Chine sont loin d’être à citer pour l’excellence du clinaaL cependant cette insalubrité n’empêche pas l’étonn progrès de la population, dont nous avons expliqué aveC tant de soin le phénomène.
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- Commerce d’Amoy : Vopium.
- Dans Amoy, les jonques apportent des produits de 'dcéanie, dont Singapore est le lieu d’achat; les Anglais e* les Yankies apportent des tissus de coton britan-nique, indien, américain, et de Yopium.
- ((Depuis i845, époque de l’arrivée du consul d’An-g'eterre, dit ÏAngl ais M. Fortune, les navires européens clUl 8adonnent à la contrebande, les opium-ships, ne sont Plus établis dans l’intérieur du port: la pudeur publique y obstacle. Il leur suffit de stationner, mouillés sur leurs ancres, précisément^ la limite du port. En cet endroit, s contrebandiers chinois les abordent avec une parfaite lQlPunité. »
- intérieur de la ville est d’une saleté révoltante, et 0l’at est offensé par d’infàmes exhalaisons. Suivant un Usage indispensable pour les cités méridionales, pendant grande partie de l’année, les rues, généralement . 0ltes, sont abritées par des nattes suspendues : on nlercepte ainsi les rayons d’un soleil brûlant.
- A tous les coins de rue et sur les places, des boulan-^ers des cuisiniers ambulants sont à l’œuvre pendant J°or et vendent au peuple des aliments économiques.
- £ej navigateurs d'Amoy et du Fo-hien en général.
- Cl
- 1 est ici le centre naval de ces audacieux marins du Fo-Kien h
- déf * °°ns nav*galeurs, pirates déterminés et bravant les officielles de s’éloigner du pays. Ils sont toujours e 8 ^ chercher fortune hors du Céleste Empire, à Sin-fo re’ ^ ^atav^a» à Manille, en Australie et jusqu’en Cali-> ou nous les avons signalés; mais ils sont aussi
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- toujours prêts à rentrer dans leur pairie, dès quils ont
- acquis, à force d’économie, un modeste capital.
- Caractère des émigrés d’Amoy et du Fo-kien : envoi de leurs économie-
- Remarquons avec soin les contrastes du cœur huma111’ Ces habitants du Fo-kien, qui sur la mer deviennent si facilement des pirates sans conscience, eux qui doue® d’un caractère aventureux émigrent si volontiers, et q111 n’ont certes pas toujours une rare délicatesse à l’égard des barbares chez lesquels ils vont gagner de l’argent, ce ne sont plus les mêmes hommes dans leurs rapports mu* tuels quand ils sont à l’étranger; ils olïrent alors de nom breux exemples d’une parfaite probité. Cela se remarque surtout lorsqu’il faut accomplir l’œuvre d’un généreux et tendre amour de la famille.
- Us s’efforcent d’amasser une petite fortune, et la raP portent ensuite au sein de la patrie qu’ils chérissent. Ce n’est pas tout : pendant l’émigration , ils envoient une palt de leurs économies pour secourir leurs parents et leurs enfants. Moyennant une faible rétribution, un de leurs compatriotes, dont la probité est éprouvée, recueille ces épargnes, pour les faire passer par une voie sûre et leS remettre fidèlement aux familles. On a vu, sur une même jonque, envoyer ainsi de Singapore onde Batavia jusqu 35o,ooo et 4oo,ooo francs1.
- La fête des Intelligences et des Lettrés.
- Au voisinage d’Amoy, parmi les fêtes qu’on célèbr pour honorer la mémoire de Confucius, citons ce^e qU
- 1 Jurien, t. I, p. 390.
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- 1)0us pouvons appeler la fête des Intelligences. Notre sympathique et curieux capitaine Forbes en fut spectateur pendant son séjour sur les côtes du Fo-kien.
- C’était par un beau soir du printemps. Dans un rayon ^es-étendu on avait réuni les mandarins de tous les 0rdres, auxquels s’étaient adjoints les simples lettrés ayant Requis au moins leur premier degré par voie d’examen;
- constituent, au milieu du peuple, la classe éclairée et polie. Le rendez-vous que la procession devait atteindre ctait un temple très-révéré dans la contrée.
- Tous les lettrés avaient revêtu leurs plus beaux habits j e fête; ils portaient chacun, élevé dans l’air au bout d’une ornée de fleurs, le simulacre de quelque fruit, de flodque arbuste, de quelque quadrupède ou de quelque 0lSeau- C’était une imitation transparente, illuminée par clarté intérieure : on semblait annoncer ainsi que ^otefligence de l'homme-pénètre de sa lumière et qu’elle s°Uïnetàses lois tout ce qui végète ou respire dans la na-!le> Les simples lettrés cheminaient, deux par deux, à P,ecL les mandarins, plus pompeux, suivaient en palan-plns officiels à deux, «» quatre, à huit porteurs, suivant ^Oiporlance du personnage. Des joueurs d'instruments Usaient entendre une musique, sinon d’une grande liar-î^ooie pour l’oreille des Européens, au moins éclatante et J°yeuse. La procession n’avait pas moins de cinq quarts e heue d’étendue. Tout ce long cortège allait au temple duercier le sage moraliste fondateur de leurs etudes, de Urs ex<>mens, de leurs honneurs, et de la puissance gou-Ve,nementale, confiée h la supériorité des intelligences. Voilà des fêtes, si ce n’est religieuses dans le sens s°lu du mot, politiques du moins, et morales, et dignes ( grand état civilisé.
- ails une de nos cités placées au centre de la France,
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- à Auxerre, on semble chaque année parodier cette fête. Les tambours, les pistons, les clairons de la force armee » remplacent les lettrés et les mandarins; leurs corps sont entourésde transparents imitant aussi des plantes et d’autres objets. Leur procession se borne à battre la retraite a travers la ville au milieu de mille enfants, afin d’annoncef l’illumination, le feu d’artifice : et ce spectacle cause une indicible gaieté. En France, on ne concevrait pas de fete sans soldats, au moins déguisés; leur politesse et leur popularité, l’ordre et la gravité de leur maintien, c°n trastent avec l’abandon joyeux des spectateurs.
- La fête populaire et nocturne.
- 1 .g
- La solennité la plus grave une fois accomplie par lettrés du Fo-kien, le peuple à son tour avait sa fête, toute à l’ivresse de la joie. A peine minuit arrivait, le mandarU1 chargé de la suprême autorité faisait donner le signal paf un coup de canon. Tous les tamtam, tous les instruments sifflants, sonnants et contondants, et les chapeaux chin°lS à clochettes, attaquaient l’atmosphère. Leurs sons étour dissants s’unissaient au sifflement des fusées, et surtout '
- n6
- la détonation des pétards, sans lesquels il n’est pas fête, pas de plaisir chez les Chinois; on les lançait de toutes parts avec autant de profusion que les Romains du lancent leurs dragées dans leurs jours de saturnales, j ville entière était illuminée par des guirlandes aux m lanternes, avec des transparents fantastiques. Les oa^ ^ les plus élégantes, spectatrices elles-mêmes de la fête elles formaient le plus charmant spectacle, étaient g pées sur des estrades richement ornées, en avant de c aq maison opulente. Les beautés indigènes portaient plus brillants joyaux; les fleurs les plus propres a
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- c°ntraste couronnaient leurs noirs cheveux, relevés et j^tenus par de grandes aiguilles d’or-, sur le fond mat de Ur pâle carnation, leurs sourcils, leurs cils et leurs ^eux le disputaient en éclat à l’ébène brillant de leur che-VeWe. Elles se montraient drapées, avec leurs soieries va-riees et splendides et leurs écharpes ondoyantes en vapo-reux crêpe de Chine. Tout cela donnait à la fête un air ^.Cr°yable d’opulence nationale et de gracieuse beauté. Joutons, comme la plus naturelle et la plus charmante Iïla^e> cette bonne humeur intarissable, et ces cris, et Ces chants, et ces rires bruyants si propres aux nations mérÜionales : en un mot, ces élans d’une joie populaire aris laquelle il n’est pas de vraie fête sur la terre.
- L’ILE DE NAMOA.
- °rsqu’on part d’Amoy pour avancer vers l’occident, à ^Üaiante lieues de distance, on trouve l’île de Namoa, en ^ de l’embouchure d’une rivière assez considérable au s de laquelle est la ville maritime de Tch<ro-tcheou. La ion de cette île est éminemment favorable au coni' jje^Ce frauduleux de l’opium. Cette île, longue de sept ^Ùif -,eSt l)euP^e de Chinois trop voisins de l’état pri-plét ^ ^ Pe^ne ^ croire ce qu’on affirme, qu’ils vont commutent nus, comme les plus sauvages des sauvages, h'eb^ a^ords de Namoa, les navigateurs européens, con-^.^diers d’opium, ont établi l’une de leurs stations. On Pect ^UG aPPai’ticnt «à ces hardis fraudeurs. Sans res-ComP°«r le traité de i 84a, ils ont occupé le territoire sds en étaient les souverains; ils ont ouvert des Val SanS autre utilité que celle de s’y promener à che-p°Ui Ur littoral, auprès des étables qu’ils ont bâties es petits chevaux ou poneys destinés à leurs excur-
- INTR0DUCT10N. — III. 29
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- sions joyeuses, ils ont construit une grande taverne ou tabagie; c’est leur pied-à-terre, quand chaque soir ^ débarquent à l’heure de la fraîcheur. Pour apprécier ce plaisir, il suffît de faire remarquer que l’île de Namoa’ déjà sous la zone torride, est un peu plus rapprochée ée l’équateur que le tropique du Cancer.
- Lorsque l’on voit agir de la sorte ces étrangers sa°s peur et sans souci, on dirait les seigneurs de l’île. DeS centaines de barques chinoises pullulent autour de leUl station, pour l’approvisionner en comestibles; elles ap portent leurs produits dans une espèce de bazar, à c°l® de l’embarcadère britannique. Si, pour un motif <î-ue conque, les navires contrebandiers vont stationner a11* abords d’une autre partie de l’île, la flottille chinoise masse accourt au nouveau rendez-vous; elle y transpolt son bazar avec scs comestibles, et le petit village de c fournisseurs ambulants s’élève au nouveau rendez-v°uS’ laissant le premier désert.
- En 18/16, le Gouvernement chinois parut enfin so ser qu’on fît invasion sur son territoire ; il se plaignit*!^0 osât y pratiquer des routes, y bâtir des maisons, des de publics, etc. On avait remplacé l’amiral chinois du p d’Amoy, dont l’insouciance coupable avait souffert de usurpations, et c’était le nouvel amiral qui transme ces plaintes animées. Le gouverneur de Ilong-kong» ay^ reconnu la légitimité des griefs, éprouva le bes°irl' primer un blâme; il blâma, mais ce furent les aut°jj;ert chinoises. Il leur reprocha d’avoir si longtemps s0U de tels abus sans porter plainte ; il demanda six mort P • avoir le temps de faire respecter le territoire y1® ^
- commandant chinois des forces de mer, consider‘ ment radouci par quelques caisses de vins et de spur finit par trouver suffisant qu’on abattît la taveru
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- Na
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- tenioa, sans discontinuer pourtant les débarquements ni les courses, ni, bien entendu, la contrebande1.
- Soua-tou, nouveau, port ouvert aux étrangers.
- Lîle de Namoa se trouve en avant d’un golfe sur le riVage duquel, à l’ouest, s’élève la ville de Soua-tou. Cette VlHe présente une position qui convient beaucoup au c°iïirnerce de cabotage ; sa rade, excellente, offre un point avantageux de relâche.
- Sans respecter les limites imposées par le traité de g les Anglais ont voulu fréquenter et même habiter °Ua-tou; ils y possèdent des comptoirs. C’est peut-être de ces endroits qui n’ont pas de grandes douanes chi-I?1°lses et qui sont merveilleusement convenables pour *~er les lois commerciales du Céleste Empire. ans les traités de i 858, on n’a pas manqué d’ajou-
- ter le
- Port de Soua-tou à ceux dont l’accès doit désormais
- etre -r» .
- . permis aux étrangers. Depuis les premiers jours de ^ er 1 860, les Américains jouissent, par leur traité, Ve^Cet avantage, grq.ce à leur amour de la paix. Le Gou-c ement chinois, voulant traiter tous les Européens e^e la puissance la plus favorisée, leur a de lui-même les er*.^0ua"t°u et les autres nouveaux ports spécifiés par faites de i858, quoique ceux-ci 11e soient pas ratifiés. diie°US ne 4ul1 terons pas la province de Fo-kien sans ^Oelques mots sur sa plus riche dépendance.
- ILE DE FORMOSE.
- V»le bell
- e par excellence, que les Latins et les Italiens
- 1 Fi
- Utle 3 <U)0 visitj to the tea coiintrus oj China.
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- eussent nommée Formosa, que les Portugais appelèrent Hermosa, située à trente lieues seulement de la provmce de Fo-kien, présente presque une moitié de son territoire dans la zone tempérée, et l’autre partie dans la z°°e torride. Sa largeur approche de quarante lieues et sa 1 °n' gueur est de cent lieues.
- Territoire et population.
- Superficie........................ 3,5oo,ooo hectares.
- Population......................... 2,5oo,ooo habitants.
- Habitants par mille hectares...... -714
- oindre
- La densité de cette population est beaucoup moin que celle de la province de Fo-kien dont Formose esta06 dépendance et, pour ainsi dire, une colonie. Les capita listes de cette province, animés par le désir d’éten graduellement leurs entreprises agricoles, font passeli dans la belle île leurs industrieux cultivateurs,; ceu*' défrichent constamment de nouveaux territoires, et progrès donne plus de valeur aux terrains précédennn défrichés.
- T? fù*
- Croira-t-on que ce magnifique fleuron du Céleste pire ne soit pas complètement soumis à la nation ^ noise? La seule partie dont la population obéisse ^ lois de la grande patrie est celle qui fait face au F°' 1 et dont les eaux descendent vers l’occident. ^
- Üne race barbare et presque sauvage habite le vers oriental et l’intérieur de la chaîne de montagnes fl s’étend du nord au midi. Les principales sommh^ ^ cette chaîne s’élèvent à des hauteurs d’au moins mille mètres, et, quoique situées sous un climat troplC elles sont couvertes de neiges éternelles.
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- Les montagnes attirent les eaux du ciel, qui descendent par torrents. Lorsqu’elles arrivent dans les plaines, elles fournissent des irrigations dont l’industrie chinoise tire admirable parti pour les rizières et pour la culture de a canne à sucre.
- Tous les produits coloniaux de nos Antilles sont pro-Uits avec avantage dans les plaines de Formose; il faut eUcore y joindre le thé. Les cultivateurs n’en manipulent les feuilles que pour obtenir des thés verts.
- Une découverte qui deviendra de plus en plus prêteuse date de'1848 : vers l’extrémité nord-est de file, °u a trouvé du charbon fossile; il n’est encore exploité ^Uà la surface du sol, et n’a pas les qualités qu’on peut espérer d’obtenii' à certaines profondeurs.
- Taï-ouan-fou, port ouvert aux étrangers.
- F
- y 11 vertu des traités de i 858, la capitale de Formose , ai~OUan~foii, est au nombre des ports ouverts au com-*Ueice étranger.
- Latitude.............
- Longitude orientale,
- 23° 34' 48" .. 117° 3g* 20"
- e commerce que feront les étrangers avec Formose de 1^ t|even^r considérable; ils demanderont à cette île S01e> du sucre et beaucoup d’autres produits colo-^ X‘ Qoils obtiennent ou non la permission de fré-er dautres ports que le chef-lieu de file, rien ne côte emPccher d’aller directement à la partie de la
- ^ 011 Ion trouverait une houille r.econnue bonne, hollandais , en 1624, au temps où leur puissance *îUe était prépondérante, avaient fondé dans l’île
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- de Formose un établissement maritime qui n’a jamais eti
- beaucoup d’importance.
- • .
- Progrès de la colonisation et de la civilisation dans l’île de Formos
- y de
- C’est seulement en i683, sous le grand règne Khang-hi, que la Chine s’est établie en souveraine dans Formose et quelle a commencé de peupler cette île ave° ses colons. Il va sans dire que les Hollandais n’ont paS P ' se maintenir en présence d’un peuple toujours croissa et peu tolérant vis-à-vis des étrangers.
- Culture de l’esprit dans l’île de Formose.
- Jusqu’à ce jour il ne paraît pas que les Anglais aJ ^ conçu quelque désir de posséder Formose, quoiqu soit une île belle à tenter toutes les convoitises.
- La colonie n’est pas seulement remarquable p°ur t ^ travaux de la terre. Elle s’adonne avec succès à la ture; elle fournit beaucoup d’habiles candidats p°ur examens qui conduisent au mandarinat. Telle est la r P tation de ses études, que les familles aisées da Fo-kien c°nJl beaucoup de leurs enfants aux écoles de Formose.
- L’ILE ANGLO-CHINOISE DE IIONG-KONG.
- En 18k i, avec cette modestie ingénieuse qui PreVjeUt.
- tous les ombrages, les Anglais demandèrent quon
- - b ~ — roche*»
- concédât sur la côte de la province de Canton un pas davantage; un simple rocher, flanqué seulem quelques tristes bancs de sable. Ce lieu désole leur rait uniquement pour s’échouer, en cas ,|C radouber leurs navires endommages par la me
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- était
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- Une île sans utilité pour la Chine, presque déserte, d peine connue, et qui s’appelait Hong-hong.
- Les négociateurs chinois, malgré leur finesse et leur perspicacité, n’aperçurent pas la conséquence et le péril ,Une telle concession; mais l’expérience ne tarda pas à eveler leur imprévoyance. Après le rocher de Gibraltar, Peut-être avant, Hong-kong est l’exemple le plus frap-Par*t du parti que le génie britannique est habile à tirer es lieux en apparence les plus disgraciés de la nature.
- Lîle ainsi concédée présente un amas de monts gra-^hques, aux formes les plus singulières, avec des pics ^ombreux qui les dominent. De ces masses toutes pier-euses n espérez pas que des alluvions puissent descendre jj°Ul ^couder les plus étroits vallons; il n’en descend que es eaux parfaitement pures et transparentes. A peine ^encontre-t-on dans les bas-fonds quelques petits terrifie ^ °U ^'°n Pll*sse labourer. Au bout de quinze années pa C°i0r\isation’ total des champs cultivés n’excède Vlngt hectares de guérets et de marais desséchés, sa 1 a ^°nSUeur <1° 1 Hé est seulement de quatre lieues, et tell r^°Ur d° trois lieues. Elle est si découpée, qu’avec de es dimensions elle n’a guère plus de cinq lieues carrées
- 11 superficie.
- Le golfe et la rade de Victoria.
- quf*6 Contour de l’île est incroyablement accidenté; ce ^ ptésente un grand nombre de baies et de mouillages.
- £ ’ au Sl,d , elle est flanquée de deux moindres îlots. Port ^tle continent et l’île principale règne un chenal lequel se resserre, au nord-est, jusqu’à v0je 11 (luune largeur d’un demi-kilomètre : c’est une n est pas à dédaigner pour le cabotage.
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- Du côté septentrional, le détroit se transforme eiî large baie qui s’enfonce dans la côte chinoise. Telle est la baie, dite Cou-long, qui se prolonge dans la direction de l’ouest, et de là communique avec la rade célèbre3 laquelle les Anglais ont donné le nom de leur reine. toria. Là peuvent mouiller, à l’abri des tempêtes, les flottes les plus nombreuses et les navires du tirant d’eau le pluS considérable. De cette rade si vaste et si bien abritée, leS bâtiments de guerre anglais de toute grandeur surveille^ et commandent l’entrée de la rivière ou fleuve de Canton* Si les Français avaient donné leur grande rade de Brest aux Anglais, pour commandera la Bretagne et la desoleU ils ne leur auraient pas fait un cadeau plus précieux celui de la rade de Victoria; elle adhère aux flancs de a Chine comme un ulcère éternel.
- La ville de Victoria.
- 3
- Dans la partie rentrante de la rade, sur la côte n de Iiong-kong, s’élève la cité splendide, une des création les plus remarquables du génie britannique. ^
- En prenant pour point d’observation le clocher de cathédrale, la latitude de la ville est de 220 ib/ ^° ’ longitude orientale est de 111° 54' 30".
- . Toujours animés par un sentiment de tendre ^ ration pour leur souveraine, les Anglais ont honoi même nom que la rade admirable la capitale de lde» c qu’ils ont fondée dès 18A3 sur la côte septentrio^ ^ Cette position était commandée par le voisinage marine; mais par combien d’inconvénients, de mau* de sacrifices ne fallait il pas racheter cet avantage-
- L’air qu’on respire dans la ville de Victoria Iîe P ^ pas être purifié par les vents dominants du large, c
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- la mousson du sud, qui soufflent dans la chaude saison, purifient au contraire l’air de Macao. Nous montrerons ffuelie mortalité résulte de cette fâcheuse position.
- Malgré cet obstacle de la nature, il faut admirer la rapidité des progrès d’une cité qui compte aujourd’hui parmi les établissements les plus merveilleux des Européens dans l’Asie orientale. On célèbre Singapore pour les développements admirables de son commerce ; mais Ses constructions disparaissent devant la grandeur monumentale de Victoria.
- Il faut attribuer la colonisation de Hong-kong aux sollicitations ardentes et réitérées des grands commerçants Angleterre établis à Canton. Ces hommes puissants se Proposaient d’en tirer un parti que personne alors ne Pouvait entrevoir. Indignés de se voir exposés sans cesse aux avanies populaires dans le seul port qu’il leur fût Permis d’habiter, las, honteux d’être parqués, emprisonnés aus les factoreries étroites d’une ville inhospitalière, ils sollicitèrent, ils reçurent du sable et des rochers comme *fIre promise. Accordez-leur l’indépendance et la p^eite, qui fécondent tout; aussitôt cinq lieues d’Arabie h^e deviendront à leurs yeux une immense et fertile asis* Los magiciens en vont faire un jardin d’Armide, et, P°Or accomplir la métamorphose, il suffira de leur ba-§Uette d or. Assistons â ce spectacle, j. ^ Rappel des colons, les Chinois de terre ferme, qu’at-ait l’amour du lucre, se sont empressés d’accourir par piliers; üs ont ^rjg^ jeurs légères demeures sur l’arène ^ plage qui touche à la grande rade ou baie de Victo-a* ^ est le quartier marin de la cité.
- ^Aujourd’hui, dans la partie basse de la ville, on admire d’al lan^G rUC’ ^,ordée de larges trottoirs et plantée 11 es, comme nos boulevards intérieurs. Déjà cette
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- rue dépasse une lieue de longueur; elle est parallèle aU
- littoral, et plusieurs de ses hôtels sont magnifiques.
- En arrière de ce boulevard intérieur, le pic élevé de Victoria domine du côté du sud-ouest; un autre pic s’élève à l’est de la ville. Le Gouvernement et les marchands-princes (on les désigne sous ce nom, tant ils sont riches» puissants et superbes, avec le secours de leurs milh°nS) établirent le centre de la ville européenne entre les deux pics et sur le versant incliné vers la rade. Us taillèrent en plein rocher avec le secours du mineur et de la poudre» ils ouvrirent de larges tranchées afin de pratiquer des rues» ils bâtirent des palais aux deux côtés de ces excavations dans une île qui n’avait jamais vu que des cabanes de pêcheurs. Pour accomplir ces travaux, il ne fallut pas fa demi-durée d’une génération : très-peu d’années suffirent-
- Création de jardins établis sur le roc.
- Les marchands-princes, établis ainsi, ne se contentèrent pas de leurs constructions splendides. Pour ajouter al1 luxe de leurs palais, il leur fallait des jardins aux taPlS veloutés qu’embellirait un vert d’émeraude ; ces cultures» ces gazons, on les importa, c’est le mot, sur les carrier déblayées. Dans la cité de Sémiramis, les jardins reposaient sur de la brique élevée dans les airs; dans la cité de \ ict° ria, les jardins reposent sur le sol des carrières nivelées faisant sauter les blocs de rocher. 11 ne manquait plus que la terre végétale; des navires l’apportèrent. En peu.dU11 nées, les plantes les pins rares et les llcurs les plus fic|je^ furent empruntées aux deux mondes. Des arbrisseaux, arbres même, vinrent prêter leurs ombrages h ce roche calciné par le soleil et situé plus près du midi que Syci^f
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- Les chevaux et les courses introduits sur le rocker de Hong-kong.
- Avec des rochers, des bancs de sable et des jardins arti-ficiels, il est impossible de créer de vastes prairies; or, sans Prairies, comment élever des chevaux? Là n’était pas toute ta difficulté : les races chevalines du Céleste Empire sont lrttparfaites, rabougries et dégénérées. Tant d’obstacles n arrêteront pas. On aura des chevaux tirés d’Angleterre et ^ Arabie ; pour les nourrir, on transportera par mer des tains exotiques. On poussera plus loin l’art de surmonter tas difficultés. D’un ravin, auquel on donnera le nom ctaarmant de Vallée heureuse (the happy valley), on saura taire un champ de courses qui rappellera les plaisirs Nationaux d’Epsom et de Newmarket. Voila comment une tarce de volonté supérieure à tous les obstacles emploie s°n or à satisfaire tous les goûts de l’opulence. •
- Afin de varier les plaisirs équestres des colons anglais, ^ cirque de Londres, celui d’Astley, le Franconi de ^Angleterre, a fait parcourir pu mer six mille lieues a Ses coursiers, à ses écuyers des deux sexes. ïlsont pris terre s9r la plage de Victoria, pour transporter en Asie un spectacle de voltige dont le Céleste Empire n’avait jamais eu 1 talée.
- Si nous voulons résumer les progrès merveilleux de cog-kong, disons simplement : après six ans de premieis taforts, dès le milieu de ce siècle, huit à dix grandes compagnies marchandes groupaient autour d elles un millier Européens et trente-deux mille Chinois; quatie ans P tis lard, l'immigration dépassait soixante et douze mille Tout cela prospérait en des lieux dont les plages arides laissaient à peine végéter, jusqu’en 18A3, quelques
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- centaines de pêcheurs que la piraterie sauvait de l’indi'
- gence.
- Edifices publics de Victoria.
- Le Gouvernement métropolitain, sans prévoir au juste tout ce que ferait en si peu de temps l’industrie princier de ses colons, a pris sa part des premiers sacrifices, afi*1 d’avancer vers un but dont il concevait toute la grandeur-Il a fait pour l’érection des édifices publics les dépenseS auxquelles ne pouvait pas subvenir une cité naissant et privée de tout; il a construit l’opulent hôtel du goU verneur, intendant général du commerce britannique daus l’empire de la Chine, le palais de justice, la calhédiate anglicane, les casernes et le vaste hôpital d’une garnis011 qu’on s’efforce de défendre contre la mort.
- Le Gouvernement a pris sur ses fonds la prewieie création de la voirie urbaine et des routes extérieures.
- Établissement sanitaire au sommet du pic de Victoria, i . t' de
- Le génie de l’homme avait pu tout faire, excepte changer les conditions immuables de l’atmosphère.
- est
- site
- verra bientôt à quel point le climat de Hong-kong funeste aux Européens, et surtout ô leurs troupes.
- Il était de la plus haute importance de créer un a où les convalescents, au moyen d’un air frais, vif et salubre, pussent recouvrer les forces avec la santé.
- Pour y parvenir on vient, dans ces derniers temps, àe tailler dans le roc, sur les lianes du pic de Victoria, Line route qui conduit jusqu’au sommet. Au-dessous du p01^ culminant, et du côté le mieux abrité du soleil, on a bât1
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- 1 hospice destiné pour les soldats. Cette entreprise honore ^ adminisltation britannique.
- Auprès de cet hospice militaire on créera sans doute autre asile de convalescence. Dans ce dernier, la population civile européenne viendra chercher aussi la santé quand le climat l’aura frappée de ses plus funestes atteintes.
- moment où j’écris, on met en vente des portions de r°cher dans les parties les plus élevées et les plus saines, pour des constructions projeîées par les citoyens.
- Gouvernement de Hong-kong.
- ^e gouvernement de Hong-kong est simple dans ses ' 0rmes. Un gouverneur et son secrétaire colonial consti-|Uent le pouvoir exécutif; un sous-gouverneur commande es troupes. Le conseil législatif est composé de cinq j^embres : trois nommés par le pouvoir qui représente r°yauté, deux élus par les citoyens, qui ne comptent Pas quatre cents personnes en âge de voter. Dans ce petit iombre, à peine une douzaine de Crésus sont puissants, tout-puissants. L’aristocratie absolue de la richesse et intérêts mercantiles, servis par une presse passionnée, Ja 1 , ^es Vrais pouvoirs dominateurs de la colonie. Dans ^ réalité des choses, Hong-kong peut être appelée une §archie, où tous les magnats sont libres, excepté le gouverneur. Nous verrons bientôt l’usage formidable que Cet eiïihryon d’Étal a fait d’une pareille liberté.
- Valeur monétaire des rochers de Hong kong.
- fait
- curieux constaté dans les rapports du gouver-tio 3U rn^n^strc des colonies, c’est que l’administra-n des domaines coloniaux a trouvé l’art, au milieu des
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- rochers, clans les petits vallons et sur les.plages de Hong' kong, de se créer un revenu. 11 est produit par la vente de ces superficies de sable et de pierre qu’en vérité nous n’osons pas honorer du nom de terrains.
- Dans la seule année 1855, signalée par un accroissement de 17,000 immigrants, la superficie, sable ou pierre, vendue par le domaine public, a rapporté 393,000 francs.
- Si nous voulons justifier cette recette, n’oublions paS qu’on accroît la cité de Victoria aux dépens des rochers du domaine public. Quand on veut bâtir des maisons nouvelles, il faut acheter des mètres carrés de sol gia nitique, cjuoique incapables de toute culture, aussi chèrement que si l’on construisait sur la terre la P^uS féconde.
- Dépenses et revenus de la colonie.
- Il serait curieux d’étudier le progrès des revenus des dépenses publiques dans la colonie de Hong-k-OUo* Pendant douze ans, le Gouvernement métropolitain fourni des subventions gratuites pour les principa^eS constructions appropriées à l’utilité générale.
- Les citoyens subviennent maintenant à toutes charges urbaines et coloniales, à la voirie, aux routes,
- Progrès de la population.
- Le progrès de la population dans la colonie de Hoï% kong a surpassé toute attente; il est digne, en lui-mén10’ d’une étude spéciale.
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- années.
- 1848
- 1850
- 1851
- 1852
- HABITANTS. ANNÉES. HABITANTS.
- 23,998 1853 38,823
- 33,143 1854 55,715
- 32,820 1855 72,607
- 36,788 1856 71,730
- tableau fait voir que dans l’année de l’exposition universelle, en i85i, la colonie de Hong-kong, fondée ^dénient depuis huit années, comptait déjà 32,820 hantants; quatre ans après elle en comptait 72,607, et ges'Pr°hablement elle en possède aujourd'hui plus de °>ooo. Voilà certes de beaux et rapides progrès. Expliquons à travers quelles difficultés, opposées par le climat, es Européens ont pu parvenir à de tels résultats.
- Etal sanitaire de Hong-kong.
- ^ui dobéir à l’intérêt principal, à celui du commerce ^ de la navigation, il a fallu que la cité de Victoria fut f*le du côté septentrional de la montagne appelée le deC Victoria. Or, ce côté ne permet pas aux habitants resph'er les brises d’air pur et rafraîchissant qui uent du large, dans la direction du sud-ouest, au aps des grandes chaleurs. On subit tour à tour des tes excessives et des chaleurs accablantes, sous un eil des tropiques. .
- pa v mortaüté» dans le principe, était excessive; elle *ut moindrc aujourd’hui, mais partout ailleurs on la trou-le jlt ericorc effrayante. Ajoutons quelle a lieu quoique de . ltants de Victoria lassent un emploi prodigieux fillininc et de ce qu’ils appellent des pilules bleues. La
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- dyssenterie, les obstructions, les affections du foie et tes
- fièvres pernicieuses sont les maladies qui prédominent.
- Mortalité déplorable de la garnison.
- C’est sur la garnison que les effets funestes du clim^ se sont fait et se font encore sentir. En 1858, au moi8 de juillet, temps de la saison malsaine, une garnison <te six cents hommes en comptait cent cinquante à fhôpit^ • tel est l’état le plus récent.
- Le 59e régiment d’infanterie britannique est resté pen' dant huit années en garnison dans Ilong-kong ; au bout de ce temps il ne restait pas dix hommes de la premte1*3 arrivée. Le climat et le brûlant spiritueux appelé cha#1 chou.1 furent les causes principales de cette effraya*1^ destruction. Sur un régiment entretenu seulement a l’effectif de mille baïonnettes, 011 évaluait à deux milte te nombre des hommes enterrés dans file ou renvoyés en Europe à titre d’invalides; on a ruiné successivTemeïl* deux bataillons entiers pour recruter ce corps 2. Comment l’Angleterre pouvait-elle ainsi condamner à mort un régiment aussi digne que les autres d’un constant interet» et qui méritait au moins la pitié? Pourquoi donc le P11 vait-elle de la faveur générale qui, de trois en trois ar,s> fait permuter les garnisons dans les diverses possession8 de son vaste empire?
- Faisons remarquer ici que la destruction si rapide des forces, de la santé, de la vie même des militaires na P‘ cessé d’avoir lieu malgré les précautions les*plus attentive8 et les plus dignes d’éloges. Pour fortifier l’estomac deS soldats de garde, pour les préserver contre les miasme
- 1 F.au-de vic de riz.
- * Wingrove. (Correspondance du Times.)
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- Pédant le jour et contre la température effrayante des on distribuait aux sentinelles des toniques amers et es rations d’un vin très-fortifiant tiré de l’Espagne.
- ^ Les équipages des navires stationnés dans la baie de ictoria, entre la ville et le continent, présentaient une Proportion de malades pl us forte encore que celle de la §arnison. Afin d’obvier à ce danger, on fait séjourner les ^vires de l’État, à tour de rôle, auprès des îles plus saines sont à l’entrée de la baie de Canton.
- Station militaire des bains de mer, au sud-est de Ilong-kong.
- ^ ^Ur la côte orientale de l’île, on trouve une place de ^ains dans une position que rafraîchissent les brises du 8e; on y conduit les soldats qui peuvent recouvrer la e par l’usage des bains de mer, en respirant un air °ltls funeste que celui de Victoria.
- Recherches qui concernent la population civile.
- serrt'>US Iïle^rons à profit les documents statistiques pré-par r tr^s"r®cemment sur population de Hong-kong e Gouvernement britannique.
- ^°uvements totaux de la population en i853, 185k et 1855.
- Naissance*. Décès.
- Européens......................... fi**9
- Chinois............................. 6aa 1,4 9
- Viatiques de Macao et des Phiüpptaes. 102 100
- Indiens et Malais mahométans......... *9
- Totaux............. 83a 1,965
- ,NTnODCCTlON. — IU.
- 3o
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- Ce tableau nous fait voir qu’il faut attribuer le rapi^e accroissement de la population à l’extrême abondance de l’immigration. Si, par une cause quelconque, cette im1*11 gration était suspendue, loin que la population fût pr° gressive, elle diminuerait; la diminution serait dune extrême rapidité pour la race blanche.
- Du tableau précédent nous concluons celui qui suivre, et dont les résultats sont frappants.
- Nombre de décès par cent naissances à Hong-kong.
- Décès-
- Européens........... ......................... ^27
- Chinois.......................................
- Q
- Asiatiques de Macao et des Philippines........ 9°
- Indiens et Malais mahométans.................. 711
- Il faut remarquer, pour les Chinois, les Indiens et Malais, qu’ils ont avec eux très-peu de femmes et conséquent peu de naissances. Il en est autrement émigrés provenant de Macao et des Philippines.
- Population annuelle donnée par race et par sexe-
- de
- disti°' du
- Afin qu’on puisse apprécier les elfets très-divers mortalité dans les années les plus récentes, nous guons avec soin les races.
- Nous appelons, en conséquence, toute l’attention^ lecteur sur le tableau suivant; il est doublement re ^ quable par l’extrême inégalité des deux races et par des deux sexes qui peuplent la colonie de IIong-k°n#
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- DES NATIONS.
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- tableau triennal de population par race et par sexe.
- . RACES
- TOTAL
- TOTAL.
- COLORÉE.
- féminin.
- masculin.
- masculin.
- 29,804
- 29,271
- 38,823
- 14,840
- 40,517
- 15,198
- 55,715
- 39,859
- 72,617
- 18,533
- 53,658
- 52,837
- 71,730
- ('es ^ n°S yeux> (^un haut intérêt de comparer à Populations leurs décès par races pendant les mêmes es î nous allons trouver d’énormes différences.
- DÉCÈS ANNUELS PAR RACES.
- RACES
- ANNÉES.
- COLORÉE.
- Totaüx
- John
- Bowring, lorsqu'il était gouverneur de Hong-
- 3o.
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- m FORCE PRODUCTIVE
- kong, rendait compte au Gouvernement de Tétat san| taire observé dans cette colonie; état, selon lui, satisfe1 sant, même à l’égard de la race blanche, dans les anneeS dont nous rapportons l'eUrayante mortalité.
- A l’égard de la race colorée, je ne puis pas croire ses décès aient été constatés avec exactitude. Je ferai, plus, remarquer qu’à Victoria cette race, très-sobre, essentiellement passagère, quelle compte très-peu
- de
- est
- de
- les
- femmes,'par conséquent très-peu d’enfants, et que hommes retournent sur le continent de la Chine av d’être usés par le climat. Je le répète, dans Hong-kor)^’ les indigènes n’attachent aucune importance à faire c0llS taler les décès des leurs par l’autorité publique, et presCl11 tous emportent leurs morts sur le continent. Ces obsel vations aideront à comprendre le tableau résumé suiva*1
- NOMBRE DE VIVANTS FOUR DN DÉcÉS ANNUEL SUIVANT LES RACES-
- RACES
- ANNÉES.
- Lci trois «nooes réunies (moyonno)...
- Parallèle définitif de l’inégalité numérique des deux raceS
- itte*1'
- Un des faits qui méritent le plus de fixer noti6a tion, c’est la grande disproportion entre le nom^1^ je habitants de race blanche, presque tous Angla,s’
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- Nombre des habitants de race colorée, presque tous Chinois.
- Proportion des races humaines à Hong-Hong.
- Aimée»,
- i85i . i855.
- Blancs.
- ÎOO
- ÎOO
- Colores,
- 4971
- 6723
- Conséquences commerciales.
- A quelle industrie s’adonnent les soixante et douze à ^atie-vingt mille Chinois de Victoria? Ce n’est pas seulea servir un millier d’Anglais, malgré Je luxe infini suPpose à ces modernes Crésus. Ils sont en môme Ps les serviteurs et les pourvoyeurs d’une immense ^ lne de guerre et de commerce; ils sont les intermé-a!les indispensables pour mettre par degrés entre les ns de l’Angleterre le cabotage de mille lieues de mip . ns Ie trafic interlope avec les populations rive-servent à préparer les pacotilles frauduleuse-t0 destinées pour ces populations, puis dirigées sur dp ?S P°^nls de l’intérieur où l’on peut éviter la douane ttoise : douane abhorrée de tout marchand, honnête ç 0rC qui réside à Victoria.
- e P°ignée d’Européens ne peut évidemment exercer So Uence appréciable sur les produits occidentaux con-aux r1(iS.C^lI,s l°s colonies; quant aux Chinois, aux Malais, les ^ *Gns’ les denrées indigènes sont à très-peu près ^eulcs qu’ds consomment.
- c0ll(jn?1 Ics produits de l’ancien monde apportés et desti^ts au Port de Victoria sont, en presque totalité, crn’.\ ailx Chinois des provinces, depuis Canton jus-
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- Des barques nombreuses et petites, qui n’entrent pj* dans l’évaluation des tonnages, viennent chaque jour la terre ferme apporter le riz, les légumes, la volait’ le cham-chou si funeste à la garnison, et les nomt»1^11* objets nécessaires à l’existence d’une population qui surpasser aujourd’hui quatre-vingt mille habitants.
- doit
- Absence motivée des douanes.
- Une douane établie pour percevoir de misérables sur les importations nécessaires à la vie d’un millier d ropéens n’eût procuré qu’un revenu sans valeur; ce ^ venu n’aurait pas compensé le déplaisir qu’occasionu des formalités gênantes et le moindre droit à payer. donc agi sagement de ne pas établir une douane dans ^ de Hong-kong; on s’est guidé d’après les mêmes que dans la création, si célèbre et si prospère, du P franc de Singapore.
- Le seul inconvénient qui s’en soit suivi, c’est d mis le Gouvernement dans l’impossibilité d’établir des ^ culs fondés sur la valeur des importations et des expu tions : valeur dont l’expression annuelle eût répandu de jour sur l’histoire la plus récente, du commerce e la Chine et l’Occident.
- Idée de la grandeur des transactions commerciales de Hong-k° 9
- Je trouve cependant un document précieux fourni^ la grande association des transports accélérés c^e a sous le nom de Compagnie péninsulaire orientale. ^
- transporté de l’Europe et de l’Inde, dans le port de kong, les quantités suivantes d’opium et de métaux cieux :
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- DES NATIONS.
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- ÏMPORTATIONS D'OPIUM ET DK TRÉSORS PAR LA COMPAGNIE PENINSULAIRE ORIENTALE.
- ANNÉES. OPIUM provenant DE L’INDE. ESPÈCES ET MÉTAUX précieux VENUS D’ANOLETBERE*
- 1853, caisses, 36,409 46,765 33,446 dollars. 10,776,085 20,770,463 12,291,202 francs. 75,432,595 145,393,231 85,045,414
- 1854.
- 1855.
- Il est essentiel ici de remarquer qu’aux valeurs moné-taîrn,, ^ .
- Val S aPPor^es dans Hong-kong il faut ajouter d’autres ba‘,eil^S C0nsidérables envoyées par l’Angleterre à Chang-ai* voici le chiffre pour deux années :
- Valeurs complémentaires envoyées d’Europe à Chang-haï.
- i853 . 1854.
- Francs.
- 39,152,730
- 39,421,410
- etons un regard attristé sur le commerce de l’opium, erce dont le port de Victoria s’est fait le foyer ClPaI, mais non pas l’unique.
- Evaluation de l'opium apporté dans le port de Hong kong, à raison de 2,500francs la caisse.
- Années. Francs.
- >853 91,022,500
- 1854 . . ll6,912,5oo
- *855. 83,615,000
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- 472 FORCE PRODUCTIVE
- Par les indications qui viennent d’être présentées, °ri peut juger des valeurs énormes qu’il faut attribuer au* importations ainsi qu’aux exportations du port de Hong kong, en y comprenant toute espèce de marchandises» pendant le cours d’une année.
- Navigation générale propre à la colonie de Hong-kong.
- On appréciera d’une autre manière l’importance commerce de Hong-kong par l’énumération du tonnap des navires arrivés dans le port de Victoria pendant cours de trois années.
- ENTRÉES ANNUELLES DU l’OHT DE VICTORIA, DE l854 À l856.
- 1854.
- 1855.
- ORIGINE
- Royaumes britanniques... Possessions britanniques.. Etats-Unis...............
- 29,070
- 27,839
- 100,317
- 100,018
- 73,336
- 57,170
- Autres pays non chinois... I’avs chinois...............
- 120,200
- 293,277
- 443,324
- 004,570
- Observations essentielles déduites du tableau précédent.
- En arrêtant notre attention sur le tableau qui prccèd
- • î non5
- nous aurons à présenter plusieurs observations qul semblent essentielles.
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- DES NATIONS. 473
- Notre première observation portera sur la proportion, ^ peu considérable, des navires qui viennent directement u Royaume-Uni. Si l’isthme de Suez était ouvert par un c^nal maritime, au lieu d’avoir un grand nombre de na-^ires prenant ou portant à Suez des chargements pour la me ou venant de la Chine, les mêmes bâtiments iraient JUsquen Angleterre avec une économie incomparable, et commerce prendrait un nouvel essor. Par là, le ton-m>ge direct des transports entre le Royaume-Uni et le leste-Empire serait notablement accru.
- Notre .seconde observation portera sur la grandeur du *j°mmerce fait entre la Chine et les possessions extérieures ^a Grande-Bretagne : l’IIindostan, Singapore, i’Austra-^e> etc. Rien ne montrera mieux, au point de vue de la rce Navale, quel avantage cette puissance retire de ses Pressions extérieures.
- Noti
- Plus
- re troisième observation, et c’est de beaucoup la importante, portera sur le progrès extraordinaire de a Navigation des pays chinois avec Ilong-kong.
- entrées mises en paraleèle-des navires non chinois
- ET DES NAVIRES CHINOIS.
- 1855.
- 1854.
- 1853.
- 311,293
- 275,010
- 300,300
- 108,314
- 140,753
- Cs
- vill0li r.293«’77 tonneaux ne comprennent que des navires portant pa-
- “utatinique.
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-
- liVi FORCE PRODUCTIVE
- , En 1853, le commerce avec les pays chinois est représenté par un tonnage qui n’est pas encore moitié du cou1' merce avec l’univers étranger.
- Dès 1855, le commerce avec les pays chinois cst presque égal en tonnage au commerce avec l’univers étranger.
- Telle est, en effet, l’époque où les marchands-princeS de Hong-kong accomplissent leur grande conquête da°s le commerce avec les côtes de la Chine, en décidantes Chinois k leur confier le transport de leurs propres mar chandises expédiées de Chine en Chine; par ce moye^ les Anglais délivrent les commerçants indigènes de peur d’être spoliés par les pirates, qui tremblent devant pavillon britannique. Applaudissons à ce succès dans l*n térêt réuni de la sécurité maritime et de la probité.
- Notre quatrième observation sera relative au dévelop pement si remarquable du commerce des États-Unis, c°n sidéré dans ses rapports avec Hong-kong. Sans faire aucUlî frais de colonisation, sans déclarer la guerre à personne cette puissance met son génie et son activité à dépl°yer rapidement sa navigation et son commerce dans touteS les parties du monde.
- Commerce des États-Unis avec la Chine, année 1855•
- Par Tonnage. navires américains Entrée*. . ... 55,o/j8‘ Sortie»* 101,65c»1 15,766
- Par navires étrangers .... 15,767
- Totaux .... 70,815 117,4»^
- Valeur des produits transportés.
- Importation*. Importation*.
- 9,181,730'* [>9,001 ,aoo'r
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- On sera frappé de la grande supériorité des exportations snrles importations. Les Américains achètent beaucoup de soies et de thés, tandis que les Chinois n’ont besoin que d un fort petit nombre d’objets produits par les Américains. Faisons remarquer combien est grande la navigation accomplissent en Chine les bâtiments réunis de l’Angleterre et des États-Unis.
- ^es Pays non chinois, d’Europe, d’Afrique et d’Asie, autres que l’empire britannique et la grande république américaine, font moins de navigation que les deux pre-^ères puissances prises ensemble.
- Appréciation du génie commercial des marchands-princes de Hong-kong.
- Nous n’avons rien négligé pour faire apprécier les pro-de l’établissement commercial de Hong-kong. Il faut jV(Jlr *ci l’œuvre des marchands anglais de Canton. Humi-et fatigués du rôle obscur qu’ils jouaient dans le port n°is, ils avaient eu l’espoir d’en déplacer le négoce .* qui plus est, les grands négociants indigènes. Ce der-nier espoir est le seul dans lequel ils aient été déçus. Pas grande maison chinoise n’a voulu quitter le chef-lieu . u Kouang-toung, ni perdre le premier rang dont elle .l°uissait dans cette importante cité, pour aller jouer » r^e secondaire sur un rocher brûlant et malsain, j a gré ce mécompte, il n’en faut pas moins apprécier mérite d’une des créations les plus surprenantes du XI*° siècle.
- QUe le lecteur se rappelle les faits dont nous avons Presenté l’ensemble, et les difficultés vaincues, et les arigers perpétuels de maladie, de mortalité même, bravés Vcc intrépidité; rcs obstacles, qu’il les oppose aux tra-
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- vaux accomplis, aux richesses conquises. Alors il pourra se faire une haute et juste idée de l’énergie déployée par le petit nombre d’Anglais qui sont parvenus, en si peU d’années, à de si magnifiques résultats.
- Nous voyons ici l’un des spectacles les plus dignes dune attention profonde : de grands capitalistes britannique^ aux espérances infinies, aux désirs plus vastes encore que leur opulence; doués d’une force indomptable de volonté, caractère de leur race; mesurant leur soif de trésors à conquérir d’après l’immensité des trésors déjà conque * et, pour assouvir cette soif à jamais insatiable, sacrifi31^ tout; dédaignant la terre natale, et les plaisirs, etleseru vrements si doux qu’avec leur or ils pourraient savouiel dans la mère patrie; s’exilant à six mille lieues sur un îlot rocheux, sans terre, étroit, malsain, mor tifère; soumet' tant leur santé, leurs jours, à faction d’un climat qul commence par atfaiblir et finit par dévorer : d’un climat qui, pourtant, n’énerve que le corps et ne tue paS ^es passions! Etudions ces sombres courages qui, de sang' froid, quadruplent la chance de leur mortalité, en pre^
- 1 • . A a
- rant la fournaise brûlante et méphitique de Plutus et Pluton au climat si tempéré, si salubre, de l’Angleteri^* En proie aux ardeurs de la zone torride, voycz-les, milieu de leur tartarc mercantile, tourner leurs regar altérés vers cet élysée de la Chine, qui leur paraît en réalité le Céleste Empire; séjour plein d’attraits ou 0 sourit à leur cupidité, moins pour l’habiter quç p°ul tirer la richesse extirpée dans scs dernières prolondcui^ Us comparent, surface à surface, leurs cinq lieues rochers dénudés aux huit cent mille lieues que c0Iïl prennent : à l’occident, les vastes conquêtes de la 171 des herbes; à l’orient, l’empire du Milieu, justement aP pelé la terre des jleurs. Us mesurent en idée les inniicnsi
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- tissus manchestériens dont ils seront les pourvoyeurs, afin d’en vêtir, des pieds à la tête, un demi-milliard de con-s°rnrnateurs à conquérir : tandis que ceux-ci se permettent Jusqu’à ce jour de conserver pour leur propre usage les fuseaux, les métiers et la douce aisance de leurs filles et leurs femmes. Le même demi-milliard de consommateurs convoités ne perdent encore très-partiellement la f°rce et la santé qu’en achetant chaque année pour deux cents millions de francs d’opium! Ce premier résultat, uùnirne aux yeux des heureux fraudeurs, est obtenu péniblement par dix dépôts armés, aventurés dans les replis de
- cote; tandis qu’on voudrait à ciel ouvert couvrir un pays tuirnense uvec des réservoirs d’opium, comparables, quant au rapprochement prodigieux et quant au débit inépui-Sa^e, à ces entrepôts de tabac qui couvrent le sol fran-*ais comme un triste sol allemand. En un mot, jusqu a J°ur, aux yeux des princes du commerce, le pactole
- ce
- du
- grand empire n’a coulé vers Hong-kong que par ^ grès filets, quand il pourrait inonder à (lots d’or ce cptacle britannique. Et ce peuple chinois, si récalci-’ r°tenu par des lois et des mandarins, ce sont avec Gs luttes qu’il faut recommencer sans cesse, les unes ,n de violer le droit des gens, les autres afin de cor-° ^es personnes.
- ^ n osant présenter ces appréciations des choses et des °uimes, si loin que nous sommes du théâtre des entrons extraordinaires ct (le succès à peine croyables, nous
- sar rri°ns cra‘n(lre de juger avec exagération, trompés tétn^G SaVo*1 l)ar l’illusion des distances; mais un Anglais, °m oculaire, vient ifous offrir un témoignage que le sau °a s* bon juge en ces matières, accepte
- s objection. Voici ce que lui confiait un de ses corrcs-‘mts dans une lettre datée de Hong-kong, lettre que
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- le célèbre journal a reproduite avec empressement dans
- Tannée 1859.
- Comment les Anglais apprécient les destinées commerciales de Hong-kong.
- «Hong-kong est le grand centre du cabotage chinois» lequel entretient d’innombrables navires. Ils viennent chargés des produits qu’offrent l’Inde, Siam, Manille» Batavia et Singapore, avec le tribut réuni de farchipel malais, de l’Angleterre, de New-York, de San-Fran-cisco, etc. Ce n’est pas tout encore : Hong-kong est devenue la station centrale, postale et financière don reçoivent l’impulsion tous les fils dirigeants du grand commerce de la Chine avec l’Europe et l’Amérique. Ces fils sont placés dans la main des chefs de maison habitants de la colonie, qui déterminent la destination ultérieure de tous les navires et de toutes les cargaisons qui gagnent ou quittent les mers de cet empire.
- «Quel est le secret de cet accroissement soudam» énorme, dans la population et l’importance commercial6 de ce roc désolé?
- « Le continent voisin a des ports bons et commodes» beaucoup plus rapprochés des marchés producteurs et des acheteurs de marchandises étrangères; sous tous 1®S rapports, ils semblent mieux appropriés au négoce. MalS il est un secret connu, définissable en peu de mots» quoique certains faits ne soient pas acceptables par ^ parties qui le concernent. La sécurité des personnes des propriétés présente la première et la plus large bas6 pour une telle prospérité. La seconde condition est un6 magnifique baie, d’un accès facile. Enfin, Téloigneme des douanes établies en des ports chinois avec une foi6
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- répressive plus ou moins appropriée, cet éloignement achève d’offrir la parfaite solution de ce problème :
- « Étant donné un roc dénudé, dans le voisinage d’un empire opulent, avec une administration basse et corrompue, comment le commerce de cet empire pourra-t-il être uétoorné vers cet îlot? C’est vers ce point qu’une population active et industrieuse pourra convoyer les produits de toute la côte, à des conditions de transport avantageuses pour les consommateurs chinois, puisqu’on ne déclare pas ces produits (soustraits aux droits) comme destinés pour les marchés étrangers. C’est en ce point aussi qu’on leur apportera des cargaisons de retour, avec Une exemption semblable des droits d’importation. Hong-est à la Chine ce que Gibraltar est à l Espagne : un
- urand entrepôt de contrebande..... Il en résulte que
- Ilong-hong, quoique favorisant dans un sens accessoire le c°namerce régulier avec la Chine, le seul qu aient entendu stipuler les traités avec les puissances, ce commerce trouve réalité sa croissance et sa prospérité merveilleuse dans Uu vaste trafic de contrebande avec tout le littoral de terre ferme, trafic exécuté par les Chinois eux-mêmes (pirates uu non). Dans Hong-kong, ils peuvent obtenir 1 opium, es tissus, les fils, les laines, soustraits à tous droits, avec a chance de les introduire au point de consommation, *U°yennant une prime légère pour corrompre l’officier de la d°««nc. Ici^ üs peuvent acheter leur rhubarbe, leur sucre, ^r camphre et bien d’autres produits, et faire venir de Macao leurs thés à plus bas prix que dans les ports con-Sufeires; par la même raison qu’ils peuvent, dans le tran-échapper au payement des droits.
- De cet état de choses, dont les autorités chinoises °nt droit de se plaindre, et se plaignent en effet, nous ie sommes pas entièrement à blâmer.
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- «Ce n’est pas à nous d’y porter remède, et la chose n’est pas en notre pouvoir. Comme grand dépôt de nos produits anglo-indiens, où règne une ample sécurité, ü y aurait impossibilité, il y aurait suicide à faire de cette de autre chose qu’un port fraric. On ne doit souffrir aucune inspection des embarcations chinoises en vue de prélever des droits. On ne doit pas permettre aux officiers chinois d’y procéder, comme ils le pourraient suivant l’une des clauses du traité supplémentaire de 1843. Ce traité subsidiaire, qui n a jamais été exécuté, serait destructif de tout développement du commerce. »
- Déclarations extraordinaires.
- L’ingénu correspondant continue avec une inflexible logique, et conclut ainsi : >
- «11 serait parfaitement inutile de discuter en ce heU question de savoir si nous serions prêts à sacrifier tout qui n’est pas légitime et tout ce qui n’est pas concordant avec les traités. En effet, très-certainement il n’y aura]3 mais en Angleterre un ministre colonial, ni dans Hong kong un gouverneur colonial assez audacieux pour essayef les mesures extrêmes qui seraient nécessaires afin de dou ner force au principe.
- « Le premier fruit de cette conduite serait, à coup sU^ de priver l’île de sa population chinoise, d’éloigner tout cabotage chinois et d’enlever aux poches de nos propre
- O r nVCO
- négociants les gros bénéfices que rapporte un comui chinois: lequel, il est vrai, n’est pas d’un accord cxa^ avec la bonne foi et les traités. Même en admettant chance qu’un ministre des colonies ou qu’un gouvcin61^ colonial voulussent braver la clameur et le soulève^ qu’exciterait une tentative de cette espèce, (juelle que/11*
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- douceur de sa forme, il y aurait encore une autre considé-ration très-fatale au succès d’un pareil projet. Le sacrifice des intérêts de Hong-kong ne ferait que produire l enrichissement de Macao; il ne profiterait en rien au Gouvernaient chinois. Macao deviendrait simplement ce qu’est tiong-kong aujourd’hui. La contrebande avec la Chine, ^ piraterie et le soulèvement des contrées ne feraient que prendre de nouvelles proportions et de plus grands deve-^oppements, sous la plus parfaite impunité qu’un gouvernaient complaisant puisse leur accorder. »
- Nous reviendrons sur cet étrange et dernier argument
- lo
- N
- °rsque nous étudierons la situation et les destins de Macao.
- ^°us nous contenterons à présent de faire une seule région. Nous avons loué avec enthousiasme cet éloquent ta^au présenté par le célèbre Gladstone, tableau qui n°n montre le colon d’Angleterre portant sur tous les P°mts du globe non-seulement son amour du travail et °n génie pour les arts utiles, mais son respect des lois de 1 Pays, sa justice ;\ l’égard de ses concitoyens et son ^our inné (|e ja j Pourquoi faut-il que ces rares
- ^ Us ne s’appliquent pas aux rapports de tels hommes ec les autres nations, et surtout avec les Chinois?
- C/i gouverneur de Hong-kong : sir John Davis. tj0 ne cIllittcrai pas la colonie de Hong kong sans men-
- Je
- inner Plus
- PUis * ÜVCC 11,1 j,lstc hommage un de ses gouverneurs les D, ,lllslruils, les plus sages et les plus modérés. Sir John °Uv ^ auteur très-positif et très-substantiel d’un des les meilleurs que les Anglais aient publiés sur la pét aU XIX* S1^cle- L’écrivain était d’autant plus coin-r^stàé’ (^Uavant de prendre la plume il avait longtemps dans cet empire, à titre de membre du conseil INTnot)ucTio.v. — ni. 3i
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- - commercial de la Compagnie des Indes, à Canton; il avalf accompagné lord Amherst jusqua Pékin lors de i’ambaS' sade de 1816. Sir John Davis s’élève au-dessus des pre' jugés européens contre les Chinois; il est pénétré deS maximes modérées et pacifiques de la grande Compa' gnie, dont nous étudierons en temps et lieu les actes et les succès : maximes quelle a pratiquées tant quelle a conservé le privilège exclusif du commerce avec le Céleste Empire.
- En 18/17, des meurtres furent commis par des paysan® cantonnais sur la personne d’imprudents touristes an glais. On n’avait pas obtenu de satisfaction assez rapide ' assez complète. Alors les passions véhémentes des chands anglais, soit de Hong-kong, soit de Canton, avaier)t poussé le surintendant Davis à de graves hostilités. A^eC les bâtiments de la station britannique, il avait fait étein le feu des cent quatre-vingts bouches à feu chinoises <Jul protégeaient la rivière de Canton; maître de la navigationj sans que le blocus eût procuré de résultat décisif» 1 reculait devant l’idée barbare de brûler une telle cité L’impatience de l’autorité métropolitaine est reV
- é\èe
- par la correspondance du ministère des affaires étran-
- r. li r
- John les
- gères, peu concordante avec l’esprit conciliant de sir Davis. (Voyez cette correspondance, publiée parmi documents parlementaires.) t
- O11 aurait dit qu’en désespoir de cause le surintenc ^ du commerce allait pousser les hostilités jusqu au* niers termes. Dès la lin de 18/17, ^ avait rappelé lesfleo ciants anglais de Canton, qui s’étaient retirés à dans Hong-kong; il avait demandé des troupes et de ^ tillerie à Dénang, à Calcutta. Il n’espérait, plus que les chances de paix laissées par le temps nécessaire p obtenir ces renforts.
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- A ce moment meme, Ki-ying, vice-roi de Canton, et sir John Davis, gouverneur de Hong-kong, se montraient lous deux animés du désir de mettre fin à la querelle;
- justice chinoise, fidèle à ses règles, condamnait à mort Utl nombre de coupables égal à celui des Anglais qui Paient péri sous les coups des villageois voisins de Can-Pour éviter le retour de semblables violences, le vice-r01 Ki-ying offrait de tenir toujours aux ordres du consul aiîglais de Canton vingt hommes de police, afin d’accom-Pagner les habitants des factoreries lorsque ceux-ci voulaient visiter la campagne ou parcourir les bords du ^eilve- Sir John Davis accepta ces propositions, comme a$e d’un armistice, et se hâta d’en référer à Londres. P°ur toute réponse, une décision métropolitaine, prise ^ans les derniers jours de 18/47, fit cesser les pouvoirs jje sir John Davis, cet administrateur trop ami de la paix.
- fut remplacé par M. Bonham, qui pendant longtemps uvait administré Singapore.
- ^ Afin d’apprécier le mérite du caractère que sir John avis déployait alors, il nous suffira de citer les obser-afions faites sur les lieux, â ce moment même, par un Excellent observateur, le commandant de la Bayonnaisc :
- -•a Chine, n’ayant pas besoin des produits européens, ne P°Uvait pas être domptée par un blocus. Aussi n’était-ce P°int là le plan suggéré par la presse de llong-kong.
- Gs journaux de la colonie, écho des opinions les plus Passionnées et les plus extrêmes, 11c se contentaient point formuler des exigences inadmissibles; ils voulaient. aVa«ttout, mettre à feu et à sang les quarante-deux villages ^Uj se trouvent groupés autour de Canton. 11 fallait, Paient-ils, faire justice de l’insolent mépris (pie ces P°pulatio,,s turbulentes affichaient depuis deux siècles ^°Ur tas barbares; inscrire dans ces mémoires rebelles le
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- respect des traités et du droit des gens avec la pointe àe la baïonnette; sceller, en un mot, par une copieuse saignée (a copious bloocl letting) 'la nouvelle alliance des deux peuples.
- « Ces sauvages déclamations ne pouvaient qu’épouvante* l’esprit modéré de sir John Davis et le ramener allX tendances naturelles de sa politique, celles de la Co®'
- pagnie des Indes.... Il avait toujours conservé l’espo*1
- qu’une transaction épargnerait à son pays la nécessité ces faciles et sanglants triomphes, dont les conséquences auraient pu trahir encore une fois les prévisions des terroristes de Hong kong. »
- Admirons maintenant les vicissitudes humaines. Deux mois à peine étaient écoulés depuis la destitution dun gouverneur trop arni de la paix qu’il aurait voulu conser-ver, et voici qu’éclate comme un coup de foudre, a s!* mille lieues de distance, la grande perturbation française du 24 février i848. Les nations se prennent à trembla pour la tranquillité de l'univers. L’Angleterre pense avec raison que c’en serait trop pour l’amour guerfler le plus passionné d’un embrasement général de lancie*1 monde, et du nouveau par contre coup. Elle écrit en Ch®e afin de modérer l’ardeur eiïrénéc des colons hrita*1 niques; elle recommande de ne plus insister sur des con ditions qui ne pourraient être obtenues qu’avec des fl°ts de sang : par exemple, sur la libre entrée dans Canton* réclamée pour les marchands et les administrateurs an
- i itC
- glais. Elle craint que le nouveau gouverneur, en r°^ ^ pour Ilong-kong, ne procède intempestivement a hostilités, et elle lui retire le droit d’y procéder. Elle ren indépendant de son autorité le commandant supénel des forces navales et militaires. En définitive, elle pre de ne faire la guerre en Chine qu’après en avoir deman
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- autorisation métropolitaine, mesure dont l’admirable sa-gesse aurait dû survivre à la République française, éphé-^re ou non.
- • Voilà l’un des rares services rendus au genre humain Par l’épouvante qu’inspira la révolution de février, même Angleterre.
- A partir du moment que nous venons d’indiquer, les ^nglais consentirent tacitement à ne plus insister pour jjue leurs marchands et leurs consuls fussent admis dans ^terieur de la cité de Canton. Mais il convient de remettre l’étude qu'offrira l’histoire subséquente à l'époque ?u °ous aurons décrit Canton r son commerce et scs
- intérêts.
- Edit remarquable de l’empereur Ta-kouang.
- m°us terminerons cette première phase des querelles écft^eeS Cn*rC ^es ^n8^a*s et Canton par la citation d’un cel *^U1 nion*re Chine sous un jour bien différent de ab J °n ‘ésente en Europe, celui d’un despotisme
- • ^ avril i8û8, presque à l’arrivée du nouveau sur-
- vie .n* ^on^iani » l’empereur faisait parvenir à Sé-ou, 101 des deux Kouangs, le rescrit qui va suivre : la (<^es c*^s ont bâties pour protéger le peuple, et ^ab^0,^e J)eu^e ser* aax ^cre^s cû/. Si les
- I Jtanls de Canton refusent aux étrangers l’entrée de Vl^e’ co,nment puis-je promulguer un édit qui ^nn^aisse ce vœu populaire?» esl dans le même mois d’avril que le surintendant ç- Vei’neur de Hong-kong fait savoir à la colonie de ^a,1ton qu’elle ait à ne pas insister dans un sens contraire eRc pensée suprême.
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- MACAO, POSSESSION DES PORTUGAIS. .
- A l’embouchure de la grande baie de Canton, la p°s1' tion de Macao, point le plus avancé de la rive méridiO' nale, est comparable à celle de Hong-kong, point le plllS avancé de la rive septentrionale; on évalue à 68 kdQ mètres la distance de ces deux établissements.
- La presqu’île de Macao.
- Près de la rive droite de la baie, l’île de Macao termine, du coté de la mer, par une péninsule à lextre mité de laquelle les Portugais ont bâti la ville du me**16 nom. L’importance de cette ville était beaucoup p^u^ grande qu’aujourd’hui pour les Occidentaux, et surtoi pour les Anglais, avant que ces derniers eussent obteou la possession de Hong-kong.
- La principale rade de Macao, la plus profonde et plus sure, est située du côté de l’occident.
- Il s’en faut de beaucoup que cette rade ait l’étend^ ni la profondeur d’eau qui donnent un si grand prix ^ rade de Hong-kong. En 1848, si la guerre entre la FraïlC et l’Angleterre avait éclaté, pour qu’une corvette 6^ eaise eût pu se réfugier sous la protection de la neutr portugaise, il aurait fallu quelle débarquât son artiHerl afin de tirer moins d’eau et de pouvoir se placer sous protection rapprochée du pavillon neutre portugais- ^
- La moitié tout au plus de la péninsule est occupa0 P la ville, qui touche h la mer du côté de l’orient côté de l’occident. Du côté du large, à l’est, se trouve rade extérieure, dont les eaux sont encore moins pr0 que celles de la rade intérieure.
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- Condition subordonnée de Macao.
- , Ln travers de la langue de terre qui réunit la péninsule au reste de i’île, les Chinois ont construit une barrière c°ntinue, au milieu de laquelle ils ont bien voulu con-Ceder l’ouverture d’une porte ; mais elle est surveillée par taur corps de garde et fermée chaque nuit. C’est ainsi *Ms tiennent les Portugais dans un état permanent de
- klocus.
- > Lorsqu’cn 1 556 les Chinois accordèrent aux Portugais Une étroite langue de terre, dont la superficie n’excède guère une lieue carrée, ils ne leur en firent pas un pur ; ils leur affermèrent purement et simplement ce territoire Telle est, du moins, leur prétention.
- Les indigènes qui sont domiciliés dans la péninsule y Estent sous l’autorité d’un mandarin spécial et ne cessent Pas d être sujets du Céleste Empire. „
- Les Portugais, par l’édit impérial cpii leur permet de lesider.à Macao, sont tenus de paver .un droit d’entrée
- Çj» _ | IJ
- 1 les marchandises importées dans la presqu’île. Voilà P°Urqu0i dans cette ville on trouve à la fois la douane Portugaise cl la douane chinoise.
- Situation de la ville.
- Latitude.............................. aa* IO' 3o;
- Longitude orientale................... 111 l3 00 ’
- !>ans Macao et sa banlieue on compte environ trente habitants, dont les cinq sixièmes sout Chinois; 1 autrc sixième offre une race acclimatée de Portugais Coliques. Cette race métis est bien dégénérée depuis
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- les temps où le Portugal brillait d’un si grand éclat daflS les mers de l’Inde orientale, de la Chine et du Japon.
- Auprès de la ville, et dans un charmant jardin, le voy^' geur contemple avec respect le tombeau du Camoens. Dans les temps les plus glorieux, cet héroïque soldai noblement mutilé par la victoire, avait pris sa part des périls et des triomphes de sa patrie; son poème épi<ïue illustrait à la fois des combats et des découvertes.
- La presqu’île de Macao reçoit de toutes les directions les vents qui peuvent rafraîchir et purifier son atmosphère-Aussi considère-t-on cette péninsule comme la résidence
- la plus salubre de toute la côte orientale.
- Les marchands-princes de Hong-kong bâtissent en dehors de la cité des maisons de plaisance, ou bung^oS’ qu’ils viennent habiter pendant le temps de la saison plus funeste sur leur triste rocher. Us n’ont à traverse1 que l’embouchure de la baie, qu’on franchit facilement en cinq heures avec l’aide de la vapeur.
- Dans celte courte traversée, lorsque la Grande-Bretagne est en guerre avec la province de Canton, les passage^ sur les navires qui vont et viennent entre Hong-kong et Macao courent le risque d’être enlevés par des pirates» s’ils ne sont pas assassinés par des passagers chinois. l|s sont exposés à de pareils dangers, à moins que le ^P1 taine du paquebot ne prenne les plus grandes précautions contre une race hardie, dissimulée, ingénieuse, babil® a conspirer et toujours prête à tenter quelque coup de lTiaj!^ Les pirates ici sont d’autant plus dangereux <JU pullulent sur la côte méridionale de Hong-kong; ajout011 qu’ils peuvent s’approcher sans inspirer la méfiance, ^ comme pêcheurs ou comme caboteurs, jusqu’au iriom le plus opportun pour s’élancer sur leur proie. ^
- Afin de parer à de tels dangers, les navires a vap
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- 4Ul transportent les passagers entre Hong-kong et Macao ^°nt très-armés; leur pont est garni de canons, et chaque domine de l’équipage ainsi que chaque passager de race Européenne porte à sa ceinture un révolveur.
- En i85q, on citait un de ces paquebots qui faisait f escendrc les passagers chinois à fond de cale, qui relirait echelle après eux, et qui plaçait à l’écoutille un matelot e garde veillant sur les suspects, le sabre à la main. Un autre navire à vapeur portant pavillon anglais présentait auiarree sur le pont une cage en fer; dans cette cage, le Capitaine, tant que durait la traversée, tenait renfermés s°Us clef les passagers chinois.
- 0° justifiait de si grandes précautions en alléguant que SUr cinq bateaux de passage, trois avaient été pris en Maîtrise par les fils du Céleste Empire et les passagers °ccidentaux assassinés.
- es Portugais dans Macao ne pourraient pas violer les lois de la Chine, comme les Anglais de Ilong-kong.
- p)
- est à présent qu’on peut apercevoir combien est futile gratuite l’cxcusc impudente et misérable qu’on pré-^ /e afin de justifier le système illimité de contrebande ^annique, système que professe avec tant de cynisme k Cl^ f^e Victoria : « Si les Anglais ne faisaient pas de llong-le foyer d’une contrebande universelle, Macao s’ap-prierait ce riche héritage; par conséquent, alors, la ation des lois chinoises continuerait sans aflaiblisse-j ’ et l’empire Chinois ne serait pas plus respecté.» f0 exerce sa suzeraineté dans Macao meme, où
- g.nctl0llucnt officiellement ses officiers du revenu public. ç es Portugais se faisaient ouvertement, effrontément lebandiers, s’ils le faisaient surtout au moyen de la
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- force armée, l’empereur renverrait ces déhonlés locataire
- et tout serait fini.
- Même en se conduisant comme doit le faire un peuple à peu près honnête, ils ont mille peines à se conserve! exempts de toute oppression chinoise.
- Essai de résurrection sous le gouverneur Amoral.
- Le Portugal, bien servi par le hasard, au miheU plus profond abaissement de sa colonie, envoya p°ur gouverner un homme supérieur : c’était l’héroïque Ama* ' Doué d’une intelligence supérieure et d’une rare activite’ il tira de la léthargie le peuple de Macao-, il remit sur pied respectable les fortifications, les batteries et la Sar nison ; enfin, il sut tenir vis-à-vis des autorités chin°^eS une conduite à la fois digne et ferme, en exigeant ue un juste respect pour lui, ses compatriotes et le pavill011 de son pays.
- Une horde de bandits, suscités, à ce qu’on a cru, par mandarins de Canton, avaiCtenlé de prendre Macao p surprise; Amaral les repoussa les armes à la main.
- Cet entreprenant gouverneur prétendait qu’à v^lS°Jl des plus glorieux services, à l’époque surtout où l’illustre khang-hi, le Portugal avait payé sa dette Chine; il proclamait que, désormais, la colonie dépendre uniquement de la couronne de Portugal* conséquence, il avait muré l’entrée de la douane ^ noise et renvoyé par-delà les barrières le délégué o^ douane de Canton.
- vei’iie'
- Cet acte n établissait de rupture qu’entre lesgouve***-ments; une autre imprudence aliéna les nations. Une roiù ouveitc par Amaral avait empiété quelque peu sur ^eril, p acement de certains tombeaux chinois; on avait p^
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- amples indemnités aux parents des décédés, en leur lais-sant le temps nécessaire pour enlever les ossements de ®Urs ancêtres. Ces soins, ces égards, n’apaisèrent pas c ez les enfants du Céleste Empire une soif de ven-§^ance qui n’attendait qu’une occasion pour s’assouvir, u vit tout à coup, en 18^9, Macao privée de sa popu-a 1®n et de ses liabitants indigènes; tous les Chinois, p eiss&nt à des signes secrets, avaient quitté la péninsule. I °Ur les rappeler, Amaral prononça la confiscation de .JUrs demeures, s’ils ne rentraient pas à jour fixe; alors j ^vinrent. Tel était le triomphe apparent obtenu par caractère d’un homme, quoiqu’il disposât des plus tail)les moyens.
- A ^pendant les autorités de Canton avaient mis à prix la
- îete du gouverneur, et ce prix était de trente mille francs.
- n dïerent au danger et dédaignant les avertissements de
- j,1 ainis> chaque soir il continuait de sortira cheval, suivi
- j.seul officier. Le 26 août, au voisinage de la barrière
- de la péninsule, il est assailli par six scélérats.
- ^«Ual avait perdu glorieusement son bras droit dans un
- °uihat naval; les meurtriers frappent de leurs sabres son
- et T ^ai,(^ie* C’in fortuné tombe de cheval; aussitôt sa tête
- sin 3 S°l^e ma^n (lul hii restât sont tranchées; les assas-
- cniportent en fuyant ces abominables trophées.
- jGs Chinois voulurent profiter d’un si lâche attentat
- envahir Macao ; niais les soldats d’Amaral conjurèrent
- ^ I)rciïiier péril. Les autorités consulaires et les bâtiments
- guerre mouillés dans la rade, anglais, français, yankies,
- rput les Portugais sous leur protection; par ce concours ii.” , ,1
- " ’ Ia colonie lut préservée d une. invasion.
- P n uc pouvait pas espérer que le petit royaume de
- °rhigal trouvât sur-le-champ, pour son mince étabiisso-
- ent de Macao, un autre homme d’État qui fût, comme
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- Amaral, supérieur au commun des administrateurs par
- les talents, le courage et l’activité.
- Cet établissement, écrasé par la concurrence de Hong' kong, est devenu plus insignifiant que jamais.
- Il aurait pu jouer un rôle considérable par ses lorchaS bien construites, bien armées* et commandées avec cou
- j g
- rage; mais nous avons vu que la flottille montée par1 métis portugais, chargée de sauvegarder les jonques ch* noises sur les côtes du Fo-kien, s’était faite à son l°l,r pirate et quelle avait été détruite avec ignominie.
- Un vertueux comprador chinois dans Macao : Ayo, le vrai représenta1 de la classe moyenne honnête, en Chine.
- Partout où je puis trouver des caractères étudiés dapjeS nature, je m’en saisis pour faire apprécier la Chine. ^
- Je présente avec une pleine confiance le p°r d’un des hommes honnêtes et patriotes, choisi dans classe intermédiaire entre les paysans et les artisans, dua côté, et, de l’autre, la corporation des lettrés. Je copieri* textuellement l’esquisse pleine d’intérêt tracée en |0 par un observateur français, M. Julien, alors capital*16 frégate et maintenant contre-amiral.
- Le croira-t-on? ce Chinois galant homme était artfoü£e nisseur; c’était le comprador de la marine américaine et la marine française, à Macao. u
- «Ayo, le comprador modèle, aborde avec son na ^ la corvette la Mayonnaise au milieu des clameurs con qui accompagnent toujours les plus habiles inanceu^ des Chinois. Voici ce nouveau personnage, Iïl0ntlj?0ll sa figure calme et grave à l’entrée du dôme de ban) ^ sous lequel il avait sommeillé jusqu’alors, à c()l^ tC «lieux lares. Une longue robe de coton bleu, retenue
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- DES NATIONS, le côté droit par deux boutons de métal, une calotte fioire surmontée d’un nœud rouge, faisaient reconnaître dans l’impassible passager un des membies industrie de cette classe moyenne qui, sans avoir conquis ans
- concours littéraires le droit de porter la îobe lettrés et sur son bonnet le bouton des mandarins, se distingue toutefois de la classe inférieure, sinon par la richesse, du moins par le confortable et par l’ampleur u c°stume.
- « Cet homme important était le comprador, le fournisseur Minois de la station française et de la division améiicame. Quiconque alors eut assisté à l’inscription des comman es °u au règlement de ses comptes eût pu voir les doubles Pages fabriquées avec les tiges macerees du bam o ^ouvrir d’hiéroglyphes que traçait, en se jouant, la pom e Mincie du pinceau; il aurait pu suivre les boulettes e Ses tablettes à calcul, pendant quelles glissaient sous les d°igts agiles du Chinois et accomplissaient avec rapidité ^eur calcul mécanique. .
- (( Ayo n’avait pas craint d’enfreindre les sevèi es ( ^
- Fils du Ciel et de s’égarer un jour loin de la terre des Embarqué sur un navire américain, il avait visit |es rivages du nouveau monde. Pendant ce long voyace, ^ aVait acquis sur la configuration de notie pianote, s Paissance desdivers États qui s en partagent létenc u jetions dont l’exactitude contrastait singulièremc es idées confuses qui amusent encore aujoui mi ?ulité de ses compatriotes. Ayo était peu versé dans a lect«re des Kinq et des autres ouvrages de Confucius Ulais à cette morale officielle son esprit intelligent aval ^titué, arec avantage, les lumières d’une conscience 1 r°de et honnête. Actif et industrieux, poursuivant avec ar(W des profits légitimes, il n’eût point voulu s abaisser
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- de
- aux supercheries qui déshonorent le petit commerce Canton. Il vivait entouré d’une famille laborieuse, ffUil gouvernait avec la gravité et l’autorité absolue dun pa triarche. Vénéré de ses nombreux descendants, qui Pr0 mettaient à son tombeau le religieux hommage de deux générations, cet homme, auquel le stigmate de l’émigra tion interdisait à jamais l’honneur des rangs littéraires était peut-être un des habitants les plus heureux et les plus éclairés de la Chine. Affranchi depuis longtemps des préjugés de son enfance, désabusé des fables du bouddhisme et des rites superstitieux de la nécromancie chinoise, témoignait cependant une ardente déférence envers opinions généralement admises par la société au mdieU de laquelle il vivait. Ce philosophe sceptique avait c°n servé pour son pays et pour les traditions de scs ancêtre un attachement passionné qui avait dû, malgré ses con* tantes relations avec nos missionnaires, contribuer à son éloignement de la foi catholique. Il appréciait sincere® les avantages de notre civilisation, mais il défendait3^ chaleur les antiques coutumes du Céleste Empire. ^ 11
- semblait que si le ciel eût voulu rendre à la Chine
- les
- de
- paternels mandarins de la dynastie des Tharig ou dynastie des Ming, si l’on avait pu proscrire la vénal*1 des offices et les exactions des fonctionnaires subalt®11® ’ il n’y aurait pas eu sur la terre de gouvcrncmeni ^ ^ parfait que celui qui siège û Pékin, d’institutions I bienfaisantes que celles dont la Chine jouit depuis p^ de trois mille ans. Ce type intéressant de la bourgeois® ' noise avait écouté patiemment les critiques et les rai ^ des étrangers sans rien perdre de ses tendances cons ^ trices. Victime résignée des abus qu’il déplorait , ^ s0 paît d’échapper de son mieux à la rapacité des man ‘ et n’en continuait pas moins de considérer conitn
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- Meilleur des systèmes politiques celui sous lequel avaient vécu ses pères et devaient vivre ses fils. »
- Présentons maintenant quelques observations pour rectifier un seul point de ce charmant tableau. Le comprador Ayo n’est point une anomalie, une rare exception. Si des Voyageurs aussi loyaux, aussi perspicaces que M. 1 amiral Jurien parcouraient l’intérieur de la Chine, je suis con vaincu qu’ils y trouveraient partout nombreux et respectés les individus de cette classe moyenne, industrieuse, honnête, et n’ayant d’autre ambition que dëlever ses enfants dans les vertus de la famille et dans le culte des aïeux. Peut-être un certain nombre d’entre eux n’a pas lu les livres moraux de Confucius; eh! qu’importe en réalité? ^observateur français paraît croire que c’est pour n avoir lu cette morale officielle que son comprador, grâce a Cet avantage, montre tant d’honnêteté. Un tel jeu d esprit n’est pas digne du séduisant portraitiste. Cette pratique des vertus héréditaires, cette autorité paternelle incontestée, aussi religieusement transmise que religieusement héritée, cette piété pour les ancêtres conservée par tous |es enfants, même par ceux d’Avo, cet amour persistant des institutions séculaires, disons mieux millénaires, ce pro cieux trésor moral, ce nën est pas moins le sage des sages Td, le transmettant A travers les siècles, en a, pour ain dire, imprégné l’atmosphère de la patrie. Tous respirent bienfaits de ce grand homme, sans sapercevoii q la Partie vertueuse de la société lui doit ces derniers sen-tlrr<ents de sagesse, d’esprit de famille et de nationa ite : vmlls persistantes, qui sont aujourd'hui la seule ancre de salut d’un empire quun trop vaste naufrage menace ( e toutes parts.
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- Provinces de Kouang-toung et de Kouang-si.
- Nous allons,pénétrer dans la dernière province mar1' time du grand empire de la Chine, le Kouang-toung, ^ Kouang oriental ; elle forme un seul gouvernement gene ral ou vice-royauté avec le Kouang-si, le Kouang °cGl dental.
- SUPERFICIE ET POPULATION DE LA VICE-ROYAUTÉ DE CANTON.
- SUPERFICIE POPULATION
- PROVINCES. on - — -
- HECTARES. EN l8ia. EN l860.
- Koaang-loong 20,578,270 19,174,030 27,010,128
- Kou«Dg-«i 20,205,010 7,313,895 10,584,429
- Totaux 40,844,] 80 20,487,925 38,194,557
- On voit par ce tableau que la vice-royauté de Caiit°n est égale en étendue aux quatre cinquièmes de la France S’il fallait en croire les nombres donnés par les dernie^ renseignements, nombres que nous rapportons à 186° » ^ population de cette vice-royauté serait déjà de deux 111 lions supérieure à celle de la France.
- Population par mille hectares.
- 1811. 18Go.
- Kouang-toung........ y3a habitants, i ,341 habitants.
- Kouang-si........... 361 5aa
- Toute la vice-royauté. 649 çj35
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- Dès 181 2, la densité de la population, dans la province de Canton, surpassait celle de l’Angleterre. Un tel résultat ne pouvait être obtenu qu’au moyen d’une agriculture lancée. Cela fait à l’énergie des habitants un honneur lr>fini : songeons en effet qu’un si heau résultat est produit par un travail libre accompli sous la zone torride.
- La Chine, pendant longtemps, n’était accessible aux Européens que par la rivière et le port de Canton.
- Une vaste baie forme l’embouchure de cette rivière, depuis le cap continental qui s’avance à l’est dans la rade de Victoria, au nord de Ilong-kong, jusqu’au cap Target, îui s’élève à l’ouest, nous avons déjà dit que la distance est égale à soixante-huit kilomètres ou dix-sept lieues.
- Une foule d’îlots et deux grandes îles occupent linter-valle compris entre ces deux promontoires.
- Lîle principale du côté oriental est celle de Lantao, longue de vingt-deux kilomètres, large de cinq seulement, ^ de la configuration la plus irrégulière; ses baies ont Servi longtemps de refuge aux contrebandiers d opium.
- Lorsqu’on vient du large on passe entre Hong-kong et cotte île pour arriver à la rade de Victoria. Lorsqu on ^°tit aller de celte rade à Canton par la voie la plus courte, 0ri passe entre le continent etl’îlc de Lantao.
- Lu côté occidental on trouve une île beaucoup plus 8rande que Lantao, île que les Portugais ont rendue céHre sous le nom de Macao. Elle a dix lieues de lon-8lleur sur sept de largeur.
- N°us avons expliqué déjà tout ce qui concerne la
- P^squ’île exiguë, la modeste ville et le port de Macao,
- Protégé par quatre îlots contre l’impétuosité de la met du large.
- , Le large chenal qui forme la principale cntiee de la aie de Canton se trouve immédiatement à l’est de ces
- •NTllODUCTION. —- III.
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- îlots; il longe la rade orientale de Macao. Ce voisinage explique et justifie le choix que les Portugais avaient fait d’une telle position des le temps du grand Albuquerque*
- Station britannique pour la contrebande de l’opium.
- Quand les navires longent l’île de Macao, ils doublent le’ cap Black-Head; ils abordent ensuite un îlot devenu très-important, parce que les Anglais en ont fait leur pluS récente et leur principale station pour les fraudeurs d’opium dans la baie de Canton. Telle est l’île de CuM sing-moan; sa rade est excellente, et sa position est mei veilleuse pour la contrebande.
- Une antre position, préférée d’abord pour cet objet illicite, avait été l’îlot de Lintin, qui divise presque en deux parts égales l’espace compris entre Lantao et la c0^e orientale de la baie; déjà cette baie présente une largeUl très-diminuée quand on atteint cette partie de sa pr° fondeur.
- Les barques et les jonques adonnées au cabotage, qu’elles viennent du sud-ouest, trouvent au couchant
- 1 . . On
- Macao deux voies navigables dirigées sur Canton.
- préfère souvent y passer pour atteindre la branche
- plus occidentale : ce sont autant d’embouchures de
- rivière de Canton. Occupons-nous de la voie que sud
- grand commerce. ^
- Quand on s’est avancé d’environ seize lieues dans baie, la mer est tout à coup remplacée par le cours P ^ cipal du fleuve des Perles, communément appelé rlV de Canton.
- Il existe à l’occident une branche moins imp°r a moins large et moins profonde; c’est celle du can ^ <pie nous avons déjà signalée. Hcvonons à la prmcip*
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- m
- Entre les deux voies navigables, cinq îles, séparées par des canaux assez restreints, forment le delta du fleuve.
- U île et la bouche du Tigre : bocca Tigris.
- Des cinq îles, la première, en venant de la baie pour Pénétrer dans la rivière, est celle de Ty-kok-tou. En face, du côté de l’est, le promontoire de Chuen-pi limite la nve gauche de l’embouchure.
- A partir de ce promontoire, sur la même rive gauche, Ulle rade intérieure est garnie d’ouvrages défensifs. Sous taur protection se tient d’ordinaire à l’ancre la flotte im-Periale, composée des grandes jonques militaires. Ni ^tendue et l’élévation des remparts, ni le grand nombre ^ la force des canons, ne manquent au système de dé-eftse qui sert à protéger toute la rivière.
- Dn remontant, on double une petite île quon a nom-11166 lîle du Tigre y parce qu’en venant de la mer sa pers-Pective ressemble, dit-on, à cet animal accroupi. Des eux côtés de file on franchit un passage resserré: cest Ce qu on appelle la bouche du Tigre.
- ^*es difficultés de la navigation pour remonter le fleuve firent de nombreux obstacles à cause des barres, des °ls et des bancs de sable, qui sont aussi multipliés que Vai'iables de
- ACi
- position, de grandeur et d’altitude
- 1) /n Su*der les navires qui remontent, de petits ^ ls montés par un seul homme et stationnant de cdté du chenal praticable indiquent les parties du ^ ' flue le navire ne doit pas dépasser. Indépendam-
- ces précautions, les pilotes chinois sont pleins
- on
- j * ~ —---------- 0 ,
- eur direction pleine d’expérience et de sagacité.
- Pciience et d’habileté. Depuis plus de deux siècles, Cll° qu’un seul navire étranger qui se soit échoué
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- S
- L'tle de Wam-poa et ses mouillages.
- A quatre lieues au-dessous de Canton, les navires etran gers s’arrêtent et jettent l’ancre près de l’île Wam-foa, & quatrième des cinq qui forment le delta. Il leur est interdit de remonter plus loin. S’ils apportent des cargaisons etrafl gères, elles sont transbordées sur des barques chinoises* Ce n’est pas seulement l’arbitraire des règlements q111 fixe ces mouillages; plus haut, et surtout devant Cant0°* le fleuve n’a plus assez de profondeur pour la navig3*1011 des grands navires européens.
- Les chantiers, les bassins et les constructions navales.
- En arrivant à Wam-poa, nous voyons les rives de ld occupées par de nombreux chantiers de constructif On prendrait une pauvre idée des constructeurs chin01 si l’on ne considérait que les grossières et lourdes j°n(l de guerre, qui depuis des siècles restent dans le état d’imperfection. Ces intelligents charpentiers de rine construisent aussi les agiles et gracieuses Joïl(l mandarines, comparables aux galères par l’élégance légèreté, comme par la vitesse que leur impriment ^ rameurs souvent au nombre de quarante. Ils savent eo lement construire, d’après les idées et suivant les te occidentales, des torchas, des cutters et d’autres b navires qu’on croirait sortis des chantiers européens*.
- On porte à plus de trois cents par année le n0Ja j
- des batiments arrivés d’Europe ou d’Aménqnc
- viennent mouiller à Wam-poa, station qu’on doitreg»
- comme la rade extérieure de Canton. .rpS
- navn1'
- l^os Anglais sont mouillés en aval, avec leurs
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- Venus directement de Calcutta et de Bombay. Au-dessus
- s°nt mouillés les Yankies, rivaux de plus en plus redoutai
- es.
- Entrons dans les chantiers de construction et de radoub *lUe les Chinois ont établis vis-à-vis de la station des Amé-ricains. Si nous considérons sans préjugés leurs travaux, n°us en serons émerveillés; les chantiers de Macao, et ^me ceux de Ilong-kong, n’offrent pas autant de ressources. A-t-on besoin de réparer la carène d’un navire :
- Chinois creuse dans la terre d’alluvion, peu résistante, lln bassin temporaire. Il introduira le bâtiment lors de la ^autc mer; dès que la mer sera basse, avec une rapidité d°nt rien n’approche, il fermera l’entrée du bassin, mis a Sec* par un barrage de terre et de boue; le radoub achevé, enlèvera ce grossier barrage à coups de pioche et le Navire sortira parfaitement réparé. Tous les travaux sont accomphs par des hommes adroits, actifs, infatigables.
- Nous remontons de Wam-poa jusqu’à Canton sur des arques chinoises, aussi variées de formes que.de gran-qui viennent mouiller entre cette ville célébré et de Ilo-nan, dont nous avons déjà parlé comme celle °u s opère l’ingénieux parfumage des thés (voyez p. 188).
- La ville de Canton.
- ,, ville avec ses faubourgs, en la mesurant de lest à °Uest, n’a pas moins de six kilomètres de longueui, sa ^’S^ur n’est pas à beaucoup près aussi considérable.
- , partie entourée de fortifications a seulement trois «otnètre» de longueur; sa forme est celle d’un 1), dont t jarïlbage rectiligne est parallèle au fleuve et peicé de ([0ls Portes. En avant est une ligne irrégulière de quais, débarcadères, d’ilots et de maisons habitées; ce qui
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- présente l’aspect le plus irrégulier sur la rive gauche du lleuve. N’en soyons pas étonnés: les rives de la latnise» à Londres même, n’olfrent pas un plus bel ordre.
- Un canal fait le tour presque complet de la ville et devrait servir à sa défense.
- Les fortifications.
- Les remparts, suivant la règle adoptée pour les cité5 de première classe, sont remarquables à la fois par leurs proportions massives et pour leur élévation; les muraiHeS varient depuis huit jusqu’à douze mètres de hauteur, leur épaisseur depuis six jusqu’à sept mètres et demi* UeS murs sont llanqués de tours.
- Du côté du midi, un rempart intérieur s’étend de lc^ à l’ouest; il forme la ville neuve, entre laquelle et ville ancienne un large fossé complète la défense.
- La ville ancienne.
- ble
- .leid
- La ville ancienne ou ville du nord est la plus vaste» elle se présente aux étrangers comme un incxtrica labyrinthe, aux mille rues étroites et tortueuses.
- Dans cette antique cité, quand les mandarins veu ^ visiter un quartier éloigné de leur demeure, ils prenn un grand éventail sur lequel est tracé le plan de la v| ^ quelques mandarins plus habiles ont une boussole c‘ leur palanquin. ^
- Si vous prenez pour guide un Chinois d’un qUi ^ de l’est, il ne connaît pas la topographie des quartiers l’ouest; et le Chinois d’un quartier de l’ouest ignore v lement les places et les rues des autres parties de D V1 On peut cependant indiquer comme un ino)en
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- DES NATIONS. repère une grande rue percée en ligne droite qui traverse Ancienne ville : c’est la rue de la Bienveillance et de l Amitié, qui s’étend de la porte de l’est à la porte de ^ ouest.
- En partant de la première porte pour avancer vers la seconde, nous trouvons successivement, sur le côté nord
- la rue, les yamons, hôtels ou palais appartenant au receveur des impôts du département, au trésorier géné-rab au gouverneur de la ville et de la province, au Conimandant de la garnison tartare. En avant de la porte c°lossale de l’yamon de ce général, nous trouvons le panier des troupes mandchoues, qui s’étend au midi iUsqu’à la rue du Sud.
- Au centre de la ville s’élève l’yamon du chef de la justice ou juge de la province; à l’ouest, vers les rem-P^rts, est situé l’important hôtel des examens littéraires.
- Le plus grand nombre des rues a si peu de largeur homme, les bras étendus, en touche presque les rr,Urs opposés; et la petitesse de la plupart des habitations c°rrcspond à cette exiguïté des rues. Par cela seul nous c°naprenons comment un million d’hommes logés en des Nuisons ayant seulement un rez-de-chaussee surmonté ^ri modeste attique peuvent être concentrés dans un esPace qui n’est pas le quart de Paris, la ville aux mai-s°Us cinq, à six, à sept et huit étages.
- Eanton, cependant, offre quelques places publiques et p palais avec des cours, des jardins, et même des parcs , 0lît l’étendue paraît incompréhensible dans une cité ïesserrée par des murailles et qui regorge d habitants.
- ville aussi manufacturière, aussi commerçante, est remarqUahle surtout par la multitude et par la diversité de Ses boutiques; elles abondent en objets dune incroyable
- v*Hété.
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- Les deux monuments les plus considérables pour leur masse et pour leur hauteur sont les deux pagodes; la principale a cinquante-deux mètres de hauteur, et sa construction remonte au vie siècle de notre ère. On remarqiie aussi la grande mosquée mahométane. Lorsqu’en les Français et les Anglais ont pénétré dans la ville» et qu’ils en ont visité les monuments, ils ont été surpris de leur déplorable délabrement. La grande pagode surtout offrait l’aspect d’une ruine ; l’escalier qui conduit au som met de l’édifice avait ses marches brisées ou détachées» on ne pouvait monter et surtout descendre sans péril-
- La ville neuve.
- la
- La ville neuve, de beaucoup la moins étendue, a forme d’un long rectangle; elle contient le palais du vlC^ roi, l’hôtel de la douane, etc. A l’ouest, en dehors la cité, se trouvent les établissements consulaires.
- Les factoreries et les consulats.
- Il est étrange que les consulats aient été placés te p|uS
- loin possible de la station des navires étrangers. Au ^
- d’être en aval, ils sont en amont de la ville, dans te a
- bourg occidental; érigés sur les bords du fleuve,
- touchent aux fortifications de la ville neuve. ,,
- Les factoreries, les magasins et les consulats sont i
- gués dans un espace misérablement exigu : il n °ccUP
- guère que le quart d’un kilomètre au bord uu 1 ^
- Les bâtiments ont leurs fondations construites en
- i stuc'
- de granit, et les murs sont en brique revêtue ne ^ La plupart des hôtels consulaires ont deux et morne
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- etages; leur ensemble, imposant et somptueux, fait contraste avec les petites maisons chinoises.
- Un résultat de la dernière guerre sera d’assurer aux étrangers un espace beaucoup moins insuffisant.
- Les consulats sont en face d’un petit bras du fleuve des Perles. Ce petit bras est appelé par les Européens la me'sis; il contourne à l’ouest l’îie de Ho-nan et plus
- iVé
- b
- as communique avec le mouillage des navires étrangers, à Wam-poa.
- Les Anglais ont, de leur pure autorité, donné les noms leurs chefs de terre et de mer, Gougli et Belcher, h *Wx îles qui sont en amont de leurs factoreries.
- Les magasins de thé connus sous le nom du grand Marchand Ilaou-qua sont établis à la pointe occidentale (^e file de IIo-nan‘, presque à la hauteur des consulats.
- Ville extérieure ouverte aux étrangers.
- La ville extérieure, la seule qui soit ouverte aux Rangers, est le faubourg occidental, dont l’angle, qui pa C 10 ^ ^°1S ^euvc e* lcs fortifications, est occupé
- ^ les consulats. On y remarque en trop grand nombre lieux ouverts aux consommations abusives des classes Prieures.
- Les plus tristes tavernes des bords de la Tamise mari-j, °sont des modèles de chasteté, de décence et de pro-^ en comparaison des bouges infâmes où sont attirés Matelots européens, qu’on enivre avec la liqueur de bois fois distillée : le cham-chou, mêlé de poudres ululantes. Lorsque ces imprudents ont perdu la raison, s’|] ranǰ»ne avec impudence, on les dépouille; et j Iesislent, on les bat. Des cris furieux s’élèvent; bientôt amis viennent au secours des victimes, et la bataille
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- s’agrandit. Ces rixes déplorables sont des événements communs; elles donnent aux Chinois sensés peu d’envie de transporter ces désordres dans l’intérieur de leur cite.
- Par le traité de Nankin, les Européens obtinrent en 1842 le droit, refusé depuis deux siècles, de parcourir et d’habiter la ville entourée de remparts. Cette concession fut obtenue comme par force; mais à l’exécution les dilfi cultes parurent si grandes, l’opposition des habitants futsl violente, que le Gouvernement chinois n’osa pas satisfaire A la lettre du traité : on négocia longuement, et sir J°hD' Davis, surintendant du commerce et gouverneur Hong-kong, finit par ajourner une résolution définitif jusqu’au 6 avril 1848. 11 transmit à son successeur cettr grave difficulté, devant laquelle celui-ci recula.
- Rues marchandes remarquables du faubourg oriental.
- En arrière des factoreries, et parallèlement au fleuvC’ s’étend l’étroite et longue rue que les Anglais appel Physic-slrcct; elle est, à la lettre, parcourue du matin al1 soir par un torrent de Chinois allàirés et de coulies p^1 teurs soit de fardeaux, soit de palanquins, seuls vélncu en usage. C’est véritablement la rue des comestibles» les Chevets de la Chine étalent les délicatesses réseive^ pour les Lucullus de Canton. A côté des mets les P exquis, on étale les comestibles qui sont à nos yeU* ^ plus repoussants et les plus vulgaires : les chats, lesr^e5 les chiens écorchés, dépecés, prêts à cuire et dévores yeux par un public connaisseur.
- Les rues consacrées au luxe commercial.
- es pi11*
- Au delà de Physic-street on distingue deux ru-
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- ^rges, plus droites et plus riches que les autres : l’une est la rue de la Chine, et l’autre, la rue Neuve de la Chine. Elles sont pavées en larges dalles de granit; elles plaisent à la fois par leur régularité, leur grandeur et la somptuosité de leurs boutiques. Dans ces deux rues sont étalés les pro* doits des deux mondes. Comme les Anglais et les Arriérions forment réunis plus des trois quarts des étrangers, les Chinois, à côté de leurs caractères hiéroglyphiques, °ot soin d’écrire en anglais l’indication de leurs produits et le nom du vendeur, plus ou moins défigure, pour faciliter l’interprétation britannique.
- Langage populaire, moyen de communication des Chinois avec les étrangers.
- pt • •
- est ]oi le lien de mentionner ce iarson bizarre qui
- $ert 1 | J O l
- g e Dngue commune entre les Chinois et les Anglo-x°ns; il offre un mélange de mots empruntés aux tel^ ^an^ues défigurés avec une espèce de méthode :
- est le parler pigeon, mot qui lui-même ne veut dire ni inf3^ ni ^,a^ec^e dans les idiomes primitifs. Ce langage lme, analogue au parler créole des nègres, est en r, . partie formé de noms, d’adjectifs et de verbes
- j ltS ^“dinihf employé pour le temps présent. Ce Sage a supprimé, d’un côté, les sifflements britanniques ^ a Multiplication, le heurt des rudes consonnes an-aiscs; dc l’autre, les sons gutturaux chinois. Le parler c.^e°n présente, au contraire, des syllabes faciles, adou-fj J. et do molles désinences; on le dirait modelé sur W 10,1 0U Nous trouverons quelques ana-
- bles ov'oc ce langage lorsque nous entendrons, dans les s du Levant, la langue franque, imaginée comme un
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- moyen de communication entre les races latines et leS
- populations arabes ou turques.
- Caractère des marchands chinois en présence des Européens.
- A Canton, les marchands sont doués d’une prévenance, d’une politesse et d’une complaisance h toute épreuve; 1 ont une patience à lasser tous les acheteurs, si l’habile vendeur peut lire sur leur visage le moindre désir de posséder quelque objet offert à leurs regards.
- La perle des vendeurs de Canton et son parler anglo-chinois.
- Je veux citer ici la perfection de ce genre de vendeurs-A peine débarqués, en 1 8/17, les olliciers de la Bayonnalse> empressés d’acheter les curiosités les plus attrayantes, Par courent à l’envi les magasins d’une rue qu’on peut appe^el la rue Vivienne du quartier qui leur est ouvert. Ecoutons le charmant récit de leur capitaine : « Entre tous leS marchands, celui qui captiva le mieux noire patience fut le vénérable Sao-qua, vieillard au chef branlant, à la queue grisonnante, et chaudement enveloppé dans la long^e
- robe ouatée qui se croisait sur sa poitrine. Son
- habde
- étalage mettait chaque objet en lumière et faisait l’un par l’autre tous ses vases précieux, montés sur trépieds de bois aux délicates ciselures, etc. ^
- « Le digne Sao-qua connaissait toutes les ressources ^ parler pigeon; il ne pouvait donc manquer de nous ner par son éloquence. 11 avait cru devoir accepter norable surnom de Talkee-true (M. Parlcr-vrai), ^ Anglais avaient décerné, disait-il, h sa vieille loyau sa farouche franchise. Avec quel abandon, avec <111 familiarité câline le vieux fumeur d’opium penchait
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- face jaune et amaigrie sur l’épaule de l’acheteur hésitant, mais tenté, et lui disait de cet air qui n’appartient qu’au Marchand qui se sacrifie : Y ou ele my Jlicnd, me Talhee-ftuetfoiy tolas (vous être mon ami, à moi Parler-vrai : garante dollars). Les officiers européens, enchantés de cette éloquence, croyaient céder à la probité même en Prodiguant les dollars pour l'objet de leur convoitise.»
- Les industries de Canton et de Fa-tchan.
- Déjà nous avons signalé les industries délicates pratiquées dans le faubourg de Canton que contient lîle de Do-nan, qui fait face à la ville. Ce faubourg contient de Nombreux et vastes magasins.
- Quatre-vingt-seize villages circonvoisins sont habites par un peuple laborieux, industrieux, brave, et qui dé-teste les étrang ers. •
- On peut regarder comme un appendice de Canton la vdle qu’on trouve en remontant de trois à quatre lieues ^ fleuve des Perles : c’est la populeuse Fa-tchan, qui s adonne surtout à la confection des soieries et des tissus coton préparés pour être vendus dans la grande cite. Dautres villes industrieuses y envoient egalement leurs s°ieries pour être teintes ou brodées.
- A l’égard de ces produits, Canton n est pas seulement Un marché; c’est une fabrique puissante. On évalue à cin<l*antc mille le nombre des tisserands qui, dans cette
- i>:i i
- ville
- > mettent en œuvre la soie et le coton.
- Les diverses industries forment des especes de confréries ^9 de corporations, dont les membres se soutiennent Rituellement; ces associations sont facilitées pai la cou-tUlï)G qu’ont les habitants de grouper dans les même» Raniers et les mêmes rues les professions pareilles.
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- Les beaux-arts dans le chef-lieu du Kouang-toung.
- Il ne faut pas croire qu’à Canton les ouvriers ne soient habiles que clans les arts mécaniques; cette cité possédé aussi des artistes qui savent ciseler et sculpter le bois, l’ivoire et les métaux avec beaucoup de délicatesse.
- Les charmants dessins à la gouache.
- Canton possède des peintres à la gouache parmi leS quels, dans ces dernières années, on a distingué Lam-qua' Les dessins de cet artiste conservent l’originalité dn genre fantastique; ils sont embellis par un coloris velonte toujours éclatant et quelquefois plein de vérité. Tant6t il peint les divinités elfrayantes du bouddhisme, et tantôt les grâces mignardes des belles Cantonnaises : il donne < celles-ci des bouches presque aussi petites et des j°uej aussi roses que nos meilleurs journaux de modes, quan ceux-ci prodiguent l’alféterie de leurs grâces à des lormeS poussées au delà d’un terme que la belle nature se gar derait bien d’atteindre.
- La ville jloltunte.
- e-
- Un spectacle vraiment extraordinaire est celui quep1 sente l’ensemblc des navires mouillés dans la longocn de deux lieues sur le vaste lleuvc, entre la ville et son bourg de Ilo-nan. C’est une grande cité Ilot tante ayan
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- rues et ses quartiers. On porte à plus de 200,000 les habitants amphibies qu’elle contient. # ^ •
- La ville llottante comprend d’abord ce nombre ,n de bateaux si petits, que l’on conçoit avec peine cornu16
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- chacun peut loger une famille dont il est la demeure perpétuelle. De grands bateaux habités ont deux étages et semblent des hôtels flottants. On voit ensuite les jonques descendues par le fleuve des Perles et ses nombreux affluents; ils apportent les produits des deux Kouangs, C8ux des provinces de l’ouest et des provinces centrales.
- Depuis le Grand fleuve et le lac Po-yang, des marchandises de toute nature, des tliés, des soieries, des Porcelaines, etc. moyennant un court portage, arrivent Par eau. Cette navigation, malgré sa langueur, est dune économie considérable.
- Les produits de l'Europe, de l’Amérique, de 1 Océanie de l’Inde, arrivés par mer et transbordés à VVam-poa, s°nt apportés sur des allèges en face de Canton.
- Déjà des bateaux à vapeur arrivent avec régularité, Veuant du nord et surtout de Ilong-kong.
- Après les navires consacrés au commerce, aux longs v°^ages, il faut dire un mot de ceux qui servent aux plai-Slrs d’une cité riche et voluptueuse.
- Les bateaux Jlcuris de la Chine sont remarquables P°ur une finesse de formes que ne réprouverait pas i architecture navale européenne. A l’arrière, une dunette %cre est recouverte d’un tendelet de figure cylindrique supporté par quatre mentants pour procurer à la fois C.° Nombre, et de l’air; au centre, une cabine spacieuse, ^chôment revêtue de laque vernie, est sculptée, est cm-ehie par des dorures et gracieusement meublee. Une pai tic (lG ces bateaux sert pendant le jour à de riches promeneurs veulent faire des excursions; l’autre partie, séden-,a^r°» plus grande et plus spacieuse, pourvue de nom-?reu*ct confortables cabinets, sert à des plaisirs moins onnêtes; elle reçoit les visites furtives de bateaux mys-^cusernent fermés pour cacher la honte des visiteurs.
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- Commerce de Canton avec les Européens.
- Je ne présenterai pas ici de détails statistiques sur commerce de Canton, mais j’arrêterai l’attention du leC' teur sur un commerce frauduleux auquel appartiennent des événements d’une excessive gravité.
- Commerce de l’opium à Canton.
- Aussi longtemps que le port de Canton était le seul qul fût ouvert aux Occidentaux, c’était aussi le seul par °u pût s’opérer le commerce frauduleux de l’opium : c0lïl merce dont la répression trop tardive a produit les p^uS grands malheurs et presque la subversion du Celesle Empire.
- C’est à partir de l’année 1798 que l’opium est illtl° duit dans cet empire en quantités qui méritaient dnlal mer les amis des mœurs, quantités qui depuis se sont accrues avec la rapidité la plus déplorable.
- Envois d’opium à Canton par la Compagnie des Indes britanniqaeS dans l'année 1798.
- Caisses provenant de Malwa et de Patna... 4.17°
- Prix rerus par la Compagnie des Indes ... 4»327>853 f
- Dernière année du commerce de la Compagnie des Indes avec la Chine : 1833.
- Caisses provenant de Patna et de Mabva.. . Prix reçus par la Compagnie.............
- io,864
- 3o,883,908 fr‘
- A partir de 1834 , la Compagnie, qui reste maîReS
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- du monopole de l’opium dans l’Hindoustan, ne cesse pas d etre poussée par le besoin d’augmenter ses recettes pour suffire à des dépenses qui croissent toujours; elle multiplie si rapidement ses envois à Canton, qu’entre les années 183 7 et i84o ils s’élèvent en moyenne à 18,694 caisses.
- L'empereur de la Chine, informé des lunestes effets de Ce commerce interdit par les lois, prend enfin la rigou-l'euse mesure de faire saisir dans les magasins mêmes de ^uton tout l’opium introduit par les Anglais, et cet °pium est impitoyablement détruit.
- La guerre de l'opium.
- Le Gouvernement anglais, pour venger ses contrebandiers, déclara la guerre à la Chine. Cette guerre °dieuse fut poursuivie dans la rivière des Perles avec Utle rigueur implacable; une armée britannique assiégea Canton, qu’elle réduisit à capituler. L’immoralité des ^resseurs semblait être en harmonie avec 1 injustice de a cause; on en jugera par l’extrait que je vais faire d un eciivain britannique digne d’être cité. Disons auparavant fflle le ministère auteur de la guerre de l’opium, obligé de aire face à des dépenses militaires et navales quil n avait l)as calculées, et se^ présentant à la Chambre des com-?l,nes avec un budget en déficit, fut renverse pai le ce ^re sir Robert Peel; faible châtiment pour l’entreprise Une guerre dont la cause fait rougir les amis de l’huma-^c. J arrive h la citation que j’ai promise.
- ^ Wingrove Cooke : son jugement sur la guerre de i8ù0 a I8i2.
- Wingrove est un de ces écrivains éclairés, perspi-Caces et courageux que sait choisir le grand journal le ‘NTnOhUCTlON. — 111. ^
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- Times chaque fois qu’ii faut suivre sur les lieux les événements d’une guerre importante. Sa mission s’est étendue à la guerre recommencée par l’Angleterre de i857 ‘ i858, guerre sur laquelle nous reviendrons. L’habüe observateur a réuni dans un volume1 les lettres qu’il adres sait à son commettant pour dire au public anglais ce qLie ne*diraient pas aussi complètement, aussi promptement’ et ce que trop souvent tairaient les comptes officiels. J al lu, j’ai médité la collection de ces lettres, qui sont très honorables pour l’auteur; elles m’ont fourni des lumiéreS que j’aurais cherchées vainement ailleurs.
- Offrons un exemple de la liberté généreuse aveC laquelle M. Wingrove ose parler des hommes et de5 choses. Voici comment il caractérise les événement5
- \ |/j
- de la première guerre déclarée par l’Angleterre a
- Chine2 : Rat
- «La guerre qui recommence en 1857 est le res^ ^ des souvenirs qu’ont laissés les difficultés dues au geïl
- 1 China, the Times’ spécial corrcspondence from China. London,
- 1 The rccollcctions of general Gough’s didicultics have lcd t° t*,C^aCJt sent war. The Cantoncse rcmember that vvliilc h c vvas vvaiting h>r t,lC rl mail, he was attacked by the # patriotic volunteers, # vvlio, surrount L ^ of his force and put it to great dillàcullies. Tlicy reinernbcr also that ^ patriotic volunteers» were not swept away hy l)arharian cannon, ^ coaxed away hy the chinese authorities, who acted undor threat o
- * * » • 1 ' • tlllS Vf
- bardment of the city. This capital error in moral» and in poticyi gious mistake ofthat gallant, cager, and wrong headed little man,
- FJliot; this unworthy, money-grasping, ransom tnking policy ^lflSj^)Crs the présent war. Sincc that day the Canloriese look upon us as i° ^)ey booly-seckcrs, whom it is right to exterminate vvhen they can; 'v sj,ig
- could trash if they pleascd, but whom they can always yet red 0 gaVy
- to us a heap of silver. So they pointed dcrisivcly al us whenever us; they callcd out a fier us «Tàh » (beat them) ! and « Shât » (behea ^
- They cncouraged each other to acts of violence, and they vvr°ue ^ofe intolérable condition of things which makes it ncccssary foi* uS’|j£,njty imposing force, and hy higher conduct, to take an nttitude 0 ( .
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- Gough. Le peuple de Canton se souvient qu’à l’époque où ce général attendait la perception du Uacli-mail (la taxe d’absence de pillage), il fut attaqué par les volontaires patriotes, qui bloquèrent une partie de sa troupe et le jetèrent dans un grand embarras. Le peuple de Canton se souvient aussi que ces volontaires patriotes ne forent pas dispersés par le canon des barbares; ils furent triplement joués, déçus par les autorités chinoises, qui ^es trompaient ainsi parce qu’elles cédaient a la peui du bombardement dont leur ville était menacée. Ce fut une erreur capitale, au double point de vue de la moiale et la politique; ce fut l’insigne égarement de la biave, oppressée, violente et mauvaise tête de ce petit homme
- aPpelé l’amiral Elliot.
- <(Une semblable politique, indigne et rapace, qui met-la main sur l’argent et se faisait donner des rançons, a produit la seconde guerre (de 185y et i858). Depuis °e jour, les habitants de Canton nous regardent comme ^es quêteurs de butin, comme des voleurs quils ont le jb°it d’exterminer quand ils le peuvent, quils sauraient attl'e s’ils le voulaient, et dont ils peuvent toujouis se ebarrasser en accumulant devant eux un monceau dai y^nt. Voilà pourquoi, chaque fois qu’ils nous apercevaient, s Oous montraient au doigt «avec dérision et ciiaient aPrès nous tour à tour : Tâh (bats-les) et shât (décapite-les).
- s ^encourageaient les uns les autres à la violence. Ils Réparaient cette intolérable situation qui nous rend ne-Cessaire, par une force plus imposante et par une con-
- î0* Cantoncsc that wc are nol petty pirates and plunderers tike
- bul a mighty necessity for good aud for ev.l, winch to them ,s ^‘stiblc as naturat dcalb. . , - ...
- jtJ ;Ve “>«>1 do strong violence, hecausc whe hâve been wcak and fool.sl, 1116 past..... (Hong-koug, 8 juillet i858.)
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- duite plus élevée, de prendre l’attitude qui convient a
- notre dignité.
- «Il faut montrer au peuple de Canton que nous ne sommes pas des pirates et des pillards, mais qu’à leur égard nous sommes la nécessité paissante, au sujet du bien comme au sujet du mal; nécessité pour eux irrésistible* comme l’est la mort naturelle.
- «Nous devons à présent exercer une forte violence, parce qu’autrefois nous avons été fous et faibles, etc.»
- Je rapporterai plus tard la noble opinion émise lord Ellenborough sur une autre guerre de Chine, fjul ne peut voir sans horreur: opinion pleine d’autorite, et qui justifie pleinement la mâle franchise de M. ^in grove.
- Si dès i84o le rapporteur de quelque grand et pulS sant journal, un Russell, un Wingrove, avait rend0» semaine par semaine, compte des faits et des méfaits de la flotte et de l’armée, il se serait produit un grand bieIÎ pour la morale publique et pour l’humanité. La terreur salutaire de stigmates à la fois inexorables et justes aura^ promptement mis un terme à des excès, à des iniqulteS dont les auteurs auraient subi l’opprobre devant tous lelllS concitoyens. t
- Honorons l’état social d’un pays où le Gouvernent
- respecte la liberté de la censure, même quand elle altaC^t
- au vif la conduite de scs chefs de terre et de met,
- 1
- quelle verbalise en quelque sorte sur le champ de taille. g
- Il faut maintenant montrer au lecteur les mne effets de la guerre de l’opium, la déconsidération^ Gouvernement vaincu, et le succès qui s’en est suivi ^ insurrection sans exemple dans un empire si leçon révolutions profondes.
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- LA GRANDE INSURRECTION CHINOISE.
- Dans cet ouvrage, on a surtout en vue de faire comprendre, sur la force et la faiblesse du Céleste Empire, faits qui n’ont pas encore été compris, et qui ne ^ °fH pas été parce que leur enchaînement serait impossible au sein de nos sociétés. Au premier rang, il faut placer l’immense révolution qui de nos jours s’esl développée dans la Chine, et qui s’est propagée avec autant de perversité que d’étendue. L’importance du sujet justifiera les développements de notre étude et de notre narration.
- Les commandements du maître d’école gui deviendra Dieu, puis aspirant à l’empire.
- fi'O troisième et dernier fds d’un très-petit cultivateur * ^ instigateur et le directeur de l’insurrection politique et «e.^ei,se (Il|i depuis douze ans verse le sang à Ilots ad le malheur de la Chine : Hounq-siéou-tsiacn est le no* de ce novateur.
- jj ^ naquit en i8i3, dans un modeste village, à douze ÜCs au nord-est de Canton. Dès lage de sept ans, on Saenv°ya dans une école voisine; il y fut remarqué. Toute . amiHe, rêvant déjà pour lui les honneurs du manda-(j<. ’ subvint aux frais qu’exigeait son instruction secon-airo, sacrifices qui durèrent jusqu’à sa seizième année. Il £’<$/• ensi,ite cl,cz son père a garder quelques brebis, ses ^ Un m^*cr plein de loisirs qui le laissaient tout à devPenSéeS (1 avenir; mais bientôt il quitta la houlette pour n Ven*r maître d’école en son village. Dans sa position c,,e, il reprit les études qui souriaient à son ambition.
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- Le maître d’école aspire à l’existence des lettrés : revers.
- Il eut le bonheur de subir avec succès, au chef-heU de son district, un examen préparatoire qui ne donnai encore aucun titre aux distinctions littéraires. Sa capacité scolaire ne dépassait pas des bornes assez res' treintes; il ne put point satisfaire aux concours d’un ordre supérieur, ni mériter d’être admis au rang de bacheh61 par l’examinateur de la province, à Canton. Il éprouvai cet échec en 1833, et par conséquent à l’âge de vingt ans*
- D’autres destins l’attendaient dans la capitale du kouang-toung. Un jour il rencontra sur la voie publiffue un catéchiste protestant qui tenait son prêche en pleine rue et qui distribuait aux passants de petits livres bi bliques. Il reçut plusieurs de ces livrets, qui jetèrent dans son esprit quelques vagues imaginations, mais sans port61 aucun fruit salutaire.
- Quatre ans plus tard, en 1837, toujours animé du désir de prendre rang parmi l’aristocratie officielle d6S lettrés, il résolut d’affronter un nouvel examen et le subit sans plus de succès que la dernière fois. Il avait tout 6S^ péré dans la carrière} des honneurs, et la loi, l’équitc pays, ferment la carrière A son esprit insuffisant* ^ sombre désespoir s’empare de lui. Sa santé s’altère; ü l1^, Canton; il retourne dans sonr village, encore moins sou frant du corps que de l’Ame. Pendant quarante joUI . demeure entre la vie et la mort, et pendant qliar nuits il est obsédé par les rêves les plus étranges.
- , . Lu vision fantastique.
- Voici sa principale vision, qui devait avoii
- • tant d’i'1'
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- fluence et sur son sort et sur la paix de l’empire. Il vit entrer dans sa chambre un coq, un serpent, un tigre : h'ois animaux qui personnifiaient l’audace, les voies tor-hieuses et la cruauté. L’instant d’après s’avancèrent une loule d’hommes qui jouaient des instruments. Ils le firent Monter dans un palanquin magnifique, et l’eurent bientôt conduit au milieu d’une place publique éblouissante de flunière; h\, de beaux jeunes gens et de belles jeunes flfles le saluent avec l’expression d’une grandè joie. A peine est-il descendu de son palanquin, voilà qu’une Wune, imposante d’aspect et d’âge, l’entraîne au bord (Kuic rivière et lui dit: «Être souillé! Comment oses-tu Saris rougir te présenter à la compagnie que tu vois la-bas s* resplendissante? Il faut qu’à l’instant je te purifie dans ^es eaux du lleuve. »
- La purification achevée, Iloung-siéou-tsiuen se voit entouré d’un grand nombre d’anciens, à 1 air venerable, Cri qui respire la vertu; au milieu d’eux il reconnaît les S(iints hommes, les sages qui sont l’honneur des premiers Slecles de la Chine. Les anciens l’ayant introduit dans un Palais imposant, ils s’emparent de sa personne. Armés du c°uteau des sacrifices, ils ouvrent son corps; puis, reti-,a*it ses entrailles et son cœur, ils les remplacent par un autre cœur et par d’autres entrailles. Un instant apres s°n corps se referme, sans qu’il reste aucune tiace de Cehe opération pleine de mystère*
- La rénovation accomplie, les initiateurs le conduisirent f1at‘s une salle nouvelle, dont la richesse et la beauté surpassaient toute description. Un vieillard majestueux, dont a fcarhe était d’or et dont le corps était couvert d’une tUrA<]ue sombre, occupait la place d’honneur; il était assis SUv l,ti trône. A peine a-t-il aperçu le héros du rêve, il Se Pl'cnd à pleurer et lui dit : «Tous les êtres humains
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- sont mis au monde et nourris par moi. Tous mangent ma nourriture et portent mes vêtements; mais pas un d’eux ne possède un cœur qui lui rappelle ma personne et qui me révère ! Pour mettre le comble à l’abomination de ces impies, ils osent faire de mes présents une offrande aux démons, puis ils se révoltent contre moi; et leur ingratitude a soulevé ma colère! Les imiteras-tu?» ^eS mots prononcés d’une voix foudroyante, il met un sabre dans la main du visionnaire et lui commande d’extef' miner tous les démons : « Seulement, dit-il, épargne tes frères et tes sœurs. » Il lui donne ensuite un cachet dont le porteur triomphera partout des mauvais esprits. P°lir dernier don, l’auguste vieillard le revêt des insignes de a royauté. Aussitôt, l’initié s’adresse aux anciens réunis dans la salle et les exhorte h rendre hommage au divin person nage assis sur le trône. Quand ils entendent ses reproches accompagnés de menaces, les plus sensés lui répondent» « Nous avions vraiment oublié nos devoirs envers le bien faiteur suprême;» mais d’autres répliquent avec inso11 ciance : « Pourquoi le révérerions-nous? contentons-n°ui d’être joyeux et de boire avec nos amis. » Houng-sie°l| tsiucn, en découvrant l’ingratitude et la légèreté de te hommes, pleura sur eux et leur adressa d’autres exhorta tions plus ardentes que les premières. Le vieillard cbarmc le félicita : «Prends courage, lui dit-il, accompli5 to1 œuvre. Marche! et je t’<iidcrai dans toutes tes difficultés. IHiis il se tourna vers le groupe des plus sages et prononÇ' ces paroles : « Iloung-siéou-tsiuen suffira pour la rn*sS|°je dont je vais le charger. » Après avoir dit ces mots» lit sortir du palais, le conduisit sur une éminence ct commanda de regarder A ses pieds : «Vois les pcupleS ce monde; leurs cœurs sont cent fois pervers.» siéou-tsiuen regarda; il découvrit un si grand dcgie
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- perversité parmi les hommes, que ses yeux n’en purent
- supporter la vue, ni ses paroles l’exprimer....A cet
- Estant, tout disparut.
- Voilà quel fut le premier rêve : mélange incohérent °u l’on reconnaît, à travers des souvenirs propres à la ^hine, quelques réminiscences bibliques, mal comprises et corrompues.
- Pendant les quarante jours que dura la maladie de infortuné maître d’école, ses visions continuèrent avec même extravagance, en flattant toujours la même ambition désespérée et le même penchant à la cruauté. Toujours il apercevait le Divin vieillard. 11 faisait connais-Sance avcc'uu autre personnage divin qu’il osait nommer s°n frère aîné. Ce frère lui révélait les moyens dagir; il dirigeait, au milieu des excursions imaginaires, jus-(juaux plus lointaines contrées, pour y faire la guerre aux Uiauvais esprits; or ce divin guide lui prêtait son aide, afin (^e l€s exterminer.
- Après tant de rêves d’un cerveau souffrant, œgri somnia, Sa SîU*té finit par se rétablir. 11 parut changé d esprit et ( e caractère, d'aspect et de tempérament. Il devint plus son pas s'affermit et son aspect prit quelque chose ^bnposant; ses vues, assure-t-on, semblaient élevées et
- Mandes.
- Nouvel examen infructueux.
- ^ouug-siéou-tsiuen tenta de nouveau les examens, K Is sar,s obtenir de succès; ce qui fit voir que son esprit dyVait l)as aC(Il,,s (^e nouvelles facultés. Resté maître (|, Co*c obscur, en dépit de ses visions, il atteignit et el)f‘ssa sa trentième année sans que rien changeât sa >Usérablc fortune.
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- Le maître d’école devient commis des Anglais, quand ceux-ci produiseut une révolution dans certains esprits des Chinois.
- Jusqu’en i84o, il n’avait vu dans les Anglais que des marchands ou des artisans qu’on disait experts dans leS ouvrages de filature et de tissage, habiles à fabriquer des montres, des mécanismes, et surtout à construire grands navires. Pour subsister à Canton, il avait fini Pal s’introduire dans un comptoir britannique, en qualité u commis. A cette seconde époque, il lit un peu plus con naissance avec les croyances anglicanes; mais son orgue de Chinois ne cessait pas de les regarder comme les su perstitions dépravées et fausses des barbares occidentaux*
- Cependant les Anglais commandaient de plus en p^LlS l’attention, dans le voisinage de Canton, par leur opp° sition à main armée contre les mesures impériales <JLVl prohibaient le fléau de l’opium. Les combats de de 1 8/12 démontrèrent que les barbares d’Occident etaieut irrésistibles dans la guerre, autant sur terre que sur mer* (1 fallut bien reconnaître qu’ils possédaient une 01oa nisation militaire et maritime en vertu de laquelle * avaient vaincu les invincibles Mandchoux et réduit lerU pereur tartare à subir une paix ignominieuse. Ce futl* nouveau motif de mépris chez les fiers cillants Céleste Empire, quand ils surent que leur vice-roi^ ^ ying, un prince de la maison souveraine, se degiu jusqua rendre des visites familières à des envoyés a bares. Les vrais Chinois virent le commerce etian0^ renaître à Canton, alfrancbi de plusieurs restrictions^ d’humiliations qui jusqu’alors attestaient la prepon^ rance des indigènes et llattaient leur orgueil. Lnbn. P dernier déplaisir, on apprit cpic la paix ouvrait <lu
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- bouveaux ports à ces mêmes barbares : je parle ici la langue des Cantonnais.
- Que de motifs pour lever l’étendard de la rébellion contre une dynastie tartave qui dégradait à ce point l’hon-
- neur de l’empire!....Mais il fallait du temps pour que
- Ce ferment de révolte portât ses tristes fruits.
- Comment il devient un révérend prédicant.
- Sur ces entrefaites, un autre Chinois, le catéchiste Le, détermine Houng-siéou-tsiuen a lire pins que jamais ses petits livres. En les relisant, celui-ci se croit frappé un trait de lumière. Son orgueil découvre enfin la clef de a grande vision qu’il avait eue six ans auparavant , et ont e souvenir n’était jamais sorti de sa pensée. Le vieillard que chacun devrait honorer, et qui lavait nomme lloi, ceUit Dieu le Père. L’homme entre deux âges qui l’avait instruit, qui devait l’aider pour exterminer les démons, Jetait Jésus, le Sauveur du monde, qui s’était nomme le ^rére céleste. Le Frère! ce titre supposait un autre frere. Lcs démons, qu’il fallait finir par exterminer, c’étaient les idoles, les idolâtres et surtout les Mandchoux. Il fait un mélange de ses conceptions sacrilèges avec les leçons catéchiste Le, et tous deux vont prêcher un tian0 christianisme.
- Le prédicant, le maître d'école se fait Dieu : sa propagande.
- (|, ^0ung siéou-tsiucii ne se borne pas â l’humble rôle apôtre; c’est trop peu pour lui d’clrc l’envoyé de Dieu, Il 1 sa,,ver la Chine en la gratifiant de la vraie religion. Vîj l^Us i°in : lui-même a l’audace de se présenter comme Il consent â n'etre que le frire puîné du céleste
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- Jésus, auquel il donnera désormais le nom de Frère ain<*• Nous verrons bientôt quel partage il entend faire, dans l’héritage d’ici-bas, avec sa céleste famille.
- Les premiers qu’il convertit dans sa province étaient» comme lui, des maîtres d'école. L’esprit de corps ajoutait à l’attraction de la foi nouvelle, et leur orgueil s’enivrait à la pensée d’être tout à coup les apôtres d’un DieU sorti de leurs rangs. Aux premiers convertis il joignit ses propres parents, et les femmes et les enfants de ses freres» enorgueillis à leur tour d’être du sang de ce Très-Haut) né dans le sein de leur famille; il les baptisa tous à sa manière.
- Les pédagogues et lui, d’un commun accord, re^u sèrent d’adorer les idoles, et ce n’était pas pour eux plus grand péril; mais ils ne voulurent plus respect1 Confucius, qui pourtant n’avait rien de commun aveC l’idolâtrie. Ici commencent le scandale et la pénurie; 1®S parents retirent les élèves â ces prédicants d’école prl maire aussitôt qu’ils voient enlever des classes les tablette révérées du sage par excellence. Voilà les pédagogues sat*s emploi, sans salaires; force leur est de chercher aillel,lS des moyens de vivre. Us partent pour aller enseigner da^ les provinces voisines; chemin faisant, afin de subsista’ ils font un petit commerce de bâtons d’encre et de pin ceaux propies à l’écriture. ^
- Au commencement de i8/j4, ils pénètrent dans province de kouang-si; quelques conversions sont ope* par eux en parcourant les basses terres. Bientôt ils foncent dans les montagnes, afin de propager leur loi c ^ des peuplades â demi sauvages; mais ils ne connais pas la langue des aborigènes. Ils errent quatre jours de trouver un maître d’école, appelé Kéancj, qui la c ^ naissait et qu’on avait chargé d’enseigner le chinois <
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- Montagnards. Ils le convertissent et lui laissent, à la manière protestante, de petits livrets sectaires.
- Nouvelles associations des Adorateurs de Dieu.
- Un autre converti, Fung-yun-chan, sera le saint Paul la secte. Il fait un grand nombre de prosélytes; il Mstitue des congrégations qu’il désigne sous le litre pom-peux de Sociétés des Adorateurs de Dieu. Ces congrégations ^connaissent toutes pour chef et pour Divin seigneur le Maître d’école primitif. Voilà le noyau préparé pour la rébellion future.
- Un 1845 et 1846, on trouve Iloung-siéou-tsiuen revenu sa province natale de Kouang-toung, toujours écrivant de petits traités, débitant des sermons sur ce
- il ose appeler sa religion, et composant de pauvres P°ésies sur les sujets religieux de son système. Parmi les fondateurs d’une religion, c’est le seul dont les écrits ne s°ient pas même restés dix ans entre les mains de ses adeptes, tant ses productions étaient médiocres.
- Plus tard, il retourne dans la province occidentale, le Uouang-si, pour se mettre à la tête des Adorateurs de *eu» lesquels lui fournissent déjà deux mille adeptes. a8régation, la secte, se répand avec rapidité, de district eri district : quelques propriétaires, quelques commei-9ants, quelques bacheliers et même des licenciés sont ^traînés dans cet obscur torrent.
- Les iconoclastes et la persécution.
- Aussitôt que Iloung se voit appuyé par une certaine 0rce numérique, il brise une idole généralement révérée 1 ans le Kouang-si; l’exemple est suivi par ses sectateuis.
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- Mais de pareils actes révoltent Ja généralité des habitants la justice et les magistrats sont sommés de sévir; 011 poursuit les iconoclastes, et deux zélateurs des plus ardents parmi les coupables sont jetés en prison. L’un y meuit par suite de mauvais traitements; l’autre, Fung-yun-chan» l’orateur de la secte, sera jugé par les tribunaux de Canton; conduit par deux agents du mandarinat, il les convertit en route et fuit avec eux vers les montagnes.
- Le songe et tous les faits que je viens de rapporter sont consignés dans un livre très-curieux qu’a publié M. Han*' bei g sur le soi-disant protestantisme de Iloung-siéou-tsiuen •
- Un grand événement de i8â8 pour le Dieu maître d’école.
- La fin de iSkj et l’année 18Zi8 s’écoulent sans <Iue nous ayons connaissance de la vie de lloung;siéou-tsiuen’ En lutte alors avec les lois, il est réduit h se cacher, ParC<3 qu’il est encore incapable de lutter ouvertement contie la force armée d’un gouvernement établi. Dans un acte communiqué plus tard aux étrangers, les sectaires clarent qu’en 1868 le Père céleste et le Frère aîné des
- • _ I ii »
- cendirent sur la terre, évidemment pour entrer en 1 tions plus intimes avec le Frère puîné. Mais tout devi obscur quand on remonte à cette époque.
- Les pirates s'adjoignent aux sectaires.
- Chose étonnante! c’est du
- côté (le l'Angleterre
- évite
- 1 En i85.i, Hung-jin, parent du novateur Iloung-siéou-tsiuen, veut ^
- les recherches des mandarins. 11 se réfugie dans l'îlo de Hong-kong»1 ^ ]e VI. Hamberg et lui remet, sur les commencements de la rébel ho*1 t
- Kouang-si, les documents qui furent plus tard le sujet du curieux livre publié par cet auteur. *
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- devait venir, involontairement il faut le dire, le plus puissant secours qu’aient reçu la croyance sanguinaire et ta rébellion qui devaient ébranler l’empire de la Chine Jusque dans ses fondements.
- écoutons, à ce sujet, un auteur qui nous a fait connaître ta narration de M. Ilamberg. Je le citerai plus d’une tais, parce qu’il écrit avec une pleine conviction. C’est
- Thomas Taylor Meadows b l’historien, je dirais presque enthousiaste, des insurrections chinoises; insurrections quil a transformées en savante et complaisante théorie. On dirait qu’il aperçoit dans la révolte armée, comme notre célèbre Lafayetle, le pins saint de tous les devoirs.
- ((Nous avons été, dit-il, l'instrument fatal de la ruine P°ur la famille mandchoue; combien a nui notre tentative en leur faveur ! Dans le dessein de porter secours au commerce du littoral, une escadrille anglaise avait pour-suivi sur les côtes du Kouang-toung un ramas de pi-1 ates; c’étaient les plus audacieux déprédateurs des côtes du sud-est. Le octobre 18/19, tas bâtiments de guerre anglais détruisirent cinquante-neuf de leurs jonques dans ^oe baie située vers les confins de la Chine et du Tonquin. Presque tous les forbans se jetèrent à terre avec leurs ariïlGs et se sauvèrent en fuyant jusqu’au fond des mon* tagnes du Kouang-si; de lâ, comme d’un repaire de bri-b^nds, ils commencèrent sans retard une guerre active et Jedc qu’on la pouvait attendre d’eux contre les autorités Ultimes. A partir de cette époque, la rébellion na pas Cessé d’étendre ses ravages.
- (< Ils s’associèrent avec des hommes qui n étaient ni Tar<-tai0s ni Chinois: c’étaient les peuplades connues et re-(,0lUées sous le nom de Ki*keos. Ces peuplades, réfugiées
- ‘ 77*c Chincse and thrir rebellions. Londres, »856, un fort volume in-8\
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- depuis un temps immémorial dans le haut pays, y Pos' sèdent quantité de bourgs et de hameaux, moins nombreux toutefois et moins considérables que les villes et les vü-lages occupés par les Chinois des basses terres. »
- Un communisme religieux, puis piratesqüe1.
- C’était précisément au milieu de ces Ki-kcos Houng-siéou-tsiuen était venu chaque fois qu’il setîut sauvé du kouang-toung; il avait eu la bonne fortune dy recevoir l’hospitalité chez un parent éloigné. De cet eu droit il veillait sur ses disciples, réfugiés comme lui dans les montagnes, et sur les congréganistes groupés sous titre d’Adorateurs de Dieu.
- Le maître d’école avait lu, sans doute dans les petlts traités dont il devait faire un si funeste usage, qlia temps des premiers apôtres, les biens étaient mis commun2 pour suffire aux besoins des hommes qul devaient convertir le monde. Dans un dessein moins paCl fique, les Adorateurs de Dieu vendaient leurs terres et leurs maisons pour en verser le prix dans un seul tresoi • chacun recevait sur ce fonds commun sa nourriture son vêtement3. Cela lit la puissance d’une telle associa-tion, renforcée par les réfugiés ex-pirates, qui bien apporteront au trésor sacré des tributs moins innocent5.
- Iai rébellion sectaire.
- nP
- Déjà le divin dispensateur de la dépouille conim avait osé s’appeler Koi, PVaïuj, et deux des plus inllue
- 1 On ose demander pardon pour ce mot.
- 1 Actes des apôtres, chapitre v. s Récit de M. Ilamberg.
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- parmi ses disciples avaient reçu de lui le titre de prince; il comptait dix à quinze mille adeptes ou sujets.
- Au milieu de tant d’apprêts, une querelle de mariage Sl*scile la guerre entre quelques montagnards voisins des basses terres et les Chinois de la plaine; ces derniers ^tiennent l’avantage et brûlent les maisons de leurs adversaires. Les vaincus fuient vers les Adorateurs de taieu, cachés en des hauts lieux inaccessibles et groupés congrégations de cent, deux cents et trois cents personnes; les nouveaux venus acceptent sans examen ta croyance de ceux qui leur donnent un asile et la substance. Voilà les sectaires agglomérés plus intimement jamais avec les transfuges, avec les voleurs anciens nouveaux de terre et de mer, au milieu des tribus sau-^ges : tout est prêt pour une rébellion pleine d avenir.
- En février 1 85o, vers le temps où ces préparatifs secrets Accomplissaient, le vieil empereur Tao-kouang mourait, apfès un règne long et malheureux. Son quatrième fils, lui succéda, prit pour titre symbolique Hien-foung {'Prospcrité générale. » Jamais qualification ne fut moins Justifiée par les événements.
- taes autorités, qui poursuivaient depuis longtemps les lc°noclastes, tentèrent de nouveau d’arrêter Houng-siéou-tsiUen et son partenaire Fung-yun-chan : celui-ci comme y^ut fondé les associations factieuses connues sous le 110111 àzs Adorateurs de Dieu et les propageant de plus en jjUs* ta’un et l’autre se réfugient encore au plus profond es Montagnes; ils échappent avec peine à d extrêmes (Agers.
- Iç Premier lieutenant de Houng-siéou-tsiuen, voyant SojJerd imminent des chefs bien-aimés, tombe sur les ats qui venaient procéder aux arrestations. Dès lors 8l,errc est engagée contre les forces impériales.
- 1NTR0DUCTI0N. — III.
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- A l’époque dont nous parlons, le divin maître decole était de fait ce qu’il est aujourd’hui de nom, le premier chef et l’autorité suprême. On se trouvait en octobre i85o, et toutes les forces de la secte, secondées par tous les transfuges, étaient réunies en faisceau; elles entouraient le Fils puîné du divin Père, Jésus étant le fds aîné.
- Les carbonari de la Chine.
- En ce moment où la puissance militaire de Houng siéou-tsiuen commençait à frapper tous les esprits, il v0lt arriver à lui la société secrète la plus formidable et la pluS répandue dans l’empire. Arrêtons nos regards sur cette phase importante de la rébellion.
- Pendant les règnes glorieux de la dynastie mandchoue» les sociétés secrètes n’avaient été qu’une impuissaIîte franc-maçonnerie ou des associations vulgaires de voleur et de pirates. .
- Ainsi resta sans cflicacité jusqu’î'i la fin du xvWa si l’association devenue par degrés si turbulente, si cri#11 nellc, et connue sous le nom de la Triade.
- Les frères de la Triade.
- Les montagnes d’un accès très-difficile situées au su^ ouest de l’empire, et particulièrement celles du Kouanf^ si, le kouang occidental,furent les derniè rcs oii les gr . , empereurs mandchoux aient fait connaître leur auto Les montagnards n’ayant jamais été qu’imparfaiteiue assujettis, leur esprit resta rebelle : aussi, dans tn circonstance, fallut-il affronter des soulèvements <I11 réprima beaucoup plus par l’adresse et la cori'iip1*00 ^ par la vigueur. La répression devint encore plus n lL
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- rsque l’empire, penchant vers la décadence, ne fut plus eri état de triompher par la force de ses armes.
- G est dans cette partie de la Chine que devait naître ^ que naquit l’association de la Triade, san-ho-houï : ostile dès le principe aux conquérants, elle a pour mot ordre implacable Vexpulsion des 7'artares et Vextinction leur dynastie.
- Aucune distinction sociale, aucun titre littéraire, ou élitaire, ou civil, ne procurent autorité ni prépondérance ^ milieu des associés, des frères, comme ils s’appellent.
- a préséance est fixée par l’époque où chacun s’est fait affilier, et les supérieurs sont les premiers venus, suivant 0rdre matériel des réceptions.
- Dans tous les pays, cette égalité de franc-maçonnerie le meilleur préliminaire quand on veut ébranler un ^rdre social et renverser le gouvernement hiérarchique °nt cet ordre est l’inséparable soutien.
- Dn i85o, les chefs réunis de huit bandes rebelles, ntes appartenant à l’association de la Triade, adressèrent onng-siéou-tsiuen la proposition de joindre leurs forces *** siennes. Le novateur ne dédaigna pas d’y consentir, *?îa*s sous la condition que toutes adopteront la croyance lctée par son imposture.
- ^ chacune des huit bandes armées il envoya deux ^échistes. Quinze de ceux-ci, rétribués parles néophytes e ta Triade, versèrent ensuite au trésor commun l’argent ^is avaient reçu; le seizième osa garder sa recette, Sflns °u dire un mot. Il avait déjà commis une désobéis-aux commandements : il s’était permü de fumer On avait cru pouvoir pardonner ce premier mé-3lt> parce qu’on attachait du prix à son éloquence. Mais, c^ahor l'irrémissible crime de l argent gardé, Iloung-0ll*tsiuen lui fit couper la tête: cela tint lieu de miracle.
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- Les frères de la Triade dirent alors au céleste Frère puîné : «Vos lois nous semblent trop dures; il nous serai* trop difficile de les suivre, et, pour une transgression légère, peut-être aussi vous voudriez nous mettre à mort* » Ayant parlé de la sorte, sept chefs de bande et leurs affiliés se retirèrent; ils se joignirent aux impériaux e* combattirent les sectateurs de Houng-siéou-tsiuen.
- Plus tard, six des sept chefs ayant été faits prisonniers par les rebelles sous les ordres du Divin second Fils dn ciel, cet imposteur leur fait éprouver le sort qu’ils avaient craint de subir s’ils fussent restés sous son commande ment. Il dit un mot, et ses satellites les massacrent tous.
- Après ce grand coup, il voulut détruire avec éclat prestige que les membres de la Triade faisaient biiller aux yeux des Chinois. Eclairé par l’égoïsme de sa pr°P^ position, l’ambitieux maître d’école ne craignit pas heurter l’association conspiratrice; il versa l’odieux et ridicule sur les vices intimes et le cri de guerre le P1 chéri des factieux.
- Comment le divin maître d'école pulvérise l'appel de la Triade à la dynastie des Ming.
- «Quoique je n’aie jamais fait partie de la Triade» souvent entendu dire que son objet était de renverser Tsing (les Mandchoux) et de restaurer les Ming (s0^ verains de la dernière dynastie chinoise). Ce motif ava son à-propos il y a beaucoup d’années, quand on rePa^ (lait les premières semences de l’association; mainte*^ ^ après deux cents ans qu’une dynastie s’est éteinte, ^ saurait en être ainsi. Nous pouvons, nous devons touj prescrire l’expulsion des Mandchoux; mais nous ne p vous plus ni rappeler ni restaurer les Ming. Ces dei,lie
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- °h sont-ils? Comment aujourd’hui pourrait-on réveiller l énergie des Chinois en leur parlant d’une race depuis longtemps au tombeau? Quoi que vous fassiez, quand v°us aurez recouvré vos rivières, vos montagnes et vos plaines, si vous voulez être gouvernés, il faudra bien qu'une dynastie nouvelle soit instituée. » L’ambitieux agitateur parlait ainsi, dans le dessein de faire adopter la
- sienne.
- «U est, poursuivait-il, plusieurs pratiques mauvaises ^tachées à la Triade, et je les déleste. Lorsqu’elle reçoit Un néophyte, elle lui fait adorer les démons. Il doit jurer Vlngt-six serments, un sabre pointé sur sa gorge; il est Contraint de payer un tribut en argent à des affilies dont l °bjet à présent est indigne et bas. Si nous prêchons la ^“aie doctrine, et si nous nous fondons sur laide de *eu> notre père, un petit nombre des nôtres suffira P°ur lutter contre la multitude, quelle quelle soit, de n°s adversaires. Je ne crois pas même que les chefs de jj^erre, si vantés dans notre histoire, méritent beaucoup estime; combien moins encore les conducteurs de la
- triade!,,
- -ètf dynastie Taï-pinrj du maître d'école est déclarée.
- An
- ari^ Pai'hr de ce moment, il défendit qu’on reçût dans son Pifat^ ^GS iïlcm^rcs l’association souterraine et cons-prat'1100’ a ni0*ns (IU J1S n’abandonnassent leurs obscures de ] ^UeS (^e conjurés et qu’ils n’adoptassent les croyances j/1 leligion dans laquelle, lui, s était fait Dieu.
- , °rsquc Houng-siéou-tsiticn répudiait avec tant de ^e ^ Ct I)crs0n,ialité toute sympathie, toute alliance e*di iGS l3r^c,1^us restaurateurs des Ming, il manifestait e lond de sa pensée : il se déclarait Empereur. Avant
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- qu’il fût le maître complet d’une seule province , il annonçait à la Chine le commencement de la dynastie <1UI prenait pour symbole le nom de Taï-ping, la paix éminente-C était le perturbateur de la Chine, le fourbe couvert de sang, qui donnait à sa prétendue Maison la désignation vertueuse qu’un Numa seul aurait pu se permettre !
- L’effrayante nouvelle arriva bientôt à Pékin. Afin de combattre une insurrection dont le principe était si nie-naçant, on choisit, avec le titre de commissaire impel1 extraordinaire, l’énergique Lin, le destructeur de l’opiu111 anglais en 183g. Pour le malheur du gouvernement eta bli, ce vice-roi mourut en route. ^
- Comme remplaçant, on fit choix d’un nouveau gene1^ mandchou, Wou-Ian-taï, qui commandait la place et garnison tartare de Canton. En meme temps on envoya le premier ministre de l’empire, lequel était égalem un Mandchou; mais ce fut seulement en avril i85i qlie ce premier ministre entra dans la province de K.ouang's1’ camp retranché de la rébellion. Tant de retards étaie mortels.
- Préparatifs des rebelles.
- /I T*'
- Sans perdre un moment, les rebelles, sujets du ping, avaient adopté l’espèce d’organisation militaire qu ont depuis conservée. t ^
- Guidés par le sentiment du danger, ils se montie habiles à choisir des positions défensives, à les ien plus redoutables par de grands travaux de terrassem à se concentrer en des retranchements que la des lieux rendait presque imprenables, et que les llDP^ riaux tachèrent en vain de forcer. 11 fallut transfoi mer longs blocus les attaques de vive force.
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- Les premières conquêtes opérées par les insurgés Paient naturellement des villages et de petits chefs-lieux de canton; plus tard, ils envahirent des chefs-lieux de district. Ils finiront par posséder jusqu’à des chefs-lieux de département.
- Avant la fin de i85i, les affaires impériales étaient en réalité désespérées dans la province de Kouang-si; la cause légitime avait été défendue par des troupes trop peu nombreuses. On avait agi sans ensemble comme sans Minières, en fatiguant les soldats par des marches et des eontre-marches sans but et sans résultat.
- Causes d’impuissance des forces du Gouvernement.
- Que pouvait tant d’impéritie contre l’action fanatique formidable des insurgés? «Plus, écrivait Chao-tchéou-kiéou, général des forces impériales, plus nos troupes les combattent et plus elles ont peur! Les révoltés sont °béissants, robustes et féroces. Nos troupes sont sans dis-Clpline; elles avancent avec peine et reculent aisément. Chaque fois que je les ai commandées sur le chAnp de bataille, je les ai trouvées toutes également inefficaces.
- définitive, pour sauver les affaires de ILtat, il faut des troupes régulières très-considérables, et nous les demandons à l’empereur. » L’auteur d’une requete si sévère, mais si véridique et si sage, n’obtint pour solution que d injurieuses réprimandes.
- Citons encore une autre lettre importante écrite en l’année critique, par le général mandchou Wou-Wtaï, celui même qui commandait auparavant la gai-mson tartare de Canton, et quon avait appelé pour
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- iutt
- er dans le Kouang-si contre les rebelles.
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- Effet prolongé de la première lutte avec l’Angleterre pour démoraliser l’armée tartare.
- «L’armée ne s’est jamais relevée de la désorganisation causée par son défaut de succès contre les barbares (les Anglais). Les troupes n’obéissent plus à nos ordres; elle* regardent déjà la retraite au commencement du combat comme: une ancienne coutume et l’abandon des places fortes comme une action ordinaire. Je ne voulais pas le croire; je men suis assuré par expérience, et cela doit causer une pr0' fonde anxiété. Les troupes agissent sans attendre qu’on les commande; aux premiers coups de feu des ennemis, elles sont saisies par la peur.
- «En même temps, le nombre des voleurs, des pillar^s et des associations criminelles est énorme dans le Kouang' toung et dans le Kouang-si. Les malfaiteurs se rassem blent en armes, sans la moindre hésitation, pour suscite* des troubles. S’ils agissent ainsi, c’est qu’ils ont reconnu quelle était l’impuissance de notre armée quand elle avait à lutt<^ contre les barbares (les Anglais). Auparavant» l’insurgé craignait nos soldats comme s’ils eussent ete des tigres; il les méprise aujourd’hui comme s’ils étaie?t des moutons. Enfin, parmi les myriades de soldats irie guliers licenciés depuis la paix, très-peu sont retournes h leurs occupations premières ; la plupart se sont fal^s brigands.
- «Ainsi s’explique l’existence des nombreux malfaiteur5 dans les deux provinces (les Kouang). Je crains quC l’ordre et la tranquillité n’y soient jamais rétablis. tons pas ù le proclamer : ce malheur est certain, si 1 de l’armée n’est pas amélioré. J’ai ouï dire gu-c les barbure5 étrangers déclarent sans cesse que la Chine est ampleniel
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- fournie d’instruction littéraire, mais que son organisation militaire est de toute insuffisance. »
- Le général qui parle avec cette mâle liberté insiste pour qu’on punisse les officiers lâches et fanfarons, ceux qui présentent leurs défaites comme des victoires et ceux qui font payer un elfectif lorsque cet effectif n’existe pas. Des propositions si sages restèrent sans résultat.
- Le Gouvernement repousse les lumières.
- Ce n’étaient pas les fanfarons, ni les lâches, ni les pillards, qu’on destituait; les coups portaient ailleurs. On aimait surtout à décourager l’étude des nations qui pou-Paient servir de leçon. Par exemple, Siu-ki-yu, quand il gouvernait la province de Fo-kien, s’était fait connaître comme auteur d’une géographie générale. Cette œuvre considérable présentait sur les diverses puissances des Notions saines, exactes et fort étendues; on y voyait entre autres Etats la France avec sa division par départements \ et son caractère national était bien défini. Cette publication déplaît. On en disgracie l’auteur; on le fait déchoir son rang élevé; on le ravale, en le condamnant au métier de' commis dans un bureau de Pékin. Le frivole motif d’une sévérité si peu méritée, c’est, declare-t-on, *Iue> dans l’exercice de son haut gouvernement, 1 auteur 116 s’est pas sérieusement occupé d’administrer. On veut ainsi faire comprendre à tous les mandarins quel châtiment ils doivent attendre lorsqu ils auront perdu leur temps à composer des ouvrages dans lesquels on montrera les étrangers, comme la fait Siu-ki-yu, sous un Joiir à la fois trop instructif et trop favorable.
- J ftî tenu dans mes mains cet ouvrage et j en ai parcouru les planches.
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- Les princes et les fonctionnaires du nouvel empire l'aï-ping-
- Tandis que ia cour de Pékin perdait un temps précieux à multiplier ses mesures ineptes, le maître d’école orga-nisait son gouvernement.
- Houng-siéou-tsiuen avait pris ouvertement le titre de Prince divin et d’empereur. Le 3 o novembre 1851, il donna les titres suivants aux cinq principaux chefs de l’insurrection. Il déclara :
- i° Yang-siu-tsing, prince de l’orient;
- 2° Siao-chaou-houï, prince de l’occident;
- 3° Fang-yun-chan, prince du midi;
- 4° Weï-ching, prince du nord;
- 5° Chih-ta-haï, prince-assistant.
- Ensuite il échelonna tous les titres de ministres, de commandants en chef et de hauts fonctionnaires dans les départements judiciaires, civils et militaires.
- Iloung-siéou-tsiuen prétendait, avec de vains noms» rétablir l’organisation des anciens temps de la Chine. £n fait, il n’organisait rien d’efficace pour administrer leS peuples, rien pour substituer chez les conquis l’ordre à l’anarchie qu’il propageait en tous lieux.
- Habillement et armement des insurgés.
- Il a soin de conserver le jaune pour couleur impériale > il veut qu’elle distingue, comme par le passé, le costume du souverain et celui des princes.
- Ses soldats n’ont pas d’uniformes. On les habille avec la dépouille des villes prises d’assaut, en comptant p°u^ rien les diversités d’étolfe et de couleur; on ne pre0 pas même le temps nécessaire pour que le vclemen
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- DES NATIONS, des troupes soit confectionné d’après des modèles réguliers.
- La bizarrerie d’habits dissemblables séduit peu le spectateur qui contemple un corps militaire. Elle ne contribue pas à créer l’esprit de corps-, mais l’esprit de secte en tient la place, et la discipline résulte d’une obéissance fanatique et passive.
- Les rebelles ne songent pas à fabriquer des armes; ils ne savent que détruire. Cependant l’armée rebelle est maîtresse d’un grand nombre de canons quelle a capturés; elle a même entre les mains quelques mousquets a mèche. Les armes principales de l’infanterie sont la lance, la hallebarde et le sabre.
- Sièges opiniâtres et infructueux.
- Suivons les mouvements des insurgés. Après avoir échoué dans l’attaque de Koueï-lin-lou1, chef-lieu du Kouang-si, ils levèrent le siège et passèrent le fleuve qui les séparait d’une province plus centrale, celle de llou-nan. Us vinrent en attaquer la capitale, Tchang-tcha-fou. Pendant quatre-vingts jours, ils s’acharnèrent à cette nouvelle entreprise, et furent de guerre lasse obligés de 1 abandonner. Leurs dernières pertes étaient grandes, mais eelles des impériaux étaient plus grandes encoie.
- U entreprise des pirates sur les lacs et le Grandjleuve.
- Loin d’être découragés en levant le siégé, les rebelles commencent l’année i85a par un redoublement d’au-
- Latilude..........
- longitude orientale
- a58 i3' 12* 107® 52* 5o*
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- dace. Ils poussent toujours plus avant, jusqu’au Tong-twfJ> le plus grand lac de la Chine-, c’est là que depuis longtemps brûlent d’arriver les nombreux pirates maritimes qui sont au milieu de leurs rangs. Les forbans s’emparent des bateaux qui naviguaient sur cette mer intérieure. Its s’embarquent: ils poussent au grand fleuve Yang-tzé-kiang» qui va changer leur fortune; ils forcent de voiles et de rames. Leur but est d atteindre la position la plus itnpor' tante pour le commerce intérieur et la richesse de 1 empire. Us arrivent en vue des trois opulentes cites sepa rées seulement par le Grand fleuve et par la rivière Han. Us enlèvent d’abord Han-yang, sur la rive droite du Han; ils passent cette rivière, et dès le 2 3 décembie i8Û2 ils sont maîtres de la seconde cité, nommée Hankéou. Ils se précipitent sur la rive droite du Grand fleuve et, sans perdre un moment, ils ont investi la troisième ville, Wou-tchang. Mon guide fidèle dans l’énumération des faits, M. Meadows, affirme que les insurgés étaient maîtres de cette cité, si grande et si riche, dès le 12 janvier i853, et qu’ils avaient coup sur coup dévasté, pièces trois centres de commerce intérieur, où prospéraient naguère trois millions d’habitants.
- Aussitôt qu’ils étaient arrivés au confluent de la riviere Han et de f Yang-tzé-kiang, les insurgés avaient fait main basse sur les milliers de jonques et sur les riches chargements au mouillage entre les trois cités. Us achèvent l’armement de leur flotte immense et descendent en vainqueurs sur le Grand fleuve ; ils ne rencontrent pluS aucun obstacle qui les puisse arrêter. Chemin faisant, au sixième jour de navigation, ils s’emparent de l’importante position de Riéou-kiang-fou, auprès du point où le Fils aine de la mer reçoit les eaux du vaste lac Po-yang. Au bout de six autres jours, ils sont maîtres de Ngan-king-fou, Ie
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- chef-lieu d’une nouvelle et riche province, celle de Ngan-hoeï.
- Pour propager la dévastation, leurs détachements Mettent à contribution toutes les villes situées dans un rayon qui s’étend à deux jours de marche, et sur la gauche et sur la droite du Grand fleuve. L’extermination irrémissible de quiconque, résiste aux insurgés inspire une telle pouvante, quon subit leur joug presque en tous lieux sans opposer le moindre obstacle.
- La prise de Nankin.
- Enfin le 8 mars i853, la grande flotte rebelle jette 1 ancre devant Nankin, la seconde ville de l’empire et longtemps la première. •
- Les insurgés avaient franchi les limites du Kouang-si Ie 17 mars i852, comptant seulement i5,ooo hommes dans leurs rangs ; en moins de douze mois, lorsqu’ils débarquaient pour assaillir Nankin, ils comptaient parmi les leurs plus de 60,000 hommes. La violence et la terreur les avaient recrutés.
- Dès le onzième jour de siège, au moyen d’une énorme flaine qu’ils ont audacieusement pratiquée, ils font sauter trente mètres de rempart; pour profiter sur-le-champ de cette vaste brèche, ils se précipitent en masse à l’assaut.
- Apeine une ombre de résistance est opposée par quelques troupes chinoises, ardentes à fuir. Les assaillants, sans Perdre un moment, courent à la ville impériale : on nomme ainsi la citadelle habitée par les Tartares et leurs familles. Ces hardis conquérants du xvne et du xvme siècle, aujourd’hui dégénérés, ne font aucune défense; et pourtant ils savent que Houng-siéou-tsiuen a juré d’exter-»niner ceux de leur nation, sans épargner un seul homme.
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- Us se jettent à genoux, ils demandent grâce à des vainqueurs qui, sans pitié, massacrent avec eux et leurs femmes et leurs enfants. Les insurgés sacrifient plus de vingt mille victimes; ils en jettent tous les cadavres dans le grand fleuve Yang-tzé-kiang.
- Ce succès immense obtenu, ils courent s’emparer des clefs du canal Impérial, dans l’espoir d’affamer la capitale de l’empire.
- Les conséquences.
- Dès le ier avril, la flotte insurgée descend jusqu’au croisement du canal. Les rebelles se présentent d’abord devant la ville de Chin-kiang-fou, qui défend l’entrée du canal sur la rive droite du fleuve. Leur soif de sang les annonce et la terreur marche devant eux, La flotte impériale, qul stationnait dans cette position, s’enfuit lâchement, et paS une jonque mandarine n’essaye la moindre résistance. Les lorcbas portugaises affrétées par le préfet de Chang-hai» quoique supérieures en courage, mais trop peu nombreuses, sont pareillement obligées de se retirer devant l’énorme flotte des rebelles. Environ 20,000 individus de familles tartares, y compris les soldats, évacuent la viHe; Tous ceux que les Adorateurs de Dieu peuvent découvrir dans les villages d’alentour, même désarmés et fugitifs» sont massacrés sans pitié : leur crime impardonnable est qu’ils sont Mandchoux.
- Le lendemain, la flotte se dirige vers la rive gauche du fleuve; elle attaque les deux cités voisines, Koua-tcheou et Yang-tcheou, qui ne résistent pas davantage.
- Sur les deux rives du Grand fleuve, les impériaux avaient érigé des batteries dans une longueur de cinq kilomètres» pas un coup de canon ne fut tiré contre les rebelles.
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- Ces derniers, sans perdre un instant, fortifient leurs ^ouvelles positions. La plus courte distance de Ghin-kiang-°u au Grand fleuve est d’environ 1,200 mètres; les insurgés, P°ur assurer les communications de cette place forte avec e fleuve, multiplient les retranchements et les batteries.
- Koua-tcheou, ville fermée de remparts, au nord du ai*al Impérial, est beaucoup plus rapprochée du fleuve, ^pareillement protégée de ce côté par les batteries et es retranchements qu’ont érigés les insurgés.
- Travaux de défense des insurgés à Nankin.
- Les envahisseurs sont encore plus empressés d’augmenter la force de Nankin, devenue leur capitale, leur ^flle sainte, et le séjour de leur Divin prince.
- La distance du fleuve à l’angle septentrional de Nankin est à peine dun kilomètre; ils ont soin d’assurer les communications de la ville et du port avec des lignes palis-sadees, garnies de fossés et munies de batteries, comme ans les deux cites déjà mentionnées. La ville avait seize portes, ils en murent dix; les six autres seront plus que mflisantes pour ce qui restera de population tenue captive.
- A Nankin, les insurgés se sont empressés de rebâtir la portion de remparts qu’ils avaient fait sauter et de répa-fer dun bout à l’autre les parapets de l’enceinte.
- Vers cette époque, le général des impériaux Hang-yang a^ait établi ses troupes, dès que les forces de l’empire eürent ete reunies, en face du front méridional; c’est en arriere de ce front que s’élevait la tour de porcelaine.
- Un des plus grands soins du parti rebelle est d’emmagasiner dans la cité d’énormes quantités de riz, apportées sOr les jonques du fleuve et si bien capturées par les pirates émérites. A chaque instant ces forbans armaient
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- de nouvelles jonques avec de nouveaux canons qui tombaient en leur pouvoir.
- Au moment où s’accomplissaient les graves événements que nous venons de raconter, les Anglais suivaient dun œil attentif les progrès de la grande révolution, qui s approchait avec rapidité des ports ouverts à leur commerce. Chang-haï, le plus rapproché de Nankin, avait le pluS grand intérêt à connaître le véritable état d’une insurrection qui, pour le plus grand nombre, était un sujet d’épouvante, et pour quelques-uns, le croira-t-on, lin sujet d’enthousiasme et d’espérance!
- Exploration courageuse opérée par M. Taylor Meadows.
- C’est ici le moment d’expliquer la mission dont le Gouvernement anglais, en avril 1853, avait chargé M. Thomas Taylor Meadows, secrétaire-interprète au consulat de Chang-haï, et l’auteur du livre remarquable sur les insurrections chinoises. On lui donnait pour mission d’explorer le pays envahi par les insurgés, afin d’apprécier leurs progrès. C’est ce qu’il a fait avec autant de courage que d’intelligence, et je suis charmé de lui rendre cette justice-
- Un chevalier d’industrie lettrée en Chine.
- Pour second de son voyage, M. Meadows choisit un vrai Figaro du Céleste Empire, un aventurier qu’il ne fait connaître que sous le faux nom de Fang, pour ne pas le compromettre plus tard vis-à-vis des autorités chinoises. Ce personnage représentait une classe trop peu connue et qui doit être étudiée. Il parlait avec pureté la langue mandarine. Sans être admis dans la classe officielle des lettrés, il avait pourtant beaucoup de littérature; mais il ne posse-
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- dait aucune fortune. Il ne vivait que dexpédients et, pour ainsi dire, au jour le jour. Parfois il secondait quelque Mandarin peu capable, ou fainéant, qui lui donnait une Rétribution misérable. En exerçant ces emplois infinis, il avait acquis une rare expérience de la vie officielle et des palais de la Chine; enfin, cet homme, si souvent aux expédients, manifestait pour les dangers qui pouvaient Menacer sa vie une indifférence qu’on ne voit guere egalee ^üe par le fumeur invétéré de i’opium.
- Dès la première offre de M. Meadows, Fang accepte avec enthousiasme. Il est informé qu’il s agira d obstacles ^ braver, de périls à conjurer par T audace et surtout la ruse. Il pourra mentir, même par nécessite : le voilà dans son élément. Ses préparatifs vont être faits en peu d heures ; car à peine, en ce monde, il possédé quelque chose outre les effets qui couvrent son corps.
- Rien n’est plus louchant que l’acte par lequel le.nouveau maître gagne le dévouement d’un tel serviteur. Quand ils étaient près de partir pour leur dangereuse entreprise, Fang se présente à son patron, quil trouve absorbé par la mise en ordre de nombreuses affaires. « Je Viens vous prier, dit-il, d’employer l’intermediaire de quelque ami pour faire passer à mon pere ce paquet (c’était à la fois son mobilier et sa garde-robe). Vous ordon Ruerez qu’on le lui transmette dans le cas ou nous ne e Vrons pas revenir» (il indiquait le cas ou la mort seiait a bu de l’expédition). Son maître répond : «Je n’ai pas le temps d’écrire la lettre que tu demandes; tu le vois, je baisse à l’abandon chez moi mes effets et la p upart e RU es pa piers. Mais regarde cette lettre cachetée, e pour mon frère, à Ning-po. Je le charge de payer en mon Uom cent dollars à ton père, attendu que tu m accom Pagnes ; cela vaut dix fois tes hardes. Dispose onc, e ton
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- INTRODUCTION. — III.
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- bagage aussi bien que tu le pourras. » Dès cet instant, Ie Chinois se sent dévoué pour son maître, à la vie comme à la mort, et bravera tout pour le seconder.
- Voyage d’exploration et constatation des faits.
- Tous deux s’embarquent et prennent la voie des canaux» Meadows s’est déguisé pour pénétrer partout comme indi gène. Ils arrivent à Sou-tcheou-fou, la ville des élégances, des loisirs et de l’incurie. Hélas! la fleur de la population s’était enfuie, épouvantée par les cruautés, par les exac tions des Taï-ping, par l’enrôlement des hommes robustes
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- afin d’en faire des soldats-pirates, par l’enlevement leurs femmes et de leurs enfants afin d’en faire des otages-
- Voici comment le voyageur caractérise l’étendue cette tyrannie et montre à quel degré social descendaient les persécutions. Un pauvre ouvrier chinois se trouvait dans la ville de Chin-kiang-fou, la clef du canal Impena » lorsque les Taï-ping en massacrèrent la population tar tare; il se sauva sans pouvoir emmener sa famille, p01^1 échapper au terrible recrutement obligatoire. Les insurges mettent la main sur ses enfants, qu’ils menacent de moiL ils obligent sa pauvre femme à se mettre en voyage p°ur le trouver et le ramener avec elle : ainsi seulement elle pourra sauver leur humble mais chère postérité.
- L’observateur a voulu connaître la force des insurges» l’agrégation qu’offraient les pirates du Fo-kien, les ban dits du Kouang-toung et les tribus demi-sauvages du Kouang-si : tout cela pouvait former de trente à quarante mille hommes. C’étaient à la fois les gardes du corps attachés au divin maître d’école b les surveillants des
- 1 L’empereur fondateur de la dynastie des Taï-ping prend le titre per sonnel de Tien-tsing.
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- frôlés par force, et les geôliers de leurs enfants ainsi Que de leurs femmes. Les hommes enrôles de la sorte, s°us la menace de la mort immédiate, et retenus par la Peur qu’on immolât leurs familles, pouvaient s’élever de Quatre-vingts à cent mille.
- M. Meadows consulte les publications des insurges. Quand on lit certains détails des prières ascétiques récites par les insurgés au milieu de leurs combats les plus Cruels, on croit entendre les dévotions puritaines des ^améroniens sanguinaires en Ecosse, ou celles des Bien-ahnés, les puritains de Cromwell, quand celui-ci décimait I Irlande et le sabre à la main poussait tout un peuple « au ^onnaught ou dans l’enfer ! » _ t
- Pour compléter le parallèle, la discipline des insurges châtie l’intempérance et l’incontinence; l’usage du tabac est puni par les verges, et celui de 1 opium est puni de ^Qrt! Qu’en dit le commerce britannique?
- Les femmes et les enfants détenus à Nankin, a Chin kiang-fou, sont enfermés dans des bâtiments a part. Les lemmes sont divisées par brigades de vingt-cinq. La plus âgée fait fonction de sergent-fourrier; elle répartit les étions à ses compagnes de captivité, comme aux soldats ’l’une escouade. Les captives sont employées dans leur Caserne à confectionner des habillements, a préparer es Punitions. Un père, un frère, un époux même, ne s aven tareraient pas impunément dans ces ateliers-prisons, Quiconque y pénètre est sur-le-champ mis a mort. ^ Les enfants sont séparés de leurs meres et casernes a Part. Aux garçons on apprend le livre du nouveau eu et le maniement des armes. Tous les captifs sont a i les vêtements et les étoffes pillés dans les cites p
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- «Je dois dire, ajoute l’explorateur, que toutes les idol
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- de Nankin, de Chin-kiang-fou et de Yang-tcheou ont été détruites, et que tous les prêtres qui n’ont pas renié leui foi bouddhique ont *étè taés. »
- Grave témoignage de M. Taylor Meadows.
- Ii importe que l’on connaisse les propres expression5 d’un témoin oculaire digne de toute confiance : on verra que je n’ai pas été trop sévère sur le jugement des forfaits commis à dessein par les insurgés.
- «Quand les Taï-ping eurent occupé les quatre cités à? Nankin, de Chin-kiang, de Koua-tcheou et de Yang-tcheou-fidèles aux commandements de leur prince divin, ils atten-tèrent avec ostentation et sans nuis remords sur les pel' sonnes et les propriétés de tous les Chinois. Us capturèrent tout ce qu’ils purent saisir d’hommes, de femmes et den' fants; ils firent main basse sur tout objet transportable» quelle qu’en fût la nature. Us amassèrent, ils renfermèrent ce double butin, êtres humains et dépouilles matérielles» dans l’enceinte de Nankin : leur grande prison fortifié (their great stronghold). Cette geôle, ils l’appelèrent la cap' taie céleste, comme étant la résidence du Divin prince et de sa cour.
- «Dans les trois autres cités qui viennent d’être nom' mées, on laissa seulement, comme garnison, quelque anciens et fidèles sectaires. A l’armée mobile on joignlt les hommes,* en état de porter les armes, qu’on avait recrutés dans les quatre villes. Toutes les forces dis' ponibles furent bientôt envoyées suivant diverses direC' lions, par corps expéditionnaires. Dans ces corps étaient enrégimentés les Chinois capturés et robustes. Leurs pères, leurs femmes, leurs sœurs et leurs enfants restaient captifs à Nankin, nourris et vêtus aux dépens de magasin5
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- ^épuisables : en supposant que les richesses à voler le ussent elles-mêmes. On gardait strictement dans l’enceinte es Mortifications les captifs et les captives; c’étaient des tages qui repondaient de la fidélité de leurs fils, de leurs Peies, de leurs époux et de leurs frères sous les armes.
- était le système impitoyable de conscription ou de ^resse imaginé par le roi céleste. »
- Et cet infâme esclavage, qui foulait aux pieds les lois Ul*iames et la justice divine, on l’imposait aux Chinois P°ur les délivrer, disait-on, de la tyrannie des Tartares, ^i ne tyrannisaient personne. Voilà le bonheur prédit et peu réalisé, en Orient, par les fauteurs de révolutions. llïiez donc et louez les révolutions, même en Orient!
- Cette alliance monstrueuse entre le despotisme et la foliation n’était pas nce de circonstances fortuites, ni ouimandee par la nécessité des derniers événements : *jetait un développement calculé de sang-froid, et mis e longue main en pratique, afin d’accomplir un système
- Préconçu.
- Sombre résumé du système de conquête.
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- Je marche toujours sur les traces de mon guide, qui c°nnaît si bien les principes mis en avant des les premiers *ernps de la rébellion. Dans l’origine, ils pillaient seu e *Uent les villages et les villes qui les traitaient en ennemis, ^ais aussitôt que des succès répétés eurent trans or Wr jeune croyance en fanatisme pour la divine miss du Céleste Prince, le maître d’école Houng-siéou-tsiuem se posa vis-à-vis des Chinois et des Mandchoux dans Attitude menaçante qu’il a toujours conseivee, mei Gravant les nécessités du moment. Voici la doctrine que ^usurpateur osait faire prêcher pai ses puâtes
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- Divin prince a reçu la mission d’exterminer les Mandchous,
- de les exterminer sans exception, hommes, femmes, en" fants; d’exterminer tous les idolâtres : ce qui comprenait tous les prêtres de Bouddha et de Lao-tseu. Il a reçu l-a mission de s’approprier, au titre sacré de légitime souverain, l’Empire et tout ce qu’il contient, sans la moindre réserve : ses rivières et ses montagnes, ses vastes plaines et ses trésors publics. Vous aussi, Chinois, et tout ce que vous avez, vous êtes à Lui! et votre famille, depuis votre personne jusqu’à votre plus jeune enfant; et votre propriété, depuis le terrain, depuis la maison qui viennent de vos pères, jusqu'au grelot de votre dernier né, entendez-vous? tout est à lui! Nous exigeons les services de toutes les personnes et nous prenons toutes les choses sans exception. Ceux qui nous résistent sont des rebelle5 et des démons idolâtres, et nous les massacrons sans en épargner un1. Mais quiconque reconnaîtra notre Drv10 prince et s’emploiera pour sa cause en sera copieusement récompensé; il aura rang dans sa divine armee et dans la cour de sa dynastie céleste. »
- L’admiration de M. Meadows pour la grandeur du spectacle insurrectionnel.
- Voici la conclusion que tire notre témoin oculaire immédiatement après avoir rapporté tant d’atrocités :
- «En même temps que je vois l’indication d’tm sentiment religieux, puissant et même fanatique, un soigneux exa men de tous les actes qu’on attribue aux insurgés me falt conclure que leurs règles et leurs lois sont l’ouvrage d esprits sagaces et bien réglés (of sagacious and well regutaW
- (Je
- 1 Voilà l’extermination des démons rêvée dans chacun des songes Houng-siéou-tsiuen,
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- mincis). En effet, ces lois et ces règles tendent toutes à extension graduelle et sûre de leur parti, par l'accrois-euient journalier dun noyau composé d’adhérents triés 1 dévoués, quils aient été dans le principe ou volontés ou levés de vive force. »
- G est apres avoir pris connaissance de toute la conduite es lnsurges que l’observateur ajoute1 : «Avec le senti-tnt mele de cette admiration et de cette crainte respectueuse (awe) qui pénètrent notre âme quand nous °ntemplons des forces puissantes, opérant des convùl-^ns profondes et produisant de vastes transformations, s°it dans la nature animée soit dans la nature inanimée, ^ec Ce même sentiment je vis que la nation chinoise ait menacée dune révolution imminente, surpassant e beaucoup en profondeur, en gravité, tous les changements quelle a subis pendant sa longue existence de pilaire mille ans. »
- La realite sur les destins de l’insurrection.
- Pour moi, je me sens pénétré d’un tout autre sentiment que la crainte et le respect, et surtout Vadmiration, ^uand je vois 1 imposture, à force de sang, dévaster un Puissant empire que jusqu’à notre époque les siècles Paient respecté. J’éprouve alors ce saisissement qui Proteste, avec le poète éloquent, contre le malheur ^on mérité par d’autres Orientaux qui, dans les siècles Passés, furent aussi l’orgueil de l’Asie :
- Postquam res Asïæ , Priamique evertere gentem Immeritam visum Superis, cecidilque superbum Ilium, et omnis humo fumât Neptunia Troja.
- Æneid. lib. III.
- 1 I saw with that mixecl feeling ol' admiration and awe which fills iis as
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- Heureusement les affaires de l’extrême Asie et la race du Priam des Mandchoux et la nation superbe des Khang-hi et des Khien-loung ne sont pas renversées de fond en comble; heureusement le grand empire n’est pas en entier le débris fumant d’un incendie. La rébellion* misérable et non pas admirable, au lieu de s’accroître toujours par des règles sagaces et par des lois bien calculées, nous voyons aujourd’hui qu’elle a consumé ses forces pendant dix années. Loin d’avancer incessamment, nous trouvons que depuis cinq ans elle recule. Elle na plus en son pouvoir qu’une seule grande cité, c’est Nankin. Elle est chassée des bords du canal Impérial; chassee des trois cités commerciales et privée de leurs trois ports; chassée des quatre grandes provinces de Tche-kiang, de Hou-pé, de Hou-nan et de Kouang-toung. Tout fanatisme qui languit, toute insurrection qui rétrograde ou seulement qui s’arrête, n’ont pas seulement le présent pour adversaires : l’avenir doit leur être encore moins favorable.
- Mais il est juste de faire observer qu’en 1853 il était impossible dé juger avec les mêmes lumières qu’en 1858 et i85p : tout semblait alors motiver des conclusions différentes.
- Une marche d’armée révolutionnaire.
- Le lecteur est informé des corps expéditionnaires dont nous avons expliqué la composition tyrannique. On leS
- we watcb powerful forces working deep convulsions and grand transformations in animate or inanimate nature, that the Cbinese people was u»®1 nently threatened with a révolution far exceeding in profundity and gravity any change it had undergone throughout its long duration of four tbousan years, (P. 244.),
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- ftvoyait dans les provinces, non pas pour y créer un gouvernement régénérateur et régulier, mais pour y con-Oiiimer 1 asservissement, l’extermination et le pillage.
- Parmi tant d armees révolutionnaires, à titre d’exemple, ous suivrons seulement la plus audacieuse. Moins de eUx mois apres la conquête de Nankin, cette armée P^sse le Grand fleuve, en se proposant d’atteindre la capir de l’empire.
- Du 12 au î 5 mai î 853, elle bat en rase campagne un °rps de Tartares envoyé pour couvrir les provinces optentrionales. Les vainqueurs s’avancent vers le nord; s tentent en vain d’enlever d’assaut Kaï-foung-fou, la *che et populeuse capitale de la province de Ho-nan.
- Sans etre découragés par cet échec, ils passent outre, privent au fleuve Jaune, le traversent, et vont droit à la ^rte place de premier ordre appelée Houaï-king-fou. otte place, pendant deux mois, ils s’opiniâtrent à l’as-leger; s ils pouvaient la prendre, ils commanderaient le bassin supérieur de ce beau fleuve, le second de ^ Ghûm pour la grandeur et la fécondité. Alors ils fraient en leur puissance le point culminant du canal ^périal; de ce point, ils descendraient vers le golfe du e~tchi-li, dernier espoir de Pékin pour l’apport des substances que cette capitale est obligée d’emprunter au ^idi de l’empire.
- Dans le second mois du siège, des forces impériales réu-ûles pour arrêter les rebelles viennent les attaquer. Ils se sOnt retranchés derrière la rivière Tan, qui coule à lest; ^est la meme rivière qui plus bas, sous le nom de Weï, 3°int le Grand canal à Lin-tsing, sur le côté septentrional
- plus haut niveau des eaux canalisées. Ce point capital est la clef d’une communication hydraulique reguîiere et c°ntinue jusqu’à Tien-tsin, ville qui deviendra célèbre
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- par le traité qu’y concluront, cinq ans plus tard, les ple'
- nipotentiaires de la France et de l’Angleterre.
- Arrêtés dans leur dessein par les forces impériales, et repoussés mais non détruits, les insurgés font un gran détour vers l’occident. Us se dirigent sur la province de Chan-si et s’emparent à l’improviste d’une riche cite» qu’aucune force ne gardait : fidèles à leur discipline, ds la dévastent.
- Aussitôt après, ils reprennent leur marche vers Pékin* Ils rencontrent un nouveau corps de Tartares placé p°ur garder le passage des montagnes qui limitent, au midi, Ie Pé-tchi-li, la plus importante des provinces; les insurgé battent ce corps.
- Les voilà qui descendent enfin dans le bassin du nord* au centre duquel s’élève la capitale d’un empire ébranle jusque dans ses fondements. Au bout de quinze jours, ds sont maîtres d’un chef-lieu départemental, Chaou-tcheoU' fou. Ils font un pont de bateaux pour traverser l’importante rivière qui descend à Tien-tsin, le véritable avant-p0^ de Pékin. Sachons-le bien : cette reine des cités, jamalS ils ne la perdent de vue dans leur marche en lacet» marche tant de fois détournée suivant la grandeur des résistances et l’opportunité des lieux faciles au pillage.
- Après de nouvelles marches, les insurgés arrivent a Kéaou-ho. Un dernier effort les conduit vers le Gran canal, à huit lieues de Tien-tsin, à quarante lieues de la capitale. En cet endroit, ils sont entourés par des forces supérieures: les unes qui n’ont pas cessé de les poul" suivre, les autres qui de Pékin sont venues à leur ren* contre. Celles-ci faisaient partie de la garnison métropoh' taine; elles étaient augmentées par un secours appe^ récemment des provinces mongoles. Tant de moyen® réunis arrêtent enfin l’invasion. -
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- Voilà le plus grand danger qu’ait couru la capitale , qui ^epuis n’a plus été menacée sérieusement parles insurgés. Ceux-ci venaient de faire une marche de cinq cents à Clnq cent cinquante lieues, toujours isolés, toujours se Nourrissant et se recrutant aux dépens de leurs ennemis; ils avaient employé dix mois tantôt à des incursions, tantôt a des sièges. Ils n’avaient pour les diriger aucun de leurs s°i-disant princes ; de simples commandants pirates, formés Par une guerre sans exemple, suffisaient à ces hommes Capables d’affronter tous les périls, d’entreprendre tous les travaux, de commettre tous les excès et d’endurer toutes les fatigues.
- Quand ceux de Nankin apprirent que leur armée révolutionnaire du nord allait être forcée de rétrograder, ils envoyèrent un corps auxiliaire au-devant d’elle, avec °rdre de la sauver. Cet auxiliaire arriva devant Lin-tsing le ier avril i855.
- L’armée d’invasion évacua finalement Tsing-haï le 7 avril, après trois mois de séjour dans ce poste avancé; eHe fit sa retraite en combattant, à très-petites marches, et finit par rejoindre à Lin-tsing l’armée de secours. Ces forces réunies ont ensuite rétrogradé de concert.
- L’armée révolutionnaire a regagné son point de départ après environ vingt-quatre mois d’excursions; elle est Entrée dans Nankin vers la fin de mai 1855. Aucun autre c°rps d’insurgés n’a rien fait d’aussi remarquable.
- Etat stationnaire et derniers échecs de l insurrection.
- Pendant près de deux ans, les Taï-ping ont eu presque Empiétement en leur pouvoir le vaste fleuve Yang-tzé-kiang, depuis le canal Impérial jusqu’à Ao-tcheou, dans le Hou-nan. Non-seulement ils ont été maîtres des eaux,
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- mais aussi des deux rives, sur une largeur variant de vingt à quarante lieues. Us ont possédé les deux gran lacs de Tong-ting et de Po-yang, avec le littoral et ^es affluents de ces magnifiques nappes d’eau. Us ont envahi successivement et dévasté beaucoup de villes importantes» mais ils n’ont jamais établi d’administrations urbaines ou provinciales, réglées et durables, sur les pays au mibeU desquels ils ont étendu la désolation et la ruine.
- Us n’ont pas pu s’emparer de trois cités du prenner ordre : Nan-tcliang-fou, dans le Kiang-si; Tchang-tcha fou, la capitale du Hou-nan, défendue par les Tartares, enfin, Kin-tcheou, sur le Grand fleuve, aussi défendne par des Tartares.
- C’est seulement au mois de juin 1854 que les rebelles* après un siège de quatre-vingts jours, ont pu reprendre la magnifique cité de Wou-tchang-fou, le chef-lieu de Hou-pé, la clef du grand marché central et la résidence du vice-roi de deux provinces. Celui-ci s’étant sauvé de la ville prise d’assaut, tandis que les rebelles en massacraient la garnison tartare, l’empereur lui fit couper la tête.
- Jamais les insurgés n’ont pu conserver la superbe et forte Wou-tchang-fou, qu’ils ont occupée trois fois, en i853,eui85é, en 185 5. Dans ces derniers temps, lof sqne lord Elgin a remonté le Grand fleuve, il a trouvé cette cité possédée de nouveau par les forces impériales.
- Les rebelles ont abandonné par degrés les placeS fortes qu’ils avaient envahies sur le canal Impérial, rnecae les deux clefs de ce canal aux abords de l’Yang~tzé-kiang* et l’opulente cité de Yang-tcheou, près du même canal-
- Résistance énergique faite aux insurgés par un mandarin non lettré-U est temps de signaler un premier effort int
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- et courageux tenté, dès i853, en organisant à l’euro-* peenne une force impériale : effort accompli d’un côté ^ où l’on n’attendait qu’impéritie et décadence.
- L’intendant du circuit dont le point important est le Port de Chang-haï, l’administrateur avec lequel les con-SuL étrangers traitent les affaires internationales, se trou-Vait être un ancien et riche marchand de Canton; il s’appelait Wou. C’était une exception remarquable et rare cùez cette classe ignare de mandarins, que la pénurie des ùnances avait fait récemment admettre en grand nombre. ^ avait acheté tous les degrés officiels jusqu’à l’intendance département. Il ne s’était pas soumis au moindre e*amen, et connaissait aussi peu l’histoire nationale que L littérature politique. Il ne pouvait pas même parler le cfonois-mandarin : celui des classes éclairées. Mais il avait reÇu de la nature un bon sens supérieur et la rectitude Esprit, vraies sources de succès pour mener à bien le plus grand nombre des choses humaines. Ajoutons que Wou possédait un génie des affaires qui le tirait de la foule. Il avait commencé par être facteur à Canton; il Savait le grossier anglo-chinois, le parler pigeon de ce P°rt. On avait pensé qu’il serait par là propre à conférer avec les étrangers, et c’était beaucoup dans un temps de rébellion. Patriote au fond de lame, indépendant par sa fortune*,il servait son pays pour Vhonneur!
- Quand les rebelles descendirent le Grand fleuve, portant partout la terreur, il déploya pour la cause impé-riale un zèle plein de courage et d’intelligence. Il fit guiper dans le port de Chang-haï un certain nombre <fo navires bons voiliers, construits et gréés comme les Meilleurs que montent les pirates du Fo-kien; la plupart, armés de six à huit canons, étaient très-préférables aux J°nques antiques, trop élevées sur l’eau, difficiles à ma-
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- nœuvrer et lentes à la marche, ainsi qu’aux barques marchandes que les Taï-ping avaient volées sur l’^ang-tzé-kiang. Mais la flotte des insurgés l’emportait a tel point par le nombre, quelle contraignit à la retraite la flottille du vigoureux intendant.
- L’intrépide Wou, loin de s’abandonner au décourage* ment, redoubla ses instances auprès des étrangers; 1 demanda surtout, mais il n’obtint pas, que les autorité5 anglaises lui prêtassent l’assistance de leurs navires à vapeur.
- Sans s’arrêter à cette démarche, il fit agir les manda-rins du port de Ning-po pour affréter treize lorcbas p01' tugaises, analogues aux navires qu’il avait précédemment armés avec des équipages chinois. Il acheta même des navires européens.
- Ces forces réunies vinrent combattre la flotte insurge® devant les deux embouchures du canal Impérial; tandï5 que trois mandarins, des pins lettrés, contemplaient oiseï1' sement cette scène maritime, réfugiés au sommet d’une montagne d’où n’approchait nul combattant.
- Les treize lorcbas firent d’abord reculer les Taï-pmg; mais ceux-ci revinrent à la charge en couvrant le fleuve de leurs innombrables bateaux. Chose remarquable, non-seulement les insurgés avaient un très-grand nombre de canons, mais une énorme quantité de fusées de guerre* avec lesquelles ils incendiaient les voiles des bâtiments impériaux; on voyait en même temps brûler les templeS bouddhiques érigés sur file d’Or. Les navires chinois de l’intendant Wou s’éloignèrent les premiers. Les lorcbas portugaises, restées seules, soutinrent bravement la lutte* Lorsqu’elles durent céder la place, elles tirèrent grand parti de leurs canons de retraite, sans se laisser entamer par les forces supérieures qui les poursuivaient; elles
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- boulèrent bas un bon nombre de jonques montées par ^es insurgés, et ne cessèrent de lutter qu’après avoir épuisé poudre. Toutes les lorcbas défilèrent de nouveau devant le mont au sommet duquel se tenaient oiseuse-Mnt les trois mandarins observateurs.
- Les insurgés s’arrêtèrent enflai dans leur poursuite. Ils Mendièrent les temples de file d’Argent, comme ils Paient incendié ceux de l’île d’Or; ensuite ils remontent le fleuve jusqu’à la ville de Chin-kiang-fou, pour débarquer et la prendre d’assaut.
- Justice rendue à certains mandarins, illettrés, mais capables et courageux.
- Arrêtons-nous aux faits que je viens de rapporter. Lorsque nous voyons ces nobles efforts que prodiguait illettré mandarin de Chang-hai, mettant de la sorte en Mge son activité, son patriotisme et son admirable sens demandons-nous simplement : Qu’aurait fait de plus, qu’aurait fait de mieux un mandarin raffiné, connaissant par cœur l’universalité des caractères chinois, et cadençant les mots les plus purs au bout de sa langue Exercée ?
- Hélas! l’immense majorité de ces hommes grandis Mtout avec le secours de la mémoire, dans la lutte pab sible des examens et des compositions écrites, cette ma-Mité lettrée n’a rien fait de vaillant et de pratique pour Ie salut de la patrie.
- Sans doute il importait de conserver les concours; Mis il fallait en rendre les programmes plus applicables affaires de la cité, au maniement des forces publiques, a l’exécution ainsi qu’à l’entretien des travaux d’utilité Nationale. En même temps, il fallait, dans le cadre du
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- mandarinat, réserver une place pour les talents naturels» pour le courage et la vertu; même en supposant que ces dons admirables fussent privés du charme si précieux des ornements littéraires.
- En même temps il fallait ouvrir une large porte à tous les genres de talents; il fallait, par des études spéciales» les développer en variant les carrières aussi bien que leS connaissances qui leur sont indispensables. En conservant avec soin les examens, il fallait îes modifier, les améliore1 » il fallait les fortifier par tous les éléments scientifiques et moraux qui contribuent à la sagesse, à la fortune, a la force d’un grand peuple.
- Injustice de Pékin.
- Voici maintenant le comble de la folie du Gouverne' ment de Pékin, de cette aristocratie des lettres remplaçant l’efficacité des choses.
- Cet admirable intendant illettré qui méritait qu’on lul dédiât une Porte d'honneur, après, tant d’efforts prodigue* pour le salut de son pays, on rougit de sa valeur et Ie dépit accueille ses services. On lui retire sa place; on Ie relègue au fond d’un obscur bureau de Pékin, comme un commis de la moindre classe. Et les trois mandarin5 lettrés qui n’ont rien fait que regarder périr les force5 de leur patrie, ces trois lâches ! j’ai cherché vainement a savoir si Ton a puni leur pusillanimité par le retrait de leurs emplois et par la perte de leurs grades à jamai5 déshonorés.
- Les Européens eu fàce de l’insurrection.
- En 1853, le bon citoyen qui devait être si mal récoffi'
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- Pensé, le préfet illettré de Chang-hai, s’adressait au gouverneur de Hong-kong, intendant général du comînerce r]tannique. Il l’invitait à venir sur les lieux où s’accom-P^issaient les plus graves événements ; il le conjurait de etendre un allié, dans l’intérêt même du commerce.
- Éveillé. par cet appel, sir George Bonham vint en e®et, accompagné de bateaux à vapeur; mais il vint pour ^server au lieu de combattre, et pour assurer les insurgés e s& neutralité parfaite entre la révolte et les lois.
- ^ Le ier mai, les soi-disant princes du divin empereur anping firent parvenir au médiocre sir George Bonham a déclaration suivante :
- Ordre suprême émané de Nankin.
- Les commandements sont ici donnés à nos frères des pays loin-ins (les Anglais), afin qu’ils puissent comprendre nos rites. Attendu que Dieu, le Père céleste, a fait descendre notre souve-liln sur la terre, comme le vrai souverain de l’ensemble des nations I111 forment l’univers, tout peuple qui désire paraître à la Céleste 0llr doit obéir aux rites qui constituent les cérémonies de cette j., • Les requérants sont tenus de préparer leurs demandes, en ,aiSant connaître leurs personnes, leurs titres et la contrée dont s viennent; ensuite ils pourront avoir audience. Obéissez à ces 0ûliûandements.
- ^L Meadows, revenu de son voyage d’exploration, ^ervait alors d’interprète et d’émissaire à sir George 0ïiham; il s’efforça de faire comprendre aux chefs des belles que la nation britannique ne se regardait pas c°Jïtme étant leur vassale. En attendant qu’il fût com-Lris> les princes des insurgés lui remirent officiellement ? Proclamation suivante, écrite au pinceau sur un long tlSsu de soie jaune : la couleur impériale.
- introduction. —- III.
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- Proclamation da Céleste Empire de Taï-ping,
- PAR COMMISSION DIVINE :
- Yang \
- Le prince de l’Orient, le seigneur des guérisons miraculeuses, premier ministre et commandant en chef de l’armée,
- Siaou 1,
- Le prince de l’Occident, minis^re et commandant en second l’armée,
- Par les présentes,
- Envoient un décret aux Anglais, à ces habitants d’un pays l0'11 tain, qui jusqu’à présent ont révéré le ciel, qui sont venus mal° tenant accomplir leurs devoirs envers notre souverain, et qui te®aI gnent le désir qu’on lève certains doutes afin que leurs espr,ts soient mis en repos.
- Le grand Dieu commença par créer la terre....Mais depuis t*
- les mauvais esprits sont entrés dans le cœur de l’homme, ils n 0 plus reconnu la grâce de Dieu, le Père céleste, qui donne et s011 tient la vie; ni le grand mérite de Jésus, le Frère céleste, daIlS l’œuvre de la rédemption. Ils ont souffert qüe les idoles exercé sur la terre leur étrange empire. C’est ainsi que les Tartares, ceS démoniaques Huns, sont parvenus à s’emparer, comme des voleurS (thievishly), de notre pays céleste.
- Par bonheur le céleste Père, et le céleste Frère, sont venus depu's
- 1 Les deux princes dont les noms figurent en tête da décret, YaO? e Siaou, sont mentionnés dans le curieux récit déjà cité de M. Hamfier^ Yang, comme le guérisseur miraculeux et l’interprète ici-bas des v° lontés du céleste Père; Siaou, comme l’interprète des volontés de JésllS’ le céleste Frère aîné. Le premier, écrivant au capitaine du Battler, lui dj* «Quand le Père céleste descend dans ce monde afin d’instruire le p®uP j ses volontés sacrées sont exprimées par la bouche du prince orieuta^ et ce prince est Yang; quand le céleste Frère Jésus descend dans ce 111011 pour instruire le peuple, ses volontés sacrées sont exprimées par la bouc du prince de l’Occident, et ce prince est Siaou. Enfin ces deux interpr^teS’ déclarés tels par le céleste Frère puîné, le reconnaissaient lui-même coin1*1 leur souverain et divin seigneur. »
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- °ûgtetups déployer leurs divines manifestations au milieu de vous, j nêfais. ^ par bonheur, depuis longtemps vous avez adoré Dieu
- lrin
- céleste Père et Jésus le céleste Frère. De sorte que la vraie doc-
- e a été conservée, et que la parole de Dieu a reçu ses gardiens. ^ ^ de nouveau, par bonheur, le grand Dieu, le Père céleste, le 0rd suprême, a manifesté la grandeur de sa grâce. Il a envoyé S6s arîges prendre le Prince céleste, notre Souverain, pour l’enlever ^ °iel, et pour lui donner personnellement le pouvoir de balayer j,s trente*trois cieux les esprits du mal, esprits qu’il a chassés de a'haut vers ce bas monde.
- ^t de nouveau, dans le troisième mois de l’année mow-shin, i848, le céleste Père a manifesté son immense grâce et sa J*iséricorde en descendant sur la terre ; et dans le neuvième mois 6 ^a même année, notre Lord, Sauveur du monde, le Frère céleste, pareillement manifesté sa grâce et sa miséricorde, en descendant StJl> U terre. Depuis ce temps, pendant six ans, le Père et le Fils 0ru largement dirigé nos affaires. Ils nous ont aidés de leur bras Passant, se sont montrés à nous par des manifestations multipliées, 0tlt en nombre immense extermin é nos terrestres ennemis (esprits Mauvais et démons); et tous deux ont aidé notre céleste Prince Pendre possession de la souveraineté de l’univers.
- ,, ^ présent, puisque vous, Anglais, vous n’avez pas estimé formes distances comme étant trop grandes, et que vous êtes Vfiaus ici nous rendre votre hommage d’obéissance (allegiance), |J0r)-seulement cela réjouit beaucoup les armées de notre dynastie ^lne; mais même, au plus haut des cieux, le Père céleste et le este Frère vont regarder avec plaisir cette marque évidente de °*re loyauté comme sujets, et de votre sincérité, j Cela considéré, nous permettons aux Anglais, ou de combattre es démoniaques ennemis du céleste Frère, ou simplement de com-cer avec ses sujets.
- j Ct maintenant nous vous offrons les nouveaux livres contenant es déclarations de la dynastie Taï-ping, afin que le monde entier Prisse apprendre à révérer et honorer de son culte les célestes
- , leux Père et Frère, et connaître en quel lieu le Prince céleste nabite>
- Nous, en conséquence, rendons ce décret spécial, pour per-à vous chefs anglais, ainsi qu’aux frères de votre Surinten-n°e> d’entrer ici, soit pour nous aider dans l’extermination de nos
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- ennemis, soit pour continuer, suivant votre habitude, vos occup3 lions mercantiles. Notre vive espérance est que vous voudrez votlS donner le mérite de servir activement notre souverain, et de rec0tl naître avec nous la bonté du Père des âmes.
- Nous vous donnons, à vous Anglais, les nouveaux livres <^eS déclarations de la dynastie Taï-ping, afin que tout l’univers aP prenne le respect et l’adoration du Père céleste et de son celes*e Fils. Nous le faisons afin que le monde sache en quel lieu le Prit10® céleste existe ; nous le faisons afin que tous les hommes puissent D1 rendre leurs actions de grâces. .
- Décret spécial pour l’enseignement de tous les hommes, donné e vingt-cinquième jour du troisième mois de Tan hwei-haou ( 1er mai iàW'
- Un apostat mystérieux.
- En lisant l’écrit important que je viens de transcrire' je ne puis m’empêcher de croire que les ignorants Ta1 ping ont à leur service quelque apostat européen, chafge d’étaler la phraséologie biblique et de concilier la Pa rodie des Saintes Écritures avec l’ambition sanguin^116 et spoliatrice des dévastateurs. Peut-être cet apostat sait-il espérer aux insurgés qu’en ayant recours à la magie de ce langage on capterait les redoutables. étrangerS' C’était oublier que l’erreur de ceux-ci ne pourrait paS être durable.
- On remarquera que l’écrivain dont je viens d’indifluer le rôle suspect, en s’adressant à des chrétiens, n’ose paS donner au chef suprême Houng-siéou-tsiuen, le titre & céleste Frère puîné. Mais il le fait indirectement lorsqul substitue pour la seconde personne, le titre de 'frère a celui de fils. Il se contente d’inventer pour le second frere son étrange voyage dans les régions supérieures, et s0Jl ascension miraculeuse opérée pour chasser des trente-tr°lS çietix tous les mauvais génies, sans réfléchir qu’à pellje chassés des cieux il faudra les combattre sur la terre. Qa6
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- ^l’e aussi de ces prétendus princes du nouvel empire, ^and ils déclarent gravement que le rédempteur des tînmes leur a donné mission d’exterminer tous les Mand-°houx} sans excepter les vieillards, ni les femmes, ni les p'nfants?
- Situation singulière du surintendant britannique auprès de Vinsurrection.
- A. l’appui de la pièce singulière que les rebelles ont reftiise au surintendant venu de Hong-kong, et dont nous av°ns donné la traduction, remarquons le rôle mystérieux ^Ue joue l’impudent maître d’école. A peine arrivé dans Nankin, il affiche déjà les mœurs dissolues d’un monarque de l’Orient; du fond de son sérail, il a commencé s°n règne céleste par l’invisibilité. Il n’admet pas même ^ surintendant du trafic anglais à paraître en sa présence, ^tœe pour l’adorer comme on adore en Orient, par des Prostrations répétées et profondes. Ce sont deux princes *errestres, deux créatures secondaires, qui seules parlent aux étrangers, et qui seules viennent traiter au nom du Maître d’ici-bas, du Taï-ping , le suzerain de l’univers.
- Le surintendant des marchands, Bonham, voudrait leO contracter quelques conditions d’échange, gagner à Ses nationaux quelques ports rebelles; ouvrir Nankin sur-tout aux vendeurs de sa nation. Il manifeste ce désir.
- Les sectaires du nouveau Messie de l’extrême Orient Se plaisent à considérer l’ambulant sir Bonham et ses offi-Clers comme les mages de XOccident, venus de si loin pour adorer le maître du monde, le divin second Fils; en con-Sec[ùence, ils leur octroient la faculté d’entrer, de sortir et de vaquer à leurs occupations de trafiquants dans le ll°ttveau céleste Empire.
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- Après avoir reçu la communication hautaine des deux célestes interprètes, le surintendant déconcerté répondit que son pays avait obtenu par un traité le droit de eotfi mercer dans cinq ports chinois ; que si les sujets du nou veau pouvoir nuisaient en quelque manière, soit personnes, soit aux propriétés britanniques, on punir le dommage et l’injure, etc. etc. Cela répondu, lhou° rable plénipotentiaire tourna vers l’océan la poupe de seS bâtiments, et disparut.
- Lorsque le surintendant du commerce britannique) monté sur l’Hermès redescendait le grand fleuve, passait devant les batteries extérieures de Koua-tcbeou» vers l’entrée du grand canal, il reçut une bordée des iu surgés;les Anglais ripostèrent. Un peu plus bas, 1 B^rrne reçut le feu des batteries de l’autre rive, en avant de Chin kiang; â quoi les Anglais ripostèrent encore. Les rebell^ s’excusèrent ensuite d’avoir tiré par méprise et faute d aVOir des ordres spéciaux; on se contenta de l’excuse.
- Contraste remarquable entre les rôles du surintendant britanniqa6 et du mandarin illettré.
- Au milieu des oiseuses et tristes démarches du suU*1 tendant britannique, le préfet chinois, le Tao-tai Chang-haï, l’illettré Wou, trop sensé pour s’arrêter a logomachie des sectaires insurgés, n’avait pas perdu moindre moment. Déjà nous avons indiqué ses mesures, et nous les rappelons. 11 avait pris à son service p^u sieurs bâtiments à vapeur montés par des Europee#5’ avec douze à quinze lorcbas que manœuvraient les metlS portugais de Macao. Ces auxiliaires, unis â des jonqueS mandarines, au nombre de soixante et dix, servaient à blo quer l’importante place de Chin-kiang. Le préfet chin°lS
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- °0i'ait des salaires tellement élevés aux matelots étrangers, désertaient leurs navires et passaient à son service; l^s disparaissaient à vue d’œil des bâtiments de guerre dnglais. L’embauchage devint si grand, que le comman-^ant de la station britannique à Chang-hai dut envoyer embarcations faire la visite des bâtiments armés par préfet Wou, afin de ressaisir ses déserteurs1.
- Observations accidentelles des insurgés relatives à l’opium.
- L’officier Taï-ping qui remettait à l’envoyé de sir Bon-la déclaration que nous avons rapportée, dit au savant interprète : «Vous ne devriez pas vendre de ^°pium.» Celui-ci répond : «qu’il en était de l’opium aiHsi que des navires marchands achetés par des officiers ^andchoux; le Gouvernement britannique n’en prenait Pas connaissance : il laissait les autorités chinoises traiter c°tnme elles l’entendaient avec les vendeurs d’opium. » ^Urait-il osé rappeler que la guerre de i84o avait eu lieu Précisément parce que ses concitoyens voulaient châtier ^es Chinois, pour avoir saisi et détruit l’opium introduit °Lez ceux-ci malgré les lois?
- Le thé que les pieux Taï-ping servent à leur Trinité.
- Le ridicule est venu se joindre à l’impudence. Dans les cérémonies religieuses, pour rappeler une trinomie Partagée entre le ciel et la terre, les Taï-ping font figurer Sur leurs tables sacrées trois tasses de thé : une pour chaque Pacsonne de leur Trinité, supposée sensible au goût na-
- 1 Relation du révérend docteur Taylor, missionnaire américain, après Utle visite médicale faite aux insurgés, à Cliin-kiang. Dans cette ville il ne Voit ni femmes ni filles; toutes avaient été transportées à Nankin.
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- tional. Voilà comment l’idée chinoise vient à chaque ulS'
- tant profaner les souvenirs bibliques.
- Illusions extraordinaires des missionnaires protestants sur le protestantisme des rebelles.
- Au premier moment, lorsque tout était mystère, Ie* missionnaires protestants ont pu rêver quelque gran triomphe de la foi chrétienne; ils ont pu croire aU protestantisme du Taï-ping ; ils ont pu supposer que ce protestantisme, n’importe par quelle voie, allait régne^ sur toute la Chine : on conçoit à la rigueur et l’on prenû en pitié cette étrange illusion. Mais comment ont-ils pu jamais excuser tant de pillages, et les plus infâmes vxO' lences, et des massacres infinis? Gomment ont-ils pu crotf6 un seul instant que ces criminels avaient dans leurs cceurs la moindre étincelle de christianisme ? Et comment ont-iïs pu tourner leurs vœux du côté de ces barbares?..........
- M. Wingrove, le provéditeur du Times auprès deS forces anglaises, M. Fortune et M. Forbes, tous troi5 dans leurs écrits sincères et courageux, ont fortement réprouvé cette étrange aberration des ministres leurs co-religionnaires ; tous trois l’ont fait avec raison.
- Mâle indépendance de M. Wingrove dans le jugement g ail porte ^ les sympathies des prédicants pour l’insurrection sanglante.
- «Les missionnaires, dit-il, attachent leur espoir à la cause des rebelles. La réalité ne leur promet rien de favo* .râble, et pourtant ils continuent d’espérer. Cependant la dévastation, les massacres dénoncent la trace des insui' gés, en quelque lieu qu’ils aient passé.
- «Voyez ces grands travaux publics, lesquels sont pour
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- ^es Chinois ce que sont pour les Hollandais les digues levées contre la mer : la dévastation de ces travaux fait distinguer les lieux qu’ont parcourus les rebelles; et plus grande encore est la ruine du trésor impérial. Les deux fleuves principaux n’étant plus contenus par leurs grandes levées artificielles, que la misère publique laisse dégrader, les eaux se déversent dans les plaines; elles courent des superficies aussi vastes que certains Etats eüropéens. Peut-être un homme, dont le zèle fervent Sç,rait comparable à celui qui transportait Gédéon ou dosué, pourrait ne voir dans tous ces maux que la volonté de Dieu manifestée pour atteindre un grand but religieux ; *Hais la réalité des faits n’a rien d’encourageant. Le chef Nominal du mouvement insurrectionnel, qui se dit frère de Jésus, n’a recherché les communications d’aucun docteur chrétien. Son premier lieutenant, le prince de 1 Crient, qui s’est blasphématoirement appelé le Saint-esprit, a péri dans une lutte intestine; les conseillers du s°i-disant prétendu Frère puîné ont prouvé leur humanité chrétienne en massacrant de sang-froid deux mille adhérents de ce Saint-Esprit éphémère. »
- M. Wingrove continue: «Au milieu des torrents de Saïlg, au milieu de la famine et de la peste, dans le naufrage de tous les biens matériels que les siècles avaient accumulés, nos ministres s’imaginent qu’ils entrevoient espérance pour la Bible. Nous ne devons pas nous étendre à ce que des missionnaires, poussés par leur zèle an milieu d’un peuple païen, montrent une foi bien sobre, yne raison bien modérée. Mais, toute concession faite ^ leur position fortement militante, on comprend avec difficulté comment un espoir si vague et si faible peut fasciner leur vision et paralyser leurs oreilles, au point de ne pas entendre et de ne pas apercevoir les malheurs
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- matériels et palpables qu’a produits la rébellion. Nean-moins nous trouvons ici des hommes qui sont allés au-devant des rebelles avec le même élan qui conduisait Samuel vers Saül; ils ont scandalisé jusqu’à leur corpû' ration, en conjurant ces misérables (these ruffians) marcher en avant et de massacrer ( to go forth and hitt)-(P. 107.)
- Comment excuser les révérends sectateurs de la rébellion.
- Je ne voudrais pas qu’on portât un jugement inexorable contre des ministres de paix qui, saisis tout à coup par le spectacle de la grande insurrection chinoise, sortent de leur saint caractère, transportent leurs vœux du cote des bourreaux, et crient anathème aux victimes. On a peine à concevoir que les mêmes hommes, éprouvés à d’autres égards, soient pourtant humains, charitables et prêts à sauveî leurs semblables au péril de leur exiS' tence.
- Les malheurs de la France ont permis qu’un observateur impassible prît sur le fait des aberrations du même ordre, et qu’il appréciât des jugements sans rectitude et sans merci, portés du jour au lendemain par des hommes qui la veille en auraient été révoltés. Le moindre effet d’un grand mouvement révolutionnaire, c’est le changement positif et matériel qu’il fait naître; un changement plus profond, plus effrayant, quoique invisible, se produit au fond des âmes que la nature n’a pas créées invulnérables. A l’instant s’accomplit dans la nature et dans l’ordre de leurs idées un changement absolu. Les aspects sont renversés, les jugements sont altérés, et chez quelques esprits le jugement même est perdu. Pour ceux-ci les vérités de la veille sont les erreurs
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- du lendemain, et les erreurs précédentes sont transformes en vérités du jour.
- Si nous contemplons un des phénomènes les plus surprenants de la lumière physique, la métamorphose intime des rayons lumineux réfléchis par un miroir, nous découlons que ces rayons ont perdu l’unité de leur nature; Réfléchis de nouveau d’un certain côté, leur lumière peut encore être transmise; réfléchis d’un autre côté, leur cou-leor, leur clarté même disparaissent. Ces côtés paralysés, Ces pôles donnés à chaque partie des rayons inanimés, les révolutions puissantes, ces réflecteurs de l’ordre moral, fes donnent aux idées, aux sensations faussées du plus §rand nombre des hommes. Voilà ce que j’ose nommer la Polarisation des idées et des sentiments. Un petit nombre de sages éprouvés, et quelques caractères supérieurs, sont exemptés de ce faussement des esprits. Pour ces rares nUelligences la plus saisissante des études est celle des basses mobiles de tout un peuple, à partir de l’instant où ^urs facultés sont ainsi faussées par une révolution.
- Ces explications nous feront comprendre peut-être 1 aberration des prédicants de Chang-haï; elles remplacent l’indignation par la pitié pour l’erreur de leurs âmes, et pour la déception de leurs faibles esprits fatalement Polarisés.
- Société du poignard : des insurgés indépendants assiègent et prennent Chang-haï.
- Tandis que la grande insurrection fanatique était arrivée jusqu’à Nankin, où s’intronisait l’invisible et céleste Usurpateur, des insurgés indépendants, sans prétention d’imposer le moindre culte et brutalement animés du désir de piller, s’efforçaient d’envahir des villes opulentes afin
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- de les mettre h rançon. Tel fut l’attentat accompli contre Chang-haï, le 7 septembre 1853. M. Fortune était dans la ville ainsi capturée; nous pouvons nous fier à la pr°' bité de son témoignage.
- Cinq cents affiliés à la Société du poignard (Société deS petits sabres), renforcés par des voleurs et des brigands, assassinent la troupe qui gardait avec nonchalance une porte de Chang-hai. Ils envahissent et saccagent les hôtels des principaux mandarins et mettent l’un d’eux, le Tcbi' hieri, froidement à mort.
- Ils accourent en armes chez le préfet Wou, l’infat1' gable adversaire des Taï-ping. Ce vénérable vieillard, revêtu de ses insignes, se présente aux factieux dans l’espo11 d’imposer à la rébellion. « Voulez-vous ma vie, leur dit-il> prenez-la, je vous l’offre; vous le voyez, je suis sans armes et sans défense. » Subjugués par ce sang-froid ma' gnanime, ils n’attentèrent point à sa personne; les chefs du mouvement se contentèrent d’exiger qu’il leur livrât les sceaux de son office, et qu’il promît de ne rien entreprendre contre le parti déjà maître de la cité.
- Une population supérieure à deux cent mille âmes avait laissé commettre de pareils méfaits sans opposer la moindre résistance. Il y a plus, certains Chinois habitants de la ville, très-étrangers à la rébellion et s’inquiétant peu des attentats quelle commet, s’empressent d’en profiter. Ils tournent les yeux vers la douane où se trouvait en réserve une portion considérable du revenu public ; ils pillent de sang-froid ce trésor, sans rencontrer aucun obstacle. L’attentat s’accomplit au milieu du quartier des Européens; et pourtant les Européens, d’un froncement de sourcils, pouvaient empêcher ce pillage. Hélas! ils n’empêchent rien; leurs vœux, leurs secours sont tournés du côté des coupables.
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- Erreur et triste inconséquence des étrangers.
- L’honnête M. Fortune accuse les étrangers, les Euro-Peens résidants de Chang-haï, non-seulement de n’avoir Pas prévenu les désastres, mais d’avoir positivement encou-1>agé l’attaque. Selon lui les sympathies de ces marchands 0ccidentaux s’étaient portées vers les rebelles, contre ^ gouvernement régulier du pays. « Ce n’était pas, dit-il, nous, en corps, au lieu de nous opposer à l’attaque la ville, nous fissions entendre avec éclat nos acclama-*lQns; non. Mais en gardant la neutralité de notre attitude ïios vœux mal déguisés inclinaient vers la rébellion. Sauf petit nombre d’exceptions honorables, les négociants etles boutiquiers, les officiers du civil, ceux de la marine et nos missionnaires, étaient portés en faveur de la bande ^e voleurs débauchés qui capturait Chang-haï, en i853. Ln observateur affranchi de préjugés pouvait alors être temoin du plus incroyable des contrastes. Sur l’Océan, nos navires de guerre attaquaient bravement et détruisent les pirates de mer, qui désolaient le littoral; au *nême instant les pirates de terre qui capturaient Changeai se voyaient par nous soutenus, encouragés, applaudis ^etQe. Et pourquoi ? parce que ces derniers dépensaient Wrs jours et leurs nuits à fumer l’opium, à se vautrer dans l’ivresse et dans toutes les débauches : sauf à déclarer lrès-haut qu’ils étaient les sectateurs du Taï-ping, ou, comme on appelait celui-ci, du roi chrétien!»
- Quelle erreur des étrangers ! Sans doute le christianisme supposé des rebelles sortis du Kouang-toung et du Kouang-si tendait à faire naître l’intérêt, à captiver les sympathies; Peut-être aussi l’intolérance et la corruption du gouvernement actuel de la Chine induisaient-elles à désirer un
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- changement politique? Mais la vaste armée des rebelles Taï-ping n’avait nul rapport avec les brigands de Chang' haï, ni même avec la consommation de l’opium, si cherie des contrebandiers. Aussi tous les Chinois respectables étaient-ils unanimes, dans l’orient de l’empire, pour alftf' mer que les envahisseurs de ce port n’étaient autre chose que des filous, des spoliateurs, unis à des scélérats sacs mission et sans aveu.
- Reprise de Chang-haï.
- Voyons actuellement ce qui s’est passé lorsque le5 troupes impériales sont venues attaquer, du côté de terre, les rebelles enfermés dans Chang-haï.
- Comme nous l’avons expliqué dans notre description de ce port, les étrangers occupent de vastes terrains en dehors de la ville, entre les fortifications et la rivière. Eh bien, malgré les plaintes des assiégeants, on voyait les étrangers, par un vil amour du trafic, vendre en abondance aux rebelles assiégés des armes et toute espèce de muni' tions; ils recevaient en retour l’ample dépouille des contributions légales et des richesses extorquées. D’indignes marchands occidentaux introduisaient dans la ville, à pleines cargaisons, la poudre de guerre, les canons et.les révolvers. Ils aidaient les insurgés de leurs conseils; mais, quand le danger approchait trop, ils se retiraient à l’ombre des pavillons inviolables de l’Angleterre et des Etats-Unis. Telle était leur neutralité dérisoire.
- Conduite admirable des missionnaires-médecins à Chang-haï.
- Au milieu de ces bassesses révoltantes, citons la noble et vraie neutralité dont fut le théâtre l’hôpital entretenu
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- dans Ghang-haï par les missionnaires protestants. Avant, Pendant, après le siège, l’établissement charitable ri’a Pas cessé de soigner avec la même humanité les blessés des assiégeants et ceux des assiégés. Dans l’année 1853, Cet hôpital, à la fois civil et militaire, a traité sans recevoir aucune rétribution i 1,028 malades blessés; dans l’année 1854, il en a soigné 12,181. Une généreuse espérance faisait penser qu’au milieu de ces bons traitements la voix d’un missionnaire pouvait toucher le cœur de quelques Chinois reconnaissants. Applaudissons à de mis actes.
- Une station française vraiment digne de la France.
- Ici nous trouvons un noble éloge de la France, et c’est a l’Angl ais M. Fortune que nous en devons l’expression.
- Le siège de Ghang-haï, entrepris par l’armée impériale Gainait en longueur. Les chefs de la station française dans ce port n’avaient jamais regardé les forbans comme des amis. Après plusieurs différends avec les envahisseurs, dsprirent parti pour la cause de l’Empire et des opprimés; ds bombardèrent la place, assaillirent les remparts et salifièrent, à la cause de la justice et du malheur, plu-s*eurs de leurs habiles et braves officiers.
- Les consuls étrangers permirent enfin que les assiégeants emblissent une ligne de circonvallation entre la place et ^enrs établissements. Alors les rebelles abandonnèrent la vüle, qui fut incendiée et pillée par les troupes de lempe-reur. Des vaincus pour sauver leur vie s’étaient cachés dans des cercueils; on les poursuivit jusqu’en cet asile. Le fut un motif pour piller ce que les tombeaux renfermaient d’argent, d’or et de joyaux.
- Les spoliateurs pirates, qu’on a vus soutenir un siège
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- dans Chang-haï, déployèrent en beaucoup d’occasions une intrépidité qui montrait clairement quelle est l’énergie du caractère chinois ; elle annonçait ce que leur nation rede-viendrait, aujourd’hui même, si quelque chef la rappelai à de mâles sentiments.
- Dévastation de Chang-haï, attestée par M. Fortune.
- Le siège fini, un tiers de Chang-haï n’était plus qu’un amas de cendres et de ruines. Les habitants erraient a11 milieu des débris, cherchant la place où s’élevait naguère leur maison. On en voyait qui marquaient les limites de leur demeure démolie, en redressant quelques pierres tirées des décombres; mais le plus grand nombre, le coeur brisé de douleur, n’avait pas le courage de commencer à rebâtir.
- Le zélé botaniste anglais, témoin de ces désastres, n’oublie pas la dévastation des riches pépinières, et de ces jardins charmants qu’il avait tant admirés, et des plantations qui répandaient leur ombrage autour de la cité. La peinture qu’il en a fait respire un douloureux intérêt.
- aVoilà, s’écrie-t-il, les effets de la rébellion! Malheureusement la peinture que j’en puis offrir s’applique à beaucoup d’autres lieux que Chang-haï. Des centaines de villes et des bourgs innombrables sont tombés dans Ie même état de misère; leurs habitants ont été poursuivis par le fer et par le feu, victimes tour à tour des assaillants et des défenseurs ; car les deux partis se valent en cruauté. Dans leur conflit l’innocent périt comme le coupable ; les femmes, les enfants mêmes ne sont pas épargnés. » Lîenthousiasme des étrangers dut enfin céder la place au sens commun ; on perdit la folle espérance que les révoltés de Chang-haï et de Nankin déploieraient aux yeux
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- monde un caractère chrétien. Le type immoral de ces apêtres de révolte était simplement la soif insatiable du v°l, du carnage et du sacrilège.
- Heureusement une vaste partie de l’empire n’a pas été spoliée, ni démoralisée par la rébellion. Même dans les provinces troublées, tout n’était pas en souffrance, et la dévastation ne pouvait pas pénétrer dans tous les lieux. Souvent, à quelques kilomètres des villes capturées, le laboureur continuait en paix ses travaux, et la campagne etait tranquille. Voilà comment, malgré tant de troubles de ravages, le commerce de l’étranger a pu s’alimen-*er> et continuer ses opérations sans pertes trop accablantes.
- Ce que deviendrait la croyance des T ai-ping s ils subjuguaient toute la Chine.
- Supposons accomplis les vœux irréalisables d’un certain Nombre d’étrangers; supposons complète la victoire obtenue par les rebelles sur la dynastie mandchoue; suppôts les Tartares, ou massacrés ou chassés de l’Empire du Milieu; supposons le bouddhisme étoulfé, ses temples Ruinés et tous ses prêtres apostats ou suppliciés ; supposons les mandarins exterminés, le règne des lettres détruit, les examens abolis, et l’ignorance en plein triomphe ; suppôts les tombeaux des ancêtres démolis, la cendre des a*eux jetée au vent, et la morale de Confucius étouffée dans le sang. Ces victoires obtenues, peignons-nous, si n°us le pouvons, l’ivresse orgueilleuse du Taï-ping, du Maître d’école, devenu le personnage le plus considérable de l'Asie : c’est trop peu pour sa superbe! Représentons-nous cet homme, reconnu de ses sujets, c’est-à-dire de ses Seetaires, pour la troisième personne de la nouvelle Tri-
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- nité, dictant son propre culte à trois cents, à quatre cents» à cinq cents millions d’humains, et leur commandant, Ie sabre sur la gorge, d’adorer son pouvoir céleste. Concevons cette religion du nouvel empire, fortifiée par deux gene' raux à la fois thaumaturges, ministres, princes et pr°' phètes : Yang et Siaou sont les interprètes absolus des décrets, l’un du céleste Père, l’autre du céleste Fils aine-Avec le céleste Puîné, voilà trois hommes absorbant trois despotismes appesantis sur l’ordre civil, le pouvoir mih' taire et l’intérêt religieux : digne résultat de leur conju' ration mensongère, hypocrite et mystérieuse. Enfin, polU mettre le comble à leur audace, l’univers étranger est proclamé comme une dépendance, une annexe de leur détestable et méprisable trinomie.
- A présent, demandons-nous quelles perspectives de succès pourraient concevoir ces trop crédules, prédiçants qui rêvaient un protestantisme de plus, celui du Tabping’ et qui croyaient déjà voir un avenir de béatitude ouvrant la libre carrière à leurs sectes infinies? Hélas! anglicans et presbytériens, luthériens et calvinistes, méthodistes» indépendants, anabaptistes, unitairiens, il n’est pas un des genres et pas un des sous-genres de cette flore biblique aux mille variétés, qui ne renferme en ses croyances an moins un article de foi qui mériterait la persécution et la mort aux yeux du fanatisme intéressé dont nous venons d’offrir le tableau.
- Vous êtes chrétiens, parce que vous croyez au Christ-Cela va sans dire. Lui croyez-vous un frère Puîné, u11 frère-Dieu, un Dieu chinois, Empereur, Taï-ping en nn mot? Probablement vous répondrez, Non. Que ferez' vous donc? Que direz-vous, dans vos prêches, au milien de ces vainqueurs? Affirmerez-vous que pareille croyant est une erreur détestable ? Alors vous mériterez plus de
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- Slvpplices encore que. les simples moralistes héritiers de ^°nfucius, et que les nonchalants pontifes de Bouddha !...
- 0llà pour la vanité de vos espérances.
- A l’erreur des missionnaires dissidents j’opposerai la VUe plus juste d’un missionnaire catholique. Voici com-il s’exprimait dans l’année qui suivait le plus grand triomphe des rebelles, celle où Nankin, la seconde capi-*ale de l’empire, était emportée de vive force.
- Justes appréciations de l’abbé Hue.
- (t Peut-on espérer que la nouvelle insurrection appor-tera quelques modifications au système chinois?. .. Il est Probable que les dispositions peu sympathiques de la ^ine à l’égard des peuples de l’Occident resteront ce belles ont toujours été. Nous pensons que nos Missions 11 °nt rien de bon à espérer. Il ne faut pas l’oublier, le cWistianisme (catholique) n’est nullement engagé dans la Crise qui travaille cet Empire. Les chrétiens (catholiques), |r°P prudents et trop sages pour arborer un drapeau po-,ltlque, trop peu nombreux d’ailleurs pour exercer une ^fluence sensible sur les affaires du pays, sont restés Entres. A ce titre, ils sont également suspects aux deux Partis, et nous craignons bien qu’un jour le vainqueur, *lUel qu’il soit, ne Jes punisse de la résistance du vaincu. ^ le gouvernement tartare triomphe de l’insurrection déjà plus d’une fois, a arboré la croix sur ses éten-il sera sans pitié contre les chrétiens \ et cette lon-lutte n’aura servi qu’à redoubler ses soupçons et sa c°lère; si, au contraire, Tient-ti, le Taï-ping, l’emporte et parvient à chasser les anciens conquérants de la Chine,
- 1 Les nouveaux traités obvient aux dangers qu’on pouvait craindre de ce côté.
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- comme il a la prétention de fonder non-seulement une dynastie > mais encore un nouveau culte, il brisera, dans ïenivrement de la victoire, tous les obstacles qui s'opposeront à ses projets-Ainsi la fin de la guerre civile sera peut-être le signal à une grande persécution1.
- Lorsque nous imprimons ces lignes, le pauvre abbe Hue est frappé d’une mort soudaine, avant d’avoir attelé un âge avancé ; nous sommes heureux que notre derniefe citation porte avec elle un éloge de l’auteur.
- SITUATION ACTUELLE DE LA CHINE PAR L’EFFET DE LA REBELLION) SUR LES RIVAGES DE L’YANG-TZÉ-KIANG.
- Au point où nous sommes arrivés, le voyage que Elgin a poursuivi, depuis l’embouchure du grand fleuVe en remontant jusqu’à deux cents lieues, ce voyage va prendre à nos yeux un nouvel intérêt.
- Il nous indiquera d’abord d’importants travaux d’by' drographie, qui sont à recommencer pour l’utilité du commerce et de la navigation. Il aura, dans notre pensee’ plus d’importance en nous attestant, d’après un témoigna^ authentique, la dévastation incroyable de la Chine pal les insurgés qui depuis dix ans prétendent la régénérer-Nous compléterons ainsi notre tableau de la rébellion.
- Composition de l’escadrille de lord Elgin.
- L’escadrille aux ordres de lord Elgin se composait deux canonnières la Dove et la Lee, de la corvette ^ Croiseur et des deux frégates la Résolution et la Furiease-Cette dernière, qui portait l’ambassadeur, était commande0 par le capitaine Shérard Osborn, dont l’habile diplômé
- 1 L'Empire de la Chine, par l’abbé Hue. 2 vol. in-8®; Paris, i854 ; 2* tion; préface, p. xii et xm.
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- 9 fait cet éloge remarquable : « Pendant plus d’une année Jai fait mon domicile de la Furieuse, et dans ce laps de le«ips je n’ai pas pu voir une seule fois qu’il fût difficile à cette frégate d’aller dans un lieu quelconque, ni d’accomplir quelque chose que ce fût, quand l’intérêt du service public ^rendait désirable à mes yeux. » C’est le même capitaine Osborn dont nous avons mentionné les observations à ^an-kiou; c’est lui qui précédemment avait conduit d’An-B^terre avec un succès complet la flottille des canonnières a Vapeur; canonnières dont le faible tonnage était sans temple pour un voyage d’Europe à la Chine, en passant N' le cap de Bonne-Espérance1.
- Le g novembre i858, l’escadrille a quitté le port de Chang-haï et gagné le grand fleuve.
- ^eurs quon reconnaît dans les cartes hydrographiques du grand fleuve.
- Le Croiseur avait pris les devants; il cherche la meil-Wre route pour l’escadrille, et commence par s’échouer sar un banc de sable. Cet accident révèle à l’expédition vérité que lui confirme le reste du voyage : on ne Peut plus avoir une confiance absolue dans les cartes ^Utiques de l’Yang-tzé-kiang publiées, il y a déjà trop ^ngtemps, par l’amirauté d’Angleterre 2.
- Depuis l’époque où ces cartes ont été dressées, les bancs sable et de vase du Grand fleuve ont éprouvé les Plus notables changements de position, de hauteur et ^étendue. C’est une hydrographie à recommencer; un travail nouveau va devenir indispensable , et devra s’ac-c°Uiplir dès que les navires occidentaux seront admis à reftionter dans une étendue .de deux cents lieues.
- 1 Ces canonnières tiraient au plus deux mètres et demi d’eau.
- Oliphant, t. II, p. 200.
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- On jette l’ancre chaque soir; il le faut pour trouve1 une route dont les détours et les dangers, qui sont incoo nus, doivent être découverts à la fois par l’œil et par sonde.
- Un jour et deux nuits sont employés pour remettre à le Croiseur. On continue de remonter jusqu’à Ferry-v^’ point favorable pour passer du continent dans la grau et belle île de Tsung-ming, que peuple un million dba bitants. Le 11 novembre on reconnaît qu’une langue terre, formée par des alluvions, réunit aujourd’hui principale et sa voisine, appelée Ma-son. Leur séparatio11 par les eaux du fleuve est désormais à supprimer sur leS cartes britanniques. Ce n’est pas tout: on jugeait-autre fois que la remonte du fleuve, en longeant la rive ridionale, était la meilleure voie; on juge à présent faut préférer la rive septentrionale.
- A mesure qu’on navigue en cherchant les plus gran^8 profondeurs d’eau nécessaires pour la remonte des be gates, les sondages continuent d’attester d’énormes chat1 gements, par la comparaison de l’état du fleuve avec Ie8 cartes qui servirent en 18/12, lorsque la flotte anglaise remonta jusqu’à Nankin.
- Premier aspect des destructions dues aux rebelles.
- Le 16 novembre l’escadrille approche du grand cafla^ impérial. Déjà sont en vue les fortifications de Tch111' kiang-fou, et plus loin la célèbre île d’Or. Ici s’o£fre a l’observateur un spectacle grand et lugubre. On discer*1^ les ruines de cette place forte, jadis si florissante et sl peuplée, à présent déserte et réduite à ses remparts, l*e8 monuments de l’île d’Or sont abattus; à peine reste quelque temple spolié, mais debout encore. A l’égard de8
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- statues consacrées aux divinités bouddhiques, les sectaires insurgés les ont brisées. Voilà comment s’annonce à l’esca-^rüle l’approche du territoire occupé par les dévastateurs.
- Tandis que chacun, suivant les passions et les sentiments dont il est animé, s’indigne ou s’extasie devant ce ^gubre spectacle, la frégate la Furieuse se trouve lancée SUl> un rocher que recouvrent les eaux : rocher dont les CQries de Vamirauté ri indiquaient pas ïexistence.
- L’échouage avait eu lieu près de Y île d’Argent, dont les hêtres étaient occupés à regarder l’escadre anglaise; iis c°nnaissaient le danger du roc, et ne firent aucun signal Pour préserver les barbares.
- Les trois dévastations de Chili-Inang-jbu.
- Te i y novembre, pendantl’échouement de la Furieuse, Marquons avec l’interprète et le secrétaire, à trois kilomètres de la ville infortunée de Chin-kiang-fou. Il n’y a Pas encore une année, en i85y, la guerre civile ravageait plaine et dévastait la ville, n’épargnant pas plus les lumières des paysans que les maisons des citoyens et ^es édifices publics. Laissons parler M. Oliphant.
- «Nous entrâmes dans la ville par la porte du nord; nous pouvions nous croire au milieu d’une autre Pompéïa. ^ous parcourûmes des rues désertes, entre des maisons Privées de leurs toits et des murs délabrés qu’envahissaient déjà de tristes pariétaires ; les issues étaient obstruées par des monceaux de décombres, et pas un être vivant n’était là pour se frayer un passage. Cependant, à force d errer, n°us finîmes par découvrir deux rues où * végétaient de Pauvres misérables affamés. On le voit, la confiance est ^ute à ramener le peuple au sein d’une cité qui, dans 1 espace de seize ans, a subi trois grandes dévastations. »
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- Notre guide évite de nous rappeler que la première , et non pas la moins terrible, fut accomplie par les AnglalS et les Cipayes, en 1842; la seconde dévastation date de i853, peu de semaines après la prise de Nankin par ïeS rebelles. La troisième était antérieure à 1857.
- Le i 9 novembre, en attendant que l’habile Shérard Osborn ait remis à flot sa frégate, un léger bateau nous mène à l’île d’Or. Voici d’abord un changement opere par la nature: cette belle position dont Marco Paolo, Ie grand descripteur, avait annoncé les merveilles, elleacesse d’être une île, sans qu’aucun moderne en ait fait mention-Des champs cultivés la réunissent à la rive droite du fleuve-C’est encore une rectification qu’il faut apporter aux cartes du fleuve.
- Dévastation de Vîle d’Or.
- La main de l’homme a produit d’autres changement5 qui n’ont rien de séculaire et n’apportent pas avec eux la fertilité. Les beaux monuments de l’île d’Or ne sont de-sormais signalés que par des monceaux de décombres-Si l’on excepte la pagode, aujourd’hui dilapidée, l’on n’aper-çoit pas une pierre posée sur l’autre qui puisse rappeler les édifices tant admirés, il n’y a pas encore dix années-Us sont remplacés par quelques terrassements militaires et par de médiocres bouches à feu. Au-dessus de ces défenses imparfaites flottent d’innombrables petits drapeaux; îeS drapeaux de la révolte et de la dévastation.
- Le 2 o novembre, la Furieuse est à flot. On double fÜe d’Or. On passe devant Koua-tchéou, la ville forte défend la partie septentrionale du grand canal ; cette ville, prise par les rebelles en 1853 , fut reprise en 1857’ peu de temps après Chin-kiang-fou.
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- Dévastation de Koua-tchéou.
- Les révoltés n’ont pas mieux traité Koua-tchéou gue Lhin-kiang-fou. Les marins anglais découvrent, du haut leurs mâts, des corps de cavalerie impériale qui sont bivouac sur les décombres des maisons. Aussi loin que Peut s’étendre la vue ils n’aperçoivent pas une jonque sur Ce grand canal qui servait autrefois pour les plus riches c°nununications entre le nord et le midi de l’empire.
- Le 20 novembre l’escadrille traverse la flotte des l°ttques de guerre impériales, réunies du côté d’aval pour Moquer Nankin et pour interdire aux rebelles toute communication, soit avec la mer, soit avec le grand canal.
- Combat de l’escadrille anglaise avec les forts des insurgés devant Nankin.
- Li’ambassadeur envoie la canonnière Lee en avant-§arde -, elle a mission de naviguer pacifiquement et de s°nder les intentions de la force insurgée. La Lee remonte devant toutes les batteries, d’où l’on n’a pas l’air l’apercevoir; mais à peine la dernière va-t-elle être ^epassée qu’elle tire un boulet sur la canonnière. Celle-ci, P°Ur toute réponse, arbore un pavillon parlementaire; Sept autres boulets hostiles sont coup sur coup tirés c°ntre elle : néanmoins la Lee, fidèle à ses instructions, abstient de riposter. Pendant ce temps l’escadrille anglaise prend position, et livre ensuite le combat. Une heure trente-cinq minutes suffisent pour quelle mette à la mison les batteries agressives, armées sur les deux bords fleuve. Dans cette lutte à courte distance les bâtiments britanniques perdent seulement deux matelots ;
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- tant l’artillerie des insurgés est misérablement servie, bes
- vainqueurs jettent ,1’ancre au-dessus de Nankin.
- Guerre sociale et combats sans énergie des condottieri chinois.
- Pour profiter de la consternation répandue par la vic' toire des Anglais sur les insurgés, la flotte des jonqLieS impériales veut à son tour attaquer ces derniers. É$e tire, à cinq kilomètres de distance, contre les batteneS d’aval, lesquelles ont moins souffert que les autres; à cette distance de mauvais canonniers, qui font un feu forfl11' dable en apparence, livrent une bataille qui finit à pel1 près sans dommages des deux côtés-.
- Une seconde flotte impériale bloquait du côté d’aiw0llt la même cité; elle attaqua les défenses du fleuve aU' dessus de la ville, sans produire un plus grand effet <Jue la flotte stationnée du côté d’aval.
- A l’occident, on aperçoit l’armée de terre impérial attaquant la ville de Nankin, avec aussi peu de succès et de péril : on dirait un simulacre de combat entre &eS condottieri du moyen âge en Italie.
- L’escadrille remonte devant la ville de Taï-ping : effets de la victotre-
- Le jour même où se livrait le combat des impérial devant Nankin, les Anglais remontaient et jetaient l’ancre près de la ville importante appelée Taï-ping. Le gouvef' neur, dans son style de fanatique, faisait aussitôt parven*1 à lord Elgin une lettre ainsi conçue :
- Voire jeune frère, commandant la flotte, complimente &veC respect les étrangers. Le ier jour de la xoc lune de la 8e année éu céleste Royaume de Taï-ping...
- Attendu que votre plus jeune frère commande en chef la flotta*
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- céleste Royaume, et qu’il a combattu pendant plusieurs années es jonques des démons, sans pouvoir les exterminer, il prie instam-^ent Vos Excellences de l’assister de toutes vos forces pour anéan-r les navires ennemis. Votre plus jeune frère présentera un mé-^oire au céleste Souverain, pour qu’il accorde à Vos Excellences des tllres et des récompenses.
- Ces prières obséquieuses étaient ainsi formulées parce ^Ue le gouverneur de la ville rebelle avait appris, avec Uïle rapidité extraordinaire, la victoire obtenue la veille devant Nankin par les redoutables étrangers.
- Le 28 novembre l’escadrille se présente pour franchir Ie formidable passage appelé les Portes Célestes. En ce P°int les rebelles, bien armés, pouvaient arrêter la flotte ^a plus puissante; mais, intimidés par la nouvelle du c°ttibat de l’avant-veille, qui volait de bouche en bouche aVec la rapidité de la renommée, les Taï-ping n’osent pas hrer un seul coup de canon.
- Insurgés qui demandent des capsules à percussion.
- Tandis que les canonnières sondent la rivière et cher-chent les meilleures passes, plusieurs barques des insurgés ies abordent amicalement; elles font excuse des malenten-düs précédents. On voudrait devenir de parfaits amis; si ^es étrangers donnaient aux Taï-ping quelques armes, Talques munitions de guerre, et surtout des capsules à Percussion, de tels présents seraient reçus avec reconnais-sance.
- Cette demande fait voir que les rebelles comptent déjà Parmi leurs, armes des revolvers ou des fusils à piston : Notons attentivement ce progrès.
- On aperçoit un fort, adjacent aux Portes Célestes; il c°ntient, dit-on, une grande partie des trésors pillés par
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- le gouvernement rebelle ; ce fait me paraît extrêmement
- douteux.
- Nous avons toujours à mentionner le ton hypocrite et si faussement biblique, par lequel avaient été séduits leS missionnaires protestants. Sur la rive méridionale du grand fleuve on aperçoit la pagode.de Wou-hou-tcheou ) le commandant de cette place écrit à lord Elgin.
- Missive fanatique d’un commandant des insurgés.
- Attendu que, grâce à la céleste bonté du Père céleste et du divin Frère aîné Jésus, la céleste dynastie a été fondée récemment, et qne notre vraiment saint maître le céleste Roi, ayant été désiré sur terre, y est descendu pour gouverner l’univers. Il a posé son trone dans la céleste capitale de Nankin; et, pendant plusieurs années, Ie peuple du pays des quatre mers a tourné vers lui ses cœurs. Al°r® des milliers de cités ont ressenti son influence divine.
- Cinq navires étrangers appartenant à vous, frères en Jésus, sont maintenant dans le royaume central de la dynastie céleste et sont arrivés de Ning (Nankin); ignorant vos proposition®1 j’envoie pour les recevoir, etc.
- Le commandant épicier.
- Un envoyé de l’ambassadeur est mis à terre et se rend au palais, à Tyamon de ce gouverneur si poli. Rien n’est plus misérable que la chambre du conseil où l’on reçoit l’envoyé, qui vient simplement demander des vivres frais en les payant. Le commandant de la place exerçai en même temps les fonctions de juge et de grand-prêtre; il avait été petit boutiquier à Canton. Ce saint épicier n’avait rien perdu de son génie primitif. La première question qu’il adresse à l’envoyé britannique est celle-ci : Qu avez vous à vendre ? Jamais il ne parvient à croire que le mot rien puisse être une réponse sincère.
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- Destruction de la grande ville de Wou-hou-tchéou.
- WDu-hon-tchéon1, la ville où commandait ce misérable rebelle, avait compté, dans les temps prospères, parmi ^es plus grandes et les plus riches du second rang ; bien Percée, bien bâtie, pleine de vastes magasins et de bou-hques richement fournies, elle communiquait avec le §rand fleuve par un canal d’une demi-lieue. Hélas! les Vlsiteurs anglais trouvent la ville détruite; elle n’a plus hhabitants que dans deux rues pauvres et dépouillées, °u quelques maisons restent encore sur pied. Ces rares habitations ont pour garnisaires les soldats rebelles.
- Le saint boutiquier, grand prêtre et commandant, remit au* Occidentaux un manifeste adressé par le Taï-ping aux etrangers. En voici quelques versets :
- Le divin, le sacré Père étend son pouvoir sur l’univers.
- Notre aîné, frère utérin, est Jésus.
- Notre puîné, frère utérin, est Sin-tsing (Houng-siéou-tsiuen). Lans la 3e lune de l’année i848, Sin-tsing descendit sur la terre, etc.
- Tableau des paysans qui fuient les rebelles; dévastation des campagnes.
- Le 24 novembre, au-dessus de Wou-hou-tchéou, nous percevons des troupes d’insurgés aux prises avec les L’oupes impériales. Ces combats semblent fort peu péril-Lux; ils n’en sèment pas moins autour d’eux une épou-vante trop fondée à raison de leurs conséquences.
- 1 Distance de Wou-hou-tchéou à son chef-lieu Taï-sung-fou : vingt Üeues.
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- Désolation des campagnes et des paysans par les insurges.
- ig 1
- Les écrivains qui ne peuvent nier l'anéantissement a cités par les rebelles semblent se consoler dans la penser que l’insurrection respecte du moins les campagnes, et que les sévices n’atteignent pas les paysans. G’est ce que dément l’escadre de lord Elgin, à la vue d’étranges spe° tacles. Ecoutons le secrétaire de l’ambassadeur.
- «A mesure que nous avancions, nous devenions pluS enchantés des paysages. Un amphithéâtre de collines boisées s’élevait à la hauteur d’environ six cents mètres» il dominait une plaine gracieusement variée par des bocages et de riches cultures ; mais on remarquait avec consternation que des campagnes si charmantes allaient être privées de leur population. Elles n’avaient jamais été visitées par ces hordes impitoyables qui maintenant s’abattaient sur leur proie comme des vautours. Les pay' sans, craignant que les insurgés ne remportassent la victoire, fuyaient avec empressement pour échapper ans scènes de rapine et de violence qui, partout, ont signale le passage de ces dévastateurs. On voyait des famiUeS entières suivant les sentiers étroits; des hommes, succom' bant sous le faix de leurs fardeaux ; des femmes, boitant sur leurs petits pieds et portant leurs enfants dans leufS bras; enfin les quadrupèdes et les volatiles étaient pousses ou portés par les petits garçons et les jeunes filles. C’était une complète émigration. Quelques colonnes paisibles de fumée, derniers signes des feux utiles et domestiques» ondoyaient encore dans l’air; elles s’élevaient sans doute pour la dernière fois au-dessus des chaumières et des hameaux destinés bientôt à partager le destin qui s’était appesanti sur la contrée circonvoisine : sur la contrée oü
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- aes monceaux de cendre noire et des amas de briques ^ftipues restaient seuls pour attester le caractère jadis * VlVant et populeux des campagnes, à présent, hélasI rui-^ees et désertes. »
- En arrière de la chaîne de collines qui bordait le grand ^euve, à cinq ou six lieues d’éloignement, était la ville Fou-chang, le quartier principal des rebelles; les lrripériaux occupaient les collines et de là dominaient le Brand fleuve. Leur point important était Kiéou-hien, près ^ju littoral; c’est ici que s’est arrêtée la Résolution, frégate Ul1 trop grand tirant d’eau pour remonter plus haut.
- La ville recouvrée de Kiéou-hien devient le refuge des pauvres paysans.
- Ea ville de Kiéou-hien, que nous venons de men-^°uner, est à moitié démolie par les rebelles, qui l’ont abord occupée, puis abandonnée. Nous y trouvons trois jüille impériaux comrpandés par le Cantonnais Li. C’est 1 qui dirigeait les assiégeants de Chin-kiang, en mai 1 ^53, ayant sous ses ordres trois vapeurs européens et ^gt-cinq lorchas affrétés par le préfet de Chang-hai. Ce ^ef réunissait, dans Kiéou-hien, des braves du Tché-larig, du Kouang-toung et du Chan-toung; il avait encore Sous ses ordres une douzaine de jonques mandarines et dix CaiaQnnières.
- Eette ville est devenue le refuge des familles de cultivateurs qui jadis habitaient le pays circonvoisin, lorsque eP°uvantées par les insurgés elles se sont enfuies avec *0lJt ce qu’elles pouvaient emporter. Voilà comment une P°rtion du territoire que couvre l’insurrection s’est triste-^ent dépeuplée.
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- Sort des paysans qui ne prennent pas la fuite.
- Il y a souvent des combats entre les rebelles et leS paysans qui n’ont pas pris le parti d’émigrer. Les rebella s’avancent à la pointe du jour; si les paysans, surpris pal eux, ne veulent pas prendre service dans leurs rangs» des rixes ont lieu, qui finissent par la ruine ou la mort des campagnards. Les habitations rurales sont alors re' duites en cendres, et dans une longue étendue de pays on ne trouve plus que des maisons privées de leurs toits et de leurs portes. Les nouveaux captifs, qu’on enrôla au service de la révolte, n’ont pas même la faible liberté dont jouissaient les rebelles primitifs du midi, Lorsqu1 s’agit de lutter contre les impériaux, ils sont placés-a11* premiers rangs,.attachés, assure-t-on, les uns aux autres par leurs longues queues.
- Ici nous avons encore un témoignagne oculaire : O11 des membres de l’ambassade met pied à terre et chetfUJie jusqu’à la ville de Fan-chang, en parcourant des vallons $ des collines. Pendant les dix derniers kilomètres de soi1 excursion, tous les hameaux et les maisons isolées qu*J aperçoit sont en ruines. Partout les rebelles soumettent^ leurs extorsions le pauvre peuple des champs ; ils enle' vent les hommes avec violence, comme autrefois 011 pressait les matelots en Angleterre. Us gardent pour eu* les plus belles femmes.
- Jusqu’à la cité de Wan-tchie-tan, dans un parcours àe cent lieues, le grand fleuve, autrefois couvert de jonqueS richement chargées, est complètement désert. DepulS 1853 cette artère vitale de la Chine est atrophiée paf ^ rébellion.
- En remontant au-dessus de Wan-tchie-tan, voici Ie
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- Sl§0e auquel on reconnaît que le pouvoir légitime a re-Pris son empire : c’est là que l’escadrille anglaise ren-^°ntre les premières jonques marchandes qui se soient offertes a ses regards depuis l’embouchure du Grand fleuve.
- On aperçoit une flotte impériale nombreuse au connut de l’Yang-tzé-kiang avec une rivière venant du ^rd. L’armée navale est composée de cinquante belles J°Uques chargées de soldats à brillants uniformes; plu-SleUrs bâtiments portent de chaque bord six à huit canons bronze. Yang, amiral de cette flotte, l’a quittée pour aHer à Nankin diriger les opérations contre les rebelles.
- Le 26 novembre, en continuant de remonter, on c°rnpte successivement deux cent cinquante jonques de pierre bien munies d’équipages.
- En approchant de Ngan-tching, grande et forte cité ies insurgés ont usurpée au milieu d’un pays fidèle, a batterie d’un premier fort tire sur l’escadre de l’ambas-Sa^e; les quatre bâtiments quelle conserve encore depuis le plus grand s’est arrêté ripostent sans retard. Les ^belles tirent trois fois, puis se sauvent à toutes jambes , s°rtent dp fort et se dispersent dans les champs.
- Les ruines de Toung-ling.
- Au-dessus de Ngan-tching, dans une situation charcute , nous apercevons Toung-ling. De trop nombreuses Î^Ues accumulées dans son enceinte attestent que jadis s reb elles en étaient maîtres.
- Dévastation de Kiêou-kiana-fou.
- depuis le canal Impérial, dans une remonte de deux ents lieues sur le Grand fleuve, le croira-t-on, c’est seule»
- *ntrodoction. — III.
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- ment à Kiéou-kiang-fou que les Anglais rencontrent un chef-lieu départemental, une ville honorée du titre def0^ sur laquelle flottent encore les drapeaux de l’empereur-Mais dans quel état déplorable est cette ville, il y a Peü d’années populeuse, active, opulente! Il ne reste debout que les maisons d’une rue, et cette rue est en partie dü& pidée. La ville n’avait pas moins de deux lieues et de®ie de circonférence, et dans une si vaste enceinte on n’aper çoit plus que des ruines. Cette extrême dévastation e principalement due aux cinq années pendant lesquePeS les insurgés en ont fait leur résidence; ils y séjournaieIlt pour détruire et non pour vivifier. C’est seulement eïl avril 185y que les impériaux l’ont reprise; ils ont achov l’œuvré de destruction, si bien commencée par les re belles.
- A peine reste-t-il aujourd’hui quatre cents habitants. et la garnison est de quatre mille hommes. Dans la vil|e on n’aperçoit qu’un édifice public : c’est un temple Confucius, que l’empereur a fait relever en 1858. ^ y voit une inscription à la mémoire d’un général tarta^ mort en défendant la cité contre les rebelles. Il reS^ encore dans la ville une pagode, mais en partie détruit6'
- Les insurgés chassés pour la dernière fois de la province de Ho^r'
- Le ier décembre i858, l’escadrille passe devant la de Ki-tcheou, que les rebelles ont aussi dévastée : acco# pagnons-la. En i856, une grande bataille avait été livree au-dessus de Ki-tcheou; bataille dans laquelle les rebeP6S éprouvèrent une perte énorme. En 185y, ils furent de*1 nitivement expulsés de la province de Hou-pé, que u°u5 côtoyons.
- Non loin de ces lieux nous rencontrons une flotté
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- Ombreuse, qu’un haut mandarin promène avec faste P°ur rétablir la confiance.
- Plus haut nous passons devant Houang-che-kiang, cité jjUe possèdent les impériaux. Elle est bordée, le long du euve, par un superbe quai revêtu de larges pierres sili-Ceuses et couronné par une belle balustrade. Des jonques Pressent en foule au pied de ce quai, dans un mouillage 0u ta fleuve est très-profond. Nous admirons l’aspect d’ac-^ité et Je prospérité commerciale, qui contraste si forcent avec les tristes spectacles dont nous avons été FaPpés depuis Nankin.
- Dévastations de Houang-tchéou.
- j, ^ Houang-tcheou, nous remarquons une imposante j°rce impériale de terre et de mer. L’infanterie et la cava-erie sont campées hors des remparts, et des jonques de §uerre forment une flotte à l’ancre auprès du rivage, j ^ans Houang-tcheou s’offrent aux regards, comme dans autres villes envahies, d’immenses dévastations. Dès ^ o>les rebelles ont pourtant été chassés; mais les traces e l®ur passage sont restées ineffaçables.
- Ne
- cUé
- nous arrêtons plus qu’au groupe des trois grandes commerciales qui furent l’objet de la convoitise et es attaques furieuses des insurgés en i853. Nous y par-
- ies
- H
- °us le 5 décembre i858.
- Souffrances da groupe des trois grandes cités commerciales; les dévastations de Han-yang-fou.
- ville départementale de Han-yang-fou est celle ^présente la plus complète dévastation. «Jamais cité Pareille étendue n’a tant souffert par l’occupation des
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- tan t
- rebelles; elle offrait un spectacle lugubre, et poui pittoresque, lorsqu’on la regardait du haut d’une coffne assez rapprochée. L’œil attristé contemplait de vasjeS ruines. Sur les rues bien pavées on voyait épars fragments brisés de sculptures, les unes en marbre et autres en granit, figurant des lions, des dragons, ornec160^ consacrés aux temples, aux palais officiels. Onremarcff1 encore çà et là quelques somptueuses Portes d’honneur, ^ décoraient autrefois les rues principales; le plus souV on voyait de tels monuments abattus et leurs débris ^eJ couverts de plantes sauvages. Quelques édifices puJ3 ^ étaient en voie de réparations ; en attendant qu’ils fusse habitables, les mandarins à qui ils sont destinés s’etai réfugiés sous des abris temporaires 1. »
- Restauration de Han-kéou.
- Nous pouvions à peine croire ce fait : il y avait del1^ ans et quatre mois seulement que le Nijni-Novog°r° chinois, que cette cité, si vivante et si commerça*1^’ avait été détruite de fond en comble. Nous interrogi0*1.5 les habitants : ils nous disaient que pas une pierre ( été laissée debout; là, les rebelles avaient tout renvcr®6’ après avoir volé tout ce qui pouvait être emporté, i Cette renaissance est merveilleuse : elle fait voir que est ici la force vitale du commerce. Dans toutes les dheC tions on rebâtissait des maisons et l’on rouvrait des ^ gasins. Le temple de la Longévité, dans lequel on cél^f annuellement la nativité de l’empereur, était le seul e fice national qu’on eût commencé à» relever. Déjà Ie étrangers revenaient en foule et rendaient la vie co& merciale au grand marché du centre de l’empire.
- Ile
- 1 Oliphant, t. IL
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- Souffrances de Wou-tchang-fou.
- . La capitale de ia vice-royauté des deux provinces de
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- 'nan et de Hou-pé ne se relevait qu’avec peine et len-
- ^ eQt des désastres occasionnés par l'invasion des re-les- Le vice-roi tartare qui les a chassés de son gou-^ement n’a pas encore eu le temps ni les ressources j Cessaires pour relever en entier les remparts et pour ^es munir de canons. A peine le tiers de cette vaste cité ^-ste-t-il debout, et ce tiers contient 4oo,ooo habitants. a 1858, de vastes quartiers étaient si complètement en Uiries, que les Anglais de l’ambassade, en les parcourant, ^rent tirer sur quatre faisans sauvages, comme s’ils les
- «b
- fUe
- Usaient au milieu d’une campagne solitaire.
- avait sauvé, du moins en majeure partie, la belle
- / principale qui traverse une colline et conduit au pa-^ls du vice-roi, palais également conservé.
- Descente de l’ Yang-tzé-kiang.
- ^près avoir étudié le groupe des trois cités commer-j es jusqu’où le commerce européen pourra remonter, Üs redescendent le fleuve. Le 29 janvier 1859,
- ^rivent devant Nankin.
- Lord Elgin envoie dans cette cité quatre personnes de I Sllite pour rendre visite aux autorités rebelles et pour procurer d’utiles renseignements.
- Les envoyés de lord Elgin foulent sous leurs pieds l’endroit ou s’élevait la célèbre tour de porcelaine.
- ((Nous débarquons, dit M. Oliphant, du côté du sud
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- (rive droite), vers un des forts qui naguère avaienttire sur nous avec le plus d’opiniâtreté. Nous faisons le toUi des murs pendant plus de dix kilomètres avant d’attein^re la porte par laquelle nous allions entrer dans la Nous passons sur l'emplacement où jadis s'élevait la c^e tour de porcelaine; il nen reste pas un débris pour rappel place où s'élevait ce merveilleux monument. »
- Déjà le révérend M. Milne avait annoncé cette destiac tion; mais on n’avait pas encore obtenu de témoigné oculaire pour constater ce grand acte de barbarie.
- Situation de Nankin à la fui de 1858.
- Les insurgés 'ont perdu l’enthousiasme qui les pre'Cj_ pitait au combat et leur donnait la victoire. Dès 9U attaquent les troupes du Gouvernement, celles-ci fuie^’ mais aussitôt que les forces impériales les attaquent» insurgés fuient : conduite ainsi des deux parts, la guerr civile est éternelle.
- La grande cité de Nankin ne paraît plus habitée quer les troupes rebelles. Les visiteurs anglais, en la pafc0lî rant, n'aperçoivent pas une seule boutique; ils ne voient p sonne qui s’occupe de débit et de commerce. Un graIJ. nombre de rues sont complètement désertes et les V13 sons inhabitées. Quelques yamons, quelques monurne^’ sont debout encore : par exemple, la tour centrale du Tambour élevé, au sommet de laquelle on anno11 l’heure avec un tambour gigantesque.
- La garnison, qui tient lieu maintenant de populati°3’ est évaluée de dix à quinze mille hommes : voilà tout qui représente la splendeur et la vie de cette cité, 4 comptait encore un million dliabitants il y a moins dix années.
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- Conclusion : décadence et misère de Vinsurrection au commencement de 1858.
- Malgré leur nombre minime, les rebelles de Nankin s°nt réduits à la dernière indigence; les approvisionnements leur manquent. L’administration rebelle est si pauvre, qu’on voit affichée sur les murs la proclamation ^Un principal ministre invitant les sectaires à souscrire P°ür venir en aide au gouvernement du Taï-ping. Ainsi la ruine et la spoliation de tant d’opulentes cités, y compris Nankin, loin de faire nager le vainqueur au sein de Abondance, ont fini par amener chez les spoliateurs le d^nûment et la misère la plus justement méritée.
- L’intrépidité des fanatiques rebelles, affaiblie par de-fp’es, est descendue jusqu’à la lâcheté des bandes ita-^eïines au temps des condottieri; de même leur fana-hsme religieux dégénère en indifférence et descend vers ^ scepticisme. On détruit toujours des idoles, on connue de persécuter les cultes préexistants, mais sans qu’on aperçoive pour les remplacer un culte nouveau qui commande la ferveur.
- Chose plus étrange! tandis qu’on abat les temples bouddhiques et ceux du culte de Lao-tseu, les rebelles respectent universellement les temples des Ancêtres. Ainsi voilà ^ antique génie de la Ghine debout au milieu de tant de ^bris ; c’est la loi de Confucius qui reprend sa force, meme dans la capitale de la rébellion, et qui brille de Nouveau dans le foyer de tous les sacrilèges.
- «En définitive, disent les observateurs anglais dont n°ns venons d’énumérer les imposants témoignages, nous avons trouvé les rebelles faisant la guerre comme les Juifs (en exterminant), vivant comme la pire sorte de
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- chrétiens, et croyant....comme on croit chez les Chinois »
- c’est-à-dire ne croyant pas ou presque pas h »
- Yeh, Vinfexihle défenseur des lois antiques de la Chine.
- Nous avons expliqué les malheurs attirés sur le Céleste Empire par un fils de cultivateur incapable d’arriver an plus bas degré du mandarinat. Nous allons montrer le hei’°s d’une carrière directement opposée par les moyens et par le but. Canton fut pour l’un le point de départ; cette ville est pour l’autre le point d’arrivée et de la suprême influence.
- Le moment est venu de faire connaître un grand mandarin qu’on peut regarder comme le type le plus remarquable de la classe des lettrés défenseurs des mceLirS antiques, et le fauteur imprévoyant de la guerre fatale a son pays qui fut commencée dès i856 entre la Chine et l’Europe.
- Le célèbre mandarin Yeh naquit dans un village de la province deHo-nan. Son père,simple vannier, joignait à ce travail un petit commerce de riz. Avec les profits d’une humble industrie on peut juger combien il avait de peine à nourrir quatorze enfants. Au milieu de cette indigence, l’un d’eux, Yeh, se forme lui-même; il sort de la foule, il s’élève par la seule force de son esprit et de son caractère; pauvre et sans appuis, grâce à l’équité des examens, il est reçu lettré de troisième classe. Il devient répétiteur au collège littéraire de Kaï-foung-fou, chef-lieU de la province. Bientôt le gouverneur apprécie le rare mérite du jeune mandarin, qu’il attache à sa personne; deux années plus tard, il l’emmène avec lui dans la capitale.
- 1 Narrative of lord Elfm's mission, t. Il, p. 463.
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- Yeh, sur ce grand théâtre, a la bonne fortune detre aPprécié. par le directeur du cabinet de l’empereur; bien-d est nommé vice-président du hing-pou, le tribunal Superieur des châtiments. Cette fonction convenait à l’âpre Sevérité de son caractère. Deux graves missions qu’il rem-Pdt avec succès attirent sur son mérite l’attention du sou-Verain, qui juge en dernier ressort la valeur des manda-lu>s. Le choix réfléchi du maître le nomme successivement gouverneur de Canton et vice-roi des deux Kouang.
- Jamais conjoncture n’avait été plus critique et plus Worable au talent gouvernemental du mandarin Yeh.
- midi de l’empire, foyer primitif de la grande réunion, était désolé par d’innombrables révoltés; ils pilant, ils incendiaient les villages, les bourgs, les villes lïlemes, et massacraient des habitants inoffensifs. Sieou, le Vlce-roi des deux provinces de Kouang-toung et deKouang-Sl> sans pitié pour les coupables, mais dépourvu d’habité, luttait infructueusement contre les déprédateurs et t révolutionnaires. Dans l’année même de leurs plus §ronds succès, et lorsqu’ils parvenaient jusqu’au centre de l’empire, en 1853, ses fonctions cessent; Yeh lui suc-Cede. Le nouveau vice-roi maintient le même système de prieur, mais dirigé d’une main tout autrement intelligente
- et rigoureuse. Devant lui l’insurrection recule ; elle dispa-iait enfin de son premier foyer : mais à quel prix!
- Un chef de rebelles faisait scier entre deux planches toüt soldat devenu son prisonnier; il en avait martyrisé lusqu’à six mille par cet horrible supplice. Les parents de Cet infâme brigand devinrent à leur tour prisonniersd’Yeh. Vivant l’odieuse coutume qui rend solidaires tous les pa-rents d’un criminel, le vice-roi se propose d’épouvanter Par l’exemple. Il rivalise avec l’atrocité du plus odieux des scélérats; il fait déchirer les membres et les corps de
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- la famille du coupable et fait exposer en public, à pellie
- privés de la vie, leurs membres palpitants.
- Dans cette lutte sans merci contre la grande insur rection dont profitaient les criminels de toute nature» soixante mille individus ont péri par la main des bour-reaux d’Yeb. Mais, affirma le mandarin pour justifier ces interminables exécutions, les coupables suppliciés en S1 grand nombre n’ont été privés de la vie que pour venger trois cent mille citadins ou paysans inoffensifs que ces barbares avaient massacrés. Voilà les mœurs de l’Orient-
- A l’extrémité de l’empire, la vice-royauté d’Yeli s’eten dait sur les bords d’une mer d’où les pirates, poursuit par les bâtiments militaires, cherchaient à gagner leS montagnes du Kouang-toung et surtout du Kouang-si; ceS contrées presque inaccessibles étaient aussi le pays où leS criminels des autres provinces se réfugiaient quand la juS' tice mandarine les poursuivait avec trop de vivacité. vil ramas de malfaiteurs, Yeh, pendant son administré tion, les a sans merci poursuivis et suppliciés. C’étaient des voleurs, des assassins, qui presque toujours, dit-il, mis à la torture, avouaient leurs forfaits.
- Malgré cette inflexible sévérité, Yeh,- s’il faut l’en croire» ne s’est jamais aperçu qu’on le détestât. Sans doute $ était craint; mais la tranquillité renaissait sous la puissance de la peur. Grâce aux condamnations de l’impitoyalde justicier, la paix régnait enfin dans la province et dans la cité de Canton ; le commerce, garanti contre les malfn1' teurs, était redevenu très-actif et très-prospère.
- Un crime pour lequel Yeh n’a pas pu trouver la moindre excuse, c’est d’avoir fait périr avec atrocité de malheU' reux prisonniers anglais tombés dans ses mains.
- Afin de récompenser la tranquillité rendue à la pr°' vince de Kouang-toung, l’empereur voulut récompense!
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- ^eh en Ielevant au premier titre d’honneur, à celui de Uan-tsiou; il l’avait distingué par la qualification de ming~ ln-tchin, le jaspe brillant.
- Devenu riche d’honneurs, Yeh prétendait être resté pauvre d’argent. Au milieu d’une corruption trop généré, ses mœurs n’avaient pas cessé d’être pures. Il donnait à ses humbles parents, la famille aux quatorze enfants, ta plus grande partie du produit de ses emplois. Dans s°n bourg natal, il avait fait construire un temple où les s*ens allaient prier le Maître du ciel; dans la contrée d alentour, il avait bâti des hospices pour les pauvres.
- Tel fut donc ce grand mandarin, intelligent, ambi-heux, hautain, superbe et d’un caractère énergique; il sest élevé par des moyens barbares, inexorables, et trop tamiliers à la justice de la Chine.
- Yeh, selon le dire des Anglais, ses mortels ennemis, bien qu’il ne fût pas aimé, comptait de nombreux partisans , qui l’estimaient comme un type illustré du véritable Chinois; cela voulait dire qu’on appréciait et qu’on aimait
- lui l’énergique ennemi des étrangers abhorrés et des envahisseurs injustes.
- Lorsque nous voyons le fils d’un pauvre vannier parvenir sans autre appui que son instruction et son mérite, lorsque nous voyons ce fils de paysan acquérir par voie de concours un premier rang au milieu des lettrés et devenir mandarin ; attirer partout l’attention des hommes les plus éminents, dans son district, dans sa province, à Pékin même; conquérir l’estime de ses chefs, qui tous vendent justice à son mérite; lorsque nous le voyons interrogé, apprécié par l’empereur même; lorsque nous le Voyons, de service en service, pouvoir enfin gouverner comme vice-roi les deux provinces les moins gouvernables de l’empire, rendre à la prospérité plus d’individus que la
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- France entière ne compte aujourd’hui d’habitants, étouffer dans son berceau l’insurrection qui triomphait de proche eu proche jusqu’au cœur de l’empire, tirons une conséquence:
- Quand de tels succès sont possibles à la pauvreté, a l’intégrité, à l’intelligence, rendons-nous à l’évidence: non! les institutions vitales du grand empire, empreintes du génie de Confucius, ces institutions ne sont pas encore éteintes. Avec un prince énergique elles auraient bientôt repris leur puissance et régénéré l’empire.
- Mais il resterait à tempérer la justice par l’humanité; il faudrait abolir la torture et supprimer la cruauté dans les supplices, pour revenir à l’humanité du législateur primitif, de ce divin Confucius qui sut être à la fois plein de douceur pour le peuple et progressivement sévère a l’égard des plus puissants criminels.
- Après avoir pris Canton, les Anglais ont conduit Yeh dans les prisons du fort Williams, à Calcutta. Dans cette réclusion, le chagrin plutôt que le remords a prompte' ment terminé ses jours.
- A présent que nous connaissons le redoutable vice-roi de Canton, jetons un regard sur les mœurs de la capitale où sa résidence était fixée.
- Les mœurs de Canton, avant et depuis Yeh.
- Le bas peuple de Canton s’est acquis un triste renom, même aux yeux des Chinois, pour la corruption de ses mœurs, pour sa turbulence et sa haine des étrangers. Depuis de longues années, cette ville est le refuge des bandits et des brigands impatients de tout frein et mettant leur bonheur à fouler les lois aux pieds. On a porte jusqu’à vingt mille une association de voleurs exploitant la ville et les faubourgs. Ce n’est pourtant pas l’organb
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- sation d’une police active et nombreuse qui manque à la repression; mais les agents inférieurs sont corrompus, à Exemple des supérieurs : on réserve une part des dépouilles à l’autorité qui devrait ou prévenir, ou réprimer. Voilà comment les forfaits les plus odieux restent tfop souvent impunis:
- De telles difficultés sont insurmontables tant que la ville 11 est pas sous les ordres d’un gouverneur à la fois doué diin grand caractère et de là volonté la plus inflexible. ^0 vice-roi probe, mais dont l’énergie ne suffisait pas à ^a plus rude entreprise, s’exprimait ainsi lorsqu’il arrivait atl terme de son administration : «A Canton, la décep-bon, la fausseté, prévalent dans tous les rangs, dans toutes les positions; les hommes sont sans foi, les femmes sans honnêteté. J’ai tâché, mais en vain, de porter remède à Ces maux; j’ai perdu mon temps et ma peine. J’ai le cœur Drisé; je m’estime heureux de m’éloigner d’un semblable repaire de vice effronté et de mauvaise foi perpétuelle, a
- On observe cependant, même à Canton, qu’il existe des maisons considérables qui font avec honneur un commerce honnête; elles sont récompensées par la préférence que leur accordent les étrangers honnêtes aussi.
- Il y a déjà deux mille ans, Canton était appelée Nan-vou-tching, la cité martiale du sud. On va voir à quel point eIle a.peu mérité de conserver ce titre.
- SECONDE GUERRE DES ANGLAIS CONTRE LES CHINOIS.
- Le 8 octobre 1856, la lorcba VArrow se trouvait à Lanton; cette barque, montée par douze Chinois, était dirigée par un patron anglais; elle était inscrite sur les registres de Hong-kong, mais ne remplissait aucune des éditions qui pussent la faire considérer comme un bâti-
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- ment national britannique. Construite par un Chinois» elle était employée par ce Chinois, lequel avait fait inscrire le nom de cette lorcha sur les registres de Hongkong pour une année qui finissait le 27 septembre i856 • Par conséquent, le 8 octobre de la même année, fonabre même d’une protection coloniale ne pouvait pas être m-voquée. Enfin, à cette époque, le temps de service p°ur lequel on avait enregistré la lorcha était expiré; mais on l’ignorait à Canton.
- Dans cet état de choses, le gouvernement indigène accuse l’équipage d’être composé de pirates; il enjoint à la force armée de saisir à bord de la lorcha les douze Chinois, chargés de crimes que plusieurs d’entre eux ont avoués : l’ordre est exécuté le 8 octobre i856.
- Sur le rapport intéressé du patron de la lorcha, sans aucun témoin à l’appui-, le consul anglais affirme que le pavillon d’Angleterre flottait sur le navire et que leS Chinois l’ont mis bas. Cependant l’équipage saisi par l’autorité judiciaire du pays a déclaré que le pavifl011
- 1 Ce fait est établi par le surintendant sir John Bowring écrivant ainsJ qu’on va le voir au consul anglais à Canton :
- It appears on examination that the Arrow had no right to hoist the bri-tish flag : the licence to do so ex-pired on the 27 septeraber; from which period she had not been en-titled to protection. You will send back the register to be delivered to the colonial office.
- II appert, par l’examen, que XAt' row n’avait pas le droit de hisser Ie pavillon britannique : la permission de le porter expirait le 2 7 septembre, à partir de ce jour elle n’avait pins aucun titre à la protection. Veuille renvoyer le registre pour le remettre au bureau colonial.
- Malgré cet aveu, sir John Bowring, écrivant au vice-roi, affirme qne ïArrow est un bâtiment britannique. Lord Derby reproche en pleine Chambre des lords cette contradiction; mais nous ne voulons pas reproduire ici l’amertume et la sévérité des expressions qu’il emploie. (Voyez Annual register, 1857.)
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- etait à fond de cale quand les marins chinois ont été pris e* conduits en prison.
- Le consul réclame avec une hauteur impérieuse contre °utrage qu’il prétend fait au pavillon de son pays. Il vcut qUe ies matelots indigènes soient ramenés à bord
- la lorcha; il veut que ce soit par les mêmes soldats et enaême officier qui les ont primitivement arrêtés. Après 1111 certain nombre de pourparlers, les marins, quoique Chinois, sont restitués, mais non par l’officier qui présidait à l’arrestation primitive; enfin les excuses impérieu-Se*nent demandées ne sont pas obtenues, parce que les Minois ne croient pas avoir offensé l’Angleterre.
- Lutte des autorités anglaises contre Y eh, vice-roi des deux Kouang.
- Hans un admirable mémoire dont l’auteur a, pourré-^ COnapense, été promu d’un consulat en Chine à l’ambas-Sî*le du Jap on, M. Rutherford Alcock fait confidentiel-Ictnent au ministère britannique une grave déclaration, t°ut en constatant la haine invétérée des Cantonnais P°ur les Anglais. « Il n’en est pas moins vrai, dit-il, que si de graves abus commis sous pavillons étrangers, en ^ertu d’immunités garanties par les traités, n’avaient pas des faits notoires, spécialement pour la classe des Petits navires appelés lorchas, tous voleurs et pirates, le Sujet particulier de la querelle dont est sortie la présente difficulté avec Canton n’aurait probablement jamais pris Naissance. »
- Édifiés de la sorte sur la moralité de la question, au Slljet de la présente difficulté concernant la lorcha VArrow, vivons les progrès d’une vindicte exaspérée, laquelle n°us semble avoir dépassé les justes bornes.
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- Compte officiel des hostilités commises à main armée, en pleine pw$‘
- Sir John Bowring, le surintendant du commerce h11' tannique à Hong-kong, prend en main la querelle; d son autorité propre, il la soutient contre le fier et peU flexible Yeh, vice-roi des deux provinces de Kouang-toung et de Kouang-si. Pour commencer, à titre de représailles» d fait saisir par le contre-amiral sir Michael Seymour nne jonque portant pavillon chinois.
- Ce premier acte d’hostilité ne produisant pas l’effe^ désire, l’amiral s’empare de deux forts, Macao et Bien* heim, dont il encloue les canons.
- La seconde agression n’ayant pas fait fléchir le vice' roi, l’amiral attaque un troisième fort, plus rapproché de Canton et défendu par trente-cinq canons, ensuite Ie petit fort Rouge : l’un et l’autre situés dans l’île de Ho-nan» et le dernier, presque en face des factoreries européennes-Les forts chinois sont enlevés sans qu’ils fassent de résiS' tance; malgré cela„ les munitions qu’ils renfermaient^^ détruites, et l’amiral incendie tous les édifices érigés dans lear enceinte. C’est lui-même qui mentionne ces faits et ceu* qui vont suivre, dans son rapport officiel à l’amirauté d’An' gleterre.
- Cette troisième violence trouvant Yeh toujours impaS' sible, l’amiral conçoit qu’il est temps de protéger la faC' torerie d’Angleterre : c’est ce qu’il fait par un corps de troupe. On débarque autour du consulat des canons que l’on braque contre la ville ; en même temps les An' glais barricadent les rues du quartier extérieur des Euro-péens : toujours au milieu de la paix et sous la foi des traités.
- Tant de provocations n’amenant pas les excuses deman-
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- ees, l’amiral s’empare de l'île appelée la Folie hollandaise, e située vis-à-vis du milieu de Canton, et dans laquelle 011 prend un fort armé de cinquante canons.
- Ues cet instant, l’agresseur se considère comme le Maître de la ville.
- Une sommation nouvelle est adressée au vice-roi; «la ^plique, dit froidement M. l’amiral, ne répondit pas à lï>°n attente. »
- Pour la première fois, le 26 octobre, les troupes chi-*j°ises, provoquées si longtemps, attaquent les Anglais aris leur factorerie et sont repoussées.
- Nouveau motif de querelle exhumé par le surintendant britannique.
- Ue surintendant sir John Bowring et l’amiral trouvent (îUe pareille audace offre une précieuse opportunité pour ^quérir l’accomplissement de certaine obligation presque Primée du traité de i843. En conséquence, ils deman-la libre entrée dans la cité de Canton pour tous les ^présentants de l’Angleterre et même pour ceux des autres puissances. Le vice-roi ne se rend pas à cette nou-VeHe exigence, qui surgit tout à coup.
- Mendie rêjléchi du palais du vice-roi, par un bombardement spécial.
- j Alors M. le contre-amiral Seymour imagine d’incendier ® palais du vice-roi, palais qui se trouve au milieu de la ^eille ville, dans un vaste terrain public entouré de ailtes murailles. Cet édifice gouvernemental et qui n’a ïleri de militaire, on va l’atteindre par un tir parabolique ^ec des bombes de dix pouces anglais (25 centimètres). 11 procède à l’incendie avec un ordre infini, moyennant es coups répétés de cinq minutes en cinq minutes.
- INTRODUCTION.- III. 3g
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- En face de cet attentat, les Chinois an service de la factorerie britannique quittent enfin le service des agreS seurs.
- Le vice-roi Yeh, au lieu d’employer à se défende tant de forces dont il dispose, offre cinq mille dollars pal tête de chef et cent dollars par tête de simple combattait qu’un Chinois apportera. Cet exemple sera bientôt ir°de par le gouverneur général de l’Inde à l’égard de Na*13' Saïb et du Moulvie, mais en offrant plus d’argent des têtes plus désirées.
- La ville basse de Canton incendiée; entrée de vive force dans Cant°n‘
- Les boulets incendiaires du 20 octobre n’ayant paS produit l’effet soi-disant moral qu’on en attendait, 011 commence, le 2y octobre, un second avertissement, roalS cette fois avec de plus nombreux obus. On met en feuleS maisons qui s’élèvent entre la rivière et les rempart cela fraye un passage pour l’assaut qu’on médite.
- Le 28 et le 29, continuation des feux incendiaire3' On bat en brèche le rempart en avant du palais d’Yeh, ^ la brèche est rendue praticable. On monte à l’assaut, et t rempart de mer est acquis aux Anglais; ils enfonce1^ la porte de la ville et la-démolissent en partie. « Alors, ^ l’amiral Seymour, alors M. le consul d’Angleterre et &°l nous eûmes la satisfaction de passer par cette porte et àe visiter le palais incendié du vice-roi. Mon objet avait etc* dit l’homme de mer, de faire voir au vice-roi que j’avalS le pouvoir d’entrer dans sa ville. »
- Yeh ne cède pas encore. Les Anglais, craignant la fin l’on ne réponde à tous leurs incendies parl’incendt des factoreries britanniques, démolissent purement et simplement les maisons chinoises dont elles sont ento11'
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- rees : les Chinois continuent de se borner à souffrir, au lieu de céder. L’amiral alors recommence à tirer des obus, ^ il fait diriger sur le quartier tartare.
- Le 5 novembre, l’amiral détruit la flotte des anciennes
- J°nques de guerre, après un combat assez vif, dit-il; dans ce combat, tout ce que sut faire une escadre de Vingt-trois jonques de guerre fut de tuer un Anglais et d en blesser quatre !....
- Y eh restant inflexible, le plus inflexible sir John n .
- oovvrmg décide dans sa sagesse, le 8 novembre, qu’il faut détruire les forts chinois du Bogue, à l’embouchure de la Uvière de Canton. La menace est exécutée. Le 12, on ahaque les deux forts érigés sur file Wan-toung : un as-Saut suffit pour les enlever. Un mousse tué, quatre magots blessés, représentent la perte éprouvée et le péril affronté.
- Le 13, on prend les forts An-nung-hoeï, situés à l’est do Bogue oriental.
- ïci fmit le rapport de M. le contre-amiral, qui prie le Gouvernement d’Angleterre de décider, dans sa sagesse, S1 c est la paix ou la guerre entre l’Angleterre et la Chine ffUl sont amenées par la série des événements que. nous Vpnons de rapporter.
- Pendant le cours des hostilités qui viennent d’être énumérées, la correspondance continuait entre fardent Slr John Bowring, qui voulait à tout prix conquérir la §taire de figurer face à face avec un vice-roi, et ce vice-ÏQl lui-même! L’impassible Yeh opposait son calme et sa dignité aux provocations hautaines de cet administrateur; d répondait avec une grande supériorité d’argumentation disait : «Pour venger un procédé judiciaire que vous aVez regardé comme une offense, et je l’ai réparée comme Sl ] étais coupable, vous avez commis bien d’autres ou-
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- trages : vous les avez commis en pleine paix! La prêter tion que vous renouvelez d’entrer dans Canton, vous savez bien qu’il y a déjà plusieurs années vos prédeces-seurs, qui l’avaient soulevée, l’ont abandonnée en i84$ avec l’approbation de votre gouvernement d’Europe. »
- Débats du Parlement britannique sur les hostilités commencées en Chine.
- Lorsqu’on reçut à Londres la nouvelle du commerce européen suspendu si gratuitement par l'effet des pluS graves hostilités, et lorsqu’on entrevit la perspective d’une guerre considérable à six mille lieues de distance» sans ordre de la métropole, une vive irritation se niant' festa dans le sein du Parlement. A la Chambre des lords» les orateurs les plus considérables, le comte de Derby' cet Agamemnon des torys, puis lord Lindhurst, le Nestor des chanceliers et des orateurs, attaquèrent la conduit de l’amiral, du consul et du surintendant. Us présentèrent les arguments les plus graves et citèrent les lois pour démontrer que la lorcha VArrow, bâtiment chinois, mont^ par des Chinois et possédé par un Chinois, ne pouvait pas être considéré comme un navire ayant un droit de nationalité, même coloniale. Le ministère n’évita le vote d’un blâme accablant qu’avec le secours d’une faible majorité : dans la noble Ghambre, s’il n’existe pas quelque motif extraordinaire, on se fait une loi de ne donner jamais tort au ministère ainsi qu’à ses agents extérieurs.
- La lutte fut non pas plus lumineuse, mais plus enflai#' mée au sein de la Chambre des communes. Le commerce et l’industrie, représentés par des hommes ardents, éloquents , indignés qu’un grand négoce et la paix qui le fad vivre fussent à la merci des vanités administratives et des
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- odeurs belliqueuses d’agents lointains et pétulants, firent ^tendre leurs plaintes. Les torys y joignirent leurs clameurs pour former l’appoint toujours désiré d’une grave brisure tombant sur des whigs, lesquels à leur tour seront heureux de les censurer plus tôt ou plus tard, en leur Pendant chute pour chute.
- Lord John Russell, sous tous les points de vue, blâme injustice de la guerre, ne prévoyant pas que, deux ans plus tard, il en devra, comme ministre des affaires étranges , pousser plus loin les conséquences.
- L’opinion sur laquelle je crois devoir m’arrêter est c^He d’un éloquent homme d’Ëtat, grave par son caractère; c’est M. Gladstone, que j’ai déjà cité plus d’une lois avec un éloge mérité. « Quand nous parlons, dit-il, ^ traités obligatoires avec les Chinois, quelles étaient nos obligations à leur égard? Hong-kong nous lut donné pour être un refuge où les navires britanniques pussent eùe radoubés ou carénés. Notre trafic contrebandier ^ opium n’était-il pas une brèche aux obligations du h'aité? Notre Gouvernement a-t-il lutté pour le suppri-61er, chose à quoi l’obligeait le traité ? Les gens de Hongkong n’ont-ils pas encouragé cette contrebande, en organisant une flottille de lorchas sous pavillon britannique ? ^eux-là, dit M. Gladstone, qui ont profané le pavillon national par les usages auxquels on le réduit en Chine ont hché, ont flétri ce pavillon. » Enfin l’orateur rapproche ces déments de violation, contrebande, piraterie, lorchas mal employées et pavillons dégradés, avec une guerre où
- pavillon même n’avait pas le droit d’être porte.
- Le ministère, que présidait l’habile et courageux lord ^luierston, frappé d’un blâme direct par la majorité des ^°>nmunes, ne trouva de salut qu’en obtenant de la reine ^ dissolution de la Chambre élective.
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- Une Chambre nouvelle continua pour une annefi l’existence du ministère qui venait d’employer ce remette extrême.
- Actions navales honorables pour les Chinois et les Anglais.
- En attendant de plus grandes entreprises, sir Seymour, que l’amirauté ne désapprouve pas, conserve son attitude belliqueuse ; il finit par des actions dignes <te la marine britannique.
- Il ne faudrait pas qu’on supposât, après la lecture tte rapport de M. l’amiral Seymour, que tous les marins î*1' digènes fussent incapables de soutenir avec bravoure t*11 engagement contre ses bâtiments de guerre. Lui-mêiïie’ au mois de juin i85y, s’est fait un très-grand honneu* en remportant sur la marine chinoise une victoire héror quement disputée; il l’a remportée dans un bras du fleuvc des Perles, au-dessous de Fa-tchan.
- Peu de jours auparavant, dans les parties basses tte fleuve, un autre combat s’était livré, dont je vais dire quelques mots. En donnant un récit très-remarquable <te ces actions énergiquement disputées, M. Wingrove refl^ ce bel hommage aux marins du Kouang-toung : Pour ob' tenir ces deux avantages, les Anglais ont eu plus de tués A de blessés gue dans Vattague et la prise de Saint-Jean-d’Ac?e par une jlotte imposante.
- Le 2 5 mai 185 y, une division de huit canonnières3 vapeur attaque vingt et une jonques de guerre à flot dafls un bras du fleuve des Perles appelé par les AngtelS Escape-creek. Chacune des jonques portait un long cano& de chasse de 24 ou 32; elles avaient, de plus, quatre 3 six moindres canons à leurs sabords de côté. Les canom nières anglaises étaient armées de canons-obusiers doïd
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- ^ CaW)re s’élevait jusqu’au 68. Malgré l’irrésistible effet Une telle artillerie, les Chinois soutinrent le combat avec intrépidité-, on les voyait, n’ayant devant eux aucune JUuraille de bois , manœuvrer leurs canons de cbasse et laver la mort à découvert. Lorsqu’ils furent.hors d’état e Prolonger la lutte, ils virèrent de bord. Malheureuse-^nt leurs jonques n’avaient pas de canons de retraite, ^ se trouvaient par là sans défense. Leur unique salut dans leur faible tirant d’eau, d'un mètre seulement, tandis les canonnières tiraient plus de deux mètres. Pour-s^vies par les embarcations des canonnières, seize jon-Aes’ malgré la grande vitesse de leurs rameurs, furent P^ses et brûlées ou coulées bas.
- L en restait treize à détruire; ce fut l’affaire du lende-^ain. Ces dernières jonques s’étaient réfugiées dans l’in-^Deur des canaux d’une petite ville nommée Tung-koun. es équipages défendirent leurs bâtiments avec les gros ysils de rempart appelés gin-gaals. Il fallut que les Anglais Avançassent en combattant comme au milieu d’une ville ltiSurgée. Oa trouva la jonque amirale ou mandarine chargée sur son pont de poudre à canon, avec des boyaux e communication jusqu’au rivage; elle ne fut pas captée.
- Une guerre régulière et vigoureuse est décidée.
- Le Gouvernement britannique ayant résolu de faire ^ïie guerre sérieuse s’il n’obtenait pas des Chinois de §l’aves concessions, il sentit le besoin de la diriger diplomatiquement par une intelligence vive, forte et sensée.
- fit choix de lord Elgin, qui s’était distingué dans les PacifiCations et la brillante administration du Canada. (Voyez t. Ier de cette Introduction, p. 4^2, 42 3, 426.)
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- Intervention de la France.
- De son côté, la France désirait d’essayer en Asie s& armes à côté de l’Angleterre ; elle voulait continuer la coni munauté de victoires qui nous avait merveilleusemeI1* réussi, de 1853 à 1855, en Crimée. Notre Gouverneme^ lit valoir un motif autrement grave que l’arrestation e^a restitution un peu tardive et peu méritée de douze pira^5 chinois : c’était la mort violente, le supplice d’un vicatf6 apostolique. L’empereur Napoléon III fit demander ^ réparation de cet attentat par l’organe de son ambassa deur extraordinaire, M. le baron Gros.
- Suspension occasionnée par la révolte de l’Inde.
- Voici maintenant bien d’autres guerres qui s’offrent Gouvernement anglais, et qu’il accepte ou qu’il déclar6 comme si jamais il ne croyait en avoir assez à souteoir dans l’immensité de l’Orient. Il attaque et réduit la Perse' Il n’a pas fini de ce côté, que la sympathie musulma*16 enflamme la cour de Dehly. Un gouverneur général, paS" sionné pour les annexions, avait confisqué le royau#16 d’Oude, pépinière féconde des cipayes; d’un autre cote’ les préjugés des soldats indous avaient été froissés pal l’usage irréfléchi qu’on leur avait imposé de cartoucheS graissées avec le lard d’un animal immonde à leurs yeu** Par la réunion de toutes ces causes, l’insurrection éclata* elle grandit avec rapidité, et la révolte se propage sur leS deux rives du Gange avec une cruauté monstrueuse.
- Conduite supérieure de l’ambassadeur britannique.
- C’était le moment où lord Elgin arrivait en Chine,
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- cest alors qu’il agit en homme supérieur. Il suspend à Postant toute idée de guerre avec le Céleste Empire. Les Agates qui venaient à son aide, il les fait rebrousser de ^gapore à Calcutta; tout ce qu’il peut ramasser de forces da0s les mers de Chine, il les dirige sur le Bengale; lui-^erne reprend la mer, et vient mettre tous ses moyens a la disposition dé lord Canning, le gouverneur général de l’Inde.
- Voilà comment la Grande-Bretagne est servie par l’ini-hative et le génie de ses agents supérieurs, lorsque sur-Vlennent, à d’ énormes distances, des événements sou-Uains, immenses, et pour lesquels un homme d’Etat doit eûgager sa responsabilité tout entière.
- Avant la fin de i85y, après des prodiges de valeur, les trQupes anglaises commençaient à reprendre l’ascendant aUx bords du Gange; des forces suffisantes étaient dirigées vers la rivière de Canton; les Français, commandés Par l’amiral Rigault de Genouilly, prenaient position vers Embouchure de la rivière des Perles, et bientôt après ari’ivait le diplomate auquel il est temps de rendre hommage.
- L’ambassadeurfrançais en Chine, M. le baron Gros.
- Il existe de par le monde deux catégories d’ambassa-deurs : les uns se croient la mission de faire naître la guerre, ou, quand elle a pris fin, de la faire renaître; les autres se croient la mission opposée. Les premiers ne s estiment accrédités auprès des Etats impuissants que P°ur les opprimer, en ajoutant l’injure à l’oppression; ils Mettent là leur dignité. Les seconds sont les bienfaiteurs des nations; ils ne conçoivent la diplomatie que dans les voies de l’équité : plus est grande la nation qu’ils repré-
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- sentent, plus ils en illustrent la grandeur par un respect
- délicat pour l’honneur du faible, dont le cœur est amSI
- gagné.
- En 1857, un diplomate appartenant à cette dernier0 catégorie, M. le baron Gros, recevait la mission d’obtenü justice en Chine au sujet d’un crime odieux; en cas de refus, il avait ordre de combiner faction de la fol’ce française avec celle de nos alliés les Anglais.
- Mémorandum remarquable.
- Parmi les actes les plus honorables qui signalent cette mission, je dois citer un document publié, non par ^ France, mais en vertu d’un ordre du Parlement brita11' nique : c’est le mémorandum rédigé par notre plémp0' tentiaire pour dessiner la direction des affaires, p0^ offrir avant tout la paix, et, dans le cas d’un refus, p°Ll1 recourir à la voie des armes. Cet écrit montre à quel degré les représentants des deux puissances alliées, ^ baron Gros et lord Elgin, désirent offrir au vice-roi "Ÿeb des moyens honorables de transaction. Tous les cas son* prévus pour modérer l’emploi d’une force sûre de vaincfe et pour éviter autant qu’il se pourra la ruine de la grande cité de Canton.
- Dans le cas grave où les combats auront rendu Ie5 alliés maîtres de la capitale des deux Kouang, le mém°' randum trace le plan d’une administration anglo-française à laquelle on réservera la direction militaire et politique? son action supérieure sera combinée avec une adminiS' tration indigène pour tous les intérêts municipaux et pi’0' vinciaux. Le mémorandum prévoit les moyens de prote' ger avec impartialité les intérêts respectifs des conquérants et des habitants de la cité; il s’occupe aussi des soins â
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- Pendre pour propager un esprit de paix au milieu des |luatre-yingt-seize villages circonvoisins, jusqu’alors ren-s redoutables par leurs excès et leur férocité. bes plénipotentiaires ne veulent pas que la guerre ^uvelle reproduise les excès déplorables et les barbaries a?»84i et de 18/12. On empêchera que les forces étran-beres suivent leur coutume au cas d’une cité prise d’as-et ne croient pas obéir aux lois de la guerre en 11 ailt et dévastant la riche Canton. Citons, à cet égard, es belles paroles de notre plénipotentiaire : j ((H va sans dire qu’aucun acte de violence, aucun pil-a§ei ne pourrait être toléré, et que l’ordre le plus sévère Serait maintenu parmi les soldats et les marins des deux escadres qui occuperaient la ville, soit par la force des aiQies, soit en vertu d’une capitulation. Ce point est d’une ^Ps-haute importance : le succès de l’entreprise, la sûreté tios forces et par-dessus tout l’honneur des troupes en
- ^Pendent. »
- F ambassadeur d’Angleterre, après avoir reçu ce beau ^emoire> s’empressa de le transmettre au ministre bri-fitque des affaires étrangères. La lettre d’envoi porte es paroles, pleines d’un noble sentiment :
- (( Le baron Gros m’a fait l’honneur de me remettre le ^Pttiorandum dont je joins ici la copie; il contient le ré-s^tat de nos conférences, auquel il a joint ses propres ^flexions sur la conduite à suivre par les représentants France et d’Angleterre dans l’état présent des affaires. . es vues présentées dans ce mémoire me semblent si .tes et si lumineusement exprimées, que j’ai cru devoir ^former Son Excellence quelles ont mon entière approbation.»
- Qsons l’espérer, deux hommes d’État dont l’esprit, le Caiactere et la sagesse offrent tant d’harmonie» continue-
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- ront en 1860 leur parfait accord de 1 85y et 1858. s’en serviront pour ressusciter leur ouvrage, si tristenae11* sacrifié en i85çp Peut-être l’influence de leur raisOÜ obtiendra-t-elle la sanction définitive des traités sa°s effusion détectable du sang humain.
- Conquête de Canton par les Anglo-Français.
- Les plénipotentiaires ouvrirent avec le vice-roi une correspondance tout autrement sérieuse que cefle de sir John Bovvring. Yeh ne parut pas comprendre lirïl minence du péril; il crut pouvoir continuer son syste^ de temporisation, et sa correspondance fut trouvée t°ul à tour ironique et cauteleuse. Il n’accorda pas même aU plénipotentiaire français une ombre de satisfaction sur^e plus grave et le plus impardonnable des griefs.
- Il ne restait plus que l’emploi d’une force qui deValt être irrésistible.
- Entre les trois positions de Hong-kong, Macao et ^ rivière de Canton, les Anglais possédaient quarante-ciI1(l bâtiments de guerre et quatre mille huit cents homC1^ de troupes régulières. Les Français ne pouvaient débal quer que neuf cents hommes de leur division naval®1 mais ce contingent d’élite suppléait par la valeur au petlt nombre, et son chef augmentait son efficacité.
- M. l’amiral Rigault de Genouilly : sa vaillance et sa politesse-
- Pour commander des forces qui n’étaient pas en pr°' portion de sa grandeur, la France avait fait choix du*1 amiral éprouvé par ses beaux services de terre au sieg6 de Sébastopol et par ses savants services de mer dafls l’Océan indou-chinois.
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- Si nous jugeons d’après les faits accomplis sous un tel eL il était impossible de plus faire et de mieux faire aVec cette poignée d’hommes éprouvés.
- Lorsqu’on débarqua pour prendre Canton, il fallut a °rd enlever deux forts détachés, qu’on attribua l’un aUx lançais et l’autre aux Anglais.
- I ^L 1 amiral de Genouilly, le plus ponctuel de tous les l0lnmes, mit pied à terre à l’heure fixée; son clirono-^tre a la main, il attaqua, il enleva le fort réservé pour colonne. Chemin faisant, des Chinois embusqués dans ^ ^0cage, en avant de l’autre fort, importunaient nos les* A la prière de ceux-ci, nos voltigeurs sortent des lfUigs débusquent les indigènes; ils les poursuivent si ^lte» qu’ils entrent avec eux dans le fort réservé pour les ^glais. Nos alliés, qui. s’avancaient, l’auraient pris s’ils Paient pas aperçu le guidon tricolore flottant au-dessus des créneaux.
- %>rès la prise de Canton, les assiégeants résolurent de sauter les deux forts : c’était un spectacle qu’on vou-ait donner aux forces combinées, en présence des deux ^bassadeurs. Les deux nations avaient eu chacune à j^tner un fort. Le nôtre seul se trouva prêt au moment . e> la réunion des spectateurs étant complète et l’impa-jjeilCe croissant de toutes parts, on donna la fête au moyen feu mis à nos poudres.
- Pour achever le récit de ces vivacités nationales, nous ^Irons que la prise de Canton n’ayant pas amené la fin . e la guerre, les plénipotentiaires décidèrent que les alliés lraient au nord, dans le golfe du Peï-ho, qu’ils remonteront de vive force la rivière de ce nom et qu’ils mena-. Paient directement Pékin.
- La division française navigua merveilleusement, de
- compagnie
- avec l’escadre anglaise. On prit en commun
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- les forts de l’embouchure ; on remonta la rivièr canonnières alliées, moins heureuses que nous, sur des bas-fonds inconnus ; une canonnière française ent le bonheur de ne pas échouer et prit la tête en avançal)t vers Tien-tsin.
- Au lieu de rendre justice à la vaillance, au talent, a l’expérience de l’amiral sir Michael Seymour, les gazettes anglaises firent éclater une colère puérile. Le grand j°lir liai le Times mit sa gloire à surpasser tous les autres pal sa violence; il invectiva les braves marins de l’escadfe britannique en leur demandant s’ils n’étaient plus que ieS héritiers dégénérés des Saint-Vincent, des Howe et deS Nelson. Pour punir le commandant anglais de s’être piuS d’une fois laissé gagner de vitesse par son émule et ami français, ils le poursuivirent avec le titre injurie^ de M. l’amiral Trop-tard, l’amiral toujours-toujours-trop-tar^' Au lieu de lui donner cette épithète, il aurait été p^s naturel d’appeler le chef des Français M. l’amiral Trop-^' Mais cela même n’eût pas été justice : en effet, M. RigaU^ de Genouilly, fidèle aux lois de l’alliance et de la couf' toisie, se bornait à n’arriver partout qu’à l’instant pr6ClS fixé d’un commun accord. C’est ici le cas de rapp^1 l’heureux mot d’un monarque célèbre par son esprit et de l’appliquer aux princes de la mer : L’exactitude ^ politesse des rois. Pour marcher en avant, nos marins, el1 Chine, étaient polis comme des souverains.
- Revenons à la prise de Canton. Elle avait été précédé6 par un bombardement bien dirigé pour écarter les défc*1 seurs et les habitants, soit de la zone qui touchait aU* remparts, soit du rivage de la mer.
- Ce que je veux faire remarquer au lecteur, c’est Ie mépris de la mort manifesté par diverses classes de ia population.
- e. Quelque échouèrent
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- Bombardement de Canton.
- Un témoin britannique nous dépeint le spectacle de Ufinton la veille de l’attaque définitive. «La nuit vint, et quelle nuit! Les bombardes et les canonnières Paient presque complété leur feu. La ville apparaissait c°mine, après le coucher du soleil, les plaines couvertes hauts fourneaux dans nos comtés à mines de fer; u ^normes fusées portaient l’incendie dans la direction des ^mparts où l’on devait le lendemain donner l’assaut, et cité, visible comme au grand jour, ne cessa pas d’être ^tourée d’une ceinture de flammes. »
- Mépris du danger par les Chinois et les Tartares.
- Malgré ce bombardement, les soldats chinois et tarifes sont restés à leur poste sur les remparts pendant la iîlnt et le lendemain lors de l’assaut, rendant feu pour mais avec des armes d’une infériorité déplorable. ^endant cet assaut, ils ont été braves.
- Après que la ville eut été prise, des Tartares mettant à Profit l’ombre de la nuit se traînaient en rampant, afin Atteindre et de frapper les sentinelles des Européens. ^eurs attentats étaient surtout répétés dans le voisinage magasins à poudre: soit qu’ils s’en approchassent avec dessein de les faire sauter, ou simplement pour voler ^ plus dangereux de tous les butins.
- Quand les forts pris aux Chinois ont été minés et la P°udre apportée, qui devait les faire sauter, les Chinois 0ïlt eu la témérité d’entreprendre de voler cette poudre.
- , dans une poudrière d’où la garde européenne avait ete retirée parce que le toit était en feu, un Chinois,
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- plein d’audace et de convoitise, était resté deux jolllS dans l’intérieur; il n’était sorti que presque étouffe par fumée, mais non chassé par la peur.
- Vaillance des pompiers chinois au milieu des feux européens.
- Par une exception unique en Chine, les habitants de la ville assiégée possédaient des pompes à incendie, n*11 tées des nôtres et montées sur des roues. Lors du bon1 bardement, les pompiers indigènes, race grande et forte» travaillaient courageusement sous lç feu des Occidentaux, une bombe fit sauter une pompe et ses éclats en tuèrent les servants, sans que les autres pompiers reculassent dun pas ni suspendissent leur courageux labeur.
- Je vais maintenant faire apprécier une vaillance appl1' quée contre le service de la patrie,mais qui ne mérite paS moins d’être connue comme étude d’une race à laquelle d faut, dans tous les cas, rendre justice.
- Les coulies chinois substitués par les Anglais aux chevaux du train d'artillerie.
- Les Anglais, dans le port de Hong-kong, conçoivent l’idée d’organiser militairement un corps de coulies : °n nomme ainsi les portefaix chinois. Ces coulies méritent d’être mentionnés. On imagine de les employer à l’expe' dition préparée contre Canton. Us auront pour mission de transporter les canons et les munitions des envahis' seurs.de leur pays. On les accouple au nombre de dix-hlllt par bouche à feu de campagne ; on les exerce à soulever la pièce placée sur son affût, afin de la tenir suspendu6 à leurs longues perches de bambou, pour la porter a l’épaule en avançant d’un pas merveilleusement accéléré*
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- ^foe paye supérieure, ajoutée à ia crainte d’être fusillé, garantit la fidélité de ces hommes, destinés à remplir ies Onctions de chevaux pour l’artillerie et le commissariat.
- On a transporté les coulies du train avec le corps expéditionnaire chargé du siège de Canton. Quand on s’avança c°ntre les forts et le corps de place, ils marchaient immédiatement à la suite des colonnes anglaises. Lorsqu’un boulet emportait la tête de l’un d’eux, un incroyable éclat de rire et des cris de : E'i-ayo! Ei-ayo/ partaient de leurs foes, qui continuaient de porter et de marcher avec le ^eme sang-froid. Leur conduite, dit le narrateur du s,ége, n’a pas cessé d’être admirable. Vêtus uniformément dune courte tunique de coton bleu, l’on eût dit des soldats chinois, s’ils n’avaient pas porté sur leur veste en gros caractères : Army train, Train de l’armée. Grands, robustes, bien nourris, armés de leurs longues perches de bambou, également bonnes pour porter et pour foapper, ils étaient à la fois l’envie et la terreur de la popu-foce chinoise.
- Comment le peuple pille au milieu du bombardement.
- Après le bombardement qui précéda la prise de Can-*0rL le palais du vice-roi ne présentait plus pierre sur Pierre, ou plutôt brique sur brique; les boulets et les °W de la flotte l’avaient complètement détruit. Au plus fort du bombardement, on voyait la populace des bas Quartiers d’alentour se précipiter au milieu du grand édi-^iCe qui s’écroulait de toutes parts. Elle envahissait les aPpartements qui prenaient feu, pour en arracher les Subies, les tentures, la menuiserie, les poutres même et les colonnes de cèdre; elle dédaignait le danger des Prpjectiles pleins et les éclats enflammés des obus. Voilà
- 4 o
- INTRODUCTION.
- ITT.
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- le courage que la discipline indigène et la puissance de
- 1 organisation auraient dû tourner contre l’ennemi.
- Représailles contre les Européens.
- Si quelque chose pouvait consoler les Chinois a 1 pect de si grands désastres, c’était de porter aussi regards sur les ruines des factoreries étrangères et surtout anglaises. Il n’en est pas resté debout plus de vestiges du palais où siégeait naguère le vice-roi. Pour ajouter ces dernières ruines, les Anglais, avant de quitter factoreries, avaient abattu l’innocente et somptueuse demeure de Hou-qua, ainsi que des autres riches chands indigènes appointés pour commercer avec étrangers.
- Belle conduite des forces alliées lors de la prise de Canton, en
- i858-
- L’esprit des ambassadeurs avait gagné les forces
- de
- de
- terre et de mer. L’ordre le plus parfait ne cessa paS régner, même au moment de l’assaut.
- Trois à quatre mille Anglo-Français sont restés sï% jours au bivouac, sur les longs remparts d’une cite comptait un million d’habitants; ces derniers, occupa d’éteindre leurs incendies, ne parlaient pas de se rendre‘ Au bout de ce temps, on a jugé que les passions deS citadins, suffisamment refroidies, permettaient des sures décisives; on a pensé'qu’il était temps de pénetr^ dans l’intérieur, et de marcher en bon ordre sur les e lices qui devaient contenir les grandes autorités.
- Ces incursions, très-habilement dirigées, eurent p°11^ résultat de faire successivement prisonniers le gén^ tartare, puis le gouverneur civil de la cité, Péh-kouei.
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- le
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- trésorier général. Enfin le vice-roi Yeh, malgré son gisement, fut découvert et saisi dans sa fuite.
- ^ On découvrit aussi le trésor public, qui ne fut pas pillé. 0l(lre supérieur était de ne saisir et de ne transporter quartier général que les caisses renfermant les métaux Hj^nayés. Il y avait, en outre, un magasin de costumes j lClels ornés des plus riches fourrures. Les officiers et es soldats, fidèles aux ordres donnés, laissèrent intacts ^ précieux vêtements; ils partirent en faisant porter evant eux les caisses d’argent par des coulies. Mais à Wne le dernier soldat avait-il quitté la trésorerie, que Populace chinoise y courait avec la fureur de loups aiHes. Les troupes anglaises, en continuant leur marche, Rendaient les vociférations des voleurs qui s’arrachaient es dépouilles de l’opulent dépôt gouvernemental.
- Un bienheureux père bouddhiste lors de la prise de Canton.
- I Au milieu des événements déplorables qu’ont présentés e bombardement et la prise de Canton, nous citerons ^Vec plaisir, comme appartenant à la peinture des mœurs, ltle scène moins lugubre ; elle fait honneur aux soldats européens, dupés mais honnêtes.
- ^ Quelques jours après la reddition de la ville, un prêtre e Bouddha, vêtu misérablement, vient implorer la pitié , général anglais. Le bon cénobite demande à récu-son humble garde-robe; cet unique avoir du saint f*ersonnage est en dépôt dans le monastère de la Céleste aUtude, envahi par un colonel et son régiment. Le §euéral, tout ému, lui remet à l’instant un ordre écrit afin puisse reprendre, sans exception, tous les eiTets M 9 cachés. Le bonze, en homme circonspect et pré-V°ya»t, laisse le colonel à la tête de son corps défiler
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- pour accomplir une longue marche. Aussitôt apres
- il se
- présente avec Tordre du général; quelques plantons restes de garde le mènent au temple, en compagnie des servJ teurs naguère attachés au couvent. Aidé par ces dernierS’ il ouvre d’abord le piédestal d’une idole que, par bonheu1» la troupe n’avait pas brisée ; il en tire, hélas ! aux yeux
- des
- militaires stupéfaits, plusieurs lingots d’argent et m
- êtue
- un beau lingot d’or. Sans perdre de temps, il monte a la tue colossale, qu’il entrouvre par le nombril; il en eetir avec respect des pierres précieuses de la plus belle eatI’ d’un volume rare et d’une grande valeur. Le saint hovo^0' incapable de rien négliger, avise ensuite aux vêteine°ts Il emprunte une grande échelle pour monter au ceid1 de la voûte; il en détache un panneau qui cachait magasin de magnifiques fourrures et de satins admirai ment brodés; il les descend avec grand soin, pour ne PaS les laisser ès mains des infidèles. , ,
- On peut juger quelle était la fureur des soldats reste au quartier, quand ils voyaient ainsi passer devant ces trésors qui depuis plusieurs jours se trouvaient sous leur garde ignorante! Malheureusement Tordre général était péremptoire, et le sauf-conduit, écrit de sa main, couvrait le précieux butin, sans exception.
- Voici maintenant ce qui met le comble à la ruse c^! noise. Le très-vénérable bonze, enorgueilli d’un si beal succès, prend la résolution de rançonner les vainque^ Il aperçoit çà et là quelques menus trophées app°* après l’assaut et divers objets portatifs que les mihtal1 avaient déposés au quartier. Il fait un signe aux fr^re servants ; d’un tour de main les serviteurs du saint hoff1-111 les ajoutent, sans qu’on s’en doute, à leur pieuse colleC^e’ et tout, en un clin d’œil, disparaît du quartier. ^
- Lorsque le régiment revint à la caserne, c’est-à-dne
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- îex-couvent de la Céleste Béatitude, il ne trouva plus (ïUe la niche ouverte de la voûte, un piédestal vide et le dieu désentraillé ! Ainsi s’exprime énergiquement le Orateur, indigné presque autant que le soldat.
- Ce que devint la ville nautique au milieu du siège.
- Le lecteur a dû s’inquiéter du sort de l’innombrable P°pulation fluviale exposée, sur des bateaux sans défense, erûre les assiégeants et les assiégés.
- ^ Avant qu’on procédât au bombardement, un peloton ^ navires à vapeur s’était avancé par le bras navigable e la Némésis et déployait sa force militaire en amont e la cité. Son intention, toute bienveillante, était d’oflrir ^ avertissement salutaire au peuple amphibie.
- A l’instant, îa ville flottante est frappée d’un émoi qui Se naanifeste par un mouvement dont la rapidité n’em-j^be pas de garder un ordre merveilleux. Les jonques, es bateaux à flot qui bordent la voie centrale, celle qu’on Errait appeler la grande rue aquatique, lâchent leurs jarres et descendent en toute hâte; les deux rangs, mis découvert, opèrent sans retard îa même manœuvre et Rendent à leur tour; puis viennent les troisièmes rangs.
- e défilé continue jusqu’au départ des derniers bateaux-maisons qui semblaient faire partie du rivage ; celles-là se Sachent plus péniblement, mais avec activité. En peu tiares, les bâtiments de toute grandeur,, avec leurs triades d’habitants, ont évacué le fleuve des Perles; ils sont dispersés et pour ainsi dire perdus dans les petits fas détournés des innombrables canaux qui serpentent à bavers les campagnes, et que dérobent à la vue des ^gles de bambous.
- lignons maintenant la même activité, plus joyeuse-
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- ment employée, après le retour de l’ordre, lorsfl°e chef-lieu du Kouang-toung dut reprendre son exis accoutumée.
- Déblocus du port de Canton.
- On avait annoncé pour le 10 janvier i858 le eus de Canton. Deux ou trois jours auparavant, nombre vraiment incroyable de jonques et de ba chinois sortirent de refuges inconnus et se présente* équipés; ils venaient repeupler la ville nautique, et pr poser leurs services pour la ville et pour la mer.
- Dès le 1 o au matin, en face de la ville et des bourgs, le fleuve était rempli de navires déploya0* ' nattes de bambous qui composent leurs voiles. Deja magasins abandonnés de file de Ho-nan, qui fait ^ la ville, étaient affermés et réinstallés par les marcha0 étrangers. Dans l’espace d’une matinée, la cité ïïierC^ tile, ressuscitée, déployait ses ailes et semblait avoir pris le plein vol de son commerce accoutumé.
- Admirables ressources commerciales après le siège.
- Les marchands anglais, pleins d’anxiété, discutai^ avec les marchands indigènes pour savoir quelles sources restaient à cette cité si malheureuse. La c°n , rence démontra que la ville débloquée pourrait l°u ^ immédiatement neuf millions de kilogrammes de sans compter neuf autres millions qui devaient etre route. Au premier appel, on pouvait les faire arrive*• Malgré cette renaissance, Canton ne pourra pas c°^ server le premier rang; Chang-hai l’éclipsera de pl°s plus par l’avantage de sa position.
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- Factoreries et consulats projetés.
- Les Européens se sont empressés d’agrandir en maîtres ^er*iplacement le plus conyenable aux factoreries, aux Consülats qu’ils vont rebâtir. Ils ont quadruplé l’espace insuffisant auquel jusqu’alors on les avait réduits. Les nouilles constructions seront étendues à l’est des anciennes, dans une magnifique portion du littoral urbain, jusqu’à ^ hauteur de l’île appelée la Folie hollandaise.
- Nous terminerons ce qui concerne le siège de Canton eïl publiant un des documents les plus précieux, saisi dans les papiers du gouverneur de cette ville.
- Comment l'empereur de la Chine examine un mandarin de Canton qu’il veut élever en grade : ses idées personnelles.
- Après la prise de la place, les Anglais ont trouvé, dans tas papiers du second personnage de la province, des col-taques pleins d’intérêt entre l’empereur Tao-kouang et le Mandarin Péh-koueï : le même qui gouverne aujourd’hui ta population civile de Canton, occupée par les Français les Anglais. Ces colloques avaient eu lieu dans le mois d octobre 1849, Peu de mois avant la mort du sixième erïtpereur mandchou. J’en extrairai seulement ce qui peut taire connaître : d’un côté, l’ignorance et l’impudente adulation des courtisans; de l’autre côté, les préjugés, Quelquefois la saine raison et d’autres fois la perspicacité remarquable du souverain. Rien n’est plus précieux que Ces manuscrits authentiques, où nous retrouvons non-seu-tament les idées, mais les propres paroles des personnages Principaux du Céleste Empire.
- L’empereur montre d’abord un ressentiment insensé
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- contre le conciliant et sage Ki-ying, l’auteur de la Pal*
- de i843.
- L empereur. —Depuis ces dernières années, nos querelles avec les barbares ont effrayé mortellement Ki-ying. Ses subordonnés» avec leurs propos, 1 ont entretenu dans sa peur en exagérant au delà de toutes bornes la renommée des étrangers. Il disait que la disp0' sition du peuple cantonnais était mauvaise. Voyez, au contraire’ son successeur Seou-kouang-tsin ; ce dernier a si bien conduit -les affaires, qu en un mois il a levé cent mille hommes, organisés par ses soins, et levé les millions nécessaires pour tenir sur pied cette force. Un peuple agissant si bien avait raison d’appeler traîtres des conseillers sans énergie.
- Le vice-roi Seou, dont il s’agit ici, est le même qui fal sait des habitants de Canton la triste peinture que nou^ avons rapportée.
- On va voir que Péh-koueï se garde bien de désabuse* Sa Majesté d’aucune de ses erreurs : ce rôle moral nuiralt à son avancement.
- L’empereur. — II me semble que les barbares dépendent °0IIi plétement de Canton pour gagner leur vie.
- Péh-koueï. — Le peuple de Canton voit clairement que les bar bares ne peuvent pas exister sans cette province.
- L’empereur. Êtes-vous des bannières mandchoues ou £°0lï goles ?
- Péh-koueï. — Mongoles. '
- L’empereur. — De quelle bannière?
- Péh-koueï. — De la jaune. . ,
- L’empereur.—-Les soldats de Hong-kong ne sont-ils pas trois quatre mille?
- Péh-koueï. — Pas plus de deux à trois mille, et plus d à moi U6 nominaux. ,
- Ici Péh-koueï se plaît à supposer que les Anglais imiteï1^ les Chinois et portent sur les contrôles des hommes qul ne sont pas dans les rangs.
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- L empereur. — Le commerce des barbares va mal à Ning-po, à ^ttioy et même à Chang-haï; cela montre que la prospérité précède toujours la décadence. Que peut le pouvoir de l'homme!
- ^ Péh-koueï. — La divine fortune de Votre Majesté a causé la déca-erice de la puissance anglaise,
- Après de semblables réponses, on comprendra parfaite-^ent le début de la seconde conférence.
- L’empereur. — Que les bons magistrats sont difficiles à trouver! e vous fais intendant des finances de Canton. Hier, je vous ai jugé ^ compétent; ne vous montrez pas oublieux de ma bonté.
- Péh -koueï.— Je n’oublierai jamais la faveur divine de Votre ^jesté.
- Montrons maintenant que cet empereur, si prompt à Compenser les flatteurs, était pourtant capable d’obser-vMions profondes et dignes d’un souverain.
- L’empereur. —Restez conséquent avec vous-même. Presque tou-.Nurs ceux qui dans la première partie de leur carrière se sont len conduits se conduisent mal dans la dernière. Les uns n étaient pas fierg
- par eux-mêmfes, ils deviennent fiers ; les autres par eux-j^emes n’étaient pas extravagants, ils deviennent extravagants. Nos lvres sacrés nous disent : La consistance doit être estimée.
- Les supérieurs ne doivent pas uniquement avoir pour but 1 ap-Pr°bation de leurs subordonnés; si tous les louent, c’est gu ils se Sorit dépouillés du pouvoir d’exiger d’eux des efforts ou des sacrifices. e oe désire pas, d’ailleurs, que vous soyez dur avec vos administrés Rappelez-vous Tse-chan. La première année de ses
- Actions, le peuple criait : « Qui veut le tuer? » La troisième année, Scs mesures avaient porté de si bons fruits, que le peuple disait: "Sil venait à mourir, qui pourrait prendre sa place?»
- Voici maintenant de quel œil l’empereur considéré la v®naîité des offices :
- Depuis que les dépenses du Gouvernement contraignent d ouvrir a porte pour avancer ceux qui payent, il est plus difficile que jamais
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- de distinguer entre les capables et les incapables. Certaine®60*1 est impossible que parmi les mandarins promus par voie daÇ il ne s’en trouve pas d’un caractère éminent; mais aussi, par®1 ^ gros et riches marchands, il en est d‘énormément stupides, 1gn°r, toute espèce d'affaires publiques, et qui n’ont pas même exerce fonctions d’aide-magistrat.
- L’empereur ajoute :
- Je vous dis cela confidentiellement, à vous admis par la v°ie des examens. j.
- Voire place de surintendant des finances est inamovible; ne so frez aucun déficit chez vos inférieurs. Revenez demain.
- Sa Majesté veut parler sur l’Angleterre.
- I/empereür.— D’après l’aspect des affaires, pensez-vous qu6 ^ barbares anglais ou d’autres étrangers occasionneront de nouveau* troubles ?
- Péh-koueï.— Non. Quand les Anglais se révoltèrent en ils dépendaient entièrement des antres nations, qui les soudoya1 dans le dessein d’ouvrir le commerce avec la Chine; à présent. ceS nations ne le voudraient plus. Ensuite, les pays conquis ne porte pas aux Anglais une obéissance volontaire.
- L'empereur. —Il est clair que les barbares regardent toujo^ le commerce comme leur occupation capitale, et qu’en chacun leurs grands desseins ils ont besoin de lutter pour des acquisiti°nS de territoire. ^
- Péh-koueï. — Ce sont des brutes; il est impossible qu’ils a*e aucun grand dessein.
- L’empereur. — Quels objets les Français vendent-ils?
- Péh-koueï. — Des montres, des pendules, des draps, des tissus ras, etc.
- L’empereur. — Quel pays vend le plus cher?
- Péh-koueï. — Us ont tous du cher et du bon marché. objets pareils ne différent guère de prix ; mais pour les tissus T(lS> on dit que ceux des Français sont les meilleurs.
- Signalons ici le bon sens national qui parle par ^ bouche du souverain.
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- L’empereur. — La soie, les soieries, les cotons des barbares s°nt inutiles au Chinois; qu’a-t-il besoin de cotons étrangers? Les Veteiuents de dessous destinés aux personnes du palais peuvent etre en coton jaune. Pour vêtir le peuple, il suffit d’employer le Nankin coloré ou bleu; l’aspect en est simple et sans affectation, ^ais, en ces derniers temps, on a mis en usage les cotons étrangers a fleurs; ce qui me semble très-bizarre. Regarde-moi : je suis le plus élevé de l’empire; néanmoins mes chemises et mes vêtements Ae dessous sont tous faits en coton de Corée. Jamais je n’ai porté cotons étrangers.
- Péh-koiieï. — Le tissu de coton étranger n’est pas substantiel ; A n’a pas de nerf; il n’est pas bon pour habiller1 * 3; il ne se lave pas
- bien \
- Idées de l’empereur sur l’opium.
- L’empereur.—Je suppose .que Y opium se vend presque publiquement à Canton ?
- Péh-koueï. — Je n’oserais tromper Votre Majesté. On ne se permet pas de l’acheter et de le vendre ouvertement; mais la quantité v®ndue en secret n’est pas peu considérable.
- L’empereur. — Il me semble qu’à cet égard il doit y avoir une époque d’accroissement, une de diminution. Quand j’infligerais des bâtiments sévères, je pourrais punir aujourd’hui, demain, et le h>ut sans résultat. Si nous attendons deux à trois ans, cinq ou six ails i l’opium de lui-même cessera d’être en usage.
- Péh-koueï. — Certainement.
- Ce sujet revient à la quatrième audience.
- L’empereur.—L’opium est-il cher?
- Péh-koueï. — Meilleur marché que jamais.
- L’empereur. — Pourquoi ?
- 1 Certainement, si l’on portait aujourdlnii pour pantalons et culottes c°urtes d’été, au lieu du robuste nankin, du calicot à 3o ou l\o centimes le
- mètre, de tels vêtements seraient bientôt déchirés.
- 3 Qu’aurait dit l’empereur s’il avait vu des mouchoirs de coton si peu S°lides qu’on ne les lave pas? ils sont uses en meme temps que salis.
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- Péh-koueï. — Il est moins bon.
- L’empereur. — Comment le ciel et la terre pourraient-ils supp°r^er longtemps an produit si destructeur de la vie humaine!. «
- COMMERCE GÉNÉRAL DE LA CHINE.
- Jusqu’en 1833, c’était la grande compagnie brit311' nique des Indes orientales qui faisait, au nom du Royaume-Uni, le commerce de la Chine-, le Gouvernement de l’empire du Milieu choisissait, de son côté, des marchands privilégiés, les Hong. Les affaires se traitaient entre deux corps également intéressés à prévenir les conflits, et, depuis plus d’un siècle, les solutions avaient généralement obtenu des solutions pacifiques.
- Ce fut une vraie révolution lorsque, en 1833, la comp3' gnie des Indes orientales, au renouvellement de son pnv1' lége, perdit la faculté de continuer en Chine un commerce livré désormais à la libre concurrence de tous les Anglais-
- Cette liberté dégénéra promptement en licence. L3 contrebande, auparavant circonscrite et modérée dan8 l’enceinte de Canton, passa bientôt toutes les limites; elle conduisit à la guerre qui finit en 1842.
- Alors naquit un nouvel ordre de choses qui doit main* tenant attirer toute notre attention. Deux écrits du [duS haut intérêt ont jeté sur ce point une vive lumière.
- Conditions morales de prospérité commerciale.
- Après avoir conclu leur traité de paix, en 1858, leS ambassadeurs de France et d’Angleterre sont rentres dans leur patrie.
- M. le baron Gros a consacré quelques-uns de ses le»1' sirs à traduire une publication remarquable, qu’on devad
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- jUix généreux sentiments d’un missionnaire médecin des utats-Unis, qui fut quelque temps consul à Ning-po. Il aLien voulu me confier sa traduction ; j’en ai fait l’analyse ^Ue je vais condenser en quelques pages.
- luttes et témoignages du docteur Mac-Gowan, missionnaire médecin.
- M. le docteur Mac-Gowan rapporte des faits accomplis de son temps, et plusieurs sous ses yeux. Il accuse la piraterie des Occidentaux; il cherche le moyen d’y porter remède, à l’instant même où gronde la guerre de 1857.
- Les faits dont nous allons parler commandent l’attention de tous les gouvernements qui comptent pour Quelque chose la civilisation, la justice et l’humanité.
- Infractions des deux parts aux traités de commerce.
- Les Chinois ont à faire entendre des plaintes contre les étrangers, plaintes qu’on ne saurait négliger sans dom-rïlage pour les étrangers mêiiies.
- A l’égard du traité de 1842, les Chinois ont rendu parfois illusoires quelques clauses de peu, d’importance ; ^ais ils ont observé les plus essentielles, et manifesté leur ^°n vouloir d’écouter les propositions nouvelles capables daméliorer les relations préexistantes. Ils se sont mondes bienveillants à l’égard des quelques étrangers qui v°yageaient dans l’intérieur. Nos sujets de plaintes contre eux ont été rares; tandis qu’ils ont droit de nous reprocher ^n-seulement d’avoir mésînterprété plusieurs clauses traités, mais de les avoir enfreintes par les actes les Plus patents. Ils peuvent dire avec raison que, depuis la Uiise en vigueur de ces mêmes traités, les rapports avec les autres peuples sont devenus désastreux à leur égard; la
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- plupart des maux qu’ils ont éprouvés sont dus à la faculté de séjour accordée aux étrangers dans les régions inarl times de l’empire.
- Conséquences désastreuses pour les Chinois dues à l’ouverture des quatre ports au nord de Canton.
- L’ouverture de ces ports est devenue la source de grandes souffrances ; on les a ressenties sur-le-champ au voisinage de Ning-po. La chose impossible était de restreindre Ie commerce des étrangers à l’enceinte des marchés désignes* Petit à petit, depuis Canton jusqu’au Grand fleuve, la c0^c entière fut envahie par des aventuriers sans foi ni l01’ ils se sont répandus sur tous les points du littoral où des consuls n’habitaient pas.
- Ces malfaiteurs ont commis contre les habitants i®0^' fensifs des atrocités qui n’ont été surpassées, dit Ie docteur Mac-Gowan, que par celles dont les cipayes se rendent aujourd’hui coupables dans le Bengale : 1857*
- Emulation jlibustière des étrangers de toutes les nations.
- Supérieur aux susceptibilités nationales, le docteur accuse en première ligne les déserteurs de son pays et leS mineurs ruinés enfuis de Californie. Afin de commettre impunément de grands désordres, ces aventuriers arboraient les couleurs américaines sur des caboteurs chinolS' Prudemment munis de papiers consulaires, ils allaient dans tous les lieux abordables, sous prétexte de p°u1' suivre un commerce légal; en fait, ils pratiquaient la contrebande ou la piraterie, suivant leurs intérêts et leurs penchants.
- Tant qu’on a permis ces violations des lois américaiOeS’
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- ^ le sincère docteur, ces liommes ont prouvé qu’ils Paient capables de commettre les mêmes excès qui ont retidu le nom des Portugais si odieux à la Chine.
- En
- rappelant les excès commis par ces étrangers, il Une réserve bienveillante. Il repousse la pensée d’avoir Joindre mauvais vouloir contre les compatriotes de Eaina et du Camoëns; un grand nombre d’entre eux, dit-il, n’a vu qu’avec douleur et blâme avec énergie les atrocités commises à l’ombre de leur pavillon.
- Hans cette revue des reproches qu’on peut adresser à
- uont us ontaixise.
- Hes émules redoutables pour les flibustiers furent quelles Français qui fondèrent à Chang-hai un bureau de c°Uvoi maritime. Ils avaient eu la bonne fortune d’obtenir ^ garde, c’est-à-dire plus ou moins la dilapidation des Pêcheries dans l’île de Chousan. Comme ils étaient très-Peu nombreux, les Portugais les expulsèrent aisément, démolirent leurs maisons, détruisirent leurs barques et dispersèrent les associés. Les Français ensuite se joignirent Cantonnais, et dans un premier conflit furent battus aVec ceux-ci... La plainte des Français maltraités fut transmise à Macao, et la frégate Ta Capricieuse remonta vers ^iftg-po pour s’emparer des délinquants portugais. C’est ai°rs qu’eurent lieu les scènes dont nous avons parlé
- (p- 41 o et 411 )•
- Vient ensuite le tour de l’Angleterre : «C’est d’elle, dit docteur, qui possède une colonie, Hong-kong, près du grand marché de Canton, c’est d’elle que la Chine devra tout redouter, lorsque les trafiquants britanniques pourtant séjourner en tous lieux à terre.» En même temps, avec un sentiment d’équité, il ajoute que les stations et
- ^aaque nation ne sont pas oubliés quelques Français c^Upables aussi de vols et d’exactions, à l’abri d’un privi
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- les consuls britanniques, en agissant de concert, ont pl venu beaucoup de maux, soit en mer, soit dans les p°rts
- Comment la guerre européenne a servi de ressort à la piraterie-
- Le plus funeste effet de là première guerre des AngialS contre les Chinois est d’avoir appris à ceux-ci limpulS sance de leurs chefs sur une côte où cette impuissance partout éclaté. La piraterie s’est développée avec audace* elle a détruit presque en entier le cabotage. Aujourdh01 les pauvres pêcheurs ne sont pas même à l’abri de ^eS déprédations. Dans l’origine, les exacteurs agissaient moins sans cruauté, et les navires capturés se rachetaient moyennant finance.
- Comment la protection des étrangers se change en jlilusterie-
- On porta remède à ce mai en ayant recours à la p1^ tection des étrangers, qui convoyaient de nombreux bat1 ments et recevaient un salaire modéré. Ce fut une f°r tune pour les marins de Macao; avec leurs lorchas et leurS sloops , montés par de forts équipages tirés de Manille °11 de Canton, ils l’emportèrent sur tous les autres con voyeurs.
- Les lorchas indiquaient souvent aux employés de & douane les sommes à payer par la flotte convoyée e* gardaient pour elles le surplus des droits réellement des-En même temps, des mandarins effrayés commettaient a terre des extorsions en faveur de leurs amis les convoyeur5' Bientôt on força les caboteurs indigènes d’employer ceS derniers; on fit plus : on fixa, sans les consulter, leS sommes à payer pour prix de protection.
- Un pas de plus, et les exacteurs devinrent pirates.
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- lièrent et tuèrent sur mer, et bientôt après sur terre. Des filages entiers furent réduits en cendres, les hommes Massacrés, les femmes violées : quelques-unes de celles-ci* Aînées de force sur les lorchas, ne sauvaient leur hon-^eur que par d’énormes rançons; souvent le ravisseur, epi'is de sa captive, repoussait toute offre de rachat.
- Lies mandarins, s’étant opposés à ces horreurs, furent tüés sur place ou réduits eux-mêmes en captivité. On n’a P1* sauver ces derniers qu’à force d’argent.
- Témoignage personnel du chirurgien Mac-Gowan, opérant les mutilés.
- «Le nombre d’individus assassinés, et dont queiques-u,ts ont été torturés de la manière la plus horrible, ne Serait pas croyable, s’il était exprimé. Beaucoup de mes opérions chirurgicales ont eu ces horreurs et ces forfaits pour c««se. »
- Les spoliations ne le cédaient point aux mutilations ; pas 1111 moyen d’extorquer de l’argent n’était imaginé sans ^Uon le mît en œuvre. Les provisions, le poisson sec et combustible que le pauvre garde pour l’hiver en sa cabane, la seule chèvre et jusqu’à la dernière poule du Patit cultivateur, ont été et sont encore aujourd’hui (1857) °Ljets de proie du maraudeur étranger. Les aventuriers ne trouvaient pas à commander une lorcha louaient un bateau du pays, afin de porter la dévastation dans les niques et les rivières. D’autres établissaient dans les pertes villes des bureaux où l’on vendait des laissez-passer 'pte les jonques naviguant d’un port à l’autre devaient Montrer, afin d’éviter de plus fortes avanies quand elles Paient en marche.
- « Une grande partie de ces méfaits était commise par individus abrités sous le pavillon et la protection des
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- INTRODUCTION. — III.
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- étrangers. En Chine, les étrangers inspirent une si grande terreur, que très-peu d’individus ont le cœur de les re garder, même en peinture. »
- Les neuf dixièmes des pirates étrangers étaient Portugais, complétés par l’écume de toutes les nation^ «J’ai connu, dit M, Mac-Gowan, un ancien Gosaqne
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- la Léna, lequel avait volé à un pêcheur de Ghousan dépouille d’un autre pirate, ancien membre du barreau New-York, et qui s’était mis au service des Portugais* «Lorsque j’ai rempli, pour peu de temps, les fonction de consul à Ning-po, le tao-taï de cette ville m’a souvent questionné sur la nationalité des individus qui, patr°nS de lorchas, opprimaient le peuple.
- «Les autorités chinoises, sur la côte, vivent constat ment dans la crainte de mécontenter les puissances étraU gères. Ces autorités croient que nous sommes tous lig,ieS ensemble, et que si l’un de nous éprouve la mon*
- dre
- résistance, tous les autres sont prêts à s’en venger. »
- iable
- Le droit de séjour en pays chinois sans être justicia de la loi du pays, ce que le docteur désigne par un naot assez barbare, exterritorialité, cette usurpation équivautn
- l’abdication de l’autorité nationale. Un tel droit est ren^u plus que jamais incompatible avec le bien-être de i’empire par l’établissement des colonies étrangères dans l’une ^ provinces. Hong - kong et Macao doivent paraître, aU* hommes d’État de la Chine, comme des lieux empes^s> ces lieux ont donné sur une grande échelle la preuve & mal. De là sortent les lorchas qui défient l’autorité et <ïül dévastent le pays; de là peuvent sans cesse venir 1 agressions de toute nature et les empiétements qulinC vigilance infinie peut seule prévenir.
- Le lecteur a vu que la guerre de Canton, commencé en i856, et qui va recommencer en 1860, n’a pas eU
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- d’
- autre origine qu’une misérable querelle au sujet d’une ^rcha dont l’équipage était incriminé pour crimes de Puaterie. Hong-kong, ce rocher dénudé qu’on demandait c°uime un présent de peu de valeur pour radouber d’in-fortunés navires anglais, on en fait un territoire suzerain, <}Ui décernera des patentes de nationalité britannique à des lorchas construites par des Chinois, possédées par des
- Ch
- tnois et montées par des Chinois.
- Dangers prochains d’une nouvelle immunité commerciale.
- Toutes les puissances étrangères demandent à Tenvi Ouverture complète de la Chine, afin d’y faire un plus ^ste commerce ; pas une ne songe aux droits des Chinois a °et égard.
- « Si les étrangers obtiennent cette concession, ditM. Mac-C*°Wan, les horribles cruautés qui ont ensanglanté les cotes ta Chine se propageront dans l’intérieur du pays. Les Uventuriers, qui tirent sur un Chinois uvec uutant de sang-froid sur un faisan, iront en avant. Ils voyageront plus vite et plus loin qu’un consul, un marchand, un missionnaire.
- violence, le vol et les meurtres se multiplieront par-toUt où le bras de l’autorité manquera, dans les parties süpéneures de leurs vastes fleuves, dans le grand réseau *ta leurs canaux, sur leurs lacs immenses, en un mot, dans jtafinité de leurs voies navigables. La Chine sera bientôt testée d’aventuriers de toutes les nations, apportant la Misère dans toutes les grandes plaines. De là sortiront le V°1 et l’assassinat des voyageurs paisibles, puis l’interven-des États étrangers, puis les blocus et la guerre ; en Ul1 mot, tous les obstacles qui paralysent le commerce et ^ civilisation. »
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- Timidité, terreur des habitants du centre de la Chine.
- « A qui connaît peu les Chinois il n’est pas aisé de faife comprendre les idées exagérées qu’ils ont de notre habi' leté dès qu’il s’agit de leur nuire et de notre ardeur de qu’il s’agit de les opprimer. Ils sont ignorants et timide au delà de ce qu’on peut imaginer. A leurs yeux, tollt étranger est comme un mandarin de quelque grade; ie premier audacieux qui se présente peut frapper de terreür un village entier. Des individus sans principe se pre' valent parfois de cette timidité; ils prennent le nom et l’autorité de quelque étranger, afin d’opprimer ou de vole le peuple.
- « Le chef d’une horde de misérables, qui voulait viole une jeune femme, n’a pas craint d’usurper le nom de1 résident étranger. Terrifiée par la présence supposée d^ mandarin britannique, la victime n’osa faire aucune ï^slS" tance et le succès de l’attentat fut complet. De tels f°r' faits sont fréquents. Peut-être n’est-il pas, en Chine, uîl résident dont le nom n’ait servi pour une fourberie de cette nature. Si pareils attentats sont commis dans l’mte' rieur comme ils l’ont été sur le littoral, ils suffiront p°ur exciter le mauvais vouloir et pour rendre générale conte nous cette inimitié qui n’existe encore que dans le lieux où nous sommes connus; de là naîtront des coll1' sions et des disputes. Un mur de diamant sera, de la sorte’ élevé contre les entreprises des missionnaires; des obs' tacles insurmontables entraveront le commerce, et de questions embarrassantes viendront à tout moment mette à l’épreuve la patience et l’habileté des hommes d’État-9
- Ceci n’est pas le récit exagéré des conséquences fatale qui suivraient une acceptation des plus déraisonnable
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- demandes; déraisonnables, car elles sont humiliantes pour 1,11 grand empire, et de plus entièrement incompatibles avec sa souveraineté. Il est du devoir des puissances de Premier ordre de placer leurs relations avec la Chine sur des bases mutuellement sûres et avantageuses. Le problème ^ foudre est celui-ci : comment nos prétentions, fondées Ounon, peuvent-elles être satisfaites, en ne nuisant pas à contrées où nous sommes venus sans être invités?...
- Qsse-ports : mesure préventive proposée par le docteur Mac-Gowan.
- Il faut adopter le système des passe-ports; les étrangers doivent s’y soumettre en échange du privilège d’être exempts de la juridiction impériale. Les passe-ports contiendraient 1111 permis de voyage ou de séjour; ils permettraient datteindre les hommes dangereux. Ces passe-ports ou fir-seraient délivrés par les hautes autorités indigènes dans les ports de mer; ils seraient indispensables pour Parcourir les parties de l’empire où ne résident pas de c°nsuls. Ces précautions néanmoins seraient vaines, si les c°nsuls n’exigeaient pas que leurs nationaux donnassent de solides garanties pour leur bonne conduite.
- Il est surtout nécessaire de se prémunir au sujet des Pépies occidentaux qui n’ont pas de traités avec la Chine. ^eurs voyageurs ne veulent dépendre que de leurs gou-Vemements, qui n’ont pas en Chine de représentants; cela fignifie qu’ils entendent ne relever de personne et profiter Irilpunément de l’anarchie.
- Il ne faut point objecter que les inconvénients dont on °flre ici la peinture ne regardent pas les puissances munies de traités avec la Chine. Le contraire est évident; cela ^concerne comme les auteurs premiers du mal, comme Dresseurs réunis contre les indigènes, contre ceux qui
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- en souffrent le plus. C’est par le bras puissant de 111110 d’elles que le chemin a été ouvert à la piraterie, à l111' cendie, aux meurtres, à tous les fléaux .qui désolent le® cotes. La sanction supposée de ces atrocités par l’Angi terre, la France et les États-Unis produit ces deux mauX’ d’enhardir les malfaiteurs et d’intimider les Chinois. La réputation de ces États en est atteinte. A peu d'exception près, les Chinois ne font aucune distinction entre leS étrangers dans les entraves qu’ils mettent aux voyageS’ qui sans cela seraient plus facilités. Quand arrivent d^ naufrages, les sauveteurs sont tentés d’agir avec barbaiTe par représaille ; de même aussi le tranquille voyageUr est toujours sujet à subir quelques maux en représaiile de5 méfaits commis par des étrangers turbulents et rapaces.
- Les États pourvus de traités souffrent au point de vüe du commerce, comparativement à l’extension des im#111' nités dont jouissent les sujets des nations sans traités avec la Chine. Ces dernières puissances ne sont représente^5 que par des consuls non salariés, en général négociai^5 anglais ou américains. Souvent les navires portant paviH0lî de ces Etats jouissent, sous leurs propres couleurs, d’avantages refusés à des bâtiments soit anglais, soit américain5-Ils peuvent entrer dans les ports chinois, ils en peuvent sortir avec plus de célérité, ne reconnaissant aucun régiment national, ni les jours ni les heures des consul5 principaux. Dans les ports de moindre importance, lorS' qu’ils ont à bord un subrécargue chinois, ils peuvent traiter avec la douane à de meilleures conditions.
- Par suite des avantages que se procurent les bâtiment de ces petits États, ils prélèvent une part abusive dans Ie commerce du cabotage. Un bâtiment anglais ne peut paS être nolisé et ne trouve pas de fret lorsqu’un de ces fra»cS commerçants est dans le port. Bien mieux encore, Ie5
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- Pavillons secondaires sont quelquefois prêtés à des Chi~ a°is ^ ces pavillons, alors, peuvent aisément faire concurrence à ceux des nations soumises aux obligations ^imposent les traités.
- Si les opérations commerciales pouvaient être restreintes aux seuls étrangers qu’atteint le contrôle d’un consul régulier, le désordre déplorable de la contrebande Pourrait être anéanti.
- Le traité de Nankin stipule que les consuls anglais avertiront les autorités chinoises de toute tentative d’infraction faite par leurs nationaux aux règlements de la douane, lorsqu’ils auront connaissance de semblables infractions. Pendant quelque temps, cela s’est fidèlement Pratiqué,; mais la mesure n’étant obligatoire que d’un seul côté, elle est devenue illusoire. Le Gouvernement anglais a fini par affranchir ses consuls du soin de prêter un pareil secours aux officiers du trésor impérial.
- La surveillance officielle des étrangers par les étrangers Pent prévenir un funeste fléau de la vie commerciale. Le remède n’est applicable que dans les lieux où se fait grand trafic; une inspection étrangère ne pourrait pas ehe défrayée par les droits prélevés dans les ports secondaires. Si l’on pouvait découvrir un moyen d’enlever cctte tache au nom des étrangers, le bénéfice en serait Cvident : nous guéririons un mal qui nous ronge nous-°aêmes ; car les énormes pertes qu’on fait éprouver au Gouvernement chinois sont encore moins à déplorer que sacrifice gratuit de notre honneur.
- Ne nous lassons pas de le répéter : en ouvrant le Pays à des étrangers sans contrôle, vous étendrez le mal; v°ns encouragerez la contrebande dans une proportion cnorme, à moins qu’en même temps vous ne fassiez exclure les aventuriers qui voudront vous suivre dans
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- vos courses, ou que vous ne trouviez un autre remed6 aux calamités que nous signalons.
- Proposition d’établir un tribunal spécial.
- Outre l’action préventive des passe-ports, on pourrai ériger un tribunal pour juger les questions soulevées pa]r les puissances qui ne sont pas représentées en Chine.
- Derniers conseils du docteur Mac-Gowan.
- «Je conseille au Gouvernement chinois, dit M. MaC' Gowan, de restreindre ses relatioris commerciales au* seuls Etats qui peuvent lui donner les garanties suffisant65 qu’un frein salutaire sera imposé à leurs sujets au moy6tl d’une administration consulaire et d’une force naval6 agissant de concert dans les ports et sur les côtes.
- «En définitive, l’expérience a démontré que les sujet5 des nations dépourvues de traités avec la Chine ont 616 les premiers agresseurs envers le peuple et les autorité5 indigènes. N’appartient-il donc pas à ceux qui veul6llt contraindre l’empire, dans une question si vitale, d6 recommander à la cour de Pékin le système restrictif dont il est question et d’employer leurs efforts à le faiïe prévaloir?»
- Un autre mémoire que nous allons analyser a bie# plus d’importance que celui d’un simple docteur améri' cain, lequel a rempli quelques moments les fonctions de consul par intérim; c’est l’œuvre d’un homme d’Etat, écfl' vant à la fois dans l’intérêt de son gouvernement, de la justice et de l’humanité. Ajoutons, pour l’honneur de l’Angleterre, qu’en récompense de ce beau travail l’auteur est devenu quelques mois après, de simple consul, J®1'
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- nistre plénipotentiaire de la Grande-Bretagne auprès du 'frpon. En occupant ce poste éminent, il met en pratique vertus manifestées dans ses écrits.
- ^ttei et témoignages de M. Rutherford Alcock, ci-devant consul anglais a Chang-haï, sur les moyens d’assurer la probité et la sécurité du commerce de la Chine.
- Au moment où les Anglais et les Français assiégeaient Canton, M. Rutherford Alcock se trouvait à Londres par c°ngé. Il rédigea pour le ministre des affaires étrangères 1111 mémoire où, dévoilant toutes les violences des Européens , les Anglais y compris, il présenta des vues levées sur les stipulations commerciales qu’il peut être Utile et juste d’imposer aux Chinois après la victoire. Ce mémoire, qui porte la date du 3 1 décembre 1857, fut transmis dès le 9 janvier i858 au plénipotentiaire en Chine, M. le comte d’Elgin.
- L’auteur, avec un rare esprit d’équité, fait avant tout î historique des méfaits commis par les Européens, et Contre à quel point le commerce en a souffert. Je Ua efforcerai de mettre en relief les principales vues, qui font à l’auteur un honneur infini.
- Par le traité de 1842 , les Anglais avaient voulu s’affran-chir des monopoles et des corporations à privilège, dites co-hongs; ils voulaient éviter les taxes arbitraires et les factions dont ces corporations étaient l’instrument. Pour guérir de tels maux, on établit un système de douanes Maritimes , surveillées par les consuls : un nouveau mal sensuivit. Les marchands étrangers, mis en contact avec ^es autorités chinoises corrompues, vénales, se précipitèrent dans la contrebande ; ils multiplièrent les inventions frauduleuses qui pouvaient les soustraire au payement
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- des droits. On ne respecta plus les traités, ni la loi du pays; en certains cas, la force inique servit à violer la regle des ports. Par ces deux ordres de méfaits, le revenu de l’empire fut fraudé ; le commerce, ainsi démoralisé, devint un jeu de hasard, de surprise et de mauvaise foi.
- Avertis par cette triste expérience, les Chinois se sont opposés plus que jamais à l’extension des mesures qui p°u' vaient donner au commerce étranger une sécurité que l’étranger lui-même enlève aux Chinois dans la perception des droits stipulés par les traités.
- Jusqu’à présent, pour combattre des pratiques déshonO' rantes, les pouvoirs à traités n’ont fait aucun effort effi' cace, excepté très-récemment à Chang-haï. Le mérite en appartient aux officiers appointés en ce port, sans que Ie® puissances dont ils relèvent aient rien stipulé ni garant par leur autorité supérieure.
- Des étrangers soustraits à la juridiction chinoise.
- M. Alcock signale à la fois les avantages et les inconvénients qu’il y a de soustraire les étrangers à la juridiction chinoise. Obtenir un tel privilège, c’était faire un pas grand et nécessaire; mais les conséquences en ont été détestables : mésintelligence avec les pouvoirs indigènes dédaignés, méprisés, vexés; violence et licence introduites partout où des Européens de la pire espèce trouvaient accès pour piller les personnes paisibles. Voilà les affreux résultats d’une première concession; le temps n’a servi qu’à les empirer. Sans moyens préventifs, sans contrôle salutaire , la souffrance continue et le mal s’invétère , quoique le châtiment, qui ne manque jamais au crime, soit retombé sur les délinquants par la seule force des choses.
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- Depuis la mise en vigueur du traité, notre intercourse est restée sous la menace perpétuelle d’une collision hos-bta et de l’interruption dans nos échanges les plus préaux. Nous voici sous les armes, ayant à poursuivre une tatte longue et dispendieuse. Nous avons perdu, pour un temps du moins, le commerce du port le plus important (Canton), et nous avons créé nous-mêmes les plus grands °Wacies à notre accès dans l’intérieur. Sans doute, on doit.ajouter qu’aucune mesure de prudence n’aurait pré-Venu l’aversion des Cantonnais. Ils ont été trop soigneusement influencés par les autorités indigènes pour qu’une Sage conduite, de notre part, ait pu servir de remède moral et dissiper, apaiser chez eux les rancunes, la haine flu’ils portent aux étrangers. Il n’en est pas moins vrai flue si de graves abus, commis sous des pavillons étrangers en vertu d’immunités garanties par les traités, 11 avaient pas été des faits notoires, spécialement pour la classe des petits navires appelés lorchas, tous voleurs et pirates, le sujet particulier de la querelle dont est sortie ta présente difficulté avec Canton n’aurait très-probablement jamais pris naissance.
- Nous nous joignons aux sages observations de M. Al-cock pour prévenir les abus qui peuvent résulter d’une protection accordée aux missionnaires catholiques ou protestants, lorsqu’elle va jusqu’à sauvegarder le zèle î’épréhensible, les actes punissables d’apôtres sans frein flui se croiraient au-dessus des lois. C’est aux puissances chrétiennes d’exiger que leurs missionnaires aient autant de respect pour l’autorité civile de la Chine qu’en France tas ecclésiastiques en témoignent pour le pouvoir temporel.
- Les causes de dissentiment, de désordre et de trouble continueront à l’avenir comme par le passé, si les puis-
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- sauces étrangères avancent à l’aveugle, sans chercher les conditions claires et certaines qui commandent les resuh tats. Soit pour propager le christianisme, soit pour étendre le commerce, des difficultés, des périls, sont inévitables dans un pays constitué comme l’empire Chinois. On s est efforcé depuis quinze ans d’avancer vers ce but sans y réussir; en ce moment, Anglais et Français sont en armes pour venger et réclamer des droits mis en péril par les abaS mêmes que Von na pas réprimés.
- Au sujet de la violence ouverte et de la licence affi" chées par des désespérés, des hommes sans loi ni foi, sur les côtes de la Chine, étrangers de naissance ou Chinois naviguant sur des navires pratiques, sous pavillon étranger, il importe de montrer comment, presque identiques et prédominants, sont les dangers éprouvés depuis long' temps ou depuis peu d’années.
- Rapports des étrangers avec la piraterie, d’après M. Alcock.
- Il y a trois cents ans que des Portugais, en premier lieu Simon Andrade, puis Fernando Mendez Pinto, vinrent par mer trafiquer en Chine, où déjà florissaient des établissements étrangers dans Amoy, à Ning-po, à For-mose, comme aussi dans les îles du Japon. Au voisinage de Ning-po, ils profanèrent et pillèrent les tombeaux de di$' sept antiques dynasties, où des trésors étaient ensevelis; en prenant ce port pour leur centre, et pillant les pays d’alentour, ils firent sur mer et sur terre beaucoup d’expéditions flibustières.
- Enfin les Chinois se levèrent en masse contre eux et détruisirent trente-sept de leurs navires ; sous le coup de cette vindicte périrent huit cents Portugais et douze mille indigènes plus ou moins associés avec les brigands étrangers*
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- Depuis ces funestes événements et pendant trois siècles, jusqu’en i 843 , tous les ports du nord de la Chine furent 3uterdits aux étrangers. C’est â partir du même temps ^ue les Chinois ont appelé sans distinction, dans leur c°rnmun langage, les étrangers Fan-koaeï ou Peh-koueï, Ce qui signifie les Diables étrangers ou les blancs étran-§ers; tout aussi communément, ils les ont appelés les I, ks barbares, dans leur langue idéographique1.
- A dater de l’année i5A5, toute fréquentation des étrangers fut interdite, excepté sur l’extrême frontière du sud-est, dans le port de Canton. Pendant trois siècles, 1 aversion des Chinois pour ies étrangers se conserva sans affaiblissement.
- Ici M. Alcock rappelle l’affaire des lorchas portugaises à Ning-po, que nous avons rapportée. «Quelle frange analogie, dit-il, entre les excès commis par les Sommes de la même nation et dans le même port de mer, a trois siècles de distance ! » Le consul prudent continue : (( Aussi longtemps que des habitudes licencieuses ne conduisent pas à quelque violente catastrophe, enveloppant dans un même danger des intérêts plus légitimes, Uous sommes trop accoutumés à ne pas surveiller la direc-hon du courant qui précipite vers ce but. En étudiant les dangers auxquels nous avons échappé depuis quelques Années, on peut l’affirmer sans hésiter, ils étaient incomparablement plus graves qu’aucun de ceux qui sont aujourd’hui rendus manifestes par leur explosion sous forme de massacres ou de difficultés compliquées. Voilà ce que
- 1 Le caractère chinois î, formé des deux signes qui signifient grand et arc<> s’appliquait anciennement aux hordes scythes et tartares, qui portaient grands arcs à la guerre, et dont le souvenir rappelait à la fois l’idée de 1 étranger et du barbare : il a conservé la double acception, étendue aux Occidentaux.
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- doit prendre en considération quiconque veut apprécier dans toute leur étendue les dangers que nous signalons-
- «Un exemple suffira. Pendant dix-huit mois, de 1^53
- à 1 855 , Chang-hai fut occupé de vive force par une vüe
- cohue d’affiliés de la triade, au nombre d’environ deux
- Tls
- mille vagabonds du Kouang-toung et du Fo-kien. 11 furent longtemps assiégés par une armée impériale com posée d’environ vingt mille recrues inexercées et sans discipline.
- «L’établissement des étrangers s’élevait entre les deux parties belligérantes, et les Européens de ce port étaient engagés dans un commerce de cinq cents millions & francs : commerce sur lequel le revenu public de l’Inde et de l’Angleterre comptait pour environ cent milUorlS'
- « Certes, de tels intérêts n’étaient pas de peu d’imp°r' tance. Le danger aurait dû prêter force à notre prudence -si nous n’éprouvions pas le respect des traités qui seuls nous donnaient droit de réclamer protection et de rester neiitres entre deux partis hostiles. A l’égard des individu qui n’avaient pas de grandes richesses, le danger de leur vie aurait dû suffire. Néanmoins, dans ce long siège, ^ beaucoup d’inévitables causes d’anxiété sont venus s’ajouter des actes compromettants, de plus en plus multiplié’ Ces actes injustes n’étaient pas commis seulement par quelques individus sans foi ni loi, dignes et nombreux auxiliaires des rebelles; nos marchands, nos millionnaires -ajoutaient leur part de témérités à ces méfaits. Dans uue occasion, notre imprudence avec les insurgés causa fi11' vasion nocturne d’une troupe impériale; un accident heureux donna l’alarme à propos, et cela seul sauva pr°' bablement de la mort les colons, et de la destruction leurs établissements.
- « La colonie dut son plus grand danger à la conduite
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- dune des principales maisons, qui, violant les lois de la Neutralité et l’interdiction formelle de l'autorité britan-N*que à l’égard des actes qu’elle s’est permis, avait entrepris de fournir aux insurgés des bouches à feu ! De con-Cert avec eux et le garde des magasins, elle délivrait des Certificats de passe pour transporter dans la ville assiégée
- canons conduits à travers la colonie britannique.
- « Du milieu des lignes impériales, on a vu, sur les remparts de la cité, un missionnaire encourageant les insurgés, dans le feu d’une attaque. Chaque jour faisait naître Ntt danger du même genre, et les périls croissaient sans diminuer en rien la licence qui caractérisait la conduite lncontrôlable des étrangers. Aucune autorité locale, responsable du salut de la colonie, n’aurait pu reposer en Paix dans cette période pleine d’anxiété ; nul fonctionnaire Ne pouvait se coucher le soir avec l’assurance qu’au point du jour tout ne serait pas compromis et perdu.
- «Une fois, l’établissement fut envahi en plein jour par les soldats d’un camp limitrophe; ils attaquèrent avec ^épée, la lance et les armes à feu tout étranger qu’ils rencontrèrent, sans même épargner les femmes.
- « On ne trouva de salut qu’en s’empressant de réunir b^ois cents matelots et soldats royal-marins, aidés d’un corps de .résidents; on se vit forcé d’assaillir un grand oamp retranché, défendu par de l’artillerie et des canons, qui contenait trois mille hommes ; et quinze mille autres rompaient dans le voisinage immédiat. C’était un risque désespéré, mais la .seule voie de salut. Le camp fut enlevé, Non sans tués, non sans blessés, même parmi les résidents en service volontaire. Une sécurité plus grande résulta de ce combat pendant le reste du siège; mais quelle part déplorable de cet extrême péril ne fallait-il Pns attribuer à l’imprudence de l’esprit partisan (partizan-
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- ship), ainsi qu’à tant d’actes injustifiables commis par ^es
- individus qui réclamaient protection pour eux-mêmes.”
- M. Alcock fait à l’égard de son pays une réflexion se vère : « Quelle qu’ait été l’énormité d’un péril, dès qu’on 1a détourné, dit-il, on suppose en Angleterre que cela s est fait de soi-même. Le Gouvernement exprimera peut-etre une approbation, après quoi l’on oubliera tout. DaIlS l’exemple cité, le plus ancien officier de marine, qui commandait au péril de sa vie et risquait sa renommée s’il avait failli, lui qui sauvait une énorme propriété, sans compta l’existence de deux cents à trois cents résidents, à pel°e échappa-t-il au désaveu de son chef; et jamais il n’a reÇu de son Gouvernement la plus légère marque d’approb3' tion. »
- Nécessité d’un puissant contrôle sur les étrangers en Chine.
- Que prouvent les faits qui viennent d’être relatés? Que les gouvernements d’Europe n’ont pas encore appris la grandeur du danger que leurs intérêts courent sans cesse* non point par les incidents forcés d’une guerre civile ou par une perversité propre aux habitants de la Chine -mais par l’absence de tout contrôle convenable, en ce pays, sur les natifs de tous les Etats d’Europe et d’Amérique. Rien n’égale l’indifférence avec laquelle tous leS périls résultant d’une licence effrénée continuent d’être dédaignés, d’année en année, même chez les puissances liées par des traités avec la Chine.
- « Notre Gouvernement seul, dit M. Alcock, a fait quelque chose pour avancer vers ce but, en donnant à ses consuls des pouvoirs étendus-, auxquels ils joignent en général les moyens matériels de faire respecter les lois. Mais une grande partie du bon résultat qui devrait s’ensuivre est
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- DES NATIONS. 657
- perdue par 1 Immunité dont jouissent les étrangers non bri-fonnic/nes, et par ceux, en conséquence, qui souvent se déclarent eux-mêmes aliens, afin d'être impunis. Les Etats-Unis ont dernièrement jugé nécessaire d’abandonner ^ usage de nommer en Chine des représentants non salaces. La France a toujours payé ses consuls; de plus, à Chang-hai, le commerce leur est interdit : il ne l’est pas dans les autres ports1. Voilà des améliorations ; elles Prouvent que les puissances munies de traités reconnaissent que de grands intérêts, tels qu’il y en a toujours en dans le port de Chang-hai, ne doivent pas être abandonnés au hasard.
- Mesures à prendre pour la sécurité générale.
- Un progrès de plus montrera que le danger et le défaut de sécurité ne sont pas nécessairement la situation normale de nos relations. Telle serait pourtant notre positon, si les puissances commerçantes n’imaginaient pas des Mesures propres à ranger sous un contrôle à la fois légal, Rapide, efficace, tout individu de race européenne arrivant en Chine : quelle que soit sa nation. ,
- Trouvons des moyens par lesquels un perpétuel danger de collision, l’abaissement de notre caractère et Tin-sécurité de nos relations, au lieu d’être l’état normal, ^apparaîtront plus que par intervalles, à titre d’excep-hon.
- La principale difficulté tient à la diversité des nations
- 1 L'interdiction est absolue pour tous les Français salaries ayant le titre consuls et de vice-consuls-, mais il y a des ports secondaires où, par economie, les intérêts consulaires sont remis à des négociants, dont le claire, si je puis ainsi parler, est honorifique; leur bénéfice est dans ^ influence qu’un titre français leur procure.
- INTRODUCTION,
- III.
- 42
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- f>58 FORCE PRODUCTIVE
- étrangères, à l’impossibilité d’obtenir une action répressive générale et continuelle, d’obtenir une surveillance cou-teuse, qui porte remède à des maux ne touchant paS matériellement diverses puissances, lesquelles ne forlt qu’un faible commerce en Chine, quoiqu’elles y compte*11 un certain nombre de sujets.
- D’un autre côté, dans l’intérêt commun de la civilisation et du christianisme, aucun de ces Etats ne saurait etre indifférent aux malheurs que nous signalons; pourvu que le bienfait ne leur coûte rien, ils ne peuvent s’opposel aux mesures indispensables aux nations principales, dont le commerce est immense.
- La spécification de telles mesures est une question de détails et non pas de principes. Les abus des douanes» on l’a déjà demandé, devraient cesser tout à fait, en con-fiant au Gouvernement impérial la tâche de percevoir certaines taxes fixes sur toutes les marchandises, à l’entree» il faudrait également percevoir les taxes à la sortie par main des Chinois et non des étrangers.
- Le reste serait comparativement facile. Tous les Etats étrangers s’accorderaient, les uns à nommer des 0$' ciers consulaires ayant des moyens effectifs à leur disp0' sition, pour exercer un contrôle légal sur leurs sujets respectifs ; à défaut de tels officiers, les autres Etats place' raient ces mêmes sujets, dans chaque port, sous la protection et la juridiction des représentants des puissances munies de traités, représentants nommés sous de sûres conditions. En définitive, qu’on n’appointe plus de cofl' suis purement nominaux, pris parmi des marchands qul restent marchands, et qui n’ont entre les mains auctf11 moyen de remplir les devoirs de leurs fonctions,
- A l’égard de tout étranger qui ne pourra se réclamer d’un consul de sa nation, qu’il soit soumis à la juridiction
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- indigène. De son côté, que l’empereur de la Chine soit ^nu d’exercer avec un zèle vigilant son autorité souvé-rame, pour l’avantage commun de ses sujets et des étrangers.
- Par ces simples mesures, jointes à l’appui des stations Avales que maintiennent les puissances à traités, et par *m échange de bons offices, les consuls pourront supprimer les abus et contraindre chacun à respecter ces traités.
- Quant à l’emploi d’un pavillon étranger pour faits de piraterie, pendant un certain temps une grande vigilance, beaucoup d’activité, beaucoup d’efforts, seront sans doute Necessaires. Mais l’action concertée entre les diverses puissances, avec la surveillance de quelques bateaux canon-mers, aura bientôt nettoyé la côte.
- Nous avons dit è l’éloge du Gouvernement anglais qu’il a dignement récompensé M. le consul Alcock en le nommant ministre plénipotentiaire au Japon. Là, comme en ^line, cet homme de bien se trouve en présence d’étran-§ers qui/respirent la fraude et la piraterie. Puisse-t-il ^Ussir à combiner les efforts des nations munies de |raités pour obtenir, de concert avec l’autorité japonaise, es mesures universelles et puissantes de répression que ÏGclament à la fois la civilisation et la probité!
- MOUVEMENT COMMERCIAL DE LA CHINE.
- Pour l’empire de la Chine, comme nous l’avons fait Pour l’Amérique et l’Océanie, nous prenons i855 comme année comparative : année de paix entre les puissances °Ccidentales et l’empire du Milieu.
- Nous commencerons par offrir le tableau de la valeur ^es importations et des exportations; nous passerons en-smte aux mouvements de la navigation.
- 4a.
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- FORCE PRODUCTIVE
- TABLEAU GÉNÉRAL DES VALEURS DU COMMERCE DE LA CHINE AVEC L’ÉTfiANG*115 DANS L’ANNÉE 3 855.
- IMPORTATIONS. EXPORTATIONS. totaux.
- fr. fr. fr.
- Empire j Commerce légal 71,346,540 273,095,388 345,341,928
- britannique. ) ( Fraude : opium 191,470,775 191,470,775
- Etats-Unis 17,886,685 82,198,615 100,085,300
- Autres Etats étrangers 5,945,544 27,399,539 33,345,083
- Totaux 286,649,544 383,593,542 670,243,080
- —^
- A la seule inspection de ce tableau, l’on est frappe & la grandeur du commerce accompli par l’empire brita*1' nique. Sur 287 millions de produits importés, cet empire en présente 263, plus des neuf dixièmes! et tous leS autres Etats figurent ici pour la médiocre somme 2/1 millions, dont 18 appartiennent aux Etats-Unis.
- A l’égard des sorties, c’est aussi l’Angleterre qui tient le premier rang; puis viennent les Etats-Unis.
- E11 réunissant les importations et les exportations, ccS deux grandes puissances figurent pour 637 millions, et les autres nations seulement pour 33 millions.
- Il ne faudrait pas conclure de là que le commerce de la France avec la Chine soit en réalité peu considérable Il n’est pas direct; c’est la Grande-Bretagne qui nous sed d’interifoédiaire, ainsi que nous l’expliquerons avec développements spéciaux tels que les commande l’imp01' tance du sujet.
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- Valeur spéciale des principaux produits importés en Chine
- dans Vannée 1855.
- francs.
- Opium........,........................ 191,470,775
- Cotons... > Tissus1................... 41,000,000
- ( Fiis...................... i ,000,000
- Colons et laines....................... . 8,000,000
- Tissus de laine.......................... 7,260,000
- Métaux divers.. ......................... 6,000,000
- Munitions de guerre...................... 2,000,000
- Riz et grains............. ........... 13,000,000
- Produits dç la mer....................... 2,000,000
- Produits divers d’Europe et d’Amérique. 6,878,719
- Produits dits coloniaux.................. 8,000,000
- Total .................. 286,699,494
- Sur cette grande valeur de 287 millions de francs, ^ millions seulement sont des produits d’industrie manufacturière, et 2 23 sont des produits d’agriculture ; il ne faut pas s’en étonner.
- Les Chinois sont un peuple dont l’industrie est fort avan-Cee-, elle suffit à produire tous les objets que réclament ^urs vêtements et leurs ameublements. Loin que l’habitant ait la faiblesse de préférer des produits étrangers ntférieurs aux siens, on éprouve une extrême difficulté lor squ’on veut lui faire accepter l’usage des produits du dehors, fussent-ils préférables à beaucoup d’égards.
- Voilà* précisément le sujet de la lutte que l’Angleterre Poursuit avec une incroyable opiniâtreté depuis i834„ époque où le commerce privé prit la place de la puis-
- 1 Tous tes nombres ronds qui suivent négligent tes centaines de milie àancs; mais ils se balancent, en grande partie, et le total ne diffère que très-pcu de la vérité.
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- santé Compagnie des Indes orientales et commença ses libres transactions avec le grand empire de la Chine. Nous indiquerons bientôt quels pas ont été faits dans cette voie nouvelle.
- Produits vendus par la Chine aux nations étrangères.
- Deux articles seulement composent l’opulence des exportations chinoises : ce sont les thés et la soie. 0# peut s’en convaincre au premier coup d’œil jeté sur l,e tableau que nous allons présenter.
- VALEUR DES EXPORTATIONS CHINOISES EN l855.
- ——*1
- GENRE DE PRODUITS. POUR TOUTES LES NATIONS. POUR L»ANGLETERRE*
- Thés. îi. 211,804,731 135,576,712 36,212,100 jr. 127,968,800 86,245,350 4,450,600
- Soies et soieries .
- L’ensemble des autres produits.
- Totaux
- 383,593,543 218,664,750
- . * f
- On le voit, l’Angleterre seule absorbe plus de la moitie des exportations chinoises. :, /
- Nous allons actuellement porter notre attention sur la navigation des Européens dans les différents ports ch1 Céleste Empire, en commençant par les deux colonie de Hong-kong et de Macao.
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- DES NATIONS.
- 063
- NAVIGATION DES ÉTRANGERS EN CHINE : ANNEE 1 855.
- — NAVIRES. TONNEAUX.
- 1° ENTREE DANS LES DEUX PORTS EUROPEENS SI JR LA CÔTE DE LA CHINE.
- Hong-kong : britannique.. 1,813 612,875
- Macao : portugais 308 47,227
- Totaux 2,121 660,102
- 2° ENTRÉE DANS LES PORTS CHINOIS FREQUENTES PAR LES ETRANGERS.
- Canton j 520 210,878
- Cliang-liaï 541 172,585
- 317 89,738
- Fou-tcheou-fou 164 54,312
- Ning-po 285 39,573
- Soua-tou : en violant les traités.................. 65 20,468
- Totaux 1,892 587,554
- Il faut maintenant distinguer les navires étrangers d’après leurs pavillons respectifs : nous pourrons ainsi nous former une idée de la part afferente aux diverses nations etrangères.
- Deux contrées, l’Angleterre et les États-Unis, jouent le plus grand rôle dans cette navigation,
- L’Espagne et la Hollande elle-même ne joueraient pas lln rôle considérable à la Chine sans leurs possessions l’Océanie, les Philippines et les îles de la Sonde.
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- f>64
- FORCE PRODUCTIVE
- TONNAGE, PAR NATIONS, DES NAVIRES ENTRÉS DANS LES PORTS DE CHINE EN l855.
- PAVILLONS.
- NAVIRES.
- rONNEAüX.
- 1° LES TROIS MATIONS QUI FONT EN RÉALITÉ LE PLUS GRAND COMMERCE.
- Britannique, navires à voiles 1,391 431,308
- 457 322,946
- Français, idem 37 13,665
- Navires à vapeur 1 840 185,578
- . Totaux.. 2,725 953,497
- 9. L’ENSEMBLE DES AUTRES NATIONS ETRANGERES.
- Portugal.
- Navire» à l’européenne. Lorchas
- Espagne et Philippines...................
- Hollande et colonies océaniques..........
- Danemark.. .......................
- Hambourg et Brême........................
- Suède et Norwége.........................
- Sardaigne.,....'.........................
- Autriche..............................
- Hanovre............................
- Belgique...........ï.....................
- (Pérou.............
- .. . Chili................
- ( Nouvelle-Grenade.....
- Asie............. Siam .................«
- Totaux.
- 43
- 500
- 142
- 178
- 101
- 162
- 18
- 4 & 1 1
- 80
- 15
- 5
- ' 25
- 1,278
- 11,115
- 45,860
- 37,511
- 71,883
- 22,625
- 42,687
- 3,778
- 1,564
- 710
- 857
- 600
- 29,336
- 3,802
- 2,160
- 10,611
- 285,105
- En presque totalité britanniques.
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- DES NATIONS. 665
- Les nations de la seconde catégorie n’ont pas contracté Jusqu’à ce jour de traité de commerce avec la Chine. Le sont leurs nationaux que le docteur Mac-Gowan et Rutherford Alcock ont rendus l’objet de si graves observations.
- Cqmmerce de VAngleterre avec la Chine.
- Dans la première année (1834) où le commerce frbre a pris la place du privilège exercé depuis si longtemps par la Compagnie des Indes orientales, le total des produits britanniques exportés dans l’empire du Milieu s’élevait seulement à 842,83a livres sterling, c’est-^-dire à 21,070,800 francs.
- Sept ans plus tard, cette exportation n’avait encore fait que des progrès presque insensibles; elle ne dépas-®mt pas 2i,8i4,25o francs.
- A partir de i843, lorsque cinq ports, au lieu d’un, furent ouverts à l’Angleterre, et lorsque des colonies eUropéennes se formèrent dans ces ports, une foule de voies nouvelles, soit licites, soit illicites, s’ouvrirent à la vente des marchandises anglaises. Le parallèle que je ^ais présenter des années i84i et i858 jettera le plus grand jour sur ce progrès, qu’on peut presque appeler Une révolution.
- Progrès total des exportations britanniques en Chine.
- Années. Francs.
- i84i..................................... 2i,8x4,25o
- i858.......................i............. 71,911,175
- Accroissement total en dix-sept années, 280 p. 0/0.
- Il est d’un grand intérêt d’examiner comment l’accrois-
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- 666 FORCE PRODUCTIVE
- serment se répartit entre les principaux genres de pf0
- duits.
- Exportations des arts vestiaires : jils et tissus.
- Années. Francs.
- i84i. .................................... 20,093,976
- i858...................................... 62,845,775
- Accroissement total en dix-sept années, 2i3 p. 0/0.
- Cet accroissement, on le voit, est un peu moindre que celui de l’ensemble des produits britanniques,
- Le tableau suivant, où nous avons rapproché ^eS divers produits textiles, montrera l’inégalité du progteS des trois genres divers de ces produits vendus par l'A*1' gleterre à la Chine.
- VALEUR COMPARÉE DES FILS ET TISSUS EXPORTES EN CHINE : l84l ET l858-
- BI-""-î
- FILS ET TISSUS. ANN 1841. ÉES 1858. PROGRÈS pour. cext.
- Fils de coton fr. 3,914,500 fr, 6,658,400 70
- Tissus, coton «... 10,573,925 45,595,550 331
- Tissus, lainages 5,314,125 9,767,825 84
- Tissus, lin et chanvre 223,400 383,300 71
- Effets à usage 68,025 440,700 548
- Totaux des fils et tissus... 20,093,975 02,845,775
- Naissance et progrès du commerce des cotons jilés.
- Dans le tableau ci-dessus, le premier objet qui frappe
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- DES NATIONS. n°s regards est l’exportation des fils de coton. G’est, â c°up sûr, un grand phénomène industriel que, pour la sfiïîple confection des fils, les Anglais puissent demander ^ matière première au Nouveau Monde, la transformer eri fils qui seront exportés en Asie et, malgré ce nouveau v°yage de 5,ooo lieues, vendre aux Chinois pareil profit avec un avantage toujours croissant.
- Ce progrès même de la vente mérite d’être signalé.
- Dans l’année 1820, l’Angleterre ne vendait à toute la Chine que cent kilogrammes de fils de coton, au prix de 600 francs, évalués dans les ports d’Angleterre-, ce qui ^présentait 6 francs par kilogramme.
- En 18/1.1, la Chine seule achète i,543,i52 kilo-gammes de cotons filés, au prix de 3,9i4>5oo francs; Ce qui porte le kilogramme à 2 fr. 54 cent.
- Dans cette période de vingt et un ans, les cotons filés vendus à la Chine éprouvent sur les prix l’énorme abaissement de 58 p. 100; ce qui rend possible la création ^un commerce considérable pour l’importation du produit le plus merveilleux de l’industrie britannique.
- Passons à l’année i858, la dernière pour laquelle ^ous possédions des résultats commerciaux officiellement constatés. Dans cette année, la Chine achète ^>826,787 kilogr. de cotons filés, pour 6,658,4oo fr. prix des ports d’Angleterre; cela revient à 2 fr. 36 cent. Par kilogramme.
- Il y a, comme on le voit, abaissement de prix depuis 184 1 ; mais il est ralenti comparativement à l’époque précédente : en dix-sept années, l’abaissement se borne a 7 pour cent.
- D’après cela, ne soyons pas étonné que l’augmenta-fion des cotons filés vendus par l’Angleterre à la Chine, pendant ce temps de dix-sept années, soit seulement de
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- 668 FORCE PRODUCTIVE
- 70 p. 0/0, quand le commerce général des exportations
- de l’Angleterre en Chine a plus que triplé.
- Progrès du commerce des tissus de coton.
- «r
- En i84i, l’Angleterre ne vendait à la Chine (Jue 2 2,5o2,5o8 mètres de tissus de coton, au prix moyen de 4 7 centimes par mètre courant.
- En 1868, l’exportation s’élève à i26,633,3oo metieS de tissus de coton, qui dans les ports d’Angleterre valent 45,595,5oo francs. Ici le prix moyen du mètre courait ne revient plus qu’à 36 centimes. Par conséquent, en dix-sept années, le prix moyen des tissus anglais de coton vendus à la Chine a diminué de 2 3 p. 0/0; cela su pour que la vente ait plus que quadruplé.
- Les Anglais sont sur la voie d’une de leurs plus grandeS conquêtes industrielles et commerciales. Ils sont en pre sence d’un peuple immense, auquel iis dictent la loi pal la force des armes. Ils feront tout pour étouffer une deS grandes industries du Céleste Empire et pour s’empaiel de l’habillement des masses.
- Jusqu’à ce moment, les hauts fonctionnaires de cet empire ne semblent pas apercevoir ce danger, ni ses c°n séquences funestes sur le sort des familles innombrable qui produisent le coton et qui le mettent en œuvre.
- Commerce des produits textiles de chanvre et de lin.
- Ce genre de produits est très-loin d’égaler ceux 00 le coton constitue la matière première; le chiffre t0 £ n’atteint pas 4oo,ooo francs par année, et dans l,u intervalle de dix-sept années, le progrès n’a pas depasse
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- DES NATIONS.
- 669
- Commerce des lainages.
- Les hivers sont très-froids, ïion-seulement dans ie n°i'd, mais dans ie centre de la Chine : aussi, pour se Veîll\ l’habitant a-t-il plus de soins à prendre qu’en Europe s°Us les mêmes latitudes.
- En 1841, l’Angleterre ne vendait pas à la Chine P°ur 5 millions et demi de lainages ; depuis ce moment Jusqu’à 1858, le progrès n’a pas dépassé 84 p. o/o, mal-8l'e les facilités nouvelles offertes par l’ouverture de quatre nouveaux ports. Je ne vois là qu’un premier pas.
- Effets à usage.
- C’est depuis un petit nombre d’années que les Anglais °ut imaginé d’apporter en Chine des effets tout confectionnés. Us ont appris à les adapter aux goûts des indigènes, et cela nous explique le prodigieux progrès de leurs Ventes; progrès qui s’élève, en dix-sept années seulement, à 548 p. o/o. Aspirons au même succès.
- Si les Anglais réalisent la concession arrachée, le courait sous la gorge, au Gouvernement chinois, la faculté de naviguer sur le Grand fleuve et de porter eux-mêmes ieurs produits sur le plus opulent des marchés intérieurs, a 200 lieues dans les terres, ils donneront une bien plus Vaste étendue aux ventes des produits textiles sur lesquels ttous appelons toute l’attention de nos lecteurs.
- Le tableau qui suit n’a d’importance que pour signaler des objets d’un grand commerce générai pour l’Angleterre, et qui sont loin d’avoir pris en Chine un développement considérable. Le progrès cependant est fort sensible de »$4i à i858,
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- FORCE PRODUCTIVE
- OBJETS SECONDAIRES D’IMPORTATIONS BRITANNIQUES.
- ANNÉES
- OBJETS. *
- 1841. 1858.
- fr. fr.
- 168,525 426,750
- Produits céramiques, . 23,350 108,975
- Fers et aciers 14,200 159,500
- Taillanderie, coutellerie, etc 49,075 307,950
- Plomb et balles 262,075 1,205,275
- Cuivre, bronze, etc 63,250 530,600
- Etain en feuilles . . 1,400 254,825
- p;.„„ 141,185 644,000
- Fournitures de bureau 3,075 187,750
- Totaux 726,135 3,825,625
- TÏÎÏÏÏÎTÏ-==S^*
- Tandis que la vente des produits céramiques anglalS fait plus que quintupler en dix-sept ans, les porcelaines de la Chine sont de moins en moins désirées dans les royaumeS britanniques. Mais la porcelaine anglaise n’est guère c°n' sommée sur les rivages du Céleste Empire que par ^eS colons de Hong-kong, de Canton et de Chang-hai. H eï1 est de même d’une portion considérable des métaux d11 tableau précédent. Il faut peut-être en excepter le plonal3 et les balles, vendus avec une parfaite indifférence sod aux impériaux, soit aux insurgés.
- Progrès extraordinaire de la houille importée par les Anglais dans les mers de Chine.
- Un dernier objet d’importation auquel , jusqu’à ce jo«r’
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- DES NATIONS. 671
- ^es Chinois sont restés presque étrangers et qui prend un froissement extraordinaire, c’est la houille nécessaire au fvice des navires à vapeur, soit pour le cabotage le long la côte du Céleste Empire, soit pour la navigation de ^We et de la mer Rouge. En 18/n, ce service était pres-à sa naissance; il présentait seulement 57y tonneaux charbon fossile, qui coûtaient en Angleterre 9,800 fr., cest-à-dire 1 7 francs les mille kilogrammes.
- En i858, la consommation a centuplé : elle s’élève à lénorme chiffre de 569,860 tonneaux de 1,000 kilo-gïarnmes! Leur valeur, dans les ports de la métropole, esf de 728,A5o francs : ce qui ne porte plus qu’à 12 fr. 7o c. la valeur des 1,000 kilogrammes. Ce rapide abaissaient de prix d’un combustible indispensable à la nouille navigation la favorise; elle est, sous ce rapport, un dément capital du développement de la puissance botanique.
- Produits de la Chine vendus à VAngleterre.
- Le commerce d’exportation des produits en Chine a SuEi, par l’effet des temps et par le progrès des arts euro-îfns, une grande révolution.
- Au commencement du siècle, trois objets seulement c°iïiposaient la majeure partie des exportations de la Ebine dans les trois royaumes britanniques.
- Donnons les deux extrêmes de la période que nous einbrassons ici :
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- FORCE PRODUCTIVE
- QUANTITÉS DES PRINCIPAUX PRODUITS CHINOIS EXPORTÉS EN ANGLETERRE
- III —"*2
- ANNÉES.
- PRODUITS.
- 1800. 1855. 1858.
- Thés (kilogrammes).. 6,678,280 36,859,790 33,275,130
- Soies (kilogrammes).. •. 41,973 22,346,390 997,925.
- Nankin (pièces)... 170,917 35,578 4,400
- Valeur réunie des trois articles (fr. ). . 2,199,718 213,886,450 171,844,975
- Tous les autres- articles. 649,000 4,778,250 4,992,750
- Totaux de tous les articles.. 2,848,718 218,664,700 176,837,725 J
- Aujourd’hui, les tissus dits nankins ont Cessé d’êtie un objet important de commerce. En réalité, les thés et les soies sont les seuls produits du Céleste Empire offrant pour l’étranger une valeur considérable.
- Outre les soies grèges ou moulinées, l’Angleterre a tiré de la Chine, en 1858, pour 5,o55,25o francs de soieries diverses. Une partie de ces produits est réexpo1’' tée; mais les états publiés par le Gouvernement brita11' nique ne permettent pas de préciser le chiffre de cette réexportation.
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- DES NATIONS.
- 673
- PRODUITS SECONDAIRES TIRÉS DE LA CHINE PAR L’ANGLETERRE EN l855.
- PRODUITS. * QUANTITÉS. VALEURS.
- Rhubarlip . . kilogr, 11,466 fr. 719,925
- Casse ligneuse 226,145 536,800
- Sucre brut. 606,806 443,425
- Huiles essentielles parfumées , etc 11,498 400,100
- Étain.... ! 61,976 55,295 181,525 152,975
- Gingembre en conserve
- Gaines 51,780 80,300
- Porcelaines 15,240 77,650
- battes diverses. * , 44,650
- Objets fabriqués » . 27,200
- Camphre brut . 4,013 7,400
- Objets qui ne sont pas énumérés Valeur totale des produits secondaires.. 2,671,950 2,320,800 4,992,750
- Ii est fâcheux que les tableaux de commerce publiés Par le Gouvernement britannique laissent sans explica-hons un ensemble d’objets qui dépasse deux millions de francs. Plusieurs de ces objets ont, nous en sommes certain, beaucoup d’avenir, et s’accroîtront bientôt de Manière à ne plus pouvoir être passés sous silence.
- Commerce des Etats-Unis en Chine.
- La grande nation des Etats-Unis doit sembler bien Vll%aire à l’ancien monde. Depuis l’année 1802 qu’elle
- 43 *
- INTRODUCTION. — IIÎ.
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- 674 FORGE PRODUCTIVE
- est officiellement admise dans les ports de la Chine, elle s’est contentée de fonder son commerce, de l’asseoir su1 des bases honnêtes et solides, de respecter les autorité5 indigènes et d’en être respectée, sans susciter, sans de clarer la guerre une seule fois en soixante années.
- Noble succès de la sagesse et de la modération américaines.
- En 1859, lorsqu’il s’est agi de faire sanctionner par l’empereur le traité conclu l’année précédente, le plcïl1 potentiaire américain n’a pas cru devoir remplacer paf un combat la ratification; en suivant la voie navigable qu’on lui désignait pour se rendre à Pékin, il a reçu ^eS honneurs dus à la puissance, à la modération d’un Ëtaî grand et juste. Enfin, le président de l’Union a pu dû6 en ouvrant le congrès de 1860 : a La paix est compfete avec la Chine, et nous n’avons qu’à nous louer de la cofl1' plète bonne foi du Céleste Empire. »
- Même succès au Japon. Le souverain de ce pays, p°u^ la première fois, envoie une ambassade solennelle a l’une des nations de race européenne : c’est à la nati0*1 des Etats-Unis.
- Ce fut un beau jour pour le président de l’Union fiue celui où le Japon, ouvert aux étrangers par l’initiative de cet homme d’Etat, envoyait ses ambassadeurs afin de reS' serrer l’alliance de cet empire oriental avec la plus pu15' santé nation des Indes occidentales.
- Les deux grands Etats asiatiques, la Chine et le Japo**’ savent apprécier l’avenir de leurs relations avec la plllS' sance amie dont ils ne sont séparés que par 1 ’Ocea*1 Pacifique. Les rapports commerciaux de ces États se fflid' tiplient rapidement avec l’Orégon et la Californie, quise peuplent et prospèrent comme par miracle. Applaudisson5
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- DES NATIONS.
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- tl des progrès qui ne coûtent ni regrets à la justice ni larmes à l’humanité.
- Afin de montrer le grand avenir des Etats-Unis dans le commerce de l’Océanie, où se présente au premier rang l’empire de la Chine, donnons ici le tableau complet de ce commerce.
- mouvement général du commerce des états-unis avec les nations RIVERAINES DE L’OCÉANIE EN l858-l85ç).
- états riverains IMPORTATIONS EXPORTATIONS. PRODUITS MOUVEMENT
- DE L’OCÉANIE.' aux Etats-Unis. des Étals-Unis. de l’étranger. TOTAL.
- fr. fr. fr. fr.
- Chili.. . . 14,133,912 9,195,106 1,150,204 24,479,222
- Pérou.- 1,729,594 4,807,132 327,379 6,864,105
- Amateur.... . T ... .* 181,069 6,953 188,022
- Nés Sandwich, etc.. . J°des orientales bri- 2,761,976 5,615,672 714,941 9,092,589
- taxuiiqueS' ....... ^ndes orientales La- 46,443,203 6,578,309 703,395 53,724,907
- laves " 924,530 734,464 1,658,994
- PEilippjnes 14,839,999 » 364,733 15,204,732
- Australie 608,952 15,297,567 641,724 16,548,243
- Japon.. . . 1,575 « „ 1,575
- divers ports de l’Asie. 823,006 233,411 15,032 1,071,449
- Peehe de la baleine.. 1,872,492 782,705 11,380 2,666,577
- Totaux sans la Chine. 83,214,709 43,615,501 4,670,205 131,500,415
- Chine.. . . . 57,625,975 22,605,305 15,454,937 95,686,217
- Totaux généraux. 140,840,684 66,220,806 20,125,142 227,186,632
- Dans le tableau qui précède, on remarquera que les
- 43.
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- 676 FORCE PRODUCTIVE
- produits vendus par les États-Unis à l’ensemble des nations riveraines de l’Océanie ne surpasse guère la moitié des produits que cette république achète à ces nations. La dis proportion est surtout remarquable à l’égard de lempne chinois.
- Il est intéressant de signaler quelques points internée diaires de la marche progressive qu’a suivie le commerce de l’Union américaine avec la Chine.
- COMMERCE DES ÉTATS-UNIS AVEC EA CHINE, DE l8l5 À l83o.
- «——“H
- VENTES
- ÉPOQUES.
- DE LA CHINE. EN CHINÉ*
- fr. fr.
- De 1815 à 1816 13,496,850 22,534,800
- De 1820 à 1821 .21,546,845 21,829,925
- De 1825 à 1826 41,417,206 46,738,681
- De 1829 à 1830 20,920,155 21,939,982
- —
- Nous allons maintenant revenir au commerce de te dernière année dont les États-Unis nous aient donné Ie compte officiel.
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- DES NATIONS.
- 677
- principaux produits de la chine importés aux états-unis : 1858-1859.
- PRODUITS. QUANTITÉS. VALEURS.
- Thé,. kiîogr. fr.
- Soie brute ou filée 3,744,205
- Soie à coudre 182,414
- Soieries.. . 1,844,772
- thaïes de toute sorte 280,788
- Sucre.. 5,622,520 3,219,214 1,296,354 708,545
- battes...
- Casse ligneuse -. 457,419
- Huiles essentielles 666,040
- tabacs... , 186,857
- Gingembre 534,657 114,142
- Porcelaine 49,982
- Papier de Chine... . 31,890
- Eucre de Chine. 1,218
- Somine des articles énumérés 50,923,727
- Articles non énumérés. 6,661,873
- Total complet des valeurs 57,585,600 j
- Le petit nombre d’articles énumérés ci-dessus dépasse *es sept huitièmes de la valeur des produits que la Chine fournit aux États-Unis.
- Nous n’avons cité trois des produits les plus anciennement renommés du Céleste Empire, et ce sont les trois derniers du tableau, que pour montrer combien est pe-hte aujourd’hui leur importance commerciale.
- Les objets vendus à la Chine par les Etats-Unis sont très-variés-, nous nous bornerons à citer les principaux.
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- FORCE PRODUCTIVE
- PRINCIPAUX PRODUITS VENDUS À LA CHINE PAR LES ÉTATS-UNIS
- années 1858-1859-
- PRODUITS DES ETATS-UNIS.
- Tissus de coton...........
- Métaux monnayés...................
- Farine de froment.................
- Houille...........................
- Fonte de fer et clous.............
- Gensing...........................
- Planches et madriers. ............
- Coke..............................
- Tahac.............................
- Cuivre ouvré. ....................
- Biscuit de mer....................
- Beurre............................
- Sucre raffiné. ...'...............
- Produits inférieurs à 100,000 francs.
- Total .
- VALEURS-
- fr.
- ,422,050
- 1,873,880
- 746,265
- 478,701
- 350,327
- 282,866
- 312,593
- 209,072
- 159,864
- 149,932
- 138,750
- 114,207
- 105,011
- .,207,288
- 22,550,8
- Il est remarquable que le seul grand objet d’exportation des Etats-Unis à la Chine soit le coton tissé. Ce genre de produits augmente chaque année, mais incomparable' ment moins vite que la vente des tissus de coton britan-niques. La valeur de ceux-ci, dans la seule année 1858> s’élevait à 32,253,g5o francs.
- Parmi les exportations, le lecteur remarquera près àe 300,000 francs de gensing; ce puissant cordial si recherché des Chinois croît naturellement aux Etats-Unis.
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- DES NATIONS. 679
- Nous terminerons ce qui concerne cette dernière con-Irée en faisant connaître les faits relatifs à son intercourse 9vec la Chine.
- NAVIGATION ENTRE LES ÉTATS-UNIS ET LA CHINE : l858-l85().
- PORTS. SORTIES. ENTRÉES.
- NAVIRES. TONNEAUX HOMMES. NAVIRES. TONNEAUX HOMMES.
- Boston.... 6 3,635 111 2 3,126 68
- New-York.. .. 40 32,557 925 55 43,565 1,215
- Philadelphie. ...... 2 1,817 46 » * «
- Baltimore . 1 1,945 40 » » a
- Orégon 1 449 11 * »
- San-Francisco 58 59,786 1,413 33 24,121 984
- Totaux. ... 108 100,189 2,546 90 70,812 2,267
- *==
- En réalité, trois ports seulement de l’Union américaine offrent une navigation digne detre citée. Dans un pro-ohain avenir, San-Francisco, bien plus rapproché de la Ehine, fera la concurrence la plus redoutable à New-
- York.
- J’ai mis à dessein le nombre des hommes1 en regard du tonnage. Les navires des Etats-Unis varient de 1,000 à 600 tonneaux; chaque homme d’équipage correspond au transport environ de 35 à 4o tonneaux. Là est le secret do la supériorité des Américains; ils peuvent payer cher des hommes qui font un aussi grand transport, sans que îe transport même cesse d etre à très-bon marché.
- C’est le total de l’équipage, moins les mousses.
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- FORCE PRODUCTIVE
- COMMERCE DE LA CHINE AVEC LA FRANCE.
- Le commerce direct entre la Chine et la France, conclu des registres douaniers, est le seul dont les tableaux officiels procurent la connaissance ; il est si peu considérable, quon n’a pas même jugé nécessaire de séparer ce vaste empire et les deux États secondaires de Cochinchin6 et de Siam.
- Hâtons-nous d’expliquer en peu de mots le commerce apparent et direct, pour arriver au principal, au grand commerce réel de la France avec la Chine.
- I. IMPORTATIONS EN FRANCE DE LA CHINE, DE LA COCÏIINCHINE ET DE s[ASl POÜR L’ANNÉE 1 858.
- PRODUITS. QUANTITÉS. VALEURS.
- -
- kilogr. fr.
- Thé...... 501,973 3,011,838
- Soies 2,720 153,628
- Bourre de soie. . . 8,090 64,720
- Soie en cocons 18,005 324,990
- Laines en masse 208,911 836,442
- Sacre brut 837,377 619,695
- Cannelle dite de Chine 98,551 246,378
- 136,951 205,426
- Graine de sésame (oléagineuse) 271,454 116,725
- 487,468
- Total des importations , 6,067,310
- Les importations de produits des contrées chinoises
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- DES NATIONS.
- et siamoises qui nous parviennent par voie d’Angleterre dépassent 1 oo millions. Par conséquent, ces importations par voie directe ne s’élèvent pas à 6 p. o/o des produits que la France tire en réalité des contrées chinoises.
- IX. EXPORTATIONS DE LA FRANCE EN CHINE, EN COCHINCHINE ET À SIAM POUR L’ANNÉE l858.
- Les exportations directes de nos ports en Chine, en Cochinchine et à Sîam ne s’élèvent, pour i858, qu’à la misérable somme de 999,022 francs; et dans cette somme les produits français ne figurent que pour 773,559 francs.
- Il y a seulement deux genres de produits qui surpassent 100,000 francs :
- Cartons, papiers, livres et gravures...... 109,870*
- Vins.........’......................... 108,647
- Navigation en 1858.
- Navires. ' Tonneaux. Equipages.
- Entrées . . 9 3,842 CO CO
- Sorties. . . 8 4,4o6 207
- Totaux 17 8,248 425
- Cette faible navigation peut servir à nous donner une leçon importante. Le navire moyen varie de 4oo à 5oo tonneaux, avec un équipage qui conduit moins de 20 tonneaux pour chaque marin. Dans la même navigation, les Américains conduisent de 35 à 4o tonneaux et les Anglais plus de 31 tonneaux par matelot.
- Encouragement désirable que peut donner le Gouvernement français.
- Si le Gouvernement voulait donner à la navigation
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- 682 FORCE PRODUCTIVE
- française une grande et salutaire impulsion, il offrirait une prime intelligente et généreuse à tout bâtiment de 800 à 1,000 tonneaux dont chaque homme d’équipage suffirait au moins à 33 tonneaux. Il faudrait qu’on naviguât en employant au plus 2/1 hommes pour 800 tonneaux et 3o hommes pour 1,000 tonneaux.
- Afin de recevoir cette prime, le navire français devrait charger aux prix courants d’Angleterre pour les mers d’Asie.
- La prime représenterait ce que peut coûter en France de plus qu’en Angleterre la construction d’un grand navire de cette espèce.
- En adoptant les perfectionnements dus à l’ingénieux M. Arman, constructeur à Bordeaux, les navires français se trouveraient en parfaite position de rivaliser avec ceux d’Angleterre.
- Projet d’un service de paquebots à vapeur français entre Suez et la Chine.
- Aujourd’hui que le commerce effectif entre la France» la Chine, l’Inde et l’Australie a pris un développement magnifique, un service à vapeur français, fréquent et régulier, serait du plus grand avantage pour communique1 avec ces contrées.
- Nous ne serions plus à la merci de la Compagnie pe' ninsulaire orientale, cette riche entreprise d’Angleterre, qui fait aujourd’hui ce même service.
- Mais pour lutter avec un pareil concurrent, il faudrait avoir d’excellents navires à vapeur, manœuvrés et servie en perfection, avec autant de ponctualité que d’obligeance.
- 0 t
- Formons des vœux pour que cette conception soit rea-
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- DES NATIONS. • 683
- Usée en attendant l’exécution du canal de Suez, dont nous parlerons lorsque nous décrirons l’Egypte moderne.
- Ligne complète à vapeur entre la France et la Chine.
- Notrp ligne à vapeur entre la Chine et Suez une fois établie, elle serait immédiatement continuée jusqu’en France : i° par le chemin de fer entre les ports de Suez et d Alexandrie; 2° par les bateaux à vapeur français de la Méditer ranée,dontle service fonctionne avec uneparfaite régularité. Alors nous rivaliserions avec l’Angleterre.
- Dans l’état actuel des choses, la Compagnie péninsulaire orientale britannique fait un double service de correspondance avec la Chine. Après avoir traversé l’Océan oriental et la mer Rouge et fait transporter par terre, via Overland, marchandises et voyageurs entre les ports de Suez et d’Alexandrie, ses navires vont de ce dernier port à Malte. Là leur route se divise : une première ligne établit la communication entre Malte et la France, pour aboutir à Marseille; une seconde, entre Malte et l’Angleterre, pour aboutir à Southampton.
- Depuis assez peu de temps la Compagnie péninsulaire porte directement à Marseille des soies de Chine destinées pour la France; ces soies, jusqu’en 1858, faisaient lln long circuit par l’Angleterre. La voie directe satisfait, en faveur de notre plus belle industrie, des exigences qui prennent en France un développement aussi vaste que rapide.
- C’est pour l’opulent commerce des soies et des matières colorantes empruntées à la Chine que sera surtout précieuse la ligne à vapeur, anglaise aujourd’hui, et que nous demandons de rendre aussi française.
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- 684 FORCE PRODUCTIVE
- Grandeur du commerce des soies entre la France et la Chine.
- Lorsqu’il y a sept à huit ans une épizootie frappa les vers à soie de la France et du reste de l’Europe, il Fallut qu’on demandât à la Chine le beau filament de l’insecte que les mûriers de cet empire nourrissent avec une abondance inépuisable. Mais les soies de la Chine étaient incomparablement inférieures à celles de la France, au point de vue de la force intrinsèque et de la préparation. Ce fat pour le génie des Européens une étude toute nouvelle que fart de travailler ce produit imparfait, et les succès obtenus sont pour nos compatriotes un sujet d’honneur.
- Résumons les résultats conquis par une industrie qui n’a pas seulement travaillé pour la France. Quels titres n3 pas cette industrie à l’admiration, disons plus, à la reconnaissance des peuples les plus avancés de l’Occident et de l’Orient! Ils savent aujourd’hui que Lyon, donnant l’exemple, a tiré des soies de la Chine et du Bengale un parti qu’on osait â peine espérer dans la fabrication des soieries. La Ghine, à son grand avantage, doit aux pre' ceptes français les progrès récents quelle a faits dans la filature, le moulinage, l’assortiment et le choix du pluS précieux des filaments. C’est de Lyon que Manchester a reçu des leçons dans l’art difficile de suppléer au deficlt des soieries européennes, mariées dans une mesure mge nieuse avec la soie asiatique. Lyon la première, et MaI1' chester, à son exemple, ont tiré le parti le plus heureux des galles de Chine pour la teinture des soies. Ce sont principalement des essais, des efforts français auxquels sont dus les emprunts faits à ce pays, et des cocons et des graines du ver sétifère. En un mot, si l’industrie européenne a fait passer dans la pratique de ses arts des ma
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- DES NATIONS. 685
- hères et des produits empruntés au Gèles te Empire, l’honneur en appartient à des Français. Nous en offrirons un exemple éclatant, qui terminera ce volume.
- Le commerce français, pour satisfaire aux besoins d’une industrie qui tendait à prendre un incroyable essor à travers d’incroyables difficultés, ce commerce a marché de pair avec les arts manufacturiers. Il avait des obstacles de toute nature à surmonter et de puissantes concurrences à soutenir; il a livré ses combats en silence, et le succès seul révèle son existence. Les Occidentaux et la France elle-même ignorent que les opérations directes sur tas soies de la Chine et du Japon sont maintenant aussi familières au commerce de Lyon qu’à celui de Londres; elles ignorent que les maisons lyonnaises ont autant de réputation à Chang-haï, à Kanagawa1, que les grandes maisons d’Angleterre, en possession depuis plus d’un siècle d’un genre de commerce oriental où les nôtres s’essayaient a'peine il y a sept ou huit années. On ignore que nos cent millions d’affaires avec la Chine sont aujourd’hui loin d’exprimer la totalité de notre commerce avec l’Océanie et l’extrême Orient.
- Importance actuelle du marché des soieries de Lyon.
- Lyon est le plus grand foyer de consommation des soies ; il tend par un progrès incessant à devenir le principal marché des soies de l’Europe, et les prix de ce grand et célèbre marché deviennent le régulateur des transactions européennes.
- L’énorme demande des soies à Lyon a pour effet naturel d’en élever généralement le prix un peu plus qu’à
- 1 Ville commerçante près de la capitale du Japon.
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- 686 FORCE PRODUCTIVE
- Londres; cette inégalité dans les cours des deux places a pour effet d’attirer à Marseille des soies destinées à des maisons anglaises.
- Celles-ci savent les prix comparés de Londres et de Lyon; elles profitent de ce dernier marché si le prix qu’elles y trouvent est supérieur à celui quelles réalise-raient en Angleterre. Dans le cas contraire , la soie peut traverser la Ffance et se rend à cette dernière destination-
- Nécessité croissante d’éviter an long détour entre la France et la Chine-
- Jusqu’à la fin de 1858, les soies chinoises dont la France éprouvait le besoin arrivaient par Southampt°n à Londres, par l’entremise de la Compagnie péninsulaire orientale ; elles faisaient en pure perte un si long circuit pour parvenir au principal marché de France, à Lyon. Ce grand détour tend de plus en plus à cesser, et la voie de Marseille obtient la préférence.
- Avantages commerciaux et politiques d'une ligne française à vapeur-
- line considération nationale et politique mérite d’être présentée pour procurer à notre commerce l’avantage d’une ligne à vapeur française depuis Marseille jusqu à la Chine. Notre commerce avec cet empire n’a développe en si peu de temps sa force et sa stabilité qu’en profitant avec habileté de tous les moyens d’action propres à nos rivaux; il a dû recourir aux navires étrangers, dont Ie fret est à plus bas prix et la navigation plus rapide. Ce désavantage du côté de notre marine marchande, il faut le faire disparaître par tous les moyens que nous avons indiqués, afin que les transports de la France reviennent d’eux-mêmes à la France.
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- DES NATIONS. 687
- Combien n’est-il pas précieux pour le pavillon de notre Pays qu’il partage avec celui de l’Angleterre l’avantage de conduire dans tous les ports considérables de l’Asie et de 1 Océanie les voyageurs, les trésors, les riches matières tpi un mouvement soudain et prodigieux multiplie au delà de toute prévision ! Partageons ce grand rôle des vapeurs anglais vis-à-vis des populations de l’extrême Orient, Naguère si défiantes et qui confient à ces merveilleux Navires leurs produits les plus précieux, pour que la valeur er* soit réalisée à cinq mille, à six mille lieues de distance par un négociant dont à peine les grandes maisons chinoises connaissent le nom, et recevoir en retour les productions élaborées par les arts de l’Occident.
- Magasin général des soies de Lyon.
- Il deviendrait impossible de recevoir toutes les soies cpre Je courant du commerce et la réputation d’un marché comme Lyon y font affluer, si l’on n’avait pas organisé les Moyens financiers qu’exige l’apport des matières d’une Valeur si élevée. Lyon eût été placée dans une situation dinfériorité vis-à-vis de Londres, à défaut d’une organisa-b°n pareille à celle des docks ; on nomme ainsi les grands receptacles de produits dont les valeurs sont rendues négociables en vertu de leur dépôt authentique.
- Une compagnie s’est formée, au capital de deux mil-, lions, pour établir à Lyon un semblable dock, ou magasin général des soies.
- On peut mettre en dépôt telles quantités de soies que l°n veut présenter, en recevant, aux termes d’une loi de 1858, des récépissés de deux sortes offrant un caractère particulier.
- Les récépissés les plus utiles sont les warrants, ou bil~
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- 688 FORCE PRODUCTIVE
- lets de garantie : ils permettent d’obtenir des banquier ou des grands établissements de crédit, en leur négociant ces titres, une notable partie de la valeur du gage : les huit dixièmes. Afin de faciliter cette négociation et de la rendre possible dans toute grande place de banque, Ie Magasin général donne une estimation impartiale et certaine de la valeur des marchandises, et, de plus, garantit une partie de cette valeur pendant quatre-vingt-dix jours, moyennant une commission qui ne peut pas dépasser un demi pour cent.
- Munie d’un établissement si précieux, la place de Lyon pourra voir sans inquiétude lès soies affluer, dans ses ma-gasins, de toutes les parties du monde. Elle pourra sans hésitation faire aux maisons commerciales de la Chine, du Bengale et du Japon les avances qu’elles réclament et que ces maisons trouvaient à Londres ; elle ne redoutera plus que la surabondance des soies apportées lui devienne fatale en des temps de crise. Cette fondation était indis-pensable pour soutenir la lutte pacifique avec le commerce anglais, qui disposait depuis longtemps, et dispO' sait seul, de moyens si puissants.
- Que d’éléments sont préparés aujourd’hui pour que Lyon devienne le plus grand entrepôt des soies, comme elle en est déjà le plus grand marché ! C’est la première fabrique de soieries du globe : elle fait battre 90,000 me' tiers; elle produit pour près de 260 millions de francs; sa condition publique reçoit jusqu’à 3 millions de kil°' grammes de soie dans une année. On envie ses écoles d’arts et d’industrie; on admire l’habileté de ses fabricants, la science de ses teinturiers; on vante à juste titre l’excellence de ses ouvriers,
- Pour donner au commerce des soies entre la France ei la Chine tout l’essor dont il est susceptible , il est essen-
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- DES NATIONS- 689
- bel de constituer des moyens de finance à la fois réguliers et puissants.
- hfiuence des grandes maisons de banque sur le commerce avec la Chine
- et les Indes.
- Si nous voulons conserver le bénéfice de nos progrès et de nos conquêtes, si nous voulons accroître la prépondérance de notre plus belle industrie, il faut quelle ait 1 instrument du crédit, et quelle en dispose avec abondance ot liberté. Il n’est pas possible quelle se laisse mesurer d’une main avare et jalouse ce crédit, condition première d’un commerce immense. Le commerce lyonnais oe peut pas rester subordonné à la condescendance de maisons étrangères et rivales, ni dépendre indéfiniment du bon plaisir de l’Angleterre.
- Exemple de l’Angleterre.
- En s’appuyant sur des banques dont l’opulence est colossale et dont les rameaux s’étendent par toute l’Asie et l’Océanie, les Anglais ont jeté des racines profondes au sein des plus riches contrées ; c’est ainsi qu’ils ont assuré ie développement de leur puissance et de leur activité dans les entreprises commerciales de la Chine et des grandes Indes.
- Jusqu’ici nous n’avons su rien opposer à ces institutions opulentes, desquelles nous dépendions. Pour en donner une idée, disons simplement de quels moyens disposent deux d’entre elles, qui n’ont pas encore dix ans d’existence.
- i°La Banque orientale, établie en 1851 au capital de 3i,5oo,ooo francs, avec réserve de 6,3oo,ooo francs,
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- compte en dépôt 1 18 millions de francs, dont un tiers ne porte pas intérêt. Cet établissement financier a fonde onze comptoirs; ses actions ont doublé leur valeur primitive. Les trois derniers dividendes ont été :
- En 1857, i5
- En i858, i5
- En i85g,
- 12 pour cent.
- 2° La Banque commerciale de ÏInde, de Londres et de la Chine, instituée en 1854, a pour capital en valeui 1 2,5oo,ooo francs; Bombay possède l’établissement pnn‘ èipal, et ses succursales sont Londres, Calcutta, Madras, Singapore, Colombo, Chang-haï, Canton et Kandy.
- A ces deux banques il faut ajouter celles de l’Hindostan et de l’Australie pour se former une idée de la puissance financière des Anglais dans les contrées que baigne Ie Grand Océan.
- Outre les banques collectives, on peut citer beaucoup de puissantes maisons anglaises établies à Canton, à Chang-hai, à Hong-kong. Au sujet de ce dernier port nous avons expliqué les étonnantes créations qui démontrent la pulS' sance de leurs capitaux et leur esprit d’entreprise.
- Proposition d’établir une banque connexe pour le commerce de la France avec l’Inde et la Chine.
- Dans une proposition formelle faite a la chambre de commerce de Lyon, son délégué, M. Natalis Rondot,*a demandé la création d’une banque qui desserve les intérêts commerciaux de la France avec l’Inde et la Chine.
- « Cette banque serait d’un avantage infini pour les négociants qui font des affaires entre Lyon et la Chine», dd M. Rondot, l’un des jurés français les plus laborieux et les plus instruits qu’aient eus les expositions universelles
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- de 1851 et de 1855. Nous lui devons, dans nos Rapports, eeux du xxvf Jury, pleins d’intérêt et d’une érudition spirituelle.
- Utilité pour le Gouvernement.
- «La banque proposée, ajoute notre collaborateur, n’est pas moins nécessaire au Gouvernement. La France entretient depuis plusieurs années dans les mers de la Chine et de llnde de grandes forces navales, et ces forces exigent un service de trésorerie extrêmement onéreux. Les traites de la marine ont un caractère particulier : les maisons de commerce qui prennent ces traites pour le Trésor, et qui ne peuvent pas toujours les revendre aux banques anglaises, doivent se ménager un profit qui compense la nécessité du recouvrement par elles-mêmes en Europe; or, dans un pays où l’argent est à un prix élevé, où il est employé à des opérations de commerce généralement très-lucratives, la privation de cet argent pendant plusieurs mois se chiffre par un supplément de commission qui se reporte sur le change, l’agio ou la différence du terme.
- ‘ « Le Gouvernement aurait avantage à charger la banque ici proposée de son service de trésorerie en Orient. II réaliserait de notables économies, en même temps qu’il aurait une entière sécurité pour ses payements et pour ses approvisionnements. »
- La fondation de cette banque est bien accueillie par le commerce; nos ports en applaudissent le projet. La Société générale de crédit industriel et commercial, qui a pris l’initiative de cette création, promet de lui donner un appui constant et le concours le plus dévoué. « Toutefois , dit M. Rondot, la question est moins simple qu’on ne l’imagine. Je ne crois pas que les banques anglaises
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- engagent une lutte de concurrence avec notre banque;
- mais celle-ci doit être en mesure de soutenir une pareille
- lutte et de tenir tête en tout temps à ses rivales. Il faut la
- former de toutes pièces, et les difficultés seront grandes a
- l’étranger.
- « La banque projetée, si elle est l’auxiliaire du commerce français, qui, je l’espère, ne lui fera |>as défaut, sera aussi, et plus encore, l’auxiliaire de la marine française et de la politique française. A ce titre, le Gouvernement ne peut manquer de lui accorder son patronage et ses faveurs.
- «Ce n’est pas avec un esprit hostile à l’Angleterre, avec •la pensée d’ajouter à l’antagonisme des intérêts commerciaux qui s’éveille entre les deux peuples, que je signale la nécessité de cette entreprise. Lyon a de nombreux intérêts communs avec l’Angleterre, et le commerce lyonnai» est lié de la façon la plus amicale avec le commerce anglais; je n’oublie pas que nous vendons à l’Angleterre des soieries pour plus de cent millions de francs. Parce que nous aurons nos propres moyens de crédit et de transport, qui seront d’ailleurs à la disposition de tous, parce que nous aurons fait en petit pour notre sécurité ce que nos voisins ont fait en grand pour la leur-, est-ce à dire que nos relations avec eux en souffriront et que nos amitiés en seront refroidies?Tout au contraire, ces facilités nouvelles leur donneront plus de vigueur. Le champ est tellement vaste qu’il y a place, au milieu du monde commerçant, pour nos banques et nos compagnies de transport; l’entente sera prompte et constante entre elles et leurs devancières : c’est l’opinion des plus expérimentés dans ces questions. »
- Espérons que la France établira bientôt une banque spéciale, ayant de puissants capitaux et des comptoirs ou-
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- DES NATIONS, verts dans les ports principaux de l’Orient, et principalement dans les ports de la Chine.
- Dernière et belle conquête commerciale faite en Chine par la science et l'industrie françaises.
- Ce qui concourt à faire prospérer le commerce moderne chez les nations les plus avancées, c’est la rapidité, cest la puissance avec lesquelles il est secondé par la science et par l’industrie, lorsqu’il faut saisir un fait nouveau de haute importance, l’étudier, l’approfondir, en développer les conséquences, et le transmettre à nos arts en déployant une étonnante fécondité d’applications. Nous pouvons en offrir l’exemple le plus récent et le plus honorable, à tous ces points de vue, pour notre pays.
- RÉVÉLATION, ÉTCDE ET IMITATION DU VERT DE CHINE.
- En i8Zi5, afin d’étudier les arts de la Chine, d’intelligents industriels, délégués de nos chambres de commerce, sont envoyés à la suite d’une légation diplomatique. Dans leurs rapports1, ils mentionnent, sans longues observations, une couleur verte qui leur paraît mériter une mention spéciale. Il fallait bien que cette couleur, sous forme de laque, eût de rares qualités, puisqu’on la vendait à Canton 22/1 francs le kilogramme : un peu plus que son poids d’argent pur.
- Cette laque, appelée lo-kao, est d’une grande puissance; en effet, les Chinois l’emploient, fort étendue d’eau, pour teindre des tissus communs, qui restent néanmoins d’un prix très-modéré.
- 1 Élude pratique du commerce d’exportation de la Chine, par MM. Isidore Hedde, Ed. Renard, A, Haussmann et N. Rondot. Paris, in-89, 184g.
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- Société industrielle de Mulhouse.
- A son retour, le délégué de Mulhouse présente à la Société industrielle de cette ville des tissus teints avec ce vert. L’habile M. Kœchlin-Souch les étudie, et signale dès i848 une couleur verte dont il démontre ce qu’il appelle la nouveauté. La matière colorante devint pour le comité de chimie de la Société l’objet de nombreuses expériences, faites sur les échantillons que nous venons de mentionner et sur d’autres pareils envoyés de Chang-hai par notre zélé consul, M. de Montigny. En 18/19» ces derniers échantillons étaient transmis en même temps par le ministère aux trois chambres de commerce de Mulhouse, de Lille et de Rouen.
- Intervention des chambres de commerce.
- Dès le 28 avril i85o, la chambre de commerce de Mulhouse, éclairée par les expériences que nous venons de mentionner, prie M. le ministre du commerce de demander en Chine : «Quelle est la substance colorante dont on s’est servi pour teindre les fonds verts des échan tillons, lesquels ont été reconnus être teints avec la même matière colorante, substance tinctoriale d’une nature toute particulière, inconnue en Europe ? » G’est le comité de chimie , dans la Société industrielle de Mulhouse, qui fixait avec cette remarquable précision les termes du programme.
- Le 5 avril i8Ô2, la chambre de commerce de Paris s’adresse également à l’autorité ministérielle pour que nos agents en Chine fassent étudier le procédé suivi pour préparer cette matière colorante qui teint directe-ment en vert.
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- Savantes recherches de M. Persoz.
- Le 18 octobre de la même année, notre savant collaborateur de l’Exposition universelleï, devenu le chimiste de la chambre de commerce de Paris, M. Persoz, présente à l’Institut son premier et remarquable mémoire sur la nature et les propriétés du vert de Chine. Ces recherches excitèrent une attention générale.
- Le commerce et l’industrie de Lyon s’emparent du vert de Chine.
- Eveillée par le travail de la science, dès 1853, la chàïnbre de commerce de Lyon tourne son attention vers la nouvelle matière colorante, le lo-kao; substance dont les effets sur la soie surpassent en beauté les effets sur le coton. Elle s’adresse à M. Natalis Rondot, son délégué permanent à Paris; elle demande qu’il recueille toutes les notions existantes sur cet objet important. Elle ouvre un crédit de 3,ooo francs, afin d’acquérir du lo-kao en quantité suffisante pour entreprendre des expériences nombreuses et des applications décisives avec ce précieux produit du Céleste Empire 2. Le zélé délégué remplit ce mandat sans rien laisser à désirer; son activité met tout en mouvement.
- Recherches d’érudition et d’industrie : M. Stanislas Julien.
- Il s’adresse au célèbre sinologue M. Stanislas Julien;,
- 1 Nous devons à M. Persoz le rapport considérable et profond du XVIIIe Jury, chargé de prononcer sur les teintures. (Voyez les Rapports qui suivent la présente Introduction.)
- 2 La laque achetée avec ce crédit revint*à 386 francs le kilogramme.
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- il le prie de faire des recherches dans les encyclopédies chinoises et japonaises, afin de savoir si la matière colorante que nous appelons vert de Chine était anciennement connue. On n’en a trouvé la trace dans aucun écrit spécial, ni dans les grandes publications, même les plus récentes.
- Nouveauté de la découverte des Chinois.
- On doit aux savantes recherches de M. Stanislas Julien la preuve que le lo-kao doit être compté parmi les découvertes récentes de l’industrie des Chinois.
- Selon le révérend Edkin, savant missionnaire anglais à Chang-hai, l’application de cette laque à la teinture date à peine d'un quart de siècle. L’emploi que les peintres en font pour l’aquarelle n’est pas beaucoup plus récent.
- Tout concourt à démontrer qu’il s’agit d’une découverte appartenant à notre époque; elle vient s’ajouter a tant de faits précieux sur lesquels se fondent l’originalité, le mérite et la richesse de l’industrie de ce peuple. EHe est pour nous une preuve que l’industrie du Chinois, moins parfaite à l’égard de quelques arts d’un luxe très-recherché , continue pourtant de faire des découvertes et d’agrandir le champ de ses connaissances utiles.
- Des substances fort diverses pouvaient être confondues avec la laque donnant le vert de Chine. M. Ron-dot expose1 l’analyse érudite de ce que l’on sait sur des matières venues d’Orient, et qui présentaient quelques analogies avec le vert de Chine : toutes sont inférieures a cette couleur et ne peuvent être confondues avec elle. On retrouve dans cet ouvrage le rapporteur aux miHe
- 1 Notice du vert de Chine et de la teinture en vert chez les Chinois, par M. Natalis Ronclot, 1 vot. in-80; Paris, *858.
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- connaissances précises à qui nous devons ies descriptions si variées de l’industrie parisienne 1.
- Nous avons dit que l’attention générale était éveillée par le mémoire de M. Persoz. La Néerlande fait venir de la Chine du lo-kao, pour le soumettre aux expériences de ses propres chimistes.
- La société d’agriculture de Calcutta, saisié du mémoire français par les comptes rendus de l’Académie des sciences de Paris, écrit aussitôt en Chine à M. Fortune; il devra recueillir toutes les informations sur la plante d’où l’on extrait le lo-kao. Dès 1854, graines et plante sont envoyées à Calcutta par l’éminent botaniste ; les lettres de ce dernier arrivent en Europe et sont reproduites par la chambre de Lyon; les savants et les industriels de Londres s’évertuent de leur côté. En mai i855, la société de Calcutta transmet à M. Persoz tous les échantillons quelle reçoit de M. Fortune, afin qu’il continue ses découvertes : c’est un juste- hommage à la science française.
- A rbrisseaux producteurs du vert de Chine : histoire naturelle.
- Il faut maintenant tourner nos regards vers les arbrisseaux producteurs : ce sont des nerpruns épineux d’où l’on extrait la matière colorante qu’on livre au commerce sous forme de laque appelée lo-kao. Dans le principe, on ignorait si la matière était extraite des fleurs, des graines, des écorces ou des racines de ces nerpruns, qui croissent à l’état sauvage sur les montagnes de la Chine.
- M. de Montigny a le premier possédé les deux espèces d’arbrisseaux qui donnent le vert de Chine. Avant i8Ô2,
- Rapports de i84g et de i85i.
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- il en avait planté lui-même plusieurs pieds dans le jardin du consulat français, à Chang-haï ; c’est lui qui les a fait connaître à M. Fortune. Ici nous retrouvons l’initiative intelligente et le zèle infatigable du consul auquel notre agriculture doit aussi l’igname et le sorgho parmi les plantes, l’yak parmi les quadrupèdes, etc.
- Le nerprun de la meilleure espèce pousse rapidement; en trois ans il atteint de im, 7 5 à 2 mètres de hauteur. Un seul de ces grands arbustes peut donner un demi-kilogramme de matière colorante. Des graines de cet arbuste ont réussi dans le jardin des Plantes de Lyon.
- Avant qu’on possédât en Europe cet arbuste vivant, un célèbre naturaliste, M. Decaisne, membre de l’Institut, avec quelques fragments de tiges et de feuilles, a recomposé les deux espèces avec un talent qui tenait de la divination: car lorsqu’on a possédé les plantes complètes, elles se sont trouvées parfaitement conformes à leur savante synthèse.
- On regarde comme certain que les deux espèces de nerpruns, dont l’un supporte le climat septentrional des environs de Pékin et l’autre celui des montagnes du Chan-toung, s’acclimateront parfaitement en France.
- Observations faites en Chine par les missionnaires français.
- Tandis que les sciences naturelles prêtaient leur concours aux études qui concernent le vert de Chine, nos intelligents et zélés missionnaires tournaient de ce côte leur dévouement, provoqué par le Conseil central des missions pour la propagation de la foi, qui siège à Lyon. Le R. P. Hélot faisait un voyage à la petite ville manufacturière qu’il appelle A-zè, pour y chercher les procédés de teinture relatifs au vert de Chine. Cette ville ren-
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- ferme une chrétienté chinoise, et cela facilitait les informations. Les procédés décrits par le R. P. Hélot semblèrent incroyables à la science européenne.
- Leur narration vérifiée par un teinturierfrançais, M. Michel.
- Ils devaient être reproduits et certifiés par les investigations patientes et les découvertes de M. A. F. Michel, ancien teinturier de Lyon. L’éminent industriel, retiré du commerce, charme ses loisirs par des études qui sont dignes d’être proposées en exemple.
- Ce qui caractérise le vert de Chine produit par la matière colorante tirée de Vécorce des nerpruns épineux1, c’est qu’il n’est manifesté et développé dans son admirable éclat que par l’action insensible d’une lumière qui doit être extrêmement faible, et qui pourtant est indispensable : une vive lumière solaire sécherait l’étoffe et ferait cesser la coloration.
- Après avoir retiré de l’écorce des nerpruns épineux la matière en dissolution qui devra donner le vert de Chine, d’après les récits du P. Hélot, M. Michel fit une série d’expériences dont je ne puis mieux donner l’idée qu’en le laissant lui-même expliquer sa découverte la plus intéressante.
- «Je remarquai, dit-il, que mes étoffes sortaient du bain à peine colorées en jaune roux très-faible. Ces étoffes, après avoir passé la nuit sur le pré, avaient acquis dès le point du jour une coloration très-apparente à la surface supérieure; la surface inférieure (en contact avec l’herbe) n’avait pas changé d’une manière sensible. Cette coloration ne pouvait provenir de l’action des rayons
- 1 L’écorce des nerpruns qui ne sont pas épineux ne donne pas le vert de Chine.
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- solaires ; car, dès que le soleil frappe letoffe, elle sèche, et la coloration ne fait plus de progrès. Je pensai à l’oxygène de l’air, qui, en oxydant certaines matières tinctoriales,
- en développe la couleur*, mais mes étoffes, placées sur l’herbe, laissaient circuler suffisamment l’air par-dessous pour que l’oxydation pût avoir lieu des deux côtés. Je pensai alors, et je crois que la solution de la question est là, je pensai, dis-je, à la lumière qui colore les plantes, alors même qu’elles ne reçoivent jamais le soleil directement; tandis que ces mêmes plantes végétant dans une cave obscure restent incolores, malgré les éléments de coloration qui existent en elles et qui se développent des que la lumière les atteint.
- «Pour bien établir cette analogie, je passai dans un bain d’écorce deux coupons de la même étoffe: j’en plaçai un sur le pré, il se colora d’un côté; je mis l’autre dans une cave tout à fait obscure et parfaitement aérée, il i’esta incolore. Je répétai trois jours de suite cette expérience comparative sur les mêmes coupons d’étoffe : toujours mêmes résultats.
- «Je crois pouvoir conclure de ces faits qu’il existe dans les bains d’écorce de nerprun les éléments, à l'état invisible, d’une matière colorante qui ne se développe jusqu’à présent que par l’action de la lumière. Il est à souhaiter maintenant qu’on puisse trouver un agent qui développe cette matière colorante dans les bains d’écorce, ce q11* en rendrait l’emploi plus facile et permettrait peut-être de l’isoler des autres matières qui la salissent et de rappliquer à la teinture des soies. Ce serait bien alors le lo-lw0 français. »
- M. Persoz reconnaissait bien à la lumière le pouvoir, ou de former la chlorophylle, matière verte des plantes, ou de contribuer à sa destruction, suivant les circonstances;
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- friais ici le cercle d’action de la lumière lui paraît considérablement agrandi. «Dès à présent, ajoute ce savant chimiste, nous prévoyons que les sucs d’une multitude de plantes se modifieront sous l’action de la lumière, en faisant naître un grand nombre de couleurs inconnues jusqu’à ce jour. »
- Ce qui donne au vert de Chine un prix infini, c’est la beauté, la pureté de sa couleur; c’est surtout la propriété de conserver cet éclat et cette pureté à la lumière des flambeaux ou du gaz aussi complètement qu’à la lumière du soleil; c’est d’éclipser dans les salons éclairés artifi-cielleinent les étoffes teintes avec d’autres matières et de les faire paraître comme inferieures et presque salies.
- Beaux succès industriels des fabricants lyonnais : M. Guinon.
- C’est au printemps de 1855 que MM. Guinon et Michel réalisèrent les plus remarquables applications à la teinture des soieries.
- M. Guinon fit servir le lo-kao pur à teindre les velours épinglés; il produisit un tissu vert que sa beauté fit appeler le vert Vénus : on admira ce produit à l’Exposition universelle de i855. En ajoutant du jaune au vert de Chine, M. Guinon produisit une nuance qui charmait l’œil et le charmait surtout à la lumière; elle a gardé le nom de vert d’Azof. Enfin nos habiles teinturiers lyonnais ont présenté la plus riche série de nuances, claires et foncées, appliquées aux tissus de soie. Ainsi le problème industriel s’est trouvé résolu dans un espace de deux ans, depuis le jour où cette ville a reçu du Céleste Empire la matière tinctoriale, auparavant inconnue dans son origine, son essence et ses propriétés.
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- FORCE PRODUCTIVE
- Concours ouvert à Lyon pour produire le vert de Chine.
- La chambre de commerce de Lyon a senti Futilité <1 ouvrir un concours, indiquant pour sujet de prix la fabrication d’un lo-kao artificiel qui reproduirait la vraie couleur du vert de Chine et qui ferait tomber à moins de cent francs par kilogramme le prix de celte matière colorante. Nous apprenons que le problème est résolu par M. Charvin, qui va recevoir la récompense promise.
- La Chine vaincue.
- A cent francs par kilogramme il sera possible d’envoyer en Chine le vert de France; nous l’offrirons aux teinturiers du Céleste Empire à meilleures conditions que celles de leur propre vert de Chine.
- Voilà le tableau que je voulais offrir aux amis de 1 industrie, du commerce et de la science. En peu d’annees un grand problème est entrevu, puis posé, puis résolu; Fapplication complète . A la théorie, à l’emploi perfectionne de da matière colorante exotique, on ajoute la création d’une matière du même ordre; le prix en est si réduit, que c’est aujourd’hui notre industrie qui, loin d’avoir a s’approvisionner en Chine, ira vendre à la Chine même le vert de Chine français. Telle est la puissance, tel est le génie de Lyon.
- Le lecteur me pardonnera cet exemple anticipé de la force productive de la France : ce beau sujet, qui terminera mon ouvrage, me soutient et m’encourage dans ma longue et pénible entreprise.
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- DERNIÈRE NOTE SDR LES DESTINEES CONTRAIRES DE CANTON ET DE CHANG-HAI.
- Je terminerai çe volume parles faits commerciaux qui suivent et qui m’ont été tardivement communiqués.
- DÉCADENCE COMMERCIALE DE CANTON, DÉMONTRÉE PAR LE MOUVEMENT DES AFFAIRES BRITANNIQUES DANS CE PORT.
- ANNÉES. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- 1844 fr. 93,037,440 fr. 107,552,160
- 1847 57,754,560 92,331,640
- 1850 41,381,400 49,512,866
- 1853 24,349,398 39,191,934
- 1856 54,852,366 49,303,354
- Grandeur du commerce de Chang-haï : 1856.
- Ce commerce, qui prenait naissance en i844, présentait douze ans plus tard les développements qui suivent :
- PAYS. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- fr. 53,920,725 fr. 225,781,775
- Amérique (Etats-Unis). 6,843,125 21,779,925
- 14,498,125 3,025,575
- Totaux 75,261,975 1 350,587,275
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- FORCE PRODUCTIVE
- VENTE PROGRESSIVE DES DEUX PRINCIPAUX PRODUITS EXPORTES . PAR CHANG-HAÏ.
- ANNÉES FINISSANT LE 30 JUIN. THÉS. SOIES.
- 1845 ki!ogr. 1,723,972 20,143,761 36,387,400 26,979,592 18,558,472 23,276,830 17,751,870 kilogr. 321,550 731,950 2,698,250 2,373,150 4,608,000 3,319,550 4,298,500
- 1850
- 1855
- 1856...»
- 1857
- 1858
- 1859
- L’état qui suit a beaucoup d’intérêt; il fait connaître suivant quelk proportion Chang-haï répartit les deux grands produits chinois entre diverses contrées.
- RÉPARTITION DES THES ET DES SOIES EXPORTES DE CHANG-HAÏ EN l858-ENTRE LES DIVERSES CONTREES.-
- LIEUX D’ENVOI. THÉS. SOIES.
- kilogr. kilogr.
- Grande-Bretagne, directement 7,702,090 1,419,750
- Etats-Unis .• f ,.. 8,839,544 925,000
- Australie 313,308 *
- Colonies britanniques du nord de l’Amérique 231,602 *
- Continent européen. Côtes de Cliinc 96,096 568,322 2,746,750
- Philippines * 7,000
- Totaux 17,750,962 5,098,500
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Avant-propos.................................. .......... i
- QUATRIÈME PARTIE.
- L’ASIE.
- RUSSIE ASIATIQUE.
- Les gouvernements de la Sibérie............................ 2
- Relations commerciales préparées pour le fleuve Amour...... 3
- EMPIRE DE LA CHINE : VASSAUX ET CONQUÊTES DU NORD.
- 1. Le royaume de Corée...............-......................... 4
- Beau souvenir des Français et des Anglais sur les côtes delà Corée. 7
- 2. Tartarie mandchoue.......................................... 8
- Tendances de la Russie vers la Mandchourie.................Ibid.
- Ile Tarraka ou Kitu-Jéso................................... g
- Département de Tsitsikar................................... i o
- Province de Moukden ou Ching-king........................ Ibid.
- Division générale des territoires de l’empire Chinois; évaluation
- approximative des superficies............................. 12
- Province tartare de Tchi-li; haras et domaines de l’empereur. . . Ibid. La mer desséchée ou désert de Gobi, centre des conquêtes mandchoues................................................. i3
- 3. Le bassin mongol de ITénisseï supérieur.....................Ibid.
- Les villes commerciales, russe et chinoise, au nord du désert de
- Gobi..................................................... i4
- La patrie mongole de Gengis-khan...........................Ibid.
- 4. Etat du Tibet : le Tzang.................................... j 5
- Les peuples du Tibet : le Grand Lama....................... ! 6
- Le Petit Tibet : toisons de ses chèvres....................Jbid.
- Les chèvres supposées de Cachemire........................ Ibid.
- 5. Populations musulmanes de la Petite Boukharie................. 17
- INTRODUCTION. — III. 45
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- 706
- TABLE.
- Pages,
- Importance des conquêtes mongoles et musulmanes..........• • • • 17
- Description de Lha-ssa, la ville sainte, capitale du Tibet... *9
- Maisons bâties avec des cornes d’animaux.....................Ibid-
- Temples et palais du Grand Lama.............................. 20
- Le chef du pouvoir civil et militaire au Tibet...............Ibid-
- Les mœurs et les industries urbaines......................... 21
- Draps du Tibet................................................. 22
- Usage et confection des écuelles vernissées..................ia‘
- Usage et fabrication des cierges odoriférants................ 2^
- Recherche et travail des métaux précieux. ................... 2^
- Usure exercée par les lamas...................................Ibid'
- Colonies d’indiens bouddhistes et de mahométans à Lha-ssa.... 2 6 Influence de la Chine au Tibet par les lois et la force militaire.. 27 Les représentants de la Chine auprès du Gouvernement tibétain.
- Evénements extraordinaires du xixe siècle.................... 2$
- Population des conquêtes chinoises...........................
- L’EMPIRE DO MILIEU, Oü LA. CHINE PROPREMENT DITE.
- Notions générales............................................. ^2
- Le moraliste rénovateur de la Chine : Confucius.............. 53
- Le Chou-king : le livre des Annales........................... • ^7
- Pékin, la capitale de l’empire............................... 51
- Description des quatre villes qui composent la nouvelle capitale. 5*
- i. La ville antérieure ou méridionale............................. 53
- Longueur de l’axe régulateur de Pékjn, mesurée dans chacune
- des quatre cités........................................... Ibid»
- Enceinte consacrée aux honneurs de l’agriculture............. 54
- Enceinte consacrée à l’adoration du Maître du ciel. ......... 56
- Autres établissements de la ville extérieure................. 6o
- Logement des troupes de deux bannières tartares..............Ibid'
- Le paupérisme à Pékin........................................... 6i
- Couchage extraordinaire inventé pour les indigents...........Ibid-
- ii. La ville gouvernementale, appelée ville intérieure............
- Les palais ministériels........................................ 63
- Le palais du ministère des cérémonies et des cultes..........Ibid-
- Régime collectif et bi-national des ministères............... ®7
- Edifices publics destinés à recevoir les étrangers........... 6^
- L’académie impériale des Han-lin............................... 69
- Le dictionnaire officiel de l’académie chinoise.............. 7°
- Les succès socialistes d’un dictionnaire encyclopédique chinois.. 71
- Suite de la revue des édifices publics et des institutions... 7^
- Le temple de la littérature et de Confucius..................
- La tour à clepsydre et l’obélisque blanc de Koubilaï.........Ibid’
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- TABLE. 707
- Pages.
- Le Saint-Denis de toutes les dynasties....................... 76
- L’observatoire de Koubilaï et le'collége des docteurs........ 77
- Le Panthéon du Céleste Empire................................ Ibid.
- Deux quadruples portes triomphales............................Ibid.
- Hôtel et conseil des censeurs impériaux...................... 78
- Les propylées qui précèdent la ville impériale............... 79
- ni. La ville impériale.............................................. 80
- Les entrées triomphales.......................................Ibid.
- Deux temples des aïeux de l’empereur régnant; tablettes de son
- jugement après sa mort. - ,..................... ......... 8j
- Temple des ancêtres de l’empereur et des plus illustres serviteurs de l’empire. ............................................ 82
- Bibliothèque historique de la dynastie régnante : divers monuments........................................................Ibid.
- Ecole ou prytanée des langues russe et tartare-mandchoue; imprimerie tibétaine........................................... 83
- Colline des Dix mille années..................................Ibid.
- Ecole des jeunes filles destinées au service de la cour. .... 84-
- Création d’une imprimerie à caractères mobiles. .............Ibid.
- La féerie d’un bois de Boulogne au sein de la ville impériale. ... 85
- Grande salle des exercices pour les licenciés militaires......Ibid.
- Le temple qui rappelle i’invention de la soie : ses fêtes.... 86
- Ombrages printaniers de l’île de Marbre......................... 87
- Église française à restituer dans la ville impériale.........Ibid.
- Le cimetière des Français à restituer par la Chine.............. 89
- ly. La ville sacrée, qu’on nomme aussi la ville interdite............ 90
- Cérémonie du triomphe....................................... Ibid.
- Première salle du trône......................................... 91
- Les hommages rendus à l’empereur................................ 92
- Recherches du savant M. Pauthier.............................Ibid.
- Autres salles du trône....................................... 93
- Palais des interrogatoires impériaux.. ...................... 94
- La salle des sceaux de l’empire................................. Ibid.
- Le palais de l’impératrice...................................... Ibid.
- Côté oriental ou côté littéraire : le temple de Confucius.... 95
- Bibliothèque impériale........................«..............Ibid.
- Atelier vestiaire de la cour................................. 96
- École réservée pour les enfants des officiers supérieurs appartenant aux huit bannières................................. 97
- Palais des Purifications.....................................Ibid.
- Palais où l’empereur se prosterne devant sa mère.........— 98
- Le palais des épouses du second ordre : source de décadence... Ibid.
- Les fossés et les remparts de la ville sainte................ 99
- Vues de l’auteur en décrivant les quatre cités de Pékin......Ibid.
- 45.
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- 708
- TABLE.
- DEUX NATIONS EN PRESENCE.
- Pages.
- i. La nation tartare.............................................. 100
- Établissement de la dynastie tartare-mandchoue»............. l0^
- Tyrannie tartare exercée sur le costume..................... 1
- Un jeune prince tartare secrètement naturalisé Chinois......* * 1 '
- Chun-tchi, premier empereur mandchou : i644 à 1661.......... l0^
- Sagesse du nouveau gouvernement............................. l0^
- Deuxième empereur, Kbang-hi : 1662 à 1722..............• • •
- Les eunuques bannis de la cour et des emplois............ • • • • 1 1
- Comment les Mandchoux délivrent des pirates les côtes de
- l’empire.................................................. 1 ? J
- Admirable situation lors de l’avénement de Kbang-hi.........
- Édit de Khang-hi contre l’infanticide........................ l09
- Protection des arts et des lettres par les Tartares Mandchoux... 1,0 La grande carte de la Chine exécutée sous Khang-hi par les
- jésuites français.......................................... 111
- La carte entreprise comme un cadastre graphique, afin de constater les progrès de l’agriculture sous le souverain mandchou. tbl
- Khang-hi défend à toujours d’accroître l’impôt sur la terre. 1 ’2
- Édit sacré de Khang-hi relatif à l’agriculture..............* .
- Le riz impérial découvert et multiplié par Khang-hi.........
- Comment Khang-hi fait cesser la persécution des chrétiens... 1
- Testament de Khang-hi.......................................
- Troisième empereur, Young-tching : 1723 à 1735.............. 117
- Honneurs qu’il décerne à l’agriculteur le plus vertueux de chaque
- département...............................................
- Quatrième empereur, Khien-loung : 1736 a 1796............... 11 ^
- Les bienfaits de la justice austère......................... 121
- Khien-loung, poète célébré par Voltaire..................... 122
- Cinquième empereur, Kia-king -.179631820...................ftid-
- Sixième empereur, Tao-kouang : 1821 à i85o................. • • l2^
- Réparation des digues du fleuve Jaune....................... l2®
- Exemple illustre, mais impuissant, pour réprimer la déplorable
- invasion de l’opium......................................... 1
- Septième et dernier empereur, Hien-foung : .................
- 11. La nation chinoise............................................* . '
- Appréciation du progrès numérique de la population chinoise.. * ‘
- Recensements importants de l’empire de la Chine. „. ........ 12 9
- Densité de la population chinoise dans l’année 1100 avant J.-C.. 1^°
- Densité de la population chinoise l’an 2e de notre ère. .... 1 ^1
- Densité de la population huit ans après l’extinction de la dynastie
- des Ming, en i652.........................................? 1
- Progrès de la population sous la dynastie chinoise des Ming....
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-
-
- TABLE.
- 70»
- Pages.
- Progrès de la population chinoise sous la dynastie tartare-man-
- dchoue, la dynastie actuelle des Taï-tsing................. i33
- Densité de la population chinoise en i683..................... i34
- Densité réelle de la population chinoise en 1792................ Ibid.
- Dynasties comparées des Chinois Ming et des Tartares Mandchous. — Accroissement moyen annuel de la population par
- million d’habitants.........,............................. s35
- Était-il sensé, vers la fin du xviii0 siècle, de considérer comme
- excessive la population de la Chine?....................... i36
- Nouveaux progrès de la population chinoise....„...............Ibid.
- Recensement de 1812 et densité correspondante de la population. 138 Accroissement comparé de trois nations par million d’habitants-. i3g Densité la plus considérable qu’ait atteinte la population chinoise. 14o Progrès par million d’habitants de la Chine en 208 ans de domi-
- nation tartare.................................................. i h 1
- Travaux de la nation chinoise : agriculture.......................... Ibid.
- Caractère et puissance de l’agriculteur chinois................. Ibid.
- Les droits personnels de l’agriculteur et de tout le peuple chinois. 143 Par quels moyens ces droits sont compatibles avec la conservation
- d’un même état social........................................... 144
- Grand résultat séculaire.......................................... i45,
- Quel prix mériterait l’agriculteur chinois si l’homme était récompensé dans un concours universel...................................# i46
- Inégalité principale entre les régions supérieures et les régions
- inférieures de la Chine.........................................Ibid.
- Territoire et population des neuf provinces montueuses ou des
- hautes terres..................................................... 147
- Territoire et population des neuf provinces des basses terres.... 148 Tableau général..................................................... 14 9
- ALIMENTATION DE L’HOMME.
- PREMIÈRE SECTION.
- ALIMENTATION TIREE DES ANIMAUX.
- . . Ibid, .. i5o ,. i5i . . Ibid. . . 1Ô2 . . i53 .. Ibid.
- Les grands quadrupèdes.............
- Pisciculture...................
- La pêche.........................
- Nouveau genre de pêche fluviale.... Fauconnerie appliquée à la pêche... Alimentation fournie par les volatiles Couvage artificiel.............
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-
-
- 710
- TABLE.
- IIe SECTION.
- ALIMENTATION TIREE DU REGNE VÉGRTAL.
- Page».
- Culture des basses terres : le riz............................
- Du jugement porté par un agronome éminent sur la culture du
- riz par les Chinois....................................... • • •
- De la science des engrais, possédée par le peuple chinois......
- Application à la culture du riz...............................
- Régularité ponctuelle et calculée des opérations agricoles....
- Irrigations : leur énergie................................. • • • *
- Emploi des roues hydrauliques....................................
- Travaux qui suivent l’irrigation.............................
- Culture des îles flottantes...................................
- Culture dans les lacs et les étangs : le nénuphar,............
- Grandeur• et poésie des Géorgiques chinoises..................
- Appel au témoignage d’un savant agronome, récent observateur
- de l’agriculture chinoise : M. Fortune.....................
- Jugement de M. Fortune sur les cultivateurs chinois..............
- Conclusion du grand problème agricole résolu par les Chinois. .
- Vraie mesure des progrès accomplis............................
- Des parties de la Chine les moins favorables à la culture ......
- Caractères du sol dans les hautes terres......................
- Parallèle du nombre des hommes que nourrissent mille hectares a
- la Chine et en Angleterre..................................
- Parallèle des habitants par mille hectares, lors du dernier recensement, à la Chine et en Angleterre...........................
- Tableau d’une ferme cultivée par une famille nombreuse........
- Description d’une ferme patriarcale...........................
- Culture des arbrisseaux qui donnent les feuilles à thé........
- Production moyenne des fermes à thé...........................
- Topographie des cultures du thé...............................
- Superficies nécessaires à la production du thé................
- Territoire et population des quatre provinces â thé...........
- Fabrication des thés..........................................
- Fabrication des thés verts. ..................................
- Du triage des diverses espèces de thés verts..................
- Préparation des thés noirs....................................
- Description des moyens de produire des thés odoriférants......
- Enumération des fleurs employées à parfumer le thé............
- Proportion des fleurs employées à parfumer cent parties de thé..
- Durée du parfum des thés.........................................
- Observations générales sur la classification des thés.........
- Comment on rend utiles les rebuts du parfumage
- i55>
- i56
- 158
- 159
- 161 Ibid.
- 162
- 160 Ibid-j64 i65
- 169
- 171
- 172 Ibid. 17A Ibid-
- 176 Ibid.
- 177 Ibid-179 181 18a Ibid. *83 18&
- 185
- 186
- 187
- 188 191 Ibid-, 19a 193
- Ibid,
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-
-
- TABLE. 711
- Pages.
- Complément des procédés manufacturiers pour obtenir les thés pékoë-orange et les thés noirs de première qualité, dits thés
- câpres.........'............................................ 194
- Fabrication des thés menteurs et des faux câpres........... 196
- Le dégustateur des thés....................................... Ibid.
- CULTURES INDUSTRIELLES.
- Quelques indications sur certains arbres et sur des plantes textiles
- remarquables pour leur utilité................................ 197
- L’arbre à suif [stillingia sebijera)......................... Ibid.
- Moyen d’obtenir le suif végétal......r_........................Ibid.
- Usage du suif végétal......................................... 198
- L’arbre qui porte l’insecte à cire............................. 199
- Arbre à savon (cœsalpina)......................................Ibid.
- L’arbre à vernis de la Chine...................................Ibid.
- Autres arbres utiles......................................... 200
- Palmier â chanvre [cryptomeria japonica).......................Ibid.
- La jute........................................................Ibid.
- Chanvre gigantesque.......................................... Ibid.
- Ortie blanche (nrtica nivea) : draps d’herbe (grass-cloth)....... 201
- Des joncs qui servent à faire des nattes.......................Ibid.
- Plante qui fournit le papier de riz ( aralia papyrifera).......Ibid.
- Papier qu’on fabrique avec les fibres de l’écorce du mûrier.... 202
- Fabrication du papier de bambou................................Ibid.
- La plus belle espèce de bambou, particulière à la Chine........ 2o3
- Multiplicité des usages du bambou ordinaire.................... 204
- Des jardins de la Çhine......................................... ao5
- GRANDES CULTURES NON ALIMENTAIRES.
- Culture du cotonnier. ......................................... 206
- Transport du coton de la ferme au marché....................... 209
- Supériorité du coton chinois bien préparé.................... 210
- Emploi des résidus de la culture du coton................... 211
- La lutte future entre les Occidentaux et la famille chinoise.... Ibid.
- La culture du mûrier et l’industrie de la soie................. 2i4
- Dévidage delà soie.....................................,....... 216
- Un monastère éducateur de vers à soie.......................... 217
- Apport des soies à la ville ; mise en œuvre subséquente........ 218
- Comment les Chinois se passent du métier à la Jacquart pour fabriquer leurs soieries figurées............................... 219
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-
-
- 712
- TABLE.
- DESCRIPTION DES COTES DE Li CHINE.
- Pages.
- Golfes du Léa-toung et du Pé-tchi-li...................... « 220
- Le fleuve Chang-to-ho.........................*.............. 221
- Le fleuve Peï-ho et la cité de Tien-tsin.....................™u '
- 9
- La paix de Tien-tsin, en i858 et i85g. .,.................... 22
- Voyage du Pé-tchi-li jusqu’à Pékin par l’ambassade américaine. 225
- ün vœu d’avenir..................................>........... 229
- Utilité d’obtenir l’ouverture du Peï-ho et la libre entrée du port
- intérieur de Tien-tsin....................................... dbid-
- Province de Chan-toung....................................... 2ù0
- Toung-tcheou, port de refuge à l’entrée du Pé-tchi-ïi ; sonouver-
- ture à réclamer..... ..................................... 33i
- Province de Ngan-hoeï......................................... 2^2
- Le fleuve Jaune : Hoang-ho..................................... dbid-
- La cité de Hoeï-ngan-fou....................................... 2^
- Maison de plaisance impériale au voisinage du Grand canal. . • • 234
- Entrée du grand fleuve Yang-tzé-kiang.........................dbid.
- Confluent du Grand fleuve avec la rivière Wang-pou.......... • • • 235
- Wou-song, le premier des entrepôts contrebandiers ménagés pour infester les Chinois avec de l’opium, au mépris des lois. Ibid-
- Remonte du Wang-pou jusqu’à Chang-haï........................ 2^
- Les Anglais balisent la voie qui conduit de la mer à Chang-haï.. 237
- Travaux des topographes anglais sur les côtes de la Chine.... 238
- Éloge du capitaine Forbes à Chang-haï....................... 239
- Premier des ports ouverts aux étrangers en 18k3 : Chang-haï..24°
- Collège des examens littéraires.............................. 2 A1
- Le palais préfectoral et les temples......................... 2/12
- Les monuments commémoratifs ou Portes d’honneur.............. 2 43
- Monument commémoratif d’un grand mandarin catholique : Siu. Ibid-
- Le temple du Printemps ...................................... 3 44
- Culture et commerce des fleurs...............................Ibid.
- Établissements de bienfaisance................................Ibid.
- Hôpital général et des enfants trouvés, fondé sous le règne de
- l’empereur mandchou Khang-hi...............................Ibid-
- Le commerce et les boutiques de Chang-haï................. 3 45
- Les magasins de soieries..................................... Ibid-
- Talent et vanité des teinturiers............................. 245
- Mérite des broderies......................................... Ibid-
- Magasins de vêtements confectionnés........................... - 247
- Boutiques de chandelles végétales enveloppées de cire d’abeilles. Ibid-
- Boutiques réunies de médecines et de médecins................ 34&
- Boutiques variées de comestibles..............................Ibid.
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-
-
- TABLE.
- 713
- Pages.
- Lieux publics destinés à la consommation du thé........ ...... 249
- Les restaurants portatifs.....................................Ibid.
- Le barbier étuviste ambulant..................................* 25o
- La crânologie astrologique et philosophique en plein vent...... 25i
- Entreprise d’un dépôt des morts à Chang-haï................... 2Ô2
- Dépôt des cadavres d’enfants dans la Tour-Cércueil, auprès des
- murs de Chang-haï.........................................Ibid.
- Dépôt des effets du peuple : prêts à trois pour cent par mois.... 253
- Des industries exercées dans Chang-hai.................... 254
- Etablissements maritimes en avant de Chang-haï.................Ibid.
- Consulat améi’icain........................................... 256
- Consulat britannique.........................................Ibid.
- Consulat français............................................. 257
- Faubourg nautique de Chang-haï: mouillage des jonques......... 258
- Le palais épiscopal et la cathédrale française, centre du culte
- catholique................................................. 25g
- Un consul français à Chang-haï : M. de Montigny............... 260
- Projet d’exposition permanente de produits français à Chang-haï. 2 63
- Chang-haï, centre du christianisme............................ 2 65
- Le catholicisme dans les ports ouverts aux Européens depuis
- 1842.......................................................Ibid.
- Importante requête de Ki-ying en faveur du catholicisme....... 266
- Rayonnement du catholicisme autour de Chang-haï................. 267
- Postérité catholique du grand mandarin Siu.....................Ibid.
- Une fille de Siu élevée au faîte des honneurs qu’on peut accorder
- à son sexe.................................................Ibid.
- Nouveau collège fondé par les pères jésuites dans le college de
- Siu-kia................................................... 26$
- Nouveaux et notables services demandés à la Compagnie de Jésus. 269
- Des missions protestantes dont le centre est à Chang-haï...... 276
- Ouvrage publié par le révérend M. Milne........................Ibid.
- Justice éclatante qu’il rend aux missionnaires catholiques... ... Ibid.
- Compte rendu par M. Milne.................................... 277
- Moyen ingénieux d’imprimer des bibles qui conviennent aux
- divers cultes protestants..................................Ibid.
- Hôpital fondé par les protestants de Chang-haï................ 278
- Rapport fait sur les résultats médicaux obtenus en i856....... 279
- Autres points de vue......................................... Ibid.
- Voyage anonyme d’un ministre protestant en i845............... 281
- Des Chinois qui vont chercher la vérité : philosophes réformateurs. ................................................. 282
- Orbe commercial de Chang-haï.................................... 286
- Tableau des provinces dont les eaux descendent au fleuve Jaune, appelé Hoang-ho............................................ 288
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-
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- 714
- TABLE.
- Pages.
- Tableau des provinces dont les eaux descendent au grand fleuve
- Bleu, appelé l’Yang-tzé-kiang............................... 289
- Territoire et population de l’orbe de Chang-baï................ 290
- Remonte du grand fleuve Yang-tzé-kiang.........................Ibid-
- Les deux cités de Chin-kiang-fou et de Koua-tcheou............. 291
- Ile d’Or, ou Kin-cban.......................................... 294
- La grande cité de Nankin....................................... 295
- La grande pagode appelée la tour de Nankin et la tour de porcelaine.......................................................... 298
- Ses proportions. .............................................. 299
- Les sonneries et les illuminations mystiques de la tour........ 3oi
- Légende au sujet des préservatifs déposés au sommet de la
- tour....................................................... 302
- Popularité des pagodes en Chine; elles passent dans l’industrie. Ibid.
- Productions des arts et métiers de Nankin : le nankin.......... 3oo
- Concurrence de l’Angleterre................................... 3o4
- Inégalité de condition où l’habileté diplomatique place les Anglais
- et les Chinois............................................... . Ibid.
- Tableau des droits que l’Angleterre perçoit sur trois produits
- affectant la Chine........................................... 3o5
- Produit des cotons vendus par l’Angleterre à la Chine en 1857. . Ibid-
- Valeur des nankins vendus par la Chine à l’Angleterre............ 3o6
- Autres industries de Nankin.................................. Ibid.
- Représentations théâtrales en plein air......................... 3o7
- Parcours du Grand fleuve au-dessus de Nankin. . . .............Ibid-
- Ouverture de V Yang-tzé-kiang et voyage de lord Elgin sur cejleuve. . 3o8
- Narration publiée par M. Oliphant.............................. 3o9
- Province de Kiang-sou ou Kiang-nan............................. Ibid.
- Territoire et population en 1812............................... 31 o
- Taï-ping-fou, chef-lieu départemental.,.........................Ibid.
- Province de Ngan-hoeï.......................................... 311
- Territoire et population en 1812................«.............. 31 2
- Ngan-king-fou, chef-lieu de la province de Ngan-hoeï............. Ibid.
- Province de Kiang-si..................*........................ 313
- Territoire et population en x8i 2.............................. Ibid.
- Le lac Po-yang et la navigation de la province de Kiang-si...... 3i5
- La manufacture impériale de porcelaines à King-te-tchin........ 316
- Traité sur les porcelaines de King-te-tchin, traduit par M. Stanislas Julien................................................. 3x8
- Travaux attendus de MM. Stanislas Julien, Natalis Rondot et
- Barreswil....................................................Ibid-
- Traductions désirables à demander au Gouvernement français... 319
- Pi’emiers progrès de la porcelaine chinoise.....................Ibid-
- Institution de la manufacture impériale de King-te-tchin. ..... Ibid.
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-
-
- TABLE. 715
- Pages.
- Les porcelaines de King-te-chin dans le musée céramique de
- Sèvres................................................... 321
- Manufacture de Pékin et porcelaines dites du Palais........Ibid.
- Encouragements et période de la plus grande perfection...... 322
- Progrès ultérieurs..........«..............................Ibid.
- Rare faculté d’imitation.................................... 323
- Précieuse chronologie longtemps marquée sur les porcelaines impériales, puis supprimée par un fonctionnaire ultra-servile. 32 4 Description des procédés de la manufacture impériale, au
- xvni* siècle............................................. 325
- Complément descriptif entrepris au xixc siècle............. 326
- Adoration du dieu qui brûle les manufactures, par les ouvriers
- qui fabriquent les porcelaines. . . ...................... 327
- Principaux lieux où sont fabriquées les porcelaines autres que
- celles de la cour.........................................Ibid.
- Savants travaux de M. Salvetat sur les porcelaines de la Chine. . 328 Pourquoi lord Ëlgin n’a pas cru nécessaire de visiter la grande
- manufacture des porcelaines chinoises..................... 32 g
- Importance comparée des produits céramiques pour l’Angleterre
- et la Chine, en 1857..................................... Ibid.
- Vues d’avenir sur le commerce des produits céramiques entre la
- Chine et l’Angleterre..................................... 33o
- Navigation reprise sur le Grand fleuve au-dessus du lac Po-yang.. 331
- Kieou-kiang-fou, chef-lieu départemental dans le Kiang-si...Ibid.
- Province de Hou-pé............................................ 332
- Territoire et population en 1812............................ Ibid.
- Wou-soueï, première cité du Hou-pé.......................... 333
- La ville de King-koueï-tcheou................................. 334
- Ville de Ki-tcheou........................................... 335
- Station remarquable de Ki-liien........................... Ibid.
- Ville de Houang-tcheou. ..................................... 336
- La rivière Han, principal affluent méridional du Grand fleuve. . Ibid.
- Les trois cités commerciales.................................. 337
- Han-kéou........................................................ 338
- L’industrie et le commerce de Han-kéou : fabriques de câbles de
- bambou.................................................... 33g
- Les marchandises anglaises sur le marché de Han-kéou........Ibid.
- Prix comparés intéressants recueillis par le capitaine Sherard.
- Osborn...................................................... 34o
- Prix du mètre carré de tissus de coton à Han-kéou........... 34i
- Produits orientaux sur le marché de Han-kéou : les fourrures.. 342
- Commerce des thés à Han-kéou.............................. Ibid.
- Thés amers............................................... Ibid.
- Rapide renaissance de Han-kéou............................... 3/(3
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-
-
- 716 TABLE.
- Pages.
- ii. Han-yang-fou................................................. 3-43
- Jugement remarquable de lord Elgin sur le peuple chinois..... 344
- ni. Wou-tchang, chef-lieu de la province de Hou-pé.................. 346
- Un vice-roi à Wou-tchang....................................... 347
- La marine marchande entre les trois cités commerciales....... 348
- Arrivages par terre au Grand fleuve..........................Ibid.
- Piraterie sur l’Yang-tzé-kiang................................. 349
- Difficultés croissantes que fait éprouver la remonte du Grand
- fleuve...................................................... 35o
- Continuation du voyage au-dessus des trois cités commerciales. • Ibid.
- Province de Hou-nan.......................................... 351
- Territoire et population en 18i .............................Ibid-
- Le lac Tong-ting.............................................. Ibid.
- Nouvelle direction du Grand fleuve............................. 352
- Nouveau guide pour le parcours de la partie supérieure du fleuve. Ibid. Rencontre pleine d’intérêt avec le préfet d’I-tou-hien sur les bords
- du Grand fleuve........................................... 353
- Un mandarin, des extrémités lointaines de la province de Hou-pé, s’en-
- quiert au sujet du percement de l’isthme de Suez.......... 355
- Questions désirables â faire aux mandarins d’un mérite supérieur. 356
- La ville de Pa-toung........................................... 357
- Province de Koueï-tcheou......................................Ibid-
- Territoire et population en 1812............................... 358
- Peuplades barbares dans les monts de Koueï-tcheou..,.........Ibid.
- Province de Ssé-tchouan..................................... 359
- Territoire et population en 1812..............................Ibid.
- Populations comparées pour 1860................................ 36o
- Hydrographie de la province...................................Ibid.
- Produits minéraux du Ssé-tchouan............................ 361
- Produits végétaux.............................................Ibid.
- Faits intéressants sur l’insecte de l’arbre à cire dans la province
- de Ssé-tchouan....................................'.......Ibid.
- Tching-tou-fou, chef-lieu de la province....................... 363
- Les palais d’hospitalité du Ssé-tchouan....................... 364
- Un grand pont suspendu, en chaînes de fer....................Ibid.
- Caractère laborieux et politique des habitants du Ssé-tchouan.. . Ibid. Condescendance merveilleuse des Chinois du Ssé-tchouan pour
- un missionnaire français................................... 365
- Extrême frontière de la Chine vers le Tibet; commerce qu’elle
- présente.................................................... 367
- Les briques de thé........................................... Ibid-
- Les écharpes de bonheur et leur grand usage au Tibet.........Ibid.
- Contrebande terrestre de l’opium anglais par l’occident de la Chine................................................ 368
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-
-
- TABLE.
- 717
- Pages.
- Yisite du canal Impérial au midi du Grand fleuve.............. . 369
- Sou-tcheou-fou : sa position avantageuse.....-,.......,...... 370
- Sou-tcheou-fou dans ses rapports avec la navigation.......... 371
- Les remparts et les monuments................................ 372
- L’intérieur de la cité....................................... 373
- Entrée mémorable de Kbang-hi dans Sou-tcheou-fou.............Ibid.
- Une cité modèle du luxe et des élégances..................... 374
- La société de Sou-tcheou-fou et ses charmes.................. 375
- Une paroisse catholique est cachée dans la moderne Sybaris.... 378
- Appel aux sœurs de la charité dans la ville chinoise......... 379
- Les édifices de Sou-tcheou-fou...............................Ibid.
- Les pagodes de Sou-tcheou-fou................................ 3 80
- Industrie avancée de Sou-tcheou-fou.......................... 381
- Commerce des fleurs..........................................Ibid.
- Monument d’Yu, lè grand régulateur des eaux.................. 382
- Explication du système des travaux d’Yu, qui parvint à l’empire.. Ibid.
- La cité de Hang-tcheou-fou.................................... 384
- Somptuosité de cette place de commerce.......................Ibid.
- Lac suburbain de Si-hou : ses trois îles féeriques. .. ...... 385
- La ville de Kiu-king-fou, au bord du lac..................... 386
- Délices et grandeur de Hang-tcheou-fou........................ 388
- Le commerce de Hang-tcheou-fou................................ 38g
- Hang-tcheou-fou, barrière élevée jusqu’à ce jour contre l’extension du commerce étranger à l’intérieur de l’empire..........Ibid.
- Industries de Hang-tcheou-fou : les soieries................. 390
- Le crêpe de Chine............................................. 391
- Les broderies................................................Ibid.
- Les monuments de Hang-tcheou-fou............................. 3g2
- Somptuosité exagérée des vêtements...........................Ibid.
- Les mahométans dans la ville de Hang-tcheou-fou.............. 3g3
- Archipel des îles Chousan..................................... 3g4
- Ile de Chousan................................................ 3g5
- La ville et le port de Ting-haï.............................. 396
- Projet d’une possession définitive de Chousan................ 3g8
- Mortalités annuelles comparées des Européens en i843.........Ibid.
- Propositions adressées au Gouvernement britannique en i845... 4oo
- Description des côtes de la Chine au midi du Grand fleuve.... 4oi
- La ville et le port de Cha-pou...............................Ibid.
- Province de Tche-kiang....................................... 402
- Territoire et population en 1812.............................Ibid.
- La baie de Hang-tcheou-fou.................................... 4o3
- La ville et la rade de Ching-haï............................. 4o4
- Second des ports ouverts aux étrangers en 18U3 : Ning-po....... Ibid.
- Le fleuve Ta-tsie, l’Yoang et le port de Ning-po.............Ibid.
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-
-
-
- 718
- TABLE.
- Pages.
- Les trois mouillages de Ning-po............................. Ao5
- Chantiers de construction, cales et bassins.................Ibid.
- Positions comparées de Ning-po et de Lyon. ................. 4o6
- Topographie de Ning-po et de ses eaux....................... A07
- Les consulats................................................ Ao8
- Navigation et commerce de Ning-po.............................Ibid.
- Tableau du commerce britannique dans le port de Ning-po.....Ibid.
- Navigation des diverses puissances dans le port de Ning-po.... 409
- La piraterie dans ses rapports avec Ning-po. ..........*.... 41 o
- Les lorchas de Ning-po commandées par des Anglais........... 411
- Description de la cité de Ning-po........................... Ai 2
- Les édifices religieux et civils..............................Ibid.
- La tour dite le Tambour élevé.................................Ibid.
- Tour penchée de Ning-po : pagode.......................... 413
- Temples consacrés au culte du Tao..................1........ Ai 4
- Grand monastère bouddhique................................... Ibid.
- Mosquée musulmane...........................................« A1 b
- La rue des Portes d’honneur dédiées aux femmes les plus vertueuses. .... ............................................ Ibid.
- Projet des Anglais pour transporter â Londres les Portes d’honneur de Ning-po............................................. 4 16
- Bibliothèque précieuse de Ning-po............................ Ibid.
- Institution commerciale des hôtels provinciaux............. . . Ai 7
- Résidences officielles...................................... Ibid.
- Un temple de Confucius devenu caserne britannique........... 418
- Maison publique de bains ; rare bon marché..................... Ibid.
- Bienfaisante école fondée par Mme Aldersev.................. 419
- Une pétition généreuse contre le trafic frauduleux de l’opium, signée par Mme Aldersey et ses coreligionnaires........... Ibid.
- Les belles industries de Ning-po............................. 4 20
- Des banques établies à Ning-po..............................Ibid.
- Des monnaies.................................................. 421
- Du papier-monnaie......................................... Ibid.
- Les jardins autour de Ning-po................... ........ 422
- Comment sont élevés et façonnés les arbres nains........... 423
- Les sépultures négligées aux environs de Ning-po............Ibid.
- Le grand monastère bouddhique de Tien-tung, aux confins de la
- plaine de Ning-po.......................................... . 424
- Conduite des eaux avec des bambous............................. As 5
- Processions en l’honneur du dieu de l’agriculture...........Ibid.
- Statistique des missionnaires protestants à Ning-po......... 426
- Les bonzes de Ning-po.......................................Ibid.
- Couvent des bonzesses h Ning-po ...............................427
- La Notre-Dame des Chinois..................................... 428
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-
-
- TABLE. 719
- Pages.
- Des saintes bonzesses qui font office de directeur auprès des
- adultes masculins......................................... 428
- Jugement sévère prononcé par un anglican..................... 429
- Les mandarins en action dans le département de Ning-po.......Ibid.
- Le bon mandarin..........................................»...Ibid.
- La proscription.............................................. 43o
- Le salut inespéré............................................ 431
- Un mauvais mandarin ; révolte du peuple et ses conséquences... 43a Conséquences tirées sur le personnel des administrateurs actuels
- de la Chine............................................... 434
- Province de Fo-kien.......................................... 435
- Troisième des ports ouverts aux étrangers en 18h3: Fou-tcheou-
- foa....................................................... 436
- Progrès de la navigation britannique à Fou-tcheou-fou........ 437
- Nouvelle importance donnée à Fou-tcheou-fou par le commerce
- des thés.................................................... 438
- Descente et commerce des bois................................... 43g
- Industrie et commerce des métaux..............................Ibid.
- Le fleuve Min................................................ 44o
- Le pont des Dix mille années.................................Ibid.
- Faubourgs nautiques et ville de Fou-tcheou-fou............... 441
- La population.................................................Ibid.
- Les banques de Fou-tcbeou-fou................................ Ibid.
- Aimable luxe des femmes....................................... 442
- Vallée du Min, qui conduit aux districts à thés du Fo-kien... 443
- Quatrième des ports ouverts aux étrangers en 1843: Amoj...... 444
- Commerce d’Amoy : l’opium...................................... 445
- Les navigateurs d’Amoy et du Fo-kien en générai..............Ibid.
- Caractères des émigrés d’Amoy et du Fo-kien.................. 446
- La fête des Intelligences et des Lettrés..................... Ibid.
- La fête populaire et nocturne................................ 448
- L’île de Namoa............................................... 44g
- Soua-tou, nouveau port ouvert aux étrangers en 1860.......... 45 x
- Ile de Formose............................................. Ibid.
- Territoire et population.................................... 45 a
- Taï-ouan-fou, port ouvert aux étrangers en 1860.............. 453;
- Prostrés de la colonisation et de la civilisation dans l’île de Formose......................................................... 454
- Culture de l’esprit dans l’île de Formose.....................Ibid.
- L’île anglo-chinoise de Hong-kong......................... . Ibid.
- Le golfe et la rade de Victoria................................. 455
- La ville de Victoria.....'................................. 456
- Création de jardins établis sur le roc....................... 458
- Les chevaux et les courses introduits sur le rocher de Hong-kong. 45g
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-
-
- 720
- TABLE.
- Pages.
- Édifices publics de Victoria................................ 46o
- Établissement sanitaire au sommet du pic de Victoria........ Ibid.
- Gouvernement de Hong-kong.................................... 461
- Valeur monétaire des rocliers de Hong-kong................. • • • Ibid•
- Produit en z855, vu l’énorme accroissement de 17,000 habitants
- dans cette année.......................................... 462
- Dépenses et revenus de la colonie...........................Ibid.
- Progrès de la population....................................Ibid.
- État sanitaire de Hong-kong.................................. 463
- Mortalité déplorable de la garnison.......................... 464
- Station militaire des bains de mer, au sud-est de Hong-kong.... 465
- Recherches qui concernent la population civile..............Ibid•
- Mouvements totaux de la population en i853, i854 et 1855... Ibid.
- Nombre de décès par cent naissances à Hong-kong............. 466
- Population annuelle donnée par race et par sexe.............Ibid-
- Tableau triennal de population par race et par sexe.........467
- Décès annuels par races.....................................Ibid-
- Nombre de vivants pour un décès annuel, suivant les races... 468
- Parallèle définitif de l’inégalité numérique des deux races.Ibid.
- Proportion des races humaines à Hong-kong................... 469
- Conséquences commerciales................................. Ibid.
- Absence motivée des douanes................................... 470
- Idée de la grandeur des transactions commerciales de Hongkong..................................................... Ibid.
- Importations d’opium et de trésors parla Compagnie péninsulaire
- orientale................................................. 471
- Valeurs complémentaires envoyées d’Europe à Chang-haï........Ibid-
- Évaluation de l’opium apporté dans le port de Hong-kong, à
- raison de 2,5oo francs la caisse..........................Ibid.
- Navigation générale propre à la colonie de Hong-kong........ 472
- Entrées annuelles du port de Victoria, de i854 à i856.......Ibid.
- Observations essentielles déduites du tableau précédent....... Ibid.
- Parallèle des entrées entre les navires non chinois et les navires
- chinois................................................ 47^3
- Commerce des États-Unis avec la Chine, année i855.......... 474
- Valeur des produits transportés............................. Ibid.
- Appréciation du génie commercial des marchands-princes de
- Hong-kong................................................. 475
- Comment les Anglais apprécient les destinées commerciales de
- Hong-kong................................................. 478
- Déclarations extraordinaires................................ 48o
- Un gouverneur de Hong-kong : sir John Davis................ 481
- Édit remarquable de l’empereur Ta-kouang..................... 485
- Macao, possession des Portugais,............................. 486
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-
-
- TABLE. 721
- Pages.
- La presqu’île de Macao...................................... 486
- Condition subordonnée de Macao.............................. 487
- Situation de la ville.......................................Ibid.
- Les Portugais, dans Macao, ne pourraient pas violer les lois de la
- Chine, comme les Anglais de Hong-kong. .................... 489
- Essai de résurrection sous le gouverneur Amaral............... 490
- Un vertueux comprador chinois dans Macao : Ayo, le vrai représentant de la classe moyenne honnête en Chine.............. 492
- Provinces de Kouang-toung et de Kouang-si : Canton, chef-lieu.. 4g6
- Superficie et population de la vice-royauté de Canton.......Ibid'
- Population par mille hectares................................Ibid.
- Station britannique pour la contrebande de l’opium. .•...... 498
- L’île et la bouche du Tigre : bocca Tigris..................» 499
- L’île de Wam-poa et ses mouillages.......................... 5oo
- Les chantiers, les bassins et les constructions navales.....Ibid.
- La ville de Canton............................................ 5oi
- Les fortifications............................................ 5oa
- La ville ancienne.......................................... Ibid.
- La ville neuve.............................................. 5o4
- Les factoreries et les consulats............................ Ibid.
- Ville extérieure ouverte aux étrangers...................... 5o5
- Rues marchandes remarquables du faubourg oriental........... 5o6
- Les rues consacrées au luxe commercial......................Ibid.
- Langage populaire, moyen de communication des Chinois avec
- les étrangers............................................ 607
- Caractère des marchands chinois en présence des Européens. .. 5o8 La perle des vendeurs de Canton et son parler anglo-chinois.... Ibid.
- Les industries de Canton et de Fa-tchan..................... 509
- Les beaux-arts à Canton.......«............................ 510
- Les charmants dessins à la gouache..........................Ibid.
- La ville flottante.................»........................Ibid.
- Commerce de Canton avec les Européens......................... 5i2
- Commerce de l’opium à Canton.................................Ibid.
- Envois d’opium à Canton par la Compagnie des Indes britanniques dans l’année 1798..................................Ibid.
- Dernière année du commerce de la Compagnie des Indes avec la
- Chine : 1833............................................ Ibid.
- La guerre de l’opium......................................... 5i3
- M. Wingrove Cooke: son jugement sur la guerre de i84o à
- 3 8 A2....................................................Ibid.
- La grande insurrection chinoise............................... 517
- Les commencements du maître d’école qui deviendra Dieu, puis
- aspirant à l’empire..................................... Ibid.
- Le maître d’école aspire à l’existence des lettrés : revers....... 5i8
- INTRODUCTION. — III. 46
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-
-
- 722
- TABLE.
- Pages.
- La vision fantastique.. ............................*.......... 5i8
- Nouvel examen infructueux...................................... 5a j
- Le maître d’école devient commis des Anglais, quand ceux-ci produisent une révolution dans certains esprits des Chinois.. . 52 2
- Comment il devient un révérend prédicant....................... 52 0
- De prédicant, le maître d’école se fait Dieu : sa propagande. . . • Ibid*
- Nouvelles associations des Adorateurs de Dieu................... • 520
- Les iconoclastes et la persécution.............................• * Nid.
- Un grand événement de i848 pour le Dieu maître d’école......... 526
- Les pirates s’adjoignent aux sectaires.........................dbid.
- Un communisme religieux, puis piratesque....................... 528
- La rébellion sectaire...........................................dbid.
- Les carbonari de la Chine...................................... 53o
- Les frères de la Triade.........................................Ibid.
- Comment le Divin maître d’école pulvérise l’appel de la Triade a
- la dynastie des Ming. ................................... 532
- La dynastie Taï-ping du maître d’école est déclarée. .......... 533
- Préparatifs des rebelles....................................... 534
- Causes d’impuissance des forces du Gouvernement................ 535
- Effet prolongé de la première lutte avec l’Angleterre pour démoraliser l’armée tartare........................................ 536
- Le Gouvernement repousse les lumières........................... . 537
- Les princes et les fonctionnaires du nouvel empire Taï-ping.. < • 538
- Habillement et armement des insurgés...........................Ibid.
- Sièges opiniâtres et infructueux................................ 53q
- L’entreprise des pirates sur les lacs et le Grand fleuve.......Ibid.
- La prise de Nankin.............................................. 54r
- Les conséquences............... ............................... 542
- Travaux de défense des insurgés à Nankin....................... 543
- Exploration courageuse opérée par M. Taylor Meadows............ 544
- Un chevalier d’industrie lettrée en Chine.................. Ibid.
- Voyage d’exploration et constatation des faits................. 546
- Grave témoignage de M. Taylor Meadows.......................... 548
- Sombre résumé du système de conquête............................. 549
- L’admiration de M- Meadows pour la grandeur du spectacle in- *
- surrectionnel............... :.............................. 55o
- La réalité sur les destins de l’insurrection................... 551
- Une marche d’armée révolutionnaire.............................. 552
- Etat stationnaire et derniers échecs de l’insurrection......... 55o
- Piésistance énergique faite aux insurgés par un mandarin non
- lettré................................................ 556
- Justice rendue à certains mandarins illettrés, mais capables et
- courageux.................................................. 559
- Injustice de Pékin............................................ 56o
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-
-
- TABLE. 723
- Pages,
- Les Européens en. face de l’insurrection.......................56o
- Ordre suprême émané, de Nankin............................... 561
- Proclamation du Céleste Empire de Taï-ping...................... 562
- Un apostat mystérieux..................................•..... 564
- Situation singulière du surintendant britannique auprès de l’insurrection................................................ 565
- Contraste remarquable entre les rôles du surintendant britannique et du mandarin illettré................................. 566
- Observations accidentelles des insurgés relatives à l’opium.. 567_
- Le tbé que les pieux Taï-ping servent à leur Trinité.........Ibid.
- Illusions extraordinaires des missionnaires protestants sur le protestantisme des rebelles.................................... 568
- Mâle indépendance de M. Wingrove dans le jugement qu’il porte
- sur les sympathies des prédicants pour l’insurrection.....Ibid.
- Comment excuser les révérends sectateurs de la rébellion........ 5yo
- Société du poignard : des insurgés indépendants assiègent et
- prennent Chang-haï,.........................................
- Erreur et triste inconséquence des étrangers. .............. 5 73
- Reprise de Chang-haï........................................ 574
- Conduite admirable des missionnaires médecins à Chang-haï. . . Ibid.
- Une station française vraiment digne de la France.......... 575
- Dévastation de Chang-haï attestée par M. Fortune........... 576
- Ce que deviendrait la croyance des Taï-ping s’ils subjuguaient
- toute la Chine., . . ......................................... 577
- Justes appréciations de l’abbé Hue........................... 579
- Situation actuelle de la Chine, par l’effet de la rébellion, sur les
- rivages de l’înng-tzé-hiang, ............................. 58o
- Composition de l’escadrille de lord Elgin....................Ibid.
- Erreurs qu’on reconnaît dans les cartes hydrographiques du
- Grand fleuve..............................................581
- Premier aspect des destructions dues aux rebelles............ 582
- Les trois dévastations de Tchin-kiang-fou.................... 583
- Dévastation de l’île d’Or..................................... 584
- Dévastation de Koua-tcheou................................. 585
- Combat de l’escadrille anglaise avec les forts des insurgés devant
- Nankin....................................................Ibid.
- Guerre sociale et combats sans énergie des condottieri chinois.. . 586 L’escadrille remonte devant la ville de Taï-ping : effets de la
- victoire. .......................................».......... . Ibid.
- Insurgés qui demandent des capsules à percussion............. 587
- Missive fanatique d’un commandant des insurgés. ............. 588
- Le commandant épicier....................................... Ibid.
- Destruction de la grande ville de Wou-hou-tchéou............... 58g
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-
-
- 724 TABLE.
- Pages.
- Tableau des paysans qui fuient les rebelles; dévastation des campagnes...................................................... 58g
- Désolation des campagnes et des paysans par les insurgés..... 5go
- La ville recouvrée de Kiou-hien devient le refuge des pauvres
- paysans................................................... 5g 1
- Sort des paysans qui ne prennent pas la fuite................ 5g2
- Les ruines de Toung-ling.................................... 5g3
- Dévastation de Kiéou-kiang-fou............................... Ibid.
- Les insurgés chassés pour la dernière fois de la province de
- Hou-pé.................................................... 5gé
- Dévastations de Houang-tcheou................................ 5g5
- Souffrances du groupe des trois grandes cités commerciales; les
- dévastations de Han-yang-fou........................... Ibid.
- Restauration de Han-kéou. ..................................... 5g6
- Souffrances de Wou-tchang-fou.................................. 5g7
- Descente de l’Yang-tzé-kiang................................ Ibid.
- Les envoyés de lord Eigin foulent sous leurs pieds l’endroit où
- s’élevait la célèbre tour de porcelaine....................Ibid.
- Situation de Nankin à la lin de i858. . ..................... 5g8
- Conclusion : décadence et misère de l’insurrection au commencement de i858.............................................. 5gg
- Yeh, l’inflexible défenseur des lois antiques de la Chine.... 6oo
- Les mœurs de Canton avant et depuis Yeh........................ 6o4
- Seconde guerre des Anglais contre les Chinois........ ....... 6o5
- Lutte des autorités anglaises contre Yeh, vice-roi des deux
- Kouang..................................................... 607
- Compte officiel des hostilités commises à main armée, en pleine
- paix.....* .. . ...................'. .................... 608
- Nouveau motif de querelle exhumé par le surintendant britannique................ . . ............................. 60g
- Incendie réfléchi du palais du vice-roi par un bombardement
- spécial. . . . ;............................................. Ibid.
- La ville basse de Canton incendiée; entrée de vive force dans
- Canton.................................................. 610
- Débats du Parlement britannique sur les hostilités commencées
- en Chine................................................ 6x2
- Actions navales honorables pour les Chinois et les Anglais... 61 II
- Une guerre régulière et vigoureuse est décidée.................. 615
- Intervention de la France.................................... 616
- Suspension occasionnée par la révolte de l’Inde..............Ibid.
- Conduite supérieure de l’ambassadeur britannique..............Ibid.
- L’ambassadeur français en Chine : M. le baron Gi'os.......... 617
- Mémorandum remarquable................. . ................... 618
- Conquête de Canton par les Anglo-Fi’ançais. . ........... 620
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-
-
- TABLE. 725
- Pages.
- M. l’amiral Rigauit de Genouilly : sa vaillance et sa politesse.... 620
- Bombardement de Canton...................................... 62$
- Mépris du danger par les Chinois et les Tartares............Ibid.
- Courage des pompiers chinois au milieu des feux européens.. .. 624 Les coulies chinois substitués par les Anglais aux chevaux du
- train d’artillerie........................................ Ibid,
- La populace pille au milieu du péril....................... 62 5
- Représailles contre les Européens............................. 626
- Belle conduite des forces alliées lors de la prise de Canton, en
- i858.......................................................Ibid.
- Un bienheureux père bouddhiste après la prise de Canton..... 627
- La ville nautique au milieu du siège.......................... 629
- Déblocus du port de Canton.................................... 63o
- Admirables ressources commerciales après le siège............Ibid.
- Factoreries et consulats projetés. ....’..................... • • 63i
- Comment l’empereur de la Chine examine un mandarin de Canton qu’il veut élever en grade : ses idées personnelles...... Ibid.
- Idées de l’empereur sur l’opium.............................. 635
- Commerce général de la Chine.................................. 636
- Conditions morales de prospérité commerciale...................Ibid.
- Vues et témoignages du docteur Mac-Gowan, missionnaire médecin.......................................................... 637
- * Infractions des deux parts aux traités de commerce......... Ibid.
- Conséquences désastreuses pour les Chinois dues à l’ouverture
- des quatre ports au nord de Canton»........................ 638
- Emulation flibustière entre les étrangers de toutes les nations... Ibid. Comment la guerre européenne a servi de ressort à la piraterie. 64o Comment la protection des étrangers se change en flibusterie... Ibid. Témoignage personnel du chirurgien Mac-Gowan, opérant les
- mutilés.................................................... 641
- Dangers prochains d’une nouvelle immunité commerciale. ..... 643
- Timidité, terreur des habitants du centre de la Chine......... 644
- Passe-ports : mesure préventive proposée par le docteur Mac-
- Gowan...................................................... 645
- Proposition d’établir un tribunal spécial................... 648
- Derniers conseils du docteur Mac-Gowan.......................Ibid.
- Vues et témoignages de M. Rutherford Alcock, ci-devant consul anglais à Chang-haï, sur les moyens d’assurer la probité et la
- sécurité du commerce de la Chine.......................... 649
- Des étrangers soustraits à la juridiction chinoise............ . 65o
- Rapports des étrangers avec la piraterie, d’après M. Alcock. 652
- Nécessité d’un puissant contrôle sur les étrangers en Chine. 656
- Mesures à prendre pour la sécurité générale................. 65y
- Mouvement commercial de la Chine............................... 659
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-
-
- TABLE..
- Pages.
- Tableau général du commerce de la Chine avec l’étranger dans
- l’année 1855............................................ 66o
- Valeur spéciale des principaux produits importés en Chine, dans
- l’année i855............................................. 661
- Produits vendus par la Chine aux nations étrangères......... 662
- Valeur des exportations en 1855................................ Ibid.
- Navigation des étrangers en Chine -, année 1855............. 663
- Tonnage, par nations, des navires entrés dans les ports de Chine
- en i855.................................................. 664
- Commerce de l’Angleterre avec la Chine................1.....665
- Progrès total des exportations britanniques en Chine........Ibid.
- Exportations des arts vestiaires : fils et tissus........... 666
- Valeur comparée des fils et des tissus exportés en Chine : i84i et
- 1848..>« ••••.••..•..................................... Ibid.
- Naissance et progrès du commerce des cotons filés...........Ibid.
- Grands progrès du commerce des tissus de coton.............. 668
- Commerce des produits textiles de chanvre et de lin.........Ibid.
- Commerce des lainages......................................... 669
- Effets à usage...............................................Ibid.
- Objets secondaires d’importations britanniques................ 670
- Progrès extraordinaires de la houille importée par les Anglais
- dans les mers de Chine................................. Ibid.
- Produits de la Chine vendus en Angleterre................... 671
- Quantités des principaux produits chinois exportés en Angleterre..................................................... 672
- Produits secondaires tirés de la Chine pour l’Angleterre en i855. 673
- Commerce des États-Unis en Chine.............................Ibid.
- Succès de la sagesse et de la modération américaines........ 674
- Mouvement général du commerce des Etats-Unis avec les nations
- riveraines de l’Océanie en 1858-1859....................... 675
- Commerce des Etats-Unis avec la Chine, de i8i5 à i83o.... 678 Principaux produits de la Chine importés aux États-Unis: i858-
- i85g......... .......................................... 677
- Principaux produits vendus à la Chine par les États-Unis : i858-
- i85g..................................................... 678
- Navigation entre les États-Unis et la Chine: i858-i859...... 679
- Commerce de la Chine avec la France......................... 680
- ï. Importations en France de la Chine, de la Cochinchine et de
- Siam pour l’année i858.................................... Ibid.
- 11. Exportations de la France en Chine, en Cochinchine et à
- Siam pour l'année i858.. . ................................. 681
- Navigation en i858.................................. ... ...Ibid.
- Encouragement désirable que peut donner le Gouvernement français................................................ Ibid»
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-
-
- TABLE. 727
- Pages,
- Projet d'un service de paquebots à vapeur français entre Suez et
- la Chine.................................................. 682
- Ligne complète à vapeur entre la France et la Chine.......... 683
- Grandeur du commerce des soies entre la France et la Chine. . 684
- Importance actuelle du marché des soieries de Lyon......*. . 685
- Nécessité croissante d’éviter un long détour entre la France et la
- Chine...................................................... 686
- Avantages commerciaux et politiques d’une ligne française à vapeur.................................................. Ibid.
- Magasin général des soies de Lyon. . ........................ 687
- Influence des grandes maisons de banque sur le commerce avec
- la Chine et les Indes....................................... 689
- Exemple de l’Angleterre..................................... Ibid.
- Proposition d’établir une banque connexe pour le commerce de
- la France avec l’Inde et la Chine......................... 690
- Utilité pour le Gouvernement................................. 691
- Dernière et belle conquête commerciale faite en Chine par la
- science et l’industrie françaises........................... 6g3
- Révélation, étude et imitation du vert de Chine. . ..........Ibid.
- Société industrielle de Mulhouse........................... 6g4
- Intervention des chambres de commerce.........................Ibid.
- Savantes recherches de M. Persoz..........».................. 695
- Le commerce et l’industrie de Lyon s’emparent du vert de Chine. Ibid.
- Recherches d’érudition et d’industrie : M. Stanislas Julien..Ibid.
- Nouveauté de la découverte des Chinois....................... 696
- L’attention des étrangers excitée............................. . 697
- Arbrisseaux producteurs du vert de Chine : histoire naturelle.. Ibid.
- Observations faites en Chine par les missionnaires français.. 698
- Leur narration vérifiée par un teinturier français, M. Michel. . . 699 Beaux succès industriels des fabricants lyonnais : M. Guinon. .. 701
- Concours ouvert à Lyon pour produire le vert de Chine........ 702
- La Chine vaincue.............................................. Ibid.
- Dernière note sur les destinées contraires de Canton et de Chang-haï.. 703 Décadence commerciale de Canton, démontrée par le mouvement
- des affaires britanniques dans ce port....................Ibid.
- Grandeur du commerce de Cfcang-haï: i856.....................Ibid.
- Vente progressive des deux principaux produits exportés par
- Chang-haï................................................. 704
- Répartition des thés et des soies exportés de Chang-haï en i858-1859 entre les diverses contrées. ........................Ibid.
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